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INTRODUCTION 



A LA 



ZOOLOGIE 




ou 



CONSIDERATIONS SDR LES TENDANCES DE LA NATURE 



DANS LA CONSTITUTION DU REGNE AIS1MAL , 



PAR 



H. MIL&E- EDWARDS 

Hembre de Pinstilut ; Doyen de la Faculte des Sciences de Paris ; Professeur au Museum d'Histoire 

. naturelle ; membre de la SocieHe" natiODale ^'Agriculture ; de la Societc rojale de 1-ondres, des Academies 

Berlin, Vienna, Stockholm, Saint-Petersbourg , Ko?uigsl)er^ . Bruxel'.es, Philadelphie et Boston; de la Socie"te 

des Naturalistes de Moscou , de l'Association Brifannique ; des SocieHes Linneeniie et Entomologique 

de Londres, d'Histoire uaturellede Munich; de I'Institut du BrSsil; des Societ6s ElliDOlogiqiM' 

dc New-York, d'Histoire naturelle de l'fle Maurice, m£dicales dc Suede, 

d'Kdinburgh et de Bruges, etf , etc. 



if Bte ?iia at i: partie. 



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ARIS 



CHEZ VICTOR MASSON, 

a 9, place tie, t'&cole-de-Hl ecEecine* 




1851 







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INTRODUCTION 



A LA 





Z00L0GIE 



GENERALE 



ou 



CONSIDERATIONS SllR LBS TENDANCES DE IA NATl'BB 

DANS LA CONSTITUTION DIJ REGNE ANIMAL, 



/ 



PAR 



H. MILNE- EDWARDS 

■ Berlin, Viei, £ k 2 *S ZT T^ ' '* la h * M "^ de ''°"^ «« »•"*« 

" 'i! t „ ; £ e u °' c , ; de |,lDsti,ul do Br6sii; *•***»• a***- 

dc Sew-York, d Hiatoire natnrelle ,e Itle Maurice. mMinle. ,le M< 

d Kdinburgb et lie Bruges, etc , etc. 



PREMIERE I'UITU. 



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PARIS 

CHEZ VICTOR MASSON 

*** Place de l?Ecole-dc-Medccinc. 









1851 



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library, 























Wriy Soane.i888 







AVERTISSEMENT. 






L'etat de ma sante ne me permettant pas de con- 
tinner en ce moment la redaction de cet opuscule 
dont une portion est imprimee depuis longtemps ie 
"nesm. decide a en publier la premiere partie iant 
pour avoir 1 op.mon des Zoologistes sur les vues qui 
s y trouvent exposees, que pour empecher que les pre- 
cipes, dont j'ai eu souvent l'occasion d'entretenir mes 

sieves a la Faonlt* a™ ™: _, ™ 



— - ^iwitco cl du museum, ne 

•went mal compris ou denatures par les anatomistes 
qui les adoptent ou qui paraissent disposes a les com- 
battre I! m a semble aussi que ces considerations sur 
les tendances de la nature dans la constitution 
regne animal, tout incompletes qu'elles soient 



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de rinteret pour 



du 



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Au Museum, ce 26 fevrier 1851. 



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I 



INTRODUCTION 






A LA 



ZOOLOGIE GENERALE 













PREFACE. 



La Zoologie, comme les autres sciences physiques, re- 
pose sur la connaissance des faits materiels que nous 
revelent r observation et l'experience. Mais le zoologiste , 
de meme que le physicien ou le chimiste , ne peut se 
contenter des resultats fournis directement par l'emploi 
de ces moyens ^investigation. Dans l'etude des animaux, 
ainsi que dans l'etude des corps inorganiques, il faut aller 

plus loin 5 il faut grouper les faits constates par l'observa- 
teur ou mis en lumiere par nos combinaisons experimen- 
tales, les comparer entre eux, en peser la valeur, en cher- 
cher la signification. Les consequences qui en decoulent 
doivent, a leur tour, etre soumises a une discussion analo- 
gue, et les resultats ainsi oblenus doivent servir de bases 
aux considerations d'un ordre plus eleve encore dont se 
preoccupe necessairement tout naturaliste philosophe. 













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II Z00L0G1E GKNERALE. 

Les recherches des zoologistes doivent done avoir pour 
objet, non-seulement la connaissance des faits particuliers 
que nous fournitl 1 etude des animaux, maisaussil'expres- 
sion generate de ces faits a l'aide d'un petit nombre de 
formules dont notre memo-ire se charge sans peine, et 
l'etablissement de principes propres a nous servir de 
guide dans la poursuite de decouvertes nouvelles. 

Lorsque notre attention se porte exclusivement sur les 
details innombrables de I'anatomie, de la physiologie et 
des autres branches des sciences zoologiques, il arrive 
souvent que notre esprit se sente comme fatigue et in- 
" quiet au milieu de richesses dont on n'apercoit ni les 
limites ni les rapports necessaires. On voudrait alors sai- 
sir rharmonie de toutes ces choses , en comprendre la 
raison, et remonter aux principes qui regissent la consti- 
tution du regne animal. Jamais, peut-etre, ne sera-t-il 
donne au naturaliste d'entrevoir ces regies fondamentales 

de la creation zoologique 5 mais au moins peut-il 
satisfaire en partie au besoin de generalisation qui est un 
des caracteres de l'intelligence humaine, si a l'aide d'une 
theorie, que rien ne reprouve, il parvient a lier en- 
tre eux une longue serie de faits, et si au moyen de 

cation utile, il 



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indique la tendance commune des resultats fournis par 

l'observation. 

Les speculations qui precedent la connaissance des faits, 
etqui sont seiilement des jeux d'un esprit ardent et medi- 
tatif ; celles qui portent meme l'empreinte du genie, mais 
qui n'ont pas pour base un taste ensemble d'observations 
lentement accumulees, ne sont d'ordinaire qu'un masque 
propre a cacher notre ignorance et a nous detourner de la 
recherche du vrai. Mais il en est lout autrement des vues 







PREFACE. 



lit 








que nous ouvre la comparison attentive des conquetes cle 
la science, fenoncer, sous la forme de principes ou de lois ? 
les resultats qui se deduisent del'ensemble des faits acquis, 
n'est autre chose que mettre en lumiere Tharmonie de 
ces faits eux-memes. Les theories ainsifondees organisent 
Jesdonneesfournies par l'observation et animent la science; 
elles en rendentl'etude plus facile et plus attrayante ; soii= 
vent elles contribuent encore a diriger et a feconder les 
travaux de recherches. En repousser f emploi , ce seraU 

done priver la zoologie d'un instrument puissant et ne- 
cessaire. 

Si le raisonnement etait insuffisant pour prouver toute 

^importance des doctrines dans les sciences d'observa^ 
tion, j'en appellerais a 1'experience des temps passes, et 
l'histoire des progres de la zoologie me fournirait d'ecla*- 
tantes preuves de cette verite. Nos plus grands maltres se 
sont appliques a etablir des theories aussi bien qu'a con* 

stater des faits, et les principes qu'ils ont pose ont exerce 
sur la marche de nos etudes une influence forte et salu- 
taire. Ainsi, chacun sait quel immense service de Jussieu 
rendit a la zoologie aussi bien qu'a la botanique, lorsque, 
introduisant dans la science la lot de la subordination des 
caracteres, ii crea les methodes nature-lies. Cuvier, cet 
esprit severe qui repoussait avec une sorte d'effroi toute 

speculation hasardeuse, comprit de bonne heure la puis- 
sance des vues theoriques 5 et en posant le principe de la 
coordination necessaire des organes 3 il arma la zoologie 
d'un levier nouveau, a l'aide duquel nous l'avons vu plus 
tard reconstruire piece a piece les organismes qui ne sont 
plus et caracteriser les faunes dont la destruction a pre- 
cede l'existence de 1'homme sur la terre. Les brillantes 

1 

conceptions de Goethe , cle de Candolle et de Geoffroy 



























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IV 



ZOOLOGIE GENERALE. 






Salnt-Hilaire sont venues dormer de runite* et du mouve- 
rnent a d'autres etudes de structure qui jusqu'alors man- 
quaient de lien et de pensee. Ce sont aussi les vues 
thforiques de Geoffroy Saint-Hilaire qui ont conduit ce na- 
turaliste philosophe a etendre le domaine de la zoologie 
au dela des limites de la creation normale, et qui ont fait 
naitre la teratologic 

II a done ete utile d'examiner a des points de vue diffe- 
rents la signification des faits acquis, d'en peser les conse- 
quences, d'en chercher 1'expression la plus generate el d'en 
faire ressortir quelques principes. Or, ce qui etait bon 
autrefois doit l'etre encore aujourd'hui, et, a mesure que 
la science s'enrichit de materiaux nouveaux, le zoolosiste 
doit s'appliquer a en coordonner les elements. C'est a 
cette condition seulement que I'Histoire naturelle con- 
servera le rang auquel elle a droit, et l'examen de ce 
qui est connu offre parfois autant d'interet que peut le 
faire la constatation de faits nouveaux. 

Nos invenlaires zoologiques sont aujourd'hui fort 

avances. On possede des catalogues descriptifs du regne 
animal qui ont ete dresses avec des soins et une perse- 
verance dignes des plus grands eloges-, il est peu de types 
organiques dont quelques representants n'aient ete elu- 
dies par les anatomistes, et chaque jour nous avancons 
dans la connaissance des phenomenes de la vie. On s'est 
egalement applique a decouvrir lesaflinitesnaturelles qui 

existent a des degres differents entre les divers membres 
de la grande famille zoologique. Mais d'ordinaire les 
observateurs se sont attaches a constaler des faits parti- 
culiers plut6t qu'a en discuter la portee ; on a accumule 
des richesses imrnenscs eton les a classees avec methode, 
mais dans ces derniers temps peu de zoologistes se sont 




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PREFACE. 



V 



preoccupy des consequences que Ton pourrait en d&luire 
touchant le plan general de la creation. Rechercher a 
aide de l'ensemble des faits acquis, quelles sont le3 ten- 
dances de la nature dans la constitution du regne animal 

est cependant un travail dont l'interet ne me sembie pas 
douteux. 

Par la direction de mes etudes et de mon enseignement, 
j'ai ete souvent conduit a en faire le sujet de mes medi- 
tations. Je ne me dissimule nullement 1'imperfection ex- 
treme des resultals auxquels j'ai du m'arreler dans ces 
recherches, et j'ai longtemps hesite a y appeler l'attention 
des naturalistes. II m'a sembie cependant que les vues 
ainsi ouvertes facilitaient 1'intelligence des details innom- 
brables de la zoologie physiologique, et pouvaient meme 
servir parfois de guide dans les parties encore inexplorees 
de la science. Chaque annee j'en entretiens mes eleves, et 
j'ai eu souvent occasion d'y faire allusion dans mes ecrits; 
mais peut-etre aurais-je encore tarde a les developper 
dans unlivre, si des amis dont le jugement estd'un grand 
poids a mes yeux, ne m'avaient souvent presse de reunir 
dans un seul corps d'ouvrage l'ensemble des principes de 
zoologie generate qui meparaissent ressortir de la compa- 
rison et de l'appreciaiion des faits solidement &abliscon- 
cernant l'organisation des animaux. 

Pour me former une idee du plan qui a preside" a la 
constitution du regne animal, j'ai cherche a juger des 
causes par les effets. Je n'ai pas cm un seul instant pouvoir 
deviner la pensee mere dont est sortie cette vaste concep- 
tion, ni determiner la route suivie par 1'Auteur de toutes 
choses dans l'execution de son ceuvre. Mais pour arriver 
a comprendre 1'harmonie de cette creation, il m'a sembl<§ 
qu'il serait bon d'admetlre, par hypothese, que la nature a 



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VI 



ZOOLOGIE GMrALE, 



procede comme nous procederions nous-m&mes , d'apres 
les lumieres de notre intelligence, s'il nous etait donne de 
produire un resultat analogue. Iiltudiant comparativement 
les etres animes comme des machines creees par Pin- 
dustrie humaine, j'ai essaye de me rendre compte de la 
maniere dont ils auraient pu etre inventes et des principes 
dont Fapplication aurait conduit a la production d'un 
pareil ensemble d'instruments varies. La science n'est 
pas encore mure pour la decouverte des lois fondamentales 
de la zoologie; mais d'apres tout ce que nous savons tou- 
chant les modifications de l'organisme chez les 6tres ani- 
mes, il est possible de constater certaines tendances ge- 
nerates, et il est a esperer que bientot on pourra dire : 
« Le regne animal est constitue comme si les principes 
« que nous signalons avaient effectivement dirige la 
« nature dans Toeuvre de la creation. » 

Tel est en etfet le resultat que j'aurais voulu obtenir, 
mais que je n'ai pu entrevoir qu'en partie. Le fil qui m'a 
guide dans mes recherches s'est souvent rompu entre mes 
mains et ne m'a pas permis de penetrer bien avant dans 
ce vaste labyrinthe. Aussi n'est-ce pas un traite de zoo- 
logie generate que je me suis propose de faire en ecrivant 
ce livre. Dans les essais que je reunis ici, je me bornerai a 
1'examen d'un petit nombre des questions que fait surgir 
Fetude philosophique du regne animal ; je ne m'atta- 

cherai qu'a montrer quelles semblent etre les principales 
tendances de la nature dans le plan general de cette crea- 
tion, a determiner le caractere dominant de son oeuvre, et 
a exposer les principes a 1'aide desquels nous pouvons 
nous rendre compte, au moins en partie, des resultats 
qu'elle a obtenus. 













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CHAPITRE I 



Sommaire. — Coup d'oeil general sur le r£gne animal — La diversite 
dans les resultats, et Teconomie dans les moyens d'execution, 
sem blent etre les premieres conditions irnposees k la nature dans 
la constitution de ce rfegne. — Le perfectionnement des organise 
roes est une des causes les plus puissantes de cette diversite 
des espfeces zoologiques. 










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Lorsqu'on jette les yeux sur les animaux innombrables 
qui peuplent la surface de la terre ou qui vivent dans le 

sein des eaux, Tesprit reste etonne a la vue de tant de ri- 
chessesetn'est frappe d'abordque dela variete extreme qui 
regne parrai ces etres. Chaque espece dilTere de tout le 
reste de la creation : dans une meme espece la ressem- 
blance n'est jamais complete entre les individus y et si Ton 
vient a comparer l'individu a lui-meme, on voit encore 
qu'en avancant dans la vie il change sans cesse. Les or- 

ganismes ne sont reellement identiques ni dans le temps ni 
dans l'espace, et la diversite des produits semble etre la 
premiere condition imposee a la nature dans la formation 

des animaux. 

Pour apprecier toute l'etendue dec ette variete, il ne suf- 
fit pas de l'examen superflciel des animaux connus du vul- 
gaire. En comparant entre eux les quadrupedes, les oi- 
seaux, les poissons et les insectes, qui d'ordinaire peuvent 



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ZOOLOGIE GENERALE. 

fixer l'attentionde chacun de nous, on remarque, il est 
vrai, de nombreuses et d'importanles modifications organi- 



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ques; mais cen'est pas meme en passant en revue les mil- 

liersd'especesdontlesnaturalistesornentnosmusees,qu'on 
peut juger sainementdes richesses de la creation zoologi- 
que. II faut aussi tenir compte de tous ces etres a formes 
bizarres qui se cachent dans les profondeurs de la mer et 
qui sont d'une constitution si delicate et si fugace qu'on 
ne saurait en conserver les depouilles dans nos collections. 
Armant notre ceil de verres grossissanls, il faut observer ces 
legions d'animalcules microscopiques, dont on ne soupcon- 
nerait pas meme l'existence si le genie de l'homme n'etait 
venu ajouter une puissance nouvelle a l'un des instruments 
les plus parfaits qui soit sorti des mains de la nature • il 
faut encore remonter jusqu'aux premiers temps de la vie 
de tous ces animaux pour assister au developpement des 
organismeset en saisir les metamorphoses. Enfm,etendant 

nos recherches bien au dela de ce qui existe autour de nous, 
il faut tirer des entrailles de la terre les debris organiques 
qui ont echappe a Taction destructive du temps et qui nous 
font connaitre les races eteintes dont notre globe etait ja- 
dis peuple. C'est ainsi seulement qu'on peut se former 
quelque idee des modifications sans nombre que la nature 
a su introduire dans la constitution des etres animes ; et 
encore cette idee sera-t-elle bien au-dessous de la verite : 
car chaquejour la zoologie s'enrichit d'especes nouvelles 
pour la science, et il ne nous sera jamais donne de connai- 
tre tous les animaux que la terre a portes autrefois ou qu'elle 
nourritaujourd'hui. 

Mais lorsqu'on vient a etudier avecplus d'attention cette 
multitude d'animaux varies, on ne tarde pas a s'aperce- 
voir que la nature, tout en satisfaisant si largement a la lot 






















CHAPITRE I. 



9 



de la diversity des organismes, n'a pas eu recours a toutes 
jes combinaisons physiologiques qui auraient 6te possibles. 
EUe se montre, au contraire, toujours sobre d'innovations. 
°n dirait qu'avant de recourir a des ressources nouvelles 
elle a voulu epuiser, en quelque sorle, chacun des proce- 
ss qu'elle avait mis en jeu ; et autant elie est prodigue de 
variele dans ses creations, autant elie parait econome dans 




les 



moyens qu'elle emploie pour diversifler ses ceu- 
vres. 

La Loi d'econornie elend son influence sur le regne ani- 
mal tout entier ; mais elie ne pese pas du meme poids sur 
toutes les parties des organismes. Son action semble etre 
Proportionnee a l'importance des choses, et la variete est 
toujours d'autanl plus grande que les dissemblances sont 
le resultat de modifications organiques plus legeres. 

Pour se convaincre de ces tendances de la nature, il suffit 
de comparer entre eux tous les animaux d'une meme 
classe. On voit alors combien la diversite dans les produits 
Peut s'allier a l'economie dans l'emploi de modifications de 
quelque importance. Ainsi chacun a du admirer la variele 
extreme qui regne parmi les oiseaux : les zoologisles en 
connaissent aujourd'hui plus de sept mille especes, et les 
individus de chaque espece different entre eux suivant le 
sexe, l'age et les conditions d'existence. Cet immense re- 
sultat a ete obtenu cependant a peu de frais. Dans ces mil- 
liers d'especes et dans ces varietes dont le nombre nous 
echappe, tout ce qui resle essentiel est invariable ; partout 
dans ce groupe l'organisme se compose des memes mate- 
rtaux et se developpe sur un meme trace. Pour diversifler 
tous ces etres, la nature n'a eu recours a aucune creation 
organique nouvelle; elie s'est bornee a changer, dans d'e- 
troiles limites , les proportions de quelques parlies et a 














































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V 







10 



ZOOLOGIE GENERALE, 



e,que 



varier les decorations sans toucher au caractere essentiel ni 
des murs ni des fondations de l'edifice. 

La classe des Insecles nous offre des exemples plus re- 
marquables encore de cette tendance de la puissance crea- 
trice a varier au plus haut degre ses produits, sans se de- 
partir un seul instant des principes d'economie qui la 
rendent avare de tout changement important. Ainsi, c'est 
sans porter aucune atteinte au plan general de structure 
dont le Scarabee ou le Hanneton nous offrent le model a _ 
la nature a su former cette immense legion de Coleopteres 
dont le catalogue est encore bien incomplet, mais dont on 
compte deja plus de quarante mille especes reunies dans les 
musees entomologiques. A l'aide de quelques modifications 

legeres dans le mode de constitution propre a la Mouche 
commune, elle a produit tout le groupe des Insectes dip- 
teres, qui parait devoir etre presque aussi riche en especes 
que l'ordre dont il vient d'etre question. Enfin, pour peu 
que l'on compare entre eux les Scarabees, les Mouches, 
les Sauterelles, les Papillonset l'Abeille, onvoit que les In- 
sectes se ressemblent tous par les caracteres les plus impor- 
tants et les plus nombreux de leur organisation, que tous 
ont ete crees d'apres un meme plan general, et que c'est en 
variant les details d'execution seulement que la nature a 
tire d'une seule et meme combinaison physiologique plus 
de cent mille animaux d'especes differentes. 

Si l'on se contentait de l'etude des 6tres qui peuplent 
aujourd'hui notre globe, on pourrait croire que la nature ne 
s'est pas toujours montree fidele a ces principes, et que la 
tendance a varier ses produits l'a portee a se departir sou- 
vent des regies d'economie dont l'influence est si mani- 
feste dans l'ensemble de son oauvre. On connait, en effet 
plusieurs animaux dont les caracteres essentiels 






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CHAPITRE I. 



11 



rouvent reproduits que dans un petit nombre d'especes de 

e Poque actuelle, et il semblerait au premier abord qu'en 

cr eant ces types la nature aurait neglige d'en tirer tous 

es resultats varies dont les inventions de cet ordre sont 

conimunement la source. Mais lorsqu'on remonle aux 

e "ips anciens et qu'on replace dans le cadre general du 

re §ne animal les especes detruites a cote des especes vi- 

^antes, on voitque dans la plupart des cas, sinon toujours, 

le s types dont I'emploi a ete neglige dans la constitution 

ae la faune actuelle, ont amplement servi dans quelque 
Cf eation precedents 

Ainsi le systeme d'organisation d'apres lequel ont ete 
c onstitues les apus_el les autres crustaces branchio- 
Podes, n ' a aujourd'hui que fort peu de representants ; 
^ais il en etait tout autrement a l'epoque reculee oil se 
<leposaient les Ardoises d'Angers et les Calcaires silu- 
r *ens de l'Angleterre, car c'est a ce type qu'appartient la 
Srande famille des Trilobites. Les Cephalopodes sont loin 
d'etre nombreux dans les mers de !a~periode actuelle^ 
^ais le type malacologique dont ces animaux derivent a 
Joue un grand role dans les creations dont presque tous 
J es etages geologiques nous fournissent des debris. II en 
est de meme de la forme zoologique qui est propre auX 
Reptiles sauriens 5 et les recherches ardues et fecondes de 

Agassiz ont fait voir que le plan de structure dont 
k Lepidostee du Mississipi et un tres-petit nombre 
d'autres poissons nous offrent aujourd'hui des exemples; 
dominait dans la faune des periodes les plus reculees 
^el'liistoire du globe; 

Dans l'immense majorite des cas, la condition de l'e- 
c onomie dans la variete se trouve done remplie, et les ex- 
Ce ptions en petit nombre dont on pourrait encore afguer 



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V 









1 









J2 



ZOOLOGIE GENERALE. 



pour infirmer cette loi dependent, suivant toute appa- 
rence, de l'imperfeclion de nos connaissances paleontolo- 
giques. Peut-etre aussi la nature n'a-t-elle pas encore 
acheve son ceuvre , et, dans les creations a venir, doit- 
elle exploiter dans toute leur etendue certaines combi- 
naisons organiques dont elle semble navoir essaye qu'a- 
vec timidile dans la constitution des animaux de 

jours ou des temps passes. 



nos 







en soit de ces conjectures, il est mani- 



feste que la tendance generate de la nature a ete de 
multiplier dans des proportions gigantesques les differen- 
ces, tout en variant le moins possible les materiaux 
constitutifs des animaux et la maniere dont ces materiaux 
ont etc mis en ceuvre. Elle a concilie ainsi deux pre- 
cipes en apparence contraires, car elle s'est montree tout 
a la ibis econome et prodigue. 

Mais ce serait peu faire pour la solution des questions 
dont nous nous occupons ici, que de signaler ces tendances 
generates de la puissance creatrice, si nous ne portions 
nos investigations plus loin et si nous ne cherchions a 
decouvrir les moyens a Taide desquels la nature a pu 
satisfaire en meme temps a ces deux conditions. 

Pour fixer nos idees, quant a la valeur des regies que 
nous venons d'indiquer, il importe egalement d'en etudier 
les effets de plus pres, et pour avancer rapidement dans 
cet examen il nous suffira de passer en revue les procides 
principaux dont la nature semble avoir fait usage pour 
diversilier ses oeuvres. 

Parmi les causes qui ont determine les differences don ties 
animaux nous offrent des exemples si multiplies, l'une des 
plus puissantes est latendancede lanaturedvarier lesdegres 
deperfectionnement auxquelss'eleve I'orqanisme de ces etres. 


















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CHAP1TKE I. 



13 



Tous les animaux sont, il est vrai, egalernent bien 
constitues pour remplir le role qui leur est assigne dans 
1'ensemble de la creation, et, a ce point de vue, on peut 
dire qu'ils sont tous egalernent parfaits dans leur espece ; 
niais ce role est loin d'avoir toujours la meme etendue 
et la meme importance. Tout etre anime se nourrit, sent, 
se meut et se reproduit; mais rien n'est plus variable que 
la maniere dont ces facultes s'exercent et le degre d'ac- 
tivite qu'elles atteignent. Chez les uns, les resultats du 
travail physiologique sont faibles, obcurs et grossiers; 
^s actes varient peu et sont d'une grande simplicity 
lapuissance vitale ne semble pouvoir s'exercer que dans une 
shpere etroite, et elle s'eteint promplement. Chez d'autres, 
au contraire, les fonctions se multiplier^ a un haut degre ; 
la vie se complique et se prolonge, les facultes s'elevent, 
et le jeu de l'organisme s'effectue avec autant de precision 
que de puissance. Les animaux sont, par consequent, 

inegalement dotes : les uns sont superieurs aux autres 
sous le rapport physiologique; et comme les fonctions des 
etres vivants,de meme que le travail d'une machine inani- 
niee,sont necessairement en relation avec leur structure, il 
en resulte que les animaux different aussi entre eux par le 
degre de perfectionnement que presente leur organisation. 
Ainsi, pour neciter qu'un petit nombre d'exemples la su- 

periorite du Chien sur le Lievre ou sur le Mouton est 
bien connuede tous, tandis quele Chien est a son tour 
depasse en longevity en force et en intelligence par l'Orang; 
niais le Mouton et le Lievre, quoique inferieurs a la plupart 
des Mammiferes, ont une superiorite eviclente lorsqu'on 
les compare au Lezard, a la Couleuvre ou a la Grenouille- 
le Lezard est une machine physiologique plus parfaite 
que la Carpe; la Limace est moins bien partagee que ne 

2 
























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14 



ZOOLOGIE GENERALE. 



Test aucune des especes precedentes, et cependant la puis- 
sance vitale se manifeste chez ce Mollusqued'une maniere 
plus energique et plus variee que chez l'Huitre ou le 
Taret ; la toutes les facultes s'attenuent et s'obscurcissent ; 
l'Huitre est neanmoins un animal plus parfait que la 
Meduse ou le Polype 5 et bien au-dessous de tous ces etres 
degrades vient se ranger l'fiponge, dont Taction physiolo- 
gique est d'ordinaire si faible, si lente et si bornee qu'il est 
difficile d'y reconnaitre les caracteres de l'animalite. 
Cette tendance de la nature a diversilier ses produits en 

les perfectionnant inegalement se manifeste dans la forma- 
tion de chaque organisme individuel aussi bien que dans 
la creation des especes zoologiques. Les changements qui 
s'effectuent dans la constitution des etres aux diverses 
periodes de leur developpement, se lient pour la plupart a 
des modifications physiologiques de ce genre, et Tindividu 
en voie de formation se perfectionne peu a peu ainsi que 

ous voyons le type ideal de l'animal se perfectionner lors- 
I que nous nous elevons del'fiponge jusqu'a l'Homme. Pour 

's'en convaincre il suffit d'observer ce qui se passe dans le 
corps humain depuis le moment de la naissance jusqu'a 
l'age adulte, ou mieux encore de passer en revue les phe- 
nomenes des premiers temps de la vie embryonnaire. 

En effet, Tetre le plus parfait de la creation se raonlre 
d'abord sous la forme d'une masse a peine perceptible de 
matiere vivante, composee de quelques cellules seulement 
et depourvue des attributs caracteristiques de Tanimalite. 
II n'est doue ni de la sensibilite ni du mouvement ; il ue 
saurait attaquer par la digestion les corps etrangers ne- 
cessaires a sa subsistance, et sa puissance ne consiste que 
dans la faculte de se nourrir aux depens des fluides 

dont son tissu s' imbibe jil vegete seulement, et ses facultes 


















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CHAPITRE I. 



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son meme inferieures a celles du vegetal le plus simple • 
car les plantes savenl creer la matiere organisable qu'elles 
s assimilent, tandis que l'Homme a 1'etat d'embrvon ne 
Peut faire usage que de la matiere deja organised sous l'in- 
nuence d'un autre corps vivant. Bient6t cependant un 
Perfectionnement notable s'effeetue dans sa structure ; sa 
substance se creuse des canaux servant a contenir ses flui- 
ds nourriciers, et le mouvement semanifeste dans lapartie 
centrale de l'appareil d'irrigalion organique ainsi consti- 

™ee. Mais ces battements du cceur ressemblent au jeu 
°- une machine mise en action par quelque force physique 
Plut6t qu'aux effets de cette puissance dont l'huitre ou le 
Polype sonl animes lorsque leur corps se contracte sous 

influence de la douleur. Ce n'est qu'a la suite de perfec- 
tionnements bien plus grands, que I'embryon humain ac- 
quiert lepouvoird'executerdes mouvements volontaires ; et 
lorsqu'il commence a sentir il ne peut encore ni voir'ni 
entendre. Apres la naissance, de nouveaux progres s'ac- 
compiissent ; mais pendant assez longtemps il n'est donne 
a l'enfant ni de changer de place ni d'arliculer des sons ; 
c est durant une longue suite d'annees que son intelligence 
*>e developpe, et c'est seulement vers 1'epoque ou son corps 
cessera de grandir qu'il deviendra apte a exercer toutes les 
lacultes dont son espece est douee. Par les progres de l'age 
une foule d'autres changements se manifestent dans sa 
constitution, mais les modilications les plus importantes de 
son etre se lient presque toutes au perfectionnement pro- 
gressif de son organisme. 

Cette cause de diversite etend son influence sur le regne 
animal tout entier et elle determine meme des resultals 
Plus considerables qu'on ne pourrait le croire au premier 
abord ; car elle porte tantot sur l'ensemble de l'organisa- 
























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16 



ZOOLOGIE G^N^RALE. 
















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tion, tantot sur une partie seulement, et la partie qui se 
perfectionne, varie suivant les animaux. 
Ainsi les Insectes sont bien superieurs aux Mollusques 

dans tout ce qui est relatif a la locomotion, tandis que les 
Mollusques femportent sur les Insectes par le perfectionne- 
ment des organes digestifs et de l'appareil circulatoire. Les 
Squales et les Raies sont inferieurs a la Carpe, a la Tanche 
et aux autres poissons osseux sous le rapport du squelette, 
mais sont mieux partages quant aux organes des sens; les 
instruments de prehension sont plus parfaits chez la Sari- 
gue que chez le Phoque, mais le cerveau du Phoque est 
mieux organise que le cerveau des Marsupiaux 5 enfin le 
perfectionnement de l'encephale a ete porte beaucoup plus 
loin chez le Singe que chez le Chien, tandis que d'autres 
parties de Torganisme , l'appareil olfactif, par exemple, 
sont bien plusdeveloppees chez ce dernier. 

Ce n'est pas seulement en comparant entre elles les es- 
peces differentes qu'on pent se convaincre de cette ten- 
dance de la nature a varier la direction suivant laquelle 

Forganismese perfectionne j Tetude des modifications sue- 
cessives de Tindividu en voie de developpement nous en 
fournit des preuves non moins evidentes. 

Chez l'Homme, par exemple, le systeme nerveux se 
perfectionne plus rapidement que la charpente osseuse 
du corps; et divers organes tels que les glandes mam- 
maires, ne deviennent aptes a fonclionner que bien long- 
temps apres que l'estomac, les poumons ou le cceur sont 
arrives au terme de leur developpement. II est memedes 
organes qui atteignent le plus haut degre de leur puissance, 
a une epoque ou l'embryon est encore trop incomplet pour 
exister par lui-meme, et qui disparaissent presque entiere- 
ment avant que la plupart des appareils physiologiques 


























CHAPITRE I. 



17 



aient pu entrer en jeu. Ainsi le corps de structure glandu- 
J aire, qui chez le jeune Foetus occupe une grande partie du 
thorax et qui est connu des anatomistes sous le nom de 
tymus, se perfectionne avec une grande rapidity mais 
commence deja a decroitre vers l'epoque de la naissance et 
°e tarde pas a s'atrophier complement. Du reste , cette 
megalite dans la marche des diverses parties de l'orga- 
nisme vers le terme assigne au developpcment de chacune 
d elles n'existe pas seulement dans les organes interieurs 
et peut se demontrer sans le secours de l'anatomie. Pour 
s'en convaincre il sufflt d'observer les variations qui se 
manifested dans les proportions de notre corps a mesure 
que la croissance s'effectue. Ainsi chez l'enfant la tete 
grandit plus vite que le tronc, et le tronc plus vite que 
les membres, de sorte que le volume de la tete par rap- 
Port au volume total du corps est d'autant plus con- 
siderable que l'individu est plus eloigne du terme de 
son developpement, et la longueur relative des membres 
tend a devenir d'autant plus grande que la croissance 
du corps tout entier s'est prolonged davantage. C'est par 
suite de cette loi que les personnes dont la taille est re- 
marquablement elevee, ont en general la tete en appa- 
rence tres-petite et les membres d'urie longueur dispro- 

portionnee; tandis que les hommes dont la croissance 
s'arrete de bonne heure ont, d'ordinaire, la tete tres- 

grosse et le torse Ires-long comparativement a la .longueur 
des membres. 

Des faits du meme ordre, mais plus remarquables 
encore, nous sont fournis par l'etude des metamorphoses 
des Insectes. La une grande partie de l'organisme s'acheve 
avant que d'autres portions du corps n'aient commence 
a se constituer, et il arrive souvent que des appareils phy- 



2. 



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18 



ZOOLOGIE GMrALE. 



siologiques (Tune grande importance n'ont plus de fonc- 
tions a remplir quand les derniers venus sont appeles a 
agir. Les pattes qui garnissent toute la portion abdo- 
minale du corps de la Chenille ont rempli leur r61e et 
disparaissent pour toujours de l'organisme quand le 
developpement du Papillon s'acheve par la formation 
des ailes; et l'appareil digestif de TEphemere n'a plus 
d'usage quand les organes reproducteurs arrivent au degre 
de perfection necessaire pour assurer la conservation de 
1'espece. 

L'iudependance du perfectionnement des divers mate- 
riaux de l'organisme est porlee encore plus loin chez les Anne- 
lides; car chez ces animaux la tete et la portion anterieure 
du corps possedent deja toutes les parties dont elles 
doivent etre pourvues longtemps avant que la portion 

moyenne ou posterieure du tronc ait commence a se 
former. 

On voit done que partout le mode de constitution du 
corps considere chez le meme individu, varie a di verses 
epoques de la vie, non-seulement a raison du perfectionne- 
ment progressif de l'ensemble de Torganisation, mais 
aussi a raison de la rapidite inegale avec laquelle le deve- 
loppement s'effectue dans chacun des organes dont la reu- 
nion constitue cet individu. 

Ici encore nous apercevons Finfluence de cette loi 
(Veconomie qui semble avoir concouru a regler Tceuvre 
de la creation \ car nous voyons la nature mettre en usage 
les memes moyens pour modifier la constitution de Pindi- 
vidu a mesure qu'ii s ? avance dans la vie, et pour diversi- 
fier le regne animal dans sa composition specifique* 

Mais les differences qui peuvent resulter du perfectionne- 
ment inegal d'une portion de la machine physiologique 






















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CHAPITRE I. 



19 






°u de l'ensemble de l'organisation, sont loin d'etre assez 
n ombreuses pour satisfaire a la lot de diversite, dont 
n ous avons eu egalement a signaler la puissance, et d'au- 
tr es causes contribuent aussi a determiner la variete 
P r esque infinie dont les etres animes nous offrent le spec- 
tacle. Ainsi l'anatomie comparee nous montre que ce n'est 
Pas touj ours un meme plan organique qui se perfectionne 
de la sorte, et qu'il existe dans le regne animal plusieurs 

types fond anient aux dont la nature a tire autant de series 
de produits divers. Nous aurons egalement a faire voir 
comment la variete dans les resultats depend aussi de 
''adaptation des principaux derives de chacun de ces types 
essentiels a des conditions d'existence differentes, et com- 
ment les derives d'un meme type peuvent etre modifies 
d'une maniere secondaire a l'aide d'emprunts fails aux 
earacteres de quelque autre type zoologique. Mais avant 

d'aborder ces questions nouvelles, nous devons chercher 
Quels sont les moyens dont la nature a fait usage pour 
°perer les perfectionnements organiques qui semblent 

°uer un role si grand dans la constitution du regne 
animal. 











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CHAPITRE II. 



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MMaire. — Distinction eritre la puissance et la perfection, consi- 
dSrees comme cause de superiorite dans les organismes. — 
Influence de la masse des parties vivantes sur la grandeur des 



forces vi tales. 



Causes de la diversite dans les masses. 



fluence de la lot d'economie sur ces methodes organisatrices . 
Loi des repetitions , 



In- 



Pour bien apprecier la valeur des differences introduites 
Par la nature dans la constitution des animaux, il me seni- 
le necessaire , avant toute chose , de distinguer nettc- 
^ent entre elles la puissance d'action dont la machine 
animee peut etre douee, et la perfection reelle avec laquelle 
cette machine fonctionne. 

En effet, dans l'organisme, ainsi que dans le travail de 
nos usines, la quantite des produits est independante de la 
qualite de ces memes produits, et l'importance des resul- 
ts obtenus est soumise a deux conditions distinctes : a 
la grandeur des forces mises en jeu, et a la maniere dont 
c es forces sont appliquees. 

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La superiorite (Tun animal d'un age determine, relati- 
v ement a ce qu'il etait a une periode moins avancee de son 
e *istence, ou par rapport a ce qu'il deviendra plus tard, 
de meme que la superiorite d'une espece sur des espeees 

qui l'avoisinent, peut done tenir a Tune ou a 1'autre de ces 



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22 



ZOOLOGIE GENERALE. 



causes : a l'intensite plus grande de la puissance vitale, ou 
a un meilleur emploi de la force depensee. 

Les animaux compares entre eux nous offrent, sous ces 
deux rapports, des differences extremes. 

Pour juger approximativement des variations qui exis- 
tent dans la grandeur des forces physiologiques departies 
a chaque espece, il suffit de prendre en consideration la 
duree normale de la vie, et la somme des resultats que la 
machinelmmee peut fournir dans un temps donne; ou, 
en d'autres mots, evaluer le degre d'activite de l'organisme 
a chaque moment de 1'existence, et tenir compte de la 
longueur de cette existence elle-meme. En calculant de la 
sorte la puissance physiologique des animaux, il devient 
facile de voir que le developpement des forces dont ils sont 
doues se trouve lie d'une maniere intime a une question 
de quantite dans le mode de constitution de l'organisme. 
L'observation nous montre, en effet, que toutes choses etant 
egales d'ailleurs, la. grandeur des resultats fournis par le 
travail vital est d'ordinaire dans un certain rapport avec la 

masse des tissus vivants dont se compose l'individu ou 
l'organe. 

Ainsi, lorsque la matiere organised commence a deve- 
nir un foyer de forces vitales, et a constituer les rudiments 
d'un individu nouveau, l'etre en voie de formation est 
d'une faiblesse extreme; ses facultes sont obscures et son 
r61e physiologique est des plus minimes ; mais, a mesure 
qu'ils'avancevers l'age mur, sa puissance augmente et son 
activite s'accroit. Le nouveau-ne devient un etre superieur 
a l'embryon, et l'animal adulte devient a son tour supe- 
rieur a l'animal en has age. Or, dans cette marche ascen- 
dante, le developpement materiel de l'organisme accom- 
pagne le deploiement de forces plus grandes, et ce qui, au 






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CHAP1TRE II. 



23 



premier coup d'ceil, nous frappe le plus dans ce develop- 
Pement organique , c'est l'augmentation graduelle de la 
^asse du corps vivant. 

Les plantes, de meme que les animaux, sont soumises 
d cette lot (Taccroissement. Tout ce qui vit, grandit pen- 
dant la premiere periode de son existence, et acquiert en 
§randissant une puissance vitale plus considerable. 

L'influence de la masse du corps vivant sur le degre 
d'activite vitale que ce corps possede est, du reste, facile a 
c °mprendre. L'organisme se compose d'un assemblage de 
Parties qui sont toutes douees de certaines forces et qui, en 
fonctionnant, contribuent chacune pour sa part, a la pro- 
duction de l'ensemble des phenomenes par lesquels la vie 
ue Tindividu se manifeste. II est done evident que, toutes 
c hoses etant egales d'ailleurs, la somme des forces dont cet 
°rganisme dispose cloit etre proportionnelle au nombre 
des elements physiologiques qui concourent a le former, 

et il est egalement evident que, toutes choses etant encore 

Egales d'ailleurs, ce nombre doit etre en rapport avec la 
ttiasse du corps vivant ainsi compose* 

L'influence du volume d'un organe ou instrument phy- 
siologique sur la quantity des produits qu'il peut fournir, 
ou, pour employer ici le langage de la technologie, l'in- 
fluence de la masse des matieres sur le rendement de la 

Machine que ces matieres constituent, est facile a con- 
stater. 

S'agit-ild'unphenomenemecanique? desfonctions d'un 
a §ent moteur ou du jeu d'un levier, par exemple? la rela- 
tion entre lesdimensoins de Instrument, et Fintensite des 
e %s produits par son action est manifeste pour tout obser- 
yateur, et vouloir en donner des preuves * serait nous arreter 
a la demonstration d'une verite devenilebanale denuis lone- 



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ZOOLOGIK GI5N1*RALE. 



temps. Chacun sait que la force developpee par la contrac- 
tion d'un muscle, est d'autant plus grande que, toute cho- 
ses etant egales d'ailleurs, le volume de ce muscle est plus 
considerable, et que la rapidite avec laquelle un animal 
change de place augmente avec la longueur des leviers 
destines a le mettre en mouvement. 

Dans les phenomenes de chimie physiologique, l'influence 
des masses est egalement incontestable. Ainsi, les resultats 
du travail secretaire d'une glande sont proportionnels au 
volume de ces organes, pourvu que toutes choses soient 
egales d'ailleurs. La quantite de lait que fournit une Vache, 
par exemple, est d'autant plus grande que l'animal pos- 
sede des glandes mammaires plus developpees , les autres 
conditions physiologiques restant les memes, et l'activite 
de la respiration est en majeure partie reglee par la gran- 
deur de la masse du sang qui, dans un temps donne, se 
met en rapport avec l'atmosphere dans le tissu permeable 
d'un poumon ou d'une branchie. 

Enfin les fonctions de la vie animale varient aussi dans 
le degre de leur puissance, suivant que Porgane destine a 

les executer acquiert un volume considerable, ou se trouve 
reduit a de faibles proportions. Les faits nombreux qui 
ont servi de bases aux hypotheses des phrenologistes, 
monlrent l'existence de cette relation entre Tenergie des 
actions nerveuses et le developpement materiel du sys- 
teme nerveux. Ainsi la sensibilite est d'autant plus exquise 
dans une partie de la surface de notre corps, que les nerfs 
repandus dans cette partie constituent une masse plus 
considerable de substance medullaire, et chez un animal 
dont le cerveau est petit, comparativement au volume du 
corps, les facultes de Tintelligence semblent etres d'ordi- 
naire moins grandes que chez un autre animal, ou toutes 
















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CHAPITRE II. 



25 



sans 



choses etant a peu presegales d'ailleurs, la masse encepha- 
'ique est plus forte. 

Toute augmentation dans le nombre des instruments 
Physiologiques, dont l'organisme se compose, doit tendre 
aussi a exercer une influence analogue sur I'ensemble de 
la puissance vitale. Si ces parties constituantes possedent 
chacune des proprietes particulieres, la somme des actes 
varies que l'animal effeclue sera proportionnelle au nom- 
hre de ces organes, et si les parties se multiplient 
changer de role, il est encore evident que Taction de cha- 

cune d'elles venant a s'ajouter au travail des autres, le re- 
sultat total en sera necessairement augments. Ainsi chez la 
vipere, qui ne possede qu'un seul poumon, la respiration 
devra etre moins active que chez le serpent boa ou deux 
poumons fonctionnent a la fois, a moins que l'influence 
de cette inegalite ne soit contrebalancee par quelqu'autre 
disposition organique $ et un animal, dont le corps est mis 
en mouvement par quatre membres, sera susceptible de 
deployer, dans la locomotion, plus de force et d'agilite que 
si, toutes choses etant egales d'ailleurs, il n'avait que deux 
de ces organes. Quant a ['influence du nombre des agents 
physiologiques divers sur la somme des produits du travail 
de l'organisme, elle est trop evidente pour qu'il soit neces- 
saire d'en fournir ici des preuves. 

La masse totale du corps est determinee par les deux 

circonstances dont nous venons d'examiner les effets : par 

le volume de chacun des instruments ou organes dont 

^'assemblage conslitue Tindividu, et par le nombre de ces 

instruments. Leraisonnement,aussibien que Tobservation, 
nous montrent done l'accroissement de cette masse comme 

devant tendre a augmenter la puissance physiologique des 
animaux, et comme cette puissance est un element de su- 



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26 



ZOOLOGIE GENlilRALE, 






periorile, nous pouvons dejaprevoir que, dans l'ensemble 
de la creation, il doit y avoir une certaine relation entrele 
rang zoologique de ces etres et la masse plus ou moins 
grande de matiere vivante que la nature affecte a la con- 
stitution de l'organisme dans chaque espece (1). 

Et, en effet, si maintenant au lieu de considerer isole- 
ment les materiaux de ces organismes 7 ou de comparer 
l'animal a lui-m&ne aux diverses periodes de son accrois- 
sement , nous passons en revue les especes differentes ou 
la force vitale devient de plus en plus grande et ou le mode 

de constitution'semble representer autant de degres dans le 
developpement du type ideal de 1'animalite, nous recon- 
naitrons egalemeht une certaine correlation entre la puis- 
sance physiologique et le volume du corps* Soit que l'on 
embrasse d'un seul coup d'oeil le regne animal tout entier, 
soit que Ton examine tour a tour les principals divisions 
de ce vaste ensemble, on voit que les especes les plus 
degradees sont ordinairement celles dont le corps se 
trouve reduit aux dimensions les plus petites, et que la 
masse de matiere vivante, employee a* former l'individu 
devient toujours considerable la ou la vie doit durer long- 
temps et se manifester avec eclat. Le perfectionnement des 
organismes, il est vrai, s'opere aussi par d'autres moyens 

(1) Lorsqu'on cherche k evaluer ainsi la masse des tissus vivanls 
dont le corps des animaux se compose, il ne faut pas se contenter de 
Pexamen comparatif du volume total de ce corps ; il faut aussi tenir 
compte de laquantite de mati&res inertesquipeuveniyetrieconleniies. 
Ainsi il est des Meduses dont le volume est tres-considerable, mais 
dont les tissus vivants ne forment en realile qu'une masse tres 
petite, tant est grande la quantite d'eau qui se trouve comme empri- 
sonnee dans l'organisme. Or, il est a noter que la proportion des li- 
quides, comparee aux parties solides du corps, est en general d'au- 
tantplus grande que les animaux sont moins avances en age et moins' 
eleves en organisation. 












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CHAPITRE II 



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dont 1' action est plus efficace, et, par consequent, la pre- 
ponderance des masses n'entraine pas necessairement 
a sa suite la superiorite physiotogique clans les especes. 
Ainsi chacun sait que les animaux les plus grands, 
tels que la baleine ou l'elephant ne sont pas les plus 
Parfails des etres animes, et que l'abeille ou la fourmi 
sont de beaucoup superieures a l'huitre ou a l'etoile de 
mer dont le corps est cependant bien plus gros. Mais la 
superiorite d'un animal sur un autre est toujours liee d'une 
maniere etroite a la quantite de force vitale dont il dis- 
pose, et cette quantite est a son tour subordonnee en par- 
jie, au moins, a la masse des particules organisees dont 
le corps de Tindividu se compose. 

Ainsi, les Monades et les autres Infusoires proprement 
dits, sont de tous les etres animes ceux dont la vie est 
la plus courte et les facultes les plus faibles ; ce sont 
aussi les plus petits de tous les animaux. Le volume de 
leur corps est si minime, que pour les distinguer il faut 
avoir recours au microscope, et leur existence est si ephe- 
niere que plusieurs generations naissent et disparaissent 
successivement dans l'espace de quelques heures. Les 

Polypes, quoique d'ordinaire bien visibles al'ceil nu, sont 
aussi de petite taille, et le r61e individuel de ces zoophytes 
est toujours obscur quelle que puisse etre d'ailleurs l'im- 
portance des resultats de leur travail quand ils vivent 
r eunis en colonies nombreuses et elevent au sein de I'O- 
cean des rescifs et des iles. Les Mollusques sont fort 
superieurs aux Polypes par la masse de leur corps et par 
'a puissance de leur organisme, mais ce sont encore des 
animaux dont les facultes sont tres-faibles et dont la 
Cr oissance est maintenue dans d'etroites limites. Enfinc'est 
Parmi les Vertebres que la puissance vitale arrive a son 






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28 



ZOOLOGIE GtiNtiRALK. 



plus haut degre, quant a sa duree aussi bien qu'a son de- 
veloppement, et c'est aussi dans cette grande division du 
regne animal que la taille moyenne des especes est la 
plus elevee. 

La meme tendance se remarque lorsqu'on compare en- 
tre eux les divers membres de chacun des groupes zoolo- 
giques les plus nalurels. Ainsi, parmi les mammiferes 
ordinaires, ce sont les Rongeurs et les Insectivores dont la 
taille moyenne est la plus petite et dont la vie est la plus 
courte, la sphere d'action la plus etroite. De tous les Ver- 
tebres connus, l'Amphioxus est le plus degrade et il est 
aussi un de ceux dont le corps renferme le moins de ma- 
tiere organisee. Dans le grand embranchement des Moi- 
lusques, c est le groupe le plus eleve sous le rapport phy- 
siologique, c'est-a-dire la classe des Cephalopodes qui 
offre les especes les plus volumineuses; tandis que chez 
les Bryozoaires, dont la place est aux derniers rangs parmi 
tous ces animaux, le corps est toujours d'une petitesse 
presque microscopique. II en est encore de meme parmi 
les Crustaces : les especes les plus degradees, les Ler- 
nees et les Cyclopes, par exemple, sont au nombre des 
plus petites ; les groupes formes par les Amphipodes, les 
lsopodes et les Stomatopodes, occupent dans cette classe 
les rangs moyens, tant a raison du perfectionnement de 
leur organisme que du volume de leur corps, et les especes 

dont la superiorite physiologique est la plus marquee, les 
Homards, les Langoustes et les Crabes, par exemple, sont 
en meme temps celles dont la masse organique est la plus 
considerable. Les Arachnides , les Helminthes et les Zoo- 
phytes nous fourniraient egalement des exemples de ce 
rapport entre le volume de Tindividu et la puissance de 
son organisme; mais nous croyons inutile d'insister da- 









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CHAPITRE II. 






29 



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vantage sur ce point, car les faits dont il vient d'etre ques- 
tion peuvent suffire pour nous convaincre de l'existence de 

:e de lajiature, et il ne faut pas oublier que 
ce sont ces tendances seulement que nous cherchons a 
constater ici. 

Si nous examinons maintenant les procedes a l'aide des- 
quels la nature a obtenu cette inegalite de puissance dans 
les diverses machines vivantes, nous y reconnaitrons tout 
d'abord l'influence de cette loi d'economie dont nous avons 

deja eu l'occasion de signaler les effets. 

Ainsi, soit que Ton observe les modifications dont l'or- 
ganisme est le siege pendant que l'individu se developpe , 
soit que l'on passe en revue les differences introduiles dane 
la constitution des especes zoologiques les plus dissembla- 
bles quant au volume de leur corps, on arrive bientGt a 
reconnaitre que les resultats les plus considerables et les 
plus generaux dependent d'une tendance de la nature a se 
repeter dans ses ceuvres ; tendance qui tantOt ne se mani- 
feste que faiblement, mais qui exerce d'autres fois une 
grande action sur le travail genesique. 

En effet, le volume d'un corps vivant, abstraction faile 
des liquides et des autres matieres inertes deposees dans 
son interieur, depend du nombre d'organes dont la reunion 
constitue l'individu, et de la grandeur de chacun de ces 
instruments physiologiques. Or, la maniere la plus econo- 
mique d'obtenir une augmentation dans le nombre de ces 
organes, est evidemment de multiplier pour ainsi dire les 
exemplaires d'une ou de plusieurs de ces creations, de 
meme que c'est par l'elevation du nombre de leurs parties 
eonstitutives similaires, que la masse de chacun deceux-ci 
doit pouvoir s'accroitre le plus facilement. 

Aussi voyons-nous toujours la nature proceder de la 



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ZOOLOGIE GENERALE. 






sorte dans ses premieres ceuvres 5 c'est en se repetantainsi 
elle-meme qu'elle arrive d'abord a enrichir les organismes, 
et elle gemble etre avare de creations nouvelles tant que 
les parties ddja formees peuvent, en se multipliant, sub- 
venir aux besoins du travail physiologique dont l'individu 
doit etre le siege. Lors m6me qu'elle introduit dans la ma- 
chine vivante le plus grand nombre d'elements heterogenes, 

on reconnait encore les traces de cette tendance a l'econo- 
mie ; on voit toujours dans le meme animal un certain 
nombre d'organes qui sont la repetition plus ou moins 
servile d'un type unique, et dans chacun de ces organes 
on trouve, comme materiaux conslitutifs, une foule de 
parties similaires. 

C'est chez les animaux inferieurs que la tendance au de- 
veloppement des organismes par voie de repetition se ma- 
nifesto au plus haut degre et exerce sur la constitution 
generate du corps l'influence la plus grande. 

Nous en voyons un exemple des plusremarquables dans 
la structure de ces vers intestinaux qui, a raison de leur 
longueur et de leur forme aplatie, ont recti le nom de Toe- 
nias. Le corps de ces Helminthes se compose d'une multi- 
tude de segments ou anneaux qui offrent tous les mSmes 
caracleres exterieurs et qui renferment les memes organes ; 
a mesure que 1' animal grandit il s'enrichit de nouveaux 
anneaux, modeles d'apres les segments preexistants, et 
chacun de ces elements de l'organisme ne se developpe 
quepeu, comparativement a l'accroissement de l'individu. 
Chez les Annelides, c'est aussi par la multiplication de 
parties similaires que la masse du corps augmente le plus. 
Une Nereide, par exemple, ne possede en naissant que 
quatre ou cinq anneaux ; bientot on compte huit, dix, vingt 
de ces segments places bout a bout; a mesure que le ver 





















■ 



— 2mmm*mw\ 

















CHAPITRE II. 



31 



§randit, de nouveaux anneaux se constituent a la suite des 
Precedents •, il s'en forme quelquefois plus de cent , mais 
c es parties nouvelles dont l'organisme est dote successive- 
^ent ne sont pas le resultat d' autant de conceptions particu- 
lates, ce sont seulementdes repetitions de ce qui avait ete 
Precedemment cree pour constituer le corps imparfait du 
J e une individu. Le meme procede genesique se manifeste 
dans le developpement des Myriapodes, et apres la nais- 
s ance, comme dans Tinterieur de l'oeuf , on voit le corps 
^ e ces animaux s'accroitre par la multiplication de parlies 

s imilaires ou homologues. 

I Lors meme que les materiaux constitutifs de l'organisme 
ne se forment pas ainsi successivement en se copiant les 
Ut is les autres et que leur apparition a lieu au meme mo- 
ment, on peut encore recormaitre dans leur mode de 
institution l'influence de cette tendance du travail gene- 
s ique si le developpement de ces parties s'effectue de la 
"leine maniere, et si, en arrivant au terme deleur consti- 
tution, elles offrent toutes les memes caracteres essentiels. 
°r, il n'est pas un seul animal dans lequel on ne trouve 
u n nombre plus ou moins considerable d'organes simi- 
t aires, c'est-a-dire de parties qui se repetent les unes les 

a utres. 
Chez les Polypes, les Meduses et les autres Radiaires 

Par exemple, le corps se compose de quatre , de cinq, de 
huit ou meme d'un plus grand nombre de portions dans 
chacune desquelleson retrouve les memes formes, la meme 
structure, les memes proprietes physiologiques, et ces ap- 
Pareils similaires sont tous places de ia meme maniere 
autour d'un point central. Chez les Asteries et les Our- 
Sl 'ns, cette tendance a la repetition dans les produits 
^ travail organogenique influe d'une maniere remar- 




































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1: 











32 










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ZOOLOGIE GENERALE. 



quable sur la constitution de chacun de ces segments du 
corps aussi bien que sur la disposition de l'ensemble de 
l'individu ; car dans chaque rayon de l'Asterie, par exem- 
ple, on trouve une longue serie de parties semblables en- 
tre elles, et dans chacune de ces parties on reconnait en- 
core ce principe d'economie dans la conformation de leurs 
pieces elementaires. Les Crustaces et les Insectes, de meme 
que tous les autres animaux articules, sont pourvus d'un 
grand nombre d'organes similaires groupes des deux cOtes 
de la ligne mediane du corps et se succedant longitudina- 
lement. Chez les Myriapodes, surtout, chaque segment du 
corps est la repetition servile de tousles autres segments, et 
chez les Insectes ainsi que chez les Crustaces, la symetrie 
parfaite du corps et la ressemblance plus ou moins grande 
des divers troncons entre eux est encore une consequence 
de la meme tendance. 

Dans l'embranchement des Mollusques la disposition a 
la repetition est moins marquee que dans les groupes zoo- 
logiques dont nous venons de parler ; mais chez les Verte- 
bres, elle semble reprendre son empire et elle devient sur- 
tout manifeste dans le mode de constitution des organes de 
la vie animale. En effet, dans la charpente solide du corps 
des Mammiferes, des Oiseaux, des Reptiles et des Poissons, 
on voit les memes formes reproduites par un grand nom- 
bre de parties distinctes ; a la suite d'une vertebre, se mon- 
tre une autre vertebre, puis une troisieme et ainsi de suite 
dans toute la longueur du tronc ; des cOtes presque iden- 
tiques entre elles s'attachent a un nombre plus ou moins 
considerable de ces vertebres ; enfin les membres ne sont pas 
seulement semblables des deux cOtes du corps, ils se repe- 
tent les uns les autres et paraissent avoir ete construits 
d'apres un type unique. Or, ce que nous venons de dire 
















CHAPITRE II. 



33 



P°ur les os, nous pourrions le dire aussi pour les muscles 
Pour les nerfs et pour d'autres parties encore. 

Des differences considerables dans le developpement de 
c haque organe, considere en particulier, peuvent dependre 
de causes analogues. Tout organe resulte de l'assemblage 
dun certain nombre de parties distinctes qui ensontles ma- 
^riaux constitutifs, et lorsque la masse d'un de ces instru- 
ments physiologiques vient a augmenter , c'est ordinaire- 
^entparla multiplication des elements anatomiques deja 
ex istants que l'accroissement s'en effectue. Ainsi on trouve 
des fibres contractiles dont la grosseur est a peu pres la 
m eme dans tous les muscles •, mais dans un muscle faible 
et grelele travail genesique dont depend la production de la 
Premiere de ces fibres ne se sera repete que quarante ou 
c »nquante fois, par exemple, tandis que dans un muscle 
epais et robuste, il se sera renouvele beaucoup plus sou- 
Vent et aura donne naissance, non pas a quarante ou cin- 

quante fibres seulement, mais a cent, a mille ou a dix mille 

Peut-etre. 

Ainsi lorsque la nature veut augmenter la puissance 
d'une machine vivante, elle reste toujours econome d'in- 
ventions organiques, et c'est d'abord en accumulant les 
produits du travail organogenique, plut6t qu'en les diver- 
sifiant, qu'elle semble avoir obtenu le resultat voulu. 

Mais le rang plus ou moins eleve d'un animal dans le 
v aste ensemble de la creation depend bien moins de la 
somme de force vitale dont l'individu dispose/que de la pre- 
cision et de la diversite de ses actes, et ce genre de perfec- 
tionnementne s'obtientni en augmentantle nombre, ni en 
Levant la force des instruments de meme sorte dont l'or- 
ganisme se compose. L'accroissement du corps en volume 
etl'augmentation numerique de ses parties constitutives ne 































^^k-^^fe^^^l 



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34 



ZOOLOGIE GENERALE. 



sauraient doncsuffire pour determiner la superiorile relative 

de la plupart des especes, et pour nous rendre compte des 

precedes a l'aide desquels la nature a obtenu ces inega- 

lites physiologiques ! il nous faut chercher d'autres pre- 
cipes. ■ 



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CHAPITRE III. 



So 



MMA1RE 



De I'influence de la division du travail physiologique 

sur le perfectionnement des organismes. 



Le corps de tout etre vivant, que ce soit un animal ou 
Be plante, ressemble a un atelier plus ou moins vaste, 
u les organes, comparables a des ouvriers, travaillenl 



s ans 



cesse a produire les phenomenes dont 1'ensemble 



c °nstitue la vie de l'individu. Or, le resultat ainsi obtenu 
e ^t tantdt, avons-nous dit, grossier et de peu de valeur, 
autrefois, au contraire, d'une perfection exquise; et tors- 
Won cherche a se rendre compte de ces differences dans 
e mode de manifestation 



1'i 



de la puissance vitale , on voit 

ans les creations de la nature, de meme que dans 

'ndustrie des hommes, c'est surtout par la division du 

r Q»ail que le perfectionnement s'obtient. 

Dans les societes naissantes, chaque homme est oblige de 

Pourvoir directement aux nombreux besoins dont il est 

cil <»que jour assailli, et son activite, quelque grande qu'elle 

jjjjisse etre, .suffit a peine pour lui assurer une chetive et 

^scure existence. Chez les peuples dont la civilisation est 

v ancee, chaque membre de la grande association s'attache 

j u contraire a executer seulement une portion minime de 

* ] ongue serie de travaux divers dont 1'ensemble est ne- 

es saire a son bien-etre, et se repose sur l'activite d'autrui 




















































I 




























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36 



ZOOLOGIE GEN^RALE 



■ 









pour obtenir, en echange des produits superflus de son in- 
iustrie speciale, lesobjets quilui manquent etquisont pre- 
pares paries mains de ses voisins. Tout s'ameliore alors: 
les subsistances deviennent plus abondantes 5 mille pro- 
duits de luxe creent et satisfont a la fois des besoins nou- 
veaux, la culture de Fesprit eleve et agrandit Intelligence, 
et le g6nie du petit nombre se developpe et s'exerce pour le 
profit des masses. La division du travail, portee a sa limite 
extreme rend, il est vrai, bien etroite et bien decoloree la 
sphere d'activite ou s'agitent la plupart des travailleurs, 
mais chaque ouvrier, appele a repeter sans cesse les memes 
mouvements ou a mediter sur un meme ordrede faits, de- 
vient par cela seul plus habile a remplir sa tache 5 et par la 
coordination judicieuse des efforts de tous, la valeur de 
l'ensemble des produits s'accroit avec une rapidite dorH 
rimagination s'etonne. 
II en est de meme dans l'organisation des etres animes< 
Chez les animaux dont les facultes sont les plus bornees 
et dont la vie est la plus obscure, toutes les parties du 
corps possedent les m6mes proprietes physiologiques? 
chacune peut se suffire a elle-meme et executer tous les 
actes dont l'ensemble nous offre le spectacle. L/individu est 
une agregation plut6t qu'une association d'agents produc- 
teurs, et Forganisme est comme un de ces ateliers mal di- 
riges ou chaque ouvrier est charge de la serie entiere des 
operations necessaires a la confection de l'objet a fabriquer, 
et ou le nombre des mains, employees toutes a l'execution 
de travaux semblables, influe par consequent sur la quan- 
rite, mais non sur la qualite des produits. II en resulte que 
chez ces animaux la destruction d'une partie quelconque 
du corps n'entraine la perte complete d'aucune facultei 
chaque fragment de 1'organisme, s'il vient a 6tre isole? 













CHAPITRE III. 



37 



S 



Peut continuer a fonctionner comme avant sa separa- 
t] on et agir comme agissait la masse tout entiere. La il 
n 'existe done aucune division da travail vital, et chaque 
Portion de I'individu est a la fois un instrument de sensi- 
bttite, de mouvernent, de nutrition et de reproduction. 

Les experiences celebres de Tremblay, sur les Polypes 
u eau douce, nous fournissent un exemple remarquable de 
c ette coexistence de toules les facultes de l'animal dans 
ehacune des parties de 1'organisme. On sait, en eifet, que 
* r emblay, ayant coupe en morceaux le corps d'un de ces 
Slypes, vit chaque fragment continuer a vivre, donner de 
Sl gnes non equivoques de sensibilite, se mouvoir, s'ac- 
Goitre et constituer bientot un nouvel individu semblable 
Par sa conformation et par ses facultes a Tindividu dont il 
foisait primitivement partie. II est done evident que cbez 
c es Zoophytes aucun acte de relation, de nutrition, ni de 
^production ne s'exerce a l'aide d'une partie determinee 
de Torganisme qui en serait I'instrument neeessaire : car si 
'a faculte de sentir, par exemple, ou celle de se mouvoir, 
dependait de Taction d'un organe special, le fragment du 
c orps renfermant cet organe aurait ete le seul a conserver 

Sa sensibiliteou sa contractilite primitive ; tons les autres 
ei * auraient ete prives par le seul fait de leur separation, 
^hez ces animaux singuliers, que le morcellement multi- 
ple, toute portion de Torganisme est done un agent corn- 
m un, un instrument propre a tous les usages auxquels est 
destine soit une partie voisine quelconque, soit Fensemble 
de Tindividu; la vie se manifeste, comme toujours, par 
Ur *e serie nombreuse d'actes divers ; mais on n'aper<joit au- 
Cu ne division dans le travail physiologique, aucune specia- 
M6 dans les roles assignes aux organes. 
H en est autrement des qu'on s'eleve dans chacune des 

4 



















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38 



ZOOLOGIE GENERALE. 



series d'etres de plus en plus parfaits dont l'ensemble com- 
pose le regne animal. On voil alors la division du travail 
s'introduire de plus en plus completement dans l'orga- 
nisme; les facultes diverses s'isolent et se loealisent-, cha- 
que acte vital tend a s'effectuer au moyen d'un instrument 
particulier, et c'est par le concours d'agents dissemblables 
que le resultat general s'obtient. Or, les facultes del'animal 
cleviennent d'autant plus exquises que cette division du 
travail est portee plus loin; quand un meme organe exerce 
a la fois plusieurs fonctions., les effets produits sont tous 
imparfaits et chaque instrument physiologique remplit 
d'autant mieux son r61e que ce role est plus special. 

Ainsi chez les animaux , comme chez les plantes , le 
travail vital doit assurer non-seulement l'existence de Tin- 
dividu, mais aussi la conservation de sa race, et se compose 
par consequent de deux series principals d'actions bien 
distinctes : les fonctions de nutrition et les fonctions de 
reproduction. Cbez les animaux les plus inferieurs, ce 
double resultat s'obtient cependant a 1' aide d'un seul agent ; 
il n'y a dans l'organisme aucun instrument qui soit affecte 

specialement au travail de la generation, et la production 

+ 

de l'etre nouveau est la consequence d'un simple pheno- 
mene de nutrition. Ainsi chez un grand nombre d'infu* 
soires, tels que les Paramecies et les Kerones, le corps de 
ranimal, en voie de se multiplier, se divise en deux ou en 
plusieurs portions qui, apres leur separation, continuent a 
vivre, grossissent et constituent bientOt autant d'individus 
nouveaux. La section d'un Lombric ou ver de terre peut 
donner un resultat analogue. Enfin, chez certains Mol- 
lusco'ides, ainsi que chez un grand nombre de Polypes, 
la nutrition exuberante d'une portion quelconque de l'or- 
ganisme peut amener la formation d'un bourgeon repro- 



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CHAPITRE III. 



30 



ducteur qui, en se developpant, devient un animal sem- 
blable a l'individu-souche sur lequel il a pris naissance, 
Chez tous ces animaux fissipares ou gemmipares, res- 
P&ce peut done se perpetuer sans P intervention d'aucun 
appareil particulier, et la reproduction ne consiste que dans 
un phenomene de nutrition fort analogue a ceux qui ame- 
nent dans le corps humain la cicatrisation d'une plaie pro- 
fonde ou la consolidation d'une fracture. Mais les produils 
de ce travail a double fin sont toujours grossiers et de faible 
valeur ; les animaux les plus inferieurs sont les seuls qui 
peuvent etre formes ainsi, sans le concours d'organes re- 
producteurs speciaux ; et chez tout etre anime dont les 
facultes sontetendues ou delieates, lapropriete generatrice 

r 

devient l'apanage exclusif d'une portion del'organisme qui 
des lors cesse de servir a d'autres usages physiologiques. 
Cetle tendance a la division du travail vital entre les 
parties destinees a assurer par leur action soit Pexistence 
de rindividu lui-meme, soit l'existence de l'espece dont cet 
individu n'est qu'un representant transitoire, se manifesle 
deja chez quelques animaux gemmipares; car chez divers 
Polypes ainsi que chez des Bryozoaires ,et des Ascidiens, 
on voit la faculte de produire des bourgeons se localiser 
dans certaines parties du corps. Bient6t, du reste, elle se 
prononce davantage, et alors non-seulement la machine 
vivante s'enrichit d'un instrument parliculier pour la re- 
production, mais la serie complete des phenomenes gene- 
siques ne se produit plus par l'intermediaire d'un seul 
agent. Le travail se partage entre deux organes : l'un 
charge de creer la petite masse de matiere organised qui en 
se developpant constituera 1'individu nouveau; l'autre des- 
tine a fournir a cette matiere un element d'activite sans 
Sequel son developpement ne saurait s'achever. Le con- 













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40 



ZOOLOGIE GENEttALE. 



cours de ces deux puissances, l'uneproductrice, V autre fe- 

eondante, devient par consequent necessaire a l'obtention 

du resultat qui chez les animaux d'un rang inferieur est 

fourni par Paction d'un agent unique. 
Dans les especes oil les organes sexuels commencent a se 

constituer, on trouve d'ordinaire les deux agents de la re- 
production reunis chez un meme individu et l'hermaphro- 
disme est d'abord complet, car les ovules formes par Tap- 
pareil femelle peuvent etre fecondes par les produits de 
Tappareil male appartenant au meme organisme. Mais 
quelquefois, sans que les sexes cessent d'etre reunis, la di- 
vision du travail s'introduit parmi les divers individus de 
la meme espece, et I'animal est impuissant a se reproduire 
tant qu'il reste seul, bien qu'il agisse tour a tour comme 
male et comme femelle lorsqu'il se trouve associe a un au- 
tre individu. Les zoophytes du genre Synapte peuvent etre 
cites comme exempledecet hermaphrodisme complet; les 
Lima<jons etbeaucoup d'autres mollusques gasteropodes 
possedent le meme assemblage d'organes generateurs, mais 
ne peuvent se multiplier que par le concours de deux in- 
dividus. 

Lorsqu'on s'eleve davantage dans les series zoologiques, 
on apercoit de nouveaux progres dans la division du tra- 
vail reproducteur. Le meme individu cesse d'etre a la fois 
male et femelle \ il n'y a plus d'hermaphrodites, et Fac- 
tivite genesique de Torganisme se concentre tout entiere 
ici sur la production des ovules, la sur 1'elaboration de 
l'element fecondateur. 

La distinction s'etablit ensuite entre les instruments 
charges de creer ou d'employer les produits de I'un et de 
l'autre appareil sexuel. Des agents speciaux destines a as- 
surer le contact des deux elements genesiques viennent 






































CHAPITRE II r. 



41 



completer ces appareils, et chez les animaux les plus par- 

faits de-la creation, l'ovaire ou organe producteur de l'o- 
vule, nereste pas charge de fournir tous les materiaux or- 
ganiques necessaires a la constitution du nouvel individu ; 
•a fonction de nourrir le germe provenant delamatiere 
viable donnee par l'ovaire, est devolue d'abord a Futerus 
°u chambre incubatrice dont les parois alimentent Fem- 
bryon par Tintermediaire des vaisseaux du placenta 5 puis 
1'appareil mammaire vient remplir un role analogue , 
acheve d'administrer aux besoins du jeune animal en voie 
deformation, et complete ainsi le travail qui, chez le mollus- 
que ou le poisson, s'obtient a Faide du premier instrument 
producteur seulement. Ce travail se divise done de plus en 
plus a mesure que le rang zoologique occupe par Fanimal qui 
en est le siege s'eleve davantage, et par consequent aussi, 
on voit que la speciality plus ou moins grande des instru- 
ments reproducteurs coincide avec le degre de perfection 

auquel doit atteindre le produit a creer. 

Si nous jetons les yeux sur les autres grandes fonctions 
de Forganisme, nous y retrouverons les memes tendances : 
partout, a mesure que les facultes se perfectionnent, la di- 
vision du travail s'accroit. 

Prenons pour second exemple la digestion. Chez les ani- 
maux les plus inferieurs, il n'existe pour cette fonction 
aucun organe special ; chez les etres les plus parfaits, au 
contraire, non-seulement la faculte de digerer les aliments 
est localisee dans une partie determinee du corps, mais 
chacun des actes qui en dependent devient le resultat de 
''intervention d'un instrument physiologique particulier. 

L'elaboration des matieres alimentaires qui constitue ce 
phenomene, s'opere au moyen de sues dont Taction chimi- 
que determine lasolubilite des solides organises que T animal 

4. 




































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42 



ZOOLOGIE GMRALE. 



doit absorber. Pour employer de la maniere la plus utile l'a- 
gent digestif et les produits de son action sur les aliments, il 
faut necessairementquele travail s'effeetue dans une cavite 
servant de vase pour contenir tout a la fois les aliments 
a dissoudre et le liquide destine a les atlaquer 5 il faut aussi 
que cette ehambre digestive communique librement au 
dehors pour que les corps etrangers puissent y penetrer 
sans obstacle : telle est, eneffet, la disposition fondarnentale 
de tout systeme digestif. Mais la cavite qui recoit les aliments 
n'est pas d'abord un organe special, et la faculle de pro- 
duire le liquide apte a dissoudre ces matieres, n'est pas lo- 
calisee dans une portion determined de i'organisme. II pa- 
raitrait meme, d'apresles recherches recentesde M. Nicolet, 
que chez quelques animalcules des plus inferieurs, celte 
cavite stomacale se formerait en quelque sorte acciden- 
tellement et n'aurait qu'une existence temporaire ; car elle 
ne consisterait qu'en une sorte d'ampoule qui se develop- 
perait a la surface de Torganisme la ou le corps etranger 
vient a le toucher, et qui, en se deprimant au centre 5 
donnerait naissance a une fossetle plus ou moins profonde 
dans laquelle ce corps s'enfoncerait 5 mais cette cavite 
s'effacerait des que la digestion s'est effectuee, et, apres 
Texpulsion des feces, ne laisserait aucune trace de son 

existence. Ce serait done la presence de Taliment qui de- 
lerminerait la formation d'un estomac adventif, et cet es- 
tomac ne serait qu'une fossette transiloire creusee sur un 
point quelconque deTorganisme. Mais pour peuque la con- 
stitution de I'etre se perfectionne, on trouve dans le corps de 
l'animal une cavite preparee d'avance et destinee a etre le 
siege du travail digestif. Cependant la faculte de digerer 
n'estpas encore localises d'une maniere absolue 5 car chez 
les polypes d'eau douce, oil cette division du travail com- 






s 


























CHAPITRE IH. 



43 



"tence a s'etablir, on voit que toute portion de la surface 
uu corps peut agir comrae agissent les parois de l'estomac 
P r oprement dit, pourvu que sa forme lui permette de rem- 
P^r le role d'un receptacle pour les aliments. En effet, 
n °us savons, par les experiences de Tremblay, que le 
COr ps d'une hydre peut etre retourne a la maniere d'un sac 
0r dinaire r et que ce renversement des rapports naturels 
^ i'organisme avec le monde exterieur n'entrave en rien 
' a niarche du travail physiologique : car la cavite nouvelle 
c * r conscrite par la surface qui primitivement elait exte- 
ri eure, remplit les fonctions d'un estomac et la digestion 
G °ntinue a s'effectuer comme dans les circonstances ordi- 
n &ires. Mais bientot cette similitude dans les proprietes 
^s deux surfaces de I'organisme cesse d'exister, et la fa- 
Cu lte de digerer, ou plutot de produire les dissolvants di- 
S^stifs, se localise et devient le partage exclusif d'une 

Portion determinee de la surface interieure du corps, en 
r °6nie temps que la surface exterieure se trouve affectee 
^'une maniere toute speciale a la protection de l'ensemble 
^ la machine vivante. 

La division du travail se montre egalement dans la par- 
ks mecanique de cette fonction et en rend Taction plus 
P^rfaile. Chez les animaux les plus simples, Pintroduction 
^ e s matieres etrangeres dans la cavite digestive est deter- 
^inee par les courants que les cils locomoteurs font naitre 
^ns le liquide ambiant, et ces courants servent aussi a la 
res piration, car ils assurent le renouvellement de l'eau 
a ^ee dont la surface du corps est baignee. Ce sont, par 
Co ^sequent, les memes organes qui servent a la fois 
C0[ nme agent de la digestion, de la respiration etde la lo- 
CO[ notion. Mais lorsque l'appareil de la nutrition com- 
mence a se perfectionner, les cils vibratiles qui entourent 



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ZOOLOGIE GENERALE. 



la bouche cessent de concourir a la production des mou- 
vements de translation, et sont affectes specialement au 
service des fonctions de la vie vegetative ; puis la division 
du travail se poursuivant toujours, ces m6mes instruments 
cessent de concourir au mecanisme de la respiration et ne 
servent qua determiner ['introduction des aliments dans 
la cavite stomacale. Mais les cils vibratiles, quelquelimite 
que soit leur role, ne sont jamais que des organes de pre- 
nension bien faibles et bien imparfaits ; aussi la nature, 
pour obtenir de meilleurs resultats, ne tarde-t-elle pas a 
introduire dans la composition de l'appareil digestif des 
agents moteurs plus speciaux. Ce sont d'abord des mus~ 
cles particuliers disposes autour de la bouche de fagon a 
transformer les bords de cet orifice en une sorte de pince 
ou de trompe protractile; puis ce sont des appendices 
destines a saisir au loin les aliments et ales porter dans la 

cavite digestive. 

En general , les matieres alimentaires ne peuvent etre 
complelement utilisees et laissent dans le corps un residu 
qui doit etre expulse au dehors. Chez les animauxinferieurs 
tels que les Polypes, les Meduses et les Asteries, la cavite 
stomacalene consiste qu'en un simple reservoir ou poche 

et ne communique au dehors que par uneseule ouverture; 

c'est par consequent le meme instrument physiologique qui 
est charge de ['introduction des aliments et de l'expulsion 
des feces. Mais ici encore la division du travail ne tarde pa s 
a s'etabliret aamener a sa suite un perfectionnementdans 
les resultats obtenus : deux voies s'ouvrent pour livrer pas- 
sage aux matieres etrangeres, et l'un de ces orifices, la boU' 
che, est specialement affecte a l'intromission des aliment 
tandis que l'orifice oppose, l'anus, ne sert qu'a l'expulsion 
p saaesidus laiss^s par la digestion. La cavite stomacal'ant! 



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CHAP1TRE III. 



45 



' ie u de se terminer en cul-de-sac, prend alors la forme d'un 
tube ouvert a ses deux bouts, et les parties du corps ous'e- 



tablit 



cette double communication entre Pappareil di- 



§ e stif et le monde exterieur deviennent de plus en plus 
^stinctes et eloignees entre elles a mesure que Porganisme 
Se perfectionne. 

Le transport des matieres d'une exlremite de ce tube di- 
§ e stif a Pautre s'effectue d'abord a Paide d'instruments 
^ u i ne sont pas specialement aftectes a ce service. La cou- 
°he de tissu epithelique qui delimite cette cavite et qui se- 
Cr ^te les sues gastriques presente alors des cils dont les 
^ouvements vibratiles determinent le deplacement des sub- 
st &nces alimentaires 5 mais des que Pon s'eleve dans les di- 
eses series du regne animal, on trouve dans les parois de 

Ce tte meme cavite deux elements parfaitement distincls; le 
,ls su secreteur cesse d'etre confondu avec Pagent moteur, 

et eelui-ci est constitu6 par une tunique musculaire qui 
^couvre la membrane fondamentale et qui, par ses con- 
ductions, en modifie la forme et les dimensions. 

Le meme principe, recevant d'autres applications, amene 
^ns la constitution de Pappareil digestif des perfection- 
lle ments encore plus grands. Ainsi la portion du canal ali- 
^^ntaire dans laquelle les matieres £trangeres doivent 
s ' a ccumuler et sojourner plus ou moins longtemps pour 
Su bir Pinfluence des sues gastriques, ne tarde pas a devenir 
dis tincte de la portion du meme tube qui doit servir sim- 
P'ement au passage des substances ingerees; elle se dilate 
en maniere de reservoir et constitue un estomac, tandis que 
la Portion vestibulaire de Pappareil seretrecit pour former 
Uri CBsophage, et la portion anale prend les caracteres pro- 
ves a un intestin. 

Pour tirer des matieres nutritives tout ce qu'elles peu- 



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46 



ZOOLOGIE GENERALE. \ 



vent fournir d'utile a l'organisme , pour les epuiser en 
quelque sorte, la nature etablit aussi la division du travail 
dans les actions chimiques dont la digestion depend. Chez 
les animaux inferieurs, les aliments ne sont soumis qu'a 
rinfluence d'un seul reactif ; tandis que chez les etres ou 
cette fonction devient plus parfaite, plusieurs sues, ayant 
chacun des proprietes particulieres et un role special, vien- 
nent tour a tour attaquer ces matieres et en modifier la 
constitution. Un agent special, le sue gastrique, s'empare 

des principes albuminoides contenus dans la masse ali- 
mentaire et les utilise au profit de l'organisme ; les fiuides 
salivaires reagissent puissamment sur les matieres fecu- 
lentes, et le sue pancreatique, ainsi que la bile, rend les 
substances grasses miscibles a l'eau et en facilite de la 
sorte F absorption. Pour mieux utiliser ces dissolvants, la 
nature specialise aussi les vases destines a les contenir et 
multiplie les reservoirs gastriques ; la digestion, au lieu de 
s'achever dans une seule et meme cavite, se continue dans 
une serie d'estomacs ainsi que dans une portion parties 
Here de Hntestin, et chacun de ces reservoirs est le siege 
de travaux differents. 

La production des liquides qui interviennent ainsi dans 
la digestion se localise egalement de plus en plus et s'ef- 
fectue a Taide d'organes qui deviennent de plus en plus 
distincts de la cavite alimentaire elle-m6me. Des glafides 
speciales viennent ainsi se grouper autour de ce canal, et 
chacune de ces annexes se perfectionne a son tour par la di- 
vision du travail dont il est ttnstrument. Ainsi, lorsque 
la secretion biliaire commence a devenir distincte ( chez la 
plupart des Annelides, par exemple ), elle a son siege dans 
les parois memes du canal alimentaire ; chez les insectes 
elle a pour instrument un certain nombre de tubes qui 






















. s 






































CHAPITRE III. 



47 



Se rvent en meme temps comme organes urinaires ; chezles 



Mol] 



usques gasteropodes, et probablement meme chez les 



^ c ephales, Pappareil hepatique n'est plus charge de la se- 
ction de Purine, rnais cet appareil ne consiste guere 
^ U en une glande dont la structure est tres-simple-, enfin, 
pez la plupart des animaux vertebres, en m6me temps que 
la division du travail s'etablit parmi les divers vaisseaux, 
^nt la glande se compose, il y a separation entre les instru- 
ments producteurs et les instruments conservateurs de la 
^'e ; un reservoir special s'ajoute au foie et per met a Por- 
§ a nisme de mieux regler Pemploi des liquides hepatiques. 
Enfin la division mecanique des aliments, qui contribue 
Puissamment a en faciliter la digestion, se perfectionne 
a,1 ssi par la speciality d'action des parties chargees de Pef- 
te etuer. C'est d'abord la tunique musculaire de la cavite 
s tomacale, e'est-a-dire Pagent moteur general de Pappa- 

re il 5 qui 9 en se rcsserrant, comprime les matieres alimen- 
ts logees dans cette portion du tube digestif et les 



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ec rase imparfaitement ; puis Paction mecanique de Pesto- 
mac ou du vestibule pharyngien devient plus puissante par 
addition de corps durs sur certaines parties de la surface 
^| e ses parois, ainsi que cela se voit chez les Crabes et les 
evisses ; quelquefois meme Pestomac triturant devient 
^siinct de Pestomac qui digere reellement : le gesier des 

oi $eaux granivores nous offre un exemple de cette specia- 
ls d'action. Enfin, chez les animaux ou ce genre de travail 
mecanique doit s'executer mieux encore, et ou la possibility 
^ Pintroduction des matieres etrangeres dans la cavity 
digestive ne doit pas etre subordonn^e au volume de ces 
tor ps tels qu'ils se rencontrent dans la nature, P entree des 
v °ies digestives se garnit d'instruments mecaniques parti- 



fliers propres a operer la division des aliments. L'orga- 




















































1 

















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38 



ZOOLOGIE GtiNERALE. 



* 

series d'etres de plus en plus parfaits dont l'ensemble com- 
pose le regne animal. On voil alors la division du travail 
s'introduire de plus en plus completement dans l'orga- 
nisme; les facultes diverses s'isolent et se localisent-, cha- 
que acte vital tend a s'effectuer au moyen d'un instrument 
particulier, et c'est par le concours d'agents dissemblables 
que le resultat general s'obtient. Or, les facultes del'animal 
deviennent d'autant plus exquises que cette division du 
travail est portee plus loin 5 quand un meme organe exerce 
a la fois plusieurs fonctions, les effets produits sont tous 
imparfaits et chaque instrument physiologique remplit 
d'autant mieux son r61e que ce role est plus special. 

Ainsi chez les animaux , comme chez les plantes , le 
travail vital doit assurer non-seulement l'existence de Fin* 
dividu, mais aussi la conservation de sa race, et se compose 
par consequent de deux series principales d'actions bien 
distinctes : les fonctions de nutrition et les fonctions de 

1 

reproduction. Chez les animaux les plus inferieurs, ce 
double resultat s'obtient cependant a 1' aide d'un seul agent ; 
il n'y a dans I'organisme aucun instrument qui soit affecte 
specialement au travail de la generation-, et la production 
de Tetre nouveau est la consequence d'un simple pheno- 
mene de nutrition. Ainsi chez un grand nombre d'infu- 
soires, tels que les Paramecies et les Kerones, le corps de 
l'animal, en voie de se multiplier, se divise en deux ou en 
plusieurs portions qui, apres leur separation, conlinuent a 
vivre, grossissent et constituent bientot autant d'individus 
nouveaux. La section d'un Lombric ou ver de terre peut 
donner un resultat analogue. Enfin, chez certains Mol- 
luscoides, ainsi que chez un grand nombre de Polypes, 
la nutrition exuberante d'une portion quelconque de l'or- 
;anisme peut amener la formation d'un bourgeon repro- 



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CHAPITRE III. 



39 



* 



ducteur qui, en se developpant, devient un animal sem- 
blable a Tindividu-souche sur lequel il a pris naissance, 

Chez tous ces animaux fissipares ou gemmipares, res- 
P&ce pent done se perpetuer sans Intervention d'aucun 
appareil particulier, et la reproduction ne consiste que clans 
u n phenomene de nutrition fort analogue a ceux. qui ame- 
nent dans le corps humain la cicatrisation d'une plaie pro- 
fonde ou la consolidation d'une fracture. Mais les produils 
de ce travail a double fin sont toujours grossiers et de faiblo 
valeur ; les animaux les plus inferieurs sont les seuls qui 
peuvent etre formes ainsi, sans le concours d'organes re- 
producteurs speciaux ; et chez tout etre anime dont les 
facultes sont etendues ou delicates, la propriete generatrice 
devient l'apanage exclusif d'une portion de l'organisrne qui 
des lors cesse de servir a d'autres usages physiologiques. 

Cetle tendance a la division du travail vital entre les 
parties destinees a assurer par leur action soit l'existence 
de 1'individu lui-meme, soit l'existence de l'espece dont cet 
individu n'est qu'un representant transitoire, se manifesle 
deja chez quelques animaux gemmipares; car chez divers 
Polypes ainsi que chez des Bryozoaires s et des Ascidiens, 
on voit la faculte de produire des bourgeons se localiser 
dans certaines parties du corps. BientOt, du reste, elle se 
Prononce davantage, et alors non-seultment la machine 
vivante s'enrichit d'un instrument parliculier pour la re- 
Production, mais la serie complete des phenomenes gene- 
siques ne se produit plus par l'intermediaire d'un seul 
agent. Le travail se partage entre deux organes : l'un 
charge de creer la petite masse de matiere organised qui en 
se developpant constituera 1'individu nouveau ; l'autre des- 
tine a fournir a cette matiere un element d'aclivite sans 
Sequel son developpement ne saurait s'achever. Le con- 



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50 



ZOOLOGIE GENERALE. 






ment au dehors et affecte specialement a la preparation des 
malieres alimentaires, le second entourant celui-ci et se 
prolongeant au loin dans forganisme pour y distribuer les 
liquides qui arrivent dans son interieur, apres avoir filtre 
en quelque sorte a travers les parois de l'estomac ou de 
ses dependances. Ce systerne de cavites servant de reser- 
voir pour loger les fluides du corps vivant, et de canal pour 
leur distribution, n'est d'abord que l'ensemble de lacunes 
ou espaces vides situes entre les divers organes ou entre 

les diverses parties dont le tissu de ces organes se com- 
pose, et ces fluides sont partout identiques; il n'y a pas, 
comme chez les animaux superieurs, du sang, dela lymphe 
et de la serosite, mais un liquide comrauo qui tient lieu de 
toutes ces humeurs. Bientot cependant la division du tra- 
vail s'etablit dans les liquides de Torganisme aussibien que 
parmi les instruments solides; le sang proprement dit, ca- 
racterise par la presence de ses globules, se distingue de la 

lymphe, et une portion determinee du systerne cavitaire re- 
servee specialement a son usage constitue l'appareil de la 
circulation, tandis quele restede cememe systerne hydrau- 
lique demeure occupe par un fluide analogue au liquide 
nourricier commun des animaux inferieurs. 

Ces reservoirs et ces canaux ne sont d'abord limites 
que par les organes circonvoisins qui servent en meme 
temps a d'autres usages, les muscles, les teguments, les 
Visceres, par exemple 5 mais lorsque l'irrigation nutritive 
se perfectionne, la division du travail s'introduit ici comme 
ailleurs, et le transport des liquides nourriciers s'effectue 
a l'aide d'instruments speciaux 5 les lacunes interorgani- 
ques sont remplacees par des tubes a parois propres, et l'ap- 
pareil vasculaire ainsi constitue se perfectionne a son tour 
d' apres le meme principe* 



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CHAPITRE III. 



51 






Ainsi, chez les Tuniciens et chez la plupart des Annelides 
tes vaisseaux sanguins, que ces tubes forment ou non un 
circle circulatoire complet,ont tousles m6mes usages, et le 
meme canal sert indifferemment a conduire le sang vers 
1'organe que ce liquide doit nourrir, ou a le porter en sens 
contraire de la circonference vers le centre de Teconomie ; 
^ n'y a ni arteres ni veines, mais seulement des vaisseaux 
Qui rernplissent a la fois les fonctions de ces deux especes 
de canaux. Chez tous les animaux superieurs il y a, au 
contraire, division dans le travail; la distribution du sang 
dans les diverses parties du corps se fait a l'aide d'instru- 
toents particuliers, tandis que le retour de ce liquide s'ef- 
fectue par d'autres voies ; et le cercle circulatoire se compose 
alors de deux systemes de vaisseaux, les arteres et les vei- 
nes, dont le role est parfaitement distinct , mais dont les 
fonctions concourent a un seul et memebut. 

Les moyens a l'aide desquels le liquid nourricier est 
tois en mouvement dans ces systemes de lacunes ou de 
tubes membraneux se perfectionnent aussi conformement 
a la tendance generate dont nous avons deja signaie des 
temples si multiplies. Chez beaucoup d'animaux infe- 
r *eurs qui sont d'ailleurs pourvus d'un systeme vasculaire 
P r oprement dit, la division du travail n'existe pas entre 
ks organes d'impulsion et les tubes conducteurs; ainsi, 
c hez la plupart des Annelides et meme chez l'Amphyoxus 
Parmi les Vertebres, c'est le vaisseau lui-meme qui en se 
c °ntractant fait marcher le liquide contenu dans son inte- 
r *eur; mais lorsque Tappareil de la circulation devient 
P'us parfait, l'agent moteur se separe des instruments pas- 
s *fe de Irrigation nutritive, et se trouve represents par un 
f eservoir particulier dispose de fagon a jouer le role d'une 
P°nipe foulante. Chez les Crustacea un seul instrument 









































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52 



ZOOLOGIE GEN^RALE 



intervient pour determiner le passage du sang dans les ar- 
teres, les canaux veineux et les vaisseaux respiratoires, 
ainsi que pour effectuer le retour du liquide dans le reser- 
voir contractile dont il etait d'abord sorti. Chez la plupart 
des Mollusques et chez tous les Vertebres ordinaires ce 
dernier travail est confie a tin agent special, et le coeur se 
compose de deux pom pes affectees a des usages differents : 
Tune employee, comme dans le cas precedent, a lancer 
le sang dans le systeme vasculare, 1'autre destinee a rece- 
voir ce liquide lors de son retour a l'appareil moteur et a 
alimenter le jeu de la premiere : ce sont le ventricule et 
1'oreillette. Enfin, chez les animaux superieurs la division 
du travail est pousseeplus loin encore-, puisque la circula- 
tion du sang dans le systeme vasculaire general, et le pas- 
sage de ce liquide dans le systeme des vaisseaux respira- 
toires, ne s'effectuent plus, comme chez la plupart des Mol- 
lusques et des Poissons, sous 1'influence d'un seul moteur, 

/ 

mais resulte de Taction de deux agents speciaux. Effecti- 
vement on sait que chez les Mammiferes et les Oiseaux, 
ainsi que chez les animaux les plus parfaits de Tembran- 
chementdes Mollusques, la grande circulation etla circu- 
lation respiratoire possedentchacunedes instruments d'im- 
pulsion propres, et qu'il existe un coeur veineux aussi bien 

qu'un coeur arteriel. 
L'influence de la division du travail sur le perfectionne- 

r 

ment des fonctions physiologiquesestegalement evidenteen 
ce qui concerne les phenomenes de la respiration. Chez 
les animaux les plus inferieurs, les rapports de Torganisme 
avec Fatmosphere s'etablissent par tous les points de la 
surface du corps, et cette surface remplit en meme temps 
beaucoup d'autres fonctions ; la respiration est done diffuse 
et s'exerce sans Intervention d'aucun organe special. 











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CHAPITRE III. 

Bientot cependant elle se localise et devient Papanage de 
Plus en plus exelusif d'une brauchie ou d'une cavite pulmo- 
nale. Le renouvellement du fluide respirable a la surface 
de cet instrument special resulte d'abord de Paction de 
cette surface, el le-meme, qui a ceteffet est garnie de cils vi- 
fcratiles ; mais ici encore la division du travail s'introduit 
«ient6t, et alors Pappareil respiratoire se compose de deux 
series d'agents destines, lesunsa semettreen rapport avec 
"oxygene de Patmosphere et a porter ce principe combu- 
r ant dans le sang, les autres a renouveler la provision d'air 
a mesure que ce fluide s'altere par Paction de Porganismc. 
Ainsi, chez les Vertebres, de meme que chez les Insectes, 
les Crustaces et les Mollusques les plus eleves, les poumons 
ou les organes qui en tiennenl lieu n'interviennent pas dans 
la partie mecanique du travail respiratoire, et les rnouve- 
ments des fluides respirables resultent du jeu d'un autre 

appareil. Enfin, il est aussi a noter que cette tendance a la 
division du travail chez les animaux superieurs se mani- 
feste dans la disposition des voies par lesquelles Pair par- 
vient dans Porgane essentiel de la respiration . Ainsi, chez les 
Vertebres inferieurs, c'est par la bouche seulement que le 
fluide respirable arrive dans la chambre branchiale ; landis 
que chez les Reptiles, les Oiseaux et les Mammiferes, les 
conduits aeriferes se continuent jusquau dehors a l'aide 
des arriere-narines et des fosses nasales : mais c'est chez 
^s Mammiferes seulement que ces memes conduits se com- 
petent et deviennent independants du vestibule digestif, 
par l'interposition d'une cloison mobile, le voile du palais, 
situe entre la bouche et le pharynx. 

Les fonctions de relation n'echappent pas davantage a 
cette tendance generate. 

Chez les Arnibes, les Rhizopodes et quelques autres Zoo- 



5. 



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54 



ZOOLOGIE G^NERALE. 



phytes des plus simples, toute partie vivante parait etre 

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douee de la propriete de se mouvoir, aussi bien que de sen- 
tir, de se nourrir et de se reproduire; mais lorsqu'on s' th- 
ieve dans chacune des series dont se compose le regne 
animal, on voitbientot la contractilite ne se manifester que 
par Tintermediaire d'un tissu special, la fibre musculaire 

et les organes constitues par ce tissu se separer de plus en 
plus nettement des parties voisines. Les changements de 
position dans les diverses parties du corps qui resultent de 
Faction de ces fibres, et qui doivent amener le deplace- 

ment de l'animal, ne consistent guere chez la plupart des 
Zoophytes, des Vers, et des Mollusques que dans le raccour- 
cissement de la partie contractile elle-meme 5 mais chez 
les anirnaux articules et chez les Vertebres le travail de la 
locomotion se divise entre les agents qui developpent la 
force motrice et les instruments qui Tutilisent ; I'appareil 
des mouvements se compose alors de leviers aussi bien 

que de muscles ; et ces leviers, qui chez les Crustaces ou 
les insectes sont des organes formes par les teguments 
communs^est-a-dire par des parties appartenant en meme 
temps a d'autres fonctions , deviennent a leur tour des 
instruments speciaux chez les anirnaux vertebres, ou l'or- 
ganisme s'enrichitd'un squelette interieur. Presque toutes 
les parties dont se compose cette charpente osseuse sont 
employees a des usages similaires : chez les Vertebres infe- 
rieurs, chez la plupart des poissons et chez les serpents, 
par exemple, ce sont les mouvements du corps tout entier 
qui en effectuent le deplacement ; chez les Vertebres supe- 
rieurs, au contraire, les membres deviennent les instru- 
ments speciaux de locomotion $ et si Ton voulait d'autres 
preuves de la division croissante du travail physiologique 
chez les etres dont la nature perfectionne l'organisme, il 























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CHAPITRE III. 55 

s ^ffirait de passer en revue les modifications qui s'obser- 
Ve nt dans la structure des membres, chez le Phoque, ou le 
dauphin, chez le ruminant, chez le carnassier, chez le 

Singe et chez l'Homme. 
Enfin, l'etude des fonctions sensitives fournirait aussi la 

demonstration du principe que nous venons d'etablir. 
Ainsi, chez le Polype d'eau douce, comme nous Pavons deja 
^ a it voir, la faculte de sentir ne peut evidemment dependre 
d'aucun organe special, puisqu'elle persiste apres la des- 
truction alternative de chacune des parties du corps et se 
conserve meme dans chaque fragment de l'organisme. 
frans l'immense majorite des animaux il en est cependant 
*°ut autrement, et cette propriete ne peut s'exercer qu'a 
' aide d'un appareil particulier : le sysleme nerveux. Chez 
* e s vers ou ce systeme commence a se montrer, il ne se 
impose guere que de filaments medullaires, mais bientot 
°n y reconnait deux ordres d'organes : les ganglions ou 

centres nerveux, etles cordons rameux ou nerfs proprement 
dits, et la division du travail se manifeste en m6me temps •, 
Ca »' les ganglions deviennent le siege des sensations et de 
!<* volonte, tandis que les nerfs jouent le r61e de conduc- 



teu 



rs destines a transmettre a ces centres l'excitation 



ar nvant du dehors ou a porter aux muscles rinfluence 
s °us laquelle ces organes entrent en action. C'est deja un 
§ r and progres dans la localisation des proprietes vitales; 
Kiais en s'elevant davantage dans le regne animal, on ne 
torde pas a en voir d'autres plus considerables encore. Ef- 
fectivement, chez les Lombrics, les Nais et quelques aulres 
a uimaux anneles, la faculte de percevoir les sensations et 
Ce lle d'exciter des mouvements volontaires apparlient a 
l ous les centres nerveux. Aussi, lorsque le corps d'un de 
ces vers vient a etre divise en deux, chacun des fragments 



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56 



ZOOLOGIE G^N^RALE. 



continue a jouirde toutes les facultes que poss6dait Tindi- 
vidu complet; mais chez I'Ecrevisse ou le Homard il n'en 
est plus de meme : les ganglions cerebro'ides president 
seuls a ces actes, et les ganglions postcesophagiens parais- 
sent etre destines surtout a regler les mouvements auto- 
matiques. Chez les animaux superieurs, la division du 
travail se manifeste aussi clans la portion peripherique du 
systeme; les nerfs de la sensation deviennent distincts des 
nerfs du mouvement, et des differences importantes se 
manifestent meme dans les proprietes des divers nerfs af- 
fectes au service de la sensibilite. Enfin, chez les animaux 
superieurs, les diverses parties du grand centre nerveux 
ciphalorachidien jouent chacune un role different 5 et l'en- 
semble du travail dont dependent les manifestations de la 
volonte, de la sensibilite, de ttntelligence, s'obtient par le 
concours de plusieurs instruments distincts. S'il y a quel- 

que chose de vrai dans le systeme phrenologique de Gall, 
il y aurait meme chez les animaux les plus eleves division 
de travail jusque dans Taction de Tintelligence, et chaque 
faculte de l'esprit, chaque penchant instinctif aurait dans 
Fencephale un instrument particulier. 

Quoi qu'il en soit de cette derniere hypothese, nous voyons 
que, dans toutes les fonctions et dans toutes les parties du 
regne animal, la division du travail marche de front avec le 
perfectionnement des facultes. Partout noustrouvonsquela 
specialite d'action devient de plus en plus grande a mesure 
que le progres se montre ; et il est d'ailleurs si facile de 
comprendre comment un instrument peut mieux fonction- 
ner quand tout dans sa disposition est combine en vue 
dun resultat unique, que la relation des causes et des 
cffetsnemesemblepasdouteuse. On peut done, commeje 
Fai annonce au commencement de ce .chapitre. etablii' 





















S: : 





CHAPITRE 



c onime un principe que cest surtout 

du travail que la nature tend a perfectionner 
nisrne (1). 



(1) Ce principe a ete formule pour la premiere fois dans un ar- 
ticle sur l'organisation des animaux, que j'ai publie, en 1827, dans 
* e Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 




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CHAPITRE IV. 






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^es moyens que la nature emploie pour arriver a la division du 
travail dans l'organisme animal. — Influence du principe d'eco- 
notnie; sysieme des emprunls physiologiques. — Adaptation spe- 
ciale de parties deja existantes. — Creation de parties nouvelles. 
— Refutation de l'hypolhese de la dependance necessaire entre 
la fonolion et l'organe. 



La nature, en creant le regne animal, a donne aux pro- 
fits de son oeuvre une diversite extreme, et nous avons vu 
lue ce resultat a ete obtenu en partie par le perfectionne- 
ttient inegal des especes zoologiques. Nous avons etabli 
aussi que ce perfectionnement croissant correspond d'or- 
dinaire a une division plus grande du travail vital, et seni- 
le en elre une consequence. Mais cette tendance a la sp6- 
cial ite dans les fonctions des agents physiologiques, qui se 

Prononce davantage a mesure que l'organisme se montre 
Plus parfait, entraine a sa suite d'autres consequences 
dont il nous importe 6galement de tenir compte. 

Dans l'organisme animal, ainsi que dans une machine 
quelconque, le mode d'action de chaque partie est toujours 
iutimement lie a la forme ou a quelque autre propriete de 
cette partie elle-meme. Les instruments qui sont identiques 
<lansleur nature et qui sont places dans les memes condi- 
tions doivent posseder les memes facUltes et fonctionner 



















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60 



ZOOLOGIE GtfN&lALE. 



de la meme maniere. U en resulte que, la oil la division du 
travail n'a pas ete introduite dans l'organisme il doit y 
avoir une grande simplicile de structure. Mais, de meme 
que la similitude clans les fonetions des differentes parties 
du corps suppose Funiformite dans ieur mode de consti- 
tution, la diversite dans les rOles doit etre accompagnee de 
particularites dans la structure-, et, par consequent aussi, 
plus la specialite d'action et la division du travail sont 
porteesloin, plus aussi lenombre de parties dissemblabies 
doit augmenter et la complication de la machine s'ac- 
croitre. 

- 

II en est effectivement ainsi, et Fanatomie, aussi bien 
que la physiologie, peut nous faire connaitre le rang qui 
dans le regne animal appartient a chaque espece ; le nom- 
bre de parties dissemblabies qui enlrent dans la composi- 
tion du corps et la grandeur des differences que ces parties 
presentent entre el les seront les indices du degre auquel 
la division du travail a ete amenee et de Fetendue de la 
serie des phenomenes speciaux qui resultera de 1'action de 
1'ensemble (1). 

■ ** ■ m 

Les Amibes, par exemple, qui paraissent etre de tous 
les animaux les plus degrades, ne sont composes que 
d'un tissu sarcotique a peu pres homogene, dont la dis- 
position n'oiYre nulle part aucune particularite bien mar- 

.r ■ ' * * 

quee. Les hydres ou polypes d'eau douce de Tremblay ne 
presentent pas dans leur organisation une simplicite si 
grande, mais les divers elements anatomiques dont ils se 

I 

(1) Ce principe, sur lequel j'avais depuis longtemps appele Fatten- 
lion des zoologisles, a e(e dorni^rement applique a la classification 
des vegetaux par mon savanl ami et collegue, M. Adrien de Jussieu 
(Voycz la parlie bolanique du Cours elementaire d'Histoirenatu- 
relle, par MM. Beudant, de Jussieu et Milne-Edwards). 








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* -*-- 







X 









M 



CHAP1TRE IV. 



61 



c omposent sont repartis uniformement dans toute l'eten- 
due des parois de l'espeee de sac a bord digite qui forme 
'a totalite de leur corps. Chez les animaux superieurs, au 
contraire, il existe rarement plus de deux instruments en- 
cerement semblables entre eux, mais le nombre de ces 
°rganes speciaux est tres-grand. 

Si nous cherchons maintenant comment la nature arrive 
a diversifier les organes reunis pour constituer le corps des 
animaux, et a multiplier les facultes dont ces etres sont 
doues, nous reconnaitrons aussit6t cette tendance a feco- 
Kornie dont nous avons deja signalerexistencecomme une 
des lois les plus generates de la creation. 

En effet, lorsqu'une propriete physiologique commence 
a se localiser dans une serie d' animaux de plus en plus 
parfaits, elle s'exerce d'abord a l'aide d'une partie qui 
e xistait deja dans l'organisme des especesinferieures et qui 

est seulement modifiee dans sa structure pour s'appro- 
prier a ses fonctions speciales. Tantot c'est, pour ainsi 
dire, un fonds commun qui fournit aux diverses facultes 
teurs premiers instruments particuliers \ d'autres fois, c'est 
a un appareil deja destine a des usages speciaux que la fonc- 
Con nouvelle emprunte ses organes, et c'est seulement 
apres avoir epuise les ressources de ce genre, que la puis- 
sance creatrice introduit dans la constitution des etres a 
organisation plus parfaite encore, un element nouveau. 

Ainsi, lorsque la respiration cesse d'etre entierement 
diffuse, et qu'elle se localise dans une cavite, l'instrument 
affects au service de cette fonction n'est pas d'abord un 
°rgane nouveau dans l'organisme; c'est ordinairement 
u "e portion du tube alimentaire qui, tout en continuant 
fl 'agir comme un agent de digestion, devient l'organe au 
moyen duquel s'etablissent les relations entre 1' animal et 

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62 



ZOOLOGIE GtfNtiRALE. 






Fatmosphere. Dans toute la classe des Tuniciens, par 
exemple, la chambre pharyngienne est le siege de ce phe- 
nomene, et chez la plupart de ces molluscoides; ce sont les 
parois memes de eette cavite qui constituent Fappareil bran- 
chial : les Ascidies et les Pyrosomes nous presentent cette 
disposition. Mais chez les Biphores la division du travail 
commence a s'etablir ; Facte de la respiration s'effectue 
toujours dans le vestibule de Fappareil digestif 5 mais au 
lieu de n'avoir pour instrument que les tuniques du tube 
alimentaire, il devient Fapanage d'un organe particulier 
suspendu comme une echarpe au milieu de cette cavite. 
Enfin,chezd'autresMollusques, dontForganisation estplus 
parfaite, la fonction de la respiration n'emprunte plus rien 
a l'appareil digestif et s'exerce a Faide d'instruments qui ne 
semblent avoir ete crees que pour servir a son usage, Dans 
la plupart des Gasteropodes ainsi que chez les Cephalo- 
podes, il existe effectivement une chambre respiratoire 
particuliere servant a loger les branchies ou le reseau pul- 
monaire 5 souvent elle vient, a son tour, en aide aux or- 
ganes excreteurs 5 mais d'autres fois, chez FOnchidie par 

exemple, elle n'a qu'un seul usage et ne conserve plus au- 
cune connexion avec le canal digestif. 

Dans Fembranchement des Vertebres nous voyons aussi 
la respiration emprunter d'abord tous ses instruments a 
Fappareil digestif; puis acquerir peu a peu des organes qui 
lui appartiennent enpropre. Chez FAmphyoxus, de meme 
que chez les Tuniciens, c'est la cavite buccale ou pharyn- 
gienne qui constitue la chambre respiratoire, et ce sont 
les parois de cette portion du tube alimentaire qui jouent 
le role de branchies. Chez les poissons ordinaires, la res- 
piration s'effectue dans une chambre particuliere 5 mais 
les parties qui forment la voute de cette cavite constituent 
















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CHAPITRE IV. 



63 



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en m6me temps le plancher du vestibule digestif, et c'est 
par rintermediaire de ce vestibule seulement que le fluide 
r espirable peut arriver auxbranchies. Chez les Batraciens, 
les voies aeriennes deviennent presque entierement distinc- 
tesdesvoies digestives. L'appareil pulmonaire n'emprunte 
PUis au tube digestif tout ce qui est necessaire pour 
qu'elle puisse se mettre en communication avec l'at- 

ttiosphere; mais c'est encore la cavite pharyngienne qui 
vient en aide a cet appareil pour y determiner, par des 
ttiouvements de deglutition, le renouvellement du fluide 
r espirable. Chez la plupart des Reptiles, ainsi que chez les 
Oiseaux, les agents mecaniques de la respiration ne sont 
plus fournis par l'appareil digestif, et les parois de la ca- 
vite destinee a loger les poumons sont disposees pourfonc- 
lionner a la maniere d'une pompe aspirante et foulante 
alternativement. Enfln, chez les Mammiferes, la speciality 

des instruments est portee plus loin encore, puisque la 
chambre thoracique qui constitue cette pompe respira- 
toire devient eompletement distincte de la cavite visce- 
r ale commune dont elle se trouve separee par le muscle 
du diaphragme. 

La meme tendance se montre sous une autre forme 
lorsque le travail respiratoire se localise et se perfectionne 
c hez les animaux anneles. Les Turbellaries, ddnt la mem- 
brane legumentaire est partout molle et permeable, res- 
Pirent certainement par tous les points de la surface du 
corps. Chez quelques Annelides, tels que les Nereides, la 
Peau devient beaucoup plus vasculaire vers la base des pat- 
te s que partout ailleurs: et ces organes, en agissant comme 
instruments de locomotion, renouvellent a chaque instant 
k couche d'eau aeree qui est en contact avec cette portion 
^s teguments communs; aussi le travail respiratoire y 




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64 



ZOOLOGIE G^N^RALE. 




devient plus actif que dans 1c reste du corps. Chez d'au- 
tres Annelides, les Glyceres et les Cirrhatules, par exemple, 
certaines parties de ces memes pattes, designees par les 
zoologistes sous le nom de cirrhes, deviennent ies organes 
speciaux de la respiration ; mais chez des especes ou la 
constitution de l'appareil destine al'exercice de cette fonc- 
tion se perfectionne davantage, ce ne sont plus les pattes qui 
servent de branchies, et Ton trouve sur le dosde l'animal 
des organes vasculaires particuliers qui semblent avoir ete 
crees dans le seul but d'assurer Taction de Fair sur le 

fluide nourricier. 
Dans la classe des Crustaces, la respiration emprunte 

aussi ses instruments a l'appareil de la locomotion avant 
que de s'exercer a l'aide d'organes crees pour son usage 
special. Chez les Apus, les Branchipes et les Lymnadies, les 
pattes membraneuses et foliacees servent en meme temps 
comme rames natatoires et comme branchies; il en etait 
probablement de meme chez les Trilobites.Chez les Edrio- 
phthalmesla division du travail s'etablit} mais cesont tou- 
jours les pattes qui fournissent les instruments pour la 
respiration. Ainsi, chez les Amphipodeset les Loemodipodes, 
I'une des branches de chacun des membres thoraciques 
s 1 allonge en forme de levier articule pour constituer une 
patte ambulatoire, tandis que Tautre branche se modifie 
de fa<jon a devenir un instrument mieux adapte au travail 
de la respiration •, chez les Isopodes, c'est au contraire la 
serie des membres postcephaliques qui se partage en deux 
groupes, dont Tun, situe dans lapartie thoracique du corps, 
est affecte a la locomotion, el Tautre, fixe sous l'abdomen, 
estdevolu specialement au service de la respiration. Chez 
les Squilles, ce ne sont plus les pattes abdominales elles- 
memes qui constituent les branchies \ la respiration s'exerce 


















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CHAPITRE IV. 



65 






& l'aide d'organes speciaux qui sont venus s'ajouter aux 

Parties preexistantes dans I'organisalion du type carcino- 
lo gique moins perfection neTmais ce sont encore les rames 






renouvellementde l'eaua la surface des branchies propre- 
Went dites, et qui constituent les instruments mecaniques 
de la respiration. Enfin chezles Crabes, les Ecrevisses et les 
autres Decapodes, ou les branchies se trouvent renfermees 
dans des cavites particulieres, c'est encore au systeme ap- 
Pendiculaire que la nature emprunte l'agent moteur de 

''appareil respiratoire ; et ce sont les machoires de la se- 
c onde paire qui, detournees en majeure partiede leurs usages 

°rdinaires constituent les especes de palettes dont les 
^ouvements determinent le courant necessaire a l'exer- 



cicede cette fonction. 
L'appareil digestif des Crustaces nous presente un 

sxemple non moins remarquable de cette tendance de 
la nature a economiser les creations organiques au moycn 
(1'emprunts faits a d'autres systemes. Chez les Limules, 
les pattes ambulatoires fournissent, au moyen d'une dis- 
position particuliere de leur article basilaire, une double 
r angee de machoires, et constituent a leur extremite des 
Pinces propres a saisir la proie et a la porter vers la bou- 
c he. Chez les Crustaces ordinaires, les appendices mastica- 
teurs ne sont plus empruntes aux organes de la locomo- 
tion et sont fournis par des membres uniquement affectes 
a u service de la digestion. Chez beaucoup de Crustaces 
^axilles, ce sont encore les pattes ambulatoires qui vien- 
ttentenaide aux organes de la mastication, en fonctionnant 
c onime instruments de prehension ; mais chez les Ecre - 
v >sses et les Crabes, l'emprunt est plus complet, car les 
Pattes anterieures transformees en pince& puissantes ne 

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Z00L0G1E GMRALE, 



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servent plus en aucune fa^on a l'animal pour changer de 
place. 

La plupart ties Crustaces et presque tous les Insectes, 
dans le jeune age au moins, ont la bouche armee de man- 
dibules et de machoircs; mais quelques-uns de ces ani- 
maux doivent, a unceertaineepoque deleur vie, se nourrir 
exclusivement de liquides, et alors la nature leur donne une 
espece de suQoir ou de trompe. Mais cependant cet instru- 
ment nouveau n'est pas une creation nouvelle, et resulte 

seulement de la transformation de certaines parties deja 

existantes dans l'organisme des autres animaux derives du 
meme typefondamental. Chez les papillaris, par exemple, 
c'est aux machoires que la nature emprunte les lames al- 
longees dont elle constitue la trompe, et chez les punaises 
oula cigale, ce sont les levres qui sont detournees de leurs 
usages ordinaires pour former un tube, tandis que les 
mandibules sont transformees en stylets ou lancettes dont 
les blessures determinent la sortie des sues que ce tube est 
destine a pomper. 

Chez les animaux articules, nous voyons aussi l'appareil 
de la generation se completer au moyen d'emprunts fails 
au systeme locomoteur. Les appendices excitateurs du 
male et les organes incubateurs de la femelle qui offrent, 
chez beaucoup de Crustaces superieurs, un developpement 
considerable, ne sont autre chose qu'un certain nombre de 
paltes distraites, en totalite ou en partie, de leur destination 
ordinaire et appropriees a ces fonclions nouvelles par une 
slruciure particuliere. 11 en est encore de meme chez la plu- 
part des insectes; car Tarmure copulatrice est presque 
toujours formee des rudiments des anneaux postabdo- 
minaux et de leurs appendices, parties qui, dans le jeune 
age, constituent souvent des organes de locomotion et qui 



















\ 












CHAPITRE IV. 



67 






a Ppartiennent toujours au systeme appendicular dont le 
Principal usage est de servir a la locomotion. 

II serait facile de multiplier beaucoup ces exemples, 
m ^me chez les animaux vertebres. Ainsi, chez certains 
Poissons, l'appareil generateur ne possede aucun organe 
s pecial pour conduire au dehors, soit les oeufs formes dans 
1'ovaire, soit la liqueur fecondante secretee par letesticule, 
et c'est la cavite viscerate mise en communication avec l'ex- 
^rieur qui tient lieu d'un oviducte ou d'un conduit deferent. 
Chez les Reptiles etlesOiseaux, ou le travail reprodueieur se 
Perfectionne, et ou Temploi utile des produits de l'ovaire 
es t mieux assure au moyen (Tune (econdation interieure, 
k chambre copulatrice est fournie par la portion termi- 
n ale du canal digestif ; et chez les Mammiferesordinaires,ou 
l'appareil de la generation n'emprunte plus son orifice au 
tube intestinal, on voit une portion de plus en plus con- 
siderable du vestibule sexuel de la femelle appartenir en 

* 

c ommun a cette fonction eta l'appareil urinaire, a mesure 
que l'on descend de I'espece humaine aux Carnassiers et 

aux Rongeurs. 
L' etude des organes de la locomotion nous revele les 

■ 

kernes tendances a 1'economie dans les creations de mate- 
r iaux speciaux. Ainsi, lorsque l'appareil des mouvements 
commence a se perfectionner par i'introduction d'un sys- 
teme de pieces rigides destinees a fournir aux muscles des 
Points d'allache et a remplir le role de leviers mis en jeu 
Par ces memes muscles, cette charpenle n'est pas encore 
conaposee d'un tissu particulier cree pour cet usage special ; 
c'est seulement la peau, ou plul6t certaines portions du sys- 
teme tegumental dont la structure est raodifiee pour les 
adapter a cette fonction. Mais chez les animaux superieurs, 
ce n'est plus a la peau que l'appareil locomoteur emprunle 








































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68 



ZOOLOGIE GtiNtiRALE. 



ses leviers et ses points d'appui; un systeme osseux qui 
irexistait pas chez les types inferieurs vient s'ajouter au* 
materiaux ordinaires de i'organisme et complete la machine 
motrice a Taide de parlies qui toutes y appartiennent en 
propre. 

Nous voyons done que la tendance generate de la na- 
ture est de varier de plus en plus les instruments physio- 
logiques dont la reunion constitue I'organisme animal a 
mesure qu'elle produit des especes plus parfaites, mais 
qu'en marchant ainsi du simple au compose elle semble 
vouloir utiliser autant que possible chacun des materiaux. 
dont elle enrichit suecessivement la machine vivante. Lors- 
qu'une fonction se montre d'abord ou commence a se lo- 
calise^ elle est confiee a un agent qui existait avant que ce 
perfeclionnement ne se fut introduit, et qui est alors un 
peu modifie seulement pour s'approprier a son r6le nou - 
veau. Puis, ce n'est plus a l'aide d'un emprunt materiel que 
rinstrument nouveau est obtenu : la partie de I'organisme 
dont it se compose n'existait pas chez les animaux inferieurs 
conformes d'apres le meme plan; mais on ne peut cepen- 
dant la considerer commeun element de creation nouvell^ 
car elle n'est au fond que la repetition d'une partie deja 
ereee et adaptee ailleurs a d'autres usages. Puis,enfln 9 ces 
materiaux homologuesnesuffisent plus aux exigences crois- 

santes de la loi de diversite ; un element organique entiere- 
ment nouveau s'introduit dans la constitution de Tanimal 
et fournit a la fonction pour laquelle il a ete cree des instru- 
ments speciaux. 

Les fails que nous avons rappeles dans ce chapitre ct 
dans le chapitre precedent montrent combien sont fausses 

* 

les opinions dequelques naturalistes qui admettent, comme 
une sorte d'axiome physiologique, que la fonction depend 












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CHAPITRE IV. 



69 



toujours de son organe, et que, par consequent, la ou les 
kernes facultes existent il doit y avoir les memes instru- 
ments. D'apres cette hypothese, l'absence d'un organe de- 
termine devrait toujours entrainer la perte de la faculte a 
t'exercice de laquelle cette partie est destinee lorsqu'elle 
existe, et la similitude dans les proprietes vitales de deux 
^tres supposerait necessairement une ressemblance non 

^oins grande dans leur structure. 

C'est en raisonnant de la sorte que Lamarck, par exem- 
P'e, a ete conduit a nier l'existence de la sensibilite chez 
les Infusoires, les Polypes, les Vers, etc., parce que chez 
c es animaux on ne trouve pas l'organe cerebral qui chez 
les animaux superieurs est l'agent essentiel ;de cette fa- 
culte, et qu'il admet fintelligence chez les Poissons tout en 
^ refusant aux Insectes, parce que chez les premiers il y a 
•les lobes cerebraux et des representants de toules les par- 
lies principals qui chez l'homme sont necessaires a la ma- 
nifestation des facultes intellectuelles, tandis que chez 
1'Abeille, le Bourdon et la Fourmi, on ne voit aucune struc- 
ture analogue. En partant de la meme hypothese, d'autres 
Physiologistes admettent, chez les Polypes d'eau douce, un 
tissu nerveux diffus qui serait reparti dans toutes les par- 
ties du corps, de facon que chacun des fragments separes 
dela masse du corps, dans l'experienc^de Tremblay, aurait 
contenu un centre nerveux, des cordons conducteurs, 
e n un mot tout ce qui est necessaire a l'exercice de la 
laculte de sentir chez un animal superieur. Enfin , c'est 
e ncore en suivant ces errements que dans ces derniers 
temps quelques anatomistes se sont refuses a admettre 
Existence d'une circulation chez les Insectes, parce que 
( lans l'organisation de ces animaux il n'y a ni ar* 
teres ni veines , et que chez l'homme ces arteres et ces 
















































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70 



ZOOLOG1E G£n£rALE. 



veines soiit les instruments necessaires de cette fonc- 
tion. 

Mais ces hypotheses ne peuvent resister a un examefl 
serieux. II est evident que tout acte vital doit avoir pour 
cause le jeu d'un instrument ou organe quelconque dont 
la structure est appropriee aux fonctions que cet agent doit 
remplir. Mais c'est une erreur grave de croire qu'une fa- 
culty determinee ne peut s'exercer qu'a l'aide d'un seul et 
meme organe : la nature arrive au resultat voulu par di- 
verses voies ; et lorsqu'on descend dans le regne animal, 
depuis les rangs les plus Aleves jusqu'aux etres les plus 
degrades, on voit que la fonction ne disparait pas lorsque 
l'instrument special, qui chez les especes les plus parfaites 
etait affeete a son service, cesse d'exeeuter j elle se trans- 
porte ailleurs, et avant de disparaitre de 1'organisme elle 
s'exerce encore a l'aide d'instruments d'emprunt que lui 
fournissent d'autres appareils. 

Ces substitutions physiologiques se presentent a chaque 
instant lorsqu'on compare entre eux les animauxinferieurs, 
et quelquefois on en voit des exemples se produire d'une 
maniere accidentelle chez un meme individu, j usque dans 
les families les plus elevees du regne animal. Ainsi, dans 
l'etat normal, 1'uree est extraite du sang et expulsee du corps 
par le travail des glandes renales; mais lorsque, dans les 
experiences de MM. Prevost et Dumas, ces organes avaient 

ete detruits chez un Mammifere , la secretion excremen- 
tielle s'est souvent etahlie par la surface muqueuse de l'in- 
testin, et l'uree, au lieu de s'accumuler dans le fluide 
nourricier, a fini par s'echapper de Torganisme par les 
voies digestives. Je pourrais citer chez l'homme lui-meme 
d'autres cas de transport d'un travail secretoire dans une 
partie qui n'en est pas l'organe normal 5 et ce qui s'effectue 












' 




CHAPITRE IV. 



71 






* 

ic i sous l'influence d'une cause morbide, se voit d'une ma- 
ni ere normale lorsqu'on passe des animaux superieurs a 
l 'examen de diverses especes plus ou moins degradees. 

Mais 1' adaptation d'un instrument a des usages nou- 
Ve aux, lorsque sa destination primitive etait tout autre, 
n e peut donner d'ordinaire que des resultats incomplets 5 et 
hfsque le travail physiologique doit s'executer avec une 
Brande perfection, la nature a presque toujours recours a 
d es creations speciales. C'est par consequent chez les ani- 
maux inferieurs surtout que les exemples de ces emprunts 
s ont les plus frequents, les plus evidents; et c'est peut- 
^re pour avoir trop neglige l'etude physiologique des etres 
le s plus degrades que.l'on a meconnu jusqu'ici l'importance 
^ ce principe. 



















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CHAPITRE V. 



Som 



mairk. — De Pindependance des divers perfectionnements in- 



troduits dans la constitution des animaux. — Refutation de l'hy- 
pothfese d'une serie animale. — Diversite des types et multipli- 
city des series. — CaraciSres des differences qui se reconnaissent 
dans le plan fondanjental des organismes. — Diversite dans le 
mode de repetition des parties homologues et dans les rapports 
de position des parties dissemblables. — Ramifications secondaires 
des series derivees d'un meme type essentiel. 



1 





















Le fait general de Pinferiorite croissante des organismes 
tfepuis Phomme jusqu'a ces etres infimes qui offrent a 
peine quelques indices d'animalite et qui au premier abord 
semblent appartenir au regne vegetal plutot qu'au do- 
*fiaine de la zoologie, est si evident que de tout temps les 
observateursont du necessairement en etre frappes 5 et lors- 
qu'on compare entre elles les especes sans nombre qui oc- 
cupent Pespace compris entre les deux extremes de la crea- 
tion vivante, on y remarque des passages si graduels du 
^mple au compose, que Pon est naturellement conduit a 
comparer le regne animal tout entier a une sorte de chaine 
°u d'echelle dont chaque anneau et chaque degre, repre- 
Mutant une espece, marqueraient un perfectionnement, et 
°onduiraient des types inferieurs vers un mode d'organisa- 
^on plus parfail et par consequent plus eleve. Aussi, a une 



1. 



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1 






































































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74 



ZOOLOGIE GENERALE. 



epoque ou la zoologie existait a peine, parlai! on deja de 
cette gradation des etres ; et Tun de nos auteurs les plus 
anciens des temps modernes, Conrad Gesner, acru pouvoir 

poser les jalons d'une serie naturelle qui s'eleverait de- 
puis le mineral jusqu'a rhomme, qui s'approcherait meme 
de la Divinite peut-etre, et qui comprendrait tout ce qui 
est doue de vie. 

Une idee si grande et si poetique ne pouvait manquer 
de seduire l'imagination des naturalistes philosophes 5 et, 
developpee successivement par Leibnitz et par Bonnet, puis 

modifiee par Lamarck, elte forme aujourd'hui la base de 
plus d'une doctrine celebre. Quelques zoologistes, il est 
vrai, ont repousse avec force la theorie d'une serie animale 
comme etant une chimere; Reaumur et Cuvier, parexem- 

■ 

pie. Mais dans ces dernieres annees cette doctrine a reparu 
sous une forme nouvelle et a trouve appui dans un ordre 
de faits dont nos devanciers ignoraient l'existence. Si l'in- 
terpretation donnee aux phenomenes embryologiques par 
Keilmayer* et quelques anatomistes de nos jours, etait 
exaete, la serie zoologique serait demontree par les meta- 
morphoses des organismes en voie de formation, aussi bien 
que par les affinites naturelles des especes diverses dont le 
developpement s'est acheve. En effet, pour resumer en 
quelques mots le caraclere des changements qui se mani- 
fested dans la structure de cbaque individu pendant qu'il 
Se constitue, on a cru pouvoir comparer I'embryologie de 
l'espece humaine a un tableau mobile de l'organisation de- 
finitive du regne animal tout entier * et lalongue serie des 
especes inferieures nous montre d'une manierepermanente, 
a-t-on dit, les formes transitoires que revet tour a tour 
l'organisme des etres places aux plus hauts degres de Ye- 
chelle zoologique. 












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K>V 









CHAPITRE V. 



75 



s 



porte de plus en plus loin, serait le seul moyen que la na- 
ture en creant le regne animal, aurait employe pour diver- 
sifier ses ceuvres ; ce vaste ensemble se deroulerait comme 
*me chaine unique dont la monade formerait le premier 
anneau et dont I'autre chainon terminal serait represente 

par Tespece humaine ; chaque animal ressemblerait a un 
embryon d'une espece superieure dont le developpement se 
serait arrete avant sonterme, et la serie naturelle des etres 

animes serait simple et unique comme la serie genesique 
des formes que revet successivement l'organisme d'un 
meme individu en voie de formation. 

Cette image, vue de loin, doit plaire a l'esprit , car elle est 
simple et grande; mais lorsqu'on l'examine de pres, on ne 
tarde pas a voir qu'elle manque de verite, Plus on etudie 
la constitution des animaux, plus on voit se compliquer les 
rapports de ces etres entre eux et se multiplier les routes 
que l'organisme, en se developpant, suit tour a tour pour 
arriver aux formes caracteristiques desespeces varieesdont 

la nature nous offre le spectacle. 

Et d'abord si Ton ne s'occupe que de ces especes zoolo- 
giques companies entre elles, on reconnait aisement que 
pour satisfaire a la loi de diversite imposee a la creation, 
la nature ne s'est pas bornee a perfectionner de plus en 
plus l'ensemble des organismes, de fa?on a rendre chaque 
espece superieure en tout aux especes qu'elle depasse a 
quelques egards. Obeissant a cette tendance vers l'econo- 
mie qui semble la porter toujours a tirer tout le parti pos- 
sible de chacun des principes qu'elle adopte, aussi bien que 
de chacun des instruments qu'elle met en ceuvre, nous la 
. voyons obtenir du seul fait du perfectionnement graduel 
des etres, des resultats plus varies que ne le supposerait 


























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76 



ZOOLOGIE GENERALE. 



une serie zoologique lineaire s'etendant depuis la monade 
jusqu'a l'homme. 

En effet, la superiority d'un animal n'est pas toujours 
absolue; souvent, comme nous l'avons deja dit, elle est 
relative a une partie de Torganisme seulement, et la partie 
sur laquelle le perfectionnement a porte peut varier d'une 
espece a une autre. 

Ainsi, que i'on represente par des signes de convention 
les divers elements pbysiologiques de l'organisme et que 
Ton affecte ces signes d'une valeur proportionnee a leur im- 
portance relative, on trouvera que dans telle espece le corps 
se composera des termes A, B, C, D, E et F5 que tous ces 
termes auront une valeur egale, et que cette valeur pourra 
a son tour etre exprimee par le chiffre 10. Dans une autre 
espece les elements A, B, C et D seront restes dans le 
meme elat, mais les elements E et F auront acquis une 
valeur double; dans une troisieme espece le perfectionne- 
ment aura porle sur A ou sur B, et ailleurs encore A, B, E 
et F seront demeures stationnaires, tandis que C se sera 
accru du double, et D aura fait des progres plus conside- 
rables encore. Ces differentes especes seront alors represen- 
tees par les formules 


















+ B™ + O + D*° + E*° + 

£20 




+ C 10 + D 10 
+ C 10 + D*o + 




+ E*° 



F20 

+ F 10 
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ou par telle autre combinaison physiologique que Ton 



pourra imaginer. 



Rien n'est d'ailleurs plus facile a demontrer que ce per- 
fectionnement partielde l'organisalion et cette tendance de 









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CHAPITRE V. 



77 



la nature a faire varier l'importance relative des divers ele- 
ments physiologiques dont l'ensemble constitue le corps 
d'un animal chez les di verses especes appartenant a un 

meme groupe zoologique. 

Dans les Crustaces, par exemple, lafonction de la circu- 
lation s'exerce d'une maniere bien plus parfaite que dans 
la'classe des Insectes, puisque les Crustaces ont un coeur, 
un systeme arteriel complet et des voies bien tracees pour 
le retour du sang dans la pompe cardiaque ; tandis que 
chez les Insectes il n'existe ni arteres, ni canaux veineux 
proprement dits et que l'agent d'impulsion, au lieu d' avoir 
la forme d'un vaste reservoir contractile, n'est represents 
que par un vaisseau grele dont les pulsations ne peuvent 
mettre en mouvement que de faibles ondees du fluide 
nourricier repandu dans les vastes cavites d'alentour. Mais 
d'un autre cote, les Insectes sont bien superieurs aux Crus- 
taces par la maniere dont s'effectue le travail respiratoire; 
car les rapports du sang avec Tatmosphere, au lieu de s'o- 
perer par la surface peu etendue de quelques branchies, 
s'etablissent sur tous les points du corps a la fois par Tin- 
termediaire du systeme tracheen. Les Crustaces sont, a leur 
tour, inferieurs a la plupart des Mollusques en ce qui est 
relatif a l'appareil circulaloire, mais ils possedent des or- 
ganes de locomotion bien plus parfaits que n'en a aucun 

Mollusque. 

Dans la classe des fichinodermes cette inegalite dans le 
degre de perfectionnement qu'atteint un meme appareil 
chez des animaux ou les autres parties de l'organisme res- 
tent a peu pres les memes, est encore plus marquee. Ainsi 
les Holothuries different a peine des Synaptes par l'ensem- 
ble de leur organisation-, mais chez les premiers la respi- 
ration s'exerce a l'aide d'un systeme de canaux rameux, 

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78 



ZOOLOGIE GMRALE, 



aussi bien que par la surface exterieure, tandis que chez 
lesSynaplesil n'existe aucune trace deees tubes aquiferes;et 
ces rnemes Holothuries, qui, sous le rapport des organes 
respiratoires ont une grande superiority sur tous les autres 
animaux de leur classe sont moins bien partages que ne le 
sont les Oursins en ce qui concerne les instruments de la 
digestion, car elles n'ont pour la plupart qu'un tube ali- 
mentaire tres-simple dont I'orifice anterieur est garni de 
quelques tentacules contractiles seulement, et chez les 

Oursins ce meme tube est arme d'un appareil puissant de 
prehension et de mastication. 

Les classes les plus elevees du regne animal nous four- 
niraient au besoin une multitude d'exemples analogues. 
Les Squales et les Raies ne possedent pas comme les Pois- 
sons ordinaires une charpente osseuse, leur squelette n'est 
forme que de cartilages, et, par consequent, relativement a 
cette partie importante de rorganisation, ils sont bien in- 
ferieurs a une Percne ou a une Anguille; mais ils posse- 
dent un systeme nerveux beaucoup plus parfait, et ils sont 
egalementsuperieurs auxPoissonsosseux par la disposition 
de 1'appareil generateur, L'instrument vocal est bien plus 
puissant et plus parfait chez le Rossignol que chez l'Hiron- 
delle, mais l'Hirondelle, a son tour, a de meilleures ailes. 
Enfin, par sa puissance locomotrice le cheval est superieur 
a l'homme, tandis que son cerveauest moins parfait meme 
que le cerveau d'un Ours ou d'un Blaireau. 

On voit du premier coup d'oeil combien pourrait etre 
immense le nombre de combinaisons physiologiques plus 
ou moins diverses qui resulteraient d'une application eten- 
due de ce mode de perfectionnement inegal et alternatif des 
diverses parties de 1'organisme. Nous chercherons ailleurs 
quelles sont les limites qui en reglent le developpement ; 






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CHAP1TRE V. 



79 



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| Cl nous devons nous borner a constaterle fait et a montrer 
es consequences qui en resultent, quant a la multiplicity 

es series zoologiques. 

, Ce s consequences sont d'ailleurs faciles adeduire. II est 

^ vj dent que par le seul fait de la diversite et de l'indepen- 

ari ce des precedes de perfectionnement organique, il de- 

lei U impossible de ramener a une serie unique Unites les 

Peces dontse compose le regne animal. Ici, par exempli 

11 Partant d'un point donne, la nature aura cree des 6tres 

e Plus en plus eleves, en introduisant dans la structure des 
0r 8anes de nutrition une suite de modifications ayant pour 
e, ^t la division du travail digestif ou respiratoire. La, en 
J ar tant du meme point, s'elevera une autre serie d'especes 

° n t la superiorite relative sera due au developpement pro- 
^ssif des instruments de la sensibilite, et ailleurs encore 
a s erie ascend ante sera caracterisee par le perfectionne- 
^t de l'appareil locomoteur ou des organes de la repro- 

^tion. 

^our soutenir encore, en presence de ces difflcultes, la 

° c trine de l'echelle des etres, on a propose, il est vrai, de 

e tenir compte que des moyennes et d'assigner a chaque 

, s Pece son rang dans la serie lineaire du Regne animftl 

, a Pres sa ressernblance plus ou moins grande ave% lels 

et , re s places aux deux extremites de cette chaine, c'est-a- 

^eavecl'Hommed'une part et avec les Plantes de l'autre. 

Ia >s souvent cette moyenne ne peut etre etablie que d'une 

^niere arbitraire ; et en la prenant pour regie dans la 

is tribution des animaux, on est necessairement force de 



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Npre a chaque instant les rapports les plus naturels, pour 
Scaler entre des especes reellernent fort voisines quel- 
le a ulre esp ^ ce dont le degrc de perfectionnement est a peu 
^s le meme, mais resulte d'aulrcs causes de superiorite. 



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80 



ZOOLOGIE GENERALE. 



Du resle, quand on eludie les precedes par lesquels 1* 
nature est parvenue a diversifier comme elle l'a fait 1$ 
produits de la creation, on voit bient6t que ce n'est p aS 
seulement en perfectionnant ou en modifiant d'une manier e 
quelconque un type unique, qu'elle est arrivee a constitutf 
le regne animal tout entier, mais en developpant tour * 
tour plusieurs modes d'organisation bien distincts. ToiiS 
les etres animes ont, il est vrai, certaines proprietes com- 
munes, et ces caracteres generaux sont pour ainsi dire 1# 
seuls qui existent chez quelques especes des plus inferieu* 

res ; mais lorsque la machine vivante se complique et aug' 
mente de puissance, les caracteres nouveaux qui viennefll 
s'ajouter a ce fond commun ne sont pas toujours du mem e 

ordre, et le systeme de construction varie. 

Ainsi, ce n'est pas en perfectionnant le plan suivi daoS 
1'organisation d'une Med use ou d'un Oursin que la nature 
est arrivee a former une Scolopendre ou une Ecrevisse, & 
en developpant le systeme de construction employe pou r 
faire un Colimacon ou une Huitre, qu'elle a cree un afli' 
mal vertebre. Ces etres ont bien certaines parties dont \'&' 
nalogie est partout evidente, une cavite digestive, des muS' 
cles et un appareil nerveux, parexemple; mais leurmode 
de structure n'est pas assujetti aux memes regies et P e 
peut etre ramene par la pensee a un type commun. II e gt 
vrai que les differences dans le plan fondamental ne # 
dessinent pas toujours nettement ; et lorsque les especeS 
derivees de ces types divers se degradent, leurs caracter^ 
essentiels s'effacent peu a peu et tendent a se confondrei 
de sorte que certains animaux fort simples semblent etre 
le point de depart commun de toute la creation zoologiquei 
tels sont I' Amibe et les vesicules membraneuses connues d^ 
pathologistes sous le no in d'flydatides, par exemple. Mai s 










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CHAPITRE V. 



81 



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P°ur peu que Ton s'eleve au-dessus de ces etres dont l'ani- 
m alite est obscure et que Ton arrive aux especes qui son 
Pourvues d'instruments physiologiques speciaux, il est facil 
^ se convaincre que le plan fondamental de l'organisme 
v arie, suivant que ces especes appartiennent a l'une ou a 
"autre des grandes divisions zoologiques designees par 



1 

*illustre Cuvier sous le nom d'embranchements du Regne 

Ces differences dans le type essentiel ou plan fundamen- 
tal de l'economie animale dependent surtout de deux cir- 
c onstances : du mode de repetition des parties homolo- 
gies, et des rapports de position des parties dissimi- 

Wes. 

L'un des procedes employes par la nature pour accroitre 
'a puissance physiologique des organismes consiste, ainsi 
lUe nous l'avons deja vu, dans la repetition de parties si- 

^ilaires ou homologues •, elle multiplie pour ainsi dire les 
e *emplaires de son ceuvre pour augmenter le nombre des 
dements dont elle compose la machine vivante ; mais les 
^ateriaux similaires qui s'ajoutent ainsi les uns aux autres 
Pour concourir a la constitution de l'individu, ne s'y pla- 
int pas toujours de la meme maniere. 

Ainsi les organes homologues se groupent parfois circu- 
'airement autour de l'axe du corps, et en se multipliant 
indent a agrandir l'espece de couronne formee par leur 
bunion. Dans lesMeduses, par exemple, les parties essen- 
I'ellesse repetent a des distances egales du centre commun, 
'ordonnancement general est radiaire, et les divers syste- 
ms circulaires dont l'organisme se compose resultent de 
assemblage de quatre elements ou de quelque multiple 

^ ce nombre. 
Us Polypes sont construits d'apres lememe plan, et 



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82 



ZOOLOGIE GENERALE. 



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gue; seulement chez ses derniers c'estpar cinq ou des mul- 
tiples de cinq que les appareils homologues tendent a se 
constituer. D'autres fois, aucontraire, tout est binaire dans 
l'economie animale, et les parties paires qui se repetent sont 
deposee en senes longitudinales de chaque cote d'un plan 
vertical qui diviseraitle corps en deux moitiessymetriques. 
Ainsi chez la Scolopendre, dont il etait question il y a un 
instant, de memeque chez une Nereide, unetfcrevisse ou un 
Insecte, il n'existe aucun centre autour duquel les organes 

homologues se groupent circulairement; inais si l'on ima- 
gine une ligne droite s'etendant d'une extremite de l'animal 
al'autre, on voitque c'est le long decette ligne que les ma' 
teriaux conslitutifs de I'organisme se trouvent ranges, que 
les deux moities de I'individu ainsi divise sont la repetition 
exacte Tune de l'autre, et que c'est suivant cette meme ligne 
que les parties homologues tendent a se multiplier. Ailleurs 



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quable chez lesMeduses ou les Asteries, ni la symetrie U" 
laterale parfaite de l'lnsecte ou du Crustace : une ligfl e 

courbe, enroulee en spirale ou simplement inflechie en 
forme d'anse, semble avoir regie la structure de l'animal; 
une parlie des organes qui se voient d'un c6te de cette li- 
gne ne se retrouvent pas du c6te oppose , et la tendance a 
la repetition est a peine visible. Le Colimacon est un des 
meilleurs exemples de ce genre d'organisation, mais I'espece 
de contournement qui tend a rapprocher l'anus de la bou - ' 
che, et l'absence de parties homologues disposees sym^ 
triquement en series longitudinales est plus ou moin s 
manifestechezIeBuccin, lePoulpe etunefoule d'autres Mol' 
lusques. Enfin, il est encore un quatrieme plan general <J U * 
semble resulter du melange des deux types precedents et 



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GHAPITRE V. 



83 




?ui sereconnait chez les animaux vertebres; la, une portion 
c °usiderable de rorganisme, celle affectee aux fonctions de 
* a vie de relation surlout, presente la symetrie bilaterale et 
' es repetitions longitudinales qui caracterisent la structure 
to ut entiere de l'lnsecte ou de I'Annelide; tandis qu'une 
au tre portion egalement importante du corps n'offre ni la 

composition binaire, ni la disposition seriate que nous 
Ve nons de signaler et rappelle jusqu a un certain point les 
tormes contournees du systeme visceral des Mollusques. 
^ e tube intestinal, par exemple, ne s'etend d'ordinaire que 
^ a ns une portion de la longueur du corps, et le defaut de 
s ymetrie se remarque danspresque tousles instruments des 
*°nclions de nutrition. 
Ces differences essentielles dans le mode de groupement 



des 



organes homologues coincident avec les variations ega- 



' e ttient importantes a noter que presente la position rela- 
te des principaux elements de rorganisme. Ainsi, les 
ra Pports anatomiques du systeme nerveux et du tube ali- 
lri entaire ne sont jamais les memes chez un animal verte- 
^ r e et un Mollusque. Chez le Vertebre tous les centres me- 
yullaires sont places du cote dorsal, au-dessus du canal 
^testinal; tandis que chez le Mollusque ces foyers nerveux, 
a moins d'etre reduits a un ganglion unique et rudimen- 

tf dre, sont situes dans les deux regions opposees du corps, 
ks uns au-dessus, les autres au-dessous de Vappareil di- 
gestif. Sous ce rapport les animaux symetriques par ex- 
cellence, c'est-a-dire les Insectes et les autres Articules 
different aussi des Vertebres et ressemblent aux animaux 
eontournes dont se compose le groupe des Mollusques, 
^ais ils s'eloignent de ces derniers par d'autres particula- 
tes dans la position relative des memes organes. En effet, 
c hez les animaux mollusques les ganglions eerebroides oc- 







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84 



ZOOLOGIE G£n£RALE. 






cupent seuls le cote dorsal de l'oesophage, et les ganglions 
pharyngiens de meme que les ganglions de l'appareil loco- 
moteur sont places au-dessous de ce canal; tandis quechez 
les animaux articules, les ganglions pharyngiens (1) et ce- 
rebroi'des se trouvent du meme cote de l'appareil digestif* 
et ce sont les ganglions de l'appareil locomoteur qui seuls 
se logent entre cet appareil et la face ventrale du corps . O n 
pourrait multiplier les exemples de ces differences dans te s 
connexions des grands appareils entre eux et citer ici d eS 

variations analogues dans la position relative des systerfl eS 
locomoteur et digestif, ainsi que des differences remarquabl^ 
dans la position du coeur par rapport au cerveau et l'ifl" 
testin ; mais les faits anatomiques que nous venons de rap' 
peler suffisent pour montrer la diversite qui existe biefl 
reellement dans le plan general ou mode d'ordonnance- 
ment des parties chez le Vertebre, le Mollusque, Tanimal 
annele et le Zoophyte, et pour faire voir que ce n'est pas efl 
perfectionnant Fun de ces types que la nature est arrive^ 
a la creation des animaux dont se compose un autre effl' 
branchement. Une certaine tendance a V unite de composition 

est manifeste dans toutes les branches du Regne animal; car 
c'est toujours a l'aide de tissus plus ou moins analogues qu e 
les instruments physiologiques sont constitues, et ces ifl" 
struments, appeles partout a des fonctions constantes, sont 
jusqu'a un certain point comparables chez tous les etres 
animes. C'est toujours avec des membranes sereuses, d eS 
vesicules secretaires, des fibres musculaires et une sub" 



(i) Je designe sous ce nom les centres nerveux qui fournissent 
les nerfs de la portion anterieure du tube alimentaire et qui ont & e 
decritssous les noms de ganglions stomatogastriques, chez les Cru s ' 
taces et les Insecies; tandis que chez les Mollusques on les ap- 
pelle ordinairement ganglions labiaux. 



















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CHAP1TRE V. 



85 



stance medullaire, parexemple, queles principaux organes 
sont formes ; et ces organes sdnt une cavite digestive, un 
systeme glandulaire, des canaux nourriciers, un coeur, des 
branchies ou des poumons, des ganglions et des conduc- 
tors nerveux, des faisceaux moteurs et des leviers, chez le 
Mollusque, le Crustaee ou l'fitoile de mer aussi bien que 
chez le Poisson, l'Oiseau ou le Mammifere •, mais il n'y a 

Pas unite de plan; et ce n'est ni en supposant que les Arti- 
cles sont des Vertebres renverses sur le dos, ni que les 
Mollusques sont des Vertebres degrades et reployes sur eux- 
ttiemes que Ton pourra faire disparaitre les differences es- 
sentielles dont il vient d'etre question, 

Les beaux travaux de Cuvier ont fait voir qu'il existe 
dans le Regne animal au moins quatre types d'organisation 

essentiellement distincts, quatre modes de structure dont 
le plan general ne peut etre ramene a une conception uni- 
que ; que ces formes ne derivent pas les unes des autres, et 
<lue par consequent on ne peut les considerer comme etant 
les termes successifs d'une m6me serie, ou les anneaux 
d'une chaine, ou les degres d'une echelle zoologique. 

Ce qui est ainsi demontre pour les grands lineaments 
du plan anatomique est egalement vrai quant aux carac- 
teres secondares de l'organisation, quoique dans des 
limites plus etroites. Ainsi, de meme que la nature met 
en oeuvre deux plans fondamentaux bien distincts quand 
elle cree un Insecte et un Mollusque, ou bien encore une 
toeduse et un Oiseau, elle ne construit pas d'apreslememe 
trace secondaire tous les animaux chez lesquels 1'ordon- 
uancement general des parties est semblable a ce qui 
e xiste chez les Insectes. Chaque type essentiel est pour 
ainsi dire un fond commun sur Iequel se dessine ensuitc 
u n systeme de lignes qui varie etqui, en se developpant 



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86 



ZOOLOGIE GEN^RALE. 



de plus en plus, donne naissance a une serie particuliere 
de creations zoologiques. Ainsi les Crustaces et les In- 
sectes sont tous des derives d'un m6me type fondamental 
qui est commun a tous les animaux articules, mais il s 
ne forment pas une meme serie naturelle; ce n'est pas 
en perfectionnant leCrustace que la nature a produit I'ln- 
secte, ni en modifiant le type secondaire propre a 1'Insecte, 
qu'elle a cree le Crustace; le plan d'organisation qui se 
voit chez le Poulpe et les autres Cephalopodes n'est pas 
davantage un developpement ulterieur du systeme de 
trace organique propre au Colimacon ou a la classe des 
Gasteropodes en general, et le Mammifere n'est pas ufl 
Poisson perfectionne. 

Cette tendance de la nature a multiplier les procedes mis 
en ceuvre pour obtenir la diversite dans ses creations se 
prononce d'autant plus qu'elle arrive aux details moins 
importants, de sorte que l'hypotbese d'une serie unique 
n'est pas plus vraie lorsqu'on l'applique aux di verses es- 
peces d'une meme famille, que lorsqu'on la presente 
comme l'expression des affinites zoologiques des classes oil 
des embranchements et comme elant une figure exacte de 
l'ensemble du Regne animal. 



La diversite des types fondamentaux qui ressort si ma- 
nifestement des faits anatomiques est d'ailleurs mise en 
evidence d'une maniere plus eclatante encore par l'obser- 
vation des phenomenes genesiques j et l'ernbryologie, loin 
de fournir, comme on 1'avait cru d'abord, les preuvesde 
I'unite de plan dans l'ensemble des creations zoologiques, 
fait voir que c'est en suivant des routes differentes que la 
nature arrive au but qu'elle s'est propose. Pour, s'en con- 
vaincre il suffit de passer en revue le mode de developpe- 
ment d'un petit nonibre d'animaux appartenant a des 



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-« V ^ 








CHAPITRE V, 



87 



types essentiellement differents, et de comparer les formes 
fransitoires de leur organisation embryonnaireaux formes 
Permanentes des especes auxquelles ii faudrait les assi- 
zer si la theorie que je combats etait l'expression de la 
verite. 
Le chapitre suivant sera consacre a cet examen. 



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CHAPITRE VI. 




Som 



mairk. — Demonstration de la diversite des types essentielspar 



l'embryologie. — Refutation de la theorie de la constitution de 
la serie zoologique par des arrets de developpement dans le tra- 
vail genesique arrives a des degres divers. — Caracteres gene- 
raux des transformations embryologiques, dans leurs rapports avec 
les groupes naturels du rfegne animal. 







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Lorsqu'on cherche a se former une idee du plan suivi 
par la nature dans la constitution du Regne animal, il ne 
suffit pas d'etudier les organismes dont le developpement 
est acheve et de comparer entre elles les especes a leur 
etat parfait ^ il faut aussi, avons-nous dit, suivre pas a pas 
la puissance creatrice dans la production des exemplaires 
Houveaux de chacune de ses ceuvres zoologiques, et, de la 
sorte, assister, pour ainsi dire, a la formation des etres 
dont on voudrait determiner le caractere et les rapports 

essentiels. 

Pendant longtemps, cependant, les naturalistes croyaient 
pouvoir negliger les observations embryologiques. On pen- 
sait assez generalement que le jeune animal, des le pre- 
mier moment de son existence, ressemble en tout, sauf le 
volume, a ce qu'il devient plus tard : on le represents 
«orame une sorte de portrait en miniature de l'animal 



8. 










































































90 



ZOOLOGIE GtfNtfRALE. 



adulte, et on supposait qu'au debut de la vie le germe de 
tout etre anime renferme deja la totalite des organes dont 
sera pourvu Findividu que ce germe va former; on ad- 
mettait que ces parties, encore trop tenues ou trop deli- 
cates pour etre saisies par nos sens, n'avaient qu'a se 
raffermir et a grandir pour donner a i'organisme sa consti- 
tution definitive; en un mot, que 6 est par un phenomene 
de simple evolution que f embryon devient un animal par- 
fait dans son espece. Suivant cette theorie, l'etre en voie 
de formation aurait ete comparable a une de ces plaques 
daguerriennes qui, frappeepar la lumiere, portedeja a sa 
surface toutes les empreintes du merveilleux dessin dont 

* 

elle doit bientot se couvrir, mais n'en laisse rien aperce- 
voir jusqu'a ce que la vapeur du mercure soit venue donner 
corps a celte image virtuelle et en faire peu a peu ressortir 
tous les details. Preferer Texamen d'une esquisse vague et 
microscopique, lorsqu'on a sous les yeux le meme tableau 
peint avec des teintes vigoureuses et sur de grandes pro- 
portions, ce serait se creer a plaisir des difficultes inutiles ; 
et, par consequent, on comprend facilement que sous Tin- 

fluence d'une semblable doctrine les naturalistes devaient 
etre en general peu disposes a etudier l'organisation des 
animaux dans des etres a I'etat d'embryon. Or, jusqu'en 
ces derniers temps, la theorie de la formation des corps 
vivants par le simple developpement de parties preexis- 

* 

tantes etait adoptee par presque tous les maitres de la 
science, et on y croyait si bien que Ton ne reculait devant 
aucune des consequences qui en decoulent; I'emboitement 
indefini des germes, par exemple, idee dont ['imagination 
la plus hardie semble devoir s'effrayer et dont notre es- 
prit ne saurait embrasser Timmense etendue. 
Tous les zoologistes, il est vrai ; n'acceptaient pas ces 









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CHAP1TRE VI. 



91 



1 



doctrines genesiques •, l'illustre Harvey, par exemple, se 
re fusait a voir dans la cicatricule d'un oeuf le corps tout 
e ntier du jeune poulet, et, a ses yeux, l'organisme en voie 
de formation se montrait comme un edifice dont la con- 
duction ne se fait pas d'un seul jet, mais s'effectue par 
Portions, et dont la masse augmente au moyen d'adjonc- 
t{ ons successives, jusqu'a ce qu'enfm le plan preconcu par 
1'architecte ait ete rempli dans toute son etendue. Une 
^ouvelle theorie embryologique, celle de la constitution du 
e orp S vivantpar epigenhe, prit ainsi naissance ; mais, mal 
Emprise peut-etre, elle resta longtemps sterile, et les faits 
i^portants dont l'etaya Gaspard Wolf ne sufflrent pas a y 
Conner cours dans la science. De nos jours encore, nous 
avons vu repoussee par le plus grand de nos zoologistes ; 
depuis cinquante ans, cependant, tout tendait a la faire 
Prevaloir; chaque fois que Ton etudiaitavec soin les pre- 
mieres pcriodes du travail genesique on decouvrait quelque 
Qouvelle preuve de la formation des organismes par I'ad- 
jonction successive de parties creees de toutes pieces ; et 
bientot il devint manifeste, non-seulement que l'embryon 
e n se compliant ainsi peu a peu offre dans son ensemble 
des caracteres differents aux diverses periodes de son exis- 
tence, mais aussi que chacun de ses organes en se develop- 
Pant change de forme et de structure ainsi que de volume, 
e t subit de veritables metamorphoses. 

On comprit des lors tout l'interet qui devait s'attacher 
aux recherehes d'embryologie; aussi, voyons-nousqu'apres 
^tre restee pendant bien des siecles presque stationnaire, 
Ce lte branche de l'histoire des animaux a fait tout a coup 
derapides progres. Un grand nombre d'observateurs ha- 
^les ont pris pour sujet de leurs investigations la serie 
^sphenomenesgenesiquesquenouspresententlesO'ssaux, 



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92 



ZOOLOGIE G£NI<RA.LE 



les Mammiferes et les Batraciens 5 on a recueilli aussi 
divers faits relatifs au developpement des animaux infe- 
rieurs, et quelques naturalistes philosophes se sont appli- 
ques a saisir le caractere des changements qui s'operent 
dans la constitution des etres animes en voie de formation 
et a chercher les lois auxquelles ces modifications sont 
soumises. 

De grandes et belles decouvertes sont venues couronner 
les travaux diriges vers ce but eleve" ; mais en dCfrichant le 
terrain vierge de l'embryologie comparee, les hardis pion- 
niers de la science n'ont pastoujours su se defendre des illu- 
sions auxquelles les esprits inventifs sont souvent exposes ; et 
plusd'un naturaliste, s'exagerant la portee du petit nombre 
de fails dont il avait ete temoin, s'est arrete devant un 
coin du tableau, croyant en avoir embrasse l'ensemble, et 
s'est trop hate de conclure. Bien des idees fausses ont 
ete ainsi introduites dans nos ecoles ; et les theories que 
Ton a cru pouvoir presenter, comme lois generales et 
absolues de la zoogenie, se sont rapidement ecroulees sous 
le poids des faits nouveaux dont elles ne sont pas l'expres- 
sion. Cependant ces hypotheses avaient presque toujours 
en elles quelque chose de vrai, et pendant un temps elles 
ont pu servir, chacune, a lier et a coordonner des obser- 
vations qui en restant eparses seraient demeurees impro- 
ductives ; la science serait done ingrate si, tout en faisant 
justice de l'erreur, elle n'accordait un large tribut d'eloges 
aux hommes dont rintelligence puissante a su creer des 
instruments qui hier encore lui etaient precieux, bien qu'au- 
jourd'hui elle en repousse l'usage. 

Au nombre de ces theories qui, nees d'observations in- 
completes, sont fausses dans leurs principes, mais ont 
ser\i pendant un temps aux progres de la science, il faut 






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CHAPITRE VI. 



93 



ra nger Ja doctrine de la constitution du Regne animal tout 
er Uier par une suite d'arrets de developpement dans la 
s ^rie des creations organiques employees par la nature 
Pour produire chaque individu de l'espece la plus elevee 

et la plus parfaite. 

L'idee mere de cette hypothese parait appartenir a 
Kielmayer, l'un des fondateurs de cette ecole allemande 
des philosopher de la nature, qui, pendant un demi-siecle, 
a joue un grand r61e dans presque toutes les sciences. 

On savait par les experiences deja anciennes de Redi, de 
Vallisnieri et de Swammerdam, que les Mouches, les 
^beilles et un grand nombre d'autres Insectes naissent 
dans un etat d'imperfection extreme; qu'en sortant de 
I'osuf ils ont l'apparence d'un ver, et que c'est apres avoir 
v ecu un certain temps sous cette forme qu'ils acquierent 
des pattes, des ailes et tous les caracteres de l'lnsecte par- 
ait. Swammerdam pensait, il est vrai, que ces larves, 
ainsi que la Chenille, ne sont autre chose que des Insectes 
°rdinaires enveloppes et deguises pour ainsi dire sous un 
Basque vermiforme ; mais les partisans de la theorie de 
1'epigenese devaientvoir dans ces metamorphoses un phe- 
^omene d'adjonction organique ; et lorsqu'on cherchait le 
c aractere du changement qui s'opere ainsi dans Finsecte 
e n voie de formation, on ne pouvait etre que frappe de la 
r essemblance qui existe entre ces etres embryonnaires et 
les vers proprement dits : aux yeux d'un observateur su- 
Perflciel la Mouche et l'Abeille devaient passer par l'etat de 
v er avant que de devenir insectes. Les belles recherches de 
Swammerdam avaient montre aussi comment laGrenouille 
s e constitue primitivement sous la forme d'une sorte de 
Poisson et devient ensuite un animal terrestre, lorsque apres 
la disparition des branchies et de la longue queue dont elle 
















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94 



ZOOLOGIE GENERALE. 



etait pourvue dans le j eune age, son organisation se complete 
par le developpement des poumons et des pattes qui lui 
sont necessaires pour respirer dans l'airet se mouvoir sur 
le sol. La egalement il semblait que c'etait en continuant 
le travail genesique necessaire pour la formation du Pois- 
son, que la nature donnait naissance au Batracien. Les 
Spermatozoi'des, decouverts par Leuwenhceck, dans la se- 
mence d'une foule d'animaux, etaient generalement con- 
sidered comrae des sortes de vers microscopiques, et pour 
quelques physiologistes, ces animalcules vermiformes n'e- 

taient autre chose que des embryons en germe. Enfin, des 
ressemblances bien grossieres il est vrai, mais de nature a 
en imposer au premier abord, avaient ete signalees entre 
les jeunes embryons des animaux eleves et les types zoolo- 
giques inferieurs. Le Poulet, par exemple, etaitVepresente 
comme se constituant d'abord sous la forme d'un petit 
corps vermiculaire ; et lorsque plus tard il acquiert des 
membres, ces appendices semblaicnt etre d'abord compa- 
rabies a des nageoires plutOt qu'a des pattes et des ailes. 

Des faits aussi singuliers devaient necessairement frap- 
per l'esprit des homines meditatifs : et, au premier abord, 
on pourrait croire qu'en effet l'lnsecte est un ver per- 
fectionne par l'adjonction d'ailes et de pattes 5 la Gre- 
nouille, un poisson dont le developpement a ete pousse 
au dela du terme assigne au type ichthyologique ; et le 
Poulet, un etre dont l'organisme s'est eleve peu a peu de 
l'etat de ver ou de poisson jusqu'a ce qu'enfin il soit de- 
venu oiseau. Generalisant ces apparences vagues, on pou- 
vait meme etre facilement conduit a supposer que c'est la 
en effet la marche suivie par la nature dans la creation de 
tout etre anime, et qu'avant d'arriver au terme cle son de- 
veloppement l'organisme des especes elevees passe par les 










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CHAPITRE VI. 



95 



divers modes de constitution propre aux classes infe- 

r ieures. 

Dans cette theorie, l'animal le plus parfait, l'Homme 
hi-meme, commencerait a exister sous la forme d'un ver, 
deviendrait ensuite mollusque, puis poisson, et subirait 
Une serie de metamorphoses dont les divers termes au- 
r aient pour representants les differents types inferieurs de 

la creation zoologique. 
A l'epoque ou vivait Kielmayer on connaissait si peu la 

structure des animaux inferieurs, et la science etait si 
pauvre en resultats embryologiques bien constates, que 
1'idee de cette sorte de progression genesique a traverstous 
^s types du Regne animal pouvait seduire l'imagination 
ties naturalistes ; mais lorsquc les observations precises 
Ont commence, a se multiplier, on avu que cette hypothese 
n etait pas Texpression de la verite. En effet, il etait facile de 
se convaincre quil n'existe entre la larve apode d'un insecte 
et un animal de la classe des vers que des ressemblances 



rpssieres, et que l'cmbryon du poulet n'est a aucune 




epoque de son existence constitue a la maniere de ces 
denies vers, des poissons ou des reptiles. La doctrine des 
Philosophes allemands semblait done devoir disparaitre de 
la science; mais au lieude perir elle se modifia seulement, 
et sous cette forme nouvelle nous Tavons vue grandir rapi- 

■ 

dement et exercer bientot sur toute la zoologie une in- 
fluence considerable. 

Un de nos naturalistes les plus celebres, Geoffroy Saint- 
Hilaire, guide par les pressentiments du genie plutot que 
Par les lumieres de l'experience, venait de s'engager dans 
une voie peu explore© jusqu'alors, mais feconde en decou- 
v ertes precieuses ; abandonnant la recherche des differences 
qui distinguent les animaux entre eux, il s'appliquait a 


























































1 












































96 



ZOOLOGIE GENERALE. 



demeler au milieu des variations sans nombre de formes 
et d'usages que presentent les organismes, les materiaux 
communs de la machine animee et la disposition essen- 
tielle de ces elements generaux. La constitution de la char- 
pente osseuse chez les divers Vertebres fixa d'abord son 
attention 5 et cherchant a retrouver dans la tete de l'Oiseau 
et du Poisson les representants des pieces solides dont se 
composent le crane et la face chez l'homme, il s'apercut 
bientot que dans le jeune age ces analogies sont bien plus 
evidentes que chez les animaux adultes ; en remontant 

jusqu'a la periode embryonnaire il put decouvrir chez 
l'Oiseau et le Mammifere des caracteres osteologiques qui 
s'effacent plus tard et qui rappellent ce qui existe chez le 
Poisson parvenu a l'etat parfait; en un mot, il s'assura 
qu'a certains egards au moins, le squelette du Poisson res- 
semble au squelette d'un Vertebre superieur dont le deve- 
loppement se serait arrete avant terme, et le squelette d'un 
oiseau a un squelette de Vertebre inferieur, qui se conso- 

liderait par la reunion plus parfaite de ses elements consti' 
tutifs . 

On comprit des lors tout Tinteret qui devait s'attacher 
a l'etude comparative des etres en voie de formation et des 
types divers que nous offrent les organismes parfaits, 
l'utilite de cette comparaison pour la determination des 
parties analogues dans leur essence, mais differentes par 
leur forme, et la necessite de recherches semblables pour 
arriver a des idees justes touchant le plan general de la 
creation zoologique. I/anatomie comparee s'enrichit ainsi 
d'un levier nouveau dont l'emploi ne peut plus etre neglige 
aujourd'hui, et l'impulsion donnee par les travaux de 
GeoffroySaint-Hilairene tarda pas a fairenaitre un grand 
mouvement scicnlifique. MM. Tiedmann, Serres, Rolando, 



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CHAPITRE VI. 



97 



Prevost et Dumas, Baer, Rathke, et plusieurs autres phy- 
siologistes, doterent la zoologie de beaux travaux sur le 
mode de developpement des principaux systemes dont se 
compose f organisme des Vert6bres; et Geoffroy lui-meme, 
puis le fils et Femule de ce naturaliste philosophe, 
M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , soumirent a une in- 
vestigation du meme ordre les produits anormaux de 
l'espece humaine et de quelques autres animaux supe- 
rieurs. Ces observateurs constaterent ainsi certaines res- 
semblances entre les formes transitoires des principaux 
organes chez I'embryon du Mammifere ou de TOiseau, et 
les formes permanentes de ces memes parties chez les Rep- 
tiles, les Batraciens ou les Poissons ; et il devint des lors 
assez naturel de se demander si les differences essentielles 
entre tous ces animaux ne consistent pas dans des ar- 
rets de developpement qui , chez les especes imparfaites, 

fixeraient les formes preparatoires des parties dont le de- 
veloppement s'acheve chez les especes superieures. 

Ainsi Tiedmann , en etudiant avec perseverance le 
systeme nerveux de THomme aux diverses periodes de la 
vie uterine, entrevit de grandes ressemblances entre les 
formes transitoires de notre cerveau et la structure de 
l'encephale d'animaux places plus ou moins bas dans le 
Hegne animal. Vers'la meme epoque, M. Serres multiplia 
beaucoup les termes de cette comparaison curieuse, en 
formula les resultats d'une maniere plus precise, plus ge~ 
nerale, et arriva a cette conclusion que le systeme nerveux 
de l'homme, pour se developper , parcourt successivement 
les principaux degres d'organisation auxquels il s'arrete 
pour toujours chez les animaux inferieurs. 

Les recherches de Meckel, de Rolando, de Baer, de Rath- 
ke et de plusieurs autres observateurs ont conduit quel- 































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98 












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ZOOLOGIE GEiNERALE 



a admettre Texistence d'analosies 



non moinsremarquables enlrc lesetatstransitoiresdel'ap- 
pareil circulatoire des Mammiferes ou de l'Oiseau en voie 
de formation, et les caracteres permanents de ce m6me 
systeme chez les Poissons et chez les Reptiles. A Tepoque 
de la naissance, le coeur et les gros vaisseaux offrent effec- 
tivement dans l'espece humaine une disposition qui est a 
certains egards comparable a ce qui existechez les Reptiles 
adultes, puisque,chez tous, le coeur pulmonaire communi- 
que avec le coeur arteriel, soit directement, soit par l'inter- 

mediaire des crosses de l'aorteou du canal veineux. 
Pendant un instant on pensa aussi que l'embryon des 

Mammiferes et de l'Oiseau presente dans le jeune age un 
appareil branchial comme en ontles Poissons; car, trompe 
par quelques ressemblances vagues de forme et de posi- 
tion, on prit les premiers vestiges des machoires et de 1'os 

hyoidien pour des arcs branchiaux. 

Un anatomiste dont je me plais a ciler le nom dans 
les occasions frequentes ou j 'ai a parler de ses travaux 
avec eloge, a cru pouvoir aller plus loin encore et assi- 
miler l'organisation des Mollusques a celle de l'oeuf hu- 
main a peine developpe, mais dont la membrane ca- 
duque serait devenue permanente et se serait enquelque 
sorte ossifiee pour constituer la coquille de ces animaux. 
Le meme auteur affirme que le Lombric terrestre considere 
au point de vue anatomique, repete dans ses diverses 
metamorphoses le Polype d'abord , puis le Tenia ; a une 
troisieme periode 1'Helianthoide, et dans une quatrieme 

etderniere, l'Arenicole. Pour ce philosophe, il en serait 
ainsi du Regne animal toutentier, les Invertebres inferieurS 
tie seraient que des embryons permanents des Invertebres 
les plus parfaits ; les uns et les autres auraient leurs re^ 














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CHAPITRE VI. 



99 



presentants dans les organismes des embryons des Verte- 
Preset de l'Homme, dont les formes fugitives et passage- 



s 



r es seraient analogues aux formes arretees et permanente 
des Zoophytes, des Mollusques, ou des Insectes. Enfin, les 
organes des animaux les plus eleves, c'est-a-dire des Mam- 
Kiiferes, revetiraient ensuiteles caraeteres de ceux des Pois- 
sons, des Reptiles et des Oiseaux. En un mot, Torganogenie 
de l'etre le plus parfait serait, d'apres M. Serres, une ana- 
tomie comparee transitoire, comme a son tour Tanatomie 
comparee serait l'etat fixe et permanent de l'organogenie de 
l'homme 5 le regne animal considere dans ses organismes 
He serait done qu'une longue chaine d'embryons jalonnes 
d'espace en espace, et arrivant enfln a rHomme; ou plutot, 
tous les animaux ne seraient en quelque sorte qu'un seul 
et meme animal en voie deformation, dont les diverses 
parties s'arreteraient dans leur developpement, ici plus lot, 
la plus tard, et determineraient ainsi a chaque temps de 
repos le caractere d'une classe, d'une famille ou d'un 

« 

genre. 

On comprend facilement que si cette opinion etait fon- 
dee, les especes innornbrables dont se compose le Regne 
animal, se lieraient reellement entre elles de facon a con- 
stituer une serie lineaire, et que Tidee de la chaine des 

etres deviendrait l'expression d'une grande et belle verite. 
L'unite de plan dans la creation zoologique tout entiere 
serait un fait acquis, et le rang a assignor a chaque ani- 
mal dans ce vaste ensemble nous serait donne par la dale 
dela periode organogenique, qui, dans le developpement 
de l'embryon humain, en representait la structure. 

Lorsque j'etais jeune, seduit par la simplicite et la gran- 
deur decesvues, j'ai, comme beaucoup d'autres, embrasse 
^vecardeur la theorie de la constitution du Regne animal 






































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ZOOLOGIE GENERALE. 



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par l'effet d'une serie d'arrets de developpements ; mais en 
avangant dans la voie de l'observation, je me suis bientot 
apergu que je m'en etais laisse imposer par des ressem- 
blances superficielles et des apparences trompeuses. 

Eneffet, 1' etude approfondie des animaux inferieurs m'a 
bientot convaincu de la faussete de toutes ces comparai- 
sons ; et en portant ensuite mes investigations sur le mode 
de developpementdesorganismes, j'aidu abandonner une 
a une toutes les bases de cette doctrine. 

II nous suffit des notions les plus elementaires d'ana- 
tomie comparee et d'embryologie pour nous convaincre 
qu'un animal superieur ne presente a aucune periode de 

son developpement, r ensemble de caracteres propres aux 
types zoologiques inferieurs 5 que l'Homme, par exemple, 
n'est pas, dans le sein de sa mere, un Mollusque, puis un 
Poisson et un Reptile, avant que deposseder le mode d'or- 
ganisation propre a l'espece humaine. II n'est aujourd'hui 
aucun naturaliste qui songerait a soutenir une opinion 
semblable, et nous n'avons pas a nous y arreter ici. 

Mais alors, quel sens faut-il attacher a cette comparaison 

entre Tensemble des creations zoologiques et la serie des 
modifications que subit l'embryon d'un animal superieur? 
Comment l'espece humaine representerait-elle dans ses 
etats transitoires, les modes d' organisation si varies des 

classes inferieures? 

L'organismed'un animal en voie de" formation offrirait- 
il successivement les caracteres que les zoologistes consi- 
derent comme etant essenliels, dominaleurs dans chacun 
des types dont il serait le representant transitoire , bien 
qu'il n'en revete jamais la forme generate ? 

II suffit encore d'un petit nombre de faits bien connus 
des naturalistes pour prouver que l'embryon d'une espece 












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CHAPITRE VI. 



101 



superieure, en s'arretant dans differentes phases de son 
developpement, ne presenterait jamais le caractere essen- 
tiel d'une classe inferieure quelconque. Un anatomiste ce- 
lebre, dont je regretie de ne pouvoir adopter ici toutes les 
vues ingenieuses, M.Serres, a cite comme offrant un exemple 
remarquable de cette sorte de progression zoologique de 
l'embryon en voie de formation, le Lombric ou Ver de terre, 
qui, d'apres lui, revetirait successivement les caracteres 
anatomiques du Polype, du Tenia et de l'Arenicole avant que 

d'arriver au mode d'organisation qui est propre a son espece. 
Mais rien de semblable n'existe chez le jeune Lombric -Ja- 
mais ilnepossede ni le systeme respiratoire, ni les vaisseaux 
sanguins, ni i'appareil digestif, ni les organes locomoteurs 
d'un Arenicole ; jamais il ne presente un seul des caracte- 
res generiques du Tenia, et a aucune epoque de son exis- 
tence il ne ressemble a un Polype. Je ne comprends meme 
pas ce qui a pu faire naitre Tidee de ce rapprochement. 

II a ete pose en principe, ai-je dit, que les organismes 
inferieurs des Invertebres ont leurs representants dans 
les formes fugitives et passageres de l'embryon humain. 
Mais les resultats de l'observation sont en disaccord fla- 
grant avec cette theorie embryogenique. Ainsi l'animal 
vertebre, en se constituant, ne presente, a aucune periode 
de son existence, le mode de groupement des organes qui 
donne aux Radiaires leur caractere essentiel •, il n'oifre ja- 
mais la segmentation annulaire qui est si remarquable 
chez les animaux articules •, on ne lui reconnait pas da- 
vantage la structure particuliere aux Mollusques. Enlin, 
si ce Vertebre en voie de formation appartient a l'espece 
humaine, il n'offrira jamais les caracteres en verlu dcs- 
queis un poisson est un poisson, un serpent est un reptile 
et une poule est un oiseau. En restreignant memo da- 

9. 






























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ZOOLOGIE GENERALE. 



vantage Ie champ de la comparaison,on n'arrivepas ad'au- 
tres resullals. Ainsi, a aucune periode de sa vie embryon- 
naire, Forganisme de l'homme ne presente les caracteres 
auxquels le zoologiste reconnaitra un animal de l'ordre 
des Rongeurs, un Pachyderme, un Ruminant, ou meme 
un Quadrumane. 

La concordance enlre les types zoologiques inferieurs et- 
la structure primitive et transitoire des animaux les plus 
parfaits n'existe done pas dans la nature. Mais si eette 
comparaison entre Tembryon d'un animal superieur et les 
formes permanentes des especes moins elevees est reconnue- 
fausse en ce qui concerne F ensemble de Forganisme, elle 
pourrait encore etre vraie pour chacun des grands appareils 

consideres isolement. 

En restreignant de la sorte, la theorie de la concor- 
dance des metamorphoses embryogeniques et des types 
zoologiques inferieurs, peut-on dire avec raison : Forgano- 
genie humaine est le tableau mouvant des etats organiques 
que nous offrent d'une maniere permanente les classes 
inferieures du Regne animal? 



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Non. Telle ne me parait pas etre la tendance generate de 
la nature 5 et ce serait. je pense, donner de la structure des 
organes des animaux inferieurs une idee fausse que de la 
representer comme etant semblable a celle des organes 
encore incomplets d'un embryon humain. La puissance 
creatrice peut employer des procedes semblables pourcon- 
stituer deux animaux, dont Tun reste imparfait, tandis que 

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1'autre acquiert une grande superiority physiologique; et 
pour imprimer au premier son cachet propre, elle s'eloi- 
gnera moins deTetat transitoire commun a tous les deux, 




que pour acheverl'organisation du second : celui-ci, a 
d'embryon, sera alors moins different de l'animal infe- 















^3 










CHAP1TRE VI. 



103 



ri eur qu'il ne le serait a l'age adulte 5 et par consequent c'est 
av ec raison que Geoffroy Saint-Hilaire a compare les Pois- 
ons a I'embryon du Mammifere ou de l'Oiseau, lorsqu'ii 
a voulu saisir les analogies dans la composition de la 
c Wpente solide du corps des divers Vertebres. Cette me- 
ttiode a conduit egalement M. Serres a des resultats 

* 

lf iportants pour l'anatomie comparee du cerveau , et 
e ^e est indispensable pour la solution d'une multitude 
^ questions du plus haut interet ; mais une etude atten- 
tive des phenomenes genesiques et de la structure perma- 
n ente des animaux inferieurs fait voir que ce n'est pas un 
s 'niple arret de developpement dans la serie des transfor- 
mations organiques du type zoologique le plus eleve qui 
determine le caractere de chacun des grands appareils chez 
' e s animaux inferieurs. 

* 

Ainsi ie systeme nerveux d'un Vertebre ne presente ja- 
mais le mode d'organisation caracteristique de ce meme 
s ysteme chez un Mollusque ou un Artieule. Chez ces der- 
^ers, les principaux centres medullaires unis entre eux 
Par des commissures et des connectifs plus ou moins longs, 
f °rment, comme on le sait, une sorte de collier autour de 
^'o3sophage et sont situes les uns au-dessus, les autres au- 
^ssous du tube digestif. Chez les Vertebres, au contraire, 
l °us les foyers denervation sont places du cote dorsal de 
c e canal et y constituent l'axe cerebro-spinal. Or, des l'o- 
r 'gine, ce systeme cerebro-spinal occupe dans l'economie 
** place qu'il doit conserver, et il n'a jamais avec l'appa- 
r eil digestif les rapports de position qui existent entre cet 
a Ppareil et l'ensemble des ganglions nerveux du Mollusque 
°u de 1'Articule. Le plan d'apres lequel ces parties sont 
disposees n'est done pas le meme chez le Vertebre et chez 
^Invertebrc ; a cet egard, ainsi que pour l'ensemble de 




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104 



ZOOLOG1E GENERALE. 



son organisation, l'embryon du premier ne represente 
pas d'une maniere transitoire l'etat permanent du second. 
II en est de meme quant a la composition de ce systems 
Les anatomistes ne sont pas d'accord sur la determination 
des parties qui entrent dans la formation de la chaine 
ganglionnaire des Invertebres ; mais quelle que soit 1'hypO" 
these que Ton adopte, on arrive au meme resultat en ce 
qui touche a la theorie de la concordance des formes em- 
bryonnaires et des types zoologiques inferieurs. Eifective- 
ment, pour les uns les ganglions cephaliquesde l'lnsecte se- 
ront 1'analogue ducerveaudel'Homme, et la moelle allon- 
gee decelui-ciaurait pour representantsles ganglions post- 
oesophagiens du premier; or une pareille disjonction des 
elements de Taxe cerebro-spinal n'existe chez le Vertebre a 
aucune periode de la vie embryonnaire, et cet axe offre 
des l'origine une structure qui n'existe dans les ganglions 
d'aucun Invertebre. D'autres anatomistes, adoptant les 
vues ingenieuses de M. Serres, considerent tous ces gan- 
glions de l'lnvertebre comme etant les analogues, non pas 
du cordon cerebro-spinal, mais des ganglions qui se 

voient sur la racine posterieure des nerfs rachidiens & 
Vertebre ; mais s'il en est ainsi, a quelle periode du deve- 
loppement trouverait-on chez ce dernier une disposition 
analogue? quand verrait-on dans l'embryon humain un 
systeme nerveux compose de nerfs rachidiens avec leurs 
ganglions radicaux, et point de cordon rachidien ni d'en- 
cephale ? On sait, au contraire, que chez le Vertebre l'a* e 
cerebro-spinal se montre des les premiers moments du tra- 
vail organique, et tout porte a croire qu'il commence a se 
former avant que l'ensemble des nerfs peripheriqucs ne se 
soit encore constitue. 
Je le repete done : a aucune periode de la vie embrvon- 
















j'j-_ 



P^^^P^iH^^Vi^V^Vi^H^^^^ps^M^^^^V 





■ 













CHAPITRE VI. 



105 



n ^ire le systeme nerveux du Vertebre ne presenle les ca- 
ra cteres essentiels du systeme nerveux du Moll usque ou 
"^ l'Articule, et ne peut etre considere comme en offrant 
tr ansitoirement la disposition. 

L'encephale d'un Mammifere ne passe pas davantage 
P a r l'etat caracterislique du cerveau d'un Poisson ou d'un 
0j seau. En effet, chez l'embryon des Mammiferes on ne 
v °it jamais aucune trace de ces lobes inferieurs qui sont 
s * remarquables chez le Poisson et chez les Batraciens ; et 
^ncephale de ces Vertebres superieurs, longtemps avant 
lue de rappeler vaguement la forme generate d'un cer- 
v eau d'oiseau adulte, possede deja un corps calleux et 
Quires parties dont l'encephale del'oiseau sera toujour 

PHve. 

II est egalement facile de montrer que le squeletle en se 
c °Ostituant chez un animal superieur ne presente pas 

•1'une maniere transitoire la disposition anatomique qui 
°aracterise la charpente solide dans les classes inferieures 
^ Regne animal. En effet, chez le Vertebre cet appareil, au 
foment de sa premiere apparition, de meme que pendant 
tout le reste de la vie, est radicalement different du sque- 
' e Ue legumentaire d'un Articule ou de la coquille d'un 
^ollusque-, le test corneou calcaire d'un Insecte ou d'un 
Eustace, ainsi que la coquille du Mollusque est une de- 
tendance de la peau et ne peut etre considere que comme 
Analogic de la tunique epidermique des vertebres ; tandis 
que le squelette de ces derniers, loge profondement dans 
1 economie et n'ayant aucune relation avec la peau, est 
c °mpose de parties dont on ne voit point de traces chez 
le s animaux inferieurs. Or il n'existe a cet egard aucune 
difference entre l'emhryon et l'animal adulte. J'ajouterai 
a ussi quele squelette de l'embryon humain,quoique com- 






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1 



















106 



ZOOLOGIE GENERALE. 



pose de pieces osseuses distinctes qui doivent bient6t se 
confondre plus ou moins completement et qui restent tou- 
jours separees Chez quelques Vertebres inferieurs, n'est 
jamais semblable au squelette d'un Poisson, d'un Reptile 
ou d'un Oiseau ; aux yeux de l'anatoraiste observateur H 
n'en sera jamais 1' equivalent. 

Serait-il plus vrai de dire que 1'appareil circulatoire en 
se constituant dans l'embryon des animaux les plus par- 
faits passe par tous les etats que ce meme systeme nous 
presente d'une maniere permanente dans les types zoologi- 
ques inferieurs ?Non, pas davantage. Dans l'embryon hu- 
main, par exemple, la circulation ne se fait jamais comme 
cbez un Insecte, un Crustace, ou un Mollusque; les orga- 
nes affectes a cette fonction ne presentent pas l'ensemble 
de caracteres propres a 1'appareil circulatoire des Poissons, 
et a aucune periode du developpement ils ne peuvent etre 
confondusfavec leurs analogues chez un Reptile quelconque. 

L'appareil respiratoire d'un Mammifere se constitue 
^galement sans passer par les dispositions variees que nous 
offrent les organes dont les usages sont les memes chez les 
divers animaux inferieurs. M. Serres pense que les bran- 

chies dorsales des Tritonies et des bolides, les branchies 
laterales des Patelles et des Oscabrions, enfln la chambre 
respiratoire creusee dans le manteau de la plupart des 
Gasteropodes, ne sont que des degres varies des vaisseau^ 
omphalo-mesenteriques , des villosites du chorion deS 
Mammiferes et de l'allanto'ide des Yertebres superieurs. J'a- 
voue qu'il m'est impossible de deviner sur quoi repose 
cette opinion, et je crois meme qu'il serait inutile de la 
discuter ici; car lors meme qu'elle reunirait en sa faveuf 
assez de faits pour etre adoptee par quelques zoologistes? 
clle ne saurait les conduire a voir dans 1'organisme nais- 








b-^a , ; 





CHAPITRE VI. 



107 



SQ nt du Mammiferc ou dc FOiseau les rcpresentants du 
s ysteme tracheen d'un Inseete ou d'un Myriapode, par 

temple, ni meme les branchiesd'unPoisson; et par conse- 
quent, en ce qui concerne les instruments de la respiration, 
^ resterait toujours demontre que Porganogenie des ani- 
'fiaux superieurs n'offre pas une representation fugaee des 



struct 



ures demeurees permanentes dans les rangs infe 



ri eurs du Regne animal. 

Les organes secreteurs et l'appareil de la reproduction 
s ont dans le meme cas. En un mot, quel que soit le systems 
^organes dont on etudie les metamorphoses chez l'em- 
bryon d'un animal superieur, on n'y retrouve jamais le ta- 
bleau mobile des formes qui sont fixes et permanentes 
<tans les divers types zoologiques dont le rang est moins 
sieve. On voit que la tendance generate de la nature n'est 
Pas de se servir des modes de structure propre a ces types 
toferieurs comme d'autant de preliminaires dans le tra- 
vail constitutif des organismes plus parfaits ; souvent elle 
*ttet en usage des procedes analogues pour obtenir des 
^ateriaux anatomiques dont Tessence et les formes defi- 
Wtives doivent etre tres-differentes, mais il est bien evi- 
dent qu'elle ne se borne pas a avancer de plus en plus vers 
la perfection en suivant un seul et meme plan. 

L'hypothese d'un simple arret de developpement dans la 
s 6rie des changements quesubissent les organes en voie de 
formation chez les animaux les plus eleves , ne suffit 
tfonc pas pour nous rendre compte des modifications sans 
Sombre dont l'anatomie comparee nous revele Texistence 
^ans les parties correspondantes de l'economie animate 

c hez les animaux inferieurs. 

La doctrine de la concordance des formes embryonnai- 
r ^s des animaux superieurs ct des formes definitives des 



















i 





















i 










^ 



108 



ZOOLOG1E GENJ^RALE, 



especes inferieures ne saurait clone etre admise, ni po° r 
l'ensemble de Torganisme, ni pour les traits distinctifs o u 
caracteres dits dominateurs, ni pour les grands apparel 
considered isolement. 

Les etudes embryologiques, loin de fournir, corrime ° n 
l'avait espere, une demonstration de l'unite de plan daflS 
leRegne animal tout entier, et de rendre palpable Tenchai" 
nement de tous les etres animes en une longue serie H" 
neaire qui s'etendrait depuis la monade jusqu'a l'Hom^ 6 ' 
conduisent raeme au resultat le plus oppose. Elles no^ s 
montrentladiversitedestypesfondamentauxdes le debut d 6 
lavieembryonnaireet nous apprennent, mieux quene satf' 
rait le faire Fanatomie comparee ordinaire, combien l eS 
plans d'organisation employes clans la constitution du R^ 
gne animal, different entre eux par leurs lineaments g&" 
neraux aussi bien que par les details de leur mise e° 



oeuvre. 

Ainsi non-seulement la structure d'un Vertebre adult 6 
n'est pas reductible au plan anatomique d'un Mollusc^ 6 
ou (Tun Articule, et Vembryon du premier ne represent 
jamais (Tune maniere transitoire le mode d'organisatio* 1 
permanent chez ces derniers ; mais Tunite de type n'exis^ 
pas meme chez les embryons de ces animaux compart 
entre eux a une periode quelconque de leur develop? 6 ' 
ment. Des qu'un Vertebre commence a se constituer ll 
porte en lui le cachet de son embranchement et diffe^ 

essentiellement de tout animal invertebre, soit adulte, ^ 
embryonnaire. 

En effet, lorsque la matiere plastique qui doit constitu er 

un Mammifere, un Oiseau, un Reptile ou tin Poisson, lai^ e 

apercevoir les premiers resultats du travail organogel" 

quesdontelle est le siege, une ligne longiludinale se ctes* 



u 






CHAP1TRE VI. 



109 



sine sur le blastodcrme ct marque la place du futur axe 
cerebro-spinal. Chez I'erabryon d'un Mollusque, d'un Arti- 

* 

cule ou d'un Ver, cetle ligne rachidienne ne se monlre pas - 
et la raison de cettc difference primordiale est facile a 
comprendre, puisque I'analogue de l'axe cerebro-spinal du 
Vertebre ne doit jamais exisler ehez un animal invertebre. 

La portion de 1'organisme qui se conslitue en premier 
chez les animaux de l'embranchement superieur est done 
precisement une partic qui manque loujours dans la struc- 
ture de rinvertebre-, et cette partic primordiale de 1'animal 
vertebre est, sans contredit, un des elements les plus im- 
portants de son economic, un des trails les plus caractc- 
ristiques de son mode de constitution. 

Toutes les observations s'accordent a montrer que Ic 
jeune embryon de ertebre, en se Vdeveloppant davantage, 
acquiert bienlOl les premiers elements d'un autre systeme 
organique dont les animaux inferieurs sont loujours pri- 
ves*, car a peine la ligne rachidienne est-elle devenue un 
sillon ou un canal, qu'on voitse former de chaque c6te lc 
long de ses bords une serie de pieces solides destinces a 
composer les vertebres. 

II est egalement a noter que les rapports du petit etre 
en voie de formation avec la masse vitelline dont il doit 
tirer ses materiaux constilutifs sont differents chez le Ver- 
tebre et chez les animaux inferieurs. L'ernbryon du pre- 
mier est en relation avec le vitellus par la face ventrale de 
son corps, et les connexions entre ces parties n'occupent 
que la region abdominale. Una disposition semblable n'a 
ete observce chez aucun Invertebre. Chez les Articules, lc 
jeune embryon repose sur la masse vitelline par la faee 
dorsale de son corps, e'est-a-dire par le cote ou se trouve 
le centre nerveux principal, celui que Ton compare d'ordi- 
























i. 



10 



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J- 





















1 JO 



ZOOLOGIE GENERALE. 






Quelqi 



tomistes ont cru pouvoir expliquer cette difference primor- 
dial en supposant que l'articule etait un Vertebre renverse 
sur le dos. Mais cette hypothese ne suffit pas pour rame- 
Her l'organisation de ces deux types a un meme plan. En 
diet, les rapports de position deviendraient ainsi les me- 
mesentrele vitellus, le canal digestif et les ganglions tho- 
raciques de l'Articule d'une part et le vitellus, l'intestin et 
la moelle epiniere du Vertebre d'autre part ; mais tandis 
que les centres nerveux cephaliques de ce dernier sont si- 
tues du meme cote du tube digestif que la moelle epiniere, 
les ganglions cerebroldcs de l'Articule se trouvent du cote 
oppose, c'est-a-dire entrc le vitellus et le canal alimen- 
taire. Le principe de Tinvariabilite des connexions orga- 
niques sur lequel on aurait a s'appuyer pour etablir des 
analogies enlre les diverses parlies du corps d'un Vertebre 
marchant sur le ventre et d'un Invertebre.marehant sur le 
dos, viendrait done a fairedefaut en ce qui touche aux sys- 
teines les plus importants de l'organisme, et cela des le 
debut du travail genesique ; car, si Ton represente par les 
lettres A, B, C le cerveau et ses dependances, le tube di- 
gestif et le vitellus, on voit que dans 1'oeuf du Vertebre 
la position relative de ces parties est indiquee par Tordre 
de succession de ces lettres elles-memes, tandis que chez 
l'embryon de l'Articule on aurait la serie A, C, B. 

Chez les Mollusques la separation entre le vitellus et les 
parties permanentes de l'organisme du jeune embryon est 
en general beaucoup moins complete^ mais toutes les fois 
qu'elle devientmanisfeste, elle presente des caracteres par- 



ticuliers et ne se laisse ramener m a l'un ni a 1'autre des 
types dont il vient d'etre question. Ainsi, chez lesCephalo- 
podes 0(1 la distinction entre le corps de l'embryon en voie 






1 













- 







CHAPITRE VI. 



1 J 1 



- 

de formation el la masse vitelline est aussi trancbee que 
chez lesOiseaux oli les Reptiles, on voit que cen'est ni par 
te dos ni par la face inferieure de l'abdomen que ces parties 
sont en connexion , mais bien par la region baccale ou 

pharyngienne du jeune Mollusque. 

L'etat primilif de l'embryon d'un Mammifere ou d'un 
Oiseau, d'unCephalopode et d'unCrustaee oud'un Insecte, 
est tout aussi different que le sera plus tard le mode d'orga- 
nisation definitifdeces animaux. L'embryologie, de meme 
que ranatomie comparee, nous conduit par consequent a 
admettre qu'il n'y a pas unite de plan dans la constitution 
de tous les animaux, et que la nature a cree ces etres d'a- 
pres plusieurs types fondamentaux bien distincts. 

Dans l'etat actuel de la science il serait peut-etre prema- 
ture de vouloir determiner le nombre de ces types primi- 
tifs. II est cependant facile de se convaincre que la nature a 
6te fort sobre dans I'emploi de ce moyen extreme de diver- 
sification; et ici encore, les donnees fournies par Tembryo- 
logie s'aecordent pleinement avec les resultats fondes sur 
l'etude anatomique des animaux adultes. 

Ainsi, en prenant pour guide ranatomie compareeseu- 
lement, Cuvier avait reconnu que tous les Mammiferes, les 
Oiseaux, les Reptiles et les Poissons sontconstituesd'apres 
unmemeplan general, quelesmodificationsde structure qui 
s'y rencontrentsont meme legeres, et que les differences a 
raison desquelles le zoologiste divise ces animaux en clas- 
ses et en families distincles, ne dependent que du deve- 
loppement ou de Faddition de quelques parlies qui ne 
changent rien a l'essencc du plan fondamenlal (1). Les 
travaux importants de Geoffroy Saint-Hilaire sont venus 



(1) Regne animal, !*• edition (1817), t. I, p. 57. 























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112 



ZOOLOGIE GltNKRALE. 






sonfirmer- et elendre celte verile, car ils ont fait voir que, 
dans tout 1'embranchement des vertebres, l'uniformile de 
composition est beaucoup plus grande qu'on ne l'avait 
pense. 

■ 

Enfin les observations de tous les embryologistes de nos 
jours nous apprennent qu'effeclivement c'est pourainsi 
dire d'une meme ebauche organique que la nature tire tour 
a tour un Mammifere, un Oiseau, un Reptile ou un Pois- 
son ; car dans les premiers temps de leur existence tous 
ces etres se ressemblent si completement qu'on ne saurait 
deviner a quelle classe ils doivent appartenir. L'embryon 
du Vertebre qui commence a se developper porte deja, 
comme nous l'avons vu, le caractere de son embranchV 
ment, et ne saurait etre assimile ni a un Zoophyte, ni a un 
Mollusque, ni a un Articule 5 mais il ne presente encore 
aucun des caracteres en vertu desqueis il sera un Mammi- 
fere plut6t qu'un Oiseau ou un Reptile, ou un Poisson. Sa 
forme est d'abord une forme commune a tous ces ani- 
maux, c'est un Vertebre et un Vertebre seulement; mais 
par les progres du travail embryogeniquc, celte uniformite 

de composition diminuera de plus en plus entre les divers 
animaux qui derivent ainsi d'un type commun ; le fond 
reslera le meme a certains egards, mais des differences 
organiques d'une grande importance viendront bientot se- 
parer le Poisson du Mammifere ou de I'Oiseau; puis 
d'autres differences, moins profondes, s'etabliront entre 
diverses especes d'une meme classe ou d'une meme fa- 
mine. 

L'embryon d'un Crustace, d'un Insecte, d'un Arachnide 
d'un Myriapode, ou meme d'un Annelide, offre dans le 
premiers temps de son existence un mode d'organisation 
qui ne saurail etre confondu avec la structure d'un Ver- 



1 
s 




\ ^* V 




'v.. 








CHAPITRK VI. H3 

tcbre naissant, mais qui est commun a lous les-articules- 
J es caracteres les plus saillants de l'embranchement dcs 
Anneles s'y dessinent de bonne heure, et ne permettent pas 
( 1e le confondre avec un embryon de MoUusque ; c'est 
plus lard que les caracteres de classes se rnanifestent, et, 
par consequent, il semblerait aussi que tous ces animaux 
»e sontque des derives d'un meme type fondamental. 

Nos connaissances relatives a l'embryologie des Mol- 
lusques et des Zoophytes sont encore trop incompletes 
Pour qu'il soit possible de demontrer de la meme maniere 
'a parente reelle des animaux dont se composent Tun et 
1'autre de ces groupes zoologiques ; et peut-etre arrivera- 
t-on a trouver que les Cephalopodes ne derivent pas du 
meme type fondamental que les Gasteropodes et surtout 
les Ascidies ; peut-etre aussi verra-t-on que les infusoires 
proprement dits et que les spongiaires ne sont dans Fori- 
gine comparables ni a l'embryon naissant d'un Mollusque, 
ni a un Zoophyte en voie de formation. S'il en etait ainsi, 
on serait conduit a reconnaitre un plus grand nombre de 
types ou formes zoologiques essentiels que Cuvier n'en 
avait etabli d'apres des considerations purement anato- 
miques. Mais dans l'etat actuel de la science, cette diversite 
primordiale est loin d'etre demontree, et, par consequent, 
nous ne devons pas l'admettre 5 car, ainsi que nous l'a- 
vons repete plus d'une fois, Tune des tendances les plus 
constantes de la nature consiste a economiser les moyens 
qu'elle met en ceuvre pour obtenir des resultats varies, et, 
Par consequent, nous devons croire a I'emploi d'un meme 
Plan organique partout ou l'existence d'un plan nouveau 
n'est pas manifeste. 

L'embryologie nous montre done toutes les especes ani- 
mates enmme se prodnisant a l'aide de l'nn des orga- 

10. 






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vs 



























114 






ZOOLOGIE G^NERALE. 



nismes rudimentaires dont l'embryon naissant du Verle- 
bre, de l'lnseete, du Mollusque ou du Polype nous offre 
l'exemple; mais elle nous enseigne aussi que chacun de 
ces types primordiaux peut se developper de plusieurs ma- 
nieres dilferentes, et que dans le mode d'emploi de ce 
fonds commun pourchaque embranchement zoologique te 
nature peut adopter des plans secondares bien distincts. 

Ainsi l'embryon du Mamrnifere qui, dans le principe? 
ne differait pas de l'embryon de tout autre Verlebre, eesse 
bientot de ressembler au Poisson ou au Balracien en voie 
de formation. La route genesique qui etait d'abord, unique 
pour tout rembranchement, se bifurque en quelque sortc 
pour conduire d'un cote a la creation d'un Poisson ou d'un 
Batracien,de Tautre a la production d'un Reptile, d'un Oi~ 
seau ou d'un Mamrnifere. Des lors, le plan d'apres lequel 
se construit un Poisson et un Mamrnifere, tout en conser- 
vant une meme disposition generate, se modifie diverse- 
merit pour chacun de ces animaux, et on voit deriver du 
type primitif du Verlebre deux types second aires d'apres 
lesquels seront construils, d'une part le Poisson et l e 
Balracien, d'aulre part les Reptiles. les Oiseaux et les Main- 
miferes. Puis la voie genesique dans laquelle s'engagent P 



la Ibis tous les Vertebres des trois classes superieures sc 
bifurque a son tour, et Tune de ses divisions est suivie paf 
les Reptiles et les Oiseaux, tandis que Tautre n'admet que 
des Mam mi feres. La premiere de ces bifurcations corres- 
pond a ['instant oil l'organisme naissant produit la tu* 
nique amniotiqueet Fallantokle cbez les Vertebres suptf" 
rieurs, et poursuit son developpement chez le Poisson et 
le Batracien sans etre le siege d'aucun travail organog^ 
nique scmblable;, la seconde est marquee d'abord par l a 
formation des villosites du chorion, mais se caracteris^ 




1 t 





1 








CHAPITRE VI. 



115 



d'un 



mieux encore par I'apparition des parties de l'encephale 
dont les Mammiferes sont pourvus, et dont les Oiseaux, 
aiosi que les Reptiles, sont toujours prives. 

Independamment des divers plans fondamentaux bien 
disiincts que la nature met en oBuvre pour conslituer le 
fegne animal, il cxiste done, un certain nombre de types 
secondares, et il ne serait pas plus vrai de dire que le 
Mammifere, par exeraple,est un Poisson perfectionnequ'il 
ne serait exact de representer le Vertebre comme une con- 
sequence du perfectionnement d'un Mollusque ou 
Annele. Le Mammifere et le Poisson sont tires d'un type 
primordial common; mais, lorsqne l'organisme, conforme 
d'apres ce type general, est pret a prendre un cacbet par- 
ticulier, il n'est encore caracterise ni comme Poisson ni 
comme' Mammifere 5 et quand il revet l'une de ces formes 
secondares, il ne passe jamais a l'autre par les progres 
de son developpement. 

La multiplicite des types zoologiques, soit primordiaux, 
soit secondaires, me semble done un resultat acquis a la 
science-, et aujourd'hui, moins que jamais, il ne serait 
permis de considerer le regno animal tout entier comme 
represente par le developpement d'unseulet meme animal 
dont le travail organogenique s'arrelerait a des periodes 
diverses de la vie embryonnaire. Quel que soit le point de 
vue auquel on se place pour etudier cette question, on voit 
que 1' ensemble des animaux ne forme pas une serie li- 
neaire defendant depuis la monade ou 1'eponge jusqu'a 
l'homme, et que les metamorphoses des organismes supe- 
rieurs en voie de formation ne represented pas davantage 
les divers chainons de cette serie imaginaire. 






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CHAPITRE VII 



^ommaire. —Influence de la tendance k l'economie sur les modifica- 
tions iniroduiies dans la constitution des especes derivees des di- 
vers types essenliels. — Termes correspondants dans les series 
differentes. — Differences zoologiques, produites par l'adaptation 
de certains derives de chaque type a des conditions d'existence 
variees. — Differences produites par imitation d'un type etranger; 
transitions zoologiques. 



Nous avons vu, dans les chapitres precedents, que la na- 
ture, en creant le regne animal, ne s'est bornee ni a 
mettre en oeuvre un plan unique qu'elle executerait avec 
des degres de perfection differents, ni a se copier dans les 
formes preparatoires qu'elle imprime aux organismes en 
voie de formation. Elle a construit, avons-nous dit, les 
etres animes en obeissanl a des inspirations differentes, et 
a faitderiver les especes zoologiques d'un certain nombre 
de types bien distincts. Mais a c6te de la concession ainsi 
faile au besoin de variete qui semble exercer une in- 
fluence si puissante sur la creation tout entiere, nous 
Voyons encore les effets de cette tendance a Veconomie dont 
1'etude du perfectionnement pbysiologique nous avait deja 

fourni tant de preuves. 

Effectivement, dans chacun des groupes d'especes nees 
de J'emploi d'un plan de structure speciale, nous voyons 






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V 
















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118 



ZOOLOGIE GENKRALE. 




les produits se diversifier par le passage de l'organisation 
du simple au compose ; les animaux derives d'un meme 
type sont perfectionnes a des degres inegaux; et partout 
ceperfeclionnements'obtienta 1'aidede moyens analogues. 
La division du travail pbysiologique se prononce de pl L,s 
en plus a mesure que la nature tire d'un meme fonds des 
resultats plus eleves, et les procedes par lesquels 1'orga* 
nisme s'enricbit d'instruments speciaux sont partout les 
memes, quel que soit le plan architectural qu'il s'agisse de 
developper : toujours c'est d'abord la simple adaptation 
de parties preexistantes, mais primitivement affectees en 
commun aplusieurs fonctions differentes; puis l'adjonction 
d'instruments de creation nouvelle. 

Ainsi, ce n'est pas seulement dans 1'ensemble du regne 
animal que Ton rencontre ces grandes inegalites dans l a 
puissance et la perfection de la machine vivanle dont les 
exemples sont familiers a tous les esprits, mais encore 

entre les divers produits derives de chacun des types 
fondamentaux. 

Dans tous ces groupes, nous voyons un meme mode de 
structure generale se preter a une multitude de degres, 
soit de complication, soit de simplicite: et il en resulte 
1'existence d'autant de series parliculieres formees par les 
divers termes de cetteprogression organique. Parmi les Ver- 
tebras, par exemple, les Poissons sont pour la plupart infe- 
rieurs aux Reptiles, les Reptiles aux Oiseaux, etles Oiseau* 
auxMammiferes. Les Cephalopodes sont les plus eleves de 
tous les Mollusqnes;.les Gasteropodes occupent le second 
rang ; puis viennent les Acephales ■ les Tuniciers se placent 
plus bas encore; et c'est chez les Bryozoaires que le mode 
d'organisalion propre a tous ces etres est le plus degrade. 
Les animaux anneles oitVent une suite de modifications 













' 






CHAPiTRE VII. 



119 



? 



Rogues depuis I'lnsectej usqu'aux Vers inlestinauxles plus 
Atopies, etdans 1'embrarichement des Zoophytes on voit 
^ 0r ganisme se perfectionnerdeplus en plus lorqu'on passe 
^ Polypes aux Acalephes et de ces demurs aux Echino- 
^rmes. Mais ces differentes series ne peuvent se coor- 
^°nner entre elles de facon a constituer une ligne continue 
° u rneme une chaine dont les anneaux seraient plus ou 
^oins disfanls j car, dans chacune d'elles, la degradation 
8 ^tend bien au dela des lirnites superieures de la serie 
?Ue Ton voudrait considerer com me venant a sa suite. 
^insi les Mollusques les pi us parfaits sont biensuperieurs 
a Ux derniers Vertebres, et les Mollusques les plus simples 
^°nt a leur tour beaucoup inferieurs a une foule de Zoo- 
phytes. Ce que nous venons de dire touchant les Mollus- 
cs est egalement vrai pour les animaux anneles; et 
dquefois memo on ne decouvre aucune raison plausible 
Pour dormer a une de ces grandes series la preeminence 
Su r une autre. Letype zoophyte, il est vrai, ne semble pas 
e °mpatible avec un perfectionnement tres-considerable de 
^rganisme, et le type vertebre, qui se prele au develop- 
Anient le plus admirable de la puissance creative, n'ad- 

^et pas une degradation comparable a la simplification 
^i peut s'operer dans la structure des Mollusques ou des 
Ancles • mais les derives de ces deux derniers types s'ele- 
Ve ttt aussi haut et descendent aussi bas les uns que les 

^Utres. 

H est egalement facile de s'assurer c[ue les tendances au 
^rfectionnement inegal, dont il vient d'etre question ctiez 
le s derives secondaires de chacun des types fondamentaux 
,] c l'a nimalite,existen t de meme parmi les for mes organiques 
'lui, a leur tour, derivent de ces types secondaires, etquc 
le s series partielles, ainsi produites, ne se placent pas 






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V 






I 















J 20 



ZOOLOGIE GENERALE. 



d'ordinaire boat a bout, maischevauchent, pour ainsi dire, 
les unes sur tesaulres, quel quesoit craillenrs le paralle" 
lisme ou la divergence de leur direction generate. 

Un autre resultat de la double influence que sembleflt 
avoir exercee sur la creation zoologique le principe d'eco- 
nomie et la loi de diversity consiste dans rappropriali° n 
de chaque type a Texistence des especes dans une certain 6 
serie de conditions differentes.. 

Ainsi, dans chacun des principaux groupes formes p ar 
les derives d'un type fondamental particulier, on voit un 
meme plan general de ['organisation se modifier po lir 
constituer, d'unepart, des animaux aquatiques, et, d'autr fi 
part, des etres aptes a vivre sur la terre. Les Insectes, p ar 
exemple, sont, pour la plupart, destines a une vie touW 
aerienne; mais quelques-uns de ces animaux passent la to- 
tality ou du moins la plus grande partie de leur existent 
dans l'eau ; et pour ereer ces especes aquatiques, la naW e 
s'est bornee a modifier legerement la structure propre aa* 
especes terrestres. Dans la classe des Crustacea c'est l'i 11 ' 
verse; la vie aquatique est le mode d'existence ordinaire 5 
mais dans ccrtaines especes le type organique commun s e 
plie aux besoms de la vie aerienne. Les Mollusques, l cS 
Poissons et les Mammiferes memes, nous offrent d eS 
exemples analogues. Et d'ailleurs, ce n'est pas sculemen 1 
de la sorte que les animaux constitues d'apres un me& e 
plan fondamental peuvent etre modifies pour appropri el * 
leur organisation a des conditions d'existence diffarentes- 
Dans les groupes d'animaux ou la nature semble avoir & 
ployetoutes ses ressources creatrices, nous vovons toujoo' 



■s 



le meme type s'appropricr a des regimes varies et a d p? 
modes de locomotion differents. Des animaux conform* 5 * 
d'apres le meme type essentiel sont destines les uns a 



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CHAPITRE VII. 



121 



nourrir dc matieres liquides seulemcnt, Ics aulres a intro- 
duce dans leur corps des substances solides; les uns sont 
carnassiers, les autres ne font usage que d'alimenls vege- 
taux; les uns se trainent lentement sur la surface du sol, 
les aulres sautent ou grimpent avec agilite, et souvent il 
en est d'autres encore qui peuvent meme sc soutenir dans 
l'almosphere par les mouvemenls du vol. 

Les procedes employes par la nature pour approprier 
ainsi l'organisation des animaux a des genres de vie fort 



differents, sontd'ailleurs les memes que les moyens mis en 
usage pour le perfectionnement de ccs etres. G'est d'abord 
en imprimant quelques modifications legeres aux parties 
deja exislantes dans le type general, puis en transformant 
plus completement ces parties, qu'elle adapte la structure 
des derives de ce type a des conditions d'existence nou- 
velles; et elle ne semble avoir recours a des creations or- 
ganiques speciales que lorsque les moyens plus econo- 
iniques ne repondent plus a scs besoins. 

Ainsi, pour donner a tin Poisson la facultc de respirer 
dans Fair aussi bien que dans l'eau, la nature ne cree point 
un appareil pulmonaire special 5 elle sc contente de dis- 
positions propres a prevenir la dessiccation des branchies 
et a assurer le jeu de ces organes lorsque l'animal sortira 

de l'eau el restera quelque temps a terre. Mais la respira- 
tion effectuee de la sorte ne peut etre que tres-bornee; et 
lorsque le caractere terrestre se prononce davantage,commc 
ccla a lieu chez les Batraciens et cbez tous les Vertebres 
1 superieurs, l'organisation s'enrichit d'un instrument 
nouveau, dans la constitution duquel tout a ete combine 
pour satisfaire aux besoins d'une vie aerienne. 

de l'lnsecte suceur au 
regime que cet animal doit avoir, la nature ne cree pas a 



Pour approprier l'organisation 



1. 



11 












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- 






































I 












122 






/ 



























ZOOLOGIE GENERALE 



son usage des parties nouvelles, mais se sert des ma- 
choires ou des levres dont l'appareil masticateur des In- 
sectesordinaires est garni, eten constitue ici une trompe, 
la un siphon. Veut-elle faconner diverses espeees deri- 
vees d'un meme type pour se mouvoir dans des mi- 
lieux different, elle fournit aux uns des pattes, a d'au- 
tres des nageoires, et a d'autres encore des ailes. Mais en 
general ce sont les mSmes parties qui servent a former 
tous ees organes, et e'est par de simples transformations 
de parties communes que ces organismes s'adaptent a ces 
conditions d'existences variees. Dans l'aile de la Chauve- 
Souris, la nageoire pectorale de la Baleine, et la patte du 
Chien, l'espece de beche donneea la Taupe pour creuser Ic 
sol, et la main a I'aidedelaquelle le Singe grimpea lacime 
des arbres, 1'anatomiste retrouve les memes materiaux, et 
voitque ces materiaux sont disposes suivant le meme plan 
general : ilsne different un peu que par leur forme ou leur 
grandeur. II en est encore a peu pres de meme pour l'aile de 
l'Oiseau ou la nageoire d'un Poisson comparee a la patte 
d'un Lezard $ ou encore de la nageoire d'un Crabe pelagi- 

que par rapport a la patte d'un Crabe de terre ou a l'espece 
de grappin dont se serveat lesCaliges et les autresCrustaces 
parasites, pour se fixer sur leur proie. Quelquefois ces 
moyens paraissent etreinsuffisants, et la nature ajoute, de 
prime-abord, a 1'organisme un instrument de creation nou- 
velle: les ailes de l'insecte^parexemple "; "mals, je le repete, 
elle ne semble se decider que rarement a entrer dans celte 
voie avant que d'avoir tire tout le service possible des 
materiaux organiques qu'elle possede deja. 

Ainsi, soit par de simples transformations, soit par les 
adjonctions nouvelles, la nature varie les espeees derivees 
d'un meme type de facon a approprier leur organisme a 














CHAPITRE VII. 123 

des conditions d'existence dissemblables. Mais lors meme 
qu'elle se montre ainsi le plus feconde en produits varies, 
on la voit loujours obeir a ces principes d'economie dont 
il a deja ete si souvent question dans ce livre. En effet, 
1*011 observe !es mfimes changements de destination parmi 
les especes derivees de types essentiellement distincts-, et 
il est facile de s'assurer que c'est d'ordinaire en impri- 
mant a Forganisme des modifications analogues que les 
animaux conformes d'ailleurs sur des plans differents 
sont appropries a un meme genre d'existence. Les Crus- 
taces, parexemple, lorqu'ils doivent vivre en parasites sur 
d'autres animaux dont iis pompent les sues nourriciers, 
presentent, dans la disposition de 1'appareil buccal, des 






modifications eniierement comparables aux changements 
que les organes masticateurs des Insectes broyeurs offrent 
chez les Insectes suceurs; et il en est encore de meme 
pour les Arachnides parasites. C'est par des transforma- 
tions analogues que la nageoire d'un Poisson et la patte 
d'un Reptile ou d'un Mammifere devient un instru- 
ment de vol pour la- Cbauve-Souris , le Pterodactyle, 
ou le Dactyloptere. Et, pour prendre nos exemples 
dans des cmbranchements differents, je rappcllerai que la 
disposition particuliere de Tappareil branchial qui permet 
a certains Crabes de vivre a terre se retrouve aussi chez 
des Poissons- qui, tout en etant constitute, com me les 
Crustaces ordinaires, d'apres un type d* animal essentielle- 
ment aqualique, sont doues de la faculte de vivre hors de 
l'eau pendant un temps considerable. 

Je rappellerai egalement que chez les Marsupiauxet les 
Mammiferes ordinaires, on voit une serie de modifications 
analogues amener I'appropriation de Tun et l'autre de ces 
types au regime caraassier, au regime insectivore et au 









: 




































w ^m 







124 



ZOOLOGIE GtiNtiRALE 













































regime herbivore, ou bien encore donner naissance dans 
chacun de ces groupes a des animaux coureurs, sauteurs 
et grimpenrs. 

11 en resulte que, tant sous le rapport du perfection- 
nement physiologique des etres que de r adaptation des 
organismes a des conditions d'existence variees, on re- 
trouve dans les divers groupes zoologiques une tendance 
plus ou moins marquee a la repetition des memes dispo- 
sitions-, et que, de la sorte, ilpeuty avoir dans des series 
differentes un certain nombre de termes correspondants. 

Ainsi, supposons que lc type A, par exemple, soil mo-* 
difie de maniere a donner naissance aux especes A a , A ? 
A c , A d , etc. : le type B pourra etre affecte de la meme ma- 
niere, et le type G pourra revelir aussi des formes ana- 
logues, de sorte qu'a cole de la serie 



on aura. 



A a , A b , A c , A d , 
B\ B b , B c , B 1 , 

C\ C b , C c , C l , etc 



On trouve dans les ecrils de Macleay et de Swainson quel" 
ques indications de celte tendance de la nature a intro- 

■ 

duire dans divers groupes zoologiques les memes elements 
modificateurs. Cuvier a signale aussi des exemples rema*^ 
quables de concordances clans les variations de structure 
qui se rencontrent parmi les especes appartenant a detf* 
grancles families d'une meme classe. Mais e'est ML Isidore 
Geoffroy Saint-Hilaire, le fils du celebre auteur de la Phfc 
losophie anatomi que, qui, plusque tout autre, a contribute a 
fixer Tattention des naturalistes sur l'existence de ces 
termes correspondants dans les series zoologiques plus on 
moins paralleles formees par les especes derivees d'ufl 



55«^ I 





3s. - 



^■_ i 







CHAPITRE VII. 



125 



memo type fundamental, quoiquc separces entre olios par 
des caracteres accessoires. 
Ces ressemblances secondares, que i ? on designe sous le 

nom $ analogies, sonl quelquefois si frappantes, qu'elles 
masquent, pour ainsi dire, los differences essentielles, et 
font perdre de vue les ressemblances fondarnentales ou 
affinites natarelles qu'ont entre eux les derives d'un meme 

type zoologique. 

Les Cirripedes nous en off rent un exemple remarquable. 
Les Balanes et les Anatifes out le corps protege par des 
lames calcaires dont la disposition ressemble beaucoup a 
cello des coquilles bivalves-, aussi, pendant longtemps 

a-t-on considere cos animaux comme etant des MoIIus- 
ques. Mais on sait aujourd'hui, par les observations de 



Thompson, de Burmeister et de quelques a litres natura- 
listes, que les Cirripedes sonl, au fond, de veritables Crus- 
taces; seulemenl, au lieu de se dcvelopper pour la vie 
erranle, comme la plupart des especes de cette classe, on 
pour la vie parasite, comme le font les Lernees, ils se mo- 
diflent pour la vie sedentaire; et apres s'etre fixes sur un 

rocher ou sur quel que autre corps sous-marin, ils se reve- 
tent d'une armure comparable a celle de quelques MoIIus- 
ques places dans des conditions analogues. 

La m6me tendance a la repetition se reconnail dans 
l'emploi que la nature a fait des types divers d'apres les- 
quels les animaux sont conslitues. Pour diversifier ses 
produits, elle ne se borne pas a perfeclionner de plus en 
plus et a adapter a des conditions d'existence variees les 
especes derivees de chaque type fondamental, elle les mo- 
difie aussi en empruntant certains caracteres a d'autres 
types essentiels ou secondaires. Des passages plus ou moins 
directs s'etablissent ainsi entre les groupcs differents $ et 

11. 



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'• -■ "■■ 










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126 



ZOOLOGIE GMRALE. 



1'enchainement des elres se complique au plus haut 
degre. 

Quelquesexemples suffiront pour fixer les idees quanta 
ces transitions zoologiques. 

Les Mammiferes sont des animaux conformed essentiel- 
lement pour la vie lerrestre, etlaplupartd'entre eux n'ont 
besoin de nager que dans des circonstances exceptionnelles ; 
mais il en est certain nombre dont les habitudes sont dif- 
ferenles, el dont I'organisalion est modifiee pour s'adapter 
alavieaquatique. Les Loutres,et mieux encore les Phoques 



Q 



ordinaires nous off rent des 



exemples de cette diversite de structure, qui est, en quel- 
que sorte commandee par les differences clans les condi- 






tionsbiologiques ou doivent etre placees les diverses espec 
derivees d'un seul et meme type fondamental. Mais la di- 
versite ainsi obtenue etait insuffisante pour repondre aux 
besoins de la nature creatrice, et pour arriver a des resul- 
tats plus considerable, nous la voyons, dans d'autres es- 
peces, modifier plus profondement le plan organique des 
mammiferes, a l'aide d'emprunts faits au type icHthyolo- 
gique. Ainsi les Baleines, les Marsouins et les autres Ce- 
taces, sans cesser d'etre desMammiferes parlous les points 
les plus essentiels de leur organisation, deviennent pres- 
que des Poissons pour la forme extericurc. D'autres ani- 
maux appartenant a la meme classe presentent, dans leur 
structure, certains caracteres qui semblent avoir ete copies 
sur le type special d'apres lequel les Reptiles ont ete con- 
stitues; et quelquefois meme.nousne voyons dans Iescon- 
ditions biologiques propres a ces especes anormales ricn 
qui puisse nous expliquer la raison d'un emprunt pareil. 
La conformation particuliere des os de l'epaulechez VOe~ 
nithorhynque et l'Echidne nous en fournit un exemple. 






s 






■ K -" : ■ ^M 









CHAP1TRE VII. 127 

Dans la classe des Reptiles, lcs Tortues semblent avoir 
pui.se chez les Oiseaux quelques-uns de leurs traits orga- 
uiques-, et chez les Poissons sauro'ides, le type ichthyolo- 
fique parait avoir subi l'infiuence dutype dont les Reptiles 

sont les derives. 

Les liens qui s'etablissent de la sorte entre les divers 
groupes zoologiques se rnultiplient davantage dans les 
rangs inferieurs du regne animal. Ainsi les Arachnides, 
dont la respiration est d'ordinaire localisee dans une es- 
pece de poumon multiple, emprnntent qnelquefois aux In- 
sectes le systeme tracheen a 1'aide duqucl l'air penelre 
directement dans loutes les parties du corps chez ces der- 
niers animaux. Le caractere de segmentation qui est si re- 
marquable dans ['organisation des lnsecles, des Crustaces 
et des autres animaux anneles, n'appartient pas au type 
zoologique propre aux Mollusques 5 mais il est cependant 
quelques especcs, notamment les Oscabrions, qui, tout en 
rcssemhlant beaucoup aux Gasteropodes ordinaires, ont le 
corps recouvert d'une serie de plaques calcaires dont la 
disposition rappelle tout a fait la structure du squelette 
tegumentaire d'un Articule. D'autres Mollusques plus de- 
grades dans leur organisation, les Eschares et les Tubuli- 
pores par exemple, deviennent par leurs formes exte- 

emblables a des Polypes, que, pour les en 
distinguer, il a fallu avoir recours aux dissections les plus 
dedicates; 'et, d'un autre cote, il est aussi des Zoophytes 
chez lesquels le caractere radiaire s'efface plus 011 moins 
et les organes lendent a affecter le mode de groupement 
propre aux tvpes zoologiques superieurs. 

II serait facile de montrer que ce procede est frequem- 
menl employe par la nature pour diversiGer ses creations 
parmi les derives des types zoologiques secondares, comme 






rioures si s 













s 

























































J 




I , 












128 



ZOOLOGIE GtiNERALE 



pour modifier d'une maniere accessoire le plan essentiel 
decertaines especesa I'aidcde quclqncs dispositions orga- 
niques empruntees a une autre conception fondamentalc 
Ainsi, rien n'est plus commun que de voir dans la classe 
deslnsectes unefamillc naturelle rcnfermer des membres 
qui s'eloignent plus ou moins du type dominant, et qui 
doivent leur caractere anonr.al a ['existence de quelquc 
particularite de structure dont le modele semblc avoir etc 
fourni par le type propre a une famille voisine. Mais les 
exemples de ce genre sepresenteront d'cux-memes al'espril 
des entomologistes ; et d'en enumerer ici un certain nombrc 

n'offrirait un interet general que si j'entrais dans des 
details descriplifs dont la place serait aillcurs. 

En resume, done, les grandes differences introduites par 
la nature dans la constitution des animaux, scmblent de- 
pendre essentiellement de I'existence d'un certain nombre 
de plans generaux ou types distincts ; du perfectionnement 
a divers degressoit de 1'ensemble, soitdediverses portions 
de chacun de ces plans ; de ['adaptation de cbaque type a 
des conditions d'existence variees ; et de 1'imitalion secon- 
daire des types etrangers cbez certains derives de cbaque 
type particulier. 











































• 



^-c^o-o-o-o-a-o-o-o-o-Q-o-o-o-o- o- o-oo-o-o-o-o-o-o-o-o-o-oo-o-o o-o 



CHAPITRE VII! 



Sommairk.- Examen des procedes employes par la nature pour adap- 
ter les organes a des fonclions nouvelles, ou pour en perfectionner 
le jeu. -- Agregalion des elements anatomiques s'eftectuant par 
juxtaposition, parsoudure ou par developpement con f us. — Sim- 
plification paravortementou atropine et par defaut.— Multiplica- 
tion des elements anatomiques par dedoublement et par repetition. 

Developpement iriegal ; theorie du balancement organique. 
Modification par chevauchement. — Transformations histologi- 

- 

ques. 



Lorsque, dans une serie d'animaux, une fonclion com- 
mence a se perfectionner par la division du travail physio- 
logique, ou que l'organisme s'adapte a des conditions 
d'existence differentes, c'est d'abord, avons-nous dit, a 
l'aide de modifications imprimees aux parties deja exis- 
lantes dans un appareil, ou empruntees a quelquc autre 
systeme, pour y etre adjoint, que le nouvel instrument 
se constitue. Mais il ne nous suffit pas de connaitre le 
Principe mis en pratique dans ces premieres creations pro- 
gressives, il nous faut ehercher aussi quels sont les pro- 
cedes par lesquels s'effectuent ces transformations dans la 
structure des orsanes, et determiner la nature des modifi- 
cations dont l'influence est si remarquable. 

Pour resoudre cette question, il faut interroger deux 
ordres de faits : comparer les resultats oblenus chez les 
























































































^. 




























130 



ZOOLOGIE GENERALE. 






diverses especes derivees d'un meme type essentiel, et 
suivreles changements qui se manifeslent dans lesjeunes 
organismes en voie de formation. 

■ 

En procedan t ainsi, on ne tarde pas a voir qu'un des moyens 
les plus puissants mis en 03uvre pour modifier la disposition 
d'un appareil ou d'un organe complexe consiste dans l'union 
tantot plus, tantot moins intime d'elements anatomiques 
independants. Ainsi, lorsqu'on compare entre eux la petite 
Crevette des ruisseaux et l'un des Crabes si communs sur 
nos cotes, on est frappe d'abord par les differences consi- 
derables que presente la structure generate du corps. Chez 
la Crevette, on apercoit une tete bien distincte, suivie d'une 
longue serie de segments ou anneaux places bout a bout, 
mobiles, et portant chacun une seule paire de patles ou 
quelques autres appendices analogues. Chez le Crabe, au 
conlraire, la tete ne se distingue pas du tronc, et le corps, 
presque tout entier, ne se compose que d'une seule masse 
sans articulations, et servant debase commune a une multi- 
tude de pattes et de machoires pediformes. Au premier coup 
d'oeil, des differences aussi grandes semblent denoter des 
modes de constitution essentiellement distincts, l'existence 
de deux plans de structure, et l'emploi de materiaux par- 
ticuliers pour la formation de l'organisme de l'un et l'autre 
de ces Crustaces; mais en etudiant avec plus de soin l'a- 
nalomie de ces anneaux, on voit que la dissemblance entre 
le Crabe et' la Crevette resulte essentiellement d'une 
simple inegalite dans le clegre d'agregation d'un seul et 
meme ensemble de materiaux organiques, et que c'est par 
l'union intime de parties analogues aux anneaux mobiles 
de la Crevette que se constitue le corps massif et rigide 
du Crabe. Le systeme nerveux de ces inemes Crustaces, 
des Arachnides et des Insectes, nous offre des exemples 









" 






CHAP1TRE VIII. 



J31 



nou inoins reinarquables de changements determines par 
1'ecartement ou la reunion plus ou moins intime d'une 
serie constante d'elemenls organiques. Ainsi , dans la 



une 



Sauterelle, on trouve a la face inferieure du corps 
longue chaine de ganglions arrondis, etendue depuis le 
front jusque dans le voisinage de l'anus-, et chacun de ces 
centres medullaires donne naissance aux nerfs destines au 
segment du corps dans lequel il est loge. Chez le Scarabee, 
au contraire, il n'existe en arriere du cerveau qu'une seule 
masse nerveuse logee dans le thorax 5 et c'est de ce centre 
unique quepartent les nerfs de l'extremite posterieure du 
corps et de tous les segments de Tabdomen, aussi bien que 
ceux des ailes et des patles appendues au thorax. Mais ici 
encore les differences sont plus apparentes que reelles; 
car chez tous ces Insectes il existe le meme nombre de 
foyers <T innervation ; seulement, chez l'un les ganglions 
sont tres-espaces, et reunis seulement par des connectifs 
tres-greles, tandis que chez l'autre ils sont tous agglo- 
meres dans la portion cephalothoracique du corps et reunis 

en une masse commune. 

C'est surtout parmi les derives du type Annele que les 
resultats determines par ce principe modificateur sont 
uombreux et saillants ; mais on en reconnait les effets dans 
l'oro-anisme d'un grand nombre d'autres animaux infe- 
rieurs- et les Vertebres nous en offrent desexeinples bien 
connus de tous les anatomistes tels que la formation de 
la carapace des Tortues par la reunion intime des vertebres 
dorsales et des c6tes; la representation de cinq vertebres 
lombaires dans le squelettede I'hommepar un os unique, 
le sacrum* et la disposition du pied chez les Ruminants, ou 
l'os du canon tient la place de deux os metacarpiens qui 
seraient reunis entre eux. 











■ 





























^k^^^B 














































A 



132 



Z00L0G1E GENERALE. 



L'agregation organiquepeut s'cffectucr de dil'ferentcs 
manieres : par juxtaposition, par soudure, ou par une sortc 

que jc designerai sous le nom 



de fusion 



— - - — ~ - 

developpement confus. 




de 



1 



7 



• 



Leg modifications introduites dans la structure d'ani- 
maux conformes d'ailleurssurun memeplan et constitucs 
a 1'aidc des memos materiaux, dependent en cifct fort 
souvent d'un simple rapprochement entre des parties qui 
ailleurs sont ecartees entre elles; ct, en general, cet ccarte- 
mentest un indiced'imperfection. Nous venons d'en rap- 
peler des exemples en parlant des modifications du sys- 
teme nerveux chez les Insectes et les Crustaces; et nous 
pourrions ajouter ici des faits du meme ordre, fournispar 
l'etude comparative des centres medullaires chez les Mol- 
lusques • car les trois paires dc ganglions principaux qui 
chez les Acephales, se trouvent l'une pres de la bouche 
1'autre dans lc voisinage de l'anus, et l'autre encore dans 
lepied, viennent sc grouper aulour de l'cesophagc chez les 
Gasteropodes, et se rapprochent encore davanlage chez les 
Cephalopodes. Chez les Eolidiens, les organes secreteurs 
dc la bile sont dissemines dans presque toutes les parties 
du corps; tandis que chez les Mollusques ordinaires, ils 
sont agglomeres pour constituer une glande unique, le 
foie ; mais an milieu de la masse compacte ainsi formec, 
ils conservent encore toute leur independance. 

Lorsque dans le squelette des Vertebres un os ou an 
systeme de pieces solides perd de son importance et tend 
a disparaitre de 1'organisme, on le voit d'ordinaire s'isoler 
en quelque sorte, et perdre ses connexions avec le reste dc 
la charpente osseuse. Ainsi, les os des hanches et tout le 
systeme desmembres abdominauxse trouvent ecartes de la 
colonne vertebrale chez laplupart des l>oissons,et suspend" 






I 









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CVVt*K 











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CIIAPITRE Vilf. 



133 



sJuYplciuenl au milieu dcs chairs, tandis que chez les 
Mammiferes ces parties sorit eu continuity entre elles, et 

* 

les os iliaques ferment avec le sacrum un bassin annulaire. 

II en est de meme pour la clavicule, qui chez beaucoup 
de Rongeurs est isolee et suspendue a la base du cou, 
tandis que chez tousles animaux oil cet os acquiert dc 
rimportance il va s'appuycr sur Tepaule et sur le thorax. 
Enfin, nous citerons encore Texemple fourni par les prin- 
cipal] x os de la face dont les representanls sont libres (t 
isoles chez lesPoissonschondrophrygiens, tandis que chez 
les Poissons ordinaires, ouils cessent d'etre rudimentaires 
et sont appeles a constituer la rnachoire superieure, ils 
s'unissent au reste de la boite cephalique. 

L'union par soudure determine des modifications plus 
nombreuses dans la constitution des animaux derives d'un 

meme type fondamental. 

Les belles recherches d'Audouin sur le thorax des In- 

sectes out fait voir que c'est aussi par la soudure de pieces 

tegumentaires dans certaines parlies, et leur existence se- 

paree dans d'autres, que Ton pouvait se rendre compte de 

la plupart dcs differences qui se remarquent dans cetle 
portion du squelette tegumentaire^ct des observations ana- 

logues faites plus reccm merit sur les Crustaces m'ont con- 
duit a dcs resultals semblables 5 souvent meme il m'a etc 
possible de desouder, a l'aide d'un acide, les parties qui 
avaient etc reunies de la sorte, et de ramener ainsi la con- 
stitution d'animaux tres-divers par leur forme et leur as- 

pect a un plan uniforme. 

Les parties dures ne sont pas les seules qui se diversifienl 
de la sorte. Ainsi, chez les Crustaces inferieurs, il existe 
cntrc les centres nerveux des divers anneaux du corps 
deux cordons medullaires servant a les unir, tandis que 



























1. 



12 









i^AttM^^^M^^MM^Mft 







■ v -"^>;> 



































134 



ZUULOGIE 6^N£RAL£. 






chez la plupart des Decapodes, on ne voit dans presque 
toute la lougueur du corps qu'un connectif unique et 
median ; mais il est bien evident que ce cordon impair 
represente les deux conneclifs des premiers, soudes entre 
eux dans toute leur longueur. Les ganglions impairs dont 
se compose la portion fondamentale du systeme nerveux 
des Insectes resultent egalement de soudures de ce genre. 
Chez la plupart des animaux de cette derniere classe , 
il existe deux testicufes bien distincts; mais chez les 
Papillons, ces organes soudes entre eux ne consti- 
tuent qu'une masse unique. Les glandes renales sont 
tres-nombreuses chez l'Ours, tandis qu'il n'en existe 
qu'une paire chez l'homme et la plupart des Mammiferes; 
mais ces reins uniques represented les reins multiples 
soudes en une masse commune. L'espace nous manque- 
rait si nous voulions rapporter ici tous les exemples les 
plus manifested de ce genre de modifications organiques, 
qui, d'ailleurs, est admis depuis longtemps par tous les 
anatomistes. Mais il importe de montrer que l'explication 
des differences de structure par I'effet de soudures orga- 
niques n'est pas une vue de l'esprit seulement, e'est un 
fait dont l'embryologie nous rend chaque jour temoins. 

On sait, par les observations d'Albinus et d'autres 
anatomistes, que presque tous les os du squelette hu- 
main se constituent sur plusicurs points a la fois, et 
que chacun de ces centres de d'ossification donne nais- 
sance a une piece particuliere 5 puis que certaines de ces 
pieces se soudent entre elles, et que souvent toute trace 
de leur separation primitive disparait de la sorte. Les 
travaux remarquables de M. Serres sur 1'osteogenie mon- 
trent que ce phenomene est plus general et plus impor- 
tant qu'on ne l'avait cm jusqu'alors, et que la plupart 






u 




£<*^ 













CHAPITRE VIII. 



135 




des parlies annulaires du systeme osseux se consti- 
tuent ainsi par conjugaison. Cette soudure s'effectue de 
tres-bonne heure dans certaines parties; elle est, ail con- 
traire, tardive dans d'autres ; sur quelques points meme 
elle ne s'opere pas d'une maniere constante, et ne se ma- 
nifeste accidentellement que dans la vieillesse extreme $ et 

il en resulte que, si on compare le squelette a lui-meme 
dans les diverses periodes de son developpement, on y 
remarque des differences tres-grandes dans le nornbre et 
dans la forme de ses elements constitutifs, differences dont 
la cause est d'ailleurs patente et depend de la tendance a 
l'agregation par soudure. Ce mode de formation du sys- 
teme osseux se rencontre de meme chez la plupart des 
Verlebres ; mais la soudure des pieces elementaires marche 
quelquefois avec une rapiditesi grande, que dans certaines 
parties les distinctions qui persistent d'ordinaire s'effa- 
cent des le jeune age, tandis que dans d'autres especes la 
fusion ne s'opere jamais, et les materiaux primitifs restent 
toujours distincts. Pour se rendre compte des differences 
persistantes qui existent dans le squelette de ces animaux, 
il faut done tenir compte de ces soudures; et en appliquant 
a ces cas particuliers la'theorie des arrets de developpe- 
ment dont nous avons deja eu l'occasion de parler, on 
arrive souvent a reconnaitre i'unite de composition la ou, 
de prime abord, on n'aurait pu soupconner rien de pared. 
Geoffroy Saint-Hilaire a mis ce principe hors de doute, et 
ce n'est pas la un de sesmoindres titres a la reconnaissance 
des zoologistes. 

Les soudures organiques interviennent d'une maniere 
non moins evidente dans le travail genesique de l'Insecte 
et du Crustace. Ainsi, chez les Larves, les anneaux thora- 
ciques sont toujours distincts et mobiles, mais, en general, 






























































i 
















136 



























ZOOLOGIE GMrALE. 



j 



cestrois segments se soudent entre cux avantque 1'Insccle 
n'ait acheve ses metamorphoses. Chez I'Ecrevisse, les an- 
neaux thoraciques sont egalement distinets dans le jeune 
embryon, et la carapace se compose de plusieurs pieces 
isolees; mais par les progres dudeveloppement, ces parties 
se soudent et seconfondent. Le systeme nerveux des Cms- 
taces et des Insectes nous offre un grand nombre de 
faits analogues; et Chez lesMyriapodes, on a vu des exern- 
ples plus remarquables encore de cette coalescence ; car 
la masse medullaire cerebroide, qui chez tous les articules 
adultes parait unique, mais qui, par analogie, avait etc 
consideree comme le representant de plusieurs paires de 
ganglions, se trouve composee de quatre paires de gan- 
glions distinets dans les jeunes embryons. 

II est done bien evident que ce precede des soudures 
organiques est bien reellement un des moyens employes 
par la nature pour modifier la constitution des animaux; 
et, bien que nous nc puissions rien affirmer quant a la 
marche qu'elle a reellement suivie dans la production des 
espcees animales, nous pouvons dire, sans crainte d'erre.ur, 
que les resultats du travail createur se presentent comme 
si le meme raoyen avait ete souvent mis en usage pour 
amener la diversite dans les organismes. 

11 est, par consequent, legitime d'admetlrecette theorie 
comme ['expression de ce qui existe; et effectivement, en 
la restreignant dans cerlaines limites, elle clevient un in- 
slrument precieux pour la coordination des faits anato- 
miques. 

* 

Mais ce serai t a tort que Ton voudrait presenter ceil^ 
tendance comme une loi absolue de la creation, etque fon 
chercherait a expliquer par la theorie des soudures tons 
les examples de substitution d'une piece unique a des 















^ 





CIJAPITRE VIII. 



137 



pieces multiples dans ia constitution des especes derivees 
d'un meme type zoologique. Lors meme que celte simpli- 
fication apparente dans la disposition des parties. produit 
un resultat tout a fait semblable a ce qui est determine 
ailleurs par le rapprochement et la soudure de materiaux 
organiques primitivement distincts, elie peut dependre 

d'une autre cause. 

Ainsi, il arrive parfois qu'un meme moule virtue! se rcm- 
plit par tousles points a la fois ; le travail organique,au lieu 
de proceder de deux ou d'un petit nombre de centres eloi - 
gnes entre eux, et de donner ainsi naissance a des pieces 
douees d'une sorte d'individualite anatomique, s'etablit 
partout en meme temps, de maniere a determiner, des le 
principe, la fusion qui, ailleurs, ne s'opere qu'a la suite 
d'un elat de fractionnement preparatoire ; c'est ce qu'on 
peut appe!erun_d.eveloppement confus. 

Lesquelettetegumentaire des Crustaces nous offre plu- 
sieurs exemples bien manifestes de ce mode de develop- 
pement ; et tout porle a croire que c'est aussi de la sorte quo 
la lele deslnsectes, quoique representant une serie asse. 
lonsue de zoonites ou anneaux diflerents, n'est constituee 




en realite que par un seul et unique segment. 

Des modifications importantes s'operent aussi dans la 
constitution des animaux en voic de formation par ladi.s- 
arition des parties dont l'organisme s'etait d'abofd en- 
richi Les Crabes, par exemple, possedent dans le jeung 
age une nageoire caudale qui n'existe plus cbez 1'adulte, 
et les Chenilles ont d'ordinairc jusqu'a huit paires de 
palles, tandis que le Papillon n'en a plus que trois; le 
tetard de la Grenouille est pourvu de branchies et d'une 
longue queue natatoire qui se cletruisent pendant le cours 
de son develonpemenl ; et cbez l'Homme ainsi que cbez 

15. 








































1 









4 


















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138 



; 

7 

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ZOOLOGTE GENERALE. 



tous les Mammiferes, il existe dans l'embrvon des organes 
tels que la vesicule ombilicale, l'allantoide et le tvmus, 
dont le role est transitoire dans l'economie. Or, ces 

7 

atrophies peuvent se declarer a diverses periodes de la vie 
chezdes especes dilFerentes, ou meme ne jamais avoir lieu, 
et devenir ainsi une source de diversite zoologique. Che?- 
laSalamandre, par exernple, la queue, persiste an lieu de 
disparaitre comme chez les Grenouilles; et chezle Protee ou 
l'Axolotte, les branchies sont permanentes, au lieu d'etre 
transitoires comme chez les Batraciens ordinaires. 

Du reste, ce n'est pas seulement par atrophic que I'or- 
ganisme se simplifie de la sorte ; souvent une portion du 
plan qui preside a la formation d'un groupe d'animaux 
nerecoit pas meme un commencement d'execution, et 
l'organe qui, dans les cas ordinaires, se constitue pour 
durer pendant toute la vie ou pour s'effacer plus ou moins 
promplement, a une epoque determinee,n'apparait jamais 
et manque reellement des le principe. C'est ce que Ton 
peut appeler la simplification par defaut. Mais c'est tou- 
jours un modede diversification qui rentre dans le procede 
organogenique que Geoffroy Saint-Hilaire a si heureuse- 
ment nomme arret de developpement. 

A cote de ces procedes modificateurs, nous voyons agir 
une cause de diversite dont les effets sont tout opposes : 
c'est la tendance a la repetition des creations organiqucs 
dont il a deja ete question dans un des premiers chapitres 
dece livre, et dont nous avons deja cite des exemples assez 
nombreux. Celte tendance du travail genesique peutse ma- 
nifesterdedeuxmanieres : lantotla multiplication d'un ele- 
ment organique s'effectue par dedoublement, c'est-a-dire 
qu'une partie primitivement unique se separe en deux ou 
en plusieurs parties analogues entre elles : mais d'autres 














CMAP1TRE VIII. 



139 



f 

fois c est en quelque sorte par imitation que le meme re- 
sultat s'obtient; car c'est a la suite d'une partie, et non a 
ses depens, que se developpe la partie nouvelle qui en est 

la repetition. 

La multiplication des elements organiques par dedou- 

blement ou par fractionnement est souvenl bien evidente 

ehezlesCrustaces.Ainsi, dans plusieursSalicoques, tels que 

les Hippolytes, les Stenops, etc., la portion de certaines 

pattes qui est d'ordinaire formec par le tarse ou penul- 

tieme article, se troupe composee d'une serie de trois ou 

quatre pieces, ou meme davantage, et ['ensemble de ce 

groupe a la memo forme et tient evidemment lieu de l'ar- 

ticle unique dont il occupe la place. < 

La multiplication par repetition proprement dile ou par 
imitation est beaucoup plus frequente et peut etre portee 
tres-loin sans amener aucun changement dans le plan 
general de I'organisme. C'est de la sorte que les anneaux 
du corps s'ajoutent les uns aux autres chez la plupart des 







t4v 

bryon des animaux superieurs ; et nous voyons en effet des 



/ 



Variations tres-grandes dans le nombre de ces elements de 
I'organisme chez des especes qui, d'ailleurs, sonttres-voisi- 
nes. Or, ilest facile de comprendre comment des modifica- 
tions de ce genre peuvent tendre a approprier certains orga- 
nes a des usages nouveaux. Ainsi, lorsque la colonne verle- 
brale doit former a Tarriere du corps un instrument de 
locomotion ou de prehension, comme chez les Poissons, 
lesKanguroos, les Singes, le sysleme vertebral s'accroit 
de la sorte, et chez, certains animaux ou les doigts doivent 
constituer la portion la plus importante d'une nageoire, 
chez les Baleines et les Cachalots par exemple, c'est par un 
procede semblable que les groupes phalangiens se composent 

























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140 



ZOOLOG1E GENERAL!-:. 



























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quclquefois de luiit on meme de dix' os.au lieu de trois 
comme d'ordinairc 

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En general, ces repetitions ont lieulongiludinalement; 
mais ellcs pctivent aussi se manifesler lateralement, fa 
faconque les parties homologues qui rempiacent I'element 
unique se developpent parallelement entre ellcs. Les bi- 
furcations accidentelles qui se remarquent si souvent chez 
les Lezards dont la queue repousse apres quelques muti- 
lations, sont des exemples de cette tendance du travail 
genesique, qui ailleurs amenc, soit normalement, soil 
d'une maniere insolite, la production de doigts surntime- 
raires chez le Chien, la Grenouille, etc., ou la multiplicity 
des branches appendiculaircs nees d'un article basiliairc 
commun, ainsi que cela se voit pour les pieds-machoire 
les pattes et lesantennes chez beaucoupde Crustaces. l' d 
nature semble avoir fail grand usage de ce procede dans 
les modifications qu'elle a imprimees aux organesdu mow 
vemenl pour en faire des instruments de toucher, de pre- 
hension ou memo de vol ou de nage. Ainsi, chez les Main 
mi feres dont les memhres ne doivenl servir qu'a la manief' 1 
de colonncs et delcvicrs, poursoutenir lepoids du corps ct 
pour en effeclucr le transport sur unsol resistant, il n'exisic 
souvent qu'un ou deux doigts, tandis que chez les animau* 
de la meme classe, dont les memhres sont prehensiles, > c 
nombre de ces appendices s'eleve, comme chacuu lesaitj 
a cinq. Enfin, c'esl encore par voie de repetition que le s 
inembres thoraciques des Poissons ont ele pourvus dc? 
nombrcux rayons qui les terminent, car chacun de ce? 
rayons est evidemment lercpresentant ou l'analogued'a 11 
doigt. 

Mais l'adaptation d'un organc ou d'un ensemble de pa 1 " 
ties a des usages nouveaux, on leur appropriation a tin tra* 















ssi 



>SI 




CHAP1TRE Mir. 



141 




Vu.il j)lus parfait, s'effeclue en general par des precedes 
Plus simples, et depend prineipalement de quclques olian- 
Soments dans les dimensions de ccrtaines parlies. Ainsi, 
Oans le cou long et flexible de la Girafe, la charpente osseuse 
s e compose des memes pieces que dans la region cervicale 
eourlc et presque immobile du Marsouin ; seulement les 
proportions de ces os sonl differentcs; et e'est en subissant 
des modifications toules aussi legeres que les memes ele- 

I 

rnents organiques peuvent former la main de l'Homme, 
I'aile de la Chauve-Souris, la nageoire du Phoque, ou 
I'espece de becbe dont la Taupe se sert pour creuser la 

terre. 

11 arrive souvent que, lorsqu'une portion de l'organisme 
^cquiert de la sorte un volume considerable, ou se deve- 
loppe a un haut degre par la repetition de ses elements 
constitutifs. un phenomene contraire se manifesto dans 

Quelque autre partie de l'economie animale, com me si les 
forces vitales ne pouvaient suffire aux exigences du travail 
genesique dansl'appareil, ainsi favorise, qu'ense retirant 
des autressystemes, dont le developpementdevientlanguis- 
sant ou incomplet. G'est cette tendance qui a ele designee 
par Geoffroy Saint-Hilaire sous le nom da lot de balance- 
tnent organique: il esl essentiel d'en tenir comple, mais il 
faut bien se garder de la considerer com me reglant d'nne 
nianiere absolue et necessaircla constitutiondes animaux, ni 
m6me comme exercant une influence considerable surleur 

mode d'organisation. 

Le developpement faibleou excessif d'un ou de plusieurs 
elements ne determine, en general, aucun changement im- 
portant dans les rapports de ces parties cnlre el les ou avec 

piece qui grandit, an lieu de repousser les pieces voisines, 



s organes voisins; mais, dans certaines circonstances, la 









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142 



ZOOLOGIE G&VERALE. 



























les deborde lateralement ; et ce chevauchement pent ame- 
ner des modifications tres-grandes dans la disposition et 
dans les usages d'un organe. C'est de la sorte que se con- 
stitue I'espece de main qui chez les Crabes, les Ecre- 
visses, et un grand nombre d'autres Cruslaces, termine 
les pattes anterieures, et permet a ces animaux de saisir 
facilement Ieur proie et de la porter a la bouche. Les mem- 
bres ainsi detournes de leurs fonetions ordinaires sont 
composes des memcs pieces que les pattes ambulatoires; 
mais leur portion terminale, au lieu d'avoir la forme d'un 
levier grele et allonge, s'elargitbeaucoup, et le penultieme 
article s'avance au-dessous du dernier, de maniere a ar- 
river jusqu'a l'extremite de celui-ci et a constituer avec lui 
une pince a deux branches. Un cxemple encore plus re- 
marquable de ces chevauchements organiques nous est 

carapace qui revet en dessus le corps de la 
plupart des Oustaccs. En effet, ce grand bouclier dorsal 
n'est autre chose que l'arceau dorsal de Tun des anneaux 
ou zoonites de la t6le de ces animaux, qui, an lieu d'oc- 
cuper seulement la place correspondante a la region du 
corps formee par ce segment, se developpe d'une maniere 
disproportionnee ain autres parties, et chcvauche en avant 
coinme en arriere au-dessus des anneaux voisins, de facon 
a les cacher plus ou moifts completement et a confondre 
en une seule masse tous les zoonites de la tete et du 
thorax. C'est egalement par un procede de ce genre que 
la nature a produit I'espece de coquille bivalve qui ren' 
ferme le corps tout entier des Limnadies, des Cypris* 
etc., et qui donne a ces petits Crustaces la forme ex- 
terieure de Mollusques acephales. Enfin, c'est aussi de 
ce developpement inegal des parties voisines et des chan- 
g^ments de rnpports determines de la sorte que dependent 






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CHAWTRE VIII. 



143 



plusieurs des modifications les plus remarquables de Poi- 
S&nisme chez les animaux en voie de formation. L'em- 
bryon humain, par exemple, ne presente, a une certaine 
periode de la vie, ni chambre thoracique ni abdomen pour 
joger le coeur, l'estomac, le foie, lesintestins, et ressemble 
a une sorte de bateau ouvert qui serait surcharge par la 
toasse de ces visceres ; mais bientot ses flancs commencent 
& croitre plus rapidement que ne le font les organes dont 
cette masse se compose, et, apres l'avoir depassee, se re- 
joignent en dessus de facjon a constituer une grande cavite 
close et a transformer le bateau ouvert dont il vient d'etre 

question en un vaisseau ponte. 

Un autre procede de differentiation, dont la nature a 
fait grand usage pour varier les produits de la Creation 
animee, consiste, non pas a changer le nombre, la forme 
ou les rapports des divers materiaux constitutifs de Porga- 
nisme, mais a en modifier la texture et les proprietes. Des 
parties qui, chez certains animaux, rcstent toujours molles 
6t spongieuses, acquierent chez d'autres une grande durete 
<tt une densite considerable; elles se transforment en car* 

Wages, en os, ou en des tissus qui ressemblent a de la 
corne ou a de la pierre. Ces changemenls moleculaires 
semblent elre souvcnt le resultat du developpement plus 
ou moins considerable d'une seule et ineme serie de phe- 
nomencs histogeniques ; mais d'autres fois ils dependent de 
causes toutes differenles, et n'ont entre eux aucun lien de 
ce genre. Quoi quil en soit, ces modifications dans la con-^ 
stitution d'elements anatomiques analogues influent puis- 
samment sur les caracteres propres aux diverses especcs 
zoologiques, et contribuent beaucoupa produire la variete 
qui cxiste entre les animaux. Ainsi, c'est de la sorte que le 
systeme osseux remplace chez la plupart des Vertebres la 






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• 



ZOOLOGIE GENERALE. 



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eharpente earlilagineuse proprc aux Raies ct aux Squales, 
et que l'epiderme mince et flexible do la peau humaine est 
representee chez les Insectes et les Crustaces par une ar- 
mure cornee ou pierreuse qui leur tient lieu de squc- 
lette. 

Ces differences histologiques se repetent jusqu'a un cer- 
tain point dans chacune des grandes divisions du regO c 
animal; mais elles tendent cependant a varier dans Icars 
caracteres chez les especes qui derivent de types zoologi' 
ques essentiellement distincts. Les tissus qui sont les ana- 
logues denotre epiderme, parexemple, offrent d'ordinaire 
chez les animaux articules une composition chimiquc qi" 
ne se retrouve ni chez les Vertebres, ni chez les Mollus- 
ques, ni chez les Zoophytes, et renferment un produitim- 
mediat, la chitine, donl on n'a pas Irouve de traces ail- 
leurs. Chez les Tuniciers, et la plupart des Molluscoides, 
on y rencontre de la cellulose, matiere qui est inconnue che/- 
les autres animaux, mais se retrouve dans le regne vegetal' 

Chez le plus grand nombre de Mollusques, ainsi que cheZ 
les Crustaces et bcaucoup de Zoophytes, les teguments & 
chargent d'une quantite considerable de carbonate cal- 
caire,qui les ossifie en quelque sorte, comme le phosphate 
de chaux ossifie les cartilages du squelette interieur des 
Vertebres. Enfin, chez quelques Zoophytes , la silice sc 
substitue a la chaux, et on remarque aussi dans ces memeS 
lissus des differences de texture qui deviennent souvent 
fort importantes. Les travaux recents des micrograph^ 
nous ont revele des dissemblances considerables dans la 
slructure de parties qui sont cependant bien evidemincnt 
les representants les unes des autres, et prouvent que l< 1 
nature a varie la constitution et le mode d'arrangement 
ties materiaux organiijues primaires, aussi bien que l ;l 






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CHAP1TRE VIII. 



145 



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forme et les rapports des instruments vitaux dont Tetude 
nous a occupes jusqu'ici ; mais les resultats ainsi constates 
ne sont ni assez nombreux ni assez solidement etablis 
peut-etre pour que nous puissions nous y arr£ter ici, et 
chercher a en deduire quelques principes generaux. 




















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CHAPITRE IX. 






Sommaire : — Procedes employes par la nature pour eonserver les 
types fondamentaux au milieu des modifications secondaives de 



Forganisme. 



Principe de la fixite des connexions. — Determi- 
nation des analogues. — Variations dans le Aegxfi de puissance 
du principe des connexions. — Groupes organiques de divers 
degres. 









La nature, en creant leregne animal, semble, je le re- 
pete, avoir adopte pour la constitution des organismes 
divers types fondamentaux, et avoir modifie les derive 
de chacun de ces types essentiels en variant le degre de 
perfeclionnement de la machine animee, en adaptant les 
especes a des conditions d'existence differentes, et en em- 
pruntant a d'aulres types quelques dispositions accessoires. 
Nous Tavons vue modifier les memes materiaux anatomi- 
ques de facjon a en constituer des instruments qui ne se 
ressemblent ni par leurs formes, ni par leur texture, ni 
par leurs usages; en retirer ou en ajouter, suivant ses be- 
soins-, en varier la position, et enrichir parfois l'organisme 
de parties qui ne figurent pas dans son systeme general. 
Cependant, tout en variant de la sorte ses produits, elle se 
montre econome d'inventions organiques, et tend a con- 
server dans chacun des principaux groupes zoologiques 
unite dans le plan de structure et uniformite dans la 





































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148 



ZOOLOGIE GEN^RALE. 



composition anatomique du corps. Nous avons deja vu que 
cette fixite dans les caracteres essentiels da mode de struc- 
ture adopte dans chacune des grandes divisions du regne 
animal, s'obtient en partie par l'emploi de materiaux ana- 
logues; mais ellc depend aussi d'une autre tendance de la 
nature dont il importe de tenir compte ici , savoir la con- 
stance dans les rapports de ces materiaux entre eux. 

Ainsi,lorsque,dans le trace fondamental de l'organisme, 
une serie d'elements anatomiques a et^ disposee suivant 
un ordre determine, cet ordre n'est interverti dans aucurie 
des especes qui derivent de ce type zoologique. Si l'ele- 
ment B se trouve place apres l'element A et avant l'ele- 
ment C, il ne se montrera jamais avant l'element A, et ne 
sera jamais precede par l'element C. L'humerus, par 
exemple, ne peut se rencontrer qu'entre le scapulum et le 
radius, et ne saurait s'intercaler entre ce dernier os et 
le carpc. Les chevauchements organiques dont il a ete 
deja question peuvent masquer plus ou moins cette fixite 
dans les connexions anatomiques ; les rapports de position 
peuvent etre modifies aussi par la disparition de certains 
elements ou par l'adjonction de parties surnumeraires ; 
mais au fond ce principe d'ordonnancement persiste dans 
ce qui est essentiel chez tous les animaux dont l'organisme 
est constitue d'apres un meme plan fondamental. 

Geoffrey Saint-Hilaire, qui a ete le premier a reconnaitre 
toute l'importance de cette regie de structure et a la for- 
muler nettement, la designe sous le nom de hi des con- 
nexions. II a montre aussi qu'on pouvait en faire un heu- 
reux emploi dans la recherche des parties qui, tout en 
changeant de forme et d'usage, ne cessent pas de se cor- 
responds dans Torganisme de divers animaux. Souvent, 
en effet, la determination des analogues presente des diffi- 





'': 












CHAPITRE IX. 



149 



cultes considerables, et le principe de la fixite des rapports 
anatomiques essentiels dans toutes les cspeces derivees 
d'un meme type est an des guides dont le secours est alors 

le plus eflicace. 
Ainsi, rien n'est plus facile pour Funalomiste que do 

retrouver dans la patte du Lion ou de I'Ours les represen- 
tants ou analogues de tous les materiaux anatomiques dont 
so compose le bras, I'avant bras et la main de I'Homme. Les 
differences deviennent plus grandes entre ces organes loco- 

moleurs et 1'aile d'une Ghauve-Souris ou la nageoire d'un 
Dauphin, sans toutefois que l'uniformite de composition 
cesse d'etre manifeste. Mais lorsqu'on compare entre eux 
les os de l'epaule d'un Mammifere ordinaire et d'un Oiseau 
ou d'un Reptile, on hesiterait peut-etre a considerer ces 
derniers com me ayant tons leurs analogues dans le squc- 
lelte humain, si on ne s'appuyait sur le principe des con- 
nexions pour trouver dans la clavicule inferieure des Oi- 
scaux le represenlant de l'os qui chez I'Homme se trouve 
soude a l'omoplate et reduit a ne former que Papophysc 

coracoide. 

C'est aussi en s'aidant de considerations du meme ordre 
que M. Savigny a ete conduit a sa belle decouverle sur la 
constitution de I'appareil buccal des Insectes. Jusqu'alors 
on pensait qu'il n'y avait rien de commun dans la struc- 
ture des organes masticateurs d'un Insecte broyeur, tel 
que la Sauterelle ou leScarabee, et la trompe du Papillon 
ou le sucoir de la Cigale. Mais, en adoptant pour point de 
depart dans ses recherches l'hypothese de la fixite des rap- 
ports anatomiques chez ces divers animaux, M. Savigny 
a ete conduit a voir dans les valves de la trompe des Lepi- 
dopteres les analogues des machoires d'une Sauterelle, et 
a considerer le siphon des Cigales comme etant compose 

i 3. 



1 ! 
























; 















1 

















150 



ZOOLOGIE GENERALE 


















des memes elements que l'appareil masticateur des Coleop- 
teres ou des Orthopteres. Or, tout vient confirmer la jus- 
tesse de ces vues, et aujourd'hui cetle portion imporlante 
de la theorie de M. Savigny est considered par tous les na- 
turalistes comme une verite acquise a la science. 

Mais dans quelles limites la nature a-t-elle adopte cette 
regie? a-t-elle assujetti le regne animal tout entier a cette 
fixite dans les rapports que les elements anatomiques de 
l'organisme presentent entre eux chez les Mammiferes ou 
les Oiseaux, ou a-t-elle rendu ces rapports variables chez 
les animaux construits d'apres des types differents? a-t-elle 
donne a ce principe force de loi dans la sphere de son ac- 
tion, ou ne l'emploie-t-elle que dans la grande majorite 
des cas sans y donner une puissance absolue et invariable 
sur tous les organismes dont le plan fundamental est ce- 
pendant identique? Enfin, a-t-elle attribue a tous ces rap- 
ports anatomiques une meme valeur, une egale Constance, 
el dans le cas contraire, comment devons-nous faire usage 
de cette tendance a la Constance des connexions pour la 
determination des parties qui se represented mutuelle- 
ment dans des organismes differents? 

La premiere de ces questions se trouve deja resolue par 
les faits mentionnes dans l'un des cbapitres precedents. 
Nous avons vu que les organes les plus importants ne con- 
served pas entre eux les memes rapports chez les Verte- 
bres et les Mollusques ou les Articules. Chez les premiers, 
les trois organes dont le role est le plus considerable dans 
la vie de l'individu, le cerveau, le tube digestif et le cceur, 
se succedent du cote dorsal au c6te ventral du corps dans 
l'ordre suivant lequel je viens de les nommer, tandis que 
chez les Crustaces, par exemple, le cerveau et le cceur sont 
places Tun et l'autre au-dessus du tube alimentaire, et les 



















M 







' 









CHAPITRE IX. 



151 



%ers nerveux, au lieu d'etre tous concentres du c6te dor- 
sal de ce meme tube, sont situes en partie du c6te ventral. 

Les rapports anatomiqtips ou connexions de res parties se 

trouvent done intervertis de la maniere la pins manifeste, 
et ce que je viens de dire des Cruslaces est egalemmt vrai 
pour les autres animaux articules et pour le type malaco- 
logique; l'ordre de position de ces parties etant represente 
chez les Vertebres par A + a, B, C, devient A, C, B, a, 

■ 

chez la plupart des autres animaux. 

La loi des connexions ne regit done pas, meme dans ce 
qu'il y a de plus important dans l'organisation generate 
des etres vivants, la totalite du regne animal, et ne s'ap- 
plique qu'aux derives d'un meme type fondamental, e'est- 
a-dire aux divers membres d'un meme embranchement 
zoologique. Mais la encore elle n'est pas absolue, et son 
influence varie suivant le degre d'affinite qu'ont entre eux 
les divers elements anatomiques de l'organisme. 

En effet, les rapports de position sont moins stables 
entre les os et les nerfs ou les muscles d'un Vertebre 
qu'entre les diverses pieces de sa charpente solide , et ces 
parties elementaires d'un meme appareil constituent des 

groupes dont les connexions mutuelles sont plus variables 
que ne le sont les relations mutuelles des membres d'un 
meme groupe osteologique. 

Ainsi, chez les Beptiles, comme chez les Mammiferes,la 
serie des connexions reste invariable entre les clivers ele- 






ments anatomiques dont se compose le groupe appendi- 
culaire anlerieur, e'est-a-dire la portion du squelette ap- 
partenant a chacun des membres thoraciques ; mais les 
rapports de ce groupe avec le systeme rachidien ne presen- 
tent pas la meme fixite-,- car chez les Sauriens, de meme 
que chez les Mammiferes, le scapulum s'appuie sur la face 



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152 



Z00L0G1U GtfNtfftALE. 



externe des cOles, landis que chez les Tortues il est log 
dans l'interieur du thorax. Enfin, chez les Poissons ce 
meme systeme scapulaire cesse d'etre en connexion avec 
Tappareil costal, et se trouve uni aux os du crane. 

La fixite des rapports anatomiques parait done etre une 
tendance de la nature creatrice plut6t qu'une loi de l'orga- 
nisation, et celte tendance, qui s'arrete devant les change- 
ments de type caracterisliques des grandes divisions du 
regne animal, influe a divers degres sur l'arrangement 
des differenles parties constitulives de Torganisme. 

Pour employer utilement le principe des connexions 
dans la determination des analogues, il faut aussi tenir 
comple de celte tendance au fractionnement des organes qui 
se manifeste quelquefois dans la structure des animaux,' 
et qui fait qu'un seul element anatornique se trouve repre- 
sente ailleurs par lout un groupe d'elements bien distincts. 
II faut egalement se rappeler que souvent les rapports 
anatomiques sonl modifies par l'apparition de parties nou- 
velles plus ou moins homologues de celles qui existent 

ailleurs, et qui viennent s'intercaler dans la serie formee 
parcelles-ci. En general, on a trop neglige cette conside- 
ration, et e'est peut-etre pour ne pas y avoir eu egard que 
M. Savigny est arrive a quelques determinations un peu 
arbitrages dans l'assimilation des pattes des insectes a une 
portion des organes masticateurs des Crustaces. 

Effectivement , de ce que dans certains derives d'un 
meme type zoologique les elements A, B, C, D, E et F 
se succedent dans I'ordre que je viens d'indiquer, on ne 
peut pas en conclure legitimement que, dans tous les orga- 
nismes appartenant au meme groupe nalurel, l'element 
anatornique que suivra 1'element C sera reellement l'ana- 
logue de D ; il pourra etre le representant de E ou de F, 























CHAPITRE IX. 



153 



I'element D ayant disparu, ou bien il pourra n'avoir aucun 
analogue clans la premiere serie, et constituer une partie 
nouvelle intercalee entre C etD, soil C. Ainsi, de ce que 
chez lea Insectes les pattes prothoraciques suivent immc- 
diatement les appendices buccaux de la troisieme paire, et 
que chez les Crustaces superieurs ces derniers organes 



sont suivis par les machoires axillaires de la premiere 
paire, on n'est pas fonde a considerer ces machoires comme 
les analogues des pattes thoraciques des Insectes ; car on 
voit quelquefois un ou plusieurs de ces elements manquer 
au milieu de la serie des organes appendiculaires dans 
diverses especes d'une meme famille, et il nest pas rare 
d'en voir d'autres s'intercaler dans cette serie chez un 
meme individu par les progres de son developpement. 

Notons aussi que ces modifications par avortement, par 
dedoublement ou par adjonction , ne se presentent pas 
indifferemment dans toutes les parties de 1'organisme. Elles 
se montrent de preference aux extremites des series for- 
mees par les elements homologues, et lorsqu'elles arrivent 
dans I'interieur d'une de ces series, c'est d'ordinaire a la 
terminaison de certains groupes secondaires dans les- 
quels la serie generale se subdivise. Chez les Crustaces, 
par exemple, lesZoonites dont Texistenee est le plus sujette 
a varier sont ceux qui sont situes aux deux extremites du 
corps 5 et en second lieu, ces changemenls de structure se 
rencontrent le plus souvent a l'extremite de chacune des 
series ou groupes naturels d'anneaux dont se composent 
la tete, la region Ihoracique et 1' abdomen. II en est de 
meme chez les Vertebres; les parties les plus variables du 
squelette sont celles qui constituent l'extremite des mem- 
bres; et les diverses pieces elementaires dont ce squelette 
se compose formenl un certain nombre de systemes secon- 



















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154 



ZOOLOGIE GtiNERALE 



daires ou groupes dans chacuri desquels la portion centrale 
presente plus de flxite dans sa constitution que n'en offrent 
les portions terrainales. Ainsi, les pieces osseuses dont se 
compose le systeme rachidien varient plus dans la region 
caudale et a l'extremite anterieure de la tete que dans la 
partie moyenne de la colonne vertebrate ou dans la region 
cranienne, et la structure des doigts et de l'epaule estmoins 
uniforrne que celle du bras ou de l'avant-bras. II en est de 
meme pour les systemes ou groupes d'un ordre inferieur, 
et dans chacun des agregats de ce genre dont se compose 
Tappareil vertebral, c'est-a-dire dans chaque vertebre, les 
pieces qui concourent a former le corps et la portion annu- 
lare de l'os ont plus de flxite que les pieces appendicu- 
laires dont se composent les apophyses; ces dernieres 
peuvent disparaitre sans que les premieres cessent d'exister 
ou subissent quelque modification notable ; mais elles ne 
se voient jamais Iorsque les premieres viennent a manquer. 
Or, la tendance a l'invariabilite dans les rapports anato- 
miques est soumise a la meme influence ; elle est, en ge- 
neral, d'autant plus puissante, que les elements anatomi- 
ques sur lesquels elle s'exerce forment partie d'un groupe 
organique d'un ordre moins eleve, et les connexions de 
deux de ces systemes sont moins constantes que ne le sont 
les relations mterieures des elements dont chacun de ces 
memes systemes se compose. 

Du reste, cette inegalite dans la puissance de la loi des 
connexions n'est peut-etre qu'une consequence du rapport 
que la nature semble toujours observer entre l'importance 
relative d'une chose et la flxite de ses caracteres. 

Quoi qu'il en soit, ce principe de flxite a joue un grand 
r61e dans la creation du regne animal, et c'est surtout en 
en variant ^application que la nature semble avoir produit 













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CHAP1TRE IX. 



155 



ees different types fondamentaux de l'organisme qui dis- 
Unguent entre eux les embranchements zoologiques. En 

eftet, cest la diversite dans le mode de groupement des 
organes qui parait constituer la difference la plus impor- 
tante entre le Zoophyte, le Mollusque, l'Annele et le Ver- 
tebre, et c'est de ce mode de groupement que dependent 
les caracteres les plus constants de chacune des divisions 

primaires du regne animal. 
Mais la coordination des elements de l'organisme n'est 

pas reglee seulement par le principe que nous venous de 
fappeler; elle est soumise aussi a d'autres lois parmi les- 
quelles Tharmonie physiologique se presente au premier 
rang. Dans le chapitre suivant, nous en examinerons le 
caractere et la portee. 


































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CHAPITRE X. 









Consequences du perfectionnement de l'organisme 



Principe de 



Sommaire. 
animal par la division du travail physiologique. 
1'harmonie organique; harmonies rationnelles et harmonies em* 

Principe de la subordination des caracleres. - Ob- 
jections contre la doctrine des caract6res dominateurs. — Valeur 
variable d'un meme caractere. 



piriques 






Le grand fait de la division du travail physiologique* 
dans les rangs superieurs du regne animal, entraine a sa 
suite des consequences importantes a noter. II semble evi- 
dent, par exemple, que l'independance des elements de 
l'organisme doit decroitre a mesure que la diversile de 
leurs roles augmente, et que les relations de ces elements 
entre eux doivent etre d'autant mieux coordonnees, etd'au- 
tant plus stables, que ces relations sont plus necessaires a 
la production du resultat commun de leur action. 

Ainsi la oil la division du travail est a peine commen- 
1'existence meme d'une portion considerable du corps 
est presque indifferente au moded'action del'individu. L'e- 
tre vivant peut perdre la moitie ou les neuf dixiemes de 
ses organes, sans perdre completement aucune de ses facul- 
tes 5 et, par consequent, on comprend facilement que les 
parties dont rinfluence est si faible sur le reste de l'orga- 
nisme, peuvent aussi subir des modifications considerables 
sans que les changements introduits dans leur constitution 






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158 



ZOOLOGIE GENERALE. 



reagissent sur la disposition des parties voisines Mais il en 
est tout autrement lorsque chaque element organique de- 
vient un agent special; la machine vivante ne peut alors 
perdre une de ses parties constituantes sans etre privee 
d'une de ses proprietes 5 el le resultat utile du travail de 
chaque agent physiologique se trouve subordonne a Tac- 
tion d'autres instruments. Or, cette connexite dans les fonc- 
tions suppose certains rapports determines dans le mode 
de constitution des parties qui se combinent pour produire 
un resultat physiologique commun; et il s'ensuit que 1'har- 
monie entre les divers elements de l'organisme doit etre 
d'autant plus fixe et plus necessaire, que l'animal lui-meme 
est plus parfait. Des modifications introduites dans une 
partie quelconque duplan d'apres lequel les animaux sont 
construits doivent alors appeler d'autres changements 
dans les parties connexes ; et cette influence d'un organe 
sur le reste des corps doit etre d'autant plus forte et plus 
etendue que le r61e rempli par cet organe est plus impor- 
tant et plus general dans la vie de l'individu. 

Ainsi, en partant desprincipes precedemment poses, 011 
arrive, parle raisonnement, a conclure que la coordination 
des elements de chaque organisme individueldoit etre d'au- 
tant plus necessaire et plus constante que cet organisme 
est plus parfait, et que le caractere de chaque partie doit 
etre d'autant plus fixe que la fonction speciale de cet agent 
est elle-meme plus importante* 

Mais dans les sciences naturelles, il nefaut accepter qu'a- 
vec une grande reserve des deductions de ce genre, quelque 
logiques qu'elles puissent paraitre ; car les questions dont 
laphysiologie s'occupe sont si complexes qu'on ne peut ja- 
mais etre certain de n'avoir neglige aucun element essen- 
tia a la discussion-, et il faut toujours chercher, dans l'ob- 






















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\ 



CHAPITRE X. 



159 




servation des faits, les preuves de la verite ou de l'erreur 
des resultats fondes sur le raisonnement. 

Voyons done jusqu'a que! point l'anatomie comparee sera 
favorable on contraire a ces deductions. 

J'ai dit d'abord que les differentes parties du corps de 
Panimal doivent etre d'autant plus independantes entre el- 
les, sous le double rapport de leurs existences et deleurs ca- 
racteres, que cet animal sera plus simple, plus degrade. 

Pour demontrer la premiere portion de cette proposition, 
il me suffira de rappeler les experiences de Tremblay, de 
Bonnet et de plusieurs autres naturalistes, sun les effets 
de la mutilation cbez les animaux inferieurs. Nous avons 
deja vu que, chez le Polype d'eau douce, une partie quel- 
conque du corps peut vivre independamment de toutes les 
autres ; et que le Ver de terre divise en deux troneons ne 
meurt 'et ne perd meme aucune de ses proprietes essentiel- 
les, ni dans l'un ni dans l'autre fragment ainsi isoles. 
Lorsqu'on s'eleve davantage dans le regne animal, les for- 
ces vitales se localisent davantage ; et les portions de l'or- 
ganisme que Ton vient a detacher du tronc principal meu- 
rent plus ou moms rapidement; mais on remarque encore 
une grande difference dans la duree de leur existence apres 
leur separation. Ainsi, la queue d'un Lezard, comme cha- 
cun le sait, donne des signes de vilalite pendant fort long- 
temps apres avoir ete separe du corps de l'animal, tandis 
que les membres d'un Oiseau ou d'un Mammifere sont frap- 
pesd'une mort complete presque aussit6t leur amputation. 
L'influence d'une portion determinee de I'organisme sur la 
viabilite de l'ensemble augmenle aussi a mesure que 1'ani- 
malite se perfectionne. Un Colimacon dont on a detruit le 
cerveau ou le cceur peut encore vivre pendant long- 
temps, tandis qu'un Mammifere quelconque perit presque 

















































































I 






160 



ZOOLOGIE g£m£rale. 



instantanement apres une pareille mutilation. Chez ces 
derniers, une simple inflammation despoumons suffit sou- 
vent pour donner la morten quelques jours, tandisqu'une 
Grenouille plaeee dans des circonstances favorables peut 
continuer a vivre pendant trois ou quatre mois apres l'ex- 
tirpation complete de ces organes. Des experiences analo- 
gues se trouvent d'ailleurs toutes faites dans la nature : 
ainsi, dans le jeune age, les Mollusques Gasteropodes rne- 
nent deja une vie errante avant que d'avoir ni cceur ni 
vaisseaux pour la circulation du sang; et chez d'autres ani- 
maux inferieurs dont l'organisation, ainsi que les facultes 
sont, du rcste, tres-semblables, on voit souvent tout un 
appareil manquer dans Tun, tandis qu'il existe cbez l'au- 
tre. Les Holothurics, comparers aux Synaphes, nous ont 
deja fourni un exemple de cette independance de diverses 
parties de l'organisme, puisquc l'appareil respiratoire aqui- 
fere des premiers n'existe pas chez les seconds, bien que 
les uns et les autres soient constitutes d'apres le meme plan 
general. Les Mysis et tous lesCrustaces de la famille des 
Salicoques ont la plus grande analogie de structure; et 
cependant l'appareil branchial, qui est tres-developpe chez 
ces derniers, manque completement dans l'organisme des 
premiers. Chez les animauxsuperieurs il en est tout autre- 
ment; et les branchies, par exemple, ne manquenl chez 
aucun poisson, ni les poumons chez aucun Mammifcre. 

Pour montrer combien un meme appareil peut varier 
dans ses caracteres chez des animaux inferieurs, sans que 
ces changements influent notablement sur la disposition 
du reste de l'organisme, je citerai d'abordles Spongiaires, 
dont la charpente est formee tant6t de filaments cornes, 
tantot de spicules de carbonate de chaux, et d'autres fois 
d'aiguilies de silice, sans que les parties mollesn'offrent, ni 













X.N 













CHAPITRE X. 



I G I 



dans leur constitution intime, ni dans leurs formes, aucune 
difference constante. Les genres Corail et Gorgone, qu'on 



m saurait distinguer entre eux par la disposition des or- 
ganes de nutrition ou de reproduction, ni par la forme ge- 
nerate, olTrent des differences du meme ordre quant a la 
nalure de leur axe solide. L'appareil de la digestion change 
de caractere chez les Comatuies et les Encrines, comparees 
auxOphiurcs et aux Asteries ordinaires; car chez ces der- 
niers Echinodermes, il n'exisle qu'un seul orifice alimen- 
taire, et la cavile digestive est disposee en maniere de sac, 
lanclis que les premiers out un eslomac tubulaire et un 
anus distinct de la bouche; et cependant ici encore l'ensem- 
ble de l'organisme resle le meme chez les uns et chez les 
aulres. Les Maiacobdelles ressemblentbeaucoup aux Sang- 
sues, si ce n'est par la disposition du systeme nerveux, 
qui chez les premiers consiste en deux cordons ganglion- 
n aires situes sur les cotes du corps, tandis que chez les se- 
conds il n'y a qu'une chaine gangiionnaire unique occu- 
pant la ligne mediane. Les Paludines ressemblent tant aux 
Limnees et aux Colimacons, que pendant longtemps on les 
a ranges dans le grand genre Helix; et cependant parmi 
cesGasteropodes, les premiers sont dio'iques 5 et les seconds 

■ 

hermaphrodites. 

Chez les animaux superieurs, au contraire, on voit tou- 
jours des changements considerables, dans I'ensemble de 






.1 

Toreanisme, comcider avec toute modification profonde 

d'un grand appareil quelconque, et on en peut conclurc 
que rharmonie entre ces parties doit elre d'aulant plus 
necessaire, que la nature a rendu leurs caracleres plus 
connexes. Ainsi, chez tous les animaux dont l'organisation 
est tres-perfectionnee, les diverses especes derivees d'un 
meme type se ressemblent entre ellespar tous les caracte- 

14. 



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162 



ZOOLOGIE GtiN^RALE. 



res les plus iraportants de leur structure; et il est des par- 
ties dont la disposition ne varie que lorsque le plan gene- 
ral vient a changer. Chez tous les Vertebres pourvus de 
niamelles, les grands appareils physiologiques offrent les 
memes caracteres ; et l'ensemble de l'organisme reste in- 
variable, au milieu de mille modifications dans les details. 
Chez tous les Vertebres ovipares, a respiration complete, la 
structure du corps varie aussi a peine, quoique les diffe- 
rences secondaires soient tres-nombreuses ; mais chez les 
Reptiles, les Batraciens et les Poissons, la fixite des carac- 
teres devient moins grande; et dans chacun de ces groupes 
cesontlesespecesles moins parfaites dont l'anatomienous 
offre le plus grand nombre d' anomalies. 

La raison de cette harmonie determinee et invariable en- 
tre des agents physiologiques differents, dontl'observation 
nous revele l'existence chez tous les animaux les plus par- 
faits, est souvent facile a comprendre. Ainsi, il est evident 
que chez un Mammifere, dont le systeme denlaire est dis- 
pose pour couper de la chair et pour saisir une proie vi- 
vante, le tube digestif doit etre approprie au regime car- 

nassier. et ne ressemblera pas a celui d'un animal herbi- 
vore; mais cet appareil digestif resterait inactif si l'animal 
n'etait organise demaniere a pouvoir s'emparer de la proie 
dont il doit se nourrir: il faut que ses mouvements soient 
rapides et puissants; il lui faut doncun systeme de leviers 
favorablement disposes pour la locomotion, et des muscles 
d'une grande energie; or, 1'energie des contractions mus- 
culaires suppose une respiration active; et les rapports de 
r atmosphere avec la profondeur de l'organisme ne peuvent 
se bien etablir qu'a Faide d'une circulation rapide des li- 
quifies nourriciers. Ce regime carnassier necessite aussi 
shez le chasseur des organes des sens tres-parfaits pour le 



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CHAPITRE X. 



163 










guidcr dans la recherche de sa proie, et des instruments 
de prehension, pour qu'il puisse s'en saisir lorsqu'il l'aura 
atteint La disposition du sysleme nerveux, du squelette, 
de I'appareil de la circulation et des organes respiratoires 
devra done etre en harmonie avec le caraclere particulier 
de I'appareil digeatif, ou plutot toutes ces parties seront a 
certains egards, dans une dependance mutuelle dont la 

necessite est evidente. 

D'autres fois, les relations entre l'etat d'une portion du 
corps et la disposition de l'ensemble ou d'une partie eloi- 
gns de l'organisme, sans etre aussi faciles a expliquer, n'en 
existent pas moins d'une maniere constants Ainsi pour 
citer un exemple, qui est ancien comme la science elle- 
meme, puisque Aristote en a parle, on sait par l'observa- 
tion que, chez les insectesdont l'ahdomen est armed'un ai- 
guillon il existe toujours deux paires d'ailes membraneu- 
ses tandis que, chez les especes a une seule paire d'ailes, 
I'appareil vulnerant est place dans la tete. Tout animal ar- 
ticule qui porte des ailes ne peut avoir que trois paires de 
pattes, tandis que le meme animal, avant que d'etre pourvu 
de ces organes, et etant a l'etat de larve, ou d'autres am- 
maux conformes d'apres le meme type essentiel, mais 
ne devant jamais etre ailes, peuvent avoir et posse- 
dent presque toujours des pattes en nombre beaucoup 
plus considerable. Un animal dont le corps ^ 
en anneaux est seul apte a avoir des^yeiix u^p^. 
Tout animal vertebrequi porte des mamelles a la machoire 
articulee directement au crane par un condyle saillant, 
tandis que chez lesVertebres ovipares elle estsuspendue 
a un os intermediaire, et se creuse d'une cavite ariicu- 
laire pour recevoir l'extremite de cette piece. Tout Mam- 
™^ ^r^niP anssi a la base de l'encephale une commis- 



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est divise 


































































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164 



ZOOLOGIE GENERALE. 



sure que les anatomistes appellent le pont de varole ; et 
chez les Vertebres qui n'ont pas de mamellcs, on ne voit 
jamais cette protuberance annulaire. LesMammiferesqu'? 
pour se developper, sont pourvus d'un placenta onl les 
hemispheres du cerveau minis par un mesolobe, tandis 
que, chez les Mammiferes ou le placenta parait manquer a 
l'embryon, l'animal est toujours depourvu de mesolobe. 
Dans l'etat actuel de nos connaissances physiologiques, i' 
est impossible de se rendre compte de la cause de ces coin- 
cidences que Ton pourrait appeler des harmoniesjempiri- 

que>f- mais elles ne sont pas moins iL_ r _ 

que les harmonies rationnelles, c'est-a-dire les dependants 
dont notre esprit saisit le lien et peut predire l'existence. 
Pour peu que Fon etudie d'une maniere comparative la 
structure des 6tres vivanls, on voit qu'il existe de tres- 
grandes differences dans I'etendue et la Constance des rap- 
ports etablis par la nature enlrc les diverscs parlies de l'or- 
ganisme. Certaines proprietes on caracterrs varient chez 
les divers individus provenant d'une souche commune, rt 
appartenant, par consequen', a la meme espece. D'autrcs 
particularity sont communes a tons ces etres, mais chan- 
gent suivant les espcces, sans qu'H y ait, du reste, aucune 
coincidence entre ces variations et des changements dans 
le plan general de I'organisation. Enfin, il est d'autres par- 
ties encore qui conservent la meme disposition, au milieu 
d'une multitude de modifications secondaires, et qui nc 
prennent uncaraclere nouvcauque chez desires dont I'en- 
semble de I'organisation porte le cachet d'un type diffe- 
rent. Les fails de cet ordre sont tellement multiplies, et si 
bienconnus duvulgaire, aussi bienque du zoologiste,' qu'il 
me semble inutile d'en citer ici ; et nous pouvons conside- 
red comme etant suffisainment etabli, que les modifications 












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^™^ 











CHAPITRE X. 



105 



introduites par la nature dans la constitution des divers 
animaux ont des valeurs tres-i negates. 

Cette inegalile dans la part d'influence qui semble etre 
accordee a chaque disposition organique sur ie caractere 
d'une portion ou de la totalite du reslede l'economie ani- 
male, a fixe depuis longtemps l'atlenlion d'un de nos na- 
turalises dont Ja celebrite sera le plus durable, d'Anloine- 
Laurenl de Jussieu, et a servi de base a l'echafaudage 
des classifications naturelles. En posant le principe de la 
subordination des caracteres, de Jussieu a fail voir que plus 

lemode d'organisation d'une portion determineedes plan- 
tes est fixe, plus les relations enlre cette disposition par- 
liclle et l'etatde 1' ensemble du vegetal sont fortes et multi- 
plies ; que la valeur des caracteres consideres comme 
indices de l'essence des etres est tres-inegale, et que, par 
consequent, pour apprecier le degre d'affmite existant en- 
lre des especes differentes, il faut peser les points de res- 
semblance, et non les compter. 

Cuvier, en appliquant a la distribution methodique du 
regne animal les principes des classifications naturelles, est 
alle plus loin que ne l'avait fait de Jussieu •, car, ne se bor- 
nant pas a signaler la coincidence entre la presence de tel 
tel caractere de premiere importance et tel mode de 
structure general, il a considere ces dispositions comme 
elant une dependance necessaire l'une de l'autre. Pour lui 
le caractere superieur est un caractere dominateur, c'est- 
a-dire une propriete qui entraine toujours a sa suite un 
certain ensemble de proprietes secondaires, et regie, pour 
ainsi dire, la constitution de l'etre tout enlier. 

Cette hypothese a ete d'une grande utilite en zoologie : 
c'est en la prenant pour guide que Cuvier a pu ebaucher, 
presque du premier coup, la classification naturelle du 



ou 



























































: 
I 


















166 



ZOOLOGIE GENERALE. 



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regne animal et qu'il est parvena a faire apparaitre aux yeux 
du naturaliste toutes ces Faunes anciennes dont la destruc- 
tion semble avoir precede de longtemps la presence de 
l'liomme sur la surface du globe, et dont on n'a pu soup- 
Conner r existence que par quelques debris d'ossements en- 
fouis dans la terre. Elle plait a I'esprit par sa simplieite ct 
sa precision, elle perraet la coordination d'un grand norn- 
bre de faits, et par consequent elle facilite beaucoup les 
premieres etudes du naturaliste 5 mais lorsqu'on approfon- 
dit davantage les investigations anatomiques, on est con- 
duit a se demander si elle est reellement r expression de la 
verile, ou plus tot si elle est conforme aux resultats fournis 
par t'experience. 

Le principe de la subordination des caracteres , c'est-a- 
dire de l'inegalite dans leur valeur relative, est indubitable; 
maisexiste-t-il, dans Torganisation de r animal, une partie 
dont la disposition regie Tordonnancement du reste de 
l'economie? Connait-on un caractere anatomique quelcon- 
que dont la presence suppose neeessairement la coexis- 
tence d'une serie d'autres particularity organiques qui 
manquent lorsque ce caractere est absent? Y a-t-il memo 
incompatibility entre tel mode de conformation d'un in- 
strument determine et un type essentiel quelconque? 

Lorsque les zoologistes n'avaient encore porte leur atten- 
tion que sur les animaux les plus parfaits de chaque groupe 
nature!, on devait repondrfLaflirmatiyement a ces ques- 



tions ; mais depuis qu'on a etudie d'une maniere serieuse 
les especes dont Porganisalion est plus simple, et celles qui 
tendent a lier entre elles des groupes differents, on a vu que 
les rapports organiques ne presentent pas toute l'invaria- 
bilite que suppose la doctrine des caracteres dominateurs. 
Ainsi, je ne connais aueun caractere, soitphysioiogique? 


















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CHAP1TRE X. 



167 



soit anatomique ou meme chiraique, qui domine d'une ma- 
niere absolue la constitution de l'animal ou de la plante et 
qui regie necessairement la nature essentielle de l'elre vi- 
vant. La faeulte de sentir et de se mouvoir , 1' existence 
d'un systeme nerveux ou d'une cavite digestive, ou la pre- 
dominance des principes azotes, sont les caracteres les plus 
generaux de l'animalite $ mais il n'est aucune de ces pro- 
prietes qui ne puisse ou manquer chez quelque animal de- 
grade ou bien se rencontrer dans un vegetal. Le meme indi- 
vidu peulquelquefois,adifferentesperiodes deson existence, 
vivre a la maniere des animaux et des plantes; et lorsqu'il 
semble changer ainsi de nature, on n'apercoit dans sa con- 
stilution aucune modification constante et fondamentale. On 
connait des animaux, les Eponges par exemple, qui ne lais- 
sent apercevoir dansleur interieur aucune trace du systeme 
nerveux, qui n'ont pas d'estomac, et qui , a une certaine 
periode de leur existence, ne donnent plus aucun indice de 
sensibilite ni de contractilite 5 quoique dans le jeune age ils 
aient possede toutes les proprietes des animaux ordinaires; 
etd'un autre cote il est aussidesquelques vegetauxinferieurs 
qui j ouissen t pendant quelque temps,ou meme pendant toute 

leur vie, de la faeulte de se mouvoir, et donnent alors des si- 
gnes non equivoques de sensibilite. L' essence de l'etre n'est 
done liee a aucune de ces proprietes anatomiques ou physio- 
logiques. Or, un caractere dont la presence ne determine 
pa & stoujours les m ernes consequences quant a la nature des 
corps vivants, et dont l'existence n'est pas constante chez 
tous les corps d'une constitution similaire, ne peut etre re- 
pute un caractere reellement dominateur. 

Si Ton compare entre eux les principaux groupes dont 
se compose le regne animal, on n'apercoit pas davantage 
une flxite invariable dans les rapports des dispositions or- 







































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168 



Z00L0G1E GI^NERALE 



ganiques ou des proprietes vitales. Les caracteres les plus 
saillanls et les plus generaux parmi les especes appartenant 
a chaque embrancbement disparaissent tour a tour, on 
bien se rencontrent chez quelques animaux d'un embran- 
chement different ; et la ligne de demarcation entre les 
grandes divisions zoologiques n'est pas tracee d'une ma- 
niere plus nette que ne Test la limite entre les deuxregnes 
organiques. Ainsi, pour ne parler d'abord que des ani- 
maux dont la structure a ete le plus etudiee, les Vertebres, 
il n'existe dans leur organisation aucune disposition qui 
soit en meme temps la proprietc exclusive et commune de 
tous ces etres. Si l'on se contente de mots sans chercher a 
analyser l'essence des choses, on peut croire a la possibility 
d'une definition rigoureuse dece groupe naturel. On dira, 
par exemple : Les Vertebres sont des animaux binaires et 
symetriques, pourvus d'un axe nerveux cerebrospinal et 
d'un squelette interieur; mais y a-t-il la quelquc chose qui 
regisse bien reellement la constitution de ces etres, qui 
fasse que ce sont des Vertebres, et non des Mollusques ou 
des Anneles ? quelque caractere qui ne puissc manquer 

sans que 1'animal cesse d'etre un Vertebre, et dont la pre- 
sence sufflt pour marquer la place de l'espece dans cettc 
grande division zoologique? Non. La disposition symetri- 
que des parties manque chez les Vertebres de la familledes 
Poissons pleuronectes, et se trouve d'une maniere plus com- 
plete chez les animaux anneles. La distinction entre un 
axe cerebrospinal et le centre nerveux cephalique de cer- 
tains Mollusques ne repose sur aucune base solide : ce n'est 
pas la position de cet organe relalivement au tube digestif 
qui en marque invariablement le caractere ; car chez les 
Biphores, de meme que chez les Vertebres, le centre ner- 
veux osl silue toutentier du cole dorsal du corps, etn'en- 







{ 


























CHAHTRE X. 



169 



loure pas l'cesophage, comme chez la plupart des animaux 
invertebres : ce n'est pas davanlage l'existence de lobes dis- 
tricts, surmonlant l'extremile anterieure du systeme ner- 
veux; car chez rAmphioxusori ne peut apercevoir aucune de- 
limitation enlre une portion cerebrate et une portion spinale 
de I'axe nerveux ; et chez les Cephalopodes, cette distinc- 
tion n'est pas inadmissible. Du resle, ce n'est pas l'exis- 
tence de la moelle epiniere elle-meme qui caraclerise d'une 
maniere absolue ce systeme ; car sur quelles preuves etabli- 
rait-on la distinction entre la nature essentielle de ce 
cordon rachidien et celle de I'axe medullaire formee par la 
reunion de tous les ganglions port-oesophagiens de l'insecle 
en une masse commune, comme cela se voit chez les Geo- 
trupes et les larves de Calandres, par exemple. Enfin, la 
presence d'une charpente interieure n'est pas un caractere 
dont l'influence sur l'ensemble de I'organisme soit plus 
absolue. En effet; car chez certains poissons il n'y a plus cle 
squelelte proprement dit : chez l'Amphyoxus, par exemple, 
la charpente interieure n'est representee que par un simple 
stylet compose de lissu utriculaire ; et chez les Ammoceltes, 
tout le corps est mou et membraneux, tandis que chez les 
Mollusques les plus eleves, il existe bien reellement un 
squelette interieur, incomplet, il est vrai, mais compose de 
pieces solides dont le role ainsi que la constitution sont au 
fond les meme* que pour le squelette d'un Vertebre. 

II serait egalement impossible d'indiquer un caractere 
dominaleur clans l'organisation de tout Mollusque, de tout 
animal anneieou de tout Zoophyte, c'est-a-dire un carac- 
tere incompatible avec un plan de structure different de 
celui qui est propre a 1'un ou a l'autre de ces embranche- 
menls, et constant chez tous les etres constitute d'apres un 
meme type essentiel. II en est encore de meme pour la plu- 



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16 



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170 



ZOOLOGIE GENERAL*). 



part des classes les plusnaturelles du regne animal, la classe 
des Poissons ou celle des Insectes, par exemple ; et dans le 
petit nombre de cas ou la Constance d'un caractere chez 
tous les membres connus d'un groupe et son absence par- 
tout ailleurs nous porteraient a le considerer comme etant 
lie a l'essence meme de ces etres, il est bien possible que la 
fixite soit plus apparente quereelle, et que des investigations 
ulterieures nous feront decouvrir des exceptions a ces re- 
gies absolues 5 car, bien evidemment, la tendance generate 
de la nature n'est pas de subordonner ainsi son ceuvre a la 
disposition particuliere d'une portion de l'organisme. 

II est d'ailleurs, ce me semble, une autre raison pour ne 
pas admettre l'hypothese d'une influence imperieuse, ne- 
cessaire, exercee par un caractere de structure sur l'essence 
de I'etre anime : c'est l'absence de toute difference appre- 
ciable clans le germe d'animaux dont la constitution sera 
dissemblable ulterieurement. 11 est evident que si deux 
ovules, places dans des conditions analogues produisent, 
deux etres differents, si de Tun il sort une Truite, et de l'au- 
tre une Grenouille, par exemple, il faut que la cause de ces 
differences dans les resultats du travail genesique reside 
dans ces ovules eux-memes, et preexiste a l'organisalion de 
Pindividu qui se formera aux depens de la substance de 
chacun de ces corps reproducteurs. La raison physiologi- 
que de la difference specifique ne residera done pas dans le 
mode de structure de telle ou telle partie qui n'existe pas 
encore, mais dans les proprietes de Tovule ou du germe; 
et cette difference anatomique ne sera qu'une consequence 

■ 

un caractere de quelque particularity primordiale. Or nous 
n'apercevons ni dans la constitution des ovules, ni dans 
les formes du germe naissant, rien qui indique les diffe- 
rences essentielles dont 1'existence ressort de la dissimili- 



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CHAPITRE X. 



171 



tude des produits. La vesicule proligere qui est destinee a 
la formation d'un embryon huraain ne se distinguerait pas 
d'abord de la vesicule fondamentale de I'oeuf d'un Poisson 
ou d'un Reptile; et dans le principe, la masse organised qui 
constitue le germe du nouvel individu est en apparence 
identique chez tous ces animaux. Les harmonies, soit ra- 
tionnelles, soit empyriques, que l'on decouvre dans la 
structure des etres, ne sont done pas des consequences de 
la disposition speciale d'une partie determined du corps, 
mais les effets d'une cause generate qui dans chaque orga- 
nisme regie les rapports aussi bien que la nature intime 
des parties. Des lors on concoit la possibilite de eombinai- 
sons physiologiques dans lesquelles le meme element peut 
tour a tour jouer un r61ede premier ordre, ou descendre 
peu a peu jusqu'a devenir presque nul: si la disposition 
particuliere de cet element etait la cause determinants du 
mode d'ordonnancement general de l'organisme, le carac- 
tere essentiel de l'animal devrait alors changer ; mais si 
cette disposition locale n'est qu'une consequence de la 
force que regie cet ordonnancement du tout, on comprend 
la possibilite de quelques changements dans les proprietes 
de chacune des parlies sans qu'il en resulte necessairement 
un changement dans le plan general : et e'est la ce qui 
ressort effectivement de l'observation des faits. 

Mais si dans 1'organisation des animaux il n'est aucune 
partie qui regie necessairement I'ordonnancement du reste 
et determine l'essence de l'etre tout entier, il n'en est pas 
moins evident que, dans chaque type zoologique, la coinci- 
dence entre un certain mode de constitution dans l'ensem- 
ble de reconomie et la disposition particuliere d'une oude 
plusieurs parties determines du corps, tend a s'etablir et 
devient d'autant plus constante que cet ensemble est plus 













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172 



ZOOLOGIE GENERALE. 






































parfait. Dans chaque groupe naturel il existe dans l'orga- 
nisme certains caracteres pre dominants^ sans qu'il y ait des 
organes dominateurs. 

Les rapports entre la disposition particuliere d'un organe 
et cclle du reste de I'eeonomie animale sont en general 
d'autant plus stables, disons-nous, que cet organe est lui- 
mcme un agent physiologique plus important, et que la 
disposition dont il est question est denature a exercer uoe 
plus grande influence sur les resultats de son action. H 
s'ensuit qu'un organe dont le role est predominant chez 
les animaux oil cet organe est tres-developpe, doit neces- 
sairement perdre de sa fixite anatomique lorsqu'il est de- 
cliu de son rang physiologique, et que les caracteres four- 
nis par cet organe ne peuvent etre que des caracteres 
subordonnes, du moment ou cet organe tend a s'effacer de 
I'economie ou a clevenir rudimentaire. 

Ainsi, la valeur zoologique d'un meme car act ere anato- 
mique varie dans les diff creates parties d'une meme serie 
d' animaux, aussi bien que d'un groupe naturel a un autre. 

Le systeme dentair e, par exemple, acquiert chez la plu- 
pprt des Mammiferes une grande importance, et presente 
alore, dans sa disposition, des particularity qui nevarient 
pas chez les diverses especes dont Torganisation est essen- 
tiellement la meme, et dont la reunion constitue ce quelcs 
zoologistes appellent une famille naturelle: aussi peut-on 
se con tenter de l'inspection de cette petite portion du corps 
pour savoir si Tanimal que Ton etudie est de la famille des 
Singes, de celle des Chats ou decelledes Pachydermes, des 
Rurninans, des Rongeurs, etc. Mais lorsque cet appareil 
devenu moins parfait, cesse de remplir le meme role physio- 
1 logique et tend a disparaitre, comme cela a lieu chez 
les Mammiferes pisciformes, Tharmonie entre sa disposi- 



























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HAPITRE X. 



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tion particuliere et le mode d'ordonnancement de Fensem- 
ble de Forganisme cesse aussi d'etre rigoureuse, et les ca- 
racteres qu'on en peut tirer perdent toute leur valeur 
zoologique. On sait en effet combien il y a de ressemblance 
entre la Baleine et le Cachalot, ainsi qn'entre le Marsouin 
et le Narval, et cependant le systeme dentaire differe com- 
plement chez ces divers Cetaces, puisque chez le Mar- 
souin les deux maehoires sont garnies d'une serie de pe- 
tiles dents pointuesqui depassent a peine la gencive, etque 
chez le Narval il n'existe pas de dents dans l'interieur de 
la bouche ; mais la maehoire superieure est armee d'une 
incisive immense, s'avancant comme une broche au-devant 
de la tele, el que chez le Cachalot, la maehoire inferieure 
porte une rangee de dents ordinaire, tandis que chez la 
Baleine toute espece de dents a disparu pour etre rem- 

placee par des fanons. 

Des organes d'une importance plus grande encore nous 
montrent la meme tendance a varier des que leur role 
physiologique s'amoindrit. Ainsi, chez tous lesanimaux ver- 



une 



vite, la petite circulation se fait de la meme maniere, et le 
cceur n'offre dans sa structure aucune modification nota- 
ble Chez tous les Mammiferes et chez tous les Oiseaux, cet 
organe presente en effet le meme caractere. Mais des que 
dans la classe des Reptiles, el dans le groupe des Batra- 
ciens la respiration locale dont les poumons sont le siege 
cesse d'etre aussi energigue et aussi essentielle, le coeur 
oe^se aussi d'avoir la meme fixite dans tout ce qui est re- 
latif a la circulation pulmonale. Chez les Reptiles, les deux 
ventricules peuvent etre complement isoles, comme cela 
se voit chez les Crocodiliens , imparfaitement separes, 
comme chez les Iguanes, ou remplaces par un ventricule 











































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^ *V -- 





174 



ZOOLOGIE GENERALE. 



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+ - 



unique, ainsi que cela a lieu chez les Tortues ; et chez lcs 
Batraciens on irouve tantot deux oreillettes, tantot une 
seule, sans que ces modifications coincident avec aucune 
disposition particuliere dans l'ensemble del'organisme. 

Ce n'est pas ici que nous devons discuter la valeur rela- 
tive des divers caracteres zoologiques fournis par le mode 
d'organisation des animaux, nous aurons a trailer cette 
question ailleurs; mais, pour mieux montrer Terreurdes 
naturalistes qui, adoptant dans toute son etendue la doc- 
trine des caracteres dominateurs 5 prennent de simple 
coincidents pour des rapports necessaires, et qui regardent 
le mode particulier de structure de Tensemble de l'econo- 
mie animate comme etant la consequence d'une disposition 
determinee d'une partie de cet ensemble , il ne sera pas 
inutile defaire remarquer, des ce moment, que souventla 
particularity anatomique a laquelle on attribue ce role de 
regulateur de I'organisme, ne se montre qu'a une epoqu e 
oul'individu^en voiede formation, presente deja l'ensemble 
de caracteres propres au type zoologique dont il derive. On 
ne peut done considerer le plan organique de r animal 
comme ayant ete determine par cette disposition d'un or- 
gane particulier qui ne se manifeste qu'apres coup : ce 
serait admettre que reflet a precede la cause. 

Ainsi, d'apres la doctrine de Cuvier, les caracteres domi- 
nateurs de Torganisation des differentes classes de 1'ew- 
branchement des Vertebres consisteraient dans la maniere 
dont le sang circule et se met en rapport avec Toxygenc 
de l'atmosphere. La distinction fondamentale entre un 
Mammifere et un Reptile, par exemple , residerait dans la 
separation complete des systemes veineux et arteriel diez- 
les premiers, et la jonclion de ces deux ordres de vaisseaux 
mi centre de l'appareil circulatoire chez les seconds ' 















■ 









GHAP1TRE X. 



175 



union d'ou resulte ie melange cles deux sangset la respira- 
tion incomplete du liquide nourricier recupar les organes. 
Mais il est bien evident que l'existence d'un cceur arteriel, 
entierement distinct du coeur veineux, et la circulation 
complete de toute la masse du sang dans le reseau pul- 
monale, n'est pas ce qui regie la nature du Mammifere, 
qui domine tout l'ordonnancement de ses parties, et fait 
qu'il est Mammifere plutot que Reptile; car, a l'epoque de 
la naissance, le chien, par exemple, ne presente pas cette 
structure ; il est deja constitue comme Mammifere, mais 
son systeme veineux communique directement avec le sys- 
teme arteriel de facon a determiner le melange des sangs, de 
la meme maniereque cela se voit chez les Reptiles : ce n'est 

que plus tard que le canal de communication entre I'artere 
pulmonaire et I'aorte s'oblitere et que la totalite du fluide 
nourricier est mise en rapport avecl'air avant quederetour- 
ner aux organes dont il doit entretenir la vie. Le caractere 
repute dominateur dans l'organisme de tout animal mam- 
mifere manque done chez le Chien nouveau-ne, qui cepen- 
dant est deja bien reellement un Mammifere ; et Ton com- 
prend facilement que chez un etre destine a mener une vie 
sedentaire et a habiier un pays chaud, cette disposition, 
qui est transitoire chez le Chien, pourrait devenir perma- 
nente sans qu'il en resultat aucun ehangement fondamental 
Oans la structure generale du corps, et sans que l'espece, 
ainsi constituee, fut necessairement autre chose qu'un 
Mammifere. Jusqu'ici, on n'a signale aucun exemple nor- 
mal de cette degradation du systeme circulatoire ; mais 
elle s'estrencon treed' une maniere accidentellechez 1' Homme 
lui-meme; et, lorsqu'on aura etudie avecsoin la structure 
de tous les Mammiferes hibernants, peut-etre decouvrira- 
t-on quelque espece offrant ce caractere erpetologique, 






r 



176 



ZOOLOGIE GENERALE. 






. 11 me semble done evident que la disposition des organes 
de la circulation et de la respiration qui est propreaux Mam- 
miferes ne peut etre une condition de leur mode particular 
d'organisation, un caractere qui domine la constitution do 
ces etres et qui en regie Tessence 5 e'est un caractere pre* 
dominant, dont la valeur peut etre tres-grande, mais n'en 
est pas un caractere reellement dominateur. 

■ 

[/existence de mamelles est un trait de I'organisation 
egalement remarquable danscette classe d'animaux: mais 
on nepeut supposer que cest parce qu'un Verlebre a des 
mamelles que tout son corps est conslitue d'apres le typ c 
propre aux Mammiferes, ni que ce mode de structure soit 

incompatible avec Pabsence de cet appareil educateur. 
Geolfroy Saint-Hilaire a cru, pendant un instant, avoir trou- 
ve chez les Cetaces des exemples d'animaux appartenant i 
la classe des Mammiferes, tout en etant depourvus de ma- 
melles; et si 1'observation sur ce point n'a pas confirme les 
vucs ingenieuses de ce zoologistephilosophe, il n'en est 
pas moins evident que son bypothese n'avait a priori v\W 
d'inadmissible; car chez les Mammiferes les alandes mam- 

maires ne se forment que lorsque 1'ensemble de Torga- 

* 

nisme s'est deja constitue; eton sait d'ailleurs que plu- 
sieurs animaux de cette classe ont a peine besoin du lait 
de leur mere, et peuvent, aussitot la naissance, cbcrcher 
eux-memes leur nourriture. 

m 

Ce serait done se former une idee etroite et fausse des 
ceuvres de la creation que de eonsiderer le plan d'apres 
lequel un animal est construit comme etant une conse- 
quence necessaire des proprieties physiques ou vitales dc 
l'un des elements analomiques, de cet etre.Dans l'organisrne 
tout semble calcule en vue d'un resultat determine, et Thar- 
monic des parties ne resulte pas de Imminence qu'ell^ 










.i . 



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* * ■ * 




CHAPITRE X. 



177 



peuvent exercer les unes sur les uulres, mais de leur coor- 
dination sous l'empire d'une puissance commune, d'un 
plan preconcu, d'une force preexistante. 

Mais en quoi consiste cette puissance qui s'exerce d'une 
maniere differente dans chaque espece, et qui donne a tous 
les individus dont chacun de ces groupes se compose un 
cachet particulier? La matiere qui doit s'organiser pour 
constituer l'un quelconque de ces etres ne presente ni dans 
sa composition chimique, ni dans son arrangement mole- 
culaire, ni dans sa forme generate, aucun caractere qui 
puisse meme etre considere comme se liant au mode de 
structure, par lequel le produit du travail embryogenique 
dont elle va etre le siege se distinguera de toutes les au- 
tres especes zoologiques ; rien clans la constitution de l'ceuf 
des oiseaux, par exemple, n'indique qu'il doit sortir de 
l'un de ces corps un Gallinace plutOt qu'un Echassier ou 
un Palmipede. La force vitale occulte qui determines, 
dans chacune de ces masses de matiere organisable, l'edi- 
ficalion de la machine animee, en regie le caractere, et IV 
rigine de cette force semble etre la seule circonstance qui 
donne a son action cette direction speciale. C'estparce que 
I'oeuf a ete forme par une Colombe ou par un Faucon 
qu'il en naitra un individu nouveau appartenant a Tune 
ou a l'aulre de ces especes, et non a raison de quelque par- 
ticularite dans sa constitution appreciable par nos sens. Si 
nous voulons nous engager plus avantdans nos specula- 
tions sur le mode de creation du regne animal, il faudra 
done nous occuper maintenant de l'origine de ces 6tres,et 
chercher a fixer nos idees touchant l'influence d'heredite et 
la Constance ou la \ariabiliie des especes. 






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TABLE. 



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Introduction * 

CHAPITRE I. — Sommaire. — Coup d'ceil general sur le rfegne ani- 
mal. — La diversite dans les resultats, et reconomie dans les 
moyens d'ex6cution, semblentetre les premieres conditions im- 
poses h la nature dans la constitution de ce r£gne. — Le perfec- 
tionnement dcs organismes est une des causes les plus puissantes 
de cette diversity des esp&ces zoologiques 7 

CHAPITRE IF. — Sommaire. — Distinction entre la puissance et la 
perfection, considerSes comme cause de superiority dans les 
organismes. — Influence de la masse des parties vivantes sur la 
grandeur des forces vitales. — Causes de la diversity dans les 
masses. — Influence de la lot d^conomie sur ces methodes or- 
ganisatrices. — Lot des repetitions 21 

CHAPITRE 111. — Sommaire. — De Influence de la division du tra- 
vail physiologique sur le perfectionnement des organismes. 35 

CHAPITRE IV. — Sommaire. — Des moyens que la nature emploie 
pour arriver h la division du travail dans l'organisme animal. 
Influence du princjpe d^conomie ; systeme des emprunts physio- 
logiques. — Adaptation sp6ciale de parties dSja existantes. 
Creation de parties nouvelles. — Refutation de l'hypothese de la 
dependance necessaire entre la fonction et Torgane 

CHAPITRE V. — Sommaire. — De l'independance des divers per- 
fectionnements introduits dans la constitution desanimaux. — 
Refutation de l'hypothese d'une serie animale. — Diversite des 
types et multiplied des series. — Caracteres des differences qui 
se reconnaissent dans le plan fondamental des organismes. 
Diversite dans le mode de repetition des parties homologues et 
dans les rapports de position des parties dissemblables.— RamifU 



69 












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•• 































i 80 



TABLE. 



cations secondares des series d6riv6es d'un meme type essen- 

tiel 

CHAPITRE VI. — Sommaire. — Demonstration de la diversity des 



types essentiels par l'embryologie. 



Refutation de la theoriede 



la constitution de la s6rie zoologique par des arrets de develop- 
pement dans le travail g^n^sique arrive a des degr£s divers- 
— Caractferes glnlraux des transformations embryologiques, dans 
leurs rapports avec ies groupes naturels du rfegne animal. . . 
CHAPITRE VII. - Sommaire. — Influence de la tendance a l'6cono- 
mie sur les modifications introduites dans la constitution des es- 
pecesd^riv6es des divers types essentiels. — Termes correspon- 
dants dans les series diff^rentes. — Differences zooiogiques, pro- 
duites par l'adaptation de certains derives dechaquetype a des 
conditions d'existence varices. — Differences produites par ifls 1 " 
tation d'un type Stranger; transitions zooiogiques ^ 

CHAPITRE VllT. — Sommaire. — Examen des proc6d6s employ^ 
par la nature pour adapter les organ es a des fonctions nouvelleSi 
ou pour en perfectionner le jeu .— Agr^gation des elements anato- 
miques sVffectuant par juxtaposition, par soudure eu par deve- 
loppement confus. — Simplification par avortement ou atrophy 
et par defaut. — Multiplication des elements anatomiques p» 1 ' 
<16doublement et par repetition. — Dfiveloppement in6gal; th6o- 
lie du balancement organique. — Modification par chevaucli^ 

Transformations histologiques ** J 

CHAPITRE IX. — Sommaire. — Proc6d£s employes par la nature 
pour conserver les types fondamentaux au milieu des modified 



ment. 



tions secondaires de Porganisme. 



nexions. 



Determination des analogues. 



Principe de la lixite des con- 
Variations dans ' e 



degre de puissance du principe des connexions. — Groupes org 3 * 

n J 1 I 

niques de divers degres 



nt 



CHAPITRE X. — Sommaire. — Consequences du perfeclionneme 
de l'organisme animal par la division du travail physiologiq l,e ' 
Principe de Vharmonie organique; harmonies rationnelles e 
harmonies empiriques. — Principe de la subordination des ca- 

Objections contre la doctrine des caracteres dotting' 
teurs. — Valeur variable d'un meme caractere l5 



racteres. 



Corbeil, imprimerie de Crete. 







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ANCIENNE MAISON CROCHARD 



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I. Sciences physiques , , Pages ° 

A. Medecine et chirargie .,,,,,,, 

B. Anatomie et physiologie * 

C. Zoologic • . . . * 4 

D. Botanique , ^ 

JE. Mineraiogie et geologic , f t %° 

F. Economic rurale ^ 

G. Chimie iti , 23 

IT. SCIENCES HIATI1E31ATIQUES , 5* 

A. Physique, mecaniquc, astronomic *.,.., *.*.... 

B. Geographic, (Algerie) t *...** , . . . 4 *> 

III. HlSTOlllE i ..... ^ 

IV. LlTTERATURE SCIENT1FIQUE m 3'* 

V. JOURNAUX SCIEXT1FIQUES ET PUBLICATIONS PEIUODIQUES ...,..,.,., ^4 









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ne correspondance active avcc rAngleterre el avec TAH " 



tnagne meperraet de procurer, dans un bref delai, les ouvrag eS 
ptablies dans ces pays. 



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CATALOGUE 






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5 

25 

23 



3 



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1 
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DE VICTOR MASSON. 



I. 






SCIENCES PHYSIQUES. 



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A. MEDECINE ET CHIRURGIE. 

AlIBERT (Constant). DES EAUX MINERALES dans leurs rapports avec 
l^conomie publique, la m<5decine et la legislation. Paris, 1852, in-8. 

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^NDRAL. CLINIQUE MEDICALE, ou clioix d'observations recueillies h 
Thopital de la CharitS, 4 e Edition, revue, corrig6e et augments. Paris, 

1 840. 5 volumes in-8 .-. 40 fr . 

: A NDRAL. ESSA1 D'HEWIATOLOGIE PATHOLOGIQUE. Paris, 1843, 

in 8. 4 fr. 

A NDRAL et GAVARRET. RECHERCHES SUR LE SANG; modifications 
de proportion de quelques principes du sang (fibrine, globules, mat£riaux 
solides du s6rum et eau) dans les maladies : Paris, 1841, 2 e tirage 1849, 
in-8 • 3 fr. oo 





















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L 

ANDRAL et GAVARRET. REPONSE AUX PRINCIPALES OBJECTIONS 

dirigGes contre les proc6d6s suivis dans les analyses du sang et conl f 
Inexactitude de leurs r6sultats. Paris, 1843, brochure in-8 2 fr. b 

t 

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ANDRAL et GAVARRET. RECHERCHES SUR LA QUANTITE D'AClD £ 

carbonique exhal6 par le pournon dans Tesp&ce humaine. Paris, I s4 • 
brochure in-8, avec.une planchc in-4 1 f f * 

ANDRAL, GAVARRET et DELAFOND. RECHERCHES SUR LA COM* 

position du sang de quelques animaux domestiques, dans l'6tat de san 
et de maladie. Paris, 1842, brochure in-8 1 fr - 

ANNALES MEDICO-PSYCHOLOGIQUES, journal destinS k recueilh 1 ^ 
tons les documents relatifs a Pali6nation mentale, aux n6vroses et a la w * 
decioe tegale des ali£n<5s; l'° s6rie, de 1843 a 1848. — J**a6rie, comm en * 

cSe en 1849. 

Voyez a Particle Journaux, page 53. 

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a la mer. Paris, 1851, 1 vol. grand in-18 8 fr. 8 ° 

AUBER (Edouard). NOTICE SUR TROUVILLE-LES-BAINS. Paris, 18* 1, 

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br. grand in-8. • * 

BARRIER. TRA1T£ PRATIQUE DES MALADIES DE L'ENFANCE' 
fond£ sur de nombreuses observations cliniques. 2 e Edition, revue et a^" 
mentde. 2 volumes in-8. Paris, 1845 14 ll# 

BERTHERAND (A.). PRECIS DES MALADIES VEN^RIENNES, de ^ 

doctrine et de leuf traitement. — Ouvrage couronn6 (m£daille d'on> 
parte ministre de la guerre. Paris, 1852. 1 vol. in-8 avec % planch^ 

& fr. 5 ° 

BECQDEREL (A.). SEMEIOTIGlUE DES URINES, ou Trait6 des altera- 
tions de Purine dans les maladies, suivic d'unTraitfi de la maladie de Brig 
aux divers ages de la vie. Ouvrage couronne par VAcademie des Scie* 1 
dans sa seance du 19 decembre 1842. Paris 1841, 1 volume in-8, avec l 7 c 

5 h' 

bleaux . * • 

BILLING (A.). PREMIERS PRINCIPES DE MEDECINE, traduits de ra*T 
glais sur la 4 e Edition par Achille Cijfreau, docteur en m£decine. P al ' 

• 1847. l vol. in-8 5 

BOIV1N (ji™). MEMORIAL DE L'ART DES ACCOUCHEMENTS, ou P rl ^ 
cipes IbndGs sur la pratique de l'hospice de la Maternity de Paris, & ^ 
celle des plus celebres praticiens de Paris; ouvrage adoptd comme cla s 











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^. MEDEC1NE ET CIUUUKGIE 



5 



que pour les dleves de la Maison d' accouchement de Paris, 4 e Edition, aug- 
ment^. Paris, 1836, 2 vol. in-8, avec 143 gravures 14 fr. 

BOURDON GUIDE AUX EAUX MINERALES de la France, de l'AUemagne, 
de la Suisse et de l'ltalie, 2- edition. Paris, 1837, in-18 3 fr. 50 

BOURGUIGNON. TRAITE ENTOMOLOGIQUE ET PATHOLOGIQUE 

de la gale de l'homme. Memoire couronne par l'Academie des sciences. 
Paris, 1852.1 vol. in-4» avec 10 planches colonees 20 fr. 

BRICHETEAU. TRAITE SUR LES MALADIES CHRONIQUES qui ont 

leur sie^e dans les organes de l'appareil resptratoire. Paris, 1852, 



1 vol. in-8 



8 fr. 



BRIQUET (P ) et MIGNOT (A). TRAITE PRATIQUE ET ANALYTIQUE 

du choleua-mokcus (Epidemie de 1849). Paris, 1850. 1 vol. in-8. . 7 fr. 

BRIQUET (P.). RECHERCHES EXPER1MENTALES SUR LES PROPRIE- 
TY DU QUINQUINA ET DE SES COMPOSES. Paris, 1852, 1 Vol. in-8 7 fr. 

BROCA (Paul). DU CANCER ET DU PSEUDO-CANCER. Paris, 1852, 
1 vol. in-8. Sous presse. 

j 

CARRON du VILLARDS. GUIDE PRATIQUE POUR L'ETUDE ET LE 

traitement des maladies des yeux. Paris, 2 vol. in-8 avec 4 planches et 




figures dans le texte 



12 fr. 



CELLS (E.). HYGIENE PRATIQUE DES PAYS CHAUDS, ou recherches 
surTes causes et le traitement des maladies de ces contrees. Paris, 1848. 
1 vol. in-8 7 !*• 

CHAPELLE (A.). TRAITE D'HYGIENE PUBLIQUE. Ouvrage particulie- 
rement destine aux comites d'hygiene. Pans, 1850, 1 vol. in-8 . 4 fr. 50 



CHENU. ESSAI PRATIQUE SUR L'ACTION THERAPEUTIQUE DES 

eaux minerales. I™ partie,comprenant : une notice historique sur les eaux 
minerales en general; le mode d'administration des eaux, etc., et un ca- 
talogue des ouvrages publies sur les eaux minerales. Paris, 1841, l vo- 
lume in-8 "* * r * 

■ 

HI e partie, comprenant : DICTI0NNA1RE DES EAUX MINERALES. Premier fascicule, A 

iMAIi. 1 vol. in-8.... 4 fr, 50 

CHOMEL (A. F.). ELEMENTS DE PATHOLOGIE GENERALE. 30 edit., 



considerablemcntaugmenlee. Pan?, 1841, in -8 



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8 fr. 



1. 













































































I 















6 



SCIENCES PHYSIQUES, 



CLOT BEY. COUP D'OEIL SUR LA PESTE ET LES QUARANTAINES, 

aloccasion du congres sanitaire r6uni a Paris au mois de juillet 1851. 
br. in-8 3 ft** 



DELABARRE. HISTOIRE DE LA GUTTA PERCHA et de son applica- 
tion aux dentures artiticielles en remplacement des plaques m£talliques 
qui blessent les gencives, et des dents d'hippopotame (dites osanores), 
qui se corrompent et alterent la purettS de l'haleine. Paris, 1852, grand 
in-i 8, avec 2 planches colorizes , 2 &• 

DELABARRE. bES ACCIDENTS DE LA DENTITION chezles enfants en 

i 

bas age, et moyens de les combattre. Paris, 1831. 1 vol. in-8 avec figures 
clans le texte 3 ff« 



DESCHAMPS (M. H.). DU SIGNE CERTAIN DE LA MORT. Nouvelle 
6preuve pour 6viter d'etre enterr6 vivant. Pari?, 1851. 1 vol. in-8. 4 f. 50 

DEVAL (Charles). TRAITE DE CHIRURGIE OCULAIRE. Paris, 1844. 
1 foi t volume in-8, avec 6 planches iri-4. . . 8 fr. 

DEVAL (Charles). TRAITE DE L'AMAUROSE OU DE LA GOUTTE 

sereine. Paris, 1851. 1 vol. in-8 6 fr. 5° 



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DIEU (§.), TRAITE DE MATIERE MED1CALE ET DE THERAPEUTIQUE 

pr6c6de de considerations g6n6rales sur la zoologie, etsuivi de FHistoire 
des eaux naturelles. Paris, 1847-1852, 4 vol. in-8 26 fr. 

DOiNNE. TABLEAU DES DIFFERENTS DEPOTS DE MATIERES SALINES 

et de substances organises qui se font dans les urines; pr6sentant les ca* 
racteres propres a les distinguer entre eux, a reconnaitre leur nature. D6- 
di6 aux professeurs de chimie et aux praticiens. Paris, 18S8, un tableau 
sur grand raisin, avec figures gravies 1 ff • 

EDWARDS et VAVASSEUR. NOUVEAU FORMULAIRE PRATIQUE 

des hopitaux, ou choix de formules des hopitaux civils et miiitaires de 
France, d'Angleterre, d'Allemagne, dltalie, etc., contenani Indication 
des doses auxquelles on administre les substances simples, et les prepara- 
tions magistrates et officinales du Codex, Femploi des medicaments nou- 
veaux, et des notions sur Tart de formuler. 4« 6dit., enticement refondue, 
et augments d'une notice statistique sur les hopitaux de Paris; p& r 
Mialhe, professeur agr6g<§ de la Faculty de m6decine de Paris. Paris, 1842. 

1 vol. in-32 , i f r . 50 

Le mdme, reli6 2 fr« 

LWcution typographiquedece formulaire, imprime sur papier colle et avec encadrc- 
ment, apermis d'en faireun petit volume des plus portatifs, quoiqu'il renferme beaucoup 
plus de formules qu'aucun autre ouvrage de ce genre, 



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A. MEDECINE ET CHIRURGIE. 7 

^UCONNfiAU-DUFRESNE. TRAITEMENT DE L'AFFECTION CALCU- 

l Euse du foik et du pancreas. Paris, 1851. 1 vol. grand in-18. . 4 fr. 50 

G ERDY. (P.N.). CHIRURGIE PRATIQUE COMPLETE, divisSe en sept mo- 
nographies.et fondle sur de nouvelles recherches d'anatomie, de physio- 
•ogieetde clinique, relatives surtout a l'inflammationet aux d6g6n£ra- 
l 'ons en g6n6ral, et en particulier aux maladies des os et des tissus blancs, 
^ celles des sens et des organes de la parole, a celles des organes respira- 
toires, digestifs, urinaires et g6nitaux. 

^n vente: l re Monographic, pathologie generale medico-chirurgicale, 
v °c recherches particulieres sur la nature, la symptomatologie, lesterminai- 
!° n s g6n6rales des maladies, sur leurs influences et sur leurs causes, sur le 
Agnostic, etc. Paris, 1851, 1 vol. in-8 7 fr. 

^ e Monographie, Maladies generales, et diatheses, avec recherches nou- 
ses sur les inflammations, les diatheses purulentes. les gangrenes, les 

^lures', les froidures, les plaies par armes a feu, etc. Paris, 1852, 1 vol. 
H 7 fr. 

^ISOLLE. TRAITfe £l£mENTAIRE ET PRATIQUE DE PATHOLOGIE 

Sterne, cinquieme Edition, augments de chapitres nouveaux. Paris, 
Mn 1852, 2 forts volumes compactes, gr. in-8 18 fr. 

^IlLAUME (A.) CATECHISME HYGIENIQUE, on Art de conserver 
'^sante et de prfivcnir les maladies. Ouvrage mis h la port6e de tout le 
^onde, et particulierement de la classe ouvriere des villes et des campa- 
^cs, Maquelle ii est destinS. Dole, 1850. 1 vol. in-18 1 fr. 25 

&ERT-VALLEROUX. ESSAI TH^ORIQUE ET PRATIQUE DES MA- 

^i>ies de l'oreille. Paris, 184G, 1 vol. in-8 5 fr, 

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' A MES (Constantin). GUIDE PRATIQUE AUX PRINCIPALES EAUX 

Mi nerales de France, de Belgique, d'AUemagne, de Suisse, de Savoie et 
^Ualie; contenant la description d£taill<$e des lieux oft elles se trouvent, 
air *$i que la composition chimique, les propri6t6s mSdicales et le mode 
^rupioide ces sources ; suivi de quelques considerations sur les £tuves, 
' e s bains de gaz et les bains de mer, et d'une notice sur les eaux min6- 
r *les naturelles transport's et sur leur emploi. Paris, 1851, 1 volume 

^8 7 f. 50 

^ES (Constantin). DE L'EMPLOI DES EAUX MIMERALES dans le 
lrj *Uement des accidents cons6cutifs de la syphilis. Paris, 1852, in-8. 

\ fr. 25 

^ (H.). PSYCHOPATHIA SEXUALIS. Lipsis, 1844, in-8 3 fr. 




























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I 

8 SCIENCES PHYSIQUES. 

LEFOULON (J.). NOUVEAU TRAITfc TH^ORIQUE ET PRATIQUE^ 

l'art du dentists. Paris, 1841. 1 beau volume in-8 de plus de 500 p a # 

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LEGENDRE (F. L.l. RECHERCHES ANATOMO-PATHOLOGIQUES & 

CL1NIQTJES SUB QUELQUES MALADIES DE l'eNFANCE. Paris, 1846, 111-8.. • ° 

LENOIR (A). ATLAS COMPLEMENTAIRE DE TOUS LES TRAI^ 

d'accouchements, contenant 100 planches dessin6es d'aprfcs nature et H 
graphites par M. E. Beau, avec texte. Ces planches replacement le b& ^ 
et les organes gtoitaux de la fcmme adulte, le dSveloppement de 1 
humain, les diverses presentations et positions du foetus, les optSraU 
obst6tricales, etc. 1 beau vol. gr. in-8 jesus, cartonnS 6 ° 

L'ouvrage sera public en 4 fascicules. 

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En vente : le premier fascicule, contenant 25 planches. ....... a ° 

LENOIR. DES OPERATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR lt 

muscles de l'oeil. Paris, 1850, in-4, avec 3 planches.. .... 3 V* 

L1EBIG (J.). CHIWIIE ORGANIQUE APPLIQU^E A LA PHYSIOLO^ 

animale et a la pathologie, traduction faite sur les mauuscrits de l'a llt j 
par Cu. Gerhardt. Paris, 1845, 1 beau vol. in-8 . 7 f r# 

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si&me examen). 1 vol. grand in-18 

I 

MONTALLEGRI. HYPOCHONDRIE-SPLEEN, ou NSvroses trisplanc 1 " 11 ' 
(|ues. Observations relatives k ces maladies et leur traitement rafl* 
Paris, 1841. 1 vol. in-8 b 

MOREAU (J.)(de Tours). DU HACHISCH ET DE L'ALIENATION tf 6 * 

tale, 6tudespsychologiques. Paris, 1845, 1 vol. in-8 ' 

morel. Etudes cliniques sur les maladies mentales, c0 ^ 

sid<5r£es dans leur nature, leur traitement, et dans leur rapport av^ 
m&lecine legale des ali6n6s. Pari?, 1852, 1 vol. in-8 avec 13 l 1 ' 
dies 

MOURE (A.)et H. Martin. VADE MECUM DU MEDECIN PRATlC^ 

precis de tlnSrapeutique sp£ciale, de pharmaceutique, de Pharmacol * j 

Paris, 1845. 1 beau vol. grand in-18, eompacte 3 ^' 5O 

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grand in-18 , 3 " f ' 



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A. MEDEC1NE ET CIIIRUUGIE. 



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8 vol. in-8 avcc planches. 

En vente.le tome troisieme : Documents necroscopiques. Paris, 1841, 



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& ^ARCHAPPE. DES PRINCIPES A SUIVRE DANS LA FONDATION ET 



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oi s *El LAR1N LE MAL DE MER, sa nature et ses causes, moyens de le 

prevenir et de le soulager. Emplois tberapeutiques qu'il pent recevoir 
clans le traitement de certaines maladies. Pans, 1851, br. m-8. .. ,5 c. 

^ERRiER. DE ^HYGIENE EN ALGERIE, suivi d'un Memoire sur les 



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pestes de F Algerie, par Bkhbhuggek. Paris, 1847, 2 v. gr. in-8 jesus. 

Get ouvrage fait partie de ^Exploration scienlifique de I'Algerie, publiee par ordre 
du Gouvcrnement, section des sciences medicates. 

^ONTE-RENO. L'EAU \ melhode speciale de son emploi curatif. Paris, 

185?, 1 vol. in-8 

ROQDES (J.)- HISTOIRE DES CHAMPIGNONS COMESTIBLES ET 

vLneux, ou l'on expose leurs caracteres distinctifs, leurs propnetes ah- 
mentaires et economiques, leurs efJets nuisibles, et les moyens de s en ga- 

d'x remedieb; ouvrage utile aux amateurs de champ.gnons, aux 



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medecins, aux naturalises , aux proprieties ruraux, aux maires, aux 
cures de campagne ; 2e 6dit., revue et considerablement augmenee Pa- 



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dans leurs dimensions et leurs couleurs naturelles cent especes ou van^s 
de champignons 

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SfcDILLOT. TRAITS DE WIEDECINE OPERATOIRE, BANDAGES ET 

Deuxifeme Edition augments. Paris, 1852, 2 vol. grand in-18, 

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SOCIETE DE CHIRURG1E DE PARIS. 



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societe, publics dans le format in-4. Prix de chaque vo- 

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e tome premier 



avec 9 planches, etle tome 2, avec 4 planches, sont en 





































































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10 



SCIENCES PHYSIQUES, 



vente: il sera public chaque ann<5e un volume de 550 a 6C0 pages. Lc vo- 
lume est donnfi aux souscripteurs en cinq ou six fascicules qui parais- 
sent a des intervalles indStermines. Le prix de chaque volume est pay a * 
ble en retirant le premier fascicule. 

Le tome 3 est en coursde publication. 

Bulletin de la societe. Annies 184S, IS S9 et 1850. Paris 1851. 1 volu^ 6 
in~8 de 928 pages ; , 8 fr« 

II sera public un volume chaque ann£e. 



STOEBER. MANUEL PRATIQUE D'OPHTHALMOLOGIE, 



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maladies des yeux. Paris, 1834, in-8, planches col 9 fr * 

thore. Etudes sur les maladies incidentes des aliens 

Paris, 1847, 1 vol. in-8 4 f« 

VIDAL. TRAITi DES MALADIES VENERIENNES. Paris, 1852, 1 vol. 
in-8 avec 5 pi. gravies en taille-douce et colorizes. (Sous presse pot"" 
paraitre en aout (852.) 



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ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. 

Voyez a Particle Jouniuux, p. 34. 

BAUDRIMONT et G. S. MARTIN SA1NT-ANGE. DU D£VELOPPEWlENf 

du foetus; mgm'oire pr6sent6 £ -PAcad6rnie des Sciences en r^ponse & ' a 
question suivante : Determiner, par des experiences precises, quelle est 
la succession des changements chimiques, physiques et organiques qui o nt 
lieu dans l'ceuf pendant le d£veloppement du fcetus chez les oiseaux et l eS 
batraciens. Paris, 1850, beau volume in- 4, avec 18 planches gravies ? n 
taille-douce et magniflquement colorizes. Prix cartonn£ 35 #' 

Le memo, demi-reliure maroquin , 40 ft 1 * 

B1CHAT. RECHERCHES PHYSiOLOGIQUESSUR LA VIE ET LA WlORT, 

deuxi&me Edition, ornfie d'une vignette sur acier, pr6e6d£e d'une Noii c0 
sur la vie et sur les travaux de Bichat, et suivie de notes par M. le docte 111 
Cerise. Paris, 1852, 1 vol. grand in-18 3 tu 80 



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ticuliferement dans Phorame et dans les animaux vertebras. Paris, 18* ' 
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corps iiumain; ouvrage pouvant servir d'atlas a tous les trails d'anaio 
mie, d6d:6 k M. le professeur CRUVEILHIER. 






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JB. ANATOMIE ET PHYSlOLCGlE. 1 1 

L'Atlas d'Anatomie descriptive du corps humain comprendra 250 planches format grand 
1,u 3 jesus, toutes dessinees d'apics nature et lithographices. ll est publie par livraisons de 
Punches, avec un tcxte explicatif et raisonne en regard de chaquc planche. 

Prix de cliaque livraison : Avcc planches noircs . . 2 fr. 

Avec planches cohjri£es . 4 ir. 

L'Atlas sera divise en 4 parties qui se yendront separement et sans augmentation de 
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Figures noires. 4^ fr. 47 f. 

— colorizes 88 92 

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Prix broche* Avcc domUreliure. 

Figures noires 32 Ir. 35 fr. 

— colorizes 64 68 

*° APPAREILS DE LA DIGESTION, DE LA INSPIRATION, GENITO-URINAIRE. En cours de 
Publication, pour etre termine en 1852. 

*° APPAREILS DE SENSATION ET DENERVATION. Paraitra en 1855. 

^OQUET (IL). ATLAS D'aNATONIIE, comprenant 54! planches, gra- 
vies en taille-douce, 5 vol. in-4. 

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^ re OstSologie et Syndtsmologie. 66 9 ir. 

* Myologie , 36 , 5 

3 e N6vrologie. . . * 36 5 

^ e Ang6iologie »., 60 9 

^ Splanchnologie et Embryologie 43 7 

Prix de Touvrage complet 541 35 

^aque partie est adcompagnee de son texte explicatif, du meme format que les planches, 
Se vend separement aux prix indiques ci-dessus. 

^MTE (Acb.) ORGANISATION ET PHYSIOLOGIE DE L'HOMME, 

e xpliqu6es a Taide de figures colori6es, d^coupees et superposes. Ou- 
tage approuvS par le Souverain Pontife. suivi de Tindication des premiers 
Scours a donner aux malades et aux blesses. Paris, 1851. 1 vol. in-8 et 

^n atlas de 10 planches colori6es 10 fr. 

^STE. HISTOIRE G^NERALE ET PARTICULtfcRE DU D^VELOPPE- 

^vr des corps organises, publi6e sous ies auspices du ministre del'In- 
^ruction publique. Paris, 1848-1852. 3 volumes in-4, avec 50 planches 
grand in-plano, grav6es en taille-douce, imprimis en couleur et accorn- 
k*gn6es de contre-6preuves portant la leitre. Prix de la livraison. 55 fr. 

Deux livraisons sont en yente, textc et planches. La troisieme vaparaitre. 













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I 

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12 SCIENCES PHYSIQUES. 

CORY. TABLEAUX SYNOPTIQUES DES ARTERES, exposant avec 1 * 
plus grande c1art6 la disposition g6n6rale de ce systeme de vaisscau* 
les rapports de ses parties entre elles et avec les troncs pulmonale et a 
tiquc, in-4 oblong. Paris, 1835 

DEBOUT. TABLEAU PHR&NOLOGIQUE DU CRANE. 1 feuille in^ 

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jesus : . . . . • 

* 

DEBOUT. TABLEAU PHR&NOLOGIQUE DU CERVEAU. 1 feuille i> f( ]J: 
jfisus 

EDWARDS (Milne). NOTIONS D'ANATONIIE ET DE PHYSIOLOG^, 

servant ^introduction a la zoologie, 2 e 6dit. Paris, 1840. 1 vol. in- 8 a * 
70 figures intercalfies dans le texte 

FOViLLE. TRA1T& COMPLET DE L'ANATOMIE DU SYST^ 
nerveux cerebro-spinal. 1 vol. in-8 et atlas de 23 planches in-4, d e g 
n£es d'aprfes nature et lithographies par MM. E. Beau et Bion , stir 
preparations de M. Foville. Paris, 1844., *° 

16 ft' 
Avec Pallas cartonnS . > 

GERDY (P.-N). PHYS10LOGIE MEDICALE DIDACTIQUE ET CR' T ^ 

que. Eii vente, le tome l er , publi6 en 2 parties. Paris, 1832 .. . 7 &' 

GR1MAUD de CAUXet MARTIN SAINT-ANGE. H13TOIRE DE LA ^ 

Mi ration de riiomme, pr6ced6e de P6tude comparative de cette fon c 
dans les divisions principalis du regne animal. Paris, 1 vol. in-4 de 470 } 
ges, accompagn6 d'un magniCque atlas de 12 planches graves 
taille-douce avec con;re-£preuves au Irait pour la lettre 

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HAY (D.R.). LA BEAUTE GEOMETRIQUE DE LA FORME HUlWAi^ 

prtfccWc d'un systfeme de proportion esthiHique applicable a Parch lU _ 
lure et aux autres arts pla&tiques; edition francai.se impiimge soi |S 
yeux de l'auteur. Edimbourg, 1851. 1 vol. in-4 avec 16 planches 8 l 
vees en taille-douce et une figure dans le texte ' 

L1EB1G (J.). LA CHIMIE ORGANIQUE APPLIQUEE A LA PHYSIOL^ 

anuiale et a la pathologie, traduction faitesur les manuscrits de l' aU 1 
par Ch. Gerhardt, et revue par M. J. Liebig. Paris, octobre 1842, 1 v ,q 
in-8 7 »• 

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de l'homme et des animaux vert6bres, ouvrage contenant des ol> sei r 
tions pathologiques relatives au systeme nerveux, et des experiences * 
les animaux des classes sup6rieures. Ouvrage couronne par l'Instti u 
France. Paris, 1815, 2 forts vol. in-8, avec pi. lithographies par E- p0 

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jB. ANATOMiE ET HIYSiOLOGIE. 13 

La premiere edition est epuisce. Une nouvelle edition sera misc sous presse aussilot que 
la publication du Traile de' Physiologic du merae auteur sera terminee. 

LONGET. TRAITE DE PHYS10LOGIE. Paris, 1850-1852, 2 forts volumes 
grand in-8 compactes, avec figures dans le texte et planches en tai'.le- 
douce noires et colorizes * ^0 * r * 

LONGET. RECHEftCHES EXPER1MENTALES sur les fonctions de r«pi- 
glotte et sur les agents de Tocclusion de laglotte dans la deglutition, le 
vomissement et la rumination. Paris, 18 i 1, in-8 1 fr. 50 

LONGET. RECHERCHES EXPERIMENTALES sur les conditions neces- 

saires a'l'entretien et a la manifestation de linitabilite musculaire, avec 
application a la patbologie. Paris, 1841, fig. in-8 1 fr. 50 

LONGET. MEMOIRE SUR LES TROUBLES QUI SURVIENNEN T 

dans Equilibration, la station et la locomotion des animaux apres la sec- 
tion des parties molles de la nuque. Paris, 1845, in-8 4 fr. 

LONGET. EXPERIENCES RELATIVES AUX EFFETS DE L'lNHALATION 

de l'6lher sulfurique sur le systeme nerveux. Fevrier, 1817, brochure 

in-8 Ifr - 50 

MARTIN SAINT-ANGE. DE L'APPAREIL REPRODUCTEUR DANS LES 

animaux vertebres. Travail couronne- par l'Acad<5mie des sciences. Pari-, 
1852, l vol. grand in-4, avec 16 planches {Sous presse) 25 fr, 

MATTEUCCI. LECONS SUR LES PHENOWIENES PHYSIQUES DES 

corps vivants. Edition franchise, pubhee avec des additions considerables 
sur la2e edit, italienne. Paris, 1847, 1 vol. gr. in-18, avec 18 lig. dans le 

, , a 3 fr. 50 

texte 

PARCHAPPE (Max.). DU COEUR, DE SA STRUCTURE ET DE SES 

movements, ou traite anatoinique, physiologique et pathologique des 
mouvementsducoeur de rtaomme. Paris, 1848, 1 volume in-8, avec atl.s 

in-4 de 10 planches 22 fr - 

ROUSSEL. SYSTEWSE PHYSIQUE ET MORAL DE LA FEMME, nouvelle 
edition, contenant vine notice biographique sur Roussel et des notes, pir 
ledocteur Cerise. Paris, 1848,1 vol. grand in-18 3 fr. {.0 

S\PPEY. MANUEL D'ANATOWIIE DESCRIPTIVE ET DE PREPARA- 
TIONS anatomiques. Paris, 1850-1852.2 vol. grand in-18, divises chacun 
en deux parties, avec figures dans le texte 1 7 lr. 

La troisieme partie, comprcnaat la nevrologie, est en rente. La qualrieme ct deruiere 
parlic conipreudra la splanchnologie, et scrapubliee en 1852. 



2 

















































14 



SCIENCES PHYSIQUES 



C. ZOOLOGIE. 



























ADANSON (M.). COURS D'HISTOIRE NATURELLE fait en 1772, publte 
sous les auspices de M. Adanson, son neveu, avec une introduction et des 
notes par M. L. P. Payer, agr6g6 a la Faculty des sciences. Paris, 1845. 
2 volumes grand in- 18 . . . , 12 IV. 



ANNALES DES SCIENCES NATURELLE8. 

Yoyez a l'article Jouiwaux, p. 30. 

AUDOOIN(V.)kt MILNE EDWARDS. RECHERCHES POUR SERVIR A 

l'histoire naturelle du littoral de la France, ou Recueil de m6moires 
sur Tanatomie, la physiologie, la classification et les moeurs des animaux 
de nos cotes. Voyage a Grandville, aux iles Chaussey et k Saint-Malo. 
2 volumes grand in-8, orn6s de planches gravies et colorizes avec le plus 
grand soin. 

Tome I. Introduction, avec 6 cartes 17 fiS 

Tome II. AnnSlides, avec 18 planches 17 fr. 

BLANCHARD(EaiLE). ORGANISATION DU R^GNE ANIMAL publi6e 

par livraisons grand in-4, contenant chacune deux planches magnifiquc- 
ment gravies et une feuille et demie de texte. Prix de chaque livrai- 
son G fr* 

Cetouvrage, quia etc concu sur un plan tout nouvcau, et qui renfermera un nombre 
immense de faits incdits, est destine a fa ire connaitre d'une maniere approfondie l'organi- 
sation entierede tous les types des families naturelles du regne animal, et a montrer rapi* 

dement, au moyen de figures executees avec la plus grande precision, toutes les modifica- 
tions qui se rencontrent dans ^organisation des animaux* Le mode de publication sera ana- 
logue a celui qui a ete employe pour l'edition iliustree du Regne animal de Cuvier. On fera 
paraitre concurremment les parties relatives aux differentes classes du Regne animal, de 

■ 

telle sorte qu'apres la publication d'un nombre de livraisons fort restreint encore, on aura 
deja Tanatomie complete d'un mollusque acephale, d'un mollus-jue gasleiopode, d'un in- 
secte, d'un reptile* d'un oiseau, d'un mammifere, elc. 
Deux livraisons sont en venle. 

i 

BOUCHARD-CHANTEREAU. CATALOGUE DES MOLLUSQUES terres- 
tres et lluviatiles observes jusqu'^t ce jour & P6tat vivant dans le d6parte- 
ment du Pas-de-Galais. Boulogne* 1838, br; in-8, pi 3 fr. 

BREME (de). ESSAI MONOGRAPHIQlUE ET ICONOGRAPHlGtUE DE 

la tribu des Cossyphides : 

Premiere partie. Paris, 1842, 1 vol. grand in-8, avec 7 planches colorizes. 
Prix cartoring ,,,.,..,;,;;»;,„; , • . . . . 12 fr. 





• 







C. ZOOLOGIE. 



15 



Deuxifeme partie.Paiis, 1846, 1 vol. grand in-8, avec 3 planches colorizes. 
Prix, cartonn6. , « • i 



6 fr. 



BREME (de). MONOGRAPHIE DE QUELQUES GENRES COLEOFTE- 

res U6t6romeres, appartenant h la tribu des Blapsides. Paris, 1S4°2, broch. 



in 12, p 



i 



2 fr. 



COMTE (A.). LE REGNE ANIMAL, dispose en tableaux methocliqucs; 
ouvrage adopt6 par le Conseil de Instruction publique pour Fenseigne- 
merit de l'histoire naturelle. 

Chacun des soixante-dix-huit ordres du rfcgne animal se trouve represents 
et dScrit dans un ou plusieurs tableaux. La collection comprend quatre- 
vingt-onze tableaux, sur grand colornbier, reprSsentant environ cinq 
mille figures d'animaux 114 fr. 

Demi reliure en 5 tomes, avec dos en maroquin 25 fr. 



1 fr. 25 



Chaque tableau est venclu s6par6ment 

m» 

Les diverses classes du regne animal sonfc resumees en quelques tableaux, et peuvent for- 
mer des atlas separes, ainsi qu'il suit : 

Titre orne d'un beau portrait de Guvier, et suivi d'un rapport fait a 



Tableaux 



rinstitut 



Introduction h F6tude du r6gne animal 

. Races humalnes et Mammiftres 
l re division. — Verte- 



1 

1 

8 

9 

16 

2* division Mollusques 11 

3« division . — Articu- \ Crustac6s, Ann61ides et Araclinides 15 

les (37 tableaux) . . j Insectes 55 

4 division RayonnSs 



Oiseaux 

bres (33 tableaux). . | Reptiles et p issons 



8 



91 




DELESSERT (B.). RECUEIL DES COQUILLES d£crites par Lamarck , 
dans son Histoire naturelle des Animaux sans vertebres, et non encore 
figures; magniiique vol. gr. in-folio j6sus, avec 40 pi. deasinles d'apr5s 
nature, gravies en taille-douce, imprim6es en coulcur et retouches au 



pinceau 

Avec une demi-reliure, dos en toile 






180 fr. 
190 fr. 



DESHAYES. TRAITE ELEMENTAIRE DE CONCHYLJOLOGIE, avec Tap- 
plication de cede science a la geognosie, 3 vol. et atlas grand in-8 de 130 
planch, environ, publies en 20 livr. Chaque liv., fig. noires 5 fr. 



Le raeme, fig. colonees 

14 livraisons sont en vente ; il paraitra une livraison tous les quatre raois. 



12 fr. 












































DESHAYES. MOLLUSQUES DE L'ALGERIE, publies clans le format in-4, 











16 



SCItSCES PHYSIQUES. 















par li'vraisons cle 4 a 5 feuilles de texte, et de 6 planches colorizes. Prix 
de la li vraisoa . . , . , 16 ft"- 

2o livrajsons sont en vente. — Cet ouvrage fait partie de l'Exploralion scientifique de I'Al- 
gerie, publiee par ordre du gouvernement, section des sciences physiques. 

DICTIONNAIRE UMVERSEL D'HISTOIRE NATURELLE , publiS sous 
la direction de M. Charles d'Orbigny, par une reunion de naturalistes. 

Le Dictionnaire universel d'hisloire naturelle forme 13 tomes publies en 25 volumes 
grand in-8 t a deux colonnes ; il est accompagne de 288 belles planches, gravees sur acier 
par les plus habiles artistes de Paris, representant plus de 1,200 sujets, et destinees surtout 
a faciliter i'intelligence des articles generaux. 

L'ouvrage est complet. — On vend separement le texte et les planches. 

Prix : Texte seul comprenant 25 vol 150 fr. 

accompagn6 de 288 planches noires in-8 220 fr* 

de 288 planches colorizes in-S 400 fr. 

CUVIER (Georges). LE RfcGNE ANIMAL distribu6 d'apr£s son organisa- 
tion, Z* Mil. Paris, 1829-1830, 5 vol. in-8, fig- 36 fr. 

CUVIER (Georges). LE REGNE ANIMAL distribuS d'aprfcs son organisa- 
tion, pour servir de base a Thistoire naturelle des animaux et d'intro- 
duction a Tanatomie compare; nouvelle Edition, accompagnSe de 
planches gravies, representant les types de tousles genres, les caract£res 
distinctifs des divers gronpes, et les modifications de structure, surles- 
quels repose cette classification, publiee par une reunion dY^ltWesdeG.Cu- 
vier : MM. Audouin, Blanchard , Deshayes, de Quatrefages, d'Orbigky» 
Duges, Duvernoy, Laurillard, Milne-Edwards, Roulin et Valenciennes. 

Le Regne animal de Cuvier a 6t6 public en 2i52 livraisons, format grand 
in-8 j£sus. 11 comprend onze volumes de texte, et onze alias ensemble de 
993 planches dont 13 sont doubles, dessin6es d'apres nalure et gravies en 
taille-douce. 









PRIX DE L'OUVRAGE COMPLET : 



Les onze tomes du texte broch£s en 10 volumes, les C93 planches et leurs 
explications r6unies en 39 6tuis, 

Avcc planches en noir , 590 fir* 

Avec les planches imprimis en couleur et retouchSes au 

pinceau (1).. 1310 fr- 

Prix d'une demi-reliure de luxe en 10 volumes de texte et 10 atlas mon- 
ths sur onglets, ensemble 20 volumes, dos et coins en maroquin, tranche 
sup£rieure dor6e - 170 n- 

(l) Les races humaines sont en noir sur papier de Chine; les sujets d'analomie, les ani- 
maux foss : les sont en bistre. 













■■;<^\<;>^; 



C. ZOOLOGIE. 



II est accorde de grandes facility poar lepayement d« prix 
Ghaque partie est vendue separement comme suit : 



17 




INDICATION DE CHAQUE DIVISION. 



,\ DR1SR E 



DG 



PLANCHES. 



PRIX 






Les MAMMIFERES et les RACES HU- 

MAINES, avec Atlas, par Milne-Ed - 

WARDS, LAURILLARD et ROULIN . . . ... • 

Les OlSEAUX, avee Atlas, par A. d Or- 

BIGNY • " * " 

Les REPTILES, avec Atlas, par J3u- 

VERNOY • ' 

Les POISSONS, avec Atlas, par Valen- 
ciennes 

Les MOLLUSQUES, avec Atlas, par 

Deshayes • • • 

Les INSEGTES, avec Atlas, par Au- 
douin, Blanchard, Doyere et Milne- 
Edwards 

Les ARACHNIDES, avec Atlas, par 

Dugbs et Milne-Edwards 

Les CRUSTACES, avec Atlas, par Milne- 
Edwards ; • 

Les ANNELIDES, avec Atlas, par Milne- 
Edwards et de Quatrefages 

Les ZOOPHYTES, avec Atlas, par Milne- 
Edwards et Blanchard 



L'OUVRAGE COMPLET 



On pent avoir separement : 

^s COLEOPTERES, par Blanchard.. 
^HYMENOPTERES, par Blanchard. 
Les LEPIDOPTERES, par Blanchard 

et Doyere ■• 

les DtPTERES, par Blanchard 

Les INTESTINADX, par Blanchard.. 

Les RACES HUMAINES, par Rouun. 



202 



993 



EN COULEUlt 

sauf les 

sujets d'anatoiir 



155 f. 



EN NOIR. 



275 



1310 



70 f. 



5G 



590 



95 


40 


38 


16 


45 


20 


44 


20 


30 


, H 


Eii noir, 




sur chine. 


















DUPUY H'abbe D.) HIST01RE NATURELLE DES MOLLUSQUES TER- 

RKSTRES ET d'EAU DOUCE QUI VIVENT EN FRANCE. Paris, 1848-1851. 2 VOL 111-4 

avec 36 planches lithograptiiees par J. Delarue 60 fr. 

EDWARDS (Milne) et COMTE (Achille). CAHIERS D'HISTOIRE NATU- 

2. 






^>X 



SN. 






18 









SCIENCES PHYSIQUES. 



relle a Pusagedes colleges et des Scoles normales primaires; ouvrage 
adopts par le Conseil de Instruction publique pour servir a Tenseigne- 
ment de Phistoire naturelle ; nouvelle Edition, refake cTapr&s le pro- 
gramme du 14 septembre 1840, et rSduite en 3 forts cahiers in-12, avec 
planches gravies. 

Premier cahier, Zoologie, avec 17 planches 2 fr# 

Voir la section C Botanique et la section D Mineralogie. 

EDWARDS (Milne). COURS ELEMENTAIRE DE ZOOLOGIE. Sixieme 

A 1\l\ . ^ - . _ _ . P T% - . ~ *m'~. . 






y 












Edition, revue et augments. Paris, 1852, 1 vol. gr. in-1 8, avec 465 fig. inter- 
calees dans le texte. Ouvrage adopts par le conseil sup6rieur de rinstruc- 
tion publique et approuvS par Monseigneur l'Archeveque de Paris. 6 fr. 

Ce volume fait partie ducours elcmentaire d'histoire naturelle, par MM. A. Edwards, de 

JUSSIEU etBEUDANT, 5 Vol. 

EDWARDS (Milne). NOTIONS D'ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, 

servant ^introduction a la zoologie, 2 e 6dit. Paris, 1840. 1 vol. in-8avcc 
70 figures intensifies dans le texte 4 fr. 



EDWARDS (Milne). ELEMENTS DE ZOOLOGIE.— Oiseaux, Reptiles et 
Poissons , 2e fidit. 1 vol. in-8 avec ?0i fig. dans le texte 4 fr. 50 

EDWARDS (Milne). ELEMENTS DE ZOOLOGIE.- Animaux sans verte- 



bres, 2 C fidit. 1 vol. in-8 avec 422 fig. dans le texte. 



»•«•••• 



4 fr. 50 



EDWARDS (Milne). INTRODUCTION A LA ZOOLOGIE GENERALE, 

ou Considerations sur lks tendances de la nature dans la constitution 
du regne animal. Premiere partie. 1 volume grand in-18 2 fr. 25 

EDWARDS (Milne), QUATREFAGES et BLANGHARD. RECHERCHES 
anatomiques etphysiologiques faites pendant un voyage sur les cotes de 
laSioile et sur divers points du littoral de la France. Paris, J 849, 3 vol. 
in-4, avec 84 pi., dont 7 doubles, fig. coloriees. 90 fr. 

La premiere partie contient les recherches de M. Milne-Edwards sur la circulation chez 
les mollusques, etc., etc. (28 pi. dont 7 doubles); la seconde, les recherches de M. Qua- 
trefages sur la structure des uemertes, des planaires, etc. (30 pi. dont { double) ; la troi- 
sieme est le travail de M. Blanchard sur les vers intestinaux. 

MAILLARD (l'abbe). LE PETIT ENTOMOLOGISTE COLLECTEUR AU 

nord de Paris, ou Description des insectes qui se trouvent dans un rayon 
de cent vingt kilometres au nord de Paris. Premiere partie, Coleopteres. 
Paris, 1850. 1 vol. in-18 80 c. 

MICHAUD. COMPLEMENT DE L'HISTOIRE NATURELLE DES CO- 

quilles terrestres et fluviatiles de la France de Draparnaud. 183i, 1 vol. 
in-4, avec 9 planches 12 fr. 



a 



A 



v 



A 



B 



to 



i 



c 




D. BOTANIQUE. 



19 



PAYER (J.). MAMMIFERES, classification parallSlique de M. Isidore 
Geoffroy-Saint-Hilaire, cPaprfcslequel sont rang&s lesmammifferes dans les 
galeries du Museum d'histoire naturelle de Paris. Tableau dress6 en 183T 
et retouchfi pour l'addition des genres nouveaux en 1845. Une i'euille 

grand monde • ^^* 

REEVE (Lovell). CONCHOLOGIA ICONICA, or monograph y of the genera 
of shells, including latin and english description cf all the species known 
up to the time of publication; with copious remarks on their characters, 
affinity and circumstances of habitation. 
La Conchologia iconica est pubii£e dans le format in-4, par livraisons 

anensuelles de 8 planches colorizes. Prix 13 fi\ 

Le l cr juio 1852, 107 livraisons sont en vente. 

VERANY (J.-B.). MOLLUSQUES MEDITERRANfcENS observes, decrits, 
figures et chromo-lithographi^s d'apres nature, surdes sujets vivants. 

l re partie. — Cepiialopodes. — i vol. grand in-4 avec 43 pi. Genes. 
1851 100 fr, 





















D. BOTANIQUE. 



AGARDH (J). ALG/E MARIS MEDITERRANEI ET ADRIATICI, obser- 
vationes in diagnosin specierum et dispositionem generum. Parisiis, 1841, 

grand in-8. i 3 fr. 50 

AGARDH (J.). SPECIES, GENERA ET ORDINES ALGARUM, volumen 

primum algas fuco'ideas complectens. Lundae, 1848, 1 vol. in-8. . 12 fr. 
Volumen secundum, algas florideas complectens. Pars prima. Lundae, 
1851. 1 vol. in-8 12 fr. 

Voluminis secundi partis secundse fasciculus primus. Lundae, 1851, 6 fi\ 
ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. 

Voyez a l'article Journaux, p. 54. 

BRONGNIART (Ad.). HISTOIRE DES VEGETAUX FOSSILES, ou re- 

cherches botaniques et gSologiques sur les v6g£taux renfermSs dans les 
diverses couches du globe. Paris, 1828-1839; ouvrage publte en 2 vol. 
grand in-4 et 300 planches, paraissant par livraisons de 6 h 8 feuiiles de 
texteet de 15 pi.. Prix de chaque livraison 13 fr. 

V Les livraisons 1 a 12, formant le premier volume, et les trois premieres (13 e a i5 e ) du 
tome deuxieme, sont en vente. 

COMTE (A.). INTRODUCTION AU REGNE VEGETAL de A. L. de Jus- 
sieu, dispose en tableau mSthodique, une feuille gr. colornbier. 1 fr. 25 









.§§§ 















20 



SCIENCES PHYSIQUES 



COSSON(E.) ot GERMAIN (E.). FLORE DESCRIPTIVE ct analytique des 
environs de Paris, on Description des plantes qui croissent spontan6tn eI1t 
dans cette region et de celles qui y sont generalement cultivees, acconfi- 
pagnee de tableaux dichotomiques des genres et des especes. Paris, 1845, 
1 vol. grand in-18 divis6 en deux parties, texte compacte, avec une carte 
des environs de Paris sur un rayon de 90 kilometres 13 ll# 

Cet ouvrage, entierement base sur des recherches nouvelles, reunit en un meme volume a 
description complete des families, des genres et des especes des environs de Paris, et des ta- 
bleaux analytiques destines a en faciliter la determination. 

COSSON (E.) et GERMAIN (E.). ATLAS DE LA FLORE des environs de 
Paris, ou illustrations de la plupart des especes litigieuses de cette regi° n > 
accompagn^es d'un texte explicatif. Paris, 1845, 1 vol. grand in-18, car- 
tonne, con tenant 45 pi. grav. en taille-douce. Prix 9 

de 
Les planches, dessinees d'apres nature, par le docteur E. Germain, sous les yeux 

son collaborateur, sont gravees avec le plus grand soin par les artistes les plus distingu 
Ces planches, bien que rentrant dans le format portatif de la Flore, donnent chacu 
plusieurs especes accompagnees de T analyse grossie des caracteres specifiques. 



COSSON (E.) et GERMAIN (E.). 



SYNOPSIS ANALYTIQUE DE LA FLORE 



des environs de paris , ou Description abr6g6e des families et des genres, 
accompagn6ede tableaux dichotomiques destines a faire parvenirais6me n 



o-es 



aunom des esp&ces. Paris, 1845, 1 vol. grand in-18 d'environ 300 pag 
texte compacte > 3 fr . 

Cet ouvrage, tres-portalif, est specialement destine aux herborisations. 

COSSON (E.). NOTES SUR QUELQUES PLANTES CRITIQUES, raws 

ou nouvelles, et additions a la Flore des environs de Paris. Grand in-* 8 » 
texte compacte. Deux fascicules sont en vente. Prix 2 '* ' 

Les Additions a la Flore des environs de Paris sont destinees a completer le tableau 
la vegetation parisienne j M. le docteur E. Germain est reste etranger a cette publication* 
raison de travaux d'organographie vegetate auxquels il s'est consacre. 

DE CANDOLLE. PRODROMUS SYSTEMATIS NATURALIS REGNI VE* 

getabilts, sive enumeratio contractu ordinum, generum, specter umquepW 
tarum hucusque cognitarum. 



Tom. 



I. Sis tens Thalamiflorarum Or dines L1V, 1854. 
II. Sistens Calyciflorarum OrdinesX, 1855. 
II). Sistens Calyciflorarum Or dines XXVI, 1856. 

IV. Sistens Calyciflorarum Ordines X, 1830. 
V. Sistens Calycereas et Compositarum tribus priores, 1836- 

VL Sistens Compositarum continuat., 1838. 
VII. Seciio prior. Sistens Compositarum tribus ultimas et or 

rnantissam., 1838. 



dini* 



Sectio poster. Sistens ullimos Calyciflorarum Ordines, 1836. 






' 






I 





D. BOTANIQUE. 



21 



j i 



VIII. Sistens Corolliflorarum Ordines XIII, 1844. 
IX. Sistens Corolliflorarum Ordines IX, 1844. 
X. Sistens Borragineas proprie diclas, Hydrolaceas et Scrofu- 
lariaceas cum indice nominum et synonymorum , Ordi- 
nes IX, 1846. 
XI. Sistens Orobanchaceas, Acanthaceas, Phrymaceas et Verbe- 

naceas, 1847. 

XII. Sistens Labiatas et quinque minor es ordines Corolliflorarum , 

1848. 

XIII. Sectio prior sistens corollifloras supra omissas.nempe Sola- 

naceas, Diapensieas el plantaginaceas, 1852. 
XIII. Sectio poster. Sistens Monochlamydearum ordines V, 1849. 



\ 



Piix des tomes I a XII et XIII, 1" et 2* partie 
Chacun des tomes 1 a VII se vend separement 



Chaque partie da tome VII separement 

Chacun des volumes depuis le tome VIII se vend 
Le tome XIII, 2" partie, separement 



186 fr. 

13 fr. 

8 fr. 

16 fr. 

12 fr. 



DECANDOLLE. REGNI VEGETABILIS SYSTEMA NATURALE, sive 
ordines, genera et species plantarum secundum melhodi naturalis nor- 
mas digestarum et descriptarum. — Parisiis, 1818, 2 vol. in-8.. . . 24 fr. 

UN BEAU PORTRAIT D'A. DE CANDOLLE, grave en taille-douce. 1 feuil. 
grand raisin ° 

DELESSERT (D.). ICONES SELECT/E PLANTARUM quas in Trodromo 

Svstematix universalis ex herbariis parisiensibus, prmertim ex Lessertiano, 
De Gandolle descripsit, editce a B. Delessert. Paris, 1820-1846. 5 vol. 
gr. in-4 chacun de 100 planches 175 fl% 

DICTIONNAIRE UNIVERSEL D'HISTOIRENATURELLE, etc. (Voir a la 
section C, p. 17.) 

EDWARDS (Milne), et A. COMTE. CAHIERS D'HISTOIRE NATURELLE 

h l'usa"-e des colleges et des ecoles normales pnmaires ; ouvrage adopte 
par hTconseil de I'instruction publique, pour servir h Tenseignement 
de l'histoire naturelle ; nouvelle edition, refaite d'apres le programme 
du 14 septembre 1840, et reduite en 3 forts cahiers in-12, avec planches 

gravecs. 

Deuxieme cahier : Botamque, avec 9 planches 



2 fr. 



FEE (A. L. A.). WIEMOIRES SUR LA FAMILLE DES FOUGERES. 

— I« Memoire : Examen des bases adoptees dans la classification des 

Fougeres, et en particulier de la nervation. — II e Memoire : Histoire des 

Aciostich'ees. Strasbourg, 1844. 1 volume grand in-folio, tire a 160 exem- 

■■ plaires, avec 1 60 planches lithographies 76 fr. 









) 






























^ 











22 



SCIENCES PHYSIQUES. 



GAUDIGHAUD(Gh.). recherches generales sur uorganogra- 

PHiE,laphysiologieetrorganog6niedesv6g6taux. Paris, 1841,1 vol grand 
in- 4 papier v61in, cartonn6, avec 18 pi. gravies et colorizes 24 fr- 

Le meme, broch6 avec figures noires 12 fr« 



n 
J 



ERMAIN DE SAINT-PIERRE (E.). GUIDE DU BOTANISTE, ou Conseils 
pratiques sur les excursions botaniques; sur la r6colte, la preparation, 16 
classement des plantes et la conservation des herbiers; sur l'emploi du 
dessin et l'usage du microscope appliques a l'Stude des plantes, et sur la 
redaction des travaux botaniques; accompagn6d'un Traite eltimentairt 
des propriety's et usages economiques des plantes qui croissent sponlan6* 
ment en France et de celles qui y sont g£n6ralement cultivSes, et suivi 
d'un Diclionnaire des mots techniques francais et latins employes dans 
les ouvrages de botanique. — 1 vol. grand in-18 public en deux parties. 
Paris, 1851 7 fr. 50 

JUSSIEU (A. de). COURS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE. & edition 
revue. Paris, 1855. l fort vol. grand in-18 avec figures intercal£es dansle 
texte. Ouvrage adopts par le conseil supGrieur de Tinstruction publiqne 
et approuv6 par Monseigneur TArcheveque de Paris 6 fr. 

* 

Ce volume fait partie du Cours elementaire d'bistoir e naturelle par MM. Edwards, A. Q& 
Jussieu et Beudant, 3 vol. 

LASEGUE (A .). MUSEE BOTANIQUE DE M. BENJAMIN DELESSERT. 

Notices sur les collections de plantes et la bibliotheque qui le corapo- 
sent; contenant, en outre, des documents sur les principaux herbiers d'Eu- 
rope, et Texpos6 des voyages entrepris dans Pint£ret de la botanique. Paris, 
d6cembre 1844, t vol. in-8 7 fr. 



R 



R 



S 















LEGOQ et LAMOTTE. CATALOGUE RAISONNE DES PLANTES VAS* 



culaires du plateau central de Ja France. Paris, 1847, 1 vol. in- 8. 



5 fr. 



LE MAOUT (E.). LECONS ELEMENTAIRES DE BOTANIQUE fondees 
sur Panalyse de 50 plantes vulgaires et formant un traits complet d'orga- 
nographie et de physiologie v£g£tale. Paris, 1844, 1 magnifique vol. 
in-8, avec 1'atlas des 50 plantes vulgaires et plus de 500 fig. dessinGes par 
J. Degaisne. Prix, avec l'atlas colori£ 25 fr. 

Le meme, avec atlas noir 15 fr. 

LE MAOUT (E.). ATLAS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE avec le texte 
en regard, comprenant l'crganographie, l'anatomie et riconographie des 
families d'Europe, a l'usage des £tudiants et des gens du monde. Ouvrage 
contenant 2,340 fig. dessin6es par Steinheil et Decaisne. Paris, 1840, 
1 beau vol. in- 4. Prix ... 15 IV • 



\ 



V 



A 






PAYER (J.) BOTANIQUE CRYPTOGAM1QUE, ou histoire des families 






:«£■ 



1 F. M1NERAL0GIE ET GEOLOGlE. 23 

r 

naturelles dis plantes infGrieurts. Paris, 1850, i vol. grand in-8 avcc 
1,105 figures rept6sentant les principaux caiacteres des genres .. 15 fr. 

RAOUL. CHOIX DE PLANTES DE LA NOUVELLEZELANDE, recueilh'es 
et d6crites par E. Raoul, chirurgien de l re classe de la marine nationals Ou- 
vrage public sous les auspices du dfipartement de la marine et des colo- 
nies. Paris 1846 1 vol. grand in-4 cartonn6, avec 30 planches dcssin6es 

d'aprfcs nature, et gravies en taille-douce 15 Ir. 

ROQUES (Joseph). HISTCIRE DES CHAMPIGNONS comestibles et vta'6- 
neux, oil Ton expose leurs caracteres distinctifs, leurs propri&es alimen* 
taires et 6conomiques, leurs effetsnuisibles, et les moyensde s'en garantir 
ou d'y remSdier; ouvrage utile aux amateurs de champignons, aux m6de- 
cins, aux naturalistes, aux propri6taires ruraux, aux raaires, aux cur6s des 
campagnes ; 2 e Edition, revue et consid6rablement augment^. Paris, 184 1, 
1 vol. in-8, avec un atlas grand in-4 de 24 planches, reprfisentant dans 
leurs dimensions et leurs couleurs naturelles cent especes ou varies dc 

champignons • 15 Ir. 

Le mgme, avec Patlas cartonne 16 ir. 

SER1NGE (N.-C.). FLORE OU PHARWIAC1EN, du droguiste et de l'her- 
boiiste, ou description des plantes mSdicales spontanGes ou cultivfies en 
France, disposes en families. Paris, 1852, 1 vol. grand in- 18 de8C0 pa- 
ges, avec figures dans le texte et tableaux , . 8 fr. 

WALPERS ( G. G. ). REPERTORIUM BOTANICES SYSTEiVlATIC/E. 

Lipsias, 1842-1818. 6 volumes in-8 HO ir. 

WALPERS (G.G.). ANNALES BOTANICES SYSTEMATICA. Lipsim, 
1848, in-8. Tome I, public en 6 fascicules * «..* 30 fr. 

Le tome II est en cours de publication. 

WEBB (P. B.). OtlA HISPANiCA, seu delectus plantarum rarioriim atit 
nondum rite notarumper Hispanias sponte nascentium. Paris, 1839-1852, 
1 vol. petit in- folio avec 30 planches gravies en taille-douce 20 fr. 

WEDDELL (H. A.). HISTOIRE NATURELLE DES QUINQUINAS. 

Paris, 1849, 1 vol. in-folio accompagnS d'une carte, d'un frontispice etde 
3-2 planches dessinSes par MM. Riocreux et Steinheil, gravies en taille- 
douce, et dont 3 sont colorizes « . . » 60 fr. 

































E. MINERALOGIE ET GfiOLOGIE. 



AG ASSIZ. SYSTEMS GLACIAIRE, ou Recherches sur les glaciers, leur m£~ 
canisme, leur ancienne extension, et le role qu'ils ont jou6 dans Thistoire 
de la terre^parMM. Agassiz, A.GuYOTetDf.soR. i re partie, nouvelles 6tudes 












24 



SCIENCES PHYSIQUES. 
















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et experiences sur les glaciers actuc-ls, leur structure, leur progression 
leur action sur le sol ; par L. Agassiz. Paris, 1847, 1 vol. grand in-8, a 
un atlas de 3 cartes et 9 planches en partie coloriees 50 

ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. 

Voyez a Particle Joimruux, p. 35. 

BEUDANT (F. S.). COURS ELENIENTAIRE DE MINERALOGIE ET DjE 

geologie. 1 fort vol. in-12, imprime avec luxe, fig. intercalces dans 
texte. Ouvrage adopte par le conseil de Instruction pubhque, et W 
prouve. par Monseigneur l'archeveque de Paris 

Ce volume fait partie du Cours elementaire d'histoire naturelle , par MM. Edwards , » B 
Jussieu et Beudant. 3 vol. 

BBONGNIART (Ad.). HISTOIRE DES VEGETAUX FOSSILES ou *r 

cherches botaniques et geologiques sur les vegetaux rcnfermes dans ic 
diverses couches du globe. Paris, 1828-1839; ouvrage publie en 2 «£ 
grand in-4 et 300 planches, paraissant par livraisons de 6 a 8 leuilies « 
texte et del5pl. Prix de chaque livraison 1 l ' 

*/ Les livraisons 1 a 12, formant le premier volume, et les trois premieres (I* a 18-) u 
tome deuxieme, sont en vente. 

BUCKLAND. DE LA GEOLOGIE ET DE LA *W*H*»*^ 

derees dans leurs rapports avec la theologie naturelle; traduit de langia 
par M. Doyerk, professeur an lycee Napoleon ; ouvrage adopte par 
conseil de Instruction publique et couronne par l'lnstilut de, Kan • 
dans laseancedu3l mat 1839. Paris, 1838. 2 beaux vol. in 8 cart., on* 
de plus de 80 pi. et d'une carte g6ologique colonee ^ 

fOII OMB (Ed). PREUVES DE L'EXISTENCE D'AN CI ENS GLACIER* 

lanf les values des Vosges; du terrain erratique de cette conlree. Par- 
1317. 1 vol. grand in-8, avec 4 planches coloriees 

COl LOMB (Ed.). RESTAURATION de Tancien glacier de la vallee de Bj*£ 
Amarin (Haut-Rhin). Paris, 1847,1 teuillejesns in-plano colonee. 5 If 

Cette vue donne une representation exaete de 1'etat des choses dans les vallces des Wj J 
loiqu e"es elaieut occupees par des masses formidables de glace, dans les temps 6 eolog.<» 
qui ont precede Tapparition de l'homme sur la terre. 

DICTIONNAIRE UNIVERSEL D'HISTO.RE NATURELLE. (Voir la sec- 

tion C, p. 17.) 
D'ORBIGNY (Alcide). COURS ELEMENTAIRE DE PALEONTOLOG« e 

ET DE GEOLOGIE STRAT.GRAPHIQUES. Paris, 1852, 2 tOUieS pubheS CI " 

lumes avec 600 gravures dans le texte et accompagnes d un atlas « ^ 
tableaux cartonne. .. . ; 











NSSW 






E. MiNERALOGlE £T GEOLOG1E. 



25 



D'OUBIGNY (Alcide). PRODROME DE PALEONTOLOGIE stratigra- 
imiique universelle, faisant suite au Cours 616mentaire de Paleontologie 
et de Geologie stratigraphiques. 3 vol. gr. in-18 j6sus 24 fr. 

Le tome lcr et le tome 2 e sont en vente. 



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Terrains jurassiques 



ORBIGNY (Alcide). PALEONTOLOGIE FRANQAISE. Description zoolo- 
gique et gSologique de tous les animaux mollusques et rayonn6s fossiles 
de France, comprenant leur application k la reconnaissance des cou- 
ches j avec des figures de toutes les esp5ces, lithographies cPaprte nature 
par J. Delarue. 

On publie simultan6ment : 

Terrains cretaces (comprcndront 200 livraisons). 
(comprendront 150 livraisons). 

La Paleontologie francaise est publiee dansle format [in-8. II parait, chaque mois, deux 
livraisons des Terrains cretaces et une livraison des Terrains jurassiques. 
Lorsque les Terrains cretaces seront termines, il paraitra par mois trois livraisons des 

Terrains jurassiques . 
La livraison coniprend quatre planches et du texte correspondant. 

Prix de la livraison 1 fr. 25 

Au i^ juin 1852, il a paru 188 livraisons des Terrains cretaces et 70 livraisons des 
terrains jurassiques. 

D'ORBIGNY (Charles) et GEN TE. GEOLOGIE APPLIQUEE aux Arts 
a ^Agriculture, comprenant l'ensemble des revolutions du globe; ou- 
vrage orn6 de vignettes intercal6es dans le texte, etd'un Tableau grave 
sur acier, reprfeentant, par ordre chronologique, les terrains stratifies et 



les principaux fossiies qui les caract6risent, suivi d'un Vocabulaire don- 
nant la definition des termes scientifiques employes dans le cours deTou- 
vrage. Paris, 1851. Un beau vol. in-8 10 fr, 

DUVAL-JOUVE. BELEMNITES des terrains cretaces infMeurs des environs 
de Castellane (Basses-Alpes), considers geologiquement et zoologique- 
ment, avec la description de ces terrains. M6moire lu et p # r6sent6 a TAca- 
d6mie des sciences dans la stance du 30 aoitt 1840. Paris, 1841, l beau 
vol. in-4 cartonne, accompagn6 de 17 pi. lithographies par E. Beau, el de 

2 caries col 10 fr. 

EDWARDS (Milne) et A. COMTE. CAHIERS D'HISTOIRE NATURELLE 

k Pusage des colleges et des ecoles normales primaires ; ouvrage adopte 
par le conseil de Pinsiruction publique, pour servir a fenseignement de 
rhistoire naturelle ; nouvelle edition, refaite d'apres le programme du 14 
septembrei840, et reduite en 3 forts cahiers in-12, avec planches gravees. 

Troisieme cahier. Mineralogie et Geologie avec planches colorizes. 2 fr. 

KLEE (Fred.). LE DELUGE, considerations g6ologiques et historiques sur 
les derniers cataclysmes du globe. Paris, 1847. 1 vol. grand in-18. 3 fr. 50 

3 





















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26 



SCIENCES PHYSIQUES. 



HSHOU; DESCRIPTION GEOLOGiQUE DE L'ALGERIE, suivie d'u** Du| 
notice minSralogique sur le massif d' Alger, par M. Ravergie. Paris, I8i8, 
1 vol. grand in-4, accompagn6 de 4 planches et d'une carte geologui ue i 

coloriee 25 fr- 
Ce volume fait partie de I'Exuloration scientifique de I'Algcrie, publice par ordrc du go u * 1 
vemement. — Section des sciences physiques. 



F. ECONOMIE RURALE. 






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AUDOUIN(V.). HISTOIRE DES INSECTES NUISIBLES A LA VIGNE; 

et particuli&rement de la Pyrale, qui d6vaste les vignobles des d6partemen ts 
de la Cole-d'Or, de Saone-et-Loire, du Rhone, de THerault, des Pyr6n6es- 
Oiientales, de laHaute-Garonne, de la Charente-Interieure et de Seine-et- 
Oise; avecrindication des moyens h l'aide desquels on peut esp6rer del* 
d<5truire. Ouvrage publi6 sous les auspices du ministre des travaux pu' 
blics, de l'agriculture et du commerce, et de MM. les membres des cofl' 
seils g6n6raux des d6partements ravages. 

Un volume grand in-4 imprim6 avec luxe, accompagn6 d'un atlas de 23 plan- 
ches grav6es et colorizes d'apres nature, repr&sentant l'insecte a toutesle s 
6poques de sa vie, et la vigne dans ses 6tats de devastation. Paris? 

72 fr. 



1842 



Le meme, avec une relhiro 616g : mte 



* 4 



80 fr 



BARRAL (J.-A.) STATiaUE CHIRfliaUE DES ANIMAUX APPLI&UE2 

SPfeCULEMENT A LA QUESTION DE L'eMPLOI AGRICOLE DU SEL. Paris, 1850. 1 

volume gr, in-18 , , , . , .. , #i . , . ; ., 5 fr. 



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BADDEMENT. COURS ELBViENTAIRE DE 200TECHN1E; 1 vol. in-J8 
j6sus, illustr6 d'un grand nombre de vignettes intercalees dans le texte» 
{Sous presse.) 7 fr. 50 



1 












BOUCHERIE (A.). MEMOIRS SUR LA CONSERVAtlON DES BO!$> 
Extrait des Annales de Cliimie et de Physique. Juin 1840, br. in-8. 3 U'< 

pECAlSNE. COURS ELEMENTA1RE DE FLORICULTURE et de cul* db* 
I des plantes potageres ; 1 vol. in- 18 j6sus, illustr6 d'un grand nombre de 



DES PLi 

\J vignett 



ettes dans le texte. (Sous presse.) 7 fr. 50 



DICTIONNAIRE GENERAL DE SVSEDEC1NE ET . DE CH1RURGI& 

VETER1NAIRES ET DES SCIENCES QUI S'Y KATTACHENT, par MM. LECOQ, REY, TlS* 

serant et Tabourin, professeurs a l'Ecole nationale v6t£rinaire de Lyon- 
Ouvrage adopts par les 6coles veterinaires de France. Paris, 1850- 
I fort volume in-8 a 2 colonnes ....... 6 .... , 15 fr 



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F. EGONOJIIE RURALF. 37 

DUBREUTL (A .). COURS ELEMENTAIRE, THEORIQUE ET PRATIQUE 

d' arboriculture, 2 e Edition, comprenant la sylviculture, la viticulture et 
la culture du mftrier ; ouvrage couronnfi par les soci£t6s d'borticulture de 

Paris, de Rouen et de Versailles et approuv6 par l'UniversitS. Paris, 1851, 
1 vol. grand in-18 , public en 2 parties, avec 5 vignettes gravies sur acier 
et 692 figures intercalates dans le texte 9 fr. 

GlRARDIN. DES FUWIIERS CONSIDERES CQMME ENGRAIS. 5 e «dit. f 

Paris 1847 I vol. in-16, avec 11 fig. intercal6es dans le texte. Ouvrage 
couronnfi par le conseil g6n6ral de la Seine-InfMeure et par la soci6t6 
d'Agriculture du Cher 1 fr. 55 

G1RARDIN. EMPLOI DU SEL EN AGRICULTURE. 6<> edit. Paris, 1850- 
Broch. in-16 20 c. 

GIRARDIN et DUBREDIL. TRAITfe ELEMENTAIRE D'AGRICULTURE, 

5 vol. grand in-18, avec 800 figures intercal£es dans le texte. Paris, 

1850-185-2. Prix.... 15 b\ 

GUENON (F.). TRAITE DES VACHES LAITIERES et de l'espfece bovine 
en g6n£ral. 3 me Edition, corrigGe et augments de chapitres nouveaux 
sur la classification, l'engraissemenr, etc., etc., et accompagnSe d'un ta- 
bleau synoptique. Paris, 1851 . Imprimerie nalionale. 1 volume in-8 avec 
1 19 figures intercal6es dans le texte 6 fr, 

GUENON (F.). ABREGE DU TRAITE DES VACHES LAITIERES. Paris, 
1851. 1 volume in-18 avec 101 figures 2 fr. 

GUENON (F.). TABLEAU SYNOPTIQUE DES SIGNES CARACTERIS- 

tiques de la production lactifere, pour apprendre a connaitre a la sim- 
ple inspection quelle quantity de laitune vache quelconque peut donner 
par jour, cornbien de temps elle le continuera pendant sa gestation ; et la 
capacity des taureaux a la transmission des qualittfs lactiferes. Paris, 1851. 
Une feuille grand colombier, avec 100 figures portant chacune une 16- 
gendc explicative 2 fr, 

GUENON (F.). TABLEAU SYNOPTIQUE resumant les divcrses conditions 
ou quality que possedent les animaux de lYspece bovine qui constituent 
les dififerentes races frangaises. Paris, 1851. Un Tableau d'une feuille gr. 
raisin...: ».» » ,,»«.. : -- . .>» . .<.< 75 c. 

JOIGNEAUX (P.). LA CHIMIE DU CULTIVATEUR. Paris, 1850. 1 vol. 
grand in-18 • 2 ■«*• 

KUHLMANN (Fred). EXPERIENCES CHEQUES ETAGRONOMIQUES. 

i Paris, 1847, 1 vol. in-8 ' 3 fr. 50 

Ce volume contienl 9 mcmoires sur la thcorie de la nitrification, sur celle des en grata, elc. 







































. 











28 



SCIENCES FHYialQUES. 



LIEBIG (J.). CHIMIE ORGANIQUE APPLIQUEE A LA PHYSIOLOGY 

vegetale et h 1* agriculture, 2 e 6dit., revue et considerablement augments ; 
traduction faite sur la 4 e 6dit. allemande, par Gh. Gerhardt, et revue pa r 
M. J. Liebig. Paris, 1844, in-8 7 fr. 5° 

PERSOZ (J.). NOUVEAU PROCEDE DE CULTURE DE LA VIGNE. 

Paris, 1849. Brochure grand in-8 avec 
douce par Wormser . 



2 planches in-4° gravies en tattle 
1 fr. &° 



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G. CHIMIE GENERALE ET APPLIQUEE, 



ANNALES DE CHIMIE ET DE PHYSIQUE. 

Voyez a Particle Journaux, page 54. 

BALDUS (Edouard), CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE. Mfimoire depos<5 j 
au secretariat de la Soci<§i6 d'Encouragement pour Pindustrie national^ 
contenant les procedes a 1'aide desquels les principaux monuments histo- 
riques du midi de la France ont 6t6 reproduits par ordre du ministre A I 
l'interieur. Paris, 25 mai 1852. Br. in-8 a fr. 5° l 

■ 

BARRESWIL et SOBRERO. APPENDICE A TOUS LES TRAIT^S 

d'analyse chimique, recueil des observations pubises depuis dix ans suf j 
Tanalyse qualitative et quantitative. Paris, 1843. i vol. in-8, avec une plan- 
che et figures dans le texte, 7 ft** 



CHANCEL (G.) COURS ELEMENTAIRE D'ANALYSE CHIMIQUE, a l f u- 
sage des medecins, des pharmaciens et des aspirants aux grades univer* 
sitaires. Paris, 1851. 1 vol. grand in-18 avec 3 fig. dans le texte et 20 ta- 
bleaux colorids, reprSsentant 160 reactions chimiques 3 fr. ^ 

DUMAS et BOUSSINGAULT. ESSAI DE STATIQUE CHIMIQUE DES 

etres organises, legon professee par M. Dumas &l'Ecole de medecine, le20 
aoCit 1840, pour la cloture de son cours. 3 e edition, augmentee de docu- 
ments nouveaux. Paris, f6vrier 1844. In-8 3 & • 

■ 

FRESENIUSetSACG. PRECIS D'ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE i 

2 e Edition frangaiso, publiee par M. Fresenius, avec la collaboration d e 
M. Sacc, sur la 5 e edition allemande, et augmentee de plusieurs chapitres 
tn&tits. Paris, 1850. 1 vol. gr. in-18, avec figures dans le texte. 3 fr. 5 ° 

FRESENIUS et SACC. PRECIS D'ANALYSECHIMIQUEQUAIMTITATIVE, 

Traite du dosage et de la separation des corps simples et composes l cS 
plus usites'en pharmacie, dans les arts et en agriculture; par R. Frese- 
nius. Edition francaise publifie par le docteur Sacc. Paris, 1847. 1 voluifl e 
grand in-18, avec 77 fig. dans le texte 5 f f * 






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G. CniWIE GENERALE ET APPMQDEE. - 29 

GERHARDT(C) AIDE-MEMOIRE POUR L'ANALYSE CHIMIQUE, con- 
tenant lescaracteres des acides et des bases, la marche de l'analyse qua- 
litative, les essais au chalumeau, l'analyse des melanges gazeux, et des 
principals methodes de dosage et de separation ; a 1' usage des eleves des 
laboratoires de chimie. Paris, 1852. 1 vol. in -18 2 fr. 

G1RARDIN. LECONS DE CHIMIE ELEMENTAIRE APPLIQUEES AUX 

arts industriels, faites le dimanche a 1'ecole municipale de Rouen, 
3" edition. Paris, 1846. 1 vol. in-8, divise en deux parties, avec 200 figures 
et echantillons d'indienne intercales dans le texte 1 4 fr. 

I 

JOURNAL DE PHARMACIE ET DE CHIMIE. 

Voyez a 1'article Journaux, page 36. 

LAURENT. PRECIS DE CRISTALLOGRAPHIE, SUIVID'UNE METhODE 

' simple d'analyse au chalumeau. Paris, 1847. \ vol. grand in-18 avec 
175 figures dans le texte * * r - 55 

■ 

LIEBIG (J^.TRAITEDE CHIMIE ORGANIQUE; edit, franchise, revue et 
considerablement augments parl'auteur, et pnbli6e par Ch. Geriiakdt, 
professeur de cliimie k la Faculty des sciences de Montpellier. Paris, 1841- 
1844. 3 vol. in-8 25 fr. 

* 

L1EBIG (J.). LA CHIMIE APPLIQUEE A LA PHYSIOLOGIE VEGETALE 

et a l'agriculture, 2« edition, considerablement augmentee ; traduction 
faite sur la 4« edition allemande par Ch. Gerhardt et revue par M.J. Lierig. 
Paris, 1844. 1 vol. in-8 7 fr - 50 - 

LIEBIG (J.). LA CHIMIE ORGANIQUE APPLIQUEE A LA PHYSIOLOGIE 

animale eta la pathologie, traduction faite sur les manuscnts de l'auteur 

nar Ch Gerhardt, et revue par M. J. Liebig. Paris, octobre 1842. 1 vol. 

v 7 fr. 50 

in-8 

LIEBIG. LETTRES SUR LA CHIMIE, consideree dans ses applications a 
l'indu'strie, a la physiologie et a ragricullure, nouvelle edition f'rancaise pu- 
bliee par Ch.Gerhardt. Paris, 1847. 1 vol. grand in-18, avecun portrait de 

M.L.EB.G ; 3fr ' 50 

LIEBIG (J.). NOUVELLES LETTRES SUR LA CHIMIE (Leltres 27 

a 37 comprenant : Fermentation et putrefaction. — Rapports avec la phy- 
siologic — Respiration. — Aliments. — Influence des sels sur la nutri- 
tion. — Composition de la viande. — Histoire de la cliimie; traduites 
par Ch. Gerhardt. Paris, 1852. Un vol. in-18 3 fr. 50 

PELLET1ER (E.). TABLEAU SYNOPTIQUE des caracteres distinctifs des 
dissolutions melalliques. Paris, 1 feuilie jesus in-plano 1 fr. 50 

3, 

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30 



SCIENCES PHYSIQUES. 



grand 

5 fir. 



PELOUZE et FREMY. ABREGE DE CHIMIE. Paris, 1855. 2 vol. 

in-18,avec 7 planches in-4, dessintes et graves par Wormsrr... 

■ 

On peut avoir separement: 

Le tome I, contenant la Chimic inorganique 4 fr. 



Le tome II 



organique. 2 fr. 



PELOUZE et FREMY. COURS DE CHIMIE GENERALE. Paris, 1848 
1849. 3 forts volumes grand in-8 compactes, avec un atlas cartonnS de 49 
planches gravies en taille- douce, par Wormser 30 fr, 

* 

PELOUZE et FREMY. TRAITE COMPLET D'ANALYSE ET DE MANI' 

pulat.ons chimiques. 2 forts vol. in-8, avec fig. dans le texte, sous presse. 

PELOUZE et FREMY. SIMPLES NOTIONS DE CHIMIE. i vol. in-S 
avec 25 planches coloriees par un precede nouveau. (Sous presse.) 

PERSOZ. TRAITE THEORIQUE ET PRATIQUE DE L'IMPRESSION DES 

tissus. Pans, 1846. 4 beaux vol. in-8, avec 165 figures et 429 <5chantillons 
d etolles, mtercales dans le texte, et accompagnes d'un alias de 10 planches 
in-4 gravees en taille-douce, dont4 sont coloriees. Ouvrage auquel la so- 
on^ d'encouragement a accords une nkdaille de 3,000 fr 70 fr. 

PLATTNER (G. J.). TABLEAUX DES CARACTERESQUE PRESENTENT 

ad chaldmead les alcalis, les terres et les oxydes metalliques, soit grate, 

sou avec des reactifs, extraits du Trade desessais auchalumeau et traduits 

. de l'allemand par A. Sobbebo, D. M. Paris, 1843. 4 tableaux in-folio bro- 

ch£s in-4 \ it. 

REGNAULT. PREMIERS ELEMENTS DE CHIMIE. Paris, 1850. 1 vol. 
grand in-18 avec 142 figures dans le texte 5 fr. 



* 



REGNAULT. COURS ELEMENTAL DE CHIMIE. Paris, 1854, 3e edit. 
4 vol. in-18 anglais, avec 2 pi. en taille-douce et fig. dans le texte. . 20 fr- 

S0 ^E^N.TRAlrtD€ PHARMACIE THEORIQUE ET PRATIQUE, 

00 ed,t. Pans, 1847. 2 forts vol. in-8, avec 63 figures imprimees dans 

letesle .... 16 ^ 

SOUBE1RAN. NOTICE SUR LA FABRICATION DES EAUX MINERALES. 
Pans, 1843, 1 vol. in-12, avec figures intercaWes dans le texte 4 (r- 



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5. GEOGRAPHIE. 



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SCIENCES MATIIEMAT1QUES. 

0— -0 

A. THYSIQUE, ASTRONOMIE. 

AIME (G.). RECHERCHES DE PHYSIQUE G&MERALE SUR LA MED!- 

terranee. Paris, 1846. 1 vol. gr. in-4 jesus, avec 6 planches gravies on 
taille-douce ^° ' r ' 

AIME (G.). OBSERVATIONS SUR LE MAGNETISME TERRESTRE. 

Paris, 1846. 1 vol. gr. in-4 ji s sus avec 26 pi. grav6es en taille-douce. 36 fr. 

Ces deux ouvrages font partie de l'Exploration scientifique de l'Algerie, publiee par 
ordre du gouvernement, section de physique generate. 

ANNALES DE CHIMIE ET DE PHYSIQUE. 

Yoyez a F article Journaux, page 5 i. 

CALLON. NOTIONS ELEMENTAIRES DE MECANIQUE a Pusage des 
candidats a l'6cole Polytechnique ; ouvrage spficialement r6dig6 en vue 
du nouveau programme d'admission a cette £cole. Paris, 1851. 1 vol. 
in-8, avec 2 pi. gravies en taille-douce, par Wormser 4 fr. 50 

DELADNAY. COURS ELEMENTAIRE DE MECANIQUE. I* edition. 
Paris, 1855. 1 volume grand in-18 avec fig. dans le texte 7 fr. 50 

DELAUNAY. COURS ELEMENTAIRE D'ASTRONOMIE. 1 vol. grand 
in-18 avec figures dans le texte. {Sous presse.) 7 fr. 50 

FIGUIER. LA MACHINE A VAPEUR, SON HISTOIRE, SON APPLI- 
CATION A L'lNDUSTRIE, A LA NAVIGATION ET AUX CHEMINS DE FER. Paris, 1852. 

1 vol. avec figures 3 ir. 50 

Ce volume est delache de ['exposition des decouvertes mo denies du memo auleur. 

REGNAULT. COURS ELEMENTAIRE DE PHYSIQUE. 4 vol. in-18 avec 
figures dans le texte. Ces volumes parattront successivement a partir 
de 1852. 

SOUBEIRAN. PRECIS ELEMENTAIRE DE PHYSIQUE, 2« 6dit., augmen- 
ts. Paris, 1844. 1 vol. in-8, avec 13 planches in-4 5 fr. 

B. GEOGRAPHIE. 

EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE L'ALGERIE pendant lesannGes 1840, 
1841, 1842, publiSepar ordre du gouvernement et avec le concours d'une 
commission academique. 



























* 









^sssss. 









32 



HISTOiRE. 






Le travail typographique de cette magnifique publication est execute par Ies presses de 

rimprimcrie nationale. Les papiers sont choisis parmi les plus beaux echantillons du Marais. 
Les cartes et les planches sont gravees surcuivre par les plus habiles artistes; rien, en uo 
mot, n'est neglige pour que l'execution reponde a l'importance de l'ceuvre. 

I. ETUDE DES ROUTES SUIVIES PAR LES ARABESdans la partie m«- 
ridionale deFAlg6rie et de la r£gence de Tunis, pour servir a F6tablisse- 
ment dur6seau gfiographique de ces contr6es ; par E. Garette, capitaine 
du g6nie, membre et secretaire de la commission. 1 vol. grand in-8, avec 
1 carte sur papier de Chine 15 fr« 

II. RECHERCHESSUR LA GEOGRAPHIE et le commerce deFAlg6rie m6- 
ridionale; parM. E. Carette, accompagn6es d'une notice sur la g£ogr& - 
phie de 1'Afriqueseptentrionale, et d'une carte, par M. Renou, membre de 
la commission. 1 vol. in-8, avec 3 cartes, sur papier de Chine. ... 15 fr* 

IV et V. RECHERCHES SUR LA KABYLIE proprement dite; par E.Carettb, 
capitaine du g6nie, membre et secretaire de la commission scientifiqu e 
d'A!g6rie. 2 vol. in-8, avec une carte de la Kabylie grand aigle.... 24 ff« 

VI. MEMOIRES HISTORIQUES ET G£OGRAPHlQUES,parM. Pelissier, 
membre de la commission, consul de France a Soucja. 1 vol. in-8, contenant ' 

MSmoires historiques sur les expeditions et les 6tablissements des Eu- 
rop6ens en Barbaric 

M6moires sur les mceurs et les institutions sociales des Arabes et des 

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Kabyles du nord de FAfrique. 
M£moire sur la g6ographie ancienne et sarrasine de l'AlgSrie. 
Prix du volume . . , . , 12 fr> 



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VII. HISTOIRE DE L'AFRIQUE, par Mohammed -El-KeIroaki; traduite par 
MM. Pelissier et Remusat. 1 vol. grand in-8 12 »*• 

VIII. VOYAGES DANS LE SUD DE L'ALGERIE et des Etats barbaresques 
de TOuest et de FEst, par Al-Aliachi-Moula-Ahmed, traduits par M. Adrie n 
Berbrugger, membre de la commission. 1 vol. in-8 12 fr # 

IX. RECHERCHES G&OGRAPHIQUES SUR LE MAROC, par M. Renou, 

membre de la commission scientitique,suiviesdutrait6 avec le Maroc, d'lW - 



n^raires et derenseignements sur le pays deSous, etderenseignements sur 
les forces de terre et de mer et sur les revenus territoriaux du Maroc. 1 vol- 
in-8, avec une carte du Maroc, sur papier de Chine grand aigle. 12 fr* 

X, XI, XII, XIII et XIV. PRECIS DE JURISPRUDENCE MUSULMANE. 

ou Principes de legislation musulmane civile et religieuse, selon le rite 
mal6kite, par Khalil-ibn-isiFah, traduit de Farabe par M. Perron. P&" 

ris, 1848-1851. 5 forts volumes grand in-8.. 75 f f ' 

Chaque volume se vend s6par£ment. 
















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LITERATURE SCIENTIHQUE. 



33 



III. 



HISTOIRE. 



GUIZOT. HISTOIRE DE LA CIVILISATION EN EUROPE ET EN FRANCE. 

G e Edition. Paris, 1851 . 5 vol. in-8 30 fr. 

- Le meme ouvrage, 6° edition. 5 vol. grand in -18 17 fr. 50 

La Civilisation en Europe n'est pas vendue separement. 
GUIZOT. DE LA DEMOCRATIE EN FRANCE- (Janvier 1849.) Paris, 1849. 

, . ,. .. 3 fr. 

1 vol. m-8 

GDIZOT. POURO.UOI LA REVOLUTION D'ANGLETERRE A-T-ELLE 

reussi? Discours sur l'Histoire dela Revolution d'Angleterre. Pans, 1850. 

. . . . 3 fr. 50 

1 vol. in-8 

GUIZOT. HISTOIRE DE LA REVOLUTION D'ANGLETERRE, depuis l'a- 
venement de Charles I" jusqu'a sa mort. 4e edition, precedee d'un discours 
sur r histoire de la revolution d'Angleterre. Paris, 1850. 2 beaux volumes 
in-8 > • l2fr - 

DE SALVANDY. VINGT WIOIS OU LA REVOLUTION ET LE PARTI 

revolutionnaire. Nouvelle edition. Paris, 1850. 1 fort vol. in-8 .... 6 fr. 

DE BARANTE. QUESTIONS CONSTITUTIONNELLES. Paris, 1849. 
1 vol. in-8 3 fr ' 












IV. 



LITERATURE SCIENTIFIQUE. 



FIGUIER (L.). DECOUVERTES SCIENTIFIQUES WIODERNES (Expo- 
sition et histoire des). Paris, 1851-1852. 3 vol. grand in-18. ... 10 fr. 50 

Le tome I" comprend : Photographie. - Telegraphie aenenne et telegra- 
phic electrique. — Etherisation. — Galvanoplastie et dorure chimique. 

Le tome II comprend : Aerostats. -Eclairage au gaz. — Planete Leverrier. 
— Poudres de guerre et poudre coton. 

Le tome III comprend : Machines a vapeur. — Bateaux a vapeur. 

mins de fer. 
Le tome Z e se ven J separement 



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3 fr. 50 



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34 



JOURNAUX. 



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RODSSEL. SYSTEMS PHYSIQUE ET MORAL DE LA FEMME, D ouv_ 

edition, contenant une notice biographique sur Rodssel et des notes, par 
le docteur Cerise. Paris, 1845. 1 vol. grand in- 18 3 f r . 50 

ZIMMERMANN. LA SOLITUDE. Traduction nouvelle par X. Marmier, 
Pans, 1845, 1 vol. grand in-18 3 fr> 50 



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V. 

PUBLICATIONS PtfRIODIQUES. 

ANNUAIRE DES SOCIETIES SAVAIMTES DE LA FRANCE ET DE 

l'etranger, public sous les auspices du ministere de Instruction publi- 
que et ties cultes. Premiere ann£e, 1846. Paris, 1846. 1 vol. grand in-8 
compacte \q ft* 

Annee 1855, 1 vol. grand in-8. {Sous presse.) 

ANNALES DECHIMIE, ou recueil de memoires concernanl la chimie et 
les arts qui en dependent ; par MM. Guyton de Morveau, Lavoisier, Monge, 
Bertiiollet, Fourcroy, etc. Paris, 1789 k 1815 inclusivement, 96 volumes 
in-8, figures, et 3 vol. de tables 400 fr. 

Table gfingrale raisonnge des matiftres contenues dans les 96 vol. Paris, 
3 vol. in-8, pt is s6par6ment 54 [ Vt 

Cette premiere serie est a peu pres epuisee. 

ANNALES DE CHIMIE ET DE PHYSIQUE, ^ serie; par MM. Gay-Lussac 
et Arago. Paris, 1816 a 1840 inclusivement, 25 annees, formant 75 vol. 
in-8, accompagnes d'un grand nombre de planches gravees. . . . 300 fr. 

— Table gSnerale raisonnee des malieres comprises dar.s les tomes 1 a 75 

(1816 a 1840). 3 vol. in-8 p> 20 fti 

Plusieurs des annees de 1816 a 1840 peuvent se vendre separement 'de' ' 15 a~24 fr.' 

ANNALES DE CHIMIE ET DE PHYSIQUE, 3« serie, commence en 1841, 
redigee par MM. Gay-Lussac, Arago, Chevreul, Dumas, Pelouze, Bous- 
singault et Regnault. II parait chaque annee 12' cahiers qui forment 
3 volumes et sonl accompagnes de planches en taille-douce et de figures 
intercahSes dans le texfe. 

Prix [Pour Paris 30 fr . 

de Pan nee. . Pour les d^partemenls [par la poste) 34 fr. 

( Pour quclques pays de l'etranger 3.3 fr. 

Table generate raisonnee des malieres comprises dans les tomes I a 30. 
?m% m I.. 1 volume .in,8 5 f r . 

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PUBLICATIONS ptiRLODlQUES. 35 

ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, t re s6rie, 1824 4 1833 inclusi- 
vement, pubises par MM. Audouin, Ad. Brongniart ct Dumas. 30 vol. in-8, 
600 planches environ, la plupart coloriees 160.fr. 

On peut se procurer separement toutes les annees, exceple 1830 16 fr. 

Table g6n6rale cles malieres des 30 vol. qui composent cette s6rie. Paris, 
1841, lvol. in-8 8 fr. 

On vend separement tous les memoires contenusdans cette premiere serie. 

ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. 1* s6rie, comprenantla zoolo* 
gie, la botanique, Tanatomie et la physiologie compares des deux regnes 
et Fhistoire des corps organises fossiles; r6dig6es pour la zoologie par 
MM. Audouin et Milne Edwards, et pour la botanique par MM. Adolphe 
Brongniart, Guillemin et Decaisne. 

Cette deuxieme serie, publieede 1834 a 1843 inclusivement, forme deux parties avec unfe 
pagination distincte, et comprend, avec les tables generates des matieres et celles des auteurs, 
40 volumes, format in-8 sur raisin, accompagnes d'environ 700 planches gravees en taille* 
douce et souvent coloriees. 

Prix des 40 volumes cartonn6s 380 fr* 

Chaque ann6e separement, 4 volumes cartonnfe. ... * , . 38 fr. 

On peut avoir separement : 

LA 200L0G1E, 20 vol. avec 1& table. 2S0 fr. j> LA BOTANIQUE, 20 vol. avec la table. 250 fr. 
Chaque annee a part 25 fr. \ Chaque annee apart, 25 fr. 

La table se vend aussi s6par6ment : 

( Pour les deux parties rSunies . 5 fr. 

Pr1X : ( Pour une des parties s6par£ment 3 fr. 

ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, 3* s<5rie, commengant le 
ler janvier 1844, comprenant la zoologie, la botanique, Tanatomie et la 
ohvsiologie compares des deux regnes, et fhistoire des corps organises 
fossiles, r6dig6es, pour la zoologie, par M. Milne Edwards ; pour la bota- 
nique, par MM. Brongniart et Ad. Decaisne. 

res deux parties ont une pagination distincte, et foment chaque annee deux volumes de 
botanique et deux volumes de zoologie; elles sont accompagnees chacune de 35 planches 
gravees avec soin, et coloriees toutes les fois que le sujet l'exige. 

Pour Paris, les departements, l'etranger > 

(Pour les deux parties r^unies... 33 fr. 40 fr. 44 fr. 

pRlx: \ Pour une partie separement.... 25 27 30 

ANNALES MfcDlCO-PSYCHOLOGIQUES, journal de l'Anatomie, de la 
Phv4olo-ie et de la Pathologic du systeme uerveux, destine particuliere- 
mVnt a recueil'ir tous les documents relatifs a la science des rapports du 
nhvsiaue Pt du moral, a 1'alienation mentale, et a la medecine legale des 
aliens • publiees par MM. les docteurs Baillarger , medecin des alienes a 
l'hospioe de la Salpetriere, Cerise et Longet. 









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JOURNAIX. 



i^SEKiE.dc 13 S3 a 1813, 12 volumes in-8, avec planches....... 90 lr. 

Chaquo amies prise separement 20 fr- 

ANNALES MEDICO-PSYCHOLOGIQUES , journal destine a recueillir 
tous les documents relatifs a l'alienation mentale, aux nevroses, et a la 
medecine legale des alienes, 2« serie, par Baillarger, Brierre be Bois- 
MOMet Cerise. 

La 2e Serie, commencant en 1849, parait par cahiers Irimestriels qui for- 
meront, a la fin de Fannie, un vol. in-8 de 700 pages. 

Des planches seront ajoutSes lorsqu'elles seront nScessaires. 

Prix ( Pour Paris i2 fr# 

de Tann^e : Pour les d6 P art ^ m ents (par la poste) 14 fr- 

( Pour Stranger (par la paste)... . ... 16 lr. 

JOURNAL DE PHARMACIE ET DE CHIMIE, par MM. Boullay, Busst, 
Soubeiran, Henry, F. Boudet, Cap, Boutron-Charlard, Fremy, Guibour* 
Gobley, Buignet, Barreswil ; contenant une Revue miSdicale, par M. Ber- 
nard (de Villefranche),le bulletin des travaux de laSoci6t6 dePharrnacie 
de Paris etde laSoci6t<§ d'<§mulation, etsuivid'un compte rendu destravau* 
de chimie, par M. Wurtz, 3- sSrie, ayant 6t6 commence en Janvier 1 842. 

Le Journal de Pharmacie el de Chimie parait tous les mois par cahier de 5 feuilies.ll 
forme chaque annee deux volumes in-8 ; des planches sont jointes au texte toutes les fois 
qu'elies sont necespaires. 

Pfiu de l'abonnument : ! Pour Paris et les ^partements 15 fr. 

Pour T6tranger 18 fr- 


















Collections du Bulletin et k Journal de Pharmacie. 

La premiere s<5rie se compose de 6 volumes publics sous le litre de Bulle- 
tin dePharrnacie, de 1809 a 1814. Prix de ces volumes 50 fr. 

La 2 e serie, de 1815 a 1841, comprend sous le nom de Journal de phar- 
macie et des sciences accessories, 27 vol, et deux tables. Prix . . . , . 200 fr. 

Nola. On ne vend separement aucun des volumes composant la Ire et la 2e serie. 

1 vol. in-8, imprime a 2 colonnes, en petit texte, se vend 6 fr • 

Ladeuxieme table du Journal de Pharmacie (1831 a 1841). 1 broch. in-8 3 fr. 



LMANACH GENERAL DE MEDECINE pour la vil 
par Domange Hubert. Paris, 1851, 1 vol. in-18 



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PARIS, 185 If 

3 fr. bO 



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HWPRiltfEHlE DE CRETE 












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REGNE ANIMAL 



PAR «3. CUWIER. 






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Publiee en 1 1 volumes grand in-8°. 

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DE 11 ATLAS ENSEMBLE DE 993 PLANCHES. 



Cliaque Division pout elre achetee separemeht comme suit : 




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INDICATION DE CHAQUE DIVISION. 



Les MAMMIFERES et les RACES HUMAINES avec 

Atlas, par Milne Edwaiids, Laurillard et roclin. 

Les OISEAUX , avec Atlas, par A. d'Orbigny... ; 

Les REPTILES , avec Atlas, par Duvernoy 

Les POISSONS , avec Atlas ; par Valenciennes. .. . 
Les MOLLUSQUES, avec Atlas, par Deshayes ... 

Les INSECTES, avec Atlas, par Audouin, Blanchard, 

Doyere et Milne Edwards..... ..., .... 

Les ARACHNIDES, avec Atlas, par doges et Milne 
Edwards..... 

Les CRtSTACES , avec Atlas, par Milne Edwards... 
Les ANNELIDES , avec Atlas , par Milne Edwards et 

DE QUATREFAGES..... 

Les ZOOPHYTES, avec Atlas, par Milne Edwards ei 
Blanchard........ 





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PRIX 



en conlcur 




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87 



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Ii'OuVrage conaplGi... 

I " On- peut avoir aussi separement : 

Les COLEOPT ies , par Blanch ard 

Les HYWENOPTERES, par Blanchard [" 

Les LEPlDOPTERES, par Blanchard et Doyere!! 
Les DIPTERES , par Blanchard 






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^ Les IKTESTIRADX , par Blanchakj 






Les RACES HUMAINES, par M. RotlLl 



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