(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Considérations sur les céréales, et principalement sur les froments"


fc 



■ 






■ 









[a®^)^^ 



m 



'%&$ 



m M% 



^^ 






N\ 



' i 



r C/ 



® 

@ 



M 



[OS 



[«>S 



't^g- 



^=>\« 



CONSIDERATION S 



5^ 



^ 



SUR 



*S£^, 



LES 



ET PRINCIPA.LEMENT 



SUR 



FROMENTS ; 



W^ 



PAR 



m 



»B* 



f($y& 



3* 



M. LOISELEUR-DESLONGCHAMPS , 

chevalier de la Legion cThonneur, docteur-medecin, membre cle TAcademie royale de medecine 

de la Societe royale et centrale d'agriculture, vice-president honoraire 

de la Societe royale dliorticulture<le Paris, etc., etc. 



i<&. 






3k 






Les semences les plus utiles a l'homme 
sontleble,lefromeutetlegrainadoreum. 

Columelle> liv. n, c. 6. 

De petites experiences suivies d'un 
heureux succes sont une puissante 
amorce pour se livrer a de plus graudes. 

Lullin de Ckdteauvieux . 



[fi>? 



4Atr& 



s 



PARIS 



MADAME 



> ' 



7, RUE DELEPERON. 



©^ 



1842 



1843. 



5®, 



**/| 



/ 



■©-<& 



f® 



^\ 



wS 



^ ^ 



^aoj 



d*. 



L<S9- 



|lO.;|S.\a 



'1 



s^) 



p^cs 



** 



w 



ll^®w 



% 



fl 



#&& 



' 



#&^ 



L f*J 



iisffii^v* 



&fi\<& 



LG5/I 



& 



s 



■^^ 



•&&'i/e 



& 



&w 



■^^> 



4Wfl 



cU 



4?4*>) 



&<8) 






&S^£$ 



ra 



a® 






4@y 



StA 









o, 



lr©S3i 








































1 












f 



CONSIDERATIONS 









SB 





J 





v 














? 



ET PRINCIPALEMENT 



I 









SLTx LES FROMENTS 



■ 






t 






i 







Extrait cles Mcmoires de la Societa royale et cenirale 

d' agriculture. — Armee 184 1 • 



/ 









\ 






"W<, 






IMl'RIMERIE DE M"*« V* BOUCHARD-HUZARD, 

rue de 1'Kperon, 7. 






/ 















\ 










'"9 





m 




SUR 






LES 






CEREAL 










ET PRINCIPALEJIENT 




SUR 



LES 



FROMENTS 






(P ARTIE HISTORIQUe); 



Lues a la Societe royale el centrale d' agriculture 



PA.I 






M. LOISELEUR-DESLONGCHAMPS , 

chtralier de la Legion cVhonneur, doctenr-meclccin, membre del 1 Academic royale c 

de la Jrociete royale ct centrale d'agriculture , vice-president lionorair 



roy 
de la Societe royale d' horticulture Je Paris, etc, etc 



- 

de medecine, 
e 






Les semences les plus utiles a rbomme 
sont le bW, le froment et le grain adorcum. 

Columelle, liv. n, c. 6. 






v. 






PARIS, 

UBRAIRIE DE MADAME V 8 BOUCHARD-HUZARD , 

T, RUB DB L'EPERON. 



1842. 













- «; 



y 











} 






























wry Soane./see 



\ 



Library 

.. ... 



ll from 



--*, ,. ., - 



t:*#*\-l ,-»*, 









f . ■ 









^.DERATIONS 







■ 



CHAPITRE I« 



Motifs de ce travail 



Ap 



consacre a la 



que, pen 



de ma vie, tons les loisirs qu 
ique de ia medecine, je me sui 



\ 



quelques annees, a d 



periences et a des ob 



1 



plus parhculierement {'agriculture, dont ie ne m'e 



» 



guereoccupe, jusq 



fi 



q 



i 



de 



Dans les premiers jours du mois de septem 
ore 1 835, etant a la campagne et me 



plus mauv 



partie d 



promenant 
reer ou la 



bechee qu'une fo 



i 



\ 






SUR 






CEIiEALES 









ET PRINCIPALEMENT 






SUR LES FROMENTS, 









PAK M. LOISELEUR-DESLONGCHAMPS. 




■ ^ 




"> rji 



IE 




UE. 





„ 




p^^^ V ■ 



« 



m 












i 









' 



/ 












chaque 



(a 

des 



bres seulem 



P 




de 5 



6 



pouces de profondeur ( i4 
16 centimetres), je trouvai six pieds de fromei 
dont les graines, repandues probablement par 1 



oiseaux , avaient 



qui 



en 



friche 



ement dans la partie 
euf a dix ans. Nean- 






moins,ces six pieds de froment etaient a p 
pres de la meme hauteur que les pi 



du 



g 



d 



s terrains cul- 



pis 



differaient p 



pi 



Ce qui 



prit da van t 





st que < 
es et p 



1 



ceiui 



q 



ments portaient to'us plusieurs ti 
epis; le plus rameux en avait quinze 
venait ensuite treize, et les quatre autres, en alk 
en diminuant, n'en portaient pasmoins de dou 
de onze, de neuf et de quatre. 

Les oiseaux avaient mange le grain de tous 



pis, excepte 



i de deux, dans lesq 
gt-trois grains dans l'u 



deux dans 1'autre. II ne me fut done pas possible 



pter exaetement ce q 



e chacun de ces 



aucune culture avait 

ueur des 




s 



de con 

pieds de froment 

rapporte de grains; mais, d'ap 

epis, je pus supposer que chacun d'eux n'en avait 

pas donne moins de vingt-cinq a quarante : en les 

reduisant tous Tun dans Tautre a trente grains, ce 

qui n'est pas une exageration^ je trouve, dans ce 

cas, que le pied le plus fort aurait produit quatre 



nquante grains, 
donne cent vine 



et que 



le 




faibl 



en 



/ 
































(5 

Le merne jour, je renconlrai, egalement clans uu 



tou.ffe d 



presti uu gros p 



g 



si que les from en ts donl je viens de parlei 

ffe de seigle etait encore plus surprenante q 



r e 



d 



J 



lie portait 



q 



q 



epis , 
af au- 



fois pi 



par des chaumes une a d 



leu 



rs grains 



>P 
pi 



d 



secheresse constante qui avait re^ne pendant les 



mois 



Le 



P 



fort b 



gle q 



Si r 



•> \ 



fi 



on m oojecte q 



q 



rend 



u ces 



TSoles 



qu ay 



ies uns des autres, ils avaient en la facilite 



d'etendre leu 
liberteetd 



rs racines, d'elever leurs tiges en 



flu en ces fa 



de l'almosphere, je conviendrai voloutiers 



q 



u'il 



P 



t c 



lans lequel les 



pieds de mes six froments et celui demon seig 

places ait contribue a les faire poi; 



d 



b 



f et a les faire produire dans 
considerable qu'il n'est d'or- 



dant je crois devoir faire obse 



que mes sept pieds de ft 



» 



grande partie, prives des avanta^es d 



isolement en etant pi 


















« 






.. . 














i 4 j 






friche, clans lequel ils avaient ete plus resserres,par 
les herbes sail vages qui les environnaient, que ne 
le sont communement ies racines des bles dans les 
champs cultives. Ils avaient done, au contraire, ete 
places dans des cireonstances assez defavorables, 
ce qui, cependant, ne les.avait pas empeches de 
developper line fertilite pen commune. Mais, s'il 
faut trouver line cause a e'ette fertilite, je crois 



g 



ces 



froments et ce seigle etaient provenus, avaient 



probablement ete repandus p 



q 



moisson preced 



et s'etaient 



^ouves semes un ou deux mois plus lot qu'on 

ne fait ordinairement les semis de seigle et de ble. 

Je ferai voir, plus tard, quelle heureuse influence 

les semis faits a la fin et meme au milieu de Pete 



peuvent avoir sui 



bsequente 



J'avais ete etonne de ce que du iroment et di 
seigle venus sans aucune culture et dans un mau 

<3 \ 



vais terrain , en friche 



P 



annees, 



eussent pu 

bles, tandis que jt 



donner des produils aussi considera- 



P 



mon fermier que 



dans le canton ou ma propriete est situee, les meil- 



1 



p 



huit p 



q 



pieds de fromen 



ffe de seigle ne produisaient mem 



que 



cinq a six pour un. Je me 



( 



dai comment 



e'tait r 



30 



ble qu'il y eut one si grande differe 



aband 


















W 







1 


























3 ) 



a la nature , et quo 1'avantage fut non-seulement 



tout 



L 



en faveur des derniers, mais que ce f 
dans une proportion si extraordinaire. 
i premiere chose que je me dis, c'es 



qu 



devait y avoir de grands defauts dans le mode 



q 



ordinaire de culture lei 
probablement surtout ds 
puisqu'ii y avait une si grand 

produits incultes et les prodii 
diffe 



le 



q 



d 



que 



rence etait tout en faveur des premiers. 
Acesujetje merappelai Japarabolede I'Evangile, 
selon laquelle une partie du grain seme est devoree 
par les oiseaux, une autre tombe enrre les nierr^ 



1 ' 

ouil n y a pas assez de terre pour qu'elie puisse y 
croitre, et elle est bruiee par le soleil; une troi- 
sieme partie tombe parmi les epines, et ceiies-ci 
venant as'elever, la semence est etouffee; uneder- 

rtie enfin tombe dans la bonne terre. 



mere 



P 



porte fr 



? 



q 



un, dautres soixante et d'autres trentc. 

Cette parabole est l'image fidele de ce qui se 



passe 



des grains q 



b 



P 



P 



ion seme sout perdus par une cause 
litre; cest tout au plus s'il y en a une 
moitie qui vienne a bien, et voiia pourquoi on re- 
colte si pen, proportionnellement a la quantite de 
semence confiee a la terre. 

Les Ghinoissont plus avarices que nous sous ce 
rapport , on peut au moins le presumer d'apres ce 
qui est dit a ce sujet dans le Voyage en Chine, par 




a 















. 1 






























(6) 



Macartney, q 



fut envoye en ambassad 



793 el 1794* D'apres un passage de ce voyag 



\ 



il parait que le procede le plus usite en Chine p( 
semer le ble consisted le repandre dans des tr< 
faits a la houe et reconverts de meme, a peu p 
comrae on plante, ici 7 les haricots dans beaucc 
de localites. On ne seme que tres-accidentellem 



le ble a 

Chinois 
perdre 



cette contree, parce que les 



une 




que que c 
quantite d 



fa 



b 



des oersonnes de 1'amb 




rain en 



calcule que ce que Ton epargnait de 

Chine, en le semant dans des trous, suffirait pour 
nourrir pendant un an tons les sujets du royaume 
de la Grande-Breta^ne en Europe. Cora me je le 



dirai, & ailleurs, dans une autre partie de ce me- 
moire, les Chinois font usage du semoir, instru- 
ment avec lequel on economise aussi beaucoup la 

semence. 

Quoiqu'il en soit, je crois qu'on peut regarder 
comrae suffisamment demontre,soit d'apres ce que 
j'ai dit, soit d'apres le fait bien connu de la modi- 
cite de 1103 recoltes, qu'il y a une perte conside- 
rable de la semence dans la maniere dont el!e est 



0k 

repandue par les moyens generalement usite 



c 



Je reviendrai sur ce stijet dans la suite de mon 
travail ; qu'il me suffise seulement de dire ici que 
ce furent les faits dont je viens de parler plus haut, 

l'observation au mois de septem- 



et dont je fis 







































- 

(7 

bre 1 833, qui m'ont engage a faire des essais de 

culture de cereales et principalement des froments. 

Des cet instant, je cherchai a rassembler de dif- 



y 



ferents cotes toutes les 



especes ou varietes de ble 



que je pus me procurer; j'en ai recti successive- 
ment d'un grand nombre de personnes (i)_, et je 



(1) Mes premiers bles m'ont ete donnes par M. Yilmorin, 
mon collegue a la Societe royale et centrale d'agriculture. 
Ensuite M. Robert, directeur du jardin de la marine a Tou- 
lon , m'a envoye ceux de la Provence et du commerce de ce 
pays. J'ai recu , en i835 , de M. Desvaux , alors professeur 
de botanique a Angers , la nombreuse collection qu'il culti- 
vait. Je dois a M. Dalbret , chef des cultures au museum 
d'histoire naturelle , une partie des varietes qu'il cultive dans 
l'ecole des cereales de cet etablissement. MM. Philippar et 
-Bourgeois, devenus recemment mes collegues a la Societe cen- 
trale, m'en ont aussi donne, etle premier, surtout , m'a gene- 
reusement communique au moins le tiers de sa collection , 
qui se compose de plus de trois cents especes ou varietes. J'ai 



r 



dont le premier est directeur du jardin botanique d' Avignon, 
et le second est au meme titre pour la pepiniere departe- 
mentale de Vaucluse. Je ne dois pas oublier de rappeler les 
noms de M. le comte de Montbron , correspondant de la So- 
ciete dans le departement de la Vienne , dont j'ai recu plu- 
sieurs bles du Poitou ; de M. Oscar Leclerc , membre de la 
aociete centrale et professeur d'agriculture au Conservatoire 
des arts et metiers , qui m'a donne un certain nombre de 
foments del'Anjou et de la Bretagne ; de M. Louis Noisette, 
1'un des horticulteurs les plus distingues de Paris , qui pos- 

sede unegrande quantite de cereales et qui m'en a donne plu- 












V 




4 i 










. 




r 







* 
■ 

les prie de vouloir bien agreer ici le temoignage 
de ma reconnaissance pour leurs bienveiliantes 
communications, qui m'ont mis a meme de pou- 
voir reunir une collection de deux cent cinquante 
atrois cents varietes de froment, sans compter les 

■ 

seigles , Jes orges, les avoines et les mais. 












CHAPITRE II. 



Indication des caracteres quon peat employer 

pour classer les froments. 



II e'tait dans mes intentions d'entreprendre une 
nouvelle classification des cereales, dont beaucoup 

d'especes et surtout de varietes ne sont pas encore 






















' 



M 



he- 



torique a Grasse , qui m'a envoye les bles qui se trouvent aux 
environs de cette ville, II me faut encore citer M. Tripe t- 
Leblanc , dans le jardin duquel j'ai fait , pendant cinq an- 
riees consecutives , les semis de ma collection , et qui m'a 
benevolement seconde dans ce travail. Enfin je dois des re- 
merciments particuliers a M. Bossin , horticulteur et mar- 
ch and grainier , qui , outre qu'il m'a communique toutes les 
varietes que lui fournit son commerce , a bien voulu, lors- 
qu une cruelle maladie me retenait , Tan dernier , cliez moi , 
me remplacer pour faire faire les semis que je me proposals 
de pratiquer a la mi-septembre. 






V 






jnL.. 














(9) 



decrites, on ne le sont 



c 



f; 



synonymie desqnelles il regne une grand 



f 



I 



(lenuis 



j'ai sn que deux habiles b 



P 



que 



prem 



M 



du iard 



des plantes de la ville de Lyon, 
blier la premiere livraison d'un grand 



q 



\e 



pu 



leq 



u 



a h 

fess 



M. Philipp 






ova 



m 



d 



dernier, apres huit annees de recherches et d 
ns laborieux, est parvenu a rassembler la phi 
mbreuse collection de cereales que je connaisse 



J 



blier le catalogue, d 



b 



les especes et les varietes sont distrib 



q 



dans le 



quel 

methodiqui 

numero de 
rojale d J h 

trouve une liste des nombreuses cereales culti 



in 1 841 des jdnnales de la Societe 



de Paris, page 35 



on 



vees par M. Vilmorin et disposees d'apres un 
ordre particulier dont cet agronome distingue est 



Fauteur. 

Ayant renonce, pour les motifs que je viens de 






fication d 



q 



maintenant les principales differences que presen- 
tent les froments dans leur vegetation ; differences 
que je me proposais d'employer pour parvenir a. 


















\ 





































i 















I 










! 















10) 

fication reguliere, et qui peuvent 



determination des especes 



chaumes d 



roment, q 
!tw etat de 



siccite, sont toujours, 



peu avant l'epoque de leur maturite, presque d 



tes ou verticales, 



raent pi 



par la pesanteur des epis, lorsque la maturite 



cl 



commencem 



de 



getation , ces tiges se presentent sous 
fferents. Je ne sais si ie me troraoe. m 



pas que 






offrir 



les dissemblances que peuven 
pport les di verses especes ou va- 
rietes aient encore ete observees. Les tiges des fro- 

ments, des que leurs pieds commencent a se rami 
fier, ou a taller, comme on dit dans les campa 
gnes, sont i° plus ou moins eouchees a la surfac* 
de la terre; 2 elles sont seulement inclinees. for 



mant, avec le sol, un angle de 



45 d 



3 



o 



fin elles sont presque verticales. 

i observe ces trois differentes manieres d 



sur plus de quatre-vingts varietes, et elles m'ont 
paru constantes. Je crois ces caracteres bons a faire 
connaitre pour certaines applications econoraiques 
qu'on en pourrait faire. Si Ton voulait, par exem- 
ple, ainsi que je Ie conseillerai ailieurs, seraer des 
le moisdeseptembre, ou meme plus lot encore, des 
bles pour les couper en vert et en faire du fourrage 



tomne 



d 



Ie courant de Fhiver ou au 



commencement du printemps, il faudrait toujours 
semer des varietes a tiges droites et afeuilleslarges 


















I 












■ 



II 



de preference a celles qui ont les tiges couchees et 
les feuilles etroites, car on observe aussi de ces 

- 

deux sortes de feuilles dans les jeunes froments. 
La hauteur des pailles ou chauraes ne peut pas, 
je crois, seryir de caractere differentiel entre les 
varietes; elle depend du plus ou du moins de fer- 
tiiite du sol, de ce que la saison a ete humide ou 
seche. et encore de Fepoque plus ou moins an- 



cienne ou r 
faits. 



arde 



laq 



les semis ont ete 



En general, les epis 



pesants 



pi 



ab 



g 






sont p 



P 



ar 



des 



P 



que ceux dont le grain est petit, leger 



peu nomb 



d'une sorte de moelle 



dans certaines varietes ; el!es sont creuses ou fistu 



dans le pi 




d nomb 



P 



i 



doit pas etre indifferent sous le rapport 



P 



pi 



par 



de la m 



doivent etre plussavoureuses, plus recherchees des 
bestiaux et plus nourrissantes. 

Je passe a d'autres considerations; je vais parler 
des formes exterieures des epis qui m'ont paru un 
des caracteres les plus importants a employer pour 
la classification et la determination des especes et 



r . > 



des varietes. 



i° Les epis sont barbus ou prives de barbes. 
2° lis affectent une forme quadrangulaire , ou 
ils paraissent comme s'ils elaient plus ou moins 



s 









I 























































^^F *» 





































12 



cornprimes; tres-rarement ils sont cylindriques. 
5° Les epillets, on petit s epis secondares, dont 

chaque epi est compose, sont plus on moms nom- 
breux, ce qui donne lieu a des epis courts et ser- 

■ 

res, ou a cles epis laches ou allonges. 




Les epillets sent serres e 



n 



d 



a disting 



pen vent 



et alors fa 
chacun d< 



qui modifi 



singulierement !eur aspect. 



5° te 



ffi 



t - r 



varietes ne sont pas tontes 



galement fecondes ; dans les unes, les ep 



d 



tres 
ioo 



fe 



6 



8o et 



qu 



?> 




°i 



quefois merae pies de 200, ainsi 



que cela arrive dans le from en t dit bl 



Ce 



c 



l'ailleurs 



P 



beaucoup dependre du plus ou nioins de fertility 
du sol. 

6° Quant a la conleur, les epis, lors de Jeur raa- 
turite, peuvent etre blanchatres, jaunatres, fauves, 
roussatres, grisatres, violatres et en fin bruns ou 
noiratres. Lesbarbes, le plussouvent de la meme 
nuance que le corps de l'epi, sont parfois d'une 
teinte beaucoup plus foncee; mais les nuances de 
l'epi et ceiles des barbes n'ont aucune influence 
sur la grosseur, la quantite, la consistance et la 
couleur des grains. 

7 Les epis presentent encore d'autres differences 
qui sont aussi sans influence pour leur produit : 














i5 ) 






■), qo 



peuvent etre glabres, pube 



pi 




< 

obtuses ou le pi 



a pi i 
et le 



qui 



y est. renferme sen echappe avec plus ou moins de 
facilite, ou il y est si etroitement resserre, qu'on 

raire qu'avec beaucoup de diffi- 



P 



presence ou Tab 



ractere est d 



niport 



etabi 



n* 



maniere tra nch.ee 



peces 



Les grains eux-memes, quoique moins varia- 
bles dans ieur forme que les epis , pr^sentent ce 
pendant des differences assez marquees pour qu 

* 

puisse , par 



ieur examen attentif , trouver les 



l 



/ 



oyens de reconnaitre telle variete de telle autre, 
l les personnes tres-exercees a ce genre d'examen 
y trompent peu. Ainsi les grains de certaines va- 
ietes sont constamment plus gros et plus pesants, 
andis que ceux des autres sont toujours plus petits 
t nlim leaers. Il n'est pas rare, par exemple, de 



trouver cent pour 
cent de differenc 



entre le poids des 




pour 
is de 



deux varietes; c'est-a-dire que 



des pi 
belles pesent autant que 200 grains d'nne faible 
ou roeme que 5oo grains des plus legeres. 
variation dans la pesanteur specifique des grains 



Cette 



r 



fferenles varietes de froment 



fl 



snr 



le produit d 
;e appreciee c 



et 












1 



> 


















. 










































I/. 



I 



rait dii l'etre; eile merite, par consequent, d'etre 
examinee avec la plus grande attention pour en 
faire ressortir les consequences economiques qui 
doivent en decouler et qui sont d'une grande im- 
portance. 



d'un jaune p 



plus fo 



presq 



face on plus ou moins rid 
:quelles il appartient, le gra 
elobuleux; tres-souvent il < 






peu de chose pres, ovoid 



sente sous une forme ailongee et 
drique. La base de chaque grain est to 
quee d'une sorte de cicatrice dans le p 



ement il se pre- 
presque cylin- 



grain adh 



qui le portait 



sommet 




- 

de houppe de poils tres-courts, ou ce sommet 
moins velu. Quant aux deux faces du 
rieur du cote de l'ombilic est convexe, tandis que 
celui de la face opposee est sensiblement deprime 
et creuse longitudinalement dans son milieu par 

une espece de sillon. 

La consistance de la partie interieure du grain, 

ou dela substance amylacee, est tendre, ou dure et 
presque cornee. Dans le premier cas, cette sub- 
stance parait, a la cassure, etre d'un blauc plus 
ou moins pur; dans le second, elle serable d'une 
couleur grisatre et etre semi-transparente. 



/ 






















IMHH^^H 












. 



I 



5 



CHAPITRE III 



Importance et valeur des ceriales en France 



- 

Apres avoir expose du mieux quil m'a etc pos- 
sible tons les caracteres que j'ai observes dans les 



^ 



diverses varietes de froraent qu'il m'a ete donne 

de voir, et a l'aide desquels on pent arriver a les 



distineuer les unes des autres; renoncant d'ailleurs 




a en 



d 



fi 



et la nomen 



bornerai a presenter q 



derations sur limportanee d 



i 



que 



patrie du froment, e 
culture a eue sur les 



P 1 



ai Finfluence que 
s; je refuterai dive 
pretendues transfo 



mations que le bie aurait subies; je pari 



peces 



ce 



qui out ete connues d 



de celles admises p 



fi 



je terminerai p 



fa 



voir 



q 



ue 



froment 



que nous cultivons n'a pas change depuis les temps 

les plus recules. 

Les plus grands interets que puisse avoir la 
France sont ceux de l'agriculture (i), car cet art 



(i) Pour montrer la preeminence de l'agricuiture sur tous 
les autres arts , je ne crois pas pouvoir mieux faire que de 
rannnvtpv \r\ nnp nartip. dn discours de M. le baron de Mor- 

































* 













^ 



( '6 

est la source ioepuisable de tomes ies richesses. 

En effet, ragriculture seule fcttrnif tons les raaie- 






















f; 















temart-Boisse , representant de la Societe royale et centrale 
d'agriculture de Fiance , pres du troisieme congres scienti- 
fique italien tenu a Florence au mois de septembre 1841. 



Messieurs ? 



« L'agriculture devait naturellement trouver une noble 
place dans cette grande solennite , car elle est la base la plus 
certaine de la prosperite des Etats , comme elle est la meil- 
leure garantie de la paix et du bien-etre des populations. 
Sans elle point d'aisance pour lespeuples , point d'industrie, 
point de commerce ; sans elle point de rapports sociaux ou 
mercantiles d'homme a homme , de peuple a peuple ; sans 
elle point de civilisation ! 

« L'agriculture a ream en societe les families , jusque-la 
eparses et isolees , et elle a donne naissance a la legislation 
des divers peuples cle la terre , qui tous commencerent par 



etre agriculteurs. — C'est un lien social de tous les travail- 



leurs contre les envahissements de la presse , de l'ignorance 
et de la brutalite , compagnes inseparables de la force de- 
pourvue de l'equite etde la raison. 

u L'agriculture est une intelligence qui emane de Dieu , 
source de tout bien ; c'est un culte perpetuel que l'homme 
doit rendre au Createur pour avoir recu de lui la puissance 
de perfectionner son oeuvre , et ce n'est certainement pas a 
nous , messieurs , que pourrait s'appliquer ce que Tacite dit 
de l'ingratitude pour les grands bienfaits ! 

Pro gratia rependitur odium ! 

« Honneur done , messieurs , honneur a l'agriculture ; la 




















































\ 



( '7 



riaux de l'industrie , et par suite ce sont les pro- 
duits de cette derniere qui donnent la vie au com 
merce. Mais en agriculture la production des ce 



doit passer avant tout, puisque da 



de 



economie sociale, 



de 



production que depend la plus grande partie de la 
subsistance des peuples. 

D'apres le rapport (i) presente au roi, le 3o mai 



reconnaissance des hommes lui est acquise , car ils ne doivent 
jamais oublier que sans elle ils vivraient encore dans les fo- 
rets , disputant leur apre nourriture aux animaux qui parta* 
geaient leur vie nomade et sauvage. 

- 

(i) Quantite etvaleur de la produclion annuelle des terres 

en France. 

Aucune question d'agronomie et d'economie politique et 
sociale ne peut egaler l'importance de celle qui est posee et 
resolue ici. II s'agit de la subsistance de la population ? du bien- 
etre et de la richesse du pays. 

Les termes que nous allons etablir expriment la produc- 
tion d'une annee commune. Ils s'elevent dans les annees 
abondantes , ils se restreignent dans les mauvaises annees ; 
mais il est essentiel de dire qu'il s'en faut alors de beaucoup 
que la diminution des produits soit aussi grande qu'on le 
suppose ordinairement , et qu'il y ait aucune verite dans les 
expressions d'une demi-recolte , d'un tiers de recolte , dont 
on se sert assez communement. Ce sont des exagerations qui 
out tout au plus quelque fondement a Tegard d'une localite, 
d'une commune , d'un canton , et qu'aucun exemple ne jus- 
tifie en ce qui concerne une region , un pays etendu. 

La masse entiere des cereales produites^annee moyenne , 
dans les quarante-trois departements de la France orientale, 






2 



• • 



l 















■ 

* 








$ 




1 



i8 

8/ f o, par M. le ministre de raericulture et du com- 



merce, la culture immediate des terres et les pro 






/ 












forme 84 millions et demi d'hectolitres , que le prelevement 
des semen ces reduit a 70 millions* La region septentrionale 
fournit les deux tiers de cette vaste production , celle du Midi 
produit Fautre tiers. 

Les cereales appropriees plus particulierement a la nour- 
riture de rhomme 2 savoir : le fi oment , Fepeautre , le me- 
teil et le seigle , rapportent 52 millions d'hectolitres , et les 
autres , Forge, Favoine et le mais , environ 3 1 millions. 

Les 70 millions d'hectolitres disponibles donnent a cbaque 
habitant quatre hectolitres et demi pour sa nourriture et 
celle de ses animaux domestiques. Les especes destinees spe- 
cialement a sa subsistance lui fournissent beaucoup au dela 
de deux hectolitres et demi , dont le froment forme les deux 
tiers, et le meteil et le seigle le surplus. Dans les annees 



s 



abondantes , cette subsistance n'excede pas une valeur d 
786 millions de francs ; dans les temps moins favorables , elle 
en vaut 1,200. C'est , pour la depense de chaque individu, 
une difference de 5o a 7 5 fi\ 

Les cereales , qui constituaient autrefois toute la subsis- 
tance de la population , deviennent progressivement d'une 
necessite moins absolue , depuis qu'elles ont pour auxiliaires 

la culture de la pomme de terre et des legumes sees et les 
produits des jardins. Les soins donnes a ces productions 
fournissent maintenant , chaque annee , une masse de sub- 
sistances vraiment prodigieuse. On recolte dans la France 
orientale 55 millions d'hectolitres de pommes de terre , ou 
trois et demi par habitant. La culture en grand des legumes 
sees en fournit 2 millions d'hectolitres ; et la valeur brute 
des produits des jardins s'eleve a pres de 72 millions de 

francs. 
















- * 




*■ 





















. ( >9 ) 

duits tie toute nature qui en sont le resullat don- 
nent annuellement , dans quarante-trois departe- 
ments a Test du meridien de Paris, formant a peu 
pres la moitie du territoire de la France, un revenu 
brut de i milliard 696 millions de francs, dans 
lesquels les cereales seules sont comptees pour 
g5o millions, ce qui forme presque les trois cin- 



- 



Dans cetle moitie du royaume , la vigne , qui occupe pres- 

■ 

que 900,000 hectares, rapporte au dela de 20 millions d'hec- 
tolitres de vin estimes a 23 1 millions et demi , et a plus de 
263, en y comprenant les eaux-de-vie. Dans le Nord, l'hec- 
tolitre de vin vaut 29 fr. , et 18 seulement dans le Midi. II 
est fabrique annuellement 3,36o,ooo hectolitres de biere et 

46i ,000 de cidre de toute sorte. Leur vateur reunie n'excede 

pas 52 millions. 

La betterave occupe moins de 37,000 hectares , qui rap- 
portent environ 12 millions d'hectolitres , estimes 20 millions 
de fi 



N 



ancs. 



Le colza couvre au moins 1 16,000 hectares , qui donnent 
i,5oo,ooo hectolitres de graine. Le revenu brut de l'hectare 
nionte a pres de 3oo francs , et la valeur totale de la recolte 
a 35 millions de francs. 

Les plantes textiles couvrent plus de 100,000 hectares. Le 

■ 

lin donne 12 millions de kilogrammes de filasse , et le chanvre 
33 millions et demi ; ensemble , avec leur graine , ils donnent 
Une recolte estimee a 64 millions et demi. 

Les muriers , dont la culture a recu une extension trop 

■ 

i^cente pour etre correctement appreciee, donnent un reve- 
nu brut par hectare qui depasse 
des valeurs dont ils sont la premiere source n'est pas au- 



1,000 



dess 



4 



Estimee d'apres les bas prix d'une annee moyenne d'abon- 
































f 















2 



°) 



quiemes cm produit total, ur, la trance eiant 
posee de quatre-vingt-six departements, il s'e 

que nous ne possedons encore que la moitie 
statistique de toute l'etendue de son territoire; 



peut supp 



J e 



d 



de 



se 



tromper beaucoup, que les valeurs du produit total 
des cereales peuvent etre comptees pour 1900 mil- 
lions de francs; mais le rapport au roi, dont j'em- 

sment que cette 
igmente'e de 3 a 



prunte 



ffres 



derniere valeur pourra 



positi\ 
etre a 



mi 



la seule partie orientale de 



France, pour la plus-value des 



dan 



;s ou les prix des grains sont moins bas que 
qui existaient lorsqu'on a reuni les materiaux 



de 



En effet, cette estimation des cereales a une va- 
leur de o,5o millions pour la moitie de la France 






dance , la production s'eleve , d'apres les evaluations les 

plus detaillees , aux sommes ci-dessous enumerees : 

Cereales. ....... 950,000,000 

Vignes. 264,000,000 

* 

Biere et cidre. .... 52, 000,000 

Cultures diverses. . . . /p ? 000 ? 000 

— ■■i ■■ .il 1 1 ■« 

Total. . . . 1,696,000,000 
Mais , lors des hauts prix , les cereales atteignent une va~ 
|eur plus grande de moitie en sus , et la production totale 
excfede de beaucoup deux milliards de francs. 

Rapport au roi par M. le ministre de V agriculture et du 

commerce , pag. i5 et 16 de l'edition in-8°. 

/ 













' 



















21 



n'est faite que d'apres le has prix de la valeur de 
Fhectolitre de froment, celui-ci etant, dans une 



8 fran 



• / 



e moyenne d'abondance, a 17 ou : 
, par le fait d'uue mauvaise recolte (1), la va- 
des cereales pent s'elever d'un quart, demoi- 

doublee et meme aller encore 



tie en sus , etre 



beaucoup au dela (2). D'apres cette derniere con 
sideration et, selon le rapport meme de M. le mi 



de Tag 



la valeur assez or 



dinaire des cereales pourrait, annee commune, etre 
portee, pour toute la France, a 2 milliards 2 a 3oo 

millions. 

i 

J'ai done eu raison dedire que cette branchede 
notre agriculture est la plus importante et celle 
qui presente le plus d'interet. 



■ 




(1) II result e d' observations faitespardes agronomes que, 
sur dix annees , il y en a une extremement abondante ; que 
deux sont bonnes , quatre mediocres , deux mauvaises et une 
detestable. Histoire de V administration en France , parCl.-A. 

Costaz , tome i , p. 220. 

(2) En juin 1817, par suite de la tres-mauvaise recolte de 
1816 , le prix moyen de Fhectolitre de froment , calcule pour 



45 



dans les deux departe- 



ments formanl Tancienne Alsace j ils'elevajusqu'a lasomme 
enorme de 81 fr. 69 c. Voyez les Archives statistiquesdu mi- 
nistere des travaux publics , de I 9 agriculture et du commerce, 

1837, 













« 
































i! il 




































I 














( 22 



CHAPITRE IV. 






Patrie du froment. 



life froment est indubitablement line plante na- 
turelle a Fancien continent;mais comme, dans Fetat 
actnel des choses, nous en connaissons plusieurs 
especes distinctes , dont la plupart n'ont pas encore 
el6 retrouvees a Fetat sauvage dans aucune des 

parties de Fancien monde qui ont ete visitees par 

les voyageurs, il est reste, parrai les naturalistes , 
une grande incertitude sur !e pays on les pays qui 
leur ont donne naissance. 

- 

M. Dureau de la Malle, dans les lahorieuses et 
savantes recherches qu'il a faites sur Fhisloire an- 
cienne, Forigine et la patrie des cereales (i), apres 
avoir examine et pese les opinions d'un grand 
nombre d'auteurs a ce sujet, a cru pouvoir en eon- 

clure , 

i° Que les environs de la vi!le de Nysa, la merae 
que Scythopolis ou Bethsane, situee dans la vallee 
du Jourdain* etaient la patrie de Forge et du ble; 

2° Que Fidentite du ble el de Forge cu hives en 



N, 



■ 

( i ) A/males des sciences naturelles. Septembre 1 826, vol. g. 
p. 61 ; Bulletin des -sciences naturelles , vol. 9, p. 3a 1; et 
Economie politique des Ro mains ? torn. 2, p. 93 a 1 18. 



























\ 






\ 















































23 ) 

Egypte et en Palestine avec nos cereales etait 
certaine. 



Quant a ce dernier point, cela ne pent faire 
n doute; mais, pour ce qui est du 






premi 



j e 



pense que M. Bureau de la Malle a beaucoup trop 
restreint les iieux ou le froment et l'orge peuvent 
avoir primitivement pris naissance, et je suis porte 



que 



; 



mem 



side'rant abstractivement que comnie deux simples 
especes, doivent avoir crunaturellement dans plu- 
sieurs contrees a la fois. C'est ce que je vais cher- 
cher a prouver pour le froment. 

D'abord, selon Heintzelmann , cite par Li one* (i), 
le froment d'ete, triticum cestivum, croit spontane- 
ment dans les campagnes incultes des Baschirs; 
secondement, le botaniste Michaux pere(.2), dans 



oyage qu'il a fait en Perse, de 178 



78 






pea ut i 



d 



lieu natal, sur une 



montagne., a quatre journees an nord d'Hamadan. 



Quelques annees apres ce voyageur, Olivier (5) a 
retrouve plusieurs fois le froment, l'orge et l'e- 






(1) Species Plantar um. Ed. 2, p. 126, 

(2) Lamarck , Encyclopedic par ordre de malieres , partie 
botanique , torn. 2, p. 56o. 

t 

(3) Le 16 juin 1797 (a une trentaine de milles d'Anah , 
dans la vallee de 1'Euphrate), nous trouvames pies du camp, 
dans une sorte de ravin, le froment, Forge et Fepeautre que 
nous avions deja vus plusieurs fois en Mesopotamie. Voyage 
dans t' empire- ottoman, etc., torn. 3, p. 4^0. 






* 
























L 






/ 






























































I 









I 



■ 



n 






I 






fc 



2 



4) 



peautre clans les terrains incultes cle la meme con- 
tree et de la Mesopotamie. 

Si jusqu'a present ces deux ou trois especes ont 

ete les seules qui aient ete trouvees sauvages, c'est 
que les pays ou les autres peuvent croitre sponta- 
nement sont encore bien loin d'avoir ete visites 

* 

pour s'assurer que 



comme ils dev 



l'etre 



quelque autre espece de ble n'y croit pas sponta 



Qu'est-ce que deux, trois ou q 
faites, pour ainsi dire, en cour 



da 






de 
pit 



qui , p 



demand 



etre parcourues p 



cinquante voyageurs a la fois, et pendant plusieur 
annees. Lorsque Lamarck a fait sa Florefrancaise 
il y a un peu plus de soixante ans , un grand nom 
bre de botanistes avaient deja visite presque toute: 



provinces de France et y avaient herb 



cependant, dep 



P 



* % 



flo 



d 



l'illustre auteur, on a trouve,, rien que parmi les 
phanerogam es, a peu pres les seules que Lamarck 



pres de lamoitie autant d'especes qu 



y 



< 



( 



raoitie des p 



q 






naturellement en France avait ete inconnue a 
Lamarck* Pour montrery d'ailleurs^ combien il bst 
lifficile de connaitre con 



P 



toutes les 



plantes d'un pays, je 



dirai que dans des espaces 
tres-circooscrits, les environs de Paris et deMont- 
pellier, par exemple, qui, depuis plus de deux 
cents ans , ont ete explores avec un soin minutieux 























I 
































par les plus habileS professeurs et par leurs nom 

breux eleves. on trouve encore, de temps en temps, 

9 

especes qui, jusque-la, ont echappe a 1'oeil 
des botanistes qui etaient venus les premiers. 

Nous venon's de voir, un peu plus ha tit, que deux 
voyageur's modernes ont encore trouve le ble a 
l'etat sauvage dans la Perse, ce qui est une preuve 
que cette cereale y a toujours existe. En effet, si 
Ton consulte un des ouvrages les plus anciens qui 
nous soientrestesdes antiquites orientales,leZe/2^- 
Avesta, attribue a Zoroastre , il y est fait mention 

* 

duble dans deux passages (i); et, quoiqu'on eut pu 

desirer a ce sujet plus de details, il me parait ce- 
pendant hors de doute que Ton peut en conclure 
que le ble etaitconnu en Perse, et meme naturel 
a cette contree, avant l'epoque de Zoroastre (2). 

Quoi qu'il en soit, l'antiquite du froment dans 

cette partie de l'Orient est d'ailleurs prouvee par 






( 1) Tout vegetal qui sert a la vie porte beauconp de fruits, 
seche (apres cela) par la racine, se cultive ensuite par le la- 
bour, com me le ble les lentilles, etc. Zend-Avesta, traduit 






eh frangais par Anquetil du Perron, torn. 2, p. 4<>4- 

Selon les docteurs parses, il n'y a pas de plus grand crime 
que d'acheter du grain et d'attendre qu'il devienne cher pour 
le vendre ensuite avec avantage ; car il est dit dans la loi que 
celui qui agit et qui s'accoutume a agir ainsi se rend cou- 

■ 

pable de toute la misere, de toute la disette, de toute la de- 
tresse qui est dans le monde. L. c. 2, p. 61 3. 

(2) Les chronologistes ne sont pas d'accord sur le temps 
oii vivait Zoroastre: lesunsle font contemporain de Cyaxarel e % 



N - 














; 







\ 





























I 



I 



4» 



(26) 



frag 



t 



(1), dans lequel il est d 



que ce gram croissait sauvage dans la Babylonie. 

Si ensuite on consulte Strabon, on verra que le 
ble sereproduisait de lui-memedans l'Hyrcanie (2), 
region qui correspond aujourd'bui a la province 
de Perse, nommee Mazanderan ; et, selon le meme 
auteur, cette plante naissait aussi spontanement 



dans le pays des Musicans (5), qui est situe au 
nord de I'lnde. 

I - 

Sans nous ecarter beaucoup des contrees dont 
il vient d'etre question, nous voyons encore qu'a 
l'epoque de la retraite des Dix mille , c'est-a-dire 

quatre cents ans avant notre ere, lorsque les Gr.ecs 
furent arrives pres du Ponfr-Euxin, du cote de 

Trebisonde et de Cerasonte, ils trouverent, dans 



■ 



qui monta sur le trone des Medes 634 ans avant Fere vul- 
gaire ; les autres, en plus grand nombre, rapproclient l'epo- 
que deZoroastre , en la placant sous le regne de Darius, fds 
d'Hystaspes, ou a environ 5oo ans avant J. C. 

(i) Berosus primo quidem Babyloniam t err am inter XV- 

■ 



P 



fi 



8 



Georgii Syncelli 






Hyrcanidferunt. ... fj 



spicis decidit renasci. Strabonis Rerum geograpkicarum li- 



Hyrcania fertilis admodum est.... nam ft 



A 



L 



Muslcani regione ft 






per simile ait (Arislobulus). Strab., 1. c, torn. 2, p. 1017. 
























? 






\ 



f 



_^ACJ 



















27 ) 

une ville (i) qu'ils avaient livree au pillage (parce 
que les habitants s'etaient montres hostiles a leur 
e'gard), de l'epeautre et flu ble (2), d'ou Ton peut 

croire que ces deux especes de froment etaient na- 

turelles au pays. 

Si a ces temoignages on joint ceux de Diodore 



que d'autres peuples 



endiquaient la patrie du bl 



# 



(3) 



d'unemaniere assez positive, que 



reale croissait naturellement en Sicile, et, selon le 
















*. 

(0 Les Grecs mirent la ville au pillage. lis trouverent, 
dans les maisons, des amas de pains entasses depuis 1'ann^e 
precedente , suivant l'usage du pays, a ce que dirent les Mo- 
sinseques. II y avait aussi du ble nouveau en gerbes (letexte 
grec dit serre avec les chaumes, c'est-a-dire avec les pailles). 
La plus grande partie du grain etait de l'epeautre. OEuvres 



Xe 



4 



(2) Puisqu'une grande partie du grain trouve par les Grecs 
etait de l'epeautre , ce qui n'appartenait pas a cette espece 
devait etre probablemeat un autre froment. 

(3) Les historiens qui passent pour les plus fideles disent 
que c'est dans la Sicile que Ceres et Proserpine se firent voir 
aux hommes pour la premiere fois, et que cette tie est le pre- 
mier endroit du monde ou il ait era du ble. Le plus celebre 

des poetes a suivi cette tradition lorsqu'il dit en parlant de 

la Sicile : 

■ 

La, sans Taide du fer, sans le travail des mains, 
De lui-meme le ble croit et s'offre aux humains. 

HomSre, Odyss., 1. 9, v. 109, 

En efFet, on voit encore, dans le Leontinet dans plusieurs 










\ 



\ 






NBHMlH 



■ *■ -■ ■ • ■■' . 



















■ 






8 



*neme historien (i), les figyptieus et les Athenie 
pretendaient aussi , les nns que 1'Egypte ,les antr 
que l'Attique etait la patrie du froment. Cette de 



pinion est appuyee d'un passage de 



00 



ysteres qu'on celebra 



en Thonneur de Ceres, la confirment encore. 

Ainsi, voila la Babylonie, la Perse, THyrcanie, 
le pays cles Musicans, la Colchide, la Sicile, l'At- 

m 

tique, la Palestine et 1'Egypte, ouTon peut admettre 
que quelques especes de froment croissaient natu- 
rellement a une epoque fort eloignee. 

■ 

Parmi les modernes, Bailly et Linne ont place 
le berceau de l'espece humaine dans la Siberie, 

■ 

* 

parce que c'est la seule contree ou le ble, le pre- 
mier aliment des hommes civilises, croisse natu- 
rellement (5). 



autres lieux de la Sicile, du froment sauvage qui pousse de 
lui-meme. Diodore de Sicile, traduit par l'abbe Terrasson, 
torn. 2, p. i86 et 190. 

(1) Les Egyptiens soutiennent que Ceres et Isis ne sont 

* 

qu'une meme divinite, et que le ble a commence a croitre 
chez eux a la faveur des eaux du Nil et de la temperature de 
leur climat. Les Atheniens, qui ne nient pas qu'on ne leur ait 
apporte du ble d'ailleurs, assurent qu'il en etait deja cru dans 
l'Attique. Diod., 1. c. 2, p. 322. 

(2) lis (les Eleusiens ) assurent que ce fut dans les plaines 
de Rharos que Ton seraa et que Ton cueillit du ble pour la 
premiere fois. Pausanias, ou Voyage historique de la Grece, 

traduit par Gedoyn, torn. 1 , p. 188. 



Sonn 



Vi 



p. 3. 



. 






• 









f 






























2 



9) 



Dun autre cote, d'apres ce qu'ou trouve dans 
» historiens chinois (i), le ble etait cultive clans 
t empire des l'annee 2822 avant l'ere vulgaire. 
r, d'apres le peu de relations que les Chinois ont 
les dans tous les temps avec les autres peu pies, 
a plus forte raison dans la haute antiquite que 
viens de citer, ou la Chine etait presque incon- 
je au reste du monde, on ne pent supposer que 
;s habitants aient ete chereher le ble dans d'au- 



gnees de leur propre pay 



faut done croire que cette plan 



etait d 



lors 



v. 



spontanee en Chine, de meme que dans les autres 
contrees dont je viens de parler. 

Enfin , trois nouvelles especes de froment re- 
cueillies, en 181 1, dans la Mongolie chinoise, ont 
ete envoyees en Europe vers 1 822, par M. Antonio 
Maria de Salvatori , conseiller intime de l'empereur 
de Russie (2), et ces trois especes , ou plutot ces 
trois varietes, sont tres-probablement indigenes de 
la Mongolie, par les memes raisons que nous avons 
donnees pour la Chine. 

Les motifs qui d'ailleurs rendenl tres-vraisem- 



(1) L'empereur Chin-Nongfutriuventeurdel'agriculture; 
il commensa a cultiver les cinq grains, le ble,le riz, lesfeves 
et deux sortes de millet. {Note de M. Stanislas Julien.) 

(2) Journal de physique, de ckitnie, d'kistoire nalurelle et des 

arts, avril 1823, torn, xevi, p. 169. 

La plus productive de ces varietes est aujourd'hui cultivee 
sous le nnm d« ble tres-fertile de la Mongolie chinoise. 



:. 



- 



\ 






< 

■ 



\ 


















-- 



r 






k 









^^■^^■l. 



9 










'i 



I 






























( 3o ) 



blab! 






1'emettre sur la crois- 



ff 



P a y 



sance naturelie du ble clans les d 

clont je viens de parler, c'est qu'une multitude de 

plantes n'ont point leur habitation restreinte a un 
canton, ou a une seule contree; un grand nombre 
d'especes, au contraire, habitent en meme temps 



des etendues plus ou moins considerables, a peu 
pres sous lesmemes latitudes: en effet, beaucoup de 
plantes qui croissent en France se trouvent egale- 
ment en Angleterre, en Allemagne, ainsi que dans 



plusieurs autres parties de FEurope et meme de 

- 

. 1'Asie ou de l'Afrique septentrionale. Pourquoi 
done voudrait-on que des plantes comme le ble et 
1'orge eussent ete confinees dans un seul coin clu 
globe? Cela n'est pas naturel assurement. 

Et si Ton fait attention que ni le froment pi 
1'orge ne sont des types simples , mais que ce sent 
des genres de plantes composes chacun de plu- 
sieurs especes, on se persuadera plus facilement 
encore que ce doit etre cjans differentes contrees 
que ces diverses sortes de ble et d'orge out pris 
naissance, et ce qui restera seuleraent incertain, ce 
sera de savoir dans quel pays tel froment ou telle 
orge ont d'abord era naturellement. 

De tout ce qui precede, il est p< 
dure, ce me semble, que les differentes especes cl 
ble que nous connaissons ont pu se trouver sau- 
■vages dans la Sicile, la Grece, la Palestine, l'E 
gypte, la Babylonie, la Golchide , la Perse, le norc 

de l'lnde, la Chine et la Monsolie, et, clans ce cas. 



rm 
























T 



" 



! 




um 















5. ) 



pas impossible que pi 



peces q 



s 



meme des 



peces nouvelles de ce genre (i) 



c 



quelques-unes des 



q 



encore spontanees 

les plus ecartees d 

auront echappe jusqu'ici a Investigation des voya- 

geurs de notre Europe qui, ainsi que je viens de 

i 

le dire un peu plus haul, n'ont traverse pour ainsi 
dire qu'en courant la plupart des pays dont les bles 



peuvent etre regardes comme originaires. 



Si, comme on vieot de le voir, il a p 
beaucoup d'incertitude sur la contree ou 



cx» 



Wi 



( i ) Peut-etre faut-il considerer comme telle l'espece de ble 
dont M. Burues a parle ainsi qu'il suit : « Un fait etonnant, 
c'est que , dans les cantons au sud de l'Oxus (en Boukha- 
lie) , le froment a donne des recoltes trois annees de suite. 

- 

La moisson finie, on laisse entrer le betail dans le champ, et, 
l'annee suivante, les tiges poussent de nouveau et fournissent 
des epis. La seconde recolte est bonne , la suivante moins co- 
pieuse. Dans laBoukharie proprement dite la terre n'est pas 
feconde , car a Karakoul on n'obtient que sept grains pour 

un. » Voyages de I } embouchure de V Indus a Lahor, etc., en 

i83i-i833; par M. Alexandre Burnes ; torn. 3, p. i3o. 
S'il n'y a pas d'exageration dans ce que dit Pline (liv. i8 ? 

* 

chap. 17), il y avait, dans la Bactriane (aujourd'hui la 
Boukharie), des froments dont un seal grain etait aussi gros 
qu'un epi des bles ordinaires. 

Je trouve a ce sujet, dans une note de la traduction fran- 
gaise de Pline, en 12 vol. in-4, lorn. 6, p. 322, que, selon 
Theophraste, ce ble de la Bactriane etait gros comme un 

noyau d'olive. 























i 



I I 



j^HI 






^*^H 



v^^^^u 































32 



de l'aucien continent dont 



originaire, a plus forte raison ignore-t-on jusqu' 
quel point les especes que nous possedons raainte 
nant different ou ne different pas de celles qui pou 
vaient exister dans le principe, lorsqu'on a com 
mence a les cultiver. 









I 



* 












CHAPITRE V 



Opinions diverses sur la nature du ble 















\ 





















Plusieurs auteurs, ne regardant toutes les espe 

s de ble que nous possedons aujourd'hui 



que 



comme 



yant ete produites pa 






pas hesite a les faire naitre d'une espece primitive 
qui n'etait plus reconnaissable maintenant, tant 
elle avait ete alteree et changee par la culture. 

Cette opinion a surtout ete presentee sous des 
apparences vraisemblables, et appuyee de raison- 
nements specieux par l'illustre Buffon, qui croyait 
que le ble n'etait point un produit de la nature, 
mais qu'il avait, pour ainsi dire, ete cree par l'art. 
Voici comme ce grand ecrivain s'exprime a ce su- 
jet (i) : a Le ble est une plante que Thomme a 






(i) Histoire naturelle da Chien, edit. in-4 ? torn. 5, p. 195 

etsuivantes. 












/ 



N- 



/ 












































v 35 

i 

changee au point qu'elle n'existe nulle part dans 
1 etat de nature : on voit bien qu'il a queique rap- 
port avec l'ivraie, avec les gramens , les chiendents 



quelques 



herbes des prairi 



gnore a laqueile de ces herhes on dpit le rappor 
er; et comme ii se renouvelle tons les ans, et que 
servant de nourriture a Fhomme, il est. de toute 



1 



plantes, celle q 



1 

le plus travaillee, il est 



aussi, de 



:outes, celle dont la nature est la pi 
homme petit done non-seulement fai 
} besoins, a son usage , tons les individ 



de la nature; i 
changer, mod 



pent encore, avec le temp 



et perfe 



les 



\ 



esp 



meme 



do 



le plus beau droit qu'il ait recu de 
Avoir transforme une herbe sterile en bl 
e espece de creation, dont cependant il i 



pas s'enorgueillir, puisq 



q 



la 



front et par des cultures reiterees qu 



peut tirer du sein de la terre ce p 
qui fait sa subsistance. 



« Les 



esp 



que Fhomme a beaucoup tra 



dans les vegetaux qu 



i 



maux, sont done celles qui de toutes sont les plus 
alterees; et quelquefois elles le sont au point qu'on 
fte peut reconnaitre leur forme primitive, comme 
dans le ble, qui ne ressernble plus a la plante dont 



il a tire son origine 



« JLa nature cependant ne manque jamais d< 
prendre ses droits des qu'on la laisse agir en lib 
le froment , jete sur une terre inculte, degen 






3 



/ 



X 














v 






H 










-/ 



\ 







It 






























I 


















I 






J* 



I 













V 









34 



f 



S 



pi 



\ 



■erniere amiee. Si Ton recueillait ce grain de- 
genere pour le jeter de meme, le produit de cette 
seconde generation serait encore plus altere; et, au 
bout d'un certain nombre d'annees et de reproduc- 
tions, l'homme verrait renaitre la plante originaire 
du froment, et saurait combien il faut de temps a 
la nature pour detruire le produit d'un art qui la 
contraint et pour se rehabiliter. Cette experience 






facile a faire sur le bl 



plantes qui 



produisent, p 







dire, d'elles-memes dans le meme heu.» 
ffon dtait si persuade que le ble n'etait point 
plante que la nature eut procluite telle que 
la connaissons, que, dans le plus celebre de 

i (i), il est encore revenu sur le meme 
sujet pour 1'appuyer de nouveaux raisonnements. 
«Le grain, dit-il, dont l'homme fait sa nourri- 
ture n'est point un don de la nature, mais le grand, 
Futile fruit des recherches de son intelligence dans 
le premier des arts. Nulle part sur la terre on n'a 
tronve du ble sauvaee , et c'est evidemment urn 



herbe perfectionnee par ses soins; il a done fall 






reconnaitre 
cette herbe 



mine et mi 



fall 



seme 



bre de fois pour s'apercevoir de sa m 



plication, toujours proportioimee 
l'engrais des terres. Et cette pi#pr 



P 




(i) Voyezles gpoques de la Nature, dans le supplement 

du tome 5 de l'edition in-4, p. 249- 



* 



' 

















f 


















di 



unique, qu'a ie f 



premier age, au (Void de nos hivers, quoiq 



mis co mm 



1 



es 



pi 



leu? 



annuelles 
a qualite 



P 



le cette graine qui convient a tons les h 
t tous les animaux, a presque tous les 
qui, d'ailleurs se conserve longtemps 



alteration, sans 



puissance de se rep 



duire; tout nous demontre que c'est la plus he 
reuse decouverte que rhomme ait jamais faite, 

■ 

ie y quelque ancienne qu'on veuille la suppose 



que, 

elle a neanmains ete precedee de Fart de Pagri- 



fo 



P 



feci 



xonne par 



obsen 



Malgre tout Tart avec Iequel Buffon presente les 
divers raisonnements qu'il fait pour prouver que 
le froment n'est point line plante produite par la 






nature, je crois qu'il ne roe sera pas difficile de 
faire comprendre corn bien tout ce qu'ii dit a ce 

sujet a peu de fori dement. 

D'abord, le ble n'est point, comme le dit Buffon, 
la plante que rhomme ait le plus travaillee, et par 
suile celle de toutes dont la nature ait ete la plus 
alteree. Le ble est bien, tout au contraire, la 
plante pour laquelle rhomme a fait le moins d'ef- 
forts et pour laquelle il a employe le moins de 
moyens qui pussent Ja modifier et la changer. En 
effet, qu'on fasse bien attention que Ie hie n'est 
pas comme beaucoup de plantes de nos jardins, 
que nous entourions de toutes sortes de soins, que 









* 






} 






















\t 












3 








































36) 

nous semions stir des couches, que nous abritions 
contre le froid et contre la grande chaleur, que 
nous replantions en lui cherchant une terre parti- 
culiere et bien preparee, que nous arrosions, etc. 
Si Ton compare les soins minutieux que Ton prend 
d'un grand nombre de nos plantes potageres, de 
nos legumes , de nos fruits et surtout de nos vege- 
taux d'ornement, a ceux que Ton donne au ble (i), 



■ 




:» . 






















! 






i! 









(t) Quoique le froment soit , sans aucun doute , la plante 
la plus ancienneraent cultivee , et malgre les nombreuses 
Yarietes qu'il a produites a la suite des siecles , il n'est pas 
possible de meconrialtve le type originaire d'aucune de ces 
Yarietes. II n'en est pas de meme de plusieurs de nos legumes 
et de nos fruits , dans lesquels la culture a cree des yarietes 
qui sont d'un volume si monstrueux qu'elles n'ont presque 

* 

plus de rapport avec la souche dont elles sont sorties. Ainsi, 
dans nos jardins , quelle distance immense separe de Fes- 
pece naturelle les choux-fleurs , le chou quintal , certains 
gros navets , plusieurs laitues pommees , nos enormes bette- 
raves^ nos plus belles pommes et poires. Et, si nous laissons 
la comparaison avec les legumes et les fruits pour la faire 
avec certaines plantes d'ornement , nous trouverons que les 
changements subis par ces dernieres sont encore bien plus 












considerables. Jepourrais parler, sous ce rapport, des varie- 
tes presque innombrables de jacinthes , de renoncules et de 
tulipes , qu'une culture d'environ trois cents annees a pro- 
duites; mais je me bornerai a une seule espece, qui etait a 
peine connue il y a cinquante ans, c'est le dahlia. Eh bien! 
dans ce court espace de temps sont apparues , dans nos jar- 
dins, plus de cinq cents yarietes, dont la plus grande partie 
est a une distance immense du type naturel qui nous a ete 












, 











i 




b * ^^B£ W~ 


















( 3 7 ) 

on sera force de eonvenir que nous ne faisons pres- 
que rien pour ce dernier. Apres lui avoir creuse 
un- simple si lion, on l'y jette au hasard, on le re- 
couvre de meme et on 1'abandonne a la nature jus- 



9 \ 



qua ce que vienne le moment de le moissonner. 
D apres cette conside'ration , je suis done porte a 
croire que le ble ou les bles de nos champs ( car il 



ne faut pas perdre de vue que des longtemps il y 



en a eu plusieurs especes) ne doivent pas differer, 
ou au moins ne different que tres-peu de ceux 
qui ont pu exister lorsqu'on a commence a les 
cultiver. 

Quant a ce que l'homme aurait transforme par 
la culture une herbe sterile en ble, ce qui aurait 
ete une espece de creation , e'est une chose a la- 
quelle on peut encore moins croire, et qui ,n 'est 
nullement vraisemblable; car, comment une herbe 
sterile, confondue entre mille autres, eut-elle pu 
attirer 1'attention ? Le ble, au contraire, a dii se 

f 

montrer aux premiers cultivateurs a pen pres tei 
qu'il est; et, s'ii eut ete une herbe sterile, il n'au- 
rait, certes, pas attire Inattention des homines, et 
ils n'auraient jamais pense a le multiplier par la 









cult 



ure. 






■ 



Buffon dit que e ble jete sur une terre inculte 



a Pporte du Mexique. C'est , je crois , un des exemples le 
plus remarquable de la puissance qu'il soit donne a l'homme 
cl exercer sur les vegetaux pour les modifier; pourquoi n'a- 
t-il pu eu avoir une semblable sur le ble ? 












t 


























iWH 







\ 













































58 ) 

y degenere ties la premiere annee , et qu 
recueillait de ce grain degenere pour Tab; 
de nouveau sans culture, le produit. de 



de generation serait encore plus altere , et q 



b 
d 



mb re 



d 






on verrait reparaitre la plante originaire 



dti froment. L'observation est tout a fait contraire 
a cette assertion , et , des les premieres pages de 
ce memo ire , j'ai fait voir que le ble ne degenerai 
ntillement pour avoir cm dans un terrain en friche 



pposant meme q 



blable eut ete 



pete pendant dix ans de suite, le ble n'en cbang 
it pas davantage de forme; tout cequi pourr; 
river, c'est que les tiges, les epis et les grains d 
jrnieres reproductions fussent plus faibles etpl 



d i f i e 



w 

que le ble redevenu sauvage pourrait offri 



en le 



parant avec celui qui n aurait pas 



d'etre cultive. 



An temps ou Buffon ecrivait , 

tronve le ble sauvage d; 



P 



encore 



habitee ; mais nous avons vu plus h 



que, depuis cette epoqu 



Michauxet Olivier. Ce 



pendant, quand bien meme le ble n'aurait pas 



pas 



irement q 



le ce fut aujourd'hui une plai 
perfectionnee de ce qu elle etait clans son etat p 
mitif, ou elle n'aurait ete qu une herbe sterile. Tc 



que 



pourrait ad 


















pu luiapporter 




que les grains du ble que nous cultivons mamte 
nant seraient plus gros que ceux de la plante pri 

mitive. et c'est la toute la modification que la cu 




p' 



loin que du ble qui n'a pas moins de trois a quatre 



mille ans est en 



poss 



semblable a celui que n 
nment se ferait-il done q 



ps les plus recuies ou le bl 



cultive , il eut pu , en un 
etre porte a un point de p 



P 



P 



t rente a q 



» 



progres que ragriculture a f; 






depuis cette epoque 






fin 



se 



Ion 



ft 



de ragriculture aurait precede celle du ble. J 



point d 



pposee 



pense, pour mon cotnpte, que les choses ont du 
se passer tout autrement ; car, avant qu'on connut 
cette plante, a quelle autre, je le demande, cet 
art eut-il done pu etre applique? je ne le vois pas ; 
il me semble evident, au contraire, que cest la 



d 



du ble qui a du donner naissance a 



ragriculture. 



.» 



En prenant a la lettre ce qui est (lit aans la m 
ble, la decouverte du ble et la connaissance de Fa 
griculture seraient presque aussi anciennes que L 
monde. Selon la Genese (i), Cain, l'aine des fil 









(i) Fail autem Abel pastor ovium, et Cain agricola.Genes., 



cap. xy 7 v 



o <&\ * 






















1 









I 




















# 






' 
















r 












\ 





















































i 













(4o) 

d'Adam , fut laboureur, et, dans ce cas, ce ne put 
etre que pour cultiver cette precieuse cereale qu'il 

clut se livrer a ragriculture. 

Je reviendrai sur les commencements de cet art, 
le plus utile de tous ; je doismaintenant continuer 

a m'occuper des opinions que differents auteurs 
ont emises sur l'origine et les transformations du 



ble. 



A 



et selon M. Mirbel ( 



donnaient pour souche au ble l'egilope 



mai 






le regardait comme le prod 
successives d'autres cereales. 



generatib 



y 



J'ai chercbe dans Tbeopbraste et dans Pline tout 
ce qui pouvait s'appliquer a cette transformation 
extraordinaire du ble ; mais ce que j'ai trouve sur 

* 

ce point est tres-vague et m'a paru n'avoir rapport, 
an contraire, qu'a la degeneration du ble, ainsi 
que je le dirai un pen plus loin. « 

Cependant plusieurs botanistes, au nornbre des- 
quels il faut citer MM. Latapie, Bory-Saint-Vin- 
vent etDesvaux, se sont plus ou moins rappro- 



cbes de l'opinion que M. Mirbel a attribute aux 
anciens touchant l'origine du ble par Fegilope. 

M. Latapie, professeur de botanique a Bordeaux, 
avancait, dit-on, dans ses lecons, avoir fait des 



(i) Histoire generate des plantes , t. vii ? p. 278, dans I'edi- 
tion de Buffon par Sonnini. 



• 



*> 






• 








• 













experiences d'apres lesquelles il aurait reconnu 
quele fronient provenait en effetde Ycegilops ovata. 

Mais M. Latapie n 'ay ant pas ptiblie ses experiences, 
ii est permis de croire que ce professeur s'estfait 
illusion d'apres quelque appareuce trom'peuse des 
caracteres de Ycegilops qui se rapprochent j.usqu'a 
un certain point de ceux du froment. 

Voici, sur le meme sujet, comment s'exprime 
M. Bory-Saint-Vincent (i) : « On a pense que 
Vcegilops ovata, qui couvre certains champs de la 
Sicile , etait la graminee d'ou provient le ble ; qu'a 
force d'en semer la graine, celle-ci a fini par se 

■ 

changer en cereale, et que la tradition mythologi- 
que qui fait de la vallee d'Enna et de l'antique 
Trinacrie le berceau de l'agriculture ou l'empire 

ft 

de Ceres eut la metamorphose de l'egiiope pour 
fondement. Nous avons traite avec legerete cette 
opinion dans nos essais sur les lies Fortunees; ce- 
pendant le professeur Latapie, de Bordeaux, qui 
la souiient et qui, voyageant autrefois en Sicile, 

crut y trouver des motifs pour l'adopter, encore 

que d'abord elle paraisse etrange, nous a assure, 
de nouveau et depuis la publication de notre ou- 
vrage, qu'ilavait cultive soigneusement lui-meme, 
graine a graine et dans des pots qu'on ne perdait 
jamais de vue, la plante dont il est question; 






(0 Bory-Saint-Yincent ; article Egilope du Dictionnaire 

classique d'hi&toire naturelle , vol. i ? p. 122 (1822). 












ii 














K 























\ 





















I 




* 













































qu'ayant 



d 



(42 

de ressemer les graines 
semis plusieurs fois de 




qui pi 



n'avait pas tarde a voir la plante s'allonger, changer 
Ae fades, et meme de caracteres generiques. Un 



fait, atteste p 



v 



pecte d 



q 



nous 



g 



mei 
les 



amen seneux 



et 



griculture, de 



physiologie vegetale et de botanique, a re'pet 



periences du professeur Latapie. 

Deson cote, M. Desvaux, ancien professeur de 



botaniqt 



Angers , q 



P 



ede des conuais 



on 



d 



profondes sur cette science, et auquel 

;nts (i), 



un g 



1 travail sur les from 



M. Desvaux, dis-je, ne repugne p 



aux 



M. Latapie. L'op 



d 



u 



professeur de Bordeaux est d'ailleurs une presomp 
tion favorable, selon M. Desvaux, pour faire pen 
ser que les especes du froment actuel ne sont due 
qua I'industiie. Et l'ancien professeur d'Angers 
adoptant dans son entier la maniere de voir d 



Buffon, dit positivement ( 



et sortie d 



agreste , et q 



! froment que 
! par rhomme 

'eile est aussi 


















v 






i 













* 



(i) Memoir e sur lesfroments cultives en France ou qu'on 
pourrait y cultiver , insere dans les Memoires de la Societe 
d 7 agriculture, sciences et arts d'Angers (i834) ? vol. I, p. 3o2 



et suiv. 



(2) L. c. ? p, iZ% du tirage a part. 









/ 






















( 45 ) 

eloigned de son type que la brebis Test dti mouflon 
cm de Targali dont elle sort. 

« S'il se rencontre , dit encore M. Desvaux, dans 
le meme ouvrage, une espece sauvage ayant des 







caracteres analogues au triticum spelta , ce sera 
plutot d'elle que du triticum cestivum de Linne, ou 
froment barbu, qui a ete trouve par le voyageur 
Heintzelmann, dans les campagnes incultes des 

* 

Baschirs , dans la partie montueuse de la Tauride, 

que sont sorties nos especes actuelles. » 

Apres ce raisonnement et deux pages plus loin, 
le meme auteur ajoute : cc S'il y avait une espece a 

reconnaitre dans les froments, ce serait peut-etre 
le triticum monococcum. » Enfin il conclut, de tout 
ce qu'il a dit a ce sujet, que, « malgre Fautorite des 
botanistes, il ny a qu'une seule espece dans tous 
les froments (i). » 

J'ai deja combattu plus haut, par des raisons qui 
me paraissent peremptoires, Fppinion de Button, 
ainsi je n'y reviendrai pas. Quant a celle de M. Des- 
vaux, qui fait descendre toutes les especes de fro- 
ment d'une seule, je dirai que je la crois entiere- 
ment opposee a ce qui existe reellement dan?s la 
nature. Get auteur n'a d'ailleurs emis cette maniere 






de voir, a ce que je pense, que d'apres des idees 
preconcues sur les especes en general, idees que 
je lui ai connues des longtemps. 





















: 








(0 L, cv, p. 1 34- 












/ 













- 







( 



kfF 






/ 










: 












; \ 







I 
















l 









A 



D 



9 



bien reellement pi 



(44) 

motifs pour 



q 



& 



fro 



q 



especes distinctes dans 
, dans chactine de ces 



especes, il s'est forme des varietes dans lesqtielles 
il est toujours possible de reconnaitre les carac- 
teres propres a I'espece elle-meme, et que, si Ton 
trouvedansquelques-unesde ces varietes des formes 
qui paraissent les rapprocher d'une autre e: 



pece 



q 



it pas la leur et pouvoir faire ainsi 
e l'une a Fautre, ces formes de ti 
qu'apparentes, car elles out, au fo 



paux caracteres particuliers et pro 



pres a leur esp 



quantite de from 



que depuis huit ans , et je me plais a reconnaitre 
que j'en dois une grande partie a M. Desvaux. Je 
recus de lui, au mois d'aout i836, une collection 
de cent onze varietes de ce genre de cereales, que 



je semai au mois d'octobre 



Dep 



temps, j ai conserve, autant qu'il rn'a ete possibl 
cette collection , je Fai ressemee tous les ans, a pe 
pres a la meme epoque, et de plus, beaucoup d'ai 
tres varietes qui m'ont ete donnees par different* 



personnes 



a 



si que je l'ai deja di 
btenu de ces transfo 



que M. Desvaux annonce en avoir vu dans le ble 



d 



gne, par exemple, dont, ne possedant p 



mitivement que I'espece a longs epis et a longue 
bar/be, il aurait cependant obtenu successivement 
inq varietes differentes. 


















■ 







' 



J'ajouterai, a l'appui 
le temoignage de M. 




arbres fruitiers et des plantes economiques au Jar 
din du roi; deptiis pres de trente ans que cet hor 
ticulteur, aussi instruit que modeste, seme, chaqu 



breuse de from 



(centcinqu 

mais vu ni les especes, ni ies varietes se modifie 



faire croire que l'opinion d 



puisse etre en rien fond 
plusieurs 



varietes 



■ 

Ion 



mais qu 



type de l'espece se reproduire dep 



plus de vingt ans 



sans 



qu 



pu remarquer. Ce que M. D 



fo 



et qu'il observe presque ch 
it des varietes dont la qualite 



nee, ce sont 

nience s'altere (rune maniere sensible 



m ernes 






i 



fo 



deses epis. Ainsi le professeur Tbouin le charg 
de semer, en 1819, un tres-beau ble a grains rei 
fles et tres-pesants qu'il avait recu de la Gbine. I 
bien! depuis plusieurs annees, M. Dalbret ne r 
colteplus, de cette meme variete, que des grai] 
petits et maigres , qui ne pesent pas le tiers de cet 
qui etaient venus primitivement de la Chine, 
attribue, et avec raison, je pense, cette sorle 



li 

de 



de 



g 



ce ble et d 



mau 



qu 



d 



dans leq 



J aurai occasion de demontrer, dans la suite d 




























■ 



/ 


















I , 



in 


















* T I 





= 










■ 
4 









( 46 ) 

mejuoire, que, si les bles degeneres tie M. Dalbret 

etaient ressemes dans un bon terrain , ils repren- 



draient bientot leurs qualites premier 
Quant a la croyance des auteurs q 



transformation de 



Ycegilop 



ovata 



from 



— 

j aurai plus loin occasion de demonlrer comb 

peu les especes et varietes de ce dernier genre < 

ete modifiees par la culture, et, par consequei 
qu'elles ne peuvent , a plus forte raison , prove 
d'une espece quelconque d'egilope. Cependa 
quoique je repugnasse autant qu'il est possibl 



reconnaitre une 



blable metam 




ose 



jai 



voulu, pour fortifier mon opinion , consulter I 
sujet M. Pepin, chef de l'ecole de botanique au 
din du roi , pour lui demander s'il avait jamais 
quelques varietes sortirdes especes de 1'egilop 



l 



formes qui approchassent pi 



de celles des froments. Cet hab 

repondu que , depuis dix-hi 

chaque annee , outre Ycegilops ovata > les a>gilop 



al 



squarro 



que ces trois p 



etaient toutes cultivees les unes 
da 



P 



des a utres 



ns 



fie 



q 



de botanique, dont le soin lui etait 
ue jamais il n 'avait vu les formes de 



ces trois especes varier en aucune maniere , mais 
que, bienai: contraire , chacune d'elies s'etait tou- 
jours reproduite , toutes les annees , sans aucune 
alteration. 

■ 

Une remarque particuliere que m'a faite M. Pe- 
pin , c'est qu'il etait bien rare qu'il se format des 















« ' 



















* * 









il 



> • 




vanetes dans lesgraminees non cereales, au mo ins 



n en a point encore observe depnis qu'il est 
charge de l'ecole de botanique. 

Je venais, d'apres ce qui precede, de me confir- 
nier dans mon opinion sur rimpossibilite 
transformation cfun genre clans un autre , lorsque 



J ai eu l'occasion de voir M. Raffeneau-Delile, pro- 
fesseur de botanique a l'ecole de medecine de 
Montpellier , duquel j'ai appris que la question du 
changement d'une egilope en froment etait renou- 
velee au sujet d'une nouvelle espece de ce genre, 
nominee cegilops triticoides , par M. Requien, qui 
l'a trouvee croissant spontanement aux environs 
d'Avignon. Selon ce que j'ai su de M. Raffeneau- 

i 

Delile, cette nouvelle espece se trouve aussi sau- 
vage aux environs d'Agde, ou ii l'a vue lui-meme. 
La , un jardinier-botaniste de ce dernier pays , 
le sieur Esprit Fabre , cultive cette plante (i) de-- 
puisplusieursannees, pour essayer d'en obtenirun 
froment ; et, comme ii est persuade qu'il parvien- 
dra a la parfaite reussite des soins qu'il donne a 
cette autre egilope , ii ne veut le communiquer a 



personne jusqu 



•>\ 



qu il p 



peceamelioree. Au reste, je dois dire que M. De- 
lile doutet res-fort que le sieur Fabre puisse jamais 
voir s'operer la transformation de son egilope en 



(i) Dans la seance de l'lnstitut, du 12 aoiit 1839, M. Au- 
guste de Saint-Hilaire a fait mention de ce fait. Comptes 
rendus de VInstitut , t. ix, p. 243. 







t 











































: 


















/ 



/ 












I 





























(48 

froment.' Pour terminer enfin avec l'egilope,je 
dirai que j'ai ete expres chez M. B. Delessert pour 

* 

voir, dans son bel herbier , Ycegylops triticoides , 

que je ne connaissais pas et dont l'echantillon lui 
a ete donne par M. Requien lui-meme y et que 
je n'ai pas trouv£ a cette plante la moindre analogic 

* 

avec le genre froment , si ce n'est que, com me ce 
dernier, elle appartient a la famille des graminees. 
Nous venons de voir que Buffon et quelques 
modernes (i) avaient era que le froment provenait 
d'une espece sauvage que la culture avait amelio- 
ree et meme changee de maniere que cette plante 
etaitaujourd'hui meconnaissable de ce qu'elle etait 



(i) Je crois pouvoir opposer, a Buffon et a ceux qui ont 
pense comme lui sur le froment, ce que M. Malepeyre aine 
m'apprend d'une avoine sauvage trotivee recemment dans 
l'Australie et dont la decouverte, est due a une des expedi- 
tions entreprises , de 1837 a 1839, dans la partie meridio- 
nale de cette contree, par sir G. Grey, gouverneur de ce 
pays. Cette avoine, aussitot sa decouverte, apresente toutes 
les qualites des plantes les plus anciennement cultivees , ce 
qui me confirme dans mon opinion que le froment a ete 
trouve de meme et tel qu'il est encore aujourd'huk Au reste, 
voici ce que M. Malepeyre m'a transmis sur l'avoine en ques- 
tion. « Une des productions les plus remarquables des pays 
qui environnent Hanover-Bay et le Port-du-Roi-George , 
ainsi que le detroit de Cambden , dans le nord-ouest de la 
partie occidentale de l'Australie, est une avoine sauvage, qui 
atteint une hauteur de 7 pieds ( mesure anglaise) et qui se 

reproduit avec une si prodigieuse abondance , qu'elle couvre 






















t 












d 



fond 




son principe. J'ai recherche , comme 



deja dit, si Ton pouvait trouver, dans 



pinion, et le resultat de 



nies recherches a ete tout oppose a la maniere de 



"voir dont je viens de parler. 

Les anciens , il est vrai, admettaient le change 
ttient ou la transformation d'une espece dans im 
autre 5 mais c'etait , en general , dans le sens in 
verse d un perfectionnement. Ainsi , selon Theo 



phraste (i) 



CO 






*er, pouvait, au contraire, degenerer et se changer 
en ivraie , en egilope , en avoine • et encore le 

premier de ces auteurs traite de fables et de chose 
absurde ce qu'on a dit a ce sujet (3). 






















tout le terrain et etouffe toute autre vegetation. Quelques 
grains de cette avoine , transports a File de France , y ont 
e te multiplies aussitot par les cultivateurs , et cette cereale y 
onne actuellement de gros profits, » Voyez le Journal de la 



a 



Sod 



lod 



p 

ciete royale cV agriculture de Londres , vol. n, part, n, fin 

84,. 

(0 Triticum in folium transit. Hist. Plant., in-f°, Amste- 




644) 



Nullum ex seminiius corruptum mutari in aliud upturn est, 
pi'ceterquam triticum alque hordeum , qua' mutari in folium 
a *serunt , magisque triticum. L. C. , lib. via, cap. 8. 

(2) Primum omnium /rumen ti vitium aeena est. Lib. xvm 



c ap. 17. 

(3)Qi 

gigni, ec 



acdpies. L.C. , lib. 11, cap. 3. 



/undo id fieri, aiunt. Sed hcec pro fab 



4 















H 









I f 




i / 
































I 











' 




I 



I 













I 
























V 



5o ) 



Virgile (i), dans ses Georgiques ; parie d'uiie 






■ 

maniere encore plus positive de la degeneration 
des semen ces : 



i 



Les grains les plus heureux , malgre tous ces apprets , 
Degenerent enfin , si 1'homme , avec prudence , 
Tous les ans, ne choisit la plus belle semence : 
Tel est l'arret du sort , tout tend vers son declin. 

Traduction de Delille. 



Linne (2), dans ses Amenites academiques, com- 
bat victorieusement Fopinion de ceux qui admet- 
tent comme possibles la degeneration et la iransfor- 

nent en une autre espece, par la 



mation 



fro 



maigre, ou sa reg 



fe 



ch 



d 



n'est pas plus possible qu'a un 

change en lievre, ou a nn cerf de devenir un cha 



u. Ne portez pas l'i 
itet-il, qu'il puisse m 



q 



? \ 



croire 



plante portant des feuilles, des fleurs et des fi 



q 



n 



pi 



actuelle recele le 



w 






% Absurdum vero planlas sponte oriri mutarique , appareat. 

L. C. , lib. 11 , cap. 5. * 



Vi 



Degenerare tamen, ni vis humana quotannis 
Maxima quceque manu legeret : sic omnia fatis 
In pejus mere ac retro sublapsa referri. 
(2) Caroli a Linne Amoenitates academical ; editio secunda } 



1788. 



fi 



















1 

I I 












\ 
















* 

























m 



( 5"i } 



genue dans sa racine. C'est Uue ioi iminuable, 
test line verite elernelle (i). 



a. r 



d 



d 



de Cuvier, en appliq 



regne vegetal ce q 



plusieiirs passages (i) 



disconrs sur la theorie de la terre, ce grand natu- 
raliste s'eleve contre l'lmpossibilite de la transfor- 



mation d 
antres. 



P 



d'animaux les tmes dans 1 



es 



* 

On trouvera peut-etre que je me suis trop 
etendu sur les prerendues transformations da hie; 



P 



srande im 



t> 



> • 






d 



devoir pas negliger 



d 



I 



> 



por 
arl 



er 



:s diverses opinions dont elle avait ete l'objet. 

Quand on considere le peu de volume de notre 
We, si Ton doit setonner d'une chose, c'est qu'un 
grain aussi chetif* ait pu attirer ('attention des 



h 



q 



fois, sans se communique! 



pour en fa 



P 



N 



d 



us voyons aujourd'hui nos champs converts 



moissons dorees, et p 



demand 



(i) Ne credatis itaque ignari aliam oriri proximo anno plan- 



folia , alios (lores et ft 



JElerna 



L. 



c. 



> p. n^. 



(2) Pag. 



4 



















it 













■ 













^^BH 



/ 



mmtm 








. 















* ^B 
















! 
















02 ) 



| 

qu'il a fallu d'observations pour decider les pre- 

■ 

niiers cultivateurs a dormer leurs soins au ble. 



b 



ne 



d 



on 



P 



mirer leur sagesse 



d'avoir pu pousser la prevoyance jusqu'a devil 
pour ainsi dire , les qualites precieuses d'un g 



qui, en a p pare 



de recommandabie 



CHAPITftE VI 






















V 















I 






L 















1 1 













l 











Anciennete de la culture du froment ; influence 
de cette culture sur la destinee despeuples; ilny 
a plus aujourd'hui que des hommes sauvages 
ou a demi sauvages qui ne se nourrissent pas 
de ble ou de cereales. 



Les Chin 



de laq 



iq 



notions sur l'ori- 



gine de {'agriculture et sur la decouverte du ble 
ou plutot sur l'anciennete de sa 
empire. A ce sujet, je transcris ic 



d 



ments que M. Stanislas J 
communiquer et qui sont 



jlien a bien voulu me 
ainsi concus : « On lit 



dans le Fai-Ki (i) : Dans l'antiquite, le peupl 
mangeait crus les fruits des plantes et des arbres 



d 



la ch 



des 



ima 



il ne 



.•■ 



savait pas encore labourer ni semer. Chin-Nong 

1 . * 



(i) Flong4iien-Kang,mou, part u, liv. \> fol. v. 



















\ 












m- 





















(53) 






se conforma aux saisons du ciel, il observa les 



proprietes des terrains, il tail la du bois et fit une 
herse, il le courba et fit une charrue. Cet erape- 

t 

reur commenca a enseigner au peuple la maniere 

de cultiverles cinq grains (i) etl'agriculturedevint 
florissante. » 

On peut croire, cependant, que chez les Egyp- 
tiens Fagriculture date aussi de la plus haute anti- 
quite; c'est ce dont on peut se convaincre en inter- 

r 

rogeantles monuments qui nous ont etelaisses par 
ce peuple. D'apres quelques-uns de ces monuments, 
l'invention de la charrue remonterait, en Egypte, 
a une epoque tres-reculee , puisqu'on la voit figu- 
ree dans les bas-reliefs (2) des grottes d'llithyia (5) 
que Champollion le jeune (4) a reconnu appartenir 





(1) Voyez la page 29 et la premiere note de cette page. 

(2) Voyez la description de l'Egypte , edition de Pane- 






koucke, vol. 1 des planches, n° 68 A. 



Egypt 



village d'El-Kab, place sur la rive droite du Nil, a deux lieues 
environ d'Edfou (l'antique Jpollinopolis magna). 

_ ^ 

M. Lenormant, conservateur au cabinet des medailles de 
la bibliotheque du roi , qui a accompagne Champollion le 
jeune dans son voyage en Egypte, et que j'ai consult^ sur 
cette partie de mon travail ayant rapport aux antiques mo- 
numents de ce pays, m'a fait observer qu'ii fallait ecrire 
Hithyia (en grec EiXe(Gvia). La commission d'Egypte et Cham- 
pollion se sont trompes sur cette transcription. 

(4) Lettres ecrites d'Egypte et de Nubie, en 1 828 et en 



1829, par Champollion le jeune, Paris 



9 s 





















1 




















































■ 































I 

1 

























** 



































( 54 



f 






a diverses epoques pharaomques qui remontent a 
plus de quinze siecles avant ] ere vulgaire. Cette 
charrue egyptienne est fort simple et sans avant- 
train; c'est une sorte ci'araire. M. Rosellini a aussi 

fait figurer cet instrument dans le magnifique ou- 
vrage (i) qu'il a publie sur les monuments de l'an- 
cienne Egypte, d'apres les dessins recueiliis en 
commun par les commissions francaise et toscane, 



en i 



828 



39 



* 












Mais d'a litres scenes du raeme genre se retrou- 

* 

vent tracees dans un tornbeau encore plus ancien 
que les bas-reliefs des grottes d'llithyia, c'est 
dans celui qu'on voit aTZaou'iet-el-Meitei'n (a). Le 
110m du roi (5) sous lequel ce tornbeau a etedecore 
est Pepei on Apop, que les savants croient etre le 
ineme que Phiops , quatrierae roi de la sixieme 
dynastie (4), ou Apophis, le vingt-deuxieme roi 
dans le canon d'Eratosthene, ce qui ferait remon- 
ter les scenes d 'agriculture representees dans ce 

M. 

tornbeau a une epoque infiniment plus reculee 
que celle des bas-reliefs d'llithyia. Dans to us les 



t 



(1) / Monumenti delV Egitto e della Nubia, illustrati dal 

■ 

dottore IppoHto Rosellini. Pisa, i832, pi. n os 32 et 33. 

(2) Village sitae sur la rive droite du Nil , presque en face 

» 

de Minieh. Champollion, lettres deja citees, p. 73. 

(3) Voyez Elclaircissemenls sur le cercueil de Mycerinus; 
brochure in-4°> par M. Lenormant, p. 23 et 43. 

(4) Solon 1'Afrieain, SyncelH Chronographia, p. 58. 


























\ 







\ 






















. 






(5 



5 







cas , ce tombeau est un des plus anciens de 
gypte et certainement anterieur a l'invasion 

des Paste u rs. 

Quelques auteurs modernes ont traite de fable s 
ce que dit Herodote sur la maniere dont on semait 

les grains dans la partie de FEgypte qui etait au- 



I 



d 



Me rn pi 



firme 



moms 



%, 



3 recit de 
pariie, p 



starien 



figurees dans les planches de M. Rosellim, que j'ai 
cite'es, ou Ton voit qu'atre homraes travaillant a la 
terre avec une sorte de houe en forme de pioche 

_ 

aigue. Derriere ces travailleurs sont deux hommes 
armes de fouets et conduisant quatre animaux qui 
paraissent etre des mouflons, destines sans doute a 
enterrer avec leurs pieds les semences que Tun de 

■ 

ces hommes a repandues sur la terre : car il porte^ 
suspendu a son cou, un panier semblable a celui du 



semeur qui, dans une autre scene, suit la charrue 










et repand le grain a la volee. 



On n'employait pas probablement, pour faire en- 

foncer les grains en terre, les memes animaux dans 
toute FEgypte, et voila pourquoi, dans la scene 
figuree par M. Rosellini, on trouve des mouflons, 









au lieu de pourceaux, ainsi que le rapporte Hero- 
dote. La variete memo qui existe dans les monu- 
Merits semble prouver que les pratiques de Fa- 
gricuiture n'ont point ete unifbrmes dans Fan- 
tique Egypte : on operait suivant la nature de 
que terrain, ici a la houe, la a la charrue. 



cha 






Herodote a probablement decrit de preference 












■ 






* 







I 

































































■*■ 





































\ 



I 






5 



6) 




le procede qui seloignait le plus de la m&hode 



grecque 



que dit cet historien (i) 



personne mai 



de l'Egypte, ni meme dans le inonde, qui recuei 
grains avec moins de sueur et de travail ( q 



ceux du 



pay 



an 



d 



de Memphis) 



ne 



bliges de tracer avec la charrue de pe 
s , de briser les mottes et de donner i 



le 



urs terres 



fa cons 



donne le 



• 

des homines; mais lorsque le fl 



\ 



em 



retirees, alors chacua y lach 



pourceau 



et 



mp. jjorsq 



mence, on y conduit des bceufs (2), et apres que 









i 










3 






% 




i 



l 



(1) Histoire d Herodote } traduite du grec par Larcher 

n, .4. 

(2) La traduction de Larcher est ici completement inexacte. 
Void, mot a mot, ce que dit Herodote, d'apres M. Lenormant : 
«< Alors chacun , ayant seme son champ , y lache des pour- 
« ceaux , et , quand les pourceaux ont foule aux pieds la se- 
« mence, il attend I'epoque de la moisson. » 

Voici d'autres passages des auteurs anciens , relatifs au 
meme objet, que M. Lenormant a bien voulu me communi- 
queret qui, tons, confirment ce que dit Herodote : Pline, 
Hut. nat. , xvm, 18. « Autrefois, apres que le Nil s'etait 
« retire dans son lit, les Egyptiens etaient dans l'usage d'en- 
« semencer leurs terres, et, pour enfoncer les grains dan^e 
« sol encore humide , ils les faisaient pietiner par des pour- 
« ceaux qui passaient par-dessus. Je cjois bien que cela a 














/ 









♦■ * *L 



: - v r , ■ ;• 



. 






















ces animaux ont enfonce le grain, en le foulant 
aux pieds, on attend tranquillement le temps de 
nioisson. » 

Sans doute qd'une telle maniere de faire est bien 






M pu s'executer ainsi anciennement ; mais , aujour d'hui , ils 

« font autrement , sans toutefois se donner beaucoup plus 

« de peine. » Pline croyait done que , de son temps , la 

pratique observee par Herodote en Egypte n'etait plus en 
usage. 

Plutarque, Sfmpos., liv. iv, quest. 5. «Les Egyptiens, 
« qui cultivent une contree molle et profondement defoncee, 
« ne font aucun usage de la charrue ; mais, quand le Nil 
« s'est retire apres avoir baigne les champs, ils les ense- 
« mencent et y lachent ensuite des pourceaux : ceux-ci , 
« foulant et fouissant la terre, la retournent bientot a fond et 
*ecouvrent ainsi la semence. » 

Elien, Hist, des Anim., liv. x, chap. 16. « Eudoxe rap- 
« porte que les Egyptiens , apres avoir seme leurs champs, 
* y introduisent des troupeaux de pores : ceux-ci foulent les 

* 

« grains et les poussent dans la terre huinide, de facon a ce 

« qu'ils soient preserves et que les oiseaux ne les detruisent 
« pas* w - 

Diodore, liv. I, 36. « Le Nil apporte tant de facilite a Fagri- 
« culture, que la plupart des labour eurs, quand la terre est se- 
« chee, y conduisent des bestiaux et , s'en etant servis pour fou- 
« ler le champ, ils attendent quatre ou cinq mois l'epoque de la 
« moisson. » M. Lenormant me fait observer que Diodore est 
le seul quiemploiele mot generique de bestiaux ( fcoGMucLTk)* 






tandis que les autres auteurs designent positivement les pores; 
c est par une conjecture toute gratuite qu'on a voulu sub- 
stituer les bceufs aux pourceaux dans le texte d'Herodote. 

Diodore a ete en Egypte sous Ptolemee Aulete , 60 ans avant 




\ 












\ 





































3 












1 
































fit 






































\ 







I 



I 























mM 



n 



\ 









• ■ . . ■ 










/ 








ss 



(58) 






grossiere, et elle na jamais pu etre pratiquee que 

dans un pays ou la fertilite extreme du sol rend, 
pour ainsi dire, inutile une preparation plus re"gu- 

liere de la terre. Ge qui a pu, d'ailleurs, faire dou- 
ter de la veracite des faits rapportes par l'historien 
que je viens de oiler, c'est qu'a l'epoque ou il visi- 




Egypte (environ quat 



ans 




avant 1'ere vulgaire), la eharrue etait deja connue 
depuis longtemps des Grecs et des Remains, et 
qu'il adu paraitre extraordinaire que dans un pays 
comme l'Egypte, oii l'agriculture etait fort an- 
cienne, on preferat encore, a l'emploi de la char- 
rue, un moyen aussi grossier que celui dontparle 
Herodote. Mais, pour les raisons que je viens de 
donner plus haut, ce n'est pas un motif suffisant 
pour revoquer en doute la maniere dont les grains 

s'ensemencaient dans les terres au-dessous de 
Memphis. 

Aujourd'hui, dans les landes de Bordeaux, d'a- 
presM.le baron cleMortemart de Boisse, auquel on 
doit un excellent travail sur ce pays, lorsqu'on vent 
ecqnomiser les fraisde hersage ou d'enfouissage, on 
emploie un moyen semblable a celui dont les an- 
ciens Egyptiens se servaient pour leurs g 
Quand on a repandu les seniences du pin : 
sablonneux, on y fait passer des troupeaux de mou 



\ 



q 




p 



/ 



J. C. ; il a fait aussi de grands emprunts a Hecatee d'Abdere, 
lequel vivait sous Alexandre le Grand. 

























' 



••■ .-■ i-;.' 



^ 



































d 



e sa premiere 



(59) 

Europe, I'origine du froment et Pepoque 

culture se perdent veritablement 



dans la 



des temns. Aucim des historiens de 



l'antiquite ne nous a conserve, d'unemaniere exact 
et positive, la memoire d'un fait aussi important 
qui a eu pour les nations d'immenses consequen 

ces , et si nous en voulions parler, nous ne pour 
rions mettre que des fables a la place des fails don 



la 



que entierement 






dieux Osi 



Egyptie 



au 



see 



g des 
parce 



que 
que 



prem 



1' 



g 



de leur avait fait connaitre le bl 
Grecs attribuaient a Triptoleme l'ai 






quel il avait ete initie par 



Ceres. A 



q 



cette deesse eut 



PP 



mmes a labourer les champs p 



ble, ils se nourrissaient de glands ou des f] 
arbres des forets ; e'est a quoi Virgile fait 



ans les vers suivants : 




, . . Alma Ceres , veslro si munere tellus 
Chaoniam pingui glandem , mutavit arista. 




Georg. i , v. 7 



Et un peu plus loin , vers 147 •' 






Prima Ceres ferro mortales vert ere terram 
Instituit, cum jam glandes atque arbuta sacrce 
Deficerent silvce , et victum Dodona negareU 






Ovide, dans plusienrs passages de ses poesies 



9 



m 






i 






























































i 



I 

I 










































. 







! 
























I 
























( GO ) 

L 

rapporte egalement a Ceres l'origine de l'agricui- 
ture et dti changement d'aliment qui s'en est suivi 

pour rhomnie : 



Prima Ceres unco glebarn dimovit aratro ; 
Prima dedit fruges , alimenta mitia terris. 



Ovid., Metam. v, v. 34 1 



Prima Ceres docuit turgescere semen in agris ; 

Falce coloratas subsecuitque comas. 

Amor, in , Eleg. x , v. 1 1 . 






Prima Ceres homini , ad meliora alimenta vocato , 



Mutavit glandes utiliore cibo. 



Fast, iv ? v. 4o 1 



Je viens de dire que les hist 



ne nous 



guere laisse que des fables sur la decou 
ble et l'origine de l'agriculture ; cependan 



cette decouverte a 

vastes consequence 



pour les hom 
c'est a la con 



les 




d 



ble et a sa culture qu'ils ont du de pouvoir se reu- 
nir en corps de nation. En effet , on trouve que le 
ble, des les temps les pins anciens , faisait la base 
de la nourritnre des peuples dont l'histoire nous a 
conserve la memoire. J'ajonterai que ce fut la cul- 
ture des bles qui devint la cause de la richesse et de 
la puissance des nations sur la terre, en faisant suc- 



ced 



er 



P 



P 



pece humaine une nourriture b 




s assuree 



et mieux 



ppropriee a ses 



besoins que celle bien plus precaire des fruits sau 
vages des forets on de la chair des animaux qu 















/ 









\ 














.. •". :. 



•;.: 



* ■ ' * - 



V 



























6i 

pouvait lui procurer la chasse. C'est, a n'en pas 
"Outer, a la culture des bles que les plus anciens 
peuples out du leur civilisation etleur force. Dans la 
oabylonie, ou, selon Berose(i) , leble venaitsau- 
Va ge , ou , d'apres Herodote (2) , il croissait avec 
u ne abondance extraordinaire, et ou, selon Theo- 
phraste (3) et Pline (4) , la moisson se reprodui- 




rains 



q 



ui tombaient 



sait spontanement par les 

sous les pieds des moissonneurs ; dans la Babylo- 

nie , dis-je , oil le ble croissait naturellement , se 

sont formes successivement les grands empires des 
Babyloniens , des Assyriens et des Perses. 

L'Egypte a ete iongtemps puissante , et Ton peut 









1 



(i) Voyez la note (i) de la page 26. 

(2) De tous les pays que nous connaissons , la Babylonie 
est, sans contredit, le meilleur et le plus fertile en ble. . . . 
La terre y est si propre a toutes sortes de grains , qu'elle 
rapporte toujours deux cents fois autant qu'on a seme , et , 
dans quelques annees , ou elle se surpasse elle-meme , elle 

'end trois cents fois autant qu'elle a refu. Histoire d y Hero- 
dote , traduilfe du grec , par Larcher , torn, j ', p. i55. 

La grande fecondite de la Babylonie s'est en partie conser- 
Vee jusqu'anos jours ; car Olivier, qui traversait ce pays il 
y a quarante-quatre ans , dit ( J^oyage dans V empire otho- 
man, tome 11, p. 240) que les orges et les froments pro- 
duisent dans la Mesopotamie ( qui est la meme que la Baby- 
lonie ) trente a quarante fois autant que la semence confiee a 

la terre* 

(3) Hist, plant., liv. vm , chap. n. 

(4) Liv. xvni , chap. xvii. 



1 



> 
































y 




















• 


































V 






I 









I 






' I 




I 































i 

















( 62 










croire que c'est a son agriculture aiors florissante 

qu'elle devait sa force.gCe qui prouve combien , 

dans Fantiquite de ce pays , Tart de cuhiver la 

terre y fut honore , c'est que , dans les ceremonies 

consacrees, les rois , a l'ouverture de Tannee ru- 

rale , dirigeaient eux-memes la charrue et tra- 
caierit le premier sillon (1). 

Des les temps les plus recules , sous les Pharaons 
commesous les Romains , et de nos jours encore, 
cette grande province a toujours ete renommee 
pour sa fecondite (2). Tout le monde connait This- 
toire de Joseph et de ses freres y el comment, lors 
d'une famine qui affligeait le pays de Chanaan (5), 



ceux 



-ci furent envoyes par Jacob , leur pere , cher 
cher du ble en Egypte, alors gouvernee par Joseph 



premie 



et fa 



Pharaon , et q 



dans des annees d'abond 



greniers (4) p 



1 



de 



ps de d 



pi 



dont 



fassent mention , dans lequel il soil pa 



(1) Egypte ancienne > par Champollion-Figeac, p. 190 b. 

(2) On a beaucoup exagere le produit du ble egyptien , en 
le portant , comme Tont fait quelques ecrivains , a 5o, 60 et 
100 pour 1 ; en realite , il ne rend moyennement que i5 a 

* 

20. II est des annees d'abondance ou des localites favorisees , 
dans lesquelles cette proportion est depaSsee et qui donnent 

p 

jusqu'asS, 3o, 4° meme. A per cu general sur V Egypt e , par 

A.-B. Clot-Bey , tome 1 , p. 96. 

(3) Genes. , cap. xjlii , per totauu 

(4) Genes \ , cap, xli ? v. 4? > 4-8 ? 49 et 56. 






> 





































- 






■ ■'•■. ■ ;- 









► 




































( 63 

hie. Roliin (i) rapporte a environ 1700 ans avant 
'• C. l'elevation de Joseph a ['administration supe- 
rieure de l'Egypte , et M. Champollion-Figeac (2) 
la fixe a 1967 ans. 

Si les Chinois existent com me nation depuis plus 

1 
de quatre mille ans y c'est que ['agriculture est ho- 

noree chez eux comme le premier des arts (5). 














honoree a la 



(1) Histoire ancienne des Egyptiens. 

(2) Egypt e ancienne , p. 299 b. 

(3) Ce qui prouve combien 1'agriculture est 
Chine , c'est la fete solennelle qui s'y celebre chaque annee , 
depuis un temps immemorial , au commencement du prin~ 

_ 

temps. Dans cette fete, l'empereur de ce vaste empire , envi- 
ronne des princes de son sang , des grands de sa cour, des la- 
boureurs les plus recommandables , et de toute la pompe 
d'un grand souverain , conduit lui-meme la charrue et la- 
boure la terre dans un champ consacre a cet usage , et il y 
seme les cinq especes de grains regardes comme les plus ne- 
cessaires a l'homme , savoir : le froment , le riz , les feves et 
deux sortes de millet. Cette ceremonie du labourage paralt 
avoir ete etablie non-seulement comme institution politi- 
que , pour encourager 1'agriculture , mais ce qui la rend en- 
core plus imposante , c'est qu'elle est consacree par la reli- 
gion ; car l'empereur s'y prepare par trois jours de jeiine et 
il la commence par un sacrifice solennel. Cetlefete, qui se ce- 

+ 

lebre tous les ans a Pekin , est egalement solennisee avec ce- 
remonie , le meme jour, dans tout le reste de l'empire , par 
les vice-rois et les gouverneurs des provinces , accompagnes 
des principaux mandarins de leurs departements. 

Dans cette meme contree , la profession de laboureur est 
plus honorable que celie de marchand ; et , parmi piusieurs 






^s 



1 










































• 




i 



\ 

ft 




















if 








I " 






/ 



(64 






quelle cause peut-on attrib 



P 



colossale de Rome ? Qui l'a rendue la maitresse 



du mono" 



si ce n'est que , dans ses p 



rem 



temps, et meme sous les rois (i) 



S 



g 



fut 



deree comme la chose 




P 



C'est qua Rome, encore, tons les citoy 



etaient agriculteurs (2) 



et 



q 



sous la re 



pubiiq 



les consuls et les d 



apres 



avoir conduit a la victoire les armees qti 
mandaient , deposaient les faisceaux poui 



preceptes que tout mandarin ou gouverneur , soit de pro- 
vince , soit de ville , est oblige d'enseigner deux fois par 
mois au peuple assemble , on distingue celui-ci : Que la pro- 
fession des laboureurs jouisse de Festime publique , on ne 
manquera jamais de grains pour se nourrir. 

(1) Une des premieres institutions fondees par Romulus 
fut celle des pieties des champs , dont il fixa le nombre a 
douze , parmi lesquels il se plaf a lui-meme. II leur donna 
pour marque de leur sacerdoce une eouronne d'epis attaches 
avec une bandelette blanche , et cette dignite durait autant 
que la vie de celui qui en etait revetu ; car elle ne pouvait se 
perdre ni par Uexil, ni par la captivite. Pline, liv. xvm, ch. 2. 

(2) Le rang et la dignite des citoyens se reglaient, a Rome, 
suivant qu'ils etaient laboureurs ou non : les tribus de la 
campagne etaient les plus estimees ; celles de la ville , au con- 
traire , etaient meprisees , et c'etait un deshonneur d'y etre 
transfere. Pline, liv. xvm , ch. 3. 

Celui qui cultivait mal son champ etait puni par les cen- 
seurs , et , comme le rapporte Caton , on ne croyait pas pou- 
voir mieux louer un homme qu'en disant qu'il etait un bon 
laboureur. Pline , liv. xvm, ch. 3. 










































































les 



(65) 

charrue dont le vceu du senat et du peupl 
: souvent tires (i). 



Ce que l'agriculture a produit chez les pen 
anciens , elle le produira de meme chez les mo 
R es, et la France, qui , 

^4 millions d'individns. pi 



sur une 



pop 



d 



e 



li 



ons 



qui 



pent d'agriculture (2) 



peut 



quer 



( 



i 

1 



es nations les plus 
puissantes de l'Europe et meme du monde. 

Aujourd'liui un petit nombre d'hommes se nour- 
Assent uniquement du fruit des arb'res, compara- 
livement a la quantite iunombrable de ceux qui 



Les premiers Romains avaient le ble tellement en honneur, 
que la gloire fut appelee par eux adorea , du worn latin ador, 
qui est celui d'une sorte de ble. Pline , 1. c. 

Enfin , a cause de Pimporf ance qu'on attachait aux produits 
de l'agriculture , les lois des Douze Tables condamnaient a 
m ort quiconque , en age d'homme ., aurait fait paltre de nuit 
,e betail dans les bles ou les aurait coupes en vert. Pline, 

1. c 



R 



Q 



qui fut elu dictateur, Tan de 



°me 296 , fut trouve labourant son champ lorsque le mes- 

Sa ger du senat vint lui annoncer sa nomination. Voyez sur ce 

ai t Columelle, dans sa preface, et surtout Tite-Live , liv. in , 
P.5i. 

■ 
* 

■"I. Attilius Regulus etait occupe a seiner son champ lors- 
quu rer:ut la nouvelle de son election au consulat , d'ou lui 
Vi ut le nom de Seranus a screndo, Pline 9 L c. 

(2) Fortis simi viri et milites strenuissimi ex agricolis gi- 



gnuntur. Pline , lib. xviu , cap. 5. 



5 
















»■. 
















i 
































































l; 
























• 






(66) 

CultiveiU ies cereales pour en retirer leur prinei- 
pale nourriture. Ce n'est guere que dans les cli- 
mats extraordinairement favorises de la nature , 
dans lesquels regnent un printemps et un ere con- 
tinuels , qui font, produire aux arbres des fruits 
en abondance et sans interruption , que quelques 
peuples sauvages ou a demi sauvages out conti- 



f \ 



nue a se nournr c 



fruits ou cles sub 



immediatement des arbres. Ainsi ie cocotier, dans 
certaines parties des hides , suffit aux besoins peu 
nombreux des hommes de ces contrees ; les natu- 
rals des lies de la raer du Sud se nourrissent pres- 
que uniquement des fruits du jaquier decoupe, vul- 
gaireraent arbre a pain (artocarpus incisa , Lamk.); 
les habitants des Moluques et iles voisines , outre 
l'arbre a pain , se nourrissent aussi de sagou r K sa- 
gus farinifera) ; quelques peuplades d'Afriq 
vivent toujours des fruits du zizyphus lotus , comni 
les anciens lotophages dont parle Homere. Si d'ail 
Wrslra rlattes et les fifties font encore une srande 



» 



h 



fc> 



et 



partie de la nourriture des Persans , des Eyptiei 
des habitants de la Moree , de 1'Archipel grec 
de laBarbarie,c'est seulement dans les classes pau- 
vres"; mais le ble est cuitive dans tons ces pays 
pour servir d'aliment principal. Si , dans certaines 
parties des cotes septentrionalesdel'Afrique etdans 
quelques provinces meridionales de l'Espagne et 
du Portugal , on mange encore les glands doux de 
quelques especes de chenes , et principalement du 
quercus ballota, Desf., cette nourriture, de meme 















































-■ - - V 


























( °7 ) 



/ 



queceliedeschaiaig 



le Li 



Ce 



A 



imousin , l'ile de Corse , et en Italie , dans les 



pennins, est nniq 



d; 



pa 



des gens du peuple et d 



P 



dans les viiles; car, dans tons pes pays, les classes 
aisees font usage du pain. 



On 



done dire q 



d 



r 



fruits des arbres. Ges masses "isantes 









I 

ques qui elevent dans les airs leurs tetes superbe 
qui, pendant des siecles, bravent les rigueurs des 
hivers et le soleil bruiant des etes > ont cede a 

d'humbles plantes, que la meme annee voit naitre 



h 



couvre de ses mois 



sons dorees la plus grande partie de FEurope; 
dans les con trees ttmperees de l'Asie, on le trouve 
en Orient corame en Occident, car le froment est 
cultive indistinctement dans toutes les provinces 



de la Chine (plus seulement dans celles du nord, 
°u, en general, dans celles qui sont monlagneuses), 
de meme que dans la Natolie , la Syrie, la Perse, etc. 
Les cotes septentrionales de I'Afrique produisent 
toujours du ble com me du temps des Romains, 
mais en moins grande quantite, a cause de la bar- 
wane qui afflige aujourd'hui ce beau pays. Espe- 
r ons cependant que la partie qui a ete conquise 
par la France pourra, sous de plus douces lois, 
^prendre son ancienne et merveilleuse fertilite. 
Apres les pays de Fancieu continent, oil le ble a 






f 

■ 





















































i 







/ 











































































I 



( 68 ) • 

ete cultive presque de temps immemorial, ce grain 
a ete transplants par les Hollandais, au cap de 
Bonne-Esperance, ou il a bien renssi. Enfin les 



A 



chi 
spl: 



P 



( 



ie leurs colonies de 1'autre hemi 



et 



q 



vard'htii 
Nord, d 



de vastes contrees dans 



celle 



Sud 



m 



se couvrent , c 




ue annee 



TAustralie 

de riches moissons. 

Apres le ble, les principalis cereales les plus 

cultivates pour la nourriture des homines sont le 
riz, que toutes les nations indienncs de 1'Asie pre- 
ferenl an pain; le ma'is, que nous devons a i'Ame- 
rique meridionale et qui , avant la venue des Eu- 
ropeens dans cette partie du monde, faisait la prin- 
cipale nourriture des Peruviens. Le mais concourt 

rnaintenant, avec le hie, a servir d'aliment 

■ 

dans plusieurs parties du midi etdu milieu del'Eu- 

rope. Plusieurs millets appartenant aux genres 
holcus, panicum et sorghum font la nourriture 

1 

presque unique de tous les peuples noirs de 1'Afri- 
que et de quelques habitants de 1'Asie. Enfin le 
seigle et Forge remplacent le froment dans les par- 
ties de rEuropeou, soit a cause de la rigueur du 
froid, soit a cause de la qualile inferieure des ter- 

res , le ble ne peut reussir. 


















I 






















; 






I 


















• ■ .■■ :. •: 







' '- ,';■ 

























(69) 






CHAPITRE VII. 



Du grand nombre de varietes de froment exis- 
tantes de nos jours; des especes connues des an- 
ciens; de celles admises par Linne et par les 




hotanistes modernes. 






temps que je m'occupe des especes et d 



v arietes de froment. Quant aux p 



deja vu, pi 

differentes 



tiaut, qu 
unes des 



existait 




P 



chose indubitable 



peces, de merne que presque toutes les plantes qu 
: ete cultivees depuis tres-longtemps, ont pro- 
t un grand nombre de varietes, et ce nombn 



du 



est d'autant pi 
sortes de frome 



derable que les di verses 



getaux les plus anciennement sounds a la culture, 
comme ils sont aussi les plus repandus sur la sur- 
face du globe. 

En 2827, le jardin de la compagnie des apothi- 
caires de Londres (1), situea Chelsea, pres de cette 
v dle, renfermait plus de deux cents especes ou 
v arietes de ble, sans y comprendre un grand nom- 



bre d' 



orges et d'avoines. Aujourd'hui on trouve 




(1) Revue britamiique > tome i4 ? p. 171. 






I 









t 







\ 



. 




















































* * 1 






- - 



■ 



HPV 

















































• 




I 






















■ | 



' i 
















































en France, en Ailemagne et ailleurs plusieurs col 
lections particulieres qui egalent ce nombre et qi 
rneme le surpassent de beaucoup. Ainsi 



1 



celle 



Philippar cultive aux environs de V 



q 



compte pas moins de trois cent vingt-deux fro- 
merits, sans parler des seigles , des orges et des 
avoines. 

Jecroisqu'ilest fort difficile d'expliquer les causes 
qui ont pu eontribuer a la formation des nombreu- 
ses varietes defroment que nous possedons aujour- 
d'hui; j'y reviendrai un peu plus tard Je dirai seu- 
lement, pour le present, que, cornme on pent 



P 




d 



qu'une Ion 

■ 

mats et des terrains differents a du avoir une grande 
influence sur la formation de ces diverses varietes, 

7 en avait moins autrefois que 
le les anciens en ont moins 



q 



de nos fours , et 

connu que nous n'en connaissons maintenant. 

x 

Ce qu'on trouve a ce sujet, dans Caton, Varron, 
Columelle, Pline etPalladius, doit faire croire, en 
effet, que les especes et surtout les varietes de ble 
cultivees par les Romains etaient assez restreintes, 



comparativement a cedes q 



possed 



maintenant. Les anciens n'etaient pas 



me 



nous 



dans I'usage de reunir, sous un meme 



nom generique, les especes qui se rapprochaient 
par certains caracteres communs et certains rap- 
ports de forme, de sorte que chez les Romains, 

par exemple, chaque espece de bte portait un nom 
particulier. 






























\ 



i 


















. .;» ■ .. . . ■ . * - 



■': ■' ' ■;' ' 


























■ 


















a ce s 



(7' 

), chez lequel on trotive plus de d 
que dans les autres auteurs latin 



qui 



est 



qu 



1 ont precede, fait mention de six especes de fro- 
uient sons les noms de/<2r, de siligo , <Xarinca y de 
z ea t d'olyra et de typhe. 

Be tons ces f roments , le far 

m 

uiodernes ont reconnu avec le plus de certitude 
ponr etre 1'epeautre, triticum spelta de Linne. Ce 
qui permet de reconnaitre cette espece,sayis aucun 
doute, c'est que tous les auteurs anciens qui en 



'- 









P 



e sont accordes a dire que ce grain se 



sernait avec son enveloppe, ce qui, en effet, est 
particulier a 1'epeautre, dont les balles, adherant 
Wement au grain, n'en peuvent etre separees que 
difficilement , ce qui fait que, de nos jours 






Went, on 

i 

dalles. 



la se 



me 



pp 



de fi 
d 



e ses 



qui acheve de bien caracteriser le fc 



que Pline ajoute que c'est le pi 
fromenl 

1'hiver ; 
labonrp 



( 



le tous les 



qn'il resiste le mielix aux rigueurs de 



qu'il s'accommode des 



froid 



mal 



\ . 



ch 



1 



e meme 



i bien que de ceux qui son 
;st en effet positif. Le/#r, di 
r, a ete la premiere nourri 
qui lenommaient aussi ado 



des 



le nom que porte en latin la farine (farina) indiq 



d 



qn'il est venu de/* 



Le siligo est moins bien caracterise par Pline 




(0 Lay, xviii ? chap. 8. 







1 





















&*. 































r 































." 







"^* 


























































I 
I 



J 4 












s 







i 












I 





























1 









72 



/ 



Oil 1 



epe 



P 



ce 



q 

d 



a le 



rapporter a notre froment 
hybemum de Linne. En effe 



barb 



), lesiligo est tendre, il laisse fa 



chapper ses grains lors de la matu 
3iirs son e'pi droit, qui ne retient p 



q 



fioments imberbes qu'a ceux 
barbes, parce que ces barb 



qu 



rendant 



les epis plus pesants, J< 
a s'incliner, en meme 



ps qu 



desoluie'i. Le sil 



fa 



fait d 



Scrmtur domino 



fi 






Satire V, v. 70 



Cette propriete s'accorde encore avec ce que 
l'on sait aujourd'hui des bles imberbes qui sont 
generalement preferes par les cultivateurs comme 
ayant cette qualite (2). 



\ 



(1) Liv. xvin , cliap. 10. 

(2) II est cependant des bles barbus qui possedent les 
memes qualites ; ainsi, a Aries, en Provence, Tune des villes 
de France ou Ton mange le meilleur pain ; celui-ci , d'apres 
V observation de M. le baron de Riviere , n'est fait qu'avec 
une sorte de ble barbu nomme saissette dans le pays , ou le 
ble est ? en general 7 le plus beau d§ h province. 


















\ 






$ 











' •<■'•- 
































parce q 



on connaissait 



'ticum mono caecum. Pline 




uant aux quatre antres sortes 



froment 



mentionnees par Pline, ellessontbien moinsfa 

a determiner. 



fait 2 



que lesnommer. Cependant on a pense queYoly 



pece d'ep 



I 



m _ 

que le far (i) 



Q a point de barbes de meme que le sil 



d 



pporter Yolyra a une variete barb 



u Iriticum sj 



wlta. En 



ypt 



on 



fa 



avec 




Yolyra une bouillie pour les enfants (a). 

Dioscoride (3), qui a parle du zea y endistin 
deux sortesydans lesquelleson peut assez bien re- 
connaitre le iriticum monococcum de Linne et 

* 

Une variete queleonque du T. spelta du meme au- 
teur; le premier caracterise par sa graine solitaire 
dans son enveloppe, et le second par ses grains 
conjoints deux a deux. Aureste, les Latins faisaient 
avec le zea une sorte de grain monde auquel ils 
donnaient le nom d'alica (4) et qu'ils preparaient 
en le triturant dans des mortiers de bois, afin de 

i 

n'en pas briser le grain , ainsi que cela aurait pu 
arriver en employant des mortiers de pierre. Le 

4 

zea , plus comraun dans 1'Orient, se trouvait aussi 
en Italic , et principalement dans la Campanie, 



(i) Liv. xvin , ch. io. 

(2) Pline , liv. xxu , chap. 

(3) Lib. in , cap. 3. 

(4) Pline , lib. xvin , cap. 1 1 



%5 










































I 



•'. 



w 












K ~ 








/ 







































I 













/ 



ij 













1 



• i 












\ 



74) 



Dans les pays cm il e"tait en usage, on ne connais- 

sait pas \tfar (i). 

Le pere Ardouin, commentateur de Pline, pre- 
tend que Yarlnca est une sorte de ble qui, de son 
temps, se nommait rigueten Dauphine. Cette opi- 
nion est probablernent tres-hasardee, car elle se 
trouve uniquement fondee sur une etymologie 
eile-meme fort incertaine, tiree dn mot rygar, nom 
d'un ble chez les anciens Goths, et lequel nom se- 
rait lui-meme une inversion du celtique at rig ou 
arring , qui serait aussi le nom du ble dans cette 

* 

derniere langue. Ce que Pline ajoute (2), c'est que 
Yarinca faisait de tres-bon pain, qn'ii avait son 
epi plus grand, plus epais et plus pesant que le 
far. D*hpres ces derniers caracteres, pourrait-on 
croire que Yarinca appartint au triticum turgi- 

dum de Linne? Ce qui pourrait servir a confirmer 
cette opinion, c'est que, d'un autre passage du na- 
turaliste latin (3), on est en droit de conclure, ce 
mesemble, que les Romains out connu ce fro- 
ment, le seul qui soit veritablement a quatre 
rangs de barbes. Uarinca etait d'ailleurs particu- 
ier aux Gaules, et cependant on en trouvait 
beaucoup en Italie (4). < 



(1) Pline , lib. xvm , cap. 8. 

(2) Livre xvin, chap. 10. 

* 

(3) Omnium satorum fructus , aut spicis continentur^ ut tri- 
ticiy hordei, muniturque vallo aristarum quadruplici '. Lib. xvin, 

eap. 7* 

(4) Liv. xvin, chap. 8. 





















.1 










\ 



* 












.*■... 






























75) 

* 

he typhe, ainsi que Xolyra et le zea, &ait, selori 
Pline (i), propre a l'Egyple, a la Syrie et autres 

contrees de 1'Orient; on en faisait un strain raonde 



qui ressemblait an riz. II est impossible, d'apresdes 
indications aussi vagues, de former aucune con- 
jecture sur i'espece de froment a laquelle on 
pourrait rapporter ce grain y et Theophraste (2) 



5 t 



n eclaircit nullement la question en disant que, si 
°n semait le typha apres 1'avoir mondeAl se 

changerait en ble la troisieme annee. * 

Athenee (3) parle, d'ailleurs, do typhe dans deux 
passages (4) \ et il dit , dans le dernier, que le pain 
qui en est fait a i'avantage de mieux nourrir que 

la maze (une autre sorte de pain), parce que la di- 
geslion s'en fait avec assez de facilite. 

Outre ies six especes de froment pariiculiere- 
ment mentionnees par Pline, on peut croire que 
les Romains out connu le triticum compositum de 
Linne fils, que nous nommons vulgairement ble 
de miracle ; car c'est bien probabiement de cette 

espece que le naturaliste latin (5) a voulu parler 
sous le nom de froment rameux 011 a cent grains. 






(i) Liv. xviii, chap. 8 el 10. 

(2) Hist. Plant., liv. 11, chap. 5. ( 

(3) Le Banquet des Savants, par Athenee, traduit par Le- 
febvre de Villebrune, torn. 1, p. !\i5 et 4^4- 

"(4) Liv. in, chap. 2.5 et 29, " : '* * 

(5) F ertilissima trltici genera , ramosum aut centigrana 

Pline, lib. xvni, cap. 10. 















































































T 





























































































• 



















I 



PI 



( 76 ) 

pent encore aj outer aux autres especes 

nomine simplement'/r/l/ca/H 






qu'il 



^^ 



com 



dont il parle dans plusieurs passages (: 
etant distinct du siligo ; et rien , je pense , ne s'op- 
pose a ce qu'on puisse rapporter cette autre espece 
au triticum cestivum de Linne. Ce qui peut servira 
confirmer cette opinion, c'est que le naturaliste la- 
tin clit posiiivement (2) que , clans certains pays , 



siligo 



b 



de deux ans , en 






q 



ni ont 



e changement ne repugne nullem 
de voir de plusieurs botanistes mod 
iuni , comme ne formant qu'une 



espece , les triticum cestivum et hybernum de Lin- 
ne ; le premier , selon ces auteurs , etant sujet a 
perdre ses barbes , et le second pouvant, au con- 

traire, en prendre. Dans ce dernier eas, ce ble serait 
bien le triticum des anciens. 

Columelle, qui ecrivait environ quarante ans 
avant Pline, fait mention d'une autre sorte de fro- 



merit dont le dernier n'a cependant pas parle, c'est 
le rohus, qui pa rait , comme le siligo , etre line 
variete du froment imberbe ( triticum hybernum, 
Lin. ). G'etait, selon Columelle , line espece qu'on 
devait s'attacher a semer de preference , parce 
qu'elle etait plus pesante et plus blanche que les 
autres (3). 






(1) Liv. xviii, chap. 7, 17, 21, %%, et liv. xxii, chap. 



25. 



(2) Liv. xviii , chap. 8, 

(3) Tritici genera quamplura cognovimus : verum ex his 






1 
























■L*: 






























I 



77 



C etait par ies noras descontrees etdes provinces 
°n les bles croissaient que les anciens designaient 



le plus souvent les varietes qu'ils connaissaient : 
amsi les Romains avaient des bles qu'ils appelaient 
d'ltalie, de Beotie, de Sicile, de Thrace, de Syrie, 
d'Egypte, etc. ; raais, comme je l'ai deja fait ob- 
server , il ne parait pas qu'ils eussent un aussi 
grand nombre de varietes que nous en possedons, 
°u peut-etre ne mettaient-ils pas tan't detention a 
les distinguer. Ce qu'il y a de certain, c'estqne le 
nombre de celles que Plme a citees est tres- 



b 



orne. 




e qui inerite d'ailleurs d'etre remarque, c'est 



qu 



mb 



des 



qu 



correspond 



fait au nom 



de celles q 



Linne avait d'abord etablies , et j'ai fait voir, 




s 



qu 



certain , ou au moins tres- 



probable , que plusieurs de celles du naturaliste 
latin fussent les memes que celles dn botaniste sue- 
dois. Ge dernier , dans la seconde edition de son 
Species plantarum, a fait mention de six especes de 



fr 



proprement aites , q 



i° le triticum 



Wonococcum ; i° le triticum spelta ; 3° le tr. po 



lo 



6 



4° le tr. cestivum ; 5° le //'. hyber 
•gidum. Linne fils y a ajoute d 
mositum, Desfontaines le tr. di 



M. Seringe le tr. amyleum 3 qu 



~r 



ntaxime serendum est, quod robus dictus, quoniam ct ponder c 
a nitorc prcvstet. Lib. n ? cap. 6. 



- 














1 













\ 


































1 

































































I 
I 















/ 






\ 













i 7* 



\ 









/< 



a 



! 



ces trois (iermeres 



qu'aux depens d 
n'est qu'une divis 



P 



ne sont formees 



gidum , et la troisieme 
r. spelta. An contraire, 



fontaines, M. Seringe et M. Philippar reu 



de 



hybe 



sous ie norn 



pen d 



d 



s ou de sativum. Ii y a, d'ailleurs, 
:cord entre les botanistes an sujet 
qui doivent constituer les especes, 



car Desfontaines a 

zea, Hort. gram. 3 



q 



corame telle (i) 



3o , qui 
hybernun 




q 



'il 



en 



soit, je ne discuterai p 



la valeur de toutes 



les 



es 



pec 



r . 9 



qui n out pas ete me 



Linne. J'ai exclu cette discussion du 



mon travail , 




n 



q 



( 



lit 



il 



de 



me 



suffit d'avoir donne ici des indications 2 

ce sujet. 









(1) Catalogus Planlarum horti regiiparisiensis ( 1 829), p. 1 8. 




























































.! 





















\ 






^ 








































■ 



79 









CHAHTRE VIII. 









d quelles causes petit- on attribuer les nombreuses 
varietes cle froment ? Est-ce au transport du ble 

* 

dans differents climats ou a Vhybridite? 




| Je reviens aux varietes dont nous possedor 
POis ? ainsi que je viens de le dire , un bien 
grand nombre que les Remains. Mais, comme 
presque toujours neglige de nous faire conna 
quelle epoque les diverses varietes connues d< 
jours sont apparues 



da 



fort 



difficile, pour ne pas dire impossible 



quelle cause ii faut rapporter 



les causes 



qu 



differences quelles presentent 
J'avais pense jusqu'ici qu'u 
avaient produitun si grand nombre de varietes dans 
les .different es especes de froment pouvait bien etre 
due a la formation des hybrides,ainsi qu'il parait s'en 
etre forme dans plusieurs autres plantes, dans le 
niais, parexemple, et comme, surtout depuis quel- 
ques annees, beaucoupd'horticulteurs se sont plu a 
en faire naitre dans certains genres. Le contraire , 
cependant, m'a paru avoir lieu < 
ayantcherche, pendant differentes heures du jour, 
a voir quel etait 1'etat de la fleur au moment ou 
s'operait la fecondation, et dans quel instant de la 
journee elle avail lieu , je n'ai jamais pu voir 



/ 














\ 













































( 8o 

















































































. 












/ 












4 '-' 













■ 






qu'une seule fois , et 



sur les quatre heures de 
l'apres-midi , quelques balles des fleurs de froment 
assez ouvertes sur un petit norabre d'epis pour y 
distinguer a la fois toutes les parties des deux sexes. 
Cette observation m'a fait soupconner que, dans 

ee genre , les noces devaient le plus souvent se ce- 
lebrera huis clos. Effectiveinent, dans le plus grand 

nombre des epis que j'ai examines , les balles ou 
calices , an lieu de s'ecarter par un angle plus ou 
moins ouvert, comme, par exemple, dans le lolium 
perenne, plusieurs aim etbeaucoup d'autresgrami- 

* 

nees, restent habhuellementappliqiiees l'une contre 
fautre, durant une grande partie de la floraison. Ce 
ri'est que lorsque la feconclation est deja accomplie 
que les balles s'ecartent tant soit peu par leur partie 
superieure pour donner issue aux antheres ; et les 

balles ne xn'ont parii s'ecarter que de l'epaisseur 
de ces organes , qui eux-memes n'ont que tres- 
peu d'epaisseur , et qui , des lors , en ont d'autant 
moins qu'ils sont a raoitie vides de leur pollen ou 
poussiere fecondante. Ce qu'il y a de certain, c'est 
qu'ayant ouvert de vive force plusieurs fleurs dont 
les etamines n'avaient point encore fait saillie en 
dehors du sommet des balles , j'ai trouve les an- 
theres ouvertes et deja vides au quart ou a moitie 
de leur pollen , et j'ai vu tres-distinctement celui- 
ci epanche sur les stigmales multifides , dans les- 
quels les deux styles sont divises et form en t deux 
especes de petits plumets divergents. 

Au reste, je ne preseiite qu'avec reserve ma fa- 



































I 






. 



/ 



■ 















~ V 















s 












\ 







• 


















(8. ) 



$on ile voir sur Ja fecondation du ble a huis clos ; 
ca r je dois dire que la phipart des auteurs qui ont 
ec nt sur ce sujet sont d'une opinion contraire a la 
™ienne. L'abbe Ponceiet , auquel on doit tine His- 
toire naturelle du froment 7 avec des planches , a 
re presente, dans la cinquieme, tousles organes de la 
tecondation parfaitement a decouvert; mais cela ne 
s °pposerait pas a ce que la fecondation de Fovaire 
n e s opera t avant la saillie des etamines hors de la 
fleur. Depuis l'abbe Ponceiet , M. Lecouteur (i) , 
^ a ns un memoire rerapli de fails interessants sur 
* e $ froments, parle beaucoup des hybrides et parait 
c roire a leur possibility. Ce que je puis assurer a 

Ce sujet, e'est que, depuis huit ans que je m'oc- 
c upe de la culture des froments , et depuis l'annee 
*836 surtout , ou je n'en ai pas seme moins de ioo 
a 200 varietes par an , je n'ai point encore vu ap- 
P^raitre de plantes hybrides dans mes petites mois- 







s °ns , quoique mes especes on varietes aient tou- 
3 ours ete semees tres-pres les unes des autres ; j'ai 
Se ulernent vu assez souvent , dans des bles qui m'a- 
v aient etedonnes, quelques epis d'une variete meles 
P^rmi ceux d'une autre; mais, comme ces epis diffe- 
r 6nts appartenaient a des varietes connues, j'ai tou- 
3°urs cm devoir attribuer leur melange a quelques 



(0 Memoire sur les froments, par M. John Lecouteur, tra- 
au *t de l'anglais, par M. Malepeyre aine, dans le Journal des 
rci vaux de V Academic de Vinduslrie francaise, vol. vm, p. 37 
et suivantes. 
























^^■^ 



















r 




I 




















*■ 









































A 





































(82 ) • 

rains etrangcrs qui avaient ete confondus a Fes- 
pece principale par tine cause quelconque. Dans les 

varietes que j'airecueillies moi-meme je n'ai jamais 




* 



vu pareilie chose arriver. Je me propose, d'ailleurs, 
de verifier de nouveau le fait important de la fe- 
condation du froment . lorsque je pourrai , Tele 



P 



voir ceite cereale en fleur ; mais un 



V.' 



derni 



ler 



P 



e due 



|ue je 11 ai 



qui map 



voyage cVun mois c] 

dant la fletiraison d 

pu en observer qu 1 

stir lesquels j Yt vu 

HD'apres cette cor 

particuiiere aux froments proprernent dits, car elle 

n'est pas la me me dans ceux qui n'appartiennent 

point aux cereales, il doit etre infiniment difficile, 
sinon impossible , qu'il puisse se former d'es hy- 

brides dans ce genre, et mesne qu'il s'en soit jamais 
forme, si la fecondation s'opere effectivement a 

I 

huis clos, et si e'est seulement lorsqu'elle est com- 
plete quelesetamines, deventies superflues, se font 
jour au dehors des fleurs. 

Ils'ensuivrait de la, ce me semble, si mon ob- 
servation est exacte, que ni les piuies trop abon- 

dantes,ni les vents trop violents nepourraient nuire 
a la. fecondation des bles , puisque la poussiere 

des etamines, emportee par rune on ran I re cause, 
n'est plus qu'un.e chose desormais superfine pour 



Povaire qui 
vie qui doi 



deja regu tons les prineipes de 



cieux auquel 7 dans 1 



en ce grain p 

)1 des societes. 



se 


















: 

























85 > 



j 



* 

nipporte la plus grande partie Cm la subsislauee 
des peuples ; ef^ s'ii en est veritablement ainsi, ne 
devons-nous pas admirer celte prevoyance rrier- 
veilleuse de la nature pour assurer la formation, 
quand rneme, de la semence dont l'h om me devait 



teire sa principale nourritnre? 

J'ai pense trop tard a fair® mi examen appro- 
fondi des fleurs du fronient; il nV avait plus alors 
qu'un petit, nombre d'epis qui fussent propres 

a etre observes , et f sous ce rapport , lei observa- 
tions que |ai faites ont besoin d'etre repetees et 



Verifiees ; 



• • 



inais ? si je ne 



ftie sembie qu'elles sont d'une grande importance. 
Dans la supposition ou mes observations sur la 

fecondation des froments a huis clos seraient exac- 
tes , il faudrait chercher ailleurs que dans llivbri- 
dite les causes de la formation des varietes. Mais 
comment tant de varietes nombreuses ont-elles pu 
se former, comment ont-elles ete produites? Deja , 
on a pense avant moi qu'i! fallait atiribuer 1'exis- 
tence de toutes les varietes que nous eonnaissons 



fluences differentes que le b 



P 



c 



I a n s 



g 



recevoir 

■ 

de con- 



trees diverses , oil la d 



des terrains , des climats , des temperatures et des 



l • r 






tions qui ont plus ou rnoins altere, en app'arence, 
certaines de ses formes les moins essentielles j et 

| 

Une fois ces modifications imprimees , elles sont, 
a ce qu'ii parait, susceptibles de se perpetuer pen- 



me suis pas trompe, ii ' 











\ 






























;■ 






; 















s 









I 


















/ 



















■i 























































'- 


















t 



( 84 ) 





















































V: 






: 



i 


















i 






■■■ 



clant uii nombre phis on moins considerable de 

generations successives. 

Je suis daccord sur la formation des varietes 
avec tons les botanistes et tons les agronomes , qui 
les attribuent aux causes que je viens de dire ; mais 
je ne crois pas que la culture ait jamais pu avoir 
beaucoup d'influence sur la production des varie- 
tes du froment , car la culture de cette plante est 
trop simple, cotnme je I'ai dejadit ; eile a ton jours 









■ 




;., 



\ 



- 


















: 



V I 









ete tres-simple 5 et , dans tons les lieux de la terre 

ou Ton cultive le ble , la maniere de le cultiver ne 

differe pas assez pour qu'elle puisse lui avoir fait 

produire tant de modifications diverses que nous 

observons dans ies differentes especes. G'est done 
principalement aux causes que j'ai enumerees un 

pen plus haut, bien plus qu'a la culture , qu'il faut 
attribuer la formation des varietes* 

J'ai ete confirme dans cette opinion par Tin- 
spection de plusieurs varietes venant d'Egypte ou 
recueillies aux environs de Montpellier, que M. Raf- 
feneau-Delile a bien voulu me communiquer der- 
nierement. La plus grande partie d'entre elles dif- 
ferent totalement de celles qui sont cultivees aux 
environs de Paris 3 et bien probablement e'est sous 
Tinfluence de la temperature de 1'Egypte et du midi 
de la France qu'elles se sont formees. 

Les especes et les varietes de froment ne sont 
done pas les raeraes dans tous les pays , et celles 
qui sont les memes iront pas partout des noms 
semblables; d'ou vient que, a ne considerer que les 






, 






















■ ■ 














( 85 ) 

» ■ 

noms, nous aurions un bien plus grand nombre 
de varietes qu'il n'en existe reellement. Ce nombre 

serait meme presque mfini, si Ton admettait pour 
varietes distinctes tout ce qui est cultive sous des 
noms divers ; mais line grande partie des varietes 
designees sous des noms dissemblables ne different 
tres-souvent que par des nuances si legeres , ou 
meme ne different point , si ce n'est par Ies noms 
qu'on leur a imposes. D'apres cela, ii est a croire 
que, lorsqu'on les aura mieux etudiees qu'on ne 
l'a fait jusqu'ici ,on devra en reduire beaucoup le 

nombre. 

■ 

. ■ 

Nulle plante, peut-etre, n'est susceptible de re- 

- 

sister a rinfluence des climats com me le ble. 



r 






L'homme Pa transported avec lui dans toutes les 
cpntrees ou il a ete s'etablir, et elle a reussi pres- 
que partout. On cultive le froment dans Phemi- 
sphere septentrional , depuis sept a huit degres au- 
dessous du cercle polaire jusque dans le voisinage 
u tropique du Cancer, et dans Phemisphere meri- 
dionale, s'ii ne s'est pas etendu aussi loin vers le 

! 

pole antarctique, c'cst que les terres lui ont man- 
que, mais i) est naturalise dans une grande parlie 
de la Nouvelle-Hollande et a la pointe du conti- 
nent africain; on le retrouve d'ailleurs a Tile de 
France, sous le vingtieme parallele, et a Rio-Ja- 
neiro (iji presque sousle tropique duCapricorne.il 



(0 Le ble croit et prospere aux environs de Rio-Janeiro, 
et selon F observation de M. Barrow, attache & Fambassade 






































*i 



-■ *' 

























































86 ) 

* 

fc'y a que les extremes du froid et de la chaleur (i) 
qui lui soient contraires. 

D'apres cela, le froment ne peut vegeter dans 









H 



de lord Macartney, en Chine, il s'y eleve a une plus grande 
hauteur qu'en Europe. Voyez le Fay age de lord Marcartney 
a la Chine (i 792-1794), torn. 1 , p. ^32. 

(1) Duliamel \ au milieu de juillet 1754 , le therrnometre 
inarquant 3 1 degres dans la plus forte chaleur clu jour, a fait 
des experiences, desquelles il parait resulter que les trains 
du ble ne peuvent germer qu'en tres-petite quantite lors- 
qu'on les seme exposes a cette temperature elevee ; en effet, 

- 

la chaleur s'etant maintenue a peu pies au meme degre pen- 
dant le reste de juillet et pendant une partiedu mois d'aout, 
Duhamel repeta son experience jnsqu'a trois ibis. Dans la 
premiere, il ne leva que seize grains sur quatre-vingts qui 



avaient ete semes ; dans la seconde, il n'en parut que qualre 
hors de terre sur cinquante; et dans la troisieipe, sur soixante 
grains, il n'y en eut que six qui leverent. A la verite Duha- 
mel n'arrosa point ses grains de ble apres les avoir semes, et 



* 



la secheresse fut extreme pendant tout le temps qu'ils reste- 






rent en terre; ensuite, quand il les fit arroser, au bout de 
trois semaines, cela fut inutile, il n'en leva pas un grain de 
plus. Voyez Duhamel, Trade de la culture des grains, torn. A\ 

p. 4 xo - 

De nouvelles observations , faites avec plus de precision, 
ont place la limite de la germination du froment a 45 degres 
centigrades. Voyez De V influence de la temperature sur la ger- 
mination, memoire lu a TAcademie des sciences, le 3 fevrier 
1 833, par MM. Edwards et Colin, et insere dans les Annates 
des sciences naturclles, partie botanique, torn. 1, a e serie, 

p. 2$,7« 























■•■-.■• 











1 



es regions equatoriales, a moms 



que 



ce ne soit 






5 



Quito (i) 



g 



* ■ 

ble reussit hie 



hau 



teur de cette ville est a une grrande elevation , 

P.uisqu'elle est a 2,908 metres de hauteur absolue 
au-dessiis dp la mer. Sous d'autres latitudes eloi- 






gnees de l'equateur, sous lie quarante 
gre, par exemple, dans les Alpes d 



• * 



X 



c'est a une hauteur de 1,600 metres, selon l'obser 



vation 



d 









q 









me de la vegetation pour cette cereale. L.e me 




M 



dans 



le 



Q 



fermait le premier froment dont Fray Jodoro Rixi de Gante, 
*noine franciscain, natif de Gand, fit des semis dans la ville. 







b 






plazuella de San-Francisco, apres qu'on eut abattu la foret 
qui s'elendait de la ju'squ'au pied du volcan de Pichincha. 
Tableaux de la Nature, par A. de Humboldt, traduits de 
J'allemand par J.-B. Eyries. Paris, 1828, in-8 , torn. 1, 
P. 164. 



Je trouve, dans le meme ouvrage, un fait curieux sur l'e- 



Mex 



e t je crois devoir le rapporter ici. « Uii esclave negre de Fer- 
uand^-Cortez fut le premier qui cultiva le froment dans la 
Nouvelle-Espagne ; il en trouva trois grains parmi du riz 
qu'on avait apporte d' Espague pour i'approvisionnement de 



Varr 



64 



(2) Annates des sciences et de V industries du mldi de la 



Fr 






- 

ance, torn. 3, p. 85 










i 





















: 












1 














I 









I I 



















I 












( 88 

| 

decin naturaliste fait encore observer que, clans les 
niemes montagnes, le b!e rrmrit a des epoques c!if- 
ferentes , selon la hauteur a laquelle il croit. Ainsi, 

la temperature baissant d'un degre dans ces mon- 



gnes, a rnesure que le sol s'eleve de 200 m 



ob 



qui deja avait 



fait 



( 



S 



temps par les phys 

ierature apporte 



cet abaissement de 



em 



cl 




jours 



pt jours et 



dans Pepoque de la recolte du fi 



ment, toufes choses egaies d'ailleurs. Effect 



ment , selon 



poq 



de 



grande moisson est, en general , a Aries, qi 
qu'a 7 lieues de ia Mediterranee et presque 



d 



rivages, du 



5 



656 metres 



d 



mer, ce qui donnerait vingt-trois ou vingt-quatre 



jours 



de 



poque 






in 



9 jimlet, et c est precisement ce qui a lieu. Alios 
st plus eleve que Eigne de 800 metres; la grande 
S>isson ne devrait sy faire, d'apres ce calcul, que 



vingt-huit jours apr* 
au 20 aoul, et c'est 

observe (1). 



gne, c*est-a-d 



1 



(!U I 



5 



q 






potageres aband 



que nos pi 



venues sauvages; mais il est au moins certain qu'il 
















(0 Docteur Honorat, Annates deja citees, torn, 2, p. is*4 



et i?.5. 










f 



t 



■■• 













est 



( 8 9 ) 

possible de taire passer, en pen de temp 



eelles-ci de l'etat sauvage a l'etat d'anielioration 

tout semblable a celui dans lequel la eulture les 

niaintient. Ainsi il n'y a que quelques annees en- 
core que M. Vilmorin a obtenu, apres deux serais 



fsd 



t> 






beaucoup moins grosse que le petit 



doiorf. imp. rarinp amelioree. d 



& 



gal a celui des bonnes carottes cultivees (1) 
II serait curieux de voir ce que devie 



d 



le 



laissait se 



ble*si, ^Tabandonnant a 



la nature, on lo 



emen 




sieurs annees de suite dans un terrain inculte. 
Pourrait-il degenerer ainsi que le pensait Buffon? 
Pour moi , je rie suis pas dispose a le croire d'apres 
l'exemple des six pieds de ble que j'ai trouves dans 



friche > et que 



1 



memo 






g 



■ 

from en t est aujourd'hui repandu d 
1 nombre des contrees de Tancien 



.r 



meme du nouveau , et il est a croire que, que 



que soit le pays dont il ait ete transports primiti- 
vement dans des climats si diffe rents sous le rap- 
port du sol, de la temperature et de imposition, 

il a du, par la suite des temps et de ce transport, 
subir d'importantes modifications; mais jusqu'a 



(1) Annates de la Sociele royale d 9 horticulture de Paris, 

■ 

i836 ? torn. i8, p. 85. 



































■ » 








I 

I ; 
















I I 














■ I 



( 9° 



quel point ces modifications peuvent-elles all.er et 
en changer Faspect, c'est ce qu'il est impossible 
de determiner d'une manier.e positive , parce que 
nous n'avons pas, que jesache, d'observations suf- 



fis 






Depuis quelque temp 






p 



ont pris so in de 



b 



les especes et 



de cereales qti'ils ont pu se p 



d 



et 



x 



mat ion fera b 






que les esp 



et les varietes seront mieux observees qu'elles ne 



ii 



certain que ces ecoles contribuent a nous faire.ob- 
tenir un plus grand nombre de varietes, puisque 
nous avons vu plus haut qu'il est extremement 



qu'il puisse s'y former des hy 



que 
1'infl 



les 



1 IV.1 1 



peuv 



d 



e 



■i 



s 



maiion des nouvelies varietes, 



eh 



f 



t a 






r 



quiy 



i peut croire, c est que les va- 
seront introduces dii dehors 



* 



y seront mieux etuoiees et, par suite, mjeux con- 
nues et mieux appreciees. 

Lorsaue le bie n'elait cultive que par de simples 
laboureurs peu curieux d'etu(\ier la plante eUe- 

1 



meme, et q 



obt 



P 



U IK 



bien des varietes qu 



i 



fi 



poi tanee. A ujourd'hui , avec d 



. 



*, 





(9 



I 



fccoles de cereales, des quil y paraitra de nou- 
v elles varietes, celles-ci ne peuvent guere manquer 
d'etre reconnues, aussitot leur apparition, par les 



1 



iommes studieux qui ne donnent leurs soins aux 
cereales que pour etudier ces plantes sous tou.s les 

rj *pports qu'elles peuvent presenter. 

En observant avec attention les races ou varie- 



^» \ 



tes nouvelles au fur et a mesure qu'on pourra les 
r econnailre dans les ecoles de cereales, ce qu'on 
doit le plus rechercher, cesont celles qui presente- 
r ont des avantages sur les varietes plus ancienne- 
ment connues; celles, par exemple, qui les sur- 
passeront par le nombre de leurs tiges habituelle- 
nient plus considerable sur le meme pied , par la 
piusgrande longueur de leurs epis, par la quantiie 
et la grosseur de leurs grains , enfin par les qua- 
lites de leur substance amvlacee. 






pres plusieurs ob 



ticnlieres, je 



q 



q 



'il est tres-difficile de deter- 
oint les especes de froraent 
e ce qu'elles ont ete primiti- 



"v 



q 



cultiver. En effet, si Ton fait attention 



q 



la 




but principal d 



P 






q 



conserve Tespece, 



i 



faudra 



r econnaitre q 



reproduction 



que sont dirisrees toutes ses forces. Ainsi les fruits 
sauva^es de nos forets, dont les eraines doivent 




tiplication des arbres qui les portent, 
pourvus de graines fecondes, tandis 













: i 



i 





















i 






>* i 







' 































one celies-cl avortent le plus souvent dans nos I: 



f 



quels la seve a &i6 detournee pour 



• 

oduire ces pulpes ou 



ch 



qui ne se sont si abonclamment deve 



ppees qu'aux depens d 
En effet. 






dans nos varietes de 



P 



et d 



pommes ameliorees par la culture, les pepins sont 
tres-souvent avories ou raal conformes et im- 
propres a la reproduction de l'espece, pendant 
que, dans une poire et dans une pom me sauvages, 



q 



bre de deux dans chaq 




mme 




peche 



nt, pourainsidire, retinites an corps ligneux 
iu ; ad lieu que dans la cerise et la peche 
de nos jardins nous trouvons, au contraire, une 
chair abondante. pleine d'un sue agreable. C'est la 



°y 



erne chose dans le plus grand nom 



b 



fru 



S 



Dermi 



P 



pliquer ce raisonnem 



» 

ble, comme son grain constitne chez Itii tout le 



fru 



on pourra croire qu 




ram ne 



q 



ffe 



re 



fe 
P 



de ce qu'il a pu etre clans les especes p 



Beaucoup de botanistes expliquentla fo 



P 



• * 



siere fecondante des organes males -d'une esp 



ou d'une variete sur la p 



d 



e autre 



genre; mais, si l'observation q 



faite sur la rnaniere dont la fecond 





















m 









( 9° ; 



es 



m o v 



a lira it ete 



refusfi 



par la nature aux cereaies de ce genre. Si 



done aux causes que j'ai indiquees comtne pou- 



vant 



d 



de 



varietes on veut en 



pouter d'autres, je ne vois plus que des causes 



d 



for 



P 



on 



:|iie 



CHAPITRE IX. 



La culture na que peu ou point modi fie le f Fo- 
ment; il n'a pas change: depuis les temps les plus 
r ecu les. 



Quant a ceux q 
perfection ne par J 
fancier comment 
^reuses varietes 



leur de- 



q 



fait q 
in fern 



ce genre, on en 



^ 



beaucoup dont les grains sont si petits qu 



fois rnoins q 



semen 



c 



i 



da 



poids le pi 



fort. 



faudra 



que ces varietes a petits g 



sup poser, 
rains sont 



de plantes qu 
fnais, comme 



qu edes p 



g 



P 



on n'a observe 



que tres-rarement des bles a Fetat de nature, et 



5 



; 



* 




































f 


















{ 






r 




















1 


















i i 

















<. 














i 
















• 






(94) 



« / 



que les soins qu'on prenait de lui n'etaient 



pas 



cle 






plantes qui vivent avec lui dans les champs, qui 
profitent comme lui des labours et des engrais, qui 
raccorapagnent toujours dans nos moissons, les 
chardons de di verses especes, les coquelicots, les 
bluets, les liserons, la nielle, le melampyre et 

i 

beaucoup d'autres, sont egalement des plantes 
perfectionnees. 

En effet , depuis que Ton cultive le ble , toutes 

les plantes que je viens de no miner, et bien d'autres 
encore , Font toujours suivi dans les differentes 
con trees et dans les divers cli mats ou ii a ete trans- 



porte ; chaque 



elles 



memes 



que lui , soins q 



que 



p> 



. 



- 






a pen de chose. Cependant je ne cross j 
personne ail jamais pense que toutes ces 
qui si souvent infeslent nos moissons et disputent 
au ble la terre qu'ii occupe > que toutes ces mau- 
vaises herbes, je veux dire, soient des plantes per- 

fectionnees par la culture* Nousavoiis peud'exem- 






s 



quon na point rectieilLi ces derniers pour les cul- 
tiver, on se trouve force d'admettre que ces varie- 

tes, qui donnent une graine siminime, sont aussi 
anciennement culiivees que celles qui produisent 
les plus belles. 

3'ai dit plus haut que la culture du ble, telle que 
nous la pratiquons, se reduisait a si pen de chose, 






nature a le modifier beaucoup. Si Ton voulait per- 
sister a croire qu'ii en fut autrement, il faudrait 
aussi admettre, ce me semble, que toutes les — ' 



















































■: 






i 






■*» 












(95 

pies , sans iloute ? de ble' croissant sans avoir ete 

r 

seme par la main de l'homme, car la culture pa- 
rait lui etre absolument necessaire ; il sernble ne 

I 

pouvoir s'en passer et , pour ainsi dire , ne subsis- 
ter que par elie. Beaucoup de p! antes out passe de 
nos jardrns dans les lieux incnltes et s'y sont repro- 
diutes dVdes-memes, s'y sont mesne naturalisees. 
*-$ meme chose n'est point anivee pour le ble; 

- 

quoique multiplies dans tons nos champs , eest une 
chose extraordiriairement rare que dele voir croitre 
natiirellement hors des lieux cullives, el lorsque 
cela lui arrive, c'est toujours pres des endroits ou 
il est Fobjet de la culture. Cest ainsi que je me 
souviens d avoir trouve dans le bois de Boulogne 4 
il y a une quarantine d'annees, quelques pieds de 
roment qui, comme ceux dont j'ai parle au com- 
mencement de ce memoire, avaient probablement 
ete dissemines par les oiseaux : eh bien, leurs epis 
ne differaient pas de ceAix qu'on pouvait voir dans 
les terres peu eloignees soumises a la culture; mais, 
les annees suivantes, je n'ai plus retrouve de ceble 



croissant naturellement aux lieux incnltes ou je 



r 



avais vu. 



Mais, si le froment se trouve si rarement dans 

■ 

un etat voisin de 1'efat sauvage, on rencontre tous 
les jours, aux bords des champs, dans des ter- 
rains que la charrue h\ point en lames, des char- 
dons et autres heroes de no:; moissons, qui ont 
absolument les memes 'caracteres et le meme as- 

* 

pect que cedes qui ont profite des soins de la cul- 









■ 




































































I 













■ 


















x 






( &6 ) 

ture cki ble j ce qui prouve , selon moi , qi:e ni 
celui-ci ni celles-la n'oDt ete alteres pour etre ve- 
iius dans des terrains cultives. 

J ? ai deja dit que plusieurs auteurs avaient cru 

que le froment etait tine plante non-seulement 
amelioree par la culture , mais encore tellement 
modifiee et changee , qu'elle ne devait plus etre 






reconnaissable de ee qu'elle pouvait avoir ete dans 
le principe. Les anciens surtout croyaient a ces 
sortes de metamorphoses pour l'amelioration des 



ntes, et surtout pour leur degeneration ; mais il 




a 



n'en est rien. bien certainement : les naturalistes 



9 



mod 
que 



ne les admettent 




la nature a fo 



dans les 



Les typ 
vegetau: 



lors de 1'origine de toutes choses, sont venus 



sq 



n 



par la succession des generations 



inalterables dans leurs 



f: 



pu leur lmpnmer 



que de legeres modifications , quant a la taille, ai 
volume etaus apparences exterieures , mais leur 
formes principales sont restees invariables. La tig 

d'un froment peut bien s'elever, dans nos champ 



plus haut qu 



que l'homme 



pense a lui donuer ses soins pour en f; 



pis que por 



cette 



g 



cultivee 



peuvent etre plus beaux, plus grands , et les grains 
qu'ils renferment etre un peu plus gros et mieux 
nourris, quoique j'aie donne plus haut des raisons 

qui nie portent a croire qu'il n'en est pas toujours 































( 97 



mais, d 



modi fie 



eger 



que s'arretent les differences 



a 



peuvent presenter les froments de nos cultures, et 
je suis convaincu, en definitive, qu'une herbe de 
froment, quelle que fut son espece , avait , il y a 
six raille ans , les rnemes caracteres que nous lui 
voyons encore aujourd'hui ; elle n'a jamais pu etre 
Un egilope , une ivraie , une orge ou telle autre 
graminee. 

Un des faits les plus positifs que Ton puisse den- 
ser pour prouver que le ble n'a pas change de- 
puis les temps les plus recules, e'est i'observation 
des grains de froment trouves dans les tombeaux 

des anciens rois d'Egypte, a Thebes, ou ils etaient 
conserves dans des vases fermes depuis au moins 
trois mille ans, oupeut-etre depuis quatre mille et 
plus. Ce ble avait paru, a M. Raffeneau-Delile et 
aux savants de la commission d'Egypte, tout a fait 
J dentique a notre froment actuel. Je dois a l'obli- 
geance eclairee de M. Decailleux, directeur du 

musee 
d 



roy 



d 



obtenu la communication 



il 



un ble de la meme nature , rapporte d'Egypte 

* 

a une dizaine d'annees par le general Fernig 



y 




<jui Tavaitegalement trouve dans un des hypogees 
de ce pays. J'ignore par quelle circonstance et Ton 
* pu me dire comment le ble qu avait vu M. De- 
e dans les tombeaux de Thebes ne se trouvait pas 
Qans les collections du musee. Quoi qu'il en soit, 
Jai pu, accompagne de M. Dubois, Tun des con- 
servateurs de cet etablissement, voir de pres, tou- 

7 



\ 



- 

■ 



• 















<*l 


































1 














;.' 










































































I 



\ 



r 






V 









h 



< 





















(93) 

cher et examiner, avec line attention scrupuleuse, 
tout ce qui est conserve maintenant du ble du ge- 
neral Fernig, dans la partie du musee consacree 
aux antiquites egyptiennes. 

Apres avoir reconnu, dans le ble des hypogees 
de l'ancienne ]^gypte, tous les caracteres qui ap- 

partiennent au genre froment, j'ai pu m'assurer de 
sa parfaite conservation, 

i° Par son apparence exterieure , parce que 
celle-ci n'etait nullement changee et si peu aiteree, 
qu'en mettant un certain nombre de grains de ce 



ble a cote dune pareilie quantite d'un ble de la 
recolte de 1840, ayant a peu pres la merae gros- 
seur et le meme aspect, il n'eut guere etc possible 

de distinguer et de separer les deux bles Pun de 
Pautre, si une fois on les eut meles ensemble, 

2 En comparant la pesanteur devingt grains 
egyptiens au poids de vingt autres grains du meme 
volume, pris parmi ceux de la derniere recolte, 
le poids des premiers, ayant peut-etre trois a qua- 
tre mille ans d'existence, a ete le meme que celui 
des derniers; ainsi ce ble n'avait rien perdu sous 
ces deux rapports, en traversant trente a quarante 



<• 



siecles. 



pas contente de reconnaitre q 



l'antique ble egyptien n'avait rien perd 



apparen 



et d 



m 



de sa substance 



« 



si parfaite. En consequence, j'ai coup 

if plusieurs grains en differents sens, 



toutes 









* ■ 










( 99 ) 

ces coupes m'ont laisse voir la substance amylacee 
qui etait encore tres-blanche et telle qu'elle est 






communement dans les bles dits tendres; enfin 
elle pouvait soutenir la comparaison avec l'aspect 
que presentaient des bles de cette nature recoltes 
depuis un an settlement. 

A ces premieres epreuves, faites pour re.connaitre 
la qualite du ble egyptien de plusieurs siecles, j'ai 
encore ajoute les suivantes. 



fait infuser, pendant i2oheures,6 




egyp 



tiensdansTeaujiis s'y sontgonfles en absorbant une 
quantite d'eau egale a celle absorbee par un pareil 
nombre de grains d'un ble de la recolte de 1840 
(ble blanc anglais), que j'avais choisi ayant lameme 
pesanteur specifique. La quantite d'eau absorbee 
par ces deux bles a ete des quatre cinquiemes de 
leur poids primitif. Dans cet etat, la substance 
amylacee de Tun et de Fautre s'etait changee en 
une sorte de bouillie tres-blanche, epaisse et glu- 



tineuse. La seule diffe 



q 



ces 



d 



bles 



presentassent, c'est qu 



commencement de ge 



m 



? / 



setait 



feste d 



1 



e troisieme 



dans le ble bl 



to 



sur- 



quieme jour, par le de'veloppement dej 



ble 



embryon, d 



rud 



de la plumule et des radicelles se faisaient jour par 



base du grain, tandis q 



percevait 



semblable dans le ble egyptien. Ce dernier n'^ 
t que gonfle, ainsi qu'il a ete dit, par 1'eau qu 
substance a mvlacee avait absorbee. 
























1ST 











■ 



















































































I 



ioo ) 

- 

quieme et derniere epreuve, j'ai pi 



c 



pece de b 



c 



tique ble egyp 



mise sur ma langue pour la d^g 




desasreabl 



o 



et son gout ne m'a pas p 



fferer de celui que 



me laissait le ble blanc anglais reduit dans le merae 



etat par 



d 



I'eau d 



meme 



d 



P 



q 



yptien, je suis f< 






ble n'a rien perdu des gualites quil po! 
nit l'epoque reculee ou il f'ut renferme d 
ibeaux. si ce n'est sa faculte germinati 



mais cette 



perd 



bles au bout d'un laps de temps assez court , p 



de guere sept a h 



P 



des e 



j it ans, amsi que je 
iences positives que 

je rapporterai ailleurs. 

Au reste, si le ble dont je viens de parler et qui 

I 

m'a ete donne da musee egyptien a reellement ete 
retire des antiques hypoge'es d'Egypte, si ce ble, 
dis-je, y eiit ete trouve en quantite suffisante et 
loujoiirs aussi bien conserve que celui que j'ai pu 
soumettre a nion examen, je crois qu'il eiit ete 
possible de le reduire en farine et de faire, avec 
cette farine, da pain qui n'eut pas ete de mauvais 
gout (i). N'y a t-il pas de quoi etre emerveille de 



(i) Les anciens savaient que le froment pouvait se conscr- 



f I 






-*** 



■ 






IOI 



ce 



qu une grame , en 



apparenee anssi chetive„ ait 



pu se conserver pendant une aussi longue suite de 

siecles, sans autre alteration que celle de perdre 
s a faculte germinative? 

A cote du ble dans tin etat de conservation pres- 
que parfaite, qui se trouve dans le musee egyp- 
tien, on en voit d'antre qui n'a conserve que s»' 

forme, mais qui est tres-sensiblement altere dans 
s a couleur et dans sa substance interieure. Ce der- 
nier froment est ext^rieurement d'un brun noira- 



/ 



tre et son 



interieur est a pen pres de la 
doitcette teinte foncee a ce qu' 



meme 



grille on torrefie 



d 



ferine d 



les 



tombeaux. Cet usage de griller le ble tenait pro 





































Verlongtemps. Varron (liv. i, chap. 57) dit que, serre dans 
des cavernes , sous terre , il peut se garder jusqu'a cinquante 
ans. Pline (liv. xvm, chap. 3o) repete la meme chose , et il 
donne le nom de siros aux fosses propres a la conservation du 
hie. Nous avons des exemples de cette conservation pendant 
c ent cinquaute a deux cent cinquante ans. De Candolle,dans 
sa Physiologievegetale (tome 11 , p. 623), dit, d'apres Roemer, 
qu'on fit de bon pain, en 1 799, avec du ble qui avait ete garde 
en provision depuis 1 548 , et qui avait , par consequent , deux 
cent cinquante et un ans. Celui dont parle Poncelet ( Hist, du 
roment, p. 148) avait cent cinquante-cinq ans en 1707, puis- 
qu'il datait de i552 , epoque a laquelle il avait ete serre dans 
tacitadelle de Metz, avant le siege de cette ville entreprispar 
Charles-Quint, et que le due de Guise le forga de lever. Lors- 
que le magasin ou etait ce ble fut ouvert, en 1 707 , Louis XIV 

1 

en fit faire du pain , en mangea et le trouva excellent. 





















1 











■ 













/ 



i f 





































\ 













I 02 



bablement a quelque pratique religieuse. Ainsi, a 

■ 

Rome ,■ Noma avait ordonne que, pour honorer les 
dieux, on rie se servit que de ble roti, parce que, 

dans cet etat, ii etait plus sain a manger. Ce roi fit 
meme une loi expresse par laquelle il defendit 

# 

d'offrir aux dieux d'autre grain que celui qui aurait 



\ 



ete ainsi prepare, et il institua des fetes fornacles, 
appele^s ainsi, parce que, dans ces jours-la, cha- 
cun faisait rotir son ble au four. 

* 

M. Raffenean-Delile , annuel i'ai montre le ble 



toirefie qui 
reconnu p 

^ 

qu'il vit lorsq 



t 



our etre en tout sem 



blab! 



yp t] 

e a 



visita les h 



yp 



celui 
ebes* 



mission dkgy 



mais je 
fut dan: 

parle d 



qu'il n'en ob 



* t 



f 



cm on t 



loit 



general F'e 



t> 



* ; 




qui 



en 



bl 



b 



fi 



parait etre assez commun cl^ 



antiques hyp 



gees d'Egypte; car, en dernier lieu, M. Bon 
mon collesme a l'Academie royale de medeei 
qui s'occupe beaucoup d'antiquite's egyptien 



q 



5 



ble torrefie, dont une quantite quatre a cinq fois 

1 

plus considerable lui avait e'te communiquee par 
M. Salvador Cherubini, au retour du voyage qu ii 
fit en Egypte, en 1828 et 1829, avec Champollion 

le jeune. 

Depuis que je possede assez de ce dernier ble 
egyptien , j'ai pu m'assurer qu'il devait sa conlewr 


























brt 
gri 



io3 ) 
qu'il avait ete reellem 






_ 



q 



•efie' on 
contact 



* 

avec des substances servant aux emb 



men 



que le croyaient quelques personnes. En ma- 
t plusieurs grains de ce ble, qui a bien cer- 

ment trois a quatre mille ans d'antiquite, je 

ur ai trouve aucune saveur desagreable; mais 

aient absolument le raerae gout que du fro- 

de la derniere recolte que j'avais fait griller 



d 



pen pres au meme degre que celui de M. Sal 



or 



erubini, afin 



pouvoir le juger compa 



rativement. 



d 



On 
e la 



d 



/ 
I 

des comptes rendus (i) 



roy 



et centrale d 



o 



im 



qu 



donnerait lieu de 



q 



P 1 



d 



froment remonteraient a une epoque encore plus 
reculee que cel!e de ce grain conserve dans les an- 
tiques hypogeesdel'Egypte. II s'agiraitd'empreintes 

t 

fossiles de ble que M. Marcel de Serres aurait obser- 

des nierres : mais i'ai verifie ce fait, et il 



vees suv 



ernent douteux qu'on p 



reellement fapporter an froment proprement dit 



fossil 



- 

En effet. voici comment M. Marcel d 



calcaires 



, sur des schistes argilo- 
Lode ve, des empreintes 



(i) Bulletin des seances de la S octet 6 roy ale €t centrale d'a- 



griculture , tome n 1 p. 244- 







\ 









































I 




















t 

















ft 


























/ 


































1 











( ™4 ) 

de monocotyledons de la famille des graminees 

du genre triticum (i). L'auteur de cette observa- 
tion se bornant a ce simple enonce, je suis porte a 

n question doivent pin- 
les-uns de nos froments 



dig 



pportees a quelq 



que les triticum caninum, junceum 



maritimwn et rep ens , qu'a une espece annuelie e 
exotique de froment de la section des cereales, 

Apres ce qui vient d'etre dit du ble des hypo 
gees de rancienne Egypte, il est presque superflt 
pour prouver que ce grain n'a pas change depui 
un grand nombre de siecles, de citer ceux de cett 
espece qu'on trouve dans les ruines d'Herculanun 
de Pompei, d'Aquiiee , et en Auvergne, pres d 



Royat 



nomme Camp d 



et 



q 



ui ne 



diffe 



que parce qu ils sont noirs et charb 
Is ont parfaitemant conserve leur foi 



et celle-ci n'est nullement alteree. 
dans i'etat ou ils sont maintenant . 



parait que 
ont acqui 



etre autrement d 



le, qu ils ne peuvent plus guere 
Iteriores. M. Rossigneux , mon 
voisin et receveur d'un des arrondissements de Pa- 

- 

risj a bien voulu me donner un certain nombre de 
grains qu'ii avait recueillis a Royat, en Auvergne, 
ou ce ble se trouve en assez grande quantite a la 
surface de la terre. C'est aussi de lui que j'ai appris 



(i ) Annates des sciences et de V Industrie du midide la France, 

tome i , p. 192. 



. 






I 



■ 















io5 ) 

qu'il se trouvait heauconp de ces grains charbon 



Dalmatic 



de l'ancienne Aquilee (i) 



en 



f fere nee qii'offrent ces der 



"iers compares a ceux de Royat , e'est que leui 
surface est luisante au lieu d'etre terne. 
II parait, d'apres cela, que les grains du froment 



for 



ptihles de conserver l'app 



< 



le leur 



imitive, meme apres des incendies q 



d 



b 



1 



qui ont 



f * 9 



squ'S 



consumer entierement. M. Bossin, quej'ai dej 



d 



bien voulu me communi 



en me 



°»uer un exemple remarquable de c 
donnant un morceau d'une sorte de scorie, ayant 
a peu presrapparencedumachefer, et provenant 
du residu de l'incendie de plusieurs meules de ble 
^ui ne contenaient pas moins de i 



5 



a i 



6 



gerbes, et qui furent entierement consumers dans 



la nuit du 



9 



85g, sur le pi 



9,ui domine les trois villages de Lardy, d 



ay 



et 



i Janville, departement de Seine-et-Oise. Sur 
lacement ou cet incendie s'est developpe , on 
e des monceaux de grains brules et qui, hu- 

nense quantite d'eau lancee in- 



les 



^ectes par Timmense 

' r uctueusement par les pompes p 

progres du feu, se sont en grande partie transfer 

*fles en scories dans lesquelles on reconnait encor* 

lJ n assez grand nombrede grains deble, mais qui son 



(i) Aquilee fut saccagee et brulee , en 4^2 , par Attila. 
























































' 



f 



M 






J 



* m 








\ 






















/ 



J 





















II 






















• 



10G ) 

entierementcharbonnes.D'apresun fragment deces 
scories que j'ai donne a M. Payen, mon cbllegue a 
la Societe royale d'agriculture , ce savant chimiste 
a reconnu qu'elles etaient le residu vitrifie de l'in- 
cineration des pailles et des epis qui formaient les 

diees, et qu'elles contenaient, dans 
l'etat actuel, des silicates de chaux, de potasse et 
de soude, du phosphate de chaux, du chlorure de 
potassium, et des traces d'oxyde de fer, de manga- 
nese et de charbon. 

Je ne dois pas passer sous silence, au sujet du ble 



m 



dans, les hypogees egypt 



qu 



ren 



contre aussi dans les rnemes lieux de Forge a l'etat 
de torrefaction. M. Raspail, qui, a ce qu'il parait, 
n'avait pas eu occasion d'observer,en 1826, du ble 



blabl 



a 



yp* 



ceiui 
a celui 



q 



qu 



ai pu voir au musee 
M. Salvador Cherubini 



a 



J e 



PP 



de 



son voyag 



M 



Rasp 



d 



a 



ublie un savant memoire (i) ? dans 



cereales 



quel ii a demontre que les grains des 
rapportes d'Egypte par M. Passalacque apparte 
naient au genre hordeum et qu'ils etaient torrefies 
Mais les observations de M . Raspail ne detruisen 



• \ 



pas Jes miennes, et ne prouvent en aucunemaniere 




























ifiq 



pees par M. Passalacque dans un tombeau egyptien, etc, , par 
M. Raspail 7 lue a la Societe d'histoire natmelle , le 28 de- 
cembre, et a la Societe pliilomatliique,le 29 decembre 1826. 
Memoires du museum d' histoirc naturelle , vol. xv f p. i45. 
















s 




* r>' 

























r 



| I0 7l 

m 

que le ble fut etranger a l'Egypte, puisque, au 
contraire, ce savant chimiste a reconnu, d'apres un 
fragment de pain qui accompagnait les grains 
uorge dans les tombeaux egyptiens, que ce pain 
av ait ete fait avec du froment, et non avec de 
lor ge, et qu'il etait d'ailleurs sans levain. 
J'ai essaye de faire voir que le froment etait en- 

t 

c ore aujourd'hui le meme qu'il y a trois a quatre 
Grille ans r et que , depuis 1'epoque la plus reculee 
^u'il soit possible de lui assigner, ii a toujours 
Conserve les memes caraeteres. Je ne sais si je dois 
*We flatter d'avoir fait , a ce sujet, passer ma con- 
viction dans l'esprit de mes lecteurs , mais je puis 
bien leur assurer de nouveau que je suis ferme- 
uient persuade que les caraeteres generiques du 
ble et ses principaies apparences n'orit jamais pu 
e tre changes , quelque longue qu'ait ete la culture 
a laquelle il a ete assujetti , et que cette plante a 
conserve, au contraire , la plus grande partie de 

■ ■ 

s es formes primitives. Si ce n'etait , d'ailleurs , 
formation de ces innombrables varietes qui se sont 
produites dans le genre froment , depuis le temps 
^memorial ou il fait la principal© nourriture d'un 
tres-grand nombre de peuples, varietes dont il 
tft'est impossible d'expliquer la formation autre- 
toent que je ne l'ai fait , je n'hesiterais pas a me pro- 
ducer tout a fait et a dire que cette plante est 
e ucore ce qu'elle etait dans le principe des choses. 
C'est ce que je puis, d'ailleurs, dire du seiglej 

Ci *r cette autre cereale , contrairement au froment, 










■ 



"* mi 
















































































































[ 






































\ 



I 



08 ) 



n'a encore produit aucune variete ayant veritable- 
ment des caracteres qu'011 puisse apprdcier. Tout 
ce qu'on a presente sous le nora de varietes dans 
cette espece n'est que des plantes auxquelles on 
a fait prendre de certaines habitudes de culture , 
qui ne leur impriment neanmoins , quant aux 
formes , aucune difference appreciable a Toeil , et 
il y a lieu de s'etonner , selon moi , que cette der- 
niere graminee, qui est aussi fort repandue, quoi- 
qu'elle le soil moins que le froment, se soit, pour 
ainsi dire , refusee a produire de veritables varie- 



tes 



malgre les influences qu'elle a du recevoir 



des changements de climat et de sol , tandis que 
les memes influences out eu pour les froments des 
resultats tout a fait differents. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



Page 5 1 , lig. 7, Discours sur la theorie de la terre , ajoutez: 

servant d'introduction a ses Recberches 
sur les ossements fossiles. 



Page 67 , lig* 22, au lieu de la Natolie y lisez FAnatolie. 

Page 74 , lig. 3 , au lieu de le pere Ardouin , lisez le pere 

Hardouin. 



1MPRIMERIE DE M me V* BOUCHARD - II UZ A RD , 7 ? RUE DE L'tiFEROK* 






ii 













TABLE DES MATIERES 




* 



■ 

^hai». i. — Motifs de ce travail 



J?iig. 






c 



hap. ii. — Indication des caracteres qu'on peut em- 






GnAP 



ployer pour classer les froments '8 



u\ m. — Importance et valeur des cereales en 

France i5 



€ 



*Up. iv. 



Patrie du fro men t 



.<£ *£ * 



Ca 



AP. V. 



c 



HAP. VI, 



Opinions diverses sur la nature du ble. . 3?, 
Anciennete de la culture du froment; 



Cn 



influence de cette culture sur la destinee des 
peuples ; il n'y a plus aujourd'hui que des hom- 
mes sauvages ou a demi sauvages qui ne se 
nourrissent pas de ble ou de cereales 

i 

Du grand nombre de varietes de froment 



52 



AP. VII. 



existantes de nos jours ; des especes connues 



C 



des anciens ; de celles admises par Linne et les 

■ 

botanistes modernes 69 

wap. vm. — A quelles causes peut-on attribuer les 



nombreuses varietes de froment ? Est-cc au 

* 

transport du ble dans differents climats ou a 
l'hybridite ? 



79 



c 



hap. ix. — La culture n'a que peu ou point modifle 

le froment; il n'a pas change depuis les temps 



les plus recules 



, 






9 3 









. 



<• 








• 








*i 

































































It 







































: 










\ 



















\ 
















CONSIDERATIONS 



SUR LES CEREALES 



} 



ET PRINCiPALEMENT 



SUR LES FROMENTS 










I 




















































































s 







' 












H 














■| 












! 









































IMFRIMEKIE 1>K M«« V« BOUCHARD-HUZARD, 

vun etc ' Epeftm , 7, 



I 






















CONSIDERATIONS 



SUR 



LES 



CER 




5 



y 



ET PRINCIPALEMENT 




SUR LES FROMENTS 









(PAttTIE PRATIQUE ET EXPERIMENT ALE) ; 



PA* 









M. LOISELEUR-DESLONGCHAMPS , 

c!iera!i«r de ra Legion d 1 honneur, docteur-medecin, membrede rAcademie royale dc nicdedne 

dtt la Socicte royale et centrale d'agriculture, vice-president honorairs 

dela Socicte royale d'borticullure de Paris, etc. , etc- 




















De petites experiences 'suivies d'un 
heureux succes sont une puissante 
amorce pour se livrer a tie plus grandes. 

LuJlin de Ckdtcauvieux '. 








PARIS 



? 



UBRAIRIE DE MADAME V* BOUGHARD-HUZARD 

7, RUE DE l'kPERON. 



1843. 

















f 





* 






























I 













1 









H 



! 






I 


















- 







I 




















V 













CONSIDERATION 



» 



S 



sim 







LES 



CEREALES 



) 



ET PRIKC1PALEMENT 



SUR LES FROMENTS 



5 



Par M. Iioiseleur-Beslon 





PARTIE PRATIQUE ET EXPERfMENTALE. 



CHAPITRE PREMIER. 



E 



xemples de la grande fecondite du froment. 



d 



j i 

La plante la plus utile a Thomme 
ll » le froment. De toutes les cereales qui, comme lui, 



est, sans contre- 



Pos s 
^ahl 



q 



c 



es et aussi precieuses \ car c'est lui qui, chaque jour, 
s fournit une nourriture facile, agreable, qui est, 
erne temps, la plus nutritive et la plus salubre. 



c 



) Le que le froment presente de vraiment admirable, 
es t une fecondite merveilleuse; un seul grain confiea 
te »re, apres quelques mois settlement, peut en pro- 



pi 



pi 



i 



••• 














* 



■ H 























iv 









































_^ 






§ 












I 

I 




























■ : 







I 









II 








































I I 



m 1 




4 





















( 



2 



) 






On trouve dans les auteura anciens, corame 

modernes, des preuves multipliees de ce que 
Pline (i) rapporte que le procurateur d'Ai 
envova du territoire de Byzacium, en Afrique 



d 



les 







• 



,d 



de froment d'ou sortaient 4oo tiges (chose presque iu- 
croyable), toutes provenues d'un seul grainy et nous 
avons encore , ajoute le naturalisle latin, les lettresqu 1 
attestent ce fait. 

Le me me auteur dit que Neron en recut un autre 



d 



P 






lement d'un grain unique. 

Shaw (a) raconle que, dans le temps qu'll etait a 
Alger, le gouverneur d'une des provinces y apportaufl 
pied de ble qui portait 8o tiges, et qu'on iui avait assure 
qu'en Egypte on avait . presente au pacha du Cairc 
une plante qui en avait produit 120. Lui-meme a rap' 
porte de son voyage quelques grains de froment qui » 
semes en Anglelerre, ont porte 5o tiges. 



d 



duit chacun i4 



(4) parte de 120 tiges sorties d'un seul grain. 



Francois de JN'eufohateau (5) a rassemble un gr 
nombre d'exemples de la recondite extraordinaire 
froment, dont je ne citerai que les plus remarquables 



d 



du 



4 



335 



(1) Liv. XVIII, chap. 10. 

(2) Voyage en Barbarie , 1. 1 , p. 286. 

(3) Duhamel, Traite de la culture des terres , t. V, p. 108. 

(4) Davy, Chimie agricole , I, p. 281. 

(5) Francois de Neufch^teau , Art de multiplier les grains, 2e p3 rt ' 






P 



* 









^ 






/ 















3 ) 

Tessier (i) a vu, dans laBeauce t 6o epis sur un 



p!ed de ble et 63 sur un autre. 



V 



B 



m 

On a vu, en 1817 (2L a Kerinou, bourg voisin de 
re $l, un groupe de 1 55 epis de ble n'ayant qu'une 
8e ule racine. 

On conserve, au cercle agricole de Paris, une touffe 
^ e ble provenant des domaines de M. le due de Mont- 
Potency, sur laquelle j'ai compte 102 iiges qui sont 
v ^nues d ? un seul grain. 

M. Dalbret, cbef des cultures des plantes economi- 
ses au Jardin du roi, avu,dans sa jeunesse, tandis 



S il babitait les environs de Mantes, un pied de ble 
Si avait cru isolement, produire 02~epis, dont on re- 
tlr a 2,q»4o grains comptes. 
Moi raeme j'ai recolte, en 1887, un pied de froment 

■ 

^i avait pousse a quelque distance de ses congeneres ? 

et qui portait aussi 60 epis. J'ai neglige de compter 
les 



grains que ces epis contenaient. 

1 

Depuis ce temps, j'ai vu frequem merit, dans mes 
c ultures en ligne, 20 a 3o epis sur le meme pied, etsur 
^elques-uns, mais en moins grand nombre, depuis 3o 
J^squ'a 4^ epis. 

Mais ces divers produits, tout admirables qu'ils 
puisscnt paraiire, ne sont rien si on les compare a la 
^erveilleuse recolte que Charles Miller obtinl d'un seul 
B r ain de ble en divisant plusieurs fois les ramifications 
^e sa souche avail formees. Par ce moyen, un seul 
















i 















: : 

HI 



1 










* 



1 






I 






1 


























/ 






(0 Tessier, Nouveau cours complet d' agriculture en iC volumes t 



*ni c le Froment, t. VII, p. i4 9 . 
(a) Journal de Paris, 3o aoftt 1817. 



\ 


























l 







<* 











1 
































\ 










* 



0- 






( 4 ) 

pis, qui prod 



\ 



K 



grains 



P 



grain de rroment, 11 faut jomdre ce qu'on trouve rap* 
porte sur ce meme sujet, touchant la fertilite de cer- 
taines contrees lout entieres. Ainsi, Herodole (i) dit 
que, dans la Babylonia, les lerres produisaient com- 
munement 200 pour 1 et meme 3oo pour 1 dans cer* 



taines annees. 






Selon Varron (a), dans le territoire de Svb 



qu 



en Afri- 
Pline (3) 






que, on recueillait 100 modius pour 1, et 

porte meme a i5o modius pour 1 le produit des meil* 

leures terres de Bvzacium. 

Le meme auteur, louant la fertilite de la Sicile, dit 

\ 

que le territoire des Leontins dans cetle lie produit 
100 pour i , et ii ajouteque loutes les lerres de la Be- 
tique, et principalement celles de TEgyple, donnaient 
des recoltes de la meme abondance (4). 











A 






1 



CHAPITRE II. 



• 

Produit ordinaire des recoltes en France. 



En citant quelques exempies de la fecondite du fro- 
ment, Tess.ier (5) dit qu on se tromperait etrangement 



(1) Histoire d'Hcrodote, traduite du grec par Larcher. Paris, 1802, 
vol. I, p. 1 65. 

(2) Li v. I, chap. 44. 

(3) Liy. XVIII , chap. 10. 

(4) Ibid. 

(5) Nouveau cours complcl d'agric. de'ju cite, t. VII, p. \\q< 









* 











































(5 ) 



8 * Ion voulait conclure 



d 



apres 



faits isoles 



■ 

dance, pourapprecier la prod 



ordinaire de cette cereale , et que ces faits prouvent 
8 eulement la possibilite physique d'une grande muili- 



eultn 



y a loin dela a ce que 



tell 



gran 
que 



d< 

>d 



Ma 



cela 



e $t bien loin de repondre aux < 
n ous venons de rapporter. 

| 

Prouve, selon moi, si ce n'est que le mode de culture 
tuellement suivi est vicieux; car, si la nature s'est 



hab 



^oniree tant de fois assez liberate pour faire produire a 



l *n seul grain de 



d 



brvon d 



mille et meme plus, 



1 



pes de cette fecondite, il ne faul que lui d 






c 



1 - » ft 

dans le plus grand nombre des cas, puisque les pro- 



dm 



ord 



tjue je vais le dire, tandis qu'ils p 
°oup plus considerables, 



% 































i 



I I 



i * 





























k 


























































~ 






* 










« 4 




(■•■) 

* 

Produit des recohes en France dans tetai actuel des 
choses j extrait des recherches statistiques de M. Louis 
Millot (i), ancien elbve de Vecole poly technique. 

En fro men t 

i department rend la semence iofojs 

*> . . . . • • * . . f 9 . .§> 

'so* 

5 8 f 

6- »a 
7 : 

6 6 | 

5 

3r . . . . .' . . . . . 5 _| 

27 ......... . 4 £ 

7 • • . ^U.j 

,,o 86 u :: , i . Terme moyen. J*i .1 5 21 fent - 

En moyenne la semence est rendue 

Dans 9 depart, de la region de 

FOuest. f . f 6 fois ^43 ccat - 
Dans 9 depart, du Centre. . . 4 ^8 
Dans 9 depart, de FEst. • ^ ^j 

■ 

Dans 9 depart, du Nord-ouest . 6 06 
Dans 1 1 depart, du Nord. . . * - n 28 
Dans 10 depart, du Nord-est. . 5 5o 

* 

Dans 9 depart, du Sud-ouest. . 5 22 
Dans 10 depart, du Sud. ... 5 q 
Dans 10 depart, du Sud* est. . 4 q8 

86 







(1) Les resultats que M. Millot donnedans les recherches statistiques 
qu ? ila bien youlu me comrauniqfacr ont ete calcules d'apres les re- 
eoites de plus de vingt annees successives. 






.. ■ . . .,« 



*.■;- 











(7) 



En froment 






i de* 

2 de 

3 

5 

I 

3 

8 

10 

io 
i3 



1 1 



partement rend par hectare 
partements rendent 



io 
3 






a 



i 






86 






V 



Maximum du rendement 



P 



ar hectare 



Moyenne. 
Minimum 








20 hectolitres 
»9 



i 



8 



16 
i5 

3 



i 



12 



I I 



TO 



9 

8 

7 
6 

4 



20 



19. 







~ 



\ 









CO 

45 



§ 

a 




e 



•J 



N 



62 



f 



3 



1 



62 


































f 

















■ 



• 


















(8) 



Tableau duproduit moyen, par hectare et en h 



des 



f> 



cuhwes dans 
? Paris : ce nr 



won 



cule cCapres les r 



d 



pliisieurs annees , les 
fails avec 2 hectol. So 
ir M. Philippar.) 





















: 








































JN 



o 



i. Ble commun barbu. . . . 16 a 20 hectol. 

2. Ble de la Sarthe. . . . . 25 a 28 

3. Ble de Bergues . . . . . 20 a 24 
. Ble commun imberbe . . . 18 a 20 

5. Ble-richelle. 28 a 3o 

6. Ble de Saumur. . ... 26 a 28 







Apres avoir vu les exempies nombreux que j ai rap- 
portes plus haut sur la possibilite de multiplier le fro- 
ment, pour ainsi dire, a Tinfini, on sera surpris de 
voir ici combien peu nous avons su mettre a profit cette 
merveilleusefecondite. Tel est, cependant, Fetatactuel 
des choses; tandis qu'un grain de ble jete ou tombe par 
hasard dans un coin de terre ou il n aura pas merae ete 
cultive par la main de rhomme pourra, par la seule 
force de la nature (1), en produire 100, 200, 3oo et 

beaucoup plus, nous ne lui faisons rapporter, 
dans nos cultures, que 10 pour 1 , ce qui est habituel- 
lement le maximum , produit dont nos cullivateurs sont 
fiers. Un seul department en France, et quelques can- 
tons ou la culture est plus soignee ou la terre meiileure, 



meme 



(1) J'enai cite aille/irs des exempies. 


















. 



■ . 












(9) 

produisent danscette proportion , rarement un peu plus. 

■ 

Dans tout le reste, comme nous venonsde le voir lout a 

■ 

lheure , un grain de ble n'en reproduit que neuf, que 



h 



P l 



ce qu'enfin la progression aille tellement enbaissant, 

que vingt-sept departemenls ne donnent que quatre fois 

la semence , et que sept descendent meme au chiffre 

niinime de trois. 

Je m'absiiens de faire des reflexions sur ce triste etat 

de notre agriculture, el si j'ai a m'etonner d'un chose, 

c'est que, dans les parties de la France ou la culture du 

ble rapporte si peu, on puisse encore se livrer a cette 

culture. 

Au reste, dans presque tons les pays oil le froment a 

ete cultive, et a toutes les epoques, les produits de sa 



i 



culture, pris en general, out toujours ete a peu pres 
les memes que nous venons de le dire en dernier lieu, 
et les exemples de fecondite que nous avons cites plus 
haul , d'apres Herodote , Varron et Pline, n'ont ja- 

- 

mais ete que des cas exceptionnels • appartenant seule- 
ment a certains cantons particuliers. En effet , ce qui 
prouve le peu de profit que donnent les terres a. ble, 
c'esl que Caton (i) ne les place qu'en sixieme ligne, 
apres les vignes, les jardins, les saussaies, les plants 
d'oliviers et les prairies. 

Ensuite Columelle (2), posterieur d'environ une 
soixantaine d'annees a Varron , cite un peu plus haut, 






l 











































(1) Scriptores rei rusticceveteres latini. Lipsise , 1773, % vol. 
'Oto 9 torn. I, cap. 1, p. 5. 

(2) Columella, loc. cit., torn. I, lib. tit , cap. 3, p. 4o2. 



in-4. 






\ 






! 
























































1 











































I . 












I 







dit positivement que. de 



temps, le produit des 



terres semees en ble n'etait, dans ia plus grande partie 
de I'ltalie , que de 4 pour i ; el, aujourd'hui , dans les 

Elats de TEglise, le produit moyen des memes terres 
n'est encore estime qu'a 5 pour i (i). 

En Rus-sie c'est a peu pres la meme chose, puisque, 
d'apres une gazette, russe qui a publie des details a ce 
sujet, le produit moyen des bles d'hiver en i834et i835 

4 11? et celui des bles de printemps de pres 



de 







Le docteur J. Frechland , dans une savante disserta- 
tion (2) sur la fertilite des cereales dans les temps an- 
ciens et modernes , apres avoir cite tous les exemples de 
fecondile extraordinaire qu il a pu rassembier dans les 
auteurs, finit par conclure que, maintenant, les champs 
bien cullives ne rendent generalement , en froment* 



Cependant, d'ap 



de pi 



recommandables , la majeure partie des cultures de 1' An- 
gleterre, de l'Allemagne et de la Prusse sont superieures 
a celies que nous venous de citer et a celles de France, 
puisque les produits generaux , dans la plupart des 
cantons de ces trois pays sont de 35 hectolitres de 
froment par hectare j en France , au contraire, dont 
nous avons vu que la recolte moyenne n'elait que de 
5 21 centiemes, il n'y a que quelques terres privileffiees 






(1) Bureau de la Malle, Economie politique des Romains , tome I, 

p. 272 , dans la note. 

(2) Disquisitio de ub er late f rumen ti temporibus antiquissimis, me$~ 

tibus nostrl cevi comparata; auctore ./. FrechlatuL Nova acta Acad. 

Mrios*, vol. XII, p. 843 (iS3.S). 










< 












L 

II 



delaB 



de la Brie , de la Flandre, des 



Toulouse et d' Aries, qui rendent dans les proportions 



de 



d 



rite des engrais et a la fecondite naturelie du sol, ou 
a ux causes contraires, qu'on doit altribuer la difference 
enorme dans les produits qui s' observe dans les diverges 



localites que nous venons de 



Q 



qu'il en 



soit , c'est dans le dessein de rechercher s'il ne serait 
pas possible de recolter partout plus qu'on ne le fait , 
(|ue je mesuis livre a des cssais de culture, et j'espere 
demontrer qu'il y a desmoyens faciles pour obtenir des 
Produits beaucoup meilleurs queceux dont on se con-* 



tente. 






CHAP1TRE III. 



• 



fct 



# | 



4 vantages generaux quon peut obtenir des semis de 

froments fails de bonne heure. 



Une chose dont on ne peut trop s'etonner, c'est de la 
difliculte qu'on eprouve a fuire adopter, en agriculture, 



de 



lite 



d 



l *ne qu'ils ne veulent p 



abandonner, quoi qu'on 



fosse pour leur en demonlrer les inconvenients, et c'est, 
* e plus souvent, en vain qu'on leur reeommande et 
qu'on cherche a leur prouver les avantages qu'il y au- 
r ^il , pour eux , a adopter une autre pratique que celle 
qu'ils suivent , ou seulement a la modifier. 



D 



P 



die ou autre* parties de la France situees sous les memes 


















\ 












I 



» 










f 








/ 




V 





















































f 






12) 

latitudes , les semis de froment ne se font habituellement 
qu'en octobre et dans les commencements denovembre: 
il n'est m6me pas rare que beaucoup de cultivateurs 
remeltent encore plus tard a faire une partie de leurs 



semis. 






On croit assez gdndralement, d 



\J 



ces 



pro 



vinces , que les semis fails en octobre donnent de 
beau grain que ceux qui sont pratiques plus tot , et que 
ces derniers, tout en produisant plus de gerbes et plus 
de paille, sont inferieurs aux premiers, sous le rapport 
de la qualite du grain. Ce qu'on reproche surtout aux 
semis de froment fails plus tot que le mois d'octobre, 
c est qu'il y pousse une plus grande quantite de mau- 
vaises herbes. 

J'ai de la peine, je Tavoue, a croire que le grain des 
semis d'octobre soit reellement plusbeau que celui qui 
proviendrait des semis fails en septembre et meme plus 
tot; mais en supposant que la qualite du froment des 
semis d'ociobre fut effectivement superieure a celle de 
ceux qui sont pratiques plus tot, ceque, cependant, je 
ne regarde pas corame demontre, il faudrait que cette 



q 



ualite fut hien 



q 



Pi 



quantite de gerbes, de p 



la qualite- 



balancat pas, avecavantage pour les der 

■ 

produit pourrait presenter d'inferieur q 



d'ailleurs, q 



present, prouve, par des experiences men positives, que 
la qualite des grains semes en octobre fut , en effet, 
superieure a celle de ceux qui Tauraient ete plus tot 5 
c est ce qui m'a engage a rechercher quels pouvaient 









, 









k 






.■ 



c m 



K 



ctre les avantages que presenleraieul reeilement les 

i 

semis de froment faits d'aussi bonne heure qu'il est pos- 
sible. 

r 

Ces avantages, d'apres les experiences que j'ai faites, 
consistent dans les suivants : 

i°Dans une economie desemence, parce que, plus 
les bles sont semes de bonne heure , moins ils out besoin 
d etre semes epais-, et, avec une bonne methode de 
semis, cette economie pourrait aller a moitie et meme 
a ux deux tiers de la semence, ce qui serait une chose 
precieuse dans tous les temps, et principalement dans les 
^nnees ou les grains sont chers. 

2° Les bles semes de bonne heure font de plus fortes 
et de plus profondes racines, dont il surgit un plus 
grand nombre de tiges sur le meme pied , et, par suite, 

- 

c es tiges plus nombreuses produisent une plus grande 
quantite d'epis, et, par consequent, une recolte plus 
a bondante. Par suite encore de leurs racines plus fQrtes 
ct plus profondes, les bles semes de bonne heure re- 






Ststenl mieux a la secheresse lorsque les mois du prin- 
temps y sont exposes. 

3° Comme les bles semes de bonne heure tallent beau- 
coup plus de leur pied que ceux qui sont semes plus tard, 
**n seul grain produit, en general, plusieurs tiges qui 
s elevent, pendant Pantonine, a une hauteur telle qu'on 
peut les faucher ? au moins une fois , dans le courant de 
c etle saison ou a la fin de Thiver et en faire un fourrage 
Y ert qui est du gout de tous les besliaux et qui , dans 
certaines circonstances, peut devenir une ressource 
P^ecieuse. Cest ainsi, par exemple, que les cultivateurs 
^ui auraient seme une partie de leurs bles, des le com- 









i • 










/ 




T 
























t, 













\ 



-' 










| 



















*4 ) 

tnencement de septembre 18^0, auraienl pu, quelques 
mois plus tard et a la fin de 1'hiver suivant, y trouver, 
soil un paturage abondant pour leurs brebis, soit un 
fourrage frais , en faisant faucber !es feuilles et lesjeunes 
tiges de ces memes bles, a une epoque ou les fourrages 
sees avaient plus que double de prix , et ils en auraienl 



ainsi retire un profit assez notable sans nuire a leur 
recolte subsequente, ainsi que je le dirai plus loin. 
4° C e qui contribue a multiplier le nombre des tip-es. 



des 
l'ep 



et des grains des bles qui ont ele semes avant 



d 



vert; car, apres cette ope- 



ration , chaeun de leurs pieds repousse plus de tiges 
qu'ils n'en prometlaient avant d'eti 
premiere fois, soit une seconde. 



3 coupes, soit une 



CHAPITRE IV. 













f 




Ble coupe en vert pour fauna 



S e 






II est reconnu , aujourd'hui , que les fourrages abon- 
dants sont une des principals choses qui contribuent le 
plus a ameliorer ragricullure, parce que Pabondance 
des fourrages donne les moyens de nourrir une plus 
grande quanlite de bestiaux, et, par suite, de produire 
beaucoup de fumiers, avec lesquels on peut obtenir des 
recoltesplus avanlageuses. Cesl done sur les moyens de 
nourrirun plus grand nombre de bestiaux , en se pro- 
curant une plus grande quantite de fourrages, qu'un 

bon cultivateur doit porter une grande pai tie de ses 
efforts. 
















- 



:.-"* 










( >■'> ) 

On sait que, dans plusieurs provinces de France , de 
l'Europe,ou autres con frees, on est dansTusagede faire 
paiire par les brebis, dans ie courant de Thiver ou aa 

* 

commencement du printemps, lesseigles, les froments 
ou autres cereales, pour arreter P exuberance de leur 
vegetation, parce que Ton craindrait, si Ton n'em- 
ployail pas ce moyen, de les voir verser avant ia re- 

* 

colte. Dans d'autres pays, on les fait faucher une fois 
ou deux dans la meme intention , et tout cela sans nuire 
en aucune maniere a ia recolte subsequenle. Cependant 
l'une et l'autre de ees pratiques, malgre les avantages 
qu'elles presenlent, sont loin d'etre generates et meme 
d'etre aus:si repandues qu'elles devraient Fetre. 

Dans le nord et la partie moyenne de la France, on 

seme, en general , ies bles trop tard en automne , pour 
mi'ils nni.seent aennerir assez d' elevation a la fin de l'hi- 



ps, et pour q 
juelque profit 



d 



Les boas exemples en agriculture ne profitent qu'a la 
longue. Les gens des campagnes, quoique plus eclaires 
maintenant quYts ne 1'elaient il y a un siecle, suivent 



P 



et. 



il est fort difficile de la leur faire abandonner, meme 



P 



II y a, maintenant, pres de soixante-dix ans, qu'un 
^ice-president d'une societe d'agricuhure du Beaujolais 

it des experiences nour demontrer nue le ble seme des 



1 



e i 



6 aoul produisait beaucoup plus que celui qui 



n e- 



tait seme que sept semaines plus tard, et il prouva, en 

meme temps , que les semis de ce ble pouvaient etre fau- 



* 



) 



\ 












j 



















• 










■i 


















I T 









- 












































«. 






















; 



dies deux ibis dans le courant de raulomne et une ibis 
dans les premiers jours du printemps. Cependant je 
n'ai trouve nulle part que l'exemple de M. de Monspey, 
ainsi se nommait !e vice-president dont je viens de par- 
ler, exit ete suivi par personne, malgre ies avantages 
qu'il presenlait sous le rapport du fourrage, et plus 
encore, .peut-etre, sous celui d'une abondante recolte, 

ainsi que je le dirai plus loin. 

II y a plusieurs annees que j'ai desire recommencer 
des experiences sur le meme sujet-, mais trop eloigne 
des proprietes sur lesquelles j'ai voulu les etablir, et 
n'ayant pu les surveiller ainsi qu'il eiit ete necessaire, 
presque toutes celles que j'ai tentees dans le meme genre 
ont manque en grande partie; j'aurais meme ete oblige 

* 

de renoncer a en entreprendre de nouvelles , sans la 

* 

bienveillante complaisance de M. leduc Decazes, grand 
referendaire de lachambre des pairs, qui m'a accorde, 
dans Tancienne pepiniere des Chartreux , aujourd'hui 

* 

dependante du jardin du Luxembourg, un terrain suffi- 
sant pour que je pusse y faire de nouveaux essais sur la 
culture des cereales , et principalement des fromenls. Je 
le prie , a ce sujet , de me permettre de lui faire ici tous 
mes remerciments, et de lui temoigner ma profonde re- 
connaissance pour {'extreme bienveillance qu'il a bien 
youlu me montrer en cette circonslance , ce qui m'a 
permis de faire plusieurs experiences que j'ai toutes ten- 
tees dans l'interet de 1'agriculture , et que je n'aurais pu 

faire autrement. 

On m'a reproche que mes essais avaient ete fails dans 
de trop faibles proportions pour qu'on put en tirerdes 
consequences applicables a des fails de grande culture j 














/ 






•• 














I 



7 ) 



J e rcgrette moi-meme de n % avoir pu faire raes expe* 
fences sur une plus grande echelie 5 mais • (elles qu'ellcs 
8 °ttt, je crois devoir leg faire cormailre des a present, 
pour appelfcr raiiention des cultivaleurs el des 1 



d 



S 



Je dois dire, d'ailleurs, que Se terrain dans 



> 



eq 



1 



P 



5 



de ceux qui conviennent 

e mieux aux bles ; qu'il etait occupe. avant moi , par 
Ur *e pepiniere de muriersj que j'y ai fait faire mes 
^mis de froimmt apres un seyl labour a la beche, et 

sans y mellre aueune sorle crengrais; enfin ces semis 



J 

n ont recu aucun soin particulier, surlout pour ce qui 
c oncerne les experiences entreprises pour m'assurer 



°*c la quantite de fourrage vert que pourrait four 

■ 

v ers la fin de Tautomne ou au commencement du p 
famp*q une etendue donneejde terre ensemeucee 



en 



c °upe, mes semis n'avaient pas me me etc sarcles. On 
v °it done qu'ils n'ont pas ete iraiies autrement qu'ilsne 
'^Ussent ele en plein champ, et, d'apres cela , je ne 
v °is pas les motifs qu'on pourrait avoir de croire que 
^s experiences, quoique sur une petite echeiie, ne 
*°ieni pas appiicablcs a une plus grande .culture. 

En enlreprenaut, dans mesessais, de cultiver des 
Ce *'eales, ef principaiement des froments, j'ai ete deter- 



mine 



1 



e 



que 



es cultures ordinaires rapportaient dans de si faibles 
^portions, comparativement a ce qu'eltes devraient 
P r oduire ? j'ai vouhi m'assurer s T ii n'y a lira it pas des 
doyens d'arriver a un meilieur ivisultal : secondement , 

% 






1 ■ 





\ 

















• 










m% 1 
























\ 





















! 



( »8 

j'ai desire me procurer une collection decereales, for- 
mee de toutes les especes ou varietes que je potirrais 
rassembler, et cela dans le but de reconnaitre cells* 
qui donneraient les produits les plus avaniageux. I 
En troisieme lieu, j'ai pense qu'en me livrant a 
diverses experiences , je pourrais en reiirer des obser- 
rations plus ou moins utiles aux progres de Fagricul* 



A 



d 



bl 



essais. 









t 



Le terrain del'ancienne pepinieredesCharlreux,doii 
3VI. le due Decazes a bien voulu nvaceorder la jouissancc 
pour y continuer mes experiences commencees il y a 
huit ans , est de lacontenance de 9 a 10 ares j Veil ai fat' 
dislribuer, en general, la plus grande parlie en cen- 
tiares carres, distribution qui ma paru tres-commocle 
pour pouvoir m'elever, quant au produit comparatif, de 
cette simple conlenance, a celle de Tare et de l'hectare> 
qui sont aujourd'hui les mesures Icgales des terres; l e 
centiare etant la centieme partie de Tare et la dix-mil* 
lieme de Thcciare. 

■ 

Les semis hatifs que je propose de faire pourraien 1 
surtout etre executes dans tous les pays ou l'assolemeflt 
triennal est en pleine vigueur. Dans ces localites, ou l a 
terre est une annee entiere sans rien produire, rien v e 
pourrait empeeher de Les adopter; ils auraient po^ r 
resultat immediat d'ajouter a la masse des fourrages to** 1 

1 

M 

le surplus du luxe de la vegetation des seigles et des b\& 
semes de bonne heure et fauches lorsqu'ils auraient ufl e 
hauteur suffisante, et encore d'augmenter dun quart o$ 
















> 



■> • j 



■* ._*« 












9 



^ un tiers , el rnetnc plus , le produil de la moisson sub- 
sequenfc , ainsi que je le dirai plus loin. 

Ce que je consciiie a ce sujet est, d'aillours, une pra- 
ll( ]ue deja usitee dans quel que* cantons et dans nlusieurs 
c onirees, lorsque les hlesannoncent devoir s'elever Iron 
W herbe; il ne s'a^it done que de rendre rette methode 
plus commune. Cequ'il ya de certain, e'est qu'il parait 
c I^e les anciens elaienl assez generalement dans Tusage 
c *e fairc pail re par les troupeaux les jeunes Lies trop eie- 
v es; car on trouve cetle pratique recommandee par 
•Theophraste, Virgile , Columelie, Pline el Palladium. 
Pline (r) , en parliculier, clit que, lorsque les hies sont 

- 

tr op eleves, on emploie la dentdubctail pour ret rancher 
*£ luxe trop abondant de Fherbe ; que cela ne nuit point 



*e ble est ainsi tondu deux fois. 



plus b 



Pour faire connaitre ce que Virgile (2) dit sur le 
toe me su|et, je me servirai de la, tradaciion de Deiille : 



* * 



■ 

Tantot pour empecher qu'un fre!e cbalumeau 
Nelanguisse a'ccable sons son riche fardcau , 
Dcs qu'il yoit du siilon soriir^es bles superbes, 
Il livre a scs troupeaux Je \ain luxe des hcrbes. 

4 

Bans les pays encore plus favorises de la nature, 
la vegetation etait plus vigoureuse, dans la Babylonie, 
Par exemple, Theophraste (3)et Pline (4) disent qu'on 



OU 










(0 Liv. XVIII , chap. 17. 



.* 



(*) 



Quid, qui, ne gravidis proctimbat culraus aristis , 
JiUxuricm segetum tenera depascit in herba 
Cum p'rimum sulcos ajquant saf.a 



(3) Hist, plant. , liv. VIII , chap, 7. 

(4) Uv. XVII, chap. 17. 



Georg., I, v. in. 



/ 



. 

























1 



,1 : 

















f 












L 












\ 






- 

( 



■■ 



20 j 



Jauchail deux fois les hies en herbe, et que , pour la 
iroisieme fois, on y metiait lebeiail, et que, de cette 
maniere, Us rendaient 5o pour 1 dans les mauvais sols 



dans les b 






qu'ii m'esldc 
pport qu'on p 



rait reiirer, comraei'ourrage vert, ties bleset des seiglet 
semes un mois ou deux plus lot quon li'ert dans 1 habi- 
tude de le {'aire , el fauches dans ie courant de L'automnc, 
a la iin de 1'hiver et meme au commencement du prin- 



(emus. 

i 



J 1 ai le soin d'avertir que je n'ai opere que sur des 
centiaresisoles, en general ensemences avee 100 grains 
de froment ou de seigle, et les resultals que je presente 
sont tons dans la supposition qu'un hectare entier, ensc- 
mence dans les meraes conditions, aurait pu produire 
dans les meraes proportions que leceniiare isoie. 



Le 



rt • 




P 



le 



travers de doiat de terre, tout ce qui se trouvait t 
i'euilies ct de jeunes liges dans un centiare ensemence* en 
froment le i4 septembro precedent } d'apres cc que j'en 
ai retire de fourrage vert , j'ai calcule que cela m'eut 
donne , pour un hectare entier, 2, 1 00 kilogrammes. 

Le 24 mars 1841 , les i'euilies et les tiges d'un ble 
seme le i4 septembre 1840, dans un centiare, pesaient, 
aussilol apres avoir ele coupees, un peu plus d'un demi- 
kiioaramme; dans la supposition faile ci -dessus, c'esl 



5,ooo kilog. pour ['hectare entier. 



de 



— - ■ l ^ ™ 

doigt de terre, tout !e seigle content! dans ifti centiare 



et seme cgalcmcnl U 



1 i;i 



f - sentem?>i;e 18405 cela nT* 



} 















■ 









• - * 



■ ■■ 



■ -■ ■ '- - I 



■ft 



W- 



ufci 



,--■*■■■* 





'. 



PW 








/ 



Poulard rouge. 
Le meme. 
Le mense. 

Poulard gris vel u , 
Le meme. 
Le meme. 

Gros Turquet. 
Le meme. 
Le meme. 

Ble de miracle. 
Le meme. 
Le meme. 

Ble' de Pologne. 
Le meme. 
Le meme. 

4 

Ble carre de Sicile, 
Le meme. 
Le meme. 



Ble blanc de Hongrie. 
Le meme. 

Le meme. 



20 



20 



es 



! 



10 



- 



Froment a 
violettes. 
Le meme. 
Le meme. 



Ble dur de Taganrock. 
Le meme. 
Le meme. 

Ble de Crete. 

Le meme. 
Le meme. 



barbes 



. -v-^-r> j -n v*^: * m 



10 



10 



10 



12 




00 



CO 



z> 



tft 



Q SU 



c« 






co co 

Q2 • ** 



H « co cr 

1 *.Q3 *- 



/' 



2120 



^' "* ■<* - - 



fiPOQUE DU SEMIS 



pour 



CHAQUE VARIETE. 



28 aout i836. 
16 octobre i836. 
9 mars 1837. 

28 aout i836. 

16 octobre i836, 
9 mars 1837. 

28 aout i836. 
iG octobre i836. 
9 mars 1837. 

28 aout i836. 
16 octobre i83G. 
9 mars 1837. 

28 aout i836. 
16 octobre i836. 
9 mars 1837. 

28 aout i836. 
1 6 octobre i836. 
9 mars 1837. 

28 aout 1 836. 

16 octobre 1 836. 
9 mars 1837. 



223o 28 aout i836. 



16 octobre i836. 

9 mars 1837. 

28 aout i836. 
16 octobre iS36. 
9 mars 1837. 

28 aout 1 836. 
16 octobre i836. 
9 mars 1837, 






2i46 

1763 
in 






, . 






zzrrsv 



a 



10 



12 



TABLEAU 



NOMS DES VARIETfiS 

d'apres la 



NOMENCLATURE DE M. DESVAUX. 



Triticum compressum hispa- 



nicum. 



2 Tr. compressum rufescens. 
Tr. compress, giganteum. 

turgidum cinereum. 
Tr. turgidum ramosum. 

sativum vukare. 

O 

sativum capeuse. 
sativum pictetianum. 
sativum neapolitanum. 
sativum caucasicum. 



u Tr. imberbe creticum luteum. 

imberbe creticum rufes- 



cens. 



Tr. imberbe villosum album 
medium. 

Tr. imberbe villosum creticum 
Tr. imberbe ca.sium. 
Tr. imberbe compact um. 

Tr. imberbe lulesceus. 

Ble' anglais ay ant des rapports 

avec le precedent. 
Triticum imberbe bessarabicum 

20 Tr, imberbe grossum. 

21 Ble' blanc zee dur. 

22 Froment del ice. 
Triticum imberbe hibernum 

Revelii. 

Tr. imberbe vulgare. 




SEMIS »U 16 OCTOBRE 1836. 



I 




NOMBRE 

de» 
grains 

semes. 



Page 31, 







20 
20 
20 



20 



20 
20 



20 



20 



20 
20 

I 

20 



20 



20 



20 



20 



20 



2 



2 
l6 



1 2 



20 

20 



20 



20 



NOMBRE 

des 

grains 
leves. 



i3 

*9 

8 

i4 
i5 
10 
i5 

: 

10 

i8 

! 7 

i4 



5 



7 

9 
i3 

9 

! 7 



16 

8 

8 



1 1 



1 2 



12 



id 



NOMRRE 

des 
epis 

recoltes. 



56 

*9 
56 



5i 



112 

86 

81 

282 

169 

64 



5 



55 
55 

C9 



A 



U 



I 20 



84 

37 
39 



io3 



42 



1 



2 



79 



TOTAL 

des 

grains 

recoltes. 



l6 7 5 
2g52 

i4 7 3 
264o 
3i58 
2911 

24 7 8 
21 15 

6802 
6552 
1G24 



556 



1 856 
1880 

1 99 4 
i555 

4885 



34 5o 



1872 

4 9 4o 

1 6 3 2 



24'J*i 



I7IO 






SEMIS DU 



9 mars 183? 




NOMBRE 


NOMBRE 


des 

■ 


des 


grains 


grains 


semes . 


leves. 


20 


i3 


20 


i5 


20 


9 


20 


10 


20 


12 


20 


12 


20 


i3 


20 

* 


9 


20 


1 4 



NOMBRE 

des 

epis 

recoltes. 



26 

2r 
i5 
16 

i3 
26 
22 
53 









S'»" 




'"■A 


















\ 






\ 



«* 












- 



■'. 



1 





/ 

! 



*2 1 



1 



S 



*ourni un kiTog. de four rage vert; e 9 t*^t io,6oo RM<%. 

pour un hectare entier. 

Un second cenliare de seiglc seme et coupe de meme 

tti'a donne un quart en plus; dans la supposition qu'il y 

e n ait eu un hectare pareil, c'eut ele i2,5oo kilog. 

Un centiare , ensemence en fro men l le i4 sep~ 
Wwiihre i8/jo et coupe, comme ci-dessus, le 18 mars 
1 84 1 , m'a donne trois quarts de kilogramme de four- 
ra ge vert, ce qui fail 7,600 kiiog. a Thee tare, 

Le meme cenliare, ayani sufiisammenl repousse, a ete 
■ c oupe une seconde fois le 4 avril suivant, c'est-a-ilire le 
dix-sepfieme jour apres la premierecoupe,et ii m'a donne 
Un demi-kilog. de fourrage vert. Dans la supposition oil 
jaurais opere sur un hectare entier, e'eilt etc 5, 000 kil. 
Les deux coupes reunies ont done produit 1 ?,,5oo kilog, 
Mais la coupe d'un autre centiare de hie de la meme 
s °rte ? retardee jusqit'&ii f\ avri!, a donne a e!Se seule 
dans la proportion de 16,260 kilog. 5 en supposant ton- 
Jours qu'il y ait eu un hectare entier, la coupe unique 
a Urait done produit 3,;5o kilog. de plus que les deux 
c °upes reunies, faites a dix-sepl jours dintervalle. 

retirer ainsi par la 




Ue fourrage vert qu'on peul 



°°upe des jeunes hies et des jeunes seigles, aux epoques 
que je viens d'indiquer, penl , par !a dessiccation , les 
^Uutre einquiemes de son poids- mais on ne do it. pas le 
r ^duire a cet etat par la difficult© de ia dessiccation. 
ans le temps de Tannee dont il est question, ii est pre- 
fcrable de le faire eonsomn>er par les hestiaux aussiiot 
S^'il est coupe el au jour le jour, Quand on operera sur 



I) 



fi 



1 hectare entier ou meme su 
r e fauchcr, chaque jour, ce 



plusieurs, on devra 
dont on aura besoin, 






/ 






* 



# 1 




1 































■ 























1 












































22 ) 



sercfn 



d'qprfes. le nombre des besiiaux qui 

Tousles bles et lous les seigles que j'ai fait couper, 
ainsi qu'il vieot d'etre dit , ont produil dcs epis dans la 
meme proportion que ceux qui ne^i'avaient pas ete. 

Je me crois done fonde a dire que la meihode que 
je propose serait avanlageuse si elle etait prafiquee en 
grand, Elle pourrait fournir une nourriiure abondantp 
a des epoques de Tannee ou les paiurages naturels ne 
donnent qu une herbe tres-courle, ou meme n'en pro- 
duisent pas. Cette methode serait surtout precieuse dans 
les annees oil les recoltes de fourrages ordinaires ont 
manque en partie, ce qui en a beaueoup eleve le prix. 
Ainsi, dans Tbiver de 1840 a 1 84 1 5 par suite de ia se- 
cheresse qui avait regne i'ete precedent, les fourrages 
sees ont plus que double de prix, elle cultivateur 
qui , ainsi que je l'ai dit un peu plus haut , -eut 

* 

seme, dans les premiers jours de septembre et meme 

■ 



a la fin du mois d'aout 

V 

seipjle et de froment. so 



4 



P 



> hectares de 
paitre par ses 



moutons, tandis qu'iis elaient encore bas, soil pour les 
faire faucber lorsqu'ils auraient ete assez eleves, se se^ 
rait menage une ressource precieuse, et ii cut fait une 
grande economic selon Petendue de son exploitation et 
selon la quantile de ses besiiaux. 



P 



tirer des semis anlicipes pour se procurer d' excellent 
fourrage vert, parce quon m'a objecte que les semis 
fails de bonne heure elaieflt sujets, en general, a eire 
plus ou moins maltrailes par les fortes gelees; maisje 
puis bien assurer que, Joules les fois qu'on aura eu l c 



de la fin d 



1 1. * 












(a5) 



des 



pour braver hab 



d 



pour elles. Depuis i836 j'ai seme, chaque annee, en 
aout et seplembre, cinquante a soixante varietes de 
foment, et je n'en ai jamais eu plus de trois a quatre 
que la gelee ait fait perir, et celles-ci appartenaient a 



d 



pour la premiere 



d 



Je ne puis done qu'engager les cultivateurs qui au- 
font connaissance de mes pelites experiences a les mul- 






pi 



qu 



CHAPTTRE V. 



Experiences tendant a prouver que P plus les semis de 
froment sont fails de bonne heure, plus Us rap- 
portent. 



fails 1 



q 



beure sont rares, et il est etonnant combien sont pen 
ttombreuses les experiences qui ont ete failes a ce sujet, 



quoic 
ment 

denfi 



seule- 



) 



e la Societe d'agriculture des proprietaires de Tar- 



h 



dont j'ai parle un peu plushaut, fit Fexperience suivante : 


























(i) Extrait d'un memoire sur les cereales, par M. Paul de IVJor.s- 
P e J, etc. 5 dans la Bibllothequr, bvilannique, partie d' Agriculture, 

toj ne XII , p. 33 et suiv. (1807). 



















V -- -•- 



























I 






























■ 






i 

» 



\ 









t 






■ 



7 






1 



ii soma 



le i( 



' ■ L 

I 

i aout 1 772, ii y a rfiailvtenartt pres 



de 



~d 



t! 



soixame-asx ans, el ie 2 oclonre suivan 



» 



1 



t, d 



eux portions 



de terrain, avec une cerlaine quantile do fromenU el le 
produit de la reeol 



te d 



u premier semis 



P 



fut 



a ceiui 



1 



du 



second, dans la proportion de 616 a $55, quoiqu'on eu 



t 



em 



ploy 



e 



P 



our 



1 



ensemencemer 



i 



t. a 



1 



i 



10I 



• « 



ans la 



I 



porl 



ion 



de 



1 



terresemeo le i octobre, un cinquieme ae plus en grain. 
Ainsi, non-seu!ement le produit en froment fut de 

1 

moitie plus considerable dans le premier semis que 



d 



1 



1 



ans ie second, mais encore on 



I'u t 



oh!ig< 



d 



r. 



un 



Ti 



fa u - 



chef, le 20 septembre et le if\ octobre, ie semis prati- 



c 



le fr 



que le it> aout 1773 , arm qu 

en luyaux; el, le %i mars 1773, on 



oment ne montat pas 



P 



veau 



tin* 



P 



• 



our 



fitfi 



1 



lucner tie nou- 



\ 



la t 



I 



« • 



roisieme iois 



\ 



le bl 



e seme ie 1 



1 



6 



lout 



J j -* > 



parce qu on ie irouvait trop avarice j)Our cette 
epoquej enfin, lors de la recolte, les pieds de la raeme 



I 



• « 



portion de terrain prouuisirent somen! quatorze a 
hint luyaux. 



dix- 






M. de Monspey a su 



ivi 



I 



)en 



dant 



cma annees 



q 



1 



es 



.• • 



memes experiences, q 



1 



111 lui ont eonsiamment donne un 



id 



produit dans les memes proportions en favour des se- 



mailles halives 



Mai 



1 



grc les avaniages que prometiaient les experiences 



tl 



• • 



du vice -president de la Societe d'agricullure de Ville- 
franche, je nai pas trouve qu'ellcs aient ete repetees 



d 



ins 



le d 



esse in 



de 1 



! 



es connrmcr oil c 



le I 



es in fir met 



Quant a moi, des quVJes furent parvenues ii ma con- 



naissance 



J 



e me 



propo 



sai 



de 1 



es repeter, et cest ce que 



je fisen 1 834 5 mais je ne pus faire semer mon hie aus 
shot que M. de Monspey, parce que je ne partis pour 



d 



campagne que nans les dermers jours 



I 



d 



d 



;iou 



la 
et ce tie 












1 ^ 



i 































■f «* \ 
\ ' J 






* lJ t que le 3r de ce mois que j*eii fis aemer un are do 

terrain, en y bonsacrani deux litres de froment, ee qui, 
dans la proportion, elait a peu pres un cinquieme de 
J ^oins que la quantite de semenee qif on est dans 1' usage 
d employer ordinairemenl pour les semis du nay si, 
Depuis lorigtemps il avail fait Ires-sec avant 1c mo- 

Went ou mo'n hie fut mis en terre, el la seeheres-e con- 
l mua pendant la plus grande partie du mois de sep- 
'embre, de sorte que mon semis eut bcaucoup de peine 



M 






ever. Neanmoins mon jeur.e bio fihh par se develop- 
per convenabiement un peu avant la mi-octohre, et je 
r ecoltai, dans !es premiers jours du mois d'aoiilde 1'an- 
tiee suivante, un grand tiers de plus en gerbes que ne 
fit mon fermier, dont les bles n'avaient ete semes qu'a 
'a fin d'oclobre. Par la maniere don l etait situee ma pe- 
1 s te recolce, crop pies de la frVrmo, d'un cote, et, de 
autre, un peu isolee des champs de ble, elle eut beau- 
ebup a souffrir des poules et des moir;eaux, qui la gas- 

L 

piilerent et qui en detruisirent bien la cinquieme ou la 

- 

sixteme partie 5 car, sans cela, je crois que j'aurais re- 
°oIte , dans la proportion , ail moins moitie plus de grain 
c Ju'on ii eh recueillit dans les champs voisins. 

Salisfait du resnliat.de ma premiere experience, 
^Uant an produif que j'avais obtenu, mais ne la trou- 



v &ni pas assez exacte a cause du ravage que les poules 
ei les moineaux avaient fait dans ma petite moisson , je 

r 

v oulus la repeler en 1 835 , en y niettanl toure la preci- 
sion qui me serait possible. En consequence, je fis 
e nsemencer, le 7 desepfembre, environ un Hire de 



foment, forme de cinquante varietes differentes, se 
( -oniposant cbacune de cent a quatre cents grains, et que 









1 








































\ *--***- 



l * 


















































I i 






i m 



\ 






26 ) 



*v 



j'avais commence a rassembler des Pannee precedente. 
Tous ces Froments Furent semes dans une portion de 
terrain egale en surFace a celle que j'avais employee 
Tannee precedente, en espacant les grains le plus ega- 
.ement qu'il Fut possible, a deux travers de doigt les 
uns des autres, dans un sens, et, dans l'autre, en les 
placant dans des rigoles eearlees d'environ 6 pouces 
(17 centimetres). 

Au milieu du mois de juin de Tannee suivante, c'est- 

; ' ...-■■■' 

a-dire en i836, j'eus occasion, dans un voyage que je 



i 



lis a la campagne, de voir mes bles. qui etaient alors en 
fleur et qui avaient la plus belle apparence$ mais l'ou- 
vrier que j'avais charge de la recolte comprit mal ce que 
je lui avais recommande a ce sujet. L'annee prece- 
dente, il avait coupe ma moisson a la Faucille , et 

■ 

comme je lui avais dit que je voulais savoir combien 
chaque pied rapporterait d'epis, au lieu d'arracher ces 
piedsseparement les uns des autres, il les laissa toussur 
leurs racines, de sorte que, quand j'arrivai a la cam- 
pagne dans les premiers jours de septembre, je pus Fort 
bien juger que mes bles avaient beaucoup talle ; mais il 
n'y avait presque plus de recolte : les oiseaux en avaient 
devore les neuF dixiemes. Au reste, ce dont je pus 

* 

m'assurer, c'est que le plus grand nombre de mes grains 
de ble avaient produit des tiges multiples portant cha- 
cune un epi, et cela dans une proportion que Ton ne 
rencontre jamais dans la campagne. Ainsi, dans un are 
de terrain seulement, le plus grand nombre de mes 
pieds de ble Formaient des louffes sur lesquelies on 
compiait depuis quatre jusqu'a vingt-six epis. Bien pea 
de pieds etaient simples et ne portaient qu'un seul epi; 





it 













2 7 






niais presque tous les grains qui iravaient pas produit 
de touffes aussi fournies que celles dont j'ai. parled'a- 



bord 
laJ 



portaient au moins -deux a trois tiges parlant de 



meme racme. 



Quoique cette experience soit tres-incomplete, san§ 
dome, elle fait cependant assez voir, a ce que je crois, 

1 

combien il y a d'a vantage a semer les bles de bonne 
heure et a en disposer les grains en ligne, en meme 
^mps qu'on les espace convenablement en les mettant 



en terre. 






Mes premieres experiences sur les semis pratiques 
de bonne heure avaient en parlie reussi et en partie 

* 

echoue par des circonstances independantes de ma vo~ 
lonte j cependant ies observations que j'avaispu recueiliir 
me prouvaient assez que la pratique de semer les grains 
tres-bonne heure , telle qu'eile avait ele employee 
M. de Monspey, environ soixante-trois ans aupara- 



d 



e 



v ant, meritait toute confiance et pouvait reellement 
presenter de grands avanlages. D'apres cela , comme 



j'avais commence, des Tahnee 1 854 > * rassembler, 

_ 

*in*i que je viens de le dire, differentes varietes de 
froment, *en iris semer de nouveau cinquante-cinq 
v arietes (ies le %3 aout 1 836. 
Je n'avais pu reussir, a cause de Teloignement de la 

* 

propriele ou j'avais fait mes premieres experiences, a 

nrn^npr nnmnplpmonl a hipn • r (>9,t DOUrciUOl ie 11 S 



fa ire r 
fleuris 



d 



d 



plusieurs plates-bandes dans son etablissemenl d'horli- 



d 



mada 



\ 















I 



















































• 

































' 






























♦ - 






\ 



2 ft 






Pi 



faire les memes cultures dans leur jardin, pendant cinq 
annees de suite, et meme de m'y aider souvent, de 
recevoir ici tous mes remerciments, que leur merite 
•leur extreme complaisance. 

Je lie fis semer que douze grains de chaque variete , a 
cause du peu d'espace dont je pouvais disposer, et parce 



h 



» ? 



P 



rait produire beaucoup de tiges H d'cpis, Je ne fus 
pas trompe dans mon atlentc ^puisque , apres que j'eus 

* 

fait tondrc tous mes pieds de ble, le 18 decembre sui- 
vant, ils reponsserent de nouveau , pendant Thiver, 



1-1 



Presque tous les pieds de- 



■ 

vinrenl encore plus muliicaules qu'ite ne l'eiaient 
avant d'etre coupes. Dans plusieurs varietes meme. 
les nouvelles tiges rurefit des deux tiers et du double 
plus nombreuses que celles de la premiere pousse, et , 
dans une variete, cela lut porte jusqu'a plus du triple; 
enfin j'en eus plusieurs qui me donnerent dix a quinzc 
epis et meme jusqu'a trente. Les douze grains, lors du 
semis, avaient d'ailleurs etc places A la distance la plus 
egale que possible, dans des rigoles d'un metre de 
longueur, de la profondeur de deux t ravers de doigt, 
el les lignes disposees de maniere quil v en avait six 
dans la largeur de cbaque metre. 

La meme annee, mais seulement le 16 octobre sui- 
vant, j'ai egalement fail semer un nombre determine de 
grains de chacune des especes et varietes semees deja 
le 28 aoiit precedent j enfin, vers la fin de Haver qui 
euivit, et le 9 mars 18S7, le meme nombre de grains 






Bh 










i a J ) 






s ^me$ environ cinq mois auparavant fui de nou* 



v eau confie a la terre de la mem« maniere qifil a etc 
Ul t, sice o'est que, dans les rigoles de ce troisierae se- 
m *s , de m erne que pour celui du 16 octobre, les grains 
went plus rapproches, parce que j'en. fis semer vingt 



d 



a ns ehaque^rigole, au lieu de douze. 



Je 



regrette aujourd'hui de n\ivoir pas employe le 

1 

n *eme nombre. de grains pour les .semis fails a trois 



e poques differentesj cela cut donne des observations 
^ui eussent ete plus exactes et plus regulieres. Cepen* 
dant je crois qu'en parcourant avec un peu d'attention 
le s resul tats que j'ai oblenus de ces experiences faites sur 
d*x varietes de ble semees a trois epoques differenies 
k°oyez, a ce sujet, le tableau n° i, ci-apres), on pourra 



focil 



ement se convaincre eombien les premiers semis 



* oru, en general, emporte, pour les produits, sur ceux 
qui n'ont ete fails qu'en automne eta la fin de ..Haver* 
ka dixieme variele, qui a ete en grande partie gelee 



r 



Pendant Haver, a seule fait exception. 

J'avais commence mes experiences avec cinquante- 
Cl »q varietes de ble; mais-le temps dont j'ai pu disposer 
J}e m'a pas permis de poursuivre toutes mes observations 
J^squ'au bout j je n'ai du les completer que pour les dix 
Va rietes qui sont portees au tableau que je donne. Ces 
%* varietes jvout., d'ailleurs, point ete choisies, parce 
Relies m'avaient-donne un produit plus considerable, 
ni «is parce que je n'ai dii placer, dans le tableau que je 
Presence du rapport de ces varietes, que ceiies qui se 
8 °nt trouvees reunir, dans les notes que j'avais recueiU 



ii 



** vers ic temps de la recohe , tousles documents ne- 
te ssairc3 pour les indications que je voulais presenter* 



















1 



















/ 






k 



P 











* 
















i 



J 









■ 



















I 



J 



50 



\ 






■ 

La raeme anhee ou j'avais commence les experiences 
dont je viens de donner w\\ apercu , ay ant recu de 
M. Desvaux, alors professeur de botanique a Angers, 
une collection de cent onze varietes de froment, \e reso- 
lus de la faire servir a de nouvelles experiences pour 
prouver les a vantages qu'avaient les semiatfaits en ail* 
tomne, sur ceux'qui n'etaient pratiques qu'a la fin de 
rhiver. En consequence, j'ai fait semer, vers l'epoque 
ordinaire a laquelle se font, le plus generalement , les 
semis dans les campagnes de la Brie, de la Beauce , de 



la Picardie et de la Normandie, c'esl-a-dire le 16 oc- 

i 

tobre i836, viligt grains de chacu'nc des varietes de 
froment que M, Desvaux avail eu la complaisance de 
m'en-voyer quelque temps auparavanl. Ensiute, j at 
recommence uu semblable semis a la fin de Tbiver sii'i- 
vant, ou le 9 mars i83^. Les nouveaux grains de Tun 
et Tautre deTces -semis furent mis en terre dans des 



rigoles . d'un metre de longueur et disposees ainsi que 
je Tai deja dit. 

Tavais l'intention de rectieillir, le plus exactement 
qu'ii meserait possible , les produils de cesdeux semis? 






afin de pouvoir les comparer 5 maisje n'ai pu executor 

■ 

ce travail completement , fa'u'le de temps, et je me suit* 
vu force de ne le faire qu'en partie. 

m 

Les cent enze varietes de M. Desvaux ont loutes ete 
semees dans le merae jardin dont j\u deja parle 5 leurs 
produils ont ete exaclement recoltes dans le temps con* 
venable ; j'ai note avec soin le n'ombre des grains semes, 
celui dd ceux qui ont leve , la quantile d'epis que 
ch-aque pied a produils, la hauteur et la nature des 
pailies,- la maniere dont l'6S grains lenaient dans les 



I 



* 
















\ 



V 



( 5i ) 






i 






1 



til 
alles , leur grosseur, leur pesaiiteur, leur nombro; 

*nais, quelques peines que je me sois donnees, il est reste 

Une assez grande quantite de varietes pour lesquelles je 

** ai pu reunir tous ces details qu'en parlie , de sorle 

* 

^Ue, quoique je puisse estimer avoii/ pousse rnon Ira- 
v ail aux trois quarts , je ne I'ai dependant terminecom- 
pletement que pour vingt-quatre varietes, et je ne puis, 
par consequent , faire entrer que celles-ci dans le resume 

que je presente maintenant dans le tableau n°2, ci- 
joint. 

I 

M. Desvaux , en m'envoyant sa collection de frotrients, 
fio m'a pas fait savoir depuis quel temps leurs grains 
^taient recoltes. D'apres le noiribre de ceux qui ont 



ties dont 
annees. 



q 



beaucoup de 
depuis quelq 









i 



■ 






/ 



■ 



P 



dan 



s mon 



abl 



t i 



eau 



*>° i telle variete phi tot que telle autre des cent onze 



sem 



au sujet du premier, que j'aie voulu choisir, a dessein, 

J I 

es varietes les plus productives, cela n'a ete nullement 

dans ma pensee; maisj'ai ete force de prendre cetles que 






je mentionne ici ^ parce que j'at trouve dans mes notes 

* 

tout ce dontjVvais besoin pou 

l andis que, pour le plus grand nombre des autres, le 

■ 

cations. Ainsi les varietes j et 8 portees dans mon 
tableau ne rrTont donne , Tune que 86 epis et l'amre 
^Ue 8i, lorsque je trouve, au contraire, dans mes 



ri otes, que trois autres varietes du triticum 
*** ont donne j 29, 1 iff et 1 77 epis, ce qui est 



• 



sativum 
































. 



/ 






































































{ 32 



■ 

J 



*V 



nient Leaut oup plus; mai**, ayant neglige de compter le 

produit en grains pour ces trois varieies, cues se sont 
trouvees, par eela seul , exclues Je mon tableau. Je 
pourrais citer.-plusieurs auires varieies qui sont dans 
le memo cas, et sans pouvoir etablir, pour les cent 

onze varieies donl j'ai parle ci-dessus, ce que je crois 
avoir assez prouve pour o>3 d\entre elles, je puis bien 
assurer que -presque. tqutes les auires m'oiit prescnie 






des resultals a peu pres analogues, resultals que je ne 
trouve cependant pas constates assez positivemenl, pour 
les raisons que je viens de dire tout a Pbeure. 

Ii peut done etre demontre, par Inspection de mon 
tableau n° 2 , que les semis d'autommc sont beaucoup 
plus productifs que eeux qui ne sont faits qu'a la fin. de 

1 

l'biver. D'apres mes experiences, on peut, en general, 
considerer les premiers com me produisant moilie plus , 
et il iVest pas rare que eela aiile aux deux tiers, aux 
trois quarts et meme a beaucoup au dela. Comment 
done se fail-il que le prejuge contraire regne encore 



s 



1 






chez un grand nombre de culiivaleurs ? Sur vingt-quatre 
varieies soumises a Inexperience et sur iesquelles j'ai 
reuui tputes les indications propres a constater ce fait, 
la douzieme seulement a un peu moins produit, eiarit 
semee a i'automne, que scnice a la fin de lbiver^ mais, 
dans ce cas, la difference en plus a etc bien peu consi- 
derable pour le semis du prinlemps, landis que, dans 
ies vingt-trois autres, la difference, en moins a ete, 



pour la meme epoque de semis, dans une proportion 
qui ne peut nuilement se comparer. J 



Si Ton mobjeciait que mes experiences de culture 
out ete faites trop en petit et dans un jardin seulement > 














<v. 










Jeconvicndrais que, sous ce poi 
Ser a desirer. Mais, si ma ci 



ilj elles peuvent lais- 

lture jardiniere peut 
^voir eu de l'influence sur le produit des recoltes que 
J ai obienues comparativement a. celles qu'on retire 



d 



d 



quand il est question du produit comparalif de deux 



Profit 



d 



des 



w u y — 

n offrait reellement, (out aussi bien que ceux qui ont 

ete faits a la fin de I'ete ou au commencement de 
a Womne. Mais je me hate de dire , a ce sujet 



1 



l^e mes bles seme's dans le jardin de M. Tripet , 
"^t la terre est legere et peu propre, je crois, a la 
( ' u Uure du froment, n'ont pas recu plus de soins que 
J J J« eussent ete en plein champs sarcles une seule fois 
a J» fin d'avril, ils n'ont ete ni arroses ni binds ; mais, 
*^fallail trouver une cause des produits considerables 

* u Us ont donnes, ie l'attrihuerais a pp mi'ila ™* Aia 



es en lignes , et tous les grains a une distance a peu 



M 



es yeux sur mes tableaux, qu'il y a eu beaucoup de 
^ains qui n'ont pas leve; que, dans queiques varieles, 



l ou 



«ombre en a ete considerable, et, en additionnant 

1 ensemble , on trouve que la perte, sous ce rapport, 

® »ionte au moins au tiers, ce qui, d'ailleurs, se rap- 

a perte que Ton eprouve dans la cul- 



Pfoche 

Par 



P 



er a rien de ce que Ton obtient dans la culture 
*naire, ou les bonnes recoltes donnent seulenient 



dis que do 



t 



3 






y 

1 



r 

M * 






* 

* 



















1 



























i 



# 











1 



' 



V 



I 


















I 

























1 



/■ 



4) 



grams semes en 



d 



ioo, 200 et jusqu'a 3oo e( plus pour i. 

Les reflexions que doit faire naitre, ce me sernble* 
Fexamen de raes tableaux, c'esl qu'une meme quanU te 






d 



so 



nt 



loin de donner des produits egaux dans les diverse 8 



des 



differentes vanetes ne vane pas de I u 
si, dans Tetat actuel des choses, on 



ffet 



celies qui pourraient donner le meilieur produit. II so' 
rait done ires -utile de s'assurer, par des experience 
multiplies, jusqu'a quel point on doit compter sur 
qualites de telle variele de froment sous ce rapp 
important. 



le« 

or' 



parant la colonne qui renferme le nombre de 8 

epis produits a celle qui contient la somme des graifl 8 
~ recoltes pour chaque variete, on reconnalt aussi q lie 



pas 



des 



f 



pa 



quan 



movenne des grains de cbaque epi n'est guere que 
trente , tandis que , dans telle autre , elle est de quara 
a cinquante, et meme plus. 



de 






prece 



plus ou moins de rapp 



e 



general, les diverses varieles. C'est une question q ul 
me semble d'une grande importance et sur laquelle 
reviendrai lorsque je traiterai de la difference de p 
santeur relative qui existe entre les grains de chaq 






oc 



d 



des deux tableaux <J 
















t 



e 



e 











35 ) 

J a * donnes (p. 3i) du produit comparatif d 
Sombre de varietes pour les semis faits en ai 
* a fin de rhiver. on ne neut manauer encore d' 



de 



frapp 



de ineaalite qui existe dans les prodaits d 



^fferentes varietes. Je ne sache pas, a ce sujet, qtvon 



an,; 






I 



jusqu'a present, cultive comparativement un cer- 



tai n nombre de 



d 



** e reconnailre s'il y en avait qui fussent constamment 



pi 



produclives les unes que les autres. 
i effet, si les varietes 2 , 4* 6 et n d 



bl 



ij e et 2i e du second produi- 



Sa ient, le plus souvent, destiges, des episet des grains 
■*ns les memes proportions , il pourrait demeurer, 



d 



c omme 



demonlree , que 



P^oductives et doivent , loutes choses egales d 

ei re nlus avanla.o-euses a cuiliver. Je n ose do 



e 



Experiences sur ces varietes corame concluantes, parce 
belles ontele faitessur une trop petite echeile ; mais 
J e ne saurais assez inviler les proprietaires amateurs 
Agriculture qui habitent la campagne a repeter, dans 
* e Urs terres, des experiences analogues aux miennes, 
e, i les executant sur des quantiles de grain et sur une 
'endue de terrain beaucoup plus considerables que je 
11 *i pu le faire. De letles experiences devraient aussi 
etr e institutes dans les grandes fermes-modeles, dont 
n °us comptons maintenant plusieurs en France. II 
esl un fait qui domine tous les autres; c'est, dans l'elat 
ac tuel des choses, le peu de produit que donnent nos 
fe coltes, si on le compare a la quantite de semence qu'on 
T consacre. Les meilleurs cultivateurs sont convenus , 

4v ec moi, qu'il etait a desirer qu'on trouvat des raoyens 






S 



























A 


























if 




I 










(36) 

pour economiser le grain employe a faire les semis, et, 
plus encore, pour faire rapporler davantage a celui 

qu'on y emploie. ♦■'"'. 

C'esl dans l'intention de chercher a ameliorer notre 
agriculture sous ce rapport, que j'ai entrepris les ex- 
periences que je viens de rapporter, et je crois qu'on 
ne pourra manquer de reussir, ainsi que je l'ai fait, en 
substituant la maniere de faire que je recommande, * 
la pratique ordinaire, toutes lesfois que ce sera possible. 
Ainsi il me semble indubitable qu'en semant les grains 
de ble convenablement espaces et en lignes paralleles, 



les pieds qui en naitront doivent donner , de meme que 
dans mes petites cultures, des tiges le plus souvent 
multiples, qui produiront loujours plusieurs epis. 

J'ai fait voir egalement I'avantage qu'on pouvait tirer 
des semis anticipes, et les semis decette nature doivent 
produire lesmemes resultats dans les champs que dans 
le jardin ouj'ai fait mes experiences ; j'ai pratique, 
d'ailleurs , de pareilles experiences presque en pleine 



camp 



P 



Monspey 



rapportee plushaut, aucun cultivateur ait non-seule- 



pte 



de 



ait 



P 






qu'il adviendrait d'un semis de grain fait par anticipa- 
tion de six semaines a deux mois sur l'epoque prescrite 

par la pratique ordinaire. 



pas 



P 



j 



de d'assoiement pratique da 



\ 










^ 









(37 

tQ n$ mais dans tous les pays ou la methode des jacheres 

■ 

es t encore en usage, et surlout dans ceux ou elle regne 
c °nipleiement, on pourrait certainement commencer a 
en semencer six semaines a deux mois plus lot qu'on ne 
* e fait ordinairement, sinon toutes les terres qui au- 
ra ient ete abandonnees a la jacbere, du moins un tiers 
° u meme moitie j car ii doit eire assez prouve par mes 
ex periences qu'on obliendrait un benefice d'autant plus 
§ r andqu'on aurait seme plus tot. 

Quelques agronomes modernes ont aussi recom- 
^ande de faire , de bonne heure , les semis de ble , et , 
P&rmi eux, je citerai Lullin de Chateauvieux , Duha- 
^el, et particulierement l'abbe Poncelet (i), qui dit 
^e, moins un ble est eioigne de sa maturite parfaite , 

plus il est doue de la faculte reproductive, et qu'il fau- 
drai 



e* 



t, en consequence, qu'on le sernat aussitot qu'il a 
e recolte, ou, au moins, le plus tot possible. Mais la 

w 

Methode contraire est tellement enracinee, que les re- 
c °mmandalions de ces auteurs sont restees sans effet , 

■ 

P&rce que le precepte oppose, donne par la plupart de 
Ce Ux qui ont traite de Tagricullure chez les anciens, a 
P r evalu. Cependant il n'y apasbeaucoup dVcord entre 
Ce s derniers, ainsi que nous allons le voir. 



Varron (2) d 



les auteurs qui Favaient precede 






v °ulaient que Ton commencat a. semer depuis I'equi- 



d 



qviat 



Virjo-ilp . P.n fraiiant de Tenoaue convenable pour fa 



1 
















1 














! 






(0 Hlsioire naturelle dufroment, p. 45. 
00 Lib. I,c. 34. 














i 









I 







(38) 

prime ainsi (i) : « Ma 

ur recueillir des moiss 



la 



et de robuste far, et que vous n'ayez pour but que 
recolte de leurs epis,attendez que les filles de l'Atias (v 

se couchent le matin. » 

Columelie (3), s'en rapportant au precepte donne pa r 
Virgile de ne semer ni le ble, ni le grain adoreum (l e 
far ou Tepeaulre) avant le coucher des Pleiades (4), tlit 
quil neresteplus, a compter de cette epoque, que 
quaranle-six jours jusqu'au solstice d'hiver pour faire 

ces semis. 

Pline (5), en parlant des froments , les distingue en 

plusieurs sortes, selon le temps ou Ton en fait les semis; 
« ainsi, dit-il , on seme vers le coucher des Pleiades 
ceux qui sont d'hiver, etils se nourrissent dans la lerre 

durant cette saison : tels sont le froment, le far » 

Palladius (6) recommande de semer, vers PequinoJtf 
de septembre., le froment et le grain adoreum dans M* 
terrains maigres et froids , afin que leurs racines puis- 
sent prendre de la force avant Thiver. Ailleurs (7)' 
le meme auteur recule Tepoque de semer ces grain* 









■ 











(O 



At si triticeam in messem , robustaque farra 
Exercebis humum, solisque instabis aristis , 
Ante tibi Eoae Atlantides abscondantur. 

Georg. , I , v. 219. 



* 

(a) Les Pleiades. 

(3) Lib. II, c. 8. 

(4) Le coucher des Pleiades arrivait, au temps de Virgile, le trcnt e 

et imieme jour apres Pe'quinoxe d'automne. 
(6J Lib. XVIII, c. 7. 
(G) Lib. X, c. *i. 

(7) Lit. Xn } c» f 4 








»1 



(59) ■ 

jusqu'en novembre, puis il ajoute meme que ce mois 

veritable temps de faire les semailles , et que c est 
que se fait l'ensemencement le plus solennel. 
On Yoit done, par ce qui vient d'etre dit, que, chez 
es anciens, l'epoque des semailles d'automne commen- 

mr les uns, a l'equinoxe, et, pour les autres , 
nt un mois plus tard. Cbez nous, dans Tetat 
, il y a, en general, plus de cultivaleurs qui 



1 



?an 



P 



Present 



d 



( 

C ^ieux de pratiquer la premiere- car, dans 



1 



a 



plus 



- 

d 



il est fort rare 



de voir semer les bles avant les premiers jours d'octobre 
et meme avant le milieu de ce mois. 



Tous les cultivateurs ne sont, d'ailleurs, p 
c ord sur la quantite de semence qu'on d 



p> 



d'automne et pour ceux du printemp 



P 



Pi 



P 



Pour les semis 
<*e la fin de l'hi 

indent qu'il fc 
^e pour les d 

I Lies semes 

— uuitl ucs mwuipwiw — — - » •> -- x 0n nS " 

^uerait de voir manquer la recolle en plus ou moins 
grande partie , si Ton ne prenait pas la precaution de 
8e mer, en quclque sorte, plus qu'il nest necessaire, 
a fin , dans lout etat de cause, de pouvoir avoir de quoi 
s ubvenir aux pertes que les fortes gelees pourraient fane 
prouver. 



e 



D'autres, au contraire, assurent que e'est pour les 



^fiude 



temps 'qu'il faut employer pi 

re la semence plus epais, parce que les 

de Thiver ou au commencement du p 













■ 






/ 


































- 































































(4o) 

temps ne tallent jamais aulant que ceux qui sont sem^s 
en automne, et qu'ils ne deviennent jamais aussi forts. 
Au sujet des quanlites de grain qu'on doit , en gene- 
ral, employer pour les semenees, Columelle (i), apres 
avoir indique le nombre de mesures qu'il faut meltre 
dans un jugerum (2) de terre, ajoute : « Nous ne trou- 
vons pas toujours a propos, nous-meme, de suivre la 
methode que nous donnons ici , parce qu'elle peut va- 
rier suivant les lieux, les saisons et la temperature de 
i air. Suivant les lieux , corame lorsque nous ensemen- 
cons en Lie des plaines ou des collines, el que les unes 
ou les autres sont grasses ou mediocres, 011 maigres. 
Suivant les saisons, comme lorsque nous semons des 
bles en auiomne , ou a l'approche de l'hiver ; car on peut 
se contenter d'une moindre quantile de grain pour les 
premieres de ces semailles , au lieu qu'il en faut une 
plus grande quantite pour les secondes. Suivant la tem- 



d 



qu 



dans le p 



suit la 



methode des premieres semailles, et, dans l'autre cas, 
on suit celle des secondes. » 

A ces considerations fort sages, l'agronome latin 
ajoute ce qui suit : «Nous n'avons parle, jusqu'ici, que 
des semailles d'automne, parce que nous pensons que ce 






CO Lib. II, c. 9. 

(2) he jugerum e'tait une surface de 24o pieds romains de longueur 
sur 120 pieds de largeur, et il contenait, par consequent, 28,800 pieds 
carres de superficie qui, reduits en pieds deroi,donnent 24,365 pieds, 
c ? est-a-dire un peu plus de moitie de Farpent des eaux etforets, celui-ci 
etant de 48,4oo pieds, et un peu plus du quart de Thectare , qui est 
de 10,000 metres carres, ou de 9 4, 7 68 pieds. Plus exactement , il fan* 
drait 3 J-|f — jugerum pour fairc un hectare. 








» 



(4i 



l 



q 



xq 



# 

a P|ricuheurs donnent le nora de tremois. » 

J'ai ete bien aise de m'appuyer de l'autorile de Tun 
des meilleurs auteurs de l'antiquite; car les deux pas- 
sages que je yiens de citer prouvent evidemment que 
*es semailles failes les premieres sont preferables , et 
^u'elles demandent une moins grande quantile de grain 
c lue celies qui sont pratiquees plus tard. 

* 

D'apres ce qui vient d'etre dit, et encore d'apres ma 
propre experience {yojez mes tableaux , n° i et n° 2, 
p. 3i), je crois qtfon pent et qu'on doit semer plus 
clair le grain en automne que celui que Ton ne seme 
qu'au printemps, et que le semis doit, d'ailleurs, etre 
fait d'autant plus clair qu'on le pratiquera plus lot, 
Ainsi tons les cultivateurs qui voudront faire'des semis 
anticipes devront toujours y consacrer moins de semence 
que lorsqu'iis suivront les pratiques ordinaires. Les 
quantites de celle-ci, qu'ils auront le moyen d'eeonomi- 
8 er, pourront etre du quartet peut-etre de moitie de ce 

<Ju'on y emploie pour les semis d'octobre, et surtout pour 
ceux de novembre, decembre, et encore pour ceux de 
la fin de Thiver ou du commencement du printemps. 
Une chose bien essentieile a observer lors des semis 

I 

qu'on voudra pratiquer de Ires-bonne heure, e'estqu'il 



n e faudra jamais leur consacrer, de meme que .pour les 
semis ordinaires de Tautomne, que des varietes de ble 
bien connues pour supporter le mieux les rigueurs de 
1'hiver. 

Je crois avoir deja dit cela un peu plus haut, mais 
J y reviens a dessein , parce qu' une' des objections qui 



\ 

















































■ 



I 























! 



l< o? -•• 


























































I 







I 



(42 



des semis anticipes 



? 

* 



c est que leurs pousses seraient bien plus sujettes a 



d 



au contraire, que les premiers semis ayant deja acquis 
une certaine force lorsque les gelees viendront a se 
faire sentir avec rigueur, ils doivent etre bien moins 
sujets a en souffrir que les bles qui n'auront ete semes 



bre et meme en decemb 



qui, 



se trouvant exposes a etre surprispar les gelees au mo- 



d 



ep 



du dommage. 

iretends pas , d 



d 



semis anticipes comme une regie absolue et infaillible, 



d 




i 

■ 

grand nombre des cas j cependant ils 



P 



quelquefois devenir impossibles, par suite de Tincle- 
mence des saisons. Par exemple, lorsque Tete aura ete 
constamment sec et aride, il n'y aura pas lieu d'esperer 
de les voir reussir ; mais des pluies plus ou moins abon- 
dantes, survenant a la fin ou meme des le milieu de Tete, 
devront toujours leur elre favorables. 

On devra aussi etudier la nature des terrains; ainsi 
j'ai tout lieu de presumer qu'avec de petites pluies par 
intervalles peu eloignes, les terres legeres ensemen- 
cees de tres- bonne heure donneront toujours d'abon- 
dantes recoltes. C'est dans des terrains de cette espece 



que mes experiences ont constamment ete faites; mais 
n'ayant jamais pratique dans des terres fortes ou natu- 
rellement humides, je ne puis en rien dire, De nou- 
yelles observations doivent etre entreprises, a cesujet, 

but les sols de cette. nature. 










(43) 

Apres tout , le point de culture dont je nVoccupe 
naaintenant n ayant pas ete suffisamment etudie jusqu'a 
present, j'ai cru qui! etait utile de presenter, sous ce 
rapport, quelques vues nouvelles qui me paraissent 



d 



P» 



d 



haute imp 



J'ai dit, en commencant, que la plante la plus utile a 



h 



noire economie domestique, cest d'elle que nous tirons 



II 



pa 



ne manque jamais d'avoir une influence secondaire sur 
les travaux de I'induslrie et sur le commerce, en meme 
temps quelle agit directement sur le bien-etre et sur la 



des h 



P 



d 



do 



ur 



Mei 



m'ayant prevent! en 



pi 



pu le faire cette imponante matiere, je crois ne pou- 



d 



vail (x). 



(0 La gravite de la question de Influence du prft des grains sur 
la sante a acquis, sous le point de rue de l'hygiene pubhque, toute 
revidence d'une demonstration malhematique dans le memoire que 
M. le docteur Melier a lu , il y a six mois , a l'Acad<5mie royale de 

ttie'dechie. 

Envisageant les subsistances clans leurs rapports avec les maladies 

et la mortalitc' , ce medecin, dont les recherches embrassent une pe- 



les ft 



w 








\ 












I'll 



J 












■ 






. 










































1 


















(44) 



D'un autre c6te . M 



Millot . ancien eleve de 



q 



P* 



tistiq 
pour 



d 



tres-grande influence sur la population (i). 



/ 



plus considerable; tandis que, au contraire } ce chijfre diminue quand le 
ble est a boa marc lie. 

Ce rapport e'tait surtout marque autrefois , alors que les ce're'ales 
formaient, prcsque seules, la nourriture des hommes. II suffisait d'un 
renche'rissement de quelques francs par setier (i56 litres) pour aug- 
menter sensiblement le nombre des malades et des de'ces, tant a do- 
micile que dans les hopitaux. G'est ainsi,pour ne citer qu'un seul 
exemple, que sur une periode de vingt ans, comptee de 17^4 a 1743 , 
dix anne'es de cherte ont donne, a Paris, terme moyen et par an, 
21,174 de'ces, tandis que dix annees de bas prix n'en ont donne' que 
17,529, c'est-a-dire 3,645 de moins , 011 1/6 environ. 

De nos jours , c'est-a-dire depuis que Fagriculture a augmente et 
varie ses produits, depuis surtout que la pomme de terre a ete culti- 
ve'e en grand, cctte influence, jadis si prononce'e, du prix du ble a 
beaucoup diminue', et elle tend a s'affaiblir de plus en plus. 

M. Melier apprecie avec detail toutesles circonstances qui ont con- 
couru a ce resultat favorable et contribue ainsi a Fame'lioration du 
sort des homines et a Faccroissement de la population ; telles sont la 

division des propriete's, une legislation meilleure sur le commerce 
des grains , etc. 

Le travail de no tre confrere , actuellement sous presse , f era partie 
du tome X des me'moires de FAcade'mie royale de medecine ; il a 
pour titre : Etudes sur les subsistances envisagees dans leurs rapports 
avec les maladies et la mortalite. 

(1) Yoici un extrait des tableaux de M. Millot. 

Les consequences de Fabondance ou de la disette des ce're'ales re'a- 
gissent si sensiblement sur la population , que le chiffre reel des listes 
de conscription pour le recrutement de Farme'e en 1887, 



corres- 



pondent a celui {les naissances pendant Fanne'e 1817, oula recolte en 
ble fut si mauvaise, ofi're un deficit considerable. 
En 1 834, au contraire, qui correspond aux naissances de Fan- 

\ 







I 



^ 









(45) 



h 



porlan 



ipporls, la question dont je m'occupe 
dans (ous les temps, d'un tres- grand 

de la plus 
et d'une immense consequence. De 



mteret; mais elle est, plus que jamais 



I'abondance et de la disette des cereales dependent au- 
jourd'hui la iranquillite, la surete , la stabilite et peut- 
etre meme l'existence des Etals (i). II n'y a que quel- 












lle 'e 1 8 1 4 , laquelle fat abondante en cereales , les listes de la con- 
niption furent de 326/298 

.duties gens ; tandis que ces memes listes de 1837 correspon- 
dent a Tannee disetteuse de 181 7 ne furent que de 7.95,73a 

Difference en moins 3o,566 

C'est principalement dans les departements ou l'hectolitre de fro- 
ment a ete le plus cher, dans les Vosges, par exemple , ou il a ralu 
Jusqifa 77 francs , que les listes de la conscription ont presente le plus 
grand deficit, savoir : 6o4 jeunes gens sur 3,692, ou 17 pour 100 de 

Perte. 
En general, les annees abondantes en cereales augmentent dans 

Anne'e quileur correspond, vingt ans aprcs, les listes de recrutement 
de 5 ^ 8 pour 1 00 ; les annees disetteuses, au contraire, diminuent dans 
c es listes le nombre des jeunes gens jusqu'a 5 et 17 pour 100. 

Les annees ou il y a disette de cereales exercent aussi tine influence 
ftcheuse d'apres laquelle le nombre des manages est reduit dans une 
Proportion tres-sensible. Ainsi ce nombre, qui s'etait e'leve, en 181 6, 

a *4 9 ,247 

** fut , en 1817, que de 205,877 

Difference en moins 43,370 

Dans cette meme anne'e de 1817, le nombre des deces surpassa de 
2 7>ooo celui de l'anne'e qui avait precede. 

Par suite encore de la disette, ^augmentation progressive dela po- 
pulation, j usque-lade 1 68,000 habitants nouveauxpar anne'e moyenne, 

s, arrete,eu 18 17, a 64,648. 

EnfinTannee disetteuse de 1817 a coute aux habitants de la France, 
d 'apres M. Millot, 1,730 millions , le pain ayant ete , en general et 
lerme moyexi % pendant cette annee-la et durant une partie de la sui- 
v *nte , a 60 centimes le kilogramme , au lieu de 3o centimes. 

(0 Je suis persuade que ce qui contribua beaucoup au de'velopre- 
























I 






> 



















1 












































(46) 

■ 

ques mois encore (au commencement de juillet i840> 

que j'ai vu plusieurs personnes recommandables trem- 
bler des consequences facheuses que pouvaient avoir, 

pour la recolte encore sur pied, les pluies frequentes que 
nous avions depuis quelques jours et qui menacaient de 



devenir troo ab 



craignaient, 



avec raison, de voir se renouveler Tannee calamiteuse 



de 18 



d 



i 



816. 



P» 




inentde la revolution de i 7 8 9 futle prix dupain, qui, a cette e'poque, 
etait double de ce qu'ii etait Pannee precedente. Cette augmentation 

le 



ere 



avait ete causee prineipalement par Pe'pou van table de'sastre de la o 
du 1 3 juillet 1788, qui ravagea les moissons en France sur deux 
bandes, Fune de la largeur moyenne de 4 lieues sur 175 de longueur, 
Pautre de 2 lieues i/4 de large sur 208 de long. On estima que, par 
suite des orages, les pertes que Pagriculture eprouva cette annee-la 
furent de plus de 82 millions de livres. Si, en 1789, le pain n'eut valu 
que 2 sols la livre, les novateurs qui voulaient renverser ]e gouverne- 
ment n'y seraient sans doute pas parvenus aussi facilement. Le prix 
e'leve du pain , alors double de ce qu'il etait Pannee precedente, fut, a 
Paris et dans la plupart des provinces, le pretexte de beaucoup de 
desordres. En lisant plusieurs des auteurs qui nous ont retrace Phis- 
toire des troubles de la revolution de 1789, il m\\ paru que ces ecri- 
vains n'avaient pas, en general, assez fait sentir combien la cbertedu 
pain avait alors contribue a Texcitation qui, du milieu de 89 a la fin 
de cette annee , avait ete entretenueparmi le peuple. AujourcFhui, %% 
arrivait malheureusement que le pain depass^t un certain taux , il 
serait a craindre que ceux qui desirent de nouveaux changements no 
cherchassentaprofiter de ces malheureuses circonstances pour porter 
le peuple a de nouveaux troubles et a commettre de nouveaux exces. 

(1) Le prix moyen de Phectolitre de froment, calcule pour toutela 
France, pendant Pannee 1817, fut de 36 fr. 16 c. ; mais, dans les mois 
demai et juin , ce meme prix moyen sMleva a 44 f. g4 c. et a45f. 46 c 
dans dix-neuf departements de la region de Pest. L'hectolitre de fro- 
ment valut meme, pendant ces deux mois, dans les memes departe- 
ments, 61 fr. i a c, et64fr. 29 c, et meme jusqu'a 81 fr. 69 c. dan* 
les departements du Hautet du Bas-Rhin. (Extrait des Archives sta* 
listiques du ministere des travaux publics , de V agriculture et di* 

commerce, publiees en 1837.) 














(47 

Mais ecarlons de si tristes idees et de si sombres 

souvenirs; occupons-nous cPameliorer h 



ullure des 



cereales et de lui faire produire, s'il est possible, plus 
qu'elle ne fait maintena-ntj c'est le seul but que je 
tt*e suis propose en enlreprenant ce travail; je serai 
heureux si je puis y avoir reussi. 



Le prix des grains ayant conside'rablement augmente, ainsi qu'il 
"vient d'etre dit, apres la tres-mauvaise recolte de 1816, le gouver- 
ftement, dans des vues qui se rattachaient a des raisons d'Etat cFun 
ordre superieur, et principalement pour maintenir la tranquillite 
publique au milieu de Pimmense population de la capitale, de'cida 
que le prix da pain de 2 kilogrammes ne serait pas eleve, a Paris, 
au-dessus de 1 franc. En conse'quence de cette decision , il results 
d'un rapport fait au conseil ge'ne'ral du de'partement de la Seine, 
le 9 mars 1818, et approuve par lui, que, par suite de la cherte 
des subsistances , que Fadministration fut obligee de se procurer, 
a tout prix, il en couta, au gouvernement et a la villede Paris, 
19,675,000 francs pour neuf mois settlement, dela fin de 181G et du 
commencement de 181 7; cequi portela depense d'uneannee entiere, 
pour cette e'poque calamiteuse, a *6 millions. Cette derniere somme 
forme presque les deux tiers du montantdu prix de la consommation 
habituellc (pour une population de 713,000 &mes , ainsi qu'elle c'tait 
alors), dans les anne'es ordinaires, ou la farine de premiere qualite 
Vaut 55 a 60 francs le sac de i5q kilog. ; mais, dans Fanne'e malheu- 
reuse dont il est question , le prix de ce meme sac de farine s'e'leva , 
dans son maximum, le 3 etle 4 juin , jusqu'a 182 et i83 francs. 

Napoleon, qui savait bien apprecier Finfluence que le prix des 
grains peut a\oir sur le peuple , disait (en 1812 , annee ou le ble fut si 
cher) au ministre de Finterieur, avant departir pour la campagne de 
Russie : <c Lorsque je serai loin de la France, n'oubliez pas, monsieur le 
ministre, que le premier soin du pouvoir doit etre d'assurer constant-* 
ment la tranquillite publique, et que les subsistances sont le principal 



Mi 



subsistances.) 













j 






























1 



" * - 










( 48) 






I 




CHAP1TRE VI. 

























■ 
i 















/ 

















Nouvelles experiences sur les wantages des semis fails 



d 



bonne heure el en lign'es 



comparativement auX 



semis pratiques plus tard et a la volee. 

Apres avoir fait les premieres experiences que j'ai 

rapportees un peu plus haul, el qui paraissenl prouver 

tous les avantages qu'il y aurait a semer les Lies plus 

tot que l'usage ne le veut, j'ai cru qu'il serait neces- 

saire de les renouveler de maniere a pouvoir : eiablir, 

plus positivement encore, la comparaison entre les 

produits que j'avais obtenus et ceux qu'on en retire 

dans la culture ordinaire. Pour parvenir a ce but, j'ai 

fait distribuer, en 4oo centiares, le terrain dont M. le 

due Decazes a eu la complaisance de m'accorder la 

jouissance dans l'ancienne pepiniere des Chartreux et 

chacun de ces centiares a ete ensemence en differentes 

Tarietes de froment. 

I 

Mon intention etait d'abord de faire mes semis de 



qui 



d 



l'ete de i84o , ne me permit pas d'ex^cuter mon pro- 
jet, et je fus meme oblige d'emprunter un secours 
etranger pour faire faire une portion de mes semis, 



dont 
le 14 



parti 



put eire praliq 






pi 



de juillet i84i , des bandes de moineaux vinrent assaillir 
et gaspiller mes pelites recoltes, de sorle que j'eus 
toutes les peines du monde a en fjarantir une nartie de 









- - . 




m 






le 



(49) 



e 



1 
1 



da 



d 



Malg 



8 



d 



4 septembre precedent, pour pouvoir comparer 
produita celui qu'ont obtenu plusieurs cultivaJeurs 



due de terrain. Je vais d 



d 



l ives. 
Ch 



* 

mes centiares ont ete cul- 



de ces petites porti 



^mencee avec cent grains settlement de differentes va 



d 



4 



des l e : 
P r opri( 
^n voulu se preter a me donner tout ce qu une merne 



confraire, qui ont 



prod 



P a r centiare; mais h 
v ^s le ao d'octobre. 



de cinq a six cents grains 
nis n'avaient ete faits que 



U 



ne 



differe 



<m 



\ 



tres-essentielle a rioter, c'est 



S 



er i'e labouree a la charrue, et que les miens furent 
Se mes dans un sol laboure a la beche et dans des rigoles 
es pacees de telle maniere qu'il y en avait seuSement cinq 

ai *s la largeur de chaque centiare; mais avec un espace 

o^» Teste lihrfi an bnrrl rip p.liamiP Urrnp pyIp?!(hipq An 



% * ' * X 

lx ienie de chacun de 



ique, j ai perdu reellement un 

+ 

mes centiares , dans lesquels 

J^rais pu, ainsi qu'il est facile de le comprendre, 

*ire.faire une r ig le de plus, iaquelle, ainsi que toutes 

* autres, aurait contenu vingt grains, nombre que ie 

l8 ^ts placer dans chaque sillon , aussi regulierement 



spaces 



poss 



I 



i 




















1 J 














1 


















I 

























! 












5o ) 

Cest done un sixieme de mon terrain qui n'a pas ete 
employe, ce qui merite d'etre observe j attendu que, 
dans les differents cenliares de terre cultives en froment, 
sur la surface desquels j'ai fait arracher tout ce qui se 
trouvait de pieds de ble, il n'y avait point du tout de 






terrain perdu dans aucun d'eux. Leur surface entiere 
etait partout a peu pres egalement occupee par des tiges 
de ble. Quant a la maniere dont je m'y suis pris pour 
me procurer, aussi exaetement que cela se pouvait, et 
au milieu d'une piece de ble, tout ce qui en existait* 
sur un seul centiare , voici comment la chose a ete 
executee : j'ai 'fait circonscrire , aussi parfaitement que 
possible, Tespace que le centiare occupait par quatre 
batons de chacun i metre de longueur, se joignant par 
leurs bouts a angles droits et presentant, par conse- 
quent, un carre parfait, ou cequ'on nommeaujourd'hui 
un centiare (i). Or, comme je viens de le dire, ce$ 
centiares avant ete semes a la volee, leurs bords se sont 

toujours trouves aussi garnis de ble que le centre 5 
tandis que le contraire avait lieu dans tous les miens. 

En supposant que j'aie suffisamment explique en 
quoi ma maniere de cultiver mes cenliares isoles diffe"' 
rait , a mon detriment, de la culture ordinaire en pleifl 
champ, je dirai que, malgre cela, le resultat de mes 
petites recoltes a toujours ete tres-superieur a celui qt* e 
j'ai trouve dans les centiares unis au reste du champ * 
dont je me suis fait donner tous les pieds de ble repafl- 




(i) Le centiare est la dix«millieme partie de l'hectare* q lU 



est 



aivjourd'hui la nouvelle 
9 pieds —; carre's. 



mesure 



legale ies terres; il represent 












( 5 



du 



d 



d 



m ' 7 

m ais il me faut, avant , repondre a unc objection qui 

au sujet de ma methode de culture , par 



m 'a ete faile 
u n de mes h 



S 



centrale d'agriculture. Voici en quoi elle consiste : 

« Pour obtenir, m'a-t-il dit, des resullals inatla- 
quables, il faudrait prendre une elennW H» t P rr P K!n« 



^onnue en ares, par un arpentage exact, etmesurer les 
quantites de semailles et de produits; apres quoi, on 

c onclurait avec certitude le produit d'un centiare ou 
toetre carre; ensuite on pourraitfaire sur ce produit du 
centiare une diminution a volonte, comme concession 
tendant a montrer qu'on est au-dessous de la verile. 
« Au contraire, si Yon prend le produit d'un metre 



supposons une erreur d 
ra de 10 litres, et mit 1' 



h 



P 



i 



don 



dix mille fois plus forte que 



c ommise sur le centiare. » 

5e conviendrai volontiers que la methode qui m'a ete 
proposee par mon collegue peut elre plus exacte que 
c elle que j'ai mise en pratique j mais, pour faire usage 
de la sienne, il m'eiit fallu etre a la campagne et avoir 
Plusieurs hectares a ma disposition 5 je ne me suis pas 
tr ouve dans celte situation. A qualre differentes 



re- 



de 



J 



de 



i voulu faire, dans une de mes proprietes 
de culture selon ma methode et sur plusieur 



par une autre , meme apres avoir ete d 



♦ 
































/ 


















































PI 













I I 












(5a) 

fois present lors des semis, parce que je n'ai pu assister 
a la recolte, et que celle-ci a ete faite d'une maniere 
trop inexacte pour que je pusse en connaitre le resultat 
positif. 

Cependant , apres cinq annees de conseils inutiles 
ie suis parvenu a amener un de mes fermiers a essayer, 
dans les premiers jours de septembre 1841 , un semis 

anticipe de six semaines sur l'epoque 
dans l'usage de faire les siens. Ce semis a ete pratique 

un quart en moins de la quantite de semence 



> 



est 



avec 
qu'il 



en 



ploy 



d' 
de 



t ordinairement, et dans les deux 
de terrain. J'ai vu ce meme semis 



i 



deux mois apres q 



fait, et il m'a paru etre au moins aussi garni que les 
champs voisins, qui n'avaient ete ensemences que cinq 
a six semaines plus tard, et le ble 

beaucoup plus fort ^ mon fermier lui- 
tres-satisfait. 



en etait d'aiileurs 



Q 



dont 



fr 






l'ancienne pepiniere des Chartreux, faisanl aujourd'hui 
parlie du jardin du Luxembourg, elle m'a paru la plus 
commode pour 1' observation et pour un autre but que 
j'avais en meme temps , celui de cultiver beaucoup de 
varietes differentes, afin de reconnaitre celles qui me 
donneraient le meilleur produit, ce qui ne m'eut pas 
ete facile autrement. 
Le collesue dont je viens derapporter les objections 

si. dans uU 



medit, et sans doute avec raison , que 
centiare, je fais une erreur d'un dixiei 



udra 






(55) 

pour rhectare. Jelui accorde tout cela,pour 



Cfu'il veuille bien convenir, d'un autre cote, que 
lerreur ne pourra etre a mon avantage; car, ai 



que 
dis- 



pose les semis de mes centiares de froment, j'ai tou- 

jours eu une perte reelle d'un sixieme, ce qui est bien 




qu un 



d 



P 



s Upposer en ma faveur. 

Par cela meme , je me suis done place dans la circon- 
stance la plus desavantageuse vis-a-vis de toute autre 
surface de terre de la meme etendue qui serait aussi 
cultivee enble :elsil'on vient me dire que l'erreur d'un 
dixieme pourra etre au detriment des cultivateurs qui 
to'ont fourni ce qui se trouvait de froment dans un cen- 
tiare pris au milieu de leurs cultures , j'accorderai vo» 
lontiers a tous un dixieme de plus dans leurs produits , 
quoique, sans doute, je ne dusse pas leiir faire cetle 
concession, parce que, usant de la liberie qu'ils me 
<Wnaient de prendre chez eux le produit comparatif 
d'un de mes centiares, la oil je le voudrais, je I'ai tou- 
jours choisi dans la partie de leurs champs qui m'a paru 
le mieux garnie, et jamais dans les endroils qui me 
semblaient l'etre le moins. D'apres cette consideration, 
1'avantage doit etre tout entier de leur cote et non du 
mien 5 je suis meme persuade qu'aucun d'eux n'a reel- 
lement autant recolte par hectare quon pourrait le 



dans 



proportion 

leurs centiz 

Apres t( 



que m'a fourni le 



d 



pris au eh 



concessions que j'ai faites, aussi 



possible 



urf 















t 



















l \ 


















. 
























































V 


















































» 






/ 



(54) 

de terrain egale a celle prise chez plusieurs cultiva- 
teurs , plus que tous ces cultivateurs avec lesquels j'ai 



prod 



que ma methode d'eri* 



semencement est preferable ; et, si i'on vient m'objecter 
qu ll n est pas possible de juger du produit d'un hectare 
d'apres celui de surfaces aussi minimes que celles que 

j'ai cultivees, je dirai que j'ai vu dans les environs de 
Paris des parcelles de terre ensemencees en cereales qui 



ucoup 



d'etendue 



de mes 4oo centiares, que j'avais fait, 



plu 



grande parlie, diviser isolement les uns des autres, afin 
d'avoir plus de facilite a pratiquer mes experiences; 
enfin, dans l'ensemble de mes petites cultures, il y 
aurait eu de quoi former cinq a six parcelles telles qu'il 
en existe une multitude aux portes meme de la capitate. 

Comme je n'ai, d'ailleurs, presque rien trouve dans 
les ouvrages d'agriculture sur le sujet dont je m'occupe 
maintenant, ou comme ce qui peut y ressembler n'est 
pas assez connu, j'ai cru devoir publier, des a present , 
mes observations, dut-on leur reprocher quelques im- 
perfections. Telles qu'elles sont, elles pourront appeler 
l'attention des cultivateurs eclaires sur un sujet qui a 
toujours ete d'un grand interet, ainsi que je l'ai fait 
voir un peu plushaut, et dont l'interet s'accroit chaque 
jourenraison de 1'augmentation de notre population, 
qui ne cesse de s'etendre dans une grande proportion. 

Plusieursauteurs, et principalement Duhamel, ont 



cl 



pi 



moins grand nombre d'observations sur la meme ma- 



dit a bientot ete oublie. Je 



pu 



rt 



f 

















(55) 

plus heureux que les leurs; s'il pouvait en etre ainsi, 
J e ne le devrais , sans doute , qu'a des cii conslances 
plus favorables. 

Au surplus, quel que soil le sort qui les attentle, voici, 
e xaciement presented, dans quatre tableaux (n° ran 4) 
elairs et precis, les produits en pieds de froment , en 
^pis et en grains obtenus, par cinq cultivateurs diffe- 



de 



et 



P 



retires de surfaces egales 



c ultivateurs a ce'iix que j'ai 

» # 

de terre qui avaient ete semees en lignes et environ un 
Hiois plus tot, on trouvera, dans les neuf tableaux qui 
suivront (du n° 5 au n° i3), el qui sont absoluraent redi- 
ges dans le merae ordre que les quatre premiers j on 

trouvera, dis-je, enoncees avec la meme exactitude, les 
quantites en pieds de ble, en epis et en grains qui m'ont 
ete fournies par chacun de raes centiares. 















r 

i 






• * 















1 * • 



- 
























\ 






















56 ) 






N. 1. 



Etat despiecls defroment existant, au 9 juin i84 J ? 
dans 2 centiares de terre cultwes par M. Chretien, * 
Har court , depart ement de I'Eure . 













Premier centiare. 



Nombre des pieds de ble. 






N ombre des epis 



162 pieds simples ou ne portant qu'un seul epi . . i5 2 

19 pieds doubles ou portant deux epis 38 

10 pieds triples 3 

2 pieds quadruples. ......... 

1 pied quintuple 



8 

5 

4 pieds sextuples 34 



^^^^^^H 



Totaux. 188 Plus 4 1 tiges ou pieds avortes. 



257 



Second centiare* 









, 









36 pieds simples.. .......... j gg 

26 pieds doubles * r 2 

1 7 pieds triples 5 x 

4 pieds quadruples . jg 

3 pieds quintuples j5 

1 pied septuple ♦ ...,... 



7 



Totaux. 187 Plus 33 tiges ou pieds avortes. 



277 









iV. 



assez avance'e ; mais, en le supposant d'apres le nombre des epis , il est 
permis do croire qu'il eftt a peine egale celui des tableaux n 03 3 et 4. 

































(57) 



N 







Etat des pieds de bU existant, au 3 juillet i 
is les terres cultivees par le sieur Maitrejean , dans une 
mes proprietes situee aux environs de Dreux , departe- 
ment d'Eure-et-Loir, et dans 2 centiares. 



de 






Premier centiare ensemcnce enjroment. 






Sombre des pieds de ble. 



Nombre des dpis . 



. 



218 pieds simples . . . . 2 i8 

• m 

32 pieds doubles. . (54 

7 pieds triples.. . .21 

a pieds quintuples I0 



Tota 



ux. 259, non cojnpris 71 tiges ou pieds avorte's. 



3i3 



Deuxieme centiare ensemence en ble meteil. 






Spi 



eigle. 



37 pieds simples 



1 



37 



1 5 pieds doubles o Q 

9 pieds triples 



6 pieds quadruples 



*7 



20 



Pr 



1 pied quintuple. . . ♦ 5 



°ttient . 99 pieds simples 












.... 99 

22 pieds doubles. . . ! . 44 

4 pieds triples -...•• 12 

Totaux. 192, non compris 9 pieds ou tiges de seigle avor- 274 

te's, et 17 de froment. 



**• B. Meme observation quant au produit, que pour Te'tat n° i # 


















\ 
























\ 










:<*») 








































i 

N. 5. A- — Etat des pieds defroment recoltes y le 1 7 juillet 184 1 1 
dans uh ceniiare de terre y chez M. Rabourdin , proprietaire ei 
cultivateur a VMacoublay , pres Velizy > a deux lieues de 
Versailles. L'ensemencement avait etefait, le 20 octobre i84°> 
avec 2 hectolitres 60 litres a Vhectare. 

Nombre des pieds de ble. Nombre des e'pis. 

2S I pieds simples * . 381 

28 pieds doubles .56 

10 pieds triples. . 3o 

T • m r 

Totaux. 3ig, non compris mtiges ou pieds dGf qui ont donne 

* avorte's. 4 decil.de grain' 

I 

Bt~l£tat des pieds defroment recoltes, le 7 aout 1841, dans 
2 centiares de terre situes dans la propriete de M. Daill/ } # 
Trappes , depart ement de Seine-et-Oise. 

Premier centiare, au Lord tVun chemin, 

227 pieds simples •..»»» 23 7, 

* 28 pieds doubles 56 

5 pieds triples i5 

■ 

Totaux. 260, non compris 29 tigesou pieds avor- 298 qui ont donne 

tes. • • 3 decil.de grain. 

C. Deuxieme centiare , au milieu de la piece. 

177 pieds simples 177 

* 1 3 pieds doubles ......,,.. 26 

1 * 3 pieds triples. .......... 9 

Totals. 198, non compris 21 tiges ou pieds 412 qui ont donfl* 

avortes. 2 decil. 3 centU* 

I 

TV. JB. Le semis avait e'te fait le 20 octobre i84o, et la semence sV 
tait compose'e de 3 hectolitres a Thectare. Le re'gisseur de M. Dailty 
n'ayant, d'ailleurs, pas bien compris le but <jueje me proposals , m * 
fait donner les pieds de ble' que je demandais, dans une piece qui ava^ 
im peu souffert pendant l'hiver pre'ce'dent , et c 7 est a cela, probable 
ment, qu'ii faut attribuer lepeu de produit du deuxiqne centiare. 
































59). 

•W . 4. — A, ittat des pieds defroment recoltis, le 1 5 aout 1 84 * > 
dans i centiare de terre du pare de Rambouillet , j£7we £fl 
°le de Saumur, le io octobre i84o. Les pieds de ce bU ont 
*te arrachis dans le plus beau et le mieux garni d'une piece 
*fe I hectare 87 #r£.? 9 ^^i fl^azV £te' ensemencee avec 2 hecto- 
litres 54 litres. — • Communique par M. Bourgeois. 

^°nibre des pieds de He. Nombre des epis. 

217 pieds simples* .♦....'.. 217 

5i pieds doubles. ......... 102 

19 pieds triples. * . 67 

■ 

1 5 pieds quadruples. ......... 60 

i pied quintuple. ......... 5 * 

1 pied sextuple. . ♦ .....* ; . . 6 

*°taux. 3o4, non compris 64 tiges ou pied* 447 qui ont donn 

avorteSt . . 4 decil. 4 cent. 

**• Deuxieme centiare duparc de Rambouillet , ensemence en ble 
Lammas j le 4 octobre 1840 , et recolte de meme, le 1 5 aout 
1841, dans le meilleur et leplus garni d'une piece de terre 
de 3 hectares 52 ares , qui awit ete ensemencee avec a hec~ 
tolitres 38 litres a Vhectare. — Communique de meme par 

• • • 

M. Bourgeois. .... . . . 

■ 

208 pieds simples. . . . . . 208 

33 pieds doubles , * t 4 # * « v • « ^6 
6 pieds triples . , , . . 18 

8 pieds quadruples. . ....... 32 

2 pieds quintuples .. + 10 

■ 

1 pied sextuple 6 

ot *ux. 258, non compris 44 tiges ou pieds 34o qui ont donne 

avortes, 3 de'ciL de grain. 






\ 






\ 
























4 









II 



( 6o ) 



I 






























I 



ill 




























N. i>. — Etat des pieds de froment recoltes y le iSjuillet i84*> 
> dans i centiare dc terrain ensemence^ le v/\ septembre i84° * 
ainsi qu J il a etc explique ci-dessus > avec ioo grains seme* 
ment d'une variete de froment a bales velues^ qui wZavait etc 
donnee par M. Desvaux (deja cite plus haut) , sous le noffl 
de triticum imberbe densum. 

t 

Nombre des pieds de ble. Nambre des ^pis. 

* 

pieds simples o 

5 pieds doubles, • •,•*••• io 

5 pieds a 3 epis i5 

7 pieds a 4 e'pis 28 

3 pieds a 5 e'pis i5 

4 pieds a 6 epis. ♦...-..... 24 f 

3 pieds a 7 e'pis 21 

5 pieds a 8 epis 4o 

4 pieds a 9 epis 36 

6 pieds a 10 epis. . ....... 60 

4 pieds a 11 e'pis 44 

a pieds a 12 e'pis. . # • 24 

4 pieds a i3 epis 52 

s pieds a 1 4 e'pis , . . 28 

1 pied a i5 epis • i5 

2 pieds a 16 epis • 32 

1 pied a 17 e'pis 17 

3 pieds a 18 e'pis 54 

j pied a 20 e'pis 20 

1 pied a 21 e'pis 21 , 

1 pied a 22 epis 22 

1 pied a %\ e'pis 24 

1 pied a 26 epis 26 

Totaux. 66 , non compris 2 pieds et 56 628 qui ont donne 

tiges a\ortes sur des pieds gd^cil. % centil. 

difle'rents. 

MM* 









! 











(6 



I 






N. 6. 



* 

Etat des pieds defroment rccolles, le zSjuillet 1841 * 



dans 1 centiare de terrain ensemence, le i/( septembre 1840 * 
selon qu'ila eticxplique ci-dessus , avec J 00 grains deble 
blanc de Hongric , de la recolte de 1837. 



Sombre des pieds de ble. 

1 pied simple 
1 pied double 



Nombre des e'pis. 



1 pied triple 3 

6 pieds a 4 epis 



10 pieds a 5 epis 



7 pi e <l 



s a 



6 epis 



i3 pieds a 7 epis 

* 

6 pieds a 8 epis. 



24 

5o 

4a 

48 



■ 



8 pieds a 9 epis 72 

4 pieds a 10 epis 4o 

3 pieds a 11 e'pis . • 33 

24 

52 

28 

3o 



2 pieds a 12 e'pis. 

4 pieds a i3 epis. . 

3 pieds a i4 epis 

2 pieds a i5 e'pis. ....... 

1 pied a 16 epis 16 

1 pied a 34 epis 34 

T °taux. 72, non compris2 pieds et 56 tiges 5go qui ont donne 



avortes sur diflercnts pieds. 



8 de'cil. 5 cent 






N- B. Sans le gaspillagc fait par les moineaux, ces 5go epis au 
rai cnt produit au moins 1 litre. 









\ 
































i 



( 62 



I 









N. 7. 



Etat des pieds defroment recoltes, le i5jitillet iSf[ l i 
dans 1 centiare de terrain cnsemence, le i4 septembre i84° > 
ainsi qicil aete explique ci-dessus> avec 100 grains de pou* 
lard blanc lisse, de la recolte de 1840. 



I 








































Nombre des pieds de ble', 

1 pied simple 



Nombre des epis 



10 pieds doubles . . . 20 

16 pieds a 3 epis. ....... 48 

12 pieds a 4 epis 48 

g pieds a 5 epis. ....... 45 

5 pieds a 6 epis , 3o 

5 pieds a 7 epis 35 

» 

2 pieds a S e'pis x q 



1 pied a 9 epis. . q 

1 pied a 10 epis j i 

1 pied a ii e'pis n 

1 pied a i5 epis 15 

1 pied a 19 epis. ....... 1 



9 



n * 




Totaux. 65, non compris 5 pieds avortes et 307 qui ont d 



onne 



6a tiges sur differents pieds 8 decil. a centiL 
qui n'ont pas porte d'e'pis. 





















*1 * 








N. 8. — j£taj des pieds defroment recoltes, lei&juillet iol\i, 
dans i centiare de terrain ensemence, le i4 septembre 184° > 

■ 

avec ioo grains dejranc ble de Chalons, d'apres la methode 

expliquee ci-dessus. 
Sombre des pieds de ble. Norabre des e'pis. 

j 7 pieds simples. 17 

1 4 pieds a 2 e'pis 28 

11 pieds a 3 epis ........ 33 

10 pieds a 4 epis . . . 4o 

4 pieds a 5 epis • • • 2 ° 

8 pieds a 6 epis 48 

4 pieds a 7 e'pis 28 

3 pieds a 8 epis ........ a4 

4 pieds a 9 epis 36 

I pied a ii epis, ....... n 

I pied a i3 epis. ....... i3 

1 pied a i4 epis. *..<*.. i4 

1 pied a 18 epis 18 

1 pied a 32 e'pis 3 a 

1 

Totaux. 80, noncompris 1 piedavorteet 21 36a qui bnt donne 

tiges de differ en ts pieds qui 7 decilitres i/a. 

n'ont point porte d'epis. 

I 










\ 

























■I 












(64) 



N. 9. 



suwant la methode expliquce ci-dessus. 



defroment recolles, le 2.5jmllet 184 
"ainensemence^ le i4 septembre 184 
"fertile de la Mongolie chinois 






Nombre des pieds de ble. 



Nombre des e'pis 







\ 







\ 



h 














4 pieds simples 4 

9 pieds h 2 epis 18 

10 pieds a 3 epis 3o 

a pieds a 4 epis 8 

8 pieds a 5 e'pis 4o 

4 pieds a 6 epis 24 



7 pieds a 7 epis 



49 



4 pieds a 8 epis 32 

1 pied a 9 e'pis g 

2 pieds a 10 e'pis 20 

■" 

Totaux. 5i , non compris 2 pieds avorte's 234 qui ont produit 



et 8 tigesde diffe'rents pieds 

qui n'ont pas donne d'e'pis. 



1 litre. 



* 



1 



j 





65 ) 



/ 



i 



N 



Ktat des pieds dejroment recoltes, le zSjuillet 1 84 * ? 
dans 1 centiate de terrain ens emend, le \f± seplembre \$f\0 , 
avec 100 grains de ble blanc d' Essex, Vilm. ; le semis pra- 
tique suwant ce qui a ete explique plus haut. 






^°mbre des pieds de ble. 



Nombre des e'pis. 



6 pieds simples . . i . . . . . 6 
11 pieds a a epis. a» 

7 pieds a 3 epis ^ si 

8 pieds a 4 epis. . . 
5 pieds a 5 epis . , I 

9 pieds a 6 epis 64 



• • • • * 



3a 



2 pieds a 7 epis i4 

3 pied? a 8 e'pis. 24 

u pieds a cj e'pis ........ 18 

4 pieds a 10 epis. ....... 4o 

a pieds a i3 e'pis 56 

i4 



1 pied a i4 epis 

3 pieds a 17 e'pis bi 

1 pied a 18 e'pis. ....... 18 

1 pied a 20 epis. ....... 20 

^otaux. 65, noifcompris 4 pieds avortes 385 quiontdonnrf 



et 57 tiges qui n'ont pas 
portc dV'pis. 



8 d^cil. ct 3 centil 



\ 





























5 



/ 




















































\ 























( 66 ) 



IS ii. 



/' 



de/r 



4 



i84' 
.84o 



> 



t 



edemme 



Nombre des pieds de ble. 

pieds simples 






Nombre des e'pis 



o 



1 pied a 2 e'pis ...•"..., 1 

1 pied a 3 e'pis , . . . 3 

2 pieds a 4 e'pis 8 

2 pieds a 5 e'pis :....,,. 10 



1 pied a 7 e'pis 7 

1 pied a 8 e'pis, . • 8 

3 pieds a 9 e'pis 37 

4 pieds a 10 e'pis 4 

a pieds a i3 e'pis 36 

pied a i4 e'pis ........ 14 

pied a i5 e'pis ,5 

pieds a 16 epis . 3^ 

pied a 18 e'pis . 18 



j -' 



21 



21 



pied a 21 e'pis 

pied a 22 e'pis 

pied a 23 e'pis a $ 

pied a 24 epis , 2 4 

pied a 25 e'pis. ^5 

pied a 27 e'pis. ....... 

pied a 3i e'pis 3, 

pieds a 33 e'pis qq 

pied a 35 e'pis 35 



*7 



• 



pied a 37 e'pis. 



f * 



37 



pied a 4o e'pis. ....... 4o 



* 

Totaux. 34, noa compris 6 9 tiges avortees. 56a qui ont donn<$; 

Sdecil. 3 centtt 












* 





} 



f 



I 






I 



I 

* 

( 67 

. 12. _ £, a/ despieds defromenl recolles, U %5jiUUet 184 1 , 
<W 1 cenliarede terrain ens emence, le 14 septembre 1840 , 
«^ee 1 00 grains de ble blanc velu et sans barbes , dont le 
. *emis a elefaiisidvant ce quia eteexpliqueprecedemment, 

Erodes pieds de ble. Nombre des epis. 

* pieds simples ........ , 

a- pieds doubles 4 

6 pieds triples. ........ ij> 

7 pieds quadruples. ...... sS 

a pieds quintuples . # io 

* pieds sextuples. ....... 36 

5 pieds a 7 e'pis 35 

1 

a pieds a 8 e'pis . . 16 \ 

* pieds a 9 epis 18 

» 

6 pieds a 10 epis ....... 60 

a pieds a u epis. ....... %+ 

1 pied a i3 epis. ....... x % 

a pieds a i4 epis ....... s g 

a pieds a*iS e'pis ....... 3o 

1 pied a 16 e'pis 16 

1 pied a 17 e'pis. . t » 

1 pied a 18 epis . . . i$ 

1 pied a 19 e'pis , . 19 

* 

1 pied a ao epis. ....... %o 

1 pied a a a epis. ....... at 

1 pied a a4 e'pis . . a4 

# ' . - ■ 

ot *ux, 53.Les tigesavort^e* nVnt pas e'ta 463 qui ofat prod u it 

P le «*, 7 d «cU. 4 cent, 

I 

I 













♦ 





















I 



II 



I 






















1/ 











































\ 









* 



* 






/ 

( 68 

N. 15. — & tat des pieds defroment recoltes le a5 juillet « 84 ' ♦ 
dans i centiave de terrain ensemence, le x^septembre 184 » 
at'ec 100 -ffraws rfe A/<J nc/ie/Ze blanche; le semis ay ant el* 
pratique ainsi quil a ete explique ci-dessus. 

Nombre des pieds de ble. ' Nombre des e'pis. 

1 pied simple ....*.... i 

1 pied double * • • • a 

1 pied triple 3 

3 pieds quadruples i* 

2 pieds quintuples 10 

3 pieds sextuples l8 

i pied septuple. 7 

i pied octuple 8 

\ s pieds a 9 epis • 18 

i pied a 10 epis. . • 10 

2 pieds a n epis . 22 

1 pied a 12 epis J2 

3 pieds a i3 e'pis ^9 

2 pieds a i4 epis - 8 

4 pieds a i5 epis 60 

1 pied a 16 epis 16 

2 pieds a 17 epis 34 

i pied a 19 epis '9 

1 pied a 23 epis *3 

2 pieds a 3o e'pis 60 ( 

1 pied a 4o epis 4o 

c 

Totaux. 36. Les tiges avortees n'ont pas ete 44a qui out produit 

comptees. 7 <Wcil. * cent# 







i 







/ 



♦ 
















( % ) 

Avanl de tirer les consequences qui se presentent tout 
naiurellement en comparant les produitsque j'ai obtenus 
«e 100 grains seulement de semence, avec ceux qu'ont 
^u retirer les cultivateurs qui en out employe cinq a six 
ois (i) davantage pour leurs semis, je crois devoir 
faire remarquer, d'abord, la difference qui se trouve 



d 



d 



des grains recolies; ainsi, dan* le tableau 
36; epis recolteschez M. Rabourdin 

ont produit • * 

Dans le meme tableau B , 298 epis 



n 



3 






4 



! 



provenant des terres de 
ont donne 



lly 



P 



3 decil. 

1 

2 decil. 3 cent. 



4> A » 447 



■ 

iecoltes dans les cultures de M. Bour- 
geois ont produit. ....-• 
Da 

id tm 



» 



4 decil, 4 



34 



id. 



3 decil. 



(1) Je n'exagere pas en disant que les cultivateurs dont il est ques- 
tion ont seme cinq a six fois plus de grain que je ne I'ai fait. En effet, 
d'apres la nature du grain que j'ai re'colte chez eux , j a! calcule qu un 
hectolitre de leur ble devait contenir environ 2,000,000 de grains; et 
comme ils ont seme, dans . hectare, depuis 2 hectolitres 38 jusqu'a 
3 hectolitres, ce qui fait de 4, 7 6o,ooo a 6,ooo,noo de grains , il s'ensuit 
que, si la semence a etc cgalement repandue, et elle Test, en general, 
chez tous les hons cultivateurs, il doit y avoir eu de semes , dans 
chaque centiare, dont j'ai eu la re'colte, 4 7 6 a Goo grains. 

Quant a la cause qui a re'duit les pieds bien venus chez ces culti- 
vateurs a i 9 3, »58, 260, 3o4 et 3 19, c'est la meme qui agit sur 
Presque tous les semis par des influences encore mal connues, et les 
^duit, en general, a moitie et memo a moins; cette cause, quelle 
qu'elle'soit, a produit dans mespropres semis des effete analogues, 
Puisque ceux-ci deioo grains ont ete re'duits, pour le nombre des 
Pieds venus a bien, a 35, 36, 5i, 53, 65, 65,66, 72 et 80. 














\ 






* 













% 















1 




















i 














\ 





















f 



( 70 ) 



L 



fa 



pas eu une grande dis 



V 



res de grain. II n'en a pas ete de meme pour 
de mes produits ; la nature de mes grains eta 



differe 



meme nombre d'epis est loin d'avoir donne la meme 



d 



pie : dans le tableau n° 5 , 628 epis d 



mbe 



Dans le tableau n° 6 , 590 epis 

de ble" blane de Hongrie. . . , 

Dans le tableau n° 7, 307 epis 



9 decil. a centiL 



8 



5 



lisse. 



» 

9 



de ble poulard blanc 

Dans le tableau n° 8, 36a epi 
de franc ble de Chalons. . . 

■ 

Dans le tableau n° 9, a34 £pis d 

ble tres-fertile de la Mongolie chi- 
noise. . , | 



a 



7 



5 



» 



Dans le tableau 



1 



debl 



ep 



*j 



Dans le tableau n'n, 56a 



de 



de 



8 



a 



I 

Pans le tabl 



<j 



/ 



453 ? ep 



de ble blanc velu et sans barb 



Pans le tabl 



7 




442 4p 



de richelle blanche 7 

D'apres cela , les especes les plus prod 



1 



d 



1 



de 



des n 9 5 et 6; mais la plus riche en grain* 

celie du n°g f puisque 3a4 de sesepis ont 
litres ou 1 litre, et que ce dernier rapport 









fm w 












1'ei 

du 



- 

■ 

grains surpassepresque d'un dixiemecelui qii a d 
>p6ce du tableau n° 5 qui a produit le plus d'epis. 



^omparaiivement au nombre de ses (*pis, puisque de 307 
^ e ces derniers j'ai retire 8 decilitres 9. centil. 

Jaurais pu suivre ici ce calcul et etablir Texacte pro- 
Portion entre les grains et les epis des neuf especes de 
"le ci-dessus; mais il me suffit d'avoir fait ressortir la 

7 

difference la plus saillante et de faire pressentir, a ce 
* u jet, I'avantage qu'il pourrait y avoir a cuhiver des 
es peces et des varietes qui presenteraient une fecondite 
* e mblable a celle que je viens de signaler. Je dirai seu- 
Anient, maintenant, que j'ai I'intention de revenir un 
peu plus tard sur ce sujet, qui me parait etre dVne 
grande importance. 




i 




* 












CHAPITRE VII. 






Consequences a tirer de la comparaison entre les pro- 
duits obtenuz d'une mime etendue de terrain semee 
en Ugnes le 1 4 septembre, et ceux quon retire de 
celle qui a ete ensemencee a la volee et settlement 
le 20 octobre. 



d 



peut 



p 



fferents tableaux du produit comparatif de mes semis 
1 de celui de plusieurs cultivateurs sont les suivantes : 
Aver, e.inn et six fois moins de semence que n'en ont 



diffe 



^abandonner ce qui se trouvait de recolte sur un ou 



centiares pris au milieu d 



* 

te rre cultivees en 



obt 



de 
de 

























y 



1 



II 








If 



I I 











! 


























72 ) 

mes eentiares, ensemences en ia meme nature de grain, 

un produit qui a presque toujours ete double de celui 
que ces cultivateurs ont pu retirer de la meme surface 
de terrain. 

D'apres ce qui avait ete repandu de semence dans 
chaque hectare de MM. Rabourdin, Dailly et Bour- 
geois, il se trouvait que chacun de leurs centiares ne 



pas 



pi 



p 



1 



1 

en general, dans Ia partie lameilleure et la plus garnie 
de leurs pieces, n'a ete quede 3 decilitres a t\ decilitres 



e 




P 



P 






eleve jusqu'a 10. 

Ce qui a contribue a me faire obtenir 



d 



para 



pieds de froment a tigesimpl 



rares, tandis que les pieds multiples ou portant plu- 



P 



eu des pieds tellement feconds , qu'ils m'ont rapporie 
32, 33 5 34, 35, 37 et jusqu'a [\o epis. Dans les cultures 
de MM. Rabourdin, Dailly et Bourgeois, les pieds 



mult 



pi 
pi 



exception ; car 1 
nombre , puisai 



ils 



? 



donnes par ces trois cultivateurs, je trouve que le total 



4 seulement ont p 



P 



d 



qui ait atteint ce nombre; par eonsequeu 
ir jo pieds qui n'ont pOVle qu'un soul $pi. 




















\ 








7 



Une second 



pa 



f 




plus fortes, plus vigoureuses, et portaient generalement 
des epis plus beaux, plus egaux et garnis d'un plus 
grand nombre de grains. Dans les recoltes ordinaire* , 
il est rare que les epis soient egaux, le plus souvent ils 
8 ont d'une inegalile fort remarquable. 

^uant aux liges que je designe comme etant avo'r- 
tees~, elles ont aussi ete plus nombreuses dans les bles 
cuhives a la maniere ordinaire. Ces tiges ou soni lout a 
fait avortees sous le rapport du produit , tie consistant 
qu'en uri cbaume court, sterile etprive d'epi , ou elles 
lie portent, pour ainsi dire , qu'une sorte de rudiment 
d'epi nerenfermantquun tres- petit nombre de grains 

mal conformes. Mais ce gui s'est toujours trouve en 
bien plus grand nombre dans les bles de lagrande cul- 
ture semes a la volee, ce sont les pieds positivemeni 
avortes, donl la croissance s'est arretee au tiers ou a 
moitie de leur developpement , et qui n'ont pas du tout 
porte d'epi. Quant a moi, j'ai eu fort peu de ces sortes 
de pieds 5 mes tiges avortees ont presque toujours ete 
des chaumes venus sur des touffes multiples et prove- 
nant d'une vegetation trop abondante, mais retardee. 
Les causes de cet avortement notable d'un si grand nom- 
bre de pieds de ble dans la grande culture me semblent 
fcaez faciles a expliquer J il provient de ce que les grains 
semes a la volee etant cinq a six fois plus nombreux 
que dans les semis tels que je les pratique, les grains 
de ble, en germah't irop pres les uns des autres, se nui- 



sent muiuellemeuij leurs i 
pressees, ne peuvenl prend 



abord trop 






i 































































t 














* 


















i 






•' 

































I 







■ I 



( 



/ 



V\ 



n 



rf 



p 



b 



profondes racines \ 



plus tie facilite de loutes les influences favorables de 
l'almosphere et de la lumiere ; el, une fois que chaque 
pied est ainsi muni de moyens puissants pour puiser 
dans le sol et dans Patmosphere une nourriture abon- 
dante, il produit des tiges plus vigoureuses, plus nom- 
breuses, qui s'augmentent d'auiant plus en quanlite , 
que chaque tige est doueede la faculte d'emetlre de son 

■ 

collet des racines secondares, nominees coronales ou 
nodales parquelquesauteurs, etqui, aioutant a la force 






des pieds, les disposent a taller et finissent par les con- 
vertir en touffes multicaules, lesquelles produisent des 



da 



■ 

sont restes simples. 
Les pieds simple 



de fa 



racines, qui ne p 



qu'a de faibles tiges et , par suite , a de faibles epis. 

Ce qui peut avoir encore contribue a accroitre le 
produit de mes semis, c'est que tous les grains que j'y 
ai employes ont ete places dans de petits sillons ou ils 
ont ete recouverts d'une meme epaisseur de terre, en- 
viron deux traversde doigt, tandis que, dans la grande 
culture, ou les grains sont semes a la volee, ils se 



d 



P 



d 



En fin mes semis ayant ete faits pres d'un mois plus 
t quon ne les pratique, en general, dans la plus 






e 



a 



I 



•A 















\ 



. I 




{pande panic tie la France, les pieds qui en »ont pro 



P 8 



profondes racines 



°*U p U aller puiser dans la terre une nourrilure pin* 
^ondante qui leur a fait produire des tigesplus nom- 



br 



ich 



Pi 



robustes 



P 



es en grains 




aux 



influences favorables que no* recoltes 
^spectives auraient pu recevoir des qualites du sol , il 



pas 



* 

sont d'une 



de MM. Dailly, Bourgeois et Rabourdm 
Mature beaucoup meilleure que le terrain dans lequel 
J'ai fait meseseais de culture. Le sot de leurs exploita- 
tions est forme , en general , d'une bonne terre franche, 
<res-favorable a la culture du froment , au lieu que celui 
i la pepiniere du Luxembourg se compose , en grand© 



dela 

pan 



quelles l'eau des pi 



temp 



se trouvent ex- 



^ui, de bonne heure, au prii 
Posees a la secheresse. D'apres cela, il doit etre prouve 
que , quant a la nature de la terre , j'ai ete place dans 
des circonstances moins favorables que ne I'ont ete les 
^ois cultivateurs cites plus haul. Le seul avantage que 
je puisse avoir eu , c'est que le terrain dans lequel j'ai 
Pratique mes semis n'avait pas ete cultive en ble depuis 



temp 




conserver celte 



qu'il en soit, pour ne pas 
<*pece d'avantage que j'avais pu tirer d'une terre qui, 
depuis de longnes annees, n'avait pas produit de 
c ereales, presque immediatement apres avoir recueilli 



ma 



84 









i» 










/ 







/ 































{ 






ff 






f 



I 



^HH 


























\ 



• 















( 7 6 






faire un second semis de froment dans le meme terrain? 



un seul labour a labeche, etsansy 
d engrais. Cependant aujourd'hui? 



84 



7 



ma nouvelle recolie s'annonce devoir etre tout aussi 



bell 



e 



pas 



mo ins talle que n'avaient fait les premiers, j'ai comptc 



sur plusieurs pris au hasard, au milieu de cinq a six de 
mes centiares, 8, i3, 22 , 24 et 27 tiges sonant d'une 
meme touffe produite par un seul grain de froment. 

]X on- settlement les experiences que je viens de rap' 
porter plus haul prouvenl les a vantages qu'il va d'anti- 
ciper les semaillesd'un mois asixsemainessur I'epoque 
a laquelle on est dans l'usage de les pratiquer ordinal- 
remeiit $ mais eiles prouvent encore que les semis faits 
en lignes et en espacant les grains plus qu'on'ne le fait 
habituellement ont le double avantage d'economiscr 
uiie grande quantite de grain, el cependant de donnef 

■ 

un produit beaucoup plus considerable que lorsqu'on a 

employe cinq a six fois plus de semence jelee a la volee* 

C'est un prejuge trop repandu parmi les cultivaleurs 

et meme parmi les meilleurs (1), de croire que , plus 

* 

iis en recueilieront. La 
preuve du contraire , c'est que les grains de ble tombes 
isolement produisent presque toujours un grand nomb're 
d'epi?, et j'en ai rapportc un exemple bien positif dan* 
les premieres pages de ma parlie historique (2). 



ils 



semeront de grain , plus 



(1) Voyez, un peu plus loin ; la quantite tie semence employee par d e 
tres-bons cultivateurs anglais. Cette me'thode de seraer e'pais est auss* 
tres-employe'e en Allemagne. 

(2) Vof. p. 2 de cette partie, et aussi les tableaux des p. 60 a 68 t 
qui prouvent que les grains semes convenablement .espacc's rapportefl* 
jnc'onlcstijbJenicnt plus que reus qui onf, e'fe semc'3 epais. 



t 









( 77 



s 






Duh 



da 



son 



Traite de la culture des 



El 



•» 



contre la methode de semer epais , et il cite plusieurs 
temples d'un produit egal en employant moitie moina 
de 



seraence. 

Les ancie 



tait pas en raison de la plus grande quantite de semence 
r epandue sur la terre , et meme que c'etait le contraire ; 
«ar je trouve dans Columelle :. « Sile grain est seme trop 



d 



q 



que, lorsqu il est seme elair, il donne un grand nombre 
d'epis, un seul grain fournissant a lui seul plusieurs 

%:s(t).» 

Effeclivement, je vois encore , dans le meme'auteur, 

qu'on ne devait semer dans les bonnes terres que quatre 



di 



de semence p 

O). 



(?) 



des Romains et nos mesures, il parait que ceux-ci ne 
semaient que 34 litres 3/4 ou a peu pres par jugerum ; 
et en comparant cette derniere mesure a notre hectare 
^ctuel dont nous avons donne les dimensions un 



(i) Lib. II, c. 9. • 

(2) Loc. cit. 

(3) D'apres ce que je trouve dans la table des poids et mesures des 
domains et de leurs rapports avec les mesures usitees en France, avant. 
la loi sur les nouvelles mesures, table imprimee a la fin du tome I" de 
fe traduction des anciens ouvrages latins d'agriculture, par Saboureux 
^ la Bonneterie , le modius romain etait le tiers de Vamphora qm, 
el le- meJ ne, contenait i348 pouces cubes ou un peu plus de 28 pintesde 
^aris, ce qui donne 9 pintes if3 pour le modius. D'apres cela, en re"- 
d »isant l'ancienne pinte au litre actuel , on trouve que le modius eon- 
t^nait 8 litres 6991 dix-milliemes. 









3 






I 








t 



















\ 































































I 










r 












< 



• 



7 



a ) 



peu 




us 



40) 



les Roma i»* 



nauraient seme que i3/j litres i/4 dans ce que nou* 
appelons un hcciare , landis qu'assez generalemen 1 
beaucoup de cultivateurs y emploient a5o a 3oo litres- 
Doit-on admeltre, d'ailleurs, que la difference du 
climal eldusol de I'ltalie piit avoir une influence favo- 
rable sur les recoltes dans un pays doni la temperature 



d 



d 



memo de bien apprecier jusqu'a quel point cette 
influence peut avoir lieu en faveur de l'ltalie. Tout ce 
que je puis dire, e'est que nous a vonsvu , p. io,qu'au- 
jourd'hui , comme au temps de Columelle , les terres ne 



pportaient 



plus 



d 



t 



maintenant en France. On 



d 



observations que je ferai connaiire plus loin, que le* 
bles venus dans les contrees du Midi sont generalement 



s que ceux qui ont cru dans les p 
de la France, ce qui, en gener 



d 



d 



D 



que chez les Romains, j'ai ete etonne, je dois le dire, 
devoir qu'en Angleterre, pays si renomme , et avec 
raison, pour les grands progresque Pagricuhure y a faits 
depuis un certain nombre d'annees, beaucoup de culti- 

vateurs tres-recommandabtes croyaient encore que les 
semis epais etaient les meilleurs. Ainsi, dans la relation 
une excursion faile en Angleterre et en Ecosse ♦ 



d 



en i84o , par M. le comte de Gourcy, on trouve positi 



P 



espaces, ce que, cep 



i 






/ 



r 



\ 



1 



i 








I 



/ 






( 79 ) 

i 

Que tFapres ties experiences Lien positives el do 



do 



Voiri 



oici comraent M. deGourcy s'exprime dans sa rela- 
5g, au sujet des serais epais : « M. Bloomfield 



d 



des semailles fort epaisses. et lord 



Western , qui l'est aussi , Test devenu par ses conseiis... 
*l empioie 2t85 litres de seraenees de froment par hec- 
la re , dans le commencement des semailles. c'est-a-dire 
J^squ'au i** octobre; plustard, il en seme 3 et meme 
* hectolitres et demi, iorsque ies terres sont humides 
16 1 la semaille retardee. » 

(til assure qu'en semant fort epais, le froment est 
! nfiniment moins sujet aux irequentes maladies des- 
*]uelles il a beaucoup a souffrir dans ce pays; ensuile 

* 

u'etant epais, il ne talie presque pas, ce qui fait que 
s epis sont plus beaux et plus pleins. » 



1 



Plus loin, p. a85, M. de Gourcy, revenant sur ce su- 
Jet, dit encore : « Une chose a laquelle il faut faire 

I 

^Uention, c'est que les bons cultivateurs d'Angbterre 
*t d'Ecosse sement presque tous fort epais, soit les ce<- 
r ^ales, soit les herbages, ils sement en froment de s5o 



la 



dusemoir pourdep 



seinence. » 



La relation agronomique de M. le comle de Gourcy 
^t, d'ailleurs, ecrite par un excellent observateur et 
te mplie de faits d'uu grand inieret. D'apres ce qui y est 
^ht, on peut regarder comme constant, nous nous plat- 

* ■ , 

§ °ns a en convenir, que les recohes de cereales faites 
P a r les cultivateurs anglais sont , generalemem 
u Une moitie, des trois quarts et meme du double plus 
€ °nsiderables que celles que nous faisons en France; 



I 



■ 

h ■ r 













J 






\ 



































+ 



/ ih 





I 












■ 



















/ 



80 

mais il faut attribuer Tabondanee des reeoltes, chez ap s 
voisins d'outre-mer, moins a leur methode de seffl^ r 
epais les cereales, qua ce quails elevent un nonibre 
infiniment plus grand de bestiaux , dont ils retirent une 
bien plus grande quantite d'engrais, a Taide desquel* 
ils donnent a leurs terres une fecondite que les notre* 
ne peuvent recevoir des bestiaux irop peu nombreu* 
qui existent chez nous. 

Quant a ce que les culiivateurs anglais que nousve 
nons de eiter, d'apres M. de Gourcy, sement epais afi* 1 
d'eviter que le grain ne puisse taller, ii est tres-vra 1 
que le froment seme epais ne talle que fort peu ou meW e 
point du tout; mais aussi il y a une difference enorm e 
dans le produit des bles qui ont talle et celui dont le? 
pieds sont restes simples et n'ont porte qu'un seul 
epi. On pourra juger de cette difference en comparan 1 
les resultats que donnent nos tableaux , n os 1 a 4 ^ 

pages 56 et 59 , dans lesquels les bles semes d'apre* 



le principe de la semence repandue cinq a six fois plu g 




nombreuse que nous ne l'avons fait nous-meme ont? 
cependanf , toujours donne des produits inferieurs au* 
notres, c'est-a-dire aux bles des tableaux 5 a i3 de* 
pages 60 a 68. 



de 



I 



tivateurs anglais j en effet, M. le comte de Gourcy portf 
les meilleurs rapports de ceux-ci a 33 et jusqu'a 44 hec* 

par hectare-, mais si nous vouliofl* 



tolitres 



;'ai y** 



(1) M.Fischer Hobbs..... c'est chez lui, sans contredit, que j'ai 
les meilleurs froments; il cultive principalement un froment qu'il * 

de'couvert et propage; il Pa nomme marygold red wheat Sur J* 

champ ou il a obtenu, il v a deux ans , 44 hectolitres 3/4 a Phectar* t 
il aura ati moins 33 hectolitres cette anne'e. Loc. cit., p. 73. 












•■- 









♦ 

















r 







(8 



I 



1 



"V 



*\\ 



pour nous le rendement que pourrait donr 
ie surface de terre, d'apres ce que la piup 



M? nos cenliaros ont rendu, il ne serait pas .moins 



4 



70 a ioo hectolitres* et cependant nous'inavons seme 



d 



P 



^Um, 5oo grains | el au maximum au moins 700 sur la 
l ^nie surface de terre. 
Nous crqyoftft done que, 16in de s'opposer au 'talle- 



do 



JPe 



e » fuire taller le plus possible; car c est de la que de- 






d 



^iner les grains suffisamment espaces , afin que teurs 



Seines puissent, ainsi quil a ete dit ci-dess 
'ifier et se multiplier, et , par suite, produire 
r °bustes au lieu de liges simples et greMes. II est elon- 



des toulTes 



*>ant 



de la Grand 



bruits et si experts d'ailleurs, soient eniierement oppo 



v 



side ce 
princip 



1 



a 



foment. 

Cedont on doit encore le plus s*etonner, selon nous, 



c 



q 



% 



^s semoirs pour repandre la grande quantiie de grains 
H^ils emploient dans ieurs semis. En France, au con- 
tr »»re, les partisans des semoirs presenters ces instru- 
ments comme pouvant servir a economiser une grande. 
P a nie du pvdm qu on emploie en pure perte dans les 

8e mailles a la vol<^ 

I 

^ous croyons done que, tout en semant en lignes et 

6 



t 



\ 



'. 






/ 






• 



































































































I 















































. 



a.ve* 



( <»> ) 

des semoirs, tnais en placanl leure grain* bea** 
trop pres les una des autres, nos voisins perdent 



pieds de ble ne doivent prod 



P 



la plupart, que des epis simples, dont , un peu plu* 
haut , nous avons signale les inconvenients , d'apre* 

Columelle et notre propre experience. 

Au surplus, si Ton ne peui disconvenir que les culti* 

valeurs anglais, en semant trois mesures et plus d# 
froment dans leurs terres feeondees par d'abondant* 
engrais, et en en recoltant trenle etjusqu'a quarantc/ 
onl l'avantage sur les cullivateurs francais, qui ne s&' 
mentque deux mesures, dont ilsne retirent au plusqu 
vingt a la recolte , l'avantage obtenu par les premier* 
ti*eat:paftj d'ailleurs, aussi considerable qu'on pourrai' 
Ifi croire. nuisaue les dernier* ont seme une mesnre d# 



P 



qu alors la pn 
t a peu pres 



meme. Toutefois, il fau* 



q 



bien amendees que celles des Anglais, il vaudra 1 * 
mieux semer une mesure de plus si on pouvait aussi 
toujours recoltertrente mesures, au lieude vingt j mais> 
en definitive, si, en ne semant qu'une demi-mesure* 






pi 



der 



la 



tendent a prouver 



de toutes? c'est ce que nos experience* 






d 



qui, selon les cultivateurs anglais, viennent sur te* 
pieds qui n'ont pas talle, nous ne pouvons encore * 
d'aprea Vexpdrienco- et la pratique, ad met ire ce fait 



i 
















«5 



*omme chose positive; car il est certain, au conlraire, 



que les ep 

qui ont rapporte , par exemple , aoa/J 



, ont 



•oujours ete comparalivement beaucoup plus beaux et 
Wucoup plus fournis de grains que ceux que nous 
«vions recueiilis chez MM. Dailly, Bourgeois et Ra- 
kourdin. Ce que nous disons ici a (oujours ele le meme 
Uepuis nos premieres experiences commencees en ? 834 
«t continuees, ehaque annee, en plus ou moins grand 
Sombre. 

En general, les tiges des ble's qui sont semes trop 



d 



ftussi v 



r> 



toes espaces. C'est principa 



qu 



1 



semant Ires- 



Pa 



de ble q 



*Unout en Toscane, ces charmants chapeaux dont la 



p 



pi 



que 



di 

hi 



plus d'espace, ses produits en grain ne 
sensiblement de ceux des autres. Les 

pouvons trop 



r epeter, produisent toujours de plus fortes pailles et de 
Plus beaux epis qui coutiennent un plus grand nombre 



grains 



f 



On a avance que les bles dont la paille etait ires- 
°rte avaient souvent leurs grains retrains et 



ei aient 




el 



9! 

abondants en son qu'en far 

^ m 

fie i 



a est e 



que 



ntieremeiit eontraire a la theorie et a la pra- 



\ 


































* 



* 









































































I 


















i 












\ 



y 



que I'experience confirme cette assertion. 

Plusieurs personnes, je dois le dire, ont reproche a 
mes experiences d'avoir ete pratiquees sur nne t»*op 
polite eehelle ; e'est vine chose dont je conviens moi" 
meme; raais je n'aurais pu les faire autrement san* 



m 



pagne; et, d 



Po 



fait de* 



■ 

experiences dans le genre des miennes, ne les ont pra- 



tiquees 



d 



de terrain f 



q 



Luxembourg, Tont ete sur ime superficie de 4°° cen- 
tiares ou 4°° metres carres , et ces 4^o cemiares, » 
part la maniere de les ensemencer, qui a ete differente, 
ont ete absolument trailes comme ils l'auraienl ete en 



A 



petit* 



- 

essais, j'affirme qu'ils ont ele executes avec tant de soin 
et d'exactitude, que je puis repondre qu'ils nWfriront 



p 



— 

repeter. J'appellerai done de loutes mes forces de nou- 

iriences de la part des cultivateurs qui ont tea 



;pe 
de 



:e que J 



o 



movens ae les faire plus en grand, et e'est 
u'hesiterais pas a faire moi-meme, si je pouvais ei> 
trouver ('occasion favorable j car, comme la dit Lullii* 

■ 

de Chateau vieux : ((De petiles experiences su ivies d'uu 
heureux succes sont une puissante amorce pour ^ 

m 

iivrer a de plus grandes (i). » 



et 



(i) Voyez Lullin de Chateauvieux dans Duhauiel, Experiences 
ix* factions relatives du Trate de la culture des lerres piibbe en 17S ' 

1 tol.in-19, p. 6?,> 




























(85) 



I* 



* ■ ** 



deb 



foil 



d 



que je les ai pratiqnees, en y consacrant un espace do 



ront se convaincre des avantages que presenterait ma 
tneihode si elle dtait mise en pratique dans de grand-es 
exploitations. 

En effet, si supposant pour un moment que de la 
recolte d'un de mes eentiares je voulusse m'elever k 



prenant pour base et pour po 



P 



9 et 10 decilitres, ie produit definitif ne serait pa* 
moindre de 70, 80, 90 et 100 hectolitres par hectare; 
mais si je fais le meme calcui pour les recoltes bbtefiU6* 



par la gra.nde 



de MM. Dailly 



geois 



Rabourdin, le produit d'un hectare, lout en be suppo- 
sant comparable a celui d'un de ieurs eentiares pris 



de 



d 



y a pas 
ii', puis 



P 



de moins que les plus belles da 



pris 



bl 



d 



eentiares q 



de noint d 



Nous convenons, m'ont dit quelques cultivateurs , 

obtenez de superbes produits; mais voire 
m peut s'appliquer a la culture en grand et a 



que vous 



praticable 



p dispen 



^bjeciion avaiit qu'on me Tent opposes, et j avais cru 






{ 



■ 



1 






/ 




/ 






V* 



































* 
























:. 




























[/ 



N 











































i 



* 


















86) 

depense pourrait dtre lelieraent forte qu 



P 



thode en pratique ; cepen 



de septemb 



pte du prix d 
i dans des rai 



1 



84i,j'aipu merendre 



grain, n'avaienl rien d'impraticable et ne seraient pas, a 
beaucoup pres , aussi dispendieux qu'on aurait pu le 
croire et que , moi-meme, je l'avais pense d'abord. 

Le jardinier que j'ai employe a faire raes serais m'a 
seme, le terrain etant labourea l'avance, dans la propor- 
tion de 4oo centiares par journee de dix heures. Cest 
done vingt-cinq iournees pour semer un hectare : mais 



obser 



t 



bl 



rietes differentes pour chaque centiare separe, il avail du 
necessaJrement y employer beaucoup plus de temps qu'ii 

ne I'eut fait en ne semant que la meme sorte de ble, ainsi 
que celase pratique dansiessemaillesordinaires, et au'ii 



pourrait tr< 
n ombre des 



facilement reduire d 



tiers le 












/ 



urnees 






faudrait compter au lieu de vingt-cinq. 

Dans la campagne la journee de travail d'un h 
est generalement de douze heures a vingt lieues de 
et meme plus pres, a l'epoque ou Ton peut sem 
J)les, et on ne la paye pas plus de a5 sous (i fr. 25 c 

done seize iournees a ce rmv font . 






On pourrait, d 



desferameset d 



employer pour ce 



i 



A 



fr. 



ao 



fr. 



\ 






i 

| 















^ * 











i 



(«7 

Report. . 

depense d'un tiers et merae pi 



i 



%o fr. 



ha 



qui vient d'etre dit plus 



tt, et j'ajoute, pour la preparation du terrain 
*» rigoles disposees en lignes et pour le hersage 
apres le semis, 10 fr.,ce qui est peut-eirebeau- 

c oup, ci 

Total de Texcedant de depense pour le semis 



10 



/ 



* 

$n lignes et a la main. . . . . , . . . 3o 
Je dois faire observer que labesogne de la disposii 



doute,etred 
employant, [ 



pourrait, sans aucun 



qu 



neur. 



d'ailleurs, rien compte pour les labours p 



paratoireset pour les fumiers, puisque, dans loutetat do 
Cause, ils doivent dtre les memes que dans la culture 
Habituelle, et que je ne dois porter ici que les depense* 
qui excederonl celles qui sout toujours obligees dans la 
nianiere ordinaire de semer, c'esta-dire dans les se- 
failles a la voiee. 









dessous de 



la depense extraordinaire possible pour pratiq 

■ 

grand le mode de culture que je n'ai employe 
petit, je la porterai en nombre rond a 4° fr«> € 
probable quon la pourrait pratiquer a moins (i) 



(i) En effet , je trouve dans le Journal a" agriculture du deparlement 
<*e I'Ain, annee i8ai , p. 67 et suiv., que selqn le compte rendu par 
} * commission de Brou a la Societ* d'agriculture de ce dep^rtament, 









/ 






















V 




























», 





























i 




























1 









tec 













\ 












{ 




; 
















Je devrais, d'ailleurs , diminuer tie celle aomme la 
vaieur de la quantite de sentence que j'economise et qui 



q 



q 



eulier, ceux qui out bien voulu me faciliter les moyens 



d 



maisje neglige de diminuer au moins 25 fr. sur 40, ainsi 



PP 



surplus de la depense dul eire , ainsi q 
dessus, de 4o fr. Et cetle scmme n'est- 



d 



tque 



doivent donner? Effectivemeni, 4° francs ne sout, dans 
les temps ordinal res, que le prix de 2 hectolitres ou uu 
pea plus de froment , et nous venous de voir que, par 
ma methode, on pouvait oblenir soixanle-dix el m erne 
jusqu'acent de ces mesures par hectare; aussi les pro- 
duits que j'ai obtenus dans mes cenliaressont si enormes, 

que je reduirai volontiers d'un quart et meme d'un tierrf 
les benefices dont je viens de faire voir la possibiiite pour 
un hectare, et cela dans la supposition que la chose pra 
quee plus en grand ne fut peut-etre pas aussi producln 
quoique je n'en voie pas la raison. Cependant ce qui 
restera surpassera encore tous les gains qu'on pourrait 
raisonnablement esperer d'une speculation agricoie la 
mieux fondeej car, jusqu'a present, que je saclie , on 



i 



j 



d 






1 




pour Tannee rurale de 1819 et 1820, les semis en lignes de onze variety* 
differentes de froment cultive'es pour experiences , afia d'en connaitt* 
Je produitcomparatif, et chacune sur 1/0 de coupee (mesure locale ct« 
V*7*% u'ont coute proporticnnellement que 32 fr, par hectare, 



u 









i 










V 



\ 









I 




dull est meme si piodigieux, que j'ooe u peiae j croiie 
juoiqu'ii me soit demonlre (hre ties-possible. 



* 



GHAP1TRE VIIL 



^ 



La methode de semer le ble en lignes et h la main est 
surtout applicable aux petits proprietaires et aux 
pays dans lesguels il existe une nombreuse population, 

■ 

Economie qiiellepowrait produire dans laquanlite des 



8 



rains employes pour la sentence. 




T 














I 









i I' 






















La seule objection qu'on puisse, je crois, me fail e 
maintenant, e'est que la methode que je conseille exigo 



irop grand nombre de bras et que cela pourrai 
dre imnraticabie. Tout en convenant de cette d 



eulte,jene la crois pas, cependant, insurmonlabie. 

' B'abord, ma meihouu de semis est surtout applicable 
aux petits proprietaires qui, ne possedant qu'un hectaro 
on deux de lerre , ou meme moins, pourront certaine- 
ment enscmencer tous leurs bles, aides seulement de 
leurs femmes et de leurs enfants : ils y mettront, il est 
Trail, dix Fois plus de temps qu'en repandant leur 
grain a la volee ; mais aussi ils pourront. se nourrir, 
pendant un mois ou six semaines, selon la quantite du 
terrain exploile, rien qu'avec ce qu'ils economiseront 
sur la semenee, et un mois ou six semaines de plus 

<n subsistance , dans cerlaines anuees ou le ble est 
chcr, sent d'une importance immense. Je ne crois 
pas inutile d'ajouler que ces petits cultivateurs pour - 
raient, d'ailleurs, reeolter uno fois plus quils ne 1q 






\ 



I 




























































H 







« 







\ 



m 























./ 



































< 9® ) 

font maintenant en semant leurs grains a ia Tolec, 
et que, par consequent, jls auraient la possibilite de 
vendre tout le surplus de ce qu'iis ne consommeraient 



pas. 

* 

Ensuite, on doit d'autant plus penser a amdliorer, en 
France, la culture propre aux petits propri^taires que* 
dans Tetat present de notre societe, les terres tendent , 
tous les jours , a etre divisees de plus en plus. Je rTexa- 

minerai pas si cette division pent etre utile ou nuisible 
a l'agriculture en general , je dirai seulement que 
plusieurs agronomes recommandables sont de cette 
derniere opinion; mais, comme c'est une consequence 
inevitable de notre legislation, tous les raisonnemenU 
qu'on pourrait faire sur ce sujet ne changeraient rien 
a Tetat des choses. J'ajouterai cependant qu'il y a, 
d'autre part, des economistes qui sont d'avis que la 
division des proprietes a puissamment conlribue aux: 

progres de Tagriculturej mais ceux-la meme con- 
viennent que cette division doit avoir des bornes. 
Quoi qu'il en soil, la chose ia plus utile a faire dans 

* 

1'elat present , c est de chercher les moyens de faire pro- 



duire da vantage aux raoindres parcelles de terre, et c'est 

* 

ce que j'ai prouve, je crois, qu'il etait possible de faire 
pour le frotnent et, probablement, pour les autres ce- 
reaies, en semant toutes celles qui en sont suscep* 
tibles, de bonne heure et en lignes convenablement 



espac 



derer. d 



S 



des 



est 




acee entre de 



bles, par suite d'une recolte tres-abon 




« > sont a trop b 



rche , les la bo are 
























trou 



v 



pas a .lea 



(9 

tdre 



i 




P 



^age de leurs frais, eprouvent des pertes qui peuveat 
causer la mine de ceux qui n'ont pas assez cTavancea. 
Par suite (Tune mauvaise recolle, au contraire , si lea 
cereales s'elevent de prix, la classe pauvre et labo- 

ft 

r ieuse du peuple a beaucoup a souffrir; 



nous avons 



h 



que 



que le rencherissement des grains pouvait avoir \ 
Population en general (i). 

II faut done chercher les moyens de remedier 

graves inconvenients. On a pense, a cet effet, 
dans les annees d'abondance , on pourrait faire des 
reserves pour subvenir aux besoins des annees de 
disette; mais e'est une chose toujours assez difficile a 
mettre en pratique pour qu'elle puisse otfrir des res- 
ources suffisantes dans les cas de necessite, et qui 
offre gurtout les plus grandes difficultes a cause des 

ns de conservation pour les bles 7 moyens qui 
n'oiH pas encore ete trouves d'une efficacite a Tabri d« 
tout inconvenient. 

i 

II est plus facile, au contraire, de s'opposer a la trop 
grande multiplication des cer^ales, meme en supposaut 
une production beaucoup plus considerable par let 
moyens que j'ai indiques. II ne faut, pour cela , quo 
diminuer la quantite des terres ensemencees en grains 
pour en consacrer une partie a former des prairies artm - 
cieiles, composees de plantes legumineusesa fourrages 



^ 







s 



* 



ou a cultiver des racines tuberculeuses qui, employees 
* la nourriture d'un plus grand nombre de besliauv, 



G*- 



\i) Foyez les notes defi pai&es i ; 3 ;* 4t a 



/ 








v 



■ 






i 









i 






/ 














j 





















\ 



. 






* 





























































f 



( 



p 



bonda 



derable de fumiers, lesquels pourront servir a engrais- 
ser les terres et a leur rendre une fecondite qui , che* 
nous, manque a beaucoup d'entre elles, el, en defini- 

1 

Uve, cesbesiiaux plus norabreux serviront avec avan- 
tage a ameliorer I'alimenlation des hommes. 

Mais nous sommes encore bien loin d'etre dans le ca* 
de devoir nous opposer a la trop grande muhiplication 
des cereales, puisque, depuis douze ans , la France n'a 
pas meme pu suture a sa propre consommation , et que 
le deficit qu'elle a eprouve a ete assez considerable. 
J'etais loin, je I'avoue, de soupconner que nous en 
fussions reduils la. Sanscroire, comme le vulgaire, que 
la France produisit beaucoup au dela de ses besoins, 
j'etais persuade que ses recoltes en cereales suffisaient 
au moins a nourrir ses propres habitants; mais il en 
est lout autrement. Curieux de connaitre au juste 
* etait le veritable etat des choses, j'ai fait le de- 



quel eta 
pouiller 
cereales 



portations et des exportat 



de 



P 



jusqu 



celle de 




i 



com- 



inclusivement, d'apres le tableau general du 
raerce de la France, publie par l'administration de» 
douanes, et j'ai trouve que, pour ces douze annees, 



porle 



France et livre a la eonsom- 



mation pour 270,893,447 fr 

en ne comptant que les froments et 

i 

les farines seulement et en negli- 

geant les autres cereales , tandis 
quil n'en a 



>. r 



que pou 




1 1 



4 



portat 



d 






prem 



a surpass? 1' exportation de. 



7 












$ 




S 









(9') 

M 5 ost-ce pas una chose deplorable que, dans an pays 
^sentiellement agricole , comme la France, nous en 
s oyons reduiis a aller chercher . chez les nations etran- 
fibres , le bie qui nous manque pour alimenter une parti e 
de noire population? 

L'Angleterre elle-meme, malgre ses progres tant 
v untes en agriculture, presente an deficit encore hien 
plus considerable; car, d'apres les reeherches Faites par 
plusieurs economisles, les importations de cereales , 
pendant les douze dernieres arinees , se son! montees, 
chez pile, a t,8oo millions de Francs. 

Ne doit-on pas etre effraye, je le demande, des conse- 
quences que pourrait avoir une annee de disette qui s'e- 

tendrait aux parties de TEuropequi, aujourd'hui, peu- 

vent combler le deficit de I'Anffleterre et de la Franco? 

Ce qui devrait, en effet, nous efFrayer sur rinsuffi- 

sance des recolles, c'estqu'il resulte, d'un article insere 

dans la Bibliotheque unwerselle de Geneve (f), que 






M. Will 



1 8 9i 5 , par le 



bureau du comite du commerce du conseil prive de la 
Grande-Bretagne , afin de prendre des renseignements 
sur Tetat des cereales en -Allemagne, en Prusse , en 
Pologne, en Rassie, etc. , irouva, d'apres le rapport 
qu'il en fit a son gouvernement , qua cette epoque il 
n'existait en magasin, dans toute TEurope, que 3 mil- 
lions 680,000 quarters de froment, ou environ 12 mil- 

* 

Hons d'hectolitres, provision qui n'est qua peu pres 
celle de la cinquantieme partie de la consommation an- 
nuelle de tome l'Europe, on , en d'autres termes, pas 



s * 

(1) Tome XI de la serie # Agriculture, p. 235 (i8sC). 












1 




? 



* 



* 



• • 




. 







* 



\ 







/ 



/ 
























■ I 






T 




























R 



A 























I 






. 































\ 





Sout a 



fall 



94) 
ce qui lui est n4 

pport deM. Will 



U 



le peu de fondement qu'on doit faire de 1'opinion exa 






trop 



production d 



qui excederait la consommation. 

An reste, la preuve la plus positive que no. nJcolt* 



P 



UIS 






mb 



de- 
dans Itf 



tableau, public par M. Millot (le meme que nous avons 



) 



d 



'puis i 77 8 jusqu'en i833. D'apres 
ce tableau, qui pent etre regarde comme officiel , puis- 
qu il a ete extrait des elate publies par Fadministration 
des douanes, les importations des creates dans cette 
penode, qui ne comprend que cinquante-cinq ans, se 

sont elevees a la somme de 1,01 1,467,266 fr. 

Je ne finirais pas si je voulais rapporter ici toutes le. 
preuves, malheureusement trop evidentes , de l'insuf- 
fisance de nos recoltes dans ie plus grand nombre des 
cas, puisque tel a ete , a peu pres, I'eiat des choses de- 

nine x~~Q * >„ n/ ... 



. 1 

trois ans. 



soixante 



A quelles causes faut-il attribuer cette insuffisance 
habituelle de nos recoltes en France? La population, 
qui, tou* les ans, prend un accroissement notable, 
quoique nous soyons un des pays de l'Europe ou cet 



d 



ff* une augmentation dans la production du ble : mais il 



4* 



leu 



d 



« 













*, 




• 








4 












(95 






gtto sur des produita d'un autre genre. Ainsi la culture 
des plantes fourrageres a pris beaucoup d'extensionj 
telle des plantes textiles et Celle des espeees oleagi- 
Reuses se sontaussi propagees davantage, desorteque, 
ttialgre les nombreux defrichements quon a fait* 
depuis 1789, la culture du ble ne semble pas avoir 
suivi la meme progression* 

Autrefois l'assolement triennal , alors generalement 
en vigueur, ramenait lous les trois ans une reeolte de 
froment sur les memes terres. Aujourd'bui les assole- 
ments plus varies, qu'on ne peut d'ailleurs regarder 
que comme un progres, ayant ete adoptes par les meiU 
leurs cultivateurs , quoiqu'en supprimant la jachere , 

donnent cependant un produit moins considerable en 
ble. Ainsi nous connaissons un tres-bon eultivateur 
dont Tensemble des cultures est, lous les ans, de 200 hec- 
tares, et qui ne seme, chaque annee, que le quart de 

- ■ 

ses terres en ble j d 7 autres ne font revenir cette cereaie 
qu'apres une rotation de cinq a six ans. Si nous ne 
nous tromponspas (1), les differentes causes dont nous 



— 



(1) Ayant ete, pendant de tongues anne'es, jusqu'a-un certain point, 
Stranger a la culture des champs, je naborde qu'avec mefiance une 
question aussiimportante,craignant d'y commettre de graves erreurs. 
tassionne d'abord pour la botanique , je n'ai pu voir , sans en gemir s 
l'insuffisance de notre agriculture, et n 'ayant guere pris a ce sujet de 
lecons que de mes simples observations, j'ai cherche a niettre en pra- 
tique et a faire connaitre , pour le bien ge'ne'ral , ce que j'avais a p pris 
de ces observations puise'es dans la nature elle-meme. 

Force par le sujet que j'ai entrepris, pour ainsi dire, sansy penser, 
je me trouve oblige de parler de certains points sur lesquelsj'avoue ne 
Point avoir de connaissances suffisantes, et cependant je ne puis lc» 
Passer sous silence. Je regrette d'avoir lu trop tard le discours pre'li- 
miuaire que M. de Dombasle a place a la t£te de ses Jlnnales de Ro- 
*Me, dans lequel cet excellent praticien a si bien de'veloppe les ayao- 



9 



* 













/ 














ikM . 



/ 



A 






\ 


















- 












i 





■ 
































i 





















. 









( yG 



d 



fttf 



riusutiisance des recolles de ble , que Jiousavons, ?** 
general, eprouvee en Fiance, depuis une soixantaine 
d'aunees; raais ia cause principale esi due, sans douie, 
a raccroibsemenl de la population. 

Aprescetle digression, qui cependant ne s'ecarte pa* 
beaucoup de mon sujet, j> reviens tout a fail. II serai* 
♦sans doute plus difficile d introduire la meihode que je 



da 



parce que* 



dans iiotre clirnal inconstant, on est souvent ohli;,e de 
profiler des instants favorables de la saison pour hater 
les . travaux de lensemencement que les mauvais temps 
pourraient enlraver plus tard, et je ne puis disconvenir 
que les semis fails ainsi que je les ai indiques seraient 
necessairexnent bien plus longs a pratiquer et exige* 
raient, par consequent, beaucoup plus de temps. Ce- 
pendant,dans ious les cantons ou ilexiste une population 
nombrense, la maniere de faire que je recommande 
pourrait encore etre employee, sinon pour la totalite 
des terres, du moins pour une parlie; car, lorsque le 

* 

sol sera laboure et convenablement prepare, on n aura 
pas besoin . d'y mettre deshommes pour Tensemencerv 
des femmes et des enfants des deux sexes, ces derniers 
de Tage de dix a douze ans , pourronl tres-bien faire 
cede besogne. 

On doit, d'aiileurs, faire bien attention qu'en mcf- 

tant en pratique la meihode que je conseille de semef 














tages du systeme de culture ah erne. J'cspcre troiver dans la suite ifc 
son otrvrage des considerations importantes don t jo ne manquerai | >a * f 
de profiler pvur les parties qui me restent encore u Waiter. 







* 




9 
















*"v 






M^^^B! 














( 97 



bl 



P 



• P 



pa 



que 



1_ * • 

es grams qu en octobre , pour continuer cet ou- 
trage en novembre et meme en decembre. 



semis du commencement de l'aatomr 
de la fin de l'hiver et des premiers jc 

ts semis de mars. Voici Tavis 



P 



r 



qu 



e donne 



temps, dits semis de 
I)uhamel (i) ace sujet 
cement de seplembre peut etre longtemps a attendre la 
pluie, au lieu que celui qui seme en octobre iTen est 
pas ordinairemenl prive pour longtemps; ainsi le pre- 
mier peut, dans le cas d'une secheresse, retarder ses 
semailles; mais I'autre fera bien de les commencer 



fondant sur le principe d 



lab 
dai 

pit 






isenl qu'ii faut semer les froments 
parce que Ton toucbe au temps des 



h 






de bras 



P 



pay 



s 



de 



Quant a ce qu'ii faut beaucoup plus 
pratiquer les semis de la maniere que je les c 
ftotre population , quoique nous soyons le 
"Europe ou elle s'accroil ie rnoins, comme je viens de 
ledire, augmente cependant dans une telle proportion 
que, d'ici a soixante ans, elle ne sera peut-Gtre pas loin 
d'etre doublee de ce qu'elle etait au commencement de 
c fc siecle. Cherchons done a menager, dans les cam- 




(i) Elements d* agriculture > t. I j p. 287, 



7 









k ■ 



1 














1 









































V 



N 






- 































*. 




V 




) 



(98 

pagoes, ties travaux qui puissent occuper cellc noni" 
breuse population. Ne faisons pas com me en Angleterre? 
011 lepeuple, cFun tiers moins nombreux qu'en France 



p 



p 



ces derniers temps, a l'industrie manufacluriere, » eS 
travaux des Fabriques diminuent tons les jours pour l a 



h 



a 



uHl 



p f 

servira la population etTEtal lui-meme. L'homme ele^c 



a cuhiver la lerre devient fort et robuste 



d 



que celui qui, des son enfance, est occupe dans Ic* 
manufactures n'y reste souvent qu'mi etre faible <^ 
debile, heureux encore quand il n'en sort pas cor' 
rompu. 

Des ecrivains anglais se felicitent de la perfection que 



t 



1 



? 



les machines pour 1 Industrie ont acquise chez eux , c 
de I' extension qu'ont prise ces moyens, laquelle est § 
considerable, qu'a leur dire les machines remplacent 
en Angleterre, le travail manuel de 80 millions d'ou* 
vriers; M. Eugene Buret dit merae de 84 millions* 
Cela est sans doute admirable et pout creer, pour l^ s 
manufacluriers, des fortunes colossales, parce que les 
marchands anglais ont le monde pour marche, mai$ 
derriere ces marchands millionnaires existe une poptf' 
latiori de trois millions de pauvresque TEtat est oblig 6 

de nourrir a rien faire avec une taxe qui s'est eleven 

1 

en i833, jusqu'a 8 millions de livres sterling, oil 
200 millions de francs, pour le cinquieme et peut-etr e 



(1 ) poyc-z la note ?. de In prrgS Go de ma partie Msloriqutf. 









i 



t 



1 



q 










( 99 ) 

P«is dune population de i4 millions dindividus, sans 
Ampler l'Ecosse et l'lrlande; et si, depuis i834, cetie 
la *e a etc reduile a moitie au moyen d'etablissemenis 
n ommes workhouses (mai&ons de travail) dans lesquels 



d 



) 



c 



^Ue la misere de la classe indig 



P 



1 



) 



Quoi qu'il en 

^glais ait pu prendre pour chercher a ameliorer Fetal 
Q e soullrance de la classe indigenic, il parait que eet 
e lat ne fait qu'empirer tous les jours 5 car, dans la 

^ance de la chambre des lords du 2 juin 18/p, lord 



K 



re a fait une motion 



1 



detresse d 



P 



toais la population des districts manufacturiers n'avail 
e *e dans un etat plus desespere. 



Q 



pr 



que soient, d'ailleurs, les richesses et la 
ipparentes de la -nation anglaisc, il ne me 



(1) Voyez De la misere des classes laborieuses en Anglelerrc et en 
*'unce; par Eugene Buret; t. I, p. i4G. 

{&) « Bien que le workhouse, e'esfc le nom, en Angleterre, de la 
*&*ison de charite, n'ait pas ordinairement Faspect repoussant d'une 
Wson et que, le plus souvent , il ressemble a un vaste et e'le'gant cot- 

u ge , il if en est pas moins un severe moyen de regression et presque 
Ut * instrument de peine; e'est a la fois un hospice charitable et une 
n iaison de chaMiment; un hospice pour les vieillards et les infirmes , 

er Uable de'pot de menclicite beau coup mieux e'tabli et mieux admi- 

ls tre' que les notres; mais pour les pauvres valides, pour ceux quels 
^^tique de travail on Finsuffisance de salaire force a recourir a la 

^rttg, le workhouse n"est pas un asile, mais une maison de peine , 
I u e le pauvrc doit cvitcr A IVgal dc ia mort, >; Buret, /. c. , p. jjjjs 





























- 






















I 




















































/ 






¥ 






; 


















IOO ) 

semble pas qu'on doive croire a leur realile avec une 
plaie aussi profonde quun tel pauperisme. 

Parmi les projets qu'on forme en Angleterre pour 
remedier a la misere des classes laborieuses et indigentea 
du peuple, il en est un qui me parait, je dois le dire? 
assez singulier, c'est de donner une meilleure education 



plutot d 



machines 



faudrait fournir a tout ce peupl 

dans toules les industries ou cela a ete possible, onten 



? 



vahi tout ce que 



le travail manuel faisait autrefois 



L'education et 1' instruction sans le travail ne feront que 
rendre la condition du peuple plus malheureuse, parce 
qu'elles lui feront sentir davanlage sa misere. 

II y a des personnes qui se plaignent qu'en agricul- 



ture les 



de 



partie des produits, el qu 
trop peu de chose. Ces p 



possible d 



pplication pi 



q 



I 



put, avec un seulhomme, remplacer le travail manue 
qui exige maintenant vingt ouvriers. Mais, s'il pouvai 1 
en etre ainsi, que deviendraient done les a4 million* 



d 



qui vivent uniquement, ou a peu de chose pres, &* 
divers travaux qu'exigent les cultures de toute espece- 
A quoi pourrait s'occuper cette nombreuse population- 
Ce n'est, sans doute, qua la sueur de leur front que tan 1 
d'hommes et de femmes gagnent leur pain 5 mais enfi* 1 






(i)Voyez Buret, /. c, t. II, p. 28 ct 3o5. 









^ 





























ils 



h 



et qu'un 



IOI ) 

gnent, et ft'il ^tait possible que le6 machine* 

seul ouvrier put 

foire desormais le travail pour lequel ii en faut vingt 
^ujourd'hui, que feraient les dix-neuf aulres, et leur 
fomillePNe deviendrait-il pas alors necessaire d'eta- 
blir, corame en Angleterre, un impot des pauvres, et , 
en France, ne faudrait-il pas quil fut double, au 
moins, de ce qu'il est ehez nos voisins, puisque des 
millions d'ouvriers bien plus nombreux resteraient sans 
avoir rien a faire ? Mais les proprielaires et les gros 



pport 



pot, se- 



raient-ils alors assez riches des produils que leur pro- 
curement les machines pour qu'ii leur fiit possible de 
subvenir a une contribution aussi excessive? Cela est 

plus que douieux-, car les produils de I'agricullure, 
devenusplus facileset plus nombreux, en seraient avilis 

et diminueraient de prix, ainsi que cela arrive lors des 
recolles tres-abondantes, etainsi que cela a eu lieu pour 
les tissus de toute sorte fabriques en quantites enormes 
&U moyen des machines. 

Et d'ailleurs Tetat present de V Angleterre est-il done 
reellement si florissant, meme pour ses produits indus- 
tries , que certains anglomanes voudraient nous le faire 
croirePDes auteurs qui ont pris des renseignements 

m 

exacts aux sources memes assurent que, depuis ces 
dernieres annees , la trop grande facilite a produire a 
cause dans ce pays un encombrement de marchandises 
dont le commerce a beaucoup a souffrir. Ce n'est, par 



pie, qu'en prod 



• . p 



quantites de 






tissus de colon , que les fabricants peuvent faire des be 
nefices , puisque , dit-on , ceux qui font fabriquer ce 









v- 












I 



* 


























































































: 









• 





/' 









102 ) 



par 



fra 



que ce n'est que pour trouver des debouches au* 



d 



A 



porter la guerre dans 1' A Afghanistan et j 



qu 



1 * 



Q 



de 



Pi 



plupart d 



pour 
que i 



des cultures. Ce n'est pas 



de 



a la charrue. Ici, Ie travail des hommes ne serait pas 
supprime, ce serait celui des boeufs ou celui des che- 
vauxj mais alors, je pense , le mal serait tout aussi 
grand 5 car ou prendrait-on des engrais pour fertiliser 
les terres? et si les boeufs n'etaient pas eleves pour le 






iabourage, ou trouver une grande parlie de no 
riture? il faudrait alors elever des boeufs comn 
de la vokille. 

Cependant presque tousles grands culiivateursanglai 
paraissent avoir une tendance a faire a ['agriculture Tap 
plication des procedes mecaniques qui, selon 






p 



pro 



duits 



d 



semeni ou ils sont parvenus maintenant. Deja, chez eux, 
les machines a baltre les grains commencent a etre ires- 
repanduesj M. le comte de Gourcy, dans son excursion 
agronomique en Angleterre, en a vuau moins une doU' 
zaine ehez les differents proprietaires et agriculteurs (0 

(i) Tous les Anglais , cependant, ne yeulent pas employer les pT°" 



/ 



\ 
















1 • 



h 



io3 ) 

( I u i fait cet ouvrage a merveille. 

Si les Anglais font, par la suite, une application 



pi 



ou cTautres a 



Agriculture, le resultat immediat sera de recluire a la 
toisere une parlie de la population des campagnes, 
e omme Ta deja ete celle des villes par les progres des 
Machines dans Tindustrie manufacturiere. 

Un autre malheur qui menace les petits cullivateurs 
de ce pays , c'est la raanie qu'ont beaucoup de grands 
proprieiaires de reunir plusieurs petites fermes en une 
grande (i), sous le prelexte que les petits fermiers sont 
dans Fimpuissance, par le manque de capitaux, d'en- 
treprendre les ameliorations convenables dans les lerres 
qu'ils prennent a bail j cependant M, de Gourcy cite 



(p. a5 



7 



deux de ces petits fermiers qui , avec 



de ires-faibles moyens, sont parvenus a se fa ire un sort 
tres-convenable, tandis qu'il dit que la reunion de 
plusieurs petites fermes en une grande 



force les mal- 



heureux paysans qui sont evinces de leurs petites eul- 



Rede's qui diminuent la depense pour euxj M de Gourcy parle d'un 
M. Watson (p. 198) qui n'a pas voulu introduire chez lui la faux pour 
k moisson, afin dene pas priver une bonne parlie de ses ouvriers 
d'un ouvrage plus profitable que les autres. 

(1) Sir Walter Scott a ecrit, dans 1c Quarterly review, de curieux 
details sur la misere agricole anglaise , clont il a parfiitement signale 
ks causes. « Autrefois, dit-fl, en Angleterre, cbaque viliageois avait 
s a vache et son pore, et un enclos a u tour de la maison. La ou un seul 
fermier laboure aujourcl'liui, trente petits fermiers vivaient autre* 
*ois • de sorte que , pour un individu plus ricbe, il est vrai, a lui seul 
?ue les trente fermiers d'autrefois ? il y a maintenant vingt-neuf jour- 
^liers miserables, sans emploi pour leur intelligence et pour leurs 
*>*aa, dont plus de la moitie est de Irop. » Buret, /. c, p. 196. 





























1 









11 


















.■*»- 


















I 

























. 












fl 






r 




■ 



r 

\ 



T 



«4 ) 



tures a emigrer (i) en Amerique ou dans l'Australie. 

* ■ 

Malgre lout ce qu'on a pu dire (a) sur les avantages 

que les Anglais avaient trouvesa introduire l'usage des 
machines dans l'agriculture comme dans l'indusirie 
manufacturiere , et sur ce que, par le moyen de ces 
machines, trois fois moinsde travailleurs produisaient, 
chezeux,Une valeur beaucoup plus considerable que 
celle qui etait obtenue en France par iL millions de 



qu 



b 



nous, qu'avec la plus grande circonspection. La France 



P 



vastes colonies qui puissent recevoir l'exuberance de 



sa population 5 elle rie possede guere que FAlgerie, ou 
le superflu de ses cultivaieurs non proprielaires pour- 
rait aller cKercher une nouvelle patrie; mais depute 
douze ans que nous avons conquis cetie belle colonic, 
qui pourrail faire la richesse de la metropole, on est 
encore a chercher comment on s'y prendra pour y eta- 
blir des colons. 

Une des causes, qui, d'ailleurs, doit s'opposer en 
France a Tinvasion des machines en agriculture, c'est 
que , comme nous Tavons dit un peu plus haut, la pro- 
priety tend a se diviser tous les jours davantage , et que 



(i) ^emigration est le moyen le plus g en e'rale merit propose en An- 
gleterre pour reme'dier a Ja misere qui accable le peuple de ce pays. 
Buret, /. c, t. II, p. 169 et 197. 



Ni 



gration de l'Angleterre, en i84i , a ete de 118,592 individus! !! 

(a) Voyez , Des mojrens aVexpedier le travail dans les arts et partial" 
lierement en agriculture; par M. Puvis , dans le Journal d,' agriculture 
du departement de V Ain, amiee i833, p. 5 et suiv. 























■ 












£ 



( io5 



heres a etabl 



peuvent convenir qu'aux grands pro 



prietaires et aux grandes exploitations. 
Cependant, si les machines venaient j 



fail 



liblement, nous le pensons, la mine des petits agricul- 
teurs j car les grands proprielaires comme les grands 
cultivateurs seraient les seuls qui pourraient les mettre 
en usage, a cause de leur prix toujours tres-eleve. Ces 
derniers en seraient dedommages , sans doute, par les 



d 



cela serait precisement ce qui ferait le mal des petits 
cultivateurs j car ceux-ci ne pourraient plus soutenir la 
concurrence que leur feraient les proprielaires des ma- 
chines, et cela entrainerait leur ruine. Cest ainsi qu'en 
Angleterre les petits manufacturiers ont ete mines (i) 



par 



1 



es 



plover des 






chines plus cheres et plus perfectionnees avec lesquelles 
ils ont pu produire une double quantite d'etoffes en 
employant cependant une fois et deux fois moins d'ou- 



vners* 



Quoi qu'il en soit, si les grands proprietaires anglais 
trouvent de Tavantage a reunir plusieurs petites fermes 
en uneseule grande, il en est lout autrement dans plu- 
sieurs parties de la France, oil les terres divisees en 



(i) Le petit fabricant ne peut pas lutter avec de grands etablisse- 
ments qui fabriquent a meilleur march e', par l'emploi d'agents plus 
e'nergiques, plus parfaits ct surtout moins couteux. Buret, I. c, t. II, 

p. i65. 

Le meme auteur dit encore qu'il y a , en ce moment , en Angleterre, 

cent mille tisserands a la main , que les metiers mecaniques ont prive's 

d'onvrage et qui ne savent que mire; 






/ 
































































! 1 




-*■*:* 


















\ 



I 















1 06 ) 

petits lots se louent plus cher que reunies en masse. 
Ainsi , sans parler des environs de Paris et de plusieurs 
autres grandes villes , dans la Limagne d' Auvergne, pays 
d'ailleurs Ires-fertile et tres pcuple, les fermes n'y con- 
tiennent que 10 a i5 hectares, el les locatiers ou petits 
cultivateurs, avec l'aide de leur seule famille , cultivent 
toutau plus (Tun derni a deux hectares, en faisant presque 
tout a bras. Ces hommes laborieux, qui aidaient autre- 
fois, commk manoeuvres, la grande culture, ont trouve 
plusd avantageafaire la petite pour leur propre compte; 
ils ont done fait des offres aux proprietaires, el, petit a 
petit, par suite de la concurrence, ils en sont venus a 
leur offrir un revenu double (i). 

On trouvera peut-etre que je me suis un peu ecartd de 
mon veritable sujet; mais j'ai ete entraine, pour ainsi 
dire, malgre moi , en parlant en faveur des travailleurs 
pauvres des villes et des campagnes, classe a laquelle 
beaucoup de personnes ne pensent pas assez, quant aux 
consequences facheuses que peul avoir, pour la classe 
ouvriere, la trop grande multiplication des machines. 
II est memo des gens qui se sont montres plus qu'indif- 
ferenls sur le sort des classes indigentes, en ne les con- 
siderant que comme des etres qui etaient de trop sur la 
terre (2). 






(1) Voyez le Journal de la Societe cT agriculture et d'tmulalion clu 
de par lenient de V Ain , anne'e 1821 , p. iqo. 

(2) A ce sujet, et pour i'aire voir avec quelle durete et quelle bar- 
baric la misere du peuple a ete' considered par Mai thus , economists 
anglais , je crois devoir copier ici un passage de cet ecrivain que je 
trouve cite' dans Vouvrage de M. Eugene Buret (tome I, p. 162). Ce 
dernier est , d'ailleurs, bien loin , je me p!ais a le dire r de partage** 






















n 




J'ai di-t plus haul que I'augfnentalion toujours crois* 
same de notre population nous permeltrait sans doute 
bientot d'employer le mode de semis que j'ai demontre 
etre leplusproductif. Toutefois,en supposantque, dans 
l'elat actuel des choses, notre population ne soit pas en^ 

■ 

core suffisante pour permeitre , dansles grandes fermes, 
de eultiver le from en t par lignes ensemencees a la main, 

* 

pourquoi n'y emploieiait-on pas les semoirs, qui econo- 
misent aussi beaucoup la semence et qui expedient le 

i 

travail presque aussi promptement que l'ensemcnce- 
ment a la volee? Avec les semoirs on economise, selon 
ceux qui s'en fervent, la moitie du grain et meme 
plus (i). Cette economic serait pourtant bonne a faire 
pour tous les cultivateurs en particulier, et, si on la cal- 
culait pour F ensemble des cultures de toute la France, 
elle serait enorme. En efFet , nousavons vu, dans la par- 
tie historique de noire travail (2), que le produitdes ce- 
reales etait , annee commune , de 1 ,900 millions a 1 mil- 
liards pour la France enliere, or, comme le moins 

- 

qu'on preleve pour les semaiiles est le dixieme , et que, 



— 



une aussi cruelle opinion, « Que chacun, en ce monde, dit Malt bus, 
re'ponde pour soi ! taut pis pour ceux qui sont de trop ici-bas. On au- 

- 

rait trop a faire si on voulait donner du pain a tous ceux qui ont faim; 
qui sait meme s'ilen resterait assez pour les riches? Comme la popu- 
lation tend sans cesse a depasser les moyens de subsistance , la charite' 
est une folic, un encouragement public donne a la misere! » L'au- 
teur dont la main a trace ces lignes atroccsavait , sans doute, a 11 tour 
du coeur, Vces triplex dont parle Horace ! ! ! 

(1) Dans le tome III de son Traile de la culture des terres, Duha- 
niel cite plusieurs expediences d'apres lesquelles, avec Femploi du se- 
nioir, on a e'conomise'les deux tiers des semences, et cependant on a 
fait une recolte egale a celle qu'on eut pu faire en semant la quantity 



Ordinaire de grains. 



(9) Voyez la note de la page 17 de eette premiere partic. 



v_/ 
























i 





























% 


















• 







































I 



08 ) 



dans plusieurs departements, cela va au sixieme et meme 
jusqu'au cinquieme , il s'ensuit que celles-ci n'emploient 
pas moins de 3so millions de francs, dans les annees 
ou les grains sont a has prix, et que, lorsquils sont 
chers, cette valeur pent s'elever jusqu a 5oo millions (1) 
et plus. Ainsi le moins que pourrait produire Temploi 
du semoir pour les semis, ce serait une economic 
de i5o a 160 millions de francs, s'il etait mis en pra- 
tique dans toute la France. Je ne parle pas de l'emploi 
de ma methode de semis a la main , qui pourrait encore 
reduire des deux tiers cette derniere depense , parce que 
je n'ose pas esperer que cette methode puisse jamais 
devenir generale. 



• ? 






CHAPITRE IX. 



Importance des semoirs; on n' en fait pasassez d* usage, 

leur grande antiquite a la Chine. 

1 

Quoique Tagriculture soit incontestablement le plus 
ancien et le plus utile de tous les arts, il s'en faut ce- 



(1) On nVvait pas encore calcule avec exactitude la masse des ce- 
re'ales pre'leve'es , chaque anne'e, sur la production pour ren.semence^ 
ment des terres. Elle est beaucoup plus grande qu'on ne Timagine 
comraimement. Elle est forme'e de 5 millions et demi d'hcctolitres de 
froment et d'epeautre, et de plus de 3 millions et demi d'hectolitres 
de meteil et de seigle. Les autres sortes ajoutent a ces quantite's au 
dela de 5 millions , ce qui fait annuellement i4 a i5 millions d'hecto- 
litres employe's uniquementa la reproduction des cereales (dans qua- 
rantq-trois de'partements , formant seulement la moitie' de la France, 
ou sa partie orientale a Test du me'ridien de Paris). C'est, dans les 
anne'es abondantes, une valeur de 162 millions de francs qui, dans U s 
autres, monte a plus de 260. (Rapport au mi par M. le minis tre de 
' T agriculture' et du commerce.) 



S 



■ 






dant de 



lui out 






a 



plus avance. Nous avons vu, dans ees derniers temps, 
l'industrie manufacluriere marcher a pas de geant et 
faire sous nos yeux , en moins d'un demi-sieele, des 
progres bien plus grands et bien plus rapides que 
n'auraient jamais pu le concevoir les hommes qui 
vivaienl il y a soixanle-dix a qualre-vingts ans. 

L'agriculture, au contraire, est restee presque sta- 
lionnaire depuis soixanie generations; c'esl a peine si , 
aujourd'hui , dans la majeure partie de nos campagnes, 
les champs sont mieux cullives qu'ils ne l'etaient au 
temps de Caton, de Varron , de Virgile, de Columelle 

et autres anciens. 

La principale cause qui s'est opposee aux progres 
de i'agriculture durant une si longue suite de siecles, 
c'est quelle a eie le plus souveni livree a. la routine et a 
Tignorance , el que, meme encore aujourd'hui, plus 
des trois quarts de la France sont toujours sous l'em- 
pire de ces deux grandes plaies. 

II y a pres de deux cents ans que le semoir a ele in- 
venle enltalie et en Espagnej a la Chine, au contraire, 
la connaissance de eel instrument est beaucoup plus an- 






cienne, comme 



pi 



pmsq 



u'elle 



remonte vers le commencement de notre ere. 



L'inventeur du semoir dans notre Europe se nom- 



Joseph 



de 



5 



der 



convienuent 



perfection de 







































m\ 






■ 












♦ 

















•i 









} 



















1 1 o ; 



r 

a metrre les plantes dans des espaees 
donner a leurs racines une profondei 
qu'elles puissent s'etendre a l'effet d 



et miirir leur fruit. » 



e recevoir de la 
re pour produire 



une 



« La pratique n'est pas conforme a ce principe dans 

is importantes branches de .'agriculture, 



pi 



present, toutes les esp 



et plusieurs autres sortes de grains se sement par poi- 



6 

q 



et au hasard , parce 



un dans de vasles campagnes. » 

D'apresces considerations, Lucatello imagina et per- 
feclionna , apres beaucoup d'essais, un instrument qui, 
etant attache a la charrue , labourait, semail et hersait 
tout a la fois; au moyen duquel on epargnait le travail 

du semeur et d'ou lespr;«ins. inmhani mUmUJu^ ... 



d 






de terre , de sorte qu'on gamiait d'abord 



quatre cinquiemes de la semence et la moisson etait 
ensuite beaucoup plus abondante. 

L'auteur de cette invention la presenta au roi d'Es- 
pagne , qui en fit faire l'epreuve au Buenreliro , ou , 
malgre la secheresse de Tannee, nuisible a tous les 
bles, I'experience fut couronnee de succes • 
agriculteur ordinaire ne recueillit, d'un espace de terre 
ensemence a la maniere ordinaire , c'est-a-dire a ia 
volee, que 5,i2.5 mesures, tandis qu'avec son instru- 



car un 



ment Lucatello .en obtint 
dans le meme local et d 



le meme temps. Le roi 9 






> 






\ 



♦ 



\ 




I 



I II 



charme du succes de l'invenlion, aceorda a son auleur 
un privilege exclusif pour la fabrication et la distri- 
bution de sa machine. 

Avant de se presenter a la eour d'Espagne, Lucatello 
avait deja fait une epreuve en grand de son semoir 
devant l'empereur d'AUemagne, dans les champs de 
Laxembourg, en Autrich'e, ou la terre ne rend ordinai- 
rement que 4 a 5 pour i ; mais la recolte du ble seme 
avec sa machine donna 60 pour 1 , ainsi qu'il fut con- 
state par un certificat delivre a Vienne, le i cl aout i663, 
par un officier de l'empereur charge d'obsrrver les se- 
mailles et la moisson des champs soumis a cette expe- 



rience. 



pres ce que dit Francois d 



An d 



qu'on pourrait regard 



ment Lucatello qui fut l'inventeur du semoir, ou si , 



vers cette epoque 



, eel instrument n'aurait pas ete 



invente par des Ilaliens qui auraient les premiers ima- 
gine des machines economiques pour obtenir des pro- 
duits plus abondants, tout en employant moins de se- 
mence. Ainsi, en 1660, Cavallina, de Bologne, aurait 
propose un semoir dont le pere Segni a fait mention dans 



Ti 



1 



670 , 1 



e 



L 



• f 



suite de Brescia, donna aussi , dans son Prodrome ou 



d 



semoir. Le 'marquis Alexandre del Borro , qui trouva 
'rop composees et trop difficiles les machines 



660 



qu 



ord 



I 









































> 







♦ 






























I 



f 





































\ 






) 



po 



la 



semence 



Malgre les avantages et les profits que ces divers ifl* ' 
struments paraissaient prometlre pour la culture des 
eereales, leur usage, loin de se repandre dans la pra- 
tique, fut bienlot abandonne. 

Assez longtemps apres, Jethro Tull, du cointe 
d' York , en Angleterre, que son gout pour l'agricul- 
ture porta a voyager dansdifferentes parties de 1' Europe, 
afin d'y observer les divers modes de culture, trouva 
encore en Itaiie des souvenirs du semoir, et, revenu 
dans sa patrie , il y apporta la connaissance de cette ma- 
chine, dont il put se faire regarder comme l'inventeur. 

» 

Apres s'eire etabli dans un domaine qu'il possedait pres 
d' Oxford, it y mit en pratique differentes melhodes de 
culture, en faisant usage du semoir qu'il avait modifie 

a sa maniere, et qu'il fit connaitre dans les ouvrages 
qu'il publia en 1781 et 1733. 

Quelques annees apres Tull , Buffon et Duhamel 
s'oceuperent, en France , de revoir ses ouvrages> 
traduits par Otter et Grottford, deux litterateurs diffe- 
rents qui, etrangers a I'agriculture , avaient confie* 

* 

chacun de son cole, leur traduction aux deux illustres 
auteurs que nous venons de nommer. Tous les deu* 
jugerent que le travail de Tull renfermait un grand 
nombre d'idees neuves et utiles, mais qu'elles etaieflt 
noyees dans beaucoup de raisonnements vagues , et 



qu'il regnait partout une prolixite qui Fempec 



herai 1 



d 



e reussir. 



Des lors Buffon et Duhamel s'etant communique leuf 






■ 









t 














- 



I 1 O j 



toaniere de voir sur l'ouvrage deTull, et s'elant trou- 
v es absolument du meme avis , le premier abandonna au 
^cond le travail qu'il avait deji entrepris pour corriger 
,a traduction qui lui avail e»e donnee par Olter, et 
^uhamel prit la resolution de no publier que par extrait 



de Grottford. C 



d 



^ont le premier volume parut 



TulL A 



d 



Duh 

ab 



- auicgc iuui tc qui iui a pari] oe 

**vre de Tull, qui, en anglais, est 



ru devoir I'elrc dans le 



■J 



psqu ll y a fait beaucoup 



^ additions, lesquelles font une parlie considerable du 



ge qu'il a livre au publ 



Le traite de la culture d 
§ r ande imDortance el dans I 



un livre dune 



|°utes les generaliles et tous les details qui pouvaiem, 

ft 



1 



poqu 



agriculture. Mais, quels quesoient les bons principes 
l^e ce livre etait destine a repandre, il ne pa'rait pas 
1^'il ait faitsur la generalile des agriculteurs I'impres- 
Sl on qu'il eut du produire. Destine principal erne nt a 



Pr 



q 



s 

1 



procl 



°n livre renferme cerlainement des descriptions irop 

^RUes. il v a Iron de renetitions. et Ip.s dptrnU ahp U*. 



Irop de rep 



^silieures choses auraienl pu eire beaucoup abreges. 



8 













. 







i 




























♦ 



* 















* 



















' 

















































I 



/ 









n4 ) 

Nous croyons que, si Fauteur, apres avoir publie d an 
leur entier les experiences et les observations p re ' 

cieuses qu'il contient, en eut donne un abrege ou 



P 



in* 
,'il 



pi 



5 



otf 



deux 



see, et qu'elle await ete appreciee bien davanlage. 
Mais, pour rcvenir positivement au semoir, n 
dirons que 

cents ans qu'on en ait fait la decouverte , cet instrum eD 
est encore tres-peu usile, si ce n'est en Anglelerre, e 
encore a vows-nous vu plus haut que, dans ce pay s / 
oil Ton en fait un usage plus frequent, on n'en tire &* 
pendant pas tout le parti possible, puisqu'on new 
empioie pas a economise!' la semence en repandant l e 
grains convenablement espaces, et qu'on Ty fait sef' 
vir, au contraire , a semer epais , ce donl nous croyo I,b 
avoir demontre les inconvenients. 



ppuyer encore davantage lout ce q 



notf* 



rien 



; 



deja dit a ce sujet, nous rappellerons les exp ( 
s nombreuses failes par Wolf, Trautmann , To 
Duhamel , Lull in de Chateauvieux, Poncelet et autres? 
qui prouvent toutes, de la maniere la plus evident* 
combien il est avantageux de disposer les semis de b 1 
en lignes a des distances convenables. 

Des qu'il fut reconnu que les semis en lignes etai^ n 



t 



le meilleur moyen pour obtenir de la meme surface 



P 



en economisant, d'ailleurs, la moitie de la semence e 
plus, la cause du semoir eut dii etre gagnee. En 



ffet 



i« e 



le semoir place regulie;ement en terre les grains 



de 



i •* 







I, 




















I 



1 1 



5 



fro 



ment a une distance convenable, en epargnant la 
^oitie de la semenee qui est necessaire dans le semis 
* a it a la volee. 

Les avantages qu'on peut retirer du semoir ayant ete 
*>'en reconnus par la plupart des hommes recomman- 



dabl 



d 



d 



^el, surtout, s'y est constamment applique pendant 



Pi 

il 



en a fait connaitre plusieurs sortes. Les Anglais 



en 



P 



d 



modeles : 



toes-ch 
Quo 



ers. 



S 



d 



s 



i 



former; mais, jusqu'a present , malgre les avantages 
^tt'on ne peut denier a ces instruments, tels qu'ilssoient, 
°ti peut dire que leur emploi dans notre agriculture est 
e &core une exception. Le nombre des cuhivateurs qui 

en servent est toujours assez resireint eomparative- 
^ent a ceux qui persistent a ne vouloir pas en faire 
^age. La plupart de ces derniers, au lieu d'essayer leur 
ei ttploi, aiment mieux continuer a semer selon Tan- 
J$®m maniere, e'est-a-dire a la volee, et sans avoir 
Jamais vu un semoir, le plus grand nombre se plait a lui 

**re toutes sortes de reproches et a exagerer les incon- 



<JUe 



P 



P e ut le confier a tous les ouvriers indifferemment • que 
s °ft usage ne pout etre mis en pratique dans toutes le& 



■ 


































i 









* 












. 






I 

























I 



* 



1 1 



6) 



S 



saisons et dans unites les terres indistinclement - , q ue 
ces dernieres out besoin de preparations particulars 
pour qu'on puisse l'y employer, etc. , etc. 

Ne pourrait-on pas croire , d'apres les difficultes qu on 
oppose a se servir du semoir, que, sans lui, lout e st 

facile en agriculture, et que, d'ailleurs, il n'y a pl uS 
rien a faire pour ameliorer cet art , parce que les pro* 
duits que nous en obtenonssurpassenl de beaucoup nos 
besoins? Cependant il n'en est rien *, car les meilleui' 
cultivateurs, ou peut-etre reux qui possedent les men - 
leur.es terres , ne recolient guere que io grains pour i » 
les autres que 9,8, 7 ou 6 , et il en est meme qui n'ob* 
tiennent qu'a peine 3 a 4 grains de ble de chacun de ceu* 
qu'ils out mis en terre (1). Aussi, avec d'aussi misers 
bles recoltes que les noires, prises en general, avons- 
nous vu plus haul que, dans une periode de douze afl" 
nees, nous avons ete obliges de recourir aux bles etrafl - 
gers pour une somme de 227 millions de francs, et qu'ef* 
cinquante-cinq ans noire deficit en ble nous a coiite aU 
dela d'un milliard. 






dede 
igeai 



l 



haqueannee , pour les cereulesseulement, etait Temp 



d 



r 

croyons avoir prouve qu'avec le semoir il est possible 
d'economiser au moins la moilie de la semence, il s'efl' 
suit qu'avec cet instrument on pt>urrait faire cette eco- 



nomic 



, et que par consequent , si son emploi etat* 
general, on aurait la possibility de produire, chaqueafl" 




(0 Vojr. t. V, j>. 70, ji. 



/ 











* 




\ 



ti 7 ; 



P 



parait encore assez clair q 



av ait ete generalement employe en France , pendant le* 
douze annees durant lesquelles nous avons eprouve un 
deficit en ble montant a 227 millions de francs, non seu- 
•ement ce deficit eiit ete largement combie, puisqu'il au- 
r ait pu nous en resier pour i5o millions par an, ce qui 
kit un total de 1800 millions pour les douze annees. 

All liPii n& nAm f 1 nnnc •* fa 1 1 11 o I lor» nknpnW.\n ^.-* T> .,«.«! ,. 



1 



d 



a place d'un deficit aussi considerable, nous aurions eu 
^n excedant de i5y3 millions. On diminuera (ant qu'ori 
v oudra la somme de cet excedant, toujours est-il qu'ii 
^tirait pu nous rester pour le moins une valeur en grains 



- ■ 



d 



d 



q 



Pu fournir un aliment a noire commerce exierieur, et 
ft ous aurait meme permis de subvenir, en grande partie, 
*■ la consommation du ble chez nos voisins d'outre-mer, 
^i , pendant ces douze annees, ainsi que nous 1'avons 



porter 



eux 



pour 



c »eja dit , ont eu besoin d'in 

*8oo millions de ble, quoique leur agriculture, a ce 

^u'on nous assure , soit plus en progres que la notre , et 

lUoiqu'ilsse serventdessemoirsbien plus frequemment 
^e nous. 

Que le commun des habitants des campagnes se re- 
*Use a reconnaitre ies bienfaits qu'on pourrait retirer 

^ l'emoloi du semoir, nous nVn sommes nas surnris 



JUsq 



a 



point, parce qu'il est difficile chez 



d 



di 



Mais que des agriculleurs instruits , hab 
b% qui d'ailleurs cherchent tous les mnvi 









■ 

















1 













i 





\ 















f 
















I 


















. 















1 18 ) 

faire produire a leurs champs des recoltes plus abon- 
dantes, ne veuillenl pas faire l'essai d'un instrument et 
d'une methode qui ont ete preconises par tant dagro- 
nomes recommandables , c'est ce qu 7 on aura de la peine 
a croire, surtout dans ce siecle avide de richesses, ° u 

Ton voit tant de gens compromettre leur fortune et 
quelquefois meme la perdre en entier, en voulafl 1 * 
pour la grossir rapidement, tenter des jeux de hasard 
dont le succes est toujours extremement incertain. 

Quelles chancer malheureuses, au contraire, peut-ofl 
courir en essayant avec reserve 1' usage du semoir? A u * 
cune que nous saehions, puisque tant de lemoignag eS 
se reunissent en faveur de cet instrument, qu'il ri&* 
pas permis de croire que, depuis deux cents ans, totfS 
ceux qui en ont publie les resultats avantageux aien^ 
pu se tromper. 

Cependant tous les cultivateurs conviennent , met* 16 
ceux qui recoltent 10 pour 1, que la semence qu'ils v& 
pandent sur leurs terres est dans une proportion bea^** 
coup trop forte, comparativement a ce qu'ils retired 
de leurs recoltes. II est vrai que ces memes cultivateurs 
en semant epais, sont persuades qu'ils doivent en ag lf 
ainsi, afin de faire la part des inclemences des saison$> 
des insectes, des oiseaux et autres mauvaises influent 
nuisibles a i'abondance des recoltes. 

On leur assure que le semoir peut remedier a ufl e 
grande partie de ces inconvenients, parce que le bl e 



mieux enterre sera moins sujet a la voracite des ° r 
aeaux, parce que, convenablement espace, il tallera &' 
vantage et que chaque pied rapportera six a dix epi s > 
AU lieu d'un seul , comme cela arrive trop frequetf** 















1 








"9 ) 

^nt dans les semis a la volee, et que ce rapport en 
P'us compensera amplement les grains que Thiver, les 
0l $eaux et les inseetes auraient pu delruire. 

II elait naturel de penser que le semoir serait au 
^oins frequemment employe dans les exploitations ru- 
bles qu on a nominees ecoles agricoles, fermes modeles, 
fermes experimentales : mais non; l' usage de cet instru- 
ment dans ces etablissements est encore loin d'y efre 
dans la pratique habituelle. Ainsi le celebre agricul- 

* 

feur Thaer, dont la reputation a rempli TAllemagne 
e t TEurope, parait avoir ete longtemps sans se servir 
des semoirs , et il a me me commence par se prononcer 
c ontre leur usage, (c On en a , dit-il , invente et recom- 

toande plusieurs, mais je ne connais , pour Favoir vu 
°Perer, aucune machine de ce 



S 



d 



que machine que ce soit pi 
l *on d'un bon semeur (i). » 



Plus tard cependant , Thaer parle du semoir de 
Cooke, comme d'une machine a laquelle tout le monde 

* 

a donne la preference 5 mais il le regarde comme trop 
c ompiique , et il lui prefere Tappareil de Ducket, dont 
l l a meme fait representer la figure dans la description 

Uf*ft nmirpmiY inctrnmpnfii rl'n cpripii 1 1 n pa Ipq nine; nfilpe 



P. 80, § 



12 et i3 (2). Plus tard encore, il a 



l ftvenle lui-meme un semoir, decrit et figure dans le 



de 



(1) Yoyez la traduction de cet ouvrage; par M, de Bombasle. 

(2) Principes r disomies d! agriculture, traduits de 1'allemand d'A. 
J W, par E. V. B. Crud , t, IV, p. 18. 



/ 













f 















1 




V 













■ 

I 
■ 1 




















4 





























; 



/ 



I 












i 
































i \ 2 O ) 



* 

ne eroyons pas qu'il exisie une traduction francaise. 
Voici seulement ee qu'il en dit dans son ouvrage con- 
tenant la descripiion des nouveaux instruments d'agri- 
culture : « Un long usage m'a convaincu que ce dernier 
(son semoir) est si commode , durable , d'un facile em - 
ploi, et il repond tellement a mes vues, que je n'en 
desire aucun autre , quoique je ne puisse semer par son 



d 



des 



pas d 



d 



Dans le troisieme volume de son agriculture anglaise, 
Thaer est entre , a ce qu'il parait , dans plus de detail* 
que dans Touvrage dont nous venons d'extraire un pas- 
sage. Voici, d'ailleurs, sur les avaniages de la culture 
en lignes et au semoir, quelques autres passages extra? 1 * 
de ses Principes raisomies d y Agriculture (i). 

« Au resie, Favanlage de la culture en lignes ne con* 
sisle pas , com me quelques personnes i'ont imagine * 
uniqueme.nl dans 1'epargne de la semence , mais dan* 
l'augmentalion de produit que cette culture procure 
sur une meme etendue de terrain.,.. 

<c Le grain des cereales semees en lignes acquiert 
chaque fois une plus grande perfection. » 

Malgre ces avaniages que Thaer reeonnait lui-meme & 
ce genre de culture, il ne parait pas qui! ait jamais adop* e 
celui de cultiver des cereales en lignes et en grand pa** 
le moyen du semoir ; il semble avoir ete retenu par le$ 
considerations suivantes qu'il a emises dans le passag e 
deja cite, « Mais nous ne pouvons conseiller d'adopter 



(i) Voyez t. IV de la page g5 a 10S 



I 



i 


















: 

















121 



la culture en lignes pour la totaiite dos cereales, ou 
meme seulement pour celies cThiver, que dans les ex- 
ploitations rurales, qui, dans leur ensemble , se trou- 
vent avoir atteint un haut degre de perfection , et dans 
lesquelles ia culture est suivie avec une grande intelli- 
gence. Les seraailles faites en lignes demandent une at- 
tention soulenue, pour saisir le meilieur moyen et la 
meilleure maniere de cultiver avec la houe a cheval. 
Une faute neut v etre nuisible. Ainsi done . celui qui ne 



connait 



d 



cir- 



conspection , et commencer sur une petite etendue de 
terre, afin d'apprendre , avant tout, a bien manier l'ins- 

trument.... » 

Au sujet du premier passage de Tbaer cite plus haut, 

M. le baron Crud, dans une note de sa traduction de cet 
auteur, commence par dire que ses terres de son do- 
maine de Genthod , sur les bords du lac de Geneve , 
etaient ensemencees avec le semoir de Chateauvieux, et 
qu'ii en etaii fort satisfait. Ensuite, passant au dernier 
semoir perfectionne par M. de Fellenberg, il le trouve 
beaucoup plus parfait, et il ajoute que, si Thaer eut eu 
connaissance de cette derniere machine, il n'aurait pas 



d 



1 



) 



d, apres avoir app 



( 

















































i I 









































L 

(i) Voyez la notede M. Crud, I.e., t. IV, p. 18. 

(2) Nous croyons devoir reproduire ici, presque en entier, cette note 
e M. Crud. « i° Les semoirs qui me sont connus distribuent le grain 
ussi e'galement qu'on peut Tesperer, sans le de'poser avec la main 



* k 










\ 








129 









































s expnme ainsi en termmant a leur sujet : « Au reste, 
lous ces inconvenients necontre-balancent pas lesavan- 

tagcs qui resultent , (Tun cote , de Tepargne (Tune 



partie de la 
plus parfait 



d 



M 



dans des trous espaces ; cependant , entre une range'e et Pautre, il y a 
toujours un leger espace vide; mais cet espace est trop peu conside- 
rable pour qu'il ne soit pas cornpletement occupe par les racines du 
ble apres que celui-ci a talle ; dans les range'es meme, les plantes sont 
assez nombreuses pour pouvoir supporter les accidents de Fhiver, qui, 
d'ailleurs, y sont d'autant moins a craindre, que les plantes, etant 
assez bien espace'es, peuvent acquerir plus de force qu'elles ne le 

feraient sans cela pour resister aux intempe'ries 2° lis introdui- 

sent le grain en terre a une profondeur re'glee Tous les grains de 

semence sont parfaitement recouverts; aucun d'eux n'est entraine a 
une trop grande profondeur pour y pourrir, ni laisse a la surface du 
sol pour y etre mange par les oiseaux. lis ne sont pas deterre's par les 

pluies qui surviennent apres la semaille 3° lis permettent d'e- 

pargner un quart et quelquefois moitie de la semence qu'on emploie- 

rait en semant a la main 

« Les inconve'nients que peut presenter P usage du semoir sont : 

1° d'exiger un peu plus de temps pour raccomplissement des semailles ; 
dans les terres tenaces surtout , le sol veut etre un peu mieux prepare 
et les mottes mieux cassees qu'elles ne le sont ordinairement pour les 
semailles qui se font a la vole'e, afin que les pieds ou socs du semoir 
ne soient pas entraves dans leur marche ; au reste , ce travail est tres- 
particulierement avantageux a la re'colte. » z° II n'est pas douteu 
qu'un semoir, quelque activite qu'on lui donne en changeant fire- 
quemment le cheval qui le traine, ne peut pas semer en un jour un 
espace aussi grand qu'un semeur le ferait a la volee ; il faut done mul- 
tiplier les senioirs, si Ton veut que les semailles ne soient pas retar- 
de'es. 3° Il exige une certaine sagacite, une certaine prudence de la 
part de celui qui dirige Finstrument , el de Tattention; tandis que, 
dans un domaine d'une grande etendue, un seul semeur babile suffit 
pour assurer le bon ensemencement des terres a la volee; il faut, si 
les semailles doivent etre exe'eute'es au semoir, un plus grand nombre 
d^ouvriers expeVimente's, {NotedeM. C/W, 1. c, p. i8et 19.) 













. 




123) 

mais , dans son Economic theorique et pratique de Va- 
griculture , t. II, p. n, apres avoir encore admis comme 
demontre que le semoir execute Tensemencement aussi 
bien, si ce n'est mieux, qu'il ne peut Tetre de toule autre 
maniere , et qu'outre cela ii procure uneepargne d'un 
tiers sur la quantite de la semence, il hesite cependant a 



P 



P 

d 



d 



prentissage de 1' usage de cet instrument, ou ne seraient 
pas doues d'une intelligence particaliere, associee a 



quelqu 
presen 



connaissances des mecaniques , cet usage 



pter que, pour introd 



y 



thode de ce genre dans une exploitation rurale, il 
toujours plus ou moins a lutter conire les valets. 

Apres deux aussi excellents cultivateurs que Thacr et 
le baron Crud , nousciterons encore deux hommes tres- 
recommandables en agriculture t M. de Dombasle et 
M. Bella , le premier, auteur des Annates agricoles de 
Roville , et le second, directeur du domaine de Gri- 
gnon, qui, places tous deux pour faire un usage frequent 
des semoirs, ne paraissent pas cependant en avoir fait 
tout Temploi quils auraient pu, tout en en reconnais- 
sant d'ailleurs les avantages. 

AinsiM. de Dombasle disak en iS-2.^'- « Leseul semoir 

i 

que j'ai employe jusqu ici est celui qui convient pour se- 
mer en lignes les graines fines, comme raves, colza, 
chou, carottes, etc. : cest un semoir a brouelte , qui 
ne seme, par consequent, qu une settle iigne a la fois. 



























I 



t 









i * 





































♦ 



























































I 











r 124 

Depuis que j'ai adopte exclusivement la methods du re- 
piquage pour le colza , je fais un usage beaucoup moins 

frequent da semoir (r). » 

Un peu plus lard M. de Dombasle disait : « L'unique 
avantage du semoir consiste a deposer les plantes en li- 
gnes, et je regarde ce genre de culture comme le plus 
parfait de sous , raais eomme presenlant de grandes dif- 



se semer 



pour les plantes q 



to 



pproch 



comme les ce- 



Les Annales de Roville renferment , d'ailleurs , 
tome II, p. 328, torn. Ill, p. 354, et torn. IV, p. / M 6, 
d'exceilenies instructions sur la maniere de conduire 
et de se servir des semoirs. On regretle d'autant plus 
que M. de Dombasle ait trop neglige de faire lui- 
meme un emploi plus frequent de ces machines; car 
il est permis de croire qu'un cultivateur aussi exp£- 



q 



s 



ou le 



perfectionnement de plusieurs b 



proch 



aciuuir* en general , et , par les ameliorations et les per- 
fectionnements qu'il eut pu y apporter , rendre plus 
facile un genre de culture que lui-meme reconnait 
comme le plus parfait. 

Dans la cinquieme livraison des Annales de Tin- 
stitulion royale agronomique de Grignon, M. Bella , 
directeur de cet etablissement, rapporle, de la page 85 
a la 95% quelques experiences faites a Grignon en i832, 



(1) Annales agricoles de Roville , 1. 1 , p. i 9 i. 
(z)Loc.cit., t. IV, p. 53 7 . 








120 



avec le semoir de M. Hugues, d'apres lesquelles les 
resultats obtenus de deux semis de seigle , Tun exe- 

■ 

cute avec cet instrument et l'autre a la volee, seraienl 
a Tavantage pour le premier compare au second, d' en- 
viron n p. o/o. L'auteur de ce semoir, nous devons 

le dire, dans les publications qui lui appartiennent 
(le Propagaleur du pj ogres agricole) , a presque tou- 

jours annonce des resultats de beaucoup superieurs a 
ceux qui out ete obtenus a Grignon. 

M. Bella avail fail, dans lememe temps et dans Tinlen- 
tion de le comparer avec ies deux premiers , un autre se- 
mis avec le semoir de Grignon, dont nous parlerons 
plus bas 5 mais les intemperies de la saison ayant ete 
nuisibles a ce dernier, il n'a pas ete possible d'en 
constater les resultats. 

Au surplus , nous regrettons que dans le reste des 
Annates de Grignon, dont il a paru jusqu'a present 
dix livraisons , il ne soit plus question des semoirs 
en aucune facon. 

Quant a nous, d'apres loutes nos experiences faites 
depuis buit ans, et dont nous n'avons rapporte qu'une 
partie, nous elions convaincus des avantages de la cul- 
ture en lignes; tout ce que nous avions trouve a ce sujet, 
mentionne par divers auteurs, nous avail confirmes 
dans notre. opinion, et, malgre les dissentimeiUs dont 
le semoir est encore l'objet parmi un grand nombre de 
cullivateurs , nous elions portes a nous ranger du cote 
de ceux qui le croient un excellent moyen pour ame- 
liorer la culture du ble, celie dont nous nous occupons 
cxelusivement. 

Parmi les auieurtf qui out reeommande I'usaaa dm 

* if 



\ 









h 

























% 



. ! 




: 




















y 








































I- I 




i 






12 



6) 



semoirs, nous citerons, surtout, Duhamel,qui, soit 



Ti 



soit dans ses 



Elements d agriculture , en a decrit de plusieurs 
sorles. Dans le premier de ces ouvrages, voici ce qu'il 
en dit dans son second chapitre, ayant pour 



litre : 



Des semoirs. « Nous avons deja fait connaitre l'avan- 
tage que Ton doit esperer de l'usage d'un instrument 
propre a repandre regulierement la semence ; et ce qui 
prouve bien que les cullivateurs en sont convaincus, ee 
sont les efforts que plusieurs personnes ont fails pour 
en inventer de nouveaux , ou pour perfeetionner ceux 
qui avaient deja ete presentes au public. » 

Pour dire , d'ailleurs , lout ce que nous savons sur les 
semoirs, nous avons vu quelques proprietaires qui se 
felicitaient de Femploi de ces instruments; mais nous 
connaissons un plus grand nombre de cullivateurs qui 
leur font unites sorles de reproches, enlre autres, que 



fi 



des 



ger et q 



ord 



mais 



ne peut les coi 

beaucoup de ces cultivateurs n'en parlent que par oui- 
dire et sans les avoir jamais essayes. 

Depuis que nous avons pousse notre travail sur les 
cereales au point ou il est parvenu , nous aurions bien 
desire voir fonctionner un semoir • mais tous les apri- 
culteurs auxquels nous nous sommes adresses n'en 
avaient point a leur service, de sorte que nous n'avions 



d 



inconvenients d 



Nous avions seule- 



ment vu un semoir Hugues , a Fetal de repos , dans le 
magasin d'un marchand d'instruments d'agriculture, le- 
quel nous en avail expliquc le mecanisme, qui nous avail 










127 

paru bon. Mais ce n'etait point assez d 



PP 



qu ll y avait plusieurs sortes de semoirs a 1 insliluUon 
agronomique de Grignon, nous n'avons pas hesite a 
nous y transporter. M. Bella, directeur de cet etablis- 
sement, nous a donne, sur ce sujet, tous les renseigne- 
ments que nous pouvions desirerj mais, nous le disons 
a regret, nous avons trouve que la, comme ailieurs, on 
n'y faisait que rarement usage des semoirs - 5 ii nous a 
paru qu'ils n'y servaient guere qu'aux eleves pour faire 
quelques experiences. 

Cependant, nous nous plaisons a le dire, M. Bella a 
mis beaucoup d'empressement a saiisfaire au desir que 
nous lui avions exprime de voir fonctionner les diffe- 

rents semoirs qu'il possede dans son etablissement , et 
il a bien voulu nous recommander a MM. Pichat et 



professeurs de pratique ag 



d 



geance possible a nous faire la demonstration des instru- 



pi 



nisme du semoir a brouelle, qui est fc 
nous sommes rendus sur un champ 



dep 



q 



( 



et ensuite le semoir a 



cuillers, de Grignon (2.), et avec lesquels nous avons 



(i) Nous ne de'cri.rons point ce semoir, qui est deja bien connu. 

(2) Le semoir de Grignon , dit a cuillers, diflere essenliellement du 
precedent, comme on pourra le voir par la description que nous en 
donnons ici et qui nous a ete communiquee par M. Pichat; nous 
regrettons seulement de n'avoir pu accompagner cette description 
d'une figure qui en aurait facilite ^intelligence. 

« Le semoir de Grignon est monte sur deux roues et consi&te, comme 







1 



































































* 



























128 ) 

seme du sarrasin , l'une des esp£ces de graines la plus 
convenable pour etre confiee a la terre a Tepoque avan- 

cee de la saison ou nous etions alors (le 6 juin). 







tous les autres, dans une caisse horizontal a peu pres carre'e et d'en- 
Tiron i metre (3 pieds) de largeur, destinee a contenir la semence et 
divisee en deux compartiments, Fun anterieur, ou se fait le jeu des 
cuillers, et Fautre posterieur, servant de magasin a la graiue. Sur un 
des cote's, en dehors de la caisse, est une roue dentee de 20 centi- 
metres (7 polices 2 lignes) de diametre, assujettie au moyen d'une des 
roues dusemoirettournantcommeclle. Cette roue dentee s'engrene 
avec un pignon quatre fois plus petit qu'elle et par lequel un mouve- 
ment de rotation, par consequent quatre fois plus fre'quent, est com- 
munique a un axe horizontal et parallele a Fessieu des deux roues qui 
donnent le mouvement a la machine et qui le communiquent a la 
roue dentee. A cet axe sont assujetties des rondelles sur lesquelles on fixe 
a volonte', par leurs queues, des cuillers destinees a prendre la semence 
dans la caisse. Ces rondelles sont fixe'es a demeure sur Faxe a la dis- 
tance de 20 centimetres (7 pouces 2 lignes) et disposers de manierc a 
recevoir une, deux, trois ou quatre cuillers, suivant que Fon desire 
donner plus ou moins d'espacement aux graines sur la ligne. 

« Les cuillers, tournant avec Faxe qui les porte , saisissent la grainc 
qui se trouve dans la caisse ou reservoir et la lancent, avec une cer- 
taine roideur, par Feffet de la force centrifuge, dans une tre'mie situee 
a la partie anterieure de la machine, de laquelle cette graine tombe 
dans des tubes conducteurs situe's au-dessous et un peu ouverts en 
entonnoira leur partie superieure. Ces tubes, qui sont places a la 
meme distance que les rondelles, penetrent dans le sola la profon- 
deur qu'on desire et sont amies, au devant de leur extremite infe- 
rieure, d'un petit pied de-biche faisant fonction de soc pour ouvrir le 
sillon, et termine's en arriere par une herse a deux dents au moyen de 
laquelle la semence est recouverte. 

« La graine est place'e dans le premier compartiment de la caisse ou 
magasin situe sur Farriere de la machine ; elle passe successivement, 
et au fur et a mesure des besoins, dans la case ou sont disposers les 
cuillers et 011 Fon regie son arrivee par le moyen d'une vanne qui est 
indispensable pour toutes les graines fines , comme le colza, le pa- 
vot, etc.,maisqui n'est pas aussi necessaire pour les cerealcs. Les 

ont de different es grandeurs selon la grosseur des graines 
que Fon veut semer. 

« 11 y a des semoirs a Irois , cinq et a sept tubes, cVst-a-dire qui 
sement trois, cinq et sept raies. Ces tubes peuvent Hre plus rappro- 
cMs on plus eloigned, et Fon peut en sitpprfmer h volonte, suivant 



cuill 



ers s 



I 
























i ,2 9 ) 

Le terrain dans lequel le sarrasin a ele seme n'avait 
pa* du tout ete prepare pour y faire fonctionner deft 
* e Qoirs;ncanmoin.s, malgrelesdifficultesquenousavons 




Jl'ie Pon veut met Ire plusou moins d'espacemententrelcslignes. Dans 
es semoirs a trois tubes, ces derniers sont a la distance de 4o centi- 
metres (i4 pouces 8 lignes). Pour semer les cere'ales, on se sert de 
Clr *q ou de sept tubes qui doivent ctre disposes a 20 centimetres Tun 
de > la utre. 

* On pent semer, avecce semoir, depuis 1 hectare 1/2 jusqu'a 2 hec- 
tares par jour. Un homme suffit pour le dinger 5 il conduit en guides 
et se place aux mancherons, situes sur le derriere de la caisse. et au 
^oyep desquels il pent dinger le semoir a Textremite des ravages • ils 
'Ui servent aussi, dans le courant de Toperation , pour le etiaintcnir 
l °ujours dans une position convenable. L'instrument est dispose de 
* e »le manierc que, Ior>qu\>n change de ravage, la roue doit toujours 
lesser sur le dernier raj on seme, de meme que le premier sillon que 
*^n ouvre passe sur la trace de la roue. A ce semoir est, d'ailleurs, 
a dapte un re'gulateur qui marque la ligne que doit suivre le cheval 
Hui le traine. Toutes ces precautions sont ne'eessaircs pour que toutes 
les Jignes se trouvent a des distances e'gales. 

« Ce re'gulateur se compose de deux branches fixe'es entre elles a 
*ogle droit, dont Tune est maintenue horizontalement et parallele- 
^ent a Tate du semoir sur les mancherons; Tautre branche traine a 
* p rre sur le cote' de ^instrument de man i ere a tracer une li^ne sur le 
terrain . La me^ure est prise pour que cette trace soit a Fendroit ou 
devra cheminer le cheval dans le ravage suivant. A chaquo tayage le 
^egulateur est change de cote' par une manoeuvre tres-simple. 

« Le terrain doit etre parfaitement prepare'. On fera bien de le rou- 
* e r quaud on le pourra , parcc qifcn sera plus certain de la regularity 
^ Fouvrage. Lor-iquon ne pent roulcr, il faut hcrser en travers pour 
Hue Ton apercoive mieuxla trace du re'gulateur. 

« Le grand avantage du semoir de Grignon , cest que son me'canisme 
e§ t simple, facile a comprendrc , facile a re'parer, peu dispendieux , et 
Hue le scmeur voit toujours s'il seme ou non, qifil petit de suite ap» 
preeier la cause du derangement et y reme'dier lui-meme. 

« L'espacement des plantes sur les lignes est modifie par le nombre 
^ e s cuillers place'es sur les rondelles : si Ton n^en met qiFunc, Fespa- 
Ce ment sur la ligne estde 75 centime tres (27 polices) ; il est de 87 cen- 
* l ui£tres (i3 pouces 1/2) si Ton en met deux, de 25 cent, (9 pouces) 
Pour trois , et de 19 centim. (6 pouces 9 lignes) si Ton en met quatre. 

« L^espacement petit encore etre modifie par le mtme'ro de Falve'ole 






9 


















































































« 
























1 




































i5o ) 

eprouvees a cause desenormes mottes qui, a cha*I ue 

inslant, derangeaient ou arretaient meme la marche 
des semoirs, nous sorames restes convaincus qu'on s'est 
exagere les difficultes qu'on peut avoir a faire agir con- 
venablement ces instruments. Sans entrer ici dans tous 
les developpemenls que ie sujet pourrait comported 
nous nous conienlerons de dire que si, dans le champ 
qui nous a offer t beaucoup de difficultes pour y f;*i re 

mouvoir les semoirs , on eut eu , auparavant, la pre- 
caution d'y faire passer une forte herse a dents de fer? 



uu lourd rouleau , ou , a la rigueur, d'y faire casser M 
grosses motles avec des maillets de bois, le semis aov 
rait pu s'accomplir sans la moindre difficuhe. 

Au reste, nous croyons que Thaer, le baron Crud ? 

M. de Dombasle el M. Bella se sont exagere les diffi* 
cultes quils disent appartenir a la culture en Kgnes; 
il nous a paru, au contrail e, qu'elle n'en preseniait que 
fort peu etqu'elles etaient faciles a vaincre; et, si nous 
ne craignions pas de trop allonger ce chapitre, nous 
repondrions a la plus grande partie des objections qu l 
ont ete faites confre {'usage du semoir. Nous pensons? 
d'ailleurs, qu'ii nous suffit de repeler ce que Thaer & 
M. de Dombasle ont dit. c'est mie la r.nlinrp **n liones 















. 




■ 

de la cuiller que Fon choisit. Plus Falveole sera grand et prendra d 6 
grain ; plus les grains seront rapproche'sj car les graines ne lombefl* 
pas toutes dans le meme instant. 

« D'apres mon collegueM. Lceuillict, c'est Patullo, en Espagne,q u *» 
le premier, a eu Tide'e des semoirs a cuillers. CeUeide'epassa eusuitee* 1 
AngleteiTe, et le semoir de Grignon est une imitation perfections^ 
du semoir de Frost, propage dans la Grande-Bret agne par M. Cook?* 
C'est a M. Andre, ancien eleve de Grignon et mainlenant mecanici 611 
chez MM. Kceclin , a Minister, pres de Colmar, qu'on doit les plus i** 1 " 
portantes ameliorations qu'on a fait subir a notre semoir. » 



SV 





i5i 



plus parfait 



? 



nous 



des 



pas comment on hesite encore a fai 



semoirs. 



En effet, nousavons vu qu 1 avec le semoir on econo- 



( 



pa 



c eux qui l'ont employe, on doit ajouier, comme Ta (lit 



Xh 
b 



usage sont 



caucoup plus abondantes et beaucoup meilleures que 
c eiies qu'on retire des semis a la volee. 



P 



Pioneer precisement quelle a ete la recolie tolale d'un 
semis fait au semoir dans les environs de Conches, de- 
partment de TEure , par M. Besnard > nous pouvons 



"eaule tres remarq 



qu 

1 



3 



plusieurs touffes de froment , d'une 
iab!e, presentees par ce cultivaleur, 
oyale et centrale d'agriculture , dans sa 
lout 1841. Ces touffes se composaient de 
dont le plus faible porlait qualre epis et 



^ plus fort quatorze , les deux autres n'en avaient pas 
tooins de dix a douze , de sorte que les quatre touffes 
r eunies etaient chargees dequaranleepis. Ceux-ci etaient 
a Ussi de la plus belle qualile f puisque la pluparl avaient 



i 



1 



4 pouces et demi) 



°ngueur, et ne contenaienl pas moins de cinquante a 
8 °ixante grains et meme plus, nombre que nous avons 


































i 




( f ) On a dit qiVon pouvait, avec le semoir, e'conomiser les trois 
HUart^ dela semence, etla chose ne nons parait pas impossible d'apres 
* 0s experiences (voy. p. 6o a 68); toutefoisil est plus prudent de se 
b °ro e r k utie economic ti'ua tiers ou de la moitie. 











* 









« . : 






















? I 





















52 ) 



des epis q 



eie 



donne de recueiilir chez difTerents cultivaieurs. Point 
de dome que, si lous les [tied* de froment el tous les ep* s 
du champ du cultivateur de Conches etaient dans * eS 
memes proportions, sa recolte nVit du eire au niotns 
du double des recalled ordinaires. Ce qu'il y a de cer* 
tain, c'est qu'un proprielaire , qui veut garder TanO- 
nyme, nous a assure que 10 Hires de 
semes par le moyen du semoir, iui 
525 lilies, ce qui est 52 pour i. 



avaient ra 



pport 6 



g e 



qualre planches de chacune n ares, dont irois ont e {e 



d 



de 1 4 



dif 






ference sensible dans la vegetation entre celle qui n &" 
vait recu que 12 iilres de semence et celle dans laquell e 

on en avail mis 22. 

Quant au semoir en general , a Imposition des pro* 

duits de I'industrie francaise en 1 834 ^ six de ces dift e " 
rents instruments y fureni presentes, etle jury centra'* 
au nom de la commission des machines pour les instr**' 
ments aratoires, decerna plusieurs medailles a quatr 

* 

de leurs auteurs, dont uhe d'argent a M. Hugues, 
trois de bronze a MM. Davenne-Daniel, Crespei-I^' 
lisse et Andre-Jean. 

Ouoi qu'il en soit, si, dans l'etat actuel deschoses, 
semoir le meilleur jusqu'a present laisse a desirer, s 
ir'est pas assez par fail et si on lui reproche encore q° e 
ques defauis, on ne doit pas en rester la, il faut cbe r 

cher les mo\ens de le faire arriver au degre de perte c " 



et 
































\ 















IV 



■PV 






i55 ) 



de 



de nos 



besoins de ('agriculture no 



I 



tion qu'on a droit 

* 

conna Usances. Les 
sentent pas moms d'interel que ceux de lindustrie, il 
nous semble meme que, dans tout etat de cause, ils 
doivenl marcher les premiers, puusque I'agriculture est 
la source de tous les biens, et que 1'industrie lui doit 
toui ce qu'elle met en ceuvre, et qu'elie ne pourrait rien 
faire sans elle. 

Quand on voil comment, aujourd'hui, le coton , la 
laine et meme le lin el le chanvre sont files par des ma- 
chines plus regulierement qu'ils ne le furent jamais par 
les doigls des meilleures fileuses^ quand on voit le me- 
canisme par lequel le travail de beaucoup de tissus est 

fait tout aussi regulierement que si les metiers client 
mis en ceuvre par les plus habiles tisserands , on peut se 
demander pourquoi Tagriculture ne pourrait pas , aussi 
bien que Tindustrie manufacturiere Pa fait en ce qui la 
regardait, perfeciionner un semoir, instrument qui 
nous semble bien plus simple et bien moins complique 
que les diverses machines employees pour la filature et 



toffes de toutes sortes. 
question du semoir est de la pi 



importa 



annee, pour i5o millions de cereales, ou si Ton conti- 
xiuera a les employer en pure perte, ainsi qu on le fait 
nontenant. 

Nous peneons done que les Societes d'agriculfure de- 

vraient solliciter du gouvernement les moyens de fonder 



P 



perfec- 



que nous p 



de nouveaux qui fussent exempts das defaut 








i 



f 



^ 

























■ 























































/ 













i 




ff 






! 


















' 


















1 34) 



fau 



drait que les prix fondes par ie gouvernement consis- 

en des sommes assez considerables pour que 



tassent 



1'inventeur ou les inventeurs fussent suffisamment de- 



d 



et qui possederait lous les avantages desirables. Ce se- 
moir ou ces semoirs devraient elre remis a !a Societe 
royale et centrale d'agriculture, qui, apres avoir fait 
faire les premiers essais, f'erait fabriquer, aux Ira i s du 
gouvernemeni, dixa douze, oupius, de ces instruments, 
semblables au premier modele, et ceux-ci seraient 
envoyes aux Societes des departements dans lesquels la 
culture des cereales est la plus fiorissante. Le prix ou 
les prix ne seraient accordes qu'apres deux, trois ou 
quaire ans, que les differentes Societes d'agriculture 
emploieraient a faire fonclionner l'instrument ou les 
insirumenls, s'il y en avail plusieurs; et , sur le rapport 
de la Societe centrale, motive sur les rapports particu- 



liers des S 

enfin decernes. 



partement 



les prix seraient 



A la Chine, ou ^agriculture est honoree corame le 



P 



emier des arts, Tinveniion da semoir est fort an- 
cienne, puisqu'elle remonle a environ 1800 ans. A ce 
sujet je transcris ici la note que M. Stanislas Julien a 



q 



aoir (i) i 

poque p 



CO Le semoir chinois se trouve i° dans le Cheou-clu-thong-khcto 
CEticycIx>p^ieimperiaIea ? agricuHure), liv. 34, fol. ,6; a* clans la 
Petite encyclopedic cl.inoise Thien-kong-kal-we , liv. 2, fol. 16. Ce 
dernier est un seraoir i brouette. 
















■ 









1 3 



5 



c et instrument fut invente. II est probable qu'il remonte 

tres-haut. En effet, je vois i° dans le dictionnaire im- 
perial de Khang-hi, que Tchao-kouo , qui vivait sous 
a dynastie des Ban (elle dura depuis i63 ans avant 

es). enseigna au peuple la 



1 



P 



d 



les grains.^ 

<( 2° On lit, dans V Abrege de Thistoire dela dynastie 
des premiers Wei (elle dura depuis 220 apres J. C. jus- 
qu'en 264)5 que II oang- feu-long enseigna la maniere 
construire Finstrument leou-li (mot qui sisnifie 



de 



semoir-charrue), ce qui, ajoute-t~on , epargnait la 
ttiohie de la peine qu'exigeait le procede ordinaire. » 



t est encore decrit dai 
Tsi-min-yao-chou, q 
des Wei nosterieun 



qui dura 



pose sous la dynastie des 
de 38o a 554- » 

Si nous nous sommes longuement elendus sur les se- 
ttioirs, c'est parce que nous croyons qu'iis renferment 
lout Tavenir de ragricullure, sans que le travail des 
homines en soit diminue; car i'emploi du semoir ne- 
cessite meme ceiui d'un plus grand nombre de bras que 
le semis a la volee qui est le plus expeditif , el o'esi pour 
cela que nous le trouvons precieux dans les pays qui ont 
Une nombreuse population. Le bien que peuvent faire 
les semoirs est done immense, puisqu'il produit une 
grande economie de semence, iaquelle peat etre em- 
ployee non -settlement pour raiimentation, mais encore 
a combler le deficit en Me qui nous arrive frequemmenf 
e l cela sans qu'un seui individu ait a en souffrir, Les 
Machines, dans i'industrie naanufacluriere, onl fail 

























! 










[ u 
























! 




tout le contraire; elles ont enleve le travail au peupi 
et Pont reduit a la misere. 



e 



/ 















. 
















: 














CHAPITRE X. 



Du ble seme au plantoir. 

La methode de semer le ble au plantoir a ete princi- 
paiement recommandee par le due de la Rochefoucauld- 
Liancourl, lorsqu'il revint d'Anglelerre, oil il avait 
trouve, pendant son eejour dans ce pays, ce mode d'en- 



P 



.ul 



tivateurs qui en vantaient les avantages. 
Le due de la Rochefoucauld, unique: 



d 



dans de 
les expe 



de Liancourt, les continua l'annee suivante, et en p 
blia les resultats dans les Annales de V agriculture fra 



) 



i°on 



economisait generalement plus des deux tiers de la se- 



mence : 



? 



de 



2 8 Que le ble planle donnait en gerbes trois dixiemes 



Q 



d avanfage aue le d 



voyait dans ce mode de culture, e'est que, par ce moyen, 
la masse du travail s'aceroissait dans un temps ou il est 
gene'ralement rare, et, par la, Tagriculture atteienaU 



(i) Tome IX, p. h$et suit. 






/ 




I 



5?) 



son veritable but, le plus desirable de tous, le profit 
des eultivateurs , la richesse de l'Etat, la plus grande 
abondance dans les marches, Inoccupation plus grande 
des bras qui ne peuvent vivre sans salairej et par eile 
le souiagement de la classe indigente. 

Assez longtemps avant l'epoque ou le due de Lian- 
court avait importe d'Anglelerre en France la methode 
de semer le ble au plantoir, plusieurs agronomies s'en 
etaient deja occupes. Chretien Wolf avail fait, des Tan- 
nee 1709, a Halle, en Prusse, des experiences qu'il re- 
prit avec succes en 1716 et 1717 sur la plantation des 
cereaies, d'apres lesquelles il reconnut les avantagesde 
cette methode , et peu apres, en 1720, Trautmann re- 

peia les experiences de Wolf, a Loebau,en Lusace. 

Ensuite, le comte de Beuchling, grand chancelier 
de la.cour de Saxe, Lullin de Chateauvieux, a Geneve, 
et plusieurs autres s'occuperent de multiplier ces expe- 
riences , et ce fut, en general, avec succes. 

En 1772 , M. de Monspey, que nous avons deja cite 
plus haut, fit de meme, en France, des essais d'ense- 
mencement de ble au plantoir, et, selon ce qu'il en 
publia, ii obtint par ce moyen 72 pour 1 (1). 

Quoi qu'il en soil, dans le dessein de seconder les 
' ues philanthropiques de M. de Liancourt et de verifier, 



\ 



d'ailleurs, jusqu'a quel point la methode qu'il recom- 



s 



mandait pouvait etre reellement avantageuse, Tessier, 
qui etait alors dans la force de l'age, et qui s'etait tou- 
jours occupe avec beaucoup de zele de la culture des 
bles, fit sur le nouveau mode d'ensemencement des ex- 



■ 

(1) Rihlwthkqup britanniquG, partie de Fagriculttire, t. XII, p. 32. 






















. 



1 































* 






■v ;*. * ( 



























1 1 



I 












I 









I 4 



i38 ) 

periences dans le pare de Rambouillet, en pratiquant 

concurremmenl des semis au plantoir el de: 
voiee, dans des etendues de terrain 



s semis a 



a la 



qui etaient les 



memes. 



d 



tages et les inconvenient* des semis de ble au plantoir, 
nous renyerrons a son travail (,), et nous ne rappor- 



pe 



riences et qui sont les suivanles : 

i° Quand on emploie la methode de rensemencement 
au plantoir, il suffit de mettre un grain dans chaque 



uns des autres. 







2° Cette methode convient surlout au particulier pos- 
sesseur de quelques champs seulement, qui peut se 
charger de les ensemenecr lui-meme avec sa famille. 

3° II faut y renoncer pour les terres fortes et pour les 
terres legeres, a moins de les avoir disposees a cette 
sorte de culture par des amendements convenables a 
leur nature. 

4° L'ensemencementau plantoir a I'avantage sur ren- 
semencement a la volee, lorsque le ble est cher, et dans 
les pays ou. les bras sont nombreux et les salaires a bon 
marche. 

5° Le semis au planioir offre de I'avantage lorsque le 
ble est cher, parce qu'il economise beaueoup de se 
mence j il cesse d'etre avantageux dans les annees ou le 



(0 Experiences relatives a rensemencement du ble au plnnf.oir, 
faites clans le pare de Rambouillet, par M. Tessier, lues a l'lnstitut 
les 4 et IO thermidor an XII, t -t inser«<es dans les Annates de Ua<>ri~ 
cultur? franchise , m serje, tome XX„p. 2 8 9 et *»>. 










~N 



* 











•5 9 ) 

tie est a bon marche, parce qu'il coute beaucoup plus 
a executer que le semis fait a !a volee. 

Les experiences de Tessier furent suivies de celles 
que Brent quelques agronomes ou culiivateurs. Parmi 
ces dernieres, les unes fureni en faveur (r) du mode 
d'ensemencement recornmande par M. de Liancourt, 
les autres s'y montrerent ooposees (2) , et les avis furent 
a peii pres partages. Cependant, au bout de quelques 
annees , il fut reconnu, jusqua un certain point, que 
les avantages attaches a Tensemencement du ble au 
plantoir n'etaient pas sufE^ants pour contre-balancer les 
inconvenients qu'il presenlait, et cetie methode fut 
bientot abandonne en France et meme en Angleterre, 
ou elle avail d'abord ete plus repandue. 

i 

Tel est, en abrege, ce que nous n'avons pas du negli- 
ger de rapporter dansun ouvrageounous nousoccupons 
principalement des methodes les plus convenables aem- 



*mm 






~ 



(0 Voyez les Annates de V agriculture francaise , i rc serie, t. XIV, 
p. 244 et 25 1 , et Bibliotheque britannique , partie de Fagriculture , 
t. VII, p. 62. 

(2) Parmiceux qui se montrerent les plus opposes a la methode de 
semer le ble au plantoir, nous citerons M. Lair, qui, dans le rapport 
fait a la Societe d'agriculture et de commerce de Caen, dans la seance 
du 10 mai i8o5, s'exprima ainsi : « M. de Janville a re'colte, dans sa 

t 

proprie'te d'Eterville, une tige de froment qui a fourni 108 e'pis et 
J56o grains. Ce produit extraordinaire nous a porte a essayer de plan- 
ter le ble suivant le proce'de en usage dans le duehe de Sufiolk, en 
Angleterre, et decrit par la hochefoucaiild-Liancourt. Ce premier essai 
He nous a pas reussi. Nous avons , d'ailleurs , observe que le plantage 
exigeait trop de bras etque la main-d'oeuvre e'tait ici trop chere pour 
qu'on put obtenir un grand succes : il nous a semble' que cette me- 
thode , au lieu de nous conduire a la perfection de Part, nous ferait 
r emonter vers son enfance, » 

Voyez encore, pour des observations contraires a rensemencement 
du ble au plantoir, celles qui sont inserees dans les Annates deja citc'es, 
*• XXI, p; 354, 362 et 377. 









W 




























w\ 







I 



















li 











;; 




































1 1 






















»4° ) 

ployer pour paryenir a ameliorer la culture des b\& 



N 



pas 



q 



d 



de exploitation, le mode d'ensemencement q 



i 



Rochefoucauld-Liancourt avait voulu intro- 



duire en France. 



La methode de semer le ble en lignes, surtout en em- 
jyant un rayonneur pour tracer les rigoles, est, d'aib 
irs, plus expeditive, beaucoup plus commode, et elle 



P 



mence. Nous avons aussi demontre plus haut combieti 



pport 



P 



preferable a celle de Fensemencement au plantoir. 

Au reste, pour ce qui regarde la grande culture, 
nous repeterons que Temploi du semoir, par le moyen 
duquei on pent disposer les grains a la distance que Ton 
veut, et en lignes convenablement espacees, nous pa*- 






preferable a la methode d 



parce 



prat 



CHAP1TRE XI. 



Du repiquage ou transplantation duble, 



II en est de meme de la methode de repiquer le ble f 
je la crois egalement Ires-bonne, el la Societe royale 
et centrale d'agrieulture, alors simple Societe du de* 

partement de la Seine, a reconnu les avantage* de cb 








•4« 

mode do culture, en accordant, dans sa stance publique 
du deuxieme jour comp ementaire an x \ 19 sep- 
tembre 1802) (1), une medaille d'encouragement au 
sieur Povilet, de Salon, depnrtement des Bouehes du- 
Rbone, pour des transplantations deble qui iui avaient 
donne des produits considerables. 

En Tan vni de 1'ere de la republique, le sieur Poulet 

de ble transplanted, une recolte 



obi 



4 



l'annee suivante, son experience plus en grand, il 
transplanta 67,200 pieds,dont 5o,ooo le furent dans lcs 
mois de Janvier, fevrier et mars. Tous ces pieds furent 
tres-espaces, de raaniere qu'ils occuperent environ un 
demi-hectare de terrain. Le sieur Poulel n'avait em- 
ploye que six livres de grain , poids du pays, et si son 
demi-hectare eut ete ensemence a l'ordinaire, il lui en 
eut fallu deuxquinlaux de ce meme poids. Le 



- 



premier 



avantage que ce cuhivaleur relira de sa methode de 

repiquage fut d'abord une tres-grande economie faite 

sur la semence, ensuite son produit fut de 3oo pour i, 

Le sieur Poulet croyait avoir ete le premier qui eut 



pi 



? 



de Vasplesdon, pres de Guilford, en Angleterre, ayant 
seme 9 grains de froment et les ayant transplants en 
lcs espacant,,il en obtint 1,000 epis. 

Francois de Neufcbateau (2) cite aussi plusieurs 
autre* exemples de transplantation des bles faite avec 



(1) Voyez Memoires de la Socicle y vol. V, p. 81, an xi (i8o3) 
(3) Uart dc multiplier les grams , t. I, p. 357. 



> 












4 



1' 









i 


























I 





















« 




; 

I 








































» 


















< 










142 ) 

succes, entre autres ceux du comte de Beligny et da 
president Secondat, fils de Tilluslre Montesquieu. Dans 
le ble transplant par ce dernier, il s'esi trouve un grain 
qui produisit trois cents et quelques epis , lesquels con- 
tenaient, pour la plupart, plus de trenle grains. 

Mais les produits obtenus par Poulel, Ingleion , le 
comte de Beligny et le president Secondat ne sonl rien 
en comparison de eeux que Charles Miller, jardinier 
du jardin bolanique de Cambridge et fils 



d 



P 



! Miller, retira d'un seul grain de ble. Void 
com me ce fait est raconie (1) : a Charles Miller sema, 
le ajuin 1766, quelques grains de ble, et Tun despieds 
qui en provinrent ayant annonce devoir se ramifier, il 
fut arrache et divise, le 8 aoiit suivant, en dix-huit 
parlies, dont chacune fut replantee separement. Ces 
nouvelles plantes ayant pousse plusieurs jets laleraux, 
on lesarracha une seconde fois, du milieu deseptembre 
a la mi-octobre, pour les diviser et les replanter encore. 
Cette seconde division produisit soixanle-sept plantes, 
qui restereni en place pendant tout l'hiver. Pour la der- 
niere fois et du milieu demaisau 12 avril, cessoixante- 
sept pieds de ble furent arraches et en formerent defi- 
nitivementcinq cents, qui produisirent vingt etun mille 
cent neuf epis, dont on retira quarante-sept livres sept 
onces de grains (poids anglais). Enfin on estima, d'a- 
pres un calcul fait sur la quanlite de grains compris 
dans une once, que le n ombre total des grains produits 



(1) Detail de qielques experiences de M. Miller, de Cambridge , 
sur la vegetation dufroment; par le d' Watson ( Extrait de V Abrege 
d s Transactions philosophiqu.es de la Socielc r oj ale de Londres , tra- 
it*** do ranglaiH, partie botauique, t. II , in~8, p. iti el sair. 

















^^^B^^^M^^^n 





■ 







145; 

* 

par un seul etait d'environ cinq c nt soixante-seize 
ttiille huit cent quarante. » 

Si l'on veut rapporter cetle quantite de grains a l'une 
de nos mesures actuelles , je crois que , selon la qualite 
du ble produit, elle eiu pa remplir le tiers ou , lout an 
nioins, le quart d'un hecioliire. Ainsi, quelqne temps 
qu'on ait employe a diviser et a replanter a plusieurs 
reprises un seal pied de ble pour en faire a la fin cinq 
cents, il me parait presumable qu'en definitive le pro- 
dait a du surpasser de beaucoup les frais que la trans- 
plantation aura pu necessiier. 

Dans la culture des cereales et surtout dans celle du 

froment, on ne doit done jamais craindre d'aupmenler 

a depense , lorsque cette augmentation dans les frais 



P 



pable de dedommag 



P 



sarclages occasionnent necessairement des frais en sus 
des labours, des fumiers el de l'ensemencement 5 cepen- 
dant tous ceux qui ont ecrit sur l'agriculture les ont 
recommandes. 

Calon dit expressement qu'il faut sarcler deux fois le 



bl 



XXX) 



auxquelies on doit sareler les moissons. «Dans le pre- 
mier inlervalle , dit-il , c'e,t-a-dire depuis le temps 
ou le soieil se coucbe au point d'oti souffle le vent Fa- 
vonius , jusqu'a Tequinoxe du printemps, il faut sarcler 




(1) Economie 



(O Economie ruvale de M. Porcius Catoa, traduite par Saboureiir 
<1* la Bonneterie , t. I , p. 69. U ' m 



I. 
























■ 































I& \ 








































m 






























\ 



>44 ) 

les moissons. » Et le memo precepie est r^peti pour 

J'epoque qui se trouve enlre l'equinoxe du printemps 

* 

et le lever des Pleiades (i). 

Depuis les temps ou ecrivaient Caton et Varron, tons 
les auteurs qui oiit donne des trattes d'agrieulture ont 
recommande de sarcler les biesj et Dubamel, dans le 
premier volume de son Traite de la culture des terres, 
a merae consacre son chapitre IX a demonlrer les avan- 
tages qu'il y aurait a labourer les ble* pendant quils 
vcgetent , com me on laboure les plantes vivaces. 

M. de Dombasle, dans le tome II de ses jfnnales de 



Bov 
page 



d 



4 a 1 14 



d 



prin- 



temps, et il leur attribue la superior ite des recoltes 
obtenucs de ce procede qu'il fail executer par des en- 
fants qui travaillent avec de petiies houes a main ou 
binetles ayant deux cotes, dont Tun est une lame plate 

de 2 pouces ou 2 pouces ~ de largeur, et l'autre forme 
deux poinles. 



Le colonel 



d 



d 



egalement du binage des bies qu'il fait 



pratiquer 



avec une binette de son invention, munie dune lame 
tres eiroite d'acier, et pas plus large qu'un couteau de 
table, mais dont le dos est beaucoup plus epais , le 
trancbant tres-affileet les exiremitesarrondies. L'ouvrier 
parvient ainsi a glisser aisement sa binette entre la 
plante de froment et la mauvaise herbe , avec le dos de 



(1) Feyez la traduction de Saboureux, t, II , p. 99 et 100. 


























'a lame lourne du cote* des tiges de ia premiere et le 

tranehant du cote de !a seconde , qu'il coupe avec fa- 
cilite (i). 

En general , il n'y a que les mauvais cultivaieurs qui 
negligent de faire sarcler leurs bles, et la mince eco- 
nomic quils font sous cc rapport tourne le plus souvent 



* leur detriment, car Us ont presque toujours de moins 
tonnes recoltes. 

Les avantages des sarciagcs sont, d'ailieurs, si bien 
connus, quils ne sont contesies par person ne j et, si 
nous quittons noire Europe, nous les trouvons encore 
pratiques avec toute la rigueur possible chez un peuplc 
duquel nous sornmes separes par toute la distance d'un 

ilPmieiitiprp. Vnici n r>p enint nnmmont o'/>»>.™;^^ TU„„ 



d 



Wg : « Les champs des Japonais sont sarcitis avec 
de soin , que le botaniste le pins clairvoyant aurait 
peine a y decouvrir une plante elrangere. Nos potagers 
«e sont pas mieux entrelenus (2). » 

Quant a ia transplantation du ble, bien convaincu 



nu 



d 



pouvail obtenir, par le moyen de la separa- 



■ • I 1 u ' 

Qes recoltes egales a celie qu'avait recueillic Charles 
Miller d'un seul grain dc bie, depuis que j'ai eu connais- 
s ance de son experience sur ia multiplication extraor- 
dinaire du froment par son precede , j'ai essaye par trois 
f oisde ia repeterj mais, jusqaici, je n'ai pu y reussir, 
e * les tentatives que j'ai faites dans celte intention out 



(0 Memo ire sur les froments , traduit par M. Halepeyre aloe, clans 
e Journal des travaux de I Academie de I* Industrie francaise : arm 6 at 
Ig 38, p. 65, 3 e colonne. 

(2) Voyage de Thunberg auJapo?i, etc.? edit. in-4 ? t. II, p» 288. 


















































ID 




















I 









If '■ 



/ 






I 










I 









^^r 































I 



46) 



1 



toujours echoue par «ne cuu.se on par une autre 



A ce 



sujet, j'aidu croirequeleclimal brumeuxde I'AncIeierre 



e 



tait b 



dubl 



eaucoup plus favorable que le notre a la vegeialio» 
e ; et ce qui me sem 



bled 



c 



evoir conhrmer celte op 

ul 



1- 



nion , cest que quelques fromenis anglais que j'ai c 
lives a Paris ont presque tous perdu 5 a io pour i 



oo 



en 



po 



i 



a 



L 



e coniraire m'csi arrive, ainsi nue ie 



9 



q 



j 



I'ai 



deja dit, pour les bles que j'ai recus du Midi. Ces der- 



\ 



niers ont presque tous gagne des la premiere annee 
! 



ear culture a Pari 



b 



i 



, neaucoup plus en proportion q 



de 



les bles anglais n'avaient perdu 5 ear le poids des hies d e 
la mer Noire et du littoral de la Mediterr 



anee s est aug 



mente, sous le cl i mat de Paris, de io, i5, 20 et jusqu 



1 



a 



20 pour 100 



3 



> 



111 



fa i t 



voir 



^ 



1 



t 1 



us naut les consequen 



ces 



que devait avoir dans le commerce cette pesanteu' 
variable des bles j je ny reviendrai pas dans ce momen 



mais je me reserve d'examiner encore cette que 



s. 



I 



lion 



un neu 



P 



P 



1 



us 



tard 



C 



eoen 



P 



dan I 



J 



e dois dire aue 



l 



1 



apport, ne s'accoi 



dent 



pas avec les e 



mes 

1 



ob 



servations. sous 



talsd 



u poids moy 



en 



de rhectoiitre de froment dans les differenis departs 

ies dans les Archives siatistiques du minis 



ments 



P 



bi 



lere des travaux publics , de V agriculture et du cof? 1 " 
merce. Dans ces tableaux , le poids de rhectoiitre & e 



fro 



m 



td 



c 



ent de premiere quail 



(e.d 



epuis 1819 iusqu'a 1 



835 



1 



a plusicurs fo 



s depasse 



80 k 



C 



orse. le 



1 



P 



1 



us menu ion a 



Id 



ilogrammes 
1 



cl 



1 n s 



File d e 



e nos dfpariements, el ou 



ia 



culture des cereales est loin d'etre parfaite, tandis q° e 
dans le department du Nord, 011 la culture des terr^ 
est la meilleure, ce n'a ete que dans une seule armed 
en 1 833. que le poids de rhectoiitre de hie de ia metf 6 







\ 






fc !-*..-* 





1 






*47) 



qnalite s'est eleve a 79 kilogrammes et environ ~f-. 

Dans touteslesaulresannees, la meme mesure n'a jamais 
atteint a ce poids. 

Neanmoins , quoique je n'aie opere que sur de tres- 
petites quantites, j'ai toujours pris avec une telle preci- 
sion la pesanteur des grains de ble (1) qui m'ont servi 
a baser nies ealculs, que je ne puis concevoir comment 
j'aurais pu me tromper j aussi je ne peux qu'etre tres- 
etonne de l'opposition qui se trouve entre les chiffres 
ofliciels du ministere et les miens. 

Quoi qu'il en soil, je vais continuer a m'occuper du 
We repique dont les experiences de Charles Miller, du 
president Secondat, du comte de Beligny, d'Ingleton et 
de Poulei doivent assez faire sentir rimporlance-, je re- 
grette eeulement de n 'avoir encore a ce sujet qu'un trop 
petit norabre de faits a ajouter a ceux qui m'ont deja 
precede. 

■ 

Aureste, voici les observations que je puis faire valoir, 
jusqu a present, pour prouver la possibility et Fa vantage 
de la transplantation du ble. 

N° 1 . Le :8 mars 184 c , j'ai fait transplanter dans un 
cemiare de terre, convenablement prepare , 120 pieds 
de ble qui avaient ete semes le 17 oclobre 18405 ilsont 
l ous repris, et, recolles le i er aoiit i84» , ils oni produit 



44q 



dont j'ai retire 1 1 decilitres de grain. 



N° 2. Le 



84 



centiares 



Mo grains de ble tres-fertile de la Mongolia chinoise, 
dont plus de la moitie n'a pas leve, probablement a 



(1) Je dsrai un peu plus loin d'apres quelle base j'ai calcule la diffe- 
rence de la pesanteur relative de mes difierentes varie'te's de ble. 













1 






1 









1 












■ 






















































. 




































48 ) 

cause de la seeheresse qu'il faisait alors. Le 3o decembre 
suivant, jai pris la moitie des pieds, qui elaient leves 
au nombre dc 68, et je les ai fait transplanter dans 
2 cenliares de terrain, avec Tespoir de les voir beau- 
coup taller; mais j'ai ete trompe dans raon esperance; 

car les 34 pieds transplanted auraient tres bien tenU 
dans un seul ceniiare, puisquil n'en a repris que 3s*. 
Ces derniers, recoiles le 18 juillet 184^ ont donne 
191 epis, dont 20 sur un seul pied, et its ont produit 
en tout 7 decilitres 8 centilitres de grain. 

JN° 3. De 44 pieds de ble Ricbelle, semes le i5 aout 
18 \ 1, et repiques dans un cenliare de terrain, le 3o de- 
ctmbre suivant , j'ai recohe, le 1 3 juillet 1842, 4°P* e( ^ s 
et 33o epis, lesquels m'ont donne 5 decilitres d^ grain* 

N° 4* J'ai seme, le 22 ociobre i84' * 100 grains de 
ble de Marianopoli de ma recolte precedente; il a leve 
92 piedsque j'ai fait transplanter, le 27 novembre sui" 
vant , dansun centiare, et , le 8 aout 1842, j'ai recolte 
89 pieds qui portaient 438 epis, dont j'ai retire 6 deci - 
litres 2 centilitres. 

N° 5. J'ai seme, le 4 deeembre i84* , 100 grains de 
froment sans barbes de Saint-Lo -, ii en a leve 8 1 , qui ont 
ete repiques le 12 fevrier suivant. II en estreste, l c 
1 3 juillet, lors de la recolte, 68 pieds, dont un portaH 
1 5 epis, etj'ai eu en tout !\oi epis, desquels j'ai retire 
5 decilitres 6 centilitres de grain. 

J'avais fait faire, a des epoques differentes, le repi" 
quage d'un plus grand nombre de bles que je n'en rap" 
porte ici ; mais la plupart ont etedevastes par lesoiseaux; 
entre autres tine petite plale-bande de i5 centiares, dont 

le ble, seme le i er seplembre, avait ete repique le 6 no- 


















n 












/ 



I 



49) 



vembre suivant. Tels moyens que j'aie employes, les 
epouvantails, les filets n'ont pu preserver mes petites 
recoltes, si ce n'est celles que j'ai citees. J'avais trouve 
recommandes conire les moineaux Tail et I'assa fcetida: 
ttiais, d'apres mon experience, ces dernieres substances 
n'y font absolument rien. Voici ce qui m'est arrive a ce 
sujet : d'abord, des groupes de /j a 6 epis auxquels 
etaient attaches uue gousse d'ail ou un petit sac de crin 
Nontenant I'assa fettida en poudre ont para eire p*aran- 
lis pendant qualre a cinq jours; mais les moineaux se 
sont accoutumes aux odeurs feiides ou familiarises avec 
la vue des gousses d'ail ou des petils sacs de crin , et les 
episqui en portaient ont fini par eire entierement devo- 
lves, de memequeceuxquin'en avaient pas. 

Ce qui me fortifie dans la croyance ou je suis que le 
Me repique pourrait donner de tres-bons produits, c'est 
que dans Flnde, a la Chine, en Egypte et dans tous les 
pays ou la culture du riz remplace celle du froment , on 
Seme, en general, la premiere de ces cereales en pepi- 
niere, et on ne la replante dans les rizieres , ou elle 
doit achever sa vegetation , que lorsque ses tiges sont 
3eja assez Fortes pour se prefer a ce genre de culture. II 

V a mieux, c'est qu'avant de semer le riz on lui fail subir 
Une operation preliminaire, par laquellc on le met dans 



d 



pe 



nommes coufFes en Egypte , et on le plonge dans le Nil 
pendant huil jours, jusqu'a ce qu'il ait gernie. Je ne vois 
pas pourquoi nous n'appliquerions pas au ble la me- 
thode qui reussit si bien pour le riz , en supprimant 



preliminaire qu 



Pou 













•J 



























I 






■- ; ' 



B 

i 



ra 



w 







t 










































i 



**~ 





I 



5o ) 



les 



Voici a ce sujet la pratique qu'il serait, je erois, con* 

venable de suivre pour cuhiver ie fro merit au moyen du 

repiquage,, 

Je ne conseillerai pas d'alier jusqu'a diviser, en 
repiaiuautj les pieds de ble qui auraient deja produit 

plusieurs liges , ainsi que Pa fait Charles Miller, quoi* 
que je reste convaincu que s'il etait toujours possible 

d'avoir des resullats sembiables a ceux qu'il a obtenus 
par la division minutieuse d'un seul pied de ble, et, a 
plus forte raison, de plusieurs, on serait amplement de" 
dommage des fraisqu'on aurail pu faire ; mais, sansallef 
jusqu'a cette division, ^experience prouvera , a totfS 
ceux qui le voudront pratiquer, que le repiquage du b' e 
est une operation qui paye amplement la depense qu'ell 6 
exige. 

Une chose sur laquelie j'insiste , c'est la necessity 
de semer de tres-bonne heure le ble destine a etre re-* 
pique* Ainsi, toutes les fois qu'il aura piu suffisamment* 

soil a la fin de juiliet, soit au commencement d'aoiit, el 

aussitot que la terre sera convenablement disposee, il ° c 
faudra pas balancer a semer des cette epoque. Les pe r ' 
sonnes qui auront des terrains qu'on pourra arroser p ar 
irrigation feront bien, sans attendre ia pluie, d'en con* 
sacrer une partie pour leur pepiniere, et de la faire af 
roser aussitot que leur ble aura ete seme $ si la saiso** 
est chaude, il sorlira de terre en cinq ou six jours. 

Le semis devra etre fait tres dru et former une sort e 
de pepiniere, de telle facon qu'avec 10 ares de terra** 1 
ensemence on puisse , en definitive , en couvrir i he c ' 

tare lors de la transplantation. Toutes les fois qu orl 
pourra avoir le choix de la nature du sol, il conviend^ 






■ 










i5i ) 



que 



d 



relever. II faudra bien se garder, dans cette operation , 
•Tarracher les jeunes tiges avec la main, tel meuble que 
soit le terrain ; mais on dcvra toujours les lever de lerre 



d 



fourchg. 



P 



ar ce dernier moyen on obtiendra touies les racines 



parfaitemenl inlacies, et la transplantation en sera facile. 
Celle-ci doit se faire des les premiers jours tPoctobre, 
en choisissant, autant qu'il sera possible, un temps* 
couvert , qui paraisse dispose a la pluie, ou eelui qui 
lui succedera immediatement. 

Le jeune ble est bon a transplanter des qu'il a deux 
feuilies et 8 a 10 centimetres (3 pouces a 3 pouces f ) de 
hauteur j il n'a jamais moins alors de irois racines , et 
souvent il en a quatre a cinq, qui , presque toujours , 

m 

sont plus longues que les feuilies elles-memes. 

Selon que le ble aura ete seme plus lot ou plus tard, il 
sera bon a transplanter un mois a six semaines apres ; 
il peut meme Tetre encore plus tard, si, par exemple, 
on ne le repiquait qu'a la fin de I'hiver, apres Tavoir 
seme en septembre ou en octobre. Mais je crois qu'il 
y aura toujours de Tavantage a en pratiquer le repi- 
qiiage dans le milieu de Pantonine , par la raisori qu 
tanl que les pieds de ble resteront en pepiniere serves les 

t t 

uns contre les autres , ils ne pourront profiler et n'au- 
ront jamais qu'une seule tige. Au contraire , des qu'ils 
auront ete transplants a une distance convenable, ainsi 



e, 



P 



e 



respace pour s'etendre , puiseront bie&toi dans le &ol 
une nourriture abondanie qui fortifiera les jeuues pieds, 













V 



























.; 









* 



\ ■ 1 










^m 



■ 



















I 






n 


















/ 



■ 



























r 



I 5'i , 



uffes 



caules; e'esl au moins ce qui est resulte le plus soavent 
de mes experiences, el encore plusieurs cle celles-ci ont 
ete faites trop lard , puisque mes bles , jusqu'a pre- 
sent, n'ont etc repiquesau plus lot que le 27 novembre, 
etque d'autres ne 1'oni meme ete que le 18 de mars. J'ai 

- . 1 • 1 • 



P 






si le repiquageeut eie pratique des les premiers 



KOtabl 

jours d'oclobre. 

Les terres un peu Iegeres seront toujours plus pro- 
pres a. la transplantation du ble que les terres fortes, 
parce que Taction du plan loir necessaire a l'operatioti 
se fera plus facilement dans les premieres que dans les 
secondes. 

Les jeunes pieds du ble eiant d'ailleurs arraches et 
debarrasses, en lessecouant un peu , de ce quils pour- 
raient avoir de terre en trop autour de ieurs racines, on 
en meltra au fur et a mesure une cerlaine quantiie dans 
des pahiers d' osier qu'on donnera aux petits ouvriers 
(des enfants de dix a douze ans peuvent tres-bien faire 
ce travail), qui devronl le repiquer dans le terrain qui 
leur aura ete destine et qui devra etre convenablement 
dispose a l'avance. 

Pour que la transplantation du ble repique soil plus 
regulierement faite, il conviendra, avant de la com- 
mencer, de tracer sur le terrain des rayons peu pro- 
fonds, espacesde telle sorte qu'il y en ait environ six 
dans la lar^eur d'un metre, et douze pieds de ble pour- 
ront etre facilement distribues, le plus egalement quil 






chuque 














m 












i55 ) 



Pi 



cent vingt mille pour un beciare entier. 

Dans ma premiere experience, j'ai fait repiquer jus- 
qu'a 120 pieds de ble dans i centiare, et tous ces pieds, 
ayant bien repris, oni produil 449 ^P' s et ll decilitres 
de grain, ce qui est le plus grand produil que j'aie ob- 
tenu de mon ble repique. J'aicru, depuis, devoir dimi- 
nuer le nombre des pieds par chaque centiare, et ie 
borner aij.oua neu nres. (Test ce. aim W\ (alt lnra 



d 



d 



du premier, je crois que, routes les fois qu'on pourra 
en avoir de semblables, ils seront bien suffisants pour 

dedommager du surplus des frais qu'ils auront occa- 

i effet, le total des pieds de ble repiques dans 
liers centiares est de r i'$i, qui ont pioduit 
1261 epis, superieurs, en general, pour la qualite, a 
ceux qu'on obtient des semis a la volee , puisqu'ils ont 
donne en tout 24 decilitres 6 centilitres de ble, ce qui 
est une proportion plus forte quecelie qu'on retire dun 



der 



pa 



de 



(0 



d 



periencessur la culture des from en ts fait es par moi dans 



da 



84i a 184 



ns le meme terrain que celui de 



84 



P 



S 



aucun fumier, ce qui a du avoir de I'influence pour me 
laire faire de moins bonnes recolles. 



( 1 ) foyez p . 67 et 58 































■ 



















* 







* 















/ 



-^ 



-* 
































i54) 

» 

Cette quantite de soixante-douze pieds par centiare est 
bien suffisanle pour garnir convenablement cette surface 
de terre $ cest cellequi s'esttrouvee le plussouyent plan- 
tee dans les centiares de mes experiences, et Ton a vu 
plus haul qu'avec ce nombre de pieds, presque tous 
convertis en touffes muhicaules ( vuyez ci dessus mes 

r 

tableaux, de la page 60 a 68), j'avais toujours eii un 
produit qui surpassait de moitie et memo plus la recolte 
retiree de cinq a six cents grains repandus a la volec sur 
la merae superficie. 

II y aura done encore, par ce mode de culture, une 
economie d'au moins les trois quarts de la semence; car, 
en admetlant que les sept cent vingt mille pieds repi- 
que* dans un hectare soient le resuhat de douze cent 
mille grains ou merae de treize cent mille semes en pe- 
piniere, comme tous les cultivateurs que j'ai cites plus 
haut n'en ont pas seme moins de cinq millions de 
grains (r) par hectare, i'economiede la semencedu grain 
destine a etre repique sera evidemmenl des trois quarts, 
ainsi que je viens de ie dire, et cette economie seole 
pourra dedommager en entier, ou au moins en grande 
partie, du surplus de la depense qu exigera le repiquage 
du ble. 

Pour terminer d'ailleurs le travail, chaque ouvrier 
sera muni d'un plantoir qu'ii enfoncera suffisamment en 
terre pour que, lorsqu'il mettra, dans le trou qu'il (era, 
chaque pied de ble, celui-ci se trouve enterre jusquai* 






(0 Un hectolitre de from exit don tight, nombre moyen , 5 million 5 
de grains, et MM. Dailly, Bourgeois et Rabouxdin ont seme par hec~ 
tare % hectolitres ifa a 3 hectolitres* 





























i55 ) 

collet, ainsi qu'il l'etait avant d'etre arrache. II vaudra 
meme mieux , je erois, que la jeune tige spit enterree 
d'un demi-travers de doigt en plus qu'en moins. 

Apres que ehaque pied aura ete place dans son trou, 
ainsi qu'il vient d'etre dit, Fouvrier devra en rappro- 
cher la lerre en foulant legeremenl celle-ci dun nouveau 
coup de !a pointe du plantoir, et, desqu'il aura acquis 
un peu d'habitude dans ce genre de travail, je suis per- 
suade qu'il pourra facilement repiquer le ble de i ares 
de terrain par jour; et, eelon qu on aura multiplie les ou- 
vriertf un hectare eniier pourra etre replanle en cinq a 
six jours, avec une depense qui, je le pense, n'excedera 
pas 3o a 36 francs. Ce mode de culture pour le from e tit 

est surtout applicable aux peiits proprieiairesqui ne pos- 
sedent qu'un seul hectare el meme beaucoup moins, et 

qui pourront facilement faire ce travail avee leurs 
femmes et leurs enfants* 

Si la transplantation a ete faite par un temps favo- 
rable, il manquera a peine trois ou quaire pieds de ble 
par centiare , et si la terre est bonne, si elle a ete bien 
preparee et eonvenablemeni fumee, les pieds talleront, 
de telle sorte qu 7 il y en aura fort peu qui resleront sim- 
ples ; la plupart porteront plusieurs epis , depuis deux 
jusqu'adix, quelques-uns meme en donneront davan- 
tage , et i hectare eniier rapportera 4° a 5o hectolitres, 
peut-etre beaucoup da vantage \ je n'ose pas dire ioo hec- 
tolitres, ce qui serait cependant dans la proportion d'un 
des centiares dont j'ai fait repiquer le ble. 

Si quelques cultivateurs n'ont pas reussi dans la trans- 
plantation du ble, ou n'en ont obtenu que de faibles pro- 

dttlts , c'esl qu ils ont pratique cette operation trop tard. 
















































I.a 









* 




































I 












I; 









. 



L 



I 



56 ) 



Mon avis est qu'on ne doit pas la faire apres le milieu de 

mars, car, si le printemps est sec, ainsi qu'il Pa ete cetie 
annee, une grande partie du ble transplant** perira ou 
au moins languira. Je erois , au contraire , que le repi- 
quage reussira toujour* quand il sera fait en ociobre. 

C'est done plus particulierement dans ce mois que cette 
operation est convenable. 

1 






Au 



£ 



s 



conseille de le pratiquer dans !es champs dont les plants 
auront ete eclaircis pendant Phiverpar des accidents ou 
par des insectes 5 el, selon lui , il faut le faire dans tous 
les espaces de plus de 20 centimetres qui se trouvent a 
nu. Le meme auteur conseille encore de faire eelte ope- 
ration de tres-bonne heure , au printemps , et surtout 



P 



« Que les cultivateurs ne se laissent r 

frais et les details d'une telle operation, ajoute M. le ba- 
ron Crud, je la mets chaque annee en pratique, souvent 
sur de grandes etendues , et toujours avec un avantage 
au moins quadruple de la depense. Aussi tel qui s'en 



prem 



persuade , m'imite (i) 



Si le savant agronome que je viens de citer irouve 
tant d'avantage a faire repiquer isolement le ble dans les 
espaces vides, a travers des champs qui sont en pleine 
vegetation , a plus forte raison peut-on croire que cette 
pratique serait plus facile, plus economique et, par 
suite, piusavanlageuse, si elle etait mise en usage pour 






(i) Economie theorique et pratique d 1 agriculture; par le baron 
E, V. B.Crud, t. I, p. 9 86. 



* 















/ 













i5 7 

planter en plein da froment en lignes convenablement 
espacees, dans unou plusieurs hectares, ou telle autre 
etendue de terre qu'on voudra. 

Voila le premier moyen de repiquer le ble 5 mais, si 
on le irouve d'uwe execution trop longue et trop diffi- 
cile a cause du nombre de brasqu'il faudrait y employer, 
je crois qu'il serait tres possible de le modifier. Pour- 
' , par exemple, ne remplacerait on pas le repiquage 
main par celui a la charrue, ainsi qu'on le fait 
tenant pour les colzas dans certaines grandes ex- 



a la 



ploitations? 

M. Pichaf , professeur de pratique agricole a Grignon, 
que j'ai deja eu occasion de ciier, et auquel j'ai fait part 
de cetle idee , m'ecrii que toute la difficulte de cette 



operation consisle a trouver 



petite ch 



seul cheval, par le moyen de laquelle on puisse Texe- 
cuter. Cependanl il est si persuade d'avance que la rea- 
lisation de mon idee aurait une immense portee sur la 
production agricole, qu'il applaudit de grand coeur a 
tout ce que je pourrai faire a ce sujel. Le repiquage du 
ble a la charrue, m'ajoute-l il, reviendrait toulau plus 
a 20 fr. par hectare, et ce prix serait amplement couvert 
par rdconomie de semence (Tune part, el de Taulre par 
la plus grande production. 

ce Voici comme je calcule , continue M. Pichat , 

4 journees d'un cheval 8 fr. 

4 journees de laboureur. .... 8 
8 journees denfanis pour placer les 
tiges du ble dans les raies ouverles 
par la charrue, a 5o c. Tune. . 

■ 

Total. . . . 20 




: 









I 



I 












• 









\ 



* 



,1 













1 58 ) 























































/ 



V 



J 
























On 



d 



moins i hecto- 



litre \ de semence, a j8 fr. I'hectolitre, ce qui ferait 
27 fr. On aurait, de plus, tout le surplus d'une produc- 
tion moyenne, et la lerre ne serai 1 pas aussi epuisee. » 
Pour obvier aux mauvaises herbes et les empecher de 

s'eiablir en ire les lignes de ble espacees de 20 a 25 cen- 
timetres (7 a 9 pouces), les sarclages et mesne les bi- 
nages seraient tres-faciies a pratiquer soit avec labinette 
de M. de Dombasle, soit avec celie de M. Lecouteur. 

Pour prouver, d'ailleurs, que les moyens de repiquage 
ne manqueront pas, je crois devoir transcrire ici une 
lettre de M. Auguste de Gasparin (1), ancien membre 






(1) « Monsieur, 

« Pour repondre aux questions que vous me faites Phonneur de 
m'adresser sur la semence hative du ble, je vous dirai que, pour la 
premiere fois , j'essayai mi semis de ble le 8 aout i8io, par un temps 
tres-chaud et tres-sec. J'arrosai le terrain avant de confier le grain a la 
terre. Le ble sortit le quatrieme jour et devint tres-beau avant Player, 
apres avoir ete arrose plusieurs fois en automne. 

« J'aurais pu faciiernent lecouper plusieurs fois avant Phiver; mais 
je n'osaile tenter, dans la crainte de lui nuire. I/hiver fut assez rude; 
toutefois raon ble resista trc's-bien, et il etait en pleine maturite le 
lojtiiri i84i.Ilavait i metre 80 cent, d^elevation. L-sepis etaient beaux 
et nombreux, le grain rond et bien nourri; mais les moineaux , en 
quantite inouie, se donnerent rendez -vous dans le champ et ravagt'rent 
completement ma petite re'colte, de sorte quejenepus juger qu'hypo- 
thetiquement la valeur de cette culture. 

« Cette anne'e, j'ai re'pe'te Pexpe'rience sur un plus grand espace 
(i/5 d'hecture), afin que les oiseaux ne pussent plus detruire la re- 
colte dans une settle matinee. 

a J'ai employe, pour le semis, 3a saisseite, qui presente Pavantage 
de pouvoir etre counee verte sansinconveuicut. J'obvierai, d'ailleurs, 
au de'gat, et le ble sera coupe avant que les moineaux le trouvent 
assez mur pour eux. 

« Mon semis a ete fait, pour cette seconde fois , le i tr aofit i84i, sur 
un seul arrosage qui a precede Penst-mencement et qui a ete assez pro- 
fond pour maintenir les $raines fratches et mettre les racines a Pabrt 


















•: 









;\ 














de la chambre des deputes, dans laquelle on trouvera, 
tie la part de cet agronome distingue, des considerations 



\ 



du Mle, de sorte queje n'aipluseu besoin d'avoir recours a l'arrose- 
ment dans le reste de la saison. 

* 

« Dans le mois dWohre, j'ai fait fain her et j'ai eu un fourrage e'pais 
et eleve , dont les brebis noun ices se soot Ires-bien trouve'es. J'ai 
estime cctte premiere coupe a raison de 5o quintanx par hectare. De- 
puis ce temps, les nouvelles tiges sont devenues demesure'ment 
grandes; a lVpoque ou Ton m'e'erivait (le 8 mars), eliespourraicut £tre 
iauchees pour la seconde fois. Je ne sais si mon regisseur trouvera a 
propos de les couper maintenant. 

« Voila tout ce que je puis vous dire jusqu'a present; Tepoque n'est 
pas eloigne'e ou je pourrai vous informer du resultat defiuitif. Je me 
feral un honneur et un plaisir de vous le communiquer. 

« Je dois ajouler que , cette annee, j'ai fait prendre du plant dans 
mon semis, etqueje Tai fait placer, a la distance degpouces(25 cent.), 
dans une terre nouvcllement pre'paree. IVapres ce qu'on m'adit, 
chaque plant portait dqa quinze a vin-t tiges. J'ai voulu re'pe'ter une 
experience qui a de'ja e'te faite sur plusieurs points et constater la 
valeur d'une pratique re'pandue en Chine et dans les Indes. 

« Les frais derepiquage ont seuls an ete le developpement de cette 
me'thode J'y ai obvie par un rouleau a disques saillants en foote, qui 
moule fermement le terrain, ouvredes raies tres-neltesdanslesquelles 
on place le plant. Un second coup de rouleau de bois donne en trqvers 
sur la terre , autour de la plante, efface les raies et termine Toperation. 
Cette methode est preferable a Tempioi du rayonneur, qui , commc 
toutes les charrues , dechii e la tei re an lieu de la trancher n< ttement 
et regulierement comrae la tranchmt les disques de mon rouleau, 
D\«illeurs, Toperation est bien piusrapide encore. 

« La plantation du ble n'est point une vaine pratique. Le semis, 
d'aburd borne a un petit espace , peut recevoir, par la, une graude im- 
pulsion deferlilite', parce que les plantes jouironl duconcours dedeux 
surfaces successives dans le courant de leur existence, e'est comme un 
agneau auquel on donnerait deux meres. L'espaceraent re'guiier fortifie 
le pied de la plante et lui donne ie moyen.de porter le poids d'une 
recolte considerable sansfleehir et se coucher. (Test la culture souil- 
lante du ble ehangee en culture sarele'e. C'cstle long sejuur du ble dans 
la meme terre qui favorise la croissaiice des plantes parasites quiarri- 
venta maturite avant lui et se perpe'tnent ainsi dans tous les champs 
arables. Ici leur developpement est coupe en deux ; il est an ele. Ce sont 
les semences de toutes ces plantes maifaisantes qui nourrissent et en- 
tretienuent ces myriades d'insectes qui, plus tard, s'attaquent aui 





















■ 











r 



:- ': 

















! 






II 













v. 

























160 ) 



r ies semis de fronaent 



de la plus grande importance si 

pratiques de bonne heure, et Mir les moyens de faeiliter 

le repiquage du bie par le moyen d'un rouleau d'une 



pa 



venleur. 



recoitesmemes.il serait facile dVntrer dans d'autm considerations 
tres-e ten dues, toutes en faveur de cette pratique. 

a Mais, pour moi, la precocite de la recolte est. d'un grand poids ; 
elle permet les secondes cultures qui do.iblent la valeur de Panne'e 
agncole dans les pays me'ridionaux, qui font arriver les pommes de 
terre, les millets, les choux , les haricots, immediatement apres le 
ble',et peirvcntdonnera !a culture me'ridionale unc vie toutenouvellc, 
qui multiplie la richesse par le temps, active le mouvement des capi- 
taux,et qui permettra peut-etre de recolter, la meme armee, le ble'et 
la betterave, la plus riche des cultures pour la nourriturede riiomme 
et la plus abondanie pour les animaux Mais on ne petit arriver la que 
p«r la precocite de la recolte , la nettete du terrain > les precedes c'ner- 
giques que repoussera longtemps la grande culture accablee sous Te'- 
tendue de ses guerets et la parcimonic de ses eflbrts. 

« Je suis heureux , monsieur, de cette occasion , pour me dire, avec 
une consideration tres-distingue'e, etc. 

« Aug. de Gaspaiun. 
a Paris, 19 mars 1 84s. » 

M. Aug. de Gasparin , dans les Memoires de laSocicle d' agriculture 
de Lyon pour i83i, p. 96, donne au rouleau dont il veut parler dans 
sa lettre le nom de rouleau annele' on a anneaux. 

Voici ce que je trouve encore sur le meme sujet, dans le Journal 
d* agriculture du departement de V A in, annce 1 833 , p. 198. « Dans le 
comlat d'Avignon , M. Gasparin jeune vient d'ima^iner un rouleau 
traceur tres-ingenieux ; il est compose alternativement de parties 
prismaiiques en fonteet de parlies .on bois. Les parties en bois sontou 
prismatiques ou continueot la forme de cellrs en fonte pour les se- 
mailies a petites distances; ou bien ellessont cylindriques ct de lar- 
geur diffe'vente pour espacer a volonte les lignes tracees par !cs ron- 
delles en fonte pour les scibaiUes a distances plus grandes, telles que 
les betteraves , les pommes de terre , le ma 'is , etc. 

On seme a la main pour les re'coltes a grande distance , et, pour les 
cereales dont les lignes sonta pouces (16 cent.) , on si' me a la voice, 
et , par ia forme donnee au sol , tomes les graines se reunissent dans le 
fond des petits sillons; un coup de herse transversal couvre, dans les 
deux cas, les sentences, qui se trouvent ainsi aligne'es a une profondeur 
et atix distances qu'on a voulu leur donner. » 












s 










i6 



i 



Au reste, je crois avoir prouve que, pour les petils 
proprietaires, i! y avail en meme temps possibility et 
avantage tie cultiver leurs terres soit par le semis en 
lignes, soit par le repiquage des bles. 

Je ne pense pas m'etre trompe en avancant ees deux 
propositions , et, dans tous les cantons ou il y aura une 
population agglomeree et ou les salaires seront a bon 
marche , je ne vois pas pourquoi, meme les grands pro- 
prietaires et les cultivateurs exploitant un domaine 
etendu, ne pourraient pas aussi mettre en pratique ces 
deux modes de culture, sinon pour ia totalite de leurs 
terres , au moins.pour quelques parties. Ce qu'il y a de 
certain, c'est que cela seraii d'abord dans leur interet 
puisque par le semis en lignes on peut recolter moitie 
plus que par le semis fait a la volee. Ensuite cela serait 
dans lesinterets de la classe ouvriere , et, comme je 1'ai 
deja dit et comme j'aime a le repeter, les proprietaires 
ne peuvent trop s'occuper de menager et de multiplier 
des travaux nour cenx nni snnt vpiinc cur- 1* t „„„„ 



rien posseder, et qui , n'ayant que leurs bras a faire 
valoir, doivent trouver dans leur travail une sorte de 



pat 



ded 



1 



a possession des 



autresbiensque les lois de la societe leur refusent. 

* 














J 






I 
















I 






CHAPITRE XII. 






De la grosseur et de la pesanleur des grains de 

f foment. 

II existe une grande difference dans la grosseur et la 

pesanteur que peuvent avoir les grains des nombr 



euses 



1 1 

















* 










' 



* 
















' ** 













I 





















R 



























^ 



i 



162 ) 

varietes de froment que nous connaissons , et la diffe- 
rence qui, sous ce rapport, se trouve enlre elles peut 
etre de moitie , en plus ou en moins, cles deux tiers et 
meme de pres des trois quarts, 

L'ancien sysleme des poids, en France, etait base sur 

_ 

la pesanteur specifique du grain de froment. Un de ces 
grains d'une bonne consistance etait cense egai a luniie 

du poids le plus petit, qu'on appelait alors un grain; 

comme la semence elle-meme qu'il representait. 

Vu I' extreme variabilis qui existe ie plus ordinaire- 

■ 

ment enlre les grains de froment dans les differentes 
especes ou varietes, on ne peut disconvenir que la base 
de ce sysleme de poids avail etc mal choisie , puisqu'elle 
ne reposait pas sur un type qui fut toujours le meme. 
En effet, ii est extremement rare de rencontrer, dans la 
pratique, des bles qui aient reellement ce poids inva- 
riable 5 quelquefois ils pesent da vantage , le plus sou- 
vent leur pesanteur est moindre. 

Quoi qu il en salt, cette base, en la supposant fixe 
et absolue, telle enfin que Tancien sysleme l'avait eta- 
blie, m'ayant paru d'une application facile et com- 
mode dans la pratique des observations que je me pro- 

la pesanteur relative et variable 



sur 






posais de faire 
dans les grains des different* bles, j'ai pris pour poids 
normal du froment celui que doivent avoir cent grains 
de cette cereale pesant reellement chacun un grain, ce 
qui fait, pour cent de ces semences, cent grains, ancien 
poids de marc, representant , aujourd'hui, 5 grammes 
5 1 centigrammes du nouveau sysleme des poids et me- 

sures. 

J'ai done prelere me servir, pour mes observations > 









1 






; .. 







. 






i 



63 ) 



de l'ancien mode maintenant hors de l'usage legal , mais 
encore bien connu de tout le monde, au lieu d'em- 
ployer celui des grammes, qui ne se serait pas preteaussi 
facilement aux calculs auxquels je me suis livre sur !a 
pesanteur des grains dans les differentes sortes de fro- 
roent. J'espere qu'on voudra bien me faire cette con- 
cession sans tirer a consequence. 

Cela pose, je dirai que cent grains de froment ont le 
poids normal toutes les fois qu'ils peseront effective- 



men 



5 1 centigrammes d'apres le systeme legal 

Ce poids, que je prends comme regie absolue, offre 
cela de facile et de commode dans la pratique, que, ceite 
maniere de regler la pesanteur des different froments 
etant une fois admise, je puis considerer les pesanteurs 
diyerses de cent grains dans chaque variete , de la 
meme maniere que si elles faisaient panie d'une eehelle 
de cent degres. » 

D'apres cela , quel que soil le poids de cent grains 



dans une espece ou variete de f 



i 



/ 



d 



a 






cent, ou par tous les chiffres iniermediaires, si ces cent 
grains ou ces cent sumences sont au-dessous du poids 
normal, et ii sera facile de reconnaitre au premier coup 

le bie qui ne pese que cinquanfe n'a que la 
ce poids, que celui dont le poids est de 
soixante en a les six dixiemes, celui de soixanle-dix 
les sept dixiemes, et ainsi dans la meme proportion a 
mesure que sa pesanteur relative augmeniera. On voit 
tout de suite que cela est tres-eommode pour faire un 



de 



. 







t 



I 



V 



I 






















■ 




/ 






♦ 



I 










































' 









I 
























/■ 



/ 






1 6/, 



^ 



terme de comparaison entre la pesanteur relative des 

■ 

differentes varietes. 

Par suile du principe que j'etablis ici, tous les bles 
dont cent grains peseront plus que ce que j'ai appele le 
poids normal seront inserits sous les chiffres cent un , 
cent dix, cent vingt, cent trente, cent quarante, cent 
cinquante et merne cent soixante , car j'ai trouve cette 

■ 

extreme difference entre les froraents des diverses va- 
rietes que j'ai sotimis jusqu'a present a Tobservation. 
Alors, tous les chiffres au-dessus de cent indiqueront 
que ces froments pesent un dixieme P deux dixiemes, 
trois dixiemes, etc., de plus que le poids normal. 

Si, par Teffet d'une culture plus soignee ou parce 
qu'il a ete place dans une lerre de nature beaucoup 
meilleure, ou par l'effet .d'un changement de climat 
plus favorable , un ble a augmente de poids apres la 
derniere recolte, comparativement a celui qu'il avait 

avant d'etre seme, je dirai qu'il a gagne cinq, dix, 
quinze, vingt, vingt-cinq, trente pour cent, etc. Dans 
le cas contraire, par suite de ce que sa culture aura ete 
negligee ou qu'il aura eie cultive dans un sol de mau- 
vaise qualite, ou alors qu'ii aura ete transporte dans un 
climat moins favorable, si un ble vient a diminuer 
de pesanteur, j'exprimerai la perte qu'il aura faile par des 



proportions, maisd 



P 



d 



varietes ou sous-varie(e§ de fromenl que j'ai pu recueil- 
lir jusqu'a present., j'ai pris soin de peser avec la plus 
scrupuleuse exactitude plus de deux cents varietes , et 
j ai trouve que la plus grande partie de cclles que j'ai 



% 














i65 






nor- 
con- 



roises dans la balance etaient au-dessous du poids 
mal; celles qui ontsurpasse ce poids ont ete , au 
iraire, les moins nombreuses. 

D'apres les experiences, en assez grand nombre, que 
j'ai faites jusqu'ici, les grains de chaque variete, eonsi- 
deres en paniculier, eonservent assez bien la merae pe- 




pecifiq 



pas 



ture dans une terre de nature differente, ou par le trans- 
port da^s un auire climat. Effeclivement, en pesant cent 
grains de telle ou telle variete sans les choisiraulrement 
qu'en excluant les grains mat conformes, j'ai trouve 
qu'en general le poids total de ces cent grains d'une re- 

colte, compare a celui d'une autre, ne variait guere que 
d'un vingtieme , soil en plus, soit en moins. 11 faut des 
circonslances particulieres pour que ces variations de- 
viennent plus considerables, el alors elles sont prinei- 
palement determiners par le ehangement de climat, 
comme je le dirai plus loin, et par la difference dans la 
nature du sol, soit qu'il se trouve meiileur, soit qu'il en 
arrive autrement. 



■ 



• 

i 









J'ai dit plus haut que la difference relative dans le 
poids de deux fromenls etait quelquefois plus conside- 
rable que les deux tiers ou meme que les trois quarts 
dans une variete que dans telle autre; ceia me conduit a 



ex 



teur relative tres-inferieure au poids normal doivent 
etre d'autant plus desavantageux a cultiver, a moins 
qu'ils ne presentent, par l'abondance double et triple 



de leurs produits 



i 



faibl 



fique. Ainsi, pour que 



* 









f 




















! 









* 










• •.... 
























i 























: ; 

































i 



• it 



puisse trouver son compte.a produire des bles dont la 

pesanteur des grains est de moitie plus Faible que le 
poids normal, ii faudrait que les pieds de ces bles a 



pet 



P 



d'epis, ou que ces epis pussent donner une fois pi 



a 



que Tavantage resierait encore aux grains les plus gros 
et les plus pesanis, parce que dans une mesure donnee* 
dans un hectolitre par exemple , les peliis grains, qui 
alors se trouvent dans une proportion double on triple* 

* 

mr faire la merae mesure , fournissent a la mouture 



P 
b 



Cependant, ayant voulu presenter un tableau d 



certain 



d'ap 



pesanteur relative qui me paraissait etre celui de leiir 
qualile, je n'ai pas ete peu surpris de reconnaitre* 
lorsque j'en ai redige la derniere colonne qui renferme 

la pesanteur presumee de l'hectolitre, que la pesanteur 
de cette mesure etait ei* quelque sorte en raison inverse 
de la qualite reelle des grains, e'est-a-dire que pli 



dans 



plu 



5 



de 



C est ce dont on pourra juger en jetant les yeux 
ableau ci-joint, que j'ai cherche a rendre le plu: 



le 



possi 



prati 



de 



pratique ne m'elant pas assez familiere. 
On remarquera probablement , ains 



ob 



6 



decilitre , et nar suite dans un hectolitre 



/ 







/ 




^i 











tableau 



i 



* 

le la pesanteur relative ties grains de vingl varietes defroment, lew nombre dans un decilitre et dans un hectolitre, 

et poids presume de cette derniere mesure. 



N. B. Celte pesan 



* 

teur a ete determinee d'apres le poids de ioo grains, selou la regie elabiie page ay"4 



d un excellent irebuehet sensible a un ceniigramme. Leur nombre dans un hectolitre a ete esiime approximativeracnt d'apres la 
quantite qui a ete irouvee et comptee dans un decilitre, laquelle a ete multipliee par 10,000. 




2! 

G 



o 




o 



1 
2 

4 

5 

6 

7 
8 

9 



10 
1 1 



12 



i3 



i4 

i5 

16 

17 

18 



'9 



20 






NOMS 



DES ESPECES Ol! VARIETES. 






Ble tres-ferlile de la Hongolie chinoisc, de ma recolte en i84i 



Ble Richelle blanche , idem 

Ble de Bengale , de ma recolte de 1 842 . . . 

Ble de Saumur, idem • • 

Ble meunier du Comtat, de ma re'e rite de i84i 

Ble du Caucase a epi Wane barbu , idem 

Ble Wane demars, de ma recolte de i842 

Richelle de mars de Grignon , de ma recolte de i84i ...... , 

Marigold wheat, de la recolte de i84o, et rapporte d'Angleterre par 

M. lecomte deGourcy. 

Ble du Cap, de ma recolte de 1 84 : • • • • • ■ 

Mon-owells wheat, de la recolte de i84o ; et rapporte d Angleterre par 

M. le comte de Gourcy ; • • ; • • • • • • • 

Ble Wane de Brie, de la recolte de i84i , et communique par M. Dar- 

blay ieune . . • - • • • • — • • • • 

Ble Wane de Bergues , de la recolte de MM. Dailly et Rabourdin , 

en j 84 1 i • • • • • • 

Ble dur d'Odcssa, du commerce de Marseille, en 1 84 1 , et communi- 
que' par M. Darblay jeune 

Ble dur de Taganrock , idem , idem 

Ble Ga!atz tendre , idem , idem 

Ble tendre d'Odessa , idem , idem « • • 

Saissette barbue rousse sans poils , recoltce a Toulon , en i842 , par 

M. Robert • • ."';*" 

Ble d'Irka, du commerce de Marseille, en i84i , et communique par 

M. Darblay jeune . • . 

Ble' tendre de Marianopoii , idem , idem 



POIDS 

de 
100 grains 






en 



grammes. 



7> 
6, 


29a 
60 4 


6, 
6, 


3 9 2 

o63 


5, 
5, 


. 57S 
3 7 . 


5, 


OOI 


4, 

4, 


726 

407 



4, 248 
3, 833 
3, 778 



3, 
3, 


674 

462 


3, 
*> 


090 
7,6 


2, 


G65 


2, 

2, 


4 9 6 
i 7 5 



PESANTEUR 

de 100 grains 

comparec 

a celle 

du 
poids normal. 



1 3 7 

124 

120 
108 
n4 
109 
101 

94 
89 

83 



NOMBRE 

des grains 

dans 

un decilitre . 



80 






i,i5o 
1,210 

I,2l4 

i,346 
i,348 
i,562 
1,626 
i, 602 

i,7i4 
i,557 

»>97* 



NOMBRE 

des grains 

p resume's 

dans 

un hectolitre. 



! 



7 1 



65 
68 

5i 



5o 

47 
4 1 



2,(70 
9/1 is 

2,532 

2,920 

2,904 

3,88o 

3,^45 

4,650 



i,i5o,ooo 
1,210,000 

I,2l4,O0O 

1 ,346, 000 
i,348,ooo 
i ,562,000 
1,526,000 

I ; 602,OOO 

i,7i4,ooo 
1,557,000 

1,973,000 
<>997> 000 



2,170,000 

2,4 1 2,000 
2,532,000 
2,920,000 

2,Go4,000 
3,88o,000 
3,945,000 

•i ,656,ooo 



PESANTEUR 

pre sum ee 

de 

Fhectolitrc 

en kilog 



83 

79 

11 

77 
81 

90 

81 

80 

Si 

77 

83 



76 
81 



88 

87 

9° 

78 

io3 
9 s 

101 



892 

908 

598 

327 

729 

664 
961 
116 



oo3 
43o 



770 



546 
982 
616 

65- 
228 
872 

4os 



46 7 
268 







Page 166. 






1 



















( .i67 



g 



plus pesants, ce nombre, cependant, ne diminue pas 
toujours flans une proportion reguliere. II y a source 
rapport plusieurs anomalies, et la difference d'augnien- 
tation dans le poids prbportionnel des grains ne fait 



pas que le nombre de ces grains soit augmente d 






dans les memes proportions que le chiffre de 

leur poids. 

Ainsi, entre le n° i et le n° 2, il y a treize d'augmen- 



p 



le 



D'un autre cole, entre les n° s n et i3, il n'y a qu'un 
de difference pour le poids, et cette difference occasionne 



P 



d 



augmentation de cent sotxante-treize grains, ce qui 



dans la prop 



• 



d 



dans un decilitre seulement, seize grains de plus que la 
variete 17, qui pese sept de moins, tandis qu' entre le 






n° 18 et le n° 1 



P 



sionne une augmentation de neuf cent soixante grains. 

Ces anomalies me paraissent difficiles a expliquer, a 

moins qu'on ne veuille admellre que les grains des dif- 



P 



\ 



out une pesanteur specifique qui nest pas la menie, ont 
aussi une densite et un volume differents qui ne sont pas 
toujours en rapport avec la premiere. 

Cette pesanteur et ce volume variables tiennent- 
ils a des proportions de gluten et de substance amyla- 

les memes dans chaque sorte, ou 



pas 



d 






/* 



^ 



v 






■ 

























1 

■ 












': 







II 














































, 





























m* 






\ 






I I 



\ 



( 168 ) 

L'analyse chiraique pourrait-elle eclaircir cette ques- 
tion? Quoi qu'il en soit, le temps ne m'a pas permis de 
me livrer aux recherehes uherieures que cetle analyse 
eut exigees (i). 

■ 

Au regie, pour eclairer cette question qui n'est pas 
sans importance et que je crois neuve, je rapporlerai ici 
quelques observations (2) qui m'ont ete communiquees 





















' 







































< 

(0 Je rapporterai seulement ici Je resultat de l'analyse des bles , 
faite par Vauquelin, qui m'a ete' communique'e par M. Chevalier, 
mon collegue a FAcademie royale de me'decine. D'apres cette analyse, 
cent parties de farine de froment donnent en gluten : 

Marines de France. 

1 

Farine de premiere qualite . . . . 10, 96 



de meteil 



9> 



80 



de seconde qualite' 7, 3o 

des boulangers de Paris 10, 20 

des hospices deuxieme qualite' 10, 3o 

de troisieme qualite' <% 



00 



Farine s etrangeres. 



Farine de b!e' dur d'Odessa i4, 55 

de ble'tendre d'Odessa. * 12, 06 

de bletendre d'Odessa de deuxieme qualite. . 12, 10 
La quantite' de gluten varie d'ailleurs selon que Panne'e est seche 
ou pluvieuse. j 

* 

(2) « Monsieur, 

a J'ai Phouneur de vous adresser la note que vous avez bien voulu 
me demander, et je desire que vous lui troiwiez quelque inte'ret. Le 
poids d'une mesurc donnee de grains, un hectolitre, par exemple , 
peut presenter des differences dans les diverses yarietes, qui ne 
sont nullement en rapport avec le poids de cent grains ni avec le 
nombre de ces grains contenus dans un decilitre. Ainsi, d'apres le 
calcul du nombre de grains que vous avez trouve' dans un decilitre, et 
qui forme la troisieme colon ne de chiflres du tableau que vousm'avez 
communique, j'ai pu calculer le nombre contenu dans un hectolitre, 
en y ajoulant seulement trois zeros. Gonnaissant le poids de cent 
grains, il m'a etc facile de calculer, par une simple multiplication de 

ces deux termes, le ftikb tPan hectolitre , qui s'est trouve dans un 












\ 






,.. 



. 

















1% ) - 

par M. Royer, correspondant de la Societe royale et 

cenlrale d'agriculture. .M. Rover ayant etd, • pendant 
plusieurs annees, a la tele d'une grande exploitation 









ordre bien different de celui de votre tableau, dontje conserve les 
numerospour faire mieux sentir la differ 
« Voici ce poids : 

■ 
i 

Numeros de rotre tableau. 



Numcros d'ordre. 



18 
20 

6 

16 
i4 

i5 



11 



7 
i3 

5 

9 

8 

2 

'7 
10 

3 

4 

12 



Poids de 1'hectoHtre en 
kilogrammes. 

....... io3 ; o5 






1 



loi, 4i 

3 - 98, 46 

4 .9°*' 4 * 

% 96 



5 



6 88, 4o 






7 

8 

9 
10 



87, *2 

83, 81 

83, 69 

8', 87 

11 81, 83 

12 81, 63 

81, 02 



79. 97 

79, 69 
78, 67 



i3 

i4 
i5 

16 

17 
18 

J 9 
20 






77, 
77, 

77, 
76, 



46 
38 
20 

36 



- 

« On pourrait etre tente' de chercher l'explication de cette diffe- 
rence dans le vide que laissent les grains entre eux dans la mesure, 

* 

qui semble devoir etre d'autant mo ins considerable que les grains 
sont plus petits; en effet, en mesurant les quanlites d'eau deplaceea 
par un certain nombre de grains des diverses variete's, on trouve que 
l'espace vide entre les grains du no 1 , dans un hectolitre, doit etre 
l'espace occupe' par ces memos grains comme G4 est a 100, tandis qu'il 
n'est que com me i5 a 100 dans le petit ble' n° 20. 

« Mais, si cette explication e'tait suffisante, le poids de Thectolitre 
devrait etre exactement et regulierement en raison inverse du poids 
de cent grains, et e'est ce qui na pas lieu. II est done e'vident que la 

densite des grains d'un mvms volume pre'sente des differences notables 









r 






\ 









\ « 



S 









I : 
























\ 







MM 












\ 






# 













I 



















\ 












: 



N 







I 













I 






\ 






/ 




170 

- 

jrurale et m'ayant fait quelques objections sur cette 

partie de mon memoire lorsque j'en fis, Tan dernier, 1* 
lecture a la Societe , j'ai cru devoir le consulter de nou-* 
veau au moment oil j'allais faire imprimer ce chapitre, 
et je dois dire que les nouvelles observations quil ma 
faites m'ont ete tres-utiles. 

Ainsr, c'est en prenant en consideration la classifi" 
cation faite en sens inverse par M. Royer, dans laquelle 
sa base est la pesantear de la mesure , que j'ai enfin 
trouve la solution de la question de la pesanteur plus 
considerable de riieciolitre de froment dans les departe- 
ipents du midi de la France que dans ceux du nord ? 

1 

pesanteur donl je n'avais pu me rendre compte et que 
je ne pouvais pas merae comprendre, cTapres mes ob* 
servations sur la diminution en poids que subissent les 
grains cultives dans les contrees meridionalesi, compa- 
rativement aux septentrionales. 







qui doivent exercer une grande influence sur la valeur agricole et 

commerciale de pes memes grains. 

« Pour le cultivateur, il est vraisemblable que le grain le plus gros 
est celui qui fournit le plus en mesure, et probablement en argent, 
par consequent le plus avantageux a cultiver. 

« Pour le commercant, au contraire, il semble que le poids de la 
mesure de grain devrait avoir infiniment plus d'importance que le 
volume des grains eux-memes; mais la question est probablement plus 
pomplexe, et il est a croire que la qualite des produits est plus a con- 
side'rer par le marchand de farine que leur quantite. Or, il est pre'su** 
mable que les petits ble's donnent plus de son et moins de belle iariu e 
que les ble's plus gros , en sorte que , malgre' la supe'riorite de leuf 
poids, ces petits ble's donnent au mouturage un produit plus lourd, 
mais de moindre valeur, neanmoins, que celui des ble's plus volume 
neux et plus le'gers. 



« Agre'ez, monsieur, etc. 



« ROYEft. » 






• 



Paris, le i €r septembre i84a. 



• 






/ 















;v- 



1 











f 



\ 



171 







Jusqu'alors je n*avais appreci£ les froments que d'a- 

pres les qualites de leurs grains, et, sous ce rapport, il 
est toujours vrai, ce me semble, que les bids da Nord 
sont superieurs a ceux du Midi ; mais enfin Tobservation 
tti'a appris qu'une mesure donnee, Thectolitre, par 



-■■ 



exemple, des bles du Midi, etait reellement plus pesante 
que Theclolitre de ceux du Nord. Cette pesanteur plus 
considerable paralt lout entiere due a ce que les grains 
sont plus petits , plus nombreux, et en telle proportion 

■ 

que ceile-ci peut etre double , triple ou menie qua- 
druple. Or ces grains beaucoup plus petits s'arrangent 
dans la mesure de maniere qu'il y a bien moins de vide, 
et de la resulte la pesanteur plus grande de la mesure. 
Mais, quelle que soil la pesanteur plus considerable 
d'une mesure donnee, il n'en est pas moins evident 
que les bles des pays meridionaux , dans les memes va- 

1 

rietes , sont reellement plus legers que ceux des contrees 
septentrionales, puisqu'en comparant les grains des 
premiers a ceux des seconds il en faut un nombre 
double, triple et raeme quelquefois quadruple pour 
faire un poids egal. 

Aussi ces bles, plus pesants seulement a la mesure, a 
cause du nombre plus considerable de grains qui y sont 
contenus, ne sont pas, en general , les plus apprecies 
dans le commerce (1) : on leur prefere les bles blancs de 
la Brie, de la Beauce et de la Picardie, qui donnent plus 











































■ 






. ■ ■ * - 

■ 



1 


















j 1 





















(i)D'apres "estimation qui m'a ete communiquee par M. Darblay 
jeune, qui fait un commerce tres-e'tendu de grains et de farines ? les 
prix des meilleurs bles de la halle de Paris ont une valeur bien supe- 
rieure a ceux de la mer Noire. Ainsi, a la fin d'avril i842, les bles de 

premiere qualitc de la Beauce, de la Brie et de la Picardie valaient 


















/ 






* 






1 







































; H 
































I 









7 2 ) 






* ! 



farine, et d'une farine plus blanche et plus belle ; tandis 
e les bles du Midi et ceux de la mer Noire surioul, dont 

7 

mesure n'est plus pesante qu'en raison du plus grand 
mbre de grains qu'elle renferme, fournissent a la 



de 



far 



parativemem plus abondante que la parlie amylacee. 



P 



i 



de vouloir attribuer une precision rigoureuse et mathi 
matique aux chiffres qu'il renferme. Jecrois devoir faire 
observer , au contraire , que les pesanteurs que j'ai 
trouvees dans le meme nonibre de grains des differentes 
varietes aue i'ai prises pour exemple ne sont jamais 

iables. Celles que j'ai indiquees ne 
doivent done etre considerees que comrae des moyennes 
approximatives.(i). Toutes les personnesqui ont vu des 



bsol 



bles avec un peu d'attention savent bien 

leurs grains, prisauhasard, ne peuvent j 



que cen 



t de 






20 a 21 fr. Fhectolitre , tandis que M. Darblay ne pouvait estimer le 
prix de la meme mesure qu'a 16 ou 18 fr. pour les bles d'Odessa , Ga- 
latz, Irka et Marianopoli. 

II mefaisait, d'ailleurs , remarquer qu'il n'avait porte le prix de ces 
derniers bles que suivant leur valeur ve'nale a la halle de Paris, et non 
d'apres ce qu'ils valent a Marseille, ou les bles durs sont bt aucoupplu* 
estimes, en raison de la plus grande quantite de gluten qu'ils renfer- 
ment , ce qui les rend plus propres a la < onfection des p&tes dites d'lta- 
lie,comme vermicelle , macaroni, etc, 

(1) On pourra probablement s'apercevoir encore , com me j'en ai 
fait moi-meme la remarque , que plusieurs des chiffres du tableau 
dans lequel M. Royer donne le poids de Thectolitre ne s'accordent 
pas exactement aux chiffres correspondants de la cinquieme colonne 
de mon propre tableau; mais cette difference est peu considerable, elle 
ne consiste guere que dans les fractions, et celles-ci provierinent, sans 
doute, de ce que je n'ai pas employe les memes tables que M. Royer 
pour la reduction des grains en grammes. 



\ 



/ 



/ 


















1 












i 7 5) 



Pi 



gros 



et 



d'autres qui sont plus petits, et, selon le nombre plus 



d 



Hon changera, et le poids total variera necessairement 

plus ou moins. Mais je n'avais pas d'autre moyen, pour 



fai 



P 



consequent, de valeur qui se trouve entre deux fro- 
men ts, que de prendre la moyenne la plus ordinaire 
d'un certain nombre de grains dans des especes ou va- 
rietes differentes, et de les presenter ainsi que je Pai 
fait. Par la maniere donl je les ai rangees, on passe 
successivement et presque insensiblement des plus 
bellp* snrtes a celles ciui sont les nlus annauvrip.<;. nn 



( 



pi 



q 



dois avertir encore q 



tude que j'ai apportes a faire compter le nombre de 
grains qui se sont trouves dans un decilitre de chaque 



• * . f 



espece ou variete, je ne p 



se 



P 



que, de cetie mesure assez minirne, il m'a fallu, pour le 
genre de travail quej'avais adopte, supposer le nombre 
de grains dans Phectoliire d'apres celui du decilitre mul- 
tiple par dix miile, il a suffi, dans ce cas, d'une erreur de 

* 

deux a irois grains, pour en faire une de vingt a trente 
Jnille. Cependant , meme en admettant que de telles 
srreurs puissent se trouver dans mon tableau, je dirai 
qu'elles n'ontque peu d'importance, puisque , selon la 
nature des foments, on compte les grains par un a 
qua ire millions dans un hectolitre, et que quelques 





















i 


















■ 







































I 




























* 










































i 7 4 ) 

milliers de grains en plus ou en moins ne font rien sur 
une masse aussi considerable. 

Mon tableau , quelles que soient les erreurs qui ont 



•pu s y glisser 
premier coup 

deux froment 



changer la valeur. 



et combien cette difference peut efl 






disant, d'ailleurs, quon doitdonner la p 



d 



~ 7 

pi 






dabl 



d 



» ^ 



L'une se trouve principalen 

couleur deson ecorce, etla seconde dans la q 

saveur de la substance amylacee. 

Mais, de meme que le plus ou le moins de fecondite 

d'une variete comparee a celle d 



d'une grand 



peut 



portance, ainsi que je l'ai ditpl 



P 



de meme aussi la pesanleur relative des grains d'un fro- 
ment est d'une plus grande importance qu'on ne ie croit 
communement. A ce sujet, je me suis demande si dans 
telle ou telle province , ou Sa culture du b!e est presque 
exclusive, on cullivait toujours la plus 
les deux rapports; car il est evident pour moi que l» 
substitution d'une variete plus productive, dans tc» 
department deja riche en ble , a telle variete moins fe- 
conde qui y est habituellement culiivee, pourrait aug- 

menter de plusieurs millions la valeur du produit de ses 
recoltes. 





) 






^ 








1 











1 



75) 



rqu 



grains du ble dans les differenles varietes, quoiquej'en aie 
deja parle. Dans quelques-unes , ces grains sont tres-al- 
longes, presque eylindriques; dans les autres, el c'est le 

and nombre, ils»sont courts, plus ou moins 




gr 



q 



de ces d 



dernieres formes , et les bles sont. ti 



pi 



tous leurs grains sont plus 



egaux; car il y en a dans lesquels les grains sont telle- 
ment inegaux, que, si Ton separait les plus beaux cFun 
cote et les plus petits de l'aiiire, il y aurait ioo pour ioo 
de difference dans le poids des uns et des autres. 

Quant a la couleur des grains de ble ^ les uns sont 
d'un jaune pale, les autres d'un jaune plus prononce; 



d 



d 




ordinairement a leur base et au point de leur inser- 
tion sur l'axe de Tepi. Dans un assez grand nombre, le 
coteconvexe est ride. 



/ 



En general, plus la couleur de Tecorce est claire , 
plus ordinairement la substance amvlacee a de blan- 
cheur-, plus, au contraire, cette ecorce sera foncee, 

l 

moins la ferine pourra avoir la qualite que je viens 
d'indiquer. Dans les froments a ecorce mince et pen 
coloree , la couleur de cette ecorce ne penetre que 
peu ou point du tout la farine qui est au-dessous ? tandis 
que, dans ceux oil le tegument est plus fonce et plus 
epais, sa couleur est bien plus sujette a penetrer dans la 
substance amylacee et a obscurcir sa blancheur. Celle-ci, 

elle-meme, differe d'une varieiea I'autre. Dans certains 









/ 







1 ll 



I: 























1 














































t 













* 




























/ 




























176) 



bles elle est toujours tres-pure, mais c'est dans le plus 



peti 



dans 



les autres. Dans les bles qu'on nomme durs, parce que 



d 



et comtfie 



cornee, la substance amylaeee n'est jamais blanche, 
mais elle est toujours plus ou moins grise ou roussaire. 
Enfin la saveur de cette farine peut offrir aussi des 



le; 



Ainsi ii est re- 






connu que les unes font de meilleur pain que telles 
autres, et il est permis de croire que la substance amy- 
lacee, dans toutes les varietes de fromenl, differe de 
saveur de Tune a I'autre, et qu'un palais exerce a ce 
genre de degusiation pourrait y trouver comparative- 

mentautantde diversiie de gouts qu'on en observe dans 
nos fruits de toule espece. 

De-puis neuf ans que j'ai commence a m'occuper des 
cereales, je n'ai encore que peu ou point vu se diversi- 

■ 

fier la forme et la couleur des grains de fromenl dans la 
meme variele; mais Tespace de temps qui s'est ecoule 
enlre queiques generations de cette cereale est beaucoup 
trop court pour qu'il m'ait ete possible de bien juger 
jusqu'a quel point la forme el la couleur de ces grains 
pourraient rester invariables pendant une plus longue 
sbite d'annees. Ne doit-on pas croire, d'ailleurs, que le 
changement de climat et la diversiie des sols peuvent 
modifier beaucoup ces deux caracteres, de meme qu ils 
changent leur pesanteur absoiue, ainsi que je m'en vais 
le faire voir? II est aussi ties probable que les memes 
causes doivent avoir une grande influence sur le plus 
ou moins de blancheur de la farine, sur sa consistance 

et sur sa saveur. S'il en etait autrement, comment 



































•1 



^H— -r 








\ 



ll 



pourrions-nous expliquer l'origine de ces nombreuses 
varietes de fromenl que nous connaissons aujourd'hui? 

M. Requien, bolanisle distingue, demeurant a Avi- 
gnon, qui, pendant vingt ans et plus, lorsque je m'ac- 

cupais presque exclusivement de la recherche des 
plantes de France, a bien voulu me faire connailre un 
grand nombre des vegetaux du midi de cette con tree, 
en les accompagnantde notes et deienseignementspre- 
cieux, M. Requien, aujourd'hui directeur dujardin de 
la ville , m'a envoye , en 18^9, une quarantaine de varie- 
tes deble culiivees dans ses environs ou qui lui avaient 
ete communiquees par M. Reynier, directeur de la 

1 






P 



Vaucluse. I/an ne'e 



sui- 



vante, apres la recolte, le meme M. Reynier, elant venu 
a Paris, eut la complaisance de m'apporler toutes les 
varietes de ble cultivees dans Tetablissement quil di- 
rige. Plusieurs de ces varietes etaient les m ernes que 
celles que j'avais deja recues de M. Requien; mais le 
nombre en fut beaucoup augmente, et il se monta, en 
tout, a environ une centaine. 

Je semai toutes ces varietes en octobre et novembre 
de celte meme annee 1840, et j'en semai, en general, 
cent grains pris sans choix, mais que je pesai exacte- 

1 

merit afin de me rendre compte si les nouveaux grains 
eprouveraient quelque variation par suite du change- 
ment de elimat. Je doisajouter que, parmi ces bles, il 
y en avail un bon nombre que M. Reynier s'etah procu- 
res par le commerce de Marseille, et qui venaient ori- 
ginairement ou memedirecternent des possessions russes 

de ia mer Noire 5 les autres etaient des bles naturels aux 
environs d' Avignon ou au midi de la France. Eh hien I 






12 









\ 






L- 






1 


















I"; 






A 
















-| 









; 


































* 











^^m 



■ 



s*. *- 



- m » * 











f 



I 

































r 









' t 



.78) 

je fussurpris, aumoisd'aout 1841, quelques jours apres 
la recolte de ces memes bles cultives a Paris * de trou- 



ver 



que la 




grande partie d 



P 



grains 



coup plus. 1 

* 

Cette observation m'a conduit a expliquer, a ce que 
je crois, la cause pour laquelle i avant retablissement 



ysterae des poids 



d 



table ou d 



d 



faible que la livre poids de marc 5 c'est que le grain de 
ble aui. nrimilivement. avail pip nris nnnr etalnn rlu 









poids qu on avail nam me grain a Marseille et dans le 
Midi, etait plus leger, dans la proportion que je viens 
dedire, que le grain de ble qui avail servi de lype a 

Paris et dans le Nord. 



Q 



d 



parait de quelque impor- 



pour les consequences qu ll peut avoir $ mais q 



convenait d'en apporter les preuves en dormant ici un 
tableau -d'un certain nombre de varieles dont la pesan- 
teur relative sest ainsi trouvee ' modifiee par le seul 

7 

changement de culture dans un autre climat. Jai cher* 
che si je pourrais trouver d'autres exemples de ce fait, 
et , jusqu'ici , je n'en ai point encore trouve de sem- 
blable. Yoici dans quelle proportion les grains ont 
change de poids dans les varieles que j'ai observees. 









* 



1 - 












1 







*79 ) 

Poids de 100 grains Poidjde 100 grains 

recus du midi de la des memes varietes 

Noms desespecesou varietes (1). France ou des con- apres avoir ete cul- 

trees avoisinant la tivees a Paris; le 

mer Noire. tout selon Techelle 

etablie p. 162. 

Ble de Fellenberg 40 66 

•Ble Picte ou Pictet 4^ 1/2 79 

Ble tend rede Taganrock. . . . ■ 4 3 63 

Ble de Caracas 4^ 74 

Btedu Thibet . 44 Si 

Ble herisson court. ...... /±6 77 

Saissette barbue rousse 47 77 

Ble de Marianopoli 4^ ^8 

Saissette barbue a epi rouge. . 5o 68 

Ble du Cap 5a 9 4 

Bl£ de Galatz. . . . 53 7 4 

f 

Ble de Crete «. . 53 • 68 

Ble de mars de Tiflis. .... 55 ip 67 

Ble rouge de mars sans barbes. 54 66 

Ble de Toscane a chapeaux. . 54 90 

si 

Tuscany Wheat 55 >]5 

Ble de haie 56 9 5 

Ble carre de Sicile. ...... 58 6r 

Ble de l'Inde. ........ 5 9 ?4 

Ble rouse du Caucase sans 

barbes 60 84 

T 

Ble Early striped 5/f 77 

Ble zee de Flandi e 60 91 

Saissette d'Arles. ....... 60 91 

t 

Saissette d'Agde . . 61 91 

* 

* 

(i)Je previens que je n 7 ai point eule tem>s de verifier la nomen- 
clature des especes ou varie'te's qui vont suivre, et je ne la donne que 
commeierairecue, sans la sarantir. Je crois devoir geulement avertir 
full m ; a semble, au premier coup d'ceil , q*Ti! y avait beaucoup de ces 
Varietes qui devraient etre reunies; mais c'est un travail qui detaan- 

dtrait das observations multipliers que je n'ai pu faire. 



> 




I 



i 



\ 






. 












\ 

















































/ 






















- v 

■ . 



« . ■ * . 



"• ■ - ■ 




















m I 













i 



















\ 



\ 












( 1 80 



Moras des especes ou varietea. 



Poids de 100 grains 
requs du'midi de la 
France ou des con- 
trees avoisinant la 
mer 3Noire. 



Ble du Caucase a epi blanc 



barb a 



Ble de Roussillon. . . . 
Triticum turgidum nigrum 

Ble de Pologne imbrique 
Franc ble de Chalons. 

Richelle blanche. . . . 

1 

Ble blanc de Dunkerque 
Ble de Talavrera. . . . 



j 



Ble blanc de Hongrie 
Ble dTsmael 



Blade tte de Toulouse. 
Ble dur d'Odessa. . . 



Franc ble de la Loire 



*■ 



Ble Monrosier. . . . . 
Ble meunier du Comtat 

Petanielle blanche velue 



Golden drop 

Saissette de Sault. . * 
Ble noir de Taganrock. 
Ble de miracle. . . . . 
Ble plat geant. . ■ . . . 



Ble poulard rouge lisse 
Ble de Crepy. 



Ble rouge d'Egypte. . 
Petanielle de IN ice a epi 



sans poils 



ient 



blanc 



Petanielle blanche d'Or 

Ble de Pologne cendre et im 



brique 



\ 



Grassagne de Nerac 

Gros mitadiu de Toulouse. ... 

Gros Turquet. . . • 126 






61 

66 
68 




7 1 

7 



2 



72 
72 



7 



5 




7 8 
78 




77 
81 

82 

86 
88 

90 

9° 

9 1 
93 




95 



96 

97 



93 

99 













■ 












Poids de 100 grain* 
des meroes yanetes 

apres avoir ete coj- 
tivees a Paris ; e 
tout selon 1'ecbeUe 

etablie p. 162. 



109 
93 




108 
96 





80 

80 

102 

81 

98 
96 




n4 

9° 

99 
io3 

in 

104 

io3 
io3 

89 
no 



i35 



121 



123 



I IO 



117 

123 















* 






s 


























C 181 1 

pres cela, sur cinquanle-quatre esp 



d 



pas egale le poids qu'elles avaienl dans le Midi ; mais la 
difference qu'elles ont offerle en moins n'a ete que tres- 
peu considerable , tandis qu'au contraire cinquante-deux 



P 



telle 



q 



4 









sieurs meme ont etejusqu'a pres de ioo pour ioo. 

Apres avoir fait eette observation , j'ai voulu savoir 
ce que deviendrait Paugmentation en poids et en vo- 
lume qu'avaient gagnee les bles du Midi en etant cub- 
tives a Paris. Jo soupconnais qu'en les reportant dans 
les climals du Midi ils perdraieot a peu pres ce qu'ils 
avaient gagne par leur culture dans le Nord , et je ne 



P 



d 



P 



f • • 



Pour m'en assurer positivement, i'ai envove. d 






3 la France, pendant Pantonine de 1 84 f ^ un certain 
nombre de ces bles qui avaient augmente en poids et en 
volume par leur culture a Paris, ou d'autres sortes que 
j'y cultivais depuis plusieurs annees, et j'ai prie deux 
amateurs de botanique et d'agricullure de vouloir bien 
lessemer chez eux. Le premier, M. Robert, direcleur du 
jardin de la marine a Toulon, m'a deja renvoye les 



P 



M 



niere departementale de Yaucluse, n'ayant pas recu assez 
tot ceux que je iui avais adresses, n'a pu les semer en 
temps convenable , mais il est a presumer qu'ils n'au- 
raient pas differe sensiblement de ceux de M. Robert. 

Quant a ceux de ce dernier, ils m'ont prouve que i avais 









/ 









i 









I 



V 
















I 




































< v 



1 















\ 












/ 








. ■ 



:. •-"-. - 



- L - - 














1 



1 

























/ 




a ' 

* 

■ 

P 

l82 ) 

eu raison de croire qu'ils retourneraient a leur premiere 
pesanteur sous ['influence du soleil du Midi. 

Poids de 100 grains Poids de 100 nou- 

envoy es a Toulon, veaux grains re- 

I apres avoir ete re- coltes a Toulon* 

coltes a Paris. 

Ble velu de Crete. go 77 1/2 

Ble imberbe a balles velues. . . go 65 

Ble de haie g5 72 

Ble meunier du Comtat. .... XI 4 io3 1/2 

Froment sans barbes d'Alle- ' 

magne . io5 89 \\i 

Ble de Talavera 80 67 

Richelle blanche 100 66 

1 

Ble de Saumur. ........ i 08 83 

Ble tremois velu * . . 125 106 

\ 

Ble du Cap. . . . g4 60 i/a 

Ble rouge de Saint-Lo. .... 

Touzelle blanche io3 85 

Ble tremois n° 2 g8 72 

Ble de Roussillon g3 

Ble du Caucase a epi blanc barbu. 1 09 

Franc ble de Chalons. ..... 9& 82 

Ble velu comprime barbu. . . 91 80 

Ble tremois nain. ....... 98 76 1/2 

Saissetlebarbueroussesanspoils. 78 5o 
Ble de Pologne cendre et imbri- 

que 123 112 

Ble noir de Taganrock. .... 1 1 1 83 

Ble du Nagpour 129 i33 

Petanielle Blanche. ...... 90 77 

Poulard blanc lisse 104 85 

Ble tres-fertile de la Moilgolie 

/ 

chinoise ♦ . . . 137 119 

On vient de voir combien, par le changement de 












1 




























i83 

climat et par d'autres causes, les grains du frome 

de leur production, peuvent eprouver de var 
dans leur poids et dans leur volume, soit en pk 
tn moins. 















Quant aux causes qui peuvent determiner la diminu- 
tion de pesanteur et de volume dans les grains cullives 



I 



P 



expliquer. Dans le Midi, en general, les printemps et 



sees 



pluselevee que dans leNord, de sorte que la vegeiation 



P 



P 



en meme temps que la secheres.se ne permet 
vegetation elle-meme de se developper autant que lors- 
qu'elle est eniretenue par une chaleur plus moc 



surtout 



par un desre d'humidite d 



d 



pluies qui viennenl par intervalles rafraichir l'atmos- 

r 

phere. Par suite , la croissance du froment se trouvant 
moins precipiiee dans le Nord que dans le Midi, la paille 
y est toujours plus elevee, et la nutrition des grains 
ayant plus de temps pour se faire , ces grains grossissent 
davanlage et acquierenl un volume et une pesanteur 



rapides (i) 



bles, ce qu'ils ne peuvent faire dans 
3S les phases de leur existence sont pi 






* 



(i) Aux causes que je viens (Tenumerer comrae produisant la dimi- 
nution de poids et de volume dans les grains des pays meridionaux, 
il faut ajouter, d'apres une note qui nrest communiquee par M. Royer, 
que , dans le midi de la France; on seme en ge'ne'ral plus clair que dans 
le nord, et sur une preparation beaucoup moins soignee. La jachere 
nue y est sou vent remplacee parle mais, les haricots, le sarrasin la 
pomme de terre, et le terrain , n'etant pas toujours suffisamment la- 
toure et nettoye, encore moins fume, le ble, au printemps suivant, 











I 



i 









\ t 

I 

































? 






" 



i 



























4 

















i 












































( »84 ) 

Ce qui me parait elre la confirmation de ce raisonne- 
ment , c'est que le printemps et Tele de cette annee 
ayant ete conslamment sees et mes cultures de froment 

* 

ayant ete fiatites dans un terrain d'une nature seche efc* 
tres-maigre, beaucoup de mes varietes m'ont ofFert une 
difference notable en moins dans le poids et le volume de 



81 



hi 



P 



P 



ete, en general, de 5 a i5 pour ioo en moins, et dans 

quelques-unes meme elle a ete de 3o. 

Quoi qu'il en soit des grains de froment dont le volume 
et le poids sont diminues par Taction dune seeheresse 
soulenue, je dois dire quii est reconnu depuis long- 
temps que les bles des annees seches sont d'une meilleure 

qualile que ceux des annees humides ; et qu'on eslime 
qu'ils se conservent beaucoup mieux, lis sont aussi plus 

abondants en gluten. 

Si les grains du froment sont sujets, par les diffe- 
rentes causes que j'ai enumerees, a eprouver dans leur 



P 



variations dont 



j'ai parle, il iTen est pas de meme une fois que ces 
grains sont recoltes a Pfetat parfaii de maturite ; car, des 
lors , s'ils sont gardes a l'abri des insecles et des in- 
fluences atmospheriques , ils peuvent se conserver, pen- 









/ 



( 






a peu cle disposition a taller , parce qu'il en est empecbe' par les mau- 
vaises herbes qui infestent le sol. Alors la paille plus claire doit encore 
contribuer a augmenter Paction de la chaleur sur la dessiccation du sol, 

et toutes ces circonstances reunies doivent etre peu favorables an de- 
veloppeinent des grains. Il n'est done pas e'tonnant qu'ils soient plus 
petits , plus sees et plus pesants u la mesure ? que les bles du Nord. 

















; 




s 









1 



83 



1 85 ) 

dant des siecles, dans le meilleur etat, et sans lien 

a 

perclre de leur poids ni de I-eur groseeur. Ainu le ble 
trouve dans les antiques hypogees de KEgypte, qui peut 
avoir 2,000 ans d'existence et peut-eire le double, if a 
rien perdu de son poids primitif , ainsi que je Tai dit. 

Je me suis assure , par les semis que j'ai fails dans le 
meme terrain, au mois d'octobre 

de plus de cent varietes de ble qui ont ele semees aux 
deux epoques, que la grosseur et le poids des grains ne 
recevaientaucune influence de lasaison de iannee dans 
laquelle ces grains etaient mis en terre. Tai pese, a cet 
effet et comparativement, un tres-grand nombre de 
ces varietes, soit dhiver, soit de prinlemps, et je n'ai 
pas trouve de dissemblance appreciable dans les grains 
provenant de l'une ou de l'autre epoque. Cependant, 



d 



d 



printemps donnent moins d 
e(i). 



> 



Les epis ne differaient pas non plus d'une maniere 
remarquable. La grande difference qu offraient les bles 
semes avant Thiver, c'est que leurs pieds avaient gene- 
ralement beaucoup plus lalie que ceux qui n'avaient ele 

semes qu'en mars (**). 

Ainsi, en definitive, la difference duclimat,la nature 
variee du sol et les soins donnes a la culture sont les 






P 



b 



ji 



(1) Economietheorique et pratique d? agriculture, p. 3i, 

(2) F'oyez les tableaux que j'ai donnes a ce sujet , p. 3x 






y 


















1 1 


















i< ' 









■ 











































































I 











i% 









i 



•It 






CHAP1TRE XIII. 








































/ 









,1 



Les hies peuvent-ils degenerer? 
Est-il possible de les ameliorer? 



Ce chapitre peut, jusqu'a un certain point, ri'etre 
considere que comme la continuation du precedent 
d'autant plus que je crois devoir repondre ici a quelques 
objections qui ni'ont ete faites au sujet de ma maniere 

d'apprecier les froments, principalement d'apres le vo- 
lume de leurs grains. 

Des personnes qui n'esliment la qualite et ia valeur 



d 



V 



ou point d'egard a la beaute , au volume et au poids spe- 
cifique de leurs grains, et que , quelle que soil la belle 



leu 



de ces derniers, les pi 



O 



i m'a encore objecte au sujet des bles que je re- 
gardais comme ayant gagne par leur culture sous le cli- 
mat de Paris, parce qu'un nombre donne de leurs 
grains, celui de ioo, par exemple, avail augmente de 
i5 a 5o pour ioo en poids, on m'a objecte, dis-je, 
que ces grains avaient plutol perdu en realite, puisque, 
lorsqu'ils seraient soumis a L'epreuve du mesurage, un 
hectolitre de ces grains peserait moins qu'une autre 
mesure semblabie , remplie de grains venus dans le 
Midi, que je considerais comme inferieurs en qualite 
aux premiers. Contrairement aussi a cette derniere opi- 



nion 



■> 



dit que mon mode d 









/ 



• 












'■'■■ ••> . u 












1 






fc_r 



' 



187) 






que la raison et l'usage voulaient que le ble fut 






mesure et non pas cornple gram a gram 



de 



■ 1 



P 



tique dans le commerce des grains, et que je reconnais 



d'ailleurs etre le seui 



P 



suivant le mode tie mesurer le ble tel qu'il est en usage, 
sans avoir egard au volume des grains el a leur pesan- 
teur individueile ou specifique, on ne juge qu'impar- 
faitement de la qualite et de la valeur reelle des Lies. 

En effet, quoiqu il soit vrai quun beclolitre de mes 
grains, cultives sous le climat de Paris, puisse peser 
reeliement 1 a 5 kilogrammes de moins, ou raeme da- 

J 

vantage, qu'une meme mesure de bles recoltes dans le 
Midi, ii n'en est pas moins certain que mes grains se 



prouve p 



sonnement suivant. 



d 



ment, il a ete recolte, *ur une surface donnee, le meme 
nombre de grains, dans le midi de la France, que sous 



d 



P 



n° 1 de mon tableau 



fe 



26 hectolitres avec une tres-miuime fraction, contenaot 
chacun i,i5o,ooo grains et pesant 83 kilog. 892.; 

En continuant le meme raisonnement pour les grains 
du n° 8 du meme tableau, et dont l'hectolitre pese 
3 kilog. 776 de moins que celui du n° 1 , ces grains se 

trouvent dans l'hectolitre au nombre de 1 ,602,000-, aussi 







\ 














































































(1) V oyespage j96. 















* ' 















"" ; * 


















I 








s 








18 




suit-il de la que, avec 3o millions deleurs grains, on ne 
trouvera plus a remplir que 18 hectolitres 72 litres. 

Mais raon raisonnement devient d'autant plus sensi- 
ble que la pesanteur speeifique des grains diminue et 
que le poids de Thectolilre augmente; car, si je prends 
le ble n° i£, dont le poids de ioo grains n'est one de 6q, 



4 



6 



iq 
P» 



s de grains ne pourront plus 



que 



12 hectolitres 43 Hires, taridis que les 
grains du n° i, qui sont les plus pesants de tous, peu- 
vent faire un peu plus de 26 de ces mesures. 

Si enfin je compare encqre les grains du no 20, pour 
lesquels il en faut dans Thectoliire 4,656, 000, je vois 
que, en supposant toujours une egale recolte de 3o mil- 
lions de grains sur une rneme surface de terrain, cette 
recolte ne me donnera plus que pour remplir 6 des me- 
sures susdites el 44 litres* chaque hectolitre, il est 






pesa 



kilog. 268, 






II me semble, d'apres ce raisonnement appuye sur des 
calculs positifs, qu'ii doit etre suffisamment prouve que, 
selon qtie les grains dun froment seroni plus gros et 
plus pesants au comple, plus its presenteront d'avan- 

■ 

tage a etre cuhives, puisque, compares aux petits grains 
pesant seulement plus a la mesure, ils peuvent donner, 
selon leur qualite, un produit reel double ou triple. 
L'interet d'un cuitivateur est done de chercher a 

* 

produire des fromen.ts du plus gros volume possible, 
parce que, si sur une surface donnee il doit recoller le 
meme nombre de grains gros ou oelils . les oremiers 






pourront, selon leurs proportions pi 










1 / 



m 




















/ 






b 



considerable que ne feraient les petits grains, lesquels, 
en definitive, ne peuvent donner que des mesures plus 
pesantes, mais toujours moins nombreuses. 

II me parait encore evident, d'apres les raisonne- 
ments que je viens de faire, et auxquels je ne vois pas 



pou 



rinteret des 



commercantb en grains, pour se mettre a meme de pou- 
voir estimer les bles a leur juste valeur, de s'aider du 






pi 



pour connaitre la pesanteur 



specifique des grains dans les differentes varietes. 

Bien eniendu, d'ailleurs, que dans Tappreciation des 
froments , on doit toujours porter une grande atjtention 

qualites qui peuvent dependre de celles de la fa- 



aux 



rine et des proportions variables de gluten q 



tient. 



i 



I 

question de la pesanteur des f 



la considere selon la pratique la plus ordinaire, qui 
consisle a la juger d'apres le poids que presente line me- 
sure donnee de grains, soit quon l'estime suivant mon 



P 



S \ — 

mptes a la place qu'ils oecupent dans la mesure, est 

d'une assez grande importance pour meriter d'etre 



fait 



t « 



/ 



present. 



Or, comme il s'agit principaTement, dans cette ques- 
tion, de comparer les froments recoltes dans le Nord a 
ceux qu'on recueille dans le Midi, pour completer, au~ 
tant que possible, tout ce qui peut avoir rapport au vo- 



i 



i pesanteur et a la vaieur reelle de cell 

pense quil ne serait pas deplaee de fai 





































B 






I 









} 









■ 9 












V 




























\ 


























' 



/ 







pproch 



i 



*9° ) 



du poids de Thectolitre de 



ment dans le nord et dans le midi de la France; 2° du 
prix moyen de cette me me mesure dans Tune et Tautre 
region; 3°enfin de la quantite de ee grain recoltee sur 
une surface donnee, un hectare, par exemple, dans les 
parties septentrionales et dans les meridionales. 



P 



aussi exactement que 



possible, j'ai consul t£ les archives stalisliques pu- 



M 



culture et du commerce, en i835, et j'en ai extrait tout 






ce qui m a paru devoir le mieux eclairer la question dont 
il s'agit. A cet effet, j'ai puise les renseignements que 
je vais donner dans les tableaux qui comprennent le 
poids moyen de rhectolitre de froment dans sept de nos 

* 

departements les plus septenlrionaux , et j'ai fait la 

meme chose pour sept departements situes dans le 
Midi. 

- 

Les sept departements du Nord que j'ai pris pour 
exemple sont : leNord, le Pas-de-Calais , i'Aisne, les 
Ardennes, la Meu.se, la Moselle et le Bas-Rhin. 

Pour les sept departements du Midi mis en compa- 
rison avec les precedents, j'ai choisi ceuxqui, par leur 
position geographique sur les bords de la Mediterranee, 
sont, d'une maniere plus positive, sous Tinfluence du 
climat vraiment meridional, et les departements des Py- 
ren^es-Orientales, deTAude, de rHerault,du Gard, des 









Bouches-du-Rhone, duVaret de la Corse sont principale- 
ment dans ce cas. Ceux de V Ariege, de la Haute-Garonne, 
des Hautes et des Basses-Pyrenees, en parlie situes dans 
les montagnes , quoique places sous une latitude aussi 

meridionale ou meme plus meridionale que I'Aude, 















it 



^^ 







■ 



*9» 

PHerault, le Gard, les Bouches-du-Bhone et !e Var, ne 
presentent pas cependant les memes circonstances de 
vegetation propres aux elimats clu Midi. Dans ces qua- 
tre departements, la vegetation, dans les parties elevees 

la meme que celle qui est propre 
les plaines elle est, a trespeu de 
lu milieu et meme clu nord de la 



Alpi 

>e p 



France. Les autr^s departements meridionaux que j'ai 
choisis sonl les seuls, au contraire, qui soient bien ca- 



raclenses par une vegetation particuhere et veritable- 

i 

ment meridionale. 

Les motifs qui m'ont porte a choisir les sept depar* 
tements du littoral de la Mediterrariee, preferablement 
aux qua tre autres situes en partie dans les montagnes, 
etant suffisamment expliques, je dirai que j'ai pi is v pour 

les sept departements du Nord indiques ci«dessus, le 
poids moyen de Thectoliire de froment pend mt dix an- 
nees consecutives, depuis iS^Gjusqu'a i835 inclusive- 

r 

ment, tel qu'il est porte dans les tableaux de statistique 
mentionnes plus haut , et jai trouve , apres en avoir 



d 



le minimum 



ids 
pai 



Pa 



tion, le maximum de cette meme mesure a ele, en i835, 

i 

dans le Bas Rhin , de 80 kilog. 170. 

Quant a la pesanteur moyenne de rhectolitre de ble 

ts du 

f 

Nord susdits, e 



1! 



dep 



e y5 kilog. 870. 



Ayant fait le meme travail pour les sept departements 

rouve que le minimum de pe- 



de 



en i83i 



? 






■ ; 

























































1 
















w 






















































/ 



. 



I 



9^ ) 



dans le departement de FAude, de 76 kilog. i5o, tan- 
disque le maximum s'est eleve a 80 kilog. ^3o, en 1828, 
dans le Var. D'ailleurs, en i832, le poids de eel hecto- 
litre a ete, a tres-peu de chose pres, le merae dans les 
Pyrenees-Orientales, 011 il s'est eleve jusqu'a 80 kilog,, 
et enfin, en i83o, 3i, 3a, 33, 34 et 35, soit dans le Var, 
soit en Corse, il a encore egale 80 kilog., ou me me il 



/ 



P 



Cepend 



de la meme mesure* de 



du 









ments du Midi nommes ci-dessus, n'a ete que 78 ki- 
log. 600. 

Ainsi, en resume, le chiffre du poids moyen de Thec- 
tolitre de fromenl, depuis 1826 jusqu en i835, n'a sur- 
passe, dans les departemenls du Midi, celui des depar- 

tements du Word que de 2 kilog. ^3o. 

A pres avoir reconnu ce resuhat, j'ai pense a chercher 

■ 

quel etait le produit du froment sur une surface don- 

nee, un hectare, par exemple, dans ces memes depar- 
tements, soit du Nord, soit du Midi, et j'ai trouve ces 
nouveaux renseignements dans les quatre volumes de 



84o a 184 



M 



Je vais en donner sommairement les chiffres, en me 
hornant a un simple resume, ainsi que je Tai fait pour 
le poids moyen de fhectolitre. 

Dans les sept departemenls du Midi cites plus haul, 
le maximum du produit est, par hectare, et dans une 
annee moyerme, pour ie departement de ilierauit, de 
12 hectolitres 29, et le minimum, dans les memes cir- 
Constances, est, pour le Var, de 9 hectolitres 56. Quant 






au produit moyen, en le deduisant de la recolte de cha- 
cun des sept departemenis 

ii hectolitres 28. 



d 




d 



d 



tres ss3, tandis qu'il est double dans celui du Nord ou 

mm m • * - 



duit moyen, pour les sept departeme 



74 



d 



II est 



d 



e la recolte des sept 
departemenis du Nord, evaluee en moyenne, surpasse 
celle du meme nombre de departemenis dans le Midi, 
de 4 hectolitres 3o. 



des 



te plus, pour faire la comparaison 
des departments du Nord avec c< 



Midi, que de mettre en opposition le prix de l'hecloli- 
tre de froment dans les uns et dans les auires- c'est ce 
que je vais faire, en empruntant celte derniere conside- 
ration aux archives statistiques du ministere des tra- 
vaux publics, de i'agriculture etdu commerce, deja ci- 
tees plus haut. J'ai fait, a ce sujet, le releve du prix 
moyen de l'hectolitre de froment pendant les memes dix 
annees, de 1826 a i$35, dans les memes sept departe- 
menis seplentrionaux ci-dessus designes, ainsi que j'a- 
vais releve le poids de l'hectolitre. > 

Pendant celle periode, le minimum de ce prix a ete 
de 10 fr. 86 c, en i834, dans le departement de la Mo- 
selle , et le maximum de a5 fr. 84 c, en 1829, dans 
celui du Nord. Quant au prix moyen de la meme me- 

i3 






'■ 



* 



-. 
















! 



i 






























I 
























































194) 

pt departements reunis, il a 



de 



4 



Faisant le meme travail pour les sept departements 
du Midi deja cites, je trouve une grande difference 
pour les prix, tout au desavantage de cetie region ; car, 
generalement, dans tous ces departements , le pri* 
moyen de rhectolitre a depasse dans une proportion as- 

le nous venons de voir qui avait e a 



sez 



forte celui q 

dans le Nord 



4 



/ 



1826, dans le departement de 1' Aude, et il s'est eleve, aU 
maximum, a 29 Ir. i3 c, dans celui du Card, en i83o. 
En definitive, le prix moyen, pendant les dix anneeS 



d 



question et dans les 



d 



Midi, a ete de 22 fr. 26 c.j par consequent, compare a 



4 



12 cent. 



II resulte done posili 



les sept departements meridionaux de la France que 
j'ai choisis pour les opposer a autant de departements 
du Nord, le poids moyen de rhectolitre de froment 
n'est que de 2 k.ilog. 780 plus fort que dans ceux 



du 



N 



b 



soit propre aux premiers; encore j'ai fait voir que eel 
avantage n'etait pas reeilement .posilif, pui?que les 
prains de froment dans cette region de la France elaient 
generalement plus petits, et qu'il en fallait un plus 
grand nombre dans la mesure. 

Sous tous les autres rapports , la contree du Midi a 



P 



duit moyen par hectare, dans 



I 









\ 















; 






, 






wmm 



I 



de 4 



95) 



du Nord 



1 



d 



e produit du froment est que le pain est toujours plus 



eh 



effet, nous 



venons de voir que le prix de Thectolure de froment y 



Nord 



plus cher de A. 



le 



\ 



d 



II resulte encore de la une derniere consideration 




— ^ w-^ ^** ^^ %■* t-J o \> Ms 

apprecie les consequences, c'est que les pays du Midi, 
plus favorises en apparence par une plus douce tempe- 
rature, ne sont pas cependant ceux dans lesquels la cul- 
ture des cereales paraisse elre la plus avantageuse. Les 

motifs que j'en ai donnes plus haut, pages i83 et i 
sont-ils les seuls qui determinent cette facheuse in- 
fluence, ou faut-il en chercher les causes dans cellesque 
m'a signalees M. Royer (i) ? 

Je ne parle pas de la nature du sol, qui pourrait etre 
different dans la region meridionale que dans celle du 

; car cette cause doit exister simultanement dans 
les deux regions. On trouve des terres fertiles et des 
mauvaises terres, dans Tune et dans l'autre. Les con- 
trees qui ont ete van tees pour leur fertilite, la Sicile, la 
Barbarie, l'Egypte, 1'ancienne Mesopolamie,sont toutes, 
d'ailleurs, plus meridionals que le littoral de la Medi- 
terranee en France, et les auteurs sont d'accord que, 
dans toutes ces contrees, le produit des terres a ete ou 
est encore superieur a celui qu'on obtient dans la region 



rd 







1 
























• ; 









I 






\ 












I 


















(i) Voycz la note de la page i83. 















i 










V 














, 









1 



\ 






•96 ) 

de notre pays, quej'ai comparee 



duMidi. 



da 



France, il y a des cantons qui rapportent dans une pro- 
portion beaucoup plus elevee que le departement du 
Nord, qui produit le. plus, puisque M. le baron de Ri- 
viere, dans son memoire sur le Delta du Rhone (1), dit 

que, dans ce terriloire, certaines terres ensemencees en 
ble ont rapporte 17 pour 1. 

II est done a croire que e'est plutot le defaut de bonne 
culture que toute autre chose qui est la cause du moin- 
dre produit qu'on retire des recoltes des departements 
qui composent la region meridionale de la France, telle 

que je Tai circonscrite. 

Quoi qu'il en soit, apres avoir indique ce qui m'a partt 
un defaut dans les bles des pays meridionaux, je dots 
dire queiles sont leurs bonnes qualites : celles-ci con- 
sistent principalement dans la plus grande quantite de 
gluten qu'ils contiennent, et dans la fficulte qu'ils ont 






de se mieux conserver que les bles du Nord, ce qui 
tient a ce qu'ils ont crii dans des terrains sees, 

II est encore vrai de dire que Testime qu'on leur porte 
est fort ancienne, car Pline (2) dit que le ble de la 
Thebaide est beaucoup meilleur, parce qu'il croit dans 
un pays sec. Ce ble, d'ailleurS; selon le meme auteur(3) ? 
ne s'eleve pas a plus d'une coudee de haut, ce qui est 
encore aujourd'hui la meme chose-, car j'ai vu, Fan der- 



(1) Annates Soc. Un. de Paris, vol. IY ? p. 91, et Annates de Vagric 
franc, , a e serie, vol. XXXI, p. 117. 

(*)Liv. XVIII, chap. 18. 
(3) Liv.XVHl,chap. iS. 



* 


















Wi 













1 






( J 97 

nier, dans 1'herbier de M. Raffeneau-Delile. une lige 

I 

entiere de froment qu'il venait de recevoir d Egypte, et 
qui n'avait que la hauieur indiquee par Pline. 



(i), dans les iles de FArchip 



qu 



dant 



hiver, les bl 



d 



plus b 



pi 



d 



O) 






pleut que rarement, produit plus de ble et de meinour 
ble que l'Egyple moyenne et la basse, ou il pleut de 
temps en temps. Cependant cet auteur parle, ailleurs (3), 
du ble qu'on cultive pendant le printemps dans les 
champs ou Ton a recueilli du trefle, et il ajoute que ce 
froment, obtenu au moyen desarrosemenls, est de meii- 
leure qualite que le ble bayddy, mais qu il exige plus de 
frais. 

La pesanteur variable des grains de froment efait bien 
eonnue des anciens, Pline en parle dans plusieurs pas- 
sages , et particulierement au sujet decelui d'ltalie. « Je 
ne pense pas, dit-il (4) , qu'il y ait de ble comparable a 
celui dTlalie en blancheur et en pesanteur, qui soht les 
qualites essentielles de ce grain. Le froment de Thrace, 
de Syrie et d'Egypte, ajoute cet auteur 9 ne tenait 
quele troisieme rang en pesanteur, etcesrangs avaient 
ete ainsi regies pour les athletes, auxquels on donnait 
plus ou moins de ce grain selon qu'il etait plus oi 
pesant. » 



/ 



(i) Relation d'un voyage au Levant , t, II , in-4, p. 283. 
(a) Apercu general sur I' Egypte ? t. I, p. 97. 

(3) Zoc. cit. , II, p. 277. 
(4)Liv. XYIII, chap. 7. 



s 






v 
































\ 













. 















■ 
















-; * .- ■ 



: --■::• 







I 















I 
























I 



\ 



198) 

* 

Un peu plus loin (1), le meme auteur dit que, parmi 
les bles qu'on apportait a Rome, ceux de la Gaule et de 
la Chersonese etaient les plus legers : un de leurs mo- 
dius (2) ne pesait pas plus de 20 livres. Ceux de Sar- 
daigne, d'Alexandrie, de Sicile, de Beotie pesaient 
d'une demi-livre a une livre de plus, et celui dAfrique 
une livre trois quarts. Le far (l'epeautre) etait le plus 



P 



d 



du 



Pline dit encore (3) qu'on estimait comme le meilleur 
ble celui qui etait le plus pesant, et que Ton eonsiderait 
comme tel celui dont la farine, lorsqu'on en faisait du 
pain, absorbait le plus d'eau j tel etait , par exemple, 
celui qui par modius recevait un congius (4) d'eau de 

plus. 

Considerant toujours ie ble le plus pesant comme le 

* 

meilleur, le naturaliste latin conseille de conserver ce- 
lui ci pour semer, et alors, dk-il, il faut prendre celui 

qui tombe au plus bas de Taire , parce qu il est plus pe- 
sant, et c'est meme la meilleure maniere de connaitre 
celui qui a veritablement celte qualite (5). 

Avant Pline, le plus savant agronome de Fanli- 
quiie (6) avait dit : cc II faut choisir les meilleurs epis 
lorsque lamoisson n'a pas ele abondante, et en mettre 



(i) Pline , loc. cit. 



(2) Nous avons vu plus haut quele modius equivalaita 8 litres ||^* 

(3) Liv. XVIII, chap. 7. 

(4) Le congius etait, chez les Romains, une mesure de 3 pintes 1/2 de 
Paris, ancienne mesure, ou 3 litres toq^o* 

(5) Pline, liv. XVIII, chap. *4. 

(6) Columelle, liv. II, chap. 9. 






* 
























* . 










\ 



' 



x 99 ) 

a part le grain pour Pemployer aux semailles; ii faut, a 






cet effet, vanner tout le grain qui aura ete batlu, el gar- 
der toujours, pour etre seme, celui qui sera resle au 
fond du tas, a cause de sa grosseur et de son poids. 
Cette attention est fort utile, parce que, a moins qu'on ne 
l'ait prise, il arrive tonjours que les bles degenerent. » 
Je dois faire observer, a ce sujet, qu'il me semble que, 

dans ce dernier cas, Columelle et Pline ne veulent pas 

parler du ble dont la mesure pese le plus, mais bien de 

celui dont les grains sont plus pesants par eux-memes, 

ainsi que jen ai fait un peu plus haut la distinction (i). 

Mais je m'apercois qu'entraine assez loin du litre de 
ce chapitre, je dois le consacrer principalement a re- 
cherchersi le ble peut degenerer et s'il est susceptible 









de pouvoir s'ameliorer • j'y reviens. 

Cest une opinion tres-repandue , parmi le plus 

* ■ 

grand nombre des cuitivateurs, que les bles degenerent 
quand ils sont semes pendant plusieurs annees de suite , 
dans les lerres de la meme exploitation j aussi presque 

■ 

tous changent-ils chaque annee, ou au moins tous les 
deux a trois ans, les bles qu'ils destinent a faire leurs 

semis. 

Rozier a ete de cette opinion, car il dit expresse- 

ment : a Inexperience la plus constanle demontre com- 
bien il est avantageux de renouveler, au moins tous les 
trois ans, le ble quon veut jeter en terre... J'ai toujours 

* 

observe, ajoute-t-il, que le meme grain , seme plusieurs 















































nT 


















(i) Voycz le tableau de la page 166 



1 












* 



- * 



p : 












I 
































aoo ) 

annees de suite dans les memes champs, s'y deteriore 

me me malgre les a vantages des bonnes saisons (i). » 

Sir John Sinclair (2) recommande aussi le chan- 
gement des semences comme fonde sur des principes 
raisonnes, et ses principaux motifs sontque, le froment 
n'etant pas une plante indigene, il a une grande ten- 
dance a degenerer. Ce celebre agronome aurait pu trou- 
ver, sans doute, une cause plus positive de la degenera- 
tion du froment \ car je ne crois pas que ce soil celle 
qu il mentionne qui ait reellement le plus d'influencej 
il cite d'ailleurs, a cetie occasion, 1'exemple de lord 
Karnes, qui , par le fait d'une semence changee, a obtenu 
1111 produit qui excedait de 26 pour 100 celui de la 

I 

semence anciennement cultivee (3). On peut dire, 
d'ailleurs, qu Olivier de Serres , Duhamel, Hall, Miller, 
Arthur Young, Marshall et beaucoup d'autres croyaient 

a la degeneration du ble. 

Tessier, au coniraire, assure que le renouvellemcnt 
des grains tient plus au prejuge qu'a la necessite, et que., 
si Ton epurait , dans chaque ferme , les grains par des 
sarclages, vannages et criblages suffisants , on n'aurait 
pas besoin de changer ses semences 5 en consequence , 
il a cherche a prouver, par des experiences aussi positi- 
ves (4) qu'il est possible, que cette opinion n'etait 



(1) Cours complet d' agriculture , par l'abbe Rozier, in-4, tome V, 

p. 118. 

(2) L* agriculture pratique et raisonnee , par sir John Sinclair, 

trad, par M. Mathieu de Dombasle , t. II , p. 59. 

(3) Loc. cit. , p. 61. « 

(4) Voyez les Memoir es de V 'Academic des sciences , anne'e 1790 , 












1 



* 













( 20 



I 



qu'un pr^juge. Ce celebre agronome a fait 



les 



doma 



dant dix 



annees consecutives , depuis le mois d'octobre 1779 



4 



d 



P 



Apres chaque recolte , les produils obtenus par Tes- 
sier furent toujours mesures et peses pour connaitre le 

poids relatif de chaque variete , et les memes precau- 
tions ayant ete prises pendant dix annees consecutives, 

les grains des memes numeros n'ont presente,, de gene- 
ration en generation , d'autre difference que celle qui 
,*.„:* ~A n A™\ a 01 nnnspp nar les influences variables des 



d 



d 



pares 



a ceux reeueillis par les fermiers du meme pays, 
toujours aussi beaux , el celui dela derniere ge- 
neration des quatorze varietes conservees jusqu'a la fin, 
et qui fut recolte au mois d'aout 1789, elait aussi beau 
que l'avait ete le grain seme pour la premiere fois en 
1779, et qui, afin de pouvoir en faire la comparaieon , 
avail ete conserve dans des bocaux, ainsi que celui des 
differentes generations successives. 



9 • 



p. 209 a 217, etle Nouveau cours complet d! agriculture en *6 vol. in-8, 



• art. Fromcnt, vol, VIT , p. 116 et stuv. 



V 



. 



Apres avoir fait connaitre ses propres experiences qui 
sont aussi exactes qu'il soit possible, Tessier cite les 
observations de trois cultivaleurs de sa connaissance qui J 
confirment absolument les siennes. 

Les faits et les observations rapportes par Tessier 
sont tellement positifs, qu'on serait tente, au premier 










































II 























































I! 



I 
















( 302 ) 

■ 

abord, de se ranger de son avis, et de releguer, comme 
lui, la croyance sur la degeneration du ble, au nombre 
des prejuges populaires, et je dois dire que plusieurs 
agronomes recommandables, parmi lesquels il faut citer 
Bosc, Thaer, Yvart , de Dombasle, ont enlierement 
adopte sa maniere de voir. Cependant les fails particu- 
liers que j'ai recueiliis et les nouvelles observations que 



prouv 



d 



P 



pas par 



P 



d 



meme , il ne peut etre conserve dans son etat p 



P 



pres a entretenir la fertilite du sol , et enfin de tous les 
autres soins d'une bonne culture. Or, comme le ble, 

chez la plupart des cultivateurs et dans un grand nom- 



bre de 



trouve assez rarement 



toutes ces circonstances favorables, il s'ensuit qu'il di- 
minue souvent de volume, de pesanteur et de qualite, 
d'ou il s'appauvrit enfin, ou , comme on dit , il dege- 



nere. 



Les causes principales qui peuvent le plus contribuer 
a diminuer les qualites dublesont de plusieurs natures, 
et ce sont principalement les suivantes : 

i° Le changement de climat. En general, les climats 

cbauds paraissent moins favorables a la production du 

fromentque les pays temperes. 

2° Le transport dun sol fecond dans un autre qui 
rest moins. 












il 






•~>v- 














( 203 ) 

3° Une secheresse trop prolongee qui aura empeche 

les grains de pa'rvenir a leur accroissement parfait. 

4° Des semis executes trop tardivement, ou la recolte 
faite avantia maturite. / 

■ 

* 

* 

5° Une culture peu soignee, dans laquelle les labours 
auront ete ma 1 fails, ou dans laquelle on aura laisse 

etouffer les grains par les mauvaises herbes. 

6° Les semis faits dans un sol trop pauvre , trop mai- 
gre et sans engrais. 

n° Le versement des moissons par des ouragans ou 
de grandes piuies, plus ou moins longtemps avant leur 



• / 



maturite. 



8° Enfin tout ce qui pourra s'opposer a la produc- 
tion natureile des grains, la ralentir ou la rendre defec- 



tueuse. 



Voila trop de causes malfaisantes pouvant s'opposer 

a ce que la production du froment soil constamment 
bonne et telle qu'il serait a desirer qu'elle flit toujours, 
pour que, soit Tune, soit l'autre venant a agir , elle ne 
porte pas une mauvaise influence sur un plus ou moins 
grand nombre de recoltes. De la, sans doute , est nee la 
croyance, que ce qui fait degenerer le froment cest 
d'employer pour la semence les grains recoltes sur les 
terres d'un meme canton. Par suite de cette croyance \ ^ 
la plus grande partie des cuitivateurs vont, a Tepoque 
des semailles, s'approvisionner, sur les marches, de 
grains etrangers au canton qu'ils habitent, et ils sont 
generalement persuades que c'est un moyen de regene- 
rer leurs bles. 

i 

Duhamel et Thaer conseillent de rechercher les 



grains 



partout 






\ 















y 


















I 
























I 




























i 
































( 



. 



1 

i 















; 



1 

I 









( *°4) 






>' 



font remarquer par leurs bonnes quality. Quant a la 
nature des terres dont on doit les lirer, les uns veulent, 

comme Olivier de Serres, qu'on les transports d'un sol 
maigre dansun sol fertile; d'autres , cependant, recom- 
mandent le contraire, mais, a ce sujet, l'abbe Rozier 
fait observer que, si d'un sol riche on les transporte 



dans un sol maigre, elles dege 



qu'il f; 



transporter d'un climat doux 



dans un autre qui le soit moins. Pline elait oppose a 
cette opinion, car il conseille (i) de ne pas mettre dans 
un terrain chaud le ble qui vient d'un pays froid, ni 
dans une terre tardive celui qui a ete produit par un sol 



Q 



ont recommande le 



contraire, ajoute-t-il, mais leur principeest faux. Enfin 
les opinions sont encore assez loin d'etre fixees. 

Maigre cette incertitude , sans vouloir decider positi- 

vement cette question, il mesembleque ceque j'airap- 
porte plus haut (2) de raugmentation considerable en 
grosseur que les bles du Midi avaient gagnee en etant 

* 

cultives sous le climat de Paris, et de la perte, sous le 
meme rapport, qu'ils avaient eprouvee, en etant repor- 
ters dans le Midi; il me semble, dis-je, que mes obser- 
vations tcndraient a prouver que les bles gagneraient a 
etre transporters du Midi dans le Nord , ou d'un climat 
plus chaud et plus sec dans un climat plus lempere e} 
plus humide. J'aifait voir, d'ailleurs, que le legeravan- 
tage que les bles du Midi avaient par leur plus grande 
pesanteur a la mesure etait tout a fait illusoire. 









(t)Liv. XVIII, chap. 24. 

(s) Voyez pages 179 a 18*. 



I 



\\ 






i 




















I 






( 20D 



Dans tous les cas, les soins que prennent les cultiva- 



pour 



P 



pu d 



P 



vrissementdes grains du froment, line fautqueleur don- 
ner des soins convenables dans un bon fonds, et pendant 
une saison seulement, pour que les grains de la genera- 
tion suivante se irouvent retablis et rehabilites dans 
lcur etat normal, quelque defectueux qu'aient ete les j 
grains qu'on aura semes, et quelle quail ete la cause par 
laquelle ils ont ete appauvris. D'apres cela , je conciu- 
rai que, si le ble est susceptible de s'appauvrir et de de- 
generer, ainsi qu'on le dit ordinairement, et comme 
c est en effet, il peut aussi se regenerer avec facilile. 

La cause premiere des experiences que je vais rappor- 
ter fut le don que me fit, en i836, M. Dalbret, chef de 

Tecole des arbres fruitiers et de celle des plantes eco- 
nomiques au Jardin du roi, de ble de Philadelphie et de 
quelques autres varietes dont les grains etaient si re- 
traits et si legers que je crus qu'ils ne pourraient pas 



cependant ils reussireni bien dans la proporti 



des deux 



d 



P 



teres d'un froment bien conforme. Semes de nouveau 
plusieurs fois depuis, les nouveaux grains ont conserve 
les memes caracteres, c'est-a-dire qu'ils n'ont plus sen- 
siblement varie dans leur grosseur et dans leur poids. 
La cause de ce mauvais etat des bles au Jardin du roi 

provient de ce que, naguere encore , ils etaient culti- 
ves dans un mauvais terrain, et que lews grains etant 



























i 



\ 




































I 



m 












-. 









- ■ 







t 









\ 






i 






- 
















' 






I 


























I 



% 






1 









( 206 ) 

le plus souvent manges par les moineaux, des qu'ils sont 
a demi formes, cela force a. les recueiliir assez longtemps 
avant leur maturite. 



pech 



deg 



P» 



gros 



est encore employe comme un des meilleurs pour obte- 
nir des grains plus beaux ettoujours bien conformed. J'ai 
oui parler d'un cultivateur qui , chaque annee el quel- 
que temps avant de faire ses semailles, employait plu- 
sieurs femmes a faire ainsi le choix des grains qu'il 
devait confier a la terre, et qui, par cette methode. se 



fla 



plus b 



possible d 



chant, tout de suite apres que la floraison est terminee, 
la cinquieme ou la sixieme panie des epis a leur som- 



Ce 



q 



ont 



prop 



celte maniere de faire 



b 



yaient que, en l'employant, la seve se ponerait pi 



P 



ferait d'autant plus grossir les grains. Je n'ai pas essaye 



pese a pi 



que 



q 



poids etait tantot pour les grains inferieurs 
pour lessuperieurs. Ce moyen serait d'ailleurs b 

* 

plus long el bien plus dispendieux dans la prati 
cclui de faire choisir les grains , car, par le rel 



(0 I'iv. II, chap. 9. 

(a) Lir, XYIII, chap. 8. 



\ t 









■ 







, 




■i^BBB 

















( 207 ) 

merit du cinquieme ou du sixieme de la longueur de 
chaque epi, on perdrait certainement bien plus qu'on 

w 

ne pourrait gagner, en supposant raeme que la suppres- 
sion du haut des epis put reellement faire grossir les 
grains conserves.. Mais , d'apres les observations que je 
rapporferai nn peu plus loin , j'ai tout lieu dedouter de 
l'efficacite de ce moyen, ainsi que de celui qui consiste 
a faire un choix des plus beaux grains pour les em- 
ployer aux semis. 

Apres cela , ce qui me reste a dire sur ce sujet prou- 
vera suffisamment, je l'espere, qu'il est, jusqu'a un 
certain point, inutile de faire un choix extraordinaire 
parmi les grains qu'on doit semer. 

Tous les grains de frpment , je l'ai deja dit, n'ont pas 
la meme grosseur et le meme poids, et cela est sensible, 
soil dans le meme epi, soit dans des epis differents. Les 
plus beaux epis renferment , en general, les plus gros 

grains, et la difference la plus considerable se trouve, le 
plus ordinairement, enire les grains du meme epi, 
selon qu'ils proviennent de la base ou du sommet des 



P 



On sait que, d'apres la conformation de Fepi de ble, 



P 



nombre depillets ranges allernativement des deux cotes 
d'un axe commun. Dans les varietes les plus fecondes, 
le nombre des Heurs est, le plus souvent, decinqj dans 
d'autres, il n'est que de quatre, et, dans les moins fer- 
tiles, ii est de trois, rarement moins. Pai lout lieu de 

7 ! 

croire que ce nombre d'epillets dans chaque variete 
est assez constant pour devenir un caractere propre a 















i 






\ 

































■ 



\ 














































I : 



I 

















i 



















% 



I. 









' 



4 



s 



differencier les varietes entre ellesj je n'ose cependan 
l'affirmer. 



t 




uoi qu'il en soit, il est assez commun que, dans 
les varietes a quatre et cinq fleurs, celle du sommet de 
l'epillet et merae la penultieme avortent 5 mais, lorsque 
cettefleurou ces deux fleurs n'avortent pas complete- 
ment, eiles produisent souvenl des grains plus pelils, 
moins pesants, et la difference entre eux et les trains de 



desso 



de l'epillet peut eire de moitie et meme pi 



Voulant savoir ce que produiraient ces ires perils 



gran 
dans 



assez ordinairemenl, se trouvent perdus 
tiures et dans les criblures, j'ai pris des 

lleis; i'ai pris de ceux 



grains venus au sommet des epilleis; j'ai pris 
provenant des epis les plus maigres et les plus chetifs, 
j'ai ehoisi , dans des tas de grains, ceux qui eiaient les 
plus faibles , les plus rabougris , enfin des grains extre- 



pis q 



h 



1* 

ces differents grains mal conformes, tous ceux qui ont 
germe et leve m'ont produit des epis et des grains qui 
ne differaient point de ceux provenus des plus beaux 
grains; et, chose tout aussi extraordinaire encore, il 



pas 



P 




plus grand nombre qui ait manque a lever. 

Depuis i836, j'ai repete celle experience, non une 
seule fois , mais presque toutes les annees, et les resul- 
tats ont loujours ete les memes, c'est-a dire que tous 
les grains qui ont bien leve ont produit des epis du 



des grains aussi gros et tout aussi pe 



■■■•t 



\ —■•.-. . . 



. 












/ 



SL 








1 t 





















( 209 ) 

sants que ceux qui provenaient des semis fails avec le* 
meilleurs et les plus beaux grains. 

Cest ici Ie cas de faire observer que les plus beaux 
grains de froment, choisis parmi un grand nombre 

ft ft * * 



4o pour 100 de plus q 



pour 100 de pi 



grains, et quelq 



100 



les compare aux petils grains 



relraics ou ma 1 con formes, que les plus beaux grains, 
dis-je, ne sonl pas exempis de produire, lors de \i 
re"colle suivante, quejques petils grains defeclueux au 
sommet de plusieurs de leurs epillels , ou de donner des 
epis maigres et chelifs. 



list 
de la 1 



d 



duile parces plus beaux g 
donne point des grains q 



1 -~ -.», ""lioituia 

nouveaux grains ne different pas, quant a la grosseur 
et au poids, de ceux qui sont produils pardessemences 
qui out ete prises au basard. Enfin , si Ton a pris de la 
meme variete, i° des grains cbuisis parmi les plus 
petils, 2 des grains pris au basard dans les moyens, 
et 3°de Ires-beaux grains de cboix, el qu'on les seme 
tous a la meme epoque el dans le meme lerrain, ces 
trois semis, presenlant, en apparence, des conditions si 
differentes, donneront des resullals qui seront les 
memes, ou les differences, s'ij en existe, 



1 

I 



seionl si 



q 



d 



produils par les trois categories ne differcrout 
sensiblemenl enlre elles, el ieur 



point 



P 







\ 














































**■ I 










\ 



I 






\r 






■ 

!■ - 














I 


















210 



differe 



» 



que dans de 



proportions 



J'ai repete celte experience plusieurs fois, et jamais 



les resultats n'en ont i 



pi 



en 



produit qui etaient remonles au type 



de la variete, tandisque la recolte donnee par les plus 

t 

■ 

beaux est descendue a ce meme type, 

Les consequences de mes observations sur les semis 
de petits grains qui en rapportent de gros seraient qu'on 
pourrait choisir, pour faire ies semailles, tout le rebut 



d 



es grains et q 



bon 



PP 



l'on n'en obtiendrait pas moins d'aussi 

* 

aussi j'ai hi, mais sans pouvoir me 
riant dans quel auteur et dans quel 
pays, on ne se servait, en effet, que des plus petits grains 
pour les semis. .Te ne conseillerai pas cependant d'en 
agir ainsi , quoique je sois fonde a croire qu'il n'y au- 

rait pas d'inconvenient j mais on peut au moms en con- 

clure que le cboix des grains quon destine a etre semes 
est beaucoup moins important quon ne Pa cru jusqu'a 

present. 

Beaucoup de personnes auront sans doute de la peine 
a croire aux resultats que j'annoncej cependant, 
comme ilssont faciles a verifier, elies peuvent faire sur 
cc sujet de nouvelles experiences , et elles se convain- 



que 



ob 



Au resle et a ce sujet, je crois devoir rapporter ici des 
ervations que M. Dalbret, que j'ai deja eu occasion 



peu pi 



quer comme tendant surtout a prouver la grande in- 



du 



duii d 





























C 211 



qui, en effet 

4 






rdent d 






particuliere avec celles tlonl je viens de pa 
je rapporterai le tableau un peu plus loin. 



Pi 



nde influence sur les bons 



P 



Pi 



baut 



q 



les 



grains du froment cultive au Jardin du roi etaient tres 



communement «' 



appauvris et retraits , et que la cause en 
etait a ce que non-seulement ces grains etaient le plus 
souveni recoltes avant leur parfaite maturite, mais en- 



P 



bl 



nees, semes dans un asscz mauvais terrain , ei que les 
semis des memos eereales revenaienl trop frequemmenl 
aux memes places, sansquYlles eussent eie as.scz conve- 



P» 



ques ayant ete transp 



fi 



y 



ont repris, lors do la derniere recolte , en .842, une 
qualite et une pesanleur lelles qu'ils n'en avaienl pas eu 
depuis plus de dix ans; et M. Daibret, chef de 



ceite 



ecole , m'en a fourni ia preuve la plus manifeste en me 

_ * _ 1 



quant aes echantillons de qualre 
mant de ses recoltes, en 1841, d; 



de 



terrain, et, en 1842, dans le nouveau. Le tableau que 
j'en vais donner prouvera, beaucoup mieux que lous les 
raisonnements, l'influence que la bonle du sol pent exer- 
cersurla qualite, la pesanteur et le volume des grains. 
Ce tableau fournira aussi des preuves evidentes de la 
faciliteaveclaquelleon peut re'genererle ble le plus ap- 
pauvri ou le plus degenere, sans avoir recours a une im- 

portation de ble eiranger au canton dans lequel il a eie 



\ 






1 









t 





































































(212) 

culiive durant plusieurs annexes et dans lequel il a subi 
sa degeneration. 

KOMS DES ESPECES ET VARlfiTfiS Potd* de 100 grains decet 

de froment communiques bles mivant la regie 

par M. Dalbret. ctaWiep.162. 

Ea 1841. Ea 1842, 

Ble blanc du Cap. — En 1841 son epi etait 
maigreet ses epillets settlement & 2 grains; 
100 deses grains pesaient 5i i/a 

Le meme ble> en 184^. Les epis etaient 
beaux , les epillets a 3 grains, 'quelques-uns 
a 4 ; 100 de ses grains pesaient 

Ble de miracle. — En 1 84 1 , ses epis etaient 
peu ramifies, et ioo grains ne pesaient que. 44 

Le meme, en 1842 : ses epis etaient ra- 
xnetix, comme il est d'ordinaire, et 100 grains 
pesaient, . * . . . 9° 

Ble de Chine. — En 1841 , 100 grains ne 

pesaient que. . 3i 

Dans le meme , en 184^ , le poids de 100 
grains etait de. . J 7 

Ble scant de Sainte-Hclene. — En i84i f 
nn de ses epis ne contenait que 35 grains : uu 
petit nombre d'epillets etait a 3 grains , lous 
les autres a 2. 100 grains, presque tous re- 
traits , ne pesaient que 55 

Un des epis de ce meme ble, en 1 842 , con- 
tenait 76 grains , et plusieurs epillets etaient 
a 4 grains, ioo de ceux-ci pesaient (i). . . * * J 

1 

(i)M. Dalbret ne m'a donne d'ecbantillons que des quatre variety's 
ci-dessus ; mals il m'a dit qu'en general !a plus grande parlie des autres 
froments cultives , de i84i a i84a, dans lenouveau terrain de lecole 

des planus dconomiques , avait donue des produiu bcaucoup meilleurs 
que les anne'es precedentes. 









■I 






( 2i3 ) 









Tt 



id, 



f> 



semis , au poids normal , ou selon lesquelles do tres-gros 
grains de choix ont egalement repris leur poids normal. 



N° i . Le 28 aout 




6, j'ai seme 20 grains, 

tres-retraits , de ble de Pkiladelphie, et qui 
ne pesaient que . . . . 



En 1837, quelques jours apres la recolte, 
20 nouveaux grains du meme ble pesaient. . 

N° 2. Le 28 aout i836, j'ai seme 20 grains 
de ble de miracle , si retraits et si rabougris , 
qu'ils ne pesaient que. ....... 

Au mois d'aout de l'annee suivante, quel- 
ques jours apres la recolte , le poids de 20 
nouveaux grains etait de . 






IV 3. Le 22 octobre 1840, j'ai seme 100 

■ 

grains de ble de Tiflis, qui etaient extreme- 
ment retraits et si legers, qu'ils ne pesaient 



que 



Je croyais qu'ils ne germeraient pas ; mais 
il en a leve environ la moitie, et en 1841 , 
quelques jours apres la recolte, 100 nou- 
veaux grains ont pese. . . . . ... 

N° 4- Le 4 mars x84i , j'ai seme 100 grains 
de Bladette de Toulouse, dont 1'espece m'a~ 
vait ete envoyee du Midi , et qui pesaient. . 

A la recolte suivante , les nouveaux grains 
ont pese. .......,•.-.• 

Egalement, le 4 mars 1841 , j'ai seme de 
cette meme Bladette de Toulouse 100 autres 
grains choisis parmi les plus petits et qui ne 

- - 

pesaient que. . . , * % . . . • 






r 

6 






i3 






I 



8 t;» 



18 



N 









25 






I 8 



&2 



i* 



86 







































1 












(1 









- 


















* 

ax4 ) 

Lors de la recolte suivante, 100 nouveaux 
grains ont pese ...... . . • 

Enfin , ayant seme, toujonrs le 4 mars 
184 1 , 100 autres grains de cette meme Bla- 
deite, choisis parmi les plus beaux et du 
poids de. ... ........ 

> Les nouveaux grains qui en sont provcnus 

n'ont plus pese, apres la recolte, que le poids 
ordinaire propre a cette variete, c'est-a-dire. 

N' 5. Lc 18 mars 184 1 , j'ai seme du ble 
Garagnon de la Lozere 100 tres-petits grains 
choisis ex pres el ne pesant que. . 4^ 

Lors de laircolte, la pesantcur de 100 
nouveaux grains est remontee a. .... 

N° 6. Le meme jour, 18 mars 184* > j'ai 

choisi 100 grains de froment dit Lie sans 

* 

barbes de Bujault, lesquels , etant retraits et 

tres-petits . ne pesaient que. . ... . 3o 1/2 

■ ■ 

Apres la recolte , 100 nouveaux grains pro* 
venus de ce semis ont repris la pesanteur 

■ 

ordinaire a cette variete , et leur poids a ete 

de 

N° 7. Le 2.4 mars 1 84 1 ? j'ai seme 100 
grains ordinaires de Mitadia de Toulouse 
dont le poids etaitde 83 

Huit jours apres la recolte, le 7.2 aout sui- 
vant, 100 nouveaux grains pris au hasard 

. ■ 

pesaient. . . . . . . 

Le meme jour, 24 mars i84« > j'ai clioisi 
100 tres-petits grains de la meme variete de 
ble , de maniere qu'ils ne pesaient que. . 

Gependant , au mois d'aout de cette meme 
annee et quelque temps apies la recolte, 









85 



103 









ii5 













85 


































(215) 

j oo nouveaux grains provenant des grains si 
petits dont je viens de parler ont pese. . . 
Encore, le 24 mars 184 r, j'ai seme 100 
tres-gros grains du meme Mitadin de Tou- 
louse, choisis expres parmi mi bien plus 
grand nombre , et qui pesaient. .. . . . 

Le sSaotit suivant, 100 nouveaux grains 
ne pesaient pas , en proportion , plus que 
ceux qui etaient provenus des tres-petils 
grains ne pesant que 43 ; car leur poids n'e~ 
tait que de. . . . . 

N° 8. Le 24 mars 184* , j'ai pris loograins 
d'une autre variete de Mitadin de Toulouse 

+ 

qui m'avaitcte envoyee du midi de la France 



* 



ainsi que la premiere, et qui ne pesaient que 
Sous rinfluence d'tin climat plus septen- 



■ ■ 



trional , 1 00 nouveaux grains out pese , lors 






de la recolte. . 



*• ^ 



100 autres grains de la meme variete, 
choisis parmi les plus petits , semes de meme 
le 24 mars 1841 , et pesant alors. . 






ont rapporte des grains dont 100, lors de 
la recolte , ont pese seulement 1 de moins 

que ceux qui provenaient d'un ble ordi- 
naire, c'est-a-dire. ........ 



100 autres petits grains de la meme va- 
riete, semes comme ci-dessus et ne pesant 

C|uC» • . ♦ . • • • . a # # * ♦ . %. 

ont rapporte des grains, dont 100 nouveaux 

pesaient , peu api es la recolte. - . . . 

N° 9. Le 17 octobre 184.1 , j'ai seme du ble 

Garagnon d'Antibes , dont 100 petits grains 

pesaient seulement. ........ 



85 



1 




* 

& 






60 



^ »L 




125 



f 



9* 



9* 



-. 






9*i/ a 






*- 



63 










/ 























J - 



* * ■ , - 







if 






„ ; 1 






', 











\y 



\ 





fc, 




■ 



i 






V 



; .- 














£ 



' 



t * 













■ 






/ 







(2x6) 



1 



* f) » 



■ 



* >* 



v 



V 




*• 



*" 



s/ 










r- 















ioo nouveaux grains qui en sont provenus 
pesaient, quelques jours apres la recolte de 

>»4» 

N° 10. Le memejour, 17 octobre 1841, 
jVi seine 100 grains petils et retraits de ble 
de Talavera , pesant seulement 

An mois ile juillet de Tannee suivante, j'ai 
recueilli de nouveaux grains, dont 100, quel- 
ques jours apres la recolte , pesaient, . • . 



;4 









§ f 






I 







112 



93 



























H 






La meme annee 184*9 pendant 1c mois d'octobre, 
j'avais encore seme plusieurs aulres especes ou varieies 
prises, soil dans les grains degeneres, ne pesant plus 
que la moitie, ou a pen pres, de leur poids normal, soit 
dans des grains de cboix dont la pesanleur etait de 4° 



/ 



a 5o pour 100 au-dessus de ce poids ; mais les moi- 

* 

neaux en bandes innombrables sont venus fondre sur 

mes peiites recoltes, et rien n'a pu les garantir, car une 
grande partie de mes grains a ele devoree a travers les 
sacs de canevas ou les filets dont je les avais enve- 



■ 



loppes pour les garantir. Cela ne nrfa pas permisd'a- 
jouter un plus grand nombre de faits a mes experien- 
ces, mais je n'en crois pas moins, pourtant, qu'il doit 

etre assez prouve, par les observations que je viens do 
rapporter, > 

i° Que le ble degenere, aulant qu il est possible, est 
facile a regenerer au moyen d : une bonne culture j 

2 Qut& le cboix des grains les plus beaux n'a point 
d'influence sur la recolte subseqnente; le froment, mal- 
gre tons les soins qu'on peut lui donner, revenant tou- 
jours au poids normal propre a son espece. 

Une autre consequence a tirer des dernieres expe- 



















£ 



















V- 









\AA 



■ 






/: 



-■' 



• 






i 












a 



A 









a 



• 









tZL ' 



jf 



'.' 






; 









' 



' m . 









L 



■ 



J 



( 217 ) 



que jo viens de rapporter, c'csl que, si les especes 



d 



i 



ce n'est pas par le choix des plus belles semences, raoyen 
qui cppeudant pouvait paraitre (res ralionnel. Au rcsle, 
dans la triple experience (1) que je viens d'indiquer, la 
culture des Irois differenles qualites de grain ayant tou- 
jours ele faite dans les meilleures circonstances possibles, 
cela me porierail a croire qu'il n'existerait pas pour nous 
des moyens de pouvoir ameliorer l«-s races de froment 
telles qu'elles existent dans Pelatacluel des choses. Tous 

.- 1 



d 



d 



eiat oil elles sont, car une mauvaise 



1 ft A 

culture, un sol de meme nature, et encore un climat 

* 

peu favorable, peuvent les faire dechoir, ainsi que je 
i'ai dit un peu plus haut. 

On peut done regarder comme a peu presdemontre, 



observ 



P 



(1) Tessier (voyez le septieme volume du Nouveau cours complel 

froment, p. 1 22) avail deja fait, avant moi , des 
expediences analogues aux miennes, et dont il avait tire' a peu pres 
les raemes consequences; maisil n'avait employe, pour faire ses semis, 
que des -bids a grains retraits, contrefails ou choisis parmi les plus 
petit s,etil n 'avait pas essaye'eomparativementdes grains les plus gros; 
enfin il n'avait pas fait ses experiences avec autant de precision que 
moi, puisqu'il avait neglige de peser les grains de ses ble's, avant de les 
semer et a pres les avoir recoltes. JVi done du regarder les experiences 
de Tessier comme beaucoup moins concluantes que les miennes. 
Comme lui , j'ai aussi seme' des grains coupes par la moitie' et dont je 
xTai mis en terre que la partie qui contenait le germe ou Fembryon ; 
mais ces demi -grains n'ont leve' que dans !a proportion de 18 pour 100 
et m'ont donne des pied's si languissants, que je les ai abandonne's 



croyant qu'ils nerapporteraient rien. Ce.qu'on trouve dans Duhamel, 
an sujetde demi-grains de froment semes de meme, m'a paru si in- 
vraisemblable, que je ne crois pas necessaire d'en parier* 



N 






/ 



/ / 



f-> 









■ 



{ 


















r 






































/ 




H \ 










II 















■ 






i 






C 

































. 



(ai8) 

plus degenere qu'il puisse etre, et, d 



P 



y 



fr 



P 



choix que j'ai fait des plus beaux grains pour les semer, 
ces ires-beaux grains n'ont rendu, a la recolle suhse- 

* 

qucnte, que des grains ordinaires, n'ayant que le poids 
normal de leur espece ou variete. 

Peut-on esperer que, par une culture plus soignee, 
par des rcchcrches a faire dans la nature des differentcs 



terres 



? 



P 



parvenir a trouver ies moyens qui, jusqu'a present, 



i 



nous 



d 



i 



» 



fromcnls? 

* 

■ 

Ceia me parail peu probable dans une plante annuelle 
qui ne se propage que par sa semence. Ainsi , le ble 

la plante la plus utile a l'homme, s'est montre plus 
rcbelle qu'un grand nombre de vegeiaux qu'il a su mo- 
difier dune maniere si elonnante 5 soit pour son avan 
tage, soit pour son agrement. 

■ 

Quelle est la cause qui s'oppose a ce que I'hommc 



I 



qui sur une multitude d'autres plantes a si puissam* 
ment agi pour les ameliorer et qui memo a eu uno 



- 



influence tout aussi grande sur differentes races d'ani 



P 



eu 



le puisse , at 
de chose po 



» 



puisque c est d elle qu il tire sa principa 



Serail-ce 



9 



que la grame proprem 



elite est de toutes les parlies du vegetal ceile qui est I 
moms sujetle a changer, ou meme qu'elle ne change 
rait pas du tout , ou serait a peine legerement modifiee 



. 























f ■■ 






















( 219 ) 



* - 



tanclis que les autrcs parties du vegetal ont pu se meta- 
morpho>er d'unemaniere si elonnaniePEn.cfFel, cc qui 
est arrive a la grainc du froment cstegalement arrive 
pour les graines de toutes les auires planles que i'homme 
ale plus cultivees , et si je prends pour exemple les 
cspcces et les va riches du genre chou , qui sent si dif- 



4 a 



fcrenles les.unes des autres , sous le rapport des formes 
de leur vegetation, jc trouveque les semences de toutes 
les csneces et varieies se ressemblent lellemenl, a part 
une petite difference dans hi grosseur, que ks raar- 
chunds de graines les plus exerces ne peuvenl recon- 
iiaii.rc celles d'ua chou, cl'un navet ou d'un colza. La 
forme de la graine est done pour ainsi dire immuahie 
dans chaque genre, et d'aprcs cela il nc faut pas s'cion- 
ner si I'homme n'a pu la modifier a. son gre dans le 









froment , et si celle. de cetle cereale est encore ce quVJe 

. ... 

ctait dans Forigine de toutes choses. Voila sans doute 



■ 



encore pourquoi les grains de froment trouves dans les 
antiques hypogees de FEgyple, et n'ayant pas moius do 
deux a qualre mille ans, ne different en aucune facon de 
ccux que nous cultivons aujourd'hui. 







; 












A 






■ 


















r ■ * 






CHAPITRE XIV; 









Des bids d'hiver ou cCautomne 







Des lies de mars ou de print emps. 






♦ ■ 



En general, les lies ne sont pas sujeisa geler, a nioins 
que le froid ne soit tres-considerable, et encore faul-il 

J 

des circonstances parliculieres pour que ceux qui oni 616 



















■ K 





















/ 



p 






HI 






■ 







( 220 ) 

rlepuislonglempsdansun payspuissent perirpar 



de narlie des bles ful d 



a 



p 



mah parce que , a la suite d'un degel, le froid reprit su- 

■ 

bilement avec force, tandis que les terres etaient encore 
trop humectees et que les grains furent, pou 



pris dans la glace. L'hiver de 



i 



; 



88 a 



i 



j 



89 fut 



plus rigoureux, puisque le maximum du froid 



d 



P 



6 



9 



I pendant les grandes 
c'est que la terre fut 



P 



P l 



de resister aux gelees et ne presentent, d'ailleurs, aucun 
caractere qui puisse les fairc reconnaitre, que la disiinc- 

tion des froments en Lies d'automne el en hies de mars 
iTa paseteadmiseparTessierPIl est permisdele croirc; 
car voici comment cet auleur s'exprime a ce sujet (1) : 

cc La distinction des Lies en froments d'aulomne et en 

1 



froments de mars estchimerique : voila pourquoi jen'ai 
pas cru devoir en faire mention. Tons les froments, sui- 
\anl les pays, sont ou de mars ou d'automne. lis passent 
tous, avec le temps, a reiat.de bles d'automne oude bles 
de mars , comme ie m'en suis assure. II ne s'agit que da 






pe 



plus 



5 



rd 



bles de mars, comme j 



bles d'automne, et pl 









(5) Nouveau cours complet d* agriculture 7 t. VII, p» 1 i5, art. Fromcnt* 






i 












t 






( 221 

Ce qu'il y a de certain et ce qui confirme pleinement 
l'opinion du celebre agronome que je viens de citer, 
c'est que, le 16 octobre i836, ayant seme cent onze va- 
rictes differentes de froment , et ayant resseme les memcs 
le 9 mars 183;, les unes etlesautres ontegalemeni bien 
muri leurs grains , avec une difference de dix jours 



d 



P 



P 



qui 



semees les dernieres. 

Celte experience prouve, de la maniere ia plus posi- 
tive, que lous lesfroments peuvent elre semes indiffe- 
rcmment, soil a l'automne , soil au mois de mars, puis- 
que les memes sortes ont puaccomplir leur vegetation, 
les premieres semees dans une periode de deux cent 
quatre-vingt huit jours, parce que la vegetation, dans 
les premiers, est restee, pour ainsi dire, siationnairc 
pendant cent quarante-qualre jours ; tandis que, dans les 
secondes, une fois commencee, eiie na pas ete inter- 

rompue, et s'est accomplie en cent cinquanle-cinq 
jours seulement. En effet, mes premiers bles, semes 
le 16 octobre i836,etaient, en general, murs Se i er aoiit 

le 



suivant et ceux qui n'avaient ete semes que 



', 



o mars 1837 se trouvaient egalement murs le 11 aout 
c est-a-dire dix jours seulement plus lard. Et encore 
je dois meniionner que lous avaient ete semes, ainsi 
que je Fai dit , les uns en automne , les autres 



en 



mars, sans avoir ete aucunemenl prepares a ce chan 

des semis preliminaires, soit avances, 
soit retardes graduellement, ainsi que T.essier dil 



gement p 



d 



pere dans les semailles de ces Lies f 



brusque et sans aucune pi 



) 



puisque j 












. 




































I 




























* M 



; 



I 
























222 



» 



M 

* 

* 

de chaque sorte. qu'un petit nombre de grains que 
je partagcai en deux portions, dont Tune ful semee, 

comme jc I'ai dit plus haul, au mois d'octobre , et 

Pautre au mois do mars de Pannee suivante. 

Tessier a donceu raison dedire que, a hien prend 
tous les fromcnts pouvaicnl etre semes indifferemment 
a Pautomne ou au mois de mars, parce que les m ernes 
sortes sont susceptibles d'accomplir indifferemment et 

egalement hi en toutes les phases de leur vegetation a ces 
deux epoqucs si differenlesen apparence, seulement les 
produits que donnent les premiers semes sont beaucoup 
plus considerables (i). 

Cenendant nresaue ions les cnliivnfpnrs rip 



\ 



d 



profes- 



froments d'automne ou d'hiver, et ccux de mars ou de 



d 



* 

nombre n'est fondee que sur ee que certains hies sup- 
portent moins bien les rigueurs de l'hiver que d'autres 
et sur ce qu'il y en a qui paraisscnt demander plus de 



pour p 



les 



especes nominees par Linne* triticum compositum et tri- 
ticutn turgidum. La derniere de ces especes comprend 
beaucoup de varietes connues vulgairement sous les 
noms de poulards. Les semis de ces deux especes ne 
pourraient pas etre retardes autanl que celui 
sieurs autres-, mais , fails dans les premiers jours de 



de plu 



P 



d 



ralivement aux hies semes en octobre. 




Poy. le tableau n. 2, p. Si 



















( 22 




L'espece 



hyb 






5 



(froroent d'hiver) a rfonne un grand nombre de varietes 
qui sont aujourd'hui plus repandues que tous les autres 
b!es dans la grande culture, el qu'on seine, en general, 

■ 

a Pantonine j mass elles fournissent aussi des varieles 

m 

aux Lies dits de mars, varietes qui n'offrenl aucune 
difference avec les memes sorlcs qu'on est dans 1' usage 
de semer avant Fliiver; c'est seulement une habitude 

qu'on a fait prendre, depuis plus ou moins longlemps 
a ces varietes, qu'on a rendues ainsi prinlanieres. 

Quant aux sorles qui apparliennent au trilicum cesii- 
vum de Linne, ce sont elles qui fournissent plus par- 
ticulierement les verilables varieles de printemps, 
connues sous les noms de tremois , de ble de quatre- 
vingl-dix jours, de ble demai, elc. 

Pour revenir aux bies dits d'ailtomne ou d'hiver, il y 

a une consideration importanle qui n'est point a negli- 

ger, c'est que, dans les nombreuses varieles que nous 
connaissons, il en est qui, lorsque le froid a une certaine 
iniensile, le supportent moins bien les unes que les au- 
tres. Peut-on crosre aussi que, selon Fetal de vegetation 
dans lequel se trouvent les bles, ou selon les circon- 
slances dont ils sont environnes, iis peuvent souffrir ou 

_ 

meme perir pendant un hiver, tandis que, durant un 
autre, ils bravenl ses rigueurs? Cest ce qui me parait 
tres-vraisemblabie d'apres mes propres observations. 



N 



/ 



Ainsi, au mois d oclobre 1806, j ai seme cent onze va- 
rietes de froment, comme je Fai dit ci-dessus, et 
il n'en a gele qu'une seule. Au contraire , sur cent 
soixante-quinze varietes semees depuis le i4 Sep* 

tembre i84o jusquau 16 novembre suivant, trente- 






I 





































I 


















rf 



■ 







J 

i 

I 




















































(224) 



■ 

gele au quart 



toutes les 



• f _ 9 



de dire, a ce sujet, q 



varietes, qui ont gele 



pendant i'hiver de 



1 






84 1 , venaient dc m'etre cnvovees d 
e , et que plusieurs provenaient des 



de 



russes de la mer Noire : tels eiaient le ble dlrka, le Lie 
dur de Taganrock, le ble dur d'Odessa etc. 



culier que fe 



P 



l 



836 



av 



ce Lie a consiammeni gele lous les hivers dcpuis ce 



ps, et je n ai jamais p 
5 au mois de mars. 



■ 

Je liens aussi de M. Vilmorin qu'il a vu , il y a vingt 
etquelquesannees, une variete de froment qui, a cause 

u>.e des Lies qu'elle produisait, se repandit dans 



d 



point qu'il y 



_^ 



Ce 



sieurs hivers sans en souurir, lorsqne celui de 1820 fut 
tenement desastreux pour lui, que la plus grande partie 
de ce ble fut gelee, et que lous les culiivatcurs qui n'a- 

vaient seme que cello sorte eprouverenl des perles con- 
siderables. 

En definitive, quoiqu'on soil fomle a dire que la 
plus grande panie des Froments affronle les gelees de 
I'hiver sans en souffrir, et que, sous ce rapport, on ne 
pnisse elablir d'une' manierc precise la division de ces 
grains pour les dislinguer en Lies dhiver et en bles dc 
printemps, on voil cependant que, lorsqu'il s'agit d'ad- 

meitre une variete nouvelle dans la grande culture dau- 















: 









225 



1 



omne, on ne doit le faire qu'avec la plus grandc cir- 



conspcciion. 



i 



CHAP1TRE XV. 



Dc Tcpoque h plus convennlle pour faire la recoltc des 

* 

fromenls. 



La question de l'epoque la plus convenable pour faire 



P 



agronomes dc I'anliquite de meme que par les rno 



de 



rues. 



( 



q 



fo 



q 



grains en soient ahsolumenl durs et des qu'ils rommen- 
cent a tirer sur le rouge, afin qu'iis grossissent dans 
Faire; « car il est constant, ajoute-t-il, que, lorsqu'ils 
sont recoltes a temps, its prennent de 1'accroissement 

* 

par la suite. » 

Pline a adople en eniier la maniere de voir de Colli* 
melle, et il dil meme, a ee sujei, « qu'une maxime que 
les laboureurs regardeni comme un oracle, c'est qu'ii 
vaut mieux faire la moisson deux jours trop lot que deux 
jours trop tard (2). » 



p : 



pinion des anciens sur les avantages des re'coltes 
reinaturt-es, apres avoir etc ouhliee pendant des sie- 



ves, a ele de nouveau reproduce par les modernes ;'e\ 

























(1) Liv. II, chap. 2?. 
(a)Liv. XViU.chap. 3o 



x5 



/ 


















. 



- 










































( 226 ) 

parmi ceux-ci, M. Coke, riche proprietaire ct agronome 
anglais, a principalement soutenuque, par la moisson 



d 



d 






alterees, que !a qualite de la paille pour la nourrilurc 



des be* 
recolte 



5 



pi 



raises a Fabri des de 



que 




peuv 



sionner^ et que les frais en elaient aussi d 



s 



1 



pi 



de farine q 



P 



Cc dernier 



9 



d'ap 



selon 



01 



5 



que 



plus belle apparence, ct la preuve en est, 

is le commerce, ses grains et ceux dc 



da 



P i 



d 



parf; 



• . P 







Cependant un compatriote (i) dc M. Coke, tout en 

chant de Tavis de cet agronome, dit que, apres avoir scru- 
puleusement examine les resultats d'un grand nombre 
d'essais, ii a juge que la difference de qualite entre un 
ble recolte completement miir, et un autre recolte douze 



a 



qualorze j 



la maiurile 



? 



d 



1 a 



3 



pour 100 en faveur du ble miir. mais qu'il n'avail re 



marque aucune difference lorsque le ble recolte prema 



E 



? 



ivait ete que six a fauii 

plusieurs cullivaietm 

pes dc la question des 



(0 F'orez la lettre adressec au redactcur du Former s Magazine sur 
la moisson aux diverses epoqucs de la maturite. (Extrait tradtiit par 



4, G. Fawtier, dans les Annates de liorille, t« V, y 



a66 k 374 e ) 

















I 



( mt ) 

s MM. de Dombasle (i), Feburter(a) 
de Villeneuve (3) 4 qui se sent pro- 



nonces pour cette methode. 



premiers de ces auleurs app 



n 



d 



IBS, 



d 



p long de rap- 
com mo preuve 




sciences et arts du deparJement du Nord, desqueks il 
resulteque, depuis plusieurs ann-ees, un certain nombre 
de cuhivaietirs, dans ce depariement, coupent Iturs 
grains avarit leur pirfaile maturite, et qu'iis nc suiveni 
celle pratique qu'apres avoir compare ses avantages et 
ses ineonvenients. 



Les r 



fa ire red 



d 



grands vents et d 



moins parlielle de la recolie, lorsqu'elleest difleree jus- 

qu'a la parfahe maturite; oar, scion ses experiences, les 
bles reeoltes avant iia maturite presenlaient un grain 
luinanl, bien pit-in el de plus belle ventc que ceiui qui 
est recolie mur, ma is ils pesaient 2 kil. 1/2 a 4 kil. 1/2 
de moins par hectolitre. ]| eiii etc curicux de voir dans 



d 



latent pas individuellement plus gros, plus pesants cl 
moins nombreux dans rhecloliire, ce qui aurait pu ie- 






T»* 



(i) Voyez les Annates de Roville , I.e. 

(2) AL moire sur la nutrition des plantes ctla coupe prematuree de$ 
lies (octobre 18^2). 

* 

(5) Observations sur la question de la coupe ties lies a^ant leur par- 
faile maturite; dans les Annates de I 'agriculture JrancaUe r aerie 

















































;l 












( 228 ) 
blir la balance entre les deux, ainsi que 



pi 



A la fin du memoire de M. de Villeneuvc r Bosc a 



a 



PP 



M 



ci de laquelle il resullerait, au contraire, que les grains 



d 



coupes avant lcur complete maturilc, 



d 



d 



ien; 3° 



n 



ladite fa 



rifle esl plus lourd et plus sucre. 

line chose interessante a savoir, c'est dans quelle pro- 
portion se trouvelc gluten cornparativemenl a Famidon, 
dans la farine provenanl des bles coupes premature* 
men!, el dans Sa farine faile avec des bles recoltes par** 
fakement murs. 

Au reste 5 cette question est loin d'etre complelement 



J "gee 



5 



plusieurs points importan 



cir f par exempl 



i 



Si les grains recoltes avant la par 



•cnt acquerir rcellemenl !a memo grosseur el pc 
sanlcur que ceux qu'on laisse attaches par leurs racincs 



peu 



? 



p 



7 






de noids 



ei Pline; 



2° Si les qualitcs de leurs farines respeclivcs sont les 



xnemes, ou ss? comme le 




tt Ijosc, la farine des bles ini 



T 



parfaitement murs est sujeite, lors de la fabrication du 



© 



pain, aux inconvenien 



is d 



ont i" 



I parle 



3 



3°Si, comme FavanceM. Coke, au contraire, les grains 
des Fromcnta recoltes quelques jours avant la maluritc 

contienneni moins de son et plus de farine ) 













' 




( 229 

4° Si les blcs coupes prematurement no sont pas plus 

sujets a procluire des grains caries que ccux qui n'ont 
ete recoltes que parfaiiemenl murs, plusieurs a.jjricul- 
teurs rccommandables .avant si«nale comme line des 
principals causes dc la carie Femploi pour semences do 



grains qui n'elaienl pas completemcnt miirs 



) 

5° En quelies proportions laquantile de gluten pent 
varier dans les uns et dans les au!res. 

Ouanl a la paille recoltce encore un pcu verte 
pas douteux qu'elle doit etrc plus savoureuse, 



it n'cst 
et fa ire 



par consequent un meilleur faurragej mais cetle raison 



precicuse et la plus chere, devait en souffrirr 
Pour ce qui est de la crainte des greles , 



P i 



s 



cles ouragans 



pheriques^ do 



ppement subit p 



ecr 



amiantir, point de doute que c est un motif bien capab 

de determiner a avancer la moisson , mais encore fau 
il ne la pas trop precipitcr. 

Enfin jc crois que la matiere est de la plus haute im 
porlance et quelle merite bien que de noiiveiles expe 
riences soient faites a ce sojef^ en ayant egard a toules les 



derations 



c 



pari 



J'avais eu l'intention, lors de la recolte dcrniere (cello 





















(i) II importe de ncfaire la recolte des ccre'ales que lorsqucllcs sont 
parvenues a one parfaite maturite, surtoutla parlic quVm destine a 
eire employee pour semence; car, ainsi que je I'ai dit ci-devant, dans 
les bles eette parfaite maturite' de la scmence est essenlieUe pour pre- 
Tenir Sa carie; d'aillcurs le grain recolte tres-mftr donne toujours 
plus de farinc, d'amidon et moins de son que eclui recolte avant sa 
perfection, (Economie theorique et pratique d 'agriculture, park 
baronCrud, t. II, p. 28-) 







'• -' ■ ■■*■; 



+ t 



















( a3o > 

tie 1 8,p), ifUT, en general, a etecompletementterminee, 

aux environs tie Paris, avant la fin de juillel, de faire 
quelques essais sur ce sujel, el j'a vais, a eel effet , recolte 
premalurement un certain nombre de varieles de fro- 
ment, le 27 et le o^jukii, avee .'intention de laisser 
les memes sorles buit a dix jours plus lard ; ma is je n'ai 
pu executer ce projet qaen partie, a cause des moineaux 

qui menaeaient de tout devorer. Sur quelques vat ietes 




•^ • 



que j ai pu sauver, le poids des grains, a ces deux epo- 
quesdifferentes, aetea pen premie meme- dans quelques 
autre**; il ya eu 5 h 10 pour looen favour des bles que j'ai 
recoltes les derniers. II est vrai de dire que, n'ayant pas 
beaucoup de chaque sorte, je n'ai pu former que de pe- 
tiles poignces dVpis de mes bles lecueiilis les premiers , 
et non des gcrbes amoncelees en las, dans lesqueU les 
grains auraient pu se perfectionner en emprunlant aux 
pailles le reste de seve qu'elles pouvaient avoir encore; 
car cest probable-men t ainsi qu'il faut entendre ce que 
les anciens ont dit des bles qui gagnaient dans Faire 



9 9 



apres avoir eie coupes 









C1UPITBE XVt 



De la faculle ' germinative du froment , et de sa 

prodigieuse vitalile. 



■ ; 






Les auteurs qui ont parle de la faculte germinatr 
du Froment ne sont pas d'accord sur le temps dura 



lequel elle peut 



L 



des pi 






^ 












Plinef 



i 



( 23l 

dit que la meilieure semence cle bl 

ae celle qui a deux ans n'est pas si 



9 



q 



de trois ans elle est pire encore , ct qua quatre ans die 

devient sterile. 

Cependant Dahamel (2) assure, comme enayant fait 
l'expericnce, que du froment garde pendant dix ans 
dans le liroir d'une commode avail leve. Le meme au- 
teur rapporte que Lullin de Chaleauvieux ayant seme 
trois quarts d'once d'un ble qu'il avail conserve avec soin 
duranihuit annees 9 cetle semence avail leve assez Lien 



d 



o 



Tessier (3) 5 apres avoir dit que le froment recoke 
bien mur et soigne couvenablement conservait long* 



b 



que 



celui des deux a trois dernieres recoltes pent servir pour 

* 

les semences comme celui de la dernierc. 

Dans la pratique ordinaire, les cullivateurs ne sement 

guere que du ble de la precedente recolte, et ce n'est que 
lorsqu its y sont forces par quelque circonstance parti*- 
Ctitiere qu'iis prennent, pour leurs semences, celui do 
deux ans 5 ils craindraient, en semant du ble plusvieux, 
qu'il ne levat pas. 



Trouvant 



» 



pres 



gnage 



u 



PPOS 



qu'il existait encore trop dlncertitude a cet egard s j 
cru utile de faire quelques nouvelles experiences po 



plus pos 



) 



combien do 



ps le froment 9 place dans les circonstances les pi 















(i)tiv. XVIII, chap. a*. 

(a) Elements d 'agriculture % %. I, p. 268 

(3) L> c, art. Froment, p. 121 . 

























* r 















; ! 






h 





C a3a ) 

(Fectivement conserver la prop 



ft 9 P 



de rentier. 

M. Barblay jeune, que j'ai tleja eu occasion de citer, 



cl 



d 



nombre de fromenis qu'il avail conserve's dans des bo- 
caux depuis neuf a dix ans, j'en ai seme, a la fin de fe- 



84 



d 



d 



pend 



varieie et 

■ 

La lerre 



d 



L'annee suivanle, j'ai seme de nouveau mille onze 
grains de douze aulres varieles des memos bids, el de 
ce grand nombre je n'en ai vu que irois sonir de lerre. 

Dapres cela il doil eire bien prouvc que la facuile 

germinafive esl eteinte dans du ble recolle depuis neuf 

a dix ans, car buit grains qui oni leve sur seize cent 
onze peuvent elre consideres comme mils. Mais, crai- 
gnanique la date desbiesque M.DarbSav m'avait domiM 



r* % 



P 



P 



re co lies, ainsi que je vais le dire. 

Au commencement deseptenibre 1839, j'ai seme (rois 
cents grains de (rois varieles de fromeul de ma recolle 
de 18J4, el ayanl par consequent cinq ans. De ce nom- 
bre, il n'en a leve que quaranle-six en lout, mais la per- 



d 



d 



lisse, il eslsoni de terre quarante el une ligcs, lan- 



de ble d 



duii q 













( 253 ) 

grains, appartenant auble blancde Hongrie, n'ont rien 

donnc clu tout. Ainsi la Faculie germinaiivc etait presque 
a moilie eonservee dans la premiere variele • eile ne res- 
tail pas tout a fait au septieme dans la seconde, el elle 
se trouvait entitlement abolie dans la troisieme. 

A vant rcsseme, an commencement de mars do I'annee 
suivantc, trois cents autrcs grains appartenant par par- 
ties egaies au ble de mars barbu de Toscane, au ble he- 
risson el au poulard blanc lisse, ii a leve cinq grains du 

premier, irenle-neuf du second et dix-huit du troisieme, 
en tout soixanle-deux. (Test comparativcment plus- quo 
pour les premiers trois cents grains semes six mois 
plus tot. Cependanl le poulard blanc lisse n'adonne que 
dix-huil tiges au lieu de quaranle el unc, et dans le 
dernier semis que j'ai fait de ce ble, en octobre de cette 
annee (i84^), el qui avait par consequent butt ana , ii 
n'a pas leve un seul grain sur cent trenle-six qui me 

reslaient et que j'avais mis en terre. 



J'ai repele les memes experiences en 1840 et i84t, 
avec trois autres varietes recoltees en i835, et avcc le 
meme nombre de grains 5 elles m'ont presente, a peu de 
chose pres, les memes resuhats. 

Cependant, corame je viens de le faire observer, cer- 
taines varietes conservent bien plus longtemps les unes 
que les autres leurs proprieles germinalives, et ce n'est 
pas en raison de lcur volume et de leur pesanteur ; car, 



dans une experience autre que les precedences, et que 



• •• 



je ne rapporle ici que sommairement pour ne point iron 
alionger eel article, sur cent grains de ble carre de Sicile 
de ma recolte de i835, et ayant par consequent cinq 

ans ct demi quand ils furent semes, a la fin de fe- 












































































































i 





















I 















I 






k 









(=54) 



84 



denize, Jan d is aue d 



d 



cent grains de ble geant de Sainte-Helene, 

age et semes a la meme epoque, il n'en est sorti de lerre 



ble en g 



dcrniers fussent presque d 



Mais la facuhe germinative du ble carre de Sicilelui- 
meme a des bornesj car, ayant seme en ociobrc der- 
nier (1842) deux cents grains de la recolle de 1834, 



par consequent huil ans et d 




pas ieve un seul. Cent vinfft et quelques grains de deux 



du meme ag 



Enfin 



? 



pendant cinq jour 
de la Trinile et la 



a la meme epoque , j'ai term submerges, 

enliers , deux cents grains de ble 



quanlile de ble blanc d 



Hongrie , recohes tous deux en i835 



sans 



que 



l'embryon se soit developpe dans un seul, tandis que, 
dans cette sorte d'epreuvc, il ne faut que deux jours 

pour que Ton puisse voir l'embryon percer les teguments 
a la base du grain et se faire jour a travers. Tous ces 
grains se sont seulementuniformement gonfles, 



forma 
ppare 



lfles, et leur 
sorte de bouillie , mats sans la 




doit done etre prouve, d'apres ces d 




9 o 



penen 



> 



bout de quatre a cinq ans de 



1 



es 



rcprod 



'i 



q 



perd 



cer 



lames sortes, le ble blanc de Hongrie par exempt 



fait perdue a celie epoque, et qifenfin, a sept 



liuitans 



> 



dans ie plus grand 



des 



Si 



des grains du frome 



y 1 



^MH 









( a35 ) 

teint entierement apres un laps de sept a huit annees, et 
meme plus lot, selon les especes et les varieles, ces 
wains, lorsquils n'ont encore qu'un an on deux, 
jouissent d'ailleurs de la proprietede pouvoir regermcr 
apres avoir ete desseches poslerieurement a leur pre- 
miere germination, pourvu, toutefois, que celle-cin'ait 
pas ete poussee trop loin. Les grains du iromcnt, d'apres 
Theodore de Saussure (t), qui a constate ce fait impor- 
tant, sont capables de resistor a plusieurs alternatives 
de germination el de dessechement , et si dans ces 
differentes alternatives les radicules ont un peu trop 
pousse, eiles ne se retablissent plus : mais cela ne s'op- 
pose pas a la vegetation de la planle; il en pousse de 
nouvelles, quoique les grains aicnt ete soumis a une forte 
dessiccation, comme celle d'une temperature de 35 a 
70 dcgres centigrades. Cette vitaiite robuste est vrai- 
nient prodigieuse, et on serait bien ingrat, selon M. de 

Saussure, de n v y pas reconnaitre Inattention bienfai- 
sanle de la Providence pour la nourriture speciale de 

riiomme. 

Cette precieuse facullc du froment explique comment 

ses semences se eonservent quelquefois plusieurs mo is 
en terre sans lever, ainsi qu'on le voit dans les annees ou 
les semailles sont faites dans une terre seche, et ne Sais- 
sent pas ensuilc d'aceomplir fort bien toutes les phases 
de leur vegetation. 

J ai verifie ce fait en meme temps curicux et d'un 
grand interet, et le ble que j'ai seme, apres avoir subi 
cinq germinations successives et autant dedessiccations, 



(«) Annates de I 'agriculture francaise , 3*sc'rie, t. XL11I, p. :o5. 













































/ 























W! 












. 



I 



























\ 



] 
























■ ■ » 



• ■ 






(»56) 



temperature de 



i 



degres R 



jours d'intervalle, n'en a pas moins bien pousse dans la 
proportion de 80 sur 100. 

J'avais commence, en iS36, des experiences pour 
connailre la profondeur la plus convenable a laquelle il 
convenait denterrer les grains de froment pour en ob- 
tenir la meilleure germination possible-, mais ayanl seme 

le , a 20 lieues de Paris 



S 



P 



d 



M 



J 



Barran a fait les mernes experiences, et, n 'ayanl pas 
repele lesmienncs, je vaisdonnerun exlraildessiennes = 
Selon cet agronome (i), les profondeurs les plus favo- 
rables pour la germination du . froment sont de 



1 a 



( 



a 



que ceux qui le sont davantagc, el lous ceux qui sont 

reconverts de 6 a 12 polices (167 a 334 millimetres) de 



P 



Dans l'etat ordinaire, la germination complete du ble 



d 



P> 



unechaleur de 18 a 20 degres Reaumur, les Lies sorlent 



d 



h 



faud 






considerable, ils ne leveront quen seize a vingt jours. 



embre 



(1) Voyez 1c Repertorio d'agricoltura, srptembre i836, et les An- 
nate de la Societc royale d'horticullure de Paris , t. XX, p a ioS. 















. 



• v. 











V 







237 

quand il y a souvent de petiies gclees le matin, les Lies 
ne sortent miere de terre avant un mois ou six semaines 



P 



es y avoir ele mis. Enfin, lorsque la terre reste eon- 
stamment gelec, aussiiot ou pen apres les semailles faites, 
ou qu'il ne degi-le qu'a dc courts intervalies, les Ides 
peuvcnl resler en terre jusqu'a. la fin des gelees avant 
qu'on ne les voie pousscr. Cost cc qui m'est arrive dans 
l'hiver, de i84o a 1 84 1 , oil plusieurs varieies de Lie, que 



•* 



J 



avais semees le 16 novembre, n'ont commence a lever 
M uc vers le i3 fevrier, ou pres de trois mois apres. Tes- 
sier rapporle que la meme chose arriva dans l'hiver en- 
core plus rigoureux de 1788 a 1789. 

J'ai voulu connahre la plus basse temperature a 
quelle il etait possible au froment de germer*, en conse- 
quence, j'ai seme dansun vase, le 25 decembre i84h le 
thermomctre n'etant qu'u quelques clegres au-dessus de 
zero, cent grains de ble richelle blanche, et, la .gelee 
etinl survenue le i er Janvier suivant, jVi renlre, dans 
une chambre sans feu, le vase dans lequel mon ble 
etait seme. Le froid ayanl continue les jours suivanls, 
et le thermometre exierieur ayant marque plusieurs fois 
dans son maximum sept a neuf degres au-dessous du 
termedela congelation, celuidelachamhredanslaquelle 
etait Its vase avec le ble s'est abaisse au minimum a 1 et 



demi et 2 degres au-dessus de glace 



4 



vier, il marquait depuis quatre a cinq jours H degres 
trois quarts, lorsque j'ai vu une douzainc de grains dont 



d 



Le 9.5, le 26 et 



du meme mois, pi 



hors de terre, et, apres en avoir compte quarante-scpl a 

quaranle-huit, j'ai cesse 



d 







































■ 






























If 






























i 












238 ) 



quelle plus bass 



temperature il eiait possible au froment de lever. Mon 
experience prouve qu'il lui suffil de 3 degres trois quarts 
au thermometre de Reaumur pour accomplir parfaiie- 
ment sa germination, en trenle jours, quoique d'ailleurs, 

le thermometre durant cet espace de temps ait ele pen- 
dant plusieurs jours settlement a i et demi et i defies* 
Des grains de Lie a Petal de siccite ont ele exposes 
pendant i5 minutes, d'apres MM. Edwards et Colin (t), 



ba 



h 



eie soumis a des circonstances favorables. 



Quanta lalimile d 



vent 



sans en etre alterees, les 



memes auleurs la 



eprouvei] 

fixcnt a' 45 degres ccnligrades; les graines de froment 
ayant parfaitemenl leve dans du sable legerement hu- 



4 



iorsquc la chaleur a ete 



de ces graines ayant a^ 
portee a 5 au-dessus. 

Je viens de parler de la vitalite du froment quant a sa 
germination, en voici une nouvelle preuve. Ceiie vitalite 
est si grande, en gene 
pluies un peu ahondan 



d 



d 



il se change en quelque so lie en plante vivace, crir il 
n'esl pas rare de voir une nouvelle vegetation ee dcv-e- 
lopper au pied des epis qui vont porter ou qui vienneni 
de porter des grains. Quelquefois memc, lorsque les pluies 



(i) De V influence de la temperature sur la germination, lu a FA- 
cadcmie des sciences , le 3 fe'vrier i833 j dans les Annates des sciences 
natureUes, panic botauique 7 t. 1 , a e aerie, p. 267. 












1 

1 

II 1 










( 25 9 ) 

sont frequentes a cette epoque, on voit reverdir ainsi 
line grande partie des chaumes. Je ne sache pas qu'on 
ait jamais pense a voir ce qu'il pourrait arriver de ceue 
nouvelle vegetation $ le seul emploi qu'on en fasse dans 
lea campagnes, c'est de la faire servir au pdturage des 
brebis. 

* 

Dans les premiers jours de juillet i84i> des pluies 
frequentes etant survenues, je vis ainsi one nouvelle 
vegetation surgir a Sa base des tig.es de plusieurs de me 9 
varietes de froment, portant des epis tres-avances. Cu- 



de voir ce que ees nouv.ellcs pousses p 



P 



cher et replanter en pepiniere une irenlaine de ces nou- 
velles pousses. Un pen plus tard, a la fin du mois d'oc- 



pieds q 






rracher pour la second 
provenus et dont plus 



fies. d 




plus de soixante 

en les divisant de nouveau. Enfin, dans les dernicrs 
jours du mois de juin i8Zj2> la plupart des pieds de ceite 
recrueproduisirent cinq a dix epis,, quelques-uns meme 
jusqu'a douze et quinze; ceux qui n'en donnercnl que 
deux et trois furent les moins nombreux. Quant aux epis 
ct aux grains, ils etaient aussi beaux que ceux de la re- 

colte de i84*« 

Cette faculte qua le froment de pouvoir repousser de 

scs racincs memo apres la moisson pent, a plus forte raU 
son, etre appliquee lorsqu'il n'a pas rauri ses epis., et que 
ceux-ci ou les tiges qui doivent les porter se trouvent 
tout a coup brises par une grele qui a aneanti lout espoir 
de recolte. Dans ce cas on voit, le plus souvent el peu 

apres, de nouvelies pousses sortir de la base des tiges, 

















































w 



























exemple 



j 



( 240 ) 

ison n'est pas trop avancee, si Ton n'est, par 
qua la fin d'avril ou dans le courant de mai, 
selon que le climal esl plus meridional ou plus septen- 
trional, ces nouvelles pousses peuvent encore donncr 
des produiispassables; raais, au lieu de les aitendre 11.1- 
urellement, il vaul micux, le plus lot possible a pre* la 



I 



1 



greie, faire faucher les champs d 



/ 



trune vcrd 



3 



q 



mots et demi ou trois mois apres, pourra donner une 
moisson assez salisfaisanie. On a plusieurs exempies que 
ee moyen, employe convenablement , a bien reussi. 



" 



\\ 



t 












,' 












CIIAPITKE XVII 



De V analyse des fromenls. 

En x833, M. Poileau j Tan de nos botanistes-physio- 
logistes les plus dislingues, adressa a TAcademie royale 
des sciences une letlre sur la necessite d'anaivscr chi- 
miquemenl les farines des cereaies autrement que Ton 
ne Ta fait jusqu'a ce jour, afin de mellre eelte partie de 
la science a la hauteur des autres connaissances chimi- 
qucs. Ce savant, en indiquant dans sa letlre (i) les diffe- 
rences qui se irouvent enlre les prineipes constiuuifs de 
rcmbryon et ceux du perisperme dans les cereaies, de- 
mandait que de nouvelles analyses fusscnt faiies pour 
les recounaitrc d'une maniere plus precise et plus exacle 
qu ils ne Font ele jusqu'a present. 

Pies de dix ans sont ecoules depuis que 3YI. Poileau a 



(1) Annates de la Societe d 'agriculture da Paris, to XI V ; p 8 








V 

























^■^^^^^^■^^^^^^^^^■B 


















( M* 




q 



ment 1c voeu qui! emettail n'a pasele rernpli, mais, de- 
puis ics analyses dos farines faitcs par Vauqueiin (i) il y 
a plus de vingt ans , je ne sache pas qu'on ait ricn en- 



travaux parliels et isoles 



d, si ce n'est q 



Tel emit Fetal ties choses lorsque ie priai M. Jules 
Rossignon, jeune chimisie deja recommandable par d'au- 
tres travaux du meme genre, de vouioir bien faire I'ana- 

lyse d'un certain nombred'especcsouvari.eiesdefromenij 
mais, lorsque je lui fiscelle demando, j'avais perdu 



d 



c 



! 



e sorte que 



les analyses que M. Rossignon a faites el qu'il m'a com 
muniquees ont toules esc praliquees par un procede qui, 
lout en difierant de Fancies!, n'est pas cepentlanl celui 
que proposait M. Poileau (2). 

« L'analyse des grains, me dil M. Rossignon 



en me 



... :i 



communiquant son iravaii a ce sujei, ivstatt encore 
a (aire. Nous possedons Lien, ii est vrai , quciques 
analyses de farine que Von doit a Vauqueiin • mais ieur 



(1) Voyez restrait que jYn ai donne ci-dessus, dans la note de la 



page 1G8. 



(a) I/ancien proce'de employe paries chimistes consistaifc a faire 
('analyse des fori des sans avoir egard a la constitution des grains L'a- 
nalyse des grains avail meme cie regarde'e commc pcu praticahle ; re- 
pendant , sans prendre isolcmcnt chaqtic parlie du grain pour en faire 
l'analyse, re quidemanderait un temps immense et des soins lelsquc, 
jiisqu'ici,, cela ne nous scmble pas possible, M. Rossignon a pris une 
certaine quantitc' de g-ains qu'il a soumis a une analyse autant rigou- 
reuse que lVtat act ud de la science puisse le permettrc. Les farines 
variant entre elles par le degre de finesse et la quantile de son , on 
coneoit aisement q-i'ellcs donnent des resultats variables a l'analyse, 

resubats sur lesquels on ne peut pas fonder la qualite re'elie du bid 
dent on les cxtrait. 



> 



16 


























v t 







CHAPITRE XVIII 



Co 



nsi 



die ml 



/ 



ions genera 




les 



*> 



w 














( *i* ) 

mombre est irop reslreint, et ellcs ne sont pas suffisantcs, 
l/anaiyse (Tune farine ne saurait donner exaetement la 
composition du Lie qui l'a fournie. II y a farine de pre- 



miere el de seeonde mouiure , farine de gruau , etc. II est 
bicn important de connaitre tres-exactement de quoi se 



compose telle on ielie espece de bid 



• # * © 



Not 



re intention 



n est pas 



de d 



onn 



er au Icrmicr \xn moyen facile, grossier, 
d'essayer par lui-nieme les grains qu'il doit confier a la 

Qtqu'a present nous ne prevoyons pas que ce 



lerre 



moyen puisse jamais elreempioye; inais nous vouions 
etudicr dans le laboratoire ees varieles si nombreuses de 

grains dedaignees par nos culiivateurs. Nous vouions, 
avee cellc precision et cette exactitude que donne la pra- 
tique du lahoraloirc, indiquer ce que chaque espece 
contient de gluten, d'amidon , etc, , et, partanl, Favan- 



tagc qu on peut larer de sa culture 



d 



ll 



* * o • o 



II esl 



P 



eu uc 



d 



P ! 



antes noui 



P 



lesq 



ucues on a moms 



fait 



que noui 



1 



P 



le b 



e 



il semble qit'ii n'y ait qu'a le jeter sur le so 



I et 



1 



a iui 



ire 



o 



Po 



tisse* si lu veux 



t*w c © © t 



L 



es oeux 



lab! 



C O ft 



eaux ci- joints 



J 



donncnf ranalyse de yingt-cinq espt'ees ou varictcs de 
fi'omcnt. » 




























L 



orscjiie j\*ii commence a m'occuper de la c 



uli 



ure acs 



cS 



cereales et principalement dc celle des fro men ts, je ne 



m attcndais pas que je serais enlraine si loin au s 



uiet d 



es 



observations que ces planles devaicnt me fournir. Je 

ne pensais pas non plus que cela me eonduiraii a m'oc- 



























tmmm 



■i 








\ 






.- 







ht0 -'frameitt*. 



(Tableau 




o 



*0 



\ 






Page *4s. 




O tf 



ESPECES ET VARIETES DE FROMENT 




Ble de la Mongolie chinoise, de la recolte de i$4a (triticum turgidum, Lin.) 



Ble de miracle, de la recolte de i84a (triticum compositum , Lin.) 



■ 

Taganrocknoir,de la recolte dei84a(£riricMifi£Mr^/rfiim, Lin.). 

Ble' tendre de Marianopoli , du commerce de Marseille, dej la recolte de i84o {triticum 
hybernum , Lm.) . 

Saissette de Provence on d'Aries, re'coltc'e en Provence, en iS42 (triticum ctstivum, Lin.). 






Richellc d'hiver de Grignon, recoltee a Grignon, en i842 (triticum hybernum, Lin.). 
Richelle de mars de Grignon, de la rdcolte de i84i (triticum hybernum , Lin.) . 



Lin.)- 



* 

Ble d'Essex a balles blanches, de la recolte de i84a (triticum hybernum, Lin.). 
Ble commun, recolte aux environs de Dreux, en i84a (triticum hybernum, Lin.) 
Ble de Portugal (de ce pays meme), de la recolte de i84s. 



Mongo-well's wheat, recolte en Angleterre, en i84o (triticum hybernum, Lin.) 



Ble* blanc d'Ecosse, recolte en Angleterre, en i84o (triticum hybernum, Lin.) 



Gluten. 



>0 



»7 



»7 



»7 



>7 



16 
16 



Petanielle blanche velue f recoltee aux environs de Dreux , en i84a (triticum turgidum ,1 l6 



i4 



i3 



i3 



11 



» 



»i« 



9 



1/9 



3/4 



./» 



»/» 



» 



Amibok 



Albumine. 



4 



% 



3 



el 

Cellulose 



«/» 



•A 



V 



1/4 



V 



i/* 



» 



» 



» 



7» 



80 



*o 



,8 



80 



80 
81 



80 



81 



84 



84 



86 



87 



» 



» 



» 



» 



» 



i) 



» 



j/a 



Dextrike 



9 



» 



» 



» 



» 



» 



» 



>/» 



1/4 



>/4 

i/4 



»/»■ 



i/4 



i/t 



,/a 



,/a 



Matieres 



Sucre. 



*> 



20 



» 



1/4 



>;* 



» 



» 



p 



*/« 



1 



9 



» 



- 



»/» 



BRASSES 



a 






BT 

*ooo 



d f 

4 ouo 



I 



» 



I 



traces 






» 



Matieres 

MI?iERALES 



1000 



i 



4 woo 



jubo 



4 
3000 



1UOO 

a 

a 000 



t 

1009 



1 vv# 



I 
1 000 


















OBSERVATIONS, 




Cette espece est remarquable par la grosseur de ses grains tenures et transparents ; elle contient 
tin peu plus de gluten soluble que les autres. Contient peu de son et fournit une farine bise, j 

Ce ble est tres-riche en gluten et en albumine. 

L'analyse de ce ble' a deja c'te faite : celle que nous donnons aujourd'hui differe peu de Fanalyse 
connue. 

Petits grains, tres-peu de son, beaucoup d'albumine. 

Pctits grains derai-durs, belle farine. Espece tres-estimee en Proyence. 

Ces deux ble's appartiennent a la meme variete' : Tune a ete semee en mars i84t, et renferrne 
peu moins de gluten que la Richelle semee en octobre i84i et recoltee a Grignon en i84a. 
remarquc , dans cette difference , l'inUuence de la temperature de 1 annee i84a. 

}Ce ble est venu dans un terrain calcaire. Cette particularity influe, comme onle volt, sur la 
quantite du residu mineral, ll contient un peu de sucre cristallisable. 



un 
On 



Ce ble a cte eultive dans une terre calcaire. 

Renferrne une quantite de matiere huileuse assez notable. 

Cette esnece anglaise est remarquable par la sareur sucree dews grains; l'analyse explique , 
d'ailleurs, cette anomalie. La farine est blanche et doit donner un pain ires -saroureux. Tres-atta- 
( quable par l'alucite. 

Tres-tcndre. Farine d'unc blancheur remarquable. 






J ■ *lt*- 



1 " 






; 



•\. 



: 







i>c$ 




'0m mU 



'< 



(Tableau 




o O 







. 



ESPECES ET VAUIETES DE FROMENT 



C 



.-..-- 






■ 






Ble carre de Sicilc, de la recolte de i83? (triticum hyhernum > Lin.), 

■ 

Ble du Caucase, de la recolte de 18.2 (triticum cestivum, Lin.). 



Saissette de Sault , de Ja recolte de iB fa (triticum cestivum , Lin) . 



'! 



Ble geant de Sainte-IIc'lene, de la recolte de i83G (triticum turgidum, Lin.)* 

- 

Ble de Fellenberg , de la recolte de 1 84 a {iriiicum cestivum, Lin .) . 
Franc ble de Chilians , de la re'colte de ? 84 2 {triticum cestivum, Lin .) . 
Ble rouge de Saint-Lo , de la recolte do 1 8I2 (triticum eestisum, Lin ^ I 

I 

Ble d'AlIemagne sans barbes, recolte a Toulon en i84a (triticum hyhernum, Lin.) a 
Ble mcunier du Comtat, recolte a Toulon en i842 {triticum hyhernum, Lin.) e 
Ble dc Bengale , de la recolte de i842 (triticum cestwum 9 Lin.), 
Ble de Saumur, de la recolte de i83g (triticum hyhernum , Liu,) , 



( Ble blanc de Flandrc, de la recolte de j836 (triticum hyhernum 



9 



c I • 




Gluten. 






' ■ 






■ 



. V 









l> 



» 



to 



■ 



Albumine. 



w 






I. 



• 



Ami don 



Cellulose 






» 






Dextrine. 



< 



H 






- 



n 



■ 



n 



■ » 

Tous les froments dont nous donnons, ici ct d'autrc part, Fanalysc onl ete cultivcs a Paris, execptc 



?>& 



Sucre. 









& 



» 



» 



1 > 



■ ■ 






Matieres 



GRASSES. 



i Cutf 



/ 



2> 



» 



S 



Matieres 



MIKERALES. 






eux qui ont uno indication particuliere 






OBSERVATIONS, 






■ m i 

Cette variete parait re'unir les qualile's les plus essentiellcs des ble's; cVst la plus complete en 
elements. Kielie en gluten, en albumuic, die donne une lurine savoureuse etqui doit fournir un 



excellent pain 



. - 



■ 

Se rapproche de la varie'tc prccedente. Donne une quantite notable de matieres grasses. 



■ 



Le re'sidu donnc une quantite notable d*ozyde de cuivre. 

■ 

Farinc blanche ct sucrce. 







Ble tendre. Residu ferruginoso-calca 



ire 












■ r « j 















/ 







24 3 ) 



d 



, 



i pros aux 



plus gcands intereis de i'agriculture, el je no soupcon- 
nais pas surtout que les considerations que j'aurais a 



presenter mc donneraicnt I'occasion cle soulever pla- 



d 



importance 



• 



;> 



pas dVbord le desseia d 



• 9 



ivrer a no. 



i 



travail aussi ctendu; je ne voulais quetudier. 80U3 lo 



» 



rapport botanique, les especes et lcs yarleles de from en t 
qui soni le plus habitueilemeni cullirvees pour la nour- 
rilurede riiomme;mais,a mesure que jVi augmente ma 

* 

collection, jen'ai pas larde a m'apercevoir qu'ii y avail 



\ 



beaucoup plus a faire, el que la classification des especes 
et des varietes, dans le genre le plus in tercssant du regno 



vegetal 



• « 



9 



etait tres en arriere cie 



ee qu'elle devrail eirc 



d; 



ms 



'elatacUiei de nos connaissanccs, et quelle rock- 



mail des etudes approfondies. 

En effel, cette partte, jusqu a ces derniers temps, avail 
etc lellement negligee par les bo tan isles et par Les agri- 
cultcurs, quelle etait devenue, pour ainsi dire, un ve- 



ritable chaos : moo intention etait de travailler a Se de- 
brouiller, s'il m'etit ete possible; mais^ ayanl appris que 
MM. Seringe et Philippar se proposaient dYn fairo le 
sujet de leurs etudes speciales, je leur ai laiase cetie 



tache difficile, et, des lors 



* ft O 



, j at tournc loulcs mes vues 
vers des experiences et des observations qui m'pnt paru 
non mollis inleressanles, etqui avaienl pour but de par- 
venir a une meilleure culture que celle que Ton pratique 
liabiluellcment» 

Jusqu'au moment de pubiier mes observations, je n'a- 
vai3 encore lu qu'un petit nombrc de Uvres sur i'agu- 


















/ 





























(^44) 

culture, et, n'y ayant irouve quefres-peu d'experiences 
dans !e genre cle celSes que j'avais imaginces moi-menic, 
jeus lieu d'etro surpris de ce que tanl d'agronomes et 
d'agriculleurs celebres n'eussent pas fait davaniage. 
Cest cependant ce dont je me suis convaincu lorsque 
j'eus lu tin plus grand nombre d'ouvrages , !es meiileurs 
traites generaux, et parcouru pres de trois cents vo- 
lumes de memo ires et recueils de diverses societes d'a- 

t 

griculture. 

Ce qui m'a le plus surpris surtout, e'est de voir quo, 
dans des (railes generaux d'agricuhure en plusieurs vo 
lumc.«, le Lie y lieut si peu de place; on s\ occupe de 
tout, pour ainsi dire, excepte de lui. Qu'est-ce effettrve- 
ment que quelqnes pages qui iui sont exclusivcment re- 
servees, tandis que des centaines d'aulrcs sont em- 
ployees a parler de touie autre chose? Je dois cependant 
exeeptercbee reproche Dubamel, donl j'ai cite plusbaut 

plusieurs observations (i), el 1 article Frame nt par Tcs- 

sier, danslenouveau Cours complctd'agriculturc, Icquel 
article, dequaranle-six pages ctd'un canicierc trcs-serre, 
sans y comprendre un grand nombre de mots de rcn 

\oi , peut etre regarde com me un lre.*-bon traite sur 
"ceite piante. 

■ 

On ne peut pas non plus reprocber a Arthur Young 
de ne pas s'elre occupe du froment. On trouve dans scs 

i 

ouvrages (s) un t res grand nombre d'experiences failes 
sur cede planle preeieuse; mais, quoiqu'il ail beaucoup 



v 











(l) Le Cullwateur anglais, on OEavres choisies d' agriculture, etc., 

tPArllmr Young; trad. deTangtais^par Lamarrc» etc. Paris, 1800-1801, 
*8 vol. in-8. 

(a) Loc. cit., t. XII, p. 71. 







* 




n— ■* ■*" 







245 



dansce q 



en a ccrii , qu'on ne sait a quoi on doit s arreicr, el, s'il 
fallait raeme croire a ce qu II dit en se resumant sui 
culture du froment, il if v aurait rien de plus dese 



a 



P 



rant pour Ses culiivaleurs. Ainsi, apres avoir rapporte 
toutes ses experiences sur ce vegetal, ii ajou'te : cc'Oa 
voit, d'aprescela, que la culture du froment demande 
beaucoup de circonspectibn. Cultive d'une maniere irti- 
parfaite, ii donne tres-peu de profit; si on le cultive 
parfailement, ii en donne encore moins(i). » 

Ce raisonncment me parait un paradoxe, et je m'e- 
tonne qu'un agriculleur aussi cclebre ail pu parler ainsi 
de la plante que nous avons Se plus d'interel a culliver. 

Au rcslc, jedois confcsser que je suis encore loin do 
connaitre tout ce qui a ele ecrit sur la culture du fro- 
ment j maisj'ai lieude penser, d'apres ceque j'ai pu voir 



} » 



q 



apprendra pas beaucoup davantage , et je crois ctrc 
fonde a dire que la plante qui fait la base principale de 
noire nourriiure n'csl pas cependanl ceile dont on s'est 

le plus occupe. 

Quoiqu'on se vantc des progres que ragricnlture a 
fails dans ces derniers temps, ce if est pas ccrtainemcnt 
le ble qui en a le plus profile ; car, dans la presque tola- 
lite des campagnes de la France et do i'Europe, il n'y est 

■ 

guere micux cultive qu'au temps de Caton et de Varron. 

Les tenialives qui out ele faites par quelques agro- 

nomes modernes, comme Duhamcl, Lullin de Chateau- 

vieux, Tull, Poncelet, Francois de Neufchaleau, etc.. 



1 



3 



» 

our faire sortir les culuvatcurs de I orrii&re et de la 



(i) Tralte de la culture des terres > suivant les principcs dc Al. Tull 
Anglais , par Duhamel du Monceau, G yoI, in-i 2, 




■ 









' /- 






^^^^^^ 













,- 













I 
















I 










. 









', 






I 



(240) 

routine, n'ont eu aucun succes; deja elles sontprcsque 
toutcsoubliees. 

Je n'ose pas me flatter d'etre plus heureux. Toot mon 
regret est d'avoir commence si tard a nFoceupcr des 
cereales et d'avoir peu Fe&poir, aujourd'hui que je suss 
presque septuagenaire^ de pouvoir parvenir a donner a 
mon travail la perfection que j'auraisdesiree, Mais, si le 
ciei me reserve encore assez de vie et de vigueur, je 
consacrerai le restc de mon existence a canlinucr des 
experiences qui charmeront mes vieux jours par le 
grand inlcrel qu'elies prcsenlent. 

Force de disconlinuer mes experiences dans ic ter- 
rain dti Luxembourg 5 a cause des devastations que m'y 
faisaicnl les moineaux, et parce que je n'avais pasassez 
d'espace, j'espere pouvoir les continuer a Finsliiuliofi 

* 

royale agronomique deGrignon, ou M.Bella, direc- 
tor de cet etablissement P a deja bien voulu mettre a. 

ma disposition un terrain de !\o ares , et oil M. Pichat , 
professeur d'agricullure pratique, a la complaisance, 
avec un zeie dont je ne saurais trop le rcmercier, de mo 
preler Fappui de ses connaissanees pour diriger et sur- 
reiller toutes les operations que j'aurai besoin de mettre 
en pratique dans Finteret de mes observations, 

Jtisque-la, tout imparfaits que puissent etre mes essai^ 
tels qu'ils sont encore mainlenant, je crois devoir les 
publier, et appeler de nouveau Fatlention des agro- 
nomes el des cultivateurs sur la plante qui, corarae Fa 
dit Columelle, est la plus utile a Fbomme 5 el dont, ainsi 
que je Fai prouve plus haut , dependent aujourd'hui la 
tranquilliic, la surcte, la stabilile et ['existence memo 
des Eiais, 



\ 




































( 24? 









DES CHAPITRES 



Pages 



O f» 



CHAFITRE I". Exempks de la grande feconditc da froment. 

II. Produit ordinaire des recoltcs en France. . . . 

III . A vantages generaux qu'on pcut obtcnir des semis 

defroments fails de bonne heurc. ,-•-.... 

IV. Bid coupe en vert pour fourrage. . ...... 

V. Experiences tendant a prouver que , plus les se- 
mis de froment soot laits de bonne heurc, plus 






4 



ic 



i4 



ils rapportent. 



* 9 



• • • • • 



*<>*•• 



VI . Nonvelles expediences sur lesavantages des semis 

fails de bonne heure ct en lignes, comparative- 
men t aux semis pratiques plus lard ct a la volee . 

VII . Consequences a tirer de la comparison entre 

les prod nits obtcnus d'unc meme etendue de 
terrain scmeeen lignes le i4 septembre,et ecu* 
quon retire de ceile qui a ete ensemencec a la 
■voice et seulemcnt 1c 20 oclobre 

La metliode de seiner le ble en lignes et a la main 



VIII. 



est sui-tout applicable aut pelits propnctaires 
ct aux pays dans lesquel?. U existe une nom- 

brcuse population. '"* 



23 



48 



1* 













































































IIIAFITRE 



( 248 ) 

Pac:es. 

Economic qu'elle pourrait produire dans la 
quantitc dcs grains employes pour la semence. 89 

IX. Importance des semoirs; on n\?n fait pas asscz 
d'usage; leurgrandeanliquitc a la Chine. . . ic8 

X, Du ble seme an planloir. . . . . 5 3Q 

* 

XT, Du repiquage 011 transplantation du ble. . . . i4o 

XII. De la grosscurct de la pesanteur des grains do 

froment ! . . . . iCi 

XIII. Les bles penvent-ils degenerer? 

Est-il possible de les ameliorcr? 186 

XI V. Des Lies dlriver ou tTautomne. 

Des hies dcmars ou de piintemps 219 

XV. DclYpoqne la plus convcnable pour faire la 

L'colie des froments 226 

XVI. Dela facultc' germinalive du froment, ct de sa 

prodigicuse vitalile.. 23o 

XVII. De Tanalyse dcs froments 2io 

XVIII. Considerations generates , . 242 



( 









. ■ 
















- 









ml 



' 

























. ...