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Full text of "Lexique etymologique breton"

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I 



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LEXIQUE ÉTYMOLOGIQUE 



DU 



BRETON Mv jERNE 

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CHALON-S-SAONB, IMPR. FRANÇAISE ET ORIENTALE DE B. BERTRAN 



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I 



BIBLIOTHÈQUE BRETONNE ARMORICAINE . 

PUBLIÉE PAR LA FACULTÉ DES LETTRES DE RENNES 



FASCICULE III 



LEXIQUE ÉTYMOLOGIQUE 

DES TERMES LES PLUS USUELS 

DU 

BRETON MODERNE 



PAR 



Victor HENRY 

\ 
Professeur de Sanscrit et Grammaire comparée des Langues indo-européennes 
à l'Université de Paris 



» > -»— < . 



RENNES 

J. PL1HON et L. HERVÉ, Libraires-Éditeurs 
5, Rue Motte-Fablet, 5 

1900 



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[ to n:\v vor.K 
PUBLi: LI2RARY 

201 Wt A 

I ASTOR, LENOX AND 
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A MES CHERS AMIS 






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'OC 



ET A TOUS LES BRETONS CURIEUX COMME EUX 
DES ORIGINES DE LEUR LANGUE 



Tes àédUs ceô cxuzeà 
(XUUyéeô oien, <z<xirU à-'ctrc écritea 



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Ce livre a le malheur d'avoir une histoire. Il a été 
refait trois fois. Il n'en vaut probablement pas davantage. C'est pour 
plaider les circonstances atténuantes que j'en conte brièvement les 
aventures . 

Il est né, en saison de bains de mer, de mes entretiens avec mes 
amis bretons, qui voulaient bien m'enseigner leur langue, telle 
qu'elle voltige viva per ora virum, au bord de cette anse de Plou- 
gasnou que dominent de loin les flèches historiques de Saint-Pol- 
de-Léon. Pour ne pas ôtre trop en reste avec eux, je leur apprenais à 
mon tour le peu que je savais de leur passé celtique, de notre commun 
passé indo-européen, ou simplement de telle étymologie évidente ou 
curieuse. J'en avais en effet recueilli un bon nombre, soit dans les 
ouvrages de MM. d'Arbois et Loth, soit en dernier lieu — le Glossaire 
deM.Ernault n'avait pas encore paru — dans VUrkeltischer Sprach- 
schatz de M. Whitley Stokes. A mesure que j'apprenais par conver- 
sation ou lecture une nouvelle expression bretonne, je rangeais ces 
étymologies par ordre alphabétique de mots bretons, et je me 
composais ainsi un petit lexique de termes usuels, fort incomplet, 
mais commode pour mon usage personnel. 

Plusieurs années après, ayant suspendu, par des raisons qui 
n'intéressent que les sanscritistes, ma traduction commentée de 
l'Atharva-Véda, je me trouvai de loisir pour d'autres travaux, et 
Tidée me vint de faire profiter mes amis de Bretagne de cette 
ébauche de dictionnaire. Dans ma pensée ce devait être un répertoire 
étymologique tout à fait élémentaire : ni appareil érudit, ni citations 
d'autorités, ni môme référence constante aux autres langues soit 
celtiques soit indo-européennes; rien que des rapprochements, les 



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VIII 

plus frappants possible, avec le latin, le français ou l'anglais, parfois 
avec le grec, rarement avec le sanscrit ou le slave; bref, un petit 
livre sans prétention scientifique, exclusivement destiné au public 
lettré de Bretagne, et que par ce motif je tenais à faire paraître en 
pays bretonnant. 

L'ouvrage à peu près terminé, je le fis offrir gratuitement à un 
éditeur du Finistère, qui consentit sans hésitera l'imprimer... à mes 
frais . 

Au fond, peu m'importait : un éditeur parisien qui m'honore de sa 
confiance acceptait mon manuscrit et le publiait tel quel; mais ma 
conscience m'interdisait de lui faire courir le risque d'une publication 
qui, à en juger par cette première épreuve, avait peu de chances de 
se répandre en Bretagne, et qui, à raison de sa rédaction sommaire, 
n'en avait aucune d'être demandée ailleurs. Je repris donc mon 
travail et le refondis sur un plan moins étroit : j'y introduisis les 
rapprochements de langues « estranges » que j'avais systématique- 
ment écartés, les références aux auteurs dont je m'étais borné à 
enregistrer la doctrine, les raisons de douter que j'avais souvent 
passées sous silence; et, pour ne pas le grossir outre mesure, je 
dus recourir à une concision qui peut-être en compromettait la 
clarté. 

Sur ces entrefaites, MM. Loth etDottin, apprenant l'existence de 
mon manuscrit, voulurent bien m'offrir, avec l'hospitalité de leur 
Bibliothèque Bretonne- Armoricaine, la légitime notoriété dont elle 
dispose tant en France et à l'étranger qu'en Bretagne môme. Mais 
cet honneur inespéré m'imposait de nouveaux devoirs : il ne suffisait 
plus que l'ouvrage pût être de quelque utilité aux lettrés bretons et 
aux indogermanistes de tout pays ; il fallait, de plus, qu'il fût de 
consultation commode pour ceux-là mêmes à qui il n'enseignerait 
rien, pour les celtisants de profession. J'ai donc dû multiplier et pré- 
ciser les références, soit comiques et cymriques, soit irlandaises et 
gaéliques, — le récent Dictionary de M. Macbain m'a été d'un 
immense secours, — insister davantage sur Les irrégularités phoné- 
tiques qui émaillent encore l'étymologie celtique, signaler tout au 



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moins les points controversés entre les spécialistes, vérifier à maïï^ 
reprise telle forme rare ou telle orthographe par trop arbitraire ; et^N*, 
ce travail, généralement exécuté sur les placards, les a parfois N^ 

couverts d'un pittoresque désordre de ratures, de renvois, de ' 

corrections et surtout d'additions. 

Je saisis cette occasion pour exprimer toute ma reconnaissance à 
M. Bertrand, mon imprimeur : non seulement son outillage est fort 
complet; mais ses compositeurs se retrouvent à merveille dans 
l'attirail compliqué de signes graphiques et diacritiques qu'il leur 
faut manier. En somme, après une courte période d'essai, je n'ai plus 
eu à relever, dès la première épreuve, qu'un minimum vraiment 
infime de fautes d'impression, et je n'ai eu qu'à me louer de l'intelli- 
gence et du soin avec lesquels mes nombreuses « corrections d'auteur» 
étaient reportées des placards à la mise en pages. 

Que sera-t-il sorti de tout cet effort? La critique me le dira, et je 
ne chercherai pas plus longtemps à fléchir ses arrêts. Aussi bien 
son indulgence ni sa juste sévérité ne sauraient-elles influer sur la 
direction ultérieure de mes études. Exilé, depuis trente ans, de ma 
petite patrie l'Alsace, je m'en étais fait en quelque sorte une seconde 
de la Bretagne, et j'ai essayé de lui payer ma dette d'affection. Mais 
le moment est venu de m'acquitter envers la première : je retourne 
au germanisme et au dialecte colmarien, sur lequel j'ai accumulé assez 
de documents pour que la grammaire et le vocabulaire en soient 
mûrs. 

Je ne remercierai jamais assez mes deux chers collègues, MM. Loth, 
doyen de la Faculté des lettres de l'Université de Rennes, et Meillet, 
directeur adjoint à l'École des hautes-études, qui ont mis à ma 
disposition, l'un sa connaissance pratique du breton moderne, ses 
lumières de celtisant et la i*are sagacité de sa critique phonétique, 
l'autre plus spécialement son autorité en matière de zend et de letto- 
slave et son universelle information indo-européenne. Avec un dé- 
vouement qu'apprécieront tous ceux qui savent combien sont absor- 
bantes leurs études personnelles, ils ont consenti de la meilleure grâce 
à revoir mon manuscrit ou mes épreuves, et m'ont signalé bien des 



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vin 

■ r 

njifcunes, des erreurs et des invraisemblances. Quoi que vaille l'ou- 
.X"*vrage, il n'a pas dépendu d'eux qu'il ne fût beaucoup meilleur. 
y ' Il le serait sans aucun doute, si j'avais toujours scrupuleusement 

accédé à leurs suggestions. 

V. HENRY. 

Sceaux (Seine), 15 décembre 1899. 



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INTRODUCTION 



I. La première et indispensable condition, pour faire usage d'un 
dictionnaire étymologique, si modeste soit-il, c'est de se rendre un 
compte exact de la nature de la science étymologique en elle-même : 
elle ne consiste point à rapprocher au hasard deux mots qui se res- 
semblent dans deux langues plus ou moins différentes, mais à 
préciser, s'il se peut, les rapports nettement saisissables entre tous 
les mots d'un ensemble de langues qu'on a reconnues avec certitude 
pour être apparentées entre elles. 

Supposons qu'un mot breton soit absolument identique à un mot 
japonais de même signification : ce sera une circonstance fortuite à 
peine digne de remarque, jusqu'au jour où l'on pourrait démontrer 
ou soupçonner que ce mot eût été, par exemple, rapporté du Japon 
par quelque matelot breton et naturalisé tel quel en Bretagne; et, 
alors même, la constatation de cette identité demeurerait une curio- 
sité isolée, presque sans intérêt, puisqu'il n'existe par ailleurs aucun 
lien historique ni linguistique entre la Bretagne et le Japon. 

Entre deux langues, apparentées ou non, qu'unissent depuis des 
siècles des relations continues de voisinage et de commerce, la ques- 
tion se posera autrement : si un mot breton ressemble à un mot 
français de même sens, il n'est pas probable a priori que ce soit pur 
hasard ; et Ton se demandera, dès lors, si le breton l'a emprunté au 
français, ou le français au breton, et vers quelle époque ce transport 
s'est effectué. Mais, de plus, comme le breton et le français sont 
incontestablement, en dehors de leurs longues relations historiques, 



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XII INTRODUCTION 

deux langues linguistiquement apparentées, la ressemblance, même 
lointaine, même insaisissable à tout autre œil que celui du linguiste, 
de deux synonymes ou quasi-synonymes de ces deux langues, fera 
surgir un nouveau problème, le plus intéressant à coup sûr, mais 
aussi le plus ardu, de l'étymologie : il se peut qu'aucune des deux 
langues n'ait rien emprunté à l'autre, que le mot breton soit authen- 
tiquement celtique, le mot français authentiquement latin, et que 
leur ressemblance extérieure tienne, non pas à l'union historique 
constatée de la Bretagne et de la France, mais à l'apparentation 
préhistorique du celtique et du latin. 

Pour s'en assurer, il faudra évidemment restituer le mot breton 
sous sa forme celtique, le mot français sous sa forme latine, c'est-à- 
dire tous deux sous la forme qu'ils affectaient il y a au moins deux 
mille ans. A cette date, le latin nous est connu, mais non pas le 
celtique, dont les plus anciens documents remontent bien moins 
haut. L'élément essentiel de la comparaison nous ferait donc défaut, 
si une légitime induction n'y suppléait : par le rapprochement de 
toutes les formes celtiques actuellement vivantes ou littérairement 
constatées, nous pouvons espérer remonter à la forme préceitique 
commune d'où elles sont issues ; par le rapprochement de toutes les 
autres langues connues pour appartenir à la môme famille que le 
celtique, — sanscrit, grec, latin, etc., — nous pouvons espérer recons- 
tituer, dans sa physionomie générale, la langue primitive et in- 
connue qui leur a donné naissance, et dès lors, telle forme de cette 
langue étant donnée, redescendre de celle-ci à la forme celtique qui 
en a procédé. C'est ce double travail d'induction ascendante et 
descendante qui constitue l'essence de toute étymologie sûre d'elle- 
même. Mais aussi, à ce prix, atteint-elle des résultats insoupçonnés 
de la masse des esprits même les plus cultivés : un homme intel- 
ligent et lettré peut amuser sa fantaisie à mille rapprochements 
extérieurs, dont à peine vingt ou trente tiendront debout; quand 
Tétymologiste est parvenu, en ramenant deux mots à une forme pré- 
historique commune, à en affirmer l'identité primitive, ce n'est plus 
d'ingénieux jeux d'esprit qu'il s'agit, mais de certitude scientifique 



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INTRODUCTION XIII 

aussi rigoureuse qu'il s'en puisse rencontrer en dehors des mathé- 
matiques. 

Il va de soi, d'autre part, qu'une semblable affirmation n'est 
possible que sous le bénéfice de l'observation constante des rapports 
relevés entre les diverses langues qui en font l'objet : il faut savoir 
qu'à telle voyelle grecque répond invariablement telle ou telle 
voyelle germanique, qu'à telle consonne latine ou celtique se super- 
pose sans exception telle paire de consonnes sanscrites ; il faut, en 
un mot, connaître et appliquer partout les lois phonétiques, et de- 
meurer persuadé qu'une étymologie qui les viole peut être vraie à 
la rigueur et par hasard, mais que, pour vraisemblable qu'elle 
lui apparaisse, l'étymologiste soucieux de vérité scientifique n'a pas 
le droit même de la mentionner, sans l'accompagner d'un « peut- 
être » ou chercher à découvrir les raisons historiques ou psycholo- 
giques d'une pareille monstruosité. 

La phonétique celtique est fixée dans ses grandes lignes, et la 
phonétique indo-européenne l'est parfois jusqu'à l'infime détail : 
c'en est assez pour légitimer provisoirement un essai d'étymologie 
du breton. Mais ni l'une ni l'autre ne sauraient entrer dans le plan 
de cette rapide introduction, qu'il n'eût môme pas valu la peine 
d'écrire, — tant sont élémentaires les notions qu'elle contient, — 
si le présent ouvrage avait la moindre prétention de rien apprendre 
à qui que ce fût. Mais, comme il n'est bon qu'à stimuler quelques 
curiosités ou à rafraîchir quelques souvenirs, il a paru nécessaire 
qu'il se suffît en quelque sorte à lui-même, dans la mesure au moins 
de ce qu'ont droit d'en exiger les rares amateurs qui daigneront 
le consulter. 

IL Le breton actuel est une langue celtique, — c'est-à-dire qu'il 
est apparenté, de fort loin déjà, au gaulois disparu depuis quinze 
siècles, — de plus loin encore au latin et aux langues modernes qui 
en descendent, — de très loin enfin, à toutes les autres langues de 
l'Europe, qui, à la seule exception du basque, du hongrois, du 
turc et du finnois, rentrent dans la grande famille linguistique 



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XIV INTRODUCTION 

désignée conventionnellement sous le nom de famille indo-euro- 
péenne ou indogermanique, et, par suite, procèdent tou,tes aussi 
d'une langue unique, vieille au moins de quarante siècles, en 
partie restituée par simple conjecture,, et conventionnellement 
dénommée « indo-européen commun ». 

La souche indo-européenne s'est scindée en un grand nombre de 
rameaux, dont huit seulement ont subsisté jusqu'à nous, soit par 
tradition littéraire, soit sous forme d'idiomes encore actuellement 
vivants : indo-éranien, arménien, hellénique, illyrique, italique, 
celtique, germanique et letto-slave. 

1. Le groupe indo-éranien ou asiatique se subdivise à son tour 
en indien et éranien, l'un représenté par le sanscrit, les prâcrits et 
les dialectes modernes de l'Inde, l'autre par le zend, le vieux-perse, 
le pehlvi et le persan moderne. — Le sanscrit, la plus ancienne 
langue indo-européenne qui nous soit parvenue, en tant que langage 
sacré des livres dits « Védas », a été et reste encore, quoique dans 
une moindre mesure, le témoin le plus précieux dans la re- 
cherche des origines de nos idiomes ; mais le grec aujourd'hui le 
balance, et môme l'emporte sur lui de beaucoup quant à la déter- 
mination exacte du vocalisme primitif. Les autres langues de l'Inde 
n'ont d'intérêt que pour les indianistes. — Le zend est l'antique 
langue des livres sacrés de la Perse; et toutefois il ressemble trop 
au sanscrit pour qu'il y ait nécessité fréquente d'en appeler à son 
témoignage. On ne le trouvera pas souvent cité ; à bien plus forte 
raison, le vieux-perse, dont on n'a que quelques spécimens épigra- 
phiques, et les dialectes modernes, très profondément altérés. 

2. Le groupe arménien ne contient qu'une langue, sous deux états 
différents et relativement modernes : l'arménien ancien, qui ne re- 
monte pas au delà du V e siècle de notre ère, et l'arménien actuel, 
qui relève politiquement de la Russie, de la Turquie ou de la Perse. 
La valeur scientifique en est donc tout à fait secondaire. Il en serait 
différemment, si l'on parvenait à démontrer que jadis le phrygien 
dût s'y rattacher, et surtout si l'on possédait du phrygien autre 
chose que quelques inscriptions insignifiantes. 



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INTRODUCTION XV 

3. Le groupe hellénique ne renferme, lui aussi, qu'une seule langue 
(le grec), mais scindée en une infinité de dialectes, représentée par la 
plus belle littérature qui soit au monde, Tune des plus riches et des 
mieux conservées, fixée enfin en un état très ancien par la trans- 
mission orale et écrite des poèmes attribués à Homère (VIII e - 
X a siècle av. J.-C). Cette langue homérique, à bien peu près sans 
doute contemporaine du sanscrit védique, qu'un intervalle de dix à 
quinze siècles seulement, selon toute apparence, sépare de la scission 
de l'indo-européen, passe avec raison pour le reproduire avec une 
étonnante fidélité dans sa structure, son phonétisme, et parfois 
jusque dans les nuances de sa délicate accentuation. Aussi nul, s'il 
n'est helléniste au moins passable, n'aborde-t-il plus aucun domaine 
de l'indogermanisme. Mais les états modernes du grec, byzantin 
et grec actuel, sont à ce point de vue quantités négligeables. 

4. Le groupe iliyrique comprend : dans l'antiquité, l'illyrien du 
nord ou vénète, et celui du sud ou messapien, dont il ne reste que 
fort peu d'inscriptions mal comprises ; de nos jours, l'albanais, pro- 
digieusement corrompu par l'infiltration du néo-grec, du turc et 
des idiomes latins ou slaves. Aucune de ces langues n'a d'intérêt 
que pour elle-même*. 

5. Le groupe italique embrasse le latin, Y ombrien, Yosque et 
plusieurs autres langues anciennes, à peine connues, de la Pénin- 
sule. Le latin, dont le premier document authentique peut remonter 
au V e siècle avant notre ère, et dont la littérature considérable nous 
est parvenue en assez bon état, nous offre seul une documentation 
complète de cette branche de l'indogermanisme, d'importance 
d'ailleurs moindre en principe ; car le latin est de l'indo-européen 
beaucoup moins bien conservé que le grec, le sanscrit ou môme le 
germanique. Mais, s'il recule au troisième plan pour la comparaison 
générale, il est au contraire, à trois points de vue, d'importance 
absolument primordiale pour le celtisant. 

1. On trouvera dans ce lexique un seul motillyrien ((irfvanoc), un seul thrace (ppvrov), 
un seul macédonien (dtôpoûxeç), pas un albanais. Le thrace et le macédonien sont des 
unités trop mal connues pour qu'on puisse songer à les classer. Toutefois on a récem- 
ment essayé de rattacher l'albanais au thrace, en le séparant de l'illyrique. 



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.4 



XVI INTRODUCTION 

a) De tous les rameaux entre lesquels s'est divisé l'indo-européen 
commun, il n'en est pas qui montrent à beaucoup près entre eux 
autant d'affinité que l'italique et le celtique. Tout semble indiquer 
que Celtes et Latins ont dû cohabiter encore, ou tout au moins 
voisiner, à une époque relativement tardive, où toutes les autres 
unités ethniques s'étaient déjà depuis longtemps séparées, en sorte 
que, s'il est prématuré ou excessif de parler à la lettre d'une sous- 
unité italo-celte, il doit être permis de se servir de cette expression 
pour classer les formes qu'ont en commun les Italiotes et les Celtes 
et qu'eux seuls possèdent, par exemple ce curieux r impersonnel 
bien connu en latin (legit-ur « on lit »), qui survit jusque dans le 
breton usuel de notre temps (kar-eur « on aime »). 

b) Les Celtes de la Grande-Bretagne, seuls ancêtres de tous les 
Celtes actuels, furent soumis par les Romains ou civilisés par la 
culture latine. C'est en latin aussi qu'ils reçurent la prédication du 
christianisme. Leurs langues se sont donc mélangées, à diverses 
époques, de nombreux emprunts au latin, qu'il importe de recon- 
naître, — on verra tout à l'heure à quels indices, — d'isoler du fonds 
celtique, et même, si faire se peut, de dater approximativement. 

c) Le latin, enfin, a une postérité très vivace de langues médié- 
vales et modernes (romanes), qui toutes, sauf le rhétique et le 
roumain, se sont trouvées en contact fréquent avec les idiomes 
celtiques : nouvelle source d'emprunts, cette fois réciproques> mais 
beaucoup plus rares dans un sens que dans l'autre. Donc, à partir 
du VII 6 siècle environ, où cessent les emprunts au latin, commence 
la période des emprunts au roman, qui se prolonge jusqu'à nos jours. 
Il va sans dire, au surplus, que l'observation ci-dessus ne s'applique 
à aucun couple celto-roman autant qu'au breton et au français, con- 
tigus durant tout le moyen âge et politiquement unis depuis plus 
de quatre siècles . 

6. Le rameau celtique se subdivise en celtique continental (gau- 
lois) et celtique insulaire, et celui-ci, à son tour, en gâdélique (ou 
gaélique) et brittonique. On le réservera ici pour un plus ample 
développement. 



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INTRODUCTION -, XVII 

7. Le groupe germanique a trois subdivisions. 

a) Le germanique oriental n'est représenté que par le gotique^ 
aujourd'hui éteint, mais bien connu par une traduction d'une partie 
du Nouveau Testament qui remonte au IV e siècle, constituant par 
conséquent la forme la plus archaïque du germanique qui nous soit 
directement accessible. Grâce à ce précieux intermédiaire, l'évo- 
lution de la phonétique et de la grammaire de l'anglais et de l'alle- 
mand se manifeste avec autant de netteté et de rigueur que celle 
même du grec et du sanscrit 1 . 

b) Le germanique septentrional ou Scandinave remonte aussi 
haut que le gotique, mais seulement par quelques inscriptions en 
caractères dits runiques. Par ailleurs, il ne dépasse pas le XI e siècle 
(vieil-islandais), mais se perpétue par le danois, le norvégien, le 
suédois et l'islandais actuels. 

c)Le germanique occidental comprend essentiellement trois classes 
d'idiomes, puis chronologiquement dans chacune d'elles : — Y anglo- 
saxon (VIII e -XI e siècles), le moyen-anglais (XI e -XV e siècles), et 
l'anglais moderne; — le vieux-saxon, le moyen-néerlandais et le bas- 
allemand moderne; — le vieux-haut-allemand (VIII e -XI e siècles), le 
moyen-haut-allemand (XI e -XIV e ), et le haut-allemand moderne. 
— En dehors de l'importance linguistique générale de tous ces 
idiomes, l'anglo-saxon en a, pour le celtique insulaire, une toute 
particulière : langue des conquérants de la Grande-Bretagne, il a dû 
nécessairement s'infiltrer de fort bonne heure dans la langue des 
vaincus; beaucoup moins pourtant que le latin, car les Saxons et 
les Angles étaient bien moins civilisés que les populations brit to- 
niques qu'ils asservirent en premier lieu 1 . 

8. La répartition du groupe letto-slave ou balto-slave est celle 



1. On prononcera : ai et du gotiques en diphtongues, mais ai et ad respectivement 
comme e et o ouverts ; et, comme î long ; u comme u allemand ; w et th y respective- 
ment, comme te et th anglais (dur). Le reste est sans importance ni difficulté. 

2. On prononcera l'anglo-saxon, non comme l'anglais actuel, mais tel qu'il est écrit, 
en observant bien les signes de longueur ; toutefois, le c comme k en toute position, 
l'y comme u français, et le th comme th anglais dur. 



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XVIII INTRODUCTION 

qu'implique son nom. — Le lettique ou baltique, en voie de dispa- 
rition, comprend le lituanien* (Lituanie russe), le letton ou lette 
(Courlande, etc.), et le vieux-prussien (éteint). — Le slave remonte 
jusqu'au IX e siècle par le vieux-slavon 1 , langue religieuse des Slaves 
dits orthodoxes, et descend jusqu'à nous par la riche expansion des 
dialectes slaves qui couvrent la moitié de l'Europe. — La portée 
de l'un et de l'autre, fort considérable en indogermanisme, est 
naturellement assez restreinte en matière d'étymologie celtique. 
On n'en relèvera que peu de citations . 

III. Revenons donc au groupe celtique, et d'abord envisageons-le 
dans son ensemble. Une particularité qui lui est exclusivement 
propre le distingue de tous les autres : dès avant qu'il ne se fût 
scindé en dialectes, le p primitif de l'indo-européen, conservé 
partout ailleurs, y avait disparu sans laisser de trace. En d'autres 
termes, soit un mot grec, latin, sanscrit, contenant un p initial 
ou intérieur : cette consonne y manquera dans tous les dialectes 
celtiques; au latin porcus l'irlandais répond par orc, et le breton 
par leûn au latin plënus. Ainsi nous sommes sûrs que ces deux 
mots sont vraiment celtiques, n'ont pas été tirés du latin. Et, 
d'autre part, si le latin et le celtique, le français et le breton nous 
offrent, par exemple, un couple de synonymes qui contiennent dans 
l'une et l'autre langue la consonne p, nous pouvons affirmer avec 
certitude que le mot celtique est un emprunt. On en verra maint 
exemple. 

Un autre critérium, non moins absolu, sépare, dans le celtique 
lui-même, le groupe iro-gaélique du groupe brittonique. Soit un mot 
indo-européen contenant la consonne que l'on désigne conventionnel- 

1. On prononcera : è et o, fermés et longs; c, ouvert, bref ou long selon l'accen- 
tuation; y y «omme c long ; 82 et i, respectivement, comme ch et j français ; c etcj 
comme ts et tch. L'aigu et le circonflexe sont signes de longueur, mais avec une 
nuance d'accentuation qui n'est pas brièvement définissable. 

2. On prononcera : e et o, ouverts; ê, fermé et long; û et ï, presque muets {y est une 
voyelle très difficile à définir) ; ch f comme en allemand; i, comme eu lituanien. Les 
autres signes graphiques ue se rencontreront pas dans ce livre. 



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r 



y 



INTRODUCTION XIX 



lement par q, à laquelle le sanscrit et le letto-slave répondent par A, 
le grec par* ou* suivant le voisinage, le latin toujours par qu, le 
gotique par hw, etc.: en irlandais, ce mot contiendra un k (écrit c), 
et en breton un/>, dont la genèse est naturellement postérieure à la 
chute totale et générale du/> primitif : ainsi, le nom de nombre qui 
est en latin quinque est en irlandais côic, et pemp en breton. Si donc 
nous trouvons en gaélique et en brittonique deux mots synonymes 
contenant dans Tune et l'autre langue un k, nous parierons à coup sûr 
que le brittonique a emprunté le mot au gaélique; et la réciproque 
sera vraie de deux synonymes qui contiendront un p dans les deux 
langues. 

v Ceci n'est qu'un exemple, mais frappant dans sa simplicité et sa 
rigueur, des mille ressources dont dispose la science pour reconsti- 
tuer la préhistoire du langage. 

Le celtique continental (gaulois) partage naturellement la pre- 
mière de ces particularités avec tout le groupe celtique. Il par- 
i tage la seconde avec le rameau brittonique : « cinq » s'y disait 

V pempe. Ce n'est pas leur seul trait commun : Ys initiai primitif, 

* qui persiste en gaélique, devient A en brittonique; or il reste s en 
«J gaulois 1 ; mais, à l'époque gauloise, il était encore 5 en brittonique. 

* On ne saurait cependant rattacher le gaulois à l'une plutôt qu'à 
1 l'autre division. Il forme une catégorie à lui seul, ainsi qu'on doit 

l'attendre, au surplus, de sa situation géographique. 

IV. Cela posé, on esquissera à grands traits l'histoire de chacune 
des unités qui composent le groupe celtique. 

1 . Le celtique continental fut la langue de la Gaule jusque vers 
le II e siècle de notre ère ; mais la conquête romaine lui porta un coup 
mortel, il disparut avec une rapidité qui ne laisse pas de surprendre 
l'historien contraint de la constater. De quelque façon qu'on s'en 

1. 11 se peut donc fort bien qu'an mot cymrique ou breton contenant un psoit d'ori- 
gine celtique ; mais c'est à condition que la forme indo-européenne dont il descend 
contienne, non un p, mais un q. Au contraire, aucun mot iro-gaélique contenant un p 
ne saurait être celtique. 

2. Voir notamment, au lexique, les mots hé-, hégar, hen, hetït, etc. 



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4 

« 
XX INTRODUCTION 

rende compte, le fait demeure irréfragable : au IV e siècle 1 , toute la 
Gaule — y compris TArmorique — parlait latin. Celle-ci s'est 
« receltisêe » par immigration, ainsi qu'on va le voir. Prendre les 
Bretons actuels pour les continuateurs immédiats des Gaulois 
Armoricains, est une des pires erreurs qui faussent encore dans 
certains esprits la conception du celtisme. 

La précoce extinction du gaulois, jointe à la circonstance qu'il ne 
possédait point de littérature écrite, — la tradition druidique étant 
purement orale, — suffit à justifier la rareté des vestiges qu'il a 
laissés : une trentaine d'inscriptions qui ne sont pas toutes com- 
prises, quelques mots épars dans les auteurs anciens, des noms 
propres et des appellations géographiques 1 , c'est tout ce qu'il en 
subsiste. En fait, nous ne connaissons pas le gaulois et ne le con- 
naîtrons jamais; nous nous le figurons seulement, avec quelque 
vraisemblance, d'après ces rares documents et le témoignage de ses 
congénères plus heureux qui lui ont survécu. 

2. L'Irlande, en effet, et la Grande-Bretagne septentrionale 
(Ecosse) ne subirent pas la conquête romaine, et le celtique gâdé- 
lique s'y maintint, obscurément du reste, jusqu'au jour où la pré- 
dication chrétienne le vint réveiller et où il émerge dès lors dans 
l'histoire*. 

a) De ce jour (VIII e siècle) apparaît, avec sa riche littérature, 
sacrée ou profane, le gaélique d'Irlande, qu'on appelle plus usuelle- 
ment irlandais tout court. Il se nomme vieil-irlandais jusqu'au 
XI e siècle, moyen-irlandais jusqu'au XVI e , irlandais moderne, 
enfin, de nos jours, où il est réduit à presque rien par la concurrence 
de l'anglais*. 



1. Dans la France du nord, du moins dans les campagnes reculées, le gaulois parait 
s'être maintenu jusqu'au VI e et même par delà. 

2. Encore ne nous sont-ils parvenus, pour la plupart, que sous une forme entière- 
ment latinisée. Voir l'index gaulois à la un du volume. 

3. Toutefois il existe quelques inscriptions gâdôliques, dites ogamiques, qui remontent 
au paganisme et aux premiers siècles de notre ère; mais c'est une mince ressource. 

4. On prononcera : les voyelles et diphtongues telles qu'elles sont écrites, mais 
longues les voyelles accentuées; c, comme A, devant toute voyelle; cà, comme en 



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INTRODUCTION ^JXIII 



b) Le gaélique d'Ecosse, usuellement gaélique tout court, se 
défend mieux, dans les âpres régions qui lui font une sorte de cita- 
delle; mais les sources en sont bien moins anciennes et moins 
sûres, et d'ailleurs il ne diffère pas assez de l'irlandais pour qu'on 
invoque son autorité autrement qu'à titre accessoire et supplémen- 
taire 1 . 

c) Le manx ou gaélique de l'île de Man doit à sa situation insulaire 
quelques particularités, d'assez médiocre intérêt quant à l'ensemble 
du celtique. 

3. A la différence des Gâdels, qui ne connurent pas la conquête 
romaine et vécurent, longtemps aussi, indépendants de la conquête 
anglaise, — ce qui leur permit de constituer dans leur triple contrée 
une vaste unité territoriale, — les Brittons subirent les premiers 
assauts de l'une et de l'autre, et la seconde les morcela en trois 
tronçons, dont deux survivent jusqu'à présent, de très inégale 
importance. 

Les Celtes qui peuplaient le sud et le centre de la Grande-Bretagne 
se désignaient eux-mêmes sous le terme commun de Brittones*. 
Soumis par César comme les Gaulois, mais plus fidèles à leur passé, 
ils gardèrent leur langue sous la domination romaine, moins forte, 
d'ailleurs, et plus éphémère dans l'île que sur le continent. La fon- 
dation de l'heptarchie anglo-saxonne (V e siècle) les absorba ou les 
dispersa. La langue des vainqueurs prévalut partout, sauf dans 
quelques régions montagneuses ou maritimes, où la conquête pénétra 
peu ou plus tardivement, et où les Celtes demeurèrent maîtres de 
leurs destinées. 

a) La principale de ces forteresses celtiques fut le rude pays de 

allemand; puis, si l'on veut, — car la prononciation s'est modifiée d'âge en âge,— dh 
et gh, comme y du mot yeux, th comme A, bh comme o, et mh comme un o nasal 
pareil à celui du breton harïo, le rie, etc. 

1. On prononcera : longues, les voyelles marquées d'un accent grave ; é et ô t longs 
et fermés; les diphtongues très fuyantes; ea, ei et eu à peine diphtongues; le reste, 
comme en irlandais. 

2. Dans le nord de l'ile (Ecosse actuelle), les Pietés, restés toujours insoumis, 
parlaient un celtique que le critérium du p fait rattacher de plus près au brittonique 
qu'au gâdélique; mais on ne possède de ce dialecte que quelques noms propres. 



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INTRODUCTION 



Galles. Les Celtes qui s'y réfugièrent se nomment eux-mêmes 
Cymmry « les compatriotes » 1 : d'où le nom de cymrique ou galloii 
que porte leur langue, dont la difficulté ne doit point être mesurée 
aux complications de son orthographe 1 . On y distinguera chronologi- 
quement : le vieux-cymrique, qui se confond avec le vieux-breton ; 
celui du moyen âge, représenté surtout par le recueil de contes dit 
Mabinogion « les Jeunesses » (XII* siècle) ; et le gallois actuel, très 
vivace encore, qui ne cède que bien lentement devant la prépondé- 
rance de la langue anglaise. 

b) La longue et étroite presqu'île à laquelle sa population valut, 
comme à la Cornouaille française, le nom de Cornwall, ouvrit au 
celtique un autre asile. Il y vécut, sous le nom de comique, jusqu'au 
siècle dernier*. Sa maigre littérature, exclusivement biblique, ne 
remonte pas au delà du XV e siècle ; mais il est connu sous sa 
forme moyenne, par un vocabulaire du XIII e , qui paraît être la copie 
d'un original plus ancien. Antérieurement, le vieux-comique se 
confond avec le vieux-breton. 

c) Même avant la conquête saxonne, des émigrants bretons pas- 
sèrent la Manche et s'établirent sur le littoral peu peuplé qui faisait 
face au leur; plus tard, les Celtes, refoulés vers la mer, affluèrent 
en plus grand nombre : ainsi s'accomplit la colonisation qui valut à 
la vieille Armorique son nom actuel de Bretagne, et maintient à 
l'extrémité occidentale de la France un dialecte celtique, exactement 
« breton armoricain », usuellement breton tout court. — Sa divi- 
sion chronologique comporte trois stades : vieux-breton, depuis le 
VIII e siècle 1 , ancêtre commun du cymrique, du comique et du breton, 

1. Voir au lexique le mot 6rô\ 

2. Voici les règles essentielles de prononciation : a, intermédiaire entre a et i français; 
y t de même, après ic, ou dans un monosyllabe, ou en syllabe finale, mais en toute 
autre position comme e muet faisant syllabe; w devant voyelle, comme w anglais, mais 
entre consonnes comme ou français; c, comme A, en toute position; ff comme/, et/ 
comme o bilabial; th et dd, respectivement, comme th anglais dur et doux; les con- 
sonnes suivies d'A, sans sonorité; Il est presque indéfinissable. 

3. On prononcera le comique à peu près tel qu'il est écrit, — si l'on peut, car 
certains mots sont d'aspect assez rébarbatif; mais cela n'a guère d'importance. — Le 
dh est un th anglais doux. — Voir au lexique le mot Kerné. 

4. Les mots antérieurs sont tous latinisés. 



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INTRODUCTION XXIII 

sans aucune littérature, et se réduisant à une liste de cinq cents 
mots relevés çà et là dans des gloses de manuscrits latins ; moyen- 
breton, dont la littérature religieuse part seulement du XIV* siècle"» 
et breton moderne, demeuré la langue rurale d'un département 
français et de la moitié de deux autres. — Géographiquement, le 
breton se divise en quatre dialectes, qui correspondent aux quatre 
anciennes provinces épiscopales : trécorois (Tréguier), léonais (Saint- 
Polde Léon), cornouaillais (Quimper) et vannetais. Ceux qui parlent 
Fun quelconque des trois premiers se comprennent entre eux; mais 
le breton de Vannes en diffère très notablement. 

V. On vient de voir que le cymrique, le comique et le breton, 
séparés depuis le V e siècle, sont restés à peu près identiques, ou du 
moins sans différence appréciable pour nous, jusque vers le X e . 
Depuis lors, ils ont divergé, mais moins qu'on ne serait tenté de le 
supposer de prime abord : les relations ont été assez suivies d un bord 
à l'autre de la Manche ; la terre conquise par le Saxon exécré est 
demeurée pour le Breton le pays des souvenirs patriotiques et reli- 
gieux, d'où partent et où se rendent en pèlerinage la plupart des 
saints qui catéchisent l'Armorique. Ce n'est guère qu'à partir de la 
fin du moyen âge, que les deux nations, après leur divorce religieux, 
se voient définitivement emportées, Tune dans l'orbite de la France, 
l'autre dans celle de l'Angleterre. Il en résulte qu'aujourd'hui encore 
les idiomes brittoniques se ressemblent beaucoup : non pas, comme 
on se l'est imaginé, qu'un Breton et un Gallois puissent d'emblée 
converser ensemble sans préparation, — tant s'en faut ; — mais en ce 
sens que, abstraction faite des lois phonétiques propres à chacune 
des trois langues, il serait difficile de signaler dans l'une d'elles une 
tendance générale ou un fait de structure linguistique qui ne fût 
point partagé presque à un égal degré par les deux autres. Leur 
évolution a été parallèle, et leurs divergences phonétiques mêmes 
n'affectent guère que le vocalisme. 

Cependant, s'il importait absolument d'assigner au breton un 
caractère spécial qui l'isolât dans une certaine mesure de ses congé- 



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I 



XXIV INTRODUCTION 

nères, on pourrait peut-être le trouver dans l'extrême fréquence de 
la métathèse consonnantique. La métathèse se rencontre dans toutes 
les langues, et de préférence dans les moins cultivées : elle n'a 
manqué, ni au cymrique, ni surtout, semble-t-il, au comique; mais 
en breton elle foisonne. Dès les premières pages du lexique, on 
trouvera des formes telles que alan pour *ana(z)l, ansaô pour 
*cuxanv, beulké pour *beuglé, etc., qui témoignent en faveur d'une 
sorte d'instabilité consonnantique et de fréquentes « fautes de lan- 
gage » dans un parler populaire dialectalement morcelé sans qu'au- 
cune littérature centrale intervînt pour le fixer ; et les nombreux 
doublets du type gwesklé etgloesker « grenouille », gwéstl etgloestr 
« gage », etc., paraissent bien relever du même principe. On les 
retrouvera en leur lieu. 

Accessoirement, on notera en breton une forte tendance à l'intro- 
duction de nasales parasites, surtout dans les mots récents et em- 
pruntés, tels que ampart, bentonik, diris, puns, bounta, tonka, et 
tant d'autres. Dans bien des cas, comme dans ce dernier, il a pu y 
avoir confusion de deux quasi-homonymes. Mais la généralité de la 
tendance doit s'expliquer par une cause plus générale, à savoir la 
chute phonétique de la nasale dans les mots où elle était étymolo- 
gique : l'existence de doublets dialectaux du type de krénv et 
kréffa fort », klanv etklqfffa malade », etc., a dû entraîner, par voie 
de conséquence presque nécessaire, l'insertion fautive de la nasale 
préconsonnantique dans bien des mots qui ne la comportaient pas et 
qui, n'étant pas indigènes, se défendaient mal contre cette alté- 
ration. 

A part ces traits, le breton ne se distingue du comique et du cym- 
rique que par une particularité tout extrinsèque : l'énorme appoint 
de mots français qu'il a accueillis et naturalisés, avant peut-être 
et surtout depuis le double mariage d'Anne de Bretagne. Le comble 
en ce genre est atteint, de nos jours, par ce qu'on pourrait nommer 
« le breton politicien », langue de journalisme et de profession de foi 
où, sauf les copules, les désinences grammaticales et de loin en loin 
quelques mots de la langue usuelle, pas un élément ne relève plus 



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INTRODUCTION XXV 

du celtique. Il est superflu de dire qu'un dictionnaire étymologique 
n'a point à connaître de ces nécessaires mais déplorables néolo- 
gismes. On ne rencontrera au lexique que les emprunts au français 
sur lesquels une personne connaissant les deux langues sans en 
connaître exactement l'histoire serait excusable d'hésiter un instant. 

VI. Il serait évidemment excessif de tirer d'un travail aussi parcel- 
laire une conclusion quelconque quant à l'ensemble de l'étymologie 
celtique. Il est pourtant une remarque qui s'impose : en feuilletant, 
soit ce lexique brittonique, soit son aîné de quatre ans et sa contre- 
partie gâdélique, le dictionnaire de M. Macbain, on sera frappé de la 
fréquence de la mention « Étymologie inconnue». Ce n'est pas que 
proportionnellement peut-être elle revienne beaucoup plus souvent 
que dans un vocabulaire sanscrit, grec, ou surtout latin, dont l'auteur 
eût religieusement noté ses incertitudes et ses repentirs. Toute éty- 
mologie laisse nécessairement un semblable résidu. Lorsqu'il n'est 
pas imputable à l'imperfection de nos connaissances et de nos moyens 
d'investigation, il relève d'une circonstance aussi aisée à présumer 
que difficile à vérifier : le domaine conquis par chacune des peu- 
plades indo-européennes était occupé avant elle par des tribus de 
race différente; les Grecs, par exemple, avaient gardé le souvenir de 
semblables devanciers sous le nom de Pélasges; et, comme ces 
autochtones furent partout asservis, nulle part en tout cas complè- 
tement anéantis, il est à supposer que quelques mots de leur langue 
survivent à notre insu dans le langage indo-européen de leurs vain- 
queurs. Mais ce qui semble exceptionnel dans le celtisme, c'est que, 
parmi ces mots qui demeurent en l'air, qui ne s'expliquent, ni par 
l'indo-européen, ni par un emprunt au latin ou au français, à 
l'anglo-saxon ou à l'anglais, il y en ait beaucoup de fort usuels, qui 
devaient appartenir à la vie de tous les jours ; — car les mots de 
ce genre sont généralement indigènes dans chaque langue; — c'est 
que des mots comme beûré « matin», bloaz a année », kôz « vieux», 
sellout « voir », n'aient point du tout de répondant en dehors du 
celtique, que d'autres comme kenn « peau » n'en aient qu'au prix 



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r 



XXVI INTRODUCTION 

d'un effort de conjecture plus ou moins plausible, qu'enfin le répon- 
dant, s'il se rencontre à coup sûr, n'existe que dans un seul des 
autres domaines de l'indogermanisme, ce qui interdit d'affirmer 
qu'il ait vraiment appartenu à l'indo-européen commun. Il est donc 
à supposer que les Celtes, au moins les Celtes insulaires, se sont 
trouvés, à un moment donné, dans leur marche d'immigration ou 
de conquête, en contact avec une nation plus homogène et plus 
dense que celles qu'ont rencontrées sur leur route les autres envahis- 
seurs de l'Europe, ou bien encore avec une race qui était à peu 
près leur égale en civilisation 1 , qu'ils en ont triomphé et l'ont 
absorbée, mais non sans y laisser quelque chose de la pureté de leur 
propre langue, et qu'enfin le celtique commun fut un mélange, à 
doses fort inégales, mais pourtant encore reconnaissables, des dia- 
lectes de ces vainqueurs préhistoriques et de ces vaincus désormais 
effacés. En un mot, et toutes proportions gardées, bien entendu, 
la langue de ceux-ci aurait survécu à l'invasion celte comme le latin 
à la conquête des barbares*. Mais c'en est assez sur un secret que le 
passé nous garde et gardera toujours. La science n'a que faire d'hypo- 
thèses qu'elle ne sera jamais en mesure de confirmer ni de réfuter. 

1. Selon M. d'Arbois de Jubainville le domaine conquis par les Celtes continentaux 
l'a été sur les Ligures, population indo-européenne. Cette donnée importante ne nous 
permet pas néanmoins d'identifier les vocables non-celtiques égarés dans le celte; car 
nous ne savons presque rien de la langue des Ligures ; moins encore, de celle des 
Ibères, que les Ligures avaient supplantés; et enfin, nous ignorons à quelles peuplades 
primitives ont eu affaire les Celtes insulaires en envahissant la Grande-Bretagne. 

2. Bien d'autres considérations entrent ici en b'gne de compte, et mon excellent 
confrère M. Duvau m'en confirmait une tout récemment. Seuls de tous les Indo- 
Européens, tous les Celtes ont la numération vigésimale (br. daou-ugent = 40). Cette 
particularité leur est commune aveo les Français, seuls de tous les peuples romans 
{quatre-oingts, six-vingts, les Quinze-Vingts); et les Français sont aussi les seuls 
qui habitent un domaine jadis exclusivement celte. Il est donc impossible de ne pas 
songer à des occupants préhistoriques, non indo-européens, qui, comme aujourd'hui 
encore les Eskimos par exemple, comptaient par les dix doigts des mains, puis par 
ceux des pieds, puis recommençaient, et qui auraient légué leur système aux Celtes 
envahisseurs. 



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xxvn 



INSTRUCTION POUR L'USAGE DU LEXIQUE 



L'orthographe, — alors même qu'une autre eût été légèrement 

-plus correcte, — et Tordre alphabétique suivis dans ce lexique sont 

exactement, pour faciliter la recherche, ceux des dictionnaires de 

Le Gonidec, La Villemarqué et Troude, à savoir : abkdefgh 

ch c'h i j 1 m n o p r s t u v w z. 

Il y faut joindre les caractères 1 = / mouillé, fi = fi espagnol (gn 
français) et û = n nasalisant la voyelle précédente. Mais le signe 
diacritique qui accompagne la consonne ne modifie pas son rang 
alphabétique. 

Les autorités lexicographiques et étymologiques sont citées en 
abréviation. On reconnaîtra aisément les noms suivants : d'Arbois de 
Jubainville, Bezzenberger, Dottin, Ernault, Godefroy, Hatzfeld, Le 
Gonidec, Le Pelletier, Macbain, Thurneysen. Ceux de MM. Ascoli, 
Duvau, Loth, Meillet, Rhys, Antoine Thomas, Whitley Stokes, 
Windisch, Zimmer, et autres, figurent en toutes lettres. 

Les majuscules entre parenthèses (C, L., T., V.) désignent les 
quatre dialectes du breton moderne 1 . 

L'astérisque désigne une forme qui n'est nulle part historiquement 
ou littérairement attestée, mais seulement restituée par conjecture 
ou induction linguistique, comme le sont, par exemple, toutes les 
formes indo-européennes, et toutes les formes dites «celtiques » (ou 
préceltiques), c'est-à-dire appartenant au celtique commun et préhis- 
torique, antérieur à la scission en gaulois, gâdélique et brittonique. 

Le signe < entre deux formes indique que la première est issue 
de la seconde : ainsi, br. penn < celt. *qennos. — Le signe > 

1. n est impossible de confondre la dernière avec l'abréviation « V. = voir », qui 
généralement n'est pas entre parenthèses et, en tout cas, est toujours suivie d'un 
complément. 



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XXVIII 



INTRODUCTION 



entre deux formes indique que la seconde est issue de la première : 
ainsi, lat. oinos > lat. ûnus\ 

Le signe = indique que deux formes de langues différentes som 
phonétiquement et morphologiquement tout à fait identiques, en 
tant que remontant à une forme antérieure commune : ainsi, br . 
pemp = lat. quinque*. 

Voici le tableau des autres abréviations : 



adj. 


adjectif 


germ. 


germanique 


adv. 


adverbe 


got. 


gotique 


ag. 


anglais 


gr- 


grec 


ags. 


anglo-saxon 


id. 


même sens 


al. 


allemand 


i.-e. 


indo-européen 


br. 


breton moderne 


inc. 


inconnu 


celt. 


celtique 


ir. 


irlandais moderne 


cf. 


comparer 


lat. 


latin 


conj. 


conjecture* 


lett. 


letton 


corn. 


comique 


lit. 


lituanien 


dér. 


dérivé 


mbr. 


moyen-breton 


cymr. 


cymrique 


mhal 


moyen-haut-allemand 


du. 


duel 


mir. 


moyen-irlandais 


empr. 


emprunt* 


mod. 


moderne 


étym. 


étymologie 


msc. 


masculin 


fm. 


féminin 


n. pr. 


nom propre 


fr. 


français 


nt. 


neutre 


gael. 


gaélique 


pf. 


parfait (temps) 


gaul. 


gaulois 


pi. 


pluriel 



1. La façon la pins simple de les lire, c'est donc, respectivement « issu de » et« d'où». 
On prendra garde de les bien distinguer : la flèche est toujours dirigée vers la forme 
postérieure et issue. 

2. N. B. Ce signe n'indique jamais un simple emprunt d'une langue à l'autre. 

3. Cette abréviation sert d'appendice à toutes les étymologies qu'une irrégularité 
phonétique ou toute autre cause d'invraisemblance rend plus ou moins suspectes. 
Lorsqu'elle n'est suivie d'aucun nom propre, c'est que la conjecture est personnelle 
à l'auteur, ou du moins qu'il n'a pas eu connaissance qu'elle eût été formulée avant 
lui. 

4. On prendra garde que l'abréviation qui suit désigne toujours la langue à laquelle 
l'emprunt a été fait : la meilleure manière de lire « empr. fr. », c'est « emprunté au 
français », et ainsi des autres. 



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» 







INTRODUCTION 


XXI 


ppe 


participe 




S. V. 


sous le mot 


préf. 


préfixe 




V. 


voir 


prép. 


préposition 




vb. 


verbe 


rac. 


racine 




vbr. 


vieux-breton 


s. f. 


substantif féminin 


v. g. 


par exemple 


sg- 


singulier 




vhal. 


vieux-haut-allemand 


singul. 


singulatif 1 




vir. 


vieil-irlandais 


sk. 


sanscrit 




visl. 


vieil-islandais 


si. 


slave 




voc. 


vocabulaire* 


s. m. 


substantif masculin 


vsl. 


vieux- slavon 



1. On désigne ainsi la formation brittonique bien connue dont le type est gwézen 
« un arbre », en opposition à gvoè%> « arbre » en général, «arbres ». 

2. La distinction du comique proprement dit et du vocabulaire comique n'a pas para 
partout indispensable, d'autant que l'index final fournit à ce sujet une information 
suffisante. 



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I 



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LEXIQUE ÉTYMOLOGIQUE 

DES TERMES LES PLUS USUELS DU BRETON MODERNE 



1 A, préfixe général de conjugaison, br., corn., cymr.: reste d'un ancien 
démonstratif celtique el primitif (sk. a- « ce ») jouant ici le rôle de pro- 
nom relatif, en telle sorte que des phrases du genre de Pér a ganô, Doué 
a garann, etc., doivent s'interpréter littéralement « [c'est] Pierre qui 
chantera, [c'est] Dieu que j'aime », etc. Cf. 1 è. 

2 A, prép., v. g. leûn azour « plein d'eau », etc. : peut représenter, soit un 
primitif *âpo (sk. âpa, gr. «to, lat ab, si. po), « de, à partir de », soit la 
prép. primitive à laquelle répond lesk. a, « vers, à partir de », confondus 
pour la forme et le sens. 

A-, préfixe de direction, cf. aba 9 abarz, abenn, etc., etc.: le même que la 

prép. précédente. 
Ab, particule patronymique, cymr. ab « fils [de] »: écourté de mâb ou mâp 

« fils ». V. ce mot 1 . 
Aba, adv., prép., depuis: avec mutation douce, pour a-pa « à partir de 

quand ». V. sous a- etpa. 
Abad, s. m-, abbé. Empr. lat. (accus.) abbâtem. 
Abai, adj., étourdi., timide, stupide. Empr. au fr. popul. (le poitevin a un 

mot èbaffé « abasourdi »), mais avec un vague rappel du sens de bâv. 

V. ce mot, et cf. mbr. aboffn hésitation ». 

1. Uq m initial, en principe, ne disparait jamais. Mais Y m de mâb a commencé 
par devenir o dans la locution courante Pezr odb Aïlard « Pierre fils d'Élard », et 
similaires, qui exigeaient la mutation douce. Après quoi, le o initial est tombé, d'où 
Pezr ab JElard « Pierre Abélard », comme dans azé issu de cazé, e/loor issu de *oeri- 
eor, etc. V. ces mots, l-a chute constante du o initial est un fait actuellement constaté 
dans le parler de l'île d'Ouessant : ar èloien, « les prêtres » : da Reet « à Brest », etc. 



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* l 



1 



2 ABALAMOUR-ABENN 

Abalamour, prép., à cause de. Empr. fr. ancien par amour (de), « pour 
l'amour de, à cause de », avec dissimilation de r en / et préfixation de la 
particule d-. 

Abaoué, adv., prép., depuis: à décomposer en abaoué, littéralement 
« depuis que [ce] fut ». V. sous aba. 

Abardaez, s. m., soir. Ce mot très ancien n'a, malgré les apparences, aucun 
rapport avec deiz «jour» 1 . On en a rapproché le vbr. aperiha victime», pi. 
aperthou « offrandes», qui représente un celt. *at-ber-to- «apporté» : préf. 
at-, de môme sens que le ad latin (V. sous ad-), et ppe passé du vb. celt. 
*ber-ô « je porte », lat./erô, gr. yl?<a, etc. (cf. le ppe gr. <pep-T(J-$ et voir 
d'autres dérivés sous aber, kémérout, etc.). De ce mot aperth, une dériva- 
tion vbr. *aperthaez> abardaez aurait désigné, dans une religion anté- 
rieure au christianisme, le moment où se faisaient les « offrandes », les 
libations, le repas du soir, d'où « la vôprée ». — Impossible. Étym. inc. 
(Loth). 

Abarz, adv. , prép., avant: littéralement « à part », mais sans rapport avec 
lat. pars, cf. corn, a-barth a-bard, cymr. o barth. Le premier terme 
étant le préf. a-, le second est un celt. *qerto~ < *$qer-to- (ppe passé r 
cf. *ber-to- sous abardaez, etc . ), soit « coupé, divisé », d'où « côté, partie » ; 
ir. -scert « côté », cymr. parth « partie ». V. une variante de la rac. sous 
skarz, et cf. peut-être gr. (nrap-arow « je déchire ». 

Abek, s. m., cause: mot formé des trois premières lettres de l'alphabet, 
comme nous dirions « chercher Va b c d'une chose, répeler », pour « la 
décomposer en ses premiers éléments »* . — Conj . 

Abôki, abégi, vb., contrefaire. Empr. fr. ancien abéquer*: « s'abéquer » à 
qqun, c'est se mettre bec à bec avec lui, pour mimer par dérision toutes 
les contorsions de son bec. 

Abenn, adv., tout droit, à bout, au bout: exactement « à la tête, à l'extré- 
mité de ». V. sous a- et penn. 

1. Cela résulte à l'évidence de ce que, abarz signitianU avant », une juxtaposi- 
tion lelle que *abarj-deis ne pourrait désigner que « la matinée » ou même « l'aube ». 

2. A l'époque où les Bretons ont emprunté l'alphabet romain, et longtemps encore 
après, ils en ont prononcé le nom abèUè y comme faisaient les Romains eux-mêmes. 
Cf. de nos jours encore, gael. aibidil a alphabet » = ir. aibghitlr = vir. abbgitir =r 
lat. abecedârium, et cymr. abcedllros « alphabet » (le c cymr. se prononce k en toute 
position). 

3. La différence inconciliable de sens empêche de rattacher ce mot au précédent, 
ou réciproquement. D'autre part, s'il était un composé breton de a- et bék (V. ces 
mots) • ' * e pourrait avoir en breton que la forme *acégi. 



J 



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ABKR-AKÉTAOi: 3 

Aber, s. f., embouchure, confluent, baie close, havre (mais sans aucun 
rapport étymologique avec fr. havre*, qui a pu toutefois influer sur le 
sens), corn, aber « confluent », cymr. aper > aber y gael. abbor > abar 
à l'initiale d'un grand nombre de noms de lieux : d'un celt. *ad-ber- ou 
*od-ber- suivi d'un suffixe nominal formatif, exactement « ap-port » ou 
ce ex-port », rac. BHER « porter » précédée d'un préfixe. Cf. abardaez, 
kémêrout, etc. 

Abevlecli, s. m., abreuvoir. Empr. fr., mais bien curieusement retra- 
vaillé par l'étyraologie populaire, qui y a vu les mots èoa « boire » et lech 
a lieu »\ V. ces mots (sous 1 léac'h). 

Aboez-penn, loc. adv., à tue-tête: juxtaposée de a-, poez* et penn. V. ces 
mots. 

Abostol, s. m. (pi. ébestel), apôtre, Épître dite à la messe (parce que l'au- 
teur fut un apôtre). Empr. lat. apostolus et epistola confondus. 

Abostoler, s. m., sous-diacre (qui lit l'Épître de la messe). 

Abrant, s. f., sourcil, corn, abrans, vir. abrait pi., ir. et gael. abhra, 
fabhra, « paupière, sourcil ». Ktymologie peu claire : peut-être un préfixe 
de la valeur de a-, devant un mot celtique correspondant au lat. /rô/is 
(front-is), comme qui dirait « [ce qui est] au devant » ou « au dessous du 
front»; mais il faut peut-être tenir compte aussi de l'existence des mots 
synonymes et quasi similaires, sk. bhru « sourcil », gr. é-sppy-c et macé- 
donien à-SpoùT-eç pi. (toutefois M. Kretschmer, Einleitg in die Gesch. der 
Gr. Spr., p. 287, propose la correction très plausible à-êooGj=-e;); cf. ag. 
brow et al. braue, encore d'une autre origine. 

Abréd, adv., de bonne heure, à temps. V. sous a- et 1 préd. 

Aked, aket, s. m., attention, diligence. Empr. fr. aguel « attention » {être 
aux aguets), plus ou moins confondu avec acquest au sens de « recherche 
minutieuse » (quérir, quêter). V. le suivant. 

Akétaou, adv., tantôt, ce matin: altération par confusion de sens avec le 

1. En effet, 1* le genre n'est pas le même, mais cette preuve n'est pas décisive, car 
le breton a opéré beaucoup de changements de genre ; 2* le mot existe identique, non 
seulement dans tout le brittonique, mais encore dans les noms de lieux du gaélique, 
qui sûrement n'a pu l'emprunter au français; 3" dans toutes ces langues, excepté en 
cymrique, il ne signifie jamais que « confluent, embouchure », et non point « havre ». 

?. La métathôse tient ses débuts du français (patoisé) lui-même : le Bas-Maine a 
une forme aberoϏ Dn. 

3. D'une locution telle que skei a boez hè sicrcc'h « frapper à tour de bras », 
exactement « de [tout] le poids de ses bras », où l'emploi du mot poei s'entend de lui- 
même, ce mot a été abstrait et transporté à d'autres façons de parler où il n'avait pri- 
mitivement que faire» 



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4 AKLOUÉTEN-ADREUZ 

précédent et ses dérivés 1 , de la locution ei^geAtaou « dans les premiers 
Imoments de la journée] » devenue égétaou> agélaou> akétaou (toutes 
ces variantes existent). V. sous keiïia. 

Aklouéten, s. f., fer d'aiguillette. Empr. fr. altéré aiguillette. 

Akr, adj., hideux, vbr. ar-ocr-ion pi. « atroces », vir. acher « rude » 
(cf. fr. acre), d'un celt. *akroset *àkros formé comme lat. âcer « violent » 
= *àk-ri-s. V. la rac. AK sous èket diék, et cf. hakr. 

♦Ad-, préfixe général de direction, et surtout, sous la forme az- ou as-, pré- 
fixe verbal et nominal itératif* qui équivaut comme sens au fr. re-, vbr. 
at-, cymr. at- et- ed-,\v.âith- àid-, etc. (mêmes fonctions) : d'un celt.*afr-, 
qui est le préf. de direction primitif *poti (sk. pràti, gr. itpoc et itoxi 
synonymes) « vers » et, par déviation de sens, « en retour », d'où « de 
nouveau » 8 . 

Adâl, prép., depuis, exactement « du front de, de devant, dorénavant ». V. 
sous a- et 1 tàl. 

Adalek, adv., depuis : dérivé du précédent au moyen de la même suffi- 
xation adverbiale que dans bété, étrézé, goudè, etc. 

Adarré, adv., derechef, ir. aith-erriuch. Le corrélatif primitif du lat. ërigb 
« j'élève » étant le celt. *eks-regô (aussi lat. primitif), la locution adver- 
biale ci-dessus a été abstraite d'un vb. composé *ati-eks-regô « je soulève 
de nouveau ». Voir les composants sous *atf-, *eks- et rén. 

Adarz, adv., perpendiculairement, d'aplomb; exactement « en perçant». V. 
sous a- et tan. 

Adré, adrén, adv., prép., arrière, derrière, mbr. adreff. Mot obscur: l'ir. 
druim ne ramènerait point à un mot vbr. *treff « dos », et l'on n'en 
a par ailleurs aucun répondant. D'autre part, le cymr. adref signifie « à 
la maison, en s'en retournant ». On peut supposer que deux mots très 
voisins de forme se sont entièrement confondus dans leur signification. 

Adreûz, adv., à travers, de travers. V. sous a- et treùzi. 

Adreûz-penn, locution adverbiale, « tout au travers » : combinaison de 
adreûz et abenn. V. ces mots. 



1» Qui vient le matin est diligent, et réciproquement. 

2. Voir plus bas les mots qui commencent par cette syllabe. 

3. Les deux prépositions celt. *arf = lat. ad et *ate— gr. won se sont très souvent 
confondues par voie phonétique (Lotta). 

4. Le second terme lref t le même que vbr. treb, « habitation, subdivision du 
bourg » (cf. trèô) % remonte à un celt. *trebd % qui répond peut-être au lat. tribus 
« tribu » et sûrement au germauique qui a donné Fag. thorp et l'ai, dorf « village »* 



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AÉ-AHENDALL 5 

Aé, s. m., repos du bétail pendant la chaleur: une forme plus ancienne 
serait *a-hèz, qui suppose un celt. *apo-sedo-, « le fait de s'asseoir à 
l'écart, de se reposer », etc., rac. SED « s'asseoir ». V. sous a-, annez et 
€Lzéza> et cf. échoaz. 

Ael, s. m., essieu : pour ahel, cymr. echel (ir. ais « chariot »), d'un celt. 
*aksi-lo-, dér. de *aksi- « essieu », lat. axis, lit. aszts, cf. sk. àksa et 
gr. a£u>v. 

1 Aer, s. f., couleuvre, serpent : mbr. azr, corrompu pour *nasr\ corn. 
nader, cymr. neidr, vbr. adj. dér. pi. natr-ol-ion « de serpent », ir. nalhir, 
qui correspond peut-être au lat. nàtrix, « [couleuvre] nageuse, hydre », et 
sûrement au mot germanique que reproduisent le got. nadr-s, l'ag. adder* 
et l'ai, natter « couleuvre ». 

2 Aer, s. m., héritier. Empr. fr. ancien heir (du lat. tiërès), devenu plus 
tard hoir. 

Aez, adj., facile. Empr. fr. aise, avec le sens de aisé. 

Aézen, s. f ., vapeur, exhalaison (en mbr. « vent doux et agréable ») : em- 
prunt basque aise « vent ». — Conj. Ern. 

Ai, s. m., baiser, corn, ame (vb.) « baiser ». Empr. lat. am-ârea aimer», 
qui a ce sens en bas-latin. — Conj. d'Arb., douteuse. 

Afeûr, adv., à mesure. Empr. fr. ancien a fur (lat. ad forum)> survivant 
dans la locution au fur et à mesure. 

Affô, adv., vite, avec ardeur : préf. a- et/o. V. ces mots. 

Afu, s. m., variante de au et aou. V. ces mots. 

Agétaou, adv., variante de akètaou. V. ce mot. 

Agil, adv., à reculons. V. sous a- et kîl. 

Agouéz, adv., même sens que ac'houéz. V. ce mot. 

Agrenn, adv., entièrement : le sens littéral est « tout le tour, en pourtour 
complet ». V. sous a- et krenn. 

Ahendall, adv., d'ailleurs: exactement « par un autre chemin ». V. sous 
a-, hent et ail. 

1. Ce n'est pas que Vn initial soit tombé naturellement; mais, dans une liaison telle 
que *an nazr, *eun nait\ l'initiale du nom a fait corps avec la finale de l'article, et 
l'on a coupé *ann asr, d'où azr tout court. On constatera le même phénomène dans 
d'autres noms, tels que ant, eàc, etc., et dans le môme mot en anglais (note suivante). 
La fusion de l'article avec le nom a produit l'effet inverse dans f p. lierre z= l'ierre (lat. 
hedera) et autres. 

2. Le phénomène est exactement le même en anglais qu'en breton : *a nadder a 
été pris pour an adder et l'on a dit addcr, comme aussi apron « tablier » pour le fr. 
napperon. 



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() ACHU-ALC'HOUfiDKK 

Achu, ad]., fini, mbr. achiff, abstrait du vb. mbr. achioaff « terminer». 
Empr. fr. achever. 

1 Ac'h (interjection), fi! Onomatopée de l'action de cracher. 

2 Ac'h, prép., de: forme ordinaire, notamment dans les locutions prono- 
minales, du préf. celt. *ek8- = lat. ex. V. ce mot. 

Achouéz, adv., publiquement, cf. agouéz, mbr. a goez « à vue », cymr. 

yn~gwydd, iv.jiad fis (même sens), dont le second terme est un celt. 

^iceid-osa vue »; cf. gr. fet3oç> eloo; « forme extérieure, aspect». V. la 

racine sous gouzout, et cf. diskouéza. 
Ac'hub, s. m. , embarras, grossesse : abstrait du vb. ac'hubi « embarrasser», 

qui est emprunté au lat. occupâre. 
Aiénen, s. f., source, mbr. eyen, paraît remonter, non sans une corruption 

inexplicable, à un adj. celt. *owen-io- « écumant ». V. sous èon. 
Ainez, s. f M limande. Isolé. Étym. inc. 
Al, forme de l'article défini, par assimilation, devant un mot commençant 

par /. V. sous 1 ann. 
Ala, vb., vêler, mettre bas, aussi alein (V.), mbr. hallaff, cymr. alu. La 

variante éala ramène à éal. V. ce mot 1 . 
Alan, s. f., haleino, mbr. alazn, avec métathèse pour *anazl* t corn. anaU 

cymr. anadl, ir. anal, gael. anail, qui tous procèdent d'un celt. *anatlâ, 

dér. de rac. ANA (sk. àni-ti « il respire», etc.). V. sous anaoun. 
Alar, s. m., variante dissimilée de arar. V. ce mot. 
Aies se, adv., de là où tu es : simplifié pour *ann lec'h se (mbr. alechse) 

(( de ce lieu-là ». V. ces mots (1 ann et 1 léac'h). 
Alfô, s. m., délire, cf. br. ar/reu (V.). Empr. fr. affres « angoisses », 

affreux, etc., mais le mot altéré par transport de Yr en première syllabe, 

puis modifié sous l'influence de fô. V. ce mot. — Conj. Ern. 
Algen, s. f., barbe de la coiffe. — Étym. inc. 3 
Alchouéder, alc'houédez, s. m., alouette, mbr. ehuedez, huedcz, qui 

subsistent encore actuellement dans (T.) echoueder et (V.) huide ; corn. 

eicidit, cymr. ehedydd, hedydd, uchedydd; ir. uiseôg, fuiseôg, gael. 



1. Si toutefois il est permis de ne pas tenir compte de l'A initial mbr., qui fait diffi- 
culté; autrement, l'étymologie est désespérée. 

2. Conservé encore dans le mot hanal ou hênal (V.) « baleine », où Ja prothèse 
de I7i est due à l'influence du français. 

3. Le sens, le genre et la phonétique séparent également ce mot de talgen « fron- 
teau », auquel pourtant il ressemble de bien près, 



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ALC'HOUEZ-AM- 7 

ui&eag. Ces formes difficiles ne se superposent à aucune primitive connue, 
ni même entre elles ' : plusieurs laissent entrevoir une onomatopée du 
chant et de l'essor de l'alouette, modifiée peut-être en breton, soit par 
l'influence du gaulois-latin alauda (d'où fr. aloue et alouette), soit encore 
par celle d'un mot conjectural *alc'houered, venu par métathèse de 
*aouc'helred, qui serait le lat. aois galeritus « alouette huppée ». Cf. ka- 
bellek et kogennek. 

Alo'houez, s. f., clef, corn, alwedh et alwhedh, cymr. allwedd. Mot diffi- 
cile : on peut le supposer abstrait* d'un vb. latin corrompu *aleavidàre 
(mbr. attiuezaff, br. alc'houéza) « fermer à clef », lequel serait issu par méta- 
thèse d'un bas-lat. *aclavidàre, dér. de lat. clâois « clef ». — Conj. d'Arb. 

Ali, s. m., avis: abstrait du vb. mbr. aliaff, « conseiller », qui est au fond 
le même que aliqff, « allier, lier, engager à un parti ou à une résolution ». 
Empr. fr. allier. 

Aliez, adv., souvent, V. sous a- et lies. 

AU, autre, cymr. ail, gaul. allô- dans le n. pr. Allo-broges, gr. aX-Xo-c 
« autre », rac. AL. Cf. eil et brô. 

Aloubi, vb., empiéter, usurper. Empr. fr. ancien vober « voler » (cf. dé- 
rober et ag. to robjy avec r accidentellement changé en /, et préf. a-, 

Alouein (V.), s. m., variante de elvézen. 

Alter, s. f., délire : abstrait du vb. mbr. alteraff, « altérer, gâter, cor- 
rompre » [l'intelligence]. Empr. fr. altérer. 

Aluzen, s. f., aumône. Empr. bas-lat. elemosina, qui lui-même n'est autre 
que gr. èXe^oiruvï) « compassion ». 

Alzourn, s. m., dissimilé pour arzourn. V. ce mot. 

1 *Am-, préfixe perdu, mais encore reconnaissable en tête de plusieurs 
mots 3 , avec le sens vague de « autour, auprès, vers », ou avec une nuance 
collective ou augmentative: sk. abhi, « vers, autour », gr. àfjtcpî, lat. 
amb- (dans amb-ire « faire le tour de »), al. umb > um t etc. Cf. améze/c, 
ampréoan, etc. 

1. Chaque langue a fait subir au nom de l'oiseau diverses altérations analogiques et 
d'étymologio populaire, très fluement analysées par Loth, Mots Latins, s. v. 

2. Il n'est en effet féminin qu'en breton, sans doute sous l'influence du genre du 
fr. clçf. 

3. Où eu principe il produit mutation douce (cf. l'article dam-), ce qui implique 
qu'il se terminait par une voyelle. En fait, les mots gaulois tels que Ambtàni « Amiens » 
indiquent une forme celt. *ambi, qui concorde avec celle des autres langues. Le cymr. 
am et le gael. im signifient également « autour » et ont pris en outre un sens super- 
latif qui contraste beaucoup avec celui de 2 anx-. 



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8 2 AM-AMBROUK 

2 Am-, particule privative, à mutation douce. Ce n'est pas la particule pri- 
vative i.-e. *#-, si répandue partout ailleurs 1 : sk. a-, an-, gr. à-, àv-, 
lat. in-, gerra. (ag., al., etc.) un-, L'am- négatif br. ne diffère pas du 
précédent: en d autres termes, partant du sens « autour » et passant par 
celui de « à côté », am- en est venu à prendre la fonction de l'ancien an- 
négatif 1 , qu'il a entièrement supplanté. — • Ern. 

Âma, aman, adv., ici: préf. a-, devant un nom perdu partout ailleurs 
(mais cf. azè et méaz), qui équivaut à Tir. magen « lieu », dér. du ceit. 
*mag-o- (môme sens). 

Amann, s. m., beurre, corn, amen-en, cymr. ymen-yn, gael. et ir. iiw, vir. 
imb, d'un celt. *em6-en, dont la rac. est la même que celle du sk. ahj 
« oindre », àhj-as « onguent », lat. ungu-ere, ungu-en, ungu-en-tu-m, al. 
ank-e « beurre ». 

Ambi), adj., qui va en tête : contamination possible de la locution *en-ibil 
avec la locution fr. en cheville, dont elle est la traduction, et qui se dit 
dans le Bas-Maine ce des bœufs et des chevaux qu'on place en tôte des 
attelages » Dn. — Conj. * 

Ambren (T., V.), s. f., délire :exactement « dérèglement », préf. am\>amb-, 
et rên K . V. ces mots, et cf. rambré et kantréa. 

Ambrouk, s. m., conduite en cérémonie, mbr. hambrouc, corn, hembrouk 
« il reconduira », hombronkyas « il reconduisit », mais hebrenchiat « re- 
conducteur » f cymr. hebryngiad(\à.), hebrwng « reconduire » ». Le mot 

1. En effet, indépendamment de Y m au lieu dVi, cette particule, ne se terminant 
point par une voyelle, ne produit pas et ne saurait produire mutation douce daus les 
rares mots bretons où elle a subsisté (cf. koun etadkounac'h), 

2. Soit, par exemple, dére « décent » et am-zérè « à côté du décent », d'où « indé- 
cent », et ainsi des autres. 

3. Ainsi s'expliquerait l'{ final. Le rapprochement avec dlbil, dispil, etc. (Ern., 
p. 186), est bien douteux et d'ailleurs dubitatif. Une locution marc 'h ambil* cheval qui 
va l'amble », à laquelle j'avais songé d'abord, est moins satisfaisante que l'hypothèse 
portée au texte. 

4. D'après cette étymologie, le mot devrait être masculin : il a passé au féminin, 
parce que tel est le genre de la majorité des noms terminés eu -en. Quant à l'inser- 
tion du b entre m et r, cf. lat. caméra > fr. chambre, et cent autres exemples du 
même phénomène dans les langues les plus diverses. 

5. Le br. a partout la nasale en première syllabe; le cymr. ne l'a jamais; le corn, 
alterne : en l'état, il est impossible de savoir si l'une et l'autre forme ne seraient 
pas légitimes, auquel cas on aurait affaire à deux préfixes différents, ou si, par 
exemple, le br. hambrouk ne serait pas altéré par métathèse d'un plus ancien *ha- 
brounk = cymr. he-brœng. La seule chose sûre, c'est que ce préfixe commençait par 
un h et par suite procédait d'un adverbe i.-e. commençant par un s, soit *sen- ou 
*sed- 9 qui signifie « à part » : cf. sk. sanutâr « à part », gr. «tep « sans », al. sonder 
f séparément », lat. sèd- dans sëd-itiô, 8è-cernere f etc., etc. 



s. 



AMERC'H-AMPAFAL 9 

signifie « fait de reconduire à part, isolément, tout particulièrement m, 
par suite « avec grand honneur », en tant qu'il contient, à la suite d'un 
préfixe, le radical verbal du n. pr. gaul. Abrincaiui, dont le sens « appor- 
ter, amener » résulte à l'évidence du germanique Hriûgan, got. briggan, 
ag. to bring, al. bringen, etc. 1 . 

Amerc'h (V.), s. m., dissimilé pour armerc'h. V. ce mot. 

Amézek, s. m., voisin, mbr. amneseuc. Ce dernier mot se ramène sans dif- 
ficulté à un celt. *ambi-ned8-ako-, dont on trouvera les éléments compo- 
sants sous 1 *am- et nés, avec l'adjonction d'un suffixe d'adjectif fort 
commun en celtique. 

Amgroaz, s. f., fruit de l'églantier (rosier sauvage), mbr. amgros etagroa- 
sen. Cette dernière forme paraît la plus pure, en tant qu'on peut la rame- 
ner à un lat. agresti8 « sauvage », ou mieux à un bas-lat. *acrën8Îs dér. 
de âcer « acre »'. Cf. égras. 

Amhéol, s. m., crépuscule : exactement « absence de soleil », préf. am- et 
héol. V. ces mots. 

Amc'houlou, s. m., ténèbres: originairement « contre-jour ». V. sous am~ 
etgoulou. 

Amiégez, s. f., sage-femme : dér. essentiellement br. d'un radical AM, qui 
semble un terme de caresse enfantine commun à un grand nombre de 
langues indo-européennes 3 , ir. ammait, « nourrice, vieille femme », lat. 
amita « tante paternelle », al. amme « nourrice », heb-amme « sage- 
femme » 9 etc. 

Amouka, vb., tarder : à décomposer en *am~ouk-qff, soit le même radical 
verbal que dans dougen, précédé du préf. *am- avec sens négatif ou atté- 
nuatif*. V. ces mots. 

Ampafal, amparfal, amparval, s. m., lourdaud. Le mbr. a des formes am- 
parfaret et ampafalek « tâtonnant», qui relèvent de la juxtaposition du 
préf. péjoratif *am- avec palf. V. ces mots, et cf. mbr. pa/ala « tâton- 
ner ». Mais la forme actuelle la plus usitée a sans doute été comprise 

1. Ce radical, qui ne se trouve qu'eu celt. et en germ., est sans doute à son tour 
une amplification spéciale de la rac. BHER a porter ». V. sous kémérout. 

2. La première syllabe aurait pris la forme du préfixe négatif en vertu d'une vague 
notion d'ôtymologie populaire, atn-groa* étant en quelque façon interprété par *am- 
rôi a [fruitj qni n'est pas [celui d'un vrai] rosier ». Le vocalisme inaltéré se retrouve 
dans le Bas-Maine : ékrff « épine de l'églantier », et égrasiyào « églantier » Dn. 

3. Et auquel se rattachent vraisemblablement, tant le lat. amure que les formes rédu- 
plicatives *marna, qui presque partout désignent « la mère » dans la bouche des enfants. 

4. Comme qui dirait « tourner autour [du pot] ». 



~ a * j 



10 AMPART-ANAOUDEK 

par l'étymologie populaire comme signifiant ampart-faV. V. ces mots. 

Ampart, adj., robuste, agile: corrompu du mbr. apert = corn, apert. 
Empr. fr. ancien apert, « ouvert, franc, dispos, adroit »*. 

Amprévan, s. m., insecte, vermine: formation collective sur le mot préo 
au moyen du préf. *a/n-. V. ces mots*. 

Amzaô (C), adj., facile: exactement « ce qui n'est pas en montée, pas 
ardu » . V. sous am- et aaô. 

Amzent, adj., indocile : préf. am- et se rît i. 

Amzer, s. f., temps, mbr. ampser, corn. anser\ cymr. qmser, ir. aimser, 
gael. aimsir, suppose un celt. *amb~menaerà (soit « mesure tout autour, 
en cercle », etc., cf. 1 *am-), dont le second terme très voisin du iat. 
mënsûra, se rattache à l'universelle racine MÊ MET « mesurer» : sk. 
màtrà « mesure », gr. fiixpov id., Iat. mètior « je mesure » ; cf. ag. to mete 
et al. messen*. 

Amséré, adj., inconvenant. V. sous 2 am- et la note. 

*An-, préfixe perdu, mais encore reconnaissable en tête de plusieurs mots 
bretons, où d'ailleurs, à raison de ses origines multiples, il assume les 
fonctions les plus diverses : — 1° négatif (cymr. an-), représentant la né- 
gation primitive n- (cf. 2 am-) ; — 2° séparatif , co mrao procédant d'un 
celt. *aona < *apona* 9 celui-ci dérivé de Ti.-e. âpo (cf. a-) ; — 3° inten- 
sif, comme le gr. àvà et le got. ana « par-dessus » (ag. on, al. -an}; 
— 4° enfin, oppositif, d'un celt. *andi~> *ande-\ « contre, vis-à-vis », 
sk. ànti, gr. àv-c:, Iat. ante, al. ant- et ent~ dans ant-wort « réponse », ent- 
steken « se produire », etc., etc. — Cf. quelques-uns des mots suivants 8 . 

Anaoudek, s. m., adj., connaisseur, reconnaissant: dér. de anaout, qui 
signifie étymologiquement « l'état de bien connaître 9 ». 

1. C'est-à-dire comme uue traduction littérale, à la construction bretonne près, du 
fr. mal-adroit. 

2. Ce mot était fort répandu; car le gael. aparr « expert » eu procède aussi, sans 
doute par l'intermédiaire du moyen-anglais. 

3. Soit quelque chose comme l'ai, actuel Ge-ϝrm. 

4. Sans doute faute d'orthographe des mss. pour aniser. 

5. La concordance germanique n'est pas rigoureuse, mais ramène à la variante 
radicale MED (gr. juô-0-pwct « je mesure > je prends soin de », Iat. mod-u-s). 

6. Survivant en allemand : i.-e. *pond d'où/ona, aujourd'hui con. 

7. Visible, par exemple, dans un n. pr. gaul. tel que Ande-gaoi « Anjou », et 
nombre d'autres. 

8. De ces quatre formes, la première seule est nettement reconnaissable, en ce 
qu'elle ne peut produire de mutation douce. Les trois autres se confondent pour la 
forme et souvent pour le seus. 

9. Ce mot est douné comme un type de dérivation compliquée et très commune : 



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ANAOUÉ-ANKOÉ 11 

Anaoué, s. m., anathème, excommunication: le sens originaire a dû être 
simplement « nomination [solennelle] ». V. sous 2 hanô\ 

Anaoun, s. f. pi., les morts, exactement « les âmes », mbr. anacon = 
celt. ^ana-mon-es*, dont la racine est ANÀ : gr. ave^oç « vent », lat. 
animas et anima, got. anan « respirer », etc. V. d'autres formes de la 
racine sous alan et éné. 

Anaout, vb., connaître, aussi anacoat* et anaoëzout (L.), anaouein (V.): 
dér. du même radical que anat. 

Anat, adj., connu, mbr. aznat et haznat (avec aspiration illégitime): 
représente un celt. *atigna-to- « bien connu », conservé tout entier dans 
le n. pr. gaul. Ategnatos. Le second terme* est le ppe passé de la rac. 
GNO « connaître » : sk. jM-tâ* « connu », gr. y vw -^-Ç, lat. gnôtus > 
nôtus, ir. gnâth, cymr. gnawt « tenu pour » (al. kund « notoire »), etc. 

Ank, s. m., angle, coin. Empr. fr. altéré angle. 

Aàkelc'her, s. m., feu-follet, lutin, mbr. enquelezr « géant », corn. 
enchinethel, encinedely qui se ramènent à un celt. *ande-kene-tlo- t soit « gé- 
nération contraire », d'où « monstrueuse », cf. corn, kinethel « génération », 
ir. cenél « race ». V. la rac. KEN sous kent, et le préf. sous *an- (4°) 8 . 

Anken, s. f., chagrin, mbr. anquen, cymr. angen « nécessité », ir. écen 
id. : d'un celt. *ank-enâ 9 dont on pçut rapprocher le gr. àv-orpc-Tj « néces- 
sité » et peut-être le lat. nec-esse 8 . 

Ankoé, s. m., luette: dér. de la rac. ANK « crochu », au même titre que 
sk. afïk-â « crochet », gr. «yx-uXo-; « crochu », avx-ypa « ancre », oyx-o-; 

il serait en celt. *ati-gna~but-ak0'8. Le suff. d'adj. -dko- est le même que dans 
amések et autres. Quant à l'élément -but-, qui est à la base de tous les infinitifs 
bretons en -out, il se ramène au subst. i.-e, *bhù-ti- « état » (cf. gr. çv-ai-ç « na- 
ture »), dér. de la rac. BHÙ a être », sk. bhâc-ati « il est », gr. çy-etat, lat. fu-it, 
ag. to be, al. ich bin % etc., 

1. Cette étymologie a contre elle la forme aznaouè (Le Gon.); mais il est probable 
que celle-ci est purement analogique de aznaout> anaout. 

2. Pluriel du même type que le lat. hom-in-ës, etc. 

3. Cette dernière forme rend plus visible l'élément radical -but- qui s'est superposé 
à la racine. Cf. anaoudek et la note. 

4. Four le premier, voir sous *ad- (préfixe). Noter toutefois que anat ne saurait 
être identiquement le même mot que aznat, puisqu'on trouve de très bonne heure 
les formes anat etannat «spécial» en cymrique. 

5. Mais la mélathèse qui a donné naissance à la forme actuelle bretonne a évidem- 
ment été favorisée par la circonstance que ces êtres fantastiques dansent en rond 
(an-kelc'h-er comme qui dirait a en-cercl-eur ») autour de leur victime. Cf. kelc'h. 

6. Aucun rapport, par conséquent, avec br. ankou ni avec fr. angoisse, dont la rac. 
est ANGH (V. sous erïk). Mais il se peut qu'à la base de toutes ces formations se trouve 
la rac, bien connue ANK a crochu », d'où « pénétrant, torturant », 



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12 ANKOU-ANN 

« crochet »,lat. unc-u~s, ir. éc-ath id., al. ang-el « hameçon », etc., etc. 
— Conj. 1 

Ankou, s, m.', mort, corn, ancow, cyrar. angen> ir. éc, d'un celt. *enk- 
owo- dont la rac. est NEK « périr »: sk. nâç-ati « il meurt », gr.véx-'j-ç et 
v$x-po-c, « trépassé, cadavre », lat. nev (nec-is) « mort violente », nec-ûre 
« tuer », etc. 

Ankounac'h, s. m., oubli, cf. mbr. ancoffnez : répond à un mot celt. qui serait 
*an-komen-akto-, c'est-à-dire le mot celt. qui signifie « intelligence, mé- 
moire », amplifié d'un suffixe de dérivation secondaire et précédé d'un 
préfixe négatif. V. sous *am-, *an- (1°) et koufi. 

Anden, s. f., raie, sillon : dér. deant. V. ce mot. 

Andévrek (V.), s. f., tas de fumier: dér. de *andevv- <*oandeor-<i*man- 
decr- 3 , qui n'est au tre que l'empr. fr. main-d'œuvre, spécialisé au sens 
de « engrais * » par une sorte d'euphémisme. 

Andra, tant que, tandis que : variante de etldra. 

Aner, s, m., corvée: altéré pour *ahger. Empr. bas-latin angarium, « tour- 
ment, labeur pénible et vain », d'où aussi al. (vieilli) enger « corvée ». 

Anéval, s. m., animal. Empr. fr. ancien \ 

Anéz, prép., sans: dér. d'un préf. séparatif tel que gr. aveu et al. ohne 
<C vhal. âne « sans » (cf. am-brouk), ou plus simplement de la particule 
séparative *an-, V. sous *an- (2°). 

Anez-, de : particule pronominale, dér. de*an- (2°). 

1 Ann, forme normale de l'article défini : avec chute de l'aspiration, pour 
*hann, corn, an, ir. sin >> î/i, d'un démonstratif celt. *sendo-, qui lui- 
même est dér. du démonstratif i.-e. *sé- commun à toute la famille : sk. 
sâii ce », got. sa, « ce, le », gr. 6 -^ (article), etc., etc. 

2 Ann, adv., ici, ir. and, dérive d'un démonstratif primitif différent du | 
précédent et commençant par une voyelle *. 



1. Vue à travers la bouche ouverte, la luette (ait l'effet d'un petit crochet suspendu 
devant l'arrière-gorge. 

2. La désignation de ce mot comme s. m. pi. (Le Gon., Tr.) parait une illusion 
fondée sur sa finale -bu et sur une fausse étymologie qui le rattache à angoisses. Tout \ 
le monde sait que l'Ankou des contes bretons, avec son chariot et sa faux, est un per- " 
sonnage masculin et parfaitement uuique. 

3. Mutation douce de m en c, puis chute de c. V. sous âb. 

4. Cf. (môme origine) l'anglais manure « engrais ». — Ern. 

5. L'ancienneté de l'emprunt résulte de la mutatiou régulière de m en o entre 
voyelles, qui remonte extrêmement haut. 

6. La forme parallèle hann vient de l'analogie du précédent, et l'aspiration s'y est 



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ANNÉO-ANV 13 

Annéô, s. f., enclume, aussi année, et annéan (V.), mbr. anneffn, corn, en- 
nian, ir. indéin, d'une base celt. *ande"tcen-i- qui signifierait « contre 
quoi on frappe». V. le préf. sous *an-(4°). La rac. estWEN, zd vanaiti 
« il frappe », got. wun-d-s «blessé », ai. wund, ag. wound « blessure », etc. 
Cf. Osthoff, Idg. Forsch., IV, p. 275; mais aussi Stokes, p. 15. 

Anneûen, s. f. f trame, mbr. anneuffenn, cf. cymr. anwe. V. le préf. sous 
*<zn- (2°, 3°) et la rac. sous gwèa. 

Annez, s. m., meuble, outil, mbr. anhez, abstrait de mbr. anhezqff> br. 
annexa « meubler », primitivement « se loger » : préf. *an- (3°), et *hez-, 
forme très pure du radical i.-e. SED « s'asseoir, s'établir »'. V. sous 
axéza. 

Anô, adv., là (en composition): dér. de 2 a/m*. 

Anoued fC, V.), s. f ., froidure : préf. *an- (3°) augmentatif, précédant un 
celt. d'ailleurs altéré *ouia et *ouktâ, qu'on retrouve dans Tir. uacht, 
ocht, « froidure », et peut-être dans le zd aota « froid ». 

Ansaô, ansav, s. m., aveu, reconnaissance : métathèse pour *az-anc {-hano), 
soit une formation qui équivaut à peu près comme sens au lat. ad-nômin- 
àre. Cf. *ad-, anaoué et hanô. — Conj. 

Ant, s. m., tranchée, ride, cymr. nant « vallée » 3 : mot celtique, qui existait 
en gaulois, ainsi qu'en témoigne le fr. provincial nant « ruisseau » dans 
le Jura *, mais sans équivalent connu ailleurs, à moins qu'on ne le rattache 
au sk. na>tà-, « courbé, incliné » < i.-e. nrn-tô-, rac. NEM. 

Antella, vb., tendre (un piège, un arc), cymr. annel « piège », annelu 
« tendre un piège », ir. indell, etc. : semblerait répondre à une forme ac- 
tuelle *an-tenna, mais modifiée dès l'époque celtique par dissimilation 
des deux n. V. sous *an-, stén et tenna. 

Anter, déaspiré pour haûler. V. ce mot. 

Aâtrônôz, s. f., lendemain. V. sous trônôz. 

Anv, s. m., orvet, mbr. anaff, corn, anafa lézard ». Le roman anvin (Bas* 
Maine âoê Dn) indique un empr. qui se rattache au lat. anguis. 



maintenue parce que le mot « ici » est habituellement accentué dans la phrase, tandis 
que l'article est atone. 

1. Le mot br. équivaut donc tout à fait à l'ai, an-sitzen. 

2. L'élément dérivatif est analogue à celui du lat. in-de. Cf. enô, 

3. Le sens primitif et Yn initial conservés dans kornaridoun. V. ce mot, et pour 
la chute de Yn cf. 1 acr y etc. Le Dict. de Le Gon. donne même un mot nantti courant, 
torrent ». 

4. D'où le nom de la ville de Nantua. 



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14 AO-AOZIL 

Aô, adj., mûr, mbr. azff, cymr. addfed, vbr. admet « [raisin] sec» : sup- 
pose un celt. *ati'tnet'0- « propre à être moissonné (récolté) ». V. sous *ad- 
ct mèdi. 

Aod, aot, s. m., rivage, corn, als « rivage », cyrar. allt « falaise », ir. ait, 
« hauteur, rivage » : d'un celt. ^al-to-, identique au iat. al-tu-$, « nourri, 
haut, surélevé ». 

Aoten, s. f., rasoir, cymr. ellyn, vbr. altin.ir. altain, etc. :d'un celt. *altani- 
<*palt-ani-, dont la rac. est la même que celle defaouta*. V. ce mol. 

Aoter, s. m., autel. Empr. Iat. altâre. 

Aotré, s. m., concession, privilège. Empr. fr. otrei*. 

Aotrou, s. m., seigneur, monsieur, corn, altrou a beau-père », cymr. 
altraw, « répondant, parrain ». Ainsi que l'indiquent le vir. altram, ir. 
altrom, gael. altrum, « action de nourrir», les trois sens procèdent, par 
légères divergences et spécialisation, du sens unique de « nourricier» 3 : 
celt. *al-traoori', dér. de la même rac. que Iat. al-cre « nourrir», gr. 
av-aX-To-; « insatiable », got. ai-an « croître », etc. Cf. aod. 

Aoun, s. f., peur, corn, own, cymr. 0//1, vir. omun> gael. uamhunn, gaul. 
*omnà (à en juger par le n. pr. Ex-omnosa Sans-Peur») : d'un celt. *ob- 
nà, dont on ne trouve à rapprocher queir. oponn « soudain » et gr. sfevto id. 

Aour, s. m., or, cymr. aur. Empr. Iat. aurum. 

Aourédâl, s. m., séneçon (fleur jaune"! : dér. de aour. 

Aouréden, s. f., dorade : dér. de aour 'poisson doré). 

1 Aoz, s. f., manière : pour *naoz y . V. sous pènaoz et neùz. 

2 Aoz, s. f., lit de rivière: suppose un celt. *aues-â, dér. du celt. *auos 
« rivière», gaul. Auo; et Avara\n. pr. de fleuves; cf. sk. av-ani a eau 
courante », âca « de haut en bas ». — Conj. 

Aoza, vb., préparer, façonner: dér. de 1 aoz. 

Aozil, s. m., osier, mbr. amill. Empr. bas-latin ausarla « oseraic », mais 
peut-être rattaché par étymologie populaire à 2 aoz. 



1. Soit rac. SPALT : la forme à sp initial a donné /initial, tandis que la forme à 
p initial a régulièrement perdu son p. Ces alternances sont fréquentes. 

2. Vieux mot, abstrait du verbe otreyer, qui est le bas-lat. auctoricûre « auto- 
riser ». Aujourd'hui octroi. 

3. Pour le sens de « seigneur », cf. l'ag. lord, qui est l'ags. hlaf-weard (serait 
aujourd'hui *loaf-tcard) « gardien du pain ». 

4. Chute de n initial comme dans a fît. V. sous 1 aer. 

5. Aujourd'hui < l'Evre ». — Le Gloss. Ern. p. 165 indique dubitativement une 
étymologie toute différente. 



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AP-ARBENN 15 

Ap, particule patronymique. V. sous màb et ab. 

Apouel, s. m., auvent. Empr. fr. ancien apuiail « gardefou », lui-même 
dér. de fr. apui « appui ». 

Ar, forme régulière de l'article défini devant la plupart des consonnes: 
cf. ann et al, eunn, eulet eur. 

Ar-, préfixe très commun au sens de « vers, à côté, le long de, attenant à », 
corn, ar, cymr. ar « près », ir. ar « devant», gaul. are-, ar-, dans Are- 
mor-ica > Armorica (le pays qui longe la mer) « Bretagne», de. : sk. 
pari « autour », gr. irept « autour », **?« « auprès », lat. per « à travers », 
got./a/r- (préf. =al. ver-),faàr « devant » = al. vor, etc., etc. 1 . Cf. la 
plupart des mots suivants, auxquels parfois le préf. n'ajoute aucun sens 
bien défini. 

Arabad, adj., illicite, mbr. arabat: parait être simplement a rabat « de 
rabais » d'où « de mauvaise qualité, frivole, mauvais », etc. Cf. le suivant. 
Empr. fr. rabattre. — Conj. 

Arabaduz, adj., niais, badin: dér. tearabada insignifiant » f . 

Arak, arag, s. m., fétu, duvet : peut-être parti du sens de « barbe de blé » ; 
cf. gaul. arinca « espèce de céréale », gr. apaxoç « gesse» (sorte de pois 
chiche) . — Conj. 

Araok, adv., prép., devant, avant: pour *arâk, avec une diphtongaison 
accidentelle. V. sous «-et 1 rak. 

Araouz, adj., maussade, querelleur: pour *arraj-ouz y formation qui équi- 
vaudraità un fr. *rageux, cf. mbr. arraig « rage », arraigiaffa enrager ». 
Empr. fr. — Conj. 
Arar, s. m., charrue, mbr. arazr, corn, aradar, cymr. aradr, ir. arathar, 

cf. lat. aràtram. V. sous arat. 
Araskl, adj., non mûr, insuffisamment roui: soit en deux mots a ra&kl, 
« qui racle, âpre », cf. fr. ancien rascler « racler » et cymr. rhasgl « râ- 
teau ». Empr. fr. ou bas-lat. V. sous la. 
Arat, vb., labourer, cymr. ar-ddwr « laboureur », ir. air-inn « je la- 
boure», etc. (cf. arar): rac. ARA commune à toute la famille sauf lesk., 
gr. àp4to, lat. arô, got. arja, lit. ariù, si. orja. 
Arbenn, adv., à rencontre. V. sous ar- et penn. 

1. Se garder de confondre ce préfixe avec l'article, dont il se distingue en ce qu'il 
produit toujours mutation douce : ar-côr (ce qui longe la mer) « côte», d'où Arcor »la 
Bretagne cotière »; mais ar môr « la mer » sans mutation. 

2. Tenir compte toutefois du cymr. arab « plaisant » et dérivés, dont au surplus 
rètymoJoçie n'est pas connue. 



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16 ARBOELL-ÀRC'HENXA 

Arboell (C), s. m., épargne, cf. cyrar. arbwyll « prudence» : préf. ar- et 

poell. V. ces mots. 
Ardamez, s. f., marque, étiquette, observation attentive : si ce dernier sens 

était le primitif, le mot pourrait signifier «action de diviser par fragments », 

d'où (( analyse ». V. sous ar- et tamm. — Conj. 
A rem, s. m., airain. Empr. fr. ancien arem <lat. aeràmen dér. de aes. 
Argad, s. m., huée : d'un celt. *are-katu- « [cri] qui précède la bataille ». 

V. sous ar- et kadarn. 
Argad en, s. f., attaque, razzia : dér. du précédent. 

Argarzi, vb., avoir en répugnance, en horreur: le sens littéral est « consi- 
dérer comme une ordure». V. sous ar- et karz. 
Argil, s. m., recul : d'un celt. *areknlo- « dans la direction du dos». 

V. sous ar- et kll\ 
Argoat, s. m., la Bretagne intérieure, forestière, en opposition au littoral 

ou Arvor. V. sous ar- et koat. 
Argoured, s. m., foret: suppose un dér. celt. *are-ko-writ-o-, où la rac. 

(à l'état réduit) est WERT « tourner ». Cf. lat. vert-ere. V. les préfixes 

ar- et *ke- t et gwerzid. 
Argouroti, s. m. pi., dot, cymr. argyfreu pi., exactement «apports » : 

suppose un dér. celt. pi. *are-ko'br-ow-es> où la rac. (à l'état réduit) est 

BHER « porter ». V. sous ar-, *ke- et kémérout. 
Argud, s. m., assoupissement: le sens primitif pourrait être «à l'ombre», 

d'où « sieste », du préf. ar- et d'un mot aujourd'hui perdu *kud, attesté 

par le mbr. cudennec «obscur» 1 (mais sans rapport avec le cymr. 

cyhudd « ombre »), dont au surplus l'origine est incertaine. 
Arc'h, s. f., coffre, corn, et cymr. arch. Empr. lat. arca. 
Arc'hant, s. m., argent, mbr. argant, corn, argant, cymr. ariant, ir. argat, 

airget, gaul. argenton, lat. arg-ent-u-m, sk. raj-at-à-m % , cf. gr. apY-'^oo-ç. 
Arc'henna, vb., chausser, cf. cymr. archen « soulier », archenu « chausser», 

vbr. archenatou « chaussures ». Origine inconnue (lat. ocrea « botte » 

avec métathèse?), mais tout au moins vague rappel de l'idée de « revêtir 

de cuir » (préf. ar- et kenn). 

1. La formation est donc identique en celtique et en français. 

2. Cité au Gloss. Ern. p. 137, et cf. notre article kudon. 

3. Quelle qu'en soit l'origine indo-européenne, ce mot est doue très ancien et 
authentiquement celtique; mais c'est par empr. fr. qu'il a pris eu outre le sens de 
« monnaie ». 



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ARI-ARVÀR 17 

Ari (V.), s. m., lien : pour *az-rig. V. sous ère et kèfrè. 

Arléc'houein, arléouein (V.), vb., aiguiser : préf. ar- devant le radical 

de lib-onik. V. ce mot. 
Arm, s. m., variante dearem. V. ce mot 1 . 
Armé (V.), s. m., saxifrage (casse-pierre), aussi arc'hmé, mbr. arhme, 

cymr. archmain*. V.sous méan et cf. torvéan. 
Armerc'h (V.), s. m., épargne : exactement « attention, prudence », préf. ar- 

et merzout'. V. ces mots, et cf. arboell. 
Araé, arnéô, arnev, s. m., orage, temps orageux: peut représenter un 

celt. *arnawio- « pluie torrentielle », qui serait dér. de *arno-, « fluide, 

eau courante», gaul. Arnos > lat. Arnusu l'Arno »; cf. sk. arwioâ- 

« rivière », dér. de àrna- « flot », qu'on rattache à la rac. de r-nô-ti « il 

met en mouvement », r-Qu-téa il se meut». — Conj. 
Arnod, s. m., essai, début: abstrait du vb. arnodi, « essayer, commencer», 

cf. cymr. arnod synonyme de nod « marque», préf. ar- etnod*. Empr. 

lat. nota en dérivation verbale. 
Aros, s. m., poupe, corn, airos, ir. eross, d'un celt. *are-sos-to-, exactement 

« le siège d'à côté, à l'écart » (la place du pilote), où l'élément -sos- est 

l'état fléchi de la rac. SED « s'asseoir ». Cf. annez, azéza, aé, èc'hoaz, etc. 
Arré, adv., pour ad-arré sans le préf. initial. V. ce mot. 
Arrébeûri, s. m. pi., mobilier : exactement « les [accessoires] de pâture » 

ou « d'exploitation en général », d'où « le mobilier de la ferme » et enfin 

« celui d'une maison quelconque ». V. sous ar (article), ré et peàri. 
Arréval* s. m., mouture : décomposer en *ar-ré-mal, et voir les préfixes 

ar- et ra-, et mala « moudre » ■. 
Aires, s. m., arrhes, gages. Empr. fr. arrhes. 
Arraout, vb., aborder, arriver. Empr. fr. ancien arriver * 
Arsa), s. m., assaut: abstrait du vb. arsafa. Empr. fr. assaillir'* 
Arvar, s» m., doute, soupçon : préf. ar-, et mar. 

1. En tant que signifiant « arme » il vient naturellement du fr., tandis que corn* 
arc et cymr. a// viennent du latin. 

2. Le premier élément doit évidemment signifier « briser », mais il est étymolo- 
giquement obscur. 

3. Ou serait-ce d'aventure l'article coagulé et ne faisant qu'un avec le nom ? Car le 
préfixe aurait dû causer mutation. 

4. La filière des sens est « noter [les linéaments principaux] — ébaucher — essayer 
-^- commencer »* 

5. Il existe aussi, parait-il, une forme synonyme aroal, qui dés lors ne contient 
que le premier des deux préfixes. 

6. L'initiale modelée sur les nombreux mots a toréf. ar*. 

g 



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18 ARVARA-ASKLÉ 

Arvara, s. m., reste de pain. V. sous ar- et bara. 

Arvest, s. m., spectacle : paraît composé de préf. ar- et d'une dérivation 

de béza f soit « ce à quoi on assiste ». V. ces mots et arcez. 
Arvez, s, f., façon, mine : préf. ar- et béza « être ». 
Arvdr, s. m.» côte maritime. V. sous ar- et argoat. 
Arwad, s. m., tanaisie : métathèse pour *aourad, qui équivaut à peu près 

à un lat. auràtum « doré ». Cf. aour\ 
Arwarek (V.). adj., oisif, fainéant : dér. d'une locution ar-war = ar-gwar 

« à Taise ». Cf. goar et gorrek. 
Arwez, s. f., signe de reconnaissance, mbr. ar-goez « intersigne », cymr. 

arwt/dd, ir. airdea signe»: suppose un celt. *are-wid~io- {-iâ), où la 

rac. est W1D, « voir, connaître ». V. sous ar-, ac'houez et gouzout. 
Arzaô, s. m., repos, trêve, mbr. arsaw « cesser », cymr. arsaf« poste », 

ir. airisemu arrêt» : suppose un celt. *are-8ta-men, où la rac. est STHÂ, 

soit(( station ». V. sous ar- et saô. 
Arzel, s. m., jarret. Empr. bas-lat. *arlellus, altéré de articulas. 
Arzourn, s. m., poignet: exactement « ce qui est attenant à la main». 

V. sous ar- et dourn. 
As-, variante phonétique de la particule intensive et itérative *ad- (autre 

variante az-). V. ces mots et la plupart des suivants *. 
Asbléô, s. m., duvet: soit « grand nombre de [petits] poils », la nuance 

diminutive résultant de l'accumulation. Cf. as- et bléô. 
Ask, s. m., coche, entaille : comme qui dirait « une hachée »; mot abstrait 

d'un vb. mbr. *askiaff*, qui équivaudrait à un lat. *asciare (fr. hacher), 

dér. deasciau hache». Empr. lat. 
Askel, s. f., aile. Empr. roman ascella y métath. de lat. axilla « aisselle » 4 . 
Askel-groc'hen, s. f., chauve-souris : exactement « aile de membrane ». 

V. sous askel et kroc'hen. 
Asklé, s. m., sein, mbr. asclez, pourrait, mais bien difficilement, être un 

dér. br. d'un emprunt lat. axilla « aisselle ». Cf. askel et askré. 



1. Et, aourédâl « séneçon » : les deux plantes ont des fleurs jaunes et sont de la 
même famille» Mais il se peut que la métathèse ait été influencée par l'élymologie de 
fantaisie que suggère LeGon. Comparer aussi baré. 

2. J'ai suivi l'orthographe de Le Gon. : on cherchera sous as- les mots qu'on ne 
trouvera pas sous as-, et réciproquement. 

3. La forme phonétique correcte eût donc été *csk t mais la métaphonie a pu être 
entravée par une cause inconnue. 

4. D'où, par syncope, aussi lat *aœla > àla et aile »< 



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ASKLEUDEN-ÀSTAOL 19 

Askleûden (C), s. f., copeau, cymr. asglodyn, par dérivation brittonique 
du bas-lat. *ascla<C astula « copeau ». Cf. autel. 

Askoan, s. f , réveillon, soit « souper réitéré ». 

A8kol, s. m., chardon, corn, askellen, cymr. ysgallen. — Étym. inc.\ 
Cf. pourtant gr. <t*4X-u|ao-<;, « chardon comestible, artichaut». 

Askouéz, s. m., rechute. V. sous as- et kouéz. 

Askourn, s. m., os (pi. eskern), cymr. asgwrn (pi. esgyrn), corn, ascorn. 
Décomposer *a8t-gourn. Le premier élément est Ti.-e. *osth- « os », bien 
connu : sk. âsthi, asthân-, gr. <te?iov, lat. os (oss-is). Le second est 
emprunté, par adaptation résultant de contraste sémantique, à migourn 
« cartilage ». V. ce mot*. 

Askré, s. m., sein, cymr. asgre, ir. as g ail, etc. : semblent des dérivations 
et corruptions, à des degrés divers, de l'empr. lat. axilla, mieux conservé 
dans le gael. achlais « aisselle ». Cf. asldé. 

Asdibr, s. m., coussinet de selle (doublure de la selle). 

ABriimliri, vb., se remarier. V. sous as- et dimizi. 

Asdô, s. m., œuf couvé : préf. as- et dôi < dôzoi*. 

Asdrézen, s. m., crémaillon (petite crémaillère qui en continue une plus 
grande). V. sous as- et drézen. 

Aspled (C), s. m., gardefou : comme qui dirait « surcroit d'attention, pré- 
caution accessoire ». V. sous as- etpléd. 

Asrann, s. f . , subdivision : préf. as- et rann. 

Asrecli, s. m., contrition, chagrin, mbr. azrec 1 , corn, edrek, ir. aithrech, 
gael. aithreach « repentant » : suppose un celt. *a/i-re/ro- (pour *-pre/r-o-), 
dont la rac. est PREK <c prier », sk. prcchàti « il demande », lat. prec-ès 
« prières », got. fraih-nan « interroger », zl/ragen, etc. 

Astal, s. m., interruption : comme qui dirait « le fait de re-tenir », préf. as- 
et dal « tenir ». V. sous dalc'h. 

Astaol, s. m., contre-coup. V. sous as- et taol. 

1. Le vbr. a un mot scal, de sens douteux, mais qui ne parait pas signifier 
a chardon ». 

2. Cette conjecture nouvelle est hasardée, mais moins que l'ancienne. La guttu- 
rale de l'arménien oskr « os » et du zd açcu « tibia » pourrait aussi faire admettre un 
celt.*a*A'- signifiant a os », auquel se serait adjoint un suff. -urno- pareil à celui du 
lat. diurnus. Mais la rareté de ce suffixe, jointe à d'autres considérations, le rend 
ici très suspect. 

3. L'incubation étant sans doute considérée comme une sorte de répétition ou de 
continuation de la ponte. 

4. Dont la finale aurait été altérée sous l'influence de rec'h* V. ce mot* 



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20 ASTEL-ATO 

Astel, s. f. # demi-boisseau, cf. cymr. hestawr et fr. setier. Empr. lat. sexta- 
riu8, mais altéré de forme et de genre sous l'influence d'un autre mot astel 
« éclat de bois », qui lui aussi est un empr. lat. (astilla dimin. de astuld\ 
fr. attelle). 

Astenn, s. m., rallonge, cf. cymr. estyn « étendre » : préf. as- et tenn. 

Afltizein(V.), vb., exciter, intercéder: dér. de i'enipr. fr. ancien hastise 
« précipitation ». Cf. hast et atiz. 

Astô, s. m., variante assimilée de asdô. V. ce mot. 

Astomma, vb., réchauffer. V. sous as- et tomm. 

Astud, adj., chétif. Empr. lat. astatus « rusé »\ 

Astuz, s. m., vermine qui pique, corn, stut « moustique », vbr. arstud 
«pointe», cf. cymr. cystudd « componction ». La rac, avec ou sans 
préfixes, est STUD TUD, « piquer, frapper », ici sous la forme fléchie 
STOUD : sk. tud-âti « il frappe », lat. tund-ere, tu-tud-i « j'ai heurté », 
got. 8taut-an> « heurter, pousser », al. stossen. Cf. 1 tonn. 

Asverk, s. m., contremarque. V. sous as- et merk. 

Asvôger, s. f., contre-mur. V. sous a«- et môger. 

At, s. m., variante de âd = hâd. V. ce dernier mot*. 

Atahin (V.), s. m., querelle : contamination probable de deux emprunts 
français attaquer et taquiner. 

Ataô, adv., toujours, continuellement. — Étym. inc. 4 . 

Ateraein(V.), vb., s'informer. Empr. fr. altéré (s'jadresser*. 

Atil, s. m., terre en rapport : abrégé de douar atil % fr. Herre d'atil « terrain 
aménagé ». Empr. fr. ancien àtilliè « [terrain] aménagé, mis en culture, 
terre chaude ». — Ern. 

Atiz. s. m., avis, instigation. Empr. fr. ancien hatize « précipitation ». 
CL astizein» 

Atô, adv., variante de ataô. V. ce mot et la note. 



1. Tous deux diminutifs de hasta «hampe ». Cf. askleûden. 

2. La filière des sens est fort curieuse : « rusé — qui emploie la ruse — qui n'a 
que la ressource de la ruse pour déjouer la force d'autrui — faible, chétif ». 

3. D'une manière générale, on cherchera sous h les mots qu'on ne trouvera pas 
sous voyelle initiale, et avec t les mots qu'on ne trouvera pas avec d t ou récipro- 
quement. 

4. Peut-être la vraie forme serait-elle atô t abstrait d'une locution fr. anc. a toz 
eolps « à tous coups ». 11 ne semble pas que le cymr. etto soit apparenté; car il signifie 
(4 encore, encore une fois, toutefois », mais non « toujours ». 

5. La métathèse était déjà opérée en it. patoisé ; le Bas-Maine a aders « adresse » 
et radereé « redresser » Suppl. Dn« 



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ATRED-ÀZ 21 

Atredi s. m., gravois. Empr. bas-lat. *attrïtum^ pour attritum « frotté, 
usé, broyé », d'où « débris ». 

Au, s. m-, variante de acu+ V. ce mot. 

Av, adj., variante de aô. V. ce mot. 

Aval, s. m., pomme, cymr. afal et afallen « pommier », ir. aball, 
uball, etc. : suppose un celt. *aballo-, d'où procède le dér. gaul. n. 
pr. Aballô « Àvallon » (exactement « le Verger »). Empr. lat. [malum] 
Abellânum, à cause de la célébrité des vergers de la ville d'Àbella en 
Campanie 1 . 

Avank, s. m.,bièvre, castor, cymr. afanc % ir. abac, soit un adj. celt. 
*abon-ako- « fluvial ». V. sous 1 aoen. 

Avé, s. m., harnais, attelage, cf. corn, avond, cymr. afwyn « rênes ». Il 
est difficile de ne pas songer à une altération plus ou moins profonde du 
lat. habënae, dont le cymr. est la reproduction exacte. 

Avel, s. f., vent, corn, auhel « vent » et anauhel « tempête* », cymr. awel 
et enawelià., ir. ahél, aial, gael. aile, etc.: suppose un celt. *aw-eUà, 
dérivé comme le gr. * ap-eXXa > aeXXa a tempête »; cf. gr. a8-pa 
« brise », aù-^p à^p « air » 3 , aîim « je souffle ». Larac. AWE « souffler», 
se présente ailleurs sous la forme WÊ: sk. oa-ta et vd-yâu vent », 
lat. ventuê, german. icind, lit. vé~ja-8, vsl. vèja-ti « souffler », etc. 

1 Aven, s. f., rivière (vieilli, mais conservé dans Pont-Aven et autres 
n.pr.), vbr. auon, corn. awort, cymr. a/on, gael. abhainn,v\T. abann,'gà\i\. 
Abona, n. pr. : rac. AP et AB « eau », sk. àp-as pi. « eaux », amb-u 
« eau », lat. am-ni-8 « fleuve » de *ap-ni- ou *ab-ni- k . . 

2 Aven, s. f., mâchoire. — Étym. inc. 
Àviel, s. m., évangile. Empr. lat. Eoangelium. 
Aviez, s. f., avives (des chevaux). Empr. fr. bretonisé. 
Avonltr, s. m., adultère. Empr. fr. ancien avoultre. 

Avu, s. m., foie, corn. aou 9 cymr. a/a, vir. da, ir. aeghe, gael. adha> ae. 

Rapports incertains, étym. inc. 
AwalcTi, adv., assez : exactement « à suffisance ». V. sous a- etgwalcfia. 
As-, variante de as-, V. ce mot et *ad-, 

1. Même emprunt en germanique (ag. apple, al. ap/el) et en letto-slave (lit. ôbâlas, 
obelis, vsl. ablanï, ablûko, russe jabloko, etc.). 

2. Pour le préfixe, cf. an- (3 # ) et anoued. 

3. Lat. aura et &er sont empruntes au grec. 

4. Bien entendu le celt. n'accuse que la forme en h. Cf. Johansson. Ida, Forsch. % 
IV, p. 141. 



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22 ÀZÀOUEZ-BABr 

Azaouez, 8. f., attention, égards, respect: équivaut à *az-eoez « redouble- 
ment d'attention ». V. ces mots. — Conj. 1 

Azé, adv., ici: pour case, de*m«se = */na7i-se\ qui remonte à un celt. *ma- 
geni sai « en ce lieu-ci », locution au locatif. 

Axel, s. ni., variante vieillie de ézel. V. ce mot. 

Azen, s, m., âne, cymr. asyn. Empr. lat. asinus. 

Aieûli, vb., célébrer un sacrifice, adorer, cymr. addoliu adorer», addatcl 
« prière »: la forme du vb. sans préf. se trouve dans Tir. âiliu, âil-im, 
« je demande, je prie », soit un celt. *âliô « je prie », sans équivalent 
partout ailleurs a . 

Azéza, vb., s'asseoir, mbr. asezaff, corn, ysedha, cymr. assedu, cf. ir.seiss 
« il s'assit », préf. *ad-, et rac. SED « être assis » universellement indo- 
européenne: sk. sàd-ati « il s'assied », sâd-as « siège »; gr. s$-oç 
« siège », SÇo^at « je m'assieds » ; lat. sed-ëre k 9 sëd-ès, go t. sit-an « être 
assis », ag. to ait, al. sitzen, lit. sèd-èti « s'asseoir », si. sçd-a « je m'as- 
siérai », et sèd-èti « être assis », etc., etc. Cf. aussi les articles annes, 
aé, éc'hoaz, huzel, neiz y aros, etc. 

Aznaout, etc. V. sous anaout, etc. 

Azoûg, adv., pendant: la locution azoùg ann deiz revient à dire « à port 
du jour », soit « tant que le jour le porte » ou « se comporte ». V. sous a- 
et dougen. 



Babouz, s. m., bave : exactement « bav-eux », avec un suffixe dérivatif en 

plus. Empr. fr. bace. Cf. baô et mormouz. 
Babu, s. m., guigne: parait un mot de friandise enfantine passé dans la 

langue; il y a une variante babi, et la merise dans le Maine se nomme 

babiole, cf. normand baguiole> et fr. ancien badeolier « sorte de cerisier ». 

Empr. fr. probable. 

1. Il est vrai que èoex est s. m. Mais le genre a pu être changé parce que la majo- 
rité des noms en -ex étaient féminins. En fait, plusieurs noms en -ex ont du être pri- 
mitivement masculins, puis passer au genre féminin. 

2. Pour Tinitiale, se reporter à arïdècrek et ab. Le mot *mayen-i est le locatif du 
substantif qu'on trouvera sous amat\. Le locatif *saù se rattache à *«e qu'on trouvera 
sous ann. 

3. C'est donc pur hasard si le mbr. axeulijj coïncide avec le lat. adôr&re ou le fr. 
adorer, qui au surplus a pu et dû influer sur le sens. 

4. On observera toutefois que la tète d'article mot exclusivement brittonique, 
pourrait être aussi un empr. bas-lat. *assedére 



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BAD-BAIAN 23 

Bad, s. m., étourdissement, étonnement, badauderie, corn, bad « stupide », 
bàdus « lunatique », vbr. bat « stupeur » : abstrait du lat. populaire 
*batâre, d'où procèdent aussi fr. béer, béant, bayer et bâiller \. Cf. le sui- 
vant. Empr. bas-latin \ 

Badaja, badajein (V.), vb., bâiller. Empr. bas-lat. *bataculare> *bata- 
cliare 1 , d'où aussi fr. ancien baailliev. 

Badalen, s. f., dague, poignard. Empr. fr. ancien badelaire « épée courte » 
(la finale altérée à cause de la fréquence des féminins en -en, noms d'ob- 
jet ou d'instrument 4 ). 

Badéz, s. f., baptême : abstrait du vb. badéza. Empr. bas-lat. baptizàre 
> *batidiare (Loth), cf. corn, bedidhia et cymr. bedyddio. 

Bftg (bak), s. f., bateau. Empr. fr. bac. 

Bagad, s. f., troupe, foule, corn, bagat « troupe », bagas « grappe », 
cymr. bagad, « grappe, foule », gael. bagaid id. : le sens primitif est 
« grappe », d'un bas-lat. *bacâta y dér. de bàca, « baie », petit fruit 
généralement assemblé en grappes. Empr. lat. 5 . — Thurn. 

Bagol, adj., sain, robuste: altéré pour *magol • « bien nourri ». V. sous 
maga et meàr. 

1 Bach, s. f., croc, hameçon, corn, bah, cymr. bâch, vir. bacc, gael. 
bac, etc., d'un celt. *bakka ou *bakkos « croc », qui n'a point d'équiva- 
lent connu en dehors du celtique. 

2 Bâc'h, s. f., prison, cf. ir. gael. bac «empêchement », identique au pré- 
cédent, à peu près comme on dit en argot « j'ai été au clou » (ounn béd er 
eâch w ... au croc »). 

Bao'hein (V.), vb., déconcerter, cf. mir. bacaim «j'empêche», soit « j'ac- 
croche ou fais accrocher ». Cf. les précédents. 

Baian, adj. , alezan : contamination de la finale de alazan et de l'initiale de 
bayo. Empr. espagnol probable. 

1. De là aussi l'ital. badare « regarder bouche bée, faire grande attention », et 
aussi (r. badin, badaud, mais ceux-ci empruntés au provençal. — Lat. *batarc 
serait-il une altération jargonnante depatëre « être ouvert »? 

2. Aucun rapport avec vir. bàlth « imbécile », gael. baotlx id. Cf. Macbain s. v. 

3. Fréquentatif de *batdre. V. le précédent. 

4. Tandis qu'au contraire les noms en -er sont masculins et noms d'agent. En 
fait, *badaler aurait paru signifier « bâilleur » : la corruption est donc très logique. 

5. Ce mot, en effet, ne saurait dériver du précédent et signifier « batelée », puis- 
qu'il est commun à tout le celtique, tandis que bâg est exclusivement breton. 

6. Un m ne se change pas en 6, mais tous deux se changent en c en mutation 
douce et sont alors exposés a se confondre accidentellement. Cf. baûgounel et bardel. 
— Ern. 



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24 BAIZIZ-BALEK 

Baizik, adj., jaloux (mais non pas en mauvaise part) : pour *gw-ei*ik « un 

peu jaloux » \ V. sous gw~ et oaz. 
Bal, s. m., branle, danse. Empr. fr. bal (sens ancien). 

1 BaJ, s. m., tache blanche au front des animaux domestiques, cheval 
ainsi marqué, cymr. bal id., ir. bail id., gael. bail « tache » : d'un ceit. 
*ba4o-> *bal-no- 9 *6aZ-yo-, cf. gr. <pà-X-io-< « noir tacheté de blanc », qui 
se rattache à la rac. BHÂ « luire » \ 

2 BaJ, s. m., baquet, cuvier. Empr. fr. baille ', lequel procède du bas-lat. 
*bajula (lat. bajulus « portefaix »). Cf. béol. 

Balaen, s. f., balai. Empr. fr. bretonisé balai, mais celui-ci à son tour pris 

au br. balan. V. ce mot. 
Balafen, s. f., variante de balaoen. V. ce mot. 
Balamour, prép. : écourté de abalamour. V. ce mot. 
Balan, s. m., genêt, mbr. balatn, avec métathèse pour banazl. V. ce mot 

sous banal. 
Balaven, s. f . (aussi balafen), papillon : semble une métathèse de *pabellen 

avec contamination de *falen. Empr. lat. (ace.) pâpiliônem, et phalaena 

du gr. ?<£Xaiva « papillon de nuit ». 
Balbein(V.), vb., altérer (donner soif). — Étym. inc, mais cf. lat. balbu* 

« bègue » et le suivant. 
Balbouza, vb., bredouiller, barbouiller: du lat. balbtxiïre, ou plutôt d'un 

adj. br. *balb-ouz (cf. babouz) refait sur *6 a/6-, puis confondu à raison de 

Thomophonie avec fr. barbouiller. V. sous balbein. 
Balé, s. m., marche : dér. de bal au sens primitif de« branle, marche réglée 

et cadencée » 4 ; puis le sens s'est généralisé. 
Balek (C), s. m., répugnance : le mèmeque baleg t employé métaphorique- 
ment « cela me fait saillie », comme en argot fr. « cela me sort », pour 

(( cela me répugne » (baleg am euz). — Ern. 

1. Sauf la difficulté qui résulte de l'incertitude phonétique du changement du préf. 
celt. *ux>- eu b- devant voyelle ; mais elle se reproduit pour d'autres mots, et le préf. 
a pu exceptionnellement prendre cette forme devant voyelle, par analogie de ce qu'il 
la prenait en d'autres positions. Cf. béoen, bézin, etc. 

2. Rapprocher gr. çafoù» a montrer », çâç « lumière », eto. 

3. Le Dict. Hatzf. indique l'emprunt inverse, qui est bien peu vraisemblable : si 
bal était breton, on ne verrait, ni d'où il vient en breton, ni comment il aurait changé 
de genre en français; si au contraire il est français, on conçoit fort bien que les Bre- 
tons, l'empruntant sans y rien changer et prononçant par conséquent er bal « dans le 
baquet », l'aient pris pour un nom masculin. 

4. Tel est bieu, en effet, le sens du vb. fr. baller. Voir ; Guy, Essai sur . . . Adam 
de Le Haie, p. 519. 



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BALED-BANN 25 

Baled, s. m., auvent: dér. du radical *bal-. V. le suivant. 

Baleg, s. m., saillie d'architecture, cymr. balog « saillie », cf. cymr. bal, 
ce proéminence, pic terminal d'une montagne », ir. et gael. bail « membre » 
(sens spécialisé), gr. <p«XX<*<; « pénis » : dér., cf. baled. 

Ba)es, s. f., macreuse: dér. de / bal (tachetée). 

Balcli, adj., fier, arrogant, cymr. balch, gael. bailc-each, « fort », vir. 
baie id. : d'un œlt. *balk-o-, lat./a/c-iô « je soutiens »,/a/cram « étai », 
germ. *balk<t poutre» (ag.6a/Àr,al. balken), soit une double racine BHELK 
BHELG « être ou rendre fort ». 

Bail, s. f., avenue d'arbres. Empr. fr. ancien balle id. 1 . 

Balir, s. m., variante de baleg dér. du même radical *bal-, 

Baltam, s. f., variante de batalm (métath.). V. ce mot. 

Bameln (V.), vb., ensorceler, tromper. — Étym. inc. f . 

Banal, s, m., genêt, pour *banazl, cymr. banadl, corn, banathel, d'un celt. 
*ban-atlo- dont la syllabe radicale est identique à celle du lat. gen-ista. 
Aucun autre rapprochement ne s'impose. — Conj. Ern. Cf. balan et 
balaen *. 

Banel, s. f., venelle. Empr. fr. '. 

Bcuàgounel, s. f., pompe: pour mangounell t « baliste, machine », cymr. 
magnol « canon ». Empr. fr. ancien mangoneau *. 

Bann, s. m.,éminence, jet, rejeton, rayon, aile (de moulin), aile (de dévi- 
doir), écheveau* (cf. banna «jeter violemment»), cymr. ban, « haut, émi- 
nence », vir. benn, ir. et gael. beann, « corne, cime » T , gaul. *benna, 
« corne, pointe », dans le n, pr. du lac de Garde Bèndcos (aux nombreux 
promontoires}: d'une rac GwEN, qui se retrouve dans ag. kn-oll « émi- 
nence », al. kn-ollen « motte de terre ». — Mcb. 



1. Le Gloss. Ern. s. vv. semble faire dépendre les uns des autres les mots balé, 
bali et baleg (baled), il me semble qu'on les explique d'une façon bien plus satisfai- 
sante en les isolant. 

2. Est-ce une variante dialectale de boéma (C.) a pratiquer les arts [magiques] des 
bohèmes ou bohémiens > frapper de stupeur », par la filière botm- > bieem- >buxun- 
> bam- ou toute autre? Rien n'est plus admissible ni moins sûr. En tout cas on ne 
saurait songer à l'ai, bannen a ensorceler ». 

3. Observer toutefois, au sujet de ces trois mots, que le gael. a un mot bealaidh 
« balai », qui ne saurait être empr. fr. 

4. Ar oanelu semblé une forme de mutation douce, d'où le. 6. 

5. Ar catigounel en mutation douce, d'où le b. Cf. bagol. 

6. Tous ces sens paraissent se déduire aisément du premier ou du second, et le 
dernier de l'avant-dernier. 

7. Aucun rapport avec br. penn. V. ce mot. 



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26 BANNAC'H-BÂR 

Bannac'h, ban ne, s. m., goutte, d'où « un peu » et « taie sur l'œil », corn. 
banna, vir. banne « goutte », mir. boinne, ir. et gael. bainne « lait » : soit 
une base celt. *ba-nyà, ou bien *bannyà (pour *bat-nyà) « liquide », rac. 
BH A ou BH AT ; cf. ag. to balhe, al. bad-en « se baigner », etc. 

Banniel, s. m., bannière. Empr. fr. altéré. 

Banô, banv, s. f., truie en gésine, corn, baneu « pourceau », cymr. banw, 
vir. banb, ir. et gael. banbh (et Ranffn. pr. de lieu), d'un celt. *banwo-, 
fm. *banwâ, qui n'a point d'équivalent connu ailleurs. 

Banvez, s. m., festin, gael. banais « noces», ir. bain-fheis a repas de 
noces », qui suppose un celt. *benâ-wë8ti-i< repas de la femme » : le second 
terme, identique au cymr. gwênt « repas », à Vir. feis « nourriture », au 
visl. vist id M se rattache à la même racine que le lat. oes-ci « se nourrir » ; 
sur le premier, cf. ében. 

Baô, s. m., engourdissement, stupidité, timidité. — Étym. inc. 1 . 

Baot, s. m., voûte (pi. -ou), d'où « tortue» (pi. -ed), aussi vaot. Empr. lat. 
volta < voluta « arrondie ». Cf. bolz. 

Baouik, s. m., nasse, mannequin : pour *baoug-ik, dimin. d'un celt. *bolgo- 
« sac », corn, et cymr. bol « le ventre », ir. bolg « sac », gaul. latinisé 
bulgù « sac de cuir» (d'où fr. boug-eïte et ag. budg-et); soit une rac. 
BHELGH « s'enfler », en divers états, qu'on retrouve dans lat. *folg-oi- > 
follis « soufflet, ballon à jouer > , al. balg « soufflet », ag. belly « la 
panse », etc., etc. 

Baoz, s. f. f litière à fumier, mbr. baus, cf. cymr. baw « ordure», fr. boue 
et bouse, tous termes d origine inconnue; ce dernier, toutefois, pourrait 
bien se rattacher, avec baoz, au même radical que fr. bœuf. V. sous bù et 
buc'h. 

Bâr, s. m. (aussi barr), sommet, comble, branche haute, branche, corn, et 
cymr. bar « sommet», vir. barr, ir. bârr, gael. bàrr, gaul. *Barros con- 
servé dans le n. pr. « Bar » (lieux situés sur une hauteur) : d'un celt. 
Harso-, sk. barsâ « bout», bhrtfi « pointe* », lat. fastlgium (= *farst- 
îgio-), vhal. parrën « faire saillie », etc. 



1. Il y a un mot br. baô « bave » (empr. fr., aujourd'hui remplacé par babous) et 
un mot cymr. baw « malpropre » : rapprochements condamnés d'emblée par le sens. 
En l'état on ne peut guère recourir qu'à une de ces onomatopées par bah- (cf. fr. 
ancien babiller « bégayer »), qui expriment un peu partout l'idée de claquer des 
dents (de froid), de bredouiller (par timidité), etc. 

2. Ces deux mots ne relèvent pas régulièrement l'un de l'autre; mais celt. 
*barso- est indifférent entre rac. BERS et BHERS; et à la grande rigueur sk. 



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BARA-BÀRN 27 

Bara, s. m., pain, corn, et cymr. bara, cf. vir. barg-en, ir. bairghean, 
gael. bairghin, « pain, gâteau » : ces derniers d'un celt. *barg-o- 9 cf. lat. 
ferc-tum « gâteau d'offrande », ags. byrg-an, « goûter, manger»; soit 
une rac. BHERGH sans répondant sûr ailleurs. 

Barad, s. m., perfidie, trahison (d'où emprunté fr. barai-erie), corn, bras, 
cymr. brât, vbr. brat, ir. et gael. brath, vir. brath et mrath (forme pri- 
mitive) ; cf. gr. à-papt-ava), « je me trompe, je pèche », à^p-cuM, « méfait », 
sans équivalent connu ailleurs. 

Baras, s. f., baquet à anses. Empr. bas-lat. *baratta « baratte ». 

Barbaou, s. m., bête noire (dont on fait peur aux enfants) : mot forgé 
par onomatopée, ou corrompu du ir. Barbebleue, ou plus simplement 
du fr. ancien baboue « épouvantaii », fr. baboue « moue » Hatzf., d'où 
babouin. 

Bark, s. m., barque. Empr. fr. avec changement de genre 1 . 

Bardel, s. f., barrière, margelle. Empr. fr. murdelle. Cf. bagoL 

Baré, s. m., séneçon, mbr. bazre pour *mazre t oorn. madère id., ir. madra 
« garance ». Empr. fr. ancien modéré > madré « veiné, bigarré ». 
Cf. marella et bagol (m devenu b). 

Bari, s. m., variante de barô. V. ce mot. 

Barged, s. m., buse, imbécile, musard, corn, barges, cymr. barcud, 
cf. cymr. cud « milan » : soit donc un composé *bar-cud « milan de 
branche 1 ». Empr. ags. cgta (ag. kite). V. sous bâr. — Conj. 

Bargéden, s. f . , nuage devant le soleil : dér. de barged*. 

Bargédi, vb., muser, baguenauder, badauder. V. sous barged. 

1 Barlen, s. f., giron, la partie du tablier qui est au-dessus des genoux, 
cymr. barlen id. : soit « la couverture d'en haut* » pour « le haut du 
tablier, du pagne », etc. V. sous bâr et 2 lenn % 

2 Barlen, s. f., verveine: pour oarlen, cf. gael. bearbhain. Empr. fr. oer- 
veine < lat. verbëna, altéré par dissimilation et imitation du précédent. 

Baril, s. f., jugement, cymr. barn, corn, barnea juger », ir. bùrn « juge»: 

iarsd pourrait être dû à une déaspiration accidentelle. De môme parrën, s'il n'est 
pour *barrën. 

1. La raison de ces changements fréquents est indiquée une fois pour toutes sous 
2 ba(. On n'y reviendra plus. 

2. La buse doit ses apparences et son renom de stupidité à l'immobilité qu'elle 
garde, perchée pendant des heures sur la même branche, à attendre qu'une proie passe 
à sa portée. 

3. Métaphore tirée de l'oiseau de proie qui plane. 

4. Eu d'autres termes, un celt, *barro-plinnd. — Conj. 



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28 BARO BAZ 

d'un celt. *bar-no-, *bar-nd, qui se rattache par môtathèse à la même rac. 

que breàt. V. ce mot. 
Barô(barf,barv), 8. m., barbe, corn, et oyrar. bar/. Empr. lat. barba avec 

changement de genre. 
Barr, s. m., variante primitive de bâr. V. ce mot. 

1 Barrad, s. m., astuce: simple prononciation divergente, avec sens légè- 
rement modifié en conséquence. V. sous barad. 

2 Barrad, s. m., dans des locutions telles que barrad glaô « grosse averse» 
(coup violent de pluie) : dér. de bâr, qui a le même sens dans des locutions 
analogues, soit « comble de l'ondée » . V. sous barr. 

Barren, s. f., barre. Empr. fr. bretonisé barre. Cf. barr. 

Barrez, s. f., danse de théâtre. Empr. fr. corrompu ballet*. 

Barz, s. m., chanteur public, aussi barh (V.), corn, barth « joueur [d'ins- 
trument] », cymr. bardd, « poète, prêtre », vir. bard t ir. bârd, gael. bàrd, 
gaul. bardos « barde » : d'une rac. qui se retrouve sûrement dans gr. ypoS-fc 
« sage », f piÇw « je parle », et peut-être dans germ. (vieux saxon) grôt- 
ian « interpeller»; cf. ag. io greet « saluer », al. grûssen. 

Barzennen, s. f., verrou. Empr. fr. targette, avec initiale contaminée de 
barr « tige » ou barren « barre ». — Conj. 

Bfts, s. m., bât. Empr. bas-lat. bastum ou fr. ancien bas t. 

Baskik, s. m., (petite) scrofulaire : dimin.de *ba$k. Empr. lat. écourté 
(ver)bascum « bouillon-blanc ». — Conj. * 

Basta, bastout, vb., suffire, satisfaire. Empr. fr. ancien baster (conservé 
dans baste! « il suffit, n'en parlons plus »), cf. ital. bastare. 

Bastroulein (V.), vb., barbouiller, embrouiller., cf. br. bastroulh « souillon », 
fp. trouille id. f provençal mastroui ou mastroulha « manier malpro- 
prement », termes d'argot. Empr. fr., et cf. stroul. 

Batalm, s. f., fronde: exactement « bâton-fronde », l'arme dont le nom 
technique est en fr. « fustibale ». V. sous bdz et talm. 

Bataraz, s. f., massue, gourdin : pour *matarax % sous l'influence de bâz. 
Empr.fr. ancien matras « grosse flèche ». 

Bâv, s. m. (d'où bava « stupéfier »). V. sous baô. 

1 Bâz, s. f., bâton, aussi bac h (V.) : d'un celt. *battà, auquel se rattachent 

1. Pour le genre et la finale, cf. berje* et autres. L'rr analogique de barzl 

2. Les verbascées et les scrof ularinées sont deux familles très voisines, qu'on fait 
parfois rentrer l'une dans l'autre. — Le lat. oerbascum eût donné *gourba.8k> *gour- 
oask. La syllabe gour- a disparu, prise pour le préfixe augmentatif, qui n'avait pas de 
raison d'être en présence de la finale diminutive. 



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LA 



BÂZ-BÉGIN 29 

cymr. baihu « battre [monnaie]», bath «monnaie», ir. bas et gael.ôà* 
ce mort», vir. bathach «moribond », gallo-lat. populaire batuere, battuere 
(d'où ir. battre) et anda-bata (nom d'un genre de gladiateur) ; cf. ags. beadu 
« combat »\ 

2 Bâz, adj., peu profond, corn, et cymr. bas : abstrait d'une locution telle 
que « les eaux sont basses » (bâz eo ann dour). Empr. lat. bassus. 

Bazoulen, s. f., battant de cloche : formé sur un type de dimin. *baz-oul- 
(bahoul V.), soit un celt. *batt-ul-inna. V. sous bâz. 

Bé, s. m., bêlement. Cf. bégia. Onomatopée. 

Béach, s. m., voyage. Empr. fr. ancien veiage, veage, id. 

Béaoli, s. m., fardeau, mbr. bech, cymr. baich id. : soit un celt. *baksi-> 
forme de métathèse par rapport au lat. jasci-s « faisceau », auquel on ne 
connaît pas d'autre équivalent*. 

Bék, s. m., bec, pointe: gaul. *beccos (d'où le surnom lat. Beccô), qui a 
passé au fr. (bec), à l'ital. (becco) et à l'ag. (beak), mais qui ne se retrouve 
avec certitude nulle part ailleurs '. 

Békéd, s. m., brochet: dér. de bék (museau pointu). 

Béd, s. m., monde, corn, en-bit « au monde», cymr. byd, ir. et gael. bith, 
gaul. *bitu- dans le n. pr. Bitu-rix « roi du monde », etc. : d'un celt. *bi- 
tu-, dér. de rac. celt. BEI « vivre ». V. sous béô. 

Bég, s. m., variante de bék. V. ce mot et les suivants. 

Bégar, s. m., mélisse : dér. de bég', cf. békéd et bégek. 

Bégek, s. m., saumon (fr. bécàrd) : dér. de bég. 

Bégel, s. m., nombril, zeste de noix (le second sens est dérivé), corn, begel, 
cymr. bogail. Empr. lat. buccella « petite boucle ». 

Bégia, vb., bêler, chevroter, mbr. baeguel « bêlement», corn, begy « braire », 
cymr. beichio « mugir », ir. béecim « je beugle», etc. : d'un celt. *baik-iô, 
ou *baikk-iô, et cf. bé. 

Bégin, s. f., soufflet : dér. de bég (instrument à bec). Cf. pourtant lat. bu- 
rina « trompette » et lat. machina, toutes formes qui ont pu se conta- 
miner et se confondre en bégin et mégin. V. ce dernier mot. 

1. Sans relation avec ag. to beat % dont la racine est tout autre. 

2. Ou bien celt. *bakki- procédant d'un i.-e. *bhad-kl-\ et dans ce cas le lat. 
fascis équivaudrait à *bhad-8ki- ; mais la racine reste Incertaine. 

3. Peut-on y rattacher les quasi-synonymes qui commencent par />,t at. pocus, 
fr. pic, etc., cf. espagnol pico «Dec»? Noter que le br. suppose *bekos tout court, car 
*bekko8 eût donné *bec'K 

4» La mélisse est une « labiée ». 



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30 BEC'H-BENDEM 

Bec' h, s. m., variante primitive de béac'h. 

Bélek, s. m., prêtre, mbr. baelec, équivaut à un dér. *bac(u)l-ûco-8 « qui 
porte un bâton » ; cf. cymr. bagl « bâton » et plus spécialement « la hou- 
lette pastorale ». Empr. lat. baculm\ 

Bêler, s. m., cresson deau, corn, bêler, cymr. berwr, vir. biror > bilor, 
ir. biolar, gael. biolaire, gallo-lat. berula (d'où fr. berle et esp. 
berro), etc. : d'un celt. *beruro-, dér. d'un radical *ber- signifiant 
a source », qui parait se retrouver dans gr. <?p£-ap « puits », ag. boum, 
aJ. born et brunnen «fontaine », etc. 

Belc'h, s. m., graine de lin, baie : originairement forme de pi. de bolc'h 
« cosse de lin », qui existe aussi et dépend du type gaul. bolga ou bulga 
« sac ». V. sous baouik. 

Béli, s. f., puissance, autorité. Empr. fr. ancien bailie = baillie. 

Bélôst, s. m., croupion : préf . *gw- > *be- et lôst. V. ces mots. 

Bemdez, bemdiz, adv., adj., chaque jour, quotidien, ouvrable; cf. pem- 
dèziek, à initiale restée pure. V. sous pep et deu*. 

Bén, s. m., dans mêan bén « pierre de taille » : abstrait de béna. 

Béna, vb., tailler, mbr. benaff, ir. be-n-im « je frappe » : dér. d'une rac. BHEI 
(état réduit BHI), « frapper, couper » (cf. vir. ro-bi « il frappa », bi-the 
« frappé »), laquelle apparaît le plus souvent sous la forme BHID,sk. bhi- 
nàt-ti « il fend », gr. cpixp<5; « copeau 3 », lat. find-ere, got. beit-an 
« mordre » (ag. to bite, al. beissen), etc., etc. Cf. bom, bouhal, kémènev 
et dispenna . 

Beùdel, s. m., moyeu : pour *bedel A , cf. cymr. both, bothell, « rotondité, 
bouteille, moyeu », etc. Empr. bas-latin botellus. 

Beùdem(V.)> s. f., vendange. Empr. lat. oindëmia. 



1. Cf. pourtant Loth, Mots latins, s. v. bagl. — Donné comme sobriquet à la 
bergeronnette (lat. motacilla), ce nom désigne l'oiseau qui donne constamment la 
bénédiction (en remuant la queue). C'est probablement pour une raison analogue qu'il 
désigne une sorte d'éperlan (al. spierling « frétillant »). 

2. La particularité curieuse de ce mot, c'est qu'il conserve, fixée à la faveur de la 
juxtaposition, une finale casuelle, dans une langue qui les a depuis longtemps toutes 
perdues: Y m médial y représente la fusion du p et de Yn dans une locution celt. 
*pepon diyesen ft chaque jour », où Y m est l'indice de l'accusatif, comme le v en grec, 
Y m en latin et en sanscrit. 

3. Observer que gr. çiTpdç peut se ramener à volonté a *bhit-trô- ou *bhi-trô-, et 
que le sk. nous offre, comme le celt., un spécimen de la rac. BHI suivie d'un suff. qui 
commence par un n. Rapprocher en outre vsl. bi-ti « battre ». 

4. L'insertion d'une nasale dans les mots empruntés est un fait très commun en 
breton, cf. bens, berltonU, danson, purls, rorlsé, etc. 



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BÉNI-BÉRED 31 

Béni, s. f., bobine, cf. mbr. benny « bobine, corne, cornemuse » : dér. de 

bann. V. oe mot, et cf. biniou. 
Bennâk, benn&g, quelconque: pour *pep-nàg. V. ces mots (la négation au 

sens simplement explétif ou indéfini qu'elle revêt aussi dans les phrases 

exclamatives). 
Bennaz, bennoz, s. f., bénédiction, mbr. bennoez, corn, bennath, cymr. 

bendith. Empr. lat. altéré benedictio. Cf. binnizien. 
Beiis, s. f., vesce (aussi 6e*). Empr. fr.,cf. beàdel. 
Bent, s. f., menthe. Empr. lat. mentha, et cf. bagol. 
Bentonik, s. f., bétoine. Empr. lat. betonica, et cf. bens. 
Benvek, s. m», outil, mbr. benhuec, corn, ancien binfic « beneflcium », 

cymr. benffyg « prêt 1 ». Empr. lat. benqficium. 
Béô, adj., vif, vivant, corn, et cymr. byw, ir. bin > 6eo, gael. 6eo, d'un 

celt. *biwO'i rac. Gwl « vivre» : sk.jioà « vivant », gr. (Moç « vie », lat. 

vious, vïta, lit. gyuoae et vsl. iivû « vivant », got. qius auquel se 

rattachent ag. quick « vif » et al. queck > keck « emporté », etc., etc. 

Cf. bëd y biciky boed % buan, bues, etc. 
Béol, s. f., cuve, mbr. beaul, corn, et cymr. baiol. Empr. bas-lat. bajula. 

V. sous 2 bal*. 
Béon, s. m., étrape : peut se rattacher à la rac. de béna. 
Béôtez, s. m., bette. Empr. lat. bèta ou fr. bette*. 
Bépred, adv., toujours : pour *pep-pred. V. ces mots. 
Bér, s. m., broche, corn, et cymr. ber, vir. bir, ir. et gael. bior « aiguil- 
lon » : soit un celt. *gweru-'> *6era-, lat. veru « broche », qui n'a point 

d'équivalent certain ailleurs (fiap'jeç- 8£v8pa Hesych.). 
Béra, vb., couler, br. bèrad « goutte », cymr. beru et dy-feru « couler ». 

— Étym. inc. *. 
Berboell, s. m., inconstance, légèreté. V. gous berr etpoell. 
Béred, s. f., cimetière, mbr. bezret, cymr. beddrod=beddrawd « chemin 

de tombes » (?) : composé, dont le premier terme est béz, et le second un 

1. La filière complète des sens est : « bienfait — prêt — objet prêté — objet sus- 
ceptible de prêt — meuble — outil ». 

2. En d'autres termes, le breton a emprunté deux fois de suite le môme mot : 
d'abord au bas-latin ; puis au français. 

3. Bretonisé par l'addition d'un suff. de nom féminin. Quant a eo pour <?, c'est 
peut-être par vague influence de béô. 

4. On pourrait songer à la racine BHER. V. sous aber % gouer s etc., et cf. gr* 
çép-eoOat a être emporte ». Mais le mot est trop isolé et la nuance de sens trop dis- 
tincte. 



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32 BERJEZ-BESK 

mot de même nature que 1 rèd> ou bien identique à vir. râitk, que 
M. Stokes rapproche de gaul. Argento-ratum et de lat. prdtum, soit donc 
« pré » ou « terrassement de tombes ». 
Berjex, s. f., verger. Empr. fr. bretonisé par l'initiale et la finale 1 . 
Bern, s. m., monceau, corn, bern, soit *berg-en- dér. d'une rac. 
BHERGH : cymr. ber-a « monceau », brynn « colline », gaul. n. pr. 
Berg-omum « Bergame », sk. brh-ànt- « élevé », visl. bjarg « rocher », 
al. berg « montagne », vsl. brêgû « berge » (empr. germ.?), etc. 
Bernout, vb., importer, corn, bern « souci », peut-être apparenté à cymr. 
brwyn, ir. bran « tristesse » : soit *mr- > *6r-, et cf. got. maurn-an 
« se soucier », ag. to mourn « s'affliger », gr. jxip-tjxva « souci ». 
Bérô, s. m., bouillon, ébullition (aussi bero), cymr. berwi « bouillir », ir. 
berb-aim « je bous » : rac. BHERw, lat. feroere « bouillonner », cf. sk. 
bhur-àti « il tressaille », gr. ^ up-etv « tremper ». 
Berr, adj., court, corn, ber, cymr. byr, ir. ber> gael. beàrr (et béarr- 
aim « je tonds ») : suppose un celt. *ber-so- « court » (cf. gr. «papoo* 
«fragment »), dont le radical plus simple apparaît peut-être dans <?*ow 
« diviser », lat. for-àre « percer », ag. to bore et al. bohren id. f . 
Berv, s. m. (d'où beroi « bouillir »). V. sous bérô. 
Berz, s. m., défense. Empr. bas-lat. berea « clôture »•. 
Bes, s. f., vesce. Empr. fr. Cf. bens. 

Bes-, préf. péjoratif (aussi bis-), emprunté au fr., dans bes-aigre, bé-vue. 
bis-cornu, etc., indiquant la privation ou le mauvais état de l'objet dont 
le nom forme le second terme du qomposé. Cf. quelques-uns des mots 
suivants. 
Besk, adj., écoué, mutilé : ce mot bizarre parait abstrait de composés, 
indiquant une infirmité, où le préf. bes- était suivi de mots commen- 
çant par un A, tels que bes-kourn « écorné », bas-lat. *bis-càdus « sans 
queue », à moins qu'il ne soit lui-même violemment écourté de ce dernier 4 . 

1. La triple corruption est très logique : ar*oerjè a fait croire à une mutation 
douce de b en e, laquelle ne pouvait se produire que dans un mot féminin ; d'où, le b 
initial, le changement de genre, et la terminaison féminine -e*. 

2. Gr. <pdp<o n'est donné que dans les lexiques. D'autre part* le radical *bers» 
est sans doute le même qui apparaît avec métathèse [*bre$) dans fr. bris-or et br. 1 
brèx-el. 

3. Mais berc'h (V.) fait difficulté phonétique. Il est probable qu'il y a ici coufuskm 
de deux homophones : ber» « défense », et mbr. ber» et prospérité », sur lequel on peut 
Voir Ern. s. v. 

4. Le dér. beskel «sillon plus Cdurt daûs un champ qui n'est pas exactement 



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BËSKËL-BÉVEN 33 

Beakel, s. f., biais, guingois. V. le précédent. 

Besken, s. f., dé à coudre : pour *bie-gwain « gaine de doigt ». V. sous 

1 bh et gouhin. 
Beskoul, s. f., variante de biêkoul. V. ce mot. 
Bestéod, adj., sans langue, bègue. V. sous bes- et ièôd. 
Beatl, s. f., fiel, bile, corn, bistel, cymr. bustl id : l'équivalent ne se 

retrouve qu'en lat. Hislis > bïlis. 
Bété, béteg, prép., jusque : dér. par un suff. adjectivo-adverbial (cf. ada- 

lek) de mbr. bet y cymr. bet, vbr. beheit < pe-heii, « combien long, aussi 

longtemps que ». V. sous pe et héd. 
Beuf, beufik, s. m., bouvreuil : on dirait une confusion du nom de l'oiseau 

(« petit bouv-ier ») avec le nom de l'animal dont il suit assidûment les 

pas (« bœuf » à la charrue). Empr. fr. 
Beulké, adj., hébété, ahuri, imbécile : dér. avec métathèsedu fr. ancien 

beugle «bœuf » (lat. buculus), cf. fr. beugler. — Conj. 
Beûré, s. m., matin, corn, a-car « tôt » et a-vorou « demain », cymr. 

a-vory « demain », y-bore et yn-vore « au matin », boreu « matin », vir. 

im-bârachi ir. mârach et gael. maireach « demain » : suppose un celt. 

*bdrego-, sans équivalent ailleurs 1 . 

1 Beûz, s. m., buis. Empr. lat. buxum ou fr. bouis (?). 

2 Beûz, s. m., grimaud, petit écolier : comme qui dirait « bousilleur » 
(dimin. beàzik). Cf. le suivant. 

Beûxel, s. m., bouse, cf. ir. et gael. buachar. Origine obscure. V. sous baoM. 

Beûzi, vb., noyer, inonder, mbr.éeo*^, corn, bedhy, cymr. boddi> « noyer, 
se noyer », ir. bàidim « je plonge » : soitun celt. *bâd-iô, rac. OwÂDH, 
sk. gah-ati « il plonge », gddhâ « gué », elc, et cf. gr. p«8-u-< « pro- 
fond », pév0-o<; « gouffre », $r t a<j% <( cavité ». 

Bév, adj., variante de béa. V. ce mot. 

Béra: vb., vivre; s. m., vivres, nourriture. Cf. bév, 

Béven, s. f., lisière, bord : dissimilé pour *gwëo-en t soit un celt. *web- 
innà, « tissu, bord du tissu », qui contiendrait rac. WEi avec le même 
élément amplifleatif que al. web*en* Cf. gwéa*. 

carré» rappelle aussi le fr. biseau j mais il se pourrait que le sens « biais » fût le 
plus primitif. Au reste, la plupart des mots qui commencent par ce préfixe sont, même 
en français, difficiles à expliquer d'une façon satisfaisante. 

1. Le 6 irlandais ne permet guère le rapprochement avec got . maûrg- in*e, ag. 
morrow, al. morgen. 

2i Le groupe gio ne se change pas directement en b$ Mais» en mutation douce* 



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34 BÉVKKEZ-BKZVOUD 

Bévérez, s. f. : vive (poisson raince et allongé) ; orpin, vermiculaire (plante 
à tige grêle et rampante). Empr. lat. vipera (d'où aussi fr. guivre, vouicre, 
vive), mais sans doute contaminé du vb. béva sous l'influence du fr. vice 
rapporté par fausse étymologie à ci/ et vivre. 

Bévez, s. m., bienfait, aubaine: pour *benfaéz. Empr. lat. benefacium, et 
cf. befivek. — Conj. Ern. 

Bévézi, vb., dépenser, dissiper : dér. de hèoex. 

Bévin, s. m., viande de bœuf. Empr. lat. adj. bov~înum A . 

Béz, s. m., fosse, tombe, corn, bedh, cymr. bedd, d'un celt. *bed-o- 
« fosse » : rac BHEDH « creuser », d'où gr. fMO-po-.; « fosse » (pour 
*iro6-po-ç<C*¥°û-po-;?), tel. fodiô « je creuse », lett. bed-re « fosse », lit. 
bed-u « je creuse », etc., etc., ag. bcd et al. bett « lit » *. 

Béza, vb., être. Le détail de la conjugaison compliquée de ce verbe n'ap- 
partient qu'à la grammaire : il suffit de constater ici que ses formes se 
ramènent en général, celles qui commencent par voyelle, à la rac. ES 
(sk. /te-li « il est», gr. £<*--:, lat. es-t, ag. e*, al. iW, etc., etc.), et celles 
qui commencent par b (> p), à la rac. BHU. V. sous bout. 

Bézel, s. f., variante de 1 pézel. V. ce mot. 

Bézin, s. m., algue, varech : correspond à une forme ancienne *gvo-ethin> 
soit « sorte commune de brousse », vbr. elldn « plante broussailleuse », 
corn, eythinen, cymr. eithin, vir. aiicnn, ir. aitcann, gael. aitionn 
« genièvre » \ V. sous *gw- 9 mais cf. les notes sous baizilc et bécen. 

1 Bézô, s. m., bouleau (singul. bezcen), corn, bedeœen « peuplier », cymr. 
bedw et bedwen « bouleau », ir. belhe « buis », gaul. betu-lla (d'où fr. 
boul-eau), lat. betula « bouleau » : soit un radical celto-lat. *betu- et 
*beitco', qu'on ne rencontre point ailleurs. 

2 Bézô, adv., si fait : exactement « cela sera », futur de bèxa. 
Bézou, s. m., variante de bizou. V. ce mot. 

Bézvoud, s. m., liseron : le premier terme paraît dér. de la rac BHENDH, 
qu'on trouvera sous boaz\ cf. le nom ag. bind-weed « plante qui enlace ». 
V. le second terme sous gwivoud. — Ern. 

b devient o, el gw devient w, el la différence de prononciation du o et du m n'est pas 
assez grande pour qu'il ne s'établisse pas entre eux quelque confusion. Cf. baille, 
bézin et autres transformations du préf. *#«5-, puis bestl qui a une variante gwestl^ 
biouil, bugélen, etc. Mais cette concordance demeure suspecte, soit en elle-même, 
soit à raison des mutations protéiformes qu'elle semblerait autoriser. 

1. Le sens a maigre de lard» procède d'une extension. 

2. Primitivement « couche creusée daus le sol de la hutte ». 

3. Ce mot peut se rattacher à rac. AK « piquant >> (lat. ac-ùtuë). 



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BIAN-BIKC'HOUIDIK 35 

Bian, adj., variante de bihan. V. ce mot. 

Biken, adv., jamais (au futur) : abrégé de biroikenn. V. ce mot. 

Bîd, s. m., as : identique au suivant par métaphore obscène. — Conj. 

Biden, s. f., variante de piden. V. ce mot. 

Bidéô, bidev, s. m., gaffe. Empr. fr. altéré 1 bident. 

Biel, s. f ., vielle. Empr. fr. (o > b, cf. berjez). 

Bigôfek, adj., pansu : préf. bi- * et kôf. V. ce mot. 

Bigornen, s. f., bigorneau. Empr. fr. bigorne. 

Bigria, vb., braconner: po\xv*pigria, originairement sans doute « gueuser. 
vagabonder ». Empr. fr. pègre « gueuserie'» (argot) 3 .' 

Bihan, adj., petit, corn, bcchàn, byhan, cymr. bychan id. : dér. d'un celt. 
*bekko- (cymr. bach, vir. becc, ir. et gael. beag), qui n'a point d'équi- 
valent ailleurs 4 , mais dont le radical semble se retrouver dans l'ital. picc- 
olo et l'esp. pequ-eno. 

Bilen, adj., s. m., roturier. Empr. fr. vilain. 

Bill, s. m., galet. Empr. fr. bille, d'où le singul. bilienn*. 

Bilôst, s. m., variante de belôst. V. ce mot. 

Binim, s. m., venin. Empr. fr. ancien *oenim t d'où cenim-eux. 

Biniou > s. m. pi., cornemuse: pi. iobéni. V. ce mot. 

Binnizien, vb., bénir. Empr. lat. benedictionem [dare\. 

Bioc'h, s. f., variante de bue* h etbuoc'h. V. ces mots, 

Bionen, s. f. ,. tire-lire : dér. de Tempr. fr. billon*. 

Biorc'h, s. m., petite bière. Empr. fr. bière 1 . 

Biouil (V.), s. m., variante de gwil = goell. V. ces mots. 

Bîr, s. f., flèche : pourrait se rattacher à la rac. de béna ou à celle de bér. 
V. ces mots. Cf. aussi cymr. bwrw « jeter », et lit. btr-ti dans kriuszà 
byra « il grêle ». — Ktym. inc. 

Birc'houidik (V.), s. m., pépie : altération bizarre, avec addition de suif. 

1. Peut-être par jeu de mots sur bidèô « collecteur », qui vient du bas-lat. bidellus s 
d'où aussi fr. bedeau. Mais tenir compte du bas-lat. bltellus « fibula ». 

2. Ce préfixe tout à fait isolé ici ne saurait être ni breton ni emprunté au latin : il 
a été abstrait, par emprunt plaisant et demi-savant, d'un mot fr. tel que bi-pède, en 
sorte que le mot signifie « qui a un double ventre » (suff. d'adj. -ck). 

3. Cf. aussi Bas-Maine blgr « mauvais garnement » Dn. 

4. Tous rapprochements avec lat. oescus « chétif », lat. oix « à peine », gr. 
(ttxxtfc « apiixpdç), sont de pure hypothèse. 

5. Où le groupe U représente VI mouillé. 

6. Parce qu'on n'y serre que de petite monnaie. — Ici, au contraire, l'articulation 
de Yl mouillé s'est fondue dans Vi précédent. 

7. La gutturale finale n'est que le prolongement de l'articulation de IV. 



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3(i BIKVI-BLAZClIOARCll 

dimin.; du lat. pituïia >> pipita, d'où viennent aussi fr. pépie et al. 

pfiffa > pfipf*> pips* Empr. lat. V. sous pibit. 
Birvi, vb., bouillonner : dér. debero. V. ce mot. 
Birvikenn,adv. Jamais (au futur), mbr. bûhuyquen, corn, btjs vycken, etc. : 

exactement « à jamais, toujours, désormais »; le premier terme est ta* 

(sous bété), le second une forme du vb. béza, et le troisième ken\ soit 

donc « autant tant que sera » '. 
Blekoas, adv., jamais (au passé) : soit *bet-c J hoajs « aussi longtemps 

encore », d'où « jusqu'à présent ». Cf. le précédent. 
Biskoul, s. f., p'anaris, chenille : le premier sens est le primitif, cf. cymr. 

bystum « panaris». Empr. fr. apostume*. 
Bitrak, s. m., petite grive (aussi gwitrak). Le fr. a les noms d'oiseaux 

iraquet et titrée (Littré, God.). Étym. inc, empr. fr. probable. 
Bivik-Doué, s. m., coccinelle (bête à Bon Dieu 4 ). 

1 Bis, s. m-, doigt, corn. 6y$, cymr. bis, bys, bes, cf. vir. biss « cheville » : 
soit un ce h. *bi$8%~ 9 sans équivalent ailleurs 3 . 

2 Bis, s. m-, N.E., vent de N.-E. Empr. fr. bise. 

Bisou, s. m., bague (fr. bijou est empr. br.), mbr. besou, corn, bisou, 

cymr. byson id. : dér. de 1 bîz. 
Bizourc'h, s. f., chevrette : contamination du fr. ancien bisse « biche » 

avec le br. iourc'h. V. ce mo't et cf. ében. 
Blft (T.), s. m., variante de bloa et bloaz. V. ces mots. 
Blaàk, adj. v délicat, faible : exactement « pâle ». Empr. fr. btanc. 
BlAs, s. m., goût 6 , cymr. blàs, ir. et gael, blas } mais vir. mlas id. : soit un 

celt. *ml-asto-, cf. tchèque mlsatia lécher » et russe mohatïa sucer », 

peut-être apparenté à mél. V. ce mot. 
Blaso'hoaro'h (V.), s. m., sourire : soit « goût (avant-goût) de rire ». 

V. sous bldz et c'hoarz 1 . 

1. C'est en réalité la négation surajoutée qui donne à bireiken et similaires le sens 
négatif, ainsi qu'à kon lui-même. V. ce mot, et se souvenir que fr. aucun, rien, 
jamais» etc., sont aussi de par leur origine des mots afflrmatifs. 

2. Selon M. Rhys, l'élément *bis- de ce mot et des similaires (cf. biskoaz, elc.) 
serait empr. ir. bith « ever ». 

3. Voir dans le Gloss. Ern, s. v. bescul (p. 60) les curieuses transformations de 
sens et de forme qu'aurait subies ce mot. 

4. Le premier terme est un dimin. de la souche de beca. 

5. On en a rapproché visl. kcist-r « rameau » (suédois qcist), d'où U-kcistii\ « les 
ramifications du pied, les orteils ». 

6. Il est probable que fr. blasé est empr. br. et qu'il faut dès lors renverser l'ordre 
des sens indiqués par le Dict. Hatzf. 

7. Mais ce peut être une altération d'étymologie populaire pour glàz c'hoarz « rire 
Vert » (jaune), cf. cymr* glas-chœcrthin. 



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BLft-BLIZIK 37 

1 Blé (T.), adj., faible, mou, cymr. blydd « tendre, délicat » : soit un celt. 
*&/*\yo-, qui paraît se rattacher à la môme rac. que cymr. blin « fatigué », 
vbr. pi. blin-ion « inertes », gael. bilan « insipide », cf. sk. glâ-nàs 
« épuisé ». V. aussi sous blôd, et Mcb. s. v. blian. 

2 Blé (V.), s. m., variante de bloa et bloaz. 

Blein (V.), s. m., bout, mbr. blein « sommet », cymr. blaen : pour *brein 

(gaul. brennos « chef »), qui parait se rattacher en définitive à la même 

rac. que bern. V. ce mot et Méfia. 
Bleiz, s. m., loup, corn, bleit > bleidh, cymr. blaidd, etc., vir. bled, 

« loup, cerf, baleine », ce dernier gardant encore le sens vague du 

lat. bëlua ou bellua (= *beld-oaV Stokes) « bête sauvage», sans équivalent 

connu ailleurs (la forme celt. est *bled-yo~). 
Bléja, vb., beugler: dér. du précédent « cri de bête fauve »; ou 

cf. cymr. bloedd « cri », gr. «pXoîo-âw « je bruis» ou <pXo?<j6-o-<; ((tumulte»; 

ou tout simplement empr. fr. avec métathèse. 
Bléna, blénia, vb., conduire, gouverner : dér. de mbr. blein « sommet », 

et cf. vbr. breni « proue ». V. sous blein. 
Blenchou, s. m. pi., extrémités. Cf. blihchen. 
Bléô, s. m., cheveu, poil, corn, et cymr. blew et bleu> d'un celt. *blowi- t 

sans équivalent ailleurs (gr. <pXot<5ç « pelure »). 
Blérixn, s. f., métathèse pour bréôlim. V. ce mot. 
Bleûd, s. m., farine, corn, blot, cymr. blawt> blawd, vbr. un-blot « d'une 

seule farine » : soit un ppe passé celt. *mlâ-to- « moulu », lit. millai, lett. 

milti (( farine ». V. sous mala, et cf. blôd. 
Bleûn, s. m., fleur, mbr. singul. bleutuen, corn, blodon > blez, cymr. 

blodon > blawd, vir. blàth, gael. blàth, soit un ppe passé celt. *blà-to- 

m fleuri » : rac. BHLO, lat. flô-s, got. blô-ma et al. blume « fleur », 

ag. blooma floraison », etc. 
Blim, blin (T.), adj., vif, dispos. Étym. très incertaine 1 . 
Blingein (V.), vb., cligner, loucher : parait une contamination bizarre de 

bigler et cligner. Cf. pourtant ag. to blink, al. blinken. 
Bliàchen, s. m., sommet : dér. de blin, 
Blizen, s. f., année :dér. deblocu. V. ce mot. 
Blizik, adj., difficile en fait de nourriture : cf. cymr. blyaig « friand », 

dér. de blye « concupiscence ». — Étym. inc*. 

1. Cf. le Gloss. Em. s. v. bleu in, et Stokes, s. v. blibos. 

2. I*e mbr. hlish (Ut, blaesus) ne paraît rien avoir à faire ici. 



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38 BLOA-BOI) 

Bloa, bloaz, s. m., an (aussi bloé V., etc.), cymr. blwydd, ir. bliadhain 

gael. bliadhna, vir. bliadain id. : soit un celt. *bleido-, sans aucun équi 

valent ailleurs ' . Cf. blougorn, hécléné, warléné, etc. 
Blôd, adj,, tendre, mou, mbr. bloi, ir. blàith < mlàith, soit respectivement 

celt. *mlo-ti- et *mlà-ti- « moulu ou susceptible de l'être ». V. sous bleùd, 

et cf. blé 1 etblougorn. 
Blooli (V.), adv., totalement. Empr. fr. (en) bloc. 
Blonek, s. m., saindoux, cymr. bloneg, mir. blonac, ir. blonog, bluinic % 

gael. blonag «graisse ». — Étym. inc. \ 
Blousa, vb., meurtrir: le br. fr. a un vb. blosser, qui pourrait être une 

contamination de blesser et crosser. Cf. biosein. 
Bloùtek, s. m., variante corrompue de 2lohiek. 
Biosein (V.), vb., variante de blonsa. V. ce mot. 
Bloué, s. m., peloton: pour ploué (attesté par Grégoire). Empr. fr. ancien 

ploi, « ploiement, objet sur lequel on ploie ». 
Blougorn,s.m., bouvillon : pour * blôd-gorn, soit un celt. *mloto-korno- 

« aux cornes tendres ». V. sous blôd et korn, et cf. bloa K . 
Blouc'h, adj., glabre, net : pour *plouc J h < *pelouc'h. Abstrait de Tempr. 

bas-latin, pïluccâre « épiler ». — Conj. 
Bloui, vb., blâmer, mbr. blouhi, cf. cymr. blyngu « irriter », dér. de blwng 

= celt. *blungo- « irrité ». -— Conj. Ern. 
Boar (T., V.), adj . , variante de bouzar. V. ce mot. 
Boas, s. m., coutume, cymr. moes, ir. et gael. beus, vir. bés, gaul. bëssus 

« habitude »: soit *beid-tu-, dér. de rac BHEIDH « croire » (gr. -ïuéO-o- 

H«t, lat. Jid-ê8 t etc.); ou *bend-tu-, dér. de rao. BHENDH « lier » 

(sk. badh-nâ-U 9 al. bind-en, ag. io bind, etc.) 5 . 
Boku(C), s. m., sorte de cormoran. Onomatopée (?). 
BM, s. m., buisson, corn, bos : le mot est sûrement celt., bien qu'on ne lui 

1. Le rapprochement du germ. *glttlan « glisser » (ag. to glide, al. gleiten) ne 
serait possible qu'en admettant i.-e. gh > celt. b. 

2. Si blé vaut *blez = cymr. blyiid « mou », et si, malgré gr. ppaîu; « lent», 
sk. rnrdû « tendre » contient un l comme lat. mollis = *m\d-ci- % c'est à cette soucho 
qu'il faut le ramener. 

3. L'extrême similitude de tous ces mots les rend suspects d'emprunt d'un dialecto 
celtique à un autre. 

4. Suivant une élégante conjecture que me suggère M. Loth : *bloe(d)-gorn « dont 
les cornes sont de Tannée, d'un an », cf. gœis. 

5. Le rapprochement avec got. banst-s «grange», mhal. banso « ctable» {Wind., 
par une filière sémantique semblable à celle qu'accuse l'ai. mod. Wo/m-ung et Ge- 
tcohn-heit), est extrêmement ingénieux i mais semble forcé. 



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V 



BÔDRÉOU-BOS 39 

connaisse pas de répondant certain ailleurs ; cf. ag. bu$h,al. busch, roman 

bosco, etc., d'étymologie également indécise. V. sous bouch. 
Bôdréou, s. m. pi., guêtres: pluralisation bretonne de Tempr. fr. *baudrei, 

qui est à la base du fr. ancien baudroyeur « ouvrier en cuir ». 
Boed, s. m., aliment, appât, corn, bail, cymr. btcyd, vbr. pi. boit-ol-ion 

« nourrissants », cf. vir. biad, ir. et gael. biadh id. : suppose un celt. 

*bei-to- (cf. lat. cï-ia), dont on trouvera la rac sous béô. 
Boéden, s. f., moelle (des plantes): dér. du précédent 1 , 
Boest, boestl, s. m., boîte. Empr. fr. ancien boëste. 
Bôc'h, s. f., joue, corn, et cymr. boch. Empr. lat. bucca. 
Bolc'h, s. m., cosse de lin, cymr. bul, vir. bolg « outre » : d'un celt. *bolgo- 

m sac », dont on verra les équivalents sous baouik. 
Bolod, s. m., variante àepoulout. V. ce mot. 
Bolz, s. f . , voûte (aussi volz). Empr. bas-lat. *oolsa pour colla, ou fr. ancien 

*cohe y d'où voussure. Cf. baot. 
Bolzen, s. f., lézarde: dér. du précédent 1 . 
Bom, s. m., rehaut entre deux sillons: étymologiquement « coup, coupée » 

[du soc de la charrue], corn, bom « coup», vir. béirn, d'un celt. *bei-smen- 

ou *ben-smen- « action de frapper ou de couper ». V. la rac. sous béna. 
Bombard, s. f., hautbois. Empr. fr. bombarde. 
BoAdil, s. m., tremble, de f/tcén « souple » et délien. — Conj. 
Boùgors, s. f., butor, cf. cymr. bwmpy yors « butor de roseaux » (oiseau 

de marais). V. sous kors, et onomatopée*. 
Bonn (V.), s. m. borne. Empr. bas-lat. bodina } lui-même d'origine celtique 

(cf. Thurncysen, Keltorom., p. 91), ou simplement fr. altéré borne. 
Bom, adj., borgne. Empr. fr. 
Borod(C), s. m., rêverie, radotage, niaiserie, cf. ir. buaidhirt « trouble », 

buaidhrim (( je dérange » (d'où parait emprunté ag. to bother « vexer » 

Skeat), gael. buaidhcam « caprices ». — Étym. inc. 
Borzévellek', s. m., grosse grive: dér. de l'empr. bas-lat. * borticello 

(pour *cortibello « volteur »), d'où aussi fr. bartaoelle. 
Bos, s. m., et Bosen, s. f., peste, mbr. boçen « tumeur », d'où « pustule 

caractéristique de la peste ». Empr. fr. bosse. 

1. Comme qui dirait « suc nourricier». 

2. La filière des sens est « voussure — ventre que fait un mur qui s'affaisse — 
crevasse qui en résulte ». 

3. Le cymr. aderyn y bwm signifie « oiseau qui fait boum ». 

4. La variante borwoelkh est due à l'etyraologie populaire par meûr-saoellek. 
V. ces deux mots. 



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40 BOTEL-BOURAS 

Bôtel, s. m., botte, faisceau : abstrait du vb. bôtella. Empr. fr. botteler. 

Botez, s. f., chaussure, pi. botou. Empr. fr. botte. 

Bouk, adj., mou, tendre, vbr. bue « pourri », vir. bocc, ir. et gael. bog 

« tendre »: suppose un celt. *buggo- pour *bugno-, sk. bhug-nâ-, 

« courbé, flexible », ppe passé de la rac. BHUG, got. biug-an (ag. to bote, 

al. biegen « courber », ces trois de rac. BHUGH), gr. cp*vy-w « je fuis » 

(exactement «je dévie »), lat. fug-iô t Jug-a t etc. 
Boud, s. m., bourdonnement. Onomatopée. 
Boudédéô, s. m., le Juif errant. Empr. bas-lat. n. pr. Buttadeus (= cm 

6ullal Zteum « le frappe-Dieu »). 
Boued, s. m., variante de boed. V. ce mot. 
Boueo'h, s. f. (V.), variante de mouéz. V. ce mot. 
Bouoh, s. m., touffe, bouquet. Empr. fr. ancien bouche « touffe », dont la 

variante dialectale bouque a donné le dér. bouquet*. 
Bouc'h, s. m., bouc, corn, boch, cymr. bwch, vir. bocc, etc.: suppose un 

celt. * bukko-, cf. ag. buck « daim », al. bock* et zd buza « bouc ». 
Bouoh'al, s. f., cognée, mbr. bouhazl, vcorn. buhell, cymr. bwyell, vir. 

biail id. : soit un celt. *bei-ali-, cf. vhal. bï-hal > al. beil « cognée ». 

V. la rac. sousbéna. 
Boul, s. f., boule. Empr. fr. 

Boulas, s. f., bourgeon: semble une variante de bolos = polos. V. ce der- 
nier mot 3 . 
Boulc'h, s. m., entamure, brèche, cymr. bwlch, vir. baignai, ir. et gael. 

bit « bord », bealach « défilé », sk. bila « trou ». — Étym. inc. 4 
Boulien, s. f., taon, variante probable de mouien. — Conj. Ern. 
Boull, adj., transparent: pour *gw-wel « dessous [quoi] on voit *. V. sous 

*gw- et gwél. — Conj. très hasardée. 
Boulien, s. f., prostituée: terme d'injure dér. de poull. — Conj. 
Boulskaô, s. m., hièble (sureau en boule); cf. skaô. 
Bounta, vb., pousser, heurter. Empr. bas-lat. buttûre ou fr. bouter* (cf. 

boutoir « heurtoir»). V. aussi Boudédéô. 
Bouras, s. m., cartilage (corrompu en bourlas et bourlaûs). Empr. fr. 

bourras (en tant que bourre insérée dans les interstices des os). 

1. Du bas-lat. buscum (ag. bush, al. busch). Cf. bôd. 

2. D'où est emprunté (ou du celtique lui-môme) le fr. bouc. — Peut-être le mot 
signifie-t-il « le fuyard ». V. la rao. sous bouk. 

3. Le lien sémantique est <t [excroissancej en forme de boule ». 

4. Pourrait à la grande rigueur rentrer dans la souche de bèna. 

5. Avec nasalisation épentbétique, cf. be/ls et le suivant, 



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BOURBMLL-BRAK 41 

Bourbell, adj., qui ade gros yeux à fleur de tête. — Étym. inc. 1 . 
Bourboulla, vb., fouir du groin. Onomatopée, et cf. ir. bourbe, barboter, 

etc., et br. bourbouten. 
Bourbounen, s. f., pustule. Empr. fr. altéré bubon. 
Bourbouten, s. f., blaireau. V. sous bourboulla. 
Bourd, s. m., tromperie, farce. Empr. fr. bourde. 
Bourc'h, s. f., bourg. Empr. fr. bourg 1 (de Pal. burg). 
Bourr, bourré (V.), adj., mal cuit. Empr. fr. bourru « grossier ». 
Bourra (C), vb., s'accoutumer : variante de boaza. 
Bout (V.), vb., être, corn, bos, cymr. bot, ir. buith, etc. : d'un celt. *bu-ti- 

« le fait d'être », sk. bha-ti- « prospérité », gr. «pfoiç a nature » (\aX.fuit 

« il fut »), lit. bâti et vsl. byti « être », nom verbal dér. de rac. BHU '. Cf. 

béza. 
Bouta, vb., pourrir, rancir : dér. d'une variante altérée 4 de put. 
Boutek, s. m., hotte. Empr. fr. boutique (de colporteur). 
Boutin, adj., banal, mbr. butin « profit »*. Empr. fr. butin. 
Bouzar, adj., sourd, corn, bodhar, cymr. byddar, gael. bodhar, vir. 

bodar id. : d'un celt. *bodaro-, dont Punique corrélatif connu est sk. 

badhirâ id. 
Bouzellen, s. f., boyau : dér. de m bouzel (pi. bouzellou). Empr. fr. tr. 

ancien *bodel, du bas-lat. botellus, « boudin, saucisse». 
Bôx, s. f., creux de la main, gael. bas « paume », vir. bass et boss, d'un 

celt. *boatà y cf. gr. à-YO<rc-6-<; (et (ia<n:-aÇu>?). 
Bôzen, s. f., œil-de-bœuf (fausse camomille) : dér. de *6ô*, et cf. vir. bas 

« bœuf» = celt. *bouz%o-, V. sous buc'h. 
Brabraô, s. m., jouet: terme enfantin formé par réduplication de braô. 
Braé, s. f., broie à teiller : se rattache, directement ou par emprunt à la 

nombreuse famille des mots en *6Ar-qui signifient « briser », tels que 

iat. frang-ere (fràc-tus) et got. brik-an (ag. io break, al. brechen), cf. 

fr. broyer et briser, cymr. brau « fragile», ir. com-brug-ad « briser ». 

V. aussi berr et î brézel. 

1. Cf. le Gloss. Ërn. s. vv. bourbell et dtspourbellet. 

2. Mais cymr. bicrch « rempart » vient de l'ags. burg. 

3. C'est ce même bout > coût > out qui forme le suff. apparent de tous les 
infinitifs en -out. Cf. anaout et anaoudek. — Observer qu'en letto-slave le suff. n'est 
pas exactement -ti-, mais -t- suivi d'une finale de datif primitif (Saussure). 

4. Peut-être par euphémisme, d'après mbr. boutqff' em^r. fr. o bouter » > boutlta. 

5. Par la filière « profit — profit commun — commun » [â toute la bourgade ou la 
population]. 



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42 BRAGA-BRÉ 

Braga, vb., s'aranser, s'émanciper, se pavaner: exactement « mettre des 
culottes, entrer dans l'âge viril' ». V. le suivant. 

1 Bragez, s. m., culotte (pi. brag-ou): de *brag. Empr. bas-lat. braga 
(cf. provençal brague, d'où braguette, et fr. braie) } et celui-ci latinisé du 
gaul. brûca, nom du vêtement traditionnel et bien connu des Gaulois*, 
qui a produit aussi Tag. breech-es. 

2 Bragez, s. m., germe de blé, cymr. bragad « rejeton » ; cf. corn et cymr. 
brag et ir. braich « malt », vir. mraich, gaul. brace (nom d'une céréale), 
sans équivalent en dehors du celt. Cf. pourtant Mcb. s. v. et brein. 

Bramm, s. m., pet bruyant, corn, et cymr. bram, gael. braim, vir. braig- 

im « je pète »: soit un celt. *brag-8men- « éclat», dér. de la même rac. 

que braé*. V. ce mot. 
Brftn, s. f., corbeau, cymr. bran, corn.,ir. et gael. bran, soit un celt. 

*gwranà dont les éléments se retrouvent, mais sans aucune précision, 

dans le vsl. gacranû. V. la rac. probable sous garan. 
Brank, s. m., rameau. Empr. bas-lat. branca ou fr. normand branque. 
Branel, s. f., béquille, loquet, tourniquet, etc. : dér. de bran-, avec le 

sens du fr. « bec-de-corbin ». V. sous bran. 
Bransel, s. f., berceau. Empr. fr. balancelle 1 . 
Braô, adj., beau. Empr. fr. brave « beau » (en patois). 
Braok, s. m., bar. — Aucune étymologie sûre 5 . 
Braoued, s. m., boisson. Empr. fr. brouet « bouillon ». 
Brftz, adj., grand, corn., cymr. et vir. br*as, d'un celt. *brassos z=. lat. 

grossus (d'où fr. gros), sans autre équivalent connu *. 
Brazéd, s. m., méteil (gros blé). V. sous brdz et éd. 
Brazez, adj., [femme] enceinte : dér. de brâz. 
1 Bré (C, dans oar ar bré « en haut» Ern.), autrefois s. m., colline, corn. 

bry, cymr. bre, vir. bri (ace. brigh), gael. bvaighe (en tête de n. pr. comme 

Braid-albainn), gaul. *brig- dans Briganiia « Bregenz » et autres; cf. al. 

berg « montagne », etc. V. la racine sous bern. 

1. Comme espaguol bragar « faire le fanfaron ». 

2. Suet. Caes. 80. — Faut-il le rattacher à la même rac. que braé (eu taut que 
vêtement fendu ou formant deux branches)? 

3. Bien plutôt qu'apparenté au lat. fragrâre, à cause du sens. 

4. Cf. brarlsigel « escarpolette ». La disshnilation du premier l a pu être favorisée 
par le fr. branler > br. bralla. 

5. On songe au gr. latinisé labrax « bar », au lat. perça « perche » (môme 
famille), au radical « pointu » d'où procèdent fr. broch-ct et br. broc* h, enfin et 
surtout à celui de l'ai, barsch « perche » < vhal. bersich (poisson hérissé dépiquants). 

6. Aucun rapport, bien entendu, avec la souche de Tal. gross =ag. great. 



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BRK-BRENNIK 43 

2Bré, s. m., peine, travail : soit « brisure 1 », de la même rac. que 
3 Bré, s. f., variante de braé. V. ce mot. 

1 Bréac'h, s. f., bras, corn, brech, cymr. braich. Empr. bas-lat. bracoia 
(pi. nt. do bracchium pris pour un fm. sgA 

2 Bréac'h, s. f., variole, vaccin, cymr. brech id., et cf. brych « tacheté », 
d'un celt. *mrkko-. V. sous brîz et£ brèzd. 

Brégas (V.), s. m., rot : se rattache au même radical que breùgeùd. 
Bréchen, s. f., brin de bois long et mince: pouriroc/ie/i*. Empr. fr. broche. 
Bréc'haô, adj. f., stérile. Empr. fr. ancien brehaigne id. 
Brein, adj., pourri, mbr. breyn, vbr. pi. arci-bren-ou 9 cymr. bracn, vir. 

brèn, ir. et gael. breun id. : suppose un celt. *mra/c-/u>-, cf. lat. marc- 

idu-8 « rance », marc-ère « se faner », qui paraît se rattacher à la môme 

souche que 2 bragez. 
Breiz, s. f., Bretagne : d'un celt. *Brittià (Procope), d'où l'ethnique Brit- 

lones, corn. Brethon, cymr. Brt/thon, vir. Brelan, et le dér. br. brézônek 

= brittonicm. Cf. d'Arb., R. Celt., XIII, p. 398. 
Brell, s. m., brème, perche: formation diminutive sur le même radical que 

braok. V. ce mot. — Conj. Ern. 
Brellé(V.), s. m., jachère. Empr. fr. brelée*. 
Bréma, bréman, adv., maintenant : pour *pred-man « en ce temps-ci». 

V. sous aman et préd. 
Brenk, s. m., nageoire, aileron. Empr. lat. branchial 
Brenn, s. m., son, cf. cymr. brann et fr. ancien bran « son », gallo-lat. 

Hrannum et celt. *6ra/mo-, sans autre équivalent 5 . 
Brennik, s. m. (aussi brinnik), bernache, pinne-marine, cymr. brennigen, 

ir. bairnech^ gael. bàirneach, cf. le fr., et ag. bernekke>barnacle. Empr. 

bas-lat. *bernacula •, dimin. de perna id. 



1. Le cymr. brauld « à peine » (Ern.) ne peut se séparer de braidd « tout 
proche », qui n'a rien à faire icj. 

2. Qui existe aussi. L'è vient du pi. brêch»in. 

3. La terre semée en « brelée » (Dict. tlatzf.) n'est pas destinée à la culture, mais 
à la nourriture des bestiaux. 

4. En admettant que ce mot ne désigne pas les ouïes (Dict. Le Gou.), il a bien pu 
les désigner autrefois. 

5. Peut-être de la rac. qui signifie a couler, sauter, bouillonner » [dans le crible]. 
Cf. berô et birci. 

6. En fait, il est difficile de savoir si le mot est latin, celtique ou germanique 
«l'origine. Mais la dérivation par *bronn-i/; « petite mamelle » est exclue par les 
formes gaéliques. Le mot a dû beaucoup voyager. Cf. encore le Dict. Stokes, s. v. 
Ixirennikâ. 



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44 BRENNID-BRIKEN 

Brennid, s. m., sein : dér. de bronn. V. ce mot. 

Bréô, s. f., meule, corn, brou, cymr. breuan, gael. brà, vir. brô (gén. 

broon), etc. : soit un celt. *brewon- t cf. sk. grâoan « pierre à pressurer», 

got. qairnus et ag. quern « meule », lit. glrnos et vsl. zrûny id. 
Bréôlim, s. f., meule à aiguiser : pour *bréô-lemm. V. ces mots. 
Bréou, s. m. pi., sortilèges : pi. debrev- (fr. bref) = br. brevet (« brevets » 

au sens de « formules secrètes »). Empr. fr. 
Brésa, vb., froisser, chiffonner, cf. vir. briss-im «je brise »et germ. *bers(-an 

« crever » (ag. to burst, al. bersten, etc.), peut-être aussi gr. *irép6-<*j « je 

ravage », s'il est pour *cpio8-co. V. la rac. (ici sous la forme *bre&) sous 

braé et 1 brèzeL 
Bresk, adj., fragile : soit un celt. *bres-ko-, V. le précédent. 
Breskenna, vb., folâtrer: dér. d'un radical *bresk, cymr. brysg, ir. brise, 

gael. brisg «agile», cf. ag. brisk. Emprunt Scandinave. 
Breûgeûd, s. m., rot: soit un celt. *brdk-àto- qui se rattache, soit à la 

racine de braé (cf. al. sich er-brech-en « vomir »), soit au mot suivant 

(en tant que bruit rauque). 
Breûgi, vb., braire : d'un radical *brâk-, cf. gaul. latinisé bracillâre 

et bragiltàre (d'où fr. brailler). Onomatopée. 
Breûr, s. m., frère, mbr. breuzr, corn, broder, cymr. braicd (pi. brodyr), 

gael. bràthair, ir. bràthair % vir. bràthir, d'un celt. *bràtër, sk. bhrâtà. 

gr. cppxrtop « confrère », lat. frdier, got. brothar (ag. brother, al. bruder), 

lit. broêer-êli-s,Y8\. bratù, etc. 
Breût, s. m., plaidoyer, corn, breuth et ôrews « sentence », cymr. 6raw* et 

hrawd, ir. brâth, gael. &m*A id. : d'un celt. *brà-to-, ppe passé d'une 

rac. celt. BERA BRÂ\ Cf. barn. 
Bréva, brévi, vb., écraser : dér. de bréô. V. ce mot. 

1 Brézel, s. m., guerre, mbr. et corn, bresel, ir. Bresal n. pr. d'homme, 
cymr. Con-bresal id. : suppose un celt. *bren-telo- « briseur, écrasement », 
dér. de la même rac. que brésa. 

2 Brézel, s. m., maquereau, corn, brithel id., cymr. brithyll « truite » : 
suppose un celt. *brik-tilo~ t pour *mrk-tilo- t « marbré, tacheté », cf. vir. 
brecc « truite ». V. sous bris et 2 bréa&h. 

Briad, s. f., brassée: altéré pour brec'had(V.), dér. de 1 bréac'h. 
Briken, s. f., brique. Empr. fr. 

1. Qui ue se retrouve avec certitude nulle part ailleurs (pc^v signifie « le 
pbragme »). Cf. gaul, latinisé cergo-bret-u-s « magistral », 



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BRÎD-BRONN 45 

Brîd, s. m., bride. Erapr. fr. (changement de genre). 

Briénen, s. f., miette, cymr. briw, corn, brew « brisé » : supposent un plus 
ancien *bricénen* . Cf. brèca et braê. 

Brifa, vb., manger goulûment. Empr. fr. briffer (argot)*. 

Brifiert, s. m,, gruau, mbr. brignhon, corn, brynnian id. : semble défor- 
mation analogue à celle de briénen. V. ce mot. 

Brîz, adj., moucheté, corn, bruit, cymr. braith et brith, vir. mrecht id. : 
soit un celt. *mrik-to- < *mrk to- de rac. MERÀG, lit. màrg-a-s « bi- 
garré », gr. jjtap-napuY-y; « chatoiement », etc. Cf. 2 brèac'h et 2 brèzeL 

Brizen, s. f., tache de rousseur : dér. du précédent. 

Brizi, s. m., motte de tanneur (aussi brézi). Cf. fr. ancien : braUc « drèche » ; 
bre8Îlle « orge à faire du malt» ; bresil « brasier », et aussi « bois de tein- 
ture et de tannerie » (God.), à cause de .sa provenance. Empr. fr. sûr, 
mais source indécise. 

Brô, s. f., pays, corn, et cymr. bro, cymr. Cym-mro « compatriote » pi. 
Cymmry y %x\i\.*brog- dans A llo-brog- es « les gens de l'autre pays », 
vir. mrug >brug « pays », ir. etgael. brugh « habitation » : suppose un 
celt. *mrog-i-, qui paraît apparenté au lat. margô « bord » et surtout au 
germ. mark « frontière » *, persan mars id. 

Broenn, s. m., jonc, cymr. brwyn, cf. vir. broth « épi » : paraissent se 
rattacher à un radical qui signifie <c pointu ». Cf. broc'h. 

Broez, s. f., colère : dér. de la même rac. que 2broud. 

Brogonen (V.), s. f., éclair : exactement « éclat ». — Conj.*. 
Broc'h, s. m., blaireau, corn, et cymr. broch, vir. brocc, ir. et gael. broc 
id. : d'un celt. *bro/cko~, gaui. latinisé broccus (d'où fr. broc « vase à 
bec », broche, brochet, etc.) impliquant l'idée de « pointu, museau 
pointu », etc.; cf. gr. Ppjx-w « je mords », et russe barsukU « blaireau », 
s'il n'est empr. ouralo-altaïque (Miklosich). V. encore barr et broenn. 
Brôn, s. m., saignée du porc, cf. (non sans une altération inexplicable), 
vbr. brehant « gorge », cymr. breuant, vir. bràge (gén. brâgat), ir. 
brâighid, gael. bràghad id. : d'un celt. *bràg-n-(t-), gr. P?^YX-o-< 
« larynx », ag. craw « jabot » et al. kragen « coi ». 
Broun, s. f., mamelle, sein, pis, cymr., corn, et vbr. bron, vir. etgael. 

1. Faut-il y rapporter fr. brlbc, d'origine inconnue? 

2. Cf. Briffaut (en vénerie, n. pr. de Chien), brijauder et briJJ'cric (God.) 

3. D'où fr. Marche (de Bretagne, etc. ) et marquis ; 

4. En d'autres termes, de même souche que brègas^ bramm, etc. 



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46 BRONS-BROZ 

bruinne, id. : soit un celt. *brond~à % dér. de la même rac. que gr. ppsvfl 
•jo-fiat « je me gonfle », lat. grand-i-s « élevé » et vsl. grad-ï « poi- 
trine »'. Cf. u/ern. 

Brons, s. m., variante nasalisée de brous. V. ce mot. 

Bronzu, s. f., contusion, meurtrissure (d'où bronzua vb. « meurtrir», 
cf. blousa) : soit « mamelon noir ». V. sous bronnet du. 

1 Broud, s. m., aiguillon, mbr. brout, corn, bros, vir. brot id., cf. cymr. 
brwyd « broche » et brwyd « percé de trous » : soit un celt. *brot-o-> 
« piquant » (cf. broenn et broc' h) , « aiguille », d'où procède aussi le fr. 
broder, mais dont la rac. est inconnue par ailleurs. 

2 Broud, adj v ardent, en fermentation, vbr. brot, « chaleur, zèle», corn. 
bred-ion « cuire», cymr. brwd « très chaud», vir. bru/A « chaleur brû- 
lante » (gael. bruith « cuire », bruth-ainn « chaleur », broth « prurit »): 
celt. *bru-tu-, de rac. BIIERw, cf. thrace PpO-To-v « bière », lat. cfë- 
fru-tu-m « moût cuit », ag. fo ôre«? et al. brauen « brasser », ag. #rotô 
(( bouillon ». V. sous bérô. 

Broued, s. m., lissoir. Empr. fr. brouette' 1 . — Conj. 

Brous, s. m., bourgeon : peut se ramener à un gallo latin *brocium «objet 
pointu » (cf. broc 9 h et fr. ancien broisson « bourgeon »*), ou bien au 
même primitif que fr. broussin, du lat. bruscum, « loupe, excroissance 
végétale ». V. les suivants. 

Brouskaol, s. m., brocoli. Empr. fr. (d'origine italienne)*. 

Brouskoad, s. m., bocage. V. sous broust et koat. 

Broust, s. m . , hallier : pour *brous. Empr. fr. brousse". 

Brousta, vb., brouter. Empr. fr. ancien brouster. Cf. brous. 

BroutacTi, s. m., chaleur étouffante. V. sous 2 broud. 

Brôz, s. f., jupe, vbr. broth-rac « robe » (vêtement brodé? cf. / broud), 

1. Le rapprochement avec ag. breast et al. brust n'est sans doute qu'apparent. 
Quant à celui du fr. broigne « cotte de mailles », qui lui-même est germanique 
d'origine (muai, brûnnc), il serait plus séduisant, si Ton était sûr que les Germains 
n'eussent pas emprunté le mot aux Celtes en un lointain passé. 

2. Certains lissoirs sout des cylindres qu'on fait rouler, comme la roue d'une 
brouette, sur l'objet à lisser. — Avec son sens conservé le même mot a donné br. 
brôeô ou brôeo. 

3. Et il est probable que bourgeon lui-même, dont l'origine est inconnue, se rattache 
à la même souche. Cf. encore fr. ancien brost « rejeton », qui a donné brouter. 
V. sous broust et brousta. 

4. Altéré par étymologie populaire. V. sous brous et kaol. 

5. Contaminé par brost, cf. brous et la note; la forme pure dans brous- koad et 
brous-Qwczen « arbuste ». Il est visible que tous ces quasi-homonymes ont joué les 
uns avec les autres. 



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BRUKBUGEL 47 

cyrar. breth-yn « drap », vir. brait, ir. et gael. brat a manteau » : soit 
un celt. *bratlâ ou *brotta, sans autre équivalent certain. 

Brûk, brûg, s. m., bruyère. Empr. bas-iat. bmca\ mais celui-ci à son 
tourgaul. latinisé, cf. corn, grig, cymr. grttg, vir. froech id. : soit un 
celt. *ccroik-â = gr. * s-Jpetx-â (?) >ipetxT 4 . — Très douteux. 

Brûd, s. f., rumeur, renommée. Empr. fr. bruit. 

Bruched, s. f., sein, jabot. Empr. fr. popul. bruchet < bréchet. 

BrucTiellein ( V.), vb., rugir, mugir. Onomatopée. 

Bru)a, vb., vomir (des petits enfants) : youv *bruglia. Cf. breàgeud m 

Bru lu, s. m., digitale : soit un mot fr. ancien *broellu > *breullu, etc., 
« qui pousse dans les broils, fourrés, lieux sauvages » (God.); ce dernier 
d'origine celt. probable, gallo-lat brogilum « lande », cf. brô. 

Brumen, s. f., brouillard épais. Empr. fr. bretonisé bruine. 

Brusk, adj., variante de bresk (et fr. brusque par contamination?). 

Bru8ken, s. f., fente de la croûte avant mise au four. Empr. fr. dialectal 
brèque « brèche », contaminé du précédent. — Conj. 

Brnzun, s. m., miette. Cf. briénen et brésa (et fr. briser). 

Bû, s. f., variante de buc'h. V. ce mot et cf. bugel. 

Bual, s. m., buffle : pour *buval. Empr. iat. bubalus. 

Buan : adj., prompt, rapide; s. m., belette : formation celt. qui correspond 
à ce que serait en lat. *oïc-anus. Cf. buex, buhan ctbéô. 

Bûk(C), s. m., petit houx : écourté de bugélen. 

Buez, s. f., vie, vbr. buhez, cymr. buchedd : dér. de bue' h, en tant que la 
vache, dans les civilisations primitives, est le moyen de subsistance par 
excellence; sans aucun rapport avec béa. V. ces mots. — Loth. 

Buga, vb., fouler, lessiver. Empr. bas-lat. baedre (d'oii fr. buer, buée, 
buanderie), le même que l'ai, bauchen « lessiver »'. 

1 Bugad, s. m., petite lessive : dér. du précédent. 

2 Bugad, s. m., ostentation, cf. cymr. bugad « grand bruit », d'un celt. 
*boak-atO' « bourdonnement », de môme souche que lat.yïicas« frelon »*. 

Bugel, s. m-, enfant*, corn, bugel, cymr. bugail, ir. et gael. buachaill 
«berger », cf. gr. po-j-x^X-o-; « bouvier» : le premier terme est *6oa- 

1. D'où un dcr. *brûcâria > fr. bruyère. — Sur le mot celtique pur, voir sous 
Qrégon. 

2. Gael. buaic o lessive » est pris à l'ag. moyen bouhen. Mcb. 

3. Pour le changement de sens, cf. ir. fanfare et fanfaron. 

4. La filière sémantique est a bouvier — pâtre — petit patre — petit garçon — 
enfant». \a garde des bestiau* est dévolue aux enfants. 



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48 BUGÉLEK-KABËL 

qu'on trouvera sous buc'h; le second, un dér. de rae. QEL « garder», 

lat. col-ere, got. hal-d-an (ag. to hold, al. halten). 
Bugélen, s. m., petit houx : préf. bu- = *gw- % et /c^/e/i (bien douteux); ou 

bien *bâk-kélen (cf. bùk, mais ce mot ne s'explique pas davantage). 
Bugenn, s. m., cuir de bœuf. V. sous biï et kenn. 
Buhan, buhez, variantes graphiques (celle-ci normale) de buan et bue*. 
Buc'h 1 , s. f., vache, vbr., corn, et cymr. buch>bu, soit celt. *boukkà 

(— lat. *gwak'kà > racca) : dér. d'un radical *bou- « bœuf », ir. bou, 

cymr. buw, vbr. *6oa (dans bon-tic/ « étable à vaches », cf. //), br. bii 9 etc.; 

lequel n'est autre que l'i.-e. *gôœ~, « bœuf, vache », sk. gàus, gr. poùç, 

lat. bô8 9 germ. # /cô- (ag. cote, al. fcaA), lett. grfug*, etc., etc*. 
Bulzun, s. f., navette. Enipr. fr. ancien bolzon ou bulson, « grosse flèche 

à tête en verrou, (dans le Morvan) traverse ». — Conj. Loth. 
Buns, s. m., muid : mbr. bunçc, pour *muns, nasalisé de *mus. Empr. fr. 

muid, cf. itai. moggio, du lat. modius. 
Buoc'h, s. f., variante de buc'h. V. ce mot. 
Burlu, s. m., variante métathéti que de brulu. V. ce mot., 
Burtugen, s. f., tas de fumier (aussi breiugen) : métathèse pour *buir-ugen, 

dér. secondaire. Empr. lat. putris « pourri » a . 
Burutel, s. f., blutoir. Empr. fr. ancien blutelu bluteau». 
Burzud, s. m., miracle (aussi burc'hud V.). Empr. fr. ancien certut* pris 

dans le sens ecclésiastique de « vertu divine ou magique ». 
Busella, vb., mugir. Onomatopée, et cf. buc'h. 
Butun, s. m., tabac. Empr. fr. ancien pétun*. 
Buzugen, s . f . , ver de terre (aussi buc'hugen V. ) : suppose un radical *6atf-, 

qui se ramène sans doute à un emprunt pareil à celui de burtugen, cf. lat. 

pûtëre « sentir mauvais ». 



Kab, s. m., bout : autrefois « tète ». Empr. bas-lat. *capum\ 
Kabel, s. m., coiffure. Empr. bas-lat. cappa > dim. capello* 

1. Avec un o épenthêtique, buoc'h, puis par dissimilation bioe'h. 

2. V. sous bô*m un autre dérivé du même radical. 

3. Cf. ir. otrach et gael. àtrach id., dér. celt. régulier, comme le montre la dis- 
parition du p initial, de la même rac. que putris. 

4. Pour l'assimilation vocalique de la première syllabe à la seconde, on comparera 
bolod, poulout, butun, munud, lugustr, lagad, etc. 

5. La forme butum vient-elle de bitume par contamination? 
6» Altéré de caput. D'où ital. capo, prov. cap t fr. chef, eto. 



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KABEL-KÀÉREL 49 

Kabel-dousek, s. m., champignon : exactement « chapeau à crapaud », 
sobriquet. V. sous kabel et tousek. 

KabeUek, s. m., alouette (huppée) : dér. de kabel. 

Kabestr, s. m., licou, cymr. cebystr, vbr. cepister. Empr. lat. capistrum \ 

Kablus, adj., coupable, corn, cably, « incriminer, calomnier », cymr. cablu 
id., vbr. ceple « de façon blâmable» : dér. de Tempr. lat. caoilla (corn. 
cabal « calomnie ») > *caola « chicane ». — Loth. 

Kakouz, s* m., cordier, tonnelier (terme injurieux). Empr. fr. ancien cacou, 
caqueux « lépreux», aujourd'hui cagot. 

Kttdarn, adj., brave, cymr. cadarn, celt. */ra*-a/vio-,cf. ir. cath-ach » belli- 
queux », br. Caioc > Cadoc n. pr. : adj. dér. du même radical que celt. 
*kat-u- « combat », gaul. Catu- dans Catu-vellauni et autres n. pr., 
gaul. latinisé n. pr. Catullus; la rac. KAT se retrouve dans sk. çât-ru 
« ennemi », gr. x«fo-o; « haine », al. had-er id.* ; cf. vsl. kotora « combat », 
peut-être thrace K<ta>; (déesse de la guerre), sauf toutefois ici le défaut 
d'accord des gutturales. 

Kador, s. t., chaise, mbr. cadoer, cymr. cadeir. Empr. lat. cathedra venu 
du gr. (d'où aussi fr. chaire > chaise). 

Kaé, s. m., haie, clôture, quai \ cymr. cae t vbr. pi. caiou « enclos » : sup- 
pose un celt. *kat/o- t identique au germ. *haga- (al. hag « haie* », et 
subsidiairement al. hecke, ag. hcdge'*). 

Kael, s. f., balustrade, grille : dér. du précédent. 

1 Kaer, s. f., forme ancienne de kéar. V.ce mot. 

2 Kaer, adj., beau, mbr. cazr> cymr. et vbr. cadr y gaul. *cadros dans 
Beletucadrus (surnom du dieu Mars) : soit un celt. *kad-ro-, dér. de rac 
KAD « se distinguer », pf. sk. ça-çâd-a, ppe pf. gr. xe-xa$-[Aévo-$ 
«éminent* ». 

3 Kaer, s. m., bon gré : sens abstrait du précédent. 
Kaérel, s. f., belette : dér. de 2 kaer\ 

1. D'où fr. cheocstre « corde », encheoêtrè, et prov. cabestan. 

2. Premier terme des n. pr. Hadu.br and et Hêdœige. 

3. Cette dernière extension vient de l'homophonie avec fr. goai, lequel au surplus 
parait empr. br. : il y a eu réaction réciproque des deux mots. 

4. Le fr. haie est emprunté au germanique. 

5. 11 n'y a pas d'autre équivalent sûr; cf. pourtant sk. kak-sù a ceinture », dont la 
Me. peut être KAGH. 

6. De la même rac, gaul. ^assi-^ dans Tricassos <x Troyes », Bodiocasses 
* Bayeux », et autres ethniques. Cf. aussi kazek. 

7. A l'exacte imitation de fr. bol-etto dér. de bel > beau. V. le Dict. Hatzf., s. v. 
ti cf. dalif. 



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] 



50 KAÉZOUR-KALON 

Kaésour, s. m., ordure, puberté, vbr. caitoir, et cf. eymr. cedor « parties 

génitales » : se ramène à un celt. *katt-io- 9 d'où procèdent aussi ital. cazto, 

etfr. ancien caiche « membre viril ». Étym. inc. 
Kafout, vb., avoir, mbr. caffout, « trouver, acquérir, avoir », corn, caoei, 

cymr. cqffael id. : se ramènent à une variante KÂB de la rac. KÀP 

qu'on trouvera sous kaout et kaoout \ 
Kafuni, vb., couvrir le feu de cendre, cf. mbr. cajfun « couvrefeu». Empr. 

bas-lat. camïnàre « entretenir le feu du foyer». 
Kagal, s. m., crotte : dimin. dér. du suivant. 
Kac'h, s. m., excrément, mbr. cauch, corn, caugh, cymr. cach % ir. cacc, etc.: 

d'un celt. *kakko-*, gr. xdbcxr), lat. cacâre, etc. (aucun rapport avec al. 

koth, ni même peut-être avec sk. càk-rt « excrément » et lit. szik-ti 

« cacare »). 
K&l, kala, s. m., premier jour du mois, corn et cymr. calan, vbr. kalan, 

ir. callàin*, vir. callaind. Empr. lat. kalendae « calendes». 
Kaladur, s. m., dévidoir. Empr. bas-lat. *calatàrium, dér. du vb. calàre, 

« détendre, desserrer », lui-même empr. gr. xaXàw. 
Kalannad, s. m., étrennes: dér. de *kalann. V. sous kal. 
Kajar, s. m., boue, ordure, corn, caillar id. : pour *kag-eli-ar, dér. secon- 
daire du même radical que kagal. V. ce mot. 
Kalken-éjenn, s. f., nerf de bœuf. V. sous kalc'h. 
Kalet, adj., dur, cymr. caled, vbr. calât, ir. calaih, gaul. Calet-es « le pays 

de Caux» (pierreux et en falaises) : d'un radical qui se retrouve dans lat 

callum a durillon » et sans doute dans fr. caillou 1 . 
Kalc'h, kall, s. m., testicules (peut-être aussi autrefois « pénis », cf. kalken-), 

cymr. caill id. : d'un celt. *kal-ko* et *kal-lo-, qui se rattache à la même 

rac. que kalet. V. ce mot et le suivant. 
Kalloo'h, adj., non châtré, vir. callach, etc., gael. cullach « verrat »: dér. 

de la seconde forme du précédent. Cf. 2 kell. 
Kalon, kaloun, s. f., cœur, corn, colon, cymr. calon id. : suppose un celt. 

*kal-ona, qui contient, soit le radical du lat. calidus (viscère chaud 

i. Sur ce genre d'alternances, cf. 7 acen. 

2. Et aussi *Àa/»o-, comme en témoigne le précédent. 

3* Cf. gael. Calluin « la fête du jour de l'an ». 

4. Au moins en contamination de lat. calculus* Car on observera que sur toute lu 
côte caillou signifie « rocher ». 

5. Dont lat. calc-ulu-s ost précisément le diminutif. 



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KALVÉ-KAMMED 51 

par excellence), soit celui du lat. call-idu-a, le cœur ayant souvent passé 

pour l'organe de l'intelligence 1 . — Conj. 
Kahré, kalvez, s. m., charpentier: pour *karo-ez t cf. ir. cairb-re, tous 

deux dér. d'un radical *carb- « chariot », d'où gaul. latinisé carp-ent~um 

« chariot » t carpentàrius « charron », Carpenioracte « Carpentras * », 

vbr. pi. cerpit « chariots » et cymr. cerbyd (empr. vir.), vir. car pat, ir. 

et gael. carbad, et peut-être aussi ir. corb f gael. cairb id. : apparentés au 

lat. corbis « panier » et au visl. hrip « bât ». — Mcb. 
Kals, adj., adv., beaucoup: soit */ca/-es-, dér. de la même rac. que kal-et> 

et signifiant « amas, monceau », cf. kalza *. — Conj. 
Kalza, vb., entasser, amonceler: dér. du précédent. 
Kaxnbon, s. m., varangue: celt. *kamb-ono- y dér. de *kamb-o- (pièce de 

charpente courbe). V. sous 2 kamm. 
Kamboull (C), s. m. , vallon. V. sous 2 kamm et poulL 
1 Kamm, s. m., pas, corn, et cymr. cam, vbr. pi. cemm-ein « gradins », 

vir. ceimm, ir. céim, gael. ceum <( pas » : soit un celt. *keng-men-, dér. 

de *keng-ô « je vais » (ir. oing-im, gaul. Cingeto-rix n. pr. « chef des 

marcheurs »*, gaul. *keng-mino- « chemin » § ). 
2 Kamm, adj., courbe, corn., cymr. et vbr. cam, vir. camm, etc., gaul. 

cambo- dans Cambo-danum « le coteau courbe » et autres n. pr. : rac 

KEMB, cf. gr. x^-o-c « lien », axa^S-d-; « tortu », xd^ir-xa) « je courbe »; 

sans autre équivalent sûr. Voir plusieurs des mots suivants. 

1 Kammed, s. f., pas, allure : dér. de 1 kamm. 

2 Kammed, s. f., jante de roue : dér. de 2 kamm. Cf. 2 kaàt, auquel on 
rattache aussi fr. jante. 

1. Celui-ci aurait sur l'autre l'avantage d'exister en celt., corn, cal, cymr. call 
« habile» : ce qui, en passant, réduit à néant le trop ingénieux rapport qu'on avait 
établi entre laL callêre « être fort en » et caUêre « avoir des durillons » (cf. kalot). 
Mais ni l'un et l'autre ne se retrouvent en dehors du celto-latin. Quant à la rac. KAL 
• chaud », elle est latine, sanscrite et lituanienne, mais n'est représentée en celtique 
que par deux mots (Stokes, p. 331). 

2. Donc nom de lieu signifiant « le Chantier ». 

3. La filière est « dur— serré — dm — monceau ». "£>e même lat. mulu signifie 
étymologiquement « moulus, serrés, drus », Henry, Mèm. Soc. Ling., VIII, p. 171. 

4. Deux radicaux s'en laissent rapprocher en dehors du celtique : phonétiquement, 
KHENG a boiter », sk. khànj-ati « il boite », gr. «rxÀÇca, al. hinken, etc. ; sémau- 
tiquement GHENOH « marcher », sk. jângh-a « jambe », al. gang s marche », etc. 
Il a pu se produire une confusion entre eux, ou bien ils n'en faisaient qu'un seul à 
l'origine. Ces doublets de racines ne sont pas rares. 

5. Latinisé en camminus, fr. chemins ital. camminare t etc» 



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52 KAMMED-KAxMBLEN 

3 Kammed (T.), adv., jamais: identique à 1 kammed\ 
Kammel, s. f., crosse pastorale: dér. de 2 kamm. 

Kampi, s. m., intérêt, usure. Empr. ital. cambio, « change, banque », lui- 
même du gaul. latinisé cambium. V.sous kemm. 
Kampoulen (T.), s. f., boue: dér. du suivant*. 
Kampoull (C), s. m., variante primitive de kamboull. 
Kamps, s. f., aube du prêtre. Empr. lat. càmisia « chemise », et cf. hicU. 

1 Kân, s. m., chant : abstrait de kana- V. ce mot. 

2 San, s. m., canal, tuyau, gouttière, cf. cymr. cawn « tuyau de paille » 
(vocalisme différent), ir. conn-all et gael- conn-l-ach id., gr. xxm, 
« roseau, tuyau », lat. canna, d'où canàlis « tuyau » . 

Kaft, s. f., charogne, prostituée. Empr. fr. cagne « chienne » (injure)*. 
Kana, vb., chanter, cymr. canu, vir. canim « je chante », celt. *kan-à, lat. 

can-ere, can-tu-s, etc., got. han-a « coq » (al. hahn, d'où henné « poule » 

= ag. hen) : rac KAN exclusivement celto-italo-germanique. 
Kanab, s. m., chanvre. Empr. bas-lat. *canapis < cannabis, lui-même 

empr. gr. xiwocôtc, cf. ag. hemp, al. kanf, vsl. konoplja empr. roman. 
Kanaber, s. m., chardonneret: dér. du précédent. 
Kanastel, s. f., buffet, armoire. Empr. fr. ancien canestel, de *cani8tellum, 

dimin. du lat. canistrum 1 , lui-même empr. gr. *iva<rcpov. 
Kanastr, s. m., tuyau de chanvre ou de lin : dér. de 2 kân. 
Kander, s. m., blancheur éclatante. V. sous 1 kann. 
Kanel, s. f., bobine. Empr. fr. cannelle « petit tuyau ». Cf. 2 kân. 
Kanévéden, s. m., arc-en-ciel: les deux premières syllabes équivalant à 

*kamb-nenv~ suivi d'un suff., soit donc « courbe céleste », d'où « météore 

en forme d'arc ». V. sous 2 kamm et env. 
Kaùiard, adj., s. m., galant, débauché, polisson. Empr. fr. cafard, avec 

nasalisation épenthétique et forte altération de sens. 
Kaniblen (V.), s. f., nuage: exactement « ce qui se forme au ciel, couvre 

le ciel » ; préf. *ka- ou *kan-. V. sous *ke* et oabl, et cf. koabr. 

1. De même que pas négatif fr. est identique au substantif pas, abstrait de locutions 
telles que il ne marche pas «il ne fait pas un pas »; en d'autres termes, un mot qui ne 
servait qu'à renforcer la négation est devenu la négation elle-même. Cf. kèt, etc. 

2. Ce qui se trouve au fond d'un vallon ou d'une fosse. 

3. Contrairement à ce que ferait supposer la sémantique, l'étymologie indique que 
le premier sens est postérieur : il y a eu peut-être confusion des deux mots cogne et 
carogne, peut-être influence sémantique 4e goann qui étymologiquement n'a, bien 
entendu, aucune relation à /ran. V. ce mot et cf. gan. 

4. « Corbeille », d'où « panier à vaisselle, égouttoir », etc.. etc. 



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KANIEN-KANV 53 

Kanien, s. t., vallée resserrée. Empr. espagnol canon id. 

Kanived(V.)> s. m., toile d'araignée: variante de kefnid(en). 

1 Kann, adj., blane, brillant 1 , corn, et cymr. can, gael. cann-ach, « joli, 
aimable », gaul. canto- dans le n. pr. Canto-benn-ïnus « à la pointe 
blanche» (montagne duCant-al): soit un ceit. *kand-o-, cf. sk. cand-rà- 
a brillant », lat. *cand-ô « j'enflamme» (dans le dér. incendô), cand-idus 
«blanc éclatant», candëre « resplendir ». Cf. Jceûneûd. 

2 Kann, s. m., querelle, combat: abstrait du suivant. 

Kanna, vb., blanchir, battre' : dér. de 1 kann. 

Kannad, s. m., messager, corn, cannas, vbr. cannai « caution »: soit un 
celt. *ko-gna-to- \ V. sous *ke- et anat. 

1 Kanol, s. f., canal, chenal. Empr. lat. canàlis. Cf. 2 h an. 

2 Kanol, s. m., canon. Empr. fr. altéré par dissimilation. 

1 Kaùt. cent, corn, cans, cymr. cant, vir*. cet, gaul. canton id. : suppose 
un celt. *kn-to- = i.-e. *kTn-tâ- t sk. çatâm, gr. àxat^v, lat. centum, lit. 
siimtas, vsl. sûto, got. hund, ag. hund-red, al. hund~ert, etc. 

2 Kaùt, s. m., cercle, van, tamis, etc., cymr. cant id. : soit un celt. *kanto- * 
= *kamb-to- = gr. xa^ir-T-S-ç, « courbé, infléchi ». V. sous 2 kamm. 

Kanten, s. f., fond du crible : dér. de 2 kant. 

Kantol, s. f., chandelle, mbr. cantoell, corn, cantuil, cymr. canwylL 

Empr. lat. candëla (dont la rac. est sous 1 kann). 
Kaùtréa, vb., rôder, vagabonder : cf. mbr. quantren « fureur », cantreet 

« couru çà et là », cymr. canrhe « poursuite », cethreu « pousser »: 

parait contenir les deux éléments gant et rén, soit le sens vague de 

<c diriger ensemble ». V. ces mots et cf. ambren. 
Kaùttoul, s. m., millepertuis. V. sous kant et tout*. 
Kaùtved, s. m., siècle: ordinal de kant. 
Kaàv, s. m., deuil, mbr. caffon, corn, caoow, vir. curna, gael. cumha id. : 

d'un celt. *kama-wo-, dér. de rac. KEMÀ, sk. çam-ya-ti « il se donne 

de la peine », gr. xà^-veiv « se fatiguer ». 

1. Cf. U>ar-gann » kann-loar « pleine lune ». 

2. La filière est « blanchir — blanchir le linge — battre le linge pour le blanchir 
— frapper à tour de bras — se cogner ». 

3. Impliquant l'idée de la connaissance d'un objet ou d'un fait commune à deux 
personnes. — Douteux : on eût dû avoir un cymr. *cygnat (Lotb). 

4. C'est du gaul. latinisé *cantu* « cercle » que vient l'ital. cantono > fr. canton 
« division territoriale », fr. de champ = de chant « de côté », etc. 

5. La plante à « cent trous », cf. le nom français. 



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54 KANVAL-KARDEN 

Kaàval, s, m., chameau. Empr. lat. camèlus > camellus. 

Kaô, s. m., cave, grotte. Empr. fr. cace. Cf. kéo. 

Kaoo'h, s. m., variante àekac'h. V. ce mot. 

Kaol, s. m., chou, corn, caul, cymr. cawl. Empr. lat. coulis. 

Kaon, s. m., variante de kafio. V. ce mot. 

Kaot, s. m., bouillie de gruau ou de mil. Empr. bas-lat. caldum pour cali- 
dum « chaud » (cf. esp. caldo « sauce »). 

Kaoter, s. f., chaudron, corn, caltor, cymr. callaior. Empr. lat. *caldaria 
« chaudière », mais refait sur le type de kaot. 

Kaouad, s. f., accès subit, ondée, dans vbr. couhat glati « averse », corn. 
cowes f cymr. cawad et cafod « pluie violente », vir. cda « hiver », celt 
*kaw~at- « coup subit »: rac. KU et SKU « frapper », al. hau-en id. f got. 
skûra windis « coup de vent », visl. skar, ag. shower et al. échouer 
a averse », lit. kad-ti « frapper », vsl. kov-ati « forger ». 

Kaoued, s. f., cage. Empr. lat. cavitds au sens de caoea. 

Kaouen, s. f., hibou (aussi kaouan), cymr. cuan, vbr. couann. Empr. bas- 
lat. caoannu8 i . 

Kaouled, adj., caillé: dér. de *kaoul, cymr. caul « présure ». Empr. bas- 
lat. *coagulum >> *coaglo» 

KaouA,s. m., variante de kaofi. V. ce mot. 

Kaout, vb., trouver, acquérir, avoir: infinitif en -oui (cf. bout) du radical 
kab- f variante primitive de la rac. KÊP KÂP « saisir "» : gr. xuwc-t, 
<( poignée », lat. cap-iô, got. haf-jan, ag. to heaoeet al. heben « soulever », 
got. hab-an, ag. to hâve et al. haben « avoir ». Cf. kafout et kaoout*. 

Kâp, s. m., cape. Empr. bas-lat. cdppa. Cf. kabel. 

Kâr, s. m.: amour, amitié; parent, ami (sens vieilli, cf. lat. càrus): 
abstrait de karout. V. ce mot s . 

Karavel, s. f., brancard. Empr. fr. caravelle 1 . 

Karden, s. f., litière qu'on met à pourrir sur les chemins: altéré de mbr. 
kardel * « fumier à charrier ». V. sous karr et teil. 

1. D'où fr. chouan, altéré par étymologie populaire en chat-huant. 

2. Les formes de conjugaison de ce verbe ne dépendent point de sa racine, et il 
n'appartient qu'à la grammaire de les analyser. Il suffira de dire ici qu'en réalité la 
conjugaison du vb. « avoir » en breton se rattache étroitement à celle du vb. « être », 
en sorte que « j'ai » se dit « à moi est » : Loth, Mém. Soc. Ling., IV, p. 88. V. sous béia. 

3. Le pi. kérent « parents » se rapporte & une forme *karant- (cf. le dér. karaAUt 
« amitié »), qui est l'ancien ppe présent du même vb. kar-out. 

4. Cf. fr. carabe (vieilli) « chaise a porteurs » . 

5. Conservé dans kardèlat (V.) « épandre du fumier ». 



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KARDI-KAS 55 

Kardi, s. m., remise. V. sous karr et il. 

Karg, s. f ., charge. Empr. bas-lat. cârrica, d'où fr. charge. 

Karitel, s. f.,étui à aiguilles : pour *garitel « guérite, réduit, boite »,dimin. 

Empr. fr. ancien garite « guérite ». 
Karn, s. m., sabot des solipèdes, corn, et cymr. carn, cf . galate xdcpvov «trom- 
pette » [de eorne] : soit un celt. *karno- « corne » de même souche que 

lat cornu, etc. V. sous fcorn. 
Karnel, s. f., ossuaire, charnier. Empr. lat. (avec dissimilation de r en /) 

carnària, pi. nt. pris pour un fm. sg. 
Karô, s. m., cerf (aussi karv), corn, carow, cymr. carw id. : soit un celt. 

*kar-wo-, lat. cervm, lit. kârvé « vache », al. hiruz > kirsch « cerf », 

exactement « le cornu ». V. sous korn et karn. 
Karout, vb., aimer, cymr. caraf, ir. cdraim « j'aime » : rac. KAR, cf. lat. 

côr-a-s « cher », al. hure « courtisane », *k. câr-u « aimable ». 
Karr, s. m., charrette, cymr. car, vbr. et vir. carr, gaul. latinisé carrus 

(d*oû fr. char), celt. *kar*-o- id. : cf. lat. curr-u-8 « char », curr-ô « je 

cours », germ. *hors-a- a cheval » (ag. horse, al. *ht*o$ > ro88, etc.). 
Karrek, s. f., écueil, rocher, corn, carrag, cymr. carrecc > careg % vir. 

carric, ir. et gael. carraig id. (fr. garrigue venu du gaul.) : d'un celt. 

*kar*-ekki-, dér. de rac. KARS « dur» 1 ; cf. ag. harsh et al. harsch. 
Karv, s. m., variante de karô. V. ce mot. 
Karvan, s. f., mâchoire, ensouple de tisserand. — Étym. inc. '. 
Karvek, s. m., sauterelle: dér. de karv, et cf. l'autre sobriquet du même 

insecte, karo-raden « cerf de fougère ». 
Karz, s. m., raclure, ordure : abstrait du suivant, et cf. skarz. 
Karza, vb., racler, nettoyer, cymr. carthu, vir. cartaim, gael. cairt id. : 

dér. d'une rac. KER et SKER, « séparer, trier », etc., sk. apaskar-a 

« excrément », gr. <**&? id., xp(-vu> « je juge », lat. cer-nù « je discerne», 

crî-bru-m « crible », vsl. skcrïna « ordure », etc. V. sous krouer et skarz. 
1 Kas, s. m., haine, cymr. cas, ir. cais id. : d'un celt. *kassi- = *kad-ti-, 

cf. ag. to haie, etc. V. la rac. sous keûz. 
2 Kas, s. m., mouvement, fougue : abstrait du suivant. 

1. Un doublet de cette racine est KERT ou KART, got. hard-u-8, ag. hard. al. 
han. Cf. en outre cymr. carn « mouumeut consistant en un amas de pierres » (br. 
Carn-ac), ir. carn, gael. càrn (naturalisé en ag. sous la forme cairn). 

2. Le second de ces sens paraît procéder de celui de « chariot », qui serait pour 
l'ensouple une appellation assez appropriée. V. sous fcalcez. — Subsidiairement, le jeu 
de la mâchoire a-t-il été comparé à celui des deux ensouples? 



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56 KÀS-KE 

3 Kas, vb., envoyer, porter, conduire. Empr. fr. (normand) casser = fr. 

chasser « pousser devant soi », du bas-lat. capiiàre. 
Kastisa, vb., punir. Empr. lat. savant castigâre. 
Kastréjenn, s. m., nerf de bœuf (aussi kastr tout court) : contient un 

radical gallo-lat. *castrum « pénis », qu'il faut sans doute reconnaître 

à la base du lat. castràre « châtrer ». Cf. kalken- et 4jenn. 
Kava, vb., creuser : dér. de kav variante de kao. 
Kavaden, s. f., trouvaille: dér. de kaout. V. ce mot. 
Kavala, vb., insulter (traiter de rosse?) : dér. de mbr. caoall, « roussi n, 

bidet », cymr. cafalL Empr. lat. caballus. — Conj. 
Kavan, s. f., corneille, chouette : variante de kaouan. 
Kavas, s. m.,fourchon d'un arbre (endroit où Ton peut s'y asseoir) : abstrait 

de kaoazez = koazez. V. ce dernier mot. 
Kavel, s. m., berceau, corbeille, nasse, vbr. eauell; cf. gael. cabhuil 

« nasse ». Empr. bas-lat. caoellum « petit creux », dimin. de caoïtm. 
Kavout, vb., prononciation lente de kaout. V. ce mot. 
Kaz, s. m., chat, corn, et cymr. cath y ir. et gael. cat, gaul. Cattos n. pp.; 

cf. lat. caitus > fr. chat, probablement emprunté au celtique 1 . 
Kazarch, s. m., grêle, corn, ceser, cymr. cesair, ir. casair id., et gael. 

casair « tempête » : soit un celt. *kassri- % , pour *kad-tri- « chute », de 

même rac. que lat. cad-ere; sans autre équivalent. 
Kasek, s. f., jument, corn, casec, cymr. caseg id. : peut-être originairement 

« [cheval] de prix » (celt. *kassi-ko~). V. la note sous 2 kaer. 
Kaiel, s. f., aisselle, corn, casai, cymr. cesail id. : soit un celt. *koks-ali-, 

dér. du mot correspondant à sk. kàkça « aisselle », zd ka$a « aisselle », 

lat. coxa, (c cuisse, hanche »*, ir. coss « pied », cymr. coes « jambe», etc. 
*Ke-, préfixe impliquant originairement conjonction, groupement, accession, 

parfois avec un sens très effacé : l'une des nombreuses formes que peut 

revêtir en breton, lepréf. celt. *ko- et *kom-, corn. co- y ce- etceo-, cymr. 

cy- et cyf-, ir. co- et càm-, gaul. et lat. co- et corn- (con-) y cf. la prép. lat. 

cum « avec ». Les autres formes, suivant la liaison qu'elles commandent, 

sont ka- t kan-, kav-, kef~ % kem- % keAo-, keo-, ko- 1 , etc. 

t. Ag. cafet al. katze sont empruntés au latin. 

2. La finale bretonne, complètement isolée, procède de la contamination avec 
er&h « neige ». — Ern. 

3. On sait combien les noms de parties du corps sont sujets à être pris Tan pour l'antre. 

4. V. la plupart des mots commençant par ces syllabes. — ta préf. copulatif got. 
ga- = al. ge- est peut-être de même famille. 



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S 



KÉAR-KEFN 57 

Kéar, s. f., logis, village, bourg, mbr. caer, corn, et cymr. caer (cf. ir. et 

gael. cathair). Empr. lat. castra, nt. pi. > fm. sg. 
Kéaz, adj., malheureux, pauvre, cher 1 , mbr. quaez <c captif)), corn, cait-es 

« servante», cymr. caeth « esclave », vir. cacht id., d'où gael. cachd-an 

« affliction », gaul. latinisé -captos à la fin d'un n. pr., lat. cap-tu-8 ppe 

passé de rac. KÀP, cf. al. haf-t « prise », -haft (suff.) « doué de » 

(étymologiquement « pris de > susceptible »), etc. V. sous kaout*. 
Kébr, s. m., chevron (aussi quibr V.), corn, keber, cymr. ceibr, vbr. pi. 

cepriou. Empr. bas- lat. caprio, dér. de capra « chèvre». 
Kéded, kédez', s. f., équinoxe : exactement « égale durée » [du jour et de 

la nuit] : dér. de 1 keit. V. ce mot. 
Kééla, vb., rechercher ardemment, adorer : dér. de kéél, forme ancienne 

de î kél 1 . V. ce mot, mais cf. Gloss. Ern., p. 531. 
Kéf, s. m., tronc, mbr. gueff, cymr. cyff. Empr. lat. cippm. 
Kéfalen, s. f., soupe, ragoût: exactement « contenant du sel, assaisonné ». 

V. sous *ke- et holen ou c'hoalen. 
Kéfélek, s. m., bécasse : dér. de *kéfél*. V. sous *ke- et ell. 
1 Kéfer, s. m., arpent 6 , bois du soc de la charrue : composé du préf. *ke- 

et du radical de arat. V. ces mots. 
2Kéfer, s. m., opposition, comparaison, proportion, cymr. cyfer id., vir. 

comair, « pour, contre » : soit donc un celt. *com-are prép. impliquant 

juxtaposition conjointe. V. sous *ke- et ar-. 
Kéfilin, s. m. (aussi kèfèlin), partie du bras attenante au coude (du coude 

à l'épaule ou du coude au poignet) : préf. *ke~ et ilin. 
Kéfiniaût, s. m., cousin au 4« degré : dér. de mbr. queffîn = cymr. cyffin 

« contiguïté ». Empr. lat. confînium v contiguïté ». 
Kéfleûé, adj. f., [vache] pleine. V. sous *Are- et leûé, et cf. kénep. 
Kéflwak, s. m., agitation, trouble. V. sous *ke- et luska. 
Kafn, s. m., dos, cymr. cefn id., gaul. Cebenna n. pr. « les Cévennes» : 

aucun équivalent sûr en dehors du celtique. 

1. Ce dernier sens provenu de commisération affectueuse, 

2. Four le sens comparer lat. capttcus > fr. chétif. 

3. L'etymologie populaire a naturellement préféré cette seconde finale, où elle a 
en l'illusion de retrouver le mot dei*. 

4. Exactement « s'engouer de. . . comme d'une nouveauté ». — Selon Gloss. Ern. 
ce serait # /ro-se*0-, soit « poursuivre ensemble, avec effort ». V. le préf. sous *ke- et 
la rac. sous émolc'hi. 

5. Le long bec de l'oiseau étant comparé à un ergot. 

6. Cymr. cyf-air « ce qu'on laboure » [en un jour]. 



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58 KEFNl-KEINI 

Kefni (vieilli), s. m., mousse : soit un composé celt. *kom-mâkn-io- 

« moussu ». V. sous *ke* f 1 mann et kinoi. 
Kefniden, s. f.. araignée (aussi kafioniden V.), cymr. cyffiniden id. : soit 

« la fileuse », dérivation secondaire appliquée sur le radical *kom-8pen-. 

V. sous */œ-, et pour la rac. comparer ag. to s pin, al. spinnen « filer », 

gr. «caca « je tire ». 
Kéfrann, s. f., portion, cymr. cyfran. V. sous */re- et rann. 
Kéiré, s. m., lien, vir. cuimrech id. : soit un celt. kom-rigo-, cf. lat. corrigia 

« courroie » et mhal. rie « lien ». V. sous *ke- et rumm. 
Kéfréder, s. m., homme pensif, réfléchi : dér. du suivant 1 . 
Kéfret, adv., ensemble, mbr. que/fret, vbr. -cofrit, cf. cymr. frit et vir. 

8reth o série » : soit donc un celt. *Ao-sr-fo-, équivalant à lat. con&ertum 

« arrangé ensemble », rac. SER dans lat. séries ;< rangée », gr. *»- 

e£p-to « je lie ensemble », sk. sar-at « cordon », etc. 
Kéfridi, s. f., message : soit « com-mission », V. sous *ke- et 1 réd. 
Kégel, kégil, s. f., quenouille. Empr. vir. cuicel, lui-même empr. bas-lat. 

*conucula, d'où fr. quenouille et al. kunkel. 

1 Kégin, s. f., geai, cymr. ancien *cegin* % dér. secondaire par rapport à 
cymr. ceg « bouche » (souvent employé péjorativement),ce^-u, a dévorer 
avidement, crier », d'étymologie d'ailleurs inconnue : soit donc « le [gros] 
bec, le goulu, le braillard », etc. Cf. gégin. 

2 Kégin, s. f., cuisine, corn, et cymr. cegin. Empr. lat. coquïna> cocina. 
Kégit, s. f., ciguë, cymr. cegid, corn, ceg es, vbr. cocit-ou pi. «endive». 

Empr. lat. cicata corrompu en *cucïta. 

Keida, vb., égaliser: dér. de 1 keit. V. ce mot. 

Kein, s. m., mbr. gueyn, variante usuelle de kefn. V. ce mot. 

Keini, vb., gémir, mbr. queiniff, cymr. euin « plainte » (en justice), corn. 
chen « procès »% vir. càinim « je déplore », ir. eaonim, etc. : soit une 
base celt. */roi-n-, dér. d'une rac KEI ', sans autre équivalent. 

1. « Qui lie les idées ensemble, en fait des séries ». — Ou bien à rattacher, avec 
cymr. cy-fryd « unanime », dy-fryd-u « songer », dy-fryd-ol « pensif », à cymr. bryd 
« pensée » = corn, brys = vir. breth « jugement », dont on trouvera la rac. sous 
barn et breût. — Ern. 

2. Dans un texte que me signale M. Lotb, ehœeddl y gegin « la leçon du geai ». Du 
même, relevé dans la Méthode (récente) de Landivisiau, le pi. kégined « geais ». — Si le 
sens de ceg était originairement a bec ». on en trouvera quelques similaires sous kerïkU. 

3. Pour le sens, cf. lat. querëla « plainte » > fr. querelle. La plus ancienne forme 
connue est vbr. cuinhaunt « ils pleureront ». 

4. Peut-être KEIP, cf. lit. szêp-ti « faire la grimace ». — Conj. Bzb. — Ou em- 
prunt très ancien au germanique (got. qainôn « gémir », etc.)? 



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KEINVAN-KELF 59 

Keinvan, 8. m., gémissement : dér. du précédent. 

1 Keit, s. f., durée, égalité, mbr. que hit, cymr. eyhyd « aussi long », etc. 
(de *hit > het). V. sous ke- et 1 héd. 

2 Keit, s. f., filipendule : identique à 1 keit (oscillations isochrones). 

3 Keit, prép., pendant : identique à 1 keit « aussi longtemps que ». 
Keixa, vb., dégrossir, cf. ir. caith-im, « je consume, use, dissipe », et 

surtout sk. çi-çà-ti « il aiguise » ; sans autre répondant sûr. 
Kéjein (V.), vb., mêler, brouiller, cf. cymr. cyd-io « unir » : dér. de ket-. 

Cf. aussi kijout et digeiza. 
IKei, s. m., nouvelle, conte, mbr. quehezl (cf. kééla), cf. corn, wheihl, 

cymr. chweddl, ir. scél = celt. *sq-etlo- id. : soit donc un celt. *Ao- 

sqetlo-, dont le second terme est dér. de rac. SEQ « dire », gr. ïvt-<nce 

(( il dit », lat. ancien insequ-e « dis », vhal. sag-ën (al. sagen, ag. to 

*ay), lit. êak-jjti « dire »; le 1 er terme sous */re-. 
2 Kel, s. m., cloison, cymr. celL Empr. lat. cella «cellule ». 
3Kel, adv., forme assimilée de ken devant /. 
Kéladur, s. m., doloire. Empr. lat. caelatorium « ciseau ». 
Kélaoui, vb., publier : dér. de 1 kel. 
Kélastren, s. f., houssine : dér. d'une composition de *ke- et lâz, avec 

rattachement artificiel à 1 kélen. V. ces mots. 

1 Kélen, s. m., houx, corn, celin, cymr. celyn, vir. cuilenn, ir. et gael. 
cuilionn id. : soit un celt. *kol-enno-, cf. sk. çal-â t « baguette, aiguillon », 
gr. xrjX-o-v « flèche », et surtout ag. holly et al. huis > hulst « houx » 
(le mot fr. est emprunté au germanique). 

2 Kélen, s. m., leçon : préf. *ke- et 3 lenn (comme lat. lectiô > fr. leçon 
procède de légère). V. ces mots, 

Kéler, s. m., noix de terre, mbr. coloren (pi. kéler), cymr. cylor, ir. et 
gael. cularan « concombre » : soit un celt. */ra/oro-, pour */raru-/o-, 
apparenté au gr. xdpu-o-v « noix », isolé par ailleurs ' . 

Kéléren, s. f ., feu follet, lutin. Empr. lat. celer « rapide ». 

Kelf (C), s. m., souche (cf. kef), cymr. celff « pilier », vir. colba, ir. et 
gael. colbh id. : cf. lat. colu-men «appui », colu-mna « colonne», cul- 
men « comble », celsu-s « haut », et gaul. cel-icno~n « construction »; la 
souche est commune aux deux langues, mais il se peut que le mot soit 
emprunté au latin. 

1. Sans rapport avec kraon « noix », ni sans doute avec *ko$-ulo-, base de keloet 
* noisetier ». V. ces mots» 



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60 KELC'H-KÉMÉROUT 

Kelc'h, s. m., cercle, cymr. cyrch. Empr. lat. circulus > *circluê. 

Kelc'hen, s. f., collier : dér. du précédent 1 . 

Kéliénen, s. f., mouche, corn, kelionen, cymr. pi. cyUon, vir. cuil, gael. 

cuileag id. : soit un dérivé celt. d'une base *kuli-, qui ne parait se retrouver 

que dans le lat. culex « moucheron ». 
Kélina, vb., mettre bas : dér. de kolen (pi. kélin). V. ce mot. 

1 Kell, s. m., variante de 2 kel. V. ce mot. 

2 Kell, s. m., testicule, cymr. caill id. : d'un celt. *kall-yo-, de même 
origine que kalc'h. V. ce mot. 

Kelléaz, s. m., premier lait d'une vache qui vient de vêler, cymr. cynllaeth 
= celt. *kinto-lakt~. V. sous keût et léaz. 

Kellid, s. m., germe : dér. de kell ou kall % . 

Kélorn, s. m., baquet couvert, cymr. cilurnn > celwrn, vir. cilornn, 
gaul. Cilurnum (nom de lieu): soit un celt. *kelurno- pour *kelp-urno-*, 
cf. sk. karp-ara « pot », gr. xiXic-Tj « urne », lat. calpar « vase à vin ». 

Kelvez, s. m., coudrier : serait en celt. *koslo-widu- % cf. corn, col-widen 
> colwidhen. Le premier terme est cymr. coll-en « noisette », vbr. coll, 
ir. coll f gael. call-tuinn, d'un celt. *koslo- = # Zro$a/o-, lat. corylus, 
ag. hazel, al. hasel(-nu88). Le second est gwéz(-en). 

Kember, s. f., confluent (Quimper). Cf. aber, goaer et kémérout. 

Kembot, s. m., variante de kombot. V. ce mot. 

Kéméner, s. m., tailleur : soit *kem-ben-er « celui qui coupe pour assembler 
ensuite ». V. sous */re- et béna. 

Kémenn, s. m., mandement, ordonnance, cymr. cymmyn id. : abstrait de 
Tempr. lat. commenddre. Cf. mennout. 

Kémeùt, adv., autant : exactement « conjointe (pareille) quantité ». V. sous 
*ke- et meut. 

Kémérout, vb., prendre» recevoir, accepter, mbr. quempret < compret, 
cymr. cymmerqffxà. : dér. d'un celt. *Zrom-6er-o- «compréhension ». La 
rac. est BHER, sk. bhâr-a-ti « il porte »> gr. <pép-u>, lat./er-ô, vir. ber-im 
et do-biur « je porte », got. bair-an (ag. to bear, al. gc-bâr-en « en- 
fanter »), vsl. ber-ç « je prends ». Le préfixe sous *ke-. Cf. en outre 
kember, argourou, etc. 

1. Cf. kichen, qui lai est un véritable mot celtique. 

2. Plutôt au sens de « pénis » qu'à celui de « testicule ». V. ces mots, et la dis- 
cussion détaillée, Gloss. Ern. s. v. quellldaff. 

3. 11 est difficile de ne pas songer à une influence, sur la finale, du lat. urna. 



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KEMM-KENDREC'HI 61 

Kemm, s. m., change, échange, troc. Empr. bas-lat. cambium* (d'où fr. 

change). V. sous kampi et eskemw. 
Kemmesk, s. m., mélange, cymr. cymmysg, vir. cummasg, cf. lat. corn- 

miscère. V. sous *ke- et meski. 
Kempenni, vb., arranger. Empr. lat. savant compônere'. 
Kempréd, adj., contemporain. V. «ous *Are- et préd. 
IKen, adv., autant, cymr. cyn id. : identique au préf. ken-, qui répond 

dans plusieurs mots au préf. fr. corn-, con-, et par conséquent au celt 

# /rom-, redevenu mot indépendant comme indice du comparatif d'égalité. 

V. sous *ke-, kiment et ket-. 
2 Ken, adv., ne... plus : le même, devenu négatif en*proposition négative, 

comme fr. pas, point, mie, goutte, etc. Cf. ket. 
Ken-, particule dont on verra le sens et l'origine sous./ ken. Exemple: 

kenlévènez (con-jouissance) « félicitations ». 
Kenavézô, kenavô: formule pour prendre congé; le sens originaire est 

« autant que sera », c'est-à-dire « jusqu'à ce que soit »*. 
Kenkix, s. m., maison de plaisance, mbr. quenquis, cf. cymr. cainge et ir. 

géc « branche » \ gael. geug id., sk. çank-ù « pal ». — Conj. Ern. 
Kenklaô, s. m., étrape, V. sous kamm et klaô. 
Kendalc'h, s. m., maintien. V. sous*£e- etdalc'h. 
Kendamoues, s. f., émulation : répond à un celt. *koni'to-amb-(d)uk-ti-, 

qui signifierait « le fait de se tourner vers [un butj en concurrence », et 

contiendrait une rac. suivie d'un suff. et précédée de trois préf. V. sous 

*ke-, 1 da-, 1 am-, et la rac. sous dougen. 
Kenderf, s. m., cousin, cymr. cenfder*, vbr. comnidder, c'est-à-dire celt. 

*kom-nit-tero-, formation équivalente à ce que serait en lat. *cum-nept- 

iu-s « petit-fils d'un même (aïeul) » ; cf. gr. à-ve<|>-t4-ç « cousin », qui a 

exactement ce sens ; sk. nâpat « fils, petit-fils », lat. nepôs (fm. nept-is), 

« petit-fils, neveu», al. nejffe « neveu », etc. Cf. kéoenderfet 1 nïz. 
Kenderc'hel, vb., maintenir. V. sous *ke- et derc'hel. 
Kendreo'hi» vb., convaincre. V. sous*Are- et trec'hi. 

1. Ce mot parait d'ailleurs emprunté par le latiu au celtique, où il se rattacherait 
à la rac. de kamm. 

2. Ou kem-pcnn- y comme fr. a-chec-er (Ernault). 

3. Sous-entendu « le plaisir de Se revoir ». 

4. Ce serait donc une maison « de branchages », ou « bâtie sous les branches », 
ou mieux « ornée de rinceaux » (???). 

5. On voit que le br. a opéré une forte métathèse. 



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62 KÉNED-KENTR 

Kéned, s. f., beauté: dér. du mbr. quen « beau », cymr. cain, vbr. cein, 
vir. càin, ir. et gael. caoin id. : soit peut-être une base celt. *koi-ni-, état 
fléchi de la rac. SKI > Kl, « briller, reluire », qui se retrouve dans le 
got. &kei-n-an (ag. to shine, al. scheinen, etc.). 

Kénep, adj. f., (jument) pleine: préf . */re/i- et *ep= celt. *epos « cheval ». 
V. sous *ke-, ébeul et ktfleùé. 

Kéniterv, s. f., cousine. V. sous keàderf. 

Kenn, s. m., peau, cuir, crasse de la tête 1 , corn, et vbr. cennen, cymr. 
cenn, ir. ceinn id. : d'un celt. *kenni-> qu'on peut rapprocher du visl. 
hinna « membrane » ou du visl. skinn = ag. akin* « peau ». 

Keùt, prép., avant, eorn. kyns, cymr. kynn > cyn, ir. cét-amus « d'abord », 
etc., gaul. Cintu-gnatO'8 n. pr. « aîné», etc. Le même radical paraît signi- 
fier (( nouveau » ou « dernier », selon qu'on l'envisage dans diverses 
langues : sk. kan-itfhâ « cadet », gr. xaivdç « récent », lat. re-cens, al. 
hint-er « derrière » et ag. be-hind, etc. : le sens primitif est donc 
« extrême »*. 

Kent a, adj., premier: superlatif du précédent. 

1 Keûtel, s. f., leçon, cymr. cathlet cathl-edd « chant », ir. cètal id. : soit 
un celt. *kan-tla ou *kan-tlo- k . V. sous kana. 

2 Kentel, s. f., temps, heure {e keAtel « à point ») : le même que le précé- 
dent, au sens de « mesure de chant », d'où « temps marqué, temps pré- 
cis », etc. 

Kentiz, adv., d'abord, aussitôt: contamination de keht et de ^hastiz « hâ- 
tivement ». V. sous hast, atizei astizein. 

Keùtr, s. f., éperon, ergot, cymr. cethr « clou », corn, center, vir. cinteir 
« éperon »: d'un celt. *ken-tri-, gr. x£vx po-v « aiguillon » 5 , xevxéto « je 
pique »; cf. gr. x«(vw « je tue », sk. {çnàth-a-ti) çnath-âya-ii « il perce », 
indiquant une base primitive KEN. 



1* Ainsi nommée en tant que « peau » morte. 

2. Suivant que tombe ou demeure l'initiale mobile. 

3. D'où « dernier » ou « premier », suivant qu'on envisage Tune ou l'autre extré- 
mité de la série. Le vsl. cumule les deux sens : koritcï « fin », et is-koni « depuis le 
commencement ». 

4. Soit donc primitivement « leçon de chant », mot propagé sans doute par les 
maîtrises des paroisses. Cf. pourtant lat. carmen « poésie », mot appliqué dès le temps 
de Cicéron à tous les morceaux à apprendre par cœur. 

5. D'où lat. centrum^> fr. centre^ le point où Von pique le compas, pour tracer la 
circonférence* 



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KENTRÀD-KERC'HEN 63 

KeAtrad, adv., aussitôt : exactement « coup d'éperon » (sens conservé)» in- 
fluencé par la métaphore et la ressemblance de keàtiz*. 

Keùver, s. m., variante usuelle de kéfer. V. ce mot. 

Kéô, s. m., grotte : d'un celt. *kow-io-, qui est de même souche que le lat. 
cao-u-8 « creux » (lat. vulg. covus > espagnol cueca). 

Kéôniden, s. f., variante de kefniden. V. ce mot. 

Kéouez, s. m.» variante de kécez. V. ce mot. 

1 Ker, s. f., contraction de kéar. V. ce mot. 

2 Ker, s. f., arête d'un angle), cymr. cer « angulaire » : cf. provençal caire 
t coin ». Empr. fr. ancien *querre < bas-lat. quàdrum. 

3 Ker, adj., cher (dans les deux sens du fr.), mbr. quer. Empr. fr. (nor- 
mand) quer = cher. Cf. kdr etkarout. 

4 Ker, adv., aussi, autant: variante régulière de ken> comme ar de ann et 
eur de eunn. V. ces mots. 

Kerkeùt, adv., aussitôt. V. sous 4 ker et /cent. 

Kerkouls, adv., au reste, toutefois : exactement « en même temps » (cf. le 
sens du fr. cependant). V. sous 4 ker et 1 kouls. 

Kerdu, s. m., variante de kerzu. V. ce mot. 

Kéré, s. m., cordonnier (aussi kérèour dér.), corn, chereor, cymr. crydd, 
ir. cairem id. : tous dérivés, par divers suffixes, d'un radical celt. 
*kar- pour *karp- « chaussure » ; cf. gr. xptjir-U, lat. carp-isculus, lit. 
kàrp-e, etc. 

Kérentiel, s. f., parenté: dér. de *karant~. V. sous kâr. 

Kérez, s. m., cerise(cymr. ceiros). Empr. bas-lat. cerasia. 

Kerc'h, s. m., avoine, cymr. ceirch, d'un celt. *kork-yo-, cf. mir. corca, 
ir. coirce* gael. corc id. : soit un celt. *kor-ko- y dont la première syllabe 
rappelle celle du gr. x^p-o-ç « satiété », du lit. szér-ti « nourrir » (se dit 
des animaux) et du lat. Cer-ês. — Conj. Mcb. 

Keroheiz, s. f. f héron, corn, cherhit, cymr. crychydd, vbr. corcid 
« grue », ir. et gael. corrii. : supposent un radical celt. *korg-, cf. gr. 
xip£-vu> « je suis enroué », xep^-vvU « crécerelle », vsl. kragujï « éper- 
vier », vhal. hreigir > al. reiher « héron ». Onomatopée primitive 1 . 

1 Kerc*hen, s. m., tour de cou, poitrine: le sens étymologique est simple- 
ment « contour ». Empr. lat. circinus. Cf. kelc'hen. 

1. Keiïtrè est le même mot, mais avec finale imitée des adverbes et amenée par le 

sens adverbial. Cf. addlek. — Voir une etymoiogie plus archaïque au Gloss. Ern., p. 537. 

fté Cymr. moderne cregyr « héron » se rattache de môme à cregu « être enroué ». 



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64 KERC HEN-KERZU 

2 Kero'hen (V.), s. f., mystification, conte plaisant : dér. de kerch, 

comme qui dirait « donner de l'avoine à qqun » pour « lui en donner à 

garder ». — Conj. Ern. (très plausible). 
Kerc'hout, vb., chercher, corn, cerches, cymr. cyrchu. Empr. lat. cir- 

câre > fr. chercher, « faire le tour de > explorer ». 
Kerlux, s. m., loche de mer : soit ker-lus « brochet géant ». Le premier 

terme est cymr. cawr « géant » (cf. keùreuk), ir. caur « héros », gaul. n. 

pr. Kdfoxpo*, sk. çâra « héros », gr. xOpo; et x-jptoc, etc. Le second est 

empr. f r. ancien lus « brochet » (lat. lacius) . 
Kern, s. f., trémie, tonsure 1 , sommet de la tète. Empr. bas lat. *cerna 

« crible», de cernere. V. sous krouer et karz. 
Kerné, Kernéô, s. m., la Cornouaille, cymr. Cernyw, du nom de la peu- 
plade brittonique dite en latin Cornocii*. 
Kernigel, s. f., vanneau, cymr. cornicell « pluvier ». Empr. bas-lat. *cor- 

nicilla « petite corneille ». Ou simple variante de kornigel, à cause des 

allures du vol du vanneau. V. ce mot. — Conj. Ern. 
Kerreis (C), adj., paisible, modeste. V. sous *ke- et reiz*. 
Kers, s. f., possession, jouissance, vir. cert « droit » (adj. et subst.); cf. 

lat. cer-tu-8 (mbr. querz « certes »), qui est le ppe passé primitif de cer- 

n~ere « juger ». V. la rac. sous karz. 
Kersé, adj., étrange : exactement « possédé en propre, privé, particulier » 

(euphémisme); dér. du précédent. 
K*rx, kersed, s. m., marche, allure, corn, kerd « route », cymr. cerdded 

« marche », vbr. credam « je marche », vir. ceird « voyage » : soit un 

celt. *krid-i- > *kerd-i-, qui paraît se rattacher à la rac. KRID et 

SKRIDdel'al. schreit-en « marcher ». 
Kerzin, s. m., alise : abstraitde ker-zin-en, s. f., « alisier, alise », cf. corn. 

cerden, cymr. cerddinen et ir. caorthain*, ir. cair « baies » et gaei. 

caor « alise »; la base celt. *kar- équivaut à *karp~, soit gr. xapir-ô-î 

H fruit », xapir-fo-v « baie », lat. carpere « cueillir », agi haro-est « mois* 

son », al. herb-st, « vendange, automne ». — Conj* Ern. 
Kerzu, s. m.* décembre (aussi kéoerdu V.), mbr» qeoerdu id. : équivaut à 

1. Far passage naturel du sens de « crible » à celui de « couronne ». Cf. pourtant 
les deux articles cern dans Loth, Mots latins. 

2. Qui a colonisé les deux péninsules de ce nom. 

3. Et cf. pour le sens et la formation lat. cor reclus « correct ». 

4. La seconde partie du mot identique à tann, « arbre, chêne ». V. ce mot. 



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KÉST-KÉVÊD 6S 

un cymr. *cyfor-ddu « tout noir », ainsi nommé par contraste à mis. dû 
« le mois noir » qui est « novembre ». V. sous tfiiet 2 kéfer\ 

1 Kést, s. f., corbeille, ruche, cymr. et vbr. cest « panier », d'où « ventre, 
panse » (cf. ag. chest « buste »). Empr. lat. ciata. 

2 Kést, s. f., quête. Empr. fr. ancien gueste. 

3 Kést, s. m. pi., vers intestinaux: le même que 1 kést*. 

Két, particule négative : étymologiquement, le même que le suivant, 
devenu comme 1 ken un mot isolé avec le sens de « autant » ; au point de 
vue du sens, cf. également 2 ken*. 

Két-, préf. au sens de fr. com- y con-, V. sous gant*. 

Keû, s. m., variante de kéô. V. ce mot. 

1 Keûlé, s. m., variante de kaouled. V. ce mot. 

2 Keûlé, adj. f., variante de kefleùé. V. ce mot. 

Keûneûd, s. m., bois à brûler, corn, kunys, cymr. cynnud (et cynnen 

«allumer»), gael. connadh, vir. condud id. : soit un celt. *kond-uto- 

« combustible », dér. de la même rac. que 1 kann. V. ce mot. 
Keûnujen, s. f., imprécation : de même formation que kunuda. 
Keûreûk, s. m., saumon-coureur : correspond à ce que serait en cymr. 

*cawr-eog « saumon géant ». V. sous kerlus etéole. 
Keûruz, s. m., petite anguille. V. sous*A-e- et rusa (reptile;. 
Keûsteûren, s. f., mauvais ragoût. Empr. esp. cocedura « cuisson* ». 
Keûz, s. m., regret, chagrin, corn, cueth id., cymr. cawdda colère », coddi 

« offenser » : d'un celt. *kàd-08, gr. xaoo; > xf,oo; « chagrin », got. hatis 

« haine » (ag. to hâte, al. hass). Cf. 1 kas. 
Kévalen, s. f., variante de kèfalen. V. ce mot . 
Kévatal, adj., proportionné, équivalent, mbr. attal id. et préf. *ke-. V. ce 

mot, et taloout (ici précédé du préf. *ad~), soit donc une formation celt. 

*kom-at-ial-o~ (serait en fr. « *co-re-val-ant »). 
Kéved (V.), s. m., quenouillée. Empr. fr. ancien eschevete « échevette », 

en prononciation normande. 

1. Cymr. cyforu tout contre », d*où « complètement». 

2. Abstrait de locutions telles que tersien kést « fièvre (le ventre », comprise 
comme « fièvre de vers » (euphémisme). 

3. Soit né két brâz « pas si grand » pour « pas grand ». 

4. La nasale disparue à cause de l'atonie constante du préfixe. 

5. On sait que, dans toutes les langues, les mots empruntés prennent aisément 
une acception péjorative. 

6. D'une manière générale, on cherchera sous l'initiale kqf- tous les mots qu'on ne 
trouvera pas sous l'initiale kcc-. 



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66 KÉVENDERF-KUOUT 

Kéveàderi, s. m., cousin issu de germain, cymr. cyfyrder = celt. *ko- 
wir- avec un suff . commun dans les noms de parenté, soit donc « arrière- 
petit-fils du même [aïeul] » ; cf. cymr. wyr « petit-fils » f . 

Kéves, s. m., jeune bois pliant : soit un celt. *ko-widu- « [bois] qui fait 
[encore] partie de Parbre ». V. sous *ke- çXgwèzen. 

Kévia, vb., creuser : dér. de kéô (keo). V. ce mot. 

Kévlniterv, s. f., cousine : fém. de kévenderf. 

Kéz, adj., variante moderne par contraction de kéaz. 

Ki, s. m., chien (pi. koun), corn, ki, cymr. ci,' ir. eu (gén. vir. co/i), gael. 
cà, etc. : d'un celt. *ku (pi. kun-es) ; cf. sk. çoà (gén. çun-às), gr. >wwv 
(pi. x'jv-c;), Ut. 8zfi (gén. szuns); lat. et germ. amplifiés, lat. canin, 
ag. houn-d, al. hun-d. 

Kia, vb., supporter, résister : dér. récent du précédent \ 

Klb, s. m., cercle de moyeu, coque, pot, cymr. cib. Erapr.lat. cupa. 

Kibel, s. f.,cuve, baignoire. Empr. bas-lat. *cupella. 

Klk, s. m. (aussi kîg) % chair, viande, mbr. quic, corn, chic, cymr. cig, vir. 
cich « mamelle ». — Étym. inc. 

Kidel, s. f., filet qu'on tend [comme une chaîne] entre deux pieux, cymr. 
cidell id. Empr. bas-lat, *caiilla*, altéré de *catëlla, dimin. de catëna 
« chaîne » ; cf. cymr. cadwyn « chaîne » empr. lat. 

Kigen, s. f., muscle : dér. de klk. 

Kichen, prép. dans la locution é kichen « auprès », équivalant à ce que 
serait lat. in circinô, « dans le contour, aux environs », cymr. cyrehyn 
« environnant », vir. cercenn id. ; d'un celt. *kerk-inno~, cf. gr. xptx-o-c 
« cercle », lat. circus, circum, circà, etc., sk. cakrâ « roue », gr. xuxXoç, 
ags. hwéol >ag. wheel k . Cf. kelch eikerc'hen. 

Kijout, vb., rencontrer: dér. de *ket « avec ». V. sous kèt et cf. kéjein (ce 
que serait un mot fr. « *ensembler »). 

1. Voir ce mot sous douaren. Le mot breton a été altéré sous l'influence analo- 
gique de kenderf. V. ce mot et kénitero. 

2. Une dérivation ancienne eût donné *kouna. — Au point de vue du sens, 
« faire le chien » peut signifier l'un et l'autre. 

3. Le fr. guideau et Tag. kiddle sont empruntés respectivement au bretou et au 
cymrique. 

4. Ces derniers mots ont un l au lieu d'un r, et cependant il est. difficile de ne 
pas supposer une affinité préhistorique. — Récemment [Mém. Soc. Ling., X, p. 340) 
M. Ernault a séparé kichen de cette souche et Ta rattaché à la même formation que 
ttêjein et kijout* 



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KÎL-KINKLA 67 

Kil, s. m., dos, mbr. quil, corn, chil « nuque », cymr. cil, ir. cul, gael. 

cii/ « dos » : soit un celt. *kûlo- = lat. culus*. 
Kildrô, adj., inconstant, volage : le sens est celui d'un composé fr. qui se- 
rait « tourne-dos ». V. sous kil et trô. 
Ki)ek, s. m., coq (aussi ki(ok), corn, chelioc, cymr. ceiliog, vir. cailech, 

gaul. Caliacos n. pr. (?) : d'un celt. *kal-ydko-, dont la rac. est celle de 

gr. xxX-!u> « j'appelle », lat. cal-are* , etc. 
Kijéri, s. m., ortolan. Empr. fr. ancien guilleri « chant du moineau » a . 
Kijévardon, s. m., porc frais, mbr. quillevarden (aussi injure): le premier 

terme doit être kik, soit donc « viande de Leeuwarden », sobriquet qui 

peut se rattacher à quelque particularité d'approvisionnement des Bretons 

pêcheurs dans la mer du Nord. — Conj. * 
Kilc'ha, vb., cligner, bigler : contamination inverse de blingein. 
Ki)ok, s. m., variante de kifek. V. ce mot. 
Kilorou, s. m. pi., avant-train de la charrue [où se trouvent les roues], 

mbr. guilhorou, etc. : pour *kilc'h-ior-ou, pi. d'un dér. collectif àekelc'h. 

V. ce motet cf. kichen. — Ern. 
Kllvid (C), s. f., coudraie. V. sous keloez. 
Kilvizia, vb., charpenter: dér. de kaloez* V. ce mot. 
Kimiad, s. m., congé, adieu. Empr. bas-lat. commeâtus a approvisionne* 

ment de voyage », d'où vient aussi le fr. congé. 
KiA, s. m., écorchure, portion écorcée : abstrait du suivant. 
Kiûa, vb., écoroher, écorcer: dér. de kenn. V. ce mot. 
Kiàkla, vb., parer : originairement « orner de bijoux » (cf. kinklérézou 

« affiquets »), dér. de l'empr. fr. altéré clinquant ou quincailU. 

1. Sans équivalent connu ailleurs. — Dans le composé kildaàt « molaire » 
(dent de derrière), le second terme régit le premier, conformément à la loi générale 
indo-européenne; au contraire, dans fcildourn « revers de la main », le premier terme 
régit le second, à la façon d'une juxtaposition bretonne moderne. Cette observation, 
qui est faite ici une fois pour toutes, s'applique à un nombre considérable de com- 
positions bretonnes, déstructure et, par suite, d'époque toutes différentes, lien est qui 
opposent l'un à l'autre les deux types : dourgi et kt dour « loutre » (chien d'eau). 

2. Bien entendu sans aucun rapport avec ag. to call, qu'on trouvera sous gai- 
caden. 

3. Onomatopée du même genre que filip. V. ce mot. 

4. Non pas que la Frise soit spécialement célèbre pour ses porcs, ni que Leeuwar- 
den fût jamais un port qui en trafiquât; mais simplement parce que les marins, après 
avoir longtemps vécu de salaisons, étaient heureux, en prenant terre, de s'y ruer en 
cuisine et d'y manger de la viande fraîche. — Au point de vue phonétique du moins, 
cette étymologie bizarre est irréprochable : la gutturale finale a dû disparaître comme 
dans drou-licet « mauvais teint »; et l'initiale frisonne du nom de L. est un l suivi 
de y semi-voyelle, quia sonné aux oreilles bretonnes exactement comme un f mouillé. 



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68 KINEN-KLAN 

Kiiien, s. m., ail, corn» hennin « oignon », cymr. cenin et vir. cainnenn 
id. : d'un celt. *ka-niën-, dér. d'un radical *kap- accusé par gr. xdnr-ta 
« ail » et lat. caep-a « oignon ». 

Kiàex, s. m., guigne. Erapr. fr. bretonisé. 

Kiniad, s. m., chantre d'église: dér. dekana. V. ce mot. 

Kiniden, s. f., variante de kefniden. V. ce mot. 

Kinnig, s. m., offre (aussi kennig), cymr. cynnyg = *cyn-dwg, soit fr. « il 
com- porte, conduit »: abstrait du vb. kinniga, qui est une juxtaposition 
équivalente à *ken-douga. V. sous *ke- et dougen. 

Kinvi, s. m. (kicini V.), variante usuelle de kefni. 

Kioc'h, s. f., bécassine, cymr. giach. Onomatopée. 

Kiriek, s. m., fauteur, complice: soit un adj. celt. *karya-ko- « blâmable », 
dér. Ae*kar-yâ « blâme » > vir. caire id. ; cf. mbr. careza blâme», br. 
karè (V., et karéein « blâmer»), corn, cara, cymr. caredd et cerydd, 
lat. car-indre, lett. karinât, « agacer, exciter », lit. isz-ket-noti « médire 
de », vsl. karati « punir », etc. Cf. digarez. 

Kirin, s. f., pot à crème pour le beurre. Empr. Scandinave, visl. kirna 
« vase à baratter », d'où aussi anglais churn. — Conj. 

Kistin, s. m., châtaigne. Empr. bas-lat. castânia « caatanea). 

Kivich, kivij, s. m., tan, cymr. cyffaeth id. : soit un dér. *confectium 
« apprêt » de l'empr. lat. confectus, « apprêté, confit ». 

Kivioul, adj., bourru, fantasque: le sens primitif est simplement « volon- 
taire », soit *kec-iouL V. sous *ke- et iouL 

1 KIs, s. m., recul : originairement « le fait d'aller »' : dér. de la rac. 
signifiant « aller », cf. kae « va », kit « allez », corn. ke, vir. ro-c?U-m 
« j'atteins », gr. x(-u> « je vais », xi-vé-to « je meus », lat. ci-eo « j'excite », 
con-ci-tU'* « fougueux », etc. Cf. la conjugaison de mont. 

2 KIs, s. f., variante de gîz (le g pris pour une mutation). 
Kizel, s. f., ciseau. Empr. bas-lat. cïsellus (de caedô > cïdô). 

Kizidik, adj., sensible, susceptible : exactement « qui recule ou se rebiffe, 
se replie » [comme la sensitive] ; dér. de / kiz. 

1 Klaù, s. m., variante masculine de klann = glann. 

2 Klaû, <klaàv, adj., malade, mbr. claff, corn, et cymr. claj\ vir. clam 
« lépreux », ir. clamh, gael. cloimh « gale » : d'un celt. *klamo- « malade», 

1. Le sens « retour, recul » a été abstrait de locations telles que dotit toar hè gu 
« venir à son aller », o'est-à-dire « retourner d'où l'on était venu ». 



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KLAO-KLEIZEN 69 

rac. KLÊM et KLÀM, 8k. klam-ya-ii « il est épuisé », gf. xX*|â-«p<J-<; 

« faible» (Hesych.), lat. ctem-ens\ — Mcb. 
Klaô, s. m., ferrement, outil en fer (cf. kenklaô), nœud 1 . Empr. bas-lat. 

*clovu8 < lat. clàvus « clou ». 
Klaouein (V.), vb., creuser, cymr. claddu id., vir. claidim « je creuse » : 

d'une rac. à sens vague, « frapper, endommager, briser, creuser »', 

qu on retrouvera sous klâz, kleùz, klèzé, koll, etc. V. ces mots. 
Klaouier, s. m., étui à aiguilles : dér. de klaô. 
Klaoustré, s. f., gageure : altéré de mbr. coustelé, cf. cymr. cywystl (avec 

un suff. en plus). V. sous *ke- 9 gicestl et gloesir. 
Klask, s. m., recherche : abstrait de klask-out, cymr. clasgu < casglu 

«chercher». Empr. bas-lat. *quaesiculare, fréquentatif de guaerere. — 

Ern. 
Klav, s. m., variante de klaô. V. ce mot. 
Klfiz, s. m., tranchée, cymr. cladd « fosse», vir. clad et ir. cladh, gael. 

cladh « cimetière » et cladhaich « fouir » : d'un celt. *klado- avec a bref 

(cf. gaul. n. pr. Vindo-clad-ia « la tranchée blanche »); rac. KLAD. 

V. sous klaouein et kleûz. 

1 Kleiz, adj., gauche, corn, gledh, cymr. kled > cledd, vbr. cléd, vir. clé 
> cliy ir. et gael. cli id. : d'un celt. *kli-yà-, dér. de rac. KLI, « s'incliner, 
obliquer », sk. çrày-a-ti « il s'appuie », gr. xX{-vu> « je m'appuie », 
lat. clï-vu-8 « pente », clivius, « escarpé, [augure] défavorable », m-cft- 
nàre, etc., vir. clàin et gael. claon « gauchi », lit. szlë-ti « pencher », 
ags. hl&n-an> ag. to lean « s'appuyer », al. isich) lehnen id., got. 
hleid'Uma « gauche », etc. 

2 Kleiz, s. m., craie : altéré pour *kreiz. Empr. lat. crëta*. 

3 Kleiz, s. m., mouron, cf. cymr. dais « scabieuse sauvage »\ 

1 Kleizen, s. f., pêne: dér. de 1 kleiz*. 

2 Kleizen, s. f., cicatrice, cymr. creithen, cf. gr. xapax-xd-ç, « gravé, en- 
taillé ». Origine indécise; mais en tout cas paraît contaminé de 2 kleiz 1 . 

1. Sens primitif « mou » (?), d'où « indulgent, affable ». 

2. Ce dernier sens procède de celui de « ferrement ». 

3. Mais influencée, dans sa dérivation, par la soucbe du celto-lat. *cooûre caodre 
« creuser » ; cf. kaô et kéô. 

4. Pour la finale, cf. mnnelz. Pour le mot môme, of. prt. 

5. Les autres sens du cymr. pourraient indiquer un rapport avec gldi. V. ce mot. 

6. La pièce qui est « à gauche » de la gâche. 

7. A cause de l'aspect blanc et crayeux d'une plaie qui s'est cicatrisée norma- 
lement. — Conj. < 



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70 KLEMM-KLÉVOUT 

Klemm, s. f ., plainte, reproche : abstrait de klemma. Empr. fr. clamer 

[sg. 3 il claimet « il réclame »], du lat. clàmdre. 
Kleùved, s. m., maladie (et klefioel vb.) : dér. de klaAo. 

1 Kléô, s. m., l'attirail de la charrue : exactement « les ferrements », 
collectif auquel correspondrait un lat. *cldoium. V. sous klaô. 

2 Kléô, s. m., ouïe : abstrait de kléoout. V. ce mot. 

1 Kléren, s. f., pièce principale de la claie, mbr. clezren, cymr. cledr, 
« barrière, grille ». Empr. bas-lat. *clàtria y dér. de clàirt pi. 1 

2 Kléren, s. f., glace légère à la surface de l'eau, mbr. clezrenn « glace » : 
pour *glezr-> qui suppose une base celtique *glid- =*^/-d-, très voisine, 
sous cette forme, de ag. cold et al. kalt « froid » ; cf. lat. gel-u et gl-ac-ië-s 
montrant les deux états de la rac. GEL 1 . 

Klét, adj., à l'abri, cymr. clyd « lieu abrité », vir. et gael. cleith « cachette »: 

soit un celt. *klito- < kl-to- 9 ppe passé de la rac. KEL« cacher», lat. 

oc-cul-tu-8 de forme identique; cf. cymr. cel-u « cacher », vir. cel-im « je 

cache », lat. cël-àre, al. oer-hehl-en % etc. 
Kleûr, s. m., limon de charrette, cymr. claur> clawra planche », vir. 

clâr id. : soit un celt. *klàro- 2 , sans autre équivalent. 

1 Kleûz, s. m., fossé, haie 4 , corn, claud et cymr. clawdd « fosse » : d'un 
celt. *klado- y rac. KLAD. V. sous klâz et klèzè. 

2 Kleûz, adj., creux, vide. Empr. fr. altéré, et cf. klaouein. 
Kleûsen, s. f., arbre creux: dér. de 2 kleûz. 
Kleûseur, s. m., métathèse de kreùzeul. V. ce mot. 

Klévout, vb., entendre (aussi klêoei), corn, clewas, cymr. clywed et clyw, 
ir. cluinim et gael. cluinn id., vir. cld « renommée », etc. : d'une rac. 
KLEW, réduite KLU, largement représentée partout, sk. â-çrav-a-t 
« il entendit » et çrâo-as « gloire », gr. xXj-w « j'entends » et xXu-xo-ç 
« illustre », lat. in-clu-tu-s id. et glôria (pour ^clo-ves-ia = sk. çrav~as- 
y a), vir. clo~th et vbr. clôt « renommée », ags. AJod>ag. loud « à haute 
voix », et cf. ag. to listen « écouter », al. laut « son », etc. 

1. « L'ensemble des barreaux ou la pièce maîtresse qui les relie entre eux ». 

2. Us initial de êklér (V.) n'est pas clair; mais il ne le devient pas davantage en 
tirant 2 kléren de 7 kléren au sens de « ratissoire », d'où « ratissure ». Au oontraire, 
le changement de g initial en k n'est pas un fait isolé. 

3. Le rapprochement phonétique est irréprochable ; mais le changement de sens 
est bien surprenant. 

4. Le second sens est sûrement postérieur : il procède du rapprochement avec 
fr. clôture (destination commune aux fossés et aux haies). 



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KLÉZÉ-KLOSEN 71 

Klézé, s. m., épée, mbr. clezeff, corn, cledhe, cymr. cleddyf, vir. claideb 
(> ir. clàidheamh et gael. claidheamhy id. : d'un celt. *klad-ebo-, cf. sk. 
khadga « épée » pour ^kald-ga- (?), tous deux de rac. KLAD « frapper » ; 
gr. xXaSaprfc « fragile » et xXaSsuetv « émonder », lat. ctâd-ës « désastre » 
et gladiu8 pour *clad-io- « glaive », russe Idad-u « je inutile », etc. 
Cf. klaouein. 

Kliked, s. m., loquet. Empr. fr. ancien cliquette. 

Klln (V.), s. m., pli du genou ou du coude. V. sous gltn. 

KUpen(C, V.), s. f., crête, huppe, sommet : semble une contamination de 
kribel et kriben, avec influence de penn . 

Klisia, vb. t effleurer, s'écorcher. Empr. fr. glisser. 

Kloarek, s. m., clerc, corn, cloirec, vir. clérech, ir. et gael. cléireach. 
Empr. lat. clëricus (de clërus « clergé » > ir. et gael. cléir). 

Klôk, adj., complet: comme qui dirait « [dur comme] pierre > insépa- 
rable », corn, et cymr. ctog « rocher », vir. cloch « pierre », dér. de la 
même rac. que kalet. V. ce mot et cf. klôpenn. 

Klogé, s. f., métathèse pour *koglé. V. sous koklé. 

Klôgôren, s. f., ampoule : dér. de *klog « cloche ». Empr. bas-lat. *cloca, 
pour clocca. V. le mot suivant. 

Klôc'h, s. m., cloche, corn, et cymr. cloch, vir. clocc id. : d'un celt. 
*klokko-, qui a donné par emprunt bas-lat. clocca > fr. cloche, ag. 
dock « horloge », al. glocke « cloche ». — Étym. inc. 

1 Kloc'ha, vb., agacer [les dents] : dér. de klôc'h. V. les précédents*. 

2 Kloc'ha, vb., glousser; cf. gael. cloch « petite toux » et cloch-ranaich 
« respirer bruyamment », lat. clôcîre « glousser », fr. kloké « glousser » 
(Bas-Maine Dn) et ag. io cluck. Onomatopées, et cf. sklôka. 

Klôpenn, s. m., crâne: pour klok-penn « rocher de la tête », cf. cymr. 

penglog, ir. cloigionn et gael. claigionn (= *cloc-cenn). V. sous klôk. 
Kloren, (V.) s. f., boîte: jadis « cosse, pellicule », variante dialectale ' de 
Klosen, s. f ., gousse, cosse, enveloppe, boîte. Empr. fr. cosse, contaminé 

de klôz «fermé ». V. ce mot et cf. kos. 



1. D'où le composé clàidheamh môr « grande épée » > ag, claymore. 

2. Comme qui dirait « y faire venir des ampoules », expression pittoresque et 
énergique. 

3. Sans doute influencée par le vb. Ir, clore, 



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72 KLOUAR-KOARC'H 

Klouar, adj., tiède, doux; cf. gr. /Xi-wô-ç et al. lau (pour *hlau, visl. 
hlœr) id.; sans autre équivalent appréciable 1 . 

Klouéden, s. f., claie, com. cluit, cymr. clwyd id. Empr. bas-lat. clëta, 
d'où vient aussi fr. claie. 

Klôz: adj., clos; s. m., enclos. Empr. fr. ; Qt.klosen. 

Klôsennek, adj . , dissimulé, sournois : dér. du précédent. 

Klûd, s. m., juchoir: soit originairement « construction », of. cymr. cludo 
« amonceler », cludedig « entassé », vbr. clut-gued « amas », clut-am 
« je construis », d'un celt. *klout-ô id., qui montre les mêmes oonsonnes 
que got. hlath-an « charger » (ag. to lade, al. laden), sans autre équi- 
valent connu. 

Kludel, s. f., corps de la charrette: dér. du précédent au sens de « chargé » 
(la partie du véhicule que l'on charge). 

Kluoha, vb., s'accroupir: variante de kluja « se jucher », dér. de klûd. 

Klujar, s. f., perdrix, mbr. gouriar, cymr. cor-iar id. : proprement 
« poule naine », mais contaminé de kluja. V. sous iar et korr. 

Klûn, s. f., fesse, cymr. clùn id. : d'un celt. *klouni-, sk. çràw, « hanche, 
fesse », lat. clunis, lit. szlaûnys, et cf. gr. xMv.ç. 

Koabr, s. m., nuage, mbr. couffabrenn. V. sous *ke- et oabl (la liquide 
finale altérée), et cf. kaniblen. 

Koaden, s. f., pièce de bois : dér. de koad = koat. 

1 Koaga. vb., croasser. Onomatopée. Cf. gwac'ha. 

2 Koaga, vb., bossuer [la vaisselle]: variante de koAooka*. 
Koa), s. m., caille. Empr. fr. ancien quaille (ital. quaglia). 
Koan, s. f., souper, corn, côn, cymr. cwyn-os. Empr. lat. cëna. 

Koaùt, adj., joli (d'où koahtik « écureuil » et koahtixu maîtresse»). Empr. 

fr. ancien coint (lat. càgnitus « familier »). 
Koar, s. m., cire, corn, cor, cymr. cwyr. Empr. lat. cëra. 
Koarel, s. f ., semelle, mbr. coazrelL Empr. bas-lat. quadrellum « pièce 

[de cuir] quadrangulaire 3 ». 
Koarc'h (V.), s. m., chanvre, cymr. cywarch « chanvre, lin » : soit un 

celt. *ko-werg-o- « matière à travailler ». La rac. est WERG, gr. ?p?ov 

= J=épY-o-v « ouvrage » et ,&&i> « je fais », gaul. vergo- « efficace » 

1 . Le second de ces rapprochements est rigoureux ; le premier ne le serait que 
si Ton pouvait restituer un plus ancien *xXtapéç, à moins que l'initiale i.-e. ne fût kh % 

2. V. ce mot et cf. kouga. L'une et l'autre opération résultent de choc. 

3. D'où aussi fr. ancien carreau « semelle ». 



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KOAT-KOGKXAN 73 

dans vergo-breto-s (titre d'un magistrat, cf. breût), gaul. cisalpin Verg- 
ilios n. pr., got. wadrk-jan « travailler », cf. ag. work « œuvre », al. 
werk\ etc. V. le préf. sous *A*e-. 

Koat, s. m., bois, forêt, corn, cuit, cymr. coit > coed, gaul. cëto- comme 
premier ou second terme de plusieurs noms géographiques : soit un 
celt. *keito- (sk. kné-tra « champ »?), lat. cëto- (empr. celt. s'il se laisse 
rapprocher) dans quer(c)cëtum «chênaie», etc., got. hàithi «*koiti) 
« champ », ag. heath et al. heide « lande ». 

Koaven, s. m., variante de k'oéoen. V. ce mot. 

Koaza, vb., dépérir: exactement « se réduire par évaporation » (aussi 
coahein V.). Empr. bas-lat. coctàre, fréquentatif de coquere. 

Koazez, s. m., séant. V. sous *ke- et azéza, et cf. kaoas. 

Kôb, s. m., variante de kôp. V. ce mot. 

1 Kok (C, V., T., pi. kégi), s. m., coq. Empr. fr. (onomatopée). 

2 Kok, s. m., baie de houx, cf. cymr. coch « rouge vif ». Empr. lat. *cocum 
< coccum, nom de la baie qui donne la couleur écarlate. 

Koklé, koklôa, s. f., grande cuiller. Empr. lat. cochlea ou cochleâre 

« cuiller », mais influencé par Pétymologie populaire qui y a vu « cuiller 

de cuisinier », cf. corn, coc, cymr. cog (empr. lat. coquus) et br. lôa. 

V. ce dernier mot, et rapprocher klogé. 
Kodioc'h (V.), s. m., alouette. — Étym. inc. Cf. alc'houeder. 
Koéf, s. m., coiffe. Empr. fr. coëffe (orthographe du XVII e siècle). 
Koenv, s. m., enflure, tumeur, mbr. coezff 9 dont le second terme est mbr. 

huezaffa enfler ». V. sous *ke- et c'houéza. 
Koéred (V.), s. m., charrée (cendre de lessive) : contamination des deux 

empr. bas-lat. *carrata (d'où fr. charrée, cf. karr) y et quadrâta, pièce 

de toile carrée dont on recouvre cette cendre. — Ern. 
Koéven(T., V.), s. m., crème: serait en cymr. *cy-hyfen (préf. *A*H, le 

cymr. hy/en « crème » pouvant représenter une forme celt. *sai-men- 

« substance mucilagineuse », qui se retrouve dans gr. «T-{xa « sang » et al. 

zeima mucilage ». — Étym. inc. 
Kôf, s. m., ventre, cymr. coffa corps creux ». Empr. bas-lat. *cofus> abstrait 

de bas-lat. câphinus (d'où fr. coffre). 
Kofiûon, s. m., chausson. Empr. fr. ancien escafignon id. 
Kogénan (V.), s. m., huppe: dér. de 1 kok (la huppe assimilée à la crête). 

1. Pour le sens, cf. aussi l'ai, icerg « étoupe ». 



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74 KOGENNEK-KOMMOUL 

Kogennek(V.), s. m., alouette : dér. de 1 kok. Cf. kogénan. 

Kohan (V.), s. f.. hibou : variante de kaouan. 

Koclien, s.f., écorce, pellicule. Empr. bas-lat. cocca (d'où aussi fr. coque), 
corrompu de concha « coquille ». Cf. kouc'h. 

Kocliion, s. f., crasse, lie : dér. de koc'h, variante de kaoc'h. 

Koc'hu, kocliui, s. m., halle (aussi koc' hi), mbr. cochuy « réunion tu- 
multueuse »', cymr. cy-chwyfa agitation, tumulte », de chwyfa mouve- 
ment ». V. sous *ke-etJiûvaL 

Kojen, s. m., bouvillon pour *gw-qen. V. ces mots. — Conj. 

Kôlé, s. m., jeune taureau (aussi kozlé = kôz-leùè) . V. ces mots. 

Kotan, s. m. f., petit d'un quadrupède, corn, coloin, cymr. colwyn, vir. 
culén, ir. cuileann, gael. cuilean id. : soit un celt. *kul-eino-, cf. gr. 
(éléen) xSXXa glosé par ax4Xa£ « jeune chien ». — Étym. inc. ■ 

Koll, s. m , perte, dommage, corn, collet, cymr. collet colled, vbr. col 
« coupable », vir. coll, ir. caill, gael. call id.: d'un celt. */ro/d-o-. qui 
se rattache à la même rac. que lat. cladës « désastre ». V. sous klaouein 
et>klézé. 

Kôlô, s. m., paille, cymr. calaf, vbr. calam-ennou pi. d'un celt. *kalam-on-, 
cf. gr. xàXajA-o-ç « roseau », lat. calamus (empr. gr.) et culmus « chaume », 
al. halm id., etc. 

Koloren, s. m., singul. de kéler. V. ce mot. 

Komb, kombaùt, s. m., vallon, cymr. cwmm, gaul. Cumba n. pr. (d'où 
fr. combe* id.) : soit un celt. *kumb-o-, cf. lat. cubàre et -cumb-ere 
« être couché, être en contrebas ». V. sous komm. 

Kombot, s. m., étage, terrasse, cymr. cwmmwd « province », vbr. compot 
« division territoriale », vir. commaid « camaraderie»: soit un celt. 
*kom-buti- « ce qui tient ensemble », dont la rac. est BHU « être ». 
V. sous *ke~, bèza et boni. 

1 Komm, s. m., auge : le même que komb (objet creux). 

2 Komm, s. m., foulerie : le même que 1 komm (auge à fouler). 
Kommoul, s. m., nuage épais, cymr. cymmwl et ctcmwl id. : parait dér. de 

1 komm = komb, ou de koumm*, ce qui revient au même. 

1. Le fr. cohue est dono emprunté au breton. 

2. On pourrait le rattacher à la même racine que kt. 

3. C'est sûrement à l'imitation du français qu'a été rétabli en breton le groupe 
mb > mm. 

4. A cause de la ressemblance des gros nuages, soit avec des montagnes coupées 
de combes profondes, soit avec les flots de la mer* 



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KOMPEZ-KORN 75 

Kompez, kompoez, adj., uni, lisse, inbr. compoes « égal », corn, compos 
« droit », cymr. cymmhwys, « de même poids, de même taille, conve- 
nable », soit donc « en équilibre ». V. sous*fce- etpoer*. 

Romps, komz, s. f., parole: soit une base celt. *kon-wep-8- y où la rac. est 
WEQ, sk. vâc-as, gr. féw-o; et eîtccTv, lat. vôx, etc.* 

Kofi, s. m., coin. Empr. roman, cf. provençal conh, wallon coine, esp. 
cuhOy ital. conio, etc.; tandis que cymr. cyn vient directement du lat. 
cuneus ]> cunius. 

Konkoez, s. m., gourme : soit « rétrécissement ». V. sous *ke- et ehk % . 

Konchenn, s. f., récit: dér. de ko fit a. Empr. fr. conter. 

Kaùohésa, vb., salir, tacher. Empr. fr. conchier*. 

Konikl, s. m., lapin (aussi kounikl, et altéré en konifl et en koulin V.). 
Empr. lat. cuniculus, d'oùfr. ancien connil. 

Koùtamm, s. m., poison, venin: abstrait de kontammi qui a signifié 
d'abord « gâter, corrompre ». Empr. lat. contàminàre. 

Koùtel, s. m., couteau, vbr. cultell. Empr. bas-lat. cuntellus <cuUelhut. 

Koàtron, s. m., ver de charogne, corn, contronen « punaise », cymr. 
cynrhonyn « termite » : soit une base celt. # /co/i-^r-on-, où la rao. est 
TER > TR comme dans gr. xep-Ti$u>v « ver de bois » et lat. ter-mes 
(larmes) « fourmi blanche ». V. sous *ke- et tarar. 

Koùvoka, vb., repiquer [une meule], cymr. cyfhogi « aiguiser » : soit une 
base celt. *kom-ak-. V. sous *ke- et ék. Cf. kouga. 

Kôp, s. m., tasse, gobelet. Empr. fr. ancien coppe > coupe. 

Korka, vb., quêter, mendier, gueuser. Cf. f r. ancien cerchier « quêter » et 
courquaille « mauvais lieu ». Empr. fr. probable. 

Korden, s. f., corde. Empr. fr. (malgré oorn. et cymr. cord) 1 . 

Korl, s. m., corps, buste, corn. cor/ 9 cymr. corff. Empr. lat. corpus. 

lKorn. s. m., corne, cornet, pipe*, corn, et cymr. corn, vir. corn, gael. 

1. Le sens de « [cousin] germain » se déduit sans difficulté de celui de « de plain 
pied », donc « sans intermédiaire ». 

2. Ce qui, outre sa complication, rend la conjecture extrêmement douteuse, c'est 
que la fameuse rac. WEQ « parler », si répandue partout ailleurs, n'a point de repré- 
sentant en brittonique. — On pourrait aussi songer à un celt. +kommed-tu- > *kom- 
messu-, contenant la même rac. obscure qui se trouve dans émé. V. ce mot. 

3. Rapprocher cymr. cyf-yng « étroit », mais non br. arlkoé. 

4. C'est le y intermédiaire entre i et e qui s'est ici changé en *, comme dans br, 
fait de fr. faillir (prononcé faytr). V. ce mot. 

5. Qui, ainsi que gael. eàrd y sont empruntés à l'anglais. 

6. Le sens « coin » dérive de celui de « corne » ; mais le fr. carne « coin » n'y a 
sans doute pas nui. Cf. koh, 



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76 KORN-KORSALEN 

corn « corne à boire » : soit un celt. *korno- ou erapr. lat. cornu*. 
2 Korn, s. m., grondin, cf. hollandais knorhaan, anglais gurnard et le nom 

fr. lui-même : poisson qui « corne », qui « gronde », qui émet un son 

ronflant au moment où on le retire de Peau. V. sous / korn et kornaouek. 
Korna)en, s. f., trachée-artère : dér. de 1 korn*. Cf. korsalen. 
Kornaùdoun, s. m., génie nain, nabot : exactement « nain de ruisseau », 

dér. de *korr-naût. V. sous korr et aàt. 
Kornaouek, s. m., vent d'ouest, ouest : exactement « le cornant, le vent 

qui joue de la trompe », dér. de 1 korn. 
Kornel, s. m., hausse de soulier : dér. de 1 korn au sens de « coin ». 
Kornigel, s. f., toupie : exactement « en forme de [bout de] corne », ou 

mieux « la cornante, la ronfleuse », dér. de 1 korn. 
Koroll (C, V.), s. m., danse: abstrait du fr. ancien coroller = caroler 

« danser en rond », d'où aussi ag. carol « chanson ». 
Koroller, s. m., marchand de cuir, tanneur: contamination de *coazreller 

par fr. corroyeur, et peut-être par calembour sur koroller « danseur ». 

V. le précédent et koarel. 
Korr, s. m., nain, corn, cor, cymr. corr id. : soit un celt. # /ror-*o-, cf. vir. 

ccr-t « petit », gr. xap-x<$-; « tondu » (de xstpio), lat. cur-tu-s « écourté, 

court », vsl. kratUkû id. (dont la rac. est KERT, cf. lit. kert-ù « je 

coupe »). 
Korréen, s. f., courroie. Empr. fr. ancien coreie, et cf. kéfré. 
Korroùka, vb., se baigner : pour gorroûka, mbr. gou-sroncquet « baigné », 

cf. cymr. trochi et ym-drochi « immerger », vir. fo-thrucud « bain »: 

préf. *gw-. et une base celt. *tronk, sans équivalent connu*. 
Kors, s. m., roseau, chalumeau, cymr. et vbr. cors, corn, cors a marais »: 

pour *kork8, vir. curchas et gael. curcais, cf. vir. currech « marais » et 

lat. cârex « roseau » ; sans autre équivalent appréciable. 
Korsalen, s. f., gosier; dér. de kors \ mais cf. kornalen. 

1. La racine était KERÂ, dont l'état normal est représenté par gr. xipa-ç et al. 
hir-sch (sous karô), l'état réduit par sk. çf-Aga, got. haûrn (ag. et al. horn) et 
peut-être lat. cor-nu, l'état fléchi peut-être par lat. cornu et sûrement par celt. 
*kornO'. Le celt. *karno- (sous karn) montre un vocalisme modifié. 

2. Au sens de « pipe » (forme du larynx), de « trompette » ou simplement de 
« tuyau »? La dernière syllabe contiendrait-elle l'élément ail ou eil, comme qui dirait 
« l'autre tuyau » (le faux gosier) par rapport à l'œsophage? 

3. On a rapproché lit. trink-ti « laver ». Il est fâcheux que germ *rfrm/r- « boire » 
(got. driggkan, ag. to drink, al. trinken) ne s'y puisse absolument raccorder. 

4. A cause de sa forme tabulaire, sans difficulté. 



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KORVENTEN-KOULM 7? 

Korventen, s. f., tourbillon de vent, mbr. cor-uent, cymr. cor-wynt, soit 

an composé celt. *kuro-wento- « vent en cercle » ; cf. vir. cor « circuit », 

gr. xupxo-c et lat. cur-vu-8 « recourbé », gr. xop-wvtj, « objet recourbé, arc, 

encorbellement » (d'où lat. corôna), etc. V. sous gweiit et kichen. 
Korvigella, vb., s'emmêler [à force de se contourner] : soit un composé 

*kor-mi(8)g-ella. V. sous korveûtenetmeski. — Conj. 
Kos, s. m., cosse, vermine qui s'y loge. Empr. fr. Cf. klosen. 
Kostez, s. m., côté (et kostèzen, s. f., côte). Empr. fr. ancien *costéd qui 

reproduit normalemont le bas-lat. *co8tatum. 
Kouabr, s. m., variante de koabr. V. ce mot 1 . 
Koukoug, s. f., coucou. Onomatopée. Cf. 1 kok. 
Kouer, s. m., paysan. Empr. fr. ancien coillier « cueilleur » au sens de 

« qui récolte ». — Conj., cf. pourtantcymr. gtcaer, « lourdaud, rustique ». 
Kouers (V.), adv., variante degouers. V. ce mot. 
Kouévr, s. m., cuivre. Empr. fr. 
Kouéz, s. m., chute: abstrait de kouèza « tomber », mbr. coesajf, corn. 

codhe, cymr. cœyddo id. : soit un celt. *keidô « je tombe », i.-e. *kei-dhô 

amplifié de la rac. KEI « aller ». V. sous 1 kh. 
Kouéz, s. m., lessive : syncopé peut-être pour ^gtoelc'hes ou *golc'hez, 

SLYecg durci par l'aspiration. V. sous gwalc'hi. 
Kouga, vb., variante de koàcoka, et cf. 2 koaga. 
Kougoul, s. m., capuchon. Empr. lat. cucullus. 
Kouc'h, s. m., couverture de ruche (eu cône), cf. cymr. cicch « canot, 

vase rond ». Empr. bas-lat. cocca, et cf. kochen. 
Kouiltron (V.), s. m., goudron. Empr. fr. altéré 1 . 
Kouiû, s. f., tourte. Empr. fr. ancien et dialectal : cugneul « brioche », 

coignel, cuignei, cuignot, cuignole, « sorte de gâteau », tous dans God. 
Kouldri, s. m., colombier, mbr. koulm-ti. V. ces mots 3 . 

1 Koulm, s. m., nœud, cymr. cvolm « lien », vir. colmm-ene « cordon » : 
soit une base *Aro/m6o-, sans affinité connue. 

2 Koulm, s. f., colombe, corn, colom, cymr. colommen, vir. colomb, gael. 
colman, calaman, caïman, etc. Empr. lat. columba. 

1. D'une manière générale on cherchera sous les initiales ko- les mots qu'on ne 
trouverait pas sous les initiales kou-. 

2. On a de môme pouiUrori « poltron », et cf. une insertion analogue dans /oc ^r, etc. 

3. Les intermédiaires peuvent être *koulnti (assimilation), *koultni (métathése), 
et enfin a changé en r dans le groupe ta comme dans le groupe kn> cf. kraouH, 



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78 KOULS-KÔZ 

1 Kouls, s. m., temps (aussi kours V.). Empr. lat. cursus. 

2 Kouls, adv., autant : abrégé de kerkouls. V. ce mot. 

Koulskoudé (> kouskoudé) i adv., cependant: exactement « aussi bien 
après cela » [que sans cela]. V. sous 2 kouls et goudé. 

Koumm, s. m., vague : variante de 1 komm\ 

Koun, koun, s. m., mémoire, mbr. couff, corn, côf, cymr. cof, vir. eu- 
man (dér. cuimnech et gael. cuimhne), cf. lat. com-min-iscor « j'ima- 
gine w : composé de préf. *kom- (sous *ke-) et de rac. MEN « penser », 
sk. màn-as « esprit » et màn-ye « je pense », gr. fxiv-oç et jji-fiov-a, lat. 
men-s et me-min-î, got. mun-an a penser », lit. menu « je me sou- 
viens » et -manaâ « je pense », vsl. mïnèti « penser». 

Kounnar, s. £., rage, cymr. cynddaredd « folie », vbr. cunnaret « rage m: 
soit donc un composé *koun-dar^ dont le second terme est corn, dar 
« abattement » ou cymr. dar « tumulte ». — Étym. inc. pour ce terme. 
V. le premier sous kl 

Koura), s. m., fressure. Empr. fr. ancien couraille, dér. de cœur. 

Kouricher, s. m., coiffe de deuil, mbr. coufforcher, où apparaît nettement 
l'altération del'empr. fr. couorechef, d'où aussi ag. kerchie/n fichu ». 

KourouJ (V.), s. m., verrou. Empr. fr. ancien cerrouil*. 

Kourrez, s. m., corroi: abstrait du vb. kourreza. Empr. bas-lat. *corre- 
dàre. d'où fr. conreer correier corroyer. 

Kousk, kousked, s. m., sommeil (et kousket « dormir »), corn, cusc et 
cusc-e, cymr. cwsg et cysc-u. Empr. lat. quiesc-ere. 

Kouskoudé, adv., variante de koulskoudé. V. ce mot. 

Kou8t, s. m., dépense. Empr. fr. ancien coust. 

Kouzoumen, s. f., sacrement de confirmation : abstrait du verbe correspon- 
dant kouzoum-enni. Empr. lat. consumm-àre* . 

Kôv, s. m., variante de kôf. V. ce mot. 

Kôz, adj., vieux, corn, coth, gaul. Cottos n. pr. et ses dérivés (Alpes Coit- 
iennes) : ne se retrouve nulle part ailleurs *. 

1. Avec sens diversifié. A cause des vallonnements que présente l'aspect des 
vagues. V. ce mot et komb. 

2. Par les intermédiaires *gwcroul > *gouroul, d'autant que digourouillein c dé- 
verrouiller » a pu subir l'influence de digor. V. sous digéri, mais cf. aussi fr. crouyet 
« verrou » (Mayenne Dn). 

3. Qui, dans la langue ecclésiastique, désigne ce sacrement, parce qu'il est la con- 
sommation définitive de la vocation de chrétien. 

4. N'étant pas irlandais ni même cymrique, on doit supposer qu'il a été emprunté 
à des aborigènes par les immigrants celtes de Gaule. 



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KRAB-KRAOU 79 

Krab, s. m., crabe (d'où kraban « griffe » et krabisa « égratigner »). Empr. 
fr.; cf. pourtant Ar^pour les dérivés. 

Krak, adj., court, corn, crak « bientôt », cymr. cra>.h « petit », vir. croc 
id.: suppose une base celt. *kr-ako-, dont la rac. paraît être la même que 
celle de kon\ V. ce mot. 

Kraé, s. m., variante de graé. V. ce mot. 

1 Krftl, s. m., prise: exactement « action d'agripper, de saisir [comme] 
avec des griffes », et conséquemment « de gratter » cf. kraoel, cymr. 
craf-u « gratter, racler », cf. gr. yp*?- w » « je grave, j'écris », al. graben 
« creuser w 1 (lat. scab-ere « gratter », ag. to shaoe « raser », al. schaben 
« racler »), lett. kribinàtn ronger ) . Rapprocher krapa et cf. krampinel. 

2Krai, s. m., couture: abrégé de krâfnados. V. ces mots. 

Krftg, s. m., grès, cymr. craig « rocher » : se rattache à la souche de karrek, 
s'il n'en est une variante très ancienne. Cf. aussi graé. 

Krampinel, s. f., attrait, amorce : exactement « croc pour attirer ». Empr. 
fr. grappin, crampon, et cf. krapa et krâf. 

Krampoez, s. m., crêpe, galette, cymr. cramm-wyth, c'est-à-dire *cramm- 
poeth* « pâte cuite ». Le premier terme est un mot perdu *kramm y qui a 
dû désigner tout corps gras et pâteux, mais a passé dans l'usage à un sens 
péjoratif (cf. krémen): il paraît identique au fr. crème et chrême et semble 
remonter de même au bas-lat. chrisma % empr. gr. xP^f 1 * (( oignement ». 
V. le second terme sous pocu*. 

1 Kran, s. m., entaille. Empr. fr. cran, et cf. kranel. 

2 Kran, s. m., rouleau broyeur: variante probable de krenn. 
Krank, s. m., crabe. Empr. fr. cancre (métathèse et cf. cymr. crangc). 
Kranel, s. m., créneau. Empr. fr., et cf. kran. 

Kraon, s. m., variante de kraoun. V. ce mot. 

Kraost, s. m., pituite. Onomatopée. Cf. fr. cracher*. 

Kraon, s. m., étable, mbr. crou, cymr. craw, ir. crô, gael. cro id. : d'une 

1. Les conditions consonnantiques ne sont pas concordantes, mais ce détail est 
secondaire dans une famille de mots qui sont visiblement des onomatopées. Le sk. a 
grbh-nâ-ti « il saisit ». 

2. D'où Tag. a tiré le mot crumpet « sorte de pâtisserie » . 

3. Fr. crème ne vient pas directement de chrisma, puisqu'on a lat. crenior 
«crème »; mais il en a sûrement subi l'influence, car chrisma seul a pu donner 
cresme. 

4. Qui passe pour emprunté au Scandinave» Le br. peut l'être de même, soit 
kraost pour *krac'h-ost. 



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80 KRAOUADEX-KREN 

base celt. *krâo~ pour *Arrâp-o- « toit»; cf. visl. hràf, ags. hrùf> ag. roof 

sans autre équivalent connu. 
Kraouaden (V.)» s. f., gratin. Empr.fr. bizarrement altéré. 
Kraouen, s. f., ( Ai te d'aiguille, cymr. cra/, ir. crd, gael. cro 1 id. : soit 

donc peu^èteé*(Rytbit de l'aiguille », cf. kraou. 
Kraouà, s. m., noix, rabr. knoenn, corn, cnyfan, cymr. cneuen, vir. c/uc, ir. 

c/io, gael. cnb id. : d'un celt* *À7io-i0o-, cf. ags. hnu-tu > ag. na/, visl. 

A no/, al. m*««*. 
Krapa, vb., accrocher. Empr. fr. grappe, grappin, gripper, agrafer \ et 

autres de même souche; cf. krâfet krampinel. 
Kravaz, s. m., brancard. Empr. lat. grabàius > grabaitus. 
Kravel, s. m., grattoir, sarcloir: dér. dekrâf. V. ce mot. 
Kraz, adj., sec, aride, rôti, cymr. cras id. : d'un celt. *kra8o-, dont la rac. 

est la même que celle de sk. çrâ-ya-ti « il cuit », çrà-tà et çp-tâ « cuit », 

gr. xepà-wû-pt 3 « je mêle », et cf. krin. 
Kré, adj., variante usuelle de krèhc. V. ce mot. 
Kréao'h, s. m., tertre, mbr. knech (cf. kraoun), vbr. enoch, vir. enoec, ir. 

et gael. enoe id.: d'un celt. *knokko-, cf. visl. hnakke « nuque », ags. 

hnecca > ag. neck y al. nacken, sans autre équivalent. 
Krédi, vb., croire, mbr. cridiff, corn, cresy, cymr. crédit, vir. cret-im «je 

crois » : soit un celt. *kred-dô « je place dans mon cœur », comme lat. 

crëdô etsk. çrad-dâdhdmi (= gr. -t{0t,pi) id. Cf. kreiz. 
Kréfen, s. f., couture : dér. de 2 krâf. V. ce mot. 
Krégi, vb., mordre, accrocher: dér. de kràk. 
Krec'hen, s. f., colline: dér. de kréao'h. 
Kreiz, s. m., milieu: étymologiquement « cœur », cymr. craidd, vir. cride, 

ir. croidhe, gael. cridhe, celt. *kridyo- pour *kpdyo-, gr. xxpà-îa ^oaS-fy, 

lat. cor (coref-w), lit. &tircM-a, cf. got. hairt-ô, ag. AeaW, al. herz. Pour 

le sens, cf. vsl. srêda et russe seredâ « milieu ». 
Krémen, s. f ., crasse : dér. de *kramm. V. sous krampoez. 
Krén, s. m., tremblement: pour *krezn, dérivé d'une base celt. *krid- 

« trembler » qu'on trouvera sous kridien*. 

1» Eu d'autres termes, partout à peu près identique à kraou. 
2» Sans équivalent cou nu (lat. nui est isolé), mais commun à tout le celto-ger- 
manique. Sur n> r après explosive, cf. krêac'h et kouldri. 
3» Qui prend aussi la forme xpâ dans axpâ-ro;. etc. 
4. D'où koat krén et krén tout court « tremble ». 



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KRENA-KRIBEL 81 

Kréna, vb., se rouler, se vautrer : aussi krénia = *krenn-ia dér. de krenn 
« se mettre en boule ». 

Krenn, adj., rond, vbr. cron> cymr. crwn, vir. cruind, gael. cruinn id. : 
soit un celt. *kr-undi-, formé comme le lat. rot-undu-s, sur une base si- 
gnifiant « courbe », qu'on trouvera sous koroeâten. 

Krénv, adj., fort, mbr. creff, corn, crif, cymr. craff id. : soit un celt. 
*Arrem-o-, cf. sk. krâm-a « marche », kràm-ati « il marche », vikramà 
« exploit » : sans autre équivalent. — Conj. 

Kréon, s. m., toison, mbr. kneau (cf. kraoun), corn, cnêu, cymr. cnaif, 
vir. cnae id. : d'un celt. *knaw-ï-, cf. gr. xvà-w « je gratte », xvdtcp-aXo-v 
« flocon », et br. kréoia. 

Krés, s. m., chemise, vêtement, cymr. crys, « ceinture, chemise », vir. 
crissei gael. crios « ceinture » : d'un celt. *krisso- qui parait avoir signi- 
fié « [vêtement] du milieu ». V. sous kreiz. 

Kreski, vb., croître. Empr. lat. crësc-ere > *crëscere. 

Kresteiz, s. m., midi, sud: altéré pour kreiz deiz\ V. ces mots. 

Kresténen, s. f., variante de kristinen. V. ce mot. 

Krét, s. m., caution: pour kréd, abstrait de krédi. 

Kreûen, kreûn. kreunn, s. m., croûte du pain, corn, crevan, cymr. 
cratcen id. : soit un celt. *kreuenno- pour *kreup-enno-, dont la base se 
retrouve en lettiqueet germanique 1 . 

Kreûzeul, s. m., lampe, mbr. creuseul. Emp. fr. ancien croissel 9 . 

Krévia, vb., tondre: dér. de la forme mbr. de kréon. 

Kréz, s. m., variante de krés. V. ce mot. 

Krî, s. m., clameur. Empr. fr. cri (cymr. cri aussi, par Tag. cry). 

Krîb, s. f., peigne, vbr. crip, cymr. crip > crib id., mais vir. crich 
« limite » : d'un celt. *kriqâ dont les conditions originaires sont in- 
connues *. 

Kribel, kriben, s. f., crête, huppe: dér. de krib*. 

1. Mot demi-savant calqué sur mendiés qu'on s'est faussement expliqué par média 
diês. 

2. Exemples : lit. kraup-à-s « rude au toucher », lett. kraup-c « escarre d'une 
plaie », vhal. A/'«/id. f etc. Donc sans aucun rapport avec fr. croûte < lat. crusta. 

3. En partie germanique; cf. ag. cruse a petit pot », dont le dimin. a donné fr. 
rrcusequin y ir. crûisgtn et gael. crdisgein. Le type croissel vient de la forme latinisée. 
Il est encore largement représenté dans les patois : M. Kod l'écrit croïjet en valaisan 
{Là-Haut, Perrin 1897, p. 321). 

4. Les deux sens pourraient se concilier par celui de « séparation, séparateur » 
(crible, etc.), si l'on rattachait le mot à la rac. de kroucr et kras. 

5. Comme en ag. cock's comb et en al. Iiahncn-kamm. 

6 



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82 KRIBIN-KROC'HEN 

Kribin, s. f., carde : dér. de krib. 

Kridi, vb., variante de krédi. V. ce mot. 

Kridien, s. f., frisson, cymr. crit > cryd, vir. et gael. crith id. : d'un 
celt. *krit-u-, ags. hritha et vhal. *hritto > ritto « fièvre »; cf. en outre 
vbr. crihot « il brandit », gael. cra/A « secouer », lit. kratyti id., gr. xoao-ow 
« je brandis », etc. V. sous krén et skrija. 

Krien, kriénen, s. m., gratin: dér. de kri\ 

Krîn : adj., sec, avare; s. m., bois mort; cymr. et vbr. crin, vir. crin, ir. 
crion et gael. crton, « décharné, petit » : soit un celt. */rrê-no-, qui équi- 
vaut au sk. çrâ-nâ, « cuit », d'où « épuisé par coction, desséché, flétri », 
etc. V. la rac. sous kraz. 

Kriôa, vb., ronger, miner. Empr. fr. grigner (d'où grignoter). 

Kriski, vb., variante de kreski. V. ce mot. 

Kristen, s. m., chrétien. Empr. lat. christiânus. 

Kristija, vb., hennir: peut-être « sacrer, jurer »en disant « sacristi! », 
traduction plaisante du hennissement. Empr. fr. 

Kristinen, s. f., peau qui se forme sur le lait qui bout : dér. d'une base 
*krûst-. Empr. lat. crusta « croûte » > *crasta. 

1 Kriz, s. m., ride, froncis : abstrait du vb. mbr. crissaff > br. kriza, 
(( retrousser, froncer ». Empr. lat. crissdre « se tortiller » *. 

2 Kriz, adj., cru, cruel, [fruit] vert. Empr. lat. cradus. 
Krôa, s. m., variante de grôa, cici.graé. 

Kroaz, s. f., croix, mbr. croes > croas, corn, crois > crows. Empr. lat. 
crux (nominatif). Cf. kroug. 

Kroazel, s. f., les reins: dér. du précédent 3 . 

Krôk, krôg, s. m., croc, agrafe, prise. Empr. fr. 

Krogen, s. f., coquille, anse (pi. krégin), corn, crogen, cymr. crogen et 
cragen (pi. cregyn) id. : soit une forme celt. *krok-enfi> sensiblement al- 
térée par rapport à i.-e. Vcotikhâ que supposent sk. çankh-â et gr. *<>T/-*i- 

Kroc'hen, s. m., peau, cuir, corn, crohen, cymr. croen, vir. croccnn, ir. 
croiceann, gael. craicionn id. : d'un celt. *krok-kenno-, « dos, peau du 
dos, peau», dont le premier terme se retrouve dans visl. hrygg-r^&g. 

1. Nous disons aussi « la friture crie dans la poêle ». 

2. Conj. Loth : plus satisfaisante, eu tout cas, que celle d'un rapprochement avec 
krèz (Stokes). Mais cf. pourtant cymr. rrych « ride ». 

3. La croix que dessine la rencontre de la colonne vertébrale et de l'ossature 
lombaire. 



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KROC'HENEN-KUDON 83 

ridge et al. rûcken « dos », cf. sk. krénc-ati « il se courbe » (?). V. le 

second terme sous kenn. 
Kroclienen, s. f., membrane: dér. du précédent. 
Kropa, vb., engourdir, s'engourdir. Empr. fr. cropir > croupir. 
Kros, s. m., tête d'épingle. Empr. fr. gros (bout). — Conj. 
Krouadur, s. m., créature, enfant, corn, croadur, cymr. creadur. Empr. 

lat. creatara (pour le genre, cf. kaladur, kéladur, etc.). 
Krouer, s. m., crible, mbr. croezr, corn, croider, vbr. cruitr y ir. et gael. 

criathar, celt. *krei-tro- « instrument à cribler », cf. ags. hridder > ag. 

riddle, al. reiter, lat. crï-bru-m id. : tous dér. identiques et parfaitement 

réguliers de la rac qu'on trouvera sous kars. 
Kroug, s. m., gibet, corn, et cymr. crog. Empr. lat. cruc-em*. 
Krou), s. m., variante syncopée de kouroul. V. ce mot. 
Kroumm, adj., courbe, cymr. cncm, vbr. crum, ir. cromb. Empr. ags. 

très ancien crumb, cf. al. krumm « de travers ». 
Kroummel, s. f., anse de vase: dér. du précédent. 
Krouzel, s. f., croupe, cime : variante probable de kroasel. 
Krôz, s. m., murmure, querelle. Onomatopée probable, comme sûrement 

dans krôsa « croasser », cf. fr. croasser, br. klôc'ha, etc. 1 
KrubuJ, s. f., estomac, jabot, cymr. cromil pour crombil. Paraît dér. 

d'empr. ags. cropp> ag. crop, cf. al. krop/a jabot ». 
Krûk, krûg, s. f., petit scorpion, cf. cymr. crugo « tourmenter »: d'une 

base eelt. *krouk-, étroitement alliée à la base *krok- qui a donné bas-lat. 

*croc-cu-m > fr. croc. Cf. krôk et krègi. 
Kragel, s. f., monceau, butte, vbr. et corn, crue, cymr. crùg % vir. cruach, 

ir. et gael. cruach id. : dér. d'un celt. *krou-ka 9 visl. hrû-ga. cf. visl. 

hrauk-r « tas », ags. hrêac > ag. rick « meule » [de foin] ; la rac. à nu 

dans lit. krad-ti « entasser », kruv à « tas ». 
Euden, s. f., écheveau, cymr. cadyn, « boucle de cheveux, flocon », vbr. 

cutinnioupl. « articulations ». Empr. lat. très altéré condylus, lui-même 

empr. gr. xovooXos, « nœud d'articulation, bourrelet». 
Kudon, s. f., ramier, cf. cymr. cuddon id. : paraît se rattacher à la même 

1. Cf. kroas. L'un des deux mots est sorti de l'accusatif latin, et l'autre du nomi- 
natif, comme en fr. chanteur < lat. cantôrcm et chantre < lat. cântor. 

2. Cf. pourtant cymr. crœys-edd* dispute », et l'ingénieuse conj. Ern. qui tire 
le tout de ridée de « se croiser », d'où « se traverser, être en désaccord », comme en 
anglais to cross, « contrarier, chagriner ». — Br. krôsmôla est l'empr. fr. grommeler 
influencé par br. kros > krôs. 



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84 KUDOU-KUTULA 

souche obscure que kuden-nek « sournois » = mbr. cuden-nec « fa- 
rouche ».* V. sous argud 9 et pourtant tenir compte du nom de l'oiseau 
en vir. qui est ciad-colum « colombe de forêt ».* 

Kudou, s. m. pi., basses caresses, flatteries. — Étjrm. inc* 

Kudurun, s. f., tonnerre : semble un composé ielarann avec préfixe (*ke- 
o\i*gw-) t mais influencé par 1 kurun. V. ces mots. 

Kuohen, s. f., parcelle, touffe : variante possible de koc'hen. 1 

Kuit, adj., quitte, libre. Empr. fr. ancien. 8 

Kujen (T.), s. m., petit-lait. Cf. kaouled et keùlè (?). 

KûJ, adj., potelé, grassouillet : soit un celt. *fcoul-yo-> qui aurait le même 
sens qu'un adj. lat. *calius. V. sous kîl. — Conj. 

Kû&, adj., doux, affable, mbr. cuff, cymr. cura > eu, vir. càim > coem, 
ir. et gael. caomh id. : soit un celt. */<roimo-, cf. gr. xot-fid-o) t faire 
dormir » a , état fléchi de rac. KEI « être couché » (sk. çé-te = gr. 
xeï-xat « il gît »), exactement reproduit par got. hàim-s «demeure », ags . 
hàm > ag. home, al. heim 1 . 

Kunia, vb., gambader: semble dér. delà souche de kl. V. ce mot. 

Kunuda, vb», caqueter, se plaindre: exactement « crier ensemble », préf. 
*ke- et iuda (udein). V. ces mots et keûnujen. 

Kunuc'ha, vb., gémir, cymr. et ir.uchu soupir» (cf . got. auh-jôn « bruire », 
ag. owl « hibou », etc.), précédé du préf. *ke-. 

1 Kurun, s. f., tonnerre. Cf. gr. xEpaovck « foudre ». — Étym. inc. 

2 Kurun, s. f.. couronne. Empr. lat. corôna. 
Kusiadel, s. f., cachette : dér. dekuz. V. ce mot. 
Kustum, s. m., usage. Empr. fr. ancien coustume. 

Kutu)a, vb., cueillir, mbr. cuntuill, corn, cuntell « réunir » et cuntellet 



1. Le ramier est un oiseau extrêmement timide et méfiant partout ailleurs qu'au 
jardin du Luxembourg. 

2. Celt. *këto-kolumbd. V. sous koat et 2 koulm. Les deux appellations ont pu 
s'influencer Tune l'autre. 

3. Si le mot signifiait ou avait pu signifier « menées secrètes », on le rattacherait 
au radical *kud- de argud. Mais on songe plutôt à un pi. d'un radical */r«rf-, abstrait 
du fr. ancien cudoire (God.) < cuidoire « ce qu'on fait accroire », dér. de cuider 
« croire » < lat. côgitâre. 

4. Influencée dans le dernier sens par kuden. 

5. Dans l'expression moM kuit « s'en aller >», le sens du mot est abstrait du vb. 
kuitaat = empr. fr. quitter. 

6. D'où xoipiTjT^ptov if dortoir », lat. coemeterium, fr. cimetière. 

7. En d'autres termes, le mot *koimos, en tant qu'adjectif, signifie « paisible », et, 
en tant que substantif, « lieu où Ton vit en paix ». 



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KUZ-DAEL 85 

« réunion », cymr. cynnull id., vbr. contulet « réuûion » : tous dér. d'une 
base celt. *kont-oul- « beaucoup ensemble ». V. le premier terme sous 
ket- et gant, le second sous lies 1 . 

Kûz, s. m., cachette, corn, cudhe « cacher », cymr. cùdd «dissimulation » 
et cuddio « cacher» : soit un celt. *koud-o-, dér. de rao. KHEUDH ou 
KUDH, sk. kuh-î « brouillard » (?) et kdh-aka « trompeur », gr. xeuô-to 
« je cache », lat. cus-tôs « gardien », ags. hgd-an > ag. to hide, al. 
hutte « cabane » ; cf. encore zd khaodh-a « casque »(?). 

Kuzul, s. m., conseil, cymr. cusyl, vbr. cusil. Empr. lat. consilium. 



1 Da, prép., à, pour, sur le point de, corn, dhe, cf. les préfixes verbaux 
cymr. du- et dy- 9 ir. to-> do- et du-, gael. do-, br. *da-, etc. : d'un préf. 
celt. *to- devenu *do- en position proclitique, et dont l'unique correspon- 
dant possible est got. du- 1 . 

2 Da, indice du subjonctif : le même que *da- infra. 

3 Da, ton. V. sous té (initiale proclitique adoucie). 

Dâ, s. m., joie, corn, et cymr. da «bon », vir. dag t gaul. *dagos dans 
Dago-va88os n. pr. « Bon-varlet » et autres : soit un celt. *dag-o- « bon », 
d'une rac. DÊG (réd. DÀG), « toucher, palper, estimer », cf. gr. 8dbt-^uXo-ç 
« doigt », lat. dig-itu-s, got. tëk-an « toucher », visl. tak-a et ag. to take 
« prendre », visl. toek-r « convenable » ; joindre gr. $éx-e*6at > SfyetfBat 
« accepter ». 

*Da-, préf. verbal de direction, qui sert d'indice de subjonctif, entre dans la 
composition des préfixes dam-, dar-, das- % etc., et forme le premier terme 
d'un grand nombre de verbes anciens, mais sans plus créer de composi- 
tion nouvelle. V. sous / da. 

Daé, s. m., défi : préf. *da- et hék. V. ces mots. — Conj . 

Dael, s. f., dispute, mbr. *dazl> cymr. datl > dadl, « assemblée, discours », 
vbr. pi. dadl-ou id., vir. dàl et gael. dàil id. 3 : soit un celt. *da-tlà, 

1. Dans cymr. eyfall % ir. comhailtim « je joins », gael. comhailteachd «c convoi », 
le premier terme est */rom-. — La longue radicale est confirmée par le vir. com-th-in-ôl 
« congregatio » ; mais il faut convenir qu'on a quelque peine à concilier ce vocalisme 
celtique avec celui de la rac. qui a donné gr. rcoX-u, etc. 

2. On peut en rapprocher, mais non pas y identifier, la particule de direction 
i. e. *de, *dô t gr. oïxdv-îe « à la maison » (Ulatif), gerra. *lô (ag. to « vers », al. zuo 
> ju t etc.). 

3. Détourné au sens péjoratif en breton seulement. 



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86 DAÉLAOUI-DALL 

équivalent à ce que serait gr. *8I-tXt, « institution », dér. de la rac. DHÊ 

de^-ÔTi-fJu 1 . Cf. krédi. 
Daélaoui, vb., variante de daéraoui, dér. de daérou. 
Daéré, s. m., marée basse, mbr. dazrè id. : soit une expression telle que 

fr. « la ramenée ». V. sous das- et rén. 
Daérou, s. m. pi., larmes, mbr. dazrou, corn, dagr, cymr. daigr, vbr. 

dacr-lon « plein de larmes », vir. dér, ir. déar et deôr, gacl. deuret diar 

id., et vir. daer « larmes » f : d'un celt. *dakru, gr. ôàxpj, lat. dacruma > 

lacruma, got. tagr (ag. fear,al. zàhre, etc.). 
Daez, s. m., degré. Empr. fr. ancien dais, « table, estrade ». 
Daf, s. m., variante de deuf. V. ce mot. 
DafiEarer, s. m., aide-maçon: dér. de daffari « apporter des matériaux », 

pour *dad-pari > *dap-pari > daffari (préf . *da- et *ad-) a . Cf. darbarer. 
Dftg, s. m., poignard. Empr. fr. dague. 
Daik, s. m., caresse : dimin. de dâ. V. ce mot. 
Dalé, s. m., retard, délai : abstrait de daléa « tarder ». Empr. fr. ancien 

délaier, « retarder, allonger », du lat. dïlatàre. 
Dalc'h, s. m., tenue, maintien, possession, corn, dalhen-ne et cymr. daly 

> dal id. : abstrait du type verbal qui est en breton del&her, variante 

par conséquent fort ancienne de derchel. V. ces mots. 
Dalif, adj., posthume : soit « tardif », dér. de dalé. — Conj. * 
Dali, adj., aveugle, corn, dal, cymç, vir., ir. et gael. dall id. : soit un celt. 

*dal-no-, de rac. DHwEL, « troubler, aveugler », gr. 8oX-epo-; « trouble », 

got. dwal-s « sot » (cf. ag. dall « obtus »), etc. 5 

1. Cette racine, si répandue dans toutes les langues indo-européennes, était 
sûrement celtique aussi : cf. gaul. lili « il a posé » (inscription de statue) et n. pr. 
Con-da-te, « Condat, Condé », etc. (con-fluent). 

2. Celui-ci d'un pi. nt. i.-e. *dakrù t comme l'enseigne M. Strachan, Idg. Forsrh. % 
X» p. 76. 

3. Sur la délicate évolution phonétique de cvmr., corn, et br. dqffar, cf. récemment 
Loth, R. Celt., XX, p. 205. 

4. La dérivation serait plausible, mais le procédé peu satisfaisant; car on attendrait 
*dalé-if, et d'ailleurs -if n'est point un suffixe breton. Il faut supposer une dérivatiou 
opérée sur une base imaginaire *dal-^ et au moyen d'un suffixe emprunté au fr., en 
imitation du rapport fr. tard : tard-if. — Une étymologie celtique ne satisferait guère 
davantage : la rac. LEIQ « abandonner » (gr. Xe^-w, lat. linqu-ô, etc.), qui a donné 
vir. di-lech-tu « orphelins » >gael. dilleachdan, exigerait en breton *dalip > +dalib. 
Faut-il restituer i.-e. Hiq-nô- « laissé » > celt. *Upno- > Hippo- > *liffo-1 La rac. 
LEIQ n'a de représentant direct en celtique que vir. léicc-im « je laisse ». 

5. Il est rare que les noms des infirmités corporelles aient exactement le môme 
sens dans les langues apparentées ; ils procèdent la plupart du temps d'une racine ft 



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DALOUT-DANVAD 87 

Dalout, vb., tenir, prendre : pour *dalc'hout, dér. de dalc'h. 

Dam-, préf., presque, à demi : exactement « environnant dans la direction 
de », soit celt. *to-ambi~. V. sous *da- et 1 *am-. 

Damaàt, s. m., souci, compassion : abstrait d'un vb. empr. lat. [se) dëmen- 
tàre « perdre l'esprit » [à force de soucis], — Conj. 1 

Dambrézein (V.), vb., divulguer, contrefaire. — Étyra. inc. 1 

Damouchein (V.), vb., froisser, chiffonner, cf. mbr. dameuhein « refléter »\ 
cymr. gwth « poussée » et ym-wth « poussée mutuelle » : soit donc une 
formation signifiant « pousser légèrement », dont le premier terme est 
dam- (en cymr. ym- = *ambi- tout court} et le second une racine inconnue 
(gr. wôlto « je pousse »?). — Conj. Ern., très douteuse. 

DaA, s. m., variante de da/= deuf. V. ces mots. 

Danévella, vb., réciter, raconter : variante Aedasréoella*, qui au surplus 
s'est restreint à un autre sens. 

Dans, s. m., danse, bal. Empr. fr. danse. 

Danson, s. m., fracas de porte, mbr. daczon « écho », dazsonàffet dasonein 
(V.) « résonner ». Empr. fr. son> sonner refait au moyen d'un préf. 
breton, avec une nasalisation imitée peut-être do dahs. 

Dant, s. m., dent, corn, dans, cymr. dant, vir. dèt y etc. : soit un celt. 
*dant- <C *dnt-, dont les équivalents exacts sont lat. dëns et got. tunth-u-s, 
auxquels il faut joindre subsidiairement sk. dânt- 9 gr. ôSo-k, ags. *tonth 

> iôth > ag. tooth, al. zand > zahn, etc. 

Danten, s. f., pierre d'attente: exactement « dent» (disposée en saillie), 

mais avec jeu de mots probable sur le nom français. 
Danvad, s. m., bête ovine (fm. danoadex, pi. denved), corn, dauat 

> dacas, cymr. dafad, correspondant à un celt. *dama-to-, « apprivoisé, 

acception vague de « trouble » ou de « malaise », cf. gr. tvç-Xô-; « aveugle », ag. dumb 
o muet », al. dumm « imbécile », etc. — On peut rattacher à la même souche lat. 
fall-ere « tromper », mais non pas aussi sûrement. 

1. Si lYtymologie a le moindre fondement, il faut que le mot soit venu très tard, 
et sans doute par l'intermédiaire du fr. savant; car autrement Y m médial serait devenu 
c. Cf. anécal. 

2. Le premier sens est celui de danècclla, et le second, celui de dencèsa et di/résa. 
De ces deux derniers, dambrézein cumule la nasale de l'un avec \'r de l'autre. C'est 
tout ce qu'on aperçoit de plus clair. Cf. le Gloss. Ern., p. 154-155. 

3. La métaphore viendrait de l'aspect « froissé, chiffonné » des rayons et des objets 
reflétés dans l'eau. 

4. Le changement de r en n favorisé sans doute par l'analogie de nècez et le sens 
« conter des nouvelles », 



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88 DANVEZ-DARÉDEN 

doux », par suite « mouton », lequel est identique au ppe gr. oajxa-coç, 

cf. lat. domitus. V. la rac. sous dofi. . \^ 

Danvez. s. m., matière, moyen, mbr. daffnez, cymr. defnydd, vir. damnae 

id. : soit un celt. *dam-nyo-, de rac. DEMÀ «bâtir », dont les nombreux 

dérivés sont sk. dam-à « maison », gr. o£ji-tu « je bâtis » et Sofx-o-ç 

(( maison », lat. dom-u-s, vsl. dom~û, got. tirn-r-jan « cbarpenter », ag. 

timber « bois de charpente », al. zimmer « chambre ». 
Daou m., diou f.\ deux, corn, dou (dia), cymr. dau (dwy) t vbr. don (dui), 

vir. dâ(di), etc. ; cf. sk. dcau> gr. ôjw >> ojo, lat. duo y got. tioài (ag. two, 

al. zwei), lit. dw, vsl. dwoa, etc., etc. 
Daougan, s. m., mari trompé: exactement «deux chants, deux notes », 

euphémisme pour désigner le coucou*. V. sons daou et / kân. 
Daouc'hement, adj., double : exactement «deux autant » (kémeni). 
Daoulina, vb., s'agenouiller. V. sous daou et glln. 
Daoust (interrogation indirecte), à savoir 8 : exactement « à toi de savoir» ; 

le premier terme est 3 da\ le second est un infinitif (supin) i.-e. *wid- 

tu-m, rac. WID. V. sous ac'houéz etgouzout. 
Dar, s. f., dalle, évier. Empr. fr. dalle altéré sous l'influence de dam, 
Dar-, préf. verbal : composé des préfixes *da- et ar-. Cf. plusieurs des mots 

suivants. 
Darbarer, s. m., aide-maçon: abstrait de darbari, cymr. darparuu pré- 
parer ». Empr. lat. parâre précédé du préf. dar-. V. ce motet cf. 

daffarer. 
Darbôd, s. m., tesson : pour darn-pôd. V. ces mots. 
Darbout, vb., faillir, être sur le point de, cf. cymr. darbod « préparer » : 

préf. dar- et bout. V. ce mot et cf. daroézout. 
1 Daré, adj., variante de darev. V. ce mot. 
2 Daré, s. m. , variante de daéré. V. ce mot. 
Dared, s. m., javelot. Empr. fr. dard (dard-er). Cf. darz. 
Daréden, s. f., éclair de chaleur: dér. du précédent 4 . 

1. Métathèse, ainsi qu'en corn., pour *doui (cf. piou) 9 qui répond au fm. conservé 
en sk. (dcé) et en lat. (duae). 

2. Pour la formation, cf. peder-lagad (surnom d'un homme qui porte des lunettes) 
« quatre-yeux ». — Ern. 

3. Le sens « nonobstant » s'en déduit naturellement : daoust d'ami aoel « à savoir 
pour le vent > par rapport au vent > malgré le vent ». 

4. Au moins au sens d' « étoile filante » (Le Gon.). 



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DAREMPRÉDI-DASKRÉNA 89 

Daremprédi, vb., fréquenter, visiter, cymr. darymred « courir de côté et 
d'autre »: préf. dar-, 1 am-,et 1 réd. V. ces mots. 

Darev, adj., prêt, en danger de, mûr, cuit: pour dar-eo, 3° pers. du sg. du 
présent du vb. darbout. V. ce mot. 

Darévella, vb., variante de dasréoella, et^cf. danéoella. 

Darévi, vb., préparer, mûrir, cuire: dér. de dareo. 

Dargreiz, s. m., ceinture, taille : exactement une locution « pour le milieu», 
î da, article ar et kreiz. V. ces mots. 

Darçud, s. m., le même quear-gud, mais avec préf. dar-. 

Darc'haout, vb.. frapper : peut procéder d'une formation celt. *loare-gab', 
soit deux préfixes (cf. dar-) précédant une racine qui apparaît en irlandais 
et en germanique, mais ^vec un sens tout différent, « donner, prendre ». 

Darn, s. f., pièce, fragment, corn, etcynir. darn\ celt. *dar-nà ppe passé 
dune rac. DERÀ, « fendre, déchirer», sk. dir-i^à « fendu » : sk. dàr-si 
« tu brises », gr. 3£p-u> « j'écorche », lit. dir-ti « écorcher », vsl. der-ci 
«je déchire », got. dis-tair-an « déchirer », ag. to tear, al. zerr-en et 
ver-zehr-en « dévorer », etc. Cf. aussi dourn. 

Darnija, vb., voler bas (près). V. sous dar- et nich. 

Darvézout, vb.. advenir. V. sous dar- elbéza, et cf. darbout. 

Darvoéden, s. f., dartre, mbr. daroueden, cymr. tarwyden > taroden id. : 
soit un celt. *derdw-eita, qui se rattache à la même souche de rédupli- 
cation que lat. *derdvùô8us > derbiôsus « teigneux », sk. dar-dû- 
> dadru, ags. teter, vhal. zittar-oh, lit. dedercinè « affection cutanée ». 

Darvoud, s. m., accident, variante de darbout, et cf. darvézout. 

Darz, s. m., dard (poisson). Empr. fr. ancien, et cf. dared. 

Das-, préf. itératif* : préf. 1 da- et as-. V. ces mots. 

Daskiria, vb., ruminer, rabr. dazquilyat id. : préf. das-, et cf. cymr. ci/, 
vir. cir, gael. cïr (dans l'île de Man keeil) « la bouchée que remâche un 
animal qui rumine ». — Étym. inc. 

Daskori, vb., rendre, vomir, cf. les composés cymr. ad-gori « rendre », 
vir. ath-chuir-im « je rapporte », et le simple vir. cuir im « je place » : 
soit donc une base celt. *to-at-kor- (vir. taidchur «retour»); rac. in- 
connue par ailleurs ; le double préf. sous dus-, 

Daskréna, vb., trembloter, chevroter. V. sous das- et krën. 

1. Ag. to dam a ravauder » et fr. darne « grosse tranche de poisson » sont em- 
pruntés respectivement au cymr. et au br. 

2. On en trouvera à la suite plusieurs exemples. 



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90 DASPRÉNA-DÉAN 

Daspréna, vb., racheter, délivrer. V. sous das- etpréna. 

Daspuû, s. m., amas, cymr. pwng « groupe )), pyngu « grouper »\ 

Dasrévella, vb. : raconter; parler tous ensemble confusément. Dans le 
premier sens (éteint, cf. danéoella et dambrézt*.in), la base est *io-at~rim~, 
<( compter», d'où « conter », cf. cymr. dyrifo « énumérer », vir. torimu 
« j'énuraère », etc. V. sous rumm. Dans le second sens, la base est *to-at- 
r-hécel-, c'est-à-dire que le premier double préf. das- est encore suivi du 
préf. ra y et le sens est « d'ensemble réitéré ». V. tous ces mots •. 

Dastaz, tout doux (terme de charretier). Le préf. sous *da-. La rac. est STÂ 
(cf. saô), et conséquemment la seconde partie du mot équivaut au lat. 
status, « station, arrêt ». 

Dastum, s. m., amas : soit un celt. *toumtf-o- « tertre », ir. tomm, gr. 
tj|jl6o;, cf. lat. tum-ulu-8 9 . Préf. das-. 

Davad, s. m., variante de daûvad. V. ce mot. 

Davéein(V.), vb., tarder: comme qui dirait « tâtonner », préf. *da- et 
méein (V.) « pétrir ». Dér. de Tempr. fr. maie « pétrin ». 

Daz-, préf., variante de das-. 

Dazorc'hi, vb., revenir à la vie, ranimer, rallumer, mbr. daesorch, corn. 
da8serchy id. : préf. daz- et empr. lat. surgere*. 

Dé, s. m., variante de deiz (hors de Léon). 

*Dé-, particule, variante occasionnelle de*d«-\ 

Déac'h, adv., hier, cymr. y ddoe, vir. in-dhé 9 \v. ané, gael. an dé ou dé id. : 
d'un celt. *ges-i t sk. hyàs, gr. x ^* lat. her-ï et adj. hes-ternus, got. 
gi8-tra-(dagùt), ag. yesterday, al. gestern, etc., rac. i.-e. GHdhES. 6 

Déaà, s. m., doyen. Empr. fr. ancien dciien (cf. ag. dean). 

1. Le rapport avec my-^ « fesse » (Ern.) est bien douteux, mais possible, à cause 
des mots slaves qui présentent le même radical, d'une part avec une gutturale initiale 
(donc une vélaire primitive), de l'autre avec le sens de « bosse ». 

2. Le cymr. rhif montre partout (; mais rien n'empêche d'admettre que la déri- 
vation bretonne est partie d'une variaute radicale à l bref, d'autant qu'il y a eu con- 
fusion entre deux verbes issus de radicaux différents. 

3. Ce dernier sort directement de la rac. de tum-Oro « se gonfler » ; mais *toumbo- 
doit s'y rattacher aussi par amplification. 

4. En d'autres termes, identique au lat. re-surgerc, avec un préfixe breton 
substitué à son synonyme latin. Évidemment venu par la langue ecclésiastique. 

5. Ainsi mbr. dezreuell, aujourd'hui dasrécelta, etc. 

6. Le dh représente la dentale indécise qui apparaît en certaines langues, notam- 
ment en gr. sous la forme 6. Le celt. ici la reproduit par un d, devant lequel le g est 
tombé, de mùme que le A* dans le groupe similaire môdial de gr. i'pxroç = vir. art, etc, 
V. sous 2 harz. — Meiilet, 



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DÉAZ-DELLÉZOUT 91 

Déaz, s. m., dais, corniche de cheminée, mbr. daes. Empr. fr. dais, et cf. 
le sens actuel de daez. 

Debron, s. m., démangeaison, mbr. debruan « prurit » : abstrait du radical 
br. debr-, qui est aussi celui de dibri. V. ce mot. 

Dék, dég, dix, corn, et cymr. dec > deg, vir. deich (n-) \ etc.: d'un celt. 
*dekn. < i.-e. *dékni, sk. dâça> gr. $2**, lat. decem, got. taihun (ag. ien, 
al. *eAn), etc., etc. 

Déhou, adj., droit (opposé à « gauche )>), corn, dyghow > dyow, cymr. 
dehau et deAea id.: d'un celt. *deks-owo- ' (vir. dess<^ *deks-o-), dér. de 
la rac. DEKS, comme sk.dd/r$-i7ia, gr. 8e£-i4-<;, lat. dex-ter, lit. dess- 
iné, vsl. tfe*m#, got. taihs'toa, etc. 

Dec'h, adv., variante de déac'h (hors de Léon). 

Deiz, s. m., jour, corn, det, cymr. dydd id. : d'un celt. *diyes-, vir. et ir. 
die et rfia, gael. di- (initiale des noms des jours de la semaine) ; dér. de la 
rac. i.-e. DIw « briller», sk. dyaû-s, «ciel, jour », gr. Zeu; (dieu du 
ciel), lat. diès, etc. Cf. Doué. 

Déjandein, déjsmein (V.), vb., railler. Empr. fr. ancien déchanter, 
« chanter en déchant, chanter dans ane autre partie le même chant que 
qqun », d'où« contrefaire ». — Conj. 

Béiez, s. f., vergue, mbr. delé, vbr. pi. deleiou, corn, dele, vir., ir. et 
gael. deil « verge » : soit originairement « jeune branche » (métaphore), 
dér. du même radical que délien 2 . 

Delclier, vb., tenir. V. sous dalc'h et derc'hel. 

Délien, s. f., feuille (pi. déliou), corn, delen, cymr. dalenet deilen, ir. et 
gael. duille, gaul. -dula dans le composé rajjwue-SouXa c( laquintefeuille »: 
soit donc un celt. *dulld, dér. d'une rac. DHwEL, cf. gr. 0-jXXa- xXaoou; 
f t çuXXa Hesych. « feuilles », 8àXo; et ôàXXo; « jeune rameau », OaXXetv 
« verdoyer », sans autre équivalent que l'arménien dal-ar « vert ». 

Dellézout, vb., mériter, mbr. delezaff id. = cymr. dyr-llyddu, et dellit 
= cymr. dyr-ilid « mérite » : se ramènent respectivement à *do-ftli-yo- 
ot *do-sli-tu-, c'est-à-dire à deux dér., précédés de préf . (V. sous *da-), 
d'une rac. celt. SLÎ, vir. dosli « il mérite », à laquelle on ne connaît 
point d'équivalent en dehors du celtique. — Loth. 

1. C'est-à-dire que, si le mot suivant commence par voyelle, l'ancien n final du 
mot sonne en liaison. 

2. Cf. Dexsiea, n. pr. d'une déesse gauloise. 

3. Délez s. m. a degré » n'est qu'une corruption de déres. 



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92 DELT-DÉRÉ 

Delt, adj., humide, ir. etgael. dealt « rosée »: soit un celt. *del-to-, qui n'a 

pas d'autre représentant, même en brittonique 1 . 
Dem-, particule, variante de dam-. V. ce mot. 

Demm, s. m., daim. Empr. bas-lat. damum < lat. dama, ou fr. daim. 
Démorant, s. m., reste, surplus. Empr. fr. ancien demourani. 
Dén, s. m. f., homme (pi. tùd s. v.), corn. den,cymr. dyn, vir., ir. et gael. 

duine id.: d'un celt. *dun-yo- « mortel », dér. de l'état réduit de la rac. 

DHwENÀ (sk. â-dhvan-ï-t, « il se voila, il disparut »?), dont les seuls 

représentants sûrs se trouvent en grec, soit ôàva-xo-ç « mort », 8vt}-t6-ç 

« mortel », OvViaxetv « mourir ». 
Déna, vb., téter, vir. dinim » je tète » : soit un vb. celt. *de-n-ô, rac. DHÊi, 

sk. dhây-a-ti «il tète », dhè-nû « vache qui allaite », gr. ô^-Xt) << mamelle », 

6^-Xu-ç « femelle », lat. fë-lâre « sucer », fè-mina (« l'allaitante », ppe. 

présent moyen), fî-liu-s (originairement « nourrisson »), got. daddjan 

« allaiter », etc. Cf. 1 tés. 
Denta, vb., denteler: dér. de daût. V. ce mot (pi. deûl). 
Denvéza, vb., contrefaire : paraît altéré de difrèza *. 
Denviad, s. m., glouton: soit den-viad i< homme de nourriture », le second 

terme étant fempr. fr. ancien viande 9 . 
Déok, déog, s. m., dîme, mbr. deaoc, avec métathèse pour *dékao. Empr. 

lat. barbare *decaoum « dizième ». — Conj. \ 
Déol, adj., pieux. Empr. fr. altéré décot. 
Déou, adj., variante de dèhou. V. ce mot. 
Déouiein (V.), vb., dépêcher, hâter: dér. de déou (diriger). 
Déporda, déporta, vb., attendre, espérer. Empr. fr. ancien (se) déporter, 

« se récuser, se réserver », d'où « attendre ». 
Déraoui, vb., commencer: dér. de dérou. V. ce mot. 
Déré, déréad, adj., bienséant: exactement « [bien] amené, opportun », 

abstrait d'un vb. mbr. deren (dere « amène » = cymr. dyre « viens »), 

composé de *dé- etrén. V. ces deux mots. 

1. On eo pourrait rapprocher vsl. dol-à, ag. date et al. thaï « vallée », si ces mots 
devaient se ramener à un radical qui eût signifié « humide ». Mais il n'y a aucun lien 
pour y concilier ag. deie = al. tau « rosée ». 

2. Peut-être par la vague association d'idées suggérée par le calembour « être 
[K] homme = jouer un rôle ». Le cymr. a dyntoeddu « personnifier ». 

3. Qui a désigné, comme on sait, toute espèce d'aliments. 

4. Le mot serait forgé d'après oct&oum « huitième »; on ne voit pas d'autre moyen 
d'expliquer le vocalisme breton; car *demca (d'Arb.) u'eût pu donner deaoc. Le 
régulier lat. décima a produit vbr. decmint « il décimera » et cymr. degivm « dîme ». 



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DÉREZ-DEUST 93 

Dérez, s. m., degré, marche, mbr. degrez. Empr. fr., et cf. dergé. 

Serf, s. m., variante de dérô. V. ce mot. 

Dergé, s. m., variante de dérez. Empr. fr. avec métathèse. 

Dergwéner, s. m. (= deizgwéner), variante de digwéner. 

DercTi, s. m., la partie la plus dure du bois: se rattache au même radical 

que darc'haout ou derc'hel. V. ces deux mots. 
Derc'hel, vb., tenir, arrêter: dér. d'un celt.*der<7-e/o- « ferme », d'une rac. 
DERGH, sk. dfh-ya-ti et dfrnh-a-ti « il affermit », drdhà <t solide », 
zd darez-ayeiti « il attache », lit. dir$~a-s « courroie », gr. 8px<i<ronai 
« je saisis », ags. large « bouclier » (d'où fr. ancien targe), etc. Cf. 
delc'her. 
Dérobent, s. m., la veille, mbr. des-quent id. : équivaut à ce que serait 

aujourd'hui *deiz-kent. V. ces deux mots. 
Dérô, s. m., chêne (aussi derv et derf), cymr. derw-en, cf. corn. dar t vir. 
dair (gén. dar-ach), gael. darach id. : soit un radical celt. *tfer(œ)-, i.-e. 
*deru- 9 *doru- f *dru-, sk. dâru « bois », gr. Sopu, « tige, lance, », et Sp-; ¥ 
« chêne », got. triu « arbre», ags. trëo > ag. tree, etc. 
Dérou, s. m., début, mbr. dezrou, cymr. dechreu. — Étym. inc. 
Dervez., s. m., journée (aussi deûéh V.), pour *deiz-vez =corn. deth-wyth 
= cymr. dydd-waith « en un certain jour » : soit un celt. *diye8-wekto- t 
« le charriage d'un jour », ou plus simplement « la fois d'un jour », dont 
on trouvera le premier terme sous deiz et le second sous gwéach. — Loth. 
Désadorn, s. m., variante de disadorn, et cf. dergwéner. 
Deski, vb. (d'où deskadurez « instruction »), variante de diski. 
Despal, s. m., hâte : sens provenu de celui de « détresse », à en juger par 

mbr. dyspayllet « [provision] épuisée ». Empr. lat. despoliâtus (?). 
Deu (V.), variante de daou. V. ce mot. 

Deuf, s. m., gendre, mbr. deuff, corn. dof t cymr. dauu> date id., vbr. 
dauu, vir. dâm, ir. dâmh et gael. dàimh « relation de famille »: d'un 
celt. *dàm-o-, qui rappelle, d'une part, gr. Sajxoç > ot^oc, « clan, tribu, 
peuple », et, de l'autre, Sà^-ap « épouse ». Cf. deu.ii. 
Deûi, vb., autre infinitif du vb. dont. V. ce mot. 
Deûn (V.), s. m., fond : variante dialectale de doun. V. ce mot. 
Dean, s. m., variante de deuf et daû. V. ces mots. 

Deurvézout, deurvout, vb., daigner, cf. cymr. dater « s'intéresser à » : 
soit donc un radical celt. *dâro- « égard ». — Étym. inc. Cf. pourtant 
sk. driyà-te « il considère », à-dar-a « égard », à peu près isolé. 
Deûst (V.), adv., variante de daoust. V. ce mot. 



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94 DÉVEZ-DIAOUL 

Devez, s. m-, variante de dervez, et cf. dé. 

Dévi, vb., brûler, se consumer, mbr. deu\ff, cymr. deijxo «brûler» : soit 
une rac. celt. DEB, identique à la rac. i-e. DIIEGH, « briller, brûler », 
sk. dàh-a-ti « il brûle » et ni-dàgh-à <( chaleur », gr. xicp-paa cendre », 
got. dags « *dhogh-o-) « jour », ag. day et al. tag id., lit. dèg-ti 
brûler » et dagà « temps de la moisson > moisson», etc. 

Déviad, s. m., variante de deûoiad (nasalisation disparue). 

1 Déz, s. m., variante de deiz. V. ce mot. 

2 Déz, s. m., variante de deaz. V. ce mot. 

Dî, particule, là, cf. ir. -d- (pronom démonstratif infixe), zd. accus, dim 
« lui » et di$ « eux », gr. -3s (dans o-oe etc.), lat. -dem et -dam (dans 
ïdem, quidam, etc.) : d'un celt. *dë, dont le représentant le plus exact 
au point de vue de la forme est la particule gr. Sr, « précisément ». 

1 Di-, préfixe inversif ou privatif, dont le sens est identique à celui du fr. 
dé- (dans dé-Jaire, dé-lier, etc.), corn. tfi-, cymr. di- f ir. di-, celt. *rfë-, 
préposition lat. de « de haut en bas > en sens inverso » 1 . 

2*Di-, préf., variante occasionnelle de *dë- < *da-*. 

Diadavi, vb., perdre haleine : le second terme est dér. d'un celt. *ai-amo- 
« haleine »; cf. gr. à^oç, « vapeur, exhalaison », al. atem et odem 
« haleine », perdu partout ailleurs. V. sous / di-. 

Diagent, adv., auparavant: préf. 2 *di-, a-, et keftt. 

Diana, dianan, adv., au moins: prononciation rapide pour *di-vihanaà 
(aussi da viana), superl. de bihan. 

Diank, adj., égaré: exactement « échappé, détaché, décroché ». V. sous 
1 di- et afikoê. — Conj. 

Dianéôst, s. m., automne : exactement « à la suite de l'été ». V. sous 1 di- 
ou 2 *di-, *fl/i- (2% et côst. 

Diantek, adj., innocent : préf. 1 di-, et *aiiteh « tache », abstrait d'un ppo 
*antekel. Kmpr. fr. (normand) *entaquè « entaché ». Cf. tech. 

Dianvéaz, s. m. (préf. *di- et *an~). V. sous diacéaz. 

Diaoul, s. m., diable. Empr. bas-lat. diabolum >diavolo. 

1. Les composés par ce préfixe sont fort nombreux, et Ton peut même en former 
presque à volonté. On ne trouvera ici que ceux qui offrent quelque particularité inté- 
ressante. Ne pas le confondre avec le suivant qui s'en distingue par l'astérisque. 

2. On rapportera à ce préf. la plupart des cas où l'initiale rfé-, bien loin d'avoir une 
valeur inversive ou négative, ne change rien à la signification du mot auquel elle 
s'adapte. — Quand ce préf. # dt- est suivi d'une voyelle, il représente la forme non 
élidée du préf. *to- devant un autre préfixe : ainsi dambrézein, par exemple, s'expli- 
quera par tt-am-, et diambrézein par *to-am-, et ainsi des autres. 



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DIARAOGEN-DIBRI 95 

Diaraogen, s. f., devantier, tablier : dér. de diaraok s. m. « le devant ». 
V. sous 2 *di- et araok, et cf. taoaàcher. 

Diarbenna, vb., rencontrer, affronter, obviera: *di-, ar-, et penn, et cf. 
mbr. arbenn, « rencontre, aventure ». 

Diaskréna, vb., demeurer renversé: vb. kréna, précédé du préf. itératif 
et de l'indifférent *di-, soit donc « continuer à se vautrer ». 

Diavéaz, s. m., le dehors (d'où diavésiâd « étranger ») : préf. 2 *di-, a-, et 
méat. V. ces mots et cf. diaûvéaz. 

Diaz, s. m. , le bas : abstrait par apocope de diazez, « assise, fondation », et 
celui-ci dedi-azéza «asseoir» (préf. *di-). 

Dibab, s. m., élection, tri, choix : originairement « le fait d'élire pape », ne 
fût-ce que comme abstrait d'une locution telle que dilenn da bab, etc.; 
puis confondu par quasi-homonymie avec mbr. dibarz, « trier, choisir », 
aujourd'hui disparu 1 . — Conj. 

Dibalva, vb., desserrer les mains. V. sous 1 di- etpalf*. 

Dibenn-éost, s. m., automne : exactement « fin de Tété», mbr. diben et 
cymr. dyben « fin » ; préf. 2 *di~ et penn, comme fr. a-cheo-er « ter- 
miner ». Cf. dianéôst. 

Diboufa, vb. : débusquer, chasser; débûcher, s'esquiver : exactement 
« faire sortir du coin » ou « tourner le coin », pour di-ouf-a. 

Dibr, s. m., selle, cymr. dibr, mbr. dipr, vbr. diprou pi. « harnachement »: 
exactement « accessoires, ce qu'on adapte», préf. 2 *di- devant le radical 
brittonique *per- « faire », corn, per-y « tu feras », cymr. par <( fais », etc. 
La rac. i.-e. est QER : sic. kar-ô-ti « il fait», kâr-ma « action », gr. 
xpat-aivio « j'opère », lat. cre-àre, lit. kur-iù « je construis », etc., etc. 

Dibri, vb., manger, mbr. dibriff, vbr. •diprim « nourriture » : préf. 2 *rft- 
(*de-) devant un radical brittonique *'prim, ir. ®crim dans crim-ôg « mor- 
ceau », gael. criom-ag et criorn id., soit donc un radical celt. *qrim* 
ou *qnim, vir. cnâra « ronger » et gael. cnàmh « mâcher », gr. xvàw 
« gratter » et kvwowv « dent », lit. kànd-u « je mords », sk. khàd-a-li 
« il mâche ». — Douteux pour ir. crimog, qui a m dur. 

1. Naturellement parce que, au moyeu âge et dans un pays catholique, l'élection 
au pontificat était le prototype de toute opération électorale. V. sous dilenn, pap et 
abarz. 

2. On cherchera de même sous l'initiale p ou t le second terme des composés 
qui commencent par dih- ou did-, 

3. Sous cette forme, et avec le sens « ronger », il serait possible de rapprocher sk, 
kfmi a ver », etc. V. soiis/>ré/lc. 



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96 DIBUNA-DIFORC'H 

Dibuna, vb., dévider. Empr. bas-lat. dëpàndre, de panus « fil du tisse- 
rand » ; mais contaminé par un composé de di- etpuno (C.) « pelotonner », 
lequel peut se rattacher au radical de daspun*. 

Didân, adv., prép., variante de dindân (préf. *di-). 

Diduel, s. f., divertissement. Empr. fr. déduit « plaisir», surchargé d'un 
suff. secondaire breton*. Cf. dudi (et didil C). 

Dîek, adj. (et dér. diégiu), paresseux, oisif : exactement « émoussé », cf. ek 
«pointe»; ou bien « lent», corn, dioc y cymr. diog 9 vbr. diauc f j>rèL 1 di-, 
et sk. àç-u, gr. wx-6-ç « rapide », lat. àc-er « fougueux », ôc-ius « plus 
vite », etc. 

Diel, s. m., titre, charte. Empr. fr. altéré title*. Cf. teùl. 

Diélc'ha, vb., perdre haleine, mbr. dihelchat : exactement w perdre la pour- 
suite, s'arrêter de chasser». V. sous émolc'h. 

Dîénez, s. f., indigence (aussi dianec'h V.), mbr, dieznes « misère », 
diannéss (V.) id. et diaûnes (T.) « regret » : soit donc un mot auquel 
correspondrait un cymr. *di-adnes « absence de secours », cymr. adnes 
« secours » perdu en breton; préf. *ad~ et nés. V. ces mots. 

Dienn, s. m., crème (aussi dihenV.), corn, dehen id. : soit « pâte», dér. 
lointain de la rac. DHIGH, « pétrir, façonner, enduire », etc., sk. à-dik- 
an « ils enduisirent », gr. Gi-^-àvo) « je touche » et tsT^-o; « muraille », 
lat. fing-ô, Jig-ûra, ef-fig-iès, etc., ags. dùh > ag. dougk, et al. teig 
« pâte », etc. — Conj. 

Dieskern, adj., variante de di-askourn, et cf. askourn. 

Diez, adj., difficile : 1 di- et aez (éaz). V. ces mots. 

Diéza, vb., s'évaporer: 1 di- etaézen. V. ces mots. 

Difenn, s. m., défense, interdiction : abstrait de difenni y « défendre, inter- 
dire » (ce dernier sens empr. fr.). Empr. lat. dêfendere. 

Dilézuz, adj., invincible, impossible. V. sous 1 di- etfaez. 

Difloskein (V.), vb., éclater en morceaux. Empr. fr. ancien fruschier 
> froissier « briser », avec r > / et préf. 2 *di-. — Conj. 

1 Diiorc'h, s. m., avortement : exactement « défourchement, violent écarle- 
ment des jambes », euphémisme grossier. V. sous for&h. 

1. Douteux : s'il en était ainsi, on devrait trouver quelque part un *dibenna, qui 
n'existe pas (Loth). 

2. Mais il se peut fort bien que l'étymologie populaire ait vu dans ce mot « le 
fait de changer de côté » (sens étymologique de se dicertir). V. sous tù. 

3. La filière serait Hltel > *tihel (dissimilation?) > dlhel (mutation du pi. trans- 
portée au sg.) > diel. 



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DIFORC'H-DICHAFRANTA 9* 

2 Diforc'h, adj., difforme, mbr. difvrm. Empr. fr. difforme, contaminé du 
précédent au sens d' « avorton ». 

Difourka, vb., débusquer, cf. diboufa. Empr. fr. ancien fourc « bifurca- 
tion » [d'un bois, d'un chemin, etc.], précédé du préf. 1 di-, 

Difraé, s. m., hâte, promptitude : abstrait de difraéa*> difréa, « délivrer, 
débarrasser, hâter ». Empr. fr. défrayer « tirer de peine ». 

Difréta, vb., étirer, mbr. diffraetaffa harceler » : parait contenir le même 
radical que It.frét-iller, d'origine inconnue. 

Diiréza, vb., contrefaire: peut-être originairement « divulguer », cf. denoéza 
et dambrézein. V. sous di- et fraez ^>fréaz. 

Difroàk, s. m., sanglot: abstrait du vb. mbr. difroneqa « s'ébrouer ». 
Empr. fr. ancien fronequier fronchier « ronfler ». 

Digabal, adj., sans défaut. Empr. fr. cabale « médisance »\ 

Digarez, s. m., excuse, prétexte : exactement « ce qui supprime le blâme », 
préf. 1 di- et mbr. carez. V. sous kiriek. 

Digeiza, vb., épeier : exactement « décomposer », cf. (V.) digueigein 
<( démêler », préf. 1 di- et kéjeîn. V. ce mot et digouèga. 

Digéri, vb., ouvrir, corn, y-gery : dér. de di-gor « ouvert », le radical 
étant le même que dans das-kor-i. V. ce mot (préf. 1 di-). 

Digouèga, vb., épeier : variante de digeiza, contaminée par l'ancien 'nom 
de l'alphabet, cymr. egwyddor < lat. abecedàrium. Ou simplement 
empr. fr. altéré dégoiser, surtout si la prononciation vraie est digouéja. 

Digwéner, s. m., vendredi. Empr. lat. dies Veneris. 

Digwéz, s. m., accident: abstrait de digivézout=oymT. digwyddo = corn. 
digwydha. Empr. lat. dëcédere altéré pour dëcidere. 

Dihi)a (C), vb., s'égrener, mbr. dis-hil-ya, dér. de *hil « graine »; cf. 
cymr. dihil « sans enfants », de hil = vir. sil « race », soit un celt. *8ë-lo- 
de la même rac. que lat. së-men. V. sous hâd. — Conj. Ern. 1 

Dihompra, vb., disloquer: cf. diamprein (V.) = divambrein « démem- 
brer », etc.; variante d'un dér. de 1 di- et empr. fr. membre. 

Dihou, adj., variante de déhou. V. ce mot. 

Dichafranta, vb., déchirer. Empr. fr. déchiré, contaminé du br. difram- 
met id., en dérivation verbale. V. sous 1 di- ot/ramm. 

1. Préf. 1 di-. Chercher de même sous k le second terme des composés qui com- 
mencent par dig-, et sous g (parfois sous c'h) celui des composés qui commencent par 
rftc'/i- 

2. S. v. diskilya. Mais ce verbe n'a en vannetais que le sens « effiloquer, dégue- 
uiller », qui rend douteuse l'étymologie par hil (Loth). 

7 



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98 biCHËK-DIMIZi 

Dichek, adj., fier, brusque: pour *tech-ek 9 cf. le sens du fr. entiché [de 
soi-même]. Empr. fr. en dérivation bretonne. Cf. iech. 

Dicheùtil, s. m., gentilhomme (aussi dijentil, et dénjentil C): altéré de 
duchefttil (V.), lequel est abstrait de la locution pi. ann dudjentil « les 
gentilshommes » transportée purement et simplement au sg., comme 
en fr. gens d'arme > gendarme. V. sous dén et tud. 

Dic'héned, adj., laid : pour *di-géned. V. souskéned. 

Dic'hîz, adj., difforme : exactement « sans façon » (gis). 

Dic'houigein (V.), vb., déchoir: exactement di~huig~ein> identique au vb. 
cymr. diffygio id., qui est empr. lat. dëficere « manquer ». 

Di}ad, s. m., hardes, vêtement, mbr. dillat, cymr. dillad, vir. dillat 
> diallait id., ir. et gael. diallaid « selle» : dér. d'un radical celt. *dili- 
« séant » (vir. dil « agréable »), cf. got. til-s et ga-til-s « qui va bien », 
visl. til > ag. till « jusqu'à», al. siel « but», c'est-à-dire «qui atteint» 
ou « ce qu'on veut atteindre », etc. — Rapprochements très peu sûrs. 

Dilambrek, adj., indolent, imbécile: exactement « qui se laisse glisser 
sans faire un effort ». V. sous lampr. 

Dilenn, s. m., élection, choix : mot savant formé à l'instar du lat. dê-ligere 
sur le vb. simple lenn x . V. ce mot et cf. dibab. 

Dilez, s. m., abandon: abstrait de ditèsi. Empr. fr. délaisser. 

Dilooh (V.), s. m., dégel, mbr. diloh^ cf. cymr. dadlaith « dégel » ou vir. 
ladg (( neige ». V. sous leiz (= leic'h V.). 

Diloclia, vb., déplacer, partir: contamination du régulier br. dilec'hi « dé- 
placer »avec le fr. déloger*. V. sous léac'h. 

Diloc'huz, adj., immuable: préf. 1 di etlo&ha (sous loch). 

Dilôst-han, s. m., automne: exactement (( fin (queue) de l'été ». V. sous 
2 *di-, lest et hanv, et cf. dibenn-éost. 

Dilûn, s. m., lundi. Empr. lat. dies lanae. 

Dimerc'her, s. m., mercredi. Empr. lat. dies Mercurii. 

Dimeurs, s. m., mardi. Empr. lat. dies MârtisO * rn&rtis). 

Dimézel, s. f., pour démésel. Empr. fr. demoiselle*. 

Dimizi, s. m., mariage, mbr. dimisijfa se marier », corn, demedhy id.: 

1. Comme si le br. lenn avait les deux sens du lat. légère « lire » et « choisir », 
taudis qu'il n'a que le premier. 

2. L'influence de loc'ha « soulever au moyen d'un levier» ne doit être que fort 
lointaine. Cf. le suivant. 

3. Altéré par rapprochement de dimèzi> dimizi. 



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DINDANDIRANVA 99 

soit un radical celt. *to-am-wed- \ où larac. est WEDH, celt. *wed-ô, « je 
conduis, j'amène )> (lat. uxôrem dûcô), cymr. dy-wedd-io « se marier », 
ym-ar-wedd « se conduire », ar-wedd « porter », vir. fed-im « je conduis », 
ag. to wedy lit. ved-ù, « je mène, j'épouse », vsl. oed-ç, « je conduis », 
etc. Cf. aussi gouhez. 

Dind&n, adv., prép., dessous, sous (cf. didan V., C), cymr. (an id. : mot 
d'origine obscure 1 , perdu en br. et partout ailleurs, précédé du préf. *di- 
avec nasalisation par assimilation des deux syllabes. 

Diner, s. m., denier, argent, corn, dinair. Empr. lat. dënârius. 

Diùs (V.), s. m., variante nasalisée de dis. 

Diùsa, vb., tinter, cf. vbr. din-iam « je fais sonner ». Onomatopée ancienne 
(compliquée d'empr. fr.?). Cf. aussi ag. to tink. 

Diod, adj., niais. Empr. fr. populaire diot < idiot. 

Dioda, vb., monter en épi, mbr. dihodein (V.), cymr. hodi id., cf. cymr. 
hedeg, « monter en épi, voler » : soit un radical celt. *of-, « voler, s'éle- 
ver », pour *pot~, identique à celui du gr. 7coT-ào-|iai. V. la rao. sous éon. 
— Conj. Ern. 

Dionenni, dioni, vb., écumer (enlever l'écume), cymr. diewynu. V. sous 
1 di- et éon. 

Diorblein (V.), vb., émonder : pour diverblein ou dwelbrein « démeubler », 
formes diverses de la composition de 1 di- et meulbr empr. fr. 

Diorren, vb., cultiver, élever [un enfant]: avec perte de l'aspiration, pour 
*di-c*horren. V. sous gorré. 

Diouer, s. m., privation, abstinence (aussi diover V.): abstrait du mbr. 
dioueret « privé de », lequel parait dér., avec préf. 2 *di-, de mbr. eùcer 
« fade » (br. voer V.), cymr. o/er « vain » ; ce dernier susceptible d'être 
rapproché du lat. am-drus « amer », et subsidiairement des sk. am-là 
« aigre », àm-â et gr. w^ô; « cru »\ — Ern. 

Diougan, s. m., prédiction: soit un celt. *to-wo-kan-o- « pré-cantation » 
littéralement. V. sous 2 di-, gw- et kdn. 

Dir, s. m., acier, cymr. dur. Empr. lat. dûrum « fmétalj dur ». 

Diranva, vb., égrener. V. sous raàvel. 

1. V. sous 2 *di- = *cfa-, et sous / *am-. 

2. On peut le rattacher au lat. ten-us « jusqu'à », qui lui-même se rattache à la 
rac. du lat. ten-èrc et du br. tanaô. 

3. Le sens primitif de dhueret aurait donc été, soit « dégoûté », soit « déçu » :d'oû 
celui de diouer. 



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100 DIREN-DISKOLPÀ 

Diren, s. f. t lame 1 , tranchant, briquet: dér. de dir. 

Diréza, vb., atteindre ou transporter de haut en bas, mbr. dirhaes, corn. 
drehedhy id. : soit un composé celt. *to-ro-sid~ « réussir » (cf. cymr. 
haedd-u, dy-haedd-u et cy-r-haedd-u « atteindre »', dune rac. SÂDH 
que montrent surtout les mots sk. sddh-d « propice », sàdh-a-ti* sddh- 
ya-ti et sidh-yati « il réussit », gr. eùOuç et IM$ 9 . 

Diribin, adj., en pente, cf. mbr. diri-bign « escalier »: diri, faux singulier 
abstrait de diriou, pi. de direz. V. ce mot et pina. 

Diroestla, vb., débrouiller, cymr. dirtcystro. V. sous reùstla. 

Diroll, adj., débauché: semble altéré pour di-réol « déréglé ». 

Dis, s. m., dé à jouer, mbr. diçc. Empr. fr. ancien dez (nominatif). 

Dis-, préf., même sens que 1 di- dont il est d'ailleurs la contamination par 
Tempr. lat. savant dis- > fr. des- > dé- *. 

Disadorn , s. m., samedi. Empr. lat. dies *Sâtârnï. 

Disk, s. m., plat, vbr. discl et pi. discou. Empr. lat. disais (> ag. disk). 

Diskar, s., m., chute, abattis, décours : le radical, perdu en br., se retrouve 
dans cymr. y-sgar, « séparer, dissoudre », vir. scaraim « je sépare », lit. 
skir-ti « séparer », ag. to shear et al. scher-en « tondre »; et de plus on 
le reconnaît à la base du br. skar-za. V. ce mot. 

Diskenn, s. m., pente. Empr. lat. descend-ere. 

Diski, vb., apprendre, mbr. desquiff^> disquiff, corn, desca, cymr. dyscu 
> dysgu. Empr. lat. dïsc-ere. 

Diskogella (C), vb., secouer, cf. cymr. dy-sgog-i id. (en dérivation fré- 
quentative) et y-sgog-i « bouger » : préf. *di- précédant une rac. SKAG, 
« secouer, branler, sauter, se séparer », vir. scàich « il s'est écarté »fo- 
scaich-im « je m'éloigne » etder-scaig-im « je me distingue », vi$l. skak-a 
et ag. to shake « secouer », lit. szok-ti <c sauter » et vsl. skok-ù « saut »*. 

1 Diskolpa, vb., mettre en pièces. V. sous skolp. 

1. Aussi dans diren goar «lame de cire > rayon de miel ». 

2. Ces deux derniers sont respectivement *to-sid- et *ko-ro-sid-. V. tous ces 
préfixes sous 9 da-, Va- et *ke-, 

3. Ces dernières dérivations font bien le sens, a droit, exact, promptement», mais 
le vocalisme en est des plus obscurs. 

4. On prendra garde que, parmi les mots qui commencent par dis-, les uns ont le 
préf. dis-, comme dis-kan, « refrain, rétractation », les autres le préf. di-, comme di- 
èkanUa « écailler ». 

5. A cause de l'ai, hink-en, on n'ose ajouter gr. «rxàÇ-eiv « boiter », dont la peut 
receler une nasale; mais en tout cas les deux racines sont apparentées. Cf« / kamm. 



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DISKOLPA-DISRÉVELLA 101 

2 Diskolpa, vb., s'amuser. Empr. fr. altéré [se] découpler\ 

Diskouéza, vb., montrer: préf . dis- et mbr. goez « vue » ' . 

Diskuja, vb., dénoncer: soit a faire sortir de l'ombre »*, préf. 1 di- devant 
une base * skà-lï « ombre » (vir. scâil, gael. sgàil % vbr. esceilenn « voile ») 
dér. delà même rac. que skeùd. — Conj. Ern. 

Disléber, adj. , défiguré, vil : préf. dis- devant un dér. brittonique *lip-ero- 
<celt. *liqero~, contenant la rac. LIQ, « corps, forme », la même que 
dans héoélep. V. ce mot. 

Dislévi (gen), vb., bâiller, cymr. dylyfu gèn id. : exactement « écarter les 
mâchoires », rac. SLIB « glisser ». Cf. libonik 1 . 

Dismaàta, dismantra, vb., détruire: contamination de Pempr. fr. démon- 
ter et du vb. br. mantra. V. ce mot. 

Dismégans, s. f., injure, corn, dismigo « se méfier », cymr. dir-myg-u 
« mépriser » et cf. myg « honoré », vir. di-mic-in, « mépris, déshonneur », 
— Étym. inc. * 

Disnévella, vb., contrefaire : cf. denoéza et danéoella. 

Dispacha, vb., gratter, remuer, etc.: exactement « tirailler en tous sens 
[comme] avec un croc ». V. sous dis- et bac h. 

Dispar, adj., impair, sans égal. V. sous dis- et par. 

Dispenna, vb. , déchirer: préf. dis- et bénau couper », contaminé de Pempr. 
bas-lat. dis-pannàre (de patinas « lambeau d'étoffe »), ou bien plutôt de 
Pempr. fr. ancien despenner, qui est le même mot et a donné le moderne 
dépenaillé. 

Dispi}, dans lalocution a zispil « suspendu » : préf. dis- et mbr. bilh « bil- 
lot». Empr. fr. bille « bois d'attache » 8 . 

Dispiâ, s. m., dépense. Empr. bas-lat. dispendium. 

Displég, s. m., parole facile, éloquence: exactement « déploiement », cf. 
displéga « déplier » et ag. to display. V. sous plék. 

Disrévella, vb., divulguer: cf. danéoella, dasréoella, etc., et joindre Pin- 
fluence possible du sens du quasi-homophone fr. réoéler. 

1. Faire cent folies comme les chiens qu'on découple. 

2. V. sous ac'houez. Le préf. seul est différent. 

3. Donc sans aucun rapport avec skufa. 

4. Mais en breton l'ôtymologie populaire a évidemment traduit « ouvrir la bouche 
d'une lieue de large ». V. sous Ho. 

5. Est-il permis de rapprocher lat. mic-dre, « scintiller, briller » (d'où « se distin- 
guer »), qui est, lui aussi, un mot tout & fait isolé? 

6. Cf. bili et distribil, et ne pas confondre avec pill. 



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102 DISRONNEIN-DIWANA 

Disronnein (V.) f vb., dépaqueter: (pour *dis-gronnein) cf. grounn. 
Distaouein (V.), vb., apaiser, s'apaiser, oymr. dys-tew-i id. : préf. dis-, 

et dérivation causative de tèv-el « se taire » (sous taô). 
Distef, adj., débouché: variante de dislouf. 
Dister, adj., chétif, sans valeur: préf. 1 di-, et mbr. ster, « signification, 

valeur», cymr. ystyr « signification ». Empr. lat. historia « récit > sens 

d'un récit > sens en général ». 
Distol, s. m., rebut. V. sous dis- et 1 taol. 
Distrémen, s. m., cloison : exactement « empêchement de dépasser 

> barrière », etc. V. sous dis- et trèménout*. 
Distribi}, dans la locution a zistribil « suspendu »: contaminé de dispil et 

d'une onomatopée de brandillement. 
Distrouàka, vb., décolorer, pâlir: exactement « essanger » [le linge], d'où 

« dégraisser, déteindre », etc. Empr. lat. très altéré distorquëre. — Conj. 
Disûl, s. m., dimanche. Empr. lat. dies salis. 
Divalô', adj., rude, laid: exactement» non tendre », préf. rfi-, et un adj. 

perdu *malo < celt. *mal-awo- « mou », cf. gr. n«X-«-xo-ç, à-fiaX-eS-ç, 

jxwX-u-c, et lat. mollis. V. sous mala et melc'houéden. 
Divarra, vb., ébrancher, ôter le comble, raser (un bâtiment): cf. les 

diverses acceptions de barr > bâr. 
Divéga, vb., épointer : préf. 1 di- et bék. 
Diveûrei (V., T.), vb., se lever tard : préf. 1 di- et beûré. 
IDivez, s. m., fin, corn, dewedh, cymr. diwedd, vir. déad > dlad id. : 

soit un celt *dè-wedo~ « action d'ôter le joug » (métaphore rustique), 

cymr. gwedd « joug », vir. fed-an « attelage », d'une rac. WEDH, 

qui se retrouve dans got. ga-wid-an « lier » et sk. vi-cadh-â « joug ». 

Cf. aussi gouzouk. 
2 Divez, adj., impudent. V. sous 1 di- et 2 méz. 
Diviridigez, s. f., inobservation. V. sous 1 di- et mirout. 
Divuz, s. m., amusement: suppose, après le préf. 2 *tfi-, un vb. simple 

plus ancien *muza. Empr. fr. muser, « amuser, s'amuser ». 
Diwal, s. m., défense, préservation: préf. 1 di- et gwall. 
Diwana, vb., grandir (des plantes): préf. 1 di- etgwân. 

1. Au contraire, dans le vb. distréménout « transgresser », le préf. n'a pas le sens 
inversif. Cf. di- et *di-. 

2. Les composes qui commencent par die- doivent être cherchés, soit sous b, soit 
sous m f dioabous sous babouz, dioag sous maga, et ainsi de suite. 



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DIWAR-DOARÉ 103 

Diwar, prép., de dessus, de : préf. 1 di- et wâr. 

Diwesker, du., les deux jambes: pour diou esker\ vbr. pi. esceir « les 
jambes ». V. sous gâr et la note; mais cf. on outre skarr et skara. 

Diz-, préf., variante occasionnelle de dis- *. 

Dizalbadein, (V.), vb., ravager, cf. provençal sabataru vexer » et poitevin 
en-salbat-ai « ensorceler ». Empr. fr. sabbat, venu par les patois, en 
dérivation verbale, et préf. 2 *di- \ — Conj. Ern. 

Dizéria, vb.. dépérir. — Étym. inc. 

Diziaou, diziou, s. m., jeudi. Empr. lat. dies Jàois. 

Dizôlei, vb., découvrir: pour *di8-gôlei. V. ces mots. 

Dizoù, adj., sauvage. V. sous don, et cf. le suivant. 

Dizouna, vb., sevrer, mbr. dizonaff, cymr. diddyfnu id. : exactement 
« déshabituer », cf. cymr. dyfnu « être habitué » et dyfnad, « habitude, 
habitué » ; soit donc un vb. brittonique *dom~na- (vir. dam-na-im = gr. 
Sdtfi-vii-fju) « je dompte » *. V. 1 di- et la rac. sous doit. 

Dizrein, adj., sans épines, sans arêtes. V. sous dreinek. 

Dlé, s. m., (aussi délé V.), dette, corn, dylly, cymr. dieu et dylu « devoir », 
vir. dlig-i-m « je dois » : soit un celt. *dlig-ô < *dlg-ô, cf. got. dulg-s et 
vsl. dlûg-U « dette », inconnu par ailleurs. V. le suivant. 

Dléad, s. m., devoir, cymr. dyled et dlèd « dette », vir. dliged (ir. 
dlighead, gael. dligheadh id.) : d'un celt. *dlig-elo-, dér. du précédent. 

Dleizen, s. f ., pêne, cf. corn, (ancien) dele-hid « crampon » : se rattache en 
dérivation à dele ( > br. délez) au sens de « pièce traversière, barre 
transversale ». 

Dluza, vb., se tacheter (cf. fr. truite). V. le suivant. 

Dluzen, s. f., truite. Empr. bas-lat. tructa (> fr. truite), avec r > /, ini- 
tiale muée et finale bretonisée. 

Doan, s. f., chagrin. — Étym. inc. 

Doaré, s. f., forme, apparence extérieure, semblant, cymr. dwyre, « ap- 
paraître, se lever, se montrer » : soit un celt. *to-wer-otcià s. f., dér. de 

1. Ce composé est donné comme le type général des duels qui commencent par 
diou prononcé rapidement diw-. 

2. On cherchera les composés qui commencent par dis-, soit sous d {di-zélia 
« effeuiller» sous délien), soil sous s (di-aac'ha « désacher»), soit enfin sous la voyelle 
qui suit le i (du-anaout « méconnaître »). Voir la note sous dis-, 

3. La filière des sens est « assemblée des juifs — assemblée de sorciers — tumulte 
indécent et malfaisant » — etc. 

4. Sens étendu, car la domestication est une accoutumance. 



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104 DOGAN-DOUAREN 

*to-wer- « par-dessus », qui serait en br. *do wâr, « le dessus, la sur- 
face ». V. sous *da- et wâr, et cf. gorrè. 

Dogan, s. m., variante contractée dedaougan. 

Dôi, vb., variante écourtée dedôzcù V. ce mot. 

Doù, adj., apprivoisé, doux, docile, mbr. doff, cymr. dôf, vbr. dom-etic 
id. : soit un celt. *domo- % visl. tam-r, ag. tame, al. zahm « apprivoisé », 
qui se rattache à la même rac. que lat. dom-dre, etc. Cf. daûvad, dixoti, 
dizouna et gouzafiv. 

Doùjer, s. m., dégoût, mbr. doanger « danger ». Empr. fr. avec sens 
altéré (ce qui répugne est souvent dangereux). 

Doàt, vb., venir, mbr. donet, corn, dons > dés, mot influencé par l'ana- 
logie de l'opposé monet > moût, pour mbr. deu-aff = vir. iaig « viens », 
exactement « amène ici » : soit un celt. *(o-ag-ô « j'amène », sk. àj-à-mU 
gr. ay-w, lat. ag-ô, etc\ V. le préf. sous *da-. 

Dôr, s. f., porte, corn, dar-atei dar-as, cymr. dôr et drws, vbr. dor et 
drus, vir., ir. et gael. dor-us*, sk. dcar, gr. 8up-a, lat. for-ës pi., got. 
daùr, ag. door, al. /or et tûr, vsl. door-û, etc. 

Dore bel (V.), s. f., loupe, tumeur: variante de dàrzel*. 

Dorlôi (T.), vb., pétrir, caresser* : exactement « se servir de la main comme 
d'une cuiller ». V. sous dorn et loa. 

Dorn, s. m., variante de dourn. V. ce mot. 

Dôrzel, s. f., serrure (aussi dorc'hel V.) : dér. de tors au sens de « loupe, 
excroissance » [faisant saillie sur la porte]. — Ern. 

Douar, s. m., terre, corn, doar > dôr, cymr. daiar id. : soit peut-être un 
celt. *di~aro~ ou *di-saro-, signifiant « ce qu'on partage » ou « ce qui 
est susceptible de partage, d'appropriation », la syllabe radicale repré- 
sentant l'état réduit de la rac. DAY « partager », sk. dày-a-te et gr. 
8«(-e-xat « il partage », ôai-rJ-ç et $at-xp<5-v « portion », etc., vsl. dè-liï 
« portion », cf. got. dâil-s, ag. deal et al. teil « partie ». — Conj. 

Douaren, s. m., petit-fils: soit un celt. *t-otoero- dont le second terme, 
perdu en br., équivaut au cymr. wyr « petit-fils » < celt. *owero- = lat. 
*povero- > puer 1 . V. le préf. sous *da-. 

1. V. le préf. sons *rfa-, et cf. deûi et moàt. 

2. Le br. est formation primaire; mais le pi. mbr. dor-oj-ou se rapporte aux 
dérivations secondaires des autres langues. 

3. La serrure fait bourrelet sur la porte. 

4. Ce sens vient en partie de la contamination de dorlota, qui est empr. fr. dorloter. 

5. La racine se retrouve dans s\a.pu-trâ « fils », etc. 



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D0UB1ER DOURN 105 

Doubier (T.), s. f., nappe. Empr. £r. ancien doublier\ 

Doué, s.* m.. Dieu, mbr. doe, corn, duy, cymr. dûiu- > dutc, vir. dia y 
gaul. *dïoo8 dans Divo-durum (Metz) et autres n. pr. : soit donc un celt. 
*deiu>o-, dér. d'une rac. DIw « briller », sk. dev-à, « dieu, divin », 
gr. olo; = $î/-o-ç « divin », lat. deio-o-8 > deus (cf. dious venu du gén. 
dïci), lit. dëo-a-èi visl. /io-ar « les dieux », etc. Cf. deiz. 

Doues, s. f., variante de doutez. V. ce mot. 

Dougen, vb., porter, mbr. doue « il porte», corn, duk, cymr. dug, vir. tue, 
ir. et gael. thug, cf. vir. do-uicc, ro-uicc, etc. : soit donc le préf. *tfo- 
(sous *rfa-), précédant une forme aoristique de la rac. GES (*é-gës-s-t 
« il porta », cf. mbr. dougas), laquelle se retrouve dans lat. gessi-t « il 
porta » et *ges-ô > gerô s ; cf. aussi visl. kas-t-a « jeter » > ag. to cast. 

Douja, vb., craindre, mbr. dougiaff id. : phonétiquement régulier pour 
*doud-iaff, dér. d'un radical *doud- < *dout-, abstrait de l'empr. fr. 
ancien doubter > douter « craindre » (aujourd'hui re-douter). 

Doulzil, s. m., clepsydre, arrosoir. Empr. fr. ancien douzil* « bonde de 
tonneau », plus anciennement « conduit d'eau » (bas-lat. duciculum). 

Donn, adj., profond, mbr. don, cymr. dwfn, vir. dom-ain, ir. et gael. 
domh-ain id. : d'un celt. *da6-no-, rac. DHUB, d'où lit. dub-ù-8 
« profond », got. diuprs (= i.-e. *dAe#6-o-s), visl. diup-r, ags. dèop 
> ag. deep, vhal. tiof> al. tiqfa profond », etc. Cf. dour. 

Dour, s. m., eau, corn. dofer>dour, cymr. dubr> dwfr % vir. dobur, 
ir. et gael. dobhar, gaul. dubron (d'Arb.) dans les noms de lieux qui 
sont aujourd'hui Douvres, etc. : d'un celt. *dub-ro- 9 dér. par suff. -ro- 
de la même rac. que *dub-no- > br. doun. V. ce mot. 

Douren, s. f., suc, jus, humeur : dér. du précédent. 

Dourgen, s. f., anse : pour *dourngen, mbr. dornguenn, qui correspond à 
un celt. *durn-àk-inâ, « main [du vase] » ou « ce qu'on tient à la main», 
dér. de *durn-àko-. V. sous dourn. 

Donrgi, s. m., loutre (chien d'eau). V. sous dour et M. 

Dourn, s. m., main, corn, dorn, cymr. dwrn « poing » et dyrn-aid 

1. Conservé, entre autres, en patois normand. 

2. Zimmer, Stokes, Macbain. — Mais aujourd'hui M. Loth préférerait ramener 
simplement ce verbe à la forme réduite de la rac. DUK (lat. duc- « chef » et dùc-6 
« je conduis », got. tiuh-an et al. zieh-en « tirer »), et expliquer cymr. duch « qu'il 
mène » par un celt. *douc-8-et subjonctif d'aoriste sigmatique : R. Celt. XX, p, 80. 

3. Le mot a été altéré par l'étymologie populaire, qui l'a décomposé eu dour-zil 
« passoire à eau ». V. ces mots (sous stl). 



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106 DOURNA-DRÉ 

(( poignée », vir. rforn, dorn-ach, « poing, main », gael. dbrn « poing », 
gaul. Durnaco8 n. pr. : soit deux mots celt. *dur-no- et *dur-nàko- , 
qu'on ne rencontre guère ailleurs (gr. Swpov et o4p«;, a palme, la mesure 
formée par la main étendue »), mais qu'on rattache à la rac. de darn\ 

Douma, vb., battre, vbr. dorn « il bat », dér. du précédent. 

Douvez, s. f., fossé plein d'eau. Empr. fr. bretonisé douoe. 

Dozvi, vb., pondre, mbr. dezvyff, cymr. dodwy, vir. doithim « j'enfante » : 
par dérivation secondaire d'un radical celt. tosw- < *to-8ii-, préf. */o- 
(sous *cta-), et rac. SU, cf. vir. su-th « descendant » et gael. su-th « objet 
quelconque », sk. m-te < « elle enfante » et sû-nd « fils », gr. t>t<k 
< # <ju-i<5-< « géniture », got. su-nu-s* ag. 8on t al. sohn, etc. 

Drftf, s. m., claie, guichet, mbr. draffl. Empr. fr. ancien traoelle « petite 
poutre » ou traoe « pièce de bois », ou contaminé des deux. 

Dra], s. m., fragment, hachure (d'où drala « hacher »), mbr. druilla 
« briser », cymr. dryll « morceau » : d'un celt. *drus-lo- < i.-e. *dhruslo-, 
cf. gr. *8paju-(o > Ôpau-to, « je brise, je broie », sans autre équivalent 
connu (fr. drille « chiffon » paraît empr. br.). 

Dramm, s. m., javelle, fagot, vir. dremm « poignée » [de gens ], ir. et gael. 
dream id. : d'un celt. *dreg-8mo- « ce qu'on tient ou peut tenir en 
main », cf. gr. Spoty-na (( poignée », etc. V. la rac. sous derc'hel. 

Drammen, s. f., médicament: dér. de l'empr. bas-lat. *dragma ou fr. 
technique dragme, lui-même emprunté au gr. tytyw *• 

Draàt, adj., vif, gai; syncopé en prononciation rapide pour *driaAt', et 
celui-ci pour mbr. drilhant. Empr. fr. ancien drillant « sautillant », 
d'où l'on a abstrait la locution [joyeux] drille. — Ern. 

Draok, s. m., variante de dréok. V. ce mot. 

Drask, s. m., grive, mbr. drasgl, vbr. trascl, cymr. tresglen id. : soit un 
celt. *tresklo~ pour *tred-sklo-, formé par application d'un suff. secon- 
daire sur le radical de tréd. V. ce mot, et cf. la formation de l'ag. 
thro8-tle (par rapport à thrush) et de l'ai. drosseL 

Draska, vb., frétiller, pétiller: dér. du précédent. 

Drâv, s. m., variante de drâf. V. ce mot. 

Dré, prép., à travers, par : pour *tré (conservé dans tré-ménoul), corn, dre, 

1. La main serait dès lors, soit « la dechireuse», soit plutôt « la fendue », à cause 
de l'écartement des cinq doigts. 

2. « Ce qui se veud à la drachme » .(petit poids de pharmacie). 

3. Cf. aujourd'hui Driant^ nom de famille français. 



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* DRÈAN-DROUK 107 

cymr. troi > trwy > drwy, vir. tria (> ir. triaU et gael. triall 
« voyage »), d'un celt. *trei, qui se rattache à une rac. TERÀ « tra- 
verser », cf. sk. tir-à-8 et lat. tr-ans* « au delà». 

Dréan, s. m., épine, arête (pi. drein), corn, drain > draen, cymr. 
draen, vir. draigen, ir. et gael. droigheann « ronce » : soit un celt. 
*drag-ino- f qu'on peut rapprocher du gr. xps-^-u-ç « rude » ; mais 
cf. aussi tép^-vo-c « rameau » et lit. drlg-nés « ronces ». 

DrécL s. m., variante de tréd, et cf. draak. 

Dreinek, s. m., bar : dér. du pi. de dréan (plein d'arêtes). 

Dreist, prép , au delà : dér. secondaire de dré. 

Dreizen, s. f., variante de drézen sous l'inûuence du pi. de dréan. 

Dremm, s. f., visage, cymr. drem, cf. gr. ôepy-fx^-ç « regard » et oépY-jxa 
« aspect » : soit un celt. *driksmà < *drk-8md, dér. de la très commune 
rac. DERK « voir »*, vir. derc « voir », con-derc-ar « on voit », drech 
ce visage », etc., gr. 8*px-e-rat « il voit » et 81-Sopx-e = sk. da-dârç-a « il 
vit », got. ga-tarh-jan « rendre remarquable », vhal. zorah-i « clair », etc. 

Dremvél, dremwél, s. m., horizon : exactement « ce qu'on voit (embrasse) 
d'un regard ». V. sous dremm et 1 gwél. 

Drén, s. m., variante de dréan. V. ce mot. 

lDréô, adj., gai, un peu ivre, cymr. dryw « roitelet », cf. ir. dreàn et 
gael. dreathan-donn « roitelet » : d'un celt. *driwo~ < *dr-wo-, dér. 
d'une rac. DHERÀ « bondir », cf. gr. 8op-éîv 6pc£-<jxco l'-8op-e. 

2 Dréô, s. m., coqueluche, mbr. dreau, cymr. trew « éternuement », ir. 
trioeh > triugh, gael. triuthach « coqueluche » : se rattache, par chute 
de 8 initial, à la même rac. que strjfla. V. ce mot. 

Dréok, s. m., ivraie, mbr. dréaucq, cymr. drewg « pavot blanc » : dér. 
de 1 dréô (herbe folle ou enivrante), tout comme fr. ior-aie de ivre. 

1 Drézen, s. f., ronce, crémaillère, corn, dreis, cymr. drysien, vbr. drissi 
pi., vir. driss, ir. et gael. dm <( ronce » : soit un celt. *dre880- ou *dre*«i-, 
pour *rfrep-s-, qui coïncide par métathèse avec l'ai, tref-s > trespe 
« ivraie », mais n'a point d'autre équivalent connu. 

2 Drézen, s. f., variante de trézen. V. ce mot. 

Driked, s. m., loquet : contamination possible de kliked et de dôrikel 

« guichet » diminutif de dôr. V. ces deux mots. 
Dronk, droug: adj., mauvais; s. m., mal; corn, drog, cymr. drwg, ir. 

1. D'où aussi en fr. très- > très et tré- {t ré- passer). 

2, Mieux reconnaissante dans le composé vbr. er-derh « évident ». 



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108 DROUZIVEZ-ÉAL 

et gael. droch id. : soit un celt. *druk-o- (et *druklco~) < i.-e. * dhruko-, 
of. ags. dryg~e > ag. dry, al. trock-en « desséché » 1 . 

Drouzivez, s. m., déroute : syncopé avec mutation douce pour droug-divez 
« mauvaise issue ». V. sous droulc et 1 dioez. 

Drujal, vb., badiner : dér. d'empr. fr. ancien druge, « jeu, risée, mo- 
querie » (en Poitou, Basse-Normandie et Haute- Bretagne). 

Drûz, adj., onctueux: exactement « épais». Empr. fr. ancien (nominatif) 
drus « dru ». — Loth. 

Dû, adj., noir, mbr. duff, corn, duw > du, cymr. dub > du, vbr. du-glas 
« bleu foncé » (sous 1 glas), vir. dub, ir. et gael. dubh, gaul. n. pr. 
Dub-i-8 « le Doubs »* : soit un celt. *doub-o- < i.-e. *dhoubh-6-, de 
môme rac. que gr. tuç-X4-ç « aveugle », ag. dumb « muet », al. dumm 
« imbécile », ags. dlaf> ag. deaf= al. taub « sourd »\ 

Dubé, s. m., pigeon domestique. Emprunt germanique d'époque et d'ori- 
gine inconnues (ags. dufe > ag. dooe, hollandais duif) *. 

Dudi, s. m., plaisir. Empr. fr. ancien altéré déduit (cf. diduel). 

Duhoàt, adv., là-bas: exactement « [dej ce côté là ))(tù-hoAt). 

Dû}, s. m., poignée, poupée de filasse, vir. ddal, « boucle de cheveux, 
tressage » : soit un celt. *dok-lo- (altéré en br.), apparenté au got. tag-l 
« poil » et au sk. daç-a « frange », sans autre équivalent 5 . 

Duman, adv., par ici. V. sous tû et mati, et cf. duhoàt. 



1 É, variante, devant voyelle, de la particule verbale éc'h ou éz. 
2 É, prép., variante de 1 en avec perte de la nasale •. 
1 Éal, s. m., ange, mbr. ael, corn, ail (voc.) > eal > êl (mais cymr. 
angel id.). Empr. bas-lat. altéré *agelus, pour angélus empr. gr. «y^Xo;. 

1. Le sk. drûh « être malfaisant » = al. trug « tromperie »* est plus voisin comme 
sens, mais ne concorde pas pour les consonnes, sauf toutefois la possibilité de l'alter- 
nance gh : kh étudiée par M. Meillet, Mém. Soc. Ling., X, p. 277. 

S. Le « fleuve noir »; cf. le Dourdu, près Morlaix. 

3. Cf. la note sous dall. 

4. Le plus voisin serait mbal. tube > al. taube. Mais on ne voit pas trop comment 
le mot aurait voyagé si loin. 

5. M. Whitley Sfcokes donne en outre un cymr. dull « pli », dulUio « plier», qui 
n'existe plus dans ce sens. 

6. On ne donnera les composés par é initial qu'autant qu'ils ne sont pas décompo- 
santes à première vue. Il est bien entendu qu'il faut parfois les chercher sous l'initiale 
muée, quoique la mutation ne soit pas régulière : ainsi éoerr* bientôt », sous 6err,etc. 



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ÉAL-ÉKENVËR 109 

2 Éal (T.), s. m., poulain, cyrar. ael et vir. al, « couvée, portée » : d'un 
eelt. *aglo- pour *pag-lo-, cf. lat. pro-pâg-ô « postérité », sans autre 
équivalent connu. V. aussi sous ala. 

Éan, s. m., variante de éhan. V. ce mot. 

Éar, s. ni., air (aussi ér). Empr. fr. air. 

Éaz, adj. y variante de aez. Empr. fr. aise. 

Ébarz, adv., prép., dedans, dans. V. sous 2 é et abarz. 

Ébat, s, m., divertissement. Empr. fr. ébat. 

Ébén, l'autre (en parlant d'une femme, cf. égilé), corn, yben (des deux 
genres) : exactement *he ben «la femme (la compagne) d'elle »\ d'un mot 
perdu en br., corn, ben-en « femme », cymr. bun et ben-yw, vir. ben, ir. 
et gael. bean « épouse », celt. *ben-â, sk. gnà, gr. yuvi (béot. Pava), vsl. 
sena, got. qinô et qën-s, ag. queen « reine », etc. 

Ébeûl, s. m., poulain, corn, et cymr. ebol id. : soit un britton. *ep-âlo- dér. 
de *ep-o~ « cheval », gaul. *epo8 dans Epo-redia, Epona (déesse des char- 
retiers), Usip-etes et autres n. pr.; celui-ci à son tour représentant un 
celt. *ek-tco- > vir. ech « cheval », identique à sk, âç-va, gr. *sx-/o- 
> foiro;, lat. equu-s, got. aihwa-, lit. ew^oa « jument ». 

Ébiou, prép., auprès de, au dessus de, mbr. hebiou, cymr. Aeiftto « outre », 
vir. aceo « et » : soit « à la suite de », dér. celt. du même radical que 
hep. V. ce mot. 

Ebr (V.), s. m., ciel, corn, ebron id. : variante dialectale de oabren. V. 
sous oabl et koabr. 

Ébrel, s. m., avril, corn, ebral, cymr. e&rt/Z. Empr. lat. Aprîlis Aprilix. 

Ék, s. m., pointe: mot rare, mais d origine fort ancienne, formé comme le 
lat. ac'ie-s « pointe » sur l'universelle rac. AK « aigu », cf. sk. aç-râ 
« coin », gr. abc-po-ç « pointu », lat. ac-u-8 « aiguille », ac-Utus, dc-er, 
vsl. 08trâ t aigu », etc., etc. V. aussi akr, diék, ibil, higolen, etc. 

Ékaù, ékafkt, s. m., encan. Empr. fr. ancien, avec chute de la nasalisation, 
encant < lat. in quantum. 

Ékenver, ékéver, prép., envers : exactement « en opposition à, en regard 
de ». V. sous 2 è et 2 kèfer. 

1. L'explication par * he penn « une tête de lui » ou « d'elle *> (son ou sa pareille) 
se heurte à l'objection que, dans le second sens, qui justement est le sens breton, on 
devrait avoir *he fena. D'autre part, l'extension de sens en comique est bien plus 
aisément concevable que la restriction de sens en breton. — Le radical de ce mot se 
retrouve en outre dans l'iuitiale, à fonction féminine, du br. bixourc'h et du fr. biche. 



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110 EKS-ÉHAN 

*Ek8-, prép., hors de, de 1 : correspond à l'i.-e. *eA-s > gr. s* et &£, lat. ec- 
etex, lit. m, vsl. izû et û- id.; apparaît en br. sous les formes ac'h-, 
ec'h-, ez-* t eùz> etc. 

Éd, s. m., blé, mbr. it>id 9 corn, yd, cymr. ith> yd, vir. ith % et cf. vbr. 
it-lânn = gael. iodh-lann « champ de blé » ; d'un celt. *iiu- pour *pi'tu-, 
dér. de rac. PEI « nourrir », sk. pi-tà et zd pi-/a « aliment », lit. p#û* 
« lepas de midi », vir. i-th-im « je mange » et gael. 11A « manger » 
(sans rapport avec ag. to eat, etc.), vsl. pi-t-ati « nourrir ». 

Édrô, adj., volage, étourdi : semble, malgré mbr. hedro, une traduction 
par calembour de fr. étouridi), compris comme « en tour », c'est-à-dire 
« faisant des tours ». V. sous 2 é et trô, et cf. kildrô. 

Éeûn, adj., droit, juste, mbr. effh, vbr. eunt % 9 cymr. iawn y vir. fir-iân id.: 
d'un celt. *iàno- pour Hp-àno-, qui ne se retrouve avec certitude qu'en 
germanique (got. ib-n-s « plane », ag. eoen, al. eben). 

Éfreiz, s. m., effroi. Empr. fr. ancien esfreis. 

Égét, que, corn, eges id. : paraît une dérivation déaspirée de hag '. 

Êgilé, l'autre (en parlant d'un homme, cf. ébén), cymr. y gilydd > gilydd, 
vir. a chéle id. : exactement *he hile « le compagnon de lui », locution 
formée d'un mot perdu en br. (cymr. cilydd, vir. cèle « compagnon»), 
soit un celt. */rei-/yd-, rac. KEI « aller». V. sous 1 ktz. 

Égin, s. m., germe, bourgeon, cymr. egin id. et egino « germer » : d'un 
celt. *aA--î/io- « pointe », rac. AK. V. sous ék. 

Éginad, s. m., étrenne : soit « commencement, prémices », cf. cymr. eginad 
« germination », dér. du précédent 5 . 

Égiz, comme. V. sous 2 é et 2 kîz (en guise de). 

Égras, s. m., sauvageon, verjus : cf. cymr. egroes « églantier » (bas-lat. 
*àcr-eslius), fr. ancien egresse et br. amgroaz. 

Éhan, s. m., repos, pause (aussi éan), mbr. ehanaffa s'arrêter » : soit un 
radical celt. *ek8-san- (cf. vir. cumsan-ad « repos », delà môme rac. 
avec un autre préf.), rac. SAN, « accomplir, achever », sk. san-à-ti « il 
acquiert», gr. àvuw « j'accomplis ». Cf. *eks- et *ke-, 

1. Cymr. c/i-, vir. èss- et a«-, gaul. eœ- (cf. aoun). 

2. Phonétiquement et en principe, le groupe ks donne h entre voyelles et a > % 
devant consonne. V. ces préfixes. 

3. Le t surajouté sons une influence inconnue. 

4. Comme cymr. nogyt « que ne » de nog. Mais, a raison de l'homopbome partielle 
et de leur sens vague de conjonction, les deux mots égét et éoit (mbr. èguit\ se sont 
parfois confondus. — Loth. 

5. L'expression remonte-t-elle à l'époque où Tannée commençait avec le printemps? 



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ÉC'H-ELFEN 111 

ÉcTi, particule verbale, variante de éz. 

Ecli-, préf., une des formes bretonnes de *eks-, 

Éc'hoaz, s. m., sieste du bétail, cymr. echwydd « repos»: soit un celt. 

*eks-sed'0- id. V. sous *eks- et cf. aè. 
Éo'hon, adj., vaste, cymr. ehang id. : soit « exempt d'étroitesse ». V. sous 

*eks- (négatif par exclusion) et *eng > enk. 
Eil, autre, cymr. aill, vir. aile, celt. *alyâ- (cf., pour la forme, sk. an-yâ), 

#r. «X-Xo-ç, lat. alius, got. al-jï-s, etc. V. sous all\ 
Eil-, particule verbale qui indique la répétition de l'action [eil-zimizi « se 

remarier ») : identique au précédent. 
Eiz, huit, corn, eath, cymr. wyth, vir. ocht n-, ir. et gael. ochd : d'un 

celt. *oktô[n) % , sk. açtaà, gr. oxtw, lat. octô, got. ahtau, ags. eaht > ag. 

eight, al. acht, lit. asztunl, etc. 
Éjenn, s. m., bœuf, mbr. eugenn, corn, odron, cymr. eiïfto/t « bête bovine » : 

exactement « richesse » [mobilière] 3 , dér. brittonique d'un emprunt ags. 

ëad « richesse » (vhal. ôd). — Conj. 
El, dans le, variante de enn devant /. Cf. al. 
EU, s. m., contracté de 1 éal. V. ce mot. 
Élaz, s. m., foie, gésier, cf. corn, glas « estomac » et vir. eclas « jabot » : 

très obscur; semble en tout cas contenir le mot glass, visible dans la 

juxtaposition cymr. afu glas « foie vert » (la vésicule du fiel). V. sous au 

et 1 glâz. 
Elbik, s. m , émulation : abstrait de l'empr. fr. ancien (argot ou patois) 

alebiqueuxy « pointilleux, querelleur ». — Ern. 
Élestr, s. m., iris, glaïeul, cymr. et vbr. elestr, ir. elestar > eleastar id. : 

abstraitde l'empr. bas-lat. alestràre « humecter ». — Conj. Ern. et Stokes *. 
Eli, s. m., palette de moulin, planche : abstrait de mbr. alcéen > eloen id. 

Empr. bas-lat. aloennus > fr. auvent. — Conj. Loth. V. sous e'/d. 
Elien, s. f., élément, cymr. elfen. Empr. lat. elementum. 

1. La différence entre ail et eil tient à deux types d'accentuation divergents, 
respectivement *âl-yo- et al-yô~. 

2. Le cymr. et le br. supposent une forme brittonique *oktL Le corn, a subi 
l'influence de l'ags. 

3. Le bétail est naturellement la richesse par excellence. — Le vocalisme brit- 
tonique suppose que l'emprunt a eu lieu à un moment où l'ags. ne prononçait 
pas encore ead> mais à peu près *aud % soit au début même de l'invasion des Saxons 
en Grande-Bretagne. 

4. La plante se plaît dans les lieux bien arrosés. Mais les formes ir. et gael. soi* 
Uastar et seilUdelr sout embarrassantes. 



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112 ËLGËZ-EMGANN 

Elgez, s. f., menton, corn, elgeht, cymr. aelgeth > elgeth. — Étym. inc 

Eli, s. m., membre, ergot : malgré ir. et gael. ait « jointure », paraît iden- 
tique à ézel, avec chute dialectale du z intervocalique, contraction, et 
doublement de 17 en prononciation rapide, cf. 17 simple de kéfèlek*. 

Élô, s. m., tremble, mbr. ezlen, corn, aidl-en « sapin », vir. aidle 
« planche », altération de *ezl- en *eol > elo, sous Pinfluence de elf. 
V. ce mot, et cf. l'altération similaire de evn*. — Étym. inc. 

Elven, s. f ., étincelle, mbr. elven tan, exactement « élément, atome de feu » : 
le même mot que elfen, mais contaminé de *ufien « étincelle ». V. sous 
eu.fi et fulen. 

Elvézen, s. m., raifort : contamination possible de iroin et de *gwrizienn 

> grisien. V. ces mots et alouein. 

Em, syncopé pour en em. V. cette locution. 

Éma, il est, voici : exactement « ici » [est], etc., soit é-ma, composé de / en 
et du même élément local qui se trouve dans ama ou aman. V. ce mot, 
et cf. 3 ma et mafi. 

Embann, s. m., ban, proclamation. Empr. fr. [proclamer] en ban. 

Embouda, vb., greffer : dér. d'empr. lat. vulgaire *emputa > fr. ente 
* « scion de greffe », lui-même empr. gr. Sji-çutov « qui pousse dans ». 

Embréga, vb , manier. Empr. bas-lat. imbrachiàre « embrasser ». 

Émé, émez, vb., dit[-il] : seule forme conservée (7 é+mez) d'un vb. qui est 
en cymr. medd « il dit ». — Étym. inc. 3 . 

Émesk, adv., parmi, cymr. ym mysg, ir. et gael. am measg > measg id. : 
soit un celt. # m med-skô « au milieu », dont le second terme est une déri- 
vation de la rac. MEDH « milieu », cf. sk. màdh-ya-, gr. # fieô-^o- > fxi<r<xo$ 

> fiéaoc, lat. med'iu-s, got. mid-ji-s, ag. (a-)mid, al. mit, mitte, etc. *. 
Emgann, s. m., combat : exactement « batterie réciproque ». V. sous em et 

2 kann. 

1. La désuétude de ézel lui-même peut avoir favorisé l'altération phonétique et 
la légère déviation sémantique. 

2. Le type *ca-te/i pourrait remonter a un celt. *pat-ilion* « qui s'étend », cf. lat. 
patêre « s'étendre » et pat-ulu-s « touffu », gr. irsT£-wG|u « j'étends », etc. Quant au 
type elc-, M. Ernault l'en a récemment séparé, en expliquant élô « tremble » et cl/ 
« palette », respectivement par empr. lat. albus « blanc » et alba « aube » [de moulin] : 
Mém. Soc. Ling., X, p. 325. 

3. Cf. gr. piOô-o-; dont l'origine n'est pas plus claire. 

4. Les équivalents celtiques directs sont mbr. (irrégulier) y metou « au milieu », 
oymr. yrneun > meivn « dans », vir. im*medôn et adj. mide « milieu », gaul. *med-io-8 
dans Medio-ldnum « Milan » (milieu de la plaine), « Meilhan », et autres n. pr. : se 
garder donc de confondre avec metsk » mélange ». V. ce mot et cf. métou. 



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ÉMOLC'H-ÉNEB- 113 

Émolch, s. m., chasse, mbr. emolch pour ^em-holch, cf. corn, helh-ia 
« chasser » et helh-wur « chasseur », cymr. in-helch-a^> hela « chasser », 
vir. selg « chasse », ir. et gael. sea/# id. : soit un cell. *sclg~a, rac. SELG, 
sans équivalent connu ailleurs ; le préf. est 1 *am-, V. aussi dielc'ha. 

Empenn, s. ni., cerveau. V. sous 1 en etpenn\ 

Empren, s. f., rayon de roue, cf. cymr. mymryn « fragment »: dér. de 
m rnempr- > cempr- > empr-. Empr. lat. membrum au sens de « partie 
d'un tout ». V. sous ab % azé, etc., pour la chute de l'initiale. 

Emwél, s. m., entrevue. V. sous ywèl, et cf. emgann. 

Emzivad, s. m., orphelin, mbr. emdyvat « abandonné»: exactement 
*am-di-mat (préf. 1 *am- et 1 di-), c'est-à-dire « en-non-bon, en mauvaise 
posture, dans la détresse ». V. ces trois mots. 

1 En, prép. (et en- préf., cf. quelques-uns des mots suivants), dans corn. 
en, cymr. in>yn, vir. i n-, gaul. en-, in-, gr. £v, lat. in, got., ag. et 
al. in (ein- préf.), etc.; commune à toute la famille, sauf peut-être le sk. 

2 En, s. m., variante de env. V. ce mot. 
Énaoui, vb., animer. V. sous éné et cf. anaoun. 

Enk, adj., étroit, mbr. encq, cymr. *ang (cf. é&kon) et cyf-yng, vir. cwm- 

ang id. : rac. ANGH, « serrer, presser », gr. or^r-w, lat. ang-ere « serrer », 

ang-ustus « étroit », got. aggw-u-s et al. eng « étroit », etc.*. 
Enkrez, s. m., chagrin, mbr. encres, corn, ancres, vir. an-cride « tort » : 

soit un celtique signifiant « absence de droit » (cf. lat. in-cer-tu-s), par 

*a/i- privatif et le radical de kers. V. ces mots. 
Endort, enderv, s. m., soir, cf. cymr. anterth « matin ». Empr. lat. altéré 

intra tertiam « pendant la 3 e heure » (de 8 à 9 heures du matin)*. 
Endra, tant que : décomposer en en-dré-hag, exactement « en travers que, 

tandis que ». V. ces mots. 
Éné, s. m., âme, mbr. eneff, corn. enef> ene, vir. anim, ir. et gael. 

anam id. : c'est le sg. dont anaoun est le pluriel. V. ce mot. 
Énébarz, s. m., douaire : pour *ênep-gwerz, exactement « prix d'achat du 

visage* ». V. sous ènep et gwerz. 

1. Comparer la formation du gr. iy-x&paXov « encéphale ». 

2. Le k breton est étrange, en regard du gh > g indiqué par toutes les autres 
langues. L'altération est inexpliquée. 

3. Le mot breton est corrompu. De plus, il a prodigieusement changé de sens ; 
mais rien n'est plus commun que ces sortes de confusions d'heures, cf. lat. nôna 
«3 b. après midi » > ag. noon « midi ». 

4. C'est-à-dire « somme que l'époux donne » ou plus tard « avantages qu'il recon- 
naît à l'épousée comme prix de sa beauté ». 

8 



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114 ÉNEB-ENV 

Éneb-botez, s. m., empeigne: exactement « face de la chaussure », le pre- 
mier terme gardant le sens étymologique de énep. 

Énébi, vb., contrarier, contredire: dér. de énep. 

En em, particule qui transforme un vb. actif en vb. réciproque ou réfléchi, 
corn, em, om, ym, et cymr. ym avec môme fonction : variante de 1 *am- t 
répétée deux fois en br., équivalante ce que serait en gr. # àjjupi-àfiçi. 

Énep, prép., contre, malgré : exactement « [en] face [de] », mbr. enep et 
enebenn « visage », corn, enep « page », cymr. enep > gwyneb et vir. 
enech « visage », sk. àn-ika, zd ain-ika et gr. èv-antut id. ; la rac. est 
OQ « voir », gr. oit-om-a « j'ai vu » et o^ojxai « je verrai », lat. oc-ulu~8, 
vir. ugail y lit. .a/c-i-s, vsl. ok-o « œil », cf. got. àug-ô id. 

Énet, s. m., carnaval, corn, enes, cymr. ynyd id. : exactement « entrée 
dans [le carême] ». Empr. lat. initium. 

1 Énez, s. f., île (pi. inizi), corn, enys, cymr. ynys, vir. et ir. inis, gael. 
inm'sid. : soit un celt. *iniss-ï f., apparenté au lat. insula* etaugr. vâ<roc. 

2 Énez, s. f . , poulette, mbr. eenez < eznez id. : fém. dér. de ezn a oiseau ». 
V. sous eon, et pour le sens cf. ag. fowl (sous falaouéta). 

Eàgébeùta, vb., engendrer, s'unir : soit un vb. hentqffa hanter » précédé 

des préf. en- et *ke- ico-ïre), mais contaminé sans doute par le sens et la 

forme du fr. engendrer. 
Engroez, s. m., foule, presse: serait en cymr. *yng-ru>ydd, dér. delà 

même rac. que br. enk. V. ce mot, et cf. lat. ang-i <i être serré ». 
Enn, dans le : combinaison de en et de l'article défini, cf. 2 é, el eter. 
Énô, adv., là : dér. advb. du même type que anô. 
Énoé, s. m., ennui, chagrin. Empr. fr. ancien enui. 
Énor, s. m., honneur, respect. Empr. fr. honorer. 
Entân, s. m., incendie. V. sous 1 en et (an. 
Entré, prép., parmi, entre, corn, ynter, vbr. ithr> vir. iter > etar> ir. 

eidir, gael. eadar, gaul. et lat. inter, sk. antàr id. : forme comparative 

de la prép. *en « dans » *. Cf. 1 en, 
Env, s. m., ciel : pour *nenc*, mbr. nejff, corn, et cymr. ne/, vir. nem, ir. 

neamh et gael. nèamh id. : soit un celt. *nem-os, dér. de rac. NEM, 

1. Ce mot, eu effet* a l'air du diminutif d'un plus ancieu *inssa. Quaut à la signi- 
fication intime, on a suggéré un primitif *eni-sti avec le sens du lat. in-stà-re « se 
tenir dans » [l'eau]. 

2. La voyelle finale br. est imitée de drè < tré, ce qui revient à dire que entré 
équivaut à ce que serait un lat. *in-trans. 

3. Sur la chute de n initial, cf. 1 aer* 



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ËNVEZ-ÉR 115 

« courber, fléchir, distribuer », sk. nàm-as « courbure » (> voûte), gr. 
véfi-co « je distribue » et vojx-4-ç « terrain de pâture », lat. nem-m « bois ». 
gaul. vsjjMyco-v « enclos sacré » et vir. nemejl « chapelle », got. nim-an 
« prendre » et al. nehm-en (vsl. im-q, « je prends » 1 ), etc. Cf. lémel. 

Envez, s. m., virole, anneau : exactement *en-bes « [ce qui entre] dans le 
doigt ». V. sousl en et 1 bis. 

Envor, s. f., mémoire : pour *meAcor > *oeiivor, cf. cymr. myfyr « ré- 
fléchi ». Empr. lat. savant memoria. V. sous ab. 

Éô, si fait: exactement « [cela] est », sg. 3 du vb. béza. 

1 Éok, éog, s. m., saumon, corn. ehoc % cymr. eawg > eog, vir. eo (gén. 
iach), gael. iach, lat. esox> lui-même d'ailleurs emprunté à un dialecte 
celtique, ainsi que le basque izokin. 

2 Éok, éog, adj., mûr, roui, mbr. eaug pour *ehùug, gaul. exacon « petite 
centaurée» » : soit un celt. *ùks-àk-o- <( qui a perdu son àcretè », et 
cf. lat. dc-er. V. sous *eks- et la rac. sous ék. 

Éôl, s. f., huile. Empr. fr. ancien oile avec métathèse. Cf. olèou. 

Éon, éonen, s. f., écume, cymr. eœyn id., vbr. euon-oc « écumeux », vir. 

dan « écume » : soit un celt. *QW-eno- pour *potc-eno-, rac. S PU dans 

lit. pu~tà et peut-être dans lat. 8ptt~ma*. 
Éontr, s. m., oncle, corn, éviter > ewiter, cymr. ewythr, d'un celt. 

*awon-tro-, qui n'a d'équivalent approché que lat. avun-culus *. 
Éôp, s. m., ancre, cymr. angor, vbr. aior> etc. Empr. lat. ancora. Cf. 1 éal, 
Ëost, s. m., août, moisson. Empr. lat. Augustus > agusim. 
Éostik, s, m., rossignol : dér. du précédent. 
lEr, s. m., aigle, mbr. erer s cymr. eryr, soit un brittonique *or-iro-, cfi 

vsl. or-tlti, al. aar et adel-aar « noble-aigle » > arf/er, gr. op-vi-<$ « grand 

oiseau », etc.'. 
2 Er, dans le : combinaison de en et #r, et cf. enn. 
Ér, s. m., variante contractée de <fo/\ V. ce mot. 

1. D*où aussi lat; em-6 « j'achète » (sens étymologique daos *dê-emô > ctëmo" 
« j'enlève »). Le sens de la racine était évidemment assez fuyant, ce qui justifie les 
déviations sémantiques. 

2. Plante qu'on faisait macérer dans l'eau. 

3. L'a initiale est mobile, comme daus beaucoup de racines de ce typé * cf; aussi 
sk. phè-na et ags./3m > ag./oam (= lat. *spoi-ma > 8pàma)1 

4. Peut-être bien « petit aïeul », terme de caresse pour désigner un « oncle mater- 
nel » (fils de l'aïeul maternel) . 

5. Peut-on conjecturer quelque rapport avec la rac. de lat. or-io-r, gr. tfp-v*-r«t et 
sk. r-pu-té « il s'élève »î De part et d'autre le vocalisme est peu élain 



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116 ERBÉD-ESKOAZ 

Erbéd, s. m., recommandation : abstrait du vb. erbèdi, composé d'une 
forme du préf . *ar- et de pédi. V. ces mots. 

Êré, s. m., lien: soit un radical celt. *en-rig-, V. la rac. sous rumm, et 
cf. 1 en,2éetkéfré. 

Érez, s. f., envie, dégoût, mbr. ères, « jalousie, malice », cymr. ères 
« étrange » et erysi « étonnement ». — Étym. inc. et cf. gwarizi. 

Ergerz, s. m-, voyage à pied, promenade : préf. ar- et kerz\ 

Erc'h, s. m., neige, corn, irch > er, cymr. eir-a id., vir. arg « goutte » : 
d'un celt. *argo- (pour *parg-o-ï), d'étym. inc.'. 

Erméaz, adv., hors, dehors (d'où ermésiad « étranger ») : à traduire litté- 
ralement « dans la campagne ». V. sous 2 er et méaz. 

Érô, s. m., sillon, mbr. eru id., vbr. eru- « fonds de terre », corn, eru et 
cymr. erw « champ », vir. arbe et arbar « blé », ir. et gael. arbhar 
« blé », lat. ar-ou-m « terre de labour », etc. : tous dérivés anciens, formés 
sur la rac. ARA. V. sous arar et arat. 

Err, s. m., élan, fougue, hâte. Empr. fr. ancien erre(< lat. iter) « marche», 
surtout dans la locution très usuelle grant erre « vite » *. 

Errez, s. m., variante de arrez. V. ce mot. 

Erruout, vb., variante Aearruout. V. ce mot. 

Erv, s. m. (pi. iroi), variante de érô. V. ce mot. 

Ervâd, adv., bien, mbr. en mat. V. sous 1 en et màd. 

Es, particule, variante de ez dans tous les sens. 

Êsa, ésaé, s. m., essai, épreuve. Empr. fr. essai. 

Eskammed, s. m., billot : contamination du bas-lat. scamellum « esca- 
beau » * et du fr. dialectal *escaffaud « échafaud ». — Conj. 

Eskemm, s. m., échange (ex-cambium). Cf. kemm. 

Eskenn, s. m., morceau, pour *hesk-enn avec suff. masc, soit donc 
« sciure », de même formation que heskenn « scie ». 

Eskoaz, prép., en comparaison de: exactement « à l'épaule de », parce 
qu'on se mesure épaule contre épaule. V. sous 2 é et skoaz. 

1. Ne pas comprendre er kers »> dans la marche »; car, kerz étant masculin, er 
n'y peut produire mutation douce; mais il se peut que le type er ait agi sur le voca- 
lisme de *ar-gerz. 

2. Si le brittonique est à séparer de Tir., on peut tout simplement l'interpréter par 
*arg-io- « blanc », gaul. *argios (dans Argio4alos n. pr.), gr. àpf-6-;, etc. V. sous 
arc'hant. 

3. Conservé aussi dans le fr. moderne erre-mcnte* 

4. Attesté surtout par l'ai, schemel. 



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ESKOP-EUNN 117 

Eskop, s. m., évoque (pi. eskep). Empr. lat. épiscàpu$\ 

Eskuit, adj., agile, cymr. esgud, vir. eacid, ir. éasguidh, gael. easgaidh 

c< dispos » (exempt de fatigue) *. V. sous *eks- et skuiz. 
Espern, s. m., épargne. Empr. fr. ancien espargne. 
Estai, s. m., dévidoir : jadis pi. de astel », pris pour un sg. 
Estlamm, s. m., étonnement : contamination d'un mbr. *ech-lamm 

« bondir hors de [soi] » par le mbr. esion empr. fr. V. sous lamm. 
Estr, estré, adv., prép., outre, en outre : le mot est avec entré exactement 

dans le même rapport que lat. extra avec lat. intrà, soit donc un type de 

comparatif ou d'adv. local dér. de *eks. 
Éta, donc, mbr. enta, cymr. ynte (particule adversative de liaison), cf. ag. 

and y vhal. unii > al. und, sk. àtha « et ». 
Êtéô, étev, s. m., tison, brandon, corn, itheu, cymr. etewyn, cf. vir. ith- 

arnae « torche » : soit un celt. *t7w- < *pitu~ et *pitaw-i-, cf. gr. n(-rj-« 

« pin », sk. pilu-dâru (nom d'un arbre très riche en résine), lat. pïnu-s, 

etc. — Conj. Stokes*. 
Être, prép., variante de entré. V. ce mot. 
Étréaé, prép., vers, mbr. entresea et entrézec id. : soit *en-tres- = lat. *iw- 

trans « dans-à-travers », surchargé d'un suffixe de dérivation adverbiale ; 

pour le suff., cf. bété, goudé, adâlek, etc. ; pour le corps du mot, être. 
Eûb, s. m., embarras : abstrait de eûbi, mbr. eiïbi « embarrasser », et celui- 
ci pour mbr. a&hubi. Empr. lat. occùpàre « s'emparer de >> tenir ferme 

> faire obstacle ». 
Eûbeûl, s. m., variante de ébeùL V. ce mot. 
Enfl, s. m., atome, fétu, duvet volant, cymr. eflyn et yfflyn id. : peut-être 

simple variante à métathèse de elfen et elven. V. ces mots ; mais cf. aussi 

cymr. ulwyn « cendre », br. fulen et nloen. 
Eul, article indéfini devant l, cf. eunn et al. 
Eûn, adj., variante contractée de éeùn. V. ce mot. 
Eunn, article indéfini, corn, un, cymr. un, vir. oin, etc. : d'un celt *oi- 

no-B « un » (nom de nombre), lat. oinos > anus, gr. olvïj « le point de 

Tas au jeu de dés », got. àin-s « un », ags. an >ag. one et an, al. 

1. A la différence du fr., qui suppose opiscopus. 

2. Mais sans doute contaminé, en br., de kuU « libre ». 

3. An sens de « menue pièce de bois ». V. ce mot. 

4. La phonétique rigoureuse exigerait *écféû\mais la dentale peut être restée sourde 
on s'être réassourdie par contamination de tdn. 



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118 EUR-EVN 

ein, etc. 1 ; les principales autres dérivations de cette racine universelle 

sontsk. éka (< i.-e. *oi-qo~), zd aeva « un » et gr. o!<k « seul » = ot-f<J-, 

peut-être lat. ae-quus, etc. Cf. unan 9 i/itaào, itron. 
Eur, variante du précédent. V. sous ar. 
Eûr, s. f., chance, bonheur. Empr. fr. heur. 
Eûré, il fit (et formes similaires), mbr. gueure. V. sous gra. 
Eûred, eûreûd, s. m., noce, mbr. euret. Empr. lat. ôràtus « prière » 

(ôràtio), restreint au sens de « prière prononcée sur les futurs époux 

> célébration du mariage ». — Conj. Loth. 

Eux, prép., de: forme moderne de *eks. 
2 Eûz, s. m., horreur, terreur : parait contenir, à l'état long, la même rac. 

que le lat. pav-or, également reproduite par le vir. ûath id., sans autre 

répondant sûr ni possibilité de préciser la dérivation. 
Éva, vb., boire, mbr. evqff, corn, eve, cymr. ib-en (ancien) « nous buvons », 

vir. ibim ce je bois », gael. ibh y etc. : d'un vb. celt. *ib-ô pour *pib-ô, sk. 

pib-a-mi, lat. ii'6-ô*. 
Ével, comme, cymr. efel>fel : forme déaspirée de hèoel à sens adverbial. 
Éven, s. m., juin : écourté de mézéven par suite d'une confusion qui l'a 

rattaché au lat. jnnius; méz- a été pris pour mtz. V. ces mots. 
Éves, s. m., attention (aussi évec'h et éouec'h V.), peut-être pour*Ae-i0ex 

= celt. *8u-wik-to- « bonne garde » (cf. hé- et az-aouez), dér. de la même 

rac. qui a donné lat. vig-il « qui veille », got. wak-jan, ag. to wake, al. 

wach-en « veiller », wack-er « diligent », weck-en « éveiller », etc., etc. 

(corn, gwethe et gwithe « veiller »). 
Évit, prép., pour, mbr. eguit, corn, atoos id. : ce dernier supposerait une 

forme plus ancienne *awoet. — Étym. inc. Cf. égét. 
Évl, s. m., bourdaine. Empr. lat. ébulum, et cf. 2 éoor. 
Évlec'h, s. m., orme : dér. d'un radical *ec/-, métathèse pour *elo- (conta- 
miné du précédent). Empr. ags. elm ou lat. ulmus*. 
Evn, s. m., oiseau (aussi ein V.) : altéré pour en (cf. 2ènez) > et celui-ci 

pour mbr. ezn, corn, heth-en > edhen, vbr. etn-, cymr. erfn, vir. en id. : 

d'un celt. *etno- pour *pet-no- « volatile », dér. de la rac. PET « voler », 

1. Le doublement de Va final vient en br. de Taualogie de ann % une fois le nom 
de nombre devenu article. 

2. Subsidiaireotent apparente à la rac. PO « boire », 8k. pâ-hi « bois », gr. iw-vw 
et Kt-vw, lat. pô-tu-s, pGtâre, etc. 

3. Le nom celt. est vir. lem, ir. lcamh y gael. leamhan, cymr. Uicyf, 



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ÉVODI-FAÉ 119 

et identique à lat. *pet-nà > penna « aile »; sk. pât-a-ti et gr. itéx-e-xat 
« il vole », irre-p<S-v « aile », ag.feather et aX.feder « plume », lat. pet-ere 
« se diriger vers », etc. 
Évodi (C.)t vb., monter en épis. Cf. dioda*. 

1 Évor, s. m., ellébore : soit un plus ancien *elleoor > *annet>or où ann a 
été pris pour l'article. Empr. lat. helleborus. 

2 Évor, s. m., bourdaine, vir. ibar, ir. et gael. iubhara if», gaul. Eburos 
n. pr., et cf. cymr. efwr y « berce, blanche-ursine » : d'un celt. *eb-uro- 9 
presque identique au lat. eb-ulu-m « hièble ». Cf. éd. 

3 Évor, s. f., variante dénasalisée de eûvor. 
Evr (V.), s. m., variante de ebr. V. ce mot. 

1 Éz, particule verbale (cf. 1 é), corn, ydh et y, cymr. yd et y, vbr. it 9 iden- 
tique au suivant : en d'autres termes, une phrase telle que aliez é 
kanann doit se traduire littéralement « [c'est] souvent que je chante ». 
V. sous 1 a. 

2 Es, que : relatif d'origine obscure. Cf. le précédent. 
Ez-, préf ., Tune des formes de *eks-. 

Ézel, s. m., membre (pi. izili), corn, esel, vir. asil id. : d'un celt. *ass-5/i-, 
lui-môme dér. d'un celt. *ass-à, « poutre, côte », d où corn, et cymr. as-en, 
vir. cu-na, cf. lat. a$s-eret got. ans « poutre »; sans autre équivalent. 

Ézé6, s. m., boucle d'attelage. Empr. fr. essieu. — Conj.*. 

Ézomm, s. m., besoin (aussi éhomm V.), cf. corn, eihom id., vbr. edem- 
n-etic « qui a besoin » et vir. adam-na « faim » : contamination d'un 
composé du vb. « être » et du préf. *eks-, au sens du lat. de-esse « man- 
quer », avec un dér. celt. d'origine indéterminable impliquant l'idée de 
besoin ». — Conj. — Cf. le suivant. 

Ezvésand, adj., absent : préf. ez- et béza, soit le lat. *ex-sens s'il existait 
avec le sens de ab-sens. V. le précédent. 



Fâ, s. m., variante de fâo. V. ce mot. 

Faé, s. m., dédain, mbr. fac et foi, cymv.ffei « fi! », cf. fr. fi, ag./e, 
al. pfui, etc. Onomatopée du mépris. Ct.fec'h. 

1. Le préf . parait être ici *«/*«-, soit donc *cc*hodi > *êodi > ècodl (Yo dévelop- 
pant une labiale). 

2. Peu vraisemblable, à raison de l'énorme changement de sens. 



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120 FAEZ-FÉAL 

Faez, adj., vaincu, las, corn, feth-e « vaincre » : soit un celt. (ppe passé), 

*spak-to- « vaincu », sans apparcntation claire. 
Falaouéta, vb., dénicher des oiseaux : pour *faoul-aéta, dér. d'un radical 

*faoul. Empr. ags./a^o/ « oiseau » > ag./o«?/ a volaille ». 
Falc'h, s. f.,faux. Empr. lat. falcem. Cf. 1 fais. 
Falc'han (etc.), s. m., faucon. Empr. lat./a/co/iem. 
Fall, adj., mauvais. Empr. fr. ancien /e/, « félon, pervers ». 
Fallakr, s. m., scélérat: combinaison de fall et akr. 
Fallout, vb., manquer, falloir, faillir. Empr. fr. falloir 1 . 

1 Fais, s. f . , faucille. Empr. fr. ancien falz « faux ». Cf. falc'h. 

2 Fais, adj., faux. Empr. fr. ancien fais id. Cl.faoz. 
Faùk, s. m., boue. Empr. normand fanq ue « fange ». 
Faùken, s. f., sole: dér. du précédent». 

1 Faô, s. m., fève, mbr. faff y corn. fao. Empr. lat. faba. 

2 Faô, s. m., hêtre. Empr. lat fàgus > fr. ancien fou. 

Faout, s. m., fente, cf. faouta « fendre » et vir. scoilt-im « je fends » : dér. 

d'une double rac. SPEL et SQEL, sk. sphâf-a-ti « il éclate », gr. «cft- 

Xu) « je hache », lit. skélti « fendre », etc. Cf. aoten. 
Faoz, adj., faux. Empr. fr. moderne. Cf. 2 fais. 
Fard, s. f., charge, tonnage. Empr. fr. (ci. fard-eau). 
F arien, s. f M bagatelle : variante de c'hoariel. Cf. c'hoari. 
Farlota, vb., s'amuser : dér. de l'empr. fr. altéré falot « bouffon ». 
Farouel, farvel, adj., étourdi, bouffon : pour *frao-el, dér. de frao=fraà*. 

V. ce mot. — Conj. 
Fata, vb., s'évanouir, mbr. falaff, « être ébahi, hébété ». Dér. d'empr. fr. 

fat (ou provençal fat), « sot, stupide, ahuri » < lat. fatuus id. 
Fav, s. m., variante de 1 faô (d'où aussi fac-az s. m. « tige de fève ») et de 

2 faô. V. ces mots. 
Fazi, s. m., erreur (aussi faïV.) : abstraitdu vb. mbt.faziaffit se tromper », 

pour *faï-yqff. Empr. fr. faillir. Cf. la note sous koûchéza. 
Féal, adj., fidèle, loyal. Empr. fr. ancien /tel. 

1. Là où ce vb. se traduit eu apparence par « vouloir », il n'est eu réalité que 
l'exact équivalent de « falloir »: pétra afelld'é/ioc'ht* que vous faut-il? > que 
voulez-vous? » 

2. Ce poisson s'enfouit dans le sable ou la vase. 

3. Cf. l'expression française a comme une corneille qui abat des noix ». Au sens 
de « bouffon » la métathêse a été peut-être favorisée par l'existenee du mo\ fars 
« plaisanterie » (empr. fr. farce), lequel a aussi agi sur *falota > farlota. 



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FÉAZ-FEÛR 121 

Féaz : adj., variante defaez; s. m., battant du métier de tisserand (« le 

fatigué », parce qu'il est sans cesse en mouvement). 
Fec h ! fi ! Ct.faé. Onomatopée de l'action de cracher. 
Peiz, s. m., foi, probité, corn./edA, cymr. ffydd. Empr. \iX.fldes. 
Felc'h, s. f., rate, vir. selg, ir. et gael. sealg id. : soit un celt. *selga 

<C*8pelg'â, cf. sk. plih-àn et gr. <nrXV r v « rate »,gr. auXcr^-vo-v « viscère », 

lat. lien « rate » < *spli-ën t etc. — Rapprochements très obscurs. 
Feller, s. m., défaillant, délinquant: dér. de 
Fellout, vb., variante defallout. V. ce mot. 
Felpenn, s. m., lopin, gros morceau, mbr. falpen. Empr. fr. ancien (argot) 

felpe^flipe, fripe, etc. (sens analogues). 
Feltra, vb., éparpiller: primitivement « filtrer » (tamiser). Dér. de lempr. 

fr. *feltre « tamis »> fr. moderne feutre. 
Félu, s. m., goémon. Empr. lat. ulva « algue », avec métathèse; ou bien 

dér. d'un celt. inconnu apparenté au lat. ulva. — Ern. 
Fenna, vb., répandre, couler, cymr. ffynnu, « produire, prospérer )),ffynnus 

« productif ». Empr. lat. fund-ere « verser ». Cf. founn. 
Fénôz, adv., cette nuit : forme imitée de fèteiz. 
Férô, ferv, adj., sévère, farouche, mbr. ferf, cymr. Jfyrf. Empr. lat. firmus 

« ferme », mais contaminé du sens du lat. férus « farouche ». 
Feskad, s. m., gerbe : dér. d'un simple *fesk (mbr. fesq-en), cymr. Jfasg 

« paquet ». Empr. \atfascisn faisceau », et cf. béac'h. 
Fesken, s. f., fesse. Empr. fr. altéré 1 fesse. 
Fest, s. f., festin. Empr. fr. ancien feste. 
Féteiz, adv., aujourd'hui : pour *vet-deiz, où *cet est le même élément que 

bet dans bété, soit « tout le long du jour ». Cf. bété, biroiken, biskoaz, etc. , 

et deiz, fénôz. — V. le Gloss. Ern., p. 61 sq. 
Fétiz, adj., épais, massif. Empr. fr. ancien (nominatif) faitis (accus, faitif), 

du bas-lat. factious « fabriqué »'. 
Feûk, s. m., variante usuelle (muée?) de peùk. 
Feûl, adj., fringant, alerte. Empr. fr. ancien fol*. 
Feunteun, s. f., fontaine. Empr. bas-lat. fontàna. 
1 Feûr, s. m., prix, taux, cours. Empr. lat. forum « marché » ou fr. ancien 

1. Sous l'influence de Tbomophonie du précédent? 

2. Le sens de « bien fabriqué » s'en déduit naturellement. 

3. Cf. les locutions « faire le/oJ, fol-âtrer», etc. Toutefois /oM existe aussi. 



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122 FEUR-FISTIL 

fuer, conservé dans la locution « au fur et à mesure » (en proportion du 

prix et de la quantité) . V. aussi afeûr. 
2 Feûr, s. f., fourreau. Empr. fr. ancien feurre s. m. 
Fibla (C), vb., rosser d'importance. Empr. fr. ancien afibler « affubler » 

[de coups]. Ou empr. ags. *flappan et *flippan « battre»? cf. ag. moyen 

flapp-en « battre », ag. to flap « battre des ailes » et flippant [tongue] 

« langue battante > bavarde » ; avec métathèse. 
Fibu, s. m., variante dissimilée defubu. V. ce mot. 
Figuz, adj., délicat, difficile : dér. d'un radical *fig. Empr. fr. figue*. 
Fichel, s. f., épieu, fourgon. Empr. fr. fiche, etc. « tout ce qui sert à 

ficher » (sens ancien); d'où aussi br. ficha vb., « fourgonner, vétiller », 

et l'onomatopée bv.fich-fich «frétillant ». 
Flc'h, s. m., fistule, ulcère. Empr. fr.^îc< lat. ficus. 
Filip, s. m., moineau. Empr. fr. Philippe, sobriquet*. 
Fillidigez, s. f., faiblesse : dér. du radical defell-out. 
Fi]or, s. m., filleul. Empr. fr. filleul dissimilé. 

Finioh, finij, s. m., faîne : pour *fic y hin, par métathèse et peut-être conta- 
mination de kivich. Empr. lat. fdginus > *fàgïnu8. Ct.fion. 
Finouolxella, vb., fouir à la manière des porcs : contamination defifivalet 

de houc'hélla, « remuer, cochonner ». Cf. houc'h. 
Fiùval, vb., bouger, mbr. fifual, cymr. chwyf-io (de chwyfa agitation »), 

ir. *8iumal > siubalet gael. siubhal « marche» : dér. d'uncelt. *swem-o- 

« mouvement », rac. SWEM, cf. ag. to swim et al. schwimm-en « nager ». 

V. aussi koc'hu et gwiûoal. 
Fion, s. m., faîne : métathèse pour *foïn. Empr. fr. *fouine, dér. de fr. 

ancien fou « hêtre ». Cf. finich. — Conj. 
Firboucha, vb., fureter : contamination possible d'empr. fr. ancien fourgier 

« fouiller » et forbouter « chasser ». — Conj. 
Fisiout, vb., fier, se fier, mbr. fizyaff. Empr. fr. fier « laX.fîdere), mais 

peut-être contaminé defeiz. V. ce mot, et ct.fazi. 
Fisti), s. m., babil : soit « frétiller de la langue », cf. fr. (argot) là fes- 

tillante, « la frétillante, la queue », du vb. fr. ancien festier « fêtoyer qqun 

comme le chien son maître » (en remuant la queue). Empr. fr. — Ern. 

1 . Par l'intermédiaire de la locution « moitié figue moitié raisin = bon gré mal 
gré »? — Conj. désespérée. 

2. Par onomatopée du pépiement ; cf. d'une part ag. to chirrup et chirp, et de 
l'autre le fr. pierrot. V. aussi br. hilèri. 



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FLAK-FLOUR 123 

Flak, adj., faible, fade. Empr. fr. (argot)yïac <* flasque ». 

Flacha, vb., bouger. Empr. fr. ancien fleschier, « fléchir, dévier ». — Conj. 

1 Flac'h, s. f., le creux de la main. Empr. ags. flasce, « bouteille, récipient» 
O&g.flask, empr. lat. vasculum). 

2 Flac'h, s. f., béquille. Empr. fr. ancien flaque ou flasque « madrier 
d'appui » (Hatzf. 8. v. 3 flasque), — Conj. 

1 Flamm, s. m., flamme, corn, flam, cymv.fflûm. Empr. lat. flamma. 

2 Flamm, adv., parfaitement : identique au précédent, abstrait de locutions 
telles que néoez flamm « flambant neuf », puis transporté à d'autres 
avec sens généralisé. 

Flamoad, s. m., tithymale, épurge (euphorbiacée), cymr. fflam-goed 

« aiguille de bois ». V. sous flemm et koat. 
Flastra, vb., écraser. Empr. fr. ancien flastrer « aplatir ». 
Flatra, vb., moucharder, dénoncer: contamination de flatter' et de flairer 

ou flétrir <c marquer d'infamie ». Empr. fr. 
Fléar, s. m., puanteur, corn.^air « odeur », cymr. fflair « pet » etffleir~io 

« puer », vbr. fler-iot « odorant » et flair -maur « d'odeur forte ». Empr. lat. 

fragr~àre « avoir bonne odeur » (euphémisme) > *flagrare (> fr. flairer) . 
Fléd, s. m., lit, grabat, mbt.flet. Empr. ags. flett, « chambre, demeure », 

mais primitivement a lit »\ 
Flemm, s. m., aiguillon, injure, cymr. fflaim « lancette ». Empr. fr. ancien 

flieme* f aujourd'hui flamme, ag. fleam, etc. 
Fléria, vb., puer: dér. de fléar. V. ce mot. 
Flistra, vb., jaillir : altéré pour *flstla t cf. cymr. chwistrell « tuyau » et 

chwistrellu « asperger». Empr. bas-lat. flstulàre id. 
Flôda, vb. , cajoler, caresser : dér. de l'empr. picard flaud, « mou, flasque » 

(confondu en fr. avec^ow). — Conj. Ern. 
Floc% s. m., écuyer, page (pi. flec'h), corn, flogh etfloch « enfant », 

cf. gael. fleasg-ach « célibataire »*. — Étym. inc 
Floùdren (V.), s. f., vallée. Empr. fr. ancien altéré fondoire id. — Conj. 
1 Flour, s. m., fleur (de farine), élite, lustre, éclat, cymr. ffiwr, et cf. 

Jflwrdylis « fleur-de-lis ». Empr. fr. ancien flor et flour « fleur ». 

1. Ou se fait souvent dénonciateur par flatterie. 

2. Pour le sens, cf. le lat. cubiculum, 

3. Du bas-lat. phlèbotomum « lancette ». 

4. Rapprochement presque impossible. Autrement on serait fixé sur l'étymologie 
du mot, qu'on trouvera dans Mcb. 



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124 FLOUR-FOUTOULA 

2Flour, adj., frais, doux, bon, doux au toucher : identique au précédent, 
mais influencé dans la dernière acception parle fr. velours. 

Pô, s. m., ardeur, chaleur. Empr. fr. ancien fou « feu ». 

Foar, s. f., grand marché. Empr. fr. foire. 

Foas, s. m., sorte de gâteau. Empr. fr. fouace. 

Foeltr, s. m., foudre : contamination defoultr par foét. 

Foenn, s. m., foin, corn. foen y cymr. ffwyn. Empr. lai. fènum. 

Foesk, foest (V.), adj. mou, faible. V. sous ioust. 

Foét, s. m., fouet Empr. fr. (aussi fouet). 

Folligen-vaé, s. f., bécassine de mer (oiseau dont le passage s'opère au 
mois de mai). Empr. lat. fulica « poule d'eau », et cf. Maè. 

Forc'h, s. f., fourche, corn, forh, cymr. forch. Empr. lat. furca. 

Forc'hein (V.), vb., priver, sevrer: exactement « contraindre » [à se passer 
de], dér. de forh, forme dialectale de/ors. V. ce mot. 

Forlok, s. m., anse du gouvernail : exactement << très mobile », altéré de 
furluok. V. ce mot. — Conj. 

Forn, s. m. f four, corn, forn, cymr. ffwrn. Empr. \vX.furnus. 

Fors, s. m., cas, estime, rabr. et corn. forz % « force, estime 1 >*. Empr. fr. 

Fouanv (V.), s. m., enflure, hydropisie : forme dialectale dont la dériva- 
tion se rattache à c'houéza. V. ce motet koefio*. 

Fougé, s. f., vanité, ostentation : dér. d'empr. fr. fougue*. 

Fouin, s. m., fauvette mâle. Empr. fr. *fauvin, qui est, au môme titre que 
fauvette, un dér. naturel de fadj. fauve. 

Foultr, s. m., foudre. Empr. fr. ancien fouldre. 

Founil, s. m., entonnoir. Empr. bas-lat. *fundiculum pour in-fundi-bulu-m 
« instrument à verser ». Ou peut-être empr. fr., cf. gascon hounilh id. 

Founn, founnuz, adj., abondant: abstrait ou dér. de l'empr. lat. fundere 
« répandre ». V. sous fenna. 

Fourgas, s. m., agitation: contaminé de plusieurs sources, cf. mbr./re- 
gaff « s'agiter », fr. ancien fourbot « tumulte » et fr. ancien furgier 
(> br.furgein V.) « fourgonner » (sous^r&oacAa). 
Foutou)a, vb., barboter. Onomatopée. 

1. Conservé seulement dans la locutiou né rannfors, qui équivaut au fr. ancien 
je n'en fais pas force « je ne m'en soucie pas » : d'où le changement de sens. 

2. A partir d'ici, chercher sous l'initiale /o- les mots qu'on ne trouverait pas sons 
l'initiale fou-, 

3. La transition de ce sens, tant soit peu étrange, a dû se faire par l'intermédiaire 
de celui de « fanfaronnade ». 



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FRAEZ-FRÎ 125 

1 Fraez, s. m., anus: exactement « la brèche ». Empr. lat. fractura 
« brisé », cf. h. fesse < lat. fissa « fendue » \ 

2 Fraez, adj., adv., variante primitive àefréas. 

Frai, s. m., fente, crevasse: abstrait de Tempr. fr. ancien fraill-er « bri- 
ser », qui remonte à un bas-lat. *fragillàre. 

Framm, s. m., jointure, charpente, cymr. ffrâm id. : abstrait d'empr. ags. 
fremman « ajuster », cf. ag. frame « cadre ». 

Frank, adj., franc, loyal. Empr. fr. ancien/ranc. 

Fraô, s. m., corneille grise, corn, frau, d'un celt. *8rato-o- <C*spraw- 
o-, qui rappelle tout à la fois lat. parra « orfraie » et ag. sparrow « moi- 
neau ». Cf. aussi ît. freux*. 

Fraost, adj., inculte. Empr. fr. ancien frost, « en ruine, en friche », et 
cf. le fr. moderne fruste refait sur Tital. frusto. 

Fréalzi, vb., soulager, consoler: exactement « affranchir » [de peine], 
mbr. freate « libre ». Empr. ags. frëols « liberté » etfrëols-ian « affran- 
chir » a ; cf. got. frei-hah « qui a le cou libre », al. freihals. 

Fréaz : adj., clair; adv., clairement; cymr. ffraeth « éloquent » < celt. 
*8rak-to- <C*VaAr-/o-, cf. cymr. ffrec « abondance de paroles » et ffreg- 
od « bavardage » : tous dér. de la même rac. qui a donné ags. sprecan 
et al. sprech-enu parler ». 

FreJ, s. f., fléau, mbr. fraeill, cymt.ffrewyll id. Empr. lat. flagellum, ou 
(pour le br.) fr. ancienne/, avec l dissimilé en ;•*. 

Frenn (V.), s. m., odorat : soit un dér. celt. *8rok-n-yo-, à rattacher à la 
même rac. que f ri et/ron. V. ces mots. 

Présk, adj. frais. Empr.fr. ancien *fresc, cf. ital. fresco.* 

Fret, s. m., cercle de moyeu. Empr. ir.freite « virole », etc. 

Freûza, vb., défaire, briser. Empr. bas-lat. *fractdre (fréquentatif de 
frangere), mais confondu avec mbr. froesaff (empr. fr. froissicr). 

Freûzel, s. f., herse: dér. du précédent. 

Frî, s. m., nez, corn, fruc (voc.) > frig « narine », pi. frigow, qu'on ne 
retrouve ni en ir. ni même en cymr. : soit un celt. *8rï-n-, sans autre 
équivalent connu que gr. f5(-; « # ap(-v-;), mais apparenté bfron. 

1. On simplement empr. tr. fraise, euphémisme facétieux (Loth). 

2. ïasu sans doute d'un mot gaulois de même origine. 

3. C'est un des premiers mots qu'ont dû apprendre les Bretons insulaires réduits 
en esclavage. Cf. ag. //ec\ etc. 

4. La jolie métaphore fre{ al lagad « coin de l'œil » se comprend mieux qu'elle 
ne se peut définir : regarder quelqu'un qui cligne de l'œil. 



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126 FRlkA-PROUN 

Frika, vb., écraser, froisser, mbr, fricajf. Empr. fr. ancien friquer. 

Frigas, s. f., boue. Empr. fr. probable fricassée), et pour le transport de 
sens cf. br. souberc'h. — Conj. 

Frimm, s. m., frimas, verglas: abstrait de l'empr. fr. frimas. 

Friàga, vb., sauter, s'amuser (d'où aussi friûgot, « fredon, roulade »). 
Empr. fr. ancien fringuer « gambader », dont le ppe présent fringant 
est resté en usage. V. aussi grigonsa. 

Fiiol, adj., prodigue, dissipateur, mbr.friooll. Empr. fr. 

Frita, vb., frire: dér. de l'empr. fr. frit frite. 

Fromm, s. m., plénitude, cf. mbr. from-et « enflé », cymr. ffrom 
« colère » : soit un celt. *8rei-smen- < *sprei-smen « extension > gonfle- 
ment », qu'on peut rapporter à une rac. SPER > SPREI à sens assez 
variés, vir. ser-n-im « j'étends », gr. raeÉp-w « je sème », al. sprei-i-en 
« étendre », spros* « rejeton », etc. — Rapprochements hasardés. 

Fron, s. f ., narine, mbr. froan, cymr. ffroen, vir. sron, gael. sron « nez » : 
soit un celt. *8roknd, sans équivalent clair; cf. gr. pipe-w « je ronfle », 
vir. 8ren-im. V. aussi sous/H. 

Froùden, s. f., cravate: pour *front-en, dér. d'empr. tr. front*. 

Frota, vb., frotter, mbr. frotaff. Empr. fr. 

Froud, s. f., torrent, corn, frot, cymr. ffrwd, \br.frut, vir. sruth, etc. : 
soit un celt. *srutu- « courant », dér. de la rac. SRU SREW, sk. 
srâo-a-ti « il coule » et gr. f$eï = *ffp£/-et, sk. sru-ti et gr. p-<rt-<; « cou- 
rant », lat. rîcus = *8rîo-o-s (pour *srê«?-o- avec rac. allongée?), ags. 
strëam « germ. *8rau-ma-2) > ag. stream étal, strom, russe osirov-û 
« île » (autour de quoi il y a courant), etc. 

Frouden, s. f., fougue, caprice : dér. du précédent. 

Frouez, s. m., fruit, cymr. ffrwgth. Empr. lat. fructiis. 

Frougadel, s. f., urine (cf. frougcinV. « uriner »), mbr. froucqa urine » 
et cymr. ffrwg <f tumulte » : peut se rattacher par amplification à la même 
rac. que/roa-d. V. ce mot*. 

Froun, s. f., variante de fron. V. ce mot. 



1. Soit donc « fronteau », cf. l'évolution de sens de l'ag. kcrchiqf= fr. coucre- 
chef. Ou f r. fronde « sorte de bandage » ? 

2. C'est le plus probable ; car ce terme, devenu très grossier, fut sûrement, à 
l'origine, un euphémisme, comme la plupart des similaires ; mais il est absolument 
impossible d'en suivre de plus près l'histoire. 



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fUBU-GADAL 12? 

Fubu, s. m., moucheron. Empr. ags. wibba « scarabée », dont le dat. pi. 

estwibbum\ Cf. c'houibu et c'houtl. — Conj. Thomas. 
Fui, vb., se répandre subtilement. Empr. lat. fâm-are*. 
Fu), adj., brouillé, crépu, crépi : abstrait de fula, qui semble une meta- 

thèse de luia prononcé Huviaa brouiller »; ou empr. ags. *full-ian 

> fyllan « remplir » (cf. cymr. ffyll « couvert touffu »), influencé dans 

son sens par luia. Cf. aussi fr. fouillis*. 
Fulen, s. f. f étincelle : métathèse pour *uflen t cymr. ufel-yn « étincelle », 

ufel et uwel « feu », vir. oibel, « étincelle, feu », sans autre équivalent 

connu. Cf. aussi eloen. — Conj. Ern. 
Fan, s. f., longue corde, corn, funen, cymr. jffun « gerbe » et ffun-en 

« lien », vbr. pl.funiou « bandelettes ». Empr. lat./Rrus « corde ». 
Fur, adj., sage, prudent, corn, fur, cymr. ffur « rusé ». Empr. lat./ôr 

« voleur » (le cymr. fournit à souhait la transition sémantique). 
Fnrlukin, s. m., bouffon, charlatan. Empr. fr. arlequin (aussi harlequin), 

plus ou moins contaminé du suivant. 
Furluok, adj., volage, vagabond; cf. h. breloque, f reloche, fanfreluche, 

f reluque, freluquet > etc. Empr. fr. populaire. 
Fnst, s. m., manche de fléau, futaille, corn, fust et cymr. ffust. Empr. 

\a\.fUsti8, « gros bâton, fût de colonne », etc. 



GAk, adj., bègue; cf. gael. gagach id., ag. to cackle «caqueter », ah 
gackern « caqueter», gacksen « bégayer »,etc., etc. Onomatopée. 

G&d, s. f., lièvre, corn, gad, mbr. gat. — Étym. inc. 4 . 

Gadal, adj., débauché. Empr. bas-lat. *gatâlis > gadàlis « prostituée », 
c'est-à-dire « femme de rue », du germ. (visl.) gâta (al. gasse). 

1. Le pi. de ces sortes d'appellatifs est naturellement beaucoup pins courant dans 
la langue que le sg. 

2. On attendrait *fuào-i, mais la labiale s'est résorbée dans la voyelle labiale pré" 
cède n te, et la nasalisation avec elle. Toutefois cette explication est douteuse. 

3. Très obscur. En tout cas, dans le passage de sens de « crépu » à « crépi », il 
doit y avoir la même évolution qu'en fr., et peut-être une contamination française. 
V. le Dict Hatzf. 

4. D'après sk. çaçà, ag. haro et al. hase, on attendrait un br. */raa, et il n'y a 
pas de transition imaginable de l'un à l'autre. De son côté l'espagnol gato signifie 
« chat », et l'ags. gât (> ag. goat) <t chèvre ». 



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128 GADAN-GANT 

Gadan (C), s. f., lien d'osier: contamination de mbr. cadoen k chaîne » 
(empr. lat. catëna) et de gwéden. V. ce mot 

Gaé, adj., gai, joyeux. Empr. fr. gai. 

Gai, s. f., maladie cutanée. Empr. fr. gale. 

Galdu (V.), s. m., macreuse : pour *galv-du « le crieur noir ». V. sous 
galv-aden, et cf. lat. gal-lu-s « coq ». — Conj. 

Gall, s. m., Français (d'où Gallô « habitant de la Bretagne française »), 
cf. ir. et gael. Gall « Anglais », vir. gall « étranger », cynir. gai 
« ennemi »: soit un celt. *gallo , i.-e. *ghos-lo- (ou *ghà8-là), dér. de 
la même rac. que lat. hosti-s « ennemi », got. gast-s, ag. guest, al. 
gastj vsl. goslV, « étranger, hôte » « . 

Galloud, s. m., puissance (et gall-out vb. « pouvoir »), cymr. gall-u 
« pouvoir », corn, gall-os « puissance », etc. : tous dér. divers d'une rac. 
assez rare ailleurs, mais fort répandue en celt., qui se retrouve notam- 
ment dans vir. gai « vaillance », gaul. TaX-atr,-; et Gal-lo-s ethnique*, 
puis dans lit. gal-è « puissance », gal-è-ti « pouvoir », vsl. gol-êmil 
« robuste », sans autre équivalent connu. 

Galvaden, s. f., cri d'appel: dér. du mbr. gal-u « appel », cymr. gal-w 
« appeler », \\T.gall « cygne » (crieur) eigall « renommé » < celt. *gal- 
no- ppc passé; soit donc un vb. celt. *gal-ô « je crie, j'appelle », dont la 
rac. GAL se retrouve en gerra. et en si., visl. kalla « appeler » et ag. to 
call, vsl. glasil « voix » (russe golosu) et gla-gol-ati « parler ». 

Gamblid(Iaou), s. m., le Jeudi saint, mbr. dixyou camblit. Empr. bas- lat. 
complet us > complïtas a achevé » 3 . 

Gaû, s. f., variante do kah. L'orthographe mbr. gaign ramènerait à un 
sens « gain, butin » [des oiseaux de proie]. — Conj. Ern. '. 

Ganaz, adj., fourbe, mbr. ganes: dér. d'empr. bas- lat. gannum, a jeu, 
moquerie », et cf. ital. ingannare « tromper », etc. 

Ganédigez, s. f., naissance: dér. deganet « né ». V. sous génel. 

Gaàt, prép., avec, par : pour *kant, corn, cans, vbr. cant, vir. cet, gaul. 

1. Le seul fait que, chez les Irlandais, le mot Gall a désigné autrefois les Norvé- 
giens et désigne aujourd'hui les Anglais, montre que ce terme n'a rien de commun 
avec l'appellation bien connue des a Gaulois ». V. le mot suivant. 

2. « Les vaillants, les puissants », nom que ces peuples se donnent à eux-mêmes, 
donc appellation flatteuse. Cf. Gall. 

3. Comme on dit en liturgie française « le Jeudi absolu ». Cf. aussi le nom de l'of- 
fice de Compiles. 

4. Toutefois cette origine est bien détournée. Il est bien plus probable qu'il ne 
s'agit ici que d'un calembour sur goann. 



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GAO-GAR 129 

canta- (et cala- dans les n. pr. du type de Cata-launi « Châlons »), coll. 
^k/ji-ta, qui est une amplification de la prép. *kom, comme en gr. xï-tx, 

et en lat. con trâ par rapport à cum. V. sous */*<?-, ken, ket, etc. 
Oaô, adj.. faux : variante de gaou. V. ce mot. 
Gaol, s. f., enfourchure (aussi gael), mbr. gaft et gaul, cymr. gajl, vbr. pi. 

r/abl-au « fourche », vir. gabul « fourchette », ir. gabhal, gael. gobhal, 

gaul. latinisé gab-alu-s k fourche de gibet » (d'où fr. #d6/e « fronton 

triangulaire allongé »), al. gab-el « fourchette », et cf. sk. gâbh-asti 

« l'envergure des bras » el lat. habëre u tenir »'. 
Gaonac'hen, s. f., femelle stérile, mbr. gaunach id. : d'un celt. *gaun- 

akkà* dér. du même type que gr. yaO-vaî, « vain, menteur », par rapport 

à x a 'j- v °-s. V. la rac. conjecturale sous gaou. 
Gaou, s. m., tort, mensonge, mbr. gou, corn, gotc, cymr. gau, vir. gâu 

> gào > go, etc. : soit un celt. *gow-o-, dér. d'une rac. peu claire que 

paraît reproduire le gr. ^aO-vo-;, « mensonger, stérile » ; cf. aussi gr. 

Yï>5o-; « crochu » et lit. pri-gâu-ti « tromper )>'. 
Gaour, s. f., chèvre (aussi gavr), mbr. gaffr, cymr. gafr, vbr. mel-gabr 

« troène » (plante-à-chèvre), corn, gauar, vir. gabor, ir. gabhar, gael. 

gobhar, gaul. *gabro8 s. m. dans Gabro-magus « le cham^ de la chèvre » 

et autres n. pr. : se retrouve donc dans toutes les langues celtiques, mais 

nulle part ailleurs 3 . 
Gaozan, s. f., mite, mbr. gausan, corn, goudhan, cymr. gwyddon pi., cf. 

ir. ftneôg et gael. fionag (concordances irrégulières). — Étyra. inc. 
Gar, s. f., jambe, mbr. et cymr. garr, corn, gar, vir. gairri pi. : d'un celt. 

*garri- «jarret* », sans équivalent ailleurs. 
*Gar-, préf. rare et de sens très indécis, peut-être péjoratif à l'origine : 

peut se ramener à cymr. (ancien) gerran « nain », vir. gerr, ir. geârr 

1. La phonétique ne permet pas de décider dans quelle mesure la similitude des 
mots celtiques et germaniques procède d'emprunt ou d'affinité préhistorique. En tout 
cas, le got. glbla et le vhal. gebal « sommet » paraissent bors de cause. 

2. Ces divers rapprochements ne se laissent pas concilier entre eux : le premier 
est le plus vraisemblable; le dernier n'est cité que pour mémoire. 

3. Le Lit. caper a deux sourdes contre deux sonores eu celtique ; à caper répondent 
gr. xi7rpo; « sanglier » et ags. Uaefcr « bouc»: il faudrait supposer une corruption 
préceltique. Ou serait-ce un emprunt des Celtes aux Germains, a l'époque lointaine 
où ceux-ci prononçaient encore quelque chose comme 9 hacrai y avec c bilabial? 

4. Fr. jarret est emprunt celtique. —Le pi. vbr. esceir (cf. rtiœcsker) et le cymr. 
esgair « jambe » pourraient être le même mot précédé du préf. m eks-, soit « [ce qui 
commence] au jarret ». Le gr. <rxéX-o; « cuisse » est également isolé. 

9 



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130 GARAN-GAÎtZ 

et gael. geàrr « court », soit un celt. *gers-o-, sk. hras-câ « court » et 
hrâs-a-ti « il dépérit », gr. yj?-r k s « sans valeur » et x e '-? wv « pire ». 

Garan, s. f,, grue 1 , corn, etcymr. id., gaul. *garanos (dans tri-garanus 
inscr. de Cluny), cf. gr. ^épavoç, ag. crâne, al. kranich (lat. gr~a-$), etc. : 
tous ces mots paraissent se rattacher à la rac. « crier ». V. sous garni. 

Gardiz, adj., rude, vif : contamination des deux mots br. hardis « hardi » 
et br. garô. V. ce mot; mais cf. Ernault, Mém. Soc. Ling., X, p. 328. 

1 Gargaden, s. f., gosier. Empr. fr. ancien et dialectal gargatc id. 

2 Gargaden, s. f., gardon, goujon. Empr. fr. gardon, altéré par contami- 
nation du précédent (poisson goulu? ou qui bée?). 

Gargel, s. m-, houx : préf. *//ar- et kél-en. 

Garlantez, s. f., guirlande: dér. de l'empr. fr. ancien garlande. 

Garlizen, s. f., sole : préf. *gar- et lizen. Ou *garo-lizen « plie ru- 
gueuse »? Cf. fanken, lizen, garô et gare. 

Garlôsten, s. f., perce-oreille : préf. *gar- etlôst. 

Garm, s. m., cri, corn, et cymr. id., ir. etgael. gairm, soit celt. *gar-$men-, 
dér. d'une rac. GER ou GAR, d'où celt. *gar-ô « je crie »: vir. gair-i-m, 
gael. goir, cymr. gâter « clameur », etc.; cf. sk. jâr-a te et gr-nàti % 
« il bruit, il chante », gr. y^o-u-; « voix » et Y*«?^ stv (( cr ' er }) » l at « go,rrire % 
lit. garsa-s « bruit », etc. V. aussi sous garan, gër y gervel et galcaden. 

Garmélod, s. f., fresaie: dér. de garni. Pour la finale cf. fr. hulotte. 

Garô, adj., rude, dur faussi garv), mbr. gara, cymr. ganc y vir. garb y ir. 
et gael. garbh id. : soit un celt. *garwo- pour *gars-wo-, dér. de rac. 
GHERS « se hérisser », sk. hàrs-a-ti « il est raide », lat. hirs-ûtus, horr- 
idu-s, horr-ëre, etc., gr. /^o « hérisson », lit. zer-iù « je gratte » (concor- 
dances peu claires) ; mais sans rapport avec lat. gravis. 

Garr, s. f., variante primitive de gâr. V. ce mot. 

Garv, s. m., ver d'appât: le même que garô (ce ver est ridé). 

1 Garz, s. m., jars : cf. fr. (picard) gars « jars ». Empr. fr. très probable, 
mais de toute manière ëtym. très indécise. 

2 Garz, s. f., haie, jardin, cymr. garth, vir. gort « moisson » : d'un celt. 
*garto~ et *gorto-\ ce dernier reproduit l'i.-e. *ghorio-, « champ, enclos, 
culture », etc., gr. ^ôpto; « gazon », lat. hortus, got. gard-s « maisonnée», 
ag. yard « cour » (et garden), al. garten « jardin ». 

1. Le sens « jable » eu tonnellerie est secondaire : rainure pratiquée à l'aide d'un 
outil eu forme de bec de grue. 



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r 



GARZEL-GÉNOU 131 

Garzel, s. f ., râtelier : dér. de 2 garz « haie ». 

Garzou, s. m., aiguillon, corn, et cymr. garthou, vbr. pi. gerthi. Empr. 
germanique probable * : ags. gierd ; vhal. gartea > al. gerte « baguette ». 

Gast, s. f., femme publique, cymr. gast « chienne ». — Étym. inc. 

Gavlin, s. m., javeline. Empr. fr. Cf. le suivant. 

Gavlod, s. m., javelot. Empr. fr. ancien gaoelot, lequel, à son tour, est celt. 
d'origine et parait se rattacher au type gaol > gaol. 

Gavr, s. f., variante de gaour. V. ce mot. 

Géd, s. m., attente, garde, cf. mbr. guedaffa guetter ». Empr. fr. guet. 

Gédik, s. m., guérite. Empr. fr. guérite, probablement contaminé d'un 
diminutif de géd par étymologie populaire. — Conj. 

Gégin, s. m. % geai, variante muée de 2 kégin. V. ce mot. 

Geid, geiz, s. f., ramage. Onomatopée? Cf. fr. jaser et gazouiller. 

Gélaouen, s. f., sangsue, corn, ghel, ir. gel, gael. geai, sk. jal-uka (aqua- 
tique », cf. jala « eau », al. quell-en <c jaillir »j, gr. (ioiXXa et pXéroe; pi.: 
mot obscur, qu'on rattache parfois à une rac. GwEL, « dévorer, sucer », 
sk. gir-â-ti et gil-a-ti « il dévore », lat. gul-a, al. kehle « gorge ». 

Gell, adj., bai, brun, fauve, cymr. gell id. 9 : soit un celt. *gel-so-, dér. 
d'une rac. GHEL «jaune », sk. hâr-i «jaune » (gr. yXw-p4-ç), lat. hel-ou-8, 
ags. geolo > ag. yell-ow, al. gel-b y lit. gel-tas « jaune-clair », etc. 

Geltren, s. f., guêtre. Empr. fr. altéré. 

Génel, vb., enfanter, naître, cymr. gen-i « naître », vir. gein « naissance », 
ro-gén-ar « je suis né », etc. : d'un vb. celt. *gen-ô, dér. de l'universelle 
rac. GENA, sk. jân-as « naissance » etjân-a-ti « il engendre », gr. fév-oc, 
7£v-!-$6ai, -yvT é -To-ç « né », lat. gen-us y gi-gn-ere, gnatus > nàtus, gens 
« race » (gén. gen-t-is), indi-gen-a, etc., ag. kin « race » et kind 
« espèce », al. kind « enfant », gaul. Cintu-genus n. pr. (premier-né, 
cf. keûta) et similaires, etc., etc. 

Genn, s. m., coin à enfoncer, mbr. guenn, vbr. gen y cymr. gaing, vir. 
£eiW,gael. geinn id. : soit un celt. m gendi- t dont on croit retrouver un 
équivalent en letto-slave * ; sans aucun rapport avec koh. 

Genou, s. m., bouche, corn, et cymr. genau, gaul. n. pr. Gen-ava (em- 

1. Toutefois le mot pourrait à la rigueur être celto-germanique, si l'on n'admettait 
pas l'identification courante et séduisante de l'ai, gerte avec le lat. hast a. 

2. La méconnaissance de la mutation a causé l'erreur sur le genre. 

3. Mais vir. gel, ir. et gael. geai signifient « blanc ». Les noms des couleurs sont 
sujets à ces sortes d'accidents. Cf. gld* t géot, glazaour, mélen y etc. 

4. Fr. gond pourrait procéder partiellement d'un mot gaul. de même souche» 



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132 GENVERGÎZ 

bouchure), « Genève, Gènes », etc. : d'un ceit. *gen-oir-, sk. hân-u 

« mâchoire », gr. y* v ,J -s « menton », got. kinnu-8 id., ag. chin et al. 

/ànn, etc.; cf., avec un suff. plus court, les types iat. gen-a « joue », 

vir. gin « bouche », cymr. gèn, « joue, menton », mbr. guen « joue ». 
Genver, s. m., janvier. Empr. Iat. Januârius. 
Géô, s. f., variante de iVd. V. ce mot. 
Oéoren, s. f., écrevisse d'eau douce : curieux singulatif refait sur le 

pi. géor « chèvres », qui se rattache à gaour\ 
Géot, s. m., herbe, corn, gwels^ vbr. pi. guelt-ioc-ion « herbeux », et 

môme br. actuel guelt « herbe » (Ouessant), vir. *gelt dans gelt-both 

« pâturage » : d'un celt. *gwel-to- « vert », cf. cymr. gl-edd « gazon », 

gr. x^-o-; « vert-clair » et x^ "^ « verdure », lit. iélti « verdoyer », vsl. 

zel-ije « légumes » et zel-enû « vert ». V. la rao. sous gell, et cf. / glas. 
Gér, s. m., mot, cymr. geir > gair, vir. gàir « cri » : d'un celt. *gdr-i- 

et*gar-i-, dont la rac. très féconde est sous garm. 
Gervel, vb., appeler: pour galca (conservé dans la conjugaison et dans 

l'infinitif galoueinV.), par confusion des deux radicaux celt. synonymes 

*gal- et *gar-, V. sous galcaden et garm. 
Oeûn, s. f., marécage : pour *giceùn, mbr. gueun « vallée », cymr. gtcaun 

« prairie », \ir.fàn « pente », fr. (ardennais)/a#/ie « plateau tourbeux », 

d'un celt. */râ<r/-nâ, cf. Iat. rag-u-s « [lieu] vague »? 
4 Oével, s. m., pinces, tenailles, corn, geoel, cymr. gefail, vbr. gebM id. : 

de la famille de gaol, mais probablement contaminé du suivant. 
2 Gével, adj., jumeau, cymr. gefell. Empr. Iat. gemellus. 
Géver (T ), s. m., gendre: seul représentant subsistant du ceit. *gem-ero- i 

Iat. *gem-er > gêner, gr. Y*^-p^-<, cf. ^fi-o-; « mariage », sk.j'àmôtà. 
Gôvred, s. m., vent de sud-est, mbr. aoel gueffret a vent d'ensemble », 

pour queffret. V. sous kèfret. — Conj. Ern. 
Giber, s. m., esse, goupille : mbr. guyber « couleuvre » par métaphore 

(c'est une pièce en forme d'S). Empr. Iat. vïpera. 
Gîn, adj., l'envers: variante muée de /rem*. — Conj. très douteuse. 
Ginidik, adj., natif. V. sous ganédigez. 
Gîz, s. f., manière, mbr. guis. Empr. fr. guise. 



1. Sobriquet : cf. gaour-côr « chèvre de mer », nom de l'écrevisse marine et de la 
crevette. 

?. Cf. pourtant cymr. gin « peau brute ». — Le sens « chagrin » (contrariété), d'où 
gina « se chagriner »» est probablement secondaire. 



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GLAD-GLÂZ 133 

Glâd, s. m., fortune, mbr. gloat « royaume > fortune », corn, gulat 
« patrie », cymr. gtrlâd « pays », vir. fiait h et gaei. jlath « chef »: soit 
un celt. *wla-to- et *wla-ti-, dér. de la rac. qui se retrouve dans lat. val- 
ère « pouvoir », got. wal-d-an et al. walten « gouverner », ag. to wield 
« manier », vsl. vlada « je règne », et cf. le n. pr. Vladi-mirû « qui règne 
sur le monde », lit. cald-yti « régner », etc., etc. 

Glac'har, s. f., affliction, cymr. et vir. galar, gael. galaru maladie » : sup- 
pose un celt. *gal- ro-, d'apparentation indécise 1 . 

Glan, glan, adj., pur, parfait, cymr., ir. et gael. glan (cf. cymr. glain 
« gemme »), gaul. Glana (rivière) : soit un celt. *gla-no-, à rac ré- 
duite par rapport au gr. y*v vo * (< bijou », yM-vn « prunelle de l'œil », 
YsX-eTv « briller » (Hesych.)^ sans autre équivalent'. 

Glandour, s. m., conferves: exactement « laine d'eau ». V. sous gloan. 

1 Glanxit s. f., rive, cymr. glan id.; cf. mbr. glenn « pays », cymr. glynn 
a vallon », vir. glenn, ir. et gael. gleann « vallée » : respectivement celt. 
*glanno- et *glinno-, peut-être sans lien entre eux, et d'étym. inc. 

2 Glann, particule négative. Empr. fr. glane « brin ». Cf. 2 ken et morse. 
Glaô, s. m., pluie, mbr. glau, corn, glau (voc.) > glaw, cymr. glaw id. : 

pour *gw-law, qui serait en celt. *u>0'laio~o-, « petite lavasse », rac. 
LOW « laver », gr. Xov-w, lat. lav-ere lav-àre lu-ere, cf. visl. lau-g 
« bain chaud » et al. lau-ge « lessive ». V. aussi laouer. 

Glaou, s. m., charbon (ardent), mbr. glou, corn, glow, cymr. glo id. : d'un 
celt. *glo-wo-, dér. de rac. GHLÔ qu'accusent essentiellement Tag. to 
glow « briller » et l'ai, gliihen « brûler », isolé par ailleurs. 

Glaouren, s. f., glaire, bave, mbr. glaicren, cymr. glqfoer et glyfoer id. : 
se rattachent directement ou avec altération à une rac. GLIbh « vis- 
queux », cf. al. kleb-en « se coller » et ag. to cleaoe « s'attacher », gr. 
yXot-o-c « glu, graisse visqueuse », lat. *gloi-s > glas « glu » », glu~ten. 

Glasten, s. m., yeuse: pour glaz-tann. V.ces mots. 

Glavia, vb., pleuvoir, bruiner: dér. de glaô. 

4 Glâz, adj., vert, bleu, gris, pâle, mbr. et cymr. glas, vbr. glas et 

1. De galar la métathêsea fait d'abord br. *glaar. Puis, selon que la contraction 
s'est laite, ou qu'un h s'est introduit pour pallier l'hiatus, on a eu glar mbr., ou *gla- 
har> glac'har. — Le rapprochement avec al. quai «tourment» (Mcb.) exigerait rigou- 
reusement un b celtique. 

2. Ag. clean «propre » = ai. klcin « mignon » < i.*e. *gloi-ni- ne procède pas 
de la même origine, mais tout au moins d'une racine très voisine. 



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134 GLAZ-GLOAN 

du-glas (sous dû), vir. glass, gael. glas « gris » : soit un celt *gl-ast0' 9 
qui semble tout à fait isolé, mais peut se rattacher à la rac. de gell*. 

2 Glftz, s. f., goutte, crampe. Cf. gloaz et 2 glizien. — Étym. inc. 

3 Glftz, s. f., glas. Empr. fr. glas avec changement de genre. 
Glazaour, s. m., loriot. V. sous 1 glâz*. 

Glazard, s. m., lézard. Empr. fr. contaminé de 1 glâz. 

Gléb, adj., mouillé, humide, mbr. gloeb, cymr. g ulip> gwlyb, et gwlybwr 
« humidité » = corn, glibor, ir. et gael. fliuch « humide » : soit donc 
*wlip-u- et ^wlik-u^ qui indiquent un i.-e. *wlq-u-, rac. WELQ, d'où 
aussi lat. liqu-idu-s, liqu-or*, lett. walk-8 « humide ». Cf. gwalchi. 

Gleoli, s. m., action de détremper, cymr. gwlych « humidité » et gwlyehu 
« détremper » : soit un celt. *wlik-ko- issu de la môme rac. que gléb *. 

Gleaker (T.), s. m., grenouille de haie, mbr. gluesquer, cf. corn, gwilskin 
et guilschin (métathèse en br. ). — Étym. inc. s 

Gléz, adv., tout à fait: variante de kleiz au sens de « suivant la pente 
> tout naturellement ». V. ce mot — Conj. 

Glin, s. m., genou, corn, et cymr. glin, vir. glàn, gael. glùn, celt. *glû-no-, 
pour *gnû-lo- dér. (reconnaissable dans ag. to kneel « s'agenouiller ») 
d'un i.-e. *genu et *gnu, sk. jànu et -jau, gr. y<5vj, Yvu-uexeîv « s'age- 
nouiller » et YvtS-S « à genoux », lat. genu, got. kniu, ag. knee, al. knie. 

GHz. s. m., rosée,cymr. gwlith, d'un celt. *wlik-to-, qui serait le ppe passé 
de la même rac. d'où est dér. gléb. Cf. glec'h*. 

Glizik, s. m., petit saumon, anchois, cymr. gleisiad « saumon » : soit un 
dér. diminutif de î glâz (bleu-vert, écailles chatoyantes). 

4 Glizien, s. f. t serein: dér. de gliz. V. ce mot. 

2 Glizien, s. f ., goutte, crampe. Cf. 2 glâz. — Étym. inc. 
Glô, s. m., variante contractée de glaô. V. ce mot. 

Gloan, s. m., laine, corn, gluan, cymr. gulan et gwlân, vir. oland, ir. el 
gael. olann id. : d'un i.-e. *wlnà (l long) et *wlàna > celt. *wlano- et 

1. A condition que -asfo- soit suffixe. V. ce mot et cf. les diverses acceptions de 
la racine. Le rapprochement avec ag. glass = al. glas « verre » (Mcb.) est extrême- 
ment hasardé. 

2. L'oiseau est jaune tirant sur le cent. 

3. Cet équivalent, presque le seul connu, est lui-même bien difficile à maintenir, 
à moins d'empr. celt. peu probable. Cf. Persson, Wursclerœeit., p. 5. 

4. Le suff. étant -ko- % le k final de la racine vient d'assimilation. Cf. gliz. 

5. Tous les noms indo-européens de la grenouille sont de physionomie capricieuse 
et d'identification difficile. 

6. Sur ce dernier rapport, comparer brU et 2 brèac'h. 



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GLOAR-GÔBÉDI 135 

*wland t , identique à sk. urnd, gr. Xf.vo; nt., lat. Idna (pour *oland), 
got. wulla (pour *wulnâ) t ag. zroo/, al. wolle, lit. pi/na, vsl. vlûna, etc. 

Gloar, s. f., gloire, honneur. Empr. fr. gloire. 

Gloaz, s. f., souffrance, blessure, cymr. gloes. — Étym. inc. 

Gloestr (V.), s. m., gage, vœu : variante à métathèse de gwéstl. 

Glouac'h (V.), s. m., variante à métathèse de goulaz. V. ce mot. 

Gloueo'h, s. m., serein : variante à métathèse du mot br. correspondant 
au cymr. gwlych. V. sous glec'h y et cf. g Hz et gléb. 

Glout, adj., goulu: abstrait de lempr. fr. glout-on*. 

Glôzard, s. m., fauvette mâle : dér. de 1 glàz « gris ». 

Glûd, s. m., glu, corn, glut, cymr. glud. Empr. lat. gluten^ et cf. glaouren. 

Gluic'h (V.), s. m., variante dialectale de glîz. V. ce mot. 

Gô, adj., fermenté : abstrait de gôi vb. « fermenter » ou de gôell « levain » ; 
et celui-ci d'un radical celt. *wo-ye$-lo~i rac. YES,cymr. iâs « chaleur », 
sk. yàs-a-ti « il bout», gr. *Çé*st > Çlst id., vhal. jësan >al. gàhren 
a fermenter ». Cf. goéden, etc. V. le préf. sous *gw-. 

Goakol, s. m., collier de cheval : variante altérée de kougoul avec conta- 
mination probable du fr. col. — Conj. 

Goal, s. m., lance, gaffe. Empr. fr. ancien guaffe. 

Goaù, goaùv, s. m., hiver, mbr.^owq^, corn, goyf, cymr. gaem et gauaf, 
vir. gaim-red composé*: soit un celt. *gi-amo- et *gi-mo-, dér. (par suff. 
-e/n- > -âm- > -m-) de rac. GHI, sk. hi~mâ « froid » et hé-man « hiver », 
gr. ^t-wv « neige » et ^et-^tov « hiver », lat. hi-em-s, lit. iëmà, vsl. zima. 

Goann* (V.), s. f., charogne: on soupçonne un type de dérivation tel que 
*goat-n- « sanglant ». V. sous gwann etgwâd. 

Goanven, s. f., engelure: dér. degoaûv. Cf. goafi. 

Goap, s. m., moquerie. Empr. fr. populaire (normand) gouap-er, et cf. fr. 
ancien guaber gaber « conter des bourdes ». 

Goar, s. m., facilité, lenteur : variante de 1 gwâr \ 

Gôb, s. m., contamination de kôp par fr. gober et gobelet. 

Gôbédi, vb., tinter. Empr. fr. ancien copeter « copter». 

1. De cette base celtique *clan- est issu l'empr. roman *Jlan-eUa > fr. ^flanelle. 

2. Cymr. gloth ou (jlœtli est empr. lat. glutt-tre. Si le br. est de môme source, il a 
été du moins influencé par le fr. 

3. Devenu gernred^> geimhreadh, gael. geamhradh. Cf. le gaul. giamon, nom 
d'un des mois' du calendrier de Coligny, R. Celt., XIX, p. 218. 

4. Le Gon. — Mais la vraie orthographe serait gœat\ (Loth). 

5. Évolutiou de sens : « courbe — humble — doux — lent », 



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130 GOBER GÔLÔ 

Gober, vb., faire : mutation syntactique pour ôber. V. ce mot. 

Gobilin, s. m., feu-follet, lutin. Empr. fr. gobelin. 

Gôd, s. m., sein, poche (aussi kôd, et le dér. gôdel s. f. « poche »), cymr. 
cod « sac ». Empr. ags. codd > ag cod « bougette ». 

Godai, vb., caqueter. Onomatopée. 

Gôdisa, vb., se moquer. Empr. fr. (se) gaudir. 

Gôdôer, s. m., cabane, couchette: préf. *gw- devant un thème dér. de 
la même rac. que tei et tôen, et cf. lat. tug-uriu~m. 

Goéden, s. f., levain, présure: dér. de gô. V. ce mot. 

Goél, s. m., fête, corn, goil > gol, cymr. gicyl, vir. féil. Empr. lat. 
vigilia <( veille [de fête] ». On n'a que faire d'une soi-disant rac. WJL : 
Bzzbg. Btr., XXIII, p. 56. 

Goell, s. m., levain : dér. du même radical que go. 

Goérô, vb., traire, mbr. gozro, cymr. go-dro t vbr. guo-troit «vous trayez»: 
d'un celt. *wotrâg-ô « je tire en dessous », sens et formation homologues 
du lat. sub Irah-ere > fr. -traire- V. sous *gw- et / irô. 

Gôf, s. m., forgeron, corn, gof, cymr. gob> gof> vir. goba (gén. gobann), 
ir. et gàel.gobha, gaul. Gobann-ion. pr. « la forge m 1 : d'un celt. *gob-an> 
qu'on rattache hypothétiquement au gr. yV?-°-« « ferrure »*. 

Gôgé,s. m., raillerie, fourberie : dér. d'empr. fr. ancien gogue id. 

Gôgez, s. f., grondin: dér. du précédent (poisson rusé)? 

Gôlei, gôlôi, vb., couvrir, dissimuler, mbr. gueleiff, cymr. goloi, vir. follu- 
galm « je cache », w.folach et gael. falacha cachette »: contamination 
très probable des celt. *wo-lug-ô <( je dissimule en dessous » (got. liug-an, 
ag. to lie, al. liïg-en, vsl. lûg-aii « mentir ») et *wo-leg-ô « je place en 
dessous »'. V. sous *gw-, lêac'h et gwe'lè. 

Golf, adj. sans queue : soit originairement « mutilé » ou « infirme »; cf. br. 
gôl (T.) « essorillé » et vir. goll « aveugle », sk. kànà = i.-e. *kol-no- 
« borgne », et surtout gr. xoXoêô-; « mutilé », xoXouw « je mutile ». — 
Rapprochements très obscurs. — Étym. inc. 

Golclied, s. f., couette, cymr. cylched, vbr. colcet. Empr. lat. culcita. 

Golc'hein (V.), vb., variante dialectale de gwalchi. 

Gôlô, s. m., couverture (aussi gôlôen). V. sous gôlei. 

1. Aujourd'hui Abcr-gacenny dans le pays de Galles. 

2. Subsidiairement ag. comb et al. kamm « peigne ». 

3. Le g final de la racine subsiste dans goule her. V. ce mot. 



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GOLVANGORREK 137 

Golvan, s. m., moineau, corn, golcan, cymr. golfan, mh.gelbund, ir. et 
gael gealbhonn id. ; cf. gr. jreX.i&ov « hirondelle 1 ». 

Golvaz, s. f., battoir à lessive: syncopé pour *golchoâz. V. sous gwalc'hi, 
golc'hein et bas, 

Gonid, s. m., variante de gounid. V. ce mot. 

Gonvor, s. m., mesure, bord du vase. Empr. bas-lat. gomor, nom de me- 
sure hébraïque venu de la traduction de la Bible. 

Gôpr, s. m., salaire, prix, cymr gwobr id. : d'un celt. *wO'pr-o-, qui unit 
le préf. *gw- à la rac. du vb. pr-éna. V. ces mots, et cf. gôpraer « merce- 
naire » et vbr. (avec un autre préf.) com-pri « aura acheté ». 

1 Gdr, s. m., chaleur étouffante, cymr. géra qui couve», gor-i « couver» 
et gicr-ês « chaleur », vir. gor id. et gor~i-m > guirim « je chauffe » : 
soit un celt. *gor-o- « chaleur », issu de rac. GHwER, sk. ghar-mâ 
« chaud » et hâr-as « ardeur », gr. Oép-o^ « été » et 6sp-u4-<; « chaud », lat. 
for-mu-s « chaud » et fur-nus « four », ag. et al. war-m « chaud », 
vsl. gor-èti « brûler » et russe gor-nû a foyer », etc. Cf. le suivant. 

2 Gôr, s. m., abcès, furoncle, cymr. gôru pus » et gor-yn « pustule », vir. 
gor, a chaleur, pus »: identique au précédent. Cf. gôrou. 

3 Gôr, s. m., cordon, mbr. gour, ir. gàaire « cheveu », gàel. guair-sgeach 
« bouclé », cf. gr. Yû-p4-ç « circulaire » (originairement « flexible » ?), 
Y*j-po-; « cercle » : rapports étymologiques très obscurs. 

4 Gôr, s. m., variante contractée de govor = gonnor. 
Gôrad, s. m., couvée: dér. de 1 gôr. V. ce mot. 
Gorlanô, s. m., variante de gourlanô. 
Gorlounka, vb., variante de gourlonka.- V. ce mot. 
Gôrô, vb., variante contractée degoérô. V. ce mot. 
Gôrou, s. m. pi., amygdalite: pi. de 2 gôr. 

Gorré: s. m., superficie (d'où gorréa, ((élever, serrer » ) ; prép., adv., sur, 

dessus : dér. de 1 gour-. V. ce mot, et cf. doaré. 
Gorrek, adj., lent (aussi goarek V.) : dér. de goar*. 

1. Étym. inc. ; peut-on supposer quelque rapport avec la rac. de gell «fauve »? 
Mais cf. aussi vbr. gilb, gilbin, « bec », vir. gulban « aiguillon », coru. gelcin et vir. 
gulba « bec », vbr. golb-inoc « qui a uu bec », vhal. cholb-o > al. kolb-en « massue » 
(objet à bec) : Jdg. Forsnh., IV, p. 105. — Malgré son apparence toute romane, fr. cn- 
goulecent devrait-il par hasard quelque chose au breton ? 

2. La voyelle simple et le double rr sont-ils dus à une contamination du précédent 
soit « qui s'arrête à la surface » ? 



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138 GORTOZ-GOULERC'HI 

Gortoz, s. m., attente, corn. gortos « attendre »;ct.cymT.gwardu «garder », 
ags. weard-ian > ag. io ward, al. icartehn attendre »\ 

Goudé, adv., prép., ensuite, après, cyrar. gwedi < (ancien) guotig, qui 
équivaut à un celt. *wo-eti-k, soit sk. *W « en outre », gr. ext « encore », 
lat. e/, précédé de *##>- et suivi d'un suff. adverbial. 

Oouél, s. m., variante de goéL V. ce mot 1 . 

Gouer, s. f., ruisseau, mbr. gouher (pour * gourer), cymr. #q/er id.: soit 
un celt. *wo-ber-o-i équivalant au gr. uTto-<p£p-o-fxo«, « je me transporte, 
je coule », rac. BHER. V. sous *gto- et kémérout, et cf. aber 9 kemper. 

Gouers (V.), adv., longtemps. Empr. lat. versus au sens de «ligne, 
rangée, [longuej traînée ». Cf. aussi gwerz. 

Gouhéré, s. m., juillet: exactement v( au commencement de l'automne», 
comme en lat. sub autumnum*. V. sous *gw~ et hère. 

Gouhez, s. f., bru, corn, guhit, cymr. gwaudd, d'un celt. *oadù- « épousée », 
sk. vadh-u. V. d'autres formes de la rac. sous dimizi. 

Gouhin, s. m., fourreau, corn, guein > goyn, cymr. gwain, ir. faigen, 
Empr. lat. vàgïna (> fr. gaine). 

Gouiender, s. f., fraîcheur. V. sous *gic- et ién. 

Goulaoui, vb., «éclairer : dér. de goulou. 

Goular, adj., fade: variante à métathèse de klouar. 

Goularz, s. m., ambre jaune: métathèse probable pour *goU'lazr> cf. cymr. 
llathr « poli » (Loth, R. Celt., XX, p. 78), d'apparentation indécise. 

Goulaz, «. m., latte. V. sous *gw- et làz. 

Goulaza, vb., rebattre (un outil): préf . *gw-, et laza au sens de « frapper ». 

Goulenn, s. m., demande, question : soit préf. *wo- (*gw~) devant une 
forme à nasale de la rac. LI, cf. vir. len-im et ir. leanaim « je suis », 
gael. lean 9 cymr. can-lyn et dy-lyn « suivre », sk. linâ-ti « il s'at- 
tache à », gr. à-X(-vw et lat. li-nô « j'enduis », etc.; la transition de sens 
serait dès lors « s'attacher à > presser > solliciter », etc. 

Goulerc'hi, vb., tarder : préf. *gw- et 1ère h. 

1. Relations inextricables : le t, que reproduit gael. feart « attention », ne permet 
pas de présumer une apparentation primitive au germanique, ni un emprunt à l'ags. ; 
d'autre part, un emprunt à l'ai, n'est pas vraisemblable ; quant au cymr., il est d'em- 
prunt récent (ag. to guard, fr. garder). 

2. D'une manière générale, chercher sous l'initiale go- ou g te- les mots qu'on ne 
trouverait pas sous l'initiale gou-, 

3. Cf. vir. fo-gamur > ir. fôghmhar > gael. foghar « automne », qui équivaut au 
lat. sub hiemem. V. sous goaiï. 



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GOULC'HER-GOURÉD 139 

Goulo'her, s. f., couvercle: dér. de la rac. de gôlei. V. ce mot. 

Gouli, s. m., plaie, corn. goly, cymr. gtoeli id. : formé sur un radical celt. 
*wel-ï- ou *wol-ï-, cf. sk. vr-anâ, gr. oûX^, lat. vol-nus. 

Goullô, adj., vide, cymr. guo-llung > gollwng et (avec un autre préf. 
di-llwng) « lâcher », vir. folomm > folum, ir. folamh et gael. falamh 
« vide » : soit le préf. celt. *wo- (*gw-) devant une variante nasalisée 
de la même rac., d'ailleurs mal connue, qui a donné al. lûck-e « lacune » 
et lock-er « lâche ». — Conj. 

Goulou, s. m. , lumière, corn, golow, tymr. go-leu, d'un celt. *wo-lou-> 
cf. lat. *lou-c-8 > lux « lumière » (le br . a primitivement un sens atténué). 
V. le préf. sous *gw- et la rac. amplifiée sous luc'ha. 

Goulten, s. f., fanon de bœuf: pour *kolten < kolleten, dér. de kollel (V.) 
« fanon ». Empr. fr. collet. 

Goumon (vieilli), s. f., goémon (empr. br.), cymr. gwymon, ir. feamuin, 
gael. feamainn id. : peut se rattacher, par l'intermédiaire du sens de 
« tordu, entrelacé », à la rac. qu'on trouvera sous gwâd. — Conj. Mcb. 

Gounid, s. m., gain, mbr. gounita gagner », cymr. gweini « servir», vir. 
fo-gniu « je sers » etfo-gna-m « service » : exactement « action en sous- 
ordre », le préf. étant celt. *«>o-, et le radical proche parent de l'adj. lat. 
gnà-vus « actif » (cf. ag. to know « savoir »), qui dépend de la rac. 
GNO; sans rapport avec fr. gagner. V. sous *gw- et anat. 

1 Gour-, préf. local au sens de « sur », et par suite augmentatif, corn. 
gur- > tour-, cymr. guor-, gur-, gor-, etc., vir. for-, gaul. oer- dans 
ver-tragu8 « lévrier », Ver-cingeto-rix, etc. (cf. 1 trô et 1 kamm) : 
forme préfixée de la prép. celt. qui a donné br. gwâr > wâr. V. ces 
mots et qquns des suivants; mais cf. 2 gour-. 

2 Gour-, préf. péjoratif et diminutif : variante de *gar- peut-être influencé 
par le préf. précédent {gour-glèzé « courte épée > poignard », etc.). 
V. sous *gar~, et cf. qquns des mots suivants. 

Gouraoui, vb., s'enrouer. V. sous*gw- et raoula. 

Gourd, adj., raide, rude. Empr. fr. gourd. 

Gourdrouz, s. m., menace : exactement « bruit mené sur » ou « bruit 
violent ». V. sous 1 gour- et trouz. 

Gouréd, s. m., brasse, mbr. gour-het, cymr. gwr-hyd : exactement « lon- 
gueur d'homme ». Le premier terme est mbr. gour « homme » \ corn. 

1. Conservé dans les locutions du type n'eàz-gour, « il n'y a homme, pas une âme, 
il n'y a personne », 



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140 GOUREL-GOURNER 

gur, cymr. gur > gwr, vir. /er, lat. oir, got. #?<*//• (cf. ag. icer-tcolf 
« loup-garou »), sk. cïrâ, lit. cyras, etc. V. le second sous 7 A&f. 

Gourel (V.), s. m. , variante de grôel. V. ce mot. 

Gourélin (V.), s. m., juillet: la variante gour-hen-eû semble indiquer un 
dér. de hah (mais la régularité exigerait *-Ae/to-e/i), soit un sens analogue 
à celui du lat. sub aestatem. Cf. gouhéré. 

Gourem, s. m., ourlet, cymr. gvcrym id. : suppose un celt. *wo-rem-no- 
« épais par dessous », dont la rac. se retrouve dans cymr. rhef« fort » 
(cf. réor), et vir. rem-or « épais » ; la rac. i.-e. probable est PREM, 
gr. irplji-vo-v « souche » (partie épaisse de l'arbre), al. fromm « pieux », 
autrefois « vaillant, solide », etc. V. le préf. sous *gtc. 

Gourenn, s. m., lutte; cf. cymr. gwrth-ryn, dont le premier élément est 
girrth « contre», le second peu clair. V. sous oh*. 

6ouréouein(V.), vb., variante de gouraoui. V. ce mot. 

Oourclied (V.), s. f., variante dialectale àegwerzid. V. ce mot. 

Oourcliômenxi, s. m., commandement : préf. 1 gour- et kémenn (le préf. 
implique naturellement la supériorité de celui qui commande). 

Oourin, s. m., linteau, mbr. gourrin, cymr. gor-hin-iog id., dér. de 
*gor-hin-, exactement « limite supérieure »: préf. 1 gour-, et vbr. hin 
« limite », vir. ind « bout », celt. *<?/id-i-, qui semble une très ancienne 
corruption pour *e/i/-i-, si Ton en juge sur sk. ànta <c limite », ag. end, 
al. ende. Le britt. est au moins contaminé de lat.yïms. 

Oouriz, s. m., ceinture, mbr. gouris, corn, guris, cf. corn, grugis et 
cymr. gwregys : soit un celt. *wer-isti-, dér. d'une rac. WER, « enclore, 
ceindre » (sk. var-anâ « rempart », gr. /ipu-<j9at « protéger », etc.)'. 

Gourlanchen, s. f., œsophage : semble contamination fantaisiste de gour- 
loûka, lahchen « langue » (?) et fr. gorge. Cf. gargaden. 

Gourlanô, s. m., pleine mer (aussi gourleûn), cymr. gor-llanw. V. sous 
1 gour- et lanô. 

Gourloùka, vb., avaler trop à la fois, se gargariser : respectivement préf. 
1 gour- ou 2 gour-, et vb. lotika. 

Gourner, s. m., gros crible : comme cymr. gogr-yn-u « cribler » sur gogr 
« crible », c'est une dérivation secondaire sur une base celt. *wo-kr-n- 
« je crible », cf. gr. xp(vu>, lat. cernô, etc. V. le préf. sous *gic-, et la 
rac. sous karza et krouer. 

1. Racine assez répandue partout, et môme en celt., mais sans représentants sûrs 
ou importants en breton. 



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GOURRENN-GOUZER 141 

Gourrenn, s. in., sourcil : soit *gour-grenn « cil supérieur » ou « au 
dessus de la paupière », préf. 1 gour , et cymr. grann, « cil, paupière », 
vir. grend « barbe » (> gacl. greann), d'un celt. *grenda dont l'équi- 
valent ne se retrouve qu'en très vieux germanique. 

Gourrisia, vb., hennir, mbr. gourhiziat, vbr. guirgiriam « je hennis ». 
Onomatopée probable et cf. gristila. 

Gourven, s. m-, envie, jalousie, cf. cymr. gor/gn id-, d'ailleurs identique 
à gorfgnt : soit un celt. ^wer-men-o-, équivalant comme formation et 
sens au gr. 6rsp jjlsv fc. V. sous 1 gour- et le suivant. 

Gourvent, s. m., dédain, cymr. gorfynt « envie », vir. format et gael. 
farmad id. : soit un celt. * Wr- men-to- , dér. de rac. MEN et signifiant 
qqch. comme « haussement, gonflement de pensée » ou « regard jeté 
de haut ». V. sous 1 gour-, houn et gourven. 

Gourvéza, vb., se coucher, cymr. gorfedd et gorwedd : préf. gour-\ 

Gourzaot, adj., ruiné: exactement « qui est à court de gros bétail». 
V. sous 2 gour- et saoud. 

Gourzéz, s\ m., retard, lenteur, cf. cymr. gor-sedd, « siège, trône », c'est- 
à-dire « [ce] sur [quoij on s'assied » : préf. 1 gour- et rac SED, cf. le 
sens du fr. surseoir. V. sous aé, azéza, gouziza, etc. 

Gousiaden (T.), s. f., litière pour fumier. Cf. gouzer*. 

Gousoni (C), s. f., ordure: pour gwas-oni (qui existe également) « chose 
de rebut ». V. sous gwasa. 

Gouspérou, s. m. pi., vêpres, cf. gousper « veillo de fête », corn, gtres- 
per % cymr. gosper, vir. fescor. Empr. lut. oesperum. 

Goustad, adv., tout doucement, mbr. gomtadic « modéré », cymr. gtcas- 
lad « constant », vir. fossad « ferme » : soit un celt- *wo-8tato- « qui se 
tient ». V. le préf. sous *gio-, et la rac. sous saô. 

Gouzanv, gouzav, vb., souffrir, mbr. gouzaff, corn, godhqfet godhecel, 
cymr- goddef, vir. fo-dam-im «je souffre» (ir. foighid et gael. foidhi- 
dinn «patience ») : soit un radical celt. *w?o-da/n-, « être dompté, se ré- 
signer ». V. le préf. sous *gw- et la rac. sous don, et cf. dahcad. 

Gouzer, s. m., litière, cf. vir. fo-sair « couverture de chaume » et (avec 
un autre préf.) cossairu lit»: formations du même type quesk. upa-stâr- 

1. Est-ce f gour- ou 2 your~ y et quel est au juste le sens ? Cf. Oésa. 

2. Ou ne saisit pas le rapport qui peut unir ces deux synonymes. Il se peut que 
gousiaden se rattache à la même dérivation que gousoni et ail pris par ressemblance 
le sens de gouzer. 



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142 GOÙZIEM-GRAÉ 

ana « jonchée », gr. 6™ -<rcp w-fxa « litière », lat. sub-ster-n-ere, cymr. 
gwa-sarn « litière », etc. : préf. *wo- (*gw-) et rac. STER « joncher », 
sk. stmà-ti, gr. <rcop-vO-[xt et Tcpcà-wo-pt, lat. ster-nô. 

Gouzien, s. f., serein: contamination de glizien par gouziza (rosée du 
coucher du soleil). — Conj. 

Gouzifiad, s. m., épieu: dér. secondaire par rapport à cymr. gwyddif 
« serpe », vbr. guedom, vir. fidba « faucille », gaul. latinisé vidu-bi-um 
(d'où fr. vouge), etc., composé très ancien de celt. *widu- « arbre » et 
de la rac. BHI. V. sous gtcèzen et bouc'hal. 

Gouziza, vb., baisser, diminuer : équivaut à un lat. subsidere, pu le 
préf. 8ub- serait remplacé par son synonyme celt. *wo-. V. sous *gw- 
et azéza. 

Gouzouk, gouzoug, s. m., cou, gorge, cymr. gtrddwf et gtrddwg id. : dér. 
d'un radical signifiant « joug », soit celt. *ko-tced- ou *tro-wed~, le sens 
étant « endroit où se place le joug ». V. sous *ke- y *gw- y et 1 dices. 

Gouzoumen, s. f., variante de kouzoumen. 

Gouzout, vb., savoir, corn, goth-vyth « tu sauras », cymr. (ancien) *guid-' 
bit > guibit > gwybydd « il saura », vir. ro-fet-ar « je sais » : soit donc 
un radical brittonique *gwid- et préirlandais *Jid-, qui équivalent à la 
rac. i.-e. WID, « voir, savoir », sk. vèd-a « je sais » et oéd-a « science », 
gr. J-oï8-a > oî8a <( je sais », pto-eTv > lo-eïv « voir », fzïà-oç > eToos 
« apparence », etc., lat. cid-ëre « voir », got. trait « je sais », ags. wât 
> ag. *rotf, al. (ic/*) tceiss, vsl. vid-èti « voir » et oéd -^ « je sais », etc. *. 

Gôz, s. f.. taupe, corn, god, cymr. gwadd % ir.fadh. — Étym. inc. 

Gra, s. m., affaire: abstrait des formes de conjugaison du vb. ôber qui 
commencent par gr-, lesquelles toutes remontent à un vb. celt. *trer~ag-ô 
« je fais »; cf. corn, grcra « fais » et gwrey (( faire »'. V. le préf. sous 
1 gour- et la rac. sous doùt. 

Graka, vb., racler, coasser, caqueter. Onomatopée. 

Grad,s. m., gré, bon vouloir. Empr. bas-lat. grâtum. 

Graé, s. m. , grève. V. sous gréa et grouan*. 

1. Sur la finale -out, voir sous bout et la note. 

2. Au contraire, le cymr. gicna « faire » parait se rattacher à gwn « je sais », et 
par suite au lat. gnacits. V. sous gounid et cf. g ri. Au surplus il a pu y avoir conta- 
mination de plusieurs synonymes. 

3. Le celt. possédait plusieurs radicaux à gr- initial avec le sens de « gravier »; 
mais il n'est pas aisé d'entrevoir comment ils se comportaient entre eux. Ce qu'il y a 
de sûr, c'est que fr. gracier et similaires doivent procéder du gaulois. 



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GkAGALA GRÉtJZ 143 

Gragaja. vb., piailler 1 . Onomatopée à finale française. 

Grac'h, s. f., vieille femme, mbr. groach (pour *gwrach), cymr. gwrdch, 
vir. /race, d'un celt. *wrakkà sans autre équivalent 1 . 

Grac'hel, s. f., monceau, mbr. groachell, dér. secondaire par rapport à 
cymr. gwrych « haie » et vir. fraie « bouclier ». — Étym. inc. 

Gré, s. m., troupe (de gros bétail), corn, et cymr. gre «haras», vir. graig 
>groigh, ir. et gael. greigh « haras » : d'un celt. *grag~i-, qui n'a point 
d'équivalent sûr en dehors du lat. grex (greg-is). 

Grék, grég, s. f., épouse, mbr. gruec (pour *gtcrek), corn, gurehic « de 
femme » > gurèg > gwrec, cymr. gwraig « femme » : soit les dérivés 
d'un celt. *wrakï, qui rappelle de très loin le lat. cirgô. Cf. grach. 

Grégon, s. m., prune sauvage : métathèse de gwr initial en mbr. groeg- 
onn, lequel paraît se rattacher à un radical celt. voisin de celui qui san s 
doute désignait autrefois, non seulement la bruyère (cf. brùk) y mais 
diverses autres espèces de la flore des landes, \\r.froech et gael. fraoch 
« bruyère », ir. frach-ân « airelles », etc. 

Grec'h, s. m., ciron, mbr. gruech (pour *gtorech), cymr. pi. gwraint, vir. 
frigit>frigde, gael. fr\de y etc. : dér. d'un radical *wrig- < i-.-e. *wrgh-, 
qui est largement représenté en germanique, ag. to wrigg-le « tordre », 
al. ringen (<*wringan), et cf. ag. wrong, exactement « tordu » ppe passé, 
d'où « faux », etc. 

Grémi), s. m., saxifrage. Empr. fr. grémil*. 

Grén, adj., vif, dispos, mbr. grezn, et cf. vir. greimrnet cymr. grym 
« vigueur » : supposent respectivement *gred-no- et *gred-smen-, dér. 
celt. d'une rac. qui est peut-être la même que celle de sk. gfdh-ya-ti 
« il s'efforce » (? cf. plutôt Uhlenbeck s. v.), lat. grad-ior « je marche », 
grad-u-8 et gres~su~s « pas », got. grid-s id., etc. '. 

Greûn, s. m., grain, graine, corn, gron-en, cymr. grawn, vir. grân, gael. 
gràinne, etc. : identique au lat. grà~nu-m, soit par emprunt, soit parce que 
le celt. *gra-no- est comme lui le ppe passé d'une rac. signifiant «broyer, 
triturer », cf. sk. jir-nà « fragile », got. kaârn y ag. corn, al. korn, etc. 

Gréûz, adj., faisable. V. le radical sous gra. 

1. On ne peut s'empêcher de songer au lat. graculus « geai ». 

2. Faut-il couper *tcr-akkà, syncopé de *icir-akkd 9 et celui-ci dér. de *toir- (qu'on 
trouvera sous gouréd) comme lat oir-Ogô parait dépendre de oir « homme »? Cf. 
aussi grék. 

3. Ce n'est pas la même plante, mais l'emprunt n'en est pas moins évident. 

4. Au point de vue de l'évolution sémantique on peut comparer krène „ 



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144. GRÎ-GKONONI 

Grî, s. m., couture (et griavb. « coudre »), rabr. gruy et gruyat, vbr. 

gruiam « je couds » : originairement, sans doute, « je fais, je fabrique », 

se rattachant au même radical que gra\ V. ce mot. 
4 Grigons, s. m., pomme sauvage : contaminé de grégon et de grigonsa '. 
2 Grigous, s. m., cartilage : abstrait de grigorïsa \ 
Grigoùsa. vb., grincer des dents. Empr. fr. avec onomatopées et contami- 
nations multiples : grigner (des dents), grincer, grignoter, gringoiter 

« fredonner », etc. 
Griûol, s. f., grenier, coffre à grains. Empr. bas-lat. *yraniària, altéré 

par dissimilation, et le pi. ni. pris pour un fm. sg. 
Grisiaz, adj., grave, atroce, violent, fougueux : dér. de lempr. fr. ancien 

g r tes pour g riefs, cas-sujet de grief a grave » < lat. gravis. 
Grisien, s. f., racine, rabr. gruizyenn (pour *gwriz-) t corn, grueiten, 

cymr. gwreiddyn id. : soit un celt. *icrid-yo-i dér. de môme rac. qu'un 

autre celt. *icrid-mâ (vit. fréni « racine », ir. frëamh, gael. freumh), 

gr. *Fp ! .o~yz > pt£«, lat. râdïx (= cymr. gicraidd)> got. waârt-8, ag. 

wort (dont ag. root est la métathèse), al. wurz « plante » et tcurz-el 

« racine »,-etc. 
Gristila, vb., variante de kristila, et cf. gourrisia. — Si ce type est le plus 

ancien, on y reconnaîtra une simple onomatopée; cf. fr. « le grésillement 

du feu » et lat. gracillare « glousser ». 
Grizi], s. m., grésil. Empr. fr. Cf. aussi grizilon, « grelot, menotte » 'objet 

qui grésille, cliqueté, fr. ancien grésillons « menottes ». etc.). 
Grôa, s. m., grève, cf. cymr. gro « cailloux ». Y. sous grac et grouan. 
Groac'hen (V.), s. f. . ride: dér. degroac'h. V. sous grac'h. 
Grôel (V.), s. m., gruau. Empr. fr. ancien grucl. 
Groéz, s. f., variante de groaez. V. ce mot. 
Groc'h (V.), s. m., grotte. Empr. bas-lat. *crùpta (crypta), d'où aussi fr. 

grotte. Le br. hors de Vannes serait *groz. 
Gromm, s. f., gourmette. Empr. fr. à métathèse gourme. 
Gronch (C), s. m., menton, groin. Empr. fr. popul. ou argot. 
Groûoni, vb., friser, crépeler : dér. d'empr. fr. ancien grenon et gregnon t 

(( moustache, favoris ». — Conj. Thomas. 

1. Comme le fait présumer, de son côté, Vn du cymr. gœai « couture » et gwnio 
« coudre ». 

2. Fruit acre qui agace les dents. 

3. Viande qu'on ronge, qu'on grignote autour des os ? 



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GRONS-GW 145 

Grons, adj., arrogant, hardi 1 . Empr. lat. nasalisé grossus « grossier ». 

Grouan, s. m., gravier, cymr. graian « sable », greienyn « grain de 
gravier », vir. grian, etc. : d'un celt. *gri-ano-, dér. de rac. GHRÎ, d'où 
gr. xP*~ etv (( frotter » et lat. f A-are « broyer ». Cf. en outre corn, grow, 
cymr. gro, ir. et gael. grothlach « sablonnière », fr. grès, etc., ags. 
grêot > ag. grit « gravier », lit. grû-8-ti, « fouler, broyer », etc. ; ces 
derniers indiqueraient une rac. GHRU, synonyme et quasi-homophone de 
GHRI. V. aussi graé et grôa. 

Gronéz, s. f., chaleur, ardeur: pour *gwrez, cymr. gwres, qui suppose un 
radical celt. *gor-es- et *gwr-e8-, à peine différent de celui du gr. ô£p-oç 
= sk. hâr-a8 *. V. la rac. sous gôr. — Conj. Ern. 

Grougousa, vb., roucouler. Onomatopée. 

Grounn, s. f., assemblage, paquet, mbr. gronn id. : soit un celt. *grond~o-, 
que reproduit le gael. grunn « poignée »* et, en dérivation (*grend-io-), 
le vir. grinnea paquet » ; sk. granth-a « nœud », et grath-nâ-ti « il lie», 
gr. YpM-o-c « poing fermé », lit. grand-i-s « anneau », al. kranz t guir- 
lande » (toutes idées dominées par celle d'assemblage). 

Grullu, s. m., blé charbonné. Empr. fr. (terme d'argot) grelu « blé «pro- 
bablement dér. de grêle « menu »). au sens péjoratif. — Ern. 

Gultan, s. m., pincettes : exactement « pinces à feu », forme de prononcia- 
tion rapide. V. sous / gécel et tân\ mais cf. gweltré. 

Gûp, s. m., vautour. Cf. gr. v>ty (emprunt savant?), et ags. gïw gïow h . 

Gurlaz (V.), s. m., lézard, cymr. gwyrddlas, pour gwyrdd-glas « bleu- 
vert », vbr. guirdgla8 « mer ». V. sous gtoér, glâz eXglazard. 

Gurzun (V.), s. f., variante de burzun = bidzun. 

*Gw-, forme théorique et générale d'un préf. prodigieusement répandu 
dans toute la famille celtique, avec sens primitivement local « au des- 
sous », et par conséquent atténuatif , péjoratif, etc. (cf. 1 gour-), apparais- 
sant en br. avec les variantes principales gou-, gwe-, gw-, et 6- ou g- 
tout court 8 , corn, gou-, go-, gu-, cymr. guo-,go-, gwe-, vbr. guo- et uuo-, 

1. D'où le sens adverbial « résolument > absolument ». 

2. Le genre féminin aurait dès lors été suggéré au breton par la finale -e* jointe au 
fait que le mot est un nom abstrait. 

3. Le Gon. donne même un mot groumm s. m. a le poing fermé », qui a tout l'air 
d'être corrompu de *grounn. 

4. D'origine également inconnue: Journ. o/Germ. Philol., II, p. 164. 

5. V. la plupart des mots commençant par ces groupes. 

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146 GWÂGWALL 

vir. /o-,/a-, etc. : d'un celt. *wo < *uo < *upo> i.-e. *àpo « sous », sk. 
ûpa, gr. oiro (lat. sub), got w/*-. Cf. aussi ag. wp et al. ao/'a sur ». 

Gw&l malheur à...! cymr. gwae, vir./é, d'un celt. *wai, gr. oûa(, lat. ww, 
ag. woe % al. rreA, ital. guaù 

Gwâk, adj., mou, faible, vain, vide, corn. #uac « faux »>gwag « vide » f 
cymr. gwag. Empr. lat. vacuus >bas-lat. *vacu8, cf. lat. oacàre. 

GwAd, s. m., sang, corn, guii > goys> gudzh, cymr. #«?aedid. : soit un 
celt. *wei-to- et *wi-to- « tordu », qui a pu primitivement signifier « veine », 
au môme titre que celt. *a?ei-*i-> vir. et gael* féith, « fibre, nerf, veine », 
cf. lat. vë-na dont le vocalisme est irrégulier ; le tout dér. de la rac. WEI 
WI, « tordre, tresser, entrelacer, serpenter », dont on trouvera les prin- 
cipaux répondants sous gwéa. V. aussi 2 gwâz et gwéden. 

Gwaé, ouais, oui-dà: variante degwd. 

Gwagen, s. f., onde, flot. Empr. fr. vague. 

Gwagren, s. f., glande, fondrière: les deux sens se concilieraient assez 
aisément par une dérivation àegwâk. V. ce mot 1 . 

Gwac'ha, vb., croasser. Onomatopée. 

Gwalarn, gwalern, gwalorn, s. m., nord-ouest. Empr. fr. galerne, lui- 
môme peut-ôtre d'origine celtique. — Loth. 

Gwalen, s. f., verge, mbr. goalenn*, suppose un celt. *wal-ennâ 9 dér. de la 
rac. WEL, « fléchir, tresser » : v'w.fàl «haie » eXfillim « je courbe », gr. 
SXi£ « hélice » et elXuu> « j'enroule », lat. colo-ere, got. walw-jan> etc. 

GwalcTia, vb., rassasier: dér. de gwalc'h, mbr. gtoalch « abondance » 
(cf. awalc'h), cymr. gwala « satiété », vir./o/c, d'un celt. *wolg-o- «grande 
quantité » ; cf. sk. vârg-a « groupe », lat. volg-u-8 « le grand nombre », 
ags. foie > ag./oM? « les gens », al. volfc « peuple », etc. 

Gwalc'hi, vb., laver, pardonner, mbr. guelchi etppe golchet « lavé », corn. 
golchy, cymr. golchi, vir. Jolc-ai-m, gael./aiïc « laver » : soit un celt. 
*wolk-ô « je lave », rac. WELK avec alternance de gutturale et vélaire, 
dont on trouvera d'autres dérivés sous gléb, glec'h, gllz, etc. 

Gwall, adj., mauvais, corn, gai, cymr. gwall « défaut », vir. fell, ir. et 
gael./ea/Z « fourberie » : le germanique (got. m6i7-«, ag. evil, al. ûbel « mau- 

1. Mais d'où vient IV inséré? Gwagren «glande» serait-il une métaphore, soit mbr. 
goagronenn < groégon « prunelle »? V. sous grégon. D'autre ^vi^gwagren «fondrière » 
signifierait-il, au moins par étymologie populaire, « qui tremble ou vacille sous [le 
pied] » î V. sous m gw- et kréna. 

2. Le fr. gaule parait emprunté au br. — Gwalen au sens de « bague sans chaton t 
est le même mot, peut-être par imitation du f r. qui appelle une bague unie « un jonc ». 



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GWALLEK-GWAZ 147 

vais ») indique un radical primitif *upel- > celt *uel- > *toel-, sur 
lequel s'est construit un dér. *wel-no- altéré en brittonique. 

Gwallek, adj., négligent: dér. du précédent. 

Gwamm, s. f., femme (terme de mépris). Empr. ags. très ancien *wamb 
« matrice » > womb > ag. womb, cf. al. wamme. 

Gwân, adj., faible, vain, mbr. gwan, corn, guan, cymr. gwan, ir. et gael. 
fann id. : d'un celt. *wanno-, exactement « blessé », cf. got. wunn-s 
« douleur », winn-an « souffrir », et subsidiairement sk. à-và-ta « invul- 
nérable », gr. â-oj « fléau », got. wun-d-s, ag. woun-d et al. wun-d, 
« blessé, blessure », cymr. gwân « piqûre », corn, gwane <( percer », 
toutes formes dér. de racines WEN WÂ. Cf. gwenanen. 

Gwann, s. f., variante de goann. V. ce mot. 

1 Qwâr, adj., courbe, cymr. gwyr, vir. flar, ir. et gael. Jiar id.: d'un 
celt. *wei-ro-, dér. de la même rac. que 2 gwâz, gwéden et gwéa. V. ce 
mot, et cf. ags. wîr « fil de métal » > ag. wire (exactement « tressé »). 

2 Gwâr, prép., variante primitive de wâr, et cf. 1 gour-. 
Gward, s. m., garde. Empr. fr. ancien guarde, et cf. gortoz. 
Gwarek, s. f., arc, arche : dér. de 1 gwâr. 
Gwaremm, s. f., garenne. Empr. fr. altéré guarene. 
Gwarigel, s. f., biais : dér. de gwar > 1 gwâr. 

Gwarizi, s. f., jalousie, envie : difficile à ramener à gwâr. — Étym. inc. 

Gwasa, adj., le pire (superl.). V. sous 4 gwâz. 

Gwaska, vb., presser, opprimer, mbr. goascaff, cymr. gwasgu, vbr. gues- 
cim, vit.faiscim, ir. fâisg, g^el./àisg id. : soit un celt. *wak-8-ô, lat. vex- 
àre, tous deux amplifiés de la forme de rac. plus simple que montrent sk. 
oah-a-te « il presse », visl. vegg-r, ag. wedge « coin à enfoncer » et al. 
wecke « pain en forme de coin », lit. oag-i-s « coin », etc. 

Gwasked, s. m., abri contre le vent, vbr. pi. guascot-ou « abri contrôle 
soleil » d'où « fraîcheur, ombre » : soit un celt. *wo-8kàt-, dont on 
trouvera le préf. sous *gw- et la rac. sous skeûd. 

Gwasta, vb., gâter, cymr. gwastio. Empr. lat. vastàre. 

Gwastaven, s. f., pellicule de crème: soit un celt. *tt?o-sfo-men-, exacte- 
ment « substance un peu ferme ». Cf. gwestad. 

1 Gwâz, s. m., homme, corn, et vbr. guas, vir./oss « serviteur » gaul. 
vassos id. 1 : indiquent un celt. *was80~ pour *wo8-to- ou*wa8-two- « ha- 

1. D'où gaul. latinisé oassus, pais fr. oassal. Le cymr. a gwaa « page ». 



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148 GWÂZ-GWÉACH 

bitant la maison », dér. secondaire par rapport à sk. vas-tu « maison »', 
comme gr. à<rz6<: « bourgeois » par rapport à /«<t-to > &<rco « ville ». 

2 Gwâz, s. f., ruisseau: primitivement « veine » (cf. gwazen), corn, gwyth 
« veine », cymr. gwyth-en et gwyth-ien, vbr . guith-enn-ou pi. « les veines » : 
d'un celt. *wi-ttà « veine » altéré en br. (cf. lat. vitta <c bandelette ») 
dont la rac est sous gwâd, gwèdén et gwéa. 

3 Gwâz, s. f., oie, corn. #u# > ^aidA > goydh, cymr. gwydd, vir. $réd, 
ir. géadh, gael. #êadA id. : soit un celt. *geg-dd, dont la première syllabe 
parait contenir une onomatopée assez répandue; cf. br. gâk, kégin*, visl. 
gag-l « oie sauvage », mhal. gigzen « caqueter », lit. gag-àna-s. 

4 Gwâz, adj., pire: primitivement « mauvais » ' (cf. gwell), corn, gweth, 
cymr. gwaeth, vbr. guoheth-e dér. « infamie : d'un celt. *wak-to-, ppe 
passé d'une rac. à sens péjoratif accusée notamment par sk. vak-râ « de 
travers », vànc-a-ti « il gauchit », lat. vac-ill-àre, etc. 

Gwazen, s. f., veine (d'eau, de métal). V. sous 2 gwâz et 

1 Gwazien, s. f., veine (du corps). V. sous 2 gwâz. 

2 Gwazien, s. f. f oie: singul. de 3 gwâz. 
Gwé, s. m., gué. Empr. fr. 

Gwéa, vb., tisser, tresser, tordre, mbr. gueaff, cymr. gweu, corn, guiat 
«toile », vbr. gueig « qui tisse » (cf. vir. figim. gael. ^ A « tisser »*): 
soit un celt. *wegy-ô> cf. sk. vây-a-ii « il tisse », lat. vi-ëre « être 
flexible ». V. sous gwéden d'autres dér. de la rac. i.-e. WEI WI très 
répandue dans tout l'ensemble de la famille. 

Gwéach, s. f., fois (aussi gwéz *), corn, gweth et gwyth, cymr. gwaith, vir. 
fecht « fois » et(( voyage »•: d'un celt. *wek-ta « charroi », ppe passé 

1. Pour révolution du sens, comparer le fr. domestique qui a pris l'acception de 
« serviteur ». — La rac. WES a habiter » a de nombreux autres rejetons, mais non 
pas en celtique. 

2. Et les mots cités sous ces articles. — Auoun rapport, par conséquent, avec ag. 
gooêe,*l. gans, etc. 

3. Que ce comparatif ait été jadis un simple positif, c'est ce qu'atteste encore nette- 
ment l'existence du superlatif gwasa et du vrai comparatif gwasoc'h. 

4. Il faut tenir compte de l'existence, à côté de la rac. simple à finale vocalique, 
d'un certain nombre de formes d'amplification consonn an tique dénoncées surtout par 
le germanique : al. wick-eln « tortiller », web-en « tisser » (aussi en sk. dans ûrnd- 
câbhi « araignée ») et ag. to weaoe, al. wtnd-en « tresser », etc. 

5. D'un pi. régulier *gwéjou > *gceéchov a éiô abstrait un sg. gtcech, qui a rem- 
placé la forme régulière gices, partout ailleurs qu'en vannetais où l'on a la corrélation 
attendue gueh. Cf. aussi deroez. Mais voir Ernault, Mém. Soc. Ling., X, p. 332. 

6. Le second sens est le primitif : « deux fois » signifie « en deux venues, à deux 
reprises », et ainsi de suite. 



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GWÉDEN-GWÉLÉOUD 149 

fm. de la rac. WEGH, sk. vàh-a-ti « il charrie », gr. ftx' "* > °X°* 
« chariot », lat. veh-ere et vec-tu-m « charrier », got. wig-s, ag. way et 
al. weg « chemin », lit. vèBz-ti et vsl. ves-ti « charrier », etc. 

Gwéden, s. f., corde, lien d'osier, corn, gviden « cercle », cymr. gwden 
« lien », vir. féith « 6bre » (cf. gwdd), etc. : soit un celt. *wei-ti- « objet 
tordu », dér. de la rac. pure de gwéa, et cf. zd vaê-ti « saule », gr. 
fï-%i* > txla id., lat vï-ti-s (( vigne » (et vi-men « osier »), lit. vtf-ti-s 
« verge » et vjj-ti « tresser », vsl. vi-tï « objet tordu » et vi-ti « tresser », 
al. wei-de « saule », etc. V. sous gwéa et les similaires. 

Gwéga (C.)> vb., mugir. Onomatopée peu distincte. 

Gwégélen, s. f., petit houx :préf. *gw- et kélen. 

1 Gwél, s. m., aspect: abstrait de gwélout. V. ce mot. 

2 Gwél, s. f., voile, corn, guil, cymr. hwyl, vbr. huil. Empr. lat. vêla pi. 
Gwéla, vb., pleurer, mbr. goelaff, corn, toole > oie, cymr. #w?#/o > wylo 

id. Empr. germ., cf. visl. vaela, ag. weilen > fo «?atï. — Conj. 
Gwéladen, s. f., visite, examen: dér. de 1 gwél. 
Gwélan, s. m., mouette, mbr. goelann (> fr. goéland), corn, guilan, 

cymr. gioylan, vbr. pi. guilann-ou, vir. foilenn, qui supposent un celt. 

*wail-anno- d'étym. entièrement inconnue 1 . 
Gwélaouen, s. f., variante corrompue de gélaouen*. 
Gwélé, s. m., lit, corn, et vbr. gueli, cymr. gwely, d'un celt. *wo-leg-os 

« couche » : cf. le simple vir. lig-e « lit », gr. Xéx-oç, lat. (avec un autre 

suff.) lec-tus. V. le préf. sous *gw-, et la rac. sous 1 léac'h*. 

1 Gwéled, s. m., aspect : dér. de 1 gwél. 

2 Gwéled, s. m., fond, mbr. goelet, cymr. gwaelod id. : dér. secondaire 
par rapport à cymr. gwael « vil », celt. *wei-li~, cf. lat. vi-li-s « sans 
valeur », sans autre équivalent connu. Cf. aussi gwélézen. 

Gwéléden (T.), s. f., jupe : dér. de 2 gwéled*. 

Gwéléond, s. m., accouchement, cymr. gwely-fod-i « être en couche»: 

1. Il y a eu toutefois contact, au moins d'étymologie populaire, entre gwéla et 
gwélan (cri plaintif). Comparer en outre argot fr. goualer, « crier, chanter ». 

2. L'êtymologie populaire, ayant isolé laotien « pou » et ne voyant aucun sens 
dans l'élément pé-, y a substituerai-, qui est du moins une initiale fort commune. 

3. Il semble toutefois bien difficile de séparer cymr. gwely de cymr. gwal 
« tanière » (Loth) : dans ces conditions, ce mot et ses similaires corn, et br. se ratta- 
cheraient à la même rac. que br. gwalen, par les sens de « tressage, couche faite 
de rameaux plus ou moins entrelacés, litière ». V. ce mot. 

4. « Vêtement de fond » ou « de dessous ». 



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150 GWÉLÉVI-GWENGÔLÔ 

soit les composés, cymr. gwely-bot, br. gwélé-bout > -vout > -oud 
« être au lit ». Cf. bout et gwélé. 
Gwélévi (C), vb., briller: dér. de goulou\ 

Gwélézen, s. f.. lie, cf. cymr. gwaelod id. : dér. de2 gwéled, mais phoné- 
tiquement identique au cymr. gwelyddyn, « dépôt, couche, tombe », 
qui se rattache à gwely = br. gwélè\ contamination probable de deux 
quasi-homophones dont le sens s'est confondu. 

Gwélien, s. m., relavure.* pour gtoelc'hien, dér. de gwalc'hi. 

Gwell, adj., meilleur : exactement « désirable, préférable », cymr. gwell, 
vbr. guell, celt. *wello- pour *wel-no- dér. de rac. WEL, « choisir, 
agréer, vouloir », sk. vr-na-ti, « il désire, il agrée », lat. vel~le, oel-i-m, 
vol-ô, etc. (gr. p<5X-£-Tat « il veut », pouX-o-fjiat, pouX^, etc.), got. waila, 
ag. well et al. wohl « bien », got. wil-jau « je veux », ag. et al. will, etc. ; 
lit. vél-yti et vsl. oel-êti « vouloir »; ajouter sk. vâr-a « choix », etc. 

Gwélout, vb., voir: contient, avant la finale d'infinitif, la môme rac. que 
gtoell, et signifie étyraologiquement « choisir »\ 

Gweltré, s. f., grands ciseaux, mbr. guelteff, composé dont le premier 
terme est / gêvel*. V. ce mot et cf. gultan. L'initiale, toutefois, parait 
contaminée de lat. oell-ere « arracher » ou d'un mot celt. de môme souche. 

Gwén, adj., souple, insinuant, mbr. guezn id., cymr. gtoydn « tenace » : 
soit un dér. celt. *wi-t-no-, dont on trouvera la rac. sous gwéa. 

Gwénaer, s. m., chasseur. Empr. lat. vënator. 

Gwénanen, s. f., abeille, corn, guenenen, cymr. gwen-yn-en et gwen-yn 
(« la perceuse »). V. la rac. sous gtoân. 

Gweùdré, s. m., goutte: dér. et altéré de gwefitr > gwehtl K . 

GwénedfA^ m., Vannes, gaul. latinisé Veneti « les Vénètes » : nom 
ethnique qui paraît contenir la rac. WEN (sk. van-à-ti « il aime », vân-a 
« charme », lat. ven-us et Venus, al. wonne « joie », etc.), et signifier 
« les amis, les compatriotes ». Cf. 1 gwenn. 

Gwéner, s. m., vendredi. Empr. lat. Veneris (diës). 

Gwengoad, s. m., aubier. V. sous 2 gwenn et koat. 

Gwengôlô, s. m., septembre, mbr. guenn-goloff, parce qu'après la mois- 

1. Comparer le mbr. gueleuiff au cymr. goleu. 

2. Pour «choisir » il faut « examiner », et un examen n'est qu'une « vue» plus 
prolongée. Le sens s'est simplement atténué. 

3. Le second est le mot treff qu'on trouvera sous adré. Le mot a désigné tout 
d'abord une sorte de charpente fourchue, soit donc « pince de construction ». 

4. En tant qu'étendu à toutes douleurs cuisantes. 



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GWENN-GWENVID1K 151 

son les toits de chaume nouvellement réparés ont des taches blanches 
sur leur fond sombre. V. sous 2 gioenn et kôlô. 

1 Gwenn, s. f., race, germe, mbr. gouen, vir.jine, gaeL./îne, « tribu, pa- 
renté », et cf. vbr. co-guen-ou « indigène » : dér. possible de la même 
rac. que Gwéned, cf. visl. vin-r et ags. wine « ami », etc. 

2 Gwenn, adj., blanc, corn, guyn, cymr- gwyn, yiv.find, ir. et gael. fionn, 
gaul. *oindo* dans Vindo-magus n. pr. « le champ blanc » et autres : 
soit un celt. *toind-o- qui aurait signifié « visible > brillant > blanc », 
et se rattacherait à la rac. WID. V. sous gouzout. 

Gwennaen, s. f., verrue, mbr. guennhaenn, corn, et cymr. gwenan, ir. 
faine et faithne, gael./oi/me id. : se rattache peut-être, avec ags. wenn 
> ag. wen y à la rac. de gwân. V. ce mot. 

Gwennek, s. m., merlan, sou: dér. de 2 gwenn. V. ce mot. 

Gwennéli, s. f., hirondelle, corn, guennol, cymr. gwennol, vir. fannall, 
ir. âinl-eôg, gael. fainlreag et ainleag id. : d'un celt. *wann-ello- (d'où 
gaul. latinisé vannellus> fr. vanneau), qui semble un diminutif par 
rapport au lat. oannus, « van, éventail » (forme de la queue). 

Gwennen (V.), s. f., taie sur l'œil : dér. de 2 gwenn. 

Gwennik, s. m., saumon blanc: dér. de 2 gwenn. 

Gwénôden, s. f«, sentier : dér. probable de gwén\ 

Gweùt, s. m., vent, odeur, corn, guins^gwyns, cymr. gwynt. Empr. 
lat. ventus. De là aussi le vb. gwenia « vanner ». 

Gweàterc'hen, s. f ., grand millepertuis. V. sous gwent et der&hel (l'admi- 
nistrait-on d'aventure pour faire passer les vents?). 

Gweùtl, s. m., variante de gweAtr. V. ce mot. 

Gwentlé, s. f., variante de gweltré. V. ce mot. 

Gwentr, s. m., coliques, maux de nerfs, douleurs de l'enfantement. Empr. 
lat. venter (par extension et euphémisme). 

Gwéùvi, vb., se faner, se rechigner: dérivation, en prononciation rapide, 
de mbr. goua(n\ffm hiver ». V. sous goaû, mais cf. gwèvi. 

Gwenvidik, adj., heureux, mbr. guennuidic, syncopé pour *guenn-ved-edic 
= cymr. gwyn-fyd-edig dér. de gwyn-fyd « bonheur », exactement 
« univers blanc, brillant », métaphore pour « vie prospère, destinée heu- 
reuse »; cf. cymr. gwyn ei fyd (littéralement « heureux son monde ») 
« heureux celui » [qui]. V. sous 2 gwenn et béd. 

1. Chemin « souple, tortueux, qui s'insinue », etc. Mot difficile : cf. minôten. 



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152 GWÉR-GWERZID 

1 Gwér, s. m., du verre, mbr. guezr t corn, gweder, cymr. gwydr. Empr. 
lat. vitrum, et cf. le singulatif gwéren. 

2 Gwér, adj., vert-clair, mbr. guezr, corn. guirt> gwyrdh, cymr. guird 

> gwyrdd. Empr. bas-lat. viridis^virdis* > fr. perd. 

Gwerbl, s. f., bubon. Empr. bas-lat. verbera « coups et les enflures qui 
en résultent », pi. nt. pris pour un sg. fm. — Conj. 

Gwéré, s. f., échauguette, guérite: dér. du même radical empr. germ. 
*war- « garder » d'où nous vient aussi fr. guérite. Cf. gortoz. 

Gwérélaouen, s. f., l'étoile du matin, mbr. guerelouann (aussi berleuenn 
V.), corn, byrluan : composé de deux termes, dont le premier est le 
même que cymr. gwawr, vir. fâir et gael. fàir « aurore » : soit un 
celt. *wà8-ri- , de rac. WAS(?) « briller », sk. u$-âs « aurore », gr. *âo<r-<fe- 

> i^ùç > toc, lat. aur-ôr-a, lit. adsz-ta « le jour point », al. Os-t 
« l'Orient », etc.; le second n'est guère identifiable, cf. pourtant*? laouen. 

Gwéren, s. f., verre à boire: dér. de 1 gwér. 

Gwerc'h, gwerc'hez, s. f., vierge, jeune fille, cf. cymr. gwyryf. Empr. 

lat. et dér. d'empr. lat. virgô. 
Gwern, s. f., aune 1 , aunaie, corn, gtoernen, cymr. gwern, vir. fern et 

fem-og, ir.fearn etfearn-àg, gael. feàrn-a, gaul. *oernos dans Verno- 

dubrum « Verdouble »' et autres n. pr.: soit un celt. *werno~. isolé. 
Gwers, gwerz, s. f., vers, poème, légende versifiée; cf. cymr. gwers % 

« tour, leçon ». Empr. lat. versus. V. sous gouers. 
Gwerz, s. f., vente (et vb. gwerz-a « vendre »), corn. *gwerth « valeur », 

d'où gwerth-e (v vendre » et gordh-y « estimer », cymr. gwerth « prix » et 

gwerth-u « vendre » : soit un celt. *werto- « valeur, qui a de la valeur », 

lequel se retrouve dans toute la famille germanique (got. wairth-s, ag. 

worth, al. wert), mais manque de répondants ailleurs. 
Gwerzid, s. f., fuseau, mbr. guerzit, corn, gurthit, cymr. gwerthydd, vbr. 

guirt-it-ou pi. : soit un celt. *wert-ito-, ppe passé de la rac. WERT 

« tourner », sk. vàrt-a-te « il se tourne» et vart-util « fuseau », lat. 

vert-ere, vert-i « se tourner > se changer », vert-ex, vort-ex, etc., got. 

tcairth-an «devenir» (cf. lat. vertî) et al. werd-en, lit. vèrs-ti et vsl. 

vrût-êti « faire tourner », vsl. vrèt-eno « fuseau », etc., etc. 

1. Lamôtathôse exclusivement propre au breton y résulte évidemment de l'analo- 
gie du précèdent. 

2. Le sens « mât » est naturellement secondaire. 

3. « L'Aunaie » (cf. dour). De là un gaul. latinisé *oernu8, qu'accuse le fr. cerne 
« aune ». 



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GWESKEN-GWÎK 153 

Gwesken, s. f., mors : soit « qui scie en dessous » ou « légèrement » [la 
bouche du cheval]. V. sous *gw- et heskenn. — Conj. 

Gwesklé, s. f M grenouille. V. sous glesfcer. — Étym. inc. 

Gwespéden, s. f., guêpe : formation fort complexe, singulatif en -en d'un 
pi. en -et tiré d'un sg. *gwesp. Empr. lat. oespa. 

Gwestad, adv., variante àegoustad. V. ce mot. 

Gwéstl, s. m., gage, mbr. goestl, corn, guistel « otage » et gustl-e « pro- 
mettre », cymr. gwystl, « gage, otage », vir. giall, ir. et gael. giall id., 
gaul. *geÎ8tlo8 dans Cogestlus n. pr. : d'un celt. *gei8-tlo-, dont larac. 
n'est pas connue, mais qui se retrouve dans tout le germanique (vhal. 
gïsal > al. geisel), empr. probable de celui-ci au celtique. 

Gwév, s. m. , variante de gwé, à cause du pi. gwéou prononcé aussi gwévou. 

Gwévi, vb., variante dénasalisée de gwéiwi. V. ce mot. Toutefois le cymr. 
gwyw « fané » impliquerait que les deux formes sont primitivement dis- 
tinctes ou que la nasale de gwèiwi est épenthétique. 

Gwéz, adj., sauvage, mbr. guez ou goez, corn, guit, cymr. gwydd, vir. 

fiad « gibier» e%fiad-ach « chasse », ir. et gael. fladh « gibier »: d'un 

celt. *weid-o-, que reproduit identiquement le germanique (al. weid-e 

« terrain de chasse > pâturage ») et qui sans doute se rattache à la 

même rac. que le suivant. 

Gwézen, s. f., arbre, mbr. guez-enn (singul. de guez), corn, guid-en, cymr. 
guid > gwydd etgwydd-en, vif.Jid, ir. et gael .fiodh, gaul. *o*'da-sdans 
vidubium (cf. gouzijiad), Vidu-casses « Vieux » et autres n. pr. : d'un 
celt. *wid-u- « bois », qui ne se retrouve qu'en germanique, notamment 
ags. wud-u > ag. voood, vhal. wit-u. Cf. le précédent. 

Gwézout, vb., variante de gouzout. V. ce mot. 

Gwiaden, s. f., pièce de toile, corn, guiat: dér. de gwéa. V. ce mot. 

Gwialen, s. f., verge, gaule, cymr. gwialen id. : contamination de gwalen 

et d une dérivation de gwéa « fléchir ». V. ces mots. 
Gwiber, s. m., écureuil (aussi gwinver V.), mbr. guinfher, cymr. gwiwer, 
ir.feor-àg, gael. febr-ag id. : ne se retrouve qu'en baltique (lit. voverè) et 
en lat. (viverra « furet »). Cf. Ernault, Mém. Soc. Ling., XI, p. 103. 
Gwiblen, s. f., girouette. — Empr. certain, provenance inc. 1 . 
Gwîk, s.f., bourg, corn, gwic, cymr. gwig. Empr. lat. vîcus. 

1. On peut songer à fr. gulore (motif décoratif), fr. guibre « charpente d'avant du 
navire », et surtout lat. oibr-dre. Aucun de ces rapprochements n'est sùr,tant s'en faut. 
Cf. aussi guoijl. 



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154 GWIDILA-GWINIZ 

Gwidila, vb., serpenter : dér. secondaire. Cf. gwéden. 

Gwidoroo'h, adj., cadet: semble une dérivation de comparatif, d'ailleurs 
irrégulière, par rapport à goudé. V. ce mot. 

Gwidré, s. m., ruse : dér. secondaire. Cf. gwidila. 

Gwifi, s. m., chevron, solive (aussi gtoior-ajenV.). Emprunt très probable, 
mais difficile à préciser : cf. gwiblen et kébr. 

Gwigour, s. f ., bruit de gond ou d'essieu : se rattache à 

Gwic'h, s. m., vagissement, cymr. gwich « cri », gwichio « crier ». Ono- 
matopée du même type que ag. to squeaka piailler ». 

1 Gwil (V.), s. m., variante dialectale de g oeil, et cf. biouil. 

2 Gwil (V.), s. m., variante dialectale de goéL V. ce mot. 

GwîJ, s. m., larron de nuit, cf. mbr. gouilh, cymr. gwill « vagabond», 

corn, gwilleiio « mendiant ». — Étym. inc. 1 . 
Gwiler, s. f., place publique. Empr. bas-lat. villâre. 

1 Gwilc'ha, vb., faucher, mbr. guilchat (avec ch et non c'A); cf. vbr. 
guiltiat « tonsure » (d'où changement régulier de t + y en. ch), dont la 
syllabe radicale parait être la même que celle du lat. oellô < *oelnô 
« j'arrache », également isolé. V. sous gweliré. 

2 Gwilc'ha, vb., cligner, bigler : dérivation péjorative 1 sur le radical de 
gwèl-out. V. ce mot. 

Gwiliondi, vb., accoucher: dér. iegwéléoud. 

Gwiméled, s. f., vrille. Empr. fr. ancien gimbelet. 

Gwimm, s. m., regain. Empr. fr. ancien guaïm, qui est le second terme 

de re-gain, et cf. fr. pré guimaud « pré à regain ». 
Gwin, s. m., vin, corn, et cymr. gwin, vir. fin, ir. fion, gael. /ton. Empr. 

lat. vïnum, qui a passé aussi en germanique. 
Gwiùka, vb., ruer, cf. ag. to wince. Empr. fr. ancien guenchir, etc., qui 

lui-même est d'origine germanique. 
Gwiûed, s. f., sarcloir: dér. de gtoini-en (serpette à vigne?). 
GwifLen, s. f., aubier : dér. de 2 gwenn. Cf. gwengoad. 
Gwinien, s. f., vigne. Empr. lat. vinea, ou fr. vigne. 
Gwiniz, s. m., froment (aussi guinic'h et guneh V., qui montrent que la 

finale n'a rien de commun avec èd) : le cymr, gwen-ith « froment » paraît 

1. Probablement simple sobriquet [William, Guillaume, etc.). Cf. Guillou « Guil- 
laume » et guillous « ménétrier » (ou fr. oielleuwl). 

2. Dans vbr. guel-ch « aspect », cymr. guoyl-ch^i gtcyl-ch-u « sembler », le sens 
péjoratif est encore latent. 



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GWINTÀ-GWÎZ 155 

signifier étymologiquement « beau grain », mais la provenance du second 
terme est obscure; pour le premier, cf. Gwéned. 

Gwinta, vb., lever, s'élever. Empr. fr. guinder*. 

Gwinval, vb., bouger: variante àefiûoal. V. ce mot*. 

Gwiou, adj., gai, mbr. guyou, corn, gwyw, cymr. gwiw, « digne, capable, 
bon », etc., vbr. uuiu (?), ir. fia, gael.^îà, gaul. *oi8u-8 dans Visu-rix n. pr. 
« bon roi » : soit un celt. *wis-u- « bon », cf. gr. # J : i<j-/o-ç > taroç > f<joç 
« égal », cf. sk. vâsu et zd vohu, etc. — Rapprochements inconciliables*. 

Gwipad (C), s. m., petit-lait, mbr. guypat,ct. cymr. chwig etags. hwaeg 
{ae long) > ag. whey id. Empr. ags.?* 

Gwîr, adj., vrai, cymr. gwir, vbr. guir, vir.//r, ir. fior, gael. yior, gaul. 
•co-céro-s « fidèle » dans Dumno-covëros n. pr. : d'un celt. *wër-o- 
(( vrai » (rac. douteuse), lat. vërus, got. tuz-wër-jan « douter » et al. 
wahr « vrai », vsl. vèra <c foi », etc. 

Gwiri, vb., chauffer, ppe goret. V. sous 1 gôr et gwiridik. 

Gwiridik, adj., sensible, douillet : dér. de gôri > gwiri, « former abcès » 
et par suite « devenir douloureux ». V. sous 2 gôr et gwiri. 

Gwisk, s. m., vêtement, corn, guise, cymr. gtoisg (et gwisg-o « vêtir »): 
d'un celt. *wë&-ki- t presque identique à lat. ves-tis, tous deux dér. de 
rac. WES, sk. vàs-te « il se vêt » et oâs-tra « vêtement », gr. ^é^-vo-fAt 
> SwOfxt a je revêts » et lu-Hç « habit », got. was-janet was-ti id., etc. 

Gwispér (V.), s. m., variante altérée * de mespér. 

Gwitibunan, tous tant qu'ils sont, corn, cetep-onon id. : semble profondé- 
ment altéré pour une locution ket-heb~unan, soit « ensemble y compris 
un ». V. ces trois mots et observer le sens archaïque de hép. 
Gwitod (V.), s. m., petit-lait. V. sous gwipad. 

Gwivoud. s. m., chèvrefeuille: variante usuelle de gwéz-voud, mbr. 
guezuout, cymr. gwydd-fid id. ; le mot paraît signifier « buisson sau- 
vage ». V. sous gwèz et bôd, et cf. bézvoud. 
Gwîz., s. f., truie (aussi gwèz, pi. gwizi) t mbr. gués, corn, guis, vïr./ets 
id. : d'uncelt. *wessi- « âgé d'un an », cf. sk. vat-sà etlat. oit-ulu-s « veau », 

1. Cf. le terme technique giciiidask s. m., «levier, cric, cabestan », où le d régu- 
lier s'est conservé. 

2. Même rac. t avec chute ancienne de Y s initial. 

3. Observer toutefois que le corrélatif phonétique exact d'un i.-e. *œiswo- est le 
cymr. gtcych, qui sémantiquement répond bien au br. gvolou. 

4. Mais la dernière syllabe reste eu tous cas inexplicable. Cf. gvoitod. 

5. Far étymologie populaire «poire sauvage » [gwéz-pér). 



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156 HÀ-HÀLEK 



got. with-ru-8 « agneau », ag. wether et al. widder « bélier », tous issus 
d'uni.-e. *wet-e8-, « temps, année », cf. gr. f£coç>e«coç « an »,lat. vêtus 
« vieux » 1 . Cf. aussi blougorn. 



Ha, et, variante de hag devant consonne. 

Habask, adj., doux, d'humeur accommodante : pour *he-bask « facile à 
nourrir » (un animal). V. sous hé- et paska, et cf. burzud. 

Hak, s. m., hoquet, cf. gael. agadh « bégaiement ». Onomatopée. 

Hakr, adj., variante dea/rr. V. ce mot 1 . 

Hâd, s. m., semence (et hada vb.), mbr. hat et had-qff» semer», cymr. 
had et had-u, corn, has id. : d'un celt. *sa-tO' « semé » = lat. sa-tu-s ppe 
passé derac. SE, sk. sasyà et zàhahya « blé », lat. së-men, etc., got. 
sai-an « semer », ag. to sow et al. sâ-en, ag. see-d et al. saa-t « semence »» 
vir. «/-/((semence » et cymr. ht-l « postérité », vsl. sè-ti «semer», etc. 
Cf. aussi hoal, 2 héd, heiz et dihi\a. 

Hag, et, corn, hag et Aa,cymr. ac et a, cf. vir. ac, acus, ocus, etc. : exacte- 
ment (( en outre, en ajoutant», d'une rac. qui signifie « proche, approchant, 
s'ajoutant à», corn, ogosu près», cymr. agos « voisin », vir. acus et 
ocus id., uc et oc « près » cf. gr. à^A et è YY-^-s « proche », sk. (rac.) aç 
et naç « atteindre ». Cf. ha, hôgen, hôgoz et eûk. — Rapports indécis. 

Hal, s. m., pour hait), variante de halo. 

Hajébod, hajévod, s. m., gueux, vagabond, mbr. hailhebod. Empr. fr. 
ancien hallebot-eur, « grappilleur, vagabond ». 

Halek, s. m., saule (sg. haleg-en), corn, heligen, cymr. helygen, vir. sait 
(gén. sailech), ir. saileàg, gael. seileach id : d'un celt. *8&l~ik~ identique 
au lat. salix, gr. àXfcaj (arcad.), ag. sall-ow, al. sal-weide. 

1. La filière sémantique est « âgé d'un an — pièce de bétail âgée d'un an — truie 
âgée d'un an — truie ». Ainsi le mot n'avait rien en lui-même qui signifiât « race por- 
cine » plutôt qu'une autre ; et inversement il a perdu, en celtique, jusqu'au souvenir 
de sa signification essentielle. 

2. Comme Y h br. ne se prononce plus guère, il est arrivé fréquemment qu'on l'a 
supprimé là où il était étymologique, ou au contraire qu'on l'a suppléé où il n'avait 
que faire. On cherchera donc sous la voyelle suivante les mots qu'on ne trouverait pas 
sous li> et réciproquement. — Toutefois, si hakr procède en effet de akr t il a, par un 
effet d'emphase, reçu l'A dès l'époque brittonique ; corn, hac-ter « laideur » et hager 
« laid », cymr. hagr « laid » et hacr-u « enlaidir ». — De toute manière, il reste dans 
cette hypothèse une énigme iusoluble : la conservation du k, qui aurait dû devenir g, 
puis diphto nguer la voyelle; et la difficulté ne disparait pas, si l'on explique Vh initial 
par un emprunt ou une forme celt. apparentée au lat. sacer « exécrable » . 



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HALO-HÀRNEZ 157 

Halo, s. m., salive, cymr. haliw, vir. saile, ir. seile, gael. sile id.: sup- 
posent un celt. *sal~iwO', presque identique au lat. saliva, sans autre 
équivalent connu, mais très probablement dér. du môme radical que 
holen (en tant que liquide salé). V. ce mot. 

Han, s. m., variante de hativ. V. ce mot. 

Hanaf, s. f., coupe, jatte, etc. Empr. fr. ancien hanap. 

1 Hanô, adv., variante aspirée de anô. 

2 Hanô, s. m., nom (aussi hanv), mbr. hanffethanu, cymr. enw, vbr. anu, 
vir., ir. et gael. ainm id. : d'un celt. *an-men-, gr. ovo-|xa, vsl. imç, et 
cf. sk. na-ma, lat. nô-men, got. na-mô, ag. name et al. name (( nom m 1 . 

Haàter, s. m., moitié, corn, hanter, cymr. hanther > hanner id. : soit un 
celt. *san-tero- < i.-e. *sni-tero- « l'autre » (en ne parlant que de deux), 
gr. dialectal fi-repo-ç > Stepoç * ; le celt. probablement influencé dans sa 
signification par un autre celt. *sëmi-iero- « demi », dér. de l'i.-e. *$ëmi-, 
sk. sdmi-, gr. *,ni- et %«xoç, lat. 8ëmi- <( demi », etc. 

Hanv, s. m., été, mbr. haff, corn, et cymr. haf s vir. sam (d'où le composé 
sam-rad > ir. et gael. samhradh « été ») : d'un celt. **am-o-, sk. sàm-à 
« année », zd ham-a « en été », visl. sum-ar, ags. sum-or > ag. 
summer, vhal. sum-ar > al. sommer 8 . Cf. gr. ^jx-épâ « jour ». 

Hanv, s. m., nom. V. sous 2 hanô. 

Haùvesken, s. f., vache stérile : exactement « [vache] qui n'a pas produit 
de l'année » 4 . V. sous haAv et 2 hesk. 

Haô, adj., variante de aô. V. ce mot. 

Hardiz, adj., hardi, violent. Empr. fr. ancien hardiz (cas-sujet). 

Harlua, vb., bannir, chasser, mbr. harluaff> avec fausse aspiration pour 
vbr. ar-lu « il a empêché », cymr. arluo « arrêter » : dér. de préf. ar-, et 
d'un mot *lu « force armée » conservé partout ailleurs qu'en br.; corn, lu 
et cymr. llu, vir. sluag « armée », ir. et gael. sluagh « gens », celt. 
*sloug-o- attesté en outre par le gaul. Catu-slôgï n. pr. (les gens de 
guerre) et le n. pr. br. Ker-lu. Cf. aussi vsl. slug-a « serviteur ». 

Haïriez, s. m., ferraille, harnais : contamination de l'empr. fr. harnais 
(venu du celt.) avec une dérivation de houarn. V. ce mot. 

1. Les conditions phonétiques indo-européennes ne sont pas pleinement éclaircies; 
mais on voit que le br. seul présente une aspiration prothétique, relativement réoente. 

2. Comparatif de l'i.-e. •sém-s « un » > gr. *ï\l-ç > eîç. 

3. Le nom d'une saison pris pour celui de Tannée, ou inversement, est partout une 
métonymie courante. Cf. aussi haAoesken. 

4. Ou qui a porté toute Tannée pour n'aboutir qu'à avorter. 



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158 HARP-HÉÀL 

Harp, s. m., appui, soutien. Empr. fr. ancien harper « empoigner », avec 
contamination possible du sens du mot suivant. 

1 Harz, s. m., arrêt, obstacle, borne, et cf. harz (V.) : dans l'hypothèse, 
d'ailleurs peu probable, où ce dernier serait emprunté à un autre dialecte 
breton, on pourrait songer à un type de ppe passé celt. *sar~to- y de même 
origine que le vb. lat. ser-ô « j'entrelace », qu'on trouvera sous kèfret. 

2 Harz, aboiement (et harzal « aboyer »), mbr. harzaff, avec une fausse 
aspiration pour vbr. arton et cymr. arthal id. : plus anciennement sans 
doute « grogner à la façon d'un ours », cf. cymr. arth et vir. art « ours », 
sk. fk$a % gr. apxToç, lat. ursus. V. la note sous déach. 

3 Harz, adv., proche (cf. s. m. pi. harzou « limites ») : identique à 1 harz 
« faisant obstacle > heurtant contre > jouxtant » . 

Hast, s. m., empressement. Empr. fr. ancien haste. 
Havrek, s. m., guéret. Le mot ressemble, mais de bien loin, au bas-lat. 
*warectum (du germanique), d'où vient aussi fr. guéret. 

1 Hé, pronom de 3 e pers. du sg., sujet ou complément (aussi heh et hen)*, 
mbr. çff, corn, ef > e, cymr. em> ef> d'un démonstratif celt. *emo- 
identique au sk. àma « celui-ci »; aspiration surajoutée en br. 

2 Hé, son, sa : correspond à deux anciens génitifs du thème indiqué sous 
1 a, l'un msc. (sk. anya « de lui »), l'autre fm. (sk. asyàs «d'elle»), 
ce qui explique que hé « de lui » exige mutation douce et hé « d'elle » 
mutation forte; cf. cymr. clust « oreille », ei glust « l'oreille de lui » et 
et chlust « l'oreille d'elle » ; avec aspiration surajoutée en br. 

Hé-, particule préfixée avec le sens du gr. eu- «bien», corn, he-, cymr. hy-, 
vir. su-, gaul. su- 1 , sk. su- (et isolément sa « bien »), zd. Au-. Cf. habask 
et qquns des mots suivants. 

1 Héal, adj., cordial, généreux, mbr. et cymr. hael, vbr. hael- (dans un 
n. pr.) : suppose un celt. *sag~lo-, homologue de *sag-ro- « fort » qu'on 
trouvera sous (éar, et dér. comme lui de la rac. SEGH qu'on trouvera 
sous le suivant : cf. sk. sàh-a-te « il est victorieux » et sâhas « force 
triomphante », celt. *8eg-o-, « fort, vainqueur », attesté par le gaul. Sego- 
en tète de divers noms propres, got. sig-is, visl. sigr et al. sieg « vic- 
toire », etc. V. d'autres répondants sous 2 héal. 

1. La nasale primitive nettement conservée dans hen-horlt, hen-nez % mais perdue 
dans hé-mafl (démonstratifs). 

2. Par exemple dans SV-CELLOS, surnom du dieu qui a « un bon frappeur, un 
bon marteau », dans le monument qu'a commenté M. d'A. de J. — Cf. V. Henry, 
Journ. A*., 9« sér., XI, p. 329. 



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HÉAL-HELLUZ 159 

2 Héal, s. f., fourche de la charrue (par où on la tient), mbr. haezl, cymr. 
haeddel^ d'un celt. *sag-e-dla = gr. êx-*-*^, (r manche, poignée » : tous 
deux dér. de rac. SEGH « tenir ferme », gr. ^x* 10 > fy** a f** M » c '« l'esprit 
rude de U<* et le a de S-<*x-s « il eut » ; autres dérivés sous 1 héal. 

Hék, s. m., irritation, chicane, mbr. hec « odieux ». — Étym. inc, mais 
les mots fr. chicane, agacer, etc., ne sont pas plus clairs 1 . 

1 Héd, s. m., longueur, mbr. het, corn, hès, cymr. hyd « longueur » et 
« jusqu'à » (cf. bété), vir. sith « long » (préf. intensif), ir. et gael. sith, 
« marche vers, assaut» : d'un celt. *se-ti" de môme rac. que br. hîr. 

2 Héd, s. m., essaim, mbr. het, cymr. haid, vir. saithe id. : d'un celt. *sa- 
tyà « génération » (cf. lat. sa-tiô « ensemencement »), dont on trouvera 
la rac. sous hàd\ mais avec changement de genre en br. 

Hégar, hégarad, adj., affable, affectueux, corn, hegar, cymr. hygar, 
gaul. n. pr. Su-car-ios. V. sous Aë-et kâr. 

Hégin, s. m., variante aspirée de égin, V. ce mot. 

Hégléô : adj., sonore, clair ; s. m., écho * : cymr. hy'glyw(&d).) < celt. *su- 
klew-o- 9 « qu'on entend bien, facile à entendre » . V. le préf. sous hé- et 
la rac. sous kléoout. 

Heiz, s. m., orge, cymr. haidd % gaul. probable sasia « seigle » (asia après 
un 8 dans Pline) : d'un celt. *8a-syo-, sk. 8asyà et zd hahya « céréale », 
qui peut-être se rattache à la même rac. que hâd. V. ce mot. 

Heizez, s. f., biche, cymr. hydd-es fm. de hydd « cerf ». Empr. germa- 
nique probable, et vraisemblablement très ancien : cf. ags. hind > ag. 
hind % al. hinde > hind in « biche » . 

Héja, vb., secouer, mbr. hegqff**. Empr. fr. hocher. 

Hélavar, adj., éloquent, affable, vbr. helabar : préf. hé- et lavar. 

Hélédan, s. m., grand plantain, corn, enlidan, cymr. henllydan(y ffordd) 
id. : pour hèd-lédan *. V. ces mots. 

Helluz, adj., possible : dér. de gall-oud. V.ce mot 8 . 

1. Cf. encore hakr et a/e/\ heûg % fr. Héquet n. pr. eto. 

2. 11 est difficile de croire que le nom de la a joubarbe » ne soit pas le même mot; 
mais on n'en aperçoit pas la raison. 

3. Tout indique qu'ici le g est à prononcer comme j. 

4. « Longueur large » : les épis sont longs et les feuilles larges. Ou bien hédlédan 
serait-il dû à l'etymologie populaire? Dans ce cas, le corn, et le cymr. auraient la vraie 
forme, mais leur syllabe initiale résiste à l'analyse. 

5. Le changement de g en h, ici et dans diverses formes de conjugaison de ce 
vb., tient, d'une part, à la chute de g initial dans certains auxiliaires très usités 
(cf. gober : ôber, gra : ra, gouzout : ouxout), de l'autre, à la mutation douce de g en c'h. 



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160 HELMOÏ-HÉP 

Helmoï, vb., s'accouder: dér. et altéré d'un emprunt germanique (ags. ?) 
au moins très probable, cf. ag. elbow « coude ». 

Hémolc'hi, vb., chasser. V. sous émol&h. 

Hen, adj. t vieux 1 , corn, et cymr. hen > hên, vir. sen y ir. et gael. sean, 
gaul. Seno- en tète de divers noms propres: d'un celt. *sen-o- dont le 
comparatif est lat. sen-ior, cf. sk. sâna « âgé )) et sanàd « depuis long- 
temps », gr. hos, lat. s en-ex, got. sin-ista superlatif, germ. latinisé 
siniscalcus « le doyen des domestiques » (> fr. sénéchal), lit. sénas, etc. 

Héna, adj., aîné, mbr. henqff, superlatif de hen. 

Hénôz, adv., ce soir. V. sous 1 hé et nôz. 

Heàt, s. m., chemin, mbr. hent, corn, /uns, cymr. hynt, vbr. hint « che- 
min », vïr.sét, it.saod et seud, gael. saod « voyage » : d'un celt. *sento-*, 
qui ne se retrouve qu'en germanique, got. sinth-s « chemin », vhal. sind 
(disparu, mais cf. al. ge-sin-de « cortège » et sen-den « envoyer », etc.). 

Heàted, s. m., allonge: pour hét-ed, avec nasalisation illégitime, peut-être 
empruntée à astenn. V. ce mot et 1 héd. 

Heàtez, s. m., le prochain : comme qui dirait collectivement « ce qu'on 
rencontre sur son chemin » ou mieux encore « l'ensemble des com- 
pagnons de route », dér. de heht\ mais cf. hehti. 

Heàti, vb., fréquenter; contamination del'empr. fr. hanter par le br. hent. 

Henvel, vb., nommer : dér. de hanv > hanô. 

Héol, s. m., soleil, mbr. heaul, corn, heuul > houl, cymr. haul > fieul-, 
vir. suit « œil », gael. sùil id. : d'un celt. *sàwali- et *«û/i- « soleil », cf. 
sk. surya, gr. ♦dâj^Xtoç > j^Xio* > ^Xtoç, lat. 8ôl t got. *aiuï (ag. sun, 
al. sonne dérivés secondaires), lit. saâlè, etc. 

Héôr, s. m., variante aspirée de éôr. V. ce mot. 

Hép, prép., sans, corn, heb, cymr. heb 9 « sans, outre », heib-io, « outre, 
excepté », vbr. hep « sans », vir. sech, ir. et gael. seach « outre » : d'un 
celt. *8eq-os, à peu près identique au lat. sec-us « en moins » et au sk. 
sâc-â « avec »*; la rac. est SEQ « suivre », sk. sàc-a-te, gr. tir-e-rat et 
lat. sequ-i-tur « il suit », got. saihw-an, ag. to see étal, seh-en « voir ». 

L'initiale h est comme une forme de compromis entre l'initiale vocalique simple et 
l'initiale &h. 

1. Le mot est tombé comme tel en désuétude ; mais ses dérivés subsistent. Cf. le 
suivant. Le vbr. a hendat « grand-père » et henmam « grand-mère ». 

2. Gaul. sentum à la fin de divers noms de lieux. 

3. Le contraste constant de signification s'éclaire par le lat. praeter, qui lui aussi 
signifie tout à la fois « outre » et « hormis ». Cf. aussi ébiou. 



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HER-HESP 161 

1 Her, 8. m., héritier. V. sous 2 aer. 

2 Her, adj., hardi, insolent, mbr. hezr, cymr. hydr, vbr. hiir, vir. sethar 
« fort »: d'un celt. *set-ro-, qui n'a nulle part d'équivalent certain (vsl. 
chot-èti « vouloir » peut à peine s'y rattacher). 

Herbercli, s. f., hospitalité, abri. Empr. fr. ancien herberge (lui-même 
empr. germ.),d'où fr. héberger et auberge. 

Héré, s. m., octobre, mbr. mizhezreff, corn, mis hedra, cymr. mis hydref, 
exactement « mois [de fin] de l'automne » ? : le nom de l'automne serait 
dér. de hezr = hydr (sous 2 her), comme qui dirait « la saison puissante 
de la fécondité », ainsi qu'en lat. au(c)(umnus par rapport à augëre. 

1 Hérez, s. f., héritière: dér. de 1 her. 

2 Hérez, s. f., variante de érez. V. ce mot. 

Herlégon, s. m., aigrette (héron blanc). Empr. bas-lat. altéré *hagirône m 
(d'origine germanique), d'où viennent aussi les deux mots français. 

Herr, s. m. (d'où herruz « fougueux »), variante de err. 

Hervez, prép., selon (aussi ercez), cymr. herwydd, « à cause de, selon, 
parmi », corn, yn aga hericydh « en leur compagnie » : pour *ar-wez 
(( en la forme, la manière, la présence de », cf. mbr. goez « forme * et 
cymr. gwydd « présence ». V. sous ar- et ac'houéz. 

1 Hesk, s. m., glaïeul ou roseau à feuilles coupantes, corn, he&chen, cymr. 
hesg « jonc », vir. *aesc dans le dér. sesc-enn <c marécage » [roselière, cf. 
ir. seisgeann et gael. seasgann), ir. seing « jonc »: soit un celt. *seskà> 
qui peut être une forme de réduplication tirée de la même rac. que lat. 
secàre « couper » ;cf. aussi ag. sedge <( jonc ». V. sous heskenn. 

2 Hesk, adj., stérile, tari : contamination, parle fr.sec, du br. régulier hesp. 
V. ce mot. Ou alternance de gutturale et vélaire dans lesuff. (-ko- : -qo-ft 

Hesked, s. m., abcès qui ne suppure pas : dér. de 2 hesk. 

Heskémen, s. f., chantier. Empr. fr. ancien eschamel « billot », du lat. 

scamellum. Cf. eskammed et aussi cymr. eagemydd « banc ». 
Heskenn, s. f., scie : soit un celt. *8esk-innd ou ^aek-sk-innd, dér. d'un 

type pareil à 1 hesk. V. ce mot et surtout lat. aec-àre. 
Heskina, vb., agacer, mbr. hemquinaJFu railler». Empr. fr. ancien eschi- 

ner (en prononciation normande) « échiner »\ 
Hesp, adj., stérile, cymr. hysp, vir. sesc, ir. et gael. seang id.: d'un celt. 

1. Heu sûr: ni le sens du mbr., ni IV qu'il insère, ne s'expliquent par cet emprunt. 

11 



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162 HÉTÀ-HÉVLÉNÉ 

# «wjo- « sec », zd hixku, gr. to^-vo-c « maigre », lat. siccus « *8it-go-s, 

cf. sit-i-s « soif »), etc. ; équivalences approximatives. 
Hé ta, vb., souhaiter, plaire. Empr. fr. ancien haitieru plaire», qui est le 

second terme de sou-haiier, et cf. la locution de bon hait « de bon cœur » 

encore usitée dans la langue de la Bretagne française. 
Heûd (C), s. m., entrave, embarras (aussi hod V.) : abstrait d'empr. fr. 

ancien heuder « fixer », qui est d'origine germanique. 
Heûg, s. m., répugnance, aversion ; cf. mbr. heugui et heugal « roter », 

cymr. cyf-ogi « vomir ». Onomatopée. 
Heûl, s. m., action de suivre, suite, trace, corn., cymr. et vbr. ol id. : avec 

chute ou métathèse d'une aspiration devenue finale, pour *olch < celi. 

*olg-o- < *poly-o- t qui n'a de répondant possible qu'en germanique 1 , 

ag. iofoll-ow, d\.folg-en « suivre ». 
Heut (V.), adj., maladroit: paraît abstrait et altéré du mbr. heurtaff 

« s'aheurter ». Empr. fr. heurter cl cf. horz. 

1 Heûz, s. m., botte, guêtre. Empr. fr. ancien heuse. 

2 Heûz, s. m., variante de 2 eût. V. ce mot. 

Hével, adj., semblable (dénasalisé pour henvel), mbr. et corn, haoal, cymr. 
ha/al, vbr. -hemelet amal, vir. samail « image » et samlith « ensemble », 
ir. et gael. samhail « pareil », etc. : d'un celt. *8am-ali-, à peu près iden- 
tique à gr. ôfjL-otX<S-ç « égal » et lat. 8im-ili-8, tous dér. d'une rac. SE M 
(( un » (cf. hanter), sk. sam-â « égal. », gr. à'^-x et &V-ou « ensemble », 
lat. sim-ul, Sig.same «même »,al. sam-t « ensemble», etc. 

Hévélep, adj., pareil, conforme: pour *kéoélep i , que semble attester cymr. 
ctjffeltjb « semblable » à décomposer en *kev-he-lep « [faisant] bonne 
iigure avec » ; la rac. est LIQ, « forme, corps, apparence » (cf. disléber), 
surtout développée en germanique, al. leich-e « cadavre », got. ga-leiks 
« de même forme > égal > semblable », ags. g elle > ag. alike > like 
et al. gleich. V. les préf. sous *ke- et hé-, 

Hévléné, adv., cette année (aussi hélénéC), cymr. eleni id.: pour *en- 
oléné « dans l'annuel », le premier terme étant 1 en, et le second une sorte 

1 . Mais dans tout le germanique. La décomposition de folgen en +ooll-gehen 
(Kluge s. v.) rendrait ce rapprochement fort douteux ; mais elle-même est assez dou- 
teuse. — Cf. d'autre part cymr. hatol « poursuite judiciaire » et hol-i a réclamer » : 
phonétiquement, br. heùl semble le même mot; deux quasi-homophones se sont évi- 
demment contaminés; mais d'où vient le second? 

2. L'initiale, à raison de la synonymie, s'est assimilée à celle de hécel. — Conj. 
Ern. (la plus plausible de quatre). 



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HI-HÎR 163 

d'adj. (soit celt. *bleinyo- pour *bleid-n-yo-) dér. du radical d'où est issu 

bloaz. V . ces mots, et cf. Une et warléné. 
Hi, elle : soit une forme primitive **?, fm. du démonstratif *&yo- > sk. syâ, 

etc., auquel se rattachent également les formes féminines ag. she et al. 

sie. (Ici l'aspirée est étymologique; cf. hé.) 
Hibil.s. m., variante de ibil V. ce mot. 
Hiboud, s. m., murmure, délation: pour ibout < imbout, abstrait de 

l'empr. fr. imputer « dénoncer » \ — Ern. 
Hîk, s. m., hoquet, cf. ag. hiccough. Onomatopée. 
Higen, s. f., hameçon, mbr. iguenn, corn, hyc, cymr. kig et hig-ell id. : 

parait emprunté (avec ë devenu régulièrement celt. î) à un germ. très 

ancien *hëga > vhal. hàgo > al. haken « croc », cf. ag. hook. 
Higolen, s. f., pierre à aiguiser, mbr. hygoulen, corn, ancien ocoluin, 

cymr. ogalen et hogalen id. : soit un celt. *ak-ulènà dér. de rac. AK, 

cf. gaul. ac-aunu-m « pierre » et cymr. hog~i « aiguiser ». V. sous ék. 
Hili, s. m., saumure (aussi héli), cymr. heli id. : soit un celt. dér. ^sal-ïn-, 

issu de la même rac. que holen; cf. le dér. lat. salïnae pi. 
Hiliber, s. m., corme, sorbe : composé de pér, et de mbr. illy « sorbier », 

d'origine inconnue, mais qui se laisse vaguement rapprocher de hirin et 

iliô (ce sont tous noms de plantes à baies). 
Hillik, s. m., chatouillement: abstrait d'un empr. bas-lat. (avec chute de 

l'initiale comme dans inam et autres) *tillicàre, écourté de *titillicàre, 

fréquentatif de titillàre « chatouiller ». — Conj. Ern. 
Hinkané, s. m. f., cheval ou jument qui va l'amble. Empr. fr. ancien 

altéré haguenée, qui a le môme sens. 
Hiàkin, s. m., pointe du fuseau, chandelle de glace : dér. de ehk avec 

fausse aspiration (extrémités effilées et longues). V. ce mot. 
Hincha, vb., montrer le chemin : dér. de heAt*. 
Hini, celui, celle, cymr. hyny, démonstratif secondairement dér. du même 

radical que ann. V. ce mot et cf. hoàt. 
Hinnôa, vb., braire. Empr. lat. hinnïre « hennir ». 
Hiùviz, s. f., variante plus ancienne de hioiz. 
Ettr, adj., long, corn, et vbr. hir, cymr. hir, vir. sir, ir. sior, gael. sïor id. : 

1. C'est donc le second sens qui est le primitif. Le premier vient de la contamina- 
tion de boud. V. ce mot et hir coud. 

2. Très régulièrement, pour 'hentya, par métaphonie de e eu i devant un suffixe 
contenant la semi-voyelle dï, et changement normal du groupe t + y en ch. 



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164 HIRIN-HOALA 

d'un cell. *së-ro- identique au lat sè-ru-s « tardif » (cf. sk. sâyâ « soir ») 
et dér. comme lui d'une rac. SE, « étendre, allonger », vir. si-n-im et 
gael. 8in « étendre », vir. is-sius « en longueur », mhal. seine « tout 
doucement », ag. sith, sin et since « depuis ». V. aussi 1 héd. 

Hirin, s. m., prunelle, mbr. irin, cymr. eirinen, vir. aime : soit un celt. 
*arinio-, cf. sk. arâni « le tourniquet à faire du feu » '. 

Hirlô, adv., aujourd'hui, mbr. hiziu, cymr. heddyw* d'un celt. *se-diic-os 
= sk. sadio-as « aussitôt » : le premier terme est le démonstratif qu'on 
trouvera sous ann, et le second la rac. du mot deiz. V. ces mots*. 

Hiron, adj., métis. Empr. fr. Hvron*. — Conj. 

Hirr, adj., variante de hîr (doù hirraat , hirruz, etc.). 

Hirvin, s. m., variante de ircin. V. ce mot. 

Hirvoud, s. m., sanglot. V. sous /itr et boud. 

Histr, s. m., huître, mbr. et corn, estren, vir. oatrin. Empr. lat. altéré 
ostreum >> ostrea > *ostria (cf. le fr.). 

Hiviz, s. f., chemise de femme, mbr. hincis, corn, heois. cymr. hefys. 
Empr. germ. très ancien *hamîthya- « chemise » (> al. hemd), d'où 
vient aussi bas-lat. camisia. Cf. la variante kamps. 

Hiviziken, adv., désormais : exactement « d'ici à jamais », cf. 1 hé et 
birciken (et similaires). 

1 Hô, votre : procède d'une ancienne forme de génitif de c'houi. 

2 Hô, leur : procède d'une ancienne forme de génitif pi. du démonstratif 
indiqué sous 2 hé (sk. gén. esâm « d'eux »). 

Hoal, s. m., âge, mbr. hoazl, cymr. hoedl, vbr. hoetl- (dans un n. pr.) : 
d'un celt. "sai-tlo-, de formation parallèle à celle du lat. sae-clo-m 
>* saeculum « génération », et relevant comme lui de rac SE e semer », 
qui devait avoir une forme secondaire SÉi SAi. V. sous hâd. 

Hoala, vb.. attirer, capter, mbr. hoalat, dér. d'un mot perdu *c'hoel 
« tour », cymr. chwel et chicyl, vir. sel et bel « action de faire tourner » : 
supposent une rac. SWEL, « tourner, agiter », gr. aaX-o-ç a houle », lat. 
sal-u-m « mer », ag. to stvell et al. schwellen a se gonfler », etc. 

1 En bois très dur, comme l'est aussi celui du prunellier. Le rapprochement avec 
cymr. ai en « rein >» f pi. eh in) = vir. dru (al. niere << rognon », corps dur et ovale) 
est intéressant, mais bien problématique. 

2. Pour la formation, cf. vir. in-dlu , • ir. andiu gael. diu « aujourd'hui »,et 
lat. ho-dië. 

3. Nom d'un peuple de'race américaine; puis, par extension, sobriquet d'un métis 
de race européenne et américaine; enfin « métis » en général. 



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HOGAN-HOUARN 165 

Hôgan, s. m., fruit de l'aubépine ou de l'églantier : soit un celt. *ak-auno- 
« épineux », corrompu en *aukano-. V. la rac. sous higolen. 

1 Hôgen, s. f., ramas : exactement « fait de rapprocher, addition». V. sous 
hag la racine et les autres répondants celtiques. 

2 Hôgen, mais, vbr. hacen « et cependant », etc. : identique au précédent 
et, comme sens, à la locution française « au surplus ». 

Hôgoz, adv., presque : exactement « en approchant de », dér. du môme 

radical que hôgen et hag. V. ces mots. 
Hoclia, vb., grogner : dér. de houe h. V. ce mot. 
Holen, s. m., sel, corn, haloin, cymr. halen, vir., ir. et gael. salann id. : 

d'un celt. *sal-ëno- ou *.?aZ-a/i/io-, dér. de l'i.-e. *sal-, gr. à'X-ç, lat. sàl, 

ag. sal-t, al. saZ-z, vsl. sol-ï. V. aussi c'hoalen. 
Holl, adj., tout, corn, et vbr. hoh cymr. holl et oll id. V. sous oll. 
Hon, notre, corn, agan, cymr. ein, etc. : paraît contenir le même radical 

i.-e. que gr. àfijjdç (-^{lëu;) < *à-<Tfie = *n-sme t cf. got. et al. uns, ags. 

*uns > Rs > ag. us, su bsidiai rement sk. nas et lat. nos, etc. Cf. ni. 
Hont, adv., là, cymr. hwnt, vir. *sunt > sût « cela » : soit un dér. d'un 

radical démonstratif pareil à celui qui a produit ann. Cf. hini. 
Hopa, vb., crier pour appeler : dér. de l'exclamation hop! 
Horden, s. f., paquet, charge: abstrait d'un empr. fr. ancien sehourder 

« se charger » ; cf. hourd, terme d'architecture. — Conj. 
Horella, vb., vaciller: aussi horjella, qui accuse la dér. irrégulière et 

corrompue de l'empr. fr. horloge (à cause de l'oscillation du pendule) 

> br. horolach, etc. ' 
Horz, s. f., maillet, pilon (aussi orz), vbr. ord, cymr. gordd, vir. ordd, 

ir. et gael. ord id. : d'un celt. *ard-o-, « puissant, dressé », etc.? auquel 

il est difficile de trouver un équivalent sûr ; cf. sk. vârdh-a-te « il s'ac- 
croît », gr. àpô-'Uç (( droit », lat. ard-uu-s*. — Mcb. 
Houad, s. m., canard (pi. houidi), mbr. houat, corn, hoed, cymr. hwyad. 

— Étym. inc. Cf. Uhlenbeck, Aind. Wb. t s. v. sipras. 
Houarn, s. m., fer, corn, hoern, cymr. haiarn > hearn, vbr. hoiarn, 

vir. iarn, ir. iarann, gael. iarunn id., gaul. *isarnon dans Isarno-dorï 

1. Quant à horella « jouer à la crosse », il est bien difficile de se prononcer; car 
l'ag. to hurl (conj. Ern.) ne pourrait être qu'un emprunt récent : au moyen âge encore, 
la forme correcte esihurtle et le mot n'est pas anglo-saxon. 

2. Le plus probable, c'est qu'on a affaire à un radical exclusivement celtique (cf. 
tourta), qui lui-même a servi de souche au fr. heurter. 



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166 HOUÉ-HUEL 

« les Portes de fer » et autres noms de lieux : d'un celt. *ei8-arno-, adj. 
de matière dér. del'i.-e. *a/«-, « airain, fer », sk. âyas, lat. aes, etc. 4 . 

Houé (V.), s. m., poussière, poudre. — Étym. inc. 

Houe' h, s. m., porc. corn, hoch, cymr. hwch, vir. *socc > ir. su ig id. : 
supposent un celt. *sukku-, dér. de rac. **ft-, qui est le nom générique 
du pourceau en i.-e., sk. stxkarà « sanglier », gr. 5-<, lat. sus, ag. «oo?*, 
al. «au, etc. Cf. la rac. SU sous dozvi (femelle très féconde). 

Hou] a, vb., reculer (se dit surtout des bêtes de trait) : dér. de quelque ono- 
matopée employée pour les faire reculer. — Conj. 

Houlier, s. m., proxénète. Empr. fr. ancien holier et houlier, « débauché, 
courtier de débauche », d'origine très obscure. 

Houpérik, s. m., huppe (oiseau) : dimin. d'un mot *houper « porteur de 
huppe», dér. d'empr. fr. houppe = huppe*. 

Houpez, s. m., houblon : dér. de hop emprunté au hollandais. 

Houpi, vb., se hérisser (former des houppes) : dér. d'empr. fr. 

1 Hû, vous : forme atone de c'houi. V. ce mot. 

2 Hû, s. m., huée. Empr. fr. ancien hu id. 

Huai, s. m., entrave, obstacle, corn, fual > huai, cymr. huai, qu'on a 
ramené avec doute à un empr. \dX.Jibula « agrafe ». 

Huanad, s. m., soupir, mbr. huanat pour *uh-anat, cymr. uch-enaid, vir. 
osnad, ir. et gael. osnadh id. : soit « haute inspiration », composé du 
radical de huel et d'un dér. de la rac. AN À « respirer ». V. sous alan 9 
anaoun et huel 1 . Pour la formation, cf. lat. an-hëlu-8 « haletant ». 

Hubot (C), s. m., fripon, gueux : paraît altéré et écourté de ha\èbot. V. ce 
mot. — Conj. Ern„ et cf. Thurneysen, Keltorom, p. 24. 

Hudur, adj., malpropre, obscène : corrompu de loudour*. 

Huel, adj., haut (pour uc'hel), mbr. uhel, corn, huhel, cymr. uchel, vir. 
uasal, ir. et gael. uasal, gaul. *ux-ello-s « haut » dans Uxello-dfXnum 

1. Le germanique *eisarn (d'où ag. iron et al. eisen) est directement emprunté au 
celtique très ancien. 

2. Ag. hoj est emprunté au cymr. ou au corn. 

3. Le sens fr. dér. « dupe »a aussi passé au breton. 

4. Conj. Ziramer. — Ou bien un radical *ouk-s~ y dér. d'un type uch (vir.) « sou- 
pir », qui se retrouve en germanique et le tto -slave et peut procéder d'onomatopée 
(Stokes, Mcb.). 

5. Abstrait, par exemple, d'un groupe eul loudouren « une souillon », comparé à 
eun tout loudour « un sale trou » qu'on peut couper toull *oudour, etc.: de là donc 
aussi eunn *oudouren % et subsidiairement ou > a, puis h prothétique. Mais, avec tout 
cela, Vu pour ou fait grande difficulté. 



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HUÉLEN-HUZEL 167 

n. pr. : d'un celt. *ou/r-s-efo- pour *oup-8-elo-, gr. ô<]>-t)X<5-;, et cf. 6*-èp, 
o*-o, ag. up, vhal. û/*> aa/, etc. 1 . 

Huélen, s. f., absinthe, armoise, mbr. huffelen et huzelen, corn, fuelein id. : 
peut-être dér. d'empr. XdX.jîbula*. Cf. Aoa/. 

Huerai, vb., quereller. Empr. fr. ancien hergnera hargner ». 

Hugen, s. f., luette : dér. br. du genre de dourgen, refait sur l'empr. lat. 
ûva * grain de raisin »\ — Conj. Ern. 

Hugéolen ( V.), s. f., ampoule (aussi ugèolen) : parait dér. du même radical 
que hugen, cf. ital. ugola « luette ». 

Huler (V.), s. m., suie: pour *huchl-er, dér. de *huc'hel, qui est une 
variante dialectale de huzel; ou pour huzel, par changement de z en r, 
soit *hurel, et métathèse (Loth). V. ce mot. 

Hûn, s. m., sommeil (pour *hûnv, cf. huno-ré) 1 , mbr. et corn, hun, cymr. 
hûn % vir. «aan, ir. suan, gael. saam id. : soit un celt. *8toow-no- pour 
*$wop'no- 9 dér. de la rac. SWEP « dormir », sk. svâp-i-ti « il dort » 
et 8câp-na« sommeil », gr. far-vo-ç, lat. *80p-no~8> somnus et 8ôp-ire 9 
ags. swef-n « songe », lit. 8âp-nas « songe », vsl. sûnû « sommeil ». 

Hunégan, s. m., loir, marmotte: dér. du précédent. 

Hunvré, s. f., songe : dér. de hûn. V. ce mot. 

Hurlink, s. m., cauchemar, cf. cymr. hun-llef id. : ce dernier parait 
signifier « cri de sommeil ». V. sous hûn le premier terme; le second 
(éventuellement sous leAv) a subi une corruption en cymr. ou en br. 

Hurlou, s. m. pi., goutte, crampe : le nom complet est drouk Sant Our- 
laou, appellation plaisante construite sur le radical hurl-, à cause des 
cris que la douleur arrache au malade. Empr. fr. hurler. 

Huvré, s. f., variante usuelle de hunvré. V. ce mot. 

Huzel, huzil, s. f ., suie, cymr. hudd-ygl (et cf. hudd « sombre »), vir. 8uid-i> 
mir. suithe, ir. sûithche, gael. sùith id. : soit un celt. *soidy& ou *soudyà f 
altération inexplicable pour *sod-ya «[substance] qui s'assied », c'est- 
à-dire « s'agglutine, se dépose », dér. de rac. SED, ags. sôt > ag. soot 
(le fr. suie est empr. germ.), al. ruas (pour *suss?). V. sous azèza. 



1. Cf. Davau, Mém. Soc. Ling., VIII, p. 256. 

2. A cause de la forme des corymbes ; en tout cas, contaminé en br. de huzel 
(amertume de la suie) et de huel (plante de montagne). V. ces mots. 

3. Cf. lat. Uoula dimin. « luette » et fr. luette corrompu pour Vuoette (forme de 
cet appendice). Ou empr. fr. hugue (Goi.), mais que signifie ce mot? 

4. Tombé en désuétude en tant que mot simple. 



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168 CHAGA-CHOUK 



CH 



Chaga, vb., s'arrêter, s'amasser : variante obscure de sac'ha. 

Chajel (V.)» s. f., mâchoire : dér. du même radical que chaoka. 

Chai (V.), s. m., flux. — Étym. inc. 

Chala, vb., chagriner, s'affliger. Empr. fr. ancien chaloir (« que m'en 

chaut-W!))) devenu par corruption vb. personnel 1 . 
Chaoka, vb., mâcher (aussi chakein V.). Empr. germanique probable (ags. 

eëowan > ag. to chew, et al. kauen), mais peut-être contaminé de chzk. 

Cf. chajel et a.%.jaw « mâchoire » (sousjaved). 
Charoùs, s, m., espèce de vesce. Empr. îr.jarosse. 
Chatal, s. m., bétail. Empr. fr. ancien chatel « cheptel ». 
Chédé, chétu, adv., variante de sètu. V. ce mot. 
Chévech(V.), s. f., fresaie. Empr. fr. chevêche. 
Ghik, s. f., menton. Empr. fr. chique « bille ». 
Chika, vb., frapper avec un outil à gros bout (et chikein V. « meurtrir ») '• 

dér. du précédent au sens de « bille». 
Chîf, s. m., chagrin. Emprunt probable, mais d'où?' 
Ghilpa, vb., japper, glapir. Empr. germanique probable, cf. visl. gjàlpa, 

ags. gilpan et gielpan > ag. lo yelp. 
Ghilpion, s. m., pluvier de mer : dér. du précédent. 
Ghipôd (T.), s. m., petite huche : peut-être « récipient où Ton chipote, où 

Ton prend par menues portions» 8 . Empr. fr. 
Ghita, vb., piauler. Onomatopée. 

Ghoanen, s. f., miche. Empr. fr. ancien choine « [pain] blanc ». 
Choka, vb., variante contractée de chaoka, 
Chomm, vb., rester: autrefois « chômer». Empr. fr. 

1 Ghouk, s. m., nuque, mbr. scouc; cf. fr. ancien suc, provençal zuc, ital. 
zucca (( courge », d'où « tête ». — Conj. Ern. 

2 Ghouk (V. ), s. m., le séant : identique à 1 chouk*. 

1. Comme on dit en fr. même a je me souviens », au lieu de «il me souvient», 
seul historiquement correct. * 

2. Le fr. dit « cela me chiffonne = me chagrine », el le mbr. a mechtf, empr. fr. 
mpschief « malheur ». C'est tout ce qu'on entrevoit de plus clair. 

3. Car par quelle voie serait venu le gr. xigwtd;? 

4. Par extension et euphémisme ! En tout cas, l'ëtymologie de l'un et de l'autre est 
inconnue, probablement compliquée d'argot. 



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CHOUM-C'HOARVKZOUT 169 

Choum (L.), vb., variante de chomm. 

Ghourik (V., C), s. f., bruit de frottement. Onomatopée? 

Chugein (V.), vb., sucer: dér. d'un mot *chug = mbr. sug, « suc, jus )), 
corn, syg-an, cymr. sug. Empr. lat. sûcus « suc », et cf. fr. sucer et br. 
sùn (= cheunein V.). Le tout compliqué d'onomatopée. 

Ghuchuer, s. m., musard, tatillon. Empr. fr. ancien *chuchilleur, « chu- 
chotant, balbutiant » ? Ou onomatopée plaisante ? 

Chupen, s. f.. veste (aussi jupen). Empr. fr. ancien Jupe (en tant que 
vêtement masculin) . 

GH 

G'hoalen, s. m., sel : pour *hoalen, variante métathétique de haloen. 
V sous holen et cf. l'évolution de môger. 

C'hoanen, s. f., puce, cymr. chwain pi.: paraît dér. d'une rac. SWI « dis- 
paraître » (cf. al. schwinden, etc.), de même que a£. fiea et al. floh 
t< puce » se rattachent à la rac. germ. qui signifie « s'enfuir ». 

C'hoaùt, s. m., désir, mbr. hoant, corn, whans, cymr. chwant, vir. sant, 
gael. sannt id. : d'un celt. *swand-iio- ppe passé de rac. SWAD « être 
agréable », sk. scàd-à « doux », gr. *fffî8-u-ç >> i8S« > ifitç id. et 
# jpavo-âv-u> > àvSivo) (( je plais », lat. suàris « **uâd ui-s, cf. suàdère 
« persuader »), germ. *swôt-i~ <( doux », d'où ag. sweet et al. sites, etc. 1 

C'hoar, s. f., sœur, mbr. hoar, corn, huir, cymr. chioaer, vir. siur etjlur 
id. : d'un celt. *swesor- identique au sk. svàsâ et au lat. soror, et cf. ag. 
sister, al. schwester> vsl. sestra. etc. (ne manque qu'au grec). 

C'hoari, s. m. f jeu, cymr. chvoar-aua jouer »etcf. vir. fuir- ec « festin » : 
supposent un vb. celt. *sicer-ô, « je chante, je fais du bruit, je m'amuse», 
etc., dér. d'une rac. SWER « bruire », sk. svàr-a-ti <( il bruit », lat. 
su-surr-u-s (( murmure », got. swar-an « bruire »*, secondairement al. 
schwirr-en « bruire » et schwar-m « essaim » = ag. sioarm. Cf. choarz. 

Choarvézout, vb., arriver, survenir, corn, wharfos id.: avec aspiration 
prothétique 3 . V. sous war et béza, et cf. cymr. cyfar-fod « assemblée ». 

1. Aucun rapport dès lors avec koaàt, mais il serait surprenant que l'étymologie 
populaire n'en eût pas établi. 

2. Passé au sens de « parler » ou similaire, dans ag. to an-swer «répondre » et to 
swear = al. schœôr-en « jurer ». — Cf. toutefois cymr. gœarae « jeu ». 

3. On trouvera dans quelques-uns des mots suivants d'autres exemples du même 
phénomène; cf. Eruauit, Mém. Soc, Llng*, X, p. 334. — Quant a la formation, on 
peut comparer le fr. sur-cenir. 



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170 C'HOARZCHOUÉVRER 

G'hoarz, s. m., rire, mbr. huerzin t corn, htoerthin, cymr. chwarddu, vb. 

« rire » et cf. cymr.. chwyr-nu « ronfler » : soit un celt. *swer~d-ô «je ris», 

dér.de la mêraerac. que c'hoari. 
C'hoaz, adv., encore, mbr. hoaz, corn, whâth et whêth, cymr. chwaithià.: 

parait le même mot que br. gwéz > gwéach, soit « [encore] une fois », 

avec aspiration prothétique. V. sous gwéach. 
C'houéac'h, six, mbr. chouech, corn, wheh, cymr. chwech, vir. se, ses et /es 

id. : d'un celt. *sweks t sk. çâ$, gr. **FeÇ > féÇ > e£, lat. s«r, got. «a/As 

(ag. six, al. secAs), lit. szeszi, etc. 
C'houék, adj., doux, aimable, corn, whec, cymr. chwêg id. : soit un celt. 

*swek-o-, dér. d'une rac. SWEK « avoirde la saveur ou de l'odeur» qui 

ne se retrouve que dans les vieux dialectes germaniques (ags. swaec % 

« goût, odeur », vhal. swehh-an « avoir de l'odeur», etc.). 
G'houéda, vb., vomir, mbr. huedaff, corn, hweda (hwedzha), cymr. 

chwydu, et cf. cymr. chwyd, vir. sceith, gael. sgeith « vomissement »: 

d'un celt. *sqeti- t dont il n'existe nulle part d'équivalent sûr. 
C'houénia, vb., jeter sur le dos, se jeter sur le dos : dér. de c'houen (vieilli) 

« couché sur le dos » = ir.fàen, lequel équivaut à un celt. *swino- pour 

*sup-ino-, ayant le sens du lat. sup-inus et du gr. urc-xio-ç; la rac. est 

SWEP, cf. lat. *sup-ô « je jette » et dis-sup-àre « disséminer » > dmi 

pare, vsl. sûp-q, « je répands » et s&ti « répandre », etc. 
G'houenna, vb., sarcler, mbr. huennat, issu d'un mot *kuenn = cymr. 

chwyn « mauvaise herbe»: cf. cymr. cy-chwyn, « bouger, marcher», 

dont l'élément radical se rattache au vir. scend-i-m « je saute» et, par lui, 

au lat. scandere, « monter, s'élever » 1 . 
G'houérô, adj., amer (aussi chouert)), mbr. hueru, corn, wherow, cymr. 

chwerw, vir. seri, ir. et gael. searbh id. : d'un celt. *swer-wo- % dont la rac. 

se retrouve dans lit. soar-ù-s « salé », stlras id., ags. sur > ag. sour et 

Vhal. sû-r > al. sauer « aigre », etc. 
C'houervizon, s. m., pissenlit: dér. du précédent. 
C'houés, s. f., odeur : forme féminine de 1 c'houèz, et cf. 3 c'houéz. 
C'houévrer, s. m., février, corn, hwevral, cymr. chwefrawr > chwefror 

> chwefrol. Empr. lat. februàrius >febrarius*. 

1. Conj. Ern. — Se rappeler le proverbe « mauvaise herbe croit toujours ». — L'ag. 
whynne > «?/un « mauvaise herbe » est sûrement emprunté au cynirique. ' 

2. Vf n'est pas devenu cTior; m lis, dans la liaison mis */ebror, le groupe médial 
s/ a été traité comme sœ. 



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C'HOUÉZ-C'HOUITEL 171 

1 C'houéz, s. m., souffle, mbr. huez, corn, whyth-e et cymr. chwyth-u 
« souffler »> vir. sét-i-m « je souffle », ir. aéidim et gael. séid id : soit 
un celt. *swiddo-, qui s'analyse en *&wiz-dho- (i.-e.), « souffler, 
siffler », cf. vsl. scisi-ati « siffler » (avec sourde au lieu de sonore) et lat. 
sîfilus et sïbilus, tous deux pour *8wïz-dhlo-, onomatopée primitive pro- 
bable. Cf. aussi c'houibana et c'houitel. 

2 C'houéz, s. m., sueur, mbr. choues, corn, whys, cymr. chwys id. : soit un 
celt. *8wit-8o-, dér. de la rac. SWID « transpirer », sk. soid-ya-ti « il 
sue », gr. *<jj : i$t-co > lS»o), lat. *$ooid-àre > sûddre, ag. sweat « sueur », 
et to sweat, al. schweiss, et schwitz-en vb., etc. 

3 C*houéz, s. f.: le même que c'houés, soit « exhalaison ». 

C'houéza, vb., souffler, se gonfler, mbr. huezaff, etc.: dér. de 1 chouéz 

(de 2 chouéz on a c'houézi « être en sueur »). 
Chouézégel, s. f., vessie, ampoule, mbr. huysiguenn, corn, gusigan, cymr. 

gwysigen > chwysigen. Empr. lat. cèsîca, contaminé par étymologie 

populaire d'une dérivation de c'houéza. 
C'houi, vous, corn, why, cymr. chwi, vbr. hui, vir. si, etc. : d'un celt. 

*swè8, à peu près identique au sk. vas et au lat. vos, mais compliqué de 

la prothèse qu'accuse le duel gr. *<pu>-».. Cf. 1 hô, ni et hon. 
Chouibana, vb., siffler des lèvres, cymr. chwib <c pipeau » et chwiban 

w sifflement »: se rattache visiblement au même radical que 1 c'houéz, 

le b venant peut-être de contamination du lat. sibiltis. 
G'houibu, s. m., variante defubu. V. ce mol. 
C'houll, s. m., hanneton, scarabée, mbr. huyl, cymr. chwilen id. : ou 

abstrait du suivant (br. c'houll-cac'h « fouille-merde », mais alors Téty- 

mologie de ce dernier nous échappe) ; ou empr. ags. wifel > ag. tceevil 

id. Cf. c'houibu qui militerait en faveur de l'emprunt. 
Chouilia, vb., fouiller, cymr. chwilio : dér. de c'houîl dans la seconde 

hypothèse. Ou empr. fr. ancien foeillier > fouiller (?). 
Chouiliorez, s. f., frelon : dér. de c'houll ou de c'houilia. 
G'houirina, vb., hennir, mbr. c'huirinnai, cymr. gweryru id , et cf. cymr. 

chwyr-nu, « ronfler, s'ébrouer » : parait se rattacher au même radical 

que c'hoari et c'hoarz. V. ces mots. 
Chouita, vb., être mal à son aise, mbr. huytout. — Étym. inc. 
C'houitel, s. f., sifflet, mbr. czulell (mais cf. suta), cymr. chwythell, vir. 

Jet etfetân, ir. et gael. fead id. V. la rac. sous 1 c'houéz. 



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172 IA-1ÉÔ 



la, oui, cymr. ie, cf. gr. ^ « en vérité », got. ja, ag. yea (> y es) et al. /a, 
lit. je eija, particule affirmative. Cf. aussi iéz. 

lac h, adj., bien portant, corn, et cymr. iach, vbr. tac id. : d'un celt. *yak- 
ko-, cf. sk. yâç-as « prospérité » et yaç-âs « prospère », gr. àbc-o; « re- 
mède » et ïa-o-fiai « je guéris » \ 

Ialc'h, s. m., bourse : soit une dérivation de forme indéterminable sur un 
radical *pell- qu'on trouvera sous 2 lenn (objet en cuir). — Conj. 

Iaou, s. m., jeudi. Empr. lat. Ioois \diê$]. 

Iaouank, adj., jeune, mbr. youanc, corn, iouenc, cymr. ieuangc. gaul. lovinc- 
illo-s n. pr., vir. 6ac, etc. : d'un celt. *yownko$ t cf. sk. yuoàn et yuvaçn 
«jeune », gr. 'vdhctvSoç n. pr., lat. juoen-i-$ « jeune » et juoen-cu-s « jeune 
taureau », got. jugg-s, ag. young et al. 7'an^r (tous contractés d'un germ. 
*ynwuhga- identique au lat. juoencus), lit. jaùnas, etc. 

Iaouher, adj., puîné, cadet, mbr. youaer « jouvenceau »: dér. du radical 
*yuv- du mot précédent. 

Iâr, s. f., poule, mbr. et corn, yar, cymr. iâr, vbr. iàr, mir. eirin, ir. 
eireog, gael. eireag id. : soit un celt. *yur-o- ou *yarà> qui n'a nulle part 
d'équivalent sûr, sauf peut-être en balto-slave. 

Iaren, s. f., quenouillée : métaphore tirée du précédent ? 

Ibii, s. m., cheville, goupille, mbr. ebil, cymr. ebill, vbr. epill id. : d'un 
celt. *ak-willo-, à peu près identique au lat. aculeus « aiguillon » et à 
l'ags. awul > ag. awl « alêne », et dér. comme eux de rac. AK « pointu ». 
V. sous ék. 

Iéc'hed, s. m., santé: dér. de iac'h. V. ce mot. 

Ién, adj., froid, mbr. yen, exactement « glacial », cf. corn, iey, cymr. met 
iâen, vir. ai g et aig-red « glace», gael. oigh-re et d-eigh, etc. : dér. d'un 
celt. *yagi- « glace », qui ne se retrouve qu'en germanique, visl. jaki 
« glace » etjôkull « glacier », ags. gicel « glaçon», d'où ag. (ic-)icle. 

Iéô, s. f., joug, mbr. yen, corn, ieu et ion, cymr. iau, ir. ugh-aim « atte- 
lage » : d'un celt. *yug-o~, dér. de rac. YUG, « joindre, atteler », sk. yug-a 
« joug » et yu-nâ-k'ti yuhk-té « il attelle », gr. Çu^-o-; et ÇeS-f-vû-ut, lat. 

1. Rapports très obscurs, et 17 long du gael. et de Tir. {vir. iœalm, gael. toc) com- 
plique encore la question. 



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IÉOT-INGÉD 173 

jug-u-m et jung-ere, got. Juk, ag. yoke et al. joch, lit. jùngas et vsl. 

igo « joug»; commun à toute la famille. 
Iéot, s. m., variante de yéot. V. ce mot. 
Iéz, s. m., langage, mbr. ye* t cyrar. iaith « dialecte » : soit celt. *yek~ti', 

d'une rac. YEK qui ne se retrouve avec certitude qu'en germanique, 

vha\.jeh-an « dire », jiht et bi~jih-t « aveu » \ 
Iiern, s. m., enfer (aussi icern, ihuern V.), corn, ifarn > yffarn, cymr. 

uffern, \\t. ifurnn, ir. ifrionn, gael. ifrinn. Empr. lat. infernum. 
Iforn, s. m., pelle à enfourner : abstrait du mbr. yffornofj « enfourner ». 

Empr. bas-lat. *infornare. V. sous i en et/orn. 
Ijin, s. m., adresse, ruse, industrie (aussi ifijin). Empr. fr. ancien engin 

<C lat. ingenium. 
Ilboéd, s. m., disette, mbr. elboet, cymr. ellbwyd id. : le premier terme 

est inintelligible*. V. le second sous boéd. 
Ilin, s. m., coude (aussi élin), corn, et cymr. elin, vir uil-in, ir. Mï7/e, gael. 

uileann id. : d'un celt. ::, o/-éno-, gr. u>XIvt), lat. u/na « l'étendue des 

bras », ags. eln, d'où ag. el-bow (exactement « pli du coude »), cf. al. 

elle « aune » et ellen-bogen « coude ». 
Iliô, s. m., lierre, mbr. ilyeauen, corn. tâAi'o, cymr. eiddew, ir. ecten/? 

> eidhean, gael. eidheann* id : d'un celt. ®edenno- pour *ped-enno-, dér. 

de rac. PED, « saisir, lier » (plante grimpante) ; cf. gr. iciô-i) « lien », 

lat. ped-ica et com-ped-ës, ag. fett-er « lien », al. fass-en etfess-el, etc. 
Iliz, s. f., église, mbr. i/«, corn. e#/os et cymr. eglwys, etc. Empr. lat. 

ecclësia, mais contaminé en br. du fr. église. 
Inam, s. m., bouillon blanc: altéré pour di-nam « l'innocent, le salutaire», 

sobriquet*. V. sous 1 di- et nam. 
Inkruzun, adj., mal bâti: exactement « affligeant, désagréable [à voirj», 

dér. de ehkrez. V. ce mot et burzud. — Conj. 
Ingéd, s. m., pluvier de mer. — Étym. inc 5 

1. D'où al. bfichie « confession ». — Un rapport lointain avec la particule ia est au 
moins probable. V. ce mot. 

2. Vir. il-, ir. et gael. lol- % cymr. ell~ (préfixes) signifie «beaucoup » (sk. purà % gr. 
ïïoVI, got. fl/u, al. ciel id.) : c'est exactement l'inverse du sens du composé. Le second 
terme était- il un mot apparenté au lat. famë*, que l'étymologie populaire a transformé 
du tout au tout quand l'ensemble n'a plus été compris? L'absence de mutation le rend 
en tout cas suspect. Le problème semble inextricable. 

3. VI br. entièrement isolé (ou attendrait iiiô) est dû à la contamination de 
quelque autre nom d'arbre, par exemple illy. V. sous hilibèr. — Conj. Ern. 

4. Abstrait Je la locution ann dinam ^ - ann ninam ^ > ann inam. Cf. 1 aer % etc. 

5. La seconde syllabe doit être la même que dans baryfid. 



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174 INGROEZ-IRVIN 

Iùgroez, s. m., variante de engroez. V. ce mot. 

Inodein (V.)} vb. , monter en épis : le même que di-oda, mais avec le préf. 

in-= 1 en, V. ces mots et cf. nodi. 
Inrok (V., C), s. m., avance. V. sous a~raok. 
Iàtaàv, iùtaon, intav, adj., veuf, mbr. eintajf, vir. ein-tam « célibataire » : 

d'un celt. *oino-tamo- « tout à fait seul », superlatif de *owo-, « un, 

seul »*. V. sous eunn, unan, itrôn, etc. 
Iùtr, s. m., tache, etc. : abstrait de intret, « sali, imbibé ». Empr. bas-lat. 

intrâtus au sens de « pénétré, imbibé », ou simplement fr. entré. 
Iôd, s. m., bouillie, mbr. yot, corn, et vbr. iot, cymr. uwd, vir. ith id. : 

d'un celt. *yu-to- y rac. YU f dont les autres dérivés connus sont sk. yûs 

et yUça « bouillon », gr. W-f«î « pâte aigrie », lat. jus et vsl. jucha « jus ». 
Iooli(V.), s. f. (aussi iuc'h V.), monceau, mbr. yoh « meule » : contami- 
nation du radical de 1 hôgen et du fr. jucher. — Ern. 
Iouo'ha, vb., crier : cf. mbal. jùch-ezen > al. jauchzen, bien que les deux 

mots s'expliquent isolément par onomatopée. Cf. le cri br. you you yoù-oû. 
Ioul, s. f., volonté, projet, mbr. eoull, corn, atoell, cymr. ewyll (et cf. vbr. 

aiul « de plein gré »), vir. Ail, gael. àill « désir » : soit un celt. *aw-illà 

« désir » et *aw~illo- adj., dér. de rac. AW, «souhaiter, être favorable ». 

sk. Av-a-ti « il seconde », lat. av-ëre « désirer », acidus, etc. 
Iour (V.), s. m., variante dialectale de èôr. 
Iourc'h, s. m., chevreuil, mbr. yourch, corn, yorch, cymr. iwrch, vbr. 

iurg-chell id. : d'un celt. */yor/ro-, auquel on ne voit de répondant que le 

gr. Ç*5pJ et Çopx^ « daim », aussi oMpxoç, Sopxâç, fopxoç. 
Ioust, adj., mou, délicat : peut-être d'un celt. *aisto- « brûlé > amolli », 

cf. lat. aestus « chaleur ». V. la rac. sous oa**. 
Irien (C), s. f , trame, mbr. iryenn, et ilyanenn <( pièce de toile »: l'un et 

l'autre pour *ir-lien- <i*ar-lien- « à travers la toile ». V. sous ar- et lien. 

— Conj. Ern. — Ou simplement ère lien « lien de la toile ». V. ces mots. 
Irin, s. m., variante plus ancienne de hirin. 
Irvin, s. m., navet, cymr. erfin « grosse betterave » : soit un celt. *arbïno-, 

métathèse pour *rab~îno-, et cf. gr. {Sotcp-àv*} « rave », lat. ràp-a. al. rûb-e 

(le mot a voyagé sans qu'on en puisse tracer la route) . 

1. Serait en lat. *oino-tumo- > *ùnitimu8, cf. Jtnitimus « limitrophe », et -tama- 
suff. superlatif sk. 

2. Sur ce mot difficile et ses variantes bizarres, voir le Gloss. Ern. p. 338, et cf. 
foesk, mais sous toutes reserves phonétiques. 



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IS-IZAR 175 

Is, adj., bas, cymr. w, vir. iss « en bas », ir. s-ios « vers le bas », etc., 
gael. lo8 « en bas » : tous d'un adv. celt. *end-sô, dér. d un radical i.-e. 
*#dA-«-, sk. adh-às « au-dessous », lat inf-rà, infimu-8, et îmus (<?ind- 
s-mo-), got. und-ar, ag. under, al. unter « sous», u/^en « en bas ». 

Isa, vb., exciter (un chien), exciter. Onomatopée (hissl). 

Iskiz, adj., vil, laid. V. sous is et 2 kîz. 

Itrôn, itroun, s. f., dame, mbr. ytron id. : pour *in-tron, qui suppose un 
celt. *oino-trawon- « [épouse] unique > maltresse de maison » 1 par oppo- 
sition aux concubines. — Loth. 

Iûd, adj., traître. Empr. lat. Judas, contaminé du fr.* 

Iuda, vb., crier, hurler, mbr. iudal, cymr. udo (aussi br. udeinV.) : rap- 
prochements douteux, étymologie très peu claire \ 

Iûn, s. m., jeûne. Empr. lat. jëjUnium. 

Iuzéô, s. m., juif, corn, yudhow > yedhoœ > edhow, cymr. iuddew. 
Empr. lat. Jûdaeus, venu du nom de la tribu de Juda. 

Ivé, ivéz, adv., aussi, de même (aussi éc'hué >> éhué V.) : pour *in-goez 
« en [même] aspect », cf. 1 en Qihervez. 

Ividik, s. m., tempe : exactement « [endroit] sensible », dér. d'un mbr. *iou, 
« mou, coi, bon », qui jusqu'à présent n'est pas identifié \ 

1 Ivin, s. m., ongle, corn, ewin, cymr. eguin> ewin, vir. inga (gén. 
ingen), ir. et gael. ionga (gén. iongan et ing-ne) id. : d'un celt. *eng-ïnà, 
dont le radical i.-e. est *ngh-, cf. sk. nakh-â 1 , gr. ov<4 (ovu^-o;), lat. 
ungu'i-8, ags. naeg-el > ag. nail, al. nag el, lit. nâg-a-s « ongle » et 
nag-à « sabot », vsl. nog-a « pied » et nog-Uti « ongle ». 

2 Ivin, s. m., if, corn, hiuin, cymr. ^0, vir. eo id. : pour *iw-in*, dér. d'un 
celt. *ûoo-> gaul. *iros, d'où procède aussi lefr. if et peut-être l'ai. eibe. 

Izar, s. m., lierre terrestre, cymr. eidr-aL Empr. lat. hedera 1 . 

1. Le suff. est le même que dans aotrou, mais féminisé. Quant au radical, voir 
sous eunn et lAtaAo. 

i. Car la forme régulière serait *iàz. Cf. iuzéô. 

3. Ou peut songer à la rac. YUDH « combattre » (sk. yûdh et gr. û<t-{juvt) « ba- 
taille »), qui a formé plusieurs noms propres anciens bretons commençant par Jud-, 
Le mot signifierait alors « se battre > pousser le cri de guerre > crier ». Mais le d 
breton fait difficulté. 

4. Il n'existe plus comme mot isolé, mais sert de suffixe dans la formation tdd- 
you a grand-père » (fr. bon-papa), etc. 

5. Le kh asiatique au lieu de gh procède d'alternance indo-européenne. 

6. Le m? devenu o en br. sous l'influence du fr. if. 

7. Ou dérivation de l'ancien radical br. *ta- « lierre » que le mot iliô a perdu par 
corruption? 



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176 ÏZEL-JODOUJN 

1 Izel, adj., bas, corn, yssel 7>ysel t cymr. et vbr. isel, etc. : soit un dér 
celt. *end'8~ello~. V. le radical sous is. 

2 Izel, s. m., variante altérée de èzeV . 



Jakudi, jagudi (C), vb., monter en graine (comme la ciguë, le persil, etc.) : 

pour *chagudi, dér. de chagud, autre nom d'emprunt de la ciguë (lat. 

cicûta), mais venu de l'ancien fr. Cf. kêgit empr. lat. 
Jalod, jalord, s. m., chaudronnier: pour *chalord, qui serait métathèse de 

*chaldro. Empr. fr. ancien chaldron « chaudron » ? 
Jaô, s. m. f., monture. Empr. fr. ancien jou « attelage », du lat. Jugum. 

Cf. iéo\ qui est le mot celt. authentique. 
Jaodel, s. f., soupe à l'oignon ou au gruau : confusion de l'empr. fr. chaudel 

« chaudeau » *> br. chaodel, et d'un mot *chavoled qui équivaudrait 

comme formation à l'italien cipollata « chipolata, ragoût d'oignon ». 
Jaodré (C), s. m., rêverie, radotage : dér. de *jaod pour *chaod, qui serait 

empr. fr. [fièvre] chaude « délire ». — Conj. 
Jaritel, s. f., jarret : dér. d'enipr. fr. Cf. gàr. 
Javed, s. f ., mâchoire, joue : la graphie mbr. gacet doit se prononcer jaoet. 

Empr. fr. ancien joeite <C lat. gàbata, « écuelle, jatte > mâchoire > 

(argot) et cf. ag. j'aie « mâchoire » et br.jôd. — Loth. 
Jéd, s. m., calcul : abstrait dejéder « calculateur », exactement < jeteur» 

[de sorte; *. Empr. fr., et cf. fr. jeton [à calculer]. 
Jelken, s. f., rouelle, tranche mince. Empr. germanique probable, cf. ag. 

sleek et stick « poli », hollandais slecht et al. nchlicht « plane », etc. 
Joa, s. f., plaisir, mbr. yoajf, etc. Empr. îr.joie. 
Jobélinen, s. f , voile, fichu; cf. mouchour jubile « fichu de jour de fête » : 

dér. d'empr. fr. jubilé. V. aussi moucha. 
Jôd, s. f., joue (aussi jôt)> mbr. chot. Empr. fr. ancien jode et jolie, du lat. 

gâbala. V. sous jaced. 
Jodouin, s. m., feu nocturne, lutin. Empr. biblique Gedeon > *jedoen (à 

cause de l'histoire des lampes cachées dans les cruches en vue d'une 

surprise nocturne, Juges, vu, 15 sq.). — Conj. 

1. Faux singulier abstrait du pluriel ûili. 

2. Aux illettrés les deux opérations paraissent également magiques et compli- 
quées de procédés analogues. 



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JOLORI-LAKÉPOD 177 

Jolori, 8. m., joie, clameur de joie: aussi cholori etchalcari (T.), qui 
marquent les étapes de la transformation de l'enipr. fr. charioari. 

Joser, s. m., sébile à écrémer: comme qui dirait « un ^chausseur », dér. de 
l'empr. fr. chausse (à filtrer les liquides). 

Jôt, s. f. (et dérivés), variante usuelle dejôd. 

Jôtôrel, s. f . , goitre : pourrait signifier par dérivation « ventrée de mâchoire » 
ou « gorge en ventre ». V. sons jôt et tôrad. 

Jualen, s. f., judelle (oiseau) : parait une contamination d'empr. fr. et de 
br. duanen id. (oiseau noir). V. sous dû. 

Juben, s. m., entremetteur de mariage, interprète : peut-être empr. fr. 
ancien *droujemen « truchement », dont la 1™ syllabe a été supprimée 
comme impolie, en tant qu'elle paraissait contenir le mot drouk « mau- 
vais » ' ; puis Ym a pu devenir b par dissimilation. 



LAb, s. m., hangar, mbr. lap id. : exactement « pan, appentis». Empr. ags. 

laeppa > ag. lap, « pan, lambeau », al. lapp-en. 
Labaaken, s. f., guenille : dér. péjoratif du précédent. 
Labenna, vb., babiller, médire : par dissimilation pour *blabenna t et 

celui-ci par emprunt d'une onomatopée très répandue, ag. to babble, 

hollandais babbelen, al. pappeln, fr. babiller. Cf. làûchenna. 
Labéza, vb., lapider. Empr. lat. lapiddre. 
Labistr, s. m., congre, cf. cymr. llabwst « grand flandrin ». Empr. ag. 

ancien lopystre, « sauterelle, homard » '. 
Labour, s. m., travail, corn, lafur. Empr. fr. ancien. 
Labouz, s. m., oiseau, mbr. lapons. Empr. lat. locusta > bas-lat. 

*loqwi8ta ou ags. lopust « sauterelle ». Cf. labistr. 
Lakaat, vb., mettre, poser. Empr. lat. locàre. 

Lakébod, s. m., estafier, ) cf. aussi aklépod « polisson» : contamination 
Laképod, s. m., brigand, ) de halébod par le mbr. lakés « laquais » ; tous 

empr. fr. plus ou moins étrangement corrompus. 



1. 11 va de soi que cette conjecture est très hasardée et fort peu vraisemblable. 
M. Lotta a appelé mon attention sur fr. juper « appeler en criant » (cf. br. oujen) et 
jupin « tuteur » (???). Mais qu'est-ce au juste que le premier de ces mots, et surtout 
le second? De toute façon l'étymologie est désespérée. 

2. Qui a donné l'ag. actuel lobster « homard » et qui procède du lat. locusta. Cf. 
aussi labota et îégestr. 

12 



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178 LAER-LANCHENNA 

Laer, s. m., voleur (pi. laéroun), mbr. laezr, corn, lader (pi. ladron), cymr. 
/Zeidr (pi. lladron), etc. Empr. lat. Zafrô (pi. latrônës). 

Laérez, s. f ., mal de côté, bonde (latérale) d'un étang : représente une déri- 
vation bretonne sur une base *lazr- équivalente à une base latine later- 
> *lalr~. Empr. lat. latus « côté ». Cf. 2 léz. 

1 Laez, s. m., le haut. Empr. fr. ancien lais [laiens), « léans, là, là- haut »'. 

2Laez, s. m., legs. Empr. fr. ancien lais. 

3 Laez, s. m., lait : .variante ancienne de lèaz. 

Lagad, s. m., œil, mbr. et corn, lagat, cymr. Uygad id. : d'un celt. *luk- 
ato-, qui n'a d'équivalents, encore très approximatifs, qu'en germanique, 
ags. lôc-ian > ag. to look « regarder » et al. (dialectal) lug-en id. ; cf. sk. 
lak-ç-a-ie « il considère ». V. la note sous burzud. 

Lagaden, s. f., cercle: dér. du précédent. 

Lagen, s. f., lac, mare, corn, lagen. Empr. lat. lacus. 

La mm, s. m., bond, chute, cymr. liant, vbr lamm-am « je saute », vir. 
léimm > lèinx et gael. leum « saut » : d'un celt. *leng-men- dér. nt. de rac- 
LENGH, sk. langh-a-ti a il saute », al. ling-en « aller de l'avant » 
d'où ge-ling-en « réussir », ags. lih-t >> ag. light « léger », al. leicht id. * 

1 Lammen (C), s. f., épi : parait signifier « pointe » et dépendre de la 
môme dérivation que lemrn. V. ce mot. 

2 Lammen, s. f ., contamination de laonen par le fr. lame. 

Lampr, adj., poli, glissant. Empr. fr. (ancien et dialectal lamper « glisser », 

lambre « revêtement poli », etc., eux-mêmes d'origine peu claire. 
Lampréz, s. m., lamproie. Empr. bas-lat. lampréda. 
Landar, adj., paresseux, lâche; cf. gael. lunndair id. Empr. fr. ancien 

landore « lourdaud», lui-même empr. germ. probable. 
Landourc'hen, s. f., femme publique (terme très grossier) : exactement 

« pâture à verrats ». V. sous lann et tourch. — Conj. 
Lanfaz, s. m., étoupe, mbr. lan/acc. Empr. fr. (normand) lanfais < lat. 

*lânificium. Cf. aussi Bas-Maine làfey Dn. 
Langouinek, s. m., efflanqué, grand Ûandrin. Empr. fr. probable (patois 

ou argot), cf. fr. berlingouin id. — Conj. Ern. 
Lanchenna, vb., médire : contamination de labenna et d'une dérivation du 

br. laâgach. Empr. fr. langage avec sens péjoratif. 

1. Mais cette étymologie n'explique pas la forme lue du vannetais. 

2. V. sous lèmel d'autres dérivés de la même racine. 



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LANN-LAREIN 179 

Lann, s. f., monastère, lieu saint, endroit plan, corn, lan, cymr. llan, vbr. 

lann « région » (et cf. éd), vir. land, ir. et gael. lann « enclos » : d'un 

celt. Handâ « étendue de sol », qui représente un i.-e. *landha, cf. ag. 

land et al. land « pays », vsl. Içd-ina « lande » et russe Ijad-ina '. 
Lanô, lanv, s. m., flux, cymr. liante id., cf. corn, lan-w-es, « plénitude, 

abondance » : dér. secondaire du même radical que leùn. V. ce mot. 
Laon, s. f., variante de laon-en. V. ce mot. 
Laoak, adj., lâche, desserré, mbr. lamq, etc. : abstrait du vb. mbr. 

laoscat, « lâcher, desserrer ». V. sous leùskel. 

1 Laouen, s. f., pou, mbr. louen, corn, louen et lewen, cymr- lleuen, vbr. 
leu- id. : soit un celt. *low-es~, dont le radical se retrouve en germanique, 
ags. lu-» > ag. louse, vhal. lus > al. laus. 

2 Laouen, adj., joyeux, mbr. et corn, louen, cymr. llawen, et cf. vir. laine, 
ir. et gael. loinna joie » : d'un celt. # /aw?-eno->gaul. -launos dans Ca/a- 
launi' « Châlons » et autres noms de lieux, rac. LAW « jouir » attestée 
par sk. lô-ta et lô-tra « butin », gr. àiro-Xau-eiv « jouir de », lat. lû-cru-m 
« gain », got. lâu-n étal, lohn « salaire », vsl. Zoo-# « prise de chasse», etc. 

Laouénan, s. m., roitelet: dér. du précédent. 

Laouer, s. m., auge, mbr. louazr, vir. làalhar, gaul. Hautron « bain » : 
d'un celt. *lowo-tro-, cf. gr. Xou-rp4-v <c bain », tous deux dér. de rac. 
LOW. V. sous glao\ — Aucun rapport avec le suivant. 

Iiaour, s. f., cercueil : cf. mbr. laur, « douleur, peine », empr. fr. labour 
altéré; mais bien plutôt empr. fr. ancien laor s. f., « largeur, étendue », 
d'où « mesure du corps étendu » (par euphémisme). — Conj. 

Lapa, vb., laper. Empr. fr. d'origine germanique. 

Lapas, s. m., lavette : dér. de mbr. lap. V. sous lab. 

1 Lark, adj., libéral, généreux, mbr. larg, cymr. llary « aimable ». Empr. 
lat. larg us, et cf. fr. larg-esse (mais le k fait difficulté). 

2 Lark, adv., loin, profondément: identique au précédent 3 . 

Lard, s. m., graisse animale non fondue. Empr. fr. ancien lard, ou abstrait 
du vb. larda (empr. fr. larder), avec extension de sens. 

Larein (V.), laret (T.), vb., parler, dire : pour laoarout (L. J, par contrac- 
tion du radical de lacar. 



1. Fr. lande vient du celtique plutôt que du germanique; mais, à en juger par 
•le vocalisme slave, le celt. pourrait être empr. germ. très ancien. 

2. « Qui prennent plaisir au combat». V. sous kadarn. 

3. Cf. le fr. amplement. 



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180 LARJEZ-LÉ 

Larjez, s. f., graisse de cuisson : pour *lard-yex, dér. de lard. 

Las, s. m., lacs, lacet, mbr. lace. Empr. fr. 

Lastézen, s. f., ordure, souillure matérielle ou morale, corn, last id. : 
parait dér. d'un emprunt à un dialecte germanique qu'on ne saurait 
préciser, cf. ag. (ancien) last, visl. lost-r, al. laster « vice ». 

Lastr, s. m., lest: emprunté, comme le fr. lest, au bas-al. (hollandais) 
last « charge » avec finale altérée d'après lestr. 

Latar, s. m., brouillard, humidité, cf. corn, lad « liquide», vir. lath-ach 
« boue » : tous dér. d'une rac. LAT, d'ailleurs peu répandue en dehors 
du celtique, gr. X«x-a£ <c goutte », lat. lat-ex « source » (peut-être empr. 
gr.), mhal. lette « boue » et al. dialectal lettern « patauger ». 

Lavar, s. m., parole, corn. lauar y cymr. llafar « sonore », vir. labar 
« éloquent », ir. et gael. labhar « sonore », vir. labr-ur « il parle », etc. : 
soit un celt. *lab~ro-, très difficile à identifier; cf. lat lab-ru-m- «lèvre », 
gr. XaGp-e'S-o-jiai « je parle avec volubilité » ; ou encore bas-allemand 
flappen, « bruire, bavarder », qui ramènerait à *plabro~. Cf. leàc. 

Lavnen, s. f., lame (aussi laon, laoun), cymr. llafn. Empr. lat. lamina 
> lamna. 

Lavrek, s. m., culotte, mbr. laurec, corn, la/roc (voc.) et cymr. llafrog id.; 
cf. cymr. llafru, « s'étendre, se répandre ». — Etym. inc 

Lftz, s. m., perche, gaule, cymr. llath et yslath, ir. et gael. slat id. : soit un 
celt. *slat-to- ou *slat~tà\ pour splat-to- ppe passé de la rac qui suit. 
V. aussi goulaz. Cf. pourtant Kluge, s. v. Latte. 

Laza, vb., tuer, mbr. lazaff, corn, ladhe, cymr. llâdd, vbr. lad-a-met vir. 
xlaid-i-m « je frappe » : soit un celt. *slad-ô « je frappe » (d'une gaule, 
etc., cf. làz), d'une rac. SPLAD qui ne se retrouve que dans les plus 
anciens dialectes germaniques. 

Lazout, vb., importer: faux verbe, abstrait d'un substantif vieilli pris pour 
une3 e pers. du sg. dans des phrases telles que pé lâz d'inn t exactement 
« quel intérêt à moi? » corn, les, cymr. Iles, vir. less, ir. et gael. leas 
« avantage », d'un celt. *les$o- pour *ples-so~> ppe passéd'une rac. PLED, 
cf. vsl. plod-û « profit », sans autre équivalent connu. 

Lé, s. m., serment, cymr. llw, vir. luige, gael. lugh « jurer »: soit un celt. 
*lug-io- « engagement », de rac. LUGH « lier », cf . got. liug-an v se marier », 

1. D'où aussi le fr. latte, passé en allemand. 



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LÉAC'H-LEC'H 181 

ags. ûr-lege et hollandais oor-log « guerre » (rupture d'alliance), lit. 
lug-na-s « flexible », lat. lig-dre « lier »\ etc. — Douteux. 

1 Léac'h, s. m., lieu, mbr. lech, d'un celt. *fe&-s-o-*, dér. secondaire de 
*leg-os> « situation, lit » (cf. gtcélé), et celui-ci de rac. LEGH « être 
couché »; cf. vir. laig-i-m « je me couche », gaul. leg-as-it « il a placé », 
gr. Xfy-e-tai a il glt », ag. to lie et to lay, al. lieg-en et leg-en, etc. 

2 Léao'h, s. m., rachitisme, corn. teaaA «fièvre maligne»: peut-être 
identique ou apparenté au précédent (drouk-léac'h*). 

Liéal, adj., loyal. Empr. fr. ancien leial. 

Léanez, s. f., religieuse: dér. de rabr. lean> cymr. lleian id. : fm. pléonas- 
tique refait sur un ancien fm. (cf. maérounez), lequel est dér du nom de 
couleur dont témoigne cymr. liai, « gris, brun, sombre ». — Étym. inc. 

Léaz, s. m., lait (aussi léac'h V.), mbr. lûez, corn. lait>leyth, cymr. 
llaeth. Empr. bas-lat. lact-em accusatif de lac. 

Léd, s. m., largeur, mbr. lehet, et cf. lec'hed « lé » : contamination d'un 
empr. fr. ancien lé-esse « largeur » et d'un substantif abstrait du suivant. 

Lédan, adj., large, cymr. llydan, vbr. lilan, vir. lethan, ir. et gael. lea- 
than, gaul. # lit-ano-s dans divers n. pr. : d'un celt. *lit-ano-, pour *plit- 
ano-, de rac. PLT, sk. prth-à « vaste » et prth-iv-î « la terre »*, gr. 
irXa-c-u-ç, « large, plat », icXdk-avo-ç « platane » (arbre qui s'étale) et 
irXde-avo-ç « planche à gâteau », lat. plant-a « plante (partie plate) du 
pied », ag. fiai « plat » et al. flad-en « tartine », etc. 

laéenn, s. m., variante plus ancienne de S lenn. 

Légestr, s. m., homard, cymr. Ile g est \à. : corrompu d'un bas-lat. Hecista, 
lui-même corrompu de lat. locusta « sauterelle » ( > fr. langouste). Cf. 
laboux et lahistr. Altérations en partie inexplicables. 

Lech, s. m., variante delich. V. ce mot. 

Lec'h, s. f., grosse pierre plate*, cymr. llech, vir. lecc, gaul. *licca 
probable : d'un précelt. *plk-nâ, cf. gr. «Xde{ « surface plate » et rcXax-oO< 



1. Le lat. a uo vocalisme différent ; le gr. Xv^-o-ç « osier », etc., une non aspirée 
au Heu de l'aspirée. 

2. Mais corn, le et cymr. Ile id. feraient plutôt supposer un nominatif *legos avec 
s conservé, identique au gr. Xéxoç. 

3. Mal qui force à garder le lit. 

4. Cf. gaul. latinisé Litaoia « terre ferme » (absolument identique à sk. prthiot), 
d'où cymr. Litau > Llydaco « la Bretagne continentale ». — Thurn. 

5. Mot vieilli, mais conservé dans br. francisé « cromlech ». V. sous kroumm. 



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182 LEC'HED-LENKERNEN 

« gâteau », bas-lat. planc-a « planche » (fr. planche et plaque), zX.Jlach 
« plat ». V. aussi lédan. 

Leo'hed, s. m., lé d'étoffe, mbr. lehet. V. sous léd. 

Lechid, s. ra., vase, lie, mbr. lechit id. : proprement « dépôt, ce qui gît » 
[au fond], dér. de 1 léach t< lit »«. V. aussi gwélézen. 

Leien, s. m., serpillière, grosse toile: légère variante de lien, avec différen- 
ciation accidentelle de sens. V. ce mot. 

1 Lein, s. m., sommet: pour mbr. blein> *olein, puis chute du o initial. 
V. sous bléàa, et sous ab, etc., pour la chute du o. 

2 Lein, s. f., dîner, mbr. leiffei leynff, corn, li «déjeuner», sans autre 
répondant même celtique. — Étym. inc. *. 

3 Lein (V.), adj., variante dialectale de le un. 

ILeiz, adj., adv., plein, pleinement (aussi lei V.): identique au suivant, par 
la filière « humide — mouillé — plein d'eau — plein » (tout court), et par 
influence accessoire du sens de S lein. 

2Leiz, adj., humide (aussi lei V.), cymr. llaith « humide » et dad-leith-io 
« se fondre », vir. leg-ai-m, ir. et gael. leagh id. : soit un radical celt. 
*leg-ô, d'où procède aussi fr. dè-lay-er, et qui a deux ou trois répondants 
germaniques (cf. ags. leccan « mouiller » et ag. leak « voie d'eau »). 

Lémel, vb., ôter, retrancher, : le ppe lam-et semble dénoncer une parenté 
ancienne avec lamm*. V. ce mot, et cf. le sens de la rac. LENGH 
dans sk. lahgh-àya-ti « il endommage », gr. «Xe^oc « blâme » et iXo^uç 
« petit », lat. *leh-ui-s > leois, lit. lèng-oa-s et vsl. lïg-û-kû « léger ». 

Lemm, adj., aigu, tranchant, cymr. llym, vbr. lim id. : soit un celt. 
*8lib-mo-, à peu près identique en formation au celt. *8lib-no-, qui a 
donné cymr. lly/n « poli » < vbr. limn « flexible », vir. slemon, ir. 
sleamhuin et gael. sleamhuinn « glissant » ; dérivations diverses de la 
rac. SLIB « glisser » qu'on trouvera sous libonik. 

Leùkernen, s. f., ver intestinal, mbr. lencquernenn, cymr. llyngyr pi. : 

1. Cf. al. lag-er t « couche, dépôt, terrain vaseux ». Le fr. lie est sûrement dérivé 
d'an radical celtique. 

2. Peut-on rapprocher gr. Xaijiéç « gorge » (oesophage), Vcpéç a faim », etc., tous 
termes d'origine également obscure ? 

3. Les* deux sens se concilieraient ainsi: a sauter », c'est être léger ;« enlever » 
quelque partie d'un objet, c'est le rendre plus léger, plus petit. — Mais néanmoins 
cette parenté apparaît plutôt comme le résultat d'une confusion postérieure, en tant 
que la vraie forme du mot non dissiuiilé (cf. linad) serait *ném-el, de la rac. NEM* 
« prendre, ôter », qu'on trouvera sous etic. V. aussi nam et német. — Loth. 



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LÈNÉ-LERC'H 183 

d'un celt. Hengro-, qui, si le g représente un gh vélaire, est aussi à la 

base du lat. lumbr-ïcus id. > fr. lombric. 
Taêné, s. m., année: fausse forme abstraite par étymologie populaire des 

locutions héolénê et warléné. V. ces deux mots. 
Xjéned, s. m., les Quatre-Temps : empr. ag. Lent « Carême »; ou abstrait 

de la locution ar zul ened « le dimanche gras ». V. sous sût et èneV. 
± Lenn, s. f., étang, corn, lin, cymr. llynn, vir. lind, ir. linn, gael. linne 

id. : soit un celt. *li-nnos nt., dér. d'une rac. Ll à sens général de 

a liquide », sk. ri-ya-te « il coule », gr. Xé-jxvt, « étang », lat. lî-mus 

a vase », lit. ly-jù et vsl. li-jç « je verse », etc. 
2 Lenn, s. f., couverture, corn, len, cymr. lien, vbr. et vir. lenn, gaul. lenna 

et linna « manteau »:d'un celt. *linna, pour *pl-innà « pel-isse », dont la 

syllabe radicale est la même que celle de gr. raXX-a (et iti-TcX-o-ç), lat. 

pell-i-s, ag. fell et al. fell « fourrure ». 
3 Lenn. s. m., lecture: contracté de léenn, corn, lenn « lire », cymr. lleen 

> llèn « instruction ». Empr. lat. legendum « ce qu'on doit lire ». 
Lent, adj., timide, abasourdi. Empr. fr. lent. 
Lenv, s. m., gémissement, mbr. Içff, cymr. llèf et dérivés : soit un celt. 

*lemo', pour *lep-mo-, issu d'une rac. LEP (d'ailleurs fort rare) ; sk. lap- 

a-ti « il murmure », qui à la grande rigueur pourrait être apparenté à 

lacar, en admettant une alternance indo-européenne de b et p. 
Léo, s. f., lieue, mbr. leau. Empr. bas-lat. légua pour leuca, nom de mesure 

itinéraire venu d'ailleurs du gaulois. 

1 Léon, s. m., lion: contamination de i'empr. lat. leô > *leoô > cymr. 
llew et corn, leu (voc.) et du fr. lion. 

2 Léon, s. m., le pays de Léon. Empr. lat. Legiônes (toponymique fréquent 
en pays conquis par les Romains), brittonisé en * Legiônes. 

Léor, s. m., variante de leor. V. ce mot. 

Ler, s. m., cuir, mbr. lezr, cymr. lledr, vir. lethar, gael. leathar id. : soit 
un celt. Hetro- *, pour *pl-etro-, dont la rac. semble la même que celle de 
*pl-innd. V. sous 2 lenn. 

Lerc'h, s. m., suite, trace, corn, lerch et lyrch % cymr. llwrw et Uyry v< di- 
rection», vir. lorc, ir. et gael. lorg « trace »: d'un celt . *lorgo-, sans 
apparentation bien définie (bas-al. lurken « traîner les pieds » Bzzbg.) 

1. Coqj. Era.— Mais cela supposerait la confusion invraisemblable des Quatre-Temps, 
non pas même avec le Carême, mais avec le carnaval. L'ags. est lencten «printemps». 

2. Emprunté par les Germains, ag. leather, al. leder. 



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184 LES-LEURl 

Les-, particule (dans leshanô « sobriquet », les-vâb « beau-fils », etc.), 
cyrar. %*-, vir. less-, ir. etgael. leas- id. : d'un celt. *#«-«o- « blâme », 
dér. de rac. LEÏD t blâmer » ; cf. mir. lâidh-i-m « je réprimande », gr. 
Xoi$-opéu> « j'injurie » et X«t8-p<5-< a insolent », sans autre répondant. 

Leski, vb., brûler, mbr. lesquiff, corn, losc « brûlure », oymr. Uosg « in- 
cendie » et Uo8gi « brûler », vir. losc-ud, ir. losc-adh et gael. losg-adh 
« combustion » : soit un celt. *loskô « je brûle », pour *lop-skô t dont la 
rac. se retrouve avec vraisemblance dans le groupe bal tique (lelt. lapa 
« torche », etc.) et dans le gr. Xajnr-stv « étinceler ». 

Léspôz, adj., déhanché, cf. pôzlést (T.) id. : exactement « à qui la hanche 
pèse ». V. sous 2 lèz et poéz (ce dernier contracté). 

Lestr, s. m . , navire, vaisselle (pi. lisiri), corn, lester (pi. listri), cymr. 
llestr, vbr. lestir, vir. lestar « écuelle » : soit un celt. *lestro- auquel on 
ne connaît pas ombre d'équivalent ailleurs. 

Léton, létoun, s. m., jachère, gazon, cf. mbr. leter « litière », qui natu- 
rellement est empr. fr. 1 — Étym. inc. 

Leûé, s. m., veau, mbr. lue, corn, loch, cymr. tto, vbr. to, vir. làeg, ir. et 
gael. laogh id. : d'un celt. *loig-o-(?) t qui peut signifier « sauteur» (sk. 
réj-, got. làik-an, lit. laig-yti <( bondir »)ou « lécheur » (sk. rih- et lih-, 
gr. Xety-co, ag. to licfc, al. lecken « lécher »), etc. Cf. loa. 

Leûn, adj., plein, corn, leun et Ze/i, cymr. llawn, vbr. laun, vir. W/i, ir. 
lân, gael. /an id. : d'un celt. */âno-, pour *p/â-no-, qui est, comme sk. 
pur-nà et lat. plê-nu-s, un ppe passé de rac. PELA « remplir »; sk. pi- 
par-ti « il emplit », etc.; gr. ir(u-icXtj-|xi u j'emplis », rc^-p^ç « plein »; 
goX.full-8 (pour *ful-n-s <*/)J-nd-«), ag./a/Z et al. po/Z « plein », etc. 

Leur, s. f., sol, aire, corn, lor (voc. )>luer, cymr. llawr y vbr. Jaar, vir. Zdr, 
ir. /4r, gael. làr « sol» : d'un celt. *làro+ *larâ y pour *plà-rd, à peu près 
identique à ag.Jloo-rel zX.fiu-r « sol », tous dér. de rac. PLÀ « étendre » ; 
cf., avec un autre suff., lat. plà-nu-8 et gaul. # /â-no-s, « uni, plane »*, 
etc. V. sous lédan une amplification de la môme racine. 

Leûri, vb., envoyer, mbr. leuariff id. : paraît être une dér. secondaire à 
rattacher au celt. *loudiô « je meus » (pour *ploud~iô, cf. vir, im-luad 



1. Le rapport est peu concevable. On songerait plutôt à l'emprunt d'une forme de 
moyen anglais possible +lei-toun (cf. ags. tûn « enclos » > ag. town « ville »), qui 
aurait eu le même sens que l'ag. actuel lay-land a jachère ». 

2. Dans Medioldnum « Milan », (la ville du) milieu de la plaine (lombarde) : nom 
fort répandu. V. sous émesk. 



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LEÛSKEL-LÉZOU 185 

« agitation»), et dépendre, par cet intermédiaire, de la rac PLU au sens 
général et vague de « mouvement », dont les principales amplifications 
sont sk. plâv-a-te « il nage », gr. # 7tXip-«D > nllu « je navigue », lat. 
plu-i-t « il pleut », ag. to fly et ai. Jliegen « voler », ag. to fiée et al. 
fiiehena s'enfuir » (cf. lôgôden), al. Jliessen « couler », etc. 
Leûskel, vb., lâcher, mbr. lauscaff, et cf. adj. laosk. Empr. bas-lat. *Zaa?i- 
càre, fréquentatif de laxàre. — Loth. 

1 Lév, s. m., variante de lefiv. V. ce mot. 

2 Lév, s. f . , variante de léô. V. ce mot. 

Levé, s. m., rente, revenu. Empr. fr. ancien levée id. 

Lé venez, s. f., gaieté: dér. de 2 laouen. V. ce mot. 

Levier, s. m., pilote, mbr. leuyaffu gouverner », corn, leu, cymr. llyw 

et vir. lui « gouvernail » : soit un celt. *lowyo- «gouvernail », pour *lop- 

uyo-, dont le correspondant, existant dans les langues germaniques, a 

produit par emprunt le terme de marine fr. loff-er. 
Levr, s. m., livre, corn lioer, leoar el lyvyr, cymr. llyfr, vir. lebor, ir. et 

gael. leabhar. Empr. lat. Itber. 
Levriad, s. m., chalumeau (où les doigts glissent) : dér. d'une base *leor- 

< celt. *slib-ro- « glissant », cf. cymr. llyfr « la partie (du véhicule) qui 

traîne à terre », vbr. libir-iou pi. «traîneaux »,lat. Itxbr-icus « glissant». 

V. la rac. sous lemm et libonik. 

1 Léz, s. m., cour, mbr. les, cymr. llys, vbr. lis, vir. liss et less, ir. etgael. 
lios « jardin » (aucun rapport avec le br. liorz) : d'un celt. *lisso-, pour 
*plisso- < i.-e. *plt~8o- « enclos », dont on trouvera la rac. sous lèdan. 

2 Léz, s. f., hanche, cymr. lied, « côté, moitié », vbr. let, vir , ir. et gael. 
leth id. : soit un celt. *te/-«-o-, dér. secondaire par rapport à celt. Het-os 
« côté », qui répond au lat. liU-us, sans autre équivalent connu. 

3 Léz, s. m., lisière, bord. Empr. fr. ancien lez « côté » « lat. lotus), 
d'où aujourd'hui l'adv. fr. lez « près ». 

4 Léz, prép., près de. V. le précédent. 
Léza, vb., allaiter : dér. deléaz. V. ce mot. 
Lézel, vb., quitter, mbr. lesell. Empr. fr. laisser. 

1 Lézen, s. f., loi : dér. d'empr. fr. ancien leis id. 

2 Lézen, s. f., lisière : dér. de 3 léz. V. ce mot. 

3 Lézen, s. f., laitance : dér. de léaz. V. ce mot. 

Lézirek, adj., oisif: dér. de mbr. lesir. Empr. fr. loisir. Cf. lurè. 
Lézou, s. m. pi., glas : pour *c'hlézou, pi. de 3 glâz. V. ce mot. 



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186 LIÀC'H-LÎM 

Liao'h, s. f., pierre, vir. et gael. lia id., cf. gael, leug « gemme » : conta- 
mination du celt. *lèwink- (cf. gr. Xaaç « pierre » et Xât^E « caillou », ital. 
lavagna et al. leie « ardoise ») a r ec le br. lec'h. V. ce mot. 

Liamm, s. m, lien. Empr.fr. ancien « lat. ligàmen). 

Libistr, s. m., boue, mbr. libostren (douteux) : pour *c'hlib-i8tr, même 
radical que dans gléb. — Conj . 

Libonik (V.), s. m., rémouleur, aussi limonik, et cf. vbr. lemhaam « j'ai- 
guise » : dér. d'un radical •//6- 1 qui représente une rac. SLEIB (et 
SLEUB), dont le sens s'accuse par le lat. lab-ricu-s « glissant », ag. 
to slip « glisser », al. schleif-en (ppe ge-schliff-en) « aiguiser » et 
schleif-en (ppe ge-schleif-t) «traîner». Cf. arléc'houein, bréôlim, lemm, 
leoriad, luban, et les mots cités sous jelken. 

Libourclien, s. f., souillon : dér. du radical de libistr. 

Llk, adj., laïque, lascif 1 , corn. leie. Empr. lat. lâicus. 

Likaoui, vb., cajoler : dér. probable du précédent. 

Likéta, vb., placarder. Empr. ags licettan et liccettan « simuler »'. 

Lld, s. m., fête, mbr. lit, vir. lilh, gaul. Litu- dans plusieurs noms propres : 
soit un celt. *lilo- <l*lêto-, le même que gr. # Xtïto- dans X^-co-jp^a \ etc.; 
sans autre équivalent connu. 

Lien, s. m., toile, corn, (ancien) Hein et cymr. lliain « linge » : d'un celt. 
*lesanyo- peut-être apparenté à *plinnà >£ lenn. 

Lies, adj., plusieurs, beaucoup, cymr. liaus^> lliaw, vir. lia, gael. Uuih 
id. : d'un celt. pi. *leises, pour *pleis-es 9 comparatif du mot signifiant 
«beaucoup»; cf. gr. icXefov comparatif de iroX-4-s, lat. pleor-es > plûr-ès. 
visl. ,/feiW « plus »*. (Le vocalisme manque partout de netteté.) 

Lioh, s. m., liège. Empr. fr., et cf. sich pour le vocalisme. 

Lilien, s. f., lis, corn. Mie, etc. Empr. lat lïlium. 

Llm, s. m., lime. Empr. fr. Cf. cymr. llifn scie », empr. lat. tima. 

1. Difficilement; car le phonétique exigerait impérieusement *lioonik. Mais le 
Gloss. Ern. s. v. admet que l'alternance de b et m équivaut à l'indication d'un o plus 
ancien. Ce point n'étant pas éclairci, la dérivation de libonik, ainsi que celle de luban, 
n'est consignée ici que pour mémoire. 

2. En tant qu'opposé à la chasteté ecclésiastique. Mais M. Ernault sépare les deux 
sens et rattache le second à UAk. V. ce mot, et cf. le double sens du lat. lùbrieus. 

3. Cf. le double sens du fr. afficher. Mais ici la métonymie serait inverse. 

4. Aussi XeirovpY^a, d'où le fr. liturgie. 

5. Se rattache à la rac. PELA, qu'on trouvera sous leân. Cf. aussi ailes et la note 
sous ilboéd. 



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LIMESTRA-L1STRIER 187 

Limeetra, adj., violet, pourpre : cf. fr. limestre « sorte de serge »; mais il 
n'est pas dit qu'elle fût nécessairement violette (lat. limbus ostreus ?). 

1 Lin, s. m., lin, corn, lin, cymr. llin. Empr. lat. linum. 

2 Lin, s. m., pus, cf. cymr. lliant « flot » : soit un dér. celt. de la rac. LI 

« couler », qu'on trouvera sous 1 lenn et licaden. 

Linad, s. m., ortie, corn, linhaden (voc.) et linax : pour *nenad\ vir. 
nenaid, celt. *ne-nad-i, soit une forme redoublée du même radical pri- 
mitif *nad- qui a produit ag. nettle et al. nessel « ortie » ; cf. aussi gr. 
à$-(x7) < *nd-ika, qui a la rac. à l'état réduit. 

Link, liàkr, adj., glissant : contamination de mbr. lencr et de lihtr. V. ce 
mot, et cf. (pour le sens) lenkernen, 2 Un, lemm, etc. 

Lindag, s. m., lacet : exactement « lin à étrangler ». V. sous taga. 

Linen, s. f., ligne, cymr. llin. Empr. lat. linea. 

Liùtr, adj., luisant, corn, ter-lentr-y «scintiller », cymr. llithr-o « glisser » 
(cf. link), lleih-r « pente h et llath-r « poli », vir. et gael. leit-ir « pente » : 
il y a eu corruption par mélange de formes de diverses quantités et issues 
de racines différentes ; mais celle qui parait prépondérante est SLIDH 
du gr. ôXtoôdlveiv « glisser », ag. to slide, al. schlitten « traîneau.». 

Liorz, s. f., jardin, corn, luworth (voc.) > lowarth, cymr. lluarth, vir. 
lub-gort id. : d'un celt. Hubi-gorto- (-gortà), exactement « enclos à 
plantes ». V. le premier terme sous louzou et le second sous 2 garz. 

Lion, s. m., couleur, corn, liu, cymr. lliw, vbr. liou, vir. lii > li, gael. Il 
id. : d'un celt. */îw?-es-, cf. le surnom gaul. latinisé Lîo-iu-8 « coloré » 
et le lat. lio-or « pâleur»; les deux sens se conciliant par la valeur 
initiale de la rac. LI, « s'attacher, se superposer à », gr. à-X(-v-etv « en- 
duire », lat. li-n-ere, vir. le-n-im « je m'attache », sk. li-ya-te « il se 
colle contre» ', etc. V. un autre dér. sous goulenn, 

Lipa, vb., lécher : dér. d'empr. fr. lippe, lippée, etc. 

Lipouz, adj., friand : dér. du précédent. 

Lireû, s. m., lilas. Empr. fr. altéré par une cause inconnue. 

Liaer, s. f., drap de lit, mbr. licel (pour *lincel> cf. la variante actuelle 
ninsel T.). Empr. fr. linceul (aujourd'hui spécialisé). 

Lisiou, s. m., lessive, cymr. leisvo> vbr. lissiu et lisiu. Empr. lat. lixivum. 

Listrier, s. m., buffet : dér. de lestr. V. ce mot. 

1. A preuve la forme parallèle lénad. La contamination vient de / Un, parce que 
l'ortie est aussi une plante textile. Four la dissimilation, cf. lémel. 

2. La couleur est comme l'épiderme d'un objet. 



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188 LtVÀ-LOGODEN 

Liva, vb., peindre : dér. de lie. V. sous liou. 

Livaden, s. f., inondation, cf. cymr. llifn flot», vir. lie, ir. lia, gael. 

lighe « inondation » : amplifié sur la rac. d'où sont issus 1 lenn et 2 Un. 
Livastred, s. m. pi., canaille. — Étym. inc. \ 
Livrin (C), adj., bien portant, dispos, mbr. liffrin. Empr. ags. liflic 

(>ag. lively) avec nouveau suffixe de type breton. — Conj.*. 
Livriz, adj., frais, doux (lait), mbr. liufriz, vbr. leverid, cymr. llefritk, cf. 

vir. lemnacht « *lem-lacht?). — Étym. obscure. 
Lizen, s. f., plie (aussi pleizenV., contaminé du fr.), mbr. leizen, cymr. 

llythien, et cf. adj. llyth, « plat, mou » : contamination ancienne d'un 

dér. du radical de lédan et d'un dér. du radical de leiz. V. ces mots. 
Lizer, s. m., lettre missive, corn, lither, cymr. llythyr. Empr. lat. litlerae 

pi. (Au singul. lizérerm caractère d'écriture »). 
Loa, s. f., cuiller, corn. lo t cymr. llwy, vir. liag, ir. liach, gael. liaghid.: 

d'un celt. *leig-â, dont l'équivalent lat. a produit le diminutif lïg-ula 

« cuiller »; le tout de rac. LEIGH « lécher », mbr. leat, cymr. Uyf-u 

> llyo, vir. lig-i-m « je lèche », sk. rih-à-ti et lih-a-ti « il lèche », gr. 

Xefy-*», lat. ling-ere (qui explique le g irrégulier de ligula), ag. to Uck et 

al. leck-en, vsl. liz-ati et lit. lësz-ti « lécher ». Cf. leàé. 
Loakr (T.), adj., louche, mbr. loes pour *loesk, etc. : altérations diverses 

et peu claires de l'empr. lat. luscus par le radical de lagad. 
Loar, s. f., lune, corn, luir, cymr. lloer. — Étym. inc. *. 
Lôd, s. m., portion, mbr. lot. Empr. fr. lot. 
Loen, s. m. f., animal, mbr. lozn^> loezn, corn, lodnei cymr. llwdna petit 

d'animal », cf. vir. et gael. loth « poulain » : soit un celt. *lutno-, isolé 1 . 
Loer, s. f., bas, cf. cymr. llawdr « culotte », corn, loder «bottine». 

mbr. louzr « chausse » : soit un celt. *làtro-, sans répondant sûr 

ailleurs (al. Iode « lambeau »??? Bzzbg.). 
Lôgôden, s. f., souris, corn, logoden, cymr. llyg et llyg-oden, vir. luch 

(gén. loch-at), gael. luch id. : soit un celt. *luk-oto-, peut-être de rac. 

PLUK « s'enfuir ». V. sous leûri, et cf. lus et c'hoanen. 

1. Peut-on rattacher à libostren (sous libistr) et libourc'henl 

2. Les formes mbr. lizrin et lirzin (T.) ne sont pas de même provenance, ou bien 
elles sont corrompues. 

3. On ne voit pas comment rattacher à rac. LUK, d'où lat. lùna. V. sous luc'ha. 
Ir. et gael. luan a lune » est véhémentement suspect d'empr. lat. 

4. Peut-être pour *pl-ut-no-, dont on rapprocherait vaguement le lat. pullu$ t 9\. 
fallen « poulain ». Le sens s'est étendu en breton et spéoialisé en irlandais. — Mcb. 



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LOC'H-LOUARN 189 

Loch, s. f., levier. Empp. germanique probable: cf. visl. làg «arbre 
abattu », d'où ag. log, « bloc, souche, loch ». 

Lomber, s. m., lucarne, soupirail. Le fr. ancien a lombre <c nombril » : 
dans la supposition d'un emprunt bien invraisemblable, l'identité de 
forme (enfoncement circulaire) justifierait le sens breton. — Conj. 

Lomm, s. m., goutte, cymr. llym-aid « gorgée », vir. loimm id. : soit un 
celt. *lommen, pour *lop-men, qu'on rapproche de gr. Xàir-xeiv et lit. 
làk-ti, « lécher, siroter ». — Aucune donnée ferme. 

Loàk, s. m., gouffre : abstrait du suivant. 

Loàka, vb. engloutir, avaler, cymr. llyngc-u, vbr. ro-lunc-as « il avala », 
cf. vir. slucci-m « j'avale » : soit un celt. *sluAkô et *slukkô, dér. de rac. 
SLUG > LUG, gr. XuÇ-etv et al. schluck-en « avaler », gr. Xo^Y-iveiv et 
al. schluch-zen, « sangloter, avoir le hoquet ». 

Lonec'h, s. f., rognon : dér. d'empr. fr. ancien logne « longe » 1 . 

Loàtek, s. m., gourmand : dissimilé pour*lofikek. Cf. loftka. 

Lorbein (V.), vb-, ensorceler: plus anciennement, « corrompre, séduire », 
et lorbour « trompeur » ; cf. fr. ancien lorberie pour loberie « séduc- 
tion », de lobber et lober « cajoler » (God.). — Empr. fr. probable. 

Loré, s. m.» laurier. Empr. fr. altéré laurel. Cf. morse. 

1 Lorc'h, s. m., flatterie : identique au suivant f . — Conj. 

2 Lorc'h (V.), s. m., effroi: comme qui dirait « [coup de] massue », d'un 
celt. *lorgo* « gourdin », attesté par mbr. lorchen « timon », corn. 
lorch « bâton », vir. lorg et lorc « massue »*. 

Look, s. m., brûlure. V. la formation sous leski. 

Lost, s. m., queue, mbr. lost, cymr. llost, vir. los id. : d'un celt. *losto- ou 

*lostà sans autre équivalent connu ; tout à fait isolé. 
Lôsten, s. f., jupe: dér. du précédent. 
Louad, adj . , benêt, paresseux. — Aucune donnée ferme. 
Louan, s. f, courroie, mbr. lovtffan, corn, louan, cymr. llyfan, vir. loman, 

ir. lomna « corde », gael. lomhainn « laisse » : d'un celt. # /oma/ia, dont 

aucun équivalent ne se rencontre nulle part. 
Louarn, s. m., renard, corn, et vbr. louuern, cymr. llywern-og (dans un 



1. Ag. loin (et sirloin « surlonge ») est aussi empr. fr. 

2. Comme on dit « louer à tour de bras », etc. 

3. On rapproche, sans plus, visl. lurk-r « gourdin ». 



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190 LOUDOUR-LUBAN 

nom de lieu), vir. Loarn id., gaul. dér. Aouépv-io-c : d'un celt. *luerno-, 
pour *lup-erno-, dont l'équivalent le plus approché 1 est sk. lop-àçà 
« chacal », et gr. à-Xanc-tjÇ emprunté sans doute à une langue asiatique. 

Loudour, adj., malpropre : dér. d'une base */ourf- qui signiBerait « ordure », 
cf. vir. Loth « marais », ir. lod-an t gael. lod et lod-an « motte de terre », 
celt. *Zu/-, lat. lut'U-m « boue », lit. lut-ynas « fondrière ». 

Loued, adj., moisi, gris 1 , mbr. loet, corn, luit, cymr. llwyd et vbr. loii 
« chenu », vir. llath, ir. et gael. liath « gris » : d'un celt. *leito Tt pour 
*pl-eito-, de même dérivation que sk. pal-itâ « gris », gr. ™X-itv<5-< id. 
et iroX-t<5-c « chenu », lat. pul-lus « noirâtre » et pall-idu-s a pâle », ag. 
fallow et al. Jalb « fauve », lit. pàl-vas « pâle », vsl. pla-cû « blanchâtre ». 

Loufa, vb., vesser: dér. de mbr. louff « vesse ». Empr. fr. populaire et 
dialectal, cf. provençal loufa et picard loufée. 

Loui (C), puer 1 : dér. du précédent (*loufi > *louvi > loui). 

Lounez, s. f., variante de lonec*h k . V. ce mot. 

1 Louz, adj., malpropre, obscène. Empr. fr. ancien lous « misérable »; 
mais cf. aussi loufa, loui et 2 louz. 

2 Louz (C), s. m., blaireau: identique au précédent (puant). 
Louzaou, louzou, s. m., herbe, légume, mbr. lousouenn, corn, losow pi.. 

cymr. llys(p\. llysiau), vir. luss, ir. et gael. lus id. :d'un celt. */u*$u-, 
pour *lup-8u-, et celui-ci dér. du même radical que celt. *lub-i- « herbe », 
attesté par vir. luib, ir. et gael. luibh « herbe » et br. liorz*. V. ce mot 

Lovr, adj., ladre, lépreux, mbr. lojjfr, cymr. llwfr « souffreteux », vbr. lobur 
« faible », vir. lobur id., ir. et gael. lobhar « lèpre» ; d'un celt. *lob-ro-, 
cf. vir. lobat « qu'ils pourrissent », ir. lobhaim « je me corromps », gael. 
lobh id., lat. làb-î « s'écrouler», taé-ês « ruine », sans autre équivalent 
connu ; on songe aussi à got. thlaq-us « mou ». 

Lu, adj., ridicule: parait abstrait de luia. V. ce mot. 

Luban, adj., insinuant: soit un celt. *sloib-ano-« qqi se glisse ». V. la 
rac. sous libonik, mais avec les mêmes réserves. — Conj. Ern. 



1. Aucun rapport aveo lat. lupus, dont le p vient d'un q primitif; quant à lat. 
oulpës, on n'aperçoit pas le lien. 

2. D'après l'ètymologie, le second sens est le primitif. 

3. D'où sans doute aussi louézaé s. m. « punaise des bois »; mais le mot est diffi- 
cile a analyser. 

4. Chercher de même sous lo- les mots qui manquent sous loa-. 

5. Le mot se retrouve dans les vieux dialectes germaniques, mais s'y distingue 
nettement de ag. leaf « feuille » et al. laub « feuillage ». 



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LUDU-LUS 191 

Ludu, s. m., cendre, corn, lusow, cymr. lludw, vir. lùaith, ir. luaith, gael. 
luath id. : d'un celt. Houtwi-, auquel on ne connaît pas d'équivalent; cf. 
pourtant al. lod-ern « couver sous la cendre ». 

Lufr, s. m., éclat, lustre, cymr. lleufer, vbr. louber id. : d'un celt. *lou'bro- 
« luminaire », cf. lat. lac-ubrâre « travailler à la lumière ». V. la rac 
nue sous goulou et amplifiée sous lâcha. 

Lûg, adj., lourd (temps): exactement « blanc »\ d'un celt. fléchi *louk-o-, 
cf. gr. (normal) Xeox-6-ç « blanc », dont la rac. est sous luc'ha. 

Lugern, s. m., éclat, corn, lugarrm lampe », cymr. llugorn, vir. làcharn, 
ir. làchrann et gael. Ibchran « flambeau » : d'un celt. Houk-orno-, cf. lat. 
luc-erna « lampe », tous dér. de la rac. LUK. V. sous luc'ha. 

Lugud, s. m., lenteur, paresse : dér. de làg*. 

Lugustr, s. m., troène, nénufar. Empr. lat. ligustrum. Cf. burzud. 

Luc'ha, vb., luire: soit un celt. */ou/c-a-ô « je brille », dér. de rac. LEUK 
LUK, universellement répandue ; sk. ràc-a-ti « il brille », rue à « bril- 
lant », rokâ « éclat », etc. ; gr. Xeux-o -ç « blanc », à[x<pt-Xjx-Yj « crépus- 
cule », Xo^-vo-ç « Lampe », etc. ; lat. *louk-8 > lûx, lac-ère, *louk-s-nà 
>lana, lumen, etc., etc.: cymr. llùg« lumière» et vir. luach « blanc», 
etc. (cf. les précédents à partir de lufr) ; got. Uuh-atha lumière », ag. light, 
al. licht, et leuchten « éclairer »; lit. laâfc-a-s « <pàXtoç » ( 80 us 1 bal). 

Lucliéden, s. f., éclair, corn, luhet, cymr lluched (singul. lluched-en), 
cf. vir. lâche (gén. làchet) et gaul. Leuc-etio-8 (surnom du dieu Mars) : 
d'un celt. * louk-s-etâ. V. la rac. sous luc'ha. 

Luia, vb., brouiller: variante possible de luzia. 

Lûn, s. m., lundi. Empr. lat. lunae (diès). 

Lupr, adj . , en rut. Empr. fr. ancien labre, abstrait de l'empr. lat. savant 
lubricus > fr. lubrique. 

Luré(V., C), s. m., paresse, négligence: contraction dialectale àeHizouré. 
V. sous lézirek et cf. ag. leisure. — Conj. 

Lurel, s. f., bande, ligature: contraction de Hezurel, dér. et altéré de 
l'empr. fr. lisière. Cf. 3 lézet 2 lézen. — Conj. 

Lus, s. m., airelle, cymr. llus id. (singul. llusen) : se rattache à un celt. 
*luk-o- « noir » qu'attestent cymr. llwg « pâle » et vir. loch « noir » 3 . 



1. « Blanchâtre » sous un soleil voilé par les vapeurs. 

2. Effet produit par une chaleur étouffante. 

3. On y peut rattacher aussi lûg et lôgôden, dont il a été donné d'autres explica- 
tions. Et même, à la grande rigueur, le sens « noir y» se concilie avec celui de là rac. 



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192 LUSKA-MA 

Luska, luskella, vb., agiter, bercer, mbr. queu-lusq « mouvement», vbr. 
pi. lusc-ou « berceaux », ir. luasg-aim « je secoue» et gael. luaisg 
« agiler », etc., etc. : soit un celt. *louk-skô « j'agite », pour *ploug-skô, 
qui se rattache aux racines qu'on trouvera sous leùri. 

1 Lusen, s. f., brouillard: dér. du même radical que lus ou que lùg, et 
probablement de l'un et de l'autre, vu la variante luzen. 

2 Lusen, s. f., le premier lait d'une vache qui vient de vêler : pourasen 1 
qui s'est partiellement maintenu, et celui-ci d'une base celt. *ous- pour 
*/)ous-, cf. sk. piyàs-a et gr. *m><j-o ç > mio; qui ont le même sens. 

Luzen, s. f ., vaciet : pourrait signifier « lampe, lanterne » ; cf. le nom de la 
luzerne ( « ver-luisant» en provençal), le fr. veilleuse, nom populaire du 
colchique d'automne, etc. 

Luzia, vb.. brouiller, confondre, mbr. luz « embarras », cymr. lludd 
« obstacle » : soit un celt. *loud-o-, qui peut se rattachera la rac. LUDH, 
sk. runâd-dhi et rodh-a-ti, « il arrête, encombre », etc. 



M 

1 Ma, mon : le radical m- pour le sg. du pronom et du possessif de 1** per- 
sonne est commun à toute la famille et ne requiert pas d'exemple. 

2 Ma, si, corn, mû, vir. ma > ma, gael. ma id. : le sk. a une particule 
sma ou smd, bien connue, qu'il possède en outre, en commun avec le 
germanique, à titre d'élément de déclinaison des pronoms et démonstratifs, 
et qu'on reconnaît aussi dans l'emphatique lat. -met 1 . 

3 Ma, particule correspondant au fr. -ci. V. sous man, et cf. ama et éma. 

4 Ma, où (interrogatif) : cf. les deux précédents et le suivant. 

5 Ma, que: paraît identique au précédent*. 

LUK dont il est l'opposé, par le fait que le noir est la couleur de ce qui a brûlé. 
C'est ainsi que ag. black « noir » se rattache à gr. çX^w « brûler ». 

1. VI vient d'une sorte d'allitération par écho dans la liaison léax usen > léat lusen. 
— Conj. Ern. 

2. Ces petits mots n'ont en aucune façon le sens conditionnel ; mais ils peuvent 
figurer dans une proposition conditionnelle, tout comme dans une autre, pour en ren- 
forcer le sens, et dès lors prendre dans telle ou telle langue le sens conditionnel par 
contamination. C'est ce qui paraît être arrivé en celtique. Au reste l'étymologie des 
particules est rarement claire, et l'on perd son temps à la vouloir serrer de près. Cf. les 
mots suivants. 

3. Le dédale est inextricable. A. la rigueur, tous ces sens pourraient s'être attachés 
artificiellement à la particule de renforcement qu'on a vue sous 2 ma. Mais cela n'est 
point probable. D'autre part, le sens de a où? » pourrait se déduire de celui de « ici » 



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MÂB-MAL 193 

Mâb, s. m., fils, corn, mab, cymr. mâb, vbr. map, vir. macc, ir. et gael. 
mac « fils » bien connu par les patronymiques : d'un celt. *mak-wo-, 
soit « nourrisson », dont on trouvera la rac sous maga\ 

Mâd: adj., bon; adv., bien; s. m., richesse; mbr. mat, corn, mas, cymr. 
mad, vir. et gael. maith> math id. : d'un celt. *ma-ti- (gaul. Mati- 
domnus n. pr.), dont le sens originaire est « mesuré, bien composé » ; 
dér. de rac. MÊ « mesurer », qu'on trouvera sous amzer, ou peut-être de 
celle plus obscure du lat. mâ-turu-s, « mûr, à point ». 

Madré, s. m., séneçon. Empr. fr. madré. V. sous baré. 

Maé, s. m., mai, corn, mê, cymr. mai. Empr. lat. maius. 

Maérounez, s. f., marraine : féminin pléonastique refait sur le mbr. mazron 
id., qui est empr. lat. matrôna. Cf. aussi niz et léanez. 

Maga, vb., nourrir, élever, mbr. maguaff, corn, maga, cymr. mag-u id. : 
d'un celt. *mak-ô, « je nourris, je fais grandir », qui se rattache à la 
rac. MAK « grand », zd maçafih « grandeur », gr. fiaxp-<5-<; « large » 
et k^x-o«; « largeur », lat. mag-nu-s, etc. V. aussi mâb et bagol. 

Maclia, vb., fouler (aussi mahein V.j. Empr. bas-lat. *maccâre, attesté 
notamment par l'espagnol macar « meurtrir ». 

Mac'haâa, vb., mutiler. Empr. fr. ancien mehaingnier. 

Mac'homer, s. m., usurpateur: dér. d'un type *mac'kom « oppression », qui 
est à mac'ka ce que fr. pression est à fr. presser, c'est-à-dire dér. d'un 
vb. br. par un procédé emprunté au français. Cf. dalif, etc. 

1 Mal, s. m., béquille, mbr. mail, cf. cymr. bagl « bâton » : contamination 
de l'empr. lat. baculus et du représentant de Tempr. lat. maliens (à cause 
du gros bout de la béquille). Cf. 1 mal et bélek. 

2 Mal, s. f., coffre. Empr. fr. malle. 

1 Mal, s. m., maillet. Empr. fr. ancien mail<i lat. malleus. 

2 Mal, s. m., maille. Empr. fr. maille < lat. macula. 

3 Mal, adj., expert, savant: paraît abstrait d'une locution telle que eunn 
den mal, « un homme de maléfice, un sorcier », etc. Empr. fr. ancien 
malie « sortilège ». — Conj. 

[ma oudt a ici es-tu? > où es-tu ?»\ ou du sens de « que » (ma oudt «[où est-ce] que 
tu es? »). Inversement le sens de « que » se déduirait très naturellement de celui de 
« où » relatif. Mais à peine entrevoit-on des raisons de préférence. 

1. La curieuse expression mâb lagad « la prunelle » a son pendant en sk., kantnikd 
« la petite fille », et en lat., pûp-illa « la petite figure » qu'on voit reflétée dans l'œil 
d'autruL — Ce qui rend difficile Tôtymologie par *ma/c-«?o-, c'est que Tir. devrait en 
ce cas répondre par *mach (cf. ir. ech sous ébeûl). V. sous mer&h des formations par 
addition d'un suff. -ko-, qui peut-être est aussi en jeu ici. 

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194 MALA-MAN 

Mala, vb., moudre, mbr. malaff, cymr. malu, vir. mel-i-m « je mouds», 
ir. meilim, gael. meil id. : d'un celt. *mel-ô, rac. MELA, cf. sk. mr-nà-ti 
« il broie », gr. jauX-yj « meule » et àXeîv « moudre », lat. moUa et mol- 
ere % al. mahl-en « moudre » et meM « farine », lit. mâl-ti, vsl. mel-jç, etc. 

Malan, s. f., gerbe, mbr. malazn pour *manazl, cf. br. a/an et corn, mana/ 
id. : d'un celt. *man-atld, qui correspond comme racine et sens au lat. 
man-ipulu-s «poignée »*, lequel signifie aussi « gerbe ». 

Malard, s. m., canard mâle. Empr. fr. ancien maillart id. 

Mail, s. m., hâte, corn, mal « désir », cymr. malio « soigner » etgo-fal 
« souci » : on rapproche le gr. n&ei f*ot « il m'est à soin », qui a en grec 
de nombreux dérivés, mais point d'équivalent sûr ailleurs. 

Mallcliéot, s. m., jusquiame : exactement « herbe molle », le premier 
terme étant le môme que cymr. mail « mou » et ir. mail « lent », soit un 
celt. *mallo- t pour *mal-wo- > à peu près pareil à lat. mollis et ag. mellow. 

Bfalloz, s. f., malédiction, mbr. malloez, corn, molleth (pour *malloeth), 
cymr. melldith, etc. Empr. lat. maledictiô et cf. millisien. 

Bfalô, s. m., mauve. Empr. lat. maloa. 

Majok (V., aussi bafok), s. m., menton. Empr. fr. ancien mailloque « sur- 
face arrondie de l'extrémité du maillet », etc. (métaphore). 

Bfajur, s. m., maillot, mbr. mailluraoupl. : soit un empr. fr. *maill-ure, 
dér. de maille comme l'est aussi maill-ot. 

Malven, s. f., cil, mbr. maluenn « paupière », vir. mala (gén. malach)et 
gael. mala « sourcil »: d'un celt. *malw- et *malak8-, dont on ne trouve 
d'équivalent (douteux) que dans les langues lettiques. 

Malzen, s. f., flocon : pourrait se rattacher, par le sens « tendre, délicat » 
(cf. vir. meled « agréable »), au même radical que la syllabe initiale de 
mallc'héot. V. ce mot. — Rien de précis. 

Mamm, s. f., mère, corn., cymr. et ir. mam. Cette réduplication enfantine 
et caressante de l'i.-e. *mâtër (cf. moéreb) se retrouve dans presque 
toutes les langues de la famille. Cf. aussi tâd. 

Mammen, s. f., source, origine: dér. du précédent. 

Man, adv., ici, ci : pour amaà, et cf. 3 ma et éma. 

Mftn, s. f., mine, apparence : peut-être altéré de 2 mîn sous l'influence de 
Tempr. fr. manière > mbr. manier. Cf. 3 mann. 



1. Le radical +man- « main » a à peu près disparu en celtique, mais est assez 
commua ailleurs : il est latin, grec et germanique. 



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MANAC'H-MAR 195 

Manacli, s. m., moine. Empr. Jat. monachus. 

Maàk, adj., manchot, mbr. manc. Empr. lat. mancus. 

MaÂdok, s. m., goujon, gardon (poisson à grosse mâchoire) : pour *mant- 
ok, dér. de *mant = cymr. et vir. mant « mâchoire », et celui-ci d'un 
celt. *mand-eto- dér. de la rac. peu répandue qui a donné lat. mand-ere 
« mâcher », mand-ucàre > fr. manger, et mand-ibula. 

Manek, s. f., gant. Empr. lat. manica. 

Maner, s. m., manoir. Empr. fr. ancien maneir. 

IMann, s. m-, mousse terrestre (la vraie graphie serait man Loth), cf. 
cymr. mawn et ir. main « tourbe » : soit un celt. *mak-ni- ou *màk-ni- 
« marais », etc., dont on peut à peine rapprocher lat. muscus, ag. moss. 

2 Mann, s. m., corbeille. Empr. fr. manne. 

3 Mann, rien, corn, man: identique à mdn, au sens de «[pas]... appa- 
rence », devenu négatif par le contact avec une négation ; ou bien à cymr. 
man, qu'on trouvera sous marbléô. V. sous 3 kammed. 

Mannon, s. m. pi., menu fumier: pi. de 1 mann. 

Mannouz (V.), adj., nasillard. — Étym. inc, mais cf. mohkluz. 

Manooner, s. m., chaudronnier : dér. d'empr. fr. ancien maignan (con- 
servé comme n. pr.) = ital. magnano < bas-lat. *machinânu8. 

Mantra, vb., accabler, navrer; cf. cymr. mathru « fouler aux pieds»: 
dérivation secondaire du môme radical primitif d'où est issu le vb. mont. 

Maô, adj., bien portant, gai, mbr. mau, corn, maw « garçon», cymr. 
*mau- « serviteur », gaul. *mag-us dans le n. pr. Magu-rix, cf. got. 
mag-u-8 « garçon » ' : soit un celt. *mag-u-, dér. de rac. MEGH « gran- 
deur », sk. mah-ànt « grand » (gr. fx£-/-<x<, lat. ing-ens), got. mag-an vb. 
« pouvoir», ag. I may et al. ich mag 9 got. mah-t-s « puissance », ag. might 
et al. macht, vsl. mog-q. « je puis », etc., etc. 
Maouez, s. f., femme, mbr. moues, corn, mowes id. : fm. du précédent. 
Maout, s. m., mouton, corn, mois, cymr. molli, ir. rnolt, gael. malt id. : 
d'un celt. *mol-to-, ppe passé de la rac. de mala, cf. lat. mul-tu-s, 
« moulu, écrasé, châtré » (d'où le dér. fr. mout-on) f et russe mollit 
« châtrer ». V. les mots cités sous mala et la note sous kalz. 
Mar, si. V. sous la forme plus simple 2 ma*. 

1. Le sens originaire est a beau gars bien portant », d'où « garçon », puis* servi- 
teur ». Cf. aussi maouez, méoel, matez, et une foule de noms propres gaul. dérivés. 

2. L'addition de IV est très obscure : ou mar est un mot différent de ma et inex- 
pliqué; ou bien ma a été influencé par le mot suivant (valeur dubitative de « si »). 
Cest le plus probable, puisque le corn, et le br. ont en commun les deux mots. 



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196 MÂR-MARZ 

Mftr, s. m., doute, corn, mar id. : soit un celt. *mar-o-8 « inquiétude »; cf. 
gr. fxlp-tuva « souci », sans autre équivalent connu. 

Marbigel, s. f ., étrape. V. sous marr etpigel\ 

Marbléô, s. m., poil follet : le premier terme, mar- pour *man, équivaut 
au cymr. man « petit », cf. vir. min et menb id., gr. petav, lat. minor, 
etc. ; ou bien *marv-bléô « poil mort ». V. ces mots'. 

Mare, s. m., marée. Empr. fr. (d'où maréad « foule »). 

Marella, vb.. bigarrer. Empr. fr. (marelle, méreau, etc.). 

Maroli, s. m., cheval, corn, et cymr. march, vir., ir. et gael. marc, gaul. 
*marc-o-s et fm. fiapx-a : d'un celt. *mark-o-8, qui ne se retrouve qu'en 
germanique, vhal. marah « cheval » (d'où marah-scalc, « valet de cheval, 
palefrenier », latinisé mariscalcus > f r. maréchal), al. mahreet ag. mare 
« jument » ; tout à fait isolé, si le germ. est empr. celt. 

Marc'had, s. m., marché. Empr. lat. mercàtw. 

Marital, s. m., inquiétude, jalousie: dér. de mar > mâr, mais peut-être 
contaminé, quant au sens et à la forme, de fr. ancien marri. 

Marlouan, s. m., merlan. Empr. fr. altéré. 

Marmouz, s. m., singe. Empr. fr. ancien marmotte id. et cf. marmouset 

Marô, s. m. etadj., mort, mbr. maru etmarf, corn, marow, cymr. marw, 
vir. marb, ir. et gael. marbh «défunt»: d'un celt. *mar-wo-, dér. de 
rac. MER « mourir », sk. mr-iyà-te « il meurt » et mr-tà « mort » 
(mâr-ta « mortel »), gr. Ppfooç (pour *npo-'co-ç) « mortel », lat. mor-io-r. 
mor-8, mor-tuu~s, etc., lit. mif-ti « mourir », vsl. mrè-ti, etc. 

Marr, s. f., grande houe. Empr. fr. ancien marre id. 

Martézé, adv., peut-être, mbr. martese, corn, martesen id. : les variantes 
matrézé et matrèzen indiquent une locution du même type que cymr. 
o thry hyn « si cela tourne > en admettant que cela arrive », dont on 
trouvera les éléments sous 2 ma, treiei se (le démonstratif qui est contenu 
dans azé); la métathèse vient de la variante *mar-tré-8é (sous mar). 

Martôlod, s. m., matelot. Empr. fr. peut-être contaminé de merdéad. 

Marvel, adj., mortel : dér. de maro > marô. 

1 Marz, s. m., merveille, miracle, corn, marth, mais cymr. gwyrth inài- 
quant la forme inaltérée. Empr. lat. olrtas, et cf. burzud. 

1. Mais le sens ne concorde pas. Cf. marbléô, soit « petite boue ». 

2. Cf. oymr. mar-ddanadl (ortie morte) a marra be ». — Mais, dans la première 
hypothèse, on attendrait *manoléô; dans la seconde, 'maroléô. 



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MARZ-MÉL 197 

2 Marx, s. m., frontière, mbr. mars. Empr. fr. ancien marche, lui-même 
empr. germanique, et cf. brô. 

Mastara, vb., salir. Empr. fr. ancien matrasser « ébaucher ». — Conj. 

Mastin, s. m., mâtin. Empr. fr. ancien mastin. 

Mastokin, s. m. , coquin : contamination de mastin et coquin. 

Matez, s. f., servante, corn, maghteth > mahtheid, cymr. machteith id., 
vir. -macdacht « adulte » : d'un celt. *mag-wa-takta, dér. secondaire par 
rapport à got. mag-ath-s « jeune fille », ag. maid, al. magd « servante », 
cf. màdchen « jeune fille ». V. la rac. sous mâo et cf. mével. 

1 Mé, je, moi : accusatif devenu nominatif. V. sous 1 ma. 

2 Mé (V.), s. m., pétrin. Empr. fr. ancien mait > maie. 

Méan, s. m., pierre, corn. men % cymr. maen, vbr. main id. : d'une forme 
celtique, qu'on peut rapprocher de lat. moen-ia « murailles », isolé. 

Méar, s. m., maire, mbr. maer, cymr. maer, « intendant, administrateur », 
vbr. mair, etc. Empr. lat. major (d'où vient aussi fr. maire, dont l'in- 
fluence sémantique a amené la restriction de sens en breton). 

Méaz, s. m., campagne, mbr. maes, corn, mes, cymr. maes «champ»: 
d'un celt. *mag-es-tu- t dér. d'un celt. nt. *mag-es- «champ », corn, et 
cymr. ma, vir. mag, ir. et gael. magh, gaul. -magos dans un grand 
nombre de noms propres; cf. sk. mah-i « la terre », exactement 
« la grande », dér. de la rac. qu'on verra sous maô. V. aussi amaû. 

Médi, vb., moissonner, mbr. midifc vbr. met-etic « moissonné » : soit un 
celt. *met-ô « je moissonne », lat. met-ere, cf. gr. à-fidt-u>, ag. to moto 
et al. mâh-en id. , mat-te « prairie », ohmet « regain », etc. 

Mégel, s. f., tique : pour bègel. V. ce mot 1 . 

Mégin, s. f., soufflet : variante de bégin. non sans influence possible 
d'empr. lat. machina qui est à la base de manouner. 

Mécher, s. f . , métier. Empr. fr. (t + y > br. ch). 

Méc'hi, s. m., morve : pour *moc , A-i, dér. du même radical que môc'h. 
V. ce mot, et cf. moûkluz et la variante mic'hi. 

1 Mél, s. m., miel, corn, et cymr. mel, vbr. mél, vir., ir. et gael. mil id. : 
d'un celt. *mel-i-, cf. gr. jxlX-t (-tx-oç), lat. mel (meW-w), got. milrith. 

2 Mél, s. m., moelle, sève : peut-être empr. lat. medulla*, mais altéré 

1. A cause de la petite c bouole » que fait la piqûre. — Dans ce mot et le suivant, le 
changement b >m est inverse de celui de bagol, etc., mais procède de la même cause. 

2. Le cymr. mêr indiquerait plutôt un empr. germanique : ags. mearh > ag. 
marrow. 



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198 MEL-MÉNAOUED 

par contamination du précédent ou contact du roman (prov. melha). 

1 Me], s. m., mulet (poisson), mbr. meill. Empr. lat. mugil, ou plutôt 
empr. fr. ancien meuil (du même). Cf. moullek (tout différent). 

2 Me), s. m., poing, mbr. meilh et (plus complet) meilh an dorn, vir. 
mul-dorn, exactement « tête [formée par] la main » ; cf. mbr. melle 
« sommet de la tête », vir. et gael. mull-ach « sommet », ags. mold-a 
« suture du crâne » et sk. mûrdh-àn « tête ». V. aussi mêliez. 

Mélaouen, s. f., mélilot : dér. de 1 mél. 

Mélen, adj., jaune, corn, milin, cymr. melyn id. : d'un celt. *mel-ino~ 

(couleur de miel ?), cf. sk. mal-inâ « sombre », gr. fiiXaç « noir », lit. 

mèl-yna-s « bleu » 1 (dont le radical est *mèl-). 
Mélének, s. m., verdier : dér. du précédent. 
Melchen, s. m., trèfle, mbr. melchonenn, cymr. meiUion id. : dér. de 

1 mél avec évolution normale du y brittonique en ch breton. 
Melcliouéden, s. f., colimaçon, mbr. melfeden, etc., et cf. melhuenn (V.) 

« morve », cymr. malw-od-en « limaçon » : dér. du radical *maU-* 

« mou », mais cf. ir. et gael. mail « lent ». V. sous malle* héot. 

1 Mell, s. m., articulation, vertèbre, corn, mal (pi. mell-ow) % cymr. cym- 
mal « jointure » : d'un radical celt. *mel~s-, qui est le même que celui du 
gr. fiéX-oç « membre », cf. sk. mâr-ma « organe » et lit. mel-m& « dos ». 

2 Mell, s. f., gros ballon; le même que mbr. melle (sous 2 mel). 

3 Mell, s. m., millet: soit un celt. *millo- pour # mi7-yo-, de même formation 
que lat. mil-iu-m (> fr. mil), isolé par ailleurs. 

Mêliez, s. f., suture de la tête : dér. de melle (sous 2 met). 

Mellézour, s. m., miroir: dissimilé pour *merezour. Empr. lat. romanisé 

*miradàrio <C bas-lat. mirâtôrium. Cf. aussi mirout. 
Mellon, s. m. pi., renouée : pi. de 1 mell « nœud ». 
Melré (C), s. m., souci. — Étym. inc. Cf. mail. 
Melv (V.), s. m., morve. V. sous melc'houéden. 
Melven, s. f., variante de balafen, et cf. mégel. 
Men, s. m., variante de méan. V. ce mot. 
Ménaoued, s- ni., alêne, mbr. menauet, cymr. mynawyd, vir. menad id. : 

soit un celt. *minaxjo-etO' y cf. gr. sfAivu-Yi « pioche » (objet pointu). 



1. Sur le caractère fuyant des désignations de couleur, on comparera glds % 
glazaour, géot et gell, 

2. L'aspiration bretonne n'est donc pas primitive. 



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MÉNEK-MERGL 199 

Mének, s. m., mentioq, souvenir : cf. cymr. mynag « rapport », vir. muin- 
ig-in « confiance », etc. V. la rac. sous koun et cf. menna. 

Ménéc'hi, s. m., asile, franchise, mbr. menehy, etc. Empr. bas-lat. mona- 
chia, « enclos de moines, terre ecclésiastique ». 

Menez, s. m., montagne, corn, menedh, cymr. mynydd, vbr. -monid, gael. 
monadh, gaul. *-menios dans Herminius mons, etc. : d'un celt. *men-iyo-, 
dér. d'une rac. MEN « être élevé », cf. lat. ë-min-ëre, etc., et mons 
<C *mon-t-8 f dont le radical se retrouve dans le gr. fioûsa 1 « ♦fiov-'c-^a). 

Meàgleûz, s. f ., mine, carrière, cymr. mwyn-glawdd id. Le premier terme, 
que le br. a confondu par étymologie populaire avec men, est en réalité 
cymr. mwyn « métal brut », vir. méinn « métal », qui ne se trouve avec 
certitude que dans le domaine celtique (soit *meinni~ < *8mei-n-ni- , et 
cf. ag. smith, al. schmid « forgeron ») et a donné par emprunt le fr. mine. 
V . le second terme sous kleàz, et cf. men = méan et minier. 

Menna, vb., penser, estimer, désirer, cf. cymr. myn « désir », vir. mian et 
gael. miann « désir », ag. to mean et al. mein-en « avoir l'intention de » : 
se rattachent à la rac. qu'on trouvera sous koun. Cf. mének. 

Mennont, vb., demander, offrir. Empr. lat. mandare. 

Meut, s. f., grandeur, taille, corn, myns, cymr. maint, vbr. -mint, vir. met 
> mèity gael. meud id. : d'un celt. *mn-ti, auquel on ne connaît pas 
d'équivalent précis (cf. pourtant menez) , mais dont relève le fr. maint. 

Méra, vb., manier, administrer, mbr. maerat id. : dér. de mbr. maer > br. 
méar. V. ce mot et meneur. 

Merk, s. m., marque: contamination de l'empr. fr. ancien marque et de 
l'empr. fr. ancien merchier « remarquer », tous deux au surplus venus 
du germanique. Cf. 2 marz et merzout. 

Merdéad, s. m., marin, cf. mbr. mordeiffei cymr. mordwy « naviguer », 
cymr. mordwyad « matelot ». V. le premier terme sous môr; le second 
est peut-être une des formes originaires de dont. V. ce mot. 

Méren, s. f., goûter. Empr. lat. merenda. 

Méreur, s. m., fermier : dér. de méra*. 

Mergl, s. m., rouille, vir. et gael. meirg (les deux mots ne sont pas 
identiques) : soit une base celt. *merg-, dont le sens étymologique pourrait 
être « sombre » (cf. ag. murk) ou « émoussé » (cf. gr. nàpy-o-ç ?). 

1. Le sens primitif était « nymphe des montagnes ». 

2. On observera que l'ai, meyer « fermier » vient aussi, et plus directement, du 
lat. major. Au contraire fr. mehler, meyer, etc., est le lat. mediariue « métayer p. 



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200 MERC'H-MEUD 

Mero'h, s. f. f fille, corn, myrch, cymr. merch, etc. : d'un celt. *merg-ek&> 
qui est comme un diminutif par rapport au lit. merg-à « jeune Bile » ; 
cf. aussi sk. màr-ya et mar-ya-kâ « jeune garçon », gr. fxetpxÇ et gael. 
smarach id. (et br. mâb venu d'un celt. *mago-qo~¥H). 

Merc'her, s. m., mercredi. Empr. lat. Mercurii (dies). 

Merc'hoden, s. f., poupée : dér. de merc'h. 

Mériénen, s. f., fourmi, mbr. merien, cymr. myr-ion et myr (singul. 
myr-ion-en), cf. vir. moirb id. : d'un celt. *mor-yon-, cf. vsl. mra-cija, 
gr, frjp-n7)Ç (lat. for- mica, sk. vamrâ, ags. mgre et mire, etc. 1 ). 

Merl, s. m., engrais de rivage, cf. cymr. mari (empr. ag.). Empr. fr. (picard 
merle) < bas-lat. margila*, lui-môme d'un gaul. marga. 

Mern (V., C), s. f., dîner : variante de méren. 

Merrad, adv., apparemment: la variante merchad (V.) semble indiquer 
un rapport avec merzout (cf. armerc'h); mais, d'autre part, la forme 
mohad (V.) pour morhad est difficile à séparer de la locution moarvad 
(L., C), abrégée de mé oar oâd « je sais bien ». Série de confusions peu 
claires dues à l'étymologie populaire. — Loth. 

Mervel, vb., mourir : dér. de marc > marô. 

Merveùt, s. m., vent de sud-ouest : exactement « le grand vent » (d'Arb.), 
ou « le vent de mer » (Loth). V. sous meûr, môr et gwefit. 

Merzout, vb., apercevoir, cf. cymr. ar-merth-u et dar-merth-u « pourvoir ». 
— Aucune étymologie bien satisfaisante. 

Mé8a (C, T.), faire paître les bestiaux: pour *maesa, dér. de mbr. maes, 
soit « mener aux champs » ; ou de 1 méz « pâture ». V. sous î et 4 méz. 

Meski, vb., mêler, cymr. mysg-u, vir. mesc-aim « je môle » ; cf. sk. ml- 
mikç-a-ti « il môle », gr. fi^-etv, lat. mise-ère, al. misch-en, etc. (rac. 
à amplifications variées MIK MIKS MISK). 

Meski, s. m., moule (coquillage}. Empr. lat. altéré musculus. 

Mesper, s. m., nèfle. Empr. lat. mespilum. 

Métou, s. m., milieu : aucun rapport possible avec la rac. MEDH, qu'on 
trouvera sous èmesk, sauf peut-être une contamination de sens ; mais la 
locution é métou « au milieu » pourrait être à meut ce que la locution 
akétaou = égétaou est à keht. V. tous ces mots. — Loth. 

Meûd, s. m., pouce, mbr. meut } cymr. maut > batcd id. : suppose un celt 

1. Tous ces noms ont subi autant de déviations inexplicables que ceux de la 
grenouille. Cf. Uhlenbeck, AUind. Wb. % p. 271 b. 

2. D'où al. mergely ag. mari, fr. marie > marne. 



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MEÛLI-MÉZER 201 

*màt-o-> qui se rattacherait à une rac. MAT « tâter », cf. gr. f*ax e4u> « je 
cherche », lett. mat-it « sentir », lit. mat-f}ti « voir », vsl. -mot-riti 
« regarder », et surtout arménien mat-n « doigt » (Meillet). 

Meûli, vb., louer, honorer, mbr. meuliff, cymr. moli (et mawl « louange»), 
vir. molid « il loue », ir. mol-aim « je loue » et gael. mol « louer» : rac. 
indécise, mais cf. gr. n<*Xa « beaucoup », lat. mel-ior, vsl. iz-mol-èti 
« prédominer ». Ou de même rac. que le suivant ? 

Meûr, adj., grand, corn, maur, vbr. mââr, cymr. mawr, vir. màret mâr, ir. 
et gael. màr, gaul. -màros et -mura dans beaucoup de noms propres : d'un 
celt. *mdr-o- « grand », dont les corrélatifs ne se retrouvent en général 
aussi que comme derniers termes de composés, savoir gr. -f*u>p-o-ç (Ifi* 9 ^ 
jAcopoc « fameux par les coups de lance »), got. -mers (n. pr. al. Wai- 
demar), vsl. -mêril (mais celui-ci empr. germ. probable). 

Meurbed, adv., très, mbr. meurbet, exactement « grandement combien ». 
V. sous meàr et pet. 

Meurs, s. m., mars, mardi, cymr. mawrth, etc. Empr. lat. martis 
(gén.), et martius, mais prononcé *màrti8, *mdrtius. 

Mével, s. m., valet : soit un celt. *mogw'illO' dimin. de celt. *mog-u~ 
« serviteur » (attesté par vir. mug « esclave »), et celui-ci se rattachant 
directement à la rac. qu'on trouvera sous maô. Cf. matez. 

1 Méz, s. m., gland, mbr. mesenn, corn, mesen, cymr. mes, vir. mess 
« fruit », ir. meas, « fruit, gland », gael. meas « fruit»: d'un celt. *mes8u- 
« nourriture », cf. ag. buck-mast « faîne », al. eichel-mast « gland » et 
màsten « engraisser », dont on rapproche sk. méd-as « graisse ». 

2 Méz, s. f., honte, pudeur (aussi méc'h V.), mbr. mezz % cymr. methu 
« manquer de cœur », vir. met-acht « lâcheté » : soit un vb. celt. *met-tô 
« je suis en défaut », cf. vir. mad-ach k vain », gr. fiàx-iQv « en vain », 
fxax-4-to « j'hésite », d'une rac. MAT (?) qui ne se rencontre pas ailleurs '. 

3 Méz, s. m., hydromel, corn, med, cymr. medd, vir. mid id. : d'un celt. 
*med-u t sk. mâdh-u, « miel, liqueur douce et enivrante », gr. \ilQ-» 
« vin », ag. mead et al. met « hydromel », lit. midrù-s id., vsl. med-U, 
« miel, vin » ; ne manque qu'au lat. Cf. mézô. 

4 Méz, s. m., variante contractée de méaz. V. ce mot. 
Mézec, s. m., médecin, cymr. meddyg. Empr. lat. medicus. 
Mézer, s. m., étoffe. Empr. lat. mâteria > roman *madéria. 

1. La base serait-elle d'aventure la particule prohibitive i.-e. *md, sk. ma, gr. pq, etc.? 



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202 MÉZÉREN-MILLISÏEN 

Mézéren, s. f., lange : dér. du précédent. 

Môzévelli, vb., éblouir, fasciner (aussi méz-éoén-ein V., etc.) : dérivation 

compliquée de 2 méx, soit « faire baisser les yeux »*. 
Mézéven, s. m., juin, cymr. mehejin, et cf. br. mékéiien (V.) : serait en 

vbr. *med-ham-in-, soit « [mois] du milieu de l'été ». V. sous émesk et 

hahOy et cf. éoen, gouhéré y gourèlin et le suivant. 
Mézévennik, s. m., juillet : diminutif du précédent. 
Mézô, adj., ivre, cymr. meddw, etc. : soit un ceit. *med-wo- dér. de celt. 

*med-u-. V. sous 3 méz, et cf. gael. misg « ivresse » = ir. meisge < vir. 

mesce<C celt. *med-skyo- (gr. vb. neô-u-oxstv a enivrer »). 
Miaoua, vb., miauler. Onomatopée. 
Mibiliez, s. f., enfantillage : dér. de mâb. Cf. le suivant. 
Mibin, adv., vite, mbr. mibin « agile », cymr. mabin « juvénile », mabi- 

nogi « enfance » : dér. de mab > mâb, dont le pi. est mipien > mibien. 
Mîk, adv., entièrement, mbr. mie et moue id. : formé sur un radical appa- 
renté à celui de mouga, soit « d'une manière serrée, étouffante », etc. *. 
Midi, vb. , variante de mêdi. V. ce mot. 
Migourn, s. m., cartilage, cymr. migwrn y etc. Empr. ags. miegern 

« graisse », et cf. askourn et mudurun. — Conj . 
Micher, s. f., variante de mécher. V. ce mot. 
Mic'hi, s. m., variante de mée'hu V. ce mot. 

1 Mil, s. m., animal, corn, mil, cymr. mil, vir. mil et ir. miol, « animal, 
pou, baleine », gael. midi, « pou, animal » : soit un celt. *mèlo- « bétail », 
le même que gr. ^Xov « petit bétail, brebis», cf. visl. smale id., ag. 
small et al. schmal « menu ». 

2 Mil, mille, cymr. mil. Emp. lat. mille. 

Milfid, s. m., mauvis (aussi miloid, et milc'houid V.), mbr. milhuyt. 

Emprunt du breton au roman, ou réciproquement, on ne sait. 
Milgin, s. f., manche d'habit : dissimilé pour *min-g-in> et celui-ci dér. 

d'empr. lat. man-iea. Cf. manek, mais peut-être rapprocher gin. 
Milin, s. f., moulin. Empr. bas. -lat. molina. Cf. mala. 
Millisien, vb., maudire, cymr. meUdith « malédiction » et melldithio 

1. Procédant d'une locution du genre de mez m'eus deus an dé (T.), exactement 
« le jour me fait honte ». — Ern. 

2. Par exemple dans la locution maru micq « raide mort »; puis extension à 
d'autres cas.— Ern. 



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MILZIN-MÎZ 203 

« maudire ». Empr. lat. maledïctio (cf. binnuien), tandis que mbr. 
milliga = cymr. melldigo sort directement de maledïcere. 
Milzin (G.), adj., délicat, difficile en fait de nourriture : pour *mlizin, et 
celui-ci de *bli*-in, dér. de môme base que bliz-ik. — Conj. 

1 Min, s. f., museau, corn, meyn > min, cymr. min> vir. mén (> gael. 
mèanan « bâillement ») : d'un celt. *mikna < *mëk-nâ « bouche », qu'on 
a rapproché de l'ag. maw « jabot » et de l'ai, magen « estomac ». 

2 Mîn, s. f., mine : le même influencé par le fr. mine, qui d'ailleurs parait 
être empr. br. et avoir d'abord signifié « visage ». 

3 M!n, s. m., cap : le même, ou celt. *mikno- m. 
Minel, s. f., fer à talon, etc. : dér. de 1 mîn\ 

Mingl, adj., tiède (aussi mig V.), cymr. mwygl. — Étym. inc. 

Minoc'h, s. m., musaraigne : dér. de 1 min. 

Miâon, s. m., ami. Empr.fr. mignon. 

Minôten (V.), s. f. f sentier : variante dialectale de gwénôden. 

Minter, s. m., chaudronnier : parait dér. du radical qui se dissimule sous 

la syllabe initiale de mengleû». V. ce mot. 
Mintin, s. m., matin (aussi mitin V.}, corn, metin, mettin et myttyn. 

Empr. bas-lat. *mattinus < lat. matatïnus. Cf. bendel. 
Mintrad, s. m., peu, un peu : dér. secondaire d'un type celt. inconnu, mais 

assez voisin du lat. minûtus. Cf. munud et le suivant. 
Minvik, s. m., mie, mbr. mynhuiguenn, cf. corn, minoto « menu », etc. : 

originairement « miette », dér. d'un celt. *min-wo- «petit », cf. ir. menb- 

>meanbha petit », lat. min-or, min-u-ô « je diminue », wm-û-/u-«, etc., 

sk. min-à-ti « il diminue », got. min-s et al. min-der « moins », vsl. 

mïnijï « petit », etc. Cf. aussi moan, peut-être moal, et marbléô. 
Mirout, vb., regarder, observer, corn, miras. Empr. lat. miràrî. 
Mistr, adj. propre, coquet. Empr. fr. ancien misée, a joli, élégant, adroit». 
Mitouik, s. m., patelin. Empr. fr. ancien mitouin id. Cf. Bas-Maine mit 

« chatte » Dn, et le fr. vieilli chatte-mite. 

1 MIz, 8. m., mois, mbr. et corn, mis, cymr. mis, vir. mi id. : d'un celt. 
*mèns->*mïns- f cf. sk. mas « lune » et màs-a « mois », gr. ^v et p5v-yj, 
(lat. mèns-i-s), ag. moon et mon-th, al. mond et mon-at, etc. 

2 MIz, s. m., frais, cf. cymr. mwys « panier à provisions » et corn, moys 

1. C'est un fer en forme de croissant, et par conséquent de lèore, et aussi l'anneau 
qu'on passe dans le groin du pourceau. 



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204 MOAL-MON 

« table » : donc originairement « table, frais de table », puis « dépense » 

en général 1 . Empr. lat. mènsa « table » > lat. populaire mësa. 
Moal, adj., chauve, cymr. inoel, vbr. mail « mutilé », vir. mâel, ir. et 

gael. maol id. : d'un celt. *mai~lo- sans équivalent sûr 1 . 
Moan, adj., mince, corn, muin (voc.) > mon, cymr. main « mince » et 

mwyn « doux », vbr. pi. mein, vir. min et gael. min « délicat » : d'un celt. 

*mei-no-> dér. de rac. MEÏ MI « petit ». V. sous minoik et mihtrad. 
Moell, s. m., moyeu. Empr. fr. ancien moiuel id. 
Moeltr, adj., humide. Empr. fr. altéré moite. 

Moéreb, s. f., tante, mbr. mozrep, corn, modereb, cymr. modryb « ma- 
trone », vbr. motrep « tante » : d'un celt. *mâtrqà, dér. de *màtër « mère »; 

cf. sk. mâtrka « grand-mère » et lat. màtertera « tante maternelle ». 
Môg, s. m., feu 1 , exactement « fumée », corn. moc> cymr. mwg et vir. 

mdch « fumée » (cf. le suivant et mouga) : d'un celt. *muko- et *mako- 

apparenté par emprunt ou autrement à l'ag. smoke. 
Môged, s. m., fumée : dér. du précédent. 
Môgéden, s. f., vapeur, exhalaison : dér. de môged. 
Môger, s. m., mur : pour *moager, métathèse de vbr. macoer, et cf. 

cymr. magwyr. Empr. lat. màcéria « maçonnerie ». Cf. c'hoalen. 
Môo'h, s. m., pourceau, corn, et cymr. moch, vir. mucc, ir. et gael. mue 

id. : d'un celt. *muk-ku-, dont la rac. paraît la même que celle de lat. 

muccus et mucus « morve » mung-ere « moucher » (nasalisée), gr. pu£a 

« morve » et noxtijp « groin », ànopfoM « je me mouohe », sk. munc-à-ti 

« il lâche » (sens général spécialisé partout ailleurs). 
Môc'hik, s. m., cloporte : diminutif du précédent. 
Môjen (C), s. f., conte : dér. et corrompu de mbr. bauche « pièce pour 

rire ». Empr. fr. (argot) se baucher « se gausser », etc.*. — Ern. 
Mon, s. m., excrément humain. Empr. fr. ancien moun « jaune d'œuf » 

ou telle autre métaphore d'argot. Cf. pourtant cymr. monoch a intestins ». 
Moû, adj., manchot. Empr. fr. ancien moign « mutilé »•. 

1. Procédé sémantique inverse de celui de l'allemand, dans bas-lat. *8pè&a « dé- 
pense » > al. speise, « frais de table, repas ». — Le vocalisme br. a dû être altéré par 
contamination d'un mot mit « mensualité », identique au précédent. 

2. On l'a rattaché, sans grande vraisemblance, À la base MI du suivant, soit 
« diminué ». Comme vbr. mail signifie « mutilé », on peut aussi songer au lat. muti- 
lu8, mais on n'aperçoit pas de lien phonétique entre le celtique et le latin. 

3. Dans la phrase « ce bourg est de cent feux », etc. 

4. Conservé dans le composé se débaucher, etc. 

5. Abstrait d'un vb. lat *mundtàre (cf. mandas « propre ») « nettoyer » [la viande, 
à la façon des bouchers, en coupant les appendices, les moignons inutiles]. 



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MONK-MORLIVET 205 

Moùk, adj., manchot: contamination de maûk et moil. 

Moàkluz (C), adj., nasillard: doit se rattacher au même radical que môc'h 

(soit « qui a de la morve » ou « qui grogne en parlant »). 
Moneiz, s. m., monnaie. Empr. lat. mohètd> roman monëda. 
Moût, vb., aller, devenir, mbr. monet, corn, mortes, cymr. myned id. '• dér. 

d'une rac. MEN, «aller, marcher)), d'ailleurs fort peu répandue, gr. 

(éolien) fidc-T^-F" « je marche », lit. mlnti et russe po-mjatï « marcher »*. 
Môr, s. m., mer, corn, et cymr. mor, vir., ir. et gael. muir id. : d'un celt. 

*mor-i-, à peu près identique à lat. mar-e, got. mar-ei, ag. mère « pièce 

d'eau w, al. meer et vsl. mor-je « mer »•, lit. màrès « lagune ». 
Mora], s. m., verrou. Empr. fr. ancien moraillea verrou de la visière du 

casque)). 
Môred, s. m., variante déaspirée de morc'hed. 
Moren, s. f ., vapeur, surtout au pi. morennou « les vapeurs » (accidents 

nerveux) : dér. de môr, soit « flux et reflux, caprices ». — Conj. 
Morgaden, s. f., sèche (lièvre de mer ?). V. sous môr et gdd. 
Morgô, s. m., collier de cheval, cf. cymr. myngci id. : soit donc pour 

*mon~go, dont le premier terme est cymr. mwn « cou », et le second 

cymr. caw « lien », tous deux perdus en breton. 
Morgott8k, s. m., assoupissement: contamination de mor-ed (cf. môred) et 

de kousk. V. ces mots. 
Moro'hed, s. m., assoupissement, mbr. morchet « souci », corn, moreth 

(pour *morheth, cf. môred) « chagrin », et cf. ir. et gael. murc-ach 

« triste » : soit un celt. *murk-eto- « fait de se flétrir », lat. Murc-ia 

« déesse de la paresse », murc-idu-s « lâche », marc-ère « se flétrir »*, 

lit. mark-atnu-s « chagrinant » (douteux) ; isolé par ailleurs. 
Môrian, s. m., nègre: dér. d'empr. fr. More 1 . 
Môrlargez, s. m., carnaval, mbr. marlarjez, meurzlargiez, etc. : dér. de 

meurs-lard « mardi-gras » (par d + y >/)• V. ces deux mots. 
Môrlivet, adj., pâle: soit « grisâtre, verdâtre ». V. sour môr et liou, et cf. 

môrlicid s. m., « biset, chevalier » (plumage ardoisé). 

1. Cf. aussi maAtra et tréménout. — Les formes de la conjugaison de ce vb. qui 
commencent par voyelle, viennent de la rac. El de lat. i-re, gr. il-pi <* j'irai », sk. é-ti 
« il va », etc. ; pour celles qui commencent par /?, voir sous / ktz. 

2. Cf. gaul. Morint (peuple habitant le littoral du Boulonnais actuel), Are-mor- 
ica % etc. V. sous ar-, 

3. Marcidus somnô signifie « accablé de sommeil ». 

4. Les Maures ont passé au moyen âge pour le type de la race noire : cf. fr. mor- 
icaud, espagnol mor-eno « noir » et gr. moderne (tavpoc id. 



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206 MORMOUZ-MOUÉS 

Mormouz, s. m., morve du cheval: assimilé, pour *morbouz 9 formé sur 
Tempr. fr. morve, comme br. babouz sur fr. bave. 

Mors, adj., engourdi, lent: d'un celt. * murso-, pour # mar/r-so-, dér. pro- 
bable de la même rac. que morc'hed. V. ce mot. 

Morse, ad v., jamais (au présent), mbr. morcé. Empr. fr. morsela morceau», 
employé comme mie pour renforcer la négation. Cf. 3 kammed. 

Morsen, s. f., mulot: dér. de mors*. 

Morser (V.), s. m., gourmand: dér. d'empr. fr. (morceau, etc.). 

Moruklen, s. f., morille. Empr. fr. ou germanique 1 . 

Môrvran, s. f., cormoran. V. sous môr et bran. 

Morzed, s. f., cuisse, cymr. morddwyd, corn, mordoit (voc.) > mordkos 
et vbr. morduit id. : soit un celt. *màr-yeito- J construit sur la même base 
que gr. ni\p-6-<; « cuisse », i^p-i* « fémur ». — Très douteux. 

Morzi}, s. m., vent de sud-ouest, mbr. morzuill. V. sous môr et sûla (vent 
qui vient de mer et pourtant brûle les plantes) . 

Morzol, s. m., marteau, corn, et vbr. morthol, cymr. morthwyl et 
mwrthwyl. Empr. lat. martéllus > *martélus. 

Moualo'h, s. f., merle, corn, moelh, cymr. mwyalch (cf. gael. smèor-ach 
« grive »): d'un celt. *meis-alka, dont le radical se retrouve altéré dans 
le lat. mer-ula « merle » et intact dans l'ai, meis-e « mésange ». 

Mouar, s. m., mûre, corn, moyar, cymr. mwyar, vir. smér, ir. et gael. 
smeur, gael. smiar id. : cf. lat. môr-u~m et gr. n<5p-o-v*. 

Mouk, s. m., coquillage à pourpre: écourté de Tempr. lat. bucinum id.. 
peut-être par contamination de fucus « teinture ». — Conj. 

Mouden, s. f., motte, mbr. moten. Empr. fr. 

Moue, s. f., crinière, mbr. moe, vbr. pi. mong-ou, cymr. rnwng, vir. mong y 
ir. et gael. muing id. : soit un celt. *mong-à % auquel se rattachent aussi 
sk. màn-yà « nuque », ag. marie, al. màhne « crinière »*. 

Moues, adj., humide (aussi mouëst V.). Empr. fr. ancien moiste. Cf. aussi 
moeltr, et rattacher peut-être à 2 mouéz, mour$, etc. 



1. S'appelle aussi lôgôden oora « souris lente ». 

2. En tout cas, montrant encore la gutturale du vhal. morhila > al. morchel^ au- 
quel le fr. a emprunté le mot morille, 

3. La forme primitive est difficilement restituable: le mot a dû passer par emprunts 
successifs et réciproques. L'« initial ir. vient de contamination de sméar- « enduire » : 
sanguineis frontem moris et tempora pi agit. 

4. Cf. encore illyrien (péonien) p6v-airo-ç « bison » (ruminant à crinière) : Kret- 
schmer, Einleit. in die Gesch. d. Gr. Spr., p, 849. 



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MOUÉZ-MÛD 207 

1 Mouéz, s. f., voix (aussi mouec'h V.), mbr. moez y pour *voez (le v pris pour 
une mutation douce). Empr. fr. ancien vois, mais emprunté vraisembla- 
blement à une époque où la gutturale latine de vôx y sonnait vaguement 
encore; fait de chronologie indéterminable. 

2 Mouéz, s. m., puanteur : abstrait d'empr. fr. ancien moiseure « moisis- 
sure » ; ou empr. fr. moise « caque ». — Conj. 

Mouga, vb., étouffer: dér. de môg. V. ce mot. 

Mougéô, s. m., caverne, cymr. gogof« celt. *too-kow~yo~) : pour *gwo- 

geo contaminé de mouga. V. sous *gw- et kèô. 
Moucha, vb., couvrir le visage. Empr. fr. ancien se musser « se cacher », 

contaminé de mouchouer « fichu », autre empr. fr. 
Moulbenni, vb., rechigner (aussi mouspenni). Empr. germanique probable: 

cf. al. actuel maulen et schmollen « bouder »\ 
Moullek, s. m., pluvier, cf. mbr. moullecgu mulet » (poisson) : dér. d'empr. 

lat. mullus, mais le changement de sens est bien bizarre. 
Mouûa, vb., manger comme les gens qui n'ont plus de dents, remuer les 

lèvres sans bruit: paraît une onomatopée assez expressive; cf. pourtant 

fr. marmonner et br. munzun (peu clair lui-même). 
Mouren, s. f., sourcil, moustache: variante de gourrenn 1 , 
Mours (V.), s. m., excrément humain : altéré pour mbr. mous (cf. aussi 

mouzenn V. «c souillon »), cymr. mws « excrément », ir. mos-ach et gael. 

mus-ach « malpropre », qui supposent un celt. *musso- < *mwd-«o-, gr. 

fxfooç < # fio$-<jo<; « souillure », fitô-o-ç, « humidité, moisissure », lit. 

mud-a-s « algue »(?) ; cf. aussi ag. mud « boue » (avec une autre dentale) 

et br. moues, car fr. moite relève peut-être de cette souche. 
Mouso'hoarz, s. m., sourire: exactement « rire qui se dissimule », com- 
posé hybride de fr. et de br. Cf. moucha et c'hoarz. 
Monstre, vb., accabler, fouler. Empr. fr. ancien mousser « froisser » (cf. 

mousse « émoussé »), contaminé de mantra. V. ce mot. 
Mouza, vb., bouder. Empr. fr. ancien et dialectal (picard) mousse « moue » 

d'origine inconnue comme moue lui-même. 
Mûd, adj., muet, cymr. mud. Empr. lat. mUtus. 



1. Mais la dernière partie du mot est bien obscure. — La variante mowpenni 
parait contaminée de mouza. V. ce mot. 

2. G et m, en mutation douce, devenant occasionnellement o, une forme de mutation 
douce à o initial procédant de g a pu parfois suggérer une forme faussement primitive, 
commençant par m. Cf. le Gloss. Ern. p., 428 sq. 



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208 MUDURUN-NAM 

Mudurun, s. f., gond, cf. cymr. migwrn* et ir. mudharn, « la cheville du 

pied » : dér. d'empr. lat, môtôrium « servant à faire mouvoir ». 
Mai, muioc'h, adv., plus (comparatif de meû-r comme lat. maj-or Test 

de mag-nu-s), corn, moy, cymr. mwy % vbr. mui, vir. mâa, màa, mà 9 ir. 

ma, gael. mb « plus grand » : d'un celt. ^mdy-os-, cf. got. mais, ag. 

more, al. mehr, etc. 
Munud, adj., petit, (in. Empr. lat. minatus. V. sous burzud. 
Munudik, s. m., serpolet: dér. du précédent. 
Munzun, s. f., gencive sans dents. Cf. mouha. 
Musa, vb., flâner, flairer, écornifler. Empr. fr. muser, mais évidemment 

contaminé par muzel dans les deux derniers sens. 
Muturnia, vb., estropier: contamination de deux empr. fr., soit mut-iler^ 

et bes-tourner, « tordre, faire biaiser », etc. 
Muzel, s. f., lèvre, museau. Empr. fr. ancien musel. 
Muzul, s. f., mesure. Empr. fr. altéré. Cf. munud. 



N 

Na, ne, ni : pour nag devant consonne. Cf. hag et ha. 

Naka, vb., dissimuler : dér. de nak > nag. V. ce mot et cf. nac'ha. 

Nadoz, s. f„ aiguille, mbr. nadoez, cymr. nodwydd, vbr. notuid, et cf. vir. 

snâthat, ir. snâthad, gael. snàthat id. ; cf. encore got. në-thla, ag. nee-dle, 

et al. na-del, tous dér. de rac. SNÊ, « filer, coudre». V. sous nèxa. 
Nag, ni : juxtaposition de né et hag. V. ces mots. 
Nagen, s. f., querelle. — Étym. inc*. 
Nahen (V., C), s. f., tresse, ruban : variante dialectale de *naz-en, d'un 

celt. *na-t-to-. V. la rac. probable sous nadoz. 
Nac'ha, vb., nier, cofn. nacha, cymr. nacau : dér. de nag. Cf. naka et 

nagen, présentant les trois variétés de gutturale. 
NAm, namm, s. m., tache, vice : peut-être exactement, « défaut, chose 

[qui manque parce qu'elle a été] enlevée », en tant que dér. de la rac. 

NEM qu'on verra dans la note sous lémel. Cf. német. 

1. Le même que migwrn « cartilage », mais ayant pris le sens de « cheville » par 
confusion avec un mot du genre du br. mudurun. La métaphore entre « gond » et 
« cheville » se conçoit d'elle-même. 

2. Doit se rattacher d'une manière quelconque au radical de naka et nac'ha, par 
le sens « cacher, contester, nier». Sur le rapport de ces deux mots, cf. le Gloss. Brn. 
p. 108. 



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r 



NANN-NEIZ 209 

Nann, non: sorte de redoublement de la négation; cf. aussi lat. non, al. 

nein « pas un », fr. nenni, etc. 
Naô, neuf, corn, et cymr. naw, vir. nài n-> gael. naoi, etc. : d'un celt. 

*nawan, à vocalisme un peu différent de celui de Ti.-e. *newn, sk. nâoa t 

gr. iwéa, lat. novem, got. niun, ag. rime et al. neun, lit devynï, vsl. 

devetï, ces derniers avec initiale altérée. 
Naon, s. f., faim, mbr. naffn, cymr. newyn, vir. nrfine id. : d'un celt. *naw- 

enyâ, dont le type radical paraît se retrouver dans les langues lettiques 

(pruss. nau-ti- « besoin ») et germaniques (got. nâu-th s et nâu-di-, ag. 

nèa-d^> ag. nee<f, al. not id.). 
Naon, s. m., pente : pour *tnaou, devenu en mutation douce *dnaou 

> *nnaou. V. la forme primitive sous traon. 
Naouac'h (V.), néanmoins : correspond au cymr. na chwaith « pas encore, 

pas plus, non davantage », etc. V. sous gwéach et c'hoaz. 
Naoz, s. f., lit de rivière, canal. V. sous 2 aoz*. 
Napléz, s. m., syphilis. Empr. fr. [mal de] Naples. 
Nask, s. m., lien, vir. nasc et gael. nasg> « collier, lien », et cf. peut-être 

sk. niqkà « collier » : le tout se rattachant à la rac. du sk. nàh-ya-ti « il 

lie », vir. fo-nasc-ar <( on le lie » et ro-ne-nasc « je liai », peu répandue 

hors de ces domaines. Cf. un de ses dér. italiques sous nés. 
Né, particule négative, cymr. ni, vir. n/, etc. : d'un celt. *ne, *nëou *nei % 

cf. sk. nâ, lat. ne, got. ni, vsl. ne et ni, etc., etc. Cf. 2 am. 
Néannérez (V.), s. f., nageoire. V. sous neùi. 
Néat, adj., propre, pur. Empr. fr. diphtongue net. 
Nébeûd, adv., peu : pourrait, à la rigueur, en br., être composé de né et 

paot (cf. les variantes vocaliques kaouled et keûlé, daoust et deâst, 

diroestla et reâslla, pénaoz et neùz, etc.); mais le cymr., qui répond par 

nebawd, ne vocalise jamais / devant t. — Étym. inc. 
Nédélek, s. m., Noël, corn. Nadelic, cymr. Nadolyg, vir. Notlaic, ir. 

Nodlog, gael. Nollaig. Empr. lat. *Nâtàlicium. 
Nec'h, s. m., chagrin, cymr. nych « langueur» : exactement « suffocation», 

d'un celt *nek&o- t pour *pnekso' f métathèse pour */wes#-o-, de même 

dérivation que gr. ^vT^oç « suffocation » et ™îyu> « j'étouffe ». 
Neiz, s. m., nid, corn, neith (voc.) > neid, cymr. nyth> vir. nelt y etc. : d'un 



1. Le régulier ann aoz est devenu ann naox, par le procédé inverse de celui de 
1 aer, 1 aoz t etc. 

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210 NEIZER-NEUI 

celt. *nizdO'\ dont les équivalents sont sk. nïdà, lat. nïdus (pour *nixdu*) % 
ag. nest, al. nest> vsl. gnêzdo, lit. ludas, arménien nul « siège ». 

Neizer, adv., hier au soir, mbr. neyzor, corn, neihur et nehuer, cymr. 
neithiwyr % neithwyr et neithiicr id. : soit un composé celt. *nokti-gestro~ l % 
dont on trouvera les deux éléments sous ad? et déac'h. 

Némét, adv.. excepté (aussi nameit V.) : exactement « enlevé », ppe passé 
de la rac. qu'on trouvera dans la note sous lémel. Cf. nâm. 

Némeûr, adv., peu. V. sous néeX meûr. 

Néô, s. f., auge, mbr. néau, cymr. noe, vir. naua vaisseau » : d'un celt. 
*nau-> commun à presque toute la famille, sk. naû-s « vaisseau », gr. vaû-c, 
lat. nâo-i-8, visl. nô-r, al. dér. nachen « barque », etc. 

Nép, quiconque (aussi néb), corn, nep et neb, cymr. neb, vir. necA, ir. et 
gael. neach « quelqu'un » : soit un celt. *ne-qo- « n [importe] qui », com- 
posé de la négation et du radical des pronoms commençant par p-. 
V. sous *p-, et pour la formation et le sens cf. bennâk. 

Népréd, adv., jamais (au présent). V. sous néeipréd. 

Ners, s. f., force, corn, et cymr. nerth, vir. nert, ir. et gael. neart, gaul. 
*nerto- dans divers noms propres, et n. pr. Nertacus > cymr. nerthog 
« fort », vbr. nerth-i « tu fortifieras » : soit un celt. *ner-tâ « force », 
dont la rac. est NER, « mâle, fort, héros », sk. nàr et nâr-a « homme 
vigoureux », gr. à-vV.p, lat. Àer-ô n. pr. dér. d'origine sabine, ombrien 
accus, pi. ner-f « les principaux citoyens », etc. 

Nerven, s. f., nerf. Empr. fr. 

Nés, adj., adv., proche, près (superl. nésa < mbr, nessaff), corn, ne* et 
n€8sa y cymr. nés et netaf, vir. nessa et nessam, etc. : d'un celt. *ned-80~ 
et */ietf-«amo-, dér. de rac. NEDH « lier »', cf. sk. nâh-us « voisin », 
osque accus, sg. nesimum et ombrien advb. nesimei. V. sous nask. 

Nétra, rien (comme ag. nothing). V. sous n^et trâ. 

Neûd, s. m., fil, mbr. neut, corn, snod, cymr. nod-en et y-snod-en, vir. 
snâthe, ir. smtt/i, gael. sn<MA id. : d'un celt. *$wz-fo-, forme fléchie ou 
altérée du ppe passé de la rac. de néza. V. ce mot. 

Neûi, vb., nager (aussi neûûvi > neùfii, et nèannein V.), mbr. new^, cymr. 

1. Qu'on analyse en *ni-sd-ô- « [lieu] où on se repose », la rac. étant SBD 
et le préf. sk. ni = gr. èvl = lat. in. V. sous / en et azéza. 

2. « Hier de nuit», formation inverse du got. gi*tra-dag-is (ag. ytster-day) «le 
jour d'hier ». 

3. Aucun rapport des lors avec al. nah et ag. neœt. 



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NEUZ-NI 211 

nawf « natation », vir. snâm id. et snâ-im « je nage », ir. snâmhainet 
gael. snàmh id. : soit un celt. *snâ-ô, de rac. SNÂ, sk. snà-ti « 11 se 
baigne », gr. vdt-etv « couler » et v^-y-eiv « nager », lat. nà-re. 

Neûz, s. !., façon, forme, mbr. neuz (et *nao* dans 1 aoz et pénaoz, cf. 
nébeût), cymr. tiaw?/?, ir. nos et gael. ne* « coutume » : déviations diverses, 
soit d'un dér. de la rac. GNÔ « connaître » (sous anaf), soit d'un celt. 
*nom-so- à peu près identique au lat. num-eru-s et apparenté au gr. 
vV-o-< « loi »; deux dérivés distincts ont pu se confondre. 

Neûzé, adv., alors, ensuite, mbr. neuse id. : paraît abrégé de enn eur se « à 
cette heure » (eùr empr. fr., et cf. azé, se, zé). 

Névez, adj., nouveau, cymr. neicydd, vbr. nouuid, vir. nùe, gaul. novio- 
dans Novio-dunum* etc. : d'un celt. *noto-iâ-, dont les équivalents exacts 
sont sk. nâry-ya, gr. (ion) vei*5ç « *vej : -i'$-;), lat. n. pr. Nov-iu-s, got. 
niu-ji-s (ag. new, al. neu), lit nàu-ja-s id. ; un dér. plus simple est sk. 
nâv-a, gr. vep-o-ç > véoç, lat. nov-u-s 9 vsl. noo-# id.; le tout issu de 
la rac. et particule # m< « maintenant », allongée */ia, sk. nd et nw, gr. vu 
« or » et vu-v « maintenant », lat. amplifié nu-m et nu-nc, ags. nu > ag. 
/iok>, « maintenant, or », al. n«-n, vsl. ny-nè y etc. 

1 Néz, s. m., lentes (sg. nèzen), corn, nedhan, cymr. nedden(p\. nedd), 
vir. sned, ir sneagh, gael. «neadAid.: d'un celt. *snida (pour *sknida), 
cf. gr. xovtô-eç pi., ags. hnitu^> ag. wï, al. ms«. 

2 Néz, adj., variante de nés. V. ce mot. 

Néza, vb., filer, tordre, tresser, mbr. nezaff, corn, nedhe, cymr. nyddu, vir. 
sni~im « je tresse», gael. sniomh « filer »: soit un celt. *snë-yô « je 
file», dér. de rac. SNÊ, sk. snâ-ya-tiu il enveloppe» (douteux), snà-yu 
« ligament », etc., vhal. snuo-r > al. schnur «cordon »; plus répandue 
est la variante radicale NÉ, gr. vé-w et v^-6w « je file », vf r |xa « tissu », lat. 
nê-re « tiler », al. nâh-en « coudre». Cf. neûd et nadoz. 

Nézé, s. m., doloire, cf. mbr. eseff* « besaiguë », vbr. necftm « hache », 
cymr. nadd-u « hacher» et nedd-yf« hache », vir. snaid-i-m « je coupe » 
et snass « coup », ir. snaidhim et snoighim^ gael. snaidh « hacher » : 
soit un celt. *snad-ô «je coupe», sans équivalent sûr ailleurs'. 

Ni, nous, corn, ny, cymr. et ir. ni, etc. : d'un celt. *nës, contenant le même 
radical que sk. nas (accus.), gr. vw ^duel), lat. nos, vsl. n^fgén. nasii), etc. 



1. Avec chute de Vn comme dans 1 aer, etc. 

2. L'ai, schneiden est bien voisin, mais non identique. 



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212 NIKUN-NOUEN 

Nikon, aucun : singulier hybride, semble contaminé de Pempr. fr. aucun 
et de l'empr. espagnol ninguno avec mbr. negun = lat. nec unm. 

Nîch, nîj, s. m., vol des oiseaux (d'où nija « voler »), mbr. nigal (prononcer 
nijal), corn, nyge « voler » et nygethys « oiseau » : exactement « quitter 
le nid », dér. ancien du radical *nizdo-. V. sous neiz. 

Niûv, s. m., chagrin, mbr. niff, vir. snim « détresse » : semble un dér. très 
ancien de rac. SNÊ qu'on trouvera sous néza\ 

Niver, s. m., nombre, corn, niver et neoer, cymr. nifer, vbr. nimer. Empr. 
lat. numerus qui a dû être altéré en *numeru8. 
. 1 Nîz, s. m., neveu, mbr. ni « neveu » et niz* « nièce » : le msc. ni, corn 
noi (voc), cymr. nai, vbr. pi. mon, ir. niae, estl&celt. *neôt-, pour •nepôf-, 
sk. nâpàt-, « fils, petit-fils », gr. vércoS-e; « descendants », lat. nepôs, « petit- 
fils, neveu », lit. nep-otis id.; le fm. niz t corn, noith (voc), cymr. et 
vbr. nith, ir. necht, est le celt. *neptï t sk. napti, lat. neptis « nièce », 
lit. neptis, vhal. nift (aujourd'hui nichte), etc. Cf. ketiderf. 

2 Nîz, s. m., variante de / nèz. V. ce mot. 

Niza, vb., vanner, cymr. nith-io id. : dér. d'un celt. *nikto- « nettoyé », 
qu'accusent vir. necht « propre », sk. nik-tà « lavé » et gr. à-vwt-to-ç « non 
lavé » ; la rac. est NIGw, sk. né~nej~mi « je lave », gr. v(Çu>, vir. do-fo-nug 
id. et nig-ther « on lave », al. nixe « nymphe aquatique », etc. 

1 Noaz, s. m., tort, querelle. Empr. fr. noise. 

2 Noaz, adj., nu, corn, noeth, noyth et noth, cymr. noeth, vir. nocht, gael. 
nochd id. : d'un celt. *nokto- 1 ppe passé à peu près identique à got. 
naq-aths, ag. nafc-ed et al. nack-t, et dér. du même radical que sk. 
nag-nâ, lat. *nogv-edo-8 > nudus et vsl. nag-û. 

Nodi, vb., éclore (et nodein V. « mettre bas »), mbr. nodas « il produisit » : 

peut-être pour *en-odi, avec un préf . différent de ceux de di-oda et èc-odi. 

V. ces mots, mais cf. surtout inodein. 
Noed v s. m., gouttière. Empr. fr. ancien noeteL, dimin. de noe, « canal, 

chéneau, gouttière », mais avec changement de genre. 
Nouen, s. m., extrême-onction, mbr. ouenn, d'où avec l'article ann ouenn 

> an nouen*. Empr. lat. unguentum*. Mais cf. Ernault, R. Celt., XIX, 

p. 320. 

1. Signifierait donc « entortillement, embarras ». 

2. Remplacé aujourd'hui par un fm. pléonastique niz-ez. Cf. léanex. 
H. Cf. naoz, etc. : phénomène inverse de celui de / aer, etc. 

4. Ou unguendum gérondif; cf. méren, o/éren, 3 lenn, péden, etc. 



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J 



NOZ-OF 213 

Nos, s. f., nuit, corn, et cymr. nos, ir. in-nocht etgael. nochda cette nuit»: 
d'un celt. *nok-ti~i sk. nâkti, gr. vo£ (vuxx-6ç), lat. nox (noct-is), got. naht-8, 
ags. œaÀl > ag. night, al. nacht, lit. nak-ùs, vsl. noâlT, etc. 

Nozélen, s. f. t glande, bouton. Empr. bas-lat. nôdellus « petit nœud ». 



O, particule verbale, variante de oc' h devant consonne. 

Oabl, s. m., ciel, mbr. oabren et noabrenn (cf. koabr et naoz), corn. 

huibren « nuage » et eèron « ciel », cymr. gtoybr > œ^ôr (ou plutôt 

l'inverse, Ern.) : soit un brittonique *oepr, qui peut répondre au lat. 

aequor, « plaine, vaste étendue » ; cf. l'expression aequora caeli. 
Oad, s. m., âge, cymr. oed, mbr. et vbr. oet id. : d'un celt. *aiw'ito- t dér. 

du radical qui se retrouve dans sk. âyus, « vie, âge », gr. ♦alf-wv > alwv 

« siècle », «W et alév « toujours », lat. aeou-m, aetàs « *aio~itât-8), corn. 

Àtti» et o^s, cymr. oes et vir. 4es « celt. *aiw-estu-) « siècle », got. 

&&-*, « temps, siècle », al. euo-ig « éternel », etc. — Stokes. 
Oaled, s. f., foyer, corn, oilet (voc.) > olas, cymr. aelwydid. : soit un 

celt. *dgileitâ, dont la syllabe radicale paraît la même (à l'état allongé) 

que celle du sk. ag ni « feu », lat. ig-ni-s, vir. an, lit. ugnï-s, vsl. 

og-njï. (Ags. fle/ed « feu » serait dès lors empr. celt. ) 
Oan, s. m., agneau, corn, oin (voc), oan, on, cymr. oen, vir. dan, ir. et 

gael. uan id. : d'un celt. *og-no-, cf. gr, *à6-v6-ç > àfxvdç, lat. ag-nu-s, 

vsl. jagnÇy ags. vb. ëanian > ag. /o #ean « agneler ». 
Oaz, s. m., jalousie, zèle, cymr. airfd « ardeur», vir. aed « feu », gaul. 

n. pr. Aedu-î (« les ardents »?) : d'un celt. *aid-u-, rac. AIDH « brûler»; 

cf. sk. édha « combustible » et aidhà « flamme », gr. «îôoç « feu » et 

a?8a> « brûler », lat. aed-ës\ aes-tus, etc. — Stokes. 
Ober, vb., faire: identique au mbr., corn, et cymr. ober « œuvre ». Empr. 

lat opéra. (Pour la conjugaison, cf. gra et helluz.) 
Od, s. m., variante contractée de aod. V. ce mot. 
Odé, s. f., brèche, mbr. aode, cymr. adtoy, cf. vir. àth « gué ». — Étym. 

inc, sauf empr. possible du brittonique à l'irlandais. 
Of (V.), s. m., auge, mbr. nop « crèche » : variante de nèô. 

1. « Foyer », d'où « appartement, temple, maison ». 

2. Chute de l'initiale comme dans 1 aer. 



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214 OFÉREN-OUNÉZER 

Oféren, s. f., messe, mbr., corn, et cymr. offeren, ir. oifrend, gael. 

aifrionn. Empr. lat. qfferenda, « chose à offrir, offrande ». 
Oged, s. f., herse, corn, (ancien) ocet, cyrar. oyed y etc. : d'un celt. *ok-età, 

identique à ags. eg-ethe et à vhal. eg-ida > al. egg*> « herse » ; cf. lat. 

occa et occ-àre « herser », lit. ak-èti id. et ah-èles « herse », tous dérivés 

dont on trouvera sous èk la racine au moins probable. 
Oglen, s. f., saline. Empr. lat. oculus « œil » > *oclus, d'où vient aussi 

le dimin. fr. oeillet [de marais salants] ; métaphore. 
Oc'h, particule: variante atone de ouch, dans la formation des gérondifs ', 

et aussi dans la locution oc'h-penn, « de plus, en outre », exactement « en 

tète » ou « au bout » [de cela]. 
Oléou, s. f. pi., les saintes huiles \ cymr. olew et vbr. oleu « huile ». 

Empr. lat. savant oleum, prononcé oléum, ou olica. Cf. éôl. 
OU, tout icf. holl dont l'aspiration est illégitime), corn. hol y cymr. oll, vir. 

huile > uile, ir. et gael. uile : d'un celt. *olyo-, dont la rac. ne se 

retrouve qu'en germanique, got. al-l-s, ag. ail, al. ail. 
Or, s. m., bord, mbr. eur-yen, corn, urr-ian, « bord, limite », cymr. or, 

vbr. or-ion : soit un dér. d'une base celt. *5r- pour *ôr-, qui n'a aucun 

autre répondant que le lat. ôr-a f. « rivage ». 
Orbid, s. m., grimace, minauderie: peut-être « cécité > grimace provenant 

de la cécité », dér. d'empr. fr. ancien orb « aveugle » < lat. orbus, 

« privé de, infirme ». 
Orged, s. f., amourette, mbr. or guet. — Étym. inc. 
Ormel, s. m., ormeau (coquillage) : empr. fr. ormel dissimilé pour *ormer 

= lat. auris maris « oreille de mer » (à cause de sa forme) . 
Orsel, s. m., burette, fiole. Empr. fr. ancien orçuel> orseul*. 
Ouf (V.), s. m., coin, détour, golfe. Empr. fr. golfe > *gwolf > *wolf 

> *wouf> ouf (le dernier sens serait le primitif ). — Conj. 
Ouc'h, prép., variante de ouz. V. ce mot. 
Oujen (V.), s. m., entremetteur : abstrait d'empr. fr. ancien vochier > 

vougier, « appeler, sommer, dénoncer, assigner ». Cf. juben. 
Ounézer, s. m., crasse de la peau: semble altéré pour annexer (Le Pell.); 

1. Ainsi oc'h éoa signifie « vers boire, à boire », et par conséquent et en buvant », 
comme en lat. bibendô. 

2. La forme a fait prendre le mot pour on pluriel. 

3. Venu de lat. urceolus. Le Bas-Maine a encore orsoel Dn. 



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OUNN-PAK 215 

ce dernier serait dér. d'un type privatif de même sens et de môme for- 
mation que gr. oivnrcoç « non lavé ». Cf. 2 am~ et niza. 

Ounn, s. m., frêne (sg. ounnen), corn, onnen, cymr. onn, on et onen, ir. 
uin-seann, etc. : d'un celt. *onno-, pour.*o«-/io-, identique aulat. or-na-s 
et (à la longue radicale près) au russe j as-enï id. ; pour la syllabe radicale, 
cf. ag. ash, al. esche, lit. ùs-i-s. 

Donner, s. f., génisse (aussi annewer V.), nibr. annoer, cymr. anner, vbr. 
ender-ic « jeune taureau », vir. ainder « jeune fille » f : d'un celt. *and- 
ëra et *and-erà, cf. gr. àv8-T)p<*-<; « florissant » ou àô-opic « lascif ». 

Ouz, prép., vers, contre, corn, orth, vbr. gurt, cymr. gwrtk, vir./riïA-, 
fri et ri, ir. re, gael. ri, « vers, contre » : d'un celt. *u>r-ti, cf. lat. versus 
(pour *0or*-fo-s), ag. -war-d-s (towards, etc.) et al. -wâr-t-s « dans la 
direction de » (vorwârts « en avant », etc.). V. larac. sous gwerzid. 

Ozac'h, s. m., mari (aussi oac'hT., oec'h V.), mbr. ozech, vir. aitkech 
« maître de maison » : soit un celt. *otiko- % , pour *poti~ko~, celui-ci 
dér. de l'i.-e. *poti-, « chef, maître, époux », sk. pâti, gr. toW 3 , 
lat. potis « qui est à la tête de » (d'où pot-io-r « je dispose »), com-pos, 
im-pos, possum a je puis » < potis sum, etc. 



*P- : les pronoms relatifs et conjonctions, très nombreux, qui commencen 
par cette lettre, correspondent à ceux qui en latin commencent par qu- et 
en germanique par A«?-*. Cf. pa, 2 pé, pep, pet, piou, etc. 

Pa, quand, puisque, mbr. pan, cymr. pan, ir. can, etc. ; cf. lat. quan-dô, 
sk. ka-dâ, got. hwan, ag. when, al. wann a quand » et wenn « si » : 
radical celto-latin *qu-. V. sous *p-. 

Pâb, s. m., pape, mbr. pab. Empr. fr. 

Pabaonr, s. m., chardonneret: sobriquet, cf. pâbetaour r 

Pak, s. m., paquet : cf. ag. pack. — Étym. indécise*. 

1. Ponr le rapport de sens, cf. lat. juoencus = br. iaouarik. 

2. Le br. est inexplicablement altéré: on attendrait *odec'h. 

3. Et cf. gr. 8e<r-ic<$TY)ç « maître de maison ». 

4. Ces mots sont presque les seuls à p initial qui soient d'origine celtique : à raison 
de la chute celtique du p et de la rareté de l'initiale indo-européenne q % la plupart des 
mots de cette partie du dictionnaire viennent d'emprunt. 

5. Le radical pak- se retrouve identique en roman, celtique et germanique, et 
Ton ne peut savoir auquel de ces trois domaines il a originairement appartenu. 



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216 PÂD-PALTOK 

Pâd, s. m., durée : abstrait de padout, « durer, persister », cf. cymr. peidio, 

« céder, cesser ». Empr. lat. patï « souffrir »\ 
Padal, cependant: dér. de pâd < épâd « pendant » *. 
Paéa, vb., payer, mbr. paeqff. Empr. fr. payer. 
Paéroun, s. m., parrain. Empr. lat. ecclésiastique patrinus, influencé par 

patrônu8 en imitation de màtrôna. Cf. maèrounez. 
Pafala, vb., tâtonner, cymr. palfu etpalfalu id. : métathèse d'une dérivation 

de palf, contaminée sans doute d'empr. lat. palpàre. 

1 Pal, s. m., palet. Empr. fr. ancien pale on pal id. 

2 Pâl, s. f., pelle, bêche, corn, pal et cymr. pâl id., corn, pal-as et cymr. 
palu « fouir », vir. to-chl-ai-m « je fouis », etc. : soit un celt. *qalà 
« je creuse », cf. russe kolôtï, « fouir, fendre », et lat. (gaul. latinisé?) 
pàla > fr. pelle. Cf. Bas-Maine pal Dn, « pelle, vanne ». 

3 Pâl, s. f., vanne d'écluse : identique au précédent. 

Palaren, s. f , poêle à frire. Empr. fr. ancien paelle d'arain « poêle 
d'airain ». V. les deux termes sous pézel et aren. 

Palastr, s. m., emplâtre. Empr. fr. altéré (em)plastre. 

Palévars, s. m., quarteron, mbr. parefarth, etc. : abrégé àepecarefarz 
« quatrième partie », celui-ci avec mutation forte d'après pevar farz 
« quatre parties », cf. pévar et parz (Ern.); ou plutôt le premier terme 
équivalant au cymr. pedry- qu'on trouvera sous péran (Loth). 

Palf, s. m., paume de la main, mbr., cymr. et corn. palf Empr. lat. palma. 
Cf. pafala et ampafal. Le br. seul a changé le genre. 

Paliked, s. f., pelle à feu, mbr. palliquet : dér. de pal > 2 pâl. 

1 Palier, s. m., buffet. Empr. fr. altéré panier, au sens du lat. pdnàrium 
(endroit où l'on serre le pain). — Conj. — Cf. paner. 

2 Palier, s. m., galerie, corridor. Empr. fr. palier. 

Pallen, s. f., couverture, housse, cymr. pall « baldaquin ». Empr. lat. 

palla « robe », ou fr. ancien palle « dais »> fr. poêle. 
Palouer, s. m., brosse : soit avec dissimilation un fr. *paroir « objet 

destiné à parer, à nettoyer ». Empr. fr. probable, mais indécis*. 
Paltôk, s. m., surtout. Empr. fr. ancien paltoke > paletot. 

1. Pour le changement de sens, cf. le passage inverse en fr. du sens de« durer» 
à celui de « endurer ». Au sens de « cesser », il signifie « admettre [cessation] ». 

2. A l'instar du fr. « ce-pendant »; ou bien, avec aspiration finale disparue, pour 
une locution pa dalc'h « quand [cela] tient > incontinent ». V. sous pa et delc'her. 

3. Cf. encore fr. ancien palué « souillé », parouere « broussaille »(?); ou bien 
« objet destiné à enlever les pailles » ou « les menus brins pelucheuw ». 



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PALUC'HÀ-PAP 217 

Paluc'ha, vb., échalasser, paisseler [le lin]: pour *pac'hula. Empr. bas-lat. 

paxillàre, dér. de paxillus (> fr. paisseau). — Conj. Ern. 
Pan, s. m., pays : n'existe pas, mais seulement la locution peban « d'où », 

où pan pris au sens local est le môme que pan au sens temporel. V. sous 

pa, et cf. inversement lat. ubi « où > quand » '. 
Panen, adj., azyme : dér. de l'empr. lat. savant pdnis*, venu par la langue 

ecclésiastique et exclusivement appliqué au pain liturgique. 
Paner, s. f., panier. Empr. fr. Cf. / palier. 
Panévéd, prép., sans : dér. de la liaison pa n'efe [ma], exactement « quand 

[cela] n'était, si ce n'était, ne fût-ce ». 
Panez, s. m., panais. Empr. fr. 
Panvrek, adj., mûr : dér. d'un radical *pa/tor-, qui est, soit le lat. pômàrium 

> bas-lat. *pàmerio « verger » (cf. vbr. Pumurit> Panorit nom de 

lieu), soit le roman *mawr- procédant du lat. màturus. — Conj. Ern. 

(la première est de beaucoup la plus probable). 
Paô, s. m., patte, corn, et cymr. paw, « pied, sabot » : le mot le plus voisin 

est ag. paw; puis viennent provençal pauta, al. pfote et fr. patte ; le mot 

est répandu, mais l'origine inconnue. Empr. bas-lat. ou germanique. 
Paol, s. f., barre du gouvernail, timon : semble une simple variante depeûl, 

différenciée en forme et en genre. Cf. nébeùd et neàz. 
Paot, adj., abondant, corn, pals, gael. pailt (ce dernier dénoncé par son p 

comme empr. brittonique) : soit un celt. *qal-to-, ppe passé qu'on peut 

rattacher à la rac. du vir. cl-and > ir. et gael. clann, « famille, tribu, 

clan », vbr. plant « enfants », sk. kâl-a « race », etc. — Conj. Mcb. 
Paotr, s. m., garçon, valet, mbr. pautr. Empr. roman ou germanique; 

cf. fr. ancien pautr -aille « valetaille » et ag. paltr-y « vil ». 
Paouéza, vb., cesser (aussi poézeinV.), cymr. powyso, corn, powesy. Il 

est impossible de ne pas songer au lat. vulgaire pausàre « faire une 

pause », avec lequel on n'aperçoit pourtant aucun lien phonétique 8 . 
Paour, adj., pauvre (aussi peur V.). Empr. fr. ancien poore. 
Pap, papa, s. m., bouillie. Onomatopée enfantine (cf. ag. pap et al. pappe 

id.), qui remonte à un lat. vulgaire pappa. 

1. Cf. les locutions du type de moyen-cymrique py du pan-doit t « de quel côté 
viens-tu ? » etc.. que me signale à ce propos M. Lotta. 

2. Un emprunt populaire eût donné *peûn. 

3. Si Ton avait la moindre donnée qui permît de rapporter le gr. icaûco « je fais 
cesser » à une rac. commençant par q, le mot brittonique pourrait remonter à l'indo- 
européen. Bien entendu, lat. pausàre est dér. d'empr. gr. 



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218 PÂR-PÉDEN 

1 Par, s. m., observation, affût: abstrait d'une locution telle que [#re] 
paré y « prêt à tout événement, aux aguets » ; cf. paréa etparédi. Empr. fr. 

2 Par, adj., pareil, égal, cymr. par. Empr. lat. parem (accus.). 

3 Par, adj., mâle (d'où parez «femelle») : abstrait du vb. mbr. paraff, 
<( accoupler, faire la paire ». Empr. lat. par « couple ». 

Park, s. m., champ, corn, et cymr. parc, ir. paire, gael. paire. Empr. fr. 
parc ou ag. pàrk « enclos », suivant la langue emprunteuse. 

Pardaez, s. m., soir : écourté et altéré de abardaez* . 

Paréa, vb., guérir : dér. de paré « guéri ». Empr. fr. paré, « prêt, en bon 
état, dispos », ou comme qui dirait ré-paré. 

Parédi, vb., cuire : dér. de pared « cuit », cymr. parawd « apprêté », corn. 
parys et parez id., parmi/ « préparer ». Empr. lat. pardtus. 

Parz, s. m., partie (mot vieilli), Gjmt.parth. V. sous abarz. 

Pas, s. m., toux, mbr. et corn, pas, cymr. pas et pes-wch, ir. cas-achdack, 
gael. cas-ad > casd id. : soit un celt. *qa$-to-, ppe passé de rac. QÂS 
a tousser », cf. sk. kâts et kdsâ « toux », kûs-a-te « il tousse », lit. kô*-iu 
« je tousse», vhal. huo8-t-an^> al. husten « tousser », etc. 

Paska, vb., nourrir, cymr. pesgi. Empr. lat. pasc-ere. 

Pastel, s. f M tranche : originairement « de pain, de pâte », etc., dér. 
d'empr. fr. paste, d'où aussi pesiez s. m. « pâtisserie ». 

Patéled, s. m., bavette : dér. d'empr. fr. ancien pâte « chiffon »•. 

Paz, s. m., variante de pas. V. ce mot. 

1 Pé, ou bien, corn, po etpe, etc. : pour *be, exactement « soit», forme de 
subjonctif du vb. « être ». V. sous béza et bout, et cf. fr. soit. 

2 Pé, quel, qui, corn, py et pe, cymr. pa et py, vir. ca-, co-, etc. : d'un celt. 
*0O-, sk. kâ, gr. ™- (dans ™5-8i, it6-8«v, it^-te, etc.), lat, qui et qui-*, got. 
hwa-8, ag. tcho et al. we-r, lit. kàs, etc. V. sous *p-, et cf. piou. 

Pébez, quoi (quelle sorte, chose, etc.). V. sous 2 pé et péz. 

Pebr, s. m., poivre. Empr. lat. piper. 

Pék, s. m., poix (d'où péga « poisser»), corn, pêk, peyk etpêg, cymr. pyg. 

Empr. lat. pic-em (accusatif). Cf. kroug elpéoc'h. 
Péd, adv., variante de pet. V. ce mot. 
Péden, s. f., prière. Empr. lat. petenda. V. sous pidi et cf. nouen. 

1. V. ce mot: le b a été pris pour une mutation. 

2. Aujourd'hui encore pattes pi. a techniquement ce sens (Littre). 



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PÉDER-PENDÔK 219 

Péder, quatre (au fm. 1 ), corn, pedar, cymr. pedair, vir. ceiheoir id. (gael. 

ceithir sans distinction) : d'un celt. *qet-esr-es, sk. càt-asr-as, zd cataûrô 

« quatre» (au fm.). V. sous péoar, tri et teir. 
Pégeit, adv., combien. V. sous 2 pé et 1 keit. 
Pégémeùt, adv., combien. V. sous 2 pé et kémeM. 
Pégen, péger, adv., combien. V. sous 2pé, 1 ken et 4 ker. 
Pégouls, quand, à quel moment. V. sous 2 pé et 1 kouls. 
Pelbîz, s, m. , osselet à dévider : composé de 2 pell et btz*. 
Pelkâs, s. m., bris de navire. V. sous 2 pell et 3 kas*. 
Péléac'h, adv., où : composé de 2pé et léac'h. 
Peler, s. m., timon de charrue: dér. probable depaol ou peûl. 
Pélestr, s. m., cuvier: pour béol-lestr. V. ces mots. — Conj. 
Pelgent, s. m., messe de minuit, cymr. pilgeint > pylgain ou plygain 

« le point du jour ». Empr. bas-lat. *pulli-cantiô « chant du coq ». 
Pélia, vb., peler, plumer. Empr. fr., ou dér. de 1 pell. 

1 Pell, s. m., paille, baie*. Empr. lat. palea > *palia. 

2 Pell, adv., loin, corn, et cymr. pellid. : soit un celt. *qel-lo~, dér. d'un 
radical *?£/- > *qel- > *ql-, accusée par le gr. xf,X-e et (éol.) ir^X-ot 
« loin * et le lat. {pro-)cul t sans autre équivalent assuré. 

Pellen, s. f., balle à jouer, corn, et cymr. pel. Empr. lat. pïla. 

Pelleter, s. m., peaussier. Empr. fr. pelletier. 

Pelloe'h, adv., désormais : comparatif de 2 pell. 

Pemdéziek, adj., quotidien. V. sous bemdez. 

Pémô'ch, s. m., pourceau : pour penn-môc'h. V. ces mots. 

Pemp, cinq, corn, pymp, cymr. pump, vbr. pimp t gaul. *pempe dans irejiirl- 

oooXx <( quintefeuille », vir. côic, etc. : soit donc un celt. *qenqe = lal. 

quïnque, tous deux altérés pour i.-e. *péàqe, sk. pânca, gr. itivce, got. 

firnf(ags.fif> ag.^foe, al. funf) t lit. penkl, etc., etc. Cf. pibi. 
Pempiz, s. f., quintefeuille : dér. de pemp. V. ce mot. 
Pénaoz, adv., comment. V. sous 2 pé et neùz. 
Pendôk, s. m., chabot (poisson à grosse tête), mbr. pendoc, «têtu, nain, 

coquin » : écourté de pendolok. — Conj. Em. 

1. Le groupe celtique est, aven Le groupe asiatique (indo-eranien), le seul qui ait 
conserve la flexion féminine des nombres 3 et 4. 

2. Exactement « loindu doigt o: l'objet éloigne le ni des doigts afin de l'empêcher 
de les meurtrir. 

3. Objet « rejeté au loin » ou « de loin » à la côte . 

4. Aussi pel. Mais le sens subsidiaire, « écailles, duvet, écorce, peau », doit venir 
de contamination du fr. pel « peau ». 



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220 PENDOGI-PENVERS 

Pendôgi, vb., culbuter: dér. du précédent: et cf. pendolok*. 
Pendolok, s. m., têtard, cf. mbr. penndolein «étôter»\ etc. : les com- 
posants sont penn, et l'équivalent br. du cymr. tol-i « écourter » lequel 

répond à une forme hypothétique gallo-lak *tàliàre (> f r. tailler) . 
Penduen, s. f., roseau à tête noire : ) dér. de penn-du. 
Penduik, s. m., mésange : ) V. ces deux mots. 

Pengamm, s. m., torticolis. V. sous penn et 2 kamm. 
Pengap, s. m., garniture du bout du fléau: exactement «tête du bout». 

V. sous penn et kab, et cf. penvestr. 
Pengenn, s. m., sillon, arpent, mbr. penguen. — Étym. inc* 
Penglaou, s. m., mésange. V. sous penn, glaou et penduik. 
Pengoat, s. m., massue, mbr. pengot altéré par étymologie populaire 

(cf. koat) de penn-scod « tête de souche ». V. sous penn et skôd. — 'Ern. 
Penn, s. m., tête, pièce [de bétail], corn, et cymr. pen, gaul. *pennos dans 

newo-outv8o-<; et le nom des Alpes Penn-ines, vir. cenn<.cend, ir. etgael. 

ceann id. : d'un celt. *çe/mo-, sans équivalent sûr. 
Pennaoui, vb., glaner: dér. de penn, employé par ellipse pour penn-éd 

« tête de blé > épi de blé »* (on les glane un à un). 
Pennaska, vb., entraver. V. sous penn et nask*. 
Pêne, s. f., fesse. Empr. fr. altéré et nasalisé*. Cf. behdel. 
Pensac'h, s. m., abcès, tumeur, goitre: soit « poche en forme de tête » ou 

« poche unique ». V. sous penn, pennaoui et sac h. 
Pensao'hen, s. f., cervelas : dér. du précédent. 
Pensaouta, vb., courir çà et là 7 , extra vaguer. V. sous penn etsaout. 
Pensé, s. m., bris, naufrage : pourrait se rattacher au suivant. 
Pensel, s. m., pièce de rapiéçage : paraît dér. d'une forme nasalisée de péx. 

V. ce mot; mais cf. fr. (picard) r'pincheu « rapiéceur ». 
Penvers, adj., opiniâtre (on dit aussi kil-vers) : soit « tête à l'envers » 

composé de penn et d'empr. lat. versus « tourné » . 

1. Les têtards soot très frétillants et culbuteurs. 

2. « Étèté », d'où v tète sans corps » : les sens se concilient. 

3. Oo l'a rapporté au radical de daspun, soit « assemblage » (Ern.); en tout cas, 
Tir. cuing « joug » n'a rien à voir ici, si, comme il est probable, il vient du lat. conjutir 
gère (Mcb.). 

4. On sait que le mot penn a couramment le sens d'à unité ». 

5. « Attacher la tête cTun animal à l'un de ses pieds ». 

6. L '/* prit pour une mutation forte dans la liaison hé /e ris. 

7. A la façon d'une seule bête égarée du troupeau. 



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PENVESTR-PÉTOUN 221 

Penvestr, s. m., licou : substitué à kabestr par calembour, à cause de la 
synonymie de kab et depenn. V. ces trois mots. 

Péoc'h, s. m., paix, mbr. peuch. Empr. la t. pâx et cf. pok. 

Pep, chaque, tout, corn, pup > pob, cymr. pawb, vbr. paup, vir. câch, ir. 
et gael. gach id. : soit un celt. *qo-qe ou *qû-qe, à peu près formé comme 
le lat. quis-que, c'est-à-dire contenant, à la suite d'un pronom relatif 
et indéfini (cf. *p-) la particule i.-e. *qe, sk. ca, gr. te, lat. que, etc., qui 
insiste sur le sens indéfini. 

Pér, s. m., poire. Empr. lat. pira. 

Pérâk, pourquoi. V. sous 2 péei ràk\ 

Péran (V.), s. m., quart : syncopé par dissimilation de la forme complète 
que montre le cymr. pedry-ran id. V. sous pèt>ar s péder et rann, et 
cf. lat. quadri- et quadru- en composition. 

Pergen: adj., propre, pur; adv., expressément. — Étym. inc. 

PercTien, s. m., propriétaire, corn. perhen y cymr. perchen et perchenog, 
et cf. perchi « respecter » : dér. d'empr. lat. parc-ere « épargner », peut- 
être avec influence d'un bas-lat. *percentare « toucher le tant pour cent », 
et, pour le br., de l'empr. fr. aparchent « il appartient ». 

Pers, adj., bleu d'azur. Empr. fr. ancien pers. 

Person, s. m., curé. Empr. fr. ancien persone id. * 

Pervez, adj., avare, corn, perfeyth et cymr. perffaith « parfait ». Empr. lat. 
perfectus (parfait > bien avisé* > économe >> avare). 

Perz, s. f., part, côté. Empr. bas-lat. partis (de pars). Cf. parz. 

Pésavad, quoi (« plaît-il? »): analyser pè da mâdf « quoi pour [votre] 
bien? = qu'y a-t-ii pour votre service? » V. ces trois mots. 

Pésk, s. m., poisson, corn, pysc et pesc y cymr. pysg. Empr. lat. piscis. 

Pet, combien : soit un celt. *qeti- ou *qeto^ cf. zd caiti « combien », lat. 
quot, quotus, et *cottus dans cottï-diè « chaque jour », gr. ir<5<rco<;, irfoaoç, 
rcofroç, et sk. katithà « le quantième ». V. sous *p-. 

Pétiz, s. m., petit ver d'appât cf. fr. (normand) pestiche id. Empr. bas-lat. 
*pasticiu8 « appât », dér. depastus « pâture ». — Ern. 

Pétoun, s. m., palourde : soit un empr. fr. dialectal *pétonque (?), pour 
pétoncle < lat. pectunculus « petit peigne » (nom de ce coquillage). 

1. Mot à mot « quoi auparavant? » C'est la traduction en langue vulgaire de la 
formule : post hoc, ergo propter hoc. 

2. Bas-lat. persona signifie « homme de dignité ». Cf. ag. par son. 

3. Le Dict. Le Pell. donne encore ce sens pour le breton. 



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222 PÉTRA-PIBI 

Pétra, quoi. V. sous 2 pé et trâ (« quelle chose? »). 

Peûk, s. m., bourrade, corn, et ir. poc « coup», gael. pue «pousser». 

Empr. ag. ancien pukken > to poke, «frapper, pousser». 
Peûl, s. m., pieu, cymr. pawl. Empr. lat. palus. 
Peur, quand : analyser 2 pé et eùr « heure » empr. fr . 
Peur-, particule indiquant l'accomplissement total (peur-ôber « achever », 

etc.) : forme atone de pur au sens adverbial « purement, beaucoup, très », 

et ayant pris devant les verbes le sens du préf . lat. per- dans per-ficere, 

etc. Double empr. lat. (Sur û > eri, cf. leûri, etc.) 
Peûreu], s. m., palourde. Empr. bas- lat. *perolia, avec métathèse pour 

le vrai mot pelàrida, d'où vient le fr. palourde. 
Peûrgedged, adv., nommément, surtout : analyser en peûr~ket-kent « très 

tant premier », altéré par assimilation. — Ern. 
Peûri, vb., paître, mbr. peuriff, cymr. pori. Empr. bas-lat. pàburàre 

(Du Cange), corrompu de pàbulàre, qui est le vb. dér. de lat. pàbulum 

« pâturage ». — Conj. à peu près désespérée. 
Pévar, quatre (msc), corn. peswar 9 cymr. petguar> pedwar, vir. cethir. 

etc. : d'un celt. *qet-war-es, sk. catcâras, gr. xéaaapeç, etc., lat. quattuor, 

got.Jidwôr (ag. four et al. vier), lit. ketur-i, etc. Cf. péder. 
Péz, s. m., morceau, corn, et cymr. peth, gaul. *pet-tis\ vir. cuit, gael. 

cuid « part » : d'un celt. *qet-ti-, dér. du radical distributif *qet-, soit 

« quantième ». V. sous pet. — Conj. Mcb. 

1 Pézel, s. f., jatte. Empr. roman *padella, issu du lat. patella « écuelle» 
et aboutissant à fr. paelle. Cf. palaren. 

2 Pézel, adj., mou, blet : paraît altéré (Ern. s. v.) de mbr. mezel (cf. hvr) 
« lépreux > pourri > mou ». Empr. lat. misellus > Bas-Maine mézel Dn. 

Piaoua, vb., posséder: dér. de locutions telles que ouz piou, da piou, « à 
qui [cela appartient -il?] ». V. sous piou. 

Piben. s. f., tube, fistule, pustule, corn, pib « musette », cymr. pib 
« tuyau », vbr . pip-enn-ou «canaux ». Empr. bas-lat. pipa. 

Pibi, vb., cuire, cymr. pobi, corn, pobas, cf. corn, peber « boulanger »: 
soit un britt. *pep-ô « je cuis », pour celt. *qeq-ô (lat. coqu-ô et osque 
latinisé pop-ïna « taverne »), et celui-ci altéré par assimilation (cf. pemp) 
pour i.-e. *peq-ô, sk. pàe-a-ti « il cuit », gr. iî^-wv « mûr » et «sww 
« je cuis » (<* 1te 9-^ w )> M* kep-ù (métathèse) et vsl. pek-a* Cf. poca. 

1. Attesté parle bas-lat. (empr. gaul.) pet la, d'où sont issus fr. pièce et ital. 
peua. 



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PIBIT-PINFA 223 

Pibit, s* f., pépie. Empr. bas-lat *pipita < lat. pituïta. Cf. birc'houidik. 

1 Pîk, s. m., pic, pique. Empr. fr. 

2 Pîk, s. f., pie. Empr. lat. pïca. 

Pikol, adj., gigantesque, très grand. — Étym. inc. 1 

Pikouz, adj., chassieux, cf. pik « taie sur l'œil ». Empr. roman probable : 

l'analogue se retrouve en provençal (piquerno « chassie »). — Ern. 
Piden, s. f., membre viril, cymr. pidyn id. : dér. d'une souche romane *pit- 

qui rappelle l'ai, spiess « broche » et spitzti pointu ». 
Pigel, s. f., houe» pioche : dér. de 1 pik. 
Piger, s. m., ergot du seigle : id., à cause de sa forme pointue. 
Pigosa, vb., cogner, becqueter : contamination évidente de pilgosa(ct. 

pilgoz) et de l'empr. fr. picoter « becqueter », cf. / pîk. 
Pioher, s. m., petit pot. Empr. fr. ancien pichier id., du bas-lat. 

*biccàrium «vase à bec », cf. ag. pitcher étal, bêcher. Cf. bèk. 
Pioholou, s. m. pi., broussailles, menu bois: exactement « [choses] 

menues », pi. de pikol au sens étymologique. — Conj. 
Pil, s. m., guenille, cymr. pilyn « couverture », ir. pillin et gael. pillean 

« bât », ag. écossais pillions « chiffons » : dér. d'empr. lat. pelhs*. — Mcb. 
Pila, vb., piler, broyer. Empr. ir. piler. 
Pilgoz, s. m., billot : composé du suivant et d'un mot vieilli scoss qui a le 

sens de skôd. V. ces mots et cf. pengoat. 
Pill, s. m., tronçon de bois, cymr. pill, « tronc, fût». Empr. lat. pila 

« colonne» (avec doublement inexplicable), d'où aussi fr. pile. 
Pillik, s. f., poêlon, cf. cymr. pilig « cuve»: diminutif de l'empr. lat. pila 

« mortier ». Cf. le précédent et palaren. 
Pilpouz, s. m., fil ou laine d'effilochage : dissimilé pour pil plouz « guenille 

en brins ». V. ces mots. — Conj. 
PiiLa, vb., monter : dér. de mbr. (en) pign « en suspens » (cf. diribin), lui- 
même abstrait d'empr. lat. pend-ëre* « être suspendu ». 
Pinia, vb., orner, parer : abstrait d'empr. fr. altéré pimpant; cf. aussi 

pipeler, pipeloter, etc., <( parer, enjoliver ». 

1. V. sous bihan et of. ital. plccolo « petit ». Si, comme l'impliquerait picholou 
infra, le mot a signifié « tout petit », il a pu passer au sens de « très grand » par 
une plaisanterie ou une antiphrase qui remonterait aux temps lointains où l'adjectif 
se plaçait à volonté avant le substantif ; car c'est ainsi qu'il se construit constamment. 
Cf. le Gloss. Ern. p. 488. 

2. M. Meillet me signale fr. dialectal peillea « chiffons » comme très usité dans le 
Haut-Berry (Chateaumeillaut). 

3. PendeG est devenu *pendtô, d'où Vi et l'/i mouillé. 



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224 PINSIN PLAOUIA 

Pinsin, s. m., bénitier. Empr. fr. nasalisé piscine. 

Pint, s. m , pinson, cymr. pingc. Empr. ag. altéré spink, et cf. ag. Jinch 
et al. Jink, dont le prototype germanique a aussi passé au roman, bas-lat. 
pinthioy ital. pincione, fr. pinson. 

Pinvidik, adj., riche : métathèse (sous l'influence de pinvizic*) pour *pin- 
divik = corn, pendeuig et cymr. pendefig, (( prince, grand personnage», 
d'un celt. *qenno-tamïkO' « tout à fait principal », dér. de *qenno-tamo-, 
qui est superlatif de *qenno- t . V. sous penn et cf. intaAo. 

Piou, qui, corn, pyw, pour *pwi = cymr. pwy = vbr. />eu = vir. ce 

> cm id. : d'un celt. *^ei, qui répond au lat. qui. V. sous*/)-. 
Pirc'hirin, s. m., pèlerin, corn, pirgirin (voc.) > pryerin « étranger», 

cymr. pererin. Empr. lat. peregnnus avec métathèse. 
Pi8mik, adj., qui fait la petite bouche, délicat, dégoûté : exactement 

« petite miette », sobriquet. V. sous 2 pîz et empr. lat. mica. 
Pistik, s. m., point de côté : semble une formation hybride mal définie; 

cf. fr. ancien pis « poitrine », et al. stich, « point, piqûre ». 
Pistri, s. m., empoisonnement, corn, pystyc etpystry « magie », et cf. ir. 

piseôg id. : dér. d'empr. lat. pyxis « boîte [pharmaceutique] ». 
Pitou), adj., friand. Empr. fr. ancien pitoulz « piteux » \ 

1 Pîz, s. m., pois (aussi péz), corn, pês, cymr. pys. Empr. lat. pisum. 

2 Pîz, avare (aussi pic'h V.) : soit donc un radical *pitt-. qui paraît être le 
même que celui du fr. pei-it d'étymologie inconnue ( « petit > mesquin 

> chiche > avare ») ; apparenté peut-être à péz ou bihan. 
Plâd : adj., plat; s. m., plat. Empr. fr. 

Plac'h, s. f., fille, servante, cf. ir et gael. caile id. : soit *pai-ac , A, qui 
semble empr. gr. byzantin iraXXaxT; ou lat. pellex « concubine ». 

Planken, s. f., planche. Empr. fr. (normand) planque. 

Plaù8on, s. m., tresse, cf. rabr. planczonenna a natter les cheveux », dér. 
de planczonenn « plant »*. Empr. fr. plançon. 

Plaouia, vb., attaquer, blesser, mbr. plaouhyet, « très malade », cymr. 

1. Ce mot (pinuik V.) correspondrait à un oymr. *pcnn-oeddic « possédant en 
chef », composé de penn « tête » et meddu « posséder ». — Loth. 

2. Comme l&t. Jîni-tumu-s « limitrophe », de finis, etc. 

3. Par la filière sémantique « compatissant — sensible — délicat — friand ». On 
observera que l'ital. pletanta « charité » a abouti de même, par une filière différente, 
au fr. pitance. 

4. Par métaphore entre les nœuds d'une tresse et ceux d'une plante grimpante. 
— Conj. Ern. 



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PLARIK-POBER 225 

plau « tourmenter » : dér. de cymr. pla « fléau », corn, pla « peste ». 

Empr. lat. plàga > *plâga 9 « plaie, fléau ». 
Plarik (V.), adv., tout doucement : pour *plan-ik y diminutif du radical 

*plan- emprunté au roman ; cf. lat. pldnus a aplani », ag. plain « simple » 

et ital. piano « lentement ». — Conj. très hasardée. 
Plék, s. m., pli, tendance, corn, pleg : abstrait de plèga < mbr. plegaff 

« plier », cymr. plygu. Empr. lat. plicâre. 
Pléd, s. m., attention. Empr. fr. ancien plaid « action en justice », pris au 

sens de la locution tenir plaid de « tenir compte de ». 
Pleûstra, vb., s'accoutumer, hanter : proprement « habituer [la bête de trait] 

au chariot ». Empr. bas- lat. *plostrâre (dér. de lat. plaustrum). 
Plijout, vb., plaire : formé sur un radical empr. fr. *plez-, abstrait de 

plaisir, plaisant et de la conjugaison du vb. plaire. 
Ploué, s. m., campagne, village : autrefois, et dans les noms de lieux 

(Plou-), « paroisse, communauté d'habitants », corn. plui>plu > plew, 

cymr. plwgf^> plicy, vbr. pluio. Empr. lat. plèbes. 
Ploum, s. m., plomb, corn, plom, cymr. plie m. Empr. lat. plumbum. 
Plouz, s. m., fétu. Empr. fr. ancien pelous « velu ». 
Plû, s. m., plume, mbr. pluff et pluoenn, corn, pliv, cymr. pluf> plu. 

Empr. lat. pluma. 
Pluia, vb., plonger : pour plouma*, qui existe aussi, et qui est dér. de ploum 

comme lat. *plumbicare ( > fr. plonger) de plumbum ; ou simplement 

pour *plunia qui serait empr. fr. plonger. 
Plusk, s. m., cosse, pelure, cymr. pi. plisg, ir. plaosg id. : très ancien- 
nement altéré (p pour 6), comme l'indiquent cymr. blisg et gael. blaosg, 

d'un celt. *bloi-sko- qui parait se rattacher au même radical que gr. 

«pXoi-6-; « cosse », etc. (sous bléô). Cf. fr. ancien et dialectal (venu du 

celte?) pluskier « épelucher » (God.), espelucher id. (Hatzf.). 
Plustren, s. f., signe sur la peau : soit exactement « hantise, objet qui 

s'attache », à rattacher à la dérivation de pleûstra. Cf. peur-, etc. 
Poan, s. f., peine, douleur, travail, corn, et cymr. poen. Empr. bas-lat. 

pèna (> fr. peine) < lat. poena « châtiment », empr. gr. itotv^. 
Poaz, adj., cuit, cymr. poeth « chaud » : d'un celt. *çoy-^o-, sk. pak-tâ, 

gr. iteir-xtf-ç, lat. coc'tu-s, etc., ppe passé de la rac. de pïbi. 
Pober (V.), s. m., boulanger. V. sous poaz et pibi. 

1. Cf. plu. La « plume » substituée au « plomb » (les deux opposés) par une sorte 
d'allitération facétieuse. 

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226 POBL-POTAL 

Pobl, s. f., peuple, corn, pobel (voc.) > pobyl, cymr. pobl, vir. popul, 
gael. pobull. Empr. lat. pôpulus > bas-lat. poplus, changé de genre. 

Pok, s. m., baiser, cymr. poc, vir. pàc, ir. pôg, gael. pbg etpàg id. Empr. 
lat. très ancien pâcem* (accus.). Cf. pdoc'h, kroug et kroaz. 

Pôd, s. m., pot. Empr. fr. (abstrait du lat. pôtdre). 

Poell, s. m., prudence, raison, corn. *pull [gor-bull-oc « fou »), cymr. 
pwyll, vir. ciall, gael. cta// « intelligence » : d'un celt. *qeislû J dér. de 
rac. QI >> QIT « comprendre », sk. cèt-a-ti « il connaît », cit-tà 
« pensée », ket-u « signe de reconnaissance» = got. hàid-u-s, « manière, 
espèce » (ag. -hood et al. -heit devenus simples suff.), etc. 

Poéz, s. m., poids, corn. poes, poys et pds, cymr. pwys. Empr. lat. pen- 
sum « pesé » > lat. populaire pësum « poids » (d'où aussi fr. poi(d)s). 

Poc'han, s. m., plongeon (oiseau), plongeur. Empr. ags. pohha « poche» 
(surnom dû à la forme spécifique du bec). — Conj. 

Polos, s. m., prune sauvage : pour bolos, qui existe aussi, cymr. bwlas, etc. • 
dér. d'empr. lat. huila « boule ». Cf. boulas, 

Ponner, adj., lourd. Empr. lat. ponderis (gén.) « de poids ». 

Poùsin, s. m., poulet. Empr. fr. nasalisé poussin. Cf. ronsé. 

Poùt, s. m., pont, corn. pons % cymr. pont. Empr. lat. ponlem. 

Pora) (C), s. m., tique : dér. du radical *podr- % . Cf. pore. 

Porbolen, s. f., ampoule, mbr. pi. porfolennou, cf. mbr. bulbuenn « pus- 
tule », fr. bourbillon [d'une pustule], sk. budbuda « bulle », etc. : ces 
semi- onomatopées sont irréductibles entre elles. 

Pore, s. m., maladie subite et dangereuse : exactement « infectieuse », corn. 
podreth « gangrène », cymr. pydredd « pourriture » dér. 'de pwdr 
« pourri », soit donc br. *pozr-e : le tout dér. d'empr. lat. putris. 

PorcTiel, s. m., pourceau, cymr. porchell et parchelL Empr. lat. porcelhu. 

1 Pors, s. m., porte, cour, corn, et cymr. porth id. Empr. lat. porta 1 . 

2 Pors, s. m., port, corn, et cymr. porth. Empr. lat. portus. 
Post, s. m., poteau, pilier, corn, et cymr. id. Empr. lat. postis. 

Potal, s. f., serrure, entrave : se rattache, dans le dernier sens, à la souche 
du fr. poteau, dér. du lat. postis. Empr. fr. probable, et cf. post. 

1 . Venu, par le latin ecclésiastique, de l'expression dare pdcem « donner fie baiser 
de] paix ». L'iro- gaélique est empr. brittonique. 

2. Insecte dont la piqûre peut causer la gangrène. 

3. Le second sens (espace découvert qui se trouve entre la porte charretière et la 
maison) se déduit sans difficulté du premier: cf. russe doerï « porte » et dcorû « cour s. 



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POTÉÔ-PRENN 227 

Potéô, s. m., aiguière. Empr. fr. pot d'eau ou pot d'ève. 

Pouch, s. m., poulain. Empr. fr. altéré poul(i)che. 

Poucli, adj., sale, vilain : semble abstrait de quelque onomatopée récente 

de mépris ou de dégoût; cf. fr. peuh / et pouah! 
Potdc'hen, s. f., mèche, mbr. pourchen îd. : à rapprocher avec doute de 

gael. et ir. cuilc « roseau », d'origine obscure. — Conj. Ern. 
Pooll, s. m., fosse, étang, corn, pol « puits », cymr. pwll « mare », vir., 

ir. et gael. poil. Empr. ags. probable pôl > ag. pool id. 
Poulout, s. m., pelote, grumeau. Empr. fr. altéré pelote*. 
Poultr, s. m., poussière. Empr. fr. ancien pouldre. 
Pounner, adj., variante de ponner. V. ce mot et cf. le suivant. 
Pour, s. m., poireau. Empr. lat. porrum ou fr. patois pour. 
Pourc'ha, vb., vêtir, cf. ir. cuilce « toile » : paraît se rattacher vaguement 

à la même dérivation que poulc'hen. — Étym. inc. 
Pràd, s. m., pré, corn. pras. Empr. lat. tardif prâtum. 
Pratel, s. f., tonnelle. Empr. lat. très tardif pratellumK 

1 Préd, s. m., temps, heure, mbr. prêt, corn, prit (voc.) > prys, cymr. 
pryd id. : d'un celt. *qrit-u- « fois », cf. sk sa-kft « une fois » et -kfitc-as 
pi. « fois », osque petiro-pert « quatre fois », lit. kar-ta-s et vsl. krat-û 
« fois », qui se rattache à rac. QERT « couper, diviser » (sk. krnt-â-ti, etc.). 

2 Préd, s. m., repas : proprement « [heure du] repas », écourté de préd 
boèd ou autre locution par suppression du déterminant 3 . 

Préder, s. m., souci, occupation, cymr. pryder « soin », corn, priderys 
« soucieux », vbr. pritiri « hésitation » et preteram t< je me soucie» : 
dér. de la forme primitive de / préd (ce qui fait perdre le temps). 

Preiz, s. m., proie, cymr. praidd. Empr. lat. praeda. 

Préna, vb., acheter, corn, prenne et perna, cymr. prynu, vbr. prinit 
« acheté », vir. cren-i-m « j'achète » (ir. et gael. creic id.) : soit un 
radical celt. *qri-nà- « acheter », sk. krî-nà-ti « il achète », gr. it£p-vT)-jju 
« je trafique » et irp(a-[*ai « j'achète», lit. per-k-ù id., russe krï-nuti. 

Prénest, s. m., fenêtre : dissimilé pour mbr. prenestr, lequel est altéré de 
mbr. penestr < fenestr. Empr. It.fenestre et cf. prenna*. 

Prenn, 8. m., bois en œuvre, corn. pren y cymr. pren % vir., ir. et gael. 

1. Vou pour o est régulier (cf. mouden, etc.) et la première voyelle s'est assimilée 
à la seconde (cf. lagad, muntid, bat un, etc.). 

2. Cf. roman pradello > prov. pradelet fr. préau. 

3. Cf. A. Darmesteter, la Vie des Mots, p. 57. 

4. Le p pour /comme dans/>e/i*. Puis une fenêtre est un objet qu'on ferme. 



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228 PRENNAPUZÉ 

crann « arbre » : d'un celt *qrenno-, qui rappelle gr. *p<*vov et lat. cornus 

« cornouiller » (bois très dur), lit. kér-a-s « tronc dépouillé », etc. ; cf. aussi 

lat. quer-nu-s « de chêne ». — Rien de satisfaisant. 
Prenna, vb., fermer (par une barre de bois). Cf. prenn. 
Préùv, prév, préoù, s. m. , ver, corn, et cymr. pryf, vit. cruim, gael. 

cruimh id. : d'un celt. *qrimi- < i.-e. *qrmi-, sk. kfmi % lit. kirmi-s, et 

cf. lat. vermÎ8 (<*qvermi-?), mais sans rapport avec ag. worm. 
Prézek, s. m., parole, discours, sermon : abstrait de mbr. prexec, « prêcher, 

parler », cf. ir. pritchaim. Empr. lat. praedicàre. 
Prî, s. m., argile, corn, pry, cymr. pridd, vir. cré (gén. criad), gael. crè id.: 

d'un celt. *qrë-yâ, sûrement apparenté à lat. crë-ta, « marne, craie », 
• mais sans aucun autre équivalent connu. 
Pried, s. m. f., époux, épouse, corn, priot (voc.) > pries, cymr. priodii. 

Empr. lat. prîvâtus « qui appartient en propre à ». 
Prim, adj., trop petit, avare, prompt, cf. cymr. prin « rare » : paraissent 

deux dérivations légèrement différentes, ayant eu primitivement le sens 

de « cher », de la rac. à voyelle longue signifiant « acheter » qu'on 

trouvera abrégée sous préna. Cf. aussi cymr. prid « précieux ». 
Priz, s. m., prix, valeur. Empr. fr. ancien pris. 
Prof, s. m., offrande, présent de noce (T.) : abstrait d'empr. fr. ancien pro- 

frer « offrir ». — Loth. 
Pudask, s. m., putois: suppose un vb. perdu *puda « puer ». Dér. d'empr. 

lat. patëre, et cf. le nom français. 
Pucha, vb., s'accroupir : proprement « se faire petit », dér. d'un mot perdu 

qui est à peu près identique au cymr. pwt « petit ». Dér. d'empr. lat. pittus 

« petit » contaminé de putidus « affecté ». — Conj. 
Pu), adj., abondant, mbr. puill id. : abstrait de mbr. puilla > pula, « se 

multiplier, abonder ». Empr. fr. altéré pulluler. — Conj. 
PufLez, s. m., abcès, furoncle. Empr. fr. ancien pugnès, « punais, fétide». 
Pons, s. m., puits. Empr. fr. nasalisé. Cf. beûdeV. 
Pur, adj., pur, propre, corn, par, « très, tout à fait » (cf. br. peur-), cymr. 

pur, « pur, sincère ». Empr. lat. parus. 
Pût, adj., acre, sauvage. Empr. fr. ancien put id. 
Puzé, s. m., chien courant: pour *buzé, cf. cymr. bytheuad id. Empr. ags. 

bicce > ag. bitch « chienne ». — Conj. 

1. Cymr. pydeto est lat. puteus sans altération. 



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RA-RANKLEZ 229 



Ra, particule marquant le subjonctif; cf. cymr. ri- > rhy-, vbr. ro-> ru-, 
gaul. ro-, vir. ro->ru-, ir. roet gael. ro a très », particules intensives en 
composition et conjugaison : d'un celt. *ro pour *pro « avant », sk. prà, 
gr. icpo, lat. prô-, got. fra- (ag. fore, al. vor), lit. pra-, vsl. pro-, etc. 
Cf. 7 rai, lequel équivaut peut-être à un adj. dér. *pro-ko-. 

*Ra-, particule verbale, tombée comme telle en désuétude, mais encore 
reconnaissable dans quelques dérivations, telles que ramps, rehkout, 
réoerzi, ros, diréza, etc. : identique au précédent. 

Rabin, s. m., avenue. Empr. fr. ancien rabine « ravin », etc. 

IRak, prép., devant, avant, cymr. rhag % corn, et vbr. rac id. : d'un celt. 
*rak pour *prak (dér. de *pro, cf. ra), qu'on peut rapprocher approxi- 
mativement de sk. pràk « en avant », gr. irp<5*-a « aussitôt », etc. 

2 Rak, car : écourté de rak ma « parce que », où rak est identique au 
précédent. V. sous 5 ma et, pour le sens, cf. pérak. 

Raktal, adv., de front > aussitôt. V. sous 1 rak et tâl. 

Raden, s. m., fougère, mbr. radenn, corn, reden, cymr. rhedyn, gaul. 
ratis, ir. raith, ir. et gael. raith-neach > raineach id. : dér, d'un celt. 
*ra#-, pour *prati-, cf. lit. papàrtis, russe paporotï, dont le radical se 
retrouve dans sk. par-iyà « feuille », ag. fern et al. farn-kraut a fougère ». 

Raé, s. m., raie (poisson). Empr. fr. 

Ragéost, s. m., automne. V. sous 1 rak « devant » 1 et éost. 

Rambré, s. m., rêverie, radotage : contamination possible de ambren et 
randon. V. ces mots, mais cf. ag. to r amble « errer ». — Conj. 

Rampa, vb., glisser, mbr. rampaff. Empr. fr. ramper. 

Ramps, s. m., géant, cf. ir. roimse « perche » : parait contenir le préf. ro- 
devant le radical de Tir. mess « mesure * » > gael. meas « opinion », soit 
« grande taille ». V. sous *ra-, et cf. rems, mâd, amzer. 

Ran, s. f., grenouille. Empr. lat. ràna > bas-lat. râna*. 

RaÀklez, adj., insatiable : dér. secondaire par rapport à cymr. rhangcol 
« très désireux », de rhangc « appétit ». — Étym. inc. 

1. Le sens peut être pris à la lettre : au mois à'août on a l'automne devant soi. 

2. La rac. bien connue MED « mesurer » (lat. mod-ius « boisseau », got. mit-an, 
ag. to mete, al. mess-en, etc.) n'a pas laissé de descendant direct en breton. 

3. D'où aussi fr. raine (rue Cûantera/w) et rainette. 



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230 RANDON-RAVENT 

Raùdon, s. m , rêverie, radotage. Empr. fr. ancien à randon, « à la hâte, 

au hasard », d'où aussi ag. ai random. 
Raàjen, s. f.. rêne (aussi rehjen). Empr. bas-lat. *retina(> fr. rêne), qui 
eût donné br. *reden ou *rezen, contaminé du vb. fr. ranger [à l'obéis- 
sance] ou arranger [le harnais]. - Conj. très hasardée. 
Rann, s. m., partie, corn, ran > radn, cymr. rhann, vbr. pi. rannou 
« parties » et rannam « je partage », vir. rann et rannaim, ir. et gael. 
rann, etc. : d'un celt. *ranna^ pour *pr-annâ, dér. de la rac. PERA 
« distribuer », que supposent gr. 7rop-eïv « fournir », Tcé-7tpu>-xai « il est 
assigné », et lat. pars (pour *par-ti-s, cf. par-ti-m adv.), por-ti-ô* etc. 
Ranvel, s. f., seran à égrener le lin. V. sous rimia. 
Raô, s. m., cordage en chaîne de fer (pour attelage), mbr. rou et raou, 
cymr. rhaw « chaîne »: rappelle d'un peu loin ag. rope « corde ». Empr. 
ags. ràp id., altéré par une influence inconnue? 
Raoskl, s. m., canne : dér. de raoz au moyen d'un sufï. assez rare. 
Raouen, s. f., empan, mbr. ronhenn, cymr. rhychwant id.: soit un celt. 
*rokk-inâ, pour *rog-n-inâ, dérivation assez compliquée et diversement 
altérée de rac. REG qu'on trouvera sous rén et reiz\ 
Raouia, raoula, vb., enrouer, s'enrouer, cf. le ppe raouet « enroué » : res- 
pectivement dér. et altéré d'empr. bas-lat. râvus (lat. ràvus id.). 
Raoulin, s. m., linteau, mbr. raulhin id. : dissimilé pour *raourin <i*ra- 

gourrin, soit le mot gourin v linteau » précédé du préf. *ra-- — Ern.* 
Raoz, s. m., roseau: semble, comme fr. roseau, un empr. germanique 

très ancien; cf. got. râus « roseau » (al. rohr « tuyau »). 
Raskl (T.), s. m., tiroir. Empr. fr. (objet qui racle). Cf. araskl. 
Ra8tel, s. f., râteau. Empr.fr. ancien rastel. 

Rât, s. f., pensée, dessein, cf. vir. raithu il remarqua », etc. : d'un celt 
*rat-â, dont on rapproche lat. inter-pret-*, got j rat h- j an <f comprendre» 
eXfrôth-s « sage », lit. su-prant-ù « je remarque », etc. 
Ratouz, adj., ras, tondu: contamination de 4 râzeX totiz. Cf. torgammed. 
Ratoz, s. f., surtout dans a-ratoz « à dessein » : dér. de rât. 
Raveùt, s. m., sentier : soit *rac-heàt « chemin en cordon » (qui se tord, 
sinueux). V. sous raô et hefit. — Conj. (cf. gwénôden). 

1. Comme gr. tfpYuia « brasse » paraît se rattacher à àpiftù « tendre », et cf. fr. 
toise < lat. populaire tësa ppe de tendere. 

2. Ou contamiuatiou de 'raok-hin « limite d'avaut » (cf. / rak et araok) par *rollr 
hin » rouleau-limite »? 

3. « Qui sert d'intermédiaire pour la compréhension ». 



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RAVESKEN-RÉGI 231 

Ravesken (C), s. f., synonyme de haûvesken (V. ce mot) : soit donc *ra- 
Iiafio-hesk- « stérile depuis plus d'une année ». — Ern. 

1 R&z, s. m., rat. Empr. bas-lat. rattus. 

2 RAz, s. m., chaux. Empr. lat. rosis « poix crue ». — Douteux. 
3Râz, s. m., détroit, courant en contre-marée: identique au suivant, au 

sens de « rasure, râclement des contre-courants ». — Conj. Ern. 
4 RAz, adj., ras, plat, uni (aussi ràc'hV.) : abstrait de mbr. razqffirahein 
V.) = cymr. rhaih-u, « gratter, racler », le tout se ramenant à un celto- 
lat. *raz-dô « je racle », d'où procède aussi lat. râdô, sans autre équi- 
valent sûr. V. un dér. secondaire sous rozel. 

1 Ré, dans ar ré « ceux», oa ré « les miens », etc., cf. cymr. rhai et rhyw 
« quelques-uns »•" d'origine obscure et compliquée de contamination. 

2 Ré, s. m., paire : identique au précédent 1 . 

3 Ré, trop: variante de ra pris au sens intensif. V. ce mot. 

Real, s. m., cinq sous. Empr. espagnol real. 

Rébeoh, s. m., reproche, remords. Empr. fr. ancien rebecher « reprocher » 

< rebrecher < lat. rubricàre « marquer [une faute] à l'encre rouge ». 
Rébet, s. m., violon. Empr. fr. ancien altéré rebec. 

1 Réd, s. m., cours, course, flux, cymr. rhed « course » et rhed-u < courir », 
vir. reth-i-m « je cours », ir. riothaim et gael. ruith id. : d'un celt. *ret-ù 
« je cours », lit. rit-à « je roule », et cf. la rac. RET fléchie sous rôd. 

2 Réd: adj., nécessaire; s. m., nécessité; corn, reys et rès, cymr. rhaid 
id. : d'un celt. *ra-tyo-, qu'on peut ramener à rac. AR, « ajuster, 
mettre en ordre », ppe sk. r-tà « ordre immuable » et r-tà « saison », gr. 
àp-<xp-fac-(!> « j'ajuste », lat. ar-tu-s « articulation », etc. 

Réga, vb., fouir, tracer de petits sillons: dér. de mbr. et vbr. rec « sillon », 
cymr. rhych et vir. -rech id., d'un celt. # ri/co-*et # n'A/ro-, qui lui-même 
se ramène à un i.-e. *prko-, lat. porca « le rehaut entre deux sillons », 
ags. furk > ag. furrow, et al. y arche « sillon ». 

Régez, s. m., braise, corn, regihten, cymr. rhysod, vir. richis id. L'extrême 
dissemblance de ces formes ne permet pas de les ramener à l'unité. 

Régi, vb., déchirer: variante probable de réga « sillonner ». 

1. Ré est pris pour marque de pluriel, en sorte que la locution eur ré indique que 
l'objet est à la fois unité et pluralité. Au surplus, le cymr. rhyw est un substantif qui 
signifie proprement « espèoe ». 

2. Ou féminine, soit gaulois latinisé *rica, d'où viennent ital. riga « ligne », fr. 
raie et rigole, etc. 



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232 RÉC'H-RÉOR 

Récli, s. f., chagrin: soit originairement « déchirement »; se ramène à 
*rikkâ, « sillon, déchirure ». V. sous réga et régi. — Ern. 

Rei, vb., donner, mbr. reiff, corn, met ry, cymr. rhoi, et cf. vir. rath 
« grâce » (cymr. rhâd) et é-ra « refus » : rac. i.-e. RÊi, sk. rà-ti « il 
donne », ra-tâ « donné », rOi et rà « richesse », lat. rë-s « chose ». 

Reiz, s. f ., ordre, loi, raison (aussi reih V.), mbr. reiz « juste », cymr. 
rhaith % vbr. reith, vir. recht, ir. et gael. reachd « loi » : d'un celt. 
*rekiu-i à peu près identique à lat. rec-tu-8, got. raih-t-s, ag. ri#A-tf et 
al. rech-ty tous issus de rac. REG « diriger » ; sk. raj-â-ti « il s'étend » 
et rj-d « droit », gr. ô-p^-w « je tends », lat. reg-ere, vir. rig-i-m, got. 
-rak'jan et al. recfc-en « étendre », etc., etc. Cf. encore rén et raouen. 

Remm, s. m., rhumatisme. Empr. fr. ancien reume. 

Rems, s. m., durée, cf. vir. rémes > ir. reimheas, lequel s'analyse ré 
€ temps » et mess « mesure » (tous deux perdus en br.) : le premier est 
un doublet de vir. roe « espace », qu'on rattache à la même origine que 
lat. rus « campagne », ag. room et al. raum « espace » (cf. ir. et gael. 
raon « champ ») ; on trouvera le second sous rampa. 

Rén, s. m., conduite, mbr. ren « conduire », cf. vir. ren « empan » : soit 
celt. *rég-no~ « rection », dér. de rac. REG. V. sous reiz et raouen. 

Reàk, s. f., rang, ordre, cymr. rhencg. Empr. fr. ancien reng. 

Renkout, vb., devoir: identique au cymr. rhyng-u « s'interposer », dér. 
de rhwng « entre »; ou bien au vb. vir. ricc-i-m « je manque », qu'on 
explique par préf. *ro- (sous *ra-) et rac. ENEK du sk. àn-ârriç-a « j'ai 
atteint », gr. iv-c^-eTv, etc. ' ; ou enfin cymr. rhangc (sous ranklez). 

Rendael, s. f., dispute: tiré de l'expression mbr. ren dael « mener 
dispute », et passé au fm. par analogie de dael tout court. — Ern. 

Réô, s. m., gelée, mbr. reau, corn, rew, cymr. rhew, vbr. reu, vir. reo, ir. 
reà 9 et cf. vir. réud, ir. reodhadh, gael. reodh « gelée »: soit un radical 
celt. *rewos-, pour *prewos- (?), d'une rac. PRUS, que reproduisent lat 
pru-ïna « frimas » « *pruso-ina), sk. prdçod « gelée blanche », ags. 
frëos-an >ag. tofreeze, vhal./rios-an > dA.frier-en « geler », etc. 

Réol, s. f., règle, corn, reol et cymr. rheol. Empr. lat. régula. 

Réor, s. m., derrière, anus, cymr. rhefr id., et cf. cymr. rhef et vir. 

1. Pour la première hypothèse, remarquer que la locution « cela s'interpose * 
aboutit aisément au sens de « cela est nécessaire »; pour la seconde, comparer le fr. 
« il faut», qui étymologiquement veut dire « il manque ». Mais, dans l'une et dans 
l'autre, il reste des complications et des obscurités. 



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RÉPUI-RIBOUL 233 

remor, « gros, gras »: soit un celt. *rem-ro~, peut-être pour *prem-ro- 
« fort », dont les équivalents sont peu sûrs. V. sous gourem\ 

Répui, vb., accueillir en hospitalité: dér. d'empr. fr. repu. 

Réter, s. m., orient, ir. air-ther id. : altéré pour *er-der (?), d'un celt. 
*arei-tero- pour *parei-tero- « situé en avant », cf. gr. irapo/-xepo-ç, forme 
de comparatif de la prép. primitive qui est devenue br. a/*- 1 . 

Reûd, adj., raide, ferme. Empr. fr. ancien roide*. 

Réuein (V.), vb., variante de raoula. V. ce mot. 

Reûn, s. m., crin, soie de porc, cymr. rhawn, ir. ràinne, gael. rbin, « poil, 
crin » '• soit un celt. *râra-, pour *rà-mni-, et cf. sk. rà-man et lô-man 
« poil », mais sans lien phonétique appréciable. 

Reûstla, vb., brouiller, mêler (aussi rouestla), cymr. rhwystro « em- 
pêcher », dér. de rhwystr « obstacle », et celui-ci de rhwyd. Cf. roued. 

Reûz, s. m., malheur, mbr. reux « souci », cf. peut-être corn, wryth 
> ryth « malheureux » et wryth « chagrin ». Empr. ag. ancien reuthe 
« chagrin » > ag. ruth « pitié ». — Conj. 

Reûzeûlen, s. f., butte, éminence : dér. de ros. V. ce mot. 

Revend, s. f., grande marée, cymr. rhyferthwy « tempête », vir. ro-bar-ti, 
etc., « grande marée » : exactement « poussée en avant », préf. *ro- et rac. 
BHER « porter » avec suff. V. sous *ra-, aber, kémérout, etc. — Ern. 

Révi, vb., geler : dér. de rév > réo\ V. ce mot. 

Revr, s. m., variante de réor. V. ce mot. 

Réz, adv., à fleur, à niveau. Empr. fr. ancien rez id. 

Ribin, s. f.,. brèche. Empr. lat. rapïna k (d'où aussi fr. racine). 

Ribl, s. m., bord, corn, ryb « à côté ». Empr. lat. ripa et rîpula. 

1 Ribla, vb., vagabonder: soit ribla « côtoyer », dér. de ri&Z, mais influencé 
sans doute dans un sens péjoratif par 2 ribla. 

2 Ribla, vb., filouter, cf. mbr. ribler « brigand ». Empr. fr. (populaire 
ou argot) ribleur « voleur », et cf. ribaud, d'origine germanique. 

Rlbot, s. m., baratte. Empr. fr. ribotte id. (Bretagne et Bas-Maine). 

Riboul, s. m., pompe: cf. fr. dialectal (Bas-Berry, etc.) rabouiller « tripoter 
dans l'eau » (Balzac, Un Ménage de Garçon). Abstrait d'empr. fr. pro- 
bable, mais peu clair et en tous cas altéré. 

1. Stokes. Mais ailleurs il pose un celt. *rb-rd apparenté an lat. orb-v-s. 

2. C'est en regardant l'est que s'orientent les peuples primitifs. 

3. Prononcer roued, et pour le vocalisme comparer reûstla. 

4. Donnant accès à une bête de proie (conj. Ern.); mais peut-être plus simplement 
variante de réotn < empr. fr. ruine. 



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234 RIDEL-ROCHED 

Ridel, s. m., crible, corn, ridar, cymr. rhidyll, vir. rethar, gael. rideal. 
Empr. ags. hridder i > ag. ridil > ag. moderne riddle. 

Riel (C), s. m., glace, verglas: dér. du même radical que riou. 

Richona, vb., gazouiller, caqueter. Empr. fr. popul. richonnera rire » ; cf. 
fr. ancien rinchon « sifflement du vent », fr. ricaner, rechigner , br. rih- 
chana « beugler », et autres semi-onomatopées. — Ern. 

Rimia, vb., frotter, racler (aussi ritwia, etc., et cf. raAoel). Empr. fr. 
ancien rijffer, « griffer, gratter, racler ». — Ern. 

Riùkin, s. m., ris moqueur. Empr. fr. ricaner, et cf. richona. 

Riàchana, vb., meugler. Onomatopée, et cf. richona. 

Riùsa, vb., rincer, fourbir. Empr. fr. (d'origine germanique). 

Riot. s. m., querelle. Empr. fr. ancien riote (d'où ag. riot). 

Riou, s. m., froid: soit un radical *rinv-, empr. ags. hrîm « gelée » >ag. 
rime, et contaminé de réô ; ou dialectal pour *rew >> réô. 

Riska, riskla, vb., glisser: soit un celt. *rit-8kôn je glisse », que reproduit 
à peu près exactement l'ai, rut-schen « glisser », mais auquel on ne 
connaît non plus qu'à rutschen d'autre équivalent. Cf. ruza. 

Riva, vb., refroidir: dér. de riou. V. ce mot. 

Rizen, s. f., cordon, corniche (aussi rézen). Empr. fr. frise, contaminé de 
br. réz « de niveau avec ». V. ce mot. — Conj. 

Rô (V.), s. m., don, vœu : base du vb. rei. V. ce mot. 

Rok, adj., brusque, arrogant. Empr. fr. rogue. 

Rokéden, s. f., veste. Empr. normand roquet = fr. rochet. Cf. roched. 

Rôd, s. f., roue, corn, ros, cymr. rhod t vir., ir. et gael. roth id.: d'un 
celt. *rot-o- et *rot-à< cf. gaul. latinisé petor-ritum « char à quatre 
roues », sk. rath~a « char », lat. rot-a, al. rad et lit. rât-a~8 « roue ». 
V. la rac. sous 1 réd. (Ou tout simplement empr. lat.?) 

Rodella, vb., rouler, enrouler : dér. d'empr. lat. vulgaire rotellus « rou- 
leau », et cf. rodel « boucle » < lat. rotella > fr. rouelle. 

Roéùv, roév, s. f., rame, mbr. roeff, corn, ruif, cymr. rhwyf(d. vir. 
ràm qui est authentiquement celtique). Empr. lat. rëmus. 

1 Rog, s. m., déchirure, accroc : abstrait de régi*. 

2 Rog, s. f., rogue. Empr. fr. d'origine germanique. 

Roched, s. f., chemise d'homme. Empr. fr. rochet d'origine germ. (al. rock). 

1. Dér. de la rac. qu'on trouvera sous karza, krouer, etc. 

2. D'après le rapport de skei à skô, de rei à rà, etc. V. ces mots. 



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ROC'H-ROUEZ 235 

RocTi, s. f., rocher, cf. fr. roc et roche. — Étym.inc. *. 

Roc'ha, vb., ronfler, râler, cf. cymr. rhock « grognement », gael. roc « voix 
rauque »: contamination, sous la forme *rocc-âre, des empr. lat. ron- 
câre, « grogner, ronfler », et raucàre « émettre un son rauque » ; cf. ag. 
rook « freux ». V. aussi raouia, roûkeleX roûken. 

Roll, s. m., rôle, rouleau. Empr. fr. ancien rolle. 

Rollec'h, s. m., ornière (rod-lec'h). V. sous rôd et léac'h*. 

Ronkel, s. f., râle (aussi roc'hken V.). Cf. roc ha. 

Ronken, s. f., glaire (qui enroue). V. sous roc ha. 

Ronsé, s. m., cheval, mbr. roncet et roncin. Empr. fr. nasalisé roussin, 
et cf. en fr. même (Bas-Maine) rose Dn. V. sous befidel. 

Rob, s. m., tertre, cymr. rhosu plateau nu », vir. ross, « promontoire, bois », 
ir. et gael. ros « promontoire »: d'un celt. *rosto-, pour *pro-8t-o-, « qui 
se tient en avant, qui prédomine » (cf. sk. prastha « plateau »), composé 
de préf. *pro- et rac. STÂ. V. sous *ra~ et saô. 

Rôst, s. m., rôti. Empr. fr. ancien rost (d'où aussi ag. roast). 

Rouanez, s. f., reine, pervenche, clématite (sobriquet): fm. refait sur une 
base *rouan-, soit celt. *rëg~enâ (mais la concordance vocalique est en 
défaut), à peu près identique au lat. rëg-ïna fm. de rëx. V. sous roué. 

Rouanv (V.), s.f., variante dialectale de roéûo. 

Rouden, s. f., raie, marque: contamination d'un dér. de rôd, soit « or- 
nière », avec l'empr. fr. route au sens de « trace, sentier ». 

Roué, s. m., roi, mbr. roe, corn, ruy et ruif, cymr. rhwyf, gaul. -rîx et 
-rëx à la fin de beaucoup de noms propres: soit un celt. *rëg- > *rïg- y 
sk. râj et ràj-an « roi », lat. rëx, vir. ri (gén. rig), got. reik-8 « chef » 
(empr. celt.), d'une forme allongée de la rac. qu'on trouvera sous reiz. 

Roued, s. f., filet, corn, ros, cymr. rhwyd, vbr. pi. roit-ou. Empr. lat. 
rëtia « filets », pi. nt pris pour un fm. sg. 

Rouez, adj., clair, rare, cymr. rhwydd, vbr, ruid, « vide, libre », vir. réid, 
ir. et gael. réidh « uni » : proprement « chevauchable, carrossable », 
d'un celt. *reid-i~, cf. got. ga-râid-s « bien disposé », ag* read-y et al. 
be-reit <( prêt» ; tous issus de rac. REIDH, cf. ag. to ride et al. reiten 

1. Ag. rock est sûrement empr. fr. roc, et ir.-gael. roc peut fort bien être empr. 
ag. rock. Dans ces conditions, il est impossible de savoir si le roman rocca vient du 
celtique, ou «i br. roc' h, malgré son e'/i, est empr. fr. roc. 

2. a Place de la roue ». Mais néanmoins contamination évidente de rolla « rouler ». 



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236 ROUFEN-RUSKEN 

« chevaucher », vir. riad-ai-m « je me fais voiturer », gaul. latinisé 
rëda « char » ; exclusivement celto-germanique. — Uhlenbeck. 

Roufen, s. f., ride, froncis. Empr. ag. ruffa froncis ». 

Rouû, s. m., gale. Empr. fr. rogne. 

Rousin, s. m., résine. Empr. fr. altéré, ou ag. rosin. 

Roz, s. m., rose. Empr. fr. rose ou lat. rosa. 

Rozel, s. f.» instrument à étendre et aplatir (raser) la pâte: soit un bas- 
lat. *ràsella 9 de lat. ràdere. Cf. 4 râz, qui est celtique. 

Rufla, vb., humer, renifler. Empr. fr. populaire r'nifler. 

Rujôden, s. f., rouge-gorge : pour rûz-jàd-en. V. ces mots. 

Ruja, vb., rouler, mbr. ruilhal, etc. Empr. roman *rodulyâre> *roûllar, 
dér. de lat. rotulus ou *rotillus, etc. 1 Ou simplement fr. rouller. 

Rumm, s. m., nombre, espèce, génération, mbr. rum « bande ». Il importe 
de bien préciser la relation de ce mot avec ses quasi-homophones ou 
quasi-synonymes. On distinguera : 1° br. ra-m, qui peut procéder d'un 
celt. *roi-mo- et dont le seul répondant à ce degré vocalique est corn. 
ru-th « foule » ; 2° le cymr. rhi-f « nombre » et cyf-rif « calcul », qui 
ramène à un type de même rac, soit *rl-mo-, que reproduit ags. rim 
« nombre » et al. reim « cadence », cf. gr. A-ptO-fjwS-c à rac. réduite (mais 
avec une épenthèse inexplicable); 3° enfin, sans rapport avec ceux-ci, 
vbr. pi. ruimmein et cymr. rhwym « lien », dont on ne sait que penser, 
mais qu'en tout cas il faut séparer de *rigmen-, dér. nt. d'une rac. RIG 
« lier », cf. vir. ad-riug et con-riug « je lie », lat. (peut-être empr. gaul.) 
cor-rig-ia « courroie », en sorte qu'il n'y a qu'homonymie superficielle 
entre cymr. cyfrifeX br. kéfré. V. ce dernier mot*. 

Rûn, s. m., colline, mbr. reân id. : soit un celt. *roino-, perdu ailleurs 
qu'en br. ; cf. al. rain « éminencc », d'où fr. ancien rain. 

Rusk, ruskl, s. m., écorce, corn, ruse, cymr. rhisg, vir. rdsc, ir. ruse, 
gael. rùsg, gaul. romanisé *rûsca id. 3 : le mot parait celtique, mais em- 
prunté au rameau irlandais par le corno-breton, qui autrement aurait Vi 
cymrique ; on ne lui connaît nulle part d'équivalent. 

Rusken, s. f., ruche (faite d'écorce) : dér. de rusk. • 

1. On voit que les congénères du fr. rouler datent en br. d'époques fort différentes: 
l'ordre chronologique de formation ou d'emprunt est rôd — rodel — ru\a — - roll. 

2. Il est possible qu'il se soit produit, entre la plupart de ces mots, des conta- 
minations très anciennes et par conséquent indéterminables. 

3. Qui semble attesté par l'ital. (dialectal) rusca et le provençal rusco « écorce d, 
le fr. ru&che a ruche ». V. le suivant. 



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RUSIA-SAFRONEN 237 

Rusia, vb., rougir (aussi ruia T., C, ruein V.). Cf. rûz. 

Rust, adj., rude, brutal. Empr. fr. rustre. 

Rustériou, s. f. pi., hémorrhoïdes : altéré, par l'influence de râz, pour 
mbr. rudher, qui paraît se rattacher, comme gael . ruith- « flux » (?), à 
la rac. « courir > couler » qu'on trouvera sous 1 réd. — Ern. 

Rûz, adj., rouge, corn, rudh, cymr. rhâdd, vir. rûad, ir. et gael. ruadh 
id. : d'un celt. *roud-o-> dér. de rac. RUDH, sk. loh-â, ràh-ita et rudh- 
irâ, « rouge, sang », gr. 2-peoe-oç « rougeur » et è-pu6-p6-ç « rouge », lat. 
ruf-u~s (empr. d'autres dialectes italiques) et rub~er, got ràuth-s, ags. 
rêad > ag. red, vhal. rôt > al. ro*,lit. raud-à « rougeur », etc. 

Ruza, vb., glisser, se glisser, ramper, cf. mbr. rusaffa tromper ». Empr. 
fr. ancien reûser > ruser i « faire des détours pour tromper la meute » 
(de la bête de chasse qui rentre en cachette au gîte) . — Ern. 

Ruzel, s. f., rougeole : dér. de râz. 

Ruziéruz, s. m., liseron : dér. probable de ruza. 



S 

Sabr (T.), s. m., sève. Empr. ags. saep > ag. sap « sève »*. 

Sadorn, s. m., samedi. Empr. lat. Sàtdrni(diês). 

Saé, s. f., habit, robe, cymr. sae, vir. sâi « tunique ». Empr. bas-lat. 
*saia (> fr. ancien saie et dim. sayon), pour *saga, cf. gaul. **yoç 
« blouse militaire », gaul. latinisé sagum et sagulum. 

Saez, s. f., flèche, corn, seth, cymr. saeth, vir. saiget, ir. et gael. saighead. 
Empr. lat. sagitta (> fr. ancien sae te, savant sagette). 

Saézen, s. f., rayon : dér. de saez (métaphore). 

Saiar, s. m., bruit, clameur, mbr. saffar. Empr. roman probable (pro- 
vençal chafaret, etc. '), mais d'origine inconnue (onomatopée). 

Safron, s. m., bourdonnement : soit « nasillement », composé de fron et 
d'un élément préfixai inconnu. Cf. sardonen. 

Safronen, s. f ., bourdon, escarbot : dér. de safron. 

1. Peu probable, si ce mot est contenu dans keûruz, qui est un composé de type 
ancien. Serait-ce un celt. .primitif *roud-6 « je glisse », recelant à l'état fléchi la rac. 
inconnue qui se cache aussi dans l'ai, rutschenl Cf. riskla. 

2. Le mot est altère comme soprpour sap. 

3. Le prov. a aussi safrtt, « frétillant, lascif, égrillard » (Mistral); mais il n'y a 
aucun fond à faire sur ces homophonies. Cf. plutôt fr. ef-faré. 



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238 SACHA-SAÔ 

Sacha, vb., tirer. Empr. fr. (normand, picard) saquer ou espagnol sacar 
« tirer », contaminé d'empr. fr. ancien sachier «ensacher ». 

1 Sac'h, s. m., sac, corn, et cymr. sach, vir. sacc. Empr. lat. saccus. 

2 Sac'h, adj., stagnant: soit un celt. *stakko-, pour *stag-n6- 9 identique à 
lat. stag-nu-m dont Tétymologie est assez obscure. Cf. sler. 

Sâl, s. m., manoir, salon. Empr. fr. salle \ 

1 Sâl, s. m., bond : abstrait de mbr. saillaffu sauter ». Empr. fr. ancien 
saillir (conservé dans tressaillir et assaillir) < lat. satire. 

2 Sa), s. f., seau (aussi sel V.), mbr. sailh et seilh. Empr. fr. seilleià., du 
lat. situla, dont relèvent aussi fr. seau, ital. secchia, etc. 

Sali, adj., salé : abstrait de mbr. sallaff. Empr. fr saler. 

Salokrâs, terme de politesse : décomposer en *salo ho gras « sauf votre 

grâce », où le terme du milieu seul est breton. 
Samm, s. m., charge, corn, sam (douteux). Empr. bas-lat. *sammu pour 

sagma (empr. gr. ^Yf**)» d'où aussi fr. [bête de] somme. 
Sammédein (V.), vb., soupeser: dér. du précédent. 
San, s. f., aqueduc, canal: abstrait de mbr. sanell « rigole ». Empr. fr. 

ancien chaignel > fr. chéneau. — Conj. Ern. 
Sanab, s. m., morelle. Empr. lat. sinapi « moutarde ». 
Sana), s. f ., grenier, fenil. Empr. fr. altéré arsenal*. 
Saùka, vb., enfoncer, planter, imprimer, cymr. sangu et sengi « fouler ». 

Empr. ags. sencan « enfoncer », causatif de sincan*. 
Santol (V.), s. m., encan : la seconde syllabe parait être taol « coup » ' ; le 

premier élément est inconnu, cf. safronei sardonen. 
Saô, s. m., élévation, montée, lever, mbr. sqff (cf. saoen et séoel), etc. : 

soit une base celt. *sta-m- *, sk. sthâ-man « place où on se tient debout », 

gr. infinitif <rni-fji6v-ai « se tenir », roî-jxtov et lat. sta-men « chaîne de 

tissu », got. stô-ma « matière », lit. sto-mu « stature » ; tous issus de rac. 

STÂ « se tenir debout », sk. ti-sth-a-ti^ sihi-tâ, stha-târ, etc., gr. Wn)-ui 

« je place », S «roj-xe « il se tient », ara-x(5-c, etc., lat. slàr~e, sta-tu-s, 

1. Le sens « manoir » n'a dû appartenir d'abord qu'au pi. salou, puis a passé par 
abus an singulier. 

2. Où ar a été pris pour l'article breton. De plus l'emprunt procède sans doute 
d'une corruption populaire arfenallle s. f. 

3. Devenu ag. to sink. Cf. al. sinken « s'enfoncer » e^senken « enfoncer ». 

4. Vente au coup de marteau ou autre instrument. 

5. L'absence totale de nasale dans toutes les formes bretonnes ramènerait plutôt à 
un type *stab t cf. sk. stabh-nâ-ti « il étaie » ; mais celui-ci n'est après tout qu'une 
amplification ou une contamination de la rac. ci-dessus (sk. skabh-nd-ti id.). 



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SAÔNENSKAN 239 

si-st-en, etc., vir. tâu et ta « je suis », etc., got. st-and-an, ag. to stand 

et al. 8tehen t lit. stà-ju « je marche », vsl. sta-yV a je m'arrête » et sto-ja 

it je me tiens debout », etc. Cf. arzaô, gwestad, ros, etc. 
Saônen, s. f., vallée. — Étym. inc. 
Saotr, s. m., ordure, vbr. pi. saltr-ocion « vicieuses » : abstrait d'un bas- 

lat. exalter-atusy « gâté, corrompu, souillé » 1 . — Conj. 
Saoud, s. m. f., gros bétail, vaches. Empr. bas-lat. solidus > bas-lat. sol- 

dum* (monnaie), par répercussion du rapport de pecunia à pecu. 
Saouzan, s. f., surprise, tromperie, corn, sawtheny « tromper », vbr. 

Soudan « stupeur » : dér. d'un empr. bas-lat. *subidànus « soudain » 

< lat. *8ubitànus, dér. de l'adv. subito. 
Saoz, adj., s. m., Anglais, mbr. Saus, corn. Sows, cymr. Sais, etc. Empr. 

bas-lat. Saxo (pi. celt. *Sax-dn-es), qui est un ethnique germanique. 
Sap, sapr, s. m., sapin : d'un gaul. latinisé *sap-u-s, attesté par bas-lat. 

sapinus > fr. sapin, etc. ; la forme celt. se ramène à *soq-o- « résine », gr. 

to-6-ç et vsl. sok-û « suc », lit. sak-aï « résine », etc. ; cf. corn, sib-uit 

« sapin », et cymr. syb-wydd-en « pin » s . Cf. sabr. 
Saragérez, s. f., bardane : parait, comme sérégen, se rattacher à une 

forme sans t du radical de staga. V. ces deux mots 4 . 
Sardonen, s. t., frelon : pour **a-dron- (vbr. pi. satron), dont le second élé- 
ment parait l'équivalent de l'ag. drone id. et se retrouve ailleurs encore 

qu'en germanique; le premier est un préfixe inconnu 9 . 
Savellek (V.), s. m., râle de genêt, cf. cymr. se/ylliog « ce qui tient 

debout» 6 (aussi a flâneur, errant »). V. sous saô et séoeL — Ern. 
Saven, s. f., terrasse : dér. de saô. V. ce mot. 
Skabel, s. f., escabelle. Empr. fr. Cf. skaon et eskammed. 
Skaf, s. m., esquif. Empr. lat. scapha et scaphium. 
Skalf, s. m , fente : abstrait de skalfa « se fendre », qui pourrait être une 

métathèse avec corruption de l'ai, spalten « fendre ». 
Skan, skaùv. adj., léger, agile, mbr. scaff, corn, scaf, cymr. ysgafn, vbr. 

1. Le cymr. salder « pauvreté » n'est homophone qu'en apparence: il dérive de 
sal « souffreteux », dont au surplus l'origine m'est inconnue. 

2. D'où itaL soldoei fr. *«oW> so/> sou. 

3. Pour le second terme de ces composés, voir gwèzen. 

4. L'insertion de IV peut provenir d'une contamination du fr. grateron, ou mieux 
du br. skraba, skrapa, etc. 

5. Conj. Ern. — Cf. aafron et safitol. 

6. Parce qu'il vole avec les pieds en position verticale. Ou le second sens? 



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240 SKANBENN-SKÉJA 

scamnhegint « ils allègent », vir. scaman « léger » : d'un celt. *skam-no- 
auquel on ne connaît nulle part d'équivalent sûr ; mais cf. skèoeht. 

Skaùbenn, adj., étourdi. V. sous skaAet penn. 

Skandala, vb., gronder :dér. d'empr. fr. scandale. 

Skant, s. m., écaille, vbr. -scant-, isolé : soit un celt. *skant~0', pouri.-e. 
*sknt'0' t dont la rac. est la même que celle de Pal. schind-en «écorcher », 
également isolé ; cf. pourtant visl. skinn, ags. scinn > ag. skin « peau ». 

Skaô, s. m., sureau, mbr. seau, corn, scawen, cymr. ysgaw, gaul. latinisé 
8cobis ou scobiès id. : celtique, sans équivalent connu. 

Skaoà, s. m., banc, mbr. scaffn. Empr. lat. scamnum. 

Skaota, vb., échauder, brûler, détremper, chauffer. Empr. bas-lat. ex-cald- 
àre ]> fr. échauder. V. aussi kaot 

Skaouaro'h, s. m., fenouil marin : peut se rattacher à skaô. 

Skara, vb., marcher à grandes enjambées (en se fendant), d'où skarinek 
« qui a de grandes jambes » : dér. de skarr. V. ce mot. 

Skarn, adj., maigre, sec, décharné : abstrait d'un mot *skarn-et, qui cor- 
respondrait à un bas-lat. *ex~carn-àtus id. Empr. lat. 

Skarnil, s. m., sécheresse, gerçure: dér. du précédent. 

Skarr, s. m., fente, fêlure, crevasse: soit un celt. **fazr-«o-, qui se rattache 
à la même racine que skarxa. Cf. skara et rapprocher diwesker. 

Skarz, adj., nettoyé, net, mince: abstrait du suivant. 

Skarza, vb., curer, diminuer, cymr. ysgarthu et dy-sgarth-u « nettoyer», 
vbr. iscarth-ol'ion « balayures », vir. diu-scart-ai-m « j'écarte », ir. 
sgardaim « je déverse », gael. sgàird « diarrhée » et cf. cymr. ysgarth 
a excrément » : d'un celt. *skar-tô « je sépare ». dér. d'une rac. SKER, 
dont les formes plus simples sont cymr. ysgar « séparer », vir. scar-ai-m 
« je sépare », sk. apa-skar-a « excrément », ags. scer-an> ag. to shear 
étal. 8cher-en « tondre », lit. skir-ti « séparer ». Cf. le doublet karza. 

Skéd, s. m., éclat, lustre, vir. scoth, ir. et gael. sgoth, « fleur, éclat» ; cf. 
lat. scat-ëre, « jaillir, éclater » et lit. skat-au « je sautai ». — Étym. inc. 

Skei, vb., frapper, mbr. squey. — Étym. inc. 1 — Cf. skô. 

Skéja, vb., tailler, couper, mbr. squegaff> cymr. ysgi « coupure » et ysgien 
« sabre », vir. scian, ir. et gael. sgian « couteau »: soit un celt. skfrô 
« je coupe », rac. SKHÂ, sk. ch-ya-ti « il coupe », gr. *&<* et o^ 
« je dépèce ». Tous autres rapprochements sont arbitraires. 

1. Le radical étant skô, et le sens a échouer » existant pour squôein, M. Ernault 
songe a un rapport avec fr. eschouer, dont l'origine est également inconnue. 



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SKELTREN-SKLAS 241 

Skeltren, s. f., éclat de bois fendu, trique: se rattache à une forme d'une 

des racines qu'on trouvera sous faouta. Cf. skirien. 
Skeûd, s. m., ombre, apparence, corn, scod, cymr. ysgod, vir. scàth, ir. 

sgâth, gael. sgàth id. : d'un celt. *skat~o- i que reproduisent, à des degrés 

divers, gr. ox*c-o-« « obscurité » (cf. gr. <nudc et sk. chayà « ombre »), 

got. skad-u-s, ag. shadeetshad-ow, al. schatt-en « ombre ». Cf. gwasked. 
Skeûl, s. f., échelle, cymr. ysgol. Empr. lat. scala > fr. eschelle. 
Skévent, s. m., poumon, corn, skephans et scevem, cymr. ysgyfainty 

ir. scaman > sgamhân, gael. sgamhan, « foie, poumon » 1 : dér. de la 

forme qui est devenue en br. skan. V. ce mot. 
Skiant, s. f., science, intelligence, corn, sceans. Empr. lat. scientia (très 

ancien, vu la prononciation purement gutturale du c). 
Skiber (C), s. m., hangar, cf. cymr. ysgubor « grange » qui se rattache 

à br. skuba : dér. d'un empr. ags. scyf-en, de même famille que ags. 

sceoppa > ag. shop > fr. échoppe. 
Skidi, vb., défricher (enlever des souches) : dér. de skôd. 
Skilf, s. m., griffe, défense, mbr. pi. 8quilf-ou> par métythèse de squifl~eu; 

cf. cymr. ysgwfl « prise » et ysgyfl-u « saisir », sans équivalent précis », 

et même le vocalisme ne concorde pas. V. aussi skoul. 
Skiliô, s. m., hièble : soit skaô + évl (ce dernier empr. lat. eb'lum « hièble », 

et cf. ces deux mots), ultérieurement contaminé de iliô « lierre », le tout 

avec violente contraction; ou simplement syncopé de *8kil'iliô* (Loth). 
Skiltr, adj., éclatant, sonore : dér. d'un radical *8kilt-, peut-être pour 

*8klit-, qui rappelle le fr. esclat-er, également d'origine peu claire. 
Skîn, s. m., rayon de roue, etc. Empr. germanique *skina « aiguille », d'où 

aussi al. schien-bein « tibia » (os allongé) et fr. eschine. 
Skina, vb., éparpiller, mbr. squignet « épars », cf. aussi stigna «étendre» 

(> stéha, sous stén) : contamination d'empr. lat. extendere « étendre » 

et scindere « diviser ». — Conj. Ern. 
Skirien, s. f., attelle, gourdin, vbr. scirenn : dér. probable de la rac. qu'on 

trouvera sous skarza au sens de « fendre ». Cf. skeltren. 
Skias, s. m., glace légère, verglas, mbr. sclacenn, etc. Empr. fr. altéré 

glace (avec s prothétique, cf. quelques-uns des suivants). 

1. Viscères beaucoup plus « légers » que la chair. 

2. Ou songe au germanique (ag. claie, al. klauc) % qui présente à peu près les mêmes 
éléments dans un ordre différent : en ce cas, il 7 aurait emprunt; mais de qui à qui? 

3. Qui signifierait « lierre d'abri »; le cymr. a un mot ysgil « retraite ». 

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242 SKLÉÀR-SKÔP 

Skléar, adj., clair, limpide, mbr. sclaer. Empr. fr. Cf. skias*. 

Skient (méan), ardoise : avec k épentbétique 2 , pour *slent = vir. slind 
« tuile » (cf. vir. sliss « tranche » et slissiu « latte »), d'un celt. *slint-o- 
pour *splini-o-, « [pierre] qui se fend, schiste »; rac. SPLIT « fendre », 
ou SPLID, dans ag. to split et dans splint « éclat de bois », al. spleiss-en 
« fendre » et splitt-er « éclat », etc. Cf. les variantes sous faouta % etc. 

Skléren, s. f., râcloire : variante de 1 klèren*. V. ce mot. 

Skieur, s. m., lueur, apparence. Empr. lat. clarus. Cf. skléar. 

Sklisen, s. f., éclisse, attelle, spatule. Empr. fr. esclice. 

Sklôka, vb., glousser, mbr. scloquat (aussi sclossein V.), cf. ags. clocian, 
ag. to cluck, lat. clôcîre, etc. Onomatopées, comme kloc'ha. 

Skô, s, m., coup (vieilli). V. sous skei. 

Skoaz, s. f., épaule, corn, scuid (voc), cymr. ysgwydd, cf. vir. sciath, 
« omoplate, aile, nageoire », ir. et gael. sgiath « aile » : respectivement 
d'un celt. *skeid-â et *skeit-o- 9 qui se rattachent peut-être à la même rac. 
que sk. chi-nà-t-ii « il fend », gr. syjÇw « je fends », lat. scind-ere y al. 
scheid-en « séparer » * (il y a alternance de dentales finales). 

Skoazel, s. f., appui : dér. du précèdent. Cf. fr. épauler. 

Skôbitel, s. f., volant. Empr. espagnol escobeta, « petite brosse, tète de 
chardon » (et non fr. escopette, dont le sens est tout différent). 

Skôd, s. m., menue branche, souche. Empr. fr. ancien escot > écot, lui- 
même venu du bas-al. skot (al. schoss « rejeton »). 

Skôed, s. m., écu, mbr. scoet, cymr. scuit>ysgwyd,\br.scoit « bouclier», 
vir. sciath, ir. et gael. sgiath id. : d'un celt. *skeito~ 9 dont le plus proche 
parent est en visl., mais joindre lat. scûtum « *skoi(o-). 

Skôl, s. f., école, cymr. ysgol, etc. Empr. lat. schola. 

Skolaé, s. m., dorade : dér. de skoul (poisson rapace). — Conj. 

Skolp, s. m., copeau, cymr. ysgolp, vir. scolb, ir. et gael. sgolb id. : dér. 
d'une amplification (soii i.-e. SKELGw) d'une des racines qu'on lira 
sous faouta, etc.; cf. gr. crxoXo^ etag. shelf « billot ». V. aussi skeltren. 
— Mcb. — Ou bas-lat. : *excolpâre, de colpus « coup »? 

Skôp, s. f., écope. Empr. fr., lui-même empr. germanique. 

1. Ici la prothèse s'explique aisément par un mot abstrait du fr. csclairer. Partout 
ailleurs elle peut être analogique de ce cas. 

2. Contaminé peut-être de fr. esclater, esclice. Cf. skiltr. 

3. Avec contamination de fr. rascler. Ou cf. skléar. 

4. L'articulation de l'épaule « sépare » le bras du tronc. 



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SKÔPA-SKRÎD 243 

Skôpa, vb., cracher avec effort. Empr. roman; cf. provençal escupir <lat. 

*ex-con-spuere. 
Skôr, s. m., étai, étançon. Empr. fr. ancien escore > écore, altéré en 

accore « étai de navire ». Ou bien empr. ags. *scor > ag. shore « étai » 

> fr. escore. Cf. cymr. ysgor « rempart )), empr. ir. scor. 
Skorf, s. m., décharge d'un étang. Empr. germanique probable; cf. ags. 

sceorp-an et al. schûrf-en <( pratiquer une coupure ». — Conj. 1 
Skouarn, s. f., oreille, corn, scovarn, cymr. ysgyfarn, et ysgyfarnog 

« lièvre » = vbr. pi. scobarn-oc-ion « qui ont des oreilles » : soit un 

celt. *skow-erna, dér. de rac. SKOW « faire attention à », sk. kav-l 

« sage », gr. xo(j=)-sto et à-xoj-w « j'entends », lat. cao-ëre « être sur ses 

gardes », vhal. scouw-ôn <c épier » > al. schauen « regarder » (cf. ag. 

tfo show « montrer »), etc. — Douteux. 
Skouér, s. f., équerre, exemple, cymr. ijsgwâr et ysgwîr. Empr. fr. ancien 

esquarre ou escjuierre (cf. ag. square et squire) < lat. *exquadrâre. 
Skoul, s. f., milan, corn. &coa/ : pour *skoucl < *skoufl i attesté par fr. 

écoufle empr. br. ; cf. cymr. ysgyflwr « saisisseur ». V. sous s/riT/*. 
Skoultr, s. m., branche de bois d'émonde : abstrait de diskoultra « émon- 

der », qui contient Tempr. fr. coultre « couteau » *. 
Skourjez, s. f., fouet. Empr. fr. ancien escourgêe id. 
Skourn, s. m., glace forte. — Étym. inc. \ 
Skourr, s. m., grosse branche, corn, scorren (voc.) > scoren, cymr. ysgwr 

id. : soit un celt. *s/.*or-o-, « séparation, fourche », qui se rattacherait à 

la même rac. que shara, skarr, skarza, etc. 
Skraba, vb., gratter, racler, cymr. ysgrafu. Empr. germanique, visl. 

skrapa, ag. to scrape, etc., et cf. aussi skrapa et lat. scabere. 
Skrampa, vb., ramper: contamination du précédent (« racler le sol ») avec 

Tempr. fr. ramper. Cf. rampa, skrapa et krampinel. 
Skrapa, vb., agripper, escroquer. V. sous 1 kràf, et cf. skraba ou skléar 

pour l'explication de Ys initial. D'ailleurs semi -onomatopée. 
Skrid, s. m., acte écrit. Empr. fr. ancien *scrit > escrit. 

1. M. Lotb soupçonne dans le nom du Scorff (rivière) une nasale ancienne 
devenue ^T, qui réduirait à néant Thypothèse proposée. 

2. Mais avec contamination probable de skourr. 

3. La variante sorn (Ern.) n'aurait jamais pu signifier que « temps brumeux », et 
l'on ne voit guère comment une contamination par skias lui aurait donné le sens de 
« glace forte ». On penserait plutôt à une relation avec lat. cortex « écorce ». 



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244 SKRUA-SÉDER 

Skrija, vb., frémir, tressaillir, pousser des cris aigus 1 : dér. d'une variante 
de kridien*. V. ce mot, et cf. skias, sklèar y etc. 

Skrimpein (V), vb., hennir: dans certains dialectes du br. et en corn. 
(scrymba) signifie respectivement « vagir, crier », et parait une onoma- 
topée vague; cf. aussi ag. to screech et to shriek. 

Skrîn, s. m., coffret, cymr. ysgrin. Empr. lat. scrïnium. 

Skriâa, vb., grincer des dents. Cf. hriha et skias*. 

Skriva, vb., écrire, corn, scrife « écrit », cymr. ysgrif « écrit », ysgri/o 
et ysgrifenu k « écrire », etc. Empr. lat. scrïbere. 

Skuba, vb., balayer, corn, scibia, cymr. ysgubo, cf. cymr. ysgub, vir. 
*scôp- > scuap, ir. et gael. sguab « balai ». Empr. lat. scôpae « balai », 
d'où ital. scopa et fr. écouo-illon. Cf. skôbiteL 

Skudel, s. f., écuelle. Empr. bas-lat. *scutella id., dim. de scutum. 

Skuîz, adj., las, ennuyé, corn, squyth, squytheys, etc. : d'un celt. *skwïtto-, 
dér. d'une variante labialisée de la même rac. qui a produit le celt. *s/rî-fo- 
> vir. scith, ir. sglth, gael. sgith « las », soit donc rac. SKI ou SKHI, 
peut-être variante à métathèse de la rac. d'où procèdent sk. k$i-nà~ti «il 
détruit » et k$i-ti « destruction », gr. «p6i-w et <p6(vu> « je dépéris », <p8U&i-; 
« consomption », lat. si-tu-s « corruption ». — Conj. Mcb. 

Skula, vb., répandre, mbr. scuyllaff, corn, scullye (cymr. chwalu), vir. 
scàili-m « je répands », ir. sgaoilim et gael. sgaoilid. : dér. d'une forme 
de la rac. SQEL ou SKEL au sens de « diviser », et peut-être empr. ir. 
en brittonique (à cause du k). V. sous faouta, skarza, skolf, etc. 

Skuria, vb., fourbir. Empr. fr. ancien escurer « écurer ». 

Se, adv., là : écourté de asè. V. sous azè et zé. 

1 Séac'h (V.), s. m., foudre: variante de saes*. 

2 Séac'h, adj., sec, corn, sech, cymr. syck, vbr. sich. Empr. lat. siccus. 
Cf. hespei hesk, qui au contraire sont celtiques. 

Sébéza, vb., éblouir, s'évanouir. Empr. lat. stupidâre. Cf. souex. 
Séder (T.), adj., sain, gai, franc, cymr. sad et sedr « ferme » : soit un celt. 

*sta-to- et *sta-tero- « ferme », lat. sta-tu-s id. f dér. de la rac. qu'on 

trouvera sous saô. Cf. aussi goustad. — Conj. 

1. Ce sens doit provenir de contamination du fr. crier, 

2. Elle n'est pas isolée : corn, scruth et cymr. ysgryd « frisson ». 

3. Fr. ancien grigner dos dents id.; aucun rapport avec ag. grin. 

4. Br. skrieen « lettre missive » = lat. scrlbenda. 

5. V. ce mot (<ïh < tt). Le changement de genre est dû k fouit r. 



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SÉGAL-SEÛL 245 

Ségal, s. m., seigle, corn, sygal. Empr. lat. secàle id. 
Sec'hed, s. m., soif : dér. de secli > 2 séac'h. 
SecTiik, s. m., mousse terrestre: du même (mousse sèche). 
Seitek, dix-sept: pour *seit~dek'. V. sous 1 seù. 

1 Seiz, sept (aussi seic'h V.), corn, seyth, cymr. seith, vir. secht n-, gaoî. 
seachd : d'un celt. *septen~, sk. saptâ, gr. àirca, lat. septem, got. «ièw/i 
(ags. seofon > ag. seoen et al. sieôen), lit. septyn-i, vsl. sedm-P. 

2 Seiz, s. m., soie. Empr. roman *séda (cf. espagnol et provençal seda, 
fr. «oie, vhal. sida > al. seide), issu de lat. sëta « soie de porc ». 

Sélaoui, vb., écouter, mbr. sezlou, cf. corn, golsowas id. — Étym. inc. 

Sell, s. m., regard (et sellout vb.), corn, syll et sylly, cymr. s^Z/a, vir. se/Z 
« œil » et sell-ai-m « je regarde », gael. seall « regard »: d'un celt. m stil- 
no- « œil », qu'on peut ramener à *stilp-no- = gr. <xtiXtt-v<5-<; « brillant »? 

Semé) (V.), s. m., fantôme. Empr. lat. similia pi. nt. \ 

Sempl, adj., faible, défaillant. Empr. fr. simple. 

Seni, vb., sonner, bruire: dér. de son. V. ce mot. 

Senti, vb., obéir. Empr. lat. sentïre, qui a pris en roman le sens d' « en- 
tendre »; cf. en lat. môme le rapport d'oboedw à audiô. 

Séô, s. m., sève (aussi seo). Empr. fr. Cf. sabr. 

Sérégen, s. f., bardane. V. sous saragérez. 

SercTi, s. m. f., concubinaire, concubine, mbr. serch id., cymr. serch 
a amour )), vir. serc, ir. searc, gael. seirc « amour »: d'un celt. *serk-o- 
et *8erk-à, contamination du radical *s(erg- « aimer » (gr. rcépY-w et 
<ruopY->5) et du radical *serk- « se soucier de » (got. saur g a, ag. sorroto 
étal, sorge « souci »)*, tous deux très isolés. 

Serra, vb., fermer. Empr. fr. ancien serrer ou espagnol cerrar id. 

Sétu, voici, voilà: confusion probable de la locution sellet hu « voyez là », 
avec une autre forme plus simple contenant un démonstratif tel que se. 
V. sous se et sell, et cf. sédé « voici » qui ne saurait procéder d'une 
locution hypothétique sel té ce vois toi ». 

ISeûl, s. f., talon, mbr. seuzl, cymr. sawdl, vir. sâl, gael. sàil (empr. 
de l'irlandais-gaélique au brittonique? à cause de st > s) : d'un celt. 

1. A une époque où la sourde explosive subsistait encore. 

2. La conservation de Vs initial, qui aurait dû devenir h en brittonique, vient de 
contamination de sùun. — Ern. 

3. Cf. le sens du lat. simuldcrum « apparence ». 

4. C'est la seule façon de s'expliquer à la fois Vs initial gaélique et le maintien de 
Va (au lieu de A) en brittonique, ainsi que la finale cymr. rh au lieu de y. 



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246 SEÛL-SÎL 

*séâ-tlà y (( base, piédestal, ce sur quoi on se tient ». V. la rac. sous saô. 

2 Seul (particule superlative), d'autant [plus], corn, suel et cymr. satcl 
« tel », isolés : paraissent se ramener à une base celt. *stal-, contamina- 
tion d'un type *8à-li- et d'un type *tà-li- (= lat. tà-li-s « tel »), tous deux 
construits respectivement sur les thèmes démonstratifs i.-e. *so et */o- que 
montre, entre autres, la déclinaison de l'article grec. V. aussi sous 1 ann* 

Seûlen, s. f., seine à pêcher, mbr. seulenn id. : dissimilé pour *seun~en, 
dérivation singulative d'empr. lat. sagëna id. — Loth. 

Seurt, s. m., espèce, qualité. Empr. fr. sorte. 

Sével, vb., élever, bâtir, aussi saouein V., et cf. le ppe saouet, etc., cymr. 
sefyll « être debout » : dér. de mbr. saff. V. sous saô et le suivant. 

Séven, adj., honnête, avenant, poli; mbr. secen, « grand, sain, fort, bien 
venu », vbr. Seman n. pr. : dér. de saff. Cf. le précédent. 

Sévéni, vb., accomplir [loyalement] : dér. de séven. 

Sézô, s. m., sénevé. Empr. lat. altéré sesamum*. 

Siblen, s. f., cordeau. — Étym. inc. * 

Sidan, s. m., linot: proprement duveté, soyeux », cf. cymr. sidan, « soie, 
duvet » . Empr. germ. (ags. sîde « soie »). Cf. 2 seiz. 

Siel, s. f., sceau. Empr. fr. ancien sèel « lat. sigillum). 

Sifern, s. m., rhume de cerveau, morfondure : abstrait de l'empr. fr. en- 
chifrené « enrhumé du cerveau »• 

Sifoc'hel, s. f. f seringue, sarbacane. Empr. bas-lat. *sifoncella, dimin. dér. 
de siphunculus « petit tuyau », d'origine grecque. 

Sigodiez, s. f., espièglerie. Empr. fr., cf. gôdisa. — Conj. 

Sigur (V.), s. m., prétexte 3 , mbr. sigur «sûr», corn, segyr «oisif», 
cymr. segur « tranquille ». Empr. lat. sëcfirus. 

Sich, sij, s. m., siège. Empr. fr. ; cf. azéza et lich. 

SU, s. f., passoire, mbr. sizl y cymr. hidl, vir. sithl-àn id.: soit un celt. 
*sèd-la > *sïdlà, de rac. SÊdh attestée par gr. *I6-u> (et <nî6-u>) « je filtre » ; 
cf. une variante radicale SEIbh dans ag. to sif-t et sieve, al. sieb 
« filtre », etc., et une forme plus simple encore dans lit. sè-ta-s « filtre » 
(accent traînant sur l'initiale), stfà-ju « je filtre », etc. '. 

1. La nasale conservée dans séon V. < *8esano. 

2. Le visl. et al. seil « corde *> est trop éloigné, et la locution fr. ancienne a un 
sible (God.) « tout d'une venue a n'est pas étymologiquement éclaircie. 

3. « Ce qui couvre, met quelqu'un en sécurité, en repos ». 

4. L's br. pour h cymr. est une grave difficulté : la conjecture d'une contamina - 



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SILI-SÔLIER 247 

Sili, s. m., anguille, corn, silli, gael. siolag « anguille de sable » : peut- 
être simplement empr. ir. en brittonique. V. aussi sous stlaon. 

Silzik, s. m., saucisse, mbr. silsiguen, cymr. selsig. Empr. bas-lat. 
*salsïcia (dér. de salsus « salé »), d'où fr. *saussice > saucisse. 

Sioaz, hélas, corn, soweth, cymr. ysywaeth, soit une locution signifiant 
t d'autant pire ». V. sous se, 2 seul et 4 gwâz \ et cf. zôken. 

Sioo'han, adj., s. m., délicat, faible, avorton, mbr. Syohan n. pr. Empr. 
ags. sëoc « maladif » > ag. siek, et cf. al. siech id. 

Sioul, adj., tranquille, patient, cf. mbr. sioulic, « tout bas, en secret ». 
Empr. ags. stilleu silencieux », cf. al. still id. etag. still « encore» (la 
résonnance de II a pu développer l'o). — Conj. hasardée. 

Sistr, s. m., cidre, corn, sicer, cymr. suger id. Empr. bas-lat. *cisera 
(d'où aussi fr. cidre), altéré de lat. sicera « vin de fruits » < gr. afoepa. 

Sivellen, s. f., surfaix, mbr. ciuellen : contamination d'un empr. bas-lat. 
*cingella (qui eût pu donner *kinvel, cf. cymr. cengl = empr. lat. cin~ 
gula) avec un mbr. cenclenn (prononcé senkl-) = empr. fr. sangle. — 
Conj. en l'air, car l'altération serait très forte. 

Sivi, s. m., fraise, mbr. seuuien, cymr. syfi, vir. subi pi., ir. suibh, gael. 
sùbh « framboise ». Empr. ir. en brittonique. — Étym. inc. 

Sizun, s. f., semaine, corn, seithun etsythyn, vir. sechtmaine. Empr. lat. 
vulgaire septimana (d'où aussi fr. semaine) > *sectimâna par conta- 
mination du numéral celtique secht. V. sous 1 seiz. 

Soa, soav, s. m., suif, mbr. soaff, corn, suif (voc.) et cymr. swyf, vbr^ 
soui. Empr. lat. sébum, d'où aussi fr. suif. 

Soavon, s. m., savon. Empr. fr. contaminé du précédent. 

1 SOI, s. f ., sol, aire. Empr. lat. solum contaminé du suivant. 

2 Soi, s. f., semelle. Empr. lat. solum ou plutôt *sola fm.* contaminé d'un 
autre empr. lat. plus correct solea « semelle », que représentent, sous 
la forme *solia, le corn, sel et le cymr. sail « fondement ». 

3 Soi, s. f., poutre: écourté dejfr. solive par imitation de 1 sôL 
Sôlier, s. f., grenier, galetas. Empr. fr. ancien solier, du lat. solarium 
« terrasse de faîte exposée au soleil », d'où aussi al. sôlier id. 

tion par fr. ancien doulclla bonde » (cf. doulsil) compris et coupé *doar-s/J(Ern.), 
est remarquablement élégante. 

1. L'élément initial est le démonstratif qui sert de base à soûl « tel ». 

2. Qne supposent également fr. sole [d'un four, etc.], et al. solde « semelle ». 



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248 SOMMONA-SOUNN 

Sommona, vb.. assigner en justice. Empr. fr. ancien semondre <*semonre 

< bas-lat. *summônere < lat. submonère. 
Son, s. m., son, chanson, corn, son « son ». Empr. lat. sonus. 
Sorc'hen, s. f., rêverie, radotage. Empr. ags. sorg et sorh « souci » (> ag. 

8orrow).V. sous serc'h. — Conj. Ern. (peu probable). 
Soroc'h, s. m., cri du pourceau, bruit sourd. Onomatopée. 
Soroc'hel, s. f ., vessie de porc gonûée: contamination par le précédent de 
l'empr. bas-lat. *syrincella ou *syringella f « petit tuyau, corps creux en 

général », dimin. de syrinx empr. gr. Cf. strinkel. 
Souba, vb-, tremper, imbiber, baigner : originairement «tremper la soupe », 

dér. de *soup- > *soub-. V. les deux suivants. 
Souben, s. f., potage: dér. d'empr. fr. soupe. 
Souberc'b, s. m., neige fondue ou qui tombe à demi fondue : composé de 

*soub- eterc'h. V. ce mot et les deux précédents. 
Soubla, vb., baisser, incliner, mbr. soublaff^ cf. mbr. soupl > soubl, 

« agile, qui se ploie », etc.: dér. d'empr. fr. souple. 
Souez, s. f., surprise, admiration (aussi souéc'h V.). Empr. lat. stupèdô 

« stupeur », contaminé peut-être de stupefactus 1 . Cf. sébéza. 
Soucba, vb., se tapir, s'accroupir (aussi choucha): contamination possible 

de soub la et de pucha, ou de so ub la avec empr.fr. coucher, ou cf. fr. 

se jucher avec changement de sens. — Aucune donnée ferme. 
1 SoucTi, s. m., soc, corn, soch (voc.) > xôh, cymr. swch id. : le même 

mot que br. houc'h « porc > groin » (à cause de la forme de l'instrument 
-qui affouille), mais contaminé d'empr. bas-lat. *soccus*. 
2Souc'b, adj., émoussé: soit un celt. *stukko-, pour *stug-nô- « froissé », 

rac. STUG, cf. sk. tunj-à-te, « ils brandissent, lancent, poussent », etc., 

ag. stock « tronc » et al. stock « gourdin », ags. stycce et al. stûck 

« morceau », sans équivalent assuré ailleurs. — Conj. 
Souin, s. m., jeune porc Empr. lat. suînus « de porc » a . 
Soûl, s. m., chaume (aussi seul V.), corn, soûl > zoul, cymr. soft. Empr. 

lat. stipula > *stupula ou *stupila > *stubla. Cf. ag. stubble. 
Sounn, adj., droit, d'aplomb, ferme, mbr. sonn, « arrêté, sans mouvement », 

1. Pour expliquer l'aspirée vannetaise au lieu de a. Ou se ramenant, avec vir. 
socht-aim « je me tais », ir. et gael. sochd a silence », à une base celt. *stup-to-, dont 
la rac. est la même que celle du lat. stup-ëre (Lotb). 

2. Lui-même évidemment gaulois latinisé. 

3» Ou ags. 8toîn > ag. swine, qui est aussi empr. lat. 



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SOURIN-SPELC'II 249 

cymr. syn-u « regarder fixement » : paraît se rattacher d'une manière 
quelconque à la rac. STÂ (sous saô), cf. vir. con-à-snaim « je cesse », 
etc. ; ou à celle qui a produit ag. to stun « rendre immobile », si ce n'est 
même un emprunt très ancien (le mot ags. est inconnu). 

Sourin, s. m., bois de charpente : dér. d'une base celt. *stur-> cf. gr. <rtaop- 
o-s « poteau », lat. instaur-àre « édifier », sk. stkâ-var-â « ferme », se 
ramenant tous en dernière analyse à la rac. STÂ. Cf. le précédent. — Conj. 

Sout, s. f., bergerie. Empr. fr. ancien soute « abri ». 

Souta, vb., souder : contamination d'un dér! d'empr. lat. solidus > roman 
sôldo (cf. saout) et d'empr. fr. souder qui a la même origine. 

Spanaat (T.), vb., cesser. Empr. ags. spannan « assujettir » f . 

Spanel, s. f., spatule (à étaler) ; cf. le précédent. 

1 Sparf, s. m., goupillon : abstrait du vb. sparfa, pour *sparc'ha « asper- 
ger ». Empr. bas-lat. sparg-ere. Cf. le suivant. 

2 Sparf, s. m., asperge. Empr. fr. contaminé du précédent*. 

Sparf el, s. f., épervier (aussi spalfer et spalver T., et cf. splaouer) : dissi- 
milations diverses pour *sparver forme romane = ital. sparoiere et fr. 
éperoier, empr. vhal. sparwàri^>a\. sperber. 

Sparl, s. m., barre, pêne. Empr. bas-lat. *sparulus, dér. d'un germanique 
latinisé *sparus ou *spara* (> fr. espar et esparre). 

Sparr, s. m., gaffe, lance. Empr. ags. *sparre > ag. sparre > spar 
« barre » (attesté par ags. sparr-ian « barrer »), et cf. ags. spere « lance » 
> ag. spear. Cf. le précédent et speur. 

Spaza, vb., châtrer: dér. d'empr lat. spad-ô, « castrat, eunuque ». 

Spék, s. m., javelot, levier, dorade (C), fruit de la bardane, pistil 4 . Empr. 
lat. spïca « épi » (cf. spiculum « dard »), d'où un mot *spik qui a subi 
par synonymie l'influence de bék « pointe ». V. ce mot, et cf. ag. spike 
a pointe » etpike « brochet », cymr. pig, ir. pice, gael. pic, etc. 

SpelCh (V.), s. m., hâle, gerçure. Empr. ags. spilca éclisse », plus ancien- 
nement sans doute « *action de fendre, *fente ». 

1. D'où ag. to span « saisir », cf. al. spannen « tendre »; l'ai, spannung signifie 
encore aujourd'hui a attente immobile ». 

2. A cause de l'homophonie fortuite dCasperge « lat. asparagus) et asperger, et 
de la forme des tiges d'asperge qui figurent un goupillon et en peuvent tenir lieu. — 
La mutation c'h >/ est peu régulière, mais non sans exemple. Cf. /arien, fubu, etc. 

3. Cf. al . sparr en « poutre » et sperren a enclore ». 

4. Tous ces sens sont dérivés : le levier a une partie effilée qui s'insinue sous l'objet 
à soulever; il y a aussi un poisson qu'on appelle « dard » en fr. ; le reste va de soi. 



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250 SPÉÔ-SPISÀ 

Spéô, s. m. f entrave: écourté pour *sepeo. Empr. fr. ancien cepiel « en- 
trave » > fr. cépeau (dér. de cep id.), Bas-Maine dim. seplè Dn. 

Sper, s. m., sperme, germe. Empr. lat. savant sperma, mais apocope par 
une sorte d'euphémisme venu de confusion volontaire avec le radical 
(empr. lat.) sper- « espoir [de génération] ». — Conj. 

Spéred, s. m., esprit, intelligence, corn, spirit (voc.) > spyrys, cymr. 
y8pryd, vir. spirui, ir. et gael. spiorad. Empr. lat. spïritus prononcé 
*spiritu8 tel qu'il est venu par la langue ecclésiastique. 

Spern, s. m., épine, corn, spepn, gaul. sparno- dans Sparno-magus ce le 
champ des épines », soit un radical brittonique *sper-, pour celt. *skwer- 
« piquer », cf. lit. skvèrb-ti « forer »\ Rien du lat. spïna. 

Speûnia, vb., glapir, cf. vir. scem, ir. sceamh, gael. sgeamh et sgiamh. 
Onomatopée très ancienne probable à initiale sq, cf. ag. squeak. 

Speûr, s. f., cloison, cf. ags. sparrian et al. sperrenu enclore » : dér. d'une 
forme altérée par allongement *spara. V. sous sparl et sparr. 

Speûrel (C), s. f., étai : dér. du précédent. 

Spévia, vb. t entraver : dér. de spéô. V. ce mot. 

Spézad, s. m., groseille à maquereau, corn, spedhes, cymr. ysbyddad, vir. 
8cé (gén. sciach), ir. et gael. sgeach « baie d'arbuste épineux » : soit un 
celt. *skwiyat- ou *$qiyat', qui relève peut-être de la môme rac. que lat. 
spïca « épi », ag. spit « broche », al. spitz « pointu », dont on ignore la 
forme radicale et les appartenances. — Conj. Ern., très douteuse. 

Spî, s. m., affût, attente, espérance; abstrait de mbr. spiaff£> br. spia 
« guetter ». Empr. fr. ancien espîer y d'origine germanique. 

Spîl (V.), s. m., givre, verglas : variante dialectale de spelc'h au sens de 
« éclisse, éclat ayant un aspect fendu ». — Conj. 

Spi)en, s. f., épingle: pour *spinl-yen, qui procède d'empr. lat. spinula, 
ou d'empr. roman *e8pin'la > fr. espingle. 

Spina, vb., effleurer, ouvrir [avec une pointe très fine, cf. cymr. yspîn 
« épine »] une pustule, une ampoule, etc. : dér. d'empr. lat. spïna. 

Spinac'h, s. f., hâle, gerçure : proprement « incision faite avec une pointe 
fine », d'où « fente » : dér. d'empr. lat. spina. Cf. spina. 

Spisa, vb., nouer deux cordes en en entrelaçant les bouts: exactement 
« épaissir » ; dér. d'empr. lat. *spis8us 1 pour spissus « épais » \ 

1. Aucun autre équivalent, à moins qu'on n'y rapporte les mots germaniques et 
latins cités sous sparl et sparr. Mais i.-e. kw peut-il donner gcrm. / ou />? 

2. Le fr. a le terme de marine épissure. 



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SPLANN-STAMM 251 

Splann, adj., clair, diaphane, pur, évident, corn, splan, cymr. ysplan (et 

ysplenydd). Empr. lat. splendens et splendidus « brillant ». 
Splaouer (V.), s. m., épervier. V. sous spar/el. 
Splét (V. ),s. m., avantage, profit (a dû aussi signifiera outil», cf. spléten 1 ) : 

abstrait d'empr. fr. ancien espleitier> exploiter. 
Spléten (V.), s. f., languette : dér. du précédent. 
Spluia, vb., tremper, imbiber. V. sous pluia, et cf. skléar. 
SplÛ8, s. m., pépin (aussi spus mbr.), corn, sprus : abstrait d'empr. fr. 

épluch-ure, cf. fr. ancien espelucher « becqueter ». — Conj. et cf. plusk. 
Spoué, s. f., éponge, cymr. yspwng, et cf. le vocalisme de moue. Empr. 

bas-lat. *sponga altéré de lat. spongia id. 
Spouàt, s. m., effroi. Empr. fr. ancien espoentera épouvanter ». 
Spréc'hen, s. f., haridelle : variante de bréc'han. V. ce mot, et cf. skias, 

skléar (ici Y s a assourdi le b subséquent). — Conj. 
Spura, vb., fourbir : comme qui dirait lat. *ex-pûrdre. Cf. par. 
Stâd, s. f., état, situation, État, estime 1 , cymr. ystad. Empr. lat. status. 
Stafad, s. f., soufflet : proprement « [coup] sur la bouche », dér. du radi- 
cal de 1 staoii au sens de « bouche ». V. ce mot. 
Staga, vb., lier, attacher, cf. cymr. ystigo « persévérer »: contamination 

possible d'empr. fr. ancien (picard) attaquera attacher» et d'empr. ags. 

stic-ian, <( attacher, s'attacher » (ag. to stick). — Conj. hasardée. 
Stagel, s. f., le filet de la langue: dér. du précédent. 
Stftl, s. f., boutique. Empr. fr. ancien estai « étal ». 
Stalai, s. f., panneau, vantail, volet : semble identique à l'infinitif mbr. 

stalaff a in-stall-er » 3 , dér. du précédent ou empr. fr. 
Stalbenn, s. m., pignon : exactement tâl-benn y mais avec s prothétique 

(cf. skléar), ou (bien plutôt) contamination de stâl. V. ces mots. 
Stambouc'ha, vb., gonfler, s'enfler: exactement « se trop remplir la 

bouche », composé de 1 staofi au sens de « bouche »et de bac* h au sens de 

« joue gonflée ». V. ces mots. — Conj. (la formation serait peu claire). 
Stamm, s. m., tricot. Empr. fr. ancien estam k « tricot » Dn > estaim 

étaim « longue laine de chaîne », du lat. stàmen. Cf. steùen. 

1. Provençal esplet « outil », fr. juridique exploit a instrument » au sens de « do- 
cument, pièce ». 

2. Ce dernier sens vient du fr. classique/aire état de qqch. « en faire cas ». 

3. Vf final conservé à cause du pi. atalafou, plus usité que le sg. 

4. D'où fr. Çtamine % tissu qui ressemble au tricot. 



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252 STAMP-STÉN 

Stamp, s. m., enjambée: exactement « foulée ». Empr. ags. stempan 
« broyer », cf. gr. «rcipêtiv et al. stampfen « fouler aux pieds ». 

1 Staàk, s. f., étang, corn, stanc. Empr. fr. e&tang. 

2 Stank, adj., épais, serré, abondant : identique au précédent ; procède de 
la locution dour staftk « eau d'étang », d'où « eau stagnante » '. 

Staùka, vb., étancheri obstruer. Empr. fr., et cf. provençal estancar. 

Staol, s. f.,étable. Empr. lat. stabulum > *slablum. 

IStaoù, s. f., le palais de la bouche, mbr. staff n, corn. dér. stefen-ic 
« palais », cymr. safn « bouche » et sefn-ig « gorge » (cf. br. san V.), 
cymr. ystefaig « palais », vbr. istom-id id. : d'un celt. *stamen- « bouche », 
zd 8taman et gr. tz6\l% id., sans autre équivalent sûr (al. stimme « voix »?). 

2 Staoù, s. f., étrave: suppose un mbr. *siaffh et un vbr. *stamn. Empr. 
ags. siemn, « tronc, bloc » (>ag. stem). 

Staot, s. m., urine, mbr. staut. Empr. germanique probable; cf. ag. to 
stale, al. stallen et fr. ancien estaler « uriner », dont les relations sont 
obscures. Cf. Loth, Romania, XIX, p. 593. 

Stard, adj.,raide, ferme, solide, mbr. start. Empr. ags. stearc ou ag. 
stark id. (al. stark), en tous cas inexplicablement altéré. 

Stavad, s. f., variante de stafad. V. ce mot. 

Stéan, s. m., étain, mbr. et corn, stean, cymr. ystaen, ir. stân, gael. 
stàn et staoin. Empr. lat. stannum > bas-lat. stagnum. 

Stéki, vb., heurter, se heurter: dér. destôk. 

Stéfia, vb., boucher : dér. de stouf. V. ce mot. 

Stéc'hen, s. f., quenouillée : dér. d'empr. ags. staef 1 ce bâton » >ag. staff, 
et cf. ag. dÎ8tqff(<C *dise-staef « b. à écheveau ») « quenouille ». — Conj. 

Stél, s. m., ciel-de-lit, corn, stil « poutre », cymr. ystyllen « latte, » etc. 
Empr. lat. astilla « attelle ». Cf. astel et le suivant. 

Stellen, s. f., maladie de nerfs qui cause raccourcissement et immobilité : 
abstrait destellenna «consolider à l'aide d'attelles », d'où « immobiliser », 
dér. dii précédent. — Ern. 

Stéfi, adj., raide, tendu : abstrait de stéha « étendre », lequel est une conta- 
mination, par le lat. extendere, de l'ancien vb. celt. *ten-yô « je tends » 
= gr. tetvo), cf. vbr. tin-s-ot « il aépandu » ; la rac. est TEN, sk. tân 
« continuité », tan-d « mince » et tan-à-ti « il étend », gr. tavo- et *c«v- 
af<5-< « étendu », lat. ten-ui-s et ten-dô, vir. tan « temps » et tana, etc. 

1. Fuis, par abstraction, « stagnant » tout court, etc. 

2. Sur l'échange d/ et c*/fc, cf. 2 spar/. 



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STER-STLANVESK 253 

(sous lanaô), ag. thin et al. dûnn « mince », vsl. tïn-ûkû id., etc., etc. 
Ster, s. f., rivière, mbr. staer: soit un cclt. *stag-râ, qui relève de même 

rac. que gr. axaY-wv « goutte », rcaÇco « *<rtaY-^w), « je dégoutte, je 

coule », et lat. stag-nu-m, sans autre équivalent assuré. 
Stérôden 1 , stéren, s. f., étoile, corn, steyr pi. et ster-en sg., cymr. seren, 

gaul. Sir-ona (nom d'une déesse stellaire) : d'un celt. *ster-à « étoile », 

sk. star, tàr et tar-à, gr. à-vzfy et à-crcp-o-v, lat. *ster-ula dimin. >*sterla 

> sfe//a, got. stair-nô, ag. star et al. ster-n, etc. ; subsidiairement tous 

rattachés à rac. STER, « joncher, épandre », sk. str~nà-ti, gr. ordp-vo-fxi, 

lat. ster-nô, vii.fo-sair « couverture », etc. Cf. gouzer. 
Stern, s. m., cadre, châssis, métier de tisserand, bois de lit, attelage, cf. 

cymr. ystarn « bât » et ystarnu « seller », cymr. sarn, « pavé, litière » * : 

d'un celt. *star-no-, dér. de la rac. qu'on verra sous le mot précédent, 

mais contaminé sans doute d'empr. lat. sternere. 
Sterven (C), s. f., morve : variante à métathèse de *streo-en dont on 

trouvera l'explication sous stréfia. Cf. aussi 2 dérô. 
Steûden, s. f., tenon, mortaise: dér. de mbr. 8ieut y « série, rangée » (parce 

que tenon et mortaise se font suite), cymr. ystod, « couche, rang ». Empr. 

bas-lat. *status, allongé d'après stàre .« avoir de la consistance ». 
Steûein (V.), vb., variante dialectale de stoufa. 
Steûen, s. f ., la chaîne ou la trame d'un tissu, mbr. steuven, cymr. gstof 

« chaîne » seulement. Empr. lat. stàmen id. (rien du fr. étoffé). 
Steûzia, vb., fondre, disparaître. V. sous teûzi et cf. skléar. 
Stiv (V.), s. m., cloison (de navire). Empr. bas-lat. stuba, « pièce à feu, 

salle de bain, chambre » (d'où al. stube « chambre » et fr. étuve). 
Stivel, s. f., fontaine à lavoir: dér. d'empr. bas-lat. stuba au sens de «salle 

de bain ». — Conj., et cf. le précédent. 
Stlabéza, vb., souiller, salir. Empr. fr. altéré esclabouter « éclabousser », 

contaminé de labéza (l'idée de «jet» leur est commune). — Ern. 
Stlaka, vb., claquer. Onomatopée compliquée d'empr. fr. ou germ., cf. fr. 

claquer et fr. ancien esclachier « éclater ». 
Stlaiesk, s. f., mercuriale (plante) :) variantes d'un seul et même mot, 



;i 



Stlanvesk, s. f., petit plantain:) d'origine inconnue. 

1. Singulatif refait sur le collectif ster-ed, comme ster-en sur ster tout courte — 
Lat. astrum est empr. gr. 

2. L'idée générale est « jonchée » ou «surface, espace vide destiné à être rempli ». 
Le cymr. sarn est celtique pur* 



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y 



254 STLAON-STOURM 

Stlaon, s. m., frai d'anguille, cf. cymr. slowen et yslywen « anguille » : ce 
mot et sili paraissent être des variantes différenciées d'un celt. *slangw- 
ina (empr. germ.?), dont la base est la même que celle de basai, slang 
étal, schlange « serpent », sans autre équivalent. — Rhys. 

Stlapa, vb., jeter, lancer. Empr. ags. probable \ 

Stléja, vb., ramper, cf. vir. slind-a poli » et slâet « glissoire » : dér. d'une 
rac. SLIDH ce glisser », d'où ags. slîd-an > ag. to slide, lit. slid-à-s 
« lisse », slyd-au « je glissai » et slystu « je glisse ». Cf. aussi lifitr. 

Stleûk, s. m., étrier. Empr. fr. altéré estrieu*. 

Stlôak, s. m-, cendre à lessive; cf. al. moderne aus-laug-en « lessiver les 
cendres, etc. » pour en extraire le principe détachant s . 

Stloné, s. f,, grand plantain. Cf. stlaûvesk. 

Stok, s. m., choc, pulsation (d'où stoker « trébuchet )) et stokirez « ra- 
tière »): abstrait d'empr. fr. choquer et toquer (ital. toccare « toucher »), 
contaminés en outre de fr. estoc, « souche, tige ». 

Stôl, s. f., étole, bande d'étoffe (d'où stôliken, « lisière d'enfant, barbe de 
coiffe »), corn, stol, cymr. ystola. Empr. lat. stola « robe ». 

Stonn, s. m., herbe à brûler. Empr. fr. ancien altéré estoute, «éteule, 
chaume », du lat. stipula. Conj., et cf. soûl. 

Storéen, s. f., courroie, fouet à sabot: pour *s/coréen (lat. ex corio «de 
cuir »), cf. skourjexet korréen. — Conj. assez hasardée. 

Stou, s. m., inclinaison, mbr. stouff, etc., cf. cymr. ytstwng « dépresssion », 
vir. stdag « arche » et tuag « arc » * semble le produit d'une confusion 
celtique des deux radicaux *stig- « faire un mouvement ascendant ou 
descendant» (rac. STIGH, gr. <r:efy w, got. steig-an, sX.steig-en « monter », 
etc.) et bug- « courber » (rac. BHUG, gr. tpe^Y-w et lat. fug-iô « je dévie 
> je fuis », cf. got. biug-an, ag. to bow et al. bieg-en, br. bouk et bouch)\ 
cf. en outre ag. steep « en pente » et to stoo-p « s'accroupir ». 

Stouf, s. m., bouchon (d'où stou/a « boucher »). Empr. lat. stuppa (d'où 
fr. étoupe et al. stop/en « bourrer »), et cf. fr. estouffer. 

Stoup, s. m., étoupe. Empr. fr. estoupe, et cf. stouf. 

Stourm, s. m., bataille, assaut, tourmente (aussi storm). Empr. ags. 
storm > ag. storm « tempête », et cf. al. sturm. 

1. Cf. ag. slappe > slap « coup violent », d'où aussi br. stlafad « soufflet » par 
contamination de sta/ad. V. ce mot. 

2. Influence destlaka « claquer, bruire »? — Conj. Ern., d'autant plus légitime 
qu'il y a une variante stleo beaucoup plus rapprochée du fr. 

3. Empr. peu vraisemblable : par où le mot serait-il venu ? 



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STRAK-STREP 265 

1 Strâk, s. ni., craquement. Enipr. fr. craquer, cf. stlaka. 

2 Strâk (V.), s. m., boue, ordure: relève du même radical inconnu qui a 
produit visl. threkk-r et al. dreck id., mais avec s prothétique. 

Straker, s. m., hâbleur: cf. 1 strakeX fr. popul. craqueur. 

Strâd(C), s. m., fond, mbr. et corn, strad (toponymique), cymr. ystrad 

« vallée », vbr. istrat « plaine », vir. israth, ir. et gael. srath « vallée » : 

d'uncelt. *stra-tu- ou *stra-to-, sk. str-tâ « étendu », gr. <rxpa)-x6-;, lat. 

strd-tu-s- \ tous issus de la rac. qu'on verra sous stéréden. 
StrafiJ, s. m., agitation, trouble, émoi, frayeur. Empr. à un radical 

roman (fr.) estrebil-, estourbeil-, etc., qui relève en dernière analyse du 

lat. exturb-âre, cf. turba « tumulte » et turbô « tourbillon ». 
Strantal, adj., léger, dissipé: doit se rattacher au même radical que 

stréaouein, mais on ne voit point par quelle dérivation. 
Strâp, s. m., fracas. Onomatopée ; cf. stlaka et 1 stràk. 
Strapen, s. f., crochet à attacher le bétail: contamination des empr. fr. 

trappe et grappin par le mot précédent. — Conj. 
Stréaouein (V.), vb., éparpiller: soit un celt. *strou-ô « je disperse », lat. 

stru-ô « j'édifie » (cf. le suivant), got. strâu-jan, ags. strêatcian> ag. 

to stretc, et al. streuen « éparpiller », tous relevant, par une amplification 

primitive (STERu), de la rac. de stràd et stéréden. 
Stréat, s. f., chemin étroit, venelle, rue, mbr. strehet « voie pavée », et 

cf. vbr. strouis « j'ai jonché » : ppe passé du vb. précédent au sens de 

« joncher, édifier, paver », etc. 
Strébotein (V.), vb., buter, trébucher : contamination de ces deux empr. 

français, surchargée de Vs prothétique, cf. skléar. 
Stréfia, vb., éternuer, mbr. streuyaff, cymr. ystrew et trexo « éternuement » 

[ystrewi vb.), vir. sreo-d y ir. srao-th, gael. sreo-th-art id. : d'un celt. 

*streu-ô « j'éternue », pour *pstretj,'ô, lui-même amplifié (cf. stréaouein) 

d'une rac. PSTER (onomatopée), gr. ir:àp-vo-nai, lat. ster-nu-ô. 
Strec'h (V), adj . , variante dialectale de strlz. 
Stre), s. m., pierre d'attente. Empr. lat. altéré *exiràlium (corrompu d'après 

aliusl), pour extràn^im, « extérieur, faisant saillie ». — Conj. 
Stréoued (V.), s. m., litière des chemins. Cf. stréaouein. 
Strep, s. m., étrape, serpe : contamination de ces deux mots français, ou 

abstrait d'empr. lat. exiirpare (d'où aussi f r. étrape] . 

1. Naturellement tous ces mois ne sont pas identiques. 



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256 STRÎF-STRÛJ 

Strîf, s. m., effort, querelle. Empr. fr. ancien estrif*. 
StrlJ, s. m., goutte, filet d'eau : abstrait du vb. stri(a qui lui-même semble 
abstrait et altéré d'empr. fr. distiller « dégoutter ». 

1 Striàk, s. m., cristal. Onomatopée du son cristallin. 

2 Striàk, s. m., jaillissement, jet : abstrait du vb. strinka, « jaillir, 
lancer », qui lui-même est abstrait du suivant. 

Strinkel, s. f., seringue, sarbacane: dér. d'empr. fr. altéré seringue « lat. 
syrinx). Cf. sorochel pour la forme et sifoc'hel pour le sens. 

Stripen, s. f., tripe. Empr. fr. altéré, cf. skléar*. 

Striva, vb., s'efforcer, quereller. V. sous strif. 

Striz: adj., étroit; s. m., détroit (aussi strechet stric'h V.). Empr. lat. 
*strïctus etstrïctus (> fr. estreit > étroit). 

Strôb, s. m., lien d'assemblage. Empr. lat. struppus > bas-lat. *stropus, 
« lien, bandelette », lui-même empr. gr. arp^poç*. 

Strôbinel, s. m., tourbillon : dér. d'une forme romane issue du lat. turbô 
(gén. lurbin-is), cf. cymr. twrfa tumulte » etbr. strafil. 

Strôden, s. f., coureuse, drôlesse, mbr. sirotoneistrodton, et cf. fr. ancien 
trottière ou troteresse « prostituée »: dér. d'empr. fr. trotter, mais avec 
contamination du sens de stroul 9 etc. ; ou se rattachant par une méta- 
phore grossière au vbr. strotur « selle », empr. lat. strâtùra. 

Stroll, s. m., assemblage, amas, bande : peut-être proprement « rouleau [de 
papier] ». Empr. ag. altéré scroll. — Conj. 

Strons, s. m., ébranlement, cahot. — Étym. inc. *. 

Strouez, s. f., brousse, hallier. Empr. germanique probable; cf. mhal. 
strûch > al. strauch « buisson ». — Conj. Ern. 

Strou) (C), s. m., ordure (d'où stroulen « souillon ») : terme d'argot po- 
pulaire d'origine très indécise ; cf. bastroulein. 

Strou)en (C), s. f., brume (temps sale) : dér. de stroul. 

Strûj, s. m. , fécondité : abstrait du vb. struja « féconder »(< *strud-ya-) t 
dont la base *strût- suppose un empr. ags. ; cf. ag. to strut « se gonfler •) 
= al. strotz-en, « regorger, pulluler ». 

1. Empr. germ. contaminé d'al. strit > streit « combat » et *streb-ôn > streben 
« s'efforcer », et cf. ag. to slrioe. 

2. Us peut provenir d'un vb. *8tripaff < fr. estriper > étriper. 

3. Mais fals-strôb est une simple corruption pour fals-strep. 

4. A la grande rigueur, il n'y a dans le passage de fr. secousse à br. strouns 
aucun phénomène inusité dans les emprunts du br. au fr. ; mais l'ensemble de la 
corruption est trop choquant. 



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STUC'H-TAKEN 257 

Stûcli, s. m., plume, etc., vir. stuaic « pointe », gael. stuaic « promon- 
toire » : sens primitif mal défini. — Étym. inc. 1 

Stuc'hen, s. f., gerbe : dér. du précédent. 

Stnmm, adj., petit: comme qui dirait « ramassé », abstrait de dastumi 
analysé faussement da-stum-i. V. ce mot. Ou cf. al. stump « avorton » \ 

Stûr, s. m., gouvernail. Empr. hollandais stuur id.* 

Sudélen, s. f., judelle (oiseau). Empr. fr. altéré. Cf. jualen. 

Sûg, s. f., trait, corde d'attelage, cymr. syg « chaîne ». Empr. bas-lat. 
*8ôca (cf. fr. populaire souquer « tirer »), d'origine inconnue. 

Suien, s. f., dorade. Empr. lat. zëus. — Conj. Ern. 

Sùl, s. m., dimanche, corn, [dèdh] sût, cymr. sul. Empr. lat. salis (diès). 

Sûl-, préf . augmentatif, variante de seul- « tellement ». V. ce mot. 

Soja, vb., rôtir, flamber, cf. suein (V.) « noircir » : exactement « se flamber 
à l'ardeur du soleil », dér. d'empr. lat. soi. Cf. sût. — Ern. 

Sulbéden, s. f., imprécation : proprement « prière très instante, sur- 
prière ». V. sous sâl-, zôken et sioaz. 

Sun, s. m., suc, succion : abstrait de mbr. sunqffa sucer», cymr. sugno 
« sucer » et sugn 1 «succion», vbr. dis-sungn-etic «épuisé»: soit un 
celt. *sûk-nô «je suce », qui relève de la même rac. que lat. 8ûc-u-8 et 
vir. sûg « suc », lat. sUg-ô et vir. sûg-i-m « je suce », ags. sac-an > ag. 
to suck, al. saug-en, lett. sùkt « sucer », lit. sùnk-ti « faire couler », etc. 

Sûr, adj., aigrelet, cymr. sur. Empr. fr. sûr, d'origine germanique. 

Suta, vb., siffler, flûter. Onomatopée, et cf.. c'houitel. 

Suran, s. f ., variante de sixun. V. ce mot et cf. burzud. 



1 Ta, ton, ta. V. sous da et té. 

2 Ta, variante écourtée de éta. V. ce mot. 

Tabut, s. m., bruit, querelle, cf. fr. tabut, tabuter, tabuster, tarabuster, 

etc. : onomatopées de langage populaire et de provenance très indécise. 
Taken, s. f., goutte, morceau : identique au fond à takon. 

1. Voir les articles de MM. Stokes, Macbain et Ernault. 

2. Dans ce cas le br. serait empr. germ., et le double m s'expliquerait mieux, 
mais en revanche Vu ne se comprendrait pas. 

3. Cf. al. steuer, vb. steuern, et ag. to steer. 

4. Us brittonique maintenu par influence du lat. sûcus. 

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258 TAKÉNEIN-TÀLBÔD 

Takénein (V.), vb., ruminer: proprement « chipoter, manger lentement 
par menues miettes », dér. du précédent. CI. toutefois daskiria (Ern.). 

Takon, s. m., pièce de rapiéçage. Empr. fr. ancien tacon. 

Tàd, s. m., père, mbr. tat, corn, tat > tas> cymr. tàd, ir. datàn « père 
nourricier» > daidin et gael. daidein « papa » : d'un celt. *iato-, terme 
de caresse enfantine; cf. sk. tatà « père », gr. taxa et TÉrta, lat. tata y got 
atta w père » et al. âtteu aïeul », lit. téti-s, vsl. ot-ïcï, russe tjatja\ 

Taga, vb., étrangler, atiaquer 1 , corn, taga, cymr. tagu, vir. tach-t-ad 
« action d'étrangler », ir. tach-dai-m « j'étrangle », gael. tach-d id. : 
soit un celt. *to-ang-ô, où la rao. est la même que celle du lat. ang-ere. 
V. sous eûk, et le préf. sous 1 da. — Très douteux, car il n'y a nulle 
part trace de la nasale qui eût dû demeurer. 

Tach, s. m., clou. Empr. fr. ancien tache id. '. 

Tachen, s. f., pièce de terre, pâtis. Empr. roman, qui se ramène au radical 
de celui des mots qu'on verra sous tach et takon. 

1 Tâl, s. m., front, corn, et cymr. tâl, gaul. Halos dans Dubno-talos n. 
pr., etc. : d'un celt. Halo- = sk. tala « surface », spécialisé ailleurs en di- 
vers sens ; cf. gr. rt\K{% « table à dés », lat. tel-lûs « terre », al. diele 
« planche », lit. iifêid.etvieux-pruss. tal-u-s « sol », vsl. tïlo « pavé ». 

2 Tâl, s. m., fond : identique au précédent 4 . 

Tâl, s. f., stature, manière, danger'. Empr.fr. taille. 

Taladur, s. m., doloire, mbr. daladur. Empr. bas-lat. *doldtôria (> fr. 

doloire), mais l'initiale influencée par tarar. V. ce mot. 
Talar, s. m., sillon du bout d'un champ, cymr. talarid. : dér. de* tdl> soit 

un celt. *tal-aro- 9 cf. la formation du tr.front-ière. 
Talbenn, s. m., frontispice, pignon: comme qui dirait « tète de façade », 

composé du type ancien. Cf. tâl etpenn, et la note sous kil. 
Talbôd, s. m., angélique sauvage : pour *tal-oôt t cf. cymr. tal-fed-el a an- 

gélique de jardin », soit un ce\i.*talo-buti' qui signifierait « la précieuse »\ 

V. sous bout et tahézout. — Conj. 

1. Sur le composé tâd-iou et similaires, voir sous ioidik. 

2. Ce dernier sens par influence du fr. at-taquer. 

3. D'où le vb. fr. at-tach~er « clouer ». 

4. En pariant, bien entendu, du sens de « surface ». 

5. Ce dernier sens est abstrait de locutions telles que é tà\ koll « en situation de 
perdre », d'où « en danger de ». 

6. A cause des propriétés curatives de cette plante, qui passent pour si puissantes 
qu'on la dit aussi « panacée ». — Conj. 



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TÀLED-TANÀO 259 

Taled, s. f., fronteau : dér. de 1 tâU 

Talgenn, s. m., fronteau, cf. cymr. tal-cen « front » : proprement « peau de 

front 1 ». V. sous 1 tâl et kenn, et cf. talbenn pour la formation. 
Talier, s. f., croupe. Empr. fr. darrière = derrière, bizarrement altéré par 

rapprochement de contraste avec tâl. — Conj. 
Talm, s. f., fronde, cymr. ielm « lacet », vir. tailm, ir. tailmh et gael. tailm 

« fronde » : d'un celt. *talk-8mi-, dont on ne peut rapprocher que vsl. 

tlû/c-ç « je frappe ». — Stokes, Mcb. 
Talvézout, talvout, vb., valoir, mériter : proprement « être paiement », 

d'où « compenser, équivaloir », cf. corn, et cymr. tâl « paiement », vbr. 

tal « il paya », mir. toile, ir. taille, gael. tail et tail-eat « salaire », gr. 

tIX-oç « impôt » et tiXa-vco-v « poids de métal précieux » ; dans ce dernier 

mot apparaît encore le sens « supporter > peser » \ qui est l'acception 

primitive de rac. TELÀ, gr. tX-dta « je supporte », lat. tol-lô et tul-i, al. 

dul-den, « supporter, souffrir ». V. aussi tleuA, kéoatal, et cf. béza, boni. 
TamalL s. m., blâme, ir. tâmailt « opprobre »: d'un radical celt. *tamb-, 

pour *8tamb-, cf. gr. <rtéf*6-w « j'insulte » et <xto6-£cd « je gronde »??? 
Tamm, s. m., morceau, fragment, corn, et cymr. tam, vir. temm, gael. 

teum id. : d'un celt. *tend-men-, dér. de rac. TEND « couper », gr. 

tév8-u> « je ronge », lat. tond-eô « je tonds », vir. ro-thunn-setar « ils 

taillèrent en pièces », cf. gr. tl^-vetv et vsl. tç-ti « couper ». 
Tamoez, s. m., sas, tamis, cf. mbr. taffoessat « sasser » '. Empr. bas-lat. 

tamësium, d'où aussi fr. tamis. 
Tamoézen, s. f., épi : la forme normale est toézen* (V.), cymr. tywysen 

> twysen, vir. dias, ir. et gael. dias, soit un celt. *to- ou *do-e/r-a-inâ, 

cf. gr. «x 77 ) (( épi » < *ak-s-nà. V. le préf. sous da et la rac. sous ék. 
Tân, s. m., feu, corn, tan (voc.) > tân, cymr. tân, vbr. tan et dans Tan- 

neguy n. pr. « chien de feu », etc., vir. tene, ir. et gael. teint id. : d'un 

celt. *teno8 nt., pour *tep-nos. Cf. téz et iomm, et la note sous ktl. 
Tanaô, tanav, adj., mince, corn, tanow, cymr. teneu, ir. et gael. tana 

< celt. *tan-awo-. V. sous stéfi la rac. et les homologues. 

1. Le mot ne parait pas de même formation que dourgen (Ern.), puisqu'ils sont 
de genre différent. 

2. Cf. l'évolution latine pendere « suspendre > peser > payer ». 

3. Qui montre que la forme régulière serait *tatiooez (cf. tariouez var. V.): Y m 
a été ramené par l'influence du fr. 

4. Contracté de Haoézen, qui ailleurs a inséré un n par contamination de tamoez. 
Le type brittonique devait être *toë88in-. Mais cf. Mcb. s. y. dias. 



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280 TANÉ-TÀRIEL 

Tané: adj., écarlate ; s. m. , cochenille : dér. de tân (couleur de feu) 1 . 
Tann, s. m., chêne: cf. fr. tan « écorcede chêne » et al. ianne « sapin » 

(jadis aussi « chêne»). Enipr. germanique par intermédiaire roman. 
Tanô, adj., contracté de tanaô, variante de tanav. 
Taùtad, s. m., feu de joie, cf. cymr. tandod « conflagration », vir. tentide 

« enflammé » : soit un dér. celt. *tenotati-. V. sous tàn. 
Taùva, vb., tâter, goûter, mbr. tqffhaff, corn, taoa id. : d'un radical celt. 

*tam et *tab-, presque isolé, qu'on retrouve aussi dans téôd. 
Taô, s. m., silence, cymr. taw id. : soit un celt. *ta-wo-, dér. d'une racine 

qui parait être la même qu'on retrouve, amplifiée d'une gutturale, dans 

lat. ta-c-èreet got. tha-h-an «se taire ». Cf. técel. 

1 Taol, s. m., coup, jet (d'où le vb. taoli > teûrel), corn, toula t jeter ))^ 
cymr. tajl « jet » et taflu « jeter », vir. tabal, ir. iabhall et gael. tabhal 
« fronde » : d'un celt. *tab-allo-, auquel on ne connaît pas d'équivalent 
(Mcb. rapproche ag. to stab « percer »???). 

2 Taol, s. f., table, cymr. tafol « balance ». Empr. lat. tabula. 
Taouarcli, s. m., tourbe, motte, cymr. tywarchen, vbr. pi. tuorchennou. 

Celtique d'origine probable 1 , mais étym. inc. 

Taouz (T.), s. m., yeuse: dér. d'empr. lat. taxas « if ». 

Taran, s. m., feu follet, corn, et cymr. taran « tonnerre », gaul. Tarante 
«Jupiter tonnant », vir. lorand t tonnerre », ir. toran « fracas », gael. 
torrunn « tonnerre » : d'un celt. *tor-anno- « tonnerre »*, dont on 
rapproche ir. tair-m « bruit », gr. adj. xop-4-<; « à haute voix », lit. 
tàr-ti « dire » et tar-mè « dicton », vieux-pruss. târ-in « voix ». 

Tarar*, s. m., tarière, mbr. iarazr> corn, tardar, cymr. taradr, vbr. 
tarater, vir. tara-thar y gaul. latinisé tara-tram qu'atteste Isidore et 
que suppose fr. tarière, etc.; cf. gr. xépe-xpo-v et lat. tere-bra id. : tous 
issus d'une rac. TERÀ « percer » (lat. ter-ere « user par frottement » 
et pf . trî-Di, vsl. tïr-q, « je frotte » et infin. trè-ti), dont relèvent aussi les 
mots qu'on trouvera sous kontron et sous dré. 

Targaz, s. m., matou : pour taro-kaz. V. ces mots. 

Tariel(C), s. f., niaiserie: variante altérée de c'hoariel. — Conj. 

1. Plus vraisemblable que la dérivation par iann (coccus du chêne). 

2. Malgré la quasi-homophonie de l'ags. turf > ag. turf. 

3. Le sens primitif n'est altéré qu'en br., où l'évolution sémantique a dû être 
« tonnerre > éclair > météore ». 

4. Aussi talar, par contamination de taladur. V. ce mot. 



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TARLOUN KA-TÉAR 261 

Tarlounka, vb., avaler de travers ; préf. tar-, équivalent phonétique de 
dar-, précédant avec sens péjoratif le vb. lonka. V. ces mots. 

Tarner (C), s. m., torchon, cf. cymr. tarnu, « absorber, sécher »: 
rappellent vaguement le lat. terg-ere« essuyer», qui est également isolé. 

Tard, s. m., variante dissyllabique de tare. 

Tartéz, s. m. , galette : dér. d'empr. fr. tarte. 

Tartouz, s. m., mite, teigne : par assimilation pour hartouz (qui existe 
aussi) < *artouz. Empr. fr. ancien artuison > artison. 

Tarv, s. m., taureau, corn, tarow, cymr. tarto, vbr. taruu, gaul. tarvos 
(inscription de Cluny), ir. et gael. tarbh id. : d'un celt. *tarwo-, gr. 
xoupo-ç, lat. taur-us, vieux-pruss. tauri-s « buffle », vsl. turû. 

TarvaL s. m., cheville: dér. probable de taro\ 

Tarz, s. m., coup violent, fracas (aussi tare 9 h V.), cymr. tardd id., tarddu 
« éclater » : dér. de la rac. qu'on verra sous tarar. 

Tarzel, s. f., barbacane, meurtrière, cf. cymr. tarddell, « issue, source » : 
dér. de tarz au sens de « percement > percée ». 

Tas, s. m., tasse, coupe. Empr. fr. tasse. 

Tâs, s. m., taxe, taux, prix. Empr. fr. taxe. 

Tasman, s. m., lutin, fantôme; cf. ital. talismano et fr. talisman, qui pro- 
cèdent d'un empr. arabe telsam (pi. telsamin) « image enchantée ». Empr. 
fr. ancien qui a gardé le sens étymologique. 

Tastourni, vb., tâtonner, manier: dér. de dourn, précédé de tas-, équi- 
valent phonétique du préf. das-. V. ces mots. 

Tata (terme enfantin), papa. V. sous tâd. 

Tatina, vb., railler. Empr. fr. taquiner. 

Tavaùcher, s. m., tablier. Empr. fr. altéré devantier. Cf. hincha. 

Tavaûtek, adj., indigent : peut s'expliquer à la rigueur par *taz-vant-, soit 
préf. itératif tas- = das-, et empr. ag. want « besoin »'. 

Tavarn, s. f., cabaret. Empr. lat. taberna ou fr. taverne. 

Tavédek, adj ., silencieux, cymr. tawedog. Cf. taô = tao. 

Té, tu, toi: le radical t-, pour le sg. de la 2 e pers., est commun à toute la 
famille indo-européenne et ne requiert pas d'exemple. Cf. mé. 

Téao'h, s. m., fuite : abstrait detec'hout. 

Téar, adj., prompt, violent, cymr. taer « importun»: composé de *to- et 

1. Au sens primitif « [verge] de taureau ». 

2. Voir une étymologie celtique au Gloss. Ern., p. 683. 



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262 TECHTÉÔ 

d'un mot équivalent au cymr. haer, c entêté, pressant », soit celt. *sag- 

ro- « fort ». V. le préf . sous 1 da et la rac. sous / héal. 
Tech, s. m., habitude, inclination: abstrait de l'empr. fr. en-tech-er, dont 

survit aujourd'hui le ppe entiché. Cf. dichek. 
Teolurat, vb., s'enfuir, s'en aller, cymr. techu « se blottir », gaul. 

Tïc-ïnu8 % « le Tessin » (le rapide), vir. tech-i-m, ir. teith-i-m et gael. 

teich « fuir » : soit respectivement celt. *tekkô et *tek-ô «je fuis », 

rac. TEQ, sk. tak-a-ti et tak-ti « il court », lit. tek-ù et vsl. tek-ç « je 

cours », got. thiu-8, ags. thëow et vhal. deo « serviteur », etc. 
Tel, vb., couvrir [une maison ] : dér. de ta. V. ce mot. 
Teil, s. m., fumier, mbr. teyl, cymr. tail, cf. gr. tîXo-c « purin », sans 

autre équivalent. 
Teir, trois (au fm.), corn, ter, cymr. teir, vir. teora id. : d'un celt. *(e- 

8or-es, cf. sk. tisràs et zd iiçarô < i.-e. *tisre8 probablement altéré par 

dissimilation pour *tri-8r-e8, etc. V. sous tri, péoar et péder. 
Télen, s. f., harpe, corn, telein, cymr. telyn. — Étym. inc. * 
Tell, s. f., impôt, subside, cymr. toll, et cf. corn, toll-or « percepteur» '. 

Empr. lat. écourté teloneum, lui-même du gr. téXo;. Cf. taloézout. 
Telt, s. m., tente. Empr. ags. [ge-)teld >ag. tilt. 
Temps, s. m., trempe, tempérament. Empr. lat. savant tempus, substantif 

pris pour équivalent de sens de temperâre « tremper ». 
Tempz, s. f., épice : abstrait du vb. tempsi, dér. de temps 1 . 
Téner, adj., mou, délicat, corn, et cymr. tyner. Empr. lat. tenerum. 
Tenn: adj., tendu, raide, rigoureux; s. m., tension, trait; s. f., attelage ; 

cf. cymr. tyn, vir. tend, ir. et gael. teann, « tendu, serré » : abstrait de 
Tenna, vb., tirer, ôter, déduire, corn, tenna et tynne, cymr. tynnu, et cf. 

le précédent. Empr. lat tend-ere, mais non sans contamination probable 

du radical celtique qu'on trouvera sous stén. 
Teùsa, vb., réprimander. Empr. fr. dialectal tencer « tancer ». 
Teùzor, s. m., trésor. Empr. lat. savant tensaurus. 
Téô, adj., gros, épais, mbr. et vbr. teu, corn, et cymr. tew, vir. tiug, gael. 

1. La quantité TXcfnus conviendrait mieux, et après tout c'est peut-être la vraie, 
bien qu'on ne la relève qu'en décadence; car Sidoine était Gaulois. 

2. Les rapprochements gr. Topûvv), « cuiller, plectre de lyre », lat. trua et vial. 
thoara « cuiller », d'une rac. TWER TRU « mettre en branle » (Rh^s), se heurtent 
à 17 celtique. 

3. Br. teller. La voyelle o dénonce l'influence de l'ag. toll. 

4. Ce qui donne du a tempérament » à un mets . 



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TÉÔD-TEÛZI 263 

tiugh id.: d'an celt. *teg-wo-, qui ne se retrouve qu'en germanique 1 , cf. 

visl. thykk-r, ag. thick et al. dick « gros ». 
Téôd, s. m., langue, mbr. teaut, corn, tavot (voc) et taoas, cymr. tafawd 

> tafod id. : soit un celt. *tab-àto-, dont la rac. est sous taûoa. 
Téôl, s. m., tuile (aussi tevl V.). Empr. lat. tégula. 
Téon (C.)> s. m., sève (aussi teno) : abstrait ietinoa** 
Ter, s. m., goudron. Empr. ags. teoru > ag. terre > tar. 
Termen, s. f., terme, corn, iermyn, cymr. terfyn, vbr. termin. Empr. 

lat. terminus, mais le br. et le corn, refaits sur le fr. terme, 
Termi, vb., haleter, gémir. Empr. fr. populaire trimer. 
Terri, vb., rompre, abolir, se rompre, mbr. terryff. V. sous torr. 
Ters, s. f., fesse. Empr. fr. ancien très « derrière » (prép.). 
Tersien, s. f., fièvre, corn, terthen, cymr. fozWA et teirthon. Empr. lat. 

tardif tertiàna « fièvre tierce ». 
Tes (V.), s. m., monceau, mbr. tas. Empr. fr. tas. 
Teskaouen (T.), s. f., épi, glane. — Étym. inc, mais la syllabe initiale a 

sûrement quelque rapport avec les mots cités sous tamoézen. 
Test, s. m., témoin, corn, tist (voc.) >test, cymr. tyst, vbr. pi. test-ou. 

Empr. lat. savant testis (et cf. br. testera <C lat. testimônium). 
Teûl, s. m., titre, charte, mbr. teuzl. Empr. lat. titulus. 
Teûr, s. m., ventre, bedaine, mbr. tor et torr, cymr. torr, vbr. tar, vir. 

tarr, ir. tàrr, gael. tàrr id. : d'un celt. *tarm-sâ (-so-), dont le radical 

se retrouve dans gr. tpà^-iç « périnée », ag. tharm et al. darm « boyau ». 

— Conj. Mcb. (très plausible) . 
Teûrel, vb., jeter, lancer (ppe taolet), corn, tewlel, cymr. tajluià. : méta- 

tbèse ou dissimilation d'un vb. dér. de 1 taoL 
Teûreûgen, s. f., tique, oursin : dér. prob. de teûreht ventru ». V. sous 

teûr, et cf. toutefois torlosken pour le premier sens. 
Tenrvézout, vb., daigner, simple variante de deuroézout. 
Teûz, s. m., lutin, fantôme, mbr. teûs, et cf. ir. tucht, « forme, apparence », 

gr. ™x-t4-<, « formé, façonné » (rapprochements très douteux). 
Teûzi, vb., fondre, disparaître, mbr. teuzyff, cymr. tawdd « fusion » et 

toddi « se fondre » : soit un celt. *tà-yô « je fonds », dér. d'une rac. TA 

que représentent également gr. ^-x-u> « je fonds » et xa-x-epo-ç « fluide », 

1. Mais qui peut se rattacher à la rac. STEG « couvrir », si l'on en juge par le 
gr. ot6y-v6-c, v couvert, solide, épais », et le vsl. stog-U « amas ». V. sous ti et ta. 

2. Ou radical de tln.ua, si ce vb. est celtique. 



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264 TÉVÀAT-TINT 

lat. tà-bu-m « sang » et tâ-bës « consomption », vir. tà-m id., ags. thàw- 
an > ag. to thaw « dégeler » (al. tauen id. et verdauen « *dissoudre 

> digérer »), vsl. ta-ja-ti « fondre » et talû « liquide ». 
Tévaat, vb., grossir, épaissir: dér. de teo, variante de téô. 

Téval, adj., obscur, triste (aussi teàoal, etc.)» mbr. teffal (corn, et cymr. 
tiwul-gou « ténèbres » et tywyll « sombre » procèdent d'une tout autre 
formation), vir. temel « obscurité »: soit un celt. *tem-elo-, dér. derac. 
TEM, sk. tâm-08 « obscurité » et tam-is-râ « sombre », lat. tenebrae 
(pour *tem-es-rai), vir. tem-en et vsl. tïm-ïn-û « sombre » (de tïm-a 
« obscurité »), vhal. dëm-ar et al. dàmm-er-ung « crépuscule », etc. 

Tével, vb., se taire (ppe tao-et) : dér. de tav = taô. 

Tévenn, s. m., falaise, rivage, corn, towan, cymr. tywyn. Empr.ag. doune 

> dotoriy « colline, dune » 1 . — Conj. hasardée, et et. 2 tûn. 

1 Téz, s. m., pis, tétine, corn, teth-an, cymr. teth. Empr. bas-lat. tiiia 
(d'où aussi fr. tette et teter), lui-même empr. gr. ou germ. Cf. déna. 

2Téz, s. m., échauffement, corruption de l'air par grande chaleur, corn, 
et cymr. tês t vir. tess, ir. et gael. teas « chaleur » : d'un celt. nt. *tep-es- 
= sk. tàp-as « chaleur » = lat. tep-or «tiédeur », tous issus derac. TEP. 
V. sous tomm et cf. grouez. 

Tî, s. m., maison, corn. ti, cymr. ty, vbr. -tig (sous bue h), vir. tecA et teg, 
ir. et gael. teacA id. : d'un celt. *teg-e8- nt., dér. de rac. STEG > TEG 
« couvrir », sk. sihag-aya-ti « il couvre », gr. <rziy-u> « je couvre » et 
xly-oç « toit », lat. teg -à et tec-tu-m, ag. thatch et al. dach « toit », al. 
deck-en « couvrir », lit. stég-iu « je couvre ». Cf. aussi tô. 

Tiégez, s. m., ménage : dér. de tig > tî. V. ce mot. 

1 Tîl, s. m., tilleul, teille de lin, etc. *. Empr. fr. ancien tille. 

2 Tîl, s. m., torchis à faire les cloisons : peut-être proprement « la cloi- 
son » elle-même, dér. d'empr. german., cf. al. diele « planche »*. 

Timâd (V., C.,T.), adv., promptement : analyser tiz-mâd. V. ces mots. 

Tifi, s. m., teigne. Empr. lat. tinea > *tinia, ou fr. teigne. 

Tlnel, s. f., tente, pavillon. Empr. fr. altéré tonnelle. 

Tiùt (C), s. m., étai, chantier. Empr. lat. tentum, « tente, [objet] tendu ». 

1. Lui-même, en dernière analyse, d'origine celtique. 

2. L'évolution du sens est « tilleul — êcorce de tilleul — écorce teillée en général »; 
cf. le fr. teille. 

3. D'où aussi fr. till-ac. — Conj. Ern. 



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TINVA-TOEK 265 

Tinva, vb., se dit d'une greffe qui prend, etc., cymr. tyfu « croître » et twf 
« croissance ». Empr. lat. tum-ëre « se gonfler » *. 

Tîr, s. m., terre, corn., cymr. et vbr. tir, vir. tir et gael. tir id. : d'un celt. 
*tër80- > *tïr80- « sec », presque identique à lat. *tersa > terra*. 

Tîz, s. m., allure, diligence, cymr. taith « voyage », vir. techt, ir. et gael. 
teachd id. : soit un celt. *tik-to- ppe de rac. STIGH > TIGH « monter 
> aller », cf. vir. tiag-ai-m et ir. tighim « je vais », gael. tighinn 
« venue », vsl. stig-nq, « je viens », lit. staigà « subitement » a . 

Tizok, s. m., eunuque : cf. ags. tyska « busard »; mais peut-être plutôt 
altéré et incompris pour tri zôk « trois chapeaux > triple chapeau », à 
cause de la forme bizarre de la coiffure des eunuques orientaux ou des 
castrats romains. — Conj. toute personnelle. 

Tizout, vb., atteindre, avoir le loisir, mbr. tizaff, cymr. teith-i « capacités », 
vir. techta-i-m « j'ai » et técht-e « apte », gael. teachd « légal »: d'un 
celt. *tek-tô « j'atteins », rac. TEQ, cf. ag. thing et al. ding, « affaire, 
chose », B.Lgedeih-en « prospérer », lit. tenk-ù « j'atteins » (infin. tèk-ti). 

Tleûù, s. m., quenouillée, mbr. tleunv, vir. tlàm et gael. tlàm « poignée 
de laine » : correspond à un gr. *TXâ|xa = celt. *tlâ-men- « ce qui est 
supporté » [par la quenouille] ; cf. gr. tX* u> « je supporte ». V. la rac. 
disyllabique sous talvèzout. — Ern. 

Tô, s. m., couverture de maison, corn, et cymr. to (et toi « couvrir »), vir. 
tuga et tugim, ir. tuighe et tuighim, gael. tugha « toit »: d'un celt. *tog- 
o-, cf. lat. tog-a « vêtement qui couvre » et (pour le sens) tug-uriu-m 
« cabane », ags. thaec « toit », etc. V. la rac. sous ti. 

Toal (C), s. f., nappe. Empr. fr. toile *. 

Toajén, s. f., essuie-mains. Empr. fr. ancien touaille id. 

Tôaz, s. m., pâte, cymr. toes, vir. tâi8>toeis, ir. taos, gael. iaois id. : soit 
un celt. *taÎ8-to-, dont on peut rapprocher vsl. tês-to et gr. <rcaï<; « pâte » 
et lat. 8tir-ia « goutte épaisse ». — Aucune donnée ferme. 

Toazon, s. m., glande, ris de veau : dér. du précédent (pâteux). 

Tôk, s. m., chapeau. Empr. fr. toque. 

Toek, s. m., toison: soit un celt. *tog~iko- « recouvrant ». V. sous tô. 

1. Ou celtique, et alors apparenté à tumeô, tumulus, etc. 

2. Cette manière de désigner « la terre » est commune au celto-italique tout 
entier, mais ne se retrouve nulle part ailleurs. Ou celt. *têr-o-, à cause du simple r? 

3. Voir aussi les mots cites sous âtou.*Mais ttz pourrait également se rattacher 
à la famille de mots visée sous tizout. 

4. Spécialisé en ce sens par rapprochement de tô- « couvrir ». 



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266 TOEN-TORGOS 

Tôen, s. f., toit: dér. moderne de ta. Cf. le précédent. 

Toézella (V.), vb., émousser, agacer: variante dérivative de tozona. 

Toézen (V.), s. f., épi, glane. V. sous tamoézen. 

Toc'haden(C), s. (. , épi, glane. Cf. teskaouen. 

Toc'hor, adj., faible, moribond (aussi toc 9 h qui en parait abstraitetécourté). 

Empr. ir. torchair « il tomba »? — Rhys (le rapprochement avec cymr. 

tochi « tremper » n'est pas plus satisfaisant comme sens ni dérivation). 
Tôl, s, m. , variante contractée de taol (d'où tôli = teûrel). 
Tomm, adj., chaud, mbr. toem, corn, toim, cymr. twym, vir. timme 

« chaleur » : d'un celt. *tësmo- 9 pour *tep-e8/no-, dér. de rac. TEP, sk. 

tâp-a-ti, « il brûle, chauffe », lat. tep-êre « être tiède », vir. té ( < celt. 

*tep-ent-) t chaud », etc. Cf. tân et 2 téz. 
Ton (C), s. m., sorte de goémon 1 : le môme que 1 tonn. 
Toùka, vb., toper en signe d'accord. Empr. fr. toquer*. 
Toùkadur, s. m., fatalité, prédestination : dér. secondaire par rapporta 

cymr. tynged et ir. tocad « chance », lesquels représentent un celt. 

*tonk-eto- issu de même rac. que tizout. V. ce mot et tonka. 

1 Tonn, s. m., flot, vague, vbr., vir. et gael. tonn id. : soit un celt. *tund- 
o- « heurtant », issu de rac. STUD > TUD, d'où aussi sk. tud-â-ti « il 
heurte » et tun-nâ « heurté », lat. tund-ere (pf. tu-tud-ï) et tud-es 
« marteau », got. stâut-an et al. stoss-en « pousser », etc.* 

2 Tonn, s. m. , variante de tont > tout. 

Tonnen, s. f., couenne, croûte, cymr., ir. et gael. tonn id. : d'un celt. *tun- 
nà, auquel on ne connaît pas d'équivalent. 

Tout, s. m., amadou. Empr. german., cf. hollandais tonder % ags. tynder 
>ag. tinder « amadou », etc., et al. zûnden « allumer ». 

Tôrad, s. m., ventrée : dér. de tôr. V. sous ieûr. 

Torfed, s. m., délit, crime. Empr. fr. ancien tort-fait. 

Torgammed (V.), s. m., torticolis: combinaison bizarre des deux syno- 
nymes tort et 2 kamm. V. ces mots et cf. ratouz. 

Torgen, s. f., tertre, butte : dér. d'empr. lat. torus. Cf. dourgen. 

Torgos, adj., trapu, nabot: soit tort~kôz k . V. ces mots. 

1. Dont chaque rangée est la trace d'une « vague » qui Ta apportée. 

2. Contaminé de mbr. tonquajy « prédestiner », qui est la base du mot suivant: 
il existe des variantes toka et tonga. 

3. Ce n'est pas la seule étymologie possible. — Cf. astuz. 

4. « Vieux rabougri », le sens va bien, mais l'ôtymologie exigerait z et non s final; 
cf. le Gloss. Ern., p. 700. 



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TORCHAD-TOUINEL 267 

Torchad, s. m., bouchon de paille : dér. de torcha « torcher », empr. fr. 

Torcliouénia, vb., se vautrer (aussi tôréein V. et tôrimella C, simples 
dérivés). V. sous teûr et c'houénia. 

Torlo8ken, s. f., punaise. V. sous teûr et losk \ 

Torosen (C), s. !. : synonyme de torgenet de même origine. 

Torpez, s. m., motte de bouse à brûler: pourrait être contraction et syn- 
cope de taouarc'h-péz, composé de type ancien. V. ces deux mots. 

Torr, s. m., fracture, corn, torry et terry « briser », cymr. iorr « frac- 
ture », etc.: abstrait d'empr. ags. tor-en « déchiré » > ag. torn*. 

Tors, s. f., tourte, gros pain rond (aussi torc'h V.), corn., cymr. et mbr. 
(12 e siècle) torth. Empr. lat. torta « tordue » > fr. tourte. 

Tort: adj., tortu, bossu; s. m., bosse. Empr. fr. ancien tort « tordu ». 

Tortel, s. f., botte, faisceau : dér. du précédent (objet tort-illé). 

Tortisa,vb., friser, crépeler. Cf. les deux précédents. 

Torvéan, s. m., saxifrage. V. sous torret méan (casse- pierre). 

1 Tôst, adv., prép., proche, près de. Empr. fr. tost*. 

2Tôst, s. m., le banc des rameurs. Empr. fr. ancien et méridional toste 
id., qui paraît d'origine germanique. — Ern. 

Tosten, s. f., rôtie : empr. lat tostà ppe fm. « rôtie ». 

Touella, vb., charmer, tromper, séduire, corn, tulle id., cymr. twyll 
« fraude »: aucun autre équivalent sûr. — Étym. inc 

Touez, s. m., mélange, masse (d'où é-touez a parmi »), cymr. twysg « quan- 
tité » : suppose un celt. *teisko-, qui pourrait être une contamination du 
radical de tôaz et de celui de meski. V. ces mots*. 

Toui, vb., jurer, blasphémer, mbr. toeaff, corn, toy, cymr. twng « serment » 
et tyngu « jurer » (cf. moue pour le vocalisme), vir. tong-u « je jure » : 
d'un celt. *tong-ô (cf. gaul. Tong-ius et Tong-etamu-s n. pr. « l'asser- 
menté »), qui relève de la môme rac. que gr. xe-xa^-wv « saisissant », 
lat. tang-ere* et visl. thuk-la « toucher », etc. 

Touinel, s. f., hameau : dimin. d'empr. ag. tourte « ville » > town. 

1. « Brûlure au ventre»? Car c'est de préférence aux parties molles que s'attaque 
cet insecte presque inerme. Cf. teûreàgen. 

2. Un final survivrait-il d'aventure dans torn-aot s. m. « falaise », exactement 
« rivage déchiré » ? 

3. Par transport sémantique du temps à l'espace. 

4. Ou se rattachant à la rac. qui apparaît nasalisée dans le vhal. thtcingan, « serrer, 
presser » > al. zccingen « forcer », et le gr. *-cfitx-ytû > aàrro), « je bourre, je charge ». 

5. Le serment primitif s'accompagne de 1 attouchement d'une partie du corps. 



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268 TOUL-TOUSEK 

Tou), s. m., chien de mer: abstrait d'empr. !r. touiller « barboter » [dans 
la vase] ; cf. toulen (proprement « mélange confus »). 

Toulbaba, vb., tâtonner, manier. Onomatopée plaisante 1 . 

Tou)en, s. f., brume: dér. d'empr. fr. touille. V. sous tout. 

Toull, s. m., trou, cymr. twll 9 vir., ir. et gael. toll id. : d'un celt. *lollo- 
« creusé », assimilé pour *tor-lo-, dér. à l'état fléchi de la rac. qu'on 
trouvera sous tarar (ou *tuk-s-lo-, cf. vsl. is-tûk-na-ti a creuser »). 

Touû, adj., écourté, camard, mbr. touign id. : abstrait de touigna « écour- 
ter » = empr. lat. tund-ere « frapper ». Cf. 1 tonn*. 

Toupina, vb., écornifler: dér. d'empr. fr. populaire toupin « pot-au-feu ». 

Tour, s. m., tour, clocher, corn. tur, cymr. twr. Empr. lat. turris. 

Tourked, s. m., lien de balai: dér. d'empr. lat. torquëre*. 

Tourc'h, s. m., verrat, mâle, corn, torch, cymr. twrch ; vbr. turch, vir., 
ir. et gael. tore « verrat » : soit un celt. *t-orko-, dont le second terme 
est pour *porko-, lat. porcus, vir. orc 9 etc., lit. pàrsza-s, ag. farrowet 
al. dimin. ferk-el « cochon de lait », vsl. prasç. On ne s'expliquerait 
pas ici l'intervention du préf. *to- 4 ; cf. 1 da, tourta et tourz. 

Tourta, vb., cosser de la tête comme les béliers (cf. tourz), cymr. hyrddu 
« heurter » : pour *tourza*, composé de préf. *to- (sous 1 da) et d'un dér. 
du celt. qui a donné br. horz. V. ces mots. 

Tourtel, s. f., tourte. Empr. fr. tourtel « tourteau », et cf. tors. 

Tourz, s. m., bélier, corn, hordk, cymr. hwrdd id. : pour *hourz, avec la 
même préfixation que dans tourta, ou à cause de la locution *maout ourz 
prononcée par erreur *maoutourz > maout tourz. Cf. tourc'h. 

Touskan (T.), s. m., mousse terrestre : peut-être altéré pour trousken. 
V. ce mot (le lichen est une sorte de lèpre). — Conj. Ern. 

Tousek, s. m., crapaud, mbr. toucec, cf. provençal tossec et espagnol 
tàsigo « poison ». Empr. roman, du lat. toxicum* id., et cf. taxus «if» 
(dont le suc est vénéneux), tous deux venus du gr. 

1. La première syllabe peut être l'altération, soit de fr. tourner, soit de br. 
dourn. Cf. tastourni. 

2. Quant à Yn % comparer mon, soit donc un type Hundiàre. 

3. Cf. cymr. torrh «collier » = empr. lat. torques. 

4. Le celto-iat. avait peut-être un mot *trogos « porc », à demi attesté par on lat 
vulgaire *trogia > trola > f r. truie. Il se pourrait dès lors que *torkos > br. tourc'h 
fût une contamination de *porkos et *trogos : Sommer, die Komparatlonssuffixe im 
Latecn., p. 91. 

5. Influencé sans doute par le fr. heurter, qui représente un roman *urtdre % évi- 
demment formé sur une base celtique. 

6. En conséquence, la vraie traduction de kabel-douseky c'est « chapeau vénéneux ». 



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TOUSIER-TRÉANTI 269 

Tousier, s. f . , nappe : relève de la même origine que toaV . 

Touz, adj., tondu : abstrait de mbr . tousaff> br. touza « tondre ». Empr. 

fr. ancien touser « bas-lat. tonsdre) . 
Tôzôna, vb., agacer les dents (aussi toazôna), mbr. tasoanaff, etc. : variante 

dérivative de tuzum. Cf. ce mot et toézella. 
Trâ, s. f., chose, corn, ira id. : peut-être identique à 1 trô*. 
Trabel, s. m. , traquet : relève plus ou moins d'une onomatopée à laquelle se 

rattachent aussi 1 strâk (fr. traquet), stlaka, et 
Trabidella, vb., vaciller, chanceler, et 
.Trabiden, s. f., haillon (qui bat sur le corps). — Ern. 
Tragas, s. m., confusion, tumulte. Empr. fr. tracas. 
Trank, trankl, s. m,, galetas : métaphore maritime, cf. fr. trinquet « la 

voile la plus élevée du navire »; cf. pourtant fr. ancien trinc (God.), 

terme d'architecture inexpliqué. Empr. fr. — Conj. 
Traon, s. m., partie inférieure d'un objet quelconque, mbr. tnaou et tnou, 

« vallée, en bas », cymr. tyno « vallon » : d'un celt. *ten-owo- = *slen- 

owo-, cf. peut-être gr. *<rcev-/4-ç > orevcS; (ion. <rreiv<$<;) « étroit » ; sans 

autre équivalent. Cf. kraoun et naou. 
Traoùien, s. f., vallée : dér. du précédent. 
Traouil, s. f., dévidoir. Empr. fr. ancien travail id. 
Travel, s. m., travail, peine, souci. Empr. fr. travail. 

1 Tré-, préf., au delà*. V. sous dré, et qquns des mots suivants. 

2 Tré, 1 tréac'h, s. m., reflux, jusant, corn, trig, cymr. traiet treioa refluer», 
vir. tràg-ud « reflux » : proprement «[re-Jtrait », la rac. sous trô. 

2 Tréac'h, adj., plus fort, supérieur, vainqueur (aussi trec'h), cymr. trech, 
vir. tressa, ir. treas, gael. treasa id. : d'un celt. *trek-s-, forme réduite 
de *trèg-yos-, compar. de celt. Hreg-no- « fort » (cymr. tren, vir. trén, 
ir. et gael. treun « brave », et cf. lat. strënuus), tous deux issus d'une 
rac. STREG « force » ; ag. et al. stark « fort », lit. streg-ti « se raidir », 
persan suturg « vigoureux », etc. — Mcb. 

Tréala, vb., haleter. V. sous tré- et alan, et cf. trèc'houéza. 

Tréanti, vb., harponner, pénétrer, s'imbiber 4 : dér. de trèaiil < trèzant 
« harpon ». Empr. lat. tridens ((trident ». 

1. Sur l'échange d'J mouillé et *, cf. le Gloss. Ern., p. 704. 

2. Au sens vague « tour > fois > objet »? 

3. L'emploi postposé au sens du fr. très (de môme origine} doit procéder d'une 
contamination du breton et du français. 

4. Sens secondaires procédant de contamination de tré-. 



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270 TRÉAT-TRENK 

Tréat, s. m., onguent : abstrait d'empr. !r. traiter « médicamenter » 
Tréaz, s. m., sable de mer, sable, mbr. traez « rivage », corn, traith > treth 

> treath, cymr. traeth, vir. tracht, etc. : d'un celt. *trak-iu-, presque 

identique au lat. tràc~tu-s\ V. la rac. sous trô. 
Trébez, s. m., trépied (aussi trébé T., V.), corn, tribet (voc.) > trebath, 

cymr. trybedd. Empr. lat. tripedem accusatif. 
Tréki, vb., échanger : dér. de trok. Cf. leski, terri, etc. 
Tréd, s. m., étourneau, corn, troet, cymr. drudwy, ir. truid>(rod id. : 

soit un celt. *trodi- et *trozdi-> à peu près identique à lat. turdus 

« *turzdo-s), ag. throstle et al. drossel, lit. strâzdas « grive ». Cf. dra&k. 
Trédé, adj., troisième, corn, tfrysse > tressa, cymr. trydydd : d'un celt. 

*tri-tiyo- (cf. *ri), sk. Irtiya, zd thritya, lat. tertius, got. thridja, ags. 

thridda > ag. tfAird, et al. dritte, lit. trécza-s. 
Trédémarz, s. f., miracle étonnant. Cf. marz*. 
Trédéren, s. f., douaire (tierce-part). V. sous rann*. 
Tréf, s. f., territoire dépendant d'une succursale. V. sous adr^. 
Trégas, s. m., variante altérée de tragas. 
Tréc'hi, vb., surmonter, vaincre : dér. de 5 tréac'h. 
Tréc'houéza, vb., haleter. V. sous tré- et c'houéz, et cf. tréala. 
Trei, vb. (ppe frde*), tourner, tordre : dér. de 1 trô. 
Treidi (V.), s. m., étourneau : pi. de tréd pris pour un sg. 
Treiz, s. m., trajet par eau (aussi treic'h V.). Empr. lat. trajectus, mais 

sans aucun rapport avec treûzi. V. ce mot. 
Trélonk, adj., acre: abstrait detréloAka*. Cf. torlouiika. 
Tréma (V.), prép., vers : proprement « par ici » (tré-, 3 ma). 
Trémen, tréménout, vb., passer, dépasser, surpasser, transgresser, 

mourir (tré-passer). V. les deux termes sous tré- et moût*. 
Trenk, adj., aigre, sévère, cf. cymr. trwngc « urine >) : on rapproche en 

outre gr. ^ipy-avo-v, <( vinaigre, piquette », et al. dreck « ordure ». V. sous 

2 strâk et cf. troaz. — Rien de précis. 

1. Qui signifie « éti rement > étendue > terrain continu ». 

2. « Troisième merveille », locution venue du folklore : dans les contes populaires, 
les récits fantastiques se succèdent au nombre de trois et en gradation. 

3. Le mot, dès lors, devrait être masculin ; mais, Va s'étant affaibli en e, il est devenu 
féminin à l'imitation de nombre de mots en -en. Aussi trédérann, trédéarn et trédern. 

4. Signifie doue « difficile à avaler »; mais la corruption du vb. sous l'influence 
de tré- est difficile à comprendre. 

5. On attendrait *trècoAt\ mais il faut se souvenir que la prép. qui signifie a au 
delà » a, dans toutes les langues, des formes terminées par une consonne. 



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TRÉÔ-TRÎ 271 

Tréô, s. f., variante de tré/. V. ce mot et adré. 

Très, s. m., lenteur, tranquillité : exactement « allure », identique à treùz 

« travers », qui est abstrait de treûzL V. ce mot 1 . 
Tréskaô, s. m., hièble: soit «au delà du sureau», d'où quelque chose 

comme « faux sureau ». V. sous tré- et skaô, et cf. skiliô. 
Treskiz (V.), s. m., rigole: proprement «coupure en travers». V. le préf. 

sous tré- et la rac. sous skéja. — Conj. 
Trést, s. m., grand tènement de terre, cymr. (rest « chose étendue»: 

paraît empr. ags. altéré streccan « étirer », cf. ag. a stretch ofland. 
Treûjen, s. f., tronc, trognon : dér. de treûd = treàt. 
Treûskin, s. m., jabloir. Empr. fr. troussequin ou trusquin. 
Treûst, s. m., poutre: pour m treustr t corn, troster (voc.), cymr. trawst. 

Empr. bas-lat. *irà8trum < transir um « traverse ». 
Treûstel, treûstl, s. f., tréteau, linteau. Empr. fr. ancien trestelO h. 

tréteau), influencé par le précédent qui est de môme origine. 
Treût, adj., maigre, sec, cymr. tlawd « misérable » : soit un celt. *trd-io- 

« traversé > transi », ppe de la rac. de tarar'. 
Treûzi, vb., traverser, percer (aussi trézein V.), d'où a été abstrait treùz, 

a travers, seuil » (> treûza « tordre », etc.) = cymr. traws. Empr. lat. 

tràns'ï-re > *tràsire. Ou d'un celt. *tràs, cf. tarar, etc. 
Trével, s. m., variante assimilée de traoel. Cf. bursud. 
Trévers, s. f., trêve : contamination d'empr. fr. tresoe et de br. trevers 

= empr. fr. traverse, « qui empêche, interrompt ». 
Tréza, trézenna, vb., prodiguer, dissiper: proprement « laisser couler 

comme un vase percé », abstrait et dér. de tréz-er. 
Trézen, s. f., lange : dér. d'empr. fr. ancien *tro8ses > trousses « hardes» 

lequel est abstrait de trousser < lat. *tortiare*. 
Trézer, s. m., entonnoir, dissipateur (cf. tréza), mbr. traezer. Empr. lat. 

trajectorium > bas-lat. tractàrius (d'où aussi al. trichter id.). 
Trî, trois, corn, try, cymr. tri, vit. tri, etc. : d'un celt. *treis, sk. trây-as, 

gr. xpeTç, lat. très, got *threis t ag. three et al. drei, vsl. trïje, etc. 

1. L'expression it voar hô très signifierait donc« allez selon votre trajet > votre 
façon d'aller », etc. — Le mot très « trace » est sans doute le même, mais contaminé, 
quant au sens, du fr. trace. — Conj. 

2. L'I cymr. peut être une altération; sinon, il ferait songer au gr. tXtj-tcJ-ç, 
« patient », dont la rac. est sous tleun. — Ern. 

3. L'é vient d'un pi. Irésùonl trézen est le singulatif. — Conj. 



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272 TRIK-TRÔNÔZ 

Trik-heûzou, s. m. pi., guêtres. Empr. fr. ancien tricquehouze avec sens 
analogue. Cf. 1 heàz. 

Triked (V.), s. m., tréteau, linteau. Empr. fr. ancien triquet « échafaudde 
couvreur ». 

Trida, vb., tressaillir de joie : sorte d'onomatopée d'origine probablement 
romane, mais diversement modifiée ; cf. lat. trepidàre « trembler » et 
tripodàre « danser », provençal tridoula et périgourdin triboula « gre- 
lotter », etc. Cf. aussi kridien et tripa. 

Triùchin, s. m., oseille, mbr. trinchonen. Cf. treAk. 

Tripa, vb., danser, trépigner (aussi trépa). Empr. fr. treppir « danser », 
auquel Ern. rattache aussi trima « tressaillir de peur ». Cf. trida. 

1 Trô, s. f., tour, corn, tro, cymr. tro, et troi « tourner » (cf. trei) : d'un 
celt. *trog-o- « traction », dér. à l'état fléchi d'une rac. probable TRAG H 
que reproduit lat. trah-ere, cf. aussi got. thrag-fan « courir ». Nombreux 
dér. celt. sous 1 tréac'h, tréaz, troad, gozrô, etc. 

2 Trô, s. f., présure : identique au précédent 1 . 

Troad, s. m., pied, marche, mbr. troat, corn, trait (voc.) > trois > trôs, 

cymr. troed, vir. traig (gén. traiged), ir. et gael. troigh id. :'d'un celt. 

*trag-et- ou *trog-et- t dér. de la rac. TRAGH (sous 1 trô) 1 . 
Troaz, s. m., urine, cymr. troeth, « urine, eau (alcaline) de lessive»: d'un 

celt. *trok-to-, sans équivalent précis. V. sous treAk. 
Trok, s. m., échange. Empr. fr. troc. 
Trôel, s. f., liseron : dér. de 1 trô (qui s'enroule). 
Trôen, s. f., tourbillon d'eau, gouffre tournant : dér. de 1 trô. 
Troc'han, s. f., roitelet (T.). — Étym. inc. * 
Trôidel, s. f., biais, ruse : dér. de 1 trô (cf. fr. tour). 
Trompi}, s. f., trompette. Empr. fr. ancien trompille id. 
Tronjen, s. f., tige : contamination de ireùjen et d'empr. fr. tronc. 
Trônôz, s. f., lendemain, mbr. tronnos « après-demain», cymr. tranoeth 

« lendemain » : correspond en celtique à ce que serait en latin tram noctem, 

et aAtrônoz à m in trans noctem. V. sous tré- et nôz. 



1. Ce qui fait « tourner » le lait. 

2. Pour le passage du sens « tirer » au sens « marcher », cf. al. liehen « se di- 
riger vers ». Ce sens est attesté déjà par le gaul. latinisé oertrag-us « lévrier » (fort 
coureur, cf. war). 

3. Le rapprochement possible avec lat. trochllus n'est pas satisfaisant pour la 
forme; celui avec cymr. trochi « plonger » eitrochydd « plongeon » (oiseau) ne l'est 
pas pour le sens. 



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TRONS-TRUL 273 

Trôna, s. m., trousse, carquois. Empr. fr. altéré 4 . 

Trota, vb., trotter. Empr. fr.,etcf. stroten*. 

Troue ha, vb., trancher, couper, cymr. trtech « mutilé»: soit an celt. 
*trokk-ô «je coupe», dér. d'une rac. de forme indécise, dont paraissent 
relever aussi lat. trunc-u-s ettrunc-dre « mutiler », al. dringen « presser», 
lit. trènk-ti « pousser », vir. du-thraic « il désire ». — Très incertain. 

Trousken, s. f., croûte qui se forme sur une plaie, cf. vir. trosc « lèpre » : 
dér. d'un radical *trousk', qui n'apparaît nulle part mieux que dans le 
got. thrûts- « lèpre », et qu'on peut rattacher à gr. tq6-u> « frotter » ou 
lit. tru-nè-ti « pourrir »; soit donc un celt. *tru-sk<>" de sens indécis. 

Trouz, s. m., bruit, cymr. trwst. Onomatopée probable. 

Truant 9 , s. m., gueux, cymr. truan, « faible, calamiteux» : dér. de cymr. 
et mbr. tru «chétif », gaul. Trôgo-s n. pr., vir. trûag « malheureux » 
(et dér. trôg-ân, etc.); soit un celt. Hroug-o-, de rac; TRUG, gr. crtpe-JY- 
o-fxat « je suis en détresse », vsl. strug-ati « racler », etc. Cf. truez. 

Trabard, adj., fourbe: contamination possible de deux empr. fr., soit 
truffer « tromper » (mbr. trufla) etfourber, avec finale dérivative. 

Trulra], s. m., affliction, mbr. tribuill, etc. : abstrait du vb. trubula « affliger» 
= *tribul-ya h , lequel est dér. d'un simple *tribul, abstrait lui-même du 
radical de l'empr. fr. tribul-ation. 

Truez, s. f., pitié, cymr. truedd «misère», vir. trôige, etc. : d'un celt. 
*troug-yd, «misère, commisération». Cf. truafit ettrugarez. 

Trugarez, s. f., grâce, pardon, merci, corn, tregereth, cymr. trugaredd, 
vbr. tru-car-auc « miséricordieux », vir. trôcaire et gael. trbeair 
« compassion » : d'un composé celt. *trougo-karyà « amour des mal- 
heureux », dont on trouvera le premier élément sous truafit et le second 
sous karout; mais le second seul est hors de doute. 

TruJ, s. m., guenille, chiffon : peut-être pour *drul, cf. cymr. dryll 
« fragment » 8 , soit un celt. *drous-lo- et *drus-lo-, qu'on rattache à gr. 
6pau-o> « briser », lat. fras-iu-m « morceau », lett. drus-ka « miette ». 

1. Ce mot et troAsa « trousser » sont naturellement des emprunts beaucoup 
moins anciens que très > tré*en. 

2. Il est à peine besoin de faire observer que ce verbe n'a en tout état de cause 
rien à voir au br. troad. 

3. Le fr. truand est empr. br. ; mais en revanche c'est au f r. que le br. doit son t 
final, qui n'est pas étymologique. 

4. Assimilation de la 1" syllabe à la 2*, cf. burzud, butun, etc. 

5. V. sous dral. — Le fr. drille « chiffon » parait être emprunté au breton. 

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274 TU-UFERN 

Tû, s. m., côté, corn, et cymr. tu, vir. tôib > tôeb, ir. et gael. taobh id. : 
d'un celt. *toibo-, qui n'a nulle part d'équivalent sûr. 

Tûd, s. f., les gens, mbr. tut, corn, tus, cymr. tùd « pays », gaul. Teuto- 
en tête de plusieurs n. pr., vir. tûath, ir. et gael. tuath « peuple» : d'an 
celt. *toutà (et *teuta)i qui se retrouve en germanique et en lettique (got. 
thiuda* et lett. taûta « peuple », etc.), ainsi qu'en italique (ombr. toto 
« ville », osque tâotd « peuple »), mais non en latin ni ailleurs. 

Tuellen, s. f., robinet : dér. d'empr. fr. tuel> tuyau. 

Tufa, vb., cracher sans effort. Onomatopée probable. 

Tufen, s. f., douve, merrain (aussi du/en). Empr. fr. altéré. Cf. doutez. 

Tuchen, s. f., butte, tertre : pour *tut-yen (cf. hiticha), dér. de tut (sous 
tûd) au sens de « pays », puis influencé par 2 tùn. — Conj . 

1 Tûn, s. m., espièglerie, ruse: proprement «friponnerie», abstrait de 
l'empr. fr. (argot) tuner « friponner » f . 

2 Tûn, s. f., colline, dune, falaise. Cf. fr. dune 9 . 

Turkez, s. f., tenaille. Empr. fr. ancien et dialectal turcoises (tricoises). 

Turc'ha, turia, vb., fouir. — Étym. indécise*. 

Turubajou, s. m. pi., fatras. Onomatopée. 

Turumel, s. f., fourmilière : cf. turiaden «taupinière», où la dérivation 

par rapport à turia est mieux marquée; formation obscure. 
Turzunel, s. f., tourterelle. Empr. lat. vulgaire turturella. 
Tuzum, adj., pesant, épais: pour *tu$-im, terme d'argot hybride, dont la 

finale est celle des anciens superlatifs fr. (saint-isme, etc.), et dont le 

radical se rattache, par emprunt ou autrement, à celui de l'espagnol 

tocho, « grossier, stupide ». — Rien de précis. 



U 

Ufern, s. m., cheville du pied, cymr. ujffarn, et tous deux pour *ufrann que 
supposent ir. odbrann et gael. aobrann id. : soit un composé od-brann, 
dont le l« r terme est *od- pour *pod- « pied » (cf. sk. pad 9 gr. ™k 

1. De même origine sont le nom ancien des Teutons et le véritable ethnique des 
Allemands (vhal. diut-isc > al. deutsch). 

2. Cf. le roi de Thunes (Tunis) « le prince des escrocs ». 

3. Le mot est d'origine celtique ; mais il a passé par tant de langues qu'il est im- 
possible de savoir où les Bretons l'ont réemprunté. 

4. Pourrait se rattacher à une rac. homologue de celle de tarar. Cf. cymr. tario 
a fouir », gr. Topyvrj et lat. trua « cuiller à pot ». 



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i 



UGENT-VA 275 

(7co$-<5ç), lat. pës (ped-is), got. fôt-u-8, ag. foot, al. fusa, etc.), et le 
2 e se rattache au radical qu'on verra sous bronn, soit donc quelque chose 
comme « gonflement, excroissance, mamelon du pied » \ 

Ugent, vingt, corn, ugans et ugens, cymr. uceint > ugaint > ugain, vir. 
,/ïcfo, etc. : d'un oelt. *wihji(- i à peu près identique à sk. viniçati, zd 
visaiti, gr, J=(xaxt (dor.) et cfxoat, lat. vïginti*. 

Uc'h, adj., haut, corn, et cymr. uch « au dessus » : abstrait de uchel 
— uc'fiel, qui est la variante primitive et subsistante de huel. V. ce mot. 

Ulmen, s. f., nœud d'arbre, rognure de bois. — Étym. inc* 

Ulven, s. f., duvet ou déchet de lin, de fil, etc. V. sous elfen, elven eteâfl. 

Unan, un, corn, onan et onon, etc. : dér. de un-. V. sous eunn. 

Unnék, onze : pour *un-dék. Cf. unan etdélc. 

Unvan, adj., uni, semblable, cymr. un/an « le même endroit » et cf. cymr. 
man « place » : le br. est formé de même, du radical un- et du mot qui 
est devenu br. mân. 

Urlou, s. m. pi., goutte (maladie), variante de hurlou. 

Urs, s. f., ordre, arrangement, cymr. urdd. Empr. lat. ôrdô. 

Us, haut, dans la locution adverbiale a us (aussi corn.), « en haut, au- 
dessus )> : variante de uc'h en certaines positions syntactiques, puis géné- 
ralisée. Pour la phonétique, cf. la note sous *eks-, 

Usien, s. f., criblure, corn, et cymr. pi. usion, «baie, paille », et cf. cymr. 
us id., usyn, eisin, « son, baie », vbr. pi. eus-in-iou « criblures », sans 
équivalent retrouvé ailleurs. — Étym. inc. Cf. Loth, Voc. Vbr., s. v. 

Usmol (T.), s. m., synonyme de usien, dont le premier terme est us- du mot 
précédent; le second est celt. *muldo- « résidu de mouture », cf. cymr. 
mwl-wg « baie de blé », vir. moll « son », got. mulda et vhal. molt 
« poussière », dont on trouvera larac. sous mala. 

Uvel, adj., variante ancienne (la seule correcte) de vuel. V. ce mot. 

V 

Va, mon, ma : variante muée de ma. Cf. vâd. 

1. Séduisant, mais rien moins que sûr; car Vu brittonique implique en tout état 
de cause une corruption [*oid- ou *oud~). La variante cymr. ucharn peut être altérée, 
et les variantes ffern etflêr, aphérésées; mais tout cela est bien compliqué. 

2. I.-e. *duot d{e)krt,t-t « deux dizaines » > *dwt-tknti > *dwtki)Xt > +w%krytt. 

3. Variante possible de ulcen (Loth). 



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276 VAK-WARDRÔ 

Vak, adj., oisif, paresseux : abstrait de mbr. vacaff. Empr. fr. vaquer, 

« être vacant ou en vacances, être de loisir ». 
Vâd, s. m., bien, plaisir : variante muée de mâd. Cf. va* . 
Vaganéein (V.), vb., s'évanouir: contamination probable de deux empr. 

fr., d'une part s'évanouir, et de l'autre la famille des mots vague, vaguer, 

divaguer, etc. 
Valgoriein (V.), vb., balbutier: semble* une contamination d'empr. fr. 

balbutier (cf. balbouza)el d'empr. espagnol farfullar « bredouiller ». 
Vergadel, s. f., poisson conservé, morue sèche. Empr. espagnol vergadek 

((merluche» (aussi fr. et provençal) . 
Vî, s. m., œuf, mbr. eu, corn, oy et uy, cymr. toi et wy, vir. og (gén. uige), 

ir. ugh et ubh, gael. ubh id. : d'un oelt. *oges- nt., qu'il est aussi difficile 

de rapprocher que de séparer du type i.-e. bien connu, gr. 4»<5v (pour 

# J)p-ié-v), lat. ùvu-m, ag. egg, al. ei, vsl. jaje, etc.; aucune autre affinité 

à constater. 
Viel(C), s. m., fainéantise: abstrait du vb. viella empr. fr. «jouer de la 

vielle », d'où « perdre son temps, muser », etc. Cf. biel. 
VU, adj., vilain, malhonnête. Empr. fr. vil et vilain. 
Vilgen, s. f., femme de mauvaise vie : dér. du précédent. Cf. dourgen. 
ViltaÙ8,s. f., vilenie, ordure, pus, race infâme, lutins. Empr. fr. ancien 

aviltance, dér. d'un vb. avileter « rendre vil ». 
Vuel, adj., humble : fausse lecture pour uvel, mbr. uvel, corn, huoel 

> uvely cymr. uvyl > ufyll. Empr. lat. humilia > *hamili8*. 



W 

War, prép., sur, mbr. voar et oar, corn, gur > war, cymr. guar et guor 
> gor-, vbr. guor, etc., vir./or, etc., gaul. ver- dans ver-trag-u-s « qui 
court bien » (cf. troad), Ver-cingeto-rix (cf. 1 kamm) et autres n. pr. : 
d'un celt. *wer < *uer, pour *uper « sur », sk. upâri, gr. urop, lat. 
8-uper, got. ufar % ag. over et al. ûôer, etc. Cf. aussi 1 gour-. 

Wardrô, prép., adv., autour. V. sous war et 1 trô. 

1. Dans ces mots la mutation douce s'est immobilisée et fixée, comme aussi, avec 
une altération plus forte, dans les mots du type ab. 

2. Les étymologies de pareils mots, influencés par l'onomatopée, sont nécessaire- 
ment très flottantes. 

3. Cf. aussi vir. umal, ir. umhal, gael. ûmhal. 



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WARC'HOAZ-ZÔKEN 277 

Waro'hoaz, adv., demain: pour mbr. arhoaz (ar-c'hoaz), proprement 
« la fois prochaine », contaminé de toar. V. ces trois mots. 

Warc'horré, prép., par dessus. V. sous war et gorré. 

Warléné, adv., Tannée dernière, cf. cymr. yrllynedd id. : le premier terme 
est un adj. celt. *arei-o- % pour *parei-o-, «passé, dernier», dér. de la 
prép. primitive qu'on trouvera sous ar- (cf. sk. parut, gr. itépoai « l'an 
dernier »), puis confondu, en br. seulement, avec la prép. war supra; 
le second terme est relevé et expliqué sous léné et hévténé. 

WarlercTi, prép., après: exactement «sur trace de > à la suite de ». 
V. sous war et lerc'h. 

Warzn, prép., vers, du côté de. V. sous war et tû. 



Zé, adv., écourté pour axé. V. ce mot et cf. se. 

Zôken, adv., même (aussi siken etzikenT.), mbr. so quen, etc. : exactement 
« tellement autant », la syllabe initiale étant la même particule démons- 
trative qui sert de base dérivative à 2 seul et qui se retrouve à l'initiale 
de sioaz. V. ces mots et 7 ken A . — Ern. 

1. Étymologiquement oo peut même traduire a avec > en outre » emphatiaé par 
la valeur intensive du préfixe. 



FIN 



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INDEX DES MOTS 



(Les n" renvoient aux pages.) 




I. INDO-ÉRANIEN 
1. SANSCRIT 



a- « ce » 1 

a- (nég.) 8 

âksa 5 

agni 213 

anki 11 

âjâmi 104 

âûjas 8 

âti 138 

âtha 117 

âdihan 96 

adhâs 175 

âdhvanlt 92 

an- 8 

âniti 6 

ânika 114 

ânta 140 

antar 114 

ânti 10 

anyâ 111 

âpa 1 

apaskara 55, 240 

abhi 7 

âma 158 

ambu 21 

amla 99 

âyas 166 

arani 164 

ârna 17 

arnavâ 17 

âva 14 

âvati 174 

avâni 14 

âvâte 147 



aç 156 

açrâ 109 

àçravat 70 

âçva 109 

astaû 111 

âsti 34 

âsthi 19 

asya 158 

asyâs 158 

i 1 

âdara 93 

ânâmça 232 

â pas 21 

âmâ 99 

âyus 213 

âçù 96 

ûpa 146 

upâri 276 

upastarana 141 

usas ". 152 

urnâ 135 

ûrnâvâbhi. . 148 

fksa 158 

rjû 232 

rnjâti 232 

rnuté 17,115 

rnôti 17 

rta 231 

rtû 231 



éka 118 

éti 205 

édha 213 

esâm 164 

aidhâ 213 

kâ 218 

kaksa 56 

kaksâ 49 

kaUtbâ 221 

kadâ 215 

kanisÇhâ 62 

kaninikâ 193 

karôti 95 

karpara 60 

karma 95 

kavi 243 

kânâ 136 

kas, kasà 218 

kâsafce 218 

kûla 217 

kûhaka...' 85 

kuhï 85 

-kftvas 227 

krntati 227 

kfmi 95,228 

ketû 226 

krâma 81 

krâmati 81 

krinâti 227 

kruAoati 83 



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280 



INDEX 



klamyati 69 ! 

ksinàti 244 

ksiti 244 i 

ksêtra 73 

khâûjati 51 

khadga 71 ' 

kbâdati 95 I 

gâbhasti 129 

gâdbâ 33 

gàbati 33 

girati 131 

gilati 131 

grnâti 130 

gfdbyati 143 

grbbnâti 79 

gaûs 48 

gnâ 109 

gratbnâti 145 

grantba 145 

gràvan 44 

glâDâ 37 

gbarmâ 137 

ca 221 

cakra 66 

catasras 219 

catvâras 222 

candra 53 

câru 55 

citta 226 

cétati 226 

cbâyâ 241 

cbinâtti 242 

cbyati 240 

jângbâ. 51 

jânati 131 

jâDas 131 

jârate 130 

jala 131 

jalukâ 131 

jâuu 134 

jâmatar 132 

jirnâ 143 

jivâ ' 31 

jnâta 11 

-jnu 134 

takati 262 

takti 262 

tata 258 



tàn 252 I 

tanû 252 | 

tanôti 252 ! 

lâpali 266 ' 

tapas 264 | 

-lama 174 

tamas 264 

tamisrâ 264 

lâr 253 

tala 258 

tara 253 

tiras 107 

tis^bati 238 

tisrâs 262 

tuftjâte 248 

tudâti 20,266 

tunnâ 266 

trâyas 271 

dâksina 91 

dadârça 107 

dadru 89 

dânt 87 

dama 88 

dâyate 104 

dardù 89 

dârsi 89 

dâçà 91 

daçâ 108 

dâbati 94 

dâru 93 

dirnâ 89 

dfmbati 93 

drdbâ 93 

dfbyati 93 

devâ 105 

dyaûs 91 

driyâte 93 

drûb 108 

dvâr 104 

dvô, dvaû 88 

dbâyati 92 

dbeDÛ 92 

nâ 209 

nâkti 213 

nakbâ 175 

nagnâ 212 

nata 13 

nâpat 61,212 

naptf 212 

nâmas 115 

nâr, nâra 210 

nâva « 9 » 209 



nâva 211 

nâvya 211 

naç a atteindre »... 156 

nàçati 12 

nas 165,211 

nâbus 210 

nâbyati 209 

nàma 157 

ni 210 

nikta 212 

nidâgbâ 94 

niskâ 209 

nidâ 210 

nû, nu 211 

nénejmi 212 

naûs : 210 

paktâ 225 

pâcati 222 

pafloa 219 

pâtati 119 

pâti 215 

pari 15 

parut 277 

parnâ 229 

palita 190 

pâd 274 

pâbi 118 

pitû 110 

pitudâru 117 

piparti 184 

pibâmi 118 

piyusa 192 

putrâ 104 

puni 173 

pûrnâ 184 

prccbâti 19 

prtbivf 181 

prtbû 181 

prâ 229 

prati 4 

prastba 235 

prâk 229 

prùsvâ 232 

plâvate 185 

pUbân 121 

pbéna 115 

badbira 41 

badbnâti 38 

barsâ 26 

bila 40 

budbuda 226 

brbânt 32 



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SANSCRIT 



281 



bhârati 60 

bbâvati 11 

bhinâtti 30 

bhugnâ 40 

bhurâti 32 

bhûti 41 

bhrstf 26 

btaràtar 44 

bhru 3 

madhu 201 

mâdhya 112 

mânas ... 78 

mânyâ 206 

mânye 78 

mârta 196 

mârma 198 

mârya 200 

maryakâ 200 

malinâ 198 

rnabânt 195 

mahi 197 

ma 201 

mâtrkâ 204 

mâtrâ 10 

mâs 203 

mâsa 203 

minôti 203 

mimiksati 200 

muncati 204 

mûrdbân 198 

mfnâti 194 

mfta 196 

mrdû 38 

médas 201 

mriyâte 196 

yâças 172 

yaças 172 

yâsati 135 

yuga 172 

yunkté 172 

yûdb 175 

yanâkti 172 

yuvân 172 

yuvaça 172 

yûsa, yûs — 174 

rajata 16 

rôtha 234 

râ 232 

ràj, ràjan 235 

râla, rati 232 

ritaâti 184,188 



riyate 183 

pucâ 191 

ruçâddhi 192 

rudhira 237 

rej 184 

rai 232 

rokâ 191 

rôoati 191 

podhati 192 

rôma 233 

rôhita 237 

laksate . 178 

langhati 178 

laughâyati 182 

lapati 183 

linàti 138 

libati 184, 188 

Hyate 187 

lôta, lôtra 179 

lopâçâ 190 

lôma 233 

lohâ 237 

vakrâ 148 

vâcas 75 

vâfïcati 148 

vatsâ 155 

vadhû 138 

vâna 150 

vanôti 150 

vamrâ 200 

vâyati 148 

vâra 150 

varanâ 140 

vârgâ 146 

vârtate 152 

vartulâ 152 

vârdbate 165 

vas . . 171 

vâsu 155 

vaste, vâstra 155 

vâbati 149 

vâta, vàyû 21 

vàstu 148 

vimçati 275 

vikramâ 81 

vivadhâ 102 

vira 140 

vrçàti 150 

véda [2 mots] 142 

vranâ 139 

çâkrt 50 

çanku 61 



çankbâ 82 

çatam 53 

çatru 49 

çamyati 53 

çalâ 59 

çaça 127 

çaçada 49 

çiçati 59 

çûra 64 

Çrnga 76 

çrtâ 80 

côte 84 

çnathâyati 62 

çraddâdbâmi 80 

çrayati 69 

çrâvas 70 

çravasyâ 70 

çrànâ 82 

çrâtâ 80 

çrâyati 80 

çrôni 72 

çvà 66 

sâs 170 

sa 12 

sakft 227 

sâoate, saca 160 

sâdati 22 

sâdas 22 

sadivas 164 

sâoa, sanàd 160 

sanutâr 8 

sanôti 110 

sapta 245 

samâ 162 

sâinâ 157 

sarat 58 

sasyâ 156, 159 

sâhate 158 

sâhas.. 158 

sadbati 100 

sâdhû 100 

sâdhyati 100 

sâmi- 157 

sayâ 164 

sidbyati. 100 

su, su- 158 

sûkarâ 166 

sute, sûnû 106 

sûrya 160 

skabhnâti 238 

stabhnâti 238 

strçôti 142,255 

styta 255 



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282 



INDEX 



sthagayati 264 

stbàtar 238 

stbâman 238 

sthàvara 249 

sthita 238 

suili 211 

snâyati 211 

snâyu 211 

sphâ(ati 120 

sma, smâ 192 



syâ 163 

srâvati 126 

sruti 126 

svâpiti 167 

svâpoa 167 

svârati 169 

svâsar 169 

svâdu 169 

svidyati 171 



hanu 132 

haras 137,145 

hâri 131 

harsati 130 

himâ, hôman 135 

hyâs 90 

hrâsati 130 

hrasYâ 130 



2. ZEND 

(Le persan moderne entre parenthèses.) 



ainika 114 

aeva 118 

aota 13 

açcu 19 

kasa 56 

khâodha 85 

caiti 221 

catanro 219 

tisarô 262 



thritya 270 

darezayeiti 93 

dim, dis 94 

pitu 110 

bùza 40 

(marz) 45 

maçanh 193 



vaeti 149 

vaoaiti 13 

visaiti 275 

vohu 155 

(suturg) 269 

staman 252 

hama 157 

hahya 156,159 

hisku 162 

hu- 158 



dalar. 



II. ARMÉNIEN 

91 | matn 201 | nist . 



210 



III. GREC 

(Le grec moderne et les mots non helléniques entre parenthèses.) 



'A- 8 

(àêpouTÊç) 3 

oiyyikoç 108 

àyxvXoç 11 

ayxvpa 11 

àyo<rz6ç 41 

àyX* 1»>6 

ocyx 10 H3 



£ T a> 104 

à8vç 169 

àti 213 

aeXXa 21 

arjjAi 21 

à^p 21 

àôap^ç 215 

ale(, a«v 213 



aïôoç, aWw 213 

aîfjia 73 

alwv 213 

à'xoc 172 

àxo'Jto 243 

àxparo; ^ 80 

axpo; .109 

àXeîv * 194 



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GREC 



283 



«Xfveiv 138,187 

ÔÉXXoç 7, 111 

&M 165 

àXa>7rr)£ 190 

Sl** 162 

à\Mk6ç 102 

d(iapTavb> 27 

à\LctpTtûkr\ 27 

à\LCLUi 197 

à\i.\jM 165 

à\Lv6t 213 

àjx^l 7, 114 

à(i9iXuxY) 191 

àv- 8 

àvà 10 

ivôyxTfj 11 

avaXto; 14 

âvîâvti) 169 

âvepoc 11 

aveu 12 

àv£4"4c 61 

àvVjp 210 

àv67jp<5ç 215 

àviwroç 212, 215 

àvil 10 

ivvco 110 

Ot^CdV 5 

àwi> 1 

âiroXaveiv 179 

àico(jLU<r<rci> 204 

apaxoç 15 

àpapfox<i> 231 

àpydç 116 

otpywpoç 16 

àpi6|i4ç 236 

apxtoç 90, 158 

àp6to> 15 

a<mrjp £5o 

âffxdç 148 

acrrpov 253 

durrv 148 

fetp 8 

àrepoç 157 

axTj 147 

cbftlc 94 

atfpa 21 

açva» 14 

axvrj 259 

Baôvç 33 

pava 109 

pap^e; 31 

paaraÇo) 41 

P&XXa 131 

pévOo; 33 



pfîwa 33 

Pfoç 31 

pMroeç 131 

P<S6poç 34 

P<SXetai 150 

povxdXoç 47 

PouXtj 150 

povXojxai 150 

povç 48 

Ppafivç 38 

ppev6vo|iai 46 

Pp<*yx°< 45 

ppdroç 196 

ppuxco 45 

(PpÛTOv).*. 46 

Ta^pdç 132 

yàpw>; 132 

yavarfç 129 

YeXetv 133 

T6véa6ai 131 

Y*vo; 131 

févvç 132 

Y^pavoç 130 

fr\pvt, t^putt) 130 

YXyjvtj, yX^voç 133 

yXoirfç 133 

-Yvtjtoç 131 

"p/uÇ 134 

YW7ceTeïv 134 

Yvcot^ç Il 

ydpupoç 136 

ydvv 134 

ypàçcû 79 

Ypdvôoç 145 

Ywr^ 109 

Yvpdç, yvpoç 137 

Y*J+ 145 

Aafocai 104 

Saitpdv, ôaiTv; 104 

fiàxpv 86 

SàxtvXoç 85 

Sàfiap 93 

^afiaté; 88 

^apLvyjpit 103 

Sàpiç 106 

-8e 85, 94 

fiéôopxe 107 

Sexa 91 

5éxea6ai 85 

6é>a> 88 

8eǫ$; 91 

WpYpta, ôepYM-4; 107 

ôipxetai 107 



Uptû 89 

Se<nc6rrj; 215 

SéxeaÔai 85 

8yj 94 

8t^|aoç 93 

8îo; 105 

8d{i.o; 88 

6opxàc, Wpxoç 174 

Ôrfpu 93 

8pàY|Aa 106 

$pà<r<ro|iat 93 

SpàxR 106 

Spvç 93 

6'jo, 8uw 88 

Sàipov 106 

'Eyyuç 156 

ly%éyakov 113 

Uot 22 

gÇojiai 22 

elSoç 6, 142 

eïxo<xi 275 

etXvw 146 

efyi 205 

eÊrceiv 75 

-efpa> 58 

eTç 157 

èx 110 

èxaxdv 53 

èXaxvç 182 

SXeyxoç 182 

èXerjjAOffvvyj 7 

êXfxT) 156 

SX* 146 

'éptçuTov 112 

èveYxeîv 232 

èvl 113,210 

ïvunze 59 

èvvéa 209 

Ivvv|ai 155 

gvoç 160 

évcoiria 114 

il 110 

l\ 170 

ïmxM 160 

Ircoç 75 

éwcà 245 

s*pyov 72 

èpefxTj 47 

epeuOoç 237 

èpvôpdç 237 

spvoflai 140 

èaÔTjç 155 

l<mjxc 238 

è<rri 34 



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284 



INDEX 



l<rft 159 

&repoç 157 

Su 138 

etoç 156 

eu- 158 

evôuç 100 

èx^Xr) 159 

Ï X <* 159 

ïtùç 152 

Zéei 135 

ÇeuYW|u 172 

Zevç 91 

Çopxdç, ÇopÇ 174 

Çvf<5; 172 

Çur 174 

^ 12 

3 172 

^6v< 169 

^io« 160 

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xtf toç, K6xmç 49 

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xvprdç. 77 

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Xa6peuo|tai 180 

Xârtf 186 

Xai8p6ç 184 

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Xàirretv 189 

XàraÇ 180 

Xtfaco S6 

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GREC 



285 



{ictâoxco 202 

{jLctav 196 

|uîpa| 200 

piXaç 198 

jxiXei 194 

jiéXi 197 

jxiXo; 198 

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vâcoc 114 

vatûç 210 

vtuJç 211 

vsxpéç, véxvç 12 

vé(Ui> 115 

vioç 211 

vtorotec 212 

véiD 211 

vVÎOa) 211 

vfîpLa 211 

vfi<ro; 114 

v-^xttv 211 

vOjw 212 

vtfpoç 211 

vo|x<5; 115 

vu, vvv 211 

vvÇ 213 

v<* 211 

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oyxoç 11 

Mouç 87 



ol8a 142 

otvVj 117 

oidç 118 

ôxtû 111 

ôXurôdtveiv 187 

ôjiaXdç 162 

ojiov 162 

ovofia 157 

ovuÇ 175 

ÔTtdç 239 

oiccdtta 114 

op-pua 230 

opifta 230, 232 

6p66ç 165 

opviç 115 

opvuTat 115 

ÔTciov 19 

aval 146 

ovXtj 139 

ôçpvç 3 

ô'xoç 149 

ctyojiai 114 

IlaXXaxTi 224 

rcapà 15 

7iapo:tepo; 233 

7cauci> 217 

ntë-n 173 

Tceiôojjiai 38 

«XtTvrfç 190 

rcéXXa 183 

Ttévre 219 

tUuXoç 183 

icéicpcdrai 230 

iceirrdç 225 

7tS7ta>v 222 

7l£p0U> 44 

irepl 15 

7cépvT)|it 227 

«ipufft 277 

rtiaatû 222 

7TETdtVVUpil 112 

TriTetai 119 

iwjXvi 219 

1t(jJWCXTl(tl 184 

7ct'va> 118 

wfryç 117 

irXâôavoç 181 

7rXaxo0ç, wXàÇ 181 

TtXaxavoç 181 

lÙ.CLXVÇ 181 

7rXe(wv 186 

7tXéa> 185 

itXr,pTiç 184 

icvîfoç, icvi'yu» 209 



*4-. 218 

icotv^ 225 

iroXirfç 190 

ttoXu 85, 173, 186 

Tropeîv 230 

7r<Jaiç 215 

7rd<xoç, tkSotoç 221 

7C0T30(iat 99 

noti 4 

îcovc 274 

icpé|ivov 140 

icpta|iai 227 

irpb 289 

«pdxot 229 

7rpb; 4 

Trràpwpwci 255 

Trrepdv 119 

rcv-ri 90 

wvoç 192 

7ra>vu> 118 

'Paçàvirç 174 

péyxw 126 

ptfw 72 

peî 126 

pKa 144 

p<C 125 

pvenç 126 

SàyiMt 238 

<xàXoc 164 

(xdcrra) 267 

^tù 246 

<xfxepa 247 

<xx<xÇa> 51, 100 

«rxàXXw 120 

oxa(i66c 51 

<rxéXoç 129 

<xxià 241 

<7x6Xo<j/ 242 

<txoXu|ioc 19 

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<rxuXaÇ 74 

<rxo>p 55 

<Tfiixp6; 35 

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<T7rapà<j<ra> 2 

<nràa> 58 

«nretpco 126 

<ntX<xyx vov 121 

entX^v 121 

(rraywv 253 

<rr<xÇa> 253 

oratç 265 

(rraT^ç 238 



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INDEX 



oraupéç 249 

oTeyvdç 263 

oréya) 264 

oreivdç 269 

(rrei'x««> 254 

otéll6<i> 252, 259 

orev6; 269 

oTépYw 245 

arrivai 238 

<rnqtjw«)v 238 

oriXirvdç 245 

<rco6éu> 259 

<rcd|ia 252 

oropYTQ 245 

or6pvv|xi 142, 253 

orpevY ! 1 * 1 273 

oTpdçoç 256 

arpu>vvv(it 142 

axp(ùx6ç 255 

(xçàn 171 

axdtÇcû, o"x^w 240 

<r X K<«> 242 

Taxeptfç 263 

-ràXavrov 259 

xavad; 252 

Tavu- 252 

xâpY«vov 270 

t*t« 258 

ravpoç 261 

te 221 

téyoç 264 

Tefva) 252 

Tetyoc 96 

«ciXoç 259,262 

T6jiva) 259 

TévSto 259 

Tépetpov 260 

TEpTjÔtOV 75 

Tépxvoç 107 

Téa<xapeç 222 



têtocyûv 267 

terra 258 

té^pa 94 

TT,xa) 263 

TïjXe 219 

TrjXfa 258 

TttrjjAt 80,86 

tîXoç 262 

tXaa) 259,265 

T>r)T<$Ç 271 

Toprfç 260 

xopOvTj 262, 274 

Tpà(iiç 263 

tpa/u; 107 

tpeî; 271 

xpua) 273 

Tuxttfç 263 

Tiifiêo; 90 

tuçXéç 87, 108 

TàxivOoç 172 

olôç 106 

vrcèp 167,276 

ùircppLcvirjÇ 141 

utcvoç 167 

uTcb 146,167 

ÛTcéffTpwpia 142 

Û7coq5épo{xai 138 

UTCTtOÇ 170 

ïç 166 

ûapUvri 175 

û<|/riX<Sç 167 

$afvu> 24 

çdîXioç 24 

9«XX<5ç 25 

çàpcroç 32 

çàpa> 32 

çépe<j6ai 31 

fépto 60 

<peuya> 40, 254 



ç6fv» 244 

96f<nç 244 

<p6fa) 244 

çiTptfç 30 

yXiytû 1^2 

9Xot8àw 37 

çXouSç 37,225 

9X01060; 37 

9paor,ç, 9pàÇw 28 

9pdrrù>p 44 

9péap 30 

9Ptqv 44 

9'j6Tat 11 

9'jpeiv 32 

9^0*1; 11, 41 

9<3ç 24 

XaXdtw 50 

X0tpaxTô*ç 69 

X«vva|, x*ûvo; 129 

Xeipcov 135 

Xetp<i>v 130 

XeXtSwv 137 

X*P^ ÎJJ 

Xr.p I 30 

X 6éc 90 

yia)v 135 

xXiaptfç 72 

xXot), x^oç 132 

XXcoptfç 131 

Xô*proç 130 

Xpfeiv 145 

XP«*I"* W 

'QOéw .... 87 

cbxuç 98 

tï>Xév*) 173 

a>ji6; 99 

(J»(Jv 276 



IV. ITALIQUE ET ROMAN 

1. LATIN 

(Le latin vulgaire entre parenthèses.) 



Ab.... 
abbas. 



abecedarium 97 

Abellanum 21 



absens 119 

acer .... 4,9,96,109,115 



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LATIN 



287 



acies 109 

aculeus 172 

acus 109 

acutus 34,109 

ad 4 

(adnominare) 13 

adorare 22 

aedes 213 

aequor 213 

aequo? 118 

âer 21 

aeramen 16 

aes 16,166 

aestus 174, 213 

aetas 213 

aevam 213 

agnas 213 

ago 104 

agrestis 9 

(Agustus) 115 

ala 18 

alauda 7 

alba, albus 112 

alere 14 

(alestrare) 111 

alius 111,255 

Allobroges 7 

al tare 14 

altus 14 

(alvennus) 111 

amare 5, 9 

amarus 99 

Ambiani 7 

ambire 7 

amita 9 

amnis *1 

ancora 115 

Andegavi 10 

(aogariam) 12 

angélus 108 

angere 113, 258 

angi 114 

anguis 13 

angustus 113 

anbelus 166 

anima, animus 11 

ante 10 

apostolus 3 

aratrum, 15 

arca 16 

arduus 166 

Aremorica 15 

argentum 16 

Annonça 15 

Arnus 17 



aro 15 

articulus 18 

artus 231 

arvum 116 

ascia 18 

asinus 22 

asparagus 249 

asser 119 

(astilla) 20, 252 

astrum 253 

astula 19, 20 

astutns 20 

attritum 21 

(auotoricare) 14 

auctumnus 161 

audio 245 

augere 161 

Augustus 115 

aura 21 

auris 214 

aurora 152 

au ru m 14 

(ausaria) 14 

autumnus 161 

avère, avidus 174 

avunculus 115 

axilla 18,19 

axis 5 

Baca 23 

baculus 30, 193 

bajula 24, 31 

bajulus 24 

balbus, balbutio 24 

baptizare 23 

barba 28 

Ibassus) 29 

bastum 28 

batuere 29 

Becco 29 

bellua, belua 37 

benedictio 31, 35 

benefactum 34 

beneficium 31 

(bersaj 32 

berula 30 

beta, betonica 31 

betula 34 

bibo 118 

(bideilus) 35 

bilis 33 

bis 32 

(bitellus) 35 

blaesus 37 

(bodina) 39 



bos 48 

(botellus) 30, 41 

bovin u m ,.. 34 

bracchium 43 

(bracillare) 44 

(braga) 42 

(branca) 42 

branchia 43 

Brittones 43 

brittonicus 43 

(broccus) 45 

(brogilum) 47 

(bruca) 47 

bruscum 46 

bubalus 47 

(bucare) 47 

bucca 39 

(buccella) 29 

bucina 29 

bucinum 206 

buculus 33 

(bulga) 26 

bulla 226 

(buscum) 40 

(Buttadeus) 40 

(buttare) 40 

buxum 33 

Caballus 56 

cacare 50 

cadere 56 

caedo 68 

(caelatorium) 59 

caepa 68 

calamus 74 

calare 50, 67 

calculas 50 

caldum 54 

calidus 50, 54 

callere 51 

callidus 51 

callum 50 

calpar 60 

(cambium) 52, 61 

camelus 54 

caméra 8 

(caminare) 50 

(camisia) 52, 164 

(camminus) 51 

canalis 52, 53 

candela 53 

candeo, candidus.... 53 

canere 52 

canis 66 

canistrum 52 



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288 



INDEX 



canna 52 

cannabis 52 

cantor 83 

cantus 52 

caper 129 

capio 54 

capistruin 49 

cappa 48, 54 

capra 57 

(caprio) 57 

(captiare) 56 

captivus 57 

captus 57 

caput 48 

carex 76 

cari n are 68 

car m en 62 

(carnaria) 55 

carpentarius 51 

carpentum 51 • 

carpere 64 

carpisculus 63 

(carrica) 55 

carras 55 

carus 54,55 

castanea 68 

castigare *6 

castra 57 

castrare 57 

Oatalauni 1 179 

catena 66, 128 

cathedra 49 

cattus 56 

Catullus 49 

caulis 54 

(cavannus) 54 

cavare 69 

cavea 54 

(cavellum) 56 

cavere 243 

cavilla 49 

(cavitas) 54 

cavus 56, 63 

cclare 70 

celer 59 

cella 59 

celsus 59 

cena 72 

centrum 62 

centum 53 

cera 72 

(cerasia) 63 



Ceres 63 

cerno 55, 64, 140 

certus 64 

cervus 55 

-cetum 73 

chris ma 79 

Christian us 82 

cicuta 58, 176 

cieo 68 

cingula 247 

cippus 57 

circa 66 

icircare) 64 

circinus 63, 66 

circulus 60 

circum, circus 66 

(cisellus) 68 

cista 65 

clades 71, 74 

clamare 70 

clarus 242 

clatri 70 

clavis 7 

clavus 69 

clemens 69 

clericus, clerus 71 

(cleta) 72 

clivius, clivus 69 

clocire 71, 242 

(clocca) 71 

clunis 72 

co- 56 

coagulum 54 

(cocca) 74 

coccum 73 

cochlea 73 

coctare. 73 

coctus 225 

(coemeterium) 84 

cogitare 84 

cognitus 72 

colère 48 

(colpus) 242 

columba 77 

co lumen, columna.. 59 

com- 56 

commeatus 67 

comminiscor 78 

commiscere 61 

compedes 173 

componere 61 

compos 215 



con- 56 

concha 74 

concitus 68 

condylus 83 

confectus 68 

confinium 57 

conjungere 220 

conserium 58 

consilium 85 

consummare 78 

coataminare 75 

contra 129 

conucula 58 

copbinus 73 

coquina 58 

coquo 73, 222 

coquus 73 

cor 80 

corbis 51 

corio [ex] 254 

cornix 64 

Cornoria 64 

cornu 55, 76 

cornus 228 

corona 77, 84 

corpus 75 

correctus 64 

corrigia 53,236 

cortex 243 

corylus 60 

cottidie 221 

(covus) 63 

coxa 56 

creare 95 

creatura 83 

credo ® 

cremor <9 

cresco 81 

creta 69, 228 

cri bru m 55, 83 

crissare ® 

crudus 82 

crusta 81,82 

crux 82,83 

crypta M* 

cubare < 4 

cubiculum 123 

cucullus H 

culcita l 36 

culex 6° 

culmen W 

culmus 74 



1. Erratom. La citation de la p. 129 est à supprimer. 



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culteilus 75 

culus 67,84 

cum 56, 129 

-cumbere 74 

CUD6US 75 

cuniculus 75 

(cuntellus) 75 

cupa 66 

curro, currus 55 

cursus 78 

curtus 76 

curvus 77 

custos 85 

Dacruma 86 

-dam 94 

dama 92 

decedere 97 

decem 91 

decidere 97 

décima 92 

déesse 119 

defendere 96 

deficere 98 

defrutum 46 

deivos 105 

deligere 98 

-dem 94 

(dementare) 87 

démo 115 

denarius 99 

dens 87 

(depanare) 96 

derbiosus bd 

descend ère 100 

despoliatus 93 

deus 105 

dezter 91 

diabolus 94 

dies 91,97,98,100,102,103 

digitus . 85 

(dilatare) 86 

dis- 100 

discere 100 

discus 100 

(dispannare) 101 

dispendium ... 101 

di^sipo, dissupo 170 

distorquere 102 

diarnus 19 

divas 105 

domare 104 

domitus..!. 88 

domus 88 

(duciculum) 105 



LATIN 

duco 105 

duo 88 

durum 99 

dux 105 

Ebulum.... 118,119,241 

ecclesia 173 

effigies 96 

elementum 111 

elemosina 7 

emiaere 199 

emo 115 

episcopus 117 

epistola 3 

equus 109 

erigo 4 

esox 115 

est 34 

et 138 

Bvangelium 21 

ex 6, 110 

(exalteratus) 238 

excaldare 240 

(excarnatus) 240 

exteodere 241, 252 

extirpare 255 

extra 117 

extraneus 255 

exturbare 255 

Faba 120 

(factivus) 121 

faginus 122 

fagus 120 

falco 120 

fallere 87 

faix 120 

famés 173 

fascis 29, 121 

fastigium 26 

fatuus 120 

Februarius 170 

felare... . 92 

femina 92 

f enum 124 

ferctum 27 

f ero 60 

férus 121 

fervere 32 

fibula 166 

ficus 122 

fidere 122 

fldes 38,121 

figura 96 

fllius 92 



289 

fiodere 30 

flngere % 

finis 140 

flnitumus 224 

firmus 121 

flssa 125 

flstulare 123 

flagellum 125 

flamma 123 

flos 37 

fodio 34 

follis 26 

(fontana) 121 

forare 32 

fores 104 

formica 200 

formus 137 

forum 5, 121 

(fractare) 125 

fractum 125 

fragrare 42, 123 

frangere 41, 125 

frater 44 

f riare 145 

frons 3 

fructus 126 

frustum 273 

fucus 47, 206 

f ugio 40, 254 

fuit 11,41 

fulcio, rôlcruai 25 

fulica 124 

f umare 127 

fundere 121, 124 

funls 127 

fur 127 

furnus 124,137 

f ustis 127 

(Gabalus) , 129 

gabata 176 

(gadalis) 127 

galeritus 7 

gallus 128 

Gallus 128 

(gannum) 128 

garrire 130 

gelu 70 

gemellus 132 

gêna 132 

gêner 132 

geaista 25 

gens 131 

genu 134 

genus 131 

19 



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290 

gcro, gessit 105 

gignere 131 

glacies 70 

gladius 71 

gloria ... 70 

glus 133 

gluten 133,135 

gluttire 135 

gnatus 131 

gnavus 139, 142 

gnotus 11 

(gomor) 137 

grabatus 80 

(gracillare) 144 

graculus 143 

gradior, gradus 143 

grandis 46 

(graniaria) 144 

granum 143 

gratum 142 

gravis 130, 144 

gressus 143 

grex 143 

grossus 42, 145 

grus 130 

gula 131 

Habenae 21 

habere 129 

hasta 20, 131 

hedera 5, 175 

belleborus 119 

helvus 131 

heri, hesternus 90 

hiems 135 

binnire 163 

hirsutus 130 

bistoria 102 

bodie 164 

homines 11 

horrere 130 

taortus 130 

hostis 128 

bumilis 276 

Ignis 213 

(imbracbiare) 1 12 

impos 215 

imus 175 

in 113,210 

in- 8 

incendo 53 

incertus 113 

inclino 69 

inclutus 70 



INDEX 

inde 13 

indigena 131 

infernum 173 

ioflmus, infra 175 

infundibulum 124 

ingenium 173 

ingens 195 

initium 114 

inseque 59 

instare 114 

instaurare 249 

insula 114 

inter 114 

interpres 230 

intra 113, 117 

(intratusî 174 

ire 205 

iter 116 

Jauuarius 132 

jejumum 175 

Jovis 103, 172 

Judaeus, Judas 175 

jugum 173, 176 

juugere 173 

Junius 118 

jus 174 

juvencus 172, 215 

juvenis 172 

Kalendae 50 

Labes, labi 190 

(labrax) 42 

labrum 180 

lac 181 

lacruma 86 

lacus 178 

laicus 186 

lamina, lamna 180 

(lampreda) 178 

lana 135 

lapidare 177 

largus 179 

latex 180 

lauro 178 

latus 178, 185 

lavare 133 

laxare 185 

lectio 59 

lectus 149 

legendum 183 

légère 59 

Legiones 183 

(légua) 183 



leo 183 

levis 182 

liber 185 

lien 120 

ligameu 186 

ligare 181 

ligula 188 

ligustrum 191 

lilium 186 

lima 186 

limbus 187 

limus 133 

liuea 167 

linere 138,187 

lingere 188 

linquere 86 

linum 187 

liquidus, liquor 133 

litterae 188 

livor 187 

lixivum 187 

locare 177 

locusta 177, 181 

lubricus 185, 186, 191 

lucere, lucerna 191 

lucius 64 

lucrum 179 

lu eu b rare 191 

lumbricus 183 

lumen 191 

luna 98,188 

luo 133 

lupus 190 

luscus 188 

lutum 190 

lux 139,191 

Maceria 204 

machina 29, 197 

macula 193 

magnus 193, 208 

Maius 193 

major 197, 199,208 

maledictio 194,203 

mail eus 193 

malva 194 

mancus 195 

mandare 199 

mandere 195 

mandibula 195 

manducare 195 

manica 195, 202 

manipulus 194 

marcere 43, 205 

marcidus 43, 205 



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LATIN 



291 



mare 205 

(margila) 200 

margo 45 

(mariscalcos) 196 

Mars 98, 201 

(martellus) 206 

Martius 201 

materia 201 

matertera 204 

matrona 193, 216 

maturus 193, 217 

matutinus 203 

(mediarius) 199 

medicus 201 

Mediolanum.. . . 112, 184 

médius 112 

medulla 197 

mel 197 

melior 201 

menibrum 113 

memini 78 

mémo ri a 115 

mens 78 

mensa 204 

mensis 203 

measura 10 

meatba 31 

mercatus 196 

Mercurius 98, 200 

mereoda 199 

mendies 81 

merula 206 

(mesa) 204 

mespilum 200 

-met 192 

metere 197 

melior 10 

mica 224 

micare 101 

milium 198 

mUle 202 

minor 195, 203 

minuo 203 

minutas 203, 208 

mirari 203 

(miratoriuui) 198 

miscere 200 

misellus 222 

modius 48, 229 

modus 10 

moeuia 197 

mola, molere 194 

(molina) 202 

mollis 38, 102,194 

(monachia) 199 



monachas 195 

moneta 208 

mons 199 

mori, mors 196 

morum 206 

motacilla 30 

(motorium) 208 

muccus, mucob 204 

mugil 198 

mullus 207 

multi, multus ... 51, 195 

mundus 204 

mungere 204 

Murcia 205 

murcidus 205 

musculas 200 

muscus 195 

mutilas 204 

mutus 207 

Nare 211 

Natalicium 209 

natrix 5 

natus 131 

navis 210 

ne 209 

necare 12 

necesse 11 

nec unus 212 

nemus 115 

nepos 61, 212 

neptis 61, 212 

nere 211 

Nero 210 

nex 12 

nidus 210 

(nodellus) 213 

nomen 157 

non 209 

nona 113 

nos 165,211 

nota 17 

notus 11 

novem 209 

Novius, novas 211 

nox 213, 272 

nudus 212 

num 211 

numerus 211,212 

nunc 211 

uux 80 

Oboedio 245 

occa, occare 214 

occultus 70 



occupare 6, 117 

ocius 96 

ocrea 16 

octavus 92 

octo 111 

oculus 114, 214 

offerenda 214 

oinos 117 

oleum,oliva 214 

opéra 213 

ora 214 

oratio, oratus 118 

orbis 233 

orbus 214 

ordo 275 

orior 115 

ornas 215 

os 19 

ostreus 164, 187 

ovum 276 

Pabulum 222 

(paburare) 222 

pala 216 

palea 219 

palla 216 

pallidus 190 

palma 216 

palpare 216 

palus 222 

panarium 216 

panis 217 

pannus 101 

panas 96 

papilio 24 

pappa 217 

par 218 

paratus 218 

parcere 221 

parra 125 

pars 221, 230 

partim 230 

pascere 218 

pastus 221 

patella 222 

patere 23, 112 

pati 216 

patrinus, patronus. . . 216 

patulus 112 

(pausare) 217 

pavor 118 

pax 221, 226 

paxillus 217 

pectanculus 221 

peca, pecunia 239 



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292 



INDEX 



pedica 173 

pellex 224 

pellis 183, 223 

(pelorida) 222 

peudere 223, 259 

penna 119 

pensum 226 

per- 222 

perça 42 

(percentare) 221 

peregriuus 224 

perfectus 221 

perficere 222 

perna 43 

perso n a 221 

pes 275 

(pesum) 226 

peteoda 218 

petere 119 

(petia) 222 

petorritum 234 

phalaena 24 

pblebotomum 123 

pica 223 

picus 29 

pila 219 

pila 223 

(piluccare) 38 

(piuthio) 224 

pinus 117 

(pipa) 222 

piper 213 

(pipita) 36 

pira 221 

piscis 221 

pisum 224 

pituita 36, 223 

pix 218 

plaga 225 

(plauca) 182 

planta 181 

planus 184, 225 

plaustrum 225 

plèbes 225 

plenus r ISA 

pleores 186 

plicare 225 

pluit 185 

pluma 225 

plumbum 225 

plures 186 

poena 225 

pomarium 217 

ponderis 226 

pons 226 



popina 222 

populus 226 

porca 230 

porcellus 226 

porcus 268 

porrum 227 

porta 226 

portio 230 

portus 226 

possum 215 

postis 226 

potare 118, 226 

potior, potis 215 

poius 118 

praeda 227 

praedicare 228 

praeter 160 

(pratellum) 227 

pratum 32, 227 

preces 19 

privatus 228 

pro- 229 

procul 219 

propago 109 

pruina 232 

puer 104 

(pullicantio) 219 

pullus 189, 190 

pupiila 193 

punis 228 

putere 48,228 

puteus 228 

putidus 228 

putris 48, 226 

pyxis 224 

Quadrata 73 

(quadrellum) 72 

quadru- 221 

quadrum 63 

quaerere 69 

quando 215 

quantum 109 

quattuor 222 

-que 221 

quercetum 73 

querela 58 

quernus 228 

qui 218, 224 

quiescere 78 

quinque 219 

quis 218 

quisque 221 

quot, quotus 221 



Radix 144 

rado 231,236 

rana 229 

râpa 174 

rapina 233 

rasis 231 

(rattus) 231 

(raucare) 235 

ravus 230 

recens 62 

rectus 232 

reda 236 

regere 232 

regina 235 

régula 232 

remus 234 

res 232 

resurgere 90 

petia 235 

rex 235 

ripa, ripula 233 

rivus 126 

(roncare) 235 

rosa 236 

rota 234 

(roiella) 234 

rotulus 236 

rotùndus 81 

ruber 237 

(rubricare) 231 

rufus 237 

rus 232 

Saccus 238 

sacer 156 

saeclom, saeculum.. 164 

sagena 246 

sagitta 237 

sagma 238 

sagulum, sagum 237 

sal 165 

salinae 163 

salire 2S8 

saliva 157 

salix 156 

salsus 247 

salum 164 

sapinus 239 

satio 159 

Satumus 100, 237 

satus 156 

Saxo 239 

scabere 79,243 

scala 241 

(scamellum) 117, 161 



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LATIN 



293 



scamnum 240 

soandere 170 

scapba, scaphium... 239 

scatere 240 

schola 242 

scientia 241 

scindere 241, 242 

(scobies, scobisj 240 

scopae . . . r 244 

scribenda 244 

scribere 244 

scrinium 244 

scutum 242, 244 

sébum 247 

secare 161,245 

secernere 8 

securus 246 

secus 160 

sedere, sedes 22 

seditio 8 

semen 97, 156 

semi- 157 

senex, senior 160 

sentire 245 

septem 245 

septimana 247 

sequitur 160 

séries 58 

sero 158 

serus 164 

sesamum 246 

seta 245 

sex 170 

se x ta ri us 20 

sibilus 171 

sicera 247 

siccu8 162, 244 

(sifllus) 171 

sigillum 246 

similis 162, 245 

simul 162 

simulacrum 245 

sinapi 238 

(siniscalcus) 160 

siphunculus 246 

sistere 239 

sitis 162 

situla 238 

situs 244 

(soccus) 248 

sol 102, 160,257 

solarium 247 

soldum 239 

solea 247 

solidus 239, 249 



solum 247 

somnus 167 

sonus 248 

sopire 167 

soror 169 

spado 249 

spargere 249 

sper- 250 

sperma 250 

spica 249, 250 

spiculum 249 

spina, spinula 250 

spiritus 250 

spissus 250 

splendere,splendidus 251 

spougia 251 

spuere 243 

spuma 115 

stabulum 252 

stagnum 238, 253 

(stagnum) 252 

stamen 238,251, 253 

stauuum 252 

stare 238, 253 

status. 90,238,244,251,253 

Stella 253 

sterno 142, 253 

sternuo 255 

stipula 248, 254 

stiria 265 

stola 254 

s t ratura 256 

stratus 255 

slrenuus 269 

strictus 256 

struo 255 

struppus 256 

(stuba) 253 

stupere 248 

(stupidare) 244 

stuppa 254 

suadere 169 

suavis 169 

sub 146 

subito 239 

submonere 248 

subsidere 142 

substernere 142 

subtrahere 136 

sucus 169, 257 

sudare 171 

sugo 257 

suinus 248 

super 276 

supiuus 170 



surgere 90 

sus 166 

susurrus 169 

syrinx 248, 256 

Taberna 261 

tabès 264 

tabula 260 

tabum 264 

tacere 260 

(taliare) 220 

talis 246 

(tamesium) 259 

tangere 267 

(taratrum) 260 

tarmes 75 

tala 258 

taurus 261 

taxus 260, 268 

tectum 264 

tego , 264 

tegula 263 

tellus 258 

telonium 262 

tempe rare 262 

tempus 262 

tendere 252, 262 

teoebrae 264 

tener 262 

tenere 99 

tensaurus 262 

tentum 264 

teuuis 252 

tenus 99 

tepere 266 

tepor 264 

terebra, terere 260 

tergere 261 

termes 75 

terminus 263 

terra 265 

tertiana 263 

tertius 113, 270 

(tesa) 230 

testis 263 

Ticinus 262 

-timus 174 

tinea 264 

titillare 163 

(titta) 264 

titulus 263 

toga 265 

tollo 259 

tondere 259 

(tonsare) 268 



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294 



INDEX 



torquere 268 

torques 268 

torta 267 

torus 266 

tosta 267 

toxicum 268 

(tractarius) 271 

tractus 270 

trabere 272 

trajectorium 271 

trajeotus 270 

trans 107, 272 

transire 271 

transtrum 271 

trepidare 27i 

très 271 

tribus 4 

tridens 269 

tripes 270 

tripodare 272 

trivi 260 

trochilus 272 

(troia) 268 

trua 262, 274 

(tructa) 103 

trunco, truncus 273 

tudes 266 

tugurium 136,265 

tuli 259 

tumere 90, 265 

tumulus 90, 265 

tundere 20,266,268 

turba, turbo.... 255, 256 

turdus 270 

turris 268 

turturilla 274 

tutudi 20, 266 

Ubi 217 

ulmus 118 

ulna 173 

ulva 120 

uncus 12 

unguen 8 

unguendum 212 



unguen tu m 8, 212 

unguis 175 

unus 117 

urceolus 214 

urna 60 

ursus 158 

uva, uvula 167 

Vacare 146 

vacca 48 

vacillare 148 

vacuus 146 

vae 146 

vagina 138 

vagus 132 

valere 133 

vannus 151 

vasculum 123 

(vassus) 147 

vasiare 147 

vectum 149 

vetaere 149 

vêla 149 

velim, velle 150 

vellere 150, 154 

vena 146 

venator 150 

Veneti 150 

venter 151 

ventus 21, 151 

venus 150 

Venus 97, 150 

verbascum 27 

verbera 152 

Vergilius 73 

vermis 228 

versus.. 138,152,215,220 

vertere 16, 152 

vertex 152 

verti 152 

veru 31 

verus 155 

vesci 26 

vescus 35 

vesica 171 



vespa 153 

v espéra m 140 

vestis 155 

vêtus 156 

vexare 147 

vibrare 153 

vicus 153 

videre 142 

(vidubium) 142 

viere 148 

vigil 118 

vigilia 136 

vigiuti 275 

vilis 149 

(villare) 154 

vimen 149 

vindemia 30 

vinea 154 

vinum 154 

vipera 34, 132 

vir 140, 143 

virago 143 

virgo 143, 152 

viridis 152 

virtus 196 

vita 31, 39 

vitis 149 

viirum 152 

vitta 148 

vitulus 155 

viverm 153 

vivus 31 

vix 35 

volgus 146 

volnus 139 

volo 150 

(volta) 26,39 

vol u ta 26 

volvere 146 

vortex 152 

vos 171 

vox 75, 207 

vulpes 190 

Zeus 257 



nerf . 



2. OMBRIEN 

210 | nesimei 210 



toto. 



274 



nesimum . 



3. OSQUE 
210 | petiropert 227 | tûvtû. 



274 



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FRANÇAIS 



295 



4. FRANÇAIS 

(Le français ancien, dialectal ou populaire, entre parenthèses.) 



(Abôquer) 2 

abreuvoir 3 

accore 243 

achever 6 

(acquest) 3 

acre 4,115 

adresser [s*] 20 

afficher 186 

affres, affreux 6 

(afibler) 122 

agacer 159 

agrafer 80 

aguet 3 

aigrette 161 

aiguillette 4 

air 109 

airain 16 

aise 5, 109 

(alebiqueux) 111 

allier 7 

alouette 7 

altérer 7 

amour 2 

angle 11 

angoisse 11, 12 

animal 12 

(anvin) 13 

(apert) 10 

apostume 36 

appartenir 221 

(apuiail) 15 

(arein) 16 

arlequin 127 

arranger 230 

arrhes ., 17 

arriver 17 

arsenal 238 

artison 261 

asperge 249 

asperger 249 

assaillir 17, 238 

(atillié) 20 

(a toz) 20 

attacher 258 

attaquer 20,251,258 

attelle 20 

auberge 161 

aucun 212 

auvent 111 



(avileter) 276 

avives 21 

Babiller 26, 177 

babiole 22 

baboue 27 

bac 23 

badaud 23 

(badelaire) 23 

(badeolier) 22 

badin 23 

(baguiole) 22 

(bailie) 30 

baille 24 

bâiller 23 

bai 24 

balai 24 

balancelle 42 

balbutier 24, 276 

(balie) 25 

(baller) 24 

ballet 28 

ban 112 

baunière 26 

Bar 26 

baraterie 27 

baraite 27 

Barbe-bleue 27 

barboter 41 

barbouiller 24 

barque 27 

barre 28 

bartavelle 39 

bas 29 

(bast) 28 

baste 28 

battre 29 

(bauche) 204 

baudroyeur 39 

bave 22, 206 

bayer 23 

beau 49 

bec 29, 42 

bécard 29 

bedeau 35 

béer 23 

bel, belette 49 

berle 30 

(berlingouiu) 178 



bernache 43 

(bes-) 32 

(bestourner) 208 

bette 31 

(beugle) 33 

bévue 32 

biais 33 

biche 36,109 

bident 35 

bière 35 

bigler 37 

bigorne 35 

bijou 36 

bille 35,101 

billon 35 

bipède 35 

biscornu 32 

bise 36 

biseau 33 

(bisse) 36 

bitume 48 

blanc 36 

blasé 36 

blesser 38 

bloc 38 

(blosser) 38 

(blutel) 48 

(boeste) 39 

boeuf 26,33 

(bolzou) 48 

bombarde 39 

borgne 39 

borne 39 

bosse 39 

botte 40 

botteler 40 

bouc 40 

(bouche) 40 

boue 26 

bougette 26 

(bouis) 33 

boule 40 

bouleau 34 

bouquet 40 

bourbe 41 

bourbillon 226 

bourde 41 

bourg 41 

bourgeon 46 



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296 



INDEX 



bourras 40 

bourru 41 

bouse 26 

bouler 40, 41 

boutique 41 

boutoir 40 

bouvreuil 33 

braguette 42 

braie 42 

brailler 44 

braise 45 

bran 43 

branler 42 

(branque) 42 

brave 42 

bréchet 47 

bref 44 

(brehaigne) 43 

brelée 43 

breloque 127 

(brèque) 47 

(bresil, bresille) 45 

brevet 44 

bribe 45 

bride 45 

Briffaut, (briffer) .... 45 

brique 44 

briser 32, 41, 47 

broc 45 

broche 43, 45 

brochet 43, 45 

brocoli 46 

broder 46 

(broigne) 46 

(broil) 47 

(broisson) 46 

(brost) 46 

brouet 42 

brouette 46 

brousse 46 

b roussi a 46 

(brouster), brouter... 46 

broyer 41 

(bruchet) 47 

bruit 47 

brume 47 

brusque 47 

bruyère 47 

buanderie 47 

bubon 41 

buée, buer 47 

(bulzon) 48 

buter 255 

butin 41 



Cabale 97 

(cacou) 49 

cafard 52 

cagne 52 

cagot 49 

(caiche) 50 

caille 72 

caillou 50 

cancre 79 

(canestel) 52 

(cannelle) 52 

canon 53 

Cantal 53 

canton 53 

(caqueux) 49 

(carabe) 54 

caravelle 54 

carne 75 

carogne 52 

(caroler) 76 

carreau 72 

(casser) 56 

cave 54 

centre 62 

cep, cépeau 250 

cependant 63 

(cerchier) 75 

(cbaignel) 238 

chaire 49 

chaise 49 

(chaldron) 176 

chaloir 168 

chambre 8 

champ [de] 53 

change 61 

chant [de] 53 

Chantereine 229 

chanteur, chantre. . . 83 

char 55 

charge 55 

charivari 177 

charrée 73 

chasser 56 

chat 56 

(chatel) 168 

chat-huant 54 

chattemite 203 

chaude [fièvre] 176 

(chaudel) 176 

chausse 177 

chef 48 

chemin 51 

chôneau 238 

cheptel 168 

chercher 64 



chétif 57 

chevêche 168 

(chevestre) 49 

cheville [en] 8 

chicane 159 

chiffonner 168 

chipoter 168 

chique 168 

(choine) 168 

chômer 168 

choquer 254 

chouan 54 

chrême 79 

(ebuchilleur) 169 

cidre 247 

cimetière 84 

claie 72 

clair 242 

(clamer) 70 

clan 217 

claquer 253 

clef 7 

cligner 37 

clinquant 67 

cloche 71 

clore 71 

clos 72 

clôture 71 

(coëffe) 73 

coeur 78 

cohue 74 

(coignel) 77 

(coillier) 77 

(coint) 72 

col 135 

collet 139 

corn- 61, 65 

combe 74 

Complies 128 

con- 61,65 

(conchier) 75 

congé 67 

(connil) 75 

(conrôer) 78 

conter 75 

copeter 135 

(coppe) 75 

coq 73 

coque 74 

coquin 197 

corde 75 

(coreie) 76 

(coroller) 76 

(correier). 78 

corroyeur 76 



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cosse 71, 77 

(costé) 77 

Cottien nés [Alpes] ... 78 

coucher 248 

coultre 243 

coupe 75 

cou raille 78 

(courquaille) 75 

(coust) 78 

(coustume) 84 

couvrechef 78, 126 

crabe 79 

cracher 79 

crampon 79 

cran 79 

craquer 255 

(craqueur) 255 

crème 79 

créneau 79 

(creusequin) 81 

crier 81, 244 

croasser 83 

croc 82, 83 

(croissel) 81 

cromlech 181 

(cropir) 83 

crosser 38 

croupir 83 

croûte 81 

(crouyet) 78 

(cudoire) 84 

(cuider) 84 

(cuignet) 77 

Dague 86 

daim 92 

dais 86, 91 

dalle 88 

danse 87 

dard 88,89 

darne 88 

(darrière) 259 

dé- 94,100 

débaucher 204 

déchanter 91 

déchiré 97 

découpler 101 

déduit 96, 108 

défendre 96 

défrayer 97 

dégoiser 97 

degré 93 

(deiien) 90 

(delaier) 86 

délaisser 98 



FRANÇAIS 

délayer 182 

déloger 98 

demoiselle 98 

démonter 101 

(demourant) 92 

dépenaillé 101 

déporter 92 

dérober 7 

derrière 259 

dés- 100 

(despenner) 101 

devantier 261 

dévot 92 

(dez) 100 

difforme 97 

(diot) 99 

distiller 256 

divaguer 276 

doloire 258 

domestique 148 

dorloter 104 

(doublier) 105 

(doubter) 105 

(doulcil) 105, 247 

douve 106, 274 

Douvres 105 

(douzil) 105,247 

dragme 106 

Driant 106 

(drillant) 106 

drille 106, 273 

(druge) 108 

(drus) 108 

dune 274 

durer 216 

(Ébaffôl 1 

ébat 109 

ôchafaud 116 

échauder 240 

échoppe 241 

écope 242 

écore 243 

écot 242 

écoufle 243 

écouvillon 244 

effaré 237 

église 173 

(egresse) 110 

emplâtre 216 

(encant) 109 

enchevêtré 49 

enchifrené 246 

engendrer 114 

engin 173 



297 

engoulevent 137 

entaché 94 

ente 112 

(entecher) 262 

entiché 98, 262 

entré 174 

(enui) 114 

épauler 242 

épervier 249 

épissure 250 

ôpluchure 251 

(erre) 116 

errements 116 

escabeau 116 

escabelle 239 

escaflgnon 73 

(eschamel) 161 

(eschelle) 241 

(eschevete) 65 

(eschine) 241 

(eschiner) 161 

(eschouer) 240 

(esclabouter) 253 

(esclachier) 253 

(esclairer) 242 

(esclater) 241, 242 

(esclice) 242 

escopette 242 

(escore) 243 

(escot) 242 

escourgée 243 

(escrit) 243 

(escurer) 244 

(esfreis) 110 

(espar) 249 

(espargne) 117 

(esparre) 249 

(espelucher).... 225, 251 

(espier) 250 

(espingle) 250 

(espleiiier) 251 

(espoeiuer) 251 

(esquarre) 243 

lesquierre) 243 

essai 116 

essieu 119 

(estaim) 251 

(estai) 251 

(estaler) 252 

(estam) 251 

(estang) 252 

estoc 254 

(estouffer) 254 

jestoule) 254 

(estoupe) 254 



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298 



INDEX 



(estreit) 256 

(estrieu) 254 

(estrif) 256 

(estriper) 256 

(étaim) 251 

étamine 251 

êtancher 252 

état 251 

étiquette 71 

étoffe 253 

étoupe 254 

étourdi 110 

ôtrape 255 

êtriper 256 

étroit 256 

étuve 253 

évanouir [s*] 276 

évoque 117 

Èvre 14 

exploit 251 

(Fagne) 132 

faillir 75, 120 

(faitis) 121 

falloir 120 

falot 120 

(fais) 120 

(falz) 120 

fanfare 47 

(fanfreluche) 127 

(fanque) 120 

farce 120 

fardeau 120 

fat 120 

fauvette 124 

faux 120 

féal 120 

(fel) 120 

(felpe) 121 

(fenestre) 227 

fesse 121, 125, 220 

(feste) 121 

(festier) 122 

(festillante) 122 

feurre 122 

feutre 121 

& 119 

fie 122 

fiche, ficher 122 

fier [se] 122 

figue 122 

filleul 122 

(flac) 123 

(flael) 125 

flairer 123 



flamme 123 

flanelle 135 

flaque 123 

(flasque) 123 

(flastrer) 123 

(flatrer) 123 

flatter 123 

(flaud) 123 

(fleschier) 123 

flétrir 123 

Iflieme) 123 

(flipe) 121 

(flor, flour) 123 

flou 123 

foire 124 

fol, folâtrer 121 

(fondoire) 123 

(forbouter) 122 

force 124 

(fou) 120, 1*2, 124 

fouace 124 

fouet 124 

fougue 124 

fouillis 127 

(fouldre) 124 

fourber 273 

(fourbot) 124 

(fourc) 97 

(fourgier) 122 

(f railler) 125 

frais 125 

fraise 125 

franc 125 

(frelocbe), freluquet. 127 

frétiller 97 

frette 125 

freux 125 

fricassée 126 

frimas 126 

fringant 126 

(fringuer) 126 

fripe 121 

(friquer) 126 

frise 235 

frit 126 

frivole 126 

(froissier) 96, 125 

(f ronchier) 97 

(fronequier) 97 

f roude 126 

front 126 

frontière 258 

(frost) 125 

frotter 126 

(fruschier) 96 



fruste 125 

(fuer) m 

fur [au] 5, 122 

(furgier) 124 

Gaber 135 

gable 129 

gaffe 136 

gagner 139 

gai 128 

gaine 138 

gale 128 

galerne 146 

garder 138 

gardon... 130 

(gargate) . 130 

(garite) .. 55 

(garlande) 130 

garrigue 55 

(gars) 130 

gaudir 136 

(gavelot) 131 

gazouiller 131 

Gédôon 176 

gendarme 98 

gentil 98 

gimbelet 154 

glace 241 

glane 133 

glas 134 

glisser 76 

gloire 135 

glouton 135 

gobelet 135 

gobelin 136 

gober 135 

goéland 145 

goémon 139 

(gogue) 136 

golfe 214 

gond 131 

gorge 140 

(goualer) 149 

(gouaper) 135 

goudron 77 

gourd . 139 

gourme 144 

goutte 61 

grâce 238 

grappe 80 

grappin 79, 80,255 

grateron 239 

gratin 80 

gravier 142 

(gregnon) 144 



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grêle, (grelu) 145 

grémil 142 

(grenon) 144 

^ès 145 

grésil 144 

grésillement 144 

(grésillons) 144 

grève 142 

grief, (griès) 144 

grigner 82,144,244 

grignoter 82, 144 

grincer 144 

gringotter 126, 144 

gripper 80 

grommeler 83 

(gronche) 144 

grondin 76 

gros 42, 83 

grotte 144 

(gruel) 144 

(gnaber) 135 

(guaffe) 135 

(guaîm). 155 

(guarde) 147 

(goarene) 147 

gué 148 

Ignencbir) 154 

guêret 158 

guérite 131, 152 

guet 131 

guêtre 131 

guibre 153 

guideau 66 

guigne 68 

Guillaume 154 

(guilleri) 67 

guimaud 154 

guimbelet 154 

guinder 155 

guise 132 

guivre 34, 155 

Hacher 18 

haie 49 

(hait, haitier) 162 

halleboteur 156 

banap 157 

hanter 160 

haquenée 163 

(hardiz) 157 

hargneux 167 

barlequin 127 

harnais 157 

(harper) 158 

(haste) 158 



FRANÇAIS 

(hastise) 20 

(hatize) 20 

havre 3 

héberger 161 

(heir) 5 

Héquet 159 

(herberge) 161 

(hergnier) 167 

héron 161 

(heuder) 162 

heur 118 

heure 211, 222 

heurter 162, 268 

heuse 162 

hocher 159 

hoir 5 

(holier) 166 

honorer 114 

hop 165 

horloge 165 

(houlier) 166 

houppe 166 

(hourd), hourder 165 

(hu) 166 

(hugue) 167 

huitre 164 

hulotte 130 

huppe 166 

hurler 167 

Huron 164 

Idiot 99 

if 175 

imputer 163 

iustaller ... 251 

(-isme) 274 

ivraie, ivre.. 107 

Jante 51 

jarosse 168 

jarret 129, 176 

jars 130 

jaser 131 

jeteur, jeton 176 

(jode, joete) 176 

joie 176 

(jote) 176 

(jou).. 176 

jubilé 176 

jucher 174, 248 

judelle 177,257 

jupe 169 

(juper, jupin) 177 

Labour 179 



299 

lacs 180 

(laiens) 178 

(lais) 178 

laisser 185 

(lambre) 178 

lame 178 

(lamper) 178 

llandore) 178 

(lanfais) 178 

langage 178 

langouste 181 

(laor) 179 

laper 179 

laquais 177 

lard, larder 179 

largesse 179 

latte 180 

(laurel) 189 

leçon 59 

(leesse) 181 

(leial) 181 

(leis) 185 

lent 183 

lest 180 

levée . 185 

lez 185 

lézard 134 

(liam) 186 

lie 182 

liège 186 

lierre 5 

lilas 187 

lime 186 

(limestre) 187 

linceul 187 

lion 183 

lippe, lippée 187 

lisière 191 

litière 184 

liturgie 186 

(lober) 188 

loffer 185 

(logne) 189 

loisir 185 

(lombre) 189 

lombric 183 

(lorberie) 189 

lot 188 

(loufée, lous) 190 

(lubre), lubrique — 190 

luette 167 

(lus) 64 

luzerne 192 

Madré 27, 193 



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300 



INDEX 



maie 90, 197 

(maignan) 195 

mail 193 

maillart 194 

maille 193, 194 

(mailloque) 194 

maillot 194 

main d'oeuvre 12 

maint 199 

maire 197 

(mait) 197 

maladroit 10 

(malie) 193 

malle 193 

(maneir) 1^5 

manger 195 

mangoneau 25 

manière 194 

manne 195 

marche 45, 197 

(mardelle) 27 

maréchal 1% 

mar^e 196 

marelle 196 

(marie) 200 

marmonner 207 

marmotte 1% 

marmouset 196 

marne 200 

marque 198 

marquis 45 

marre 196 

marri 196 

(mastin) 197 

matelot 1% 

matras 28 

(matrasser) 197 

mauvis 202 

(mehaiugnier) 193 

(mehier) 199 

Meiihan 112 

membre 97 

méreau 196 

(merchier) 199 

merlan 196 

(merle) 200 

(mescbief) 168 

mesure 208 

métier 197 

meuble 99 

(meuil) 198 

(meyer) 199 

mie 61, 206 

mignon 203 

mil 198 



mine 199, 203 

(miste) 203 

(mitouin) 203 

(moign), moignon... 204 

(moi<e. moiseure) .. . 207 

(moiste) 206 

moite 204, 207 

(moiuel) 204 

(moraille) 205 

morceau 206 

More, raoricaud 205 

morille 206 

(morsel) 206 

morve 206 

motle 206 

mouchoir 176, 207 

moue 207 

(moun) 204 

mousse 207 

(mousse) 207 

(mousser) 207 

moutou 195 

muid 48 

(musel) 208 

muser 102, 208 

(rausser) 207 

mutiler 208 

(Nanti 13 

Nautua 13 

Naples 209 

napperon 5 

nenni 209 

nerf 210 

net 209 

(noe, noete) 212 

noise 212 

Ostroi 14 

oeillet 214 

(oile) 115 

(orb) 214 

(orçuel) 214 

(ormel) 214 

lorseul) 214 

(otrei) 14 

(Paelle) 216,222 

paille 216 

paire 218 

paisseau 217 

(pal, pale) 216 

paletot 216 

palier 216 

(palle) 216 



palourde 223 

(paltoke) 216 

(palué) 216 

panais 217 

panier 216, 217 

pape 215 

paquet 215 

parc 218 

paré, parer 216, 218 

(parouer) 216 

pas 52, 61 

(paste) 218 

(pâte), patte.... 217, 218 

(pautraille) 217 

payer 216 

(pègre) 33 

(peilles) 223 

peine 225 

(pel), peler 219 

pelle 216 

pelletier 219 

pelote 2?7 

(pelous) 225 

peluche 216 

Penniues [Alpes] 23) 

pépie 36 

pers 221 

(persone) 221 

(pestiche) 221 

pétoncle 221 

(pétun) 43 

peuh 227 

Philippe 122 

pic 29, 223 

(pichier) 223 

picoter 223 

pièce 222 

pierrot 122 

pile, piler 223 

pimpant *23 

pinson 224 

(pipeler) 223 

pique 223 

pis 224 

piscine 2T4 

pitance 224 

(pitoulz) 224 

plaid 225 

plaire, plaisant 223 

planche 182 

(plançon) 224 

(planque) 224 

plaque 182 

plat 224 

(ploi) 38 



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I 



plonger 225 

(pluskier) 225 

poêle 216 

poids 2:6 

point 61 

pot 226, 227 

poteau 226 

pouah 227 

(pouldre) 227 

pouliche 227 

(pour) 227 

poussin 226 

tpovre) 217 

préau 227 

presser, pression 193 

(pris) 228 

Iprofrer) 228 

(pugnès) 228 

puiis 228 

pulluler 228 

(put) 228 

putois 228 

Quai 49 

(quaille) 72 

quenouille 58 

(quer) 63 

(queste) 65 

quincaille 67 

quitte, quitter 84 

Rabattre 15 

rabine 229 

(rabouiller) 233 

rage 15 

raie 229, 2:U 

(rain) 236 

(raine), rainette 229 

ramper 229, 248 

(randon) 230 

ranger 230 

rascler 15, 230, 242 

raser 236 

(rastel) 230 

ravine 233 

re- 4 

rebec 231 

(rebecher, rebrecher) 231 

rechigner 234 

redouter > . . . 105 

regain 154 

rêne 230 

(reng) 232 

réparé 218 

repu 233 



FRANÇAIS 

résine 236 

(reume) 232 

(reûser) 237 

révéler 101 

rez 232 

ribaud, (ribleur) 233 

(ribotte) 233 

ricaner 234 

(ricbonner) 234 

(riffer) 234 

rigole 231 

rincer 234 

(rinchon) 234 

(riote) 234 

(r'niûer) 236 

(rober) 7 

roc, roche 235 

rochet 235 

rogne 236 

rogue [2 mots] 234 

roide 233 

(rolle) 235 

(roquet) 234 

rose 236 

roseau 230 

(rost) 235 

rouelle 234 

rouler, ( roûller) 236 

roussin 235 

route 235 

(r'pincheu) 220 

ruche 236 

ruine 233 

(rusche) 236 

ruser 237 

rustre 237 

Sabbat 103 

(sachier) 238 

(saete, sagette) 237 

saie 237 

saillir 238 

saler 238 

salle 238 

sangle 247 

sapin 239 

(saquer) 238 

saucisse 247 

sauf 238 

savon 247 

sayon 237 

scandale 240 

seau 238 

sec 161 

secousse 256 



301 

(séel) 246 

seille 238 

semaine 247 

semomlre 248 

sénéchal 160 

seringue 256 

serpe 255 

serrer 245 

setier 20 

sève 245 

(sible) 246 

siège 246 

simple 245 

soie 245 

soit 218 

sol 239 

sole 247 

solier, solive 247 

somme 238 

son, sonner 87 

sorte 346 

sou 239 

soudain 239 

souder 249 

souhaiter 162 

soupe 248 

souple 248 

(souquer) 257 

soute 249 

(suc) 168 

sucer 169 

suie 16? 

suif 247 

sûr 257 

surseoir 141 

(Tabut) 257 

tache, tacon 258 

taille 258 

tailler 220 

talisman 261 

tamis 259 

tan 260 

taquiner 20,261 

tarabuster 257 

tard, tardif 86 

targe 93 

targette 28 

tarière 260 

tarte 261 

tas 263 

tasse 261 

taverne 261 

taxe 261 

teigne 264 



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302 



INDEX 



teille 264 

(tencer) 262 

terme 263 

téter, telle 264 

Teuton 275 

(Thunes) 275 

tillao 264 

(tille) 264 

(title) 96 

toile 265 

toise 230 

tonnelle 264 

toque 265 

toquer 254, 266 

torcher 267 

tort 266,267 

(tost) 267 

(toste) 267 

touaille 265 

(touille, touiller) 268 

(toupin) 268 

tour 272 

tourner 268 

tourte 267 

(tourtel) 268 

(touser) 269 

tracas 269 

trace 271 

traire 136 

traiter 270 

trappe 255 

traquet 36, 269 

travail 269 

(trave, travéle) 106 

traverse 271 

(travoii) 269 



trébucher 255 

trépasser 107, 270 

(treppir) 272 

(ires) 107, 263 

très 107,269 

tressaillir 238 

(trestel) 271 

(tresve) 2/1 

tréteau 271 

tribulation 273 

(tricoises) 274 

(tricquehouse) 272 

(trimer) 263 

(trinc), trinquet 269 

tripe 256 

(triquet) 272 

troc 272 

(trompiile) 272 

tronc 272 

(iroteresse) 256 

troiter 256, 273 

(trottière) 256 

(trouille) 28 

trousse . 271, 273 

troussequiu 271 

trousser 271, 273 

truand 273 

truchement 177 

(truffer) 273 

truie 268 

truite, truite 103 

trusquin 271 

(tuel) 274 

(tuner) 274 

(turcoises) 274 

tuyau 274 



Vague 146 

vague, vaguer 276 

vanneau 151 

vaquer 276 

vassal 147 

(veage) 29 

veilleuse 192 

velours 124 

venelle 25 

venimeux 35 

vergadelle 276 

verger 32 

verne 152 

(verrouil) 78 

vert 152 

(vertut) 48 

verveine 27 

vesce 31,32 

viande 92 

vielle 35, 276 

vielleux 154 

vif 34 

vigne 154 

vil 276 

vilain 35,276 

(vitrée) 36 

vive, vivre 34 

(vochier) 214 

(vois) 207 

vouge 142 

(vougier) 214 

(vouivre) 34 

voussure 39 



5. AUTRES LANGUES ROMANES 
(L'initiale entre parenthèses indique respectivement l'espagnol, l'italien et le provençal.) 



Alazan(e.) 23 

ascella 18 

Badare (i.) 23 

bastare (i.) 28 

bayo (e.) 23 

becco (i.) 29 

berro(e.) 30 

bosco 39 

bragar (e.) 42 

brague (p.) 42 

broccoli (i.) 46 



Cabestan (p.) 49 

caire (p.) 63 

caldo (e.) 54 

cambio (i.j 52 

camminare (i.) 51 

caflon (e.) 53 

cantone (i.) 53 

cap (p.) 48 

capello 48 

capo (i.) 48 

cazzo (i.) 50 



cerrar (e.) 245 

cha£aret(p.) 287 

cipollata (i.) 176 

cocedura (e.) 65 

coine 75 

conh (p.) 75 

conio (i.) 75 

cueva (e.) 63 

cuno (e.) 75 

Diavolo (i.) 94 



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GOTIQUE 



303 



Ensalbatai (p.) 103 

escobeta (e.) 242 

escupir (p ) 243 

esplet (p.) 251 

estancar (p.) 252 

estourbeil- 255 

esirebil- 255 

Farfullar (e.) 276 

fat (p ) 120 

fresco (i.) 125 

frusto (i.) 125 

Gato (e.) 127 

guai (i.) 146 

Hounilh (p.) 124 

Ingannare (i.) 128 

Lavagna (i.) 186 

loufa (p.) 190 

Macar (e.) 193 

magnaoo (i.) 195 

mastroulba (p.) 28 



melba (p.) 198 

Milano (i.) 112 

moggio (i.) 48 

moneda 205 

moreno (e.) 205 

Ninguno (e.) 212 

Padella 222 

pauta (p.) 217 

pequeno (e.) 35 

pezza (i.) 222 

piano (i.) 225 

piccolo (i.) 35 

pico (e.) 29 

pieianza (i.) 224 

pincione (i.) 224 

piquerno (p.) . .* 223 

pradel (p.) 227 

Quaglia (i.) 72 

Real (e.) 231 

rigafi.) 231 

rocca (i.) 235 

rusca (i.) 236 



rusco (p.) 236 

Sabatar (p.) 103 

sacar (e.) 238 

safret (p.) 237 

scopa (i.) 244 

seccbia (i.) 238 

seda (e , p.) 245 

soldo(i.) 239,249 

sparviere (i.) 249 

Talismano (i.) 261 

toccare (i.) 254 

tocbo (e.) 274 

tôsigo (e.) 268 

tossec(p.) 268 

triboula (p.) 272 r 

tridoula (p.) 272 

Ugola (i.) 167 

Vergadele (e.) 276 

Zuc (p.), zucca (i.).. 168 



V. GERMANIQUE 
1. GOTIQUE 



Aggwns 113 

ahtan 111 

afhwa- 109 

âins 117 

âiws 213 

alan 14 

aljis 111 

ails 214 

ana 10 

anan 11 

ans 119 

arjan 15 

atta 258 

âugô 114 

aûhjôn 84 

Baîran 60 

bansts 38 

beitan 30 

biogan 40, 254 



blôma 37 

briggan 9 

brikan 41 

brôibar 44 

Daddjan 92 

dags 94 

dâils 104 

daûr 104 

diups 105 

driggkan 76 

du- 85 

dulgs 103 

dwals 86 

Fair- 15 

faûr- 15 

fldwôr 222 

fllu 173 

flmf 219 



fôtus 275 

fra- 229 

f raihnan 19 

frathjan 230 

freihals 125 

frôths 230 

fulls 184 

Ga- 56 

galeiks 162 

garaiths 235 

gards 130 

gasts 128 

gaiarhjan 107 

gatils 98 

gawidan 102 

gibla 129 

gistradagis 90, 210 

grids 143 



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304 



INDEX 



Haban 54 

ha fi au 54 

hâidus 226 

hâims 84 

hairtô 80 

hâiihi 73 

haldan 48 

haua 52 

hardus , 55 

hatis 65 

baùrn 76 

hlathan 72 

bleiduma 69 

huod 53 

hwan 215 

hwas 218 

Ibns 110 

in 113 

Ja 172 

juggs 172 

juk 173 

Kaûrn 143 

kinnus 132 

kniu 134 

Laikan 184 

lâun 179 

liugan 136,180 

liuhaih 191 

Magan 195 

magaths 197 

magus 195 

mabis 195 

mais 208 

marei 205 

maûrgins 33 

maûrnan 32 

-mors 201 

midjis 112 

milith 197 

mins 203 

milan 229 

mulda 275 



munan 78 

Nadrs 5 

nabis 213 

namô 157 

naqatbs 212 

nâudi- 209 

nâuths 209 

nëtbla 208 

ni 209 

niman 115 

niujis 211 

niun 209 

Qâinôn 58 

qairnus 44 

qëns, qinô 109 

qius 31 

Raitats 232 

-rakjan 232 

râus 230 

râuths 237 

reiks 235 

Sa 12 

sains 170 

saibwan 160 

sauil 160 

saûrga 245 

sibun 245 

sigis 158 

sinista 160 

sinths 160 

sitan 22 

skadus 241 

skeinan 62 

skûra 54 

stairnô 253 

standan 239 

stautan 20, 266 

steigan 254 

stôma 238 

strâujan 255 

sunus 106 

swaran 169 



Tagl 108 

tagr 86 

taibswa 91 

taibun 91 

-tairan 89 

tckan 85 

til(s) 98 

timrjan 88 

tiuban 105 

triu 93 

tuntbus 87 

tuzwèrjan 155 

twâi 88 

Thahan 260 

thiuda 274 

thius 262 

tblaqus 190 

tbragjan 272 

thridja 270 

tbrûts- 273 

Ubils 146 

uf 146 

ufar 276 

undar 175 

uns 165 

Waila 150 

wair 140 

wairtban 152 

wairtbs 152 

wâit 142 

wakan 1 118 

waldan 133 

walwjan 146 

wasjan 155 

wasti 155 

waûrkjan 73 

waùrts 144 

wigs 149 

wiljau 150 

winnan 147 

witbras 156 

wulla 135 

wunds 13,147 

wunns 147 



2. VIEIL-ISLANDAIS 

bjarg 32 | diûpr 105 | fleiri. 

1. Erratum. lire ainsi la forme citée. 



186 



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ANGLAIS 



305 



gagl 148 

gala 127 

gjâlpa 168 

binna 62 

hl&r 72 

hnakke 80 

hnot 80 

hraukr 83 

hrip 51 

hrôf 80 

hrûga 83 

hryggr 82 

ilkvistir 36 

jaki 172 

jôkull 172 



kalla 128 

kasta 105 

kirna 68 

kvistr 36 

lag 189 

laug 138 

lostr 180 

lurkr 189 

nôr 210 

seil 246 

sigr 158 

skaka 100 

skinn 62, 240 

skrapa 243 

skûr 54 



smale 202 

sumar 157 

taka 85 

tamr 104 

til 98 

tivar 105 

toekr 85 

tbrekkr 255 

thukla 267 

thvara 262 

tbykkr 263 

veggr 147 

viur 151 

vist 26 

vaela 149 



3. ANGLAIS 
(L'anglo-saxon entre parenthèses.) 



A 117 

adder h 

(âeled) 213 

alike 162 

ail 214 

amid 112 

(an) > an 117 

and 117 

answer 169 

apple 21 

apron 5 

ash 215 

awl<(awul) 172 

Babble 177 

balk 25 

barnacle 43 

bathe 26 

be 11 

(beadu) 29 

beak 29 

bear 60 

beat 29 

bed 34 

bebind 62 

belly 26 

bernekke 43 

(bicce) 228 

bind 38 

bindweed 34 

bitch 228 

bite 30 

black 192 



blink 37 

bloom 37 

bore 32 

bother 39 

bouken 47 

boum 30 

bow 40, 254 

break 41 

breast 46 

breecbes 42 

brew 46 

bring 9 

brisk 44 

broth 46 

brotber 44 

brow 3 

buck 40 

budget 26 

(burg) 41 

burst 44 

bush 39, 40 

(byrgan) 27 

Cackle 127 

cairn 55 

call 67,128 

caro) 76 

cast 105 

cat 56 

(cêowan) 168 

chest 65 

chew 168 

cbin 132 



cbirp, chirrup 122 

churn 68 

claw 241 

claymore 71 

clean 133 

cleave 133 

(clocian) 242 

clook 71 

cluok 71, 242 

cod < (codd) 136 

cold 70 

comb 81, 136 

cord 75 

corn 143 

cow 48 

crâne 130 

craw 45 

crop < (cropp) 83 

cross 83 

(crumb) 83 

crumpet 79 

cruse 81 

cry 81 

(cyta) 27 

(Dâh) 96 

dale 92 

dam 89 

day 94 

(dèaf ) > deaf 108 

deal 104 

deep< (dëop) 105 

dew 92 

20 



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306 



INDEX 



dish 100 

display 101 

distaflf. 252 

door 104 

dough 96 

doune 264 

dove 108 

down 264 

drink 76 

drone 239 

dry <(dryge) 108 

(dùfe) 108 

dull 86 

dumb 87, 108 

(éad) 111 

(eaht) 111 

(ëanian) 213 

eat 110 

(egettae) 214 

egg 276 

eigbt 111 

elbow 160,173 

(elm) 118 

end 140 

even 110 

evil 146 

Fallow 190 

(fâm) 115 

farrow 268 

feather 119 

fell 183 

fern 229 

fetier 173 

fie 119 

(fif) 219 

finch 224 

flve 219 

flap < flappen 122 

(flasce)>flask 123 

flat 181 

nea 169 

flee 185 

(flett) 123 

flippant 122 

floor 184 

fly 185 

foam 115 

(folcj > folk 146 

follow 162 

foot 275 

fore 229 



four 222 

fowl 114,120 

frame 125 

f ree 125 

freeze 232 

(fremman) 125 

(frêols) 125 

(frêolsian). 125 

(frëosan) 232 

(fugol) 120 

f ull 184 

(furb) > furrow 231 

(fyllan) 127 

Garden 130 

(g*i) 127 

(gelic) 162 

(geolo) 131 

(gëow) 145 

(geteld) 262 

(gicel) 172 

(gielpan) 168 

(gierd) 131 

(gilpan) 168 

(giw) 145 

glass ". 134 

glide..- 38 

glow 133 

goat 127 

goose 148 

great 42 

greet 28 

(grëot) 145 

grin 244 

grit 145 

guard 138 

guest 128 

gurnard 76 

(Haefer) U9 

(hâm) 84 

bare 127 

barsb 55 

barvest 64 

hâte 55 

hâve 54 

bazel 60 

heart 80 

heatb 73 

heave 54 

hedge .• 49 

hemp 52 

hen 52 



biccough 163 

hide 85 

hind 62,159 

(hl&nan) 69 

(hlûd) 70 

(hnecca) 80 

(hnitu) 211 

(hnutu) bO 

hog 166 

bold 48 

holly 59 

home 84 

-hood 226 

hook 163 

horn 76 

horse 55 

hound 66 

(hrëac) 83 

(hridder) 83,234 

(bPim) 234 

(hrith 1 ) 82 

(brof)...., 80 

hurl<hunle 165 

bundred 53 

(hwaeg) 155 

(bwêol) 66 

(hydan) 85 

loicle 172 

in 113 

iron 166 

is 34 

Jaw 168,176 

Kerchief 78,126 

kiddle 66 

kin, kind 131 

kite 27 

knee, kneel 134 

knoll 25 

kuow 139 

Lade 72 

(laeppa) 177 

land 179 

lap 177 

last 180 

lay 181 

layland 184 

leaf 191» 

leak 1B2 

lean 69 



1. Erratum. Lire ainsi la forme citée. 



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ANGLAIS 



307 



leather 183 

(leccanj 182 

leisure 191 

Lent 183 

(lïcettan) 186 

lick 184,188 

lie 136,181 

(liflïc) 188 

light 178,191 

(lïht) 178 

like 162 

lis t en 70 

lively 188 

loaf 14 

lobster 177 

(lôcian) 178 

log 189 

loin 189 

look 178 

(lopust, lopy stre) — 1 77 

lord 14 

loud 70 

louse < (lus) 179 

Maid 197 

mane 206 

manure 12 

mari 200 

marrow 197 

-mast 201 

maw 203 

may 195 

mead 201 

mean 199 

(mearh) 197 

mellow 194 

mère 205 

mete 10, 229 

(micgern) 202 

-mid 112 

might 195 

(mire) 200 

(molda) 198 

month 203 

moon 203 

more 208 

morrow 33 

moss 195 

mourn 32 

mow 197 

mud 207 

murk 199 

(m?re) 200 

(Naegel) > nail 175 



naked 212 

name 157 

(uëad) 209 

(néant) 213 

neck 80 

need 209 

needle 208 

nest 210 

nettle 187 

new 211 

next 210 

night 213 

nine 209 

nit 211 

nothing 210 

now < (nû) 211 

nut bO 

On 10 

one 117 

(orlege) 181 

over 276 

owl 84 

Pack 215 

paltry 217 

pap 217 

park 218 

parson 221 

paw 217 

pike 249 

pillions 225 

pitcher 223 

plain 225 

(pohhaj 226 

poke 222 

(pôl) > pool 227 

pukken 222 

Queen 109 

quern 44 

quick 31 

Ramble 229 

random 230 

(râp) 230 

(rëad) 237 

ready 235 

red 237 

reuthe* 233 

rick. 83 

riddle 83, 234 

ride 235 

ridge 83 

ridil 234 



rigbl 232 

(rïm) #36 

rime 234 

riot 234 

roast 235 

rob 7 

rock 235 

roof 80 

rook 235 

room 232 

root 144 

rope 230 

rosin 236 

ruff 236 

ruth 233 

(Saep) 237 

sallow 156 

sait 165 

same 162 

sap 237 

say 59 

(sceoppa) 241 

(sceorpan) 243 

(sceran) 240 

(scinn) 240 

scrape 243 

screech 244 

scroll 256 

(scyfen) 241 

sedge 161 

see 160 

seed 156 

(sencan) 238 

(sëoej 247 

(seofon) > seven 245 

shade, shadow 241 

shake 100 

shave 79 

she 163 

sbear 100, 240 

sbelf 242 

sbine 62 

sbop 241 

shore 243 

show 243 

shower 54 

shriek 244 

sick 247 

(side) 246 

sieve, sift 246 

sin > since 164 

(sincan) > sink 238 

sirloin 189 

sister 169 



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308 

sit 22 

sith 164 

six 170 

skin 62,240 

slap < slappe 254 

sleek, slick 176 

(sUdan) 254 

slide 187,254 

slip 186 

small 202 

smith 199 

smoke 204 

son 106 

soot 167 

(sorg, sorb) 248 

sorrow 245, 248 

(sot) 167 

sour 170 

sow 156, 166 

span < (spannan) — 249 

spar < sparre 249 

(sparrian) 249,250 

sparrow 125 

spear < (spere) 249 

spike 249 

(spilc) 249 

spin 58 

spink 224 

spit 250 

splint, split 242 

(sprecan) 125 

square 243 

squeak 154. 250 

squire 243 

stab 260 

(staef) > staff 252 

stale 252 

stand 239 

star 253 

slark 252, 269 

(stearc) 252 

steep 254 

steer 257 

Rie m < (stemnj 252 

(stempan) 252 

(stician) > stick 251 

stili< stille 247 

stock 248 

stoop 254 

storm 254 

(strêam) > stream... 126 

(strëawian) 255 

(streccan) > stretcb. 271 

strew 255 

strive 256 



INDEX 

strut 256 

stubble 248 

stun 249 

(styccej 248 

(sùcan) > suok 257 

summer < (sumor). . 157 

sun 160 

(sur) 170 

(swaec) 170 

swarni 169 

swear 169 

sweat 171 

sweet 169 

(swefn) 167 

swell 164 

swim 122 

(swin) > swine i'48 

Take 85 

tame 104 

tar 263 

(targe) 93 

tear 86, 89 

ten 91 

(teoru) > icrre 263 

tetter 89 

Ithaec) 265 

tharm 263 

tbatch 264, 265 

tbaw < (thâwan) ... 264 

(thëow) 262 

thick 263 

thin 253 

thing 265 

tbird 270 

tborp 4 

three 271 

(thridda) 270 

throstle 106, 270 

thrush 106 

till 98 

tilt 262 

timber 88 

tinder 266 

tink 99 

to 85 

toll 262 

tooth 87 

(toren) > torn 267 

(tôtb) 87 

toune 267 

town 184, 267 

tree < (trôo) 93 

(tûn| 184 

turf 260 



two 88 

(tynder) 266 

(tyska) 265 

Un- 8 

under 175 

up 146, 167 

(us) > us 165 

Wail 149 

wake 118 

want 261 

ward 14, 138 

-wards 215 

warm 137 

(wât) 140 

way 149 

(weardian) 138 

weave 148 

wed 99 

wedge 147 

weevil 171 

weilen 149 

well 150 

wen < (weun) 151 

werwolf 140 

wetber 156 

wheel 66 

when 215 

wtaey 155 

whin 170 

who 218 

wliynne 170 

(wibbaj 127 

wield 133 

(wifel) 171 

will 150 

William 154 

wince 154 

wind 21 

wine 154 

(wïr) > wire 147 

woe 146 

womb 147 

wood 153 

wool 135 

work 73 

worm 228 

wort 144 

wortb 152 

wot 142 

wound 13, 147 

wriggle 143 

wrong 14^ 

(wudu) 153 



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\ 



ALLEMAND 



309 



Yard 130 

yea 172 

yean 213 



yellow 131 

yelp 168 

yes 172 



yesterday 90,210 

yoke 173 

young 172 



4. BAS-ALLEMAND, NÉERLANDAIS 

(Le vieux-saxon entre parenthèses.) 



babbelen 177 

duif 108 

flappen 180 

igrôtian) 28 

hop 166 



knorrhaan 76 

last 180 

Leeuwarden 67 

lurken 183 

oorlog 181 



skot 242 

slang 254 

slecbt 176 

stuur 257 

tonder 266 



5. HAUT-ALLEMAND 

(Le vieux-haut-allemand entre parenthèses.) 



Aar 115 

acht 111 

adelaar 115 

adler 115 

ail 214 

amme 9 

an 10 

(âne) lï 

angel 12 

anke 8 

ansitzen 13 

antwort 10 

apfel 21 

atem 94 

àtte 258 

auf 146, 167 

auslaugen 254 

Baden 26 

balg 26 

balken 25 

bannen 25 

banse 38 

barsch 42 

bauchen 47 

bêcher 223 

beichte 173 

beil 40 

beissen 30 

bereit 235 

berg 32, 42 

(bersich) 42 

bersten 44 

bett 34 



biegen 40,254 

(bïbal) 40 

(bijiht! 173 

bin 11 

binden 38 

blinken 37 

blume 37 

bock 40 

bohren 32 

born 30 

braue 3 

brauen 46 

brechen 41 

bringen 9 

brader 44 

brûnne 46 

brunnen 30 

brust 46 

burg 41 

busch 39, 40 

(Cholbo) 137 

Dach 264 

dâmraerung 264 

darm 263 

decken 264 

(dëmar) 264 

(dêo) 262 

Deutsch 274 

dick 263 

diele 258, 264 

diug 265 

(diutisc) 274 



dorf 4 

dreck 255, 270 

drei 271 

dringen 273 

dritte 270 

drossel 106, 270 

dulden 259 

dumm 87, 108 

dûnn 253 

Eben 110 

&&;e <(egida) 214 

ei 276 

eibe 175 

ein 118 

ein- 113 

eisen 166 

elle, ellenbogen 173 

ende 140 

eng 113 

enger 12 

entstehen 10 

erbrechen 44 

esche 215 

ewig 213 

Falb 190 

farnkraut 229 

fassen 173 

feder 119 

fell 183 

ferkel 268 

f essel 173 

flnk 224 



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310 



INDEX 



flach 182 

fladen 181 

fliegen 185 

fliehen 185 

fliessen 185 

floh 169 

flur 184 

folgen 162 

(fona) 10 

fragen 19 

freihals 125 

frieren < (friosan).. . 232 

fromm . . . , 140 

fûllen 188 

fûnf 219 

f urohe 231 

fuss 275 

Gabel 129 

gackern 127 

gacksen 127 

gâhren 135 

gang 51 

gans 148 

(gartea) 131 

garten 130 

gasse 127 

gast 128 

ge- 56 

(gëbal) 129 

gedeihen 265 

geisel 153 

gelb 131 

gelingen 178 

gerte 131 

gesinde 160 

gestern 90 

gewohnheit 38 

gewûrm 10 

gigzen 148 

(gisal) 153 

glas 134 

gleich 162 

gleiten 38 

glocke 71 

glûhen 133 

graben 79 

gross 42 

grûssen 28 

Haben 54 

hader 49 

(Hadubrand) 49 

haft, -haft 57 

bag 49 



(hâgo) 163 

bahn 52 

taakeu 163 

halm 74 

halten 48 

banf 52 

barsch 55 

bart 55 

hase 127 

hass 65 

bauen 54 

hebamme 9 

heben 54 

beoke 49 

Hedwige 49 

heide 73 

heim 84 

-heit 226 

hemd 164 

benne 52 

berbst 64 

herz 80 

binde, bindin 159 

binken 51, 100 

hintea, hioter 62 

birscb < (hiruz). . . 55, 76 

horn 76 

(hreigir) 63 

(hruf) 81 

buis > hulst 59 

hund 66 

hundert 53 

(buostan) 218 

hure 55 

hnsten 218 

hutte 85 

In 113 

ist 34 

Ja 172 

jaucbzen 174 

(jëhan) 173 

(jësan) 135 

(jibt) 173 

jocb 173 

jûchezen 174 

juDg 172 

Kalt 70 

kamm 61, 136 

katze 56 

kauen 168 

keck 31 

kehle 131 



kind 131 

klaue 241 

kleben 133 

klein 133 

knie 134 

knollen 25 

kolben 137 

korn 143 

koth 50 

kragen 45 

kranich 130 

kranz 145 

kropf 83 

krumm 83 

kuh 48 

kund 11 

kunkel 58 

Laden 72 

lager 182 

land 179 

lappen 177 

laster 180 

latte 180 

lau 72 

laub 190 

lauge 133 

laus 179 

laut 70 

lecken 184,188 

leder 183 

legen 181 

lehnen ' 69 

leiche 162 

leicht 178 

leie 186 

lette, lettern 180 

leuchten 191 

licht 191 

liegen 181 

lingen 178 

locker 139 

Iode 188 

lodern 191 

lobn 179 

lûcke 139 

lugen 178 

lûgen 136 

(lus) 179 

Macht 195 

màdchen 197 

mag 195 

magd 197 

magen 203 



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ALLEMAND 



311 



mâben 197 

mahlen 194 

mâhne 206 

mâbre 196 

(marah) 196 

(m ara h s cale) 196 

mark 45 

-mast, màsten 201 

matte 197 

maulen 207 

meer 206 

mehl 194 

mehr 208 

meinen 199 

meise 206 

mergel 200 

messen 10,229 

met 201 

meyer 199 

minder 203 

mischen 200 

mitte 112 

(molt) 275 

monat, mond 203 

morchel < (morhila) . 206 

Nachen 210 

nacht 213 

nacken 80 

nackt 212 

nadel 208 

nagel 175 

nah 210 

nâben 211 

Dame 157 

natter 5 

neffe 61 

nehmen 115 

nein 209 

nessel 187 

Dest 210 

neu 211 

neua 209 

nicbte 212 

niere 164 

(oift) 212 

niss 211 

nixe 212 

not 209 

nun 211 

noss 80 

(ôd) 111 

odem 94 

ohmet 197 



ohne 12 

Ost 152 

Pappe 217 

pappelo 177 

(parrên) 26 

(pflfflz) 36 

pfote 217 

pfui 117 

pips 36 

Quai 133 

queck 31 

Rad 234 

rain 236 

raum 232 

recta t, recken 232 

reiher 63 

reim 236 

reiten — 235 

reiter .' 83 

rie 58 

ringen 143 

(ritto) 82 

rock 234 

rohr 230 

ross 55 

(rôt) >roth 237 

rûbe 174 

rûcken 83 

russ 167 

rutschen 234,237 

Saat, sâen 156 

(sagèn) > sagen 59 

salweide 156 

salz 165 

samt 162 

sau 166 

sauer 170 

saugen 257 

schaben 79 

schatten 241 

sebauen 54, 243 

scheiden 242 

scheinen 62 

sebemel 116 

scheren 100, 240 

sebienbein 241 

sebinden 240 

sch lange 254 

scbleifen 186 

schlicht 176 

seblitten 187 



schlucbzen 189 

seblucken 189 

schmal 202 

sebmid 199 

scbmollen 207 

schneiden 211 

schnur 211 

seboss 242 

sch reiten 64 

schûrfen 243 

scbwarm 169 

sebweiss 171 

scbwellen 164 

sebwester 169 

scbwimmen 122 

scbwinden 169 

scbwirren 169 

sch witzen 171 

schwôren 169 

(scouwôn) 243 

sechs 170 

sehen 160 

seide 245 

seil 246 

seim 73 

seine 164 

senden 160 

seokeo 238 

(sida) 245 

sie 163 

sieb 246 

sieben 245 

siech 247 

sieg 158 

(sind) 160 

sinken 238 

sitzen 22 

(snuor) 211 

soble 247 

sohn 106 

sôller 247 

sommer 157 

sonder 8 

sonne 160 

sorge 245 

spalten 239 

spannen 249 

spannung 249 

sparren 249 

(sparwâri) 249 

speise 204 

sperber 249 

sperren 249 

spierling 30 

spiess 223 



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312 



INDEX 



spinnen 58 

spitz 223, 250 

spleissen 242 

splitter 242 

sprechen 125 

spreiten 126 

spross 126 

slallen 252 

stampfen 252 

stark 252, 269 

stehen 239 

steigen 254 

stem 253 

steuer, steuern 257 

stich 224 

still 247 

stimme 252 

stock 248 

stopfen 254 

stossen 20, 268 

strauch 256 

streben 256 

streit 256 

streuen 255 

(strït) 256 

strom 126 

strotzen 256 

(stxùch) 256 

stube 253 

stûck 248 

stump 257 

sturm 254 

(sumar) 157 

(sûr) 170 

sûss 169 

(swebhan) 170 

Tag 94 

tanne 260 

tau 92 

taub 108 

taube 108 

tauen 264 



teig 96 

teil 104 

thaï 92 

(tbwingan) 267 

tief<(Uof) 105 

tor 104 

trefs > trespe 107 

trichter 271 

trinken 76 

trocken 108 

trug 108 

(tuba) 108 

tûr 104 

ùbel 146 

ùber 276 

(ûf) 167 

uni < umb 7 

un- 8 

und 117 

uns 165 

unten, unter 175 

(unti) 117 

Ver- 15 

verdauen 264 

verheblen 70 

verzehren 89 

viel 173 

vier 222 

volk 146 

voll 184 

von 10 

vor 15,229 

Wachen, wacker 118 

wahr 155 

walten 133 

wamme 147 

wann 215 

warm 137 

warten 138 

-wàrts 215 



weben 33, 148 

wecke 147 

weckon 118 

weg 149 

web 146 

weide 149, 153 

weiss 142 

wenn 215 

wer 218 

werg, werk 73 

werden 152 

wert 152 

wickeln 148 

widder 156 

will 150 

wind 21 

winden 148 

(witu) 153 

wohl 150 

wobnung 38 

wolle 135 

wonne 150 

wund 13,147 

wurzel 144 

Zahm 104 

zabn 87 

zâbre 86 

(zand) 87 

zehn 91 

zerren 89 

zieben 105, 272 

ziel 98 

zimmer 88 

(zittaroh) 89 

(zoraht) 107 

zu 85 

zûnden 266 

(zuo) 85 

zwei 88 

zwingen 267 



Akôtes. 



VI. LETTO-SLAVE 

1. LITUANIEN 

(Le lette et le vieux-prussien entre parenthèses.) 
... 214 | akèti 214 | akis. ... 



114 



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LITUANIEN 



313 



ariù 15 

aszis 5 

asztàni 111 

aszvà 109 

(Bedre), bedu 34 

bini 35 

broterclis 44 

bûti 41 

Dagà 94 

dedervinè 89 

dègti 94 

desziné 91 

dêvas 105 

devyni 209 

dirti 89 

dirzas 93 

drignés 107 

(druska) 273 

dû 88 

dubùs 105 

Gagônas 148 

gale, galéti 128 

gafsas 130 

gçltas 131 

girnos 44 

grandis 145 

grûsti 145 

(gûws) 48 

gyvas 31 

Isz 110 

iszkernôti 68 

ja 172 

jaûnas 172 

jô 172 

jùngas 173 

Kându 95 

(karinât) 68 

kaftas 227 

kârvé 55 

kas 218 

kaûti 54 

kepù 222 

kéras 228 

kerlù 76 

keturi 222 

kirmis 228 

kôsiu 218 



kratyti 82 

(kraupe), kraupùs... 81 

kraûti 83 

(kribinât) 79 

krùvà 83 

kuriù 95 

kùrpe 63 

Laigy ti 182 

làkti 189 

(lapa) 184 

laûkas 191 

lèngvas 182 

lëszti 188 

lizdas 210 

lugnas 181 

lutynas 190 

lyjù 183 

Mâlti 194 

-manaû 78 

mares 205 

mârgas 45 

markatnus 205 

(matit) 201 

matyti 201 

melmâ 198 

môlynas 198 

menu 78 

mergà 200 

midùs 201 

miltai 37 

(railti) 37 

minti 205 

mirti 196 

mudas 207 

Nagà 175 

nâgas 175 

naktis 213 

(nauti-) 209 

uepotis 212 

neptis 212 

Obelis 21 

ôbûlas 21 

Pàlvas 190 

papârtis 229 

pàrszas 268 

peuki 219 

perkù 1 227 



pfftûs 110 

pra- 229 

prigaûti 129 

puta 115 

Ratas 232 

raudà 237 

ritù 231 

SakaT 239 

saky ti 59 

sàpnas 167 

saûlé 160 

sêdôti . . . ; 22 

séuas ... 1 160 

septyni 245 

sétas 246 

sijôju 246 

skataù 240 

skélti 120 

skirti 100, 240 

skvèrbti 250 

slidùs 254 

slydau, slystu 254 

staiga 265 

stégiu 264 

stôju 239 

stomû 238 

strâzdas 270 

stregti 269 

(sûkt), sùnkti 257 

supraotù 230 

sûras 170 

svarùs 170 

szôpti 58 

szerti 63 

szeszi 170 

szikti 50 

szimtas 53 

szirdis 80 

sziaOnys 72 

szlëti 69 

szokti 100 

szû 66 

(Talus) 258 

(tarin) 260 

tarmè, làrii 260 

(tauris; 261 

(taûta) 274 

tèkti 265 

tekù 262 



1. Erratum. Ajouter : « en admettant, par hypothèse, dans ce mot, la métathëse inverse de celle 
de kepù ». 



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314 



INDEX 



tenkù 265 

tétis 258 

tilè 258 

tréczas 270 

trènkti 273 

trinkti 76 

trunôli 273 

Ugnis 213 



ûsis 215 

Vagis 147 

valdyti 133 

(walks) 134 

vedù 99 

véjas 21 

vélyti 150 

vèrsti 152 



vèszti 149 

vilna. 135 

voverô 153 

vyras 140 

vyti, vytis 149 

Éôiti 132 

zëmà 135 

zeriù 130 



2. VIEUX-SLAVE 

(Le slave moderne entre parenthèses.) 



Ablanï 21 

ablûko 21 

(Barsukù) 45 

bera 60 

biti 30 

bratû 44 

bregù 32 

byti 41 

ChotôU 161 

Dera 89 

desïnù 91 

devçtï 209 

delà 104 

dlùgd 103 

dolû 92 

domù 88 

dûva 88 

(dverï) 226 

dvorû 104, 226 

Gavrantt 42 

glagolati 128 

glasù 128 

gnêzdo 210 

golêmù 128 

(golosû) 128 

gorêU 137 

(gornfl) 137 

gostï 128 

gradï 46 

Igo 173 

ima 115 

imç 157 

iskoni 62 

istuknati 268 



iz-, iztt 110 

izmolêti 201 

( jabloko) 21 

jagnç 213 

jaje 276 

Ijasenï) 215 

jucha 174 

Karati 68 

(kladu) 71 

(kolôti) 216 

konïcï 62 

konoplja 52 

kotora 49 

kovati 54 

kragujT 63 

kratù 227 

kratûktt 76 

(krïnuti) 227 

Ledina 179 

lija 183 

lizati 188 

lïgûkù 182 

(ljadina) 179 

lovù 179 

lOgati 136 

Medû 201 

melja 194 

-mèrû 201 

mïnêti 78 

mïnijï 203 

(mlsati) 36 

moga 195 

(molitï) 195 

(molsatï) 36 

morje 205 

-motriti 201 



mravija 200 

mrêti 196 

Nagû 212 

nasfl 211 

ne, ni 209 

noga 175 

nogQtï 175 

noàtï 213 

novû 211 

ny 211 

nyné 211 

Ognjï 213 

oko 114 

orïlù 115 

orja 15 

(ostrovù) 126 

ostrù 109 

otïcï 258 

(Paporotï) 229 

peka 222 

pitati 110 

plavtt 190 

plodû 180 

po 1 

(pomjatT) 205 

prase 268 

pro- 229 

Sedmï 245 

(sereda) 80 

sestra 169 

seda 22 

sêdèti 22 

sêti 156 

skokû 100 

skvrtna 55 



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GAULOIS 



315 



sluga 157 

sokti 239 

solï 165 

sréda 80 

staja 239 

stigna 265 

stogû. 263 

stoja 239 

strugati 273 

sdnû 167 

stlpa, stkti 170 

stito 53 

svistati 171 

Tajati 264 

tald 264 

teka 262 



tçti 259 

tésto 265 

tïlo 258 

tïma 264 

tïmïutt 264 

tïnûkù 253 

ttra 260 

(tjatja) 258 

tlûka 259 

trêti 260 

trïje 271 

turtt 261 

Veda 99 

velèti 150 

vesti 149 

vôdê 142 



vêjati 21 

vêra 155 

vidêti 142 

viti, vitï 149 

vlada 133 

(Vladimirti) 133 

vlûna 135 

vrêteDO 152 

vpùtêti 152 

Zeienù 132 

zelije 132 

zima 135 

Éena 109 

zivtt 31 

Srttny 44 



VII. CELTIQUE 

1. GAULOIS 

(Le gaulois latinisé entre parenthèses.) 



(Aballo) 21 

Abona 21 

Abrincatui 9 

(acaunum) 163 

Aedui 213 

alauda 7 

Allobroges 7, 45 

Ambiani 7 

(andabata) 29 

Andegavi 10 

Aremorica 15,205 

Argentoraton 32 

Argiotalos 116 

arinca 15 

A m os 17 

asia 159 

Ategnatos 11 

Atfo; 14 

Avara 14 

bardos 28 

(battuere) 29 

iBeccô) 29 

Beletucadros 49 

Bênàcos 25 

(Bergomum) 32 



berula 


... 30 


Dessus 


... 38 


betulla 


... 34 


Biturix 


... 29 


Bodiocasses 

bolga 


... 49 
... 30 


brâca 


... 42 


brace 


... 42 


brennos 


... 37 



(Brigantia) 42 

(broceus) 45 

(brogilum) 47 

brûca 47 

(bulga) 26, 30 

Caletes 50 

Calîâcos 67 

(cambium) f . . 52 

(Cambodunum) 51 

canta- 129 

(Camobenninus) 53 

canton 53 

-captos 57 

Carpemorarie 51 

(carras) 55 

Catalauni 179 • 



Catios 56 

Catuslogi 157 

Catuvellauui 49 

Cebenna 57 

celicnon 59 

-céto- 73 

(Cilurnum) 60 

Cingetorix 51 

Cintugenos 131 

Cinlugnatos 62 

co- 56 

(Cogêstlus) 153 

com-, con- 56 

Condate 86 

Cottos 78 

Cumba 74 

Dagovassos 85 

8s8e 86 

Dexsiva 91 

(Divodurum) 105 

Dubis 108 

Dubnotalos 258 

dubron 105 

-dula 91 

Dumnocovôros 155 



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316 



INDEX 



Durnacos 106 

Eburos 119 

en- 113 

Epona 109 

Eporedia 109 

ex- 110 

exâcou 115 

Exomnos 14 

(gabalus) 129 

Gabromagos 129 

V*lirn 128 

Gallos 128 

Genava 131 

giamon 135 

Glana 133 

(Gobanniô) 136 

(Herminius) 199 

in- 113 

inter 114 

lovincillos 172 

Isarnodori 165 

xdtpvov 55 

Kivocpoç 64 

lautron 179 

legasit 181 

lenna 183 

(leuca) 183 

Leucetios 191 

licca 181 



linna 183 

litano- 181 

(Litavia) 181 

litu- 186 

(Livius) 187 

Aouépvio; 190 

-magos 197 

Maguriz 195 

marga 200 

fidipxa 196 

-mâros 201 

(Matidomnus)) 193 

(Mediolânum)... 112,184 

Morini 205 

VtflTJTOV 115 

Nertàcos 210 

nerto- 210 

(Noviodûnum) 211 

TtepwreoovXa 91, 219 

Hewoojtvôo; 220 

(petorritum) 234 

ratis 229 

(rôda) 236 

-réx, -rïx 235 

ro- 229 

aàyo; 237 

sasia 159 

(scobiës, scobis) 240 

Sego- 158 

Seno- 160 



(-sentum) 160 

Sirona 253 

(Sparnomagus) 250 

su- 158 

Sucarios 159 

Suceiios 158 

Taranis 260 

(taratrum) 260 

tarvos 261 

Teuio- 274 

(Ticinus) 262 

(Tongetamus) 267 

(Tongius) 267 

trigaranos 130 

Tricasses 49 

Trôgos 273 

Usipetes 109 

Uxellodûnum 166 

(vannellus) 151 

vassos 147 

Veneti 150 

Vercingetorix. . . 139, 276 

vergobretos 44, 73 

( Vernodubrum) 152 

(vertragus).. 139,272,276 

(vidubium) 142, 153 

Viducassee 153 

Vindocladia 69 

( Vindomagus) 151 

Visurix 155 



2. IRLANDAIS 1 

(Le vieil-irlandais entre parenthèses.) 



( Abac) 21 

(aball) 21 

(abann) 21 

(abbgitir j 2 

abbra, (abrait) 3 

(ac) 156 

(acher) 4 

(acus) 156 

(adamna) 119 

(adriug) 236 



(aed) 213 

aegbe 21 

(âes) 213 

(ahel), aial 21 

aibghilir 2 

âid- 4 

(aidle) 112 

(aig, aigred) 172 

(Ail) 174 

laile) 111 



âilim, âiliu 22 

aimser 10 

(ainder) 215 

âinleôg 151 

(ainm), ainm 157 

airde 16 

airget 16 

airim * 15 

airisem 16 

(airne) 164 



1. Observation importante. On cherchera sous le gaélique les mois qu'on ne trouverait pas suas 
l'irlandais, et réciproquement. 

2. Erratum. Corriger ainsi la forme citée. 



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IRLANDAIS 



317 



airther 233 

ais 5 

aiteaun 34 

(aitenn) 34 

âilh- 4 

(aiihecb) 215 

aitherriuch 4 

aithrech 19 

ai 109 

ait 14, 112 

altain 14 

(altrani), altrom 14 

ammait 9 

(an) 213 

anal 6 

anam 113 

(ancride) 113 

and 12 

andiu 164 

ané 90 

(animj 113 

arathar 15 

(arbar, arbei 116 

arbbar 116 

(arg) 116 

largat) 16 

(art) 90, 158 

(âru) 164 

as- 110 

asgall 19 

(asii) 119 

(asna; 119 

(atchuirini) 89 

(âtb) 213 

Bacaim ^3 

(bacc) 23 

bâidim 33 

bainfbeis 26 

bainne 26 

bairgheau 27 

baimecb 43 

bâhta 23 

(baie) 25 

(balg) 40 

bail 24, 25 

(banbj 26 

(banne) ïi6 

(bard) > bârd 28 

(bargen) 27 

barn 27 

(barr) > bârr 26 

bas 23 

(bass) 41 

batbach 29 



beag 35 

bealach 40 

bean 109 

beann 25 

bearraim 32 

(becc) 35 

béecim 29 

(béim) 39 

(bel) 164 

(ben) 109 

benim 30 

(benn) 25 

beô 31 

(ber) 32 

berbaim 32 

(berim) 60 

(bes) 38 

bethe 38 

beus 38 

(biad) > biadh 39 

biail 40 

bil 40 

(bilor) > biolar 30 

bior < (bir) 31 

(biror) 30 

(biss) 36 

bith 36 

(bithe) 30 

(biu) 31 

blàith 38 

blas 36 

(blâtb) 37 

(bled) 37 

(bliadain)>bliadbain 38 

blonac > blonog 38 

bluinio 38 

(bocc) 12 mots] 40 

(bodar) 41 

bog 40 

bolg, (bolg) 26,39 

(bôs) 41 

(boss) 41 

bou 48 

(brage) 45 

braich 42 

brâighaid 45 

(braigim) 42 

brau 42 

(bras) 42 

brat 47 

(brath), bratta 27 

bratb 44 

brâtbair, (brâtbir) 44 

(bratt) 47 

(brecc) 44 



(bren) 43 

Bresal 44 

(Bretan) 43 

(breth) 58 

breun 43 

(bri) 42 

brise 44 

(brissini) 44 

(brô) 44 

broc < (brocc) 45 

brôn 32 

(brot, brotb) 45, 46 

(brug) > brugh 45 

(bruinne) 46 

bruth 46 

buachaill 47 

buaidhirt, buaidbrim. 39 

buith 41 

(Ca-) 218 

cacc 50 

(cachi 221 

(cacht) 57 

caile 224 

(eailecb s 67 

caill 74 

(câin) 62 

(cainneini) 68 

cair 64 

cairbre 51 

(caire) 68 

cairem 63 

cais 55 

caithim 59 

calath 50 

(callacb) 50 

callâin < (callaiud).. 50 

(cammi 51 

can 215 

(canim) 52 

caoin 62 

caomh 84 

caonim 58 

caorthain 64 

caraim 55 

carn 55 

(carpat) 51 

(carr) 55 

carraig < (carric) 55 

(cartaim) 55 

casacbdacb 218 

casair 56 

cat 56 

catbach 49 

eatbair 57 



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318 



INDEX 



caur 64 

c6 224 

ceann 220 

céim < (ceimm) 51 

ceinn 62 

ceird 64 

(cèle) 110 

(celim) 70 

cenôl 11 

(cend, ceun) 220 

(cercenn) 66 

(cert) 64, 76 

cet 53, 128 

cétal 62 

ce ta ai us 62 

cetbeoir 219 

cethir 222 

chôle [a] 110 

cia 224 

(ciad-colum) 84 

(ciali) : 226 

(cich) 66 

(cilornn) 60 

ciogim 51 

(cinteir) 62 

cir 89 

(clad) > cladh 69 

(claideb) 71 

(claidim) 69 

(clam) > clamh 68 

(cland) > claun 217 

(clâr) 70 

(clé) 69 

ciéir, clôireach 71 

(cleith) 70 

(clérecb) 71 

cli 69 

(clocc) 71 

(cloch) 71 

clôidheamb 71 

cloigiooii 71 

(olôinj 69 

(cloth) 70 

(clû), cluinim 70 

(cnae) 81 

(cnâm) 95 

cno 80 

cnoc < (cnocc) 80 

(cnû) 80 

co- 56,218 

(coem) 84 

coic 219 

fcôim) 84 

(coiûim) 58 

coirce 63 



(colba>> colbh 59 

coll, (coll) 60, 74 

(colmmene) 77 

(colomb) 77 

côm- 56 

(comair) 57 

combrugad 41 

corahailtim 85 

(commaid) 74 

(comthinôl) 85 

(condercar) 107 

(condud) 65 

connall 52 

(coDôsuaim) 249 

(conriug) 236 

(cor) 77 

corb 51 

corca 63 

(corn) 75 

corr 63 

coss 56 

(cossair) 141 

crann 228 

(cré) 228 

creic 227 

(crenim) 227 

(cretim) 80 

criathar 83 

(crieh) 81 

(cride) 80 

crimôg 95 

(crin) > crion 82 

(criss) 81 

(crith) 82 

crô 79, 80 

oroc 79 

(crocenn)>croiceann 82 

croidbe 80 

cromb 83 

(crûacta) 83 

(cruim) 228 

(cruind) 81 

crûisgin 81 

eu 66 

(cûa) 54 

(cuicel) 58 

(cuil) 60 

cuilc, cuilce 227 

ouileann 74 

(cuilenn), cuilionn. . . 59 

cuimnecb 78 

(cuimrech) 58 

cuing 220 

(cuirim) 89 

(cuit) 222 



cûl 67 

cularan 59 

(culôn) 74 

(cuma) 53 

(cuman) 78 

(cumang) 113 

cûmmasg 61 

(cumsanad) 110 

-d- 94 

dâ 88 

(daer) 86 

dag 85 

daidin 258 

(dair) 93 

(dâl) 85 

(dall), dall 86 

(dâm)>dâmh 93 

(damnae) 88 

(damnaim) 103 

datan 258 

(dead) 102 

dealt 92 

déar 86 

(deicb n-) 91 

(deil), deil 91 

deôr < (dér) 86 

(derc) 107 

(derscaigim) 100 

(dess) 91 

(dét) 87 

di, di- 88,94 

(dia, dia) 91,105 

(diad) 102 

diallait 98 

(dias)>dias 259 

(die), die 91 

(dil) 98 

(dillat) 98 

(dimiciu) 101 

(dinim) 92 

(diuscartaim) 240 

(dliged)>dïighead.. 103 

(dligim) 103 

do- # 

dobbar 105 

dobiur 60 

(dobur) 105 

(dofonug) 212 

(doitbim) 106 

(domain) > dombain. 105 

(dorn, dornach) 106 

(dorus), dorus 104 

(dosli) « 

(douicc) 105 



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IRLANDAIS 



319 



(draigen) 107 

dream 106 

drean 107 

(drech) 107 

(dremm) 106 

dris<(driss) 107 

droch 108 

draigheann 107 

druim 4 

du- 85 

(dûal) 108 

(dub) >dubh 108 

duille 91 

duine 92 

(duttaraic) 273 

Éasguidh 117 

éc, ôcath 12 

écen 11 

(ech) 109 

(eclas) 111 

(edenn) > eidhean. . . 173 

eidir 114 

(eintam) 174 

eireog, eirin 172 

eleasiar, elestar 111 

(en) 118 

(enecb) 114 

eo 175 

eà 115 

(êra) 232 

eross 17 

(escid) 117 

éss- 110 

eter 114 

Fabhra 3 

fadh 142 

faigen 138 

faine 151 

fâir 152 

(faiscim) > fàisg 147 

faitbne 151 

(fâl) 146 

(fan) 132 

fann 147 

(fannall) 151 

(fé) 146 

fead 171 

feall 146 

feamuin 139 

fearn, fearnôg 152 

(fecht) 146 

(fedan) 102 

(fedim) 99 



(fôil) 136 

(feis) 26, 155 

(feitta) 146, 149 

(fell) 146 

feorôg 153 

(fer) 140 

(fern, fernôg) 152 

(fes) 170 

(fescor) 141 

(fet, fetân) 171 

(ffad) 6 

(fiad, fiadacb) 153 

fiadb 153 

(fiar) > flar 147 

(fiche) 275 

(ûd) 153 

(fldba) 142 

(figim) 148 

(flllimj 146 

(fin) 154 

(find) 151 

(fine) 151 

(fineôg) 129 

fiodh 153 

«on 154 

flonn 151 

fior < (fir) 155 

(firiân) 110 

(fis) 6 

flû 155 

(flur) 169 

(flaith) 133 

fliuch 134 

fo- 146 

(fodamim) 141 

fôen 170 

(fogamur)>foghmhar 138 

(fognam, fognfa) 139 

foighid 141 

(foilenu) 149 

folach 136 

folamh 139 

(foie) 146 

(folcaim) 146 

(follugaim) 136 

(folomm, folum) 139 

(fonascar) 209 

for- 139,276 

(formai) 141 

(fosair) 141, 233 

(foscaichim) 100 

(foss) 147 

(fossad) 141 

(fothruoud) 76 

(fracc) 143 



fracbàn 143 

f raie 143 

freamh < (frem).... 144 

fri 215 

(frigde, frigit) 143 

frith- 215 

froecb 47, 143 

fu- 146 

(fuirec) 169 

fuiseôg 6 

Gabhal 129 

gabbar 129 

(gabor) 129 

(gabul) 129 

gach 221 

(gaimred) 135 

(gâir) 132 

(gairim, gairm) 130 

(gairri) 129 

(gai) 128 

(galar) 133 

(gall, gall), Gall 128 

gâo 129 

(garb) > garbli 130 

(gâu) 129 

geadh 148 

geai 131 

gealbhonn 137 

geârr 129 

géc 61 

ged 148 

geimbreadh 135 

(gein) 131 

(geind) 131 

gel [2 mois] 131 

gelbund 137 

(geltboth) 132 

(gemred) 135 

(gerr) 129 

giall <(giall) 153 

(gin) 132 

gian 133 

(glass) 134 

gleann < (glenn) .... 133 

(glûn) 134 

gnâih 11 

gô 129 

(goba) > gobha 136 

(goll) 136 

(gor)l2fois] 137 

(gorim) 137 

(gort) 130 

(graig) 143 

(gran) 143 



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320 



INDEX 



greigh 143 

(greimm) 1-43 

(grend) 141 

(grian) 145 

(grinne) 145 

groegh 143 

grothlach 145 

guaire 137 

guirim 137 

(gulba, gulban) 137 

(Huile) 214 

(I n-) 113 

iarann < (iarn) 165 

(ibar) 119 

(ibim) 119 

(iccaim) 172 

ifrionn, (irarnn) 173 

il- 173 

(imbarachj 33 

imluad 184 

immedÔD 112 

in 12 

(ind) 140 

(indéin) 13 

(indell) 13 

(indhê) 90 

(indiu) 164 

(inga) 175 

(inis), inis 114 

innocht 213 

iol- 173 

ionga 175 

(israthj 255 

(iss) 175 

(issius) 164 

(iter) 114 

(ith) 110 

(ith) 174 

(itharnae) 117 

(ittaim) 110 

iubhar 119 

(Labar)>labhar.... 180 

(labrur) 180 

(ladg) 98 

lâidhim 184 

(laigim) 181 

(laine) 179 

(lân), lân 184 

(land) > lann 179 

laogh 184 

(lâr), lâr 184 

(latbach) 180 



leabtaar 185 

leagta 182 

leamh 118 

leanaim 138 

leas 180 

leas- 184 

leatban 181 

(lebor) 185 

(lecc) 185 

(legaim) 182 

(léiccim) 86 

(léim, lêimm) 178 

(leitir) 187 

(lern) 118 

(lemnacht) 188 

(lenim) 138, 187 

(lenn) 183 

(less) 180, 185 

(less-) 184 

(lestar) 184 

leth 185 

(letban) 181 

(lethar) 183 

11 187 

lia [3 mots] 186, 188 

liach<(liag) 188 

liath < (liatb) 190 

(lie) 188 

(lige) 149 

(ligim) 188 

(lii) 187 

(lind), linn 183 

lios < (liss) 185 

(lith) 186 

(Loarn) 190 

(lôatbar) 179 

(lobat) 190 

lobhaim 190 

lobtaar < (lobur) 190 

(loch) 191 

(lôcbaru) 191 

(loche) 191 

lôchrann 191 

lodan 190 

(loeg) 184 

(loimm) 189 

loinn 179 

(loman), lomna 189 

(lorc) 183, 189 

lorg 183, 189 

(los) 189 

loscadh, (loscud) .... 184 

loth 188,190 

(luach) 191 

luaith < (lûaith) 191 



luan 188 

luasgaim... 192 

(lubgon) 187 

(luch) 188 

(lui) 185 

(luib)>luibh 190 

(luige) 180 

lus <(luss) 190 

(Ma), ma 1» 

(mâa) 208 

mac<(macc) 193 

(-macdacht) 197 

(madach) 201 

madra 27 

(mâel) 201 

(mag) 197 

(magen) 8 

magh 197 

(maith) 193 

(mala) 194 

mail 194,1» 

mam 194 

(mant) 195 

maol 204 

(mâr) 201 

mârach 33 

(marb) > marbh 196 

(marc), marc 196 

math 193 

meanbh 203 

meas 201 

measg 112 

medôn [im] 112 

meilim 194 

(mêinu) 199 

(meirg) 199 

meisge 202 

(meit) 199 

(meled) 194 

(melim) 19i 

(mén) 203 

(menad) 198 

menb- 196,203 

(mescaimj 200 

(mesce) 202 

(mess) 201,229,232 

(mot) 199 

(metacht) 201 

(mi) 203 

(mian) 199 

(mid) 201 

(mide) 112 

(mil), mil 197 

(mil) 202 



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IRLANDAIS 



321 



(min) 196,204 

miol 202 

(mlâitb) 38 

(mlas) 36 

mô<(môa) 208 

môin 195 

(moirb) 200 

molaim 201 

(moud) 201 

(moll) 275 

moH 195 

(môr) 201 

mosach 207 

(m raie h) 42 

(mrecht) 45 

(rarug) 45 

mue < (mucc) 204 

(mûch) 204 

mudtaarn 208 

(mug) 201 

muing 206 

(muinigin) 199 

(muir), muir 205 

(muldorn) 198 

(muliach) 198 

murcach 205 

(Nasc) 209 

(nathir) 5 

(nau) 210 

neach 210 

neamh 114 

neart 210 

(nech) 210 

(necht), necht 212 

(uem) 114 

(nemed) 115 

(nenaid) 187 

(nert) 210 

(nessa, nessam) 210 

(nett) 209 

ni 211 

ni 209 

niae 212 

nigther. 212 

(nochi) 212 

Nodlog 209 

(nôi n-) 209 

(nôine) 209 

(NoUaic) 209 

nos 211 

<nûe) 211 

(ôa) 21 

(ôac) 172 



(oc) 156 

ochd 111 

(ôctat) 13 

(ocht n-) 111 

(ocus) 156 

odbrann 274 

(og) 276 

(ôibel) 127 

oifrend 214 

oin 117 

(olaud), olanu 134 

(oman, oponn) 14 

(orc) 268 

ord < (ordd) 165 

(osnad) > os n ad h . , . 166 

(ostrin) 164 

otrach 48 

Paire 218 

pice 249 

pillin 223 

pis|^g 224 

plaosg 225 

poc 222 

Ipoc) >pôg 226 

(poil), poil 227 

(popul) 226 

pritchaim 228 

Raith 229 

(railb) 230 

(raith) 32 

raitbneach 229 

(ram) 234 

(rann, rannaim) 230 

raon 232 

rath 232 

re 215 

(rê) 232 

reachd 232 

(-recta) 231 

(recht) 232 

(réid) > réidh 235 

reimbeas 232 

(rémes) 232 

(remor) 140, 233 

(ren) 232 

(reo)>reô 232 

reodtaadta 232 

(rethar) 234 

(rethim) 231 

(réud) 232 

(ri) 215 

(ri) 235 

(riadaim) 236 



{riccim) 232 

(richis) 231 

(rigim) 232 

riothaim 231 

ro, (ro-) 229 

(robarti) 233 

(robi) 30 

roc 235 

(rochim) 68 

(roe) 232 

(rofetar) 142 

(rogênar) 131 

roimse 229 

roinne . . . . v 233 

(ronenasc). * 209 

ros < (ross) 235 

(roth), roth 234 

( rothun nsetar ) 259 

(rouicc) 105 

(ru-) 229 

(rûad) > ruadb 237 

ruse < (ruse) 236 

(Sacc) 238 

(sai) 237 

(saiget) > saighead . . 237 

(sail) 156 

(saile) : 157 

saileôg 156 

(saithe) 159 

(sâl) 245 

salann 165 

(sam) 157 

(samail) > sambail. . 162 

samhradb 157 

(samlitb) 162 

(samrad) 157 

(sant) 169 

saod 160 

(scaicta) 100 

(scâii) 101 

(scailim) 244 

(scaman) 240, 241 

(scaraim) 100, 240 

(scatb) 241 

(scô) 250 

sceamb 250 

(sceitb) 170 

(scél) 59 

(scem) 250 

(scendim) 170 

(sceo) 109 

(-scert) 2 

(scian) 240 

(sciatta) [2 mots] ,242 

21 



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322 



INDEX 



(scitb) 244 

(scoiltim) 120 

(scolb) 242 

(scor) 243 

(scolh) 240 

(scûap) 244 

(se) 170 

seach 160 

sealg 113,121 

sean 160 

searbb 170 

searc 245 

seasg 161 

(scch) 160 

(secht n-) . . . . .' 245 

(sechtmaiue) 247 

seidim 171 

seile 157 

seisg, seisgeauo 161 

seiss 22 

(sel) 164 

(selg) ,.. 113,121 

(sell, sellaim) 245 

(sen) 160 

(serb) 170 

(serc) 245 

(seroim) 126 

(ses).-. 170 

(sesc, sescen) 161 

sôt 160 

(sethar) 161 

(sétim) 171 

seud 160 

sgamhân 241 

sgaoilim 244 

sgardaim 240 

sgâth 241 

sgeach 250 

sgian 240 

sgiath 242 

sgitta 244 

sgolb 242 

sgoth 240 

sguab 244 

si 171 

(sil) 97,156 

(sin) 12 

(sinimj 164 

sior 163 

sios 175 

(sir) 163 

sith 159 

(sithlân) 246 

(siubal) 122 

(siur) 169 



(slâet) 254 

(slaidim) 180 

slat 180 

sleamhuin 182 

(slemoD) 182 

(slind) 24^, 254 

(sliss, slissiu) 242 

(sluag) > sluagh.... 157 

(sluccim) 189 

smêar- 206 

(smôr) > smeur 206 

snaidtaim<(soaidim) 211 

(snâim) 211 

(SDàm) 211 

snâmbain 211 

(snass) 211 

snâth 210 

snàtbad < (snâtbat) . . 208 

(snâttae) 210 

sneagb < (sned) 211 

(sniira) ill 

(snim) ;12 

snoigbim 211 

soohd, (socbtaim) 248 

soileastar 111 

spiorad 250 

(spirut) 250 

sraoth 255 

sratb 255 

(srenim) 126 

(sreod) 255 

(sretb) 58 

(srôn) 126 

(srutb) 126 

stan 252 

(stuag) 254 

(stuaie) 257 

(su-)..... 158 

suan < (sûan) 167 

(subi) 247 

(sùg, sùgim) 257 

suibh 247 

(suidi) 167 

suig 166 

sùil 160 

suithcbe < suitbe. . . 167 

(sût) 165 

(suth) 106 

(Tabal)>tabball.... 260 

tacbdaim 258 

(tachtad) 258 

(taidchur) 89 

(taig) 104 

taile> taille 259 



(tailm)> tailmb.... 259 

tairra 260 

(tais) 265 

(tam) 261 

tamailt 259 

(tan) 252 

(tana), taua 252, 259 

taobh 274 

taos 265 

(taratbar) 260 

tarbb 261 

(tarr) > tarr 263 

(tau) 239 

(té) 266 

teacta 264 

teaobd 265 

teann 262 

teas 264 

(tecb) 264 

(tecbim) 262 

(techt) 265 

(teontaim, téchte)... 265 

(teg) 264 

teine. 259 

teithim 262 

(lemel, teraen) 264 

(temm) 259 

(tend) 262 

(tene) 259 

(tentide) 260 

(teora) 262 

(tess) 264 

thug 105 

(tiagaini) 265 

tigbim 265 

(timme) 266 

(tir) 265 

(tiug) 262 

(tlâm) i 265 

(tô) 239 

(to-) 65 

tocad 266 

(tocblaim) 216 

(tôeb) 274 

(tocs) 265 

(tôib) 274 

(toll),toll 268 

tomm 90 

(tongu) 267 

(tOQii), tonn 266 

toran < (torand) .... 260 

(torimu) 90 

(tore), tore 268 

(topehair) 266 

(tracht) 270 



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GAÉLIQUE 



323 



(tràgud) 269 

(traig) 272 

treas 269 

(trén) 269 

(tressa) 269 

treun 269 

(tri) 271 

(tria), triall 107 

trioch, triugh 107 

(trôcaire) 273 

trod 270 

(trôgâo, trôigc) 273 

troigh 272 

(trosc) 273 



(trûag) 273 

truid 270 

(tuag) 254 

tuath <(tûath) 274 

(tue) 105 

tucht 263 

(tuga, tugim) 265 

tuighe, tuighim 265 

ûacht 13 

uan < (ûan) 213 

ûan 115 

(uasal), uasal 166 

(ûatta) 118 



uball 21 

ubb 276 

(uc) 156 

uch 84,166 

(ugail) 114 

ugh 276 

ugbaim 172 

(uige) 276 

(uile), uile 214 

(uilin), uille 173 

uioseann 215 

uiseôg 6 

(umal) > umbal 276 



3. GAÉLIQUE 

(Chercher sous l'irlandais les mots qu'on oe trouverait pas ici.) 



•Abar, abbor 3 

abhainn 21 

abbra 3 

achlais 19 

adha, ae 21 

agadh 156 

aibidil 2 

aifrioon 214 

aile 21 

àili 174 

aimsir 10 

ainleag 151 

ainm. 157 

aitbreach 19 

aitionn 34 

ait 112 

altrum 14 

ammeasg 112 

anail 6 

anam 113 

aobraun 274 

aparr 10 

arbhar 116 

Bac 23 

bagaid 23 

bailceach 25 

bain ne 26 

bairgbin 27 

bairneach 43 

bail 24,25 

banais 26 

baobb, Banll 26 

baoth 23 



bàrd 28 

bàrr 26 

bas 41 

bas 29 

beag 35 

bealach 40 

beau 109 

beann 25 

bearbhain 27 

beàrr 32 

beô 31 

beus 37 

biadh 39 

bil 40 

biolaire 30 

bior 31 

bitb 29 

blaosg 225 

blas 36 

blàth 37 

bliadhna 38 

blian 37 

blonag 38 

bodhar 41 

bog 40 

bra 44 

bràghad 45 

Braidalbaiun 42 

bràigtae 42 

braira 42 

bran 42 

brat 47 

brath 27 

brath 44 



bràthair 44 

breun 43 

brisg 44 

broc 45 

broth 46 

brugh 45 

bruinne 46 

bruith 46 

bruthainn 46 

buachaill p 

buachar 33 

buaic 47 

buaidheam 39 

Cabbuil 56 

cacbdan 57 

caile 224 

cairb 51 

cairt 55 

calaman 77 

call 74 

calltuinn 60 

Calluinn 50 

caïman 77 

cannach 53 

caoin 62 

caomh 84 

caor 64 

carbad 51 

càrn 55 

carraig 55 

casad 218 

casair 56 

oasd 218 



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324 



INDEX 



cat 56 

cathair 57 

ceann 220 

ceithir 219 

ceum 51 

ciall 226 

cir 89 

cladh, cladhaich 69 

claidheaiuh 71 

claigionn 71 

clann 217 

claon 69 

cléir, cléireach 71 

cleith 70 

cli 69 

cloch, cloch- 71 

cloimh 68 

cluinn 70 

cnàmb 95 

cnô 80 

cuoc 80 

colbh 59 

colman 77 

comhailteaobd 85 

connadh 65 

connlach 52 

corc 63 

côrd 75 

côrn 76 

corr 63 

craicionn 82 

crann 228 

crath 82 

crô 228 

creic 227 

criathar 83 

cridhe 80 

criomag 95 

crion 82 

crios 81 

critta 82 

crô 79, 80 

cruach 83 

cruinih 228 

cruinn 81 

crûisgein 81 

cù 66 

cuid 222 

cuilc 227 

cuileag 60 

cuilean 74 

cuilionn 59 

cuimhne 78 

cùl 67 

cularan 59 



cullach 50 

cumha 53 

curcais 76 

Daidein 258 

dàil 85 

dàimta 93 

darach 93 

dé 90 

dealt 92 

deigh 172 

deil 91 

deur 86 

di- 91 

diallaid 98 

diar 86 

dias 259 

dilleachdan 86 

diu 164 

dligbeadh 103 

do- 85 

dobbar 105 

domhain 105 

dôrn 106 

dorus 104 

dream 106 

dreathan- 107 

dris 107 

droch 108 

droigheann 107 

dubh 108 

duille 91 

duine 92 

Eadar 114 

easgaidh 117 

eidbeaon 173 

eireag 172 

Fabbra 3 

f aile 146 

fainlcag 151 

fàir 152 

fàisg 147 

falacb 136 

falamh 139 

faim 147 

farmad 141 

fead 171 

feall 146 

feamainn 139 

feàroa 152 

feart 138 

féith 146 

f eôrag 153 



fladb 153 

fiar 147 

figh lis 

fine 151 

flodta 153 

fion 154 

fionag 129 

fionn 151 

fior 155 

fiù 153 

flath 133 

flcasgacb 123 

fliuch 134 

fogtaar 138 

foidhidinn 141 

foinne 151 

fraoch 143 

freumb 144 

fride 143 

Gach 221 

gagach 127 

gairm 130 

galar 133 

Gall 128 

garbb 130 

gèadh 148 

geai [2 mois] 131 

gealbhonn 137 

geambradh 135 

geârr 130 

geiun 131 

geug 61 

giall 153 

glan 133 

glass 134 

gleann 133 

glùn 134 

gobba 136 

gobbal 129 

gobhar 129 

goir 130 

grainue 143 

greann 141 

greigta 143 

grotblaeh 145 

grunn 145 

guairsgeach 137 

Iach 115 

iaruDD 165 

ibb 1 18 

ifriun 173 

im 7 

inuis..» 114 



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GAÉLIQUE 



325 



ioc 172 

iodhlann 110 

ioi- 173 

ios 175 

ith 110 

iubhar 119 

(Keeil) 89 

Labhar 180 

làn 184 

lann 179 

laogh 184 

làr 184 

lcabbar 185 

leagh 182 

leamhaa 118 

lean 138 

leas 180 

leas- 184 

leatban 181 

leatbar 183 

leitir 187 

leth 185 

leug 186 

leum 178 

li 187 

lia 186 

liagb 188 

liath 190 

lighe 188 

linne 183 

lios 185 

liuth 186 

lobb, lobhar 190 

lôchran 191 

lod, lodan 190 

loinn 179 

lomhainu 189 

lorg 183 

losgadb 184 

loth 188 

luaisg 192 

luan 188 

luatb 191 

luch 188 

lugta 180 

luibh 190 

lunndair 178 

lus 190 

Ma 192 

mac 193 

magh 197 

màireacb 33 



maith 193 

mala 194 

mail 198 

maol 204 

marbb 196 

marc 196 

malb 193 

mèanan 203 

meanbh 203 

meas 201, 229 

meil 194 

meirg 199 

meud 199 

mial 202 

miann 199 

mil 197 

min 204 

misg 202 

mô 208 

mol 201 

nionadh 199 

môr 201 

mue 204 

muiug 206 

muir 205 

mult 195 

murcach 205 

musach 207 

Naoi 209 

nasg 209 

neach 210 

nèamb 114 

neart 210 

uoehd 212, 213 

Nollaig 209 

nos 211 

Ochd 111 

oighre 172 

olaun 134 

ord 165 

osnadb 166 

ôtrach 48 

Pàg 226 

pailt 217 

paire 218 

pic 249 

pillean 223 

pobull 226 

pôg 226 

poil 227 

pue 222 



Raineacb 229 

raithneacb 229 

ranu 230 

raon 232 

reacbd 232 

réidh 235 

reodh 232 

ri 215 

rideal 234 

ro- 229 

roc, pôc 235 

Pôin 233 

ros 235 

rotb 234 

puadh 237 

ruith 231,237 

rùsg 236 

Saighead 237 

sàil 245 

salann 165 

samhail 162 

samtaradh 157 

sannt 169 

saod 160 

seach 160 

seachd 245 

sealg 113,121 

seall 245 

sean 160 

searbh 170 

seasg, seasgann 161 

séid 171 

seileach 156 

seilisdir 111 

seirc 245 

sgàil 101 

sgàird 240 

sgamhan 241 

sgaoil 244 

sgàth 241 

sgeach 250 

sgeamb 250 

sgeitb 170 

sgiamb 250 

sgian 240 

sgiath [2 mots] 242 

sgith 244 

sgolbb 242 

sgoth 240 

sguab 244 

sile 157 

sin 164 

siolag 247 

sior 163 



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326 



INDEX 



th 159 

siubhal 122 

slat 180 

sleamhuinn 182 

sluagh 157 

smarach 200 

smeoracta 1 206 

smeur, smiar 206 

snaidta 211 

snâmb 211 

snàth 210 

snàthat 208 

sneadh 211 

sniomh 211 

sochd 248 

spiorad 250 

srath 255 

sreothart 255 

srôn 126 

stàn, staoin 252 

stuaic 257 

suaiu 167 

sùbh 247 



sùil 160 

sùith 167 

suth 106 

Tabhal 260 

tachd 258 

tail, taileas 259 

tailm 259 

tana 259 

taobh 274 

taois 265 

tarbta 261 

tàrr 263 

teach 264 

teachd [2 mots] 265 

teann 262 

teas 264 

teich 262 

teine 259 

teum 259 

ttaug 105 

tighina 265 

tir 265 



tiagh 263 

tlàm 265 

toll 268 

tonn [2 mots] 266 

tore 268 

lorrunn 260 

treasa, treun 269 

triall 107 

triutbach 107 

trôcair 273 

troiçb 272 

tuatb 274 

tugha 265 

Uamhuon 14 

uan 213 

uasal 166 

ubh 276 

uile 214 

uileann 173 

uiseag 7 

ùmtaal 276 



4. VIEUX-BRETON 



Admet 14 

aior 114 

aiul 174 

altin 14 

amal 162 

amser • 10 

ancou * 12 

anu 157 

aperth, apertbou 2 

arebenatou 16 

arcibrenou 43 

arlu 157 

arocrion 4 

arstud 20 

arton 158 

at- 4 

attal 65 

auon 21 

Bat 23 

beheit 33 

bichan * 35 

bis 36 



blinion 37 

boitolion 39 

boutig 48 

brat. 27 

braut 44 

brehant 45 

brèni 37 

brith 45 

bron 45 

brot 46 

brothrac 46 

bue 40 

buch 48 

bubez 47 

Cadr 49 

caiou 49 

oaitoir 50 

oâlâmennou 74 

calât 50 

cam 51 

cannât 53 

cant 128 



carr 55 

carrecc 55 

cauell 56 

cein 62 

cemmein 51 

oennin 62 

ce pis ter 49 

copie 49 

cepriou 57 

cerpit 51 

cest 65 

cilurnn 60 

elèd 69 

clôt 70 

clutain, clutgued 72 

enoch 80 

co- 56 

cocitou 58 

-cofrit 58 

coguenou 157 

col 74 

colcet 136 

coll 60 



1. Erratum. Corriger ainsi la forme citée. 

2. On ajoutera ces mots sous leurs tètes d'article respectives. 



j 



VIEUX-BRETON 



327 



comnidder 61 

compret. 60 

compri 137 v 

contulet 85 

corcid 63 

cors 76 

cou an n 54 

couhat 54 

credam 64 

cribot 82 

crin 82 

crip 81 

crit 82 

cron 81 

crac 83 

craitr 83 

crum 83 

cuinhaunt 58 

cunnaret 78 

cusil 85 

cutinniou 83 

Dacrlon 86 

dadlou 85 

dauu 93 

decmiQt 92 

deleiou 91 

diauc 96 

diniam 99 

diprim 95 

diprou 95 

discl, discou 100 

d issu ncgne tic 257 

dometic 104 

dor 104 

dora 105 

dou 88 

drissi 107 

drus 104 

duglas 108,134 

dûiû- 105 

Edemnetic 119 

eguin 175 

elestr 111 

elin 173 

enderic 213 

enep 114 

ennian 13 

epill 172 

erderh 107 

eru- 116 

esceilenn 101 

esceir 103,129 

ethin 34 



etn- 118 

* euonoc 114 

eunt 110 

eusiniou 275 

Flairmaur 123 

fleriot 123 

fual 166 

funiou 127 

Gablau 129 

gebell 132 

gen 131 

gerthi 131 

gilb, gilbin 137 

glas 133 

golbinoc 137 

gruiam 144 

guas 147 

guascotou 147 

guedom 142 

gueig 148 

guelcb 154 

gueli 149 

guell 150 

gueltiocion 132 

guescim 147 

guid 153 

guilannou 149 

guiltiat 154 

guir 155 

guird 152 

guirdglas 145 

guirgiriam 141 

guirtitou 152 

guis 155 

gûitbénnôû 148 

gulan 134 

gulip 134 

guo- 145 

guohethe 148 

guollung 139 

guor- 139, 276 

guotig 138 

guotroit 136 

gur 140 

gurt 215 

Hacen 165 

hael- 158 

hanther 157 

belabar 159 

-helcba 113 

-taemel 162 

hendat 160 



benmam 160 

hep — 160 

bin 140 

hint 160 

hir 163 

bitr 161 

hoetl 164 

hoiara 165 

bol 165 

bui 171 

huil 149 

lac 172 

iâr 172 

in 113 

iot 174 

iou 172 

iscartholion 240 

isel 176 

istomid 252 

istrat 255 

it 119 

ithp t... 114 

itlânn 110 

Iud- 175 

iurgchell 174 

Kalan 50 

Ladam 180 

lammam 178 

lann 179 

laun 184 

laur 184 

lembaam 186 

lenn 183 

lestir 184 

let 185 

leu- 179 

leverid 188 

liaus 186 

libiriou 185 

liein 186 

lim 182 

limn ' 182 

liou 187 

lis 185 

lisiu, lissiu 187 

litan, Litau 181 

lo 184 

iobur 190 

loit 190 

louber 191 

louuern 189 

luscou 192 



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I 



328 

Macoer 204 

mail 204 

main 197 

mair 197 

map 193 

mâûr 201 

maut. 200 

med 201 

mein 204 

mél 197 

melgabr 129 

metetic 197 

-mini 199 

mongou 206 

-monid 199 

morduit 206 

morthol 206 

motrep 204 

mui 208 

Natrolion 5 

nedim 211 

nertni. . % 210 

nimer 212 

oion, nith 212 

notuid 208 

nouuid 211 

Ocet 214 

oooluin 163 

oet... 213 

oi 162 

oleu 214 



INDEX 

ord 165 

orion 214 ' 

Paup 221 

petguar 222 

pilgcint 219 

pimp 219 

pipennou 222 

plant 217 

pluiv 225 

preteram 227 

prinit 227 

pritiri 227 

pui 224 

Pumuret 216 

Rac 229 

rannam, rannou 230 

rec 231 

reitb 232 

reu 232 

ro- 229 

roitou 235 

roluncas 189 

puid 235 

ruimmein 236 

Saltrocion 239 

satron 239 

scal 19 

8camnbegiut 240 

-scant- 240 

t scirenn 241 



soobarnocion 243 

scoit 242 

Seman 246 

sich 244 

Soudan 239 

soui 247 

strotur 256 

strouis 255 

Tal 259 

tan 259 

tar 263 

tarater 260 

taruu 261 

termin 263 

testou 263 

teû 262 

-tig 264 

tinsot 252 

tir 265 

tonn 266 

trascl 106 

treb 4 

troi 107 

trucarauc 273 

tuorchennoa 260 

turch 268 

Unblot 37 

uuiu 155 

uuo- 145 



5. CYMRIQUE 

(Le cymrique ancien entre parenthèses 1 .) 



A 1,156 

ab 1 

abcedilros 2 

aber 3 

Abergavenny 136 

ac 156 

addawl 22 

addfed 14 

addoli 22 

adgori 89 

adnes 96 



adret 4 

adwy 213 

ael 109 

aelgeth 112 

aelwyd 213 

afal, afallcn 21 

afanc 21 

afon 21 

afu 21, 111 

af wyn 21 

agos 156 



aidd 213 

aili lll 

ail 7 

allt 14 

alltraw 14 

allwedd 7 

alu 6 

am 7 

amser 10 

anadl 6 

(anat) 11 



i. L'ordre alphabétique est celui de l'alphabet français. On cherchera sous le vbr. les formes 
anciennes qu'on ne trouverait pas ici. 



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anawel 21 

angel 108 

angen 11, 12 

angor 115 

(aonat) 11 

annel 13 

anner 215 

anterth 113 

anwe 13 

(aper) 3 

arab 15 

aradr 15 

arbwyll 16 

arch 16 

arche a 16 

arch main 17 

arddwr 15 

aren 164 

arf 17 

argyfreu 16 

ariant 16 

arluo 157 

armerthu 200 

arnod 17 

arsaf 18 

arth, arthal 158 

arwedd 99 

arwydd 18 

asen 119 

asglodyn 19 

asgre 19 

asgwrn 19 

asseddu 1 22 

asyn 22 

at- 4 

aur 14 

(avory) 33 

awel 21 

Bach 23, 35 

bagad 23 

bagl 30, 193 

baich 29 

(baiol) 31 

bal 24, 25 

balch 25 

balog 25 

ban 25 

banadl 25 

banw 26 

bar 26 

bara 27 

barcud 27 



CYMRIQUE 

bardd 28 

barf 28 

barleo 27 

bara 27 

bas 29 

bat h, balhu 29 

baw 26 

bawd 200 

bedd 34 

beddrawd 31 

bedw, bedwen 34 

bedyddio 23 

beichio 29 

bendith 31 

benffyg 3L 

benyw 109 

ber 31 

bera 32 

beru 31 

berwi 32 

berwr 30 

(bes) 36 

(bet) 33 

blaen 37 

blaidd 37 

blas 36 

blawd 37 

blawd < (blawt) 37 

(bleu) >blew 37 

blin 37 

blisg 225 

blodon 37 

bloedd 37 

bloneg -v 38 

blwng 38 

blwydd 38 

blydd 37,38 

blyngu 38 

blys, blysig 37 

boch 39 

boddi 33 

bogail 29 

bol 26 

boreu 33 

(bot) > bod 41 

botb, bothell 30 

braen 43 

brag, bragad 42 

braicb 43 

braidd 43 

bram 42 

bran 42 

brann ". 43 



329 

bras 42 

brat 27 

brau 41 

(braut) > brawd 44 

brawd 44 

bre 42 

brecb 43 

brenigeu 1 43 

brethyn 47 

breuan 44 

breuant 45 

brith 45 

brithyll 44 

briw 45 

bro 45 

broch 45 

bron 45 

brwd 46 

brwyd 46 

brwyu 3?, 45 

brych 43 

bryd 58 

bryun 32 

brysg 44 

Bry tnan 43 

bu, buch 48 

buchedd 47 

bugad 47 

bugail 47 

bul 39 

bun 109 

bustl 33 

buw 48 

bwch 40 

bwlas 226 

bwlch 40 

bwmp 39 

bwrch 41 

bwrw 35 

bwyd 39 

bwy ell 40 

bychan 35 

byd 29 

byddar 41 

byr 32 

bys, byson 36 

bystum 36 

by theuad 228 

by w 31 

Cablu 49 

cach 50 

cadarn 49 



1. Erratum. Lire ainsi la forme citée. 



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330 



INDEX 



cadeir 49 

cadr 49 

cadwyn 66 

cae 49 

caer 57 

caeth 57 

cafall 56 

caffael 50 

cal od 54 

caill 50,60 

cain 62 

caingc 61 

calaf 74 

calan 50 

caled 50 

call 51 

callawr 54 

calon 50 

cam [2 mots] 51 

can 53 

canlyn 138 

canrbe 53 

caut[2 mots] 53 

canu 52 

caowyll 53 

car 55 

caraf 55 

(caredd) 68 

careg 55 

cam [2 mots] 55 

carthu 55 

carw 55 

cas 55 

caseg 56 

casglu 69 

cath 56 

cathl, cathledd 62 

caul 54 

caw 205 

cawad 54 

cawdd 65 

cawl 54 

cawn 52 

cawr 64 

cebystr 49 

cedor 50 

cef n 57 

ceg 58 

cegin [2 mots] 58 

cegu 58 

ceibr 57 

ceiliog 67 

ceircb 63 

ceirios 63 

celfl 59 



cell 59 

celu 70 

celwrn 60 

celyn 59 

(cenfder) 61 

cengl 247 

cenin 68 

cenn 62 

cer 63 

cerbyd 51 

cerdded 64 

cerddinen 64 

Cernyw 64 

cerydd 68 

cesail 56 

cesair 56 

cest 65 

cettar 62 

cetbrcu 53 

cbwaer 169 

cbwain 169 

cbwaitb 170, 209 

cbwalu 244 

cbwant 169 

chwarau 169 

cbwarddu 170 

cbwecb 170 

cbweddl 59 

chwefrol, chwefror. . 170 

cbweg 170 

chwel 164 

ctawerw 170 

chwi 171 

obwib, ohwibau — 171 

chwig 155 

chwilen, chwilio 171 

chwistrell 123 

cbwyd, cbwydu 170 

cbwyf 74,122 

chwyflo 122 

chwyl 164 

chwyn 170 

chwyrnu 170, 171 

chwys 171 

cbwysigen 171 

chwytbell, cbwytba. 171 

ci 66 

cib 66 

(cidell) 66 

cig 66 

cil 67,89 

cilydd 110 

cladd, claddu 69 

claf 68 

clais 69 



clasga 69 

clawdd 70 

clawr 70 

cledd 69 

cleddyf 71 

cledr 70 

cloch 71 

(olog) 71 

cludedig, cludo 72 

clun 72 

clwyd 72 

clyd 70 

clyw, clywed 70 

cnaif 81 

cneuen 80 

coch 73 

cod 136 

coddi 65 

coed 73 

coes 56 

cof. 78 

coff 73 

cog 73 

(coit)... 73 

coll, colled 74 

collen 60 

colomen 77 

colwyn 74 

(Conbrcsal) 44 

cord 75 

corf 75 

ooriar 72 

corn i 75 

comicell 64 

corp 76 

cors 76 

corwym 77 

cracb 79 

craff 81 

crafu 79 

cragen 82 

crai 80 

craidd 80 

craig 79 

crammwytb 79 

crangc 79 

cras 80 

craw 79 

crawan 81 

creadur 83 

credo 80 

cregu, cregyr 63 

creitben 69 

cri 81 

crib 81 



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CYMRIQUE 



331 



crin 8» 

croen 82 

crog 83 

crogen 88 

cromil 83 

crug 83 

crugo 83 

crwm 83 

crwn 81 

crycta 82 

orychydd 63 

cryd 82 

crydd 63 

crys 81 

eu 84 

cuan 54 

cud 27 

cudd, cuddio 85 

ouddon 83 

cudyn 83 

(cuin) 58 

(cum) 84 

(cusyl) 85 

cwch 77 

cwlm 77 

c wm 74 

cwmmwd 74 

cwmmwl 74 

cwsg 78 

owyddo 77 

owynos 72 

cwyr 72 

cy- 56 

cychwyf 74 

cychwyn 170 

cydio 59 

cyf- 56 

(cyfairj 57 

cyfall 85 

cyfarfod 169 

cyfôr 57 

cyff 57 

cyffaetb 68 

cyffelyb 162 

eyffin 57 

cyfflniden 58 

cyfhogi 75 

cyfogi 162 

cyfor 65 

cyfran 58 

cyfrif 236 

cyfryd 58 

cyfyng 75, 113 

cyfyrder 66 

cvhudd 16 



cyhyd 59 

cylehed 136 

cylion 60 

cylor 59 

cymmal 198 

cymmer, cymmeraf. 60 

cymmhwys 75 

cymmwl 74 

cymmyn 60 

cymmysg 61 

Cymro 45 

cyn 61, 62,75 

cynddaredd 78 

cynllaeth 60 

cynneu, cynnud 65 

cynnull../. 85 

cynnyg 68 

cynrhonyn 75 

cyreb 60 

cy rchu 64 

cyrohyn 66 

oyrhaeddu 100 

(cyscu) 78 

cystudd 20 

cy warch 72 

cy wystl 69 

Da 85 

dadl 85 

dadlaitb 98 

dadleitbio 182 

dafad 87 

daffar 86 

daiar 104 

daigr 86 

dal 86 

dalen 91 

dall 86 

daly 86 

dant 87 

dar 78 

darbod 88 

darmertbu 200 

darn 89 

darparu 88 

darymred 89 

(datl) 85 

dau 88 

daw 93 

dawr 93 

(dec) 91 

dechreu 93 

defnydd 88 

deg 91 

degwm 92 



debau, deheu 91 

deifio 94 

deilen 91 

derwen 93 

di- 94 

dibr 95 

diddyfnu 103 

diewynu 99 

diffygio 98 

digwyddo 97 

dihil 97 

dillad 98 

dillwng 139 

diog 96 

dirmygu 101 

dirwystro 100 

diwedd 102 

dlêd 103 

dodwy 106 

dôf 104 

dôr 104 

draen 107 

drem 107 

drewg 107 

dnidwy 270 

drwg 107 

drws 104 

drwy 107 

dryli 106, 273 

drysien 107 

dry w 107 

(du-) 85 

du<(dub) 108 

(dubr) 105 

(duch) 105 

dag 105 

dull.dullio 108 

dur 99 

duw 105 

dwfu, dwfp 105 

dwrn 105 

dwy 88 

dwyre 103 

dy- 85 

dyben 95 

dydd 91 

dyddwaith 93 

dyferu 31 

dyfnad, dyfnu 103 

dyf rydol, dyfrydu ... 58 

dybaeddu 100 

dyled, dylu 103 

dylyfu 101 

dylynu 138 

dyn 92 



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332 



INDEX 



dynweddu 92 

dyre 02 

dyrifo 90 

dyrllyddu 91 

dyrnaid 105 

dysgartbu 240 

dysgogi 100 

dysgu 100 

dystewi 102 

dy weddio 99 

Eawg 115 

ebUl 172 

ebol 109 

ebrill 109 

echel 5 

eobwydd 111 

ed- 4 

edn 118 

ef 158 

(efel) 118 

eflyn 117 

efwr 119 

egin, eghio 110 

eglwys 173 

egroes 110 

egwyddor 97 

eb- 110 

ehang m 

ebedydd 6 

ei 158 

eiddew 173 

eidion m 

eidral 175 

ein 165 

eira 116 

eirinen 164 

eisin 275 

eithin 34 

eleui 162 

elestr m 

elfen 112 

elgeth 112 

elin 173 

ell- 173 

ellbwyd 173 

ellyn 14 

(em) 158 

enw 157 

eog 115 

ères 116 

erfin 174 

erw 116 

eryp 115 

erysi 116 



esgair 129 

esgemydd 161 

esgud 117 

estyn 20 

(et-) 4 

etewyu 117 

etto 20 

ewin 175 

ewyll 174 

ewyn 115 

ewy thr 115 

(Fel) 118 

ffasg 121 

ffei 119 

ffêr, ffern 275 

fflaim 123 

fflair 123 

fflam 123 

fflamgoed 123 

ffleirio 123 

fflwr 123 

fflwrdylys 123 

fforcta 124 

ffraeth 125 

flfrâm 125 

ffrec 125 

ffregod 125 

ffrewyll 125 

ffroen 126 

ffrom 126 

ffrwd 126 

ffrwg 126 

ffrwy tb 126 

ffun, ffuaeo 127 

ffur 127 

ffust 127 

ff wrn 124 

ffwyn 124 

ffydd 121 

ffyll 127 

ffyunu, tlyuous 121 

ffyrf 121 

(frit) 58 

(Gaera) 135 

gafl 129 

gafr 129 

gaing 131 

gair 132 

gai 128 

galar 133 

gallu 128 

galw 128 

garao 130 



garm 130 

garr 129 

garth 130 

gartbou 131 

garw 130 

gast 131 

gau 129 

gauaf 135 

gawr 130 

gefail 132 

gefell 132 

gell 131 

gôn 132 

geuau 131 

geni 131 

(gerran) 129 

giach 68 

gilydd [y] 110 

gin 132 

glafoer 133 

glain 133 

glati [2 mots] 133 

glas 133 

glaw 133 

gleisiad 134 

glin 134 

glo 133 

gloes 135 

gloth 135 

glud 135 

glwth 135 

glyfoer 133 

glynii 133 

gnawt 11 

go- 145 

(gob) 136 

godro 136 

goddef 141 

gof 136 

gofal 194 

gofer 138 

gogof 207 

gogr, gogryau 140 

golcbi 146 

goleo 139,150 

golfan 137 

gollwng 139 

goloi 136 

gôr [2 mots] 137 

gor- 139, 276 

gordd 165 

gorfedd 141 

gorfyn, gorfynt 141 

gorhiniog 140 

gori 137 



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gorlla.nw 140 

gorseiid 141 

gorwedd 141 

gory.n 140 

grairtn 145 

gracn 141 

grawn 143 

gre 143 

greienyn 145 

gro 145 

grug 47 

grym 143 

(guar) 276 

(guibit) 142 

(guo) 145 

(guor) 276 

gwadd 142 

gwae 146 

gwaed 146 

g wael 149 

gwaelod 149, 150 

gwaer 77 

gwaeth 148 

gwag 146 

gwain 138 

gwaith 148 

g wal 149 

gwala 146 

gwall 146 

gwan, gwàn 147 

gwarae 169 

gwardu 138 

gwas 147 

gwasarn 142 

gwasgu 147 

gwaslad 141 

g wastio 147 

gwaudd 138 

gwaun 132 

gwawr 152 

gwddwf, gwddwg. . . 142 

gwden 149 

gwe- 145 

gwedd 102 

gwedi 138 

gweini 139 

gweli 139 

gwell 150 

gwely 149 

gwelyddyn 150 

gwely fodi 149 

gwenan 151 

gwenith 154 

gwenuol 151 

gwenynen , » 150 



CYMRIQUE 

gwern 152 

gwers 152 

gwerth, gwerthu 152 

gwerthydd 152 

gweryru 171 

gwest 26 

gweu 148 

gwialen 153 

gwich, gwichio 154 

gwig 153 

gwill 154 

gwin 154 

gwir 155 

gwisg, gwisgo 155 

gwiw 155 

gwiwer 153 

gwlâd 133 

gwlùn 134 

gwlith 134 

gwlyb, gwlybwr 134 

gwlych, gwlychu 134, 135 

gwn, gwna 142 

gwni, gwnio 144 

gwobr 137 

gwr 140 

gwrâch 143 

gwraidd 144 

gwraig 143 

gv~raint 143 

gwregys 140 

gwreiddyn 144 

gwrês 137, 145 

gwrhyd 139 

gwrtb 140, 215 

gwrthryn 140 

gwrych 143 

gwrym 140 

gwth 87 

gwybr 213 

gwybydd 142 

gwych 155 

gwydd 148, 161 

gwydd, gwydden ... 153 

gwyddfid 155 

gwyddif 142 

gwyddon 129 

gwydn 150 

gwydr 152 

gwyl 136 

gwylan 149 

gwylch, gwylchu . . . 154 

gwylo 149 

gwymon 139 

gwyn 151 

gwyneb *. 114 



333 

gwynfydedig 151 

gwynt 151 

gwyr 147 

gwyrdd 152 

gwyrddlas 145 

gwyrtb 196 

gwyryf 152 

gwysigen 171 

gwystl 153 

gwythen, gwythieu. 148 

gwyw 153 

Hacru 156 

bad, hadu 156 

baeddel 159 

haeddu 100 

hael 158 

baer 262 

hat 157 

bafal 162 

hagr 156 

haiarn 165 

haid 159 

haidd 159 

balen 165 

haliw 157 

hanner 157 

baul 160 

hawl 162 

heb 160 

bebrwng, hebryngiad 8 

heddyw 164 

hedeg 99 

hedydd 6 

befys 164 

heibio 109, 160 

hela 113 

heli 163 

helygen 156 

hen 160 

benllydao 159 

herwydd 161 

hesg 161 

bestawr 20 

beul- 160 

hidl 246 

(hig, higell) 163 

hil 97, 156 

hîr 163 

hodi 99 

hoedl 164 

bogalen 163 

hogi 163 

holi 162 

holl 165 



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334 

huai 166 

budd, huddygi 167 

hûn, hunllef 167 

hwch 166 

hwnfc 165 

hwrdd 268 

hwyad 165 

hwyl.., 149 

hy- 158 

hyd 159 

hydd, hyddes 159 

hydr 161 

(hy(en) 73 

hygar 159 

tayglyw 159 

hynt 160 

hyny 163 

hyrddu 268 

hysp 161 

là 172 

iach 172 

iàen 172 

iaith 173 

iàr 172 

iàs 135 

iau 172 

iawn 110 

ie 172 

ieuangc 172 

(in) 113 

is 175 

isel 176 

Hh 110 

Hhr 114 

iuddew 175 

iwrch 174 

(Kynn) 62 

Llabwst 177 

Uâdd 180 

llaeth 181 

llafar 180 

llafn 180 

llafrog, llafru 180 

liai 181 

llaith 182 

llam 178 

llau 179 

Uanw 179 

Uary 179 

llath 180 

llathr 138, 187 

llawdr 188 



INDEX 

UawoD 179 

llawn 184 

llawr 184 

lie 181 

llech 181 

lied 1*5 

lledr 185 

Ueen 183 

llôf 183 

llefrith.., 188 

llegest 181 

lleian 180 

lleidr 178 

llen,ilèn 1&3 

lies 180 

Uestr 184 

llettar 187 

lleuen 179 

lleufer 191 

llew 183 

Uiain 186 

lliant 187 

lliaws 186 

llif 186, 188 

llin[2mots] 187 

llithro 187 

lliw 187 

llo 184 

lloer 188 

llosg, llosgi 184 

llost 189 

llu 157 

lluarlh 187 

lluched 191 

lludd 192 

lludw 191 

Uûg 191 

llugorn 191 

llus 191 

llw 180 

Uwdn 188 

llwfr 190 

Hwg 191 

llwrw 183 

Uwy 188 

llwyd 190 

Uwyf 118 

llydan, Llydaw 181 

llyfan 189 

llyfn 182 

llyfr [2 mots] 185 

llyfu 188 

llyg 188 

Uygad 178 

llygoden , 188 



llym Y 182 

llymaid 1 189 

Hyngcu .) 189 

llyngyr \ 182 

llynn ; 183 

Uyo 188 

liyry 183 

llyâ 1S5 % 190 

Uys- 184 

llyth, Uythien 188 

llythyr 188 

llyw 185 

lly wernog 189 

Ma 197 

mab 193 

mabin, mabinogi 202 

(machteitu) 197 

mad 193 

maen 197 

maer 197 

maes 197 

magoel 25 

magu 193 

magwyr 204 

Mai 193 

main 204 

maint 199 

malio 194 

mail 194 

malu 194 

malwoden 198 

mam 194 

man 195,196,275 

mant 195 

march 196 

marddana<ll 196 

mari 2U0 

marw 196 

ruathru 195 

(mau-) 195 

mawl 201 

mawn 195 

mawr 201 

Mawrth 201 

medd 112, 201 

meddu 224 

meddw 202 

meddyg 201 

Mehefin 202 

meillion 198 

mél 197 

melldigo 203 

melldith 194, 202 

melyn 198 



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mêr 197 

merch 200 

mes 201 

methu 201 

(meun) > mewn 112 

migwrn 202, 208 

mil, mil 202 

min 203 

mis 203 

moch 204 

modryb 204 

moel 204 

moes 38 

moli 201 

mollt 195 

monoch 204 

môr 205 

morddwyd 206 

mordwy, mordwy ad. 199 

morthwyl 206 

mûd 207 

mwg 204 

mwlwg 275 

mwn 205 

mwng 206 

mwngci 205 

mws 207 

mwrthwyl 206 

mwy 208 

mwyalch 206 

mwyar 206 

mwygl 203 

mwyn 199, 204 

mwynglawdd 199 

mwys 203 

myfyr 115 

myg 101 

mymry n 113 

myn 199 

mynag 199 

myoawyd 198 

myned 205 

mynydd 199 

myr, myrion 200 

m ysg [y] 112 

mysgu 200 

Nacati 208 

naddo 211 

Nadolig 209 

nai 212 

nant 13 

naw 209 

nawf 211 

naws 211 



CYMRIQUE 

neb 210 

nedd. nedden 211 

neddyf 211 

nef 114 

neidr 5 

neithiwr, neithwyr.. 210 

nerth, nerthog 210 

nés. nesaf 210 

newydd 211 

newyn 209 

ni 209,211 

nifer 212 

nith 212 

nithio 212 

nod 17 

noden 210 

nodwydd 208 

noe 210 

noeth 212 

nog, nogyt 110 

nos 213 

nych 209 

nyth 209 

O bartta 2 

ober 213 

oed 213 

oen , 213 

oes 213 

ofer 99 

offeren 214 

of n 14 

(ogalen) 163 

oged 214 

ol 162 

olew 214 

oll 165,214 

on, oncn, onn 215 

or 214 

Pa 218 

pàl 216 

palf 216 

palfalu, palfu 216 

pall 216 

palu 216 

pan 215 

par 95, 218 

parawd 218 

parc 218 

parchell 226 

parth 2, 218 

pas 218 

paw 217 

pawb 221 



335 

pawl 222 

pedair 219 

pedry- 216,221 

pedwar 222 

peidio 216 

pel 219 

pell 219 

pen 220 

pendeflg 224 

penglog 71 

perchen, percbi 221 

pererin 224 

perffaitta 221 

pesgi 218 

peswch 218 

petb 222 

pib 222 

pidyn 223 

pig 249 

pilig 223 

pill 223 

pilyn 223 

pingc 224 

pla, plau 225 

plisg 225 

plu, pluf 225 

plwm 225 

plwy, plwyf 225 

plygaint 219 

plygu 225 

pobi 222 

pobl 226 

poc 226 

poen 225 

poeih 225 

pont 226 

porchell 226 

pori 222 

portb (2 mots] 226 

post 226 

powyso 217 

praidd 227 

pren 227 

prid 228 

pridd 228 

prin 228 

priod 228 

pryd, pryder 227 

pryf 228 

prynu 227 

pump 219 

pur 228 

pwdr 226 

pwll 227 

pwug 90 



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336 



INDEX 



pwt 228 

pwy 224 

pwyll 226 

pwvs 226 

py 218 

pydew 228 

pydredd 226 

Pyg 218 

pylgain 219 

pyngu 90 

pys. 224 

pysg 221 

Rbâd 232 

rhag 229 

rhai 231 

rhaid 231 

rhaith 232 

rhangc 229, 232 

rhangcol 229 

rhann 230 

rhasgl 15 

rhalhu 231 

rhaw 230 

rhawn 233 

rhed, rhedu 231 

rhedyn 229 

rhef 140, 232 

rhefr 232 

rhengc 232 

rheol 232 

Phew 232 

rhidyll 234 

rbif 90,236 

rhisg 236 

rhoch 235 

rhod 234 

rhoi 232 

rbos 235 

rbodd 237 

rhwng 232 

rhwy 234 

Phwyd 233, 235 

rhwydd 235 

Pbwyf 235 

rhwym 236 

rhwystr, rhwystro. . . 233 

rhy- 229 

rhych 231 

rtaychwant 230 

rhyferthwy 233 

rhyDgu 232 

rtaysod 231 

rhy w 231 



Saoh 238 

sad 244 

sae 237 

saeth 237 

safn 252 

sail 247 

Sais 239 

sal, salder 239 

sangu 238 

sarn 253 

sawdl 245 

sawl 246 

sedr 244 

sefnig 252 

sefyll 246 

sefylliog 239 

segur 246 

seith 245 

selsig 247 

seogi 238 

sercb 245 

seren 253 

sidan 246 

(slowen) 254 

sofl... 248 

sug 169 

suger 247 

sugn, sugno 257 

sul 257 

sûr 257 

swch 248 

swyf 247 

sybwydden 239 

sych 244 

syfi 247 

syg 257 

syllu 245 

synii 249 

Tad 258 

taer 261 

(tafawd) 263 

tafl, taflu 260, 263 

tafod 263 

tafol 260 

tagu 258 

tail 262 

tairtb 263 

taiib 265 

tal 258,259 

talar 258 

talcen 259 

talfedel 259 

tam 259 

tan 99, 259 



tandod .. 260 

taradr 260 

taran 260 

tardd, tarddell 261 

tarnu 261 

taroden 89 

tarw 261 

taw 260 

tawdd 263 

tawedog 261 

tecbu 262 

teir- 262 

teirthon 263 

teitbi 265 

lelm 259 

telyn 262 

teneu 259 

terfyn 263 

tes 264 

teth 264 

tew 262 

tir 265 

tlawd 271 

to 265 

tochi 266 

toddi 263 

toes 265 

toi 265 

toli 220 

toll 262 

tonn 266 

torch 268 

torr 263,267 

tortb 267 

traetta 270 

trai 269 

tranoeth 270 

traws 271 

trawst 271 

trech 269 

treio 269 

tren 269 

tresglen 106 

trest 271 

trew 107, 255 

tri 271 

tro 272 

trochi 76, 272 

trochydd 272 

troed 272 

troeth 272 

troi 272 

tru, troan 273 

truedd 273 

trugaredd 273 



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CORNIQUE 



337 



trwch 273 

trwngc '. 270 

trwst 273 

trwy 107 

trybedd 270 

tridydd 270 

tu 274 

tud 274 

turio 274 

twf 265 

twng 267 

twll 268 

twr 268 

twrch 268 

twrf 256 

twyll 267 

twym 266 

twysen 259 

twy sg 267 

tyfu 265 

tyn 262 

tyner 263 

tynged 266 

tyngu 267 

tynnu 262 

tyno 269 

tyst 263 

ty warchen 260 

ty wyll, ty wyn 264 

ty wysen 259 

(Uceint) 275 

uch 84,275 

ucharn 275 

uchedydd 6 

ucheL 166 

uchenaid 166 

udo 175 

ufel, ufelyn 127 

uflfarn 274 

uffern 173 

ufyll 276 



ugain, ugaint 275 

ulwyn 117 

un 117 

un fan 275 

urdd 275 

us, usion, usyn 275 

uwd 174 

uwel 127 

(Wi), wy 276 

wybr 213 

wvlo 149 

wyr. 66, 104 

wyth 111 

Y 119 

ybore.., 33 

yd 110, 119 

yddoe 90 

ym 114 

ymarwedd 99 

ymdrochi 76 

ymenyn 8 

ymwth 87 

yn 113 

yngwydd 6 

ynte 117 

ynvore 33 

ynyd 114 

ynys 114 

yrllynedd 277 

ysbyddad 250 

ysgaf n 239 

ysgalleo 19 

ysgar 100,240 

ysgartb, ysgarthu . . . 240 

ysgaw 240 

ysgi, ysgien 240 

ysgil 241 

ysgod 241 

ysgogi 100 

ysgol 241,242 



ysgolp 242 

ysgor 243 

ysgraf u 243 

ysgrif , y sgrifo 244 

ysgrîn 244 

ysgryd 244 

ysgub, ysgubo 244 

ysgubor 241 

ysgwàr 243 

ysgwfl 241 

ysgwîr 243 

ysgwr 243 

ysgwyd 242 

ysgwydd 242 

ysgyfaint 241 

ysgyfaru 243 

ysgyflu 241 

ysgyflwr 243 

yslath 180 

yslywen 254 

ysnoden 210 

yspin 250 

ysplan 251 

ysplenydd 251 

yspryd 250 

yspwng 251 

ystad 251 

ystaen 232 

ystarn 253 

ystarnu 253 

ystefaig 252 

ysligo 251 

ystod 253 

ystof 1*53 

ystola 254 

ystrad 255 

ystrew, ystrewi 255 

ystwng 254 

ystyllen 252 

ystyr 102 

ysywaeth 247 

yw 175 



6. CORNIQUE 

(Le voc. corn, entre parenthèses 1 .) 



A 1 

abard, abarth 2 

(aber) 3 



(abrans) 3 

agan 165 

(aidlen) 112 



(ail) 108 

(airos) 17 

(als) 14 



1. Les formes anciennes, en généra), sous le vieux-breton. 



22 



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338 



INDEX 



(altrou) 14 

alwedb, alwhedh.... 7 

aroe 5 

(amenen) 8 

amser 10 

an 12 

anal 13 

anal 6 

(anaubel) 21 

ancow 12 

ancres 113 

anser 10 

apert 10 

(aradar) 15 

arch 16 

(argant) 16 

arv 17 

ascorn 19 

(asen) 119 

(askeUen) 19 

(auliel) 21 

(auon) 21 

avar 33 

avond 21 

avorow 33 

(avu) 21 

awel 21 

(awell) 174 

awos 118 

Bad, badus 23 

bagas, bagat 23 

bab 23 

(baiol) 31 

(banathal) 25 

(baneu) 26 

banna 26 

bar 26 

bara 27 

barf 28 

bargos 27 

barne 27 

(bartta) 28 

bas 29 

beoban 35 

bedewen 34 

bedh 34 

bedhy 33 

bedidhia 29 

begel 29 

begy 29 

(bêler) 30 

benen 109 

bennatb 31 

ber 31,32 



bern [2 mots] 32 

(binflc) 31 

(bisou) 36 

(bistel) 33 

(-bit) 29 

bleidh < (bleit) 37 

(bleu)>blew 37 

(blodon) 37 

(blot) 37 

(boch) 39, 40 

bodbar 41 

bol 26 

bom 39 

bos 38,41 

brag 42 

bram 42 

bran 42 

bras 27,42 

brech 43 

(bredion) 46 

bresel 44 

Brethon 43 

breus, breuth 44 

brew 45 

brithel 44 

bro 45 

broch 45 

broder 44 

bron 45 

bros 46 

(brou) 44 

(bruit) 45 

(bry) 42 

brynnian 45 

brys 58 

buch 48 

bugel 47 

(buhell) 40 

(buit) 39 

byban 35 

byrluan 152 

bys 36 

bysvycken 36 

by w 31 

Cabel, cably 49 

caer 57 

caillar 50 

(caites) 57 

(cal) 51 

Calan 50 

(caltor) 54 

cam [2 mots] 51 

can 53 

cannas 53 | 



cans 53 t 12 

(cantuil) 53 

cara 68 

carn 55 

carow 55 

carrag 55 

casai 56 

casec 56 

cath 56 

caugh 50 

caul 54 

cavel 50 

cavow 53 

ce- 56 

ceges 58 

cegin 58 

celin 59 

(cennen) 62 

center 62 

cerches 64 

cerden 64 

(ceser) 56 

ceteponon 155 

cev- 56 

(chelioc) 67 

(chen) 58 

(chereor) 63 

(cherbit) 63 

(chic) 66 

(chil) 67 

claf 68 

(claud) 70 

cledbe 71 

clewas 70 

cloch 71 

clog 71 

cloirec 71 

(oluit) 72 

cnéu 81 

cnyfan 80 

(co-) 56 

coc 73 

codhe 77 

cof 78 

(collet) 74 

(coloin) 74 

colom 77 

colon 50 

colwidhen 60 

compos 75 

côn 72 

(contronen) 75 

cor 72. 76 

cord 75 

corf 75 



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CORNIQUE 



339 



corn 75 

cors 76 

coth 78 

cowes 54 

crak 79 

cresy 80 

crevan 81 

(orif) 81 

(croadur) 83 

crog 83 

crogen 82 

crohen 82 

(croider) 83 

(crois) 82 

crows 82 

(croc) 83 

cudhe 85 

cueth 65 

(cuit) 73 

cuntell 84 

case, ousce 78 

Da 85 

daffar 86 

dager 86 

(dal) 86 

dalhenne 86 

dans 87 

dar 78, 93 

daras 104 

darn 89 

dasserchy 90 

(dauat) > davas 87 

dec, deg 91 

dehen 96 

(dele) 91 

(delehid) 103 

delen 91 

demidhy 98 

den 92 

(det) 91 

defchwyth 93 

dewedh 102 

dbe- 85 

di- 94 

digwydha 97 

dinair 99 

(dioc) 96 

dismigo 101 

(diu) 88 

doar 104 

(dof) 93 

(dofer) 105 

dones 104 

dôr 104 



dorn 105 

dos 105 

(don) 88 

dour 105 

dre 106 

drehedhy 100 

(drein) 107 

dreis 107 

drog 107 

du 108 

duk 105 

(duw) 108 

(duy) 105 

dychow 91 

dylly 103 

dyow 91 

E 158 

eal 108 

eath 111 

ebol 109 

ebrai 109 

ebron 109, 213 

edhen 118 

edrek 19 

ef 158 

eges 110 

eglos 173 

(ehoc) 115 

ôl 108 

(elgeht) 112 

elin 173 

em- 114 

en 113 

(enchinethel) 11 

encinedel 11 

ene<enef 113 

enep 114 

enes 114 

enlidan 158 

ennian 13 

enys 114 

er 116 

(eru) 116 

(esel) 119 

(estren) 164 

ethom 119 

eve 118 

(éviter) 115 

ewidit 6 

ewin 175 

ewiter 115 

eytbinen 34 

Fav 120 



fedta 121 

fethe 120 

(flair) 123 

(flam) 123 

floch, flogh 123 

foen 124 

forh 124 

forn 124 

fors 124 

frau 124 

f rig, frigow 125 

frot 126 

(fruc) 125 

fuelein 167 

fùnen 127 

fur 127 

fust 127 

Gad 127 

gai 146 

gallos 128 

gar 129 

garan 130 

garm 130 

(gauar) 129 

(gelvin) 137 

(genau) 131 

(gevel) 132 

(gbel) 131 

glas 111,133 

(glau), glaw 133 

gledh 69 

(glibor) 134 

glin 134 

glow 133 

Igluan) 134 

(glut) 135 

go- 145 

(god) 142 

godhevel 141 

godhfyth 142 

(gof) 136 

goil, gol 136 

golchy 146 

golow 139 

golsowas 245 

golvan 137 

goly 139 

(gorbulloc) 226 

gordhy 152 

gortos 138 

gou- 145 

(goudhan) 129 

gow 129 

goydh 148 



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340 



INDEX 



(goyf) 135 

goyo 138 

goys 146 

gre 143 

grig 47 

(gronea) 143 

grow 145 

(grueiten) 144 

(grugis) 140 

gu- 145 

guac 146 

(guas) 147 

gudzh 146 

(guein) 138 

(gueli) 149 

(gueuenen ) 150 

(guennol) 151 

(guhit) 138 

(guiat) 148 

(guiden) 149, 153 

(guil) 149 

(guilan) 149 

(guilschin) 134 

(guins) 151 

(guirt) 152 

guis 155 

(guiso) 155 

(guistel) 153 

(guit) 146,148,153 

(gulat) 133 

(gur) 140 

gur- 139, 276 

(gurehic) 143 

guris 140 

(gurthit) 152 

gusigan 171 

gustle 153 

(guyn) 151 

gwag 146 

gwan, gwane 147 

gweder 152 

gwels 132 

gweoan 151 

gweruen 152 

gwerthe 152 

gweth [2 mois] 148 

gwethe 118 

gwic 154 

gwilleiw 153 

gwilskin 134 

gwin 154 

gwithe 118 

gwiw 155 

gwra 142 

gwrôg 143 



gwrey 142 

gwyns 151 

gwyrdh 152 

gwyth 12 mots] 148 

Ha 156 

hacter 156 

{haf ) 157 

hag 156 

hager 156 

haloia 165 

hanter 157 

has 156 

haval 162 

he- 158 

heb 160 

(hebrenohiat) 8 

hegar 159 

helhia 113 

(helhwur) 113 

heligen 156 

hembrook 8 

hen 160 

herwydh 161 

hes 159 

(heschen) 161 

(hethen) 118 

heuul 160 

hevis . ; 164 

hins 160 

hir 163 

hivin 175 

(bocb) 166 

hoed 165 

hoern 165 

hoi 165, 214 

hombronkyas 8 

hordh 268 

houi 160 

buhel 166 

(huibreu) 213 

(huir) 160 

(huis) 213 

hun 167 

(huvel) 276 

hweda, hwedzha 170 

(hwerthin) 170 

hwevral 170 

(hyc) 163 

Jacb 172 

idhio 173 

(ieu) 172 

(iey) 172 

ifarn 173 



(iot) 174 

(ioueoc) 172 

(irch) 116 

(itheu) 117 

Ke 68 

(keber) 57 

(kelionen) 60 

(kennin) 68 

(kerd) 64 

(ki) 66 

(kinethel) 11 

kuays 65 

kyns 62 

Lad 181 

lader 178 

ladhe 180 

(lafroc). ; 180 

lafur 177 

(lagat) 178 

(lagenj 178 

(lait) 181 

lan 179 

lanwes .... 179 

last 180 

(lauar) 180 

le 181 

leauh 181 

(ieio) 186 

leisw ..::::; 187 

len 183, 184 

lenn 183 

lerch 183 

les 180 

lester 188 

(leu) 183,185 

leuu 184 

levar 185 

(lewen) 179 

ieyth 181 

li 182 

(Hein) 186 

lilie 186 

lin 183,187 

linaz, (linhaden) 187 

lither 188 

(liu) 187 

(liver) 185 

lo 188 

(loch) 184 

(loder)..... 188 

lodn • 188 

logoden.*... 188 

(lor) 184 



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CORNIQUE 



341 



(lorch) 189 

loso 184 

Josow 190 

(louan) 189 

(louenj 179 

(louuern) 189 

lowarth 187 

lu 157 

luer 184 

(lugarn) 191 

(luhet) 191 

(luir) 188 

(luit) 190 

lusow 191 

(luworth) 187 

lyrch 183 

lyvyr 185 

Ma 192,197 

mab 193 

machteth 197 

(madère) 27 

maga 193 

(mahtheid) 197 

mal.." 194,198 

mam 194 

man 195 

manal 194 

mar 196 

march 196 

marow 196 

martesen 196 

marth 196 

mas 193 

(maor) 201 

maw 195 

mô 193 

(med) 201 

mel 197 

mellow 198 

men 197 

menedh 199 

mes 197 

mesen 201 

(metin), mettin 203 

meyn 203 

(mil) 202 

(milin) 198 

min 203 

minow 203 

miras 203 

mis 203 

moc 204 

moch 204 

(modereb) 204 



(moelh) 206 

molleth 194 

(mois) 195 

mon 204 

mones 205 

(mor) 205 

mordhos, (mordoit).. 206 

moreth 205 

morthol 206 

mowes 195 

moy 208 

moyar 206 

moys 203 

(muin) 204 

myns 199 

myrch 200 

myttyn 203 

Nactaa 208 

Nadelic 209 

nader 5 

naw 209 

neb 210 

nedhan 211 

nedhe 211 

nef 114 

nehuer, neihur 210 

(neid), neith 209 

nep 210 

nerth 210 

nés, nessa 210 

never, niver 212 

noeth 212 

(noi, noit) 212 

nos 213 

notb, noyth 212 

ny 211 

nyge, nygethys 212 

Oan 213 

ober 213 

(ocet) 214 

(odion) 111 

oferen 214 

ogos 156 

(oilet) 213 

(oin) 213 

ol 162 

olas 213 

oie 149 

om- 114 

on 213 

onan 275 

onnen 215 

onon 275 



orth 215 

own 14 

oy 276 

oys 213 

Pal, palas 216 

(palf ) 216 

pals 217 

parc 218 

parez 218 

parusy, parys 218 

pas 218 

paw 217 

pe [2 mots] 218 

(peber) 222 

pedar 219 

pôg, pèk 218 

pel 219 

pell 219 

pen , 220 

(pendeuig) 224 

perfey vh 221 

perhen 221 

perna 227 

pery 95 

pôs 224 

pesc 221 

peswar 222 

peth 222 

peyk 213 

(pib) 222 

(pirgirin) 224 

pia 225 

pleg 225 

piew 225 

pliv 225 

plom 225 

plu, plui 225 

po 218 

pob 221 

pobas 222 

(pobel), pobyl 226 

poc 222 

podreth 226 

poen 225 

poes 226 

pol 227 

pons 226 

porth [2 mots] 226 

pôs 226 

post 226 

powesy 217 

poys 226 

pras 227 

pren 227 



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342 



INDEX 



prenne 227 

(priderys) 227 

pries, (priot) 228 

(prit) 227 

pry 228 

pryerin 224 

pryf 228 

prys 227 

pup 221 

pur 228 

py 218 

pymp 219 

pysc 221 

pystry, pystyc 224 

py w 224 

Rac 229 

radn, ran 230 

(reden) 229 

(regihten) 231 

rei 232 

reol 232 

rês 231 

rew 232 

reys 231 

ridar 234 

ros 234, 235 

(rud), rudh 237 

(ruif) 234,235 

ruse 236 

ruth 236 

ruy 235 

ry 232 

ryb 233 

ry th 233 

Sacta 238 

sam 238 

sawtheny 239 

scaf 239 

scawen 240 

sceans 241 

(scevens) 241 

scibia 244 

(scod) 241 

scoren, (scorren) 243 

(scoul) 243 

scovarn 243 

scrife 244 

scruth 244 

scrymba 244 

(scuid) 242 

scullye 244 

sech 244 

segyr 246 



(seithun) 247 

(sel) 247 

seth 237 

seyth 245 

(sibuit) 239 

(sicer) 247 

silli 247 

skephans 241 

(snod) 210 

(soch) 248 

son 248 

soui 248 

soweth 247 

Sows 239 

spedhes 250 

spern 250 

(spirit) 250 

splan 251 

sprus 251 

spyrys 250 

squyth, squytheys... 244 

stano 252 

stean 252 

(stefenic) 252 

(steren), steyr 253 

stil 252 

(stol) 254 

strad 255 

(stut) 20 

suel 246 

(suif) 247 

sûl 257 

sygal 245 

sygan 169 

syll, sylly 245 

sythyn 247 

Taga 258 

(tal), tal 258, 259 

tam 259 

(tan), tan 259 

tanow 259 

(taran) 260 

tardar 260 

tarow 261 

tas<(tat) 258 

(tavaf) 260 

tavas, (tavot) 263 

(telein) 262 

tenna 262 

ter 262 

terlentry 187 

termyn". 263 

terry 267 

(terthen) 263 



tes 264 

test 263 

tetban 264 

tew 262 

tewlel 263 

(ti), ti 264 

(tir), tir 265 

(tist) 263 

(tiwulgou) 264 

to 265 

(toim) 266 

(tollor) 262 

(torch) 268 

torry 267 

torth 267 

toula 260 

towan. 264 

toy 267 

tra 269 

traith, treath 270 

trebath 270 

tregereth 273 

tressa 270 

trêth 270 

(tribet) 270 

trig 269 

tro 272 

(troet) 270 

trois, trôs 272 

(troster) 271 

(trait) 272 

try 271 

trysse 270 

tu 274 

tulle 267 

(tur) 268 

tus 274 

tyner 262 

tynne 262 

Uch 275 

ugans, ugens 275 

un 117 

urrian 214 

(us, usion) 275 

uy 276 

War 276 

whans 169 

wharfos 169 

whâth 170 

whec 170 

wbeh 170 

wherow 170 

whêth 170 



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MOYEN-BRETON 



343 



whethl 59 

why 171 

whys 171 

whythe 171 

wole 149 

wryth 233 

(wur) 139 



(yar) 172 

yben 109 

(yd) 110 

ydh 119 

yedbow 175 

yf arn 173 

ygory 97 

ym- 114 

119 ynter 114 



(yorch) 174 

ysedhe 22 

ysel, yssel 176 

yudhow 175 

Zoh 248 

zoul 248 



7. MOYEN-BRETON 

(Y compris les graphies plus modernes, mais qui diffèrent sensiblement 
de l'orthographe de Le Gon.) 



Abaff 1 

achubi 117 

adreff 4 

ael 108 

a goez 6 

agroasenn 9 

ahel 5 

alazn 6 

alechsé 6 

alhuezaff 7 

aliaff 7 

alteraff 7 

alvéen 111 

amgros 9 

am nés eue 9 

ampafalek 9 

amparfaret 9 

ampser 10 

anaff 13 

anavon 11 

ancoff nez 12 

anhez 13 

anneffn 13 

anneuffenn 13 

annoer 215 

anquen 10 

aodé 213 

aparchent 221 

apert 10 

arabat. 15 

arazr 15 

arbenn 95 

argant 16 

argoez 18 

arbmé 17 

arsaw 18 

asclez 18 

asezaff 22 

attal 65 



ausill 14 

azff 14 

aznat 11 

azr 5 

azrec 19 

Baeguel 29 

baelec 30 

balazn 24 

banazl 24 

bastroulh 28 

baus 26 

bazre 27 

beaul 31 

beoh 29 

benaff 30 

benhuec 31 

benny 31 

bennoez 31 

bescul 36 

besou 36 

bet 33 

beuziff 33 

bezret 31 

bilh 101 

bizhuyquen 36 

blein 37 

bleuzuen 37 

blisic 37 

blot 38 

blouhi 38 

boçen 39 

bouhazl 40 

bresel 44 

breuzr 44 

breyn 43 

brignhon 45 

brout 46 

bulbuenn 226 



bunçc 48 

butin 41 

Cadoc 49 

cadoen 128 

oadoer 49 

oaer 57 

caffon 53 

caffout 50 

caffun 50 

camblit [dizyou] 128 

cantoelL 53 

cantreet 53 

carez 68, 97 

Carnao 55 

Catoc 49 

cauch 50 

cavall 56 

cazr 49 

cenelenn 247 

ebagud 176 

chaodel 176 

choueoh 170 

choues 171 

chuirinnat 170 

oiuellen 247 

claff 68 

clezeff 71 

clezren 70 

olezrenn 70 

coazrell 72 

cochuy 74 

coezaff 77 

coezff 73 

coloren 59 

compoes 75 

coruent 77 

couff 78 

coufforcher 78 



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344 



INDEX 



cou s télé 69 

creff 81 

cr eu seul 81 

cridiff 80 

crissaff 82 

croas, croes 82 

croezr 83 

crou 79 

cudennec 16,84 

cuff 84 

cuntuill 84 

czutell 171 

Daczon 87 

daczorch 90 

daes 91 

daffnez 88 

daladur 258 

dameuhein 87 

daroueden &9 

dasonein 87 

dazquilyat 89 

dazré 86 

dazrou 86 

dazsonein 87 

deaoc 92 

debruan 91 

degrez 93 

delé 91 

delezaff 91 

dellit 91 

desquiff 100 

deuaff 104 

deuff 93 

deuiff 94 

dezquent 93 

dezreuell 90 

dezrou 93 

dezvyff 106 

diben 95 

dibriff 95 

diçc 100 

dieznes 96 

diffraetaff 97 

difroncqa 97 

difurm 97 

dihelchat 96 

dihodein 99 

dillat 98 

dilob 98 

dimizyff 98 

dioueret 99 

dipr 95 

dirhaes 100 

diribign 100 



discl 100 

dishiiya 97 

disquiff 100 

dizonaff 103 

doanger 104 

Doe 105 

doff 104 

don 105 

donet 104 

dornguenn 105 

dorojou 104 

doue, dougas 105 

dougiaff 105 

draffl 106 

drasgl 106 

dréau 107 

dréaucq 107 

drilhant 106 

druilla 106 

duff 108 

dyspayllet 93 

Eaug 115 

ebil 172 

eenez 1 14 

eff 158 

effn 110 

eguit 110, 118 

ehanaff 110 

ehuedez 6 

eintaff 174 

elboet 173 

elven [2 fois] 112 

emdyvat, 113 

emolch 113 

eucq 113 

encres 113 

enebenn 114 

eneff 113 

enep 114 

enmat 116 

euquelezr 11 

enta 117 

entresea, entrezee... 117 

eoull 174 

erer 115 

ères 116 

eru 116 

eston 117 

estr 164 

eûbi 117 

eugenn 111 

euret 118 

euryen 214 

eu ver 99 



evaff 118 

eyen 6 

ezeff 211 

ezlen 112 

ezu 118 

eznes 114 

Fae 119 

faff 120 

fataff 120 

faziaff 120 

feneslr 227 

ferf 121 

f esqen 121 

flfual 122 

flzyaff 122 

flet 123 

foi 119 

forz 124 

fraeill 125 

freals 125 

fregaff 124 

fricaff 126 

frivoll 126 

froan 126 

f roesaff 125 

fromet 126 

frotaff 126 

froucq 126 

Gaffr 129 

gafl 129 

gaign 128 

gain 128 

ganes 128 

garr 129 

garu 130 

gat 127 

gaul 129 

gaunach 129 

gausan 129 

gavet 176 

glar 133 

glas 133 

glau 133 

glawren 133 

glenn 133 

gloat 133 

gloeb 134 

glou 133 

gluesquer 134 

goagronenn 146 

goalenn 146 

goascaff 147 

goelaff 149 



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MOYEN-BRETON 



345 



goelann 149 

goelet 149 

goestel 153 

goez 6, 153, 161 

golctaet 146 

gou 129 

gouaff, gouanff.. 135,151 

gouen 151 

gouber 138 

gouilh 154 

«gounit 139 

gonr 137, 139 

gourhet 139 

gourbiziat 141 

gouriar. 72 

gouris 140 

gourrin 140 

gousper 141 

goustadic 141 

gouzaff 141 

gouzroacqaet 76 

gozro 136 

grezn 143 

groach 143 

groachell 143 

groegonn 143, 146 

gronn 145 

grueo 143 

gruech 143 

gruizyenn 144 

gruy, gruyat 144 

gueaff 148 

guedaff 131 

gueffret [avel] 132 

guelcbi 146 

gueleiff ^ 136 

gueleuiff 150 

guelteff 150 

guen 132 

guengoloff 150 

guenn 131 

guennbaen 151 

guennuidic 151 

guerelouann 152 

guerzit 152 

gués 155 

gaeun 132 

gueuré 118 

guez 153 

guezenn 153 

guezQ 150 

guezr [2 mots] 152 

guezuout 155 

guilchat 154 

guinfher 153 



gai» 132 

guyber 132 

guyoo 155 

guypat 155 

gwalcb 146 

gwan 147 

Hadafl 156 

hael 158 

haezl 159 

haff 157 

hallaff 6 

bambrouc 8 

hanff, ha do 157 

bariuaff 157 

harzaff 158 

bat 156 

banal 162 

haznat 11 

heaul 160 

hebiou 109 

hec 159 

bedro 110 

hegaff 159 

benaff 160 

bent 160 

bentaff 114,160 

hersquinaff 161 

het [2 mots] 159 

heugal, beugni 162 

beurtaff 162 

hezr, bezreff 161 

hinvis 164 

hiziu 164 

boalat 164 

hoant 169 

hoar 169 

hoaz 170 

boazl 169 

borolach 165 

houat 165 

huanat 166 

huedaff 170 

buedez 6 

huennat 170 

hueru 170 

huerzin 170 

huez, huezaff 171 

buffelen 167 

buil 171 

hun 167 

buysiguenn 171 

buytout 171 

buzelen 167 

bygoulen 163 



Id 110 

iguen 163 

ilis 173 

illy 163,173 

ilyanenn 174 

ilyeaueo 173 

iou 173,258 

irio 164 

iryenn 174 

it 110 

iudal 175 

Kardel 54 

Keriu 157 

ko eau 81 

knech 80 

knoenn 80 

Laez 181 

laezr 178 

lagat 178 

lakés 177 

laugacb 178 

laoscat 179 

lap 177 

lapous 177 

larg 179 

laur 179 

laurec 180 

lauscaff 185 

lausq 179 

lazaff 180 

lean 181 

leat 188 

leau 183 

lech 181 

lecbit 182 

leff 183 

lebet 181,182 

leiff 182 

leizen 188 

lencquernenn 182 

lencr 187 

les 185 

lesell 185 

lesir 185 

lesquiff 184 

leter 184 

leuzriff 184 

leuyaff 185 

leynff 182 

lezr 183 

libostren (T) 186 

licel 187 



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346 



INDEX 



liffriD, lirzin 188 

lit 186 

liufriz 187 

lizrin 188 

loes 188 

loet 190 

loezn 188 

loffr 190 

lorchen 189 

lost 189 

lot 188 

louazr 179 

louen [2 mots] 179 

louff 190 

louffan 189 

lousouenn 190 

louzr 188 

Iozd 188 

lue 184 

luz 192 

Maer 197,199 

maerat 199 

maes 197 

maguaff 193 

mailluraou 194 

malafl 194 

malazn 194 

mail 193 

malloez 194 

maluenn 194 

manc 195 

manier 194 

marf 1% 

marlarjez 205 

mars 197 

martesé 196 

maru 196 

mat 193 

mau 195 

mazron 193 

mechif 168 

meilb 198 

meill 198 

melchonen 198 

melfoden 198 

melle 198 

membr 99 

menauet 198 

menehy 199 

merien 200 

mesenn 201 

meuliff 201 

meurbet 201 

meurzlargiez 205 



meut 200 

mezel 222 

mezz 201 

mibio 202 

mie, micq 202 

midiff 197 

milhuyt 202 

milliga 203 

mis 203 

moé 206 

moez 207 

monet 104, 205 

morce 206 

morchet 205 

morzuill 206 

moten 206 

moue 202 

moues 195 

moullecg 207 

mous 207 

mozrep 204 

mynbuiguenn 203 

Nadoez 208 

oafln 209 

uéau 210 

neff 114 

negun 212 

uessaff 210 

neuff 210 

neusé 211 

oeut 210 

neuz 211 

neyzor 210 

nezaff 211 

ni 212 

niff 212 

nigal 212 

niz 212 

noabrenn 213 

uodas 212 

nof 213 

Oabrenn 213 

oar 276 

ober 213 

oet 213 

offereu 214 

orguet 214 

ouenn 212 

ozech 215 

Pab 215 

paéaff 216 

pafala 9 



palf 216 

palliquet 216 

pan 215 

paraff 218 

parefarth 216 

pas 218 

pautr 217 

pendoo 219 

penestr 227 

pengot 220 

penguen 220* 

penndolein 220 

peuch 221 

peuriff 222 

pign 223 

planczonenn 224 

plaouhyet 224 

plegaff 225 

pluff, pluvenn 225 

porfolennou 226 

pourchen 227 

prenestr 227 

prêt 227 

prezee 228 

puill, pailla 228 

Qeverdu 64 

quaez 57 

quantren 53 

queff 57 

queffln 5? 

queffret 58, 138 

quehezl 59 

quebit 59 

queiniff 58 

quellidaff 60 

quempret 60 

quen 62 

quenquis 61 

quer 63 

querz 64 

queulusq 192 

queyn 58 

quic 66 

quil 67 

quilhorou 67 

quillevarden 67 

Radenn 229 

rampaff 229 

raou 230 

raulbin 230 

razaff 231 

réau 232 

rec 231 



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MOYEN-BRETON 



347 



reiff 232 

reiz 232 

ren 232 

reun 236 

reux 233 

revin 233 

ribler 233 

rodel 234 

roé 235 

roeff 234 

roncet, roncin 235 

rou 230 

rouhenn 230 

rudher 237 

ruilhal 236 

rum 236 

rusaff 237 

Saff 238,246 

saffar 237 

sailh 238 

saiilaff 238 

saliaff 238 

Saus 239 

scafl 239 

scaffn 240 

seau 240 

sclaceim 241 

sclaer 242 

scloquat 242 

scoet 242 

8COUC 168 

scuyllaff 244 

seilh 238 

serch 245 

seulenn 246 

seuuien 247 

seuzl 245 

seven 246 

sezlou 245 

sigur 246 

silsiguen 247 

sioulic 247 

sizl 246 

soaff 247 

sono 248 



soquen 277 

soubl, sooblaff 248 

soopl 248 

spiafL 250 

spus 251 

squegaff 240 

squei 240 

squifleu 241 

squignet 241 

squilfou 241 

squoein 240 

staer 253 

staffn 252 

stalaff 251 

start 252 

staut 252 

stôan 252 

ster 102 

steut 253 

steuven 253 

stigna 241 

stou 254 

strad 255 

strehet 255 

streuyaff 255 

strodton, stroton 256 

sug 169 

sunaff 257 

Syohan 247 

Taffhaff 260 

taffoessat 259 

Taoneguy 259 

tarazr 260 

tas 263 

tasoanaff 269 

tat 258 

téaut 263 

teffal 264 

terryff 263 

teu 262 

tous 263 

teuzl 263 

teuzyff 263 

teyl 262 

tizaff 205 



Ueunv 265 

tnaou, tnou 269 

toéaff 267 

toem 266 

tonquaff 266 

tor, torr.. 263 

torth 267 

toucec 268 

touign 268 

tousaff 269 

traez 270 

traezer 271 

treff 4, 150 

trevers 271 

trezant 269 

tribuill 273 

trinchonen 272 

troat 272 

tronnos 272 

tru 273 

trufla 273 

tut 274 

Uhel 166 

ui 276 

usen 192 

uvel 276 

Vacaff 276 

varlen 27 

vase 22 

voar 276 

Yar 172 

yen 172 

yeu 172 

yez 173 

yffornaff 173 

yoaff 176 

yoh 174 

yot 174 

you 175,258 

youane 172 

yourch 174 

y tron 175 



OBSERVATION GÉNÉRALE 

Les légères différences qu'on remarquera parfois entre les formes citées au lexique 
et les mots relevés à l'index proviennent en principe, — sauf inadvertance, comme 
dans corn, hembronk (8), cymr. cymmer (60), sk. grbhndti (79), sk. kçinâti (244), — 
de variantes graphiques justifiées dont il a paru expédient d'informer le lecteur. 



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DERNIÈRES ADDITIONS 



P. 27 (baré). — Les mots corn, et ir. sont empruntés à l'ags. (ag. madder 
« garance »). 

P. 29 (bék) et p. 35 (bihan). — Sur une souche conjecturale celto-germa- 
nique bïg-, pïk-, etc., voir K. F. Johansson, KuhrCs Zeitschri/t, XXXVI, 
p. 381. 

P. 37 (bleu). — Voir sur ce mot les rapprochements du même auteur, 
même article, K. Z., XXXVI, p. 373. 

P. 43 (brennik). — V. sur ce mot l'article berlin de M. A. Thomas, 
Romania, XXVIII, p. 172. 

P. 73 (koat). — Sur le lat. -cëto-, voir M. Niedermann, Studien zur 
Latein. Wortbildung, in Idg. Forsch., X, p. 256. 

P. 74 (koc'hen) et cf. p. 71 (kloc'h). — Récemment (Roman. Stud., II, 
p. 13 sq.), M. H. Schuchardt a rattaché les deux types de lat. vulgaire 
clocca et coca au lat. cochlea « escargot ». 

P. 75 (komp8). — Au lieu de « celtique », lire « brittonique »; ou bien, 
au lieu de -toep-s-, lire -weq-8-. 

P. 190, n. 3. — Malgré la différence de genre, louèzaé doit être un 
sobriquet signifiant simplement « robe grise ». V. sous loued et saé. 

P. 195 et 196 (mar et mâr). — Selon M. Zimmer (K. Z. , XXXVI, p. 416), 
le substantif procéderait au contraire de la conjonction, dans une locution 
heb mar signifiant littéralement « sans si » (si dubitatif pris substanti- 
vement). Cette idée m'était bien venue; mais je l'avais écartée comme 
trop simple. Elle n'est guère démontrable, tant qu'on n'aura pas démêlé 
l'origine de IV final de la conjonction mar. 

P. 215, n. 2. — Il se peut qu'un brittonique régulier *otiko* soit devenu 
*odiko- sous l'influence de *od- « pied » (cf. ufern) : fouler aux pieds une 
terre est une prise de possession et un acte de propriété. 

P. 223 (piden). — Sur une souche pos? ;u, * -»e mot et similaires, voir 
encore Johansson, K. Z., XXXVI, p 



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350 DERNIÈRES ADDITIONS \ 

P. 223, n. 2. — Fr. peilles « chiffons de papeterie » figure au Diction- 
naire de Littré. 

P. 259 (talier). — L'hypothèse d'une contamination par tâl est inutile : 
*darier est devenu *dalier par dissimilation ; puis le d a été pris pour une 
mutation douce, et en conséquence le mot est devenu féminin. 

P. 268, n. 6. — Au fait je ne sais si kabel-dousek signifie étymologique- 
ment « chapeau venimeux » ou « chapeau à crapaud ». Dans mon pays 
(Colmar, Alsace), la ciguë s'appelle kràtepétrle « persil à crapaud ». 



CHALOH-8UR-8AÔMB, IMPRIMERIE PRANÇAI8B ET ORIENTALE DE B. BERTRAND 



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