(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Mémoire sur les substances minérales dites en masse : qui entrent dans la composition des roches volcaniques de tous les âges"




I 

i 



cl- &f/^z<^^ y e ''JZuJfàL 



?T 



sy 



^&v/t f^c^p^/ S^.. VcZ^/e^sy^ 



— -— J 




SUR 



LES SUBSTANCES MINÉRALES DITES EN MASSE, 



QUI ENTRENT DANS LA COMPOSITION 



DES ROCHES VOLCANIQUES, 



AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR. 



JUans la séance du 20 novembre 181 5, F Académie des 
Sciences, sur le Rapport de MM. Haiïy, Ramondet Lelièvre, 
a jugé le travail que je publie cligne d'être inséré dans 
les Mémoires des Savans étrangers. Le suffrage de l'Aca- 
démie m'imposoit l'obligation d'améliorer ce travail avant 
4e le livrer à l'impression; c'est ce que j'ai tâché de faire, 
en développant davantage le texte du Mémoire, en inter- 
calant quelques additions importantes, et en ajoutant plu- 
sieurs notes indispensables. J'ai en outre perfectionné la 
distribution méthodique et la nomenclature que je propose 
pour les substances minérales dont j'ai traité. 



i 



MÉMOIRE 

îrUrLer/i/èS 

SUR LES SUBSTANCES VBfcGANI^UES 

DITES EN MASSE, 

Qui entrent dans la composition des Roches Volcaniques 

de tous les âges; 1 

Par P. Louis CORDIER. 

ïuU à r Académie Royale des Sciences , dans les Séances 
des 16 et 3o octobre et 6 novembre 181 5.. 



CHAPITRE PREMIER. ! 

Objet du Mémoire» ? 

j'ÉTAT de nos connoïssances sur les roches volcaniques 
laisse beaucoup à désirer, quoiqu'il y ait près d'un demi-siècle 
qu'on s'occupe de Jeur étude. On sait que l'origine d'une grande 
partie de ces roches est encore contestée ou niée par un certain 
nombre de minéralogistes habiles; il est à remarquer que ce 
sont précisément celles dont on a jusqu'à présent étudié avec 
plus de soin le gisement et les caractères extérieurs; au con- 
traire, les roches volcaniques d'origine incontestable ont été 
en général décrites avec bien moins de précision, non-seulement 
sous le point de vue des caractères extérieurs, mais encore sous 
le rapport du gisement et sous celui des singulières altérations 
qu'elles éprouvent à la longue. Nous n'avons guère que des re- 
connoissances plus ou moins bien faites , et des résumés généraux 
d'observation plus ou moins heureux , relativement à la consti- 
tution des terrains formés par les volcans brûlans ou éteints; 
•faadis qxC\ï existe des monographies à peu près complètes d'un, 



assez grand nombre de localités classiques, occupées par des 
roches volcaniques contestées. 

Plusieurs circonstances particulières ont contribué à donner à 
îa science cette direction, tout-à-fait inverse de celle qu'il eût 
fallu prendre du moment qu'une controverse à pu s'établir. 
Parmi les plus remarquables, il faut citer l'exactitude du langage 
géologique adopté depuis long-temps dans les contrées du nord de 
l'Europe où il existe de nombreux lambeaux de terrains volcaniques 
qui ne conservent presqu'aucunes tracesaccessoires de leur origine ; 
la multiplicité des observations dont ces lambeaux ont été l'objet; 
la facilité de leur étude , à raison de ce que l'antique morcel- 
lement du sol dont ils font partie, en a mis la structurée dé- 




accompagnantes, lorsque les travaux des hommes, les eaux cou- 
rantes ou les tremblemens de terre n'en ont pas entamé ou 
sillonné quelques portions; l'influence des hypothèses inventées 
pour rapporter la formation des terrains primitifs et des terrains 
subséquens, aune origine dite aqueuse ; l'attrait des explications 
anticipées, dont il est si difficile de se défendre dans les sujets 
géologiques; enfin l'empire des préjugés vulgaires, conçus à 
l'égard des phénomènes volcaniques, antérieurement à 'toute 
bonne observation ; préjugés facilement admis par tous les savans 
dans le premier âge de la science, partagés successivement par 
la plupart des minéralogistes du nord, accrédités en particulier 
par Wallerius et Bergman», dominant encore actuellement une 
infinité de gens instruits, et qui consistent à croire que les feux 
souterrains ressemblent, aux dimensions près, aux feux de nos 
fourneaux ou à ceux des exploitations de houille incendiées 
et que leurs produits ne sauroient être et ne sont rien autre' 
chose que des mélanges indéfinis de fer, de soufre, de bitumes 
et déroches diverses, réduits en verres, en frittes, en scories ou 
en cendres* 

Il faut convenir que l'aspect des scories qui hérissent îa surface 
de toute assise de lave récente, n'est guère propre à donner 
l'idée de la contexture si parfaitement pierreuse, si parfaitement 
porphynque, que la matière incandescente prend presque tou- 
jours à l'intérieur des courans, en se coagulant. Ce beau et 
inexplicable phénomène, mis originairement en évidence par 
IJolomieu , consacré si heureusement par M. Hauj à l'aide de- 



ïpiltc 



(5) 

la dénomination de lave Uthoïde , et Complètement démontré 
de nos jours par le témoignage unanime des observateurs , ne 
sauroit être facilement admis par les minéralogistes qui n'ont 
jamais eu sous les jeux que des collections anciennes et mal 
faites, de roches volcaniques incontestables , ou qui ne veulent 
croire qu'aux produits volcaniques tout* à-fait modernes qu'ils 
se procurent , dans l'espoir d'en faire des termes authentiques 
de comparaison. Il est suffisamment reconnu maintenant, que 
les collections qu'on recueille et qu'on expédie au loin, après 
toute éruption récente , ne se composent et ne peuvent se com- 
poser que de scories superficielles ramassées autour des cratères 
ou sur les courans ; définir les laves modernes d'après de sem- 
blables collections, c'est juger d'une liqueur par son écume, ou 
d'un métal par son oxide. J'insiste sur cet obstacle, parce qu'il 
a contribué plus que tout autre à mettre en défaut de très-bons 
esprits, et que son influence ne sera probablement vaincue qu'à 
la longue. 

Beaucoup d'observateurs se sont occupés dans ces derniers 
temps de remplir les lacunes de la science , soit en lui fournissant 
des matériaux neufs, soit en perfectionnant ceux déjà recueillis 
et mis en œuvre. On connoît particulièrement les immenses ob- 
servations de M. de Humboldt, celles de MM. Fleuriau de 
Beilevue, Breislack , Delaizert, Daubuisson et de Buch , les 
descriptions plus récentes de M. Menard de la Groje, et le beau 
et utile travail des nivellemens barométriques de M. Ramond. 
La majeure partie de ces travaux concourent à étendre prodi- 
gieusement le domaine volcanique; ils diffèrent en même temps 
.sur quelques points essentiels. Au total , les résultats n'en ont 
encore été dépouillés, comparés et fondus avec les observations 
plus anciennes, dans aucun Traité susceptible de devenir classique; 
ensorte que dans l'état actuel de nos connoissances , on peut 
dire que parmi les solutions variées du problème qui a rapport 
aux matières volcaniques de tous les âges, aucune n'a généra- 
lement reçu la sanction de tout ce qui fait autorité dans fa 
science; ce qui signifie en d'autres termes, qu'on n'a point 
encore pris en considération Jous les élémens du problème, oa 
bien , qu'on ne les a point 'exactement définis. 

La difficulté de parvenir à une solution marquée au degré 
d'évidence que le sujet peut comporter, et propre à satisfaire 
tous les bons esprits, a été jusqu'ici singulièrement augmentée 
et compliquée par l'incertitude où l'on est encore sur la nature 



ï. 



des substances minérales non cristallisées, qui, sous forme de 
différentes pâtes , jouent le principal rôle dans la composition 
àes roches volcaniques de tous les âges. 

Ces substances non cristallisées, considérées sous le simple point 
de vue minéralogique, indépendamment de leur origine-, de leur 
gisement et des fonctions essentielles qu'elles remplissent dans 
les roches dont elles font partie, sont bien loin d'avoir été ri- 
goureusement définies et spécifiées. Les différens modes de struc- 
ture vitreuse, scorifiée, compacte, terreuse, friable , ou pulvé* 
rulente, sous lesquels elles se présentent , ne laissant aucune prise 
aux caractères certains dont la Minéralogie dispose pour dé- 
terminer l'espèce des minéraux cristallisés ou cristallisables , leur 
étude a été restreinte à l'examen des caractères extérieurs ou 
empiriques , et les résultats ont été nécessairement interprétés 
d'une manière arbitraire. De là, les doubles emplois fréquens» 
les oppositions frappantes et les omissions graves qu'on trouve 
en comparant la plupart des méthodes, dans lesquelles on a en<* 
tendu classer, dénommer et décrire ces substances. 

L'analyse chimique fréquemment consultée à leur égard , a 
fourni des indications utiles, mais dont la valeur ne pouvoit 
être absolue, comme lorsqu'on opère sur des minéraux cristallisés 
ou bien sur des minéraux agrégés en masse, dont la composition 
chimique est simple. On n'a dû tirer presqu'aueune conclusion 
directe de la composition des substances dont il s'agit, car elles 
renferment des principes constituans nombreux, dont les pro^, 
pqrtions sont variables. 

Frappé des 'imperfections radicales que je viens de signaler 
dans la Minéralogie des volcans , j'ai entrepris de chercher les 
moyens de suppléer à l'insuffisance des notions fournies par 
l'analyse, au peu de précision des caractères- extérieurs et au 
vague des aperçus indiqués par les caractères empiriques. Mes 
premières tentatives datent de plusieurs années; j'avoue que je 
n'ai pas été d'abord maître du sujet; la nature et la multiplicité 
de mes recherches ont ensuite exigé beaucoup de temps; c'est 
à la longue seulement que j'ai vu se réalises l'espérance que 
j'avois conçue d'arriver, non-seulement à une classification vrai- 
ment rationnelle, et à une nomenclature plus sûrement motivée p 
mais encore à des définitions rigoureuses de la nature des dif- 
férentes substances dont il s'agit, et à des applications géologi- 
ques importantes. 

Le plan de mon travail embrasse la totalité des substances. 



(5) 
Soît vitreuses, soit scorifiées , soit lithoïdes compactes, ferreuses, 
friables ou pulvérulentes qui servent de pâte ou de base (Jiaupt 
massé) aux roches volcaniques de tous les âges : devant en parler 
souvent d'une manière collective, je les désignerai indifférem- 
ment sous les dénominations génériques de bases indéterminées , 
pâtes indéterminées • à moins que je n'avertisse du contraire, 
je les considérerai constamment clans ce qu'elles sont en elles- 
mêmes , abstraction faite des cristaux ou grains cristallins 
amorphes qu'elles renferment ordinairement , indépendamment 
de leur fréquente porosité, et sans avoir égard aux fragmeris 
divers .que quelques-unes enveloppent presque toujours. 

Pour qu'on puisse se faire une idée des secours que j'ai trouvés 
dans l'état de la science, je vais rappeler en peu de mots com- 
ment on a envisagé les différentes bases volcaniques indéter- 
minées dans les ouvrages les plus modernes. 

Elles n'ont point obtenu de place dans la série des espèces 
minéralogiques adoptées par M. Ha%, excepté une seule qu'on 
trouve réunie au feld-spath, sous la définition de feld-spath com- 
pact sonore. Les autres, distinguées d'après le système de 
Dolomieu, ont été regardées comme des mélanges indiscernables 
et variés, qu'il n'étoit pas possible de spécifier, et rejetées dans 
une distribution purement géologique; elles s'y présentent sous 
les dénominations génériques délave basaltique uniforme, lave 
vitreuse uniforme, scorie uniforme, fhermantide tripoléeone , 
thermantide pulvérulente et tuf volcanique uniforme, en tout 
sept substances différentes; il est à remarquer que cette division 
est censée comprendre les pâtes indéterminées de presque toutes 
les roches des formations trappéennes de M. Werner et de son 
école. M. Haiïy indique d'ailleurs que les laves basaltiques ont 
beaucoup de rapport avec les cornéennes des terrains primitifs. 
On sait que Dolomieu pensoit que les cornéennes et îestrapps, 
nommés autrement par lui pièces argilo ■ferrugineuses , étoient 
composes d'élémens divers parmi lesquels l'amphibole en masse 
dominoit, en imprimant aux mélanges quelques-uns de ses ca- 
ractères les plus saillans, et que ces cornéennes et ces trapps , 
remaniés par les agens souterrains, servoient d'aliment aux érup- 
tions basaltiques; en vertu de considérations analogues, il pensoit 
aussi que les laves pétro- siliceuses, les laves vitreuses et les 
pierres ponces provenoient delà fusion des roches primordiales 
abondantes de feld-spath ; il n'a, du reste, assigné que des ca- 
^ ct ^ e l extérieurs ou empiriques pour base de sa méthode^ et 
M. Xiauy n'a pas été plus loin, 






(6) 

M. Werner , parti originairement de la supposition que les 
phénomènes volcaniques sont dus à Ja combustion de certaines 
couches de houille, et que le foyer en est placé à très peu de 
profondeur, supposition qu'il professe encore, a re'duit les ter- 
rains formés par les volcans, aux produits des éruptions histo- 
riques,. Les roches des éruptions fournies par les volcans brûlans 
antérieurement aux temps historiques, celles des volcans éteints 
incontestables, celles des terrains plus anciens dont les immenses 
lambeaux conservent presque partout des traces de volcanicité , 
ont été rangées en très-grande partie par le célèbre professeur 
de Freyberg, dans les terrains secondaires, sous le titre de 
formation trappéenne stratifbrme; il a classé les autres, soit parmi 
les roches dites intermédiaires , soit parmi les roches primitiv es. 
' Les bases indéterminées de ces trois formations qui appar- 
tiennent, ou qu'on peut avec fondement soupçonner d'appartenir 
aux terrains volcaniques, sont au nombre de dV, savoir : i° l'ob- 
sidienne, leperlstein, le pechstein (en partie) et la ponce, que 
M.Werner a distingués comme espèces minéraiogiques et qu'il 
a placés entre les quartz et les zéolites; 2° Je basalte, le kiings- 
îein, la wacke (en partie), le thonstein (en partie), qu'il classe 
aussi comme espèces entre les argiles et l'amphibole; 3° enfin 
la base du graustein , celle du tuf basaltique et celle des amyg- 
daloïdes qu'il a rejetées dans la distribution géologique comme 
massesprésumées de mélange. JLes bases indéterminées des roches 
volcaniques que M. Werner regarde comme avérées, sont au 
nombre de trois seulement, savoir : d'une part, la lave homogène 
élevée au rang d'espèce minéralogique , et de l'autre, la pâte 
des scories et celle des tufs volcaniques, considérées seulement 
comme des mélanges qui appartiennent à la distribution géolo* 
gique ; au total , quatorze substances différentes. 

B entre essentiellement dans mon sujet, de faire remarquer 
ici que le système des formations trappéennes de M. Werner, 
repose en partie sur une hypothèse que je crois avoir bien af- 

foiblie par trois faits positifs , publiés depuislong-temps. M. Werner 
partageant l'opinion commune des minéralogistes, à l'égard des 
trapps et des cornéennes avérés, qu'on trouve dans les terrains in* 
termédiaires et primitifs , savoir, que ces pierres ont pour élémens 
indiscernables de l'amphibole en masse, mélangé de feld-spath 
et, selon beaucoup, d'argile ferrugineuse , M. Werner , dis-je , 
a posé en principe qu'il en étoit de même des roches volcaniques' 
dont il méconnoît l'origine. Il s'est appuyé, ainsi que les mine- 



ffjST-xi^J. 



J 



( 1 y 

yalogistes de son école (i), sur certaines analogies entre les ca- 
ractères extérieurs ou empiriques, et notamment, i<> sur l'abon- 
dance des cristaux ou grains d'amphibole empâtés dans les ba- 
saltes et les wackes; 2° sur la transition du griinstein (ou diorite) 
au basalte , transition reconnue à la montagne du Meisner, par 
un grand nombre d'observateurs; 3° enfin sur la présenced'une 
grande quantité de fer magnétique dans toutes les roches de ses 
formations trappéennes, 

La première de ces analogies est fondée sur une méprise qu'il m'a 
suffi d'annoncer il y a quelques années, pour la faire reconnoître 
par la plupart des minéralogistes. On s'est facilement convaincu 
que les cristaux ou grains disséminés dans les basaltes et les 
wackes de tous les âges, et regardés jusqu'alors comme de l'am- 
phibole, étoient au contraire du pyroxène, et que l'amphibole 
ne se rencontroit presque jamais que dans les laves feld-spathiques- 
de tous les âges, où son rôle est très-restreinL 

La seconde analogie n'est pas plus exacte que la première , 
depuis que j'ai trouvé que la roche granitiforme du Meisner 
n'étoit point un griinstein (ou diorite), mais un granitelle d'une 
composition toute particulière, et formé de feld-spath , de py- 
roxène et de fer titane. M. Haiiy en fait maintenant une roche 
Volcanique distincte, sous le nom de mm&&eS%*i^iï^ 

Enfin j'ai démontré que toutes les roches volcaniques soit in- 
contestables, soit contestées, renferment une quantité plus ou 
moins considérable de fer titane disséminé (2) , et je rapporterai 
dans le cours de ce Mémoire, quelques expériences qui confirment 
ce qu'on a reconnu depuis long-temps à l'égard des roches trap- 
péennes proprement dites et avérées, savoir, qu'elles ne con- 
tiennent que du fer sulfuré et du fer oxidulé. 

Karsten a beaucoup modifié les classifications de M. Werner. 
Iladopte les mêmes espèces m inéralogiques, à l'exception de l'espèce 
lave qu'il reporté dans la distribution purement géologique. Il 
admet l'existence d'un beaucoup plus grand nombre de roches 



(i) M. Daubuisson en développant très-habilement cette opinion dans son 
Mémoire sur les basaltes de la Saxe , a essayé de la fortifier par des considéra- 
tions ingénieuses, fondées sur les résultats de l'analyse chimique. 

(.a) Voyez mes descriptions et analyses des sables ferrugineux volcaniques , 
Journal des Mines, n° 1 24 , et mes expériences sur la manière d'être du fer ÙtajiÇ 
dans tes roches volcaniques , Journal des Mines 7 n° i33, , 



( 8 ) 
volcaniques, et il considère les bases comme des mélanges dé 
fusion, provenant des roches trappéennes remaniées par les agens 
souterrains. Il distingue ces bases en pâte basaltique, pâte de 
hornstein, scorie, verre volcanique, domite, cendre volcanique 
et pâte des tufs volcaniques ; au total , quinze substances dif- 
férentes. 

Les distinctions admises par M. Faujas de Saint-Fond, rentrent 
dans celles établies par Dolomieu et M. Haùy. Il considère les 
bases volcaniques indéterminées , comme mélangées d'éiémens 
empruntés aux différentes roches primitives qui ont servi d'ali- 
ment à la fusion ; il ne les a classées que sous le point de vue 
..géologique. 

M. Delamétherie n'a extrait des substances indéterminées que 
trois espèces minéralogiques qui sont, le pétro-silex, la wacke 
et la théphrine. Il a formé du reste vingt genres purement géor 
logiques, qu'il définît comme des produits dus à la fusion , non- 
seulement de différentes roches primitives, mais encore à celle 
clés schistes argilo-pyriteux. Il estime que l'observation fera dé- 
couvrir un plus grand nombre de ces bases. 

sef 

rétinite 

comme homogènes; le basalte, qu. 

mêlé de feld-spath; l'argilolite (en partie) et la wacke (en partie), 

qu'il considère comme des mélanges indéterminés. Il classe le 

reste en quatre espèces géologiques non-définies , qui sont , la do^ 

mite, la lave basaltique uniforme, la lave théphrinique uniforme; 

lalavescoriacéeuniforme, ce qui donne onze substances différentes. 

La plupart des observateurs, et en particulier M. Ramond ; 
semblent avoir craint d'augmenter la confusion de la science, 
et se sont contentés d'employer dans la pratique , les distinctions 
établies par M. Haiïy ou par M. Werner , sans en discuter les 
principes ; M. de Humboldt y a seulement ajouté le tuf boueux 
moderne, dit moya. 

On voit par le tableau que je viens de tracer, que parmi les 
différentes bases volcaniques indéterminées, une seule paroît 
devoir appartenir à la variété compacte d'une véritable espèce 
minéralogique, connue depuis long-temps sous forme cristallisée , 
e est-à dire le feld-spath; que plusieurs autres, quoique préjugées 
homogènes, ne peuvent être rapportées comme variétés corn- 




(9) 

pactes, à aucune des espèces cristallisées déjà connues; enfin" 
que ia plupart passent pour être des mélanges à parties ndis- 
cernables, qu^on n'a point définies, ou dont presque tous les 
auteurs ont préjugé ia nature d'une manière plus ou moins 
arbitraire. 

D'après cet exposé, il pourra paroître étonnant qu'on n'ait 
pas tealé plutôt quelques recherches du genre de celles dont je 
vais rendre compte; mais il faut savoir que la science n'est guère 
plus avancée à l'égard de la plupart des substances compactes 
ou terreuses non volcaniques , qui jouent un si grand rôle dans 
les terrains^ primitifs , secondaires ou de troisième formation ; 
on peut dire quelles réclament l'intervention de l'expérience 
presqu'aussi .impérieusement que celles qui sont du ressort de 
la minéralogie des volcans. 

Tels sont, au reste, mes points de départ; les avant bien re- 
connus, je rends la route que j'ai suivie, plus facile à parcourir ; 
on concevra aisément comment j'ai été conduit à subordonner 
tout mon travail à la^olution d'une seule question dont voici 
les termes : Les pâtes volcaniques indéterminées sont - elles 
mécaniquement composées '■, et en cas de composition méca- 
nique appréciable , quels sont les élémens minéralogiques 
composans? Ne pouvant espérer de résoudre cette question bien 
simple en apparence , mais tout-à-fait générale et fondamentale, 
en employant les moyens ordinaires d'étude et d'expérience que 
fournit la Minéralogie, j'ai dû en imaginer d'autres; je vais ex- 
poser ces nouveaux moyens, je détaillerai ensuite les applica- 
tions et les résultats, 

CHAPITRE SECOND. 

"Nature des Recherches faites sur les Pâtes ou Bases in- 
déterminées qui entrent dans lu composition des Roches 
volcaniques. — Expériences préliminaires. — Choix des 
Echantillons. 

Mes premières tentatives pour obliger les différentes subs- 
tances dont il s'agit, à manifester leur texture intime, ont eu 
peu de succès ; je n'en ai tiré d'autre fruit que des indices en- 
courageans et la découverte du fer titane. Après avoir inuti- 
lement mis en œuvre différens modes de calcination et differens 
agens chimiques, j'ai soumis ces substances au microscope, et 



(10) 

j'en ai essaye' les particules au feu du chalumeau par la méthode 
de Saussure; dès-lors des résultats satisfaisans se sont jprésen lés 
d'eux-mêmes. 

Il n'est pas Facile d'observer au microscope la confexture des 
minéraux agrégés en masse. Mous aurions sans doute quelques 
bonnes observa! ions de ce genre, si les difficultés n'avoient arrêté 
au début les minéralogistes qui ont pu faire des tentatives. Le 
chevalier Gioenni et plusieurs autres savans à Naples , ont, à d es- 
époques diverses, soumis les cendres du Vésuve au microscope, 
mais sans aucun fruit pour la science. Saussure l'a employé non- 
seulement à déterminer très- ingénieusement des angles de cris- 
taux s mais encore à apprécier des résultats de fusion sur le filet 




opère. 

J'ai, autant que possible, sacrifié le grossissement des objets 
à leur netteté ; il s'est heureusement rencontré que j'ai pu remplir 
presque toujours ^ le but de mes recherches, en faisant usage 
d'appareils grandissant seulement i3 fois ou 20 fois les diamètres. 
II en est résulté que j'ai pu employer des lentilles peu fortes, et 
jouir ainsi d'un très-grand champ et de toute l'intensité de la 
lumière directe. J'ai reconnu que cette lumière directe devoit 
être la plus forte possible, et qu'il falloit au contraire que l'é- 
clairage obtenu artificiellement , à l'aide des miroirs inférieurs, 
fût communément très-foi ble. En conséquence j'ai peu emplové 
Je miroir ^ convexe; je me suis ordinairement servi du miroir- 
plan en lui donnant les inclinaisons propres à modérer l'intensité 
de la réflexion ; souvent je l'ai remplacé par un disque de 
papier blanc, ou par un disque de cuivre jaune dont la surface 
étoit simplement doucie. 

Les substances que j'avois* à essayer étoient, les unes solides,, 
les autres tendres, niables ou pulvérulentes; pour observer les 
premiers, il m'a suffi d'en détacher de très-minces éclats et de 
les exposer^ sur le disque de verre servant de porte -objet, soit 
entiers, soit légèrement concassés, soit réduits par la simple 




de lotions , de décantations et de dessications. Ce procédé qui 
ma été suggéré par les opérations du lavage en grand, pratiqué 



( 11 ) 

dans les mines à l'égard des minerais pauvres , et qui est fort long ; 
peut aussi être utilement appliqué aux matières volcaniques solides, 
après qu'on les a pulvérisées convenablement. De quelque ma- 
nière, au reste, que Ion prépare les objets, il est indispensable 
de les étudier sous leurs diflérens aspects; on remplit ce but en 
faisant fréquemment tourner sur son centre le disque de verre 
servant de porte-objet. Je n'entrerai pas dans de plusgrands détails , 
parce que je crojs que les indications que je viens de donner 
suffiront aux minéralogistes qui connoissent l'usage du micros- 
cope ; quant à ceux qui ne se sont jamais servi de cet instrument 
délicat , je ne puis que les renvoyer à son étude. 

J'ai tiré les plus grands secours, et je ne saurois trop faire 
l'éloge de la méthode de Saussure, pour déterminer les conditions 
de la fusion des minéraux à l'aide du chalumeau. Cette méthode, 
inventée il y a trente ans (i), est restée sans usage et presque 
dans l'oubli, sans doute parce qu'on s'en est exagéré la difficulté; 
elle m'a paru d'un emploi beaucoup plus facile qu'on pourroit 
le croire au premier aperçu : on est bien dédommagé d'ailleurs 
des soins qu'elle exige , par l'exactitude des résultats ; la méthode 
consiste principalement à fixer à l'extrémité d'un très-mince filet 
de disthène (ou saparre), et à l'aide d'eau légèrement gommée, 
de très- petits fragmens du minéral à essayer, à les chauffer 
brusquement pour les souder au support , et à les fondre sans 
addition d'aucune substance étrangère. On se sert du chalumeau 
ordinaire et de la flamme d'une forte bougie. Lèvent est donné 
par un soufflet à jeu continu,, ou bien tout uniment par le 
souffle de l'observateur. Les phénomènes de la fusion sont exa- 
minés au microscope. Le diamètre des plus gros globules qu'on 
puisse obtenir en fondant, soit un seul fragment, soit plusieurs 
fragmens du même minéral réunis, sert, à l'aide de considérations 
assez délicates, à déterminer approximativement le rapport de 
fusibilité exprimé en degrés du pyromètre de Wedgwood. La 
règle est d'employer la simple raison inverse des diamètres, préa- 
lablement augmentés d'un tiers. 



(1) On trouve sa description dans un beau Mémoire de Saussure inséré au 
Journal de Physique,^ tome XLY, année 1704. Ce Mémoire , fruit d'un très- 
long travail , ne contient cependant que l'essai de i34 variétés de substances 
minérales ; Saussure le termine ainsi : « Ceux qui auront la curiosité de répéter 
» ces épreuves , verront qu'elles exigent tant de patience et qu'elles fatiguent 
» si fort les yeux , que si l'on doit s'étonner de quelque chose , c'est plutôt de 
» ce cjue j'ai fait , que de ce qui reste à faire. » 



C w» ) 

Cette méthode, qui dispose de la chaleur la plus violente que 
l'art puisse produire, ne s'applique pas seulement à l'examen 
des minéraux chauffés isolément, elle m'a servi à constater leur 
action réciproque quand on les traite simultanément. Voici comme 
il faut alors procéder : on prépare d'abord chaque substance 
séparément; à cet effet on pulvérise ; on place la poudre à Pex* 
trémité d'une plaque de verre; puis on frappe l'autre extrémité 
de la plaque de verre en l'inclinant. Les parties les plus gros- 
sières tombent, mais le reste de la poudre s'étend et se classe 
d'après les volumes. On choisit approximativement, à l'aide du 
micromètre, le degré de ténuité jugé convenable , et on recueille 
avec un pinceau la poudre ainsi lotie. Pour faire les essais, il 
faut employer des poudres dont les particules ont des volumes 
à peu près égaux. On détermine préliminairement la fusibilité 
absolue de chaque espèce de poudre; ensuite on fait le mélange 
proposé; on prend successivement de petites quantités de ce mé- 
lange sur le filet de disthène et on détermine les effets des diffé- 
rens coups de feu. 

Ces données posées, je ferai remarquer qu'il ne se présentait 
que deux suppositions à former relativement à la composition 
mécanique des pâtes volcaniques indéterminées. 

Elles pouvoient se trouver douées d'un tissu égal et continu r 
formé par l'agrégation la plus intime, de particules indiscer- 
nables au plus fort appareil microscopique, et conserver par con<- 
séquent en petit , l'aspect uniforme des masses vues à l'oeil nu. 

Ou bien elles pouvoient offrir un tissu formé de particules 
distinctes soit de la même nature, soit de nature différente. 

Or les deux cas se sont effectivement présentés. 

Dans le premier, mes expériences ont aisément fourni une 
réponse directe et absolue. 

Dans le second, il paraîtra sans doute que la difficulté de dé- 
terminer la nature des particules composantes, a dû être très- 
grande. Voici comment je crois être parvenu à vaincre la 
difficulté. 

J'ai considéré qu'il n'éfoit guère probable que ces particules dis- 
cernables appartinssent à des minéraux inconnus; que toutes les 
analogies portoient à présumer qu'elles dévoient appartenir aux 
espèces minérales cristallisées qu'on trouve abondamment dans 
les roches volcaniques , plutôt qu'aux espèces minérales qn'on 
n'y rencontre jamais; que par conséquent toute recherche devait 






( iS ) 

■'Commencer en employant les minéraux volcaniques cristallises, 
comme premiers termes de comparaison. D'après ces eonsidé- 
rations , j'ai fait sur ces minéraux les expériences préliminaires 
suivantes. 

On sait que les minéraux cristallisés des roches volcaniques 
se présentent en grains fort distincts, tantôt amorphes, tantôt 
terminés par des contours réguliers ; ce sont communément" le 
pyroxène , le feld-spath, le péridot et le fer titane, rarement l'am- 
phibole , le mica et famphigène, plus rarement encore le fer 
oxidé oligiste. 

On trouve en outre accidentellement un certain nombre d'autres 
minéraux, mais si excessivement rares, ou si évidemment étran- 
gers à la composition des roches volcaniques , que tous les mi- 
néralogistes en font abstraction quand il s'agit de points de vue 
généraux ; ce que je ferai aussi dans ce moment. 

Les huit espèces que je viens d'indiquer ont été réduites en 
poudre, à l'aide de la simple pression , et de manière à ce que la 
ténuité des parties étoit à peu près comprise entre un vingtième 
et un centième de millimètre. Sous cette forme, on les a soumises 
au microscope et à quelques épreuves pour apprécier leur dureté; 
eliessesont présentées, comme on doit s'y attendre, douées de tous 
les caractères extérieurs des masses dont elles provenoient, excepté 
de celui de la pesanteur, qui tenant au volume, devient inap- 
préciable. Je puis même ajouter qu'au premier aperçu , on est 
étonné de la netteté de ces caractères. Voici les principaux pour 
chaque substance. 

Le pyroxène : fragmens indéterminés, sans aucune apparence 
de lames, de couleur claire, vert bouteille ou jaunâtre, demi- 
transparens, à cassure inégale, d'un aspect vitreux et peu éclatant, 
assez durs, aigres, croquant sous le pilon; poussière aride au 
toucher. 

Le feld-spath : fragmens aplatis, offrant des indices de lames 
et de coupes rectangulaires, blancs et demi-transparens ou même 
limpides, à cassure unie, d'un aspect vitreux, éclatant, assez 
durs, très aigres et croquant sous le pilon; poussière aride au 
toucher. 

Le péridot : fragmens écaillenx , sans indices de lames, de 
couleur jaunâtre extrêmement foible , qui devient ou plus sen- 
sible, ou très-foncée, ou noire par un léger coup de feu, demi- 
iransparens ou transparens, à cassure conchoïde, d'un aspect 



(i4) 

tyïivmx , frès-éclatans , très-durs et très-aigres, et croquant for- 
tement sous Je pilon; la poussière est très-aride au toucher. 

Le fer titane : fragmens indéterminés, à bords tranchans, de 
couleur noire, parfaitement opaque, à cassure conchoïde, très- 
éclatans, d'un éclat demi-métallique, durs et croquant sous le 
pilon, plus ou moins foiblement attirables; la poussière est aride, 
elle tache en noir lorsqu'elle est très-fine. 

L'amphibole : fragmens esquillenx, prismatiques ou lamelleux, 
de couleur brun- noirâtre ou vert noirâtre, translucides ef quel- 
quefois demi-transparens , assez unis, très-peu écïalans, excepté 
dans le sens des lames , peu durs, faciles à pulvériser, croquant 
foiblement sous le pilon ; poussière médiocrement aride au 
toucher. 

Le mica : lames très-minces, brunes, translucides, d'un aspect 
nacré dans le sens de la réflexion, et mat dans les autres sens, 
élastiques, tendres, tenaces et difficiles à pulvériser; leur pous- 
sière est douce au toucher. 

eus 
t 




igres et croquant fortement sous 
le pilon; leur poussière est très-aride. 

Le fer oligiste : fragmens indéterminés, à bords tranchans, de 
couleur noir et opaque, excepté dans les très-minces fragmens 
qui sont translucides et d'un rouge brun, à cassure conchoïde, 
très-éclatante, d'un éclat demi-métallique, durs et croquant sous 
le pilon, fortement attirables; la poussière est aride et tache en 
rouge sombre lorsqu'elle est très-fine. 

Après avoir ainsi reconnu la constance des caractères exté- 
rieurs de ces différentes substances réduites en poudre par la 
simple pression, j'ai cherché les conditions de leur fusibilité, par 
la méthode de Saussure , soit en les employant en fragmens 
isolés, soit en les mêlant pour qu'ils se servissent de fondans 
réciproques. A cet effet j'ai exécuté un grand nombre d'essais 
sur le filet de disthène ou saparre. Voici l'extrait de la Table 
qui contient les résultats de ces essais. 

Les limites de fusibilité exprimées en degrés du pjromètre de 
.Wedgewood sont : 



Pour l'amphibole (fondant. en émail noir, brun ou 

vert noirâtre) i . Sy à Ji 3 a 

Pour le feld-spath (fondant en verre blanc ou blanc 

jaunâtre). . 71 à 94 

Pour le pyroxène (fondant en verre* d'un vert bou- 
teille ou vert jaunâtre) I0I à. 141 

Pour le fer titane (fondant en émail noir et terne).. 143 à 161 
Pour le fer oligiste (fondant en e'mail noir et terne).. 189 à 204 
Pour le mica (fondant en verre brun noirâtre). . . i8*3 à 236 
Pour l'amphigène (fondant en verre, bianc rétro- 
grade).. . • " 283 à 3 7 8 

Pour le péridot (fondant en verre rétrograde d'un. 

jaune ver.dâtre, vert noirâtre ou noir) 472 à 706 

Expose'es en mélange sur le filet de disthène , les mêmes subs- 
tances se comportent de la manière suivante: 

_ L'amphibole fond à côté du feld-spath, sans se mêler sen- 
siblement. 

Le pyroxène devient très-fluide par le contact du feld-spath , 
les verres se pénètrent à la longue. 

_ Le feld spath ne diminue pas l'infusibilité du mica, du fer 
titane, clu fer oligiste et du péridot; ces substances persistent 
sous forme de points noirs; elles se comportent de même dans 
un verre mêlé de feld-spath et d'amphibole, de feld-spath et de 
pyroxène. 

L'amphigène n'est point attaqué par le feld-spath ; il l'est foi-, 
blement par l'amphibole. Il se dissout à la longue dans le 
pjroxène. 

Dans la pratique, j'ai ajouté à la précision des termes géné- 
raux de comparaison que je viens d'élabiir, par plusieurs pré- 
cautions que les minéralogistes imagineront facilement ; par 
exemple, j'ai écarté, autant que possible , l'influence des petites 
variations que les localités exercent ordinairement sur une même 
espèce , en prenant pour types comparatifs dans l'examen de 
chaque base indéterminée , les cristaux ou grains disséminés soit 
dans cette même base , soit dans les produits de la même érup- 
tion, soit dans les roches analogues du même système volcanique. 

(1} L'argent de coupelle fond k 28 degrés et h fonte de 1er à i5o. 



mm 

été. 




( i6 ) 

Tel est le fond des moyens que j'ai employés; ils se déve- 
lopperont d'eux-mêmes et acquerront plus de consistance par 
F exposé des applications. Différentes ressources auxiliaires très- 
puissantes, m'ont servi à fortifier les résultais directs; je men^ 
tionnerai chacune en son lieu. 

Je diviserai les nombreuses substances que je vais examiner, 
en six sections provisoires, savoir : 

i re . Les pâtes lithoïdes des courans de lave , de toutes c.ou> 

leurs, massives ou poreuses. 
2 me . Les scories de toutes couleurs. 

3 me . Les verres de toutes couleurs, opaques ou translucides. 
4 me . Les thermantides, pulvérulentes de toutes couleurs. 
5 me . Les tufs de toutes couleurs. 
6 me . Les wackes de toutes couleurs , massives ou poreuses. 

Ayant en outre examiné accessoirement les trapps , les cor^» 
néennes et les pétrosilex, j'en traiterai immédiatement après les 
pâtes lithoïdes. 

Je n'ai employé que des échantillons dont la localité m'étoit 
bien connue, les uns* provenant des premières collections de 
Paris, les autres ayant été recueillis par Dolomieu ou en grande 
partie par moi-même. J'indiquerai avec soin ia localité des échan- 
tillons examinés, leur synonimie et la sorte de terrain volcanique 
à laquelle ils ont appartenu. Pour qu'on ne me soupçonne pas 
de méprise sous ce dernier point de vue, je distinguerai quatre 
grandes classes de terrains volcaniques , savoir : 

i° Les terrains incontestablement formés par les volcans 
brûlans : ; 

2° Les terrains formés incontestablement par des volcans éteints 
dont les cratères subsistent encore dans leur intégrité; 

3° Les terrains volcaniques contestés par un petit nombre de 
minéralogistes, conservant des traces nombreuses de leur ori- 
gine, quoiqu'ils se présentent morcelés en lambeaux plus ou 
moins vastes, et que les cratères qui en ont rejeté les matériaux 
aient été complètement effacés parles érosions diluviennes, ou 
peut être par des causes analogues moins anciennes et moins 
générales; 

4° Les terrains volcaniques contestés par un assez grand nombre 
de minéralogistes ; ces derniers diffèrent des précédens , soit 
parce qu'ils n'offrent presque plus de traces évidentes de leur 

origine^ 



( *7 > 
origine, soif parce qu'ils sont recouverts par les plus anciens 
dépôts marins ou mêlés avec, soit parce qu'en outre ils sont or- 
dinairement situes loin de tout volcan éteint ou brûlant. 

Après avoir établi ces distinctions essentielles, je passe aux 
applications des moyens d'expériences dont j'ai fait l'exposé. 

CHAPITRE TROISIÈME. 

Examen des Pâtes Lithoïdes qui entrent dans la composition 
des Cour ans de Lape de tous les âges. 

La dénomination générale de pâte lithbïde que j'emploie ici, 
embrasse les variétés de toute espèce, désignées jusqu'à présent 
sous les noms de lave basaltique uniforme, basalte, base du 
graubtein, basedes laves leucitiques, base des laves pétrosiliceuses, 
horstein volcanique, klingstein , phonolite , feld-spath compacte 
sonore, domite et base des laves feid-spathiques porphvriques. 
^ Parmi les nombreux échantillons de cette classe que j'ai eus 
a ma disposition, j'ai choisi pour en faire l'objet spécial de mes 
expériences, ceux qui présentoient des caractères plus tranchés, 
qui provenoientde localités plus remarquables, et dont le gisement 
m etoit mieux connu. Leur désignation, leur examen particulier 
et les résultats fournis par chacun d'eux, se trouvent consignés 
dans Ja Table de mes expériences. J'ai en outre contrôlé les 
résultats obtenus , en examinant d'une manière moins rigoureuse , 
mais suffisante, une foule d'autres variétés dont rénumération 
seroit superflue; je ne m'avance pas trop en assurant que j'ai 
ainsi passé en revue plus de deux cents variétés 'de laves lithoïdes 
de tous les âges, recueillies en différens lieux de la France, de 
l'Allemagne, de la Suisse, de l'Italie, de l'Espagne, de Syrie, 
de Ténériffe, d'Amérique et des Indes. J'ai été conduit à un 
petit nombre de notions simples dont l'analogie s'est soutenue 
dans tous les échantillons du même genre; je vais en exposer 
le résumé général. 

Toutes les pâtes lithoïdes quelconques, sans distinction d'é- 
poque, se sont trouvées composées de parties hétérogènes par- 
faitement discernables, très-distinctes les unes des autres et se 
présentant sous forme de grains à structure cristallisés , divers 
sèment colorés et entrelacés comme dans le granité ordinaire. 

Les couleurs font contraster fortement et nettement tous les 
jjf ains entre eux : ces couleurs sont peu variées. 

■ S 



(18) 

On ne voit effecti veinent que des grains d'un blanc parfait 
ou légèrement jaunâtres, derni-transparens ou doués d'une trans- 
parence qui va souvent jusqu'à la limpidité parfaite; des grains 
d A un vert bouteille, ou d'un vert jaunâtre, ou d'un vert noi- 
râtre, demi-transparens ou quelquefois transparens , et des grains 
a un noir parfait et opaques. 

J'ai trouvé aussi des grains d'un brun clair et foiblement 
translucides, et en outre des particules excessivement fines d'un 
brun rougeâtre , mais dans des cas si rares que j'en fais abstrac- 
tion pour le moment. 

Les grains blancs forment toujours au moins la moitié des 
masses et quelquefois les 99 centièmes; les grains verts s'y mon- 
trent pour un centième jusqu'à près de moitié, et les grains 
noirs pour un centième jusqu'à plus d'un quinzième. 

Le diamètre des grains varie d'un dixième à un cinquantième 
de millimètre; les limites de grosseur dans chaque échan- 
tillon en particulier, sont plus bornées; par exemple, d'un 
dixième a un vingtième, d'un vingtième à un trentième; cas les 
plus ordinaires. 

La juxtaposition de ces grains paroît parfaite, excepté en un 
petit nombre de points ou ils laissent entre eux des vides irré- 
guliers, très-difficilement appréciables, et qui supposés réunis, 
ne m ont point paru occuper plus d'un soixantième du volume 
dans les masses qui en renferment davantage. 

La présence de ces vides est un peu plus fréquente dans Ies> 
laves modernes, douées d'une certaine rigidité, que dans les laves 
de semblable origine, qui sont traitables au même degré que 

Tfy*ï les P lus bennes; ces dernières ne m'ont point offert 
de ditierences avec les secondes. 

Les masses lithoïdes dont la cassure est unie et comme si- 
licee, sont composées de grains très-fins; c'est le contraire dans 
les masses a cassure inégale et mate , et dans les masses dont la 
cassure est sensiblement granuleuse; mais cette règle n'est point 
absolue; on reconnaît en effet que le degré d'adhérence des 
grains et 1 intensité de leur transparence concourent avec leur 
volume pour produire ces différens aspects. 

On reconnoît aussi que l'intensité de la couleur des masses 
ne dépend pas seulement de l'abondance des grains de chaque 
couleur, mais du degré de transparence de ceux qui sont peu 



(x 9 5 

bu point colorés. La feinte des grains fortement colorés perce 
à travers les grains diaphanes. 

Si on veut se rappeler mes expériences préliminaires sur les 
minéraux volcaniques cristallisés, on jugera sans doute qu'il m'a 
été facile d'établir des comparaisons décisives, pour m'assurer 
de la nature des différentes sortes de grains. Leur ténuité après 
la pulvérisation, n'a pu être un obstacle, puisqu'elle s'est trouvée 
très-médiocre. J'ai pu commodément les observer isolés, soit 
sur le porte-objet, soit sur le filet de disthène. 

J'ai déterminé directement les caractères dépendans de la 
couleur, de la transparence, de la cassure et de la forme des 
fragmens. 

La dureté des masses, l'aridité de leur poussière, l'aigreur 
des grains confondus sous le pilon, et leur impression sur le 
tas d'acier, ont fourni des caractères composés et indirects lorsque 
les masses étoient mélangées; mais ces caractères ont été directs 
lorsque les masses se sont trouvées formées presqu'en entier de 
grains de couleur blanche. 

Dans ce dernier cas, la pesanteur spécifique des masses a été 
aussi un caractère absolu pour distinguer la nature des grains ; 
caractère qui s'est changé en indication encore très-forte lorsque 
les grains se sont trouvés mêlés en proportion moins inégale. 

Au chalumeau , les grains ont été l'objet de deux sortes d'é- 
preuves fournissant aussi des caractères absolus, savoir, le degré 
de fusibilité, le mode de fusion et l'action réciproque des par- 
ticules d'espèces différentes. 

Soumis à l'application des moyens que je viens d'assigner , 
les grains microscopiques de chaque sorte, examinés très-scru- 
puleusement , n'ont pas cessé de manifester les mêmes caractères 
dans les pâtes lithoïdes de tous les âges, et se sont trouvés ap- 
partenir aux mêmes espèces minérales. 

Les grains* blancs, excepté dans un petit nombre de cas que 
je préciserai tout à l'heure, ont présenté, sans ambiguité, tous 
les caractères du feld- spath cristallisé. On les trouve dans les 
proportions suivantes , que je rapporterai maintenant sans distinc- 
tion d'époque, cette distinction devenant inutile. 

Les pâtes lithoïdes qui, essayées au chalumeau par la méthode 
ordinaire , fondent en émail noir dont les éclats sont vert bou- 
teille foncé (par exemple les basaltes noirs ou d'un noir grisâtre), 
m contiennent 0.45 à o.55. 



C 20 ) 

' Les pâles lithoïdes qui fondent en verre blanc piqué de vert 
et qui s'en colorent foiblement à la longue (exemple , les klings- 
teins et les laves pétro-silieeuses, gris cendré, vert grisâtre, brun 
grisâtre), en contiennent de 0.70 à 0.90. 

Enfin les pâtes lithoïdes qui fondent en verre blanc (exemple, 
les klingsteins, les domites, les laves pétro-siliceuses ou de feld- 
spath compacte , de couleur blanche ou blanc verdâtre, ou gris 
de fumée), en contiennent au moins 0.90. 

Les grains blancs que je n'ai pu rapporter au feld-spath , se 
sont rencontrés , les uns dans les bases volcaniques renfermant 
beaucoup de cristaux de péridot, les autres dans celles qui ren- 
ferment beaucoup de cristaux d'amphigène. 

J'ai reconnu la nature des premiers, principalement à la pro- 
priété de se colorer en noir par le feu, et à l'excessive difficulté 
de leur fusion; ils appartiennent au péiïdot ; je n'ai jamais pu 
en découvrir plus de 0.20, dans les pâtes lithoïdes où elles 
figurent en grande quantité ; elles y remplacent en partie le 
feld-spath. 

Les seconds ont été principalement distingués à leur infusî- 
bilîté presque absolue, et à leur couleur persistant au feu; ils 
appartiennent à l'amphigène, ils remplacent en très-grande parue 
le feld spath 5 et forment quelquefois jusqu'aux 40 centièmes des 
masses, 

Les grains jaunâtres, verdâtres ou d'un vert noirâtre, fondent 
un peu moins facilement que le feld spath ; ils ont constamment 
offert tous les caractères du pyroxène cristallisé; ils entrent dans 
les bases indéterminées qui fondent en noir pour o.35 à 0.45. 
Dans celles qui fondent en vert bouteille foncé, pour o. i5 à o,35, 
pour o.o5à o.i5; dans celles qui fondent en vert clair et pour 
moins de o.or dans celles qui donnent des verres blancs. 

Dans ces deux dernières sortes de pâtes, mais surtout dans 
celles qui fondent en verre blanc, leur proportion diminue ra- 
pidement, parce qu'ils s'y trouvent en partie associés avec des 
grains de même couleur ou tout à fait, bruns , que j'ai reconnu, 
pour de l'amphibole, et beaucoup plus rarement par quelques 
particules d'un brun clair, qu'il est fecile de reconnoître poux 
du mica. 

Ces dernières particules sont en effet en lames très-minces ; 
demi-transparentes , d'un éclat nacré , fondant plus difficilement 
que le pyroxène, et donnant un verre brun noirâtre persistant 
sans se mêler.. 



^iiiiBNhi" mt*" 



TO 



( 21 ) 

11 n'est pas aussi aisé de distinguer l'amphibole d'avec îe py- 
xène; voici le tableau des principales différences : les grains 
amphiboliques sont allongés et tendans à la forme prismatique; 
ceux du pyroxène sont arrondis et irréguliers; les uns offrent 
des indices de lames et les autres une cassure vitreuse rarement 
unie; les premières ont un éclat assez foible, exceplé suivant le 
sens des lames; les seconds sont écîatans ; ceux-ci sont de couleur 
brune ou vert noirâtre; ceux-là sont de couleur vert jaunâtre, 
vert bouteille et rarement vert noirâtre. Enfin sur le filet du 
disthène les particules d'amphibole fondent avant celles de feld- 
spath et donnent un émail brun ou un verre d'une couleur vert 
noirâtre plus ou moins foncée; les particules pyroxéniques, au 
contraire, sont moins fusibles que celles du feld-spath et donnent 
un verre de couleur vert bouteille, ou vert jaunâlre plus ou 
moins clair; par le contact du feld-spath, ces dernières deviennent 
beaucoup plus fusibles. 

La nature des grains noirs opaques m'a embarrassé dans l'o- 
rigine ; leur détermination adonné lieu à un travail particulier 
dont j'ai déjà parlé, et que j'ai publié ii y a quelques années; 
j'ai démontré qu'ils appartenoient à un nouveau minéral, le fer 
titane. Leur reconnoissance est plus facile encore que celle des 
grains feid-spatbiques. La vivacité de leur éclat métallique, leur 
cassure conchoïde parfaite, leur couleur persistante et leur pro- 
priété magnétique qui permet de les isoler à volonté, en font 
sûrement recounoître l'espèce jusque dans les particules les plus 
déliées. On en découvre depuis o.o5 à o.i5 dans les pâtes II- 
thoïdes qui fondent en noir, de o.o3 à o.o5 dans celles qui 
fondent en vert foncé, de 0.02 à o.o3 dans celles qui fondent 
en vert très-clair et moins de 0.02 dans celles qui fondent en 
blanc. 

Les grains noirs appartiennent quelquefois en partie au fer 
oligiste. La couleur de la poussière les dénonce facilement ; j'ai 
constaté anciennement par les épreuves chimiques faites pour 
rechercher le fer titane, que le cas étoit extrêmement rare. 

Le barreau aimanté n'enlève pas au reste la totalité des grains 
noirs opaques , que la pulvérisation a complètement dégagés. 
Il en reste souvent une foible portion qui peut aller jusqu'à 
plus de 0.01. Les caractères extérieurs des ces derniers ne dif- 
fèrent pas sensiblement de ceux du fer titane. Isolés, ils fondent 
encore plus- difficilement en émail noir; mêlés au feld-spath et 
4111 pyroxène, ils ne se dissolvent pas- ces propriétés excluant 



( *• ) 

le fer chroma té et le grenat noir dit mélanite, Je présume qu'on 
peut les rapporter au ménakanite , qui est une combinaison de 
titane et de fer en e'gale proportion. (Je rappellerai ici que le 
fer titane ne contient que o.i5 de titane.) 

D'après ces détails, on voit que les associations des différentes 
espèces de minéraux microscopiques sont très-peu nombreuses 
et seulement ternaires ou quaternaires. Elles se divisent natu- 
rellement en deux classes. Dans les unes le feld-spath très-prédo- 
minant par sa quantité, imprime aux masses les principaux ca- 
ractères qui lui sont propres; dans toutes les autres, c'est le 
pyroxène qui prédomine, soit par sa quantité, soit par l'intensité 
de sa couleur et les caractères remarquables de fusion qu'il 
communique constamment aux masses. 

Les associations de la première classe peuvent se réduire à 
quatre, savoir : 

Feld-spath, prédominant avec pyroxène et fer titane, 
Feld-spath, prédominant avec fer titane et amphibole. 
Feld-spath, prédominant avec amphigène et fer titane. 
Feld-spath, prédominant avec fer titane, mica et amphibole, 

Les associations de la seconde classe peuvent aussi être ré* 
duites à quatre, savoir: 

Pyroxène, feld-spath et fer titane. 
Pyroxène, feld-spath, fer titane et péridot. 
Pyroxène, feld-spath, fer titane et amphigène. 
Pyroxène, feld-spath, fer titane et fer oligiste. 

Ces dernières notions complètent la reconnoissanee des dif- 
férentes substances minérales qui , sous forme de grains cris- 
tallins microscopiques , composent les pâtes lithoïdes des courans 
de lave de tous les âges. 

J'ajouterai maintenant, que j'ai originairement épuisé plusieurs 
hypothèses très-opposées à la véritable composition mécanique. 
En effet il eût été possible de découvrir une substance gêné* 
ratrice commune et absolument nouvelle ; on auroit pu rencontrer 
un nombre plus considérable de substances soit nouvelles, soit 
déjà connues; enfin les mélanges pouvoient être plus variés, 
et chaque localité volcanique pouvoit avoir les siens ; mais l'ob? 
servation a facilement fait justice de ces différentes hypothèses. 
^ Mes principaux efforts ont été dirigés vers la recherche d& 
/'amphibole, minéral dont l'existence gratuitement supposée , % 



(*3) 
servi jusqu'ici de lien ou de principe à presque foutes les cUssï 
ftcations ou explications des produits volcaniques. On a vu ouê 
le feld-spath étoit vraiment la substance prédominante dans toutes 
les pâtes lithoides, après lui le pyroxène et ensuite le fer titane 
L amphibole microscopique ne se montre que dans les pâles 
presqu'entierement feld-spatbiques; sa présence y est toujours dé- 
noncee par des cristaux ampbiboliques disséminés, très-apparem- 
si ce minerai eut existé en abondance dans les pâtes basa iticmes' 
il seroit bien étonnant qu'on ne J'y rencontrât jamais (,) en erk' 
taux apparens , tandis qu'on y voit figurer constamment des 
cristaux distincts de pyroxène plus ou moins bien accompagnés 
de cristaux également remarquables, de péridot , de feld-spath 
de fer titane ou d'amplugène. Ces considérations seroient d\.n 



«omW 2 ? \ T n- meS V 7 ageS ' ' a ' eU lieu *™™™ un bien grand 

sZéZrl , , f baSalh, ï" eS à î- t0 - US - leS a § eS ' «>•"« "clément m'onfpré- 
sente de 1 amph.bole en cr.staux disséminés , apparens à la vue simple • ie vais 
en donner l'md.cat.on. L'une de ces couches située au sommet du Puy^orent 
(en Auvergne), est composée de croûtes basaltiques boursoufflées on scoriHees 
servant de chapeau à nue nappe de lave complote, en partie colonnade Ces 
Itr"™"',"" ™™S*™* nombre de fragmens d'amphibole c" s.al'lisé 
mformes, d un volume communément médiocre et quelquefois eros éo mi 
le poing-, offrant des surfaces inégales , irré S ulières tantôt li,,ef Bt 
pohes tantôt ternes et scorifiées ; ifs sont accompagné de r si u" d^™! 
et -de fer t.tane, rares , pefts , d'un volume assez égal et en tout semblable, t 
ceux de même nature qu'on distingue dans la lave compacte infé rLTrl i, e s( • 
remarquer que de son cote cette ave ne renferme pas d'indice d'amphibÔ k Le 
sommet du Cantal (même contrée) est terminé par nn lambeau de couche ba! 
saluque recouvert presqu'enhèrement par un gazon épais. Xes an s les saiUans de 
la roche montrent quelques prismes imparfaits d'amphibole , d.sper *és avec 
quelques gram, de pyroxène au mdieu d'une pâte tantôt dense ,tn,otj| £ ère 
mentboursoufflee. J'ai en outre reconnu la présence de l'amnhihnl. S ë 
sieurs fragmens de roche basaltique , abondans d'adleur, en c 1 au parfaifs t 
pyroxène et de péndot, et gisant au milieu des tufs basaltiques ^^0 eje 
mnTne C p 6) ' E *," V »»» T«rvenu à trouver dans les nombreuses coHe" 
t.ous de Pans une dem.-donzame d'échantillons basaltiques de locaHtés mal 
connues qu. offrment avec beaucoup de pyroxène et quelqnepeu de p/ridot 
?es cnstauxd.ssemmés d'amphibole. Jeferafren, »,.„., J„„„ J j„P| .. _ P , 0t > 



je viens 
son 




bole Aim Te ? ■ rai " S basalfl< t ues incontestablement exempts aùj&i. 



s 



{ 24) 

grand poîds , dans le cas où on viendroit à supposer que je me 
suis laissé induire en erreur, dans tout le cours de mes. expé- 
riences, à l'égard du pyroxène et de l'amphibole. 

Le passage gradué qu'on a observé entre le basalte noir et la 
lave granitpïde du Meisner et de Saint-Sandoux (en Auvergne), 
dite mlrèeSe, se trouve en harmonie avec mes expériences et 
leur prête un point d'appui irrécusable. Maintenant on peut avec 
certitude dire indifféremment que laffiwe£e| un basalte à 
grains visibles, ou que le basalte est ime mimô& e- à grains mi- 
croscopiques.. 

Mes résultats d'analyse mécanique ne sont pas moins d'accord 
avec ceux de l'analyse chimique; ils en expliquent les variantes. 
Les principes constituans, extraits de différentes pâ(es liihoïdes 
bien caractérisées ? telles que les basaltes de Hasenberg en 
Bohême , de 1669 à l'Ethna, et le klingstein de Sanadoire en 
Auvergne , sont en rapport avec ceux des minéraux tnicroscor 
piques composans ; ce rapport se concevant de reste, je ne 
m'arrêterai pas à en exposer les termes; je ferai remarquer seur 
lementque le titane contenu dans les pâles lithoïdes, a échappé 
aux chimistes à raison de sa petite quantité, et qu'il en est 
probablement de même de la magnésie, dont inexistence en 
proportion très-foible, est indiquée à priori dans beaucoup de 
basaltes, par la présence du pétidot microscopique. Du reste ^ 
à l'avenir, il sera curieux de vérifier si à l'aide d'une simple 
reconnoissance mécanique, et considérant l'espèce des minéraux 
microscopiques composans, leur mélange et la relation des vo- 
lumes aux poids, on peut à l'avance obtenir, avec une approxi- 
mation suffisante, l'expression numérique de la composition 
chimique d'une pâte Jit.hoïde quelconque. 

Ces considérations auxiliaires fortifient les résultats directs 
de mes expériences, et leur impriment, je crois, le degré d'évi- 
dence qu'il est possible d'atteindre dans un semblable sujet. Il 
faut donc admettre les faits généraux suivans. 

Les pâtes lithoïdes des courans de lave modernes, celles des 
courans incontestables antérieurs aux temps historiques , celles 
des lambeaux de courans dont l'origine est plus ou moins con- 
testée, sont identiques de contexture intime et de composition 
mécanique. 

Toutes sont des granités microscopiques dans lesquels l'unifor- 
mité du tissu entrelacé n'est interrompue que par de très- petites 

vacuoles „ 



&#*"S -••■*- 



vacuoles, un peu moins rares dans certaines laves incontestables 
que dans toutes les autres. 

Les minéraux élémentaires de ces granités microscopiques ap- 
partiennent au petit nombre d'espèces qu'on trouve souvent dis- 
séminées en cristaux apparens dans les pâtes lithoïdes. 

Les associations de ces minéraux élémentaires peuvent être 
géologiquement réduites à huit, qui sont simplement ternaires 
ou quaternaires, et dans lesquelles deux des substances élémen- 
taires, le feld-spath et le pyroxène, sont constamment prédomi- 
nantes , non-seulement par leur abondance, mais encore par 
1 mfluence des propriétés dont elles sont douées. 

Enfin ces associations considérées sans le secours du microscope 
et sans^ celui de la loupe , redeviennent des masses d'apparence 
homogène , ^dont les propriétés composées sont dominées tantôt 
par les caractères du feld-spath, et tantôt par ceux du pjroxène; 
les autres minéraux élémentaires, rares ou masqués, n'exercent 
presqu'aucuneinfluence caractéristique, et les masses ne peuvent 
plus être minéralogiquement distinguées qu'en deux sortes. 

Les conséquences immédiates qu'on peut naturellement déduire 
de ces faits généraux sont tellement fondamentales, que je crois 
devoir indiquer quelques-unes des plus marquantes, avant de 
passer a l'exposition de mes expériences sur les autres bases in- 
déterminées des roches volcaniques. 

D'abord il est évident qu'on n'a pas été fondé à élever au rang 
de véritables espèces minéralogiques, plusieurs des pâtes lithoïdes 
dont je viens de déterminer la nature; d'un autre côté , beaucoup 
de minéralogistes ont été trop loin, en les rejetant toutes, sans 
descriptions spéciales et préalables, dans les classifications pure- 
ment géologiques. Il paroît naturel de suivre à leur égard le 
parti qu'on est unanimement convenu de prendre pour les mi- 
néraux quartzeux ou calcaires mélangés. Elles peuvent donc et 
elles doivent être rapportées aux variétés compactes des deux 
minéraux élémentaires dominans, en leur accordant des noms 
particuliers et surtout des descriptions très-détaillées, à raison 
de l'importance du rôle qu'elles jouent dans les roches volcaniques. 
Ainsi les pâtes lithoïdes qui fondent en verre blanc permanent, 
ou en verre blanc piqué de vert ou de uoir et se colorant foi- 
blement à la longue, appartiendront au feld-spath compact, et 
celtes qui donnent un émail noir ou un verre de couleur verte 
foncée , appartiendront au pyroxène compact. Je réunirai les 

4 



(»6.) 

premières sous le nom de leucostine , suggéré par la grande 
quantité de grains blancs qu'elles renferment et qu'on y peut 
aisément distinguer à l'aide d'une bonne loupe et d'une vive lu- 
mière. Je conserverai au second le nom de basalte , qui est en 
quelque sorte consacré. 

Désormais la notion minéralogique conventionnelle du basalte 
deviendra celle-ci: pyroxène compact, mélangé de beaucoup de 
parties microscopiques de feldspath et de fer titane, auxquelles 
s'associent quelquefois des particules de péridot, d'amphigène et 
de fer oligiste. 

La notion minéralogique conventionnelle delà leucostine sera: 
feld-spath compact, mêlé d'une petite quantité de fer titane 
microscopique, auquel s'associent de petites quantités de py- 
roxène, d'amphibole, de mica, ou d'amphigène. 

La synonymie du basalte comprendra principalement les laves 
argilo-ferrugineuses homogènes de Dolomieu , les laves basaltiques 
uniformes de M. Haiïy, le basalte trappéen , le graustein et la 
lave proprement dite de M. Werner. 

^ La synonymie de la leucostine embrassera les laves pétro- 
siliceuses N homogènes de Dolomieu , les laves pétrosiliceuses 
uniformes et le feld-spath compact sonore de M. Haùy, la do- 
mite et la lave à base de hornstein de Karsten, le klingstein et 
la base de plusieurs thonporphyres de M. Werner. 

Les modifications de la contexture, qui tantôt est compacte, 
tantôt écailleuse et tantôt granulaire, fourniront des subdivisions 
faciles à motiver. Les variations de composition mécanique pour* 
ront être prises subsidiairement en considération, ainsi que les* 
accidens dus au boursoufïlement ; mais je reviendrai sur ce sujet ; 
pour le moment je me contente de l'essentiel, c'est-à-dire de 
poser les principes. 

Cette distribution naturelle, tout en détruisant les préjuges 
conçus à l'égard de la composition des pâtes lit hoïdes , a l'avantage 
de ne pas s'éloigner sensiblement des coupures empiriques déjà 
établies. Elle concilie même les opinions sous un certain point 
de vue. En effet, les minéralogistes qui ont soutenu que toutes les 
pâtes lit hoïdes étoient des mélanges, avoient raison , et ceux qui 
ont prétendu qu'on pouvoit les placer dans la méthode minéra- 
logique, n'avoient pas tort. 

Si les recherches précédentes peuvent servir à concilier des 
opinions sous le point de vue minéralogique, elles ne concilient 



(*7 ) 




polhèses, ou, pour m'énoncer avec plus de logique, et comme 
je croîs être autorisé à le faire , aucune de ces hypothèses ne 
satisfait à mes résultats. Je n'entrerai à ce sujet dans aucun 
développement ; mais je reproduirai les conséquences de mes 
observations sous une autre forme, et j'en déduirai l'expression 
rigoureuse des conditions qui caractérisent le phénomène de la 
coagulation des courans de lave ; je dirai qu'il est démontré que la 
matière intérieure des courans (ceux d'obsidienne exceptés) se 
cristallise en entier par le refroidissement, et se change en*une 
infinité de très-petits cristaux ou grains entrelacés solidement , 
laissant entre eux des vacuoles rares et déliées, et appartenant 
à des espèces minérales bien déterminées. 

Cette notion, considérée comme loi générale, explique faci- 
lement beaucoup de cas particuliers non encore résolus; je me 
contenterai d'en produire un exemple remarquable. 

On a discuté depuis long-temps , et on discute encore, sur 
l'origine des cristaux apparens, disséminés dans les pâtes li- 
thoïdes. Les uns prétendent que la formation de ces cristaux a eu 
lieu au milieu de la matière incandescente, les autres pensent 
qu'ils ont été apportés des entrailles de la terre , après avoir 
résisté au ramollissement ou à la fusion des roches qui leur 
servoient originairement de matrice (i). D'après mes expériences, 
il me semble que la difficulté n'existe plus. Un cristal de deux à trois 



(i) Nous sommes riches en explications des phénomènes volcaniques. Il a 
été plus facile d'imaginer des hypothèses sur leur nature , que d'étudier , d'à- 
natomiser et de bien décrire leurs produits. Jusqu'à présent on n'a su voir dans 
ces produits que des roches diverses, fondues ou remaniées par des causes lo- 
cales ; à coup sûr c'est trop resserrer le champ des suppositions. Quand à défaut 
de faits, la science accueille les spéculations hypothétiques , il faut au moins 
tâcher d'épuiser la série de ce qui est possible. C'est d'après cette considération 
que|Dolomieu s'étoit décidé à mettre en avant, dans un de ses derniers ouvrages , 
une idée absolument neuve et qui parôîtplus féconde que toutes celles qui ont 
précédé. Cette idée , que je ne juge pas ici , conduiroit à faire supposer que la vol- 

partie < 

temps , douée de la liquidité pâteuse et de la pli 

y éprouve des modifications extrêmement lentes , dont les tremblemens de terre 

et les éruptions sont le produit. 

4.. 




( 2 8) 
millimètres de longueur ne se forme pas en vertu d'une autre 
force d'agrégation 'qu'un cristal d'un vingtième ou d'un cin- 
quantième de millimètre; les dimensions dépendent de la con- 
tinuité d'action ; beaucoup de causes peuvent la troubler. Si le 
refroidissement des courans peut résoudre toute leur masse li- 
quide en cristaux microscopiques , il y a tout lieu de croire 
que les gros cristaux qui s y trouvent disséminés sont les pre- 
miers produits de l'agrégation régulière. 

On pourra s'étonner qu'après avoir démontré que le pyroxène 
est un des produits formés par la résolution complète de la ma- 
tière, des laves en cristaux, je ne propose pas de changer le 
nom de ce minéral; ce nom signifie effectivement étranger au 
domaine du feu; il a été suggéré à M. Haiiy par Dolomieu, qui 
a partagé long-temps la seconde des opinions dont j'ai parlé plus 
haut. J'estime que l'élymoiogie pourra être interprétée à l'avenir 
sous un tout autre point de vue; la dénomination de pyroxène 
rappellera aux observateurs que les phénomènes volcaniques dif- 
fèrent essentiellement de ceux du feu que nous savons produire, et 
que c'est à tort que Ton a cru jusqu'à présent le contraire ; elle les 
avertira qu'il faut abandonner désormais tout préjugé de cette 
espèce., si l'on veutavancer dans l'étude des volcans , et parvenir 
surtout à déterminer quelles sont les causes inconnues qui, jointes 
à l'incandescence, donnent la fluidité aux courans de lave, per- 
mettent aux combinaisons chimiques de s'y former, et favorisent 
l'agrégation régulière et complète de ces combinaisons , pendant 
la durée du refroidissement. 

Après avoir trouvé le mode uniforme qui régit la composition des 
pâtes minérales qui font la base des courans lithoïdes de tous les 
âges et de tous les pays ; après en avoir déduit l'expression cle 
la loi qui préside à la coagulation dés laves incandescentes, je 
compléterai l'examen des laves lithoïdes anciennes et modernes, 
en démontrant l'inexactitude de^rapprochemens dont elles ont été 
jusqu'à présent l'objet. 

Une partie des minéralogistes supposent que les laves mo- 
dernes ne ressemblent point aux laves anciennes, que ces der- 
nières, au contraire, ont une composition analogue à celle des 
trapps, des corneennes et des pétrosilex, et que par conséquent 
leur origine est semblable. Les autres assurent que les laves 
anciennes et modernes ne sont rien autre chose que des pétro- 
silex , des corneennes et des trapps remaniés par les agens sou- 



t*9) 




ce qu'on les a supposés; je vais prouver qu'on n'a guère mieux 
rnnnn Ip troisième terme. 



connu le troisième terme. 

CHAPITRE QUATRIÈME. 

Comparaison des Substances minérales non volcaniques , 
nommées Pétrosilex , Trapp et Cornéenne, avec les Pâtes 
lilhoïdes des courans de lave de tous les âges. 

Je ne traiterai point des cornéennes, des trapps et' des' pétro- 
silex avec le détail que réclamoit l'histoire des recherches clbnt 
j'ai rendu compte dans le Chapitre précédent. Je me conten- 
terai d'esquisser les principaux traits qui font contraster ces trois 
genres de pierres avec les pâtes lithoïdes. 

On sait que ces pierres se trouvent en grandes masses com- 
pactes dans les terrains primitifs ou intermédiaires, et que plu- 
sieurs variétés se rencontrent même dans les terrains secondaires. 
Malgré les recherches nombreuses dont elles ont été l'objet, 
leur rôle dans la science est encore bien équivoque; elles appar- 
tiennent à cette grande division du règne minéral qui comprend 
toutes les substances terreuses qu'on regarde comme composées 
de particules indiscernables irrégulièrement agrégées ; subs- 
tances imparfaites à nos jeux, constamment informes, ne montrant 
qu'une structure confuse, qui se ressemblent beaucoup par l'uni- 
formité de leur tissu , qui , considérées hors de leur gisement , ne 
peuvent souvent être distinguées que par les nuances fugitives 
d'un petit nombre de caractères extérieurs ou empiriques, et 
dont les définitions spécifiques n'ont communément d'autres fon- 
demens que des assertions plus ou moins hazardées , reposant 
sur des notions ou même des hypothèses géologiques. C'est ainsi 
qu'on les définit en général comme des produits aqueux; les 
uns sont, dit-on, des précipités chimiques durcis; les autres, 
des précipités mécaniques consolidés; celles-ci ont été déclarées 
homogènes, celles-là composées de particules hétérogènes ; d'autres 
enfin participent plus ou moinsdecés différées modes, et forment, 
à ce qu'on assure > des variétés de passage. Ces manières de 



( 5o ) 
voir peuvent être justes; mais des assertions et des conjectures 
de ce genre ne peuvent pas suppléer à l'absence fréquente de 
toute propriété vraiment spécifique. Des opinions ne sont pas 
des caractères, et on ne doit point s'étonner si les minéralo* 
gistes ne s'accordent point encore sur la définition et la nomen* 
clature des nombreuses substances dont je veux parler, sur la 
manière de les décrire et la place que chacune d'elles doit oc- 
cuper dans la méthode purement minéralogique. Je n'insiste au 
reste sur ces considérations générales , que parce qu'elles sont plus 
spécialement applicables aux trois genres de pierres que je vais 
examiner. 

En me servant des vieilles dénominations de pétrosilex, de 
trapp et de cornéenne pour désigner ces pierres, je n'entends 
aucunement préjuger du parti que les connoissances actuelles 
permettent de prendre à leur égard; j'ai voulu seulement me 
rapprocher du langage employé par Wallerius, Bergmann, Sausr 
sure et Dolomieu, et remonter ainsi à la source des fausses ana- 
logies dont les laves anciennes et modernes ont été jusqu'à présent 
le sujet. 

Sous la' dénomination générique de pétrosilex , je comprends 
le pétrosilex compact ou terreux de Dolomieu, le palaiopêtre 
et le feld-spath terreux non volcanique de Saussure, l'eurite de 
M. d'Aubuisson , le feld-spath compact de M. Werner, les va- 
riétés de son hornstein qui fondent en verre blanc, et en grande 
partie la base (haupt masse) des variétés de son thonporphyr qui 
renferment des grains de quartz disséminés. Le pétrosilex cons- 
titue la base d'un grand nombre de porphyres diversement co- 
lorés. La présence ordinaire du quartz au milieu des autres cris* 
taux disséminés , l'absence constante de toute cavité bulleuse et 
de toute concrétion amygdaloïde, en sont les principaux carac- 
tères empiriques (i). Sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa fusion 



(i) Quelques variétés fort rares de pétrosilex et de trapp offrent la contexlure 
yanolaire, qu'il ne faut pas confondre avec la contexture amygdaloïde. Les 
varioles sont des nœuds orbiculaires ordinairement petits, d'un égal diamètre 
dans le même bloc , tantôt compactes et tantôt rayonnes à rayons microsco- 
piques concentriques , inséparables de la pâte qui les renferme et de même 
nature , s'en distinguant seulement par des couleurs peu distinctes , assez com- 
munément zonaires. Les amandes se présentent avec des formes et des dimen- 
sions yanables dans le même bloc; souvent elles y sont entremêlées de cavités 



en verre ou émail blanchâtre, font penser, avec baucoup de 
raison, qu'il est composé fanlôt en entier, tantôt en grande partie 
de molécules feîd-spathiques. * 

Je range sous la dénomination générique de trapp, le diorite 
compacte et Ja roche argileuse dure de M. Haiïy, la base du 
porphyre rouge antique, le grunstein compacte de M. Werner, 
les schistes argileux ( thonschiefer) durs el en masses non feuil- 
letées, la pierre de touche ou lydienne, et les variétés du wetz- 
schieferet du kieselschiefer de M. Werner, qui fondent en verres 
colorés. Toutes ces substances fondent en verre noir opaque, ou 
d'un vert foncé, ou d'un vert jaunâtre. Leur principal caractère 
empirique est de ne contenir jamais aucune cavité huileuse ni 
concrétion amygdaloïde. On suppose que les unes sont composées 
de particules cV amphibole et de feldspath, et les autres d'argile 
ferrugineuse mêlée de molécules amphiboliques, feld-spathiques, 
ou quartzeuses. 

Enfin je désigne sous la dénomination générique de cornéenne, 
les schistes argileux tendres de tous les âges, qui sont en masses 
non feuilletées ou imparfaitement feuilletées, et leurs variétés 
mixtes avec le schiste amphibolique, le schiste chlorite, la ser- 
pentine schisteuse, fardoise proprement dite, l'argile pyriteuse 
endurcie et le calcaire argileux compacte, simple ou fernfère. Je 
comprends dans celte synonymie une partie des variélés du thon- 
schiefer, de l'alaunschiefer et du schieferthon de M.. Werner, et 
en général les pierres dites argileuses , tendres , non feuilletées, 
noires, grises ou verdâtres, exemptes de la contexture amygda- 
loïde, souvent pyriteuses et quelquefois mêlées ou accompagnées 
de matières charbonneuses, qu'on a voulu assimiler aux pâtes 
îithoïdes des courans de lave anciens et modernes. Un de leurs 
principaux caractères empiriques communs, est de ne renfermer 
aucune cavité huileuse ni concrétion en forme d'amande, et 
d'être très-rarement porphyriques. On les suppose formées d'ar- 
gile ferrugineuse, tantôt simple et tantôt plus ou moins mé- 
langée de molécules amphiboliques, quartzeuses, feid-spathiques, 



huileuses; on les voit tantôt pleines et tantôt plus ou moins creuses; elles 
adhèrent faiblement à la pâte environnante; elles en diffèrent essentiellement 
par leur nature et leur couleur; enfin leur composition offre des minéraux 
d espèces très-différentes, affectant des structures variées et se groupant quel- 
quefois en assez grand nombre dans la même géode. 






( 52 



talqueuses, calcaires, de mica, de carbonne, de carbure de fer 
ou de fer sulfure'. 

On voit, par ces détails, que j'exclus formellement des trapps et' 
des cornéermes, les pâtes indéterminées de toutes les roches amyg- 
daloïdes et boursoufflées , sans excepter même l'ophite antique. 
Je regarde cette exclusion comme un des résultats les plus utiles 
de mes expériences. Je la motiverai au chapitre dans lequel je 
traite des laves lithoïdes altérées , sous là dénomination provisoire 
de wackes volcaniques de toutes couleurs. 

Quant au basalte noir antique, je suis fondé à assurer que ce 
n'est ni un trapp, ni une lave; j'ai eu occasion de l'étudier en 
Egypte avec Dolomieu, sur un grand nombre d'échantillons, et 
mon ami, M. de Roziéres, en a exactement constaté le gisement 
près des cataractes du Nil; on doit en faire deux variétés de 
,1a syênite, sous les noms de syênite granulaire et syênite 
compacte. 




un -traité sur ces substances et de les distinguer nettement les 
unes des autres. Il a dû me suffire de les examiner sous le 
rapport d'un petitnombre de propriétés très-saillantes, communes 
aux variétés de chaque genre, et de montrer combien elles dif- 
fèrent des laves lithoïdes anciennes et modernes non altérées y 
à s'en tenir aux points de vue essentiels, c'est-à-dire à la com- 
paraison de la texture intime, de la composition mécanique et 
des principaux caractères empiriques. Je passe donc à cette com- 
paraison. 

Ces trois genres de pierres considérés dans leurs gisemeps , 
se lient intimement aux roches accompagnantes, soit en ad- 
mettant les mêmes minéraux disséminés sous forme de gra ns 
ou cristaux apparens, soit par des passages de composition ou 
decontexture, soit par les conditions qui caractérisent leur stra? 
tification. 

Au contraire, les laves lithoïdes anciennes et les autres couches 
volcaniques accompagnantes, sont presque toujours évidemment 
adventives relativemeut aux terrains qui leur servent de support 
ou qui par fois leur sont superposés, n'ayant avec eux aucune 

relation 



(55) 

m-elation directe de confexture ou de composition* et souvent 
aucun rapport de stratification (r). 



(i) L'état d'une science est assez exactement caractérise par la richesse 
ou la pauvreté de sa terminologie ; est-elle peu avancée , l'abus des expressions 
génériques non définies ou mal définies , devient presque inévitable ; il influence 
l'observateur, altère les produits de l'observation , défigure les faits , entraîne 
la confusion des idées ; conduit à des analogies imaginaires , et mène , sans qu'on 
s en aperçoive , à l'erreur , quelquefois même à l'absurde. Ajoutons qu'on y 
tient en général d'autant plus, que c'est un moyen commode pour se passer de 
précision , pour se dispenser, d'études trop difficiles, et pour déguiser, à l'aide 
d'un faux appareil scientifique, la limite bornée et l'insuffisance des connois- 
sances acquises. 

On ne peut méconnoître les effets de cet abus lorsque, s'armant d'une saine 
logique , on veut approfondir les bases élémentaires de beaucoup de notions 
géologiques reçues ou données comme incontestables; par exemple, combien 
de manières d'être différentes ne confond-on pas à l'aide des mots passage et 
transition? À s'en tenir aux produits volcaniques , nous avons des transitions 
ou passages sous le point de vue de la composition , du tissu intime, de la con- 
texture, de la dureté, de la couleur, du boursouflement , du relâchement des 
parties, de leur décomposition et de leur désagrégation. 

Voici comment j'écarte , en beaucoup de cas , l'abusif emploi de ces expres- 
sions vagues et bannales. 

Je nomme en général jonction la rencontre d'une couche volcanique avec une 
couche de même origine ou d'une origine différente. La jonction est distincte 
lorsque la coupe du plan de rencontre offre une ligne de séparation nettement 
prononcée; elle est confuse lorsqu'il y a pénétration entre les matières qui 
composent les deux faces de rencontre , et qu'il n'est pas possible de discerner 
où. finit l'une et où commence l'autre. De ces pénétrations il résulte des bandes 
plus ou moins parfaitement mixtes et communément assez minces ; je leur 
donne le nom à' entre- couche s , et je nomme roche d'entre-couche , la roche 
qui les compose. Ce second cas, au reste , est très-fréquent et se Conçoit faci- 
lement ; la majeure partie des déjections volcaniques sont ordinairement 
meubles, et les faces scorifiées inférieures et supérieures des nappes de lave 
sont susceptibles de le devenir à la longue; il s'établit une foule de jonctions 
confuses en vertu des différences qui existent entre l'écartement et le volume 
des parties incohérentes respectivement en contact d'une couche à l'autre , et 
par suite de l'action continue des eaux filtrantes, du poids des parties libres et 
de la pression des masses superposées. De là de prétendues transitions très-va- 
riées et quelquefois bizarres. Telle est celle-ci : 

Soit une plaine formée de granité à gros grains et superficiellement décom- 
posé , sur laquelle des graviers , puis des sables de même nature ont été déposés 
par un cours d'eau. Une éruption volcanique voisine couvre les sables avec des 
cendres fines et des cendres plus ou moins mélangées de fragraens de scories. 
Ensuite un courant de lave basaltique s'étend sur le tout. Qu'arrive-t-il avec le 
temps? la croûte scorifiée inférieure du courant se désagrège, s'affaisse et se 




(54) 

Les premières se présentent sous forme de masses constam- 
ment pleines et parfaitement denses, les secondes sous forme 
de masses plus ou moins criblées de cavités huileuses de toutes 
dimensions. 



lie avec des déjections incohérentes ; celles-ci se lassent et pénètrent dans les 
...1,].. ... • _a x -M' • _ 1m. j'v • i;*;«,,.« ™«_ 




System 

dans les idées de beaucoup de minéralogistes , présente alors le prétendu pas- 
sage du granité au basalte par le gravier , le sable (oiile grès) , ta cendre durcie ,. 
le tuf et la brèche à base de wacke basaltique. 

La nature a réalisé plus ou moins complètement cet exemple en plusieurs» 
endroits de l'Auvergne et des Cévennes, dans lesquels il existe des matières vol- 
caniques incontestables. Mais je vais plus loin j je suppose qu'un pareil système 
ait été démantelé par une cause quelconque, et qu'il n'en reste que des lam- 
beaux; que faudrait-il conclure de la transition prétendue? que le basalte est 
de la même formation que le granité? Au fait cependant , ces lambeaux srroient 
le produit de cinq formations distinctes, savoir : celle du granité , sa décom- 
position , celle du courant d'eau , celle de l'éruption pulvérulente et celle du 
courant de lave, auxquelles il faudroit ajouter une action postérieure composée 
elle-même des effets amenés par les filtrations, le tassement, la macération , le 
dessalement des matières volcaniques et les concrétions infiltrées. 

On voit qu'une simple analogie tirée de ce qui se passe journellement sous 
nos yeux , et dégagée de toute hypothèse , rend parfaitement raison des cas assez 
rares où. les roches volcaniques anciennes se lient avec les couches non volca- 
niques et ne leur paroissent point adventives. 

Du reste , la superposition à jonction confuse n'existe pas seulement dans les 
terrains volcaniques et à leur contact avec les autres terrains ) on l'observe 
aussi , quoique très-rarement, à la rencontre respective de ces autres terrains, 
Malgré la longueur de celte note, je ne résiste pas au désir d'en faire connoître 
un exemple qui rentre tout-à-fait dans mon sujet et qui est sûrement curieux ,. 
puisqu'il offre la plus belle transition possible du granité le plus ancien au cal- 
caire coquillier ! 




et 
M. 

leciions de Paris en possèdent de beaux échantillons : en voici l'indication som- 
maire : le granité de Château-Neuf est à très-gros grains, à peu près des 
mêmes couleurs et presque aussi beau que le granité de Syène en Egypte. Il 
étoit superficiellement désagrégé lorsque la matière calcaire a été déposée par 
dessus. Non-seulement cette matière a pénétré jusqu'au vif de la roche grani- 
tique, en s'insinuant à travers ses débris , mais encore elle embrasse des cristaux 
isolés qui ont été facilement soulevés à une petite distance , à raison de la den- 
sité du liquide formant le dépôt. La jonction confuse des deux terrains se fait 
donc par une roche mixte accidentelle (ou Rentre-banc) de plusieurs déca- 
mètres d'épaisseur, qui , dans sa partie inférieure, est composée de granité ai 



:(55) ,., 

; Bans les unes on trouve, à la vérité, des grains où cristaux 
^disséminés de feld-spath , d'amphibole et quelquefois de mica ; 
mais ils sont associes a des grains de quartz, de diallage, de 
talc, de chlorite, de fer oxiciulé, de fer sulfuré -et de pyrite 
magnétique, minéraux tout-à-fait étrangers aux terrains volca- 
niques. On. n'y voit jamais ni peridot, ni pyroxène , ni am- 
phlgène , ni for oliglste , ni fer titane. 

Dans les autres, la rareté du mica et de l'amphibole , l'ab- 
sence totale des pyrites et du fer oxidulé, celle si remarquable 
du quartz , deviennent des caractères négatifs aussi puissans que 
-la présence du fer titane, du fer oligiste, du pyroxène, de Tam- 
phïgène et du péridot associés au feld-spath. 

Ces différences principales entre les caractères empiriques res- 
pectifs sont déjà très-marquées; on en trouveroit aussi entre 
les nuances des caractères extérieurs; mais je dois les passer 
sous silence pour établir la comparaison vraiment essentielle, 
celle du tissu intime et de la composition mécanique. 

On se rappelle que l'apparence des pâtes lithoïdes vues à l'œil 
nu est une illusion due à la foiblesse de cet organe; qu'elles 
sont douées d'un tissu grossier, interrompu par des vacuoles, 
et composées de cristaux ou grains entrelacés, dont le diamètre 
n'excède guère un vingtième ou un trentième de millimètre ; 
conditions qui permettent de déterminer l'espèce des minéraux 
élémentaires; il n'en est pas de même destrapps, des pétrosilex 
et des cornéennes. 

Je dois dire ici qu'avant de tenter l'examen microscopique 
de ces trois genres de substances minérales compactes , je m'étois 
flatté de ne pas rencontrer plus de difficulté que je n'en avois 



cimentde chaux carbonatée plus où-moins visible , et dans sa partie supérieure, 
d'un superbe porphyre calcaire à gros grains de quartz gris et de mica noir , 
et à grands cristaux de feld-spath d'un rouge de chair très-éclatant. D'ailleurs 
îe calcaire est d'un blanc grisâtre ou d'un gris de fumée , écailleux à écailles 
spathiques , et s'approchant de la structure compacte. Il contient des rognons 
de silex roux (fauerstein) , et dans le prolongement de sa formation , qui est 
très-étendue , des griphites , desentroques et des astroïtes. 

Convenons-en,, la découverte de ces circonstances singulières eût été une 
bonne fortune pour un partisan des idées de transition; il est plus facileen 
effet de convertir tout gisement anomal en loi générale , que d'en résoudre les 
conditions spécieuses, et de démontrer comment elles peuvent se classer naturel- 
lement dans lam^ése des grands phénomènes déjà connus de tous les géologues. 

5.. 



f 36 ) 




pr< 

produits d'un mode de formation bien différent. 

Je rejette dans la table générale le détail de mes expériences,, 
ainsi que ta désignation précise des échantillons que j'ai exa- 
minés; je me contente d'avertir que, parmi ces échantillons, 
on verra figurer les trapps et les cornéennes des montagnes de 
Suède, anciennement cités par Bergmann et Wallerius; c'est 
principalement la collection de M. Le Lièvre qui me les a fournis. 
Je vais exposer maintenant les résultats généraux de mes ob- 
servations. 

Le tissu intime des trapps, des cornéennes, des pétrosilex, 
examiné au microscope, se montre uniforme et sans aucunes 
vacuoles; sa finesse est souvent si excessive, qu'on n'aperçoit 
point d'élémens divers, et qu'il conserve l'apparence la plus 
compacte. Lorsqu'on distingue des particules , on ne sait si ce 
sont réellement des grains ayant chacun une existence indépen- 
dante et une structure particulière, ou si ce sont des apparences 
résultantes de la division de la masse homogène par des fissures,, 
ou, pour mieux dire , par des glaces extrêmement déliées. Du 
reste, ces grains réels ou apparens sont dix fois ou vingt fois 
plus petits que les grains des pâtes lithoïdes; ils ont tous la même 
couleur dans le même échantillon. 

Ils sont blancs ou foiblement nuancés de la teinte des masses, 
translucides ou demi - transparens dans les pétrosilex ; translu- 
cides et blancs jaunâtres dans les trapps noirs, verts ou verts 
noirâtres ; demi-transparens et d'un blanc rosé dans le trapp 
rouge; d'un blanc grisâtre et à peine translucides dans les cor- 
néennes grises ou verdâtres qui blanchissent au feu; blancs gri- 
sâtres et opaques dans les cornéennes noires qui conservent leur 
couleur après avoir été chauffées. 

L'excessive finesse de ces grains ne permet pas de les isoler 
sur le filet de disthène : on ne peut déterminer aucun de leurs 
caractères. 

Leur facile fusion sur le filet de disthène offre des verres 
bulleux, blancs pour les pétrosilex; d'un vert jaunâtre pour 
les trapps; tantôt gris, tantôt d'un vert jaunâtre foncé pour les 
cornéennes. 

Dans les produits de fusion, comme dans les pâtes, on voit 
assez ordinairement des grains noirs, excessivement fins et }amaïs> 



fcN^ 



C 3? J 
assBz' abondans pour former la centième partie du volume. Ces ; 
grains sont facilement fondus et dissous ; ils communiquent cons- 
tamment une couleur verte. Supposant qu'ils étoient de nature 
métallique, j'ai fait des tentatives pour les isoler, en traitant 
différentes variétés, à l'aide de la porphyrisation et du lavage. 
J'ai en effet recueilli quelque peu de poudre noire, encore mêlée 
de matières terreuses, en partie atthable, et donnant l'odeur sul- 
fureuse par la calcination. 

Ne pouvant réunir une assez grande quantité de ces parties 
noires attirables pour y chercher l'oxide de titane, j'ai éprouvé 
les parties métalliques discernables à la vue ou à la loupe, que 
renferment beaucoup de trapps et de cornéennes. J'ai étendu ces 
essais aux griinsteins primitifs ou diorites , et aux roches qui ont 
de l'analogie avec eux, ou qui les accompagnent ordinairement. 
J'ai notamment essayé le fer oxidulé octaèdre des roches de 
Corse, celui des roches de la Val-d'Aosle au Mont-Blanc, et de, 
la Val-Sesia au Mont-Rose , et celui des roches qu'on trouve en 
différens endroits de la Suède. Cet examen chimique m'a dé- 
montré qu'il n'existoit de fer titane ni d'ans les trapps, les cor- 
néennes et les pétrosilex, ni dans les roches primitives accom- 
pagnantes. 

Les expériences dont je viens de présenter le résumé prouvent, 
i°. que si le pétrosilex, qu'on regarde avec raison comme du 
feld-spath compacte, contient des particules hétérogènes, ces 
particules échappent par leur ténuité, et n'influent point sur les 
résultats de fusion; 

2°. Que le pétrosilex diffère essentiellement des pâtes lithoïdes, 
leucostîniques ou feld-spathiques, soit par l'extrême finesse de 
son tissu, soit par l'absence des minéraux microscopiques hété- 
rogènes, qui abondent dans ces sortes de laves; 

3°. Que si les trapps et les cornéennes sont des masses com- 
pactes composées de particules hétérogènes , comme on s'ac- 
corde à le croire, il n'est pas possible, du moins par les moyens 
que j'ai mis en usage, de constater directement quels sont les 
minéraux élémentaires, et notamment si l'amphibole est fré- 
quemment du nombre;* 

4°. Enfin, que la nature et la finesse du tissu intime des trapps 
et des cornéennes, et l'impossibilité d'assigner leur composition 
mécanique, ne permettent plus de les confondre avec les pâtes 
lithoïdes , basaltiques ou pyroxénicmes. 



( 53) 
Ainsi en rapprochant ces résultats de ceux obtenus dans la 
première partie de mes observations, il demeure constant, non- 
seulement que les laves lithoïdes contestées sont analogues aux 
laves lithoïdes modernes, mais encore que les unes et les antres 
ne ressemblent point aux roches primitives , intermédiaires ou 
secondaires, auxquelles on a prétendu jusqu'à présent qu'il fa 11 oit 
les assimiler, ou dont on a pensé qu'elles tiroient leur origine. 

Je ne puis me dispenser de faire remarquer l'heureuse coïn- 
cidence de ces conclusions avec celles que Dolomieù a déduites 
de sa belle observation sur les circonstances .qui caractérisent 
le gisement des matières volcaniques incontestables de l'Auvergne 
et du Vivarais (i). Cette observation, la plus mémorable, la 
plus importante et surtout la plus avérée de toutes celles qu'on 
a faites en Géologie depuis trente ans, nous a appris que les 
matières volcaniques du Vivarais et de l'Auvergne se sont fait 
jour à travers une contrée qui est toute granitique, sur une 
étendue de près de quatre cents myriamètres ( 1600 lieues) 
carrés. Or Dolomieù en combinant ce grand fait avec l'en- 
semble des phénomènes produits par les volcans brûlans et les 
tremblemens déterre, a été conduit à cette conséquence, digne 
d'une entière attention de la part des géologues, savoir, que le 
siège des feux souterrains résident par toute la terre sous les 
couches primordiales que nous regardons comme les plus an- 
ciennes ; de mon côté, je prouve directement que les laves 
anciennes et modernes n'ont point d'analogues, non-seulement 
parmi les roches primordiales , mais encore parmi les roches 
intermédiaires ou secondaires, notamment celles qui renferment, 
sous différentes formes et en différentes proportions, des prin- 
cipes inflammables , sulfureux , métalliques ou bitumineux (2). 



(1) Voyez les détails de cette observation , Journal des Mines , n 08 4 1 et 42 , 
Vol. YII , pag. 385, et n° 69, vol. XII , pag. 221 . 

(2) De tous les faux rapprochemens auxquels les ressemblances de colora- 
tion, l'uniforrai lé apparente du tissu, les analogies de certains caractères ex- 
térieurs, et surtout la présence ou le voisinage d'un principe inflammable 
quelconque ont donné lieu, le plus accrédité , c'est celui qui conduit à placer 
les foyers volcaniques dans les plus grandes profondeurs des terrains houillers. 
Cette opinion a été facilement combattue par plusieurs minéralogistes. J'ai 
voulu moi-même contribuera l'infirmer directement, lorsque j'ai publié dans 
notre Journal des Mines (n° 106, vol. XXVI, pag. 401) les observations que 
j'ai faites avec soin dans les houillères embrasées du pays d'Aubin , départe- 
ment ^e i'Ayeyron, en remplissant dans ce pays mes fonctions d'ingénieur 



c s 



( 39 } 

Ces notions remarquables, sans avoir le même degré de cer- 
titude, se prêtent un mutuel appui ; elles sont en harmonie avec 
tout ce que j'ai encore à exposer. Elles tendent sans doute à 
nous replacer dans une obscurité profonde à l'égard des matières 
qui servent d'aliment aux éruptions volcaniques ; mais l'aveu de 
notre ignorance, motivé sur l'existence d'un ordre de faits po- 
sitifs absolument nouveau, pourra paroître préférable à des ana- 
logies imaginaires, et à des hypothèses dont la stérilité a été 
jusqu'ici le moindre inconvénient. 

CHAPITRE CINQUIÈME. 

Examen des Pâtes indéterminées qui composent les Scories 
volcaniques de tous les âges. 

Je comprends sous le nom de pâtes scorifiées, lés matières 
boursoufflées rouges^ brunes , jaunes, grises, verdâtres et noires, 
nommées scories par presque tous les minéralogistes; la pierre 
ponce ou pumite, la lave vitreuse pumieée et la scorie blanche. 
La. plupart des variétés qui composent celte grande section pa- 
raissent inconnues à M. Werner , et n'ont point de place dans 
sa méthode (i). On ne voit effectivement figurer clans cette 



«lu Corps Royal des Mines. Mes expériences sur les pâtes lilhoïdes achèvent 
de faire justice de cette opinion. Il faut convenir qu'elle étoit bien peu soute- 
nable , car elle reposoit implicitement sur des suppositions contraires à deux 
grandes lois de Physique et de Chimie, celle qui préside à la combustion en gé- 
néral , et celle que suit la propagation de la chaleur dans les corps non mé- 
talliques. 

(i) Telles sont les ponces vertes et blanches des volcans incontestables , 
comme celles du cratère qui termine le pic de Ténériffe , et les scories de coup- 
leurs foncées , si belles-,. si fraîches , si parfaitement filées , cordées, tordues et 
tourmentées .,. quialternent ou qui sont disséminées en très-grande quantité au 
jnilieu des puissans systèmes volcaniques démantelés qui occupent des espaces 
si étendus en France , en Italie , en Sicile et dans beaucoup d'autres points de 
la surface de la terre. 

Parmi les caractèresnombreux et irrécusables qui attestent l'origine de ces i«w 
menses systèmes , il faut noter que les lambeaux de courans lithoïdes qui s'y 
trouvent inclus sont constamment accompagnés de leurs croûtes scorifiées 
inférieures et supérieures , tantôt intactes, tantôt foiblement altérées dans leuç- 
tissu intime , mais non déformées ; tantôt enfin plus ou moins décomposées et 
affaissées : ce nouveau caractère est général ; je le signale à l'attention des ob- 
servateurs. 

Si on compare , du reste , les très-petits lambeaux basaltiques de la Saxe à ces 
grands systèmes classiques, on reconnoh que ces lambeaux nesont qu'un cas tout 






(4o) 
méthode que la scorie volcanique récente et la pierre ponce 
des formations Irappéennes, qui est censée non volcanique. 

Considérées sous le point de vue de leur gisement , les pâtes 
scorifiées appartiennent, soit aux courans de laves de toutes es- 
pèces , soit aux déjections incohérentes consolidées ou encore 
meubles. Les unes enveloppent les courans dans toute leur éten- 
due ; elles sont le premier produit de la coagulation , et forment 
une écorce continue qui est souvent très -épaisse à la surface 
supérieure de la lave, et quelquefois très-mince (ayant moins 
d'un centimètre, ou six lignes) à la surface inférieure. Les autres 
se présentent en fragmens plus ou moins volumineux, tantôt 
dispersées dans les tufs et les brèches, tantôt amoncelées en cou- 
ches coniques et concentriques autour des orifices volcaniques, 
et tantôt entassées sous forme d'assises ordinaires , plus ou moins 
meubles, et communément mêlées de cendres t 

On sait que les laves lilhoïdes poreuses ne se conservent pas 
aussi parfaitement intactes que les laves lithoïdes massives; les 
pâtes scorifiées sont en général bien plus accessibles que les unes 
et les autres aux effets de la décomposition. Leur perméabilité 
les rend facilement altérables. Tantôt elles se résolvent en poudre 
plus ou moins aride, semblable à la cendre ou thermautide pul- 
vérulente , tantôt elles se changent eu une sorte de wacke par- 
ticulière ; elles donnent ainsi deux sortes de produits nouveaux, 
que j'examinerai chacun en son lieu. Malgré cette facile dispos 



à^-fait particulier du même genre , que leur isolement , leur très-foible étendue , 
leur très-mince épaisseur, leur composition simple , la destruction del'écorce 
scorifiée supérieure du basalte, et la décomposition très-avancée de l'écorce in- 
férieure , rendent presque anomal. Il faut que M. Werner soit parti de ce cas 
particulier et de quelques autres cas analogues , lorsqu'il a composé sa for- 
mation trappéenne stratiforme ( flcetz-trapp) , car l'on est forcé de reconnoître 
que les conditions qu'il en donne sont très -incomplètes et très-imparfaites , 
lorsqu'on veut en faire l'application aux puissans terrains volcaniques déman- 
telés, situés loin de l'Allemagne , qui appartiennent à l'époque dont ce célèbre 
minéralogiste a eu intention de caractériser les produits ; il manque vraiment 
un si grand nombre d'élémens essentiels à ces conditions , que dès qu'on essaye 
de les compléter , en ayant égard aux circonstances classiques dont M. Werner 
n'a pu tenir compte faute de les connoître, on voit, malgré soi, l'hypothèse 
d'une formation trappéenne stratiforme générale s'évanouir entièrement. Je 
n'ai pas besoin de faire remarquer que mes expériences sont des élémens encore 
plus positifs, quoique d'un autre ordre, qui concourent au même but, et qui 
tendent en outre à infirmer presque aussi complètement l'hypothèse des forma? 
tiens Irappéennes des époques plus reculées. 

sïtion 



*-^*- 



( 4i ) 
sitionà s'altérer, on les trouve quelque fuis intactes dans les terrains 
volcaniques les plus anciens. 

Dolomieu , et plusieurs autres observateurs , ont divisé les pâtes 
scoririées colorées en scories pesantes et scories légères, mais 
sans motiver ces distinctions par des caractères minéralogiques 
suffisamment tranchés : on verra cependant qu'elles étoient bien 
fondées. 

N'ayant trouve aucune différence de tissu intime et de com- 
position mécanique entre les pâtes scorifiées intactes apparte- 
nant aux quatre époques volcaniques que j'ai précédemment 
définies, je vais rendre compte de mes expériences sans distinc- 
tion dage. Je rappellerai seulement que, devant les considérer 
exclusivement sous le point de vue minéralogique , j'en ai étudié 
la pâte abstraction faite des formes extérieures, des accidens 
de boursouflement , des cristaux apparens disséminés, et des 
fragmens hétérogènes accidentellement enveloppés. 

Les pâtes scoririées fondent en général plus facilement que 
les pâtes lithoïdes analogues; les caractères de fusion, dont je 
renvoie le détail dans la table, ainsi que celui des autres expé- 
riences , les caractères de fusion , dis-je, établissent deux genres 
distincts , savoir : celles qui fondent en verres blancs ou légè- 
rement colorés , et celles qui fondent en verres de couleur noire 
ou d'un vert noirâtre. J'ai trouvé d'ailleurs que la composition 
mécanique s'accordoit avec les caractères extérieurs, pour sub- 
diviser chaque genre en trois sortes, qui sont, les scories gru- 
meleuses , les scories pesantes et les scories légères. 

Les premières ne méritent d'être rangées parmi les pâtes sco- 
rifiées qu'à raison des aspérités tranchantes de leurs surfaces 
naturelles et de leur porosité ; elles sont remarquables par l'aspect 
lithoïde de la matière dont elles sont formées; elles tapissent, 
soit en partie , soit en entier , les surfaces inférieures et supé- 
rieures des courans lithoïdes modernes. On les retrouve accom- 
pagnant de même les lambeaux des courans de lave, dans les 
terrains contestés , partout où elles n'ont pas cédé à la désagré- 
gation et à la décomposition. 

Examinées au microscope, elles paroissent entièrement com- 
posées de grains ou cristaux, un peu plus fins, mais aussi dis- 
tincts et aussi faciles à étudier que ceux des pâtes lithoïdes 
dont elles forment le revêtement; mais ces grains sont impar- 
faitement entrelacés, échafFaudés en quelque sorte les uns sur 

6 



. " ( 4* ) 
les autres , et isolés eu partie par des vacuoles nombreuses» 
Si on examine leur surface naturelle dans les vacuoles comme 
dans les cavités huileuses des masses, on reconnoît qu'ils sont 




pâte on ne puisse la distinguer d'avec la matière même des 
grains , entre lesquels on peut présumer qu'elle est interposée. 
Les grains microscopiques des scories grumeleuses présentent 
les mêmes minéraux élémentaires, associés dans les mêmes pro- 
portions que les pâtes lithoïdes servant de support ; tantôt c'est 
le pyroxène qui domine et tantôt le feld-spatb. 

Dureste, les caractères des scories grumeleuses perdent de leur 
netteté au point de contact avec la*" lave lithoïde massive, ou 
poreuse congénère; on conçoit facilement qu'il existe une foule 
de masses qui présentent une structure plus ou moins mixte 
entre les structures lithoïdes et scoriformes parfaites. 

Les formes tourmentées, tordues et filées, des pâtes scorifiées 
pesantes, dénoncent les causes perturbatrices qui ont agi pen- 
dant la coagulation de la matière qui en fait la base. Elles entrent, 
concurremment avec les scories grumeleuses ,. dans la composi- 
tion des revêtemens inférieurs et supérieurs des courans de lave 
anciens et modernes; quelquefois même elles constituent ces 
revêtemens en entier. Elles forment en grande partie la masse 
des déjections incohérentes qui s'accumulent autour des orifices 
volcaniques. 

La pâte qui en fait la base, examinée dans sa cassure, pré- 
sente un aspect intermédiaire entre l'aspect lithoïde et l'aspect 
vitreux. 

Examinée au microscope , cette pâte paroît composée d'une 
substance vitreuse continue, dans laquelle sont disséminés des 
grains blancs, verts ou noirs, semblables à ceux des pâtes lithoïdes,. 
Le volume de ces grains varie entre un vingtième et un cin- 
quantième de millimètre, quelquefois même ils ne figurent que 
comme des espèces d'ambrions; leur nombre est très-variable; 
le plus ordinairement ils forment le quart ou le sixième de 
la masse; lorsqu'ils abondent, la masse passe à la scorie gru- 
meleuse; plus ils sont rares, plus la masse prend L'aspect vitreux. 
Dans les scories rouges, la majeure partie des grains noirs ap» 
partient au fer oligiste ; ils sont accompagnés de particules 
vougeâtres et brunes, excessivement déliées, qu'il faut également 



( 43 ) 
'rapporter à ce minéral, soit à cause'de leur couleur, soit à cause 
àe la teinte verte qu'ils communiquent par la fusion. 

_ Les éclats de la substance vitreuse élémentaire sont translu- 
cides et foiblement colorés de teintes analogues à celles des 
masses auxquelles ils appartiennent, c'est-à-dire blanches, d'un 
blanc jaunâtre, blanc rougeâtre, brun rougeâtre , ou vert noi- 
râtre. Sur le filet de distbène ils fondent un peu plus facilement 
que les grains inclus, et présentent d'ailleurs tous les caractères 
du verre volcanique. 

Les caractères, de fusion ne permettent pas de douter que les 
élémens prochains du feld - spath et du pyroxène ne dominent 
dans les parties vitreuses des scories pesantes, en proportions 
analogues à celles des grains microscopiques de Tune ou l'autre 
espèce qui s'y trouvent disséminés. Cette induction , à laquelle 
rien ne répugne d'ailleurs, paroîtra tout-à-fait probable lorsque 
j'aurai traité des verres volcaniques. Elle est en harmonie avec 
le mode suivant lequel les scories pesantes se lient avec les masses 
lithoïdes congénères, partout où elles leur sont en contact; en 
effet , la liaison s'établit par un passage insensible entre les deux 
espèces de structure intime. 

Les pâtes scorifiées légères se trouvent rarement associées aux 
deux autres sortes dans les revêtemens supérieurs et inférieurs des 
courans lithoïdes. On les trouve plus communément mêlées en 
fragmens avec les scories pesantes, dans le voisinage des orifices 
volcaniques; ou bien elles constituent, sous forme lapilîaire , des 
couches très-étendues. Ce sont elles encore qui composent ex- 
clusivement l'écorce des courans absolument vitreux, qu'on ob- 
serve dans un petit nombre de volcans. Elles jouissent plus spé- 
cialement que les deux autres sortes, de la faculté de se conserver 
intactes, même dans les terrains volcaniques contestés les plus 
anciens. 

Soumises à l'analyse mécanique, elles offrent un tissu uni- 
forme , dont tous les caractères sont analogues à ceux des verres 
volcaniques de couleurs correspondantes, préalablement réduites 
en poudre. On reconnoît notamment , que les scories noires 
opaques ne présentent cet aspect qu'à raison de leur volume: 
leurs éclats très-minces sont translucides, tantôt d'un brun jau- 
nâtre, tantôt d'un vert bouteille. Les fibres de la scorie blanche, 
ou pierre ponce, ressemblent à des filamens de verre blanc or- 
dinaire, droits ou contournés, cannelés ou cylindriques. La ténuité 

6.. 



( 44 ) 
de ceux qui sont parfa item ent soyeux passe souvent un ciu~ 
quanfième de millimètre. 

Les différentes pâtes de scorie légère renferment des grains 
noirs de fer titane et des rudimens rares de feldspath ou de 
pjroxène, auxquels s'associent l'amphigène et le péridot ; par 
leur présence , ces minéraux sont comme les derniers témoins 
qui servent à prouver la -nature des combinaisons chimiques 
dont les pâles scori fiées légères contiennent lesélémens prochains, 
et quels eussent été les produits dominans de l'agrégation ré- 
gulière, si elle Fa voit emporté sur l'agrégation vitreuse. 

La notion minéralogique de chaque sorte de scorie est facile 
à déduire de ces observations; mais on voit que leur place, dans 
les méthodes, ne peut être assignée que par convention ,à la suite, 
soit du pyroxène, soit du feldspath. Quant à la nomenclature, 
je réunis sous le nom de pumite les scories feld-spathiques ? 
c'est-à-dire qui fondent en verre blanc ou légèrement verdâtre, 
et je conserve le nom de scorie proprement dite, aux sortes 
pyroxéniques , c'est-à-dire qui fondent en verres ou émaux noirs , 
ou d'un vert foncé. Les modifications du tissu et de la com- 
position mécanique marquent, trois subdivisions naturelles, soit 
pour la scorie, soit pour la pumite : ce sont celles que j'ai 
employées ci dessus. Des variétés nombreuses seront aisément 
désignées, en prenant en considération les accidens de forme et 
de boursoufflement. 

Considérées géologiquement , les différentes variétés de scorie 
et de pumite peuvent être définies comme des produits mixtes 
de l'agrégation régulière et de l'agrégation vitreuse, ayant agi 
simultanément pendant le refroidissement de la matière des 
laves; produits qui, indépendamment d'une substance vitreuse 
dont la nature est présumée d'après de très-grandes probabilités, 
renferment des minéraux microscopiques plus ou moins abon- 
dans , qui appartiennent à des espèces déterminées et de même 
nature que ceiles dont les pâtes lithoïdes sont entièrement formées. 
En d'autres termes, la pâte qui compose la pumite et la scorie 
est tantôt un granité microscopique criblé d'un grand nombre 
de vacuoles et mélangé d'un peu de verre, tantôt un porphyre 
microscopique à base de verre boursoufrlé, tantôt un verre ou 
émail mêlé de cristaux microscopiques assez rares et rempli de 
cavités très-déliées. 

Ces définitions de la structure intime et de la composition 
mécanique des différentes variétés de la scorie et de la pumite 



(45) 

paraîtront à peine* remarquables à raison de leur extrême sim- 
plicité; mais les applications sont importantes; j'en choisis l'exem- 
ple suivant à cause de l'intérêt plus général qu'il peut offrir. 

Les voyageurs qui ont visité les volcans, brûlans ont été frappés 
de la stérilité invincible de certains courans de lave qui datent 
des temps historiques les plus reculés. Us se sont étonnés de voir 
en même temps des courans, pour ainsi dire modernes, parés 
de la plus riche végétation ; malgré tout ce que ce phénomène 
a de singulier, personne n'en a donné l'explication; je crois pou* 
voir la trouver dans la différence qui doit exister entre le tissu 
intime des croûtes scorifiées superficielles. Je puis citer, à ce 
sujet, l'état actuel de la surface du superbe courant basaltique 
de iyoS a Ténériffe; c'est une scorie grumeleuse proprement 
dite qui compose Fécorce supérieure de ce courant; elle est 
déjà en partie désagrégée et décomposée, et la végétation spon- 
tanée commence à envahir ses débris. On conçoit en effet, 
que des masses formées de parties hétérogènes très-fines, criblées 
d'un grand nombre de vacuoles, et renfermant en abondance 
la substance le plus facilement altérable de tous les terrains, 
c'est-à-dire le feld-spath , puissent tomber en poudre et se ré- 
soudre en terre végétale beaucoup plus promptement que des 
croûtes presque entièrement vitreuses, sur fa matière desquelles 
les agens atmosphériques ont nécessairement peu de prise et peu 
d'action. , 

CHAPITRE SIXIEME. 

Examen des Pâtes indéterminées qui composent les Lapes 
vitreuses de tous les âges. 

Sous le nom de verres volcaniques, je confonds les laves vi- 
treuses deDolomieu, une grande partie de celles de M. Haiiy, 
les laves vitreuses fontiformes, théphriniques et pétrosiliceuses 
de M, Deîamétherie; l'obsidienne de M. Werner, quelques va- 
riétés de la base de son pechstein porphyrique, qui ne contient pas 
de quartz , le perlstein ; enfin les obsidiennes rouges smalloïdes, 
que Depuch et moi avons trouvées à Ténériffe. 

De toutes les bases indéterminées, ce sont les verres volca- 
niques qui se représentent avec les traits de l'identité la plus, 
parfaite, dans le& terrains volcaniques de tous les âges; l'imper- 
méabilité du tissu intime rend un grand nombre de variétés 
presque inaltérables. 

A ne consulter que les préjugés anciens, en devrait croire que 



(46 ) 
Jes laves vi/reuses occupent une place très- étendue parmi les 
roches volcaniques, mais il n'en est pas ainsi. Elles sont rares, 
même dans les volcans brûlans. On les trouve plutôt en frag- 
mens parmi les déjections incohérentes, que composant des cou- 
rans entiers. On sait que les plus beaux gisemens sous cette der- 
nière forme sont à Ténériiïe , et qu'ils proviennent des éruptions 
modernes qui ont élevé le mamelon du pic. Ce mamelon lui- 
même est exclusivement composé d'obsidienne porphvrique et 
de pumite (i). 

On pourra voir, dans la table de mes expériences, que je n'ai 
point confondu les verres volcaniques avec les substances d'ap- 
parence vitreuse ou piciforme , désignées sous les noms de ré- 
tinite , pechstein ou gœstein. Il paroît, d'après les expériences 
de M. Sage , que ces substances contiennent de l'eau en très- 
grande quantité; en outre, elles renferment souvent du quartz 
disséminé en grains très-apparens. Ou les trouve en un très-petit 
nombre de localités, où leur gisement n'a rien d'avéré. Je n'ai 
pas cru devoir en faire l'objet d'un examen comparatif. 

Quelle que soit l'opacité ou la translucidité des verres volca- 
niques , leur couleur rouge, brune, noire, verte, grise ou blanche, 
et leur tissu plus ou moins uniforme, ils fondent tous, soit en 
verre blanc ou légèrement coloré, soit en verre noirâtre foncé, 
ce qui les partage en deux genres distincts. 

JLes caractères extérieurs , ainsi que l'analyse mécanique , sub- 
divisent chacun de ces deux genres en trois sortes, savoir : les 
y erres imparfaits , les verres smalloïde s et les verres parfaits, 

Les premiers , qu'on pourroit aussi bien nommer pâles li- 
ihoïdes imparfaites., à raison de leur aspect demi -vitreux , sou- 



(1) A cette occasion , je ne puis me dispenser de relever une des plus singu- 
lières méprises dans lesquelles l'hypothèse des formations Irappéennes ait en- 
traîné une partie des minéralogistes du Nord. Reuss, après avoir supposé avec 
M.Werner,quepresque toutes les ponces ont une origine dite aqueuse, et que l'ob- 
sidienne porphyrique est une roche primitive , embarrassé de citer une localité 
où le gisement de cette prétendue roche primitive fût avéré, s'est décidé à 
donner comme exemple le pic de Ténériffe. Certes, lorsque Wallerius et Berg- 
mann ont élevé des doutes sur l'origine des roches basaltiques anomales , ils 
ne prévoyoient guère qu'on pousseroit un jour l'incrédulité systématique 
jusqu'à méconnoître l'origine des laves qui forment la bordure immédiate des 
orifices volcaniques encore fumans , et qui en sont les produits les plus incon- 
testables, 



(4 7 ) 
mis au microscope, s'y présentent formés d'une matière vitreuse 
dans laquelle sont disséminés des rudimens plus ou moins com- 
plets de cristaux , ou grains microscopiques. Ces grains, de mêmes 
couleurs et de la même nature que ceux des pâtes lilhoïdes, 
l'amphibole et le fer oligiste exceptés , ont ordinairement le même 
volume. Ceux qui sont colorés se distinguent très -nettement; 
mais il faut de l'attention pour ne pas confondre les autres avec 
la pâte vitreuse, lorsque celle-ci est réduite en très- petits éclats. 

Les verres volcaniques parfaits exposés au microscope , y 
conservent l'uniformité apparente de leur tissu. On y aperçoit 
seulement quelques grains très-rares de fer titane; les verres 
smalloïdes ou piciformes ne diffèrent des premiers que par l'in- 
tensité de leurs couleurs et de leur opacité; réduits en fragmens 
très-minces, ils deviennent translucides et affectent des couleurs 
claires. Les très-petits éclats translucides et incolores qu'on ob- 
tient en brisant un assez grand nombre de variétés de l'une et 
l'autre sorte, ne présentent jamais la transparence cristalline des 
fragmens de feld-spath , et les modifications régulières de leur 
cassure. Ils fondent un peu plus facilement; du reste, il faut 
du soin pour ne pas se méprendre au premier aspect. 

Je ferai remarquer maintenant , que dans les sortes qui fondent 
en verre blanc ou légèrement verdâtre , on trouve souvent des 
cristaux apparens à la vue simple, de feldspath et rarement de 
mica; on y rencontre aussi , mais comme accidentellement, les 
autres minéraux volcaniques; c'est au contraire le pyroxène ac- 
compagné du péridot, qui donnent l'aspect porphyrique aux sortes 
qui fondent en verre de couleur très-foncée. 

On conçoit que, d'après la composition mécanique des pâtes 
vitreuses imparfaites, if doit exister une foule de variétés in- 
termédiaires , dont le tissu s'approche plus ou moins, soit de 
la structure tout-à-fait lithoïde, soit de la structure entièrement 
vitreuse, suivant l'abondance ou la rareté des cristaux micros- 
copiques disséminés. C'est effectivement ce qu'on verroit dans 
ïine collection nombreuse et bien faite de ces produits. La na- 
ture réunit quelquefois dans le même bloc de lave, ancienne 
ou moderne, ces trois structures d'apparence si différente, se 
contondant insensiblement Tune avec l'autre à leurs points de 
contact. Ce fait important, si commun au contact des pâtes sco- 
rifiées avec les pâtes lithoïdes, mais qui s'y trouve masqué par 
les apparences dues à l'abondance des vacuoles microscopiques 
et à l'extrême boursouflement > est encore peu connu* J'ai été 



(48) 
assez heureux pour en découvrir deux exemples, aussi remar- 
quables par l'étendue qu'ils occupent , que par la nature des 
pâtes composantes, en deux localités des volcans éteints incon-: 
testables, de l'Auvergne et du Vivarais; localités dont je don- 
nerai la monographie dans un Mémoire particulier. 

Il y a long-temps que. les résultats de l'analyse chimique et 
de la fusion, la comparaison des pesanteurs spécifiques et l'étude 
des caractères empiriques , ont porté les minéralogistes à pré- 
sumer que les pâtes vitreuses qui fondent en verre blanc con- 
tenoient les élémens prochains du feld -spath ; opinion qui devient 
tout-à-fait probable d'après mes expériences; mais il y a peu 
de temps que Ton connoît les pâtes vitreuses fondant en verre 
noir. C'est à M. Delamétherie et à M. de Drée qu'on en doit \es 
premières annonces; on peut dire que ces dernières sortes auroient 
manqué à la série méthodique des pâtes volcaniques, à l'avenir 
elles joueront un rôle remarquable. En effet, les deux exemples 
de passages immédiats dont j'ai annoncé ci-dessus la décou- 
verte , présentent la transition parfaite du verre noir au ba- 
salte le plus dense et de l'origine la plus incontestable. 

On voit, d'après ces données, que les notions minéralogiques 
et géologiques qu'on doit admettre .désormais à l'égard des 
verres volcaniques, sont analogues à celles qui caractérisent les 
pâtes scorifiées légères, pesantes et grumeleuses; à la vérité les 
apparences produites , soit par l'absence ou l'abondance des va- 
cuoles microscopiques, soit par l'extrême boursouflement , soit 
par les formes extérieures des masses, soit par l'opacité ou la 
transparence de la matière vitreuse, défigurent singulièrement 
les verres volcaniques dans la scorie et la pumite; mais la com- 
position mécanique des uns et des autres offre tous les carac- 
tères de l'identité. 

Les verres volcaniques sont donc ou pyroxéniques, ou feîd- 
spathiques , à la manière des pâtes scorifiées. Ils ne peuvent 
avoir, dans les méthodes minéralogiques, que des places de con- 
vention, à la suite, soit du feld-spath, soit du pyroxène. Quant 
à la nomenclature, je conserve le nom d'obsidienne aux sortes 
qui fondent en verre blanc ou légèrement coloré, et je donne 
le nom de gallinaçe aux sortes pvroxéniques , c'est-à-dire qui 
fondent en verres ou émaux d'une couleur noire, ou vert noi- 
râtre foncé. Les distinctions de parfaite, de smalloïde et d'im- 
parfaite , partageront la gallinaçe et l'obsidienne chacune en trois 
subdivisions naturelles. Les variétés principales seront facilem<= 
«établies d'après les accidens de forme, d'éclat et d'opacité. 



ement 
Je 



(4 9 ) 
Je terminerai ce que j'avois à dire sur les différens produits de 
la coagulation de Ja matière des laves que j'ai examinées jus- 
qu'ici , en faisant remarquer que mes résultats jettent un jour 
tout-à-fait nouveau sur les expériences qu'on a tentées il y a 
déjà quelques. années, en soumettant à la fusion artificielle, et 
à des refroidïssemens gradués, plusieurs substances, soit vol- 
caniques, soit non volcaniques, douées du tissu compact ou 
terreux. 

D'après mes observations, on peut maintenant discerner très- 
clairement ce qui a manqué aux belles expériences de M. Hall 
pour en rendre les conséquences absolues. On voit qu'il eût fallu, 
avant toute chose , que M. Hall eût défini la structure intime 
et la composition mécanique des substances qu'il a employées, 
celles des cristallites qu'il a obtenues. 

Les mêmes lacunes se trouvent dans les expériences ingénieuses 
tentées par M. de Drée , dans l'intention de prouver que la fu- 
sion artificielle des trapps et des cornéennes pouvoit produire 
des laves basaltiques. 

Voici donc comment je crois être autorisé à marquer î'état ac- 
tuel de cette partie de nos connoissances. On peut bien assurer 
que certaines substances douées du tissu terreux ou compacte 
(quelle que soit d'ailleurs leur origine) peuvent, après avoir été 
artificiellement fondues, se solidifier à la manière des laves in- 
candescentes, tantôt avec la contexture vitreuse , tantôt avec la 
contexture lithoïde, et tantôt avec une contexture mixte; mais 
il reste à démontrer, qu'en cas d'agrégation régulière ou lithoïde, 
l'art reproduit bien réellement , dans les cristallites obtenues, les 
minéraux microscopiques dont se composoient , ou sont censées 
se composer les masses compactes ou terreuses mises en ex- 
périence. Quant aux laves lithoïdes en particulier, comme leurs 
minéraux élémentaires sont très- différemment fusibles, et souvent 
presque infusibies , il est évident qu'essayer de les réagréger après 
îa fusion, c'est , à quelques différences près, vouloir refaire du 
granité ordinaire. 

Je suis bien loin, au reste, d'avoir intention de diminuer, 
par ces considérations, le mérite des expériences de M. de Drée 
et de M. Hall. Ces observateurs ont, ainsi que M. Fleuriau 
de Bellevue, M. Watt, M. Dartigues, M. Fourmi et Spallan- 
zani, qui ont fait des recherches analogues, ouvert un nouveau 
champ à la Chimie, en démontrant que son pouvoir pour créer 



(5o) 

des minéraux artificiels (i) par la voie sèche, s'étendoit aussi 
aux combinaisons des principes terreux ; ils ont enrichi la 
science géologique d'une source d'analogies nouvelles, qui ont 
aidé à concevoir, jusqu'à un certain point, les difïérens effets 
de la coagulation des laves, bien qu'on ne fît entrer en con- 
sidération que la simple influence du mode de refroidissement» 
et la notion très-imparfaite de leur nature et de leur état d'agré- 
gation. Maintenant que mes expériences définissent rigoureuse- 
ment, non-seulement ce qu'il s'agissoit d'expliquer, c'est-à-dire 
l'état d'agrégation, mais encore ce qu'on n'expliquoit pas faute 
de s'en être rendu compte, c'est-à-dire la composition méca- 
nique, on pourra plus facilement chercher à rendre les ana- 
logies plus exactes, en faisant des expériences plus directes et 
combinées de manière à ce que les résultats puissent satisfaire 
aux conditions désormais bien connues du phénomène; mais 

(i) De quelque manière que la Chimie agrège les corps simples et les com- 
binaisons diverses qu'elle obtient en décomposantles substances minérales natu- 
relles, les produits solides obtenus seroiënt plus nettement définis par le nom de 
minéraux artificiels , que par celui de produits chimiques. Un grand nombre 
de ces minéraux , que j'appelle donc artificiels , ne peuvent être agrégés sous 
forme de corps solides que par la voie sèche, c'est-à-dire par la simple sous- 
traction d'une certaine quantité de chaleur acquise, tels sont les métaux, 
plusieurs oxides , et beaucoup de sels volatiles. D'autres n'obéissent à l'agré- 
gation régulière que par la soustraction d'un liquide interposé , condition 
à laquelle il faut ajouter , en beaucoup de cas, la soustraction d'une certaine 
température acquise - y tels sont les sels solubles. Quant aux sels insolubles et 
aux combinaisons terreuses , on ne les obtient que sous forme de particules in- 
discernables , tantôt pulvérulentes , tantôt foiblement adhérentes , tantôt con- 
fusément agrégées à l'état de verre ou d'émaux. Jusqu'à présent les efforts de 
la Chimie ont été vains pour donner à ces minéraux artificiels vitreux , friables 
ou pulvéruîens , l'existence de corps régulièrement agrégés , c'est-à-dire 
pour en faire des cristaux. Elle n'échoue pas moins , lorsqu'après avoir dissous 
les élémens des substances pierreuses naturelles, elle veut les réagréger sous 
leur forme première, ou simplement avec leur tissu cristallisé originaire. Son 
impuissance est d'autant plus remarquable, qu'elle opère facilement la réagré- 
gation régulière d'un grand nombre de minéraux naturels , métalliques , salins 
ou sulfureux. On ne doit donc pas s'étonner de la grande importance qu'on a 
attachée à la découverte de plusieurs combinaisons terreuses cristallisées au 
milieu des produits vitreux des fours à chaux, des verreries et des foyers de 
forge. M. Fleuriau de Bellevue est le premier et le seul savant qui "se soit 
occupé du soin de déterminer les caractères spécifiques de cette classe «ncore 
peu nombreuse de minéraux artificiels. Ses recherches à ce sujet, et les ana- 
logies qu'il en a déduites, offrent un puissant intérêt , et se trouvent consignée* 
dans un grand Mémoire imprimé au Journal de Physique, i&o5 , tome LX , 



( 5i ) 
^pour obtenir de tels résultats, il faudra sans doute inventer des 
procédés nouveaux; il me semble, du moins, qu'il seroit pré- 
iiminairemei.it convenable d'étudier et de déterminer avec 
exactitude la nature et le rôle, non-seulement des substances 
volatiles qui s'exhalent pendant le refroidissement des laves, 
mais encore des matières salines qui se séparent et se concrètent , 
soit à l'intérieur, soit à l'extérieur des courans, et que les pre- 
mières eaux filtrantes dérobent si proraptementà l'observateur: 
ces recherches paroissent indispensables à beaucoup d'autres 
égards; le moindre succès qu'on obtiendroit en s'y livrant auroit 
d'autant plus de prix pour la science , que les difficultés à vaincre 
sont très-grandes, et que les hommes les plus habiles y ont échoué 
jusqu'à présent. 

CHAPITRE SEPTIÈME. 

Examen des Cendres volcaniques ou thermantides pulvérulentes 

de tous les âges. 

Les substances pulvérulentes que je désigne sous le nom de 
cendres volcaniques, ont été ainsi nommées par la plupart des 
minéralogistes; M. Haiïy en fait une variété de ses therman- 
tides; M. Werner réduit le nom de cendres volcaniques aux 
produits pulvérulens des éruptions historiques, ignorant proba- 
blement qu'il existe des matières identiquement semblables, soit 
dans les couches formées par les volcans éteints incontestables, 
soit dans les grands systèmes classiques de terrains volcaniques 
démantelés; ce célèbre minéralogiste n'a donné aucune place 
à ces matières dans sa nomenclature et sa méthode. 

Les cendres volcaniques composent, avec les sables, les graviers 
et Jes fragmens variés fournis par les projections incohérentes, 
plus de la moitié des produits rejetés par les éruptions. Tantôt 
elles se trouvent disséminées dans les amas ou lits formés de ces 
fragmens, de ces graviers et de ces sables; tantôt elles com- 
posent exclusivement des couches très-étendues. Je range aussi 
parmi les cendres, les matières pulvérulentes qu'on observe très- 
souvent mélangées avec les croûtes scorifiées grumeleuses des 
courans lithoïdes. Je ne saurois décider si ces dernières matières 
pulvérulentes sont contemporaines à la coagulation des courans, 
et si elles ont été produites par l'effet d'un extrême boursoufle- 
ment de la lave composante , ou bien si elles sont un premier 
résultat de la désagrégation lente des croûtes scorifiées, comme cela 
paroît au reste probable en beaucoup de cas. Ce que j'ai reconnu, 

7.^ 



1 



( 5a ) 

c'est que leur aridité jointe aux autres caractères, ne permet pas" 
de les distinguer des cendres de projection. 

De tous les produits rejelés par les volcans, ce sont les cendres qui 
reçoivent les plus promptesaltérations; on en a de beaux exemples 
dans les fouilles de Pompeii et d'Herculanum; malgré cette fa- 
cilité à s'altérer, on les retrouve quelquefois intactes jusque dans les 
terrains volcaniques contesîés très-anciens; je ne traiterai ici que 
de celles dont la parfaite conservation n'est pas douteuse. 

Elles sont aussi curieuses à examiner au microscope que faciles 
à définir. On reconnoît sans peine qu'elles sont formées de par- 
ticules hétérogènes très-distinctes, et que les nuances si variées 
de leurs caractères extérieurs , proviennent des analogies que 
ces particules peuvent avoir avec les substances élémentaires 
qui entrent dans la composition des pâtes lithoïdes, vitreuses 
ou scorifiées,- elles en contiennent en effet tous les principes 
désagrégés ou réduits en poudre; mais il s'en faut de beaucoup 
que les mélanges soient infinis : non-seulement ces mélanges pa- 
roissent constans dans une même «couche, mais ils se reproduisent 
fréquemment dans des couches différentes. Quels que soient, au 
reste, le mode d'association, la localité et Vàge des couches, 
l'identité des substances minérales élémentaires qu'on trouve clans 
les unes comme dans les autres, est si frappante, que je n'en 
rapporterai qu'un petit nombre d'exemples dans la Table géné- 
rale de mes expériences. 

Pour faire l'analyse rigoureuse et complète des cendres vol- 
caniques , il est indispensable de lotir préalablement les parti- 
cules composantes , suivant l'ordre des volumes , à l'aide de 
lavages. On reconnoît, au moyen de cette opération, que la ma- 
jeure partie des grains composans ont une grosseur variable 
entre un trentième et un cinquantième de millimètre; la grosseur 
peut s'élever à plus d'un dixième de millimètre, ou diminuer 
jusqu'au-delà d'un centième. Ces variations permettent de déter- 
miner plus facilement la nature des substances minérales élémen- 
taires. Les espèces les plus abondantes sont, le feld-spath , le 
pjroxène , la gallinace (ou verre pyroxénique) et Fobsidienne 
(ou verre felcl-spathique) , ensuite le péridot , l'amphigène, et 
très-rarement le mica et l'amphibole. Le fer titane s'y rencontre 
constamment avec ses propriétés extrêmement saillantes. En 
outre, parmi les grains les moins fins, on observe des fragmens 
entiers, soit de pâtes scoriiiées, soit de pâtes lithoïdes. 

Si on étudie les caractères extérieurs des principaux mélanges, 



( 55 ) 



on les voit s'accorder avec les résultats de l'analyse mécani- 
que , c'est-à-dire avec la prédominance des quatre espèces de 
substances composantes que j'ai nommées les premières. Quant 
au caractère essentiel, celui qui se tire de la fusion , on ne peut 
l'apprécier convenablement que de la manière suivante. Il faut 
d'abord purger la cendre des parties attirables, la porphvriser,. 
en fixer la poussière , soit sur le filet de dislhène ou sur le char- 
bon , et puis déterminer les propriétés du bouton vitreux obtenu 
au premier coup de feu. Ainsi essayées, les cendres se partagent 
en deux genres très-distincts, celles qui fondent en verre blanc 
rarement piqué de points verts , et celles qui fondent en verres 
ou émaux de couleur noire, ou d'un vert noirâtre plus ou moins 
foncé. Chacun de ces deux genres se subdivise naturellement 
en trois sortes, suivant que le mélange abonde, soit en cristaux 
microscopiques, soit en parties vitreuses % ou bien qu'il en renferme 
des quantités à peu près égales. 

D'après ces données, les cendres volcaniques peuvent être 
minéralogiquement définies, savoir : les Unes comme du feld- 
spath pulvérulent, ou du verre feld-spatique en poudre, mêlé 
d'une très-petite quantité de particules hétérogènes déterminées; 
les autres, comme du pyroxène pulvérulent, ou du verre pyroxé- 
nique en poudre,, mélangé d'une très- grande quantité de parti- 
cules hétérogènes connues. Ce n'est donc que par convention 
qu'on peut leur assigner une place dans la méthode. La déno- 
mination de thermantide pulvérulente tenant à des considérations 
géologiques , étrangères au nouveau point de vue sous lequel 
)'estime que les cendres doivent être envisagées désormais , je 
crois qu'il est convenable de la réserver à des applications plus 
conformes à son étymoîogie; en conséquence je donne le nom de 
cinérite à la cendre pyroxénique, et celui de spodiie à la cendre 
feld-spathique. Je partage la spodite et la cinérite en trois 
subdivisions fondées sur la composition mécanique, et qui sont 
pour chacune, la vitreuse, la semi-vitreuse et la cristaîliiëre : les 
couleurs serviront à établir les variétés principales. 

Sous le rapport de la définition géologique, les cinérites et» 
les spodites doivent être regardées comme des saBIes microsco- 
piques hétérogènes , formés des mêmes espèces de minéraux- 
élémentaires que les pâtes lithoïdes, vitreuses ou scoriflées, et 
présentant des associations à peu près semblables, au milieu' 
desquelles les caractères de fusion indiquent assez nettement la- 
prédominance des parties feid-spathiques ou pyroxénjques. Dm 



(54) 

reste, je n'ai pas besoin d'insister pour faire sentir qu'il doit 
exister un assez grand nombre de sous-variétés intermédiaires, 
soit entre Jes différentes variétés de spodite et de çinérite, soit 
entre ces mêmes variétés et les sables des déjections incohé- 
rentes. 

J'avois pensé que je trouverois les débris des roches traversées 
parles éruptions, plus abondamment répandus dans les matières 
pulvérulentes que dans les autres produits des projections in- 
cohérentes; mais j'ai eu lieu de reconnoître que je m'étois 
trompé , et ceci est remarquable relativement à la question des 
percées volcaniques. Cette partie accessoire de mes recherches 
avoit un second but. En certaines localités, on trouve des frag- 
ment projetés, qui , sous le rapport de la composition et de la 
contexture, n'ont d'analogues rigoureusement correspondais dans 
aucun terrain, mais qui se rapprochent tantôt des roches pri- 
mitives granitiques, tantôt des roches volcaniques grarïito'ïdes 
ou porphyriques. Ces fragmens accidentels sont en grande partie 
composés de minéraux volcaniques ; mais de plus, on y observe, 
ainsi que dans les sables formés de leurs débris, plusieurs subs-' 
tances particulières en petits cristaux souvent entiers. On re- 
marque encore dans les fissures et les bôursoufflures de certaines 
laves iithoïdes, différentes substances cristallisées particulières, qui 
paroissent contemporaines à la coagulation , à raison de ce qu'elles 
s'étendent à quelque distance dans l'intérieur de la pâte; parmi 
tous ces minéraux accidentels, les uns sont connus depuis long- 
temps, parce qu'ils ont un volume assez notable; les autres, 
beaucoup plus rares , ont été successivement trouvés ou décrits 
par MM. Fleuriau de Bellevue (i), Thompson , l'abbé Gismondi , 



(1) M. Fleuriau de Bellevue ; dans un Mémoire imprimé il y a seize ans au 
Journal de Physique, tomeLI, a développé des recherches très-délicates et 
très-heureuses , faites par lui sur plusieurs de ces minéraux ainsi que sur la 
gangue de ceux qu'on trouve à Capo di Bove, dans les Etats romains. Cette 
gangue, d'après mes résultats, se trouve au nombre des pâtes Iithoïdes de 
composition anomale; mais cette circonstance n'ôte rien au mérite des pro- 
babilités générales que ]Vf . Fleuriau de Bellevue a déduites de son examen. En 
effet , cet habile observateur a soutenu que les cristaux apparens à la vue simple 
dans les produits volcaniques , dévoient être le premier résultat de la coagula- 
tion ', qu'il étoit indispensable d'examiner les très-petits cristaux disséminés 
dans beaucoup de roches nommées vaguement cornéenne , basalte et wacke , 
lesquelles comprennent, suivant lui , tantôt des agrégés , tantôt des mélanges 
dans toutes sortes de combinaisons ) et cpi'on ne parviendroit à bien classe** 



(55) 

Neergaard , Grasset, Mouteiro et Nose; ces derniers, quoique 
d'un très-petit volume, sont encore appareils à la vue simple, 
et n'ont guère moins d'un millimètre de longueur; on leur 
donne communément (ainsi qu'à beaucoup d'autres cristaux 
d'un petit volume étrangers aux volcans) l'épithète de micros- 
copiques ; mais celte épithète ne sauroit plus leur appartenir , 
puisque leurs diamètres sont au moins vingt ou trente fois 
plus considérables que ceux des cristaux élémentaires des pâtes 
lithoïdes. Du reste, je n'ai trouvé aucune trace de ces minéraux: 
accidentels dans les variétés de cendres que j'ai examinées. 
J'estime qu'en général ils doivent y être aussi excessivement 
rares que dans les pâtes lithoïdes elles-mêmes. 

Je ne tirerai aucune conséquence de la corrélation remar- 
quable qui existe entre la composition mécanique des cendres 
et celle des produits lithoïdes, vitreux et scoririés de tous les 
âges, pour essayer d'expliquer la manière dont elles se forment. 
Ce problème reste à résoudre : les données m'en paroissent ex- 
trêmement compliquées, et encore trop imparfaitement connues. 
Mes résultats prouvent seulement que la presque totalité des 
cendres de chaque éruption se forme incontestablement aux 
dépens de la lave incandescente arrivant des entrailles de la 




production , quelle par 
candesceuce , à la vaporisation, à l'extrême boursouflement , 
au refroidissement plus ou moins précipité et à la trituration? 
C'est ce qu'il sera bien difficile de déterminer d'une manière 
satisfaisante. Je me contente d'avoir défini ce qu'il y a de plus 
positif dans les formations volcaniques pulvérulentes, c'est-à-dire 
les élémens minéralogiques dont elles sont composées. 

Jusqu'ici j'ai traité des substances volcaniques dites en masse ,,- 
en les prenant telles qu'elles se présentent dans les terrains de tous les 
âges, lorsqu'elles n'ont subi aucune altération. Je vais passer" 
en revue celles^ de ces substances que le temps, aidé de divers 
agens, a modifiées dans leur texture intime et leur composition 
mécanique : cet examen , qui sera rapide, exige que je développe 
quelques considérations préliminaires. 



ces roches, qu'autant qu'on observeroit se'parément chaque partie de celles qui 
se présentent à l'état d'agrégation cristalline. 



( 56 ) 

CHAPITRE HUITIÈME. 

Considérations préliminaires à V examen des Tufs et des 
fVackes volcaniques de toute espèce, 

A peine les matières volcaniques de notre âge sont-elles reje- 
tées, qu'elles commencent à éprouver des altérations plus ou 
moins générales. Ces altérations sont très-sensibles dans les pro- 
duits des plus anciennes éruptions dont l'histoire ait conservé 
le souvenir; leur intensité' augmente, soit dans les produits des 
volcans brûlans antérieurs aux temps historiques, soit dans les 
produits des volcans éteints incontestables. On les Voit plus fré- 
quentes et plus avancées dans les grands systèmes de terrains 
volcaniques démantelés dont i'origine est foiblement contestée; 
elles sont souvent complètes et ont en quelque sorte atteint leur 
limite dans les terrains volcaniques extrêmement anciens, dont 
un assez grand nombre de minéralogistes méconnoissent l'origine. 

Les causes principales de ces altérations sont faciles à imaginer, 
dans des masses aussi perméables que les couches volcaniques. 
C'est le lessivage des substances salines dont elles pouvaient être 
pénétrées ou recouvertes après la coagulation ; c'est leur macéra- 
tion ^ générale par les abondantes filtra tions qui les abreuvent 
continuellement; c'est la circulation de toutes les molécules chi- 
miques mises en liberté par suite des différentes actions aux- 
quelles elles sont soumises; c'est le tassement, la décomposition 
et la conglomération opérés par les matières infiltrées, pour les 
couches pulvérulentes; c'est la désagrégation, la décomposition, 
la pression souvent énorme des masses supérieures , et le remplis- 
sage des boursoufrlures et des vacuoles microscopiques, par un 
grand nombre de substances infiltrées et concrétionnées, pour 
toutes les pâtes scorifiées ou poreuses, et même pour une par- 
tie des couches lithoïdes ou vitreuses qui jouissent du tissu le 
plus serré. 

Des causes analogues agissent avec plus d'énergie sans doute 
sur les matières volcaniques ensevelies dans les eaux de la mer , 
soit de temps immémorial, soit par les volcans brûlans qui en 
sont voisins, soit par le petit nombre de volcans brûlans sous- 
marins que nous connoissons, et peut-être aussi par ceux que 
nous ne connoissons pas. Mais à ces causes il faut ajouter la 
présence et l'action des substances dissoutes ou suspendues dans 

les 



(5 7 ) 
les eaux salées, suivant leur profondeur, et l'excessive pression 
que la masse de ces eaux doit exercer dans tous les sens, en 
vertu des lois de l'hydrostatique; pression capable de vaincre , 
en beaucoup de cas', les obstacles opposés par la porosité la plus 
déliée. Les effets de ces causes réunies ne peuvent être que 
présumés; mais ces présomptions'; rapprochées des conditions qui 
caractérisent l'état actuel des plus%iciens lambeaux volcaniques 
qu'on trouve épars à la surface des continens, se montrent en 
harmonie avec les aîtérérations singulières qu'on y observe et les 
circonstances accessoires de leur gisement. 

Ces lambeaux, tantôt antérieurs, tantôt intercalés et tantôt 
superposés, soit aux terrains intermédiaires, soit aux terrains 
secondaires, soit aux terrains tertiaires , ont, à tous égards, suivi 
le sort de ces terrains (i) : par exemple, on les voit quelquefois 
participer aux dérangemens de stratification ; du moins c'est ce 
qu'on doit raisonnablement supposer, lorsque les couches qui les 
composent se présentent avec des inclinaisons trop rapides pour 
qu'on puisse les croire originaires. Mais en outre, depuis que 
ces lambeaux subsistent, d'autres actions très- générales se sont 

les couches 



exercées dans les terrains' adjacens; c'est ainsi que les couches 
argileuses de plusieurs époques se sont consolidées; que les grès, 




pie 

par du carbonate de chaux apathique , du silex ou des pyrites, 
qui en ont pris. les formes; qu'une foule de débris de végétaux 
enfouis, ont été déformés par la pression, chimiquement déna- 
turés et quelquefois même remplacés par différentes substances 
minérales; qu'une infinité de fissures et de fentes plus ou moins 
considérables ont été ressoudées par des infiltrations générale- 
ment calcaires ou quartzeuses; enfin que toutes les couches de 
la croûte du globe qu'on peut supposer avoir été formées ou 



(i) Le mot volcan est encore une de ces expressions génériques bannales 

j. _ " l'\ . 1 I "i_ J_ 1_ — „-l-~ J,-. lnv^svnsvn nunlAiviniia 




. complet d'érupti 

sable de la ruine de l'édifice. On cherchoit des cratères là ou le mobile appareil 
de la volcanicité a été démantelé , souvent même effacé presqu'en entier , par 
les grandes révolutions diluviennes auxquelles il faut attribuer la création des 
terrains intermédiaires, secondaires et tertiaires , ou tout au moins le dessin des 
formes actuelles que présente le relief des continens. 



(58) 
déposées par les eaux delà mer, ont été si complètement dessa- 
lées (i), du moins en apparence, que personne n'a encore eu la 
pensée d'y rechercher les dernières traces du muriate de soude 
et du muriate de magnésie. 

D'après cette esquisse des causes qui ont pu agir sur les plus 
anciens lambeaux volcaniques et les terrains adjacens, on pour- 
roit croire que ces lambeaux doivent présenter des résultats d'al- 
tération trèsdiflerens de ceux qu'on observe dans les matières 
volcaniques beaucoup plus récentes; mais il n'en est point ainsi y 
surtout quant à la composition mécanique et au tissu intime. 
C'est l'intensité des effets qui varie plutôt que leur nature. Par 
exemple, les plus anciennes matières volcaniques contiennent en 
général des concrétions infiltrées plus abondantes, et les in- 
fluences du tassement et de l'affaissement s'y montrent beaucoup 
plus fréquentes et beaucoup plus considérables. 

Rien de plus variable, au reste, que la marche et la combinaison 
des altérations de tout genre, non- seulement dans les formations 
volcaniques des différens âges, mais encore dans les systèmes 
d'une même époque, mais dans chaque système en particulier» 
Souvent dans le même système on voit des produits plus ou moins 
fortement attaqués, plus ou moins diversement altérés, recou- 
vrir des couches parfaitement intactes, ou bien alterner avec 
elles. C'est ainsi que des tufs endurcis reposent sur des lits de 
scories lapillaires incohérentes, que des laves leucostiniques gra- 
nulaires sont changées en wacke grise, tandis que leurs croûtes 
scorifiées vitreuses conservent jusqu'à leurs formes originaires, et 
que sous des wackes brunes amygdaloïdes , on observe des nappes 
basaltiques poreuses aussi fraîches et aussi peu traitables que si 
elles étoient coulées depuis un petit nombre de siècles. 



(i) On ne trouve que de l'eau douce, quelque part que Ton creuse dans 
les parties solides de l'écorce du globe. La nature des principes dissous dans 
les eaux saumâtres des grandes plaines sablonneuses de l'Asie et de l'Afrique T 
n'est pas encore bien connue - ? on sait seulement que les lagunes et les lacs sa- 
lifères tiennent en dissolution des substances très-variées. Parmi les sources 
minérales salines ou gazeuses , celles dans lesquelles le muriate de soude do-- 
mine , sont les plus rares et contiennent en même temps des principes va- 
riables tout-à-fait étrangers à la salure uniformément composée des eaux de 
la mer. D'un autre côté i la nature et le mélange des ingrédiens dissous, soit 
dans les eaux de la mer, soit dans les sources minérales, soit dans les lacs 
et les lagunes, contrastent avec la composition des roches de muriate de soude 
natif 7 qui entrent dans la constitution de plusieurs parties des continens. 



■/'' 



. (59) 

Mais de toutes les causes d'altération , c'est la décomposition 
qui travaille avec le plus d'énergie à défigurer et à dénaturer les 
parties soumises à son influence. Cette espèce de ^maladie des 
minéraux, si je puis ni'exprimer ainsi, n'a exercé et n'exerce 
nulle part autant de ravages que dans les terrains volcaniques, 
parce que son action destructive ne trouve nulle part autant de 
prise. Fissures, boursouffiures et vacuoles microscopiques innom- 
brables dans les masses denses; interstices multipliés à l'infini 
entre les masses pulvérulentes, les sables, les graviers et les frag- 
mens des déjections incohérentes; alternances désordonnées des 
couches meubles avec les couches solides : telles sont les condi- 
tions qui caractérisent une extrême facilité d'accès , une per- 
méabilité excessive qu'on chercheroit en vain dans tous les autres 
terrains. Aussi la décomposition n'attaque pas seulement les laves 
pulvérulentes , les pâtes scorifiées et les pâtes lithoïdes poreuses 
ou massives ; elle pénètre encore les pâtes vitreuses presque ho- 
mogènes, et quel que soit le volume des cristaux apparens à la 
vue simple, qui , disséminés dans ces différentes bases , leur donnent 
l'aspect porphyroïde, elle les détruit sans peine. Parmi ses effets 
les plus remarquables, je me contenterai de citer le feld- spath 
se résolvant en kaolin, le pjroxène en argile verte ou jaunâtre, 
Je péridot en argile jaune, brune ou rougeâtre (i) , l'amphi- 
gène en argile blanche, la pumite légère en terre blanche, la 
scorie légère en terre jaunâtre, brune ou d'un beau rouge, et 
la gallinace parfaite en terre savonneuse d'an gris verdâtre. Ajou- 
tons que ces transmutations s'opèrent de la manière la plus ca- 
pricieuse : tantôt ce sont les cristaux qui s'altèrent, et tantôt la 
pâle qui les enveloppe; dans la même masse, les cristaux d'une 
espèce se conservent dans leur intégrité, lorsque ceux des espèces dif- 
férentes sont détruits depuis long-temps ; enfin la même substance 
cède ou résiste indifféremment, dans des circonstances qu'on 
pourroit croire analogues. 

(1) M. Faujas de Saint-Fond est le premier minéralogiste qui ait remarqué 
et décrit cette transformation du péridot ; elle a échappé à de Saussure , qui en a 
examiné le prodnit sous le nom de limbilite, prenant ce produit pour une 
espèce minérale particulière , de formation contemporaine à celle de la lave 
enveloppante. MM. Brardet Laîné ont constaté , dans le Brisgawmême , que la 
limbilite de de Saussure n'étoit qu'un péridot parfaitement décomposé ; j'ai eu. 
occasion de me convaincre de l'exactitude de leur opinion; mais je conserve 
le nom de limbilite , parce que je pense qu'il faut donner des noms particuliers 
.aux résidus de la décomposition chimique des minéraux; résidus qu'on ne 
doit pas confondre avec les résultats de la simple désagrégation. 

8..j 



C 60 ) 

L'exposé que je viens de tracer est déduit d'un grand nombre 
d'observations indépendantes de mes expériences; il suffirait 
presque, pour faire concevoir à priori la nature du tissu intime 
et la composition élémentaire des pâtes indéterminées que j'ai 
encore à examiner. 

Ces pâtes offrent souvent un aspect très-différent de celui de 
leurs types originaires: les apparences spécieuses des caractères 
extérieurs les rapprochent alors beaucoup des cornéennes, des 
trapps et des pétrosilex : certaines variétés prennent même des 
ressemblances tout-à-fait séduisantes. 

Mais ces apparences spécieuses, que l'examen comparatif de 
la composition mécanique et du tissu intime détruira facilement, 
céderoient à la seule comparaison des caractères empiriques res- 
pectifs; toutes les différences de ce genre que j'ai établies au 
quatrième Chapitre peuvent être reproduites ici. Je vais les for- 
tifier, en rapportant de nouveaux élémens de contraste; élémens 
qui appartiennent aussi à une grande partie des roches volca- 
niques non altérées. 

Les roches volcaniques ne contiennent pas de filons métalli- 
fères semblables à ceux qu'on exploite dans les autres terrains (1) ; 
les très-petits amas ou plutôt les traces métalliques qu'on y 
trouve fort accidentellement et fort rarement, présentent des 
substances minéralisées, associées ou gissantes d'une manière toute 
particulière. 

Ces roches elles-mêmes forment très-souvent des filons dans 
toute sorte de terrains. La structure et les accidens singuliers 
de ces filons , dénoncent un remplissage d'un seul jet, une ex- 
trême liquidité préalable, et l'influence de pressions violentes 
exercées en vertu des lois qui président à l'équilibre des fluides» 

Il est prouvé, par les recherches de M. Fleuriau de Beîlevue 9 
que la plus grande partie des pâtes volcaniques jouissent de la pro- 
priété de faire gelée avec l'acide nitrique afîbibli (2). D'après 
quelques essais, je puis ajouter que l'intensité de ce caractère 



(1) Les roches volcaniques extrêmement anciennes ayant participe' à toutes 
les modifications éprouvées par plusieurs sortes de terrains à filons métallifères 
dont elles sont contemporaines, il est évident qu'elles peuvent aussi contenir 
de ces filons 5 mais le cas est rare et constitue une exception de peu d'im- 
portance , du moment que l'on considère le sol volcanique sous un point de 
vue tout-à-fait général. 

(2) Mémoire précédemment cité , Journal de Physiq., x8o5, t. LX ? p. 4og» 



(6i ) 

iout-à-faït neuf et précieux, m'a paru proportionnelle à l'alté- 
ration- du tissu intime et des particules élémentaires. 

Enfin il me semble que l'analogie des substances concrétion- 
nées par infiltration dans les couches volcaniques de tous les 
âges et de tous les pays, constitue un dernier caractère empi- 
rique remarquable. Ces substances composent, en quelque sorte, 
une minéralogie à part; on ne reconnoît parmi elles qu'un 
petit nombre d'espèces appartenant aux autres terrains. 

Toutes ces considérations générales exposées, il me reste à 
faire mention du soin que j'ai mis à compléter, avant d'entre- 
prendre les expériences dont je vais rendre compte, les termes 
de comparaison expliqués au second Chapitre de ce Mémoire. 
A cet effet j'ai déterminé les caractères des différens produits 
fournis par la décomposition particulière, soit des pâtes vitreuses , 
soit des minéraux élémentaires qu'on voit figurer en cristaux 
apparens à la vue simple, au milieu des matières volcaniques de 
tous les âges. Je renvoie le détail de ces déterminations à la 
Table générale des expériences; je dirai seulement que la pu- 
mite légère et le feld-spath sont moins fusibles à l'état terreux; 
au contraire, la fusibilité augmente dans les autres minéraux 
décomposés. s 

CHAPITRE NEUVIEME. 

Examen des Pâtes indéterminées qui servent de base aux Tufs 
volcaniques de tous les âges. 

Les substances que je vais examiner comprennent les diffé- 
rentes bases d'un aspect mat et terreux, blanches, grises, d'un 
gris verdâtre, d'un gris jaunâtre, d'un brun sombre ou d'un' 
rouge vif, qui entrent dans la composition des roches qu'on 
appelle généralement tufs volcaniques , brèches volcaniques. Je 
range par conquent ici la thermantide tripoléenne de M. Haiiy, 
la base du trass^ celle du pépérino, le prétendu tripoli volca- 
nique , les pouzzolanes parfaitement terreuses , les cendres décom- 
posées de certains minéralogistes , la base du tuf volcanique et 
du tuf basaltique de M. Werner, la moya de M, de Humboldt, 
enfin l'argile volcanique grossière ou endurcie. 

Les pâtes tufeuses offrent un grand nombre de variétés en- 
core peu connues, surtout dans les écoles du nord de l'Europe. 
Elles se montrent avec les traits de l'identité la plus parfaife, 
d'ans les terrains volcaniques des différens âges. Leur gisement- 



( te ) 

présente des conditions analogues à celles qui caractérisent le 
gisement des cendres volcaniques. Tantôt elles constituent des 
amas ou des couches uniformes et sans mélange; tantôt et plus 
souvent elles contiennent des fragmens de toutes sortes, de 
toutes grosseurs et en toutes proportions , ce qui leur donne une 
structure de brèche plus ou moins prononcée. On se rappellera 
que, sous le point de vue que je considère, il faut faire abstrac- 
tion de ces fragmens. 

.On croiroit difficilement, à voir l'aspect mat et terreux des 
bases tufeuses, quelles puissent être douées d'une texture intime 
tres-distincte et d'une composition mécanique très-apparente. 
C est^ cependant ainsi qu'elles se présentent lorsqu'on les soumet 
au microscope, en fragmens très-minces. Quel que soit le degré 
de leur consistance, on les prendmit, au premier aperçu, pour 
des laves lithoïdes parfaites, dont les grains élémentaires* contras- 
teroient entre eux par des teintes plus tranchées que de coutume. 

Mais en les examinant plus attentivement, on reconnoît bientôt 
qu elles offrent une mie plus lâche; que ie volume des grains mi- 
croscopiques est communément très-inégal , et qu'ils ne sont point 
entrelacés ; que parmi ces grains , les uns sont durs , translucides ou 
demi-transparens, tantôt cristallisés et tantôt vitreux, tandis que 
les autres sont tendres, réduits à l'état terreux, parfaitement 
opaques, et se distinguent par des teintes très-prononcées. En gé- 
néral, l'opacité de ces derniers permet que chaque particule élé- 
mentaire figure nettement dans les masses et s'y présente cons- 
tamment avec sa couleur propre; ce qui n'arrive pas dans les 
pâtes lithoïdes non altérées, à raison de ce que les grains blancs 
transparens ou translucides laissent passer la couleur àes grains 
colorés qui se trouvent placés par-dessous. 

Les pâtes tufeuses sont, ou friables, ou consistantes, ou en- 
durcies; dans les premières, les particules élémentaires ne se 
tiennent qu'en vertu d'une adhérence extrêmement foible, pro- 
duite par le simple tassement; dans les secondes, la cohésion 
dépend tout«à-la-fois du tassement et de la présence d'une petite 
quantité de matière interposée; dans les troisièmes, il existe un 
principe d'adhérence plus abondant , qui ne lie pas seulement les 
grainsélémentaires les uns avec les autres, mais qui pénètre à 
l'intérieur de ceux de ces grains dont l'aspect est terreux, et leur 
restitue une dureté que la décomposition leur avoit d'abord en- 
levée. Une autre condition essentielle se combine aux précédentes, 
c'est la dureté propre à chacune des substances minérales infii- 



(65) 
freies qui jouent le rôle de ciment; en effet, la présence d'une 
petite quantité de ciment très-dur suffit quelquefois pour donner 
une extrême ténacité à certaines masses. 

On isole facilement, à l'aide de la pulvérisation, les grains élé- 
mentaires des pâtes tufeuses friables. Quant aux pâtes consistantes 
ou endurcies, il faut commencer par chercher à détruire le prin- 
cipe étranger qui s'y trouve interposé. Lorsque c'est une matière 
calcaire-, ce qui arrive souvent, on réussit facilement à l'enle- 
ver, à l'aide de l'acide acéteux ou de l'acide nitrique très-affbibli. 
Dans les autres cas, qui sont plus rares, j'ai trouvé qu'il valloit 
mieux renoncer à enlever le principe de cohésion et se contenter 
d'une précision moins grande; en conséquence, on pousse de suite 
la pulvérisation au degré convenable. 

De quelque manière que l'on commence l'opération, on re- 
eonnoît qu'une partie plus ou moins considérable des grains mi- 
croscopiques qui fîguroient entiers dans les masses, se résolvent 
en parcelles terreuses excessivement fines et susceptibles de se 
délayer dans l'eau. Il faut conséquemment lotir le tout à l'aide 
du lavage, afin d'observer les susbtances élémentaires dans l'ordre 
des volumes. 

Les grains ou cristaux microscopiques qui se conservent en- 
tiers, sont communément d'un volume inférieur à un trentième 
de millimètre, mais on en trouve de bien moins fins. Les plus 
aisés à reconnoître sont ceux de fer titane, qui paroissent comme 
indestructibles au milieu des altérations de tout genre ; on re- 
trouve dans les autres les différens minéraux volcaniques qui 
composent les cinérites et les spodites; les plus abondantes sont 
donc le feld-spath et le pyroxène; viennent ensuite -les verres 
pyroxéniques (gallinaceou scorie), les verres feîd spatiques (pu- 
mite ou obsidienne) et le péridot, quelquefois i'amphigène , 
et très-rarement le mica. 

Les résidus terreux des lotions se composent de parcelles im- 
palpables confondues, lesquelles ne forment souvent pas la hui- 
tième ou la dixième partie des masses mises en expérience; 
quelquefois cependant elles en constituent plus du quart. Elles 
sont presque opaques, tantôt blanches et tantôt faiblement co- 
. lorées en jaune, en vert, en brun ou en rouge; elles s'étendent 
au lieu de croquer sous le pilon. On ne peut pas rigoureusement 
déterminer leur nature ; mais les caractères de fusion constatés 
avant le lavage, et les autres circonstances accessoires, suffisent 



( 64 ) 

pour faire croire qu'elles proviennent de la décomposition d'une 
partie des minéraux microscopiques élémentaires. 

Je n'ai trouvé aucun procédé propre à déterminer directement 
quelles sont les substances minérales infiltrées autres que l'ar- 
ragonite et la chaux carbonatée ordinaire, qui donnent de la 
consistance ou de la dureté aux bases tufeuses; différens carac- 
tères empiriques indiquent tantôt le fer hydraté, tantôt diffé- 
rentes zéofites, tantôt la silice hydratée. J'estime qu'en général 
on ne se tromperoit guère en concluant la nature du principe 
ou des principes de cohésion dominans dans un tuf quelconque, 
d'après l'espèce des minéraux concrétionnés qui occupent les 
boursoufflures des fragmens disséminés au milieu de la pâte. 
Au reste, l'insuffisance de mes recherches à ce sujet, me laisse 
peu de regrets; en étudiant les pâtes si nombreuses qui ren- 
ferment de la chaux carbonatée microscopique, j'ai pu me con* 
vaincre que cette substance y forme des cloisons presque toujours 
imperceptibles, et que très-communément la somme des espaces 
qu'elle remplit ne s'élève pas à la centième partie du volume 
des masses; je n'ai pas eu lieu de présumer que les autres 
substances interposées puissent jouer un rôle plus important. 

Ces données générales posées , je dois insister sur les trois 
exceptions suivantes : 

Pour me conformer au préjugé d'après lequel on désigne 
assez vulgairement les brèches volcaniques comme des produits 
d'éruptions boueuses, j'ai cherché s'il existoit entre les pâtes 
tufeuses , des différences de tissu intime et de composition mé- 
canique propres à caractériser deux ou plusieurs modes de 
formations distincts. Voici la seule différence que j'ai pu re~ 
connoître : dans quelques-unes de ces pâtes, la majeure partie 
des particules terreuses au lieu de figurer comme des grains 
entiers ayant une existence indépendante , se montrent mêlées 
et confondues. Je reviendrai sur cette disposition particulière 
qu'on expliquerait à la rigueur, en supposant un tassement pos- 
térieur à la décomposition. 

Le tuf boueux moderne produit par une éruption du Ton- 
guragua en 1797, et rapporté d'Amérique sous le nom de moya 
par M. de Humboldt , n'a point d'analogue parmi les matières 
tufeuses desautres pays. C'est un composé d'humus et de minéraux 
volcaniques réduits en un sable dont les grains sont de toutes 
dimensions, c'est-à-dire en partie grossiers, en partie micros- 
copiques. 

Enfin. 



(65) 

Enfin ce que j'ai dit de la proportion des substances bëté- 
■rogènes infiltrées au milieu des différentes bases tufeuses dures 
ou consistantes , ne peut point s'appliquer à celles de ces bases 
-qu'on peut nommer mixtes ou bigènes. Celles-ci , qui sont fort 
rares, se rencontrent à la jonction des couches volcaniques 
anciennes avec les couches calcaires. Elles renferment du car- 
bonate de chaux compact, en toutes proportions; quelques-unes 
en tiennent plus de la moitié de leur volume (a). 

Si nous revenons maintenant aux pâtes tufeuses considérées 
en général , je ferai remarquer que les deux modifications prin- 
cipales de la composition mécanique sont assez nettement in- 
diquées par le caractère qui se tire de la fusion. En effet, une 
partie^ donne assez difficilement un verre blanc ou légèrement 
xoloré, l'autre partie fond avec facilité en verre ou émail noir, 
ou d'un vert foncé. 

D'après ces résultats , voici comment il faut concevoir l'exis- 
tence minéralogique des pâtes tufeuses. 

Parmi celles qui fondent en verre blanc ou légèrement co- 
loré, les unes peuvent être définies comme feld-spath granulaire 
•en partie décomposé et mêlé d'une petite quantité de particules 
étrangères connues : je les nomme trassoïte ; les autres doivent 
être envisagées comme verre feld-spathique (pumite ou obsi- 
dienne)^ granulaire en partie décomposé et mélangé d'une petite 
quantité de particules hétérogènes déterminées : je les nomme 
-alloïte. 

Parmi celles qui donnent un verre ou un émail fortement 
coloré en noir ou vert noirâtre, les unes peuvent être considérées 



(1) Lorsqu'on rencontre des coquilles dans les couches des terrains vol- 
caniques démantelés , c'est ordinairement aux tufs mixtes ou bigènes qu'elles 
appartiennent; beaucoup de minéralogistes se sont étonnés de la présence de 
ces coquilles ; je m'étonne, au contraire , qu'elles n'y soient pas plus abon- 
damment répandues. Il doit s'en trouver bien davantage dans les tufs mo- 
dernes simples ou bigènes qui se forment journellement au pied des volcans 
brulans dont les bases sont baignées par la mer. Ajoutons que les courans 
modernes du Vésuve, de l'Etna et des îles Canaries, qui sont arrivés jusqu'à 
la mer et se sont avancés dans ses eaux, reposent à leur extrémité sur des 
détritus mixtes très-coquilliers , et présentent en outre des dépouilles de corps 
marins logées entre les fissures de la lave et les cavités des croûtes scorifiées 
intérieures et supérieures; les terrains volcaniques sous-marins formés depuis 
Jes temps historiques aux Açores et dans l'Archipel grec , doivent renfermer 
mu bien plus grand nombre de ces dépouilles. 



S 



( 66 ) _ 

comme pyroxène granulaire en partie décomposé et mêlé d'une 
très-grande quantité de particules hétérogènes connues, que la 
décomposition a également attaquées : je les appelle tufaite ; les 
autres pourront être regardées comme verre pyroxénique (gal- 
Jinace ou scorie) granulaire en partie décomposé et mélangé 
d'une très-grande quantité de particules étrangères déterminées, 
sur lesquelles la décomposition a aussi produit ses effets : je leur 
donne le nom de pépèrite. 

La pépèrite , la tufaite , Validité et la trassoite se partageront 
chacune , à raison des degrés de solidité, en trois subdivisions 
principales, savoir : la friable, la consistante et l'endurcie : les 
accidens de coloration serviront à établir les variétés prin- 
cipales. 

A Faide des définitions précédentes , les pâtes tufeuses pourront 
donc obtenir désormais des places de convention dans la mé- 
thode purement minera logique , et se trouver décrites à la suite, 
soit du pyroxène, soit du fekl-spath. On conçoit du reste, sans 
que j'aie besoin de m 'appesantir à ce sujet , que ces masses sont 
trop compliquées pour qu'il n'existe pas un grand nombre 
de variétés mixtes entre les quatre divisions que je viens 
d'établir. 

Ajoutons maintenant que sous le point de vue géologique , 
la trassoïte, l'alloïte, la tufaïfe et la pépèrite doivent être dé- 
finies comme grès microscopiques composés de particules mi- 
nérales hétérogènes , les unes dures , les autres tendres et ter- 
reuses , et liées entre elles , soit par le tassement , soit * par 
l'interposition de différentes substances disséminées sous forme 
de ciment presque toujours imperceptible ; particules analoguevS 
d'ailleurs à celles qui constituent les différentes variétés de 
cinérite et de spodite. 

Dans le cours des recherches précédentes , je n'ai pas omis 
de comparer certains tufs feld-spathïques avec les tri polis du 
commerce et celui du Menât en Auvergne; les différences sont 
bien tranchées : je ne dois pas négliger d'en donner ici l'indi- 
cation. Le tripolt de Menât n'est rien autre chose que le sque- 
lette siliceux d'une argile schisteuse (schiefer thon) vitriolisée 
par la décomposition spontanée des pyrites accompagnantes. La 
localité de Menât m'étant connue, je puis assurer qu'il n'y existe 
aucune matière volcanique ancienne ou moderne, et que c'est 
à tort que plusieurs minéralogistes ont supposé le contraire. 



(6 7 ) 
L'argile schisteuse intacte s'y présente en couches régulières • 
sa couleur est d'un gris verdâtre et son grain très-fin; elle ren- 
ferme de nombreux tubercules de pyrite radiée et des empreinfes 
de poissons extrêmement rares. Les tripolis du commerce que 
j'ai pu me procurer, m'ont également montré les caractères 
d'un squelette siliceux formé aux dépens de schistes argileux, 
auxquels l'action lente d'un acide auroit enlevé tous les prin- 
cipes chimiques susceptibles de donner des sels solubles; mais 
je ne saurois dire si leur production doit être attribuée à la 
décomposition des pyrites accompagnantes, ou aux vapeurs sul- 
fureuses d'un terrain houiller incendié , ou bien à la macération 



corrosive opérée par une eau minérale quelconque. 

J'ai vainement cherché, dans les ouvrages des auteurs de 
minéralogie les plus recommandables , la définition rigoureuse 
de ce qu'ils entendent par une éruption boueuse; cette expres- 
sion me paroît susceptible d'être rangée parmi celles qu'on devroit 




que la matière des p£ 
tufeuses anciennes a pu être apportée des foyers volcaniques , toute 
délayée, ou toute dissoute dans un liquide, et qu'elle a été vomie 
et cristallisée à la manière des laves ; à coup sûr une semblable 
hypothèse n'a pu être conclue d'après le rôle que l'eau joue 
dans les volcans modernes. Nous savons que les foyers volca- 
niques en repos exhalent continuellement des vapeurs aqueuses 
accompagnées de matières très-hétérogènes également en vapeurs; 
mais ces matières n'ont aucun rapport avec les grains ou cristaux 
élémentaires des pâtes tufeuses. Nous savons encore que certaines 
éruptions historiques ont rejeté des masses d'eau liquide qui 
se sont épanchées en lorrens ; mais il faut considérer que ces 
épanchemens sont extrêmement rares et accompagnés de cir- 
constances (r) qui permettent de les regarder comme des acci- 
dentels dans la série des phénomènes essentiellement volcaniques * 



(1) Ces épanchemens ne produisent ordinairement que de Feau douce; tel 
a été celui de 1755 à l'Etna; tels sont ceux de la Cordilièr.e des Andes en 
Amérique. Ces derniers contiennent quelquefois une multitude infinie de pois- 
sons. M. de Humboldt , à qui on doit cette curieuse observation , pense que les 
lacs souterrains dans lesquels vivent ces animaux , sont à une très-grande élé- 
vation au-dessus du niveau de la mer. On trouve les mêmes espèces dans les 
ruisseaux qui coulentaupied des cratères. Joum. de Phjs. , i8o5 , t. LX , p. 243. 

9-- 



( 68 > 
on ne doit pas perdre de vue surtout, que leur volume a été 
communément peu considérable, en ne supposant même aucune 
exagération dans les récits qui en ont transmis le souvenir. 
Roulant au reste sur des pentes rapides, tantôt composées de 
détritus incohérens, tantôt recouvertes d'un humus meuble, pro- 
fond et riche en principes végétaux, il est tout simple que les 
îorrens volcaniques se chargent jusqu'à saturation mécanique 
de toutes ces matières et Jes étendent au pied des montagnes, 
sous forme de fragmens amoncelés, de graviers, de sables et 
de boues fétides. Les prodigieuses averses qui accompagnent 
quelquefois les éruptions ordinaires, produisent des effets ana- 
logues ; mais les caractères de ces alluvions locales, de ces en- 
vasemens accidentels, diffèrent beaucoup de ceux que présentent 
fa composition spéciale, la structure uniforme , la stratification 
si particulière et lapuissance si bien réglée des assises de cendre, 
de tufs et de brèches qu'on voit s'étendre presque indéfiniment' 
dans les grands systèmes volcaniques de tous les âges. D'où 
on peut dire que si l'eau a eu quelque part à fétendage des 
matières incohérentes qui ont servi de base à certaines couches 
très-anciennes de brèches et de tufs volcaniques, il en a fallu un 
volume hors de toute proportion avec celui que nous ont offert 
les érosions produites par les éruptions aqueuses observées jus- 
qu'à présent. , 

Ces considérations sommaires rapprochées des résultats de mes 
expériences, excluent, ce mesemble,complètementrhypothèsedes 
éruptions boueuses. Il faut donc admettre en principe, que les parti- 
cules élémentaires des pâles tufeuses anciennes ont été originaire- 
ment formées par la voie sèche comme celles des pâtes modernes,, 
et qu'elles sont sorties des orifices volcaniques de la même ma- 
nière , c'est-à-dire à l'état de déjections pulvérulentes. Mais 
après leur sortie, a-t-il pu se faire que , dans certains cas, elles 
aient été reçues ou déplacées par les eaux des grandes inonda- 
tions qui otit anciennement couvert les continens? c'est ce que 
je n'entreprendrai pas de discuter. La solution de cette ques- 
tion est indifférente pour mes résultats; en cas d'affirmative, il 
s'ensuivroit seulement qu'il faudroit compter une cause de plus 
parmi celles qui ont concouru à la formation si compliquée des 
pâtes tufeuses en général ; et les puissans eïïets des tremblemens 
de terre, considérés comme principaux agens de tassement, n ? ea 
mibsisleroient pas moins* 






c%) z 

CHAPITRE DIXIÈME. 

Examen des Pâtes indéterminées qui composent les TVackés 
volcaniques de toutes couleurs , massives ou poreuses. 

Sous Ja rubrique de wackes de toutes couleurs, je comprends 
ici momentanément toutes les bases indéterminées qui proviennent 
de l'altération des pâtes lithoïdes, vitreuses ou scorifiées quel- 
conques; je confonds par conséquent dans cette grande Section, 
les laves argilo-feriugineuses décomposées de Doiomieu, la cor- 
néenne volcanique et le basalte décomposé de de Saussure, la 
plupart des trapps de M. Faujas de Saint-Fond, tous les trapps 
et toutes les cornéennes amygdaloïdes, y compris même Fophite 
antique, les scories amjgdaloïdes, une partie des therraanlides 
cimentaires de M. Haiiy , la plus grande partie des wackes de 
M. Werner, comme aussi la plupart des variétés de son thon- 
porphyre qui ne contiennent pas de quartz , les laves feld spa- 
thiques compactes et pétrosiliceuses décomposées de Doiomieu, 
la phonohte décomposée de M. Daubuisson, la domite décom- 
posée, les pierres ponces décomposées, enfin les argiles volca* 
niques rudes et grossières. 

Avant de rendre compte de l'examen de ces nombreuses 
substances , je dois rappeler que parmi les produits incontestables 
des volcans brûlans , on ne trouve guère changées en pâte de 
wacke que certaines croûtes scorifiées , grumeleuses ou pesantes 
placées au-dessous et au-dessus des courans lithoïdes, et un 
assez bon nombre de fragmens de lave lithoïde, ou de scories 
de toute sorte qui se trouvent dispersés dans les cendres et les 
tufs. Les mêmes altérations sont plus fréquentes dans les pro- 
duits incontestables des volcans éteins; mais elles y attaquent 
rarement les laves lithoïdes poreuses, et plus rarement encore 
les laves compactes et les laves vitreuses. Au contraire dans 
le sol volcanique le plus ancien, et dont l'origine est fortement 
contestée, il n'y a communément que les masses extrêmement 
denses qui aient été préservées d'un commencement d'altération. 
Du reste, entre les pâtes volcaniques intactes de tous les âges 
et les pâtes de wackes congénères, il existe une fouie de variétés 
mtermediairesqui , tout en attestant l'identité d'origine, suffiroient 
pour taire préjuger avec une assez grande exactitude , le tissu 
intime et 1 composition mécanique dont chaque sorte de wacke 
est ettectivement douée. 



Considérées en grand , les pâtes de wacke se distinguent em- 
piriquement des pâtes de tuf par leur porosité , par leur con- 
texture souvent porphjrique ou amygdaloïde, par les conditions 
de leur stratification, et par l'absencce de tout fragment hé- 
térogène disséminé ; mais celles produites par l'affaissement des 
scories grumeleuses ou pesantes peuvent souvent donner lieu 
à des méprises. On en trouvera des exemples dans la Table 
générale de mes expériences. 

Exposées au microscope , en fragrnens très-minces, leur aspect 
ne diffère pas de celui des bases tufeuses, si ce n'est peut-être 
par le volume un peu plus gros et plus égal des particules élé- 
mentaires. D'ailleurs leur texture granitique est très-distincte 
et leur composition mécanique très-apparente. L'opacité d'une 
partie des grains microscopiques et le relâchement de leur adhé- 
rence, font ressortir les teintes blanches, jaunâtres,, verdâtres, 
rougeâtres ou noires, propres à chaque espèce. Lorsque les grains 
sont peu fins, il ne faut pas même emprunter le secours de la 
loupe pour reconnoître la contexture granitique des masses; 
c'est ce qu'on observe très-bien, par exemple, lorsqu'on exa- 
mine à une vive lumière l'écorce décomposée qui revêt souvent 
la surface des blocs de lave lithoïde qui ont été long-temps ex- 
posés à l'action de l'air. 

Le degré de consistance des différentes pâtes de wacke est 
en rapport avec l'état de leur texture intime ; il en résulte que 
quelle que soit leur composition mécanique , ces pâtes peuvent 
être divisées en wackes solides , wack es friables et wackes en^ 
durcies. 

Dans les wackes solides, l'adhérence des grains ou cristaux élé- 
mentaires est foiblement relâchée; on observe souvent entre eux 
des vacuoles ou des boursoufflures microscopiques; ils conservent 
la dureté et les autres caractères propres à chacune des espèces 
minérales auxquelles ils appartiennent : un petit nombre seule^ 
ment tendent à passer à l'état terreux. 

Dans les wackes friables , au contraire , les vacuoles et les 
boursoufflures microscopiques ne sont presque plus sensibles; un 
grand nombre de grains ou cristaux élémentaires sont à l'état 
terreux ; leur proportion varie du dixième au quart des masses ; 
aussi ne les examine-ton convenablement qu'à l'aide de lotions 
préalables. 

Les wackes endurcies sont les plus rares \ on n'y trouve point 



/( ?0 
des vacuoles; certaines variétés offrent seulement quelques bour- 
souflures microscopiques. Il faut renoncer à les étudier avec 
une précision rigoureuse, lorsque leur dureté est occasionnée 
par une substance infiltrée autre que la chaux carbonatée; mais 
lorsqu'elles sont cimentées par l'interposition de cette dernière 
substance, ce qui est le cas le plus ordinaire, on enlève pré- 
liminairement la matière calcaire, et on lotit le résidu pulvé- 
rulent par des lavages. On trouve alors que la plupart des grains 
microscopiques qui figuroient entiers dans la pâte endurcie, se 
réduisent plus ou moins complètement en particules terreuses 
impalpables. 

Les grains ou cristaux microscopiques qui persistent dans leur 
intégrité au milieu de toutes les wackes, sont facilement dé- 
terminées , et présentent les mêmes espèces de minéraux élé- 
mentaires que toutes les autres pâtes volcaniques précédemment 
examinées. Le fer titane s'y reproduit constamment, et paroît 
résister à tous les genres d'altération; sa présence fournit un ca- 
ractère d'une haute importance. Les minéraux prédominans sont 
le feld- spath et le pyroxène; on trouve plus rarement le pé- 
ridot et l'amphigène; le mica et l'amphibole sont excessivement 
rares, et ne se rencontrent que dans les pâtes complètement 
feld-spathiques. Dans les pâtes de wacke scoriformes , c'est 
communément le verre pyroxénique (scorie ou gallinace) ou 
bien le verre feld-spathique ( pu mite ou obsidienne) qui dominent; 
ces substances vitreuses se montrent entrecoupées d'une foule 
de gerçures déliées, et figurent ainsi comme des grains très-irré- 
guliers' et de toutes dimensions; leur nature deviendroit bien 
difficile à reconnoître, si on n'étoit pas mis sur la voie par la 
considération des boursoufflures microscopiques qu'elles ren- 
ferment; bcursoufrlures qu'on ne peut pas confondre avec des 
vacuoles , car la forme des vacuoles est toujours irrégulière. 

Il n'est pas possible de déterminer aussi nettement la nature 
des grains terreux. Il faut étudier leurs caractères avant de pul- 
vériser et de laver, car le résidu des lotions ne fournit que des 
poudres impalpables, diversement colorées, et dont les parcelles 
confondues s'étendent au lieu de croquer sous le pilon. Avec 
du soin on parvient à isoler assez complètement les grains ter- 
reux. En rapprochant les caractères qu'ils présentent des cir- 
constances accessoires de leur existence , on est conduit à re- 
connoître qu'ils appartiennent aux. mêmes espèces minérales que 
les grains- ou cristaux microscopiques durs et intacts qui font 



C 7" ) 
partie des mêmes masses; c'est ainsi qu'il n'est pas difficile de 
retrouver le kaolin dans la plupart des grains élémentaires terreux 
de couleur blanche, le pjroxène décomposé dans ceux d'un vert 
pâle, et la limbilite ou péridot décompose' dans ceux d'un vert 
jaunâtre, d'un brun jaunâtre, ou d'un rouge très-foncé (j). 

Du reste, les formules d'association des grains élémentaires 
de toute espèce (abstraction faite de leur état de conservation) 
ne diffèrent pas de celles qui expriment la composition méca- 
nique des bases lithoïdes, scoririées ou vitreuses, dont les dif- 
férentes pâtes de wacke sont congénères. Aussi, d'après les 
conditions de leur fusion, ces pâtes se divisent-elles en deux 
grandes classes, celles qui donnent un verre blanc ou très-lé- 
gèrement coloré, et celles qui fondent en un verre ou émail 
noir, ou d'un vert noirâtre foncé. 

Lorsque ce n'est pas la chaux earbonatée qui endurcit les 
pâtes de wacke, on peut présumer, en se fondant sur une reu- 
nion de considérations empiriques très -puissantes, et que les 
minéralogistes exercés trouveront facilement sans que j'enfasse ici 
le détail, on peut présumer, dis-je, que cette fonction est remplie 
par des substances très-variées, à la tête desquelles il faut placer 
les différentes espèces de zéolites , les hydrates de fer et de 
silice, le quartz ou la calcédoine ; ces dernières substances sont 
effectivement celles qui se montrent le plus fréquemment con- 
ditionnées ou cristallisées dans les boursoufflures apparentes à 
la vue simple, non-seulement des pâtes de wacke en général, 
mais encore de toutes les autres bases volcaniques non altérées. 

L'abondance des principes minéraux infiltrés, la dureté propre 
à chacun d'eux, déterminent en grande partie le degré de con- 
sistance des pâtes de wacke endurcies. En effet , leur fonction 
ne se borne pas à remplir les vacuoles microscopiques de ces 
pâtes , ils pénètrent au milieu des grains élémentaires réduits à 
l'état terreux, et cimentent ainsi très-intimement les masses les 
plus altérées. Du reste , la présence de ceux qu'on ne peut en- 
lever, du moins par les moyens dont fai essayé de faire usage, 



(1) Je range ici avec la limbilite d'un rouge brun, une substance qui joint 
quelquefois à cette couleur un éclat un peu métalloïde , et qui est assez com- 
mune parmi les grains microscopiques terreux des wackes pyroxéniques amyg- 
daloïdes. Le parti que j'ai pris à l'égard de cette substance, me laisse des 
doutes que j'espère lever de manière ou d'autre , avant la publication de la 
Table générale de mes expériences. 

ne 



r 75) 

ne -sauroi't influer sensiblement sur les résultats d'analyse mé- 
camque. En effet, d'après différentes considérations, et surtout 
d'après le rôle que joue la chaux carbonatée, j'estime que l'es- 
pace total occupé par ces principes dans les masses qui en con- 
tiennent le plus, est toujours fort au-dessus de la soixantième 
partie du volume. Les pâtes de wacke scoriformes peuvent en 
contenir davantage, mais c'est un cas assez rare. 

On voit , par ces observations, que quoique les pâtes de wacke 
soient des corps extrêmement compliqués, leur définition mi- 
néralogique n'en est pas moins facile à construire. Parmi celles 
qui fondent en verre blanc ou très-foiblement coloré, les unes 
doivent être considérées comme feld-spath granulaire à grains 
microscopiques, décomposé en partie, mêlé de particules héîé- " 
rogènes connues, et parsemé de vacuoles plus ou moins rares : 
]e les nomme téphrine; les autres peuvent être envisagées comme 
verre feld-spathique (pumite ou obsidienne) entrecoupé d'une 
infinité de fissures microscopiques, décomposé en partie, plus 
ou moins parsemé de boursouflures extrêmement petites, et mé- 
langé d'une quantité plus ou moins considérable de cristaux 
intacts ou altérés, soit feld-spathiques, soit hétérogènes déter- 
terminés : je les nomme asclérine. Parmi les pâtes de wacke 
qui fondent en verre ou émail noir, ou d'un vert noirâtre, 
les unes pourront être regardées comme pyroxène granulaire à 
grains microscopiques, décomposé en partie, mélangé d'une quan- 
tité considérable de particules étrangères déterminées (feld-spath , 
1er titane, péridot, etc.) également attaquées par la décompo- 
sition, et parsemé de vacuoles plus ou moins rares : je leur con- 
serve le nom de wacke proprement dite; les autres pourront 
être définies comme verre pjroxénique (scorie ou gaîlinace) * 

entrecoupé d'une infinité de gerçures microscopiques, décomposé 
en partie, plus ou moins parsemé de boursouflures extrêmement 
petites , et mêlé d'une quantité plus ou moins considérable de 
particules intactes ou altérées, soit pvroxéniques, soit hétérogènes 
connues : je les appelle pozzolite. 

> D'après ces formules de convention , mais dont les bases sont 
rigoureuses, la pozzolite, la wacke, la téphrine (i), l'asclérine 

<0 Le nom de téphrine a déjà été employé par M. Delamétherie , par 
M. Brongmart et par moi-même dans une acception un peu différente/ qui , 
d après mes expériences, me paroît devoir être rectifiée. En effet, nous avons 
contondu les leucostines grises altérées avec une partie de celles qui ne le sont 
pas et avec les vrais basaltes d'un gris très-clair. 

10 



( 7 4 ) 

pourront désormais être placées, et décrites dans les méthodes 
minéralogiques , à la suite, soit du pyroxène, soit du feld-spatfu 
Les degrés de consistance fourniront, pour chacune des divisions 
que je viens d'établir, trois subdivisions, savoir: celles de so- 
lide , de friable et d'endurcie : les accidens de forme et de 
coloration serviront à motiver les variétés principales de chaque 
subdivision. 

Considérées géologiquement, les pâles de wacke de toute 
espèce sont ou des granités microscopiques avec vacuoles plus 
ou moins rares, ou des porphyroïdes microscopiques avec bour- 
souflures aussi plus ou moins rares, dont les parties élémentaires 

terrei 

miné; 

_ pâtes _. 

rifiées ou vitreuses qui n'ont subi aucune altération. En d'autres 
termes, Pasclérine est congénère des pumites et des obsidiennes, 
Ja téphrine des leucostines (i), la wacke proprement dite des 
basaltes, et la pozzolite des scories et des gallinacés. 

Je ferai maintenant observer que les laves amygdaloïdes 
à base de wacke proprement dite, dont l'origine a été Je 
plus fortement contestée , sont celles qui m'ont en général 
offert les caractères les plus prononcés à l'analyse mécanique: 
je citerai les toadstones d'Angleterre, les variolites du JJrac 
dans les Alpes du Dauphiné, et les belles amygdaloïdes d'O- 
berstein dans le Palatinat. J'ai en outre découvert dans beaucoup 
de ces pâles de wacke proprement dite, des cristaux de py- 
roxène nombreux et apparens à la vue simple, qu'on avoit pris,, 
soit pour de l'amphibole, soit pour de la terre verte, ou bien 
auxquels on n'avoit pas fait attention , parce qu'ils sont amorphes 
de première origine, ou déformés par suite de leur décom- 
position. 




(i) Le nom de leucostine a été fait il y a quelques années par M. Delanié- 
tnerie , pour désigner la base du porphyre rouge antique. Il m'a paru que ee 
nom , d après son étymologie , conviendroit mieux aux pâtes lithoïdes abon- 
dant en cristaux microscopiques de feld-spath. En effet, j'ai trouvé que Jes 
grains élémentaires de la base du porphyre rouge , sont tous de couleur rosée oa 
dun rouge brun très-clair. 



(75) 
rôle est si restreint, qu'on pourroit l'y regarder comme acci- 
dentel , manière de voir qui ne seroit cependant point exacte. 
Au reste, M. Faujas de Saint-Fond avoit reconnu depuis long- 
temps, que les pâtes minérales qu'il- appelle trapps (i) ne con- 
tiennent pas d'amphibole. Or les trapps de M. Faujas comprennent 
entre autres substances, les bases auxquelles je donne ici le 
nom de wacke proprement dite. 

A la rigueur, tant qu'on ne connoîtra pas le gisement de 
I'ophite antique, ce porphyre ne devroit figurer que par appen- 
dice dans la classification des roches. Cependant j'ai cru qu'il 
ne seroit pas inutile d'en examiner la pâte. On sait que de 
Saussure avoit fait de cette pâte une espèce minérale particu- 
lière sous le nom d'ophibase; je n'y ai trouvé qu'une wacke 
proprement dite , à grains fins, endurcie par de la calcédoine. 
Il m'a été impossible d'y découvrir la moindre trace d'amphi- 
bole. La présence du pyroxène microscopique dans cette pâte 
se trouve confirmée par un caractère empirique essentiel, que 
je dois signaler aux minéralogistes , et qui consiste en ce que 
certaines variétés extrêmement rares, renferment, indépendam- 
ment des cristaux apparens de feld-spath, d'autres cristaux éga- 
lement très-apparens à la vue simple , qui sont composés de py- 
roxène translucide et du plus beau vert. 

Cette dernière observation me ramène naturellement à rap- 
peler ici un des résultats les plus généraux de mes recherches, 
savoir, que parmi les préjugés qui ont retardé les prpgrès de 
la Géologie, il n'en est pas de plus mal fondé que celui d'après 
lequel on a supposé jusqu'à présent, que dans presque toutes 
les substances minérales compactes volcaniques ou non volca- 
niques qui jouent un certain rôle dans la composition des mon- 
tagnes, la couleur verte ou noire étoit donnée par l'amphibole 
disséminée en particules indiscernables. 

CHAPITRE ONZIÈME. 

Résumé général. 

Je récapitulerai maintenant les principaux résultats du sys- 
tème d'expériences et d'observations dont j'ai rendu compte dans 
le cours de ce Mémoire. 



(i) Sistoire naturelle des Roches de trapp 7 Paris , i8i3. 

10. 



(76) 

On voit que la totalité des substances minérales dites en masse , 
qui servent de bases aux roches volcaniques de tous les âges 
et de tous les pays-, et dont la nature étoit restée jusqu'à présent 
en problème, tant sous le rapport minéralogique que sous le 
point de vue géologique, se trouvent rigoureusement définies 
à l'aide d'un nouveau mode d'analyse, d'une sorte d'Anatomie 
comparée; 

Que le tissu homogène et uniforme, soit compact, soit vi- 
treux, soit terreux, dont ces substances semblent douées lors* 
qu'on les examine à la vue simple, n'est, à l'exception de 
certains cas déterminés extrêmement rares, qu'une fausse ap- 
parence ; 

Quelles- sont presque toutes mécaniquement composées de cris- 
taux microscopiques, appartenant à un très-petit nombre d'es- 
pèces minérales connues, auxquelles se mêlent, dans certains cas 
déterminés, des matières vitreuses plus ou moins abondantes; 

Que les cristaux microscopiques élémentaires appartiennent 
au feld-spath , au pyroxène, au péridot, an fer titane, moins 
souvent à l'amphigène et fort rarement au mica , à l'amphibole 
ou au fer oligiste; 

Que, d'après des probabilités très-grandes, les matières vi^ 
treuses élémentaires , alors même qu'elles ne sont point mélangées 
de cristaux microscopiques, ce. qui est extrêmement rare, ren* 
ferment les principes prochains des pâtes complètement lithoïdes r 
principes agrégés alors sous forme de particules tout-à-fait indis- 
cernables, et réduits peut-être au volume moléculaire; 

Que dans une partie des substances volcaniques dites en masse ,- 
les cristaux m microscopiques élémentaires et les matières vi- 
treuses, lorsqu'elles en contiennent, se trouvent souvent dans un 
état de décomposition plus ou moins avancé; 

Que parmi ces substances, dont les élémens sont plus ou moins 
attaqués par la décomposition , certaines doivent leur consistance 
à des matières étrangères, interposées en particules presque- 
toujours indiscernables^ 

Que quel que soit l'état de conservation ou d'altération des 
substances volcaniques dites en, masse, les minéraux, élémen- 
taires ne forment communément que des associations ternaires 
ou quaternaires, au milieu desquelles tantôt le feld-spath et tantôt 
le pyroxène prédominent constamment, non-seulement par lein? 



(77) " ... " 

abondance, mais encore par l'influence des caractères qui leur 
sont propres ; 

Que cette constante prédominance , combinée aux autres 
conditions que présente la composition mécanique, et aux ca- 
ractères extérieurs qui en résultent, permet de diviser métho- 
diquement les substances volcaniques dites en masse , à l'aide de 
coupures naturelles assez nettement circonscrites, et même à 
la rigueur, de leur assigner^ des places de convention dans la 
méthode minéralogique; 

Qu'on peut partager ces substances en seize types principaux, 
susceptibles de produire quarante-huit sous°types, au moyen de 
subdivisions assez exactement motivées, et pouvant , à l'aide de 
considérations très-plausibles, être rapportés au feld- spath ou 
pyroxène comme modifications spécifiques plus ou moins im- 
parfaites : types qui, à raison de l'importance du rôle qu'ils 
jouent dans la constitution de l'écorce du globe , doivent être 
l'objet de descriptions détaillées et d'une nomenclature parti- 
culière, comme s'ils étoient réellement simples et homogènes, 
mais qu'on ne peut, dans aucun cas, considérer comme de vé- 
ritables espèces ; 

Que de quelque manière qu'on dispose ou qu'on multiplie 
les subdivisions à établir entre ces types, il restera toujours 
entre ceux de même espèce ou d'espèce différente, un assez 
grand nombre de variétés mixtes pour attester qu'ils sont res- 
pectivement congénères; 

Que les analogies que l'on a cru exister entre quelques-uns 
de ces types et les substances élémentaires des roches primor- 
diales , intermédiaires ou secondaires, à base de pétrosilex, de 
trapp et de cornéenne, ne soutiennent pas un examen rigoureux 
et ne sont pas fondées : en d'autres termes, que ces trapp s 
n'ont point d'analogues dans les terrains dont la formation est 
unanimement regardée, par les géologues, comme absolument 
étrangère aux volcans ; 

Que les différences qu'on a remarquées entre certaines va- 
riétés de laves modernes et certaines laves anciennes de même 



nature, n'ont d'autre fondement que de très-légères modifi- 
cations de contexture intime , tenant d'une part à l'abondance, 
et de l'autre à la rareté, ou même à l'absence (en cas de rem- 
plissage complet par infiltration) des vacuoles existantes entre' 
les cristaux microscopiques élémentaires ; 



t» 



(78) 
Que, proportion gardée des différences qui tiennent à l'ancien- 
neté relative , les différens types se présentent avec les traits 
de l'identité la plus parfaite dans les roches volcaniques de tous 
les pays comme dans celles de tous les âges ; 

Que le sol volcanique considéré dans son ensemble et sous 
le point de vue le plus général, offre une composition toute 
particulière , et une constitution qu'on ne retrouve point dans 
les autres terrains ; 

Que parmi les causes dont ce sol est le produit, il faut surtout 
remarquer la loi qui préside à la coagulation de la matière in- 
candescente des éruptions, et qui presque toujours résout com- 
plètement cette matière en une immensité de cristaux micros- 
copiques ; 

Enfin, que si la Chimie et la Minéralogie ont été si long- 
temps muettes sur la véritable nature des substances dites en 
masse , qui constituent le fond de toutes les couches volcani- 
ques, c'est que l'uoe et l'autre, s 'arrêtant à la simplicité appa- 
rente de ces substances, prenoient les caractères composés des 

i ejles ; 
les pro- 
'analyse 
mécanique. 

Il faut convenir que si ces résultats tendent à placer les mi- 
néralogistes et les géologues dans un nouvel ordre d'idées, en 
leur montrant dans le sol volcanique un monde minéralogique, 
s'il est permis de s'exprimer ainsi, dont tous les individus ont 
une existence propre et un rôle presque indépendant, il tenoit 
à bien peu de chose que cette connoissance ne nous fût jamais 
acquise : un degré de ténuité de plus dans le volume des indi- 
vidus, et le problème de la composision des terrains formés 
par les volcans de tous les âges , pouvoit rester complètement 
insoluble. 

Je termine en présentant le Tableau de la nouvelle distri- 
bution méthodique que je propose pour l'ensemble des substances 
volcaniques dites en masse. J'espère que la synonymie que j'y ai 
jointe pourra suffire , en attendant que je publie les descriptions 
minéralogique s des différens types et sous-types (i). 



(i) Je nomme types ce qu'on pourra appeler modification principale 
l'une des deux espèces prédominantes , dans la méthode de M. Haùy ? et c« 




(79) 
DISTRIBUTION MÉTHODIQUE 

DES SUBSTANCES VOLCANIQUES DITES EN MASSE. 

SECTION I. 

Substances Feld-Spathiques : dans lesquelles les particules 
du feldspath sont très-prédominantes. 

A) NON ALTÉRÉES. 
TYPE I* 

Composées^ exclusivement de Cristaux microscopiques entre- 
lacés, d'un égal volume, adhérons par leur simple juxta- 
position , offrant entre eux des vacuoles plus ou moins rares. 

LEUCOSTINE. 

Sous-Types. 

a) Leucostine compacte. Synon. Lave lithoïde pétrosiliceuse, feld- 
spath compact sonore, klings- 
tein , phonoiite, hornstein vol- 
canique. 

h ) écailleuse. — -Sorfeenouvelledanslaquelle beau- 
coup de cristaux de feld- spath 
sont plats et posés dans le même 
sens; graustein de M. Werner? 

e )~- —granulaire. Domite, base dune partie des 

thonporphyres.de l'Auvergne et 
probablement de Hongrie; base 
d'une partie des porphyres trap? 
péens de M. de Humboidt. 



qu on doit nommer espèces dans la méthode de M. Werner: ce célèbre mi- 
néralogiste ne donnant pas à la dénomination l'espèce l'acception rigoureuse 
et philosophique que nous lui donnons d'après M. Haùy et Dolomieu Les 
S 1 ° L1 ^ ty T Ç es . seront des sous-espèces de M. Werner et des variétés principales* 



p 

l 



de M. Haùy. 



(8o) 

TYPE If, 

Composées de Verre boursouflé , presque toujours mélangé 
de Cristaux microscopiques plus ou moins abondans. 

PUMITE. 

Sous-Types, 
d) Pumitegrumeleuse. Syn. Sorte nouvelle ayant l'aspect lithoïde. 
b) — pesante. Pierre ponce pesante de Spallanzani 

et de Dolomieu. 
c) légère. — — Pierre ponce ordinaire, lave vitreuse 

pumicée de M. Haiïy. 

TYBE IÎI. 

Composées de Verre massif, presque toujours mélangé de 
Cristaux microscopiques plus ou moins abondans. 

OBSIDIENNE. 

Sous-Types. 

a) Obsidienne parfaite. Syn. Obsidienne , lave vitreuse uni- 
forme, verre feld-spathique. 

h) smalloïde. < — — Lave vitreuse opaque ou pici- 

fornie , pechstein volcanique > 
perlstein. 

c} — imparfaite. — — Sorte nouvelle ayant un aspect 

mixte entre les aspects vitreux 
et lithoïde. 

TYPE IV. 

Composées de Cristaux et de Grains vitreux microscopiques 

non adhère ns. 

SPODITE. 

Sous-Types. 

a) Spodite cristallifère. Syn. Cendres volcaniques blanches, 

b) semi-vitreuse. Cendres ponceuses. 

ç) vitreuse. ■ ■ ■■ - ■ ■ Cendres ponceuses. 

B) ALTÉRÉES, 



.... { Si ) 

B) altérées: 

TYPE V. 
Composées de Grains vitreux, souvent entremêlés de Cristaux; 
les uns elles autres microscopiques, d'un volume très-inégal\ 
non entrelacés, en partie terreux, trèsfoiblement adhérens 
ou cimentés imperceptiblement par des substances étrangères 
(spodite vitreuse et semi-vitreuse altére'e). 

ALLOÏTE. 
Sous-Types. 

a) Alloïte friable. "j rXJne partie des tufs blancs ou d'un 

/ . l blanc jaunâtre, des tufs ponceux, 

è) consistante. > Syn.J du prétendu tripoli volcanique, 

l / des thermantides tripoléennes ; 

c) endurcie. J (, cendres ponceuses agglutinées. 

TYPE VI. 
Composées de Cristaux souvent entremêlés de Grains vitreux, 
les uns et les autres microscopiques , d'un volume très-inégal 9 
non entrelacés , en partie terreux , très-faiblement adhérens 
ou cimentés imperceptiblement par des substances étrangères 
(spodite eristallifère altérée). 



Sous-Types. 



TRASSOÏTE. 



à) Trassoïte friable. ) ( Tufs ? u * g™ cendré, trass; une 

/ % partie des tufs blancs ou d un 

b) consistante. > Syn. < bla ] nc Jf unâ . tre ' du prétendu tri- 

1 ] poli volcanique, et des therman* 

c *\ endurcie. ) / tidestripoléennes; cendres blan" 

v ches agglutinées. 

TYPE VII. 

Composées exclusivement de Cristaux microscopiques , d'un 
égal volume, entrelacés , enpartie terreux, admettant parfois 
des vacuoles plus ou moins rares , adhérens par la simple 
juxta-position , ou cimentés imperceptiblement par des sub- 
stances étrangères (leucostine altérée). 

TÉPHRINE. 

Sous-Types. 
a) Téphrine solide. Syn. Lave feld-spathique ou pétrosiliceuse dé- 

il. 



ï 8a > 

composée , klingstein décompose ,* 
hornstein volcanique décomposé , 
base du thonporphyre en partie. 

h) Téphrïne friable., Syn. Domite décomposée, lave fèld-spathi- 

que décomposée, base du thon por- 
phyre et du porphyre trappéen en 
partie. 

c) ■endurcie. Base des laves amygdaloïdes feld-spa- 

thiques, base du thonporphyre et 
du porphyre trappéen en partie. 

TYPE vnr. 

'^Composées de Verre massif ou boursoufflé , entrecoupé de 
gerçures très ■ déliées , presque toujours mélangé de Cris- 
taux microscopiques plus ou moins abondans , en partie 
terreux ainsi que les Cristaux , consistant par simple juxta^ 
position , ou cimenté imperceptiblement par des substances 
étrangères (obsidienne et pumite altérées).. 

AS CLÉ RI NE. 

Sous-Types. 
*z) Asclérine solide. Syn. Poncepesantedécomposée,obsiclienne 

imparfaite décomposée. 
b) friable. -Pierre ponce décomposée, obsidienne* 

décomposée. 
c) ; — endurcie. Pierre ponce faisant effervescence, 

ou pénétrée de fer hydraté. 

SECTION II. 

Substances pyroxéniques : dans lesquelles les particules 
du JPyroxène sont prédominantes. 

A) NON ALTÉRÉES, 
TYPE I. 

'Composées exclusivement de Cristaux microscopiques entre- 
lacés , d'un égal volume , adhérais par leur simple juxta* 
position , laissant entre eux des vacuoles plus ou moins rares. 

BASALTE. 

Sous-Types. 
a) Basalte compact. Syn. Lave lithoïde basaltique uniforme 5î 



lave argilo-ferrugineuse; basalte trap- 
péen , lave compacte de M. Werner. 

h) Basalte écaillent Syn> Lave basaltique écàilleuse de Dolo- 

rnîeu ; sorte dans laquelle la plupart 
des cristaux de feld-spath sont plats et 
posés dans le même sens. 

ç) _. granulaire. Lave basaltique graveleuse de M.Fau- 

jas de Saint - Fond • graustein de 
M. Werner? 

* TYPE IL 

Composées de Verre hoursouffle\ presque toujours mélangé de 
Cristaux microscopiques plus ou moins abondans. 

SCORIE. 

Sous-Types. 

a) Scorie grumeleuse. Syn. Sorte nouvelle ajant l'aspect lithoïde, 

confondue avec les scories pesantes; 
lave poreuse de M. Werner? 

fi) pesante. Lave scoririée uniforme, scorie pe- 
sante de Holomieu , lave poreuse de 
M. Werner. 

c) — légère. Lave scorifiée uniforme , lapillaïre, ou 

en masse, thermantides cimentaires 
de M. Haiiy, scorie de M. Werner ^, 
scorie légère de Dolomieu- 

TYPE IIÏ. 

[Composées de Verre massifs presque toujours mélangé ds 
Cristaux microscopiques plus ou moins abondans. 

GALLINACE. 

Sous-Types. 

à) Gallinace parfaite. Syn. Sorte nouvelle, obsidienne fondant 

en verre noir de M. de Drée , verre 
à base de lave f ontiforme de M. Da- 
lamétherie 1 . 

£) smalloïde. Sorte nouvelle, tantôt noire, tantôt 

d'un rouge sombre. 

f?) • — — imparfaite.-— « — Sorte nouvelle formant le passage an 

basalte compact- 



( 84 ) 

TYPE IV. 

Composées de Cristaux et de Grains vitreux microscopiques 

non adhérens. 

CINÉRITE. 

Sous-Types, 
à) Cinérite cristallifère. Syn. Cendres volcaniques ordinaires. 

b) . — semi-vitreuse. Cendres volcaniques ordinaires. 

c -y vitreuse. Cendres volcaniques rouges , ou 

d'un gris noirâtre. 

B) ALTÉRÉES. 

TYPE V. 

Composées de Grains vitreux , souvent entremêlés de Cris- 
taux , les uns et les autres microscopiques , d'un volume 
très-inégal , non entrelacés , en partie terreux , très : foible* 
ment adhérens , ou cimentés imperceptiblement par des sub* 
stances étrangères (cinérite vitreuse et semi-vitreuse altérées). 

PÉPERITE. 

Sous-Types, 
a) Pépérite friable. 



h) 



« consistante.! 
— endurcie. 



Tufs .volcaniques d'un rouge vif, 

dfun rouge brun, d'un brun Foncé, 

Syn. < d'un vert grisâtre très - foncé £ 

pouzzolane teiTeuse friable eu, 

partie; base de quelques pépérino. 

TYPE VI 

Composées de Cristaux , souvent entremêlés de Grains vitreux, 
les uns et les autres microscopiques , d'un volume très-inégal , 
non entrelacés , en partie terreux , très faiblement adhérens, 
ou cimentés imperceptiblement par des substances étrangères 
(cinérite cristallifère altérée). 



Sous-Types, 
a) Tufaïte friable. 



h) 



4 



consistante. \ Syn. 



endurcie. 



TUFAÏTE. 



pTufs volcaniques ordinaires; base 
de la plupart des pépérino; pouz- 
zolane tei-reuse friable en partie; 
tufs volcaniques et trappéens de 
M. Werner ; moja de M. de Hum- 
boldt par appendice à la tufaït© 
friable. 



(85) 

TYPE VII, 

Composées exclusivement de Cristaux microscopiques d'un 
égal volume , entrelacés , en partie terreux , admettant parfois 
des vacuoles plus ou moins rares , adhérais parla simple 
juxta-position, ou cimentés imperceptiblement par des sub- 
stances étrangères (basalte altéré). 



$ous-Types P 
a) Wacke solide. } 



WACKE. 



'Lave basaltique décomposée , wacke 
de M. Werner en grande partie, 



b) friable. VSyn. < tra PP et fornéenne amygdaloïde , 

l ■ / J argile endurcie amygdaloïde ; base 

c) —4 endurcie.) I de 1,0 P mte antique par appendice à 

^ la wacke endurcie. 

TYPE VIII. 

Composées de Verre massif ou boursouflé, entrecoupé de ger- 
çures très-déliées , presque toujours mélangé de Cristaux 
microscopiques plus ou moins abpndans, en partie terreux 
ainsi que les Cristaux , consistant par simple juxt a-position , 
ou imperceptiblement cimenté par des substances étrangères 
(scorie ou gallinace altérées). 



Sous-Types, 
a) Pozzolite solide. 

£) friable. 

c) *— *- endurcie.. 



POZZOLITE. 



Syn. 



f Scories décomposées, pouzzolanes 
lapillaires, thermantides cimen- 
taires en partie, base des scories 
amygdaloïdes. 



FIN. 



12 



TABLE DES CHAPITRES. 



CHAP..I». 
CHAP. II. 



CHAP. III. 
CHAP. IV. 



CHAP. V, 

CHAP. VI. 

CHAP. VII. 
CHAP. VIII. 

CHAP. IX. 

CHAP. X. 

CHAP. XI. 



Objet .du Mémoire. pag 

]S attire des recherche s faite s sur les Pâtes 
ou bases indéterminées qui entrent 
dans la composition des Roches vol- 
caniques de tous les âges. — Expé- 
riences préliminaires. — Choix des 
échantillons. 

Examen des Pâtes indéterminées qui en- 
trent dans la composition des laves 
lithoïdes de tous les âges. 

Comparaison des Substances minérales 
non volcaniques nommées Pétrosilex, 
Trapp et Cornéenne avec les Pâtes ' 
lithoïdes des courans de lave de tous 
les âges. 

Examen des Pâtes indéterminées qui com- 
posent les Scories volcaniques de tous 

les âges. 

Examen des Pâtes indéterminées qui 
composent les Laves vitreuses de tous 
les âges. 

Examen des Cendres volcaniques de tous 
les âges. 

Considérations préliminaires à V examen 
des Tufs et des Wackes volcaniques de 
toute espèce. 

Examen des pâtes indéterminées qui 
servent de base aux Tufs volcaniques 
de tous les âges. 

Examen des Pâtes indéterminées qui 
composent les Wackes volcaniques de 
toutes couleurs .massives ou poreuses, 
et appartenant à tous les âges. 

Résumé général. — Nouvelle Distribu- 
tion méthodique des Substances volca- 
niques dites en masse. 



9 
*7' 



29 
39; 



56 ; 



7 5 



( 8 7 ) 

ERRATA. 

v a * i lie 2, au lieu de SUBSTANCES VOLCANIQUES, lisez SUBS- 

r g ' ' ë ' ' TANCES MINÉRALES 

5 3 y ? exactement , /^ez assez exactement 

y ? 22 , mimose , lisez dolérite 

24-, 6 , 8 et 9 ? mimose , Z^ez dolérite 

28, ° 6 , il y a tout lieu de , lisez il est â 

55 j 40 f dans la masse , /^ez dans la série 

58 , 22 , résidoit , Z^tfz réside 

^ y , 3o , ces traps , lisez ces types 

85, 20, de M. Werner. y lisez-te M. Werner? 



De l'Imprimerie de M rfé V e COURCIER , rue du Jardinet, n° 12,