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Full text of "Glossaire anjou"

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1 



txemplaires de cet outrage sur papier de Hollande 
lis d la main et sigrUs par les auteurs 



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GLOSSAIRE 

Etymologique et Historique 

DES PUBIS ET DES PAMIRS 

DE L'ANJOU 

Comprenant le GLOSSAIRE proprement dit 

des DIALOGUES, CONTES, R&CITS et NOUVELLES en patois 

le FOLK-LORE de la province 



PAR 



A.-J. YERRIER,) I O 

Professeur honorairo 

Membre de la Society d'Agriculture, Sciences et Arts 

d' Angers 



R. ONILLON 

Instituteur au Longeron 



TOME PREMIER 



— jflors qud qu'tit illi as rdpond ? 

— Jf ben faillu que j'dise oui ! 

— Cas yu tort, faut jamais dire ni oui ni non ; 

fauillait dire : 

Vanquiers, parce que, sais-tu ben, Vanquiers oppose de menqui. 



ANGERS 

GERMAIN & G. GRASSIN, IMPRIMEURS-&DITEURS 

4o, rue du Cornet et rue Saint-Laud 



1908 



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v. I 



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A MES CAMARADES DU COLLEGE DE SAUMUR 
(18461856) 

A MBS ANGIENS ELEVES DU LYGEE DAVID DANGERS 
(1861-1863; 1868-1905) 

A.-J. Vkrrier. 



A LA MEMOIRE DE MON PERE 
DE MES BONNES TANTES ET DE MES GRANDS PARENTS 
A MA VIEILLE MERE CHERIE 
A MA SCEUR ET A MA FEMME DEVOUEES 

Je dtdit ce Here 

R. Onillon. 



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>ZZ VIVE L'ANJOU ! 



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Paroles de M. A. J. VERRIER 



Musique de M. X. 



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Vi — ve I'ANJOU I Lors - que le so - leil do -re Sur tes co - 



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pam-pre rou-gis sant Le sang, Un gai soa — rire 



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— cJo - re, Le noir cha — grin Fuit Va - zur 
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bie - re, Sans ri 

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— pal, dans mo/i eerre, 



Ton 



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«n />e* — **7 — le — ra . 



Vive VAnjou ! — Lorsque le soleil dore 
Sar tes coteaux du pampre rougissant 

Le sang, 
Un gai sourire en mon co3ur vient eclore, 
Le noir chagrin 
Fuit Vazur de mon del serein, 



Blonde liqueur, tu verses Vesperance 
Aux malheureux que le sort jour et nuit 

Poursuit ; 
Au pauvre Vor f aufaible la puissance : 
Devant nos yeux 
Lavenir s*ouvre radieux. 



Chant ons I le vent, de sa legere haleine, 
Emporte au loin par les pres et les bois 

Nos voix ; 

Nos gais re/rains s'envolent dans la plaine, 

Dans les buissons 

Les nids ecoutent nos chansons. 



Vive VAnjou I Quandje vois dans mon verre 
En scintulant la mousse pHiller, 

Briller, 
Ne sais-je pas le maitre de la terre ? 

Oui, sur ma foi, 
Je me crois plus heureux qu'un roi. 



Salut, pays des joyeuses vendanges, 
De la gaiti, des chansons el desjleurs, 

Nos chceurs 
Ctlebreront d jamais tes louanges ; 
Toujours tes vins, 
Seront Vhonneur de nos festins. 

6 
Anjou, salut I salut, douce lumiere : 
Salut, vallons , ruisseaux qui, par les pr£s, 

Courez ; 
Anjou, salut ! A mon heure derniere 
Je veux benir 
Encor ton charmant souvenir. 



REFRAIN (apres cheque couplet) 

Oui, boira qui voudra 
Le cidre ou bien la biere ; 
Sans rival dans mon verre 
Ton vin petillera. 



A. Verribr. 



( Chez tous les luthiers. Piano et Chant, O fr. 50, 6* mille) 

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- ,*? 



AVANT-PROPOS 



COMMENT JE FTJS AMENE A ECRIRE 
CE GLOSS AIRE 

Le lecteur qui consultera ce Glossaire 
s'inqutetera sans doute fort peu de savoir 
comment je fus amene a l'^crire ; mais j'ai, 
moi, besoin de le raconter, pour expliquer 
les imperfections et les lacunes qui pourront 
s'y rencontrer. Cest une question de cons- 
cience. 

II y a quelque trente-cinq ans, M. C. Port, 
l'archiviste distingue, Tauteur d'ouvrages si 
Audits sur TAnjou, dont j'avais alors Tun des 
fils dans ma classe, d'apres la maniere dont je 
corrigeais les copies de son fils, me dit un 
jour : « Vous me semblez avoir des disposi- 
tions pour l'etude de Tetymologie ; procurez- 
vous done la Grammaire et le Dictionnaire 
Hymologique de Brachet (alors assez r6- 
cents, 1869), ils vous inte>esseront. » 

Je suivis son conseil et je Jus ces ouvrages 
non seulement avec curiosity, mais, je 
Tavouerai, avec passion. Peu a peu, j'enri- 
chis ma bibliotheque des trails qui parais- 
saient sur cette question un peu speciale et je 
finis par avoir de cette science — car e'en est 
une, actuellement — des notions assez ^ten- 
dues, quoique encore bien incompletes, je le 
reconnais humblement. 

Ces eludes, qui m'inte>essaient si vive- 
ment, je crus que, presentees <f une certaine 
sorte et a dap tees aux besoins des « gens du 
monde », elles ne seraient pas sans interet 
pour le grand public. 

Cest ainsi que parut, le 10 d6cembre 1896, 
dans le Patrwte de VOuest, sous le titre 
Voyage autour de ma langue, une serie d'ar- 
ticles ou j'expliquais Tetymologie des mots 
les plus curieux de notre langue francaise. 

Apres le quatorzieme article, M. Narqubt, 
qui m'avait introduit au Patriot*, quitta la 
direction de ce journal, ou je ne fus pas prte 
de continuer ma collaboration. 

Tie Petit Courrier m'offrit alors son hospi- 
tality. J'y entrai le 20 juillet 1897 et, sous le 



titre, un peu modified de Zigzags autour de 
ma langue, je continuai ces eludes. 

On me permettra de rappeler que j'avais 
imagine^ pour me servir d'mterlocuteur, un 
certain Brigadier des dotjanes, type assez 
bien venu, sans fausse modestie, dont on me 
parle souvent encore, quoique j'aie, force- 
ment, du le laisser depuis a la surveillance de 
son port 1 . 

Un beau jour, au n° 53, 15 avril 1901, 
j'eus, par hasard, a expliquer quelques mot; 
de patois angevin, dont un lecteur me de 
mandait le sens. J'eus le bonheur de satis 
faire sa curiosity et celle de bien d'autren 
personnes, qui m'ecrivirent en m'adressanl 
d'autres vocables. « Voila votre voie », mo 
disait-on. 

Une lettre, entre autres, me decida. Un 
vieil abonne me disait : « Ah ! Monsieur, vour. 
ne sauriez croire le plaisir que j'ai eu a lire, 
dans votre dernier Zigzag, Pexplication du 
simple mot : Echilette. II m'a rappete tour, 
mes chers souvenirs d'enfance, alors que, 
arm6 de ces clochettes, je precedais, en ler> 
brandissant joyeusement, la procession des 
Rogations par les sentiers de la campagno 
que j'habitais ! » 

De plus, certains lecteurs me reprochaient 
d'apporter trop de science — mettons p6dan- 
terie — dans mes explications ; il y avait 
m&ne eu des plain tes a ce sujet, adressees au 
directeur du journal, mieux que cela, des 
menaces de desabonnement. . . II elait si 
facile de ne pas me lire ! D'autres, par contre 
y prenaient le plus vif plaisir. 

Ces excursions dans le domaine, si riche, du 
patois seraient peut-etre mieux accueillies. 

Une difficulte, toutefois, se presentait ici. 
Je ne suis pas un patoisant, on me l'a meme 
reproche\ et, je l'avoue, mon fonds personnel 
de vocables ne m'eut pas mene bien loin. 

Comme j'en parlais dans un cercle d'amis, 
Tun d'eux me dit : « J'ai un cousin qui 
s'occupe de patois depuis une vingtaine 
d'annes ; je lui connaies un superbe manus- 

1 Ce numero et les suivants renvoient aux Notes 
complementaires placees apres la Preface. 



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AVANT-PROPOS 



crit, repertoire des mots particuliers a la 
region de Montjean. Peut-Stre consentirait-il 
a vous le preter. » 

J'^crivis a M. Rene" Onillon, qui s'em- 
pressa gracieusement de mettre k ma dispo- 
sition un manuscrit de 761 pages, grand 
in-quarto, calligraphic avec le soin qu'ap- 
portent a ces travaux MM. les Instituteurs, 
encadrC de filets rouges et richement relie\ 

Je pouvais me lancer. 

De tous cdtes, les renseignements aftlu^rent, 
tres int^ressants, tres curieux. A Angers 
meme, sur les boulevards, dans les tramways, 
dans les rues, des amis, des inconnus m'abor- 
daient, et ceux-ci : « C'est vous qui e*tes 
M. V., me disaient-ils, connaissez-vous le mot 
jamb ion? » 

Et le tr&or de mes notes s'enrichissait 
chaque semaine. J'ai recueilli, personnelle- 
ment, a ce jour, 10.652 fiches (8 avril 1908). 

Malheureusement, au d£but, n'ayant nulle- 
ment la pensCe de les r^unir et de les publier 
plus tard, je n6gligeai de prendre des rensei- 
gnements sur les lieux d'origine, la pronon- 
ciation, etc. Mes correspondants e*taient, le 
plus souvent, anonymes (je dirai plus loin 
pourquoi) ; aussi une ou deux centaines de 
mots du Glossaire laissent-ils a dCsirer sur ces 
points. 

Aujourd'hui, j'ai re*uni plus de 20.000 mots, 
et je suis loin d'etre complet, je le reconnais. 
Mais notre oeuvre ne sera pas inutile a celui 
qui, plus tard, voudra essayer de faire mieux. 

D'une part, done, de nombreux correspon- 
dants patoisants, mais ne pouvant ou ne 
voulant rien publier ; de l'autre, moi, assez 
ignare en cette matiere, mais tout pr§t et 
r£solu a y consacrer mon temps et mon e*tude 
et a en faire une ceuvre. 
. Gela rappelle la c&ebre fable de YAveugle 
et le paralytique de Florian, le premier ne 
voyant pas a se conduire, le second incapable 
de marcher. lis font soctet6, Tun portant 
Tautre. Morale : 

Nous vous prSsentons le resultat de cette 
collaboration. 



. II 

DE L'UTILITE DU GLOSSAIRE 

M. Littre a defini le patois : « Un dialecte 
qui, n'ayant plus de culture litte>aire, sert 
seulement aux usages de la vie commune. » 

Et M. L. Favre, qui le cite, ajoute : « Cette 
definition est tres exacte. Le patois n'est pas 
une corruption d'une langue correcte, e'est 
une vieille langue abandonee par les classes 
supe>ieures de la society et-rest6e dans les 
couches interieures de la population. Cette 
persistance du vieux langage se remarque 
sur tout a la campagne, dans les locality ou 
le peuple n'est point en contact avec les 
hommes instruits, Cclaires, qui suivent les 



modifications et les perfectionnements de la 
langue. » 

Etait-il bien utile de r6unir et de conserver 
tous ces vieux mots de patois, toutes ces 
formes de parler connues de nos p6res, dont 
plusieurs d£ja ont disparu ou ne se trouvent 
plus que dans le souvenir ou sur .les levres 
de personnes tres &g6es? 

Nous Tavons cru. D'ailleurs, toutes les pro- 
vinces de France ont un Glossaire de leur 
patois, un Folk-Lore de leurs vieilles 
croyances et superstitions. En Anjou, nous 
avons seulement l'ceuvre de M. Meniere, 
tir£e k fort peu d'exemplaires, peu connue 
et introuvable. Elle contient 3.987 mots. 

On voit que nous Pavons plus que quin- 
tuple. Mais M. Meniere a un grand merite, 
e'est d'avoir songe" le premiei* a ce Glossaire. 
Nous lui avons fait de nombreux emprunts, 
que nous lui attribuerons, d'ailleurs, au 
passage. 

Nous regrettons de ne pouvoir citer ici une 
lettre bien spirituelle — mais un peu longue 
— ou Ch. Nodier raille le Conseil d'arrondis- 
sement de Cahors d'avoir d^cre'te' la suppres- 
sion du patois dans cette region. On la trou- 
vera dans le Dictionnaire des termes du vieux 
Jran$ais,' par Borel, revu et complete* par 
L. Favre, t. II, p. 235, a Niort, chez L. Favre, 
1882 (2). 



Ill 



QUELS MOTS NOUS AVONS AD MIS 

Le Glossaire est intitule* : Glossaire des 
patois et des parlers de 1' Anjou. 

Nous y avons done admis, non seulement 
les vocaoles ve>itablement patois, mais la 
plus grande partie des vocables franc, ais 
de'figure's par une prononciation vicieuse, par 
exemple : Russypere pour Erysipele, quoique 
ces formes soient rejet6es de plusieurs 
ceuvres similaires ; nous avons pense* qu'elles 
offraient un v6ritable inte>St. C'est un 
curieux tableau de la deformation des 
mots (3). 

Entre, en principe, dans notre Glossaire, 
tout mot qui ne se trouve pas dans le Nouveau 
dictionnaire de Pierre Larousse, 1906. Si nous 
admettons quelques-uns de ceux-ci, e'est que 
Implication que nous en donnons offrira un 
inte>§t particulier. 

Un Glossaire de patois n'Stant pas un 
Dictionnaire des Pr6cieuses, on trouvera 
dans le ndtre bon nombre, trop peut-§tre, de 
mots qui ne sont pas de la bonne compagnie, 
trivials, grossiers m§me. Mais quoi ! un 
peintre peut-il oublier, en conscience, une 
verrue sur le nez de son modele? 

Nous avons cependant banni avec soin 
tous les termes obscenes ou pornographiques, 
ceux que Ton 6vite de prononcer m£me entre 
hommes. Pour les autres — qu'on nous 
excuse — nous avons; loyalement, cru bien 



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AVANT-PROPOS 



XI 



faire en les accueillant dans ce repertoire qui 
serait, en ve>ite\ incomplet sans eux. 

Et nous les avons ecrits integralement, 
nous appuyant — s'il le fall ait — sur d'il- 
lustres modeles. Que signifie cette fausse 
pudeur d'indiquer certains mots par leur 
initiale? Ce qui se lit mentalement ne peut-il 
s'ecrire? On en voit bien d'autres dans les 
livres speciaux de medecine ! Permis a cer- 
taines personnes de demander a leur boucher 
une indkcence de veau ; nous nous exprimons, 
nous, d'autre sorte, sans cependant emprun- 
ter a Rabelais ses obsc£nites. 

II existe des Dictionnaires <T Argot ; nous 
n'avons done fait qu'une place tres res- 
treinte a la langue verte, au Slang des 
Anglais. 

Nous avons accueilli des termes desuets, 
mais se trouvant dans de vieux auteurs 
angevins. 

N. — Tout mot imprime en italiques doit 
se trouver dans le Glossaire, sans qu'il ait 
besoin d'etre suivi de Vindication : V. c. m., 
ou : Voyez ce mot. On devra egalement y 
chercher tous les mots qui ne sont pas du 
bon francais. 



IV 

NOTBB TITRE EST-IL JUSTIFIE ? 

Le Glossaire des patois et des parlers de 
PAnjou contient des termes envoyes de 
333 localites de cette province ; notre titre 
est done a peu pres justifle. 

Mais nous devons avouer loyalement 
encore ici que, si nombre de regions sont 
assez completes, d'autres le sont moins et il 
y aurait beaucoup a glaner apres nous. 

M. R. Onillon a surtout traits les regions 
de Montjean, Saint- Paul -du-Bois, Saint- 
Augustin, Tout-le-Monde, Le Longeron, etc., 
qu'il a habitues. V. sa note : « Mes Sources », 
a la suite du II e tableau. 

Gr&ce a mes correspondants, le Saumu- 
rois, le Baugeois, les environs d' Angers, le 
Segreen, Lue\ Saint-Aubin-de-Luigne ont 
fourni un assez fort contingent a notre 
ceuvre. \ 

Peut-etre un peu trop vendeen au sud, pas 
assez angevin au nord. Mais le temps nous 
presse. A notre age, e'est folie 

De compter sur dix ans de vie. 

Puisse cet aveu desarmer la critique. 

Pensez aux Supplements du Dictionnaire 
de Littrb ; e'est pourtant celui de la langue 
francaise, a peu prds flx6e, celle-la. 

Songez que le remarquable Glossaire du 
Centre de la France, de M. le comte Jaubert, 
dont on vient de donner une nouvelle edi- 
tion (la deuxieme, de 1864, a 732 pages, sur 
deux colonnes, in-4°), a commence par une 
tres mince plaquette de 122 pages (1842). 

Et, encore une fois, jugez-nous, lecteurs, 



nous vous en prions, non par ce qui manque, 
mais par ce que vous trouverez dans ce 
volume. 

Nous n'avions pas a parler des noms de 
lieux ; nous ne Pavons fait que rarement ; on 
consul tera a ce sujet le Dictionnaire de 
M. G. Port. 

Nous avons expliqu£ les noms de baptSme 
les plus familiers, des abr£viations, ordinai- 
re men t. 

Les noms propres d'hommes sortaient 
aussi de notre cadre : nous avons cependant 
recueilli les plus interessants. Dans le 
Bulletin de la Societk. des Sciences, Lettres et 
Beaux- Arts de Cholet et de Parrondissement 
(1889), M. le D r L. Pissot a publie une etude 
tres interessante sur les noms propres du 
pays choletais, qu'on lira avec plaisir. Elle en 
contient environ 500, pages 423 et suivantes 
(Cholet, imprimerie de H. Farre, rue du 
Verger, 1890). 

Celui qui voudra completer notre ceuvre 
devra interroger des ouvriers de tous les 
corps de metiers pour dresser la liste des noms 
patois de tous les outils et de toutes les locu- 
tions qu'ils emploient. 

Et cela depassera de beaucoup la fameuse 
enumeration que fit Homere des vaisseaux 
grecs dans son Made. 



GHAPITRE V 

DE i/ORDRE ALPHABETIQUE OBSERVE 

Nous n'avons rien innove. Une seule 
remarque : Dans les noms composes, nous 
n'avons pas tenu compte de la preposition ou 
de Particle simple ou compose qui peuvent 
les unir ; nous les considerons comme s'ils 
etaient simples, prenant modele sur le Dic- 
tionnaire general. Ex. : Garde-mine, Gar- 
denia, Garde-noble ; Hautain, Haut-a-bas, 
Haut-a-haut. 



VI 

DE L'ORTHOQRAPHE ADOPTEE 

Le meme mot patois nous a ete souvent 
envoye sous cinq ou six graphies difterentes. 
Et cela s'explique d'apres la facon dont il 
est prononce dans chaque region. Le mot 
Un, par exemple, se prononce : eun, eune ; 
in, ine ; ieun, ieune, etc. Nous avons 
accueilli toutes ces formes. 

Quant aux mots qui se prononcent sen- 
siblement de la meme maniere, nous avons 
adopte la graphie qui se rapprochait le plus 
de la francaise. 

Souvent, ces differences de graphies, pro- 
venant de la prononciation, sont jtrds pre- 
cieuses pour mettre sur la voie du sens. Je 
desesperais de comprendre le mot Aclopin, 



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XII 



AVANT-PROPOS 



lorsque le mot Aplopin m*6claira d'une vive 
lumiere en me conduisant a Happelopin, la 
vraie forme, que donne Littre. 

Sollicites par quelques-uns d' adopter le 
systdme Gillibron et Rousselot pour 
Timpression de notre Glossaire, nous nous y 
sommes nettement refuses. Nous sommes 
loin, certes, de le burner ; il offre, par ses 
caracteres typographiques particuliers, une 
excellente notation de la prononciation et, en 
somme, en un quart d'heure, on peut se fami- 
liariser avec P&tude de cet alphabet. II est 
done tres scientifique. 

Mais quelle difficulte* quand il s'agit de 
consul ter les Glossaires imprimes d' apres 
ce systeme ! 

Pour trouver un mot, il faut d'abord 
savoir ou il se trouve ! 

Je cherche : Imbecile ; il est not6 Embisil, 
avec un accent circonflexe sur TE. Jamais 
je n'aurais 6te* le chercher a la lettre E. — 
II faut chercher par un W (et il y en a de 
deux sortes) : oie, ouailles, oiseau, ouigner — 
neil, huis, huileux, huisserie. 

Outre le desordre qui en resulte, il y a la 
question de frais ; toutes les imprimeries ne 
sont pas munies de ces caracteres. II nous 
aurait fallu, enfm, toute la science d'investi- 
gation et les connaissances approfondies de 
M. Gh. Dottin, par exemple, pour oser mar- 
cher sur les traces de Imminent auteur des 
Parlers du Bas- Maine ou de la commune de 
PlichdteL Notre ceuvre est plus modeste et 
moins scientifique. 

Nous avons, a l'occasion, indiqu6 de notre 
mieux, apres le mot, la prononciation pa- 
toise ; ainsi, a : berouette nous avons ajoute" 
(boe>ou6te). Le gl, cl, etc., est souvent 
mouille, nous en pr^venons. Ainsi de suite. 



VII 

LA MATIERE DE CHAQUE MOT 

Apres chaque mot se trouveront : 1° la 
provenance (souvent) ; 2° la prononciation, 
au besoin ; 3° Pespeee du mot ; 4° son explica- 
tion ; 5° ses sens differents ; 6° des exemples a 
Tappui ; 7° FStymologie ; 8° Vhistorique. 



VIII 

PROVENANCE — PRONONCIATION — BSPECE 
EXPLICATION — SENS — EXEMPLES 

Toutes les fois que nous Pavons pu, nous 
avons indique\ en abr6ge\ la provenance du 
mot, en notant toutes celles qui nous sont 
parvenues. On trouvera plus loin le tableau 
de ces abr^viations. 

II faudrait bien se garder de croire, d'ail- 
leurs, qu'un mot suivi de : (Mj., Lg., Lue\ 
Sar.) ne soit usit6 qu'a Montjean, au Longe- 



ron, a Lue et a Saumur ; il peut Tetre dans 
bien d autres locality et m£me dans tout le 
d^partement. Cela veut simplement dire qu'il 
nous est venu de ces quatre contrees. 

La prononciation est figured de notre mieux 
quand elle diftere de la facon de parler cor- 
recte. 

Je n'insiste pas sur Pespeee du mot, le 
genre et le nombre ; le genre est inte>essant 
a constater, il n'est pas toujours le m6me 
qu'en francais. 

Pour le sens, & moins <T indication contraire, 
il est cCabordy sans que nous le mention- 
nions, le meme qu'en francais ; puis nous 
6numerons les sens particuliers au patois. 

Ge sens est presque toujours corrobor6 par 
des exemples. 

Quand le mot patois a plusieurs graphies, 
nous ne r6p6tons pas a toutes, cela va de soi, 
toutes ces explications, nous renvoyons k 
celle que nous considerons comme la princi- 
pale, quel que soit, d'ailleurs, son ordre 
alphabetique. 

J'ai pris, dans bien des cas, le parti d'etre 
plus explicite, plus clair, plus complet que 
cela ne pourra sembler n^cessaire en voyant 
le nombre de nos souscripteurs strangers. 
(A. V.) 



IX 
l'etymologib 

Ici, j'abandonne le nous collectif et prends 
la parole en mon nom personnel. 

J'aurais volontiers dit — mais je n'ai pas 
6te* enferme dans ce dilemme : Le Glossaire 
sera 6tymologique, ou il ne sera pas. 

Et, cependant, je m'en rends bien compte, 
cette partie 6tait la plus p6rilleuse, la plus 
« gandilleuse » a traiter. Cette consideration 
ne m'a pas fait reculer. 

Prenons, par exemple, le mot Lucet. Si 
j'ajoute seulement, comme le font la plu- 
part des Glossaires, cette explication : 
« Petite porte », je comprends que plus d'un 
lecteur ne sera pas satisfait ; sa curiosite* est 
6veill6e, il veut en savoir plus long, pourquoi 
ce vocable a-t-il ce sens? 

Si j'explique que ce mot doit §tre de'doubte, 
qu'il est, en r6alit6, compost d'un nom et d'un 
article qui ont fini par se souder, comme tant 
bV autres exemples pourraient en 6tre donnas, 
qu'il est mis pour Pusset, et mieux : Phusset, 
pour Thuisset, le petit huis, du latin Ostium ; 
si je rappelle, pour corroborer mon dire, que 
nos patoisants prononcent Phussier pour 
Thuissier, la clart6 se fait et la curiositl est 
satisfaite. 

La science 6tymologique a fait d'immenses 
progres depuis trente ans, gr&ce aux ouvrages 
des Brachet, Littre, Diez, Scheler, 
Hatzfeld, Thomas et Darmbsteteb, 
M. Breal, G. Paris et tant d'autres encore. 
Oui, e'est bien ve>itablement une science, 



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AVANT-PROPOS 



XIII 



ayant sa methode et ses regies (voir l'admi- 
rable introduction du Dictionnaire general). 

Jadis, il fallait, a tout prix, trouver l'ori- 
gine d'un mot, on ne reculait devantaucune 
absurdity. Notre compatriote Manage s'est 
fait une reputation legendaire par ses deduc- 
tions in£narrables, d'un comique acheve 1 . 

Soit le mot Haricot. II y a, dans la langue 
latine, le mot Faba, d'ou feve ; il a du former 
le mot haricot, et voici les transformations 
successives du mot latin : « Faba, fabarius, 
fabaricotus, faricotus, haricot, par le chan- 
gement ordinaire de l'f en h : corame en hors, 
de foris, en habler, de fabulari. » 

Le Dictionnaire gknkral dit : « Origine 
inconnue », ce qui est plus honnSte. Parfois, 
cependant, on peut se hasarder a en propo- 
ser une, sous toutes reserves. Et on a raison, 
cela est suggestif et peut mettre sur la voie (a). 

Nous n'avons donne que retymologie des 
mots vraiment patois, a part quelques excep- 
tions pour des termes vraiment bien curieux. 
Quand elle est des plus claires, m§me pour 
les moins instruits, je la neglige. 

Pour m'excuser d'avoir propose parfois 
des etymologies incertaines, je citerai ce pas- 
sage de G. Paws : « Un Dictionnaire vraiment 
etymologique doit suivre l'histoire d'un mot 
jusqu'a sa plus ancienne forme connue et 
mime supposable. » (Revue des Deux Mondes, 
15septembre 1901.) 

Au risque de paraltre prolixe et de « che- 
vaucher irion dada », je continuerai a citer 
Fillustre savant : « Cette continuite et cette 
evolution du francais remontent beaucoup 
plus haut qu'on ne s'en rend generalement 
compte. Le francais moderne, langue litte- 
raire et langue commune de la nation, n'est 
qu'une variete dialectale — originairement 
propre a FIle-de-France — du latin parie. 
Le premier monument qu'on ait de ce latin — 
devenu a la longue tres different du latin 
6crit — est, on le sait, le fameux texte des 
serments echanges a Strasbourg, en 842, 
entre les fils de Louis-le-Pieux ; mais, pour 
n'avoir pas ete note jusque-la par recriture, 
le latin parie n'en existait pas moins en 
Gaule depuis plusieurs siecles. II avait ete 
importe d'ltalie ; mais le fait de cette impor- 
tation n'avait produit aucune interruption 
dans revolution qu'il poursuivait depuis qu'il 

(a) Oserai-je m'appuyer sur l'autorite des auteurs 
de I 1 Introduction du Dictionnaire general! « Le 
plan que nous nous etions impose nous a forces 
plus d*une fois a prendre parti dans des cas 
douteux..., la ou retymologie etait incertaine. 
Chaque mot est un probleme a resoudre : il fallait 
apborter une solution ; quels qu'aient ete nos scru- 
pules, on trouvera parfois que nous avons ete t6me- 
raires. . . le progrte de la science nous amenera a 
corriger sans cesse ce travail incomplet ; telle de nos 
assertions sera contredite par la decouverte de 
nouveaux faits. Nous ne nous dissimulons done 
nulleraent 1'imperfection de notre oeuvre ; notre 
seule esperance a ete de nous approcher du but 
autant que pouvait le permettre retat actuel des 
connaissances philologiques. » (P. XXIII.) 



avait, a la suite des armes romaines, conquis 
Tltalie, avant de conquerir tout l'Occident 
de T Europe. Et on ne peut pas davantaee 
s'arreter Id. Ce latin, que propageait la 
conquete, avait evolue des siecles innom- 
brables avant de franchir les limites du 
Latium. II n'etait, a son tour, qu'une variete 
dialectale, fort alteree, de 1 idiome jadis 
commun aux Indo-Perses, aux Grecs, aux 
Slaves, aux Ger mains, aux Celtes et a plu- 
sieurs autres peuples. Et, si la comparaison 
des langues de ces differents groupes ethniques 
permet jamais — ce qui n'est pas encore le 
cas — de restaurer la forme qu' avait leur 
commun idiome, cette forme sera encore 
separee de son point de depart, commun peut- 
etre a toutes les langues numaines, par une 
evolution d'une incalculable dur6e... » 
(Un nouveau Dictionnaire de la langue fran- 
caise, l re par tie. Revue des Deux- Mondes, id.) 

« . . .On en tend aujourd'hui couramment, 
par etymologie, l'assignation d'un mot d'une 
langue a un mot d'une autre langue d'ou il 
est cense provenir. Litte6 distingue rety- 
mologie primaire, « quand il s'agit d'une 
« langue a laquelle, historiquement, on ne 
« connait point de mere », et retymologie 
secondaire, « quand il s'agit d'une langue 
« historiquement deriv6e d'une autre ». 
Ainsi, retymologie romane et, en particulier, 
franchise est secondaire, remontant pour la 
plupart des mots au latin, a l'allemand, au 
grec, etc. ; puis retymologie latine, ou 
grecque, ou allemande, est primaire. » II y a 
la une double erreur qu'on ne pouvait guere 
eviter de son temps. . . 

« La langue francaise n'est pas fille de la 
langue latine et, a vrai dire,, il n'y a pas de 
langues filles et de langues mires. » (V. au 
Glossaire, Arer. A. V.) Le francais, comme 
je l'ai deja dit, n'est que le latin parie, sans 
aucune solution de continuite, ni rien qui 
ressemble a la generation d'un individu par 
un autre. Quand un mot appartenant au 
vocabulaire du latin parie a passe jusqu'a 
nous par une tradition orale ininterrompue, le 
ramener a sa forme latine n'est pas en faire, a 
proprement parler, retymologie, e'est remon- 
ter plus haut dans l'histoire de revolution 
qu'il a decrite. II n'y a aucune difference de 
relation entre les etats successifs d'un mot 
comme consutura, cosutura, costura, costure t 
cousture, couture : aucun n'est l'etymologie 
de P autre, tous sont des moments dans une 
evolution qui consiste eminemment, ici — 
comme il arrive le plus souvent — en une 
reduction constante. D'autre part, retymo- 
logie primaire ne differe de retymologie 
secondaire qu'en ce qu'elle manque de docu- 
ments (et celle-la aussi en manque souvent). 
Disposant de moyens beaucoup moins surs, 
elle arrive a retrouver ou a conjecturer des 
formes d'un mot latin, grec, etc., plus an- 
ciennes que celles qui nous ont ete conservees. 
Elle peut aller plus loin et les ramener a des 
racines dont elle determine plus ou moins 



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XtV 



AVANT-PROPOS 



vaguement le sons ; mais, au moins, dans la 
plupart des cas, le rapport entre la forme et le 
sens lui echappe. 

Revenons au francais. . Pour les mots qui 
appartiennent au fonds he>6ditaire du latin 
parte, ce n'est pas leur etymologie qui est a 
faire, c'est leur histoire. 

II n'y a d'etymologie, non au sens grec, 
mais au sens moderne, que pour les mots 
empruntes a d'autres langfues. Voila la vraie 
distinction entre les deux genres de recherches 
que Ton confond sous le nom d'etymologiques. 
Littre ne s'en est pas suffisamment rendu 
compte. II a souvent omis de remarquer que 
des mots francais qui ont une origine latine 
n'appartiennent pas, cependant, au fonds 
he>eaitaire, qu'ils ont ete repris, a des 
epoques varices, au latin litteraire. II ne 
distingue pas, par exemple, entre un mot 
comme image (anciennement imagene), qui 
est le latin imaginem, emprunte au latin vers 
le ix e siecle, et le plantain, qui est le latin 
plantaginem, transmis de bouche en bouche 
depuis un temps immemorial. . . » (Id., ibid.) 

«... L'enfant aime a jouer, mais il n'aime 
pas moins a casser son jouet pour voir ce 
qu'il y a dedans. L'homme fait tient beau- 
coup de l'enfant et ce qu'il en garde n'est pas 
ce qu'il y a de pire. Le plaisir de posseder, de . 
jouir ne le satisfait pas s'il ne se double du 
plaisir desavoir. . . 

« De toutes les etudes dont le langage 
peut etre l'objet, l'etymologie est celle dont 
le nom remonte le plus haut ; nous trouvons 
le nom chez les Romains, qui le tenaient des 
Grecs. . . (Platon, Varron.) 

« Le mot est familier a nos trouveres du 
xn e siecle... Maitrk Wacb, chanoine de 
Bayeux, protege et pensionne par le roi 
d'Angleterre Henri II (un Plantagenet 
d'Anjou), a ceiebre les exploits des Nor- 
mands dans un long poeme connu sous le 
nom de Roman de Rou. Or, Maitre Wacb a 
tenu a nous expliquer Porigine du mot Nor- 
mand et il Fa fait en philologue consomme : 

Justez ensemble north et man 
Et ensemble dites northman : 
Ceo est « huem de north » en romanz ; 
De ceo vint li nuns as Normanz. 

(D'ou vient Normandie. . .) Mais le bon 
chanoine ne nous cache pas que les Francais 
— un Normand d'alors ne se considerait pas 
comme Frangais — ne voulaient pas accepter 
cette etymologie : 

Franceis dient que Normendie 
Ceo est la gent de north mendie : 
Normant — ceo dient en gabant — 
Sunt venu del north mendiant 
Pur ceo qu'il vindrent d'altre terre 
Pur mielz aveir et pur mielz querre. 

On voit qu'on avait d£ja de Tesprit 
en France au xn c siecle. Et c'ost bien la le 
malheur, et qui explique que nous ne tenions 
pas le premier rang en philologie : un bon 
etymologiste ne doit pas avoir d'esprit... 
x La Renaissance. . . un peu de bien et beau- 



coup de mat... trop de grec)... Menage 
jongle avec les mots (on a contrdie, cepen- 
dant, qu'il avait trouve juste soixante-douze 
fois sur cent). — Au xix e siecle, Raynouard 
a fait fausse route chez nous . . . Mais P Alle- 
mand Diez a enfln assis l'etymologie des 
langues romanes sur des bases solides (4). 
(Antoine Thomas, Preface du Dictionnaire 
general.) 

On a lu plus haut que les langues mo- 
dernes sont sceurs et non pas filles du latin. 
Un exemple : Francois : neuf (nouveau): latin, 
novus; russe, novy; grec, neos ; allemand, neu ; 
anglais, new ; persan, nau ; Sanscrit, nava. 
Tous mots ayant vraisemblablement pour 
racine la particule demonstrative sanscrite 
n«, nii, nu, en grec nun ; latin nunc (main- 
tenant). 

Et, enfin, quelques lignes sur les lettres 
hymologiques dont il est de mode, aujour- 
d'hui, de r^clamer la suppression, sous pr6- 
texte de simplifier notre orthographe. 

« On a dit corps, pour coin, et alors ce mot 
ne vient pas du latin corpus, mais du latin 
cornu, qui signifie : angle, coin. II aurait 
fallu 6cnre corn, ou du moins cor (cf. coins et 
cornieres) ; mais on a confondu ais^ment les 
deux orthographes. Rien n'est si ordinaire 
que ces confusions, de la part des copistes 
peu instruits de ces etymologies. 

« Nous remarquerons en passant que ces 
exemples font sentir 1% necessity de conserver 
dans notre orthographe les lettres mSme inu- 
tiles a la prononciation. Elles sont comme les 
sauvegardes des etymologies et, par conse- 
quent, des significations propres. Faute d' at- 
tention, on a done dit corps pour cor, corn, 
ou coin, dans les passages suivants. (Suivent 
des exemples.) La Curne de Sainte- 
Palaye. » 

Apres cet expose de la question etymolo- 
gique, nous osons esperer que le lecteur nous 
excusera de Tavoir traitee parfois peut-dtre 
un peu trop amplement. 



l' HISTOIRE 

Nous avons enrichi — ce mot ne nous 
semble pas excessif — quand nous l'avons 
pu, notre Glossaire de nombreuses citations, 
extraites des auteurs du moyen &ge, des 
temps modernes ou contemporains (b). 

Nous avons donne la preference aux 
auteurs angevins, assurement ; mais il nous a 
paru curieux de prouver qu'une bonne moitie 
de nos mots vraiment patois ont ete employes 
par Froissart, Rabelais, Marot, tant d'autres 
encore, et, en remontant plus haut, par 
rauteur de la Chanson de Roland. 

On remarquera, non sans surprise, que plus 
d'un vocable — qui, employe par un de nos 

(b) « Un dictionnaire sans citations est un sque- 
lette. » (Voltaire, Correspondance gene>ale, Lettro 
aDuclos, 11 aoutl760.) 



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AVANT-PROPOS 



xv 



paysans, nous fait sourirc — est le mieux 
formed le meilleur, le plus conforme a Fety- 
mologie et au sens. 

Dans les vieux textes, nous avons le plus 
souvent respects Forthographe ancienne ; 
tout au plus avons- nous ajoutS parfois 
quelques accents, pour en faciliter Fmtelli- 
gence. 

Nous indiquons presque toujours Fauteur 
du passage cite, en precisant le passage, ou 
tout au moins Fauteur qui le cite, auquel on 
est prte de se reporter. 

Inv. Arch., t. Ill, E, S., s., 575, 2, b., 
devra fctre lu : Inventaire des Archives d6par- 
tementales de Maine-et- Loire, tome III, 
lettre E, Supplement, suite, page 575, 
2 f colonne, bas (n., haut ; m., milieu). 

Rab., P., IV, v, 227. — Rabelais, Pan- 
lagruel, livre IV, chapitre v, page 227.) 



XI 

BBNSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIBES 

Le lecteur trouvera ci-apres : 

Table des principales abr^viations ; 

Table des noms de lieux ; 

Table des auteurs cites ; 

Table des noms des correspondants (ou de 
leurs pseudonymes) ; 

Table de quelques termes usuels de figures 
de rhetorique et de grammaire. 

Apres le Glossaire proprement dit, le Voca- 
bulaire ; puis viendront les Zigzags, remits ou 
dialogues en patois, qui sont au Vocabu- 
laire ce que le corps de Fhomme vivant est au 
squelette du trepassg. 

Et enfin le Folk-Lore (5). 

CONCLUSION 

Cette ceuvre repr&ente plus de trente 
annees de recherches de M. Rene* Onillon. 
Je n'y ai guere consacre\ moi, que ces dix 
dernieres annees (1908) ; je ne saurais done 
rtclamer la part principale. 

Tout ce qui est bien, attribuez-le a mon 
collaborateur. 

Le reste, je le reclame — et Findulgence 
pour Fun et Fautre. 

A. -J. Vebbieb. 

NOTES COMPLGMENTAIRES 



. (1) Ici, Messieurs, je me permettrai une digres- 
sion. Je vous assure que, meme pour t les gens du 
naonde », un peu d'eHymologie serait souvent 

utile. 

H y a quelques anne>s, un employ^ d'une'de nos 
^ministrations, dont !e fils etait en huitieme, vint 
me trouver, un peu trouble* : 

— Dans votre dernier article, me dit-il, vous 
^ei expliqu^ le mot ingambe par : qui a de bonnes 
•rabes, done : leger, alerte, dispos. 



— Et, lui dis-je, c'est bien le sens de ce mot. 

— C'est que, justement, la veille, notre Direc- 
teur, en annoncant la mise a la retraite d'un des 
ndtres, avait ajout£ : « Notre excellent collegue, en 
eflfet, est devenu absolument ingambe et ne peut 
plus continuer son service. » 

Et je viens vous demander si, par hasard, vous 
ne vous seriez pas trompe\ Car, enfln, dans injuste, 
inutile, incapable et tant d'autres, le pr£uxe in 
implique negation de ce qui suit. Done : ingambe, 
qui n'a pas de jambes. 

— Avez-vous, Monsieur, appris jadis les racines 
grecques ? 

— Je crois bien que oui ; mais, vous savez : 

c S'il m'en souvient, il ne m'en souvient guere. » 

— Vous vous rappellerez, du moins, le premier 
vers : 

« « fait un, prive, augmente, admire. » 
Or, a F« grec rdpond I'm des Latins ; s'il prive, il 
peut aussi augmenter, et c'est le cas pour ingambe. 

Le fonctionnaire se retira convaincu. Mais mon 
article avait fait l'effet d'un soliveau tombant dans 
une mare a grenouilles. 

Dernierement, un candidat au brevet supdrieur 
ayant a expliquer le mot sauvage, appliquS a la 
bSte, le tira du verbe se sauver, parce que ces b§tes 
se sauvent devant Fhomme. Ce qui est a la fois une 
ineptie et une erreur. Le lion, le tigre, la panthere 
ne se sauvent point, que je sache, devant l'nommc ; 
ce serait plutdt le contraire. Et sauvage vient du 
latin silva, bois, par l'adjectif silvaticum, qui vit 
dans les bois ; la terminaison aticum 6tant devenue 
age en francais. 

N'est-il pas interessant de savoir que le nom du 
geranium lui vient de ce que son fruit est compose 
de cinq capsules, terminees chacune par une arete, 
d'ou resulte une forme en bee de grue t sens du mot 
savant t 

II est curieux de connattre que le mot sandier 
est absolument le m£me que le mot singulier. On a 
dit : porcus singular is, pore vivant seul ; le mot 
solitaire, d'ailleurs, applique* a un vieux sanglier, 
confirme cette etymologic Porcus est tomb6, 
singular is est rest6. 

Vous remarquerez que, des deux mots, c'est le 
moins important qui a surnagd. De m§me, on disait 
jadis : des drops linges, e'est-a-dire : de lin ; depuis, 
on a dit : du linge. 

Et, pour flnir, avez-vous pens6 a ceci, que les 
trois noms de fleurs : Souci, Heliotrope et Tourne 
sol sont formes absolument d' apres le m6me prin- 
cipe et ont le m£me sens? — Souci, ancien francais 
Soucie (f6m.), du latin Solsequia y pluriel de Solse- 
quium (proprement : qui suit le soleil), pris pour un 
feminin singulier, devenu Solsicie, solsie, soussie, 
6crit soucie, puis souci, par confusion avec Fautre 
vocable : Souci, inquietude. — Heliotrope, compose 
avec le grec hklioc, soleil, et tripo, tourner, qui se 
tourne vers le soleil. — Enfin, Tournesol, parce que 
ses fleurs se tournent vers le soleil. Ce rapproche- 
ment est au moins curieux. 

Mais peut-6tre quelqu'un m'arrfitera ici. Et ce 
mot Souci, inquietude, aurait-il la meme racine? 
Non. II vient du verbe Soucier, latin Sollicitare 
(Solcider, solcier, soucier). Vous vous rappelez le 
passage de Moli&re *. 

Chrysale 

Et vous n'avez nul soin, nulle sollicitude 
Pour. . . . 

Phtlaminthe 

Ah ! sollicitude a mon oreille est rude. 
II pue etrangement son anciennete. 

(Fern. Sav., II, 7.) 



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XVI 



AVANT-PROPOS 



(2) Je ne donnerai ici qu'un exemple de l'int£- 
rSt offert par ces vocables et locutions en patois : 

Vanquiers oppose di men qui. 
Quatre mots, tous plus ou moins curieux : 
« Vanquiers oppose de mentir. » 
Vanquiers, mot aux sens innombrables et assez 
mal d6finis, souvent employe sans raison, par 
remplissage. Le sens le plus ordinaire est: Peut-dtre, 
Je le tire de la contraction de Volontiers ; on pourra 
lire mes raisons dans le Glossaire. Je le croirais 
volontiers, ventiers> vanquiers. — Oppose, en 
patois, a le sens de Empeche ; de, c'est la proposi- 
tion de ; menqul, c'est mentir, avec la prononcia- 
tion habituelle du ti (comme dans Ventiers), et la 
suppression de l'r final a l'infinitif de la deuxieme 
conjugaison. 

Et, dans ces quatre mots, vous retrouverez la 
finesse narquoise de nos paysans. On ne veut point 
se compromettre par un oui ou un non catego- 
riques. On repond : Venquiers ben ! Et on ne ment 
point. 

« Vanquiers oppose d£ menqut. » 
Dans le dernier numero des Annates poli- 
tique* et litteraires (9 juin 1907), on parle d' Andre 
Theuriet : « Sa petite patrie, a lui, c'6tait, non 
pas celle de sa naissance — un hasard l'avait fait 
naltre aux environs de Paris — mais celle de sa 
race, de sa jeunesse et de son coeur, cette patrie de 
la Lorraine qui va de la Marne a la Meuse, c'est-a- 
dire le Barrois et l'Argonne. . . II la cherissait tant 
que, lorsque, fix£ a Paris, il s'y maria, il voulut 
que ce fut avec une payse, avec La Payse ; et, dans 
un touchant poeme, il nous a meme conte com- 
ment sa tendresse, qui couvait depuis longtemps, 
eclata tout-a-coup, un jour que l'aimee laissa 
tomber de sa bouche, avec l'accent lorrain, un 
vieux mot du terroir natal. » 

Un mot de patois rSunissant deux coeurs et liant 
deux existences, cela n'est pas banal et, l'aveu nous 
venant d'Andre Theubibt, la caution n'est pas 
bourgeoise, comme on disait sous le Grand Roi. 

Si j'eusse connu plus tdt cette anecdote, je 
1'eusse inseree dans mon Prospectus ; nul doute 
qu'elle ne m'eut valu quelques souscriptions de 
celibataires dSsireux de convoler. 

(3) Permettez-moi ici une citation de H. Es- 
tienne (De la conformity du langage francais avec 
le grec, livre I, Advertissement, p. 3, Edition 
de 1569) : 

« Comme il est malaise de faire un banquet ou 
il n'y ait trop ni trop peu, mais il vault mieux qu'il 
y ait trop, d'autant que ce qui demeure n'est pas 
perdu ; ainsi est-il difficile de garder si bien 
mesure en traictant tel argument, que rien n'y 
soit abondant et que rien n'y defaille. Mais il y a 
bon remede a ce qui se trouve estre ici d'abon- 
dant ; car les lecteurs n'auront qu'a le laisser. 

(4) Un de mes honorables correspond ants 
explique le mot Abouieiltt, dans Furoncle about* illi, 
par Furoncle en forme de bouteille. Point. Abou- 
t£ier est pour Aboutir ; beaucoup de verbes de la 
deuxieme conjugaison passent, de cette facon, dans 
la premiere. C'est un furoncle muri qui est abouti, 
qui va ou est sur le point de crever. 

(5) J'ai parte plus haut de correspondants qui 
desiraient rester inconnus. Vous n'avez pas l'idee, 
chers lecteurs, des ennuis, des persecutions meme 
qu'ont eu a subir quelques-uns d'entre eux pour 
n 'avoir pas pris la precaution de maintenir leur 
anonymat. Je pourrais vous citer une commune 
oti l'auteur de plusieurs recits, occupant un 
commerce important, fut forc6 de quitter le pays. 
Comme on parlait devant lui de ces recits, reelle- 



ment bien faits, en se demandant quel pouvait 
bien en gtre l'auteur, il ne resista pas a la satisfac- 
tion de de>oiler son pseudonyme pour se les attri- 
buer. Comme la tortue de La Fontaine : 

« II eut beaucoup mieux fait 

« De passer son chemin sans dire aucune chose. • 
De ce moment, on s'acharna apres lui : « Ah ! c'est 
vous qui envoyez des articles a ce monsieur qui 
ecrit dans les feuilles T Vous allez nous faire passer 

Eour des sauvages. Et, apres tout, j'parlons aussi 
en que lui, quand j'voulons ! » 
On pourrait croire que j'exagere. Voici ce que je 
lis dans la Revue des Patois gaUo-romans. M. I'abb6 
Roussblot y a publie une etude sur le patois de 
Cellefrouin (Charente). Voici ce qu'il rapporte : 
« Au cours de mes explorations, i'ai contracts bien 
des dettes de reconnaissance, et le bon accueil que 
j'ai rencontre presque partout me fait un devoir 
d'oublier l'hostilite ou la defiance dont j'ai 6t6 par- 
fois l'objet. Comment, du reste, pouvait-il en dtre 
autrement? Une enquete sur le patois, c'est une 
chose si singuliere que je devais bien m'attendre a 
€tre traits en espion et a voir les batons leves sur 
ma t&te, mdme dans mon propre canton et a Tins- 
tigation d'un homme de ma propre commune. . . * 
Conclusion : Je ne nomme que les correspondants 
qui m'y autorisent expressdment. 



:< Nous manquerions aux sentiments de la 
plus ^mentaire reconnaissance si nous 
n*adressions pas ici nos plus sinceres, nos 
plus profonds remerciements aux personnes 
qui nous ont encourages et soutenus dans I 
cette oeuvre considerable ; ' 

A nos Souscripteurs qui nous ont permis 
d'oser entreprendre T^aition de ces deux | 
volumes ; 

A tous mes Correspondants, en particulier 
a M. Bouic, qui a revu tout mon manuscrit, ' 
la plume a la main, me donnant trois cents 
pages de notes, sur 2 . 000 mots ; a M. Pucelle, 
qui en a fait autant pour les premieres lettres 
et m'eut continue" son aide intelligente et 
d6vou6e s'il n'en eut 6t6 emp§ch6 par la pre- 
paration d*un examen ; a M. R. de la Perrau- 
diire, qui a mis de la meilleure gr&ce a ma 
disposition son remarquable ouvrage sur la 
Commune de Lu6 ; a M . P. Simon, institu- 
tes a Angers, dont j'ai pu consulter le ma- 
nuscrit sur La Romagne et le pr^cieux 
Recueil de Chansons ; a tous les autres, 
depuis ceux qui nTont communique plu- 
sieurs centaines de mots (V. le II e Tableau), 
jusqu'a ceux qui n'ont pu m'en indiquer 
qu'un seul. (A. -J. V.) 

A tous les journaux qui se sont empresses 
d'annoncer notre ceuvre. 

A M. RueU Qui a dessine la jolie vignette 
du titre ; 

A MM. Germain et G. Grassin, qui m'ont 
accords toutes les facilites que je leur ai 
demand£es, et a la vaillante equipe des 
Typographes, dont la patience a du £tre 
mise a une rude kpreuve (c'est le cas de le 
dire) par la complication de ce travail. 



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AVANT-PROPOS xvii 

Je remercie enfln M. Cardi, administra- P.-S. — Nous accueillerons avec empresse- 

teur du Petit Courrier, pour 1' hospitality que ment toutes les communications que Ton 

j'ai trouv6e dans les colonnes de son journal, voudra bien nous adresser sur ce premier 

veritable tribune qui m'a permis de commu- volume ; nous pourrions les utiliser dans le 

niquer avec tant de correspondants. second (1). (M. Verrier, 2, rue Michelet ; 

Si j'en oublie, qu'ils veuillent m'excuser M. R. ' Onillon, instituteur au Longeron), 

ils sont trop, ceux a qui nous sommes rede- Nous nous mettons de m&ne a la disposition 

vables. de nos lecteurs pour tous les renseignements 

r>«„« ** d r\ n • >» xm qui pourraient nous £tre demands, dans la 

Pour M. R. Onillon, voir, ci-apres : Mes JJ^*^ ou nous po urrions y r6p0 ndre. 

sources. r r 

(1) J'avais identify a tort I^es Ponts-de-CS avec 
Angers, 10 avril 1908. le Seium Castrum. Celui-ci est Plessi, canton dr 

Gu6m6n6-Penfao, arrondissement de Saint-N*. 
saire, Loire- Infeneure. (Communicatiop de M. le 
A.-J. Vbbbibb. chanoine Urseau). 



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MES CORRESPONDANTS 

Noma ou pseudonymes, avec la designation de la locality 
d'oti proviennent oes renseignements (A. J. V.) 



ABBE (Un) 






GALLEAU 


Chel. 




ALANIC (M"«) 


Cht. 




GASNAULT 


Ag. 




ANGEVIN DE PARIS (1') 


Aff. 




GENEST 


Cfig. 




ANGEVIN PUR SANG (Un) 


Tc. 




GOBLET 


Sar. 




ANJOU HISTORIQUE (V) 


Ag. 




GOBLOT 


Sar. 




ANNETTE (Louis) 


Vr. t 


Chf. 


GOIZET 


Lpc. 
Mb., 




BAC (Daniel) (106 mots) 


Bf., 


Bg. 


GOUJON 


Br., Bf., 


BAHUTIER DE SAUMUR 


Sar. 




GONTARD DE LAUNAY 


Lim. 
Cho. 


Mg. 


BALLU 


My. 




GRASSET 




BEDOUET 


Ag. 




GREFFIER DU TRIBUNAL 


Ag. 




BEIGNET (268) 


Bf., 


Spl. 


GROLLEAU 






BERNIER 


Mb. 




GUIGNARD 


Bn. 




BLANCH ISSEUSE 


Lpc. 




HECKER 


Bl. 




BOENE (143) 


Bn. 




JAGOT (DO 


Ag. 




BOISNARD 


Shs. 




JAUDEAU 


Ag. 




BONNET 


Sou. 


, Jm. 


JOUBERT 


Lpc. 
Bf. 




BORDEREAU 


Segp 




JOUBERT 




BORDIER 


Lme 


!, sf. 


JOUET 






BORfi 


Lz., 


Dt. 


JUTEAU 


Cho. 




BOUIC (2000) 






L. A. 






BOUIC (D') 


Ec. 




LACROIX 






BOUVET 


Lfu., 


Mot 


LAITIER (Notre) 


Lpc 




BRAULT 


Mu. 




LEBRETON 


Lpc 




BRETAUDEAU (Abb6) 


Lpc 




LE MOY (sa bonne) 


Q. 




BRION 


Bg. 




LEMOTHEUX 






CAMUS 


Mze*. 




LEMOYNE 






CHABERT(M>*) 
CHARNACE (Bertrand de) 


Dt. 




LE ROYER 






Chm 




LEVEQUE 






CHEREAU flls 


Vh., 


Mb. 


MABILLE 


Mc 




CHfiRUBIN (Un) 


Ag. 




MAINGAUD 


Ba. 




CHEVILLER i 


Lpc. 




MAIRE 


By. 




CHOUANET 






MAISONNEUVE (DO 






COINTREAU 


Ag., 


Fm. 


MALADE AVIDE DE DISTRACTION 




CORDON (DO 


Lpc. 




MARGUERITE (V.) 


Ag. 




COURRIER (Le Petit) 


Ag. 




MAYET*(M**) 


Ag- 




COUTANT (Aug., de Paris) 


Ag. 




MAYET (Paul) (84) 


Ag. 




COUTURIERE (Notre) 


Vd. 




MERCIER 


Ag. 




CROSNIER (213) 






MfiTIVIER 


Cra. 




C. V. DERIGAL(731) 


Sal. 




MICHEL 






DALAIRE (Abb6) 


Mz., 




MICHELET 


Lbh. 




DAUPHIN 


Rf., Gp. 


MONPROFIT (DO 


Ag. 




DEFAIS (C&estine) 






OGER 


Ag. 




DENAIS 


Bf. 




ORIARD 


Ag. 




DIVAI 


Mze\ 




OTTO 


Ag. 




DIVAI (sa bonne) 


Spr. 
Mop. 




PAIX(Cercledela) 


Lpc 




DROUET 




PAVIE 






DUREAU 






pEan 


Do. 




ELGfi (109) 


Sar., 


Do., Pell. 


PfiAN (sa bonne) 


Leg. 




ESPERONNIERE(M"der)(117) Cnd. 




PERRAUDIERE (R. de la) (380) Lu6 




ETIENNE ** 


Rf. 




PERRAUDIERE (X. de la) 


Lu6 




FARCY (de) 


Ag. 




PEYRE 






FERRfi.HAMON 


Tr. 




PINGUET 


Tr. 




FORTIN 


Ag. 




POIRIER (Abbe) 


Mj. 




FREULON (67) 






POTIRON 






G... (417) l 


Sar. 




PRfiAUBERT 







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MES CORRESPONDANTS 



XIX 



PRIEUR 




PROUST 


Po. 


PUCELLE (686) 


Lfu., 


QUINCfiEN (Un) 


Q. 


RIDEAU 


Lpz. 


RIPAULT 


U. 


RONTARD 


Lpc. 


ROUJOUX 


Lpc. 


ROY 


Sar. 


ROZIER 


Lpc. 
Shs. 


RUEL 


SfiCHET 


Cho. 



Lme. 



SERVAIS 




SIMON (150; 


Lrm. 


SIRAUDEAU 


Cho. 


SAINT-MALO (M«") (284) 


Br., Li., 


SUREAU 


Eg. 


TAUGOURDEAU 


Smv. 


THIBAUDEAU 


Ti. 


THOUARSAIS (Un) 


Ths. 


TOUBLANC (Abbe) 


Sp. 


VfiTAULT 


Lpc. 


VILLEBIOT (de la) 





Jm 



N. — Un tres grand nombre de correspondants m'ont instamment pri6 de ne les desi- 
gner d'aucune facon. J'obeis a regret. 

Je me fais un plaisir et un devoir de joindre a ce tableau la tres interessante Note de mon 
collaborateur, M. R. Onillon. 



MES SOURCES 



Je ne puis citer que des sources, et non des 
correspondants, car je n'en eus jamais 
aucun. Pas un seul des innombrables mots et 
locutions que j'ai consignes au Glossaire ne 
m'a 6t6 donne par emt. Je les ai recueillis 
moi-m£me, au jour le jour, sur les levres de 
person nes de toutes conditions et de tous 
etats, qui 6taient les representants autorises 
de chaque localite indiquee, pour y etre nees 
et y avoir grandi, ainsi que je prenais soin 
de m'en assurer. II n'y eut a cette regie que 
de tres rares exceptions, et je les signalerai. 

Ma recolte de vocables et de faits locaux, 
commencee vers 1878, je Pai poursuivie 
aprement partout ou j'ai passe\ en toute cir- 
constance, ordinairement dans des conver- 
sations non preparers, rarement dirigees, 
tout au plus eclaircies sur quelques points 
douteux au moyen de discretes interroga- 
tions ; si bien que tel individu de qui le 
commerce m'a fourni nombre de documents 
precieux ne s'est jamais dout6 cme son parler 
m'eut servi de sujet d'etudes. II y a a cette 
maniere de proc6der de serieux avantages, 
comme il y a de graves inconvenients a pre- 
venir les gens que Ton epie leur patois ou 
leurs pr^juges. Je n'insiste pas sur ce point. 
Dans certains cas seulement — et ceux-la 
encore je les indiquerai — je me suis departi 
de cette regie ; mais je ne Pai fait qu'a bon 
escient, avec des personnes assez intelli- 
gentes pour comprendre et apprecier le but 
que je poursuivais, assez serieuses pour se 
prfiter & me» vues en conscience : encore 
n'ai-je jamais neglige de soumettre a un 
controle severe les donnees qui m'avaient 6t6 
fournies dans ces conditions. 

On reconnaltra, je l'espere, que ce sont la 
des garanties valables d'authenticite pour la 
partie du Glossaire qui est mienne. Je passe 
aux details. 

C'est Montjean qui a fourni le fonds prin- 
cipal de mon ceuvre et, si j'ose dire, de notre 



ceuvre. Le hasard qui m'y fit naltre a bien 
fait les choses : dans peu de communes on 
aurait pu trouver des materiaux aussi riches 
et aussi divers. Pays essentiellement agricole, 
mais ou la culture est infiniment plus variee 
que dans la plupart des regions, Montjean est 
aussi un pays industriel par ses mines de 
houille (abandonnees par suite d'inondation 
en 1892), par ses fours a chaux, par son eta- 
blissement de forges, par ses chantiers de 
construction de bateaux, par sa marine 
fluviale enfin, de beaucoup la plus impor- 
tante qui existe tout le long du cours de la 
Loire. Chacune de ces branches de Pactivit6 
humaine suppose un vocabulaire special 
duquel on ne trouverait guere ailleurs les 
elements. Le fleuve qui traverse le territoire 
montjeannais a fait naitre toute une moisson 
de vocables locaux, necessaires a caracten- 
ser la physionomie de ses rives, les pheno- 
menes qu il provoque, les proced^s des indus- 
tries moindres ou majeures au'il nourrit, et 
aussi la flore speciale dont u epsemence le 
sol des vallees et des fles, flore qui est la 
synthese de celle des hauts plateaux. 

Descendant d'une vieille famille de labou- 
reurs fixes dans le pays depuis trois siecles au 
moins, ne dans un village — le Croissement — 
a une epoque oil l'invasion du bon francais et 
surtout de V argot moderne n'avait pas encore 
trop deforme la vieille langue des ancStres, 
ayant suce le patois avec le lait maternel, je 
songeai, des que la culture classique, avec 
l'etude des langues etrangeres, m'en eut 
revele la forte beaute et la noblesse originelle, 
je songeai, dis-je, a en fixer les traits essen- 
tiels en un recueil restreint, mais que je sen- 
tais devoir etre quand meme d'un interSt 
general. Geux qui ont le culte de la petite 
patrie et des souvenirs familiaux me com- 
prendront. 

Mais, peu a peu, mon programme s'elargit 
avec le cercle de mes peregrinations forc^es« 



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XX 



MES SOURCES 



Les lieux ou le hasard me transplantait 
avaient, eux aussi, un fonds abondant de 
vocables speciaux, curieux par lews attaches 
linguistiques, interessants par leur histoire, 
desquels, souvent, la rencontre eclairait d'une 
vive lumiere l'origine ou le sens de tel mot 
enigmatique que je possedais depuis long- 
temps dans ma collection : ainsi, du choc de 
deux cailloux inertes jaillit une etincelle. 
Tout cela etait trop tentant pour un amateur 
et, de la sorte, d'annee en ann6e, le modeste 
recueil que j'avais r£ve a l'origine s'enfla 
jusqu'a des proportions impr^vues : les 
fiches s'entasserent sur les fiches, les gloses 
chevaucherent sur les gloses et, a la fin, ce 
fut un veritable colosse qui sommeilla dans 
mes archives : 

Monstrum horrendum, informe, ingens, cui 
lumen ademption. 

Et, de fait, il n'eut jamais vu le jour — mes 
ressources personnelles ne m'auraient pas 
permis de le publier — sans Taide providen- 
tielle qui m'echut, vers 1898, en la personne 
d'un collaborates aussi desinteresse qu'en- 
thousiaste, aussi fort d'entregent que riche 
d'e>udition. II a pris mon ours, il en a fait 
son affiau de predilection ; pendant dix ans, 
il Ta lech6 et pourlech^ jusqu'a lui donner 
formes, proportions et couleurs. Bien plus, il 
lui a d^niche toute une lignee de petits cou- 
sins qu'il a aussi eieves a la brocnette avec 
des soins touchants. Tous ces §tres demi- 
sauvages, il ne s'est pas contents de les 
degrossir : il a su les dresser a s'accommoder, 
a fraterniser entre eux, a se tasser dans leur 
cage etroite en harmonieuse intelligence. Et 
voici que, a ses risques et perils, il entreprend 
de, produire en public notre menagerie, que 
nous voulons croire desormais presentable. 

Honneur au veritable createur du Glos- 
saire, et merci au pere nourricier qui a 
insuffle la vie au trentenaire avorton ! 

Or, maintenant que, duement dibou- 
charde, mon rejeton va enfin faire son entree 
dans le monde, il me plait de donner ici les 
noms de quelques-uns de ceux qui m'aiderent 
a le procrSer. J'espere que ses parrains, pas 
plus que moi, ne rougiront de notre commune 
prog£niture et que nulle protestation ne sur- 
gira. Bien que rejouissant pour la galerie, le 
spectacle est toujours facheux au fond, d'un 
parrainage empoignant, au moment de la 
grippe, le pere godard a la crapacine. 

Mont jean. — II me faudrait nommer ici 
des centaines de personnes. Je n'indiquerai 
que ceux a qui je dois le plus. Ce sont : 
1° Pour la langue gknkrale : Ma grand'mere 
Aunillon (ou Onillon), nee Plumejeau (1779- 
1867) ; mes tantes, Michelle et Cecile Onil- 
lon ; ma bisaieule maternelle, Marie Bastard, 
veuve Augusseau (1780-1877) ; mon grand- 
pere, Rene Augusseau (1806-1888), un pur 
Quoue-de-Vilais ; ma grand'mere, Michelle 
Augusseau, nee Bastard (1801-1889) ; mon 
pere, Etienne Onillon (1812-1891) ; ma mere, 
nee Marie Augusseau (1829) ; ma soeur, 



Marie Onillon ; mes oncles Pichery et Ri- 
bault ; ma femme, n6e Jeanne Pichery ; — 
tous nos voisins du Croissement : families 
Brun, Bouyer, Bourigault, Sauve\ Coiffard, 
Leduc, Martineau ; — les families Agoulon 
(de Montauban) et Brun (du Salvert) ; — 
a Chateaupanne, M. Rethore Jean, mort en 
1907, vers 75 ans ; — dans Tile, MM. Maugin, 
Fromageau, Monpas, Trottier, Boumier, 
Onillon, Chiron, et mes cousins Ribault et 
Bastard ; — dans la Valine, MM. Juret, 
Voisine, Chesne, Delaunay et Courant ; 

— dans les Champs, MM. Jolivet (de la 
Chauviniere), Defois (de la Gohardiere), 
Sautejau, dit pere Game (de TOrchere), 
Viau (de la Boug&trie), Avril (du Gat- 
Robin) ; — au Sol-de-Loire, M. Trottier 
Jean ; — 2° Pour la langue technique : 
MM. Branchereau Pierre, Onillon Pierre et 
Rene, Leduc Jean, Leduc Ren6, Huteau, 
Milpied, Michel, Jussiaume Eugene, Provost, 
Giron, Lebreton, Fromageau, Papin, Ron- 
tard, Guais Jean, maltres mariniers ; — 
Martin et Tinier Jean, avaleurs ; — Bureau, 
Barrault Constant et Meslet, pecheurs ; 

— Huet et Rousseau, pecheurs de sable ; 

— Durand et Allard, constructeurs de ba- 
teaux ; — Rochard et Bellanger, marchands de 
bois ; — Burgevin, Verger, Brisset et Ber- 
nard, menuisiers ; — Piron et Bretaudiere, 
charrons ; — R6veillard et Orthion, tonne- 
liers ; — Papin, Leger, Meunier, forgerons ; — 
B£guet, Baconnet, Gazeau, Humeau, Pichery, 
tourneurs-ajusteurs ; — Humeau, Bourvilie, 
Menard freres, Pasquier Jean, Pelletier, 
macons ; — Deshayes, couvreur ; — Tou- 
blanc Pierre, Rousseau, Courant, carriers ; — 
Boisdron Jacques et Martineau pere, ex- 
fourneliers ; — Bourmansais, dit la Pie, 
Delhumeau et Rochard, mineurs ; — Ces- 
bron Victor, S6cher, Defois Jacques, Tou- 
blanc Pierre, viticulteurs ; — Toublanc, 
Huchon, Bretaud, dit Belle-legume, et 
Nouais, jardiniers ; — Delaunay, Mass6, 
Bruno, Courant, Petiteau, boulangers ; — 
Simon, Joly, Sautejeau, dit le Prince, bou- 
chers ; — Barrault Constant, Pichery, char- 
cutiers ; — Delaunay, tueur de pores et 
greleur ; — Hirbec, huilier-grainetier ; 
Gingueneau, Guet et Bernard, meu- 
niers, etc., etc. 

La Pommeraye. — Les mots de cette Ioca- 
lite, je les dois a MM. Rochard, boulanger- 
aubergiste ; Courant, grainetier-aubergiste ; 
Courant, marchand de boeufs ; Blond, fer- 
mier au Haut-Plessis ; Brun, fermier-viti- 
culteur ; Benolt, y-n£, actuellement institu- 
teur a La Poueze, qui fut mon adjoint a 
Saint-Paul-du-Bois (1885-86); Lusson, y-n£, 
instituteur a Saint-Crespin ; Belliard, y-n6, 
instituteur a Saint- Lauren t-de-la-Plaine ; feu 
mon cousin Lusson, horloger et maire de la 
commune ; feu mon cousin Louis Chiron, qui 
fut longtemps fermier a la Turpiniere ; 
Catrou, aubergiste au Pelican ; et aussi k 
M me veuve Barre et a M lle Julie Allain, 6pi- 



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MES SOURCES 



XXI 



cieres-mercieres ambulantes, qui, pendant 
des ann6es, battirent la campagne mont- 
jeannaise en portant sur leur dos leur petite 
pacotille. 

Chalonnes-sur-Loire. — Le parler de 
cette commune differe tres peu de celui de 
Montjean. Les quelques mots que j'en ai 
releves sont dus surtout a mes cousins : Rene* 
Augereau et Coiffard, fermiers aux Aireaux 
de GrasignS, et Thomas, fermier au Marais. 

Roehefort-sur-Lolre. — G'est mon ami, 
M. Houdet, y-ne\ d6c6d6 pharmacien a Cha- 
lonnes, qui m'a fait connattre le peu de 
vocables que je connaisse de cette locality, 
ainsi que quatre ou cinq de ^huard, ou il 
allait souvent, y ayant des proprtet^s. 

Salnt-Germain-des-Pr&s, la Varanne. — 
Ici, ce sont MM. Mingot et Mille, m6geil- 
leurs ; Chauvin, marchand-tailleur ; Lebre- 
ton, mercier-Spicier , Voisine, fermier, et 
mes cousins Lecomte et Gate\ de La Varanne, 
qui ont 6t6 principalement mis a contribution. 

Ingrandes-sur-Loire. — J'en dois quelques 
mots a MM. Simon-Loiseau, charron, Lau- 
rence, chaudronnier, et Agoulon, pecheur- 
aubergiste. 

Le Mesnil. — Mon ami M. Dubois, notaire, 
y-ne* ; MM. Courant, macon, Piton, tailleur ; 
Blond, sabotier-aubergiste, m'ont fourni 
d'assez nombreuses donn^es ; mais je suis 
surtout redevable a feu Auguste Branchereau, 
y-ne\ qui fut notre fermier, au Croissement, 
del882 a 1892. 

Beausse. — En 1879-80, feu mon frere, 
Etienne Onillon (1855-95), d£buta en ce poste 
comme instituteur titulaire. J'eus l'occasion, 
a cette epoque, d'y faire plusieurs excursions 
et d'y recueillir moi-mSme d'assez nombreux 
vocables locaux, en conversant, notamment, 
avec MM. Chesne\ aubergiste et maire ; 
Cesbron, buraliste ; Chiron, aubergiste et 
messager ; Brute, cordonnier, et M me Bezie, 
sa belle-mere. Mon frere me signala aussi 
quelques locutions qu'il avait not^es a mon 
intention, et notre moisson s'6tendit, dans 
les m ernes conditions, j usque sur les com- 
munes limitrophes de Saint- Qnentln- des- 
flauges, Botz et Saint-Laurent-du-Mottay. 
Dans cette derniere, je dois signaler 
M. Blanche, bourrelier, comme un de nos 
principaux informateurs. 

La Varenne, Montllllers, La Pon&ze, 
€orz6. — Pour ces quatre communes, ou 
mon frere Etienne fut successivement insti- 
tuteur, de 1800 a 1889, Texpos6 prudent 
serait a reproduire en termes presque iden- 
tiques. Dans mes visites, je fts causer les indi- 
genes ; et les communes voisines, Champ- 
toeeaux, Vera, Becon, Saint- Cl£ men t-de-la- 
Place, La Fosse-de-Tigne, Seiches Vllleve'qne, 
Soueelieg furent explores. 

Pouanet. — En avril 1879, j'arrivai dans 
cette petite ville comme adjoint de M. Que- 
nion, depuis instituteur k Angers (faubourg 
Saint-Michel). Inutile de dire que je fis pour 
ce coin de l'Anjou, y compris Carbay, La 



Previerc et Armaillt, une partie de ce 
que je m'eHais proposed Mais mon ceuvre n'en 
6tait qu'a ses d6buts : je n'y apportais alors 
ni Pardeur, ni surtout l'expe>ience que j'y 
ai mises depuis, et ma collecte fut loin d'etre 
ce qu'il eut fallu. Je l'ai vivement regrett6 
depuis. Je recueillis en m£me temps quelques 
mots de Jnignesur-Loire, commune natale 
de M. et M me Quenion. 

Tiercel — De la, je fus nomm6 adjoint a 
Tierc6, chez M. Bompois ; j'eus occasion d'y 
faire connaissance avec la jreud, mot du pays 
et de circonstance, pendant le terrible hiver 
de 1880. Je n'en sou (Iris pas trop, du reste, 
grace a l'amabilite' de mon patron et a la 
liberality de 1' Administration municipale, 
qui disposait d'un budget de plus de 30.000 fr. 
M. Bompois, qui etait de Gennes, me fournit 
quelques mots de cette locality, et j'en 
r6coltai un certain nombre d'autres, soit a 
Tierce\ soit dans nos courses aux environs : 
Brloilay, Cheffes, E trie he, Chateau nenf-sur- 
Sarthe, Mon treuil-sur- Loir et me me Conti- 
gne. Mais je dois dire que, pour Briollay, les 
donnSes que j'ai pu fournir ne sont absolu- 
ment rien en comparaison de Tapport d'un 
collaborates beaucoup plus autoris6 que 
moi. Pour Tierc6 m£me, ma collecte primi- 
tive s'est notablement accrue depuis lors, 
grace a M. Belonie, y-ne\ que j'ai trouv6 
facteur-receveur au Longeron (main tenant 
a Bouchemaine). 

Maze. — Le m£me M. BSlonie m'a aussi 
quelque peu documents sur Maze\ ou il avait 
r6sid6 plusieurs ann^es. Cependant, moi- 
m&ne, j'y passai les trois derniers mois de 
1'annSe scolaire 1880, comme adjoint de feu 
M. Petit, instituteur hors de pair et botaniste 
instruit, qui me fit connattre nombre de 
plantes par leurs noms vulgaires et scienti- 
nques. A cet 6gard, je dois beaucoup a mon 
ancien patron pour une des parties les plus 
difficiles de notre ceuvre. (Depuis lors, aussi, 
pour la determination d'une demi-douzaine 
de plantes qui Schappaient a ma compe- 
tence, j'ai eu recours aux lumieres de 
M. Morandeau, pharmacien a TifTauges, 
ancien prSparateur de botanique a l'Ecole 
supe>ieure de pharmacie de Nantes. Qu'il me 
permette de lui exprimer ici toute ma recon- 
naissance pour la parfaite bonne grace avec 
laquelle il s'est pr§t6 a mes vues.) Est-il 
besom de dire' que Beaufort, Corne\ Corn 1116, 
Banne, Gee, Fontalne-Gnerln ne me pro- 
curement pas seulement des specimens bota- 
niques. 

Sainte-Gemmes-snr-Loire. — Dans l'inter- 
valle de mes sSjours a Tiered et a Maze\ 
j'Stais all6 supplier pendant plus d'un mois 
M. Supiot, instituteur a Sainte-Gemmes. 
Ma rScolte en ce lieu fut maigre, car j'avais 
d'autres chats a fouetter, et je crois bien que 
je negligeai a peu pres completement les 
Ponts-de-Ce\ Mon collaborateur, M. Verrier, 
entre deux coups de boules de fort, a, en se 
jouant, re*par6 cette grave lacune. 



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XXII 



MES SOURCES 



Saint- Paul-du-Bois. — Aii mois de sep- 
tenibre 1880, je m'installais comme institu- 
teur titulaire a Saint-Paul-du-Bois : j'y 
devais rester exactement huit ann^es. Aussi 
le horn de cette commune est-il de ceux qui 
figurent presque a toutes les pages du Glos- 
saire. La langue locale, peu vartee, parce que 
toute industrie fait ctefaut, est cependant 
riche de vieux vocables tres curieux ; elle 
tient, d'ailleurs, plutdt, par la forme et par la 
prononciation, du parler des Mauges que 
de celui du Saumurois oudu Poitou, pour tan t 
limitrophes. D'antiques et vivaces supersti- 
tions fournissent un fonds notable au Folk- 
Lore. C'est a Saint-Paul que mon oeuvre 
commenca a prendre corps et s'incarna 
meme en une premiere Edition, rested manus- 
crite, essai bien modeste en regard de Tui- 
tion actuelle. Comme pour Montjean, mes 
sources furent nombreuses ; je me contente- 
rai de citer : MM. Charruau, maire ; Ogeard 
et Mace\ tailleurs ; Neau Eugene et Jahan, 
forgerons ; Gautreau Pierre, proprtetaire ; 
Louis Gourrichon, et Bruneau, macons ; 
Veau Pierre et Gautreau, 6piciers ; Voy 
Henri, charron ; Voy Jean, charpentier ; 
m Poupard et L6on Richard , cordonniers ; 
Poiron, tisser'and ; Boudayron, marchand 
de vaches ; Boileau Fr6de>ic , boucher ; 
Frappereau, greleur ; Bonneau Jules, au- 
bergiste ; Herv6 et Mignot, meuniers ; 
Glemain pere, Fardeau Pierre, SauvStre 
Pierre, Derouineau, Boileau, dit Cul- 
rouge, Landreau, Fonteneau et Defois, 
cultivateurs-fermiers. Je dois un souvenir 
special a M mc veuve Neau, morte en 1886, 
vers 75 ans, qui me fit ma popote de garcon 

Eendant cinq ann6es. La richesse de son voca- 
ulaire 6galait son denouement. Que de fois 
elle me dit : « Ben, qui que vous allez man- 
ger, k midi? Vous avez de tout ren ! » Et je 
l'envoyais a la « pourtifaille ». 

Pendant cette pe>iode, les communes voi- 
sines furent quelque peu 6pluch6es : La 
Plalne, Coron, La Salle-de- Vihiers par moi- 
mSme, lors de mes visites a mes collegues, 
MM. Bouhiron, Landau, Bourmansais, Bau- 
mard ; — Saint- Hilaire-dn-Bois, grace a 
M. Aumont, tailleur ; a M. Niveleau, y-ne\ 
tourneur a Saint-Paul, et aussi a mon 
regrett6 collegue et ami, feu M. Caillou ; — 
Le Volde, dans mes conversations avec feu 
GuifTard, y-ne\ le facteur qui m'apportait 
chaque jour mon courrier, brave et joyeux 
garcon qui n'engendrait pas la melancolie ; — 
Vihiers, lors des voyages quasi bi-hebdoma- 
daires que j'y faisais en maniere de distrac- 
tion ; pendant la reconstruction, en 1884-85, 
de ma maison d'Scole par MM. Cormier, 
maltre-macon, Piau, couvreur, Sauvetre, 
tailleur de pierres, tous « viguierrois » ; enfin, 
grace a mes rapports frequents avec MM. Cor- 
mier fils, horloger ; Garreau, cafe tier ; Piau 
freres, peintre et plainer ; Turpault et Gorri- 
chon, marchands de vin;*et aussi avec 
M. Andreau, charron, et M me Chardin, sage- 



femme a Saint-Paul, tous deux n4s a Vihiers. 
Les documents que je possede sur le parler 
de Cerqueux-sous-Passavant, j'en suis rede- 
vable surtout a M. et M me Boussion, y-n6s, 
facteurs-receveurs au Longeron, et a leurs 
parents, MM. Boussion et Boudayron. J'ai 
6t6 renseigne" sur Nuell, Passavant et C16r£ 
un peu par moi-meme et principalement par 
M me Eugene Neau, de Saint-Paul, ne'e a Pas- 
savant, et par son fr&re, M. Mousseau, 
aujourd'hui marchand de bois a Vihiers. Je 
tiens mes documentations sur Somioire de 
M. et M me Fouchereau, y-n6s, boulangers a 
Saint- Paul, ainsi que de M. Henri Debillot, 
hongreur, majntenant a Seiches. 

Mes ad joints, MM. Benoist, de La Pom me- 
raye, Emile Guy, de Distre, et Rivier, 
d'Auverse, aujourd'hui instituteur a Va- 
rennes-sur- Loire, me fournirent des mat6- 
riaux concernant leurs communes respec- 
tives. A M. Rivier surtout je dois une recon- 
naissance sp6ciale : non seulement il me 
procura une r6colte abondante de mots et 
d'usages du Baugeois, mais, doue" d'un joli 
talent de calligraphe, il contribua de facon 
remarquable a Tex^cution de mon manus- 
crit primitif. Un adjoint de feu M. Monjoint, 
mon colldgue de Somioire, M. X., ne" a Saint- 
Macaire-en- Manges, m'apporta aussi quelques 
notions sur le patois de sa locality. 

Transfer^ a Pellonailles en septembre 1888 
je n'y restai que six mois. M. et M me Dubas 
mattres-d'hdtel ; M. Isambart ; MM. Cocu 
tailleur ; Rouget, menuisier, et Danjou, pro 
priGtaire, furent mes informateurs princi 
paux. En compagnie de M. Breton fils, ac- 
tuellement docteur-me*decin au Plessis-Gram- 
moire, j'Studiai cette commune et celle de 
Saint-Sylvain . L'occasion se pr£senta aussi 
k moi d'apprendre quelque chose du parler 
de Montigneies-Rairies, de la part de 
M. X., huilier, beau-fr^re de M. Dubas, qui 
en 6tait natif. 

Des raisons de famille impe'rieuses me rap- 
pelaient ; je d^missionnai le l er mars 1889 et 
retournai a Montjean. La, pendant treize 
ans, en communion plus intime que jamais, 
parce que plus attentive, avec la vie rurale, 
je m'appliquai a 6tendre et k pre*ciser les 
notions que je poss^dais deja sur le dialecte 
local. Ce fut pour mon ceuvre Theure de la 
croissance decisive, de l'Gpanouissement 
id£al. 

Ma rentr^e dans Tenseignement, en mai 
1902, m'offrit Poccasion de la completer 
encore. Pendant pr£s d'un an et demi, a 
Saint- Angustin-des-Boig, je piochai la langue 
d'Outre-Loire, tres sensiblement diflterente de 
cclle des Mauges. J'eus surtout pour pre"cep- 
teurs : MM. Chalain, maitre-d'hdtel ; Jou- 
bert et Burgevin, aubergistes ; Lardeux, 
cantonnier ; Freuion et Rouleau, charrons ; 
Angebault, Troispoils, Maingot, fermiers ; 
Dupont, marchand de bceufs ; Richard, pro- 
prtetaire ; et aussi MM me « Goguelin et Cho- 
quet. Saint-Augustin, localite uc *?, insigni- 



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MES SOURCES 



XXIIT 



fiante par elle-m£me, a Favantage d'etre un 
carrefour de routes tres passant : les occa- 
sions Etaient quo^idiennes d'y converser avec 
des gens de Cande, Loir*, Angrie, Chalain- 
la- Potherle, Le Lonronx-Beconnais, La Cor- 
naaille, Saint-Sigtsmond, Villemoisan, Saint- 
Georges - sur - Loire, Saint • Martin - du-Fouil- 
loax, Beeon, La Poueze, Grez-Nenviile et 
meme Segre. On peut croire que je ne man- 
quai pas d'en proflter. Par ailleurs, je me 
trouvai \k en rapports avec M. et M me Li- 
bault, bouchers, nes k La Jubaudiere, 
M Ue Tijou, institutrice, native de Juvardeil ; 
M. Lebreton, forgeron, originaire de Lu£, qui, 
tous, me flrent connaitre quelque ch6se du 
patois de leurs pays respectifs. A noter, tou- 
tefois, que la plupart des vocables de Lue et 
de Cand6 inscrits au Glossaire proviennent 
d'autres sources, qu'il appartient a M. Ver- 
rier seulement de designer de facon explicite. 
Promu, des septembre 1904, & Tout-le- 
Monde, capitate du pays « perraud », je me 
retrouvais pour ainsi dire en pays de connais- 
sance ; le langage de Tout-le-Monde et La 
Cfrllloire est k peu pres celui de Saint-Paul- 
du-Bois, qui n'en est guere distant que de 
cinq lieues. II y a cependant des particula- 
rity locales, des nuances distinctives, aux- 
quelles m'initierent principalement : M me Pi- 
neau, femme du maire; MM lle ' Cochard et 
Besson ; MM. Cochard et Chabosseau, cor- 
donniers ; Herv6 et Bachelier, mattres- 
d'hdtel ; Gazeau et Aunay, aubergistes ; 
Fonteneau, charron ; Germain freres, menui- 
siers ; Pionneau, cantonnier ; Laure et Bes- 
son, forgerons ; Boussion et Galard, fermiers. 
Je ne negligeai pas de me documenter sur les 
communes circonvoisines : Taenia?, Chante- 
lonp, Nuaillt. MM. Boulord, facteur dela poste, 
Bigot, boucher, et Maurat, fabrican t de po terie, 
me renseignerent pour Mauievrier ; M. Lan- 
dreau, garde-champ§tre, pour Mazieres, son 

Says natal ; M. Biotteau, pour La S6guiniere ; 
["• Ribe>eau, institutrice, pour La Poite- 
Yiniere, ou elle exercait pr6c6demment. 

Enfin j'arrivai, en mars 1905, au Longeron, 
qui sera, je l'espdre, la derntere 6tape de ma car- 
rtere d'instituteur et de lexicologue. Ici, en 
d6pit de difficulty sp^ciales, ma recolte a 6t6 
copieuse, parce que la langue locale est des 
plus riches et des plus interessantes, Parmi les 
tres nombreuses personnes de qui la contribu- 
tion a mon 03uvre a 6te* plus ou moins volon- 



taire, je citerai seulement : MM. Fonteneau* 
garde-champStre et sabotier ; Fonteneau, dit 
Poulet, maltre-d'hdtel ; Gue>in, marchand 
de bois ; Gabard, cordonnier ; Duret fils, bour- 
relier ; M. et M me Charrier Pierre, aubergistes; 
MM. Girardeau pSre et fils, megeilleurs ; 
Soulard pdre et fils, coiffeurs ; Allard pere et 
fils, menuisiers ; Brochard freres, charrons- 
forgerons ; Viriet , forgeron ; Gue>in et 
Piveteau, tisserands; Hullin, boulanger ; 
Poirier-Soulard et Brault, 6piciers ; Levron 
freres, entrepreneurs ; Davy, Chasse>iau, 
macons ; Gilbert et fiiret, charpentiers ; 
Lhoumeau, boucher; Retailleau et Cailleau, 
sabotiers. Je dois beaucoup k MM. Poirier, 
dits Ferrand, bouchers ; mais je suis avant 
tout redevable a M. Matecot, fermier aux 
Prairies, et & sa famille, une des plus vieilles 
du Longeron, dont tous les membres se 
sont prdtSs k seconder mes recherches 
avec autant d'amabilite" que d'intelligence. 

La S&vre, limite de PAnjou, bornait le 
champ de mes investigations, et je me suis 
fait un scrupule de ne jamais la d^passer. 
Mon activite exte>ieure s'est reports uni- 
quement sur Torfon, ou MM. Boussion, auber- 
giste, Brochard, charron, et Devaux, commer- 
$ant» m'ont fourni quelques donn^es ; — sur 
La Romagne, ou j'ai ecout^ MM. Griffon, 
-messager, Musset, fermier, Babonneau, bou- 
cher ; — sur Montfaneon, ou M. Brin, auber- 
giste, instruit ses hdtes en les amusant ; — 
sur Saint- Crespin, par Fentremise de M. Barrel 
y-ne\ cantonnier au Longeron ; — sur La 
Seguiniere, au .moyen de M. Benatteau, 
y-ne\ tuilier aux Garrieres ; — sur Roussay, 
par M. Baumard Rene\ fermier en ladite 
commune ; — et sur Til lie rs, grfice k M. Fleu- 
rance, y-ne\ buraliste au Longeron, et auss! 
gr&ce aux membres de sa famille. 

Et voici terminer cette longue Enumera- 
tion. Merci k tous, et surtout & ceux qui m'ont 
prfcte" une aide consciente et deliber£e. Quant 
aux autres, qu'ils ne soient ni surpris, ni 
contrist^s de se trouver en aussi nombreuse et 
honorable compagnie. 

Nos lecteurs se convaincront, je pense, que 
c'est ici une ceuvre de bonne foi et de se>ieuse 
documentation. 



R. Onillon. 



Le Longeron, 9 avril 1908. 



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EXPRESSIONS TECHNIQUES 

employies pour abr6ger une explication 



Apocope. — Retranchement d'une lettre, 
d'une syllabe finale : Je voi, p. je vois ; 
encor, p. encore. 

Apherese. — Retranchement d'une lettre 
ou d'une syllbae initiale : Las, p. h£las ; 
lors, p. alors ; mie, p. amie. 

Assimilation. — Action de rendre sem- 
blable une lettre a une autre, une consonne a 
celle qui la precede ou la suit : Apporter, p. 
adporter ; accoutumer, p. adcoutumer. 

Cataehrese. — M6taphore qui consiste a 
employer un mot dans un sens contraire a sa 
signification. Le bee d'une plume. A cheval 
sur un baton. 

Dissimilation. — Action de changer une 
lettre : Quenouille, au lieu de Quelouille 
(colucula) ; Boulogne, de Bononia. 

Bpenthese. — Consiste a redoubler une 
lettre au milieu d'un mot. Juppiter, p. 
Jupiter. 

Metathese. — Transposition de lettres : 
Berloque, p. breloque ; brebis, pour berbis 
(vervex). 

Metonymie. — La cause pour 1'effeU 



Bacchus pour le vin ; le contenant pour le 
contenu, une coupe empoisonnge ; le lieu ou 
une chose se fait pour la chose elle-m§me, un 
elbeuf, pour un drap d'Elbeuf, etc. 

Onomatopee. — Formation d'un mot par 
imitation d'un son. Crac ! bruit d'une chose 
dure ou seche qui se fend ; Olouglou, de la 
bouteille. 

Hypocorlstlaoe. — Qui attlnue. Fifllle, 
p. fille. 

Paragoge. — Addition d'une lettre ou 
d'une syll. a la fin d'un mot. Avecque, p. avec. 

Pejoratif. — Affixe qui donne au mot un 
sens de mgpris. Ache, de Bravache. 

Permntation. — Changement de place 
des lettres d'un mot. V. Metathese. 

Prosthese. — Addition d'une lettre ini- 
tiale. Arecommencer, p. recommencer. 

Syncope. — Retranchement d'une lettre 
ou d'une syll. dans un mot. Gatte\ p. gaiety. 

Synecdoooe. — Partie pour le tout : 
payer tant par t&te ; tout pour la partie : 
acheter un castor, un chapeau fait en poil 
de castor. 



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AUTEURS ET OUVRAGES 



cites par ordre alphabitique des Noms et des Abriviations 



Adc. th. fr. 
Ani. hist. 
Aub. 
A.V. 
Bat. 



B. B. 
B. D. 



B. de V. 



Ch. de R. 
C. L. C. 
Cte J aub. 



C. Port. 

C. 0. 

D' A. Bos. 



Darm. 
Den. 



Alanic (Mathilde) Melle. (Euvres. 
Allard j(abb6) N. s. M. Notes sur 

Montjean. 
Ancien theatre francais. 
Anjou historique. 
Aubigne (d*) histoires. 

A. Verrier 

Batard. Essai sur la Flore du departe- 
ment de Maine-et- Loire, 1809. 
Vve Pavie et fils. 

Bazin (Rene), de FAcademie francaise. 
(Euvres. 

Bon temps- Beaupre. Cite par Meniere. 

? 

Bibliotheque de l'Ecole de Chartes. 

B. de la Monnaye. Noels bourgui- 
gnons. 

Bodet (Ren6). Grand pelerinage de 
Lourdes — au Puy-Notre-Dame. 

Bodin (J.). (Euvres. 

Bonaventure Desperriers. Contes. 

Boreau. Naturaliste. 

Borel. Dictionnaire des termes du 

vx franc 1882. 

Bourdigne (Ch. de). Pierre Faifeu. 

Bourdigne (J. de). Chroniques ; His- 
toire aggregative. 

Bourgeois (H.). — Histoires de la 
Grande Guerre. 

Brant6me. (Euvres. D. G., Dames 
Galantes. 

Breal. Essai de Semantique. 

Bruneau de Tartifume. Philandino- 
polis. 

Bucher (G. C). Les Poesies de Ger- 
main Colin. Bucher, angevin. Par 
J. Denais (Paris, Leon Techener). 

Beroalde de Verville. M. de p. Moyen 
parvenir. 

Castoiement d'un pere a son flls. 

Chevin (abbe). 

Chanson de Roland. 

Charles Leroux-Cesbron. V. Leroux. 

Comte Jaubert. 

Constans. Chrestomathie de Tanc. fr. 

Cotgrave. Dictionnaire. 

Celestin Port. V. Port. 

Coquillard. 

Coutumicr general. 

Coutumes d' Anjou — de Poitou. 

D r A. Bos. Glossaire de la langue d'oil 
(Paris. Maisonneuve). 

Dagnet. Le Patois manceau. 

Darmesteter. Dictionnaire general. 

Deniau (abbe). Histoire de la Vendee. 



Delvau. Dictionnaire de la langue 
verte. 
de Mont De Montesson. Vocabul. du Haut 
Maine. 
Devillard. Chrestomathie de Tanc. 
franc. 
Diet. gen. Dictionn. general de la langue fran- 
caise, par A. Hatzfeld, A. Darmes- 
teter et A. Thomas. 
Dott. Dottin. Gloss, des parlers du Bas- 

Maine. — Du parler de Plech&tel. ' 
Du Bell. Du Bellay. Defense et Illustr. de la 

lang. franc. 
D. C. Du Cange. Glossarium mediae et infi- 

mas Iatinitatis. 
Eudel (Paul). Locutions nantaises. — 

l^e parler blaisois. 
Eutrapel. Contes. 
Ev. Eveille. Glossaire saintongeois. 

Farcy (de). 
Fav. Favre. Gloss, du Poitou, de la Sain- 

tonge et de I'Aunis. 
Ferriere. Etymolog. de 400 prenoms. 
Fraysse. Folk- Lore du Baugeois. 
Furetiere. Dictionn. 
G. C. B. V. Bucher. 

Genin. Recreations philologiques. Des 
variations du langage francais. 
G. G. V. G. de G. 

G. de G. Guerlin de Guer. — Le parler popu- 
late dans la commune de Thaon. — 
Pari, popul. de TYonne (Y). — 
Revue des par. popul. 
Gl. Glouvet. V. Histoires du vx temps. 

Goblet. Contes des coteaux de Sau- 

mur. 
Godard-Faultrier. L' Anjou et ses mo- 
numents. 
God. Godefroy. Dictionn. du vx fran$. 

Guill. Guillemaut. Diction, patois de la 

Bresse louhannaise. 
Hanriot. De l'explication des noms 
geographiques et des noms de lieux. 
Hatzf. Hatzfeld. V. Dictionnaire general. 

H. B. V. Bourgeois. 

Halphen (L.). Le comte d'Anjou au 

xi« siecle. 
Hecquet Boucrand. Dictionn. £tymol. 

des noms propres d'hommes. 
Henri Estienne. La Precellence du 
lang. franc. 
H~" du vx t. Histoires du vieux temps. Extraits du 
manuscrit de Tecuyer Loys de Cus- 
sidre, Gentilhomme angevin, revus 
et publies par son petit neveu le 



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XXVI 



AUTEURS ET OUVRAGES 



Rab. 



R.A. 
R.O. 



H™ du vx t. Chevalier de Olouvet (Quesnay de P. C. 
Beaurepaire) Saumur. Paul Godet, P. Ch. 
1866. 
Houdebine (abbe). Cite" dans l'Anjou 
historique. 
I. A. Inv (entaire) des Arch (rves) de 

Mai ne-et- Loire. 
Intermediate nantais. Aux Bureaux 
du Phare de la Loire. Annee 1902. 
Jaub. Jaubert (le comte). Glossaire du 

Centre de la France (1864). 
Jouv. Jouvencel (Le). Roman historiq. du 

xv 4 siecle, p. Jean de Bueil. 
L. C. La Curae de Sain te- Pal aye. Diet, 

historiq. de l'anc. langue fr. 
Lapaire. Le patois berrichon. 
L. B. ? 

L. C. Leroux-Cesbron. (Euvres. 

Leroux de Lincy. Proverbes. 
Litt. LittrS. Diet, de la lang. franc,, 

lior. Lar. Loredan Larchey. — Dictionn. his- 
toriq. d'argot. — Nouveau Supple- R. P. G. 
ment, id. — Nos vieux proverbes. Schel. 

Mai. Malvezin. Dictionn. des racines cel- 

tiques. 
Marchegay. 
Manage. 
M£n. Meniere. Gloss, des pat. angev. 

Moisy. Gloss, comparatif anglo-nor- Stapp. 

mand. 
Monet. 
Mont. Montaigne. (Euvres. 

Mol. Moliere. 

N. A. Noels angevins. Trad. 

N. E. Notes de l'Editeur, dans la Curne. 

N. P. Noels populaires. Vaug. 

Olivier de Serres. (Euvres. 
Orain. Glossaire pat. d'llle-et-Vilaine. 
Oudin. Dictionn. 
Pals. Palsgrave. Eclaircissement de la I. fr. 



Petit Courrier (Le), journal d* Angers. 

Petit Choletais. 

Perraudiere (R. de la). Recherches sur 

la commune de Lue\ 2« partie. 
Pissot (Le D r ). V. Lolk Lore, xi, c. 
Port (Celestin). Dictionn. historique 

de Maine-et-Loire. 
Quicherat. De la formation francaise 

des anciens noms de lieu. 
Rabelais. Le plus souvent celui de 

L. Moland. P. = Pantagmel. — 

*G .= Gargantua. 
Revue de l'Anjou. 
Rene Onillon. 
Robert Estienne. 
Roland de Denus. Les anc. prov. de la 

France. Dictionn. des appellat 

ethniques. 
Roman de Renart, par D. M. M6on. 
Romania. 
Ronsard. (Euvres. 
Revue des patois gallo-romains. 
Scheler. Diction, elymol. franc. 
Simon. La Romagne. Monographie 

manuscrite. — Recueil de chan- 
sons. 
Soland (de). Proverbes et Dictons 

rimes de l'Anjou. 
Straparole. Nuits de . . . 
Sudre (Leopold). Cours de gramm. 

historiq. de la lang. franc., 3« partie. 

Formation des mots et Vie des 

mots. 
La Tradition, en Poitou et Charentes. 
Trevoux. Dictionn. 
Vaugelas. Dictionn. 
Villon. (Euvres. 
Vincelot (abb£). Les noms des oiseaux 

expliques par leurs moeurs, ou 

Essais etymolog. sur Tornithologie. 



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NOMS DE LIEUX 



citis dans le Glossaire, par ordre alphabitique cfabriviations 



Nota. — Les lettres et les chiffres places a gauche de chaque colonne renvoient a la 
Carte de Maine-et- Loire publiee par la maison Oberthur, de Rennes, ci-jointe. 
Les lecteurs pourraient la quadriller de la facon suivante : 

a) Horizontalement ; la premiere ligne affleurant la partie superieure du mot Angers, 
et les autres tracees de deux en deux centimetres au N. et au S. ; 

b) Verticalement ; la premiere ligne coupant la boucle du O du m§me mot, et les 
autres tracers de deux en deux centimetres, i l'E. et a TO. 

Inscrire les lettres de A a J dans les dix colonnes verticales de gauche, et les chiffres 
de 1 a 11 en haut des onze colonnes verticales, sans tenir compte dela premiere demi-colonne. 
Le aom cherche se trouve a l'intersection des deux colonnes. Ex. : Breze, h 9. 



/ 2 


Ac 


Ancenfe 


e 7 


Ad 


Andard 


b 2 


Ae 


Armaille 


e 6 
S 10 


Ms 


Angers 
Allonnes 


§ 7 


Am 


Ambillou 


c 4 


An 


Andign6 


d 10 


An 


Auverse 


d 6 


Av 


Avrilte 


b 4 


Avi 


Avir6 


d 7 


8a 


Baune 


d 4 


Be 


B6con 


e 5 


Bch 


Bouchemaine 


/ 5 


Bd 


B6huard 


e 8 


Bf 


Beaufort 


d 9 


Bg 


Baug6 


h 3 


Bre 

r Bh 


Begrolles 


b 6,; 


Brissarthe 


t 3 


Bi 


Bourg-d'Ir* 


b 4 


Bil 


Breil 


/ 6 


Bl 


Beaulieu 


e 7 


Bn 


Blaison 


/ 4 


Bo 


Bourgneuf 


d 9 


Boc 


Boc£ 


* 9 


Bpu 


Beaupreau 


/ 7 


Br 


Brissac 


b 3 


Brd 


Bouilie^Menard 


e 8 


Bri 


Brion 


k 9 


Brz 


Brez* 


e 7 


Bsa 


Brain-sur-1'Authion 


d 4 


Bsl 


Brain-sur-Longuenee 


/ 10 


Bso 


Brain -sur- Allonnes 


/ 3 


Bss 


Beausse 


h 8 


Bsy 


Brossay 


/ 3 


Btz 


Botz 


/ 9 


Bu 


Blou 


g 9 


Bux 


Bagneux 


b 3 


Brg 


Bourg-l'Evdque 
Briollay 


d 6 


By 


e 5 


Bz 


Beaucouze 


/ 2 


Bz6 


Bouzille 


b 3 


Gb 


Combree 


c 5 


Cc 


Champteusse 



f 


8 


Cch 


7 


Ccn 


/ 


7 


C66 


e 


6 


Cf 


g 


9 


Cha 


f 


7 


Che 


g 


5 


Ch* 


t 


7 


Chel 


f 


5 


Chf 


g 


6 


£?* 


d 


10 


Chi 


f 


4 


Chi 


e 


5 


Chm 


i 


4 


Cho 


c 


6 


Chp 


e 


4 


Chpt 


d, 


e 9 


Chr 


» 


» 


Cht 


/ 


i 


Chx 


c 


3 


Chz 


c 


9 


Clf 


1 


10 


Cln 


d 


3 


Cnd 


h 


5 


Co 


K 


i 5 


Cp 


» 1 


5 


Cra 


e 


7 


Cr6 


b 


6 


Crr 


d 


7 


Crz 


1 


7 


Cs 


b 


8 


Csl 


h 


6 


Csp 


e 


6 


Css 


b 

e 


6 
3 


CtSi 


e 


9 


Cu 


g 


5 


Cz 


d 


6 


Cyd 


h 


8 


De 


f 


5 


De 


I 


9 


Di 


8 


Do 


g 


9 


Dp 



Courchamps 

Concourson 

Cteri 

ChefTes 

Chad 

Chare* 

Chemille 

Chemellier 

Chaudefonds 

Chavagnes 

Chigne 

Chalonnes-sur-Loii* 

Chambellay 

Cholet 

Champigne 

Champtoce 

Chartrene 

Chfiteau-Gontier 

Champtoeeaux 

Chaz6-sur-Argos 

Clefs 

Courteon 

Cande 

Coron 

Chanteloup 

Craon 

Corn* 

Cherr* 

Corze* 

Coutures 

Cr$-sur-Loir 

Cerqueux-sous- Passa van t 

Ch&teauneuf-sur-Sarthe 

Contign6 

Chalain-la-Potherie 

Cuon 

Chanzeaux 

Canteqay-Epinard 

Douces 

Denee 

Distr6 

Dou 6- la- Fontaine 

Dampierre 



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xxvm 



NOMS DE LIEUX 



/ 


1,2 


Dr 


c 


8 


Dt 


b 


7 


Dy 


d 


6 


Ec 


d 


8 


Ech 


d 


6 


Ed 


e 


6 


Eg 


e 


7 


Et 


d 


6 


Fe 


e 


8 


Fg 


c 


8,9 


Fo 


d 


2 


Fr 


h 


10 


Ft 


g 


2 


Fy 


I 


2 


Fu 


2 


O 


g 


6 


Od 


c 


4 


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b 


3 


Gh 


e 


5 


On 


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» 


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/ 


8 


Os 


/ 


7 


Oz 


c 


7 


H 


e 


3 


I 


e 


6 


Jl 


g 


4 


J Is 


e 


9 


Jm 


c 


6 


Jv 


d 


8 


Jz 


c 


5 


La 


1 


7 


Lad 


d 


10 


Las 


1 


3 


Lb 


e 


7 


Lbh 


c 


3 


Lbi 


1 


10 


Lbr 


1 


2 


Lbs 


d 


3 


Lc 


h 


3 


Leg 


f 


2.3 


Leo 


I 


6 


Lep 


6 


Lcq 


c 


4 


Leso 


f 


9 


Le 


b 


4 


LH 


h 


7 


Lft 


g 


2 


Lfu 


i 


2 


Lg 


» 


» 


Lgd 


d % t 


► 9 


Lgu 


g 


7 . 


Li 


e 


8 


Li6 


c 


8 


Lii 


f 


2 . 


Lir 


e 


10 


Lis 


h 


3,4 


Ljb 


g 


5 


Ljm 


b 


5 


Ljy 
LII 


i 


5 


d 


5 


Lm 


f 


3 


Lme 


d 


5 


Lmg 


f 


3 


Lms 


h 


3,4 


Lmy 


g 


7 


Loe 


f,g 


7 


Lou 


e 


5 


Lp 


e 


6 


Lpc 


g 


2 


Lpd 


i 


5 


Lpl 


f 


4 


Lpm 


g 


3,4 


Lpmg 


f 


5 


Lpos 


c 


3 


Lpot 



Drain 

Durtal 

Daumeray 

Ecouflant 

Echemirg 

Epinard 

Erigne 

Etr!ch6 

Feneu 

Fontaine-Ouarin 

Fougere 

Freigne 

Fontevrault 

Faye 

FuUet (le) 

Oeste 

Oonnord 

Gen6 

Grug^l'Hdpital 

Orez-Neuville 

Grandes-Plaines 

Gennes 

Gr6ziU6 

Huill6 

Ingrandes 

Juign6-sur-Ix)ire 

Jallais 

Jumelles 

Juvardeil 

Jarz6 

Le Lion-d*Angers 

Les Alleuds 

Lasse 

La Boutouchdre 

La Bohalle 

Le Bourg-d'Ir6 

La Breille 

La Boissiere-sur-Evre 

La Cornuaille 

La Chapelle-du-Genfit 

La Chapelle-Saint-Florent 

Le Champ 

Les Cerqueux-sous-Passavant 

La Chapelle-sur-Oudon 

Longu^ 

La Ferriere 

La Fosse-de-Tign6 

Le Fuilet. V. Fu. 

Le Longeron 

La Ou^gnardiere 

Le Gu6d^niau 

Luign^ 

La Menitrt 

I>es Rairies 

Lir6 

Linidres 

La Jubaudtere 

La Jumelliere 

La Jaille-Yvon 

La Crilloire 

La Membrolle 

Le Mesnil. V, Mnl 

La Mei^nanne 

Le Manllais 

Le May 

Louresse 

Louerre 

La Pointe 

Les Ponts-de-C6. V. P. C. 

Le Puiset-Dor6 

La Plaine 

La Pommeraye 

Le Pin-en-Mauges 

La Possonnidre 

La Potherie 



g 


3, 4 Lpv 


La Poiteviniere 


b 


2 


Lpvi 


La Pr6viere 


d 


4 


Lpz 


La Poueze 


e 


3 


Lr6 


Loire 


i 


3 


Lrm 


La Romagne 


f 


8 


Lros 


Les Rosiers 


i 


3 


Lseg 


La S£guinidre 


d 


7 


Lss 


Le Plessis-Grammoire 


f 


8 


Lth 


Le Thoureil 


c 


3 


Ltr 


Le Tremblay 


i 


4 


Ltu 


La Tessouale 


h 


5 


Lty 


La Tour-Landry 


g 


8 


Lu 


Les Ulmes 


d 


8 


Lu6 


Lue* 


» 


» 


Lva 


La Varan ne (region) 


/ 


1 


Lve 


La Varenne 


h 


5 


Lvh 


La Salle-de-Vihiers 


h 


6 


Lvo 


Le Voide 


6, e 


4 


Lvs 


Louvaines 


h 


8 


Lvy 


Le Vaudelnay 


d 


4 


Lz 


Le Louroux 


i 


5 


Lxm 


Les Cerqueux de Maul6vrier 


h 


8 


Lya 


Le Puy-Notre-Dame 


c 


8 


Lz 


L6zign6 


g 


6 


Ma 


Machelles 


g 


7 


Mb 


Martignl-Briand 


d 


7 


Me 


Marc6 


h 


2 


Mfc 


Montfaucon 


d 


5, i 


5 Mfy 


Montreuil-Belfroy 


» 


» a 


Mg 


Mauges (Les) (region) 


d 


11 


Mge 


Meigne 
Mir? 


b 


6 


Mi 


b 


5 


Mig 


Marigne 


f 


9 


Miy 


Milly 


1 


4 


Mi 
Mlh 


Montjean 


e 


10 


Mouliherne 


» 


» 


Mil 


Maille 


i 


4, 5 Mir 


Maul6vrier 


h 


5 


Mly 


Melay 


i 


2 


Mm 


Montign6-sur-Moine 


1 


3 


Mnl 


Mesnil (Le). V. Lme 


b 


7 


Mor 


Morannes 


g 


2,: 


i Mot 


Montre vault 


e 


4 


Mr 


Marans 


h 


6 


Mrs 


Montilliers 


e 


7 


Msl 


Montreuil-sur-Loir 


c 


5 


Msm 


Mon treuil-sur- Maine 


g 


9 


Msu 


Montsoreau 


e 


8 


Mt 


Montign6-les-Rairies 


i 


3 


Mtg 
Mtl 


Mortagne * 


ej 


3 


Montrelais 


e,f 


6 


Mu 


Murs 


h 


8 


Mv 


Montreuil-Bellay 


e 


8 


Mz 


Maz6 


/ 


6 


Mze 


Moz4 


i 


4 


Mzs 


Mazi^res 


f 


9 


Ne 


Neuilte 


6, c 


2 


No 


Noellet 


d 


10 


Nom 


Noyant-M6on 


h 


8 


Npt 


Neuil-sous-Passavant 


b 


3 


Nt 


Noyant-la-Gravouy^re 


h,i 


4 


Nu 


Nuaill6 


g 


4 


Ny 


Neuvy 


b 


3 


Nyu 


Nyoiseau 


e 


12 


Pc 


Parcay (rare) 


e 


6 


PC 


Ponts-de-Ce (Les) V. Lpc 


d 


c 


Pell 


Pellouailles 


b 


2 


Po 


Pouance 


e 


6 


Pr 


Prince 


h 


7 


Pt 


Passavant 


d 


5 


Pu 


Pruille 


g 


10 


Py 


Parnay 


f 


7 


Q 


Quinc6 


g 


6 


Rbl 


Rablay 


1 


5 


Rf 


Rochefort 



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Google 



NOMS DE LIEUX 



XXIX 



* 8 


Rmn 


Rou-Marson 


g 


9 


Soz 


Souzay 
Saint-Paul-du-Bois (Stp) 


h,i 2 


Ry 


Roussay 


i 


6 


Sp. b 


t 4 


Sa 


Saint-Augustin-des-Bois 
Saint- Aubin-de- Luigng 


h 


4 


I p P f 


Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde 
Saint-Clement-de-la-Place • 


/ 5 


Sal 


d 


5 


* 9 


Sar 


Saumur 


h 


2 


Spr 


Sain t- Germai n- des- Pres 


% 2 


Sau 


Saint- Lauren t-des-Autels 


g 


3 


Sq. 


Saint-Quentin-en-Mauges 


s » 


Sb 


Sable 


e 


7 


Srn 


Saint-Mathurin 


e 6 


Sc 


Saint- Jean-de-la-Croix 


; g 


3 


Srt 


Saint- Pierre- Montlimart 


;.& 9 


Scb 


Saint-Cyr-en-Bourg 
Saint-Cnristophe 


*J 


7 


Ss 


Saint-Saturnin 


i 3 


Sch 


e 


3 


Ssd 


Saint-Sigisraond * 


/ 8 


Scl 


Sain t-C16ment-des- Levies 


g 


1 


Ssl 


Saint-Sauveur-de-Landemont 


<* 7 


Scls 


Soucelles 


d 


6 


Ssy 


Saint- Sylvain 


A 1, 


2 Sep 


Saint-Crespin 


e . 


4 


Sta 


Saint-Augustin (V. Sa) 


* 5, 


6 Sex 


Sceaux 


i 


6 


Stp 


Saint-Paul (V. Sp) 


e 4 


Segr 


Segre* 


1 


7, J 


& Svi 


Saint-Georges-des-sept-Voies 


/ 3 


Sf 


Saint- Florent-le-Vieil 


e,f 


7 


Svr 


Saint- R6my-la-Varenne 


e 6 


Sg 


Sain te-Gemmes-sur- Loire 


f 


5 


Svs 


Savennteres 


c 4 


S 


Sainte-Gemmes-d'Andigne" 


» 


» 


Sy 


Saumoussay 


e 4 


Saint-Georges-sur-Loire 


e 


6 


Tc. 


. Tierc6 


i 7 


Saint- Hilaire-du-Bois 


i 


2 


Tf 


Torfou 


£ 2 


She 


Sain t-Christophe-la-Cou peri e 


g 


7 


Tg 


Tigne* 


4 2 


Shs 


Seiches 


c 


5 


Tffn 
The 


Thorigne* 


f 6 


Shy 


Sain t- Bar th&emy 


g 


6 


Thouarce' 


6 5 


Sis 


Sain t-Martin-du- Bois 


g 


6 


Ths 


Thouars 


d 2 


Sj 


Saint-Mars-la- Jaille 


i 


8 


Tif 


Tiffauges 


c 1 


Siv 
SI 


Saint- Julien-de-Vouvantes 


h 


2 


Tis 


Tilliers 


e 5 


Saint- Lambert-la-Potherie 


i 


4 


Tim 


Tout-le-Monde 


f,A 7 


Slg 


Soulanger 


g 


9 


Tq 


Turquant , 


6 9 


Sll 


Saint- Lambert-des- Levies 


e 


6 


Tr 


Trllaze 


i 4 


Sim 


Saint- L6ger-du- May 


h 


4 


Ts 


Tinmen tines 


/ 4 


Sip 


Saint- Laurent de-la- Place 


h 


6, 


7 Tt 


Tr6mont-la-Plaine 


/ 6 


Sis 


Soulaines 


g 


9 


Vas 


Varrains 


/ 5 


Slty 


Saint-Lambert-du-Lattay 


d 


9 


Vb 


Vieil-Bauge* 


/ 9 


siy 


Saint- Lauren t-du-Mottay 


g 


9 


Vbr 


Villebernier 


I t 


Slz 


Saint- Lezin 


1 


6 


Vc 


Vauchr6tien 


Smb 


Saint-Martin-de-Beaupr6au 


9 


« 


Vd 


Vended 


e 2 


-Smc 


Saint- Michel et Chanveaux 


h 


6 


Vh 


Vihiers 


e 5 


Smf 


Sain t-Martin-du- Fouilloux 


h 


2 


Viu 


Villedieu 


i 3 


Smm 


Saint-Macaire-en-Mauges 


e 


4 


Vm 


Villemoisan 


/ 8 


Smp 


Saint-Martin-de-la-Place 


c 


4 


Vn 


Vern 


e 6, 


7 Smv 


Saint- Jean-des-Mauvrets 


f 


10 


Vni 


Vernoil 


* 7 


Sn 


Saint-Georges-Chatelaison 


e,t 


3 


Vr 


Varades 


4 9 


Snc 


Saint-Martin-d'Arc6 


g 


9 


Vsl 


Varennes-sur- Loire 


£ 4 


Sne 


Sainte-Christine 


g 


9 


Vsm 


Varennes-sous-Montsoreau 


b 6 


See 


Soeurdres 


i 


10 


Vts 


Vernantes 


i » 


Soi 


Sain t- Georges-sur- Moine 


d 


7 


Vv 


Villevdque 


i 5 


Som 


Somloire 


h 


8 


Vy 


Vaudelnay 


e 6 


Sorg 


Sorges 
Soulaire 


h 


5 


Vz 


Vezins. >, 


<* 6 


Sou 


i 


5 


Y 


Yzernay 



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ABRfiVIATIONS 



Grammaticahs, Hittoriquos t Q6ographiqu«s, dto. 






a. 


actif 


ind. 


indicatif 


S. 


Sud 


A etC 


Adages et Gompar. 


inter]. 


interjection 


s. sing. 


singulier 


adj. 


adjectif 


inus. 


inusite* 


8. e. 


sous-entendu 


adv. 


adverbe, bial 


irr. 


irrepulier 


subst. 


substantif 


aha. 


ancien haut allemand 


ital. 


italien 


sqa. 
sun. 


et les suivants 


all. 


allemand 


1. 


ligne 


suffixe 


am. 


allem. moderne 


lang. 


langue, gage 


sup. 


supin 


ang. 


angevin, Angers 


lat. 


latin 


$t 


supplement 
sytlabe 


angl. 


anglais 
article 


loc. 


locution 


art. 


L. p. 


latin popul. 


syn. 


synonyme 


b. 


bas (de la page) 
bas allemand 


m. 


masculin 


syn. et d 


. svnon. et doublet 
ajouU au radical de 


ba. 


m. am. 


mot a mot 


t 


bl. BL. 


bas latin 


m. a. 


moyen age 
Note ou word 




l'adjectif = ment, 


Berr. 


Berry, ichon. 


N. 




en fait un adverbe 


c-a-d. 


e'est-a-dire 


n. 


neutre 




(rare*. 


Cf. 


Compares 


nl 


. neerlandais 


V. 


Voire*: 
verbe, bal 


Ch. 


chose 


norm. 


normand 


v. 


ch.-l. 


chef-lieu 


N.P. 


note philologique 


Vcm. 


Voyez ce mot 


class. 


classique 


0. 


Ouest 


vha 


vieux haut allem. 


conj. 
conjug. 


conjonction 


onom. 


onomatopee 


Vo 


Verbo ; voyez ce mot? 


conjugaison 


or. inc. 


origine inconnue 


vulg. 


vulgaire 


contr. 


contracted tion 


P- 


page 


vx 


vieux 


de>. 


derive^ 


part 


participe 


Z. 


Zigzags. V. 2° partie. 
Kecits en patois. 


dim. 


diminutif 


pas. 


passe 




dipht. 


diphtongue 


pat. 


patois 






ds 


dans 


p.-e. 


peut-6tre 




SlGNBS : 


E. 


Est 


pejor. 


pejoratif 






ell. 


elliptique 


pers. 


personnel 


II 


separation de sens. 


esp. 


espagnol 


Pi. 


pluriel 


4 


plus 


6t. 6tym 


, etymologie 


popul. 
pren. 


populaire 
prlnom 




egala 


ex. 


exemple 


• 


forme supposee 


ext 


extension 


pre> 


proposition 


• 


consonne sonore 


express. 


expression 


pres. 


present 


o 


lettre muette 


f. 


f6minin 


pron. 


pronom -inal 


1 


ou une autre lettre en 


fam. 


familier 


prov. 


proverbe 




italique dans le 


i»g- 


figure 


prov. 


provencal 




corps d'un mot in- 


F. L. 


Folk-Lore 


q. qual. 


quajificatif 




dique un son mouil- 


flam. 


flamand 


qq. 


quelque 




le. 


fr. 


francais 


qcque 


quelconque 


T 


incertain 


fr6q. 


frtquentatif 


qqch. 


quelque chose 




(Souvent, quand un 


germ, 
ha. 


ffermanique 
naut (de la page) 
haut allemand 


qqf. 


quelque fois 




mot important est 
rep6t£, fln'estindi- 
qu6 que par la 
lettre initiate, qqf. 


qqn 
rac. 


quelqu'un 
racine 




hist. 


historique 
hypothesc 


radic. 


radical 




hypoth. 


ref. 


rgflechi 




en italique). 


inv. 


invariable 


Rem. 


Remarque 







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DIRECTION DES VENTS EN ANJOU 



lj&s Ye lib fin Aryou./9f»*&y.) 








On dit souvent, en Anjou : Le vent est, ou 
souffle de' Galerne, de Basse soulaire, etc. J'ai 
entendu un marinier s'^crier : Oh ! si le vent 
virait s'ment d'un quarquier (quartier), s*i 
sautait' de la Galarne & la Haute Galarne ! Et 
les opinions varient parfois sur la direction 

§ revise de ces points, qui, en efTet, peuvent 
ifle>er legerement suivant' les regions. M 

Pour en avoir le co3ur net et sollicite' aussi 
par quelques lecteurs, je me suis renseigne" 
aupres d un de nos bons amis qui, je le 
regrette, ne veut pas §tre nomme. II m'a 
fourni les figures ci-dessus et les indications 
qui suivent. J'ajouterai qu'il est de Briollay, 
au N.-E. d' Angers. II resulte de la premiere 
figure que : 

Le vent haut est de N. N. O. 

Galerne : vent d'Ouest. 

Haute galerne (a droite) ONO a NO. 

Basse galerne (a gauche) OSO a SO. 

Mer : Vent du Sud. 

Haute mer (a gauche) SSE a SE. 

Basse mer (a droite) SSO k SO. 



Soulaire : Vent d'E. 
Haute soulaire (k gauche) ENE a NE. 
Basse soulaire (k droite) ESE k SE. 
Dans le langage des pavsans : 
Haute soulaire se coniond souvent avec 
Bise. k~ 

soulaire se confond avec Haute 



mer. 

Haute galerne est k cdte* du Dre* Haut. 

Haute mer est vers le Dr6 Haut, en face, 
mais c k d'zamain », d'ou la designation 
Haute. 

Le vent de Haute galerne est oppose 4 , 
face a la Haute mer (NO oppose" a SE). 

Ces vocables indiquent la direction du vent, 
mais non des points fixes. C'est ce qu'explique 
la deuxieme figure. 

II est Evident que si, pour le spectateur 
place* en A, le vent de galerne vient de A', 
pour celui qui est place* en B, il ne viendra 
pas de A', mais de B\ de meme pour G, il 
viendra de C. S'il y a parfois confusion k ce 
sujet c'est que, dans chaque endroit, on se 
sert d'un point topograpnique peu eloigne" 
pour indiquer d'ou vient le vent. Si le point 
ge*ographique est pris tres eloigned il sert 
pour toute une contrSe. Ex. : La bu6e de 
Nantes, constitute par ces nuages bas, gris, 
qui courentrapidementau-dessousdes autres 
nuages, venant de 10. ou de TO. S. O. et 
qui amenent la pluie. « Le vent qui nous 
vient de Nantes sent la pluie. » 

A Montsoreau, Bise est le vent du N. ; a 
Briollay, le vent de Bise est le vent froid, 
piquant, du NE, ou plut6t du N.N.E. 

II faut encore faire une distinction. 

fin batellerie, sur nos rivteres, Galerne et 
Mer n'indiquent pas la direction des Vents, 
mais bien la direction du Bateau. 

Suivant le courant normal (c'est-&-dire 
non alte>6, modifle" par une crue ou une autre 
cause), « Vire la piautre en Galarne » veut 
dire : Tourne-la vers la droite pour diriger le 
bateau vers la gauche. « Vire la piautre en 
Mar » : Tourne-la vers la gauche, pour diriger 
le bateau vers la droite, le bateau suivant le 
courant. 

Se queiller (k£-yer), c'est pousser Vdnille du 
taugours du gourn&s pour diriger le bateau 
vers la gauche. Se serrer, c'est attirer vers soi 
l'anille pour la diriger vers la droite (sans 
tenir compte, cette fois, de la direction du 
courant). On commande : Queille-te' done ! 
Serre-t6 done ! 

De meme, les balises, en Loire, branches 



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DIRECTION DES VENTS EN7ANJOU 



mobiles plant6es dans le sable pour indiquer 
la place du chenal), sont 6t§t6es (souvent-la 
t§te reste penchGe) en mer, c'est-a-dire a 
la gauche du chenal, par rapport au courant; 
elles sont droites (ou entieres) en galerne, ou 
a la droite du chenal. 

Sur les rivieres, les balises (qu'on appelle 
jalons ou limites) sont des jalons fixes et soli- 
dement planted dans un massif de maconne- 
rie, pour indiquer le lit de la rivtere lorsque 
les prairies sont inond^es. Elles sont peintes 
en noir et blanc sur la rive gauche et en rouge 
et blanc sur la rive droite. On dit : J'allons 
nous pecker a la Balise n° 3 pour passer la 
nuit ; — c'est-a- dire : nous ailons prendre, 
amarrer notre gabarre a la balise, et la nous 
passeronsla nuit. (Quarid la riviere n'est pas 
d6bord£e, bien entendu.) 

N. — Cet article a 6te* e*crit pour V Angevin 
de Paris, dont l'aimable directeur, M. Henry 
Coutant, a bien voulu faire ex^cuter le cliche^ 
de la figure et nous le c6der pour le Glossaire. 
Nous ne comptons plus, d'aiueurs, les preuves 
de sa sympathique bienveillance. II a 6t6 
reproduit dans le Maine-et- Loire et nous a 
valu de tres courtoises observations, parues 
dans ce journal, de M. E. de Mieulte, qui 
m'ont permis de rectifier certains details. 

M. de Mieulle termine ainsi : 

« Pour flnir, dans le bassin de la Maine se 
trouvent des balises fixes, pieces de char- 
pente de 5 metres de long (7 metres environ 
au-dessus de l'6tiage), dont le pied est noye" 
dans une maconnerie ; par une fantaisie sans 
doute du peintre charge* de les barbouiller, 
car je ne suppose pas que ce soit par ordre de 
MM. les Ingenieurs, ces balises sont peintes 
en rouge sur la rive droite du chenal et en noir 
sur la rive gauche, contrairement aux instruc- 
tions du Code international des signaux 
fluviaux et maritimes. Tout marin, marinier 
ou yacthtman qui remonte a Angers pour la 
premiere fois, venant de la Basse-Loire, par 
des eaux moyennes couvrant les pr6s, doit 
fatalement, sur cette indication erron^e, se 
mettre a terre et peut d£molir son bateau ou 
ses helices, et cela, parce que les balises, 
comme la culotte du roi Dagobert, sont a 
1'envers. » 

Je suis alle* aux renseignements. Aux 
bureaux de 1' Administration ou je me suis 
adresse* et ou je fus recu de la fa$on la plus 



courtoise, on reconnut Terreur, qui existe en 
effet, de la meilleure grace du monde, et Ton 
me donna F assurance qu'elle serait repare> 
au prochain « vernissage ». Un reglement 
du l er septembre 1890 dit que : Pour les ba- 
teaux « venant du large » (et de la, probable- 
ment, Perreur du Garde des Eaux et Forfits), 
les signaux sont I rouges a tribord, ou a 
droite, et noirs a babord, ou a gauche. Or, 
en seJplacant[dansyeTsensja du courant », la 
position estlinverse ; les balises doivent done 
etre>noires£ at droite et rouges a gauche. 
(N. MaisJle>Code de navigation maritime 
regit-il aussi la navigation fluviale, ou Ton se 
egle sur le courant?) 

Par ailleurs, M . R. Onillon inherit : 
« Tout^ce que dit votre correspondant est 
vrai, sans doute, pour Briollay et lai region 
circonvoisine. Les mariniers de Montjean 
protesteraient. Tant il est vrai, comme dit 
notre proverbe, que chacun connait midi a 
sa porte. 

fc* Faisons tourner de 45 degr^s, de'. la 
gauche vers la droite, toutes les denomina- 
tions de rumbs inscrites autour de la figure 
que vous avez donn^e et nous aurons aussitdt 
une rose des vents ou les riverains de la Loire 
pourront commencer a se reconnaltre. II 
subsistera bien quelques differences tegSres, 
dans le detail desquelles je ne saurais entrer 
ici, mais, en bloc, ce sera ca, comme diraient 
nos « avaleurs ». 

« D'ou viennent ces divergences de vues 
entre les « Moiniers » et les mariniers de la 
Loire? C'est que les uns et les autres ont 
r^gle* leurs compas d'apres la direction g6n6- 
rale de leurs cours d'eau. Sur une carte de la 
region, tirons une ligne droite de Montjean a 
La M6nitre\ par exemple ; tracons-en une 
autre qui soit la bissectrice de Tangle forme* 
par la Sarthe et le Loir — les deux arteres 
nourricieres de Briollay — et nous consta- 
terons aussitdt qu'il sufflrait de rabattre 
la seconde sur la premiere de 45 degres envi- 
ron pour les faire colncider. Ainsi, tout 
s'explique. » (Rent Onillon,) 

Je pense que la question est d&ormais 
regime, grace a Tinterm^diaire de la presse et 
a la bienveillante intervention de M. E. de 
Mieulle, a qui j'adresse tous mes remercie- 
ments. 

A.-J. V. 



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>ue ades Chemins de Fer du DepIde MAINE-&-LOIRE 



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PREMIERE PARTIE 



GLOSSAIRE ETYMOLOGIQUE ET HISTORIQUE 



OBSERVATIONS 

Nous empmntons a M. le comte Jaubert, 
auteur du Glossaire du Centre de la France, son pro* 
c£d6 d' Observations dont il parle ainsi : « Un autre 
procMe dont je me suis egalement bien trouv6 est 
celui des annotations par voie de resumes, qui sont 
exclusivement relatives aux modifications des 
sons, et que j'ai placees au bas des pages du Glos- 
saire, en assujettissant ces annotations a l'ordre 
alphabetique. Les unes ont trait aux lettres, les 
autres a certaines syllabes. Les premieres de fees 
annotations, imitees des g6ne>alites que le Diction- 
naire de V Acad&mU a placees en t£te de chaque 
lettre, resument avec plus de detail, en ce qui 
concerne l'idiome, les particularity de la pronon- 
ciation, les rdles divers que les lettres jouent dans 
les mots par Tendroit qu'elles y occupent. Les se- 
condes se rapportent a des syllabes, la plupart ini- 
tiales des mots et qui gouvernent des pages tout 
entieres du Glossaire ; plusieurs ont trait a des syl- 
labes ou finales ou intercalees qui ne pouvaient 
con ven able men t trouver place ni dans l'ordre 
alphabetique reserve aux mots, ni dans les anno- 
tations des lettres. II existe une evidente connexiU 
entre les deux especes d'annotations : aussi sont- 
elles reliees par de frequents renvois, comme nous 
1'avons fait pour les mots entre eux ; c'est une sorte 
de reseau qui embrasse Pceuvre tout entiere. » 

Prononciation. — A est souvent long dans la 
derniere syllabe de certains mots, ou il rem pi ace 
aie, ais ; ha, eld, chind, coutrd, fersd, pour : haie, etc. 
(Vieux-Fuilet). — Dans dbre, pour : arbre. — Dans 
cdille, a Mj., bref au Lg. — Amourdcher, cdresser. 

A final est souvent bref dans le patois, au lieu 
d'gtre long comme en francais. 

Permutation. — Rem place e : acouter, far/, 
cancarf, far, farmier, harbe, Piarre, sargent, vart, 
pour : ecouter, etc. • 

Est remplace par e : cherrtte, cherge, atUcher. 

Devient ai ou 4 : chairpie, cherr&e ; m'est aivis. 

Age final devient 4je. 

Devient o : ormoire ; ou ou .- poupa, mouman. 

Addition. — Par pros these : arecommencer ; ou 
par sou dure de Particle : ahaie, amarote, amonition. 
(V. les observations a Ar.) 

Aphsrese. — Madou, pour : amadou. 

DiPHTONOUBS. — Ai devient a : char, iclar ; ou 
ke : m&eson, mielre, pour : maison, etc. 

^invie d«ent un : procheun — eune — eunement. 



Dans La Romagne, se prononce an : pan 
matan, pour : pain, matin. 

AI devient au : animau, chevau, martchau. 

Au devient ou (Fuilet) : ou champs, pour : aux 
champs ; alle a mal ou dents. 

Remplace 1 : /Vaw, pour : cheval. 

Se prononce Ao ; chaosses, caoser (Louroux), 
pour : chausses, etc. 

An prend un son tres nasal : an-nimal, an-nte. 
(V. la note, ace mot.) 

Ou bien sonne on (Vihiers) ; panse devient . 
ponse. 

Eau se prononce kou : coutfou, batkou, coupiou 
(Louroux). 

A By, ied ; un couttid ; — ou iau : un viau ; 
(ChefTes) de Viau, un batiau. 

Eau se prononce au, o, bref. — F16au, Ho ; Beau- 
pr6au, Beaupro ; — le marquis de Preaux, de Pr6, 
6 long. — A Vern, on dit Moumin, pour : maman. 

Supplement 

— (By.) Les anciens devaient prononcer la ter- 
minaison ent de la 3 e pers. plur. du subj. Des vieux 
disent encore : Eh ! ben, si n'en voulant, qu'il en 
mangegeant done. — Qu'i y viennegeant, s'i pou- 
vant. — I v'nant (indie.) d'arriver. 

— Angers ; quartier de la Doutre : Remarque 
ben la femrae qui passe la ; tu la vois ben s'pas? — 
N. L'a des deux premiers la, tres bref ; celui du 3°, 
tres long. 

A (presque partout). — Pron. f. EUe. 
S'emploie devant une consonne. Ex. : A n'a 
pas voulu ; a n'ont pas voulu ; o viendra a 
d'souer, elle viendra ce soir. — Pour Alle. — 
N. On dit aussi £ ; mais cette forme est plus 
pr6tentieuse et moins usit£e. 

Hist. — Je me marie quand je veux, dit la 
virago. Quant a ma pratique, a m'adore. (H. de 
Balzac, Char Birotteau, p. 88.) 

■ — Soldats de mon pays, 

Ne l*dit's pas a ma mere, 

Mais dites-lui plut6t 

Que je sui-t-a Bordeaux, 

Prisonnier des Anglais, 

Qu'a n'me verra jamais. 
La Trad., p. 369, 1. 24.) 

A, verbe. — On dit : y a, y en a, n'y a 
l| N'y a pas, s. e. a dire, il faut que cela soit. 



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A — ABASSHEURER 



— Comment que cette personne a nom, loc, 
tr&s usit^e. 

Hist. — « Longtemps y a que le prix est gaigne. » 
(Joach. du Bellay, Dtf. et III. de la lang. jr., II, 
xn, 82.) 

— }« Trouveront qu'en mes escripts y a beaucoup 
plus de naturelle invention. » (Id., V Olive, p. 72.) 

— En toutes langues y en a de bons et de mauvais. 
(Id., D. et III., II, m, 36.) — « Regarde principale- 
ment qu'en ton vers riy ait rien de dur. » (Id., 
ibid., II, IX, 53.) 

A, pr6p. — Suivi d'un adj. ou d'un nom 
forme de nombreuses loc. adv. de temps, de 
mani&re, etc. — A matin, — ce matin 
(Sp.) ; A bonne heure, — de bonne heure ; 
A de resstee, — cette apr£s-midi ; A dur, — 
durement. — Ex : Alle est morte & matin. 
N. Qqs-uns disent : A ce matin. 

N. — J'ai vu, rue des Lices (Angers), une femme 
ayant recu pour un sou de lait dans son pot, plon- 
ger un doigt dedans, le retirer et reverser le lait 
dans le vase en fer-blanc de la vendeuse, en 
s'£criant, furieuse : « C'est point du lait d'd-matin, 
ca ! » — fividemment, il aurait du Stre encore 
tiede, et il elait froid. 

Hist. — Rab., P., m, 13, emploie : a bonne 
heure : « Protestant desjeuner demain a bonne 
heure, incontinent apres mes songeailles. »> — 
« A fin (en deux mots) que tu ne penses que je me 
vueille attribuer les inventions a autruy. » (J. du 
Bell., VOlive, p. 68.) 

|| De ; marquant possession ou origine. 
Ex. : Le livre a Pierre ; le . gars a Jean. 
|| D'apres. Ex. : II est rouine, a ce que le 
monde disent. Syn. de Sus. \\ A Dieu pas ; — 
au revoir ; je ne vous dis pas a Dieu. || Dans ; 
Etre a so.n a part, a son pouilloux, — vivre 
chez soi. || Sentir a bon ; — sentir bon 
(Zig. 151). || A venir; jusqu'a. Ex. : Depuis 
le port Lignier d venir au travers de la 
rividre. || Au droit, ou Au dret ; du cGte" 
droit. || S*emploie apres : mordre, piauer, 
dans le sens de : par. On dit : Va pas te raire 
mordre aux vormines ; il s'est fait piquer 
aux sangsures. || Sur ; A cropetons, — 
accroupi, siir sa croupe. || Chez ; dans la loc. : 
Aller au m6decin, au jugeux d'eau, au devin. 
|| En ; coifltee aux cheveux, — en cheveux* 
II Avec. Ex. : Etre a ses croutes, — vivre a 
son compte. || Pour ; A venir • — jusqu'a ; 
A aller. On dit : y a sept lieues de Champtoc6 
a aller Angers, "cine lieue a aller Ingrandes. 
Mais on dira : y a deux lieues de Montjean 
aller a Chalonnes. || Se supprime, comme on 
le voit, par euphqnie, devant les noms de 
lieux commengant par une voyelle, et parfois 
devant Aller, comme ci-dessus. |j Pour. 
Ex. : A toujous, — pour toujours. || Marque 
la manidre ; A la bonne da ; a la bige-moi 
vite. !| S'emploie pour En, dans certaines 
loc. : Couvrir a tuiles ; batir a chaux et & 
sable ; ma^onner a pierre seche. Mais on dit : 
Couvrir en ardoise, en paille. 

Aba«hoter (s') (Mj.), v. r6i. — Se casser, 
se vieillir, baisser. Der. de A bas, avec suff. 
pejoratif. 



Abandonner (s'), v. r£f. — S'abandonner 
aux mouches, — ne plus avoir de souci de sa 
personne ou de ses inte>&ts ; £tre dSgoute* de 
tout ; jeter le manche apr£s la cogn^e. 

Abarger (Mj.), v. a. — By. Embarger. — 
Mettre en barge, la paille, le foin. 

Et. — L'origine de Barge, ou Berge, est incer- 
taine, si le sens est clair. La berge est la pente 
escarped qui borde une rividre. En terme de ma- 
rine : Rochers qui s'dldvent a pic au-dessus de 
Teau : Les Berges d'Olonne. — Est-ce par rappro- 
chement? — En all., Berg veut dire .- montagne. — 
C'est aussi une sorte de Dateau, du lat. Barca. — 
« Barge, batiment de transport, pile de foin ou de 
paille. Cette derniere signification derive probable- 
ment de la premidre, en raison de 1' usage de trans- 
porter sur les grands bateaux sans quille de la Cha- 
rente les foins qui, amoncel£s sur le bateau, le 
cachent completement. » (EvEnxfc..) — Dans 
d'autres contr^es, Abarger, Aberger signifient 
Action d'abriter, de couvrir. En roman : Alber- 
gannen, d'ou Auberge. — Ou encore : Aborder la 
berge, arriver. — Nous inclinons a penser que re 
mot vient du celtique. 

Hist. — v Perrin Adam descendit de dessus le 
pailler ou Barge des pailles d'icellui lieu ou il estoit, 
tenant en sa main une fourche. » (1453, D. C.) — 
Le suppliant avait amass6 ledit foing et mis en une 
Barche ou raulon. (1460, Id.) 

A-bas (Mj.), s. m. L'Ouest, POccident. 
Ex. : Le vent est <Ta-bas. \\ En a-bas a 
TOuest. V. Bas. \\ Saint- Laurent d'a-fias — 
S.-L.-du-Mottay, bourg situ6 a PO .de Mj. — 
V. A-haut. || A Mj., A haut et A-bas servent 
a designer l'E. et TO. — N. Dans notre pays 
la Loire coule du N.-E. au S.-O. ; amont et 
a-bas servent a designer ces points del'horizon 
et sont devenus syn. de N.-E. et S.-O. ; ils 
les remplacent sur la plupart des plans de 
propri6t£s, et constamment on les emploie 
dans les actes pour fixer Torientation des 
immeubles. C'est ainsi qu'on dit d'un champ 
qu'il tient d'amont (N. E.) a..., da* -bas 
(S. O.) a..., de solaire (S. E.) a... (De 
Montesson). — Furetiere d^signe ainsi le 
vent d'O. 

Hist. — a Les eaux estoient tellement d£bord£es 
que l'^glise de la Trinite" en estoit pleine... ; il 
fallut un batteau pour. . . ouvrir les portes d'abas, 
qui retenaient Teau. » (Inv. Arch., E, n, p. 148, 
col. 2.) — « Tu seras, a-t-il 6te" dit a Melusine, tous 
les samedis serpent dte le nombrilen abas. (J eh an 
d' Arras. La Trad., 217, 21.) Ici le sens est pour : 
bas, simplL 

Abasoordell, adj. q. pour Abasourdi. 

Et. — De : sourd et de : aba, qui est probable- 
men t le meme que dans Abajoue, c.-a-d. form£ de a 
et ba y ou be, in^iquant une mauvaise disposition. 
Assourdir par un grand bruit. (Litt.) — Absourdi 
(absurdum, — itum). — Constans, Chrestomathie. 
Cf. Elourdelir, Engourdelir. 

Abassheurer (s') Sa.), v. r6f. — S'attarder 
le soir. D^r. de Basse-heure. A Mj. on dit dans 
le meme sens. Se mettre a la basse-heure, — se 
mettre en route fort tard, de fa<?on a n'arriver 
que la nuit. 

Hist. — « Circa horam nonam bassam, — vers 
9 heures du soir (1400). » — « Comme a heure de 



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ABAT — ABERNUNTIO ! 



basse rissue, lui Gosset 6tant a la croix d'icelle 
ville de Verneufl. » (Rissue, de Riotte. « Merenda, 
le mangier de l'heure de none. » Du verbe Reciner, 
Rechigner : Merendam sumere. — Ressiee.) D. C. 

Abat (Mj.), s. m. — Longueur sur laquelle 
s'abat un arbre. || Hauteur d'un arbre ou 
d'un homme. Ex. : Ein grand corps comme 
ca, c'a ein abat, l| Force d'un levier resultant 
de sa longueur. )| Tomber d*abat, — t. abon- 
damment et pesamment, en parlant d'une 
pluie bat tan te. Se dit au Lg : II mouille 
(Tabat. Un abat d'eau est une grande chute 
d'eau. Syn. de Aca, Aqua d'eau. A Ec. on 
dit : Tomber d'accas, par accas. || En abat, — 
bon a abattre, a 6monder, en parlant du 
bois : Vela des teiards qui sont en abat. 
i| Abattis, — ragout fait avec les extr6mit6s 
d'un animal de boucherie ou d'une volaille : 
J'n'avons a vous ofTri que des abats d'oie. 
!i Tr. — Partie d^tachee de la .-oche schis- 
teuse. Gf. Abatage, 

Et. — De A, battre. Du lat. Batuere ou Battuere, 
transform^ par le B. L. en battere. Frapper de 
facon a faire tomber a terre? (Litt.) 

Hist. — « Pour abat de chascun arbre de chesne, 
en Tamende de six florins carolus. » (L. G.) — 
* Lesquelz merlez avecques la bataille du roy 
d'Angleterre en flrent merveilleux abat. » (Bourd., 
Hyst. d'Anj., f° 85.) — « Information contre le 
fermier du prieur6 de Brissarthe, pour abat de bois. » 
(/. A.,S. 7/., 129, 2, b.) 

Abatage (Mj.), s. m. — R6primande 
severe, verte semonce. Syn. de Galop, Savon, 
Chasse, etc. : « II te illi en a foutu a' ein aba- 
ta$e ! » || Tendance a s' abattre, a tomber : 
« Ein grand cadabre comme ca, c'a de Yaba- 
tage ! || Lg. — Longueur d'un bras [de levier, 
pes£e faite au moyen d'un levier du premier 
genre, moment d'une force, en m£canique : 
« Eine parche de cet6 longueur-la, vous 
pensez que c'a de X abatage, V. Abat, || Force 
physique, vigueur corporelle, en tant qu'elle 
est due k la masse et a la grandeur de l'in- 
dividu, plutdt qu'a sa musculature et a sa 
nervosity. 

Et. — Pour le premier sens on peut dire que 
cette feprimande abat celui qui est pris en faute. 
(Labch.) 

Abfttardlr (Sp.), v. a. ;Ruiner comple- 
tement 

Et. — L'origine du mot Batard est dou- 
teuse. Le Dictionnaire general, dit : Propre- 
ment, Engendr6 sur le bat, allusion aux rap- 
ports frequents des mule tiers avec les 
servantes d'auberge. (Cf. Angl. Bankart, 
batard ; proprement engendre" sur le banc. 

Hist. — « II y a toujours, dans la vie des femmes, 
un quart d'heure ou il suflflt de tendre la main pour 
que le fruit y tombe de lui-m§me. » (La fin de 
V Amour, de Robert Bbacco, Fantaisie en 4 actes. 
i Boufles parisiens. Le personnage du Docteur.) 
s C'est ce que nos grands-peres appelaient Theure 
du mule tier. » (Chroniq. thedtr. du Temps, Lundi 
29 novembre 1904, Ad. Brisson.) 

— Fille le Roi Henri de bas, 

— Juliane fut apielee. . . 

— 8i ot de bas h Roi six fius. (1391.) 



— Si alia en Puille a Mainfroi son fils de bas. . . 
(D. C.) 

A bat- f lanes (Mj), s. m. — V. Bat-flancs. 

Abattant (Tr.), s. m. — Ouvrier d'a-bas, 
celui qui abat la roche, par opposition a celui 
d'a-haut, qui la taille. — V. Loup et Pigrolier, 

Abat- vent (Fu.), s. m. — Contrevent. 

Abbelon, Abboyon (Svh.), s. m. — Jeune 
abbe*. S'emploie ironiquement. 

N. — Pour le change merit de 6 en oy, cf. Poiser, 
Poine, Regroit, Moitais, etc. V. Aboyant. — Abb6 
vient du syriaque Abba, pere. — Abbaiette, dim. 
de Abbaye : « Une Abbaiette qui a nom 
Maroille. >• (t.C.) 

Abbouie (Sa., Lg, Lrm.), s. f. — Abbaye. 

N. — Ce nom n'est plus employ^ comme nom 
commun, la chose ayant cess6 de l'etre, commune. 
Mais il s'est conserve comme nom de lieux. A Sa. et 
a Lrm. existent des fermes dites : V Abbouie, qui 
furent en effet des abbayes. 

Ab-de-erasse (Segr.). — Avoir Ab-de-crasse 
avec qqn, c'est etre en dispute. (Men.) 
Difficile a expliquer, 

Abe<jher (Mj.), v. a. — Donner la becque*e. 

Et. — A, Bee. — Vx fr. Abechier, Abeschier, 
abecker, Abequer. (God.) — Se trouve dans 
Furbtiere. || By. « Haut le bagueneau, que je 
Vabiche ./ » V. B ague net, 

Abeequerer (Tim.), v. a. — Ruiner. 

N. — Ce mot aurait-il du rapport avec Pangl. 
Beggar, mendiant ; rdduire a l'etat de mendiant? 
(R. O.) — Je trouve dans Jaubert : Abeque, 
ereinte, a bout de forces. 

Abeillaude, *e (Mj.), adj. aual. — Qui a un 
gros ventre, en parlant d'un enfant. V. 
AUzardi. De Abeillaud, bourdon, frelon. 
Probablement de Abeille. V. cependant, 
Beille, Bottle. 

Aberier (Mj., Lg), v. a. — Abriter, couvrir. 
Forme vieillie. Syn. et doublet de Abrier. 

Abernote (Tim., Lg), s. f. — Carvi 
terre-noix. 

N. — Le nom berrichon est Moison, et ce nom 
est un doublet de Moisine. syn. de Anotte. Ges 
deux derniers vocables s'appliquent a la gesse tube- 
reuse. Ainsi, malgre la difference de sens, Anote et 
Abernote sont des doublets, et ceux qui prononcent 
Arnottes sont dans le vrai. 

— « Anote, sorte de bulbe que ceux qui croient 
bien parler nomment : araote. — Eertnote Belgae 
vocant quod sonat nucem terrae (Saumaisb). 
V. Menage. (Noels bourguigh., Bernard de la Mon- 
noye.) 

Abernontiot (Sp.), interj. — Exclama- 
tion souvent employee par les femmes pour 
marquer la surprise, le dugout, l'admiration. 

Et. — C'est le lat. Abrenuntio, saisi dans les 
prieres liturgiques, estropte par des bouches igno- 
rantes et detourn6 de son sens. — Proprement : 
Je renonce formellement. « Dans les baptemes 
de la primitive Eglise, on demandait au neophyte : 
Utrum abrenuntiat Diabolo et pompis ejus? — 
II devait repondre : Abrenuntio. — (Eveille. — 
V. D. C., ace mot.) 



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ABfiROUfi — ABONOTER 



Aberoue (Fu.), s. m. — Abreuvoir. V. 
Bkrouke a la citation du Fuilet. 



Abervtr (Lms. 
Abreuver. 



Z. 196, Mj.), v. a. — 



Abeuloter, v. a. — Disposer en beulots, du 
foin, du fumier. V. Abuloter. 

Hist. — « £gayez-vous, mes gas, pas de beulo. 
— Mot des Chouans qui, pendant le sejour des 
Chouans a Laval, etaient charges de disperser les 
groupes qui se formaient dans les rues et sur les 
places. (Dott.) 

Abeurver (Fu.). — Abeurver le persoue\ — 
abreuver le pressoir, le remplir cTeau pour 
obtenir le gonflement du bois et rendre la 
maie 6tanche. 

Abeuvrer, v. a. — Couvrir de boue. Pour 
Abreuver. V. Abeurver. || By. Abeuvrir la 
bu6e. Remplir d'eau une bue, une buie. . 

Et. — « Abreuver, Abeuvrer, de Abbeverare, de 
Bibere. (Scheler.) — « Abreuver la buie », prepa- 
rer la lessive en y versant de l'eau. — Abreuver 
un tonneau. V. Abeurver. — « Les pr6s se sont bien 
embreuves. » (Jaub.) 

Hist. — « Au territoire de Tani les prez sont si 
bons qu'on les peut faucher quatre fois Tan, 
encores que ce ne soyent prez d'abbruvage. » 
(Bien arros£, — de boire. God.) 

Abezarde, *e (Sp.), adj. q. — Qui a un 
gros ventre. Se dit surtout des enfants. 

Et. — La racine Bis se retrouve dans le pat. 
BHerot. C'est sans doute la mGme que celle du fp 
Bedaine, Bedon. (J'ajouterai Bedouau, blaireau. 
A. V.) 

Abieher, v. a. — Donner la becqu£e. 
V. Abkcher. 

Et. — o Abecquer, ab£quer, abicher, formes 
extensives de Beequer, prendre ou donner la bee- 
quee. » (D r A. Bos.) 

A Menage (Chpt.), s. m. — Fagons donn^es 
au foin pour le faire s6cber. Ex. : Je ferai 
Yabitnage pour le regain. V. Abikner. — 
Abandon du regain des prairies a condition 
qu'on fumera, fauchera et qu'on fera des 
veilloches. (Sgl., Men.) 

Abiener (Mj.), v. a. — En parlant du foin, 
le faire secher et mettre en meules ; autre- 
ment dit : donner a l'berbe fauch^e toutes 
les facons n6cessaires pour en faire du foin, 
pour menef la rScolte a bien. 

Et. — Bonifier, ameliorer, amasser, recueillir. 
(God.) 

Abimer (Mj), v. a. — Au propre et au fig. — 
Abimer qqn, — le d£nigrer, le de>rier, dire 
de lui tout le mal possible. || Abimer son 
portrait, — se blesser au visage. || Gater, 
salir : mettre les pieds dans l'ablme, dans la 
bornille. — On a dit : Sodome abyma en une 
nuit. (Men.) (| Abimer de coups de pied, de 
coups de poing, frapper avec exces. || Abimer 
un vetement, — le gater, le d£te>iorer. || Abi- 
mer et hacher sont syn. Ex. : Tu vas ou-s'- 
(h)acher = tu vas ou-s 1 abimer. — II s'£t 
abimet le de\ l| V. r£f. S 1 abimer, — se blesser 
grievement 



Et. — Lat. Abyssus, sans fond ; Abissimus. La 
signification primitive : Precipiter dans un abtme, 
s'est g6ne>ahs6e en celle de : ddtruire, an^antir, 
ruiner. (Scheler.) 

Abjeete, adj. q. V. Difffrente. — Qui est 
rejet£e et digne de l'gtre. 

Ablettier, s. m. — Pour : ablier, ableret. 
Filet destine a prendre des ablettes. 

N. — On devrait dire : Albette, albettier, ce mot 
venant du lat. Albus, blanc. 

Aboilage, s. m. Vx mot. A be ill age. Droit 
du seigneur sur les abeilles ^parses du disse- 
min^es qui se trouvaient dans les fdrSts de 
sa seigneurie. On disait Aboilles pour Abeilles. 

Et. — Abollagium. (D. C.) — Un titre de la 
maison de Sully dit.: C'est a savoir sur ce que li dis 
Messire Pierre avoit pris aboilles en son Bois, qui 
appartenait a ladite Dame, pour le droict de la 
Chastelenie, etc... Accords fut en jugement en 
1' Assise de Chasteau-Meillan . . . que de cecy en 
avant ladite Dame prendra et aura ledit aboi- 
lage, etc. (Donne le dimanche apres la Saint- 
George, Tan de grace 1369. — Menage.) 

Abollle (Mj., Fu.), || s. f. Abeille. — La 
mere aboille, la reine. — Syn. de Avette. 

N. — Ce mot, a Mj. et a Ssl., se prononce 
Aboueille, et au Lg. abo-ille, le son naturel de To 
6tant conserve. 

Abo ml, ie (Mj.), adj. q. — Enfle\ bour- 
soufle\ Ne se dit que du visage. — Cf. Amoml- 
Rapprocher de Embaumk, ausens de Endormi. 

Et. et Hist. — a Abominatio : Nausee, degout de 
nourriturc, envie de vomir. »« La mente conforte 
l'estomac et donne appetit de mangier et oste abo- 
mination. »» — D'ou : Abominable, qui soufffre de 
nausees : « Ces malades estoient si despis que les 
privez serganz du benoist roy en estoient Abomi- 
nables. » — D'ou : Abosmer. 

— Moult est en enfermctd grande 
Horns qui abostne sa viande. . . 

— Et chevauche dolens et Abosmis... 

— Dont en furent irrte et Abosmi. 

Verbe abosmei; Avoir envie de vomir, avoir mal 
au cceur, etre dans l'etat de ceux cjui ont cette 
maladie. (Abosme, Abosmi, Abosmie, — triste, 
accable. — Abomey, Abomeiz. — D. C.) — Je lis 
dans le D r A. Bos : Abosmer — mir : vomir... 
Abominare, confondu pour le sens avec Avomi- 
tare. L's ajoute\ ph6nomdne des plus frequents — 
Dans Godefroy : Abosmer, — accabler, conster- 
ner, — avoir du ddgout, de Paversion pour, — 
abominer, — s'eflrayer. Plongc dans la douleur, 
accabld de chagrin, indign£, r6volte\ — Abosmi, 
abomi, aboumi = engourdi, endormi. — Abomi- 
nable, — qui inspire ou qui eprouve un sentiment 
de repugnance, diversion, de dugout, d'horreur. 

N. — J'ai insists sur ces explications ; il y a e>i- 
demment un rapport entre : avoir mal au cceur et : 
etre enfle\ Mais pourquoi, alors, ce mot ne se dit-il 
que du visage? 

Abondance (Mj.), s. f. — Sorte de cepage 
rouge qui donne beaucoup de raisin. 

Aboneter (s'), v. r6f. — Devenir bonne 
femme, prendre les allures d'une vieille. 
V. S'aboucher et Abonoter. 
Cf. Abonir, Abonnir, — declarer bon. (God.) 
Abonoter (s'). — Com. Aboniter. 



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ABORD — ABOUVER 



N. — Dans le Poitou, on dit : Aboun'femm'zir 
(s') f vieillir. (Favbe.) V. Abounefemmee. 

Abord (Mj.), s. m. — Lieu de la rive ou les 
bateaux peuvent aborder ; cale de de^barque- 
ment. || Du premier abord, — tout d'abord, 
de prime abord. (Par plaisanterie on dit 
aqf. : Au second rabord.) || D'abord que, — 
ads lors que, vu que, et d'ailieurs. Ex. : Je 
ne se* pas pourque tu m'en enveux a cause 
de 5a ; d'abord que je ne i'ai jamais dit. 

N. — Proprement : Avoir abord* contre une 
rivtere, c'est avoir des terres au bord d'une riviere : 
■ Est ordonng a un chascuns ayans abords contre la 
grande riviere. . . qu'ils ayent a les entretenir. . . » 
(L. C.) — t Abord, lieu sur le bord d'une riviere ou 
d'un ruisseau, dispose pour laver le linge. (Dott.) 

Abordage (Mj.), s. m. — Coup, blessure, 
atout. Ex. : II a attrape* ein fameux abordage. 

Abordant (Mj., Lg), adj. v. — D'abord 
facile. Se dit des personnes seulement. 
Ex. : A n'est point abordante, la fumelle ! 

Aborgnae, s. m. — Un aborgnac, — qqn 
qui n'y voit guere. De borgne? 

Aborgner (s'), v. r£f. — Regarder avec 
attention. Argot de voleurs. On ferme un 
ceil pour mieux voir de l'autre. 

Abogine (Fu.), adj. q. — Enfle" comme une 
bosine, — bousine = vessie. 

Abosmer, v. n. — Avoir sommeil. Etre 
triste. || V. a. Accabler, consterner. V 
Abdmi. 

N. — Abasmer, Abysmer. Exprirae la conster- 
nation, la douleur profonde dans laquelle un 6v6- 
nement malheureux precipite, absorbe notre 
ame. (L. C.) 

Aboncher, v. a. — S'aboucher, pour : Se 
courber sous le poids de l'£ge ou de la peur 
(Segr.). 

Et. Hist. — Faire tomber en avant (sur la 
bouche). Vieilli. {Diet, gin.) — Tomber en devant, 
a bouchetons, comme on disait autrefois. (L. C.) — 
S'aboucher sur son lit pour pleurer ; Abouchon, — 
sur le visage, contre terre, a plat ventre. (Ottill.) — 
Aboucher, abouchier, — presser avec la bouche ; 
s'abattre, tomber le visage en avant, se renverser la 
bouche contre terre et, en g£ne>al, tomber. — 
Aboncher un pot, une seille, pour l'6goutter. « Un 
tel ne dort jamais sur le dos, il s'abouche. » — 
Quand vous retires de Teau un noye, ne Yabouchez 
pas. » (God.) — Cf. S'Adenter. — xvi 9 s. « Les 
refformes ne peurent faire autre chose que d'emplir 
et couvrir les canons, abouches en terre, d'un grand 
amas de poudre et y mettre le feu. (D'AubignA, 
Hist., I, 157. — Littb£.) 

Abonler (Mj.), v. a. — Donner, remettre, 
verser. Syn. de Digainer. || V. n. Financer 
N. Ce mot est d'introduction r^cente. Argot. 
!| Arriver en foule ou en abondance, affluer. 
Ex. : Tout le monde aboulaient chez lui. 
|| Abattre, jeter, mettre bas. || En terme de 
peche, c'est battre, avec un bouloir, les 
herbes au bord de 1'eau, pour en faire sortir 
le poisson. En fr. Bouiller l'eau, pour : 
remuer l'eau avec une bouille ou longue 
perche. Boule, en vx fr. signiflait : baton 



termine* par un broc, de bulla. (Litt. — 
Citat. de M6n.) 

Abounefemmee, adj. q. — Vieillie Cf. 
Abonher, Abonoter (Bn). — By. Les poumes 
de rain-nette c'est ben meilleur quand c'est 
un peu abounefemmi (fl^tri, rid6). 

Cf. Abonhommer ; prendre les habitudes, la tour- 
nure d'un bonhomme ; se faire vieux. Ex. : Depuis 
deux ans nout' pere s'est ben abonhomme. » 
(Dott.) — Aboun'houm'zir. (Poitou.) 

Abourde (Lrm., Tim.) s. f. — B6quilles. 
De>. de Bourder. Les abourdes (grandes 
bequilles) permettent de bourder, de s'arrS- 
ter, de s'appuyer dessus. — N. Qqs-uns 
disent : Abourne. I| Jll., Z. 196. V. Appouer. 

About (Mj.), s. m. — Fin, terminaison, 
bout. || Fig. Dernier mot. Ex. : Cet^ petit 
m&tin-la, n'y a pas moyen d'en avoir Yabout. 

Et. — About. Bout, extr£mit6. Heritage hypo- 
thequ6. (V. D. C. Butum.) — Adboutamentum. 
Fonds assign^ a un chancier par tenants et abou- 
tissants. « Butum, — bout » (1146. D. C.) — Le 
Nord. (God.) 

Aboutant (Mj.), part. pr&s. — Aboutissant. 
|| Adj. verb, et subst. — Les tenants etles 
aboutants. Au propre et au fig. 

N. Conjug. irrdg. pour la grammaire, mais natu- 
relle (cf. tenir, tenant ; sortir, sortant). C'est le v. 
Aboutir sans la syll. iss. — On disait jadis Abouter, 
pour : borner, et Aboutant en vient, non de 
Aboutir. 

Abonttier (s') (Mj., Sal.), v. r6f. — Tirerasa 
fin. Se dit d'un abc£s qui se murit, qui est 
pr£t a suppurer. Ex. : Ton froncle commence 
k s'aboutiier. 

Et. — Der. de About, au moyen du suff. inchoa- 
tif 6ier. Cf. FoUier, Gaultier, Eclariier, etc. — 
« Une charrette abotee est une charrette dont on ne 
peut plus se servir. — Un horn me abote est un 
nomme qui a perdu toutes ses forces, soit par l'efTet 
de l'age, soit par suite de maladie. » (Jaub.) — 
Cf. VAraboute. Z. 173. 

Abouter (Mj.), v. a. — Mener jusqu'au 
bout. Ex. : Les bceufs n'ont jamais pu 
abouter la charrue. || Sp. — Abouter la 
charrue ; au jeu, faire avec les cartes que Ton 
a en main le reste des lev£s. || V. n. Se ter- 
miner a. Ex. : Cete" petit chemin-la aboute a 
champs, — gad. est une impasse, un cul de 
sac. 

Et. Hist. — De About. — « Dependant de ladite 
paroisse de Saint-Germain, qui par la aboute celle 
de Saint-Georges. » (1730, Inv. Arch., S, s, E, 
349. 1.) — Sezile (Sicile) qui sur mer aboute. (L. C.) 
— Angl. to abut, — aboutir a. (Moky.) 

Aboutolr (Mj.), s. m. — Panneau qui 
ferme 1'arriere d'une charrette. 

Aboutoaner (Lg), v. a. — Boutonner. 
Ex. : Aboutoune done ta culotte. 

Abouver (Segr.), v. a. — Mettre sous le 
joug deux jeunes bceufs. 

Et. — Du lat. Bovem. — N. Abouvier : decou- 

f)ler les bceufs, les « lacher du joug apres qu'ils ont 
aboure, les disjoin dre ». Nicot, cite par God. — 



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6, 



ABOYANTS — ABREUVOUX 



Sens contraire a celui de notre patois. — De meme 
L. C. Abouvier, abju^are boves. — Mettre au joug 
de jeunes bceufs. (Dott.) — Dans le Poitou (Favre, 
comme God). 

Aboyants, s. m. — Gens qui viennent voir, 
6cornifler s'il n'y a pas qqch. a rapiner, — 
qui se pr^sentent, par ex., dans une maison, 
au moment du diner. || SV. — Aboyant, — 
jeune abbe\ s^minariste. Syn. de Abboyon, 
Abbiion. V. Aboyer. 

Abo?er (Mj.), v. a. — Au fig. D6vorer du 
regard, desirer ardemment, bruler pour. 
Ex. : Alle est pon moins marine avec son 
harnicou, depuis le temps qu'a Yaboyait ! 

Et. — Sauf preuve contraire, je tiens ce mot pou r 
un compost de A et de Boyer, be>r. Aboyer, c'est 
propreraent rester bouche bee, en contemplation de 
ce que Ton admire et convoite a la fois (badaread.) 
Ainsi fait le chien qui apercoit le gibier ; puis le 
desir lui arrache des cris pendant la poursuite. 
Abayer, qui est le me'me v. prononce a la mode 
normande, signiflait dans l'ancienne jurisprudence : 
desirer, poursuivre avec avidite. — « II y a p. -6". 
confusion entre : 1° aboyer, donner de la voix, et : 
2° aspirer a, de a et beer, forme primitive de bayer. » 
« Aboyer apres une place ; un aboyeur de places. » 
— De batare (orig. inc.), devenu baer, d'ou beer 
(beant) et bayer. Certains auteurs ont employe" 
b&iller, pour bayer. Etre grand ouvert, — avoir 
la bouche grande ouverte en regardant avidement 
qqn ou qqch. 

N. — On saisit ici sur le vif un mode de defor- 
mation des mots patois par assimilation avec 
d'autres mots voisins comme son et comme sens. 
Le mot Abbiion, dimin. un peu ironique du fr. 
Abb£, est devenu Abboyon par la tendance a allon- 
ger 6 en oi. (Cf. Poiser, Regroit, etc.) Puis, tfrace a ce 
defaut d'oreille et de prononciation qui fait que les . 
gens de la region de Vihiers sont radicalement inca- 
pables de distinguer an de on, le mot Abboyon est 
devenu Aboyant. (R. O.) 

Abr&sement (Mj.), s. m. — Embrasement, 
incendie. Ex. : N'y a ieu ein abrasement 
dans la Varanne. V. Embrasement. 

Hist. — « Les Juifz, voyans cestuy merveilleux 
abrasement (du temple de Jerusalem), commen- 
cerent a jeter une clameur horrible. » (God.) — 
Com se ce fusent x cierges abrases. (D. C.) — 
Autre sens : Destruction ; de raser. (Jaub.) 

Abr&ser (Mj., Tim.), v. a. — Embraser, 
au pr. et au fig. Ex. : II a le corps 
abr&st par la boisson. || Fu. — «Ts6 abrdst 
de s£, — je suis embras6, mort de soif. 
|| V. n. Etre incendie\ subir un incendie. 
Ex. : lis ont abrdst dans la nuit de Noel. 
|| (Mj., Fu., Trel.). « Tu vas Vabrdser les 
dents, — a qqn qui mange la soupe un peu 
trop chaude. || Ec. — On dit Ebraser. 

N. — Me* me sens dans les autres Gloss., sauf 
Jaub. : Raser; 

Abre (Mj., Lg, By.), s. m. — Arbre, avec 
a long ; qqf. meme Adbe. — Ein grou-t-abre 
vert. (By.) 

Et. Hist. — Void ce que dit a ce sujet La Curne 
de Sainte Palaye : « Abri s'est ecrit Arbri, ce qui 
semble indiquer que ce mot est forme d'arbre, que 
son acception propre et primitive est le couvert que 
procurent les tranches d'un arbre ; et qu'ensuite, 



p. ext., Ton a employe abri dans P acception gene- 
rate qui lui reste. Nous observerons, d'ailleurs, que 
non seulement on a ecrit arbri pour abri, mais que 
Ton a aussi ecrit abre pour arbre, ce qui paratt 
confirmer doublement l'etvm. que nous proposons. 
« L'arbre de fabri » ou de « l'abris », si souvent 
rep6t6 dans nos anciennes coutumes, *6tait Parbre 
situe a la porte des chateaux, sous lequel on se 
mettait a couvert du soleil ou de la pluie. 

Derives : Abriement, maison, logement ; s*abrier, 
se mettre a Pabri sous un arbre ; abrier, n., arbre de 
pressoir. 

— Plus la vendange ne geint 
Sous Vabrier qui de sa charge 

Criant enroue l'estreint. — (Baif. Poesies.) 
• — C'etait aussi le baton, le manche ou chevalet 
d'une arbalete. — Abrisel, pour : arbrisseau. 

— La prononciation popul. Arbre est con dam nee 
par Vauoelas, qui remarque qu'elle 6tait com- 
mune. 

— Dans le departement de l'lndre, une ville 
s'appelle Bel&bre (bel arbre). 

— Dans les comptes de la Sainte-Chapelle de 
Bourges (1402-1405), on lit : « A Gilebert Corbat, 
pour un dbre contenant 4 toises emploiees es diz 
molins (moulin) de Saint-Prive, a 4 sols la toise. » 
(L. C.) 

— . . .Elle montit dans in abre 
Pr4 voir ses chiens couri, 

Carabi ; 
La branche elait poi forte, 
Et Guillery chesit, 
Carabi. 
(Hist, veridique de Guillery.) 
On retrouve cette prononciation dans de nom- 
breux dialectes. 

— Pour Tamour du buisson va la brebis a l'abre. 

Leroux de Lincy. Prov.) 
Variantes : Aubre, aibre, habre. (God.) 

Abrel (Mj.), adj. q. in v. — Abrupt, a pic, 
escarp^. 

Abregeons, s. m. — Courts sillons qui vont 
en diminuant. V. Bergeons. 

N. — God. cite Abrevier, abregier, — aller en 
diminuant. 

Abreger. — Je crains que ce mot ne 
signifie : abreger les jours, avancer la mort. 

Hist. — 1653. Sepultupe de Perrine Bommery, 
« deceddee par un sinistre malheur de la morsure 
d*un loup enrag6 ; elle est neantmoins morte sans 
avoir ^te abrige'e et avec un tres bon jbgement. » 
(/. A., II, E, S, 411,2.) 

Abrenontio ! — Excl. V. Abernuntio. 

Hist. — Abrenoncier, — uncier, — oncer. — 
o Abrenuncierent a tot le droit que il avoient et 
pooient avoir es dites choses. » (1274, Arch, de 
M.-et-L.) God. 

Abreuvage (Lg), s. m. — Mare, abreuvoir. 
Ex. : J'ai ^te" pecher dans les abreuvages des 
fermes. 

Abreuver, v. a. — Nettoyer. On abreuv^ 
le linge sale (Segr.). — Cf. Abeuvri. 

Et. — Du lat. Ad, bibere ; bas-lat. abeverare : 
vx fr. Abeuvrer, plus pres de retymol. — Abreuver 
des tonneaux pour voir s'ils ne fuient pas. (Lrrr.) — 
Adbiberare. (Diet, gen.) 

Abreovoox (Lg), s. m. — Abreuvoir. Syn. 
de Abreuvage. 



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ABRI — ABYRINGUE 



Abri, s. m. — Cf. Abriu V. Adbre, Abrier, 
Et. — Schkller semble adraettre apricum. 

Airier (ou Aberier) (Mj., Lg, Sal.), v. a. — 
Abriter, couvrir. — DeSr. de Abriu — « Mou- 
man, vins don' m'abrier. 

Et. — Je vais donner de nombreuses opinions. — 
La derivat. par Abrit est illogique, mais celle du 
v. Abriter ne Test pas moins. Ou plutdt, ce qui est 
illogique, c'est l'orthographe du mot. Abri ; on 
aurait du conserver le t final. — « Abrier s'est dit 
jusqu'au xvr> s. — Abri, du B. L. abrica, abriga — 
du lat apricus, expose au soleil. Les langues ro- 
manes ont pris : se mettre a l'abri, pour : se mettre 
a couvert, parce que les choses exposees au soleil 
sont, en qat sorte, 4 Tabri du froid et du mauvais 
temps. — Diez con teste cette 6tym. d (Litt.) — 
• Abri vient de Abrier. I/ensemble des formes 
romanes indique une forme du lat. popul. Abbre- 
&are, d'orig. inconnue. Nombreux exemples. » 
{Diet. $e"n.) — « Abri et Apricus ont un sens opposed 
Apricus, 6tre a Vouvert, et le ndtre au couvert du 
soleil, quasi aperica. — Pour Menace il vient de : 
opericus, inus, qu'on a fait d'operio, comme apricus 
d'aperio. On a change To en a, com. en Dame et 
Damoiselle, de Domina et Dominicella. De me'me, 
on change Pa en o quand on dit : ormoire, pour : 
| annoire. » — P. Malvezin, dans ses Ratines cel- 
tiques, le fait venir de Breg, eminence, pointe. 
Transpose de Berg. D'ou briga pour brega, mon- 
tagne. . . En fr. nous avons Abriguer, alte>6 auiour- 
d'hui en Abriter, placer sous le refuge, sous relega- 
tion qui protege. I*e B. L. de Darmesteter n'a pu 
exister. Seul Adbrigare est possible, car le pref. est 
k\ de mouvement. Apricus est a rejeter. . . » 

On voit que la lumiere n'est pas toujours facile a 
faire. V., d'autre part, Adbre. 

Hist. — Bien le saichiez, chrestiens fideles, 
Qui la donra 
Charitd soubs ses grands aeles 
Vabryera. (Dottin.) 

— « Je leur donne loy de me commander de 
I m'abrier chau dement. ». (Montaigne.) — « ...Et 

n'oubliast de rejecter ma robbe sur son lict, en 
maniere qu'elle les abriast touts deux. » (Id., Ess. t 
h 20.) — « Si se tapirent et abrierent, eulx et leurs 
fhevaulx, dessobz chines et grans arbres. » (Frois- 
sakd.) 

Abrlfon, s. m. — Voile que Ton met sur la 
tete des maries pendant la benediction nup- 
tiale. 

Et — Abrifol, dans L. C, qui y voit une irre- 
verence. — Abrie-fou (de abrier). Cf. Garde-fou, 
Essuie-main. (Jaub.) 

Hist. — « En tlmoignage de quoi il (Alexandre) 
nous montra une belle piece qu'il en avoit apportee; 
e'est le r§ts a prendre les anes de baute futaie. Nous 
o'entendions point cela, quand il tira de sa manche, 
*t nous montra- le beau, saint et gracieux abrifou, 
qui catholiquement s'interprdte : le rets a prendre 
lescocus.» (Beb, de Vebville. M. de parv. t I, 14.) 

khtW (Mj.), s. m. — Pour Abri. 

— Variantes : Abric, abril, abris, abrit, arbri. 
(L. C) 

Hist. — c Mais quand je les vis ainsi bien cou- 
▼ers, je m'en allay a eux rendro a Y abrit. » <Rab., 
£,n,32.) 

Akten (Sa.), s. m. — T6tine. Ex. : Alle en 
a des abrons cete* grande lubrine \k ! 
Et. — Se rapporte a Brone, Broner. Se rappeler 



Penbron, au Croisic (la Pointe du sein, nom expres- 
sif de ce promontoire). 

Abroutir (Lg), v. a. — Abrutir. 

Absent (Vts), adj. q. — Sens curieux. 
«Alle a dit des paroles absentes », — elie a 
*menti. 

Absinthes. — Souvent employe" au masc. 
et au fern. 

Hist- — « Quand tu la vois si dignement 
Adoucir toutcs nos absinthes. » 

(Malherbe.) 
— « Tout le flel et tout l'absinthe 
Dont un amant fut toujours abreuve". » 
(Id.) 

Absulnment (Mj.), adv. — Absolument. 

Absurbe (Mj.), adj. q. — Absurde. 

Abuloter (Pell.), v. a. — V. Abeuloler. 
Mettre en tas, en bulots. — Avec un seul t. 

Aburonner (Sp.), v. a. et n. — Disposer en 
petits tas, le foin. Syn. de Abeuloter. 

E.t — De Buron. — De bur, encore usit6 en 
Norm., qui est emprunt£ du germ, bur, habitation, 
cabane. (Diet, gen.) — De Montess. donne un 
autre sens : Lavoir ; de Buer, — douet, etc. — 
Borel, vx fr., donne : Lieu de retraite ; selon 

3qs-uns, ce mot viendrait de : boire, com. qui 
irait un beuron. 

Abut' (Lg, Tim.), s. m. — Contrefort. 
On donne sur tout ce nom k des morceaux de 
bois clouis par une extr^mite" aux pieces 
diverses du b&ti d'un metier de tisserand, et 
qui, de l'autre bout, viennent buter contre 
les murs de Tatelier, aftn d'Sviter les trepi- 
dations. — Etai. Syn. de Appouet, Accote. 

Et. — De A et But. L'angl. a Abutment, — 
culee. 

Abutant, s. m. — V. Aboutant. 

Abuter Abutter (Lg, Tim.), v. a. — 
Forcer un animal a se r6fugier, dans un arbre, 
par ex. : « II est & but » alors. V. Ferte. || Se 
loger, se reTugier ; mettre un support k un 
mur ; jeter des palets vers un but pour 
savoir k qui jouera }e premier. (God.) — 
|| Etayer, appuyer, eHanconner, accoter. 
Syn. de Contrebouter. || Lu6. — Arriver au 
bout d'un sillon en labourant. 

Hist. — « I^esquelz compaignons disnerent en 
une taverne . . . et ainsi qu'ils abutoient leur escot... » 
(1450. D. C.) — « lis ont bien tire rent coups 
d'armes sans avoir abute la cane. » — « Un lundi 
matin, qui etait le jour abutf. » (Jaub.) — Garnir 
de terre le pied d'un arbre. (Dott.) — Dans la citat. 
ci-dessus, le jour abute veut dire : le jour fixe. 
(B. de Verv.,i, 84.) 

Abutte, (Fu.). — Contrefort. A Montigne*- 
sur-Moine : a Les abuttes sont cheres. » — 
(Z. 196. — Bpu). — V. Appouer. 

Abyringue (Sp.), s. m. — Explication 
embrouillee, narration confuse ; au fig, 
de*dale. 

Et. — C'est le fr. labyrinthe, corrompu et era- 
ploy6 mcUphoriquement. 



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8 



ACABAUDER — ACAMER 



Aeabauder (Tim.), v. a. — Abattre, acca- 
bler, d^primer, attrister. De>. de Cabaud. 

Aeabre (Stre). — Pour : Stre ennuy6. 
SoulevS, excite. — Gf. Aeabauder. V. Cdbrer, 

Et. Hist. — Je lis dans Eveille : Accabasse. 
accabte par la fatigue ou la maladie. En B. L. H 
Accabassare signifie : immerger, faire faire un 
plongeon. II designait, au moy. age, le traitement 
qu'on faisait subir a Bordeaux aux femmes de 
mauvaise vie. (V. D. C. a ce mot.) V. Cabasser. — 
J'y verrais simplement le mot Accable (A. V. ) . 
— « Advint un autre temps qu'estoit Allain Rebr6 
Contre Judicael souvent moult accabri 
Pour ly royaume avoir. . . (God.) 

Semblerait se rapporter ici a Se cabrcr. 

Acadagner (s') f — (Sal.) s'affaisser, rester 
inerte. 

Acadeau, Aecadlau, — s. ra. Averse, 
grande cbute d'eau. Devrait s'Scrire en trois 
mots : Aca, Acas, Aqua d'eau || Fu. « Ou-1-6 
chet des ag&ts. 

Et. — De Montesson : Accas, Pluie torrentielle. 
Est-ce Occasus (chute)? C'est possible, car le tor- 
rent qui court n'est pas un accas, l'eau qui se pre- 
cipite, pas davantage. Le nom n'appartient qu'aux 
pluies abondantes et dans le moment ou elles 
tombent. — Favre et G. de Gueb : Abat d'eau. — 
Jaubert : Acadiau. V. Agas d'iau et Agat d'iau. 
Abondance d'eau, averse, innondation. V. Aigas 
(qui manque, du reste. A Aiger, je trouve : Aige" 
d'iau, tremp6 jusqu'aux os.) On lit dans Tbevoux : 
a Ragas, inondation causae par pluie violente ou 
chute d'un torrent ; on dit aussi : Agarst, agaste. — 
Derive de Aqua ; agas formerait done pleonasme 
avec : eau. — Agast viendrait du vx mot Agaster, 
gater, devaster, ravager. » — N. II faudrait p-e". 
alors distinguer Acas et Agdt ; le premier ayant le 
sens de Chute et le second de Doramage. 

Acagner (s') (Sp.), v. ref. — S'accroupir. 
Syn. de s'Amouir, s* Appouguenir. — On 
trouve dans God. : Acagnardement, — mol-- 
lesse, fainSantise. || Acagner (Lrm.). Aplatir. 
M£me sens que Ecrapoutir. 

Et. — Doubl. de &' Acaigner, avec un sens un peu 
different. S'acagner, c'est proprement s'accroupir 
comme un chien. — V. Acaignarder. « Se cacher en 
se baissant, en s'accroupissant comme un chien : 
« J'ai poursuivi cet horn me ; il s'est acAgni. » — 
Le pat. norm, a de mdme : s'acatir, se pelotonner a 
la maniere du chat. — Cagnard, poltron , meme 
origine ; d'ou : cagner, caner, reculer. « Tu canes, 
tu cagnes. » (Jaub.) 

Acaignarder (Mj.), v. a. — Rendre fai- 
neant. || V. ref. ?? acaignarder, s'habituer k 
une vie oisive. — Cf. Caignard. Syn. de s'Afai- 
gnianter, s'Anianter. Cf. Acaigner, s'Ac&gner. 

N. — Voici ce que dit La Curne : « Cagnard, s. 
m. — Chenil. Lieu malpropre ; lieu de d^bauche. 
Lieu sous les ponts de Paris. — Lieu expose au 
so leii. — Podle a mettre de la braise. — Gueux, 
paresseux, faineant. 

« Toutes ces acceptions, si differentes entre elles, 
paraissent cependant partir de la mSme 6tym. et 
s'etre eloigners peu a peu, et comme de proche en 
proche, en passant du sens propre a un sens fig., et 
de ce dernier sens a un autre encore plus d<Hourn6 
de Ja signification primitive. Tachons de suivre ce 
ftl, selon la methode que 'nous employons le plus 
souvent qu'il nous est possible. 



« Cagnard s'est dit proprement d'un chenil 
(Diet. univ.). Et, en efTet, cagne sign ifi ait : chienne. 
II 6tait done fort nature! d'employer le mot 
cagnard pour designer un lieu malpropre, une mai- 
son pleine de salete 1 et de gueuserie. — Cette der- 
niere idee rappelle aussi celle de lieu de d£bauche. 
Ces deux dernieres acceptions convenaient fort 
bien a un lieu sous les Ponts de Paris, ou les gueux, 
tant hommes que femmes, avaient pris l'habitude 
de se retirer. (En note : Dans la marine, on designe 
ainsi un' lieu contre la pluie et le froid, qu'on 
dresse sur le pont et qu'on couvre d'un prelart.) 
Les gueux s'y tenaient a rien faire, pour s'y chauffer 
au soleii ; et de la les coins de rues, carrefours, etc, 
ou les gueux et les faineants venaient se chauffer 
au soleii, furent appeles : cagnards. En Languedoc, 
on appelle encore cagnard le cdte" de la rue ou le 
soleii donne. — Au de*faut du soleii, les gueux fai- 
neants se chauffaient au moyen d'une poSle de fer 
dans laquelle ils mettaient de la braise. (N. C'est 
ainsi que le cirier d&igne son fourneau). Enfln le 
nom de cagnard fut donne* aux gueux et aux fai- 
neants eux-m6mes. — Ce mot fut donne comme 
surnom aux Albigeois (comme qui dirait : les 
Gueux de Hollande). — Le mot Cagnard, adj., a 
conserve les deux significations de paresseux et de 
d^bauche. — Un ecolier fait le cainard quand il 
manque d'aller a l'ecole. (On dit en Anjou : faire 
cagnade. A. V.) — Cagnard a et6 fait au xvi° s. sur 
fitalien cagna, chienne ; c'est, proprement, mener 
{a vie faingante d'un chien. Le populaire dit encore : 
]1 fait sa cagne. (Note de l'Editeub.) 
Hist. — « Jamais en nulle saison 

« Ne cagnarde en ta maison, 

« Voy les terres estrang^res. » (Ronsard) 

— « Vous avez secouru des personnes qui 6toient 
dans les rues ou accagnard&es pres du feu ; je vous 
demande Taumdne pour des personnes qui ont 
servi. » Lettre de Henri IV au Parlement de Paris. 
(Eveille.) 

— Au mot Contre-hastier. — Ce mot subsiste 
pour designer une sorte de grands chenets de cui- 
sine. De la, Rabelais, in, 205, appelle : fol contre- 
hastier un homme qui s'acagnardit aupres du feu, 
qui est toujours pres des contrehatiers. (L. C) 

Acaigner (Lg), v. a. — Rendre mou, 
paresseux, faineant. Syn. de Aladrer, Anian- 
ter, der. de Acagner ; Syn. et doubl. de 
Aquenir, Haquenir. || V. r£f. Devenir mou, 
languissant, par suite de fatigue ou de 
maladie ; se casser en vieillissant. 

Et — D6r. du lat, Canis, comme s* Ac&gner, 
s* Acaignarder. 

Acalfln. — Pour : afin. — Pour moi, c'est 
une corruption de : A seule fin. Ex. : J'irai, 
a seule fin de voir comment 9a se passera, — 
dans le seul but, quand ce ne serait que 
pour. . . || Mj. — A celle fin, k seule fin, et 
meme : a surfin de, ou que. 

N. — De Montesson : Fin (a seule ou a ceule). — 
Je crois qu'on devrait dire : A celle fin, ceule e'tant 
syn. de celle : cependant. il y a des personnes qui 
disent : a la seule fin, et il faut bien, en ce cas, 
changer de mot comme d'orthographe. — V. 
Anuit, la citat. de Villon. 

Aeamer (Mj.), v. a. — Aplatir par com- 
pression ; tasser en serrant fortement. Voisin, 
comme sens, de Assouler. || Courber, coucher 
le ble\ 

Et. — Paraft venir d'une rac. Cam, signifiant 



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ACAPER — AGCOTB 



9 



incurvation, aplatissement, qui se retrouve dans le 
latin Camera et dans notre mot Campiot. (Jaub. a 
Acamander.) — Acassimer ; accabler. ^eraser. 
(Favre.) 

Aeaper (Mj.), v. a. — Drosser, terrae de 
marine. Ex. : Le vent nous a acapes le long 
de Tile aux Grolles. 

Et. — Du fr. Cape. N. On dit aussi, dans le 
mGme sens, Border. 

Aearlitre, adj. — Se prononce corome 
s'il y avait deux c Est francais. 

Acts d'ean. — V. Acadeau. A Mj. on dit : 
Aqua d'eau, aga d'eau; a S l .-P., laca d'eau, 
toujours avec l'a final tres bref. 

N. — Borkl cite : Cad d'eau, — chute d'eau ; 
grand cad d'eau. Lat. Cade re, tomber, dont une 
forme est Casum, et le pre!. A. — Dotttn •• Aka, 
amas, flaaue d'eau, de : aka, beaucoup. Cf. laka. 
f J'ai mis le pied dans un laka (soudure de 1'article). 
— Nous ne partageons pas son sentiment. V. la 
note a Acadeau. 

Aean, Acou. — Jeu au Cou. Vox vulgaris. 
(M*n.) Probablement le jeu au Cut ou a 
Cache-cache. II renvoie a Cou. 

A cause ? Loc. adv. — Pourquoi? « A cause 
que t'as fait ca ? — On rSpond, quand on ne 
veut pas s'expliquer : Parce que (pronon- 
ciation passeque) ; ou m£me : A cause de 
parce que. — Tr£s employe* dans notre 
colonie de La Reunion : « A cause vous l'a 
pas vouli vini? — Pourquoi n'avez-vous pas 
voulu venir? — Cf. l'angl. Because. 

Aeca (Mj., Sll.), s. m. — Se dit des Acca 
d'eau, — chute d'eau abondante. Syn. de 
Agua, Laca. 

AeeAMer, v. a. — L'a se prononce tres 
long. Cf. C&lice, Cdresser. 

Aeealmee (Mj.), s. f. — Accalmie. || A 
V accalmie, — k l'abri de. Ex. : Je nous 
sommes mis a YaccalmU du vent. V. AmortL 

Et. — LiTTRfe. Accalmie ; a, calme. 

Aeeanleher (s*) (Segr.) — V. s'Acai- 
gnarder. 

Aeeaaer (Mj.), v. a. — Drosser, terme de 
marine. V. Acaper. 

Accent (Mj.), s. m. — Tic nerveux. 
Ex. : II ne fait que de berciller ; e'est ein 
accent qu'il a comme ca. Sens tres dStourne 
du fr. 

Aeeiper, v. a. — Recevoir dans ses mains, 
un objet lanc£, par ex. au jeu de balle. On 
dit a celui a qui on la jette : « Accipe-\Si ! » 
Comme Reckper. || Cf. Aspice, regarde, dans 
ces vers que les ecoliers inscrivent parfois 
sur la premiere page de leurs livres, avec 
l'image qui s'y rapporte : 

As pice Pierrot pendu, 

Qui hunc lib rum n'a pas rendu ; 

Si hunc lib rum reddidisset, 

Pierrot pendu non fuisset. 
' ' — Accipe, mot lat employ^ comme sobriquet 
dans ce vers .• 
■ Dites-vous vray, Maistre Accipe* 1 » (L. C.) 



Acelienter (s*), v. r6f. — Se faire une 
clientele (Lg), s'achalander. Syn. de tfApra- 
tiquer. 

Aecmoder (s'). — Pour : s'accommoder. 
Ex. : Vous accmodez-YOUS d'nout'saucaige a 
— Vous faites-vous a notre nourriture ? ? 
notre cuisine? 

Aeeodagner (s'), v. r6f. — S'appliquer avec 
une extreme attention a un ouvrage delicat, 
a une lecture, s'y acharner, travaiiler 
d'arrache-pied, 

Et. — Je vois dans ce mot un de>. de s'Accoder, 
pour s'Accouder, form6 du nom Code. Representez- 
vous, p. ex., un 6colier qui 6tudie sa lecon les deux 
coudes appuyes sur la table, les deux mains enfon- 
cees dans les cheveux. — Lat Accubitare. 

Aeeoder (s') (M.j), v. r6f. — S'accouder. 
Cf. Code, Coder, Codiier. 

Aeeoler, v. a. — Porter un enfant au cou. 

Accomparer, v. a. — Comparer. — « Tu 
ne peux pas t' accomparer a moi ! » V. la 
Rem. sur Ac 

N. — Acc'omparager. (L. C.) — gier. (D. C.) 
Hist. — « Dieu en louange l'a accompare aux 
preux. » Rab., IV Epistr. (God.) 

AeeoBBabsenr (Mj.), s. m. — Connaisseur. 

Aceonnaltre (s') (Mj.), v. re*f. — Se con- 
naltre, s'entendre a qqch. Ex. : Faut s'y 
aceonnaltre. — II s'y acconnalt a pecker les 
voiseaux. — Par les uns et par les autres, 
on se fait aceonnaltre. 

Accord (Mj.), s. m. — < Eter' d'accord », — 
£tre en bonne sante\ Ex. : Ma mere n'est pas 
ben d'accord depis qqs jours. — Etre mal 
d'accord, — mal en gout; fctre indispose* 
physique me nt. j| Sp. — Etre par accord, — 
Stre fiances. — Accords, — fiancailles. 
§ Etre de tous bons accords, — consentir a 
tout, §tre tres conciliant 

Hist. — « Laquelle pension devait fitre continued 
apres le deces de ladite demoiselle de la Maurou- 
ziere a Maistre Claude Edme Orosborne, avec lequel 
elle e*tait alors en accord de mariage. » (Coust. 
d'Anj., n, 1340.) — « Par les statu ts et bulle 
patente obtenue de la Quinte. laquelle est de tous 
bons accords. » (Rab., P., v, 27, 538.) — Citat de 
God. : 

«... Car j'ai mainte fois oy dire et conter 
c Qu'a noeches et acorpz, pour raison afTermer, 
« Doivent li sage gent leurz bons amis mander. » 

Accordcr (Mj.), v. a. — Battre en mesure 
avec le fteau ; saisir le rythme du mouvement 
du battage. Ex. : Je ne sais pas par comment 
que 9a se fait, je ne sarais accorder avec lui. 

N. — Les machines ont supprimg cette sympho- 
nic a 2, 3 ou 4 temps, suivant le nombre des fleaux, 
a laquelle elles ont substitu6 un ronflement inhar- 
momque. . . et nombre de mains ou de bras ecrases. 

Accote (Lg), s. f. Fig. — Occasion de 
s'arr&ter, de s'attarder. Ex. : II aura trouve 
eine accote. Syn. de Amuse. || Etai, appui. 
Syn. de Appouet, Abut. C'est le sens propre. 
Fr. Accot. — Pat. norm. Accute. 

Et — V. Accotei. 



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10 



ACCOTER — ACCOUVBR 



Aceoter (Mj., Sp., Fu.), v. a. et n. — Abso- 
lument : S'arrMer sur un obstacle, en parlant 
d'une charrette (V. Accotpot), tel que caillou, 
tronc d'arbre. — Ex. : Accote done la reue 
de devont. » — « J'avons accotk a la mon- 
• t£e», — nous n'avons pas pu gravir la cote. 
(Fu.). || Appuyer contre stayer. Aceoter 
qqch contre un meuble. V. Tef. & aceoter, 
s appuyer contre un mur (Ec, Sal.). 

Hist. — « Heurtant contre une porte en pensant 
m' aceoter. » (Regn., Sat., x.) 

— « . . . Vu que les jeunes s' accoterenU » (Balz, 
p. 470.) 

— • Ce fut le propre jour que le Retail nerveux 
« Accota de son bras tout un mur ruineux, 
« Comme on voit aceoter a Vacote puissante 
« D'une vieille maison la muraille pendante. » 
xv 6 et xvi* s., Poes. franc). 

Aeeot-pot, s. m. — Appui-pot. Ce qu'on 
met contre un pot pour empScher qu'il ne 
verse quand il est sur le feu. (Bobel et L. G.) 

Hist. — On trouve dans Rab. : Accode-pot , 
ou Appui-pot — Le vx fr. avait Cote, — appui. — 
Aceoter est Soutenir a l'aide d'une cale, de a et 
d'un radic. cote ou cotte, qui serait celui du v. 
Cotir. Dans le vx fr. il est souvent difficile de dis- 
tinguer : aceoter et accouder, qui se disait : acouter. 

Aecouassee, adj q. — Se dit d'une poule 
qui veut couver. (Z. 145.) Syn. de Couasse. 
|| Ec. — La poule est accouasske, il faut la 
dtcouasser. La poule est a couer, elle fait la 
couasse (elle a besoin de se mettre a couver). 
Par ext. : L'eau est accouass6e, — c.-a-d. 
dormante (Sal.). 

Aeeoubler (Mj., Lg), v. n. — Accoupler- 
V. Couble. || Empteger un cheval ; lui 
attacher ensemble les deux jambes pour 
Tempe'cher de s'eloigner. — N. Les anciens 
mouillaient toujours bl ; on le fait encore au 
Lg- 

Et — De d et couple ; lat. copula, lien. 

Hist. — « Excepts le poulce et le doigt in dice, 
desquels il accoubla moflement les deux ongles 
ensemble. » (Rab., P., m, 20 et passim.) 

Aeeouer, v. a. — Accouer a la queue d'un 
cheval un bouchon de paille, — cad. attacher. 
„ Accouer un cheval a un autre, e'est Fatta- 
cher a la queue de celui qui precede. 

Et. — De A et coue, pour : queue ; lat. Cauda. — 
Ital. Accodare. 

Hist. — * Nous n'avons pas fait marche\ en nous 
mariant, de nous tenir continuellement accouez 
Tun a l'autre. » (Mont., Ess., m, 345.) 

Aeouerement, s. m. — Accoutrement. 

(MtN.) 

Aceource (Lg), s. f. — Raccourci, sen tier 
qui 6vite un detour. Syn. de Trutke. De 
Accourcer. 

Accoureer (Lg), v. a. — Accourcir, raccour- 
cir. || V. n. se raccourcir. Ex. : Les jours ne 
vont plus guere Accourcer. 

Accoureir (Mj.), v. n. — Se raccourcir 
Ex. : Les jours commencent a accourcir. 
Cf. AUonger* Syn. et d. de Accourcer. 



Aecoure (Mj.), s. f. — Etai, appui, cale, 
tout ce qui sert a consolider, i accourer. 
Syn. de Abut, Encdre, Yot, Yoteau, Poincon. 
— C'est le fr. Accore. 

Accourer (Mj.), v. a. — Aceoter, Stayer, 
appuyer. || Caler, assujettir au moyen d'une 
cale ; consolider, mettre d'aplomb. || Tasser, 
piler. || V. r6f. s'Accourer % — se tasser, se 
piler. — Du fr. Accorer. 

Aceeurple (Mj.), s. f. — Syn. de Getfe. 
|| Faire a Yaccourpie, — chasser aux canards 
sauvages. || Fu. — Jeu d'enfant ou Ton 
s'accroupit, pour eviter d'etre pris. 

Et — Du germ, kruppa, masse arrondie form ant 
un tout ; agglomeration ; qqch. de releve\ faisant 
saillie en forme de boule. Cf. Croupion ; a crope- 
tons. — Acropie, genuflexion. (EK A. Bos.) 

Acceurpir (s'), v. r6f. — S'accroupir, 
s'asseoir sur sa croupe ; la plante des pieds 
posant a terre, le derridre, la croupe touche 
presque aux talons (God.) V. le precedent 

Aecourser (s*) (Tim., Lg), v. reT. — 
S'habituer, s'accoutumer, s'adonner. Ex. : 
Alle est accourske a vendre son beurre a 
Cholet. || S'abonner, — avoir un traite* pour 
une fourniture. Ex. : Je se* accourst avec 
eux pour le beurre. — Syn. de A censer. 
Cf. la loc.angl.of course, et la loc. pat. Cours 
de maladie. || accoursi, — achalande\ 

Et. — Vient de : cours, concours. — Hist. 
« Ledit exposant eHoit mieux accoursez, e'est assa- 
voir mieux achalandez. » (V. D. C, v° Acursus.) 
Le marchand account est celui chez lequel il y a 
Accours ou affluence de clients. 

— « Accoursiers, dans Rab., n, 2, signifle : 
marchands, chalands : « Moyennant une sedition 
de Balivernes, meue entre les Barragouins et les 
Accoursiers pour la rebellion des Souisses. » — On 
appelle Accoursiers de la Saintonge les chalands 
d'une boutique ou ils sont accoutumea de prendre 
sur taille ; d'adcruciare, parce que sur les tailles 
chaque dizaine est marquee sur les coches en forme 
de croix. (Borbl.) — Opinion cit£e pour son 
etrangete. (A. V.) — Accourse, affluence. Acourser, 
achalander. 

Aeeooster (s 1 ) de (Mj.), v. r6f. — Lier con- 
versation avec qqn. Doubl. du fr. Accoster. 
Cf. Se commarcer. 

Aecoutumant (Mj.), adj. verb. — Ou Ton 
peut s'accoutumer ais6ment. Se dit des loca- 
fit6s, des lieux d'habitations. Ex. : Noute 
maison est ben accoutumante. 

Et — A et Coutume. — Voici, par curiosity, la 
se>ie des formes. Lat Consuetudinem, costudne, 
puis, changement de suffixe, costumne, costume, 
coustume, coutume. Cf. Costume. — B. L. COus- 
tuma. 

Aecouver (s'), v. r6f. — S'accroupir ; lat. 
Accubare. — La poule s'accroupit pour cou- 
ver. — Rester fixe en m&me place, comme une 
poule qui couve ses ceufs. 

N. — Accouir, — aftaiser, aecouver. S'emploie 
le plus souvent pour la patisserie ou le pain mal 
lev6s ou afTaissJs. Ne serait-ce pas alors pour 
Anouit, ou Encuit, qui se trouvent dans plusieurs 
vx dictionnaires et qui signifiaient : mal cuit? — 
Cf. Gras-cuit. 



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ACCRAIRE - ACHALINE 



1* 



Aeerairc (Mj.), v. n. — (Je pr6fererais 
Accrue). — Accroire. V. Accreftre. — Ex. : 
Tu vSdrais ben m'ou faire accrfre ! — (Fu.) 

Hist « En 1703, la prononciation de croire est 

crere ; je crais, dit Vaugelas. — II y a eu aussi un 
v. Acroire ; ne pas le confondre. — Je creis, je 
creyons, je creyais, je creirai, je creirais, que je 
ereie, que je cresse. (Jaub.) 

— L'Evangile nous fait accrere 

Qu'anceis qu'il se mil en Terre (voyage), 
Apela treis de ses serjanz. (God.) 

Aecraitre, Acereitre (Mj.), v. a. — Ac- 
crottre. 

N. — MfeNiiRE confond Accrere et Accreftre en 
citant ici ces vers d'Epigrammes dial6gues sur la 
mort de Richelieu : 

« Nenni, tu ne me la feras crere, 
Car on dit qu'il faisait accrtre 
Que il 6tait mort quand il dormait. 
Hist — Un Dictionnaire de 1786 indique la 
prononciation a-kre-tr'. — De a et crescere. — Les 
vers suivants conflrment cette prononciation : 
* Par comparaison done, mon maitre, s'il vous platt, 
Comme on voit que la mer, quand Forage s'accroit, 
Vient a se courroucer... » (Mol., Dipil am., iv, 2.) 

Aeerer her (Lg.), v. a. — Installer a sa 
place, une bate a ratable. Ex. : Les boeufs 
sont-ils ben accrtchte? — N. Ce mot est qq* 
peu vieilli. — Du fr. Creche. 

Accrocher (Mj.), v. n. — Rester court. Ex. : 
11 vous recite ca comme ein chapelet, il n'ac- 
croche jamais. || Fu. — Rester court, mais pas 
longtemps ; reciter avec des lapsus, des 
reprises. On dit egalement : II a reste ou cro- 
chet. 

Accroeheter (Sp.), v. a. — Accrocher. — 
Der. de Crochet. — Se dit dans La Varanne. x 
Cf. Dicrocheter, Emoucheter (Tim.) 

N. — Crocheter une porte e'est, non pas la forcer 
avec un crochet (Acad.), mais la fermer en l'accro- 
chant. (D. C.) 

Ace roc noire (Mj.), s. f. — Mentonnet. 

Aeeropie (Vv.), s. f. V. Accourpir, Accour- 
pie. 

Hist. : 

« Et auxi les prennent-ilz bien (les lievres) 
A V aero u pie avec leur chien. » (God.) 

— « Si com le chat qui crout en Taistre... 
(I'atre). » MfeNAOE, v° aftre. 

— A croupetons (Villon) ; de croupion, et 
celui-ci de vropygium (Borel). 

Accule (Lg,), part. pas. — Rompu de 
fatigue, fourbu, esquinte. 

Aecnler, v. a. — Pour : eculer, en parlant 
des souliers (Lg.). || Vider un tombereau en 
le renversant par Tarriere, le cul. 

Hist. — Toujours se veautroy t dans les fanges, se 
mascaroyt le nez, se chaffouroyt le visage, acculoyt 
ses soliers. ( Rab. , 1, 1 0. ) 

Acent — « Jouer accut, a cache-cache. On 
nomme encore accuts les endroits formant un 
angle saillant autour d'une foret ; on y met- 
tait des pieges ; on devait y acculer les beles 
fauves. V. Cute, Cache (M*n.). 



"N. — Dans le premier sens, il faut lire, en 
2 mots : a cute ; dans le second : accul ; e'est ,par ex., 
le fond du terrier ou les chiens poussent les renards, 
les blaireaux, etc. Le renard est a Vaccul. — God. 
cite Cuter, s'Acutir, — se cacher. 

Aecutrer (s') (Lg.), v. ref. — S'accroupir, 
se pelotonner. Ex. : J'6tions trop dans la voi- 
ture ; y en avait trois d'accutrfa sus nos 
pieds. — Syn. de s'Ajoupir, s'Amouir. 

Et. — II est difficile d'admettre que ce verbe soit 
un de>ive\ m£me tres fantaisiste, du fr. Cul, comme 
s'Accroupir est le de>. de Croupe. J'y verrais plutdt 
un doubl. du fr. s'Accoutrer, dont, selon Hatzf., 
l'origine est incertaine et qui a le sens general de : 
arranger. 

Acegralser (By), # v. a. — Calmer, arr§ter. 
Tres usite. N. Le matin, de bonne heure, les 
bonnes femmes vont mener leurs vaches a la 
pature. S'il y a de la ros^e ou que Therbe soit 
mouill^e par la pluie, les b£tes ne s'arretent 
pas a manger, elles ne restent pas tranquilles. 
Les bonnes femmes ne sont pas contentes et 
disent : « Mais qu6 qu'elles ont done, ces 
bougres de vaches-la? Je ne peux pas les 
acbgraiser ! Elles ne font que de courre ! » — 
P.-e. : assegreser. 

Acens (Sa., Segr.), s. m. — Abonnement 
du fermier avec le velerinaire, le cribleur, le 
taupier, etc. — Ex. : Uacens de noute cheval 
est de 13 francs. 

N. — Le Diet, gtntr. donne : Acens, — domaine 
assujetti a un cens, — redevance. — Terme d'an- 
cienne coutume ; terre ou heritage qQque tenu a 
cens. 

Acenser (Sa.), v. a. — Abonner. Ex. : 
J'avons acense tous nos chevaux chez le mare- 
chal. (On voit que le sens du pat. differe un 
peu du sens ordinaire.) 

Aeerer (Mj.), v. a. — Prononciation : AssV£ 
— Acierer. 

N. — Aeerer est : souder de l'acier a du fer ; 
rendre piquant, tranchant. — Acierer, e'est : 
convertir du fer en acier. — Hist. « Anequino 
d'Orlande pro accerier XIIII martellos. » (1413.) 

Ac baler (Mj., Sal.), v. a. — Agacer, impa- 
tienter. Ex. : Tu m'achales ; e'est ben acha- 
lant. — V. Crasse, Richaler. \\ Affaibli, 
attrist^. || Ein gars point achali est un garcon 
robuste et hardi, un luron qui n'est pas bete 
ou ne s'6tonne pas ais^ment. || Une jeune 
fille ayant son chapelet a la main et pensant 
a autre chose, sa mere lui dit : « Yachales ton 
chapelet. » (M£n.) || Est employ^ au Lg. dans 
son sens pro pre qui est : ^chauffer. Ex. : Les 
bceufs sont ben achalks, ils suont. || Etre 
atteint d'un malaise ftevreux, encore le sens 
propre. 

Et. — Ce mot est forme du pref. A, et d'une 
racine Chal, qui se rattache au fr. Chaleur ; lat. 
Calor, calescere, calere ; vx fr. Chaloir. Propre- 
ment : Etre chaud. Chacun sait que l'impatience 
produit une sensation de chaleur a l'epiderme. 

Ac ha/1 ne et Achahin6 (Lg.) adj. q. — 
Qui a chaud, echauflte. Syn. de Echauf- 
fardL Ex. : J'ai marche a ma force, je 



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12 



ACHE — ACHETRIB1 



s6 tout achalinL Doubl. de Echaline et dimin. 
de AchalL 

Ache, Aehe> (Mi.), s. f. — Lombric, ver 
de terre. Se dit qqf. Lachet, avec soudure de 
Particle. 

Et. — Ach6e. Appat pour la p£che a la ligne ; du 
lat. Esca (nourriture). V. Aiche ; nom que les p£- 
cheurs donnent aux vers de terre employes comme 
appat. Anc. fr. Esche ; il faudrait 6crire : eche 
(Litt.) — Le Diet. gin. donne les memes explica- 
tions. 

— Daonet propose : Ver sans t£te apparente ; 
a privatif, et chi, ou chef tete. Le meme que 
acephale. C'est ing^nieux, mais inadmissible. 

— Du Canoe, v° Allectatio, donne : achement 
et achier, — appat, appater. — S'6crit aussi Achet. 

Mais voici un autre son de cloche. M. P. Malve- 
zin, dans ses Ratines celtiques, bouleverse la plu- 
part des etyra. donn£es par Littre et le Diction, 
giniral, et, a mon humble avis, il n'a pas tou jours 
tort • Ce mot, dit-il, vient de Ac, pointe (celtiq.), 
devenu Aque, avec ses autres formes : Ache, Aiche, 
ver de terre long, pointu et en meme temps vif, de 
* aca, fe"m. de * acos, et non du lat. Esca, nourriture, 
donne* par Darmesteter et Thomas, car ce ne peut 
aucunement §tre l'emploi par les pecheurs, relati- 
vement tres rares, du ver de terre comme amorce 
qui a pu donner le nom, ce nom etant celui dont 
se servent les habitants des campagnes, les ouvriers 
des champs (dans l'Ouest on dit Achee, d'un prece- 
dent acata) ; avec le verbe derive" aquer, ou acker, 
garnir un hamecon, par ext. amorcer un filet ; et 
acinier, Tun des noms vulgaires de l'aubepine, 
indiquant un precedent * acinarios, de * acina, 
epine. > 

Hist. Tu vis par les sillons verds 

De petits fourmis et de vers 

Ou d'une mousche ou d'une achie. » 

(Ronsard, Gaietis, L'alouette.) 

— < La mort gist dessoubs les delices, comme le 
poisson qui prend l'haim, et Yachee, c'est la mort. » 
(L. C.) 

— « Li Deable a getey por^ios ravir 
Quatre amecons aeschiis de torment. » 
(De Montesson.) 

— « Mai (de gorge) qu'enleve aussi supGrieure- 
ment bien un simple cataplasme d' tickets ou vers de 
terre. » {La Trad., p. 249, 1. 4.) 

A&ch£e (Tr.), s. f. — Morve au nez. Une mdre 
qui veut moucher son poupon : « Vins done 
que je te tire tes dchtes / » 

Achelette s. f. — Qochette. V. Echilette] 
Echelette, Dandin. 

Et. — Echelette : On appelle ainsi, en plusieurs 
lieux de France, et particulierement sur la riviere 
de Loire, ces cloches que les crieurs portent aux 
enterrements. De : sciuetta, dimin. de scilla, lequel 
se trouve dans cette signification en plusieurs 
endroits. Viendrait de rail. Schell. (Menage.) — 
Eschelle ; petite cloche, sonnette. Eschilla. — 
Achelette ; acillare, movere (agiter). — « Et apres 
les crieurs de Paris, qui estoient 24, sonnans cha- 
cun son Achelette en sa main. » (D. G.) — Gode- 
froy le fait venir de Aiscelle, petite planche. — 
N. Quand nous eHioHs gamin, nous nous amusions 
avec deux ais, ou deux fragments d'ardoises ou de 
faience, a imiter le bruit des castagnettes. 

Aehenasser (s") (Lg.), v. r6f. — S'accointer, 
en mauvaise part : s acoquiner. Ex. : II s'est 
achenasse avec cette fumelle-la. — Pejor. de 
& Achener. 



Achener (s') (Mj., Sal.), v. r£f. — S'acharner 
au pr. et au fig. — Ex. ; Le maudit chien 6tait 
acheni apres moi. II est acheni k lire. — 
S'enteter k un travail. 

Et. — De>. du fr. Chien, avec le pr6f. A. Doublet 
de s'Aquiner. Je remarque que, en depit des appa- 
rency superflcielles, le v. s' Achener n'est point un 
doublet du fr. s'Acharner. S'acharner, s'est s'61an- 
cer sur un morceau de chair (carnem), s'entSter a le 
d^chirer. & Achener, s*Aquiner, c'est s'elancer 
comme un chien (canem), s'entSter a mordre. V. 
Aquiner, Amoicer, Amoincer. Cf. Jattb., s'Achiner. 
(R. O.) — Cette observation me semble fort juste ; 
la confusion requite de la ressemblance des deux 
sens. 

God. dit : Achenir, — ennir, achiennir (s*), 
s'acharner sur. — Normand., s'akiennir, rester 
couch6 comme un chien. — Poitou, s'aquenir, 
devenir paresseux, manquer de vigueur. — Achi- 
ner (s'), s'habituer, se plaire. De>. de chien. (D. C) 

— S'achenir, s'acharner sur, — Ital, accannire. A et 
chien. (D r A. Bos.) — » II est acheni comme un 
chien apres sa proie. » Se dit d'un enfant qui veut 
toujours t6ter. (Favre.) — « N'y a pas moyen 
d'empecher les poules de venir dans le jardrin ; a illy 
sont trop ache flies. » (R. O.) — « 11 est aussi acheni 
contre lui com un ors. » xiv* s. — « En ce temps 
estoient les Arminaz (Armagnacs) plus achenez 
a cruault£ que oncques mais. . . (1420). » — God. 

Acher (Fu). — Ablmer. Tres employ 6, aux 
Recoins du Fuilet : « lis ont tot acha. » lis 
ont tout abime\ — A Mj. et h Ec. on dit 
Hacher, comme en fr., avec un h tres aspir6 : 
lis ont tout hache\ » 

Acher (Ec), s. m. — AachSes. V. Ains, 
Champeaux, Cordeaux, Epinoches. 

Achet (Fu), s. m. — Lombric. V. Adchee. 

Achet* (d') (Lg.), loc. adj. — Que Ton a 
achete\ par opposit. k ce qui est fabrique* k la 
maison. On dit aussi : <¥ Aehetis. 

Acheter (Mj.), v. a. — On prononce Ajeter, 
elle ajete. — Acheter a bout de bras, — k vue, 
au juge\ || Acheter d'ein travers, — en bloc. || 
A. ein poupon ein drdle, — Gtre enceinte, 
accoucher. Ex. : La voisine rondit ben fort, 
je pense ben qu'elle achete ein quenau. || A. eine 
conduite, — se ranger. || A. k la foire d'em- 
poigne, — voler. 

Aehetis (Mj.), s. m. — S'emploie dans 
Texpression <T Aehetis. — V. AchetL Ex. : La 
toile d y aehetis ne vaut pas la toile de manage. 

— Les chaussettes tricotees sont meilleures 
que les chaussettes £ aehetis, — celles que Ton 
achete tou tes faites. 

Et. — Accapitare, ad, caput ; prendre pour chef 
(capital, cheptel), a bail, a redevance, acheter. 
(Litt.) Lat. popul. Accaptare, frequent de Acci- 
pere, restreint au sens de : prendre en ^change 
d'argent ; acatar, achater, acheter. (Diet, gin.) — 
D'aj6, achete. Cf. Achets. (Dott.) 

Achetolr, s. m. — Ce avec quoi on achete, 

— Targent. Ex. : Tu paries ben ! pour acheter, 
il faut avoir des achetoirs. (R. P. G. /?., p. 66). 

— Cela r^pond k : Avoir du quibus. 

Achetrlbf (Lg.), s. m. V. Enchetribi. 



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ACHETS — ACORER 



13 



Aehets, s. m. V. Agets, AjL Achat. 

Hist — « Entre Nau et l'annee 
C'est le jour des achets. 
— Achest, acquets... de denies a prix 
d'argent. (Borsl.) 

N. — Voir cependant a Ajet une explication 
tout autre de R. 6. 

Aehever, Aehover (Lg.), v. a. Casser com- 
pletement. Ex. : II y avait trop lourd de 
poires, la branche est achovke. 

Aehier, s. m. Vx mot qui signifie : ou sont 
les ruches d'abeilles. 

N. — L'ancienne coutume d'Anjou et du Maine 
non imprimle, au titre : De home qui suit Avettes 
ou Eps : « Si aucun a avettes, et elles s'enfuient de 
son acts. » ... La mSme coutume, imprimge, titre 4, 
qui est *. des Amandes : « Celui qui emble avettes en 
ruches sur V aehier, ou siege, il doit avoir l'oreille 
coupee. » (II faut lire aehier, et non archier, comme 
ont les editions), de Apiarium, que Ton trouve dans 
Colitmellb. (MiNAOB.) — « Et dire, Sire, j'ai 
Gueilly un essaim d'avettes; et cet homme les 
avoue, et 1' autre dit : Sire, F essaim est mien : et le 
vit partir de mon aichier. » (Id.) 

Aehonir (Lg.), v. n. — Abandonner son 
nid. Ex. : Va pas toucher a quid nid, ou be* la 
m&re achouiraiu — Cf. Hadir ; Ec. Hanguir. 
V. Aillir. 

Aehoysoo, s. f. — Occasion, cause, motif. 

N. — God. cite 30 manieres d'ecrire ce mot. 

Hist. — Le quel (seigneur, Bodille ou Landile), 
pour legiere achoyson il feist Iyer a un poust (po- 
teau) et cruellement battre et fustiger. — Pour 
quelle achoison la guerre mut entre le roy de 
France et le roy d* Angle terre. (Feoiss.) 

Aehner (Fu.), v. a. — Abtmer. « Les chas- 
seux ont achuk, ma ptece de choux. » 

Acter (Tim.), s. m. — Dans la locut. : 
huile d'acier, comme on dit : huile de cotte 
rets, de bras, d'ache. V. Huile. 

Aeimenter (Mj.), v. a. — Arranger propre- 
ment et solidement. Se dit de toute esp£ce 
(Touvrage. De>. du fr. Cimenter. Ex. : A y a 
mis 6ne ptece a sa culotte; c'est ben acimenU. 

Hist. — Voir Rab., G., i, 13, et P., n, 13 : « La 
cour le condemne en trois verrassges de caillebottes 
assimenties. » 

Ae/»gger (Tim.), v. n. — Tomber de lassi- 
tude. — Etre fourbu, ereinte\ ext6nue\ 
Ex. : J'aclasse de dormir, — je tombe de 
sommeil. Syn. et d. de Aglasser. On pron. 
Aquiasser. 

Et. Hist — II est possible qu'en aspirant guttu- 
ralement le verbe alasscr, on 1'ait prononc£ et e*crit 
aclasser, asclasser : « Ces adnes sont voz : sis ai 
menei pur co que vos enfanz les muntent ; ... et 
cest vin, que ces en beivent, ki se alasserunt, par 
aventure, al desert. » (Livre des Rois.) 
— « A ice mot un pou s'asclasse ; 
Car de travail s'est endormie. » 

(Athis. — Citations de L. C.) 

Cet auteur ajoute : s f Aclasser, verbe. Se calmer, 
s'assoupir, se reposer. Le mot Acasenient, calme, 
assoupissement, pourrait bien faire croire qu'on a 
dit Acaser, ou Acassi, et que les orthographes : 
quasser, aclasser, etc., sont des variations de cette 



orthographe primitive, ne'e du lat, cadere, tomber ; 
fig., s'apaiser : 

— Celle se coche qui f u lasse 

Apres son duel un pot (peu) s'aclasse. (Id.) 

— Et les dechace et les consiut (poursuit), 
Cum funt li chien le cerf alasse 

Qui del tut estanche e aclasse 

Et eel qu'il prent oscit maneis. (D. C.) 

— Dormf donne : Akaser, Akasi (r°), aclasser, 
aftaisser, ^eraser ; s' akasi, s' aftaisser, avoir une 
tenue nonchalante et negligee. — God. : Aclasser (s') 
— s'apaiser, se calmer, s'assoupir, se reposer, se 
mettre au lit ; — n. s'arr§ter de fatigue. 

— Est-ce pour : aclacier, du germ, klackjan, 
briser. Cf. Esclacier (D r A. Bos.) 

Acliner (s'), v. r^f. — Se caliner devant le 
feu. 

Et. — t Aclin (ad, clinis), penche\ sou mis ; 
Aclinouer, lit de repos, canape. »V.D. C, v° Accli- 
natorium. — • S'achiner au coin du feu, — de 
chien? ou du lat. inclinare. (Jaub.) — C'est, e>i- 
demment : ad-clinare. 

Aelopin, Aplopin, s. m. — Voyou, malan- 
drin, mendiant de mauvaise mine. Tas 
d'aclopins, — mauvais sujets qui entratnent 
les autres a faire des sottises. Syn. de Har- 
quelier. J'ai rencontre* un aclopin qui m'a 
entralne* au cabaret. » 

Et — Les 6tymoIogistes ont sue" sang et eau 
pour expliquer ce mot si simple ; ils ne connais- 
saient pas, sans doute, la seconde prononciation. 
V. Happe-lopin. 

Hist. — Gourmand, fripon qui guette les mor- 
ceaux pour les avaler. Eust. Dkschamps : 
« A nos amez kappelopin 
Sert de brouet et Galopin. » 

Ac m eder, v. a. V. Accnioder. Accommoder. 
On dit : Ac'moder la salade, la brasser, la 
fatiguer. 

Aeneutre (s') (Fu), v. r6f. s'acconnattre. 
« Faut s'y aeneutre ; — tu t'y acneus point. » 

Aeoi miner (s') (Lg.), v. pron. — S'humilier, 
prendre un air piteux ou aolent. V. Coiminer. 

Aeonnaltre (Mj.), v. a. — Connaltre. Ex. : 
Par les uns et par les autres on se fait aeon- 
naitre. V. Acconnaitre. On ne pron. qu'un c. 
Hist. — « L'ung d'iceulx s'aprocha du maistre 
D'hostel et se fit acongnoistre. » 
(La repue de Villon et de ses compactions.) 

Aeonsent (Mj., Lg.), s. m. — Consente- 
ment, accord. S'emploie dans Texpression 
Etre d'aconsent. D6r. de Aconsentir. Syn. de 
Assent. 

Aconsentement (Mj., Lg.), s. m. — Con- 
sen tement, adhesion, permission. Syn. de 
Assent, Halt, AgrL 

Aconsentir (Fu, Mj., Lg.), v.n. — Consentir 
Ex. : Is y ont ben aconsenti. — Presque 
exclusivement en parlant d'un mariage ou 
d'un partage. Ex. : La m6re a pas v'lu acon- 
senti. 

Acorer, v. a. — Caler ; mettre une cale 
pour arrSter une roue. 

Et. — L'accore est une piece de bois qu'on 
dresse pour Stayer .Les accores sont des etancons 



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14 



ACOTONNfi — ADAM 



ou fortes pieces de bois qui servent & etayer un 
vaisseau en construction, en reparation. De A, 
Shore, — rivage, etai. (Lrrr.) 

Aeotonne (Lg.), adj. q. — Tres frise" et far- 
man t une tignasse £paisse qui ressemble a de 
l'ouate. Se dit des cheveux. Syn. de Amate- 
lasse. Du fr. Cotton. 

A con, — Jouer a cou, a cut, a se cacher. 
V. Acut. 

Acooer l (s') (Mj.), v. r6f. — Se prendre a 
couver. De Ad. cubare. 

Acouer * (Lu6), v. a. — Couper une ver- 
tebre de la queue aux chevaux ou un muscle 
fl£chisseur de la meme parlie. 

Acouiner (s*) (Lg.), v. r£f. — Se rencoigner. 
Syn. de Racouiner. De>. du fr. Coin. 

Aeousse, e> (Mj., Lg.), adj. q. — Mai lev£, 
mal cuit, en parlant du pain. || Sans ressort, 
sans e^nergie, avachi, en parlant des personnes. 

Aeoussi, Ie (Mj.), — Meme sens. || Fig. 
Ratatine\ abattu. Se dit, en plaisantant, des 
personnes. 

Acoutas, s. m. — Etai pour soutenir un 
mur. 

Et — Acoute ; appuy£, soutenu. Le sens primitif 
de ce mot est : Accoude, qu'on ecrivait autrefois 
Acoute, de Coute, variation de l'orthographe 
Coude. On s'appuie sur les coudes. — Accubitare se. 
(L. C.) — Acotas ; appui ; trique qui soutient une 
tranche chargee de fruits ou un mur qui penche. 

Hist. — Acoter, appuyer. « Qu'il faut reflaire 
l'advant mur dudict chastel... et pour acouster 
par le rapport desdictz. . . ledict ouvrage. * (God.) 

Acouter (Sal.). — Tomber sur le cdte* ; se 
faire une entorse. 

Aeourt. Accroupi. V. AccouvL 

Acoyau (Mj.), s. m. — Coyau. Se trouve 
au n° 2 de Hatzf., terme de construction 
Syn. et d. de Agoyau. || Ec. Un coyau (co£-iau). 
petite corde pour certains filetsde peche. 

Aeraser (Auv., Mj.), v. a. — Ecraser. Ex. : 
Acraser de sottises, — accabler d'injures, 
d'invectives. 

N. — Salir, abimer, deteriorer. (Dagnet.) 

Acremer (s') (Lg.), v. r6f. — Se couvrir de 
creme, en parlant du lait. Ex. : Le lait est 
tout frais tir6 ; ii n'a pas eu le temps de 
£ acremer. 

Acreur (Mj.), s. f. — Acrete\ || Aigreur, 
renvoi acide de Testomac. Syn. de Aigrette. 
|| Ex. : Les poumes de troche, $'a trop 
d'dcreur tout frais cli. — II m'a pris tout 
d'ein coup eine dcreur dans la gorge, que je 
ne pouvais sement pas causer. 

Et. — Lat. Acrem. Aacre est le mot savant ; 
aigre le mot popul. — L'accent circonflexe ne 
s'explique pas. Acrete, vx fr. Aigrete. (Scheler.) 

Acriner (s'), v. r6f. — S'endormir sur la 
besogne. V. s'Acliner. 

Acrouter (Lg.), v. a. — Encrouter. Je 



n'avons pas pu encreter de matinee, la terre 
6tait trop acroutie par la groue. » 

Aerozlllonne, *e (Mj.), adj. q. — Dispose 
en grappes series, en parlant d'un bouquet 
de fruits, de fleurs, en trochees ou trochets. 

Et. — De : crozille, parce que certains coquillages 
se rassemblent sur les pierres en groupes tres 
serres, en colonies qui ressemblent a de veritable* 
grappes : moubs, etc. Ex. : Si vous voyiez com me 
les preunes sont acrozillonntes dans ce preunier-la ! 
Y en a eine tapee ! — Agruzele ; couvert de bou- 
tons, de vermines, d'insectes, comme le groseillier 
de ses fruits. (Borel). 

AcrozOionnee. (Mj.),s.f. — Amas de fruits, 
de fleurs tres series sur une meme branche, 
trochee bien fournie. V. le precedent 

Acte (Mj.), s. f. — Acte, e'crit constatant 
une convention. Ex. : J'ai eine vieille acte qui 
dit que le mur est mutuel. Cf. Geste. || Lme. 
La grousse acte ; la minute d'un acte (et non 
pas la grosse). Difference de genre. 

A e-t-heure. Pour : A cette heure. || Main te- 
nant ; vieille locut. qui revient souvent dans 
la conversation, mSme sans motif. L'orthogr. 
varie. 

Hist. — « J'ay des pourtraits de ma forme de 
vingt-cinq, de trente-cinq ans, je les compose avec 
celui d' asteure. Combien de fois ce n'est plus moi ! • 
(Mont., m, 13.) — Astheure (Brantome). — • Moy 
asteure et moy tantost sommes bien deux. » (Mont., 
in, 9.) — « ...Dit le pore espy tout asteure. 
(Baif, p. 315.) 

Action (Mj.), s. f. — Activity. Ex. : II a de 
taction, il est actif, dSbrouillard. 

N. — Actiouneux, se dit de qqn qui est actif, vigi- 
lant. — Actiouner qqn, l'activer. (Jaub.) 

Actonner, v. a. — Cocasser, b^gayer ; de 
la : actonnier, celui qui ne flnit a rien, (M£n.) 

N. — De Montesson renvoie a Hoquetonner (de 
Hoquet, evidemment) et a Nocter, syn. de mur- 
murer. D. C. a Noctare. — Cf. jacquetonner. 

A col. Devrait s'6crire Accul. V. Accut. 

N. — V accul d'un rocher, sa partie escarpee, la 
ou il n'est plus possible de reculer sans se preci- 
piter. (L. G.) 

Acute et mieux Accule, part. pas. — 
Repose" sur Ie cul. 

' Aeupert, Encupert, adv. — En queuque 
part, qq. part. 

N. — Jaub. donne : Enqueupart, Enqueuque 
part, Enqupart. — Aeupert. 

Aeuroquer (Lg.), v. a. — D6caver ; syn. de 
Curer, Roupir, — au jeu. || D6pourvoir com- 
pletement, en g6ne>al. V. Cure-oques. 

Acut, s. m. — Extr6mit6 d'un pare, d'un 
bois. V. Cute, Cache. (M6n.) Doit s'£crire 
Accul. V. A cul. 

Adam (partout), s. m. — Le mouchoir au 
pere Adam, la fourchette du pere Adam, les 
doigts de la main considers comme servant 
a se moucher ou a saisir les aliments. V. 
Pomme. || Ne connattre ni d'Eve ni d'Adam, 
une personne, ne la connattre aucunement, 



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ADfi - ADEULfi 



15 



i 



mdme en remontant tres loin dans le passed 

— Ne pas dire, comme qqs-uns : Ne connaltre 
ni des levres, ni des dents. 

Ade. Pour Adieu. Au xn e siecle. Adeu. 

Hist — « Si se d£partent et s'en vont 
Et a Pun r autre commande* 
Moult coieraent : Adi, ad*. » 
— « En plorant lor a dit adS. » 

Adebeau, (Mj.), adj. q. invar. — Ne s'em- 
ploie que dans Texpression : Eter ben adebeau, 
etre bien agr^able, bien avantageux. Ex. : II 
illi en est ben adebeau d'avoir ren a faire. — 
Le mot correspondant est Ademal. 

Adelaisi, Adlalsl, Adlesl(Mj., Lg., Sal., etc.) 
s, m. et adj. q. — Homme peu raisonnable, 
[ui fait des farces dignes d'un enfant. Syn 
le Manifait, N*a-que- faire. |l Niais, begaud. || 
Oisif. 

Et. — Par sa composition, ce mot r£pond exac- 
le merit a son syn. N' a- que -faire, car il signifie litte- 
ralement : Qui a du temps a perdre. II est mis, en 
effet, pour : A du laisi, ou : a du loisir. J 'en trouve 
la preuve historique dans Brantome, Dames gal. 
{Disc, I, 29.) 

Hist. — « L'orfevre etait bien a loisir de s'amu- 
ser a faire ces fadezes. » et : « Ce roi 6tait bien de 
loisir de donner ainsi app£tit d'une viande nou- 
velle, qu'il devait tenir si cnere. » (Id., p. 41.) 

N. — A Baug6, on dit : A mon lezi, pour : A mon 
loisir. C'est done, bien cl aire men t, celui qui a ou 
qui prend le temps de s'amuser aux d£pens des 
autres. Nous n' ad met tons pas l'explication de 
Du Canoe : lascivus. — G. de Guer est dans le 
vrai : ad r licere, §tre tranquille. Rapprocher : 
louezi (de licere) et pla6zi (d> placere). 

— < Ine moitic de quene a la recherche d'ine 
boursaye d'argeont qui lui a 6t6 volee, rencontre 
commere Pechalle qui lui dit : « Veux-tu qu'i onge 
ocque ta, ma qui se be a men AdeUsisJ » (Borel.) 

— « Et Charles et Franceis se colchent a leisir. » 
(0. deGuer.) 

La conjug. de ce verbe pourra interesser qqs lec- 
teurs. — Loisir, leisir, laisir, 4esir, lisir, — v. n. 
impers., — 6tre perrais, 6tre loisible. Lat. : licere ; 

Indie, pres. : loist, luist, list, leist, laist, — licet ; 

Imparf. : loisoit, lisoit, — licebat ; 

Parf. : lut, liut (en une syll.), — licuit ; 

Fut. : loirat, loera. — Cond. pr. : loiroit, — liceret; 

Subj. pres. : loise, luise, lise, — liceat ; 

Subj. imp. : leiist, — licuisset ; 

Part. pres. : loisant, — licentem ; part. pas. : leu, 

— licitum. 

L'inflnitif est reste* a l'gtat de subst., comme 
plaisir, de placere. — Le sens primitif du v. loisir 
est done : licence, permission. || La valeur de: J'ai 
la permission ou la faculte d'6crire, s'est r^trecie 
en celle de : j'ai le temps libre d'ecrire. 

Ademal (Mj.), adj t q. invar. — Ne s'emploie 
que dans la loc. : Eter ben ademal, dtre bien 
ennuyeux, bien pSnible, bien d^savantageux. 
Ex. : 11 va illi en 6ter ben ademal de se lever 
de si boune heure. 

Et. — A + de 4- mal. C'est le contraire de 
Adebeau. — Ademau, Adebea, — a mal, a bien. 
(Borel.) 

Ademaa (Lg., Fu), adj. q. invar. V. Ademal. 
* II illi en est ben ademau a'avoir ren a faire. » 



Adementiers, adv. — En attendant, tandis 
que, pendant que. 

Hist. — « Et demintUres qu'il le prent. » 

(Raynouard, a Dementre, sous Mentre.) 
Et. — Ad, dum, interea ; dum intra ou interim ; 
dum intra ipsum (D r A. ros.) 

Adenaisser, v. n. — Passer la nuit : Je me 
s^ adenai$sL 

Et. — Aden^ser, adneser, faire perdre le temps, 
emp£cher de travailler, — s'arr§ter pour bavarder 
avec qqn, — s'endormir, se laisser aller a la paresse. 
(Dott.) Sens different du ndtre. — J'y verrais le 
mot : Ne, nuit. 

Adent (Mj., Pell., Sal., etc.), loc. adv. — 
Courbe\ pench^ vers la terre, en parlant d'une 
personne. A Mj., on dit : Marcher, aller en 
a-dent. — A Pell., on dit : Aller a-dent. V. 
Adente. || Sur les dents, la face contre terre, 
sur la face, a plat ventre. 

Hist. — « L'un gist sur l'altre e envers e adenx ! • 
(Ch. de Roland, 1624.) 

— t Toutes les fois que le roy Sapor mon tail a 
cheval, l'empereur Valerian se metoit adens sur les 
piedz et mains, et le roy Sapor montoit sur son dbs 
et de la montoit sur son cheval. » (Bouchard, 
Chroniq. de Bret — God.) 

— « Et si li donna tel hurtle (coup) 

Des deux eles par mi la face 
Qu'il cai as dens sur la place. » 
(L. C. — v° hurtee.) 

Adenter (s*) (Mj., Sal.)i v. r6f. — Se courber 
se tenir penche\ en parlant des personnes. Ex.: 
II est tout adente* sur le feu. Se dit a Pell, 
comme a Mj. — Voir cependant la note a 
Adent. a Adente-tk done ! » dit-on a un enfant 
qui mange sa soupe salement ; c.-a-d. penche- 
toi done. || Se dit meme en parlant des choses. 
Une maison adente, renvers^e par le vent ; le 
vent adente les bl6s. — En comparant a une 
bouche Touverture, la gueule d'un pot, on a 
dit : adenter un pot, pour : le renverser. 

Hist. — « Adenta un pot sur les chandelles estans 
sur le ventre d'icelle malade, qui fut fait par forme 
de ventoise (ventouse) 1425. (L. C.) — S' adenter, 
c'est done bien*. se pencher, les dents en avant, ou' 
la bouche, au pr. et au fig. — « Adente done le pot a 
lait, qu'i s'dgoutte. » — « Se pencher pour regarder 
au dessous de soi. » 

— « Par la ou il estoit entrez 

S'en est issuz tot adentez. » (Renart, 3400) 
Et. — Adens est fr. — Vx fr., adenter, — coucher 
sur le ventre ; s'adenter, — mots excellents et qu'il 
est bien dommage de voir perdus. »(Littre.) 

A pour contraire : Sovincr, renverser sur le dos, 
coucher le ventre en Pair, abattre, §tendre, tomber 
a la renverse, sur le dos... — Etym. Supinare, de 
Supinum, (Sovin, le contr. de Adenz.) 

Aderssee (Fu), Adressee, s. f — Chemin en 
ligne droite pour raccourcir la ligne ordinaire : 
J'ai coupe par la piece ; y a eine adersie ; j'ai 
arrive avant li. » || Mj., Lg. — Sentier. Ader- 
sie est, a Mj., une forme vieillie de Adressee. 

Adetre adv. — A droite. Lat. ad., dexter. 
Adeule adj. Triste. 

Et. — De : se douloir ; je me deuls. Cf. Con-dol- 
^ance. — En deuiL 



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ADEUZER — ADRESSfiE 



Hist. — L'erapereur Charles de la mort de son 
beau-frere le comte d'Anjou triste et adeulle... » 
(J. de Boxmv., Chron., p. 38 ") — « Si advint que a 
l'heure que le tres sainct roi (Louis IX) venoit de 
rendre son ame a Dieu, les Francoys, qui de son 
d£ces estoient tant adeullez que plus nepovoient... » 
(Id., Hist. aggr. II, 24.) — « Laquelle femme ne 
trouva pas sa monnoye, dont elle rut moult adoUe 
et courrouctee. (1386. — D. C.) — « O Dieu ! 
Comment voions-nous les jeunes gens adouler et 
entrister... » {Christ, de Pis an, dans Constant.) — 
Variantes : Adolir, adoloser, — louser. (God.) 

Adeozer (s'), v. r6f. — Se mettre a deux ; 
se dit ordinairement des unions iltegi times. 

Et — A, deux. — « Adouer, adouacer. — 
S' adouer, — s'accoupler. (God.) 

Hist. — Perdrix s'adouent vers la my-f4vrier 
(Diet, gin.) — On trouve aussi : Adouer, adeusser 
Dans certaines regions, deux se prononce deusse. — 
Se mettre deux ensemble pour f aire une chose qcque. 

Adieu. Adieu pas, pour : je ne vous dis pas 
adieu, mais : au revoir. — Adieu va, pour : 
va a Dieu. Terme de marine et de batellerie. 
— Adieu vat* ! — la manoeuvre estfaite. 

Adirer (s') (Pell.), v. r£f. — Sparer. || v. a. 
Tromper. Ex. : Ce n'est pas la le chemin, vous 
nous adirez. 

N. — Ce mot est fr., — perdre, egarer, mais n'est 
usite qu'en jurisprudence : Adirer une piece. — 
Dans les autres sens, il est vx fr., ou des patois 
actuels. — Ex. : Pour trouver ma ferme, il n'y a 
qu'a aller tout dret ; pas moyen de s* adirer. « — 
« Pour venir a ma me*tairie, ce n'est pas adirant, » 
cad. : il n'y a pas moyen de s'egarer. — || Adire, 
chagrin, elonne, ennuye* du depart de qqn. 

— D'adire, de difference. Ex. : II y a ben de 
Yadire, — nous sommes loin de nous accorder sur le 
prix. Cf. II n'y a pas a dire. — Car, si le sens est 
clair, retymol. Test moins. M£nage propose : a 
dire, dans le sens de manquer. Ex. : II s'y est trouve" 
& dire un ecu. Les diverses formes: endirer, esdirer, 
font supposer : dire, et non le lat. ire, aller. (Lrrr.) 

Hist — La doulce Vierge adira son tils, lequel 
estoit demourg au temple. (L. C.) — « (II est des- 
pays) ou les eunuques qui ont les femmes reli- 
•gieuses en garde, ont encore le nez et les levres & 
dire, pour ne pouvoir estre aymez. (Mont., Ess., 
I, 22.) — « Ce siecle auquel nous vivons, au moins 

Four nostre climat, est si plombe, que, je ne dis pas 
execution, mais l'imagination, mesme de la vertu 
en est & dire. (Id., I, 36.) — t et... quand le jour 
disparut et que la lune mit la tdte a son regardoir, 
messire de Salvert et sa gent se trouvaient adiris au 
milieu de la jolie for§t de Cr6mille, proche Champ- 
chevrier. » (H n> * du vx tps, p. 167.) 

Adlalsl, Adlesi. V. Adelaisi. || Sar, Do. — 
Naif, inoccupe\ 

N. — Je releve sur un catalogue de livres : « Mi 
Usi » (Mes loisirs). Poesies provencales, pat. et fr., 
in-12, 1887. Par Boiixat. 

Adomeseher, v. a. — Domes tiquer. En 
pari ant d'un chien sauvage : Je l'ai adomeschL 
En italien : Addomesticare. 

Et. — Domesche vient de : domesticus, avec 
l'accent sur l'e. Cf. S'accoquiner, de Coquina, cui- 
sine. (L. C.) — Devenir moins dur, plus souple ; se 
faire, se prdter a. Ex. : L'mat'las s*adomichera. 
(Dott.) 



A-don (Lg.), Ioc. adv. — En don, gratuite- 
ment. — V. vente de lard, du F. Lore. — Cou- 
tumes. 

Adophe (Mj.), n. pr. — Adolphe. 

Adopter (s') (Mj.), v. r6f. — S'adapter. 
Confusion de ces deux mots. 

Adorer (Sp.) v. a. Fig. — Faut Yadorer, 
il faut en passer par la, Vendurer. — Encore 
une confusion de mots. 

Adoobage (Lg.), s. m. — Raccommodage, 
rhabillage. V. Adouber. \\ Lg. Reduction d'une 
luxation ou d'une fracture. 

Et — L'adoub est proprement un vgtement 
militaire, armure, garmment, — et, vgtement, 
habillement, en g4n6ral. 

Hist — « Elle alia par devers l'houste du gervis 
vert qu'elle dist estre adoubeur, lequel demanda a 
Nicolas Desioux s'il aurait son setter d'avoine pour 
Vadoubage de la fille qu'il lui avait fait habiUer. > 
(1515. God.) 

Adouber (Tim.), v. a. et n. — Etirer un 
brin de fil pour faire disparattre un maton. 
Syn. de EneiUer. ||Lg. — jlemettre un membre 
cass^ ou d^mis, recluire une fracture, une 
luxation. Syn. de Raccommoder. — C'est le 
mot fr. pris dans un sens special. V. Adou- 
bage. 

Et. — Les 6tymol. sont controversies. La plus 
naturelle est du german. Dubban, frapper, d'ou : 
dauber, parce qu en efTet dans le c6r6monial, on 
frappait le chevalier en l'armant (adouber che- 
valier). Cette derniere opinion est confirmee par 
l'anc. angl. dub t coup, et to dub, adouber chevalier. 
On comprend comment Adouber, cad. toucher a, 
frapper a, — a pu donner les sens divers de Adouber 
(Lrrr.) 

Hist. — « ... a la couturidre qui a vaqque" IV jours 
a adoubber les aubes, et aultres draps, linges. ( Jaub.) 

— c Leurs chirurgiens et adoubeurs Tavaient si bien 
adoube que jamais il ne serai t boiteux. » (Diet, gin.) 

— Borel dit : Donner des soins a une fracture, 
remettre un membre dlmis. Faire un acte de chi- 
rurgie sans en avoir recu le droit par la docte 
faculty. — Raccommoder des vieux vgtements, du 
linge d6chir6. 

Adoobear. Rebouteur. V. Adouber. 

Hist. — « lis la menoient a Poictiers, a Yadou- 
beur. » 1515. — (God.) 

Adoule, adj. q. — Adroit. Etre ben adoute. 
— . Je comprends mieux le sens de : chagrin, 
triste, donn6 par God. V. AdeuU. 

Adresse (Sar.), s. f. — Sentier, raccourci, 

— et: 

Adressto (Mj., Chem., Lg., Choi.), s. f. — 
M£me sens que Adresse. Elle permet de 
couper au plus court : « Passe-donc par 
Yadressie. » — « Vous prendrez le routin, pour 
couper a Yadressie. 

N. — C'est l'acception 6tymol., et elle a cours a 
Mj. comme au Lg. ; mais a Mj. on donne par ext le 
nom d'adressie au sentier lui-meme. 

Et — Elle est la mdroe aue celle du v. Adresser, 

3ui est formd du pr6f. A et de l'adj. Droit, prononc^ 
rait ou dret. Uadressie permet d* aller tout drait 
ou tout dret — Anciennement : direction vers un 



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ADRET — AFFAITG 



17 



eu. — Faire aller droit a un lieu : « Son passage 
adrcssait par Luxembourg. » (Diet, ginir.) 
Hist. — « Lequel charretier avait men6 du vin en 
in char, et en soy retournant prist les adreces a 
ravers les champs, sans aucun chemin tenir. » 
1414. (D. C ) — a II a pris par les adrets. » Dott.) — 
i Ceux qui connaissaient les adresses des chemins 
'urent ceux qui echapperent. » (Preface des Conies 
ie la Reine de Navarre.) — « Elle arriva par les 
idresses, .... par les chemins hordes de feuillages... 
usqu'a la grande m^tairie de la Renaudtere. » 
Rene Bazin, Types de province.) 

— « Mes qant il 1'oT de loing plaindre, 
Si s'est mis parmi une adrece 
A Malpertuis sa forterece 
Ou il ne crient ost ne agait. » 

Renart, 10403. 

Adret, *te (Mj., Lg.), adj. q. — Adroit, e. 
|| prepos. juste en face de. Ex. : II demeure 
idret chez nous. » || S'entend non seulement 
ie la dexte>it6, mais de Intelligence : « II est 
frai adret pour les mals. » 

Et. — Du temps de Corneille on prononcait : 
idret, adrete, qui est la prononciation norm. — A, 
Iroit, Non pas de dexter, mais de : ad, directus, 
►roprement, dirig£ vers, adresse\ — V. Dreu 

A drette et a gauche. (Fu.) 

Adrlgail (Sp., Lg.), s. m. — Attirail, en- 
jemble d'objets encombrants ou en desordre, 
tout le tralala. 

Et. — Favre donne : Drigail, driguay, — le 
mobilier d'une ferme, d'une habitation. — Serait- 
ce pour : intrigail, du fr. intrigue? Peu probable 
V. Adrigant. 

Adrlgant (Lg.), adj. q. — Roublard et insi- 
nuant, qui sait se tirer des difficultes. Syn. de 
Dkpassant. 

Et. — Parait Hre une corr. du fr. Intrigant. 

Adroisse (Sa., Lg.), s. f. — Adresse. N. Cette 
forme vieillie, quoique fort usit£e encore, 
correspond au fr. Adroit, de meme que le fr. 
Adresse correspond a la forme patoise Adret. 
V. Abrit, abrier. Cf. Moitier, etc. — Vx fr. 
Adroiz. 

A d'soir, Pron. Adsou6, — a ce soir. 

Adnber (Lg.), v. a. Remettre, raccommoder 
un membre. — Syn. et d. de Adouber. 

A do boa x (Lg.), s - m - Empirique qui rac- 
commode les membres luxes ou fractures ; 
rebouteur. De>. de Aduber. 

Aduillmn (Lg.), s. m. — Aiguillon. Pron. : 
adu-illan. Corr. du franc. 

Aduille (Lg., Fu). — Pron. : adu-ille, s. f. 
— Aiguille. 

Adnser (Lg.), v. a. Aiguiser. Syn. et doublet 
de Aguser. 

Adusque jusqu'a. C'est le lat. Ad usque. 

Aduyon (Fu.), agu-yon, aiguillon. 
« J'foutis mon aguyon dedans, 

Ou n'en cheyait qu'des s'nelles. » 
(Voir, au F. Lore, la chanson des Mensonges.) 

Advarse, adj. pris adv. — « Tu fais tout 
idvarse. » Tu fais ton travail a l'envers, le 
-ontraire de ce qu'il faudrait 



Et. — Ad, versus, — qui est place a 1' opposite 
d*une chose, ou tourne" vers elle. 

Ad varsity, s. f. — Haine. « I'm'prenit en 
advarsite, » en haine. 

Afalnianter (Mj.), v. a. — Rendre faineant. 
Syn. de Anianter, Avesser, Acaigner, Aladrer, 
Acaignarder, Haquenir. Der. de Fainiant. 

Afenasser (Mj.), v. a. Jeter en desordre, 
brasser comme du foin. Se dit des recoltes, 
des cheveux, des vetements. Ex. : Le vent a 
tout afenasse le grain. 

Et. — Lat. foenum, foin. — Cf. pat. norm. 
F(e)nasse, mauvais lit. — V. Affenasser. 

Afeoicle (Br.), adj. q. — « Quand les b§tes 
ont peur, qu'elles dressent les oreilles, on dit 
qu'elles sont afeniclees. 

Aferdnrer (La.), v. a. — Refroidir, tran- 
sir de froid. Syn. de Efferdiller. || Ec. pron. : 
Effoirdure. \\ Aferdure (Fu). V. FerdiUon, 
Afferdeiller. 

Et. — Pour Afredurer, du fr. Froidure, autrefois 
Freidure, par m6tathdse. 

Aferouer (Mj.), v. a. Couvrir. || Entasser. 
Fixer une plante en terre en tassant la terre 
sur la racine. 

Et. — Ce mot, qui est le pendant de Difirouer, 
est pour Afrouer. II renferme la meme racine : frou, 
qui est dans Defrou, Dtfrouer, etc. 

Affalbllssant (Mj.), adj. v. — DSbilitant. 
Ex. : Le vinaigre est affaiblissant. 

Affalgnanter (Sal.), v. a. — Rendre fai- 
gnant, faineant. 

Affaire (Mj.), s. f. — Avoir affaire de, — 
avoir l'occasion ou l'obligation de. Ex. : 
J'avais point affaire de y aller. || Id. Avoir 
besoin de .Ex. : J' ai point affaire de 16, je n'ai 
pas besoin d'elle. || Eter a son affaire, — Stre 
a Taise. || Faire t affaire, — convenir. || Faire 
son affaire a qqn, — le rosser, le tuer. Syn. 
de Regler. || Faire son affaire, — s'enrichir. 
II a fait son affaire en dix ans de temps. || 
Etre de la bonne affaire, — etre aimable, conci- 
liant, accommodant, obligeant. || Etre d'eine 
affaire, — £tre tres affair^, tres occupe\ tres 
entiche. Ex. : Alle en est d'eine affaire, avec 
sa robe neuve ! || Affaire, — chose, en general. 
Ce n'est pas des affaires a dire. C'est eine 
affaire que j'en sais point le nom. || C'est 
V affaire de..., — cela demandera, exigera. 
Ex. : C'est V affaire de dessetrois mois. || Par 
affaires, pour affaires. II est venu par affaires. 
|| Au pluriel : Effets, objets d'ameublement 
ou d'habillement. || Sp., etc. — Avoir ses 
affaires, — ses regies. V. Compagnie. 

Affalt (Mj.), s. m. — CrSte d'un billon, d'un 
sillon, dans un champ laboured V. Affaiter. 

Affaite, part. pas. N. Ne pas confondre 
avec Affaite. — Gai, eraoustilte, apprivois6. 
Cet enfant est bien affaite. || Prepare, dispose. 

Et. — Ad, factare, — affecter. Se disait pour : 
apprivoiser un oiseau de proie. — Affaiter, vx fr. 
Afaitier, bien elev6, courtois. Aflectare signifle : 

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18 



AFFAITfi — AFFILER 



approprier a 1' usage voulu : « Messages (messagers) 
aftaittes de ce faire », dans le sens de : Mettre au 
fait. Celui qui est dans ce cas est plus debrouillard 
qu'un autre. (Schelbb). — Rassaste, repu ; diffi- 
cile, d6gout£ ; dress6, faconng, experiments, par6 
avec recherche. (Dott.) — Fin, prudent, appris, vif, 
remuant. (Borel.) 

Hist. — « Pantagruel aperceut certaines petites 
andouilles affaictees. (Rab., P., IV, 35.) 
— « Mignonne est trop plus affetee, 
Plus fretillant, moins arrestee 
Que le passeron de Maupas. » 

(Mabot. Epigr. 216.) 

Affatte, part. pas. — En forme de falte- 
V. Rais. Un boisseau de ble est vendu au rais 
(au ras du boisseau) ou affaiti, a Vomecfde, 
on en fait tenir autant que Ton peut, en falte. 
— Une charret6e de foin, de paille, de fumier 
est dite affaitie quand elle est remplie au- 
dessus des ronches ou des paumelles. (Fu). V. 
Affaiter, pour plus de details. 

Affatter (Mj.), v. a. — Terminer en fatte, 
par le haut, une meule de foin, un tas auel- 
conaue. — On dit qu'un pailler est bien 
affaiU. — N. On ne fait sonner qu'un f. 



affaiti. 

Et. — Du fr. Falte, lat. fastigium. — V. Enf alter, 
— A Vaffaitte, ou a l'omSchee : « Amonceler. 
entasser en forme de cdne ou de pyramide des objets, 
qu'on peut compter ou mesurer, p, ex. des cha- 
taignes ou des pommes de terre, dans une mesure 
de capacity, de maniere a faire bonne mesure : « Un 
boisseau affaiti. » — Ecrit a tort affe'ter dans la 
citation suivante : « Brandissant avec fureur une 
de ces lourdes fourches dont on se sert dans le pays 
pour affeter le foin sur les charrettes en temps de 
r6colte. » (G. Sand, Valentine, t. II, 17. — Cite par 
Jaub.) — « Certaines denizes ne s'enfattent pas, 
telles que le b!6, l'orge, on les radure (au rais) — 

Jaub. 

Hist. — « ... tracassoit, ramassoit,cabossoit, 
afestoit, affutoit... » (Rab., P. I, Prol.) — « La 
moytte d'une meson qui autresfois fut a fesu et qui 
de present est appentiss6e. » (1467.) — « Rares 
et pr£cieux sont les artistes qui savent affaiter irr6- 
prochablement un pailler, faucher sans que le dail 
marque a chaque coup son passage, parer un 
fagot... Ii6 de solides riortes. (La Trad., p. 65) — 
« Tous vendeurs de drap en detail les aulneront par 
les fest, sur peine d'amende arbitraire » ,c-a-d. par 
le haut. {La'Cout. d'Anjou, art. 173, v° Fest. — 
Menage.) 

Affarmer (Mj.), v. a. — "AiTermer. 

Ail arm lr (Mj.), v. a. — Affermir. 

Alienage (Lg.), s. m. — Le foin, la pansion 
que Ton donne aux bestiaux. || Action de 
panser les bestiaux, pansage. — Locut. : 
Mettre a Yaffenage, — pouryoir de fourrage 
un cheval. V. Affener. 

Affenasser (Mj.), v. a. — Emmeler, coucher 
pele-mMe, comme du foin. Ex. : Le yent a 
tout affenasse noute lin. V. Afenasser. N. On 
ne prononce qu'un f. 

Et. — Ad, foenum, asser, suff. pejor. — Enfe- 
nasser, mettre dans du foin, ou mettre du foin dans 
qq. objet. On enfenasse des sabots en guise de 
semelle pour empecher le froid ou rhumidiU*. 
(Jaub.) 



Affener (Lme.), v. a. — Mettre en pension, 
ou pansion, pour qqs jours, dans une auberge, 
une vache, un boeuf. C'est : mettre au foin. 
V. Affenasser. \\ Distribuer Yaffenage (ce 
qu'on donne de foin a un cheval, etc., pour 
son repas) dans les r&teliers. — Se dit aussi 
des personnes pour leur nourriture. || Lg. — 
Pourvoir de foin, panser les bestiaux. 

Hist. — « Estomac bien a point affene etagrene. » 

(Rab., Ill, 15). — a Le lendemain, quand il alia 

voir ses boeufs au petit jour, tout en les affenant et, 

les calinant... » (G. Sand, Pet. Fadette, XX — God.) 

Afferdelller (Lg.), v. a. — Transir de froid. 
Syn. et doublet de Efferdiller, Aferdurer 
(mieux avec 2 f). 

Affiage, s. m. — Verger de jeunes arbres 
qu'on doit greffer ou deplanter. (Cho.) M6n. 

— V. Affier. 

Affiau (Sp.), s. m. — Enfant, fils ou fille. 
Ex. : C'est ca mes affiaux, — ce sont la mes 
enfants, ma prog^niture. V. Affier. Syn. de 
Fieux, Queneau.) Queniau, Gosse, Gonse, 
Maminoty Loupiot, Moutard, Drdle. 

N. — Adfiau, enfant du premier age.nourrisson. 
« Une femme avec son adfiau. Renvoie a Adfier. 
(Jaub.) 

Afficher (s') (Mj.), v. rei. — Faire inscrire 
ses bans de mariage. C'est bien : faire con- 
naftre par affiches. — De Ad, ficher. 

A (He men t, s. m. — Ce que Ton cultive dans 
les champs. V. Affier. \\ Semailles, grains de 
semence (de Mont.). 

Affier (Lu6, Mj., Sp.), v. a. — Planter ; 
Semer ; Travailler la terre. Ex. : Vela eine 
terre qu'est ben affile, — elle a bonne mine. 
— Au Lg. on dit: Affier de la pansion, affier du 
vert, — semer du fourrage ; ce n'est done pas 
seulement planter. || Lg. — Faire prendre ou 
reprendre une plante ; la faire pousser. Ex. : 
C'est le mois de septembre qui a tout afffU. ]| 
Affier des choux, — les planter, les multiplier 

— Un terrain est affU en vignes, c.-a-d. plante. 
Provigner par boutures. Ex. : Je vas vous 
affier un beau pied de bhukre pour que vous 
puissiez vous en oriner (By). — V. Zig. 26«. 

Et. — Solon les uns : fier a, confler a, lat. ad. 
fidare. — Selon d ? autres : « C'est, 6videmment, de : 
ad, ficare, ce v. 6tant, en B. L. syn. de figere, fixer, 
piquer. (De Mont.) — Menage cite Ch. Etienne, 
qui dit que « figere humo plantas feraces (Virgilb), 
c'est ce que le peuple appelle affier, ou afficher, ou 
piquer des plantes fertiles. — Se dit des cons- 
tructions, des plantations, des animaux, des 
hommes. — Elever, nourrir : Adfier, atfier un 
enfant, un animal. V. Affiau. 

Hist. — « Vrayment, dist Pantagruel, quand je 
seray en mon mesnaige..., j'en affieray et enteray en 
mon jardin de Touraine... et seront dictes poires de 
bon christian... » (IV, 14. ^ 

Affiler (Mj.), v. n. — Donner son lait sans 
difficult^ et d'un jet continu, en parlant d'une 
vache. Syn. de s'Alayer. 

Hist. — « Parmi Rune se fiert, qui tost cout et 
afile. » L'eau qui coule excite l'idee d'un fil tird d'une 
maniere continue. 



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AFFINER — AFFUT 



19 



Affiner (Lg.), v. a. — Tromper, duper. || 
Faire affiner, meme sens. Ex. : Tu dis ca pour 
m'affiner, ou : pour me faire affiner. — La 
Fontaine l'a employe^ et bien d'autres. 

Afiquet' (Mj.), s. m. — Petit ustensile 
a (Tec tan t la forme d'un sabot lilliputien, que 
lesvieilles femmes attachent a le*ur ceinture,et 
au fond duquel elles appuient le bout d'une de 
leurs aiguilles a tricoter, celle que dirige la 
main droite. Les affiquets sont parfois en 
argent ; le plus sou vent ils sont faits d'un 
noyau de prune ou d'abricot, perce d'un trou 
et vide. 

Et. — Du lat. Afflxare, soit parce qu'on le fixe a 
la ceinture, soit parce qu'on y fixe Pextremit6 de la 
broche. — Cf. Colificnet. — C'est le dirain. de 
Affique, prononciation picarde de Affiche. — Au 
plur., choses menues qu'on fixe, parures de femmes. 
— Cf. Affiche, Jaub. 

Aflttre, ou Affixtre, s. m. — Grand pieu 
garni d'une forte pointe en fer, destin6 a 
maintenir un bateau fixe\ L'afTltre etant 
enfonce dans le sable, au fond de la riviere, 
on le retient au moyen d'une corde qui passe 
d'abord en un trou A, entoure une ou deux 
fois l'affitre, revient par en dedans en B, et 
est maintenue par le terzillon C. (II faudrait 
une figure.) Ec. Affltre ferre\ V. Bourde. 
Petit affltre, id. 

Affllge (Mj.), part, pass. — Infirme, impo- 
tent, souffrant. Ex. : II est ben afflige d'eine 
main, d'ein eil. V. Jaub. 

Affoler (Sp.), v. n. — Devenir fou. V. 
FoUier. C'est le v. act. fr. 

Hist — c Dites hardiment que j'affoles 
Si je dis huy autres paroles. » (Pathelin.) 

Affondre, Affondrer (Mj.), v. a. — Faire 
couler au fond, submerger. || V. n. Couler au 
fond, etre submerged || Fu. « Le bateau a-t- 
affondrSy il' tait pien de sabe a falt6e », et non 
afTalte. 

Et — A, fond. Difference de conjug. — On dit 
aussi Enfondrer. 

Hist — « Gargantua, du bout de son baston, 
enfondra le reste des tripes du villain en Peau. » 
(Rab., C, I, 37.) — Je dis ceste vague de Dieu 
enfondrera notre nauf. » (Id., P., IV, 19.) — « Car la 
medecine commencant a estre maistresse chassa et 
enfondra par maniere de dire jusques au fond du 
corps la vigueur et force naturelle. » (Amyot. Vie 
<FAl. le G.) — « Cest parce que ma nourrice avoit 
les tetins molletz ; en la laictant mon nez y enfon- 
droit comme dans du beurre. » (Rab., G., XL, I, 79) 
— « II prit quand et quand, des prSceptes d'At- 
talus, de ne se coucher plus sur des lourdiers qui 
enfondrenL » (Mont., Ess., Ill, 13.) 

AffeoeU, s. m. — Gf. Effouil. 

Hist — « Lesquelles vaches, et Yaffoueil qui en 
proviendra, seront gardeea et conservees au mieulx 
que faire se pourra en ladicte tie. » (Anj. hist. % 2« 
annee, n° 6, mai 1902, p. 505.) 

Affearree (Mj.), s. f. — Amas, accumulation. 
Ex. : Y en a eine affourrie de fait dans cet6 
maison-la I » 

Et — Ad, fourrer — Hist Affourer signifiait : 



donner du fourrage aux bestia'ux ; de feurre, ou 
Sonne (foin on paille, qui a donn6 fourrage.) — Une 
affourrte, c'est une grande bouchee. — Un affourr6, 
— moissonneur que Ton nourrit (Lapayre.) 

Affousse (Mj.), s. f. — Effusion. Ne s'em- 
ploie que dans la loc. : S'en aller a Yaffousse 
du sang. || Perte de sang, h^morragie incoer- 
cible. 

Et. — Du lat. Affusum, forme du v. AfTundere ; 
ad, fundere, verser de peu haut. (Litt.) 

Affranchir (Mj., Lg.), v. a. — Chatrer, 
castrer. Syn. de Arranger. Ex. : J'ai 
achet6 deux beaux petits gorins, mais ils ne 
sont point affranchis. — Disposer un vase, 
un poelon, une barrique pour recevoir leur 
contenu de maniere qu'ils n'en alterent pas 
le gout. 

N. — On aflranchit un chaudron neuf en y faisant 
bouillir des choux, une poign£e de foin, pour dter le 
gout de neuf. 

Affranchlsseor (Lg.), s. m. — Ch4treur, 
hongreur. Syn. de MSgeilleur. 

Afire, s. f. — Horreur. Ex. : II a ein mal, 
ca fait affre de voir ca ! 

Et. — C'est le sens primitif du mot, que le fr. 
n'emploie au'au plur. dans le sens d'angoisses : 
Les afTres de la mort. Le de>iv6 AfTreux est la 
preuve de ce que j'avance. — Manage le derive de 
Afer, Africain, — Afrus, afrosus ; les Africains, a 
cause de leur couleur, 6tant aflreux. !! — L'etym. 
est contests ; il vaut bien mieux Pavouer. 

Affre osete (Mj.), s. f. — Horreur. Ex. : 
Queune affreuseU qu'eine coiffe pareille ! 

Affronte (Mj.), adj. q. — EfTront^. 

Et. — Ad, frontem. — C'est celui qui se met 
impudemment en face de qqn, par insolence, pour 
Poutrager, lui faire affront, avec effronterie. 

Affroltager (Mj.), Affroiter (Mj.), moins 
usite. — Bien planter d'arbres fruitiers en 
parlant d'un jardin. De Fruitage. \\ Fu. J'ai 
&t6 ouer dans la vigne; ou-l-est ben affrutagie 
(charged de fruits). 

N. — Affruiter se dit aussi des fruits arrives deja 
a une certaine grosseur et mangeables. Amandes, 
pommes de terre affruite'es. — Mettre affruiter des 
fruits sur la table (Jaub) — Ce poirier, bien tailte, 
affruitera. (Litt.) — Achever de murir sur la paille. 
« Quand les pommes de terre seront affruite r es t elles 
seront meilleures. (Lapayre.) 

Affnrer, v. a. Prendre garde. « Affark la 
bigeoise pour ; garde la b§te (terme faubou- 
rien). MAn. — Je n'ai pu controler ces mots. 

Atlftt 1 (Mj., Sal.), s. m. — S'emploie dans 
la loc. : Eter tfaffut, — etre bien portant. — 
On dit dans le m§me sens : Eter d'accord. || 
C'est ein homme d'aff&t, ing6nieux, fute\ 
sachant se tirer habilement d'un pas difficile 
qu d'une affaire embarrassante. Se dit qqf. 
par dSnigrement. || Solide. (Lp^.) || En bonne 
disposition : Es-tu tfaff&t de danser. 

Et. — De A et Fust, bois. Etre dispose comme 
qqn que Pon a, ou qui s'est plac6 derriere un arbre 
pour la chasse. (Diet, gin.) — i La signification 
particuliere d'affuter, disposer le canon a tirer en le 
mettant sur son affut, conduit encore naturelle* 



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20 



AFFUT — AGATE 



meat a la signification g6ne>ale d'aiuster, 6quiper, 
disposer. Done : fitre d'aff&t, etre Dien disposed » 
(L. C.) — Un gas ben d* affut est un garcon qui sait 
bien faire les choses. Un outil, n'importe lequel, est 
celui qui est remis en bon 6tat. (De Mont.) Le sens 
de ce mot semble se confondre avec le suivant. 

Affut * (Mj., Sal.), s. m. — Affutage d'une 
scie, d'une hache. V. AfTut \ — Aiguiser. 

Et — De : fust, bois, comme le pr6ce*d. — Pro- 

% prement : le bois d'un instrument, d'une machine, 

done la partie accessoire, la chose de peu de valeur. 

— Afluter (autrefois Affuster, et l's se pronon- 
$ait), e'est ajuster les outils aux futs qui les main- 
tiennent, les mettre en eHat, aiguiser un burin, etc. 
(Scheler.) 

Hist. — a Parquoi craignant Gargantua que il se 
gastat.., feist faire des arboutans a son berceau 
bien afustez. > (Rab., P. II, 4.) — « II a besoing de 
trop de pieces pour ajuster instement son desseing. » 
(Mont. Ess., It, 37.) 

Iff Atlas ; Affutiaox (Mj., Sal.), s. m. pl. — - 
Ne s'emploie qu'au plur. — Instruments, 
outils, objets d'equipement ou d'habillement, 
proprieHe" mobiliere qcque. 

N. — Le fr. emploie ce mot dans un sens voisin, 
au sing. — La syll. au se prononce ao, souvent. 

Et. — V. Affut 1 et 2. — Touiours la racine fust, 
fut, arbre. D'ou : futaie, futaille, et raeme : jute". 
Tous ces mots devraient avoir un accent circonfl. 

— a Le mot Affut ayant le sens de : chose de peu de 
valeur, affutiau, qui correspond par sa facture a un 
diminutif * affutellus, a pu prendre le sens de : chose 
futile, bagatelle. » (D r A. Bos.) — Outils. «.Les 
ouvriers, dans les campagnes de Parrondissement 
de Redon, appellent leurs outils des affutiauz : 
« As-tu apporte tes affutiaux pour travailler? » 
(Orain.) 

A- Hot (Mj.), s. m. — Ce qu'il faut d'eau 
pour faire Hotter un bateau. 

N. — Afloat. (Moisy. Diet, anglo-norm.) 

Afolsance (Mj.), s. f. — Foison. 

Et. — A, Foisance. Ex. : Des preunes de Blourde, 
y en a eine afoisancc. — Lat. Fusionem, action de 
r£pandre en grande quantity. Cf. Boileau : 

— « Et des couvreurs grimpes au toit d'une maison 
En font pleuvoir l'ardoise ou la tuile a foison. » 

— AfToisonner. (L. C.) — Cf. Effusion, profusion. 

Agaceao (Lg.), s. m. Acacia. Syn. et dou- 
blet de Agacia, Agacid. 

Agacer (Mj.), v. a. Emousser, 6br6cher, un 
tranchant. || Tim. fig. Ein gars point agace, 

— fort et decide^ un luron, un gaillard solide. 
V. AchaU. || Agacer les dents, mordre sur 
l'6mail des dents, en parlant d'une substance 
acide. || Agacer un enfant, — le faire rire en 
le chatouillant. 

Et. — Douteuse. « Qui fait entendre le cri de la 
pie nomme*e agace. » (God). 

Agaela (Mj.), s. m. — Acacia, faux robi- 
nier. Cf. Gamion, Ganif, Gaboter. || Lg. — 
Agacid. Syn. et d. de Agacia, Agaceau. \\ Ec. 
De Vbgacia, des tgacids. 

Et. — Cnrio.is.». l>u i,'T*e«; \fcakia, defaut de 
mechancete\ paroe que ce vegetal, bien que pourvu 
d'6pines, fournit de Donnes choses. (Litt.) 

Agalgner (Cho.), v. n. — Etre de mau- 



vaise humeur. — Probablement pour : Har- 
gaigner, Hargu6gner. 

N. — Faut-il aussi rapprocher ce mot de Aguei- 
gner, pour : guigner, regarder en dessous? « La 
dame et la chambriere regardaient d'aguignettu. * 
(Bon. Despebriers, Contes et .Deois. — De 

MONTESS.) m 

Agalerner, v. a. — Le vent s'agalerne s'il 
devient sec et dur. La galerne est le N.-O. 
(Men.). — Sur les bords de la Loire, e'est le 
vent d'E. 

Et. — Incert. — En angl. Gale, vent violent. 
Celtique ; Gwalarn, de Gal, vent. 

N. — A Mj. la galerne est le N., rarement le N.O., 
jamais PE. 

A gana ou Agana. — Arroser a gana , en 
grand, largement, sans manager l'eau. V. 
Gana. 

Agapi (Mj.), adj. q. — Se dit d'un vent a 
la fois violent, froid et tiumide, de bise. — II 
n'y a pas un t final ; il sonnerait fortement, 
agapite. || (Lpos.) id. 

Et. — « Agapir et Aguapir, gater, corrompre. Du 
lat. vapidum? influence' par le germ, hwap? (D r A. 
Bos.) — Awapir, gater, effacer, — qui sent le g&te\ 
— a Hons qui ton cors mes a hontage 
Plus es que femme a Dieu des pis, 
Dessavorez et agapis.... (God.) 

Agas (Fu.), s. m. — Masse d'eau. V. Acas 
tfeau, 

Agasse, — s. f. Pie. 

Et. — Ce mot, qui est tout aussi fr. que pat. se 
tire d'ordinaire d'une forme de Paha., soit agalstra, 
com. le veut Diez, soit Agaza y suiv. Behrens. — 
La forme du B L. Agasia, n'est sans doute qu'un 
produit roman latinisi, et ne nous renseigne en rien 
sur P6tymol. — Ce n'est d' ail leurs pas du B L. que 
sont sorties les langues romanes, mais du lat. popui. 
ou du lat vulg. — (G. de Guer. — Y.) 

Agaste, s. m. — Accas d'eau. (M6n.) 

Et. — De toutes celles que j'ai pu voir, je 
conclus : Ag&t vient de A, Gast, gater, lat. vastara 
(changement frequent de v en g.) — et Acas, de 
cadere, tomber. 

A gat (Sp.), s. m. — D6gat, devastation. 
Ex. : Cet6 gel6e-la va faire ben de Vag&t. || En 
agat, — en d6g§t, — en mauvais 4tat. 

Et. — A, Guast, vx mot que le pat. ang. a con • 
serve*. V. G&t, et qui se retrouve dans le fr. Gater, 
D6gat, et dans le pat. Dtgdter. Lat Vastare., ha. 
Wastan. — « Une bete est en agds, quand elle est 
dans un champ ensemence\ — Faire de Vag&s, e'est 
fouler les r^coltes aux pieds des hommes, des 
chevaux. » (Borel.) — Poitou, Vienne, Deux- 
S6vres : Agater. « Ses pores avoient 6t6 trouves 
agastant la seille et avene de Marque Coursant * 
(1473. — God.) 

Hist. — « Que leur diet ennemy icy fust avec ses 
forces pour les surprendre, ou pour faire le guast 
parmi ceste leur isle. » (Rab., P. IV, 35.) — « Mais 
si le maltre du bStail nioit que les b§tes eussent M 
prises en agast. o {Cout. de Poit.^ I, 239, art. 76.) Cf. 
Damage. 

Agate (Mj.) s. f. Marbre $ agate. \\ Grosse 
bille de verre colore\ ou de matiere moins 
commune que les billes de pierre ou de 



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AGAULER — AGOUT 



21 



marbre, servant ordinairement aux jeux des 
enfants. — Syn. de : un marbre. 

Et. — Curieuse. — Variete de quartz ou de 
cristal de roche. Du grec Akhates, fleuve de Sicile 
pres duquel cetle pierre abondait. (Litt.) — 
D'abord Acate, puis Agate, p. 6. par fausse elyraol. 
du grec Agathe, d'ou Agathe, d'ou Agathe, nom 
propre l(itteralement : la bonne.) 

Agauler (Mj., Lg., Ts, Sal.), v. a. — Dresser. 
Ex. : II est ben agaule a travailler, — bien 
dresse* au travail. Se dit des personnes aussi 
bien que des animaux. 

Et. — Der. du fr. Gaule. C'est le baton qui dresse. 
Ex.: J'avais des boeulsqui n'Staient pas encore ben 
agauUs, — dresses a obeir a l'aiguillon. 

Age (Mj., Lg.), s. f. — Ex. : Dix-huit ans, 
c'est la belle dge. (Avoir son age, e"tre majeur.) 
|| Porter Ydge, — sembler avoir rage. Ex. : II 
n'a que dix-huit ans, mais il porte Page de 
vingt-cinq. || Absolument, porter Vdge, — 
paraitre vieux. || Homme, femme d'dge, — 
age, ee. || Les gens d'&ge, — les vieillards. || 
Extrait d'&ge, — extrait de naissance. || D'eiu 
age, — du m&ne age.. || Etre dans les ages 
de, — £tre k peu pres du me" me dge que, 
avoir a peu pres tel dge. 

Et. — Du BL. aHaticum, de setas, pour aevitas, 
de ffivum ; devrait §tre du teminin, venant de 
statem. (Litt.) — (L'est dans notre patois.) — 
Fem. aux xvr> et xvn* s. « Cette dge ferree. » 
(Malh.) — s Est-ce que nous ne sommes pas de la 
meme dge, toi et moi? » (G. Sand. Vol.) 

Hist t Les annees encloses entre ceste aage cou- 
rante. » (Rab., P. V. Prol. p. 486.) — « Je suppose 
qu'elles ne sont toutes d'un aage, mais quel cor- 
sage ont-elles? • (Id., ibid, V, 28, 541.) 

Ag6 (V), ou Agl (Ghl.), s. m. — Intervalle 
entre 1'ameilLage et le veiage ; gestation. Ex. : 
Ma vache a 12 jours Wage, ou d'agi. — Les 
taures ameillent plus longtemps de devant le 
terme que les vaches qu'on a tiroes. Ce mot 
est le m£me que YAjet de Tim. et que le sui- 
vant »> 

Agees (Mj., Sar.), s. f. — Ne s'emploie 

3u'au plur. — Les six jours qui s^parent Noel 
u 1« de Fan. 

N. — Le temps qu'il fait pendant chacun de ces 
six jours est cens£ pronostiquer le temps qu'il fera 
en moyenne pendant chacun des 6 premiers mois 
de l'annee suivante. On croit dans nos campagnes a 
cette correspondance. 
Et. — D'ou provient ce mot? Je lis dans Dottin : 
c Entre Nau et l'annee 
C'est le jour des achets. » (V. Achet.) 
« C'est en eflfet un peu apres Noel que Ton ajete 
les cadeaux pour le l er de l'an et nombre d'objets 
utiles dans le menage. Sans doute a cette epoque les 
serviteurs de la ferme recoivent leurs gages et les 
emploient en acquisitions. On prononce Ajeter, 

Four Acheter. Ex. : Ajeter la bride et le licou, — 
anneau et la chatne de montre des fiancailles. — 
Aghais. March6 a aghais, a termes de paiement et 
de livraison, que doit aghaiter, ou observer, celui 
qui veut en proflter. Noel etait p. £. un de ces 
termes. (D. C.) — Ager, aget, aje... Terre rejetde 
hors d'un fosse pour former le terre-plein. II Pot de 
vin, enjeu. (Dott.) — N. Toutes explications 
doanta & titra do curiosity V* a Ajeu 



AgUant (Bg.), adj. q. — Agissant, actif, 
adroit, d^brouillard. — Dans le Bas-Maine : 
Aguilant. 

Aglr (Mj.), v. a. — Agir de malice, de 
rubrique, — de, pour : avec. || S*agit — il 
s'agit : S'agit de se de*cancher. Cf. Faut. 

» Aglyaolee s. f. — Etrennes du jour de Tan., 
V. Aguillanneuf. 

Agl&ser ou Egl&ser (Ec), v. a. — Glacer. 
» J'viens d'avaler eine grande lamp6e d'eau 
& mSme le pichet ; j'en s6 tout iglasie, — j'en 
ai le cceur tout bgldsk 

Agl&sser (s') (Vn, Sa.), v. r6f. — Se n^gliger,. 
se laisser tomber peu & peu en d^conflture. 
Syn. de s'Abdtardir, tomber dans la canitude. 
N. On pron. souvent s'Aillasser, gl. mouiile. 

— Doubl. de Aclasser. 

Ag/ate\ (Lg.), adj. q. — Humide, aqueux, 
gluant. — Se dit d'un terrain, d'un fruit, 
d'une plante racine, d'un pain mal cuit. Syn. 
de Aguia, Aguiaque. 

Et. — Je note qu'on mouiile ordinairement la 
dipht. gl, mais pas tou jours. Cela indique que Jaub. 
a raison d'ecrire : Aglati, Glate, et que tres vrai- 
semblablement nos mots Aguia, Aguiaque sont 
mal Merits et n'appartiennent pas a la farajlle des 
mots dont la racine est Aqua, directement, du 
moins. 

Ag/later, v. a. (Lg.). — Tasser la terre, en 
parlant de la pluie. Syn. de Sitrer. De>. de 
Aguia ou Aglat. 

Agnellns, s. pi. — Laine des agneaux ton- 
dus pour la premiere fois. Et. Agnel. 

N. — « I n'faut point s'laisser tondre Vaignelin 
sus l'echine. » Vx dicton. (Bobkl.) 

Agober (Sp.), v. a. — Emousser, 6br6cher 
un ttranchant. Ex. Mon couteau est tout 
agoisb, il ne coupe pus. — Corr. de Agacer. 

A goober (Mj.), v. a. — Accabler. Ex. : Ago- 
niser qqn de sottises. — Se dit a. tort. 

AgoumI, le (Sp.), adj. a. — Bouffl, tegere- 
ment enfle\ en parlant au visage. Syn. de 
Abdmi. Der. de Goumer. 

Agout (Mj.), s. m. — Egout. || Fig. Plaie 
chronique, suppurante. Ex. : II a un agouL || 
k la jambe. || Egouttement. || Exutoire. — 
Agoutler. 

Et et Hist. — t Les servitudes qui ont cause dis- 
continue, comme d'agousts de maisons... s'ac- 
quierent par 30 ans. » (Cout. d'Anjou, D. C, v° 
Fractellum.) — Agoust ; canal, evier, egout. BL. 
Ago turn. — Agotallum, instrument pour vider 
l'eau d'un bateau (c'est notre ecope). Agotare, 
Agouster, vider cette eau. t Les proprietaires de 
tous ces moulins sont tenus d'avoir toute l'annee, 
pres deed its moulins, un petit bateau avec des 
rames (et ago tall o), afln que si, par malheur, un 
horn me tombe dans le Rh6ne, on puisse aller a son 
secours avec ledit bateau. — Agout de chambres 
privees, Q.-a-d. conduite de latrines, tuyau. (D. C.) 

— Fouchard de Rochefort, « Fulcardus de Rupe 
forti », donne a Saint-Maurille, « suum ripaticum 
de Sacco Fredaldi..., et aguttum super Fossam 
Darseriam. » (xr» s., Inv. Arch* S. H., 131, 1, bas.) 



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22 



AGOUTTER — AGUfiRIABLE 



— Contrat d'acqufit paHe vicaire Yves Belliard, de 
la tierce partie des eaux et agout appelees les eaux 
et agout anciennement des Barbotz. » 1537. {Id., 
G., n, p. 253, c. 2.) 

Agoutter (Mj.), v. a. — Egoutter. 

Agoottoux (Lg.), s. m. — Vase en terre 
cuite perc6 de trous, servant d'egouttoir ou 
de passoire pour les legumes cuits, le fro- 
mage, etc. 

Et. — De>. de Agoutter. Cf. Lavoux, Battoux. 

Agoyao (Lg.), s. m. — Coyau. Syn. et d. 
de Acoyau. 

Agraliant (Lg.), adj. q. — V. Agrdlant. 

N. — La coexistence de ces deux formes semble 
indiquer que ces vocables viennent non de l'adj. 
Gras, raais du v. Grader, Grdler, bien que je ne 
puisse voir par quelle association d'idees. 

Agraiant, e (Mj., Sal.), adj. q. — AfTriolant, 
engageant. Ne s'emploie qu'avec la negation, 
ou avec l'adv. guere. Ex. : Pas agrdlant, — 
peu abordable, reche, difficile a vivre, d'un 
commerce peu agr^able, en parlant des per- 
sonnes ; — peu engageant, peu rassurant, en 
parlant des choses. . . II est agrdlant comme 
une porte de prison. 

H. — Agraleur, — flatteur. — « Bel agraleur, 
beau nftnteur. » Prov. du XV I* s. 

Agrasya, s. m. — Pommier ou poirier non 
greffe, qui produit des fruits aigres, d'ou son 
nom. 

Agrave (Lg.), adj. q. — Dont les pieds sont 
meurtris, dont la soquille est us6e par les cail- 
loux. Se dit des bdtes a cornes. Syn. et d. de 
Egravk. Cf. Jaub. 

Agraver (Lg.), v. a. — Pour engraver. Se 
dit d'un bateau qui a touchy sur une greve et 
s'y trouve retenu. 

Et. — Grave, gravelle, graviau, gravier, grain de 
sable. Dans le Bordelais, vins de Graves, rScoltes 
dans des terrains sees et graveleux, par opposition 
aux vins de Palus, marais, terres plus ou moins 
humides. — Syn. de Engrever. 

Agr6 1 (Mj., Lg.), adj. q. invar. — Com- 
mode, agr£able, ais6, facile. Ex. : C'est point 
agrk de ifiy aller. En parlant des choses. || Sal. 
Une pelle ben a gre. || Sp. En parlant des per- 
sonnes, — convenable, de commerce agr£able. 
Ex. : II est ben agrk, cet6 jeune homme-la. || 
Adv. Doucement, avec precaution, tran- 
quillement, pos^ment. Ex. : Pleume done ta 
poire ben agrk. — Je illi ai dit ben agrk ce que 
j'avais a illi dire. — Syn. de Pare. \\ Agrk a, 
agrk pour, — adroit. || Exactement, tout 
juste. — II te illi envoys ca ben agrk dans le 
nez. || Etre d'agrk, — bien disposed — V. 
Zig. 144. 

Et. — Ce mot est, en r6alite\ une loc. adv. A gre\ 
C'est la rac. du fr. Agr6er, agr 6able. — Lat. Gratum. 
Hist. — « II a le vent agrk, il est en equipage. » 
(J. DU Bkllay, Les Regrets, p. 214.) 
— « i'u vois encor, s'ils te viennent a gri t 
Les pieds des ours et les hures fendues 
Des vieux sangliers... » (Id., Jeux rustiq, 267.) 
«_Puis jo sarons pas au dernier rang, car moi ja 



veux vous entendre ben d gri. (La Vendee cathol., 
31 mars 1907, page 2, col. 1.) 

Agrt * (Lg.) s. m. — Gre, agr^ment, con- 
sentement, assentiment, adhesion. — Syn. 
de Hait, Assent. 

Agrelant (Mj-)» &dj- v - — Plaisant. Ex. : 
C'est ben agrkiant, cet endret-la. — De Agreer 
par Spenthese de l'i, — Dans Agr&able, 1*/ 
ne se prononce pas. 

Agreier (Mj.), v. a. — Agreer, plaire a. || 
S'Agreier, v. r6f. se plaire. Ex. : II se illy 
agrkie ben. V. Grkier. 

Agrtment (Mj.), s. m. — Agr&nent. N. L'e 
se pron. tres ouvert. || Faire des agrements a 
aqn, — tacher de lui plaire par des avances, 
aes bienfaits, des a vantages. 

Agre moire. — Une vieille femme, a Doue\ 
s'appelle la Mere Agrkmoire, parce qu'elle dit 
toujours : « fa me siffle sur la poitrine, c'est 
mon agrkmoire. » Se rapproche de Aigreur. 

— J'ai connu une famille du nom de Lagre- 
moire. 

Agret (Fu) ou Agr£ (contraire : malagret, 
maussade, hargneux, pas commode). Ex. : 
II est chS ben agret par le cul de la charte, — 
c-a-d. tomb6 juste, tout doucement. — « II 
'tait assiette" ben agret par le coute de moi. » 

— N. Faut-il un t? sonne-t-il? Ce mot fait-il 
agr^te, au tern.? 

Agrlcher (Sp. ,Mj.), v. a. et n. — Agripper, 
se saisir avidement de .|| Fig. — Griveler, 
s'efforcer de faire des profits illicites. — C'est 
ce qu'on appelle familierement chiper. Cf. 
Grincher, m§me sens en argot. 

Agrieheor (Sp., Mj.), s. m. — Celui qui 
cherche a agricher. Griveleur. Syn. de Rolleux. 

Agrlchonner (Lg.), v. a. — He>isser. Syn. 
de Rkgueillisser, Harissonner. || Part pas. — 
Agrichonne\ — he>isse\ rabougri. — Syn. de 
Aregrickk, Amoueheronnk. 

Agrlffer, v. a. — Attirer a soi avec ses 
grilles. 

Agroaer (Mj.), v. a. — Couvrir. || S'Agrouer 
s'accroupir aupres du feu. — Action d'une 
poule qui appelle et agroue ses poussins sous 
ses ailes. — Der. de Grouer, le m§me que 
Accrouer. — (Lg.), id. — Cf. Gukrouke. Doubl. 
de Agr^ger. 

Hist. — <( Et nous mena en tapinoys et silence 
droict a la cayge en laquelle il etoit accrout. » (Hab., 
P.) — D'ou : Grouee, couv£e de poulets, — d*en- 
fants. — Prononc. Gue>ou£e. — Etym. On a pro- 
pose le celt. Grounn, amas, reunion. 

Agrouler (Cho.), v. n. — Baisser. — Cf. 
A grouer. 

Agna (Mj.), s. m. — Chute d'eau abon- 
dante. On dit ins^parablement : Ein agua 
d'eau. V. Acadian, Agas, Aqua. 

Aguegner (Lg.). V. Agaigner. 

Agoerlable (Mj.) t adj. q. — Agreable. — 
Forme vieillie. pron. Aguenabe* 



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AGUfiRIER — AGUSER 



23 



Agolrler (Mj., Fu), v. n. — Agreer, forme 
vieillie, de Agreier. Ex. : J'nVj aguhiais 
poiut, — je ne m'y plaisais point. 

A g turner (Mj.), v. a. — Epuiser, amaigrir, 
appauvrir. On dit : Bestial aguerni, terre 
aguernie ; eler' aguernk de queuque chouse. 
— Cf. Greli, agreli (Jaub.) 

Et. — Fourni de grain a discretion, repu, rempli. 
Le pat. prend done ce mot dans le sens exactement 
inveise. 

Hist. — t Quand j'ay bien a poinct desjeune\ et 
mon estomac est a poinct a (Ten 6 et agrent, encores 
pour un besoing... me passerois-je de disner. » 
(Rab., P., m, 15, 246.) — « A trouv6 les bleds sepa- 
rez du fonds en Faire en laquelle les m6tiviers les 
battoient. II les a fait agrener et enlever. » (Coust. 
deTAnjou, t. II, col. 68.) 

Agoerouer (s*) (Sp.), v. ref. — S'accroupir. 
V. s'Amouir. — Rabel. emploie dans le m6me 
sens le v. s'Accrouer. V. Agrouer. Syn. de 
s'Ecatouir, s' Appouguenir y s'Ajoupir, s' Assou- 
trer. || Aguerrer les pommes de terre, e'est 
rabattre le sillon, le groas sur le pied. (M6n.) 
|| Ec. — Agukrouer des choux, des patates. || 
Faire du gue>et (?) 

Aguerrer (Mj.), v. a. — Taquiner, en pa- 
roles, un enfant. Ex. : C'est. pas 6tonnant 
que les quenaux des bourgs sont si ende- 
menes, tout le monde sont k les aguerrer, — 
Der. du fr. Guerre ; doubl. de Aguerrir. 

Ague user (s'), v. r6f. — Se mettre a vivre 
en concubinage. Ex. : II s'est agueusb avec 
cet6 peau-la. || Se dit de deux personnes qui 
se marient sans fortune. 

Et. — De A et Gueuse, aux sens de : 1° fille de 
mauvaise reputation ; 2° fille sans fortune. 

Agueaslr (s') — v. r6f. Devenir gueux. 

AgaU (Mj., Tim., Sp.) ou Aguiaque (Tim., 
Mj.), adj. q. invar. — Aqueux. humide, 
imbibe d'eau. Se dit d'un sol labourable. 

Et. — Ces mots sont de la famille des mots fr. 
Aigue. V. Eau. (Chaudes-Aigues, Aigues-Mortes), 
Aiguail. lis se rap portent au lat. Aqua. Ce sont des 
formes corrompues, des doublets du fr. Aquatique, 
lat. aquaticus, par contract, ou aphertee de la 
3» syll. Le syn. Aiveux, de Coron, est, lui, un dou- 
blet du fr. Aqueux, lat. Aquosus. || Se dit aussi 
d'une pomme de terre, d'un fruit. — N. A Mj. ce 
mot est invar. ; a Tim. il fait au f6m. Aguiate. — 
« Agliat, e. Terrain argileux qui forme une boue 
tenace. Se dit aussi de tout ce qui est gluant. (Bo- 
bbl.) — Voir cependant Agl&ti, la note. 

Hist. — « Enfln le flls du domestique, du jour- 
.nalier, sortait gen^raleraent un pain noir de bail- 
arge, ag\at et lourd. » (La Trad., p. 82.) 

Agulhre, s. m., Agulbree, s. f. (Ag. Ec). 
Chose ennuyeuse, compliqu^e. Ex. : Quel 
tourment, quel aguibrk que tout ca ! — Une 
apuibree, un attirail, tout un embarras. — 
uest clairement un doublet du Mj. Enqui- 
brage et du Lg. Enchetribi. 

Et. — Douteuse. — « Tout ce qui est n^cessaire 
pour faire un voyage. Ce nom vicnt sans doute du 
nom de Guibray, ores de Falaise. Tous nos petits 
marchands de la Mayenne allaient autrefois a la 
foire de Guibray. » (Dorr.) — • V. le suivant. 



Aguibrer, (Z. 145) ,v. a. — Organiser, 
arranger, disposer. V. Aguibre. 

Aguleher, v. a. — Regarcjer du coin de 
l'ceil. . 

Et. — Guische, guiche, s. f, tromperie, ruse. 
Guichart, fin, subtil, avis6 , ruse" , astucieux. Angl. 
wise. — Robert Guiscart (PAvisd) D r A. Bos. — 
« Entre le dessinateur et la pierreuse des boule- 
vards exte'rieurs, frdlant le passant qu'elle 
aguiche. * (Le Temps, V Exposition Toulouse- 
Lautrec. Mardi 13 dicembre 1904 » 

Agnigner (Sp.), v. a. — Guigner, surveiller 
du coin de Tceil en attendant Toccasion de 
saisir. 

Et. — Void celle que je prendre. «. . .Le v. Gui- 
gner vient de Guigner, en ecrivant cuin a la picarde, 
pour coin, parce que Guigner c'est regarder du coin 
de rooil. » (G6nin, R6cr. phil., n, 146.) — « Gui- 
gner, faire signe de Pceil en clignant. » (D r A. Bos.) 

Hist. — Ronsabd, en pari, de Jupiter qui veut 
foudroyer les Titans, dit : 

« Mi-courbant son sein en bas, 
Et dressant bien haut le bras, 
Contre eux guigna la tempeste. » 
De nos jours on serait force de dire : lanca la tem- 

F6te ; mais quelle difference dans Te'nergie de 
image. (Jaub.) 

Aguiimnneuf ! Etrennes du jour de Tan. 

Et. — Tres discutee. — Les suivantes, sans 
doute, inte>esseront le lecteur. « Aguilanneu. 
Present du dernier jour de Tan. « Ad viscum, 
annus novus » en 4 mots, re'unis en un par le 
peuple. (D. C, v°, Apotelesmata.) D'ou Haguignetes, 
presents, — que Ton fa is ait aux jeunes gens la 
veille de qqs autres jours de Tann6e, pour s'y 
diver tir et se re*jouir. (D. C.) - t Au gui ! ne vien- 
drait pas de Ad viscum ; ce serait un adoucisse- 
ment de Aqui (ecce hie), voici Tan neuf. Ecce hie 
s'est presque conserve" intact dans l'exclamation 
bretonne : Eguimane. — Quete en Anjou le premier 
jour de Tan. (L. C.) = Yanleu, Ghianleu. Qufite 
faite pour les pauvres au premier de Tan ; le mot 
qu'ils crient pour annoncer leur arrived aux portes. 
(Daonet.) — « Une mauvaise e*tymologie aura fait 
introduire le gui dans cette expression, avec les 
druides et leur pretendu cri pour expliquer une 
coutume ou il n'a rien a voir. Le mot celtique 
eguinan (plur. eu, e, ai, ou, o, selon les difI6rents 
dialectes), qu'on retrouve dans toute la France 
sous les formes de : guilannt, guilaneu, guilloneou, 
guillont, hoguinano, la guillona, etc., en Espagne, 
de aguinaldo, et en Ecosse, de hoginanay, se 
retrouve aussi dans le gallois eginyn, et eiginard, 
Tirlandais cigean, et le ga6l-6cossais eigin. Sa racine 
semble Gtre eg, force, pousse, germe, et ce n'est 
qu'avec le temps qu'il a pris la signification de pre- 
mices, d'e"trennes. 

« Mon opinion, d6ja ancienne a cet ^gard, a recu 
la consecration de la plus grande autorite* philolo- 
gique de TEurope, Tillustre Jacob Grimm, qui 
m'^crivait le 3 aout 1856 : « Vos recherches ont mis 
en pleine lumiere que votre eguinane ne peut avoir 
rien de commun avec le gui celtique. » Je vois avec 
plaisir son jugement adopts par mon savant 
confrere, M. le comte Jaubert. » (Hersart de la 
Villemarque, Barzaz-Breiz, 8« Edition. Notes de : 
La Tournee de l'Aguilaneuf, ou des 6tronnes, 
p. 445.) 

Agnser (Mj., Fu), v. a. — Aiguiser. De>iv6 
du vx fr. Agu, lat. Acutus. — « Aguser un 



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AHAIE — AIEUX 



bou&, faire un piqueron. » (Fu). — Syn. et 
d. de Aduser. \\ Ec. Eguser. 

Et. Hist. — « Aux xir, xm«, xiv« s., Aguiser. 
BL. Acutare, ou piutdt Acutiare. (Litt.) — « Car, 
pour ceste heure, j'ay necessite bien urgente de 
repaistre : dents agues, ventre vide, gorge seche. » 
(Rab., P., n, 9, 137.) 

— t La fuz oceis, com me fureur s'aguise, 
Par ung souldart qui me veoit rendu. » 

(G.-C. Bucher, 244, p. 235.) 

Ahaie (Sp.), s. f. Haie. Ex. : II est a charcher 
des moures dans les ahaies. — Syn. de Ha. 

Et. — Le pref. A provient ici de Tart, la et s'est 
ajoute au fr. Haie, par une confusion analogue a 
celle qui s'est produite pour les mots fr. et pat. : 
Lierre, Lierru, Labbe, Nanse, Niole, Zyeux, etc. — 
Du germ. Haga. 

Ahanner (Mj.), v. n. et a. — Se dit meme 
des choses. « La charte commence a £tre ben 
ahanne*e. » V. Odigner. — Crier de fatigue. 

Hist. — « Le varlet, les chiens et le cheval, glaces 
par leur apre course, ahannaient bien fort au de- 
part. » (Hist, du vx tps, p. 268.) 

|| Ec. — Se dit des personnes qui executent un 
travail qui leur fait faire : Ahan ! comme aux bou- 
langers. Travail ahannant. — « II est si gudre bas- 
tant ; il ahanne ben a tout ce qu'il fait. » 
Hist. — Esventezcesejour. 

(Dependant que j' ahanne 
A mon bled que je vanne 
A la chaleur du jour. 
(J. du Bellay, Aux vents, p. 265.) 

Ahanneter (Mj.), v. a. — Essoufler. — 
Ahanete\ haletant, essoufle\ Syn. et d. de 
Ahlnele. 

Et. — P.-6. der. de Haneter, Haleter, plutdt que 
des onomat. Ahan, Han. 

Ahargner (Torf., Lg.), v. a. — Agacer, 
taquiner, rendre hargneux. Syn. de Aquiner, 
Hargukgner, Chacrogner. 

Et. — Der. de Hargnc. Cf. le fr. Hargneux. 

A-haut(Mj-), s. m. — L'Est, TOrient. Ex. : 
Le vent est d'a-haut. || S'-Laurent (Ta-haut, — 
S'-Laurent de-la-Plaine, commune situe> au 
S.-E. de Mj., et ainsi designee par opposition 
a S l - Laurent d'a-bas. V. A-bas, — Haul. 

Hist. — « Quand arrivent les crues d'a-haut. » 
(Anj. hist., 2° an., n° 3, 581.) — « A la fin de 
l'automne, quand arrivent les grandes eaux 
d'd-haut ou d'd-bas, il faut ramener au plus vite les 
betes a l'dtable. » (Id., n° 6, mai 1902, p. 578.) 

Aheocte (Lg.), part. pas. — Essouflle, hale- 
tant. On dit aussi Hcnete. Syn. et d. de Aha- 
nelL 

Ahonter (Mj.), v. a. — Essay or dt> faire 
honte par des reproches bien sentis ; rabrouer, 
morigener, tancer. 

Et. et Hist. — Honnir et Honte avaient la meme 
origine. Ahonter = Ahonir = faire hon, en signe 
de mepris pour qqn, p. ext., le rendre honteux en 
l'insultant. De rail. Hohnen, moquer. (L. C.) 

— t S'ils bruslent nos ehaz chateilz, nous 
sommes ars et bruslez : et si nous laissons nos 
gardes, nous sommes ahontcz. » (Joinville. — 
D.C.) 



Ahoubi (Lg.), adj. q. — Amaigri par la 
maladie, have, £macie\ Se dit des hommes et 
aussi des animaux. 

Aheudri, le (Sp.), adj. q. — Ahuri, inter- 
loque\ qui a la figure renvers£e, soit d'£ton- 
nement, soit de frayeur. 

Et. — Ahuri ; a, hure ; proprement : herisse. 
L'effroi faisant dresser les cheveux, la tete res- 
semble a une hure. (L. C.) Gf. Burra, gros poils, 
d'ou : bourru ; hispid us, a forme hisde, hide, d'ou : 
hideux, et signifie : herisse. (Scheleb.) 

A hue ! (Mj.), interj. Hue ! Sert a exciter 
les chevaux, sp^cialement pour les faire 
tourner a droite. Cf. Huhau ! hurhau f 

Et. et Hist. — « Cri de plusieurs personnes, sur- 
tout pour arrSter un criminel... Hus imite le 
sifllement pousse contre qqn, — d'ou : huer, huee. 
— Hutz ! c.-a-d. Dehors ! (D. C.) — « Hue et crie 
est un pursuit de un ayant commis felonie par le 
hault chemin. . . et lui commanda de faire hue. » — 
Revient a la clameur de Haro. — Faire la hue se dit 
des manants que Ton place dans les bois pour faire 
lever le gibier. (Id.) — a Hu6r, huier, huir, pour- 
suivre de huees, exciter par des cris. Hu, Hui, cri, 
clameur. Onomat. (D r A. Bos.) 

Ah ust ! — Honte ! — Ahuster, faire honte. 

AMer (Mj.), y. a. || v. r6f. — S'aider de, — 
se servir de. Ex. : II ne peut pas s ! aider de 
son bras. || Fig. Se faire obeTr. Ex. : Cete 
sapre* gamin-la, n'y a gens de s'en aider \ — 
Se dit aussi d'un animal r6tif dont on ne 
peut venir a bout. — « Y a pus d'amain de 
s'en aider. » (Z. 10). 

Et. — B. L. Adjutare, d'une forme Adjutum, de 
Adjuvare. — Hist. « Laquelle a est£ bien quatre 
ans sans se aider par ung catarre. » 1567. (Inv. 
Arch.,S. 2?., in, 332, 2.) — « Laquelle a est£ l'espace 
de vingt et trente ans percluse de pieds et mains, 
sens pouvoir un peu s'en ayder. » (1627, Id., ibid., 
385, 2.) 

Ale 1 (Lg.), s. f. — Eau. Ex. : II a reste" ben 
de Vaie dans les raises. — Forme tres vieillie. 
Doubl. de Awe. 

lie f ! Excl. — Cri pour exciter les che- 
vaux. |! Fu. — Cri pour exciter les vaches : 
employe par les toucheux ; tr& rarement 
pour les chevaux. 

Et. — Do aller? (qu'il aille !) — Du vx fr. Aie, 
aide? — Ouoniat.? — N'exprime pas seulement 
une douleur physique subite et legdre, comme le dit 
Hatzfelo, mais encore la surprise douloureuse, 
l'inquietudc, la commiseration, la mefiance, Penvie 
de refuser, l'indecision. On dit aussi Alte 1 

Aie 3 (Ac.) — Se prononce ds dans les ter- 
minaisons de lieux-dits. La Chein-n&s (la 
Chenaie). — Les Frein-nas (les Fr£naies), etc. 

Aien (Segr.), s. m. Ajonc. V. II again, Jean 
Depeigne (Ajonc de peigne). Un balai d'aien 
sert a d£boustv les vaches, a enlever le plus 
gros ; sert done de peigne? 

Et. — B. L. Adjotum. — Aguin, petit houx des 
bois. Rus-cus aculeatus. (Orain) — Ajcn, petit 
ajonc, — ulex manus. (Dott.) 

Aieux, vx mot angevin, s. m. — Sens 
inconnu, p.-S. pluies (aive). 



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AIGAPI — AIGUILLETTES 



25 



Hist « II doibt a perp6tuit6 et a jamais fitre 
parte de Tan 1615 et 1616 et des maux qui s'en 
sont ensuiviz. En 15 les grands aieux et grand 
nigez (neiges?), si jamais il s'en est veu an ces 
paix. » (Inv. Arch., II, E. S. 417, 2). 

Algapi (vent), aigre, piquant. V. Agapi 
(Z. 131.) 

Algiedon (My.), s. m. Edredon. 

Aigne (Lg.), s. f. — Aine. 

Algneau (Lg.), s. m. — Agneau. Vx fr. 
Aignel, aigniau, — aignelet Syn. de Gud, 
Zignd, Igneau. 

Aigneler (Lg.), v. n. — Agneler. 

Algnelle (LRg.), s. f. — Jeune brebis. 

Aigrasse (Mj.), adj. q. — Aigret, aigrelet. 

Aigrasseau (Lue, Mj.), s. m. — Arbre sau- 
vage, pommier ou poirier non greflfe. Ainsi 
nomme de la saveur de ses fruits. Enter des 
aigrasseaux. Le fruit lui-meme. V. Egrasseau, 
Bat. Mai us communis. 

Et. — Lat. Acerbus. — Aigresse, amertume, 
aigreur ; Aigrest, raisin aigre, — aigrun, etc. 
(D. C.) 

Aigrette (Segr., Mj.), s. f. — Aigreur, rap- 
port acida 

Et. — Lat. Acritudo. — Hist. (G.-C. Buchbr, 
135, 161.) 

— a Carle regret 
Chault et agret 
Ne fournist pas a nostre soubzhaiter. » 

Aigrio. s. m. — Poirier sauvage*. 

Et. — Acrumen. — Hist. « Nul ne peut estre 
regratiers a Paris de fruit et d'aigrun, c'est assavoir 
de aulx ou ongnons, d'eschallonges et de toute 
maniere de tel Egrun. » (D. C.) 

Alguaieer (Mj.), v. a. — Rincer du linge a 
Teau claire. Syn. de Aiguancer, Guiier. Der. de 
Aigue, eau. 

Aiguaiiler (Mj.). — V. Egailler. 

Aiguailioux (Lg.), adj. q. — Couvert de 
ros6e. Syn. de Aivailloux. De>. du fr. Aiguail. 

Aignaisser (Mj.). — V. Aiguancer. \\ Fu. — 
Rincer a l'eau claire ; mener les chevaux a 
Teau, non pour les faire boire, mais pour leur 
reposer les jambes. 

Aiguancer (Mj.), v. a. Essanger, passer a 
Teau, a l'aigue, laver tegerement. 

Et. — Ce mot est de la fa mi lie des mots fr. 
Aigutere, Aiguail, etc. V. Eau. N. Ne pas confondre 
avec Essanger, qui vient de Exsaniare, enlever la 
sanie, les taches. 

Aigne. — Je donne ici les variantes de ce 
mot, par curiosity : aighe, aige, aighue, aegue, 
aeghe, aege, eage, egue, ege, esgue, ague, 
augue, auge, iaugue, iauge, eve, ewe, esve, 
eive, aive, hayve, euve, euwe, yeuve, yeuwe, 
ave, awe, ha we, iave, iauve, yauve, yauwe, 
hyeuve, iawe, iaiwe, iauwe, hyauwe, eave, 
eauve, ive, iwe, eyave, ayawe, ayeuwe, 
aiuwe, iau, iaul, ial, ia, e. 



Aiguier(Mg), v. a. — Aiguier les choux ; 
couper la feuille du bas, toujours en remon- 
tant 

Et. — Devrait s'ecrire Eg/er, et Eg/er les 
choux signifierait : oeilletonner, Vaguer, enlever 
les bourgeons des choux. Du lat. Oculus, ceil ; 
oculare. — Soit ; d'autant mieux au'en vx fr. Ei ler 
voulait dire : Regarder. — N. Ne pas confondre 
avec Aiguer, arroser : « Duquel ruisseau icellui 
Bernard a accoustume* aiguer ou riguer ses prez. » 
(D. C.) 

Aiguille. Prcmoncez 6gu-ille (Mj.), s. f. — 
Au plur., Geranium, herbe a Robert. || Sp., 
Lg. — Age ou perche de charrue. Vieux. || 
Levier tenseur de hauban. || Pieu pour le 
barrage ; chacun des pieux dont la juxtapo- 
sition sert a former le genre de barrage appele 
Porte (Mayenne, Loir). |[ Fu. — Certaines 
pieces du pressoir a long fut. || Mj. Petite 
gousse de haricot a peine formed. 

Et. — Le geranium, fleur, est ainsi nomine 1 a 
cause de la forme de son pistil ; d'un mot grec qui 
signifle : bee de grue. — Aiguille. Lat. Acicula, de 
Acu, m&me sens. — B. L. acucula. — Timon de 
charrette, de charrue •. « Les boeufs d'aiguille sont 
les plus forts, les mieux exerces de l'attelage. » 
(Jaub.) — Aiguille de berger, ombellifere. Peigne 
de V6nus. (Orain.) 

Aiguillee (Mj.), s. f. — Sens special : Lon- 
gueur de ill, d'une aune environ, que la flleuse 
fait en une seule fois, avant de l'enrouler sur 
le fuseau. 

Aigulllettes (Mj.), s. f. — Pourboire. — 
Geranium (Mj., Sp.). — Courir Yaiguillette. 

N. — Au premier sens nes'emploiequ'au pluriel. 
Petite somme ou pourboire que l'acheteur d'un 
boeuf ou d'une vache donne comme gratification au 
domestique qui a soigne Tanimal. — Petit gain 
occasionnel. 

Et. — II est a noter que le fr emploie dans le 
me me sens le mot Epingles. Or, on constate que 
l'espagnol Aguinaldo signifle Presents de Noel ; 

3ue, dans le pat. percheron, on trouve Eguilas ; 
ans le pat. haut normand, Eguinttes, ou A gui- 
neas ; dans le pat. chartrain, Eguilables, dans le 
sens de Etrennes. Notre mot Aiguillettes se rat- 
tache 6videmment a ceux-Ia et derive comme eux 
du mot Guillanneu ou Guillannke. D'ou il faut 
conclure que c'est par. une confusion de mots et seu- 
lement par imitation que le mot Epingles est 
employ 6 dans le sens d' Aiguillettes, qui, 6tymolo- v 
giquement, est le vrai mot, le mot propre. (R. O.) 
— a Si M mo la marechale eust bien des esplingues 
des esmoluments de Parm6e, son'mary ne faillit 
pas encore d'avoir plus richement ses esguillettes. 
(Litt.) — Ne serait-ce pas une ancienne habitude 
de remettre apres un march6 un paquet d'aiguilles, 
de la : aiguillettes ? (MtN.) — Pot de vin. Je me suis 
laiss6 dire que les gar^ons bouchers ou charcutiers 
fournissaient jadis les petites aiguilles de bois, ou 
aiguillettes, necessaires pour dresser la viande, et 
que les gratifications qu'ils recevaient en retour en 
avaient pris le nom, qui s'Stait ^tendu a tous les 
genres de pourboire. C'est a prendre ou a laisser. 
(De Mont.) — Je laisse. (A. V.) 
Deuxieme sens. Syn. de Aiguilles. 
Troisieme sens. « Courir Yaiguillette, c'est avoir 
une vie de desordre... II y avait en Anjou des 
noueux d aiguillettes ou devins qui, par des mal^- 
fices, empfiohaient le rapprochement des jeunes 



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26 



AIGUSURE — AIRETTE 



6poux. On nouait un lacet en prononcant'certaines 
paroles pendant la calibration du mariage. On pas- 
sait pour frapper d'impuissance un des conjoints. 
(MAN.) 

Algasare (Lg.)i s. f. Aiguisage. — Affutage 
d'un outil. V. au Folk-Lore. 

Ail-i-ia-pie (Lg,), s. m. — Petite liliac^e a 
odeur d'ail, trop commune dans les champs. 
Syn. de AUlette, Cwe-d-la-grolle. Bat. Allium 
vineale. 

All-i-tonpet, s. m. — Muscari comosum. 
|| Et de Fail ! et plus. Ex. :'Ca m'a coute" 
25 pistoles et de Vail. || Lg. — Syn. de AUlette, 
Cive-a-la-GroUe. 

Allies (Segr.), s. f. — Envoyer tout aux 
ailies, — envoyer promener. 

N. — Ailee, galop. On disait en ce sens : Bailler 
es aiUes a un cneval, — pour : mettre un cheval au 
grand galop. (L. C.) 

Alletean (Mj.), s. m. — Demi-fronton, en 
forme de triangle-rectangle au-dessus d'un 
mur ou d'une porte d'appentis. Au Lg. Ale- 
teau. — Fr. Aile. 

A Ilia a me, s. m. — Inula helenium, plante 
a l'odeur ou au gout d'ail (MAn.). 

N. — Aillau, aillou. Le m&me que Ail d'aspi. 
(Jaub.) 

Alllei, s. m. — Ail a la serpent (Mto.). 

Hist. — « Comment mangerez-vous cette oye. 
A Vaillet ou a la poyvradet (God.) 

Alllette (Mj.), s. f. — Petite liliac6e, trop 
commune dans les r&joltes. Syn. de Civc a la 
groUe et de AU a la pie. Dimin. du fr. AU. V. 
Aillou. 

N. — L'odeur alliacee de cette plante se retrouve 
dans ses graines, qu'il est tres difficile de separer du 
bl6 et qui, outre qu'elles communiquent au pain un 
gout d6sagr£able, ont i'inconvenient d'engraisser 
les meules des moulins 

Alllenr, Alear, Hlear (Lu6). — Prime, pr6- 
coce. Ex. : Des cerises aUleures, ou primes. — 
Syn. de Jouanet. A Ec. on prononce Ailleure, 
des fruits ben kiUe&res, — l'a tr&s bref, l'u 
tr£s long. 
Et. — Vx fr. Ai'er, chaleur? 
Hist. — « Bel Accueil qui sentit Yaier 
Du brandon, sans plus delaier 
M'octroia ung baiser en don. . . » 

(Rom. de la Rose.) 
— Mayere. Primeurs qui viennent en mai. 
» Autre chose est des fruits naturels, comme noix, 
foin, mayeres, pommes, poires. » (C. G., n, 389.) 
Voila peut-dtre l'explication du mot. 

AUUr (Li., Br.), v. n. — Partir, abandonner 
sa couvite en parlant d'un oiseau. Un nid 
dilli, abandonn£. Ex. : II a e*te* voir le nid, 9a 
l'a fait dUli. V. Hadir,. 

Allloa, s. m. — Petit ail, oignon k la grolle. 
Aillou blanc. Dame d'onze heures. Ornitho- 
galum unbellatum (M£n.), Bat. 

Aim (partout), s. m. — Hamecon. 

Et. — Du lat. hamum. Devrait s'6crire Haim. 
Devenu Ain, puis hain, par reaction 6tymologique. 



On dit m£me : un naim, par la reunion de Tn de 
Particle inddftni. — A Saumur, gamins, nous 
disions : Je vas acheter pour un sou de nains. 

Alme, Almanl (gtre en ) (Sal.). — Etre 
incertain, irr&olu. V. Naime. 

Aln (Mj.), s. m. — Alne. Ex. : II a ein dSpto 
dans Vain. 

Et. — Lat Inguen ; d'ou : eingne, aigne, ain. Cf. 
Irain, Chdtain. 

AInsI ! (Mj.), interj., 6quivaut a. — Vous 
voyez done bien ! Et vous croyez ! — Ex. : 
Tu voudrais l'avoir pour 40 6cus, et moi qui 
ne le donnerait pas pour 50 ! Ainsi ! 

Alnt (Z. 153). — Prononciation de Aient, 
terminaison de la 3« pers. plur. Ex. : lis bat- 
taint, buchaint, — pour : battaient, buchaient 

Air, Ar (Mj.), s. f. — Aspect. || Air passant, 

— vent coulis. 

Et. et Hist. — L'e* tymol. est assez compliauee. — 
Fut du f6m. aux XP et xn? s. — Lat. popul. Aera, 
devenu femin. a cause de sa terminaison. (Au lieu 
de Aerem.) — F6ra. dans la Chanson de Roland. 

— « Car son aspect, Yair sereine et acoyse. » 
(G.-C. Bucher, 196.) 

Aimin (Mj., Fu), s. m. — Laiton, cuivre 
jaune. Chaudron d'airain, — ch. a confitures. 

— C'est le fr. dans un sens voisin. 

Hist. — « Le suppliant, par maniere d'esbate- 
ment, vestu d'un surpeliz ou roquet de toile, prinst 
un pot d'arain en quoy il avoit de Teau et un vipil- 
lon (goupillon) dont il enrosoit en alant par le 
chemm les gens qu'il trouvoit. » (D. C.) — Proven- 
cal, aram, cuivre. Ital., rame ; i rami, les cuivres 
de l'orchestre. Lat. (Eramen. (D r A. Bos.) 

Aireau (Sp.) s. m. — 1° Cour qui precede 
une ferme. Du fr. Aire; lat. Area. || Syn. 
de Echalons. — 2° Sorte de charrue ou 
d'araire; aratrum (Sp.). — 3° Syn. de 
ErieUe. — 4° Lg. Ensemble des batiments 
d'une ferme et cours attenantes. — 5° Nom 
de lieux-dits. V. Fock-Lore, Noms propres : A. 

Hist. — « Le cinge ne garde poinct la maison 
comme un chien ; il ne tire pas Yaroy comme le 
boeuf. » (Rab., C, 1, 40.) — Les Aireaux ; nom de 
locality fort r£pandu. De>. de Airal, maison, loge- 
ment. (Jaub.) Cabane (dans le Centre), terrain de 
mediocre qualite. (Sud.) — A Louhans, il y avait la 
rue des Aireaux, terrains bas, marecageux. (Guil- 
lemaut.) 

Airer (Mj.), v. a. — Ae>er (Airer, en bon 
franc., veut dire : faire son nid, en parlant de 
l'aigle.) 

Hist. — « S'aerier, — respirer, prendre Pair. 
(D. C, Exaureare.) — « Aire*, Se, — en bel air. Ex. : 
Cette maison est bien airke. (Jaub.) — « Ay res ces 
dras de paour de vers. » (Palsgbavb, Eclaircisse- 
ment de la langue fran^., p. 419.) — « Depuis nous 
estre d6barques et fait airer notre navire et le laver 
avec de l'eau de mer tous les jours. . . nous jouis- 
sions d'une parfaite sante\ » (Moisy.) 

Alrette (Vn., Segre*). — Plante-bande dans 
le milieu d'un jardin ; petite aire. 

N. — On dit a une personne qui n'a que qqs potts 
au menton : « Tu as une barbe de jardinier ; les 
chiens chient dans les airette** » Ce qui veut dire 



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AIRGNfi — AJOPPIR 



27 



que cette personne a la barbe tres clairsem6e et 
qu'il y a de petites allies. 

Alrgne (Lg.), s. m. — Araign6e. Syn. de 
Irain. Cf. ArignL — Pat norm. Eragnie. 

Alrlgne, s. f. — Araignee en fer, pour retirer 
les sceaux des puits. Lat. Aranea. 

Airnetto (Lg.), s. *• — Rainette. Syn. et d. 
de Arnette. 

Alrnre (Mj.), s. f. — Toute facon donnee a 
la terre, labour, binage, hersage, etc. || Par 
extension, toute operation agricultural e : 
semailles, moisson, taille, attachage, ebour- 
geonnage de la vigne, etc. — Pat. norm. 
Ereure. 

Hist. — « L'achateur sera paye de ses airures. » 
(Ood., v° Areure.) 

AJs. Cette syllabe se prononce a a S l -Julien- 
de-Vouvantes : La Coutanca, pour La Cou- 
tancais. 

N. — Et en beaucoup d'autres lieux : La 
Poexe, etc. Noms de fermes : Gautras, pour Gau- 
trais. Cf. Varannas, Quoue de l'ilas. 

Ateance (Mj.), s. f. — D'aisance, — ais6- 
ment, facilement. Ex. : fa n'allait pas (Tai- 
sance. 

Et — Incertaine. — (Fu). « Si je r'culions la 
tab', ca donnerait berchouse d'aisance (de place). 

Alse (point) (Z. 144). — En colere. Pro- 
nonce Aizeu. Au N. de la Loire. — Avoir Tair 
riint aist. || Mj. Absolument : facile a cultiver 
arranger. Ex. : C'est eine terre tout a fait 
aisie. 

Et. — C'est le part. pas. de 1'ancien v. fr. Aiser, 
— facUiter, rendre aise. || Fu. « C*est ben aise" a 
faire, ou, c'est ben aise" de faire. » 

Aiggne, adj. q. — MSle" d'eau. 
Hist. — « Du vin aisgui s6paroient l'eau, comme 
l'enseigne Caton. » (Rab., G., i, 24.) 

Alsiment (Mj.), adv. — Ais6ment. || Lar' 
gement Ex. : Y en a aisiment deux boisseaux- 
l| Volontiers. Ex. : Ben aisiment il te illi arait 
foutu son poing sus la goule. 

Absellto (Mi.). Prononc. Ais'-iee, s. f. — 
Brasses, ce qu on peut porter sous le bras. 
Ex. : Donne done une aisseUe de choux aux 
bceufs, au bodin. 

Et — Du fr. AisseUe. Lat Axilla. 

Aite ! (Mj.), interj. — Sert a exciter, a 
T>ousser un animal. || Syn. de Ale. — Se pro- 
nonce en une syllabe. 

Aivail (Mj.), s. m. — Aiguail, rosee, serein. 
De Awe. Cf. le fr. Aiguail. — Syn. de Ousie. 
V. Eau. 

Alvailloux (Lg.), adj. q. — Aqueux. Se dit 
des fruits, des plantes racines. — Syn. de 
Aguia, Aguiaque. Syn. et d. de Aigudilloux. — 
De>. de Aive, V. Eau. 

Alve, By©, (Sp.), s. f. — Eau. Ce mot, qui a 
beaucoup vieilli, est un doubl. du fr. Aigue, 
comme Awail est le doubl. de Aiguail, comme 
Evier est le deubt de Aiguiere. V* BaUerx 



Hist : 

« S^chons (soyons) rendus tout dau premay 

Pre le besay, pre l'adoray, 

Pre chauffer ses drapias, 

Pre bufTay son feu, pre tiray 

De Y6ve en ses seillas. 

{La Trad. — p. 201, 22-25.) 

— « Et d'un missel a travers undoyant, 
Eaue semblant celeste et assume. 

(G.-C. Bucheb, 71, p. 119.) Syn. et doubl. de Aie. 

— c Portant deux cruches dans ses mains, elle 
s'elait presentee au portail d'entree, gard£ par une 
sentinelle qui refusa d'abord de la laisser passer. — 
Ou vas-tut lui dit le soldat — Trecher de lVw, 
rgpondit la comtesse, laissez-md passer. — Et elle 
passa. » (Deniau, Hist, de la Vendee, vi, 591.) — 
V. les mots ci-dessous. 

Alvee (Sp., Tim., Lg.), s. f. — Temps plu- 
vieux, forte averse. — De Awe. V. Eau. \\ 
Chute d'eau, grande quantity d'eau. Ex. : 
II a tombe eine awte d'eau. Syn. de Aca ou 
Aqua. 

Alveux (Coron), adj. qual. — Aqueux. Ex. : 
J'aime pas ben les tdpines, c'est trop aweux. 
Syn. de Aiv&illoux. V. Eau. 

Ajaeer (Mj.), v. n. — Etre adjacent. Ex. : 
Son pre ajace k la riviere. Cf. Jouxter. 
Et — Lat. Ad, jacere (gesir). 

Ajaneer (s') (Sar.), v. r6f. S'installer. — 
Devrait s'ecrire Agencer. 

Et. — De A, Qent, adj. ; rendre gent, gen til, 
embellir. B. L. gentus, pour genitus. 

A Jet (Tim.), s. m. — L6ger excedent de 
poids que le marchand ajoute en surplus 
d'une pesee. Ex. : 11 est bon vendeur, il met 
de Vajet. Cf. Ag6 t Agi. Syn. de Cression, Amen- 
dillon. 

Et. — Du lat Adjectum, ajoute a. Syn. de 
Trait. — N. Je trouve ici l'origine tant et si vaine- 
ment cherchee par moi de ce remarquable mot, que 
j'ai orthographic Agies, et qui est usite a Mj. eta 
Sa., mais non a Tim. — II faut l'ecrire A jets, et les 
A jets sont proprement les jours comptementaires 
de l'ann£e, laquelle, il ne faut pas l'oublier, finissait 
jadis a Noel. Ce sont les Adjectse dies. (R. O.) 

N. — « Les Vendeens, ajoute le mftme auteur 
(Boubnisbaux), croient que la temperature des 
mois de mars, d'avril et de mai depend de celle des 
fetes de Noel. S'il fait beau le jour de Noel, le mois 
de mars sera beau ; s'il gele le lendemain, le mois 
d'avril sera froid ; s'il pieut le jour de la derniere 
ffite, le mois de mai sera pluvieux, et vice- versa. lis 
appellent ces trois fdtes de Noel les A gets (sic) — 
(Deniau, Hist, de la Vendie, I, 83.) — On voit que 
ce n'est pas exactement la m£me chose qu'a Mj. et a 
Sa. 

AJeter (Mj., Sp.), v. a. — Acheter. Ex. : 

— c Quand je vois porter des lunettes 

A des gens qui s'en passeraient bien, 
Je me di« : Faudra qu'j'en ajite 
Pour en fair' porter a mon chien ! » 

(Chanson popul.) 

Ajolndre (Lg.)> v.a. — Aveindre, atteindre. 
Syn. de Avoindre, Avrer. 

Ajopplr (s') (Sar.), v* ref. s'Accroupir. — 
Ajoppi, — accroupi* 



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AJOUPIR — ALISE 



Ajooplr (s') (Tim.), v. r6f. — S'accroupir. 
Syn. de tfAmouir, tfEcatouir, s' Appouguenir t 
s'Agu&rouer, s'Assoutrer. (Zigz. 132 et 134.) 

Hist. — « Ainsi ajoppSe et bien iav£e. » (B. de 
Vebville, M. de parv., n, 2.) — Cependant le sens 
n'est pas le me* me : « Anciennement, le mot juppe, 
dont a/ op per par ait gtre compost, sign ifi ait en 
g£ne>al un vdtement propre a mettre par-dessus 
l'habit ou la robe. De la on a pu dire, en parlant 
d'une paysanne qui avait mis un garde-robe, espece 
d'habillement de toile qui servoit a conserver celui 
de dessous, qu'elle 6toit ajoppee. (La Curnb, qui 
cite le passage ci-dessus.) 

AJooqoer (Lg.), v. a. — Mettre sous le 
joug, ds boeufs. Syn. de Lier. 

Et. — Du fr. joug. — N. Le durcissement de la 
finale de ce verbe conflrme la supposition aue 
j'avais faite de l'identit6 de Jouc avec Joug. (R. O.) 

Ak ! Exclamat. de dugout. — On dira a un 
b^be" : Ak ! ne touche pas a ca, c'est p^kias 
(sale). V. Hac avec aspiration. 

Aladrer (Lg.), v. a. — Amollir, rendre 
paresseux, aveulir. Syn. de Haquenir, Ani- 
queler, Avesser, Anianter, Afainianter, Acai- 
gner, Acaignarder. De>. de Ladre. 

Alarto (Mj.), s. f. — Alerte. 

Alayer (s') (Pell.), v. r6f. — Donner de son 
lait d'un jet continu, en parlant d'une vache. 
Syn. de Affiler, Elaiguier. 

Et — Le comte Jaubebt propose Alleviare, 
alleger, soulager. Alayer une vache, c'est la disposer 
a donner son lait. — Pourquoi ne pas tirer ce mot 
d'un verbe tel que : Allactare, allactitars ; de lac, 
lait? 

Albote (Q. Zig. 171), s. f. — Petite grappe 
de raisin pousse" hors de saison. 

Alcons, Alecons (Pc). — V. Arsons. 

Et. — De Arcus, forme recourse en arc. — 
Arcionem, sarment de vigne qu'oh recourbe pour 
qu'il donne plus de fruits. 

Aleooleux (Lg.), adj. qual. — Alcoolique, 
riche en alcool. 

Alegaot (Mj.), adj. qual. — Elegant 

Aleteaa (Lg.), s. m. — Demi-fronton. Syn. 
et doubl. de Aileteau. 

Aleto (Sp.), s. m. — S'emploie surtout au 
plur. — Grande plante bulbeuse, tres com- 
mune dans les bo is, et dont les feuilles pil£es 
sont donn6es en p&ture aux cochons. La 

Slante fleurit en jum. Cest Tasphodele. Syn. 
e Jalets, Pirotes. 

Ale user, Alooser (Segr., Craon, Maug.), v. 
a. Flatter, mais pour tromper, sens pejoratif. 
Et. — Lat. Ad-laudare? 

Alfassier (Lu£), s. m. — Terme de m6pris. 
V. Herquenier et le suivant : 

Alfessier (Pc, Mj., Lg., Sal., etc.), Alfos- 
sier (Pell.), s. m. — EscogrifTe, homme mal 
b&ti et de mauvaise mine, frelampier. || Cou- 
reur de filles. || Vagabond, breulier. Syn. de 
Treulier, harquelier, Frelampier. 

Eti — Hist — Terme de mepris pour designer un 



homme de rien, un Jean-Fesse. (Jaub., Dott.) — 
« Mais (cTue pis est) les oultragerent gran dement, 
les appelant trop diteux, brechedents,... faict- 
n6ants, friandeaux, bustarins, talvassiers... (Rab n 
C, i, 25.) Faut-il rapprocher notre mot de 
celui de Rabelais T Cest peu probable. — Un de mes 
amis me disait qu'il lui connaissait le sens de : 
Grand Alfessier ; grand danseur, gauche et degin- 
gande* d'une noce de village et rappelait, plaisam- 
ment, ce vers de Virgile : 

« Saltantes satyros imitabitur Alphxsibaeus. > 

— J'y verrais tout simplement le mot Fessier, 

avec le pre7.pr6jor. Al; l'homme aux maigres fesses. 

Alibartlner (s') (Mj.), v. r6f. — Smarter, 
prendre des habitudes de vagabondage et de 
sauvagerie, en parlant des animaux domes- 
tiques. Ex. : Nous canes s'alibartinaient. Du 
fr. libertin, avec la terminaison verbale. 

Alicher, Alichonner. V. ces mots par 2 1. 

Allehen, s. m. — Cest le francais Alluchon, 
dent d'engrenage. • 

Hist. — . 1703. Sepulture de Michel Oillet 
c lequel 6tant aux moulins de Pons, s'est embar- 
rasse entre la roue et les alichons et y a pe>i. • 
(Inv. Arch., n, E. S. 408,1) 

Aliette (Zig. 155). — Nom de bapteme. V. 
F. Lore, xi, c. 

Hist. — « Le prieure de la Papillaye, distant 
d'une lieue d'Angers, a et£ fonde par un nommi 
Herbert et Allicia sa femme. » (Brxjn. de Tarti- 
fume, PhU. p. 75.) — Ce pr6nom se trouve dans un 
passage des Gtverziou Breiz Izel. Chants populairts 
de la Bretagne.) LuzEL.) 

Alignage (Ag.), s. m. — Expression des 
ouvriers d'a-bas dans les carrieres d'ardoises. 
L'alignage de la pierre est Toperation qui 
consiste au renversement des blocs de rocher 
(Men.). V. Alignoirs. 

Alignolrs (Ag.), s. m. — Petits coins qui 
servent a d^biter en petits morceaux les 
schistes avec un marteau, 

Hist — c Deux lievez et un mail et plusieurs pis 
etalienouers. (1410. Angers, manuscrit CC 3, f° 145).o 
et alignouers. (1410. Angers, manuscrit CC 3, 
M45.) 

Allnoter (Sp.), v. n. — D6pe>ir, maigrir. 
Syn. de PMtrir. 

Allron (Cp., Fu), s. m. — Le>ot, liron. On 
dit proverbialement : Dormir com me un 
liron. — Cest Liron, avec un a prosthelique 
peu explicable. Syn. de Rat-liron. Ce dernier 
pourrait expliquer Fa. 

Et — Du lat. popul. Olironem, loir gris, dit 
aussi : le>ot Lat. class. Olirem, d'ou : lere, leir, 
loir. Hist — < Soubdain deviennent gras com roe 
glirons y ceux qui paravant estoyent maigres comme 
picz. » (Rab., P.) 

Allse, Allie (Segr.), s. m. — Petit pain ou 
petit gateau moins cuit que le pain ordinaire 
et peu leve\ (Men.). V. AUL Syn. de Galetua 
la foule. 

Et et Hist — « Aliz, compact, serr£, d'ou pate 
alixe, qui n'est point lev6e. « Ly rois Philippe 
establi que les talemelliers (boulangers, pfitissiers) 
demourans dedens la banlieue de Paris peussent 
vendre leur pain rebautiz, ©'est assavoir lour reffui, 



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ALITIERER — ALLER 



29 



si comme leur pain rate, que rat ou soris ont 
entame\ pain trop dur, ou ars (brute), ou echaud£ f 
pain trop leve\ pain aliz, pain mestourne\ c.-a-d. 
pain trop petit, qu'ilz n'osent mettre a estal. » — 
« Les habitants (de S* Belin) peuvent construire 
petii fours en leurs hostelz, chacun d'une aune de 
Provins de tour, pour cuire flaons et pastes alixes, 
sans ce qu'ilz y puissent cuire pastes levees en 
forme de pain. » (D. C.) — t Cette galette est toute 
alise, alle est boune pour les chiens. » (Bobsl.) — 
« L'adjectif alia, e, compact, serre, se trouve dans 
le vx. fr. (Voir Roquefort.) — « II y a d'autres 
terres qui sont si alisea ou si peu poureuses que 
pout ces causes ceux qui en besognent sont con- 
train ts d'y mettre du sable. » (Bbbnabd Palissy, 
Disc, admit., p. 369.) — Cf. Aliat, compact, du vx. 
fr. Allieer, alller, aligner, lier, joindre, unir, en lat. 
Alligare, d'ou Alliage. (Evkillb.) 

Alitierer (Sa.), v. a. — Garnir de litiere. 
Composer comme Aliter, de lit ; lit de paille. 

AUanl (Mj.), adj. verb. — Ingambe, dis- 
pose a marcher, a sortir, a voyager. Ex. : A 
n'est guere allante de cete* temps-la. — Cf. 
Faisant, donnant. || Des allants et des ve- 
nants, — des haricots cuits !! — Ou plutdt 
qui cuisent. 

Hist — « Va dans le Bocage, Adelaide, tu es plus 
dlante que moi. » (R. Bazin. La Terre qui meurt.) 

— « C'elait une grosse et grande creature, fort 
allante, couleur de soupe au lait. (S. Simon. Mim.) 

AJIaponner (Jll.) — Amonceler en petits 

tas. 

Alle (partout), pron. pers. — EUe, Elles. — 
S'emploie seulement devant une voyelle. Ex. : 
AUe entend haut ; Alle ont dit. — N. Cette 
forme est exclusivement employee comme 
cas sujet. Le cas regime est Ielle et au plur. 
Idles, leules, Eulles. || Fu. AUe, elle, sujet. 
Les regimes sont : 1° leus. Ex. : y lefts ai ren 
dit ; 2° Us. Ex. : Vies ai point vuses ; 3° let, 
au sing. — Ex. : J'ous (ca) ai dit qu'a let. ; 
4° i, au sing. — Ex. : J'i ai dit qu'a pouvait 
venir. 

Elle qui, Elles qui, se disent : let qui. « C'est 
let qui m'ous a dit ; c'est let qui nous ont dit. 

— Enfln (l er ex.) lefts est sou vent mouill6 en 
ieux : J'ieux ai ren dit. — Rem. Leus et Les 
s'emploient au plur. des deux genres, comme 
leurs correspondants francais : leur et les. 
I s'emploie aussi au masc. « J'i ai dit qu'i 
pouvait venir. » 

AUee (Mj.), loc. : D'allee et de venue, — a 
Taller et au retour. — A Sp. on dit : D'all6e 

3ue de venue ; ellipse pour : tant d'all£e que 
e venue. 

Alleglr . Prononc. al-gi (Sar, Mj.), v. a. — 
AUeger. || Ec. — Etegir. Du lat Alleviare. 

Allester (Mj.), v. a. — Amollir par qq. 
indisposition, rendre lent. — Partic. pas. 
Allenti, peu actif par mollesse naturelle ; 
lent, mou, indolent, nonchalant. || Fu. Ne 
s'emploie que dans l'expression : Allenti de 
se*, mort de soif. 

Et — Ad, lent, er ; 1» conj. pour Allentir. 



Hist. — c Et le cours du torrent, tombant de la 
montagne, 

S'allente quelque fois au plain de la campagne. » 
(J. DU Bellay. Di*c. au roy, p. 142.) 

Aller (Mj.), v. n. — S'en aller, commencer 
d'aller, Stre presque. Ex. : Via des poires qui 
s'en vont mures. £a s'en va cuit. || Sp. £a ne 
illi va, ni ca ne illi veint, — en parlant d'une 
personne, cela ne lui va ou ne lui sied pas du 
tout — En parlant des choses, — il n'y a 
pas de comparaison possible. || Aller hors, — 
aller a la selle, se purger.. — Absolument : 
Evacuer les excretions alvines. Ex. : Sa rae'de- 
cine a ben fait, il a ktk cinq fois. || Aller par 
a-bas, — m§mesens. || S'en aller de la poi- 
trine. — se mourir de la poitrine. || Aller au 
devant, — faire des avances, se montrer pr6- 
venant || Aller contre. Ne prend pas de com- 
plement Ex. : Vous dites ca, moi je ne vas 
pas contre, — je n'en disconviens pas.J|| Aller 
contre de, — se refuser a. Ex. : Je ne vas pas 
contre de payer, au vis-a-vis de moi. || Pour, 
de tout aller, — qui sert tous les jours ordi- 
nances, vStements, etc. Ex. : Me faudrait un 
casaquin pour tout aller. \\ Qsl vat et 9a veint, 

— cela va assez bien (la sant£), — en parlant 
du prix de marchandises, etc., — c'est admis- 
sible, c'est une difference tolerable. || Souvent 
on supprime, apres ce verbe, la proposition a 
et devant un mot commencant par une 
vovelle : y a eine lieue et demie aller au 
Menil (ici il y a une consonne) ; AUer Angers ; 
aller Ancenis ; jV<w In gran des. || Aller en 
charrue, — charruer. || Tim. Aller tout le pas, 

— marcher regulierement, en parlant d'un 
travail. || Aller la poste, — tres vite, courir la 
poste. || Aller la haquen^e, — Tamble, en 
parlant d'un cheval, — Bolter des deux 
jambes, en parlant d'une personne. || Fu. 
Aller point le galop, — avoir une santo* chan- 
celante, une convalescence p^nible. || II n'a 
qu'a aller / — il peut s'en aller, c'est ce qu'il 
a de mieux a faire. || II n'a que d'aller, — aller 
se promener. || Aller a Temprunt, — eraprun- 
ter. || Aller k l'^conomie, — Oconomiser. || 
Aller kY^pargne, — Opargner. || Aller axix cham- 
pignons, — aux portes (mendier). || S'en aller, 

— en parlant d'un liquide qui s'6chappe d'un 
vase en bouillant, le lait s'en va. || Aller sur, 

— approcher de, en parlant de Tage, du 
poids, etc., — il va sur 20 ans. || Aller le 
diable, — aller vite. || S'en aUer, — perdre ses 
forces, vieillir. || Y aller de, — faire une chose 
sans se faire prier, — y aller c^'une tourn6e. 
Vas-y d'une chanson. || Ne pas s'en aller sur 
eine jambe, — boire un deuxieme verre, une 
deuxieme bouteille. 

Conjugaison. Je vas,.. j'allons ou je vons,.. il 
allont ou i vont — j'allais,.. j'allions,.. il alliont — 
J'allis, je fus. — J'allerai, j'irai,... j'irommes,.. il, 
all'irant et il revenirant (ils, elles iront et ils revien- 
dront) — J'irions. — Q. j'alle. — Que j'allisse. 

Verbe interrogatif. Alle-vous? Ex. : Eyou alle- 
vous done comme ca? — Cf. A- vous t Sa-vous? 
Voule-vous? pour : avez-vous, savez-vous, voulez- 
vous? — Remarquez 1' alliance du pron. je avec la 
1" pers. du plur. : J'allions, pour : nous allions, — 



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so 



ALLEUX — ALOSER 



je croyions, je grondions. Les courtisans de 
Henri III s'exprimaient ainsi. Henri Estienne leur 
disait : 

« Pensez a vous, 6 courtisans, 
Qui, lourdement, barbarisant, 

Toujours Yallions, j'venions, » 

On dit : Je m'en en vais. 
Hist. — « Le quinziesme jour d'aougt Tan 1614, 
le Roys Louys et la Royne sa mere besserent en 
basteau au devant de ceste abbaye (S. Maur), allant 
Angers et a Nantes. » (Inv. Arch,, H I, 214, 2.) — 
II n'a (est) que d'aller. Refrain d*une chanson 
chantee en Anjou, en vers lyriques, c£16brant la 
de>oute de Craon et P agility des Ligueurs : 
« Que le malheureux h£relique 
Fr6misse au chant de not^e voix, 

II n'est <jue d'aller. 
Pour sa tyrannie du passe 

II n'est que d'aller. » — 
— « C'est le cure du Fuilet 
Qui a perdu son bonnet ; 
II 8' en jut a Bourgneuf 
Pour en ajeter un neuf. 
Quand il fut de retour il retrouva son vieux. 
Oh I oh ! oh I dit-il j'en ai deux. 

(Refrain populaire.) 

Aliens. — Probablement pour H&leux. 

Hist. — (Apres de grandes crues). II est venu un 
temps apres fort alleux, qui a tellement retire les 
eaux, qu'on a sem£ partout. (Inv. Arch., m, E. S. 
8., 252. 1.) 

A//I. — Pain ailli, non leve\ V. Alise. Cf. 
Aguia, aguiaque, agldtL 

Allicher, v. a. — On ne fait sonner qu'une 1. 

— Allicher un animal, c'est le rendre gour- 
mand ; allicher qqn, c'est chercher a se 
mettre bien avec cette personne. 

Et. — Deux cloches, deux sons. — « Ne vient pas 
de lecher. Lat Allectare ; allicher (Berry) de alii- 
cere ; de ad, vers, et licere, pour lacere, prendre 
attirer ; lacere est le radic. de laqueus, lacs. (Lrrr.) 

— « Licher, autre forme de : lecher, qui se trouve 
des le xn« s. — Trivial, lecher. Par ext et absolu- 
ment : manger, boire sensuellement : II aime a 
licher. — Licheur en derive. — Dans A-licher, le 
pr£f. A a le sens de : rendre de telle facon. Cf. 
Alleger, etc. (Diet, gen.) — En Anjou on dit : 11 a 
eine sroule h lichc, — on voit qu'il est gourmand. 

Alllehonner (Mj.), v. a. — G&ter par des 
chatteries, bourrer de friandises. V. Allicher. 

Hist. : 

« J'attendais bien que tes courtoises meurs 

Et tes vertus que ta nature alliche 

Me feroient plus d'honneurs et de faveurs 

Que je n'en suys digne, ne bien mery. * 

(G.-C. Bucher, Ep. 66, p. 276.) 

Allonge (Tim.), s. f. — Petit bout de fil 
dont le tisserand se sert pour raccommoder 
les fils de chatne quand ils viennent a casser. 

Allongeallle (Lg.) t s. f. — Rallonge. Ex. : 
Uoisie c'est ben commode pour faire des 
allongeailles de rdrtes. 

Allonger (s'), v. r6f. — S'6taler tout de son 
long, se coucher, tomber. Syn. de : Prendre 
un billet de parterre. || Donner. Ex. : II illi a 
allongi eine piece de cent sous. || Lg. Allonger 
la chalne des gueux, — se marier entre mis6- 
reux. || Prendre par le plus long. || V. n. 



Devenir plus long. — Les jours commencent 
a allonger. 

Allon (Segr.), s. m. — Homme ou animal 
ayant un bon app^tit. V. Alouir, AlouL 

Et. et Hist. — Allouvi, affame\ acharnl com me 
un loup. Allouvi ou Alouvi de faim. S'allouvir. 
(L. G.) — Ital. Allupito, du lat, lupus. (D* A. Bos.) 

— I mange com me un alouvi, — aloui. (Dott.) — 
« Je suis allouvy et affam£. » (Rab., P., iv, 24.) — 
Aloubis. Gens anames comme des loups. Vampire. 
Les traditions vendeennes le representent sous 
Paspect d'un homme maigre, decharn6 et insatiable 
qui tratne la misere et la famine a sa suite. (Borkl.) 

— Allouvir. Un enfant allouvi se dit d'un enfant du 
premier age, qui manifesto le besoin incessant de 
manger. Dans les campagnes, on donne sou vent 
a ces enfants, pour tromper leur appetit, un mor- 
ceau de lard k sucer. 

— « Ches meurs de faim de PEspagne allouvie 
Qui dans nos camps viennent chercher la vie. » 

(Moisy.) 

Alloue. — Homme lou6, travaillant k la 
journ^e. 

Hist. — « Allocatus, qui ad id locatus vel alloca- 
tus est ut vicarii vicem agat. » (ConcU. Andeg., 
1269.) MiNiiBE. 

1 Allouse (Sp.), s. f. — Louange. Ex. : II fait 
de grandes allouses de ses gas. 

Allonger (Mj., S l -P.). V. Alouser, v. a. — 
Louer, dire du bien de, prdner, vanter. 

Et. Hist — Du lat. Allaudare. — « Alose, loue, 
renomm6, honore, estim6. — Der. du subst Los : 
« II est deux manieres de persecuteurs. . . Pune est 
de ceulx qui diffament autruy et le vituperent ; 
Pautre est de ceulx qui flactent et alosenu » — « La 
gent alosie », c'etait les honnfites gens. Louer et 
Aloser different : « Se je vous louoye vous diriez 
que ce seroit pour luy aloser. » (L. G.) 

Allnmer, v. a. — Terme faubourien. Regar- 
der avec attention. || Etre allume\ — com- 
mencer a Gtre echauffe par le vin. 

Et et Hist. — Au premier sens : Regarder fixe- 
ment, voir, observer. Mot a mot : Eclairer de Poeil. 
Mot tres ancien. Se trouve avec ce sens dans les 
romans du xnr 3 s. « Allume le miston. » — Regarde 
sous le nez de Pindividu. — 2« sens : On a dit 
d'abord : Allumer des clairs (yeux), puis : allumer, 
tout court (Lor. Labchey.) 

Al mentations (Mj.), s. f. — Ne s'emploie 
qu'au plur. Lamentations, jeremiades. j| Pro- 
testations, giries. Ex. : A n'en faisait des 
almentations / || By-N. La deformation et la 
substitution des mots sont etonnantes. V. 
Protestations, Mutation, 

Aloge (Lue). — Abrite. Mieux : allog6 ; ad- 
locare. 

A-loin. Et mieux : la-loin, pour : au loin, 
la-bas. 

Alongs (By.). Cordes pour maintenir Pan- 
creau. 

Aloser, €. V. Alouser, Allouser. Un homme 
alosk est celui qui s'est acquis des louanges 
par son merite, qui a une grande reputation. 



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ALOTER — AMAIN 



31 



Hist — (Castoiement (Tun pere a son fils), 
« Beax fils, sui Lion et Dragon, 
Ore, Liepart et Escorpion, 
La male femme ne sui mie, 
Pour lozenge que Ton te die. » 

Aloter (Lg.), v. a. — Caler, faire tenir en 
equilibre. Syn. et doubl. de Ayoter. 

Aloue* (Lg.), adj. qual. — Gourmand, 
afTame\ Ex. : Les boaufs ont-ils Tar alouis, d<* 
soir ! — Doubl. de Alou, Aloui. 

Alonetto, Jeu. V. Folk-Lore, vn. 

Aloufs (des), s. m. — Des tromperies (Ag.) 

Alouir (Bf.), v. a. et n. — Fatiguer l'es- 

tomac. Ex. : Le vin qu'a point cuve\ il alouit ; 

c'est pas comme le sien (le sieun), celui qu'a 

cuve\ 

Aloui (Ag., Chv.) adj. qual. Gourmand. V 
AUou, Doubl. de Aloui. Ex. : II a 1'air aloui, 
— il regarde d'un ceil d'envie ce que nous 
mangeons. — A-t-il Fair goulu, ahui / 

Aleose (Ag., Mj.), s. f. Alose. 
Hist. — «... Molues, merlus, saulmons, alouses. » 
Pakb. Lat. Alausa. 

Alouser (Lue\ Pc.,- Mg., Sal.), v. a. — V. 
Aloser, Allouser. Autre graphie de ce dernier 
et Supplement d'article. Flatter, flagorner 
qqn. — « II Yalouse toujours ! » — surtout 
pour obtenir qqch. || s'alouser, — se faire des 
illusions. « Tu V alouses », tu te trompes. — En 
parlant d'un excellent vin : Ah ! Monsieur, n'y 
a pas besoin dTalouser, i fait ben son eloge 
tout seul ! » (Lcp. The.) 

Et Hist. — Le mot louer a deux sens, celui de 
louage et de louange ; il y a confusion entre Allocare 
et Attaudare. 

— « Vous ne devez raie par mesdire avanchiez 

« Ne pour vous aloser autrui desavanchier. » 

— Li faus ami qui servent de losengerie en lieu 
de conseil, n'entendent qu'a dechevoir en blandis- 
sant (flattant). (D. C.) 

A4 oiner (Br.), v. a. — Pour Hannequiner, 
s'y prendre a plusieurs fois pour faire qqch. 
(Z. 156.) — Doubl. de Haletiner, Halequiner. 
A rapprocher de Haleter. — Fr6quentatif de 
Ahanner ?|| Fu. — Haleligner, — haleter, tra- 
veller par secousses a cause de la difficult de 
l'ouvrage. Ex. : Quelle haletignerie, que j'en 
se saoul ! 

Alnettes (Chx, Mj.), s. f. — Sorte de cartes, 
entierement differentes des cartes ordinaires. 
On joue beaucoup aux cartes d'aluettes aux 
environs de Ghamptoceaux, et ce jeu a 6te* 
apporte a Mj. par les mariniers. 

N. — Termes du jeu : Monsieur, Madame, le 
Jorgne, la Vache, Grand-Neuf, Petit-Neuf, Deux 
a epee ou Deux d'Scrit ou Deux de chene. Faire un 
pourri, Robino, A moi de rien. — Au-dessus, au- 
aessus de dessus. — Faire raorguenne. V. Boisse. 
(P. Eudel.) 

Et. Hist. — II est probable que le nom primitif 
de ces cartes 6tait Luettes et non Aluettes et qu'on 
oisait : Jouer a luettes, d'ou le nom actuel. Rabelais 
fnumerant les jeux de Gargantua (i, 22), dit qu'il 
jouait aux luettes : « Des gabarriers jouans aux 
luettei sur la grave. » (Id., P., 5, 123.) — C'est le 



jeu de la fossette. — « lis n'auraient pas manqu6 . . . 
de jouer aux cartes, surtout a ce jeu de luette, venu 
d'Espagne aux temps anciens. » (R. Baztn, La 
Terre qui meurt, p. 15C, 

Alogier et Alller, s. m. — Alisier. — Cra- 
taegus torminalis. — Allouchier, — Crataegus 
aria (Batabd.) 

Alyrose (Mj., Tim.), s. f. — Early rose, 
varied de pommes de terre. Corrupt, du mot 
anglais. 

Imageries (Ss.), s. f. — Choses negligeables, ' 
des riens, soit comme valeu/, volume, quan- 
tity. A Vauchr^tien on dit : « Toi, c'est ren 
que t6 ! — Toi, t'es moins cjuVon ! — Toi, t'es 
ein mgchant amage, ein mion, ein fetu ! » — 
Syn. Bidquilles. — Tracasseries. (Zig. 110.) 

Amslgr Alller, (Mj.) v. a. Amaigrir, s'Sma- 
cier 

Et. — De maigre, lat, macrum, avec termi- 
naison incluative, — commencer a maigrir. 

Hist — « Qui encraissier veut a droit s'ame 
Le core convient amegroier 
Escauchierter et roidoiller. » (D. C.) 

Amain (partout.), s. m. — Cdte le plus com- 
mode pour saisir un objet, porter un fardeau, 
exicuter un travail. Ex. : C'est $a mon 
amain ; ca n'est point a Y amain. || N'y a 
jamais $ amain I — pas possible ! || A l'amain 
de, — dans le proche voisinage, a proximity 
de. Ex. : Je sommes ben a V amain de la 
riviere ; c'est ben a V amain de l'eau. N'aie pas 
peur, mon vilain laid, si j'6tais a Vamain de 
toi, je te releverais le cul ! || Etre a l'amain de, 

— §tre capable de, en Stat de. Ex. : Cete* 
mSchante p&gnon-la,j'se pas a Vamain de la 
faire craire ! — Je n'ai jamais^ a Vamain de 
la faire s'en venir avec moi. — *Fu. — J's6 pas 
a Vamain d'ou (cela) faire. j'se" pas en Vamain 

— j'se pas en le cas d'ou faire. || De l'autre 
amain — de l'autre c6te\ (Zig. 150.) 

Et. — A Saint-Paul, on dit dans le m£me sens : 
C'est ma main, c'est sa main, c'est la main. Par 
suite, il est evident que le mot montjeannais 
Amain n'est autre qu'un compost du mot main, 
avec le pre7. A, derntere lettre de 1' article Lau 
(V. Ahaie.) D'ailleurs, il faut regarder le mot 
Amain comme un mot unique, distinct, un vrai 
subst, puisqu'on dit : Ein amain, mon amain, son 
amain, leux amain, et qu'il a fourni le compose 
Disamain. En fin Amain, en d6pit de l'gtymol., est 
du masc, puisqu'on dit : Le bon amain, le vrai 
amain. 

Hist. — « II n'est chose tant facile et tant a 
main. » (Rab., P., v,Jl, 490.) 

— « Avoir aussy sens, propos, temps, a main 
Pour faire chose agr6able aux seigneurs. » 

(G.-C. Buchkb, 146, p. 170.) 
— « En prenant, se tu es a main. 

Porras bien touchier a sa main, a 
{Clef d' Amors, p. 33, H. DB G.) 

— « N'essayez pas d'ouvrir cette barrtere h 
droite, vous la briseriez ; son amain est a gauche. » 
(Obain.) 

— « M'sieu le tenure^ . . y m'trouve b6-n-en 
peine !. . . N'y a pus que vous tchi sejez a la main 
de m'tchirer d'ombarras. > (H. Bourgeois, Hist, 
de la Grande Guerre \ p. 50.) 



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32 



AMAINCER — AMEILLE 



Amaincer (s') — (Mi.) et non s'Amincer. v, 
r6f. — S'entSter, s'acharner dans une mau- 
vaise habitude, s'y buter. Ex. : Quand les 
poules sont amainchs a passer dans les 
jardrins, on dirait que le diable les fait pour y 

' aller. 

Et. — Si l'on veut bien-se reporter a la se>ie des 
sens que j'ai donnes pour Amocer, Amoicer, on 
verra que le montj. amaincer n'est qu'un doublet 
de ce verbe. II en derive par une forme Amoincer, 
maintenant desuete. II y a eu Amorcer, Amocer, 

• Amoicer (Amoincer), Amaincer. Le vx pat. usait 
beaucoup de la syll. oin. Cf. Commoincer, Guer- 
moinseUe, Makouin, Roincer, Coinguer, etc. — On a 
suppose com me origine Amain. Je ne vois pas le 
lien. 

Amallner (Sp., Sa.), v. a. — Rendre malin 
ou me"chant II v. re*f. Devenir malin 
ou m^chant. Ex. : Cette b£te s'est amalinie. 
(Lue\) — Lat. Malignus. 

Amar (Ec.) s. m. — Nom de prune, de 
pomme. V. Amas-noir, Damas. || Mariolet, 
Amariolet ; prune a la peau violate et d'une 
saveur tres douce. (P. Eudel.) V. B16s. 

Amarer (s.) — (Pell., Mj.) v. r£f. — Se 
couvrir, se mettre a la pluie, en parlant du 
temps. — Un temps amari. — » Pourrait alors 
venir de Mar6e? || Gras, double, en parlant 
d'un animal. — (Fu.) Avec un r ou deux r. 
Tres vigoureux et de petite taille, en parlant 
d'une personne : « II est ben amarrL » Large 
d'6paules. — Viendrait d'amarre? 

Amarillonn6 (Ag.),adj. q. — Rid6, en 
parlant d'une pomme. 

A mar on (Ag.), s. m. — Nom vulg. de la 
Matricaire camomille, plante d'un gout amer. 
Cf. Maroute, Amaroute, Camomille puante ; 
Anthemis cotula. (Bataed.) V. Amarote. 

Amarote (Lg.), s. f. Maroute. V. Amaron. 
Plante de la famille des composers, assez sem- 
blable a la camomille, mais d'odeur desa- 
grlable. On dit aussi Maroie. 

N. — Lesgraines de cette plante, disent les int6- 
resses, sont verimeuses ; lorsque, pendant la mois- 
son, elles torn bent dans les sabots des travailleurs, 
les pieds de ceux-ci se couvrent d'ampoules. 

Et. — De Marote, par prosthese d'un A, prove- 
nant de Tart. La. Cf. Ahaie. 

Amarrer, Ramarrer (Lu6), v. a. — Serrer 
. ou faire rentrer, par exemple le b6tail a 
ratable. || Ec. Par ext, chez les mariniers, 
attacher qqch. — D6marrer, — detacher. 

Et. — Du holland. : maaren, et & pr£f. — B. L. 
Amarrare. — Rentrer des fruits. (Orain.) — Ra- 
masser, recueillir, serrer, rGunir, rassembler, — pre- 
parer, arranger. 

Amas-noir (Fu). — Des prunes d'amas- 
noir, ou simplement : des prunes d'amas. — 
A Thouarce" : marre noir. — V. Amont-noir. \\ 
Ec. — Preines (prunes) de Damas-noir, 
pommes de Damas, ou Damas noir, ou violet ; 
— On dit : des preines d'a/nar-noir ou (Vamar 
violet; de l'amar noir, de Tamar violet, sans 
mettre le mot : preines. V. Mars-vioUu 



Amassle (Mj.), s. f. — Gros amas, grand 
tas, grande quantity. Syn. de Haut-murU, 
Affourrie. N. La deuxteme syllabe tres breve. 

Hist. — « Amasser bestes. » (Au mot Mass a, 
Raynouabd, 4, 164*.) — Amassement de busche. 
(D. C.) 

Amasser (Mj.), v. a. — Masser, serrer, 
agglome>er. 2 e syll. tr£s breve. Derive non de 
Amas, mais de Masser. — Terbouecher. 

Amatelasser (Mj.), v. act. — Feutrer, 
enchevetrer Tun dans Fautre, comme la laine 
d'un matelas. 

Amateronner (Mj.), v. a. — Mettre en gru- 
meaux. || V. r6f. •Se grummeler. V. Ama- 
touner. 

A mate use (Mj., Lg.), s. f. — Celle qui aime 
beaucoup qqch. 

Amatonner (Tim.), v. a. — Rassembler en 
materons, ou matons, c.-a-d. en masses feu- 
tr6es, — la laine d'un matelas, par exemple. 

— Syn. de Amatelasser, Amateronner. || Lg. 
Grumeler. Ex. : II a mouilte sur les poches, 
('a amatouni la farine. 

N. — S'amatouner. Se mettre en petits corp- 
durs : La soupe s'est amatounte. — La soie s'amas 
toune plus facilement qtfe du fil. (Bobel.) 

Ambltlonnenr, euse, (Sp., Mj.), adj. qual. 

— Convoiteur, ambitieux. || Jaloux. 

Et. — Lat. Amb, autour, Ire, aller ; aller autour 
des citoyens pour solNciter leurs suffrages, au 
propre. 

Ambroise (Sa., Tim.). — Plante odorante 
de la famille des labtees. Employee dans la 
me'decine populaire. — Semble avoir quelque 
rapport avec le fr. Ambroisie. 

Et. — Hist La Fontaine a dit : Et Tiennette 

est Ambroise, Dit son 6poux. (Les Troqueurs.) — 
Ambroisie des jardins, un des noms vulg. du Che- 
nopode ambrosioide. Du grec Ambrosia, de Ambro- 
tos, immortel ; nourriture qui rend immortel. 
(Lrrr.) — Ambroise, forme demi- populaire qui, 
combined avec la forme savante Ambrosie, a donne 
naissance a la forme Ambroisie. (Diet, g&n.) 

Ambulance (Lg.), s. f. plur. — Nom col- 
lectif sous lequel on design e les pieces acces- 
soires ou agres d'une charrette. Syn. de 
Ar mures. 

Ame, s. f. — Dans la locut. : On ne voit, il 
n'y a dme qui vive ; — n'y avait corps d'<fmr, 

— personne. 

A meter, — V. Amesser. 

Ameil {Mj., Lg.), s. m. — Pis d'une vache, 
d'une chevre. Syn. de PL 

Ameille (Fu.), s. teminin. — On dit : C'est 
une taure ameillante qu'il a achetee a Mo*- 
vault ; elle a de belles ameilles. 

Et. — Hist. — Der. du lat, Mamilla, par la chuU 
de I'M initial (V. Amil.). Ce mot est done un doublet 
du fr. Mamelle. — Amouille ; nom vulgaire du 
premier lait fourni par une vache qui vient tk 
veler. (Lrrr.) — Amouilles ; glaires de vache en 
v£lage qui annoncent qu'elle va mettre bas. (Geo- 
lemant.) — « Ah I si par malheur TafTreux reptil* 



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AMEILLANTE — AMESSER 



33 



all ait sucer le lait d'une brebis, e'en etait fait du 
remeuil (pis) ! (La Trad., p. 260.) V. A me Ulan te, 
Ameiller. V. le suivant : 

Amelllante (Mj., Lg.), adj. verb. — Se dit 
d'une vache dont le pis commence a se gonfler 
a l'approche du v&lage. Ex. : Noute vache est 
ameillanie, a va ben tout faire. 

Et. — C'est Padj. verb, de Ameiller. On trouve 
dans certains traites d'agriculttire : Vache amouil- 
lante. — « ... commencant a rejeter le liquide qui 
an nonce le moment de mettre bas.(JAUB.) — Vache 
d'ama, — renvoie a Amoyante. (Dott.) — Qqs uns 
voient dans ce mot le fr. Mouiller. J'avoue §tre un 
peu indecis entre Mouiller et Mamelle. 

Ameiller (Mj., Lg.), v. n. — En parlant 
d'une vache. Avoir le pis gonfle a l'approche 
de la parturition. 

Et. — De>. de Ameil. LiTntfc donne Amouiller. 

— Variantes: Amuyer, Emmouiller; Amoiller, vx. 
fr.,signiflait Mouiller. (Guillkm.) ||Ec.,Mj. — part, 
pas. — Ex. : J'avons amen£ nout' vache a la foire ; 
alle ne sera a terme que le 25, dans 15 jours. Mais 
comme alle n'6tait pas assez ameil lee (le pe\ le pis 
n'elait pas assez deve f opp6), on ne Pa pas vendue, 
et on Pa ramen£e. — V. Agi. 

Amelette (Mj.), s. f. Omelette. — Ec. Une 
amelette d'eeufs. 

Et. et Hist. — « Omelette, pour : amelette, 
forme qui par ait issue par melathese de : alemette, 
tir4 de alemelle (a, lamelle) par substitution de suf- 
fice, ce mets etant plat comme une lame. » (Diet, 
gener.) — Rabelais, Edition de 1553 : haumelaicte. 

— « On m'a dit qu'une fois il entra dans sa cuisine : 
un laquais y faisait une amelette. » (Tall, des 
Reaux ; Hist., 25 et 26.) — (De Montesson.) — 
« On d is ait a cette Spoque : une amelette. 11 y a de 
braves gens qui pr^ferent encore cette forme gau- 
loise. Passez, Messieurs, vous fites de la vieille 
roche. » {Hist .du vx. u>mps, p. 174. En note.) 

Amellne, V. Chardon-loriot. (Men.) 

A menage (Sp., Tim.), s. m. Attirail, arroi. || 
Etalage. || Domaine, propriety. Ex. : J'avons 
fait 60 cordes de buches sus Yamenage de 
Beaurepaire. || Tout Yamenage, — tout le tra- 
lala. || Syn. de Succession. 

N. — La peine et les frais pour amener qqch. 
(Lrrr.) 

Amenager (Mj.), v. a. — Installer qqn dans 
son menage. || v. r6f. s'Am^nager, — emme- 
nager. C'est le mot fr. dans un sens special. || 
V. n. Ameineger (a-mein-n6-ger), installer son 
mein-ndge, ou son manege. (By). 

Amendement (Mj.), s. m. — Assaisonne- 
ments, condiment. Ex. : As-tu mis de Y amen- 
dement dans la salade? — La soupe, a manque 
d 1 amendement. N. Inconnu au Lg. 

Et. — Du lat. Emendare ; e (extraction), men- 
dum (faute), dont on a cor rig 6, enlev£ les fautes. 
Amender un mets en l'assaisonnant, c'est corriger 
sa fadeur. 

Amender (Mj.), v. a. — Assaisonner un mets, 
le rendre meilleur par une preparation qcque. 
Ex. : Amende done la salade. Inconnu en ce 
sens au Lg. — Fu. — « C'est un coin de beurre 
qui 6 bon pour amender, t'ou (ca) diras a ta 
mere. || Lg. — v. n S'ameliorer, en parlant de 



P6tat d'un malade. On dit absolument : fa 
illi a-t amende, — il a du mieux. 

Amendillon (Choi., Lg.), s. m. — Petite 
quantity de lait, en sus de la mesure, que les 
m^nageres savent fort bien r^clamer aux fer- 
mieres. V. Amender. Cf. Amendon. — Syn. de 
Cress ion, A jet 

Amendon (Ag., Ec), s. m. — Une petite 
auantite de qqch. — V. Ramendon. || By. — 
Qqf. Abandon, ce qui est donn£ pa? dessus le 
march6 ; c'est la fourniture, le rabvot. 

Et. — Amender, ameliorer une mesure en la de- 
passant. — « Amendion, amendeilion, Amendillon. 
(Favee.) 

Amener (Mj.), v. a. — Produire. Ex. : C'est 

E'che* d'abattre cet §bre-la ; il amine de trop 
elles branches. || Sp., v. r£f. — Venir. |) Ame- 
ner a lieu, — mettre sur le tapis, une question. 
|| Tendre, donner. Ex. : Tiens, veux-tu la 
gache? — Amine. \\ Se dit aussi des animaux. 
Si Ton dit : Cet6 poirier-la n' amine jamais de 
poires, on dit aussi : La vache a amenL \\ Fu. : 

— « Par derrier' chez mon pere 
Un oranger lui a (il y a) ; 
II amin* tant d' oranges, 
D'orang's, qu'il en rompra. » 

Amennsir (Mj.), v. a. — Amincir, rendre 
menu ou effile. Ex. : Faut ben ineiUer le fil 
pour Yamenusir. 

Et. et Hist. — Menu, du lat. Minutus, propre- 
ment ; diminue\ — « Ensi s'en alloit li oz (Parm^e, 
Tost) forment en amenuissant chacun jour. » (Vil« 
lehardouin. Conquete de Constantinople, f 101 ; 
cite parEvEiLLE.) 

Amerlcaln (Mj., etc.), adj. q. — Avoir l'ceil 
americain, — vif, provoquant ou perspicace. 

Amesser (Auv.), v. a. — C616brer les rele- 
vailles d'une femme. Ex. : Vela eine femme 
qui veut se faire amesser. 

Et. — Hist. — De Missa, messe. — « Nota qu'il 
ne fault point amesser les conmeres, qu'il n'y ayt 
quinze jours pour le moings qu'eiles soyent en leur 
couche. » (1588. — Inv. Arch. F. n, 352, 1.) — 
« Pour l'entretien de la messe matin ale des di- 
manches, pour amesser les pasteurs pour ailer gar- 
der les bestes. » (1551./d., G, 51, 1.) — « De sorte 
qu'avand ente>er grans et petis et amesser les 
accouchee.. » (1660. Id. S. E. in, 370, 2.) — « Pour 
aller amaisser des accouchee audit Nuaill6. » (1660. 
Id., ibid.) — « J' ay diet la messe, que j'ay com- 
mansee un peu avant midy, pour amesser lesdits 
flancez. » (1608. Id., ibid, 426, 1.) 

— Amessement ; Taction d'entendre la messe ; 
relevailles, dont la messe faisait la principale partie. 
— Admissatio. — « Le suppliant avait entention 
de tuer ung pourceau et certains chevreaux, qu'il 
vouiait abilier pour faire le festaige de Vamesse- 
ment d'une sienne fille qui estoit accouchee d'en- 
fant, laquelle devait aller le lendemain a la messe. » 
(1444.) — Messiare. (D. G.) 

N. — (Fu). Amessi, habitue\ « I fera de la belle 
ouvrage, quand i s'ra amessi ein p'tit pus. » — 
« Faudra t'y amesser. » — Se prononce : ame'ee'. 

Nous pensons qu'il doit s'ecrire aussi : am£cer, et 
non : amesser. Ce n'est pas le meme mot que celui 
d'Auverse. Dans celui-ci, la 2 e syii. est longue; au 

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34 



AMEYRANTE — AMORTI 



Fuilet, elle est brAve. V. Amaincer, Amoeer. Ce sont 
bien deux mots diflterents de sens et d'origine. 

Ameysnto, V. Ameillante. 

Amicable me nt (Mj.), adv. — Amicalement, 
amiablement, a. 1' amiable. L'angl. a Tadj. 
Amicable. 

Amlgnonner (Mj.). Amignounei (B«\), v. a. 
— Caliner, cajoler, caresser, dorloter, flatter, 
mignoter qqn. — pour en obtenir qqch. — V. 
Ramignonner, 

Et. — Douteuse. — Employe* par G. Sand. 

Amltleux (La). — Le t est dur. — Se dit 
d'un homme aui ne paralt pas aimable, mais 
qui comprend l'amitie\ cependant, et en 
6prouve vivement le sentiment. « Cet homme- 
la est vraiment bon, je vous assure, meilleur 
qu'il ne paralt a le voir ; il est vraiment amitieux, 

Amltonner (Mj.), v. a. — Amadouer. || v. 
re7. — s'amitonner, s'arranger, se mitonner. 
Ex. : Ca s'est amitonni, — TafTaire s'est arran- 
ged. || Se dit du pain qu'on laisse longtemps 
tremper dans le bouillon (une mitonn^e). — 
|| Une personne amitonnte, — envelopp^e 
chau dement Cf. Emmitouflke. 

Et. — Peut-Stre de Mitis, doux. Le chat est un 
miton. 

A m monition, s. f. — On ne prononce qu'un 
m. V. Amonition. 



Amnistie (Mj.), s. f. 
armistice. 



Employ^ pour : 



Amoeer (Tim.), v. a. — Taquiner un 
chien, Fexciter a mordre. Syn. de Aquiner 
PiUer. 

Et. — Doubl. du fr. Amorcer, de morsus ; exciter 
a mordre. 

Amodurer (Mj.), v. a. — Calmer, Amadouer 
|| Amodurky — qui a perdu sa fougue, sa 
vigueur (Zig. 145). || Domestiquer. 

Et. — Du lat. Moderare, pour : mode>er. — Cf. 
Amode>er, dans Jaubert. — Amodurer du vin, — 
j mettre de Peau. (Lapaybe.) 
— « Et au milieu de ces deux est le siege 
De deux encor que Dieu, aui tout ouvroit, 
fAmode'ra par chaud mesle* de froid. » (Makot.) 

Amolcer (Tim.), v. a. — Exciter a mordre ; 
syn. de Filler. || Taquiner, agacer un chien, 
des bStes quelconques. Syn. de Aquiner. || 
s'Amoicer, s* Amoeer, v. r£f. — S'acharner, 
au pr. et au fig. ; syn. de s'Achener. || S'en- 
tSter, — syn. de s' Amaincer, s' Amkcer. V. 
Amoeer. 

Et. — Amoicer ou Amoeer n'est qu'une forme 
adoucie du fr. Amorcer. V. pour explications 
comple'mentaires : Amaincer, Aquiner, s'Achener. 
— Le vx fr. avait Amordre, qui voulait dire : 
mordre a. Amorser serait preferable, par un s. 
(Litt.) 

AmOme, Amdml (Shs.). — Fatigue\ bon a 
rien. Cf. Abomi et EmbaumL 

Et. — Probablement de Momie, prononce" : 
mdmie, avec prosthdse de l'a. — J'ai souvent 
entendu dire : « Vas-tu rester la comme une mdmie 
d'Egypte? » 



A monition, s. f. — Tout ce qui est n6ces 
saire pour former la charge d'une arme a feu- 
— Angl. : Ammunition. Fr. : Munition. || Ag. 
Pain d'amonition, pour : de munition, pain 
de troupe. — L' amonitionnaire, Y employ^ de 
la Manutention. — D'un bossu on dit : II a un 
pain $ amonition dans le dos. 

Et. Hist. — « Amunitionner ; pourvoir une place 
des munitions n6cessaires. (Litt.) — « Amonitio, 
B. L. vivres ; le pain de munition pourrait done en 
venir : « Pour la faute du charroy qui estoit k 
Stenay et a Mouzon, ou se faisoit Vamonitian, la 
famine survint en son camp. » (Du Bellay.) — 
Sens plus general : munitions de bouche : « II feit 
partir le Seigneur de Lorges avec mille hommes. . . 
et quelque charroy de vins et autres amonitions. » 
(Id.) — « Au reste, il n'est pas trop vraisemblable 
que l'ancien mot lat. Amonitio soit Torigine d'un 
mot assez nouveau dans notre langue. On a dit 
monition pour munition, en lat. Munitio. De la le 
mot compose amonition aura sign i fie : munitions de 
guerre ; par extension, munitions de bouche, le 
pain de monition. « Le feu s'estoit mis a noz amo- 
nitions, en maniere qu'a peine avait-on pu retirer 
notre artillerie que les a flu Is ne fussent brulez. < 
(Du Bellay.) Citations de L. C. — II y a prosthese 
de Fa. 

— « Tirant Darriet, du village de la Chaumiere, 
s'imagine que e'est avec cette boue que les R6pu- 
blicains ont charge* leurs canons ; il s'e*crie, en se 
precipitant sur la route : « En avant, les gas, les 
« Bleus n'ont pus d'amounitions, li tirant avec de 
« la casse. ) (Deniau, Hist, de la V.,t I, p. 339.) 

Amont, pr^pos. — Le long de. E*. : II avait 
les bras amont li, — le long de lui, ballants, 
en parlant d'un pendu (Cht.) — (Ec.) On dit : 
de d 1 amont, oppose a aval. 

Et. Hist. — « Le vent d'amont se dit, sur les 
cdtes ou la terre est au levant, de tout vent qui 
souffle de l'un des points compris entre le N.-E. et 
le S.-E., en passant par FE. — II souffle de la mon- 
tagne. (Litt.) — Le long de, sur, contre : Amont le 
mur. 

— J'descendrons-t-i le vallon 
Ou si j'irons par amontt 

{Pastorale, Dotttn.) 

— Amont (angl. Among), au milieu de, au t-a- 
vers de, sur. Cf. Ami (amid) ; A mi les champ ; 
emmi les champs. De : en, mi, in medio. — Met .re 
qqn amont les chemins est une locution d'un fre- 

3uent usage en Normandie, qui signifie : Faban- 
onner, le laisser en proie a la mis^re. 

— « Par l'esciele (F£chelle) muntent amunt. » 

(Moesy.) 

Amont-noir (Mj.), s. m. — S'emploie dans 
Fexpression : Preune d'amont noir, vieille 
espece de prune dont le nom est, je crois, 
Prune de manoir, par corruption. V. A mas 
noir. 

Amdriilonner (s'), v. r6f. — Se ratatiner, se 
rider. Une pomme amdrillonnh, rid£e comme 
une morille, champignon plein de trous et de 
rides. || By. — Le premier o est tres long. 

Amortl (Mj.), part. pas. || s. m. — Un 
amorti. Endroit ou un obstacle arr£te le vent 
ou le courant. — Syn. de Accalmie. Ex. : Je 
vas tendre a V amorti du courant. On dit aussi : 
a Vamorti du vent. || Fu. — fiteint. « Le feu 
va s'amortir, mets-y done eine fournille. » 



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AMORTIR — AMOURETTE 



35 



Et. — Amortir, c'est : rendre comme mort. Un 
navire amorti, — £chou6 pendant la morte eau 
(reflux). Diet, ginir. — On disait jadis : Amortir 
une chandelle ; on dit encore : la tuer. « Ma chan- 
delle est morte*. « (D. C.)|| S. f. Amortie ; endroit de 
la riviere ou ii n'y a pas de courant, ou la ferce de 
l'eau est amortie. » (Jaub.) 

Amortir ° (amorqui) le coeur (Mj.), v. a. — 
Enlever Fapp6tit, aonner des nause*es, en par- 
lant de certains aliments fades, douceatres. 
Extension du sens du mot francais. 

AmortI sssnt, e (Mj., Lue), adj. verb. — 
Ecoeurant, douceatre, fade, en parlant d'un 
mets, d'une boisson. || Lourd, Jnervant, en 
parlant du temps. 

Amotelonner (z. 128), v. a. — Mettre en 
petites mottes, en mottelons. 

Et. — Inconnue. — Amotouner se dit d'une 
sauce, d'une bouillie qui forme des grumeaux. 
(Oracj.) — Amotoner, reunir en tas presse. Cf. 
Amochoner, mettre en moche (le beurre), en meule. 
(Dottin.) 

Amoueeler (Sp., Mj.), v. a. — Amonceler, 
par corruption. N. II est a remarquer qu'a 
Mj. on ne dit guere Mouceau. — A Sp. et un 
peu moins a Tim., la syll. on devient presque 
regulierement ou ; ein boun houme, eine 
boune femme ; mouceau, boutouner, etc. 

Et — Lat. : monticellus, mont' eel, moncel, 
monceau. Le peuple dit : mousseau. {Diet, ge'ne'r.) 

Amoueher (Lg.), v. a. — Disposer en tas 
ou mouche, des fagots. — Cf. Moche, de 
beurre. 

Amoneheronnt (Mj.), ad. qual. — Dont les 
pousses se developpent en touffes drues et 
rabougries, recroquevillees ; dru, serre, touffu, 
mais non vigoureux. Se dit d'une plante souf- 
frante, surtout de la vigne. Syn. de Aregriche, 
Agrichonni. 

Et. — Cf. Moucheron, bout qui charbonne dans 
la meche d'une chandelle allumee ; bout qui reste 
en ignition ,quand on vient d'6teindre une chan- 
delle. (Diet, ginir.) 

Amouff6 (Lg.), adj. qual. — Mousseux, 
couvert de mousse, envahi par la mousse. Se 
dit des murs, des arbres, des pr6s. Syn. de 
Mouffu, Moussu. || Fig. — Tres bien lev6, 
tres rebondi, dont la mie est pleine d' alveoles 
et possede 1' elasticity de la mousse. Se dit du 
pain. Syn. de Mouffu. — Meme racine que ce 
dernier mot. 

Amouir (s'). — (Cho., Br., Mj.), v. ref. — 
S'accroupir. Ex. (a un braconnier qui ne 
s'etait pas ensauvb devant le garde-champetre 
qui le poursuivait) : « Pisque t'etais pas 
vanned pourquoi que tu t'es amoui? » Syn. de 
s'Aguirouer, s' Ajoupir, s' Apouguenir, s'As- 
soutrer, s'Ecatouir. 

Et — Discutable. — Amuir, rendre muet de 
stupeur, s'amuir, perdre toute presence d'esprit. 

Hist — A tant sont mat et amui, 
A tant sont toz esvanui. » 

— « Nostre Sire gitaXun deable de cors a un 
home et si dit li Evangiles que cil deauble estoit 



muz (muet), parce qu'il avoit Tome amui, an cui 
cors il estoit. » — Cf. Emutire. (D. C.) — Le son 
mu est l'expression naturelle d'un muet qui 
s'efTorce de parler. — Amui de'signait un effet natu- 
rel de la honte, de la crainte ou de quelque autre 
passion violente : 

« Porcoi estes si amui 

Et por une fdme esbahi? » (L. C.) 

Amoulageur, Emmoulageur (Mj., Bz.), s. 
m. — Charpentier cjui travaille sp^cialement 
a la construction, a l'am^nagement et a la 
reparation des moulins. On dit le plus souvent 
charpentier amoulageur. « Nicolas Bureau, 
charptntier amoulageur ala Boissiniere. »(Fu.) 

Et. Hist. — Ce mot renferme la racine Moul, qui 
se retrouve dans le fran5ais Moulin. — Amouler, — 
passer sur a memle, aiguiser, affiler. (Lnr.) — 
« Jacques Barbot, charpentier emmoulageur. » 
(1743, Inv. Arch., E, m, 410, 1.) 

Amouneter (Tim.), v. a. — R6primander, 
chapitrer, admonester, semoncer. Syn. de 
Moriginer. 

Et. — Ce vieux mot patois est un doublet re- 
marq viable par sa forme vraiment francaise du 
vocable savant Admonester. — L'ancien francais 
avait Amonester, L. popul. : Admonestare, dont le 
radical Monest, qui semble se rattacher a Monitus, 
n'est pas encore expliqud. 

Amour (mal d') (partout). — Mai de dents. 
« C'est ein mal qui n'est point plaint », dit 
notre proverbe. || Fu. — Faire 1' amour \ — 
faire sa cour. 

Amouracher (s') (Mj.), v. ref. — Cite* pour 
sa prononciation. Cf. Caresser. Se dit des per- 
sonnes. Cf. Amoure, pour les animaux. 

Amonre (By.). — Se dit des animaux. 

Ex. : Mon canard noir pochon blanc est amoure" 
avec la cane burelle au gars Boeriau (Gabriel) ; le 
canard clar, ou gare, au gas Thureau (Mathurin) est 
amoure" avec ma cane ecan-corlettee (ecan, couleur 
d'un gris un peu fonc6 ; corlettee, collerettde). 
Ainsi parle un cnasseur pour indiquer qu'il ne peut 
pas s'en servir comme d'appelants. — Burelle, — 
gris presque noir. 

Amour en cage, s. m. — Coqueret alke- 
kenge (Bat.). 

Hist — « Bientdt, M. Maldonne fut distrait par 
la vue d'un massif d'alk^kenges, dont on n'avait 
pas re'eoltd les fruits. lis pendaient, comme des 
oranges minuscules, luisant a travers Penveloppe 
fletrie, use"e, de'eoupe'e a jour, qui leur vaut, parmi 
le peuple, le joli nom d'amour en cage. M. Maldonne 
les aim ait beaucoup. — Des coquerets, dit-il, et on 
ne les a pas cueillis ! » — (R. Bazin, La sarcelle 
bleue.) 

Amourette- (Mj., Ec), s. f. — Nom du 
petit lychnis rose des prairies. Syn. de Daniel. 
|| Fu. Parfois nom de lieu. Montigne-sur- 
Moine, bords de la Moine. V. Folk Lore, XI a. 

N. — Petite caryophyllee commune dans les pres, 
sorte d'ceillet sauvage portant deux fleurs roses a 
cinq petales tres decoup^s. — Cette plante est 
toute difT^rente de celle que Ton appelle de ce nom 
en frangais et qui est la graminee designee dans 
notre patois sous les appellations de Gentil-branle, 
Zyeux de pardrix. 



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36 



AMOUREUX — ANCHE 



Amonrenx (Sp.), s. m. — AraignSe a 
grandes pattes appetee a Mj. : vieille. — Fau- 
cheux. 

N. — Le comte Jaubert dit gu'on l'appelle 
ainsi parce qu'on l'emploie dans la divination. 

Amoustlller (Sp.), v. a. — fimoustiller. 

Et. — E, Moustille, saveur piquante d'un 
liquide. De mout, moust? (Diet. ge'ntr.) — « II 
semble que frere Jean, aprds avoir demands a 
manger des chataignes r6ties avec du vin doux, en 
lat. m us turn, reproche aux autres convives leur 
repugnance a boire du mout, lorsqu'il dit : Or ca, a 
boyre, a boyre 9a. Apporte le fruict. Ce sont chas- 
taignes du bois d'Estrocs, avecques bon vin 
noveau. . . Vous n'estes encores ceans amoustillez... 
(Rab.,i, 40.) 

Amoyer, v. n. — Pour Amouiller. V. Ameil- 
ler (SegrS). 

Amphlbie (Ag.), s. m. — Employe" comme 
terme de m^pris, sans que Ton sache souvent 
le vrai sens du mot, uniquement a cause de 
son 6trangete\ II sonne comme une injure. Le 
peuple emploie de . meme Catachrese : 
« Vieille catachrdse \ » 

Et. — Du grec : Vie double. — Se dit d'un 
homme qui prof esse tour a tour des sentiments 
contraires. (Litt.) 

Amphrlble (Lg.). — Corrupt, du pr6c6dent. 

Ampignon (Sar.), s. m. — Le dard d'une 
abeille, d'une guepe. 

N. — Peut-etre pour .: hampillon. dimin. de 
hampe. Du lat. hasta, devenu hanste. 

Ampis (d') (Lpz.), pr6pos., adv. — Depuis 
(Zig. 146). — Mieux : d'empis. 

Ampnter. — Dans cette locution : Le 
diable m'ampue. 

Et. — « Penser, e'est compter (putare, repu- 
tare) ; d'ou calculer : putare rationes, apurer des 
comptes. Putare, purum facere, disent Vabron et 
Festus. C'etait l'expression consacree pour 1'emon- 
dage des arbres et des vignes ; putare vitem, 
arbores. Ge mot, en son sens propre, s'est conserve 
en vx fr. : poder, pouer a pouer et tailler la vigne », 
chez Olivier db Skrres. Michel Brkal, La Si- 
mantique, p. 137. — Cette forme expliquerait 
Ampue, pour Ampute. 

Amnlonner (Mj.), v. a. — Disposer en 
meules, en tas, en mulons. 

Hist. — « Le suppliant cueilloit et amulonnoit 
foin. » (1387.) — Et les doivent fener et amulon- 
ner. (1406, God.) 

Amflrgner (s') (Lg.), v. r6f. — Se gtter, se 
blottir. || S'accroupir, se replier sur soi-me^me. 
— Syn. de : se Gitrer, se Motler, se Boumir, 
s'Amouir, s' Apouguenir t etc. 

Amuse(Mj.), s. f. — Amusement, amusette. 
Circonstance qui retarde. Ex. : T'as done 
trouve* de V amuse? — Syn. de Accote. — 
Amuse-btgaud, s. m. et f., — amusette 
indigne d'un homme serieux. V. Btgaud. 
Et. — A et Muser. 

Amassment (Lg.), adv. — En s'amusant, 
sans peine. Ex. : J'ai fait ca ben amusimenu 



A muser (Mj.), v. a. — Amuser le temps, — 
perdre ou faire perdre le temps. || A Lu6, dans 
le sens de Muser. — On dit correctement : 
Amuser la tristesse, la douleur. || Fu. — 
Perdre son temps : Tamuse done point en 
route. » 

Et. — La moins mauvaise est : a et muser. Muser, 
e'est tenir le museau tourne et fiche a qqn, ecouter 
le nez en 1'ajf . Le verbe s'amuser, admuser, peint 
assez plaisamment la stupide attention d'une popu- 
lace immobile autour d'un charlatan qu'elle 
ecoute : 

< Bien sont foulz de la se estre admusez 
Sans qu'il leur dist la maniere de user 
De la pouldre quelle il leur a vendue. » 
(Faifcu, p. 50, L. C. 

Amntiner (s') (Mj.), v. r^f. — S'entSter. ,! 
Se mutiner, se rebeller. 

Et. — Mutin, pour : meutin, muetin, derive de 
meute (cf. muette), au sens ancien de : emeute. Tire 
de : emouvoir. — Hist. « Ay ant faute d'argent pour 
contenter et payer ses soldats, m€me les lansque- 
netz amutinez. » (Brantome.) God. 

A my dale (Mj.), s. f. — Amygdale. 

Aneelee (Pell.), s. f. — Sorte de grosse che- 
nille qui passe pour Stre venimeuse. — Cf. 
Cru. || Ec. Elle vit surtout surla pommede 
terre. Elle donne comme papillon le gros 
sphinx tdte de mort (ainsi dit du dessin qui 
orne son corselet). La nuit, dans un apparte- 
ment, ce papillon, avec son vol lourd et bour- 
donnant, fait entendre un cri comme une 
plainte qui a qqch. de lugubre. Aussi a-t-il 
toujours 6te* considere* comme un animal de 
mauvais augxure et sa presence a inspire une 
veritable crainte chez les paysans. — || Fu. — 
Se dit aussi : 6rancel6e, 6rancelle. 

Anc^tre (Lg.), s. m. — Espece. Ex. : C'est 
des vrais bons pois ; y a sept a huit ans que 
j'ai cet ancetre-\h. — Syn. de Orine. 

Anche (Mj., Ssl.), s. f. — Tuyau par ou le 
vin s'6eoule du pressoir. || Lg. Tuyau cylin- 
drique ou demi-cylindrique, que Ton fixe 
dans le bourdonneau d'une panne pour faire 
6couler le lessi. Syn. de Quenelle. || Fu. Se dit 
uniquement de Vanche du pressoir par ou 
s'6coule le vin doux dans la cuve. La cannelle 
se met a la barrique. « Tourne done le jau » 
— ferme done la auenelle. — Un simple trou 
ferm6 d'une fine cneville s'appelleunrfouzt/la 
cheville s'appelle un fossk (fausset, fauss^). — 
« Je t'ach^te tout ton vin pris a Vanche. » 

Et. et Hist. — Aha. Ancha, jambe, tibia, d'ou le 
francais : Anche, avec le sens do : tuyau. — Pro- 
vincialisme : tirer du vin par Vanche ; — dites : par 
la cannelle. (Lrrr.) — Cf. Dousi. — Anche etAn- 
cheau se disaient jadis pour la cuve elle-ra£me; | 
alors, par synecdoche, la partie pour le tout — 
Sorte de canal ou demi-cylindre en bois ou en idle 
qui met le cuvier de la lessive en communication 
avec la chaudidre ; quelquefois, un canon de fusil 
(Jaub.) — « Beaucoup de vin de moyenne qualite ; 
...24 livres la pipe, la goutte, bien entendu, k 
Vouche, 36 et 40 quelque temps apres. (Inv. Arch., 
E, n, 195, 2.) — « On ne nous epargna pas aussi le 
hideux spectacle d'une guillotine ambulant*, de> 



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ANCHENEAU — ANGE 



37 



gouttante de sang, qu'on affectait de faire circuler 
au milieu de nous, avec un panier gluant de sang, 
com me un panier de vendange qu'on met sous 
Yanche d'un pressoir. » (Cit6 par M. l'abbe Bre- 
TAUDBAU, p. 139.) — V. Ancheneau. 

Anchenean (Mj.), s. m. — Tuyau ou demi" 
tuyau par ou le mout s'6coule du pressoir. 
V. Anche. ' 

Hist. — Une petite riviere voisine, dans ia I^oire- 
Inferieure, s'appelle l'Acheneau ; c'est le deversoir 
du lac de Grandlieu. Ce nom ne serait-il point une 
corruption de Ancheneaul (R. O.) — « Avec les 
gouttieres qui issoient hors la muraille. . . ou finis- 
soient en grands escheneaux qui tous conduisoient 
en la riviere par dessous le logis. » (Rab., G., i, 
53, 99.) 

Anchtre (Sar., Bz.), s. f. — Le bati de 
maconnerie sur lequel reposait Tancien pres- 
soir, non portatif et d^placable comme il Test 
maintenant. II 6tait muni d'un rebord ou 
coulait le vin qui, par une anche, se rSpandait 
ensuite dans un recipient, souvent un trou 
creuse* dans le tuf et cimente\ — Tirer le vin 
a ranchlre. V. Anche. 

Aneien (Mj.), adj. qual. ou s. m. — Vieux. 
« II 6tait d6ja aneien quand il est mort. » || 
Ein horn me aneien, — &ge\ || V aneien temps, 
— le vieux temps, le temps jadis. Ex. : Dans 
Yancien temps ils voyaient toujours toute 
espece de chouses ! || Fu. — « Nous anciens », 
nos vieux parents. — « C'est du bien de nous 
anciens, j'voulons point l'vendre. » 

Et. — B. L. Antianus, de Ante, avant. 

Aneiennete' (d') (Lg.) — Depuis tres long- 
temps. Ex. : Ils ont cete* bien la d'anciennetL 

Ancioax (Sar.), adj. qual. — Gai. 

Anere (a V) (Lg.), loc. adv. — Au d^pourvu. 
Ex. : Je s£ a t anere de pansion. — Syn. de : 
a Cure-oques, a Pain-querre. 

Anerean (Mj.), s. m. — Verveux, engin de 
peche en filet, soutenu par des cerceaux que 
Ton fixe a demeure au fond de l'eau. Une 
large ouverture en entonnoir est b^ante en 
aval et conduit le poisson qui s'y engage dans 
une sorte de poche d'ou il ne peut plus sortir. 
!i Ec. Cest une poche dans l'epervier, le 
chalut — Le cut de Fancreau est ferm6 par 
une garde (Loire), ou par deux gardes (ri- 
vieres), laissant entre elles un espace mi-clos 
dit : entre-les-gardes. — Cf. Coyaux (coi-iaux), 
dlongs cordes pour le monter), — hart, 
enlernes (en trofine), terzilles (bois pour le 
maintenir). V. Terzelles. 

Et. — Der. du fr. Anere, parce que l'appareil est 
pour ainsi dire anere dans le cours d'eau. — Se dit 
aussi Ancroc (Lu£). Serait alors : fixe" par un croc, et 
devrait prendre un E initial. 

Anerer <s'), v. r6f. — S'entSter. — Ancrer 
son attention, son esprit, son coeur a un objet, 
e'est s'y arr£ter, l'y fixer. 

Hist. — « Cil qui s'entencion 
Avoit flchie et aencrie 
En la Seinte Virge sagree. » (L. C.) 



Andllle (Mj.), s. f. — Mauvaise prononcia- 
tion de Anguille. On dit de m£me Trantille, 
pour : tranquille. || Fu. — Cravate mince et 
6troite en forme d'anguille. 

Andouille, s. f. — Au propre, syn. de Ange- 
de-cheminke. ]| Fig. — Grand niais. Dans ce 
cas on dit souvent :. Andouille ficelle, pour 
renche>ir. Cf. Ane bate\ 

Et. Hist. — Personne sans 6nergie, aussi molle 

3u'une andouille. (Lor. Labchey.) — Une an- 
ouille n'est pas molle ! (A. V.) — II y a dans 
Rabelais un saint de ce nom. (G., I, 17.) — Un 
hommo tres grand, trds maigre s'appelle qcjf. un 
grand dependeur d'andouilles. Comme celles-ci 
sont souvent suspendues au plafond, il faut, en 
effet, une belle taille pour les aveindre par ses 
propres moyens. — Litt. et le Diet. gtn. font venir 
ce mot de Inductilis, du v. Inducere, Ducere 
(introduire la viande) in (dans le boyau.) — Ce n'est 
pas l'avis de P. Malvezin : « Racine celtique and, 
aupres, autour, contre, sur, vers. Explique la pre- 
miere partie de andouille, gros intestin, grosse 
douille (en terme de charcuterie, la douille est le 
canal qui conduit les aliments de la bouche a l'estp- 
mac), mot venu d'un precedent * andogilla (g dur), 
de an, pour and, et de * dogilla, diminutif de doga, 
conduit, et non d'un lat. hypoth^tique * inductile, 
avance par Darmesteteb, lequel latin, d'ailleurs, 
ne serait jamais devenu populaire. 

Andoailler (Sp.), v. a. — Mauvaise pronon- 
ciat. de Ondoyer. — Lat. Unda. 

Andrlen (Mj.), s. m. — Adrien. A vieilli. 
Confusion avec Andre*. Syn. de Dirien, 

Hist. ' — « Donn6 et fait en nostre manoir de 
Saint-Oyn empres Paris, le mardi apres la saint 
Andrlen, apostre. » (1315.) — N. II s'agit bien de 
saint Andre\ (fnv. Arch., G., p. 164, 2.) — Cf. 
VAndrienne de Terence. 

Ane, s. m. et f. — Cf. B our din, Ministre. 
N. Ce nom est souvent fait du fe*m., sans 
acception du sexe. Ex. : II avait eine petite 
dne sus sa bagnole. || s. m. Che valet 4 tra- 
vailler les douelles. — Littrb donne le sens 
de : 6tau. 

N. — S'explique par ia forme du chevalet sur 
lequel l'ouvrier monte a ane ; ou plutdt parce qu'il 
s'ouvre comme la machoire de l'animal. 

Proverbes innombrables. — Manger du pain 
a Vane, — vivre en faineant. En parlant d'un 
homme laborieux, actif : £a n'est pas du pain k 
l'ane qu'il mange ! || Mj. — Lg. — Faire Vdne pour 
avoir du son, — faire la bfite dans un but int6ress6, 
faire l'hypocrite pour se faire bien venir de quel- 
qu'un. || Hester en figure d'&ne,' — rester deconte- 
nanc6, deconfit, etc., etc. 

Anemie (Mj.), adj. qual. — Employe pour : 
an£mie\ anemique. Cf. Asme. 

Anet (Lg.), adv. — Aujourd'hui. Doubl, 
etsyn. de Anuit, Enhuit. Cf. Net, MineU 
Mot vieilli. 

Anetter (Q., Zig. 171), v. a. — Buvotter, 
mettre une bouteille a net 

Angsneiel (Chi.) — Pour : Arc-en-ciel. Cf. 
Argancier. 

Ange (Mj.), s. m. — Lit a Tange, — lit tres 
eleve, jadis exclusivement en usage dans nos 



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38 



ANGELOT' - ANICLER 



campagnes. On n'en voit plus guere aujour- 
d'hui V. Bateau. \\ Qqf. ange est du fern, a II 
est comme eine petite ange. \\ Ange-de-chemi- 
nie. V. Andouille. 

N. — Le nom du lit lui vient de ce qu'il est sans 
colonnes et a rideaux releves, figurant des ailes. 

Angelot', (Mj.), s. m. — Enfant que Ton 
habille de blanc pour figurer dans une proces- 
sion, et qui jette des fleurs devant le dais 
(Fu.), id. ' 

Hist. — Un jeune paige... tant bieri testonne, 
tant bien tire, tant bien epoussete, tant honneste 
en son maintien, que trop mieux ressembloit 
quelque petit angelot qu'un homme. » (Rab., G., 
i,15.) 

Ange Tine. — Voir aussi ce mot et Angeine 
au Folk -Lore. — Angevine, prononce* 
dans tout le Choletais Anjuine, parait 
bien etre particulier a l'Anjou (Fu). C'6tait, 
c'est encore une date commerciale, une 
6ch6ance. Le sanctuajre de Notre-Dame 
V Anjuine eHait le Marillais. — La meme fele 
en Poitou s'appelle « La Bonne Dame ». || Ec. 
Notre-Dame £ Anjuine, dans le nord d' An- 
gers. La fete, la foire de V Anjuine, ou il se 
vend une sp£cialite\ 

N. — Ne dites pas : Une Angevine couenneuse, 
mais : une angine couenneuse. (A. V.) 

Hist. — « G'est a luy (Mgr saint Maurille) fut 
divinement revile la feste de la Nativite deNostre- 
Dame devoir estre en septembre, 8° jour, celebree; 
parquoy la dicte feste de la Nativite print son nom 
de Langevine, combien que aucuns alleguent 
d'autres raisons. » (J. de Bourd., Chroniq., 17*.) 
— Monnaie ; cens annuel. L'opinion de Du Canoe 
est que la fete de la Nativite de la Vierge a ete 
nommee Angevine, parce qu'en Anjou le payement 
des cens et rentes, le payement de Y Angevine se fait 
ordinairement le jour de cette fete. » (Cite par 
La Curne.) — « U Angevine vaut 120 livres en 
evangiles et frairie. Cette annee, je recus 104 me- 
sures pendant l'octave et le jour de la feste ; la 
depense me couta 65 livres en tout. » Behuard. 
(/ne. Arch.,ll, E. 8,315, 1.) 

Anglose, adj. qual. — Pour : Angleux, se. 
Se dit d'une noix qui s'ouvre mal et se fend 
par eVJats. L'amande, enchass6e dans des 
angles, des coins, est difficile a extraire. — 
Fr. : Anguleux. || Ec. On dit : Eine noix 
anglouse, ou tres long. 

Angon (Br.), s. m. — Sorte de charrue. — 
L'angon laisse une rigole plus profonde que 
la raise, pour assainir un terrain cassif. — 
Sans doute le Huau ou Vau. 

Anguenas (Fe), s. m. — Embarras. — II y 
a de Vanguenas, — les choses ne vont pas 
toutes seules. — Peut-elre du vx fr. Engei- 
gner? Devrait alors s'6crire par un E. 

Anguille, s. f. — Prononcez Andille. — 
Mouchoir route en forme de serpent ou d'an- 
guille, avec lequel les enfants se donnent des 
coups en jouant. — Se trouve dans Litt. et 
le Diet. gen. || Anguillettes, diminutif. || Ec. 
La peau d'anguille servait a attacher le flau 
(fliau) a son manche pour les batteries, avant 



les batteuses mecaniques. || AnguUle de haie, 

— vipere. || Y a anguiUe sous roche, qq. 
secret. 

N. — La peau d'anguille servait a fouetter les 
enfants, nous dit Isidore. (Litt.) 

Angnlr (Sar.), v. a. — Faire anguir un nid, 

— en faire fuir la mere pour tout a fait V. 
Aillir, Hadir. 

Angu9tle\ adj. qual. — Etroit 
Hist. — « Tous endroits plus ou moins angus- 
ties. » (Nouvelles archkol. ; cite par M. 1'abbe Bre- 

TAUDEAU.) 

Anhnlt' (partout), adv. — Aujourd'hui, et 
non pas : cette nuit. — Le breton emploie au 
meme sens Hinihue, Hirihue, Hidihue 
(R. O.). — V. Enhuit, Anuit. \\ D'anhuit en 
jours, — dans qqs jours. || Ec. — Au S. O., 
aux bords de la Loire, surtout, on fait sentir 
un t final dans un grand nombre de mots qui 
n'en ont pas : icit\ enhuit'. Au N. E., e'est le 
contraire : anhui, ici, e'est un fai (fait), 
d'meshui. — On dit cependant : d'anhuit' en 
huit. — Bords de la Mayenne : d'mes'hS. 

Et. Hist. — Littre, v° Anuiter : « Anuit, qui 
signiflait : cette nuit, etait un excellent mot, encore 
usite dans qqs provinces. «» N. Forme de A^ Hodie 
(n euphonique), c*est le hui de : aujourd'hui, avec 
addition de t sonore. Done, cela ne sign i fie pas : 
cette nuit. (A. V.) — Rappelle la maniere de comp- 
ter des Gaulois. (Daguet.) — Non. 

— « Aneut a moy, demain a toi. 
Anct amy, demain ennemy. 
Anil en chere, demain en biere. 
Inet roy, demain rin. 
(Vieux proverbes. Cit6s par Favre.) 
— « Car nos non son certain 

Si la mort nos penra o ennui o demain. » 
{Poeme vaudois du XV 9 «., Eveille,) 

Aniantefr (Mj., Spg.), Aniantir (Lve), v. a. 

— Rendre faineant. De n6ant. — Corrupt 
de Aniantir, dans un sens special. Syn. de 
Afainianter, Avesser, Aladrer, Acaignarder, 
Acaigner, Haquenir. 

Anieer (Sp.), v. a. -— Amollir. Syn. de 
Haquenir, Arosser. \\ Abrutir. Ex. : V sont 
anich par la mis^re. || Fu. — Rendre nice, 
rendre difficile. « Assaie done a ou (cela, le) 
faire ! — Nenni, ou-l-est trop nice. » — « idon 
p'tit gas fait qu'braillei, il e nice comme eine 
poche^e. » — « Va done, bouguer' de nice 
poche ! » V. Anicler. 

Et. — Der. du fr. Nice. — La Curne dit : 
Anicher, Anieer, — mettre au nid. — (Alors, par 
extension, dorloter comme dans un nid? A. V.) 

Anicler Aniqueler (Sa., Bn.), v. a, — 
finerver, amollir, rendre paresseux. — Syn. 
de Anianter, Anieer, Aniantir, Aladrer, etc 
V. Anianter. \\ Anicle\ — Gasanier (By). 
Est-il tout de meme anicle, la ! jamais on ne 
le voit sortir de chez lui ! » — S?anicler. |j 
Semble un diminut de Anieer. 

Et. — On disait jadis : Adnichiler, en aspirant 
fortement l'h et prononcant le ch. — On trouve 
dans Marot : anichiler, reduire a rien, ad, nihil. — 
« Anicte se dit du ble dont les grains sont re traits, 
reduits a rien. » (Jaub.) -^ ■ S'anic/er, perdre ses 



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ANILLE — ANTIQUE 



39 



forces, s'abattre, s'abandonner, s'endormir sur la 
besogne, se ramasser au coin du feu, se blottir. » — 
A rapprocher, par curiosity, de l'argot moderne : 
Avoir les pieds nickel 6s : J'ai les pieds nickeles, 

— je ne marche pas. 

Anflle (Av., Segr., Ec, Mj., Lu6), s. f. — 
Manivelle adapted a un volant, a un arbre de 
couche, d'une tarare, d'un hache-paille, etc., 
pour tourner a bras d'homme. || Anille de 
puits. || Fer de moulin, mis autour des 
moyeux pour les fortifier. || Sar., Doue\ — 
Anilles, — b^quilles. « II marche avec des 
anilles. |) Bras de rouet, petit treuil. || Poi- 
gn6es du gournas, ou gourneau. — Syn. de 
Brassail. 

E. — « Anc. fr. Aneille ; lat. popul. : anaticula 
(D. C), petit canard, puis son bee seulement, puis 
tout objet de cette forme, bee de cane, bequilte. « 
{Dirt, gin.) — « Baton de vieille ou de vieillard. En 
latin : anilis (anus, vieille femme ; etymol. tout 
autre). Renvoie a Menage. (L. C.) — « S'aneyer, 
vieillir, se vouter, marcher avec des anilles. » 
(Dorr.) 

Anis (Mj.), s. m. Anis. L'a est tres long. 

Annee (Mj.), s. f. — Prononcez An-ne> ; 
an, tres nasal. .« Y en a comme par la bonne 
ann6e, — il y en a a foison. || A longue d'annte 

— toute 1' annee. (Zig. 131). || Pour : annuit, 

— aujourd'hui (Segr.). — Alors il faut 6crire 
Annet. || R£colte annuelle, revenu d'une 
ferme, d'une propria pendant une ann6e. 
Ex. : J'arons eine boune demi-annee. Maniere 
de parler des paysans qui ne veulent jamais 
avouer que 1'annSe sera bonne (Dott.). — || 
Prendre ses annies, — avoir sa date de nais- 
sance. Ex. : A prend ses anntes au mois de 
juun." || Proverbes : En 1615, Vannke des 
gran des eaux ; en 1661, chere annee ;en 1599, 
annee vineuse. — Ann6e de vins, deux ann6es 
seches, disent les vignerons (Men.). 

N. — Ec. — Sur les bords de la I^oire, la ou Ton 
a qu — I, par ex. : Vanqute oppose de menqui 
(quand on ne veut pas dire la verity, mais ne pas 
mentir non plus, on dit : vanquie, peut-etre ; ce 
n'est ni oui, ni non), la on prononce An-nee. Au 
N.-E., on dit : a-n6e, a bref. — De meme pour an- 
niraal, an-nivarsaire. — (Van tiers est pour : 
v'lontiers.) 

Annelier, adj. qual. — Se dit dans le pro- 
verbe : F6vrier annelier. — Dans ce mois les 
manages sont nombreux. 

Et. Hist. — De Anneau, jadis Anel. — « Ou Ton 
voit des anneaux, qui porte des anneaux. — Le 
quart (doigt) est appel6 annelier pour ce qu'on met 
les anneaux par coustume en cestuy doigt. » (God.) 

Cf. Gamelion. — Mois du calendrier ath^nien qui 
fut d'abord le premier et qui devint ensuite le 
septieme ; il correspondait a partie de Janvier et de 
fevrier. — En grec : Gamelion, de Gamelioc, qui a 
rapport au manage, de Gamoc, mariage ; ainsi dit 
parce que la plupart des manages se faisaient en ce 
mois. (Lrrr.) On voit la concordance, au moins 
curieuse. 

Annimsl (Mj.), s. m. — Prononcer An-ni- 
mal, an nasal. 

Annlmau (Mj., Lg., Tim.), s. m. — Animal. 
*— Prononcei An-mmau (voir note a Annie), 



Forme vieillie, surtout a Mj., ou on ne Fem- 
ploie plus guere qu'en plaisantant, dans la 
locut. : Queun animau vart ! — quel diable, 
quelle bSte enraged. — Cf. Jaub., citation. 

Anombrer (Tim., Mj.), v. n. — Faire 
nombre. Ex. : Des bonhommes comme ca 
dans le conseil, ca ne sart qu'a anombrer. 

Et. Hist. — Lat. Annumerare, assembler des 
nombres. — « Sathanas... enticha David qui il 
feist anumbrer ces de Israel. » — C'est le d6nom- 
brement. (L. C.) — Enume>er : 

— « Nul ne savereit aconter 
Ne les miracles anombrer J 
Que deus i fait. » 
{Vie de saint Thomas de Canterbury, v. 1291/L. C.) 

Anote (Ec), s. f. — Plante. Est-ce la joua- 
nette? (Une petite ombellifere des prairies, 
Tcenanthe, je crois). Son tubercule est bon, 
quand il est assaisonni (mur), avec son petit 
gout de noisette. 

N. — R. O. ne connalt pas ce mot. « Je remarque 
la resscmblance de ce mot avec Abernote, qui est 
aussi une plante a tubercules ; mais je n'en 
conclus pas que ce soit la meme. Je suis m3me per- 
suade du contraire, s'il s'agit d'une ombellifere 
Jaubert donne : Anottes, gesse tubereuse, c.-a.d. 
la plante appelee a Mj. Jognerote, qui est une legu- 
mineuse (Gesse tub?rense, lathyrus tuberosus ; 
vulgairement Mitrouillet, jagnerote (Batard.), et 
non une ombellifere. — Le correspondent d'Ec. se 
demande si son Anote ne serai t point la Jouanette, 
petite ombellifere des prairies (sans doute celle qui 
est appelee a Mj. Pavereau), qui, d'apres lui, serait 
une oenanthe. Peut-etre, en tout cas, ce ne serait 
pas l'cenanthe safran£, celui qui est appele P&pi ou 
Pain-feu. 

Anougulere (Pell.), adj. qual. Syn. de 
NoguUre. 

Anqnlller, Enq oilier. — D'ou vient ce mot? 
Ec. — On anquille son pardessus par dessus 
son petit veston, et on a Tair habilte. 

Ansee (Po), s. f. — Une oie. 

Et. Hist. — Lat. Anser. — « Un lict a triple 
couche de plume anserine. » (Rab., C, 20.) 

Ante, s. f. — Se disait pour : tante, d'apres 
Tabb6 Corblet (Men.). 

Et. Hist. — Lat. Amita (ma ante, ta ante, sa 
ante ; ta ante a donne : tante ; comme m'amie, mon 
amie, a donn6 : ma mie, etc.) — Angl. Aunt. 
— « II eut un oncle limosin 

Qui fut frere de sa belle ante. » 
Farce de Pathelin.) 

Anteehrisse (Mj.), s. m. — Antichrist. 
(Variantes : Antecriz, Andecris, Entrecriz — 
dans God.) 

Anthrsc (Lg.), s. m. — Anthrax. 

Hist. — Un anthrac, vulgairement dit un clou 
(God.) 

Anti mane her (Segr.), v. a. — Arranger 
difficilement une chose mal commencee ; 
tenir des propos diffus. || Fu. Emmeler. 
J'sais pas comment qu'ou-l-est entimanchk 
(Ecrit par un E initial, comme Emmancher). 

Antique (d') (Lg.), loc. adv. — Du temps 
jadis, V. Leutin au Folk-Lore, IX. 



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40 



ANTISSER — APARCfiVANCE 



Antisser (Bf.),v. a. — Exciter qqn. || Ec. 
Anticher ou Enticher. 

Anueher (Segr.), v. a. — Bredasser.* Que 
nous anuches-tu la? — que dis-tu? (Men.) 

(Favrb) Lire tres mal, ne pouvoir pas dechiffrer 
ce qu'on lit. 

Anult, Ennuit (Pai'tout). — V. Anhuit 
que cet article complete. — Au jour d' anuit, 
au joui d' aujourd'hui, a notre 6poque. || Fu. 
Anuit, et, plus vieux : Ane y aujourd'hui. 
Au Fuilet, le t final n'est pas sonore, excepte* 
dans l'expression d'anhuit' en huit, d'anhuit' 
en quinze. || Syn. et doubl. de Anet. 

Et. Hist. — « Les Gaulois ne comptaient pas par 
les jours, ma is par les nuits. Voila pourquoi les 
paysans et le peuple disent encore a-nuit, d'a-nuit 
en huit, pour dire : aujourd'hui, d'aujourd'hui en 
huit. (J. B. — R. h., i, 33.) — N. J'ai tenu a citer 
cette opinion de Bodin, mais je ne la partage pas. 
Si elle etait fondee, comment se ferait-il aue nos 
Bretons, ces survivants directs des Celtes, si 
fideles aux coutumes ancestrales, ne comptent pas 
par nuits 7 Comment expliquer leur mot Hinihue 
ou Hiniwe, qui signifie precisement : aujourd'hui, 
et qui n'a pas de rapport avec la nuit? N'est-il 
pas plus logique de voir dans ce mot ou bien 1'ori- 
gine ouVbien une corruption de notre vocable 
Anuit, anhuit, enhuit? (R. O.) — « On a pretendu 
que les Allemands, les Francs, les Oaulois comptant 
par nuits (preuves nombreuses), ce mot venait de : 
hac nocle. Non, mais de in, hodie, en hui, anuit. De 
hodie nous avons fait huy, qui est encore en usage 
dans le Palais, ou Ton dit : dans huy, pour : dans ce 
jour, qui est la m£me chose que aujourd'huy, au 
jour de huy. On dit : in hodie, comme on dit : in 
de mane, dont nous avons fait en demain, puis 
Uendemain, puis lendemain, en incorporant l'article 
au mot. » (Lor. Larchey.) — On retrouve ce 
double sens de jour et de nuit : 

— « Hui ont eu male journee, 
Anuit aront male vespree. » (L. C.\ 

— « II s'en vint a lui tout joyeulx 
A celle fin de le tromper, 

En disant : Moh voisin, je veux 
Vous donner annuyt a souper. » 
(Villon, La Repue du Pelletier. — Jaub.) 
N. — Par curiosite, je cite ces variantes du mot : 
Annuit, anuyt, anuict, annuict, annuyt, anhuy, 
enuit, ennuit, ennuyt, henuit, enhuy, enoit, ennoit, 
enut, eneut, anheux. — « Ce que tu peux faire 
annuit, n'attends pas au lendemain. » (Monluc, 
Comm., I, 128. — God.) Cet exemple est-il assez 
concluant? 

— « Encore aujourd'hui, nos paysans pro- 
noncent souvent : en huit, ajoutant un t eupho- 
nique, comme ennuit, et faisant sonner le t, ce qui 
a fait croire qu'ils voulaient dire : en la nuit, par 
suite de I'usage, qu'on a pretendu avoir existe cnez 
les Oaulois, de compter le temps non par jours, 
mais par nuits. . . II ne faudrait pas cpnfondre En 
nuitet A nuit, de nuit, ou cette nuit, avec enhui. — 
Selon M. Rathkry, annuit, anuit ont ete employes 
souvent dans le sens de : aujourd'hui, sans que 
I'idee de nuit intervint. II en est toujours ainsi 
dans l'Anjou. 

— a Ma fiUe Anne, dep£chez-vous, 
Si serez au temple menee ; 

A Joachim vous ai menee 
Qui ennuit vous epousera. » 

(Wace, De la Conception. — Jaub.) 

— « En hui, aujourd'hui ; comme on dit : d'hui 
en un an. — « Recommandez-vous a lui, et vous y 
serez en hui. » (Bon. des Pebiers, Conte 50. — Id.) 



— « Mais il me tome a grant anui 
Qu'anuit nos somes oblte 

Que nos n'avons mie son6 

As vespres, ne a la vigile. » (Renart, 21, 493.) 

— « Le temps est noir en diable, a nuit, et la 
rue pleine de gadoue. » (La scene a lieu vers midi 

— Hist, du vx temps, p. 391.) 

J'ai cru devoir donner ce developpement a 
l'explication d'un mot des plus usites, tres curieux, 
et dont l'etymologie est souvent contestee. Le 
lecteur, j'ose le croire, n'hesitera plus. 

An vain (Segr.), s. m. — Petit reptile inof- 
fensif qui se brise facilement. — Cest TOrvet. 

— Dans quelques provinces on Tappelle 
Anoail, sans doute a cause de la petitesse de 
ses yeux. || Ec. : Anvrain (orvet, serpent de 
verre). || Syn. et doubl. de Envrun, Envrogne. 
Sourd, salamandre? — On connait le pro- 
verbe : 

Si anvrain voyait 
Et sourd entendait, 
Jamais homin' vivrait. 

Aoir (Lms.), — Z. 196. — Avoir. 

Aonillage, s. m. — Ouillage. Voir le sui- 
vant : 

Aoniller, v. a. — Ouiller. — On dit, a Ec., 
Avouiller, puis : ravouillet. Par ext : a Le pot 
au feu qui a 6te* ravouiM ne vaut gu&re. » — 
J'en suis ravouiM. » 

Et. — « Ouiller, pour : aouiller, aoiller, compost 
de A, (Eil, sous sa forme atone ; proprement : rem- 
plir jusqu'a l'ocil (la bonde) un tonneau k mesure 
qu'il se vide par evaporation. » (Diet, gen.) — 
La Curne donne la mSme explication pour : oeiller. 
II ajoute : I^e compost : aouiller vient peut-etre 
d'adoliare, fait sur dolium (barrique), comme 
Entonner a et6 fait sur Tonne. Ulpien donne la 
f orme Doliare. (Note de l'Editeur.) — Aceiller, 
aoillier, — jouer de la prunelle, jeter les yeux sur ; 
...remplir un tonneau jusqu'a la bonde, l'o?il. 
Italien : adocchiare. (D r A. Bos.) — Avouiller, — 
jeter de l'eau. (Orain.) — Aouillage. (Revue 
d'Anjou, aoutl883.) 

Aouter, Aouster, v. a. — Moissonner. Le 
mot fr. signifie : rendre mur : « Les rameaux 
bien aoutes ne craignent pas les rigueurs de 
Fhiver. (Ec.) 

Et. Hist. — Vient du mois d'Aout, qui mur it Ips 
fruits par sa chaleur. Serie des transformations : 
Augustum, agostu, aost, aoust, aoiit, oOt. — 
a Faucher, fener, aouster, vendenger. » (Cout.- 
d'Anjou, n, 105.) — Un Aouteur, Aouteron, — un 
moissonneur. 

Apadanser (Ag.), v. a. — Suspendre. Cf. 
DSpadanser. Pour Appendanser, appendre 
une chose. Une apandans^e, dans le Bas- 
Maine, est une reunion de plusieurs objets 
suspendus ensemble. 

Aparelvance (Mj.), s. f — Perspicacity V. 
Aparc&vant. 

Et. Hist. — Vue, et, fig. action d'apercevoir, sen. 
timent que Ton a d'une chose, jugement approxi> 
matif qu'on en porte. — « II a une bonne aparce- 
vance », pour : II a la vue longue, ou : II a de la 
sagacite. » — « Suivant mon a pared" vance, ca fmira 
mal. » — « De tant comme il y avoit moins de 
peril, de tant y eut-il plus de aparcevance a penser 



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APARCfiV^NT — APLAQUERfi 



41 



ce que besoing seroit. » (God.)« — Projet, dessein, 
chose en vue. (My.) 

Apareevant (Mj.), adj. verb. — Perspicace. 
•| Ombrageux, en parlant d'un cheval. — Ex. : 
Le chevau est bon, mais, par exemple, il est 
aparcevant. — Corrupt, du fr. — En hippia- 
triaue : cheval dont les yeux sont trop en 
saillie. 

Hist. — « Mon oncle Martineau, de Pellouailles, 
n'est pas encore arrive ! Pourvu qu'il n'ait pas eu 
un accident en route ; sa jument est si apercevantel » 
(C. Leroux-Cesbron, Souvenirs d'un maire de vil- 
lage.) 

Aparetvoir (Mj.), v. a. — Apercevoir. 

A pare a (Mj.), part. pas. — S'emploie dans 
l'express. : Se trouver aparcu, — s' apercevoir. 
Ex. : Je ne m'en se* point trouve apar^u qu'a- 
pres que j'ai 6t6 rendu. || Au Fuilet, on 
n'adjoint pas : trouve. 

Apart (Mj., Lg.), s. m. — Compte particu- 
lier, e*tat contraire a Tindivision ou a la com- 
munaute*, existence ind^pendante. Ex. : II 
s'est mis a son apart. 

Et. — La Curne le derive de : a, par, prepos., a 
par (soi), tout seul, s£parement : lat. : per se. . . La 
pr£pos. par est une alteration du subst. part. « En 
agissant a-par-soi, ou : pour soi, on agit seul, et 
pour ainsi dire : a part. On soupconne done que 
cette idee particuliere £tant gene>alisee, l'expres- 
sion : a-par-soi aura signing : tout seul, separ£ment, 
et que la signification de par £tant devenue la 
meme que celle du subst. part, on aura substitue 
1 e subst. a la pr6pos., laquelle, etant precedee de 
a, paraissait elle-meme etre un substantif. Telle 
pourrait fltre l'origine ancienne de notre expression: 
a-part, a-par-soi. — V. Par. 

Apatiner (Tim.), v. a. — Faire des portees, 
au jeu de cartes. V. Patiner. (Test : manier 
avec ses pattes, — mis ici pour : mains. 

Apegnoeher (Lg.), v. a. — Gater, amollir 
par trop de soins. — Der. de Ptgnocher. 

Apenoter (Tim.), v. a. — Chercher a attirer 
par des flatteries ou des ca.'esses ; aguicher. 
Syn. de Acquidrer. 

Et. — Ne serait-ce pas pour A-peloter, manier 
comrae une pelote? On dit : peloter qqn, dans le 
m£me sens, pour en obtenir une faveur. Ou de 
Pegnaud, Ptgnot, done du franc. Peine? 

A peri tear (Ag.), s. m. — Nom donne" a 
Televe qui, interroge* le premier aux examens, 
devait prononcer un discours. (Anj. histor. y 
l re ann6e, n° 1, p. 51.) 

Et. — Du lat. Aperire, ouvrir, au sens de : com- 
mencer. — Cf. l'aperitif moderne. — Ne pas con- 
fondre avec Appariteurs, huissiers ou bedeaux, en 
lat. Apparitores, parce qu'ils paraissaient sous les 
yeux du magistrat pour lui rendre service. « Ceux-ci 
ne sont, proprement parlant, diables d'enfer, ils en 
sont apariteurs et ministres. » (Rab., 4, Prol.) 
Borel. 

Apetisser (Ec), v. a. — On dit : apetisser, 
faire des apetissures ; Clever, faire des He- 
vures, des icrues. — Une laceuse, — de lacer 
(faire des las, des lacs ; laqueos facere). Un 
lacet (laqueus). — On dit aussi : mailler, qui 



n'est pas syn. de Armender. Lacer, e'est faire 
du neuf ; mailler, terme ge'ne'ral ; armender, 
e'est raccommoder un engin. \\ Fu., Mj. — v. 
n. Devenir plus petit. « II e* point grand ; je 
ere qu'il a encore apetissi depuis la darnie>e 
fou6 que jTaouais vu. » 

Apetissure (Mj.), s. f. — Endroit d'un 
ouvrage de tricot ou deux mailles ont ete* 
prises ensemble pour n'en faire qu'une seule. 
|| Ec. — Eine bonne laceuse compte ben ses 
apetissures et ses tcrues ; elle doit choisir son 
moule et serrer ben 6gal, pour que son engin 
ait toujours autant d'auncs. 

Apetltzlr (Lg.), v. a. — Rendre plus petit, 
diminuer. 

Apette, s. f. — Avette, abeille. 

Apgvrer (Lg.), v. a. — Engazonner, enher- 
ber. Syn. de Aprlier. — De>. de Pevre. Cf. 
Depevrer. 

Aphyxier (Mj.), v. n. — Etre asphyxie*. Se 
construit comme : 6*touffer. Ex. : J'allons 
aphyxier la dedans. || A Ec, on dit : Asphy- 
xer. 

Apienger, v. a. — Cest faire rentrer les 
choux dans le pot quand le bouillon les sou- 
Id ve. V. Aplangir. 

Et. — J'y verrais : a et p/onger, avec pi mouilte. 
Je trouve dans Daonet : Appyenger, enfoncer 
dans l'eau (linge, chanvre, etc.) — Dottin donne 
aussi ce mot. — V. Aplangir, ou l'etymologie est 
meilleure. — Godefroy : Aplaner, Aplaigner. 
(Supplement.) |l Ec. — Faire pinger, pour : plonger. 
/ £a pinge-t-i ben, un taignoux ! » 

Aplees. — V. Appits. 

A pillages (Chm.), s. m. — Tous les outils 
d'une ferme. « Les apietages ont 6te* estim^s.. » 
Charrues, herses, rouleaux, etc. — V. Appiis. 

N. — Apye, aplet, — timon qu'on met entre 
deux bceufs. — Apyelaj, — ou tillage agricole. 
(Dott.) 

Apifurer, v. a. — Etre apifure* apr6s qqn, 
e'est s'acharner. (M6n., qui le tire de Apis, 
abeille.) 

Aplnerer (Chi.), a. v. — Saisir. — Cf. Pin- 
crer, || Sal. Obtenir, saisir par moyens habiles. 

Apiper (Mj.), v. a. — Piper, cajoler, attirer, 
sdduire, affrioler, apprivoiser. Ex. : Tu fais 
9a pour m'apiper. 

Et. — Piper. Lat. popul. Pippare ; classiq. Pi- 
pare ; glousser, pousser un petit cri. — Imiter le cri 
de la chouette ou celui des oiseaux pour les attirer 
et les prendre. (Diet gen.) — Cf. Pipee. — Duper en 
s£duisant. 

Apipoter (Sal.). — Attirer par des cageo- 
leries. 

Ap/anglr° (Lg.), v. a. — Aplanir, niveler. 

Et. — Pour : aplanchir, der. de Planche. Au 
sujet de l'adoucissement de ch en g, cf. Rouget, 
pour Rouchet. V. Apienger. 

Ap/aquere (Z. 122), adj. qual. — Etendu 
comme aplati en forme de plaque. || Fu. 
Terre mal travaille'e ; — mal fait, en plaques. 



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42 



APLASSER - APPlfiS 



Aplasser (Fu), v. a. — Tasser de la terre, 
du foin, des objets, pour require la place 
occupee et pour consolider. 

A plate dr (Lg.), v. a. — Aplatir. — Sol- 
vent pi mouilte. 

Apologle (Mj.), s. f. — DSbinage, par anti- 
phrase. 

Apothlquer (Cht), v. a. — Corrupt, du 
mot franc. Hypoth6auer, par confusion avec 
le mot plus connu : Apothicaito. 

Et. — Du grec : hypothekS, mis en gage. — Cf. 
Boutiquier. V. Hympothiquer. 

Apotichonner (Segr.), v. a. — Mettre dans 
un pot, en tas. Syn. d'Abuloter. — Une per- 
sonne apotichonnee ou courbee. (M£n.). — 
De Pot ou Potiche. 

N. — Apotir ; mitonner, laisser cuire, infuser, 
epaissir dans un pot. (Jaub.) 

Apotir on ner (s') (Fu), v. r6f. — S'accroupir 
en formant une boule comme le potiron. — 
Syn. de s' Apouguenir. 

Apdtrf (Mj.), s. m. — Individu, paroissien. 
Ex. : J'sais pas qui que c'est que cet apdtre 14. 

Apougnenlr (s') (Mj., Chi.), v. n. — S'ac- 
croupir. || Fu. S'Aquenir. Syn. V. S'Amouir. 

Apparager (Mj., Lg.), v. a. — Appareiller, 
apparier : Apparsonner. Ex. : C'est deux 
bceufs ben apparagfo. || Comparer, assimiler. 
Ex. : Je ne sarais mieux Vapparager qxi'k 
nein fou. — Cf. Parageau. 

Et. Hist. — Derive, comme les mots francais 
auxquels il r£pond, de Ad, et Par (egal), avec un 
sufflxe different. — A rapprocher du breton Com- 
paragein, comparer. — I^e vx fr. avait Pairier, d'ou 
Pairie. — « L'on demande si, apres le deces du 
pere, . . .la mere noble, ou veuve, ou separee, peut 
marier et emparager noblement sa fille. » (Coust. 
<rAnj.,t. II, col. 26.) 

Apparaissanee (Lue\ Lg., Fu., Mj.), s. f. — 
Apparence, symptdme. || J'ai entendu ce mot 
appliqu£ k la poitrine, tres rebondie, d'une 
dame. « Elle a de belles apparaissances. » 
D'ailleurs, L. C. donne le sens de : saillie, ce 
qui explique le vocable. 

Hist. : 
« Mon Dieu, je ne vois point encore apparoissance 
De pouvoir donner joie a mes langoureux jours. 
(Brantome. — Cite par Jaub.) 

— « II y a cette an nee une belle apparessence de 
recoltes. » (Orain.) — Derive regulierement de 
Apparaissant. 

Apparege — V. Apparager. 

Apparent ment que (Mj., etc.). — II paralt 
que. 

Apparfts (Ec). Appareils. Les appares 
(apparaux), tout ce dont il faut munir un 
bateau au moment de partir ; tout Tattirail 
de la peche. 

Apparsonner (Lg.), v. a. — Apparier, deux 
bceufs ; trouver un parsonnier k un bceuf 
reste soulcu On dit aussi Apparager. 



Appartenance (Lg.), s. f. — Propri6te\ 
domaine. Ex. : II a eine belle petite apparte- 
nance. 

N. — Le mot est dans le Diet. gtn. t mais avec un 
sens moins etendu. 

Appartenement(Sp.), s. m. — Dependances 
d'une maison, d'un moulin, etc. || Immeuble 
par destination. 

N. — Ce mot est collectif et ne s'emploie qu'au 
sing, 

Et. — Der. de Appartenir. — Dans le Centre : 
Appartenue, . ..dependances, enclos d'une cer- 
taine elendue. 

Appartenir (Mj.), v. a. — Etre du legiti- 
mement. — Ex. : II illi appartient pus qu'ca 
pour cett travail \k. || Etre le propre de, le 
fait de. Ex. : I n* appartient qu a ein sot de 
causer comme ca. 

Hist : 

« Chascun crioit : Villaine charbonniere, 

T'appartient-il toy trduver par cheminT • 

(Rab., G., I, 2, 8.) 
— Dottin : Combien qu'i V 'appartient J (Corn- 
bien t'est-ildu?) 

Apparution (Mj.), s. f. — Apparition. — 
On dit fort bien Comparution. 

App&t (Mj.), s. m., — Portee, serie de cartes 
preparers dans un jeu. — Syn. de Patin. 

N. — (Fu.) Se dit de ce qu'on prepare pour atti- 
rer le poisson dans un certain endroit de la riviere, 
et non de ce qui se met a l'hamecon, qui est 
l'amorce. Par extension, se dit de 'endroit meme 
ou le pScheur a coiitume de s'installer. Chaque 
pecheur de brSmes, sur l'Erdre ou sue la Moine. a 
son app&t respecte des rivaux. || App&t fut£. En- 
droit d'ou le poisson s'est 61oigne, parce que le 
pecheur y a longtemps fait des prises, ou parce 
qu'un pdcheur jaloux l'a fait fuir en Fy troublant 
ou en usant de malefices. 

App&ter (Mj), v. a. — Faire des app&ts, 
des portees de cartes. Syn. de Patiner, Apa- 
liner. 

App&tnrer (Lg.), v. a. — Panser, les bes- 
tiaux, leur donner une^ration de. 

Appeler (Mj., Fu), v. a. — Appeler des 
noms, donner des surnoms, couvrir d'£pi- 
th£tes injurieuses. Ex. : II m'appelle des noms! 
dira un ecolier k son maltre en se plaignant 
d'un camarade. 

Appelenrs (Ec), s. m. — Canards qui 
servent aux huttiers pour appeler les canards 
sauvages. En fr. : Appelants. 

Appends. — Demi comble en auvent 
appuy6 k une muraille. (Revue (TAnjou, 
aout 1883). Appentis. 

Et. — Du flat. Appendicium, de Appendere. 
Toit appuye a un mur par sa partie supe>ieure, et 
soutenu dans sa partie inferieure par des poteaux. 
— Mais, La Curne : « Ce mot semble fait sur : 
pente. Appendicium, qui est souvent cit£, aurait 
ete, comme les mots en itia, termine en esse ou en 
ice. — « La moytie d'une meson qui autresfois fut 
a fest, et qui de present est appentissee. (1467.) 

Apples (Sa., Lg.), s. m. ou f. plur. — Nom 
collectif sous lequel on designe tout le matt- 



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APPIQUANT — APPOYER 



43 



riei agricole, tous les instruments aratoires, 
tels que charrues, herses, huaux, journalieres 
et m6me : charrettes, jougs, harnais des che- 
vaux, etc. — Mot tr£s usite" et tres caract£- 
ristique. 

Et. Hist. — « J'estime que ce mot doit s'ecrire 
Appies ou Appiees. II serait pour Applies ou 
Appliees, participe passe pris substantivement 
d'un verbe aujourd'hui desuet, Applier, doublet du 
fr. Appliquer, comme Abrier est le doublet de 
Abriter. Le v. Applier 6tait form6 du lat. Appli- 
care, comme le fr. Prier derive de Precari. II devait 
avoir le sens de : appliquer, employer, utiliser, en 
sorte que le* Applies etaient bien les ustensiles. 
Remarquons que ce verbe angevin se retrouve 
dans 1'angl. to Apply, qui a le mime sens, et obser- 
vers encore que f'angl. en a derive le subst. Ap- 
pliances, qui a un sens tres voisin, quoique plus 
£tendu, de notre Appies. (R. O.) — « Aplet ou 
Appelet, filet pour la peche du hareng. De a et plet, 
radical qui se trouve dans em-plet-te. Provencal 
Apleg, apleit, outil. Aplet on Aploit signiftait tqute 
espece d'outil, ou, comme on oisait, de harnois. » 
(Lrrr.) — V. Apietages. — « Du Cangb, v° AploT- 
dum, dit : l or sens, filet de peche ; du grec aploos, 
simple, d'ou aplots, vestis simplex. D'ou. le filet dit 
Aploidum, parce qu'il est maille tres fin. Encore 
aujourd'hui, en Normandie, Aplets : « As-tu tous 
tes aplets T » tout ce nu'il faut pour pe'cher? — 
Prononcez le pi. mouille\ et nous voici a A pies. 
(N. — En general, je n'aime pas beaucoup les ety- 
mologies tire>s du grec pour expliquer des mots 
patois. Mais, ici, le mot etant usite en Provence, on 
peut l'admettre ; puis il a M transports par les 
marins dans les ports de l'Ocean et de la Manche. 
(A. V.) — 2° Terme general, s'appliquant aux har- 
nais du bceuf et du cheval : Aplait, Applect, Ap- 
piois : « Des forfaitures que les sergants prendront... 
de ce qui sera porte a somme, auront la somme et 
les bas et Aplait, autrement harnais... (1376.) — » 
« Icellui Messent donna d'un Applect a beufs, dont 
on lye ou at tele les beufs. — Vide Explectum. — 
PL mouille. 

AppUquant, adj. verb. — Qui exige beau- 
coup d'application, d' attention. Se dit d'un 
travail. Syn. de Attentionnant. 

Appointment, s. m. — Cadeau. 
Et. — Vient de A et Point ; somme qui fait le 
solde d'un compte ; salaire annuel d'une place. Ici, 
sens special. — Hist. On lit dans un vieux Noel 
angevin : 

« Pour aller voir l'accouchee 
Ce ne fut pas sans present, 
Nous ftmes appointement... » 

Appointocher (Mj.), V. Appointusir. Corr. 
de Appointir. Syn. et doubl. de Appointuser. 
J| Fu. Aiguiser une branche, un piquet, une 
rime de pois. 

N. — Dans le centre de la France, on dit Appoin- 
tuser, Appointurer. 

Appointuser (Lg.), v. a. — Appointir. Syn. 
et doubl. de Appointusir, Appointucher. 

Appointusir (Mj., Lg.), v. a. — Rapointir , 
aiguiser. Quelques-uns disent : Appointucher. 
— Syn. et doubl. de Appointuser. Forme* 
rSgulterement de Pointu. 

Apponter, (par tout), v a. — Arranger, 
arrimer, etablir, gr6er. Terme de la langue 
des mariniers, employe* par eux sans cesse et 



en toute occasion. || V. r6f. S? apponter, s'6ta« 
blir, s'asseoir commodement pour un travail 
une occupation. 

Et. Hist — Derive du fr. Pont (de bateau). — 
Echafaudage formant une espece de pont. — 
« Assurer, afTermir, donner de la stabilite. « Etre 
ben apponti », bien (Habli ; s % apponter dans un fau- 
teuil, k table ; poser une piece de bois au-dessus 
d'un vide quelconque, en forme de pont ; appon- 
tement, dernier sens du verbe. »(Jaub.) — « Cesser 
de travailler, d'agir, d'dtre en mouvement... » 
« Suant d'ahan enfin sans pouvoir m'apponter une 
seule minute dans un fauteuil. » (A. Delvau, 
Francoise, 18. — Git6 par Favre.) 

Appoponde. s. m. et f. — Peu remuant, 
corruption incroyable de Hypocondre (Zig. 
152). — Cest notre Impopompe de Mj. 

Apportit — Vieille forme de parf. d6f. de 
verbe de la l re con jug. 

N. — Dans tous les verbes, m§me de la 1 M conj., 
le parf. def. de l'indic. avait autrefois pour termi- 
naisons : is, is, it, Imes, Ites, irent. On retrouve 
encore parfois ces formes vieillies sur les levres de 
quelques anciens. 

Hist. — « H^rode tui les Innocons. » (N. P.) 

Apponer (Lms, Zig. 196), v. a. — Appuyer. 

Appouet', s. m., Apponette (Mj., Sal.), s. f. 
— Appui, support, 6tai. Diminut. de Appui, 
pour : Appuyette. || Appouets de coutUres, — 
dans un bateau de marinier, contreforts des 
coutie>es, pour que celles-ci ne cedent pas 
sous la pression late>ale du mat. Syn. de 
Accoure, AbuU V. Appoyettes. \\ Ec. AppouL 
Une appouette, support en bois pour stayer 
une branche trop charge" e de fruits. — Abourde 
(Ljm.). Abutte (Bpu). 

Et. — B. L. Appodiare, d'ou : appoyer. — Dans 
le Centre : Appouer, s'appouer. — « V n petit banc 
sans appois. » (God.) 

Appousecocu (Lg.), s. m. — Petite branche 
que Ton a soin de laisser au sommet d'un 
arbre de haut vent e>Z6 ou elagu6 dans toute 
sa longueur. 

Et. — V. Appouser. N. Cocu est pour Cocou ou 
Coucou. Le sens est done : Perchoir au coucou. 

Appouser (s') (Mj.), v. r6f. — Se pose?, en 
parlant d'un oiseau ou d'un insecte volant. 

Hist. — Vx fr. « Apouser... son saiau (sceau). — 
« Pantagruel donna a Homenas neuf pieces de drap 
d'or friz6 sus frize pour £tre appoustes au devant de 
la fen^tre ferree. » (Rab., P., iv, 54.) Gf. s'Erpouser. 

Appoyer (Ec!), v. a. — S'appoyer, s'ap- 
puyer. « II peut, a c't'heure, se tenir sans 
s'appoyer. — V. Bourde. 

Et. Hist. — Vx fr. Apoier ; appodiare, ad, 
podium, hauteur, Ovation, d'ou Pui ou Puy. — 
Cest proprement donner un appui a. (Litt.) — 
La Curne. (Du grec : pouc, podoc ; lat. pes, pedis, 
pied. D'ou : podium, soubassement peu eleve et 
formant marcne le long du mur d'une chambre ou 
d'un batiment. Dans l'amphitheatre, ce soubasse- 
ment etait eleve de 18 pieds au-dessus de l'arene. 
En architecture, socle, console. (Note de l'Edi- 
tetjr.) — D'ou Appodiare, appuyer. Le sens pri- 
mitif est done : se soutenir sur les pieds, puis, par 
extension, toute autre facon de se soutenir, . . .en 
posant la main sur un baton, le coude sur une 



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44 



APPOYETTES - AQUA 



table... — « Le suppliant cuida (pensa) tomber a 
terre, et luy convmt soy espuyer d'un genoil et 
d'une main a terre. » — « La Damoyselle se leva 
sus, d£laissant I.iziart s'apoyant a la fen£tre, la 
main a la maiselle (joue, maxilla). » — En somme, 
Appuyer, c'est : soutenir au moyen d'un Pui, 
9-a-d. de qqch, d'61ev£. (Scheler.) 

Appoyettes (Ec), s. f. -— On maintient le 
saule de chassefaux Canards. V. F. Lore, II), 
avec de bonnes appoyettes. Cf. Appouette. \\ 
Tous etais, surtout perches fixers avec des 
osiers ou des cordes. (On dit : II est couch6 a 
VappouS d'un mur.) 

Apprallle (Lg.), adj. qual. — Habille, vdtu. 
Mai apprdilU, mal mis. Syn. de Qucrtl, TriflL 
II Ec. — Ne serait-ce pas Abrailte, forme 
comme Debrailte? || Ou Apparent? 

Apprentlf (Sp.), s. m. — Apprenti. C'est 
la vieille orthographe. 

Et. — Du lat. Apprehendivus. F final secondaire 
provenant de v latin, persiste lorsqu'il figure dans 
un mot provenant d'une forme d'accusatif en 
ivum ; apprenditivum, aprantif. (O. de G.) — 
Dans Montaigne, on trouve le tern. Apprentice. — 
Apprentive. (Jaub.) — L. C. donne Apprentis, 
d'ou Apprentissage. 

Hist. — « Tres habile homme et qui n'est 
apprentif au mestier qu'il faict. » (God.) 

Apprrte (My.), s. m. — Osier fendu, tout 
pre*t a Stre employ^ par les tonneliers pour 
leurs cercles. — Cf. Prete. || Fu. Apprete. 

Et. — - Littre explique Appr£t ou Apres par : 
Petit coin de bois qui sert aux tonneliers a serrer 
les parties d'un tonneau. A, Pres. — Je prefere la 
premiere explication. 

Apprlver (Mj.), v. a. — Apprivoiser, domes- 
tiquer. || Fu. Veut dire surtout : elever. Ex. : 
J'ai v'lu apprwer des m&les (merles) ; il (s) 
ont cuervet (creve). 

Et. — De Ad et d'un adj. fictif Privois, qui 
suppose un bas-latin Privensis, de>. de Privus. 
(Litt.) — Apprivitiare ; ad, privus, itiare (Diet. 
?en.) 

Hist. : 

« Et toutesfois aye en premier esgard 
A Vappriver, sans estre plus esguard, 
Et yenir veoir icy la compagnie, 
Qui de par moy de bon cueur t'en supplie. »' 
(Rab., Epistre a Jehan Bouchet, p. 606.) 

Approchcr. — Sens special dans Faire 
approcher, — absolument Citer devant la 
justice. || Fu. Prononcez Appercher. || Qqfois 
Communier. || Mj., S'approcher de, courtiser. 

Et. — Lat. Appropinquare. — Hist. « Comme 
Jean-Vincent de Barres... soit approuchiez en 
nostre cour ou bailliage d'Amiens d'avoir fait raire 
(rayer) et fausser par un clerc et alongner une date 
de nos lettres. » (1347.) — « Le procureur du roi l'a 
fait venir et approchier. » (D. C.) 

Approeheurs (Tr.). — Les hottiers, dans les 
travaux des ardoisieres, portaient ce nom, 
remplac£ aujourd'hui par celui de Bassico- 
tiers (Men.). 

N. — Ouvrier qui amene le bois a l'endroit ou 
Ton construit un train (de bois a flotter). — Litt. 



Appnl(Mj), s. m. — Al'appuide, — contre, 
le long de .Ex. : II est couch6 a Yappui du 
mur. V. Appoueu 

Appuie- main (Mj.), s. m. — Main courante, 
balustrade. Syn. de Tient-main. 

Appnyer (Mj.), v. a. — Lancer, ass^ner, 
appliquer avec force. Ex. : II te illi a appuyl 
ein maudit coup de pied dans le ventre ! — 
Syn. de Astiquer. \\ Lancer, decocher une 
saillie, un bon mot, un propos quelconque. 
Ex. : Tout ce qu'il a dit, c'6tait ben appuyL [| 
Fu. Tenir coup, en terme de charronnage, 
appuyer au revers d'une piece, a Taide d'un 
lourd marteau, pour que le bois supporte le 
choc quand on enfonce un clou, quand on 
rive. 

Apr atiq tier (Sp.), v. a. — Achalander, 
donner sa pratique. — Syn. de Aclienter. 

Et. — Lat. Practicus, — habitude de se fournir 
chez un marchand. 

Apreier (Mj.), v. a. — Transformer en pr6 
une terre labourable. On dit dans le merae 
sens Mettre a pre\ — Syn. de Apevrer. 

Et. — D. C. Appratir. — De A, Pre ; lat. pra- 
tum. — Hist. « Seront tenus lesdits preneurs et 
chacun pour te tout de icelles terres labourables 
labourer, lesdits prez faucher, et appratir deue- 
ment tout ce qui n'est pas en nature, nettoyer, 
defTricher prez et terres fumer. » — Appratare 
(Cartulaire de Saint- Aubin) ; appradare, apradare, 
apradir. 

A pre men t (Mj.), adv. — Ardemment. Ex. : 
Le chambe pousse dprement de ce temps-la. 

Et. — C'est le mot francais dans un sens special 
et avec la prononciation un peu modified. 

Apres (Mj.), prep. — Faire apris, — soi- 
gner. Etre apres qqn ou qqch., s'en occuper. 
|| Eter, se mettre ou s'emmancher apr&s, — 
attaquer, taquiner. — Un 61eve se plaint de 
ses camarades : M'sieu, i sont tous aprls moi ! 

— Mettez-vous derriere eux, r^pond le maltre, 
ils seront devant vous. || Un sens bien curieux 
est celui-ci : Etre occupy a. Ainsi : Etre aprls 
manger, c'est : Etre en train de manger. — 
« M. X. est-il visible? — Non, r6pond la 
bonne, Monsieur est aprls dejeuner. » On est 
tente de dire : Eh ! bien, alors, je puis le voir, 
puisqu'il est aprls son dejeuner. || Dire aprls, 

— reprimanded tancer. || Etre fachS aprls 
qqn., — contre lui, avec lui. Ex. : La paisse 
jure aprls toi. || Aprls pus temps, — lorsqu'il 
n'est plus temps. || Ec. — Adv. — V. Sans. 

Hist. — « Je suis aprls a contractor avec M. de 
Racan pour une affaire ou j'ay besoin de prendre 
bien mes seuretez. » (1613-15. — Inv. Arch., E, 
37 7 f 2.) — « Parquoy il commanda adonc a ceux a 
qui il en avoit bailie la charge, qu'ilz se meissent 
apres. » (Amyot. V ie d* Alexandre.) 

Apnre (Lu6), s. f. — Endroit d'un champ 
ou l'eau suinte. — De>. de Purer. 

Aqua (Mj., Sp.), s. m. — Prononcez Aca. — 
Chute d'eau abondante. — On dit ins6para- 
blement : Ein aqua d'eau. Syn. de Laca. V. 
Accadiau. 



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AQUfiGNY — ARAI 



45 



Et. — On peut rapporter Aqua et sa forme 
adoucie Agua au lat. Aqua, eau. Mais il convient 
mieux de les rattacher au lat. Cadere, casum, torn- 
ber, chute, et d'ecrire Aca, Aga. L'a final est ires 
bref. 

Aque*nl (Chi.), adj. qual. — Malade. V. 
s' Aqueniller. Doubl. de Haquenir. 

N. — « Aquenir, maigrir ; s'aquenir, s'avachir, 
devenir paresseux, lache, sans vigueur. (Borel.) 

Aquenelller (Lg.), v. a. — Agglomerer en 
meches raides le poil, la laine. — Syn. de 
Aquenetter, Aqueteiller. — Parait de>. du fr. 
QuenouiUe. 

Aquenetter (Lg.), v. a. — M£me sens que 
le pr6c£dent Syn. de Aqueteiller. — De>. de 
Quenette. 

Aaueniller (s'). — (Br.), v. r6f. — Se croire 
malade, se laisser aller. Ex. : Faut pas vous 
aqueniller corame ca ! — V. Aqukgni. — Pour 
le suflf. iller, cf. D6gueniller, Decaniller. 

Aquenir (s') (Fu., Sal.), v. ref. — Devenir 
paresseux, manquer de vigueur. Se dit 
presque exclusivement du jeune chat qui, 
trop souvent mante par les enfants, perd sa 
sauvagerie, mais aussi sa vigueur et sa sante, 
son poil lustre^ surtout. Le chaton qui s'est 
aqueni nevaut plus rien. En parlant aux 
gens : a zY'aquenis done point de meimme 
(meme) ; Fmue te done un petit. » || Mj. — 
Amollir, abrutir un animal par trop de 
caresses. Le menie que Haquenir. Syn. et 
doubl. de Acaigner. 

Et. — De>. de Quien, fr. Chien. — S'ac&gner. 

Aaoermer (Sp.), v. n. — Recommander 
tres expr6ss6ment. 

Aqutteilier (Lg.), v. a. — Comme Aque- 
ne iller. Syn. de Aquenetter. — Parait Stre une 
compromission entre Aqueneiller et Aque- 
netter. 

A qu' faire ? — Pour quoi faire, a quoi bon? 
|| Fu. — Distinguer : A qui faire et Pour que 
faire? « J'Stais dans l'ouche. — A que faire? 

— A qu'ri des murmures. — Pour qui faire? 

— Pour les bernotter. 

Hist — « A quoy faire fuit-on la servitude des 
cours, si on l'entraine jusque dans sa taniere? » 
(Mont., Ess., i, 14, et m, 12, 13.) — « A qui faire 
me faites-vous ainsi muser? » (Bon. Desperb., 
Contes et devis nouv., XVI 9 .) 

Aquiner (Mj., Tim.), et non Attiner, v. a. 

— Taauiner, Agacer. Ex. : Tache d'aquiner 
les friilons pour qu'i te mordent ! Syn. de 
Amoicer. 

Et. — En se reportant aux definitions donndes 
pour Amoicer , on verra clairement que ce verbe est 
un doublet de Achener et que tous deux derivent 
du fr. Chien. Seulement Aquiner vient de la forme 
normande Quien. On pouvait croire a Attiner, par 
l'identite des sons Ti et Qui dans la prononciation 
montjeannaise. Le doute n'est plus permis. 
D'apres cela, Aquiner n'est point une corruption 
de Taquiner ; le contraire serait-il vrai ? A noter 
que : &' Aquiner s'emploie tres bien au sens de 
s' Achener* — Dottdc : Akdner, taquiner, agacer ; 



cf. ek§n (equegne), de mauvaise humeur, rechign6, 
taquin, querelleur ; 6kSner, exciter un chien : 
6kenri, taquineries. — Acagner. (Jaub.) 

Aqninteler (Lg.), v. a. — Disposer en 
quinteaux, des gerbes. Cf. Diquinteler. 

Ar '. — Pr6flxe, pour Re. — Toute une 
sene de mots commencant par Re, en fr., 
prennent le pr6flxe Ar, en patois. C'est la 
syllabe iterative par excellence. Nous n'avons 
cite que les plus curieux. Une fois pour toutes 
on dit : Ardescendre, ar faire, arcommencer, 
ardire, pour : redescendre, refaire, recom- 
mences redire. — Cf. Er. 

Ar * (Mj.), s. m. — Air. || Fig. Eter ben en 
Yar, — Itre leger, 6vapor6, 6cervete, peu 
rSftechi. || Tourner ein or, — moduler un air. 
|| Faux ar, — ressemblance vague. Ex. : 
Vous avez un faux ar de voute defunte tan- 
tine. || Ar de feu, — emission, eflluve de calo- 
rique. Ex. : Ein petit ar de feu s'endure ben 
de cete temps-la. || Se donner de Yar, — 
prendre des airs, poser. || Mettre a Yar f — 
£bruiter, divulguer. || Fu. II a jete ma cas- 
siette en Yar : — II a Yar fou ! 

Hist. — C'est ainsi qu'on prononce le mot Air, a 
Montign6 (par ex.) — Un medecin, nouveau venu, 
entre dans la chambre d'un malade et commence 
par fermer les fenStres qui elaient toutes grandes 
ouvertes. Le malade proteste : « J'veux dTar, 
me ! » — Aharissement du docteur. La femme 
explique : « I veut dT ar, li ! » 

Aragnasse (Lg.), adj. qual. — Etale a terre. 
Se dit d'une plante rampante. — Du vx mot 
Aragne, toile d'araign^e. L' expression fait 
image. 

Aragne., s. f. — Vx. fr., pour Araignee. On 
dit aussi Iragne. Je cite ce mot pour quelques 
details curieux. 

Et. — L'ancien franc, a Aragne et les formes qui 
en dependent et AraignSe. Aragne sign i fie l'animal 
meme et vient de Aranea, avec l'accent sur ra ; 
araignee, qui ne peut venir de aranea, et qui vient 
de araneata, chose faite par l'aragne (accent sur le 
3* a), signifie : toile d'araignee. La vieille langue 
distinguait done .entre l'aragne et l'araignee ; la 
nouvelle langue Vest appauvrie et deflguree en 
confondant l'ouvridre et Voeuvre. Vers le xvr* s. 
(Litt.) — Variantes : Aragne, aragnee, airaigne, 
arigne, iragne, iraigne, araine, etc. — Se rappeler 
le vers de La Fontaine (Vceil du maitre) : 

« Que coute-t-il d'dter toutes ces araigntesl. » 
ou il ne peut §tre question que des toiles. — Avoir 
une araignie dans le plafond. Cette nouveau te 
remonte tres loin : < Musca in cerebro » est une 
locution latine ; il s'agit, il est vrai, d'une mouche. 
— « Quern I tali muscam in cerebro nominabant eo 
quod plerumque quasi demens videretur. » (Texte 
de 1167. Cite par D. C. — Evkille.) 

Aral, Arals (Mj.). — Le futur du v. Avoir 
est : j'arai, tu aras ou t'aras, il ara ou il arat 
j'arons, v. arez, il' (s) aront. — De m§me au 
conditionnel ; j'arais, etc. 

Hist. — Ah ! que t'es sot, moun ami Blaise ! 
Fallait nous en appreter in, 
L'arions fait veure a nou vouesins, 
A tous les gens d'nout' voudsinage, 
Et i Yarions fait navigue 
Dessus la mare a M'sieu l'Cur6. 

{La Trad., p. 381.) 



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•46 



ARAISONNER — ARCON 



Aralsonner (Mj.), v. a. — Raisonner. || v. 
t6(. s' Araisonner, — devenir raisonnable. || 
Rendre raisonnable. Ex. : Araisonne-\e done ! 

— (H devrait y avoir deux r, on n'en prononce 
qu'un. 

A rankle, s. f. — Fil, toile d'araign^e. V. 
Aragne. Cf. Iranteigne, Irancelke. 

Et. — De Aranea tela. (Litt.) — Pour Aran toile 
(Diet, gen.) — « Et nous disons en Anjou : eran- 
taigne et irantaigne, pour dire : une araign£e. Nos 
anciens disaient : telles, pour : to0es. 

« J'en fus battu com me a ru telles. a 
(Villon, Grand Testament. — Ce que Marot 
explique par : Comme toiles a ruisseau.) Les pay 
sans prononcent encore tele, pour .- toile. (Lor. 
Larch.) — « Telles manieres de gens y seroient sou- 
ventes fois trompez, car incessamment les aran- 
telles tombent du ciel et ne sont point filers des 
araignees. » (J. du Fouilloux. — Jaub.) — « De 
peur que les hyraignes n'i batissent leurs hyran- 
telles. » (Brant., Dames gal., Disc. IV, 128.) 

Arbatete (Courre comme eine), Mj. s. f. — 
Courir comme une fleche. 

Arbaietier (Mj.), s. m. — Arbatetrier, — 
piece de charpente. 

Et. — Du lat. Arcubalistarius ; Arcus Ballista 
(grec : ballein, lancer, au moyen d'un arc). De sa 
forme. 

Arbander (Sal.), courir a travels champs. 

Arboliste, Arboriste. s. m. — Herboriste, 
qqf. Herboliste. 

Et. — Confusion entre deux mots. Herboriste a 
pris le dessus, parce que les herbes sont l'objet plus 
particulier de la botanique. La Fontaine emploie 
Arboriste. 

« Tu veux faire un arboriste 

Et ne fus jamais que boucher. » 

— « Au lieu d'arboriser, ils visitaient les boutiques 
des drogueurs, les herbiers et les apothicaires. » 
(Rab.) — Arboliste se trouve en 1499. — « Nos 
pdres ont du confondre Arbor et Herba. . . — On 
trouve : Arboriser, arboliser, herboriser, herboliser. » 
(L. G.) 

Are-bceaf., s. m. — Arrdte-boeuf. V. Arque- 
bceuf. 

Et. — Nom vulgaire de POnonis spinosa. — 
< Arreste-bceuf, herbe cognue" du laboureur, par 
eux ainsi preincrement appelee pour l'empescne- 
ment que les racines lui donnent en labourant, 
jusques a arrester les bceufs ; elle est des Grecs dite 
Ononis. » (01. de Serres. — Litt.) — C'est la 
bugrane. {Diet, gtn.) — Vulg. : Mache noire. — 
Corruption singuliere du mot ArrSte. — Variante 
Artebeuf, 1553. God. — C'est la transition a notre 
mot patois. 

Areeau (Lg.), s. m. — Petit monument, 
ordinairement surmonte* d'une croix et 
comportant une niche on est renferm^e 
quelque image de sainted, Sainte Vierge, 
saint Joseph, etc. — On en voit beaucoup 
dans la region, g£ne>alement aux carrefours 
ou virk.es des chemins. Les vieux disaient : 
Arcia. 

Are-en-eiel.. — V. Folk-Lore (coutumes). 

Archand6 (Lg.)., adj. qual. — Monte* sur 
fil d'archal. — Se dit d'un hamecon. 



Archao (Lg.), s. m. — Fil de fer dont on 
ren force le dessus d'un sabot taupL Syn. de 
Pionnette. 

Et. — Doubl. du fr. Archal et du pat. Arichal. 
Cf. Ferquiau. 

ArcheI6e, et (Ec), s. f. — Planches formant 
le plancher (avec ou sans canches, sauf celle 
ou Ton peut vider le bateau avec une saisse). 
Les pieces qui maintiennent les bords, for- 
mant un angle obtus, dont les deux cdt6s sont 
ordinairement droits, s'appellent des courbes. 
— Quand on est sur Varchelkt d'un futreau 
et qu'on a le che devant soi et la quoue der- 
riere, on a le gournd a droite et la gdche a 
gauche. — Uarchelee vient d'etre explique ; 
le chk, c'est le chef, la tete, l'avant % la quoue, 
la queue, l'arriere ; le gournd, c'est le gouver- 
nail (avec une forte contraction), ou grande 
rame qui se manoeuvre au moyen d'une anUle 
ou double poign^e. V. gdche. || Adj. aual. — 
Un bateau tout frais archeli, dont le plancher 
a 6t£ r6pare\ 

N. — Arceler ou Archeler, creuser en demi- 
cercle, par comparaison avec la courbure int£- 
rieure d'un arc. (L C.) 

Arc nets (Bf.), s. m. — Terme de vignerons. 
Branches laiss^es pour £tre recourses ; on 
leur donne aussi le nom de dagues ou cou- 
rants (Men.). — V. Arcons. 

Archigner (Mj.), v. a. — Rendre rechigne\ 
maussade, mettre de mauvaise humeur. Ex. : 
Pou p'tit gars ! il est d'ein ben mauvais gout ; 
tous ses bobos, 9a Yarchigne. Syn. de Bechl- 
gner, Harguigner. || Ec. Erchigner. 

Et. — Ar et Bechin. V. Ar\ — En vx fr. Rechin 
signifiait : maussade, bourru, grondeur. Au xrs., 
un comte d' Anjou, Foulque IV, etait surnomme le 
Richin. 

Archiner. s. m. — C'est le gouter, repas 
entre le dfner et le souper. 

Et. — ^Ar egale Re ; done Reciner. C'est notre 
Res site. 

Architeque, Arehettque (Mj.), s. hi. — 
Architecte. 

Et. Hist. — Mot a mot : Malt re des charpentiers, 
maitre construe teur. — « L'ouvrier s'appelle 
M. Simier, architeque a Angers. » (Inv. Arch. t S, E, 
m, 314, 1.) 

Arcdmion (Mj.), s. m. — Pelargonium. 
Corrupt, du mot franc, pour : Pelarc^dmion. 
Cf. Giromion, pour Geranium. 

Et. — Du grec Pelargoc, cigogne ; allusion a la 
forme du fruit, qui rappelle celle d'un bee de ci- 
gogne. 

Arc on (Pc, Mj.), s. m. — Perche de saule 
que Ton pique en terre et que Ton recourbe 
en arc pour en attacher la *.ete a des arsons 
voisins au moyen de r dries ou harts. On fait 
ainsi dans les ties et les valines de la Loire des 
haies tres solides appetees Haies d 1 arsons. 
On les ren force au moyen de limandes. || 
Pell. Couton de panier. — On dit aussi : Alcons 
V. Archets. — (C'est au sens de ce dernier mot 
que Jaub, a pu dire : On 6puise la vigne en 



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AltDEILLAtf - ARGELAlSEl 



4? 



faisant trop <T arsons.) || By. — « II est maigre, 
le pauvre petit ! On lui compte tous les 
arsons (arceaux, les cdtes) ; c'est comme un 
esquilette (squelette). » 

Ardeillan (Lg.) t s. m. — Aiguillon d'insecte. 
Syn. de Pique, Piqueron, 

Et. — Corrupt, de Aduillon. 

Internment (Mj.), adv. — Vivement, se 
dit de Faction des outils tranchants. Ex. : 
Vela ein zague qui coupe ardemment. \\ 
Vigoureusement. Se dit de la vegetation 
d'une plante. Syn. de Aprtmenu 

Ardears (Mj.), s. f. — D6mangeaisons qui 
donnent en vie de se gratter (Zig. 150). 

Ardltfe (Sp.), s. f. — Argile, terre glaise. 

Et. Hist — Ce mot viendrait du grec Argos, 
blanc, mot a mot : la terre blanche. Cf. Argent. 
« En VardiUe s'est tooilliez (touill6) 
Tant que il estoit toz sooilliez. » (Renart.) 
— « Du latin Argilla, ecrit au moy. age Ardilha. 
A Forigine le g se prononcait dj, puts di. (L. C. — 
Note.) — Terre rouge. . . « A Jacob Gathala, pour 
deux jours ou il a vaqu6 avec son animal de bat 
pour porter de VardiUe (ardilham) et de la terre 
pour /aire lesdites reparations... xiij. sol. iiij de- 
niers. » — On appelle aussi Ardillaria un lieu plein 
de buissons et d'6pines. On trouve chez les Nor- 
mands le mot Ardiliers, du celtique Aerdre (adhoe- 
rere), Stre pris, saisi par ces ronces qui vous era- 
pechent de marcher dans les sen tiers, (u. C.) — Les 
Ardilles, — nom de locality. (Jaub.) — De m6me 
en Poitou et en Vendue ; et, ce qui nous touche de 
plus pres : « On sait que la grotte d'Absalon 6tait 
aupres d'une belle fontaine qu'on a nomm£e des 
Ardilliers, parce qu'elle 6tait au pied d'un coteau 
couvert d'argile, que le peuple du canton nomme 
ardille. » < J. Bodin , R. hist., n, 338.) — A Saumur 
legltse de N.-D. des ArdiUiers. 

Ardilleux (Sp.), adj. qual. — Argileux. V. 
V. Ardille. Syn. et doubl. de Ardrilleux, 
Arzileux. 

Ardfllon (Sp.), s. m. V. Hardillon. 

Ardoise. — V. au F.-Lore. XIX. 

Ardoisleres. — Id. 

Ardoislne (Sp.), adj. qual. — S'emploie 
dans la locut. : Pierre ardoisine, ardoise. 

N. — A Mj., on dit le plus ordinairement Pierre 
d'ardoise, pour designer la matiere elle-mdme ou 
des blocs importants de cette substance. On 
reserve le nom d'ardoise aux lames raemes d£bitees 
pour les couvertures. — Hist. « Et les aultres de 
pierre ardoisine. » (Rab., P., n, 29, 191.) 

Ardrille (Pell., Lue), s. f. — Argile, syn. de 
Ardille, Arzille. 

Et — Ce mot est pour Ardille, doubl. de Arzille, 
avec e"penthese d'un r, comme dans Jardrin, Sar- 
drine y Ferdrix. — « Le champ de courses d'Even- 
tard est ben pus d&sagr6able que celui d'Ecouflant, 
parce qu'il y a de V ardrille et, quand il a tomb6 de 
I'eau, ca colle aux pieds des chevaux. » Aussi va-t-il 
etre abandonn£. 

Ardrillenx. (Pell.), adj. qual. — Argileux. 
V. Ardrille. Syn. et doubl. de Ardilleux, 
ArziUeux. 

Areau (Sp., Chi.), s. m. — Gharrue. 



Et. Hist. — Lat. Aratrum. Vient d'une forme 
* Arellus. — Gharrue sans avant-train, pour Je 
labourage des terres legeres. 

— « Pour soy n'est rang6 le toreau 

Dessous le joug, pour y trainer Vaireau. »^| 
(D. C.) — « Araire, charrue sans avant-train, avec 
un soc triangulaire, ofTrant deux ailes de faible 
dimension et versoir en bois. C est l'ancienne char- 
rue du pays, instrument primitif, employ^ encore 
pour les terres blanches. (Guillemaut.) — « Autres 
a trois couples de renards sous un joug aroient le 
rivage areneux et ne perdoient leur semence. » 
(Rab., P., J 7 , 22, 526.) — « Pourchacun jouget areau 
qu'exercent et exploitent deux betes de labour. » 
(Cout. du Poitou, i, 482, art. 193.) — « Passed la 
pestilence, cestuy homme. . . aroit un champ grand 
et restile (qui produit, qui rapporte tous les ans) et 
le semoit de touzelle (bl6 sans barbe). — (Rab., P., 
iv, 45, 433.) 

Aregarder (Tim.), v. a. — Regarder. Ex. : 
Je sais pas comment qu'i peut m'aregarder en 
face. » — « £a vous aregarde pas. || Ec. Ergar- 
der. V. Ar K 

Aregriehe, ee (Lg.), adj. qual. — Rabougri, 
en parlant d'un arbre, d'une plante qcque. 
Syn. de RabousinS, Harni, BoudL || Herisse\ 
recroquevilte, en parlant des branches d'un 
arbre. Syn. de Amoucheronni, Agrichonne. A 
rapprocher de Gricher et du fr. Grincheux. 

Arenter (Mj.), v. a. — Syn. de Aviager, — 
fr., mais on ne prononce qu'un r. 

Arer.,v. a. — Labourer. Ex. : J'allons arer 
nout* champ. — V. Areau. 

Et. Hist. — Arare. — En terme de marine, arer 
se dit de l'ancre d'un vaisseau lorsque, le temps 
6tant mauvais, elle n'y tient point et laboure, en 
qq. sorte, la terre. (Litt.) — H. Estiknne (Pre- 
cellence du langage francais) regrette ce mot. 
— Tel ne veut arer ne semer 

Qui veut bien recueillir les fruits. 
(Le Moene Alexis — dans ses Feintises.) 

— « Celtique : Ara, labourer ; arar, charrue ; — 
gallois, arad. — Lat. Arare. Ce qui serait une 
preuve de 1'origine commune du celtiq. et du lat., 
qui font partie du groupe des langues indo-euro- 
p6ennes. » (Eveille.) — « Pour erer deux fois 
quatre ares et demi, 100 s. » {Compte de 1404.) 

— « Fai, beau sire, ta paiz crier, 

Que li vilain puissent arer y » (Moisy.) 

Arganeier (Mj., Lue, Br., Li.), s. m. — 
Eglantier. Syn. de Arlantier. — Quelle 
deformation ! — V. Eronfier. 

N. — « Cet arbuste, surtout quand sa pousse est 
rapide, se recourbe souvent en arc ; on peut croire 
que son nom vient de cette particularity » (Borel.) 
En forme d'arc-en-ciel. 

Argelalse (Sp.), s. f. — Pierre a batir, de 
nature schisteuse, commune a Vihiers. 

Et. — « On a dit de raome Arjalestre, de argil- 
lastra (?!). C'est ainsi que nous appelons en Anjou 
la terre pleine d'argile. » (Menage.) — Arjaldtre, 
arjeletre. (Bas-Maine) ; Argeletre (Haut-Maine). — 
« Ce bel ouvrage 6tait en pierre d'Argeasse, pierre 
des environs de Saumur, tres blanche et d'un grain 
tres fin. — N. J'ai rapproche les deux mots : arge- 
laise, que j'ai defini ci-dessus, et argeasse, qui 
m'etait inconnu, a cause de leur similitude. Mais, 
au fond, ces vocables sont peut-§tre aussi difTerents 
au point de vue Unguis tique que le sont en r halite 



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48 



ARGENT — ARMER 



les roches qu'ils symbolisent Vargelaise de Vihiers 
est bien une roche schisteuse, argileuse, par conse- 
quent grisatre et propre seulement a faire du 
moellon. L'argeasse, d£crite plus haut, est une belle 
pierre de taille, se prStant mOme a la sculpture, 
sans doute un tuf. Et ce tuf est tres blanc. D'ou je 
conclus que le vocable Argeasse doit plut6t se rap- 
porter au lat. Argentum et au grec Argoc. (R. O.) 

Argent, s. f. — (Test de la bdnne argent. \\ 
Argent mignonne, — argent en reserve, 
6pargj*fc, disponible. || Detainer son argent, 

— le verser. || Ne point demander Y argent de 
son reste, — ne pas demander son reste, ne 
pas attendre la suite d'une mauvaise affaire, 
s'en tenir la, ne pas insister ni riposter. Ex. : 
Je te illi ai foutu eine maudit bagne ! i n'a 
point demande* Y argent de son reste. || PScher 
a la ligne tfargent, — acheter du poisson, etc. 

Argents, adj. qual. — Qui a de Targent, 
riche. Argenteux est franc,. — Argentier (L. 
C). — On dit, dans le sens contraire : desar- 
gente\ 

N. — t Les soldats sont pas ben argentes. » 
(Jaub.) 

Argentier (Mj.), s.m. — Potentille anserine 
dite aussi Comaret ou Argentine. 

Et — Ains^nommee parce qu'elle a le dessous 
des feuilles d'un blanc argents. 

Argenton — V. au F. Lore. Dictons. 

Argot ' (Mj.), s. m. — Ergot, dans le sens 
de Ergoter, chicaner. || Lever, Relever de 
l'argot, — avoir un bout redresse*. Ex. : Je 
me s6 bride* les jambes dans nein bois qui 
relevait de Y argot. || Ec. Ein argot de coq. — 
II est ben argotS, le gas (d6cide\ sans crainte). 

Et. — Inconnue. — Cependant, au premier sens, 
pa rait venir du lat. Ergo, — chicaner par des argu- 
ments sub tils. (Ergo, formule de raisonnement, 
signifie : done et indique la conclusion d'un syllo- 
gisme.) — On peut aussi le rapprocher de l'ergot du 
coq ; monter sur ses ergots, se rebiflfer. 

Argott, 6e. — Adj. q. — Ergote, decide", 
delurS, hardi. 

Argoter (s*), (Mj.), v. r6f. — Se montrer 
d6cidi, hardi, courageux; prendre son cou- 
rage .a deux mains. 

Et. — Pour s'Ergoter, litteralement : Se mon- 
ter sur ses ergots. 

Arguelfsse (Mj.), s. m. — Pour Erguelisse. 
R6glisse. 

Et. — R6glisse, pour : reguelice, requelice (meta- 
these de re : erguelisse). De : lequericia (autre meta- 
these), du lat. liquihtia, transcription populaire 
(sous l'influence de liquor, liqueur), du grec 
Glucuridza, proprement : racine douce. {Diet, gen.- 

— xu* et xm« s., licorece, reculisses. 

Argoennehe (savoir 1') (Sal.), connattre le 
moyen secret de faire qqch. 

Argaere ! Exclamation. Encore ! — Usite* 
dans une foule de circonstances oft il n'a qu'un 
sens tres vague. — « C'est toujours la merae 
chose, arguiere? » $.-a-d., alors, done. V. 
Arri&re, pour plus de details. 



ArgulIIon (Cp.), s. m. Aiguillon. 

Aria., s. f. — Sens special (Ec) — D6ver- 
gonde>. « Qu6e haria que cHe fille. 

Arlchal (Mj.), s. m. — Archal, laiton. 

Et. — « Fil d'archal est une locut. sou vent 
estropiee en : 111 d'arechal, d'arichal, ou meme, du 
temps de Vaugelas, en : fil de richar. 

Et. — Lat. Aurichalcum, mot a mot : airain de 
montagne, ainsi nomm6 a cause de Torigine attri- 
bute a cette substance metallique. 

Arlemltlaue (Mj.), s. f. — Arithme*tique. 

Et. Hist. — Dans le Roman de la Rose : Arism6- 
melique, ou l's egale le th du grec. — Souvent Ari- 
m^tique. — ' « l/abaque tient l'arimetique. > 
(Roman de Thebes, 45. — Constans.) 

Arign* (Mj.), s. m. V. Harigne. — Filet a 
prendre les oiseaux, tendu entre deux perches 
que Ton porte verticalement. Les oiseaux, 
chassis des haies ou des arbres par un com- 
pere place* du cMe* oppose\ se pr^cipitent dans 
Yarignb, et Toiseleur les y enveloppe. Cette 
chasse, ou plutot ce braconnage se fait la 
nuit. — V. Chavaru || Fu. — Ce mot est bien 
du masc, meme au sens de Araign6e, insecte : 
Ein grou arignL || Ec. — Beaucoup de mes 
condisciples lagaient des araignees (filet) pour 
s'en servir pendant les vacances. 

Et. — Corrupt, du mot franc. Araignee, prise de 
nos iours par m^tonymie (V. Aragne) pour la *oile 
qu'elle file. L'arigne' represente bien une grande 
toile d'araignee. 

Arlmber (Z. 178, Cz.), v. a. Habiller. — A 
rapprocher peut-6tre de Arrimer. || Sal. — 
Organiser, disposer. 

Arte, s. m. — Touffe d'herbe dans laquelle 
le poisson se tient cache. (M£n.) 

Arjaleatre, s. f. — Terre argileuse, ou d'ar- 
doise. Mieux : argealestre. Cf. Argelaise. 

Arjnre, s. f. Arcure. — Operation qui con- 
siste a recourber avec precaution la vine*e de 
mani&re que Tare qu'on veut lui faire d£crire 
ait le plus petit rayon possible. (M£n.) V. 
Archets. 

Arlantler (Sp.), s. m. Eglantier. V. Argan- 
cier, Eronfier. 

Et. — Eglantier, pour : aiglentier, vx fr. aiglent, 
du lat, aquilentum, pour aculentum (cf. aquifo- 
lium, houx) ; de acus, aiguille, pointe. (Diet, gift.) 

Arm6na (Mj.), s. m. Almanach. 

Et. — Douteuse. Calcul pour la m£moire~ (de 
l'egyptien) ; compte (hebreu) ; cercle trac6 sur un 
cadran solaire (lat. manachus) et servant a indiquer 
Tombre pour chaque mois. (Lrrr. et Diet, ge'n.) 

Ar mender., v. a. — Raccommoder, un filet 
V. Apetissure. 

Et. — Supposerait : remender, rgamender. C'est : 
boucher et reboucher les trous. 

Armer (Mj.), v. a. — Tendre sur ses 
enlarmes, un carrelet. || Sp. — Armer eine 
charte, garnir une charrette de ses parties 
accessoires. — Ce mot ne signifie pas seule- 
ment : munir d'armes. V. l'Stym. de Enlarmts. 



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ARMURES — ARRAGHERIES 



49 



Ar mores (Sp.), s. f. — Ne s'emploie qu'au 
plur. — Parties accessoires et mobiles a'une 
charrette, telles que : fumeroles, echalons, 
harasses, etc. — Syn. de Ambulances. V. 
Amur. 

Arnapee (Sal.)- — Ond6e. V. Naper, Napir. 

Arnette (Mj., Fu.), s. f. — Rainette. 

Et. — Pour : ranette, par metathese, qui est le 
diminutif du vx fr. Rane, lat. Rana, grenouille. — 
Syn. de Pissouse, Graisset, Airnette. 

Arnolse (Mj.). — Prononcez Arnoueze, s. f. 
Corrupt, de Arraoise, plante de la famille de 
1* absinthe. Syn. de Remise, Herbe a la remise. 
Tres commune sur les bords de la Loire. 

Et — Artemisia vulgaris. Du nom grec Artemis 
ou Diane. Comme elle secourait les femmes dans 
leurs maladies, cette plante, qui passait pour utile 
dans ces affections, recut le nom de la deesse. 
(Utt.) 

Arocher, Arrocher (PL, etc.), v. a. — Jeter, 
lancer. Arocher une pierre, c'est la lancer sur 
qqn. « Aroches-y done eine pierre, a ce 
chien ! » — Se dit meme, de nos jours, en 
parlant des confetti. Lancer, en g6ne>al. || 
S'emploie peu, comme v. actif, a Montjean. 
— v. r6f. s' Arocher, — faire mine de s'dlancer, 
se pr^cipiter d'un air mena^nt. Ex. : J'ai 
rencontre ein grand vilain chien qui s'est 
arroche sur moi eine secousse, comme s'il 
avait voulu m'avaler. — Cf. I'espagnol 
Arrojar, m^me sens. — A rapprocher de Gar- 
rocher. (Cf. Jaub. a Rocher.) || Au fig. : C'est 
eine pierre qu'on illi arroche dans son jardin 
(Segre*.) || S' arrocher apivs qqn. Arrocher des 
pierres a qqn. (Lu6). 

lit. Hist. — Notre compatriote Menage dit : On 
se sert de ce mot dans l'Anjou et dans les provinces 
voisines pour dire : jetter, comme quand on dit : 
arrocher une pierre a la t£te de qqn. — De ruo (ruo, 
ruis, ruxi, ructum, rucare : d'ou adrucare, adro- 
care). — Menaoe se complait A ces etymologies 
fantaisistes. Pourquoi ne pas voir ici le mot Roche, 
pierre? lancer une pierre. — La Curne : <i Arocher, 
kriser, mettre en pieces, reduire en poudre, saupou- 
drer ; accabler. D'ou : accabler qqn en lui jetant des 
pierres : 

— « Par la grant rue tuit Yarochent; 
De verges le batent et le brocent. » 
Puis il cite Implication de Menage, qu'il semble 
approuver. — Une note de 1'Editeub le corrige : 
s Ce mot a sans doute la mdme origin e que : rochet, 
qui vient de rail, rocken, fuseau. I^e sens provin- 
cial rend cette origine plausible : lancer en tour- 
nan t. » — Le D r A Bos. : Arochier, de A et Rochier, 
verbe, de Roche. — Evidemment ! 

— « Coars li Lievres Yarochoit 

De loing. que pas nel' aprochoit : 
A V arocher qu'a fait coart 
i En a crolte le chief Renart. » (Benart, 11.104.) 

I Ardder (Tf.), v. n. — R6der. 

Arolle (Mj.), adj. qual. — Houleux. Ex. : 
11 fait ein vent agapi : l'eau est toute arollee 
en dessour du pont. 

Et. — Rac. Roller. Des vagues arolUes sont des 
values rollees ou routes par le vent. 

Hist — G.-C. Bucheb, 97, p. 138. 

« Licence vague ,a tous vents aroUe. • 



• Aronees (Lu6). 
Ronces. 



fironces (Mj.), s. f. — 



Aronder (Lg.), v. a. — Disposer en ados du 
foin s6che\ Syn. de Arrouer. Der. de Rond. 

Arosser (Sp.), v. a. — Araollir, 6ne?ver. 
Syn. — V. Afainianter. 

Et. — Du fr. Rosse, mauvais cheval, puis : per- 
sonne qui ne vaut pasgrand'ehose. — Maigrir, deve- 
nir a rien. (de Montes.) 

Aronage (Gn.), s. m. — Inclinaison des 
rayons d'une roue sur le plan de la A>ue. 

Aroue (en) (Lu6), loc. adv. — De suite, 
imm^diatement. 

Arouter (s') (Mj.), v. r£f. — Se mettre 
en route, partir. || Fig. s'habituer, se mettre 
au courant d'une besogne. || V. a. Acheminer, 
engager ou diriger sur une route. || Habituer. 

Et. Hist. — A, Route. — « Et c'est chose difficile 
de fermer un propos et de le coupper, depuis qu'on 
est ar route, (Mont., Ess., I, 9.) 

Arootiner (Bn.), v. a. — Habituer, V. ref. 
S'Aroutiner (Mj.), — acquerir de la routine. 
Syn. de Etre au roule, a la coule. — Cf. Jaub. 

Et. — Der. de Routine, et frequent, de Arouter. 

Arpions (Mj., etc.), s. m. — Mot d' argot. 
Les doigts des pieds. Plomber ou schlinguer 
des arpions y — sentir mauvais des pieds. 

Et. — Ce mot viendrait-il de : arripere, saisir, ce 
qui sert a saisir, la serre des oiseaux, puis, par ext, 
le pied de Thomme? — Sous toutes reserves. — 
« C'est le vx. mot arpion, — griffe, ongle. Harpon 
et Harponner sont restes dans la langue (Lor. 
Larch.) 

Arprin (Pell.), s. m. — Nerprun, par la 
chute de l'n initial. V. Nanse, Anille, etc. 
Syn. de Mielprin. 

Arpnee-usse (Sal.). — Pidge pour les petits 
oiseaux, assez complique\ nceud coulant de 
crin pos6 sur une tige mobile, li6e a une pliette 
branche souple. La tige mobile, en d6clan- 
chant, fait tirer la pliette et serre le noeud. 

Arqae-broat (Mj.), s. m. — ArrSte-boeuf.. 
V. Arc-bceuf. Syn. de Equiopereau, Equiopins, 
Picote. Ononis spinosa. 

Arquenet (Do, Am.), s. f. — Camisole 
(M£n.). 

Arqnepincer (Mj.), v. a. — Prendre, pincer 
qqn qui est en fraude. Cf. Pincer au demi- 
cercle. — Syn. de Chopper, Piger. 

Arracheeamp (Mj.), s. m. — Tige de bo is 
servant de levier a pince, dont les mariniers 
se servent fr£quemment pour degager un cor- 
dage inglati, soulever un fardeau, etc. 

Et. — Du fr. Arracher et du pat. Camp, fr. 
Champ, signifiant la face d'un bloc de pierre ou 
d'une bille de bois qui porte sur le sol. 

Arracheries (Mj.), s. f. plur. — Arrachage. 
Les arracheries de chambe, — V arrachage du 
chanvre. C'est un des gros travaux agricoles 
dans les lies et les vallees de la Loire, comme 
les Batteries, les Semeries. De Abradicare, 
enlever jusqu'aux racines. 



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ARRACHIR — ARRlfiRE 



Arrachit.. Part. d6f. de Arracher. 

Hist. — « Voicy ce qu'il me falloit. Gest arbre me 
servira de bourdon et de lance. Et /'arrac/* i/facile- 
mentde terre et osta les rameaux. »(Rab.,G.,i,36.) 

Arrais (Bg.), s. f. — Esp&ce d'avoine cul- 
tiv6e a Baug6 (M6n.). V. Arrie . * 

Arraisonner (Mj.), v. a. — Raisonner. || 
V. r6f. s' Arraisonner, — devenir raisonnable. 
Ex. : II va s* arraisonner a vieillir. — Mieux 
que Araisonner. 

Arrangement (Mj., Lg.). — Dans la locut. : 
Eter ben d? arrangement, — £tre conciliant, 
accommodant. 

Arranger (Lg.), v. a. — Chatrer. Syn. de 
Affranchir, Faire, Castrer. 

Arre (en) (Mj., Sp.). — Ne s'emploie que 
dans la locut. : En &rre, — en arriere. || Fu. 
Eter charge" en drre ; ca p6se en arre. — 
Arre done ! » — arridre done ! Exclamation 
pour faire reculer le cheval. — Aux bceufs, 
on dit : « Seu ! seu done ! — en leur tap ant 
sur le nez. 

Arree 1 (Mj.), s. f. — Attention, reflexion, 
adresse due a Intelligence et a la reflexion. 
Ex. Voute qu^nau ne court point ; c'est pas 
la force qui llli manque, c'est qu'il n'en a pas 

Y arrie. 

Et. et Hist. — C'est le mot fr. Arr§t. Varrie est 
Parr§t de la pensee, c.-a-d. la reflexion. — « II y a 
encore d'autres filles qui sont de si ioyeuse com- 
plexion, et qui sont si folastres... qu'elles n'ont pas 

V arrest d'ouyr, ni songer a autre chose, sinon a 
leurs petits esbattements. » (Brant., D. gal., D. iv, 
p. 229.) 

Arree * (Lu6), s. f. — Orge qu'on donne aux 
porcelets ou aux pores a l'engrais. Pour : 
Ard6e ou Hardee, lat. Hordeum. 

Arret, s. m. — Remblai. « Petit ados qui 
coupe une all6e plate en travers pour emp§- 
cher que les eaux ne la d£gradent (Litt.). — 
Remblai de 7 a 8 m. de hauteur, appuye* 
contre un mur en pierre seche (Tr.). M6n.). 

. Arr€te (Mj.), adj. verb. — Pose\ se>ieux, 
qui fait attention. Ex. : II n'est poin tarreti a 
ce qu'il fait. — V. Arrie. 

Arrlter (Mj., Lg.), v. a. || V. n. Se tenir 
tranquille. Ex. : Je sais pas ce qu'il a a e"tre 
si podure; il n'arrete pas. || Ne pas arreter de, 

— ne pas cesser de. Ex. : A n'arrete pas de 
gouler. || Empecher. Ex. : fa ne Carritait 
point de subier (Zig. 156). Syn. de Dicesser, 
Relentir. 

Arriere (Mj.) (pron. arri£e-re, arguiere), 
adv. — Done, main tenant, voila que. Ex. : 
Noute vache est arriere malade. || Conjonct 
Mais, d'un autre edte\ Ex. : Ces gorins-la 
sont pus beaux, arriere, ils sont trop chers. || 
S'emploie aussi comme interj., dans le sens 
de : En voila bien d'une autre ! — Ex. : 
Je sommes dans la maledringue ; vela a 
c't'heure que mon p6re s'est cass6 eine jambe. 

— Arriere / || J'vas mettre du son dans l'eau, 
arriire, — Main tenant, je ferais bien de. . . || 



Loc. expl6t. souvent employee dans un sens 
ind£termine\ || Encore. — Ex. : Vas-tu recom- 
mencer, arriere I || (Fu). Pron. : arri6e-re. En 
revanche jamais d'autre sens. 

Et. et Hist. — La Cctbnb : « On soupconne arrie', 
espece d'exclamation vulgaire, et probablement la 
meme que Arri en Normandie, d'etre, comme 
arriez, une alteration de Padv. arrire ou arriere, et 
d'avoir une signification relative a celle de l'ex- 
pression « reswardeir ayere » — « Ne nos covient 
mies rester et molt moins nos covient ancor res- 
wardeir ayere. (S. Bern., Serm.) — Ainsi ce serai t, 
avec ellipse, qu'a l'occasion d'une surprise deV 
agreable ou agreable les gens du peuple disent : 
arrii ou arri, comme s'ils disaient : regardez 
arriere ; comme s'ils avertissaient de se tourner 
arriere, de tourner la tSte en arriere, de se retourner 
pour voir ce qui leur platt ou deplalt et pour en 
juger. Lorsqu'a la vue d'une personne ou d'une 
chose pour laquelle on se sent de l'aversion et de la 
crainte, on en exprime le sentiment en criant : 
arriere, arriere de moi la chose qui se presente, ou 
la personne qui s'avance, arriire n'est point, comme 
on l'a dit, une prepos. II est adv., et signifie, avec 
ellipse, allez arriere, retrogradez, reculez, eioignez- 
vous de moi en allant arriere... II etait l'expression 
d'un 'sentiment d'aversion pour une chose a 
craindre lorsqu'on disait : « Arriire ce sera une 
mauvaise besoigne. » {Contes de Desperiebs, i, l\.\ 
— C'est done par imperatif supprime qu'en criant : 
arriere, on rompt les chiens en defaut ; que Ton 
commande a un homme, a une troupe, a des che- 
vaux de ham a is de reculer. — II serai t possible que, 
dans les v. rentrer, revenir, retourner et autres de 
meme espece, le principe de la particule re fut 
l'adv. arrere, que l'on ecrivait arre ; d'ou, vraisem- 
blablement, plusieurs v. inus., tels que : araler, 
aretourner, dans le sens de arrere-aller, arrere- 
retourner. Du moins est-il certain que, dans 
nombre de verbes, la particule re, comme arrere 
dans nombre d'expressions, signifie que le mouve- 
ment design^ par le v. se fait en retrogradantt en 
retournant vers un lieu d'ou l'on est parti, etc. Ex. : 
« Cumandad David que Turn portast l'arche ariere 
en la cited », pour : que Ton reportast. Tres nom- 
breux ex. : Demander arre, redemander ; conquerir 
arriere, reconquerir ; poser arriere, reposer ; mettre 
arriere, remettre. Done, retro explique re de nom- 
breux v. lat. francises. (La Curne.) 

— Arrie\ arriee, airier, partic, explet. Ainsi, 
l'enim vero des Lat, - aussi. — « J'vous fais 
c'viau 10 ecus, et vous dites que c'est trop char 1 
Vouderiez-vous pas l'avoir pour ren, arritel (Comte 
J.) — a S'emploie pour donner plus d'expression a 
une epithete desa#r£able. Ex. : C'est core arriere 
une sarchee b£te, au respe de vous. » (De Months.) 
Et enfin : a Arte, Arrie, — maintenant, certes, 
enfin, en efTet, au contraire, sans doute, d'un autre 
cott ; , dteormais. I^oc. explet. ; une sorte d'interj. de 
sens assez variable ; elle marque aussi l'etonnement, 
la mauvaise humeur, l'impatience, le disappoint?* 
ment, comme le regret, le retour sur un incident, 
pour le blamer ou le regretter. » (Guillkmaut.J 
Excellente definition. 

— « Enrcre, — locut. ; neanmoins, cependant, 
comme ca. Ce mot n'a point de sens precis ; il se 
place partout. Lorsqu'on demande a une personne 
qqch., ou qu'on la prie de faire une demarche qui la 

i'ette dans i'incertitude, elle repond : « Ve m'enuiex 
>en enrere. » — Arcre : aussi, d'ailleurs. Dans le 
centre de la France, on dit : arrie. Arre, conj. Enfin; 
du celtiq. Arre, encore. (Favre.) — Arie. Basse 
Bourgogne :« Locution qui equivaut a : a cepen- 
dant, malgre cela, tout de meme », selon le cas- 
Mais, la plupart du temps, elle n'est ni necessaire 



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ARRlfiRE-LEVfiE — ARSOUILLE 



51 



ni justifiee. Cest un ornement parasite qui ne 
laisse pas de donner au disc ours de la couleur et de 
la rotondite\ si je puis le dire. Les Grecs ont de ces 
parasites, surtout dans la poesie. lis sont au style 
ce que les fleurs pari^taires sont a une mine, 
qu'elles embellissent plus qu'elles ne consolident. * 
(Ch. Nisabd, Curios itis de V Hymol. franc., p. 110. 

Arrltre-tavta s. f. — Ensemence* gue le 
fermier r^colte apres avoir quittg une ierme. 
(MAn.). — Cf. Arriere-foin, regain (Litt.). 

Ar rimer (Zig. 155), v. a. — Preparer, 
arranger, un plat. — (Test le franc, dans un 
autre sens. 

N. — Anc. franc. : arrumer, arruner, aruner, 
oriner, — mettre en ordre. (Diet, gin.) Etym. dou- 
teuse. 

Arris t interject. — On excite souvent les • 
animaux a aller en avant, en criant : Arri t 
arris. 

Hist. — On s'en sert en Languedoc et en Italie. 

(MfafAQE.) 

Arrivade (Mj., Lg.), s. f. — Hasard. Se dit 
surtout dans coup a arrivade, coup de hasard. 
— Syn. et doubl. de Arrivee. 

Arrive (Mj.), s. f. — MGme sens que Arri- 
vade. || Arrive- arrive, — au hasard, au petit 
bonheur. On dit dans le meme sens : Arrive 
qui plante. Ex. : J'ai pSche" dans le tas arrive- 
arrive. 

Arrive (Mj.), part. pas. — Venu. Ex. : 
Dame ! il n'y a pas ete ben arrivk a illi parler 
de ces quatre sous la ! — il y a 6te mal venu. 

Arrivee (Mj.), s. f. — A Varrivie de, — 
environ, pres de. Ex. : II pese a Carrivee de 
six-vingts. || Hasard heureux. Ex. : Cest eine 
arrivee. — Le bestial ne se vend que par 
arrivies. || Coup d'arrivie, — c. de hasara. || 
Reception. — II n'a pas ieu eine belle arrivie. 

Arriver, v. actif. — R^ussir. Ex. : J'ai vrai 
ben arrive mes confitures. || Absolument Y 
arriver. Ex. : II n'y arrive point dans tout ce 
qu'il fait — Cf. Jaub. 

Arrivolr (arrivoue) (Mj.), s. m. — Point 
de la berge ou les bateaux peuvent arriver, 
aborder. Syn. de Abord, Rivage. 

Et. — Cest le mot franc, pris dans son sens 6ty- 
mologique, ad-ripam (are), ar-rive-er. 

Arroeher, v. Arocher. — Ajoutez : Cf. angl. 
to rock, balancer, agiter, bercer ; derive" : 
rocket, fus^e volante (R. O.). 

Arroadlr (s'), v. r6f. — « Si l'eau grandit, 
elle s'arrondit. » (Men.) 

Arroa (Mj., Sal.), s. m. — Monceau de foin 
peu elev6 et peu large que Ton dispose dans 
toute la longueur du pre\ afln de pouvoir le 
Piquer et le charger plus facilement Cest 
I'angl : row, rangee. Syn. de Ronde. 

Arroucr (Mj., Sal.), v. a. — Disposer en 
arrous. Syn. de Aronder. — Cf. Jaub. a Roue. 

Arrouser (Mj.), v. a. — Arroser. 

Et — Se prononcait encore ainsi au commence- 



ment du xvir 3 s. — Se trouve dans Malherbe. — 
Vauoelas remarque que la plupart disent et 
ecrivent : arrouser, mais recommande arroser. De 
Ad et Roser, v. fictif, du lat. ros, ros£e. (Litt.) — 
« Arrouser signifle : jetter de l'eau par plusieurs 
petites gouttes au coup, comme rousee. » (Nicot.) 

— Arrouser un marche", ses galons, le coup (a la 
p£che ou au jeu), — boire bouteille. 

Hist. — Exemples innombrables; il faut se 
borner. 

— « De beurre frais, tombant par une housee, 
Duquel, quand fut la grand mere arrousie 

9 Cria tout haut. . . (Rab., G., i, 2.) 
— *« Arrousant la chambre du sang qui d^gouUait 
partout. » (Brant., D. gal., Disc. 1, p. 215.) 

— « Qui me donra des fontaines de pleur 
Pour arrouser, en mourent, mon cercueil ? » 

(G.-C. Bucher, 136, 162.) 
— « Les bleds ay men t la roused 
Dont la plaine est arrousie. » 
(J. DIT Bella Y, Complainte du De'sesptri, p. 144. 

Arroagolr (arrousouS) (Mj.), s. m. — Arro- 
soir. 

Arronsoiree (Mj.), ArrousoitSe (Pell.), s. f. 

— Le contenu d'un arrosoir. 

Et/ — Pour la 2« forme l'r final est devenu muet 
suflBxe tee, indiquant la con ten a nee. 

Arsillon (Mj.), s. m. — Ardillon, sorte de 
boucle. Syn. de Desillon, Tersillon, TerseiUon. 

Arsis (Tis.), s. m. — Montant et fruit du 
vin. Ex. : Vela du vin qui a ein bon petit 
gout a" arsis. 

Arsoir — Pour : a ce soir. Autrefois pour : 
hier soir 

Et. Hist. — De Heri, serum, — hier soir. — 
Dans le Haut-Maine : arsoue\ arsoir, hersoir. 
— « Mais quand je la revis arsoir 

Toute seule en un coin s'assoir. » 
(Melon de S.-Gelais, p. 77. Cite par Menage. 

— « Arsoir, l'autre soir (comme on disait • 
autrier, autre hier), alterum vesperum. « Icelui 
Estienne s'adreca contre le suppliant en disant : 
Tu me cuidas arsoir faire battre. » (D. C.) — Arsoir, 
hiar soir : « Ha ! que je fus afflig6 arsoir, quand ie 
ne trouvay plus le subject qui me faisoit trouver le 
veiller si doulx ! * {Lettre d* Henri IV & Gabrielle 
d'Estrees.) — Marot a ecrit : hersoir, plus rappro- 
ch6 de : hier soir : 

— c Le juste deuil rerapli de facherie 
Qu'efltes hersoir. . . (EUgie, 12. — Jaub.) 

Arson (Sp.), s. f. — Sensation de brulure, 
de picotement, de d^mangeaison. Ex. : J'ai 
des arsons au talon. 

Et. Hist. — Vx franc- Arsin. — En termes 
d'eaux et forSts, bois arsin, bois ou le feu a pris, de 
qq. maniere qu'il y ait £t6 mis. — Arcins (incendie), 
xir\ — Arsin, xrir 3 . — « Depuis la destruction et 
arsin de la ville. » (Froissard, n, 11, 448. — Lttt.) 

— Du v. latin Ardere, bruler ; ars, ards. — Arsion, 
chose brulee, embrasSe, incendi6e. Le v. Arderja du 
avoir un doublet, Arsir. (L. C.) — ArseKs, arsin, 
arson, arsure ; incendie, lieu incendte, chaleur bru- 
lante, cuisson, demangeaison, teigne. — En angl. : 
arson. (D r A. Bos.) — « Arsion se dit pour : chaleur 
excessive en pat. norm, de Guernesey, ou e'est un 
subst. f^minin. « I fait done grand cau ? — Vere, il 
y a une grande arsion sus la cauchie (chauss^e). » 
Moby. 

ArsoaUle (Mj.), s. m. — Homme qui 



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52 



ARSOUILLER — ARZILLEUX 



s'adonne a la ctebauche abjecte, a Fivrognerie 
crapuleuse. || Partout. 

Et. Hist. — Anagramme du vx mot : souillart, 

2ui designait Parsouille du moyen age. (Lor. 
arch.) — Jaub. le rapproche de : souillon. — 
Selon du Meril, ce mot est une aphe>ese de Gar- 
souille : « Viles personas quas garciones vocant. » 
Mathieu Paris, cit6 par Guillemaut.) 

Arsouiller, (s'>(Mj., etc.), v. r6f. — Mener 
une vie de debauch e ; se vautrer dans de 
basses orgies. V. Arsouille. 

Artaban, s. m. — On dit tres souvent : Fier 
comme Artaban. — C'est le he>os du roman 
de M lle de Scude>y, le Grand-Cyrus. 

Article (Sar., Tm.). — BSte d' article, — 
tete de b6tail tar£e ou malade que certains 
bouchers ach£tent a vil prix. Ex. : Cest ein 
petit bouchaillon qui ne fait que les betes 
(Varticle. 

Artlere., s. m. — Petit poisson ne grossissant 
. pas, servant d'appat pour la pdche (Men.). 

N. — Je trouve dans Littre : Art, terme de 
peche. Sorte de filet, dit ordinairement : boulier. Y 
a-t-il un rapport? 

Artif&illes (Ag., Mj.), s. f. — Un tas d'ar- 
tifailles, — de frusques, de vetements, avec 
une id6e de m^pris. 

Et. — Pour Attifailles, du fr. Attifer. 

Artlfi, s. m. — Sarcifi-crochet, pour ; sal- 
sifis des pres. (Men.). ' 

Et. — Salsifis. Ital. : sassefrica, orig. inconnue. 
— Oudin enregistre : sassefique, sassefrique, sasse- 
fy, sassify, sercifi, serquify. — Les botanistes em- 
ploient plutdt cercifls que salsifis. — Olivier de 
Serres : sercifi. (D. C.) 

Artillant (Mj., Sp., Sal.), eux (PI.), oux 
(PL, Sp., PL), adj. qual. — Vif, actif, 6veill6, 
alerte, entreprenant, travailleur. — A rap- 
procher de Ardelion, par curiosity. 

Et. Hist. — Au mot Artille : Pourrait venir de : 
ars, artis, — art ; d'ou artillum, engin ; artillare, 
pourvoir d'engins. L'anc. franc, a : artilleux, dont 
l'etymol., qui est : ars, artis, confirme celle d'artil- 
ler. (Litt.) « Artilleux se dit en bonne et mauvaise 
part : 

— « S'est Telamonz, preuz et vaillanz 
Et artilleus et combatans. » 

— « Ha ! feme, comme es enginneuse, 
Et decevants, et artilleuse. » (L. G.) 

— « Elle est hardie et artilleuse 

Et trop en vie studieuse. » (Bom. de la Rose.) 

— « Li goupils (renard) est moult artilleux 
Quand il est auques fameilleux. » 

(c.-a-d. quand il est un peu affame. — Id. — D. C 

Artiste (Mj.), s. m. V6te>inaire dipldme\ 
par opposition a Megeillcur. — Pas d'autre 
sens. 

N. — Se trouve dans Lor. Larchey. Excentrici- 
tes du langage. 

Et. — Ars, artis. N'a pris que vers 1762 le sens 
special qu'il a aujoiird'hui. On disait : artiste en 
tapL>t-rii*, etc. (I 1 r r.) « c/t«» vdon»* est ben 

gate ; faut aller charcher Yartissc. » — « Landry a 
du talent pour le bestiau. . . Quand meme on irait 
etudier dans les £coles, comme les artistes, cela ne 
sert de rien si on n'y est adroit de naissance. » 



(G. Sand. La Petite Fadette.) — Tendance de notre 
6poque a amplifier les mots ; portiej, concierge ; 
perruquier, artiste capillaire ; cuisinier, chef ; 6pi 
cier, marchand de denrees coloniales. (Jaub.) 

Arton, s. m. — Pain, — terme faubourien. 

Et. — De nombreux mots commencent par : 
arto, du grec : artoc, pain. — C'est de r argot : 
Artif, artie, arfiffe, arton. — Du provencal : 
artoun, pain. (Lor. Larch.) — Arton signifie : 
pain, dans le Diet, manuscrit de Barb ass ah. — 
Artuit, repas. Espdce de droit seigneurial, comme 
le droit de glte. Kepas qu'un vassal donnait a son 
seigneur. (L. G.) 

Ar'tourner, v. n. — Retourner, V. Ar l . 

Artusan (Lg.), s. m. — Brucbe des pois. 1 
Petit insecte sauteur, col£opt£re a long bee, 
qui suce et perfore les feuilles des choux et 
navets, et aussi celles du lin. Syn. de Cosson, 
Cotisson. 

l2t. — Doublet Evident de Artuson, malgre* la 
l£gere difference de sens. En somme le patois 
designe sons le nom commun de Artusans ou Artu- 
sons, les insectes qui perforent, qui pertuis c nt soit 
le bois, soit les graines ou les feuilles des plantes, II 
apparatt dds lors que ce mot est pour Pertuson ou 
Pertusant, du v. Pertuscr. — Variantes : Artuison. 
artezon, artuissons, artison, artaison. « II preserve 
les fourmages d'estre manges des bestioles,... arm- 
sons, mittes. (O. de Serres.) — « Une aumusse 
d'escuraulx de Calabre, doublee de menu ver, 
artuisonnie. (1514. God.) 

Artuson (ML), s. m. — Petit ver qui perfore 
le bois et fait la verraoulure. || Lg. Petit 
insecte sauteur qui s'attache aux choux. C'est 
le cosson de Mj. || Fu. Cosson. « Un trou 
d'artuson. » — « L'armoire est toute cosson- 
ne'e. » — Syn. de Saillon, Cotisson, Puzon. 

Et. et Hist. — Corr. et doubl. de Artison, fr. II y 
a eu confusion des deux insectes. — Pourrait etre 
pour : pertuson, du fr. pertuis. — « Artuison, c'est 
un ver de drap (xvi ; s.) — Ariuson (O. de Serres) 

— On a dit jadis : Artoisan, artuison, arte, artre. — 
La Curne : Artuis, trou fait par les vers, alteration 
de partuis, le meme que pertuis. — Artuis, trou d» 
ver, ou ce ver. (Di»t. de Trevoux, a Artisonn£. CL 
Tineosus, plein de teignes. — En fin, Scheler: 
Artison, Artuison. Lat. termitem, tarmita, a donn&j 
tarte ; par apherese : Arte, artre ; d'oii un compos* 
arte-toison, artoison, artuison, — uson, — ison. — 
V. Artusan. 

Arnnter (Mj.), v. a. — Mettre d'aplomb^ 
caler. Syn. de Ayoter. V. Dlrunter. 

Comparez : Arouter, faire route, — suivn 
en faisant la m£me route, — mettre a la suit*| 

— proposer par ordre, — ordonner, mettil 
en ordre, disposer, assembler. (L. C). 

Arure (Lg.), s. f. — Toute facon donnee i 
la terre et, par ext.; operation culturale quel 
conque. Syn. de Airure. || Tout instrument 
agricole. Syn. de AppiL 

Et. — Doubl. de Airure, avec un sens phi 
£tendu. 

Arzille (Mj., Mze), , s. f. — Argile, terrl 
glaise. V. Ardille, Ardrille. 

Arzlllenx (Mj.), ad. qual. -— Argileux, Syj( 
et doubl. de Ardilleux, ArdriUeux. 



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AS-DE-PIQUE — ASSAYER 



53 



Aa-de- pique, s. m. — Extr6mit6 du crou- 
pion d'une volaille ; ainsi nomm£e de sa forme 
C'est le : sot-Fy-laisse. V. Croupignon x Trou- 
fignon. 

A- see (Mj.), s. m. — Haut-fond, partie d'un 
chenal ou Feau est peu profonde. 

Et. — Tres claire. — En unseul mot : Assec, dans 
Ljttre : periode pendant laqucllc un etang dess£- 
che" est livre" a la culture. — t& bateau a rencontre 
un assec. (Jaub.) 

Asgn£, s. f. — Cigue\ L' article a 6t6 soude 
au nom : la cigue\ Lat. Cicuta. La forme popu- 
laire £tait : Ceue. 

Asile (Mj.). — 1 Absolument, pour : salle 
d'asile. Ex. : Je vas mener mon gars a V asile, 
5a va me d^cancher. 

As me (Lg., Tm.), adj. qual. — Pour : 
asthmatique. Ex. : II est ein peu asme. — Cf. 
Rhumatisse, Anbmie, Eclipse. 

Asparge (Mj.), s. f. — Asperge. Cf. Mar, 
Par et Fespagn. Esparrago. || Asperge du 
pauvre, — chou vert, brocolis. || Fu. Asparge 
de cordonnier, — bette, qui se mange a la 
sauce blanche, comme Fasperge. — On dit 
aussi : Esparges. 

Et. — Hist. — La Curne : Asperague. Ce mot 
peut se rapprocher de Asper, en fr. : aspre, apre : 
* La coustume fut jadis en Boecie, que les bonnes 
et honnestes matrones approuchantes pour devoir 
coucher la nouvelle maride luy faisoient un chap- 
pellet sur la teste de branches de aspara°es aspres 
et mal graoieux, voulans dire qu'il faloit endurer 
les rud^sses du mary. » — Le patois se rapproche 
plus du lat. que le fr. — L 1 asparagus est line plante 
d'ornement que Ton n'ose appeler : asperge. || 
Asperge des gueux, jeunes pousses de houblon. 
(Dott.) 

Asparges-me (Mj.), s. m. — Le d£but de la 
messe, le moment de F aspersion. || Goupillon. 

Aspic (fran^ais) ou Uspic. — Lavande. On 
dit encore : de Fhuile (T as pic dans le langage 
correct, et Ton peut comparer a la fameuse 
phrase normande : « Qu'a au'al a qu'a crie? 
Al a qu'al a chu ! » Cette pnrase recueillie a 
Lu6 : Madame, votre uspic y s'pard, — votre 
lavande se perd, c.-a-d. est trop avancjr 
pour pouvoir £tre utilised. (M. de la Perr/^ 
mere.) — Ec. De Feau d'espic, de fir DC 
pour : du spic. wespi , 

Et — Forme particultere pour : spic^T 
epi. — Lavandula spica, — nee par assJF.* spicus, 
confusion avec: aspic. — Onenextrait^ 1IT V ,a .V on j e 
rante, Fessence de spic, dite par C( /mehuileodo- 
d'a^pic. {Diet, gtn.) — Pseudonard^^P 1 ;/ hull 1 e 
tica (Rob. Estienne, Tkesauru& m > "***"*. : cel " 
Batard : Lavandula spica. 

Asplt' (Li., Bris., Mj.), s. „- f _ .. 
lerpent, couleuvre, vipere. <f* %„ h „+ «, £»' 
Prononc. Aspi. & Tabat ' 1' Fu - 

Et. — Anc. fr. : aspe (popuV , ., , .. 

fe asphs, aspidis. - Dans Uf-) «J asmde (savant), 
Ip^ * > r J Centre, le t est inso- 

AspiM (Mj.), adj. q* Convert de 

'oik-Lore, III. * r - S y n - de MaltlL V< 



Et. — Cf. Aspidocephale. Terme de zoologie, qui 
a la tete couverte de plaques (erec, aspic, boucher, 
k£phatf, tete.) — Simplement : tach£ comme un 
as nit. 

Assaisonner (s'). — (PL, Lg.), v. r£f. — 
Murir, en parlant des fruits. — Cf. Aouter. 
Ex. : Ces poires-la ne sont pas encore assez 
assaisonnees. 

Et. — Francais dans les anciens auteurs : Murir. 
dans !a saison • A, Saison. Pris dans un sens special 

— « L'espic jaunit en grain que le chaud assai- 
Sonne. » 

(DuBell.,vi : 19.) 

— « Fruit vert, pour n'6tre pas assaisonne' encore. » 

(D'Aub., Create 5.) 
Derive de: sationera, action de semer. Le premier 
sens est : mettre a point, a la saison : « Comme ilz se 
feussent assemblez pour cueillir et amasser le b!6 
qui estoit an dedenz d'icellui champ, combien que 
icellui bU ne feust mie pour lors attempres£ ne 
assautonnt. » (L. C.) — Assaxonare. (D. C.) — Du 
foin bien assaisonne. — « Mais de parler des dattes 
entteres mures et assaisonnees, cela est r£serv6 pour 
des controls plus chaudes » (S. Francois de Sales. 
Trad, de V Amour de Dieu. — Jaub.) 

Assaouler v. a. — Alle m'assaoule, — 
m'6tourdit. — Cf. Assavoir. — V. Assouler. 
Et. — Salullare, sadoler,saoler, saouler, souler. 

— Rendre qqn. soul de qqch.. ltii en donner tant 
qu'il n'en veuille pas davantage. (Did. gtn.). Ici, 
saturer de paroles. 

Assassin (Mj.) pour : Assassinat, meurtre. 
Ex. : II s'est fait ein assassin a La Pommeraye 

Et. — Hist. — De 1'arabe : haschisch, nom de la 
poudre de feuilles de chanvre avec laquelle on 
prepare le haschisch6. Le prince des Assassins, ou 
Scheik, ou Vieux de la Montagne faisait preftdre 
du haschisch a certains hommes. Ceux-ci-avaient 
des visions qui les transportaiejvV^et qu'on leur 
pr^sentait comme ^tanti^^^'jnt-gout du Paradis. 
A ce point, ils se tm^rjJejit determiners a tout faire 
et le prince )es^J[pi y a jt & tuer des personnages 
ennemis. C\^[ ^ n ^ qu'une plante enivrante a 
fini par d^nerson nom a 1'assassinat. (Lttt.) -— 
^ est J»oubli de la vraie signification de Assassin, 
^"Ji^lans le sens d'assassinat l'on a dit : « Qui 
IS/ltera Toeil sur les meurtres et assassins que 
1es Princes faisaient faire par leurs favoris, etc. » 
(Pasquier, Rfch, I, 21, l. c.) — Le bruit court 
icv que deux soldats de la mareehauss^e de Sau- 
mur ont etc rompus pour avoir fait un assassin. 
( 176 J). — Inv. Arch., E. 341, 2„ 12.) 

Assaat (Mj., Lue), s. m. — Epreuve, mala- 
die, accident. Ex. : II se paratt qu'il a leu ein 
fameux assaut ; il a ben manque d'en terzeler. 
|| Coup violent recu. 

Et. — B. L. Assalire, assaillir. — Assaltum ; 
classiq. assultum, assait, assaut. (Diet, gen.) 

Assauvager (Mj.), v. a. — Rendre sauvage, 
au propre et au fig. . 

Et. Sauvage vient de : sylvaticus, qui habite 

les bois. — Hist. E. Deschamps. (God.) 

— « La domesche par dur gouverneraent 
S'assauvagist et mue son usage. » 

« Les Evain assauvagissoicnt 

Et les Adam aprivoisoient. 
Entre les autres en issi (sortit) 
Le gorpil (renard), si assauvagi. » (D. C.) 
Assayer(Mj., Sp.), v. a. — Essayer. || Fu. 



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54 



ASSEAU — ASSIRE 



Absolument, v. re*f. : Essayer ses forces. 
« Veux-tu j'allons nous assayer ? i 

Et. — Doublet de la forme frang. — Le bret. a 
le v. Asai, et l'angl. le v. to Assay, qui ont le meme 
sens. Lat. popul. : exagiare, de : exagium, pesage. 

Assean (Mj.), s. m. — Herminette. — (a). 

Et. — Marteau a l'usage du couvreur, dont la 
te"te est courb£e en portion de cercle. B. L. Asci- 
culus, du lat. Asciola, dimin. de Ascia, instrument 
de charpentier. — Aisceau, terme de tonnellerie, 
instrument qui sert a polir le bois (Litt.). — 
« Assetu;. Marteau avec une tete d'un cdt6 et de 
l'autre un tranchant large de deux pouces et un 
peu recourbe" vers le manche ; les couvreurs s'en 
servent pour dresser, couper et clouer les lattes et 
les ardoises, et les tonnelliers pour polir et arrondir 
les douves des tonneaux. (Diet. gen.). — Asciau. 
Outil de charron, espece de hache a fer en forme de 
pioche, pres de son attache au manche, commc 
V ascia romana graved sur les tombeaux antiques 
avec la formule jusqu'a present inexpliquee : sub 
ascia (D. C). — Cf. Jaub. Asciau. — N. L' ascia 
6tait la truelle de ma<?on ou de briquetier. « Sub 
ascia ou Ad asciam dedicare, signifiait : Consacrer 
(un monument) sous la truelle, c.-a-d. encore 
inacheve" (A. V.). 

Asstaher (Lg.), v. a. ~ DessScher. — v. n. 

— Se dess^cher. Ex. : Tout asslche par ces 
chauds-la. 

Assee-onl — Ah ! e'est que oui / — Pour : 
oui. Approbation amplified (M£n.). 

Asselllonner (Lg.), v. a. — Rechausser, a 
Taide du veau ou vuau, les rangers de choux 
dans un champ. On dit aussi : Hotter. 

Et. — Derive^ de Seillon, pris, comme toujours, 
au sens de : billon. — V. Folk- Lore IV, Culture. 

Assenser, et mieux Ace user, v. a. — Tr al- 
ter a forfait avec un n^creyeur pour payer 
en denr6es les soins qu'il doit donner aux 
bestiaux. De la : assensement, pour : rede- 
vance. (M£n.). 

Assent (Mj.), s. m. — Consentemjent, 
accord, adhesion. Ne s'emploie que dans .\a 
locut. : Eter d? assent, §tre consentant. Syn.v 
de Aconsent, AgrS, Bait (Z. 145). — Angl. 
Assent, meme sens. 

Et. — Hist. — Du lat. Assentire. Cf. Consentir. 

— « Les ordonnances touchans le commun pr#ufit 
de la ville soient faites... par Vassenz des trois 
concistoires (1370. — Assemblee des /Stats. D. C). 

— « Car Francois et Bretons seront bientot d' assent 

De piller sur vos biens 

(Cuv. du GucscUn. — Devili.ard.) 
Poitou, Aunis : Y a pas d'assent d'aveuc lui, — 
il n'y a rien a attendre de lui. — « Contrainct tou- 
tesfois et vaincu des prices du peuple (S.-I^ezin) 
fut d'assentement de prendre la charge pastoralle... » 
(J. DE £ourd., chron., 30*). 

Asseoir (Lue\ etc.), v. a. — Asseoir la lessive 
la bu£e. Placer le linge dans la panne, etc. 

Et. — Ad, Sedere. — Par ext. : mettre dans une 
position fixe et stable, toute esp£ce de maniere de 
poser les choses, de les d^poser, de les disposer. 
(L. C). — Assir la buee. (Dott.) 

Assereaux (Tr.), s. m. — Coupures, divi- 
sion du schiste a peu pres horizon tale. (M£n.). 



Asser moaner (Lg.), v. a. — Brocarder, 
couvrir de lazzis, cribler de lardons, 

Asserrer (Tm.), v. a. — Serrer. Cf. Are- 
garder, Accomparer. — Au sens de : ramasser 
enfermer. 

Et. — Du lat. popul. Serrare, — enfermer, de 
serra, serrure, verrou. (Classiq. sera, confondu avec 
serra, scie.) — Rab., 1. IV. Nouv. Prol. p. 30 : « En 
bonne heure de vous rencontre^ (la sant£), sus 
l' instant soit par vous asserde. . . soit par vous 
saisie et manciple. » (Je pense que ce mot veut 
dire : retenir une chose qui 6chappe.) 

Asseorement — Assure men t, certaine- 
ment. 

Hist. — « Luy-m^me commenca a deduire 
asseurement son faict. » (Amyot, Marius, 23.) — 
xn* s. « Asseurement i va, kar tu la cited prendras. 
— L'anc. langue a deux adverbes, asseurement et 
asseur^ement ; le premier de l'ancien adject 
Asseur, au f6m. ; le aeuxi&me d'asseur£e. 

Asses (Mj.). — Se place souvent apres 
l'adj. — Ex. : II est grand assez, mais dam il 
est sot ! || Tout assez, tant qu'assez, — autant 
qu'il faut. 

Asshenre-el (Lg.). — Maintenant. Syn. de 
Astheure. 

Asgieger (s') (Lg.), v. r6f. — S'asseoir. Syn. 
de s' Assire, s' Ass titer, se Sitter. Cest le vx 
francais. De : siege. 

Assient (Lg.), s. m. S£ant. Prononc. : Assi- 
in. Pour Ass^ant, du fr. Asseoir. 

Assizer (s')» s' Assir (Fu.), v. r6f. s' Asseoir, 
se Sietter. — « Siettez-vous done. » — « As- 
siette-te done La, par le coute" de moi. » H Mj M 
Lg.) — S'emploie surtout a Timperatif. On 
dit indiileremment : Assi6tez-vo\is, ou Assisez- 
vous. (Ec.) 

Assienter Assl6ter. — || Ec. se Sieuter. V. 
les precedents. — Assikez-vous done || Sieu- 
tez-YOus. 

Assientoir (Segr.). Tout ce qui peut servir 
pour s'asseoir. Doubl. de Assitoir. 

\ Assigner (Mj.) et Assiner, v. n. — Faire de 
la l£te un geste affirmatif. Ex. : Alle assignait 
avec Je menton. V. plus bas Assiner. 

As8imetiter, v. a. — Assaisonner, accom- 
moder avec des ingredients. V. Acimenter. 

Assiner CMJ.), v. a. — Assiner. || Designer, 
indiquer — k>u menacer du doigt. 

Et. Hist. — 47/est le lat. Assignare dans son sens 
propre, et dans le sens du d£r. fr. Assiner. Les deux 
verbes se confondent. Le g ne se prononcait pas au 
xvir 3 s. — Cf. u\n sinet. — « Tu trouverais... 
assener, pour frapfcer ou on visait, et proprement 
d'un coup de main.\» (J. du Bell., D. ct 1U., 1. II 
vi, 46.) s 

— « Regarde coVn me e ^ e assine 
Son amy soubz naubepine. » (God.) 

Assire (Lg., Mj., lWi.), v. a. — Se conjugue 
comme Lire. — Asieoir, assire la buee, — 
preparer la lessive. |iye vas m* assire ; assise- 
vous done. — Syn. d\ Assieler. Cf. S*assidre. 
(Jaub.) i 



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(poogle 



ISTANTE — ATfiTER 



55 



Et. — De>. direct du lat. Assidere, forme* exac- 
tement comme le fr. Rire de, Ridere. — Hist, 
t Mais si en cest habit je m'assis a table, je boiray 
parDieu ! (Rab., G. I, 39.) 

Assistant* (Sc). — « J'suis ben assistants » 

— Assez fatigued pour m'asseoir, ou : j'aime 
a m'asseoir. 

Assister (Mj.), v: a. — Accompagner qqn 
dans une circonstance importante de son 
existence, etc. — Ex. : II ne s'en e>a pas dans 
la terre sans que je Vassiste. \\ Assister la 
crone, — donner a la qu§te. 

Assltoir (Lg.), s. m. — Siege. 

Assobrer (Lg.)i v - »• — Assommer, abrutir. 
Syn. de Essodir. || Abatt/e, 6craser de sora- 
meil. Syn. de Endovrer. 

Et. — Du lat. Ad, Superare. Cf. Souverer. 

Assodir. (Sp.) v. a. V. Essodir. Assommer, 
elourdir par des coups. 

N. — Assodd, malade sans ressource ; homme 
accable. par la maladie et qui, selon l'expression 
vulgaire, ne tient plus comple de soy. (L. C.) 

Assolr. Pour : hier soir. V. Arsoir. 

Hist. « 1^ vilain d'assem'r a plants ses immon" 
danites a notre porte. » (B. de Very., M. de parv.* 
Ill 139.) 

Assolider (Mj., Lg.), v. a. — Consolider, 
rendre solide. 

Assort (Zig. 122), s. m. — Position conve- 
nable. 
Et. — Assortir, fournir, mettre en etat, disposer. 

— Assorter, — munir, fortifier (suam cuique sor- 
tera assignare). D. C. 

As8o*ir° (assoqui) (Mj.), v. a. — Desse*cher, 
ratatiner, racornir. — Gf. Aste (Jaub.), s6che- 
resse. 
Et. — Lat. JEstus ou ^Estas. — V. Sti (Jaub.) 
Assourler (s') (Lg.), v. r£f. — Se soucier. 
Ex. : Je m'en assoucie pas. Cf. Aboulouner. 

' Assoniller (Segr.), v. a. — S'asseoir sur la 
paille, se dit des hommes et des animaux 
(Mix.). 

N. Mettre de la litiere sous les animaux. V. Souil, 
poussiere d'un appartement, balayure. (Dott.). Cf. 
Ensouillure. 

Assofiler (Zig. 145 ; Mj.), v. a. — Presser, 
serrer, comprimer, tasser, fouler. — Tasser, 
p. ex., dans une poche. 

Et. — De>. du fr. Souler, lat. Saturare. Assouler 
des objets dans un cofTre, une malle, c'est : saturer 
cc colTre, cette malle, les remplir aussi eomplete- 
ment que possible. Metaphore expressive. — On a 
propose Assolidare. — V. Assaouler comme Ton 
prononce a Lue\ Cf. Assoler (Jaub.) 

Assontrer (s 1 ) (Lg.), v. r6f. — S'accroupir. 
Syn. V. tfamouir. De>. de Soutre. 

Astasle, Stasie, et meme Tasie (Mj.), n. 
propre. An as tasie. 

Astkeure (A c't'heure), adv. — Main tenant, 
tout a Pheure, a T instant. Cf. Assheure-ci. 
Et Hist — Contraction du fr. t A cette heure, 



ou p.-e\ forme directement du lat. : ad istam 
horam. — Brant6me emploie souvent ce mot qu'il 
dcrit : A sVheure : * A sCheure done je puis bien 
dire qu'a hon escient je triomphe de vous. » 
(D. gal., D. 1, 35, 25). — « J'en ai assez parle 
as th ure, j'en parlerai encore. » (Id., Vie de Mar- 
guerite, reine de Navarre.) « Moy asteure et moy 
tantost, sommes bien deux. » (Mont., Ess., Ill, 9.) 

— k J'ay des pourtraicts de ma forme devingt-cinq 
ans, je les compare a celuy a" asteure. » (Id, ibid., 13) 

— Asturs (Marbod.) 

|| Fu. — Astheure-ci, m^me sens. — II est venu 
me charcher, e. pis astheure-ci, i veut pu v'nir. » 

Asthme (asme) (Tim.), adj. qual. pour : 
Asthmatique. II est asthme. On donne au 
malade le nom de la maladie. « II ne peut- 
guere travailler, il est asthme. » V. Asme, 
Astre. 

Et. — D'un mot grec, — respiration. 

Astir (de Y) (Sar.), s. m. — Astique (Fu). 
s. f. — De T^lastique, du caoutchouc, de la 
gomme gutte. || II a perdu Yastique de son 
chapeau. 

Astlf&iller (Lg.), v. a. — Attifer. Syn. de 
Querter. Cf . ArtifdiUes. 

Astlquer (Mj.), v. a. — Sens special de : 
Appliquer avec vigueur. Ex. : II te illi a asti- 
qui un coup de varge de fouet sus la goule ! » 

Astre (Asme), s. f. « Ceux qui avaient un 
astre sus la poitrine. » (La Trad., 250,36). 

At. — 3 P pers. sing, indie, pres. de Avoir. 
Ex. : II at ein beau gorin. — Cf. II vat. 

Et. — C'est le t regulier de la 3° personne. 
Hist. — « Son quiev, que il at coronet, 

To lo laiseret recimer. » 
(Son chef (sa tete) qu'il a tonsure, il le laissa se 
couvrir tout en tier de cheveux. — Vie de S. Ltger.) 

Atardlver (s'), v. r6f. — S'attarder, rentrer 
tard, Stre longtemps. — De>. de Tardif. — 
Syn. de s' Abassheurer. 

Ate bite ! — OnomatopSe indiquant T6ter- 
nuement. || Fu. — Atichum ! 

Atelier, (a), (Mj.), s. m. — Atelier. Cf. Cdlice. 

Et. — C'est le lieu ou Ton prepare les attelles, 
qui sont de petites planches ; en un mot c'est 
. l'atelier du menuisier ; de la le sens a passe a toute 
espece d'atelier. On a longtemps ecrit : attelier. La 

}>rononciation Atelier. . ., a conserve la trace d'une 
ettre disparue : astelier : « lis avoyent conclu de 
jeter mon hastelier a bas. » (Patjssy, 9. — Litt.) 

Atermer (s') (Sp.), v. reX — Murir. Venir 
a terme, arriver a maturity complete. Cf. 
s'Abouttier. 

Atfsser (Lg.), v. a. — Disposer r^guliere- 
ment en tas des branches couples pour les 
fagoter. 

Et. — - Der. de Tesie. 

AtSter, Attfter (Mj.), v. a. — Tenir tete a 
qqn, l'irriter par son obstination. || V. re*f. 
s'Atteter, — s'entSter, s'obstiner. Cf. Enteter. 
|| Discuter vivement et passionn£ment avec. 
Ex. : Quand il a bu, faut pas Yatteter. De : 
tele. 



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56 



ATIGOCHE — ATTIGNER 



Atigoehe (Mj., PL), s. f. — Excitation, pro- 
vocations, agaceries. — V. Attigoche, Aticoche. 
Caresses. 

Atigocher (Mj., PL), v. a. — Agacer, taqui- 
ner. V. Attigocher. 

Atlnter (Mj.), v. a. — V. Timer. Enchan- 
teler. 

Atout (Mj.), s. m. et tern. — Fig. Coup vio- 
lent recu, horion. Syn. de Hampane. 

N. — En jouant aux cartes on dit qqfois : Atout, 
ratout, ratatout, passe mon pique, enfouie M"" la 
Pre7ete (a La Membrole. — MtN.). — A Mj., ce 
nom est souvent du f^minin ; au Lg., il Test tou- 
jours. Ex. : As-tu ine atout ? j'en ai encore yine. 

Et. Hist. — Le premier sens semble venir par 
analogie du coup port6 au jeu par la carte maltresse. 
Dans ce dernier sens : Jouer a-tout, jouer de son 
reste, ou nYpargner rien, faire tous ses efforts. 
« Quand ils se virent ainsi assiegez, si joudrent 
a tout, car ils avoient assez canons et artillerie. » 
(Journal de Paris, sous Charles VI et Charles VII. 
I, C.) 

Attapir, et (s') (Lue). — Se blottir, se mettre 
a Labri. V. Tapir. — Syn. de se Boutnir. 

Hist. « Et pource que la dart* 4 de ses oevres ne 
demeure atapie en omores ne en tenebres. » (Join- 
ville. — D. C.) 

Attaque (Mj.), s. f. — Dans la locut. Eter 
(Tattaque, — §tre solide, capable d'attaquer 
ou de se d£fendre, en parlant d'un homme, 
d'un animal ; — hv^prochable, en parlant 
d'un ouvrage. Ex. : Ein gars <T attaque. 

Et. — C'est la prononciation picarde de . atta- 
cher. Musicien d'attaque, d'un orchestre ou d'un 
chceur, que les autres doivent suivre pour l'attaque 
de la note qui commence un passage (Diet gM.). 

— « Coupeau marchait de l'air esbrouffeur d'un 
citoyen qui est d* attaque. » (Zola.) 

Attaquer (Mj.), v. a. — Fig. Interpelle/, 
apostropher, adresser la parole a qqn, meme 
sans intention agressive. V. Attaque. 

Et. Hist. — h Un Picard, mend au gibet, aima 
mieux y otre attache", pendu et strangle, que 
d'^pouser une fille boiteuse, disant a l'executeur : 
« Attaque, attaque, elle cloque (cloche). Menage. — 

— Moisy resume bien ces deux sons : * Attaquer, 
en dialecte normand, et attacher, en vx fr., signi- 
fiaient tout a la fois : assujettir une chose a une 
autre et : exercer un acte degression. » Attacher 
a perdu ce dernier sens en franc., et cette lanjrue, 

f)our 1'exprimer, a emprunte au dialecte normand 
e v. attaquer, lequel, en ce dialecte, a conserve les 
deux acceptions. Aug!, to tack. — Cf. taque, 
taquet. 

Atteeher (Lg.). — Attacher. Changement 
frequent de Ta en e. 

AUeindre (Mj.), f v. a. — Aveindre. — Ex. : 
Atteins done les allumettes et me les donne. 
Syn. de Avrcr. j| Fig. — Atteindre de loin, 

— etre influent, avoir le bras long. 

Attelage (Mj.), s. m. — Sens special. Equi- 
page, attirail. Syn. de Adrigail. j| Encombre, 
embarras. Ex. : Cinq enfants et y eine femme 
malade, ca illi en fait d'ein attelage ! 

Et. — B. L. Astellare. On donnait le nom d'as- 
telet au bois du collier des chevaux, de la Atteler. 



Ce mot vient done de : as tele, ou, comme nous 
eerivons aujourd'hui, attelle. Lat. : hastella, petit 
baton, de : hasta, baton, lance (Litt.). — « De Ad 
et Telum, au sens non classique de timon, fleche. 
(Diet. gtn.). 

Attele, part. pas. (Lg.). — Ben atteU, mal 
attete, — qui a un bon, un mauvais attelage, 
c.-a-d. qui est bien ou mal pourvu d'animaux 
d'attelage. Cf. DesattelL || Partout, au fig. — 
Mal attett, — engage" dans qq. mauvaise 
affaire. 

Attelee (Sa.), s. f. — Attelage. Syn. de 
Harnais y Charrue. 

Attelles (Fu), s. f. — Pieces de bois aux- 
quelles on fixait les boaufs pour les faire 
tourner le moulin a battre, avant la batteuse 
a vapeur. 

Atteloire (Sp.), s. f. — Cheville de fer 
mobile qui se loge dans un trou du croc ou 
proueil, et y fixe la prouilli&re du croc ou 
proueil qui precede. 

Attendant, e (Mj.). adj. verb. — Qui 
attend avec patience. Ex. : Noute jument 
n'est point attendanle. Cf. Faisant, etc. 

Attendillon (Mj.), s. m. — Petite quantite 
de nourriture que Ton prend pour pouvoir 
attendre le repas. 

Attendis (Sp.), s. m. — S'emploie dans la 
locut. adv. A Vattendis, — en attendant. — 
A La Romagne, on dit : En attendis. || Fu. id. 

Attendre (s') (Segr., Mj.), v. r6f. — Penser. 
Ex. : Je m' attends quMl vienne, — je pense 
qu'il viendra. || Mj. Je rrtattends qu'il va 
venir, — j'espere qu'il viendra. 

Et. — S'attendre, avec. le sens d'espe>er, comp- 
ter, serait inintellicrible si Ton ne connaissait pas a : 
attendre un autre sens que celui qu'il a aujourd'hui. 
Ce v. signifiait aussi : faire attention, ce qui en est 
le sens propre — S'attendre, o'est done : s'appli- 
quer a, tendre son esprit a. IJ'ou le sens actuel. 

Attentlonnant, e (Mj.), adj. verb. — Absor- 
bant, qui exige beaucoup d'attention. Se dil 
d'un travail. Syn. de Appliquant. 

Atteter. V. Ateter. 

Attibrail (Fu), s. m. — Attirail, tourment 
« Quel attibrail ! » Syn. de Enquibrage, 
Encfietribi. 

Atticoehe-gof he (Mj.), s. f. — Excitation, 
provocation. Ex. : A illi fait des atticoches. \\ 
Agaceries. || Poires d'atticoches, — agaceries. 

Atticocher gocher (Mj.), v. a. — Lutiner, 
p,*ovoquer, exciter, aguicher. — P.-e\ diminut 
du fr. Attaquer. A rapprocber du francais 
Asticoter. 

Attifalls, Atflfiaux, s. m. — Pour attifets ; 
proprement : Ornement de tete pour les 
femmes, d'ou : parure en g6ne>al. 

Et. — A, TifTer, parer la tete ; du flam, tippen, 

con per le bout des cheveux. 

Attigner, Attiner (Fu), v. a. — Provoquer, 
irriter un animal. Ex. : Ne va pas attiner 



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ATTIGOCHE — AU-DESSUS 



57 



les aboilles, a te mordraient. — I se sont 
attines apres li. — Attiner un chien, l'exciter : 
Attine-le done point, i va te mordre. || V. ref. 
s' Attiner, — s'acharner, s'ent§ter. N. Mieux, 
Aquiner. D'ailleurs ti se prononce qui. 

Et. Hist — Du Canoe le fait venir du german. 
Atia, atya, — lat. odium, haine (angl. to hate). 
Atine, Taction d'animer, d'exciter. — « Ledit 
J eh an, s'attayna et entra en chaleur et fureur. » 
Attainer, — facher, irriter, courroucer. Attaineux, 
querelleur. 

Attigoche, er (Pell.), v. Atticoche, er. 

Attlntor (Mj.), v. n. — V. Timer. 

N. — fitablir un objet quelconque sur des tins* 
qui sont des pieces de bois horizon tales un peu 
inclinees dans le sens de la longueur. 

Attrappe-ehlens (Mj), s. m. — Sorte de 
demi fermeture dans l'ouverture d'une haie. 
(Figure : < ). 

Et. — Ainsi appetee parce que les chiens, qui ont 
es coutvs de long (proverbe), sont censes ne la pou- 
voir franchir. V attrape-chiens laisse un passage 
sinueux que l'homme peut franchir de plain-pied, 
mais qui arr£te completement les bestiaux. Gf. 
Olivette. || Fig. Par jeu de mots : Aller au couvent 
de Vattrape (la Trappe), pour : se marier. 

Attraper (Mj.), v. a. — Toucher, heurter, 
atteindre. Ex. : II m'a atlrapk dans Peil avec 
ein bois. || Gagner une maladie. Ex. : Tu vas 
attraper ren de bon. — II a altrapk ein velin 
d'eau. — Illy a deque* attraper sa mort. — 
Attraper du mal. || Attraper ein queneau, — 
devenir enceinte. || Attraper des pou6es; des 
puces, — etre infests, par contact, de poux, 
de puces. l| Invectiver quelqu'un. Syn. de 
Engueuler. 

Attrichoter (Lg.), v. a. — Attacher en 
liasses. Ex. : Attrichoter des oignons. .D6i. de 
Trichotee. 

km l (Smf., Sar., Po.), pr6p. — Avec. Ex. : 
Je l'ai vu prendre ein vipere au les mains. |l 
A Mj. mejne, ou ce mot n'est plus employe^ il 
s'est conserve dans la vieille locution : Au 
respect parte. — V. Gorin, Noble. 

Et. — Contraction de Auvec. — Hist. « Vente... 
par Jean de Lambe « de tous les frus, esues, quelle- 
t*^ o toz les droiz, aucions, convencions que il 
avait... en un arpent de vignes. » (1282. Inv. 
Arch., G. 46, 2.) — "Ou (au) carrefour de la porte 
Angevine, la oti Ton vend la char o le pain. » 
(1299. Id, ibid., 48.1.) — Une pidce de vigne et une 
pi^ce de terre o les haies qui y appartiennenl. » 
(1297. Id., S. //., 54,2.) — « Une meson o le courtil 
et o toutes les appartenances a La Barre. * (1322. 
Id, ib., 72,2.) 

Et. — « Ot, od. o, ob, — pr£pos. avec. — Du 
lat. apud, * aput. Le p de * aput s'est adouci en b, 
v, et nnalement vocalise en u. — apt, abt, avt, aut, 
ot. o ; en sorte- que apud et aut donnent en defini- 
tive Tun et Tautre O. — V. O, ovec. — Nous avons 
adopts la graphic .4m, a cause du mot Auvec et de 
la prononciation. Ovec serait p.-e. preferable. 

Au *. — Remplace souvent la terminaison 
al au singul. des noms. Un chevau (j'vau), un 
animau. Cf. Maufaisant, pour : malfaisant. 

Am \ prononcl ao. Chaosses, pour : 



chausses ; caoser pour causer, etc. (Le Lou- 
roux, Z. 139). 

Aubade (Mj.), s. f. — Raclee, rossee, votee 
de coupe 

Et. — C'est le mot francais pris au figure" et iro- 
niqueraent, comme l'indiqueraient ces vers de 
Regnabp 

. . . Qu'il aille au diable'avec sa serenade, 
Je vais songer a lui donner r aubade, raoi, 
(La SMnade, Sc. 1.) 

— Charivari. (Diet, gdn.) 

Aubarge-lsse (Mj.). — Auberge, auber- 
giste. 

Et. — De l'aha, heriberga, tente de campement, 
de heri, armee et bercan, proteger. — Ancienne- 
ment, logis : h£berge ; heberger. 

Anbepin, s. m. — Aub^pine. Cf. Ebaupin 
(Ec), ou Ton dit mSme : du Nbaupin. 

Et. — De : aube, pour : albe, de : albus, blanc 
et de : spina, epine. On trouve aussi Ebeaupin. 
Anc. fr. Aubespin, plus pres du latin. — RfcGNiER, 
Stances . 

— « Naguere vert, sain et puissant 
Comme un aubespin florissant. » 

— « Bel aubespin fleurissant, verdissant r 

(Ronsard.) 

Auberger, pour : h^berger. — V. Aubarge. 

Anboor (Mj.), s. m. — Aubier. || Fig. 
Duplicity, difficulty, chicane. Ex. : Avec moi 
y a pas d'aubour. || Fu. Y a pas d'aubour dans 
la filasse. — On montre a M. Gaspard la pho- 
tographic de r assassin presume ae M me Gas- 
pard. II re*pond : « C'est bien lui, il n'v a pas 
d'aubour. » (Le Petit Courrier, 17 avrif 1907.) 

Et. — Du lat. Alburnum (Plinb), der. lui-m A me 
de Albus, blanc. Cf. I'aube du jour. — N*y a pas 
d'aubour, dit-on, quand une alTaire va toute seule, 
iu*un marche est completement bon ou fait avec 
les gens loyaux et sftrs. » (Raynouard.). — N. Ce 
mot est emprunte a la langue des marchands de 
bois pour charpentes : ils doivent livrer l'arbre 
equarri, d^garni de son ecorce et de son aubour 
consider^ comme une tare. 

Aabonrfoln, Aoroofouin, s. m. — Bleuet. 
Le mot francais est Aubifoin, nom vulgaire 
de la centaur^e bleue. — Syn. de Bleu-bleu. 

Aubuy, Aaba, Aubus. — Tuf decompose* 
plac^ entre la terre et le tuf, a Saumur, a 
Thouars. P.-6. de Alba, blanc (M£n.). 

Hist. — Les Aubuees, Aubuez, Aubus. Noms de 
localites dans l'lndre et dans la Nievre. D^r. p.-^. 
de Albus, a cause de leurs terres crayeuses et bian- 
chatres ou de leurs plantations d'aubiers (saules). 
Jaitb. 

Andacer (Mj.), v. a. — Exaspe>er, outrer. 
|| V. r6f. S'emporter 

Audaeienx (Mj.), adj. qual. — Insolent, 
impertinent 

An dessds (Lg.), adv. — Au-dessous. 

An-dessos (Mj.), adv. || Venir au-dessus de, 
— venir k bout de, triompher de, Femporter 
sur. Ex. : Vela ein dvrage, je sais pas si je vas 
queuquefois en venir au-dessus. 



I 



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58 



AUDRET — AUSSIT' 



Hist. — t . . . La seconde commere 
« Vint au dcssus de ce qu'elle entreprit. » 
LiA Fontaine, La Gagcure. 

Andret (Mj.). — En face. S'emploie seule- 
ment avec la pr£pos. de. Ex. : J'6tais audret 
de chez ieux. — Je demeurais audret de 
sa maison. V. Dret. 

Au£. Avec. — Auk le soule\ — avec le 
soleil. V. Au (Men.). V. O, Ovec, Auvec. 

Anfege (Segr.), adj. qual. — Fier, orgueil- 
leux, peu causant. « C't homrae n'est pas 
aujkge (M6n.). Cf. Ruff age. 

Hist. — Aufaige. Nom de dignity Nos anciens 
auteurs, qui dgfigurent les noms orientaux, sup- 
posent qu'aufaige est, chez les Sarrazins, le nom 
d'une dignity approchant de celle du roi. 

t Ne say s'ii est roy ou aufaige. » (L. C.) 

Anfrage (Mj.), s. m. — Naufrage. 

Et. — C'est le mot franc., avec la chute de l'n 
initial. Cette aphe>ese est due a ce que dans Pexpres 
sion : un naufrage, l'n du subst. a 6t6 confondu 
avec l'n final de Particle. C'est !e contraire de ce 
qui s'est produit pour : nanse et tant d'autres mots. 

Auge (Lg.), s. f. — Etre ou rester dans 
Vauge, — rester en arriere de son travail 
vis-a-vis de l'ouvrier avec lequel on maconne 
de concert. Langue des m aeons. 

Aageon (Mj.), s. m. — Fosse remplie de 
fumier et servant de couche pour cultiver les 
citrouilles, melons, etc. — Ex. : On voit d6ja 
des formes de palourdes dans Yaugeou. — 
De>. de Auge. V. Aujou. Syn. de Tombe, 
Raganne, Ragdille. 

Augment (okman) (Mj.), s. m. — Augmen- 
tation, accroissement, extension. — Se trouve 
au xvi e s. 

Aajord'hal. — Prononc. vicieuse. On dit 
mSme, pour renforcer le pteonasme : Au jor 
d 1 aujord hui. 

AdJod. V. Augeou (Bri). — Fosse qui recoit 
le cep de vigne qu'on veut planter. || Qqfois : 
gorgeure, a SI. (M£n.). — || Bl. Un aujoux, — 
fosse" creusS pour couper les racines d'un 
arbre. || Q., Zig. 171. Une tranchee. || Ec. 
Pour : au jour. 

An mailles (Lg.), adj. qual. plur. — B§tes 
aumailles, — betes a comes. 

N. — Ce mot, supprim6 par PAcadSmie et 
not6 comme vieux par le Dictionn. gene>., est 
toujours en usage au Lg. 

Et. — Animalia. — Hist « Y ayant tout droit 
d'y faire paturer leurs betes aumailles. » (lnv. 
Arch., E. S. s., Ill, 172,1.) — « Bestes belines, 
aumailles et chevalines. » (God.) — N. Le plur. 
neutre Animalia a 6t6 pris pour un f£min. sing. 

An mas — Instrument pour la pe'che dans 
nos rivieres ; espece de filet. Lorsque les 
mailles des filets sont triples, ce sont des : 
aum6es en fr. (Men.). — N. Je n'ai pas pu 
retrouver la trace de ces mots. Faut-il y voir : 
mailles, tramail? 

Anmiere (Fu), adj. qual* —* Nozille au* 



mitre, — noisette cultive*e, par opposition a 
noisette des champs. 

Anne i s. m. — Aune des pr6s. (Batabd, 
Aun6e, inula helenium.) 

Aune * (Ec). Longueur de filet. V. Apciis- 
sures. 

Anparavant (Mj., etc.), pre>. — Avant. 
Ex. : J'^tais rendue ben longtemps aupara- 
vant lui. || Auparavant que, ou : que de, — 
avant de. 

Hist. — « De sorte que son atne\ auquel le fief 
est e"chu, venant a d£c6der auparavant luy... 
(Cout. du Poitou, II, 217, Art 280.) — Employe 
par Corneille. — Vauoelas blame cet emploi. 

Anqoeon, anqnenne (Mj.), adj. indeT — 
Aucun. I| Auqueune part, — nulle part. Cf. 
Ieun, pour : un. 

Anqnennement (Mj.), adv. — Aucuneraent 

Aure. — Le vendredi aure, — le Vendredi 
saint. 

Hist. — « Le vendredi 9 avril est dit le Vendredi 
saint, alias le Vendredi aurL » {lnv. Arch., I J I, 
E. S. 8. p. 424, 2.). — Etym. Adorare, vx. fr. Aore. 

Anril, s. f. pour : Oril, oreille. 

N. Cf. Orillard, qui a de grandes ore i lies ; oreil- 
lette, petite oreille ; oreillon. — Aurillade, coup 
sur les oreilles. — Hist. « Icellui Simon dist au 
suppliant qu'il lui donrait telle joee (coup sur la 
joue) ou aurillade qu'il le feroit cheoir a terre. ■ 
(D. C.) 

Anrlole (Mj.), s. f. — DaphnS laur^ole. I! 
Ec. Lauriol. 

N. — On peut ici constater l'apherese de 1 initial, 
pris pour l'article la. C'est le contraire de ce qui se 
produit pour Labbe, Lierre, Ahaie, etc. 

Aury. s. m. — Nom vulg. de PHesperis 
alliaria. (Men.) — Julienne ailiaire de 
Batard. Ailiaire. 

Ausanne (Sp.). V. Lausanne, 

N. — Je serais tent6 d'6crire Hosanne et de rap- 
porter ce mot a l'h£breu Hosannah. II est a remar- 
ouer, en effet, que Ausanne et Lausanne designent 
deux plantes gui fleurissent au temps de Paques 
au temps des Hosannah ! 

Et. — « Hosanne, Osanne, buis b£nit du dimanche 
des Rameaux ; le jour ou le dimanche de VOsanne. 

— Au mot Seuzannes : — primevere sans tige ou 
a grandes fleurs. P.-e\ pour : hozannes, de hosanna. 
le temps de Paques, comme qui dirait Paquerettes. 

— Cf. Alleluia, Pentecote (Jaur.). — « Nous estan; 
en la Rouchelle vers la fin de 1315 ; au commen- 
cement de Tan 1316, environ VOsanne (L. C). 

Angst- ben. — D'ailleurs. Ex. : JVirons 
point annuit, aussi ben j'n'aurions point le 
temps. 

Anssit' (Mj.), adv. — Aussi. || Ec. On dit 
aussi, sans t sonore. || Cette forme ji>st 
employee que lorsque Tadverbe termine la 
proposition. Ainsi on dit : J'y 6tais, et ielle 
aussit\ — Mais on dira : A illy 6tait aussi 
ielle. || Aussi... comme. — Je s£ aussi fort 
comme te\ || A la fin d'une phrase, sorte d'in- 
terjection marquant le depit. « II arait du 



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AUSSITOUT - AVALAGE 



59 



venir pus tout, aussiC — Dame ! aussi? I tu 
n'arais pas pu roe le dire ! 

Aossltont — Aussitdt. 

Aessl yral — Affirmation renforc6e Ex. 
I va chk d'la pike arsoir, aussi vrai que j'ai 
nom Piarre ! || Vrai de vrai ! 

Autant (Mj ) — Autant que de, — corres- 
pond au franc. : On peut le regarder comme. 
Ex. : II est si malade qu'il est ben autant que 
de pardu. || Autant... comme, — aussi... 
que. || Autant comme autant, — tant et tant, 
tant et plus, autant qu'on voudra. Ex. : Des 
preunes, y en a c't'annee autant comme 
autant. — Je illi en donnerai autant comme 
autant. || Autant dire, — c'est comme si on 
disait. Ex. : Tu me demandes six-vingts pis- 
toles de ta vache, autant dire que tu ne veux 
pas me la vendre ! 

Hist. — « A tes hautes entreprises e*tre autant 
favorables, comme envers toy il a este liberal. » 
(J. du Bell., Dddic., p. 2.) — * « Autant les indoctes 
comme les doctes. (Id., De"j. et III., II, 11, 56.) 

— « Le regret que jectea sur ma cendre 

Me griefve autant comme il ne vous vault riens. » 
(G. C. Bccher, 251, p. 239). 
. . . Dins la restanco. 
Poudes la faire beure, autant comme vous plai. 
(Dans l'ecluse, vous pouvez la faire boire autant 
qu'il yous plait. — Mireille, p. 156, 4*.) 

Antefois f et (Mj.). — Autrefois, au temps 
jadis. 

Antel (Mj.), s. f^minin. — Ex. : I disait sa 
messe a la grande autel. — Cf. HStel. 

Aqte or (Mj.), s. m. — La cause. « JVen 
s6 pas Vauteur — ce n'est pas de ma faute. — 
« La pie*e est Vauteur que je n'arons guere 
de poumes c't'annSe. » 

An tor (Mj.), s. f. — S'emploie dans la 
locut. : Jouer d'autor, — jouer d'autorite, 
c.-a-d sans reprendre de cartes, a l'ecarte. — 
On dit aussi : Jouer d'achar-(nement). 

A a to or (Mj ). — Autour de, — aux envi- 
rons. Ex. : C a vaut autour de 35 sous. Syn. 
de : Dans les. || Lg. — Tout autour de, — 
tout le long de. Ex. : En faut de la pansion 
pour nourrir tren te pieces de betes toutautour 
de Tannee ! 

Autre (Mj.). — S'emploie comme exptetif 
dans la locution : Eux autres. Ex. : I 
creyant vantiers qu'i n'y en a que pour 
eux autres/ — Cf. le franc. Nous, vous 
autres. || AH' est morte ces autres ann6es, — 
il y a quelques ann^es. (Li., Br.). || Lautre 
hier, — avant hier. || Fu. — Uautre ann6e, 

— l'ann^e derniere. — Une autre ann6e, — 
Fanne'e prochaine, l'annee qui veint (vient). 

Autre men t que (Mj.). — Bien plus que. 
Ex. : Ses vaches sont autrement belles que les 
sieunes (celles) du patron ; a ne illy vont ni a 
ne illy veinnent (il n'y a aucune comparaison 
a etablir). || 11 est ben raide, mais son frere 
est autrement fort. — M. X . . . a ben de que 
faire, mais M. Y . . k est ben autrement ricne. 



|| Autrement que ca, — sans cela, sinon. Ex. 
Pour 40 pistoles, j'en se\ mais autrement que 
ca n'y a ren de fait — Cf. Diff&remmenU — 
A 6te* employe* par Pascal. 

Anvee (Sar.). Avec. — N. Ce mot a vieilli, 
mais il est encore assez usite" dans la region ; 
moins toutefois que sur les conflns de la 
Loire-Inferieure. V. Au, O, Ovec. — Je prete- 
errais Ovec. 

Hist. — « Du moulin de Bollent ovecques l'estanc 
et le cours de l'eau et ovecques les mouvans et 
appartenans et tournans audit moulin. » (1405, 
Inv. Arch., H, I, p. 259,1.) — « A Estienne Mire- 
pais, armeurier, pour faire la coupe d'un bacinet 
ouvesque l'estrophe, vn I. » (1377. Id., G, 23, 1.) — 
* Pour venir empres nous et ovesques nous en la 
guerre de Flandres. * (1312. Charte de Charles III. 
P. Marcheoay, p. 37.) 

— « Perrin, quarche ton chalumia (bis), 
Plante m'y tni tous tes agneas 

Per venir ocque nous ; 
Vins t'en veure thieute chouse de bin 
Que j'allons veure tertous. » 

(La Trad., p. 201.) 

Auveret (PL), s. m. — Sorte d'oiseau. V. 
Ape ret. 

Auvin (Lu6), s. m. — Or vet — Cf. Envrun. 

Hist. — « Si l'auvet voyait, 

Si le sourd entendait, 

Nul homme ne vivrait. » (Prov.) 

N. Calomnie ; ces deux reptiles sont peu malfai- 
sants (de Montes.) 

Auvis (Le\ Lg.), s. m. — Etincelle qui s'6- 
chappeen p^tillant d'un tison enflamme\ — 
Gendarme. — Syn. de Berton, Fombriche. 

Auyoo (Lp.). Ou. V. Oyou, Eyou. \\ By. 
Eyou que? 

Avacher (Mj.), v. a. — Aplatir, abattre, 
^eraser, faire tomber, 6crouler, Sbouler. || 
V. n. S'afTaisser, etc. — Syn. de Avdcrer. Pour 
Avachir, fran$. — || Fu. S'aftaisser sous la 
charge. 

N. — Au jeu de saute- mulet, le joueur qui 
avacht; perd le coup. — A savoir si le mot, dans ce 
sens special, ne vient pas de : vache ; car la vache, 
saillie par le taureau, s'aftaisse presque toujours, 
si bien qu'on doit la soutenir par deux leviers 
croises en X. — « Les Latins appelaient Flaccus 
ceux qui avaient les oreilles pendantes et avachies. » 
(Du Pinet. Pltne, XI, 37, — God.) 

Et. Hist. — Impossible de rattacher ce mot a : 
vache. De A, plus le verbe aha, weichjan, enerver ; 
all. mod. weich, mou. — «< Je ne cherche qu'a 
m'anonchalir et avachir. » (Mont., IV, 76.) 

Avftcrer (Sp.), v. n. — Plier, tomber, £tre 
Scrase" sous le faix. || S'affaisser, s'6crouler. 
Syn. de Combrer et Avacher. 

Availles (Lg.), s. f. plur. — Lavures. 

N. — On pourrait croire au premier abord que 
ce mot est de la famille de Aivee £t der. du lat. 
Aqua. C'est une corrupt, de Lavailles, par apherese 
de l'initial. Cf. Ausanne, Etanies, Ecomotif. 

Avalage (Mj.), s. m. — Pilotage d'un 
bateau a la descente de la Loire. — De Aval. 

N. — lies avalages sont faits par des mariniers 
appeles Toutiers ; c'est une specialite. Chaque 



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60 



AVALfi — AVEINAGE 



avalage de Mj. a Nantes sepaye aujourd'hui 20 fr., 
plus la nourriture a bord. C'est un prix fixe, quelle 
que soit la dur£e du voyage. 

Hist. — God. cite ce mot (1415-1416.) » 

Avate, *e (Mj.) Fig. — fimactf, hale\ amai- 
gri, creus6 ; se dit du visage. — Eine figure 
avaUe, have, d6cham6e. — Les chairs se sont, 
en qq. sorte, retirees en aval. 

Et. Hist. — « Descendu, — pendant, en parlant 
des parties du corps, joues, oreilles, ventre, croupe. 

— Done : amaifrri, s'explique. — « lis ont l'echine 
trop plate, le col trop roide et la cuisse trop avalie. » 
(Ber. de Vkrv., M. de parv. Jaub.) — D'ou : 
Avallouere, oesophage, facilite d'avaler. « C'est 
eun houme qu'a eune bonne avalouere. » (Jaub.) 

Avaler, v. a. — Avaler sa langue, — rester 
muet, ne pouvoir r^pondre ; mourir. Cf. 
Tourner de l*oeil. 

Avale-toat-ern (Mj.), s. m. — Homme a 
mine re*barbative ou dont 1'air est peu propre 
a inspirer confiance. Ex. : I veint de passer 
ein grand Avalc-tout-cru. || Escogriffe, tranche- 
montagne. 

Et. — S'explique de soi. — On dit qqfois : un 
avaleur de charrettes ferries. 

Avance (Mj.). — On dit : A Vavance, pour : 
d'avance. Locut. contraire au bon usage. — 
Par avance. || Fu. s. f. — Donne m6 de 
V avance, j'cours pas si fdr que te\ 

Avance, £e (Mj), part. pas. — Avanc6e de 
veau, en parlant (Tune vache qui touche au 
terme de sa gestation. — De m£me, en par- 
lant des person nes : 

Hist. — « Excusez ma pensee, 
Je ne puis la cacher ; 
Vous £tes avance" e 
Et pre*te d'accoucher. * 

(Noels Angev.) 

Avaneer (Mj., Lg.), v. n. — Aller, se rendre- 
Ex. : J'ai avance j usque chez ieux. — Si t'as 
le temps avance done jusque chez mon tonton. 

— Eh ! ben, je vas y avaneer. 

Avance- Mar (Mj). Avant hier. — Qqf. 
Avant-z-hiar, ou Avans-hiar, qui sont meil- 
leurs. 

Avangeant (Mj), adj. verb. — Qui se fait ou 
peut se faire vite, en parlant d'un ouvrage, ou 
m§me d'une personne qui avance a la besogne. 
Syn. de Epiitant. 

Avanger (Mj., Lg), v. n. — Avaneer ou 
aller vite en besogne ; faire beaucoup de tra- 
vail en peu de temps ; etre avantageux. Syn. 
de Epieter. Ex. : Tu n'avanges a ren. || Avanger 
a chemin, — faire beaucoup de chemin en peu 
de temps. || v. a. Faire aussi vite que, gagner 
de vitesse. Ex. : I peut marcher, je Vavange'rai 
ben. || Avanger a, — suffire a. Ex. : N'y a gens 
d'avanger d illi brocher des chausses a cete* 
brise-barrieres-la. Avanger a, — fournir de. 
Ex..: On ne sarait avanger d la monnaie. 
Bg. « Alle avance a Tdvrage, ma fille, alle 
vient d'avoir deux jumeauxapres dix mois de 
mariage. || Lue\ — Servir a. « Faut pas pleu- 
rer, ca n'avange a ren. » 



Et. Hist. — Ce mot, un des plus employes et des 
plus caracteristiques du patois, est pour : Avaneer. 
Du lat. barbare inusit£ Abiantare ; Pi voyelte 
devient consonne. — « Ilz ne peuvent de present 
avanger a bovre et leur conviendra espandre le vin 
en terre, si d'ailleurs ne leur vient renfort de beu- 
veurs. » (Rab., P., PrognosL, p. 585.) 

— * Mais gaing n'auras qui A la perte avange. • 
(G. C. Bucher, 132, p. 159.) 

Avangenx, s. m. — Qui travaille vite | 
et bien. Syn. de Avantageux. 

Avant ! Interject. — « Avant, les gars ! 
pour : En avant ! || Mj., Ec. — Pousser avant, 

— adv. — remonter a la bourde un bateau 
contre le courant. Ex. : J'avons pousse* avant 
jusqu'a Chalonnes. || Fu. Devant. « 11 est 
avant toi al'ecole, pas vrai? || Ec. — Avant-z- 
hiar. V. Avance-hiar. || Avant que de, avant de, 

— Employ^ par Boileau, du reste. 

Avantageux (Mj.), adj. qual. — Exp£ditif, 
en parlant d'une personne. Ex. : Alle est vrai 
avantageuse a Pdvrage. || Ec. Avantigeux. — 
|| Qui se fait vite, en parlant d'un ouvrage. 
Syn. de Epietant. Cf. Avangeant, Avangeux. 

Avanteoeur (Sa.), s. m. Sein. Syn. de Fis- 
tonneau, Avont-lait, Avant-trains, N6n£. 

Hist. — Cf. Avant-scene, meme sens. Quadruple 
illusion a leur saillie. « La future est tellement 
volumineuse que, lorsqu'elle est au theatre, on ne 
voit phi? que les avant-scene. » [Journal le « Gil 
Bias », 29 janv., 1885. — Lob. Larch.) 

Avant-trains (Mj.). — Les seins d'une 
femme. Ne se dit qu'en plaisantant. V. Avant- 
cceur. 

Avant- tron (Mj.), s. m. — Trou destine a 
£ tre elargi. 

Avare (Mj.) — L'a, tres long. — Cf. Cdlice, 
Atelier. 

Avaron (Sp.), s. m. — Celui qui est ardent 
au travail, ou qui fait semblant de PStre. 
Arde'lion. 

N. — Dans Jaub. « Avoirat, — mauvais ouvrier. 
Avoirer, — faire negligemment, sans gout, f\ la 
hate. — Ce serait le contraire; mais ce n'est p. 6. 
pas le mOme mot. 

Avartlr (Mj.). — Avertir. 

Avartlssement. — Avertissement. 

Avee (Mj.). — V. Au, Auvec, O, Ovec. S'em- 
ploie dans certaines locutions au lieu de : 
contre. Ex. : Alle est ben f£che*e avec moi. j| 
Avec ca que, — et puis d'ailleurs. Ex. : Avec 
ca que c'est commode de illy aller ! Avec ca 
qu'alle est maline ! || Absolument : Avec ca ! 
exclamation qui marque V incredulity, — 
qu'on vienne me dire que... Ex. : Avec ca que 
les notaires travaillent pour des bons de 
nosettes ! 

Et. — Forme regulidre, Avoec, de : apud hoc* en 
cela. 

Aveiller (Lg.), v. a. — Disposer en petits 
tas, — du foin, pour le faire s6cner. Syn. exact 
de Abeulotter. De>. de Veille. 

Avelnage. — Redevance en avoine. 



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AVEINDRE - AVETTE 



61 



Hist. — « Et est entendu ce doublage en la 
maniere qui s'ensuit : c'est ^ s$avoir, pos6 que le 
subjet, sur qui le devoir sera double^ doive ave- 
nages, bled, vin, et plusieurs autres cens et rentes. » 
(Cout. cTAnj., Art. 122, p. 86.) 

Aveindre. Est francais. Sens un peu special. 
(Ec., etc.). — Atteindre avec effort, precau- 
tion, quelque difficult^. 

Et. Hist — Ne vient pas de Ad-venire, comme 
on pourrait le croire et comme le dit Littre, mais 
de Abemere, emportef, devenu Avembre, puis, par 
substitution de terminaison, aveindre. Cf. Gemere, 
devenu : geindre. {Diet, ge'ne'r.). — Part. pas. — 
Aveignu, — atteindu. 
» Les bras de la croix sont bien haulx, 
Autrement n'y peut-on avaindre. » (God.) 

Avelne (Mj., Sal.), s. f. — Prononc. nor- 
mande de Avoine. 

Et. Hist. — Lat. Avena. « Jean, Sire de Ser- 
maises, horn me lige de ses Feuries et Ayenages. . . 
a 15 jours de garde a Beauge". » (1387. — D. C.) 
— c Que la malheureuse avesne 
Ne foisonne sur la plaine. » 

(J. du Bellamy. Voeux rustiques.) 

— c Jules, qui pour Te* tat se donne tant de peine, 
Voulut aussi regler mon foin et mon aveine. » 

(Bensbrade). 

Avelner (Mj.), v. a. — Nourrir copieuse- 
ment d'avoine, un cheval. || Par ext., nourrir 
largement une personne. — De>. de Aveine 
et doublet de Avoiner. 

Aveneau (Mj.). — Havenet, s. m. — fipui- 
sette, sac en filet pour retirer les poissons de 
l'eau. — Syn. de Basse. || Au. — Pochettes a 
6crevisses. Syn. de Balances. 

Et. — Ce mot viendrait-il de : Aveindre T — 
« On appelle ainsi (Aveniaus), outre le filet, des 
jeunes gens des environs qui viennent dans une 
noce sans gtre invites, prendre part a la danse. » 
(Dott.) 

Avenir (Mj.), v. n. unipers. — Seoir, aller 
bien, £tre convenable. Ex. : Alle a eine coiffe 
qui illi aveint vrai ben. — Ses farces ne illi 
avennent point. \\ £a illi aveint point, — il 
n'est pas bien de sa personne. 

Et. Hist. — Du lat. Advenire. Le franc, emploie 
J'adj. Avenant, qui n'est autre chose que l'adj. 
verb. derive* de ce verbe avec le m£me sens. 

— « Chascun doit faire en toutes places 
Ce qu'il set qui miex li avient, 

Car los et pris et grace en vient. » 

{Rom. de la Rose.) 

— « Aux femmes aussi mal avient. 
Science que bat a un bceuf. » (Marot.) 

Avents (Mj)., s. m. plur. — Le patois n'em- 
ploie jamais ce mot qu'au pluriel : Les Avents 
de Noel. 

Et. Hist. — C'est un provincialisme ; il faut le 
singulier. Arrived (adventus) de J.-Ch. ; par an to- 
nomase, sa naissance ; par catachrese, un certain 
temps avant Noel (Lrrr.) — « Et cou fu a l'entrde 
des Avents. » {V iUehardouin, p. 34. — Jaub.) — 
« D'autant que les frimas avaient 6t6 grands aux 
Avents de Noel. » (G. Sand.) 

Averet (Au.), s. m. — Volatile, oiseau 
oisillon. 
Et. — Ce mot est sans doute le diminut. d'un 



mot inusite\ Ave, de>. du lat. Avis, Avem, forme* 
au moyen du sufllxe eret, comme Dameret. — 
« Averans, volailles (poules, canards, oies) d'une 
ferme. De Avoir? (Dott.) — <c Ave>as, jeune bSte, 
avorton. D. C. Averia, v° Averium. 

Averlan (Mj)., s. m. — Individu, croquant, 
quidam de mauvaise mine, suspect. Le mot 
a vieilli. 

Et. Hist. — On a fait venir ce mot de l'all. Haver- 
ling, routiers, maquignons, de Hcever, dans le 
Limbourg. II a le sens de : ribaud, paillard. (L. Mol- 
land.) — « Je vous prie par grace, vous aultres, 
mes bons averlans..., montez dessus et me les 
amenez. » (Rab., G., I, 3, 11). — Lire Brant6me : 
Sur les duels, 325. — « Ceux qui disent : J'ai vu 
ceci ou cela autre part, sont des ch£tifs averlans. » 
(B. de Verv., M. de p. II, 14.) — Ivrogne, bon 
compagnon. 

Avernette (Tm.), s. f. Aventure, his-, 
toire. Ex. : En vela encore eine avernette ! || 
Me*saventure 

Averon, Avron. Folle avoine. 

Et. — Avena fatua ( Batard). — Aveneron (Litt. ) 
H averon (haver-grass), avoine sauvage. — A 
remarquer que le mot Havresac veut dire propre- 
ment : sac a avoine, du mot altemand. — Aveneron, 
haveron. (God.) 

Avte (Lg.), s. m. pi. — Petite plante d'or- 
nement, bulbeuse et de la famille des liliacSes, 
portant en corymbe, au bout d'une hampe de 
0,30 a 0,40, des fleurettes blanches tres deli- 
cates et tres jolies, mais qui r6pandent une 
odeur d'ail. 

1 r A vesse (Lg.), s. f. — Mollesse, paresse, fai- 
n^antise. Ex. : L' avesse me prend. Syn. de 
Flemme. — De>. de Avesser. Cf. DSvesser. — 
C'est : la vesse, Gvidemment. 

Avesser (Sp., Lg., Tm., Sal.), v. a. — Es- 
quinter. || Abrutir de coups — ou de caresses. 
I! Acagnarder, rendre paresseux, mou, lache, 
faineant, un animal, par des caresses et des 
soins excessifs. Dans ce sens c'est un syn. du 
mot montj. Haquenir. V. Aniantir, Ajainian- 
ter. 

t Et. — De>. de Vesse, subst. verb, de Vessir, 
ancienne forme de Vesser. Vent qui sort du corps 
sans bruit et rSpand une mauvaise odeur. Lat. 
popul. : vissire ; class., visire. — Implique l'id6e 
de quelque chose de mou et de flasque. — Par 
ext. Vesseur, poltron. V. Venette. Anc. franc. Vener, 
vesner ; meme racine. 

Avette (PI., Sa., Sal. etc.), s. f. — Abeille. 
Et. Hist. — C'est le vieux mot francais qu'on 
trouve dans les meilleurs auteurs. Lat. Apicula, 
dimin. de Apem. — Des les premiers temps du 
B. L. on trouve une tendance a substituer le b au p 
du mot primitif. Puis le b est ^change* avec le v. 
(Litt.) — Lat. popul. Apitam {Diet, genir.). 
— « Quand Cupido, cest enfant impudique, 
Sur Hymettus desroboit les avettes, 
I,es desrobant, l'une tres fort le picque. » 
(G. C. Bucher. 129). 
— « Car comme les avettes, se voyant surprises du 
vent en la campagne, embrassent des pierres pour 
se pouvoir balancer en l'air, et n'estre pas si ays6- 
ment transports es k la mercy de l'orage. » (S. Fran- 
cois de Sales ,p. 550. — Jaub.) 



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62 



AVEU — AVOUEME 



Aveu (Mj.), s. m. — Entremise, bons 
offices, protection. Ex. : II a attrape cete 
place-la par Vaveu de notre depute, — grace 
a ; qqf. a Tinstigation de. || De Vaveu de, — 
du consentement de. 

Et. — C'est le mot f rancais dans un sens delourn6 
?t tres special, le seul, du reste, ou nos paysans 
i'emploient. — De Avouer. — Se>ie des sens : 
Action de vouer, et proprement de vouer service 
feodal ; puis, approbation; puis, reconnaissance de 
ce qui est du ; nnalement, confession. 

Aveaglette. s. f. — Planche que Ton met 
ordinairement devant les yeux des animaux 
qui vont pattre. (M£n.). 

Avezer (s') (Lg.), v. pron. — S'acoquiner, 
s'adonner a de mauvaises fr6quentations. 
V. Avesser, son doublet. 

Avlager (Mj.), v. a. — Ceder ou acquerir 
moyennant une rente viagere. Syn. de Aren- 
ter. Cf. Livrer. 

Avinasse (Bg.). — Goule avinassee, rougie 
par Tabus de la vinasse. Suffixe pejoratif. 

Avinoehe. — Qui a trop bu de vinoche. 

Avirer (Lg.), v. a. — Ramener, les bestiaux 
qui s'ecartent. Ex. : Avire I avire / crient les 
berg^res a leurs chiens quand les moutons ou 
les vaches sont « passes en demage ». — De : 
virer. Cf. Ravirer. 

Avte. — Dans la locut. tres usuelle : M'est 
avis pour : il me semble, je crois." || Lg. Pour 
quel avis, — pour quel motif, a quelle occa- 
sion? — Ex. : Pour quel av is est-il venu la? 

Et. Hist — A, Vis, de visum, litteralement : ce 
qui est vu, ce qui semble. Ce m'est a vis. 

— « Deux Angles, vis m'est, me porteront. » 
(Castoiement, 55. — De deux borgnes et d'u'n 
vilain, et passim.) 

... Et ce nous est advis 
Qu'heures sont jours et jours pleines annees. » 
(Rab., Ep. a J. Bouchet.) 

A vision. — Pour : vision. Soudure de Par- 
ticie. Cf. Aviso, petit navire eclaireur. 

Hist. — « Vysion that appereth in ones slep, 
advision. » (Palsqr., p. 285. — God.) 

Avlsse (Chi.), s. f. — Syn. et doubl. de 
Evis K — Vis. 

N. — Cette forme ne s'emploie plus. Je la re- 
trouve dans l'inventaire de Brodeau (V. Charlit) 
de 1745. « Item, les deux tiers dans un pressoir a 
deux avisses de bois. . . » — A ce sujet je remarque 
que dans les anciens pressoirs a casse-cou, la poutre 
couchee sur le cep n'6tait pas toujours un levier 
engage d'un bout entre les jumelles et abaiss£ de 
l'autre a l'aide d'un treuil. Dans certains moddles 
cette poutre etait percee a ses deux extremites de 
trous formant ecrous, ou s'engageaient de grosses 
vis de bois a filets triangulares, a I'aide desquelles 
on obtenait la pression. (R. O.) 

Avivres. Pour Avives. — Engorgement des 
glandes parotides du cheval. Anc. fran$. 
Vives. 

Et. — Vives est devenu Avives par assimilation 
avec le v. Aviver. Suivant l'opinion du vulgaire, 
le cheval contracte cette affection en buvant des 
eaux vives. {Diet, gtn.) Dans l'Anjou on dit Avivres. 



— « Jumentum cyclicum, bestes qui a les avives. • 

— Var. Avivures. (God.) 

Av' page. — V. Aveinage. 

F Avoindre (Au.), v. a. — Aveindre. Syn. de 
Ajoindre, Aveindre et de Avrer. Cf. Avoine, 
aveine. Avrier. 

Avoine de ear* (Mj.), s. f. — Moutarde. j. 
Fu. — C'est le poivre. ||. Avoine a chapelet 
(Segr.) j| Avoine folle. || Parmi les vieilles 
especes de poires il y avail autrefois les poires 
d'avoine. 

Avoine folle (Lg.), s. f. — Folle avoine. Ex.: 
L' avoine folle a de grandes piques. 

Avolner (Mj.). — V. Aveiner. ^ 

Avoir, v. a. — N'y a pas, — locut ellipt. 
qui signifie : il n'y a rien a faire d'autre, ou : 
il faut absolument que je le fasse. Ex. : N*y a 
pas, faut que j'y aille. || Bmploye pour Vauxi- 
liaire etre. Ex. : II s'a pe>i, — il s'est tue\ — 
Je niai coupe\ || Avoir de quoi, et m&me : de 
dequoi. — etre a Paise. || N'avoir que de, — 
n'avoir qu'a. Ex. : Vous n'avez que de prendre 
par Tadress^e. 

Conjugaison. Ina\ pres. J'ai, t'as, il at, j'ons ou 
j'avons, v's avez, is avont. — Futur : J'arai, 
t'aras, etc. Cond. : J'arais. — Subj. pres. : Que 
j'aye, que t'ayes, etc. — Inf. pres. : Avrer. — Part 
pas. : iu, ieu, e>u. — « Si je n'avais point y 6t6 k sa 
r'devance, tu l'arais point ieue. » (Li., Br.). — V. 
le v. Etre. 

Avoir la peine de (Lu6, etc.), locut. a peu 
pres syn. de Falloir. — Ex. : J'arai la peine 
de le faire, — il faudra que je le fasse. — Tas 
laiss6 tomber ta pieume (plume), Varas la 
peine de la ramasser. 

Avont- iait (Tm.), s. m. — Seins, Syn. de 
AvanUlrains, etc. 

Et. — II est possible que, dans ce mot, Avont 
soit la preposit. Avant, puisque dans la region on 
ne distingue pas Tune de l'autre les voyelles n as ales 
an et on ; mais il est possible aussi que ce mot 
Avont soit la 3° pers. plur. de Plndic. pres. du v. 
Avoir. — Voir la con jug. de ce verbe. — Cf. Appa- 
raissances. — LittrA Pexplique ainsi : « Terme de 
boucherie. Maniement pair ou double, particulier 
a la vache, place a la partie interne de la cuisse, a 
la partie superieure du pis, et imm£diatement en 
avant des vaisseaux sanguins qui se rendent aux 
mamelles ou qui en emanent. Avant, Lait. 

Avortonn6 (Mj.), adj. qual. — Faible, grele, 
nabot, mal venu, qui a la tournure d'un avor- 
ton. Se dit des animaux et des plantes. 

Et. — Avorton ; Ab, Orior, — mal naltre. 

Avona (Mj.), s. m. — Avou6. 

Et. — Lat. Advocatus ; avocat et avoue\ 

Avonerie (Vr.), s. f. — Servitude, droit 
qu'on avoue sur une propriety voisine, un 
puits commun, etc. — Ex. : Les enfants ne 
veulent pas, dans une succession, avoir 
d'avoueries les uns sur les autres. 

. Hist. — « Et pour exploicteurs pris en avouer ie, 
en appl^gement ou il n'y a eu violence esdits 
exploicts n'y aura amende. »{CouLa n Anj.,ArL6,p.l.y 



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AVOUILLAGE — AYU 



63 



Ayouillage (Mj.), s. m. — Ouillage, action 
d'ouiller. || Quantity de vin destined ou em- 
ployee a Touillage. Ex. : J'avons ieu deux 
barriques et de Pavouillage. V. Avouiller. 

Hist. — « Pour Vaouillage et d£chi6 de 62 pipes 
de vin, Iesquelles furent amends en moustaisons en 
leur boillon. » (1399. Inv. Arch., H S., p. 50,2.) 

— « Un tiercon et son avouillage. . ., une busse et 
son avouillage. » (1710. — Id. E. II, p. 198, 2.) 

Avouiller (Mj., Lg., Sal.), v. a. — Ouiller, 
I! v. n. Jaillir ou couler abondamment. Ex. : 
Le sang ill! avouillait par la bouche. — La 
source est bonne, ca avouille. || Mettre de 
Teau dans le vin. 

Et. — Ouiller, pour : aouiller, aoiller. De A, 
(Eil, sous sa forme atone. Remplir un tonneau 
jusqu'a l'ceil (la bonde). Diet, girth. — « Je regarde 
Ouiller comme une corrupt, du pat. Avouiller, de 
mArae que le franc. Oiseau est une corrupt, de 
Voiseau (Avicellura). 

Hist. — ...et quelques pintes pour Yavouilleu 
(1710, Inv. Arch., E. //, 198,2). — a ... 12 quar- 
tiers de la Cesarderie . . . qui en ont produit un 
quart et quelques pintes pour VavouMer. 

AvoaUlette (Mj.), s. f. — Petit entonnoir 
servant, par exemple, a verser le lessif de la 
bue*e, — ou le vin dans les tonneaux. || Ec. 
Vouiilette, vouilloir. || Lg. OuilleUe. 

Avour (Cs.)- Pour : ou? Ex. : Avour as-tu 
6U? Doubl. de Eyour. 

Et. — Nous nous trouvons en presence de deux 
sens : « Avoure, dans quel endroit? » — « A pr&ent 
maintenant. » En vx franc, oure signifie heure. 
Avoure serait syn. de Astheure. — « Sire, me com- 
mandastes que je gardasse mon jour et je suis venu 
a oure et a temps garder mon jour. » (Assises de 
Jtrus, ch. 50. — Cit6 par Eveille). — Mais pour 
nous le doute n'est pas permis. Cf. Eyou done? — 
et ou done? 

A* vous? (Mj.). — Pour : Avez-vous, par 
apocope. Cf. Sa' vous, vouP vous, craye' vous, 
entende' vous, pense vous, voye' vous? — V. 
Jaub. a Ous. — Ex. : A' vous vu mon pere? 

Hist. « A* vous mal aux dents, mattre 

Pierre 7 » 

{Le Testament de Pathelin) 
< Et qu'est cecy? nV vous pas honte t » (Id.) 

— « Kazan t nos champs, dites, avous point vu 
Ceste beauts qui tant me fait la guerre '. - 

(Ronsard). 

— « Pourqu6y de moy avous done souhaite • 
D'estre sacr£e a l'immortalite ? > 

(J. du Bell, Les Amours, p.- 186). 

— « Avous encore, en mon absence. 
De votre Ba'if souvenance ? » 

(Baif, 149). 

Avras 1 s. m. — L's avras, le menu fretin de 
la ferme. Ex. : I 6tant vanquiers faisant apres 
Ts avras, — ils sont sans doute occup£s a soi- 
gner les poules, canards, etc. — V. Avron. Cf. 
Averet (Au). — P. e. pour Averas. 

Et. — Du Canoe : Averia, A vera (v° Averium), 
tous les animaux qui servent au labourage. — N. 
Ce n'est pas notre sens. 

Avras * (Lue* t Bg.) — Vermine, venin. 

Avrer (Mj., Lg.) Avrier, v. a. — Aveindre, 

— prendre un objet pour le presenter ou Tap- 



porter. Ex. : Avre (ave>e) done eine cuiller. || 
Tirer, retirer. — 11 a ben 6dign6 pour avrer 
le seillot du puits. || Lrm., — id. — Atlirer a 
soi, arracher de Teau, enlever de bas en haut. 

— V. Avoindre, Ajoindre. || Au Lg., rarement. 

N. — Ce mot est Tun des plus frSquemment 
usites. — Avre le done. — Je l'ai avri. — J'peux 
pas avrer eine piece de 20 sous qu'est dans mon 
porte-monnaie. — Av'rr done la tirette. — On a 
avre un gosse d'un puits. — Se conjugue : J'avre, 
tu avres, etc. Etym. — P.-O. de Abripere. 

Avrlllee, s. f. — Vrille>, petite vriltee, clo- 
chette, liseron s'attachant aux plantes envi- 
ronnantes. (Men.) 

Et. — Vrille. Du lat. Viticula, de Vitis, vigne, 
devenu : Veticla, vedille, veille, ville, vrille {Diet, 
gine-r.). 

Avron (Bg.), s. m. — Jeune coehon. 

Et. — II faut avoir recours a Du Canoe. « Avere 

Forcinum. — Avera lachalis (vache ou chevre que 
on peut traire — de lac, lait). — Avere lanutum 
(brebis, etc., a laine). La racine de tous ces mots 
est le v. Avoir, employ^ comme nom : Yavoir. 
Sine avero, sans avoir, surnom souvent donn6. 
Galterius sine avero, Gautier sans avoir. 

Ayaul6. — Etrennes. V. Aguilanle. 

Aye (Mj.) v. a. — C'est le subj. pr6s. de 
Avoir. Que j'aye, q. t'ayes, etc., en mouillant 
l'y. — Cf. Q. je soye. 

Hist. — « Ne croyez pas que cette annee v aie 
aultre gouverneur de Tuniversel monde que Dieu 
le cr^ateur. » (Rab., P. Prognost., I, p. 586.) 

— < N'aye la main prodigue ni sernte. » 

(G. C. Bucher, 147, p. 171.) 

— « N'ayes point peur, la Dame que regardes 
N'est seullement qu'un soulas en paincture. » 

(Id., 152, p. 173.) 

— t Combien que j 'aye pass£ Y age de mo n enf ance. » 

(J. du Bell., L Olive, Ep. au lecteur.) 

Ayer. — Pr6coce. V. Ailleur. 

Ayoter (a-ioter) (Sp., Lg., Sal.), v. a. — Caler, 
mettre d' aplomb, consolider. || v. r6f. — Se 
tasser. Syn. de Arunter, Aloter. Ex. : La table 
ne yote pas, ayote-\a done, elle est mal cal6e, 
ne tient que sur trois pieds, ajuste-la done. 
(Cnolet.)V. You 

Ayranlts. — Hereau, Heireau. — Maison 
rustique avec ses d6pendances. 

Et. — Dans Du Canoe : Hayrelium : « Ou temps 
passe souloit avoir oudit lieu de Grandschamps 
xxn hereaux et manages qui souloient payer 
ladicte rente. » (1426). — La Curne. Hereau. 
Eiraudus : « Ager, qui nee colitur nee aratur, idem 
quod Area. Neque aliud son at Gallicum Eyral 
(1455). — « Se meut d£bat et question acause de 
certains Eyraulx assis entre le villaige de la Bas- 
tide et le villaige de Veyrieres. . . Advint que cer- 
tains pruniers estans dedens les-diz Eyraulx, etc. 

Ayo (Saff., Tm., Lg.) — Part, passe* de 
Avoir. Pour : eu. 

N. Cette forme vieillie est encore usit6e a Sa. et 
a Tm. Prononc. : a-Ku (Lg.) Ex. : II at &yu eine 
belle peur. 

Hist. « Via tot le remords que j'ai adjA dau 
temps de la Grande Dgierre. » (H. Bourgeois, 
Hist, de la Grande Guerre, p. 205). 



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64 



AZE — BABOUIN 



Act. — Terminaison de nombreux noms de 
lieux : Maze\ Tr61aze\ Renaze, Chaze\ etc. || De 
la terminaison latine : iacus. — « II n'y en a 
pas de plus fr^quente, car elle affecte peut- 
§tre un vingtieme des noms les plus anciens. 
Elle repr&ente un suflixe celtique qui a servi 
pour la composition au moins jusqu'au sep- 
tieme siecle de notre dre, de sorte que ce suf- 



OBSERVATIONS 

Pbononciatton. — Bl est le plus souvent 
mouille, — bl£, prononce bie. 

Permutation. — Remplace j dans bauge, pour ; 
jauge ; p dans Couble, accoubler, pour : couple, 
accoupler ; v dans Cadabe, chambe, robe, pabot, 
rabigoter, pour : cadavre, chanvre, rave, pavot, 
ravigoter. 

METATHisB. — Bre devient Ber. — Berdasser 
pour Bredasser. — V. au Gloss., ainsi que pour 
bru ; Beruire pour Bruyere. — Recoit qqf. une 
double modification. L'adj. Brun fait au fem. 
breune, au lieu de brune, en mettant brtu pour bru. 
Puis, au lieu de Breu, on dit Btur, dans Beurnet, 
beurnette, pour Brunet, brunette. — A By., Br se 
prononce Boer. Ex. : Eine botrouette, pour une 
Berouette, Brouette ; — BuercilUr, pour Breciller. 

La difllculte de prononcer deux consonnes conse- 
cutives, bl, br, fait dire Ebilouir, Ebercht, pour 
fiblouir, fibreche. , 

Apocope. — Se retranche dans Obstiner, — 
— ostint. 

Epenthese. — S'aioute dans Am'icabUmenu 
FinabUment, — Amicalement, Finalement. 

B. — Etre marque* au B, loc. satirique qui 
signifie £tre bigle, borgne, bossu, bancal ou 
boiteux. || Ec. S'emploie souvent pour indi- 
quer qu'un de ces individus est un malin 
loustic. « T'y fie pas, il est marquS au B t » 
Intelligent et malin. 

Babel ae he (Mj., Lg., Sal.), s. f. — Fanfre- 
lucbe ; f6tu ou grain de poussiere qui vole. 
Syn. de Bourrier, Boise. 

Et. — M£me racine que 1'angl. bawble, bagatelle 
et que le fr. Babiole. — Babel, balbel, baubel, 
petit joyau, babiole, colifichet. Probablement 
d'une rac. Bab, que Ton retrouve dans Babulus 
(Apul6e) sot, niais. (D r A. Bos.) — Cf. Ebobeluche 
(Sainte), Bobeluchcr, et aussi Bobeluche (Jaub.). 

Babel* (Mj.), s. f. — Forme familidre du 
prSnom Elisabeth. On dit aussi : Babette 
(Segr.). — Pat. norm. id. 

Babette (Lg.), s. f. — Orpin, sedum. Syn. 
de Tltine-de-sourit\ Misire. f 

Babian (By.), s. m. — Niais. On dit aussi 
Bobids, Bobiasse. V. Bobeluche, Bajole. 

Bablettes (Mj.), s. f. — Ne s'emploie qu'au 
plur. Caroncules. Replis rouges de la peau 
qui pendent sous le bee du coq et de la poule. 

Et. — Pour Barbillettes^dimin. du fr. Barbe. — 
Cf. Barbille, Barbillon ; le poisson de ce nom. || 
Peut-dtre de la mfime famille que Babine (Cte J.). 



fixe a donne" naissance a une infinite de pro- 
duits hybrides par son union avec des radi- 
caux latins, et plus tard avec des noms germa- 
niques. Ce sumxe s'est modify, suivant les , 
regions : 1° en ac ; 2° en : as, at, a ; 3° en e\ ey f 
ay, eu, eux ; 4° en : ec, ex, 5° en : i, y. (J. Qui- 
cherat. De la formation francaise des anciens 
noms de lieu. 1867. — p. 34, sqq.) 



Babllle l (Mj.), s. f. — Babil, bagout. Ex. : 
II a eine bonne babille. — Loquacity, facility 
d'61ocution, langue bien pendue. Du fr. 
Babiller. 

Et. — Mot naturel qui se retrouve par tout et 
procede des syllabes imitatives : ba, ba, ba, 
qu'emet Tenfant en s'efforcant de parler ; cf. en 
angl. babble, en all. babbeln, en pec babadzein. 
Inutile de recourir a la ville de Babel, avec Nicot, 
ni a Bambin, avec Manage. 

Babille * (Cbal.), s. f. — Grande renoue*e, ou 
plutdt persicaire que Ton cultive comme 
plante d ornement. — Bat. Polygonum orien- 
tale ; Babillarde. 

Babole (Ag.), s. f. — Grande fille betasse, 
grue ; — grosse t£te joufllue et sans expression. 
V. Babiau, Bobias, Bajole. |j By. S'emploie au 
masc. « A-t-i pourtant Fair babole / » Zigz. 
134. — Radic. Bab, ci-dessus. || By. Z. 134. 
— Grosse t§te, figure joufllue et sans expres- 
sion. Voisin de Bobane. 

Babone, s. f. — Moue, grimace. Cf. Babu, 

Et. et Hist. — P.-§. du germ. Bappe, bouche, 
mufle, d'ou : babine. — « Panurge lui* feist la habou 
en signe de derision. » (Rab. IV, 238). — « Jouer 
a la babou . c.-a-d. se faire reciproquement la moue 
(id. I, 95). — « Trouvons en Theocrite qu'une 
femme nourrice menace son enfant de la babour et 
du marmot ». (Bouchet, Sirees, p. 347.) Voir : 
B about n, 

Babouln (Mi.), s. m. — Mannequin que Ton 
dresse au milieu des champs ou dans les 
arbres fruitiers et qui sert d'epouvantail pour 
les oiseaux. || Sorte de mitaine en cuir servant 
a garantir la main droite des piqures, lorsque 
Ton pare les haies d'Spines, moufle ; Syn. de 
Poignard. \\ Enfant sale et dont les v§tements 
sont en d^sordre. || Vetement de tulle dont 
s'enveloppe l'apiculteur pour faire la r£colte 
dumiel.ll Id, al usage du«cureuxd'aboueilles» 
(Fu). || Lg. Large bandeau de cuir que Ton 
fixe au devant des yeux d'un cheval ombra- 
geux pour le mettre au pre\ || P. ext. — Garde- 
vue des casseurs de macadam, en toile m£tal- 
lique. 

Et. et Hist. — Rac, Bab., V. Babelurke. « On 
n'emploie pas seulement les personnes a chasser les 
oiseaux (des chenevidres) mais les choses mortes, 
qu'on appelle au pays les babouin*. » (D'Aub. 
Fasn. Ill, 15. — Lit.). — « Ah ! le petit babouin ' 
(La F. I, 19). — « La babouinere etait une espece 
de masque cornu et barbu, representant le diable. 
Les Sarrasins voulant epouvanter les chevaux de 
l'armee de Charlemagne placerent devant eux des 



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BABU — BADRfiE 



65 



(Tens de pied « dont chacun avoit une babouinere 
cornue, noire et horrible, ressemblant diables, et 
tenoit chacun d'eux tyrapannes dans ses mains 
qu'ils heurtoient ensemble J ». (Chron de S. Den. I, 
f° 143. L. C). — Dans la langue technique du 
moyen Age on nommait baboues ces figures gro- 
tesques et grim a$ antes dont on ornait les initiales 
des manuscrits, et babouintr etait l'acte de les 
dessmer. (Boykb, manuscr. Cte Jaub.) — « On 
donnait autrefois a Laval le nom de babouin a des 
figures qui jouaient un rdle dans la procession de 
la Fete-Dieu ; c'etaient des t£tes de bois a machoire 
mobile, mues par des ficelles et que Ton faisait 
jouer au passage de la procession. — Babouiner, 
action de rerauer souvent les levres sans parler 
distinctement. (Dag.) 

— « Que vault un horn me, si n'est fin? 
On le tient pour un babouin. (Anc. th. jr.) 

— * Et sunt sicut babouini qui ponuntur in 
terris et pilariis (Scrmones Menoti. D. C.) 

— « Le vez-vous (voyez-v.) la cc baboyn t 

Vraiement il put tant le vin 
Que je sens d'ici son alaine. 
(Sermon joyeux de bien boire. Anc. thfi. jr. II, 
p. 12.) 

— « Par ung esprit qui n'est point babouyn. » 
(Ch. Boubdionb, Pierre Faifeu, epitre, p. 5.) 

Baba (Mj.), s. m. — Faire babu, — faire 
claquer a l'aide d'un doigt la levre inf6rieure 
eontre la supeneure, ce qui produit le son : 
babu. Jeu d' enfant. 

Et. Hist. — Onomatopee. « Panurge lui fit la 
babou en signe de derision ». {Rob., P., IV, 56). 

Baehas (Mj.), adj. q. et s. m. — Lourdaud, 
gauche, hallebreda, balourd. Syn. de Bajole, 
dont il me paralt Gtre une corruption. — Cf. 
pat. norm. Beja, jeune, cadet. || A rapprocher 
de Bejaune? || By. — « Qu6e boickaud / — 
sans doute pour : bechaud, bdcheux (lourd 
comme un. . ,)paysan sans culture... intel- 
lectuelle. 

Baehe (Sa., Jb., Lg.), s. f. — Grande blouse 
de marchand de bceufs (Torf., Jls, Sa.). 

BacheleUe (Lg.), s. f. — Dispute, querelle, 
rixe. 

Baehelettee (Sp.), s. f. — Grande quantity 
kyrielle, ribambelle. Syn. de Echelettie, Fldpte, 
Cramassbe, Tourn&e, Bknkdiction, etc. 

Et. — Probablement : Ce que peut tenir une 
bache. « L'acception : grosse toile dont on recouvre 
les voitures » est egalement propre a vache (Lit. 
n° 10): elle appariient done probablement a un 
homonyme. || Je ne suis pas de cet avis. Le mot 
vient de baehelette, rixe, et qui, comme tous les 
mots ayant cette acception, implique aussi l'idee 
de grand e quantite. Cf. Fldpte, Tournie, etc. — 
R. 0. 

Bacheletftes. Vx mot angev. — Sens incon- 
nu. V. Bachelolle. 

Hist. — « ... pour aviser aux moyens les plus 
prompts et commodes pour trouver des fonds. . . 
soil en vendant des rierges provenant des anciennes 
bachelettes. . . » (Anj. Hist., 6° an., n° 6, p. 615. 
Paroisse de Tilliers.) 

Baeheleter (Cr.), v. n. — Perdre la tete. 

Baehelotte. — Sens inconnu. V. Bache- 
lettes. 



Hist. — « I^e lundy 30 novembre 1735,. . . ledit 
outrage a esttf fait et construit des questes de 
baehelotte. . . que j'ay faite dans cette isle (Behuard) 
et aux Lambardieres. » (Inv. Arch., II, E. S., 315,1) 

B&chere (Lg.). V. Bdtiere. 

Bachlqne (Mj.), adj. qual. — Ne s'emploie 
que dans la loc. manieres bachiques, — ma- 
nieres quelque peu extraordinaires, excen- 
triques. — Par ext. du sens franc,. 

Baehot (Ag.). — Baccalaur^at. 

Bacholte, s. f. — Mesure. « II est n6ces- 
saire de faire observer aue le boisseau de 
charbon est le 1 /4 de la mesure appel^e 
bachotte, laquelle comprend 4.624 pouces 
cubes, c.-a-d. pres d'un hectolitre. (Anj. hist. 
5° an., n°5, p. 506). 

Bacler (Mj.), v. a. — Vendre rapidement et 
sans marchander un objet de peu d'importance. 

Bacon r (Segr.). — Avoir le bacour (et 
mieux : batcourt), se dit lorsqu'on est suffoqu^, 
qu'on a des palpitations apres une course. 

(MfiN.). 

Et. — Battement precipite, done court, du 
cceur. Cf. Bat-cccur, de Mj., Hal. Batticuore. 

Bader (Sp., Lg.). — Veiller, faire attention. 
Ex. : Badez-y ben. — o Cest ben de ta faute, 
tu n'avais qu'a y bader ; — bade done les 
poules. » — || (Auv.). RSprimander, gour- 
mander, morig6ner. 

Et., Hist. — Vx lat. Badare : 1° ouvrir la bouche; 
2° attendre bouche beante, en vain ;aspirera qqch. 

— « Stare a bada » prendre garde a (Dante, Enf. 
31, 139. Sch.) — En vx fr. bade signifie sentinelle. 

Badifoler (Lg.), v. n. — Batifoler. || By. 
Syn. de coincer, bruit des gonds qui crient 

Badlgoinees (Mj.), s. f. pi. — Les machoires. 
|| By. Articulation de la machoire inferieure ; 
espace entre la joue et la machoire infe>ieure v 
espace entre la joue et la macboire, pres de 
cette articulation (chez les singes, abajoues). 

Et., Hist. — Cest une corr. de Mdtigoine qiii, 
lui, s'emploie aux deux nombres. — « Que signille 
ce remuement de badigoinces. (Rab., P., m, 17, 
251.) — « La mousse lui en est creue au gosier par 
faute de remuer et exercer les badigoinces (id.). * 

— Rac. celtiq. bad. etre ouvert, levre (Malv.) 

Badigonler (Lg.), s. m. — La machoire 
inferieure. Syn. de Mdtigoine, Badigoinces. 
Mot vieilli. 

Et. — Voisin, ou doublet de ces derniers mots ; 
der. de Goule et de Bader ; fr. Beer, Bayer. Lat. 
pop. batare. 

Badras (Mj., Sal.), s. m. Battoir de blan- 
chisseuse. Syn. de Battoux. — Bat-draps 
(P. Eudel). — Au Fu. Badras ou Bardras. 

Et. — Du celt, bataraz, baton beaucoup plus 
gros par un bout que par Tautre. (Fav. v° Battou.) 

Badrasser (Mj.), v. a. — Taper a coups de 
badras, du linge. 

Badree, s. f. — Marmelade de fruits. 

Et. — Celtiq. Bad. baigner, plonger ; toute subs- 
tance detrempee, delayed. Syn. de Migouriu 

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BADRELLE — BAHUAUDER 



Badrelle (Tim.), s. f. — Espece de cham- 
pignon qui, d'apres les uns, serait la m^me 
que le potiron, mais, d'apr£s les autres, serait 
plus petite, quoique trds ressemblante. Pour 
ces derniers, la badrelle est la fumelle (sic) du 
potiron. On Tappelle aussi : Potrelle. || Fu. — 
Se dit du champignon potiron, lorsqu'il est 
ouvert en parapluie. || Sal. — Femme longue 
et maigre. « Une grande badrelle. » 

Badrion, s. m. — Celui qui se salit. V. 
Baudrir. Cf. Badrte. — || Pour : Badrouille, 
terme de marine : pelote de vx cordages gou- 
dronn^s destined a etre bruise (M£n.). 

Badroailler. — Vadrouiller. Courir da 
cabarets en cabarets. — Cf. Badree, Badriou, 
Baudrir. 

Baffer. — « Environ Tan 1550, y avoit (a) 
Angiers un marchand nomine" Jehan Baffer, 
mari de Ren6e Bruneau, qui ne trafliquoit 
que de pruneaux soit en Angleterre, Flandre, 
Hespagne et Italic II amassa tant de bien en 
ce trafic qu'on disoit lors pour asseurer qu'un 
homme estoit tres riche : II est riche comme 
Baffer, mais il n'a pas tant de pruneaux. 
(Beun. de Tabtip, Philand. p. 330.) 

Bafouer (Mj.), v. a. — Rattacher a la cour- 
jette au moyen d'une corde qui entourait la 
portoire. V. Courjette, Portoire, Somme, etc. 

N. Ce mot a vieilli, comme tout ce qui se 
rapporte a ce mode de transport. 

Hist. — « Ramassoit, cabossoit, baffouoit, cul- 
butait, enclouoit. (Rab., P. n, Prol., p. 209.) 

Bagne ! (Mj.), interj. — Pan ! On dit aussi : 
Pagne ! et Bigne ! — || s. f. — Torgnole, coup 
bien appliqu?. Cf. Beigne. — Angl. Bang, 
coup de massue. 

Et. — Onomatopee. 

Bagnole (Mj.), s. f. — Vieille voiture, mau- 
vaise charrette. || M6chante baraque, cahute. 

— Z. 145. || Sal. Id. et Maison ou tout est 
sens dessus dessous. 

Et. Hist. — P£joratif de banne, banneau, qui, 
comme banaste, banastre, designent en vx fr. les 
paniers qu'on met de chaque c6te du dos de l'ane : 
« Benna lingua gallica genus vehiculi appellatur. .- 
(Festus, cite par Henri Estienne et Est. Pas- 
quier, Recherches, vi, 22). — Caton 1'emploie. — 
II designe un chariot a quatre roues, fait en osier, 
dont la figure est representee sur la colonne de 
Marr-Aurele. (Antony Riche. Dirt, des antiq. rom. 

— EV.). — P.-e\ du celtiq. ben, creux, ben, benna, 
voiture des Gaulois. 

Bagnolte (Sal.). — Pleine voiture. 

Bagoillard (Lg.), adj. qual. — Grand 
bavard. Doubl. de Baroillard. 

Bagolller (Lg.), v. n. — Bavarder, jacasser, 
jaboter. — Prononc. : ba-go-iller. — Syn. de 
Bagouler. 

Et. — Parait tenir au fr. Ragout. Le v. Bamiller, 
de Sp., pourrait bien etre une corr. de celui-ci. 

Bagoul-Bagout — Bavardage, comme*rage. 
Un laid chien de bagoftt est une mauvaise 
facon de parler. — Z. 141. 



Et, Hist. — Ba, particule d6preciative el gueule, 
goule. (Lit.) — « Du roman baer, ouvrir la bouche 
et goule (ce qui me feraita dmettre la graphie 
bagoul, avec l'l final muet). — Ce mot a tie! 
d<Hrdn6 par Blague. — Cf. D£bagouler, rendre ce 
qu'on a sur l'estomac, ou, au fig. sur le creur. 
(Darm.) — Le Cte Jaub. l'explique par Bat-goule. 
V. Bagouler. 

Bagoniage (Sp.), s. m. — Bavardage. 

Bagouler (Sp.), v. n. — Bavarder. ,: M£dire, 
gloser. Syn. de Baroiller, Bagoiller, Bour- 
dottier. V. Bagoul. 

Bague (Mj. Tim.), s. f. — Bourrelet en 
forme de bague que le chapeau de certains 
champignons, lorsqu'il se d6veloppe, laisse 
adherent au p6doncule. 

Bagn6 (Mj.), adj. qual. — On disait autre- 
fois : Manches baguees, sorte de manches a 
petite plis ; manches de tailles, que portaient 
autrefois les femmes.et qui formaient comme 
une se>ie de bourrelets. || Qui a une bague, en 
parlant des champignons. 

Et. — Bague. Baguer, terme de tailleur. 
Coudre a grands points les doub lures d'un habit, 
d'une robe. C'est Tanc. v. baguer, attacher. Cf. 
Bagage. (Lit.) 

Bague- bergere (Lg.), s. f. — Sorte de jeii 
jadis en honneur aux environs de Cholet, 
d'aprds Deniau. C'eHait a peu pres le jeu du 
furet. V. au Folk-lore. 

Hist. — - D'autres fois les jeux de Collin-Mail- 
lard, de la baeue-bcrgere, de la Grand'm£re-un-pain, 
et au tres semblab les, remplagaient les tours deiorc^ 
etd'adresse. (Deniau, Histoirf. de la Vcndte, i, 57.) 

Bagaenanderie, s. f. — Plaisanterie. Ex. : 
Je n'en tends point la baguenauderie. — « Ap- 
prenez,Onette (Annette) que la baguenauderie 
ne porte point chance, et que j'aurommes du 
train quand j's'rommes ensemble. (Angers.) 

Bagnenet nau (Z. 145), s. m. — Dessous du 
menton. il By. « Haut le baguenau (le'vela 
t£te) que je t'abeche (que je puisse te mettre 
cela dans la bouche). — Baguenauder signi- 
fierait done : Bayer le bee. N. — Ne serait-ce 
point plutdt la gorge, la Gaguenette? 

Baguer (Lg.), v. a. — Entourer d'une corde, 
lier avec une corde. Syn. de Breteler, Breler* 
Harner* \\ Ec. — Breteler, aller lentement, sans 
but. « Quee feignant que ce grand gars la, il 
est toujours a Xagwer(bayer), a breteler (sans 
doute parce qu'il fait comme ceux qui vont a 
la bretle). \\ Tim. — V. re*fl. — S'acerocher 
avec le fil voisin, en parlant d'un fll de chatne. 
(Langue des tisserands). 

Hist. — Autrefois, lorsque les fariniers tran«%- 
portaient a dos de cheval les poche>s de farine, ils 
avaient soin de baguer les sacs, c.-a-d. de les atta- 
cher ensemble au moyen d'une corde, afin de les 
empocher de glisser le long de la bdehere, dans les 
passages difficiles. Lg. 

Bahaauder (Lg. Sim.). — Aboyer, donner 
de la voix, en parlant des chiens qui entourent 
la bete presque forcee. 

Et — Semble venir de Bahue. P.-d. pour : 



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BAHtfE — BAILLETTE 



67 



boyauder, der. de boyer. V. Aboyer. — « Bahuler, 
frequent, de huler, uler. » D r A. B. 

Bmhae (Sp. ), s. f. — Confusion, honte. 

Et. — Ce mot pourrait dtre une sorte de doublet 
fem. de Bahut ot deriverait de Boyer, fr. Bayer. 
Un hahut est un coffre beant, quand on leve le 
couvercle ; la bahue est la situation d'une personne 
<^ui reste beante de confusion. Cf. Bakuauder. — 
Cf. Qaie, tromperie, mystification. Rac Bayer, 
parce que celui qui donne une baie fait bayer celui 
qui la recoit. (Lttt.) 

Bahut (Ang.), s. m. — Le Lyc6e, V Institu- 
tion, dans la langue des potaches. Cf. Boite. 

Et. Hist. — Grand coffre garni de cuir ; huche ; 
meuble en general. P. ext. : sejour desagreable. — 
« Je te croyais au bahut Rabourdon. Jamais j'au- 
rais pense que tYtais devenu potache (collegien, 
allusion au chapeau de soie, dit : pot-a-chien, 
porte dans les colleges avant le kepi). Et Furet, 
as-tu de ses nouvelles? en v'te un bahuteur. II a 
fait la moitie des bahuts au Mara is et une douzaine 
au moins dans la banlieue. (Les Institutions de 
Paris, 58, cite par Dklvau.) 

Bahutier (Ag.), s. m. — Lyceen. V. Bahut. 

Bahatrer, v. n. — Flaner, perdre son temps. 

Bafgne (Mj.), s. m. — Endroit d£barrasse 
de glaces, ou les oiseaux aquatiques se 
tiennent habitueilement pour y boire et s'y 
baigner. — Subst verb, du v. baigner. 

Baigner (Mj.), v. a. et n. || Envoyer baigner, 
— envoyer promener. Syn. de : Envoyer 
chier au Mail, dinguer, paltre. Cette locut. 
s'emploie absolument ; mais on dit dans le 
meme sens : Envoyer baigner dans eine corde 
de buches, — ou dans ein nid de pie. 

Baignerles (Mj.), s. f. pi. — Baignades. Cf. 
Boirie, Tousserie, Arracherie, etc., pour la for- 
mation. 

Baignoire (Lg.), s. f. — Lieu pro pre a la 
baignade dans le lit d'une riviere. 

Bail (Mj.), s. m. — Laps de temps. Ex. : 
Vous avez 6t6 six ans domestique cbez ieux ; 
ca fait ein bon bail. 

Balllages (Mj.), s. m. — Ne s'emploie qii'au 
pluriel. Fatras, amas confus d'objets dispa- 
rates. 

Et. — Du fr. Bailler. II est probable qu'il a 
signify d'abord des obiets bailies ou laisses en 
heritage — B. lat. bajulare, porter un fardeau, 
puis : tenir, donner, garder, gouverner, traiter. 
(Litt.) 

Baillard (Lg.), s. m. — Brouette plate. Syn. 
de Ceviire. L'a est bref. 

Balllarge. V. BaiUorge. 

Baillaud (Mj., Tim., Lg., Sp., Ec.),s.m. — 
Chandelier a r6sine, forme de deux branches 
de fer Scartees, dont l'elasticite" maintient 
Voribus, la rousine. || Badaud, — celui qui 
regarde bouche-bee, ahuri. Syn. de Bdille- 
bee, Boie-Bec, Boie-goule, Gobe-Chuchon, Gobe 
toon. — || Fu. — Regie que dans l'ancienne 
discipline on faisait tenir dans la bouche des 
bavards, comme un mors. 



Et. — Du franc, bailler ; les deux branches 
baillent Formo allongee de Bayer. 

Bailie, s. f. — Cuve ou baquet en bois cercle 
pour contenir des liquides ; e'est une sorte de 
demi-tonneau. 

Et., Hist. — D'origine germaniq. ou scand. En 
danois, balge. etc. — Racine celtia. bac, baigner, 

E longer, — bac, bacot ou bachot, baquet, bac ou 
ache ; — bailie, pour baguille, baquille, corresp. 
a baquet. (Malv.) — « Sa niaipce y avoit fait son 
ordure et laisse aller tout sous elle, en plein pail. 
(Ph. de l'Estoilb, Mtm. v, 209.) jjAngl. Pail, seau. 

Bailie (Lms., Z. 196.), s. m. — Balle du ble. 
V. Ballier. 

Bailie- bee (Lg.), s. m. — Nigaud, badaud. 
Syn. de Boie-bec, Boie-goule, Bdillaud. La 
femme de Grandgousier s'appelait Bade-bec. 

Bailee (Mj.), s. f. — Baillement. On cite 
souvent ce mot d'un jeune nigaud, Calino de 
village, pass6 en proverbe : « Queune grande 
bdillke de chien, mon pere, que ma mere fait ! 
|| Portion d'un cours d'eau que peut enclore 
une seine de pecheur ; partie de greve su'r 
laquelle on p6che a la seine. || By. — Coup de 
pSche fait avec la senne. || La Bdillte des 
Filles, aux Ponts-de-Ce. Coup de filet donn6 
en l'honneur des filles a la pSche a l'alose. 
Ex. : Y a eine belle baillee a la quoue de l'lle 
aux Preunes. — V. Filles, au Folk- Lore ; Cou- 
tumes. || En 1666 on donnait ce nom a une 
mesure. Ex. : Une, bdillke de on^e toises et 
demie de long, et dix pieds de large. || Les 
pecheurs, en jetant leurs filets, disent qu'ils 
jettent une bdillke, g.-a-d. dans la Champagne 
qu'ils ont a bail, ou bien forment-ils une 
bailie, une barriere. (M6n.) 

Et, Hist. — D. v. BSiller. — « La quarantaine 
venue (Piques...) on se va promener, les uns 
pour..., les aultres pour voir pescher l'alloze, 
lancer un quarelet, un espervier, tirer un coup de 
ceinne, ou voir faire quelque heureuse badlee. 
(Butts, de Tabtif. Phitand., — Distractions des 
Angevins, f* J 343.) 

Bailler (Mj.), v. a. — Bailler, donner a bail ; 
donner, remettre, confier. N. A Montjean on 
prononce l'a tres long, exactement comme 
dans Bailler, ouvrir la bouche. Cf. Cdlice, 
Avdre, etc. II n'en est pas de meme a Tim. 
ou l'a, dans ce verbe, se prononce tres bref. 
— « Henri V viendra. 
La grace nous bftillera. 

Et. — De bailler, donner. Et. supposee, Bajulus, 
porteur qui, dans la B. L. avait pris le sens de 
« custos » ou *« pedagogue ». elargi plus tard en 
celui de « procurator, oeconomus, gubernator. ». 
BL. Bajulare, offlcium gerere || By. — L'emploi 
de ce verbe, francais, est devenu plutdt dialectal. 
Baillex-m6 done le piche. » 

Balllette, s. f. — Vieux mot angevin. 

Hist. — « Le mot baillette £quivaut a un bail a 
fief nouveau. qu'un seigneur consent en faveur de 
quelque particulier. II sign i ft e proprement le con- 
trat qui porte la concession d'un terrain. (D. C.) 
— « A regard des bancs qui sont dans l'eglise 
(Faveraye), des chaises, billots de pierre et de bois 
pour lesquels on ne paye hen, nous ordonnons 



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BAILLEUX — BAISSETTE 



qu'ils seront mis & l'enchere, publies trois di- 
manches cons^cutifs et delivr£s aux plus olTrants 
et derniers enche>isseurs, et qu'il leur en sera 
donn^ des bailletirs qui seront inse>6es sur un 
reeristre par le cure... » (Anjou hi?t., 7 e an., n° 1, 
juiilet aout 1906, p. 63.) 

Balllenx (Lg.), s. m. — Celui qui bailie. 
Ex. : Ein bon bdilleux en fait bailler sept. — 
Proverbe. 

Baillon, s. m. — « Le poisson vient « d 
baillon » a l'epoque ou le chanvre a empoi- 
sonne I'eau a 1'aide encore de la chaleur. Le 
poisson s'approche des bords de la riviere 
pour respirer, pour bailler a son aise. Cest 
alors que les enfants, a l'aide d'un petit baton 
a l'extremite duquel se trouve une pointe, 
piquent tres lestement le poisson, au milieu 
de la vase et sur les bords de la riviere. (M£n.) 
V. Baillonner. 

Et. — Du lat. bataculare, batare, Hre beant. 
« Une (hultre) s'eHait ouverte et baillant au 
soleil. (La Font.) 

B&ilionne (Sp.), nart. pas. — Qui a la 
giieule liss6e, en parlant d'un loup. V. Lissb, 
EncXavelb. Qui a la gueule ouverte, sou vent 
par declenchement des machoires. 

Et., Hist. — « Bader. On dit que le loup est 
neuf jours bade et neuf jours barr£, c.-a-d. que pen- 
dant ncuf jours il a la maehoiro libre et manjre tout 
ce qu'il trouve et que, pendant les neur jours sui- 
vants il ne peut desserrer les dents, il est barr6 et 
se trouve condamne a un long jeune. De la notre 
loc. prov. : « Faire un repa's de loup », cad. 
manger pour 9 jours (Cte Jauh.) 

Baillonner, (Mj) v. n. — Bailler a la surface 
ou au bord de l'eau, comme fait le poisson 
malade. || Etre expirant. V. Baillon. 

Et. Bailler. — « Baillotter : haleter. se dit prin- 
cipalement des oiseaux de basse-cour lorsqu'ils 
soulTrent de la chaleur et restent le bee ouvert. 
(C ,e Jaub.) 

BAillorge (Lg.), s. f. — Vartete d'orge qui 
se seme au printemps. Elle a pour earacteres 
d' avoir un 6pi plus blanc, plus petit et 
plus plat, des bordes moins fortes et des grains 
moins gros que Forge d'hiver. 

Bain, s. m. — Bain de pied, — l'excds de 
cafe qui se repand dans la soucoupe. || Lg. — 
Prendre in bain de lezard, se chaulTer au 
soleil. 

Baisant (Mj.), adj. verb. — Qui baise, dupe, 
attrape, deconfit. Ex. : Cest baisant, tout de 
meme, une sale affaire comme ca. || Facile, 
ais£ a faire ou a battre. Dans ce sens il ne 
s'emploie qu'avec la negation et donne nais- 
sance a la curieuse expression : « Point bai- 
sant », pas facile a remuer, a faire, a battre. 
Gette locution, au premier abord, paralt 
presque inexplicable, logiquement. On dit : 
« Cest point baisant a remuer, un morceau 
comme ca ! — Cest ein gars point baisant, il 
est fort comme eine charte ! — Au jeu de 
boules, quand celle du premier couvreur 
touche le rnaitre : « Via ein coup qu'est point 
baisant a approcher ; va falloir tirer. 



Et. — Lat. basiare. — Hist. « Tout cela exploite 
si coura^eusement que sans la venue* des Anjrlais 
Us allaient baiser (atteindre) 1'artillerie. • (D.Au- 
bio.n£, Hist., m, 391. — Litt.). 

Baiser (bee-zer) (Mj. et partout), v. a. — 
Posseder, jouir de. Gf. Biger.|| Fig. Tromper, 
attraper, pincer, duper, dindonner, flouer, 
mettre dedans. Ex. : « II est baisi comme ein 
rat. (Sp.) 

N. — Ce mot ne s'emploie jamais dans le sens 
simple d'embrasser sur les joues. II est essen- 
tiellement grossier et grivois, sauf dans son 
acception figured. || Faire une farce : J'te vas 
baiser ! || Fu. B6ezer. Langage d'enfant, battre... 
J'vas te teeter, tu vas ouere ! — Derive" du sens 
duper, attrapper, vaincre. — Au jeu de boules : 
« J 'nous sommes fait biezer. » || Effleurer. Deux 
pains qui se sont baises dans le four. 

Et. — Lat. Basiare. — P.-£. dans le sens figure 
ce mot vient-il du vieux fr. boiser, frauder, frus- 
trer, ou de provenc. bauzia, trahison. — Bausia, 
bausiare, B. L. dans D. C. (Guill.) — S. m. Partie 
non cuite d'un pain qui, dans le four, touchait a 
un autre pain. (Or.) — * Quai.d y furans arrives 
dons tchio pays, v'la qu'l£ Bleus arrivirant faut 
dire quasiment tot de suite p'r nous biscr, et la 
fusillade quemenca. — » (H. Bourgeois, //*• de 
la Grande Guerre, p. 219.) 

Balsonlller (Mj.). — Frequent, et pejor. de 
Baiser || By-Bisouiller. 

Baisser (Mj., etc.), v. a. — En parlant d'un 
bateau, le conduire d'amont en aval. « J'a- 
vons baisst noutre futreau jusqu'a Cul-de- 
Boeuf. » — || A Angers, lors de la foire de la 
Saint-Michel : Baisser les rangs, c.-a-d. Des- 
cendre du Champ-de-Mars, ou sont les 
baraques des forains, a la place des Halles, ou 
sont les rangtes de boutiques. Ex. : Si nous (et 
m£me : si que nous) baissions les rangs, main- 
tenant. || J e vas baisser ma barge de chambe 
jusqu'au rouissier des Patures. jl Mj., v. a. 
Baisser une vache, — lui attacner de tres 
court une corne avec une patte de devant, au 
moyen d'une corde fixee au-dessous du genou. 
Cest un moyen quelque peu barbare de mater 
une bete mechante ou difficile a conduire. ,; 
V. n. — Descendre le courant. Tu prendras le 
bateau a vapeur qui baisse a neuf heures. — 
Cetait eine pihiee quervee qui baissait. Svn. 
de Ailer en valanu || Fu. — B6ecer. « Des 
hauts qui baissent » — des regions vallonnees 
ou, successivement, le terrain se hausse et 
s'abaisse. Pays dur au pieton. || Locut. — 
Baisser la corne, en parlant des personnes : 
Baisser la tete d'un air confus, regarder en 
dessous d'un air sournois, honteux, timide, 
hypocrite. 

Et. — Lat. Bassiare, de bassus, bas. Cf. hausser, 
de altiare, de altus, haut. — o Baisser des bois de 
Nevers a Orleans. — Baisser un puits, le creuse*. 
(C^Jaub.) — « Baissant au cours de l'eau. »( 1712V. 
Inv. Arrh. S. s. E., p. 366, col. 1, bas. — «... Qu'on 
avait arrets, ches vous, dix batteauxqui baissaient 
de Tours pour icy. » (L. B., 74,6.) 

BaisscUe (Sp.), s. f. — S'emploie dans la 
locut. : Aller d la baissette, — marcher courbe 
en deux. V. Double. 



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BAISSEUR — B ALTER 



69 



Baisseur (Mi.), s. f. — Depression, pli de 
terrain. Syn. de Canche. || Creux ou Teau de 
'pluie se*journe dans une terre labouree. — 
De>. du fr. Baisser. || Ec. — Canche, tres 
petit golfe, tres petite baie, sinuosite* au bord 
d'une riviere. — La Canche a Gillette. — « On 
a g£re* lagaliote dans n'eine canche ». 

Baissiede, pour Baisstere, s. f. — Lie de 
vin, d6pdt d'un liquide quelconque. 

Baisstere (Fu.), adj. q. — La barrique est 
baisstere, c.-a-d., elle commence a etre tres 
bas. 

Baisure (be*e-zure) (Mj.), s. f. — Attrape, 
duperie, deconvenue, deconfiture. Syn. de 
Ripure, Sauture. Ex. : Ben, e'en est ca ieune 
d'eine jolie baisure/ » 

Bajoie (Sa.), s. f. — Grand dadais, nigaud, 
nicodeme. Ex.: A-t-il pourtant ben Fair d'eine 
grande bajoie! » V. Babole. Et ces deux mots 
doivent se rapprocher de Boyer ; fr. Bayer, 
beer. Syn. et d. "de Bachas. Cf. le patois nor- 
mand Beja. 

Baladeuse, s. f. — Voiture legdre de petit 
marchand forain, sur laquelle il tratne ordi- 
nairement lui-mSme ses marchandises. 

Hist — Le vendredi 7 courant, M. Menard, jar- 
dinier a la Roche-d*Ire\ prenait a Segre livraison 
d'un parapluie et le deposait sur sa baladeuse. 
( Angevin de Paris, n° du 23 decembre 1906, p. 3, 
col. 6). — V. Balladeuse. On ne prononce qu'un 1. 

BaMfre (Lg.), s. f. — Aphte des tevres. Syn. 
de Scorbut, Chancre. || Fu. — Id. Nomine* e 
Echauffaison. 

BalaL — Donner du balai a qqn., le chasser. 

Et. — Du celt. ; bas-bret. balan, genOt. I^e sens 
primitif est : Verge, rameau, — gendt (Schfx.) 

Balai- de- sorrier e. — Maladie cryptoga- 
mique du pin sylvestre. 

Balall, s. m. — Balai s'est 6crit balay, et l'y 
a peut-dtre amene* cette prononc. dialectique. 

Balan (Mj.), s. m. — Tendance a se balan- 
cer, defaut d'6quilibre stable. Ex. : Qa ne 
liendra pas, c/a trop de balan. || Equilibre. 
Tiens ben ton balan. — Va falloir tacher de 
mettre cet &bre-la ben en balan sour le diable. 
'.[ Balancement. Ex. : Eine petite niole comme 
ca, c'a ben du balan. || Fig. Etre en balan, — 
etre inde*cis, hesiter. — Syn. de Etre en dbcis. 
Ex. : J'e* tais en balan d'aller a la foire. 

Et. Ball are, danser. Qui pend et oscille comme 
qqn qui danse. (L.itt., Darm.) 

Balance (Mj.), s. f. — Pechette a e*crevisses. 
C'est un petit cercle de filet tendu sur un cer- 
ceau en fil de f er, et soutenu par trois ficelles, 
comme le plateau d'une balance. 

Et. — Lat. bi-lanx, — deux plateaux. 

Balancement (Mj.), s. m. — MSme sens 
qu'en fr. De plus : Variation dans la situation 
me'te'orologique qui annonce ou amene un 
changement de temps. 

N. II est admis comme une verite indeniable que 



chacune des phases de la lune produit un balance* 
me.ni de temps, sinon le jour ou cette phase a lieu; 
au moins dans les trois jours qui precedent ou qui 
suivent. Que parfois des mois entiers se passent 
sans qu'aucun balancement se produise, la chose 
est. incontestable : mais cc fait n'inflrme pas la loi 
que je viens dVnoncer, car jamais balancement de 
temps n'a eu lieu que dans les limites de temps 
indiquees ci-dessus. 

Balancer (Mj.) || Fig., Envoyer rouler a 
terre, bousculer, se d^barrasser de, mettre a 
la porte, rosser, battre. || v. ref. Se balancer, 
en parlant d'un bateau, se lancer en plein 
courant et tournant bout pour bout. Cette 
manoeuvre tr6s curieuse, qui se fait au depart 
d'un bateau, s'ex^cute de la maniere sui- 
vante. Le bateau 6tant amarre" le long de la 
rive, la proue en amont, il s'agit de le lancer 
au large, la proue en aval, par la seule force 
du courant. A cet efTet, une ancre est mouillee 
en plein courant, la barre est tournee vers la 
rive en grand, et l'amarre est largue"e. Le 
bateau prend son erre, se balance comme un 
pendule au bout du liage de l'ancre, et quand 
il est au bout de sa course, quand il tendrait a 
revenir, on leve l'ancre. 

Balancoire, s. f. — Chose insignifiante ; 
rengatne ; boniment, baliverne, fadaise. Ex. : 
En v'la eine balancoire, ein conte que tu nous 
fais la. — Ou bien : Envoyer a la balancoire, 
— promener. 

Balandriner (se) (Mj.), v. r6f. — Se balancer 
mollement. || Se promener lentement, se bal- 
lader. — Syn. de Loitriner. 

Et. — Faut-il voir la un mot hybride, un com- 

f>romis entre les v. Balancer et Balladerf — Faut-il 
e rapprocher du B. L. palandra, batiment de 
transport (Cf. belandre, id., a fond plat, du holland. 
bijlsender, qui cdtoie la terre, de bij, pres, et land, 
terre? Cette forme expliquerait peut-£tre le balan- 
cement?) — Balandrin, faineant, flaneur, tralnant 
sa faineantise de c6te et d'autre. (Daqn.) Cf. 
Balandran, manteau, dans La Fontaine. 

Balayer, -y ares, etc. (By). — Prononcez : 
Bali-yer, i-yures. 

Balayoux, s. m. — Balayeur. Apres avoir 
battu le grain sur l'airee commence le ba- 
lay oux. (Men.) 

Balet. — Vieux mot angevin. Auvent. V. 
Ballet. 

Hist. — 1746. « Dans le mois de juin ont ete 

f)os» i s et couvers deux balets, «cavoir le grand devant 
a porte du cimetieTe. ou il n'y en avait jamais eu.. 
Mondit sieur abbe a graeieusement accorde tout le 
bols qu'il a fallu. » (/m«. Arch., n, E. S., 362, 2.) 

Balctte (Fu), s. f. — Pour : Balayette. 

Bailer (Mj.), v. a. — Balayer. Ex. : Fau- 
drait que tu balierais la place. — Pat. norm, 
id. 

Et., Hist. — Mauvaise prononciat. et syncope 
pour Balayer. — « On faict ascavoir a tous les 
habitants de ladicte ville, de quelque qualite et 
conditions qu'ils soient, qu'ils aient chacun en 
droict soy a nettoyer et ballier bien et deuement 
les rues dsquelles passera le jour de demain la pro- 
cession gene>alle du saint sacrement. » (O Jaub. ) 



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70 



BAlJETTE — BALLET 



— « II faudra faire nostre manage 

Et balier nostre maison. 
— Bailleray je du foin a 1'oison? 

{Farce du Badin, Anc. th. fr. I, 182.) 

— *. . Puis me faut aller 
Au marche, au re tour filer, 
Bailer, faire la lexive. 

(Rkmy Belteau, La Reconnue.) 

— « D'une robe a longs plis balier le barreau. » 

(Boil. Sat. I.) 
— « Gens latineux . . . vont grattant dans les 
balieures et bourbiers du latin. » (Beb. de Very., 
May. de parv, I, 5.) 

Balfette (Mj.), s. f. — Balayette. Cf. Liette, 
pour Layette. 
Et. — Contr. de Balt-yette. — Pat. norm. id. 

Balise, s. f. — Outre le sens ordinaire : (Sp.) 
Portion de bois qu'un tacheron est charge de 
couper. Syn. de \Banchie. — N. Les balises 
de Loire sont de longues gaules de eoudrier 
piquets dans le sable sur le bord des chenaux. 
Les balises de mar (au midi) sont brise*es et 
ont la tete pendante au-dessus de l'eau. || To. 
Lot de terrains communaux de cinq boisse- 
16es, conc6d6 a chaque chef de famille, 
moyennant une tegere redevance et sous cer- 
taines obligations, notamment celle d'Shuetter 
les peupliers. || Ec. — Balises de Sarthe, vul- 
gairement : jalons. Ce sont des poteaux. carres 
assez elevens pour que la pointe Emerge dans 
les plus grandes eaux, peints blanc et rouge 
sur la rive droite, blanc et noir sur la rive 
gauche, montes sur maconnerie avec de forts 
(Hais a la base. V. F. Lore, II. 

Et. — Tres incertaine. Hist. « Quand on ne voit 
plus que la t£te des balises qui marquent les bords 
de la Sarthe et de la Mayenne. . . » {A. k., 2° an., 
n° 3, 578, 31.) 

Balise a a (Sp.), s. m. — Baliveau. 

Et. — De>. du fr. Balise. Baliveau semble une 
corrupt, de ce mot. Littr£ propose : bajulus, baju- 
' livellus, ce qui porte — sans insister. — Syn. de 
Balwreau, Montant. 

Ballnre (Mj.), s. f. — Mauv. pron. de 
Balayure. V. Balier et la citat de Bkroalde. — 
Pat/norm, Balieure. 

Balivreaa (Sa.), s. m. — Syn. de Baliseau, 
Montant. 

Et. — C'est le mot fr. avec un r £penthet. comme 
dans Jardrin, Sardrine, GadrUle, et dans le fr. 
Perdrix, Fronde, Trfeor, etc. 

Ballyer (Li., Br. By. Mj.), v. a. — Balayer 
V. Balier. 

Baliyette (Mj., By.), s. f. — Balayette. 
Doubl. de Baliette. 

Ballade (Mj.), s. f. — Pe>iode ; un certain 
espace de temps. Ex. : Je s6 rest6 a l'attendre 
eine bonne ballade. — || Tour de ballade, pro- 
menade. — V. Ballade r. 

Ballader (se) (Mj), v. r6f. — Se promener, 
les bras allonges, ballants, oscillants. N. On 
ne fait sentir qu'un 1. 

Et. — Ballare, danser. — Du vx v. baler, se 
divertir. « Je suis venu me balader sur le trottoir, 
ou j 'attends Milie. > (Monselet.) 



Balladense (Mj., Lg.), s. f. — Voiture tres 
tegere de marchand ambulant de lingerie,, 
quincaillerie, etc., et qui se pousse a la main. 

— Elle court sans cesse la campagne. (L. L.) 
V. Baladeuse. 

Balle 1 , s. f. (Mj., Sal.). — Bourre et balle, 

— sans choix. Ex. : II a tout avale* ,bourre et 
balle, On dit aussi : Bourre et ballier. || Faire 
la balle de qqn, lui convenir pr6cis6ment. Ex.: 
Ca fait juste ma balle. || Faire sa balk, — 
faire des profits, mettre de Pargent de c6te\ 
Syn. de Faire sa main, son beurre. || Figure, 
frimousse, physionomie. Ex. : II a eine bonne 
balle. Syn. de Binette, Trombine, Bobine, 
Trompette. I| Au regiment : Peau de balle, — 
Squival. de : Je m'en moque, ou Rien du tout 

Et., Hist. — Du vha. balla, palla, globe, boule, 
paquet de forme ronde (Schel.) — Pour le sens de 
convenir, emprunt6 au jeu de balle : « Avoir la 
balle belle. » — « Les historiens sont ma droite bale, 
car ils sont plaisans et. aisez. » (Mont, n, 148). Pour 
le sens de : figure, similitude d^ forme. Cf. Boule. 

Balle s (Sp.), s. f. — Ar§te de poisson. Syn. 
de Boise, Borde. S'expliquerait par la ressem- 
blance avec les barbes de l'6pi. Cf. Lat. Arista, 
6pi, et arete. 

Balleaux (Lg.), s. m. pi. — Lippes, grosses 
levres, babines. — V. Ballot. 

Bailee (Mj.), Balllne (Sp. Lg.), s. f. - 
Matelas rembourre* avec des balles d'avoine. 
Syn. de Balliere. 

Et., Hist. — Du fr. balle. a Le surplus, mont£ 
sur des haridelles enharnach£es de balines. s {En 
note : Sorte de coussins ou sacs garnis de balle ou 
paille legere, etc.). (B. D. 48,8.) 

Bailer (Mj., Lg.) — Flotter, surnager. Syn. 
de Noter. \\ Pencher ; se dit d'une charrette 
charg^e plus d'un bout que de l'autre. (Segr. 

— M6n.) II Sal. — Rester sur un liquide, ne 
pas s'enfoncer. || By. — Etre suspendu, pen- 
diller. 

Et, Hist. — Bailer, danser, osciller. 

— « Et li vilain qui va balant en T£ve. 

(Rom. de Renard, 5922.) 

— « Ah ! done bonjour, mon ami Pierre, 

J'ai vu la mer et les va J ssiaux ; 
O 16 daux grands coffres de bois 
Que le faisant bailer sur l'^ve, 
O fait daux pets et daux buchails ; 
Le vent o bufTe, et pis o vat l 

{La Trad., p. 381, 19-25.) 
Ballet (My.). — Auvent, toiture, hangar 
couvert de paille. — « Ancien logis noble qui 
porte encore sur le cintre de la porte, protege 
autrefois par un ballet, la date 1668 ». (C 
Port. Fontaine-de-1'homme (la). V. Balet. 

Et., Hist. — B. L. baletum : « Species porticp 
tecti ad nundinas aliasve res quaslibet ab aerh 
temperie defendendas. n — « In domo in qua dictus 
abbas inhabitat, in quodam tustorio seu baleto 
-1385). — « Vindrent deux chapellains dessoubz 1? 
balet ou galerie de l'eglise de Saint- Martin de 
Coussy. » (1454.) 

— a Elle est dehors araon^e (entour£e) 
D'un bale qui vet tout entour 
S'il qu'entre li bale' et la tour 
Sont li rosiers espes plants. » 

Rom. de la Rose. 



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BALLIER — BANCELLE 



71 



— a Se dit particulierement d'un auvent, d'un 
petit toit plac6 au-dessus de certaines boutiques, 
et au-dessus de paliers d'escaliers ; — abris en 
genets et en paille situes sur les routes et ou se 
refugient les casseurs de pierres. (Dott.) 

Balder (Mj., Sal.), s. m. — Balles, enve- 
loppes du grain des ce>6ales dans un sens col- 
lectif. Syn. de Ventin, Pique riers, Barbillon. 
— « Lieu d'une grange ou Ton rassemble 
toutes les menues pailles provenant du bat- 
tage et du vannage ». (Litt.) 

Bailie re, s. f. — Couette de balle d'avoine* 
(Lue\) || By. — Id. — Employee pour les 
petits enfants qui ne sont pas encore propres 
au lit. — Ne pas confondre avec : matelas de 
Quincke. — On peut les remplacer sans frais, 
en laver Yensouillure et e* viter toute mauvaise 
odeur. — Syn. de Bailee, Ballin, Balline. 

Ballin, s. m. * — Meme sens. Cette balle est 
qqf. remplac^e par la flache, sorte de grande 
gramin^e des bois, appel^e : Molinia ccerulea. 
(Or.) — Cest notre Guinche. 

Balline (Sp., Lg.). — Meme sens. 

Ballon ' (Mj.), s. m. — Crinoline. || Fig. 
Enlever le ballon a qqn., — le battre, le rosser. 
« Inutile de faire remarquer l'analogie qu'il y 
a ici entre la partie du corps designee et une 
peau gonftee ae vent qu'on relive du pied ». 
(Fb. Michel.) 

Ballon *, s. in. — Bande en fer coupant* 
placee sur le chaput. Terme des ardoisieres ; 
les premieres fois on se sert de la queue de la 
poele. (Meniere.) 

Ballot, s. m. — Les l&vres. « J'avons mau 
au ballou Se dit surtout des l&vres 6paisses. V. 
Balleaux. 

Kt. — Du celt balok, partie du visage au-dessous 
de la bouche. (Fav.) — Balot, levre inferieure ; en 
vx fr. baulievre. (Ev.) 

Ballotte (Sp., Mj.). — Fig. Jouer qqn. a la 
ballotte, se jouer de lui, le berner, le faire mar- 
cher. — || Au sens fr. : A s'est amuse*e a faire 
eine ballotte de cocous. — Celle-ci ne peut se 
faire qu'avec une sorte de primeveres, le cou- 
cou a ballottes. 

Hist. — « Dedans un faulconneau de bronze il 
mettoit sur la pouldre de canon. . . une ballotte de 
fer bien qualibree. (Rab., P., rv, 72, 463.) 

Ballnchon (Sp., Mj.), s. m. — Petit ballot, 
paquet d'effets. Z. 145 (Brissac). — Gompre- 
nant tous les vetements que les domestiques 
possedent lorsqu'ils vont se gager ou qu'ils 
quittent leurs maltres (Or). — Ordinaire- 
ment contenu dans un mouchoir ou une ser- 
viette dont les quatre coins sont nou6s 
ensemble. || Fu. — Faire son balluchon, — se 
disposer a quitter le pays. 

Hist. — « Elle eut constamment la chance de 
depister les Bleus, trompes par son air ingenu de 
pauvre marchande, geignant le long du chemin 
sous le poids d'un lourd bnluchon. (H B., p. 166.) 

Balosser (Sar.), v. n. — Bavarder sans 
eesse. 



Balyerette (Mj.), s. f. — Baverette. Syn. et 
d. de Baverette, Bravette, Bravottc. 

Balzenx (Mj.), s. m. — Appellation ou inter- 
pellation ironique. V. Jacquedale, Lenti- 
meche, Frise-Poulet, etc. Nicolas Balzeux. 

Et. — Voir : Coco bat l'z ceufs. 

Bamboche (Mj., Sal, etc.), s. f. — Vie de*re*- 
gle*e. || Pour : Bambocheur, noceur, viveur. 
Ex. : Cest eine grande bamboche que cete" 
gars-la. || Interpellation familiere que Ton 
adresse aux bambins. || Colifichet. V. a l'his- 
torique. 

Et. t Hist. — Ital, barabocrio, poupee, propre- 
ment enfant, de : bambo. Filiation : Grande ma- 
rionnette, puis t se livrer a toutes sortes d'amuse- 
ments et de plaisirs. — * II (le due d'AngoulSme) 
remit, comme a Beaupreau, a presque tous ceux 
qui lui furent presentes, de petites fleursdelys en 
argent. . . Les paysans appelerent ces fleurs de lys 
des bamboches. » (Abbe Bouttujer de Saint- 
Andre, cite par Deniau, vr, 255.) 

Bame s. m. — Baume. 

Et, Hist. — De balsamum, traduisant l'hebreu : 
baal, prince et schaman, huile ; huile des princes. 
Basme. La Font, disait encore : Ma foi, e'est bame, 

— « Mais, tout ainsy qu'on rencherist le basme. 

G. C. B., p. 223. 

— « Prenant a gre ma mort comme doulx basme. 

Id., p. 139. 

Bamette (La) (Mj.) s. f. La Baumette, au 
s.-o. d:Angers, ancien couvent au bord de la 
Maine, ou Rabelais fut moine pendant qq. 
temps. — V. C. Port. Diet. 

Et. et Hist. — Du B. L. balma (D. C), grotte, 
caverne « Et fusmes au lieu de la Basme, en une 
roche moult hauit, la on Ton disoit que la sainte 
Magdelaine avoit vesqu en hermitage longue espace 
de temps. <> (Joenville, p. 118). — « Cest l'ancien 
roc de Chanze... Au falte s'etait etabli vers le 
xV siecle un hermitage que le roi Rene, hdte habi- 
tuel du petit manoir vofain, fit rebatir sur le modele 
de la Sainte Baume de Provence. » (C. Port.) 

— « Je scay des lieux, a Lyon, a la Basmetle, a 
Chaisnon et ailleurs. ou les estables sont au plus 
haut du logis. * (Rab., C, i, 12.) — « Aux Corde- 
liers de la Basmecte mes deux messelz a 1'usage de 
Rome. » (Inv. Arch., G., p. 50, col. 2.) — «. . . pour 
la pitance des freres de la Baumette pour lesd(its) 
deux moys esquels sont escheuz neuf sabmediz, a 
raison de 11 s. 6 d. chacun sabmedi. » {A. h. l ro an., 
n° 5, mars 1901, p. 540.) 

Banard, adj. qual. — Enfant qui pleure 
sans raison. Syn. de Ouignard. V. Barter. 

Banban (Ec), adj. q. — II devient tout 
banban ! — tout abeti, presque idiot, gaga. 

Banc (Lg.), s. m. — Nimbus, gros nuage 
noir qui barre Thorizon. Syn. de Crd, Soutre, 
NuaUy Craie, Bane. 

Bancelle (Mj., By.), s. f. — Petit banc, 
escabeau. 

Hist. — « J'ay fait raporter en m£me temps 
deux des bancellcs a M m « Pleteau pour mettre de 
ses ecoliers dans IVglise (1692). Inv. Arch. H. I, 
p. 175, col. 2. — t Tant en rentes foncieres, hypo- 
thecates, que celles provenant des bancs et ban- 
celles (1769. — Inv. Arch. G. n, p. 287, col. 1.) — 
« Nan Us de leurs diverges acquisitions, ces petits 



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72 



BANCHER — BARATTE 



marchands les (Halaient a leur tour, sur des ban- 
cellcs dress^es pour la circonstance. » (Den. i, 66.) 

Rancher (Sp., Sal., Q., Sr.), v. a. — Publier 
les bans de manage de... Ex. : lis Tont banche 
a la messe. Z. 134. Syn. de Bannir, Publier. 

Et. — Ban, de Bannum, du germ, banvjan, pro- 
clamer, edicter. — Ban a fait : bannir et bancher 
par confusion avec Banc. — « Marie-toy de par le 
diable, marie-toy. . . Des huy au soir fais-en crier 
les bancs et le challit. » (Rab., P., m, 20, 274.) — 
« L'article 11 de la coutume de Touraine porte que 
le sujet qui a achete bled hors le bancage, e'est-a- 
dire hors la bannalit£ de son Seigneur. . . » (Cout. 
dePoit., i, 128, art. 34.) 

Bande (Mj.). — Penture de porte, s. f. — 
Syn. de Genevelle. \\ Bande k Minard. V. 
Minardy Mina. 

Banderole, s. f. — Bande de cuir servant a 
porter le fusil en bandoultere, dans l'e*quipe- 
ment des volontaires de Maine-et-Loire en 
1792-96. (V. R. de VAnj., t. LIV, p. 215). 

N. En ce sens le Diet. gSner. donne Ban- 
dereau. Je remarque que Banderole explique 
notre mot pat. Bandrouliere (en). 

Bandoir (Lg.), s. m. — Baton au moyen 
duquel on maintient les lames senses contre 
les ch asses pour pouvoir ch&sser une paree. 
Langue des tisserands. Prononc. BandouS. 

Bane. (Lg.) Gros nuage noir, nimbus. 
Syn. de Nuau, Crd, Craie, S outre, Banc. 

Bane>(Mj.),s. f. — Pleurnicherie. V. Baner. 

Baner, v. n. (partout). — Pleurer, pleurni- 
cher, larmoyer Cf. Builler, buigner. Crier sans 
pleurer. Z. 146. — || Sal. Pleurer avec e*clat. 
B. comme un veau. 

Et. — A rapprocher de Pigner ,• cf. Tang to. 
Pine, et encore mieux rail. Weinen. — « Baner, 
mugir, beugler ; la vache ban* ; pleurer avec de 
grands cris (Dott.) 

Banne (Lg.), s. f. — Fanon du boeuf. 

Et. — C'est le m£me que le fr. Banne, prelart, 
toile tendue au devant d'une boutique, que Hatz- 
feld confond a tort avec Banne, manne, et qui 
doit deriver du germ. Ban, banniere. — (Panne, 
graisse qui garnit la peau du ventre d'un pore?) 

Banneton (Ag.), s. m. — Recipient de 
paille on d'osier tresse", dans lequel les boulan- 
gers mettent la pate de chaque pain. Syn. de 
Paillon. || Ec. Panneton, paillon. 

Et. — Dimin. du fr. Benne? 

Banniere (Mj.), s. f. — Etre en banniere, en 
chemise. L'expression fait image. Syn. de 
Coulouette, Nappe. Le mot date du temps ou 
notre bannidre <Hait blanche. 

Et. — B. L. bandum, bande d\Hoffe ; all. mod. 
binden, lier. « Vexillum, quod bandum appellant. » 
P. Diacre. II y a eu chute du d. 

Bannir (Pron. ba-ni) (Mj., Ec), v. a. — 
Publier les bans de mariage de. Ex. : II ne sera 
banni qu'eine fois. V. Bancher. Syn. de 
Publier. 

Et. — De>. regul. du fr. Ban ; autre sens du v. 
Bannir. — « De bonne heure on rencontre dans le 
latin du moyen age les termes : bannum, bandium 



=> edictum, interdictum ; bandire, bannire - edi- 
cere, citare, relegare. Orig. germ, bandvjan, desi- 
gner, indiquer ; une forme secondaire, sans d. 
banvjan, semble avoir determine* la forme romane. 
bannir, pour : bandir. » — « I n'vont point tarder 
a s'marier, pisque le v'la banni. -» (Dott.) 

Bapt€me (Mj.), s. m. — La tSte, le haut de 
la t6te, le sinciput. C'est la partie qui re^oit 
I'eau, dans le sacrement. 

Baptiser du vin ; le mouiller d'eau. 

Baptlsse (Mj.), s. m. — Baptiste. Tran- 
quille comme Baplisse. 

Et. — Est-ce une allusion a saint Jean-Baptiste, 
tranquille. doux comme un petit saint Jean? ou 
plutdt a cause de ce personnage du nom de Bap- 
tiste qui, dans les anciennes farces, avait un role de 
niais : 

Baqnet de selence (partout) s. m. — Baquet 
ou les cordonniers mettent tremper les vieux 
cuirs, les vieilles chaussures. 

Baqnettee (Mj.), s. f. — Le contenu d'un 
baquet. Cf. Soupieree, Mannee, etc. 
Et. — Dimin. de Bac, bateau ou auge. 

Baquls-baqnlas (Lseg..), adv. — Couci- 
couci, tant bien que mal. Syn. de : Comme-ci- 
comme ca. \\ Queusi-queumi. || PMe-m§le. Syn. 
de Poile-et-moile, Brassis-brassas. 

Et. — Corr. de ce dernier mot. 

Bar, Bal, Ber. — SyllabesIp6joratives,c.-a. 
d. se prenant en mauvaise part ; radical de 
divers mots. 

Et. — Bis t bes, be, ba, partie. pejor. se modifie 
euphoniquement en : ber, bar, bre. Besvue, b£vue ; 
ber-touser (tondre avec des inegalites) ; be?- 
compte, bes-temps, bes-juger, bes-ivre, bes order. 
(Scheler.) 

Baranjot (Ag.). — Grand meuble, pas 
beau, mais commode ; armoire ; seau a 
ordures, etc. || Ec. On dit : barmjote. 

Baraquine .Engin en forme de mue pour 

Erendre le poisson. Le pdcheur, a Tavant du 
ateau, que Ton conduit doucement dans une 
boire, plonge la baraquine en maniere d'e*per- 
vier dans l'endroit ou il soupconne la presence 
du poisson, et saisit celui-ci par l'ouverture 
superieure (A Brain-sur-Authion) || Ec. — 
Vase en bois, tronconique, plus large au fond 
et muni au-dessus de l'ouverture (la goulei de 
deux oreilles (ou yeux) permettant de le 
porter & deux sur l'e*paule a l'aide d'une barre 
de bois (levier). Sert en particulier aux 
pecheurs qui sont obliges de transporter leur 
poisson a la poissonnerie et souvent de le 
verser dans les tines pour le mettre en vente. 

Et — Baraque ; hutte, boutique, petite armoire, 
Cf. Rcstc, 2- sens. 

Baratle (Mj., Lg.). s. f. — Fruit du nenu- 
phar. Les enfants s'amusent a battre la pulpe 
de ce fruit avec une baguette qu'ils intro- 
duisent par l'oeil, soi-disant pour fairre du 
beurre. De la cette catachrese. 

Et. — Vx fr. barate, confusion, agitation Bas- 
breton : baraz, baquet. — I-e sens ci-dessus se 
trouve chez Dottin et dk Montksson. 



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BARATTE-BOISSEAU — BARBOTER 



73 



Baratte-- Boissean. — V. F. Lore xvi, 
Temps. 

Baratte (Auv.), s. m. — Babeurre. Syn. de 
Lait-de-beurre, celui qui reste dans la baratte 
apres le beurre fait. 

Barattte (Mj.), s. f. — Le"contenu d'une 
baratte. || Quantity de beurre fabriqu^e en 
une fois : Oh ! la belle barattee de lait ! 

Baratter (Mj.). — Agiter le foret dans le 
trou de mine. || Baratter la bourbe dans ses 
sabots, — marcher avec ses sabots pleins de 
boue. A Saint-Paul, on dit :jt Baratter le 
beurre dans ses sabots . 

Baratterle (Mj.), s. f. — Travail du barrat- 
tage. Ex. : Va falloir que je me leve du matin ; 
j'ai ma baratterie a faire. Cf. Laverie, Fauche- 
rie$, Batteries, etc. 

Barattolre. (Segre\) — Pour : Baratte. 

Baratton (Mj.), s. m. — Batte a beurre. 
Tige de bois portant a son extrSmite* inte- 
rieure un disque perpendiculaire a son axe, 
au moyen duquel on iouette la creme dans la 
baratte pour faire le beurre. 

Barbarle (Mj.), s. m. et f. — Goq ou poule 
de petite espece, dite de Barbarie. Ex. : J'ai 
achete ein barbarie. || Fu. Turtes de Barbarie. 

— Tourterelles 6trangeres, diffe>ant des tour- 
terelles indigenes par le plumage et le chant. 

— Plumage uni ; chant de deux syllabes : cou 
crououou I cou crououou I 

Barbe, s. f. — La barbe illi branle, — en 

Variant d'une heure qui est pres de sonner. — 
d., en parlant d'une femme, — elle est 
vieflle. || S'en friper, ou s'en iicher les barbes, 
les levres. || Faire la barbe a qqn., — le 
vaincre, le n&duire, le mater. || Fu. — Etren- 
ner la barbe a qqn., — l'embrasser quand il 
est frais rase* et avant tout autre. Le grand 
pere dit a son petit-flls : Veins- tu etrenner 
ma barbe? || Mj. — En barbe, — en face de, 
devant. V. Berbe. || Barbe en, ou a barbe, — 
nez a nez. 

Hist. — « Mais si tost ne peurent gaigner le 
hault qu'ilz ne rencontrassent en barbe Picrochole. » 
(Rab.) 

— « Lors Tarbelot si arrive 
Atout cinq mi lie combattans, 
Or en barbe la se trouva. (L. C.) 
— « Icellui Estienne dist au suppliant : « Tu 
nTas appelle gaudisseur ; avant qu'il soit une 
heure je te verrai en barbe. (1475 — D. C.) 

Barbe de-bone (Mj.), s. f. — Viorne, syn. 
de Vienne. 

Et — Cette plante est ainsi nommee a cause des 
larges houppes soyeuses dont elle se couvre vers 
l'epoque de la fructification. — « Barbe de chienve 
(chsvrc, vigane, viorne. La vigane est la clematite 
des haies. plante sarmenteuse. Modification de 
vigne. Dans TO. la vigane est la vigne sauvajje, 
aussi appelee vicane. La clematite s'appelle plus 
particulierem^nt vienne. (C° Jaub.) 

l| Ec. — Cette clematite donne la viorne dont on 
se sert pour les Join's (fascines, fagots tendus pour 
prendre des anguilles). 



Barbe de loup (Mj.), s. f. — Nigelle des 
dames ; plante d'ornement. 

Et. — « Ainsi nominee de ce que la corolle, d'un 
joli bleu ciel est .debordee par les sepales fins, 
f rises et touffus du calice. 

Barbee (Mj.), s. f. — Action de frotter la 
barbe sur la joue d'une autre personne. 
Lorsque la personne a laquelle on donne une 
barbee est une jeune ftlle, ou un enfant, elle ne 
laisse pas d'en garder pendant quelques ins- 
tants un assez cuisa%t souvenir. 

Barbelee (My.), s. f. — Petite getee blanche. 

Barber (Mj.), v. a. — Barbifler, raser. 

Hist. — On disait Barber au xv 6 sidcle. « II se 
fit barber. » (Loins XI, Noiw.. 94.) — Barbifler, au 
xvn*. 

Barbes (Mj.), s. f. pi. — Pans late>aux 
d'une goulinette. 

Hist. — I^s femmes portaient un lourd bonnet 
garni, pique et a fond large : il etait recouvert 
d'une coiffure en grosse batiste, parfois en simple 
toile, a tres longues barbes ou bandes unies, qu'elles 
croisaient audessus de leurs tetes. (D. r, 55.) 

Barblehon (Mj.), s. m. — B16 barbu, 
6peautre. 

Barblilon (Sa.). — Menues pailles, glumes 
de ce>6ales, que sSpare le van ou le tarare. 
Syn. de Pous, Venailles, Ventin, Gobier, Bal- 
lier, Bigaux. 

Et. — Der. du fr. Barbe, parce que le Barbillon 
renferme les barbes de l'epi. 

Bar bin. — V. F. Lore. A. et C. XVIII. 

Barbot (Mj., Fu.), s. m. — Gros insecte 
coteoptere, dytique qui vit dans le crottin, 
les boues, leseaux de mares. || Escarbot. || 
Syn. de Escarbot. || Goutte ou tache d'encre, 
pate* sur l'ecriture. 

Et. — Ce mot pourrait Mre le fr. Escarbot, d£fi- 
gu r 6 : mais, plus probablement il vient de Barboter. 
— Hist. — « Si c'est au prin temps, ou este, les 
lievres ne se gistent pas au fort a cause des fourmis 
et autres barbots, et des serpents et laisards qui les 
chassent des forts. (Fouillou^., 

Barbote. (Lg.), s. m. et f. — Interpellation 
caressante des meres a leurs enfants. V. Potte. 

Barboter (Mj.), v. n. — Radoter. Qu6 que 
tu barbote$-\k? Ij D6penser follement. Ex. : II 
a barbote" eine dixaine de mille francs. || Voler, 
subtiliser, chiper. Ex. : II s'est fait barboter 
son porte-monnaie sur le champ de foire. Syn. 
de Sourdre. 

Et. — Patauger dans la boue et marmotter, bre- 
douiller : r association de ces deux mots se com- 
prend. le 2* se rapportant au bruit du bouillonne- 
ment de Teau occasionne" par le barbottement. 
(Scheler.) 

. . . entre ses dent3 barbotte 
Tout a part luy. . . (C!. Marot.) 

— « Barbeter, marmotter dans sa barbe, brc- 
douillor ; balbutier, barboter. Et. barbet", dimin. 
de barbe. Cf. barbeloter. Le rad. bar <* et£ confondu 
aver bor. Borbeter, dimm. de Bourbe, ou, celtiq. 
borban, murmure : 1° Borbeter (bourbe), 2° Bar- 
boter (barbe), 3° Balbeter (balbum, begue) ont 
confondu leurs sens 



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74 



BARBOUILLER — BARGUIGNER 



Barbouiller (Mj.). — Troubler, de>anger, 
donner des nauseas, rendre malade. || « Le peu 
que j'ai mang6 me barbouille -le coeur *. O 
Jaub. — || Cf. Bardouler. || Brouiller. Ex. : Le 
temps est tout barbouille. 

Barboyer (Mj.), v. n. — Affleurer, venir 
juste baigner, ou affleurer a peine. Ex. : L'eau 
est barboyante sus la premiere marche ; alle 
est venue barboyer dans la cour. 

Et. — Barbouiller? De bqr, prejorat. et bouille, 
bourbier. — Bouille «= bull*, bulle de l'eau bouil- 
lante et, de la, l'eau d'un bourbier. — Le D r A. Bos 
Texplique par Barbicare, raser, frequentat. de 
* Barbare, barber, dont on nefrouve pas d'exemple, 
D'ou Barboier. 

Bareaiilons, s. m. — Vieilleries us6es, aban- 
donnees. (Segr.) Meniere. 

Barce (Mj.), part. pas. — Fig. Accoutume\ 
habitue\ rompu, dressS des Penfance, des le 
berceau. Ex. : Pour faire cet6 m6tier-la, faut 
y 6te>e barce'. 

Barter (Mj.), v. a. — Bercer. 

Barche, s. f. — Mulon. Pour Barge, = 
berge. 

Et. (incert.). Berge. B. L. Berga (de Tall, bergen, 
deTendre). Filiation : Defense, fortification, meule, 
bord escarpe\ 

Barchouse (Sail.). — Beaucoup. V. Ber- 
chouse. 

Bardeaa (Mj.), s. m. — Barrage en travers 
d'un cours d'eau. Syn. de Dechaus, dans la 
Varanne de Saint-Germain. 

Et. — Cette m^taphore est due sans doute a ce 
qu'un D&chaus eveille l'idee d'une digue, d'une 
levee. Bardeau - Batardeau. — B. L. barda, bat. 
« II pousse son cheval a grand force sur un bardeau 
ou bastardeau fait a travers la riviere pour retenir 
l'eau. (D'AubignA.) 

Bardee (Lg.), s. f. — Exces de boisson, 
ivresse totale. II en avait eine bardee I 
Syn. de Cuite, Cuvee, Muffee, Tripee, Biture, 
ivWe, Suee, Culottee. — V. Embardee. — Rap- 
procher : Bordee. 

Barder (Mj.), v. a. — Drosser, affaler. 
Terme de navigation. || Fu. — fa barde . 
£a va rondement. 

Ex. : Le vent les a bardis contre la pile du pont, 
— le long du chantier du Sol de Loire. — Syn. de 
Acaper. — Cf. Embardee. || Pousser de cdte* le bout 
d'un arbre, d'une pierre de taille. || Lui faire faire 
quartier. 

Bardis (Va.), s. m. — Baraque de pieus et 
de branches. Syn. de Bardeau. 

N. Terme de marine. Separation de planches, 
qu'on fait a fond de cale, dans un navire de com- 
merce pour charger les bles et autres grains. Meme 
rad. que Bardeau. 

Bardot, s. m. — V. Bardeau. (Men.) 

Bardouler (Mj., Sal., Fu., Li., Br.), v. a. — 
Barbouiller le visage. Ex. : Tu n'es que ca bar- 
doule! — Vilain bardoule— minaud. — Syn.de 
Borer. || Lue\ Terme de m^Dris. Un m^chant 
bardouU. Cf. Bouchard. Le contraire est 
Dibardouler. 



Et., Hist. — Semble une corr. de Barbouill6. — 
« La figure bardoulie de sueur. . . » A h. 2* an. 
n° 6. mai 1902, p. 578. — « Bardoller, barioler ; — 
— des ceufs bardollis, oeufs de Paques ; baton bar- 
doll6 y auquel, pour l'enjoliver, les enfants ont 
enleve* des spirales d'ecorce. » (Guilt-). — N.. Bar- 
douler derive de l'angl. Beard ou de Tall. Bart, 
comrae le franc. Barbouiller du lat. Barba. Cf. 
Bouchard. — Cf. le russe Boroda. (R. O.) 

Bardrassee (Fu). — Racine administr£e aux 
enfants. 

Bardrasser (Fu.), v. a. — Taper du linge en 
le lavant. Battre qqn. a plate couture. Ex. : 
Ses qu'naux se sont ennaives, aP leuz a donne 
eine bardrassde. — V. Badras. 

Barge (Mj.), s. f. — Enorme paquet ou 
grand radeau form6 de plusieurs douzaines 
de poignees de chanvre, solidement bees 
ensemble pour le rouissage. || Tas de fagots ; 
Syn. de M&ssiere, Moueche, Mouche (Mze, 
ia.) Au Long, ce nom ne s'applique qu'a un tas 
de foin ou de paille ; une mouche de fagots. 

— Syn. Tielle. 

II Ec. — Les poign6es de chambre (chanvre) 
qui se comptent par nombres (douzaines) 
sont mises en tielles pour le rouissage. La 
tielle est charged de pierres (venues presque 
toutes du Be" d'Udon (bee de POudon, a son 
embouchure dans la Maine, prononc. Mo6ne, 
pour Mayenne). Le chanvre roui, on tire la 
tielle, on epare le chambre a plat pour le faire 
s^cher et blanchir. Chaque jour il faut le virer 
(on Pepare encore en chandelier). Quand il est 
pr£t, on le lie en poignees, puis on Yenser- 
ronne. Un serron est formed de plusieurs poi- 
gnees li£es ensemble. — Enfm, apres P avoir 
3§m6 (dime) on Pemporte. Qqf. on Pemporte 
mouill6 (frais tir£) ; dans ce cas les dimes (les 
treiziemes) sont laiss^es a part. — L'hiver on 
teille la jumelle et on braye (y mouill6)le male 
et le tout-ensemble. 

Et. — Douteuse. — Hist. « Vers midi, le feu se 
declara dans le fumier et se communiqua a une 
barge de bois qui fut presque entierement brulee. 
(Ang. de Paris, 10 mars 1907, p. 3, col. 3.) 

Barger (Mj.), s. m. — Berger. V. Breger. 
Et. — Par corrupt. — Vx fr. brtoier, bergier. 
B. L. berbicarius, du B. L. berbix, brebis. 

Bargere (Mj.), s. f. — Petite domestique 
charged de conduire et de garder le b<Hail, 
quel qu'il soit. || Jeune personne, beauts, 
amante, pr£tendue, celle que Pon courtise. || 
Terme affectueux et caressant, s'adressant 
aux petites filles. || Bergeronnette. Ex. : J'ai 
appris ein nid de bargere. — V. Folk- Lore, 
chanson populaire : — (V. Barger.) — || Fu. 

— S'emploie comme chamberriere (cham- 
briere) pour designer familierement une 
petite fille. 

Barglner, Barglnier. — V. le suivant. 

Barguigner, v. n. — Mettre beaucoup de 
temps, dire beaucoup de paroles pour une 
affaire de peu d'importance. || Marchander. 

— (Ce mot est fr.j 

Et — Incertaine;p.-d.du B. L* Barcaniare, bar. 



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BARILLIER — BARRIQUE 



75 



pan n fare, marchander ; angl. to bargain. Porter ses 
marchandises ca et la, en barque, puis : h^siter, 
tergiverser? Ce mot se trouvedans les Capitidaires 
de Charles-le-Chauve. 

Barilller (Z. 179, Cz.), s. m. — Rat de cave, 
petite bougie. 

Barlllot (Ec), s. m. — Barilleau. Chien 
basset a jambes torses, bon chasseur de lapin. 

Barne (Mj.), s. f. — Banne ; piece de toile 
que Ton dispose autour de Taire pour recevoir 
les grains projet& au loin par le battage au 
fleau. — ou la menue pansion (Sal) || Poire de 
barne ; anc. esp&ce de poire (Bo) — Z. 145. 
Toile pour faire un ballot. 

Et. — Ce mot semble Mre le radic. du fr. Berner, 
dont le sens primitif est faire sauter a la couverte. 
— Berne, vx fr. Be- nie, 6lofTe de iaine grossiere, — 
sur laquelle on bernait, faisait sauter qqn en 1 air. 
Ijtt.) 

Barne an (Mj., Sal.). — Morceau de toile ou 
de fllet de corde, de forme carr£e, et muni de 
cordes aux quatre coins, dans lequel on 
ramasse et emporte les fourrages coupes. 
Dimin. de Barne (Mg.) V. Barnot. 

Barnee (Mj.), s. f. — Le contenu d'une 
Barne. || Fu. — Id. Par ext. : Grande quan- 
tity. Manger eine barnee. 

Barner (Mj.), v. a. — Garnir, en tourer de 
barnes. N. On barne le pourtour d'une air£e 
pour recueillir les grains que le battage pro- 
jette au loin. || Fu. — Manger son saoul. V. 
Barnee. 

Barnojot (Lm.), s. m. — Petit vase a mettre 
dePeau. — (M6n.). Cf. Baranjot. 

Barnot (Lms, Z. 196), s. m. — Filet a 
rnailles tr&s larges. — V. Barne, Barneau. 

Barolllard (Sp.), adj. qual. — Bredouilleur. 
Syn. de BagoiUard, Bedotard, Bacassier } Bou- 
billon. 

Et Der. de Bar oilier. — « BaroSer, v. n. opposer 
en justice des exceptions dilatoires, des barres, BL. 
barricare, frequent, de barrarer, barrer. » (D r A. 
Bos.) 

Barollle (Tim., Sp., Lg.), s. f. — Melisse, 
plante labiee, ofTicinale. Syn. de Barouil. 

BaroUJer,, Barroyer (Sp.), v. n. et a. — Bre- 
douiller, dont il est la corruption. Syn. de 
Boubillonner. || Bavarder, causer beaucoup, a 
tort et a travers. Syn. de Bagouler, Bagoiller, 
Bourdoiller. 

Baronfle (Mj.), s. m. — Potin, tapage, va- 
carme, tintamare. Syn. de Chahut, Bousin, 
Chutrin. N. Ce mot est d'importation r^cente. 
ii Fu. — ou Barouf. 

Baroull,, s. 
Baroille. 



(Lg.). — Melisse. Syn. de 



Barque (Mj), s. f. — Sorte de grand bateau 
de Loire, a un seul mat portant deux voiles. 
II n'y en avait pas a Mj., mais on en voyait 
souvent passer jusque vers 1850. Ce n'est 
plus qu'un souvenir. 

Et — Gaeliq. Bare; ou germ. Bark, ecorce 



d'arbre. — « Contraction de date ancienne pour 
Barica. Nordiq. barkr, bateau fait d'tfeorce. 

Barrande (Mj.), s. f. — Gros bloc de tuffeau 
mesurant m 60 x m 35 x m 25. — V. Gabar- 
riers. — Ce mot indique une dimension com- 
merciale de tuffeaux. 

Et. — « Pierre a batir plus grande et plus solide 
que le tufTeau ordinaire. Ce nom vient de Barrault 
(Olivier) qui fit cgnstruire avec cette pierre le logis 
Barrault, en 1493. » (MAn.) Est-ce bien sur? 
Comment se fait-il alors que les Berrichons aient 
le v. Barauder, faire mouvoir sur un centre une 
pierre, une poutre? V. Jaub. — On peut pr^tendre, 
il est vrai, que ce v. peut venir de notre mot Bar- 
raude, transports la-bas avec la chose qu'il repr6- 
sente. Mais pourquoi Jaubebt ne signale-t-il pas 
le subst. primitif en regard du v. de>W6? (R. O.) 

Barre (Mj.), s. f. — Piquer barre sus..., se 
diriger vers. || Repiquer barre, — prendre une 
nouvelle direction. Ex. : Quand il a vu ca, il a 
repique* barre a s'en aller par la-h,aut. || Fig. — 
Monde, caste, profession, condition sociale. 
Ex. : Ces bourgeois-la, e'est point de noutre 
barre, ou : dans noutre barre. \\ Barre a cou- 
rir, — Jeu de barres (Lg. — et presque par- 
tout.) || (Lg.) Verrou, Syn. de Barroir, Crouil- 
let. V. F. Lore. Jeux, vii. 

Et. — Le jeu de barres est ainsi nom me de la 
barre qui s6pare les deux camps. — Dans le sens 
de : Caste, je soupconnerais Bord ; a moins que 
cela ne fasse allusion a Tun des deux cotes du jeu. 

Barrel oter (Lg.), v. a. — Barioler. Syn. de 
Barrificoter, Birrebarreler. 

Et. — Dimin. irreg. du fr. Barrer. 

Barrer (se) (Lg.), v. r£f. — Se prendre de 
glaces, en parlant d'un cours d'eau. Syn. de 
$' Emptier. \\ v. a. (Lg., Sp.) Barrer un garde- 
chasse, — tracer au devant de lui sur le sol 
une ligne qu'il ne doit pas franchir. 

N. — La chose a St6 faite encore tout recemment 
au Longeron par des braconniers de la « bande- 
noire » de Cholet. Un garde qui s'obstinerait a 
poursuivre apres avoir Ste" barri recevrait presque 
certainement un coup de fusil. A Saint-Paul les 
braconniers sont absolument persuades qu'en 
canardant un garde barrk ils sont dans leur droit 
strict. 

B arretted, s. f. — Tuteurs en pierres schis- 
teuses servant a e*chalasser les vignes. (Me- 
niere.) || (Lg.) Sorte de bigoudis ou d'Spingle 
a cbeveux. || Ec. — Piece d^une chaine de 
montre ; porte-d^coration. 

Barrificoter (Mj.), v. a. — Barioler, bille- 
barrer, rayer en tous sens. Syn. de Barre- 
loter, Birebarreler. 

Et. — Der. du fr. Barre et du lat. facere, avec 
une terminaison frequentative. — « Barre\ s'ap- 
plique a tout ce qui est bigarre ou tachete\ Cf. Bar6, 
Gare, Vair, Brigaille, Bigarriau. (C te Jaub.) 

Barrlqne (Mj.). — Syn. de Busse, Poincon. 
|| Sens special : Barrique de chaux, — deux 
hectolitres et demi, ou cinq cotrets. \\ Lg. — 
Monter la barrique dans le prunier, — vider, 
boire enti&rement une barrique de vin, aux 
noces. — V. Folk-Lore, n, Coutumes. 

Et Hist. — Der. de Baril i BL. barillus ; celtiq. 



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76 



BABfeoiR — BASSE-BEURRE 



baril. — « Le sommeiier doit venir avec trois bons 
chevaux chargez de bons instruments pour arrouser 
le gosier, comme coutrets, barraux, barils, flaccons 
et bouteilles. (Founxotrx, Vinerie. Cit6 par L. C. 

Barrolr (pron. ba-roue) (Tim., Sp.), s. m. — 
Verrou. Syn. de CrouiUet, Barre. 

Et. — Du fr. Barre. — « On dit : Barrer une 
porte, y mettre la barre. (C* Jaub.) 

Bas (Mj.), adj. qual. — Temps bas, — 
temps couvert, nuageux. || Le bas, — l'Ouest, 
TOccident. Ex. : Le vent est tourn6 du bas. — 
N. Cette expression a sa raison d'etre, puisque 
la partie aval de la Loire est a l'ouest de 
Mont jean. Toutefoiselleest usiteeau Longeron 
comme aMj.||Fu, id.||(Sp.). Le Sud. — N. A 
Mj., ce point cardinal est appete Mar, tandis 
que le bas est l'ouest. — 1| Adv. A cent pieds bas, 
— a cent pieds de profondeur. ||Mettre ben au 
bas, — abattre, 6puiser. Ex. : Sa puresie l'a 
mis ben au bas. || EteV ben au bas, — Stre 
bien bas, tres dangereusement malade. || 
Faire ses hauts et ses bas, — se facher et se 
raccommoder, s'emporter et se calmer. || Qui 
arrive plus t6t que sa date moyenne, en 
avance. Ex. : A Paques, haut ou bas, y a tou- 
jours des merlauds dans les has. V. Haut. — || 
Rez-de-chauss6e. Ex. : lis demeurent dans 
n'ein bas. — Cf. Haul. 

Basane (Lg.), s. f. — Bedaine. Syn. de 
Beille, Beserot, Paillase, Berdouille. — Doubl. 
du fr. Bedaine. 

Bas blancs (Lg.), s. m. — Nom dont on a 
baptist les bceufs et les chiens qui ont les 
pattes blanches. || Fu. Id., et Bas-rouges. 

Bas-comptes (Lg., Tim.), s> m. pi. — Toiles 
pour mouchoirs de quality inferieure et dont 
le tissage est peu r6mune>e, que les fabricants 
choletais donnent a faire aux plus mauvais 
ouvriers de la region. 

Bas-cul, (Mj., Fu.), s. m. — Crapoussin, 
nabot, homme de petite taille. Syn. de Cropet, 
Crole-cul, Cramolol, Boustrou, Crapasson. — 
V. Bat-cul. — Naczin. 

Bascule (Mj.), s. f. — Sorte de bateau de 
pecheur qui sert de vivier flottant. Boutique. 
|| Mettre en bascule, un lit ; enlever la moitie 
des barres qui soutiennent la paillasse vers la 
t§te. C'est un des tours que les jeunes gens de 
la noce jouent volontiers aux maries, quand 
ils peuvent decouvrir la chambre nuptiale. 

Et. Hist. — Alteration, sous Pinfluence d'une 
fausse 6tymol. (bas, adj., et cul) de Bacule, subst. 
verb, de l'anc. v. Baculer, frapper le derriere, com- 
pose avec battre et cul. — Se trouve dans D'Au- 
bign£. — B. L. baculare (D. C). — « Lequel fut 
submerge* icy pres en la riviere de Loyre par un 
vent tres imp^tueux, estant dans ung bascule char- 
ged de lamproyes. 1658. (Inv. Arch. E, n, p. 314, 
col. 1.) 

Tim. Levier que le tisserand peut fixer sur la 
chasse, et au moyen duquel, d'un coup de pouce, il 
change de navette, lorsqu'il a a faire des mouchoirs 
de couleurs varices. 

Bascnler, (Mj.), v. a. — Faire basculer.Ex. : 
N'y a qu'a basculer la tomberotee dans le 
fousse. 



Basilic (Mj.), s. m. — Basilic, herbe odori- 
ferante ; labile. || Ec. Prononc. Boaselic. || 
Fu. — Nom de bceuf. 

Et. — Corr. du fr. ; basilic = petit roi. Hist. 
« Aussi ils auront la senteur de certains da mas. 
violettes, marjolaines, baselics, et aultres telles 
espdces d'herbes. » (Bern. Palissy. Recepte veri- 
table, p. 98. — Cite" par Eveill*. 

Bas -flane. — V. Bat-flanc. 

Bas-Galarne (Mj.), adj. qual. — Qui vient 
du N. O. Se dit du vent. Cf. Galarne, Soulere, 
Bise. N. On ne dit guere : Haut-GaJarne. V. 
Basse G. 

Basilic- des -pres- (Pell.), s. m. — Marjo- 
laine. Syn. de Rioleau, Riolet. 

Bas-Pe., s. m. — Nom que Ton donne a 
Saint-Paul a l'ensemble du pays situe* vers 
Fontenay-le-Comte et Lucon, c.-a-d. au 
Marais, par opposition a Haut-Pe". 

Et. Hist. — PS = Pays. — Provenc., Esp., pais ; 
Port, paiz ; ital. paese. Les formes en es, ese, 
viennent du lat. pagensis ; les formes en is viennent 
de : pagesius, tous deux derives de pagus, canton ; 
ager pagensis, ou pagesius, territoire d'un canton, 
d'ou, par ext., region, patrie. (Lrrr.) — « Pe-bas ; 
P6-haut, On appelle en Vendue Pays-Bas (p6-bas), 
ou simplement : le Bas, TO. et le S. O., c.-a-d., pour 
Cheraille, les pays de Beaupreau et de Cholet On 
appelle Pays-Haut (p6-haut)ou le Haut, 1*E et le 
N.-E. ; pour Cheraille" le pays de Vihiers, Thouarce 
et, en general, tout le Saumurois. (Revue de VAnjou 
septembre et octobre 1904, t. 49. a Sur les ehemins 
de Vendie, p. 220. Note. Pierre Gourdon.) 

Bassaree.. Traduction des quatre vers 
cites par Bourdigne et que j'ai recueillis : 

II y a une ville aupres des flots bretons 
Che>ie de Ce*res et du dieu Bassare'e ; 
Elle a son nom des Grecs ! c'est Angiers honored 
Pour e* tre le sejour des puissants rois Sarrons. * 
(Bbun. de Tartif, Philand., p. 10.) 

Basse (Lg.), s. f. — Epuisette, sac de filet 
pour retirer de l'eau le poisson. Syn. de Ave- 
neau. 

Et. — L'angl. a le vocable Bass, paillasson, qui 
pourrait Gtre le meme mot. 

Basse-Galaroe (Mj.), s. f. — V. Bas-Ga- 
larne. Ex. : Le vent est de la 6asse-galarne. || 
A Saint-Paul le S. O. — N. A Mj. cet azimut 
est design^ sous le nom de basse- mar, et la 
ftasse-galarne est le N. O. — V. Bas, Galarne. 
|| Ec. — Id. — De meme Bas-Pe (on dit le 
Po6e-bas, le poee haut) le premier en aval, le 
second en amont. V. P6. || Fu. — Oul est ben 
noir dans la fozsse-galarne ; j'allons mouiller. 

Et. — C'est 1* azimut situe entre le Bas et la 
Galarne. — Origine incert. Se rattache p. §. au 
radic. de l'angl. Gale, vent violent du N.-O. 

Basse- heare (Mj.). — Partie du jour ou le 
soleil est pres de se coucher ; une heure avan- 
c6e de la soiree. La basse heure va nous 
prendre. || A la basse-heure, — sur le tard. 
Ex. : II s'est envenu a la &asse-heure. V. 
Haute-heure. 

Hist. — « Ses chiens le treuvent aussi bien de 
haulte heure, comme de basse, etc. » {Chasse de 



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BASEILLE — BATAILLE 



77 



0. PhIsbus.) Locut. usitee dans tous les pedart. 
voisins de l'Anjou. 

Bassellle (Th.). — Le seuil d'une porte, s. 
m. Et. — Le bas seuil. — Basseil, id. (Fav. 
Poitou. 

Basse- mar (Mj.), s. f. — Le Sud Ouest. 

Et. — C'est le point situe entre le Bas et la Mar. 
Hist. — (Fu.) La Chapelle-Jftwse-Mar. Village de 
la Loire-Inferieure. 

Basser (Lg.), v. a. — Prendre dans une 
epuisette, un poisson. Ex. : Eine fois qu'eine 
breme est bassee, on la tient. De Basse. 



Basse- soul* re (Sp.), s. f. 
Fu. — Le Sud-Ouest. 



Le Sud-Est. | 



N. — A Mj. cet azimut est design^ sous le nora 
de SouUre ou Haute- Mar. De Bas -f- SouUre. 

Basset' (Chx., Sr., Mj., Sal., Fu.), s. m. — 
Armoire basse ; buffet || Sorte de huche, mais 
plus riche, ornee de poign^es et d'incrusta- 
tions de cuivre. Ex. : Aver' done le caquerote 
qu'est sous Ybassette, — atteins done le plat 
au chat, qui est sous la huche. 

Et — Dimin. de bas ; son nom lui vient de son 
peu de hauteur. — Hist. — « En ce mois, j'ay fait 
faire, impensis meis (a mes frais) le lutrin du enceur, 
le basset de la sacristie (1727.) Inv. Arch. E. n, 346, 
col. 1. 

Bassicot, s. m. — Sorte de caisse qui sert a 
l'extraction de Tardoise du fond de la car- 
riere sur lesol. V.Fol.Lore, XIX, Ardoisieres. 

Et. Hist. — Basse, vaisseau en bois, a oreilles 
percees, qui sert a transporter la vendange. D'ou. : 
bassin, bassine. Vient sans doute du lat. vas, vasis, 
par le changement de v. en b. (O Jaub.) 

Basslcotier, s. m. — Ouvrier des ardoi- 
sieres qui s'occupe du bassicot ou du baquet 
charge de schistes pour etre d6bit6s par les 
ouvriers d'a-haut. On donne le nom de con- 
duiseurs a ceux qui dirigent l'ascension du 
bassicot. Les bassicotiers ont remplac6 les 
hottiers, autrefois appeles : approcheurs de 
basse. (M£n.) 

Bassin, (Mj.), adj. qual. et s. — Ennuyeux 

Fersonnage. Syn. de Traine-malaise. Ex. : 
' m'a tenu pendant pus d'eine heure ; queu 
bassin. ! 

Et. — Du celt, bac, creux, cavity. Gr&goirk db 
Tours employant Bacchinum parait l'indiquer 
comme appartenant a la langue du pays. (Lm.) — 
Mais par quelle extension s'est produit ce nouveau 
sensTCf. Bassiner. 

Bassloer (Mj.), v. a. — Ennuyer. Ex. : As- 
tu bentout fini de m'bassiner avec tes his- 
toires? — Cf. Achaler. 

Et. — Est-ce une allusion a Pustensile que Ton 
passe et repasse sur les draps de lit? — « EchaufTer 
comme une bassinoire : « II me bassine, cet avoue. » 
Labiche, cite par Delvau. — « Baciner a e!6 
employe autrefois pour : sonner les cloches, de 
meme que Bacin pour cloche et tocsin. — Cf . Achaler 
— echaufTer. 

Basslve (Mj.), adj. qual. — Se dit d'une 
genisse qui n'a jamais mis bas et qui n'est pas 
pleine. On dit : Eine taure bassive. || Se dit de 



meme au Lg., soit d'une genisse, soit d'une 
brebis. 

Hist — « Que les seigneurs dixmeurs de lainage, 
charnage, ne doivent lever le dixme de lainage sur 
les vassiveaux et vasswes, c.-a-d. sur les moutons et 
brebis dun an. » (J. Chentx, Centurie, question 7 a . 
Cit^ par Jaub.) 

BassArer (Ec), v. n. — Faire un travail 
fatigant, s'acharner a tous les details, et le 
plus souvent sans r£sultat satisfaisant. — N. 
Peut §tre a rapprocher de Basse-heure; tra- 
vailler jusqu'a une heure tres avanc^e. 

Bastant (Seg., Lue), adj. qual. — Alerte, 
qui. se remue facilement. S'emploie souvent 
n^gativement : Je n's6 guere bastant, — Bien 

Eortant, de bonne mine. Etre, ou ne pas Gtre 
as tan t, — libre de ses membres. Z. 135. 
Et. — D'un radical qui signifie soutenir, et qui 
se retrouve dans : bM, batir, baton/ — Ital. Bas- 
tare, suffire, et aussi Durer. — Baste ! — il sufflt , 
c'est assez. — « Une somme bastante », sufflsante 
(La F.) 

Bastlen (Mj.), s. m. — Pr^nom d'homme, 

Et. — C'est Sebastien, avec apocope de la pre- 
miere syllabe. Forme tres usitee jadis, aujourd'hui 
vieillie. Cf. Phorien, Stasie. Ec. Prononc. Bassien. 

Bastlns (Ag.), s. m. — Madriers plus petits 
(0 m 14) que les planches sur lesquelles on 
marche (0 m 22) dans les 6chafaudages. Syn. et 
doublet de Batin. 

Bastrlngae (Mj.), s. m. — Tapage, vacarme. 
|| (Mj.), s. f. Charrette ou m^canique d6man- 
tibul^e. || Maison mal tenue, p6taudiere. Cf. 
Bousin. Syn. de Boite. || Saint-frusquin, mobi- 
lier. Ex. : Pour ein moins de ren, je vendrais 
toute la bastringue. Syn. de Bazar, Saint- 
Crespin. — N. On le fait aussi du masc. aux 
sens 3 et 4. 

Basvoler ou Bavoler (Seg., Mj.). — Voleter, 
se dit de Taction d'un petit volatile qui ne 
peut s'elever longtemps ; une oie bavole. 

Et. — Voler-bas, voltiger, en parlant de la per- 
drix. II est possible que la coiffure appelee bavolet 
ait pris ce nom de voltiger. 

Hist. — « Ce petit archerot amour, 

Bavolant, s'esgayoit un jour, 
Dedans les vergers de Cy there. • 
Rem. Bklleau. 

Bat (Sp.), s. m. — Battement. Cahotement, 
bruit rythmS, resultant de la marche, d'une 
voiture, d'un cheval. Ex. : Je connais le bat 
de sa voiture. 

Et. Hist. — De Battre. — « II perdit le bat du 
coeur ». — Mesurer un poisson entre ceil et bat 
(entre l'ceil et la queue, ce qui bat l'eau.) Darm. — 
Bruit que font les chevaux en marchant. « Ouit le 
bat de quelques chevaux qui le suivoient : qu'est 
la? dit-il ; hola, demeurez un peu ; escoutez ; j'oy 
le bat de quelques chevaux. » (Merl. Coccaik). — 
Le bat de l'eau, le point ou le flot expire sur le 
rivage. (Jaub.) 

Batallle(Mj). — Jeu de cartes. Chaque 
joueur recouvre la carte de son partenaire ; 
quand il abat une carte plus forte, il prend 
1 autre et remet les deux dans son jeu, en 
dessous. Le jeu finit quand l'un des deux a 



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SATAILLER — BATI^RE 



toutes les cartes. II y a bataille quand les deux 
cartes sont £gales, deux dix, deux rois, deux 
as. Alors on ne releve cjue quand il en survient 
une plus forte, et le joueur ramasse le tout. 
L'as est la plus forte carte. Chaque joueur a 
16 ou 26 cartes, donn6es une k une, et on 
joue les cartes retourn^es, done au hasard. 

Batalller (Mj.), v. n. — Marchander long., 
temps. || DSlirer, s'agiter dans le cauchemar, 
dans la ftevre. Syn. de Gabarrer, Combattre. \\ 
Se d^battre contre les difficult^ de la vie, tra- 
vailler ferme. Ex. : A fallu batdiller, vantiers, 
pour elever eine famille comme ca ! — C'est 
Fid6e m§me du « struggle for life », de laquelle 
Darwin n'est pas l'inventeur. 

Et. — BL. Battalia, pour Batualia. Battre vient 
de Battuere. — Puis : batualia est un plur. neutre 
de batualis, les choses relatives au combat, neutre 
devenu, dans les langues romanes, un subst. femin., 
comme Aumaille (animalia). De la le sens collectif 
qu'il avait autrefois ; il signiflait un corps de 
troupes. L'u, ainsi place, tombe souvent. Nom- 
breux exemples. 

Bat&illon (Mj.), s. m. — N. L'a se prononce 
tres long, trds lourd. || Un Hot situe" dans le 
bras meridional de la Loire, ou Boire du Mou- 
lin, en face de Saint-Herve* et de Chateau- 
panne, s'appelle Tile Batdillon. Je crois que 
ce nom n'a rien a voir avec l'unitS strate^gique 
ainsi designee. J'y soupconnerais plutdt un 
trope assez joli. En effet, le patois berrichon 
denomme Bataillon, ou Tabaillon (V. Jaub., 
Suppl.) ce que le ndtre appelle Tribard ou 
MaiUoche. Peut-§tre cet Hot accole" et comme 
suspendu au flanc de la grande He de Cha- 
lonnes a-t-il eveilte dans resprit de nos an- 
c£tres Pide*e de cette poe*tique figure des mots. 
Cf. Guesse. (R, O.) 

Batard, adj. qual. — Mortier b&tard, celui 
ou il entre du platre. || Fu. — Bois-^dtard. 
Menuiserie et charpente ; planche d'une cer- 
taine 6paisseur, entre la planche ordinaire et 
le madrier. 

Bat as, s. m. — Nom vulgaire du gouet 
arum. (M£n.). Syn. de Giron. 

Bat eoeur (Mj.), s. m. — Battement de 
cceur, palpitation tumultueuse du cceur occa- 
sionn^e par une course rapide, une Amotion 
violente. Ne s'emploie que dans la loc. : Eter' 
au bat-cceur, — etre hors d'haleine. Ex. : II a 
couru comme ein fou, il en est au bat-cceur. 
Hal. Batticuore. Syn. et doublet de Bacour. 

Bat-cul, (Mj.), s. m. — Palonnier. Piece de 
bois qui joint en arriere les ex tre* mite's des 
traits d'un cheval. Syn. de Bois- de-traits. 

Et. tres claire. — Hist. Rab. fait ainsi parler le 
cheval au baudet : « Pauvre et chetif baudet, j'ay 
de toi pitie et compassion : tu travailles journelle- 
ment Beaucoup, je l'appercoy a l'usure de ton 
bacul. » V. 28.—- Cela se disait mfime en parlant des 
hommes ; partie de Parmure, celle qui couvre les 
fesses : « Tout plat s'en alia parterre, en maniere 
que au cheoir, les pieces de son battecul lui renver- 
serent sur le dos, tenement qu'il eut le derriere tout 
descouvert. » L. C. 



Bate (Mj.), s. f. — Sorte de couverte en 
toile forte que Ton mettait autrefois sur le dos 
des chevaux et que Ton sanglait sous le 
ventre. Syn. de Batiere, Bdchere. \\ Corsage en 
toile forte dans lacfuelle les femmes se san- 
glaient, et qui tenait lieu du corset actuel. 
Syn. de Bdtme, Camisole, Corps, CorseleUe. | 
Ec. — Id. 

Et. Forme femin. du fr. Bat. — Rad. Bast, 
porter, soutenir. D'oft : bastant, b5t, baton. 

B&teler, v. n. — Aller, errer, lis ne font que 
battler le long des chemins. — Cf. Be'teUler. \ 
Sal. Faire rapidement, sans soin. 

Et. — « L'ancienne forme baastel (provenc* 
bavastel) emp^che d'y voir le meme radical que 
dans baton ». (Darm.) — Cependant : — « Bas- 
teler, faire, des tours d'adresse sur un bftt, ou bast, 
puisque Aous savons que les petits meubles a l'u- 
sage des escamoteurs, appeles aujourd'hui des 
gobelets, s'appelaient au moyen age des basuam, et 
que Ton disait Jongleur ou Faiseur de basteaux. De 
la, peut-6tre, la locut. actuelle ; Monter un bateau, 
dans notre patois : Monter le Job. C'est done, evi- 
4emment, un primitif bastel, qui a produit basuler 
et bateleur. Quant a Bastel, ce pourrait $tre une 
variete de Baston, et signif. Baguette. Cf. Tour-de- 
baton. (Schel.) Hist. — « II me faut ordinairement 
hosteler (faire le sot) par compaignie a traicter des 
subjects et contes frivoles que je mescrois entiere- 
ment. » (Mont, m, 11.) — Les joueurs de passe- 

Easse et de gobelets ont ordinairement un petit 
&ton (bastellus) dont ils se servent pour leurs 
tours. 

Bateietix, s. m. — Bateleur, arracheur de 
dents, saltimbanque. || Vagabond. — V. 
Bdteler. 

Batellnard (Sal). — V. le suivant. 

Batellner (Sal.). — Ve* tiller dans le foyer. 

Bftter (Mj.), v. a. — Proverbe : 

L/ane de communaut6 

Est toujours mal bate. 
f.-a-d. On a moins de soin des choses du 
public oue de son inte>§t propre. || Dresser 
une table, mettre le couvert. Ex. : La table 
est b&tee. — Surtout : bien servie. || Fu. — En 
parlant d'une femme et par ironie : AT 6 ben 
b&tfe I — Elle est bien (mal) marine 1 

Bates (Ec). V. Corps. — Sorte de corset 
ancien tr6s dur et tr6s genant. V. Bate. 

Bat-flaneg (Mj.), s m. — Planche suspen- 
due verticalement par des cordes k une cer- 
taine hauteur au-dessus du sol d*une ^curie 
et qui s^pare deux chevaux ; ordinairement 
retenue par un crochet a la mangeoire et par 
une corde au plafond. Elle est mobile. 

B&tl, s. m. — Faire un ba\ti, c'est battre des 
pieux dans la Loire, pour retenir un entourage 
de paille, qui doit retenir Teau et le chanvre 
destine" a rouir. (MfcN.) || Ec. Bardeau, Batar- 
deau. 

Batia (Lg.), s. m. — Bateau. Vieux. 

Batiere (Lg.), s. f. — Forte ptece de toile 
garnie de sangles, que Ton fixait sur le dos 
d'un cheval de somme, avant de le charger de 
poches. De>. de Bat. Syn. de B&te. 



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BATtFOLANT — BAT THE 



99 



taiifotaot, adj. verb. — Sens special. : 
t ...ou en batifolant Therbe... » (A. h. t 2 e a., 
n° 6, p. 578). 

Batio (Pos.), s. m. — Madrier ay ant seule- 
ment de m 18 a m 20 de largeur, tandis que 
les madriers ordinaires onfde m 25 a m 30. 
Les masons s'en servent soit comme planches 
d'echafaudage, soit comme boulins ou bou- 
dins. — N. Les memes, du cdte* de la Loire- 
Inferieure, s'appellent Galoires. Cf. Bastin. 

Et. — De la m^me famille que Batte, plateau de 
bois emmanche' dont on se sert pour battre. Batte 
de terrassier, de macon, de tonnelier, d'Arlequin 

(DABM.J 

Batine (Mj.), s. f. — Bate de femme. || Dos- 
siere en forte toile que Ton fixait par des 
sangles sur l'6chine aun cheval de somme. 
Syn. de Bachere, Bdtiere. 

Batiot, Batlon (Lg.), s. m. — Baptiste, 
nom d'homme. Syn. de Baptisse. 

Bfttir (Mj.). — Sens special. Absolument, 
Bdtir ou construire son nid, en parlant d'un 
oiseau. Lorsque, dans un groupe de per- 
sonnes, on en apercoit une dont le vehement 
est sali par quel que fanfreluche, il est d'usage 
de les intriguer toutes en lancant cet avertis- 
sement vague et proverbial : 
La pie bdtit ; 
Je ne dis point sus qui. 

Et — M§me rad. q. Bat, baton. Idee de soutenir, 
porter. 

Batoo (Mj., Ec), s. m. — Locut. et sens 
speciaux. || Ca s ® tient comme des crottes 
de bique sus ein bdton ; prov., — C'est incohe- 
rent, cela n'a ni rime ni raison. || Perche 
ferine servant a pousser les bateaux. Syn. de 
Bourde. Ex. : Illy a ein plein bdton d'eau, — 
il y a aussi haut d'eau que le baton est long. 
1 Baton de quartier, baton de bourneier. Ec, 
id. || Fig. Bdton pouille, — personne grande et 
maigre, de tournure d6sagr£able , d6gingan- 
d£e. V. PouiUer. — Perche ,6chalas, halle- 
breda. || Bdton du lit. Petit baton dont la 
m6nagere s'aide pour faire le lit. 

Batoo d'argeot (Tim.), s. m. — Nom que 
les tisserands donnent en plaisantant au per- 
dition 4e leur metier, parce que cette baguette 
maintient le bout de la chaine et que, des 
qu'elle est d£gage*e, Pouvrier n'a plus qu'a 
toucher son salaire en livrant sa pidce de 
toile. 

Batoo de Jacob, s. m. — Nom vulgaire de 
la campanule. La fleur a aq. similitude avec 
la gourde ported sur le baton du pelerin. 
(MfeN.) — Ce serai t Tasphodele jaune. (L. C.) 
— Asphodelus albus, de la famille des lilia- 
cees. (Or.) — (Ec.,id.) 

Baton oler (Tim.), s. m. — Homme qui 
conduit les bestiaux aux foires. Syn. de Tou~ 
cheux. N. On prononce aussi Batoanier. — 
De>.dufr. Baton. 

Batoo-poollM (Mj.), s. m. — Personne 
grande, maigre, efflanqu£e. V. PouiUer, Bdton. 



Batrasser (Tim., Lg.), v. a. 
matiner. 



Croiser, 



Et. — De>. probable irreg. du fr. Batard, pour 
Batarser. — Batard vient de B&t. Engendr6 sur le 
bat ; allusion aux rapports frequents des mule tiers 
avec les servantes d'auberge. Gf. l'angl. Bankart, 
engendre* sur le banc. (Darm.) 

Battaisoo (Sp.), s. f. — Quantity dont bat 
une pierre ou un mur. V. Battre. — Cf. Fruit *, 
inclinaison donne*e a la face ante>ieure d'un 
mur. (Litt.). — Syn. de Battance. 

Battanee (Lg.), s. f. — V. Battaison. 

Battaots, s. m. ou BaudSe (Tr.). — Schiste 
ardoisier. (M£n.) 

Et. — « Se dit des terres argileuses qui souffrent 
plus que les autres des baues de pluie. — Batte ; 
rivage (battu par l'eau.) Battes de pluie. Syn. 
Casse, Hargne, Battant, Sater. (C' e Jaub.) 

Battereao ou Bottereaa, s. m. — Petit 
batelet, espdce de bolte servant a conserver 
le poisson destine* a la peche ou a dtre revendu 
vivant ; ou bien bottereau signifierait une 

Eetite botte, nom qu'on lui donne qqf., aussi 
ien que celui de sentineau. || V. Bottereau, 
Lucet, Bascule. 

Et. — Botte, chaussure, est le mfime mot que 
botte, tonneau, Tun et l'autre exprimant qqch. de 
creux. (Schel.) 

Batterie (Mj.), s. f. — Au pluriel : Les batte- 
ries, — le battage des ce>6ales. Ex. : II a 
tombe* malade pendant les batteries. || Batlerie 
de pieux, — ranged de pilotis. Cf. Pot. || Com- 
bat, bataille, pugilat. || Mj. — Batter ie de 
faux, les outils n^cessaires pour battre une 
faux, c.-a-d. la forge et le marteau. 

Batteux (Mj.), s. m. — Pour Batteur, celui 
qui bat le ble\ (Mfew.). D'ou le nom propre 
Lebatteux. 

Battou* (Li., Br.). — Un battoir. 

Battoox (Lg.), s. m. — Battoir de laveuse. 
Syn. de Badras. 

Battrasse (Sp.), adj. qiial. — Ne s'emploie 
que dans l'expression : Cour battrasse, aire £ 
battre. 

Battre (Mj.). — Absolt, v. n. Battre dans 
Taire, ope>er le battage des ce>6ales. Ex. : Je 
battons la procheune semaine. N. Le present 
pour le futur ; emploi tr&s frequent. || (Sp.,) 
v. n. Avoir son arSte supe>ieure en retrait sur 
l'infe>ieure, en parlant d'une pierre de pare- 
ment ; avoir une certaine inclinaison du pare- 
ment vers 1'inteVieur, en parlant d'un* mur. V. 
Pisser. \\ Battre la ligne. Terme de macon 
Faire vibrer un cordeau tendu qui est enduit 
de blanc ou de noir et dont la marque se trace 
de la sorte sur une paroi. || (Lg.), v. n. et abso- 
lument. Frayer. Ex. : Les carpes battaient 
dans la Sdvre. || Se battre la goyle de, — publier 
partout, se flatter. || S'en battre Toeil, — se 
moquer d'une chose. || Battre sa flemme, — 
paresser, fain£anter. || Battre le chien devant 
le loup, — donner tort a son ami, pour com- 
plaire a son ennemi ; donner tort, par fai- 



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BATTU — BAUGEUR 



blesse, a qui a raison. || Se tasser sous Taction 
de la pluie, en parlant d'un terrain. Syn. de 
Sitrer, s'Agliatrer. || (Lg.) Annoncer a son de 
tambour. Ex. : lis ont batiu que faulait muse- 
ler les chiens. || Se battre, v. rei. et absolument, 

— hitter a forces 6gales. Ex. : £a se bat, — 
les jeux sont 6gaux. || Battre la deche, — Stre 
dans la mis£re. || B. la berloque, — fonction- 
ner mal, en parlant d'une machine et surtout 
d'une montre ; et, au fig., de>aisonner, en 
pari, des personnes. (Mj.) — Battre du froid, 

— manifester de la froideur a qqn. 

Et. — Toutes ces locutions sont claires. Ainsi, 
pour Frayer : « Les breraes et les carpes battent ou 
ballent a la surface de l'eau et y sautent, un peu 
comme les mareouins ». (Do.) 

Battu (Mj.), part. pas. — DeHSriore* par 
l'agitation. Se dit d'un vin re*cemment trans- 
ports. 

Batnelie, ou Air* (Chx.). — Emplacement 
destine* au battage. (M£n.) 

Ban (Tim.), s. m. — Chassis dormant, ou 
vitre fix6e dans la couverture d'une maison 
pour Sclairer le grenier. 

Et. — Bau (marine) poutre. All. Balken ? solive. 

— Bale. Gf. Balcon. — Largeur, ouverture, en par- 
lant d'un navire (Nicot). Un navire de tant de 
pieds de bau. c.-a-d. qui a tant de pieds de largeur 
et d'ouverture. (Bob.) 

Banbl. — On dit plutdt Ebaubi. 

Bauehe, s. f. — Sorte de pres. || Lg. — Por- 
tion d'une haie, d'un tailhs, que Ton coupe 
dans une ann6e. Cf. Bauehe'e. || Fu. — La B. 
nom de ferme. 

Et. et Hist. — « Le garde surveille les chevaux 
qui trottent dans les bauches... » (A. h. t 2« a., n« 6, 
p. 578.) — « Pres qui ne font pas partie de la ferme 
(ou metairie, meditaria) {Id. p. 586.). — « Lieu 
inculte, terrain vague, — bauge d'un animal — 
point de depart et d'arrivee de certains ieux d'en- 
fants. Le celt, bale, route de terre, ou le tudesq. 
botch, fange, bourbier. ont pu donner naissance au 
mot saintongeois, dont ils sont plus rapproches que 
le fr. Bauge. Dans le Gloss, de la Lang, romane de 
Roquefort, on trouve Bauche, petite maison, B. L. 
Bugia, bogium. (Ev.) — « Rac. celtiq. bale, huraide. 
B. L. balca, id. Bauche,motte et herbe des pres ; 

Ear ext. mortier de terre et hutte, petite maison 
atie en mottes, en terre pelrie. 

Bauchle (Mj.), s. f. — Lot de terre a de"f ri- 
cher, coupe de bois a abattre, le tout pris a la 
tache. V. Balise. 

Et. — Ge mot vient de la m£me rac. q. le fr' 
Erabaucher, d6baucher. — « Embaucher, e'est 
faire entref dans la bauche, ou bauge, gtte fangeux 
du sanglier ; de la les sens deriv. et metaphor. 
(Lrrr.). — a Orig. inconnue. (Dabm.). — « Bauche- 
ton, Bucheron, du vx. fr. Bau, baus, bois, d'ou 
Ebaucher, embauchoir. (V. Bocneton, Bucheux et 
Boucheton). 
« Que d'arbres et de baus ont ches fossez emplis. » 

(Vx. poete fr. citi par M. Oknin, Revue de Paris. 
l« r mars 1854). — Bauchetouner, abattre du bois, 
Cf. Bucher. (OJaub.). 

Baudre (Mj.), s. f. — Filasse grossiere four- 
nie par la racine des plantes textiles. < — V. 
Folk-Lore, ii. 



Et. — A rapprocher du fr. Bourre. — « Vx. fr 
Baudree, vx. morceau de cuir ; d'ou : baudroyer, 
corroyeur? (Lrrr.). — « Baudrier... est une cour- 
roye large pour pendre l'espee, et vient de Bau- 
droyeur, qui est un homme qui endurcit le cuir, en 
le maniant. Baudroyer, courroyer, preparer les 
cuirs. (Monet, cite par Borel.) 

Baudrlr « (Seg.), v. a. — Salir. L'enfant qui 
mange une pomme cuite.se salit la bouche ; 
e'est alors qu'il a le nez badriou. La badree est 
une espdee de bouillie £paisse. 

Et. Incon. — Hist. « J'ai ele surpris par une 
harree, je s6 baudri (mouillg) (Or.) 

Baafrer (Mj.), v. a. et n. — Manger glou- 
tonnement, bafrer. Syn. de Bouffer. 

Bauge, (Mj.), s. f. — Mesure quelconque 
dont on se sert comme unite* de longueur. 
Ex. : II mesure tout le monde a sa bauge, — 
il croit que tout le monde lui ressemble. || 
Tout ce qui sert a mesurer une longueur ou 
un diamdtre : jauge, velte, anneau, etc. || 
L'objet avec lequel on mesure ; un metre, 
une baguette, une ficelle, un compas, des 
ch£nevotes servent de bauge. \\ Avoir la bauge, 

— avoir la grandeur voulue. Se dit au Long, 
d'un conscrit qui a la taille requise pour le 
service militaire. || N'avoir pas la bauge, — 
sens contraire. — || Ec. — On ne doit garder 
que des poissons de bauge, qui ont la bauge. 
V. Poisson. F. Lore, ii. 

Et. Hist. — V. Bauche. Je releve deux sens : 
Hutte en pis6, et Dimension. Le second seul nous 
interesse. Or, Bauger serait pour J auger. (V. 
Observ. a la lettre B.). — C'est Panglais Bulge ou 
Bulk, et p. 6. le m#me que le fr. Bouge. — « Tige de 
bois ou de metal servant a mesurer ; en particulier, 
regie des sabotiers. (Dott.) — « Bagu?*te coupee 
pour servir de mesure. (de M.), etc. 

— « 11 estoit faict de pierre cristalline, 

Orn6 au bord d'une antique doreure, 
De telle bauge et si saincte mesure 
Qu'il attrayoit tous quelz qu'ih feussent. 
Q. C. Buchkr. 257, p. 243. (II se plaint d'un 

c mauldit garsonneau qui a casse son verre le plus 

beau. » ) 

Baag^, s. pr. — V. Rentes. Je bailie ma 
rente de Bauge, c.-a-d. rien du tout. V. F. 
Lore, v. 

Bangeard (Sp.), s. m. — Forte piece de 
bois qui forme un des cdtes du chassis d'une 
charrette et repose en son milieu sur l'essieu ; 
limon. 

Et. — Le mot baulx, soliveau, serable r^pondre 
a ce sens. De Tall. Balken ; Pieces de bois, ou 
poutres qui soutiennent les ponts ou tillacs des 
navires(L. C.) 

Banger (Mj., Lg.). — Mesurer un espace, p. 
ex. la distance entre deux boules. || Mesurer. 
meHrer. D6r. de Bauge. — Se dit surtout des 
petites longueurs. On ne baugerait pas un 
champ. 

Baagenr (Fu), s. m. — Baugeux. Petite 
chenille qui marche en rapprochant d'un 
mouvement assez vif son arrive de son avant, 
et en projetant ensuite celui-ci. — On bauge 
parfois ainsi de petites longueurs, en i mi tant 
ces mouvements avec le pouce et l'index. 



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BAUGEUX - BAVOIRE 



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Baogeax (Mj.), s. m. — Chenille arpen- 
teuse. 

Baulee (Lg., Lrm., Tim., Cho.), s. f. — 
Flamb^e, feu vif et clair de menues branches, 
paille, genSt, etc. Syn. de RigailUe, Foute, 
Joie-de-mariage, Fergdillte. || Lg. — Cris, 
beuglements. 

Et. — De>. de Battler, parc rt one cette flambee 
ronfle dans la chemin^e. / 

Baulement (Lg.), s. m. — Hurlement, beu- 
glement. Syn. de Hulement, Hullee. V. Bauler. 

Banter (Tim., Sal., Cho.), v. n. — Crier, 
hurler, bruire, mugir. Ex. : Le vent baule dans 
la ehemin^e. Syn. de Breuyer. || Lg. — v. n. 
Soutenir une note ou une melopfe' tres 61ev6e 
le plus longtemps possible, jus^u'a perte de 
la respiration. Syn. de Houper, Noter. C'est le 
meme que Bauler, de Tim. — || Lrm. — Pous- 
ser des cris inarticules tres fort, souvent dans 
la seule intention de faire du bruit. || v. a. 
Huer, conspuer. || Fu. — v. a. Bauler qqn, — 
l'appeler de tres loin (pour la soupe, p. ex., 
les mains en porte-voix.). — Cf. l'angl. to 
bawl. 

Et. — Doublet probable du fr. Beugler. 

Baa me (Mj.), s. m. — Plante semblable a 
la menthe poivree, mais d'une odeur plus 
douce. || Sal. — Mettre du baume dans le 
sang, — rejouir, calmer. || Ec. — La sainte 
Baume, ou les compagnons allaient chercher 
leurs couleurs. 

Et. curieuse. — Lat. Balsamum, de l'hebreu 
Baal, prince et Shaman, huile, — reine des huiles. 

Baume d'eau s. m. — Menthe aquatique, 
ou bonhomme de riviere ; le thym serpolet 
porte 6galement ce nom (M£n.) Batard : 
Mentha rotundifolia, baume sauvage; arven- 
sis, des champs. 

Baume de mon cceur. — Comme : huile de 
mon cceur. Se dit de la salive quand on veut 
humecter qqch. 

Hist. — * On dit figur6ment : de l'huile de bras, 
pour exprimer la force des bras compared tacite- 
ment a une machine ; et lorsque Ton veut humecter 
Increment un objet, on dit : « J'vas y mettre de 
1* huile de mon cceur ». (C* Jaubebt). — Baume 
d'acier est fr. pour dire qu'une operation chirurgi- 
cale est necessaire pour guerir le mal de dents ou un 
mal de mauvaise nature. 

Baumette. « Baume est interprets : cripta 
montis. 

Ce qui me fait souvenir qu'en Provence on 
appelle Baume une caverne en un lieu 6minant, 
telle qu'est la sainte Baume ; et qu'a un demi quart 
de lieu de la ville d'Angers, dans le creux d'une 
montagne, il y a un couvent de Recollets, que Rene\ 
roy de Sicile, due d'Anjou et comte de Provance, 
fit bastir a limitation de la sainte Baume, et qu'il 
nomma pour cette raison Baumette, comme qui 
dirait petite Baume. On l'appelle pr£sentement 
Bamette. Et il y a deja longtemps qu'on l'appelle 
de la sorte. (Manage). D. C. Balma. — V. la cita- 
tion de Rabelais a Bamette. 

Bauterel et mieux Botterel, doublet de 
Boiler eau, gros cadenas de ffitreau ; sorte de 



beignet boursoufte. Ces deux objets res- 
semblent au crapaud, et en effet Botterel a 
ce sens. — Cf. BadreUe, Potrelle. Un cham- 
pignon ressemble aussi a un gros crapaud. 

Et. et Hist. — Bot, gros crapaud. Le radic. bou 
en lat. s'applique aux objets gonfles, comme botu- 
lus, boudin ; butt (all.), boto (esp.), corps e>ais et 
obtus. P. §tre ofiomat., a cause au cri du crapaud 
« bo, bo. » Se trouve dans beaucoup de patois. 
« Plein es de venin comme hoz. » 
Rom. de Ren. (Guill.) 
« Huon de Meby, au Tourn,y?ment de V Ante- 
christ, parlant des pierres, dit : 

« Mais celle qui entre les yeux 

Au boterel crolt est plus fine ; 

Qu'on seult appeler crapaudine ». (Bobel.) 

Bavail (Lg.), s. m. — Bave, surtout des 
bdtes a corne. 

Bavasse, s. f. — Petite crue de la Loire. || (Lg.) 
Bavarde, javotte. Syn. de Cacasse, Daraine. 

Hist. — « Petite crue, ordinairement accom- 
pagn£e d'ecume d'une riviere qui se r£pand ca et la 
dans les parties les plus basses et precedemment 
ravin^es d'une vallee. La grande crue de la Loire, 
en 1856, fut suivie de plusieurs bavasses qui s'intro- 
duisirent dans les terres par les bitches non encore 
r6par6es des digues. (C te Jatjb.) 

Baver, (Mj.) v. a. et n. — Dire, en mauvaise 
part, bavarder, d^goiser, de>aisonner, poo- 
rer, discourir, habler. D'ou : bavard. Que 
baves-tu la? 

Hist. « Et quant ils eurent bicn bavi 

Disant de luy des maulx, par voye, 
II dist, eulx ay ant achev6 : 
Gardez que le roy ne vous oye. 
Vigil, de Ch. vn, I, 58. (L. C.) 
— « He\ Dieu ! que vous avez de bave I » 
Farce de Maitre Pathelin. 

Baverette, (Mj.)s. f. — Bavette d'enfant. || 
Piece d'6toffe faisant corps avec le tablier, 
qui recouvre la poi trine et s' attache aux 
epaules avec des 6pingles. Cest aux environs 
de Nantes que les femmes portent des 
tabliers a baverette. Syn. de Balverette, Bra- 
votte, Bravette, Baverotte, Bavoire. Bavolet. 

Et. Hist. — De baver. — Ou dimin. du vx. fr. 
Baviere. — « Paratt Stre un mot onomatopSe pour 
exprimer la salive qui accompagne le babil des 
petits enfants ; aussi dans l'ancienne langue bave 
signifie-t-il egalement : babil, caquetage mintelli- 
gible (Cf. grec : babadzein). Deriv. : Bavette, 
baveux, bavard. (Nous trouvons dans Calvin avec 
la meme signification : Bavereau) ; bavasser = 
bavarder ; bavure, bavoche, caractere d'impri- 
merie qui ne vient pas net et qui paratt avoir de la 
bave ; l'ancien mot : bavidre signiflait d'abord 
bavette, et a 6te" applique* dans la suite a la partie 
de Parmure dont on protegeait le cou et le menton. 
De la : baverette et baverole. — « Quand ils vou- 
loient boire ou manger, ils rabattoient les cahuets 
de leurs caputions par le devant, et leur servoit de 
bavtire ». (Rab. P., v, 27.) — « Que les conseillteres 
leur Assent de belles baverettes, afln que de leur bave 
elles ne gastassent pas le pav£ ». {Id, ibid, n, 17.) 
« De son bendeau, qui couvre ses rigueurs, 
Fay en doubler aulcune baveroUe. » 
G. C. Buchkb. 109, p. 147. 

BaveroUe (Lg.), s. f. — V. Baverette. 

Bavoire (Mj., Lg.), s. f. — Bavette. Syn. 

e 



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EAVOLER — BfiCASSE 



de Balverette, Bravette, Baverette, Bravotte. 
Baverotte. 

Bavoler (Mj.), v. n. — Planer. Ex. : Vela 
ein riflet qui bavole sus les Patures. 

N. En berrichon Barivoler. — Terme de fau- 
connerie, en parlant de la perdrix. V. la citation 
a Basvoler. 

Bavotter (Mj.), v. n. — Baver sou vent. V. 
Baverette. * 

Bavonrette, s. f. — V. Baverette. Dans G. 
Sand, Bavousette. 

Bavom (Mj.), adj. qual. — Baveux. 
Cf. Mardoux, Huiloux. || Homme qui envoie 
de la salive en parlant. 

Bay art (Pc.) ou Boyart. — Cadre sur leque* 
on transporte la portoire. — Bard est une 
civiere, fr. 

Et. — All. Bahre, civiere. V. BaUlard. 

Bftzar (Mj.), s. m. — Avoir, Saint-Frus- 
quin ; bibelot. Ex. : Je vas vendre tout le 
bazar ; — il a mange* tout son bdzar. Syn. 
de Berloquin, Bastringue. 

Et. — Arabe, Bazar, marche, Persan, bazar. 

Bazar der (Mj.), v. a. — Vendre a bas prix 
et en bloc des objets dont on veut se d^faire. 

Be (Lg.). Bien. G'est be ca. || BS de" = 
plus de. Ex. : Y en a bk de" yin qui me Pa dit. 

Hist. — « Francois Cougnon reprit : Allons, 
enfants, ve savez bS quo (qu'6) va passer de la 
troupe a Saint- Fulgent pre aller a Montaigu et veut 
(vous) forcer a*tirer un biet ; y (j') allons les guiet- 
ter ; poit de brit, chut ! » (Deniau, i, 336.) 

Beatilles, s. f. pi. — Menues choses dedi- 
cates qu'on met dans les pastes, dans les 
tourtes et dans les potages : comme, riz de 
veau, crestes . de coc, foyes gras, etc. De 
Beatus, comme qui dirait : mets d'heureux. 

(MANAGE.) 

Hist. — a S'appliquait aux petits ouvrages des 
religieux, agnus, pelotes, boites ; les religieux y 
mdlaient p. e., des reliques des beatifies. — Colifi- 
chets. » (D. C.) — a Anglais : beatilles, abatis. 
Espece de ragout fait avec les abatis d'une volatile, 
c.-a-d. avec les ailerons, la t§te, le cou et les pattes. » 
(Moisy.) 

Bean (Mj.). — Avoir beau. Etre mis a 
meme. Ex. : Veux-tu me vendre ton bodin? 
— T'as ben beau. = Si t'as besoin de ma 
charte, t'as ben beau la prendre, elle est a ta 
disposition. 

Hist. — « Adjoustons qu'en bonne occasion et 
opportunity estions la arrives et qu'avions beau 
faire choix de Ian tern es. » (Rab., P., v, 33, 551.) 

Bean d'mage I — Beau dommage ! Locut. 
ironiq. qui sert de reponse a ceux qui se 
plaignent sans raison et qui equivaut a celle- 
ci : Je vous conseille de vous plaindre 1 j| 
(Mj.). — Parbleul 



Be = Boe. Prononciation. — Be, dans beaucoup 
de mots commencant par cette syllabe se prononce 
Boe, To tres bref. Par ex. : berouette, on entend 
boeroette. Qqf. To l'emporte : borouette. (Ec.) 



Beau-fair (f£te) (Mj.), s. m. — Tout objet 
beau, curieux ou pr^cieux. Ex. : J'ai trouve* 
ein beau-fait ; — veins done voir tous les 
beaux beaux- j aits I — Cete* femme-lk soigne 
son quenau comme ein petit beau-fait. — 
V. Fait. 

Beau frere (Mj.), s. m. — Frere ute*rin ou 
consanguin. Syn. de Demi-frere. 

Beansse, s. f. — Le nom de cette petite 
commune, que des circonstances locales maLv 
tinrent longtemps dans un e*tat de demi- 
sauvagerie, est employe* a Montjean dans 
plusieurs loc. pro v. g£n6ralement ironiques. 
Veut-on exprimer rincr^dulit^ absolue, ou 
un refus catSgorique, on r^pondra : Le pont 
de Beausse I .Or, a Beausse, il n'y a pas de 
cours d'eau. On dit encore proverbialement : 
Raide comme la justice de Beausse. G'est que 
cette capitale n'a pas plus de tribunaux que 
de ponts. Enfln le vent du S.-W. s'appelle le 
Taureau de Beausse. Ici il n'y a pas d ironie. 
Beausse est au S.-W. de Montjean et le vent 
qui en vient mugit parfois terriblement. — 
N. Les anciens prononcaient : Beusse. 

Beaussler (Mj.), s. m. — Habitant de 
Beausse. On dit aussi Beussier ; mais cette 
denomination est vieillie et plutdt ironique. 

Beau-temps (Mj.), adv. — Longtemps. 
Ex. : II y a beau temps que la messe est son- 
n6e. Cf. Belle-heure. 

Beaux -homines (Mj.), s. m. — Ne s'em- 
ploie qu'au pluriel. Scabieuse, plante sauvage 
ou d'ornement. V. Veuve. 

Beber (Mj.), v. n. — Tomber. Terme 
enfantin. Prends garde, be" be*, tu vas beby. 
Reduplication de la syll. finale. 

BebSte (Mj.), s. f. — B6te, animal. Nom 
enfantin dans ce sens. || Adj. qual. — Un peu 
b§te, stupide, nigaud, niais. 

Et. — De bete, par reduplication de la premiere 
syllabe, c. le fr. papa, maman. 

BebSton (Mj.), adj. qual. et s. m. — De>. 
de BebSte. 

Bee (Mj.), s. m. — Bouche. V. Boie-bec. 
Tenir, ou tiendre le bee dans Teau, — en sus- 
pens, dans Tincertitude. || Bee'. Goudre le 
bee, fermer la bouche. Ex. : Je te illi ai ben 
cousu le bee I \\ Prise de bee, — altercation, 
dispute. || Ais6 a prendre par le bec t — un 
peu gourmand. 

Et. et Hist. — « Antonio prime. . Tolosae nato. 
cognomen in pueritia becco, id valet gallinacei 
rostrum. » (Su£tonb, Viede Vilellius, 18. — Ev.) 

Becasse (Mj.), s. f. — Femme peu intelli- 
gente, pe>onelle, pecque, agn^s. Syn. de 
Pecusse. 

Et. — P. 6. pour Pecasse, de Pecque. — « De bee 
et du B. L. accia, vx. fr. acee, ou ass^e, nom de la 
becasse ». (Lnr.). 

G'est aussi un support en fer, a deux branches, 
place dans la cheminee pour retenir une chandelle 
de resine. (Mia?.) 



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BEC-CORBIN - BECQUELER 



83 



Bee- eor bfn, s. m. — Pour : Bee de corbin, 

outil. 

Bec-de-eorfcio, (Sp.) s. m. — Seigle ergots, 
ergot de seigle. 

Bt. — C'est le fr., avec un autre sens. La signifi- 
cation propre est : Bee de corbeau ; pour le seigle 
ergote, la m^taphore est juste 

Bee-de-groe, s, m. — Patte d'alouette. 
Persil. Mortigouin, nom vulg. du Geranium 
robertianum. En grec Gueranoc = Grue ; de 
la le nom, en raison de la forme du fruit. 
(Men.) 

Btchage, s. m. — Action de becher. Dans 
les vignes, le bechage et le chevalage se font 
en mSme temps. (Men.) 

Et. — Du celtiq. bac'h ; m&me racine que : bee. 
(Litt.). — « Le rapprochement avec bee est a 
rejeter. (Dabm.) 

B6ehe (Mj.), s. f. — Large houe. Tel est le 
sens exclusif du mot. L'instrument que les 
traites d'agriculture designent sous le nom 
de beche n'est connu que sous le nom de 
pelle. On dit : BScher a la palle ; viremotter 
ou rayonner a la beche. 

Et. — Voir Be*chage. — Hist. : « Un jet de beche 
est estime a sept pieds et demi ». (D. C. Becea.) 

B£eh6, adj. qual. (Lg.) — Qui a casse" la 
coquille de Poeuf avec son bee, en parlant 
d'un poussin pr£s d'6clore. Se dit aussi de 
Toeuf b6che. Syn. de EbSche. Cf. Bechee, 
Bechee. || Ec. On prononce p6che\ Ces ceufs 
sont peches ; le canetin (caneton) ou petit 
poulet a commence a le casser avec sa peque 
(son bee). 

B(e)che> (Mj., Fu.) (Fe absolument muet : 
b'che'e), s. f. — Becque*e. Ex. : Vela eine 
paisse qui va porter la Vchee a ses petits. || 
Au Long., bechee, avec F6 ferme\ || Fu. Porter 
la bkchee, p. des materiaux pour batir le nid. 

Hist. — a Tes petits beuvraux de Paris qui ne 
beuvent en plus qu'un pinson, et ne prennent leur 
bechee sinon qu'on leur tape la queue a la mode des 
passereaux ». (Rab., P., n, 14, 148.). 

B*cher (de la pierre) (Mj., Tim., Fu.). — 
Voir a FHist. || (Sp.) Fig. Becher qqn, se livrer 
sur son compte a des critiques, a des m6di- 
sances, a des insinuations malveillantes. 
De'crier, d^nigrer. 

Hist. — « Sepulture de Denis MeHivier, ecras6 en 
bechant des pierres en Sorrette, au fourneau de 
Saint- Vincent (1737). Inv. Arch. E, n, p. 216, col. 2. 
— « Bichant cedit jour de la pierre au bout de la 
garenne, en tomba une grosse pierre sur luy qui le 
tua, et furent cinq jours plus de trente avant pou- 
voir ouster la pierre de sur luy (1566). Id. E, m, 
332, 2, m.) Becher le blaireau. Se dit des tranchees 
que Ton fait pour le prendre. 

B€cheter fLue*), v. a. — Biner, serfouer. — 
Syn. de Cobecher, Binocher. — Du fr. Becher. 

B*eheai (Mj.), s. m. — Becheur. || Petit 
cultivateur. Ex. : II veut Gter' bicheux. — II 
ne faut pas oublier que nagudre tout le travail 
de la petite culture se faisait a bras d'bommes. 



HManger comme ein becheux, — manger 
beaucoup. 

Hist. — « Bapt£me d'un flls naturel de Jean 
Martin, becheur (1768. Inv. Arch. E. in, p. 103, 
col. 1.) — o Et quant aux Vignerons et Bescheurs 
qui ne tiennent et n'exploitent aucun labourage, 
soit en leur propre ou par ferme. » (Cout. du Poitou, 
I, p. 482, art. 193.). — « En la paroisse de Chaz£- 
sur-Argos il y a un feage appel£ le feage de Chaz6... 
lequel feage avait anciennement pour tout domaine 
une fuye et des courtils qui la joignent, con tenant 
deux homm6es de becheur. {Coust. de rAnj, n,. 
col. 129.) 

Btehever Tomber pieds contre tSte. — 
V. Bechevet. Cf. Bouechef order. 

Hist. — « L'un d'eux se baissant pour l'amasser 
(un baton), le moine lui vint d^charger un si grand 
revers de son baton sur l'autre flanc, qu'il Penvoya 
bichever du long de la lev6e ». (Ber. db Vebvillr, 
n, 48.) 

Beeheverder (Ec). Prononc. boSch'varder 
et plus sou vent : bo£gevarder. — V. Bechever, 
Bechevet , Boichefarder 

Bechevet, Beehevel, s. m. — Ce mot se dit 
de deux choses qui sont placees a contre- 
sens, ou dont Tune a les pieds a la teste de 
Tautre. (Men.) 

Et. et Hist. — a De bis et de chevet, en la signifi- 
cation de teste ;. comme qui dirait une chose a deux 
testes (Menage, qui cite Rabelais) : C'est un jeu 
d'enfants qu'ils jouent avec deux 6pingles que Pun 
d'eux cache dans la main. Quand la fete ae l'une 
est tourn^e vers la t&te de Pautre, elles sont a Bes- 
chevel. (I, 22.). — « Lit a double chevet, l'un a la 
t6te, l'autre aux pieds. — Coucher btchevet : On a 
mis ces deux enfants coucher be' chevet. — Lorsque 
les petits des pigeons se placent dans leur nid, ils 
sont souvent bichevet. C est, dit-on, une marque 
qu'il y a male etfemelle. — Les cochonsse couch en t 
le plus souvent bichevet. V. TSte-be'che, Tete- 
boueche. — Dans les chaleurs de lYte", les chevaux 

3ui sont au paturage ont l'instinct de se placer 
eux a deux be' chevet ou tiHe beche, pour s'emou- 
cher reciproquement avec leur queue. (C te Jaub.) 

— Deux couteaux bigevi ont la pointe en senscon- 
traire. (Daon.). 

Bgehoter (Mj.), v. a. et n. — Becher a 
petits coups. 

Blelard ou Btqnelard, se dit pour une per- 
sonne qui a toujours la boucheouverte (Segre\ 
Men.) 

fierier (Cho., Lg., Tim.). — Mugir, crier, 
hurler, beugler. Cf. Beucler. || B6cler qqn, 
l'appeler. || Pleurer, larmoyer avec des cris. 
Syn. et d. de Beucler et du fr. Beugler, 
N. On mouille souvent Fl. Syn. de Buyer. 
Pigner, Ouigner, Oudler. 

Bee- menu (Lg.), s. m. — Personne difficile, 
d6gout£e. Syn. de Goule-fine. 

Beeoter (Mj.), v. a. — Becqueter. || V. ref. 

— Se b^coter, se donner des baisers, — em- 
brasser tendrement, amoureusement. « Ils 
sont comme deux tourtereaux, ils se bkcotent 
tout le temps. » 

Et. — Be Becot, baiser — dim. de Bee. 

Beef ueler, v, n. — Se dit pour une poule 

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BECQUETER — BfiDRASSEAU 



qui ouvre le bee pendant les chaleurs (M6n.) 
|| Lrm. — Becqueler, crier, appeler tres haut ; 
beugler, b&er. 

Becqneter (Mj., Lg.), v. n. — Faire un bon 
repas, festiner. 

Beda (bda, a bref, Mj.), s. m. — Verrat, 
pore male. Syn. de Bedoux, Vare, Vare, Ver- 
doux. || Mj., Lg. — Sorte d'injure : Le vilain 
grous beda 1 Nigaud, lourdaud. || Sal. — Id. 
Gros garcon, sot et mal tourne. 

Bedalnee (Mj.), s. f. — Ventree. 

Be- da me i interj. Dame ! Certes ! Je le 
crois bien ! || Fu. Ben dame /^exclamation 
pour s'excuser, etc. 

Bedane, s. f. (Li., Br.). — Bicorne. V. Juif. 
Et. Pour : bee d'ane, proprement : Outil de 
menuisier propre a faire des mortaises. 

Bedaner (Sp., Th.), v. n. — Pleurnicher. 
Syn. de Barter, Oualer, Ouigner, Buyer, Beu- 
cler, Brezer. || Pleurer en jetant de hauts cris, 
ou avec de gros soupirs comme font les 
enfants. Contraire de Chcmicheret Chenucher. 

Bedas (a long).(Lg.) — En bedas, en friche. 

Bedasse (Mj.), s. f. — Bedaine. Syn. de 
Bedrasse, Berdouille, Basane, Beille, Beserol. 

Bedasser (Sp., Mj., Lg.), v. a. — Parait 
£tre une forme adoucie de P^tasser. — Fati- 
guer, harasser. || Posseder, jouir de — une 
femme. || V. n. Se fatiguer, travailler peni- 
blement, faire des efforts repel6s et infruc- 
tueux. Syn. de Bouvisser, Buriner, Timonner, 
Harqueler, Odigner, Jdgnoter, Haquenasser, 
Haricoter, Jarnusser. — N. Se dit a Tim. 

Et. — Frequentat. de Beder. Ce dernier mot me 
semble lui-meme tres voisin de Beter ; il tiendrait 
a Bedas, com. Beter au fr. Bfite. Celui qui s'epuise 
en efforts et reste le dindon de la farce, prend tou- 
jours un air deconftt qui justifie l'etymol. proposee. 
(R.O) 

Bede,s.f.V.B6der. — L'endroitou Ton bede, 
ou le jeu commence et ou il faut retourner 
quand on a fait une faute. || Terme du jeu de 
billes. Donner la bede ; renvoyer la bille de 
son adversaire a une distance d'au moins 
cinq mains ouvertes. (P. Eudel). || Ec. Par 
ext. : On va joliment te l'envoyer beder, 
c.-a-d. promener ! — V. Bedouille. 

Bedee (Sp., Ang., Mj.), s. f. — Ne s'emploie 
que dans la loc. De bedSe, brutalement. Ex. : 
Faut pas y aller de bedke. — Tout d'eine bedee. 
— Elan brusque et violent. Ex. : II s'est 
arroche sus moi d'eine bedee. \\ Aller de saut, 
ou: de cul et de bedee, de cul et de ventre, au 
propre. Rappelle la demarche de l'oie. || Au 
fig. Agir sans rime ni raison. V. Bodee. 

Bedeller (Sal.), v. n. — Bailler et ne rien 
faire. 

Beder (Mj., Sal.), v. n. — Terme employe 
dans certains jeux d'enfants, surtout au jeu 
de billes. Dans le sol est creus6 un leger trou, 
ou poteau, ou Tun des joueurs doit arriver a 
faire entrer sa bille ; celui-la bdde, est bedoux. 



Or, apres chaque tentative infructueuse qu'il 
a faite pour se rapprocher du but, tous les 
autres joueurs s'6vertuent a Ten ecarter, en 
chassant sa bille avec les leurs. Le mot se 
retrouve a Sp. et a Mj. — V. Bede. 

Hist. Depuis s'en vindrent par la ville 
Pour Fran9oys cuider suborner. 
Mais Ton les fist sur pie, sur bille 
Bientot beder et retourner. 
(Martial. Vig. de Ch. vn. — God.) 

Bedier. s. m. — Niais, b6das. 

Hist. — « II se trouva qu'il (l'eveque) interrogea 
un pr^tre qu'il trouva ignorant : « O ! dit-il. gros 
tedier, ane que tu es, qui t'a fait prStre? » (BtR. de 
Verv. m, 6.) 

Bedooner, v. n. — Prendre de Tembonpoint. 

Et. Bedon, ventre qui commence a grossir. 

Bedon (Auv.), s. m. — Verrat. V. Beda, 
Bedas, Vare, Vari, Verdoux. 

Bedonau s. m. — Blaireau. — || Soleil de 
bedouau, — la lune, parce que cet animal sort 
surtout la nuit. Se dit aussi de tout coureur 
de nuit. || Ec. prononc. : boedouau, lourdaud, 
b§tas. 

Et. Hist. — Doit-on rattacher ce mot a Bedaine, 
la panse du Bedouau etant assez rebondie? — Le 
D r A. Bos indique Bedonel, qui a un bedon. — 
« Laissez-moi ces manteaulx de loup et de b<- 
douault ». (Rab., P., iv, 24.) — « Ce sont belles 
testes de mouton, testes de bedouaulx ». (Ibid, v, 
27.) — Dans notre province, ce mot se dit aussi 
pour bedeau ; serait-ce parce que la robe de c« 
fonctionnaires etait souvent mi-partie, comme la 
fourrure des blaireaux? 

Bedoufle (Sr.), s. f. — Ampoule... J'ai 
des bedoufles aux mains . || Ec. : Gonfle. Se 
sentir bedoufle, — Testomac trop plein. Pat 
berrichon : Boudenfle = vessie de pore. 

Bedouflure, , s. f. (Segr.). — Clochette 
occasionn^e par la brulure ou la morsure 
d'un animal. A Angers, e'est une bousine. 

(M6n.) 

Bedouille (Fu.) s. f. — Etre a la bedouille. 
Se dit au jeu de billes, du joueur qui, ayant 
fait une faute, reste inactif pendant que les 
autres ont le droit de le chasser au loin. 
Meme expression pour le jeu de toupie. — 
V. Bede. 

Bedouinant, v. n. — Aller en bedouinant 
(Segr.), c.-a.-d. nonchalamment, comme un 
bedouin (M£n.) ?? — Ou plutdt comme un 
homme qui a un gros ventre. 

Bedoux (Lg., Sp.,) — Celui qui bede. — V. 
Bider. Cf. pat. norm. B6daud, dernier-ne; a 
rapprocher du manceau Bedaaud, Begaaud, 
niais. 

F3 Bcdrasse (Mj.), s. f. — Bedaine, gros 
ventre. 

Et. — C'est le mot fr. avec un suff. pejorat. La 
lettre r est epenthetique. V. Beille, Bedasse. 

Bedrasseau (Mj.), s. m. — Personne ou 
objet petit. Ex. : J'ai tri6 tous les grous, je 
n'ai laisse que les petits bedrasseaux. Se dit 



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BEDRASSfiE — BEILLE 



85 



de rhomme, des animaux et des plantes. — 
Crapoussin, nain, avorton. 

Bedrass^e (Mj.), s, f. — Ventre. De>. de 
Bedrasse. 

Bedaaa, s. m. — Blaireau. V. Tesson, 
Taisson, Bedouau (Lue\ Chm). 

Bedne (Lg.), s. f. — Rouge-gorge, oiseau. 

— Syn. de Gorge-rouge, Vachette, Vache, 
Russe, Gadille, Reusse. 

Begassard (Lg.), s. m. — Begue. — Syn. 
de Bkgueur, Macassard. D6r. de Begasser. 

Begasse (Lg.), s. f. — BScasse. — V. F. L- 

— Chansons. 52, 

Begasser (Tim.), v. n. — B6gayer. — Syn. 
de Cacosser, Jacquetonner, Beguer, Ma- 
casser. 

Et. De>. du tr.Btgue, ou plutdt de Biguer. 

Begassine (Lg.), s - *• — BScassine. — Syn. 
de Roulette. 

Btgand, s. m. (Segr.). — Planche ou 
£chelle horizontale, attached au plancher 
(plafond ?) sur laquelle on place la provision 
de pain (M£n.). — (Mj., Lg.), adj. qual. et s. 
m. et f. — Nigaud, beta, sot, peu ruse\ 
Syn. de Niguedouille, Bebete, Benaud. \\ 
(My.), Fer qui tient la r£sine face a la che- 
min6e. Syn. de Bdillaud. \\ (Sr.), Hanneton. 
Syn. de Canneton, Meunier. ||Cf. B6gat,JAUB. 

Et. — Pour : niais. Probablement pour Beyaud 
ou Boyaud, de Boyer, fr. Bayer, Beer. Cf. 
Bajole, Bachas. (R. O.) — « De Begue? — Hist. 
< Ceux qui n'auront jamais bouge* d'entre les bras 
de leurs meres, ne seront que niais et begaux. » 
(Apol pour Htrodote, p. 461. — L. C. — « Eh 
bien ! grand bigaut, m'as-tu regarded assez, me 
veux-tu acheter? » (Noel du Fail. Propos rus- 
tiyucs. — C le Jaub.) — « B£gard. he>6tique ; stu- 
pide, sot, faineant, hypocrite. — I>es boards, 
begauds 6taient de pauvres he>etiques croyant avoir 
atteint la perfection. Et. *beggardum, du Germ, 
flam, beggen, demander, mendier ; ou p. e\ bkgard 
n'est que le pe^orat. de begue, dont l'orig. est 
inconnue. (D r A. Bos) — o Badaud qui s'arrGte a 
chaque instant pour regarder avec une curiosity 
niaise. Cf. Basgoule ; naif qui bailie aux corneilles. » 

— Chandelier en bois perce" de trous a diverses 
hauteurs et dans lesquels on plante le grichedent, 
morceau de fer ou de bois fendu dans lequel on met 
le p^toche (rSsine.) Dottdt. 

Begaudage (Mj.), s. m. — Sottise, b£tise, 
niaiserie. Ex. : (la illi a fait voir son begau- 
dage. — Nigauderie. 

Begandean (Mj.), s. m. — Petit nigaud. 
Syn. de Sottereau, Nigaudeau. 

Begauder (Sa.), v. n. — Causer nafvement. 

Hist. — « lis vont niaisans, begaudans et s'amu- 
sans par les chemins. » Contes d'Eutrapel, p. 306. — 
L. C. 

Begnote (Lg.), s. f. — Espece de besi assez 
semblable aux poires de gaubretiere. 

Begaotler (Lg.), s. m. — Sorte de busier ou 
poirier demi sauvage. 

Begrole (Segr.). — Bobo cause" par un 



rasoir malpropre, simulant, a l'aide du nez 
(? I ?) le bee de la grole. (M6n.). 

Beguer (Lg.), v. n. — Begayer. Syn. de 
Begasser, Macasser, Jacquetonner, Cacos- 
ser. 

Et. — Ce v. est 1'original de la nombreuse famille 
de mots a laquelle appartiennent les formes fr. 
Begue, B£gayer, et les form. pat. Btgueur, Begasser, 
Begassard, ainsi que Macasser et Macassard, qui 
ne sont que des alterations de ces derniers. Hatz- 
feld declare que l'etym. de ces mots est inconnue. 
Pour moi, elle est 6vidente ; ils de>iv. tous du fr. 
Bique, ital/ Becco, all. Bock ; b£gayer, b£guer, 
begasser, e'est avoir la parole hachee com. le b#le- 
ment d'une bique. Tous ces vocables sont done 
cousins germains de Biqueter, Bion, Btguion, Bique- 
reau, Biquereau, Bigane. (R. O.) 

Bcguette (Sp.), s. f. — Chevre, petite 
chevre. 

Et. — Ce mot qui a la mSme rac. que Bion, Bi- 
guion, Bigane, est pour Biquette, dim. de Bique. 

Begueur (Lg.), s. m. — Begue. Syn. de 
Begassard, Macassard. 

Beguin (Mj.). || Fig. La plus tendre 
enfance. Ex. : £a l'a prise des le beguin. || 
Attachement passionne. Ex. : II a ein beguin 
pour cet6 fille-la. — C'est litte>alement la 
foe. fr. : II en est coiffe\ 

Et. — « Un pre*tre, Lambert le Begue, aurait le 
premier preche a des femmes les avantages de la 
chaste te ; elles en auraient 6t6 surnommees Bt- 
guines. (D. C.) — « B£guine, nom d'une corporation 
religieuse fondee par sainte Begge, dont elle aurait 
tir6 le nom. D'autres font deriver ce nom, comme 
celui des Beguins et Beguards du v. angl. Beg, 
mendier, a cause d41a pauvret6 a laquelle ces he>6- 
tiques se vouaient. — On se demande encore si la 
coiffe de linge, appel£e Btguin, doit, ou a donnd son 
nom aux Beguines. (Scheleb.) — Begui, en langue- 
doc = coifTe, bonnet. (L. C.) 

Beguion (Sp.), s. m. ; — Biquet, chevreau- 

Et. — Ce mot est la forme masc, de Biguette.he 

nom Bion en est une contraction. — Syn. de Bion, 

Biqueton, Biquereau, Btquereau, Biquot.V. Bkguer* 

Beigne (Mj.), s. f. — Coup violent. Syn. de 
Bagne. Fr. Bigne. Vx. fr. Bugne\ bosse, 
tumeur. Attraper eine beigne. — Bosse, 
enflure, surtout a la tete. Anciennement : 
tumeur, apostume. De>. du celtiq. 

Hist. — « Ladite Colette donna un si grand coup 
sur Toeil ...que a pou qu'elle ne lui creva, et pour ce 
lui fist une grant heugne ou boce sur ledit ceil. (D. C.) 

Beille (Boiile) (Mj., Lg.), s. f. — Ventre, 
bedaine. N. Beille, qui a qq. peu vieilli, a 
une forme masc. Boiile. Cf. Abeillaud, bour- 
don, frelon, qui a, en effet, un gros ventre. 

Et. Hist. — II pourrait bien avoir la merae rac. 

2. le fr. Bedaine. En tout cas, il est certain qu'il a 
onne" 1'angl. Belly. — « Telle etait I'enceinte de 
la ville de Mur (Saumur) ; et cette portion de l'an- 
cienne ville a toujours ete distinguee de la nouvelle 
sous le nom de Boele du Chateau... Je remarqueraii 
a cette occasion, que le quartier environnant les 
chateaux de Dou6 et de Montreuil-Bellay, porte 
aussi le nom de Boele ; ce qui peut faire presuraer 
que ce nom ,qui signifie : boyau, nous est venu de la 

gremidre de ces vflles, qui est la plus ancienne. (J. 
odin, R. h. i, 97.) N. philol. — Beille, boiile, 



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86 



BEILLER — BELLE-PILLE 



boele signiflent non pas : boyau, com me le dit 
l'auteur, mais : ventre. J'en ai dit ce qu'il fallait, 
mais, ce que je n'avais pas vu, c'est que ce tres 
vx. mot est la rac. du fr. Boyau, lequel devrait 
s'ecrire Boillau... — Gomme suite a cette note, 
j'observe qu'Angers pourrait bien avoir eu son 
Boele, tout comrae les villes de Saumur et de Mon- 
treuil. Et ce Boele aurait et6 la rue Baudriere, ce 
boyau oblique qui contournait les rem parts de la 
vieiile cite. N'est-ce pas au bas de cette rue que se 
trouvait et que se trouve encore la fameuse fon- 
taine Pied-Boulet, ou Pied de Boulet, dont le nom 
a tant intrigue le populaire, les historiens et les 
etvmologistes? Si raon hypothese est juste, la deno- 
mination primitive aurait 6t6 Pied- BoeleL ou Pied 
de Boelet. C'est la une simple induction linguis- 
tique, et je donne ma d6couverte pour ce qu'elle 
peut valoir. Je suis d'avis, en definitive, q. ce mot, 
tres curieux et tres vx. est pour Boille f q. je deri- 
verais du lat. Bulla. (R. O.). — II y a a Angers une 
rue de Beille-BeiUe. — « Portion d'une cloture, qui 
force en dehors de son alignement. La bailie dtait 
une palissade servant de premiere defense en avant 
et en dehors d'une ville. (D. C. Bailleium et Bal- 
lium.) — « Boille (angl. bowels), s. f. visceres de 
Thomme et des animaux. Dialectes normands 
anciens : Buille, Buele, Boels, Boele. — Eboiler, 
eventrer, esboellare : « Le ventre lui purfendi, si 
que toute la buille a terre chaid. » (Les Rois, p. 198.) 

— « Defors son corps veit gesir la buele » (Chanson 
de Rol. p. 187.) Patois norm, de Guernesey, 
Bouailles. (Moisy.). — Cf. Bullire, bouillir. 

— « Gens saphirez qu'un dint de verre esveille, 

Ausquelz le boire eschauffe 1'avertin, 
N'espar^nez pas le creux de vostre be die, 
Pour boire en grec, en flamant, en latin. 
G. C. Bucher, 186, p. 192. 

Beiller. v. n. — Rester bouche ouverte. «I1 
ne fait que beiller de la goule. » — B6er. — 
Mieux 6crit : Beyer ou B&er. Cf. Boyer. 

Belli ouetter (Lg.), v. n. — V. Beluetter. 
Cf. Ebeillouir. Miroiter, scintiller. Fr. Bluette, 
V. Beluette. 

Belli u (Mj., Lg.), adj. qual. — Ventru. Se 
dit surtout des animaux. Ex. : Eine vache 
beillue. V. Beille. 

Belonner (Sp.), v. n. — V. Bionner, Beion. 
V. Beguion, gui mouilte et tres doux. 

Belonner (Sp.), v. n. — V. Biouner. Dou- 
blet de BHonner. V. Beguion. 

Belaud (Tim., Lg.), s. m. — Ver, ou larve 
d'insecte qui vit dans certaines cerises. 
Syn. de Belin ou Blin. || (Lg.) Belaud ! 
belaud ! me! Interj. qui sert aux bergeres 
pour rappeler leurs moutons. |l Mj., Lg. - 
adj. q. — Mignon, gentil. || Noim caressant 
que 1 on applique souvent aux enfants ou 
aux chiens. 

Et. — \je mot Belaud, qui tient a Belin, a signifi6 
autrefois : mouton. II ne s'emploie plus que pour 
designer la larve de charancon qui attaque les 
cerises. Quant a : Me, c'est une onomat., le bele- 
ment du mouton. || Cf. Mouton. Jaub. || Dans le 
dernier sens, diminutif de Bel, pour Beau. 

Belaudl (Lg.), adj. q. — Attaque* par les 
belauds. Se dit des cerises. 

Belauder (Sp.), v. n. — Plaisanter, de>ai- 
sonner. Ex. : Bah ! tu belaudes. — Pour Ber- 
lauder. Cf. Berlauderies, Cf. Beluten 



Beleau ou Bleau (Sa.), s. m — Oison. 

Belitre (Mj.), s. f. — Anse de pertoire, 
faite d'une hart d'osier formant boucle. — 
Syn. de Be" r iere. II Fu. — Berliere, — se dit 
surtout des anses mobiles en osier, rappor- 
t6es aux cruches qui ont perdu la leur. 

Et. — C'est le fr. Beftere, Anneau auquel est 
suspendu le battant d'une cloche. D. C. Belleria ; 
flam. Bel, cloche. — « A la charge dudit Chapitre 
de fournir en l'acquit de l'evesque les chordes, btU 
lieres, batail, etc. — Renvoie a Berleria, d'ou est 
rest6 Berliere. — « Item, pour reparer deux ber- 
lieres, et pour une neuve, pour la cloche du Cha- 
pitre, x x v i i j sols. (1 469. ) D. C. 

BeilD 1 (Mj.), s. m. — Larve d'une espece de 
charancon qui vit dans les cerises, surtout 
dans les bigarreaux. C'est 1* : ortalide du 
cerisier. — Berlin, en Berry. Syn. de Belaud. 
|| Fu. B'lin. 

Belin * (Auv.), s. m. — Nom par lequel les 
bergers appellent leurs moutons pour les 
reunir. || (Pos.), Mouton secondaire d'un 
pressoir. Syn. de Belineau || (Lg.). — Etre en 
belin, — £tre en chaleur. Se dit d'une brebis. 

Et. — MSme radic. que Belier, avec un sufT. dif- 
ferent ; ou Blin, de Bell, clochette, — le mouton a 
la sonnette. — « II se prit a pleurer de ce qu'il 
savait moins que les belins ». (Amyot, Daphnis et 
Chloe'. — C* Jaub.) 
— « Qui de la toison de belin 
En lieu de manteau sobelin, 
Sire, Ysengrin affubleroit 
Le loup qui mouton sembleroit ». 
R. de la Roe. — (Bob.) 

Belineau (Mj.), s. m. — Petit madrier qui 
s'interpose entre le mouton et les carreaux 
d'un pressoir. 

Et. — De Belin, qui s'emploie du reste dans le 
mSmc sens. || Enchere, enche et encheneau. (Mis.) 

B(e)liner (Mj.), v. n. — VeHiller, lambiner, 
perdre le temps. 

Et. — De Belin, a cause de la lenteur avec 
laquelle.... urine le merinos. On connait le prov. : 
Laisser pisser le merinos ? 

Belland, e (Mj.)..adj. qual. — Bellot. 

Belle, s. f. — s-ent, occasion. — L'avoir 
belle a faire une chose. || Faire la belle ; partie 
finale entre deux joueurs qui ont gagnt- 
chacun une partie ou manche, qui sont : 
manche-a (manche). C'est la belle, la bonne 
partie qui decide. || (Lg.) Sorte de jeu de 
cartes appel^ aussi Trente-et-un, fort en hon- 
neur dans les veiltees. || (My.) — Se dit pour : 
une femme enceinte. (M£n.) 

Belle (de) (Mj.), loc. adv. — Bien. Se dit 
ironiquement. Ex. : Q& t'avance de belle ! 
De pus belle, mieux, de mieux en mieux, aver 
plus d'ardeur. Ex. : II a recommence^ de pus 
belle. 

Belle-ehouse (Mj.), adv. — Beaucoup. On 
dit aussi Ber chouse. Syn. de Boun endrtt, 
Biaucop. 

Belle-fille (Mj., Lg.), s. f. — Fille par 
alliance, bru ; ou fille du premier lit d'un con- 
joint. 



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BELLE-HEURE - BfiQUELfi 



*7 



Belle- heare (Mj.), adv. — Longtemps. Ex. : 
Y a belle heure qu'il est parti. Cf. Beau-temps. 

BeUe-soeur (Mj.), s. . — Soeur uterine ou 
consanguine. Syn. de Demi-sceur. 

Belsamlne (Mj.), s. f. — Balsamine. 
Et. — Balsamum, baume. 

Belaette (Lg., Mj.), s. f. — Bluette ; berlue ; 
6blouissement. || (Lg.). Grain, de neige qui 
voltige en Fair. 

Btlnetter, (Mj.), v. n. — Papillotter, §tre 
incapables de percevoir distinctement les 
objets, en parlant des yeux. Ex. : Je ne peux 
pas lire a la chandelle, les yeux me beluettent. 
— Pour Bluetter, de Bluette. Syn. et d. de 
Beillouetter. 

E?Et. — Bluette. Probablement le mSme cnie 
Berlue ; c.-a-d. compose de la particule Ber, qui a 
un sens diminutif, et d'un th£me : luca, de Ulcere, 
luire ; petite lumiere, fausse lumiere, d'ou : etin- 
celle. (Lrrr.). — Bluette, pour : beluette, du vx. fr. 
belue, orig. inconnue — « Le chataignier est un 
mauvais bois pour bruler, il fait trop de beluettes ». 
(Or.) — Rac. celtiq. Bel. £tre lumineux, d'ou 
Belenos, brillant, devenu le nom d'un dieu qui 
representait le soleil. (Malv.) 

B(e)inter (Fe), v. n. — Radoter, barbotter. 
« Tais-te", tu belutes ! » dira-t-on a qqn qui 
s'empStre dans la conversation. || Etre fou. 
Cf. Belauder. 

Bcixtbae (Mj.), s. f. — Sorte d'herbe a 
feuilles arrondies, appetee aussi cresson ter- 
restre et qui peut Stre le Nasi tort sauvage. 
Bat. Thlaspi sativum. 

Et. — Belzebuth ; phonic, et h6br. Dieu des 
m ouches. 

Bembouere. — Le pont de la Bembouere ; 
c'est un endroit marScageux, ou il y a un 
grand moUet (Fu.) 

Ben (Mj.), adv. — Bien, tres, fort. Ex. : 
C'est ben fait. || Beaucoup. Ex. : II a ben du 
bien. II est a noter que le nom Bien se pro- 
nonce com. en fr. || Vraiment (Sp.). Ex. : 
N'avez-vous point de lait a me vendre? — 
Oh I si ben, j'en ai. — Le mot : ben est ici une 
affirmation ou un exptetif dont Femploi rap- 
pelle celui de son syn. all. : Wohl. Une alle- 
mande rSpondrait :" la, ich habe es wohl. || 
Eter' ben, — £tre a Faise. || Ben s'en faut, — 
il s'en faut de beaucoup, a beaucoup pres. 
Se rejette a la fin de la phrase. Ex. : Je ne l'ai 
pas vendu cete* prix-la, ben s'en faut. || Ben 
y a-t-il, — il y en a beaucoup (m£me place). 
Ex. : Les rainsins sont mel&s, ben y a-t-il. || 
Syn. et d. de BL 

N. — Dans le sens de : parfaitement, on prononce 
toujours : ben. Ex. : C'est ben fait pour ielle ; 5a se 
pourrait ben. — Dans le sens de : beaucoup, on ne 
prononce ben que quand Tadv. n'est pas a la fin de 
fa proposition, encore, me*me dans ce cas, on pro- 
nonce souvent : bien, c. en fr. Ex. : Y avait bien du 
monde, ou : ben du monde a la messe. — Du monde, 
y en avait bien (et non ben.) On dit encore : Ni 
bien, ni gudre, — ni peu ni prou. Du lat. Bene (d'ou 
la graphie Ben, et non Bin.) 

Bea-aiie (Mj.), adj* — Pour : bien aise, 



satisfait (B'naise). || Fu. — Le bon vin fait la 
goule ben-aise. 

Benatre (Seg.), s. m. — Pour : benastre. 
Carrelet a grosses mailles servant a porter sur 
le dos le coupage. (M£n.) || Filet en corde pour 
porter foin ou paille. 

Et. — Ce mot se rattache au radic. de Banne, 
Benne. Syn. de Barneau. 

Benaud, e (Lg.), ad. qual. — Benet, niais. 
Syn. de Btgaud, etc. Doubl. du fr. Ben St. 

Bene. s. m. — Nom vulg. du Sium nodiflo- 
rum (M£n.) Batard donne Berle. 

B$ne (Mj.), s. f. — Plante des pr6s bas, a 
feuilles compose* es. (Le m£me que Bene.) 

Benediction (Mj.), s. f. — Fig. Foison, 
grand e abondance. Syn. de Foisance, Afoi- 
eance, Confusion, Rdpee, Crasse, Flopie, etc. 
Ex. : Y a des preunes que e'en est eine 
benediction. 

Bene!, s. m. (Mj.). — B6n6fice. Syn. de 
Benifice. Ex. : J'ai toujours 5a de benef I 
Argot. 

Benifice (Mj.), s. m. — Pour Be'ne'fice. 

Benificer (Mj.), v. n. — B6n6ficier, profiler. 
Cf. Officer. 

Benisse! (Mj.)Benlssoir(oue). Interj. — Sedit 
a ceux qui ^ternuent. C'est une ellipse de la 
forraule bien connue : Que Dieu vous b6nisse ! 
— on ajoute qqf, avec son grand benissoui 
(goupillon). 

B^nit, e. (Mj.), part. pas. — C'est ein pain 
benit. — C'est bien fait. Cette loc. pro v. est 
fr. ; mais, a Sp. beaucoup de personnes la 
complement en disant : C'est ein pain benit de 
LaRochelle. J'ignore l'origine de cette expres- 
sion. Sans doute allusion ironique aux Pro- 
testants qui n'avaient pas de pain be*nit. 

N. — A Auverse, la croyance populaire est que, 
si une personne sue beaucoup des mains, il lui 
sufnt, pour se guerir de cette affection, de les trera- 
per dans l'eau benite. II faut seuleraent que cette 
medication ait lieu dans une eglise ou la per- 
sonne entre pour la premiere fois. 

Beniter (Mj.), v. a. — B6nir, consacrer un 
objet. 

Et. — Der. regul. du fr. Benit. 

Benitler (Mj.), s. m. -*- Menton en bSnitier, 
pro^minent de telle sorte que la levre inte- 
rieure avance sur la supe>ieure. On voit que 
l'image est juste et vive. — N. On dit qqf. 
menton en galoche. || Ec. Menton en galoche 
et nez en pied de marmite. 

Bentout (bintou), adv. — Bientfit. || 
Presque. Ex. : II est bentout aussi char que 
F autre. — Alle est bentout aussi bete comme 
sa mere . Cf. Tantout. \\ Ec. B6tou, Bitou 
(bords de la Loire). 

Hist. — a Comme asceure de n'evader que bien 
toust ne perdist la vie ». (Rab. P. rv, 38, 422.) 

Bequele, adj. qual. - — Lait bequele, qu'on 
retire trois ou quatre jours apres la parturi- 



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88 



REQUEREAU — BERDANSER 



tion de la vache. Syn. de Moucheron, etc. 
(Tsf). On dit aussi : Bettele, vetele (vitellus?), 
moche 1 . — B6gaud et B6geau (O Jaub\) 

Beqnereau (Lg.), s. m. — Biquet, chevreau. 
Syn. etd.de Biquereau. 

' Beqnillard, s. m. — Celui qui se sert de 
b^quilles. (M£n.). 

Et. — De : bee, a cause de la traverse. 

Beqnot (Lg.), s. m. — Biqueton, Biquet. 
— Syn. et d. de Biquot. 

Beqnote (Lg.), s. f. — Che valet de sabotier, 

Eour scier en travers les billes de bois. La 
6quote est une piece de bois longue d'un 
metre et grosse comme la cuisse, portant a 
terre par une de ses extr^mites, et relev^e a 
l'autre d'un pied environ, au moyen de deux 
pattes 6cart6es. Au milieu de la longueur et 
sur le dos de ce chevalet un trou de vrille 
recoit une cheville mobile qui maintient les 
troncs a scier. 

Beqnoter (Lg.), v. n. — Mettre bas, en par- 
lant de la chevre. Syn. de Biquetonner, Bique- 
touner, Bionner. Der. de Bequot. 

Ber (Fu., Sal.), s. m. — Berceau. V. Bers. 
J'ai mes ftlles aux landes, 
Deux p'tites et deux grandes ; 
Deux qui vont aux champs, 
Deux qui poin (t) y vont ; 
Deux petites ou ber. (au). 

Beralde (Lg.), adv. — Beaucoup. On disait: 
Y en a pas bt-raide, t'os apporteras be\ Ce 
mot est cUsuet, mais son synon. Bidcop s'em- 
ploie encore. Syn. de Berchouse, Belle-chouse. 

Beraud, (Seg., Sa.) Dadais, nigaud, nico- 
deme. Syn. de Bajole, Bachas. V. Berraud. 

Berbe, s. f. — Pour Barbe. On dit bien : 
Imberbe. Lat. : Barbe, Barba; Imberbis. 

Berbere, s. f. — L'anse du panier, d'un 
chaudron (Vendue). Je pense que Meniere 
aura mal lu ; e'est berliere. Cf. Berliere. 

Berbis, s. f. — Pour Brebis. Se disait au 
xi e siecle. 

Et. — Lat. Berbix, dans les plus vx textes, de : 
vervex, b^licr. Hist. 

— Va-t'en a la berbis ta mere, 

. . . Les berbis sans garde trouva. 
Marie de France, n, 221. (C ,e Jaub.) 

Berche, (Mj.) s. f. — BrSche. Forme vieillie.|| 
Rayon de miel. 

Ber, Bes, pour : Bre, presque toujours. By. — 
Tous les Ber, mis pour Bre, se prononcent Boe>. 
Ceux aui « se parloyent » disent Ber. On dit 
Eboercne' ; mais on dit toujours une Brdche. 

A Cholet, Quartier de Berloquet pour : du Bre- 
loquet. 

Et. — Ber, Bes, particule duplicative ou pejora- 
tive, indiquant qu'une chose ou action est mau- 
vaise, fausse, contrefaite, de travers. — Qqf. Ber, 
Bre, pour Bes, Be. — Bis est la forme savante. 
Besaigu, — bisacutum ; besaive. besaieul ; besloi, 
injustice ; berlue, vue trouble ; b6vue, etc. — Et. 
Bis, double, et de h : faux, mauvais. (D r A. Bos.) 



Berche- dent. (Mj.) — Breche-dent. 

Berehet, (Mj.) s. m. — Br^chet, chez les 
oiseaux. || Chez l'homme, partie ind£finie du 
corps, dont la chute occasionne des maladies 
graves. Tel est, du moins, l'avis qu'6mettent 
sans sourciller de certains empiriques qui.s'ils 
ignorent Tanatomie, s'entendent d'ailleurs 
fort bien a exploiter la credulity des paysans. 
Done, pour ctux-ci, avoir le Berchet-chait, 
est un accident des plus serieux. 

Et. Hist. — D. C. Bruccus, — Angl. Brisket, poi- 
trine d'un animal, du kymri : brysced, brisket, 
bas-bret, bruchet, poitrine. — Breton de Vannes : 
bruste, estomac d'animal. — N. II est juste d'ajou- 
ter que, dans l'ancienne me"decine, le mot brechet 
d^signait une partie du corps humain. probable- 
ment le sternum. Rabelais, medecin lui-m^me. 
Temploie a plusieurs reprises. « II resta tout es- 
tourdy et meurtry, un ceil poche" au beurre noir. 
huit c6tes freuss^es, le bracket enfondre*. » (P., rv, 
12.) — « Quaresmeprenant avait le brechet comme 
un baldachin. » (P., iv, 21.) 

Berchouse (Mj., Sf., Cho., Che., Lrm.), adv. 

— Beaucoup. V. Belle-chouse. Ex. : Y en n'a 
berchouse. — pas mal, — une grande quantite. 

— Y a berchouse de hannetons cette annee. 
V. Chouse. Syn. de Biaucop , Boun-endret. 
Fu. — « Al 6 riche. I v6draient ben avoir son 
bien, berchouse y a-t-i. » — Beaucoup y a-t-il ; 
c.-a-d. : ils sont nombreux ceux qui vou- 
draient . . . 

Berehu (Sa.). — Jeune enfant ayant perdu 
une dent. Pour br^chu, breche-dent. Syn. de 
Beurche. 

Et. — Breche. De 1'aha. brecha, action de briser ; 
kym. breg, rupture. 

Berefllard, s. m. (Seg.). — Celui qui bercille 
des yeux. (Men.). 

Berciller (My., Lue\ Bg., Mj.), v. n. — 
Ciller, cligner les paupieres, les agiter par un 
tic nerveux. Syn. de CXeuter. \\ Sal. — Id. — 
Faire une chose sans berciller, c.-a-d. effron- 
t^ment. 

Et. — Ber, partie. pejor., et Cil. — Cependant : 
Bertiller, — scin tiller : Les dtoiles bertillent ; le 
soleil bertille a la surface de Teau un peu agite> : 
l'eau bertille. » (V« Jaub., qui rapproche ce mot de 
FnHiller. — Les Glossaires semblent confondrv 
Bersiller et Berciller. 

Berdadau, Berdado, Berdadouf, (Mj., Fu.) 
interj. — Patatras ! Fort bruit cause par la 
chute oul^groulement d'un objet, d'un corps, 
Z. 142. — Onomat. — Syn. de Patatrae, 
Pitatrac. || Cf. pat. norm. Cha berdindelle, 

— ca sonne 6trangement. || Sal. s.m. — Gros 
et lourd, mal fait. 

Berdanee (Auv.), s. f. — Syn. de Patrassee 
ou Petrassee, Terviree. Ex. : 11 est tombe* eine 
berdanee ! 

Et. — Ce mot semble avoir de raffinite* avec 
Berdadouf, etc., comme Patrasse'e avec Patatrac ou 
Patatras. V. note a Berdadaud. 

Berdanser (Seg., Sa., Fu., Bn., Mj.), v. a. 

— Agiter, secouer. !| La salade est berdanset 
dans le panier ; les domestiques berdaAsent le 



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BERDANSONNER — BERDOUILLE 



89 



panier en allant a la provision. || Fig. Repeter 
sans cesse. Syn. de Ressasser. || Reprocher 
souvent. Ex. : II est toujours a me berdanser 
ca. I| Dandiner. Cf. Berlancer. 
(Jatxb.) — D'aucuns Fern vent par un c, 
' comme R. O, a cause de Fangl. to Dance. 
V. la citation de Dottin. || Sauter, comme 
un feu follet. (Segreen, Feneu.) 
Et — Ber, preT. pejor. et danser. — Hist. : 
— Vous qui quand suis 6s paradis 

Moaisement berdancez ma porte. (Dott.) 

Ber dans on ner. — V. Berdanser. 

Berdassage (Mj.), s. m. — Propos futile ; 
action de berdasser. V. Berdasse. Syn. de 
Berdasseries. 

Berdassard (Mj., Bn.). — Celui qui tient 
des propos futiles. Syn. de Berdassier, Ber- 
douiUard. 

Berdasse (Sa., Lu6, Mj., Fu., etc.), adj. 
qual. — Bavard, peu sense. Syn. de Cacasse, 
Petasse, Bobote. \\ S. f. -~- Remiz penduline, 
sorte de mesange. || Tapette servant a enfon- 
cer la bonde ou a la faire sortir en frappant 
autour sur les douelles (Pc, Sal.). V. Ber- 
dasser. 

N. Comme ^de raison (?!) ce mot ne s'emploie 
jamais qu'au feminin. Si, par hasard, on veut 
lappliquer a un homme, on lui dit : T'es eine 
berdasse. 

Berdasser (Mj., Lg., Q., Lue., Fu.), v. n. — 
Caqueter, bavarder, parler beaucoup et d'une 
maniere peu raisonnable. Par suite (Fu.) 
perdre son temps. Ex. : Depeche te done, t'e 
eine berdasse. \\ Remuer avec bruit : Que 
que tu berdasses done la ? || V. Berdanser, 
avec lequel on semble le confondre. \\ S'arau- 
ser, nijoter, faire des Tiens (M£n.). — Syn. de 
Jaboter, Jacasser, Petasser, Boboter, Ber- 
douiUer. 

N. Berdassement, Bruit incommode resultant, 
par ex. d'un remuement de meubles. Le berdasse- 
ment est un bruit moins vif et moins subit que le 
jrrdasse merit. Des planches berdassent dans une 
charrette par les cahots. J'entends ferdasser les 
souris dans les feuilles seches (C lc Jaub.). || Ec. 
Prononcez tous les mots de cette famille par Boer : 
Boerdasser, etc. 

Berdasseries (Mj., Sal., Fu.), s. f. — Ne 
s'emploie qu'au pluriel. Caquets, bavar- 
dages, propos futiles ou peu senses, rado- 
tages. Syn. de Berdassages, Bobotages, Petas- 
sages. 

Berdassler (Mj., Sal., Fu.), s. m. — Celui 
qui tient des propos futiles. Syn. de Berdas- 
sard. 

Berdauder (Sp.), v. n. — Tomber avec 
fracas. 
Et Der. de Berdadau. 

Berdedau. — Autre forme de Berda- 
dau, etc. 

BerdeUe (Mj.), s. f. — Bretelle. Cf. Ber- 
telle. 

Et — Corr. du mot fr. par metathese de Fr, 



comme dans Berdouiller, Be'ruant, etc., et adou- 
cissement de la den tale, comme dans Pou&re, 
Poudrelle (Poutre, Poutrelle). 

Berdin, fne (Mj., Sal.), adj. qual. et subst. 
— Tatillon, frivole, vetilleur. || (Auv.) 
Bavard ; qui redit toujours les m£mes 
choses ; qui fait peu de besogne en se remuant 
beaucoup ; qui manque d'attention ; minu- 
tieux. (Lue) || Tatillon. || Simple d'esprit, 
niais. || Cf. Bordin, Jaub. 

Et. Hist — C'est a la meme racine que se rap- 
portent les mots patois Berziner, BerzineU Berdi- 
nier, Berdasser et ses derives, et le fr. Bredouiller. 

N. Je lis dans la Geographic de VAllier, de 
Joanne, page 45 : (k Saint-Menoux) on remarque 
le cercueil en pierre de saint Menoux; appele dans 
le pays : la Bredinoire, parce que les bredins ou 
fous venaient y chercher la guerisori. » 

Berdfndaioe (Tim.), s. f. — S'emploie dans 
la locut. : En berdindaine, — en noce, en 
bombe, en devarine, etc. || Autre locut. : 
Charger a la berdindaine, — charger un 
objet lourd en le saisissant ^l deux par les 
bouts et le balancant a plusieurs reprises 
avant de le lancer sur un tas, ou sur une 
charrette. V. Trousse, Berdin. Syn. Verdie, 
Trinoche, 

Et — Der. un peu fantaisiste de Berdin, au 
sens ancien de : fou. Faire des folies ; charger en 
berdins, en fous. 

Berdindin. — Bruit que fait la clochette, 
la sonnette d'une porte. 

Berdiner (Sa., Sal., Lue, Mj.), v. n. — 
Perdre le temps, s'attarder sans raison ; s'oc 
cuper de minuties et de futilites ; n'avancer a 
rien ; lambiner ; jacasser; rabacher. — Syn. de 
Berziner, Berginer, Fouiner, Beliner, Ve- 
teiller, Niger, Nivasser. t 

Berdinerfes (Mj., Sal.), s. f. — Ne s'em- 
ploie qu'au pluriel. Fadaises, billevesees ; oc- 
cupations, propos ou choses frivoles. || 
Choses de nulle valeur. 

Berdinguette, s. f. — Petite cloche servant 
a appeler les enfants a la classe (M6n.). || 
(Bg.) Clochette qui se trouve a la porte 
du bas, dans les anciennes epiceries, et qui 
an'nonce un client. 

Berdinler (Lpm., Sal), adj. qual. — Tatillon, 
minutieux et peu serieux dans sa manidre 
d'agir. Syn. de Berdin, BerzineU 

Berdolrer (Bg.). — Rabacher. 

Berdonerer (By., Zig., 183), v. a. — Salir. 
P. &. pour Bernoirer, der. de Berner. 

Berdouillard (Mj.), adj. qual. et s. — Bre- 
douilleur, bavard ; celui qui tient des propos 
futiles, peu raison nables. Syn. de Berdasse, 
Berdassard, Berdassier, Boubillonnard, Ma- 
cassard, Baroillard. — De Bredouiller, dont 
Telymol. est douteuse. 

Berdouille (Sp., Tim., Sal., Fu.), s. f. — 
Bedaine. autre forme de Bedrasse. Pour 
Bedrouille qui, comme Bedrasse, a la m6me 
racine que Bedaine. Syn. de Basane, Bedasse, 



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BERDOUILLE — BERLAIZER 



Beille, BSze, Paillasse. — « I s'est dSfonce* 
la berdouille » — ne se dit qu'en plaisantant ; 
par exemple dans les contes, en parlant du 
m^chant loup puni a la fin pour ses mefaits ; 
jamais, s'il s'agit r^ellement d'un malheur 
(Fu.). 

Berdoallle (Mj.), adj. qual. — Syn. de 
Berdassc ||(Lrg.), s. f. — Se dit dans : Rap- 
porter eine berdouille, — rentrer bredouille. 

Et. — Serait-ce le subst. verb, de Bredouiller, 
au sens de : se trouver dans Tembarras T 

Berdouiller (Mj.), v. a. et n. — Bredouiller. 
Syn. de BoubUlonner. \\ Jacasser, bavarder 
beaucoup, tenir des propos futiles. Syn. de 
Petasser, Boboter, Berdasser. 

Berdu (Lue\). — Champ en frjche et cou- 
vert d'herbes folles. — Cf. En bedas. 

Bergftiller (Mj.), v. n. — Donner souvent 
des coups de cornes, frapper de droite et de 
gauche avec ses cornes. Se dit des vaches. 

Et. — Frequent, de Berguer, pour Breguer, 
forme adoucie de Broquer, forme normanno- 
picarde de Brocher, de Broc, pour Broque, comme 
dans la locut. : de Broc en bouche? (Rab. de broc 
en bouc.) 

Berge. — Berge de foin, qqf. Barge. 

Et. — Douteuse. All. Berg, eminence? 

Bergeoo (Mj., Sp.). — Planche plus courte 
que les autres, et de forme trap6zoidale, dans 
un champ, dont un des cdtes n'est pas paral- 
lel au sens du labour. 

On dit : £a s 1 abergeonne, — ca s'abrege. 
Noms propres : Berjon, Brejon. — Les 
sillons vont en s'abr^geant ? — Lms., Z. 196. 
M£me sens. || Fu. — S'emploie au fig., en 
parlant de tout ouvrage qui va se terminer : 

D'ou en £tes-vous ? — Ah ! j'sommes dans 
les bergeons. — Plus souvent employe" au 
sens propre. || My. — Bon de la noix epluch^e. 

Et. — Serait-ce la rac celtiq. Berg, Eminence, 
pointe escarpee qui borde une riviere, rochers qui 
s'elevent a pic au-dessus de l'eau et, au sens de 
chose avancante, le dimin. bergeon, angle d*un 
champ, petite pointe de terre. AU. Berg. (Malv.) 
— Rebourgeon, Arbourgeon : Sillons de labour 
aboutissant a une ligne oblique, et devenant par 
consequent d'autant plus courts qu'ils sont traces 
plus pres de la limite du champ. (C te Jaub.) 

Bergeoooer (Lg.), v. n. — Faire des ber- 
geons en labourant. 

Bergeounee (Lg.), s. f. — Recoin d'un 
champ, partie ou il y a des bergeons. 

Bergere l (Br.), s. f. — Bergeronnette. 
Cf. Bargere. 

Bergere *, s. f. — Provence, herbe a la capu- 
cine, vinca minor (M6n.). Pervenche cou- 
chee (Bat.). 

Bergerie (Lg.), s. f. — L'ensemble des 
b§tes a laine. Syn. de Brebiage. 

Berginer (Mj.), v. n. — V. Berziner. 

Bergle. — Furoncle (M£n.). 

Bergot (Mj., Sa., Sp.), s. m. — Frelon. || 



Fig. CoifTe des environs de Champtoceaux, 
dont le fond figure Tabdomen d'un frelon. 
Ex. : Les Bretonnes sont coiftees en bergots. 
Syn. de Burgot. Cette coiffe est pointue et 
rappelle un peu les anciens hennins. — S'em- 
ploie, en ce sens au pluriel. 
Et. — V. Burgot. 

Bergoer (Sp., Mj., Sal.), v. a. et n. — 
Heurter, s'accrocher. Doubl. de Burguer. 
|| v. a. — Piquer. Pour : Breguer, forme 
adoucie de Broquer. 

Berguette, (Mj.), s. f. — Bout de branche 
couple a qq. distance du tronc ou de la 
branche principale et formant pointe ou 
crochet. Syn. de Berquegnier, Berquegnon, 
Briconnier t Broqueton. 

Et. — Der. de Berguer ou Burguer, et par conseq. 
de Broc, dont il est le diminutif. Au sujet de Tadou- 
cissement de cm en gu (Berguette pour Broquette et 
Berguer pour Broquer), on peut comparer Beguette 
pour Biquette. 

Bergnigner (Seg.). — Plaisanter. || Ce 
n'est pas la peine de berguigner avec moi. 
V. Barguigner, Berginer. 

Berimndier (beriangute) (Mj.), s. m. — 
Batiment ou hangar ou Ton broie le chanvre, 
le lin. Syn. de Braierie. 

Et. .— Pour Brayandier, d6r. reg. du part pres. 
de Brayer. Pour Broyer. 

Berlin (Segr.), s. m. — Pour : begaut 
Un gars beriau (M£n.). || Ec. Boe>iau, pour 
Gabriel. Frequent. 

Berimndier (Br.), s. m. — Voir Beriandier, 
m§me sens. « Le feu est au beriaudier I » 
Une chandelle a mis le feu aux poussieres 
d'6toupes. 

Et. — Germ, brekan ; all. mod. brechen, devenu 
breier, broyer. 

B6rier (Mj.), v. a. — Broyer les plantes 
textiles. Syn. et d. de Brayer. Forme 
vieillie. || Pour Brayer, se servir de la braie. 
Tr£s usit6 dans le canton de Montrevault 
(Fu.). 

Beriere (Lg., Tim., Sp.), s. f. — Ans*\ 
Syn. de Nanse. Ex. : Prends done la 6^- 
rtire de la marmite et Toute de la cramail- 
lere 4 — Fr. B61iere. Cf. Bettire, Babourer. 

Berinee (Lg.), s. f. — Le temps qui suit 
le diner, les premieres heures de rapres- 
midi. 

Et. Corr. du Syn. Merinke. 

Berioehe (Lg.), s. f. — Broie, instrument 
a broyer le lin. Syn. de Braie. — N. Lis 
jeunes prononcent : Brioche. 

Et. — Pour Brayoche, der. de Braie. 

Beriocher (Lg.), v. a. — Broyer, du lin 
Syn. de Brayer. On dit aussi Briocher. 
Et. — Pour Brayocher, der. de Brayer. 

Berlaizer (Lrm.), v. n. — S'occuper de 
choses futiles, ne pas travailler serieuse- 
ment. 



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BERLAN — BERLOQUIN 



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Berlan (Mj., Lg.), s. m. Brelan. Cf. Bt- 
ruant. N. On dit toujours : Jouer a berlan, et 
non : jouer au berlan. || Mj. — Tenir qqn au 
berlan, — gloser sans cesse sur son compte. 

Et. et Hist. — Anc. fr. Brelenc, berlenc, de l'aha. 
bretlenc, dim in. de brett, planche ; le sens propre 
etant la planche, la table sur laquelle on joue. — 
« Neanmoins au jeu de cartes ou de dez dans le 
berlan ». (Coust. d'Anj. n, col. 821.) 

« L'un met sur le berlens son gage, 
Et Pautre met argent encontre, 
L'un dit de set, 1'autre rencontre, 
Cil qui gaaingnent, a eus traient, 
Et li perdant orient et braient. » D. C. 

Berlaneer, v. a. — Balancer. (M6n.) V. 
Ber. Cf. Berdancer. 

Berlaud (Sa.), adj. qual. — Qui a Fair 
ahuri ou braque. V. Berlots. Semble un dou- 
blet de Beraud ou Berraud. || J'ai entendu ce 
mot a Nantes, pris dans un sens caressant : 
Mon berlaud, pour : Mon che>i. (A. V.). Peut- 
etre pour Bellaud. 

Et. — Deux explicat. : 1° Serait pour Berluaud 
et viendrait de Berlue ; 2° serait un s. verb, de 
Berlauder, alter, de Brelan der, hanter les brelans. 



Berliner (Sa.). 
Balancer. 



Rabacher, c. Berdiner. 



Berlander. 



V. Berlaud. 



Berlauderies (Mj.), s. f. — Bagatelle, ba- 
biole, brimborion, colifichet. Ex. : Elle met 
son argent a acheter cinquante berlauderies. 
N. S'emploie surtout au plur. || Fig. Farce un 
peu grosse, plaisanterie, gaudriole, grivoi- 
serie. Syn. de Boise. V. Berlaud (Sp.) || J'ai 
un neveu oui est menuisier, mais, pour 
l'heure, i n'fait que des berlauderies (petits 
travaux de peu d'importance, brocante) 
(Pc.) || Balivernes, baguenaudes, calembre- 
daines, fadaises, propos 16gers, fariboles. — " 
Cf. Berlaud, dans Jaub. 

Berlmudins, s. m. pi. — Ce nom se donne 
qqf. par ironie aux habitants de Soulanger. 

Beriere (Lg.), s. f. — Anse. Syn. de Nanse, 
Berliere. 

Beriette (Mj.), s. f. — Petite breme. Syn. 
de Berluche, Bermille, Bermaude. || Ec. Bre- 
mille (boermille). 

Et. — Forme contracted de Bermillette, dimin. 
du dimin. Bermille. B. L. Bresmia ; angl. bream, de 
Pall. Brachse, Brachsme. 

— Un vieux pScheur de Mj., mort en 1890, avait 
pour surnom La Beriette. , 

BerIleli$(Seg.). — Gourmand, gourmet. « I* 
se berliche la lippe, les levres. » De : ber et de 
lecker, friand, mot picard. (M£n.) 

Berliere (Me. Lrm.). — Quand la nanse 
supe>ieure de la bu6e (V. Buee*) est cass6e, 
on la remplace par une autre en corde, par 
ex., que ron attache aux deux anses des 
cdtes. Cette anse est une berliere. Syn. et 
doubl. de Beliere. Biriire. (Beliere, en horlo- 
gerie, anneau mobile, de suspension, en ge*n6- 
ral. — Sonnette attached au cou du be*lier qui 
conduit un troupeau.) Lrm. — Prononcez 
Beriere. 



Beriingots. -=- s. m. Les berlingots sont une 
sorte de gateaux originates de Mantes ; un 
moment ils ont remplace*, a Angers, les rigo- 
lets pour lesquels on criait : Rigolets chauds. 
tout chauds . . . Qu'i en veut des pains au 
lait tout chauds, 6-6-6-6? Qu'i en veut des 
rigolets? 

Beriingue, s. f. — Pour : berlingot (Segr.). 
Petite voiture trainee par un chien. Se dit 
aussi pour une voiture ayant une forme 
ancienne, ayant qq. rapport avec la bour- 
soule (Segr.) qui est d'un genre plus distingue*, 
(MA it.) 

Et. — Berlingot, diminut. pejor. de Berline, de 
la ville de Berlin, ou l'on fabriquait cette voiture. 

Berlin- peste ou picnte ou poueste, (Mj.) s. 
m. 

Jeu que Ton fait jouer aux petits enfants. Une 
maman rassemble autour d'elle cinq ou six mar- 
mots, et, sur son genou, elle fait poser a chacun 
l'index de la main droite. Puis, de la main, elle 
decrit au-dessus ' des menottes fr£missantes des 
cercles de plus en plus resserres, en chantant : 

Quand le roi vat a la chasse, 

II apporte des becasses, 

II en tue, il en fricasse, 

II en donne a ses voisins, 

Ses voisins n'en voulent point..., etc. 

II en donne a ses p'tits chiens 

Ses p'tits chiens en voulent bien : 
Berlin, berlin, berlin. . . poueste. 
A ce mot, un des petits doigts, le moins preste a 
se lever, est saisi et ne reprendsa liberty que contre 
l'abandon, par son maltre, d'un gage ou d'un bai- 
ser. — Se rapporte au Jeu de Pigeon vole. Cf. 
Berlin. Jaub. 

Beriique berloqae (Mj.) adv. — Cahin-caha. 
II Couci-couca. 

Et. — G'est le fr. berloque ou breloque, repute, 
avec une legere modification dans la desinence. Cf 
De brie et de broc, Bredi-breda. — La Breloque est 
la batterie de tambour saccadee pour faire rompre 
les rangs aux soldats. Analogie avec le mouvement. 
de va-et-vient de cette batterie. 

Berlis (Sp.), s. m. — Caneton. Cf. Biberi 
(Jaub.). 

Berloque (Mj., Lg.), s. f. — Vieille montre 
de*traqu^e. || Battre la berloque, — d^raison- 
ner, radoter. || (Lg.), s. m. — Petit ajutage 
en forme de bee ou mamelon, par ou Ton 
diverse Teau d'une bue. Ex. : Tas casse* la 
berloque de la bue. — Syn. de Bichtouri, 
Bichtri, Tinet. 

Et. — C'est le fr. : breloque dans un sens voisin. 
V. Berliquc-berloque. — De la partic. pejor. bre ou 
ber et loque. (LlTT., Darm.) 

Berloqner (Lg.), v. a. — Ecorner, 6b richer. 
|| (Mj.), v. n. — Marcher cahin-caha, en caho- 
tant, comme fait une machine disloqu^e. Syn. 
de Joqueter. 

Berloquio (Sa.) f s. m. — Saint-frusquin. 
Ex. : Ils illy ont vendu tout son berloquin. 
Syn. de Bazar. 

Et. — Pour : breloquin, der. du fr» Breloques, 



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92 



BERLOTS — BEROUASSE 



pris au sens de : fatras. « Curiosity de peu de prix 
petits bijoux qu'on attache aux chaiinesaemontre. » 
(Litt.) 

Berlots (Mj., Sal.), s. m. pi. — Ne s'emploie 
que dans la loc. : Ouvrir des berlots, — ouvrir 
de grands yeux. Z. 132. — Cache tes gros 
berlots. 

Et. — Ce mot paratt se rapprocher de Berlue. 
Of. Berneaux. Syn. de Quinquet. 

Berluche l (Sp.), s. f. — Alouette lulu, plus 
petite que Palouette ordinaire. 

Berluche * (Mj.), s. f. — Petite breme. Syn. 
de Berlette, Bermaude, Bermille, Bremille. 

Et. — Ce mot vient de Berlette, par substitution, 
un peu capricieuse, d'un sufflxe, diminutif a l'autre. 

Berlue (Lg.), s. f. — Regard fixe et incons- 
cient. Syn. de Rouillaud. C'est le mot fr. 
dans un sens special. 

Berluqne (Lg.), adj. qual. — Bredouille, 
qui n'a pas tu6 de gibier. 

Beriute (Sp.), s. f. — V. Berluche. 

Berlutier, s. m. — Qelui qui aime a prendre 
des oiseaux a ses gluaux, avec des oiseaux 
aveugle's. (M6n.) Cf. Berluche. 

Et. — Berluter : Eblouir, chatoyer. (C te Jaub.) 
— Berlue est le mSme mot que le vx fr. bellugue, et 
prov. beluga, qui signifie : 6tincelle, et dont le dimi- 
nut. est beluette (pat. norm, aussi : berluette), au- 
jourd'hui contracts en bluette. L'un et l'autre sont 
composes du L. lux, lumiere, et de la partic. pejor. 
bis, bes, ber ; le sens foncier est : fausse lueur. 
(Schel.) — Berry ; iberluette, ^berluter. 

Berlutoooer, (Sa). v. n. — Courir et jouer 
autour de. Cf. Se Verlutter. 

Betmille (Mj.), s. f. — Petite brSme, sorte 
de poisson. 

Et. — Pour : brfimille, dimin. du mot fr., par 
mStath. de Fe et de l'r. N. On prononce , toutefois: 
Breme. 

Bernfiche (Mj.), s. f. — Nanan, friandises. 

( Auv., Mj., Pc, Br.). — Vin bourru, — nou- 
veau, non soutire\ encore trouble et amer. | 
Ec. Prononc. Vernache. Presque syn. de 
Lectors. — On dit Boire de l'6tdre et non du 
Utors. 

Hist. — Dante, dans son Purgatoire, fait expier 
a un grand personnage son gout pour les anguilles 
de Bolsene, accommod£es au vin doux, a la 
berndcke : 

Dal Torso fu, e purga per digiuno 
L'anguilla del Bolsena in la vemaccia. 

(Purg., xxiv, 23-24). 

Bernanser (Sal.), v. a. — R6peter, redire. 
« Tn'a qu'ca a me bernancer. » V. Berdanser, 

Bernar-e (Ec), adj. q. — V. au F. Lore IV. 
£ tat de certaines perches de saules. 

Beroe(Mj.),s.f. — Accotement d'une route, 
banquette. || Probablement le meme que le 
fr. Berme. 

Berneaux (Lue*). — Yeux. V. Berlots. 

Bernee (Br., Sa.). — Une bernee de pois, de 
haricots, de foin ; charge contenue dans un 



drap. Syn. et doublet de Barnee. \\ La pan- 
sion, la nourriture aux chiens, aux cochons 
(Th.). — Melange de son avec d'autres ali- 
ments destine* atlx animaux de basse-cour. 
Ce mot vient de Bren, son (de M.). — Berne, 
vx fr., manteau d'6toffe grossiere que les 
Lat. appelaient : sagum (de la : sagatio, le jeu 
de berner) et qui servait a berner. De Hiber- 
nia, pays ou il 6tait fabrique" (Schel). 

Berner (Tim., Lg.). Le premier e trds bref. 
V. n. Mouiller, salir. Ex. : 11 ne porte point 
le vin du tout ; des qu'il en a le bee berne, 
il ne sait pus ce qu'il dit. 

Et. Hist. — Pour Brener, de Bran ou Bren, son. 
ou mattere fecale. Du celtiq. : son et : mauvaise 
odeur. — Le D r A. Bos renvoie a Embrener, de 
Bren (pron. brin), ordure, excrement, boue. . . 
Autant en dit un tirelupin de mes livres, mais 
bren pour luy. » (Rab., G. t Prol.) C'est le mot de 
Cambronne. 

Bernicles (Mj.), s. f. — Ne s'emploie qu'au 
plur. ; besides, lunettes (Lue* et partout). 

Et. Hist. — Vehicle (xvi 8 s.), bericles, besides. 
La forme primitive est beriche, forme anciennepour 
biryl (6meraude). — Angl. barnacles, mdme sens. 

Berniqne ! interj., pour dire : Non, certes, 
tu ne I' auras pas ; c'est ce qui te trompe, etc. ; 
ou, point du tout. — Au cat^chisme : — Le 
Pere est-il Dieu? — Oui, M'sieu l'Cure\ — Le 
Fils est-il Dieu? — Ah ! bernique (avec mou- 
vement de Tindex de droite a gauche sous le 
nez), M. POire* ; quante le Pere sera mort ! > 
Authentique a La S^guiniere. 

Et. — « Est-ce le ber, p6jor., plus nique? Qqs-uns 
y ont vu une alteration de rail, aber nicku mais 
non ! LrrTRii rappelle l'ancienne locut. : « envoyer 
au bernique t », miner, et conjecture que berni- ' 
quet se trouvant aVec le sens de : coffre a mettre le 
son. le primitif : bernique. a pu signifier : son. une 
chose de rjen. Or, bernique serait pour : brenique et 
viendrait de bran, bren, son. (Schel.) || Coquillage 
des rochers de la Manche qui se colle avec une telle 
force qu'il est tres difficile de l'avoir. Bernique. 
mot de refus. « Tu voudrais bien me suivre, mais 
bernique ! (Or.) 

Berniques (Sa.). — Les yeux. || Fu. Lu- 
nettes. — J*ai perdu mes berniques, — Cf. 
Bernicles. 

Bernous (Ac, Fu.). Sale, pour Brenous. 
Avoir la goule bernouse ; mes souliers sont 
bernous. V. Bren. 

Et. Bren : boue, fange, limon ,-son, excrement. 
Se trouve souvent dans Rab. (I, 79, etc.). 
, « Cidres berneux, qui le ventre amolie. » 
Poes. mss. d'E. Des champs. 

Bernouser, v. a. (Seg.), sahr. (Ac.) Je me 
suis tout bernous t . V. Berner, 

BeronaiUer (Mj., Lg.), v. n. — Syn. de 
Berouiner, Bersouiner. D6r. de Berouee, 

Berouasse, s. f. — Petite jAuie fine et serree, 
Z. 125. V. Berouee. V. Berner 



Berou... Tous les mots commencant aiusi se 
prononcent (By.) boe>ou. 



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BEROUASSER - BERTAUD 



93 



Btroaasser (Mj.), v. n. — Faire du brouil- 
lard, brouillasser. (Mj., Lg.). — Syn. de 
Berouiner, Bersouiner, Berouailler, Bersouail- 
ler. '' 

Berouee (Mj., Lrm., Sal.), s. f. — Brouil- 
lard, bmine. Ex. : Illy a eine fameuse be'roue'e 
a matin. — £a s'est en all6 comme eine 
berouee du matin. (Choi., Ch6.). — (Lue\ 
Faire une berrouee, — s'4brouer). || Fu. Dans 
le pays on dit: la Berouee "de l'Epinaie. « J'ai 
pris eine kerv6e de grenouilles dans la berouee 
de FEpinaie. » Comme il s'agit d'un abreu- 
voir, il faut 6videmment ecrire PAbe>oue\ 
(ToucheleFuilet.) 

Et — Se rattache au fr. Brouillard, Bruine. Orig. 
incert. — Darm. le de>. de Broue. petit brouillard 
blanc ; paralt dtre de la m£me famifle que Brouet : 
du sens de : bouillonnement (all. brodeln), on a 
passe a celui de vapeur, brouillard. — Malv. le tire 
de la rac. celtiq. Berv, m§me sens, identique a 
Barv. 6quival. du lat. ferv, fervere ; d'ou : brouir, 
brouiller, brusler, bruseler, broue, bruine. 

Beroaet, s. m. (Segr.). — Bouillon de la 
soupe, pour brouet. Se mettre a son brouet, 
a son manage. (M6n.) Cf. Pouilloux. 

Et. — . Dimin. du vx fr. breu, bouillon, d'ou| 
brouet. B L. brodium, du celtiq. ; bas-bret. bero ou 
berv, bouillon ; irl. broth ; gael. brod, ou de l'ah a 
brod. 

Beroaette (Mj., Lg.), s. f. — Pour Brouet te. 

Et. — De bis, deux, et rouette, petite roue. Le 
biro turn est un vdhicule a deux roues ; la brouette a 
eu deux roues. (Lrrr.) — Primitivement r Chaise 
a porteur montee sur deux roues,poussee ou trainee 
a bras (Mj., Lg.) Be>ouette. || Ec. — Les pince- 
b<^c prononcent Blrouette ; tout le monde 
Bo6rouette. 

Berouettee (Mj., Lg.), s. f. Brouet t^e. 

Berouetter (Mj., Lg.), v. a. — Brouetter. 
} Fu. Trimballer, cahoter qqn ; mener rude- 
ment, sans 6gards. 

Berouine (Sal.), s. f. — Bruine. 

BerooJner (Mj., Lg., Sal.), v. n. — Bruiner, 
tomber en pluie line. Syn. de Berouasser, 
Bersouiner, Beroudiller, Bersouailler. || Fu. 
Ou berouine, — ca berouine. 

Et — P.-e. du lat. pruina, quoique le passage du 
p au b soit rare. G rang agn age le tire du celtique 
bru, pluie. — V. BeroiUe. 

Berqutgnier (Lg.), s. m. — Bout de branch© 
qui n'a pas 6t6 rogn^e auras du tronc ou de la 
branche principale. Syn. de Berguette, Ber- 
quegnon, Briconnier, Broqueton. 

Et. — M. rac, Berq ou Burq, que tous ces mots. 
Cf. Broc. Burguer. 

Berquegnon (Tim.), s. m. — Branche ou 
doigt (Tune fourche, d'un broc. || Meme sens 
que Berquegnier. Syn. de Broqueton. || Fig. 
Croupion, coccyx. Ex. : Alle est tombed sur 
le berquegnon. Syn. de Courpignon. N. On dit 
aussi : Bourquegnon. 

Et. : De>. de la rac. Berg, Berq, Burg, signiflant 
piquer, qui se trouve dans : Bergol, Berguer, Bur got, 
vurguer, Broc, Broquer, etc. 



Berquille, s. m. (Segr.). — Baton court qui 
soutient le vieillard. (M6n.) Pour B6quille. 

Et. — De : bee, a cause de la traverse en forme 
de bee. 

Berq filler (Tim.). — Mousser dans un 
verre, en parlant du vin. || P.-£. le m§me que 
le Mj. Berciller, malgr6 la difference de sens. 
Ou plutdt de Berguer, Burquer. 

Et. — A rapprocher de Bersiller, Br&iller, se 
require en poudre a force de secheresse. Le bois de 
bresil, tres sec. Sec comme bresil. ? 

Bemad (Sa.), adj. qual. — Nigaud. Syn. 
de Begaud. Pour : berlaud? 

Berrauder (Mj.), v. n. — Baguenauder, 
bayer aux corneilles, errer avec un air ahuri. 
Cf. Berlauder. — V. Berroder, Berraud. Syn. 
de Btteiller. 

Berrichon (Mj.), s. m. — Roitelet, troglo- 
dyte. V. Bourrichon. || Sal. Id. Boe>ichon. V, 
Rabertaud. 

Et. — « Beurichon. C'est ainsi que les Anfljev. 
et les Manceaux appellent le roitelet, de sa couleur 
rousse : L. burrus. » (MAn.) — Beri-chon, chet, 
chot. 

Berrdder (Mj.), v. n. — Rdder, errer, 
vaguer. 

Et. — Ber -f- rdder. — V. Berrauder, berlauder. 

Berrouee (Li., Bg., Sa., Chg., Me., Lue\ 
Chx.). — Brouillard, pluie fine. Prononcez 
Brrou^e. — « Y a ben de la berrouee a matin ; 
j'se* toute enfondue. » — D'ou vins-tu done ? 
— De la rabette. — Tu d6 t'elre toute guenee. 
|| Faire une berrouee, s'6brouer (Lu6). || Une 
ferme est nomm^e La Berrouee de TEpinay ; 
elle se trouve a un carrefour. (Lme.). V. 
Berouee. || Ec. Boerrouee. 

Berrouere (Li., Br., Ec, Lu6). — Bruycre. 
Syn. et doublet de Brudre. 

Bers (Mj., Sal.), s. m. — Berceau d'enfant. 
V. Ber. || Dans une charrette, la partie com- 
prise entre les ranchers. 

Et. Hist. — Bers est la rac. du v. bercer ; berceau 
en est le diminutif. B. L. Bersa. claie d'osier, ou 
cldture ou Ton renfermait les cerfs et biches d'une 
fordt. — « Vous voyez, lore que les enfants... 
dorment profond^ment, les nourrices s'en aller 
ebattre en liberty. . ., car leur presence autour du 
bers sembleroit inutile. » (Rab., P., in, 13.) 
— « Ce qu'on apprend au bers 

Dure jusques aux vers. » (Dabm.) 

Bersouailler (Mj.), v. n. et imp. — V. Ber- 
souiner. V. note a Beroudiller. 

Bersoainer (Mj.), v. n. — Bruiner. || Faire 
de mauvais ouvrage. (Br.). Cf. Sansouiner ; 
ber = mal -f" soin. — Syn. de Berouiner, 
Berouasser. — Cf. Brasiner (Jaub.). 

Et. — Ce mot pourrait etre un compose de Soua- 
ner, avec le pref. Ber, qui se retrouve dans Berciller, 
etc. 

Bertaud (Lg.), s. m. — Petite cheville du 
joug sur laquelle on passe la boucle de Textr6- 
mit6 de la courroie servant a lier les bceufs. 



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94 



BERTEAUX - BESAGUE 



II y a deux bertauds, un de chaque c6t6 du 
court-berton. 

Berteaux, s. m. (Li., Br.). — Le rei Ber- 
teaux, on bouerrichon, le roitelet. Cf. Raber- 
taud. || Fu. J'sais ein nid & berteaux. — 
Faut pas le deniger, t'arais les mains 
croches ! 

Et. — Roi-Bertaud. Suivant M. Labnel de la 
Salle, ce nom serait derive\ par derision, du roi 
Robert de France. (Roubri, Loubri, Roberto.) 
C te Jaub. 

Bertie, s. f. — Pour : bretelle. Cf. Berdelle. 
By. Boertelle. 

Et. — Or. dout. — Brethola, dans D. C. — Pa- 
tois napolitain : bertola. — Gloss, de Roquep. : 
Bertheless. 

Berton-onae (Mj.), adj. qual. et s. — Bre- 
ton. || Sot-berton, sot-breton, qui ne sait pas 
la langue bre tonne. || Ec. Le pere Lebreton 
est le pere Boerton, et sa femme est la Boer- 
tonne, ou maltresse Boertonne. || Lourdaud, 
|| Etincelles qui jaillissent d'un feu p^tillant. 
qui cotissent. (Mj., Sal. r Ec). Syn. Buette. \\ 
Sal. Faire sauterles bertons, — faire jaillir les 
6tincelles. || Gendarme, m£me sens. V. Littre 
Syn. de Fombriche, Auvis. On dit : fa ber- 
tonne. 

Bertouner (Lg.), v. n. — Laisser Schapper 
des flammeches. Ex. : fa bertoune par la che- 
min6e. 

Et. — Der. de Berton, elincelle. 

Bertreau (Lg., Lseg.), s. m. — Espece de 
grande bruyere, dont les tiges tres raides et 
constitutes par un bois tres dur, forment des 
touffes de la hauteur d'un homme, et plus. 
N. Une autre espece plus petite s'appelle 
Lande. — Syn. de Bronde, Bronze. 

Bertrelle (Lg.), s. f. — Bretelle. Syn. de 
Berdelle. 

Bertria (Lg.), s. m. — Forme vieillie de 
Bertreau. 

Beruaot (Mj.), s. m. — Bruant. Cf. 
Berouiner, Berton. 

Et. — Pour : bruyant. Les nonis de bribri, cla- 
meux, crecelle de lepreux, donnas au bruant, 
conferment l'^tymol. Toutefois, la forme Bryant, 
plus usiWe au xvn? s., s'y rattache difficilement. 
(Dabm.) 

Beruee (Segr.), s. f. — Brouillard. Ex. : La 
beruee est 6paisse a matin. Syn. et doublet de 
Bkrouie. 

Beruere (Ec). — Bruyere. V. Affier, pour 
un exemple. Sfyn. et doublet de Bruere. 

Bervocher (Mj., Sal.), v. n. — Buvotter- 
Boire souvent et longtemps, pinter, chopiner. 
Syn. de Buvrocher, Pomper, Soiffer. 

Et. — On retrouve dans ce mot la meme rac. 
Berv que dans Emberver, ce qui le rattache au fr. 
Breuvage, Abreuver. — De l'anc. forme Boivre, 
ou Bevre -(- age, bervage, bevrage. 

Berzeau, s. m. (Li., Br.). — Mouche qui 
raord les moutons. Cf. Brtzm. 



Berzeille (Lg.), adj. qual. — Ivre. Berzele. 

Et. — Syn. et Corr- de Verzele. — Nez berztte, 
nez d'ivrogne, nez rouge (Bg.), qui a des tapinures. 
tavelures, — taches de sang. — Voir la citation de 
M m « de SbvignA a Berzi. On a dit d'abord : br£- 
zilte, en parlant du teint, du visage ou du nez de 
l'ivrogne (bersill6, berzeille), puis, par ext., le mot. 
devenu Verzele, a pris le sens de : ivre. V. Berzole, 

— Tous ces mots se tiennent. 

Berzeler, v. a. — Regarder. 

Berzi, s. m. — Sec comme berzi, comme le 
bois de Br^sil. (Men.). — Le mSme que Ber~ 
zille. 

Et. — D'aprds D. C, du mdme radic. que Braise, 
a cause de la comparaison avec la couleur rouge ou 
du feu ; la derivation se serait faite par des v. all. 
broezelen, brasseln, rotir en p£tillant. C'est le bois 
qui a donn6 son nom au pays. B. L. Brasile, Bre- 
zillum. Citat, du xn« s. — M m « de Sevio>e 
demande a sa fille si elle n'est pas brisilUe, si elle a 
le teint beau (m, 95), et non hale\ brule, de la cou- 
leur du bresil (rouge). 

Berzillant (Mu.). — Sec, brillant. « La 
paille ne va pas Stre berzillante »/ elle sera 
molle, — en parlant d'une charret6e de paille 
mouiltee. V. Berzi. — Le br£sil 6tait tres sec. 
-t- Braise ; ah. bras, feu ; brasen, brQler. 

Berzille (Mj.), s. U — Ne s'emploie que 
dans la loc : Sec comme berzille, — tres sec. 
|| Sec comme Bresil? le bois. 

Et. — V. Branseau, bransSUr. — Hist. « Si vous 
voyez le postilion allant a tout brisiUer et refuser 
un verre de vin. » H. de Balz., Urs. Mirouet, p. 11. 

— « Bressilles, Bretilles, — broutilles, menus mor- 
ceaux de bois. » C te Jaub. — || Pat. norm . Cha 
berzille, — ca s'6miette. 

Berzio, (Sa. Lp.), s. m. — Pou du mouton. 
N. Ce n'est pas la tique, pourtant qqs-uns le 
nomment tacaut. Syn. et d. de Breztn. 

Berziner (Mj.), v. n. — VStiller. — Doublet 
de Berdiner, Brodiner, Berginer. Cf. Bcr- 
souiner. 

Berliner (Mj.), s. m. — Homme v^tilleur, 
t&tillon, lambin. De>. de Berziner, ou plutdt 
il est mis pour Berdinet, dimin. de Berdin. 

Berzingue (§tre), s. m. — Etre ivre. j* 
Petit pois gris, sec. (Men.). Cf. Verdin- 
guette. (en). 

Et. — Brinde-zingue. Brinde, altera t. de 1'expres. 
all. (Ich) bringe dir's, je te porte une sante\ Etre 
dans les brindes, — Stre ivre. (Dabm.) 

Berzinier (Mj.), s. m. et adj. — Tatillon, 
se noyant dans les petits details sans s'occu- 
per des choses essentielles ; peu serieux en 
affaires : Berzinet. V. Berziner. 

Berzole, adj. qual. — Toque\ Un homme 
berzote, dont le cerveau est un peu fele. 
Doublet de Berzeille, Verzele. 

Bes. — Particule pejorative. 

Besague (Lg.), s. f. — Ouvrage gache*. Ex. : 
Tu me fais de la besague. Syn. de Guingourage, 
Bicoueine. 

N. — Cf. Vesague, v' sague, terme de mepris que 
Ton applique a toute espece de choses sans vaieur. 



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BESAIGRE - BESTOURNfi 



95 



Ce drap, cette loile, ce ble, c'est de la v'zague] 
(C^Jaub.) 

Besalgre (Mj.) (besegue), adj. quad. — Aci- 
dule, aigret, aigrelet, qui commenec a tourner 
k l'aigre. || Ec. — Meme sens et A derai-ivre. 
Prononc. Boesaigre. Cf. Beriingue. 

Et — Bes + aigre. (Voir Vesague, meme sens, a 
Besague.) 

Besard (Fu.), s. ra. — Nombril. Cf. Beserot. 

Btsenfle. — Qui commence a enfler. (Segr.) 
On dit encore Enfte pour enfl6, et enfiure pour 
enflure. — PreTixe. Bes. 

Beserot' (beserote) (Mj.), s. m. — Ventre, 
bedaine. Nom enfantin. 

Et Ce mot renferme la mGme rac. q. Bidrasse, 
Berdouille, et fr. Bedaine. V. Beillc, Bezard, Abe- 

virde. 

Besi, Besie 1 (Mj.,) s. f. — Poire sauvage ou 
tres petite. Syn. de Boisie. || Fu. — Sauva- 
geon, aigrasseau. Des poires de Besi sont des 
poires petites, de saveur aigre et d'especes 
d'ailleurs diflerentes, obtenues de semis et 
non de greffe. 

Et — Besi, nom generique cru'on donne a plu- 
sieurs especes de poires, en y ajoutant le nom du 
pays d'ou elles sont tirees : besi d'Heri, besi Chau- 
mootel. (Lrrr.) — D'apres Jaub., bezi = sauva- 
fwn. On trouve dans les Qloss. besier, poirier sau- 
vage. — N. Heri, Hery, forel de Bretagne entre 
Rennes et Nantes, ou ces sortes de poires ont ete 
trouvees. C'est parler improprement que de les 
ippeler : poires de besie d'Hery. En Bret., en 
Anjoo, a Paris, on dit : du besie d'Hery. (Menage.) 

Besie * (Sa., Ec), s. m. — Le dernier d'une 
<ouvee, d'une famille. Syn. de Chopiot, CaiU 
laud, CaiUeraud. — C'est le cldt-cul, sauf vot' 
rvspect. — Mot de la famille de Besard, 
Beserot, etc. Le sens est : qui a un gros ventre. 
On dit d'un petit oiseau a peine emplume : 
11 a encore la bouse, — le gros ventre. 

BeslUe (Sal.). — Petite poire non greftee, 
*che. V. Besie l 

BesiUier (Sal.). — Arbre a b&illes. V. Besi- 

pier. j 

BesiUoox (Mj.), adj. qual. — Chassieux. 
Syn. de Ebesille, BiroilU. — De Bouse. V. 
Bousilloux. 

Beaiier (Sal.), v. n. — Produire un bruit 
•lailes (moucbe, cousin). — Faire des riens. 
Qu'a-t-il a besiner ? V. Beziner. 

*&Nilef (Ec), s. m. — Poirier qui porte 
d es poires d'aigrassa ou d'aigrasseau. V. 
BesiUier. [|Sp. Poirier qui produit des besis on 
ksies. Syn. de Boisiier, Poirasse, Poirassier. 

Bwdi (Mj.), s. m. — N. On dit : J'en 
avons pas de besoin, et m£me : J'en avons de 
ksoin. Mais on dit : J'en avons grand besoin ; 
j avons point besoin de ca. || Faire ses besoins, 
— aller a la selle. Syn. de se Renettir. On dit 
i'issi : Faire ses n6cessit6s. || Vous me faites 
ksoin, pour : J'ai besoin de vous (Pc). || Se 
'aire besoin de, — 6prouver le besoin de. Ex. : 
Si tu pouvais me prdter ta trimbale, je m'en 



ferais quasimenL besoin. — Prononc. b'zoin. 
|| A Mj. on dirait plutdt : besoin. || Absolu- 
ment : Avoir besoin, — avoir faim et soif. 
Ex. : Vous devez avoir besoin ; j'allons casser 
la crofite. || A son besoin, — a sa faim. 

Hist. — « Aussi bien nous fera-t-il ici besoin 
pour appreter le souper. » (Mol., Avare, m, 5.) — 
« Car tant en prenoit que lui etait de besoin pour se 
entretenir et nourrjr. » (Rab., Educat. de G.) — 
a II est de besoin en premier poinct aymer, reverer 
et craindre Dieu. » (N. do Fail, Propos rustiq., 
iv, 38. — Ev.) 

Bessie (Sal.), s. f. — Galette. 

Bessonnee (Bs.), s. f. — Portee de jumeaux. 
Ex. : Y avait a Somloire ein bonhomme de 
82 ans qui s'est marte avec eine petite domes- 
tique qu'il avait ; l'ann^e d'apres, ils ont eu 
eine bessonnte, deux petites fines qui ressem- 
blaient au bonhomme comme deux gouttes 
d'eau. De>. de Besson. BL. Bisso, bissonis, 
de bis, deux. || Lrm. Bessounee. 

Bessons-onnes. — Est francais. Jumeaux- 
elles. — Se prononce, au Fuilet, B'ssons ; 
ailleurs on fait le plus souvent sentir l'e. 

Bessonnee (Lg.), s. f. — V. Bessonnee. 

B eg te-m aline. — II est parte de cette beste 
k plusieurs reprises dans les registres de 
Jarz6. 

Hist. — Sepulture de Marie Thourmault, &gee de 
11 ans, « laquelle a ete etranglee aujourd'hui par la 
maline beste. » {Inv. Arch., m, E, S. s. p. 120, 
col. 1.) 

Bestial, s. m. — B6tail (Lu6, Mj.). 

Et — Le fr. Betail n'est que la corr. de ce mot 
patois, qui vient directement du lat. Bestialis. 
bestial est couramment employe au sing, et au 
plur. Ce plur., Bestiaux, est, par une anomalie sin- 
gulidre, usite en fr. 

Hist. — « Le bestial endura beaucoup, mesmes le 
brebiail (bdtes ovines). » 1564, J. a., S, E, ra, 304, 
1, b.) — « 11 prendra Veffoeil, revenu et accrott du 
bestial nourri du domame. » (Coust. aVAnj. n, 
col. 70.) — « Quant est de Bestial et pastures : pour 
icelluy (pays d'Anjou) aucune autre contree n'est 
Mieubc fournye de boeufs..., etc. » (J. de Bour- 
DIONS, Chron. p. 10*.) 

Bestiaux (Ag.), s. m. pi. — Terme irrespec- 
tueux applique aux Aleves de TEnseignement 
special, les Sp^ciaux. (Est devenu l'Enseigne- 
ment secondaire special, puis a e*t6 design^ 
par des lettres : 6 e , 5 e , 4 e C., etc.) 

Besilon (Segr.). — Etre bestion, — bete, 
idiot. Ex. : Tu es tout bestion, pour : tout bete. 

Bestouinard. — V. Bestouiner. Celui qui 
bestouine (Sa.). 

Bestouiner. — Faire peu d'ouvrage ma- 
nuel, tout en paraissant en faire beaucoup. 
V. Bestouinard. 

Bestoorne, adj. qual. — Mai tourne, tort, 
tors. 

>•» Hist. — « Et n'avons, en oultre de tout ce, rien 
apperceu ne descovert sur ledict corps. . . fors ung 
doigt du pie dextre qui est tors et estrangement 
bestourni. » {Hist, du vx tps, p. 497.) 



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96 



BETAIL — BEUG 



— « Le bon homme cuydant trouver sa beste, 
Au plus matin, sans faire grand tempeste, 
Vint au diet lieu ; lors fut bien estonn6 
Et de son sens quasi tout bestourni 
D'avoir perdu son poullain que eut tant cher. » 
(Ch. BouRDiGNfc, P. Faifeu, 42.) 
— De quoy Faifeu fut ung peu estonne 
Et si en eut son esprit bestourni. 

Id., ibid, p. 68. - 

Betail, bestiaux (By.). — JPrononc B£cial, 
be*ciaux. Ordinairement au sing., — le B£cial. 

Bltas-asse (Mj.), adj. q. et s. — B£ta. 

Bttaud, e (Tim.), adj. qual. — B§ta, 
Bitas. 

Betayer, v. n. — Faire la bete. (Segr.). Je 
te dis ga sans betayer, sans plaisanter. || Gin- 
guer, Jouasser (M£n.). — Ci. Beteiller. 

Bete (Mj.), s. f. — Voir : F. Lore, Adages 
et Comparaisons, xvin. || B§te faramine. || 
Aller en bite lasse, — marcher comme qqn qui 
est tres fatigue\ || Sp. N'avoir pas fait $a a 
b£te morte, — avoir fait une sottise a qan qui 
saura s'en venger. || B. a caprices, — individu 
capricieux, fantasque. || B. a chagrin, — 
facheux, importun. || B. a pain, — imbecile. 
C'est la bete qui mange du pain, mais qui 
serait digne de manger du foin ou des char- 
dons (R. O.). V. Bite-a-pain. 

Hist. — Faramine (De fera — ou vermine). Ani- 
mal fantastique. Pendant le jour, il habite dans les 
nuages ; il ne descend que la nuit sur la terre, pour 
manger des serpents et pour troubler, par de mau- 
vais reves, le sommeil des enfants. 

Bete • miile pifds (Mj., Lg.), s. f. — Mille- 
pieds, myriapode. 

B€te a-pain (Mj.), s. f. — Imbecile. V. 
Bite et Note. 

Et. — Je soupconnais : bSte a peindre, quand je 
lus ce qui suit dans le Dictionn. d'argot de L. Lar- 
chey, Suppl6m., v° Entreteneur : « II se charge du 
pain quotidien. » — « On en trouve a gogo, des 
betes a pain, quand on sait s'y prendre. » Citat. de 
Huysmans. — Le C lc Jaub. cite cette locution et 
ajoute : Cf. BHe a manger du foin. || B6te au bon 
Dieu, coccinelle. 

Bete d enfar (Mj.), s. f. — Sorte de coleop- 
tere ou d'h^miptere tres commun en et6 dans 
les plates-bandes et parterres des jardins ; 
elle s'y tient en colonies nombreuses. Cet 
insecte, qui mesure 8 a 9 millimetres, a des 
£lytres tres plates, rouges- vif, marquees de 
points noirs qui figurent vaguement une face 
humaine. 

Beteiile (Lg.), s. f. — B<§quille. Syn. de 
Abourde. Gf. Feille. Doubl. du mot fr. 
• Beteiller (Lg.), v. n. — Vaguer, errer, 
baguenauder. Cf. Bateler. Syn. de Berrau- 
der. 

Et. — D£r. de Bete die, litteralement : aller 
comme en se tralnant avec des bequilles. 

Beteier (Sal.), v. n. — Tourner a l'aigre. 
Lait b<Hele\ — V. Betteler. 

Be- temps. — Pour : beau temps, a Chaz6- 
sur-Argos (AJ£n.) 



BHtr (Sp.), v. n. — Ne pas faire le nombre 
de lev6s annonce\ au jeu de la poule ou du 
matador. C'est : rester en figure de bete. 

Betion, s. m. — Biquet, chevreau (Z. 93* i 
P.-e. pour Biquion — ou Bestion, petite b£te. 

Betiser, v. n. — Dire ou faire des bGtises? 
(Ce mot m'a 6t6 donne* sans explication.) 
Ec. et Beteyer. 

Betdt (Lg., Ec), adv. — Bientot. Syn. et 
doubl. de Bentout. Cf. Be\ 

Betout (Lg., Ec). — Comme : betdt, ben- 
tout. || Ec. On dit m§me : bitout. 

Bette- ehampe'tre (Lg.), s. f. — Betterave 

fourragere. Syn. de Lisette. N. Le mot a 
vieilli. 

Betteler (Li., Br., Mj.), v. n. — Tourner, 
se prendre en petits grumeaux lorsqu'on 
Texpose au feu, en parlant du lait. La chose 
se produit lorsque le lait n'est pas parfaite- 
ment frais et est d6ja tegerement acide. |, Ec. 
Prononc. : boStteler. — Se dit d'une sauce, 
et cailler, du lait. 

Et. — Ce v. est le dimyi. d'un v. Better, inus., 
mais dont on retrouve la racine Bette ou Botte 
dans les mots fr. Caillebotte, caUlebotter. — « Beton*. 
nom vulg., mais peu usite\ du lait trouble et epais 
contenu dans les mamelles au moment de l'accou- 
chement. Le vx v. beter voulait dire : cailler. » 
(Lrrr.) — « Colostrum. » — « Sang bet£ se disait 
pour : sang caille : « Quand ce-venait sur la garison. 
lis jettoient grand foison de sane beti par la bouche 
et par le nez, et par dessous, qui moult les £bahb- 
soit, et neantmoins personne n'en mouroit. » {Jour- 
nal de Paris sous Ch. VI et VII, p. 21 . ) Le mot a ce 
sens des le xir 3 s. — Betton, c.a-d. premier laid 
d'une accouchee, qui se fait dur et trou6 comm£ une 
epbnge. — La mer betie, c'est la mer gel£e. (L. C.) 

Betterabe (Mj., Lg.), s. f. — Betterave. 

Et. — Compost du fr. Bette et du vx fr. Rabe ou 
Rable, lat. Rapa. — Hist. « Et d'une vesne (vessel 
qu'il fit, engendra autant de petites femmes accrv- 
pies, comme vous en voyez en plusieurs lieux, qu: 

tarn a is ne croissent, sinon. . . comme les rabbes de 
jymousin, en rond. 

|| Betterabe-tcorce, b. a chair tres rouge 
dont on se sert pour la cuisine. Ainsi nomme** 
parce qu'elle se d^pouille lorsqu'elle est ciu> 
au four. 

Bettes, s. f. pi. — Les feuilles de cette 
plante s'emploient pour pansements, et ce 
nom est appliquS a toutes les feuilles vertn 
servant a cet usage. || Fu. Id., — pour !**> 
v^sicatoires. Elles sont aussi comestibles et 
appr£ci6es. Par derision on les appelle sou- 
vent asperges de cordonnier. (Cf. Avoine de 
cure, — le poivre.) V. Fricol. 

Bctume (Mj.), s. m. — Doubl. du fr. 
Bitume. 

Beiumer (Mj.), v. a. — Bituminer. 

Betuo, s. m. (Segr.). — Pour Tabac 
Et. — Petun ; ernprunte" du portug. Petun, nwt 
de la lang. des indigenes du Bresil. 

Beue ! (Mj.), interj. — Exprime le bruit 
d'un rot. || Faire beuc, roter. || s. m. Rot, 



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BEUGHE — BEUTIERS 



97 



Eructation. Ex. : II a fait ein grous beue. Ono- 
ma t. — Cf. Pangl. Belch, m£me sens. 

Beoehe (Li, Br.), s. f. — Une beche. 

Beuelee (Mj.), s. f. Cri. || (Sp.) Pleurs, 
larmes. 

Et — Der. de Beucler — pour Beugler. — Lat. 
Bos, bceuf , — buculus — bougie, bugler. 

Bender (Sp. Lg.), v. n. — Beugler, crier. || 
Pleurer, larmoyer. Syn. de Buyer, Chemicher 
Ckenucher, Oudler, Ouigner, Pigner, Becler. 

Et. — Forme plus dure de Beugler. — Hist. 
« Tchire (tire) pas ! qu'y beclai encore pus fort. . . 
tchire pas !. . . y veux pas t'faire de maux, ma !. . . 
m6 dam ! tu sais. . . man fils d'g. . . , si tu tchires, y 
vas tchirer aussi ! (H. Bourgeois, p. 220.) 

Be d'Udon (Ec). — Bee de l'Oudon, a son 
embouhcure dans la Maine (Moene, Mayenne) 
Be du Loir. Embouchure du Loir dans la 
Sarthe. 

Benglosse (PI.), s. f. — Buglosse. 
Et. — De deux mots grecs : langue de boeuf ; 
borrafcinee. 

Bengnet (Mj., Fu.), s. m. — Beignet. 
patisserie. 

Et. — Dimin, du vx fr. Bingne, Begne, qui est 
sans doute le dimin. de Bigne, Beugne, tumeur, 
grosseur (mot encore usit6 en diverses provinces), a 
cause que le beignet est une pate qui se gonfle en 
cuisant Prononciation fautive et provincialisme. 
Hist. « Puis grands pastes de venaison, d'al- 
louettes..., guasteaux feuilletes, cardes, brides a 
veaux, beuignets, tourtes de seize facons, gauftres, 
crespes. » (Rab., P., iv, 59.) — « Patissandiere, 
Rasfard, Franc-beuignet. » (Rab., P., iv, 40, 425.) 

Beoles, s. f. — Tranche^ faite dans un pre" 
pour reeoulement des eaux. (M£n.) Syn. de 
S ego ire. 

Et. — « B. L. Bedale, de Bedum, bief. (V° Besau. 
Lrrr.) 

Benlot', s. m. (Segr.,Mj., etc.) — Tres 
petit tas de foin qu'on roule sur lui-meme 
apres le fanage et avant la mise en meule. || 
Petit tas, petit monceau. Syn. Bulot, Baron, 

EL — Pour Meulot, dim. du fr. Meule, L. Mola. 
On dit aussi Bulot, — de pierres. — Derive peut- 
fitre de Boule, plutot. 

BeuDe (Lu6), s. f. — Herbe mar^cageuse 
Sans doute la m§me que Bene, et Bele (Bat.). 

Beuqaer (Mj.), v. n. — Roter. V. Beuc. 

Bearehe (Lg.), adj. qual. — Breche-dent, 
6breche\ Se dit despersonnes.Corr. de Breche. 
Syn. de Berchu. 

Beorgne (Lg., Sp.), s. f. — Grande manne 
en paille, avec couvercle, dans laquelle on 
conservait autrefois les grains et graines 
seches. 

Et. — Syn. et d. de Burgne. N. II y a la toute une 
nombreuse famille de mots (beurgne, burgne, bour- 
gnier, bourgnon, etc.), dont je ne vois pas l'etym. A 
rapprocher du berrichon Bourole, mdmesens, Jaub. 
et de Bourroche. 



Be org* on (Sp. 



Petite beurgne. 



Beorrasser, v. a. — C'est non seulement 
6tendre du beurre sur du pain, mais toute 
matiere grasse sur un objet, de la boue sur 
ses vStements, etc. mdrae des f raises. 

Et. — Beurre. L. Butyrum, du grec Bous, boeu% 
vache, et turoc, fromage. Plus : asser, suff, pejor. 

Beurre (Lg.), s. m. — Chassie, humeur 
cireuse qui decoule des yeux raalades. Ex. : II 
a du beurre aux yeux, il les a tot biroilles. Syn. 
de Ore. \\ (Tim.). Tourner en bmn-e do cane, 

— tomber a rien. On dit de meme en fr. 
Tourner en eau de boudin. || (Mj.) Au prix 
ou est le beurre, e'est-a-dire par le temps de 
cherts qui court. || Faire son beurre, — faire 
des benefices. || Son beurre ne sent que le pot, 

— son affaire est mauvaise, se gate. || Mains 
de beurre, — mains molles, qui lachent faci- 
lement ce qu'elles tiennent. || Aller au beurre, 

— faire l'amour, en parlant de Thomme. — 
V. au Folk- Lore, III, croyances. — || Fu. 

— Prononcer eu comme dans : ceufs au plu- 
riel. 

Beurre- bl an e (Mj.), s. m. — Sauce blanche. 
Ex. : Le brochet est bon au beurre-blanc. \\ Fu. 

— Non, mais du beurre fondu doucement 
oppose a beurre roux. 

Beurree (Mj.), s. f. — Le sens primitif, 
tartine couverte de beurre, est oublie* ; on dit : 
beurree de confitures, de merline, de migourit, 
de grillons, et mtoe beurree de beurre. Syn. 
de Graisse'e. 

Beurrer (Ti., Zig, 152), v. a. — Etendre et 
faire adherer une matiere poisseuse. Ex. : 
Beurrer de Tonguent sus la patte. Syn. de 
Graisser. 

Beurrerie (Lg.), s. f. — Etablissement 
industriel dans lequel on fabrique le beurre 
par des proc6des et suivant des m6thodes 
scientiflques. 

N. — En ces dernieres ann^es (1906), il s'en est 
fonde plusieurs dans la region, dont une impor- 
tante a Mfc, o;ui draine une grande partie de la prt« 
duction fermiere du Lg. — Si la compagnie et aussi 
les laitieres y font lew beurre, cela ne fait pas celui 
du petit employ^, qui, voyant monter le prix de 
V amendemenu trouve que son beurre ne sent que le 
pot. V. Beurre. 

Beurriebon (Mj.). — Pour Berrichon, roi- 
telet. Cf. Bourrique, de burrus, roux. 

Beurrier (Ag.), adj. qual. — De beurre. Ex.: 
Concours beurrier. (Ang.de Paris, 14 juillet 
1907, 2, 3.) 

Beusse *, s. f. — Bour Busse, tonneau. Vx 
fr. Bosse. 

Et. — Busse, sorte de grand tonneau. V. Botte. 
(D. G. Butta), outre, vase en cuir ; botte a chaus- 
ser ; tonneau, par des assimilations de sens qu'il est 
facile de concevoir. (Lrrr.) 

Beusse * (Mj.). — V. Beausse. 

Beossier (Mj.), s. m. -— V. Beaussier. 

Beutlers (PI., etc.), s. m. — Gros sabots 
couverts. Syn. de Esclos, Sabots taupSs. 



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98 



BEZARD - BICANER 



Et. — De>. d'un mot Beutte/ doubl. inus. du fr. 
Botte. Cf. Breusse. 

Bezard (Sa., Tim.), adj. qua!, et s. Ventru, 
obese, bedonnant. Syn. de Abeillaude', rac. 
de Abezarde-di. V. Beille et Besard. 

N. — Ce mot a vieilli. II s'est donn6 jadis comme 
surnom. II y avait a Saint-Augustin un pare Bou- 
mier Bezard, ventripotent personnage et joyeux 
vivant devant l'Eternel, qui mourut aux envirorts 
de 1860. — Et. Ce mot, malgr6 les apparences su- 
perficielles, n'a pas de rapport avec le fr. Obese. II 
faut le rapporter a une rac. Bed, qui se retrouve 
dans le fr. Bedaine, Bedon et dans le pat. Beille, 
Beserot. — On pourrait y aj outer Beduau, blaireau. 

Beze (Tim.), s. f. — Ventre, bedaine. Syn. 
de Beille. Et. Voir Bezard. — Mj. Beserot. Cf. 
Bouse. 

Bezie, s. f. — C'est le gros abdomen d'un 
oiseau rScemment 6clos. Z. 137. — (Br.). 
Avoir la bezie, c'est ne pas gtre encore bon a 
denicher, avoir le gros ventre. Cf. Beze. V. 
aussi Besie, et Bouse. || Bss. nom de famille. 

Bezioer (b'zin6) (Mj.), v. n. — Siftler, bour- 
donner. || Passer en sifflant, comme fait une 
pierre lancee avec raideur. Pour V6ziner. 
Onomat. : Vzz. — N. On prononce Bzine, 
mais Vtziner, Vezouner. 

Bezlot, s. m. (Sa., Ba., Bn.). — Le dernier 
e*clos d'une couv6e; le dernier n6 d'une nich^e. 
Syn. de Caillaud, CaiUeraud, Chopiot. \\ 
Enfant d61aiss6 par ses parents, petit poulet 
abandonne* (Bn.). — || Le dernier ne* d'une 
famille. (My.). 

Biaeop (Lg.), adv. — Beaucoup. Mot tres 
vieilli, mais encore usite\ Syn. de Bt-raide, 
Berchouse, Belle-chouse. 

Biaiser (Mj.), v. a. — Tailler en biais, en 
pointe, les pieces d'une robe. Ex. : Alle a fait 
biaiser sa robe. 

Biandir (Mt.), v. a. — Garesser, courtiser, 
une jeune fllle. — Du lat. Blandiri, flatter? 
Cf. Biaudir. 

Biftqollles (Sb.). — Menues choses sans 
importance, sans valeur, qui restent au fer- 
mier quand il a partagS avec le propri6taire 
a moitie. || Restes, reliefs, miettes. || V. Bea- 
tilles. 

N. — « On a dit des vieilles femmes qui se ma- 
rient : « Pour le regard des maris, ce leur est une 
grande espargne ; il ne leur faut point d'agiots et 
biatUles pour les popiner (ajuster, parer) qu'a ces 
jeunes 6 ventres ; elles se passent a peu. » {Contes 
de ChoMres, L. C, v° Popiner.) 

Biarrage (Sa), s. m. — Terrain inculte, 
marScageux ou pierreux etencombred'arbres, 
buissons, Opines, debris, etc. — On dit aussi 
Biarraige. Syn. de Bureau, Masureau, Bua- 
reje. 

Et. — Ce mot ne viendrait-il point de Biarrel La 
toile biarre est une toile grossiere, de mfime que le 
bureau est une etoffe grossiere. II y a la un rappro- 
chement d'idees et de mots pour le moins curieux. 
— Bigarrage? — Cf. Age. Jaub. 

Biarraige (Sa.), s. m. — V. Biarrage. 



Bi*rre (biare) (Mj.), adj. qual. — Cette 
6pith. s'applique a une toile grossiere, achaine 
blanche, et a trame bleue dont on fait des 
salopettes. 

Et. — Probablement pour Bigarre ou Bigam« 
doubl. du fr. Bizarre. — Cf. Bigearre. Jaub., ouppl 

Biau 1 adj. qual. pour Beau. — Cf. beau- 
coup de termin. en eau : coutiau, viau, man- 
tiau. || N. Fu. — Biau ne se dit pas dans le 
canton de Montrevault, non plus qu'en 
Beaupr^au et Saint-Florent. On prononce 
toutes les finales en eau comme e-o«, ces deux 
dernieres lettres presque muettes : Bateou, 
Chape'ou, Busseou. V. Observations a A. 

Biau * (Ec), s. m. — Viau, veau. Souvent 
Voyeau. 

Blaacop. (Lg.), adv. — Beaucoup. Syn. de 
Berchouse t cf. Cop. — N. Ce mot a fort vieilli. 

Biandir (Mt.), v. n. — Caresser, — sa belle. 
Syn. de Gouincer, Biandir (dont il semble une 
autre forme). 

Et. — Ressemble a s'Ebaudir ; pourrait se tirer 
du vx fr. Baud, — gai, folatre. 

Biberon (Mj.), s. m. — Bouton, petite pus- 
tule. Syn. et doubl. de Buberon. 

Et. — Grec : Boubqn, tumeur ; proprement. 
atne, parce que ces tumeurs viennent souvent aux 
alnes. 

Biberonne (Mj.), adj. qual. — Couvert de 
boutons, de pustules, de papules, en parlant 
du visage. 

El. — De>. de Biberon, parce que les grands 
buveurs sont sujets a des eruptions cutanees. — 
Ou mieux pour : Buberonne\ de Bubon. 

Bibi (1). — Pour : boire (Segr.). Terme 
enfantin employ^ pour engager les enfants a 
boire (M£n.). || (2) Lg. — Tuyau de carton 
sur lequel on divide le nl pour faire des epelles. 
V. Jaub. a Bi. || (3) s. m. Remplace le pronom 
Je ou Moi. Ex. : fa, c'est pour bibi, et bibi, 
c'est moi. N. On dit aussi : Bibi lolo . . . de 
Saint-Malo.|| (4) Ec. Coiffe a la bibi. V. Bi- 
gote. 

Bibier (Mj.), s. m. — Canal urethral du 
pore male et annexes. Syn. et corr. de Pu- 
beyer — de pubis. Dans l'Orne, le bibier du 
pore s'appelle : piv^yer. On en graissait 
jadis les souliers en guise de cirage. || By. On 
dit Pibier, chez les menuisiers, les charpen- 
tiers. 

Bic-a-bic (Mj.). — Z. 137, c.-a-d. point a 
point ; nous avons fini la partie point k point, 
sans doute de : bee a bee. 

Et. — Vient peut-dtre du jeu de Bique d© 
enfants. Quand les deux index des joueurs s? 
touchent, ils sont bique-a-bique. Ces index imttent 
deux biques qui luttent. 

Bicaner i (Sp.), v. n. — Pousser des cris ou 
des exlats de rire qui ressemblent aux bSle- 
ments d'une bique. — (Bicane, — chicane, 
discussion ; Dott.). 

Bieaner' (Lg.), v. n. — Bolter, Syn. de 
Boitouser. 



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BICAUDER - BIDOUNE 



99 



Blcander (Bg.), v. a. — Abattre et 6bran- 
cher les arbres. — Bicauds, — ces bucherons. 
(C. Fraysse, p. 69.) 

Biehe, s. f. (Lu6). — Chevreuil. || (Mj.). — 
Grand insecte coleoptere, a tres longues an- 
tennes, a corselet couvert d'asperites, a 
elytres chagrin^es, dont la larve vit dans le 
bois du ch&ie. Cet insecte est ainsi nomm£ 
parce qu'il est regard^ a tort com me la femelle 
du Cerf ou £arf. A Saint-Paul, cette confu- 
sion n'a pas lieu, et Ton l'appelle Diable. — 
Capricorne. 

Blcher (Mj., Lg.), v. n. et imp. — Agr^er, 
aller bien, convenir. Ex. : Je leur ai propose^ 
de faire eine partie, mais ca ne bichait pas. — 
Argot. 

Biehete (Tc), adj. qual. — Paillet, se dit 
du vin. || Lue\ — Vin rouge tir£ en blanc ; ce 
qu'on norame vin gris dans l'Est. 

Et. — Du fr. Biche, parce que la couleur du vin 
paillet rappelle celle de la robe de cet animal. 

Bichetouri (Lg.), s. m. — Bee ou ajutage 
par lequel on verse l'eau d'une cruche, d'une 
hue. Syn. et d. de Bichtri. Syn. de Berloque, 
TineU 

Bichette (Mj., Lg.), s. f. — Nom caressant 
que Ton donne aux petites filles, aux juments, 
et parfois aux vaches. 

Bich oilier (Lg.), v. n. — Pleurer a petit 
bruit. — Syn. de Chemicker, Ckenucher, etc. 

Bichote (Lg.), s. f. — Coeur de chou vert, 

— employe* surtout au pluriel. Syn.de Epiau, 
Piochon y Binocle. 

Bichtri (Tim.), s. m. — Bee d'un pichet, 
par ou on verse l'eau. Le syn. Mj. est Tinet. 

— Syn. et d. de Bichetouri, Syn. de Berloque. 

Et. — Ce mot pourrait §tre une sorte de dimin. 
du fr. Bee. Quoi qu'il en soit, il ne me para! t pas 
douteux que ce mot remonte fort loin. On peut se 
rappeler certains callibistris avec lesquels Panurge 
projetait de rebatir les murailles de Paris, et le nom 
de ces. . . matenaux n'est autre, evidemment, que 
celui de notre Bichtri (pris dans un sens obscene) 
accoll au pr6f. peloratif Calli ou Cali, celtique, qui 
signifle mauvais. Cf. Calif ourche, Caliborgne, etc. 

Blelard (Lg.), adj. qual. et s. — Bigle, qui 
louche. Syn. de Calorgne, Bignole. V. Bicler. 

Bicler (Sp., Lg.),v. n. — D6visager, regarder 
avec insistance, avec impertinence. Syn. de 
Bignoler. \\ Ec. Proprement : Fermer un ceil 
pour ne regarder que de l'autre afin de viser 
juste, en ligne droite, comme font les chas- 
seurs. || Fu. — Fermer un ceil, cligner pour 
regarder a la de>ob6e, — ouBiquier. D'ail- 
leurs le cl est souvent mouilte. 

Et — Fr. Bigler, loucher ; ecrit bicle, pour 
Wgle. Orig. incert. — Malv. indique la rac. celtiq. 
ii* , devier, obliquer ; d'ou : bigueler, bigler, regar- 
per obUquement 

< Hist. — « Les meres ont raison de tancer leurs 
infants quand ils contrefont les borgnes, les botteux 
! les bidet. • (Mont., Es$. f n. 25.) — « Estre 
ftuche ou bitle : e'est une distorsion contrainte avec 
ftegalitt de la vue. • (Ambr. PabA, xv, 5.) 



Blcorne (Mj.), s. f. — Pioche a deux comes. 
Syn. de Juif. \\ Hoyau. V. Tervon. Du lat. 
Bis , cornu. Gf. Bigourner. 

Bieouene. s. f. (Segr.). Besogne mal faite, 
champ mal tourne\ (M6n.) Syn. de Besague, 
Guingourage. 

Bicrots, Biquerote. Z. 130. — Petits de la 

bique. || Je pr6f6rerais Biquereau, pour cette 
raison que le t final se prononcerait a Mj., s'il 
existait. 

Bidalne (Tim., Sp.,) s. f. — Pecore. Appel- 
lation un peu ironique que Ton applique aux 
gamines. Ex. : Va done, grande bidame ! — 
Se dit surtout, en mauvaise part, des gamines 
degingand£es. Ex. : N'y a pas moyen de ren 
en faire de cet6 grand bidaine-lk. Syn. att6- 
nuat. de Birogue ; syn. de Bougane, Bide lie. 

Et. — Tient au fr. Bidet, comme Birogue tient a 
Bite ; a moins que le mot ne soit une corr. de 
Bigane. 

Bldebois (Mj.), s. m. — Petit disque de 
bois, de la largeur d'un centime et percS au 
centre d'un petit trou. Les enfants achetent 
par chapelets de cent ces petits disques et 
s'en servent dans leurs jeux comme d'une 
monnaie d'acompte. — Cet usage semble 
avoir disparu. 

Et. — Le mot est pour Bille de bois. 

Bidecir (Mj.), s. m. — Syn. de Bidebois. 

BldcUe (Sal.), s. f. — Grande fille mal faite. 

Bidcr (Pa). — Toucher. Au jeu de boules, 
quand deux boules, des deux camps opposes 
touchent le Maltre, on dit : fa bide, ou : 
Tout bide ; — les deux boules touchent. — 
Et alors : Qui a fait, defait ; c.-a-d. que le 
camp qui a fait ce coup le dernier, doit jouer 
encore, pour le d^faire. Syn. de Serrer. 

Et. — Je vois dans des Glossaires : biter (Or.) ; 
bitter, toucher 16gerement. (Dott.) 

Bidet' (Mj., Lg.), s, m. — Le nume>o un, 
au tirage au sort. Ex. : II n'a pas de chance, 
il a rapporte bidet'. || Et. Support a trois 
pieds auquel les laceuses fixent leur engin 
pendant qu'elles travaillent. 

Et. — Le premier sens de bidet est : tres petit. 
Le n° 1 est le plus petit? — Celitq. bidein, iaible 
creature. — GrriLL. mSme sens. — Au second sens, 
tres clair. 

BIdochc, s. f. — Viande. Mot de la langue 
des casernes et d'introduction r^cente. 

Bldon i (L., Br., Sp.). — Pinson. || Bidon 
de mer, sorte d'oiseau de la famille des passe- 
reaux et a peu pres semblable au pinson, sauf 
que les plumes du cou sont plus grises. 

Bidon * (Vz., Cp.), s. m. — Tisserand. N* 
Ce mot est connu, mais a peu pres inusite a 
Tim. et a Yzernay. 

Bidonnee (Mj.), s. f. — Le contenu d'un 
bidon. 

Sideline (Vz., Cp.), s. f. — Tisserande. V* 
Bidon. 



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100 



BIDOUNER — BIGER 



Bldouner (id.), v. n. — Travailler au metier 
de tisserand. 

Bidroiller (Lrm.), v. a. — Prononc. Bi- 
dro-yer. — Brasser, battre, melanger de 
facon a donner a une chose molle un aspect 
liquide et peu soign£ comme preparation. 

BidroUloox (Sal.), adj. qual. — Yeux 
bidroilloux, — qui ont les cils pleins de cire. 
V. Biroille. 

Bldrou. Z. 134. — Terme de m6pris ; qqf. 
employ^ amicalement. || By. Zig. 134, s. m. 
— Mauvaise toupie. Syn. et d. de Bidrouille. 
Fig. Nabot. 

Bidrouille, '(Mj.), s. f. — Syn. de Bigane. 
II Fig. Pecore. || Morceau de bois grossiere- 
ment taille et muni de quatre pattes qui 
repr&sente une chevre ou une vache. — Mor- 
ceau de bois informe, vieille toupie hors 
d'usage dont les enfants se servent dans 
certains jeux. Syn. de Gazouille. 

Et. — Ce mot se rattache a la famille des mote : 
Bique, biqueton, biquereau, beguette, beillon, bion. 

BIdroniller (Chi.) v. n. — Aller de travers. 

Bie 1 (Li., Br.). Le ble. — || Chm. — Du 
seigle. 

Et — Ital. Biada, B. L. bladum, blavum (d'ou ; 
emblaver), blava, blavium. — Pron. de bl mouille. 

Ble * (Fu.), s. m. — Pour : bief . . . I sont a 
curer le bit du Moulin des Touches. 

Bielle (Lu., Ec), s. f. — Veste ronde, — 
courte, genre breton. V. Carmagnole. 

Bien (Mj.), adv. — Beaucoup. H Bien gnia- 

t-il il y en a beaucoup. Se dit a la tin 

d'une phrase. Ex. : Les hommes ne sont 
guere raisonnables, bien y a-t-il. — N. Pris 
dans le sens de : beaucoup, ce mot se prononce 
a peu pres toujours : bien (et non : ben) sur- 
tout lorsqu'il est le dernier mot de la phrase. 
il Fu — Se prononce toujours: ben, quelle 
que soit sa place. Au Fu., l'expression Ben y 
a-t-il est tout a fait inconnue ; on dit, dans 
le meme sens : Berchouse y a-t-i. 

Bieofalt, s. m. — Cette ancienne * expres- 
sion s'employait pour : usufruit. (Men.) 

Hist. — « La Coustume tTAnjou, art. 222. — Les 
puisnes masles ne sont fondes de tenir et avoir leur 
portion d'icelui tiers qu'en bienfaU seulement ; 
c'est a scavoir leur vie durant. — De : benefactum. 
qu'on a dit pour : beneOcium, mot qui se trouve 
dans les Capitulaires de Charlemagne. — De la 
aussi les benefices ecclesiastiques possedes par usu- 
fruit. » — « Tenir a bienfait, c'est tenir a vie seule- 
ment. (L. C.) 

Bienveillant (Mj., Fu.), s. m. — Subrog6- 
tuteur. 

Bier (Lg.), v. a. — Lier, des gerbes ; serrer 
' U Billc. Pour : biller. Cf. 



!,• ii 



;tM liltivriJ 



Biere ^Mj.). - C'esL \rds de la peulc uu.re, 
— c'est qqn ou qqch. de considerable, qui a 
de rimportance. 



Biez (Mj.), s. m. — Dans les bateaux de 
mariniers, celui des fronteaux qui se trouve 
immeiiiatement en avant de la cabane. 

Bigabon (Ag.), s. m. — Boudeur,qui bou- 
gonne ; personne de mauvaise humeur, ca- 
ractere. 

Blgalllard (Lg.), s. m. — Petit marchand 
de bestiaux, celui qui bigdille. 

Bigaille (Ec), s. f. — N'avoir que de It 
bigdille, — pas de cartes marquantes au jeu 
de luettes, ou d'aluettes. De bonne bigdille, 
jeu satisfaisant. — Quand on n'a que de la 
bigdille, on dit : C'est a en faire le tour de 
gueux ; jT rais ben caca dans la main du 
faiseux. V. Bigdiller. 

Bigailler (Lg.), v. n. — Faire un petit com- 
merce de bestiaux de quality infe>ieure. De>. 
de Bigue avec suffixe pejoratif. 

Bigaillon (Sal.), s. f. — Personne mal 
emmanche'e, — sauteuse. — V. Bigane. 

Bigane (Mj.), s. f. V. Bidrouille, Gazouille. 
|| Sal. — Sorte de haute toupie. — Sauteuse. 
V. Bigaillon. 

Blgaoer (Mj.), v. n. — Becher, ou piocher 
avec effort et sans grand resultat. Syn. et 
corr. de Bigourner. || (Sa). — Disputer, ta- 
quiner. Syn. de Haricoter. 

Bigarrole, €t (Mj.), adj. qual. — Bigarre. 

Et. — Bigarrer vient de : bivariare, pour : bl 5 - 
variare. Dans les provinces d'Anjou et du Maine, on 
appelle garre une vache pie, et garreau un taureau 

Eie, de varius et varellus. — On a aussi appele 
igarreau une sorte de cerises, parce qu'elles sont 
bigarr^es de noir, de rouge et de blanc. — M. de 
Saumaise dit (en latin) que les Franco-Celtes les 
appellent : Bigarelles parce qu'elles sont de couleurs 
varices. Les Oaulois appellent « bigarrotum » ce qui 
est « variegatum ». 

Bigarrolures (Mj.), s. f. pi. — Bigarrores, 
bariolages. 

Hist. — « L'aube au rosin atour. 

« Les cieux voisins bigarroit a Tentour. * 
A. de Baif, f° 249. (L. C.) 

Blgaux (Smc), s. m. pi. — Menues pailles, 
balles de ce>6ales. Syn. de Ventin, Gobies, 
Barbillon, Pous. 

Bigbog, s. f. — Vulg. aristoloche, ctema- 
tite (Men.) Bat. — Vulg. Ratelaine. 

Bigeoise, adj. et subs. — Bete. Dans nos 
faubourgs on dit encore : La pSche est 
bigeoise ,pour: la fllle est b£te. (Men.)?!* 

Biger (Mj.), v. a. — Baiser, embrasser sur 
les joues. || Eter' coiftee a la fcige-moi-vite, 
d'une maniere coquette et provocante, en 
parlant d'une jeune fille. — N. Quand on 
bige un enfant non baptist, on est exempt 
pour l'ann^e du mal de dents. Croyanea 
populair<\ — !| Bi°er 1p nil a la bonne famm^ 
on. smi[>I' i nn'iit. <i« j la vi*»illr, ue pas faired^ 
tave aux cartas - ou ne pas compter un seul 
point au jeu de boules. Cela ne se fait pas 
effectivement, mais, parfois, il se trouve una 



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BIGNE - BILEUX 



101 



pancarte representant l'objet en question, et 
les joueurs malheureux sont contraints d'y 
coller leurs levres. Cest la derniere des humi- 
liations. || Biger son pouce, — ne rien toucher 
pour sa part ou pour sa remuneration. || 
Biger en cur6, — eflleurer a peine les joues du 
bout des levres. || Fu. Meme sens : Bige~m6 
done un p'tit. 
Et. — Doublet de Biser, corruption de Baiser. 
A citer la chanson enfantine : 
— Quand j'6tais petit 
Je n'6tais pas grand ; 
Pour biger les filles 
J'montais sus ein banc. • 

Bigne * (Mj.), s. f. — Bosse, enflure. || Lg., 
s. f. — Quignon, gros morceau de pain. Syn. 
de Cargnon, Graiss&e, Beurree, Calot, Pecee, 
Paissee. \\ * Interj. V. Bagne / 

Hist. — Et une fois si se fit une bigne, 
Bien m'en souvient, a 1'estale <run boucher. 

Villon. 

Bignole (Mj.), adj. qual. — Bigle, qu 1 
louche. (Calorgne, Biclard, Bilorgne.) Gette 
petite fille est bignole. 

Et. — II est probable que ce mot est un doublet 
du vx fr. Biscle et du fr. Bigle. II indiquerait que 
ces mots de>ivent comme lui du lat. Bis + oculus. 
Dans ce cas, les mots fr. Bigle et Bigler ne seraient 
que les mots patois Bignole et Bignoler corrompus. 
A remarquer cependant que le breton a Bling, 
louche. Notre mot Bignole serait-il pour Blignole, — 
ou Bling, — ceil. Cf. Campiot. 

Bignoler (Mj.), v. n. — Bigler, loucher, 
lorgner. || P. ext. v. a. Examiner attenti- 
vement autour de soi. Regarder d'une 
facon insolente ou indiscrete. Ex. : T'as pas 
besoin d'6ter' a bignoler ce qu'on fait. — V. 
Bicler. || Lorgner. 

Bignon (Lue). — Source d'un champ. 

Hist. — Je trouve dans C. Pobt plus de 30 fois ce 
nom, et, entre autres, Le Bignon, commune de 
Longeron, sur l'emplacement d'un vaste 6tang 
aujourd'hui dess6che\ || N. II n'existe pas de 
Bignon au Longeron. II y a un Bignon a La Ro- 
magne, sur la route de La Seguiniere. — La fon- 
taine du Beugnon forme la limite des trois com- 
munes de Mj., Le Mesnil et La Pommeraye. 

Bfgorneaa (Mj.), s. m. — Petit mollusque 
aquatique, du genre limacon, que Ton trouve 
fixe sous les pierres, le long aes rives de la 
Loire. — Littorine vulg., bis-come ; pour 
Bicorneau. Excellent appat pour la p§che. 
II Ec. — Bigorneau de mer, tres estime" a 
Angers et ailleurs. Cri : Qui veut des 
bigourneaux — 6 ; qui veut des bigourneaux ? 

Bigot (Sar.), s. m. — Insecte de la cerise. 
V. Blin. 

Bigote l (Sp.), s. f. — Sorte d'immenses 
coiffes a fond plat et extrSmement larges, que 
les femmes portent aux environs de Thouars. 
|| Ec. La coifTe a la bigote, ou a la bibi, an- 
cienne coiffe a bords 6troits et fond plat. On 
n'en voit plus. Remplac6e par la coifTe a 
plis plats, souvent fond riche. — Citons la 
coiffe a tuyaux, se rapprochant de la Ponts- 



de-ceKaise. II y a encore la coifTe a la Gueuse 
ou Bride-goule, coiffe commune pour le tra- 
vail. — II y a toujours un serre-tSte sous la 
coiffe. || * Mj. — Ancienne espece de poire. 
On emploie encore la comparaison proverb. : 
Secouer comme ein poirier de bigote. ||N. Les 
Russesdisentproverbialement deleur femme : 
Aime-la comme ton ame, mais secoue-la 
comme un poirier. || 3 loc. adv. — A bigote, 
— k califourchon, comme on porte souvent 
les enfants. — Porter a la bichecorne, a la 
cabre morte (Rab., Ill, 126). L. G. 

On chante souvent ce vieux refrain : 
— « J'ai tan t porte la hotte 
A bigote 
Que j'en ai mal au. . . (dos) 
Bigotu. » 

— Au jeu de boules, quand une boule est lancee 
avec trop de vigueur, on lui crie ironiquement : A 
re voir, bigote I — Origine? 

Bigonrneau (Mj., Fu.). — V. Bigorneau. 

Bigonrner (Mj.), v. n. — Piocher. || Faire 
un petit travail de culture avec beaucoup de 
lenteur. Cf. Biganer. 

Et. Pour : bicorner, de bicorne. 

BIgre, s. m. — Pour : aveilleur ou abeilleur 

(MfeN.). 

Et. — Garde-forestier pour la conservation des 
abeilles. B. L. bigrus, bigarus ; form6 du radic. 
german. bi (angl. bee ; dan., bie ; all. mod, biene), 
abeille, et gar, rad. qui se trouve dans le ha. waren, 
garder. — D. C. V° bigrus. 

Bigne (Lg.), s. f. — Mauvaise "bfite. Syn. de 
Bringue, Biringue, Birogue, Pihie. Probable- 
ment d^r. du fr. Bique. || Bique, chevre, cf. 
Biqueton. \\ Fig. Animal de peu de valeur, 
rosse. || Petite fille ch^tive et mechante. Syn. 
de Chivrille, Bidaine. 

Bijane. s. f. — Soupe dont le bouillon est 
constitue" par du vin. Syn. de Soupe-a-la-pie, 
Toutaie, Trempinelte. — N. Ce mot est connu 
a Mj., mais il vient de la Varanne, ou il est 
end^mique, comme la chose. — (Lros., Sal.,) 
id. 

Hist. — « Car notez que e'est viande celeste, 
manger a desjeuner raisins avec fouace fralche, 
mesmement des pineaux, des flers, des musca- 
deaux, de la bicane. (Raisin dont on se servait pour 
faire du verjus — ?) — Rab., G., i, 25, 51. 

Bijau, adj. et subst. (Segr.).) Traitre (M£n.) 

Bijoatter (Lg.), s. m. — Nom que Ton 
donne par dension aux casseurs de macadam. 

Bilbo to. — Z. 137. Tortueux, inegal, rabo- 
teux ; un chemin bilbotu. Syn. de Bagotu, 
Malplanche. 

Blier (se) (Mj.), v. r6f. — Se faire de la bile, 
se chagriner, avoir des id6es noires. || Se fati- 
guer, travailier beaucoup. On dit aussi dans 
ce sens : Se fouler la rate. 

Et. — L. bilis ; Tanc. fr. disait : cole, de khol6, 
bile (m£lancolie). 

Bileui, se (Mj.), adj. qual. — Hypochon- 
driaque, atrabilaire, d'humeur triste et mo- 
rose* On dit par antiphrase, en parlant d'un 



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102 



BIUARD — BIOTTfi 



joyeux vivant : En vela ieun qui est bileux 1 — 
Pour : bilieux. || On dit encore : Eh ! ben, t'es 
pas bileux, t6 ! — a qan qui se paye ou qui 
desire une fantaisie au-aessus de son 6tat. 

Billard (Mj.), s. m. — Piece de bois cylin- 
drique qui forme l'axe oblique de la peautre. \\ 
Jouer au billard anglais, — faire r amour. 

Et. — Billard est proprement une crosse a cros- 
ser, ei vient de bille, au sens de piece de bois, et le 
nom du jeu actuel vient de la queue, qui 6tait et 
s'est dite un billard, ou baton. — B. L. Billa, 
Billus, xir 3 s. ; branche, tronc d'arbre ; du celtiq.- 
irl., bille ; bas-bret., bill, pill. — Voir D. C. Billa. 
Hist. — « Je lui donnai en beau don, 
Nau, nau, 
Mon billard et ma pelotte, 
Et Guillot, mon compagnon, 
Sa trudienne et sa marotte. » 

Noels ang., p. 19. 
N. — Billard, trudienne, marotte sont a peu pres 
syn. 

— « Et un billart de quoy on crosse. 
Villon, G. Testament. 
— « Viens avec moi, mon cher Coquard, 
Et t'appuie sur ton billard. » 

Noel ancien. 

Bille (Mj., Lg., Fu.) — s. f. Morceau de bois 
conique, long de 40 centimetres environ, avec 
lequel on serre le lien des gerbes. — V. Billard. 
Hist. — « Les plus arrieres les attachaient (le? 
bouts de la ceinture de leur culotte) a l'aide de 
petits morceaux de bois designes sous le nom de 
billes et dont ils se servaient encore qqf. pour leurs 
* gilets. » (Deniau, i, 55.) 

BUler 1 (Mj.), v. a. — . Lier les gerbes au 
moyen de la Bille. — Syn. et d. de Bier. 

Biiler \ — Payer un billet. Ex. : Je vais 
biller, c.-a-d. je vais payer un billet, ou rece- 
voir un pecu de ce que je dois. (M£n.) 

Et. — Billet, diminut., du B. L. billa, rescrit, 
c£dule, de Tangl. bill, latinis£. Alterat. de bulle, 
bulla. La confusion entre bille et bulle est evidente. 
Bulle, de Boule, employe pour : sceau, a cause de la 
rondeur de la boule de melal appendue au sceau. 

Billet (Mj.), s. m. — Prendre un billet de 
parterre, — faire une chute. || Je t'en fiche 
mon billet, — je te l'assure. — V. BUler. 

BUIette (Sp.), s. f. — Syn. de Bille. 

Billon * (Mj.), s. m. — Cordelle, cable, 
longue corde servant a haler les bateaux. || 
Gorde a elendre la lessive. Syn. de Etendard. 
V. Lace. 

Billon * (Sp.), s. m. — Grosse bille a jouer. 
Syn. de Boulet, Tac. V. Bille. 

BiIIonn6e. — Jauneau, clair bassin, ficaria 
ranunculoides, ayant racines granuleuses, a 
fleurs jaunes. (M£n.) — Petite £claire, petite 
chelidoine. (Bat.) 

Billot- a-l'oing, s. m. — Piece de bois sur 
laquelle on attache un morceau* de cuir, de 
peau, pour retenir un peu d'oing ou de 
graisse, sur laquelle on frotte Tinstrument qui 
sert a la division de Tardoise. (M£n.) 

Bilorgne. — Z. 136. — Louche, bignole. 

Blnard (Cho.), s. m. — Un buffet 



Bine (Lg.). — Gros morceau de pain. Syn. 
de Calibier, Guergneau, Cargnon, Calot. 

Biner (Mj., Fu., Ec), v. n. — Perdre le 
temps, veliller, lambiner. Ex. : Je sais pas ce 
que tu bines-Id. || Faire, pris en mauvaise 
part. Ex. : Que bines- tu la a boyer la goule, au 
lieu de t'en venir? || Passer la tranche (la 
houe) dans les cultures, pour sarcler. On bine 
les choux, les laitues ; on cabosse la vigne. 

Et. — Pour : beliner, au premier sens. Cf. 
Binger. 

Binette (Mj.), s. f. — Mine, apparence, 
physionomie, Se prend en mauvaise part 
Syn. de Balle, Trombine, Bobine, Trompette. 

Et. — Les perruques de Louis XIV furent dites 
binettes, de Binet, premier faiseur du roi apres la 
Vienne. (Lrrr.) 

Blnenr, s-. m. — Ouvrier qui bine, qui 
donne la deuxieme facon aux vignes. (Revue 
de VAnjou, aout 1883.) 

Binense (Lg.), s. f. — Houe a cheval. Syn. 
de Egdilleuse, Trimbale. Du fr. Biner. 

Binger (Sp.), v. n. — Syn. de Biner , Beliner. 

Binoche (Mj.), s. f. — Binette. V. Binocher. 
Syn. de Piochon, Terbechet. || Fu. — Terbiche. 

Binocher (Mj.), Lg.). — Biner a plusieurs 
reprises, — tegerement. Frequent, de Biner. 

Blnochon (Mj., Lg.), s. m. — Petite binette, 
serfouette, Syn. de Piochon, Terbechet. Dim. 
de Binoche* 

Blnocle (Ec). — Piochons, pousses tendres 
de choux verts. Syn de Bichote f Epiau. 

Bion (Mj., Br.), s. m. — Biquet, chevreau. ! 
Petit nuage tres noir. || Petite averse. || Petit 
lot d'objets mobiliers. Ex. : 11 portait tout son 
bion dans ein mouchoir. 

Et. — Sync, pour Beillon, ou Biqueton. — Hist 

a Chappons, poulles, oysons et biains (1570- 

1634. Inv. Arch., m, p. 225, col. 1.) — « Tant for- 
mant que seille et avoine, chastaigne, noidz, chap- 
pons, poulles, oysons et bians. (xvr* s., Ibid.) 
Quand un garcon de ferme quitte sa place, a la 
Toussaint, p. ex., des camarades viennent Taider k 
emporter son balluchon, son bion, et Ton chante : 
S'meiller, vins done... II est venu. Et le torn- 
melier apporte du vin dans des arrosoirs. (Mgs.) 
— Cela s'appelle aussi : Rouler le bion. (Bf. ) 

|| Mauvaise prononciation de : bien. On pro- 
nonce : le mien — le mieun ; bien peut se prononcer 
bieun, proche de bion. 

Blonner (Sp.), v. n. — Chevroter, mettre 
bas, en parlant de la chevre. II Fig. Desarcon- 
ner son cavalier, — en parlant d'un chevld. 
V. Pouliner. — Syn. pour le premier sens, de 
Biquetonner, Biquetouner. 

Bions (Cho.). — Frisettes. Une personne 
fris6e dit, quand on Ten complimente : Oui, 
j'ai de beaux bions, — de jolies frisettes. 

Blot « (Lg.), s. m. — Billot. Contr. dumot 
fr. Cf. Cotion, Sion y Evier, Bier. 

Biotte. — Cal^, embourbe\ La roue de ma 
voiture est biotUe. Syn* de Accotl. 



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BIOU - BIRET 



103 



Blon, s. m. — Petite bique dont le ventri- 
cule fournit de la pressure. (M£n.) V. Bion. 

Bionner (Sp.), v. n. — V. Bionner. 

Blquart (Sh., Lue\ Mj.), s. m. — Petit 
domestique destine a garder les bestiaux, sur- 
tout les chdvres, dans les champs. — Mieux 
que Bicard. V. Bitrou. 

Bique (Mj.), s. f. — Fig. Vache maigre. || 
Jeune personne maigre et efllanaue'e. || Faire 
bique. Petit jeu oui consiste a cnoquer avec 
rextreinite* de 1 index tendu le bout de 
1'index d'une autre personne. Ce jeu rappelle 
le manege de deux chevres qui se choquent de 
la t§te. || Qsl se tient comme des crottes de 
bique sus ein baton, — cela n'a ni rime ni 
raison. || Bique-d-bique, — ric-a-rac, tout 
juste. Ex. : fa y a 6te* bique-a-bique. || Gam ne 
sans consequence. || (Lg.) Support en forme 
de petite echelle que Ton place sous le timon 
d'une charrette, deHetee, pour servir de 
chambrtere. || Support en forme d'une grande 
selle a trois hautes pattes, sur lequel les 
raacons placent leur oiseau, ou cossard, pour 
le remplir de chaux et le charger. || Support 
en bois destine" a supporter le bois qu'on doit 
scier. Che valet. || Sorte de tabouret monte sur 
trois pieds. (Br.) : Prends done ta bique, tu 
vas tirer les vaches. I| Faire bique : s 6quili- 
brer, se compenser. V. Bic-a-bic. || De bique 
en coin (Lu6), — diagonalement. V. Bisque- 
en-coin. || Us tensile de charpentier en 
bateaux qui consiste en un banc de bois, 
portant a son extr6mit6 une forte machoire, 
que manoeuvrent les pieds de Touvrier au 
moyen d'un levier qui traverse la bique. Cet 
ustensile sert a mamtenir les morceaux de 
bois que Ton travaille a Taide de la plane. 

Et. — Malvezin fait venir ce root de la rac. 
celtiq. Bic, fuir (comme Beic). U'oii : bicea, pour 
beica. dans notre mot bique, chevre, soit : la 
fuyante, et le diminutif biquet, chevreau (en namu- 
rois : biquet, lievre, meme sens propre de : fuyant, 
et dans le paraltele biche, femelle du cerf. — La 
plupart des sens ci-dessus proviennent d'une idee 
de forme (3 ou 4 pieds), et de support. Cf. Chevalet, 
de : cheval ; poutre = jument. 

Bique-en-coln (de) (Fu), adv. — Diagona- 
lement, de travers. — V. Bisque en coin. 

Biquereao (Mj., Sp.), s. m. — Biquet, che- 
vreau. — Z. 93. 

Biquerie (Sa.), s. f. — Trds petite exploita- 
tion rurale, closerie. Syn. de Border ie, Bor- 
doge, Valoirie, Loqt^eterie. (Closerie infe>ieure 
a cinq hectares (Dorr.). La Biquerie, la 
Biqueterie.) 

Et. — Du fr. Bique, parce que l'exploitant n'est 
cense nourrir que des chevres. 

Biqueton (Mj.), s. m. — Biquet, chevreau. 
Ex. : A saute comme un bique ion. Syn. de 
Biquet, Biquereau, Biquot, B equal. || — (Lg.) 
B^te ch^tive. Ex. : Ein m^chant biqueton de 
taureau. Cf. Bigue, chivrille. Syn. de Tau- 
rdillon. || (Bg.) Les bique tons sont aussi des 
ougeurs qui proviennent aux jambes des 



femmes qui abusent de la chaufferette trop 
ohaude. Cf. Chevre. || Fu. — Le troisieme pied 
ae la ch&vre des charpentiers, celui qui est 
mobile. 

Biquetonner (Auv.). — Syn. de Bionner. 
Mettre bas, en parlant de la chevre. || Etre 
long a faire une mauvaise besogne. On a fait 
biquetonnier. (Seg., Men.) 

Biquetonner (Tim., Lg.), v. n. — Syn. de 
Biquetonner, Bionner, Bequoter. 

Biqnette (Ag.), s. f. — Jeu d'enfants. — Au 
jeu de billes. Le joueur, a partir du lieu ou est 
places sa bille, fait, de la main gauche, un 
empan, distance entre rextrSmite* du pouce et 
celle du petit doigt, ^cartes le plus possible. 
Puis, ramenant le pouce a la place du petit 
doigt, il prend, cette fois, Tintervalle entre le 
pouce et Tindex e*cartes. Alors, il place la 
main droite, ou se trouve la bille a jouer. — 
La premiere phalange du pouce e*tant main- 
tenue par les trois derniers doigts replies, la 
bille se trouve place* e sur la jointure du 

f)ouce et sous la premiere phalange de 
'index. Cest le pouce qui, faisant ressort, 
doit chasser la bille ; et il ne faut pas poigner 
(Cf. zogner), c.-a-d. donner du Doing une 
saccade en lancant la bille, mais detendre le 
pouce sans remuer le poignet. — Voir : 
Poquer, Bouliner, Beder, Poigner. 

Ef. — La main, dans ses mouvements pour se 
placer, imite la demarche d'une bique? 

Biqolard (Lrm.), s. m. — Celui qui biquie. 

Biquier l (Lrm.), v. a. — Ajuster, regarder 
attentivement en fermant un ceil. Sens p£jo- 
ratif. Se dit de ceux qui ont une mauvaise vue 
H qui ferment a demi les yeux en regardant, 
— ou encore de ceux qui louchent. — Pour 
BHer, avec prononciation sp^ciale de cl. 

Biquier * (Sa., Tim.), s. m. — Petit valet de 
ferme. Syn. de Biquart. — Du franc. Bique, — 
parce que ces gamins gardaient autrefois les 
biques. 

Biquot (Lg.), s. m. — Biquet. Syn. de 
Btquot, Biquereau, Biqueton. 

Bire (Auv.), s. f. — Anesse, bourrique. 

Birebarrelagc (Mj.), s. m. — Bariolage. 
Birre pourrait prendre deux r. 

Birebarreler (Mj.), v. a. — Barioler, rayer, 
z£brer. Syn. de Barrificoter, Barreloter, 
Birebarrer. 

Et. — Pour : Billebarrer ; de bille (barre, raie) et 
barrer. Un habillement billebarre. — Voir D. C. a 
Bureaus, sous Birrus, dont il derive. 

Birebarrelures (Mj.), s. f. pi. — Bariolage, 
rayures, z^brures. 

Birer, ette (Mj., Lg.), adj. qual. — Her- 
maphrodite. || Impuissant, impropre a la 
g6ne>ation, a la reproduction. Se dit des 
plantes, des animaux et de Thomme. Syn. de 
Mule, Mulet, Varlot. |[ Double, g6mine\ en 
parlant d'un fruit monstrueux. 



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104 



BIRETTE — BISE-GALERNE 



• a. 



Et. — De>. de Bire, pris au sens de mulet. ■ 
dans Jaub., Bret, qui n'a qu'un testicule. 

Birette, s. f. — Pomme de terre femelle, 
sans germes. || Espece d'instrument aratoire 
qui sert a l'ensemencement du lin et du 
chanvre. (MAn.) || Nous appelons en Anjou : 
birette, la cale des quais. (Manage.) ^ 

Viringue (Lg.), s. f. — Mauvaise bMe. Syn. 
de Eigne, Bringue. A rapprocher de Birogue, 
Biroquin. 

Biritte (Lg.)- — Gros crachat-muqueux et 
d£goutant. Syn. de : Caraillas, Calot, Mor- 
vias. 

Birogue (Mj.) s. f. P6core, rosse. Ce mot 
injurieux, mais depourvu de sens precis, 
s'applique aux personnes et aux animaux. 
Ex. : A rfafJUera pas, tiens, cete grande 
birogueAk. 

Et. — II est probable que ce mot signifie bour- 
rique, et se rattache a Bire, Birot. 

Biroille (biro-ille), 6e (Sp.), adj. qual. — Se 
dit des yeux rougis ou ternis par les larmes. || 
Mj. — Chassieux. Syn. de Besilloux, Ebesille, 
Ebiroilld y Bidroilloux. 

Et. — Cette derniere acception est le sens elymo- 
logique. En elTet, ce mot est pour : Beurre-oeille, 
ainsi que le prouve la loc. longeronnaise : Avoir du 
beurre aux yeux. 

Blrolller (Sp.), v. a. — Regarder, lorgner 
avec insolence ou indiscretion. V. Bicler, 
Ecornifler, Bignoler, dont il est le doublet. 

Et. — Bireuil, louche, qui regarde de travers. 
Du vx fr. Birer, tourner. Lat. virare ? 

BirolUoo (Lg.). Pron. biro-illon, s. m. — 
Orgelet, compere-loriot. Syn. de Bourguignon, 
Hardillon y Grain (Torge, Parpillon. 

Et. — De : biroiller. N. C'est probablement par 
utie confusion voulue et maligne avec ce mot qu'on 
a applique au bobo susdit le nom de Bourguignon. 
Cf. Limousin. 

Blrole (Mj.), adj. qual. — Bariole\ 

Biroqne (SaL), s. f. — Mauvaise femme, 
coquine. V. Birogue. 

Biroquin (Mj.), s. m. — Rosse, haridelle. 
Syn. de Carcan. Dimin. de Birogue. 

Birot « (Auv., Bg.), s. m. — Ane, bour- 
rique. De Bire. 

Birou (Mj.), s. m. ou adj. qual. — Bigre, 
diable. Ex. : fa, birou ! je peux pas en venir 
au-dessus. — Forme attenu^e de Bigre, att£- 
nu6 lui-meme de Bougre. V. Garou. 

N. — Ne s'emploie guere que dans des exclama- 
tions de ce genre : « Ah ! queun birou ! — ah ! 
bigre t » 

Birouiller (Cho.). — Commencer a entre- 
voir, — quand on a eu une maladie des yeux. 
Doublet de Biroiller. 

Biroux s. m.. — Homme ayant les yeux 
tourn£s. 
Et. — Bis-ojo, louche, double ceil. (Litt.) 
Bis 1 Ber, Bes, Bre; Bar. — Particule a sens 



pejoratif, qui en fait un syn. de mal. — Bis a 
aussi le sens de : deux fois. Ex. : Beluette, anc. 
Besluette, berluette, mauvaise petite lumiere 
par extension, 6tincelle. 

Bis *, — e (Ec). — Couleur jaune sale 
Canard bis, cane bise. 

Bisaigne (Mj.), s. f. — Besaigue\ 

Bisbise (Mj., Lg.), s. f. — BisbiUe, diffi- 
cult^. Syn. de Chakail. Corr. du mot fr. 

Bisealen, s. m. — Grosse bille en marbre, 
ou : tac.Syn. de Boulet. 

Biscaut, s. m. — Ce nom se donnait aux 
prStres qui disaient deux messes de suite, en 
Anjou, d'apres Claude Robin. (M£n.) 

N. — « C'est s'exprimer mal que de dire : Ce 
pr£tre fait le bis, notre vicaire a le bis ; il f aut dire 
Ce prStre bine, a la permission de biner. (Lrrr.) 

Biscien (Mj.), s. m. — Petit brochet. 

Biscornlere (en) (Mj.), loc. adv. et adj. — 
De forme anguleuse. || Tout de travers, irr£- 
gulier, biscornu. 

Et. — C'est le fr. Corniere, avec le preT. Bis, qui 
y ajoute une nuance pejorative. 

Bise (Mj.), s. f. — Le Nord-Est. Ex. : II fait 
du grand vent de bise ; le vent s'est toum£ 
dans la bise. Cf. Galarne, Bas-galarne, Sou- 
Ure. || Adj. qual. — Qui vient du N.-E. Ex. : 
Le vent est bise. 

Et. — Plusieurs 6tymologistes le font venir de: 
bis noir (pain bis). — Hist. : 

— « Or puis-je bien le gros bis esmyer, 

Car j'ay mange mon pain blanc le premier. 
Cbktin, p. 194. (L. C.) 

— « Bisium, de : bysseum, couleur de coton. • 
(D' A. Bos.) 

— « ...Se les femmes blanches et bises 
Hantent voulentiers les Eglises, 

Rebours de Mathiolus ( ?) 
Apres tous deux se tint franchise 
Qui ne fut ne brune, ne bise. 

. de la Rose. 

— «... M'a Diex donne, li rois de gloire 

Et povre rente 

Et froit au cul quand bise vente. 

(Rutebosuf, Le dis de la grieche d'yver. I, p. 95.) 

— « . . . Ah ! prelat de Sainte Yglise 

Qui por garder les cors de bise 

Ne volez aller aus matines. 

(Id., Com plaintt d Outre- mer, I, 95.) 

— « De bis, chose contraire, mauvaise, fausse ; 
d'ou bisa, dans bise, vent froid, mauvais. — 
Malv. 

Blseau,, s. m. — Ganche. Nom vulgaire de 
qqs cype>ac£es, a cause* des feuilles dures. 

(MfeN.) 

Bise-galerne. — Yeux qui louchent de 
facon excentrique. — Et, par extension : 
Droite, gauche. 

Hist. — Quand le soudard. . . finissait par ren- 
contrer le regard de la mignonne drapiere, celle-ci, 
se detournant tout aussi tot..., rencon trait de 
suite 1'oeil du robin qui, inevitablement, baillait aux 
grues de 1'autre cote, car si l'un elait en bise, 
1 autre se treuvait en gaUrne, (Hist* du «p temps* 
p, 389.) 



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BISER - BLAGUER 



105 



Biser (Mj.), v. a. — Baiser, embrasser sur 
les joues. Ai se prononce comme i. Va biser 
lantine. Cf. Biger. — || By. Biser en cure\ — 
approcher joue contre joue. 

Et. — Biser et Biger sont probablement des deri- 
ves directs du lat. Basiare. lis seraient done des 
doublets et non des corrupt, du fr. Baiser. Tous 
deux s'emploient uniquement et exclusivement 
dans le sens indique ci-dessus, et jamais dans les 
acceptions donnees a Baiser. 

Hist. — « L'histoire finie, il faisait embrasser 
1'arme a son jeune pensionnaire en lui disant : 
< Bise tchio fusil, man p'tit gas ! bise-le !. . . t'en 
verras jamais de sa force ! » — (H. Bourgeois, 
p. 32.) 

Btoet, s. f. — Jeune fllle brune. Vf. Bis, 
pour : pain noir. 

Et. — Lat. Bisetus, D. C. — « Bisette, comme 
Brunette, se disait des femmes au teint brun. » 
(L. C.) 



Bis«t, s m. 
Biset. 



Boeuf a robe jaune-noir. V. 



Bisqoant (Mj., Lg., Ssl.), adj. verb. — 
Vexant, contrariant. 

Bisque- en- coin. — Z. 137. — Sans ordre, 
sans regular ite\ Un appartement meuble* de 
bisque-en-coin. V. Bique, Bistencoin. 

Btoaehta (Mj.), s. f. — Le contenu d'un 
bissac. — Le fr. emploie : sachee. 

Bisaet (Sal.). — Bissexte. Annee du bisset, 

— bissextile. 

Bfesttre (Lg.), s. m. — Animal imaginaire 
qui est le mtoe que le Couard, le Dalut, la 
Darue ou Dtrue, le Tarin. N. Aujourd'hui, 
au Lg., on ne dit plus guere que le Couard. En 
me sign al ant ce vieux mot, on m'a fait cette 
remarque tres inte>essante que les anciens 
£tablissaient tou jours une correlation entre 
le Bissetre et les annees bissextiles. Enten- 
daient-ils que, dans ces annees surtout, le Bi- 
setre apparaissait, ou qu'il se rnon trait le 
jour suppl£mentaire de tevrier? On n'a pu 
me prtciser ce point. Mais, d'apres cela, le 
mot BissStre est le doublet de Bissextile. — 

V. LlTTRE. 

Btotaud (Ag.), s. ra. — Petit commis de 
magasin, — saute-ruisseau. 

Bistencoin (Ag.). — De bistencoin, ou de 
Bique en coin ; dans une disposition g&iante. 
Ex. : II a range" sa charte devant la # porte, tout 
de bistencoin , on ne peut passer. 

Et. — « De bic en coin, de biais. Au lieu d'ecrire 
dret i va de bic en coin du papier, — d'un angle a 
Pautre. » (Dott.) — La partic. Bis est pejorative. 

— « Biscois, adj. des deux genres. De travers, ce 
qui n'est pas droit ; couture, ourlet biscois, bis- 
quois, ou qui va en bisquois. On dit d'une personne 
qui parte mal sa langue qu'elle parle biscois. Tout 
biscois. » — Un chemin en zigzag est un chemin 
tout biscois. Du celtiq. biskeUek, biscornu, irne- 
gulier. 

Bistoarner (Mj.), v. a. — Brouiller les 
ideas, rendre fou a moitte, tourner la cervelle. 

— Bis, praf. pejor* 



Bistri (By., Z. 145), s. m. — Bagage. Syn. 
de Baluchon, Bion. 

Bistro (Ag.). — Mot plut6t d'argot. Auber- 
giste, patron de cafe, cabaretier, d^bitant. 
Syn. de Mastroquet, Mannezingue. 

Et. — Corr. de Mastro, abr6v. de Mastroquet. 

Bistron. — Syn. de Bicard. V. Bitrou. 

Blstronille (Mj.), s. f. — Brouille, difficulty 
bisbille. Ex. : lis ne s'entendent guere ; illy a 
de la bistrouille. Syn. de Bisbise, Chahail. 

Bistroulller, v. a. — Erabrouiller, faire 
perdre le fll de see ide*es. 

Bitolre (Sp., Mj.), s. f. — Braguette. V. 
Pisseton. 

Bitrou (Seg.). — Petit gardeur de vaches. || 
(Lu6) Homme laid et sale. — V. Bistrou. \\ 
Po. — Biquart et Bitrou signifient : gardeur 
de vaches ; raais biquart est r expression 
lamiliere, commune. Ex. : Mon frere alne est 
pitaud ; le jeune est biquart ou bitrou. 

, Bitumer (Mj.), v. a. — V. Betumer. 

Bitare (Mj.), s. f. Dose de boisson plus que 
suffisante. S'emploie dans la loc. : Prendre 
eine biture, — s'enivrer, §tre tres ivre. Syn. 
de Soulee, Triple, Cuvee, Pistache, Soulaison, 
Cuite, Cuisine, Muffte, Nuee, Culotte, Bar dee. 
— Nous sommes en Anjou ! || Fu. — Merae 
sens ; plus : Grande quantity, en g&ieral. Ex. : 
a la p£che : J'avons pris du gardon en masse, i 
y en avait une biture. 

Et. — Darmesteter en donne une explication 

Slus ing^nieuse que probante. « De>. du v. bitter, — 
xer le cable de Vancre sur la tSte de la bitte, — et 
la bitte e'est l'avant du navire ou se trouve une 
piece sur laquelle s'enroulent et s'amarrent les 
cables. » — Je prends biture, c.-a-d. j' allonge le 
cftble sur le pont, autant qu'il m'en faut; — Au fig. 
et trivial : Prendre, se donner une biture de qqch., 
s'en donner tout son soul. — Malvbzin rejette cette 
explication et propose la rac. celtiq. Biv, 8tre, 
vivre, — forme 6tendue de bi ; d'ou bidoche t viande, 
form6 avec la mSme finale que dans brioche, pioche, 
taloche, — et biture, repas copieux. 

Bivaqner (Mj., Lg.), v. n. — Errer. 
Et — C'est le mot fr. pris dans un sens special, 
avec prononc. modifiee. 

Bizarre (Mj., Lg.), adj. qual. — Tres va- 
riable. Se dit surtout du jeu. N. Pas d'autre 
sens. 

Blxieux. — V. Canard. 

BJIte, interj. — Psit ! Pour appeler qqn. 

Blague (Mj.), s. f. — Avoir la blague, — 
avoir le droit de plaisanter qqn, en le battant 
au jeu, par ex. || Entendre la blague, — la 
plaisanterie, sans se facher. || Blague dans le 
coin, — sans plaisanterie ; ou : hors de blague. 

Et. — La plaisanterie serai t-elle comparee a une 
blague vide J Horace emploie le- mot : ampullas, 
ampoules, dans le mSme sens. (Art. p. 97.) 

Blaguer (Mj., Lg.), v. a. — Dire, jaboter. 
Ex. : Le monde ont blague" ca. || Plaisanter 
qqn. — Ex. i lis l'ont ran blaguil <~ Ni 



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106 



BLAGUEUR - BLEU 



Remarquer ce sens de ren, — rien que $a, 
beaucoup. || V. n. — Plaisanter, dire des 
fadaises, bavarder, mentir. 

Blagueur, ease (Mj.), ad> qual. et s. — 
Menteur. || Plaisant, qui airae a plaisanter. || 
Moqueur, goguenard. 

Blagueux, s. m. et adj. — V. Blagueur. 

Matcher.. — Parler de certaine facon. 
Blaiser : prononcer c pour ch, z pour j, t pour 
k.etc. 

Et. — Se rapporte a Begue, lat. Blaesus. — 
Blaise, pr6n. et nom d'homme, syn. de : begue. 

Blaln, s. m., ou Belln. — Pour belier. (Sim.) 
(M6n.) 

Blane,adj.q. (Mj.) Nuit Wancte, — sanssom- 
meil. Ex. : J'ai passe eine nuit blanche. \\ 
Chapelle blanche, — le lit. N. Cest surtout 
dans la nuit de Noel que Ton envoie les 
enfants dans la chapelle blanche. |j Ne pas 
Stre blanc, — §tre dans une mauvaise situa- 
tion. 

Blanehard (Mj., Lg.), adj. qual. — Blan- 
chatre. 

Bianeheronne. — Schiste pyriteux dans les 
mines, s'effleurit a Tair, forme argile blan- 
chatre. (M£n.) 

Blanehir (Mj.), v. a. et n. — Ecorcer et 
commencer a 6quarrir une piece de bois. || 
Hache a blanehir, — tres lourde et a long 
raanche, qui sert a cet objet. — V. Pigrolier. 

Blanehirle (Tim.), s. f. — Blanchisserie, 
usine de blanchissage des toiles et mouchoirs. 

Blanehlssure (Mj.), s. f. — Blanchissage, 
action de blanehir. Ex. : Ton mouchoir a ben 
gangne sa blanehlssure. Cf. Forbissure. 

Blanco, s. m. — Quartz blanc formant des 
taches dans le schiste ; on le nomme aussi : 
lamproies, mouches. (Tr. — M£n.) 

Blancs, s. m. — En 1830, les Blancs 
etaient les paysans qui se battaient contre les 
militaires, en Vendee, c.-a-d. contre les Bleus. 
(MfeN.) — N. Ou en 1793. || Six-blancs 
valaient deux sous et demi ; monnait. 

Bianc-tendrlllet (Mj.), s. m. — Sorte de 
cepage blanc, de mauvase quality et sujet a la 
coulure. 

Blanouette (Mj.), s. f. — Sorte de sauce qui 
se compose d'une liaison de jaunes d'oeufs et 
du vinaigre. Sauce poulette. — Sens special. 

Blar. — Espece de prune. (Z. 128.) Cf. 
B lourde. 

Blatee, adj. et subst. — « Annee de gelee, 
ann6e blatee », teconde en ble". 

Et. — B. L. Bladum, ble. 

Blavin (Bg.). — Mouchoir. 

Et. — « Dimin. du vx mot : blave, bleu. Les 
mouchoirs a carreaux bleus sont encore fort en 
usac;e, surtout chez les priseurs. » (L. Labchey.) — 
« Blaveole, fleur ainsi appe!6e de sa couleur bleue. 
Blavet est la m£me chose que Bluet. Ce mot 



(ajoute Manage) signifle deux choses parmi nous : 
la fleur appel£e aubifoin et un petit livret couvert 
de papier. Et, en ces deux significations, il vient du 
mot bleu... Ces livres en furent appeles Bluets. 
Cette sorte de papier et le papier jaune etaient fort 
a la mode avant l'invention du papier marbre\ 
invents il n'y a gudre plus de soixante ans. Et, 
comme dans ce papier jaune et ce papier bleu on 
impriraa autrefois de m£chants contes, nous avons 
dit de la des contes bleus et des contes jaunes, pour 
dire : de merchants contes. (Men age.) — « Blava, 
pierre .bleue que les Gaulois appellent ardoise et 
qui sert a couvrir les maisons. — Du germ, blaw, 
bleu. — « Blave, comme bloi, dont il n'est proba- 
blement que le f£min., — bleu, bl€me, pale, ver- 
d&tre ; bleuatre ; blond ; clair ; n'exprime pas une 
couleur bien decise. (D r A. Bos.) 

Ble, s. m. — Seigle (Mj., Lue)., A Mj. on ne 
donne pas d'autre nom a cette cereale et le ble" 
est exclusivement designe sous le nom de fro- 
raent, ou forraent. V. Seigle. || Fu. — Id. — 
Se prononce Bie\ II se coupe vert, comme 
fourrage. — On l'appelle encore Grain. 

J'avons de beau grain. — J'allons couper 
noute grain. — Y a point de grain c'te 
an-n^e. 

Et. — Bladum. — Hist. « Qua t re boisseaux de 
bled, segle et quatre boisseaux avoine. » (Coust. 
(TAnjou, n, col. 75.) N. Les anciens prononcaient 
Bie. 

Bieche (Sar.), adj. q. — Rechigng, renfro- 
gn6, malcommode. — Une figure bleche. 

Blesse, ce (Mj.), part. pas. — Hernieux, 
sens exclusif de ce mot. V. B lesser. 

Blesser (Mj.), v. a. — Donner une hernie, 
Syn. de Etaiser. Sens special. || V. n. — Se 
blesser, s'^corcher. Ex. : je blessais dans mes 
souliers neurs (neuL,. 

Bieu *, e (Mj., Sp., Lg.), adj. qual. — Fig. 
Abasourdi, decontenance, confondu. Ex.: 
J'en etais tout bleu, de voir ca. — On dit, a 
Sp. : J'en baillais tout bleu. || S. m. Bleu. Fig. 
Passer au bleu, — disparattre, §tre subtilisi. 
Ex. : Le bonhomme avait de Targent, mais sa 
domestique a ben su de la faire passer au 
bleu. || Faire voir bleu, — illusionner, faire des 
tours de passe-passe, de magie blanche, de 
physique amusante. || Gris-pommele, en par- 
Ian t d'un cheval. || En vie bleue, — grande 
envie. On dit aussi : envie rouge. || Colere 
bleue, — ou rouge. || Peur bleue. || S. m. Legere 
ecchymose, contusion, 6panchement de sang 
par suite d'une contusion accidentelle, d'un 
coup de poing, d'un coup de pied. — Ec. Id. 

N. — D'ou vient le nom de Bleus donne* qqf. aux 

t'eunes soldats? Est-ce une allusion a la blouse 
>leue ported par la plupart des recrues (autrefois) 
arrivant a la caserne? Leur donne- t-on ce nom A 
cause de leur air ahuri, stupe7ait, abasourdi (j'en 
suis bleu)! (Ce dernier sens est explique* par une 
allusion a la teinte que les sentiments excessifs 
amenent sur les figures sanguines. Colere bleue.) — 
II paraltrait que le sens de consent, donne a Bleu. 
remonte a la Revolution, qui donna des habits 
bleus aux volontaires. La vieille infanterie porta 
des habits blancs jusqu'a la formation des aemi* 
brigades. (L. Larchey, Suppl.) 



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BLEU - BOBELUCHE 



107 



Bleu * (Mj.), s. m. — Dieu. C'est une forme 
att£nuative employee dans les jurons. Norn 
de bleu. V. Dious, Gouet. Cf. Sacrebleu, Par- 
bleu. 

Mens. — L'oppos6 de Blancs, en 1793 et 
en 1830. 

Bleu bleu (Lg.). — Bluet. Syn. de BUu- 
vette, Bluvette. 

Bleuvette (Lg.), s. f. — Bluet. — Syn. de 
Bleu-bleu. On dit aussi Bluvette. 

Bleazlr* (Mj., Fu.), v. a. — ' Bieuir. V. 
Noirzir. Syn. et d. de Bleudezir. 

BUn (Sa., Li., Br. ). — Un ver dans un fruit. 
|| Belier. Pour : Belin. || Un vieux, un viei) 
horn me (Craon). 

Et. — Pour : belier; Balens. On disait Belin, 
quand on voulait personnifier le mouton. — « Ou 
soot ceux de Thibaut l'aignelet et de Regnault 
Belin, qui dorment quand les autres paissent. » 
(Rab., P., iv, 8.)DkM. 

Blinds (Mj.), part, pas. — Tres ivre. Cest 
le mot francais pris au fig. — Syn. de Plein y 
Bond, etc. Se dit au Longeron. 

Bllneaux, s. m. (Sa.). — Petite piece de 
bois carre> qu'on place sous les jumelles d'un 
pressoir, lorsque les blins ne suflftsent pas 
(M6k.). V. Belineaux. 

BUner (Segr., etc.), v. n. — Trembler de la 
tete. 

Et. Mieux, Beliner, agiter la tfite comme un 
mouton, un belin *, blin. 

Bloc (Mj.), s. m. — Salle de police. Ex. : II 
s'est fait f... quatre jours de bloc. Syn. de 
Boite. Pas d' autre sens. — On y est bloqu6? 

Blond (Fu.), adj. q. — N'est pas usite" dans 
le patois comme ancien mot, et la preuve 
c'est que les cheveux blonds, les bles, tout ce 
qui, en frangais, reclame cet adj. est autre- 
ment design! en patois. On dit : les bles sont 
jaunes ; les cheveux sont filasse. Si l'adj. eut 
exists en patois, il eut servi dans ces deux 
cas, qui sont les plus importants de son 
emploi. 

Blonde (Mj., Lg.), s. f. — Maitresse, belle. 
Syn. de Bonne amie. 

Aupres de ma blonde 
Qu'il fait bon (ter) dormir. 

Chanson pop. 

Bloqner (Mj., Lg.), v. a. — Acheter ou 
vendre en bloc. Ex.: Je illi ai bloque tout 
mon cbambe (chanvre). Syn. de Bdcler. 

Blote (Tim.), s. f. — Espece de prune. Ex. : 
lis avont ein grand preunier de blote. || Lg. 
Espece de petite prune sauvage a peine plus 
grosse qu'une prunelle 

Et. — Ce mot est probablement le m6me que le 
montj. Blourde et que Blar, qui se dit, paralt-il, 
vers BrissaaZ. 128. 

Blotter une piece de schiste. (Petit Cour- 
tier du 15 octobre...) Blot veut dire bloc, 
tac. Variante : bloquer, qui donne le sens. 



Blon (Sp.), s. m. — S'emploiedans la loc. : 
Paire le blou, — Bouder, montrer de la mau- 
vaise humeur, ou cet abattement morose qui 
annonce la maladie. Cf. Bouc, Choc. 

Bloom i XMj.), interj. — Onoraatop6e 
exprimant le bruit sourd d'une chute, d un 
choc, d'une detonation. 

Blon me, s. f. — Blutne, blonde ou Herbe 
de Saint-Jean, noms vulg. du bouillon blanc. 
(M6n.). Verbascum thapsus (Bat.). 

Blourde (Mj.), s. f. — V. Blote. Vieille espece 
de prune. Ex. : J'avons serr6 quatre boisseaux 
de preunes de blourde. Cf Balourde, Jaub 

B looser (se), (Mj.). v r6f. V. S'emblouser. 

BlouseUe (Lg.), s. f. Sorte de blouse a cein- 
ture analogue au blouson, mais a pans plus 
longs. On n'en porte plus. Cf. Palette. 

Blouson (Tim., Lg.), s. m. — Sorte de 
blouse portant a la hauteur des reins de nom- 
breux plis cousus a une bande de mSme 6tofTe 
qui forme ceinture. — Tient a Bleuse, Blaude, 
vxfr 

Blu, e (Sp.), adj. qual. — Bleu. Le mot a 
vieilli. C'est ce mot que Tangl. nous a em- 
prunte\ Blue. Tres vieilli au Lg. 

Bluatre, adj. — Bleuatre. 

Blureau (Sh.). — Blaireau. — La piece du 
Blureau, lieu-dit. || La piece oux (aux) Blu- 
reaux. 

Bluter, v. n. — Perdre la t§te, devenir fou. 
Z. 69. V. Beluter. 

B'n aise, adj. — Bien aise. J'en s6 b'n aise. 

Bobane (Ag., Sal.), adj. qual. et s. — BSta, 
niais. Eine grande bobane, fille b§tasse, grue, 
point fine. Personnt dont la causerie donne 
rennui. Syn. de Bobie. — Mot tres angevin. — 
|| By. Id. — Bobias, Bobote, — bavarde sotte 
et ennuyeuse. || Le masculin Boban existerait. 
(Le Petit Choletais, — Propos de la Bonne 
femme.) — Chose curieuse, le Russe a : 
Bolvane, — nigaud, butor, mannequin. 
(R. O.) Cf. Bougane, Bidaine. 

Et. — Doit se rattacher a baubes, vx fr., begue, 
de balbus, d'ou : baubeter, bauboyer. L'idee de 
b^gaiement conduit a celle de sottise. 

Bobaner (Bg.). — Ennuyer en causant. 

Bobe, te (Mj.), adj. et s. — Grand niais, 
sot ; abruti, ahuri. V. Ebobi. Syn. de Ebli. \\ 
Lue\ — Idiot. 

Et. — Dans Tanc. fr., nous trouvons : bobu, qui 
veut dire nigaud. — Diez le tire du lat, balbus, 
bdgue, et, par ext. faible, sans intelligence. Balbus 
a donn6 Baube, en vx fr. — Bobe appartient sans 
doute a cette serie. — « Bober, regarder qqn ou 
qqch. avec ^tonnement, pendant longtemps, d'un 
airstupide. »(Or.) C'est l'angl. Booby. 

Bob€ehon (Mj.), s. m. — Tete. S'emploie 
dans la loc. : Se monter le bobichon, la tete. 
Dimin. du fr. Bob£che. 

Bobeluehe (Fu), s. f. — Fetu de paille, brin 



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108 



BOBI - BOEJEVERRE 



d'herbe s£che, balle d'avoine ou de bl6 que le 
vent emporte. Jamais Babeluche. 



Bobi (grand). 
Bobi. 



(Sa.) Sot, nigaud. Ebaubi, 



Bobillon, s. m. (Segr.) — Bonasse, bSta. || 
Bavard, rabacbeur. — V. Bobi, Boubillon- 
ner. 

Hist. — Mouskes, parlant de Charles le Chauve, 
dit: 

D'une feme ki fu gentius 
Avoit un ills ki fu soutius ; 
Loeys li baubes ot non, 
Et sacies k'il ot cest sornon 
Pour cou k'il estoit baubeterre, 
Mais il n'iert fos, ne abetere. » 

B«billonner, BaubiUonner. — Radoter. 
Cf. Boubillonner. 

Boblne (Cho.) — Fig. — Figure, frimousse. 
Se dit ironiquement. Ex. : II a eine bonne 
bobinc. Syn. de Trombine, Trompette, Balle, 
Binette. 

B«Mneor, ease (Lg.) — Celui ou celle qui 
fait des bobines, de grosses fusses, pour le 
tissage. 

Bobotage (ou avec deux t), s. m. (Mj.). — 
Commerage, caquetage, bavardage, caquets. ' 
Syn. de Penassage. 

Bobote (Mj.), adj. q. et s. — Cancanier, 
caqueteur. — Presque toujours employe" au 
tem. || (Fu.) Commere jabote, jacasse, ba- 
varde et sotte, vieille fille inintelligente, 
bigote et mSdisante — a id6es eHroites, par- 
ticulierement en religion. Ex. : Depis que le 
vicaire est parti, toutes les bobottes en sont 
comrae-t-a n'en sont. Syn de Berdasse, 
BerdouiUe, Cacasse, Pitasse 

Bohoter (Mj.), v. n. — £aqueter, cancaner, 
se livrer a des bavardages pue>ils, faire des 
comme>ages. Forme adoucie de Papoter. Syn. 
de Racasser, Pbtasser. 

Et. — Onomat. tres expressive. On entend le 
bruit des levres agitees sans fin Tune contre 
Tautre. A rapprocher de I'angl. to babble, merae 
sens. 

Boear (Mj., Fu.), s. ra.— Bocal. Syn. et d. 
de Boucal. 

Boequet. — Vx mot, s. m. Fer de pique ou 
de lance. 

Hist. — La dite lance doibt e*tre de bois d'aulne, 

3ue le sergent dudit celerier fournit et pareillement 
u boequet qui est au bout, avec une corde de 
ficelle. . . » (Abb6 Bretaudeau, p. 64.) 

Bodan (Br.). — Un veau. — Cf. Bodin. 

N. — « Bodaut (de>. de bode, vache, genisse), 
veau. (O Jaub.) — Bodet, petit veau. (Or.) 

Bodanee (By.). — D'une bodanee, — brus- 
quement. V. Bkdke. 

Bode (Lrm., Mj., Fu, Lg., Sal.), s. f. — 
Vache, et surtout : genisse. Syn. de Bodicke, 
Tauriche, Nogeresse. 

Et. — Le rapprochement avec le lat, bovem est 
difficile. 



Bode (Lg.), adj. qual. — Se dit du lait que 
la vache donne aussitdt apres la mise-bas. 
Lait bodk, — colostrum. Syn. de Moucheron, 
Boucaud, Bougaud, OuUlaud. 

Bodeau s,. m. — Veau. — N. Se dit a Mj., 
mais davantage dans la Varan ne et a la 
Jubaudiere. Syn. de Bodin, Bodet, Noge, 
NogeU — De>. de Bode. || Fu. — Nom fami- 
lier sous lequel on designe la vache aux tout 
petits enfants. Le cheval est un tutute, le 
chien un tet&, tetais. 

Bodee (de) (By.). — Brusquement. t Ce 
qu'i fait, il le fait tout de bodZe. D'ou, peut- 
Stre, bkdanie, bodanee. « Pouvre enfant, il a 
torab6 d'une bodanee ! — On prononce sou- 
vent : podanke. — V. Bkdee. 

Bodele (Mj., Sal., Sh., Sp.), adj. q. —Oblique, 
de travers. Chose irr6guli£re ; une assiette 
bodele (ou bodelle), qui n'est pas plane et ne 
repose pas d'aplomb. 

N. — Au jeu de boules, on appelle : bodelle la 
boule qui, par I 'usage, s'est un peu delormee. 
Quand elle arrive au bout de sa course, elle ne 
s'arrGte pas franchement, mais oscille et recule ou 
devie (Pc). 

Bodeier (Sal.), v. n. — Ne pas§tre d'aplomb. 
Se dit surtout d'un objet rond ou cylindrique. 
— bouteille, assiette. 

Bodet. — A Cholet, un bodet est un petit 
taureau. Une bode, e'est une vache accom- 
pagn£e de son bodet, ou viau : « Ah ! le joli 
petit Bodet ! » || Sa., Lg., — id. — Syn. de 
Bodin, Bodeau, Noget, Noge. || Fu. Veau, et 
non pas seulement jeune veau. — On dit 
seulement : du veau a la boucherie. — Quand 
le bodet est plus grand, il devient taureau ou 
bouvard, s'il est male, bode, ou taure, s'U est 
femelle. — « Quel age as-tu? — j'ai tous les 
ans douze mois (mou§s) comm' les autres 
bodets. » — « Un bouvard de valine », expres- 
sion consacre>. 

Bodlehe (Mj., Lg.), s. f. — Jeune genisse. 
Syn. de Bode, Tauriche, Nogeresse, Tauruche. 
Cf. Boudiche, Jaub. 

Bodin (Mj., Gd., Br.). — Veau. Plus em- 
ploy 6 que son syn. Bodeau. Cf. Boudi, Jaub. 
|| Brailler comme ein bodin, — pleurer comme 
un veau. || Jeune garcon un peu nigaud ot 
rest6 trop enfant pour son age. Ex. : Regarde- 
le done brailler, cet6 grand bodin-Xk ! — Syn. 
de Bodet, Bodeau, Noge, Noget. || Boiteux (Le\) 
Men. 
N. — Se rappeler les vers de La Fontaine : 
« Tandis que ce nigaud, comme un 6v§que asse. 
Fait le veau sur son ane et pense Hre bien sage. » 
|| Fu. — Se dit pour : boudin, et non pour 
veau, au moins communSment. Cf. Bousine. 

Bodiner (Mj.), v. n. Veler. De>. de Bodm 

Boedre. — V. Lege. 

Boejeverre. Tete-beche. « Deux enfants 
dans le meme lit, Tun au pied l'autre a la tSte. 
Ex. : Nous coilcherons les deux enfants dans 
U mto« lit; on les mettra boe/toem. — 



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BOErUAU - BOILLARD 



109 



V. BkcheveU — Cf. Bouechefarder. || Ec. — 
C'est le Bkcheverde prononc6 a la mode ange- 
vine. 

Bteruau (Ec.), Gabriel. V. Amoure. (L'o 
tr&s bref.) 

Boete. s. f. — Ce nom se donnait a un droit 
a payer a l'entr^e de la ville. (Prioileg. d' An- 
gers. — MicN.) V. Boite des Trespasses. 

Hist. — « Elle (la Confrene du Saint-Sacrement), 
ses revenus, son administration, sa caisse, dite 
Boete du Saint-Sacrement ou Grande Boete. 
(M. Bretaudkau, p. 402.) — Sens approchant. 

Bo£tte. Appat. — dont se servent les 
pScheurs de raorue (et autres) — deformation 
du mot anglais bait, appat. (Le Temps du 
25 mars 1905.) — Employe par les pScheurs 
d' Angers. 

Et Hist. — Bete (bait), amorce, appat, de 
Tisland, bait, nourriture (Bayeux, Guernesey, 
Jersey), d'ou Bfiter : 

t J'b6tais hier, d'un long brin d'verm 
Un d'mes haims, au large d'Herm. 

(Diet, franco- nor mand. — Moisy.) 

Bceuf.. — Ce mot s'emploie souvent a Mj., 
Ec, Fu. comme une sorte d'adj. avec le sens 
de : 6norme, immense, tr6s grand. Ex. : 
J'avons ieu ein plaisir bceuf. N. A. Mj on fait 
sentir l'f au sing., mais non au plur. ; a Tim., 
c'est exactement le contraire. 

•N. — Noms de Boeufs. — Baladin, Bas-blancs, 
Blond, Blondiau, Bouchard, Brun, Brunot, Caba- 
ret, Chardounet, Compagnon, Eveilte, Fauviau, 
Frise\ Fromentin, Labouroux, Marin, Marjolet, 
Matelot, Merlet, Moureau, Noiraud, Pigeon, Rejoui, 
Roussot, Taup6 (Lg.) — Fu. — Apijon, Cholet, 
Marich£ou (mar^cnal), Mouras, Nobiet (noblet), 
Ombiet. Rondeou, Tartare, Verbiet, Vermoit (vers 
moiT). On cfcante : 

Les gars de la campagne ' 

Sont sots comm' des pegniers ; 
Sont pas comme kiaux des villes 
Qui ou fontsan(s) ou d'mander. 
Refrain ** 

Ombiet, Verbiet, 
Rondeou, Apigeon, Maricheou, 
Tartare et Nobiet, 
Moureau et Cholet, 
Ah ! ah ! mes valets (... 

Bceuf ville* (Mj.), s. m. — Bceuf promeng 
par la ville au son de la viole. 

Hist. — « Boeuf vk>16 ou vielte. Jeu d'enfants qui 
font promener un de leurs camarades ornd de 
rubans, a 1 imitation des bouchers d' Angers, qui 
menent par la ville un bceuf ainsi par£ pendant les 
jours gras. » (M&nage.) — « Et, attendu que la 
vache k not re cousin Bouzique est la plus grasse, 
l'avons declare boeuf viite. » (Arr6t6 tres connu 
d'un ancien maire de Dun-le-Roy, Cher. — (Lap.) 

Bogasse (Ec), s. f. — Ligne de fond emm£- 
\6e par une anguille de maniere a former une 
sorte d'6tui, de bogue. — Bo se prononce BoL 
D'ou Bogasser, Debogasser, Embogasser. 

Bogasser (By.), v. n. — Action d'emmeler 
une ligne. 

Bograin. — On prononce : bougrain. Grain 
recouvert de la bogue ou enveloppe non trie*e 
(Sg.) non vente* ou vanne\ Syn. de EnchapL 



Boguet. — Vase en fer blanc servant a 
remplir d'eau une barrique (MAn.). || Syn. du 
fr. Bogue, cosse de l£guraineuses. 

Bogallle (Mj.), s. f. — Cosse de pois, de 
haricot, pellicule de grain de raisin. || Peau 
qui forme l'enveloppe de la partie farineuse 
ae certaines graines, des haricots, par ex. : 
Je vas purer les pois pour outer les boguilles. 
|| Humeur chassieuse des yeux. (Segr. M6n.) 

Boguille, eux, onx. — Person ne qui a les 
yeux chassieux. « Elle a les yeux boguiUoux. b 

— « Si on essuie de pareils yeux, on dit qu'on 
6te son luminaire. » (M£n.), Segre\ Syn. de 
Besilloux, BiroilU. 

Bogulneries (Ag.). — Choses insignifiantes. 
Tout ca c'est des boguineries. Prononciat. de 
Bodineries. 

Bohalee (Lg.), s. f. — Rafale. Ex. : II est 
venu ine bohatte de vent qui a tot 6g&pU les 
pirons. Syn. de Bouillard, Hale, Bo u hale. 

Et. — Semble form6 du montj. Hale, avec un 
pre7. Bo dont je ne vois pas Porigine. — Faut-il en 
rapprocher le nom de La Bohalle, bourg tres ventf, 
au bord de la Loire ? 

Bonn, adj. q. — Borne\ bobia (Seg., Cso.). 
V. Bobe. 

Boieasse (Mj.), adj. qual. — Boiteux. V. 
Boicasser. 

Boicasser (Mj.), v. n. — Bolter tegerement. 
V. Boitouser. Pour Boitasser, de Boiter, 

Boidre (By.), s. m. — Faire du boidre. V. 
Boille. 

Bole-bee (Mj.), s. ra.. — Syn. de Boie- 
goule. || Fu. Tr6s employ^. || By. Prononc. 
Bo6e-bec, pour Baye-bec, b£e-bec. D'ou : 
Boeyer : — R'garde-le done comme i baye 
(bo6e, boeye) la goule ! a-t-il Tar bobiau 
(bobia). V. le suivant 

Bole-goole (Mj.), s. m. — Celui qui tient la 
bouche entr'ouverte, d'un air niais ou curieux. 
|| Curieux, indiscret, badaud. — Syn. de 
Boie-bec t Bdillaud, B&ille-bec, Gobe-chuchon, 
Gobe-itron. * 

Et — Boie est pour Bee. Forme du v. Boyer et 
de Goule. — L'angl. a le mot Bayard, gobe 
mouches. 

Boiguet (Boguet). — Graine non tir6e de 
sa galne. Z. 124. 

Bolinge (bou6e-linge) (Mj.), s. m.— Sorte 
d'6toffe grossiere, serge dont la chalne n'est 
pas crois^e. || Fu. Prononc. Bou6e-linge. 
Droguet ; ne s'achete plus, done ne s'emploie 
plus qu'en parlant des choses et des gens d'il 
y a 40 ans. 

Boillard (PL), adj. q. et s. m. — Qui a un 
gros ventre, ventru. Syn. de Abeillaude, Abe- 
zardi, Bezard. N. Ce mot doit 6tre le mSme 
que le Boillard ou Boyard (tonneau) de Mj. 

— Rappelle Mirabeau-Tonneau). || (Mj.) 
Tine, sorte de tonneau dont un fond est 
ouvert et qui, muni de deux anses, sert aux 
macons a porter de l'eau. — De>. de Boille. 



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110 



BOILLE - BOIS 



Boille (PL, Mj., Ec), s. f. — Ventre, be- 
daine. — || Qqf. masc. — Le boille (Tune 
seine, — ventre ou poche que forme une 
seine quand on Yessawe. || Ec. Quand dans 
un filet, une senne surtout, une nappe, un 
nappereau (tramail, trois-mailles, servant a 
revoyer), par suite de la presence d'un corps 
stranger, corame une petite branche, des 
mailles se prennent, se melent, on dit que 
l'engin fait boille, fait du boidre. V. Tramail, 
|| s. m. Bulle d'air qui vient crever a la surface 
de l'eau. Faire un boille, se dit d'un poisson 
qui laisse 6chapper une bulle d'air laquelle 
vient crever a la surface, — ou qui fait un 
remous violent de l'eau, sans sauter. 

E. — V. BeilU, dont ce mot n'est qu'un doublet 
com me Aboille Test de Abeille. — Un Abeillaud est 
une guepe, un frelon, ainsi dit de son gros ventre. — 
L'angl. a Boil, furoncle, qui est le meme mot. 

Hist. — En Nivernais, Beuille ; une grosse 
beuille. — Boille, visceres des animaux. — Anc. 
dialecte normand : buille, buele, boels, boele — se 
dit aussi de Thorn me, d'ou Eboiler. — Angl. 
Bowels. 

— « En airons-ju des vitailles 
Quand i viendra l'mardi gras ! 
Sus les rignons, bus les bouailles 
Veyous ! Y en a-t-i du gras ! 

(Diet, franco-normand. — Moisy.) 

V. a Beille la citation de O. C. Buchkb. 

BolUhe (Mj.), (bouee-lo-be), s. f. — Plante. 
V. Folk-Lore, in. Elle 6garait ceux qui mar- 
chaient dessus. Syn. de Herbe a la ditourne, 
H. toumante. 

Bollobe, ee (Mj.), adj. q. — Qui a marche* 
sur la Boilobe. 

Bolras (Mj.), s. m. — Buvee, boisson pr6- 
paree pour les pores. Der. de Boire, subst. 

Bolre 1 (Mj.), s. m. — Boisson pr6par6e 
pour les pores. Melange d'eau chaude, de son 
ou de choux, de porames de terre. C'est le, 
v. fr. employe comme nom. V. Boiras. 

Bolre * (Mj.), v. a. et n. — Faire eau, en 
parlant d'un bateau. Ex. : Noutre futreau 
boit comme un punier. || Sp. Fig. Le soule 
boit, — le soleil est voile, 1 air etant charge 
de vapeurs condensers qui donnent a l'astre 
un aspect blanchatre et terne. Cest un signe 
de pluie. || Fort de boire I — difficile a croire. 
A Mj. : fort de bois. || Boire sus. . ., boire une 
infusion ou une decoction de. Ex. : Faut 
boire sus le fumeterre || Boire sus le cotillon, 
— se faire payer a boire par les galants de 
ses filles. — || Y a a boire et a manger, — il y 
a de tout la dedans. 

Conjugaison : 

Ind. pres. — Je bois..., je boivons, ou je bu- 
vons ; v. boivez ou v. buvez ; ils boivent ou ils 
buvent. 

Imparf. — Je boivais ou je buvais, etc. 

Impe>at. — Bois, boivons, boivez. 

Subj. pres. — Que je boive ou que je buve, etc. 
Au Lg. : Que je boije, etc. 

Part, pre*. — Boivant ou buvant. (Pour Mont- 
jean.) 

Dans le Choletais et a St-Augustin, la 3* pers. du 
plur. du pres. indie, esti ils boivont ou : Us buvont. 



Subj. — Que je boije..., que je boijions, que 
vous boijiez, qu'ils boijiont, ou boijiant 

Et. — Du L. bibere. — Hist. « Les mouvements 

2ue fait la langue musculeuse, lorsque le boire 
essus coule. » (Kab., P., v, 43, 572.) 

Boire 3 (bouee-re) (Mj.), s. f. — Sorte de 
petit lac ou lagune forme" dans une valine par 
l'afTouillement des terres que le flot d'eau, 
provenant de la rupture d'une lev6e a empor- 
Ues au loin. || Petit bras de Loire, souvent 
fernae* en amont par des terres d'alluvion. 

— On dit aussi Boireau, pour : petite boire. 

— N. Tels sont les sens exacts de ce mot que 
le fr. a emprunte" a notre patois, et que beau- 
coup d'auteurs emploient sans le bien com- 

Erendre. — || Trou servant d'abreuvoir (Sal., 
ue). II Fosse s^parant les prairies qui bordent 
les rivieres. (Segr. M6k.). — Exemple : La 
Boire de Juigne\ La Boire d'Anjou. V. Foik- 
Lore, xi a. 

Et. — B. L. Borra, creux plein d'eau. De la 
mgme famille que le provenc. Bouiro, bief de mou- 
lin. 

Hist. — « Accord entre les moines de 8aint- 
Maur et ceux de Saint- Aubin sur la propriety d'une 
boire dependant de Saint-Remy, « quamdam 
beram quae currit per insulam quae dicitur Sancti 
Mauri (1110-1130). >Inv.Arch., H, I. p. 63, col. 2. — 
« L' Official d'Angers notifle 1' accord conclu au 
sujet du pont Sur la boire de Coutances, « facere et 
tenere in bono statu pontem super bera pratorum 
de Coustances. » (1276. — Id. ibid., p. 144, coL 1.) 

— « Chascun pes-cheur escenant sur la turcye 
(lev6e) de la boyre doibt demander conge de ce 
faire. • (1561. — Id., n, Sup pi., p. 58, col. 2.) — 
« Le tout renferm6 entre le bras de la riviere de 
Loire et la pescherie ou boire du Chapeau. » (1788. 
Inv. Arch., O, p. 16, col. 2.) — Baron nie de Cha- 
lonnes-sur- Loire. — La boire ou p£cherie de 
Caille... Temporel de l'ev$ch6 d Angers en 
1783. — A. h. t m, 431. — « Lore pissa si copieuse- 
ment que 1' urine trancha le chemin aux pelerins, et 
furent contraincts passer la grande boyre. » (FUb., 
G., I, 38, 75^ 

Boirichon, s. m. — Un roitelet, un berrichon 
(Li., Br.). || Sal. Bouerichon. V. Bourrichon. 

Bolrie (Mj.), s. f. — Action de boire. Ex. : 
Queune boirie que n'on fait par cete chaud-la ! 

Bois (Mj.), s. m. — Fig. Bien porter son 
bois, etre bien conserve. On dit d'un vieillard 
encore vert et alerte. II porte ben son bois. 
V. Diroger. \\ Fort de bois, — incroyable, 
invraisembiable ; raide, s6v^re ; difficile a 
admettre ou a excuser. Cf. Boire*. Syn. de 
Violent. \\ Etre du bois dont on fait les flutes, 

— se plier a tout, n'avoir pas de volonte. On 
dit, dans le m§me sens : dont on fait les 
vielles (Lg.). || A La Varenne, on donne ce 
nom aux principales cartes du jeu de Trois- 
sept. Syn. de Boises, Buches. \\ Faire deux 
bois (Lg.). Se dit d'une cheville qui, au lieu 
de pen£trer dans le trou qui lui est destine, 
s'engage dans I'interstice du tenon et de la 
mortaise. La chose arrive quand la cheville 
a trop de tire. Langue des charpentiers. || Fu. 
Petit morceau de bois* t Va done me qu'ri 
un bois que je fasse eine chuille. 



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BOIS-BLANC - BOITAS 



111 



Bote-blane, s. m. — Nomgeneriquedetous 
les arbres a tissu tendre et teger ; saule, peu- 
plier, tremble. 

Bote-de-ehien, s. m. — Nom vulgaire du 
Cornouiller a rameaux rouges et fruits noirs 
violet. (M4n.) Cornus sanguinea. (Bat.). 

BoU-doox s. m. (Mj.). — R^glisse. 

Bols-de-rime (Lg.), s. m. — J)ouce-amere. 

Et. — Ainsi nomme, probablement, parce que 
fr^quemment la plante tapisse les barges de fagots. 
V. Rime. 

Bote- de- traits (Lg.), s. m. — Palonnier. Syn. 
de Bat-cul 

Boise (boue-ze), s. f. (Mj., Sal.). — Arele 
de poisson. Syn. de BaUe, Borde (Sp.). || Lg. 
Grain de poussiere, tetu leger. Ex. : J'ai eine 
boise dans mon zyeux. Au Lg. — J'fi ine 
boise dans n'in zyeux. — Un enfant qui a 
envie de dormir dit : La boune femme me 
fout des boises dans les yeux. (Syn. de* Bour* 
rier et Babelucke), Tim., m§me sens. || Farce, 
plaisanterie , gaudriole. Ex. : II tourne tout 
en boises. || Au jeu d'Aluettes, ce sont les 
quatre cartes qui se suivent comme valeur, 
les cartes dites d'aluette. Ce sont done : le 
grand et le petit neuf ; le deux de ch§ne et le 
deux d'ecrit. On les appelle aussi Doubles as. 
|| Au jeu de Trois-sept, on emploie egalement 
ce nom de Boises pour designer les cartes 
marquantes ; mais on les design e aussi sous 
le nom de Bois, ou Buches. 

Et. — Du fr. Bois. Le raeme que le Boise de Mj., 
mais dans un autre sens. — V. plus haut. 

Bctele (Tim., Lg.), s. f. — B6si, petite poire 
demi-sauvage. Syn. et d. de Besie. 

Et. — P.-6. du mot : bois. La boisie serait la poire 
des bois. 

Boisller (Tim.), s. m. — Poirier demi- 
sauvage qui donne des boisies ou besis. Syn. 
de Besiquier, Poirasse, Poirassier. Cf. Cassiier. 
de Cassis. 

B«te-pnnate, s. ra. — V. Bois-de-chien 

(M*N.). 

Btte-gangnlH, s. m. — Id. (M£n.), Bat. 

Bois8e.. — V. Aluettes. Moyenne carte a ce 
jetr. II y a des petites et des grandes boisses. 
(P. Extdbl). V. Boise. 

Boissean, s. m. — Chasser au boisseau, ou 
Pannetonner (Mta.). — || Mj. Double deca- 
litre. Syn. de Double. || Mesurer a son bois- 
teau, — apprecier a sa propre mesure. — 
Et. douteuse. || V. Boissid au F. Lobe, ii. 

Boisselee, s. f. — Unite de mesure agraire. 
A Mj., la boisselee est de 15 a Tbectare, soit 
de 6 ares, 66 centiares. — A Sp., il y a deux 
boisseUes ; la grande boisselee, dite aussi : 
ancienne boisselee, de 12 a Thee tare, soit de 
8 ares 33 cent., et la petite boisselee, dite 
aussi, probablement dela raaniere de la mesu- 
rer, boisselee a la chalne, de 18 a Phectare, 
soit de 5 ares, 55 cent. On se sert indifferem- 
ment de Tune ou de Tautre. A Auverse, il y 



a aussi deux boisselkes en usage ; la grande, 
de 10 a Phectare, soit de 10 ares, et la petite 
qui est la meme qu'a Montj.; seuleraent cette 
aerniere est peu usitee. || Au Long., la bois- 
selee est de 10 ares. || A Brissac, 6 ares 60 c. 
|| A Dou6, 4 ares 40 c. — On voit que cette 
valour est tres variable, m§me autour d' An- 
gers, comme celie de Tarpent, du journal 
(journau). 

Et — Primitivement. ce qu'on peut ensemencer 
avec un boisseau. — « Boesseree. Mesure de terre 
qui produit ou rend au proprielaire ou seigneur un 
boisseau de grain. Boicellus. » D. C. — Hist. « Je 
n'av6 pu qu Tune oucbe de 14 boicctees, fermee de 
murailles. » (A. d'AubignA, Baron de Foeneste.) 

BoJsselle, s. f. — Autrefois Bussel, instru- 
ment de pSche ayant quelque rapport avec le 
boisseau. — On dit BosseUe. 

Et. — Boicellus. Bocella. D. C. — Hist. « Pour- 
ront adjoindre boussel d'osier du moule que entre 
deux verges Ten puisse partout bouter le petit doit, 
tant comme l'ongle se porte. » — t Uii bateau 
d'osier nomm£ Bousseau, ouquel avoit certaine 
quantity de poisson. » D. C. 

Bolsseou (Fu.), s. m. — Boisseau. — Est 
maintenantsvn. de double-d6calitre. « Pochee 
de six boissiou (x) », individu grognon et 
nice. Nice-poche. « II est nice comme eine 
pochee. » 

Bliss on * (Sp.), s. m. — Bois d'une faible 
elendue. || Tf., Lg. — Buisson. || Cf. Nom 
de famille. 

Et. — De buis, buisson? — Hist .: 

— « L'escu ne f u mie de tranble . . . 
Ne de boisson estoit-il mie, 
Ainz fu faiz d'un os d'olifant » 

— c Aussi pris comme lievre en boisson. » L. C. 

Boisson l (Mj., Sal.), s. f. — Piquette qui 
s'obtient par la maceration et la fermenta- 
tion de certains fruits sauvages, notamment 
les prunelles, les porames et poires sauvages, 
les cormes,etc., ou avec le marc de la vendange, 
dans de Teau. || Se boissonner ; boi'e avec 
exces, s'enivrer. (Guill.) 

Hist. — « Duabus pipis vini et una pipa de 
boisson, seu brevatge. (Texte du XV s., cite par 
D. C. V° Beuvenda.) 

Boisu (Mj.), adj. q. — Boise\ || Ligneux, 
boiseux. 

Boisure (Mj.), s. f. — Boiseries, revete- 
raent en bois, lambris. || Fu. Emboisure. 

Hist. — « Avec le couvercle, la ferrure, le tapis, 
la boessure, le cadre dore\ » (1734. — Inv. arch. S. 
8., E, p. 161, col. 2, haut.) — « J'ai fait commencer 
le lambris et boisure du cost£ du Midi. » (1762. Id., 
E,n,p. 268, col. 2.) 

Boltas (Mj.), s. m. — Piece de bois que les 
mariniers arcboutent a Tangle inferieur de la 
voile, au point d'attache de Yecoute, pour 
faire prendre le vent. 

N. — On cite encore ce couplet d'une vieille chan- 
son de marinier : 

Allonge 1'ecoute, pese la marne, 
Prends ton boitas de galarne, 

Boute bas le brai, 
Porte la bouline a l*6tai. 



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112 



BOITE — BOMBE 



Boite (partout), s. f. — Boisson (Oi tr£s 
bref). Ce mot est francais. Z. 171 (Ec). 
Pron. Boete. || Adj. qual. — Un peu ivre. — 
Qqf . boisson faite avec le marc de la vendange 
mouille d'eau ; — unc deuxi&me cuv6e que 
Ton sucre. — Mais a Vihiers, Martigne\ etc., 
c'est du vin d'abondance, provenant d? 
c^pages Othello, Folles- Blanches, Gros-Plant, 
de 4, 5, 6 degr6s, 7 en 1904, produisant beau- 
coup. Vin de manage. Ce n'est pas non plus 
1$ Rouget. || Fu. Id., et Ivrognerie. « II est 
mort par la boite. » 

Et. — De : boire. — « On disait : boitte du ciel, 
pour nectar : « Quel vin est cecy T De quel vignoble 
est-il? Est-il corse? Est-il greet Est la boitte du 
ciel. » (Merlin Coccaib. — L. C.) — « Leur boitte 
fut en tirelarigots, vaisseaux beaux et antiques, et 
rien ne burent, fors oelaiodes, breuvage assez mal 
plaisant en mon gout ; mais en Lanternois, e'est 
lottejdeifique. » (Rab., P., v, 33 bis, 554.) 

Boite (Mj.), s. f. — Ironiquement Bouche» 
Ex. : Forme ta boite, — ferine la bouche. 
tais-toi. !| fitablissement du patron, atelier, 
dans la langue des ouvriers. Cf. Bahut. \\ 
Maison, usine, college. Ne se dit qu'en mau- 
vaise part. Syn. de Turne. || Salle de police, 
prison. — Syn. de Bloc, Clou, Ours, Hosteau. 
II a attrape* quatre jours de boite 

Et. — B. L. buxida, poxides, d'ou boiste, et 
boistia, boissa. (Lrrr.) — Lat. pop. buxta. 
Darm.) 

Boite (Cho.). — Mouille. « Oh ! la bougre 
de quenasse ; y s'en sont tertous venus boitte 
jusqu'ou genou ! » 

Boitte (Mj., Fu.), s. f. — Le contvnu d'une 
boite. Cf. Verrke, Tasske, etc. Ex. : J'ai fait 
partir la moiti^d'eine boitie d'allumettes pour 
faire ^prendre mon feu. 

Bolter (se) (Mj.) v. r6f. — S'enivrer se 
pocharder. Syn. de se Cuiter. Der. de Boite. 

Bolter 1 (Mj. Sp. Lg.), v. a. — Munir d'une 
botte, ou douille d'essieu, le moyeu d'une 
roue. 

Bolter ■ (By., Zig. 185), v. a. — Frapper 
avec un baton, donner une volee de bois vert. 
Prononc. Bo-ater. Syn. de Feurter, Scionner. 

Et. — Der. du fr. bois. 

Botte-a-rae (Sp.), s. m. — Individu bolteux. 

Boltier (Sp., Lu6), s. m. — Bucheron, bo- 
quillon. || Lg. — Boitiers s. m. plur. — Fer- 
miers habitant la region N. E. de la commune, 
e'est-a-dire la region des bois dSfriches. || 
Facteur boitier, qui leve les lettres d^posees 
dans les boftes. 

Hist — t 1706, 21 juillet, sepulture de Michel 
Briand, boitier, decide a la teste du bois ou il tra- 
vaiUoit. » (Inv. Arch., E, in, 326, c. 1.) 

Boltonser (Mj.. Lg., My.), v. n. — Boiter 
legerement. De>. de Boitoux. Syn. de Boi- 
casser, B leaner. || Fu., id. 

Boltouserie (Lg.), s. f. — Boiterie. 

Boitoux, se (Mj., Lg., Fu.) adj. q. — Boi- 
teux. V. Bouktoux. 



Bolt-sans-soif (Mj.), s. m. — Ivrogne, bibe- 
ron. 

Boitnrailler, v. a. — Boire avec exces. Syn. 
de Bervocher. || By. — Expression tres fre- 
quemment usit^e (comme la chose designee), 
boire et boire encore, pour le plaisir de boire. 

— a Qu'ont-ils et£ faire a la foire? — Ren ; 
ils n'y avaient qu'faire ; ils ont boUurailU 
tout le temps et sont r'venus le soir brules. 
(Test tout ce qu'i y ont vu » 

Boiture,fs. f. — Boisson. || Tan humide 
place dans un baril pour tanner les filets des 
pecheurs. (M4n.) 

Hist — Nous y ferons male chere, 

Puisque bo is tare y est si chere. 

(Villon, Grand Testament. 

• c Mais las ! Phoebus a la barbe doree 

Voyant d'enhaut que son eau voulois prendre 
Pour en gouster, sans plus m'alla deffendre 
Et prohyber le goust de la boyture. 

G.-C. BuCHEB, Prolog., p. 77. 
— « Francois !**, visitant Angers, trouva sur son 
passage une statue de Bacchus, en juin 1518 : 
« Le dieu Bacchus, grand ami de nature, 
A tous pions, vrais zglateurs de Tins. 
Fait assavoir qu'aux coteaux angevins 
II a trouv6 la source de boisture. 

(Cite par Mfe.) 

Solvable (Mj.), adj. q. — Buvable. 

Boivant (Mj.), part. pr. — Buvant. 

Boiveux (Mj.), s. m. — Buveur. Ex. : Ein 
boiveux de goutte, c'a bentout le corps brule 
comme eine savate. — || Fu. — A Saint- 
Laurent-des-Autels : Beuveux ou Beveux. 
« Y a trois (troufi) beveux qui se sont neyes 
dans ma fousse. » 

Boivons-ez (Mj.), v. a. — Buvons, buvez ; 
l e et 2 e pers. plur. indicat. et impe>at pres. 
de Boire. On disait jadis : beuvons, beuvois, 
q. v. beuviez, beuvant. 

Hist. — Boivons les ondes sacrees 
Consacr6es 
Au dieu qui nous poinct le cuc.r. 
— Du bon Rabelais qui boivoit 
Toujours cependant qu'il vivoit 
(Ron8abt, cite par Jaub. a Beuver). 

Bole (Mj.), s. f. — Bol, coupe sans anse. I 
Doubl. du mot fr. 

Bolee (Mj.), s. f. — Le contenu d'un bol. 
Syn. de Moque. 

Et. — Angl. Bowl, jatte, — p.-e\ du celt. gael.; 
bol, boil, coupe. 

Boliere (Sal.), s. f. — Sorte d'oreille en 
osier par ou Ton accroche la portoire au bat 

— V. Belikre. 

Bolln (Sal.), s. ra. — Le pinson. V. Bidon. 

Bombe (Mj.), s. f. — Bombance, noce. On 
dit : Faire la bombe, Stre en bombe, parti en 
bombe. De la le mot fr. Bombance (a moins 
que bombe n'en soit un diminutif.) — \. 
Brindezingue, Guinguette, Cigale, Berdin- 
daine, Ragalage, Dkvarine, Portemine, Riole, 
Bombine. 



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BOMBfi - BONIQUE 



113 



Et. douteuse, Raynouard tire Bombance du lat. 
mpa. — Dlez, de Bombus, bruit, fracas, dans le 
os de vanterie, bombicus se trouvant en efTet 
ec le sens de : fastueux, d'ou : faste, orgueil, 
and appareil, puis, dans le langage actuel, large 
pas. — Hist. « Perrin Rewerdi appela ledit 
)ullart... garcon bobencier et orgueilleux (1383). 
D. C.) 

Bomb* (Mj.), adj. q. — Bossu. 
Bom bine (Lg.), s. f. — Syn. de Bombe. 
Bonnie (Bg.). — Grosseur provenant d'un 
mp de poing. Gf. Mobule. 

Bon, bonne, adj. qual. — A Sp. le temin. 
>ti?otme||(Mj.)s.m.Lebon,l'amande; engi- 
rt la partie bonne a manger d'un fruit. Un 
3n de nozille aumilre. (Fu.) || De bon, pour 
8 bon, se>ieuseraent. || Pour tout de bon, — 
•es se>ieusement. || A bon, agr6ablement. 
e s'emploie que dans l'expression sentir a 
m, avoir une odeur agrlable, sentir bon. 
ix. : Cet6 bouquet la sent ben a bon. || Le bon 
e l'eau, le courant principal, le chenal le plus 
rofond pour le passage d'un bateau. V. Toil- 
er, Coublage, Touille, Meilleur. \\ Bon a bon, 

faut §tre bon avec ceux qui sont bons. || Par 
ntiphrase : Qa. pue bon, cela sent bon. 

Hist. — < Bien la trouva-t-il, sentant a bon et 
•es bien parfumee. > (Brant., D. G., 144, 38.) 

Bonasserie (Mj.), s. f. — Bonte\ double 
'une simplicity trop grande, pouss^e jusqu'a 
I betise. Cr6dulite\ 

Bonassler (Mj.), adj. q. — Bonasse. Syn. 
e Boniface, 

Bonbon-notr (Mj.), s. m. — R6glisse. Syn. 
e ReguUisse, Erguilisse. 

Bon-ehreUen (Poires de). 

Et. — Selon une opinion se>ieusement accredi- 
?e, ce nom^vient de Francois de Paule, dit : le 4 bon 
hrelien, qui apporta ces poires d'ltalie en France. 

&HEL.) 

Bonde, s. f. (Fu.). — C'est le bouchon 
'6toupe que Ton met au bout d'un morceau 
e sureau vide" de sa moelle, pour faire une 
ute. V. Poussoui, Flute. 

Bondoe (Lp.), s. f. — Bataille, combat, 
change de horions, ractee. Syn. de Bucherie, 
*leumU, Flopke, Roustke, Epluchee. — 
r . Bonder. 

Bonder (Lp.), v. a. — Battre, gourmer. 
ouer de coups. Syn. de Rouster, Frous- 
*r, Lauder, Latrer, Fldper. || Donner un coup 
e pied dans le derrtere ; Attends un peu, je 
as te bonder f 

Bondereau (Mj.), s. m. — Petite bonde, 
ros bouchon avec lequel on ferme le trou 
ratiaue au fond d'un fut pour y insurer la 
anneile. 

Bon-dlt-on (Bz.), s. m. — Qui n*a pas 
'opinion fixe et 6coute volontiers les dit-on. 
►endant la pe>iode electorate, chacun 6met 
t>n avis ; un 6lecteur, plus prudent, dit : Oh ! 
^oi, je suis un bon-dit-on. — (Graphie 
jpproch^e.) ' 



Bon dree (Mj.), s. f. — Personne replele 
London. Ex. : Queune grousse bondree que 
cete* fumelle-la ! Syn. de Trouille. 

Bondrollle (Tim.), s. f. — Espece de grosse 
prune rouge a noyau adherent, et de qualite 
tres inferieure. Ex. : J'avons mang6 des bon- 
drollles. (Prononc. bondro-ille.) 

Bonfa, s. m. ou Bluet. V. Barbeau. (M£n.) 
Je trouve dans Batabd : Bonnes femmes ; 
Aquilegia vulgaris. 

Bonhomme (Mj.), s. m. || Vieillard. \\ 
Bonhomme de la leune, ou de la lune, homme 
charge" d'un fagot d'6pines, dont les gens de 
nos campagnes croient d^couvrir la silhouette 
sur le disque de la lune : c'est l'ombre des 
montagnes du satellite. || Genou, mot enfan- 
tin. || Partie du fond d'unebouteille de verre 
qui fait saillie a l'int&rieur. Ex. : II l'a vid6e 

i'usqu'au bonhomme. N. A Sp. on dit : Boun- 
lomrae. || Lg. Sorte d'orchis. Syn. de Bon- 
homme-grille. || Gros nuage noir, cumulus. || 
Senecon jacob6e. Bat. || CrSpide, Syn. de 
Grimpard, Cocheu || Tim. Boule que forme le 
chapeau d'un champignon qui vient de sortir 
de la terre avant son 6panouissement ; par 
analogic avec bonhomme (genou). Syn. de 
Clonereau. N. Le plur. est Bonhommes et non 
Bonshommes. Cf. Monsieurs. || Lue\ — Les 
bonhommes, les gens. « Allez qu'ri les bon- 
hommes. 

Et. — II est a remarquer que les differents sens 
6num6res plus haut s'enchalnent en une sene abso- 
lument logique. Les vieillards ont, ou sont censes 
avoir cette bonhomie que donne l'experience de la 
vie. lis sont chauves comme un genou, et c'est une 
comparaison proverbiale. Enfln Ta saillie inte>ieure 
d'une bouteille rappelle elle-mdme la forme du 
genou. || Le pat. norm, a Bouon n'homme, *rcs 
nuage moutonneux* 

Bon homme-4e- riviere, s. m. ou Menthe 
aquatique. V. Baume d'eau, ou marule blanc, 
aussi : grand bonhomme. (M4n.) — Marrube 
(Bat.) 

Bonbomme-grUle (Lg.), s. m. — Espece 
d'orchis, assez semblable a la pentecoute (Ec. 
Pentecdte), mais plus petit. Les feuilles ne 
sont pas tach£es de noir ; les fleurs, petites, 
blancnatres et tiquet£es de noir sont tr6s ser- 
ies tout le long de la hampe. On l'appelle 
aussi simplement : bonhomme. 

Bonhommias. — Homme de peu d'impor- 
tance. 

Hist. — < Or, vien ca, petit bonhommiau. » 
(Passion. — XV, Dabm.) 

Boniface (Mj.), adj. q. — Candide, ing^nu, 
bonasse. Syn. de Bonassier. 

Bonifaeement (Mj.), adv. — Avec une sim- 
plicity qui confine a la niaiserie. Ex. : II a cru 
ca doux comme du lait, tout bonifacemenL 

Boniouard, s. m. — Vieux. V. Bonique. 

(MtK.) 

Bonioue, s. f. — Vieille. Terme faubou- 
rien : Remouche done la bonique », regarde 
done la vieille. (Mbn,) 

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114 



BON-JfiSUS - BORBE 



Bon- Jesus (Lg., Fu.), s. m. — Statue ou 
image de sainted quelconque. || Faire bon ; 
Jesus, geste de priere, joindre les mains. 

Bon jour (Mj.), s. m. — Visiere d'une cas- 
quette. Syn. de Lisiere. || Interj. Bernique ! 
Ex. : II crayait ben prendre la pie au nid ; oui, 
mais, bonjour ! 

Bon-moyen. — Fortune, richesse. II a bon 
moyen de payer. 

Bonne. — Se prononce : bon-ne, la pre- 
miere syllabe tres nasale, comme dans : bon- 
der, et non bonne. — Mais nona Mj. (Z. 139.) 
De mfime : une se prononce un-ne, et non 
u-ne (Louroux-Beconnais.) — A Sp. et a 
Tim. Boune. || Servante. || Maitresse, belle, 
bonne araie. Ex. : II va se promener avec sa 
bonne. Syn. de Pritendue. 

Bonne-amie (Mj.), s. f. — Maltresse. Syn. 
de Blonde. Ex. : II est a voir sa bonne-amie. 
Sou vent on dit simplement : sa bonne. 

Bonnedn (Mj.), s. f. — Ne s'emploie que 
dans la loc. A la bonneda, a la bonne-fran- 
quette. 

Et. — Cette locut. n'est autre que la loc. ilal. 
Alia buona, transported toute vive dans notre 
patois mj. et deflguree par la prononc. locale. 
(R. O.) Je pensais, moi : A la bonne dame (la 
8ainte Vierge). Cest l'idee du O Jaub. — De 
Montbsson : « De deux petite membres de phrase : 
« il est tout a la bonne, da 1 » on n'en aura fait 
qu'un : « il est tout a la bonne da. » 

N. — M. R. Onillon maintient son 6tym. : 
« Lorsque je signale des rapprochements avec les 
a utres langues, je n'entends pas dire, en general, 

3ue notre patois ait fait a ces langues des emprunts 
irects. Cest meme souvent le contraire, en parti- 
culier pour l'anglais, qui doit a notre patois angevin 
au moins une centaine de mote importes par les 
Plantagenets et leur suite. A la cour de ces rois, on a 
parte le francais (aneevin) pendant deux siecles. 

Mais il n'en est plus de mdme pour l'italien. II 
faut bien savoir que le comte Ren6 de Montjean 
fut, sous Francois !•% marechal de France et gou- 
verneur de Milan pendant de longues annees. On 
s*explique alore cette importation directe de locu- 
tions et de mots italiens specialement dans le patois 
montj. — Et puis les dues d'Anjou furent rois de 
Sidle. (R. O.) 

Bonne-fomme (Mj.). — Sage-femme (Les 
Anglais disent : Good wife). || Lg. Petit tas 
de loin a derai sec que Ton forme sur le pre* 
pour acbever la dessiccation. La bonne-femme 
est plus petite que la veille. Syn. de Beulot. 
Cf. Bonhomme, gros nuage dont la forme rap- 

Pelle celle de ces tas de foin. || Bonnes-femmes. 
lantago lanceolata, herbe au charpentier ; 
tige seche et nuzueuse. Herbe a cinq cdtes, 
tfite noire, oreifie de lievre. Ces noms se 
donnent aussi a Tancolie vulgaire (M6n.). 
Aquilegia vulgaris (Bat.). 

Bonne-Louise (Mj.), s. f. — Ou Louise- 
bonne, sorte de poire. || By. Cest Bonne 
Louise d'Avranches. 

Bonneron (Fu.), s. m. — Pour Bonnet- 
rond ; coiffe des femmes marines ; oppose a 
Coiffe A tuyaux. Mauvaise graphie. 



Bonnes, adj. f. — Dans la loc. : Faut qt 
seye dans ses bonnes / s. ent., journees, 
faut qu'il soit bien dispose. 

Bonnes-graces, (Mj.)s. f. pi. — Dans les lits 
Fange, on appelait ainsi deux rideaux plao 
a la t§te du lit et qui ne se repliaient pas. 

Bonnet (Mj.), s. m. — Bonnet a trois pieo 

— petit bonnetfd'enfant. || Prendre son J 
rouge, — rougir de confusion, de bonte. Syi 
de Piquer un feu, un fard, ein soleil. || Prendi 
sour son 2?., — imaginer, forger de tout* 
pieces, inventer. || Avoir la tete pros du B 

— §tre capricieux, colere, emporte, violent. 
B. a bouse (Lg ). Cest le petit bonnet a fon 
plat, a brides pendantes, que le commerce 

Eartout repandu et que portent toutes H 
onnes et les jeunes ouvneres. Le nom fa 
image. V. Bouse. || Sp. B. rond, coiffe 
tuyaux. Syn. de Volant. Cest le contrail 
au Fu. V. Bonneron. 

Et — « C'6tait certain drap dont on faisait d< 
chapeaux ou habillements de teste qui en ont n 
tenu le nom et qui ont ete appeles bonnets* de m^m 
que nous appelons d'ordinaire castors les chapeau 
qui sont faite du poil de cet animal. (M. de Casi 
neuve. Cite par Menage.) — Hist. « Un chapelc 
de bonnet en sa tdte. » (G. de Lobris.) Nom d 
famille frequent 

Bonnet-pique (Mj.), s. m. — Sorte d 
bonnet ou serre-tdte de linge que les femme 
portaient autrefois sous la tavoyolle et qui i 
raSme surv£cu assez longtemps a cette de? 
niere. 

N. — Le bonnet pique" enveloppait et cachai 
complement les cheveux, que les femmes, autre 
fois, auraient consider comme une honte de laissc 
voir, mfime sur le front. 

Bonoite (Bg.), s. f. — Bonne femme. 

Bon-sang (Mj., Fu.).;interj. Juron att£nu£ 
s. ent. de Dieu. On dit qqf. Bon -sang de \i 
vie ! — ou bon sens ! Indique le depit. || Ec 
Id. V. Gout. 

Bonsoir (Mj.), adv. et interj. — Va te fain 
lanlaire ! Ex. : Je croyais avoir queuqui 
chouse, mais bonsoir / || Bonsoir de la vie 
Sacre* bonsoir ! Coquin d? bonsoir ' Loc mar 
quant le d^pit, employees comme juroot 
ben^voles, a cause de ranalogie avec Boi 
Dious ! 

Bonte (Sp.), s. f. — De voutre bonti, de ss 
bonti, benevolement, gracieusement. Ex. 
Vouderiez-vous, de voutre bontt, me dounei 
queuques feuilles de parsil? Formule de civi 
lite rustique des plus employees, 

Boquet, s. m. — Pour : bousquet, tortu, 
botteux (Segr. Men.). 

Borbnssoux, adj. (Segr.). — Gouvert de 
Borbe. (Men.). 

Borne, s. f. (Segr.). Syn. de Bout. De la : 
bourboux et bourbassoux. 

Et. — Vx fr. borbe, xn» s. — Celtiq. berw, ou 
borv (nom gaulois de Bourbon rArchambault, t 
cause des eaux qui y bouiUonnent). La bourbe est 



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BORD — BORDERIE 



115 



done, 6tymologiquement, une boue telle qu'on y 
toit bouillir Peau en la foulant. (Lttt.) — Borbe, 
borbeux, borbier. (L. C.) 

Bord (Mj.), s. in. — Galon servant a bor- 
der un habit. || Fig. Parti. Se mettre du bord 
be qqn, — prendre son parti, prendre fait et 
jause pour lui. || Tiendre son bord, — se 
defendre, au propre et au fig. || Hors de bord 
%%.). Absolument ivre. || Etre susle mdme 
Sord, — Stre dans la mSme position qu'aupa- 
ravant. Se dit d'un malade dont P6tat ne 
I'ameliore pas, d'un ivrogne qui ne dessoule 
pas. V. Branle. \\ A bord mouillant. V. Mouil- 
mt. 

Et — De Vaha. bort, bord d'un vaisseau ; il y a 
uissi dans le celt, bord, planche, table. Le bord est 
lone propre men t une planche ; et l'etymol. permet 
le saisir l'enchalnement des significations. 1° bord 
le vaisseau fait en planche ; puis, par melonymie, 
» qui borde, ce qui renferme, ce qui limite, ce qui 
st k l'extr6mite\ (Lttt.) 

Bordage (Mj., Lg.), s. m. — Syn. de Bor- 
lerie, Valoirie, Biquerie, Loqueterie. || Bor- 
kge porte a cou ou a coup. A Beaupr6au, il 
f a des proprie*tes, grandes et petites borde- 
ies, ou bordages a cou, a cause de Tusage 
xmsacre* de laisser le tenancier sortant de 
ion bordage, emporter a son cou et d'un seul 
»up, paille, furaier, etc. (MAn.) 

Et — Du saxon bord, qui signifie : maison. — 
» Borde, poutre, buche, bran don, bequille ; hutte 
n bois, chaumiere, cabane ; petite mgtairie ; bord, 
>ordure, cdte\ » (D r A. Bos.) — C. Port, dans son 
)ictionn., cite pres de cent lieux-dits ou entrent 
bs mots : bordage, borde, bordieres, borderies. — 
list. « II en achete force metairies, force granges, 
orce mas, force hordes et bordieus. » (R., P., prol. 
In livre IV.) — « Deeds de Michel Ogereau, « qui 
vait demeurg long temps au bordage de la Gilletrie. • 
1663, /. a., S., E, in, 369, 1, bas.) — « Tenure par 
ordage, si est comme aucune borde est baillie a 
ucun pour fere les vils services son seignor : ne 
uet l'omme eel flement ne vendre, ne engagier, ne 
lonner, et de e'en n'est pas hommage fet. » (D. C. 
lordagium, v° Borda.) — c Du 30 septembre : la 
jrme de l'Eliniere, le bordage de la Pichonnerie. » 
A. h. y m, p. 521, 9.) — « Ivo, tils de Fromond, tils 
'Hilger, donne a Saint-Serge « decimam... 
njusdam bordagii qui Villena vocatur. » (1080-90, 
irca. /. a. S. H., 145, 2, m.) — c II a recu de l'abbe 
Valeran . . . son bordage, « bordagium terre quod in 
artibus Cruc habetur. » (1100, circa. Id., ibid., 
44, 1, m.) 
- « . . . mais sans chandelle ou cierge 

Ung jour alloit a l'esbat vers sainct Sierge, 

Ou il trouva, en un petit bordage, 

Ung beau poullain qui n'avoit pas fort d'eage. • 
Ch. BoubdignA, P. Faifeu, 41. 

Berdager (Mj., Lg.), s. m. — Syn. de Bor- 
der. 

Hist. — < Saint-Jean-Desmauvrets est une 
aroisse d'Anjou, sise sur le bord de la riviere de 
K>ire, vers midy, de laquelle depend le bourg de La 
tagueniere, et outre ledit bourg des metairies et 
vrdages sur Pautre bord de la riviere, vers le Sep- 
•ntrion en vallee. » (Const. d'Anj., t II, col. 262.) 
f . B order ie. 

BerdAlller (Mj. et Ch.), v. n. — Etre appro- 



chant. Ex. : J'ai pas ieu trente pistoles, mais 
$a bor da Me. 

Et. — De>. du fr. Border. 

Bordanser, v. a. — Secouer. « lis sont 
venus bordanser ma porte. Syn. et d. de 
Berdanser. 

N. — « Mettre en branle, faire osciller ; berdan- 
siere, — oire, escarpolette. (Dk Montess.) 

Bord ant (Sp.), adv. — Environ, appro- 
chant, approximativement. Ex. : Illy en a 
bordant cinq boissetees. || (Mi.), adj. verb. — 
Attenant a, contigu a — de Border. 

Borde * (Tim.), s. f. — Ar§te de poisson. 
Syn. de Boise, Balle. || (Lg.)*8arbe de ce>6ale. 

Borde *, s. f. — Maison champe'tre. V. 
Bordage. 

Hist. : 

« Ce n'est pas tout d'avoir plaisante forme, 
Bordes, troupeaux, riche pere et puissant. . . » 
Mabot. (GuM.) 

Borde* (Ti., Zig. 153), s. f. — Boue, 
Bourbe. 

Et. — Voir au mot Borbe, dont il est la corrup- 
tion. 

Bordee (Mj., Sal.), s. f. — Noce, d^bauche 
prolonged. 

Hist. — « Terrae de marine qui fit d'abord allu- 
sion aux conditions dans lesquelles les equipages 
des navires vont a terre par bordees, — puis, noce, 
debauche. « Quant au troisieme, e'est un rempla- 
cant, il est pratique, mais vaillant, et, lorsqu'on Ta 
mis a la salle de police pour une borate, on Ten fait 
sortir, car il se bat si bien. » (Billet du due d'Au- 
male a M. Odier, 1860, Figaro du 30 Janvier 1876. 
— Cite par L. Labchey.) 

Bordelmise (Mj.), s. f. — Barrique, du genre 
de celles qui sont surtout employees dans le 
commerce des vins. 

N. — Les Bordelaises ont plus de bouge et plus 
de jable que les barriques du pays ; comme elles, 
elles sont. plus longues et moms grosses que les 
barriques nantaises, ou poincons. || Nom, aussi, de 
certaines bouteilles. Cf. Champenoises. — Elles 
contiennent de 0,60 a 0,65 centil. 

Border, v. a. — Border a plat, c-a-d. 
charger un bateau de sable ras bord. 

Borderie (Mj., Fu.), s. f. — Petite propria 
rurale. Cf. Borde. Syn. de Biquerie, Bordage, 
Valoirie, Loqueterie. 

Et. — C'Stait, proprement, la metairie annexee 
a la borde, qui etait la maison des champs du pro- 
prietaire. Dans qqs coutumes, ce mot designe une 
m£tairie au labourage de laquelle deux boeufs 
sufflsent. (L. C.) — « Je, Guillaume des Francs, 
escuyer, cognois et confesse et advoue a tenir. . . 
une borderie qui contient en soy six sexterees de 
terre. » (1409. — D. C.) — « Ancelin de Montjean 
« miles de Monte Johannis », donne a Saint-Mau- 
rille de Chalonnes une petite borderie outre Loire, 
c unam borderiatam parvam ultra Ligerim. » 
(xr» s. — Inv. Arch., H, I, p. 131, col. 1.) — 
c Diota, uxor Arguinnardi » se donne « in soro- 
rem », avec tous ses biens « et tertiam partem bor* 
derise terra de Roseria. » (1200, circa. Id., H, i, 

L181, col. 2.) — « Et ainsi bordage, bordelage ou 
rderie se disoit anciennement, quand un seigneuf 



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lie 



BORDlER - BOSS1COT 



avoit un domaine aux champs, et il le don n ait a un 
Laboureur pour luy et les siens, k la charge d'en 
payer tous les ans certaine prestation et redevance. » 
{CouL de Poitou, I, p. 465, art. 178.) 

Bortier (Mj., Lg., Fu.), s. m. — Cultiva- 
teur qui exploite une petite proprtete* rurale, 
soit comme proprietaire, soit comrae fermier. 
Syn. de Bordager. 

Hist. — a Manage de Jean Cathelineau, bordier, 
avec Marie Boussion, de Melay. » (1767, /. a. S. /?., 
m, 364, 2. m.) — c Mon fr£re a recu, ce jour, des 
nouvelles de ches luy par un de ses bordiers qui est 
venu icy. » (L. B., 70, 22.) — « Boissinot, mon 
oncle maternel. . ., 6tait jardinier et bordier a la 
Porte- Baron meme^» (Dbniau, vi, 102, en note.) 
— « Cependant qde les vieux bordiers, accotes sur 
leur baton de houx, et musses du soleil sous leurs 
chapeaux a larges bords ... » 

(Hist, duvxtps, 251.) 

Bordiere, s. f. — Bande de terre qui existe 
le long d'un fosse\ Syn. Pas-d^-bceuf, sabotbe, 
semelle, seule. (M£n.). Riverain. 

Bortll, s. f. — Touffe du bonnet de coton 
(M£n.) Cf. PtteiUe. 

B or din, Bordlnier. — V. Berdin et mots de 
la meme famille. 

Bordodo (Sa.), interj. imitant le bruit que 
fait un corps lourd en tombant dans une 
excavation profonde. V. Berdadaud. 

Bordn (Lg.), adj. aual. — Barbu, qui a de 
longues barbes, se ait de certaines ce>6ales 
et gramin£es, de certains bles ou 6peautres. 
Syn. de Barbichon. De>. de Borde \ 

B ordure (Mj., Fu.), s. f. — La Bordure, — 
les pays riverains de la|Loire. || « Les gars de 
la bordure sont reputes pour boire beaucoup 
et manger plus de viande aux noces que ceux 
des Mauges. Le boucher qui fait la noce sait 
cela et agit en consequence. Fu . 

Bor£ (Lg.), part. pas. — Qui a le visage 
barbouill£ Syn. de Bardoutt, Bouchard. || 
Mj., Ig., Lpos.). Nom de famille. 

Borer (Lg.), v. a. — Barbouiller le visage. 
Syn. de Bardouler. 

Borgne (Mj., Ve.), s. m. — Une des quatre 
principales cartes du jeu d'aluette. || Fu. — 
Le signe du borgne, — clignement de Toeil 
pour avertir son partenaire a la derob^e, a ce 
jeu. || Mj., Lg., adj. qual. — Se dit d'une 

Jeune plante, surtout des haricots nouvei- 
eraent lev6s dont la tigelle est atrophtee. || 
By... et d'un rameau qui ne fleurira pas 
(rosier). V. Pois et Rogations au F. Lore, in. 

Borlllot (Li., Br.), s. m. — Un chien basset. 

Bornille, s. f. — Boue delayed. On dit : se 
borniller. — Syn. de Casse. 

N. — « Boue plus ou moins delayee, bornais, a 

ivtat (1- lm«i«\ Le bornais est une tr»rre ar^rilpuse et 
■'i.. ■ -; < • i. I i 2 >Vt •■!<•; r,»v >•»; '1 > m*'l icp 
i-i . : i . ' !•■»,!- ^ 5* -nt 

ju'j'i,, i |i. u 'iii i,'fis Muauu.tl.iv, qui ae Lrotive en 
grandes tenues dans TO. de 1'Indre. Nom de loca 
lite : Les Bornais. » (O Jaub.) — En Anjou, nous 



avons Les Bournais. Pour BerniUe ou Brenille, der. 
du fr. Bren. Cf. Berner, Emberner, Dtberntr. 

Boseo, s. m. — Bossu. Syn. de Bossi, 
BombL 

Bosse (Sp.), s. f. — Futaie au milieu d'un 
taillis. Ex. : La Bosse-noire. — Employe" 
m£taphoriquement ou comme un derive du 
fr. Bois. 

Et. — Bos, ancienne forme du mot bois, d'ou est 
derive" le nom propre Dubos. (C» e Jaub. ) — * Bos, 
bois, — boscum, Dtiscum, qui viendrait du germ, 
Buise, materiaux de construction, bois, de bauen, 
construire. » (D r A. Bos.) 

|| Boutique de pScheur (Crz.). Syn. de 
Botte, Bottereau, Bossereau, qui n'en est que 
le diminutif. || (Mj.) Rouler sa bosse, errer ; 
vivre sans souci, boulotter Texistence, se la 
couler douce. || Se f . . . eine bosse de, — se 
rassasier de, s'en fourrer jusque-la, au pr. et 
au fig. Ex. : « Je me s6 f . . . eine bosse de 
soupe a la palourde ; — a s'est f . . . eine bosse 
de rire. || Bosses oVumeau. Sorte d*exc*x>is- 
sances en forme de vessies ou de bourses, 
produitcs sur les jeunes branches de Tor- 
meau par la piqure de certains insectes : ces 
excroissances renferment un liquide visqueux 
qui est le cambium extra vas^ de Farbre sur 
lequel nagent les petits moucherons qui ont 
occasionnS cette difforraite\ || Rire comme 
un bossu s'explique par un des sens ci-dessus. 

Et. — B. L. Bocia, bocium. Bas-bret., bos, 
bosen, tumeur ; kymri, bdth. (Lrrr.) — c Rac. celt 
boc, enfler, 6tre gros, d'ou bocsa, dans notre mot 
bosse. (Malv.) 

Bosse (Mj., Lg.), part. pas. — Bossue. |- 
Bossu. Ex. : J'ai rencontr^ eine petite vilaine 
bossU. Syn. : de Bombk. \\ Fu. 11 avait bosse 
son chapeau (chap^ou). 

Bosselle (Mj.), s. f. — Sorte d'engin de 
p§che en osier tout a fait analogue a tan- 
creau. || Sorte de bolte en planches, faisant 
corps avec un bateau et qui sert de vivier 
pour le poisson. (Test ce que les pecheurs de 
la Seine et de la Marne appellent Boutique, | 
V. B otter eau. || Gros cadenas servant k atta- 
cher la chatne d'un Futreau. || By. — Boes- 
selle. 

Et. — D6r. de la m£me rac. que le fr. Bolte, angL 
Box; e'est Tital. Bossolo. — 1. Bocel, barillet; 
2. bocel, petite botte ; 3. bocel, flacon, ont 4tf 
confondus. Le l or vient de buticellu ; le 2* de bus- 
tellu ; le 3« de baucale ( ?). D r A. Bos. 

Bosser (Mj.), v. a. — Bosseler, bossuer. V. 
Cdmer, Cabliner. || Lg. — Porter sur son dos, 
une pierre de taille, une ptece de charpente. 
Langue des macons. || Gn. Zig. 187. — Boss** 
T6chine, — faire le gros dos. Syn. de faire li 
forte 6paule. 

Bossctte, s. m. — Cabaret de has £ta£& 

On y hoi!, on y ( haute. (M6n.) 

Bossieot,, s. m. — Petit bossu. Bosco. 
Terme injurieux (MAn.). 



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BOSSOIR - BOUBE 



117 



Bossoira (Mj.), s. m. pi. — Seins d'une 
femme. Ex. : Alle en a d'eine paire de bos- 
soirs I Syn. de Avant- train, Avont-lait, Nines, 
Fistonneaux. 

Et. — Jeu de mot sur ce terme de marine. 

Boesak est souvent employe* a tort pour : 
bossel£. Un vase bossue est un vase (en m6tal) 
qui a re$u des bosses ; un vase bosseli est 
travailte en bosse. , 

Boston (Mi., Ag.). — Chapeau haut de 
forme. Syn. de Capsule, Taf, Tuyau de poele. 

Boter, v. a. — Vx mot angevin. Butter? 

Hist. — 1742. « ...J'ay aussi fait boter les 
bonnes blanches et les treize quartiers. » (Inv. 
Arch., n. E. S., p. 398, 2.) 

Botte (Sa., Sp.), s. f. — Anneau de fer qui 
fixe la faux sur le faux-manche. |1 (Mj.) Au 
sens propre : Avoir du foin dans ses bottes, — 
§tre riche. || Graisser ses bottes, — recevoir 
FExtrSme-Onction. || A Corze\ — boutique 
de pecheur, syn. de Bottereau, qui n'en est 
que le diminutif. || Lg. Masse de neige ou de 
terre qui s' attache aux chaussures. Syn. de 
Bott&e, Galochee. || Puisard creuse* dans le tuf, 
pourFextraction,aSaint-Cyr-en-Bourg(MAN.) 
|| Lg. Gatne qui enveloppe F6pi des ce>6ales 
avant l'gpiage. Ex. : L'6pi sort de la botte. 
V. Epiier, Degorger. || Chi. Gros cadenas qui 
servait a fermer la chalne d'amarrage d'un 
futreau. 

N. — Mot desuet. On emploie aujourd'hui son 
diminutif Bottereau. Je le retrouve dans l'inventaire 
de Brodeau de 1745. (V. Charlit): « Item, les deux 
tiers. . . d'un futreau avec sa chesne et sa botte... » 
V. Dagron. 

Et. — Probablement doublet du franc. Botte* 
Ga61, bot, etc. — Tous ces mots ont la signiflc. de 
outre, vase en cuir, botte a chausser, tonneau, par 
des assimilations faciles a concevoir. (Lrrr.) 

Botteau, s. m. — Petite botte de foin. 

Hist. — « II gisait dans la creche . 
Sur un botteau de foin. » 
(G. Bible des Noels angevins.) M&N. 
— « Graveur, vous deviez avoir soin 
De mettre dessus cette teste, 
Voyant qu'elle estoit d'une beste, 
Le lien d'un botteau de foin. » 

RftGNIBB. (C te Jaub.) 

Bottle (Mj.), s. f. — Quantity de neige 
ou de boue qui s'attache aux chaussures, aux 
fere des chevaux. Syn. de Botte, Galochee. 

Botteler (Pell.) v. n. — Se grumeler, en 
parlant du lait. Doubl. de Betteler, et synon. 
— || By. — Souvent prononce* Bo^tteler. 

Botteleux (Mj.), s. m. — Botteleur. 

Better (Mj., Sp., Lg.), v. n. — S'enfoncer 
les pieds dans la boue, prendre a ses chaus- 
sures des masses adhe>entes de boue, de 
neige, etc. : Ex : On botte par ce defouc-ld. — 
Syn. de Patter, Pdtiner, s* Engomber, Galo- 
eher, Gaillocher, s 1 Engalocher. \\ Mj., v. a. — 
Syn. de chausser, convenir. Ex : Ca me 
botte. — Assimilation facile a saisir. || Lg. — 
Se dit d'une charrue au versoir de laquelle 



adhere la terre trop humide. Ex. : Ma charrue 
botte, — alle est bottke. — Syn. de Engouler. 

Bottereau 1 (Mj.), s. m. — Boite en planches 
perc^e de trous nombreux, que les pecheurs 
mettent flotter dans la Loire en la fixant au 
moyen d'une chalne de fer, et dans laquelle 
ils conservent le poisson vivant. Le botte- 
reau differe de la bosselle ou de la cdme en 
ce que celles-ci font partie d'un bateau. 
Quant a la bascule, c'est un bateau special 
servant tout en tier de vivier flottant. D6r. 
de Botte. — -Cf. Bossereau. |[Ec — Petite botte. 
Onprononcele plus souvent Bolttereau. — Le 
bottereau est moins grand que la botte et n'a 
qu'une porte en son milieu. La botte, plus 
grande, a une porte en son milieu et un da- 
gron a son extr£mite\ permettant de faire 
glisser le poisson dans le troubleau. 

Hist. — « Comme icelui Perrin, qui s'esbatoit 
par la riviere, eust advis6 un Boteron ouquel avoit 
du poisson. » 1464. (D. G.) 

Bottereau f (Sp., Lg.), s. m. — Sorte de 
beignet fait avec une p&te lev6e et ferme, 
composed de farine que Ton a p6trie avec des 
jaunes d'oeufs et du sucre. — Syn. de Mar- 
seille. V. Botterid, F. Lore, xn. || Fu. Gateau 
frit dans la poele. 

Hist. — « Le jour de la Purification ou de la 
Chandeleur, et au temps du Carnaval, il etait 
d'usage dans toutes les families de virer des crSpes 
et des botraux (sic). — Den., i, p. 82. 

Bottereau s (Mj.), s. m. — Sorte de chaus- 
sure qui monte un peu au-dessus de la che- 
ville. On dit aussi : Botton. 

Bottereau * (Mj.), s. m. — V. Mottereau. 

Botterlft. — V. Bottereau *. Sorte de beignet. 
Forme vieillie. 

Botton (Mj.). — V. Bottereau ». 

Boualler, v. a. — Faire une mauvaise 
besogne, la boussacrer (Segr.). M4n. — Cf. 
Bousiller et Bohaller. — Syn. de Gourganger. 

N. — « Bouaille, boue. V. Bornille : « Tous les 
marchez doivent fitre pavez au moins en partie, 
pour eviter la bouaille. » (Cathebdjot. Traite de 
r architecture. — C* Jaub.) Y a-t-il du rapport? 

Boubasse (Sp.), adj. q. — Se dit d'une 
terre de mauvaise quality, qui se delite et 
coule a la getee, en d^chaussant les racines 
des plantes. || A Mj., et au Lg. on dit d'une 
telle terre qu'elle breche. V. Brecher. — 
Pour Bourbasse? 

N. En berrichon Boulaise. O e Jaub. Cf- 
Borbe, Borbassoux. Mais vient plutdt du sui- 
vant : 

Bouhe (Lg.), ad. q. — De consistance 
molle et elastique, dont la pulpe, creus^e 
d'alve'oles et a demi desse*ch6e, a la texture 
de la raie de pain ou du liege. — Syn. de 
MichS, LiigL Se dit des plantes racines. || 
Champignon boube, amadouvier, agaric du 
chSne. ^ 

Et Doublet de Bouffe ; voisin de Pouffl et du 

fr. Bouffl. 



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118 



BOUBILLON - BOUCHE 



Bouhillon (Mj.), s. m. — Celui qui bre- 
douille en parlant. — Syn. de BaroUlard, 
Bagoillard. || Auv. — Syn. de Bobote. — Rac. 
Balbus, begue. Cf. Bobillon. 

Boubillonnard (Mj.), s. m. — Bredouilleur. 

Boabillonner (Mj.), v. n. — Bredouiller. || 
Auv. — Syn. de Boboter. 

Boabiqae. — Hermaphrodite. Syn. de 
Biret. \\ Cidre melange* de pomme et de poire. 
Cf. Poii de bique. || Bouc-et-bique. 

Booblln (Mj.), s. m. — Sac forme* d'une 
sorte de toile d'araignee qui renferme une 
niche*e de chenilles. — Syn. de Bourse-de- 
cheneUles. || Sac de tulle dont les apiculteurs 
s'enveloppent pour curer les ruches. Cf. 
s'Embobeliner. 

Et — V. Poupee. — MGme rac. que le fr. Bobine. 

— Hist. « Romule etoit rataconneur de bobelins. » 
(Rab., P., n, 30.) — Cf. Jaub. a Poupelin, et 
Bobes, au Supplement. 

Boubllne (Mj.), s. f. — V. Boublin. || By. 
pour Bobine. On dit : poupee de filasse, d'ou : 
poupelier (pron. poupoeiier) fllassier. — 
Souvent Boubline, pour Bobline, filasse 
apprSteesurla quenouille ; d'ou Emboubliner 
ou Embobliner, — entourer de linges, mal 
emmaillotter un queniau (Ke*nio et k'no). 

— Au figure, entortiller qqn par ses pa- 
roles, etc. 

Bouboule, s. f. — Pour : boule, terrae 
enfantin (M£n.). 

Boue (Mj.), s. m. Faire le bouc, — bouder, 
montrer de la mauvaise humeur. || Sp. Bar- 
biche disgracieuse. || Lp. — Coin ae bois 
pour faire e*clater les blocs d'ardoise. || Fu. 

— On chante, en se moquant du boudeur.: 

— « Bouc ! bouc ! bouc ! veux-tu des choux ? 

— Nenni, ma mere, oul est trop tout (tdt). 

— Bouc ! bouc ! bouc ! veux-tu du lard? 

— Nenni, ma mere, oul est trop tard. 

Boueadent (Mj.), adv. — PeJe-raele, sens 
dessus dessous, en desordre, en tas, en vrac. 
Ex. : Alle a jete* toutes ses ganicelles bou- 
eadent. — Syn. de En pagale. || De boueadent 
(aller) ne pas suivre la ligne droite, aller en 
ti tub ant. || Le vrai sens est tombersur les 
dents, toraber en avant. Se dit aussi d'un 
vase qui tombe, ou est place" sur son ouver- 
ture. Cf. Adenter. — Z. 115. — Bouche a 
dents? 

N. — Adenter, e'est mettre l'embouchure d'un 
vaisseau (vase) en bas, et le cui en haut. Lat. : 
indentare, mettre a dents. Ex. : « Si lui mist sur 
son ventre trois ou quatre petites chandelles de 
cire, qu'elle aluma et les assist sur une crouste de 
pain qui estoit sur le ventre de ladite femme et 
adenta un pot de terre sur les chandelles estant sur 
le ventre d'icelle malade, qui fut fait par forme de 
ventoise (ventouse) pour aidier a relever la m arris 
(matrice) d'icelle malade. » (D. C.) — Bouc, ou 
Bouque, dans Boueadent est bien la corr. du mot : 
bouche. 

Bouc age (Mj.), s. m. — Bocage. || Lg. — 
Plus specialement Le Bocage vendeen* 



Boueagln (Lg.), s. m. — Habitant du 
Bocage vendeen. N. Je crois savoir que dans 
le pays mgme on les designe sous le nom de 
Boquins. 

Boueahu, n. pr. — Se disait pour une 
jeune fille qui allait au bal et qui n'y dansait 
pas ; elle 6tait semblable a la femme Bou- 
eahu. N. Ce*tait une gardeuse de chaises aux 
Cordeliers pour les personnes qui voulaient 
assister aux sermons. 

« Dansent Tun a dia, l'autre a hu, 
Et personne n'est boueahu. » 

Bal de Blots. (M*K, ) 

Boueal (Mj.), s. m. — Bocal. Syn. et d. 
de Bocar. 

Bauean (Mj., Lg., Sp.). — Individubougon, 
reyeche, maussade. || Au sens fr. de Va- 
carme. Syn. Bousm, Chahut, Bacchanal, 
Chutrin, Rahul, Potin, Rabdt, Menire. 

Boneanier (Mi.), s. m. — Docker, debar - 
deur du port de Nantes. — N. Nos mari- 
niers ont sans cesse ce nom sur les levres. 

Boueaul (Mj., Sal.), ad. qual. — Ne 
s'emploie que dans la loc. : lait boucaud, 
lait moucheron. V. Bougaud. — Premier 
lait apres la parturition (SI.) MAn. — I 
Autres syn. Ouillaud, Bodi. \\ Boucault 
(Lue). Jeune boeuf. 

Et. — D6riv6 de bouc ; a cause de Todeur? 

Boueaut (Mj.), s. m. — Humeur maus- 
sade. Ex. : Queun boueaut qu'il nous fait! — 
Syn de Bouc, Blou. \\ Souillon. Ex. : Te 
vela emmanchee comme ein vrai boueaut 
Syn. de M&caut, Marganeau. \\ Mettre en 
boueaut (v. Boucaud) : Ces bourgesses-la 
alle ont mis mon reparoir en boueaut. — 
De*r. de bouc. — Peut-§tre le m&ne que le 
prudent. 

Bouc- en-feu (Sp.). s. m. — Chipie, femme 
acariatre. — S'explique de soi. 

Boachalilbn (Mj.), s. m. — Petit boucher 
dont le train d'affaires est peu considerable* 
— V. Boucher. 

Et. — Primitivement le boucher e"tait le tueur de 
boucs (la partie pour le tout). Le provenc. avait 
Brecaria, ae berbix, le tueur de brebis. (Litt.) — 
Au moyen age, le peuple se nourrissait sur tout de 
viande de bouc. 

Bouchard, e (Sp.), adj. qual. — Qui a 
la figure sale ; mal ctebarbouule. « Tes bou- 
chard. » (Li., Br.). — Figure noire, mal- 
propre (Sar.). — Syn. de BardoulL \\ Nom 
de boeuf ayant le mufle noir. 

Boucharde (Lg.), s. f. — Sorte de marteau 
a t^tes carries et plates, mais strie^es de 
rainures profondes, dont se servent les tail- 
leurs de granit. — Syn. de Picote. Cf. Pan- 
nard. 

Bouc harder (Sar.). —- Salir le visage. 

Bouche. — « Outre le droit de pScher 
dans son etang, pour leur nourriture, il a 
aussi donne aux moines la dime da toutea les 



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BOUCHE-FOUR - BOUDINIER 



119 



inguilles qu'on y prendra, plus une bouthe, 
la meilleure qu ils pourront trouver pour 
prendre eux-memes des anguilles. » (1062). 
— Copie faite sur un texte latin, traduit. P. 
Mabcheqay, p. 23. — C'est done un engin 
de pdche. Vx mot angevin. Cf. Bosselle. 

t«aehe-foiir (Mj.), s. m. — Lame de tdle 
en forme de demi-cercle et munie d'un 
manche ou d'une poignee qui sert a fermer 
un four. — Bouchoir. Syn. de Etoupas. 
, Fu. — Se dit : Quertouere (pour cour- 
toire). || By. — On dit : i'etoup&s. Avec le 
rouable on attire la braise ; avec la nippe on 
nettit le four. 

toneher (Mj.), v. a. — || En boucher un 
coin, reduire a quia, deconfire. Argot, et 
recent || Lg. — Absolument : Faire les 
haies autour des champs. — Syn. de For- 
mer. 

Boneherte (Sa., Lue, Bl., Mj.), s. f. — 
Bouchee. || Fu. — Bouchee. 

Boiehis (Sar.), s. m. — Branches mortes 
dont on se sert pour boucher un trou de hate, 
i Li. — (Test la calvouillette. 

Et — Boucher un pre, une terre, l'entourer 
d^pines, de branches de boisson pour en d6fendre 
fentree aux bestiaux, — bouchure, haie, — bou- 
eheton, Pouvrier qui bouche, — bouchon, petit 
fagot d'6pines pour fermer les entries d'une bou- 
chure. — Semble venir d'un mot tel que bosc bois 
(0* Jaub.) — Vx fr. bousche, faisceau de bran- 
chages. 

tMehM (Mj.), s. m. — Flocon d'dcume 
ou de neige. L'apparition de bouchons d'ecume 
a la surface de la Loire annonce les crues et 
les accompagne. || Bouchon de foin, — une 
petite quantite de foin, une bouchee. Ex. :^ 
bonne done ein bouchon de foin a la vache. || 
Flocon de neige. Syn. de Bourgeon. || Fu. — 
ToufTe de gui, branche de houx, — com me 
enseigne d'auberge. 

Betehoae. (Li.), s. m. — Le bouchoue du 
four, la porte qui le ferme. — Bouchoir. 
Syn. de Bouche-four. . 

iMder. — Fermer, clore. — Terme de 
wlice. || Lg. v. a. — Boucler eine vache. 
V. Later. 

Hist — « Si de mal encontre n'estoient tous les 
trous fermez, clous et bouclez, dit Panurge. •» Rab. 
P., n t 3. — Et De : boucle. Du L. buccula, petite 
jotie : le sens actuel est une extension du sens pri- 
mitif, ay ant pour point de depart l'id6e de chose 
arrondie. (Dabm.) — M6taphonquement, terminer, 
wnclure, boucler un marche*. « On ne boucle 
jamais un marche* dans nos foires sans se taper for- 
tement la paume de la main. » (Jaub.) 

Imlet' (bouclete ou bouquiete) (Sp.), 
s. m. — Trou situe a la partie inferieure et 
laterale d'une panne, et qui sert a la vider 
du iessif qu'elle contient. Syn. de Cas, Bour- 
douneau. 

iMdetefto. (Lg.), s. m. — Petite 
flbule oui sert a boucler ou later (inflbuler) 
les vacnes atteintes de chute de matrice. 
Ost un simple brin de 01 de fe? do m 0G a 



m 10 de long, portant trois ou cinq boucles 
de m 003 de diaraetre, dans lesquelles on 
passe des broches. 

Bouelette, (Mj.), s. f. — Petite boucle. 

lUnelettee (Sp), adj. qual. — Se dit d'une 
panne dont le boucle t ou cas est bris6. 
V. Boutlet. 

Boueqner (Sal., etc.), v. n. — Les veaux 
boucquent, donnent des coups de t£te (Li). — 
Diguer, a Jumelles ; Doguer (Li.). — « Are- 
garde done les vaches diguer. » || Faire bou- 
der, rendre jaloux. « Faire boutquer les autres 
bourgeoyses. » (Balzac, 458.) — V. Bou- 
quer. 

Boueqnin. s. m. — Un bouc (Li., Br.). — 
C'est le fr. Bouquin. 

Boueture. — Mauvaise prononc. de Bouil- 
leture. 

Boudard, e (Sp., Mj.), adj. qual. — Bou- 
deur. 

N. — On chante aux enfants boudeurs, pour les 
taquiner : 

« Accourez done tortous chez nous, 

J'avons la v£ze {bis) ; 
Accourez done tortous chez nous, 
J'avons la v6ze et pis le v6zoux. 
Vzzzz ! vzzzz ! vzzzz ! 
Ou encore : 

— Boudi* boudard, veux-tu du lard I 

— Nenni, ma mere, car il est trop char, 

Vzzz!... 

— Boudi, boudard, veux-tu du lait? 

— Nenni, ma mere, car il est trop fret. 

Vzzz !... 

— Boudi, boudard, veux-tu des coups de b&ton? 

— Nenni, ma mere, car ils sont trop longs. 

Vzzz ! 
Et. — D'une racine bod, tout ce qui est preemi- 
nent, comme les levres ; avancer la ldvre inftrieure. 

Boude (PL), ad. q. — Rabougri, mal de- 
veloppe\ en parlant d'un fruit. Syn. de 
Babousini, Harni, Aregrithe. — Deriv6 de 
Bouder. 

Beudeau (Sar). — Le ventre. Syn. de 
Beille, Beserot. 

Et. — Mdme rad. que boudard. 
Bonder (Lu6). — Fletrir, dessecher. 

Et. — C'est le v. fr. pris dans un sens m^tapho- 
rique. 

Bon des, Boudeaux. — « Morceaux de 
bois tournes qui servent a boucher les bar- 
riques. (Bevue de VAnjou, 1883.) II faudrait: 
Bondes, Bondeaux. V. Bondereau. 

Bou din (Segr.), s. m. — Madrier que Ton 
plante dans un mur pour servir de soutien 
aux planches d'echafaudage. — Boulin. 

Et. — Ce mot est une forme intermediate entre 
Boulin et Batin, probablement la forme originelle. 

Boudlnier l (Segr.), s. ra. — Le meme que 
Boudin. 

Boutftnler* (bouguinier) (Mj.). s. ra. — 
Sorte de petit entonnoir dont on se sert pour 
bourrar les tripes et faire les boudins et les 



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120 



BOUDINOIR - BOUGANE 



saucisses. Syn. de Boudinoir. || Le saucis- 
sier, m£me instrument, plus petit, et le sau- 
cissonnier, pour faire le saucisson. 

Boadlnoir .(Mj.). — Syn. de Boudinier . 

Bond re. (Mj., Lg.), s. m. — Forme att6- 
nuative de Bougre, dont le sens grossier est 
ignore\ mais que Ton regarde comme un 
blaspheme ; ce qui ne l'empdche pas , d'ail- 
leurs d'Stre fort usite\ || Fu. — Employ^ sur- 
tout par les femmes qui ne veulent pas dire 
Bougre. Mais on dit : Bougre d'ane, Bougre 
d'idiot, etc., — en pronon^ant tres distinc- 
tement Bouguert (e nul). 

Bondree. Oiseau de proie (My.). — V. 
Bondrie. (Peut-etre ai-je pris un n pour un 
u. A V.) 

Bone-de-menle. — Z. 115. Employee 
pour remettre une 6paule lux^e. V. F. 
Lore. xiv. 

Et. — Cimolee, Terre de Cimohis, tie de l'archi- 
pel. — Boue des couteliers, depdt qui est produit 
par l'usure des meules a aiguiser et que Ton emploie 
qqf. comme resolutif contre les brulures. 

Bouee he (Sp.), adj q. — Plac6 t§te-b§che. 

Et. — Voir a B&chevet. « BSche est 1'alteration de 
Bechef, ou bechevet. Au xvi 8 s., on employ ait 
bechevet seul ; puis, ne reconnaissant pas la pre- 
sence de chef dans cette expression, on y a intro- 
duit T§te = TSte-bSche. » (Dabm.) — V. Tete-et- 
boueche. 

Boueehefarder (Mj.). — (Q. — Z. 171.) 
Placer par tie en un sens contraire. || Beche- 
verd^es (Ec.) ou mSme Bejeverd^es, pro- 
noncez : bd6ch'vard6es, comme bderdette, 
brouette. Pour : B£che-verte\ ou verti ; 
tourne* t$te-b£che. || Placer t£te-b£che. || 
Emm§ler. — Cf. Bechever. 

Et. — Form6 du patois BouSche, doubl. pat. du 
fr. BSche qui est dans t6te-b£che, de m£me qu'on 
retrouve BouSche dans Tetiboueche, et d'un verbe 
Farder, ayant eu le sens de charger, qui est la 
racine des noms Fardeau, Fardier, et que le fr. 
emploie encore dans le sens de s'afTaisser sous son 
poids, s'ecrouler. — N. Peut-§tre conviendrait-il 
d'ecrire : Boiche, Boichefarder, T&te et Boiche. 
R. O. — En ttfut cas, on prononce souvent ainsi. — 
Cf. pat. norm. Biquevacher. 

Boufe (Q., Z. 136., Mj., My.), s. f. — 
Groupe, foule, reunion nombreuse. Ex. : 
lis sont la-bas toute eine bouee de monde, 
a se brandeler ; va done les qu'ri (r.). || Sal. 
Tas, amoncellement. « Egaillez-vous done, 
vous 6tes tout en bouee. || Fu. — On dit 
plutdt Guhrouke. \\ A donne" Tangl. Bevy, 
m£me sens. 

Et. — Ce mot est probablement pour Mouee, 
comme Bottereau pour Mottereau. — Pourrait 
venir du vx fr. Bout, hotte ; d'ou Boutee, ce que 
peut contenir la hotte, hottee. « Et doivent appor- 
ter a leur coust au Mont Saint-Martin, une boutee 
de roisins bons et meurs, ou tans ke on vendenge. » 
(1283, D. C.) Boute serait une contract, de Boutee? 
— Rac. celt, bot, enfler, etre gros ; bouee, pour 
boudee, proprement ch. ronde, grosse. (Malv.) 

Boueiller, v. a. — Ouvrir, Boeiller la 
goule, Z. 152. — C'est Boyer, mal £crit. 



BouMlnge (Sal.). 

Boner (Lg.), s. m. — 
les boeufs a la charrue. 



V. Bo Hinge. 
L'homme qui touche 



Et. — Der. direct du fr. Boeuf, lat. Bovem, grec 
Bouc. Doubl. du fr. Bouvier et du n. propre 
Bouyer. Cf. Boyer, Jaub., qui cite Rab., i, 25. 
Cf. Boer. 

Booere(Bl.)s. f. Mare. V. Boire. 

Boaet, s. m. — Trou, en Anjou et dans lei 
Maine (Manage), de bucetum, de bucca. ; 
Trou qui laisse passer le lessif quand on fait 
la bu6e. Pro none. Bouee. Voir Bouclet. — 
D. C. Bova. 

Bonetoux (Choi.). — Bofteux. — Mieux : 
Boitoux. 

Et. — Wallon, Boisti, ce qui indique 1'etymoL 
Boiste (bofte) ; bolte s'employait pour : articula- 
tion i deboiter, faire sortir de Tarticulation ; boiter, 
avoir mal a 1' articulation. 

Bouette(Bg.),s. f. — Lucarne. (C. Fbayss*, 
p. 62.) 

— « J'ai des pommes a vendre, 
Des rouges et des blanches, 
J 'en ai tant dans mon grenier 
Qu'elles en sortent par les bouettes, etc. 

Bonezard, Boizard (Br., Zig. 149), adj. q. 

— Ventru ; Syn. et d. de Bezard, syn. de 
Abezardi 

Bouffarde (Mj.), s. f. — I Pipe, de 
Bouffer. Lg. id. 

Boufle (Mj.), adj. q. — Bouffi, trop gra: 
trop replet, gonfle de mauvaise graisse. Syn. 
de Pouf. 

Et. — Onomatopee imitant le bruit d'un coop, 
surtout sur la joue gonflee, d'ou les sens de coup et 
de vent, que Ton retrouve dans sou filet et dans les 
d6rives de buffe. Cf. Bouffer, soufller. (D r A. Be*.} 
Bouffir, gonfler, bufer, frapper. 

Bouffer 1 (Li.), v. a. — Souffler la chandelk 
Syn. et d. de Buffer. 

Hist. : 

a Des vents impelueux qui se bouffent si fort 

Qu'a peine l'univers resiste a leur effort » 

Roxsabd. 

Bouffer * (Sp., Mj.), v. a. — Manger glou 
tonnement. 

Et. — « Le langage populaire confond bafrer ?t 
bouffer : « il bouffe bien », sans doute a cause de U 
rondeur des joues, quand la bouche est emplie. > 
(Lrrr.) — « Buffare, buccas inflare. » (D. C.) — 
Hist. « Pour quoy par testament ne leur ordonnoit 
il au moins quelques bribes, quelque bouffaix, 
quelque carreleure de ventre? » (Rab., P., m, 
23, 265.) 

Bouffie (Lg.), s. f. — Elevure a la peau. 
Syn. de Bouroille. — Ampoule, phlyctene. 

— Du v. Bouffir. 

Bouffi ole (Sar.). — Cloque, ampoule, bouf- 
fissure. La morsure des moustiques donn? 
* des bouffioles. Z. 137. — Syn. de Bouf fie. 

Bouffu (Choi.), adj. q. — Bouffi. Syn. de 
Bouffe. Cf. Mouffu. 

Bougane (Mj.), s. f. — Pe>onelle. Ex. : Ct? 



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BOUGAUD - BOUILLARD 



121 



grande bougane-lk ! Syn. de Bidaine. Cf. 
Bobane. 

Bongaud (Vv.), adj. qual. — Syn. de 
Ouillaud, Bodk, Moucheron, Mousseron. C'est 
le m&me que le Mj. Boucaud. Jaub. B6geau, 
B6gaud, B6gat. 

Bonge (Mj.), s. m. — Endroit d'une 
riviere ou l'eau est profonde et tourbillonne, 
a rextrSmite* d'un promontoire. La mole, au 
contraire, se trouve dans une anse de la 
riviere. || Ec. — La bouille et le mollet. 

Et. incertaine. P.-e 1 . du celtiq. bolg % enfler. D'ou 
bouge, partie bomb£e d'un tonneau. (Malv.) — 
Hist. « La rivi&re estoit si grande au'elle ne pou- 
voit demeurer en ses bouges. » (Andre de la Vigne, 
Voyage de Charles VII. — . L. C.) 

Boogie, s. m. — Ex. : J'aimons mieux 
faire bruler du bougie que du peHrole (Mj., 
Tim.). — II a laisse" tomber du bougie sus sa 
culotte. || Bougie des voyages. — V. Voyage, 

Hist. — « Elle (la fabrique) a la permission de 
vendre la bougie des voyages, qui se donne ordi- 
nairement au plus o (Trail t et dernier ench£ris- 
seur. » (An/, hist., 6 e an., n° 6, p. 612. — Paroisse 
de Tilfiers.) 

Bongrain (Sa., Lue\, By.), s. m. — Menus 
grains dont la plupart sont envelopp6s de 
leur chape (v. Enchapl), ou glume ; a^chets 
du vannage ou du guerlage. Syn. de Qui- 
riances, Vendilles, Equiriances, Cochi, Hotton, 
Pous y Ventin, Gobier. || By. — Le bougrain 
d'avoine est de la balle. 

Bougrasser, v. n. — Grogner, prononcer 
des Bougres (Segr.). || Sal. — Id., r^criminer, 
se plaindre. 

Et. — t Bougre, des Bulgares qui, au moyen 
age, professaient des doctrines religieuses sem- 
blables a celles des Albigeois. » (Lrrr.) — « Bougre 
(Bulgare), Ougre (Hongrois), Vandale, sont deve- 
nus aii tan t d'£pith6tes injurieuses. Mais il ne faut 
pas faire remonter la depravation du sens aux 
invasions barbares ; les Ougres et les Bougres par- 
tageaient, au moyen age, les erreurs des Albigeois 
et leur mauvais renom : on les accusa comme eux 
de vices infames. Aussi n'est-il employ^ qu'au 
xnp s. j Ha! male gent, bougre desloial, dist li 
papes. » (Chron. de Rains, p. 123.) L. C. 

Bougre, s. m. — Homme, individu. Peut 
Mre pris en bonne ou en mauvaise part. Un 
bon, un mauvais bougre. || Adj. qual. « Bougre 
de mauvais gars, j'm en vas t'champoyer pus 
fort que ca ! » 

Bougrement (Mj.), adv. — Tres, fort, sin- 
gulterement, diablement, eHonnamment, ter- 
riblement. « Cest bougrement mauvais ! » 
Syn de Foutrement, V. Bougrasser. 

Bougresse (By., Mj., etc.), s. f. — F6min. 
de Bougre ; n'est pas toujours pris en mau- 
vaise part . « Pauvre bougresse, elle n'est pas 
heureuse ! » 

Hist. — « Tiens, bougresse, dis-je a la donzelle, 
voila des assignats, il me faut de Tor en ^change, et 
tu vas ra'en donner a l'instant. » (H. Boubgeois, 
p. 86.) 

Bougaentte (By.), s. f. — On dit : de la 



bouguenite ou des bouguenites. Le chanvre 
teilU donne des ch^nevottes ; brayk, il donne 
des grettes (ghertes) ; rdche t il donne des 
bouguenites. — On peut voir d'e'normes tas 
de ghertes et de bouguenites dans les jardins 
de M. Louis Leroy (en guise de fumier). 

Bonn • (Mj.), interj. — V. Buh ! Onomat. 

Bonhier, Bouyer (Mj.). — Laboureur. 
Vieux nom de famille. — V. le suivant. 

Et. — Boverius, celui qui laboure avec des 
bceufs. Bovaria est une m6tairie. (D. C.) — Hist. 
« Menassons fort et ferme les bouiers, bergiers et 
mestaiers de Seuille\ » (Rab., C, i, 25.) 

— « Chasque bouii leu acoumenco 
D'enrega sa versano. » 
(Chaque laboureur, bientdt, commence a tracer son 
sillon.) Mireille, 274, 3. — Doublet de Bouer. 

Bonier (Fu.), s. m. — Bouvier. Jeune 
valet qui touch e les bceufs, n'6tant pas 
assez fort pour tenir la queue de la charrue. 
— V. B ouhier. 

Bonlfre (Sp.), s. m. — Goujat, ouvrier 
qui travaille malproprement, grossierement, 
qui gache Fouvrage. Syn. de Boussicre, 
Pouacre, Podagre, Poqueton t Saboureau. \\ 
Nom que Ton donne par decision aux cor- 
donniers. Syn. de Gniafe. Cf. Choumacre. \\ 
Fu. — Bouif, Bouifre, comme Gniafe, d&igne 
Touvrier cordonnier, — et non un autre. 

Boaillateon (Mj.), s. f. — Chaleur de la 
ftevre. Etre en bouillaison (Segr.), c'est avoir 
la t§te ou Testomac en feu. — De : bouillir. 

Bouillanete (Mj.), s. f. — Petite lessive 
de linge que Ton met bouillir dans un chau- 
dron. Ex. : Je vas faire une bouillancee de 
toute cete* d^frure-la. V. Bouillancer. Syn. de 
Bouillure. 

Bouillancer (Mj.), v. n. — Bouillir long- 
temps. Ex. : J'ai fait bouillancer ce linge-la. 

Et. — Cest le fr. Bouillir, avec le sufl. augmentat. 
ancer. V. Pouillancer. 

Bouillard l (Mj.), s. m. — Reunion, foule, 
groupe, grande quantity. — Vela la-bas tout 
ein bouillard de monde. — Un bouillard de 
bonnes femmes, de vent, de poussiere, etc. — 
Un bouillard de vent, c'est une rafale, un 
coup de vent. Syn. de BohaUe. Se dit en ce 
sens au Lg. — Amas de pousstere ou de 
feuillages, soit en tas, soit soulevgs par le 
vent. Un bouillard de fum^e. — Ex. : Ouais- 
tu pas *tieu bouillard de poussiere la-bas ? 
(Ne vois-tu pas ce...) — Tin, la-bas, on 
dirait une sourciere. — || Ec. — On dit : Un 
bouillard de canards, — une bouillke de 
joncs, — une boute de monde (ils sont venus 
grand'bouGe), — une guerrouke de poulets 
(pour grouse, grouille'e, — pron. gherrou^e). 
|| Touffe ou bouquet d'arbres. || Ensemble : 
lis z'taint quinze qu'intraint tout d'un 
bouillard (Pc). || Bouillard de fret, — se>ie 
de jours froids... II pourrait ben venir ein 
bouillard de fret. Syn. de Branche. 

Bouillard f (Mj.), s. m. — Peuplier noir. 
Syn. de Ziard. — || Ec. — Syn. de Liard 



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122 



BOUILLARD - BOULANGEON 



(teyard), k branches cassantes, impropres k 
lier. 

Et. — ( Je cite, malgr6 la contradiction.) Peuplier 
noir, sorte de peuplier a branches flexibles, propres 
a faire des liens. De pouple, peuplier (lat. populus), 
et Hard, qui peut servir a Her. (C te Jaub.) — Le mot 
Uard veut aussi dire : peuplier. — Bobeau cite ce 
mot, 1210. — Bat. Populus nigra. 

Bonillard * . — Gros nuage annoncant la 
pluie (Men.). 

Et. — « Longue perche, qui a pour tdte un petit 
bloc de bois et qui sert a battre l'eau pour la peche. 
Boule, dans le vx fr., signifie baton termini par un 
bloc, qui est la bouille ; de bulla. Comme il sert a 
troubler l'eau, le sens de nuage aurait pu en venir?» 
(Litt.) 

Bouillarder (Sp., Sa.), v. n. — Souffler en 
rafales, en parlant du vent. — V. Bouil- 
lardi. 

Bonille 1 (Mj.), v. n. 3« pers. sing. ind. pres. 
de Bouillir. 

Hist. — < Des Rgpublicains fuir devant des 
Brigands ! le drapeau de la liberty se baisser devant 
l'6tendard de la Con tre- Revolution !Ah ! le sang 
bouille a cette idee. » (Choudieu et Richabd, cites 
par Deniau, i, 322.) 

Bonille * (Tis., Lg.), s. m. — Fermenta- 
tion alcoolique. Ex. : Pour le bouille et la lie 
d'eine barrique faut pus de 20 litres d'avouil- 
lage. 

Bonille 8 (Ec), s. f. — Ampoule ; bulle. — 
II s'est 6chaude\ il lui est venu de grosses 
bouilles. — Des bouille* aux pieds et aux 
mains s'appellent des poulettes. — On 
distingue s'Ebouillanter et s' Echaubouillir. 

Boulllee (Tim., Lrm., Sar., Lue\ Bn., Lg.). 
— Touffe de plantes ou d'arbres. Syn. du 
Mj. Bouillerie. || Reunion de tiges d'une 
meme plante. Z. 134. || Une touffe d'herbe, 
d'oseille, une b. de choux. || C£p6e (de bois) 
et groupe (de personnes). On ait aussi une 
b. de pigeons, de perdrix, pour : un vol 
(Lue\) 

Bonlllerte (Mj., Fu.), s. f. — Touffe, 
ce*pe*e, bouquet. || La bouillerie k Jeanneton 
ou k Jeanne du Quarteron (Mj.), — Tas de 
trefle. || Bouillerie de vinette, — touffe de 
poils. Cf. Bourgeon. 

Et. — Cor. de Bouiltee. Der.'de Bouilles. — Au 
Fu. on dit aussi soup6e, pour c6p6e V. Qoupte. 

Bouilles (Sp., Mj.), s. f. — Ne s'emploie 
qu'au pluriel. Grande quantity. Ex. : II n'a 
pas des bouilles d'argent. 

Booilletnre (Mj.), s. f. — Sorte de sauce 
pour le poisson. Maniere special e de le pre- 
parer, assez analogue k la matelote. — De : 
bouillir. V. Bouclure 

Bonillfe,, s. f. — Dans la locution : Souffler 
de la bouillie. Se dit du souffle qui s'^chappe 
des levres dans le premier sommeil. Ce n est 
pas le ronflement. — A Mi., on dit : BufTer les 
choux. V. BouUc 

Bouillon * (Mj., Sal.), s. m. — Bouillon 



d'onze heures, — breuvage empoisonne. 
Ex. : lis illi ont fait prendre ein bouillon 
d'onze heures. || Pluie, averse. Ex. : J'allons 
avoir du bouillon. \\ B. de guernouille, — 
l'eau pure. || Boire le b. de ses f esses, — se 
noyer. || Boire un b. — faire une grosse 
perte. || B. pointu, clystere, lavement 
|| Gober le b. — payer les frais. 

Bouillon ', s. m. — Bardane ou glouteron, 
plante commune dans les endroits incultes. 
Syn. de Poires de chiotte, Poire de rallies. N. 
Cette plante a qq. ressemblance avec la 
molene ou bouillon mane. 

Et. — « Bouillon, parce qu'on emploie les Qeurs 
de cette plante comme pectorales ; blanc, parce que 
les feuilles, grisdtres, sont revenues d'un duvet 
blanc. » (Dabm.) — « Bouillon blanc, molene ; 
Bouillon noir, bardane. » (De M.) 

Bouillon- noir, s. m. — Bardane, qui porte 
6"galement les noms (de) pierre de vallee, 
peignerolle, gratteau, lappa ; a des crochets, 
des 6cailles sur les fruits. (Men.) Bouillon - 
blanc. — Verbascum thapsus (Bat.). — B. 
noir : Lappa minor (Id). 

Bonillonner, v. n. — Se mettre dans la 
boue, se salir. (Men.) Cf. s'Embouillonner. 

Bonillonnier, s. m. — Le mot fr. est : 
boueur. C'est l'homme charge" d'anlever 
chaque matin les bourriers, detritus de cui- 
sine, etc., deposes devant chaque maison. 

Bonillote (Lg.), s. f. — Ustensile dont les 
m6nag§res se servent pour voider la lessive 
automatiquement. C'est une sorte d'enton- 
noir renverse", perce* tout autour de trous 
nombreux et surmonte d'un haut et large 
tuyau qu'elargit k son ouverture sup^rieure 
une rondelle de fer blanc. L'appareil est pose" 
au fond du chaudron et entoure* de linge a 
lessiver. C'est la vapeur produite qui refoule 
l'eau et l'oblige k venir se d^verser constara- 
ment en nappe bouillante. 

Bonillotter. (Mj.), v. n. — Bouillir douce- 
ment (Mj.). — N. Les Compagnies de Che- 
mins de fer ont adopts les Bouwottes. 

Boniilnre (Tim.), s. f. — Petite lessive par- 
tielle qui se fait en mettant k bouillir du linge 
sale dans un chaudron et le lavant aussi t6t 
Syn. de Bouillancie. 

Boulngre (Mj.), in ten. — Forme attenua- 
tive de Bougre. Se dit dans : Bigre de 
bouingre / 

Bonis, s. m. — Buis. 

Et. — Menage constate que bouis est la pro- 
nonciation de la cour, et buis celle de la province. 
Du lat. buxus. 

Hist. — « Peigne de bouis, la mort aux pous ; 
C'est la sant6 de la teste | 
Et aux enfants faire feste ; 
Et guent les chats de la toux. 

(Les cris de Paris. — GfTlLL.) 
— « Ne deTaut au bouis que la bonne senteur 
pour 6 tre du tout qualified » (Olivier de Sbrres, 
The" dire d % agriculture.) 

Bonlangeon (Mj.), g. m. — Bras ; petit bras 

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BOULANGER - BOULIR 



123 



potele\ Terme enfantin. De ce que les bou- 
langers p^trissent leur pate les Dras nus. || 
Fu. — Boulanger. 

Boolaoger (Mj.), v. a. — P6trir, manier 
sans precaution, froisser. || La bonne Viarge 
boulange. Gette expression signifle qu'il tombe 
de petites averses Wquentes et que le soleil 
dorme en meme temps que tombe la pluie. 

Et. — Bulengarius, dans un texte du xir 3 s. — 
De boule, forme du pain. Le soldat appelle boule 
de son le pain de munition. 



Boolard, e, adj.qual. 
Boule. 



■ Boulot, otte. Du fr. 



Boaland,, e (Mj.), adj. qual. — Boulot, 
otte. 

Boole l (Fu.), s. m. — Bouleau. — Un 
balai de boule. Les balais de boule servent a 
bouser Taire sur laquelle on va battre le ble\ 
Apres la batterie, ils servent a mettre en tas 
le grain et la balle. || Tim. Id. Je vas faire un 
balai avec du boule. A Sp. on dit : Boule. V. 
ce mot pour TGtymologie. 

Boole * (Sp.,' Fu.), s. f. — Boule d'eau. 
Maladie redoutable que diagnostiquent les 
rebouteurs, jugeux d'eau et autres empi- 
riques g£ne>alement quelconques, chez les 
personnes dont le ventre est legerement enfle* 
par suite d'hydropisie ou pour toute autre 
cause. J'ai connaissance d'un cas ou une gros- 
sesse ignore, trait6e comme une boule d'eau 
par un de ces praticiens, s'est terminer par 
un avortement. || T£te. Ex. : Je cr6 ben que 
tu perds la boule, — la tramontane. || Syn. 
de Boussole (Mj., Lg.), la tete, comme siege 
de la volonte", de la pens6e, de la raison. 
Ex. : II n'a pas ca dans la boule, — il ne le 
veut pas. Syn. de Mic&meau, Toupet, Ter- 
montade, Ciboulot. || Avoir une belle boule en 
main, — avoir une position avantageuse, 
tous les atouts dans son jeu. Emprunte 1 du 
Jeu de boules, sans doute. 

Boole (Sp.), s. m. — Bouleau. 

Et. — Vx fr. Boul, du lat. betullum, pour be- 
tulla, mot gaulois, devenu bedol, beoul, boul. — 
Boulliau, 1516. — Hist. « Boul est un arbre dont on 
fait les balais pour nettoyer les maisons (xvr 5 ). 
D. C. V° boulus. — « Concessimus. . . 700 circulos 
de boul ad magna dolia. » D. C. 

Bonier (Mj., Fu., Sal.), v. n. — Se tordre, 
pouffer. On dit : Bouler de rire, ou Rire a 
bouler. — N. En se tordant, le corps se 
ramasse en boule. || V. a. Renverser a terre, 
terrasser. || Lg., v. n. Ex. : Je nous amusions 
a faire bouler des pierres du haut des coteaux 
de la S6vre. — Cf. Sabouler. || V. n. Au bil- 
lard, pousser deux billes a la fois d'un seul 
coup de queue. 

Boulesde-feo (Sp.), s. f. — Pivoine. A 
cause de la forme quasi sphe>ique et de la 
couleur rouge-vif des fleurs. — Cf. Boules- 
de-neige. 

Boule t (Lg.), s. m. — Grosse bille a jouer, 
en pierre et qqf. en fer forge. Syn. de Biscaien. 



Boolette (Mj.,) s. f. — La boulette du genou, 
la rotule. Syn. de Molette. || Chiendent a bou- 
lettes, folle avoine. Syn. de Pdtinoutre. || Fig. 
Sottise, bStise, gafTe, b^vue, impair. Ex. : 
II a fait eine fameuse boulette. N. La boulette 
est moins grave que la brioche. — P.-§. par 
allusion aux boulettes de papier que les 6co- 
liers s'amusent a rouler et a lancer pendant 
que le professeur leur explique en conscience 
les arcanes des regies de participes ! || Lg. 
Excroissance sphe>ique et de couleur jaune 
qui se produit sur les branches du ch£ne. 
Syn. de Canette. 

Bonlevue (Mj., Fu.), s. f. — Ne s'emploie 
que dans la loc. adv. A la boulevue, au ]uge\ 
presque au hasard. Ex. : Je Tai tir6 a la bou- 
levue. 

Et. — « Deux sens se pr&entent : sans reflexion 
(aussitdt la boule vue), ou avec reflexion (apres la 
boule vue). Allusion a un jeu de boule ? » (Lrrr.). — 
Hist. — « Attended, ou que votre ennemi se lasse, 
ou qu'il vous vienne combattre, et ainsy vous 
joures a la boulevue, comme on dit. » (Montluc, 
cit6 par L. C). 

Booll (Fu., Mj.), s. m. — Bouilli. J'avons 
mang^ du bouli et des crepes. 

Bou lie (Mj., Fu.), s. f. — Bouillie. || Faire 
de la boulie pour les chats, — faire un ouvrage 
inutile. || Boulie dor^e, — bouillie ou mar- 
melade de potiron. — Cf. Culeree. || On dit 
d'un gamin qui veut faire Thomme : « Q'sl 
sement pas le nombril sec ; a illi tordre le nez 
on en ferait sortir de la boulie ! » 

Et. — V. Bouli. Hist. — « Si tu veulz en faire 
boulie, si desmelle ta fleur etton laitetdu sel,puis 
mets boulir. » (Minagier de Paris, cit6 par Guill.). 

Booline, s. f. — Boule. Une bouline noire, 
une pilule de goudron (Li., Br.) 

Et. — Malvezin pretend que Boule ne vient pas 
du lat. bulla, qui a donne* : tulle ; mais de la rac. 
celt, bot, enfler, Stre gros ; d'ou bodula, botula, bou- 
doule, contract, boule. 

Booline ment, s. m. — Action de se rouler, 
de se renverser. Z. 132. 

Boullner (Sp.), v. n. — Tomber a la ren- 
verse, rouler a terre, rouler sur soi-m§me. 
Syn. de Deribouler, Rouler les pelotons. || Se 
rouler, se trainer dans Therbe (Li., Br.) || Ses 
bas boulinent (tombent, se roulent en boule) 
sur ses talons. || Sal. Aller en boulinant, — 
lentement, gravement. Mj. — en boulottant. 

Boolinier, s. m. — ChGne pour 6chafaudage, 
(Pris sur une Aftiche de vente, a Angers). 

Boulir (Mj., Li.), v. n. — Bouillir. V. Bouli. 
— Faire boulir de la seille (du seigle, pronon- 
ciat. de gl.). 

Et. — « Le lat. Bullire, aurait du donner r6guli£- 
rement Boulir. La substitution de i mouill6 a i 
simple, a l'infinitif, est due a l'influence des formes 
des autres temps, ou le lat. avait un i en hiatus, 
comme bullio, fculliam, bullientem. » (Darm.). — 
Variantes : Bouli, boule\ boullu ? boulu. — Hist. 
* Condamng a raort et a fitre boulu » D. C 



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124 



BOULIT - BOUQUET' 



Boulit' (Sp.), s. m. — Petite fenStre, judas, 
petit trou quelconque par lequel on peut 
regarder. — Cf. Bau. \\ Fu. et Mj. — Inusite\ 
Lucarne, en Poitou. — Boulite ! Interj. Cute ! 
— Faire boulite, — faire cute ; montrer son 
nez et disparattre pour amuser les petits 
enfants. Fu. — 

N. — Mot usite dans le Poitou. — Ailleurs (G' a 
Jaub., Lapaibb). Bouinotte ; petite ouverture pra- 
tiquee dans une toiture, un mur, un panneau de 
porte, une botte, une tire-lire. La bouinotte du 
grenier, du confessionnal, du scrutin. « Fourrer le 
bulletin dans la bouinotte. » (G. Sand. Le Diable 
aux champs. — Jaub.). 

B oailter (Sp., My.), v. n. — Regarder par 
un petit trou — le trou d'une serrure. — 
As-tu bouliti ? — as-tu vu ? 

BoDllvarsement (Mj.), s. m. — Boulever- 
sement. Syn. de Chavirement, Tervirement, 
Bousculement. 

Bonlivarser (Mj.), v. a. — Bouleverser. || 
Bousculer, renverser. Mettre sens-dessus 
dessous. Syn. de Chahuter. 

Boullir. — Bouillir V. Bouli. II non mouil- 
16s. 

Hist. « Et par Sergeans huyt ou neuf il fut prins. 
... Quand l'eurent prins, se tindrent environ 
De tous endroitz, tirans a 1'aviron 
Le pouvre corps, comme une kme dapmnta 
Qui a boullir est desja condampn£e. 

Ch. BouBDioNt. P. Faifeu, 82. 

Bonlot (Sp.), s. m. — Boule qu'on joue la 
premiere. N. On dit ailleurs : le Petit, le 
Mattre. || Fu. Ce qu'il y a a boulotter. Faire 
un bon boulou — Recent. 

Boulotter (Mj.), v. a. — Manger. || V. n. 
Aller en boulottant, — aller lentement, a 
petits pas, comme font les vieillards. Cf. Bou~ 
liner. \\ Boulotter Texistence, — se laisser 
vivre, vivre en roulant doucement, comme 
une boule. || £a boulotte, — ca va comme 
ci, comme ca, ni bien, ni mal. 

Bourn* (Vr.), ou Poume\ part. pas. — 
Blotti. Un lapin est boumi dans une haie. — 
Se boumer. Cf. Boumir. 

Boomer (Mj.), v. n. — Tonner, en parlant 
du canon, d'un petard. Onomat. — Cf. Angl. 
to boom, to bum, bourdonner. 

Boumir (se) (Mj.), v. r£f. — Se blottir, se 
dissimuler. Syn. de se Motter. Cf. Bourne, 
Boumer. 

Boon, bonne (Sp., Tim.), adj. q. — Bon, 
bonne. La forme mascul. ne s'emploie que 
devant une voyelle ou un h muet. Un boun 
homme, un boun estomac. Mais on dira : un 
bon garcon. Au fern, boune, meme devant une 
consonne : Une boune fern me, la boune Viarge. 
|| En parlant du lieu d'origine ou du domicile 
de personnes dont on a a se plaindre, on dira 
qu'ri n'en vient : ni bon vent ni bounes gens 
(0« Jaub.). || Boun' gent ! Interj. de pitie, de 
commiseration. Comme : Ah ! mon Dieu ! 



Hist. « I somm's de pauvres gens 
Boun* gent ! 
Qui ne mangeons point de rilles ; 
Mangeons que des zarengs 

Boun* gent ! 
Rout is dessus la grille. » 
(J. Buoeaud. Chants popul. de VOuest, n, 151. 
Cite* par Favbb.). 

Boune fern me (Lg.), s. f. — V. Bonne 
femme. 

Bouucndret (Cho., Tf., Lg.). — Syn. de 
Belle-chouse, Berchouse. Beaucoup. Ex. : Y 
a boun-endret de poires dans cet6 boisiier-la. 
Mot tres vieilli. Pour : bon-endroit. 

Bonnet (Sp., Li., Br.), s. m. — Bonnet |! 
Fig. Avoir le bounet qui couvre tout, — avoir 
un mari. Cest la traduction libre de la 
maxime juridique : Is pater est quern nuptiae 
demonstrant. On dit de menie en fr. : Le 
pavilion couvre la marchandise. || Sp. 
Bounet rond, — coiffe a tuyaux des femmes. 
N. c'est le contraire au Fu. V. Bonnet. 

Hist. Apres avoir pris mon bounet, 

M'Stre mouche" pour e"tre ben net... 

Noels Angevin*. 

Boune-vlerge (Lg.)., s. — Andouille. Syn. 
de Ange-de-Cheminee. 

N. — II nous faut bien recueillir ce mot irres- 
pectueux, tres usit6 chez les paysans de vieille 
souche, et des plus religieux, et pas seulement par 
qq. meiUaud mal embouche\ A ce sujet on conte 
l'histoire qui arriva a la ferme du Petit-Goulet, il y 
a qq. 40 ans. Un coureux, a qui on avait donne 
asile, profit a de 1' absence de la fermidre pour subti- 
liser range de cheminie et iui dit en partant : 
« Restez dans la grace du bon Dieu, moi je m'en 
vas avec la boune vierge. » II 6tait bien loin lors- 

3u'on s'apercut du larcin. — Ce comestible, pendu 
ans la cnemine'e, a une vague ressemblance avec 
une statue informe et mal dggrossie. 



Bounhomme (Lg.), s. m. — Bonhomme, 
vieillard. Cf. le suivant. 

Bounhonme (Sp.), s. m. — Bonhomme. 
Cf. le precedent. 

Bounot, s. m. — Un vieux bonhomme 
(Craon). 

Bouqne, s. f. — Douce amere (M&x.). Syn. 
de Bois de rime. 

Bouqne. V. Bourine. (MfiN.). 

Boaqne- ^e(Li., Fu., Br.), adj. q. FAch^. .. 
Es-tu encore bouquee ? — Fais-tu encore le 
bouc? V. le suivant. 

Bonqner (Sp., Q. Z. 136, Sa.). — Frapper 
de la tSte, comme un bouc ; encorner, donner 
des coups de comes. || Mj. Fig. Bouder, faire 
le bouc. || Sal. Id. || Fu. se bouquet, seugner, 
V. Boucquer. 

Bouquet' (Mj., Fu.), s. m. — Toute espdce 
de plante d'ornement, sur pied. Ex. : Vous 
plantez done des bouquets. N. De mgme, dans 
le Centre, fleur en g6ne>al. Ce pr6 est plein 
de bouquets. Semer, planter des 6. (Jaub.) En 
pleine terre ou en pot. 



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BOUQUETER - BOURDfiE 



125 



Bouqnetter (Mj.), v. a. — OfTrir un bou- 
quet a, — un Stranger. V. Folk.-Lore. II. 

Bonqoeture. — Mauvaise prononciation 
de Bouilleture (LuG, etc.). || Bouaueture de 
lumas : se fait avec des pommes de terre et 
une sauce a Tail (Mz.). V. Boucture. 

Bonqain (Mj.), s. m. — Fig. Souillon. Dans 
ce cas on dit souvent : Bouquin sale\ — Indi- 
vidu sale, malpropre, mal tenu. — Cest le 
mot fr. dans un sens special. || Bouquin, — 
Rej>rimande (MAn.). Je soupconne Boucan. 
II Orchis des pres, a odeur desagr6able. Syn. 
Bonhomme, Moine (M6n.). 

Boar. — Ce pr^fixe est souvent mis pour 
Boude. Ex. : Boursoufler est pour Boude- 
soufler, ou l'on retrouve dans Boude, le radic. 
de Boudin (Sudre), Cours de grammaire his- 
torique de la langue fran$aise, 3 e partie, 
p. 47). 

Bounds (Tim.), s. m. — Habitant du bourg. 
On dit aussi Bourgadin, com. a Mj. Le mot 
Bourais ne s'emploie jamais seul. On dit : 
H aut -60 uraw, Bas-bourais, habitant du haut 
ou du bas-bourg. 



Bonrasse. 

menu bois. 



Z. 142. 



Broutilles, Opines, 



Boarasseaii, s. m. — Petite bounce de 
branches d'arbres (Men.). V. Bourasse. || Ec. 
Fagot d'e*pines ; — caractere acari&tre (par 
comparaison). Cest un vrai bourasseau 
d'£pines. 

Bouraasier, s. m. Z. 149. Un tablier. 

N. — II faudrait deux r. — « Lange, maillot, 
couche, morceau de drap de futaine dont on enve- 
loppe un tout petit enfant. — Chanvre de la der- 
niere quality. Fil, toile de bourrasse. (C' e Jaub.) 

Bourfce (Tim. Z. 124), adj. qual. — Ne 
s'emploie qu'adverbialement dans la loc. : 
Bourbi gras, au dernier degre* de Pembon- 
point. Ex. : II a ein bceuf qu'est bourbi gras. 
Cf. Pourri mAr. 

BoorbeOle (Mj.), s. f. — Ampoule. — Syn. 
de GourgueiUe et de Bouroille, intermediate 
comme forme entre ces deux mots et proba- 
blement doublet de Tun et de l'autre. De la 
sorte, ces trois mots se rattacheraient a 
Oreueiller, Orgueillir. || Se dit aussi de cette 
pellicule qui se forme et s'enfle a la surface 
du lait qui bout. 

Et. — A rapprocher du bas-bret. bourbo, bour- 
bonem. (Ltttr.). — V. Borbe. 

Bourblte (Lg., Br.), s. f. — Enfant et sur- 
tout gamine malingre, ch6tive. Syn. de Chi- 
orille. Ex. : Vas-tu finir, m^chante bourbite, 
dira une bonne a une petite fille qui l'agace. 
— Done : agacante. / 

Boarbiter (Mj., Fu.), v. n. — Agiter un 
liquide et souffler dedans, comme fait un 
pore dans son auge — ou le canard dans sa 
mare. Le petit enfant aime a bourbiter et a se 
salir dans le ruisseau. || Fig. Mj., Sal. — Par- 
ler entre ses dents, murmurer, marmotter, 



grommeler ; causer rapidement, peu distincte- 
ment. En ce sens on dit aussi Gourmiter. || 
Agacer qqn en tournant autour de lui. || Cho. 
S'amuser a des riens. — Cf. Barboter. Bourbe. 

Et. — Douteuse. — Hist. : 
« Un droitz marais pour bourbetur les canes. » 
Eust. Deschamps. 

Boar bit on ner, v. a. — Bavarder, en ressas- 
sant, en rab£chant toujours la mGme chose. 

Bourbon, s. m. — Joubarbe. Vulg. sem- 
pervivum tectorum (MftN.). Syn. de Herbe a 
la tounerre. 

Bonreatin (Lg.), s. m. — Habitant du 
bourg, par opposit. a Villager. Syn. et d. de 
Bourgadin et Bourais. 

Bourd aider (Mlh.), v. n. — Etre appro xi - 
mativement cela. Ex. : Combien pese votre 
cochon? Six-vingts? — Oui, 9a bourdaiUe. 

Et Pour : bordailler, frequent. Actif du v. border. 
V. BordanL 

Bourde (Mj.), s. f. — Longue perche, arm6e 
a son extre*mite* inf^rieure d'un fer a deux 
cornes, dont les mariniers se servent pour 
pousser les bateaux. II ne faut pas la con- 
fondre avec la gaffe dont une des cornes est 
recourse en crochet. || By. — Bourde, ou 
baton de quartier, gros baton ferr6-court, a 
une pointe pour bourner, bourne'yer, contre- 
bouter. — Gaffe, long baton ferr6 a deux 
pointes, Tune droite, Tautre recourse pour 
repousser et accrocher, employ^ pour pousser 
avant (ou de Tavant, pour faire avancer le 
bateau) dans les rivieres sablonneuses ou a 
fond dur et propre (d^pourvu d'herbes). — 
Bdton ferri, a deux dents pour pousser. — 
Affitre ferr^e, baton muni d'une longue et 
grosse pointe en fer garnie d'une douille, pour 
se piquer (fixer le bateau de peche), soit en 
pleine eau, a Taide d'une petite corde munie 
d'un terzillon, soit a terre, a Taide de la com- 
mande. — Petite affitre, baton pointu d'un 
bout, servant dans les end »oits vaseux, pour 
appoyer (maintenir) le bateau, amarre' d'ail- 
leurs a une affitre ferr^e. || Fig. Sottise, fausse 
manoeuvre dans la conduite de la vie. Cf. 
Boulette, Brioche. 

N. — Le fr. donne ce sens au mot : gaffe, et il 
est a noter qu'il emploie le mot : bourde (que d'ail- 
leurs il ignore dans son sens propre) avec une signi- 
ficat. ftgur6e differente de celle que nous lui attri- 
buons. Et. — Peu certaine. Dans le vx. fr. le sens 
est ceiui de baton, lance. — Hist. « Bourder, jouter 
avec le bouhours, baton : a Iceux Jehan et Girart 
prinrent chascun d'eux un blanc petit tilleul pel£, 
pour en behourder Tun a l'autre, et en eulx ainsi 
esbatant et bouhourdant, briserent plusieurs 
tilleux Tun contre l'autre. (1375. — D. C). — 
Behourder a bien pu donner : bourder. — Puis, de 
behort, joute a la lance, on passe, pour le sens, a 
joute de paroles, vanterie, mensonge. (L. C). 

Bonrd^e (Mj., Lg., Lpos., Sal., Fu.). — Une 
moitte de la journ^e. Ex. : J'en ai pour eine 
bonne bourdbe a faire 9a. V. RabinSe. || Z. 151. 
Bourder, e'est s'arrgter.' Les laboureurs 
bourdent deux fois par jour ; une bourdU est 



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126 



BOURDER — BOURGEOIS 



done Tespace entre deux repos (SI.). || A Br. 
e'est le repas d'une apres-midi. || Sal. Faire 
une bourdke, e'est faire une pose, un arrSt. || 
De bourdie. Loc. adv.- — « T'iras aux champs 
de bourdte, dans la soiree, de 4 a 5 heures. » 
(Cho.). 

N. — Dans le Centre : Bord6e « Temps employe" 
au travail dans une matinee par un charretier ou 
un laboureur avec ses boeufs. « II a fini sa bordee. » 
Une bordSe est d'environ six heures. — Renvoie a 
Bourdee. (Jaubebt.) 

Boarder (Mj., Lg., Lrm., Fu., Sal.), v. a. — 
ArrSter. En parlant d'un taureau : Bourdez- 
le. Une vache va trop fort : Bourde-la. || Em- 
pecher (Z. 149, 150). Cela ne me bourdera pas 
de, — ne m'empechera pas de. || Garantir de. 
II l'avait bourde du garou, — d6barrass6 de 
(Z. 146). || Boarder un jars, — lui mettre 
dans le nez une plume pour 1'empScher de 
passer dans une haie ; alors les oies qui le 
suivent n'y passent pas non plus. || « lis ont 
tombe - dans une molh^re qui les a ben bourdte. 
|| Avoir la vue bourdee par un obstacle, bornee. 

— Ti., Bourder les berlots, — boucher les 
yeux. V. Ang. de Paris, 28 juillet 1907 : Une 
vieille histoire. || V. n. — Se reposer, tarder, 
s'attarder ; faire halte. Ex. : J'avons bourdi 
ein bon moument au Pelican (place d' Angers). 

— A n'a pas bourdk a arriver. || S'arreter, — 
aussi bien un prldicateur dans son sermon 
qu'un ouvrier dans son travail. || Rester sta- 
gnate, — en parlant de l'eau. Ex. : L'eau qui 
bourde est plus a craindre que l'eau qui court. 
|| Etre arrSte* par une orniere. Dans Jattb. 
Bordir. || Ti, Z. 203. — Cesser d'Stre present, 
bouger. Ex. : Pendant trois jours et trois 
nuits i ne bourda point de l'eglise et jeuna 
serriment. 

Et. — Assez difficile a expliquer. Je propose : 
User de la bourde, pour arreter un bateau, avec 
extensions. Cf. BournSier. — Hist. « M. de J., gen- 
tilhomme manceau, nomm£ depuis peu de temps 

f>age de la reine Marie- Antoinette, accompagnait 
a voiture de S. M. Cette princesse le chargea de 
galoper apres un seigneur qui Tavait saluee en la 
croisant et qui s'Sloignait a toute bride. A son 
re tour, le page essouftle ne put dire autre chose 
que : « Madame, je 1'ai juppS (appeler a haute voix, 
hucher), je l'ai voali (id.) ; il n'a jamais voulu 
bourder. » — « Que dit-il, demandait la reine? — 
Et le page de r£p£ter ; ce fut tout ce qu'on en 
obtint. (De Montbsson.). — « Depuis quelque 
temps, je me trouvais completement arre*t6 dans 
mes travaux... Pour l'instant, j'etais « bourde" •, 
comme disent les charretiers du pays, lorsque leur 
v6hicule est embourbe au plus prof on cf d'une 
orniere. (C. Leeoux-Cesbron. Autoes temps, p. 110, 
1. 9.). — < Maugr6oit Dieu comme un cnartier 
bourde". » Contes (TEutrapel. (L. C). 

Boardln (Sp., Li., Q.), s. m. — Ane, bour- 
rique. || Jeune boeuf. Q. Z. 136. || Etre saoul 
comme ein bourdin. || Sal. — Gros et court. || 
Syn. de Ministre, Bourricot. V. Folk-Lore, 
xiv. || Fu. — Bourricot, — jeune bceuf. 

Et — Lat. Burdonem, mulet. — t Bordon - 
bourdon, mulet ; baton de pelerin qui lui sert de 
mulet pour le voyage. Et. *burdon(e),leproduitdu 
cheval et de l'&nesse. 



Bourdineau (Mj., Sp.), s. m. — Pivot ou 
teton qui soutient une porte et tourne dans 
une crapaudine. V. Bourdonneau. 

Et — « Bourdonnier, de>. de Bourdon, a cause 
de la partie arrondie qui termine le bourdon des 
pelerins. Dans les portes qui ne sont point a gonds 
ou a charnieres, partie supe>ieure du chardonnet, 
pivot arrondi qui s'engage et tourne dans la bour- 
donntere du linteau. » (Dabm.). — « Bourdouniau, 
piece de bois form ant le cdt£, le montant d'une 
porte et tournant sur pivot, comme dans une porte 
de grange. V. Crapaud. 

Board oilier (Lg.), v. a. et n. — Bredouiller. 
Ex. : On n 'en tend point ce qu'il bourdoilie. 
Syn. et p.-§. doubl. de Baroiller. || Ec. Boer- 
douiller, || £a y-i boerdouille dans le ventre. 

Board on (Mj.), s. m. — Baton de que- 
nouille. || Fu. et Mj. — Queue d'animal, — 
boeuf, vache, veau. || Au fig. Lever le bourdon, 

— lever la queue droite comme fait une 
vache qui mouche. 

Et. — V. Bourdin. — Mais le savant Eccabd fait 
venir ce mot de Tall, boeren, porter, sou ten ir, d'ou 
bort, bordo, burdo, qui s'apphque aussi bienal'Ane 
qu'a un appui qcque. 

Board onnesu (Sp., Mj.), s. m. — Crapau- 
dine. — Cf. Bourdineau. 

Board ounemu (Lg.), s. m. — Ouverture au 
bas d'une panne, dans laquelle on fixe 
Yanche ou quenelle, et par laquelle s'ecoule le 
lessL Syn. ae Cos, BoucleL 

Et. — Malgr6 la difference de sens, e'est le m£me 
que le Mj. Bourdonncau ou le St paulais Bourdineau. 
Le Bourdouneau d'une panne a, en efTet, la forme 
d'un gros teton, comme le pivot d'une porte ; ou 
bien il rappelle les culs de bouteilles servant de 
crapaudines. 

Bourdouoer (Lg.), v. n. — Bourdonner. Ex. 
La tounerre bourdoune en loin. 

Bourgadin (Tim., Lg., Fu.), s. m. — Habi- 
tant d'un bourg, par opposition a Paisan. 
Syn. de Bourcatin, Bourais. || Habitant du 
quartier du Bourg, a Mj., par opposit. a Riva- 
geois. — Les gens des bourgs ne se consi- 
dered nullement comme des campagnards. 

Et. De>. du fr. Bourgade. — Bourg, L. Burgus, 
se rattache a 1'aha. Burg, lieu fortifie ; celt borg. — 
V. la description d'un bourg dans O. Sand, Valen- 
tine, 1. 1, ch. 1. 

Boargau (Sal.), s. m. — Grosse mouche 
d'un noir brillant, au dard acere\ V. Burgot* 

Boarge, esse (Mj.), s. m. et f. — Forme 
attenuative du fr. Bougre. V. Boudre. 

N. — Elle est tres usit£e par les femmes. A leurs 
yeux cette simple m6tathese du g et de l'r enleve 
au mot tout caractere de juron ; car telle est bien 
et uniquement la signification attribute par elles 
au vocable fr., dont le sens propre — ou malpropre 

— leur est inconnu. Bourge n'a plus que le sens 
plutdt b£nin de Diable, enrag£ coquin, abominable 
canaille, etc. 

Boar gene, s. f. — Pour Bourdaine, Voir 
Nerprun (M*n.). — Rhamnus frangula (Bat.) 

Bourgeois (bourjou§)) (Mj., Lg.). — 
Homme de la classe ais£e. II Maltre de la mai- 



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BOURGEOISE — BOURNrilER 



12? 



son, chef de la famille. Ex. : Le bourgeois 
est-il la? J'arais affaire a lui. || Epoux, mari. 
Ex. : Je le disais ben a mon bourgeois. || Fu. 
Id., et le Maitre, dans certains jeux de boiile. 

Et. Le bourgeois elait un homme du bourg, du 
lieu clos et fortified tandis que le villain etait 1' ha- 
bitant de la ville (villa) maison de campagne, lieu 
ouvert et non fortifte. (Litt.). — Bourg et franchise 
etaient synon. 

Bourgeoise (Mj.), s. f. — Mattresse de mai- 
son. || Eponse, femme. Ex. : Ma bourgeoise 
est malade, alle a fait la commere illy a hint 
jours. Syn. de Mar tee, Capitaine. 

Boorgeoiserie (Mj., Tim.), s. f. — Bour- 
geoisie, la classe riche. Doubl. du franc. — Cf. 
Princeresse, pour l'insertion de Pr. 

Bourgeon (Lg.) f s. m. — Ballot de laine 
non fitee. Langue des ouvriers de filature. || 
Petit amas de foin, d'herbe, etc. Ex. : La 
sourciere a enleve* des bourgeons de foin a pus 
de 200 pieds haut. || Syn. de Bouchon. \\ 
Flocon de neige. 

Bourgne, s. f. — Ouvrage en osier, ber- 
ceau, nasse. 

Hist. — « S'entendait fort aux ouvrages de gos- 
serie, faisant lui-mSme ses charrues, ses dies, 
ploy ant des fourches, clissant paniers et melloirs, 
pallissonnant grenotes et bourgnes. » (La Tradit., 
p. 64.)- — « Un superbe bebe" pelebois... place dans 
une bourgne qui est un chef-d'oeuvre de palisson- 
nage. » (Id., p. 71). — « Certains instruments et 
engins pour pescher poissons, nommez et appellez 
bourgnes, ou Dourgnons. xv°. Cite par D. C. || Mot 
cite com me rapprochement avec son doublet 
Burgne, Beurgne. — Plutdt poitevin. 

Bourgnler, (Tim., Lg.), s. m. — Ruche. 
Syn. de Reuche t Runche. De>. de Beurgne. 

Et. — « Terme de peche ; sorte de nasse, dite 
aussi bourgnon, que Ton place a l'extremitd des 
pares ouverts. Et. Borgne, les ^pith. de borgne et 
d'aveugle elant donnees a des objets qui n'ont 
point d' issue. » (Litt.). — « Bornion, bournion, 
essaim d'abeilles. (D r A. Bos.). 

Bourgnon (Sp.), s. m. — Petite beurgne. 
— Cf. Borgnon, ruche d'abeilles (Jaub.). 

Bourgnot' (Sp.), s. m. — Botte de bois 
dans laquelle les meres placent debout leurs 
petits enfants emmaillottes, pendant qu'elles 
vaquent a leurs occupations. — De>. de 
Beurgne. A du se faire jadis en osier. V. 
Bourgne. 

Bourgulgne, s. m. (Segr.). — Broc en bois, 
servant a soulever les Opines, et espece de 
pince pour saisir la bogue de la chataigne. || 
Peut-Stre de Burguer. Cf. Berqukgnon. 

Bourgulgnon (Mj.), s. m. — Chalaze. Syn. 
de Grain d'orge, BiroiUon, Hardillon, Far- 
pillon. 

N. — Pourrait bien fitre un doublet de Berqui* 
gnon et Bourquignon. II y a de la ressemblance 
entre le compere loriot et le bout d'une branche 

?ui n'a pas et£ coupee au ras du tronc. (R..O.) — 
ngemeux ! A. V. — Cf. Berton, Bourrichon. — 
V. Folk-Lore, III. 



Bourgulgnonner, v. n. — Aller d'un 
endroit dans un autre avec hesitation. 

(MAN.). 

Bourl-boura. Z. 136, 142. — Pele-mele, 
confus^ment. (Q.). — Personne en 1'air, sans 
ordre. (Craon). 

B our In (Sar.). Bourrelier. V. Sabourin. 

Bourine ou Bougue. — Loge, petite mai- 
son de terre et de paille (MAn.). 

Bourlner autour de (Craon). — S'occuper 
a des petits travaux sans grande importance. 
|| Lg., v. n. — Travailler dur. Doubl. de 
Buriner. V. Bourriner. 

Et. — Bourriner, der. de : bourrier, pris au sens 
fig., s'occuper a des riens. — Burra% lat., niaiseries. 
Cf. Bousiner. — Hist. « Est-ce que tu souffres 
toujoursT — Encore un si peu. .., mais l'ouvrage 
n'en soufTre point. Je bourrine dans les batiments 
et Sylvain travaille aux champs pour deux. 
(G. Sand, Claudie. — O Jaub.) 

Bourn age (Mj., Fu.), s. m. — Bornage. 

Bourne >, s. f. — Bel exterieur, apparence 
avantageuse. — V. Montrie. 

Bourne f (Mj., Fu.). Borne. || Qqf. se dit 
pour un madner arrondi et pointu, retenu 
par une corde dont le marinier se sert pour 
conduire un bateau sur la Loire. (Union de 
VOuest, vendredi 29 dScembre 1876. MAn.). 
Inconnu a Mj. — Pour Bourde? Cependant il 
y a Bourniier. — De plus la Bourde n'est pas 
attached par une corde ; e'est le baton de 
quarlier qui est ainsi retenu a Mj. V. Bourde, 
By. 

Et. — B. L. Bodina, qui a donn6 bodne, puis 
borne. Orig. incert. — Hist. « Mais la ne faut faire 
but et bourne. » (Rab., P., iv, 23.) — Angl. Bourn. 
— « Et, le 29 octobre 1668, on a plante des bournes 
de pierres sur i'eau de lad. saullaie. » (Inv. Arch., 
E, n, p. 222, col. 2.) — « Aussi pour avoir mis et 
assis bournes en leur fief sans authorite de leur jus- 
tice. . . pour bourne assise, soixante sols tournois. » 
(Cout. d'Anjou, art, 3, p. 4.) — Pour le premier sens 
de Borne. 

B our nee, s. f. — Pluie. || Bruin^e? 

Bournelage (Mj.), s. m. — Ensemble des 
ranQoires d'un bateau. On dit : Mettre ein 
bournkiage a un bateau. Techniquement : les 
fargues. || Ce qui sert a bourniier. 

Bourneier (Mj.), v. n. — Terme de marine. 
ArrSter brusquement un des bouts du bateau 
pour Tobliger a tourner sur place d'un cer- 
tain angle, lorsqu'il se presente transversale- 
ment au courant. La manoeuvre s'ex6cute 
au moyen d'une 6norme piece de bois cylin- 
drique, ferrGe d'un bout et appele'e : baton de 
quarlier, dont le marinier plante dans le 
sable la pointe ferr£e, tandis que la t§te en 
est arc-boutee dans une des en tattles du bor- 
dage appel6es Ran$oires. Jaub. Bornager. 

Et. — Der. de Bourne au moyen du suffixe ver- 
bal inchoatif et iteratif eier. — N. La bourde ne 
saurait servir a bourn 6ier, au sens de Mj. 

|| Fig. Se dit d'un ivrogne qui va d'un 
cote sur l'autre (Sf.), et cela rappelle bien les 



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128 



BOURNER - BOURRER 



borders que tire le bateau. || Sal. — Se 
heurter contre une borne? 

Bonrner (Mj.), v. a. — Borner. || Lrm. — 
Faire du bruit com me un coup de fusil, un 
petard ; r&sonner violemment. — Onoma- 
tope*e. 

Bonrnler (Lrm.), d'abeilles ou ruche. — 
V. Bourgnier. 

Et. — Ruche en forme de bourgnon, bourgne, 
panier. 

Boarnlf&Ule (Mj., Fu.), s. f. — V. Pourti- 
f&ille. 

Boornlgeoter (Tim.), v. n. — Se livrer a 
des occupations futiles ou minutieuses. Syn. 
de Bourniger, Nigeoter, Nigeasser. Dimin. de 
Bourniger. 

Bourniger (Mi., Fu., Sal.), v. a. — S'occu- 
per a des futilites, faire qq. travail minutieux 
et inutile. || By. On dit : bournicher, et pour- 
tant on dit plutdt : d^bourniger (d6couvrir 
apres recherches). — Lrm. Prononc. Bour- 
gniger, — chercher, fouiller pour peu de chose ; 
avoir Tair de s'occuper de choses insigni- 
flantes. 

Et. — C'est un compost de Niger, forme absolu- 
raent comme le fr. Boursou flier Test avec : souffler. 
V. Bour. 

Boarnigerle (Mj.), s. f. — Occupation futile, 
travail minutieux. V. Bourniger. Syn. de 
Nigeoterie, Nigeasserie, Nivasserie. 

Booroche, s. m. — Chou bouroche. Borago 
officinalis (Men.). Prend 2 r. (Bat.). 

Boaroille (Mj.) (bouro-ille),s . f. — Am- 
poule, elevure a la peau, pustule, phlyctene. 
Cf. Brosson. Syn. de Bougie. V. Bourbettle, 
Boursolure, Bourselure. || Fu. Enflure resul- 
tant d'une piqure d'ortie ou d'insecte. N'est 
pas la meme chose que Poulette, ampoule. || 
Lg. — Cloche qui se forme a la surface de 
i'eau quand la pluie tombe avec force. Syn. 
de Bousine, Bottle. V. Gourgueille. (Che\, 
Cho., etc.) 

Boar oilier (Mj., Fu., v. n. — Se couvrir 
d'ampoules, d'ilevures, en parlant de la 
peau. V. Bouroille. Syn. Boursoler, Bourseler. 

Bourquegnon (Tim.,), s. m. — V Berqul- 
gnon. 

Bourraeas (Lg.). V. Bourrage. — Rappelle 
le fr. Bouracan, que Hatzf. fait venir de 
l'arabe. 

Boarrage (Lg.), s.. m. — Nom collectif 
sous lequel on d£signe les menus branchages, 
les genets, le chaume, les gretes, etc., les 
mauvaises herbes qui poussent dans les bles. 
— Syn. de Bourraeas, Bourrier. 

Bourrasser (Tim., Sp.), v. a. — Bousculer 
rudoyer, malmener, bourrer de coups. Syn, 
de Rudanger, Halbourrer, Harbeugner. — Du 
fr. Bourrer. || Lg. v. a. et n. — Faire un tra- 
vail p^nible. Ex. : J'ai bourrassi ca tote 
seule. — Syn. de Buriner, Bourriquer, 
Ourser. 



Et. — De>. de la mSine racine que ces deux pre- 
miers ; litte>alement : travailler comme un bourin, 
une bourrique. 

Bourrassier. — Tablier en grosse toile, 
faite d'6toupe de chanvre. 

Et. — Semble venir du lat. Burrus, roux, d'un 
brun fonc6. Cf. le fr. Bure. — Hist. : 

...Quand il doit porter la note, 
Ou faire aucun labour de bras, 
Ait ung surpelis de bourras, 
Qui sa robe honeste luy tiengne. 

D. C, Bouratium.) 

Bourre l , s. m. Beurre. 

Hist. — « Je lairai. . . mon bourre. — D'un vx 
mot burre. (N. A., 4, 4.) Lat. Butyrum ; u pro- 
noncd out 

Bourre * (a la). — (Ec.) — A rebours, 
sans ordre. II fait les choses tout a" la bourre, 
a l'envers. 

Bonrre 3 . Jeu. V. F. Lore, VII. 

Bonrrean (Mj.), adj. <j. — Brutal, cruel. 
|| Fu. — Bourreau, — id. Qui aime a faire 
soufTrir b£tes et gens. 

Bonrre et Balle (Mj.). — Loc. adv. En bloc. 
Tout prendre, bourre et balle, le bon et le 
mauvais (Sf.). — Je illi ai tout vendu, b. et b. 
|| Bourre et ballier, avec les im mon dices. II 
a tout avate, b. et ballier. 

Et. — Bourre ; ital., esp., prov., borra, pour 
flocon de laine, du L. burra, sing, inus, de bump, 
niaiseries, fadaises. Le sing, presente le sens pro pre, 
le pi., le sens melaphorique. (Cf. Floccus, flocon de 
laine et bagatelle.) — Bourras, bouras, 6toffe gros- 
siere ; bourrer ; bounce, — ade ; bourru ; bour- 
reau ; bourrelet ; rebours (rev^che). 

Bourree (Mj.), s. f. — Repue, franche- 
lipp6e, ingestion d'aliments qui produit 
l'extrSme satiele*. || Lg. — Paille ou foin que 
Ton met dans les sabots. || (Lg., Tim., Fu.). — 
Litiere. Ex. : Va done faire la bourrie aux 
boeufs. Syn. de Letiere, RetUre. 

Hist. — « Vingt sols pour un cent et demy de 
cotterets et un demi-cent de bourree* qui furent 
arses ledit jour. » (Cit6 par Ev.) 

Exemples de Repue : « II a mang6 eine 
satr^e bourrke de lait moucheron, — de 
soupe a la palourde. || R6primande. « Si 
nous les attrapons, ils seront bien bourris. » 
(M mc de Sevigne, 196. ) — || Coups donnes 
ou recus. Par assimil. a la bourre que Ton 
entasse dans une chose bounce. 

Bourrefer (Sa.), v. n. — Faire de la bounce. 

Bourrelet (Fu.), s. m. — Sorte de gaine, 
remplie de bourre, — se fixe aux hanches 
pour retenir le jupon (avant le corset). 

Bourrer (Mj.), v. a. — Au propre et au 
fig. — Bafrer, manger gloutonnement : — II 
en bourre, des calots. — S'empifrer. Syn. 
de Bouffer. On dit : se bourrerle fanal ; re'flSchi, 
en ce sens. — et dans : || Lg. — Se bourrer 
sus, — s'elancer t§te baiss^e sur. Ex. : Le 
bouvard a voulu se bourrer sus moi. Tim. — 
Perdre au jeu de bourre, §tre bourre. 



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BOURRI - BOURSE-A-JUDAS 



129 



Bourri (Lue.). — Ane. — Abreg6 de Bour- 
rique. Cf. Bourriquet, — cot. — Ce serait 
Fane male. 

Bourri-bonrra (Q., Zig. 136), adv. — Sens 
dessus dessous. Syn. de En pagale. 

Bourriehon (Mj.), s. m. — Roitelet. Syn- 
de Rabertaud. 

Et. — Du lat Burrus, roux. Ce mot serait le veri- 
table, et Berrichon une forme corrompue. 

|| Se monter le bourrichon, — la tSte, 
s'emballer, s'enthousiasmer. On assimilerait 
la tSte a une bourriche ; « les faubouriens, 
dans leur argot, prennent les imbeciles pour 
des hultres ». (Delvau.) 

Bourrleot (Li., Br., etc.), s. m. — Bourri- 
quet. Syn. de Bourdin, Ministre, BourrL 

Et. — Du fr. Bourrique. — « Buricus fut a Tori- 
nne un petit cheval rouge : « Mannus, quern vulgo 
buricum vocant. » (Isid. db Seville. — L. C.) — 
c Buricus veut dire rougeatre, nom special, 6tendu, 
dans la latinite\ a tous les petits chevaux, quelle que 
Cut leur couleur, et flnalement aux anes. 

Bourrier (Mj., Sal.), s. m. — F6tu, grain de 
poussiere que le vent emporte. Ex. : J'ai ein 
bourrier dans ein z yeux. — Syn. de Boise. 
De>. de Bourre. || Ne pas faire de bourriers a 
qqn, — ne pas mettre les pieds chez lui. — Au 
plur. Balayures. || Mauvaises herbes. — Syn. 
de Bourrage, Bourracas. — Ex. : Cest ein 
vilain bourrier que le chiendent. — Serrer le 
bourrier dans un champ (Lue, Ec.)|| R6sidus 
du foyer. || Terme usite" aux ardoisieres. (Petit 
Courrier du 18 juin 1904). || Ec. Des bourriers, 
en particulier tous les debris laiss^s par les 
eaux sur les rivages. || Sal. Faire du bourrier, 

— soulever beaucoup de poussiere, par suite : 
mener grand train. — Ramasse-6ou/vi>rs, — 
sorte de pelle a enlever le bourrier. Au Fu. on 
dit Cure-Dourrier. A Mj. id. et Serre-bourrier. 

Et. — De : bourre. — Hist. « Ce mot se dit en 
Touraine, en Anjou, en Bretagne, etc., pour toutes 
sortes d'ordures des maisons et pour les mauvaises 
herbes, ronces, orties et autres qui croissent dans les 
champs. Cest ce qui vole en l'air quand on vanne 
le ble\ suivant Menage, et c'est dans ce sens que 
Reqnieb l'emploie quand il dit a Dieu : 
. . .Cependant, tu vas dardant 
Dessus moy ton courroux ardent, 
Qui ne suis qu'un bourrier qui vole. 

( Vers spirituels, p. 195.) — L. C. 

— « Derive" du vx mot : pourriere, qui voulait dire : 
poussiere. (D. C, pulvis.) « — Et avait des bour- 
riers de chassie ds yeux. » (R. de r Anjou, 1880, 175.) 

— « Le diet devra enlever les eaux bourriers. * 
1474. Cite" par Menisbb. (Peut-fitre faudrait-il une 
virgule apres : les eaux.) 

Bourrin, s. m. — Ane, bourrique. S'em- 
ploie dans la loc. : Avoir le ventre comme ein 
bourrin, — gonfl6, tendu ou gros. Syn. de 
Bourdin, Bourricot. Lg. Haridelle, maigre 
bete d'espece quelconque. Syn. de Bourro- 
chon, Harou. 

Et. — Le Bourri a souvent un gros ventre. Peut- 
etre aussi est-ce une allusion au poil bourru de cet 
animal. jf 

Bourrlner (Lrm.), v. n. — Travailler dur.*J 



Syn. et doubl. de Buriner ; syn. de Bourrasser, 
Ourser, etc. — De>. de Bourrin, — mais non 
du fr. Burin, que nos paysans ne connaissent 
pas. 

Bourrique, s. f. — Personne paresseuse, 
ignorante ou ent$t6e. || (Sp., Mj.). Sorte de 
jeu de cartes. || Sp., celui qui perfl a ce jeu. || 
Sa. — Trouver la bourrique, — £tre en retard 
pour moissonner. II paralt qu'autrefois il 
6tait d'usage de poster une bourrique au bout 
du champ de celui qui se mattait dans ce 
mauvais cas. 

Bonrrfquer (Mj.), v. n. — Travailler p6ni- 
blement. Syn. de Bourriner, Bourrasser, Our- 
ser. || Perdre ou faire perdre au jeu de la 
bourrique. || (Mj.), v. n. — Devenir a moitie* 
idiot, a demi fou,. tourner en bourrique. — 
« Tes toujours ben bourriqui ! » 

Bourroehe l (Mj., Sp., Lg.), s. f. — Petit 
panier rond a un seul couvercle. || Sp. Fig. 
Illy en a encore ieun dans la bourroehe, — 
telle femme est grosse encore une fois. || Nasse 
Syn. de Nanse. Lg. Nasse a deux ouvertures. 
N. La bourroehe se fait en fil de fer. Syn. de 
Loup. Cf. Nanse, Chartreau. 

Et. — Douteuse. Mais les exemples abondent : 
S'ecrivait : berroiche, bourrache, burache, boue- 
resche, bouresche, borroche : « item li courgnon 
des dices, que Ten dit Bourroiche, ne corra point 
en nulles saisons. » (1327.) — « Une borroche de 
jonc, pleine de poup^es de lin, et du lin (U6 (1415). 
— « Le suppliant print une plaine borroche de 
prunes, laquetle il getta a 1' en con t re de son frere. » 
(1459.) D. C. — « Bourolle. Grand vase en osier 
tresse" qui sert a conserver des grains ou des fruits 
sees, — engin de pdche. » (Favbe.) 

Bourroehe f (By.), s. f. — Maniere de pro- 
noncer le mot bourrache. || Fu. — Chou bour- 
roehe, bourrache. — V. par un seul r. 

Bourroehon (Lg.), s. m. — Haridelle. 
Maigre b£te d'espece quelconque. Syn. de 
Bourrin, Harou. 

Benrru (Lg.), adj. aual. — Touffu. Ex. : 
J'ons cope* des remds dans les chenes les pus 
bourrus. 

Bourse (Mj.), s. f. — Petite crucifere dont 
les siliques sont aplaties et cordiformes. Cest 
le thlaspi bourse-a-pasteur. Syn. de Bourse- 
&- Judas, Bourse-en-verger. N. L'ancienne 
langue avait 27 manieres d'orthographier ce 
mot (L. C). 

Boarsee (Mj., Fu.), s. f. — Le contenu d'une 
bourse. Ex. : II se paralt qu'il a trouve eine 
bourske, — magot, tresor. — J'ai point 
compte* sa boursie. Syn. de Magousse, Guer- 
nouille. 

Et. — Bourse, d'un mot lat. tir6 d'un mot $rec 
signiQant : cuir, parce que les premieres elaient 
faites en cuir. 

Bonrse-a-JudM (Mj.), s. f. — Syn. du pr6- 

ce"dent et de Bourse-en-verger, Chie-mou. On 

ne designe guere sous ce nom le thlaspi bourse 

' a pasteur, sans citer le dicton populaire : 

I Bourse a Judas, cent ecus-n'y a pas. 



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130 



BOURSES-DE-CHENEILLES - BOUSINE 



Bourses-de-ehenellles (Lg.), s. f. — Sorte 
de sacs que se fllent certaines chenilles sur 
les branches des arbres et dans lesquelles elles 
vivent en colonies. Syn. de Boubelin. 

Bourse-en- verger (Lg.), s. f. — Thlaspi, 
bourse a pasteur. Syn. de Bourse, B.~a-Judas m 

Bonnier (Tim., Sa., Fu.), adj. aual. — 
Enfle* comme une bourse. Ne s'emploie que 
dans l'expression Crapaud boursier, — tres 
gros crapaud. 

Boursiller (Mj.), v. n. — Economises 
6pargner de petites sommes, Harder. 

Et. — Du fr. Bourse, avec la terminaison ver- 
bale diminutive iller. Le mot s'emploie en fr. dans 
un autre sens. 

Boursillonner (Mj.), v. n. — V. Boursiller. 

Boursoler, seler (Lg.), v.' n. — Se couvrir 
de papules, de boutons, de phlyctdnes, etc. 
en parlant de la peau. Syn. et doubl. de Bou- 
ro iller. * 

Boorsolore, selore (Lg.), s. f. — Bouton, 
papule, ampoule, phlyct&ne. Syn. de Bou- 
roille. 

Bonrsoole, s. f. — Espece de berlingue. 
(M±s.) || Brouette, et aussi : vieille voiture. 

Boors oar d (Zig. 137), adj. qual. — Maus- 
sade, sournois par habitude. 

Bonseulade (Mj.), s. f. — Tohu-bohu de 
gens. Cf. Bousculement, Sens different du 
francais. 

Bouseulement (Mj.), s. m. — V. Bouscu- 
lade. || Bouleversement. Syn. de Boulivarse- 
menu Chavirement, Tervirement. 

Bouse oler (Mj.), v. n. — Tr^bucher forte- 
ment, broncher, perdre son 6quilibre, man- 
truer de tomber. Ex. : En sortant de Tauberge, 
it bousculait. Syn. de Bricholer, Brangeoler. 

Boose (Lg.), s. f. — Gros ventre de. petit 
oiseau. On ait de petits oiseaux qui n'ont pas 
encore de plumes : lis son t tout frais equeillouis 
ils n'ont que la bouse. — V. Bouste. 

Et. — Je vois dais ce mot un doublet d'un vx 
vocable B6ze ou Bede, qui n'existe plus sous cette 
. derniere forme (mais Beze existe). II a donn£ au 
franc. Bedon, Bedaine et a notre patois : Basane, 
Bezard, Beserot, Abizarde", Beille, Boille et leurs 
derives. Je suis persuade que Veze est le m§me 
mot. Observons que Veze avait jadis pour 
syn. Bousine, qui est le derive direct de Bouse. 
ttafin ce mot lui-meme est peut-otre le franc. 
Bouse. Cf. Bonnet- d-bouse, c.-a-d. Bonnet ventru. 

Bowsee, s. f. (Mj.). — Excrement d'animal, 
bouse, fiente. Cf. Foiree, Mardie, Pissee. \\ 
By. — Implique Pid6e de chose abondante et 
molle. || Fu. — Une bousie est un rond de 
bouse. Si Ton veut designer la matiere, on dit : 
de la bouse. Cf. Croitke, crotte (de cheval). 

Et. — Incert. — Le bas-bret. beuzel, bouzel, 
bouzil est p.-e\ emprunte du franc. — Faut-il le 
rattacher a : bcpuf ? — « Bouse, panse, autrement 
l'herbier ou le double ventre. En latin, « magnus 
venter ». « Se la beste est feme en la bouse, c'est en 
la pance, pou sayne, et vient, avec le sang, de 



Terbe, et de la viande que la beste aura vtandee. * 
— Injure ; « Bouse vous dis, bran de vous ! » 
(xnr*s. L. C.) 

— Ki de tel viche est embouses, 
Se devant mort n'est desbouses, 
II muert comme bues en se bouse. * 
{Miserere du Beclus de Moliens, xrr 3 s. — Schel.) 
D'ou : bouser, bousiller, bousin. 

Bonser (Mj., Lg., Fu.), v. a. — Enduire de 
bouse delayed. Ex. : J'allais bouser l'alre — 

Eour la preparer a recevoir le grain qui y sera 
attu. (Li.). — || Fu. Produire de la bouse. 

Booses (Fu.). Dames des pres. Les bouses 
sont ainsi de'sign^es dans les devinettes (devi- 
nailles) et r6bus. 

Bonsieot, s. f. — P.-e\ pour Boursicot, petite 
bourse. A Segre le bonsieot est la chataigne 
cuite a Peau avec son 6corce (M6n.). 

Bonsillard, s. m. (Segr.). — Bousilleur. 

Bonslller, v. a. — Sens special (La.). — Bou- 
siller le feu, tisonner. Syn. de Tiser, FergdMer. 

I Booslllonx (Mj.), adj. q. — Besjiloux. 

Bousin (Mj.), s. m. — Auberge de bas Stage, 
guinguette, cabaret borgne. || Maison de 
tolerance. || Lg. — Celui aui travaille grossie- 
rement et sans gout. Syn. de Boussicre, 
Saboureau, Bouifre. \\ Tapage, vacarme. Syn. 
de Boucan, Potin, Chahut, Chutrin, Rabat, 
Menere, Rahut. 

Et. — Angl. Bowing, cabaret, mauvais lieu, 
dans 1'ar^ot des marins, d'apres Ch. Nisabd. (Lttt.) 
— Mais je croirais, avec Delvau, que c'est plutdt 
r anglais qui nous a emprunte ce mot, qui viendrait 
de : bouse (ou bouc), maison const mite avec de la 
terre petrie. — Cf. l'angl. bouse, boisson et to 
bouse, s'enivrer, ce qui explique le sens de cabaret 
li P.-§. pour Boussin, pris au sens de : bouchon, 
cabaret. — Cf. Bastringue. 

Bonsine (Mj., Lg.), s. f. — Vessie. Ex. : 
Faut que j'aille me vider la bousine. || Bulle. 
Ex. : Les queneaux s'amusent a enfler des 
bousines de savon. La pluie, en tombant, 
fait des bousines, — qqf. Bosine. || Am- 
poule, elevure a la peau. Syn. de Bouroille, 
Bourdeille, GourgueuiUe. || Faire chier la 
bousine, — Striper, Scraser, de maniere a 
faire sortir les intestins. 

II faut remarquer TSnergie de cette expres- 
sion pittoresque. || Fig. S'enfler la bousine, — 
se gonfler de vanite* ou d'importance. || Fig. 
La bousine a quervS ; — les pleurs, longtemos 
contenus, ont 6clate\ || A s en faire peter la 
bousine, manger au point d'avoir mal au 
ventre. || Tu t'en ferais pSter la bousine ; — 
tu t'en ferais mourir, tu ne te prives de rien. 
N. On dit aussi en ce sens : la sous-ventriere. 
|| Lg. — Cloche qui se forme a la surface de 
Peau quand la pluie tombe avec force. Syn. 
de Bouroille. || Vessie de cochon qui sert de 
jouet aux enfants : J'en ai pris ma bousine 
Et m'en suis rSjoui. 

(Noels Angevins, p. 30). 
|| Instrument de musique : « Et se rSgalerent 
ensemble au son de la belle bouzine. » (Rab. 



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BOUSINER — BOUSTIFAILLEj 



131 



I t 25. — MAn.). || Tomber sur la bousine se, 
crever la vessie. 

Et. — Tres discutable. — Hist, c Les vezes, 
bouzines et cornemuses sonnerent harmonieuse- 
ment. » (Rab., v, 33 bis.) II pourrait bien Stre ques- 
tion ici d'un instrument de musique garni d'une 
poche a air, d'une vessie enflee, placee a l'extr6- 
mite" d'une planchette, maintenue par des cordes de 
violon, dont on se servait comme d'un violon ou 
d'un violoncelle. On en tirait un son aigu. — •Ins- 
trument de musique dont se servent les patres de 
divers pays. On le faisait avec une espece cfe vessie : 
buccina, d'ou le nom de bousine. (N. ^.,11,2.) 
— « Lequel mordit si avant en farine 
Et ren contra la vendange si doulce 
Que de sa peau il feist une bodine 
A tout le peuple admirablement grousse. 
(O.-C. Buchbr, 282, page 256.) 
N. — Bodine semble tenir le milieu entre Bou- 
sine et Boudin. 

Boiisiner (Lg., Mg). — Fatiguer, lasser. 
Faire grossierement, cochonner un travail. — 
Le bousiller, le g&cher (Mj.). Syn. de Boussi- 
crer, Sabourer, Zeguiner. || (Mj.) v. n. Former 
des cloches sur l'eau. Quand ca bousine sur les 
flaques d'eau, au moment ou la pluie com- 
mence k tomber, c'est signe que r averse sera 
forte et de dur^e. 

Bousiqaet' (Sp.), s. m. — Cabriole, culbute. 
Syn. de Carpiiole, Piquet, Capiriole. 

Bouson (Mj.), s. m. — Excrement humain. 
De : bouse. V. Etron. — Voir au Folk- Lore 
comment fut fonde* ,par Gargantua, le bourg 
de BouzilU. Z., 120. 

N. — Etym. — II est certain que ce mot derive 
de Bouse pris au sens francais. Mais ce dernier me 
paratt fitre le m£me que notre mot patois Bouse, 
ventre, pour les raisons que j'ai developp^es. C'est 
le contenu pris pour le contenant. Or, de meme, 
Bouson a du signifier autrefois : ventre, car il a 

Eass6 en anglais sous la forme Bosom (prononc. 
ozoum, ou bouzoume), qui signifie : ma trice. On 
sait que I'm final, en anglais, remplace souvent 
notre n. Cf. Ransom — rancon. J'ajoute que tous 
les mots de cette famille viennent bien d'une racine 
Bod ou Bed, comme le confirme la forme Bodine - 
Bousine, employee par G.-C. Btjcher. (R. O.) 

Bonsonner (Segr.). — Lambiner, mal faire* 
ne flnir a rien. Syn. Bousiner, Bousiller. 
(Men.) 

Bobsobx (Mj.), s. m. — Boueur, vidangeur. 
|| Saligaud. Du fr. Bouse. || Lg. — Ladre, 
pingre. Syn. de Chioux, Chiard, Crassoux. || 
Fu. — Nom meprisant donn6 parfois au 
cultivateur par le bourgadin. 

Beusqaee (Mj.), s. f. — Bourrasque, grain. 
Syn. de Hargne. || Scl. — Echouement d'un 
bateau, ou d'un train de bateaux. 

Et. — Der. de Bousquer. S'echouer sur un banc 
de sable, s'engrever, c'est, en effet, un accident qui 
procure aux mariniers l'occasion de travailler dur 
et de jurer ferme. 

Bousaaer (Mj.), v. n. — Travailler d'ahan. 
Syn. de Buriner. || Bouder, §tre f&ch6 (Sa.). — 
|| By. Syn. de Brusquer, qqn. 

Et. — Littbx l'explique par : Terme de marine : 
faire travailler malgre lui un matelot paresseux. 



Sans doute pour bouquer, baiser par force, — de ; 
bouche, prononce : bouque. » — Cela ne me satis- 
fait pas. 

Bousquenr (Mj.), s. m.— Celui qui travaille 
p&iiblement et avec ardeur. De : bousquer. 
Boassaeaer (Lu6). — Bousculer. || GScher. 

Boussaerer (Cra.). — Faire mal un tra- 
vail. V. Boussacher et Boussicrer. || Z., 124. 
— Rudoyer, malmener. 

Beussetaud (Mj., Fu, Sal.), s. m. — Tonne- 
let, petit fut. 

Et. — Pour Bussetaud, dim. de Busse. V. 
Mistaud. || Petit bceuf, veau d'un certain age* 
(Craon:) 

BoBSBlerage (Mj., Fu), s. m. — Action de 
boussicrer. || R£sultat de cette action, sajete\ 
g&chis. || Travail malpropre. Syn. de Guin* 
gourage, Besague. Der. de Boussicrer. 

BoBssieras (Ag., Mj.). — Besogne gachee, 
melange degoutant. V. Boussicrage. 

BoBsslere (Mj., Sal.), s. m. — Enfant mal- 
propre. || Ouvrier dont le travail est execute 
avec peu de soin et sans gout. Syn. de 
Bouijre, Bousin. — V. Boussicrer. 

Boussicrer (Mj., Fu, Sal.), v. n. — Patau- 
ger dans la salete, manipuler des choses sales. 
|| V. a. Salir. || Faice sans soin et malpropre- 
ment un ouvrage, le saveter, le g&cher. — 
Syn. et doub. de Boussacrer. 

BobssIb (Mj., Sp.), s. m. — Bouchee. Syn. 
de Boucherte. \\ Gfros morceau de pain ou de 
viande que Ton va manger. Syn. de Calot, 
Goulee, Gouleau. || Bouquet naturel de fleurs. 
Syn. de Trochke, TroqueU \\ Amas de chenilles. 
Syn. de Boublin. 

Et. — Der. du fr. Bouche. — Hist. « Et au 
diable le boussin de pain pour s'escurer les dens. » 
(Rab., P., rv, Prol., 355.) — « Mais le quintal de 
ces quincquailleries ne vault que un boussin de 
pain. » (Rab., P., n, 30, p. 195.) — « Bocel, bochel, 
petite bouche, bouchee. . . » (D r A. Bos.) 

BoBssiaee (Fu.), s. f. — Bouquet de fruits, 
trochee de cerises. Syn, de Troquet, Triochie. 

Boussole (Mj.), s. f. — TSte, considered 
comme siege de la raison. Ex. : II a queuque 
chouse de travers dans la boussole. \\ Pardre 
la boussole, — la t§te, la raison. Syn. de Pardre 
la termontade ou la boule. 

BoBgsoard (Z., 132, 137. — Sar.), adj. q. 
— Maussade, sournois par habitude, en 
dessous, et meme m^chant. — Un homme 
boussourd. 

Boflssare, s. f. — Pour : bouteille, a Tr6- 
laze. (Men.) 

Et. — Faut-il le rapprocher de Bocel, petite 
bolte, boisseau T — barillet ; bocel, flacon, bocal, 
bouteille, cruche. Hal. Boccale. (D r A. B.) 

Boasteroa, s. m. — Relever le bousterou 
(Segr.), c'est donner le fouet aux enfants. 
(Men.) || Cf. Boustrou. 

BoBg«faIUe(Mj.,'Fu)(bousquifaille), s. f. — 
Mangeaille. V. Pourtifaille, Bournifddle. — 



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132 



BOUSTIFAILLER - BOUTEILLE DE COUAC 



Faveb donne : Bouffetifaille, qui s'explique 
mieux. De : bouffer. — Jaub., id. 

Boustif&iller (Mj., Fu), (ti = qui,ou th, tres 
aspire^, v. n. — S'empiffrer ; manger glouton- 
nement. || By. Bouchetifailler. 

Boustrou, s. m. — Petite person ne sans 
consequence. Ex. : Queun petit imknant 
boustrou ! On dit 6galement a Saint-Paul, 
aussi bien qu'a Montj. : Boustrou-la-galette. — 
S'emploie fr^quemraent comme interpellation 
caressante a regard des petits enfants. — 
Rappellerait Bouche-trou ? || Ec. — Clot- 
cul. 

N. — Je lis dans le O Jaubbbt que Boute-roue 
signifie une borne pos£e au coin d'un passage pour 
^carter les roues. D'apres cela, on saisit immediate- 
merit l'origine de cette curieuse expression : 
Boustrou-la-galette, qu'il faudrait £crire : Bouste- 
roue-la-galette. Kile signifie : Boute-roue molle 
comme une galette. D'ailleurs, il est difTlcile 
d'admettre que l's de Bouste soit 6penth6tique et 

Sue, par consequent, Bouter vienne du germ, 
iotan, comme le pretend le Diet, gdneral, qui n'en 
paratt pas bien sur. — (R. O.) 

H Une grosse boustrou ; — personne grasse, 
mais active quand meme. 

Bout' (Mj.), s. ra. — Bout. II Bout de temps; 
— - moment. || Grous bout, — le derrtere, le 
s6ant. || Bout de pain, — morceau de pain. || 
Absolument. Eter ou mettre a bout ; — §tre 
ou mettre a bout de forces, Spuiser. il Mettre 
a bout, — mettre a quia, a bout de raisonne- 
ment. || De l'autre bout ! — interj. En voici 
bien d'une autre ! || Bout-ci, bout-\k, — En 
desordre, en vrac, en pagale ; c.-a-d., un bout 
ici et l'autre la. || Tout le bout de la raize 
(Z. 150). — tout le long du sentier. || C'est 
tout le bout du monde, — c'est tout au plus. 
Ex. : Cest tout le bout du monde si j'en 
avons pour jusqu'a la Saint-Georges. || On 
dit, a Thouarce" et a DoueMa-Fontaine : Man- 
ger un bout, et non une bouch^e, ou bouche- 
r6e. — || Eter toujours d'ein bout, — revenir a 
tout propos dans la conversation. Ex. : Le 
cul est toujours d'ein bout ! — || Bout, par 
bout, — bout pour bout. Ex. : Le futreau a 
tourne* bout par bout. || Bout du monde, — le 
gros intestin d'un pore. || Bout du monde, — 
Esplanade du Chateau, a Angers, laquelle 
aboutit a un veritable abtme. || Petit bout de 
monde, — gamin, crapoussin, nabot. II Sus 
bout, — debout. || Prendre du bon bout, — 
p. en bonne part. || Payer par le bon bout, — 
p. cher. || Lg. Vendre a bout de bras, — 
vendre ferme.'Ex. : In cheval comme ca, on 
ne le donne pas a l'essai, on le vend a bout de 
bras. || A Angers, a Nantes, a Chateau-Gon- 
tier, le Bout-du-Monde est rextr^mite* d'une 
promenade aboutissant a une brusque depres- 
sion sur la Maine, sur la Loire, sur la Mayenne. 
Inte>essant a constater. || Prononciation du 
t flnal : muet au Fu, excepts dans l'interjec- 
tion Boute ! — Sonore sur la rive gauche de 
la Loire, — muet, valine de la Sarthe. 

Et. — Subst. verb, de : bouter. — Hist. « Apres 
lequel eschaffault suyvoyent plusieurs chariots 



couverts. . . de belle ramee fresche que Ton renou- 
velloit a chaque bout de champ. » (Amyot, Vie 
oV Alex.) — « Tant que la moitte de la tour s'en ala 
a terre et l'autre demora sus bout. » Fboissabd. — 
« Bouter, pousser ; done chose en relief, en saillie ; 

— puis, pointe, extr6mite\ 

Boot'! (Mj., Ssl.), interj. — Bah ! Bast! — 
Syn. et d. de Buh / But f 

Boataillard (Lg.), adj. q. et s. — Qui ne 
travaille que par elans brusques et sans 
dur6e, par a-coups, a la boutte, ou par bou- 
ties. De>. pejorat. de Bouter. 

Bout-eadant (Sar.). — Syn. de Tohu-bohu, 
ou plutdt de tSte-beche, t£te en bas. — Voir : 
bou-cadan, — cadent, pour une raeilleure 
explication. 

Boutle (Sp.), s. f. — Poign6e de clous ou 
d'^pingles servant d'enjeu au jeu de : CoubU 
ou chique. || (Mj.) Chaque reprise que Ton fait 
en boutant, en poussant un bateau a la 
bourde. || (Mj.) Fig., A coup, boutade, impul- 
sion subite. Ex. : II fait tout par bouUes. [, 
Lg. — A la boutee, — mSme sens. 

Et. — Doubl. du fr. Boutade. — « Du verbe : 
bouter, au sens de : mettre ; ce qui a 6t6 mis dans la 
main. » (Litt.) — « Le contenu d'une : boute ; 
outre ; boite ; barril a tabac ; — emprunte" au 
provenc. mod. bouto. L'anc. fr. a bout, qui corres- 
pond a l'ital.botte.Cf. BotteetBouteille. >(Darm. ) 

— « On disait aussi boutie dans le m£me sens que 
nous disons : bouffe'e, pour exprimer un mouvement 
violent, subit et passager : Boute'e de larmes, pour : 
effusion de larmes : « Finissant cestuy-ci en propos, 
par une soudaine boutee de larmes qui fut telle 
qu'elle luy emplit tout le sein. » (L. C.) — « A 
bo u tees, pour : en foule : « De ces deux contrees, 
tous les ans a boutees, ces clergaux icy nous 
viennent, laissant peres et meres, touts amis et 
touts parens. » (Rab., n , 13, note 4.) 

Boute-et-hale (Mj.), adj. q. — Hurluberlu, 
brouillon, qui agit avec vivacite* et sans 
reflexion. || Adv. — A l'aventure, sans pre- 
caution. Ex. : 11 a jete ses affaires la, boute et 
hale. Syn. de Boucadant, en Pagale. 

Et. — Ce mot est formd de Bouter — pousser un 
bateau a la perche, et Holer. II marque done la 
simultaneity, le melange irrSflechi de deux action* 
contraires. 

Boute- h org (Mj.), s. m. — Initiative per- 
sonnels, entregent. Ex. : Cest ren que de li ; 
il n'a pas eine miette de boute-hors. 

Et. — « Espece de jeu, qui n'est plus en usage et 
ou Ton prenait la place l'un de l'autre. * (Lrrr.) — 
« Jeu de la pelote appeie : boute-hors, jeu analogue 
a celui du roi d6tr6ne\ « La jouoit : Au flux. . ., a 
boute-hors. . . » (Rab., G., I, 22, 43.) — Art de se 
produire, de se pousser dans le monde : « II v a bien 
des savants au'on n'estime pas parce qu'ils n'ont 
pas de boute-hors. (Fubetibbe, Diet.) — « Bouter 
nors, e'est expulser ; de la facilite a mettre hors ses 
pensees a la faculty de parler ais£ment : « Les uns 
ont la facilite et la promptitude, et ce qu'on dit le 
boutehors si ais6 qu'a chaque bout de champ Us sont 
prcts. » (Mont,, Ess., I, 52.) 

Boateille de couac (Lg.), s. f. — Gourde, 
courge, cougourde. 

N. — On n'a pu me dire, au Lg., ce que c'etait 
qu'un couac ; mais une personne des Lande* 



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BOUTEILLfiE — BOUTU 



133 



(Vendue) m'a appris que, dans cette region (10 ki- 
cora. du Lg.), on appelle couacs les dissidents dela 
Petite Eglise. F. Lore, XIX. 

Boutelllee (Mj., Fu), s. f. — Le contenu 
d'une bouteille. 

Et. — Du lat. Buticula, dim. de Buta, botte, 
sorte de tonneau. — « Buticula, bouteiila (1399) : 
lnvenerunt dictum clericum . . . quandam bou- 
teillam nectaris plenam deferentem. » (D. C.) 

Bouteiller (Q., Z. 171). — Faire des bulles 
ou bodies en touchant la terre ou l'eau, en 
parlant des gouttes de pluie. Syn. de Bousi- 
ner, v. n. 

|| Fu. — Nom propre r6pandu. Peut-etre 
pour Boutillier. 

Boatelliler (Mj.), s. m. — Planche a bou- 
teilles, porte-bouteilles. 

Boatelages (Mj.), s. m. — Ne s'emploie 
qu'au plur. Bric-a-brac, objets de rebut, 
fatras. Syn. de Bdillages, Harqudilleries. 
Des petits bouts de toutes choses ? 

Boater (Mj., Lg.), v. a. — Frapper, mettre 
avec rudesse. Ex. : A m'a bouti son doigt dans 
l'oeil. N. Le mot a vieilli dans ce sens. Cest 
lancer le bout en avant. || Se bouter dans la 
te'te, — se mettre en t£te. Le sens actif 
subsiste dans cette seule locution. II V. n. 
Frapper de la tSte, choquer. Ex. : Les taupes 
bouient a midi, signe d'eau ; les poissons 
boutent dans le boitte de la seine, ou : dans les 
chantiers, aux temps de crue. || Lg. — v. n. et 
a. Donner des coups de tete comme font les 
moutons, les chevres et parfois les bceufs. — 
N. Le part. pas. est bouti ou boutu. Ex. : Le 
belin m'a boutu. || Fig. Faire ressentir des 
elancements douloureux. Ex. : £a me boute 
dans le doigt. Dans ce sens, il a pour syn. 
Touper et Sacquer. \\ Bouter, — pousser un 
bateau a la bourde. « La rividre est trop 
creuse pour bouter, il faut ramer. » || Bouter 
avant, — remonter le courant a la bourde. || 
Bouter hors, — pousser au large, id. || Bouter 
le nez dessus. — N. A Mj., on dit ironique- 
ment : Tu t'es bouti le nez e*you que le cnien 
avait mis le cul. 

Et. — Du germ, botan, frapper, mettre. — 
« L'all. bozen rdpond, dans S l Bernakd, a expellere, 
impellere, pellere : 

« Je ne scavoye ou me bouter, 
Car je souffroye plusieurs maulx. » 

COQUILLABD. 

— Le celtiq. a la rac. hot, commune aux deux 
langues. 

— « Vous congnoissez la curiale usance, 
Cest de bouter tout homme en oubliance. » 

G.-C. Bucheb, 231, p. 226. 

— « Jean Boutin est ycy boute" 
Ou ses parents furent boutez. 

Dieu veuille, par sa grande bonte\ 
Qu'ils ne soient des cieulx deboutez. » 
Id., 261, p. 246. 

— « Page, de l'eau, boute, mon enfant : eile me 
efraischira le foye. » (Rab. G. I, 319, 75.) 

— « Voyez-vous, mes comperes, vous n'avez 

2u'a vous bouter en le mitan d'une pre"e... » N. 
outer, placer. On dit encore : bouteselle et rebou 



teur (raccommodeur de membres casses, celui qui 
les remet en place). 

Histoires du vx temps, p. 238. 

|| Bouter le nez dessus. (Segr.) Trouver 
juste, arriver du premier coup a un re*sultat. 
Ex. : II a bouti le nez dessus, — il a trouve* 
juste. 

Boat d' homme,, s. m. — Homme de petite 
taille. 

Boutiehe (Lg.), s. f. — Boutisse. Contraire 
de Roti. 

Boutique (Sp.), s. f. — Avoir la grousse 
boutique, — avoir une hernie inguinale des- 
cendue dans le scrotum. || Parties sexuelles. 
Ex. : A n'est pas genSe de faire voir toute sa 
boutique. Syn. de Numfro. V. Grousse-bou- 
tique. || Ensemble d'objets mobiliers, saint- 
frusquin. Syn. de Bazar. || Atelier. Une bou- 
tique de forgeron. — || Ec. — La boutique a 
poisson s'appelle une c6me. || Fu. Se prononce 
sou vent bouquique, a Gest6 et aux environs. 
« Je titte la bouquique, » — je quitte la bou- 
tique — par un singulier ^change. 

Et. — Du grec : apothdke, par le latin. Apocope 
de l'a. Mot-a-mot : mise en reserve. — Malv. pro- 

Eose une rac. celtiq. Bot, enfler, Stre gros ; d'ou 
outicle, ballot de marchandises, puis salle ou un 
marchand expose et vend ses denrees. Les ballots 
ont 6t6 les premieres boutiques. » 

Boutiqaer (Fu. Mj.), v. a. Faire, ex6cuter ; ne 
s'emploie qu'en mauvaise piart. Ex. : Cest 
ben mal boutiquL — Confectionner, condi- 
tionner, faconner. 

Boutis (Va.),*s. m. — Taupiniere ; boutis 
de la taupe. — N. Les taupes boutent. 

K out on (Lg.), s. m. — Extr^mite" du 
moyeu ; le moyeu lui-meme. Ex. : Ma charte 
. a piqu6 jusqu'au bouton. 

Boatonnier (Mj., Fu.), adj. q. — V. Pinson. 
|| Lg., By., s. m. Bouvreuil. Syn. de Pinson- 
boutonnier, Eboutouneux. 

Boutouere. s. f. — Baton servant a bouter 
quand on est en bateau. Syn. de Bourde. 

N. « Les boutouers etaient des machines de 
guerre, des beliers, a saper les murailles, dont la 
t§te etait un boutoir de sanglier, ou simplement 
un bout ferre\ » (L. C.) 

Boutouner (Sp., Fu.), v. n. et a. Boutonner. 

Boatonnier (Lg.), s. m. — Bouvreuil. Syn. 
de Pinson-boutonnier, Casse-boutons, Parse-d- 
grous bee, Eboutouneux. 

BoatoiMiere (Sp.), s. f. — Boutonniere. 

Boutre (Lg.), v. a. — Choquer, frapper de 
la t§te, comme font les boucs et les beliers. 
Ex. : Prenez garde au mouton, il va vous 
boutre. V. Boutu. 

Et. — Doubl. de Bouter. Cf. Jutre. 

Bouts fins (Lg.), s. m. pi. — D6chets de fils 
de coton. Langue des ouvriers de filature. 

Boutu (Lg.), part. pas. du v. Bouter ou 
plutdt Boutre. 



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134 



BOUVARD — BRAGARD 



Bouvard (Li., Br., Mj.), s. m. — Bouvillon, 
taureau. Syn. de Ckassoir. 

Et. et Hist. — Der. du lat. bovem. Variantes : 
Bou-vart, — deau, — dau, delet. (D. C. Bovetta.) 
« xi vaccae, i bovettus mas, iv boviculs fern in oe, 
v vituli. » (D. C.) 

« Les aigneaux, les chevreaux et les jeunes bou- 
veaux. » (J. du Bella y. Epigr. pastoral, p. 306.) 

Bouvarder (Tim.), v. a. — Saillir, en par- 

lant d'un taureau. Ex. : Ma vache est bou- 

vardbe du mois de mars. Syn. de Saisonner, 

Sarvir. || Lg. — v. n. Beugler. Syn. de Breu- 

yer y Reuyer, Royer, 

Bouvardtere (Mj.), adj. q'ual. — Taureliere. 
Se dit d'une vache qui a les allures brutales 
et la voix grave d'un taureau, par suite de 
folie soit hyste>ique, soit consecutive & une 
mise-bas. Syn. de Bouvardine. 

Bonvardine (Jb.), adj. q. — Taureliere. V. 
Bouvardtire. 

Bouveter (Mj., Fu), v. a. — Rainer. De>. 
du fr. Bouvet, rabot k faire les rainures. 

Bourisse (Mj.), adj. qual. — Maladroit, 
v^tillard. Syn. de Poqueton. Mot vieilli. 

Bouvlsser (Lg.), v. n. — Travailler dur. 
Syn. de Buriner, Bidasser, Bouriner, Har- 
qutler. 

Bouyer (Tis., Fu), s. m. — Garcon de ferme 
sp£cialement charge de ramasser la nourri- 
ture des bestiaux et de panser les bceufs. 
Doublet et & peu pres syn. de Bouer. — N. 
Bo6r vient de l'allemand. 

Et. — C'est le berrichon Boyer, bouvier, et le 
prov. Bouie\ laboureur. Cf. Bouer. N. Le nom, 
rendu fameux, de BoCr, vient de Pall. Bauer, pay- 
san. soit, ma is Tall. Bauer qui ne saurait 
deliver de zu bauen, batir, d'ou vient-il lui- 
mfime ? (V. Bouyer au F. Lore. Moms pro pres.) 
N'a-t-il pas el6 emprunte" a nos langues latines, — • 
francaise et provencale — qui possddent toutes 
deux Bouyer, bouer, bouvier, bouiers, derives bien 
authenticities du latin Bovem? (V. la citat. de 
Mircille a Bouhier.) D'ailleurs la presence parmi 
les premiers Boers de nombreux huguenots fran- 
^ais expliquerait, comme je 1'avais indique, l'adop- 
tion de ce nom, commun a la fois aux langues ger- 
raanique et latine. — II y a beaucoup a se dealer 
des opinions toutes faites, classiques, courantes, 
passees en articles de foi. Pour moi, elles sont essen- 
tiellement revisables. Vous devez le reconnaitre 
vous-meme de plus en plus. (V. ce que j'ai dit a 
Niole, et, dans votre Preface, la citation de G. 
Paris ou il recommande « de suivre l'histoire d'un 
mot jusqu'a sa plus ancienne forme connue et 
meme supposable ». Ch. ix), R. O. 

Bouzard (Z. 149). — Ventru. — Du celtiq. 
N. Vient de Bouse et devrait s'dcrire Bou- 
sard. Syn. et doublet de Bezard. 

Bouiiller (Sal.). — V. Bousiller. 

Boyard 1 (Mj.), s. m. — Tonneau ouvert par 
un bout et muni de deux anses et qui sert a 
transporter des liquides. 

Et. — Der. de Boyer. Syn. de Loup, Boillard. 
Autre forme de Bayart ou BaYart, — de Tall, bahre, 
civiere. Hist. — « Les unes seront portees dedans 
des vaieteaux de terre, les autres sur certains engine 



faits en forme de boyards ou brouettes. • (B. 
Palissy — Eveil.) 

Boyard *, s. m. — Endroit pierreux sur le 
bord de la rivtere, qqf. k sec. — Et me'me sens 
que plus haut. (Mg. — M£n.) 

I Boy an (Mj.), s. m. — Se rincer les boyaux 
de la t§te, — boire d'autant, k gogo, a tire 
larigot. On dit aussi : Se rincer le goulot, la 
dale. 

Et. — « Boel, boiel. Provenc. budeX De Botel- 
lum, saucisse ou petit boudin (Martial) ; botelJi, 
boyaux, dimin. de botulus, boudin (Aulu-Gkixe). 
Boele vient probablement d'un plur. n. botella, 
traits com. sing. f6m. 

Boy 6. — Laisser le grain dans le boyt, ou 
dans un tas frecouvert d'un mauvais drap. 
Plutdt : Bogu6, de Bogue. (M6n.) Cf. Ballier. 

Boyer (Mj., Sal.), v. a. — Ouvrir la bouche. 
Ex. : II n'a point Tar fin, il boye toujours le 
bee. || Fu. — L'ouvrir surtout niaisement, 
B6er. || Jm. — Y boyaient la goule & Tenconle 
de nous, — ils nous devisageaient. 

Et. — Bafir, beer, baier, — de Badare, batare. 
Diez propose l'onomat. ba y exprimant l'ouverture 
de la bouche. — Cf. 1'angl. to Bay. — Hist. — « Les 
loups, les renards. . . et aultres bestes, Ton trouvait 
par les champs, mortes la gueule baye. (Rab., P., n, 
2.) 

Boyl (Li., Br.). — Un veau ; d'un 4ge 
moyen entre celui du veau et du boeuf. — 
Syn. de Noge. 

Et. — Lat. bovem. — Ou celtiq. Bov, mugir 
(Malv.) 

Brache, adj. q. — Chanvre brache\ c.-^-d. 
prepare" au bras. Lat. brachium. Cf. le pref. 
Brachi. (M£n.) 

Bragard, s. m. — Pare, beau, joli ; brave, 
hardi ; fier, pr&omptueux ; arrogant, teme- 
raire ; debauched — V. ce mot au Folk-Lore, 

XIX. 

Et. et Hist. — « On dit : les Fluteurs et Joueurs 
de paume de Poitiers ; les Danseurs d'O l ; ans; les 
Bragards d'Angiers ; les Crottez de Paris, les Beu- 
geurs de Pavie ; les Amoureux de Turin, — pour 
signifler les o impedimenta » (les non-valeurs) 
d'une University. Cependant on dit : Les bons 
Estudians de Thoulouse. » — On dit de la ville 
d'Angers : « Angers, basse ville, haut clochers : 
riches p. . ., pauvres £coliers. Ce qui me fait croire 
que le mot Bragard. . . signifle : adonne aux femmes 
et qu'il a 6t6 fait de brague, en la signification de 
braguette : « Et rencontrant par les rues quelques 
mignons braguars, et mieux en point, etc » 
Rab. iv, 6. — Cit£ par Manage. — « M. Quiche- 
Rat, Histoire du costume, e^rit qu'au temps de 
Charles VIII et de Ixmis XII, on appelait bragards 
ceux qui laissaient sortir la chemise entre le haut 
de chausses et le pourpoint. Ces elegants ctaient 
deja plus riches de surnoms que d'£cus : gorriers, 
fringants, frisques, freluquets. . . (Cite* par L. C, 
Note de VEd.). — Dans le Temps du l er septembre 
1905 : Par un recent d^cret, la ville deSaint-Dizier 
a 6te dfoor^e de la Legion d'Honneur en souvenir 
de la resistance opposee par la cite aux armees de 
Charles-Quint, en 1544... Francois I er , quand il 
sut quelle avait 616 la bravoure des habitants de la 
ville, s'ecria : Braves gars / Le mot fit fortune, 
mais on 1' altera en le prononcant, et les habitants 



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BRAGUE - BRAITER 



-135 



de Saint-Dizier s'appeterant des Bragars, puis, 
par une derniere corruption des < Bragards . . . » , 
Au banquet, le maire but a « la cit6 bragarde ». — 
t Les bragards d' Angers sont les 6coliers. » — 
< Grands bragues ils faisaient et flere contennace, 
« Mais de sortir en place nully d'eux ne s'avance. » 
(J. Marot, p. 112.) 
On a propose* le german. braka, faire du bruit, 
parader ; d'ou braguard, vaniteux. Wallon, bra- 
keler, habler. (D r A. Bos.). — « Brae, ceindre, du 
celtique. D'ou : braca, culotte, vehement ceignant 
le milieu du corps, mot cit£ par les auteurs lat. 
com me 6tant gaulois, et devenu : braga, aujourd. 
brague, braguette. (Malv.) 

Brague (Sa.), s. f. — Ouverture longitudi- 
nale a la partie ante>o-supe>ieure du cotillon 
d'une fern me. Syn. de MigailUre, Poche-aux- 
puces. || By. — Autrefois : pont de la culotte ; 
braguette. 

Et. — Du lat. Bracca. V. Bragard. — Cf. Breton : 
Bragez, plur. Bragou. 

Brmi (Mj.), s. in. — Cordage qui sert a rele- 
ver le milieu du bord infe>ieur de la voile, 
afin de permettre a rhomme de la barre de 
voir ais£ment l'avant du bateau. On l'appelle 
aussi Yorde. 

Braie * (Mj., Lg.), s. f. — Sorte de pip6e 
qui se fait au lever du soleil et pour laquelle 
on fixe les gluaux sur une haie. On n'y prend 
que des petits oiseaux, surtout des chardon- 
nerets. 

Et., Hist. — « Brai, vx fr., broi ; p.-e\ de Tall, 
bret, planchette. Piege forme" de deux baguettes 
de bois, dont Tune s'embotte dans l'autre, de facon 
k prendre les oiseaux par les pattes : 

« Me cuide il done prendre com me oiselet au 
brai. » (Manage). — • Brail, s. m., bois, forfit, 
buisson. Le mot breuil subsiste encore en Poitou 
en ce sens. II est pris pour : gros buisson a faire la 
pip6e, dans l'ancienne traduction de Pierre de 
Croissans, citde par D. C, v° Brenexellus : « On 
peut aussi prendre oiseaux par autres manieres, 
corame est au brail. .. » — Cite* par L. C. qui 
ajoute, v° Braiement : L'auteur du Glossaire sur le 
Roman de la Rose dit que ce mot signifie : l'appeau 
dont on se sert pour attirer les oiseaux dans le piege 
qu'on leur a tendu. II a fond6 son explication sur 
ces vers : 

Tout ainsi comme l'oyseleur 
Prend Toysel comme couteleur 
Et l'appelle par doulx sonnetz, 
Musse dedans les buissonnetz, 
Pour le faire a son bray venir 
Tant que prins le puisse tenir. 

(Roman de la Rose, 22.415, sqq.) 
Examinez si Bray, dans ces vers, ne signifie pas 
glu, gluyaux, ou peut-dtre un trel)uchet. . . || Brai, 
goudron, a pu passer du sens de : corps gluant, a 
celui de glu, et par suite gluau, et piege en general. 
(Df A. Bos.) 

Braie f (Mj., Fu., Sal.), s. f. — Instrument 
de bois, a dents, qui sert a broyer le lin ou le 
chanvre. De Broyer. — V. Brayer. 

Et., Hist. — Rabel, P. m, 50 : Comment doit 
Mre pr6par6 le celdbre Pantagrue'lion (qui n'est 
autre chose que le chanvre), dit : Quelques Panta- 
gruelistes modernes... usent de certains instru- 
ments cataractes (broyeurs), composes a la forme 
aue Juno la facheuse tenait les doigts de ses mains 
Its pour tmpfichtr l'tnianUment dt Alemene, 



mere d' Hercules, etc. » C'est la Broue. — Elle est 
formed de deux machoires de bois dur. 

Braierle (Mj.), s. f. — B&timent ou hangar 
ou Ton broie le chanvre, le lin. — De>. de 
Brayer. Pour Brayerie. 

Bralllard et BrAlllaud, e (Sp., Lrg.), adj- 
qual. — Braillard, pleurard, pleurnicheur. V. 
Brailler. 

Braille (PL), s. f. — Filet d'oiseleur. Syn. 
de Arignt, Braitle. — N. Ce mot a le plus 
grand rapport avec le Mj. Braie, bien que les 
deux genres de braconnage soient tout a fait 
diflterents. 

Et — Brail, bril, bret sont probablement 
diverses formes du m£me mot qui se rattache au 
germ. Brittil, enlacer, contract, britl, lacet, d'ou : 
bride et a brettan, serrer, d'ou probablement bre- 
telle. (D' A. Bos.). 

Brailler (Mj.), v. n. — Sens special : Beu- 
gler, en parjant des vaches qui ont faim ou 
soif. || Brdiller misere, se plaindre tr&s haut. || 
Pleurer avec des cris, — ou m§me en silence. 
Syn. de Baner, Chenucher, Ouigner, Pigner, 
Vaner. \\ Pleurer avec 6clat. || Fu. — S'em- 
ploie toujours et presque uniquement pour 
Pleurer. On dit : Brdiller a la force, pour : 
pleurer abondamment et avec cris. — 
Brdiller su T^chine a qqn, — le poursuivre 
de hufees ou Tassommer de recommandations 
ou de reproches. 

Et. — Paralt form6 de braire, qui avait jadis le 
sens g£ne>al de crier, comme criailler vient de 
crier. B. L. bragire, hennir ; com. le vx. fr. muire, 
de mugire. On retrouve cette racine dans les 
langues celtiques. (Lrrr.) — Lat. popul. Bragulare, 
d'un type bragere. — On a propose aussi Raire, 
avec b initial ; d'un type ragere, onomat., form6 
d'apresl'analog.de mugire, rugire,vagire (Schelee . 

Braise (Mj.), s. f. — Fig. Argent comptant, 
quibus. Syn. de Pipettes, Galette, Monacos , 
Picaillons, Pognon. 

Braison (Mj.), s. m. — Petit charbon en 
ignition. 

Et. — Aha. brasa, cf. am. braten, rdtir. Vx fr. 
Brese, meilleure graphic — Braisette. — Malv. 
conteste : Du celt. Bras, d^chirer, fendre, briser, 
adouci de Brad ; . . . brase et braise, fragments de 
bois brQ16 ; . . . nos peres n'ont pas eu besoin d'aller 
emprunter ce mot pour designer une chose aussi 
commune. Dim. brasil ou braisil. 

Braiteler (Sa.), v. a. — En tourer d'un cor- 
dage, attacher fortement. Dim. de Braiter. — 
V. Breleler. 

Braiter (Mj.), v. a. — Barrer, arrSter en 
liant. Ex. : Son cotillon illi a braiti les 
jambes, $a fait qu'alle a tombe* sus le nez. 
Syn. de Brider. 

Et. — Angl. to Braid, tresser : A noter encore 
que Braiter pourrait s'£crire Brester, Br§ter, et 
qu'il est peut-£tre la rac. du fr. Bretelle, dont l'ori- 
gine est inconnue selon le Diet, gener. — N. Le 
barrage des anciens moulins a eau de Mj. £tait 
ddsignd sous le nom de Braiteaux. Les vieillards 
racontaient maints accidents arrives sur les Brat- 
teaux. Un vicaire y perit vers 1789, av«o touta 



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136. 



BRAITIE - BRANDIF 



une f&troUe de gens son 6pitaphe se voyait encore 

au cimettere il y a qqs annees. — Hist. ^j 

« N'auray-je rien pour mes lectres en prose jraj 

Ny pour reflect de ma juste requesteT... ($1 

Monstrez la doncq, que plus ne vous en breste, 'S 

Car tant prier, comme je presuppose, i$ 

Ce ne vous est qu'un rompement de teste. » ?3 

G. C. Buchbb, 184, p. 190. 

Brmltle (PL), s. f. — Filet d'oiseleur. Cf. 
Braille. Syn. de Arignt. — N. Ce mot res- 
semble fort au Mj. Braie, et cependant les 
deux genres de braconnage sont tout a fait 
diffe>ents. — V. Braiteler, de Braiter, Breteler. 

Brume (Sa.), adj. q. — Se dit d'un cheval 
affecte* de cryptorchidie, d'une jument pr6- 
sentant quelques caracteres de masculinity et, 
en g6n£ral, d'un animal (espece chevaline) peu 
propre a la reproduction. Syn. de Bireu 

Bran (Mj.), s. m. — Excrement. — Ne 
s'emploie guere que dans la loc. Bran de scie, 

— sciure de bois. 

Et. et Hist. — C'est le vx fr. Bran, ou Bren, 
encore usite com. interj. et qui a donn6 le verbe 
Embrener. Le bran de scie est Texcr6ment de la 
scie, par catachrese. — Dans le fr. mod. on 6crit 
Bren, et on prononce Brin. Telle n'est pas la pro- 
nonciation patoise, et celle-ci doit §tre la vraie, 
puisque Rabelais (P., n, 19), 6crit : Thaumaste, 
de grand ahan, se leva ; mais, en se levant, fit un 
gros pet de boulangier : car le bran vint apres. » — 

— Bran, excrement, et bran, son, n'ont pas la 
m£me origine. lie l er vient du ga61. bran et en bas- 
br. brenn ; le 2°, en ga£l. brean, en gall, braen, 
signifie mauvaise odeur. — A fait : brener, brenoux. 

Brancer, ou = ser (Segr.). — Remuer. 
Brancer de la terre et du fumier, afin de les 
bien meler ensemble. — On brance les 
rilleaux, les noix, les nume>os, au moment de 
tirer au sort. 

Et. — Pour brasser? Cf. Brasse-bouillon. V. 
Branseau. 

Branehe, s. 



f. (Sp., Mj.). 
affiliation, coterie. Ex. : II 



Fig. Parti, 
est de la branehe. 
L'ital. Branco a le mfime sens. || Ami, cama- 
rade. Ex. : Tiens, c'est toi, ma vieille branehe. 
— N. II est lie" comme la branehe a l'arbre. — 
Branched vx mot, compagnon associe* dans 
une affaire. Argot. 

Branch oler (Tim., Sp.). — Tituber, zigza- 
guer. Syn. de Chambranler, Gingeoler Bricoler, 
doublet de ce dernier et de Brangeoler, Bran- 
slier. — V. Branseau. 

Et. — De branehe. S'agiter comme une branehe 
au vent? — Cf. Branciller, Jaub. 

Branconner (Mj.), v. a. et n. — Bracon- 
ner. || Scier au godendard une te"te d'arbre que 
Ton ne peut fendre. || Fu. — Bracouner, peu 
usite", l er sens. 

Et. — Au premier sens : Diriger des chiens 
braques, de l'aha. braccho, chien de chasse ; nomi- 
nal, brae ; regime, bracon. (Lrrr.) ; 2* sens : 
Bracon signifie solive, en vx fr. (Darm.). — Y a-t-il 
qq. rapport avec : branc, £pee, sabre, au sens de 
scier? 

Hranconnier (Mj., Fu.), s. m. — Prononc. 
Brancognier. — Braconnier. 



**Et. — Primitivement : veneur, celui qui «* 
charge du soin des chiens appeles braes. — L« 
sens moderne de Braconnier est venu par exten- 
sion. Hist. « Jehan des chiens serviteur et bracon- 
nier de nostre am6 et feal cousin et chambellan 
Guy de la Tremoille. » (1395). — Nombreux 
exemples cit6s par D. C. v° Bracco. 
PQHist. — « Sepulture de la femme de Pierre Mon- 
dain, « pelletier et blanconnier de ce bourg. » 
1623 (I. a. S. E. m, 305, 2, m.) 

c< Brandeau (Mir), s. m. — Mot dont on a 
oublie* le sens et qui s'emploie au jeu de la 
marque. || N. La personne qui m'a fourni ce 
detail ajoutait que, probablement, autrefois, 
celui qui dirigeait le jeu portait a la main un 
rameau de brande. C'est assez vraisemblable. 
— Brande, orig. incon. — Syn. et d. de 
Branseau. || Lg. — Rameau, petite branehe. 
Ex. : Ein brandeau b6nit. 

Brandelle (de), loc. adv. (Cho.). — De tra- 
vers. Ex. : Le cceur me va de brandelle. V. 
BrandeUer. 

Brandeller (Lp., Chg.), v. a. — Balancer. 
V. reX se Brandeller. — Fr. Brandiller. Syn. 
et d. de Bransiler, Brandouiller. 

Et. — Du germ, brand, tison, puis, par radtaph., 
epee (Cf. Esp. tizona, 6pee, de tizon, tison) ; d'ou 
brandir, balancer dans sa main une 6pee, un jave- 
lot. — Deux formed, Tune, fr., en lller, Tautre, 
dialect, en eler, eller. 

r^« Targes, banieres, penonceaux. 
■*\ sjjjSelonc ce que les nes (vaisseaux) brandelent 
' a '■'' f En mil parties i fretelent. (Cit6 par Lrrr.) 
£f On trouve aussi Brander. « Tute la terre brande, 
pensez del espleitier. » (Idem.) 

Brandes (Lu6), ou Brondes, s. f. — Grandes 
bruyeres. Erica scoparia. — V. Brandeau 
Syn. de Bertreau, Bertrid. 

Hist. — « Dono, unam birotaeam (brouettee). 
brandw, sive brueriae ad usum furni. . . ) 1205. D. C. 

Brandeseler (Auv.), v. a. — Balancer. Y. 
Brandeller. 

Brandeselle (Auv.), s. f. — Balancoire. Ex. : 
J'ai Ste" a la brandeselle. 

Et. — Doubl. de Branselle. Syn. de Brangeoloirt. 
Hist. — « La jouoit : au flux, a la prime. . ., a la 
brandelle. » (Rab., G. I, 22). 

Brandif, — Ive (Sp., Lg.), adj. q. — En tie- 
rement suspendu, ne touchant plus terre. 
Ex. : II l'a enlev6 tout brandif. || Se balan- 
cant, gigottant. || Tout vif, tout entier. 
Lx. — Equips, harnache\ pr6pare\ On dit 
habituellement : tout brandif (c.-a-d. com. 
la personne ou la chose se trouvent). — Cf. 
Brandi, Jaub. || By. — J'ai enleve* la palis- 
sade brandif. Quand il a monte" le second 
(e^eve 1 la maison d'un 2 e 6tage), Tentrepreneur 
a enleve 1 (soulev£) la toiture brandif (tout 
d'un bloc). 

Et. — Brandif est le mot exact (Cf. BaHli, pour 
Baillif) ; alteration du vx franc, braidif (orig. inc.), 
vif, imp^tueux, due a une confusion avec le radic 
du v. brandir. (Darm.). — Hist. Estomac apte 
naturellement a moulins a vent tous brand if s 
digdrer (Rab., iv, 17). 

— < Des manches ou j'entrerions tout brand is, 
toi et moi. » (Mol. Le Festin de Pierre, n, 1.) 



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BRANDISSOIRB - BRANSEAU 



137 



Brantlssolre (Lg.), s. f. — Ptece de fer ou 
de bois qui embrasse l'essieu au-dessous 
d'une charrette et le fixe au beaugeard. On dit 
aussi : le Brandissoir. 

Brandollle (Lg.), s. f. (L'o conserve le son 
naturel.) — Se dit dans : Prune de BrandoiUe, 

— espece de prune noire a gros noyau, fort 
acide et de qualite* interieure, mais tres 
abondante. On l'appelle aussi : Prune de 
goret. Probablement la meme que la Preune 
d'amont-noir (de monnoir), de Mj. 

Brand ouiller (Mj.), v. a. — Brandiller, 
brimbaler. 

Et. Doubl. du fr. Brandiller. Se rattache a la 
rac. Brand. Syn. et d. de Brandeller. 

Brandoutllere (en) (Mj., Lg., Fu.) — En 
bandouillere. De*r. probablement de Bran- 
douiUer. 

Brangeoler (Lg.), v. a. et n. — Balancer, 
branler, secouer, agiter. — Syn. et d. de 
Branskler, Brandeller, Brandouiller, Brancho- 
ler ; syn. de Ckambranler, Bricoler, Gingeoler. 
Vieilli. 

Brangeoloire (Lg.), s. f. — Balancoire, 
escarpolette. Vieilli. De>. de Brangeoler. Syn. 
de Brandeselle. 

Braille (Mj.), s. m. — Mettre en branle, — 
susciter une affaire, propager un bruit. || 
Tiendre son branle, — tenir son e'quilibre. 
Ex. : Tache de tenir ton branle. || N'aller que 
de branle, — ne marcher que par un effort de 
volonte\ comme il arrive aux personnes affai- 
blies ou surmen^es ; cahin-caha. || Tenir 
le branle, — continuer de mener le train 
d'une affaire. || Sonner a branle, — a toute 
votee. || Ni f outre, ni branle, c.-a-d. rien du 
tout. || Etre sus le m£me branle, — dans la 
meme situation. Se dit d'un ivrogne qui ne 
dessoule pas. Cf. Bord. || Equilibre. || RSsultat 
de Taction de branler, de secouer. 

Et — De>. du fr. Branler. 

Brantee (Mj., Lg.), s. f. — Branle des 
cloches, votee. Ex. : lis ont sonne eine branlee. 
|| Au Lg., on dit : A qui quelle branlee? — 
pour qui sonne-t-on les clocnes? 

• Iranler (Sp., Mj.). — Fig. Renter, ressas- 
ser, redire sans cesse. || Branler la cramailtere, 

— balancer la cr6maill6re. C'est une plaisan- 
terie familiere, lorsqu'il s'est passe* qqch. 
d'inoul, d'incroyable. Cf. Faire une croix a la 
chemin^e. || V. n. Branler dans le manche, — 
ne plus §tre solide, §tre pr£t a se disloquer, au 
fig. Ex. : L'affaire branle dans le manche. || 
Branler les cloches, — sonner a toute vol6e. || 
Se branler, — se remuer, se mettre en mou- 
ment. Syn. de se mouver. \\ By. Faire des 
branles, tendre des lignes (de fond ou cord^es) 
en faisant des zigzags d'un bord de la riviere 
a l'autre. V. Acher. — Ne pas confondre avec : 
louvoyer, tirer des borders. Cf. Tendre des 
tpinoches. 

Et. — Contract, de Brandeler. — Une deuxidme 
opinion fait venir ce mot de Branche (com. Tital. 



brancolari). N. Ce qui pourrait expliquer le rap- 
prochement entre le mot branche et les mots qui 
expriment 1' agitation est que je lis, au mot bran- 
lette (dans Dottin), cime des arbres, extremity des 
branches. « Le nid de pie, il 'tait tout a la bran- 
lette; Et' « su la branlette, peu solide, incertain. » 
V. Branseau. — Hist. 

— « Girart qui bien fut appensez 
Saisit l'escu, puis a branUe 
La lance. Sur la terre 16e 
Va fe>ir le seigneur d'eulx tous. » D. C. 
« Cette pierre est si lourde qu'on ne saurait la 
branler. (C* Jaub.). 

Branles (By.), s. f. — Zigzags que Ton fait 
d'un bord a l'autre de la riviere lorsque Ton 
tend les cordes, lignes de fond. V. Cham- 
peaux, Cordeaux, Epinoches, Virecou, Per- 
rons. 

Branlolre (Mj.), s. f. — Levier au moyen 
duquel le forgeron manoeuvre son soufilet. 

Hist. « Le suppliant trouva d'avanture ung 
Garrot ou levier, a quoy on levait le branle du 
moulin. (Le Garrot est un gros baton) 1461. D. C. 

Branseau (branzo), s. m. (Mj.) — Rameau, 
ramille, petite branche. Syn. et d. de Bran- 
deau. 

Et. — Dim. de l'af. Branse, fr. Branche. 

N. philolog. — « Ce mot, bien insigniflant en 
apparence, est, au fond, tres precieux en ce qu'il 
nous r^vele la filiation de toute une famille de mots 
francais, dont les Stymologistes sont fort embar- 
rasses de retrouver Torigine, ou dont ils n'ont 
point soupconne* les liens intimes de parents. 

Si dans le mot Branseau on supprime le sufilx* 
diminutif, on retrouve le primitif Branse, mot 
inusit£, dont le francais Branche n'est 6videmment 
que la corruption. Quant a Branse, c'est claire- 
ment un de>iv6 de Tall. Brand, tison, et zu brennen, 
bruler. Ainsi, quoi qu'en aient certains Stymolo- 
gistes, qui ne invent que poesie et ne voient que 
m6taphores a l'origine des langues, il faut ici 
ecarter les derivations fantaisistes et reconnaltre 
que nos ancfitres elaient parfois utilitaires, puis- 
qu'ils ont vu dans la branche un tison et non le 
bras (bracchium) de l'arbre. 

Mais ce n'est pas tout ; Branseau, ou sa forme 
ancienne Bransel a, dans le patois, un de>iv6 : 
c'est le verbe Branseler qui signifie : vaciller, trem- 
bloter, branler, en un mot 6tre agiU comme une 
petite branche que secoue le vent. Je remarque ici 
en passant qu'a Montjean le verbe Gauteier est 
synonyme de Brans&er ; or, Gaul&er est un de>iv6 
du francais Gaule, baguette ; c'est, on le voit, la 
m§me image, emprunUe au m§me ordre de faits. 

Pour revenir a Brans&er, qui ne voit main tenant 
que ce mot a donn£ par contraction le fr. Branler, 
surtout si Ton remarque que nagudre ce dernier 
s'ecrivait Bransler? (branselle, balancoire). 

A la racine Brand se rattache encore le fr. 
Brande, avec son diminutif Brandon et son verbe 
denv6 Brandiller, lequel est precis^ment un syno- 
nyme de Branler ; et en outre le fr. Brin, avec son 
diminutif Brindille, synonyme de Branche et 
Branseau. 

Enfln, dans le patois montjeannais, ie releve 
cette curieuse expression : « Sec comme bersille » 
qui signifie : tres sec, tres inflammable. On peut 
voir dans ce mot une corruption de : braisille, 
diminutif r6gulier, mais inusit£ du fr. braise, nom 
qui, du reste, se rattache a la racine Brand. Pour 
moi, je crois plutdt retrouver dans Bersille une 
forme alte>6e de Bransille, second doublet, d'ail- 



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138 



BRANSfiLER - BRAVOTTE 



leurs inusite* de Branse. L'existence ancienne de 
Bransille semble Stre attests par celle du nom pa- 
tois Brossille, autre forme, corrompue, qui a donn6 
le verbe de>iv6 Brossiller ; ce mot a, mieux qu'un 
autre, garde le cachet de son origine, et, somme 
toute : sec comme bersille, veut dire : sec comme 
un tison. 

• En resume*, les mots francais et patois issus de la 
racine allemande Brand, peuvent se ranger dans 
les trois classes suivantes : 

1° Brande, brandon, brandiller ; 

2° Branse, ou branche ; bransel ou branseau ; 
branseler, bransler ou branler, branselle (bransille), 
bersille ou brossille ; brossiller. 

3° Brin, brindille. 

A cette famille on peut encore rattacher l'ad- 
jectif patois Brandif, dont le sens concorde par- 
faitement avec celui de ses congendres. II faut 
remarquer en eflet que tous les mots de ce groupe 
re*pondent a Tune de ces trois idees etementaires : 
bruler, branche, branler, idees qui precedent Tune 
de 1* autre par une filiation dont je crois avoir elabli 
1' authenticity d'une maniere indiscu table. (R. 
Okillon.) 

N. Voir, a leur place, tous les vocables cites dans 
oette etude. 

Fu. — Casser des branseaux, — cueillir des 
cerises en brisant les rameaux qui en sont les 
plus charge's. — Aux Rameaux, on porte des 
branseaux de r'marin. 

Branseler (Mj.) (branzeler), v. n. — Trem- 
bloter, vaciller, osciller, branler. Syn. et d. de 
Brangeoler. 

Et. V. Branseau. Cf. GauUier, de : gaule. Syn. 
et d. de Brangeoler. — « Se bransiyer, — se bran- 
diller sur des branches entrelacees qui tiennent 
lieu d'escarpolette. (Dorr.) Cf. Branciller, Jaub. 

Branselle (Mj.), s. f. — Balancoire. — V. 
Branseau, Bransiler. Syn. et d. de Brande- 
selle. 

Braqoer (se) (Mj.), v. r6f. — Se poster, 
s'installer. Ex. : II s'est braquk a pisser le long 
de la bourne. || En parlant d'une voiture k 
avant-train, — ne pas tourner librement, 
accrocher, par d£faut d'un jeu sufflsant dans 
l'appareil. 

Bras (Mj.), s. m. — N'avoir pas le bras pus 
long que la manche, — £tre peu influent, 
avoir peu de credit. || Vendre a tout de bras, 

— en bloc. || De bras, — k bras. || Etre en bras 
de chemise — en manche de chemise, avoir 
enleve* son patelot ou sa blouse. 

Brash s. m. — Brasil ; petite braise. — V. 
Ebrasiller. 

Et. — Voir Branseau. — « Ah. bras, feu ; bra- 
sen, bruler ; celtiq. brath, conflagration. » (Lrrr.) 

— « B. L. brasa : « Thuribulo cum brasis », un 
encensoir avec des braises. » (D. C). 

Brassail (Tim., Lg.), s. m. — Manche de 
vrille ; manivelle quelconque. Syn. de Anille. 
De>. du fr. Bras. || Lg. — Brassard. 

Br ftsse (Mj., Fu), part. pas. — Lait brdssi, 
fromage blanc d61ay6 avec du lait doux. 

Br&sse bouillon (Mj., Fu., By.), adj. q., 
s. m. — Hurluberlu, brouillon, individu qui 
agit par boutades, avec vivacite et sans 
reflexioni Spa* de Btuts-et-hale, BrigdiUon, 



1 Brasse-eorps. — Pour : Bras le corps. II le 
prit a bras le corps ; popul., a brasse-corps. 

Hist, o II m arena aupres d'iceluy Mahiot, et le 
prit a bras de corps, tellement qu'il le rua et le ren- 
versa par terre. » L. C. 

Brassee (a bref), s. f. — A grand brassie, b 
la gra^d brassee, — a pleins bras. Ex. : A le 
tenait a grand brassee. || Fu. — Contenu des 
bras. « Je viens de donner eine brassie, » — de 
fourrage. La brassie est la mesure de pansage 

Br&ssee (Mj.), s. f. — Ce que Ton brasses 
surtout plat que Ton fait cuire. Ex. : Eine 
brassee de choux. (Mj., Fu.) || Tumulte, 
m§16e, bagarre. || Se trouver pris dans la 
brdssee, — se trouver implique* dans qq. 
affaire compromettante. 

Brasselee, s.f. — Pour : brassee, de bois ou 
de foin. (M£n.) 

Brftssement (Mj., Fu.), s. m. — Brassage, 
brouillement, remuement. Ex. : C' en ^i 
d'ein brdssement d'eau, eine crue comme ca ! 
Tumulte, confusion, tohu-bohu. Syn. de 
Bousculement, Chavirement, TerviremenU — 
V. Brassee. 

Brftsser (Mj., Fu.), v. a. — Brasser les 
cartes, les mSler. Brdsser la salade. || Lrm., 
By. — Faire vite et mal, k grande brassee. 
« J'vas te brdsser tout ca ! » || Brdsser la terre, 
y passer la charrue plusieurs fois pour l'ae>er, 
l'assainir, en enlever Pexces d'humidite. 

Et. Ne vient pas de bras, brachium, mais du vx- ' 
fr. braz, breiz, bres, malt, bl6 prepare" pour faire de 
la biere. B. L. bracium ; mot gaulois, d'ou bra 
ciare, braxare, brassare. — Punb (xvm, It, 12, 4. i 
cite le mot brace comme une espece de bl£ gauloi> 
dont on preparait de la biere ; gaeliq. braich, bra- 
cha ; corn., brag ; anc. wall, braz, aujourd'hui bra. 
grain ferments. II y a probablement communauU 
d'origine entre le celt, brace, et le germ, brauen 
coquere 

Br&ssieotage (Mj., Fu.), s. m. — Action de 
brasser souvent. || Melange, amalgame, mace'- 
doine. Se prend en mauvaise part. V. Brdsser. 

Br&ssleoter (Mj.), v. a. — Brasser souvent. 
|| Brouiller. Dimin. et frequent, de Brasser. 

Brissls (Mj.), s. m. — Melange. Syn. de 
Moilis (mbuelis). De Brasser. 

Br&ssis-brftssas (Mj.), adv. — Pele-mele. 
Syn. de Poile-et-mele, Baquis-baquias. Cf. 
Ganis-ganas, Bourri-bourras. 

Braver (Mj.), v. n. — Faire le brave, se 
raidir. Ex. : II faisait 9a pour braver, mais U ne 
frisait pas. — Syn. de Crdner. 

Bravette, s. f. — Bavette. || Fu. — Tablier 
a bravette. 

Hist. « Le fich u ou mouchoir decou des plus jeu n« 
comme des plus agees, elait tou jours recouvert, 
sur la poitrine, d'une piece attenante au 
tablier, et faite de la m§me 6toffe, appelee bravetu 
(bavette). — (Deniau, i, p. 56). — Environs aV 
Cholet, sans doute. 

Bravotte (Lg.), s. f. — Bavette. Les 
tabliers k bavette ont disparu au Lg. comme & 



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BRAYAUD - BRfiLER 



139 



Mj., et partout, sauf vers Champtoceaux. — 
Doublet de Bravette, qui est pour Baverette, 
par meHathese de IV, syn. de ces deux mots et 
de Balvrette. 

Brayaod (Sp., Mj., Lg.), s. m. — Sep de 
charrue. Bande de fer qui glisse au fond du 
sillon et que deux montants verticaux, fai- 
sant corps avec elle, rattachent a 1'age, ou 
perche, et au versoir ou oreille. 

Bra ye (Z. 142), s. f. — Instrument pour 
broyer le chanvre, le lin et qui se meut a bras. 
V. Brayer, Braie. 

Brayer 1 (Mj., Fu., Sal.), v. a. etn. — Broyen 
le chamvre et le lin, — le d^cortiquer. || Fu. 
Prononc. Be>ier. 

Et. C'est le fr., avec la prononc. du xvr* siecle. — 
Syn. et d. de Shier. V. Braie. — Hist. « En l'au- 
tomne, on va rouyr ses lins et ses chanvres, les 
faire brayer. • (Brun. db Tarttf., Philand, p. 346.) 
— « Durant les longues veillees de Fhiver, les gens 
de service continueront, comme autrefois, de bra- 
yer, de tayer le chanvre etle lin. »(A. A., 3 •, 594, 28.). 

Brayer *, v. n. — T6ter. Mener le veau a sa 
mere pour le faire brayer. « J'vas Tfaire 
brayer. » Cf. Broner. 

Brayenx (Mi.), s. m. — Celui qui broie le 
chanvre ou le lin. 

Brayoo (Mj.), s. m. — La moitte supe>ieure 
et mobile d'une braie. Diminutif de ce mot. 

Brebiage (Lg.), s. m. — Nom collectif sous 
lequel on d6signe les bStes ovines. On dit 
aussi : la Bergerie. — V. Jaub. Citat. de 
G. Sand. 

Brebiall , s. m. — V. Bestial. Collectif de 
brebis. 

Hist pour trois ou quatre 

Vielz brebiailles, ou moutons. 

[Farce de Pathelin, p. 95.) L. C. 
— < En une raaison ou le suppliant tient son 
bestail et brebiail ». (1482. — D. C.) 

Brebtette (Mj.), s. f. — Petite brebis. Pour 
Brebillette, de Brebis, avec le suff. diminut. 

Hist. « Ne volt nient prendre de ses hues ne de 
ses berbiz, mais fist prendre la berbiette al povre 
hume. » (2« Livre des Rois, xn, iv, 158. — Evkille.) 
— « Les Pasteurs ont entendu 
Que le Sauveur est venu, 
Ont laisse* leurs brebillettes. 

Noels angev., p. 12. 

Breehe (Mj., Fu.), s. f. — Rayon de miel. || 
Fu. — Licher les breches, — sucer les gateaux 
de cire quand le gros du miel en a 6te" exprime" 
par pression des doigts. « Si tu veux durer 
tranquille, tu licheras les br&ches. » Cf. Mau- 
durant. || Brlche de noix, ou brou de noix, qui 
vient des 6caleaux. (MAn.) 

Et. — « Braische. Miel en cire. Brax, dans 
S ( Bernard, r6pond au latin : favus. Braische de 



Bre =» Ber. — Au commencement ou dans le 
corps des mots, cette syllabe subit tres souvent la 
vanante par interversion de let tres, ber. II en est 
da memo da drt, frt, prt, tn t on. — (Cf. cr$ et gr$») 



miel, pour rayon de miel. « II sent en soy une si 

grande ? qu'il n'eut pas voulu avoir le derriere 

en des braisckes de miel. » (Merlin Coccaib, n, 
191.) — « La parole de Salomon est vraie qui dit : 
branches de miel sont parolles bien ordonnees ; car 
elles donnent doulceur a l'ame et sant£ au corps. » 
Variantes : braische, branche, braxe, bresca, bresce, 
bresche, bresco, bresque, brista, brusquem, bruesc. 
(D. C. v° brisca.) — « Rac. celtiq. Bres, dechirer, 

fendre, briser D'ou : bresque, bresche, gateau de 

miel, chose fragile et presentant en m£me temps, 
par la multiplication de ses alveoles, qqch. de 
divise\ de fractionn^. (Malv.) — « Cloison int6- 
rieure dans la ch&taigne. « Les mauvaises cha- 
taignes ont beaucoup ae breehe. » (Jaub.) 

Briber (Mj., Lg.), v. n. — Se deliter, cou- 
ler a la gel^e ou a la pluie, en d£chaussant les 
plantes. Se dit de certaines terres. A Mj., au Lg., 
une terre qui breehe est la m§me chose que la 
terre boubasse de Saint-Paul. 

Et. — Aha, brecha, action de briser ; all. mod. 
brechen ; cymr. breg, rupture. — « Brix est un 
ancien mot gauldis, ... quod rupturam indicat, 
declinatur Brixac, d'ou Brissac, petite ville 
d'Anjou, jadis Brochesac. » 

Breches. — V. Brkehe. Rayons presses ou 
il reste encore du miel. (Fu.) V. Curer. \\ 
Pantalon. Chier dans ses breches. — Pour 
braies? 

Br€e holer (Tim.), v. n. — Se prendre en 
lagers grumeaux lorsqu'on le chauffe, en par- 
lant du lait. — Syn. de Betteler. V. Brickoler. 

BreelUer (Sa.). — Cligner des yeux, v. n. 
Syn. etd.de Berciller. 

Et. — Lat. cilium, cil. pr6f. ber, bre. 

Bredasser (pron. Berrdasser). — Bavarder ; 
petasser. 

Bredoullle (By.). — Se dit Berdouille et se 
prononce Boerdouille. 

Bref, adj. qual. — Court. Ce chemin est le 
plus bref. Angevinisme. (Men.) 

Bregeons, s. m. — Plant de vigne. (Revue 
£A., aout, 83.) V. Bergeons, autre sens. 

Bregeotte, s. f. — Nom vulg. de la bruyere. 
(Men.; 

Breger (Tim.), s. m. — Berger. V. Barger. 

Et. — C'est le mot fr., transforme par la mela- 
th6se chere a nos patois. 

Hist. « II n'i vint pas come villain bregier. b D. C. 
bergerius. 

Bregere. — Bergere. Comme on dit : brebis, 
pour berbis ; lat. vervex. 
Hist. — Li chevaliers : 

Or me dites, douce bregitre, 
Vauries-vous venir avoec moi... 
(Le jeu de Robin et de Marion, 69, 70. (Constans.) 

Breilie, Brelller. — Sans doute pour : 
Braye, Braie ; Brayer. 

Brele, s. f., ou Blele. — Veste ronde. V. 
BieU. 

N. — Broel, mauvais habit, culotte. (Dott.) 

BrMer (Sa.), v. a. — Attacher solidement, 
serrer forUment avec une corde. Syn. de 
Stuquer* 



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40 



BREMAILLE - BREUNIR 



Et. — Probablement le mdme que Breteler, ou 
Braider. || Inconnu au Fu., ou existe Dibreler. 

Bremaille (Lg.). — Petite br§me. Syn. de 
BermiUe, Berlette, Bremaude, Berluche. || Fu. 

— Collectif. On ne dit pas : Une bremaille, 
mais : de la bremaille. 

Bremier, s. m. — Bailli-maire. 

Hist. « Le bailli-maire du Lude tremblait devant 
lui com me tous les autres. » N. Le bailli-maire 
s'appelait, par contraction, le bremier. {H rc * du vx. 
tps. p. 280. 

Bremllle (Mj.), s. f. — V. Bermille. 

Et. — Viendrait de Tall. Brachsen ; mha. 
brahsem. B. L. braximus. — (Lp., etc.). 

Brcn (bran) (Lg.). — Son, des ce>6ales« 
Syn. de Souvandier. A vieilli en ce sens. || 
Bren de scie, — sciure. — V. Bran. || Fu. — 
n'existe plus dans le sens de : ma tier e tecale ; 
mais on dit : I s'est tout emberne (embrenn6). 

— Avoir la goule bernouse. — Se debernou- 
ser. — Bernoux (brenoux), mardeux (mer- 
deux) signifient, dans la langue ecoliere : 
Gamin, petit rien du tout. Ces mots, ou se 
retrouve le mot Bren, sont tres employes. 

Hist. — « Un certain Robert 6tait surnomme 
• Meslebren », c.-a-d. m£le-son. 

— t II parolent et bien et bel, 

11 ressemblent le buretel (blutoir) 

8elonc l'Escriture devine, 

Qui giete la blanche farine 

Fors de lui, et retient le bren. » (D. C.) 

Brenasserle. — Pour berdasserie, bredas- 
serie, bavardages, paroles oiseuses. 

Hist. « Terme de meprts ; simagree ridicule* 
« Cette brcnasserie de reverences me fasche plus 
qu'un jeune diable. » (Rab., iv, p. 44.). — « Jau- 
bebt fait venir Brenasser de Bren, son. 

Brlnee (Lrm.), s. f. — Faire la brinle, — 
dormir apres midi. Syn. et d. de Berinie, 
Merinie, Mariennke. 

Brener (Lrm.), v. a. — Pron. Berner. — 
Salir, en renversant sur soi ou sur d'autres 
des choses que Ton devrait porter avec soin et 
precaution. V. Bren. 

Brenoos (Lrm.), adj. q. — Pron. Bernous. 
Celui qui brene, berne. V. Bren, Berner. 

Bren de scle (Fu). s. m. — Prononc. nette- 
ment Brin, — sciure de bois. V. Bran, Bren. 

Breson (Fu), s. m. — Pron. : br^ezon. Petit 
charbon en ignition. V. Braison. 

Brester, v. a. — Pecker les oiseaux, les 
prendre a la glu. 

Hist. — « Breste-t-on encore a Croche? deman- 
dait le pape Gregoire XI, ancien prieur de la Haie 
aux Bonshommes, a des pterins d'Anjou. En sou- 
venance et du patois et des jeux angevins, on dit 
encore : Aller a la brette. — • Breste. Maniere de 
prendre les petits oiseaux avec de la glu et un 
apoat. Vx. fr. broi, meme sens. » Cf. Braitle. — 
« Qui veult bien faire un bret, il faut qu'il soit fait 
de cueur de chesne et de quartier sans nulz (noeuds) 
et qu'il soit fait au rabat. — Raynouabd cite la 
forme bret dans son lexique et ajoute en note : nous 
avons encore la forme breste. — Breulet : deux 
batons dont Tun s'enchasse dans 1' autre et arre'te 



par le pied l'oiseau amuse par l'appast..... » L. C. — 
Le radio, bret viendrait de rail, bret, planche. 
(Schblbr.) — Doublet de Braiter. 

Brtte. — Piege a prendre les oiseaux. |" 
By. — Bretle, Breteler. Cf. Braie. 

Breteler (By.), v. n. — Aller a la bretle, 
aller prendre ou pecker des petits oiseaux a la 

flu ou au tr£bucnet. V. Breste. Cf. Braider. 
\y. — Aller de ci, de la, en faineant. Peut- 
§tre comme un homme qui va a la bretle ? 

Breter (My.). — Mettre un bandage a une 
hernie. — Fretter? — V. Baguer, Braiter. 
Et. — Du germ, bret tan, serrer? d'ou : bretelle. 

Br€Uc (By.), s. f. — Chasse aux petits 
oiseaux. V. Brester, Brete, Breteler. 

Breu (Mj.), s. f. — Bru. — Et. Aha. brut ; 
am. Braut. Le fiance etait le Bruman (man, 
homme). 

Breull, s. m. — Bois. — Nom de lieu. 

Et. et hist. — « Couu cTAnj. art. 36 : « Qui na 
forest ou bred de forest, ou longue possession, n'est 
■ fonde d'avoir chasse defensable a grosses bestes, 
s'il n'est chastelain, pour le moins. Et est repute 
bred de forest un grand bois marmenteau ou 
taillis, auquel telles grosses bestes ont accousturoe 
se retirer ou frequenter. » De brodum ou broilus. 
Ces mots se trouvent dans les capitulaires de Char- 
lemagne, Charles le Chauve, etc. On trouve aussi : 
brolium, briolum. — Vx. mot gaulois brueH. 
Menage opte pour brogilum, qui se trouve dans de 
vieux auteurs, mot gaulois, de : bro y ager (Cf. Allo- 
broges), ager arboribus consitus. Gilum est une 
terminaison. Cf. Auteuil, Chasseneuil, Evreuil, 
Bonneuil, Verneuil, Mareuil ; de : Autogilum, etf. 
(L. C). 

Brenie, v. a. — Brul6. « L'viau, la vache 
eul boeu, tout ha breuU. » (M£n.) 

Et. — B. L. brustulare, brust'lar, brusler, bruler. 
Ce serait un frequentatif de ustum, supin de urere, 
et le prefixe per, compietement. — Schkleb dit : 
Pourquoi ne pas partir de burere (dans comburerej, 
bustus, bustulare, avec epen these de r? 

Brenller (Ag.), s. m. — Vagabond, homme 
mal mis, de mauvaises manteres, aventurier, 
ou pis encore. V. Laudier, Treulier. Syn. de 
MeUlaud. 

Et. — Dans D. C. v* bruillium : Brulier, garde 
des biens de la terre. — Nul rapport 

Breon, — eune, (Mj.), adj. q. — Brun. — 
Doublet du fr. A rapprocher de ieun, ieune. | 
Faire breun, — commencer a faire noir. | 
Faire grand breun, — faire a peu pr£s nuit. — 
Le sens radical de brun est : brule\ 

Breoner, ou — nner (Pel., Lu6), v. a. et n. 
— Teter, sucer. Evidemment, le meme que 
BrSmer, Brdner ; cf. Abron. 

Et. — Se rattache a un mot bret. «- mamelle 
L'extremite d'une petite presqu'ile, vis-a-vis le 
Croisic, s'appelle Penn-^ron, trayon, bout du pis ; 
mieux : Pomte du sein. 

Brennette (Mj.), s. f. — V. Brunette. 

Breunlr (Mj.), v. a. et n. — Brunir. V. 
Breun. 



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BREUSSE - BRICOLI 



141 



Brensse (Sp.), s. f. — Brosse. — A qq. peu 
vieilli. Syn. et d. de Brinsse. 

Et. — Du germ, burstja, chose herissee, der. de 
borate, poil (de cochon). All. mod. burste. 

Brensser (Sp.), v. a. — Brosser. 

Brenssons (Z., 110). — Boutons. — Syn. 
et d. de Bros son. 

Brent (Sp.), s. in. Bruit. V. Brut, Br it 
Et. — De : bruire, de ragire? avec b de renfor- 
cement. — D'apres un type du lat. pop. brugitum. 

Brenfter (Sp.), v. n. — Faire du bruit. V. 
Bruter. 

Breoyard, ou — Uard (Mj., Fu), adj. q. — 
Qui beugle, mugit. Ex. : Un taureau breuyard. 
V. Breuu 

N. — Breugler (mouiller gl), beugler, breuiller. 
(O Jaub.) 

Breoysnd (Mj.), s. m. — Gros frelon, bour- 
don. De>. de Breuyer. Syn. de Bur got, Freu- 
Ion. || Sm. Hanneton. Syn. de Canneton, 
Meunier. 

Brenyement (Mj.), s. m. — Mugissement, 
ronflement, gargouillement, hurlement, rugis- 
sement. V. Breut. 

Brenyer (Mj.), v. n. — Bourdonner. Ex. : 
Illy a eine guSpe qui est venue me breuyer 
aux oreilles. || Mugir. Syn. de B aider. Ex. : 
Comme le vent breuye, de soir ! — Noutre 
vache ne fait que de breuyer. || Gargouiller. 
Syn. de Gorgosser. || Fu. — Se dit bien du tau- 
reau ; mais la guepe ne breuille pas ; son bour- 
donnement n'a pas assez de volume pour Stre 
compart au breuyement — ou breuillement du 
taureau. Le vent breuye. 

Et — Ce v. repond au nom Breut, com. le fr. 
Bruire au nom Bruit. 

Brevlaire (Mj.), s. m. — Dire son brhiaire 
— pour : lire. 

Breyer, v. a. — Autre graphie de Brayer. 

Breier (Mj.), v. n. — Pleurer, pleurnicher 
bruyamment. Syn. de Bkddner, Buyer, 
Oudler, Ouigner. Mot vieilli. 

BreziUer, v. n. — V. Berziller. (S'Scrit par 
c ou deux ss.) Cligner des yeux devant une 
vive lumiere. Cf. Breciller, Berciller. 

Breiin (Vn.). s. m. — Tique, insecte aptere 
qui s'attache aux bceufs. Syn. de : Pagot, 
Pague, Passe, Baigne, Baine, Tacaut. Cf. 
Berzeau. 

Brie el de Broe (de). — De ca et de la, 

nMmporte comment. 

Et. — N'est pas forme par onomat., mais des 
rac. brie, brec, brae, briser, en celtiq., et veut dire : 
de morceaux et de fragments. 

Briehel (Sal.), s. m. — Luette. — N. 
J'aurais pense a Br^chet. A. V. 

Briehale, Brieole, s. f. — 1. Lait tourne, 
granule. || 2. Bri signifie recoupe des pierres 
qu'on tattle, objet sans valeur. || 3. Une ligne 
dormante attached a un pieu est une bricole. 
(MiN.) V. Bricholer. 



Et. — Au 3« sens, D. C. vercolenum. Se>ie des 
sens ; Machine a lancer des pierres ; puis le bond 
que fait la pierre lancee ; puis les coraes et flcelles 
qui servent, comme dans la machine, a qq. ope- 
ration. 

Brlc holer (Sp., Br.), v. n. — Se cailler, se 
prendre en grumeaux, tourner, en pari ant du 
fait. V. Bricholer. Syn. de BeUeler. V. Brickole. 
|| Sal. — Id. — Et : etre ivre. « II est bri- 
cholL » Ou encore : II va mourir. 

Et. — Briche, fragment, petit morceau, miette. 
Germ, brechen ; celt, breg, rupture. 

Brieolage (Mj.), s. m. — JfBesogne sans 
importance ou sans profit. || Fu. — Id., — 
mais surtout besogne mal d£finie, comprenant 
plusieurs sous-besognes di verses et de peu 
d'importance. || Manoeuvre compliqu^e pour 
un mince rGsultat. V. Brichole, Bricoler. 

Brieoie (Mj., Fu., Sal.), s. f. — Vetille, 
affaire, ouvrage de peu d'importance. || 
Ouvrage peu avantageux a faire, ou qui rap- 
porte peu de benefice. || Reparations de peu 
d'importance ; remettre trois ou quatre 
briques, par exemple, qqs trueltees de 
chaux, etc. || Jouer de bricole, — jouer peu 
regulierement, avec des subtilites destinies a 
tromper Tadversaire. || Reunion de plusieurs 
ouvriers travaillant a la m§me besogne. || 
Aller de ou en bricole, aller de c6te et d'autre, 
de travers, comme un homme ivre. || Au 
Fig. — Tergiversations, intrigues, machina- 
tions, manigances. 

Et. — V. Bricholer. — « Dans le sens de : menees 
sourdes, tour et detour des choses, comme, au jeu 
de paume, la balle, au jeu de billard, la bille, qui 
touchent la muraille ou la bande avant d'aller 
frapper le but. (V. Brichole). Pour les petits tra- 
vaux, je croirais que ce sont ceux qui se peuvent 
faire simplement par un homme et sa bricole, sans 
neeessiter, par ex., un cheval. 

Brleder(Mj.,Fu,Sal.),v.n.eta. — S'occuper 
de petites affaires, d'ouvrages nombreux et 
peu importants ; p. ex., pour un macon, 
remettre deux ou trois carreaux. (V. Bricole.) 
|| Faire toute sorte de petits commerces mal 
cUfinis, rechercher les petits gains eventuels. 
— (Sp.) Ex. : Je sais pas trop ce qu'il fait, je 
crois qu'il bricole les chevaux. || Sp. — Titu- 
ber. Syn. de Brancholer, Brangeoler, Cham- 
branler, Gingeoler. 

Hist. « J'allais bricolant sans chandelle et tom- 
bant de c6t6 et d'autre, comme un homme qui 
serait ivre de vin. » (Bern. Palissy. Cit6 par 
E. Jonvbaux. H n de trois potiers cttebres, p. 82.). — 
V. Brichole, Bricole. 

|| Manigancer. Qu6 que tu bricoles done la? 

Brleoienr (Mj., Lg.), s. m. — Celui qui 
bricole. V. Bricoler. Syn. de Tdlonnard. 

Brie oil. — T&tes en bouton des vartetes du 
Brassica oleracea. (Mj.) || By. — II y a une 
difference entre les choux-fleurs et les choux- 
brocolis (pron. bricolis). 

Et. — Brocoli, chou d'ltalie ; petit rejeton que 
le tronc d'un vx. chou pousse apres Thiver. — 
Ital., broccoli, plur. de broccolo, tendron, rejeton, 



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142 



BRICONNIER - BRIMER 



de brocco, proprement branche pointue, pique, de 
mSme radic. que broche. 

Brleonnler (Lg.), s - m - — Bout de branche 
qui n*a pas 6t6 rognee au ras de la branche 
principate ou du tronc. Syn. de Berguette, 
Bourqutgnon, Berquignon, Berquegnier. Doubl. 
de ce dernier. 

Bride (Mj.), s. f. — Morceau de cuir qui 
recouvre un sabot. || Au plur., Points-arrStes 
qui forment le bord d'un tricot. On appelle 
aussi de ce nom les jetes. || Fu. — 1° Morceau 
de cuir qui recouvre imparfaitement le sabot 
de femme. Le sabot d brides est par destina- 
tion le sabot de femme. Le sabot & bonhomme 
est le gros sabot de bois pour les hommes et 
les garcons. — 2° Petite boutonniere flot- 
tante, ou berliere en fil que font les coutu- 
rteres aux vfctements de femmes. — 3° Bride 
de chapeau, — jugulaire en tissu elastique. 
V. Brider. 

Et. — Peut-Stre du celtiq. Brid, d6chirer, fendre, 
briser. Var. de bred, d'ou brida, dans notre root 
bride - brede ; laniere, coupure de cuir (bride de 
sabot, de cheval, de chapeau). — (Malv.) — Germ, 
brida. (Dabh.) 

Bride-eul (Mj.), s. m. — Cordage en fil~3e 
fer qui, dans les bateaux a peautre, 6tait fixe*, 
d'une part, a l'arriere du bateau et, de 
l'autre, au billard de peautre, afin d'empecher 
celui-ci de glisser suivant son axe dans 
Yentournure. Le bride-cul des grands bateaux 
n'etait autre chose que Vecoursoire des 
futreaux actuels. II 6tait situe* dans un meme 
plan vertical avec le billard de peautre. 
D'ailleurs, il 6tait seconds' par deux autres 
cordages appeles Becoussoires. 

Bride- goule, s. m. — Bonnet de femme 
dont les brides couvrent les joues. 

Brider (Mj.), v. a. — Mettre des brides a 
des sabots. || Lier, en s'entortillant. Ex. : La 
corde m'a bridi les jambes, et pis ca m'a f . . . 
en pagale. Syn. de Braiter, Breter. \\ 
Frapper violemment, fouetter, en parlant 
d'un corps elastique. Ex. : La branche 
illi a bridk, la goule. || Fig. Avoir le nez 
bride de, — voir ou observer qqch., Stre 
mis au courant. Ex. : Si je prenons du cafe\ 
les voisins n'ont pas besoin d'en avoir le nez 
bridL || Pell. — En parlant d'une boule de 
fort, couper brusquement son 61an, perdre 
son erre, et ronder. C'est comme si la boule 
avait une bride et qu'elle ob&t a uhe action. 
On dit, en ce sens : Aller de bride. 

Brlfe-avotee (Sp., Sal.), s. f. — Elan. Ne 
s'emploie que dans la loc. D'eine brife avolee, 
d'un grand 61an, a bride abattue, ventre & 
terre. Ex. : Alle arrivait d'eine brife-avolle. \\ 
Lg. — D'ine brife abattue, — d'un elan, a 
grande vitesse, etc. 

N. — Ce mot est la rac. du pat. Ebrivi. Hist. 
« Et couraient a fcr«fe-avallee, pour les prendre 
s'ilz eussent pu. » (Rab., P., n, 25, 178.). — II y a, 
6videmment, confusion avec Bride. — On a essay 6 
d*y rattacher le mot BrifTaut. nom sou vent donne 
aux chiens de chasse ; mais celui-ci vient de brifler, 



manger goulument ; style popul. Baffrer. Signifie 
aussi : le Pilleur. — Italien Abrivo. 

Brlgiillon, onne (Sp.), adj. q. — Brouillon, 
vif, 6tourdi, hurluberlu. Syn. de Brasse- 
bouillon. 

Et. — Du vx. fr. Brigue, querelle ? 

Brigandlnler, — Blgsndlne. — Termes de 
la vieille langue des montres feodales du 
xv e s., que je relive dans des citations inin- 
telligibles de la Bev. de VAnj. (t. LIV, 311-12). 
(R. O.) 

Brlgbog, s. f. — Nom vulg. de l'aristo- 
loche. (M6n.) Syn. de Bdtelaine. — Devrait 
s'^crire : Briguebogue, form6 du fr. Bogue 
et de Brigue = Burgue. Le sens est : Bogue 
piquante, tr£s certainement. Or le fruit de 
l'aristoloche ou rdtelaine est lisse. II a du y 
avoir erreur ou confusion, et ce nom doit 
s'appliquer au datura qui, en effet, s' appelle 
a Mj. Guillebogue. 

Brim (Sal.). — V. Brime. 

Brimbaloire (Cho.), s. f. — Balancoire, du 
fr. Brimbaler. Syn. de Brangeoloire, Brandt- 
selle. 

Brime, s. m. et f. — (Au Lg., ce mot est du 
masc. ; a Mj. m£me, beaucoup le font du 
fem. ; a St- Aug., c'est g6ne>al.) — Toute 
maladie des arbres fruitiers ou des legumes 
qui les fait dejperir dans leurs fruits ou dans 
leurs feuilles. Rien de moins nettement d^fini 
que cette affection, dont les cultivateurs 
parlent sans cesse. D'apres eux, le brime 
tombe avec la pluie ou la bruine. — Peut-etre 
s'agit-il d'une maladie parasitaire occasion- 
n6e par des champignons microscopiques 
dont les germes seraient apportes du sein de 
l'atmosphere par les eaux pluviales. — V. 
Br inter. || Lu6. — Brim. — Brouillard et 
gel^e. V. Frime. Se retrouve dans Brimer. 
Raisin brim6, marque" de taches. || Fu. — 
Brim, brime , s. m. — N. Tr£s different du 
brouillard et de la gel6e, le brime n'a pas 
d'existence sensible ; on le reconnait a ses 
efTets. On dit tres bien : Le vent a brim 6 mes 
pois (pou^s) ,ou : La gele*e a brim^ les pois. II 
faut, 6videmment, dans ce dernier cas, que la 
gel6e n'ait pas eu ses efTets ordinaires parti- 
culiers. — Le brime se r6v61e par une roussis- 
sure de la feuille et du fruit qui compromet la 
r^colte. || By. « C't6 nuit, il a fait fret, y a de 
la brime partout ; (les pointes des rameaux, 
les feuilles tendres sont bruises, — se des- 
sechent et noircissent apres la gel6e) — tout 
est brime\ 

Hist. — « II parut pourtant quelques lames, mais 
la brime les ruina (1709.) — Inv. Arch. E. n, p. 198. 
col. 1. — « Cette annee a 6t6 une annee de brunt, et 
le peu de ceps qui ^taient restes, assez bien maraues 
d'abord, mais les lames tomberent. » 1710. — Ibid.. 
p. 198, col. 2. — t Le froment reprit vigueur en 
quelques lieux, mais quand il fut en grains, il viol 
une brime qui l'acheva de perdre (1709. — 1. a. 5. 
s.E. 198, col. 1, h.) 

Brimer (Mj.), v. a. — Frapper de brime. U 



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BRIN - BROC 



143 



V. n. Etre atieint par le brime. || Greler. 
(My.) || Lue\ Ftetrir. 

Et. — Prononciat. dialectale pour Brumer, de>. 
de Brume. Lat Bruma. — Brouir. vx. fr. Bruir, 
bruler, du ha. bruejen. 8e dit de Taction du soleil 
sur les plantes attendries par la gelee blanche. On 
letroave dans ces mots l'idee de vapeur, con ten ue 
aussi dans Brouet et Bruine. — Hist. — « A 1'egard 
du vin, les vignes promettoient beaucoup, mais 
les lames coulerent et brimerent. » (1725. — /. a. S. 
t.E. 199,1,6.). 

— « Quand la vigne est gelee 

La brime est chassee. — (My.) 

Ce mot remonte loin : « Et eo anno quodam die 
Martii XX et in nocte exeunte mensis Aprilis venit 
brina magna, ita quod vine» exsiccate sunt. Et die 
VIII exeunte Apnli venit alia nix et brina frigida, 
ita quod vinese penitus brinaoerunt (1236. — D. C.) 

Brin l (Mj.), s. m. — Filasse longue et fine 
obtenue par le peonage, par opposition k 
Rcparoru || Fu. — Id. — Cest la filasse de 
choix. On distingue le Brin, — le Tout-aller, 
— la T£te (ces deux derniers formant le 
Grous). V. Reparon. || Fig. Tres petite quan- 
tity. Ex. : N'y avait pas ein brin de feu. V. 
Miettc. || Cest ein beau brin de fille. || Brin de 
scorbut, — aphte, petit ulcere en dedans de la 
levre, qui n'a d'aUleurs aucun rapport avec le 
scorbut. On dit mieux : Grains de scorbut. || 
Ein brin, — un peu. Ex. : II est fou, toc-toc 
ein brin. || Faire ein brin de conduite, — faire 
un bout de conduite, reconduire k qq. dis- 
tance. 

Et. — Incertaine. — Malvezin rattache ce mot 
4 la rac. celtiq. brind, dechirer, diviser ; pour : 
brind, branche, tige menue, petite parcelle ; ... 
forme feminine : brinde, brindille. — Hist. « L'en- 
. treprise qu'il maintient ne m'est nul brin agreable. » 
I — « Luy qui n'estoit un seul brin beste. » (Cit6 par 
L. C). 

Brla \ s. m. — Voyez Bran, Bren. || Fu. — 
Brin de scie. V. Bren de scie, — Bran de scie. 

Brlaehe (Mj.), s. f. Reste de vin impur et 
trouble au fond d'un tonneau, baissieres. || 
(Pell.) Seconde tirU d'huile k chaud. || Au 
plur. Residu de rillettes, petits morceaux ou 
debris de viandes qui se trouvent au fond des 
plats. (Tc.) V. Brunche. || By. — Id. — D6p6t 
gris dans les pot£es de sain (axonge). 

Brindexingne (Mj., Fu.), s. m. — Ne 
semploie que dans la loc. En brindezingue, — 
en brindes, en goguette. — Syn. de Bombe, 
Guingueite. || Adj. q. Ivre. Syn. de Blinde, 
Brossonni, Paf, Trinoche, Plein, Rond, 
VerzeU, ZinguL — Brinde est franc. 

^t — Brinde, alteration de l'express. allem. 
dch) bringe dir's, je te porte une sant£. » (Darm.) 
— Hist : « Ces grands hommes flrent tant de 
brindes a votre sant6 et a la nostre qu'ils en pis- 
s^rent plus de dix fois. » [Lettre curie use envoy fa au 
cardinal Mazarin par ses ntices. Paris, 1651. — 
Cite par Lob. Lakchey.) 

triage* (Lu6), adj. q. — Couleur de vache 
a poils roux metee de traits noirs. 

Et — De>. de Brun, breun. — Hist. « Pour un 
anneau bringi, 30 s., achate a la m£me foire. » 
AngL brinded, mouchete. (Moisy.) 



P? Bringue 1 (Mj.), s. f. — Connivence. Ne 
s'emploie guere que dans Texpress. : Etre 
de bringue, — s' en tend re dans un but peu 
louable. Syn. de Meche. 

Bringue * (Mj., Fu.), s. f. — Mauvaise bate. || 
Mj. — BSte raal b&tie. || Femme, fille, fillette 
d6gingand6e ou mechante. On dit : Une 
grande bringuc. 

Et. douteuse. — • Parmi les synon. que possede 
ce mot dans notre patois : Birogue, Biringue, Bigue, 
Bique, qui correspondent tous a son sens primitif, 
nous pouvons distinguer deux families de mots : 
Bigue et Bique, d'une part ; et d'autre part : 
Bringue, Biringue, Birogue. Ce dernier nous meme 
a Biroquin, dont la rac. est Bire. (R. O.) — Par 
ailleurs, ce mot paralt dtre le m6me que l'ital. 
Branco, aui nous a donn6 le pat. Branche. II serait 
done un doublet de ce dernier. La quasi identity de 
ces deux mots paraltra encore plus vraisemblable 
si Ton observe que le patois emploie sou vent le mot 
Bringue, toujours prec6d6 de l'adj. grand, pour 
caracteriser une femme, une fille seche et mature. 
Une grande bringue est une grande perche. Ici ll y 
a eu confusion de sens avec le fr. Branche, mot du 
reste tout different du pat. Branche. (R. O.) 

Brinsse (Chg.), s. f. — Brosse. Syn. et doubl. 
de Breusse. 

Brioche, s. f. — Faute grave (differe du fr.). 
« II avait fait des brioches, les gendarmes 1'ont 
fourre dedans. 

Brifoage (Mj., Lg., Ju.), s. m. — Brique- 
tage. 

N. — Le mot pat. est mieux form 6 que le mot fr. 
puisqu'il vient de Brique, et non de Briquette. 

Briqnee (Lg.), s. f. — Rainure irr6guliere, 
bien que sensiblement droite, que le tailleur 
de pierre creuse avec sa pioche pour esse^ 
miller un bloc de granit. 

Brlfuer (Mj., Lg.), v. a. et n. — Maconner 
en briques ; briqueter. 

Br ise- bar r teres (Mj., Fu.), s. m. — Brise- 
tout. Syn. de Jupitar. 

Brise-fer, s. m. — Se dit d'un enfant qui 
casse tout. || Fu. — Brise-far. 

Brisqne. — On dit d'un vieil employe : 
Une vieille brisque, par comparaison avec le 
galon chevronne indiquant un vieux soldat. 

Brll° (Lg.), s. m. — Bruit. Ex. : II en fait 
dd brit, cet6 galopin-lk. — Doubl. de Brut 

Brlve-abattue (k) (Pell.). — Corr. de : k 
bride abattue ; brusquement, sans prepara- 
tion ; s'elancer, agir a brive-abattue. V. Brife. 

Broe (Mj., Fu.), s. m. — Fourche en fer, k 
deux cornes. 

Et. — Ce mot a probablement la mSme origine 
que le fr. Broche. (Jaub. suppl. : Broque.) — 
« Erreur d'orthogr. pour Broque, forme normanno- 
picarde de broche. » (Darm.) — « De brocchum, 
broccum (Plaute et Varron), dent pointue, d'ou : 
broche. (D r A. Bos.) — Hist. « Un broc ou fourche 
de fer, a charger foing. » 1465. (D. C.) — « Aux 
derniers rangs venaient les piques, les faulx a 
1' en vers, les brocs, les fourches, armes terribles... » 
(Boutiixirb de Saint Andrb, cite par DBNiAtr 



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144 



BROCANTE - BRONER 



n, p. 125.) — « On portait des brocs ou fourches de 
fer avec des armes a feu. *(A. h. rv«, 628, 7.)* 

Brocante (Fu), s. f. — Action de brocanter ; 
se dit aussi d'un meuble de hasard, d'un 
objet d6te>iore* achete* chez le fripier. — Bro- 
canter est francais. 

Et. — c On trouve dans un manuscrit des plaids 
d'Edouard III, le mot abb roca men turn, en angl. 
abrochement, avec le sens d'achat en gros pour 
revendre en detail. Le fr. l'a empruntS sans doute a 
l'angl. to broke, faire des affaires. (L. C.) 

Broehe (Mj., Lg.), s. f. — Aiguille k trico- 
ter. V. Broc. || Fu. — Jeu de broches, — cinq 
aiguilles. 

Broche-eol (Lg.), s. m. — Sorte de jeu de 

soci6t£ » qui consiste k picjuer le derriere de 
son adversaire avec la pomte d'un fuseau. 
Voir les details au Folk-Lore, Jeux, VII. 

Et — Pour Broque-cul, de>. de Broquer. 

Brochee (Mj.), s. f. — Points de tricot qui 
sont sur une m£me aiguille, ou broehe. 

Brother (Mj., Lg., Fu.), v. n. eta. — Trico- 
ter. Ex. : Je vas me brocher ein cotillon de 
dessour. V. Broehe. 

Hist. — • Si Ton tournait le fuseau, Ton brochait 
les gilets de laine. » (En note : Les aiguilles a tri- 
coter s'appellent encore des broches, d'ou : brocher, 

— La Trad., p. 259, 1. 4.) — V. Z. 149. 

Brocherie (Mj., Fu.), s. f. — Tricot. Z. 149. 
V. Brocher. Ex. : T'as tout saft6 ma brocherie, 

— tu as laisse* trainer mon tricot (Jm.). V. 
Sajeter. || Qqf. Bronchite, par corr. 

Brocket (Z. 118), s. m. — Bouture de 
vigne, en forme de broehe. 

Broeheton, (Lg.) s. m. — Fig. Blanc-bec 
be*jaune, 6cervele\ bee cornu. On dit aussi : 
Brochon. || By. 

Broefeetoaaean (By.) Un tout petit brochet. 

Broehette (Mj.), s. f. — Plant de vigne non 
racing. Cf. Brochet. 

Brock, s. m. — Son, bruit, tapage. « Avec 
les paturons tu fais du brock. » (Ex. fr.) MAn. 

Brftmean (Po.), s. m. — Nouet de linge 
dans lequel on enferme du sucre en poudre et 
que Ton donne a sucer aux petits enfants. — 
V. Brdner, Breuner. 

Et. Bron, poi trine, mamelle, surtout de la biche. 
(D. C. bronia.) 

Brdmer 1 (Po.), v. a. — Sucer, teHer. V, 
Brdner. — A Nantes : breuner. 

Bromer,' o bref, v. n. (Sp.). — Pleurer, 
crier, en parlant d'un enfant. || Mj. — R6son- 
ner, retentir, ronfler. Ex. : Tout en bromait. \\ 
Sa. — Ronfler, en parlant d'une toupie qui 
tourne. || Fu. — Id. — Une pierre lancee avec 
force brome. 

Et. — C'est le fr. Bramer. Aha. breman, mugir. 

— Je lis dans VInterme'diaire Nantais, ann6e 1902 : 
« Faire romer la poSle. » Autrefois, a Monnieres et 
dans les autres paroisess des rives de la Sdvre, on se 
rendait sur les hauteurs, a la Saint-Jean et a 
Noel. Non seulement on allumait les feux de joie, 



mais on faisait romer (resonner) la poele, une grande 
poele de cuivre, avec des brins de jonc qu'on 
appuyait sur les bords du bassin. II en resultait un 
bruit 6 trance, se rtpercutant au loin, a la bruyante 
joie des assistants. 

Cette coutume subsiste encore dans les environs 
de Blain, mais on dit : faire breuyer la poele. — Le 
mot romer, veritable onomatop£e, est plus sug- 
gestif, en ce qu'il rappelle assez bien les sons de la 
poele en vibrations. Le soir du 23 juin nous avons 
encore assists a ce bizarre concert, dont les divers 
executants, sgpares par une distance de plusieurs 
kilometres, se r6pondaient d'un village a Pautre, 
ou s'accompagnaient en s'inggniant a tirer de leurs 
primitifs instruments des sons graves ou aigus 

A lAg6 cet usage existe toujours... on dit -. 
bromer % et non romer la poele... Cette coutume a 6 te 
institute en souvenir de la Decollation de saint 
Jean- Bap tiste, dont la tfite fut apportee dans un 
bassin, a la demande de Salome, fine d'Herodiade. 
Romer, bromer ne seraient-ils pas une corrupUoo 
du verbe Bramer T... 

Oui, de bramer, vx. fr. brasmer, crier fortement 
(Suit la description de la cergmonie au village de la 
Menerais en Puceul.) « Quand il bras mo it, deman- 
dant a boyre, a boyre, a boyre. (Rab., G., vn.) — 
Bramer, bromer, broumer, cri du boauf , du Sanscrit 
bru, parler, faire du bruit ; grec bremeln, ha. 
breman, celt. bram. (Pages : 151, 166, 173, 237, 
249.). — < Mugir, rendre le son de l'airain quand 
il f remit. » (Favbs.) 

Broncher (Tim.), v. n. — Perdre ses plumes, 
en parlant d'une poule. 

Et. — C'est le fr., d6tourn6 de son sens. Les 
m£nageres ont du dire d'abord : Mes poules 
bronchent, c.-a-d. cessent de pondre ; puis, par 
concomitance, l'ld^e est devenue celle que je not* 
ici. — « Se heurter contre une bronche (tronc, 
souche, branchage, buisson) ; de broccus, avec n 
inse>6 ; ou de Paha, bruck, flam, brok, fragment, 
broehe cassee, souche. Nota. Dans le sens de muer, 
il y avait un autre verbe : bronchier, bronchir; 
etre morne, triste, soucieux. Qerm. brutschen, 
Gtre morne TT 

Broaehlqne (Mj.), s. f. — Bronchite (Li., 
Br., etc.). V. Brocher U. 

Hist. — c Elle vient de partir a la ferine, 
M. R6my, rapport au poupon de Mathieu, qu'a 
une bronchique. » (M. Alanic, Ma cousine. AnnaL, 
p. et litt., n° 943, p. 47, col. 3.) 

Bronde (Z. 142), s. f. — Grande bruy^re. 
Pour Brande? — « Erica scoparia. » Mbk. 
Syn. et d. de Bronze. 

Brdne (Sa.), s. f. — Te*tin, to* tine, trayon. — 
A rapprocher de : Abron, Broneau, Brdner, 
Brdmeau. || By. — O bref. Surtout les 
trayons du pis de la vache. 

Broneau, s. m. — Le mfcme que BrSmeau. 

Brdner (Sa.), v. n. et a. — T6ter. V. Abron, 
Brdne, etc. Cf. Brayer*, 6 long. 

Et. — Du celt. Bronn, qui sianifie en mSme 
temps : mamelle, mamelon et colline ; ou vronn. 
« Er vronn », les mamelons ou les collines, d'o* 
est venu, dit-on, le nom de Evron, ville de la 
Mayenne, tout entouree de collines. (Daokbt.) — 
« Broner se dit encore des personnes qui ont l'ba 
bitude de mouvoir la langue et les Id v res, coram* 
font les enfants tetant leur mere, ou encore de 
ceux qui sucent leurs doigts. Pour faire honte am 
enfants de cette habitude, on chante : 



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BRONER — BROUEE 



145 



Et tandis qu'il bronnera 

L'on chantera 

La bron, bron, bron, 

La bron, bron, brette, 

II bronne, bron ne, bronne. (Dottin.) 
(Je rappelle (v. Breuner) qu'au Croisic se trouve 
la pointe de Pen- Bron, Penn-Bronn, la pointe du 
Sein). 

Kroner (The. By.), v. n. — Beugler, mugir. 
Syn. et d. de Bromer, Browner. O. bref. 

Urease (Tc), s. f. — Grande bruyere. Syn. 
et doubl. de Bronde ; syn. de Bertreau, Ber- 
trid. 

Bro^amrd (Tim.), s. m. — Bois ou andouil- 
ler de cerf. — Der. de Broc, Broquer. 

Brtqaee (Mj., Fu.), s. f. — La quantite de 
foin ou de paille que Ton enleve en une fois 
avec une fourche. Syn. de Fourchee. — De : 
broc, broquer. Ex. : Amene done eine broquie 
de foin pour affalter la veilloche. || Coup de 
come. Syn. de BroqueUe. 

Iroqner (Mj.), v. a. — Frapper, heurter, 
accrocher avec un objet fourchu. Ex. : Prends 
garde, la vache va te broquer avec ses cornes. 
Doubl. de Berguer, Burguer. Les Ecossais ont 
le mot Brog, pointe, et to Brog, piquer. Syn. 
de Embrocher, Encorner. 

Br*caet6e, s. f. (Lue, Fu.), — Fourchee. De 
Broc, Broquer. Syn. de Broquie. 

Brtoueton, s. m. (Mj., Fu.). — Bout de 
brancbe pointu, qui n'a pas ete coupe au ras 
du tronc de Tarbre ou de la branche maltresse. 
V. Berquegrwn. Berguette, Briconnier, Ber~ 
quignier. — Der. de Broc. 

BrHoetonnu (Mj.), adj. q. — Tout herisse 
de broquetons, de ramilles, en parlant d'un 
arbre, a'un arbuste, etc., tres branchu, tres 
fourchu. || By. — Broquetonneux. 

Hist. — Brochonnu : « Le suppliant, d'un gros 
baston de pommier brosson neux... frappa icelui 
Matinot. » — « Un baston noullu a plusieurs broz », 
c.a-d. noeuds 1479. — D. G. 

Brocaette (Fu), s. f. — Petite branche 
fourchue. Tres employe. 

Broaain (Mj., Fu), s. m. — Brodequin. 

Et. — Du flam, broseken, anciennement broskin. 
Dans le vx. fr., e'etait une sorte de cuir. » (Lrrr.) 
— La forme actuelle paralt due a l'influence de : 
broder. 

Broward (Lue). — Chene. Espece : Quercus 
1 tauza. — A rapprocher de : Broussailles, 
Brossailles, Brousse. || By. — Id. — Bat. 
ecritToza. 

trtue, s. f. — Locut. : (la fait brosse, — 

esperance de$ue. Cf. Se brosser le ventre. 

f (Mi5.) || Brosses, bruyeres. II y a beaucoup de 

, localites appelees Les Brosses. || By. — Pour : 

hrossard. Un balai de brosse. 

trmee (Mj., Fu.), s. f. Volee de coups. 
- Syn. de Danse, DigeUe, Pile, B&pie, 
Trtmpt, Tripotie, Tannic, Peignle, Rincie, 
Bcurie, RouUe, Torchee, Tatouille. 



Brosser (Mj.), v. a. — Frapper, rosser qqn. 
Syn. de Rouster, Rincer. || V. ref. Absolument: 
se passer de tout, n'avoir rien pour sa part. 
On dit dans le raeme sens : Se brosser le 
ventre, — on ajoute qqf. : avec eine brique. 

Brossler, adj. q. — Qui sert a faire des 
brosses ; andropogon ischoemum (M4n.). 

BrossIUe (Mj., Lg., Sa., Fu., Sal.), s. f. — 
Brindille, ramille. Cf. Branseau. — Petit brin 
de bois. Syn. de Broustille. \\ Fu. — Brindille 
seche. Le Branseau est vert et feuillu. Mj., id. 

*JEt. — V. Branche. — « Broce, brosse, vx. fr., 
bois, forSt, broussaille. — Cf. Bressille ( Jaub.) 

Bros8llIer (Mj.), v. n. — Ramasser des brin- 
dlles de bois. Syn. de Buchier. 

Brosson (Mj., Lg., Fu., Sal.), s. m. — Papule, 
bouton sur la peau. Syn. de Puron, Puret. Cf. 
Brosson. 

Et. — Broca ; vx. fr. broz, noeud, done : endure. 
(D. C). — « Broconner, bourgeonner ; augment, 
de Broc, brocon. — » (D r A. Bos.) — On dit : un 
nez bourgeonne. 

Bros8onne, ee (Mj., Fu.), adj. qual. — Cou- 
vert de papules, de boutons, en parlant 
de Tepiderme. Syn. de Puroti. || Lg., au 
fig. Ivre. Syn. de VerzeU, Blindi, etc. — V. 
Brosson. — Part. pas. de Brossonner. Fu. — 
Sal. — Boutonner, en parlant de la peau. 

Brossoone (Lg.), adj. q. — V. BrossonnL 

Bron, s. m. — Lierre. V. Brout. (Segr.) 

Et. — c Decimam de exartis et de edera et^de 
brusto. »1163. D. C. 

Brooallle, v. imp. (Var.) — II brouaille, il 
tombe une petite pluie fine. V. Brouie. 

Et. — De brouillasser, par contract. — Cf. 
Berouasser, Beroudiller. 

Bronasser (Fu.), v. n. — Meme sens que 
Brouaille. || C'est Bbrouasser. 

Et. — Broas, brouas ; brou6e, brume, brouillard. 

— Dibz le rattache au german. ; Anglo-sax. brodh ; 
Scandin., broth ; All. mod. broden, vapeur chaude. 

— Cf. Breu, brou, bouillon ; bruhen, verser de 
Teau bouillante, dchauder. D'ou : brouet. 

Bronee (Fu.), s. f. — V. Berouke. Brouillard, 
pluie fine. 

Et. — V. Brouasser. — Le sens de : bouillir 
s'explique peut-6tre par allusion aux petites 
gouttes d'eau aui s'e'levent et tombent en forme de 
pluie lorsque l'eau est vivement poussee par la 
chaleur du feu. — C'est un brouillard qui se redout 
en une petite pluie fine. (L. C.) — Hist. — « Toute 
brouie attire la gele'e. » — « Mais quand je consi- 
der que tous honneurs mondains ne sont que vent 
et brouie. » (J. DE BoUBD., H n aggrigat. I, 271.) — 
« Trembiement de terre en la ville d' Angers et 
es environs... et apparessoit le soulail, fors qu'il 
fist lore ung peu de breu&e, laquelle tan to us t 
apres... se departit. » (14 mars 1485 N. S. — 
C. Pobt. Inventaire, p. 12.) — Dans les vers sui- 
vants il est question de notre compatriote Puy- 
charic : 

« On le compare au potiron (champignon) 

Qui nous vient en unne nuictee, 

II n'est jamais sans compaignon, 

Tous deux enfants d'une brouie. 



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146 



BROUETTE — BRRR 



lis sont fraiz a la matinee, 

Au soir flaytris, veillent ou non. > 

(Bbun. db Tabtif, Phiiandin., p. 489. Pique- 
mouche cit6. V. Hustaud.) 

Bronette (Ec). — Se prononce borouette, 
ou mieux boeroette. — Z. 171. || Fu. et 
Mj. Berouette. 

Bronillasse, — ssoux (Mj., Fu.), adj. q. — 
Un peu brouille, en pari ant du temps. || Un 
peu trouble, en parlant des liquides. 

Et. — « Brouillas et Brouas elaient plus usit^s 
que Brouillard, qui pourtant est seul rested De 
meme rac. que Brouie. (Litt.). 

Brouille, s. m. (Mj., Fu.). — Ex. : II se 
paralt qu'ils ont ieu du brouille en faisant 
feux partage. Syn. de Bistrouille, Chahail, 
Distinguo. || Brouillamini. Ex. : II y a du 
brouille dans les affaires. 

Breulller (Mj., Fu.), v. n. Delirer, battre 
la campagne. Syn. de Gabarer. || fa me brouille 
sur le coeur, — barbouiller. || Extravaguer, 
deraisonner. 

Broulne, s. f. — Brume. (My.) 

Et — Bruine. Se rattache a broute, modifie 
sous l'influence du lat. pruina. — Cf. Brume 
du lat. Bruma, solstice d'niver. Les 6tymol. lat. 
tirent : bruma de brevissuma dies, brev-u-ma, 
le jour le plus court. On concoit comment bruma, 
l'hiver, a donne son nom a la brume. Hist. « II 
faisoit si grant bruine que on ne pooit veoir ung 
demi bonnier de terre loing. » (Froissart. » (L. C. 
Note Edit.). — « Malv. indiq. le celtiq. bru t pluie ; 
afr. brofne, de brodh, vapeur. — Bruir, faire du 
brouillard, mot champenois. 

Brouli. — Brime, gr&e. (G. Port. Revue 
de CAnjou, 1880, p. 173.) 

Et. — Brouir. Dessecher et bruler les jeunes 
pousses atteintes par une gel£e blanche. « Le soleil 
a broui les feuilles des arbres. » (Lrrr.) — « ha. 
bruejen, germ, bruhen, enflammer. 

Bronmement, s. m. — Orage continu. (Sar.) 
— V. Brdmer. 

Broumer, v. n. (Sa.). — Faire de Forage, 
tonner. V. Brdmer. || Sal. Ou bromer. Une 
pierre, rapidement lancee, une toupie broume, 
c.-a-d. fr^mit et fait sonner l'air ambiant. 

BronsiUe (Sa.), s. f. — Menu bois, broutille. 
|| By. Brandilles, brindilles, dont on fait de la 
bounce. Syn. de Dessourage. Doubl. du fr. 
Broutilles et du pat. Brossilles. — De BrouU 

Brousser (Sp.), v. n. — Passer en froissant 
des branches, des feuilles. Se dit du gibier. 
Syn. de Ferter. || Passer rapidement. Syn. et 
d. de Brouster. || Fu. — V. a. — Chasser qqn 
le balai dans les reins. Syn. Poster. 

Et — < On appelle, dans les colonies franc. 
d'Afrique (Bourbon), et d'Ameriaue (Antilles) 
brousse les taillis et forfits vierges de l'interieur qui 
servaient de refuge aux esclaves marrons ; le Ian- 
gage Creole est archaique, comme celui des pro- 
vinces, et les marins de l'Etat disent : courir la 
brousse, au fig., la campagne, pour : §tre en bordee, 
manquer a l'appel. (L. C. Note Ed.) — Angl., to 
Brush. — c Brosser, se dit en terme de veneris, 
du bruit que fait le cerf en froissant les bran* 



chages. » — « Une brousse de boys assis en U 
paroisse de Mesnil-Selant. » 
« Car tu as, mon Nemond, en broussant des premiers 
Les halliers epineux, fait la place aux derniers. • 
(Citations de Moby.) 
Broust, s. m. Broustille, s. f. — Brous 



Hist. ... Li sainglers encraisse 

De nois, de gland et de farine, 
Le brost desdaigne et la racine. 

Broaste ! (Mj.), interj. — Sorte d'onoma- 
top£e par laquelle on exprime un passage 
rapide, une envol6e subite. Ex. : « Brouste J 
vela le voiseau parti ! » 

Brouster (Mj.), v. n. — Marcher ou passer 
vivement, filer vite. J| V. a. Exp&iier vive- 
ment une besogne. De>iv6 de Brouste ! — 
Voir aussi : Brousser. || Fu., Sal. — Chasser 
avec des mots violents. 

Br^nstflles, s. f. (Li.). — Bois mort dans les 
haies. — Syn. de Brossilles. 

^Brout (Mj., Fu.), s. m. — Feuilles grug£es a 
la main pour la nourriture des bestiaux. || 
Sp., Fu., Lg. — Lierre.[Syn. de #e>ace, Lierru. 

N. — A Saint-Paul, la plante n'est guere 
designee que sous le nom de Broui, le mot 
Herace elant beaucoup moins usite. Le nom 
de Lierre est parfaitement inconnu. L'appel- 
lation de Brout, appliauee au lierre, vient de 
ce que, en hiver, quana le fourrage fait defaut, 
les cultivateurs nourrissent leurs bestiaux avec 
les feuilles de cette plante, tres commune dans 
ce pays bois6, et qu'ils se gardent bien de detruire. 
— Brout est done le subst. verb, de brouter ; il est 
francais, d'ailleurs ; nous l'avons cit£ pour le sens 
special de Lierre. || Plus souvent employe que 
Horace (Mm., Mfc.) || Syn. de Hierru, Hierre. 

K. Broatard (Z. 124), s. m. — Bouvillon, 
jeune boauf. — Syn. de Noge. 

Et. — « Jeune b6te a comes qui ne bronne (tette) 
plus, et qui commence a brouter ; jeune taureau 
qui b route les jeunes pousses des arbres ; t d'un an. 
(Dorr.) 

Brente (Mj. , Lg.), s. f. — Mangeaille. 
PJN. — Je verrais encore dans ce mot un souvenir 
de l'invasion allemande en 1815. Les Prussiens 
avaient souvent a la bouche le mot Brod, Brot, 
pain ; et des Angevins, jeunes encore a cett* 
6poque, l'ont re ten u. (A. V.) — Cependant voyez : 
Brouter ein calo* 

Brouter (Mj.), v. a. — Manger. Ex. : On 
va brouter ein calot 

Brrr ! — Ceux qui conduisent les boeufs a 
la charrue font souvent entendre le son brrr... 



Bru. — Prononciation. — t Bru recoit qqf. une 
double modification. L'adi. brun, p, ex., fait au 
fern, breune, au lieu de : brune, en mettant breu 
pour bru ; et, dans les derives, brunet, brunette, 
que nous disons breunet, breunette t nous faisons 
souvent subir a la syll. breu une interversion ana* 
logue a celle dont il a etc fait mention a Bre. Ainsi. 
au lieu de breu, nous disons beur : beurnet, btur- 
nette. Qqch. de semblable se remarque dans le mot . 
beru&re, pour bruyere. (JaUbzbt.) |J By. — Au lieu 
de eu, on mettrait e. — Brinette. 



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BRUCHER — BSAGUE 



147 



Onomat. || Fu. — Figurerait tres mal le bruit 

2 lie font les bouviers des Mauges. Le point de 
6part est le son t ; les levres tremblent en 
pronon$ant u. Le son serait plutdt trrru, ou 
tbbbu. 

Brother, v. a. (Br.). — Nettoyer. Brucher 
les choux pour en faire la soupe. 

Bruere (Mj.), s. f. — Bruyere. 

Hist. — c Nous, prieure des Loges, avons donn£ 
charge a Urbain Bossin, de nous faire un millier de 
bruere dedans les bois de M. le comte de Monso- 
reau. » (/. a., S. s y E, 296, 1, m.). D'un mot gaulois 
Bruga. B. L. Brugaria. 

Brolsnt (Mj.) , adj. verb. — Se dit des terres 
siliceuses et peu profondes. 

Brolasser (Mj.), v. n. et a. — Bruler 16ge- 
rement, superflciellement. Syn. de Brulonner. 

Brute (Mj., Fu.), part. pas. — S'emploie 
adverbialement avec un adjectif qu'il porte 
au superlatif. Ex. : La terre est brulke seche ; 
il est bruli sofll ; tres seche, completement 
ivre. || By. — Au mois de mai, le b6tial 6tait 
inabordable, il 6tait bruit cher ; mais, aujour- 
d'hui (octobre), e'est pus pareil (a cause du 
manque de pansion). || S'emploie dans la loc. 
fig. Sentir le brule, — s'annoncer comme un 
echec, comme une d^confiture. Ex. : Son 
affaire sent le bruli. — Souvenir, sans doute, 
de FInquisition, sentir le fagot. || Lue\ — Les 
cbevaux, cette ann6e, sont brute-chers. 

Brolee (Mj.), s. f. — Ross6e, vol6e de coups. 
Ex. : lis se sont f . . . eine brulie que le poil en 
volait, — en fumait, — que le cul illi en trai- 
nait par terre. — Syn. de Bondie, Digelke, 
Fleauple, Latrie, Laudee, Pleumbe, Rdclee, 
Rdpee, RousUe, SuSe y Tatouille, etc. 

Brole- meehe (Mj.), s. m. — Ustensile v 
outil form6 d'un fil de fer recourb^ flx6 a une 
bonde, auquel on accroche une meche sou- 
fr6e, pour la faire bruler dans un fut. 

Bruler (Mj., Fu.), v. a. — Distiller. Ex. : 
J'ai eine barrique de vin qui n'est pas fa- 
meuse ; je vas la faire bruler pour faire de 
Teau-de-vie. || Fig. — Bruler le cul a qqn, — 
le gagner de vitesse, le dSpasser ; qaf. lui 
couper l'herbe sous le pied, le planter la, lui 

i'ouer un mauvais tour, un pied de cochon. || 
^rm. Id. — Laisser dans Pembarras qqn qui 
vous attend ; vulgairement : poser un lapin. || 
Le torchon brule, — il y a de la discorde dans 
le manage. || Bruler la politesse a qqn, — le 
laisser en plan, disparattre sans dire gare. || 
Bruler k feu mort. V. Feu. \\ Bruler (Lg.) en 
meurtre. V. Meurtre. || S'approcher d'un 
objet ou d'une personne que Ton cherche ; au 
jeu de Cut, les enfants disent au patient : Tu 
brules, quand il est pres de Fob jet de ses 
recherches. 

Broleox (Mj.), s. m. — Le bruleux d'eau- 
de-vie, le bouilleur de cm ; distillateur 
ambulant. 

Broils, s. m. — Amas de feuilles destine k 
Itre brule dans les champs. (Mfctf.) — Fu. 



Hist. — t Quand ce vint le lendemain que le feu 
fut estainct, le roy alia veoir le brulis qui avoit 
bien demie-lieue de 16 (large). L. C. — < Terrain 
essart£ et brul£. C'est l'6cobuage. » ( Jaub.) 

Brfiloo , s. m. — Dans la valine de Montjean, 
on donne ce nom a des carres de terrain ou le 
sable domine et ou les recoltes brulent sou- 
vent dans les ann6es de s6cheresse. — Ch. 1. 
de canton, Sarthe. 

Brulonner (Mj.), v. a. — Bruler tegerement 
k la surface, charbonner par endroits. Syn. de 
Brulasser. 

Brulot (Lg.), s. m. — Feu d'herbes seches, 
de tiges de pommes de terre, de chavoilles de 
haricots que Ton allume en plein champ. 
Chalibaude. || Fu. — Punch. 

Bruo, Brunette, etc. (By.). — Prononc. 
Brein, brunette. 

Brooches, s. f. — Brunches de cire, de 
pore. Se dit aussi pour : rillettes. V. Brinche. || 
By. — N'est pas synon. de rillettes. 

Et. — Breunches. On appelle ainsi en Anjou 
et dans qqs autres provinces la lie de l'huile. 
(Menagb). Breche, residu, quel qu'il soit, qui se 
forme au fond d'un vase pres du feu. (Dott.). — 
« Der. de bren, qui signifiait un residu quelconque T 
(db Mont.) Cf. le fr. Suif en branches. 

Broodier (Sa.), v. n. — Commencer a faire 
nuit. Ex. : Va falloir laisser ce travail -\k, il 
commence k brunbier. 

Et. — De>. du fr. Brun, avec suff. inchoat. 4ier- 
Cf. GauUier. — V. Embreunc. Hist. « II y avoit 
un pauvre chaudronnier qui cherchoit logis, mais 
parce qu'il bruntoit, il ne pouvoit veoir de chemin, 
joint qu'il avoit nege\ » (L. C.) 

Broner, Brenner. — TeHer sa langue. V, 
Breuner, Broner. Syn. de Noguier ou Noiller. 

Brunette (Mj.), s. f. — Charogne, bate 
creve^e. V. Qukrie. Syn. de Prd, Pihke, 
Pivie, Qubquie. 

Brooeslr ° (Lg.), v. a. et n. — Brunir. Syn. 
de Breunir. * 

Bros8on, s. m. — Pour : bouton (a Sou- 
laire). Syn. et d. de Brosson. 

Brut' (brute) (Mj.), s. m. — Bruit (Lue\ etc.) 
— Mener du brut, — faire du bruit. On dit de 
meme, en fr. : Mener grand tapage. V. Breut. || 
Fu. — Queu brut °. V. Chie brut °. 

Brnter (Sp.), v. n. — Faire du bruit. V, 
Bru, Breuter. De : brut. 

Bryere , s. f. — Bruyere, bucane, bregedte, 
erica cinerea. (M6n.) Cf. Bruere. 

Et. — Celtiq. brwg, brugen. Bl. Briera. — His.; 
« J'la trouvis faisant du feu 
« A tou (avec) d'la briere. » 

(Chans, norm.) 
c La plante, dit Malvezik, devrait s'appeler 
Brugue ou Bruge, et le terrain ou elle pousse : 
bruguere, brugiere. La cressonnidre n'est pas le 
cresson. Cf. Garanciere, liniere, sapiniere. » 

Bssgoe, s. m. — Mauvais vin. (Segr.), mau- 
vaise boisson. (Mto.) V. Besaigre, bisaigre* 



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148 



BU — BUEE 



( Vesague, v'sague . . . , bis aigre. Arrache-cou. 
C le Jaub.) 
Et. — Bis, pejorat. et aigre. 

Bu, part, pas. — Etre bu> Stre ivre. Cf. 
Fourbu. 

Et. Hist. — Au moyen age, on disait, sans abr6- 
viation : oultrebu, qui a bu outre mesure. « Le 
suppliant, qui estoit tout yvre... par temptation 
de l'ennemi, com me horn me oultrebeu, etc. (1410. 
— D. G.) — Fourbu, vient de : forboire, boire avec 
exces, ou mal a propos. La fourbure 6tait attribute 
a ce que le cheval buvait avec exces (foris) ou a 
con tre- temps. 

Buander (Mj.), v. a. — Lessiver, passer le 
linge a la bu6e. 

Et. Der. de Buee. De la Buanderie. 

Buandler, Buandlste, s. m. — L'bomme 
qui fait la lessive. 

Hist. — « Un 6veque, faisant sa tourn^e, trouva 
un cur6 qui lavoit sa lessive, et lui dit : Tu laves 
ta lessive? es-tu devenu buandier f est-ce l'estat 
d'un prestre? (Contes de B. dks Perriers, i, 228.) 

Board (Mj.), s. m. — Grand vase de gres, 
muni d'une seule anse sur le cdte\ dans lequel 
on conserve l'eau potable. — Bue. || Ssl. — 
Ancienne mesure pour le vin ; douzieme de la 
barriaue. || Fu. — Grande crucbe en usage 
dans les pressoirs et servant uniquement a 
entonner le vin qu'on recueille a Tanche. 

Et. — De buie, ancient buhe ; represente une 
forme du B. L. buca, empruntee p. d. de Paha. 
buh (ma. buch ; all. bauch) ventre ; la buie 6tant 
un recipient ventru. 

Buareje. — Un terrain couvert de ronces 
depuis longtemps. — « Si vous voulez entrer 
dans ce buarije-Xk. » (Pour chasser. — 
Feneu.) Cf. Biarrage. 

Buberons, s. m. (Jm.). — Des boutons sur 
le visage. Syn. et doublet de Biberon. 

Et. — Bube, bouton, ampoule, de Bubon ; d'un 
mot grec qui signifte : aine, parce que les bubons 
viennent souvent aux aines. 

'Bubule (Mj., Fu), s. m. — Feu. Terme 
enfantin. 

Et. — Form6 du v. fr. Brule, par reduplication 
de la premiere syll. adoucie, elimination de l'r, 

5ui donne une articulation trop rude. Cf. N4naine % 
*£pere, Mimite. 

Butane, s. m. — Nom vulg. de l'erica vul- 
garis. (M£n.) Bruyere. 

Buche (La Varenne), s. f. — On donne ce 
nom aux principales cartes du jeu de Trois- 
sept. Syn. de Bois, Boises. || By. — Allu- 
mette. 

Buche, 6e (Mj., Fu.), adj. q. — Coriace, 
dur, ligneux, dont la pulpe renferme des 
parties dures ou filamenteuses. Se dit des 
fruits et des plantes racines. — De Buche. 
Ex. : « Les naveaux valent ren c't'annSe, i 
sont b&chis. » 

Boeher, v. a. (Li.). — Battre. « J'vas te 
bdcher t si tu n'ob^is pas. Svn. de Fleaupcr, 
Douener. || (Mj.) Fig. — Backer un naveau, 



— achopper. — Proprement, d^grossir une 
piece de bois. || Fu. — Id. Equarrir, terme 
de charpente. || Ag. — B&cher son dess. — 
Ecole des Arts ; travailler a fond la par tie du 
dessin. 

Et. — De Tall, bosc, bois. — Vx. fr. buchier, 
frapper. — Boscairare, D. C. 

Bueherie (Mj., Fu.), s. f. — Bataille, com- 
bat, lutte, exchange de coups, bagarre. Syn. 
Bondbe, Plumie. 

Buehenr (Mj., Ag.), s. m. — Enfant, 
homme tres laborieux. 

Bucheux (Mj.), s. m. — Bucheron, celui qui 
travaille le bois. 

Buehler (Lg.), v. n. — Ramasser de menus 
morceaux de bois. Syn. de Brosiller. 

But hot' (Mj.), s. m. — Petite buche, bu- 
che tte. Syn. de Sochon. Bosseite. 

Buchoter (Mj.), v. n. — S'amuser a tra- 
vailler le bois. Syn. de Gosser. 

Budhler (Z. 147). — Endroit ou Ton 
depose la bue, vx fr. buhe. — Pour Buier. 

Buc l (Lg., Tim., Lrm., rare a Mj., Chem., 
Choi., etc.), s. f. — Vase en terre cuite muni 
de trois anses, dont une au- dess us du goulot, 
et destin6 h contenir de Teau potable pour la 
boisson et pour la cuisine. Syn. de Buh. \ 
Sal. — Id. — Je vois ben le dousi par ou la 
bue gate. 

Et. — C'est la rac. du fr. Buire, B. L. burie- 
tarius, D. C. ; d'ou burette. — Malvezix : rac 
celtiq. Buc, creuser, percer. D'ou... buca, B. L. 
buga, dans bue, buhe, etc., pour : bugue. Diminut. 
buhot. 

Hist. — « Pour la bue de l'eglise, 5 sols. (1525. — 
Inv. Arch. G, n, p. 207, col. 1.) — « Ung jeune 
Jiomme, nomm6 Sorin, avait rompu et casse une 
buhe ou cruche de terre. » (1448. — D. C.) 

Bue * (Mj.), s. f. — Voie d'eau dans un 
bateau ; ouverture provenant d'une cheville 
enlevSe, ou de la disjonction de deux planches. | 

— On la rSpare par un paldtre. 

Buec (partout), s. f. — M§me sens que But- 
|| Lessive || Sp., syn. de BuLr, Evier. || Buie 
de la mort, lessive que Ton fait aussitdt apres 
qu'il s'est produit un d^ces dans la maison. 
|| Lg. Buie de la belle, lessive lave*e un jourde 

Eluie. N. On sait que, d*apres le proverbe, les 
elles femmes ont toujours mauvais temps 
pour la buie. \\ Lg. Le contenu d'une bue. 
N. A Mj. une buie est indifTeremment la buire 
ou son contenu ; au Lg., la Bue est le vase, 
et la Buie le contenu. G'est plus logique. || Fu. 

— Cruche fabriqu^e en grande quantity dans 
le pays. — Au sens de : lessive : Emmancheri 
la buie. — Faire la buie, laver la buie, faire 
s^cher la buie. — V. Zigzags, n" 167 et sui- 
vants. 

Et. et hist. — « On tire ce mot de Tital. buca, 
trou ; bucare, flltrer (vx. fr. buher). Ne peut venir 
du lat. buere (imbuere) imbiber. » (Lrrr.). — « Du 
german. bukon (all. bauchen) vapeur d'eau, sur le* 
vitres. » (Darm.) — « De Bucata, tire de : buca. 



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BUETTE — BULOT 



149 



trou, parce que la lessive se coule par le trou d'une 
cuve, ou, comme nous disons en Anjou, d'une 
panne : 

< La pluie nous a buez et lavez. » 
(Villon. Ballade de lui et de ses compagnons 
pendus. Cite par Menage.) 

c Son san fl po le genre humen En imanse buie 
(c.-a-d. Le sang de N. 8. J. Ch. fit pour le genre 
humain une immense lessive.) — La Monnoyb. 
Noels bourguignons.) 

— « Confessions nous doit buer, 
Et puis penitence essuer ». (D. C.) 
— c Le jour de la saint Thoumas, 
Fais tuer ton couchon gras, 
Fais ta buie, lave tes draps. 
Dans trois jours Noel t'auras. (Id.) 
« A Dijon on disait : linge maubui, mal lave*, 
sale, (de Mont.) — « E quand n'i a proux per 
la bugado, (et quand il y en a assez pour la lessive. 
Mire die, v. 230.) — « D'abord les buies ou buires 
en terre cuite. Elles servent a porter aux pgcheurs 
et aux moissonneurs l'eau qui les desaltdre. Elles 
sont, pour la plupart, munies d'une ou deux paires 
d'anses late>ales. » {La Trad., p. 77, 1. 23.) — « Et 
quand il veit, entrant dedans l'estuve, les bassins, 
les bagnoueres, les buyes, les phioles et bouettes 
aux parfums. » (Amyot, Alex, le G. p. 14.) — 
« Entendismes un bruit strident et divers, comme 
si fussent femmes lavant la buie. » (Rab., P. v, 31, 
550.) — « Luy conseilla qu'elle ne se mist point en 
ce hazard de laver la buie brimballatoire sans 
premier allumer le papier. » (Ibid, n, 142.) — 
« Matabrune, lavandiere de buies. » (Ibid. 30, 
p. 193.) — On dit : Assire la buie, buander. 

Boette (Z. 149. By.), s. f. — Bluette. Petit 
charbon incandescent. V. Beluette. || Etin- 
celle ou flammeche qui vole, gendarme. Syn. 
de Berton, Auvis, Fombrlche. C'est le fr. 
Bluette. 
Hist. « Je sens d'amour encor une estincelle 

Qui me bluette a l'entour de mon coeur. (L. C.) 

BaffaU (Ag.). — s. m. Nom connu depuis 
Fintroduction des tramways. C'est la voi- 
ture, non munie de moteurs, qui est remor- 
que> par le tram. Imports d'Ame>ique. 

Hist. — Lundi matin, une charrette de foin est 
entree en collision avec le buffalo du tram ouvrier. 

Ballard (Mj.), s. m. — Soufllet. V. Buffet, 
Buffer. Ne se dit que par plaisanterie. 

Bnffart, s. m. — Futaille, en Aniou. (Men.) 
N. Je crois qu'on a pu confondre les deux ss 
avec deux flf, les s ayant autrefois la forme 
de Ff, moins le petit trait horizontal, et je 
lirais bussart. (A. V.). De : busse. 

Et. Hist. — « En Anjou, une demi-pipe. — 
Butta, buza, du francais bouts ou boutz : « Mines 
a mensurer bled, bous a mesurer vin, proprement 
o utres en peau, enduites de poix, ou l'on conserve 
le vin et autres liquides que Ton emporte dans les 
pays ou lieux escarpes et impraticables aux chars. 

— « Le suppliant et Michelet s'en alerent en 
I'ostel de une femme, ou Hz estoient logiez, pour 
lui dire qu'elle leur gardast ung bussart de vin, 
qu'ilz faisoient venir pour fener, et le mist en sa 
maison. » (D. C.) 

Bailee (Mj.), s. f. — Bouftte. 

Bailer (Mj., Lg., Tim., Cho., Fu., Sal.), v. a. 

— Souffler, chasser Fair des ppumons. || 
Souffler, le feu, pour Faviver. || Eteindre en 



soufllant. Ex. : Buffe done la chandelle. || 
N'attendre ni a buffer ni a ferdir, n'avoir pas 
la patience de souffler, sur la soupe, p. ex., 
pour la refroidir, ni attendre qu'elle se refroi- 
disse naturellement. || Buffer les choux, 
ronfler en serrant les levres. On dit aussi : 
Souffler la bouillie. || On dit, par maniere de 
plaisanterie : Buffe le feu, Fanfois (Francois). 
Mais, mon pere, pas de feu, pas de bois. Buffe 
tout de menie. (Tim., Mj., Ag.) || A Cbolet, 
au regiment, pendant une r^pe'tition de 
musique. Le sous-chef s'adresse a un musi- 
cien clarinettiste : « Pourquoi ne jouez-vous 
pas? — J'peux pas buffer dans c'te pibole-la, 
chef. (Authentique.) 

Et. Hist. — De : boufler, enfler les joues. B. L. 
Buffare. Onomatopee. Bruit que produisent des 
joues gonflees qui se d£gonflent sous Faction d'un 
coup. — « Icellui Taillefer dist a Texposant qu'il 
buffast, et qu'il lui donrrait une buffe ; icellui 
exposant buffast, et lors ledit Taillefer lui donna 
deux buffes. (1395. D. G.) — « S'il buffoit, e'estoient 
choux a Thuile. » (Rab., P., rv, 32.) — « Chut ! mi 
bons ami... Quau se trufo, Responde lou viei, Dieu 
lou bufo. » (Chut, mes bons amis, celui qui raille, 
rdpondit le vieillard, Dieu le soufile. » (Mireille, 
p. 16, str. 1.) 

« Je n'eus point la bouche amdre 
Pour buffer au chalumeau, 

Nau, nau. (Noels ang. p. 18.) 

« Tous les mots de cette famille ont une origine 
germ, ou scand. ; en holl. puffen, pofTen - souffler ; 
en angl. to puff. L'all. puffen a le sens d'etre gonfl^, 
boufil. B et P s'6changent. (EvkillA.) 

Ballet', (Sp.), s. m. — Souffle. On dit d'un 
homme 6puis6 ou agonisant : II n'a pus que 
le buffet, il n'a plus que le souffle. V. Buffer, 
Buffard. V. Aive, Bailer. || Fu. t muet. 

N. — « Le buffon 6tait l'instrument domestique 
employ^ en Poitou avant le soufflet, pour buffer, 
c.-a-d. pour souffler le feu. — C'6tait un long tube, 
semblable a un tuyau d'orgue ,et p. e\ le buffet 
d'orgue est le nom de la partie etendue au tout. 

Bogle, s. f. — Petite bugle. Lycopsis 
arvensis. (Bat.) M6n. — Petite buglose. 
(Bat.) 

Et. — Emprunt6 du lat. bugula, employ^ par 
Marcelltjs Empibicus. Labile. (Dabm.) — Herbe 
de saint Laurent : a Qui a du bugle et du sanicle, 
fait au chirurgien la nique. » L. C. — Note Ed. 

Boh ! (Mj.). — Interj. Bah ! Baste. 
Exprime Fimpatience ou le d6dain. On dit 
aussi : But ! et Bouh ! — Onomat. — Cf. 
angl. Pugh ! Pooh ! || Fu. — Buh ! Bute ! 

Bouh ! — Bah ! Baste ! 

# 

Buhard (Mj.), s. m. — B6huard, lie et 
commune du canton de Saint-Georges-sur- 
Loire. N. 11 est d' usage de dire : En Buhuard, 
et non A Buhard. 

Baler (Tim., Lg.), s. m. — Evier, endroit 
ou Fon depose les bues. Cf. Budhier. 

Buignaud, s. m. — guard. — Enfant qui 
pleure toujours. Syn. de Brdillaud. 

Baigoer, ou Ballier (Sg.), v. n. — Pleurer. 
V. Buyer. 

Balol (Seg., Lue, Jm., L6, Bg., Pell., Sa.). 



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150 



BUME — BUSSON 



— Petit tas, monceau, de sable, de foin, 
quand il a 6te ringailU. II est arrondi en 
forme de boule? Syn. et doubl. de Beulot 
|| Sal. Mettre ses hardes en bulot. 

Borne, et : 

Burner (Mj., By.), v. a. — Boire. Mot 
enfantin. On dit : k bume, k boire. Gf. Mamer, 
mante, manger. 

Boon (Pell.), s. m. — Sorte de cruche en 
gres ou Ton met de l'huile. — De : hue. 

Borais (Lg.), v. a. — Boirais. Cond. pr6s. 
de boire. 

Boralisse (Mj.), s. m. — Buraliste. 

Boreao l (Mj.), s. m. — Terrain inculte, ou 
la pierre est k fleur de terre. Syn. de Gut- 
ruette, Rochette, Biarrage, Masuredu, Gruau, 
Buariie. || Lg. Sorte de dartre ou de teigne 
de la barbe ; mentagre. 

N. — J'ai signal^ au mot Biarrage le remarquable 
rapport qui existe entre ces deux vocables. Or un 
rapport analogue existe aussi entre Bureau et 
Masureau. Dans le patois normand G. G. cite Bur6, 
toit a pore (262,2) et rappelle en note que Buron a 
le sens de : cabane, selon Dottin, et le Dictionn. 
general. C'est aussi le sens etymolog. de Masureau, 

Et. '— - Sans doute le fr. Bureau, etoffe grossiere, 
prise au sens metaphorique. 

Boreao Velle (Ec.) — Gris, presque noir. 
V. Amouri. 

Buret' l (Mj.), s. m. — Morceau de bois de 
la grosseur d'une buche moyenne, que Ton 
fixe au bout de la vouilUe, pour servir de 
boue*e flottante et signaler de loin Tappareil. 

Buret *, s. m. — Petit pain k demi sph6- 
rique, ainsi dit de sa couleur sombre, de 
bure ; bis. 

Bnrgandiere (Lg.), s. f. — Guepier. Syn. 
de Guepere, Guepiire. Der. de Bur got, Bur- 
gaud. 

Burger (se) (Sp., Jm., Le*, Bl., Lue\). — Se 
cacher, se dissimuler, se blottir dans qq. trou. 
Se dit du gibier. V. se Boumir. || Se Durger 
dans les e* pines, (k Brion.) Syn. de se Motter. 
« Les perdrix sont burgees. » 

Et. — De Tall. Burg, forteresse T 

Borgoe (Sm.), s. f. — V. Beurgne. 

Borgooo (Sp.), s. m. — V. Beurgnon. 

Bnrgot (Tim.), s. ra. — Fr§lon. Doubl. de 
Bergot. Syn. de Freulon, Breuyaud. Der. de 
Burguer. 

Borgots (Mj.), s. m. pi. — Coiffe pointue 
des Nantaises. V. Bergots. 

Borgoe (Lg.), s. f. — Epine. Ex. : La frago- 
nelle, c'a des burgues. » Syn. de Pique, 
Piqueron. Der. de : Burguer. 

Burguer (Tim., Lrra., Sp.), v. a. et n. — 
Piquer, frapper avec une pointe, un aiguillon, 
le boutTd'un baton. || Fu. Donner des coups 
de cornes. Le taureau burgue ou cosse. Toute- 
fois cosser se dit du choc d'un front sans 
ornes, et plus spdcialement du mouton. 



Et. — Ce mot doit avoir la mSme ratine que 
Broc ; il est la souche de : Berguette, Bergot on 
BurgoU 

Boroe (Sm., Tim.), s. f. — Grande cor- 
beille de paille. Syn. et d. de Bourgne, 
Beurgne. || Fig. Scrotum et testicules, au 
pluriel. 

Boron (Sp., Li., Br.), s. m. — Syn. de 
Beulot. Cf. Veilloche. 

N. — Dans plusieurs regions : petite maison. 
cabane, lavoir. Le Buron, nom de lieu. 

Borriner (Mj., Tim., Lg., Sal.). — Et. non 
Buriner, v. n. Travailler p^niblement Syn. 
de Bourrasser, Biganer, Bourriquer, Ourser, 
|| Lrm. Bourriner. V. Jaub. k Bouriner. 

Et. — Ne vient pas de Burin, nous le repetons, 
mais de Bourrin, litteralement : travailler com me 
un bourrin, bourdin, bourricot. 

N. — Qqf. Sens contradictoire de : faire des 
riens. Confusion avec Berdiner, Bidasser. 

Base, s. f. — Pour Bussc. \\ Li., Br. — La 
busse est pieune ; la barrique est pleine. 

Busot ? — Syn. de Buse? 

Bosqoe, s. m. — Prononc. de Busc. S^cri- 
vait ainsi au xvi e si&cle. On dit aussi : buste. 

Bossart, s. m. — Voyez BuffarL 

Basse 1 , s. f. (Sp., Sal., etc.). — Barrique, 
fut contenant de 220 k 230 litres. || By. — 
Tonneau court et gros, usite* dans la contree 
de Brissac. Barrique, tonneau plus allonge, 
de contenance variable suivant pays, de 218 
a 250 litres. 

Et., discutable. All. Bussa, tonneau ; B. L 
buza, botte, tonneau, barrique. — Celtiq. : buc, 
enfler, ^tre gros, touffu. D'ou : busca, qui a donne : 
busse, outre, tonneau. — Hist. — « M. Le Massu a 
vendu en 1768 une busse de vin de 1766... 306 
livres. » {Inv. Arch. E. m, p. 224, col. 1.) — « Une 
busse et son avouillage. » (1710. — Id. ibid. E. n. 
p. 198, col. 2.) — « Une busse, quatre jallais et 
30 pintes de vin (1735. Id. G. p. 148, col. 2.). 
— « Ecoutez, Monsieur de Mathault, 
L'oeuvre est de la fin coronnee ; 
Une busse de vin me fault 
Par promesse de Paultre annee. » 
O. G. Bucher, 81, p. 126. 
Je n'en ay vue que... 17 barrique de vin... aprfe 
en avoir envoyer huit buse a Beaupreau. » (Lettre 
de Denais, commissaire des vivres de rarmee 
chretienne. — C. Port. Ugende de Catheiineau, 
p. 247.) — « Contre Mathurin Drouineau, tonnelier, 
pour defaut de fournitures de pipes et busses de 
vin (1498. — xvm* siecle.) /. a. S. E. 251, 2, 31.) 

Basse *, adj. q. — Avoine busse ; maladie 
causae par un champignon. (Segr. — M6n.) 

Basserie (Mj.), s. f. — Cercle moyen pour 
barriques ou busses. De : busse l . Merrain. 

Boss on (Mj.), s. m. — Petit Hot couvert 
d'arbres. V. Hd. Cf. Russeau. || Buisson. 
Corr. du mot francais. 

Hist. « Ma mye m'a donn£ un boucquet 
De violecte et de muguet 

De verte marjolaine ; 
Oardez vostre honneur et le myen 

Et vou» serez ma mye» 



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BUSSONNlfiRE — BZI 



151 



Ma mye m'a donn£ un baston ; 

I C'est pour en battre les buczons, 
| Les oisseaux n'y sont mye. 

Gardez, etc. 

Ma mye m'a donne* un basteau 

Cest pour aller jouer sup Fyeau. 

Sup l'hepbette jolie ; 
Oardez.. . 

(Ino. Arch. H. I, p. 117, col. 1.) 
« Laisserent lesd. ballaiz et allerent en vent et 
tourment par le tuau d'icelle (chemin£e) a travers 
hays et bussons, telle men t qu'il y avoit si tres 
grand bruit de vent pap ou ils passoient, qu'il 
sembloit que le vent en em port ait haye et busson. » 
(1508. — lnv. Arch. G. p. 84, col. 2.) 

Bo88onnlere (Mj.), adj. q. — Se dit dans s 
Faire PScole bussonniere. Cf. Chouiner. 

But'* (Mj. ,SsL). — Interj. V. Buh I Bah ! 
Bast! Put! 

But° * (Mj.), s. m. — Morceau de bois ou 
de paille servant a butter. || Fu. I d., e t Trace f ai te 
sur le sol, pour marquer la place ou le joueur 
doit raettre le pied. — t muet. || Terme de la 
gestation chez les animaux. Ex. : Noutre 
vache sera a son but dans huit jours. — Autre 
forme de Bout. Subst. verb, de buter, autre 
forme de : bouter. 

Bnt&Uler (Mj.), v. n. — Buter souvent, a 
plusieurs reprises. Frequent, de Buter. Ex. : 

II s'en allait en butdillant. Syn. de Crabucher. 
.'! By. — N'est pas syn. de Crapucher ni de 
D6crapucher. 

Baler (Mj., Fu.), v. n. et a. — Mesurer avec 
soin les distances au jeu de boules ou de 
palets, pour decider d'un coup douteux. Ex. : 
J'allons buter 9a. — On dit aussi : rabuter. 
Syn. de B auger. — De : but. 

Balls (Mj.), s. m. — Avoir, bien. Ex. : II a 

amasse ein petit butin ; i\ portait tout son 

butin dans ein mouchoir. — II s'6tait marie 

avec eine marraine qui avait ein bon petit 

butin. 

Et — C'est le fr. Butin, pris dans un sens spe- 
cial, peu different, en somme, de son sens propre. 
Nos grands-peres ont compris il y a longtemps que 
tout avoir s'acquiert par le travail ou pap droit 
de conqudte dans la lutte pour la vie, et ils ont 
exprirag nettement cette idee par deux mots 
typiques : l'avoir est du Fait ou du Butin. (R. O.) 
Hist. Je suis pauvre et n'ai pour butin 
Qu'un peu de bois que ce matin 
J'ai serri dans le voisinage. 

Noels angev. p. 91. 



Bottard (Lg.), s. m. — Goteau, tertre. Ex. : 
Y a ine croix sus le buttard du Petit-Goulet. 
De butte. 

Butt* (Mj.), adj. qual. — In6gal, raboteux. 
Se dit d'un terrain, d'un chemin. Syn. de 
Malplanche. 

Buttereaux (Mj.), s. m. pi. — Lais de terres 
alluviales le long des rives de la Loire for- 
mes de buttes et de trous. 

Et — De>. du fr. — Butte, au moyen du sufllxe 
diminutif ereau. Ces alluvions sont, en general, 
fortement ondulees et bossu£es. 

Hist. : « Baux d'tlots et budas en Loire (S* Maur) 
1585-1609. — lnv. Arch. H I, p. 220, col. 2. 

Buttes (Mj.), s. f. — Retourner sur les 
buttes de derriere, revenir sur ce qui a ete dit 
ou fait. 

Bovanto (Mj.), s. f. — Tonneau tou jours 
en vidanges, ou Ton prend la boisson pour la 
consummation du bord. Terme de marine. 
(Boire, buvant.) 

N. — LrrTRft cite Buvande, un des noms provin- 
ciaux de la piquette ; de bibenda, qui doit dtre 
bu ; et le Diction, ginir., le mSme mot, vin de 
dlpense, vin de valets. C'est la piquette. 

Buve, ent. — Boive,-vent. (Ec). Subj. 
pres. du v. Boire, avec forme Buver. 

Hist. — « Ilz ne vivent que de vent. Rien ne 
beuvent, rien ne mangent sinon vent. » (Rab., P., 
iv, 43, 429.) 

Buvetto. 1° (Mj., Lg.). — Sorte de chasse 
aux petits oiseaux, qui se pratique en tendant 
des gluaux sur les buissons entourant la mare 
ou ils viennent boire. || 2° (Tim., Nu.). Dia- 
bete, maladie. Ex. : II est mort de la buvette. 
N. Les diabetiques soufifrent en efTet d'une 
soif inextinguible. || 3° Petite tasse contenant 
de l'eau pour desalte>er les oiseaux qui sont 
en cage. 

Bovroeher (Lg.), v. n. — Boire du vin sans 
besoin et par passe-temps, pinter. Syn. de 
Bervocher, Soiffer, Pomper. || Fu. Buvocher. 

Buyer (Lpc., Z. 139). — Brailler. Ex. : Que 
j's6 achate de Tentendre buyer ! \\ Po. — id., 
pleurer, pleurnicher, larmoyer. Syn. de Che- 
nucher, Chemicher, Beueler, Oudler, Ouigner> 
Pigner. 

y Bii, s. m. — Pour bezi. Poire non greftee 
dont on fait une boisson tres alcoolique. — 
D6beziller, sortir de r6bri£t6. — V. BesL 



OBSERVATIONS 

Pbononoation. — C est souvent muet a la fin 
des mots ; avec°, bee , arsenic , aspic , coq°, — 
av6, b£, apseni, aspi, co. 

PBBanxTATioN. — C devient t : aspic, charcu- 
tier, — as pit, chairtutier. 
C remplace ch : cbercher devient cercher. 



C est remplace" par ch : chaUlou, ichaler, pour : 
caillou, Scaler. 

C devient g : aplangir, rouget, agacia, ganif, 
gabotagc, pour : aplanchir, poucnet, acacia, canif, 
cabotage. 

C remplace g : cangrigne, pour : gangrene. 

C remplac^ par j : ajeter, boijevarder, pour : 
acheter, becheverter. 

C remplace p : aectembre, pour : septembre. 



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152 



CA — GABAUD 



Mbtathese. — Cre devienl ker : crever, kerver* 
crier, kirier. 

Crou devient cor : corpion, pour : croupion. 

Grotjpes db lbttres. — CI se prononce qui : 
clabard, quiabard ; clarce, quiarce ; clarcer, quiarcer ; 
clincailler, quincailUr. 

CI est sou vent mouille (ce qui rentre un peu dans 
le precedent) — clair, clou, clouter, — d-liair, 
cl-liou, cl-liouter. 

Che? devient chui : cheville, chuille. 

Co devient cou : colon, colorer, connaltre, — 
coition, coulorer, counattre. 

Ch rem place s : chtcher, pour : secher. 

Ch remplac£ par c : cercher, pour : chercher. 

CI remplace fl : clean,, pour : H6au. 

Ch devient j : un fvau, pour : un cheval. 

Ca. — Prtflxe, ayant une signification 
pejorative. II se trouve dans Calorgne ; dans 
le pro venial calucs, de ca et de luc, voir. Cf. 
re-luq-uer. — Formes diverses : cal, calo, cali 
(fourchon). — L. Sudbe. Cows de Gram. hisL 
de la lang. /r., 3« par tie. Nous renverrons a ce 
pr^fixe. 

(Ja. — Pron. d^monstr. Se substitue sou- 
vent au pron. il, surtout lorsqu'il s'agit des 
m6t£ores. Ex. : Qa g&e ben dur ; fa mouillait 
a plein temps. || DSsigne souvent un efTet, 
une action . Ex. : Qa coule, — le terrain est 

Slissant ; tn fonce, — le terrain est mou. || 
b. — Qa que, pour : ce que. Ex. : On fait 
pas Qa qu'on veut, on fait en qu'on peut. || 
Par m£pris : Qa mange, et ca ne travaille pas ! 
|| Souvent suivi de qui. C'est en qui est beau, 
bon ! || Locut. vicieuses, mais claires : Quoique 
ca, avec ca. Vous sortez sans parapluie ? 
aved pa que le temps est beau ! || II a de pa, 
il est riche (on fait qqf. le geste pour compter 
de l'argent). — En parlant d'une femme : Elle 
a de pa — des appas. || Pour afflrmer. Ce 
sera comme en. || Pour interrog. — C'est 
com me pa ? eh ! ben, on va voir ! — 
Et — Contract, de : cela. 
Caba, s. m. — Raisin perle, sorte de c6- 
page blanc, cultiv6 en treilles, dont les grains 
ires gros et ovoldes ont un gout fortement 
musque. — Distinct de Cabas. — On dit : 
raisin caba. 

Cabagetis, s. m. (Mj.). — V. Cabigit, Gagi- 
bit, CabagiU 

Hist — « II se trouve a droite une longue 
galerie en briques . . . terminee par un cabajoutis 
orne de sonnettes en bois et d'ceufs rouges. » 
(H. de Balzac, Ursule Mirouet, p. 100.) 

Cabagit (Lg., Fu.), s. m. — Cahute, tau- 
dion. Syn. de Cabaghis, Cabourne, Cahurne, 
Quernaillere. Syn. et d. de Cabigit, CagibiL 

Cabane (Mj., By.), s. f. — Sorte de chambre 
en bois m6nag6e a l'arrtere des bateaux de 
mariniers et qui est 1'unique habitation de 
ceux-ci pendant leurs voyages. || By. — Sou- 
vent les pecheurs 6tablissent leur cabane 
sur le futreau au moyen de leur voile repltee 
sous la coue (arriere) du bateau et main ten ue 
par deux gros noeuds. Elle repose sur le baton, 
maintenu a une extr6mite par un pied fourchu 



et reposant de l'autre sur les jopettes. || Mj, 
Partie d'un sabot couoert qui recouvre 1* 
dessus du pied. Ex. : La roue de la chart* 
a 6cramoui la cabane de mon sabot || V. 
F&treau. 

Et Hist — Cast le fr. cabine. — B. L. Capanna ; 
du celtiq. caban, de cab, hutte. — Hist -. « II 
descendait en cabane de Saumur pour aller k 
Nantes et fut transports de sa cabane a l'auberge 
des Trois-Maures. » 1761. — (N. II s'agit sans 
doute d'un de ces bateaux de la Vienne qui trans- 
portent les pruneaux de Touraine et qui sont de 
veritables cabanes flottantes. R. O.) — Inv. Areh^ 
E,n, p. 280, col. 1. 

Cabaner (By.), v. r6f. — Faire la Cabane ; 
ou v. n. : Rester dans la cabane du bateau. 

Cabanier (Br., Zig., 183), s. m. — Rou-\ 
lottier, forain, saltimbanque. 

Cabaret 4es oiseaux, s. m. — Peigne, cu* 
vette de V6nus, dipsacus sylvestris ( Batabd) 

— Ce serai t le : nardus sylvestris, dit Manage, 
qui ajoute : « Ch. Etiennb le derive de 
Bacchar, par m^tathese et apocope ». 

Cabas, (Mj.), s. m. — Manteau, houppe- 
lande ; doubl. de : caban. 

Cabas, eabasse. — Appellation injurieuse. 
Eust. Dkschamps appelle une femme de 
mauvaise vie : cabas enfum6 ; — battre le 
cabas — sens obscene (Menage). — Cabasse, 
adressS a un enfant, signifie simplement : 
babillarde. 

€abass6, ee (Z. 136, Li., Br.). Une personne 
ag6e, courb^e, vieillie, us£e, lassie, est dite : 
cabass&e. 

Cabasse men t, (Mj.), s. m. — Fatigue. — 
V. Cabasser. 

Cabasser (Mj., By., Sal.), v. a. — Fatiguer. 

— « Qu'as-tu done a te cabasser F imagina- 
tion ? » || v. r6f. Se cabasser. Se donner du 
tintouin. 

Et Hist — La Curne l'explique ainsi : entasser 
dans son cabas ; de la •• voler ; puis, tourmenter : 
Jeannette, Marie, Guillemette, 
Pour quelque peine que je mette 
A cabasser et ramasser, 
Nous ne pouvons rien amasser. » 
(Pathelin.) — Voila pour le deuxidme sens : 
. . . Et tant le cabasserent 
Qu'ilpritreveil... 
Voila pour le troisieme- 

— Jaubert : Secouer , Jv cauas (Acad.), ven- 
ture a Tancienne mode. — « Canabasser : Exami- 
ner avec soin. » Rab., n, 10, dit : « Et le priarent 
vouloir le proces canabasser et grabeler a poinct. < 
Canabasser un proces c'est en voir et revoir les 
pieces avec autant d'exactitude qu'un ouvrier en 
tapisserie s'applique a compter et a recompter les 
fils de son canevas. (Le Duchat, dans ses Notes 
sur Rabelais.) Et de la : Canabassement, examea 
curieux, curiosa essaminatione, dit le Diet, fr.-iud. 
d'OuDDf — Cite par Borel. — Cf. Cabasso, dans 
Mireille, doublet de cabosser, cabocher, camocher, 
cagnocher. (R. O.) 

Cabasserle (By.). — Bavardage, discours 
long et confus. — V. Cabas. 

Caband (Tim.), adj. q. — Triste, d6prime\ 



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CABfiCHE — CABOURNE 



153 



abattu, accabll, au moral et au physique. 
C'est le contraire de Vioge, qui se ait a Tim. 
comme a Sp. 

Et. — Ren ferine p.-§. le mSme radic. que le v. 
accabler. 

Cabeehe (Mj., Fu.), s. f. — T§te. Ne se dit 
qu'en plaisantant. Doublet du fr. Gaboche. 

Cabestan, s. m. — II est monte sur son 
cabestan, $ad. sur ses grands chevaux. 
(Ag.) || Mj. Nabot avec une grosse tSte. 

Et — Emprunte sans doute a un terme de ma- 
rine ; on montait sur le cabestan pour le manoeu- 
vres — Esp. Cabrestante, chevre debout. On sait 
que, dans beaucoup de langues, la chevre et le bouc 
oat pr§te leur nom a des machines servant a soule- 
ver des fardeaux. 

Cablehe, s. f. — Cabane (MAn.) — || By. 
C'est : Cabine. V. Cabane. 

Cablglt (Mj.), s. m. — M6chante cabane, 
cahute, bicoque, petit retrait quelconque. 
V. Cagibit, Cabagttis. Syn. et d. de Cabagiu 

Et. — Petite cage? logement aussi elroit qu'une 
cage? 

Cabinet (Segr., Lg.), s. m. — Armoire pour 
serrer le fait d'une servante, a une seule 
porte. — Pour le garcon, c'est le coffre. — 
De cabine. — || Chi. — Sorte d'armoire 
etroite. Ce mot ne s'emploie plus, que je 
sache, dans la region de Chi. Je leretrouve 
dans Tinventaire de Brodeau. (F. Loeb, xi b.) 
de 1745. V. Charlit : « Item un cabinet a 
deux ouvertures de different bois fermant a 
clef. . . » N. Le mot est tou jours en usage 
auLg. 

Cablroiate (Mj.), s. f. — GalimafrSe ; 
ragout complexe, soit de viandes, soit de 
legumes. 

Et Hist. — Pour capitolade, sauce toaisse 
recouvrant la viande comme une sorte de chape- 
ron (en espagn., capirote, capirotada ; le plat au 
chaperon. — « Le pot pourry estoit plein de po- 
tages d'especes di verses, sallades, fricassees, saul- 
grenees, cabirotades, rousty, bouilly. » (Rab., P., 
v, 23, 529.) — « Vous trouverez qu'il n'y a rien si 
fade, entre tous les mets de vostre table, que ce bel 
entretien de son arae et que son discours et inten- 
tion ne valent pas votre capirotade. » (Mont., 
Ess., nr, 306.) 

Cablenr (Ag.), s. m. — Ouvrier qui tra- 
vaille a la confection des cables. 

Hist. — « Un ouvrier cdbleur de l'usine du Mail, 
Julien Raoul, decrochait une longe cordeau, lors- 
qu'il s'est fait une coupure a la main gauche. » 
(Petit Courrier du 29 mai 1906, p. 2, col. 6). 

Cabiiner (Mj.), v. a. — Bossuer. Ex. : Alle 
a tout cablini le seillot. V. Cabossei 

Et — J*y verrais le pref. pejor. Ca et Bliner, 
en f oncer avec le blin, beJier, lourde masse pour 
en f oncer les pieux ; faute de mieux. Je ne puis le 
rapprocher de Caboche, Cabosser, Cabocher, etc., 
sinon par le sens. — P.-e\ Cabeliner. 

Caboche (Mj., Fu., By.), s. f.— TGte. Syn. 
de Ciboulot. || Lrm., By. — Qous pour mettre 
sous les sabots de bois. V. Cabosses. 

Et et Hist — « Mot burlesque pour designer la 



t§te ; de Pital. capocchia, employ^ encore pour la 
tfite d*un clou, d'une epingle, etc. — Primit capo, 
t§te, de caput. » (Schel.) — Oche, suff. pejorat — 
« Ayans ceste persuasion en leurs caboches, elles 
feront leurs mariz coquz infailliblement » (Rab., 
P., m, 34, 291.) — « Et n'eust est6 qu'ils s'estoient 
tres bien antidotez le coeur, l'estomach et le pot au 
vin, lequel on nomme la caboche. » (Rab., 2, 33. 
Cite par M&nage.) — « D'autant qu'il n'avait pas 
beaucoup de cervelle en sa caboche. » (ffuits de 
Straparole.) 

« Qu'ainz perdreit chascon la caboce 
S'il en aveit poeir et force. » 
(Chron. des dues de Norm., 22-298. — D. C.) 

Cabocher (Mj., By.), v. a. — V. Cabosser. 

Et. — Rac fr. Caboche. Cabocher a du signifier 
d*abord : meurtrir la tfite. 

€abolUan4 (Pell.), s. m. — Enfant qui a un 
gros ventre. Ex. : II est com. ein petit caboiU 
laud : il n'a que la boille. Syn. de Beillu. De>. 
de Boille, Beille, avec le pr6f. p^jor. Ca. Cf. 
Camillaud, se Canicher, Cdnigeot. — Cf. Cabil- 
laud, nom donne a la morue, qui a un gros 
ventre. 

Cabosse 1 (Mj., Fu., By.), s. f. — Clou tres 
court et a grosse tSte dont on garni t la se- 
melle des chaussures. C'est le fr. Caboche, 
cabochon. 

Et. — Du lat cap(ut) + oche. Ou du celtiq. 
Kab, Ute, qui a fait le vx fr. cab, t§te, bout, extre- 
mite, — d*ou caboche, dans le langage familier. 

« Portant sur ma caboche un coffin de Hollande. » 

Coffin : corbeille. 

Saint- Amant. (Evbillk.) 

Cabosse f , s. f. — Bluet. V. Barbeau (MAn.). 
Batabd appelle Barbeau la Nigella damas- 
cena et la Centaurea cyanus. Syn. de Bleuvette. 
C'est le m§me que le pr6c6dent, pris au fig. ; 
le bluet a une grosse t§te. 

Cabosser (Mj., Q., Zig. 136, Fu.), v. a. — 
Bossuer. V. Cabiiner, Cabosse. || Le Mesnil, 
v. n. Casser les mottes avec un maillet. Syn. 
de Dlbattre. || Lrm., Fu. — Mettre des ca- 
bosses. 

Et. Hist. — Deformer la tlte, puis, par ext, 
d*autres objets. — « Diogenes y roulla le tonneau 
fictil (en terre) qui pour maison lui estoit contre les 
injures du ciel, et... le tournoit, viroit..., tra- 
cassoit, ramassoit, cabossoit. (Rab., P., Prol.) 

|| Rabattre la partie supe>ieure d'un sillon 
qu'on vient de Wcher (MAn.) || Fu. — Faire 
un deuxteme labour, un binage, pour sarcler ; 
on cabosse la vigne. A Mj. c'est Rtgdiller. 

Cabot (Mj., Lg., etc.), s. m. — Caporal. 
Syn. de Capiston. Argot de caserne || Chien, 
roquet. Syn. de Toutou. 

Cabourne (Mj.),s. f. — M6chante cabane, tau- 
dis, cahute, mesure. N. II y a le village des 
Cabournes, dans la commune de Jallais. On 
Fa baptise* r6cemment Notre- Dame des 
Mauges. — Syn. de Cahurne, Turne, Taugnon, 
Quern&illi&re. 

Et. — Dans le pat poitev., ce mot designe un 
objet creux qui resonne en le frappant Se dit sur- 
tout d'arbres creux. (L. C.) — Creux et vide comme 



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154 



CABOURNEAU — CADUER 



une caverne. Mot d'orig. celt. Kav, comme en bas- 
breton. (Guill.) 

Cabonrnean (Lg.), s. m. — Ruelle 6troite 
et montante. 

Cabre. — Vieux mot angevin. Cache* 

Hist. — (Un noble homme est tu6 d'un coup de 
pistolled « et n'estant que deux cabrez ou (au) 
taillis contre la maison. » (Inv. Arch., E, S, s. 333, 
1. — Com. de Drain.) 

Cabrer (Mj.), v. n. — V. Combrer, s'af- 
faisser, s'^crouler. — 1| Lue\ La voute de la 
cave a cdbrL || By. Cabrer, a bref. D'ou 
Encabrer. 

Hist. — « Lequel, bechant de la terre forte aux 
Terres-Rouges, la terre a casbrt sur luy, dont il est 
mort. » 1673. — /. a., S, E, m, 157, 1, m. — 
Ce mot viendrait-il de cabra, se dresser comme une 
chevre ? 

Caea (Mi., Fu.), adj. a. — Sale . « Ne touche 
pas a $a, (rest caca. || M6chant. Ex. : T'es ben 
caca d'avoir fait du mal a ton petit frere. 
Terme exclusiveraent enfantin. Syn. de 
Pequias. || By. Faire son -caque. 

Et. Hist. — « Quand vous verrez les autres 
venir et qu'ils auront avails (mis bas) leurs 
chausses et retroussS leurs chemises pour faire la 
caque, vous sortirez doucement de votre embus- 
cade. » (L. C.) Lat. Cacare. 

Caeaphonie. — Pour cacophonie. 

Caeas (Lg.), s. m. — Pomme. Terme enfan- 
tin. (Jaub. Quecas.) 

Caeasse, s. f. — Grive qui Emigre. V. Traie. 
|| Fu. — Pie || (Li., Br.) || Maze\ — Jacasse, 
jabote, personne bavarde et sotte. Syn. de 
Berdace, Bobote, Petasse. Cf. Quiaquiasse, et 
aussi Cacosser. 

Cacasser (Lg.), v. n. Croasser. Syn. de ce 
mot. || Mj., Lg. — Caqueter, en parlant des 
poules et, au fig., des femmes. Syn. de Daras- 
ser, Darainer. || By. Se dit surtout de la pie. 

Caeaudes (Sal., etc.), s. f. — Dents. V. 
Quenottes. Mot enfantin. Cf. Caquine. 

Cache, s. f. — L'enveloppe de la noix 
(M6n.) II By. — On dit : chale ou exhale, 
d'ou 6chaler des noix, — et aussi des ch&- 
taignes. La bogue de la chataigne est T6- 
corce ; la deuxieme est la pelure ; et cepen- 
dant on dit qqf. : Eboguer des chataignes, 
pour : 6chalei. 

CacM (Mj., By., Fu.), part. pas. — Etre 
mal cache, — Stre en raauvaise posture, dans 
une situation dangereuse. Ex. : II est ben 
mal cachk avec cet6 mal la. — (Lu6) id. Je 
le vois ben mal cachk. — Syn. de mal tendu. 

Cache-cache, s. f. — Jeu d'enfants. On 
cache, p. ex. : un mouchoir, qu'il s'agit de 
retrouver. — Un enfant peut se cacher lui- 
mSme. Cf. Keute, Vise. 

Cache- mlsere (Mj., By., Fu.), s. m. — 
Vehement exte>ieur, d'apparence conve- 
nable, destine a dissimuler des loques. 

Cacher* v. a. — Ensevelir (Li., Br,). II M4. 



Cacher qqn., cacher ses vices, ses Jredaines, 
ses fautes, le couvrir. || Lrm. — Peser, 
appuyer. 

Et. — * Coacticare, proprement : rassembler 
sous un petit volume, quad' car, qualchier, 
cacher. (Darm.) — Coa a donn6 Ca ou Qua, 
comme Coagulare a donn£ Cailler ; ct devient ch, 
flectere, flechir. De cogere, cum agere. (Lm.) — 
Cf. Ecacher. — Rac. celtiq. Cac, couvrir. (Malv.) 

Caehette de (Mj.). — En cachette. 

Cachlgnard (Tim.), adj. q. — Qui aime a 
marchander longuement, qui n'est pas rond 
en affaires. Syn. de Tirant, Haricotier, Pisse- 
fred. Cf. Fafignard, Jaub. 

Cacosser (Mj. f Q., Zig. 136, Bry., Sal.), v. n. 

— Bdgayer. Syn. de Jacquetonner, Begasser, 
Macasser, Beguer. 

Cadabre (cadabe) (Mj., Br., By., Zig. 185), 
s. m. — Grand corps, mal b&ti. Ex. : II en a 
d'ein caddbre cete* grand animal-la ! || By. — 
On dit : encabrer, enfouir un cadavre d'ani- 
mal, — du chambre. 

Et. — Cest le fr. cadavre ; mais le nom s'ap- 
plique aussi bien aux corps vivants qu'aux corps 
morts. 

Cadavant (Lg.), interj. — L'enfant s'en sert 
au jeu pour signifier qu'il entend jouer l'avant 
dernier. Cf. Codergne, Cateprome, Catesigue. 

Cadaver. — Cest le mot lat. Cadaver, 
cadavre. Probablement employ4 pour : 
Licence d'enterrer un mort dans certaines 
conditions, — de mort violente ou de cause 
inconnue ; accident. 

Hist. — « 1606. La dite delunte a 6U trouvee en 
la riviere du moulin de Goues et en est morte, telle- 
ment que pour faire la sepulture il m'a 6t& n£ces- 
saire d'avoir ung cadaver, ce que j'ay obteneutz de 
M. le pSnitansier. » (Inv. Arch., t. Ill, E, S, s, 425, 
2, b. — Saint- Pierre-Maulimart) 

Cadet (Mj.), s. m. — Fig, Crane luron, 
solide gaillard. || Cest le cadet de raes soucis, 

— le moindre. 

Et. — La premiere acception vient sans dout* 
de ce qu'autrefois les cadets de noblesse, destines A 
la carriere des armes, avaient ou affectaient 
l'allure d^cidee, Tair bravache de gens qui ne 
comptaient que sur leu»- 6p6e pour se pousser dans 
le monde. — Du B. L. capittetus (capdet), le petit 
chef ; Taln6 est le grand chef. — « Une caricature 
de 1830 poi'te cette legende : « Cest de fameux 
cadets ; ils ont trouv6 le moyen de faire de la panade 
avec du pain. » — « Apres la dite desconfiture, ils 
se ralierent et vinrent devant une place nominee 
Melaunoy, dedans laquelle estoit un capitain? 
gascon nomm£ le capdet Remounent. Cest le 
meme sens que catpal, dans, captal de Buch. 

— || Derrtere. Veux-tu biger cadet ? 

CAdre (Mj., By., Fu.), s. m. — Un tableau, 
une gravure, m§me non encadrte. Cest la 
partie prise pour le tout. 

Cadrer (Mj.), v. n. — Cadrer. L'a se pro- 
nonce tres long. 

Cadner (se) (Mj.), v. r6f. — Se casser, 
devenir d6cr6pit, caduc. Semble de>iver de 
ce dernier mot, que le patois ignore. 



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CADUILE — CABEURGNER 



*55 



Kt, — Dii lat caducus, de cadere, tomlter. — 
Dans le Centre : Cadaire, flStrir, faner ; afTaiblir, 
faire tomber. (Jaub.) — De ca + ducere, duire. 
(A. V.) 

Ca4oile (By.), s. t — On appelle : pommes 
de Caduile (prononc£ qqf. Cadeville) les 
pommes de Calville. 

Ca4ulr° se (Lg.), v. pron. — V. Caduer. 

Cae* ? Interrog. Quoi ? (Z. 144) par cor- 
ruption. Segr. Cae? de cae? || By. — Ke\ 
de k6? 

Cafe (Pr., By.). — Boir.e son cafk debout, 
9a fait trembler quand on est mort. » dit-on 
a une personne qui ne veut pas s'asseoir pour 
boire son cafe*. C'est l'engager a « s'assire 
ein moument ». || Lupin k feuilles Stroites. 
Les graines torreTi£es sont souvent m§16es 
au cafe\ (Mj., Fu.) — By. — Lupin ; le cafe 
fran^ais, le caf6 du pauvre. Je Tai vu employ^ 
seul (et ce n'est pas bon !) ou mele* a du 
cafe. On ne le cultive plus guere. 

Et — Arabe : qahvah, vin, puis boisson de baies 
cuites. — Ou Kaffa, nom d'une contree d'Afrique. 
(Schel.) — N. Depuis qqs ann£es (1906), on voit, a 
Angers et dans tout le departement : le Planteur 
de Kaffa, ma is on de cafes, dont les vendeurs cir- 
culent en ville, portantleur produitdansdes caisses 
montees sur roues. 

Cafeton (Mi.. Fu., By.), s. m. — Petite 
tasse de cafe tres faible. Ex. : Si je prenions 
ein cafeton ? — « £a, du cafe ! du cafeton, du 
vrai lessif || Cafe, 6tablissement de bas 
etagt. 

Cafre (Mj.), s. f. — Trou dans les terres 
labourables ou dans les pr£s, surtout trou 
plein d'eau. — Syn. de Mdcre, Sourdille. 

Cafrenx (Sa.), adj. q. — Mouilfe, aqueux. 
Se dit d'un terrain. Syn de M aqueux. 

fagane> (Lg.), s - f- — Averse de pluie 
fouettante. Syn et d. de Cimbalie, Qdlie. 
Corrupt, de Cingalese ou Cigalke. 

Cage-fcasse (Lg.), s. f. — Sorte de piege 
en osier a prendre les petits oiseaux ; genre 
de tr^buchet. Syn. de Tombereau. || By. — 
N'est appefe que : tombereau, prononce* qqf. 
timbereau. 

Cageolois, s. m. — Petite cage, cachet te. 

Caglblt (Auv., Fu., Mj.), s. m. — Syn. de 
Cabigu. || By. — Ce dernier, inconnu. 

Cagloft (Lu£), — Porcelet. On le tient en- 
fernfe dans une cage a claire-voie. C est ce 
que Ton appelle a Mj. : Cochon de punier. 

Cagnade (faire). — Faire l'£cole buisson- 
niere. Voir Caignard, au sens de pares- 
seux. Syn. de Chouiner. 

Cagnard, s. m. — R6chaud en fer. || Pares- 
seux. V. Caignard. 

Et — Faut-il, au premier sens, le rapprocher de : 
cagneux, a cause de la forme de ses pieds, se rap- 
prochant de ceux du basset? Canis, d'ou cagna, en 
ital. chienne. — Sorte de fourneau du cirier. (Litt.) 
— A signifle : chenil : « Mais, en ces voyages, vous 



serez arrests miserablement en un caignard ou tout 
vous manquera. » (Mont., m, 19.) || Au sens de : 
faineant t Cagnard, en lang. romane, est un mur 
ou le soleil donne, et un cagnardier un faineant, 
passant son temps couche le long d'un cagnard. — 
Cagnarder, montrer de la lachete : 

« Done, si quelque honneur vous poingt, 

Soldars, ne cagnardez point : 

Suivez le train de vos peres. — Ronsard. 

— Cagner ; avoir peur, reculer : « Tu cagnes ! » 
(Jaub.) — De Cagne, mauvais chien. « Jamais 
cagnard ne feit beau fait. » (Sentence du xvp s.) — 
Cagner, s'enfoncer dans un lieu chaud -. Cagne- to i 
done dans ton lit. — Cagniard : lieu expose au 
oleil. (Borkl.) 

« Le pet, comme le champagne, 
Avec Druit pousse un bouchon ; 
La vesse a le cceur plus cagne, 
C'est l'image du poltron. 

(Vieille chanson. — Favbk.) 

— « Y^nus, l a bonne cagne, aux paillards appetits. » 

( Saint- Amant. — Le Melon. — Guill.) 
Le nom de cet ustensile pourrait venir aussi de ce 
que, comme/le chien, il est to u jours accroupi dans 
le coin du foyer. 

CEgneui, ease (Sp.), adj. q. — Celui qui 
ne paye pas volontiers son 6cot, ladre, 
pince-maille. 

Et. — C'est le fr. Cagneux, dont le sens est trans- 
ports du physique au moral, exactement comme 
pour le fr. Ladre. — De cagne, chien ; il a les 
jambes comme celles du chien-basset. 

Cagnoehe (Mj., By.), s. f. — - Maillet de bois. 
|| Fig. Grosse t£te, fete dure, caboche. 

Cagnoeher (Mj.), v. a. — - Frapper avec un 
maillet, une cagnoehe. || Frapper ou battre 
en g£n£ral. Cagnoeher la goule k qqn. — 
N. Se dit & Tim., c. k Montj. — A Mj. on dit 
6galement Camocher 

Cagot, s. m. — Recipient en bois ou en 
m6tal (Z. 69). On dit aussi Cagot'. (Craon.) ' 

Cagnenas (Mj., Fu., By.). — Corr. du mot 
fr. — A final tres bref. 

Et. — EmpruntS du prov. Cadenat, de>iv6 de 
Cadena, chalne (lat. Catena) ; proprement : serrure 
en forme de chatne. Autrefois, le cadenas avait une 
petite chalne, au lieu de 1'anse ou anneau actuel. 
(Schel.) 

Cagnenasser (Mj., By., Fu.), v. a. — Cade- 
nasser. V. Caguenas. || By. — S'enfermer 
(v. re7.), se crouiller, crouiller sa porte en 
dedans. V. F. Lobe : Langage VIII. 

Qaguenee (Lg.) s. f. V. Qaganke. 

Cagnenette (Sa.), s. f. — Fascicule de ra- 
tines. Ex. : Le pkpk a des ratines par cague- 
nettes, tout comme le Canada, — il a des ra- 
tines fascicules. 

Et. Hist. — C'est le fr. Cadenette. Cf. Caguenas. 
— Cadene, chatne ; cadenette, tresse de cheveux. 
— « Un long flocon de poil natte 
En petits anneaux frisottes 
Pris au bout de tresse vermeille 
Descendoit de sa gauche oreille. » 

Chanson de 1628. — L. C. 

Caheurgner (Sp.), v. n. — Tousser forte- 
ment. Syn. de Cahuter, Cahurner i Cra- 
ho une r, Tquyen 



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156 



CAHIET — CAILLE 



Et. — « Cahuler. Du chien qui crie de douleur. » 
(Jaub.) 

Cablet' (Mj), s. m. — Cahier. 

N. — Ce mot, comrae Tabaf, jeut', etc., montre 
bien la propension qu'a le pat. a ajouter un t a la 
fin des mots. 

Et — Lat. pop. * quaternum (classiq. quater- 
nio), proprement : cahier de quatre feuilles, de- 
venu : cadern, caern. (D. C, quaternus.) Lea Hal. 
disent Quaderno pour la feuille pliee en quatre 
feuillets et Duerno pour la feuille pliee en deux 
feuillets. 

Cahln-caha. — N. « J ai assemble cent ecus 
qu'ahu qu'aha. » — II est venu qu'ahu qu'aha 
— tant bien que mal, par ci par la, avec 
peine. — (Bobel.) Serait-ce pour : tant qu'a 
a hue que a aha ? 

Cahottee, s. f. — Ghargement de divers 
objets (Craon). 

Cahuet. — Vx. mot angevin. Sorte de 
coiffe. 

Hist — (On a repeche le corps d'un noy6 qui a 
6t6 reconnu), « pour avoir recongnu une poche sur 
la teste en fascon de cahuet, qu'il avoit lorsqu'il 
tomba. . . » 1636. Inv. Arch., n, E, S, p. 286, 1. 

Cahuette, s. f. — Petite cabane. (Revue 
de VAnjou, 83, 22.) On trouve ce mot dans 
Calvin et dans la Satire Menipp£e. ||JSans doute 
Cahutte, employ^ pour : hutte* et petite 
cabane. 

Cahurne (Mj.), s. f. — Canute, dont il est 
une corrupt. Syn. de Turne, Taugnon, Ca- 
bourne, Quern&illere. 

Et — « Canute, anciennement : cahutte, 
cahuette (holl. kajuit, cabine d'un navire). Cahute 
serait une contract, de cahuette, et le primit. serait 
Cahue, B. L. cahua, et rgpondrait a Tall. Kaue, 
r£duit L'anc. fr. et certains pat emploient cahuet 
pour capuchon ; cela fournit un nouvel exemple de 
ce rapport ideologique entre les mots exprimant : 
maison et habillement. Cf. caban, chasuble, 
casaque. (Schbl.) 

Cahurner (Mj.). — Tousser beaucoup. Syn. 
de Teuyer, Cahuter. Syn. et d. de Caheurgner, 
Crahouner. 

Cahuter (Mj.), v. n. — Tousser fortement 
Voir les syn. k Cahurner. 

N. — On a la relation : Caheurgner, de cahurne ; 
Cahuter, de cahute. De fait, c'est dans les Canutes 
mal closes que les rhumes tiennent leurs assises. 
(R. O.) 

Calgnard, de (Mj.). adj. q. — Cagnard, 
faineant, paresseux, mou, atone, veule. 
Syn. de Fainiant, Niant, Fointroux. || Couard, 
lache. || s. m. R6chaud, petit fourneau, 
g6ne*ralement en terre cuite. Ainsi nomm6 
parce qu'on le laissait toujours dans le coin 
de l*atre. On en faisait autrefois en tuf- 
feau. 

Et — V. Cagnard. — D6riv6 de Cagne, par 
compar. avec le chien qui s'accroupit au coin du 

feu. « Faineant, paresseux com me un chien. 

Lieu sous les ponts de Paris, ou les gueux, tant 
hommes que femmes, avaient pris l'habitude de se 
retirer pour se chauffer au soleil. En Languedoc on 
appelle encore Cagnard le c6te de la rue ou le soleil 



donne. Du lieu, le nom passa aux faineants eux 
m§mes. — Cagnard a M fait au xvP s., sur Vital 
cagna, chienne ; c'est, proprement, mener la vie 
faineante d'un chien. Le populaire dit encore : II 
fait sa cagne, quelle cagne ! 

« Jamais en nulle saison 

Ne cagnarde en ta maison : 

Voy les terres estrangeres. 

Ronsabd. (L. C.) 

Caignarder (Mj.), v. n. — Cagnarder. 

Caignardlse (Mj.), s. f. — Cagnardise. 
V. Caignard. 

Et — Qui a la faineantise du chien, qui aime 
trop son foyer, com me lui. Cf. s' Acaignarder. — Le 
mot Caignard - coin, rester dans son coin. (Lttt.) 

Call * (Mj.), s. m. — Somme, sommeil pro- 
fond. Ex. : II a fait ein bon cail de ressite. 

Et — P.-S. a rapprocher de l'angl. to Quail, 
abattre, dompter. — P.-fi. pour Cagne, sommeil du 
chien. 

€afl f , ou Callle (Tim.), s. m. — Nom de 
sens ind&lni, oui s'emploie dsla loc. : S'ef- 
forcer a en renare le cail, — c^d. au point de 
se donner une hernie. — A Mj., on dit : a en 
chier la bousine. || By. — Ne serait-ce point 
aussi a en ramener (vomir) le caillet (la cail- 
lette) partie de Testomac du bceuf, prise 
pour Pestomac, comme on dit : le livre pour : 
le feuillet ? 

Et — Cail doit avoir ici le sens de boyau, par 
extens. du sens de : estomac, et par allusion a la 
caillette des animaux ruminants. De coagulare, 
coaglare, coailler (xir 3 ), cailler. (Lrrr.) — Caille = 
ventre, surtout en pari ant des jeunes oiseaux. 
« Cet oiseau n'a que la caille », il n'a pas encore de 
plumes, il est tout ventre, tout jabot. (Jaub.) 

Caiila (Choi., Fu.). — Lait cailte. — 
J'mangerons dou caiUa. V. Cailli et CaiL 

Calllade, s. m. — Ecole buissonniere. 

Et. — On a propose : courir a travers champs, 
comme la caille (M4n.) ; — faire la cane, caner. 
s'enfuir. || Je suppose qu'il faut ecrire Cagnade. 
Voir ce mot 

CaUlasse (Sp.), s. f. — Lait cailte. — V. 
Caily Caiila, Cailli. 

Calliand (Mj., Fu.), s. m. — Le plus petit 
etle plus faible (Tune couv^e. Syn. de Chdpwt* 
Chaupiot y Cailleraudy RinoU \\ Fig. Le dernier 
ne d'une famille. Cf. Pangl. Callow, qui n'a 
pas encore de plumes. 

Caille * (Lg., Mj., Sa., Pa tres long.). — 
Caille, oiseau. — (Mj.)- Nourrir la caille, — 
avoir termini le dernier, dans un voisinage, 
un genre de travail agricole : d£chaussement 
des vignes, moisson, etc. II est probabk 
que cette plaisanterie s'est lanc^e d^abord a 
propos du retard dans la moisson. (Ce re- 
tard donne a la caille le temps de grandir). 
II (Sa). PScher la cdille, est, au contraire, 
achever la fauchaison. || By. — Nourrir la 
caille est une pratique. — Une parcelle dt 
prairie 6tant fauchee apr^s toutes les autres, 
ou m§me n'eHant pas fauch6e du tout, les 
cailles s'y remisent, et le proprie"taire chas- 
seur y trouve son compte. 



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CAILLE — CAILLOUTE 



157 



Et. — B. L. quacola, quae* la, caille ; neerl. 
kwakkel. 

Caille \ s. f. — Fressure de Testomac du 
veau, qu'on mSle a la farine d'avoine et du 
sel, le tout renferme* dans un boyau de mou- 
ton en forme de saucisse. Pour : caillette 
(Men.) — || Pour : caillebotte. A Mj. Yk se 
prononce long, tan d is qu'a Tim. il est tres 
bref. || Grumeau de sang. || Caillette de veau 
ou de chevreau (Lg.) — || Rendre la caille. 
V. Cail. J'ai travail^ a en rendre la caille. 
II Sal. — Lait 6pais, aigre, sans creme. 
Epaisseur d'un liquide (lait, sang). 

Et C'est le quatrieme estomac des ruminants. 

le seul developpe chez les petits qui tettent encore; 

Caille % (Auv.), adj. q. — Dont la robe est 
blanche et noire, en parlant d'un animal. 
Ex. : Cheval caille, gris pommele\ Syn. de 
Garre. || By. N'est pas tout a fait syn. de 
Garre. Celui-ci est : fond blanc, avec taches 
larges de noir, ou fond noir avec larges taches 
de blanc. 

CftUean (Cf., Zig. 187), s. m. — Logis. 
Se dit dans : Garder le cdilleau, — rester chez 
soi. Syn. de Carrke. 

Caillefcotte (Mj.), s. f. — Lait cailte et 
rendu consistant par la chardonnette et la 
cuisson. — V. Hallebotte. || By. — Mets 
angevin tres populaire autant et peut-Gtre 
plus que la milUre. || V. F. Lore, XII, nour- 
riture. 

Et. Hist. — Comme qui dirait : une botte (bout, 
morceau) de lait caille. — « Soubdain, vous verrez 
l'eau prinse comme si fussent caillebottes. » (Rab., 
P., m, 51.) 

Callefcotte (By.), part. pas. — Couvert de 
nuages distincts, semblables a des cubes de 
caillebotte, en parlant du ciel. C'est signe de 
vent (Ag.) 

CaUeoottor (se) (Mj., By.), v. r6f. — Se 
cailler, se grumeler. Syn. de BeUeler. 

CABler (Mj., By.), v. a. et n. — Fig. Cdiller 
de l'drage, amonceler de Tdraga. Ex. : Le 
soule* est trop chaud ; il est ben sur de cdiller 
de l'drage. — Remarquer le pittoresque de 
Texpression. || Cdiller des ous6es, m£me 
sens. 

Cailleraud (Tim., Lg.), s. m. — Le plus 
faible d'une couv6e, le dernier n6 d une 
faraille. Syn. de Caillaud, Rinou Dim. et d. 
de Caillard. V. Caille 2. Chdpiot (Lg). Cf. 
Clos-cuL 

Calllereaux (Choi.), s. m. — Marchands 
des Quatre-Saisons qui viennent, des bords 
et d'au dela de la Sevre, vendre leurs pro- 
duits a Cholet Appellation d6risoire. Le mot 
est probablt le mSme q. Cailleraud. 

Calllerote (Lg.), s. f. — La derniere n6e 
d'une famille . N. On e*crit Cailleraud, Per- 
raud, parce que la finale est longue, et 
Caillerote, Perrote, parce que la finale est 
breve. 

N Ce mot est la forme feminine de Caillereau, 



qu'il conviendrait sans doute d'ecrire : Cailleraud. 
Cf. Perraud, per role. 

Caillette, s, f. — Bavarde. || By. Petite 
caille. v 

Et. — Qui gazouille comme une caille. — 
« Nom propre. Caillette, boufton celebre au xvi 6 s., 
devenu femin. sous l'influence de la terminaison. 
Personne d'esprit frivole. (Dabm.) — Hist. : « Ce 
n'est pas sans raison que les autres nations nous 
appellent caillettes, puis que, comme pauvres 
cailles coiff6es et trop cr^dufes, les pr^dicateurs et 
sorbonnistes, par leurs caille Is (appeaux) enchan- 
teurs, nous ont fait donner dans les retz des 
tyrans. » (Satyre Minippie.) \\ By. Es-tu ben la, 
ma mignonne? t'es chaude comme eine petite 
caillette. 

Caiill (Tf.). — Lait caille\ Syn. de Cailla. 

Caillirand (Lg.), s. m. — V. Cailleraud. 

CaUlon 1 (Mj., Fu., Zig. 196), s. m. — 
Caillou. Syn. de Chaillou. || Sal. Id., et Grosse 
bille de marbre. Syn. de Boulei. 

Et. — Caillou, forme norman-pic. pour : chaillou, 
de chail, calculum en latin, calcium, caelum, chail. 
(Da^m.) — D'apres Malv., du celtiq. Cal, §tre dur. 
D'ou * calos, caliavos, * caliovos, * caliouos, — 
caillou, pour : caliou. 

Calilon f (My.), s. m. — Coiffe. 

Et. Der. de CaU ou Caille = boyau, avec exten- 
sion au sens de ventre. Cf. Bonnet a Bouse. 

N. — « Calotte piquee. V. Cayenne. Calotte a 
large fond carr6 servant de charpente a la coiffe des 
paysannes dans le B as- Berry et composed de deux 
morceaux de toile entre lesquels on met une couche 
de chanvre ou d'ouate que Ton pique a tres petits 
carreaux pour lui donner de la consistance. — G. 
Sand en parle dans la Petite Fadette. (Jaub.) 

Caiiionner (se) (Sal), v. r6f. — Se battre a 
coups de caillons * Syn. de se Garrocher. Cf. 
Calonner. 

Caillot-rosat, s. m. -— Sorte de poires, ainsi 
appel^es de leur durete\ et de leur blancheur, 
et de leur gout de rose... Nous les appelons en 
Anjou Cailleaunozat, caillorosar. (MAnage.) 
— Francais. 

N. — « Caillau-pepin. C'est le m§me que le 
Chaillouel du Roman de la Rose et le Caillouel du 
R. du Renard. — Son nom est celui du lieu m£me, 
dans le Noyonnais, appele Caillouel. » (En note : 
On distingue encore le caillot-rosat, qui est pier- 
reux et a un gout de rose). — Caillouel, poire de 
caillou. (L. C.) 

Caillou (Tim., Fu.) — T£te chauve. Syn. de 
Genou, Chou-pomme. « N'avoir pas de mousse 
sus le caillou ; §tre chauve. || Lg. Silex. Cette 
sorte de pierre, rare dans la contr^e, est d6si- 
gnee sp^cialement sous ce nom par opposition 
aux autres roches. || TSte dure. Ex. : C'est pas 
aise* de leur fourrer cela dans le caillou. — 
Syn. de Ciboulot ; Cdbosse. 

Cailloarne (Mj.), s. f. — Grosse poulie, en 
terme de marine. || Mouflle. 

Cailionte, s. f. — Maladie des piqueurs de 
meules en Anjou, appel^e pneumonoconiose, 
ou pneumochalicose, phtisie professionnelle. 
(Petit de Julleville, vm, p. 813. H n de 
la Liu. jr.) 



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158 



CAIMANDER — CALEUIL 



Et. — L. calculus, calcolus, callocus, fr. caillou, 
cailleu, — ou : calculus, caculus, caclus (chute de 
1»1 tres admissible), d'ou : chail, cail, caille — les 
suffixes : ol, ou, eul, ot. (Schel.) 

Caimander, v. a. — QuMer, mendier, qu£- 
mander. — Cest qu£mander. 

Et. — Hist. — Origine incertaine. Hist. 

« Puisque pauvre et caimande on voit la po6sie. » 
Regnier, Sat., 4. 
— « Un homme querant et demandant l'aumosne 
qui estoit vestuz d'un manteau tout plein de pale- 
teaux (piece recouvrant un trou) corarae un coquin 
de caimand. — Caimander, mendier, gueuser. 
(L. C.) — a Quod quaeritur. « Survint un Caymant 
avecques une jeune femme muette, laquelle ledit 
Caymant dit estre sa femme espous£e (1220). » — 
Ung coquin ou caymant et homme vacabont. 
(V° Quaesta, p. 590*. D. G.) 

« Quand T616phe et Pele*, bannis et caimandans, 
S'efforcent d'6mouvoir le coeur des regardans. » 
Vauquelin de la Fr., Art pott. (Jaub.) 

Cain (c dur). — Locut. employee par les 
enfants pour faire ouvrir le bee aux oiseaux 
pour leur donner la b6ch£e (M£n.) — N. Ne 
serai t-ce pas : Tiens, prononce* Quiens? 

Caisson (Mj., Fu.), s. m. — La t§te. Se 
faire sauter le caisson, se bruler la cervelle. 
Cf. Calebasse. 

Cal (By.). — Mieux : Qual, pour quel, 
queue, quid, 

Calais (Mj.), s. f. — Calais, ville de l'Artois. 
Ce nom entre dans les deux loc. prov. sui- 
vantes : On aurait cru a les voir que c'eHait 
Cdlais et ses bouteilles ; ils representaient 
Cdlais et ses bouteilles, — on les aurait crus, 
ils paraissaient riches. — Cette curieuse 
expression doit faire allusion a qq. fait histo- 
rique que j'ignore. 

Caleiner (Lu6). — Durcir. Des pierres 
mises dans une orniere se calcinent par le 
passage des voitures. 

Cale. — Dans le patelin de Thouars, on 
cale beaucoup : Cale femme, coul homme, 
cette femme, cet homme. — Cale fille, cou gas 
as-tu vu? Qu'et bceufs, avec cale charte, avec 
cette charrette. — N. Serai t mieux 6crit 
Qual. Cf. Quel, Quid, Quiou. 

Cale (Mj., Tf., Fu.). — part. pas. Fig. Fort a 
son aise ; tres instruit. 

Et — De cale, terme de marine ; avoir assez de 
bien pour remplir sa cale ; — ou de caler, assujettir, 
donner de la solidity au moyen de cales. (Jaub.) — 
Rac. celtiq. cal, dur ; f£m. cale, coin en bois faisant 
fonction de pierre, chose dure que Ton place sous un 
objet pour le faire tenir d'aplomb. (Malv.) 

Caleaa (Fu.), s. m. — Morceau de pain. 
Quand TAngelus sonne et que Pouvrier va 
prendre un repas : « Via la mort aux caleaux, 
dit-il. Syn. de Cargnon, gros morceau de pain 
a Saint-Lambert. || Ce qui sert a caler une 
charge. || Pour : Scale, brou de noix. (Men.) — 
V. Calot 1, 2, 3. || Fu. — Morceau de pain 
ayant un talon rond, tandis qu'une leche de 

Eain prise au milieu, sans croute, est une 
eurree. La cloche de midi sonne « le trepas- 
sement des caleaux* » 



N. — Doit venir de cale, morceau de bois ser- 
vant a caler. Le peuple dit : Je vas me caler l'esto- 
mac, pour : je vas manger. Tres pittoresque. 

Caleanx (Sp.), s. m. — Ne s'emploie qu'au 
plur. —- Noix, fruit du noyer. Les enfants ne 
connaissent guere ce fruit sous son nom 
fran$ais. Se rattache au fr. Ecaler. 

Calebasse (a tr£s bref) (Mj., Sal., Fu.)., s f. 
— S'emploie dans la loc. : Vendre la cale- 
basse ; syn. de v. la miche. Livrer un secret. 
On dit aussi : se faire sauter la calebasse. V. 
Caisson. 

Et. — Esp. Calabaca, cucurbitacee dont le fruit» 
vide* et s6cne\ est employe en guise de vase. — 
D'ourtSte. 

CftMe (Lg.), s. f. — Averse de pluie fouet- 
tante. Syn. et d. deCimbalie et Caganee; 
corr. de Cingalbe et Cigalee. 

Caieii. — Chaleil, lampion. 

Hist. — « Le baston a quoy Ton pend le chaUiJ 
ou crasset les soirs pour alumer en la maison 
(1475. Note de l'Ed.) — « Apres que icelle Margue- 
rite eut alume son chare il ou croissieu. » (1456.) — 
On dit encore, en Poitou : chaleuil, chareil, cha- 
reuil. — Chouloil. Mot breton. On lit, au Catho- 
licon Armoricum : Lumidre ou chandelle a veiller d? 
nuit ; ou chouloil, ou engasse, bri tan nice : creuseul. 
(L. C. et Editeur.) 

Calemboar (Mj.), s. m. — Calembredaine, 
faribole, rocambole. Ex. : II nous conte de 
beaux calembours / (sans qu'il soit question 
de jeux de mots.) 

Et. — Viendrait du nom de Tabbe" de Calemberjr- 
personnage plaisant de contes allemands. Cf. 
Espi^gle, pour la derivation. (Ijtt.) — Dabm. le 
decompose en : calem (la particule pejorative cali 
nasalisee devant la labiale) et berdaine, ou bour- 
daine, de bourde. 

Calend6rier (Mj., Fu.), s. m. — Calendrier. 
Forme vieillie. 

Caler (Mj., Sp., Ti., By., Sal., Fu.), v.n.— 
Reculer, fleohir, avoir peur. Syn. de Flancher, 
Plancher. Doubl. de Caner = faire la Cane. 
|| Mj., v. a. — Pousser dans un coin, accuier. 
jj Fig. Mettre a quia, v. n. — Rabattre de 
ses pretentions : Caler doux. 

Et. — Ne vient pas de caler, mettre une cale: 
mais de caler, terme de marine, baisser, en parlant 
des basses vergues, des mats de hune ou de perro- 
quet. Fig. et familierement : II fut oblige de caler la 
voile, et simplement : caler, rabattre de ses pre- 
tentions, c£der. Lat chalare, grec chalann, abais* 
ser, lacher. Peut nous Gtre venu, cette fois, du grec, 
par les marins de la M6diterran6e. (Lrrr.) 
« Par Mehain, voy justice morte 
Quand honneur veult voile caller. > 

Ch. d'Obl. Ballad*. — L. C. 
Calette. — Petite lampe a huile qui s'accro- 
chait dans la cheminee autrefois pour passer 
la veiliee. (Un Thouarsais.) V. Caleil. 

Et — « II y a dans le provenc. calina, chaleur, 
et dans le vx fr. chaline. 

Caleail, s. m. (Sar.). — Personne qui louche. 
Cf. Calorgne. Syn. de Bignole, Biclard. 
Et. - iCa, pref. pejor., et ceil, avec 1 de liai- 



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V 



CALEUX — CALOT 



159 



son. » (Lrrr. V° ca.) — Triors, dans ses Recherches 
tolosaines, appelle, dans un sens figure, les yeux 
des calcils. 

Caleax,-onx (By.). — Celui qui cale. Syn. de 
Piteux. 

CalfoolQet, s. m., et mieux Calvouillette. — 
Petite barriere de bois ou d'6pines, au bout 
d'un sentier, k travers des champs clos. On 
enjambe la calvouillette, on file tout dret par la 
rotte (sentier) et Ton creve, ou Ton tourne au 
bout dans la route ou le chemin communal. Li. 

Et. — P.-§. pour CaXe-voyette, ce qui cale, ou 
cldt un petit chemin. — Voir Calvouillette. 

Call bier (Lg., Fu.) s. m. — Gros morceau 
de pain. Syn. de Calot, Cargnon, Bine, Guer- 
gneau. 

Callfcorgne (Lme,) adj. q. — Bigle. Syn. 
de BignoU, Ccdorgne, Caleuil, Biclard. 

Et. — C'est le fr. Borgne, avec le j>reT. pejor. 
Cali ou Gali, que Ton retrouve dans u&e foule de 
mots fr. et patois. 

Cilice (Mj., Fu.), s. m. — Galice ; &, tres 
long. 

Cmllfoarehe (Mj.), s. f. — V. Califourchette 
plus usite\ 

Et. — C'est la rac. du fr. a calif ourchon. 

Califourchette (Mf., Fu.), s. f. — La jonc- 
tion des cuisses et du buste, la region pe>i- 
n6ale. Syn. de Vteeu 

Et. — B. L. Calofurcium, fourches, gibet* 
Fourche et le prel. Cali. — « Aler acaleforcnie. » 
(xir».) 

Callfoornie (Mj., Fu.). — Corr. du mot 
Galifornie. 

Callmatlas, s. m. — Corr. de Galimatias. 

Calls (a bref) (By). — Patelin. Faire son 
calin. 

Et. incertaine. — « Galino est le dimin. du vx fr. 
Calin (niais). » On le trouve dans Tatj.kmant dbs 
Rraui (t. IV, 351). Lor. Larchby. — « Calains, 
faineant, indolent, paresseux. . . » Le mot calin est 
encore d' usage. En picard, caliner signifie : faire 
reposer les moutons dans un champ pour le fumer, 

{>our r^chauffer. Ghaline a le sens de chaleur dans 
a Chroniq. des dues de Normandie : 

« Ainz que l'soleil deust epandre 
Ses raiz a'amunt et sa choline. » 
Calin serait done : celui qui se chauffe au soleil, au 
lieu de s'evertuer. (N. E. — L. C.) — J'en conclus 

Sue, caliner, c'est se r6chauffer au sein materne' 
f. Caleil. — Cdline. * 

CAllne (Mi., Lg., By., Fu.), s. f. — Capeline, 
coiffure de femme. Syn. de Fausse-coiffe. || k 
longue barbe (Sa.) — se nouant sous le men- 
ton. || Bg. — CoifTe en flanelle blanche, qui se 
met par-dessus la coiffe de linge. || By. Coif- 
fure de femme a larges contours (Angers et 
les environs, surtout vers le nord), en calico t 
blanc pour les dimanches. La cdline grise, en 
tissu chaud, pour tous les jours. La cdline 
noire, ou la blanche avec ruban noir pour le 
deuil. — La cdline de Recuse en jrkenelle 
(flanelle) ecrue (on disait aussi : en molleton 
6cru, tres beau tissu leger) 6tait caracte>is- 
tique, comme la coiffe des Pontsdec&aises. — 



Calinette, pour : Collinette ou Collerette. || 
Sal. Grande coiffe de vieille. 

Et. — C'est le mot franc. Capeline, par contract; 
et ce mot fr. est un dimin. du vx fr. Chapel, ou 
Capel, lat., Capellus. Or, Capel a du de bonne 
Leure se contracter en un mot Cal, ou Caul, rac. 
du mot pat. Cdline, et qui est devenu l'angl. Caul, 
Cowl. — Qqs-uns le rapprochent du prov. calina, 
chaleur, anc. fr. ch aline. Voir la citation a Calin. 

Hist. — t Toutefois, la cdline de mariee des envi- 
rons de 1840, avec ses lexers pans de den telle, 
marque... » (La Trad., p. 49, 1. 1.) — « Voici 
d'abord la vaste cdline du Thouarsais, dont le 
montage absorbe quatre quarterons d'epingles et 
qui se porte de Tn6nezay a Montreuil-Bellay. » 
(Id., p. 50.) 

Caliner (a bref) (Fu., By.), v. n. — Action 
de faire son calin. \\ v. r6f. se caliner. Prendre 
un soin excessif de sa personne, de sa sante\ 
|| By. — Cdliner, a long. Cet enfant aime k se 
faire cdliner, dorloter. Mj. id. 

Calistrade (Sal.), s. f. — Courir la calistrade, 
loin, sans raison. Syn. et d. de Galistrade. 

Caller (Sal.), v. n. — Bien faire, aller bien. 
Langue des tailleurs. — Cet habit me calle 
bien. 

Calmee, s. f. — Temps calme apres Torage. 
Accalmie, du vx. v. Calmir. Cf. Accalmie. 

Et. — En Esp. et en Prov , calma signifie aussi la 
partie de la journee ou le soleil est le plus ardent, ce 

3ui donne lieu a voir dans calma une transformat 
u B. L. cauma, amende par l'influence du mot 
calor. La partie du jour ou le soleil est le plus chaud 
entraine Tid6e de cessation de travail, de repos, de 
tranquillity ; aussi le mot : chdmer, pour choumer, 
chaumer, n'est-il (Diez) qu'une modification de : 
calmer. 

Calolseao (Rf., Bd.), s. m. — Cardamine. 
Syn. de Marguerite. 

Calon, s. m. — Noix encore pourvue de son 
brou. V. Chaler, Caleau, Caleau. — Cf. Ecale. 

Calonner (Mj.). — Forme souvent employee 
pour canonner, v. a. Lapider. Ex. : lis se sont 
calonnis a coups de pierres. Syn. de Garrocher. 
Cf. Canecon. Cf. Caillonner. 

N. — « Calonidre, pour : canonniere. Petit 
tuyau de sureau ou d* autre bois creux, en forme de 
sarbacane, dont se servent les enfants. Cf. Cli- 
foire. » (L. C.) 

Caiorgne (Q. Z. 136 ; Sa., By., Mj.), adj. q. 
— Louche, bilorgne, bigle. Syn. de Bignole, 
Caliborgne, Caleuil, Biclard, 

Et — Contract, de Caliborgne : cali, pref. pejor; 
Hist. : « Et se tu as en ton couvent 
D'enfans un qui soit difforme, 
J a ne seray de toy ame\ 
S'il est bossu, ou s'il est borgne. 
Boiteus, contrefaitou caWgne. » 

Eust. Dbsch., PoSsies. (L. C.) 

Calorgner (Mj.), v. n. — Bigler, loucher. || 
v. a. — Fixer insolemment. Syn. de Bignoler y 
Bicler ; Ecornifler. 

Calot' 1 (Mj., Lg., Lrm., Z. 149), s. m. — 
Morceau de pain, tartine. || Aller au calot, 
mendier son pain. || Gros morceau coagule de 



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160 



CALOT — GAMELOT 



mucus nasal. Ex. : II crachait des calots. \\ 
Jurer des calots, — vomir des blasphemes. V. 
TremblemenU || Grosse motte. Ex. : La 
charrue enleve des calots. Syn. de Louabre. — 
Au sens de : mucus. Syn. Morvias, Biritte, 
Camillas. — V. Caleau \ — || By. — J'^cri- 
rais Caleau. On dit aussi Calier : « Qu6e calier 
de pain t'emportes \k\ — La charrue enleve 
des caleaux de terre. 

Calot * (Li., Sp.), s. m. — Noix, fruit du 
noyer. Les enfants ne connaissent guere ce 
fruit sous son nom francais. || Mj. — Je pr6- 
fere Caleau. — S'il y avait un t final, il son- 
nerait & Saint-Paul. 

Et. — Pour : Ecaleaux. Cf. Ecaler. — Hist. : 
« Un moulin a calau (noix) servant de jouet. » 
(La Trad., p. 81.) — N. Qu'est-ce que ce jouet que 
f abriquent les enfants T . . . Apres avoir evide une 
noix (sans la briser, au moyen d'un trou pratique 
a cet effet), ils la traversent d'une petite barre, 
portant a un bout quatre petites planchettes, 
imitant les ailes d'un moulin. Une ficelle, attachee 
a la barre et sortant par une ouverture perpendicu- 
laire a la premiere, enroulee autour dudit axe et 
tiree rapiaement, puis s'enroulant de nouveau 
d'elle-meme quand on cdde, et ainsi de suite, agite 
ce petit moulin et le met en branle. (A. V.) — 
« De>. d'une forme dialect, cale, pour : ecale ; aha. 
skala ; goth. skalja, tuile (cf. ecaille) .. forme nor- 
m anno- pic, echale. (Dakm.) 

Calot *, s. m. — Masse de pierre qu'on tire 
brute d'une ardoisiere. (Petit Courrier du 
18 juin 1904.) 

Hist. — « Un carrier poussait un calot dans un 
bassicot lorsqu'il se fit prendre le pouce droit entre 
ce morceau ae pierre et le bassicot. » (Petit Cour- 
rier du mardi 10 juillet 1906. i — L'infoftun6 car- 
rier enlevait des callots ou fragments d'ardoise, 
afln de placer des mines. » (1906, Angev. de Paris , 
n° 34, p. 2, col. 3.) Avrilte. 

Calot *. — (Auv.), s. m. Vx. cheval, rosse. 
|| Lg. adj. qr. — Se dit d'un vx boeuf dont les 
comes ont la pointe tourn6e vers la terre. || 
Nom propre, souvent appliquS aux bceufs qui 
se distinguent par cette conformation. 

Calotter (Mj., Fu., By.), v. a. — Donner 
une calotte k. || Se calotter, v. rtf. S'6claircir, 
se d6couvrir, en parlant du temps. Syn. de 
s'Eparer. 

Et. — « Diminut. de caU\ dans le sens de coiffure 
de femme, en forme de bonnet plat par en haut, 
couvrant les oreilles, et echancrS par devant, avec 
une petite bordure de velours. » D. C. Calestra. — 
Puis bonnet d'homme en forme ronde et plate, 
couvrant seulement le haut de la t§te. (Litt.) 

Caipigienne, adj. q. — Grande femme mal 
bfttie. « Quelle grande caipigienne I » (Angers) 

Et. — Je n'ose pas proposer le mot Gallipyge, 
epithete de Venus, au beau... seant, pour expli- 
quer ce mot, que j'ai entendu moi-m§me. (A. V.) 

falure, ou-ret, s. m. — Calotte, coiffure. 
Cf. Galurin. 

Calureaux (Sp.), s. m. — Ne s'emploie 
guere qu'au pluriel. Vagabonds, boh^miens, 
gipsies. Syn. de Galapias, Meillaud, Hdlos, 
Camillaud. \\ By. Prononcez Galureaux. 



Cains (Mj.), s. m. — Cal, durillon. C'est le 
mot fr. avec & long. 

CalvCn er (Mj.), s. m. — Homme de mau- 
vaise mine, truand, malandrin. Syn. de Hap- 
pelopin, Alfessier, Meillaud, HcUos, Calu- 
reaux, Camillaud. 

Et. — Je trouve dans Jaubebt : « Cavarnier ou 
Cavernier, batteur en grange. Le supplement au 
Diction, de VAcad. donne le nom de calponier a 
Touvrier qui arrange les gerbes dans la grange. — 
Dans Trbvoux, m§me sens. — Cavarniere ou 
Cavemiere, celle qui donne a boire et a manger. . . , 
corrupt de taverniere... Dans qqs localites' 
Cavarnier, ouvrier a tout faire. » — Extension et 
peroration de sens. 

Calvonlllette — (52« Z. LL). — Petite bar- 
riere de bois ou d'epines a travers des champs 
clos. V. Calfouillctte. 

N. — Je ne crois pas me tromper en rapportant 
ce terme a la famille du mot lat. clavis, clef. Clover, 
pour fermer a clef, est tres connu (autoclave) : on 
dit aussi : clayer. Par metathese, clavouillette a 
donne calvouillette, petite barriere servant a claver. 
Cf. Cheville, de • clavicule. 

Camamine (Mj., Fu.), s. f. — Camomille. 

Et. Hist. — De deux mots grecs, pom me-a- terre, 
a cause de l'odeur de pomme des fleurs de l'anthe- 
mis. — c Si li getez dedanz trois gouttes de huille 
rosat, avec autres trois gouttes de huille de 
camarnilles tiedes, meslez trestout ensemble. > 
(Chasse de Gaston Phibus. — L. C.) 

Cambres (Mj.), s. f. plur. — Cordelettes 
qui, fixers au bord inf6rieur d'un ^pervier, au 
voisinage des plombs, se rattachent par leur 
extr^mit^ superieure k la partie moyenne de 
Pengin, formant ainsi une partie ventrue, un 
giron, ou le poisson se trouve pris et retenu. 
Cf. le syn. Canques. 

Et. — Pour moi, il est evident que ce mot vient 
du lat. Camera (chambre). Les cambres, relevant 
le bord inferieur de l'6pervier, forment un ventre, 
un giron, une chambre, qui i*ecueille le poisson. De 
la le fr. Cambrer : cambrer la taille, c'est tendre les 
muscles lombaires comme les cambres d'un 6per- 
vier. — Camerare, courbc en voute. 

Cambuse (Mj., Sal., Fu.), s. f. — Maison, 
en mauvaise part. Syn. de Canfouine, Turne. 
|| C'est, g6ne>alement une cave ou plusieurs 
ouvriers se mettent ensemble pour y deposer 
leur vin et leurs v§tements de travail. (Z. 141) 
|| By. — Syn. de Cabane ; cabine en mauvais 
etat. 

Et — Du holl. Kabuys, cuisine de navire mar- 
chand. Introduit dans la marine vers le milieu du 
xvnr s. 

C?a-me-grle-41ere (Ch.). — Qa ne me plait 
guere. Qa. ne m'agrie, ou m'agr^e gudre 
(dhyere, par prononciat. particul. du g.) 

N. — A rapprocher de : simagree, coir, de Fane, 
formule : si m'agrge (ainsi m'agrie), provenance 
affect6e. obs6quiosit6. (Lrrr.) — « La repetition de 
ces mots : si m'agree, denote une obs^quiosiU fas- 
tidieuse, une courtoisie affectee. (Sch.) — Cf. 
« Brigadier, vous avez raison ! » 

Camelot (Mj.), s. m. — Marchand ambu- 
lant qui vend sur les places publiques des 
marchandises de qualite inferieure. Syn. de 



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CAMELOTAINE — CAMPIOT 



161 



kbaUeur. || Employ 6 des magasins de nou- 
tautes, de rouennerie, de mercerie. 

Cametotaine, s. f. — Entendu dans cette 
irase : € J'allons leux faire danser la camelo- 
ine / « Des per&eux, en pari ant de leurs 
itrons. Syn. ae Malaiske. 
Et — Gamelote. Ltttre l'explique, d'abord, par 
lat camelus, chameau, parce que le camelot, 
offe, 6tait fait de poil de chameau. Puis, dans le 
ipplement, par l'arabe : seil el kernel, qui est le 
»m de la cnevre angora ; il cite un article du 
\urnal Officiel du 12 mai 1874. 

Caml (Sm.), part pas. — Cached a I s'est 
imL » Cf. se Carrier. 

Camlllsac (Mi.), s. m. — Vagabond, boh6- 
ien. Syn. de Calureaux, H&los. — Rappro- 
ler : chemineau. (Fu.) |l Sal. Gueux mal vetu. 
*re emmanche comme un camilleau. 
Et — De Meillaud, avec le pref. pejor. ca. L. C. 
Dane le v. Caminer, cheminer. — V. aussi Galopin. 

Camlaet, s. m. — Non vulg. de V Erica 
jtralix (MxN.)Bruyerea quatre faces. (Bat.) 

Camfeard (Sp.), s. m. — Membre de la 
*etde Eglise. 

Et Hist. — Cast le nom que portaient autrefois 
e pro tea tan ts des CSvennes resistant aux Dra- 
onnades. — Du lat Garaisa, chemise, que Ton 
ortait sur son armure dans une attaque de nuit, 
>it pour se reconnaitre, soit pour se deguiser. — 

Nous donnames l'escalade tous en camisades. » 
Hontluc. — L. C.) — « Rac. celtiq. Gam, habiller; 
'ou Camisia, que saint Gebome donne comme 
esignant un vdtement des soldats gaulois. » 
Malt., 

Camisole (Lg., Fu.), s. f. — Sorte de corset 
trimitif, que portaient autrefois les femmes ; 
& raeme que le corps ou la bdtine de Mj. — || 
ly. — Sorte de taille ajustee, en toile, sans 
taleines, remplacant le corset, employee 
urtout par les vieilles femmes. On prononce 
ouvent Gamisole, comme Garmo^gnole, pour 
Carmagnole, nomvulgaire encore du vehement 
ourt <f homme, autrefois garni de deux rangs 
erres de boutons brUlants (mode bretonne) ; 
»mme Gane$on, pour Calecon. 

CiMoeher (Sp., Mj., Fu.), v. a. — Frapper, 
neurtrir, contusionner ; cogner, faire des 
tosses a. Ex. : II illi a tout camockb la tdte. 
\ Fu. Id. Meurtrir la terre a coups de poings. 

Et — Corr. du fr. Cabocher, pat Cabosser. Ce 
mot semble fitre le trait-d'union entre Cabocher et 
Another. — « Camoissie, meurtri, contusionne ; 
propreraent : meurtri par les mailles d'un camois 
ImaiUes d'une cotte d'armes), — puis, meurtri, en 
&$neral. On lit, au sujet du jeune roi Philippe, fils 
ie Louis VI, qu'un pore, s'6tant jete dans les 
jambes du cheval de ce prince, « le fit trebucher et 
ius le pavement en telle maniere que sa teste fu 
loute dlbrisiee et camoissiie, et mourust tantdt ». 
(L C) V. Camosser. Cf. Camborser. Jaub. 

Caattser, v. a. — Frapper du manche de 
la lame, meurtrir, etc. dit le D r A. Bos, au mot 
Chamoisier. Le derive de chamois, au sens de : 
manche de la lame recouvert de peau ; coup 
porte avec ce manche. De>iv6 de chamois. — 
V. Camocher, a l'etymol. 



Camoofle (Ag., Mj., Fu.), s. f. — Ghandelle, 
de suif ou de resine. 

Et. — Ltttre explique Camouflet par : fumee 
6paisse qu'on souffle malicieusement dans le nez de 
qqn avec un cornet de papier allum6. On lit : 
« Qui dormira, qu'on le reveille, 
Ou qu'on lui donne un chault moufflet, 
Ou hardiement un grand soufflet. » 

xv 6 s. — Mystere. 

Camp (By.), s. m. Champ. — Ce mot ne 
s'emploie que dans certaines locut. || Foutre 
le camp, s'en aller. || De camp, sur champ. (Mj.) 

Et. — Camp est la prononc. picarde pour : 
champ, avec acception speciale. (Renvoi a Ge*nin, 
Ricriations philology pour le mot Foutre, qui n'a 
pas le sens que Ton croit ) 

Campagne (Mj., By., Fu.), s. f. — En cam- 
pagne, a la campagne, par opposit a : en 
ville. On dit ironiquement de qqn qui pose 
pour le malin : II est ben trop fort pour Stre 
en campagne. On dit aussi : Cest ein farceur 
de campagne, qui fait ses farces en ville. 

Campane, adj. q. — Garni de campanes, 
ornement en forme de cloche. 

Et. Hist. — Lat. Campana, cloche. — Deux 
ctymol. sont proposees : 1° les premieres cloches 
furent fabriquees a Nole, en Campanie (L. C.) ; 
2° Campania, balance a un plateau, romaine 
(regione Itali® nomen accepit — Isidore). Les 
premieres cloches n'etaient qu'un plateau rond, 
metallique, sur lequel on frappait, et ressemblaient 
tout a fait a un plateau de balance, d'ou, probable- 
men t, le passage du sens de plateau de balance a 
celui de cloche. » (D p A. Bos.) — « Son pere avoit 
empourte les campanes de Nostre-Dame pour atta- 
cher au col de sa jument » (Rab., n, 7.) — Favbb. 

Camp* (Fu.), adj. q. — Place avantageu- 
sement ; e'est aussi le v. camper, poster. Se 
camper, au jeu de boules, e'est se placer, plus 
ou moins, sur la pente, avant de rouler ; ce 

3ui detruit, en partie, 1'effet du fort, la boule 
evant traverser le jeu, et amortit sa force. 
|| Fu. Bien solide sur ses jambes. 

Camper (Mj., By., Fu.), v. a. — Deposer 
un peu brusquement Ex. : Alle a campS son 
queneau a bas eine secousse ! || Appliquer un 
coup. Syn. de Astiquer. || Lancer une saillie, 
decocher un trait mordant, dire son fait a 
qqn. Ex. : II te illi a campi ca de premiere ! || 
Lg. se Camper, aller se coucher. Syn. de : se 
Motter, se Pagnoter. || Becon. Les ouvriers de 
carrieres de granit, leur paye recue, achetent 
du vin ou de Feau-de-vie dont ils remplissent 
des dames- jean nes, et vont dans une prairie. 
La, ils campent, et boivent jusqu'a la consom- 
mation complete du liquide. || Mj., By. — 
Camper la, abandonner, laisser en plan. 

Campet (Lpos.). — Botteux. V. Campiou 

Camphree sanvage. — Polycndme des 
champs. (B.) Ment4be. — Camphorosma 
monspelica. L. -Littbe.) 

Campiot, e. (Mj.) adj. q. — Boiteux. D6r. 
de Campioter. 

Et — Du bret Cam, boiteux, et du lat pedem, 
pied. — Faute de mieux. Voir Campioter. 



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CAMPIOTER — CANET 



Campioter (Mj. f Sal.), v. n. — Boiter, 
clocher. 

Et. — Je regarde