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Full text of "Noms locaux tudesques"

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LE 

DICTIONNAIRE ALLEMAND 

ENSB1GNB PAR 

L'ANALYSE ÉTYMOLOGIQUE DES NOMS PROPRES 



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Toulouse, imprimerie Durand, Fillous et Lagarde. 



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LE DICTIONNAIRE ALLEMAND 

ENSEIGNÉ PAR 

L'ANALYSE ÉTYMOLOGIQUE DES NOMS PROPRES 



NOMS LOCAUX TUDESQUES 

(Deutsche Ortsnahen) 



ONOMATOLOGIE GÉOGRAPHIQUE DES CONTRÉES OCCUPÉES 
PAR LES ALLEMANDS 

Avec des Appendices et des aperçus nouveaux relatifs 
à la Toponomastique des Celtes 



JL,'al>l>é Jules FABRE DENVIEU 

CHANOINE HONORAIRE DE i/lNSIGNE CHAPITRE NATIONAL DE SAINT-DENIS 
PROFESSEUR A LA PAGULTÉ DE THÉOLOGIE EN SORBONNE 



Regardez du côté de Strasbourg 
et de Metz ! 

Waeht an Rhein ! 
Verglas mein nleht! 

(Alsace bt Lorraine). 



PARIS 

E. THORIN, libraire du Collège de France 
et de l'École normale, 

7, BUE DE MÉDICI8 



TOULOUSE 

Edouard PRIVAT, libraire, 

RUE DBS TOURNEURS. 



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PRÉFACE 



De la prétendue ignorance des Français 
en ce qui touche à la géographie. — Gœlhe 
a dit un jour que les Français ne savaient pas la 
géographie, et il a trouvé, en Allemagne et en France, 
de nombreux échos qui n'ont pçis manqué de répéter 
qu'un trait distinctif du Français était son ignorance de 
la géographie (1). 

(1) Les écrivains qui ont accepté ainsi, à la légère, la thèse de 
l'ignorance des Français en géographie, basent leur accusation sur 
certaines connaissances que possédaient, en 1870, quelques étudiants, 
quelques lettrés, quelques savants, disséminés dans les régiments 
de l'année allemande ; et, après avoir, par un procédé sophistique 
bien connu, attribué ces connaissances à tous les Allemands, nos 
détracteurs ont établi un parallèle entre cette armée qui comprenait 
des citoyens de toutes les classes de la société, et notre vieille 
armée française qui, pour la bravoure, n'avait pas sa pareille, mais 
qui, par son organisation même, ne comprenait* parmi les simples 
soldats, que peu de jeunes gens lettrés et instruits. Il n'est pas 

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Sans doute il a été toujours difficile à des Français 
de se reconnaître dans la géographie des Allemagne s. 
Mais nous ne croyons pas que les autres peuples s'y 
reconnaissent mieux que nous. Il est nécessaire de 
faire de grands efforts pour retenir ou même pour pro- 
noncer correctement tous ces noms barbares : la 
nomenclature géographique des contrées qui ont été 
assujéties par les tribus tudesques est, en effet, très 

étonnant que cette comparaison ait été toute à notre désavantage. 

On dira peut-être que, du moins, les officiers prussiens savaient 
mieux la géographie que les officiers français. Sur ce point nous 
reconnaissons volontiers qu'une partie de nos officiers s'était beau- 
coup plus occupée de l'Algérie, de l'Orient, de l'Italie, que de nos 
frontières de l'Est; tandis que la Prusse n'a jamais cessé d'étudier 
pratiquement nos déparlements rhénans et tous les chemins qui 
conduisent à Paris. Leurs officiers arpentaient notre pays dans tous 
les sens ; un grand nombre de leurs soldats et de leurs sous-officiers 
avaient travaillé chez nous comme ouvriers, domestiques ou commis 
de magasins : évidemment, ils savaient la « géographie » des localités 
où Us avaient résidé. Les Prussiens avaient ainsi concentré leur 
attention sur nos frontières du Rhin, tandis que la pensée des 
officiers français était dispersée et comme disséminée sur tous les 
points de l'univers. Aussi, pendant que nous nous battions en 
Crimée ou que, traversant le mont Cenis, nous poussions jusqu'à 
Solférino, la Prusse, heureuse de nous voir dépenser si sottement 
notre sang et notre argent, put, à son aise, étudier nos frontières 
et préparer la surprise de Wissembourg. C'est de la même manière 
que, avant 1866, voyant les Autrichiens occupés en Italie, Bismarck 
et de Moltke étudiaient la Bohême, préparaient leur trahison contre 
la Confédération germanique et le guet-apeDS de Sadowa. 

Concluons de ces faits, tout simplement, que la France n'a pas 
fixé suffisamment ses regards sur l'ennemi héréditaire, sur ses 
manœuvres, sur sa politique. On comptait sur le libéralisme de la 
Prusse!! Tout le monde sait aujourd'hui très bien que nos désas- 
tres ne proviennent en aucune façon de notre ignorance de la géo- 
graphie. 



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rébarbative. Mais on pouvait répondre à Wolfgang von 
Gœthe que la prétendue ignorance des Français ne les 
avait pas empêchés de parcourir en vainqueurs tous les 
Etats du fameux empire romano-tudesque. Les Français 
ont su aller à Iéna et même à Berlin, et nous pouvons 
ajouter — c'est notre credo patriotique et national — 
qu'ils sauront bien retrouver un jour les chemins qui 
les y ont conduits. 

Du reste, quoi qu'on en ait dit, les Français possé- 
daient, aussi bien que les Allemands, les connaissanc^s 
géographiques que Ton peut raisonnablement exiger de 
la classe lettrée, et nous avions des spécialistes qui 
pouvaient se mesurer avec les célébrités géographiques 
de l'Allemagne. Nous savons très bien, du reste, que 
Ton trouve, dans ce pays, un enseignement très remar- 
quable de la géographie, mais nous savons aussi que 
la Prusse a des rivaux, et que la France, l'Autriche et 
l'Angleterre lui disputent le premier rang (4). 

(1) On a fait aussi à noire nation la réputation d'être casanière, 
et cependant après la nation anglaise, qui est, quoi qu'on en dise, 
beaucoup plus celtique que saxonne, la France est le pays quia 
toujours fourni le plus de voyageurs. Depuis quatre cents ans, elie 
a produit de hardis pionniers de la civilisation, des missionnaires 
et des colons, qui se sont lancés dans les forêts et chez les sauvages 
de l'Amérique, dans les Indes et dans toutes les contrées du monde. 
Ces Français-là savaient des géographies que les Allemands ne 
savent pas. Aujourd'hui encore la France n'envoie-t-elle pas des • 
explorateurs en Algérie, en Tunisie, à Madagascar, au Sénégal, 
*ar le Niger et dans la vallée du Congo? Les Allemands ont-ils 
des voyageurs dont les travaux puissent être comparés à ceux d'un 
de Lesseps? Ont-ils un homme qui, comme le capitaine Roudaire 
(dont le nom, écrit en languedocien roudaïré, signifie rôdeur), ait 



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ÏY 

II est vrai qu'il arrive à des Français de faire quel- 
quefois des quiproquo. Naguère un de nos écrivains, 
■qui s'occupe spécialement d'une chronique théâtrale et 
qui se mêle aussi de politique, a, dans son journal, placé 
Angers en Bretagne ; un autre journaliste faisait naguère 
descendre à la gare Saint-Lazare ou de l'Ouest le roi 
d'Espagne qui arrivait de Belgique (gare du Nord). Un . 
de nos savants, très versé dans la géographie de l'épo- 
que tertiaire, a fait passer Saint-Gaudens de la Haute- 
Garonne dans les Hautes-Pyrénées. En traduisant les 
télégrammes des journaux d'Outre-Rhin, les polyglottes 
de l'Agence Havas font quelquefois des bévues singu- 
lières. Ainsi, en 1874, ils ont annoncé que Bismarck, 
devait, au mois d'août, aller à Seebad, endroit que 
l'on chercherait vainement sur la carte. Ce mot alle- 
mand veut dire tout simplement « bain de mer. » En 
mars 4883, une dépêche de Rome, publiée par le 
Standard, parle de l'évêque de Legborn, à propos d'un 
vaisseau qui venait d'être lancé à Livourne. Dans la 
dépêche qui résume l'article du Standard, on n'a pas 
même l'air de se douter que Leghorn est la forme an- 



étudié la géographie des chotts y non pas en flâneur, mais pour eréer 
une mer intérieure dans le Sud de l'Algérie? Que n'aurions-nôtts 
pas à dire sur Du puis, Francis Garnier, Heurt Rivière, qui ont 
naguère découvert et exploré, au Tonkin, le Hong-Kiang (fleuve- 
Rouge), appelé par les Annamites Song-Koï (fleuve principal), voie 
commerciale qui nous offre un débouché direct ave ^ le sud-ouest 
de la Chine? Nos compatriotes ont fait là des expéditions qui res- 
semblent à l'épopée américaine des- Cortez et des Pizarre. Que 
n'aurions-non s pas à dire au sujet des voyages de CreVâux, dô 
Sàvorgnan de Brazza, de Bonnat, de Bayol, etc., etc.? 



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▼ 
glaise de Livorno. Au mois d'août 1882, la môme 
Agence Havas envoyait Arabi-Pacha dans un monastère, 
au lieu de l'envoyer à Monastir, en Roumélie. Ce sont 
là des confusions qui se produisent chez tous les peu- 
pies, et on aurait tort de croire que ces négligences 
sont spéciales qux Français. 

tes Allemands n'en sont pas exempts. Ainsi, on a. 
remarqué que h Neue preussische Zeitung 
nommait M. L ¥¥ * comme professeur à l'école de Chartres 
(Schule zu Chartres) et archiviste de l'Hérault. 
Cependant M. L*** n'a enseigné ni à une école de Char- 
tres ni à YEcole des Chartes : il a tout simplement été 
élevé à l'Ecole parisienne des Chartes. Si nous parcou- 
rions les journaux d'Outre-Rhin, nous constaterions que 
les bourdes et les pataquès fleurissent abondamment 
sur les bords de la Sprée et de tous les cours d'eau de 
l'Allemagne, car les Tudesques ne sont pas plus que 
les Français à l'abri d'un écart de plume ou de mémoire. 
L'erreur est moins pardonnable lorsqu'il s'agit de livres 
qui ont dû être composés avec lenteur, à l'aide des plus 
sûrs éléments d'information et de contrôle. Un ou- 
vrage de ce genre est bien certainement le Geographisch- 
statistisches Lexicon (Dictionnaire de géogr. et de statist.) 
de Ritter (5 e édition remaniée et améliorée par 
A. Stark ; — Leipzig, 1864-1865). Or, en le consul- 
tant, j'eus la curiosité de savoir ce que l'on y disait de 
la ville de Castres (Tarn) ; et j'appris que cette ville est, 
encore aujourd'hui, un évêché (Bischofsitz , siège 
éniscopal). Il nous sera sans doute permis de trouvei* 
que ce renseignement ne dénoterait pas une érudi- 



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tion bien sérieuse chez nos « amis » d'au-delà du Rhin. 

On trouve du reste, en Allemagne, des savants qui 
ont commis des pyréismes bien plus étonnants. Qu'il 
nous suffise de citer le premier volume des Diplomata 
Imperii qui devait faire partie de la collection des Monu- 
menta Germaniœ. Ce volume, paru en 1872, fourmillait 
de tant de fautes stupéfiantes, qu'on s'est vu obligé de le 
mettre au pilon. Dans ce travail, fait en vue de glorifier 
le nouvel empire allemand, Karl Pertz transformait le 
pagus Gavaldanus en Galvadanus, identifiait le Gé— 
vaudan avec le Calvados (!!!); ailleurs, il traduisait 
Agaunum (auj. S. Maurice, en Suisse) par Agen. Bref, 
cette publication était un monument d'une ignorance 
tellement crasse, que les Allemands eux-mêmes ont 
été contraints de la regarder comme une honte natio- 
nale. 

Difficulté d'apprendre les noms géogra- 
phiques de l'Allemagne. — Du moins, les Fran- 
çais qui ne possèdent pas très bien la géographie 
allemande sont excusables, jusqu'à un certain point, 
car le grand nombre de noms qu'elle comprend et la 
difficulté de les caser dans la mémoire, procurent aux 
peuples des races dites latines de sérieux embarras. 

Nécessité d'apprendre ces noms. — Cepen- 
dant, il faut les apprendre, si l'on veut savoir la géo- 
graphie des contrées de l'Europe centrale. On a beau 
dire que la topographie est la base de la géographie ; 
qu'il faut surtout s'occuper de la géographie physique, 
historique ou politique et économique. Il n'en est pas 



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vij 

moins vrai que toutes ces géographies supposent une 
certaine connaissance des noms de lieux. Comment 
faire, par exemple, de la géographie descriptive ; com- 
blent donner une connaissance exacte d'un pays, sans 
indiquer les cours d'eau, les montagnes, les villes dont 
on étudie la situation ? Quelques faits de la géographie 
physique peuvent être montrés sur la carte ; mais 
comment parler de telle montagne, de la source d'un 
fleuve déterminé, de quelques confluents, de quelques 
villes principales, si l'on ignore les noms de ces divers 
objets ? Pour traiter de la géographie commerciale, il 
faut bien sans doute connaître les noms de lieux de 
commerce, le nom des ports, des rivières et des canaux 
qui servent de moyens de communication. On ne peut 
savoir que Hambourg est une ville commerciale, on ne 
peut parler du commerce d'Anvers, sans indiquer les 
noms de ces villes. Un ouvrage de géographie commer- 
ciale suppose donc que ses lecteurs sont déjà instruits 
de la toponymie ou que du moins ils s'en occupent. 

Sans doute, il suffit d'avoir des yeux pour voir sur 
une carte les reliefs du terrain, les caps, les golfes, les 
montagnes, les plaines, les rivières. Mais ces connais- 
sances topographiques ne forment qu'une partie de la 
géographie politique, militaire, commerciale et indus- 
trielle. Un géomètre ne peut tracer une ligne d'un point 
à un autre sans désigner ces points par des lettres (A, B). 
Serait-il possible d'agir autrement lorsqu'on veut indi- 
quer des points géographiques qui ont une importance 
déterminée? Un chef d'armée et ses officiers pourraient- 



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ils ignorer les noms des villes, des rivières, des vallées, 
des hauteurs qui se trouvent dans le cercle de leurs 
opérations? Ne doivent-ils pas savoir les noms des 
voies de communication que suivent les colonnes de. 
l'armée ennemie? Sans la connaissance des noms, 
comment un général pourrait-il désigner les localités 
ou doivent s'établir les quartiers-généraux des diverses 
divisions ? Comment pourrait-il ordonner la défense de 
la ligne A, la poursuite de l'ennemi dans la direction 
de B ? Comment pourrait-il donner des ordres pour 
débusquer les adversaires des positions qu'ils occupent 
à X, Y ou Z, ou pour exécuter un mouvement tournant 
par C, D, E? S'ils ignoraient le nom des localités où se 
passe l'action, comment les officiers pourraient-ils faire 
savoir à leur général en chef que l'ennemi qui occupait 
F, bat en retraite vers G, passe la rivière H et s'établit 
sur les coteaux de K ; ou bien encore, que la brigade L 
se déploie dans les bois de M, situés entre N et 0; que 
les batteries P et Q s'établissent à l'entrée du village 
de R ; que la batterie S arrive au ruisseau T, et que, 
ensuite, elle pique sur le nord par U et V, etc. ? Evi- 
demment, toutes ces localités doivent être indiquées 
par les noms qu'elles portent. 

Aussi ne peut-on que sourire en voyant certains 
géographes s'imaginer qu'on apprendra désormais la 
géographie «en bannissant les sèches nomenclatures 
d'autrefois, » Un géographe ne saurait faire fi de la 
nomenclature géographique. Vouloir apprendre la 
géographie en dispensant les élèves d'apprendre le,s 
noms de lieux, serait aussi pratique que de vouloir 



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IX 

obtenir la connaissance d'une langue en supprimant 
l'étude des mots (1). 

L'analyse étymologique des noms de la 
géographie est utile à l'étude de la géogra- 
phie et à l'étude des langues. — Aussi avons- 
nous voulu indiquer et mettre en pratique une méthode 
qui rend ces noms plus accessibles. L'un des plus 
sérieux obstacles que rencontre l'élève qui étudie la 
géographie, se trouve en effet, bien certainement, dans 
l'inintelligence des noms qui s'offrent à lui. La répu- 
gnance que l'on éprouve en les lisant, provient de ce 
qu'ils ne présentent à l'esprit qu'un son vide de sens. 
Or, des études analytiques de toponomastique remé- 
dient évidemment à ce mal. Par la connaissance des 
radicaux qui composent les noms géographiques, nous 

([) Le géographe très distingué qui a émis cette opinion bizarre, 
•a été sans doute effrayé de l'énorme fardeau que les réformateurs 
de l'enseignement ont imposé aux enfants et aux jeunes gens. En 
effet, ce qui manque à beaucoup de Français, c'est la mesure : Hs 
ne savent pas se borner. Qu'ils apprennent donc à limiter et à bien 
définir le programme de la géographie générale et de la géographie 
de la France que l'on doit étudier dans les écoles primaires et dans 
ïes établissements d'instruction secondaire, et sur-tout que l'ensei- 
gnement supérieur des Facultés soit plus pratique et facilite les 
études des spécialistes. En organisant ainsi la division du travail, 
on aura des Français qui s'adonneront plus sérieusement et plus 
utilement à telle ou à telle partie de la géographie. Celui-ci étu- 
diera plus particulièrement une région de la France ou de l'Algérie ; 
cet autre s'appliquera à la géographie des provinces rhénanes, du 
duché de Bade ou de quelqu'autre contrée de l'empire prussien. 
On aura ainsi de savants géographes, des hommes spéciaux, com- 
pétents dans leur partie. Il faut renvoyer dans les pays des chimères 
ceux qui s'imaginent qu'un homme peu savoir la a géographie. » 



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X 

pouvons donc espérer de rendre l'étude de ces noms 
plus facile. 

De plus, ces étudesnous font, en môme temps, appren- 
dre les éléments de la langue à laquelle appartiennent 
les noms propres. La nomenclature géographique d'un 
pays offre, en effet, tout un jardin de racines. Cette 
nomenclature comprend toute une famille verbale qui, 
bien développée et bien connue, jette une grande clarté 
sur la langue, dont de nombreuses formes ont été épui- 
sées dans les combinaisons des noms de lieux. Ainsi les 
noms propres nous ramènent à des noms communs, et 
l'étude des premiers nous introduit dans la connaissance 
du dictionnaire. De la sorte, par l'étude des noms pro- 
pres, à l'énumération sèche des racines, nous substi- 
tuons des mots qui sont, en quelque sorte, concrets et 
vivants ; des noms qui reparaissent souvent et dont 
nous recevons de plus profondes empreintes. C'est pour 
ce motif que nous avons, à plusieurs reprises, attiré 
l'attention des maîtres sur un procédé qui ne peut que 
faciliter les progrès des études linguistiques (1). On 
comprend assez, du reste, qu'il sera toujours plus 
agréable pour l'élève de connaître la valeur des noms 
que l'on fait passer si fréquemment sous ses yeux. 



(1) Méthode pour apprendre le dictionnaire de la langue 
grecque et les mots primitif s de plusieurs autres langues anciennes 
et modernes. 

Onomatologie de la géographie grecque, ou Vart d'apprendre 
le dictionnaire grec en étudiant la géographie de la Grèce an- 
cienne et de ses colonies. ~ 



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Beaucoup de noms géographiques sont 
souvent cités dans les journaux, dans la 
conversation, dans les livres de voyages. 

— Des noms propres géographiques viennent, à cha- 
que instant, frapper nos oreilles. Tantôt les journaux 
nous parlent des chemins de fer de Wiesbaden, etc., 
ou du port de Wilhelmshaven, etc. A tout propos, on. 
nous dit que l'empereur prussien ou quelque membre 
de sa famille est allé dans telle ou telle ville. Ailleurs, 
c'est Bismarck, surnommé « l'oracle de la Wilhelm- 
strasse» (rue de Wilhelm ou Guilhaume, P., p. 146, 
4 47) qui est à Friedrichsruche, ou qui revient de Salz- 
bourg, etc., etc. Nous apprenons, par exemple, au 
mois de septembre de l'année passée (1883), que, eu 
dépit de leur conseil municipal, les Tiennois ont célé- 
bré le second anniversaire séculaire de la victoire 
remportée sur les Turcs le 42 septembre 1683, et qu'ils 
ont fêté sur le Kahlenberg le souvenir des grands feux 
que Sobieski y avait allumés pour faire connaître son 
arrivée aux assiégés. Le 16 du môme mois, une parade 
a lieu en présence de l'empereur prussien, sur le 
champ de bataille de Rossbach, théâtre de la victoire 
de Frédéric II sur l'armée française de Soubise(1); 
puis, manœuvres d'un corps d'armée sur la droite de 

(1) Les sociétés de vétérans, qui comprennent un effectif de* 
12,000 hommes, sous le commandement d'un major général en 
retraite* ont été associées à cette fête. Evidemment on s'est bien 
gardé de leur dire que Soubise était sous les ordres du prince de 
Saxe-Hildburghausen, et que les Français furent abandonnés par 
les Allemands dont ils étaient les alliés. 



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VErlenbach et sur le chemin de fer de Francfort à 
Hambourg ; après les manœuvres l'inauguration de la 
statue de la Germania, élevée au Niederwald, près de 
Bingen, en commémoration de la campagne de 1870- 
4871 : Guilhaumey fait son apothéose et celle de son 
peuple victorieux, sous la forme d'une statue gigan- 
tesque, qui tient sa tête dressée au-dessus des sapins 
des Vosges. Le mois de novembre signale un fait plus 
-en rapport avec la civilisation moderne : l'inauguration 
du grand tunnel de YArlberg qui traverse le massif des 
Alpes entre le Tyrol et la Suisse et met en communica- 
tion la vallée du Danube avec la vallée du Rhin. Il 
nous suffît de montrer, par ces exemples, que les noms 
■de lieux se présentent fréquemment dans les journaux 
«t dans le récit des événements de l'histoire contempo*- 
raine. 

D'ailleurs, de nombreux noms allemands se présen- 
tent, tout naturellement, à nous, si nous lisons des 
livres de géographie ou des récits de vo) r ages qui ont 
les Allemagnes pour objet. L'Alsace et la Suisse offrent 
aussi une ample moisson de racines tudesques. Mais 
ces contrées exigent une étude spéciale. Nos provinces 
otages surtout demandent une étude à part, à laquelle 
nous ne saurions nous livrer ici. Toutefois, nous 
aurons plus d'une occasion de mentionner les noms de 
quelques-unes des localités comprises dans la géogra- 
phie de l'Alsace et de la Lorraine. 

Nous ne pouvions oublier nos départements rhénans. 
Une étude de cette carte, qu'aucun Français ne peut 
regarder sans émotion, est une corvée pénible, mais 



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salutaire, car on ne peut en rapporter que des impres- 
sions fortifiantes. Aux jours anniversaires de Wœrth r 
de Rcichshôfen, de Frœschwiller, de Morsbronn, de 
Gundershoffen, etc., notre pensée se portera, avec pro- 
fit, vers les tombes des héros français qui ont vaillam- 
ment combattu dans ces localités et qui y sont morts 
glorieusement pour la patrie (1). 

L'analyse des noms de lieux utile pour la 
philologie, pour la géographie et pour l'his- 
toire. — L'étude des noms de lieux n'a pas seule- 
ment pour but de satisfaire une curiosité, bien naturelle 
du reste ; l'utilité de cette étude ne se borne pas à 
•nous faire connaître les mots du dictionnaire : elle 
nous fournit, en outre, de précieux documents sous le 
triple rapport philologique, géographique et historique. 

4° La nomenclature territoriale nous donne, en effet, 
dés renseignements très précieux pour les études phi- 
lologiques et littéraires. La toponymie nous a souvent 
conservé des mots qui ne sont plus usités dans la langue 
du pays (2), ou qui appartenaient à un idiome étranger. 

Tous les noms géographiques ayant été jadis signifi- 
catifs, il est évident que ceux qui n'offrent aujourd'hui 

{]) Sur l'utilité, pour l'étude de l'allemand, de la connaissante 
étymologique des noms géographiques, voir l'Appendice A. (Prome- 
nade dans la Suisse saxonne). 

(2) C'est ce que Hœfer a très bien reconnu dans sa Zeltsehrift 
ffir tfie Wissenschaft der Sprnche. Il y dit en propres termes : 

D*s Ist an and fttr sieh einleuchtend, da etn grosse* 
Tfcetl der Spraehen nnr in den Namen erbalten, eftflë 
bedeutende Spraehmasse der altesten Zeit nnr In ihnen 
gerettet ist. » Tom. I, p. 318. 



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3L1V 

aucun sens, étaient significatifs dans une langue plus 
ancienne. Seulement beaucoup d'écrivains allemands 
affectent de ne pas comprendre qu'une grande partie 
des noms de leur pays appartient au celtique, et ils se 
contentent de les annexer au vocabulaire de l'ancien 
tudesque. Mais il n'en est pas moins prouvé, par la 
constatation même de ce fait, que l'onomatologie géo- 
graphique est une branche très intéressante de la lin- 
guistique et de la philologie. 

2° Il n'est pas non plus nécessaire d'insister longue- 
ment pour faire comprendre l'intérêt que nous offre, 
pour l'étude de la géographie, l'étymologie appliquée 
aux noms de lieux. La connaissance de la signification 
de ces noms fait naître une foule d'enseignements sur 
l'origine des villes, sur les circonstances qui ont accom- 
pagné leur fondation, ainsi que sur l'ancien état topo- 
graphique du pays. Un nom de lieu est souvent toute 
une dissertation sur la chose qu'il signifie. C'est ainsi, 
par exemple, que les historiens, à l'aide de quelques 
mots celtiques dont la signification est connue, ont sou- 
vent déterminé la situation d'un lieu et signalé le parti 
qu'on peut tirer de la connaissance de l'ancien langage 
de nos pères. 

D'un autre côté, les faits topographiques nous con- 
duisent à la certitude de nombreuses étymologies. 

3° On comprend aussi très aisément l'importance 
historiique de la science étymologique ou de l'analyse 
des noms de lieux. Cette étude aide, en effet, à recons- 
tituer l'histoire des peuples, et c'est à bon droit qu'on 
regarde les noms des contrées et des localités comme 



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XV 

une source d'informations historiques (Geschichts- 
quelle). Ces noms portent l'empreinte du peuple qui 
les a créés. Ce sont des médailles quelquefois frustes, 
mais dont l'explication jette quelque jour sur l'histoire 
d'une localité ou fournit de précieux indices pour l'eth- 
nplogie. L'historien peut ainsi découvrir dans l'étymo- 
logie des noms géographiques, des renseignements et 
des documents intéressants. On trouvera, dans ce vo- 
lume, de nombreuses preuves de ce que nous avançons 
ici et l'on verra que les étymologies peuvent être fé- 
condes en déductions historiques. 

Difficulté de l'analyse étymologique des 
noms de lieu. — Cette étude des noms de lieux offre 
évidemment des difficultés philologiques, et nous n'igno- 
rons pas les obstacles qui s'opposent souvent au succès 
complet des recherches sur l'étymologie des noms de 
l'ancienne topographie. Evidemment, il y a un grand 
nombre de noms dont il n'est pas difficile d'indiquer la 
signification. Mais il y a beaucoup d'anciens noms qui 
sont vides de sens dans leur état actuel. On en trouve qui 
offrent des formes archaïques, des formes contractées, 
altérées. Il en est qui ont subi des modifications étran- 
ges et qui s'écartent trop de leur forme primitive pour 
qu'elle puisse être aisément rétablie. Pour reconstituer 
le nom primitif, pour retrouver, dans la forme moderne, 
les radicaux qui le constituent, il faut remonter le cou- 
rant des transformations qu'il a éprouvées. On ne se 
rend compte du nom nouveau qu'en retrouvant la forme 
ancienne à laquelle on ne parvient qu'en parcourant la 
série des dégradations successives qu'elle a subies. 



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xvj 

D'autres noms locaux sont quelquefois dus à des dia- 
lectes, à des patois, à des langues étrangères que l'éty- 
mologiste doit connaître (cfr. Habsburg, voy. App. B; 
et Potsdam, Append. C). 

D'un autre côté, la plus ancienne orthographe qui 
ait été conservée ne remonte pas toujours assez haut et 
elle est quelquefois fausse. Enfin, il arrive souvent que 
la science étymologique ne permet de donner que des 
conjectures pour résultat. Mais ces conjectures elles- 
mêmes ne sont pas inutiles au but que nous nous pro- 
posons. En donnant, par exemple, l'étymologie du nom 
de Strasbourg (Strasse, Burg) nous dirons qu'il 
n'est pas certain que le premier élément de ce nom 
soit le mot allemand Strasse. En reconnaissant que 
l'étymologie universellement admise est douteuse, nous 
n'en aurons pas moins porté l'attention du lecteur sur 
le mot allemand, et l'élève n'aura aucune peine à en 
retenir le sens. 

Nos étymologies ne sont pas des étymo- 
logies arbitraires et fantaisistes. — Quoique 
nous regardions, dans ce livre, les étymologies plutôt 
comme un moyen que comme un but, cependant nous 
ne faisons pas de la philologie d'imagination. Nous 
offrons des étymologies méthodiques, scientifiques et 
rarement fantaisistes. Nous affecterons, "du reste, d'un 
exposant de doute les résultats qui ne sont pas atteints 
par une méthode tout-à-fait assurée. 

Nous reconnaissons, d'ailleurs, que cet essai de topo- 
nomastique est plein d'aperçus assez peu d'accord avec 
la routine classique. Nous rendons aux Celtes ce qui 



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xvij 

appartient aux Celtes qui ont occupé la Germanie an- 
cienne, et dont leurs descendants subsistent encore sous 
la domination des Tudesques. Mais nous ne procédons 
pas, dans nos travaux, dune façon différente de celle 
qu'ont adoptée les meilleurs philologues de notre temps. 
Nous aurions pu allonger cet écrit et ceux qui l'ont 
précédé; rien n'aurait été plus facile que de leur 
donner un air plus savant : nous n'aurions eu qu'à les 
entrelarder des noms d'érudits qui ont écrit sur la 
matière. Mais nous avons pensé qu'il était inutile 
d'exiger des élèves assez de patience pour lire à chaque 
ligne du texte de longues pages de notes, de discus- 
sion^ et de pièces justificatives. Nous avons réduit 
cette étude aux proportions les plus minimes possibles, 
et nous avons retranché toutes ces surchages qui 
auraient grossi le livre aux dépens du texte. 

C'est aussi pour ce même motif que nous ne nous 
sommes pas proposé d'étudier les noms de lieux de 
l'Allemagne sous le triple rapport géographique, histo- 
rique et économique ; c'est surtout le côté philologique 
qui nous occupera. Nous ne pourrions, en effet, dans 
fie cadre étroit de ce traité, donner à ces diverses 
études une place suffisante. Les détails relatifs à la 
géographie physique, politique et commerciale sont 
étrangers au plan de notre ouvrage ; nous n'en indi- 
querons quelques-uns qu'en passant. 

Tel qu'il est notre travail peut, du reste, servir aux 
professeurs de géographie et aux professeurs d'alle- 
mand. Les premiers n'auront qu'à compléter verbale- 
ment, par des détails géographiques et historiques, la 

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XVllj 

nomenclature dont nous leur donnons la clé : ils pour- 
ront aisément suppléer aux lacunes. De leur côté, les 
professeurs d'allemand pourront faire apprendre les 
éléments obtenus par la décomposition des noms 
propres et, en les éclaircissant, faciliter le travail dû 
géographe et de l'historien : 

A Iterius sic altéra poscit opem res et conjurât amice. 



Plan du livre : ordre méthodique et alpha- 
bétique. — Il nous a semblé bon de présenter le nom 
des localités d'après la succession que suggère la liaison 
des idées. En groupant ces noms sous des points de 
vue déterminés, nous en rendrons Tétude plus facile. 
Pour obtenir ce résultat, Tordre méthodique offre des 
avantages sur Tordre alphabétique : nous Tavons 
adopté. Cette disposition est plus conforme à Tordre 
didactique. Le lecteur trouvera, d'ailleurs, à la fin du 
volume, une liste des noms par ordre alphabétique. 
Cette table permettra de retrouver facilement les noms 
dont on voudra connaître Tétymologie (1 ). 

(I) Le lecteur trouvera quelques renvois qui se rapportent aux 
deux écrits que nous avons déjà publiés sur l'onomatologie alle- 
mande. Nous avons indiqué par la lettre P. le livre des Prénoms ; 
et par la lettre F. le livre des noms de Famille. 



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DEUXIÈME PARTIE 



EXPLICATION 'DBS NOMS GÉOGRAPHIQUES 



INTRODUCTION 
Si- 

COUP D'OSIL SUR l'ONOMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE DES CONTRÉES DE 
LBUROPE CENTRALE ENVAHIES PAR LES ALLEMANDS. 

Avant d'expliquer les radicaux qui figurent souvent dans les 
noms de lieux du monde tudesque, il est bon de se rappeler que 
les Celtes ont été les premiers pionniers de la civilisation dans 
l'Europe centrale, comme dans toute l'Europe occidentale, et 
qu'ils ont donné les noms à un grand nombre de localités de ces 
vastes contrées. On ne doit donc pas être étonné que Ton trouve, 
encore aujourd'hui, au-delà du Rhin, des noms de lieux formés 
de mots usités dans le vocabulaire géographique des Celtes. 

Les circonstances qui ont modifié plus tard les noms de ces 
établissements sont assez connues. La conquête d'une partie de 
la Celtique transrhénane par les Romains amena de nombreux 
changements. Ces conquérants latinisèrent beaucoup de noms 
de villes ou à'oppida qui existaient au-delà du Rhin, et ils mo- 
difièrent ainsi les noms donnés à de nombreuses localités par les 
peuples qui se trouvaient, à leur arrivée, dans la Celtique orien- 
tale ou Germanie. Ils ont agi de la même manière pour de nom- 
breuses localités de la Gaule cis-rhénane. La langue latine a 
fourni aussi beaucoup de noms à des villages et à des villes dont 



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— 2 — 

les évêqaes, les prêtres et les moines ont été les fondateurs et 
les parrains. 

L'invasion des bandes scythiques (Suèves, Goths, Francs, 
Burgondes, Lombards, Hérules, Saxons) et autres barbares venus 
des bords de la mer Caspienne, amena des modifications encore 
plus radicales dans l'onomatologie géographique de la Germanie. 
Après avoir chassé ou assujetti les Cimbres de la Chersonnèse 
Taurique, ces hordes barbares furent attirées par la fertilité du 
sol que les Celtes avaient, en partie, défriché. Elles envahirent 
les contrées situées entre les Carpathes et le Rhin, et elles sou- 
mirent les populations celtiques, appelées aussi germaniques, 
qu'elles entraînèrent dans leurs confédérations ou ligues. Enfin, 
lorsque l'empire romain eut passé dans les mains de ces nouveaux 
maîtres, tous ces peuples, vainqueurs et vaincus, différents par 
la race et par la langue, formèrent un vaste corps politique, un 
corps de nation (thiuda, diet, tribu, peuple -, — voy. P., p. 64) 
qui fut nommé l'empire [de la langue] tudesque ou thiudisc, 
diutisc (populaire, vulgaire). Les tribus victorieuses imposèrent 
leur langue et détruisirent, autant qu'elles le purent, les souve- 
nirs patriotiques des Celtes en changeant ou en modifiant les 
noms de leurs villes, de leurs rivières, de leurs montagnes, de 
leurs forts. Lorsque ces bandes firent irruption dans la Celtique cis- 
rhénane, il y eut aussi des changements, et plusieurs villes, 
d'origine celtique, furent débaptisées pour prendre des noms 
d'origine tudesque. Cest ainsi que le nom d'Argentorat disparnt 
et fit place à Strateburg, aujourd'hui Strassbourg (1 ). 

(1) Ce nom offre les radicaux Strass* , chemin, route, rue (lat. 
via strata, et, en latin de la décadence, strata tout seul, route 
pavée, chemin ferré : sterno, j'étends, j'aplanis ; sternere viam, 
construire, paver, ferrer une route). Mais il peut se faire que ce 
piemier composant, dont l'origine est latine, cache un vieux mot 
celtique (?oy. App. D). 



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— 3 — 

Changements bizarres de quelques noms de la topo* 
nomastique allemande. — Les tribus tudesques ont donné, . 
d'après leur langue, des noms à des nombreuses localités de l'Alle- 
magne. Ainsi Schônbrunn est un composé tout allemand (sens* 
[primit. éclatant, pur, blanc; Se hein, clarté, lueur], beau; 
Brann, source, fontaine). La forme et la signification de ce 
nom sont parfaitement saisissables. 

Mais un grand nombre de noms de lieux d'origine celtique, 
romaine ou tudesque ont été bien souvent défigurés, et ils sont 
entrés, sous une forme, quelquefois fort étrange, dans le nouveau 
nom allemand. Ainsi le nom de Brun t rut, que les Tudesques 
donnent à une localité. que nous appelons Porentrui, ne se rat- 
tache ni à Brunn (source), ni à la truite (lat. tructa, bas lat. 
trutta, ail. Trutte, Trusehe ; grec TpwxTrjç, qui ronge, qui 
mange; tpurfco, je ronge ; je mange; ni à trut, suéd. bouche, 
plus part, bec; cfr. Truthahn, coq d'Inde; — à cause de la 
caroncule charnue qui distingue son bec). Sans la connaissance 
des anciennes formes (Pons Ragnetrudis, P., p. 4 88; Pont 
Raintru), il nous serait impossible d'expliquer les deux noms 
allemand et français qui représentent aujourd'hui le nom pri- 
mitif. De Mons Sempronius (nommé aussi Mons Csepionis ou 
Scipionis), on a fait Simplon (ail. Simpelen et Simpelberg) ; de 
Brucomagus (Brochmagat, Bruchmagad ; nom celtique qui offre 
peut-être le mot brug, brog, coteau, hauteur; elmag, champ), 
les Allemands ont fait Brumath; de Tolbiac (? irland. tully beg, 
petite colline : tulla, tullaeh, petite colline ; beag, petite, ils ont 
formé Zulpich. C'est ainsi que d'Atrebates (corrompu en Adertes, 
Adratas, Pagus Adertisus), nous avons formé les noms d'Arras 
et d'Artois. Le nom de Bicêtre, localité célèbre des environs de 
Paris, provient de Winchester (1). Caesarea Augusta devint 

(1) Cette localité, nommée jadis la Grange aux Gueux, devrait 
son nom actuel à une maison de campagne que Jean de Pontoise, 



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— 4 — 
Sarcusta pour les Arabes et a donné le nom moderne de Zara- 
goza (Saragosse). 

De El-Aronat (avec un raiïn qui se prononce comme r grasseyé) 
nous avons fait El-Aghouat et puis Laghouat. 

Changements de noms devenus Insignifiants en noms 
significatifs. — Les peuples changent souvent des noms qu'ils 
ne comprennent pas, en des noms qui ne rapprochent des mots qui 
ont un sens dans leur langue. Ainsi Delphes est nommée aujour- 
d'hui 'ABeX<po( (Frères), Athènes est devenu 'AvOrjva (La Floris- 
sante), et de l'Hy mette les Italiens ont fait monte Matto (mont 
fou). C'est ainsi que les anciens Grecs dérivaient le nom du Nil 
(Neftoç) de via ?X4ç, nouveau limon ; (hoc est novum limum 
Trahens, dit Servius). Daprès ce même procédé, Festus Avienus 
désignait l'Irlande sous le nom de Sacra (lepa, sacrée). Il 
croyait donner ainsi l'étymologie du nom à'Ierne (en celt. île 
occidentale), sous lequel cette île était connue chez les Grecs. 

Les Italiens ont transformé Sinus longus (barbarement écrit 
et prononcé Sina longa) en Asinalunga, et ils ont mis une 
« Longue ànesse » à la place d'une « Longue sinuosité. » Les 
Romains avaient modifié le nom de Lutèce pour le rattacher au 
latin lutum (boue). Ils confondirent le mot celtique penn 

évoque de Winchester, y avait bâtie (1290). Winchester (win pour 
Venta; chester, de l'anglo-saxon ceaster «= lat. castra) aurait 
donné les formes Wincestre, Vicestre, Bicestre, Bicêtre. Celte éty- 
mologie nous paraît préférable à celle qui rattache ce nom à Jean, 
duc de Berry (Bituricensis). Le nom celtique de Winchester était 
Caer Gwent (ville blanche, belle ; ou ville du pays découvert, 
éclairci.plaina\ Les Romains transformèrent ce nom en Venta Bel- 
garum, du nom des Belgae qui occupaient la contrée. 

11 y a en Angleterre, dans le comté d'Oxford, une localité 
nommée Eiccstcr (prononcez bis'ter), jadis Birincester (forteresse de 
Birin). Birin ou Birinus, était un évêque de Caer Dor («=» la ville de 
l'eau; auj. Dorchester), qui, au vu e siècle, avait fait élever une 
forteresse dans cet endroit, où une église avait été balte. 



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— 5 — 

(tête, encore auj. en armor. et en gallois), qui indiquait une 
montagne et une divinité topique des Gaulois, avec le mot 
Poeni (Carthaginois), et ils imaginèrent un Jupiter Pœninus. 
Les Alpes, que les Celtes avaient distinguées par un mot qui 
signifiait o Rocheuses » (craig, crau, rocher), devinrent les 
Alpes Graiœ ou Alpes Grecques. Le mot Vitodurum ou Vitu- 
iur-um (forteresse du bois : du celt. vidu> comique gwid> 
7. h. ail. toit tu t bois, forêt; dur, forteresse, enceinte fortifiée-, 
— mot qu'il ne faut pas confondre avec dwr, eau), incompris 
par les Tudesques, devint Winterthur, nom qui a les apparen- 
ces d'un mot allemand et qui pourrait signifier a porte de 
?hiver » (Winter, hiver; Thar, porte) (4). De Salodorum 
[castrum Salodurense : forteresse de la rivière : sal qui signifie 
* cours d'eau, » a dû désigner l'Aar ; — cette ville est située sur 
ia rive de ce fleuve, dans le Salgau, pays des anciens Saliens), 
les Allemands ont fabriqué le nom de Solothurn (en franc. 
Soleure), et ils ont prétendu que c'est d'une vieille tour (sola 
turris), que cette localité a reçu son nom. Dans le Haut-Rhin, 
Foussemagne (de fossa magna ; ou de fous, forme de fagus, 
hêtre) a été transformé en Fiessenen et en Fuchsmeng, nom qui 
donnerait à croire qu'il y avait, dans cet endroit, une foule 
(lenge) de renards (Fuehs). De Montbelliard ils ont fait 
Mômpelgard, afin de faire disparaître le mot français « mont • 
et de placer une forme moderne du mot gard {= Garten ; cfr. 
Stuttgart). 

Beatus Rhénanus se plaignait jadis en ces termes de cette alté- 
ration des noms : Nec aliter vulgus Germanicum Latinas 

(1) On a dit aussi que le nom de Winterthur devait son nom à 
une forteresse nommée Windthurnttour du vent : Wind, Tharm, 
m. h. ail. turn, irl. tor, breton twr, lat. turris, tour) ou Winter- 
thurn (tour de l'hiver), bâtie par les -comtes de Kybourg. Mais déjà 
sous les Romains cette localité se nommait Vitodurum. 



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— 6 — 

voces corrumpit, dum Fjnem terr.e vocat Finstkrstern, Finem 
Montium Finstebmuntz, Montera Concordiœ Kochersperg (*). 
Finsterstern a l'avantage de présenter des radicaux allemands 

I Fi ii s ter, ténébreux, opaque; sombre, sinistre; Stern, étoile), 
Finstermûntz, dont le nom a paru provenir de Venustœ Montes, 
rappelle le mot M&nze (menthe-, — monnaie). Quant au nom 
de Kochersperg (perg = Berg), le peuple a pu y voir les mots 
Koch (cuisinier) ou Kïîcher (carquois-, — m. h. ail. Kocher), 
Mais' il est plus probable que nous avons là le nom celtique 
de la Rocher (irl. cochen, rivière). Emsenberg, dont le nom es 
dû à l'Ems, qui y prend sa source, devint Enzenberg (mont dt 
géant, comme Riesenberg -, enz, en bavarois, géant, grand) \ 
puis le mot enz étant devenu inintelligible, le nom de cette loca- 
lité, située non loin de Schmalkalden, se transforma en Inselberg 
(mont de l'île : Insel ; lat. insula). Almona ou Alcmona 
(composé celtique) est devenu Altmùhl (a?t, vieux; Munie» 
moulin). Saariohe (Loh 9 bois) remplace Saarlouis; Phiiome- 
lenlust (jouissance des rossignols : Philomele, poèt. rossignol ; 
Lust, plaisir, jouissance), bocage près de Braunschweig, est 
devenu Vielmanlust (Viel, beaucoup; Mann, homme), et Beau- 
regard, nom d'un Français établi dans la Marche (de Brande- 
bourg), a donné 1e mot bas ail. Bùrengarn (= Bauerngarten : 
Bauer, cultivateur, paysan , Garten, jardin) (2). 

.. (1) Epist. ad Matthiam Erbum 

(2) D'un autre Beau-regard, les Belges ont fait Bearewart (Bier- 
wart, où l'on peut supposer une échauguette, un donjon [Warte ; 
cfr. Wart, guet] où l'on boit de la bière : Bier). Graraaye suppose 
que Biervlietfv. de Hollande) a été fondée par des brasseurs saxons. 

II pensait sans doute que ce nom ne pouvait indiquer qu'une 
Blerbrauerei (brasserie) ou un Bierhaus, (brasserie ; cabaret). 
Mais cette localité doit son nom à la Bevere (voy. baver «= couler, 
P., p. 276), petite rivière qui l'arrose. Le mot holl. vliel (=» Fliesa, 
courant d'eau, ruisseau) n'est qu'une traduction du nom celtique. 



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-=- 7 — 

C'est ainsi que beaucoup de noms se transforment et prennent 
des significations bizarres. Le mot wende Luboras s'est changé 
en Lieberose (Liebe, amour; Rose, rose). De Bjela Zemja qui, 
en slave, signifie a terre blanche, » les Allemands ont fait, au 
moyen-âge, Balsamerland, nom qui pourrait désigner un o pays 
du baume » (Balsam, baume, parfum; Land). Ils ont aussi 
transformé le nom russe Perepsis en Barensieb (crible des ours : 
Bar ; Sieb, crible, tamis). Le mot slave bor (forêt) a été changé 
en Burg (château fortifié) et de la sorte Brannibor, Brennibor 
ou Brennabor et Mezibor ont été changés en Brandeburg (Brand, 
embrasement ; feu ; brennem, brûler) et en Merseburg. Les 
matelots anglais ont transformé le nom slave Sviaty Nos (pointe 
sainte, cap saint) en Sweet Nose (joli nez : sweet, doux, odori- 
férant, beau, joli; cfr. sûss, doux, doucereux, flatteur ; beau; 
lat. suavis). 

En Amérique, sur les bords du lac Michigan, Grande-Baie a 
été nommée, par corruption, Green-Bay (an g. green = grlln, 
vert). Le nom de Boncœur (colon français qui s'établit avec sa 
famille dans la Louisiane) est devenu Bunkershill (colline de 
Bunker) -, — champ de bataille sur lequel ont lutté les Américains 
et les Anglais, puis les Américains du Nord et les Américains du 
Sud, et où les Allemands pourraient supposer un terrain tour- 
beux (die Bunke = Torfgegeud). Près de Saint-Louis, un 
village nommé jadis Vide-Poche, parce que les buveurs y dépen- 
saient leur argent dans les guinguettes, est appelé aujourd'hui 
White-Bush (blanc buisson : white = welss, blanc ; bush, 
buisson, arbuste; bouchon de cabaret; cfr. Buseh, buisson; 
hallier, bosquet). 

Cest ainsi que, dans beaucoup de noms propres, les peuples 
cherchent un sens. N'en trouvant aucun dans des noms qui ont 
été altérés, ils adoptent une forme de ces noms et ils lui donnent 
une signification- apparente que rien ne justifie. Les Tatars sont 



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— 8 — 

devenus des Tartares, parce qu'on a confondu leur nom avec celui 
du Tartare, région particulière des enfers, d'après la mythologie. 
Le nom des Hongrois a été rattaché à l'allemand Hunger (faim ; 
hnngerig, qui a faim, affamé) et ce nom aurait été donné à ce 
peuple à propos d'une grande famine qu'il aurait éprouvée dans 
les anciens temps. C'est avec autant de science étymologique que 
Ton a dérivé le nom des Pannoniens de pannus (lambeau, hail- 
lons, en latin). 

Souvent ces fausses étymologies ont donné lieu à des fables. 
Ainsi le nom celtique de Berne a produit vraisemblablement la 
légende, de son ours (voy. App. E), et le nom d'Anvers (Antwer- 
pen) celle de la main (Hand) jetée (Werfen). On a expliqué 
ce nom en imaginant un géant qui coupait et jetait dans l'Escaut 
la main des voyageurs et des négociants qui refusaient de lui 
donner la moitié de leurs marchandises. 

Une partie méridionale de la Saxe aurait été nommée Sauer- 
land, parce que Charlemagne aurait dit après sa conquête : 
das war mir eln sauer [acide, aigre, sûr ; dur, fatigant, pé- 
nible] Land. Mais Sauerland est tout simplement une corrup- 
tion de SUderland (pays méridional). Pour expliquer le nom de 
Sayn, on a dit que le fondateur de ce château l'avait nommé 
Syne, parce qu'il voulait y passer sa vie en paix (das» er sein 
Leben hinfUr in frieden und ruhig fuhren Wollte). Le 
chef de la dynastie des Sayn fut ainsi nommé Graf zu Syne. 
De ce dernier mot, plus tard, on aurait fait Sayn. 

Le nom du Mâusethurm (vieille tour bâtie sur un rocher au 
milieu du Rhin) signifie ou peut signifier tour des souris 
Mause; — Haas, souris; cfr. lat. mus). Toutefois le nom n'a 
pas trait aux « rats, » comme on l'a imaginé : il offrirait une 
corruption du mot Mauth (douane, impôt) ou de muserie 
(bouche à feu, canon), de sorte que cette tour a été construite 
pour être un Zollthurm (lieu de péage) ou une échauguette. 



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— 9 — 

Le Màuselhurra (Mauthsthurm, Mausethurm) était d'abord un 
donjon (ein© YVarthe) bâti pour la défense des pays rhénans 
(zur TCache fur das Vaterland), et, parce que, du haut de 
cette tour, on épiait les bateaux comme un chat guette les souris 
(wle ein© Katze auf die Mause), on la nomma Mausethurm, 
car les anciens désignaient l'action de guetter par le mot mausen. 
Hey'l et Berlepsch (dans les May ers Reisebiicher) disent que, 
d'après de nouvelles recherches, la tour servait de place d'armes 
et que son nom dérive de muserie (canon), et ils ajoutent que 
néanmoins l'étymologie fondée sur le mot Hauth trouve encore 
des défenseurs (4). Toutefois le nom de cette tour a donné lieu a 
une de ces inventions diffamatoires, mises à la mode, au x\* et au 
xvi e siècles, pour soulever contre le clergé les passions grossières 
et ignorantes des masses, et pour arriver à la spoliation des 
églises et des couvents (2). 

(1) Nach neueren Forschungen diente der ThurmalsWaffenplatz 
und sein Name leitet sich von Muserie (Geschùtz^ ab, wàhrend 
anderseits auch die Abslammung von Mauth (Mauthsthurm) Un- 
terstûtzung findet. Die Rheinlande, p. 251. 

(2) On raconta donc que Hatto, abbé de Fulde et ensuite ar- 
chevêque de Mayence, avait, dans un temps de famine, impitoya- 
blement refusé de donner du pain aux malheureux qui périrent en 
grand nombre. Hatto avait même fait enfermer dans une grange, 
où il les fit brûler, les hommes, les femmes et les enfants. Enten- 
dant leurs cris, Hatto s'en moqua et dit : Entendez-vous siffler les 
rats? Or, eu punition de ces forfaits, d'énormes essaims de rats 
inondèrent le château, et plus on en tuait, plus il en revenait. Hatto 
dut s'enfuir à Bing<n et fit bâtir une tour dans le Rhin et il s'y 
réfugia dans une nacelle. Mais les rats nagèrent à travers les eaux, 
grimpèrent sur la tour, où ils le dévorèrent tout vivant, et rongèrent 
même son nom dans les tapisseries. 

Schreiber, dans son Manuel des voyageurs du Rhin, dit que 
« Hatto a- bâti cette tour au x e siècle, vraisemblablement pour 
servir de signal aux navigateurs, car alors le passage à travers 



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— 40 — 

L'embarras où Ton se trouva pour expliquer le nom d'Achalm 
fit inventer la légende, rapportée par Uhland, dans laquelle où 
nous apprend qu'un chevalier, assassiné en cet endroit, n'eut, 
avant d'expirer, que le temps de s'écrier : Ach A llm... Il ne 
put pas achever le nom de AHmachtiger (Tout-puissant). De 
là vient que le château bâti sur cette montagne fut nommé 
Àchalm. Une localité, près d'Heidelberg, fut nommée HarlaSy 
parce que, disait-on, les religieuses laissaient leurs cheveux 
(ihr Haar zurfickliessen). Le fait peut être vrai. Mais bien 
souvent ce sont là des étymologies ridicules, inventées pour 
cacher l'ignorance d'une dénomination celtique. Voyez, entre 

les abîmes de rochers était encore très dangereux. » Après avoir 
raconté la fameuse légende, Joanne ajoute les lignes suivantes : 
« L'histoire n'est pas d'accord avec la légende. A l'en croire, cette 
tour ne fut bâtie qu'au xm e siècle par l'archevêque Siegfried, c'est- 
à-diie deux siècle- après la mort de Hatto, et elle doit son nom à 
son us«ge, car elle servait à percevoir un droit de passage sur les 
bateaux. On l'appela tour du Péage, Mauth ou Maus voulant dire 
péage. D'autres étymologistes ont pensé que Mœuse venait de rot*- 
terie, qui signifiait canon. Quoiqu'il en soit, la légende (mise en 
vers par le p.éte anglais Southey) est devenue trop populaire pour 
pouvoir être passée sous silence. » (Trains déplaisir aux bords du 
Rhin, p. 284.) — Sans doute, on peut reproduire cette légende, 
mais à la condition de (a donner pour ce qu'elle est. Mais que penser 
d'un écrivain qui, expédié naguère (septembre 1 883 j aux fêtes du 
Niederwald, adresse les lignes suivantes aux lecteurs d'un de nos 
journaux : « Sur un écueil du Rhin, à un brusque tournant du 
fleuve, s'élève le Mausethuren [sic), fameux par la légende de 
l'évêque méchant et rapace, fléau des vassaux de l'Eglise, qui 
périt sur cette plate-forme, dévoré vivant par des légions de rats, 
sans que ni les eaux du fleuve ni les murs de sa retraite pussent 
défendre le mauvais riche de leurs bandes voraces. La tour gothi- 
que sert aujourd'hui de signal aux bateliers qu'elle avertit des 
dangers de ces parages. D'autres vestiges nous parlent d'une his- 
toire plus ancienne encore : à Rudesheim, etc. » 



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— 44 — 
autres, les étymologies des noms de Mindeh et d'Altena, que 
nous indiquons plus loin. 

Ces observations font suffisamment comprendre que les armoi- 
ries ne sont pas toujours un fondement sérieux, pour Tétymolo- 
gîe d'un nom de lieu. Ainsi Schaffhausen, nom que l'on traduit 
par « à la maison des moutons, » a dans ses armes un mouton 
(Schaf). Mais cette localité s'appelait jadis Âscapha, Aschafhûsen 
et on a vu dans ce nom le mot ose = Esche (frêne), et afa 
(eau). Mais nous croyons plus probable que ose représente ici les 
niots celtiques bien connus asch> isk (eau) et aha> ahva, af 
(cours d'eau) qui désignait une eau courante, comme dans 
Asciburg (l'enclos, la forteresse [située près] de Peau), qui avait 
été, disait-on, bâtie par Ulysse ; et Aschaffenburg, ville située sur 
leMein à l'embouchure de la petite rivière Aschaff (i). 

L'ignorance de l'ancienne langue celtique a conduit les savants 
allemands des derniers siècles à des étymologies qui reposent 



(1) D'autres ont dit que jadis Schaffhausen se nommait Schiff- 
bausen (aux maisons des bateaux; — Navium domus : Sehtf^ 
vaisseau ; cfr. lat. scapha, barque, bateau fait dans un tronc 
d'arbre creusé ; oxasfç, axdccpr] ; l'allem. a conservé le mot Schaff 
dans le sens de vase de bois. C'était un petit village, uue station 
de barques où Ton déchargeait les bateaux qui descendaient le 
Rhin, car, à une lieue au-dessous de cette localité, le Rhin se pré- 
cipite entre des rochers et forme la fameuse cataracte de Lauffen. 
On voiturait les marchandises par terre jusqu'au-dessus de la 
chute du fleuve. 

Mentionnons encore l'opinion de ceux qui rattachent le nom de 
Schaffhouse à Schaff (grenier, magasin); de sorte que ce nom 
aurait signifié ein Haus, worin geschafft wird ; et celle ville 
aurait été ainsi nommée Ton den Sehaffhausern for die 
Waaren aus den Schiffen, die hier nleht weiter Konn» 
ton. Sans doute il y eut, dans ce lieu, des Wirthschaftsge*- 
blinde. Mais nous n'en regardons pas moins l'étymologie cel ique 
comme plus probable. 



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— 42 — 

sur une analogie toute extérieure. Le nom de Minden aurait trait 
au Dcin Hein (Tien Mien) qui est inscrit sur le cor de Char- 
lemagne à Aix-la-Chapelle (1). Nûrenberg signifierait Nur ein 
Berg (seulement une montagne), Dordreeht (passage ou bord de 
l'eau : dor, dwr) serait pour dort (là) réélit (droit), etOlmùtz 
serait pour ait (vieux) Matzen (Statze, bonnet, béret, casquette ; 
coiffe : a yileis seniorum). Windobona devrait son nom au 
vent (WindJ, car le proverbe dit : Austria ventosa. Conrad 
Gessner traduit le nom du Danube par malt auctorem (de thon, 
v. h. ail. tuon, duan, faire ; Uebel, mal, malheur), parce que 
ceux qui le traversent y courent des dangers. (Voy. Appendice 
F et G.) 

Utilité d'un contrôle de l'histoire. — Pour beaucoup de 
noms, en effet, il faut connaître non-seulement le site géogra- 
phique, mais le développement historique de la localité. Si l'on 
ne tenait pas compte des traditions et des données de l'histoire, 
il serait souvent bien difficile de savoir quel peuple a d'abord 
donné à certaines localités de l'Allemagne les noms qu'elles 
portent. 

Nécessité de connaître quelle a été la langue de ceux 
qui ont imposé les noms de lieux. — Il ne suffit pas de 

(1) Cet empereur aurait partagé cette place avec Wittikind, en 
lui disant : a Ce bourg sera à moi (Myn) et à toi (Dyn). » De là 
serait venu le nom de Minden. D'autres ont eu recours à l'adjectif 
min (petit; cfr. mlnder, moindre, plus petit; lat. minor). Mais 
cette ville, située dans une plaine, au confluent de la Weser et de 
la Bas tau, se nommait jadis Mindun, Mindon et ces noms rap- 
pellent le celtique dun (lieu fortifié). Le préfixe min nous offre 
peut-être le mot celtique [gallois] min (bord) ; irland. min (plaine, 
campagne). De sorte que Mindun, ville située sur le bord de la 
Weser, signifierait « forteresse du bord » de l'eau ou « de la 
plaine. • Le nom de Mimidun qu'a aussi porté cette ville, aurait 
trait à un dieu ou héros mythologique. 



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— 43 — 

savoir que tous les noms de lieux ont ou ont eu un sens. II est 
nécessaire de savoir dans quelle langue il faut chercher ce sens. 
La première question que Ton doit résoudre est donc relative 
à l'idiome auquel ces noms appartiennent. Aussi est-ce avec 
raison qu'une des règles rigoureuses de l'étymologie des noms 
de lieux prescrit de chercher les éléments constitutifs de ces 
noms dans la langue des peuples qui se sont succédé dans la 
contrée. 

On peut regarder comme certain que, dans les pays 
tudesquisés, les noms qui ne sont ni latins ni allemands 
ni slaves sont celtiques. — Il y a, dans les pays allemands, des 
noms qui ont évidemment une origine latine (Mûnchen, Munster). 
On y trouve aussi de nombreux noms qui sont du pur allemand. 
Quant aux autres noms, les Allemands sont bien obligés de con- 
venir qu'il faut recourir au celtique. Il y a même un dicton en 
vogue au-delà du Rhin qui exprime, en ces termes, cette vérité : 

Wass man nient deutsch erklaren Kann, 
Dass sleht man gleich als Keltisch an. 

Noms celtiques romanisés. — Dans un pays qui fut soumis 
à la conquête du peuple-roi, nous ne devons pas être étonnés de 
trouver des noms celtiques habillés à la romaine (Mogun-tiac- 
um, Borbelo-mag-us ; Aquœ Granni ou Aquisgranum). Dans 
certains cas, le nom celtique a été remplacé par un nom nou- 
veau tiré du latin (Colonia Agrippina, Tabernae, Confluentes 
(Coblenz), etc. 

Noms celtiques tudesquisés. — Les envahisseurs tudesques 
ont altéré et vicié les noms propres de la Germanie. Ainsi, de 
Noviomagus et Rigimagus, ils ont fait Nimwegen et Remagen. 
Veroduniim a été transformé en Wurten, mot qui n'offre aucun 
sens, et qui, ajouté à Berg, a donné le nom de Wurtemberg 



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— u — 

(voy. Append. H). Dans certains cas, on a traduit en allemand 
le nom de la géographie ancienne. Il n'estas difficile, en effet, 
de changer Noviomagus en Neufeld (noms qui indiquent un 
défrichement récent). Froidefonlaine (vg. de l'arrond. deBelfort) 
devient Kallenbrunn; Petite fontaine (vg. du H.-R.) prend le 
nom de Klein- Brunn. Une localité que les Romains avaient 
nommée Pons Saravi a reçu le nom moitié tudesque de Saarbrûck 
(= pont sur la Saar, nom celtique de rivière, qui ajouté à aha 
ou ahva avait donné la forme latine Saravus^. Le Ban de la 
Roche (dont le premier mot indique une localité cellique : ban, 
hauteur, plateau élevé) qui a été toujours français par la langue 
et par le cœur a été nommé Steinthal (vallée de la pierre). Les 
Allemands appellent Neuchâtel (Novum castrum) Neuenburg ou 
Welsch-Neuenburg, et ils connaissent la Petite-Pierre (Parva 
Petra) sous le nom de Lûtzelstein, qui a' la même signification (*). 

Quelquefois, certains noms ont été mal traduits. Ainsi les Alle- 
mands ont formé le nom de Teufelsthai (vallée du diable) d'après 
une confusion du mot russe tcherta (frontière) avec le mot tchort 
qui, dans la môme langue, signifie « diable. » 

Du reste, pour comprendre ce qui a eu lieu après l'invasion 
des barbares dans la Germanie, nous n'avons qu'à jeter les yeux 
sur ce qui se passe de nos jours au-delà des Vosges. En 4 880, 
on écrivait de Mulhouse à la Presse d'Alsace et de Lorraine : 

« L'inscription de l'allemand sur les enseignes, affiches, pro- 
grammes, est appliquée ici avec une rigueur extraordinaire. Un 
habitant de Francfort, de Berlin, pourra mettre sur son immeu- 

(1) La Petite-Pierre (petite ville du B.-R.) est située non loin 
d'une masse de rocher dont la cime ressemble à une tête de gre- 
nouille et que, pour ce motif, on nomme Froschenkopf (Froieh, 
granouille ; Kopf, tête, sommet, cime). Plus loin, on voit le 
Haidenthurm (tour des païens : Helde, païen ; Thurm, tour), 
qui aurait été bâli par les Romains. 



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— 45 — 

ble : Restaurant, Café, Hôtel d'Angleterre, mais à Mulhouse il 
faudra mettre Restauration, Comestiblen, Kaffee, ce qui, entre 
parenthèse, n'est pas même allemand, car, si je ne me trompe, 
on dit : Kaffeehaus. Sur des programmes de conférences litté- 
raires françaises, de concerts, il faut une étiquette allemande. 
La Société industrielle elle-même n'a pas trouvé grâce. Elle 
voulait faire réparer l'inscription sur le fronton de son hôtel : 
on a voulu lui imposer un titre allemand ; elle a préféré n'en 
plus mettre du tout. » 

Le correspondant qui a écrit ces lignes remarque avec raison 
qu'on devrait dire Kaffeehaus. Mais en style de commis voya- 
geurs et de cafetiers, on dit Rheinisches Café, etc. On trouve, en 
Allemagne, des Café neuf. Café Schiller, Café Gœthe, etc. 

D'un autre côté, dès 4 875, les Prussiens ont posé à Metz, pour 
indiquer les noms des rues, des plaques en langue allemande à 
côté des plaques françaises. Constatant que cette mesure avait 
causé à Metz une vive émotion, un grand nombre de feuilles 
allemandes ont dit que cette mesure était prématurée. Mais le 
gouvernement prussien n'en a pas jugé ainsi. En juillet <S77, 
la Gazette de Strasbourg annonçait que le président supérieur 
de l'Alsace-Lorraine venait d'ordonner la modification de la 
dénomination de 90 communes de la Lorraine. La « dénomina- 
tion a été germanisée ; l'usage du nom allemand sera seul auto- 
risé. » 

«n. 

CLASSIFICATION DES NOMS DE LIEUX D'APRÈS LA SIGNIFICATION 
DES ÉLÉMENTS QUI COMPOSENT CES NOMS. 

On pourrait classer les noms de lieux des pays allemands en 
trois grandes divisions correspondant aux trois phases princi- 



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— 46 — 

pales de leur histoire, que nous nommerons les périodes celtique, 
celticoromaine et tudesque. Cette classification aurait des avan- 
tages pour établir une chronologie et des déductions historiques 
relatives à la fondation, à l'âge de quelques localités, mais elle 
nous éloignerait de notre but. Nous nous voyons forcé de négli- 
ger, autant que possible, les noms des époques celtique et celto- 
romaine, et notre classification doit se restreindre aux noms 
vraiment tudesques. Nous nous proposons de les grouper d'après 
la signification de leurs composants les plus usités. 

Les noms géographiques, les noms de lieux (Ortsnamen) du 
inonde tudesque sont significatifs, et dès lors, composés de noms 
communs (Gemeinnamen), Ils ont été imposés aux localités 
d'après le voisinage d'une montagne, d'une vallée, d'une 
rivière, etc. Les modifications du sol amenées par les travaux de 
l'homme, les institutions sociales ont aussi fourni de nombreux 
éléments pour la formation des noms topographiques. Pour 
arriver à un classement raisonné et méthodique de ces noms, 
nous les diviserons en dix catégories que nous indiquons dans 
le tableau suivant : 



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— M — 



Aux accidents 

topographiques qui sont 

le fait de la nature. 



An règne végétal. 
An règne animal* 



La terres 



Les eaux< 



Le relief du terrain, 

l'aspect physique, 

la configuration du sol. 

Qualités du sol, 
constitution géologique. 



Cours d'eaux. 



Grands amas d 



['eaux, ] 



! hauteur, vallées, 
I plaines, 
I accidents divers 
! du sol, 

règne minéral. 

sécheresse, 
humidité, etc. 

rivières, 

sources, 

embouchures. 

oers, lacs, 
marais* 



Aux accidents topographiques 

qui sont le fait du travail 
de l'homme : noms qui ont trait 



# à l'économie agricole (défrichement par l'in- 
cendie des forêts, etc.) : — culture des 
terres. 

à l'économie domestique :\ 

de l'habitation ou des/ enclos, camps, 
bâtiments qui ont trait} forts, 

à la sûreié personnelle l maisons, 
et sociale. ] 

I aux bâtiments de l'économie agricole et in- 
dustrielle. 

aux édifices religieux. 



Aux noms qui désignent des agglomérations) Villages. 
d'hommes. | villes, etc. 



A l'onomastique religieuse. 



A l'onomastique personnelle. 

A des titres ou dignités religieuses ou poli- 
tiques. 



Mythologie. 
Institutions religieuses. 
Dieu et les saints. 

Noms propres individuels. 
Noms de famille. 
Noms ethniques. 



Aux épithètes qui déterminent des noms de 
lieux ; ' 



Orientation. 

Situation relative, etc. 

Point de vue esthétique (impressions 

que la vue des objets fait naître). 
Souvenirs. 
Noms importés par les immigrants et 

donnés en souvenir de la patrie 

absente. 



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— 48 — 

s m. 

BÈGLES RELATIVES 4 LA COMPOSITION DES NOMS DE LIEUX EN 
ALLEMAND. 

Quelques-uns de ces noms sont formés d'un seul radical : An, 
Hag, Haus, etc. 

Noms composés de deux radicaux. — > Mais ces noms se 
composent ordinairement de deux éléments, dont l'un est un 
terme générique et commun à plusieurs localités. C'est le mot que 
les Allemands appellent Grundwort (mot fondamental), et qu'ils 
emploient, en composition, comme suffixe Ce mot exprime une 
idée générale : montagne (Berg), forêt ( Wald), château (Burg), 
village (Dorf), etc. Le second composant, le Bestimmungs- 
wort (mot déterminant), emprunté à quelques circonstances par- 
ticulières, sert de qualificatif; il donne une signification spéciale 
qui distingue et change la physionomie des noms de lieux qui 
ont le même Grundwort. Ainsi, Strasbourg ou Slrassburg, par 
exemple, comprend le Grundwort Burg et le Bestimmungs- 
wort Strasse (4). 

On comprend, du reste, que des Grundwtfrter sont souvent 
employés comme Bestimmungsworter et que divers noms 
propres de lieux sont formés avec deux Grundworter. Ce 
qui revient à dire que le même mot est tantôt préposé et tantôt 
postposé à on mot que Ton considère comme Grundwort. Dans 
le nom de Strasbourg, l'élément Burg est Grundwort, mais il 
en est tout autrement dans Burgau, Burgberg. C'est ainsi que, 

(1) On compte environ 500 Grundworter qui, combinés avec 
de nombreux Bestlmmungs-'Wb'rter, constituent une grande 
partie des 500,000 noms que renferme la carte de l'Allemagne. 



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— 49 — 

dans le nom de la Bergstrasse (chemin de montagne), le substan- 
tif Strasse devient Grand wort. 

II suit de cette observation que, dans les dénominations géo- 
graphiques à doubles racines, on observe le principe qui fait 
loi pour la formation des mots composés dans la langue alle- 
mande. D'après ce principe, le mot qui, dans la composition, est 
le mot déterminant, précède toujours le mot déterminé. Ainsi, 
dans les composés tudesques, l'adjectif précède toujours le subs- 
tantif et il en est de même du substantif qui est employé comme 
adjectif. 

À cette, règle, il est bon de joindre les observations suivantes 
relatives aux noms propres de lieux : 

4* Le premier mot est quelquefois regardé comme indéclinable 
devant le second : Hirschberg, Schônau, Steinbach. Dans certains 
cas, on introduisait un a (Àscapah == Eschbach, Thalaheim = 
Thalheim) qui se change quelquefois en e (Bielefeld), etc. 

2° Le premier terme prend quelquefois la marque du cas : 
Àrnsberg, Starkenburg, etc. 

3° Souvent le second terme est au datif. On a dit que les noms 
de lieux, doivent être généralement considérés comme des datifs, 
car Suttgart et Eschenbach, par exemple, ne peuvent, d'après 
leur sens propre, désigner immédiatement une ville, et que, dès 
lors, il faut sous-en tendre une préposition, et admettre que ces 
noms propres signifient : die Burg and Stadt bel m Stutt* 
gmrten, das Dorf am Eschenbach. C'est ainsi qu'on explique 
comment Baden, Laufen, Giessen sont des datifs offrant le sens 
de : bel den Badern, den Stromschnellen, den Canalen). 
Cette manière de voir se justifie généralement. Evidemment, un 
village n'est pas nommé directement Goldbach ; on a dit ou 
voulu dire d'abord : Ort am Goldbach. Mais il peut se laire 
aussi que l'on n'ait pas songé à un datif. Le cours d'eau se nom- 
mait Goldbach et les maisons bâties auprès ont pris le même 



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— 20 — 

nom. Quoiqu'il en soit, il faut admettre que les noms de lieux 
formés avec Berg doivent être interprétés comme s'ils étaient 
précédés des prépositions an ou auf : le nom d'une ville qui 
s'appelle Berg signifie der Ort auf dem Berge. D'après cette 
observation, on peut regarder les noms suivants comme desdatifc 
que Ton peut traduire en latin par ad suivi d'un accusatif : 
Aachen (Aquis ou ad aquas), Baden (bel der B&dern, ad baU 
nea), Barmen (ad sinus), Bergen (ad montes), Brerflen (an 
Waldgehege),Garten (adprœdia), Giessen (adfluenU), Hagen 
(ad septa), Hofen [ad curies), Kirchen (ad fana), Kôtheo (ad 
casas), Lacben (ad lacu*), Linden (ad tilia), Minden (ad ostia, 
comme Miinden), Mûncben (ad monachos), Ruden ou Roden 
(ad novalia), Staufen (aux sommets, aux pointes de rochers), 
Thorn (jad. Torun et Diiren, ad portas), Werden {ad insu* 
las), etc. De la môme manière felden, hausen et hofen sont des 
datifs pluriels de Feld, Haas, Hof. C'est ainsi que l'on désigne 
les hôtels : [Gasthof] iam sehwarzen Adler (hôtel de l'Aigle 
noir), [Gasthof] zum bayerisehen Hof (hôtel de Bavière), etc. 
Hausen est quelquefois abrégé en sen. 

4<> Quelques noms de lieux sont au génitif. Ainsi St-Gallen 
(sous-entendu Haus, Stift, Kloster) signifie Im Kloster 
des helligen Gall. C'est ainsi que Gallen-Kappel ((localité si- 
tuée près dulacdeZurich) signifie Galls-Capelle. Eglofs, Herolds 
sont pour Eglofsheim, Heroldshausen, etc. 

On a dit que les noms ethniques (Franken, Sachsen , Bayern, etc.) 
étaient des datifs pluriels, pour bel den Franken, bel dea 
Sachsen, etc., et que ces noms signifiaient im Lande der 
Franken, der Sachsen, etc. (au pays des Francs, ?u pays 
des Saxons). Nous croirions plutôt à une abréviation d'un mot 
composé d'un génitif pluriel (par exemple, Frav.Hnolant = 
Frankenland). Ainsi on a dit Sachsen, Bayern, Schwaben, etc., 
pour Sachsenland, Bayernland, Schwabenland, etc. 



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— 21 — 

De même, Landen peut fort bien être pour Landenhove, Brugge 
pour Bruggestock, Waesten pour Waestenland, etc. 

6* Les mots composés de deux substantifs impliquent une 
liaison de prépositions ou une liaison de cas : Berghausen (= 
zn den HaOsern anf dem Berge), Feldkirch et Waldkirch 
(signifiait : église dans la campagne, dans le bois), Seeburg 
(== Bnrg an dem See), Ruhrort (■= Ort an der Ruhr), 
Lippstad 1 , (= Stadt an der Lippe), Wipperfurt (= Fort 
liber dit TOipper), etc.; — Landeck (= Ecke des Landes), 
"Waldeck (= Ecke des TOaldes), Paderborn (= Born der 
Pader), ttc. 

6° Les sots composés d'un adjectif et d'un substantif offrent 
tantôt l'atjectif joint au substantif sans aucune modification 
(Àltdorf, Schônbrnnn), et tantôt l'adjectif modifié par le signe 
du datif puriel : Weissenburg, Hohenheim, Rothenberg, etc. 
Le signe di datif a été supprimé pour le second terme. 

Dans lesnoms propres provenant des anciens dialectes tudes- 
ques, l'adjetif est joint au substantif par un o (Langobardi) ou 
par un e (/lemani) : Schôneberg, etc. 

7° D'autres noms de lieux sont composés au moyen de prépo- 
sitions : Anberg (à la montagne), Zumhaus (à la maison), etc. 

Noms fomposés de trois termes. — Quelques noms of- 
frent une composition plus compliquée, mais qu'il sera facile 
d'analyser : Altenmûbldorf, Burgsteinfurt, Kleinlaufenburg, 
Laigenschwalbach, Welschneudorf, etc. 



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— 22 - 
CHAPITRE PREMIER 

NOMS DUS AUX ACCIDENTS TOPOGRAPHIQUES DE LA NATURE. 

ARTICLE PREMIER 

Les noms qui expriment le relief, la configuration di sol, les 
accidents topographiques qui sont le fait de la nature terrestre, 
attirent de prime abord notre attention. 

Les formes naturelles du sol ont, en effet, joué un r<Je impor- 
tant dans la formation des noms topographiques. Laspect do 
lieu, sa configuration physique devait naturellement suggérer 
aux premiers immigrants des mots qui servaient à le caractéri- 
ser. Nous avons ainsi une catégorie de noms de lieux qui déri- 
vent du si le (natarliche Lage) ou de la physimomie du 
terrain (Beschaffenheit des Bodens). Nous allons d'abord 
examiner les noms qui ont trait aux montagnes, iux vallées 
(Erhb'hungen und Vertiefangen des Bodens $ lerg, und 
Thaï) et aux plaines (Ebenen). 

La hauteur (die Htihe) est désignée par les mot* : (Berg, 
Babel, Horn, Eck, Stein, etc.) ; la profondeur (aie Tlefe) 
s'exprime par Thaï, Grund, Boden, etc., et la plaine (die 
Ebene) par Feld, Flacht, Land, Wang, etc. 

Si. 

NOMS DE LIBOX PROVENANT DE MOTS QUI DÉSIGNENT L'ÉLÉVATION 

LES SAILLIES (Erhb"hungen) TERRESTRES 

(auf hohe Lagen). 

Les noms de lieux qui expriment Vidée de « hauteur » sont 
formés des mots Hohe, Berg, etc. 



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— 23 — . 

fli>he (die, hauteur, élévation) et l'adj. h»ch (élevé, haut, 
éminent ; v. h. ail. hoh, suéd. hGg, ha, haf, har; bas-sax. et 
holl. hoog, angl. high ; bas lat. hoga, v. franc, hoge, hogue, et 
les formes houg, houch, hb'ge [die AnhShe] ; v. angl. Ao, how 
et dans des noms de lieux hoo, hoe (4) ; celt., kymr. «cAo, en 
haut, au haut, dessus, sur; uchel, corn, uhel, haut, élevé (2) : 

Hohwald (haute-forêt, Bas-Rhin), Hohroth (haut défriche- 
ment : Reut, — H.-Rhin), Hoburg, Hoberg, Hobusch (hallier, 
bosquet élevé) ; Hochstadt (haute ville : Stadt, ville; Statt et 
Statte, lieu, place, séjour). 

Au datif : Hohenburg (au château élevé), Hohenfels (au haut 
rocher), Hohenheim (à l'habitation élevée), Hohenlohe (au haut 
hallier : dialect. Loh, bois, hallier; marais; Lohe, flamme; 
F., p. 178), Hohenstadt (à la haute ville), Hohenstaufen (au 
rocher élevé : de stauf, jad. rocher, hauteur escarpée ; Stauf, 
Stufc, degré, gradin, montée; entaille [dans le roc] ; éclat, 
fragment de roche; minerai; cfr. angl. to stoop, se baisser, 
pencher ; Stauf signifiait « qui va en pente, raide, à pic, et 
avait le sens de Fels, jUhe HiShe ; cfr. Steif, raide ; peu 
flexible); » ! Hohenthal (à la vallée élevée), Hohenwart (Warte, 
échauguetle, donjon, tour pour observer ; Wart, gjiet), Hohen- 
zollern (à la haute motte : der Zol, Zollern, petite masse 
cylindriforme; motte, cfr. Scholle, motte; ital. zolla, motte 

(1) La Hogue (Manche), La Hoguette (Calvados), et les Hogues 
(Isère) ; — Hoogstraten (rue, place élevée : Strasse, [via^ Strata), 
près d'Anvers; Hoogeveen {hoog, haut, élevé; veen, tourbière); — 
en Ânglet. Sand-hoe (élévation sablonneuse : Sand), Shafl-hoe 
(hauteur du creux profond ; shaft, puits, etc.), Icanhoe (Àrx Ice- 
norum), etc. 

(2) Grai-ocel-i, Gar-ocel-i; Uxellodunum (forteresse élevée). 
En Ecosse, Ochiltre et Uchillree, localités dont le nom signifie, 
habitation élevée (tre, demeure hameau). On trouve aussi dans le 
comté de Psrth les Ochil Hills (montagnes élevées). 



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— 24 — 

déterre; gazon; la Molle, la Mothe sont des localités situées 
sur des hauteurs ; en v. h. ail. et dans les dialectes de l'Ober- 
land, zol signifie « tronc d'arbre, billot, souche, bloc, gourdin, 
garrot ; » — der Zoll [douane, péage], bas sa*, angl. bret. 
gallois tolly franc, taille : lat. tollo, je lève ; j'élève-, je prends, 
je saisis ; sanscr. tut, lever, soulever -, prélever) ; — Hohenstein 
et Hohnstein (au haut rocher) , Hohnholz (au bois élevé) , 
Hohnhorst (Horst, buisson -, touffe d'arbres), Humberg (jad' 
Hohinberg), Homburg (au haut château), Homfeld [-= Hohen- 
felde), Hobohm (der hohe Banni), Hohnbaum (à l'arbre 
élevé), Hohenlinden (aux tilleuls élevés), n'indiquent peut-être 
pas l'élévation du sol, mais tout simplement la hauteur des 
arbres. 

Hôchst (est le superlatif de hoch [h'ochst, le plus haut] ou 
peut-être pour Hôchstatt, lieu élevé), près de Francfort ; — Han- 
nover (= Hohenufer, à la haute rive) en franc. Hanovre 
(nom qui indique que le rivage est élevé) ; 

Wilhelmshôhe, jad. Weissenslein, château bâti au pied du 
Karlsberg qui domine le Riesenschloss (château du géant), etc. 

Httgel (der y monticule, colline, coteau, butte, petile monta- 
gne, hauteur, éminence; mamelon, motte; — suéd. hygel, hol % 
hais; bassax. huit, angl. hill\ de hoch, dont hukil fat un 
diminut.) : Hûgelheim (habitat, de la colline), Hiickelheim, 
Hôckelheim ; — En Ânglet. : Churchill (colline de l'église : 
éhurch = Kirche), Forest-Hill (coll. de la forêt) Sandy-Hill 
(col. sablonneuse), Snow-Hill (colline de neige : snow = 
schnee, neige); — Spring-Hill (coll. de la source : spring, 
source, fontaine ; origine, principe ; printemps (primum tempus) ; 
élan, essor; saut; secousse; cfr. springen, sauter ; jaillir; 
Sprung, saut, bond, élan , Springbrunnen, fontaine jaillis- 
sante, fontaine), etc. Mais èunhill offre une corruption de Tir- 
landais Dun-aille (forteresse du rocher escarpé, du coteau). 



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— 25 — 
Berg (der, mont, montagne) ; ce mot ne désigna pas d'abord> 
par lai-même, une élévation du sol, une hauteur. Il paraît se 
rattacher à bergen (= schatzen, protéger, défendre, et spé- 
cialement cacher, receler, mettre en sûreté, sauver, efr. mons et 
munire), et il indiquerait que les montagnes servirent de refuge 
aux hommes et que c'est dans les lieux élevés qu'ils cherchaient 
un abri, un refuge, au moment du danger. Ainsi, Berg, abrévia- 
tion polir Berghohe (hauteur, refuge ; cfr., auberge, herberge, 
voy. P., p. 26), désignerait la montagne considérée, non au point 
de vue de l'élévation (nient aïs etwas Hohes), mais comme 
un objet qui protège (sondera als etwas Bergendes) (1). 

(1) Les hommes qui viennent oceuper une contrée cherchent 
d'abord à se garantir contre les attaques des animaux et des en- 
vahisseurs.. Les montagnes étaient de leur nature plus difficilement 
accessibles que les vallées et les plaines : on pouvait à peu de frais 
y construire des retranchements, des lieux de refuge ; une montagne 
devenait ainsi un poste sûr que les hommes et les fauves ne pou- 
vaient atteindre sans danger. Voilà pourquoi les idées de « monta- 
gne m et de « forteresse » ou de « château » ont été souvent unies 
dans l'esprit des peuples anciens : la montagne était la « Rece- 
leuse, » la « Protectrice » (hinter Bergen ist man geborgen 
varFeindund Wind); — quant au vent, il est sans doute per- 
mis de faire des réserves, dans certains cas du moins ; dans d'autres, 
la montagne peut servir de paravent, et former comme un abri sur 
son versant» 

D'un autre côté, on pourrait peut-être supposer, avec quelque 
raison, que l'idée qui s'offrit la première, à la vue d'une chaîne de 
montagnes, fut celle de la brisure du terrain. Les mots celtiques 
l re g (e=3 Bruch, fracture, cassure, rupture, fente), et brig (monta* 
gne) Feraient la forme primitive du mot Berg qui se rattacherait, 
d'ailleurs, à l'ail, breehen (briser, casser, rompre -, ïïrecliuug, 
rupture, brisement). Cfr. franc, brèche; ail. Bresehe» Haner- 
hraeh, Wallbrach = rupture du mur, du rempart; lat. frango* 
je brise, je casse, je fracasse; fregi, fractum; fr. broyer, brayer- f 
Braek, débrs. Mentionnons enfin les anciennes formes de Bergt 
v. h. ail. pè'raCy m. h. ail. bërc. 



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— 26 — 

Puis, le mot Berg a eu le sens restreint de « montagne. » Quel- 
quefois Berg a le sens deBurg (= Bergveste) ; jadis les deux 
formes se prenaient souvent Tune pour l'autre. A ces notions de 
« hauteur » et de « refuge » se rattachent les noms formés du 
mot Berg, qui désignent un grand nombre de montagnes, de 
villes, etc. Ce mot entre dans plus de 400 noms géographiques ( « ) : 

Bcrg (duché de), le château de Berg (sur les bords du lac de 
Starnberg [? der Stahr ou Staar, étourneau, lat. sturnus], un 
des six châteaux du roi de Bavière), Bergen (ad Montes, auj. 
lions), en Belgique, en Poméranie (cette ville était jadis nommée 
Gora, qui, en slave, signifie montagne), Bergen, en Norwège 
(ville que Pline nomme Bergio : — de Bergen [cacher] ou de 
Berg : elle est entourée de sept montagnes du côté delà terre), etc.; 
Berg (Moselle, Bas-Rhin, etc.), Bergues (dép. du Nord), etc. 

En composition : Bergfeld (champ de la montagne), Bergfried, 
Bergfrieden (de fried, jad. clôture, enclos ; Be-fried-igung, 
clôture, enclos, enceinte de haies; contentement, satisfaction; 
befriedlgen, entourer d'une haie, enclore ; garantir, conten- 
ter, satisfaire; cfr. beffroi, P., p. 208 ; Friede, paix, tranquil- 
lité, repos; cfr. P., p. 82), Berghausen (Haus, maison), Berg- 
heim (H. -Rhin; Heim), Bergum ou Berghem (Iloll. — Hehm), 
Berghes (Haus), Berghof, Bergholz, Berkirchen, Bergstadt, Berg- 
zabern (Tabernœ Montana») ; — Bergenweiler, Bergen-op Zoom 
(sur la Zoom, affl. de l'Escaut : holl. op [= oben], sur, au- 
dessus ; tout près, vers ; environ ; zoom = Saum, bord, li- 
sière); Bûrglein (dimin. de Berg. — La Bergstrasse (strata mon- 
tana> route de la montagne : Strasse). 

Abensberg (mont "de l'Abens, nom celt. d'un affluent du Da- 
nube), Adelberg, M. de noblesse : Adel; ou de la plante nom- 

(1) Les hameaux, les bourgs, construits sur une colline, sur 
une montagne ou à proximité de ces lieux fortifiés, prirent leur nom 
du mot qui désignait ces élévations du terraiii (voy. p. 19, 3°). 



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— 27 — 

méu Adeïgras;cfr. Adel pour Âhdel, jus du fumier, P., p. Î4; 

— jad. Madelberg : ? HUdel = Mildchen, jeune fille; dimin. 
de Magd, fille), Ahrenberg (petite ville située sur l'Ahr), Al- 
tenberg (? au vieux château : Berg pris dans le sens de Burg ; 
ait, vieux ; ou à cause d(» comtes d'Altena), Amberg (am = 
an de m, au, sur le; auprès de), près d'une montagne; Anna- 
berg (M. de Sain le- An ne), Aremberg, Arenberg (Mont-aux- 
Aigles, Mous aquilarum, Mont-Aigle : localités où Ton voyait 
des aigles se perdre dans les nuages ou sur les rochers : Aar, 
poét. aigle, vautour ; génit. anc. et poét., Aaren ; bas ail. 
arn, datif pluriel ; P., p. 24), Arensberg (id.)> Arlberg (pour 
Adlersbérg, montagne de l'aigle : Adler, aigle ; deredle Aar; 
P., p. 24 -, ou pour arle, pinus montantes, ou pour Epie, aune ; 
le Vorarlberg est la contrée située en deçà [vor, devant, avant] 
de l'Àrlberg), Asberg ou Aschberg : Esche, v. h. ail. asc % 
frêne -, ou forme de asc, eau, en celtique (Auerberg, Auersberg), 
(M. sauvage ou du taureau sauvage -, v. h. ail. wr, sauvage, 
prompt, impétueux ; der Ur = Urocns = Anerochs, tau- 
reau sauvage) ; 

Bàderberg (non pas de Bad, bain -, mais de baito, hutte de 
berger des Alpes, Alphtttte, SennhOtte), Bamberg (Babinberg, 
Babenberg, Bavenberg, Babeberga, Papeberga, Mons Babonis ; 

— montagne de Babe, fille de l'empereur Othon) ou d'un Bavon 
inconnu) (4; ; Blankenberg (Blank, blanc, clair, poli, reluisant -, 



(1) Le nom de Babe provient du radical qui adonné l'angl. 'babe, 
baby, bambin, petit enfant ; celt. baban^ Bube (der), garçon et les 
noms propres, Bobbo, etc., P., p. 61). Mais d'an autre côté, baver 
a eu le sens de a couler » (P., p. 276), et il pourrait se faire que 
baben et baven (Bavoberg) aient indiqué la situation de cette ville 
sur les deux rives de la Regnitz, qui, en cet endroit, se divise en 
plusieurs bras. Remarquons enfin que, en irlandais, babhun si- 
gnifie enclos pour bétail ; ville. 



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— 28 — 

P., p. 289), Blankenberge (ville de Belgique qui doit son nom 
à l'écume blanche des flots de la mer qui la baignent ; berg ne 
signifie pas, dans ce nom, une montagne, mais un havre, un 
port, un refuge pour les vaisseaux.; y. p. 25), Bleyberg (M. du 
plomb ; Blei), Blocksberg (Mont des blocs, à cause des énormes 
blocs de granit, grossen Graoitblokken : Bloek, bloc; tronc, 
billot) ou Brocken {dos Gebrockene, ce qui est brisé, rompu ; 
•In Felsbrocken, un fragment, un éclat de rocher : Brocken 
fragment, éclat, petit morceau : brechen : le grand Blocksberg 
ou Mons Bructerus ; et le petit Blocksberg ou Heinrichshôhe) ; 
Brassberg (de brass, en v. h. ail. et en anglais, cuivre, ou de 
der Brass et Prass, tas de choses mêlées; jad. bruit, vacarme; 
prassen [jad. faire du bruit], mener une vie bruyante, désor- 
donnée), Bromberg (M. aux ronces : v. h. ail. pramo 9 m. h. all« 
brame, épine ; piquant, aiguillon : Brombeere, baie de ronce : 
Beere ; cfr. Bram, alêne ; framée, P., p. 59), Carlsberg (de Char- 
les, P., p. UO), Copperberg (M. du cuivre :suéd. koppar, angl f 
eopper = Kupfer, cuivre ; lat. cuprum, ces cyprium), Dan- 
neberg (Tanne, sapin; m. h. ail. tan et tann, forêt), Dispaiv 
gum (= Tiesberg ou Fanum martis : Tttw, dyu; voy. P., 
p. 64, 62), Donnersberg (ou Mont [du] Tonnerre ; Donner, 
tonnerre, foudre), Dreisesselberg (des trois sièges : drei, trois; 
Sessel, siège, chaise, lat. sedile-, sitzen, être assis), Dûrren- 
berg ou Doernberg (? M. desséché, sec, aride, stérile : durr ; ou 
de Dora, épine ; ou du celtique durn, bec, extrémité -. Durno- 
magus), Enzberg (de l'Enz, nom celt. d'un affl. du Danube), 
Erzberg (Erz, mine ; minerai ; airain, bronze), Eisenberg (Elsen, 
1er), Engelberg (M. des anges : Engel, ange),Eschenberg ÇBerg, 
der mit Eschen bewachsen ist : Esehe, frêne), Essenberg 
(jadis Asciburgum sur la rive du Rhin : celt. ass = eau), Fal- 
kenberg (Falke, faucon), Feldberg (Feld), Fichtelberg (pour 
Fichtenberg, Mons piniferus : fiehten, de pin ; Fiente, pin) f 



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— 29 — 

Frankenberg (M. des Francs), Freiberg (Montagne libre; ? ou con* 
sacrée à Freya) et Freiburg (château libre v indiquent des pays 
dotés de franchises pour attirer des habitants : fret, libre, dé- 
gagé de liens, exempt), Freundsberg (M de l'ami : Freund), 
Frendenberg (M. de la joie : Freude), Friedberg (Mont de la 
paix ou de l'enclos : Friede ; fried, p. 26), Friedeberg (id.)t 
Fûrstenberg (M. du prince : FOrst) ; Gablenberg (jad, Gabel- 
berg : du mot Gabel, fourche ; peut désigner la forme d'une 
montagne ou un de ces passages que, dans les langues romanes, 
on nomme fourche, furca), Galgenberg (en Alsace), où la po- 
tence [Galgen] fut substituée aux supplices du glaive ou do 
bûcher; Geiersberg (M. du vautour : Geler), Geisberg (Mon$ 
caprarius : Geiss, chèvre -, ce mont domine Heidelberg), Gna- 
denthalberg (M. du Val-de-Grâce : Gsade, grâce; condescen- 
dance; clémence; Thaï, vallée), Godesherg (= Montagne de 
Dieu; cfr. Ville-Dieu ou Ville de Dieu : Gott, Dieu-, angl. god\ 
P., p. 96) (1), Goldberg (Ghrysopolis, M. del'ortGold; — 
ville de Silésie qui doit son nom à une mine d'or qui s'y trou- 
vait), Grafenberg (M. du comte : Graf), Greifberg, Greiffen- 
berg (Greif, condor; gryphe, griffon -, — greiffen, prendre» 
saisir ; étendre les doigts ou les griffes pour saisir), Grimberg 
(Mont de Grim [le diable], du spectre ; de Grimoald, etc. : 
Grlmm, fureur, rage, colère; P., p. 9»), ou Grimiberg (du 
bas lat. cremia, cremium, hauteur, colline), Grunberg (= Mont- 
Vert : grfin, vert, verdoyant ; — ville environnée de vigno- 
bles, qui est aussi appelée Prasia Elysiorum [rcpaaioç, qui est 

(1) Montagne dont le cône altier couronné de ruines, se dresse 
isolé dans la plaine près de Bonn. On a dit que ce nom offre une 
corruption du mot Wodan. Sans doute les mots Gott et Wodan 
peuvent se rattacher à une même racine. Mais ce rapprochement 
ne suffit pas pour identifier la mythologie Scandinave avec la my- 
thologie germanique (voy. P., p. 312 et suiv.). 



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— 30 — 

d'un vert clair] et Thaï loris [GdXXw, je pousse, je verdoie ; Spoç, 
montagne; colline), Guckenberg (= M. du regard, mont du haut 
duquel on regarde: de gneken, popui regarder, guigner; être 
visible), Guggisberg (en gaulois, gwgg t regard menaçant ; — vg. 
suisse, sur une hauteur dont la vue peut avoir occasionné le 
nom ; en suisse guggen, voir ; guggeln, voir par une petite ouver- 
ture ; — ou montagne du guogo [ou guegi, scarabée] ; — ou 
M. du coucou ; m. h. ail. gouch, gucgouch = der Gauch = 
Gnckuck et kukuk, coucou, oiseau qui doit ce nom à son cri : 
gaken, gacken, gackern, crier, crételer ; bavarder ; suisse, 
gugge y cor [à sonner, cor de chasse] Blasehorn ; gugen et gu- 
g en, crier ; mugir ; ou d'après la forme du sommet qui est sem- 
blable à un capuchon ; lat. cucullus), Halberg (où la colonne 
d'Irmen, Irmenseule [P., p. 281 et ss] avait son temple : ? h&l, 
glissant; bavar, hei, v. h. ail. hâli ; — ou de Hall [der] = 
Sehall, son, retentissement ; — Hall [das], sel), Hallenberg 
(Halle, espace couvert ; halle, salle; chantier, bazar), Havelberg 
(M. de l'Havel, affl. de l'Elbe), Heidelberg (v. qui devrait son 
nom aux [Heidelbeeren [littér. baies des bruyères ; fleidel- 
beere myrtylle, airelle, raisin des bois -, myrtil, genre de plantes 
de la famille des bruyères, qui croît encore sur le Geisberg et 
derrière le château) (4) ; 



(1) C'est 'd'après la signification de ce mot que Melissus prête ce 
langage à l'ancienne capitale du Palatinatdu Rhin qui fait aujour- 
d'hui partie du grand-duché de Bade : 

Heidelberga vocor myrtilli yescula dona 
Honte sub arboso mi tribnere notam. 

D'autros étymologistes rattachent ce mot à Edelberg (edel, noble, 
excellent, admirable), ou à Heiden Berg (Mont des bruyères, 
M. des payens : Heidel pour Heiden comme Fichtelberg pour 
Fichtenberg : Heide [die], bruyère, landes ; Heide [der], païen, 



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— 3\ — 

Heiligeberg (Montagne sainte : heUig, saint, consacré), Hei- 
ligenberg (M. des saints : der Heilige, le saint ; das Heillge, 
le sanctuaire, le lieu saint), Herzberg (jad. Hirzberg : Hirscb, 
cerf), Herzberg (qui confine à la forêt nommée Harz), Herzberg 
(en Saxe; où il y a des forges de fer ; peut-être de Erz, mine, 
minerai; airain, bronze), Hirschberg (Cervimontium ; v. de la 
Silésie), Hochberg (der hohe Berg ; — das Scbloss, von dent 
das dorf genannt ist, liegf auf einem Felsen fiber dem 
Neckar), Hohenberg, Hohnberg (p. 23), Hiilfenberg (Mons 
Salvatoris, fameux pèlerinage : Hûlfe, secours, aide ; assistance; 
belfen, aider, secourir ; Helfer, aide, assistant), Hùttenberg 
(Hotte, hutte, cabane, maisonnette, — forge mine), Jaxtberg 
(de la Jaxt, affl. du Neckar), Jarlsberg (jad. iarl, vieillard, 
homme respectable; angl. earl, comte [anglais]; cfr. Ehre, 
honneur; ehrlig, honorable; P., 75, 76); lberg (de i, y, for- 
mes suisses de Elbe, if), Joannisberg (M. de s. Jean), Judenberg 
(Jade, juif; usurier); 

Kahlenberg(M. chauve = Cbaumont ; — le nom de celte 
montagne {der Kahle Berg), qui commence non loin de Vienne, 
lui vient de ce que sa cime est dénudée : Kabl, chauve, nu ; 
pelé) (1) ; Kâseberg (n'est pas le mont du fromage : Kttse), 

gentil, infidèle) et à ïïeiterberg (montagne sereine : beiter, serein, 
clair; tranquille); cfr. Heiterfeld et Heiterhagen. En suisse, l'Hei- 
tialp est riche en Hpidelbeeren (dialect. heiti). Toutefois Hei- 
delberg pourrait très bien se rapporter, comme le pense Mone, «au 
gaélique aiteal («= Wachtaolder). 

(1) Cfr. Cbaumont, Calmunt, Kaelmont, Colmont, Chalmont, 
Chamont (de Colvus mon s). Quelques localités qui portent ce nom 
s'appelaient en latin calidus mon* (calor, chaleur). Dans cet tains 
cas, il faudrait peut-être voir, dans le nom de Cbaumont, le mot 
chaux (qui désigne une forêt, une montagne boisée, dans le Jura)» 
mot qui dérive du celtique [bas breton] caill. (bois ; — comme de 
val on a fait vaux), qui a donné Cbaillac, Chailly, Chaulhac, 
Chaulieu, noms de localités. 

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— 32 — 

jadis Geissberg (Geiss, chèvre et aujourd'hui, en patois du 
pays, Gâssberg) ; Kaisersberg (Cœsaris Mons, Mons cœsareus, 
Ccesareum castrum, M. du Kaiser, empereur ; cfr. Iat. Caesar; 

— v du H.R.), Katzberg (M. du chat : Kafze, chat), Keilberg 
(Keil, coin), Kellenberg (de kele, jad. gorge, défilé; fondrière, 
ravin ; Kehie, creux, enfoncement ; gorge), Kirchberg (mont 
de l'église), Kloppenberg (bas sax. Kloppen = Klopfen, frap- 
per; rendre ou produire un son sourd en frappant -, cfr. Klap- 
pen, claquement, cliquetis; Klappen, faire un bruit de claque- 
ment, tomber avec bruit ; Klappe, claquet; soupape ; trappe), 
Kochersberg (appelé, dans le moyen-âge, Mons Concordiae ; à la 
Renaissance, Wimpfeling le nomma Mons pharetratus, qui 
porte un carquois : Kocher, carquois -, — mais plutôt du celt. 
coiche, sommet ; er, grand; v. p. 6), anc. château-fort du B.-R.; 
Kônigsberg (M. du Roi, Regiomontium,Monsregalis, mont royal : 
KSnig, roi), Kreuzberg (M. de la Croix, nach einem dort 
angestellten Kreuze : Kreuz, croix [lat. crux] ; éminence, 
saillie; croupe-, cfr. Krûcke, croc, crochet ; potence; béquille), 
Kupferberg (M. du cuivre : Knpfer/, Kuttenberg Montagne à 
froe, qui offre la forme d'un capuchon : Hutte, frac ; cfr. le franc. 
cotte), Landsberg (Mont, du pays), Lauterberg (Mont clair, serein; 
lauter, \jad. et prov. transparent, clair], pur; vrai, sincère, 

— connu par le Chronicum Montis sereni seu Lauterbergense), 
Ledeberg (M. du conduit ou du passage : leiten, [jad. aller], 
conduire, guider; v. h. ail. leit, chemin; voyage; holl. ley, 
suéd. led., franc. lée\ — ou de Lede = Lehde, lande), Leh- 
nenberg (Lehen, Lehn [jad. prêt],* fief : = Banergut, bien 
de paysan, bien taillable ; ferme : d'un bien de ce genre situé 
sur une montagne; cfr. leihen, prêter, louer; — ou de Lehne, 
pente, versant [d'une montagne], talus), Lemberg (Leopolîs, M. 
du lion ; polon. Lwow [de lew = L6we, lion]; la forme ail. ne 
se rattache pas à Lehm [limon ; terre grasse, terre argileuse] s 



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— 33 - 

peut-être rappelle-t-elle le celtique léim, saut), Leuchtenberg et 
Lichtenberg (Leuchte, lumière; luminaire; lanterne, falot; 
Llcht, lumière, clarté; voy. F., 4 73; licht, lumineux; dos 
Lielite, clairière [forest] ; celt. leachdann, pente), Lôwenberg 
(H. du lion), Mahlberg (M. de l'assemblée : Hahl, repas ; as- 
semblée, populaire ; cour de justice ; mahlen, triturer, écraser, 
moudre; P., 447, 448, 320, — 322 ; — irl. meall, colline), 
Marienberg (M. de Marie), Monterberg (d'un fort nommé jadis 
Munna, pour Hund, jad. défense, tutelle; Vormond, tuteur; 
P., p. 4 59); — le ruisseau qui coule auprès reçut le nom du 
fort et s'appelle Munt),Mûhlberg (Mttble, moulin), Mûnsterberg 
(M. du Munster \jad. monastère], cathédrale), Nuremberg ou 
Nûrnberg (Mons Noricus, Castrum Noricum, Norica, Norim- 
berga, doit son nom aax Noriques, qui s'y réfugièrent ; quel- 
ques étymologistes ont voulu voir dans ce mot, Nero's Berg 
[M. de Drusus ou de Tiberius Néron], Nordenberg [Nord, nord], 
Neuenberg [nen, neuf. nouveau; nener, plus nouveau; neue- 
rung, innovation], Nahrunberg [Nahrang, nourriture; ali- 
ment ; u&hren, nourrir, alimenter], Narrenberg [Narr. fou, 
sot, extravagant], et Nnr eia Berg (nur, ne... que, excepté, 
seulement; eln, un) (4); — Oelberg (non pas de Oel, huile, mais 
de Ahle, angl. awl; anglo sax. ael, 4/, alêne, pointe), Ram- 
melsberg (M. du Bélier : Rammel = Widder, Schafboek; 
ou de Ramm (bock, bélier ; ou v. h. ail. hram, ramm, hraban 
= Rabe, corbeau; P., p. 4 72), chasseur de l'empereur Olhon, 
qui y découvrit une mine), Rechberg, Rechenberg (Reehen, 
râteau; das Rftchen, la vengeance; F., 477), Reckenberg 
(Recke, géant; recken, allonger, étirer), Regensberg (de la 

(1) La ville de ce nom était l'ancienne métropole des Norici. Il 
y avait un Castrum Noricum, en Franconie, et l'empereur Frédé- 
ric mentionne ainsi cette localité : In Castro nostro Norimbercensi 
<1187). 



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— 34 — 

Regen, affl. do Danube), Reiehenberg (reich \primit. étendu, 
grand, puissant], abondant, riche ; Reich, puissance, pouvoir; 
empire, règne : reichen, s'étendre), Roggenberg (? Roggen, 
seigle), Rothenberg (à la montagne Touge ; der rothe Berg : 
roth, rouge), Salzberg (Salz, sel ; montagne eu se trouvent des 
mines de sel gemme, à l'est de Hall), Scballenberg, Schallberg, 
(non pas de Schal, son, bruit ; mais de scala, degré, échelon ; 
scalœ, échelle, escalier : scalata = Stafe, Feisenstufe, L.el* 
ter; Shallhorn, id.), Schellenberg (Schellhom, Schellkopf ; ne 
viennent pas de Schelle [sonnette], mais de Pane, mot schëlech 
= Riesenhirsch [cerf géant], Schellhengst [cheval gigantesque ; 
peut-être l'élan), Scherenberg (Schere, ciseaux ; chose fourchue), 
Schildberg (Mons clypeorum ; ou montagne abritée : ScMld 
[der], bouclier), Schlangenberg (Schlange, serpent : cfr. 
Sehlingen, entrelacer; nouer, entortiller; avaler, englou- 
tir; Schlank, délié, menu, svelte, flexible; Schleichen, 
se traîner en marchant, ramper ; aller lentement), Snarrenberg 
(von der Sehnnrre oder Sehnarrdrossel so genannt s 
Sehnarrdrossel, grive de gui; Sehnarr, crécelle; Sehnar- 
ren [faire entendre un son rauque], ronfler), Schmiedeberg 
(Sehmiede, forge ; Schmied, forgeur ; forgeron) . 

Schneeberg (presque toujours couvert de neige : Sehnee, 
neige ; — Autriche), Schomherg (forme de Schônberg = Beau- 
mont : SheSn, beau [primit. brillant, clair] ; Schein, clarté, 
lueur; lumière), Schôneberg (id.) t 'Schwarzenberg (Montagne 
noire ou M. de la Noire ; — v. située près d'une rivière nom- 
mée, dos Sehwara-Wasser, l'eau noire : scbwarz, noir)» 
Seeberg (M. du lac : der See, le lac), Silberberg(M. de l'argent : 
Silber), Schmalenberg (Sehmal, étroit, effilé; m. h. ail. et 
holl. smal, angl. small, petit, menu, mince), Sonneberg (M. du 
soleil : Sonne), Sonnenberg (vg. fondé, dit-on, par Sunno [bril- 
lant, vrai, P., p. 4 98], prince allemand), Spangenberg M. des 



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- 35 — 
bondes ; — près de laquelle on trouve de petites pierres rondes 
marquées d'une espèce de boucle ; Spange, pointe ; pointe mo- 
bile d'une boucle; boucle), Sparcnberg (= Berg des Sper- 
lings, Berg, wo viele Sperlinge sich aufhallea x Sper- 
liag, moineau ; v. h ail. sparo, v. norv. sptir* angl. sparrow), 
Spiegelberg (château voisin d'une chapelle où une image de la 
Vierge attirait beaucoup de pèlerins : Spiegel, miroir; du lat. 
spéculum), Spielberg et Spilberg (peut-être de Spiegel ; ou de 
Spiel, jeu, partie de jeu ; jadis ce mot signifiait « chasse » : 
Federspiel [jeu de plumes], chasse à l'oiseau, c'est-à-dire au 
faucon ; Windspiel, chasse avec des lévriers [Windhunden ; 
WindhuQd, popul. Wlnd, lévrier, chien courant] ; en Suisse, 
Windspiel signifie tourbillon de vent, Wirbelwind [littér. 
vent de tourbillonnement : Wirbel), Spitzberg (Montagne aux 
pics aigus ; — contrée dont les côtes sont comme hérissées de 
montagnes pointues : Spitze, pointe, sommet pointu; SpiU, 
pointu, aigu, piquant), Stachelberg (Staebel, aiguillon, épine), 
Stahrenberg (Siahr = Staar, étourneau), Starkenberg (au 
Montfort : siark, fort, gros, épais) -, Starnberg (lac dans lequel 
on trouve l'île des roses, accumulation de pierres analogues aux 
crannoges [ïrV crannôg, maison de bois, sur pilotis : crann, 
arbre] de l'Irlande), Sternberg (Stem, angl. star, astre, étoile; 
grecàanjp), Sternberg et Liebenstein (rocher de l'amour: Liebe» 
Stein ; — noms de deux rochers majestueux des bords du Rhin, 
qui sont couronnés par les murs décrépits de deux antiques châ- 
teaux et qu'on appelle die Brader, les Frères : Brader, frère), 
Stolberg (M. de la galerie, du support : Stolle, appui, soutien, 
«apport; Stollen, colonne [de lit], pied [d'une table, etc.]; 
balustre, balustrade; conduit [d'une mine], galerie, canal sou- 
terrain, percement -, Stollort, bout, extrémité d'une galerie, 
<Tun percement; Stellen, poser, dresser, ériger, mettre debout; 
Stabl, v. h. ail. stuol, support, chaise; jad. colonne, Ort, 



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— 36 — 

extrémité, pointe), Sloppelberg (Sioppel, chaume; steule, es- 
teublé; cfr. lat. stipula, paille, chaume), Stapelberg (Siapel, 
étape ; lieu d'entrepôt), Straussberg (Strauss [jad. querelle, com- 
bat] ; — faisceau, bouquet ; — autruche) ; 

Vogelsberg (M. de l'oiseau : Vogel). Voigtberg, Voiglsberg 
castrum Vogatense ; dont le nom dérive des prévôts de l'empire : 
Vogt, Voigt, prov. Voit, protecteur, avoué [d'un couvent] ; 
prévôt -, bailli -, gouverneur, administrateur ; du lat. vocatus y 
advocatus ; franc, avoué ; avoyer), Wanneberg (bas sax. wanne 
== Wendepunct, Grenze ; ou de Wanne, van ; cuve ; OU 
du nom propre Wân = Wahn [jad. espoir, opinion], opinion 
erronée, illusion), Weinberg (coteau planté de vignes ; vigne, 
vignoble : Weio, vin), Weinsberg (M. du vin ; au milieu de 
vignobles, près d'une hauteur où l'on voit de vieux pans de 
granit en ruine, une tour féodale croulante, que Ton nomme la 
TCeibertreue (Fidélité des femmes : Weib, femme; Trene, 
fidélité; treu, fidèle, loyal), parce que, en 4 4 40, l'empereur 
Conrad ayant refusé de faire grâce aux hommes qui s'y trouvaient 
et ayant permis aux femmes d'emporter tout ce qu'elles avaient 
de plus précieux, on les vit chacune portant son mari sur ses 
épaules), Weissenberg (weiss, blanc), Wittenberg (Mont-blanc, 
Leucorea [Xsux6ç, 8po;], montagne; — v. sax. hvit, angl. white 
= Weiss, blanc), Wolkenberg (M. des nuages : Wolke, 
nuage, — c'est-à-dire élevé; — cfr. Wolkenburg, Wolkens- 
tein); 

Wurtemberg (forme franc.), Wurltenberg, Wirlenberg (châ- 
teau qui a donné à un royaume de la Confédération allemande 
l'ancien nom celtique de Verodun-um ; voy. Append. I). 

Zobelberg (M. des martres, que l'en y trouve et qui ressemblent 
à des zibelines : Zobel, zibeline), Zottenberg (? M. à floquels : 
Zotte, flocon, touffe, houppe, frange ; — mais cette montagne 
se nommait jadis mons Zabotus ou Sabothus, mons Zotensis, 



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— 37 — 

Zobtensis, Silensis et Silentius, ft il est situé près de la ville de 
Zobten), Zwingenberg (Zwinger, tour fortifiée, citadelle, don- 
jon ; rempart; prison fortifiée, geôle-, Zwingen, contraindre, 
forcer ; Zwinge, étau). 

Les Gleichberge (die Gleichberge), ainsi nommées parce qu'elles 
sont semblables (gleicb, semblable, pareil); la ville de Glei- 
chen dérive son nom de celui des montagnes voisines (nach 
den benachbarten gleicbea Bergen) ou, comme dit un 
vieux chroniqueur, de sa situation inter montes qui a quibusdam 
Similes a quibusdam vero Steinberg et Bernberg vocantur. 

Les Himmelberge sont des montagnes qui ont leur tête dans 
les nues, dans le ciel (Himmel, ciel). Les Malbergen (v. h. ail. 
mahal, concio, fœdus) étaient des lieux d'assemblées (voy. P. % 
p. 4 47 ; Hahl, assemblée populaire; tribunal ; repas; mahlen, 
triturer) : Mahlberg, Mahlbergen. 

De Berg, on a formé le mot Geblrge (agglomération ou 
chaîne de montagnes, pays couvert de montagnes) (1 ) : Altgebirg 
(Vieilles montagnes : ait, vieux; plutôt ait, en celtique [irlan- 
dais], hauteur), Eichsfeldgebirge (montagnes de l'Eichsfeld [? du 
champ des chênes, ou pour Eichenwald, de la forêt de chênes : 
Eiche), Erzgebirge (monts métalliques, montagnes des mines : 
Efjg, mine, minéral ; bronze, airain ; cuivre), Gesenker-Gebirge, 
Gesenke (Montes demersorii, monts abaissés : Gesenk, chose 
qu'on plQnge ou qu'on enfonce : provin, marcotte ; chose qui 
s'enfonce : mine, carrière ; creux ; défonce ment ; puits souter- 

(1) La particule prépositive ge correspond au français co-, con, et 
au latin cum. Elle exprime une idée d'ensemble (cum, avec), de 
réunion : Gethier («= l'ensemble des animaux; Thier, animal, 
bête, brute), Ge-«ang (= l'ensemble des chants; chant ; Sang, 
chant). Cette particule a servi aussi à renforcer l'idée du participe 
passé : ge-broehe» (rompu, cassé, brisé : = faisant partie des 
choses brisées :brechen, rompre, briser). 



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— 38 — 

raln, puits de mine; senken, plonger, abaisser, creuser; ge- 
senkt, abaissé, Caisse, incliné; Senkang, action de plonger, 
enfoncement, abaissement du sol ; provignement), Rhoengebirge 
(montagnes de Rhoene : du celtique [irland.] rin, reen, ring, 
rinna, pointe de terre, cap), Riesengebirge (monts des géants ou 
monts élevés : Riese, géant, colosse : relsen [primit. se 
dresser, s'élever-, partir, se mettre en voyage; anglo-sax. risan], 
voyager ; le motlllese qui a pris le sens de géant se rattacherait 
tout aussi bien au v. h. ail. risan [tomber] et à l'anglo-sax. 
hreosan [tomber], hrysan, se précipiter, s'abattre ; cfr. lat. ruere, 
abattre ; renverser, terrasser), ainsi nommés parce que les hautes 
pointes de celte chaîne s'élèvent au-dessus des autres montagnes 
de la contrée ou parce qu'elles étaient peuplées de gens qui 
tombaient et s'abattaient sur les tribus plus pacifiques des plaines 
environnantes (1) ; 

Lé Siebengebirge (le groupe des Sept montagnes ou les Sept 
montagnes : Sieben, sept) : L'Oelberg (ou Auelberg ne vient ni 
de Oel, huile, lat. oleum ; ni de Eule, angl. owl, hibou ; ni de 
aul, lat. olla, pot, marmite, ouïe ; mais du celtique : anc. 
irland. ail, moderne oil, pierre), Lœwenburg (Lcewe, lion), 
Lohrberg (? de lôr pour le v. h. ail., lôrboum = I-orbeer- 
baum, laurier; lat. laurus), le Nonnenslromberg (leStromberg 
des religieuses ; Nonne, religieuse ; lat. nonna, prim. mère ; 

(1) On a supposé que ces montagnes étaient le séjour d'un esprit 
nommé Riibenzahl (Queue de raves : Rttbe, rave, navet ; Zahl, 
contract. de Zaçel, queue; angl. tail), c'est-à-dire esprit à grande 
queue qui se nourrit de raves (??) 

Quelquefois les Riesengebirge, comme les Riesenhûgel (HUgel) 
et les Hùnebetten (Bett, lit, couche ; H Une, géant, colosse; cfr. 
celt. cuno t hauteur, haut; voy. P , p. 123, etp. 124, sur la confusion 
des Hûaen avec les Hunnen ou Huns) désignent un endroit où? 
gisait un géant ou bien une montagne de rochers qui offraient 
quelque ressemblance avec un géant. 



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- 39 — 

— Strom, torrent), le Pelersberg (où se trouve une chapelle de 
S. Pierre, dcr hellige Pet rus), la Wolkenburg (Château des 
nuées : Wolke, nue, nuage) et le Drachenfels (Rocher du Dra- 
gon, tué par Siegfried, le héros des Niebelungen, P., p. 84, 
427 : Drache, dragon) (<)• 

Babel et Buhl et Bttehel (anc. et prov.), colline; ce mot 
se rattache sans doute à Buekel, petite saillie arrondie, con- 
vexité-, bosse, gibbosité (2). Dans l'Allemagne méridionale 

(1) Berg paraît avoir eu les formes de Bracht (comme bert =» 
brecht : Albert et Albrechl; voy. P., p. 766), Braht, Brait, Brecht, 
Berch, Bert, Brait, Bret, Bret (qui pourraient aussi se rattacher à 
perahl, ou Praeht, éclat, et signifierait une hauteur qui est splen- 
dide, éclatante, belle à voir ; cfr. la forme celtique, p. 25. 

Dans les vieux documents, on trouve : Plettenbraht, Plettenbracht 
et Plettenberg, Lintenbrecht et Lindenberg, etc. ; Bracht (montagne 
du Wittgenstein), Meinekenbracfit (Westphalie), Brachthausen ; 
Brachbach ou Brabacb (jad. Braychtbach), dans le Siegerland (im 
Siegerlande) ; Brachwitz, Brake, Brakel (pour Brakelo =» bois de 
montagne : L.oh, bois, hallier). 

Brabant (bant — Land), qui est montagneux surtout le Sttd- 
brabant (Ardennes), en comparaison des Pays-Bas (Nie der land). 

En Suède : Brahelund (= bois de montagne) ; en Finlande : 
Brahestadt (ville de montagne). 

On trouve aussi des formes pert et bert : Valbert, Lùdespert 
{Westphalie), et des Bertestein ou Bernstein (en Bavière, Autriche 
et Brandeburg). Quelquefois Breit a le même sens : Breiteneck, 
Breitenbach, etp. ; Marcktbreit (Bavière). Peut-être aussi y a-t-il 
confusion avec brache (jachère), ou avec breit (large). 

(2) Der Buelcel, convexité, bosse ; die Buckel, petite bosse ; 
boucle ; bflken (sich), s'incliner, se baisser ; der Bûcklingj, 
courbette, révérence (ne pas confondre avec Bûckling, hareng- 
saur ; de bockeln, puer, sentir le bouc) ; Bauch, ventre, abdo- 
men; voussure, proéminence; sein; tond; — der Bug, courbure, 
pli ; endroit où une partie du corps se plie; jarret; poitrail, épaule 
{de mouton, etc.] ; ventre d'une chose; l'avant ou la proue d'un 
vaisseau ; der Bugel [der Kleiae Bug]; pièce de bois ou de 



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— 40 — 

Buckel et Puckel sont employés dans le sens de Hagel et de 
Ber ff . Ainsi, Bûhl désigne un mamelon, une colline arrondie 
(ein saiifler, zugerundeter Hugel). Ce mot n'est pas dérivé 
de Hagel ou de Habi-1 par transposition (dureb Versetzung) \ 

il paraît se rattacher à Bug comme hukil, Hagel à houe, hoeh : 
cfr. v. franc, pug, ital. poggio, hauteur, éminence; v. h. ail. 
bougan elpuchan, pencher, incliner; Teulobochus (nom celti- 
que qui signifiait colline du dieu Teut ou du peuple (cfr. P., 
p. 64), dont les Tudesques firent Teutoberg: 

Bùhl (village de Far rond, de Colmar qui doit son nom à sa 
situation au haut d'une colline ; — un autre Bùhl dans l'arrond. 
de Wissemburg), Bûhlen (à la colline), Bûhlenthal (à la vallée 
de la colline}, Bulach (champ ou eau de la colline) ; Dinkelsbùhl 
(Zeapolis ; la colline du froment locar ou épeautre : Dinkel, 
épeautre ; cette ville porte dans ses armes trois montagnes sur 
chacune desquelles est un épi d 'épeautre, espèce de froment, 
nommé aussi Spelz, en latin triticum speltà), comme symbole 
de la fertilité de son territoire; Dombùhl (colline du Do m, 
dôme, coupole ; cathédrale, cfr. lat. domus, maison ; ou de don. 
[angl. down], bas, formant un plan incliné ; — Donbret [mines], 
planches d'un puits; Donlage, Donlege, la pente d'un con- 
duit de mines; donlegig, incliné, penchant), Eichenbûhl 
(Elehe, chêne), Grûnbuhl (grun, vert, verdoyant), Hohinbuilo 

métal courbée en arc; étrier; anse; der Bogen (jad. bogo, pogo 9 
poko ; angl. bote, irland. bog), arc ; courbure ; — biegen, courber, 
plier; fléchir; beugen, plier, incurver; incliner; Beuge, cour- 
bure, inflexion; pli, creux; Bucht, petit golfe, baie [sinuosité 
formée par le rivage de la mer]; — die Boeke, Pocke,. pustule 
[weil es etwas, Bandes, Gebogenes ist.] ; Baeke (joue) 
signifie etwas gebogenes. Le mot anglais back (dos) se rattacha 
aussi à l'idée d'éminence. En suéd. et en dan. bakke (montagne» 
éminence) se rattache aussi à blègen, beugen : Paradis Bakke 
(montagne du Paradis), non loin de Christiania. 



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— 41 — 

(hoch, jad. hoh, élevé ;auj. Hummel), Kitzbûhl (= Haedicollis: 
Kitz<-, Kietze, chatte; Kitzchen, chevreau, cabri ; lat. hœdus, 
chevreau ; bouc), Milchbûhl (forme altérée de Mùhlbuhl : Mûhlc^ 
moulin ; — Milch, lait), Schônbûhl (pulcher collis), Schweins- 
bûhl (sehwein, cochon, porc; Voy. Pr., p. 497) (i). 

BOhel a donné les formes : Biel, buol, puol, btihl, bohl, 
boll % qui, en Suisse, signifient, colline, Htlgel, Abhang, 
bohlen, boMe, bilhler. Cfr, le niçois bogilo et le français beuit 
(comme Brflhl, brogilo, broglio) : 

Bielstein ( roc de la colline ; — peut-être se nom se rattache- 
t-il au dieu celtique Beal, Phol, etc.) ; Boleheim, Bollestat, Bol- 
lenboden (Boden, fonds; terrain), Sleinbohl (auj. Steinel) ; Boll, 
Bohlen, Bollenbach, Bohle, Bollingen ; — Mausebolle, etc. ; Bol- 
wig, Bollum, etc. 

Quelques noms composés de buck ou bb'ck se rattachent aussi à 
Bug : Bockum ou Bochum ; Bockau ou Buckau ; Bûckeberg, Bûcke- 
burg ; Bôckendorf, Bôckenfôrde, Bockscheid ; toutefois ces noms 
peuvent provenir de Bûche (hêtre) ou de Bock (bouc), — 
Bokel (= Bokloh, le bois de la colline}, Bockeln, Bockelnberg, 
Bôckelheim ; Bogen et pogen se retrouvent dans Ellinbogen 
(= Ellenbogen, coude : Elle [jad. avant-bras; coude] aune 
(mesure) ; cfr. lat. ulna; os du bras ; le bras entier; grec càXévq 
le haut du bras, l'humérus) : Katzeneln bogen (coude des 
Catti ou guerriers; voy. P., p. 103 et 4 04; Hatze, hetzen ; 
Hass, Katze) ; Steinelnbogen ou Ellnbogen (coude pierreux r 
Steln), en Bohème. 

Les montagnes qui ont une forme arrondie (bûhlformige 
Berge) sont ailleurs nommées Kugelberge (Kugel, globe, 

(1) Le nom de Bulow, écrit sans h et avec la terminaison wenda- 
OU7 ne se rattache pas à ce radical. C'est un nom wende composé,, 
comme Bilowes, Bilowitz, Bylowitz, du polonais bialy (blanc) et 
wies (village). 



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— 42 - 

boule, sphère). Jadis Kugel et Kogel avaient le sens de « som- 
met de montagne » et désignaient des montagnes qui avaient une 
fqrrae arrondie : Kogel, Kogelberg. 

Botzen (en bavarois, petit tas, petite masse, petit monceau, 
grumeau de matière molle, peloton, bourgeon, germe ; rejeton ; 
— de Butz, bout, extrémité arrondie; bouton; cfr. franc. 
ùosse : Botzen (Tyrol). 

Hanfen (tas, amas, monceau, groupe, troupeau; suéd. hop ; 
Habel — elne Kleine Erhebung, petite hauteur, petite 
élévation : Hub, action de lever ; élévation ; chose qui a été 
levée; heben, lever, soulever): Hùbelstatt, Hùblingen {ingen). 

Les formes Hiiwel, Hôwel (coteau, colline) : Hôvel ; Heiligen- 
hôvel (hellig, saint), Howelwick (wick), Krumrnhûbel (Krumm, 
•courbé, courbe ; tortueux, sinueux), Scherpenheuvel (en franc. 
Montaigu, en lat. M on s acutus ou Aspricollis : schUrfen, aigui- 
ser; affiler, scharf, angl. sharp, suéd. scharp, aigu, acéré; 
hérissé d'aspérités ; cfr. le français escarpé et l'italien scarpa, 
hauteur rai de), Sprockhôwei (sprock, cassant, friable, fragile ; 
sec, aride) (1). 

First (der) sommet (d'une montagne, d'un toit) ; die Firete, 
faite, comble [propr. ce qui avance, domine ; la partie la plus 
•élevée; cfr. vor, fîlr; et l'anglais first, premier) : Hohinfirst, 
Firstfalli, Fersta. 

Briuek (colline verdoyante, ein grûner Grashûgel ; 
•champ verdoyant ; pâturage ; celt. brynn [montagne], bryncyn, 
colline) : Brink, Brinke(prèsd'Osnabruck), Brenken ; Brenkhaa- 
3en; — Ahlbringen, Bobrink (corruption de Bokbring). 

Kopf, tête, sommet, cime; pointe; cfr. caput, languedoc. cap, 

(1) Dans les noms anglais hope signifie une vallée en pente 
•entre deux montagnes ; vallée et montagne : Stanhope (anglo-sax. 
43 tan t angl. slone= Steln, pierre). 



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— 43 — 

tête. Cet affixe désigne le sommet d'une montagne, une montagne 
à forme arrondie; cf. Huppe, sommet, cime ; couronne ; Rap- 
pel, dôme, coupole) : Eatzenkopf (tête de chat ; Katze, chat), 
en Wurtenberg ; Kuhkopf (tôle de vache : Kuh), une des plu» 
hantes montagnes des environs de Coblentz ; Meisenkopf (som- 
met des mésanges : Melse),Ochsenkopf (Ochs, bœuf), en Bavière v 
Schneekopf (Schnee, neige), Steinkopf (sommet pierreux : 
Stein) ; Biedenkopf (pour Beidenkopf = aux deux sommets : 
beide, les deux ; ou pour bel den Httgeln : bel, auprès de) 
Zunderkopf (Zûnden, prendre feu, s'enflammer; Zundbar, 
inflammable ; ou de sonder, sans ; jad. séparé), au nord de 
Hall ; le haut Wandkopf (Wand, muraille), au-dessus du Mar- 
ti nsw and); Riesenkoppe (tête du géant : Rlese). En suédois 
top, en anglais cop, cope se trouve dans de nombreux noms de 
lien avec le sens de colline (anglo-sax. cop = h? ad, tête) : 
Bossekop (? tête de la baleine; ou plutôt de la boîte, de l'arque- 
buse; dan. bosse, boîte; arquebuse, fusil; ail. Bikense, boîte), 
colline élevée, au bord d'un des golfes d'Alten ; Guppen (de 
Huppe, sommet), montagne du canton de Glaris, dont le som- 
met est une pointe très élevée. 

Hanpt (tête ; haut sommet, cap ; jad. houpit ; bas ail. hb'ved; 
dan. fwved; bas sax. htioed hb'fd; zr\g\.head; dialect. heet, 
ho't ; lai. caput) : Bergesbôvede (sommet de montagne); Born- 
btfved (sommet de la source : Born) -, — Holy-Head (pro- 
montoire sacré : angl. holy =heilig, saint, sacré). 

Horn, corne; pointe saillante; angle, cap, promontoire. 
On donne ce nom à la pointe (Landspitze), la plus apparente 
des hautes montagnes qui imagent une corne ; à une pointe 
(dans la Suisse française, aiguille ou dent) qui s'avance dans 4a 
mer, ou à un coin, à un angle formé par deux rivières. Quel- 
quefois les moto terminés par horn ou en ern indiquent tout 
simplement un endroit où l'on se retire, une retraite (corne 



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— 44 — 

creuse) : Horn, ville ancienne dans le comté de la Lippe (4) ; 
Horobach, Hornbarg (château-corne), montagne qui a la forme 
d'une corne; Horneburg, etc.; Aalhorn (Aal, anguille; A taie, 
■alêne; pointe), Balhom (Bail, globe, sphère; — celt. bal, tête; 
irl. bail et bail, habitation ; baile, ville), Balmhorn, Balmen- 
horn(celt. balm\ creux de rocher, grotte), Blankenhorn (blank, 
blanc, éclatant, brillant), Breithorn (breit, large), Buchhorn 
{Bâche, hêtre), Daubenhorn, ne dérive ni de Daube [douve], 
ni de Taube [angl. duve, pigeon], mais du bas lat. dova, doga, 
fosse; ravine; gouttière), Dungelhorn et Dungelalpen (du v. h, 
ail. tuncolla, ravine, fondrière : tune, creux, cavité), Faulhorn 
(App. K.), Fischhorn (Fisch, poisson), Finster-Aar-Horn (n'est 
ni le pic de l'aigle noir, ni le sombre pic de l'Aar, mais le pic 
où est le glacier d'où sort l'Aar noir : finster, sombre, noir, 
ténébreux ; Aar, aigle ; aar, cours d'eau), Gespaltenhorn (ges- 
palten, fendu ; spaltcn, fendre), Frombergerhorn (de from- 
berg, qui désigne une montagne de rapport [frua, fruit] ; jad. 
frum, utile, profitable; n*omm, bon, pieux), Jungfrau-Horn 
(pic de la jeune fille (App. K.)» Langenhorn (lang, long, grand, 
haut), Matterhorn (qui s'élève au-dessus des prairies : Matte, 
prairie; lait caillé; enfoncement; malt, terne, blafard), Mutt- 
horn (dialect. mutz, tronqué, abgestumpft ; lat. mutilus, 
mutilé, tronqué), Riffelhorn (le pic coupé, fendu, das zers&gte 
Horn : v. h. ail. ri filon, scier) ; 

Scheerhorn (indique une corne avec deux pointes [cfr. Zwil- 
lingspitzen, pics jumeaux] : Scheeren ou Scheren, ciseaux : 
Scheere et Schere, ciseaux ; brisants, écueils ; chose fourchue ; 

(1) Non loin de là est le fameux Extefenstein (ou Egersterstein 
"= Rupes Picarum : suisse agerste, Ugerste, jadii et encore auj. 
-dans quelques localités, Aglaster = Aelster, ot Elster, pie), 

rocher qui s'étend en avant dans la plaine et dont le nom a donné 

lieu à beaucoup de conjectures. 



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— 45 — 

fourche; seheren [jad. dé-ckir-er, fendre], tondre, couper; 
séparer) (<)» Schlauchhorn (dans le patois des Alpes Schlauch = 
Sehlncht, ravin, gorge), Schreckhorn (corne de la terreur, pic 
de l'épouvante : Sehreck, frayeur, épouvante, effroi), Sleckhorn, 
Siockhorn (montagne du canton de Berne, qui ne dérive pas ce nom 
de sa forme [von thurmannllcher Gesialt], ni de la ressem- 
blance de sa corne avec une souche [Stockfôrmigkeit des Hornes] ; 
mais des deux, villages nommés Ober et Unler-Stocken, localités 
qui doivent leur nom à des souches [Baumsuscken], qui 
étaient restées après le défrichement de la forêt), Wetterhorn 
(non pas pic des tempêtes [Wetter, temps; température; 
mauvais temps ; orage], mais « pic fendu » , mont de la brèche : 
du v. h. ail. wetaro, fourchette; brèche), Wiesbachhorn (du 
ruisseau des prés [Wieac] ou du ruisseau blanc Weiss). 

Le mot Horn indique aussi un promontoire, une pointe de 
terre qui s'avance dans la mer ou dans un lac : Aachhorn (cap 
de Peau : ach), Kuhhorn (cap de la vache), Romanshorn (Cornu 
Romanorumou Romani Cornu, c.-à-d. cap habité par les Romains 
ou par un individu nommé Romanus; ou de l'allemand Ruot- 
manneshorn : cfr. Ruodman, Rudoman [l'homme renommé : 
hrod ; ou défricheur, roden, défricher, P., p. 4 53), sur le lac de 
Constance ou Bodensee ; Zurichhorn ; — le cap Horn (en holl. 
(Kaap van Hoorn) est la pointe extrême de la terre de Feu 
ou le cap qui termine l'Amérique en guise de corne (du holl. 
horn, corne et cap; — on a vu dans ce nom un souvenir delà 
ville de Horn, patrie de Schonten qui découvrit ce cap. 

Horn signifie aussi «angle» ou encoignure au confluent de 
deux rivières, et quelquefois un lieu où l'on peut se retirer (comme 

(1) Les Scheeren (Finlande) sont un vaste archipel rocheux 
formé de milliers d'flots couverts de verdure. Le navire glisse à 
travers les écueils et à chaque instant il semble prêt à se briser sur 
la falaise (Fels, roc, brisant, récif). 



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— 46 — 

au fond d'une corne), le fond d'une baie profonde, un a c ile 
sûr; solitude, lieu désert (anglo-sax. cern, ern, dan. arne. 
sax. hem, lieu caché, chambre, habitation, maison) : Wedehons 
(=. Weidewinkel, l'angle ou le coin du pâturage ou du saule r 
Welde, pâturage; — saule), Wolfshorn (luporum angulus se» 
recessus). 

Horn prend quelquefois les formes arn et ern : Asparn (Asçc, 
A"spn, Espe,. tremble, arbre), Balmern (la demeure de lagrotte), 
Lucern (lucis domus), Gollern (auri angulus : Gold). Wulst- 
ern (Wulst, renflement, tumeur) , Salerne, etc. 

Localités de l'Angleterre : Heam (jad. Hem), Whitehern 
(maison blanche); Chillern, Mintern, Pimpern, etc., Ame, etc. 
En breton, arne signifie péninsule, division. 

Le mot « corne » désignait aussi chez les Celtes, la tête, l'ex- 
trémité d'une chose, et il se donne à divers sommets de monta- 
gnes et à des caps. Ainsi le nom de Cornouailles est commun à 
une partie de la petite Bretagne et à un comté d'Angleterre, parce 
que ces contrées sont à l'extrémité de ces deux pays, et qu'elles 
s'avancent en forme de corne ou de cap. En France, les Cor- 
nouailles (en lat. Cornu Galliœ, corne ou cap de la Gaule) for- 
ment une péninsule dont le nom indique une situation à 
Yextrémité de la Gaule (Basse-Bretagne). En Angleterre, les Cor- 
nouailles sont deux grandes péninsules de la Grande-Bretagne que 
les Celtes avaient nommées Cernyw (Cornes) : celt. cern\ gallois 
et irland. corn, corne; en angl. corner, coin, encoignure, 
angle'. Les habitants étaient nommés Carnabii ou Gwyr Cernyw 
(les hommes du promontoire). Les Latins formèrent du premier 
de ces noms celui de Cornubia. Puis, les Saxons ayant donné à 
la partie du pays des Bretons qui conserva son indépendance et 
qui fut refoulée dans le sud le nom de Weales (Wales), les lati- 
nistes formèrent le nom Cornu -Wal lia =Cornu-Wal lise (GalMœ). 
C'est à tort qu'on a vu dans ce nom celui de Cornu- Vallis. 



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— 47 — 

Le suffixe horn a pu se confondre avec les mots celtiques 
cflir, cor, carn qui signifient montagne (cfr. le slave ker, kor). 
Ainsi les Riesengebirge sont nommées en tchèque Ker-Konosky- 
Hory et le plus haut sommet se nomme Korkonosch. 

Enfin Kron© (couronne) est quelquefois employé dans le sens 
de sommet de montagne et, dans ce cas, ce mot n'est peut-être 
qu'une modification de corn. 

Spitz, pointu, aigu; piquant [mont à cime pointue]: Spitze, 
pointe, sommet pointu [pointe de terre] ; franc, pointe ; ital. 
punta ; roman, piz) ; Spless, pique, javelot, dard ; broche : 
Spitzberg (contrée qui n'offre de tous côtés que des montagnes 
taillées à pic, des cimes dentelées comme une scie) ; — Drei- 
Herren-Spitz (le pic des trois seigneurs), Eislhaler-Spitz (le pic 
de la vallée de glace : Eis, Thulj, Hochspitz (hoch, haut, 
élevé), Orteler-Spitz le pic de l'Orleler, voy. App. K). 

Ort (primit. pointe, coin tranchant, Spitze, Ecke ; pro- 
montoire, pic, extrémité, fin; cfr. gaél. ord, montagne; grec 
opoç, montagne ; lat. ora, bord, extrémité, borne), lieu, endroit, 
place, localité (4)- Ce mot a aussi signifié « canton, » par 
exemple, dans Vorort (mot qui désignait, en Suisse, avant 4848, 
le canton directeur [vor, devant, avant]. La ligne des huit pre- 
miers cantons se nommait die acht alten Orte) : Ortenau 
(le pré de l'extrémité, du bout), Ortberg, Ortburg, Orlholz, 
Orleneck; Ortler (Append. K) ; Angerort, Friedrichsort, Ruhr- 
ort (localité sur la Ruhr, Ort an der Ruhr), Schwarzort 
(Sehwarz, noir), localité où l'on exploite des gisements d'ambre 
jaune. 

(1) Le latin ora (mqrgo, angulus) semble se rapprocher de 
l'angl. ore (petit pays, canton, contrée). En danois ôre (cap sablon- 
neux) : Windsor (cap du tournant ou du vent : angl. wind f— 
Wind, vent ; — to wind, tourner, virer ; winden, tordre, rouler 
en spirale). 

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— 48 — 

Grat, pointe, tranchant; arête, ligne de jonction de deux 
plans, saxeum dorsum : Falkengrat (pointe du faucon), Wan- 
nengrat (arête de l'espèce de faucon nommé wanderli [v. h. ail. 
wannoweho] ou Wanaeavelhe, êmouchet, littér. milan qui 
agite les ailes : mit den Flftgeln Wannend} — Wtnne, 
Tan ; dialect. aile ; Welhe, milan) -, on trouve aussi des mon- 
tagnes nommées : Wannerspitz, Wannihorn). 

Eeke, pointe, angle saillant, coin (cfr. lat. actes, pointe ; 
acutus, aigu ; <M» <**U. pointe. Ce mot indique quelquefois 
une avance, une saillie, une pointe de montagne, une pointe 
élevée et rocheuse et quelquefois une proéminence qui se for- 
jette sur le bord d'un lac. Eck désigne encore un endroit resserré, 
une coin, un angle. Dans l'Allemagne du Sud, ce mot est écrit 
egg, egge : Eckstedt (Statt, sax. stede, place, séjour), Eckweiler 
(village de la pointe, du coin), Eggmûhl (moulin de la pointe : 
Munie), Eggeberg ; — Arneck (pointeaux aigles : arn 9 bas ail., 
dat. pluriel aux aigles [den Adlern] ; de Aar, poét. aigle), 
Bergeneck (pointe de montagne), placé sur une colline ; Brunec- 
ken (Brunn, source), Friedeck (sommet fortifié : fried, clôture, 
enclos, lieu de paix, de tranquillité; cfr. be fried-lgung, clô- 
ture, enceinte de haies, enclos ; action de contenter, d'apaiser ; 
be-frted Igen, enclore, fermer d'une haie; contenter, satisfaire ; 
Frlede, paix, état de sécurité, de tranquillité ; d'ordre, de repos), 
Harteneck (hart, dur, résistant ; pénible), Heideck (Helde, 
lande couverte de bruyères; bruyère), Hoheneck (flffihe, hau- 
teur; éminence; hoch), Hohengeroldseck (au haut sommet de 
Gerold [puissant par l'épée], P., 36), Landeck (d. I Eck© des 
Landes, coin du pays), ville située aux angles que forment 
trois routes), Lobeck, Lubeck (de lubbe, lilbbe qui, en Basse* 
Saxe, signifie géant [cfr. ang. lubber, drôle, fainéant] ; ou de lub, 
en wende lipa, tilleul; en v. norrain lubbi [hirsutus]; cfr. 
Laub, feuillage), Neydeck (pointe de Nitho, de Nidbald, etc.; 



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— 49 — 

• 

ou coin du combat [celt. nttfo], de l'envie (Neld]; voy. P., 
p. A 63 ; doit peut-être son nom à des disputes au sujet de limites) ; 
Rheineck (pointe du Rhin), château situé sur les bords du Rhin 
(toi dem Bergvorspmng so genaont), Rolandseck (pointe 
de Roland, P., <39, 304) (i), Scheideck (pointe qui divise : 
Seaelden, séparer), montagne située entre les vallées du Grin- 
delwald et de Hasli ; — autre montagne située entre Grindel- 
wald et Lauterbrunn ; Ri g i -Scheideck, un des points le* plus 
remarquables du Rigi sur une pointe de la montagne qui partage 
deux contrées, Scheideck et Scheidegg indiquent aussi la ligne 
de séparation des eaux, Wasser-Schelde),Schônecken (SchSo, 
beau), Spohneck (bas ail. spôn = Spau, fragment, éclat ; en 
vieil ail. spohn signifiait désunion, désaccord ; et ce mot pour* 
rait indiquer un lieu de séparation ou de dispute), Stahleck 
(Stall [jad. lieu couvert, clos; habitation], étable; — Stahl, 
acier-, pointe d'acier-, cfr. stell, raide, escarpé, abrupte; à pic ; 
Stlel, tige, hampe), bourg ruiné sur les bords du Rhin ; Wa- 
deck, Waldeck (Wald, forêt) ; — Bernegg, (pour Rarenecke, 
pointe de l'ours ; BUr, — ou plutôt du celtique bern, sommet), 
Gronegg (pointe-corne, p. 47),Giebelegg (GIebel[jad. sommet, 
lête], pignon, fronton; Glpfel, cime, crête, pic). 

Quelques noms géographiques terminés en eck ou ecke offrent 
peut-être une forme de Elche [chêne] : Schôneck (beau chêne), 
Hobeneck (chêne élevé), etc. 

Kamm, crête, sommet allongé et tranchant d'une chaîne ou 
d'un rameau de montagnes; peigne, corps muni de pointes 

(1) Ruines dos bords du Rhin. Les légendes allemandes sup^ 
posent que Roland ne mourut pas à Roncevaux et qu'il termina 
ses jours dans un ermitage au sommet du rocher qui depuis porta- 
son nom. Il s'agit là sans doute d'un autre Roland. Du sommet 
de ce rocher, l'œil se repose agréablement sur l'île de Nonnenwerth 
{Nonne, religieuse) ou Rolandswerder. 



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— 50 — 
saillantes ou formé d'une série de dentelures; GebiragLamn 
(comme sierra en espagnol, App. K. Il ne faut pas confondre ce 
mot avec le slave kam (dans Kamenz, Kamin, elc ) qui indique 
un sol pierreux, des rochers. 

Rdek, dos [usité seulement en composition, pour RùcLen, 
dos]. Ce mot indique une chose saillante et étendue en longueur, 
une crête de montagnes : Hundsrùck (nom que Ton a traduit 
par dojrsum caninum : Huod, chien (i); d'autres élymologistes 
prétendent que le mot hun a été donné à cette montagne parce 
que les Huns s'y seraient arrêtés ; mais c'est là probablement un 
nom celtique cun, haut; en ail. Httne, géant), Roggenflue 
(pour Rûeken). 

Stotz, Stutz, en suisse, signifie hauteur escarpée, montée raide. 

Stelg, sentier roide ou escarpé, sentier; Steigen, monter, 
grimper, s'élever ; Stcig indique proprement un chemin de 
montagne (ein in das Thaï ftthrender Bergpass) : Lucien- 
steig (de Lucius; défilé au milieu de montagnes escarpées). La 
route du Saint-Gothard commence à Amsteg (= Am Steg, 
auprès du sentier ou de la route, située près d'un pont où se 
trouvait, une passerelle jetée jadis sur la Reuss : on a, depuis, 
établi, en ce lieu, une route, et on y a construit un pont en 
pierre. 

Lehnc, plan incliné, penchant, versant (p. ex. d'une monta- 
gne), talus, appui; aujourd'hui, en bas saxon, eine Lchne 
signifie une contrée (Lehnen, incliner, pencher, s'appuyer, être 

(l) On a pu croire que ce nom était analogue aux noms de 
Ziegenrùck (Zlege, chèvre), Pokkesrukke (Bock, bouc), Geizrukke 
Geiss, chèvre). Près de Trente se trouve une montagne appelée 
jadis Dorsura Tridentinum (dos de Trente) et sur laquelle on 
voyait une forteresse nommée Verruca (verrue; butte, teilre). On 
a donbé le nom de Dos d'âne à la pointe la plus haute du Scheid- 
eck, dans le canton de Berne, parce qu'elle présente la forme 
de cet animal. 



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— 5* — 

appuyé ou adossé contre ; — lehnèn, relever, être sujet à un 
cens; prêter, emprunter; Lehen, Lehn, prêt, emprunt; fief; 
lelhèn, prêter, louer-, emprunter) : Lehndorf, Lehnenberg, 
Lalaing (dép. du Nord) ; Lehen (fief), Lehenweiler, Burgstalle- 
ben ; — Lohnbausen (? Lohn, paye, gages). 

Gehre, biais, biaisement ; talus, pièce en talus; chameau; 
pan d'un habit. En bavarois, Gern pour Gehren : Bachengehren 
(Bâche, hêtre), Grasgehren (Gras, herbe), Hohengehren,Lip- 
poldsgern (de Leupold, Leopold, Leibold). — Gt-hren et gërn 
désignent une portion de champ cultivé, qui occupe un espace 
taillé dans un bois et quelquefois un morceau de terre situé 
entre deux autres. 

Kllppe (die, rocher abrupte ; roc ; écu'eil ; cfr. goth. klaiv, 
tumuluSy agger; lat. clivus, pente; rampe, montée; angl. cliff, 
rocher escarpé ; penchant, descente d'une montagne v: norr. klif, 
colline) : ?Clevemont, Clèves (Clivia) doit son nom à sa situa- 
tion sur la pente de trois collines ou de trois « descentes » (1) ; 

(1) D'autres pensent que cette ville doit son nom aux trois 
feuilles de trèfle (Kleebl&tter : Klee, trèfle) qu'elle porte dans 
ses armes. Mais la première étymologie est plus sérieuse. Clèves 
est partagé en ville haute et ville basse (Oberet Unterstadt). La' 
ville haute (Oberstadt, hoch oben auf der Rheinkliff) est 
bâtie sur trois collines. Cette situation donne beaucoup de pente 
à ses rues. Sur la hauteur dite Schlossberg (Montagne du château, 
du fort : Sehloss) est le château nommé Schwanenburg (château 
du Cygne : Sehwan), qui doit son nom à la tour sur la flèche de 
laquelle on a fiché une girouette qui représente un cygne. Les 
noms de Schwanenburg et de Schwanenthurm (Thurm, tour) rap- 
pelleraient, dit-on, les Chevaliers du Cygne (Sehwanenritter) 
et le voyage de Lohengrin (P., 99} et de son épouse sur un vaisseau 
conduit par un cygne. 

La partie basse (die Unterstadt) de Clèves n'est plus située 
près du Rhin qui s'est retiré, mais sur un canal navigable lequel 
se rend dans ce fleuve. 

On a dit que Kllppe a dû signifier primitivement « rocher 



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— 52 — 

Ratclifî (hameau près de Londres; en creusant on y a 
trouvé une couche de terre rouge, et on croit que son nom 
signifie Red Gliff : angl. red = roth, rouge). 

Hart (et Hûr), montagne (peut-être de hart [dur], pirce que 
un pays montagneux était âpre et rude (4) ; cfr. har [montagne], 
en hébreu, et en grec 8p-oç, oop-oç)-, — au dat. pluriel haren % en 
plattd. heren, eren 9 ern. Quelquefois, cette dernière forme se 
rattache à Hora (corne). Hart et Hard signifient souvent 
«bois » (primit. montagne boisée) et ces mots prennent les formes 
art, ert qui ont servi aussi à désigner des massifs abruptes 
d'une forêt, des boisronceux, des taillis buissonneux : 

Hard, Haardt, Neustatt an der Hard ; — Hard, district an - 
dessous de Zurich, dans lequel il y avait un château nommé Im 
Hard, qui défendait le passage étroit de la rivière (le mot Hard) 
faisait peut être allusion à la difficulté du passage : hart, rude) ; 
Hertle (petit bois) ; — LeSpessart (jad. Spehteshart, forêt du pic: 
Specht, pic, oiseau ; lat picus ; de spicken, larder, piquer ; 
forme de pleken, piquer, becqueter, donner des coups de bec : 
ce nom désignerait un Picker, Banmpleker) ; Hunhart (n'est 
ni une forêt du géant [Hune], ni du Hun [Huna*], mais da 
celt. cun [haut] ; voy. P., p. 423, 124), Kallenhart (? Kalt, 
froid ; dans les environs de Cologne kallen — parler; peut- 
être forme de Italien et gellrn, résonner, rendre un son ; cfr. 

fendu » et on l'a rattaché à Klieben (fendre) et à Klippem 
(fendre, fractionner, couper). Cfr. celt. clip, fragment de rocher;, 
en languedocien, clap (pierre), elaparedo (pierraie) : Kloppenheim, 
Kloppenhurg. 

(1) Ce nom n'a pas trait à la résine (Harz ; prop. suc durci s 
hart, dur, résistant) que produisaient les arbres des forêts, ni an 
grand nombre de cerfs (angl. hart == Hirseh, cerf). Hart et 
Hard sont plutôt des formes du celtique ard, haut, hauteur. Voy. 
l'Appendice — Forêts de la Celtique. 



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— 53 — 

lat. calo, grec xaXéw), Kirschenhart (du. Kirsehaaiini, cera- 
sus, cerisier; — gall. cors, marais), Krummhart {Kramm, 
courbe, tortueux, sinueux), Oedenhart (= forêt inculte, TOohn- 
ort belm Sden Wald : de ode, désert, inculte-, solitaire ; si- 
lencieux), Plattenhart (forêt située sur un plateau, dans une plai" 
ne, am flaehgel<*graen Walde: Platte, surface plate, plane; 
plateau [d'une montagne] ; platt, plat, aplati) ; — die Haar (en 
Westph.), Haarhof ; — Rickert, etc. 

Halde, die, pente [rapide], colline, coteau, Abhangc; de 
l'anc. adj. hald rapide : halde ist die stiele abschflssiga 
Bergselte ; de holt, jad. qui incline, qui penche, enclin ; ho'd, 
favorable, propice) : — Anhalt (acclivis : de an = ad [près de 
vers, etc.] ; d'après l'analogie de Ano'he) ou deHolz (bois) ; Arnholt 
(ardua sylva), Anrath {arduum novale : Beat), Anweiler (ar- 
dua villa). Toutefois Anhalt se rattache plutôt à hait (pas- 
euum\ haltaro, custos; goth. haldan pascere ; anc. ail. haltan, 
tenere, habere, sus ten tare, eus to dire. On dit d'un avare qu'il 
est natif d'Anhalt, parce que er hait an sich) (4) ; Frederichshald 
dont le nom était jadis Halden -, — Frédéric III lui donna son 
nom à cause de la défense glorieuse des habitants de cette ville 
contre les Suédois (4 665). 

Hlita (v. h. ail ), lite (m. h. ail.) signifie colline, coteau, 
HUgM, Brrgabhaag, pente, déclivité de montagne (cfr. grec 
xXituç et xXfroç, pente, inclinaison ; tertre, colline ; xXivco, j'in- 
cline, je penche ; lat. clivus, pente, montée). De là proviennent 
les formes Lit, Lith, Lieth (an der Ems), Leete; Hlidbeki 
(Lûbke), Amelieht fan der Lit), Hebel (pour Hebilide ; de 
kebea, élever, tendre plus haut). 



(1) Hold, houd (sax. hold), jadis tenure, terre tenue en fief, 
métairie, ferme ; — terminaison fréquente dans l'ancien royaume 
de Bourgogne. — Kœnigshould (= tenure du roi), en Silésie. 



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— 54 — 

D'„utre part leiti signifie, en. v. h. ail., conduit (leiten, con- 
duire) et peut désigner une lisière (Leitband)ou un aqueduc(l)- 
Remarquons encore que. led signifie une terre stérile, inculte 
(Lehde, lande; ledîg, qui n'a pas de propriétaire, sans maître ; 
épave ; libre, affranchi -, de l'anc. verbe lidan, se mouvoir : 
Glied, membre, primit. jointure mobile; cfr. Leiten, glelten). 
De là les noms de villages : Lede (sous-entendu Land, terre), 
Ledeberg, Ledeghern, Ledesele, Lederinge (Bing, cercle; en- 
ceinte [circulaire), Lindelede (Linde, tilleul), Moorslede (Moor, 
marais), etc. 

Les mots Steln, Fels désignent plus particulièrement un 
lieu fortifié) un Burg. 

Steiu, pierre, roche. Dans les noms géographiques ce nom 
est souvent synonyme de Felsberg (montagne rocheuse) et de 
Bergspitze : il désignait un sommet pierreux ou fortifié, des 
blocs de rochers. Un rocher était comme le piédestal naturel 
d'une construction féodale. Steln est ainsi employé pour dési- 
gner une montagne (Berg) et un Steinbau (Burg) : Stein, 
Sleinen ; — Beinstein ^on ne peut pas songer à Beia [os ; jambe]; 
bein est ici une forme du celtique (erse) ben = pen t montagne), 
Breitenstein (breit, large), Canstein (et plusieurs Cannstadt : 
bas bret. kann, blanc, brillant), Dachstein (en 1017, Dab^chens- 
tein : ne vient pas de Dach, toit; deeken, couvrir; mais du 
celtique dae [maison], apparenté à l'irland. teach [dans quelques 
noms do lieux ti et tee] et au latin tectum; et de bengan [irl. 
bheag, armor. bihari], petit : Petite maison ; — ou de beagh 
fbouleau] : lieu où se trouvent des bouleaux), lieu fortifié où il 
y eut plus tard un château construit en pierres de taille qui 
avaient une épaisseur de six à huit pieds ; — Ehrenbreitstein 

(1) En v. h. ail. leit (suéd. led, anglo-sax. Idd, holl. ley, franc. 
lie) — Weg (chemin ; leiten, conduire ; Leiter, échelle). 



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— 55 — 

(forteresse nommée d'abord Hermannstein [rocher d'Hermann], à 
cause de lier manu Hillin (pour Hildiwin, P., 224, 32), arche- 
vêque de Trêves, qui la rebâtit (4 ^ 53); mais lorsque cette forte- 
resse fut terminée 0<60), ce prélat, ayant égard à retendue 
transversale ou à la largeur (Brelte) de ce monument, lui 
donna le nom d'Hermannsbreitstein, mot dont on a fait Ehren- 
breitstein <=■ la large forteresse de l'honneur : Ehr^breit) (*); 
Eichel-Stein (rocher du gland : Eichel, gland ; Eichelsteln 
[liltér. pierre de gland], balanite), montagne située non loin de 
Mayence et qui se présenterait sous la forme d'un gland) (2), 
Frenndstein (montagne de l'ami), Grevenstein (du Comte : Graf, 
bas sax. grefe, comte), Herberstein (de Heribert = Haribert, 
P., 32, 168), Herbslein (= Heriperhteshusium = maison d'Hé- 
r-ibert : Hans), Kônigstein (du roi), Lichtenstein (Saxum can- 
didum ; — v. pag. 33), Nierstein (pour Nlereustein, pierre 
néphritique, jad. Niere, rein), Reichenstein (non pas de releh 

(1) Cette forteresse, très renommée, tant par sa situation qui 
est au haut d'un rocher, que par un grand nombre d'ouvrages 
qu'on y a fait, a été aussi appelée jadis Ehrenberti Saxum et ce 
nom a pu aussi très facilement se changer en Ëhrenbreitstein. 
On trouve Ehrenberger Klause (lieu clos, fermé ; plus part. 
cellule [de moine], ermitage ; bas lat. clausa y clusa ; lat. claudere f 
clore, fermer ; claustrum), dans le Tyrol. 

D'un autre côté, en v. h. ail. arin, erin signifiait arœ, templa ; 
et en anglo-sax. arn et ern ont le sens de « maison. » Voy. Horn. 

(2) Eichelstein devrait son nom à la forme (von der («estait) 
qu'elle affecte. Cette forteresse a été aussi appelée Eigelstein, et 
l'on a traduit ce nom par Adlerslein (montagne de l'aigle : a qui la 
= Adler), en accompagnant cette étymologie d'une légende. Les 
Romains y avaient bâti le Castrum Drusi et peut-être ils confon- 
dirent à dessein les mots celtiques [gallois] uchel (élevé ; cfr. Uxel- 
lodunum) ou achel i cachette, lieu de refuge) avec le nom latin de 
l'aigle. Ces deux mots gallois offrent entre eux le rapport que nous 
avons signalé entre Berg et Bnrg. 



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— 56 — 
[jad. étendu], riche ; ni de Reieh, empire ; mais do m. h. alL 
diu rihe, ravin, gorge, défilé), Warlstein (? Wart, guet), 
Windstein (château du vent), etc. 

Stone s'emploie en anglais pour Steln : Stonehaven [haven 
e= Hafen, havre, port), Slonyhurst (s tony> pierreux ; hurst, 
bois taillis; bosquet), etc. 

Steen, eiMamand : Steenwerck (Werk, travail, ouvrage; où 
werk est pour Berg). 

Fels et Felseï», roche, roc; masse pierreuse ; récif, brisant; 
en wallon, falije, carrière de pierres [cfr. franc. Roche, Ro- 
chette, Rochelle, Rochefort]. Ce radical adonné les noms de lieux : 
Fels, Falaise (Calvados; — v. qui doit son nom aux falaises 
sur lesquelles elle est bâtie ; les collines situées sur le bord de la 
mer sont appelées « falaises; » — Ardennes), Houffalise (Bel- 
gique: holl. kof % jardin ; hoeve, métairie, ferme; ou de hoh pour 
Hocfa, haut), Felza (Haut-Rhin), Felsbach (Haut-Rhin), Fels- 
berg, Felsburg; — Allenfels (ait, vieux), Braun fels (roche brune 
ou roche de Bruno : brauo, brun), Drachenfels (rocher du dra- 
gon : Drachr) (i), Ehrenfels (Ehre, honneur; ou du v. h. ail. 
ér, Erz, minéral; celtique hajarn, houarh, iarann, fer) , 
Lichtenfels (LIcbt, lumière; lient, clair, lumineux; das 
Uehto, chose claire, le clair ; clairière [dans une forêt]. Liehtor 
Platz ImWald*), Stolzenfels (Stolz, haut, élancé; fier), châ- 
teau royal qui mérite son épithète par sa situation élevée ; le 
Treuenfels (roche de la fidélité : Trene, fidélité), situé dans le 
voisinage des Sept-Monts ; Weissenfels (rocher blanc ; Leucope- 
tra : Welss), ville sur la Saale, avec un château sur une roche 
blanche; Wildenfels (Wild, sauvage, inculte; désert), etc. 

(1) Montagne escarpée au pied de laquelle il y a une caverne 
appelée Dombruch (la brèche du dôme : Dom, Brnch),qui, d'après 
la légende, était jadis habitée par un dragon [Draehe] ou monstre 
auquel on rendait les honneurs divins. 



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— M - 

En norois, fial=* Herg ; en scand. fell % fi»ll, rocher : Dofre- 
fiell (roche triste), etc. 

Fluh, Flfllh, Flûhe, mot suisse qui signifie un roc escarpé» 
un massif de rochers (cfr. FlSz, couche de terrain de sédiment: 
Sandffloz ou Sandfloh, Ht de sable, assise arénacée, c'est- 
à-dire pierre de sable, pierre sablonneuse ; Battfluh (pierre de 
couche, = stelnbetten ou stelnlayern lits de pierre : Bett,. 
lit, couche ; Lacer, couche ; banc, gîte) : Màhrenfluh (et 
Hâhrenhorn ; — non pas de H&hre, jument ; ni de Mtthr, 
M&hre, bruit ; nouvelle ; mais du bas lat. ma g aria y mayria r 
Melerel, métairie); Mânnlifluh (qui a la forme d'un SteinmànnU 
ou d'un StHnsignal), Portfluh (dans un endroit resserré delà 
vallée où il y avait un vieux mur transversal [Quermauer : 
qner, transversal, à travers] avec une porte [porta] pour garder 
le pays. 

Le nom de Chemnitz se rattache au mot slave kamen (pierre) 
et est une forme de kamenitza (lapidosa). Il ne faut pas confon- 
dre ce mot slave avec le mot breton hemen, kemenez (montagne), 
qui a donné le subst. kemenet ( par altération GuéméneV), sei- 
gneurie, fief. Les manoirs étaient construits sur des hauteurs» 
et, par suite, les idées de « montagne » et de « manoir féodal » 
s'associèrent. 

Tocb (lat. jugum)) joug ; chaîne de montagnes qui unit deux, 
autres chaînes ou des montagnes élevées (4) •• Jochsberg. 

(1) En roman et en v. franc, jougo, joue, Joux signifient som- 
met de montagne. Ce mot provient du celtique (bretoo) yau, 
hauteur. Les Romains ont confondu ce nom avec celui de Yu ou 
Jov-is (Jupiter) ; ils en ont fait de nombreux Mon* Jovis, et 
Ton a cru que cette dénomination provenait de quelque temple de- 
Jupiter. Dans les Alpes françaises et dans le Jura, on trouve 
plusieurs Mont-Joux. Le nom de Canigou est formé du celt. can. 
(blanc) et du breton joug (la partie supérieure du dos). 

Rind n'a pas dans les noms de lieu le sens de bœuf [Rind et, 



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— 58 — 

SkiUr désigne, en norvégien, les rochers des îles Scandinaves * 
en suédois skiir 9 dan. skier, rocher (1 ); skœren, en suéd., écueils; 
découpures ou échancrures de la falaise : de skaera, couper ; 
seheren, couper, Schere, ciseaux; écueils, brisants, propre- 
ment chose qui coupe). Les Scheeren sont des rochers dont 
les pointes incommodent les vaisseaux. 

Riff et RefT, récif : Revel (ville qui doit son nom à deux 
petites îles situées près du port et qu'on nommait jadis Reffe 
(bancs de sable) ; — Altenrif (Suisse; — en latin Alla ripa, et, 
en français Hauterive ; — l'élymologie de ce nom paraît être 
latine). 

Les passages (die Passe), les enfoncements (Einseitknageit) 
des montagnes sont nommés : Gabeln (fourches : Gablenberg) ; 
Furken (lat . furca, Furculœ caudinœ) ; Sttttel (Sattel, selle, 
bât; saillie ; crête; dos d'âne), Lttcke (ouverture : Lûckli, Lug- 
len, petit défilé, gorge; v. h. ail. luog), Thor (portail ; Thurli : 

il ne se rattache pas à Rinde [écorce], Ce mot désigne un rivage 
élevé, un avancement du sol et une colline en forme de poitrine 
{ein brustformiger Hugel: — Rrust, poitrine ; mamelle, sein), 
un mamelon formé de sable de rivière, un banc de sable en mer 
(cfr. der Rundung, forme ronde ou arrondie) ; sens analogue à 
celui de Rergrikcken et de dorsum. Le mot Dossen s'emploie 
aussi pour signifier montagne et il dérive du lat. dorsum. En 
Suisse , schrof signifie une cime rocheuse [Felskopf] ; cfr. 
sehroff, rude, raboteux; escarpé, abrupte. 

Hais, cou, col. En Scandinave, halsa, colline : Hais (vg. de la 
•côte orientale du Jutland; — village en Bohême). 

(I) En gaél et en erse sgeir, rocher escarpé ; irland. sceir 
(prononc. sker), rocher de mer. Ce radical se trouve dans les noms 
de localités : Skerry, Skerries. Dans les noms de lieux du nord 
de l'Angleterre, il prend les formes scar, scarr, skarr, skire 
(rocher escarpé, pente dénudée d'une montagne) : anglo-sax. earr 
(rocher ; cfr. celtique carn, monceau de pierres) : Scarborough 
(château-rocher, forteresse sur un roc; rocher fortifié : Rurg). 



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— 59 — 

Tbttr, porte;, qui a le sens de passage entre deux montagnes (4) ; 
Pass (passage étroit, défilé; — lorsqu'un chemin passe à travers) ; 
cfr. franc, col, fenêtre, pas -, ital. forcolo, forcella ; sella, passo* 
bocea. Thor désigne aussi des rochers escarpés entre lesquels 
se trouve un défilé : Hochthor. Lorsqu'il y a un rocher, une 
colline, en un mot une barrière au milieu de ces portes (2), on . 
leur donne le nom de Ricgel (barre; verrou). 

On a dit que les localités nommées Fiïssen devaient leur nom 
à leur situation au bas ou pied (Fuss) d'une montagne. Mais ce 
nom leur vient plutôt de leur situation à l'entrée d'une gorge ou 
d'un étroit défilé (lat. fauces, gorge; défilé; pas; entrée) : 
Fûssen (dîlns les Alpes Juliennes, jadis Oppidum Faucense, où 
fut fondé un monastère nommé Faucense Monasterium), Fûssen 
(sur le Lech), Fussac (en Autriche). Le Piémont (ital. Piemonte, 
piè di monte) doit son nom à sa situation au pied des Alpes. 

(1) Un petit thor se nomme Thierl et ThQrl. La ville de Thorn 
(ancien. Thoren, polon. Torun) située sur la Vislule, doit son 
nom, à ce qu'il paraît, aux chevaliers de l'ordre teutonique (sic) 
qui s'ouvrirent en cet endroit la porte (Thor) ou l'entrée du pays 
des Prussiens. C'est dans cette ville polonaise que naquit Kopernik. 
La maison qu'il a habitée porte l'inscription suivante : Nicolaus 
Copernicus Thorunensis, terrœ motor, solis cœlique stator. 

(2) Le motPforte (porte; ouverture, passage; cfr. lat. porta) n'a 
pas toujours un sens géographique : il offre un sens métaphorique 
ou religieux : Himmelpforten (Porta cœli : Himmel, ciel), village 
du duché de Brome où il y avait jadis un couvent de Bénédic- 
tins; Schul-Pforte (Porte de l'Ecole : Sehule, école ; lat. Schola). 
Voy. Appendice M. 



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— 60 — 



$11. 

NOMS TIRÉS DE LÀ SITUATION DANS UN BAS-FOND 

(auf Lage io der Tiefe). 

Les idées de profondeur, enfoncement ne sont pas souvent 
exprimées, dans l'onomalologie topographique, par le mot 
Tiefe, profondeur (tl*f, profond, creux, bas,- holl. diep, angl. 
deep) (i). On trouve cependant ce mot dans les noms suivants : 
Dieppe (Seine-Inférieure), Deeps, ville de la Poméranie ; Tief- 
enthal (à la vallée profonde), Tiefengrund (id.-, Grand), Tiff- 
auge (voy. auge, oge, p. 35), Dieppedale (de diep-, dale = 
Thaï), située dans une vallée au-dessous de Rouen. 

En revanche, on emploie fréquemment les mots Thaï, Bo- 
4en, Grand, Hohle, etc., qui expriment l'idée de profondeur 
(Tiefe) et désignent les vallées (Thttler), et les enfoncements, 
les excavations du sol (Venir fungea des Bodens). 

Thaï (angl. dale; goth. dal; anglo-sax. dael ; sax. dahl; irl. 
dal, dail ; gall. dol), vallée (cfr. thellen, séparer, diviser, par- 
tager ; sanscr. dala, fissure, entaille, passage). Ce mot désigne 
les diverses divisions ou entailles des pays montagneux. On 
donne le nom de thalweg (chemin de la vallée : Weg) au lit 
d'un fleuve, au fond sur lequel il coule entre les deux rives. En 
bas ail. Doile, Toile, Toile et mayençais dell signifient lieu 

(l) Cfr. tanfen (baptiser) qui se rattache au goth. dâupjan 
(enfoncer, plonger; angl. to dip, plonger, entrer dans; to dive % 
plonger, sonder, approfondir) et qui nous offre l'idée de l'ancien 
usage du baptême par immersion. Le mot tlef (profond) a-t-il eu 
d'abord le sens de « submergé? * Cet adjectif pourrait avoir signifié 
une chose « enfoncée, » un « enfoncement. » 



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— 61 — 

bas, bas-fond. Le mot suisse dote et le y. h. ail. dola ont le 
sens de cloaca, fosse, égoût. 

Dans les noms des localités Thaï (opposé à Berg, htih, Bnrg, 
Steln, etc.) indique qu'elles sont situées dans des vallées : Thaï, 
Thalbach, — brunn, — dorf, Thalgau (districl delà vallée), Thal- 
hausen, — heim, — hofen, Thalkirchdorf (village de l'église 
de la vallée) ; Thalitter(= Itter Im Thaïe ; village situé an der 
Itter) ; — La Data (vallée de la Suisse), Dalbeim (habitations de 
la vallée), Dalhausen, Dalstein ; — Die Dell ou Délit (petite 
vallée) ; Délie (en Alsace, située dans une vallée agréable) (4). 

Affenthal (non pas vallée du singe, Affe; mais de afa, eau), 
Binnenthal, synonyme de Binnenland, pays intérieur, pays 
entouré par la terre ferme, par des digues : binnen, dans, 
dans l'espace de..., d'ici en...; Bisenthal (? der Bison, jad. 
Wisant, taureau sauvage}, Blumenthal (Binme, fleur), Darne- 
tal (Seine-Inférieure); anglo-sax. derne, dyrne, caché), Eichthal, 
(vallée du chêne : Elehe), Freudenthal (de la joie : Frende ; val' 
lis jocosa seu jucundà), Friedenthal (delà paix: Frlede),Grafën- 
tbal (vallée du comte : Graf, chef militaire ; comte), Hôllenstei- 
nerthal (vallée pierreuse de Penfer : Ho lie, enfer ; Steln), défilé » 
de montagnes qui forme le vestibule du massif de montagnes 
auquel on a donné, en l'honneur de Dolumien, le nom de Dolo- 
mites ; — Jammerthal (non pas de Jammer, gémissements, 
lamentations; douleurs; cfr. lat. gemere; Wimmern, gémir ; 
se lamenter; mais du wende jama, creux, fosse; caverne, trou), 

(1) La Dalecajrlie tire son nom des Dalekarla, Dalekarliens ou 
« gens des vallées. » Ce pays est en effet remarquable par la 
quantité de vallées qu'on y rencontre. Cette contrée comprend 
deux grandes vallées (Vesterdal [ouest] et Osterdal [est]) et leurs 
nombreuses ramifications. Les habitants de ces vallées (Karl, Kerl ; 
voy. P., p. 129) sont robustes et forts. Ils se nomment eux-mêmes 
Dahlkull (dusuéd. hull $ race; sanc. kula, famille; race, tribu). 



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— 62 — 

Joachimsthal (vallée de Joachim ; — avec des mines d'argent r 
de ce nom on a fait celui de Thaler, adopté encore aujourd'hui, 
pour l'unité monétaire, et, par corruption, celui de dollar) y 
Kallenthal, ville dans une vallée qui se dirige vers le nord ; ou de 
la fraîcheur des eaux : Kait, froid), Klingenthal (vallée des 
lames : Ki inge, lame, fer; acier; épée; klingen, rendre ou 
faire entendre un son ; résonner) ; v. de l'Alsace où une grande 
manufacture royale d'armes blanches fut fondée en 4730), Kônigs- 
dahlen (Koaig, roi), Kornthal (val des grains : Korn, grain; 
grains; blé, blés ; — in getreidereicher Gesend), Kreuzlhal 
(Kreuz, croix), Langent h al (lang, longs Lenkerlhal (de la cour- 
bure de la rivière ou de la vallée : v. h. ail . hlinkan, m. h. ail. /en- 
fer» = biegcn, courber, plier ; fenken, donner une inclinaison 
latérale; gelenk, souple, flexible, Lilienthal (Lille, lis), Lichtental 
(Lieht, lumière ; licht, clair, lumineux ; das Uehte, la chose 
claire; clairière [dans une forêt), Maisenlhal (Meise, mésang ), 
Marienthal (de Marie, de Notre-Dame), Meisenthal (des mésan- 
ges), Melchlthal ^vallée de la farine: Mehl, farine: mahlen, 
moudre ; ou du miel : Hileh, angl. milk. dan. holl. melk, lait: 
melken, traire), Munzthal (vallée de la menthe ; — du Muntz 
= fils d'un iiund, tuteur, protecteur; ou de Hfinze, monnaie, 
pièce de monnaie ; — menthe), Naodendal (vallis gratiœ : 
Gnade, grâce; clémence, condescendance; charité; jod. abais- 
sement, Senkung, Neigung ; v. h. ail, gi-nada ; dan. naade; 
de nahen, approcher, s'approcher de ; aeîgen, pencher, incli- 
ner, baisser; — petite ville qui s'est formée près d'un couvent 
de femmes, en Finlande), Obertbal (= Ort im obéra Thaï» 
Oben 1m Thaï : ober, situé plus haut, supérieur; oben, au 
haut, dessus, en-dessus), Oberwiesenthal (val de la prairie supé- 
rieure : Wlt-se, prairie), Pusterthal (vallée du Poster = Bla- 
sebalg, soufflet ; pusfea, souffler ; — à cause d'une idole qui 



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— 63 - 

avait les joues gonflées et paraissait souffler) (4), Rheinthal (val. 
du Rhin), Rinderthal (Ri«d, bœuf ; plur. Rinder, bêles à cor- 
nes, race bovine), Rosenthal {rosarum vallis : Rose}, Salzthal 
(val. du sel), Scakenthal (anglo-sax. scacan, quatere, concvtere, 
angl. to shake, secouer, ébranler; ouduv. h. ail. scah ; voleur; 
m. b. ail. schachy proie, butin ; v. fr. eschec, pillage, sac, sacca- 
geaient; ce mot se rattache à scacan, secouer, ébranler; franc. 
claquer; le pillage succédait au trouble et à la mise à sac; cfr. 
Sch&cher, larron ; Schachrrer, traficant rapace, gr api Heur ; 
schacher, trafic usuraire, sordide ; — ou de Schacht, fosse; 
puits (de mine) ; mesure quarrée ou cubique ; — étendue de bois; 
carré d'arbres , bavarois der Sehachen, Schacht, partie d'un 
bois ; — on trouve aussi le même radical dans Scakinhova), 
Schnepfenthal (Schnepfe, bécasse), Schônthal (jolie vallée : 
schon); das Sibnenenthal (transformé en) Simmenthal (dans les 
chartes, Septem vallis et Siebenthal ; — dont la source est aux 
Sieben Brannen ou aux sept sources : sriebcn, sept ; mais le 
Simmerthal, traversé par la Si m me, était nommé, en bas latin, 
sepiana vallis, la vallée des fermes entourées de haies, la vallée 
des Eînzaunan^en ; de sepiana, on a fait, dans le langage po- 
pulaire, Sibenthal, etc.; il suit de là que la Simme a reçu sa 
dénomination delà vallée et non la vallée de la rivière), Silber- 
thal (Silber, argent), Stendal ou Sleindal fStein, pierre), ville 
de la Marche de Brandebourg), Waterdahl (bas sax., angl. Water 
= Wasser, eau), Wichtendahl (vallée des lutins : Wicht, 
angl. Wight, individu, personne, homme, quelqu'un, c'est-à- 
dire chose qui se meut, qui s'agite, qui croît : das Wichtlein, 



(1) Cette idole représentait un jeune homme laid et gros qui 
semblait vomir des flammes. C'est pour cela qu'on nomme Gros 
Puster (souffleur), un homme gros et gras. 

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— 64 — 

dos Wichtelmttnnchen, lutin, goblin, esprit follet, das Berg- 
mftnnchen -, F., p. 79), Wolfsthal (vallée du loup : Wolf), 
Winnenthal (goth. vinja, pâturage; Wonne [joie; v. h. ail. 
Wunna, angl.-sax. wyn] avait aussi jadis le sens de pacage ; — 
ou pour Winidothal, Wendenthal, vallée des Vendes). 

Dans les noms anglais on trouve la forme daie (vallon, vallée) 
et l'anglo-sax. dell : Àrundell (vallée de l'Ârun, ville située sur 
FArun), Colebrookdale (vallée du ruisseau froid (angl. cool t 
sax. col= kuhl, frais; cfr. angl. cold = Kalt, froid; brook, 
ruisseau), Crickdale (= Cric/cou creek valley : creek, petite baie, 
anse, crique), etc. 

Les noms dans lesquels dal est préfixe dérivent du celtique dol 
(champ) : Dalkeith (la vallée bornée, emprisonnée [celt. caeth\ 
par les eaux), Dalziel (la vallée blanche [gheal] ; à cause de la 
couleur blanchâtre du sol, etc. 

Grand, fond; fondement, base; emplacement, terrain; 
terrain bas, ravin, vallée, gouffre) : Ce nom signifie une vallée, 
une contrée située dans un bas-fonds, dans une gorge ou près 
d'un ravin ? Freiegrund (fret, libre, dégagé, exempt), dans le 
Westerwald ; — Herrengrund (vallée du Seigneur : Hevr, 
seigneur, maître), Hôrnissgrunde (les fonds des frelons : Hor- 
niss, frelon; ainsi nommé à cause de ses tentacules que l'on a 
comparées à des cornes : Horn) (0» Riesengrund (des géants : 
Rlese) Tiefengrund (tief, profond), Teufelsgrund (v. du 
Diable : Teufei, diable, démon), vallée du Riesenberg. 

Boden, fond, fondement; sol, fonds ; terroir ; plancher., 

(1) Ce sont des ravins formés par les sommets les plus élevés de 
la Forêt-Noire (Bade). C'est au milieu de ces effrayants pré- 
cipices que se trouve le lac Mummelsee . que la légende populairç, 
peuple d'ondines et de sylphes, appelés Man|melchen {petite 
Mummels). 



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— 65 — 

parquet; enfonçure; le fond; le bas ; dépression, profondeur, 
cavité, fossé (1). Boden a eu le sens de marécage (eine Was- " 
sernaltende Vertiefung) et a signifié ensuite plaine couverte ' 
d'herbe (eine grasbevraèhsene FlUche).' Puis, Boden a v 

signifié un terrain situé dans une vallée (2), un fonds, un bien- 
fonds (= Grndstack, Gut). D'après Schmeller ce mot a lé ,f 
sens de planities horizontalis alpina. 11 est quelquefois syno- 
nyme de Ebene ou de Hocbebene. Boden a enfin signifié un 
enfoncement de la mer, un golfe (Kyrialabotn = Flnnlscher 
BnSën). Ce radical se retrouve dans les noms de contrées qui 
paraissent avoir été jadis couverts de lacs : la Bottnie (et non T 
pas Bothnie), pays qui aurait été un ancien fond marin : de ' 
botta, nom que Ton donne à des parties ou districts de la Suède ' 
et de la Finlande : 

Bodfenbach (affl. de la Kocher; affl. delà Necker), Boden- 
mâder (Hatte = Wiese, prairie, pacage), Bodenburg (le 
château du bas-fond}, Bodendick = Sumpfdeich , digue 
[Deicn] auprès d'un marais : Snmpjr), Bodenhausen, etc. ; 

Adelboden (vallée de l'Adelgras ; espèce de plante alpestre : 
plahiago alpina), Urnerboden ; Im Boden (= im Grande : 
fan = in de m, dans le...)* en Suisse. 

Les Allemands ont transformé un ancien nom celtique en 
Bodensee, mot qui offre le sens de « lac du fond, » (lac profond). 
Mais ce lac doit son nom à une localité appelée Bodoma > 

(1) Cfr. suéd. botn (le fond, le bas ; terroir), anglo-sax. botm 
et bytne, angl. bottorn, le fond, le bas, le bout, la fin; sanscr, 
budma =± Boden = Grand; grec 7cu8f«fiv (le fond), Pu0|a6ç = 
po66ç (fond, profondeur; abîme), dfôuaaoç (sans fond), roSvSocÇ (le ' 
fond),-p«0oç (profondeur) ; — lat. fundus, pro-fund-ûs ; put eus. 

(2) Bbdeler et Btidler désignent un individu qui habite dans 
une Vallée, par opposition à Berger qui habite anff deiABer^e*^ 



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— 66 — 

Potama, Bodmen, auj. Bodman. Les premières formes procu- 
rèrent au lac le nom de lacus Bodamicus ou Potamicus (qu'on 
pourrait rattacher au grec (xota^ç, rivière) et qui offrent le v. 
gallois bodi, auj. boddi (enfoncer ou s'enfoncer dans Peau) par 
lequel nous arriverions à un mot celtique synonyme de l'alle- 
mand Boden (4). En somme, le Bodensee devrait son nom à sa 
profondeur (durch seiner grundlosen Tiefe; — im 
Gedanken an die glelcbsam bodenlose Tiefe des Was- 
sers). Le château Bodman ou Podman aurait dû son nom à sa 
situation dans le fond (von einem scbon vorher bestande- 
nen Hofe aufdem Boden). Mais on n'explique pas ainsi le 
suffixe man. Or, il ne faut pas oublier que le celtique se parlait, 
encore au x c siècle, sur le3 bords du lac de Constance. Le nom 
de Bodman pourrait signifier en celtique [irland.] maison [both] 
du lac [main, marais] : En gallois bod signifie « existence, station, 
demeure. » 

Hohl, creux, bas ; Hohle, cavité, caverne, grotte (cfr. grée 
xoftoç) ; le verbe heblen, cacher, dissimuler (lat. celare) 9 
Hebl, dissimulation, déguisement; Httlle, enveloppe; httllen, 
couvrir, envelopper, voiler; Holle, enfer, Unterwelt, le 
inonde souterrain, l'empire des morts : Hohlfeld (champ creux, 
bas ; champ de la caverne), Holach (ruisseau creux) ; Holbach 
(Moselle; id.), Holbeck (id), Houlebec (basse- rivière), Holnerg 
(montagne du creux, de la caverne), Holland (= TieMand, 
terre basse, pays bas) (2), etc. Les noms de la Houille (petite 

(1) Cfr. le nom du Bodincus , dans la langue des Celtes, signi- 
fiait « sans fond. » Ce nom paraît avoir la même racine que Boden. 
Bodincus signifiait profond ; où l'on enfonce. Le suffixe incos s» 
retrouve dans des noms gaulois, par exemple, dans Agedincum, 
ancien nom de la ville de Sens. 

(2) Quelquefois holl est pour le vieux norois hôll (= Hugal, 

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— 67 — 

rivière qui se jette dans la Meuse à Givet) et de la Huile, un de 
«es affluents, offrent peut-ôlre la môme idée que le nom de .la 
Creuse. 

Brunshole (specus fontis : Bruira). Au mot Hohle (cavité) 
se rattache le subst. Holle (enfer, séjour des damnés) Dans 
certains noms hole, Hohle, cachent l'art jectit hell (clair, reten- 
tissant, lumineux) : 

Honlgate (trou de Penfer; — Gat, ouverture, trou; passage ; 
voy. Gasse), dans le Calvados (1). 

Helle-Straele (rue de l'enfer ; en holl. hel, enfer ; hel % clair, 
sonore), Hellegate (porte de l'enfer), Helmont (bouche de l'enfer : 
Mnnd, bouche), Helvoet (pied de l'enfer : voet = Fusa, pied). 

On trouve dans quelques noms de lieux hUl pour Huile (en- 
veloppe, sac, poche; manteau, robe; cfr. Hutse, enveloppe, 
gousse, coque : hultea, envelopper, couvrir, voiler) et qui avait 
sans doute la signification de couvert, abri. toit. Dans le Pala- 
linat : Breilenhûl (breit, large), Irlhûl (bavarois hUl = Huile; 

colline*: Holle (Suède) et Oldenburg) Hollenbach (Wurtemberg), 
Hollenstedt (Hanovre), Hollfeld (Bavière), Holler (Nassau), Holler- 
Jand (Brème). 

(1) On prétend que les parents montrent à leurs enfants cette 
colline de sable en leur disant : « Vous voyez là-haut, enfants I 
Eh bien, c'est le trou de l'enfer. » Mais en bas breton, houl 
signifie « flot » (cfr. franc, houle). 

Le mot anglais gâte signifie porte (entrée d'une ville, et quel- 
quefois roule. Un chemin et une porte offrent l'idée de passage 
en longueur ou à travers. Dans l'Inde, les ghat* ou ghauts sont 
•des passages qui longent des rivières ou des passages à travers des 
rangées de collines : Kamghaut = le passage de Rama. En 
Angleterre : Newgate (new = neu, nouveau), Bishopsgate (bishop 
= Bisehof = évoque), Canongate (— la porte des chanoines 
[canons] ou moines de l'abbaye d'Holyrood\ Ramsgate (ram; 
«= Ramm, bélier) ; — Highgate (haut chemin). 



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„ lrl = Erle, aune ; dans le même dialecte, irl signifie aussi 
pacage et hUl = marais, Vieweide), Kefenhûl (du vieux chef a, 
en suisse kefa = die Erbse (= ervum = pisum sativum = 
pois cultivé, pois ordinaire). 
Grnbe, creux, fosse; mine; Graben, fossé, tranchée, canal ; 
. Grnb, creux, fosse*, caveau, tombeau, sépulture-, — Grâlben» 
vallées profondes. 

Schmalzgrub et Schmalzgraben (désignent des creux, des 

vallées, des prairies fertiles ; Schmalz, graisse fondue; beurre; 

Sjehmelzea, fondre, faire fondre), fermes du canton de Zurich ; 

m —r Pfalgraben ou Pfahlgraben (fossé palissade, ein verpaljftp»- 

flirte Wall s Pfahl, lat. palus, pieu ; ce mot a pris les forces 

^pfalt p<*l> poil et pol). 

Fleth (die), canal, en bas sax. (fleten — fliessen, couler, 
î fluer; lat. fluere). Dans le pays de Hambourg, ce mol est 4 j? no - 
„nyme de Graben : Bevenfleth, Buzfleth, Elsfleth, Ivenfle£b, 
^yorfleth, etc. 

Kessel, chaudron, marmite, bassin ; gouffre; vallée encaissée : 
, Kessel bach, Kessel berg, Kesselkopf. 

Scbjncht (ravin), le col de la Schlucht, en Alsace. 
Loch, trou, ouverture, cavité; fosse; Leck, fen te, couver- 
ture; Ltlcke, ouverture (cfr. grec Xdbcxoç, lat. lacus, lacuna; 
franc, lac; Lnehe, trouée, clairière, haie; mare, bourbier, 
lagune) ; loeheln, creuser, percer. 

Quelques montagnes offrent aux curieux des cavernes et des 
grottes remarquables. Ainsi, dans le Wurtemberg, on trouve* Je - 
Nebelloch (trou du brouillard : Nebet, brouillard ; cfr. lat. ne- 
t f>yla, grec veoéXrj, nuage-, — caverne sous un rocher c^ù 
Réchappent souvent d'épais brouillards) et TE rd loch (Efede, 
terre). A Winckel, près du Joannisberg, on rencontre un vil- 
lage appelé Heidenloch (le. trou-des,- païens i,derJle\&e K \e 



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— 69 - 

païen; — die Heide, bruyère; lande couverte de bruyère ; jadis 
champ, plaine) t 

Bingerloch (trou de Bîngen) que Ton croyait communiquer 
avec un gouffre ou tournant nommé Gewirr (confusion , 

* désordre; entortillement, entrecroisement : wirren, confondre^ 
""mêler; brouiller) (<)* Drachenloch (trou du dragon ; — creux 

- de rocher, où, d'après la légende, Stroulhan [le coq du combat 
on du bois : Hafcn, coq ; v. hanan, crier, chanter ; Strauss, 
jad. combat ; streiten, combattre ; — Strauss, autruche, lat. 
struthhis ; — m. h. ail. struot, strût = GebOseh, W»ld]'de 
Winckelried [F., p. 452) tua un dragon ; Draehe; — dans le 
voisinage, on trouve Drachenried et Drachenca pelle), Haigerloch 
(trou de la pie : der Haher, H%ger, Hieger, Heyer, pie ; 
geai ; en v. h. ail. Iieigiro, l'alcyon, heigero, heiger, ital. aghi- 
rone, provenç. aigron ; franc, hairon, héron), Schafloch (trou 
des moutons ; Schaf, mouton, brebis ; — caverne de glace, 
près du Rothhorn, dans les Alpes, où, en été, les bergers réu- 
nissent les troupeaux, pendant le mauvais temps) ; l'Urnerloch 
(le trou du pays d'Urner ou Ursèren ; passage ou galerie sombre, 
creusée dans le roc, qui traverse le Teufelsberg [mont du diable] 
et conduit dais la vallée d'Urseren et au village d'Andermatt), 

w der Wetterloch (le trou des tempêtes ; dos Wetter, temps, 

* mauvais temps, tempête), Wiesloch (Wiese, prairie) , etc. 

Le mol l-ock (creux), a pris en anglais la forme low (adj. 

bas 9 inférieur 9 ai point de vue de la situation, comme un ter- 

: 'rain bas, la marée basse), en flamand la forme loo qui est 

' (1) Plus loin, on voit un second tournant ou gouffre qui a un 
^^Éipect effrayant et que l'on nom me die Bank (léger exhausse- 
ment du terrain, jetite élévation ; banc; siège long, banquette, 
banc ; pont) % parce que, en cet endroit, le fleuve est obstrué par 
an amas de rochers. 



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- 70 - 
répandue à profusion sur le sol de la Néerlande. Un grand nom- 
bre de lieux, en Belgique et en Hollande, portent des noms qui 
proviennent de cette origine topographique. 

Waterloo (le creux-humide -, water = Wasser eau ; — le 
bassin où fut écrasée en 1815 l'armée française, paraît avoir été 
un étang ou un endroit marécageux) ; Beverbo (de bever = 
rivière; P., p. 277), Venloo (creux tourbeux : ven, tourbe), 
Tongerloo (de Tongres). 

Dans la Westphalie, cette terminaison prend les formes loe t 
loh (en v. h. ail. loh signifiait aussi pays marécageux) : Ammeloe, 
Burloe, Einigerloh, Gûtersloh ; — Ramesloh ou Ramsahl (qu'on 
interprête vulgairement par Arminii Saal, la salle [jad. habita- 
tion, demeure] d'Àrminius ; — non loin d'Harmônsdorf ; on 
prétend qu'Arminius est enterré non loin de là près du village 
nommé Steinbeck), etc. ; Lohboden, terrain marécageux. 

L»ch et loh sont apparentés avec l'ail, moderne Lâche, 
marais, bourbier : Lachen (à cause de ses marais), en Bavière; 
Lacken (Suisse et Bavière), Laeken (petit lac), en Belgique ; — 
Lekem (demeure humide ; lecken, suinter, dégoutter, couler ; 
Heim; village de la Flandre occidentale). 

Quelquefois, au lieu de loh, on trouve lohn, qui offre une 
forme plurielle ou un datif : Iserlohn (v. h. ail. is == Eis, 
glace; voy. le celt. isar), Sladtlohn, Sud lohn. 

Dans quelques parties de la Prusse, cette .inale est exprimée 
par le mot losen, qui doit être rapporté au wnde luz (marais ), 
car. sur les bords de la Sprte et de la Neiste, habitaient jadis 
les Slaves Lusaces (Lusltzen) : Rumlosen (jrès de Wittenberg), 
Gross und Klein Schwarzlosen (près de Standal), Moorlosen 
(Hoor, marais), Hundlosen (près de Brome), localités situées 
dans des bas-fonds marécageux. 



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— 71 — 

Le mot Loch est quelquefois employé, dans les noms propres, 
pour lev. h. ail. lôh, bois (lucus). Voyez plus loin. 

Dans le choix de l'un ou de l'autre de ces mots, on doit se 
décider d'après les circonstances, c'est-à-dire d'après la nature 
et la situation des lieux, et d'après les renseignements de l'his- 
toire. 

S III. 

NOMS TIRÉS DES MOTS QUI DÉSIGNENT LA. TERRE COMME SURFACE PLANS 
OU QUI INDIQUENT LA SITUATION D'UN LIEU DANS UNE PLAINE 

(auf eîner Ebene). 

La notion de plaine est exprimée par le mot : 
Ebene, plaine, plate campagne ; eben, plat, aplani, plain ; 
égal, uni (cfr. lat. œquor [plaine, pays plat] et œquus [plat, uni ; 
égalisé, aplani; fig. égal, pareil; juste, équitable ; holl. heffen, 
even, égal, uni) : Ebenau (Au, prairie), Ebenheim (habitation 
en plaine, ou d'un individu nommé Ebo ou Ebbo, P., 72 : 
HelmJ, Ebensee (est-ce un lac de la plaine, un lac uni [eben]? 
Ce n'est pas sans doute un lac qui a un reflux [Ebbe] ; n'est-ce 
pas plutôt le celtique eve [eau] ou avon dont les Tudesques ont 
fait le mot eben auquel ils ont ajouté le subst. See, lac) (4) ; 
Ebnet (jad. Ebenoet, possession plate, en plaine ; comme Einoet 
[de ein, un-, et oet = Od ou Oed, subst. inusité qui signifiait 
propriété, P., p. 46] = Einode [solitaria possessio], solitude, 
désert \od a été confondu avec Ode [vide, creux], désert; cf. 
Kleînod [petit bien], objet précieux, bijou), Hohcneben 
(== Hochebene, plaine élevée; plateau). 

(1 ) Ebenfurt ne signifie peut-être pas « gué (Furt) de la plaine, «c 
mais « passage de l'eau. * 



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— '72 — 

Le iftot bill entre aussi dans Fonomatolôgie tudesque avec le 
sens de «plaine. » Ce mot inusité aujourd'hui signifiait e^al r 
uniforme, plain, plat, qui a la surface égale et unie. On retrouve 
ce radical dans le substantif Bild (qui aurait voulu dire d'abbrd 
chose égaler semblable^ puis représentation d'un objet, image» 
statue) et dans l'adjectif billig (équitable, juste, raisonnable). 
Ainsi bill et billig offriraient une signification analogue à celle 
que nous donne le mot latin œquus (cfr. in-iquus, inégal, rabo- 
teux; non équitable, inique, injuste) et ont eu le sens d'égal, 
tint, réglé, ajusté. De la même racine proviennent le mot anglais 
6i//(— loi, droit; cf. lat. rectus, droit, qui est en droite ligne; 
juste) et les mots Unbill, Unbild (iniquité, injustice) et Weieh- 
bild (littér. image sainte : «eweihtes Bild ; — ou droit de 
la ville [= StadtrechtJ de weich = vick [vicus], droit muni- 
cipal; juridiction d'une ville; bailliage; banlieue). 

Ce mot se retrouve fréquemment dans les noms de lieux, 
avec le sens de plaine. Ainsi, Bilderlach (= ebenes Feld); Bild- 
echingen (Echingen de la plaine), Bielefeld, Billigheim (v. du 
Palatinat située au milieu d'une vaste plaine; — ville du duché 
de Bade). Plusieurs villages des bords du Rhin se nomment Bil- 
r.lig. Dans la région de la Moselle, on trouve trois villages du 
t môme nom spécifias par des mots déjà connus : WelschbiHig 
(TOelsck et WXlsch, gaulois ; français; étranger), Waldbillig, 
dans une plaine boisée (Wald), Wasserbillig f= plaine de l'eau), 
ville située au confluent de la Sure et de la Moselle. 

En Autriche, trois Grtttz sont différenciés de cette manière : 
Grâtz, Windischgrâtz (des Yindes) et Billichgratz (de la plaine)» 

• Le plus haut sommet du Vogelberg dans le pays de Darros- 
tadt, se nomme Bilstein, ce qui n'offre pas un contre sens, car 
ce rocher est aplati et forme un plateau. Il y a beaucoup de 
«localités nommée^ Bilstein, qui ont aussi* été bâties sur des 1 hau- 
teurs dont le sommet était aplani. 



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— .73 — 

Biel, auprès du Bielersée, en Suisse, est dans une plaine. On 
Jrouve aussi Billeben^BiUendorf, Bi-Henhagen-, Billenbausenii'Bil- 
lenkamp, Billigshausen (à la maison de Billig' (P.* 517)/ BH4igs- 
halden (p. 53), et plusieurs Billerbeck (ruisseau de la plaine). 
Mais le nom de Billwârder, près de Hambourg, ne se rattache 
pas à la même étymologie. Bille est ici le nom du ruisseau (1). 
Flacht y Flaach ont le môme sens que die FiSche (surface 
plate ou plane-, grande étendue unie, plaine-, angl. flat, plat, 
uni ; flaeh, plat, uni ; blach, en compos. plat ; Blech, métal 
battu et réduit en plaques; tuX«Ç, plaque; plaine, champ). Ce 
mot a désigné d'abord une étendue sablonneuse (Sandflftche} 
qui était encore un peu couverte par Peau (cfr. franc, flaque) : 
Flaach, Oberflacht, Westerflach, Flachslôckheim. 
# Flur (plaine, campagne; champs; territoire; vestibule) : 
Hônfleur. 

La notion de plaine est aussi exprimée par des mots qui indi- 
quaient d'abord un lieu cultivé : Land, Feid, etc.). Les colons 
primitifs s'établissaient dans des plaines, dans des vallées où se 

> trouvait un sol facile à déchirer avec la bêche ou avec la charrue, 

. ou près de pâturages qui ne demandaient aucun travail. Les 
noms de ces champs et de ces prairies ont pris ensuite le sens 

, de « plaine. » 

Land, terre (portion solide du globe, opposée à Wasser 
(eau); terrain uni, plaine, pays (plat; opposé à Hohe, das 

. platte Land, im Gegensatze des Gebirges); partie déter- 

(1) Dans quelques-uns de ces noms, bil se rattache au celtique 
[gaél.] bial (eau). Ce mot celtique se retrouve dans le nom de Biel 
. que, les Allemands donnent à la ville de Bienne (celt. buinne s eau), 
et qui est située près du lac du même nom. Bilstein ou Beilslein 
offrent aussi un radical celtique (byl, qui désignerait un amas de 
rochers; de bal, bel, pierre). Cfr. gaél. beul, génit. bail, bouche; 
ouverture i dans quelques. localités, le mot bil peut avoir désigné 
un antre, une caverne. 



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— 74 — 
minée de la terre (ein stflck Feld); terre cultivée, champ 
{opposé à un uinbebauten Boden), ensemble de terre, cam- 
pagne, champ ; villages, province (opposé à Stadt) : 

Landen (comme Felden, au dal. plur., ou pour Landheim), 
Landenberg, Landau, Landeck, Landhus (Haas), Landsberg, 
Landshut, Landser (l'ornement du pays : Zier, Zferde, orne- 
ment; — bg. du H.-R., non loin d'un fossé qui se nomme Eut- 
telrausgraben [fossé-du- ru isseau-des- tripes : Graben, fossé ; 
raus = ruisseau en celt.; Kuttel, tripes); — en Belgique : 
Landeghem (demeure champêtre), Landscauter (jad. Landescul- 
tura = culture champêtre), etc. ; 

Aland (pays de l'eau : aha), îles à l'entrée du golfe de Bott- 
nie ; Bonlanden. (bon pour Banm, arbre; ou pour Bohne, ha- 
ricot ; fève) ; Gourlande (pays des Gourons, Curonia ; non pas 
« terre choisie » [Ktfoen, ol. choisir, élire], mais de kur qui, 
dans la langue lettonienne signifie maritime ; cfr. y. prussien 
cauraSy plaine), Dachslanden (Dacbs, blaireau), Ermeland ^voy. 
Wermeland) -, Esthland (Estonia, Ostland ; — AestU; Ost, est, 
orient), Finlande (le pays des Finn que Tacite nomme Fenni et 
Ptolémée Phinni; island. et anglo-sax . fen ; holl. veen, flam. 
venne, marécage, pays marécageux -, tourbière ; la côte orientale 
et le centre de la Finlande sont entrecoupés de lacs, de marais et 
de rivières ; les naturels se nomment eux-mêmes Suomelaïne ou 
« habitants des marais » [de suo — Sumpf, marais ; et ma 
« contrée; » voy. l'App. sur les Celtes) (1); Friedland iFrlede, 

(1) Sans doute le mot Finnland peut signifier Snmpfland. 
D'un autre côté, il est vrai que les Finnois actuels sont d'origine 
tschude. Mais il n'en est pas moins certain que ce pays a été, 
comme la Scandinavie, habité primitivement par des Celtes. C'est 
le pays des Fenii ou Feine (singul. fionn, guerrier, géant; cfr. le 
nom des Fénians). L'Irlande est appelée Tuatha Feni : Les Cel- 
tes ont dû quitter les bords de la Baltique. Mais le nom qu'ils 
avaient donné à la contrée a été maintenu. 



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— 75 — 

paix, tranquillité; cfr. P., p. 208, not. 2 ; — dans le Mecklem- 
bourg, en Lusace, en Moravie, en Bohême, en Prusse, etc.)» 
Frieslande (pays des Frisii ou Frisons (4) ; — on a vu dans ce 
nom le bas ail. fresen, trembler [cfr. le franc, frisson j frieren, 
frissonner, trembler de froid] et il ferait allusion à la nature du 
sol qui est marécageux, peu solide, instable), Gottland (Golland, 
Golhland = bonne terre gut ; terre de Dieu, Gott ; pays des 
Goths; — ou du celt. coet, bois, pays boisé ; voy. sur les Goths 
l'Appendice relatif aux Celtes), Groenland (ail. Grttnland, 
grfines Land, terre verte : grûn, dan, grôn, angl. green, 
vert i — ainsi nommée à cause de la « verdure » des pâturages 
et des arbres qu'on y trouva lorsqu'on la découvrit (quod gra- 
men ibi reperiatur) ou de la mousse qu'on voyait sur le rivage) (8) ; 

(1) Mais il est probable que les Frisons portaient leur nom avanj 
leur arrivée dans un terrain mouvant. L'orthographe Frigiones a 
donné lieu à l'étymolôgie qui a en vue le froid (iat. frigus) de 
leur pays d'origine. D'autres savants ont rapproché ce nom de 
celui des Phrygiens. Il offre, d'ailleurs, le même radical que le 
nom des Fr-anci (= frèie Encke, libres garçons ; cfr. Enkel, 
petit-fils ; — oa plutôt fils de Freya ou du Soleil). Enfin, la Fries- 
lande serait le pays des forts, des géants (virorum fortium regio ; 
— pries est fortis; v. h. ail. vriso, géant). 

(2) II est vrai que Nordenskiold (F., p. 44) n'a pas trouvé dans 
l'intérieur de cette contrée les oasis de verdure que les géographes 
y supposaient. Mais en 1884, le lieutenant Greely, de la marine 
des Etats-Unis, a fait connaître le résultat de ses explorations. Il 
s'est élevé, par le nord du Groenland, jusque vers le 84° de lati- 
tude, à six degrés seulement du pôle, et il a pu vérifier de visu la 
théorie qui place dans ces latitudes extrêmes une zone relativement 
tempérée. Il a traversé à pied, au mois d'août 1882 ou 1883, une 
contrée onduléo où* il n'y avait pas un atome de neige et où la 
terre était couverte d'herbe et même de petits buissons. Des troncs, 
gisant là où ils étaient tombés, témoignaient de la présence encore 
récente d'une végétation arborescente. Les ienards, les ours blancs 



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— 76 — 
Hall and (= Salzland = Meerland : sait (= Salz, sel), 
désigne la mer ; en Scandinavie, la mer Baltique est nommée Os- 
torsal (r=OHtsee, merde l'Est), Helgolandou Heligoland(que l'on 
a regardé comme synonyme de Heiligesland, terre sainte ; pour 
expliquer ce nom Adam de Brème ayant recours au mot heillff 
[saint], dit : Pagani terram illam vocant sanctam et beatam; 
d'autres expliquent le nom d'Hâlogaland, par « pays d'Halogi ou 
de la flamme élevée, sacrée » : Halogi — Hochiohe [haute 
flamme], peut-être l'aurore boréale, Nordllcht ; Halogi était, dans 
la mythologie Scandinave, l'épouse de Glôdh (= Glut ou Gluth, 
braise, chaleur ; de ginhen, luire, briller, flamboyer) ; dans 
la môme mythologie, Logi (isl. log = Lohe, feu) est la person- 
nification du feu (die Natarktaft des Feners). On a dit aussi 
que le nom d'Helgoland provenait de Hallaglun (terre aux bancs 
inondés), ancien nom de l'île, qui a trait à la partie inondée qui 
a disparu ; il paraît que des phénomènes volcaniques ont con- 
tribué à la destruction de ranciènne* île d'Hallaglun), Helluland 
(== Stelnland ou Felfcentand; en. anc. norr., hella, goth. 
hallus, pierre), Hirschlanden (v. h. ail. hiruz, auj. Hlrsclt, 
cerfs hiruz signifiait aussi millet, die Frucht Hlrae), Hollande 
(= pays bas, ereux,'cawi terra : hohl, creux, exeavé, déprimé ; 
cfr. xofXoç, creux, cave; ou pour Olland, pays marécageux ?), jad. 
Holtlandia [pays de bois, pays boisé : holt, =- Holz, bois) (1), 

et le * lièvre polaire, ainsi que plusieurs oiseaux, fréquentent ces 
parages, mais non le renne. Wayprecht et Payer avaient donc 
entrepris trop au Sud leurs tenlatives inutiles pour pénétier dans 
l'intérieur du Groenland et découvrir ces plaines verdoyantes 
signalées par les traditions des Esquimaux. 

(1) Lorsque les digues ne retenaient pas les eaux de la mer, 
celle-ci' entrait dans- des criques profondes et inondait chaque jour 
les terres basses. L'étymologie que certains auteurs ont tirée du 
mowfiohdamd ou Houtland (pays de forêts) n'est peut-être pas 



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— 77 — 
Irlande (pays d'Erin ou pays de l'île de l'Ouest : en gaéL eir, 
ouest, et in, île; ce pays était naguère nommé par les Anglais, 
Ierland), Islande (=Eisiand = terre delà glace : E»s, glace) (4), 
Jutland (pour Jôtunland, pays des Joies ou des géants, P., 49; 
voy. Apptnd. N), Livland (Livonie : eslhonien liva, sable), 
Lappland (contrée des Lapps ou de gens attachés à la pratique 
de la sorcellerie \ dans leur langue, lapp signifie sorcier), Néer- 
lande (= Niedevland =+ pays bas : nieder, holl. neder et neér, 
bas» inférieur), Oberland, le Berner Oberland (le haut pays ber- 
nois), Oppenland (oben, en haut, dessus), Rutland (= Roltland, 
•usgerodetes Feld : Beat), Seeland (= Sceland, pays de 
mer : See; cfr. Sœkonungar, rois de la mer), Shetland (nom 
qui était aussi écrit Hetland, Hiallland, Yealtland, Zethland; le 
nom primitif a dû être Hiet-land -, on disait jad. S* Hil-land ; — 
de htijland ou htHetland — pays élevé), Smaland (=Schmalland, 
mot traduit par Klelnland [petit pays] : angl. small, petit, 
menu, mince; l'ail. Schmai signifie, étroit, mince, maigre, pau- 
vre, chélif), Sunderland (sonder, oJ, séparé; angl. to sunder, 
partager, diviser; séparer), Uechtland (= odes Lund, pays 
désert ; voy. plus loin), dans les environs de Fribourg, en Suisse ; 
Upland (pays élevé : ttber, sur; oben, en haut; ober, supé*- 

sans fondement, car une, partie de cette contrée était couverte de 
bois, tandis que l'autre était remplie de lacs et de marais. 

Alting pense que la Hollande doit son nom à sa position sur le 
golfe de la H elle ou Holle, connu dans le temps sou» le nom de 
Hélium, Not. German, infer. in lit. H. 

(1) Cette lie fut découverte par un pirate qui la nomma Snjoland 
(= Schneeland, pays de neige), parce qu'elle était couverte de 
neige. Floke, navigateur qui en prit une connaissance plus détail- 
lée, la nomma Island, parce que, durant ses longs hivers, elle est 
cernée en partie par les glaces que les courants. accumulent sur 
ses bords. 



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- 78 — 

rieur; angl. up, en haut, sur), Vieland (pays marécageux ; de T 
vie, marais ; — Vieh, bête, bétail) , Vich, ville située entre la 
Weser, la Rohre et le Geest (Geestland, partie élevée et sablon- 
neuse: Wûst, anglo-sax. veste, inculte; Wiiste, désert ; steppe ; 
savane ; cfr. lat. vastus ; franc, gâter) ; dans les vieilles chartes 
ce pays est appelé Paludes ; le terroir est généralement bas et 
humide (Marsehland) ; 

Voigtland (en Misnie, où il y a un Voigtsburg : de Vogt, 
défenseur, avocat, avoué ; lat. vocatus pour advocatus), Wer- 
meland, Ermeland, Warmie (pour Waerimmanaland, c.-à-d.pays 
protégé, défendu : goth. para, protéger; cfr. Wehren, défen- 
dre; résister; Webr," défense, retranchement, P., 4o), pro- 
vince de Pologne, auj. de Prusse, archidiocèse catholique, que 
les évoques ont eu souvent à défendre contre les attaques des bar- 
bares et des civilisés (4) ; Zealand (qu'on a dérivé du dan. sb\ 
mer -, mais ce nom est une altération de Sjœlland, de Sjœl = 
Seele, angl. soûl, âme, esprit) ; Zélande(= Seeland, pays qui 
doit son nom à sa situation sur les bords de la mer : See, mer), 
Zinslânder (—Agri decumates : Zins, cens, impôt, tribut; lat. 
census). 

En Angleterre (England, Land der Angeln, pays des Angles), 
on trouve aussi des noms de lieux formés du substantif L-and : 
Cleveland (= cliff Lane, pays rempli de cliffs et de rochers 
escarpés (cfr- lat. clivus; voy. p. 51), Cumberland (anglosax. 
Cumbraland ; terre des Kymri, Cumbri, Kymbri, qui se main- 

(1) On désigne sous le nom d'Erroeland une portion de l'ancienne 
Prusse que la Passarge coupe en deux moitiés à peu près égales, 
et qui a pour villes principales, Braunsberg (montagne de Bruno), 
autrefois résidence des évêques, et Frauenburg (forteresse de 
[Notre] Dame), leur résidence actuelle, ville où Copernic était 
chanoine. Les évêques d'Ermeland ont toujours à défendre ce pays. 
Aujourd'hui, Mgr Krementz, « le petit Erm landais, » joue un rôle 
aussi difficile en tenant tête au Grand Chancelier. 



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— 79 — 

tinrent longtemps dansée pays, lorsque le reste était conquis ; ou 
« pays de vallées» : angl. com6, vallée : languedoc. coumbo)\ 
Copeland (terre des mines de cuivre .-coppsr =Kupfer, cuivre; 
ou pour Copfland, à cause des sommets pointus [cop, sommet, 
cime; cfr. Kopf) que Ton y trouve), Foreland (promontoire : 
fore, antérieur, de devant; vor, avant), Marshland (palustris 
regio : angl. marsh, marais ; Marsch, pays marécageux ; cfr. 
fr. marais), Niewfoundland (= land newly found : new = 
Ben, nouveau ; found, part, passé de to find, trouver, décou- 
vrir ; finden, trouver) (4), Northumberland (Land North of 
the Humber, pays [situé au] nord de l'Humber), Portland 
(terre du port ; — du port ou lieu de débarquement qui est 
défendu par une forteresse), île de la Grande-Bretagne; West- 
moreland (The West moor land, the moor land to the West, 
contrée marécageuse de l'Ouest : moor, Moor, marais ; west — 
West, ouest). En Ecosse, on trouve les Highlands (hautes 
terres : angl. high, haut) et les'T.owlands (low, bas, petit). 

Le mot landf est employé en France. Dans les environs 
de Paris, on trouve Vauballaa (vallis Herrlandi ou vallée 
de la terre du Seigneur: Herr ; ou du guerrier, art; Heer, 
armée. P., p. 89), vg. fondé par Ghildebert. On a dit que 
le mot Languedocgprovenait de Landgothie, et il est vrai qu'on 
aurait pu désigner cette contrée par l'expression de Land [der] 
Gothen ou Land d' Gothen (contrée des Goths). Mais le nom de : 
Languedoc indique la langue d'oc, le pays où le mot oc était 
employé pour « oui. » Dans quelques localités de cette contrée, 
oc est encore aujourd'hui usité dans ce sens. Cfr. Auch, aussi, 
vraiment. « 

(1) Ce pays paratt avoir été connu jadis par des Islandais et par 
des Groenlandais. Plus tard, il fut découvert par Jean Cabot, alors 
au service de l'Angleterre, et le pays newly found a été réclamé, 
pour ce motif, comme une dépendance de l'Angleterre. 

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— 80 — 
§ IV. 

NOMS RELATIFS A DIVERS AUTRES ACCIDENTS DU SOL 

Les mots qui expriment les idées d'angle, de coin, de cour- 
bure entrent aussi dans la formation de noms géographiques 
qui ont trait à la configuration du sol. 

Winkel (angle ; coin ; encoignure ; lat. angulus) : Winckel 
(yg. du H.-R., près de la source de 1111), Winckelshausen (vg. du 
H.-R), Kra ou Krâwinkel (Krahe, corneille), Mahlwin- 
kel, etc. (1). — Winkel a aussi le sens de ravine, fondrière : Bô- 
renwinkel (de bo'r, corrupt. de Bar, ours; ou de bord pour 
Bord, bordure ; lisière) ; Harsewinkel (Darz, montagne boisée ; 
— résine; — harsch, rude", rugueux, dur), Meiswinkel (Mclse, 
mésange), Voswinkel (holl. vos = Fuehs, renard) ; — En An- 
gleterre : Winchelsea (jad. Wincele$-ea ; de l'anglo-sax. Wincel 
angle, coin ; et de ea = eau ; ou plutôt de ea île : cette ville 
était naguère baignée par les eaux de la Manche au sud et, à Test 
et au nord, par la Rother ; ensevelie dans la mer ; une autre ville 
de ce nom a été rebâtie plus loin). | 

Hoek (angle, coin, corne, en holl.) a remplacé, dans quelques 
noms anciens, le mot Winkel : Houcke (v. de Belgique). 

JBTtW (bas ail. pour Kell, coin ; chose qui ressemble à un 
coin) : Kiel, ville du Holstein (— Holzland), ainsi appelée parce 
que le golfe sur lequel elle est située a la forme d'un coin (Kell- 

(l) Dans quelques mois Winkel ne vient pas de TOinkel 
(angle), mais de Vinicella (= TOeinlager, dépôt de vins ; chan- 
tier de cuve). 



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— 84 — 
formig) (4). (IHel = Hegel, cône-, quille). Toutefois cette 
ville est située près de l'endroit où le canal de Kiel débouche 
dans la Baltique et peut-être son nom vient-il de Kiel (corps 
allongé et creux, tuyau, plume) et aurait-il trait au canal ; cfr. 
Kehle, creux, enfoncement, gosier, rigole ; sillon ; en scandin. 
Kuhle, fosse) (2). 

Kante, angle, corne ; arête, bord (celt. cant, bord ; lan- 
guedocien canton, coin). Ce mot se retrouve dans le nom du 
comté de Kent, Cantium, et dans celui des Cantabres ou Cant- 
ibériens. 

Angel [jad. angle], hameçon ; gond; pivot : Angles (habitants 
d'an angle, entre deux fleuves, etc.i Einwohner eines Wln- 
kels) -, Feldengel (coin du champ), Waldengel (coin du bois), 
Kirchengel (Kirehe), Westerengel (West, ouest), dont les noms 
indiquent la situation. 

Nase (nez) employé comme suffixe avec le sens de Spitze 
(p. 47), et qui en Scandinave désigne un promontoire (nft, 
cap) : Lindesnâs ; — à Hamburg on dit Blankenese pour Blank- 
honi ; — en anglais ness (Fowlness, cap des oiseaux, promon- 
tory frequentedby fowl: — fowl 9 oiseau ; cfr. Vogel ; — ou à 
cause du mauvais temps, pour Foui — veather — cape,- — angl. 
foui, sale, vilain ; .= faul ; et weather = Wetter, mauvais 
temps, tempête) ; — franc, nez (le cap Grinez). 

Begen, courbe (ligne), courbure; arc (celt. bou; angl. 

(1) Dans ses Encomia Urbium Holsatiœ, Rantzau s'exprime 
ainsi : 

Chilonum, Holsatiœ non inflma gloria terrœ, 
A Cuneonomen, quo vocitatur, habet. 

(2) Dans les noms celtiques, Jfet'J, kill (gallois coïlle) signifient 
« forêt. » Ainsi, en Irlande : Kildare (le bois des chênes), Killi- 
nure (le bois des ifs : irl. jur, if), etc. 



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— 82 — 

boxe (4); Ellenbogen et EUbogen [littér. arc de l'avant-bras], 
coude-, Elle [primit. avant-bras], aone, mesure) (2) : 

Ellbogen (coude), ville située près d'une courbure de l'Eger; 
Katzenellenbogen (pourrait signifier : le Goude-du-Chat (3) ; 
mais ce nom est formé par corruption du nom de Cattimelibocia 
[Novum Gattorum Melibocorum Oppidum], donné à cette con- 
trée à cause de Catti Meliboci ou des Gattes jjui étaient fixés au 
pied du Melibocus; — Langenbogen (lang, long). 

Krumm, courbe; courbé; tordu, tortu ; tortueux, sinueux 

(1) Ainsi Bou, village du Loiret où Gauthier, évêque d'Orléans, 
tint un synode en 847, tire son nom de sa situation dans une 
courbure prononcée de la Loire. 

La plupart des lieux qui ont cette syllabe dans leur nom, sont 
placés dans des courbures de fleuves, de mers ou de collines. 

(2) Il reste à expliquer le mot ellen qui se trouve dans le 
composé allemand Ellenbogen (coude ; articulation du bras avant 
l'avant-bras ; angle extérieur formé par cette articulation ; arc du 
coude). Elle (jadis elina; lat. ulna, grec àXlvT), l'humérus, le 
bras; aune, mesure) se rattache au mot elin qui, d'après Cambden, 
signifiait c coude » en langue celtique. 

Ainsi Lens (jadis Vicus Heleno, Lenense Castrum, Lenœ Cas- 
trum), célèbre par la défaite de Clodion qui y fut battu par 
Aétius. 

L'Orne, rivière de Normandie, est appelée Olena dans Ptolémée ; 
elle était ainsi nommée parce qu'elle est courbe et tortueuse. 

Le même radical se retrouve dans le nom d'Elno, rivière près de 
laquelle fut bâtie l'abbaye de Saint-Amand (en Belgique), qui 
s'appelait aussi Elnone (eau-courbe : on, eau, en celtique), autre- 
fois, et dans le nom d'Elne, ville de France dans les Pyrénées- 
Orientales. Il suit de là que le mot Ellenbogen est un pléonasme 
qui signifie coude-coude. 

(3) Cette ville est construite au haut d'une montagne nommée 
dteKatz (le chat). Non loin de là, estle château délabré de Thurn- 
berg (Mont de la tour), que les comtes de Katzenellenbogen, par 
opposition à leur cbàteau de Katz, appelaient die Hanse (la 
Souris). 



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— 83 — 

(celt. crwmrn, courbe ; erwnn, rond [lai. corona, couronne] ; 
crynder, rotondité) : Krumbach (rivière tortueuse), Krumhûbel 
(montagne courbe : Hnbel = HOgel, hauteur, élévation), 
Krummendorf (Dorff, village), Krummensee (See, lac), Krum- 
menteich (Teleh, étang), Krumme Wasser (rivière). 

K«rb, corbeille, panier (lat. cor bis, v. h. ail. chorp, langue- 
docien gorp; dan. kurv; ces mots se rattachent au mot corb, 
courbe ; lat. curais ; les corbeilles devaient leur nom à l'osier 
recourbé; en irlandais, cor 6 signifie chariot, voiture, et Ton sait 
très bien que les chariots des anciens affectaient la forme ronde : 
cfr. les mots languedociens curbel (crible) et curbelet (espèce 
de gaufre), qui se distinguent par cette même forme : 

Corbie (l'abbaye de Corbie [en ail. Corbey], sur la Weser, 
devait son nom à l'abbaye de Corbie, en Picardie ; — Korb (en 
Wurtemberg et en Franconie), Korbeck (au bord de la Dyle ; — 
au bord de la Loo ; ach devenu ecfc, cours d'eau), en Belgique. 

TOelchen, s'affaisser, fléchir, reculer, céder*, plier; Weich, 
flexible, ductile,* souple (cfr. lat. vinc-io, vi-men) ; iVîckel, 
peloton, rouleau, Wlckdn, rouler, enrouler ; entourer -, Weih- 
en, consacrer, vouer, dévouer, dédier [propr. lier à...]; angl. 
wicker 9 d'osier, fait d'osier. 

De ce radical/ on a formé un substantif wc, vich, vig, vik $ 
wig qui a eu la double signification de clôture formée de bran- 
ches flexibles; et de baie, crique, terrain courbé qui servait de 
lieu de refuge, de retraite, d'abri. 

4° Vicus [en latin], bourg, village, hameau, grec o?xoç, habi- 
tation; anglo-sax. weihs et wîc; v. h. ail. wich, toih; angl. 
une; armor. gvoic (1), lieu, endroit, place; habitation, ville; 

(1) Le celtique a les formes vtx, vices, vici (kymrique gutc, 
gutg, irl. fich = vicus, village) : Eburo-vices (cfr. Eboracum), 
Ordo-vices, Cambo-vicenses (cfr. Cambo-dunum), Branno-vices, 
Lato-vici, Lemo-vices ; — Viridovix. 



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- 84 - 
forteresse, château ; monastère. Ces mots indiquaient primitive- 
ment des cabanes construites en treillis ou la courbe formée de 
branches entrelacées qui servaient d'enceinte (4 ). 

%• WiCy wich, wig, indiquent la courbure d'une rivière ou de 
la côte de la mer, une baie, Bueht (biegen, plier, courber), 
Buseu (dan. vig, baie; gué; viig et suéd. vik, crique, petite 
baie; endroit où la côte fléchit, cède;, une sinuosité, un 
petit golfe : la mer, échancrant de ses flots les falaises, 
creuse mille ports naturels où les barques peuvent s'abriter en 
sécurité. 

Le sens deviens se trouve dans Berwick (Anglet.). Mais le sens 
de « baie » est exprimé dans les noms de Netherwich (angl. 
nether = nieder, inférieur), Northwich inorth = Nord), Midd- 
lewich (angl. middle, milieu; Mittel,qui est au milieu, moyen), 
Nantwich (celt. nant, vallée) («) ; 

Brunswick (ail. Braunschweig = Brunonis vicus) (3), Sleswick 
(le bourg delà Sle, ail. Schleswig) (4), Dantzig (pour Danswig = 

Tl) Cfr. Flecken (bourg, bourgade) et flechten (tresser) ; grec 
7cXlxa>(je tresse, j'entrelace; lat. flectere, plectere ; plicare. La 
clôture d'une maison ou d'un groupe de maisons était faite avec 
des objets flexibles entrelacés. 

(2) Ces localités, ces baies étaient renommées pour la produc- 
tion du sel que l'on obtenait par l'évaporation de l'eau de la mer ; 
et par suite, les lieux où l'on fait du sel ont été nommées , en 
anglais, Wychhouse [wyche ou wich, saline, mine de sel). 

(3) Brunswic ou Braunschweig (en ail.) ne signifie pas « ferme 
d'une source » (Brunn, source ; Schweig, ferme où l'on élève 
des bestiaux), ni « bourg de la source » (fontis recessus). Ce nom 
signifie Brunonis Vicus (jad. Brunes-wic) ou Bourg de Bruno. 
Cette ville dut une partie de son nom à celui de son fondateur 
Bruno I er , duc de Saxe, au x e siècle. 

(4) La ville de Sleswig (jad. Sliaswyk, capitale d'un duché, doit 
ion nom à la Wiecke (golfe) de la Schley, à l'extrémité occiden- 
tale duquel elle est bâtie. La rivière Schlei (vieux norrain sle 



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— 85 — 
le port des Danois) (0» Leipzig (le vicus des tilleuls) ; Viborg (le 
bourg du vie ou du golfe) a le sens de Wigton. 

En Angleterre : Berwick (le bourg de l'embouchure : ber pour 
le celtique aber, embouchure d'une rivière, confluent), Green- 
wich (baie verte, ville verte, à cause de la verdure, des prairies : 
green = grtln, vert), Harwich (port, baie, habitation des guer- 
riers, de l'armée : Heer, armée; hari, guerrier-, v. P., p. 89 
et suiv.), Norwich (au nord), Sandwich (baie, localité sablon- 
neuse : Sand, sable), Warwick (jad. Waering-wic : de l'anglo- 
sax. vaering, boulevard, forteresse ; ou hameau des guerriers : 
tver, homme ; cfr. angl. werewolf = loup-garou =. homme- 
loup; — d'après Cambden du gallois guarth, sauvegarde, garni- 
son ; et uric), Woolwich (jadis, dans le Domesday, Hulviz = la 
crique ou l'habitation de la colline; à cause du Schooter's Hill qui 
domine la contrée : hul = hill, colline) ; — Wicklow (en 
Irlande : du dan. vig, suéd. vik, crique, baie ; ou de l'anglo- 
sax» wic, habitation, forteresse; angl. low, colline; ou de l'ir- 
land. lough, bras de mer) ; — Wickham (habitation sur la 
Wick, rivière dont le nom est probablement une forme du gallois 
bychan, petit). 

Quelquefois wic est une transformation de wîh (sacré, lieu 

c= canal) donne son nom au golfe étroit et long dans lequel elle 
débouch?. En irlandais, slighe (prononc. sli) et la forme slee 
signifient route, passage. Sleswig, en celtique, signifierait « habi- 
tation, anse du chemin. » 

(1) On a rattaché à wic le nom de Danzig qui serait une con- 
traction de Danske-wick (Bourg des Danois). Selon d'autres éty- 
mologistes, ce nom serait dû à une forme Godanske, qui aurait eu 
le sens de Ville-de-Dieu (Gott) ou de Gothiscanzia (= Gothen- 
sehanze, forteresse des Goths : Schanze, retranchement, redoute). 
Mais il est plus probable que Danzig est une corruption du slave 
Gdansk, provenant d'une racine que nous a conservé le latin 
Gedanum et dont nous ne saurions indiquer l'étymologie. 



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— 86 — 

«acre ; temple ; wethee, vouer, consacrer, dédier; cfr. lat «tu- 
cto, je lie, j'attache). Les formes tvegge, weg t wigge, peuvent, 
dans quelques noms, se rattacher à vik (v. saxon, marais, 
lieu marécageux) ; v. frison veg, vei (= Woge, flot, vague) ; 
eau ; ou à Weg {via, chemin). 

Ende, bout, extrémité : Ostende (extrémité orientale), Land's 
end (= finis terrœ). 

ARTICLE II 

NOMS TOPOGRAPHIQUES EMPRUNTÉS A LA CONSTITUTION GÉOLOGIQUE, 
AUX PROPRIÉTÉS MINÉRALOGIQUES ET A L'ÉTAT DU SQL. 

La nature du sol a contribué à enrichir la nomenclature 
géographique. On rencontre en effet un terrain pierreux (stela- 
ig) ou sablonneux (sandig), etc., sec (troclcen) ou humide 
(nass) ; fertile (fruchtbar) ou stérile (unfruchtbar), etc. Ce sont 
là des propriétés qui caractérisent un terrain aux yeux d'un 
colon. C'est pourquoi on trouve, en Allemagne, diverses localités 
désignées par les mots Steia, Sand ; nass, feucht, dflrr ; 
gut (bon, c.-à-d. fertile), quad (= Seblecht, mauvais, c'est-à- 
dire stérile), etc. 

Stein, pierre, roche (angl.sf one; flam.steen; grec<rcfov, <rc(a, 
petite pierre, caillou). Dans les noms de lieux, ce mot a souvent 
la signification de forteresse et de montagne pierreuse ou d'édi- 
fice en pierre ; nous en avons déjà parlé pag. 54. Mais dans 
beaucoup de localités, ce nom désigne la nature du sol : Stein 
(Bade, Bavière, etc.), Sleinau; Steinen (Westphalie) ; et les 
composés : Steinach (rivière pierreuse : von ihrem felsigen 
and steinlgen Bett) ; Steinbach (id. riv. au lit pierreux ; — 
vg. du H.-R-; — Moselle, Vosges), Steinberg (montagne ro- 
cheuse), Steinbourg (vg. du B.-R.), Steinbrunn-le-Bas et Stein- 



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— 87 — 

brunn-le-Haut (deux villages du H. -R.), Steinfeld (champ rocail- 
leux), Steinfurth (gué pierreux : Furt, gué. passage), Steingrub 
(H.-R. ; — Crrube, excavation; creux; fosse), Steinhart (bois 
pierreux), Steinheim, Steinmalt (Matte, provinc. enfoncement, 
creux; — prairie; — vg. du H.-R.). 

Steenbecque (ruisseau pierreux ; — Nord), Steenkerque (église 
des rochers ; — Hainaut belge), Steenvoorde (gué pierreux), 
Steenweg (Weg, voie, route; — Brabant), Stinzel (Meurthe ; 
— nom formé de Steinsale = sale ou maison de pierre ; — ou 
pour Steinzelle : Zelle, lat. cella, cellule), Steinselt (H.-R. ; 
ZeW, lente; voûte, dôme). 

Steln est aussi employé comme suffixe dans un grand nom • 
bre de noms géographiques : Allenstein (ait. vieux), Baeren- 
stein ou Bernstein (Bar, ours; voy. App. E), Bartenslein, en 
Prusse (4), Beilstein(Beil, hache, cognée ; — voy. p. 78, 73) ; 
Binzenslein (Blnse, m. h. ail. pinz, jonc : cfr. binden, lier; 
hujuncus eljungere), Blasenstein (? rocher en forme de vessie : 
Blase, vessie; — rocher venteux : blasen, souffler [se dit du 
vent] ; sonner), Blauenstein (à la pierre bleue : Mau, bleu), 
Dûrrenstein (dOrr, sec, aride; stérile), Falkenstein (Falke, 
faucon), Forchenstein (Forke, fourche), Frankenstein (Rocher 
des Francs), Furstenstein (Fttrst, prince), Geroldslein (rocher de 
Gerold ; v. P., p, 36), petite ville sur la rivière de Kyll (p. 84), 
Greiffenstein (firelf, griffon ; — condor), Hauenstein (hauen, 
hacher; fendre; diviser-, trancher), nom de deux défilés du Jura 
suisse et de diverses localités, Heiligenstein (heilig, saint ; 

(1) Ce nom ne se rattache ni à Bart (barbe), ni à Barte (arme 
tranchante) ; il dérive de Bartelstein qui fut le nom primitif de 
cette localité. Cette ville a dû son nom à l'évéque Barthélémy qui 
convertit les Prussiens à la foi chrétienne. La statue en pierre de 
ce prélat a été placée au milieu du marché de cette vjlle. Il y a un 
autre Bartenstein en Wurtemberg. 



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— 88 — 
Heil, santé; salut ; prospérité), Helfenstein (helfen, secourir ; 
servir, être utile), Hohenstein (p. 23) (*), Hornstein (rocher en 
forme de corne : florn), Kônigstein {Lapis regius, Régis y 
Saxum : KSnlg, roi), Kuffstein (Kufe, forme de Kuppe [som- 
met arrondi, cime] et de Kopf, tête ; sommet [arrondi], cime ; 
— ville du Tyrol, au pied d'un grand rocher sur lequel est an 
château qui forme une des meilleures forteresses de la montagne)» 
Lauenstein (jadis Lewenstein), nom de diverses localités (? lau, 
tiède, tempéré), Lehenstein (v. p. 50), Lichtenstein (v. p. 33), 
Liebestein (lleb, agréable, aimable ; cfr. lat. lubet , libel ; Llebe, 
affection, amour), Lobenstein (Lob, louange ; — die Lanbe, 
lieu couvert; galerie ; cabinet de Verdure ; der Laub, feuillage; 
angl. leaf, suéd. fàf; dan. lov y bas sax. loof, feuille), Lœwen- 
stein(Lowe, lion -, — v. p. ), Nieder (bas) et Ober (haut, 
supérieur), Hammerstein (Hammer, marteau ; forge ; — on 
plutôt du v. h. ail. hamar, pierre, rocher; — les premiers mar- 
teaux étaient des pierres), — châteaux ruinés des bords du 
Rhin-, — Nierenstein (Nierensteln, pierre néphritique ou né- 
phrite, jade ; Nierenerz, le fer oxidé terreux : Mère, rein), 
Oberstein (ober, situé plus haut, supérieur), Plcckenstein 
(Block, bloc, quartier [de roche, etc.], Babenstein (roche aux 
corbeaux : Rabe, corbeau), Ravenstein (id. angl. raven, bas 
sax. rave, corbeau), Reichenstein (reieh, étendu, grand ; puis- 
sant ; riche), Rheingrafenstein (rocher du rhingrave ou du comte 
du Rhin : Graf, préposé -, intendant; comte), Rosenstein (Rose, 
rose ; celt. ross, cap, pointe), Scharfenstein (seharf, aigu), 
Schornstein (tuyau de cheminée ; cheminée ; prim. âtre ; voy. 

(I) Le Holstcin ne doit pas son nom aux pierres (a iigno et 
lapidibus). Il dérive de Holsten = Holseten = Holsaten -=accolœ 
sylvœ (Holz) ; ou de hol = hohl, creux, excavé, déprimé; bas. 
Dans ce cas ce nom signifierait habitants des vallées ou des plaines 
(Niedere Sassen). 



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— 89 — 

F., p. 185 et m), Taubenstein (Taube, pigeon), Trauensteui 
(Treae, fidélité; loyauté; trauen, ajouter foi ; se fier à, croire 
qn. ou qc.) Wallerstein (Waller, pèlerin ; wallen, marcher, 
aller en pèlerinage), Weissenstein (Weiss, blanc), Wildenstein 
(Wild, saunage, inculte ; stérile ; — H.-R.), Windstein (Wiod, 
vent ; — B.-R.), Wittgenslein (F., p. 4 56), Wolkenslein (Wolke, 
nuage), ville dont le château est bâti sur le sommet d'un rocher 
si élevé qu il semble qu'on y peut toucher les nuages. 

En pays anglais : Stone-hafen (port aux pierres : Hafen. 
angl. haven* port, havre), Blackstone (angl. black, noir; voy. 
P., p. 289), Yellowstone (yelloto, jaune). 

Au même radical se rattache le nom de Stonehenge (= Stein- 
gehSnge, chose en pierre qui pend : GehUnge, chose qui 
pend; hangen, être suspendu), amas de pierres que la légende 
suppose avoir été apporté par des géants d'Afrique en Angle- 
terre, et que l'on nomme en gaélique choirgaur {— chorea gigan- 
tum). 

D'autres noms géographiques tirés des pierres sont * formés 
avec sahs (v. h. ail. équivalent du lat. saœum, roc; caillou). On 
trouve celte signification dans les noms suivants : Sahsbach 
(rivière pierreuse), Sahswirfen (auj. Schaswerfen; Werfen, 
jeter), Sassenhaus (maison en pierre), Sachsenried (au terrain 
défriché pierreux : Ried, roseau; terrain marécageux ; terrain 
défriché}, Sachsendorf -, — Eichelsachsen (a peut-être le sens de 
Eiehelstein, balanite, littér. [gland de mer] pétrifié : Eichel, 
gland; voy. p. 55). 

Sur les bords du Rhin, le mot ley signifie schiste, roche schis- 
teuse; ardoise: Bâderley (Bad, bain), près d Eras, Steinley ; 
— d'après Brandes, Lurley signifie lauter Sehiefer (schiste 
retentissant : laut, sonore, bruyant ; en anglais lore> leçon, 
doctrine; jad. chant). Celte localité doit son nom à un écho 
célèbre qui donna lieu à la légende de l'Ondine ou de la Magi- 



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- 90 — 
cienne de Lurlei (die Sage von der Zauberln Lereley). 

On en fit un lieu enchanté. Du bateau à vapeur, les loustics 
(lustlg, gai, joyeux) allemands s'amusent à demander à l'écho 
le nom du bourgmestre d'Oberwesel, et l'écho répond : Esel 
(âne). 

Sand, sable, amas de sable ; sablonneux ; rivage : 

Sandau (prairie, plaine sablonneuse), Sandebeck (Baeh, 
rivière), Sandford (angl. ford = Fort, gué, passage), Santwick 
et Sandwich (v. p. 83) ; — le nom de Sandwich a été donné 
à une île et à une ville par Cook, en l'honneur de lord Sand- 
wich ; — Int-sand, village qu'on croit être l'ancien Sablones 
des Ménapiens ; — Whilsand (angl. white = Weiss, blanc), 
et 111e d'Ouessant (mot qui paraît signifier sable de l'ouest, 
mais qui n'est qu'une altération de l'ancien nom Uxantis), — 
Wissan (i). 

Zande (au sable), Zandvoorde (route sablonneuse : holl. voord 
= Furt), villes de Belgique, s'Graavesande (vg. qui fut la rési- 
dence des comtes [graaven] de Hollande : = le sable ou la grève 
du comte: holl. graaf = Graf, comte), — Chrisliansand ( — 
de Christian IV, roi de Danemarck). 

foies, gros sable; gravier ; semoule, gruau; — ce mot dési- 
gne un rivage sabonneux (Flaches, sandiges Ufer) ; — quel- 
quefois G ries indique un chemin au bord de l'eau (cfr. franc. 

(1) Un cicérone donnant du nom de Wissan (sable blanc) une 
étymologie sans doute populaire, disait que ce port était autrefois 
si grand qu'on y vit appareiller une fois huit cents navires et que 
de là lui venait le nom de huit cents ou Wissan. 11 est vrai que 
César s'embarqua dans le port Itius ou Iccius, emmenant avec lui 
une flotte nombreuse. Le nom de Wissan vient, comme disent les 
vieux chroniqueurs, ab albedine arenœ, ou ex albentis sabuli 
interpretatione, c'est-à-dire de la blancheur des masses de sable 
qui ont fini par obstruer et enterrer ce port. Non loin de là sont 
deux pointes nommées Gris-Nez et Blanc-Nez (v. p. 81). 



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— 91 — 

grève, on un lieu de tournoi (Kampfjalatz, die arena) (4) : 
Griess (ancienne prévôté de chanoines réguliers où se sont réfu- 
giés les Bénédictins de Mûri), Griesbach (en Alsace), Grieshof 
(Haf, ferme), Grieskirchen (Kirche, église), Griesstein, Gries- 
scblag (Sehlag, taillis; coupe; — lieu défriché par l'abatage 
des arbres : achlagen, frapper; abattre), Griesthal (vallée 
sablonneuse) , Grieswang (vang , champ) ; — peut-être aussi 
Grietb, Griethausen; — Burggriesbach (rivière sablonneuse 
du château); Sulzgries (d'un ruisseau de ce nom ou d'une 
source d'eau minérale, près de Ganstatt ; le coteau au pied 
duquel se trouve la source se nomme Sulzerrain : Snlze, saline; 
Bain, lisière; gazon ; pacage). 

Quelques-uns de ces noms peuvent peut-être se rattacher à 
grle? (adj.), qui fait frémir ; cfr. Gratis [0650/. et poét], effroi, 
épouvante; Gr*usam, jad. effrayant; au/, qui effraie; cruel; 
barbare ; ffrauen, avoir peur. 

Un pays sablonneux est aussi désigné par les mots 6r (en 
suéd. grève, lieu plein de gravier : Elsinore pour Helsingôr, 
ville du Danemarcken face de Helsing-borg, en Suède) et Strand 
(bord de la mer; rivage; sable) : le St ranci, grande rue de 
Londres, située sur le terrain qui borde la Tamise. 

Seholle, glèbe, motte de terre; sole; poisson, lat. soled) : 
Schollen, Schollendorf, etc. 

■nid, la terre grasse qui couvre les autres couches du terrain ; 
Hnll et Hfill (goth. mulda, angl. mould, suéd. mull), terre 
meuble ou légère, poussière; gravois: balayures; cfr. mahlen, 
triturer, moudre) (2) : 

(1) En celto-breton grôa et krôa, grève ; groan, gravier, gros 
sable ; cfr. franc, grave, gravier, gravelle, pierre de grès ; et les 
mots allemands Gras (gravier), Grûtze, gruau ; ital. crusca. 

(2) Maulwurf (taupe) ne vient pas de Haut (gueule, bouche)» 



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— 92 — 

Gesmold (près de l'Elbe), Versmold (entre Bielefeld et Muns- 
ter); Wittmold (v. h. ail. wxttu % bois; — P., p. î26), dans le 
Holstein. En Normandie, Meulant (pour MeuMand = terre 
grasse, etc.; ; — Dettmold (4) ; cfr. Detfurlh, Detwang, etc. 

Mold, en Angleterre, n'est qu'une contraction de Mont- 
hault (= mont-haut, mons altus); c'est par ce nom que les 
Normands remplacèrent celui de Y Wyddrug (le mont remarqua- 
ble), conservé encore aujourd'hui par les habitants du pays de 
Galles. 

Mulm, poussière (de bois pourri ; vermoulure, terreau (terre 
légère mêlée de bois pourri) ; cfr. mahlen, maimen ; — en 
suéd. malm, sable. 

mais du y. h. ail. multwurf = Erdwerfer (jeteur de terre : 
Erde, terre; Wurf,jet ; werfen, jeter ; lancer). En plattdeutsch, 
on a encore plus altéré ce mot : on en a fait Mullworm (Wurm, 
ver) et on a mis ainsi cette béte au rang des vers. 

(1) Toutefois, dans le nom de Delmold (jad. Thiatmalli, Theot- 
malli), la syllabe mold a un autre origine. Elle provient de mail 
(mot celt. ; ail. Hahl, jad. assemblée ; lieu d'assemblée ; tribunal) 
que l'on a confondu avec mold. Le préfixe Det et pour thiot 
tribu ; peuple (voy. P., p. 64). On dit, en bas ail., Detlef pour 
TColkslleb (aimé du peuple). On peut aussi rattacher ce préfixe 
au celtique [iiland.] tuât h, district; pays. Ainsi Thiatmalli peut 
signifier lieu « d'assemblée de la tribu » ( Volksmahl) ou lieu de 
« l'assemblée du pays. » — Non loin de Detmold, les Francs 
battirent les Saxons qui formaient l'avant-garde des nouveaux 
envahisseurs de l'Occident (783). Là est le "YVinnfeld (Gevinn, 
gain; v. h. ail. winne, guerre, victoire; voy. P., p. 222). 

On croit que cette localité est l'ancien Teutoburg, où Taras 
essuya sa trop fameuse défaite. La montagne qui avoisine cette 
ville porte encore le nom de Teutoberg (ce qui ne nous parait pas 
constituer une preuve). 

C'est à Detmold, dans la principauté de la Lippe, qu'a eu lieu 
naguère l'inauguration du monument d'Arminius, au jour anni- 
versaire de la bataille de Rezonville ou de Mars-la-Tour, date qui, 
évidemment, n'avait pas été choisie sans dessein. 



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— 93 — 

Malmô (île de sable). 

Lelim, argile -, terre grasse, terre argileuse; limon (anglo- 
sax. lâm, en haut ail. lahm, lam, bas sax. leem ; angl. loam; 
argile ; lat. limus; — cfr. Le In», colle ; glu ; et avec un s ini- 
tial, Scbleîm, mucus, glaire) : Leimaha (ruisseau limoneux ; 

— près de Schletlstadt), Laimbach ou Leimbach (id . ; — plu- 
sieurs localités), Leimgarten (Garten, clôture; enclos; jardin), 
Leimen (jad. Leimheim), Leimburg, Limburg. Le Lehm, Leh- 
men, Lehmingen, Lehmke, Lehrawasser, etc. 

En celtique (irland.), leamh signifie ormeau. 

M&rgel (der), terre grasse (du celtique marg, gras; boue 
tenace ; v. h» ail. mergil, angl. marie; franc, marie et marne; 
bas lat. marila y maria; la boue de? ports s'appelle merl; ce mot 
désigne aussi une espèce de gravier marin, et il est en usage, 
dans quelques parties de la France, pour marne) : Marlière, 
Marly ; Marlborough (le château situé dans un pays marneux ; 

— on a dit que ce mot est une corruption de Merlin's Borough 
et que Merlin avait une grotte en cet endroit), Marlow (de leag, 
champ; ou de hlaw t colline); — Aumale, jad. Alba-marla 
(marne blanche ou montagne marneuse ; du celt. alp, a/6, hau- 
teur), Albemarle-Street (rue d'Alber marie, à Londres), 

Quelquefois mari se rattache à mar-l (pour le celt. mawr, 
grand, ou pour Mo or, marais ; mare ; et lok, v. p. 70) : Mari, 
Marie (= Marloh, Morloh), Marlenheim (jad. Marilegium, Mar- 
ley), bg. du B.-R. 

Kalk, chaux (lat. calœ) : Ealkberg, Kalkhorst, Kalkreut. 

Sais, sel (grec SXç, £X6ç; lat. sal, salis ; celt. hal; on trouve 
en Allemagne deux formes de cette racine : hal et sal). Ce nom 
désigne des localités situées près de rivières salées (Salzfinsse), 
près de sources qui contiennent du sel (Salzbrunnen), près de 
salines ou de sauneries (Salswerke) et aussi près des entrepôts 
où Ton vendait du Bel. Des montagnes doivent leur nom à ce 



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— 94 — 
produit (Salzberg, Obersalzberg, Untersalzberg) et des rivières 
sont nommées Salza, Salzach et Saale : 

Salzbach, Salzburg (le fort ou le château de la Salza ou du 
sel) 0), Salzltammergut (Kammergut, bien domanial : Kam- 
mer, chambre ; cassette; trésor; Gut, bien, propriété), Salz- 
brunn, Salzforst, Salzfurt, Salzgau, Salzkotten ffias K«th et 
die Kohte, cabane, hutte ; et en particulier Salzhtttte), Lan- 
gensalza (lang, long) (2). ' 

La même signification se retrouve dans les noms suivants : Sulz, 
Suiza, Sulzbach, Sulzberg, Sulzdorf, Soullzbach (petite v. du 
H.-Q., connue par ses eaux minérales), Saultz-les-Bains (bg. du 
B.-R.), Soultzmatt (Matte, enfoncement, prairie), non loin de 
sources minérales ; Soultz-sous- Forêts (bg. du B.-R., sur la 
Saltzbach, et auprès d'une source d'eau salée qui est exploitée, etc., 
— on dit aussi soit pour Salz : Sol tau, Soltholm. 

Sable signifie aussi Salzwasser, eau salée (naturelle ou 
provenant d'une source) : Sohlenhoffen -, — Solingen (?), Solo- 
ttiurn (Soleure) ? 

Salz est quelquefois pour le lat. sa lix (saule). 

(1) Salzburg (en Autriche) s'appelait jadis Juvavum. Bergmann 
dérive ce nom du celtique /u/", juv ; rhéto-romain giuf = jugum, 
ail. Joch, sommet, éminence, hauteur, chaîne de montagne ; — 
au même radical se rattachent les noms suivants : Jaufen, Jaufen- 
berg, Jaufenthal, Juval, dans le Tyrol, Jufen, Jufiug, etc.)- Le 
second composant de Juv-av-um est évidemment ahva, ava, aha 
(eau). Ainsi, l'ancien nom de Salzbourg indiquait une localité 
située sur une « hauteur baignée par l'eau. » Dans les Tables de 
Peutinger, la Salzach est nommée Jvaro, c'est-à-dire « eau (ar 9 
aar) de montagne. » 

(2) Localité où, en 1866, s'immortalisa George Y, roi de Ha- 
novre. Il pouvait sauver sa couronne en acceptant le protectorat 
prussien. Mais il n'hésita pas une minute, et, sans espoir de suc- 
cès, décidé seulement à affirmer le droit et à honorer la chute de 
son trône, il alla, avec sa brave petite armée, chercher la mort, 
qu'il ne trouva cependant pas. 



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— 95 — 

La forme hal donne les noms suivants («): Hall (un dcr Saale, 

sur la Saale; Hala Saxonum, en Saxe) renommée pour ses sour- 
ces d'eau de sel (2), Halle (dans le Raveilsberg), Hall (sur le 

(1) Les Allemands ont sans raison redoublé la lettre /, et ils 
ont ainsi donné au thème primitif la forme Hall. Il ne faut pas 
confondre ce mot avec Halle (espace couvert ; salle ; cfr. lat. aula), 
ni avec Saal (jad. habitation ; auj. salle), et il ne faudrait pas 
supposer que le nom du sel provient du nom de la maison qui 
servait d'entrepôt pour cette denrée. 

(2) J an son dit à propos de celte localité : etymologia grœca vel 
cimbrica derivatione a salis prowntu nominata... et in.Àrtnenia 
Ealis fluvius grœca voce salsds, ut Straboni place t. 

Les rapports des langues indo-européennes sont connu». Mais 
l'on s'est demandé si la forme Bail des noms géographiques de 
l'Allemagne n'attestait pas une origine celtique. Mone voit dans le 
mot hal, qui désigne des salines, en gallois, une preuve de l'an- 
cienne habitation de l'Allemagne par les Belges (thèse qui n'offre 
d'ailleurs aucun doute) et de la ressemblance 'lu gallois et du 
belge (thèse également certaine, car les anciens Belges étaient des 
Celtes venus de la Germanie à une époque où cette contrée était 
entièrement celtique). 

Les Allemands conviennent que le nom de Hall est d'origine 
celtique. Mais M. d'Arbois de Ju bain ville dit que cette doctrine, 
admise par MM. Hehn, Mehlis, etc., « c'a pas de base, puisque le 
changement d's en h r est, à très peu d'exceptions près, un phéno- 
mène néo-celtique, spécial au rameau breton, et postérieur à la 
chute de- l'empire remain > » et il ajoute : « Nous n'avons aucun» 
preuve que ee phénomène phonétique s'accomplit chez les OKes 
de la Germanie... Il n'est donc pas prouvé que les Celtes aient créé 
des salines dans la vallée du Rhin. »(Rev. celtique, t. III, p. 347.) 

Mais il est reconnu que hal n'appartient à aucun dialecte 
tujdesqu» ; et l'en sait, 4' ai lieu es, que la plupart des villes ça» 
portent le nom de Hall sont en pays qui est resté celtique jusqu'en 
plein moyen-âge. D'un autre côté,, il n'est pas nécessaire de sur>- 
poser que les Celtes de la Germanie auraient eu besoin die chan- 
ger * en h» En grec, le mot &Xç (sel) n'offre aussi qu'une forte 
aspiration. Enfin» le sameau annonçai» n'est pas le aettl qui offre 

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— 96 — 
Kocher, en Souabe, Schwabisch Hall, Hala Suevorum), Hal- 
lein (= das Kleine Hall, an der Salza, avec une saline ou 
SalzIager),Hallet Hallstadt (en Autriche), Hall (dans leTyrol), 
Hallenberg (Westphalie), Allendorf (pour Hallendorf); — Frie- 
drichshall, Leopoldshall (avec des mines où, en 4884, un 
tremblement de terre détacha des masses considérables de sel), 
Reichenhall (reîeh, étendu ; riche), en Bavière (4). 

La ville de Soden doit aussi son nom au sel : Sud, eau salée ; 
c'est-à-dire cuite, qui a bouilli; s^eden, bouillonner, bouillir). 

Eisen, fer (jad. isarn) (2) : 

Eisenach (rivière du fer), Ëisenberg (montagne du fer), Eisen- 
feld (Feld, champ), Eisenbrechtshoffen (à la ferme d'Isambert : 
P., p. 77), Eisenhart (forêt du fer), Eisenhausen (Hau«, mai- 
son), Eisenheim (id.), Eisenrode (Reut, défrichement), Eisen* 
stat (Statt, lieu, place), Eisenthûr (porte de fer) ; — Iserlohn 
(p. 70). 

la forme hal, puisqu'on la retrouve aussi dans le rameau gallois. 
En effet, en gallois hal et hallen signifiait «sel. » Dans cette langue, 
Tir hal se traduit par «pays de sel » ou par « marais salant » 
(sait land or a sait marsh). De hal on a formé halad (imprégné 
de sel) et plusieurs autres dérivés. Le comique hal (marais salant) 
entre dans la composition des noms de lieux, en Cornouailles : 
Penhale, Penhalow. De plus, le mot bas breton « hal » (sel) a 
produit les mots halennour, halenner (comique haloiner), qui se 
rattachent sans doute à la racine celtique qui a donné les mots 
hanouar, henouar, hannouart, lesquels, en v. franc., signifiaient, 
comme leurs équivalents néo-celtiques, * porteur de sel, vendeur 
de sel. » 

(1) On a dit que la Gallicie tirait son nom de Halicz ou Galitch, 
ville qui était jadis capitale de cette coutrée et où l'on trouve des 
sourees salantes. v 

(2) Isarnodurum, nom de lieu gaulois, nous donne la forme 
îtarno (de fer). Dans quelques dialectes celtiques, la sifflante * . 
s'est changée en h : gall. haiarn; armor. houarn; l'irlandais tarn 

a perdu la lettre s ; angl. iron (fer) (Voy. App. M). 



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— 97 — 

Era, minerai; airain; bronze (v. h. ail. av. er ; golh. ais ; 
lat. ces. franc, airain); ehern, d'airain, de bronze; dur; im- 
pitoyable : 

Erzleben (de leben, habitation ; cfr. leben [exister, rester], 
dans le sens de bleiben, subsister, demeurer), Erzgebirge (mon- 
tagnes métalliques), Erzhausen -, — Bleienerze (Bleierz, mine 
de plomb). 

Blet, plomb : Bleistein (= pierre plombière). 

Kupfer, cuivre (suéd. Koppar ; lat. cuprum, œs cyprium), 
Kupferberg (diverses montagnes où Ton trouve du cuivre), Kup- 
ferbammer, Kupferzell (Zelle, cellule), vg. sur la Kupfer. Ko- 
persberg (montagne de Suède qui a des mines de cuivre). 

Silber, argent : Silberberg, Silberhausen. 

Cruld, or : Goldau, Goldberg. 

GeH, métal monnayé, monnaie : Geldern (corne de l'argent; 
lieu caché où il y a du métal monnayé : Horn). 

L'état du sol, au point de vue de la sécheresse ou de l'humi- 
dité, de la stérilité ou de la fertilité, suggère la pensée de désigner 
certains lieux par des noms relatifs à ces particularités. 

Le sec est désigné par les mots : 

[Troeken, sec, aride] : Trockau (prairie, localité sèche) ; — 
Trockne Werra (la Werra desséchée) ; 

Diirr, dorr, sec ; aride ; stérile ; d»rren, sécher* se dessé- 
cher ; 

Dûrrenbach, Dûrrenberg, Durrenhayn (Hain, bosquet), Diir- 
renhard {hart, forêt), Dûrrenhoff (ferme aride), Dûrrenrot(Reat)^ 
Durwalde (Wald, forêt), Dûrrvangen {vang, champ). 

L'idée de sécheresse est comprise aussi dans les mots : Sand 
(sable) (p. 90), et Wftsten (déserts, landes), (p. 78) (i). 



(1) Le nom de Suckau paratt dériver du mot slave ssuehy (sec), 
que l'on trouve, avec la lettre *, dans les noms géographiques : 



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— 98 — 

L'humidité du sol est désignée par les mots : 

Wass, humide, mouillé (cfr. languedoc. nasso, prairie qui 
repose sur l'eau, qui s'enfonce sous les pieds) : Nassau (prairie, 
pays humide ; ville située sur une colline entourée d'une cam- 
pagne marécageuse). Nassenbeuern , Nassenfels , Nassenheide 
(bruyère humide). 

A Tidée d'humidité se rattachent des idées spéciales exprimées 
par les mots Wiese, Au, etc. 

Feuch*, humide : Feucht, Feuchling (ing, App. P), Feucht- 
■wang (champ). 

Suhl (localité où l'on fabrique de nouveaux revolvers pour la 
cavalerie allemande) paraît devoir son nom au radical Sunlen 
(patauger ; se vautrer dans la fange ; cfr. franc, souiller, sale) et 
de die Suie (lieu où l'on patauge, lieu boueux) : Suhla, Suhle 
(rivière), Suhlingen. 

Dans quelques noms, leke indique aussi une habitation ou 
une localité humide (Icoken, suinter, dégoutter ; s'écouler) : 
Lekem (Helm). 

D'autres dénominations indiquent la fertilité, la richesse» 
l'abondance : 

Geile, fertilité exubérante ; fumier, engrais ; gell, exubérant, 
gras; lascif: Geilenfelde, Gulenkirchen, Geilingen; Geilsdorf. 

Baar (ail comptant) et bar (comptant; pur, sans mélange) 
offrent l'idée de production (cfr. geb&ren, produire ; enfanter ; 
de l'anc. btirm, porter) : Baar, Baaren. 

Zuchow (ville de la Poméranie), et, avec un s clan» Suofcow çt 

Sychau (grand-duché de Strelitz). 



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— 99 — 
CHAPITRE II 

DÉNOMINATIONS LOCALES FOUBNIBS *AB LES NOMS DBS BAUX 

(Gewftsser). 

Un grand nombre de localités tirent leur nom des eaux, et ce 
fait n'offre rien d'étonnant, car les hommes en fixant leur de- 
meure devaient naturellement avoir égard à cet objet de pré* 
mière nécessité. Les premiers habitants delà Germanie établirent 
les campements primitifs sur les bords des rivières, des lacs et 
de la mer, auprès d'une source, et beaucoup d'habitations ont 
dû leur nom à cette constitution physique de la localité ou à 
cette circonstance particulière, de telle sorte que Ton serait natu- 
rellement porté, d'après le nom, à prendre des villages et des 
villes pour des rivières et des lacs. 

tVasser, eau ; eaux (angl. *water) : Wasserburg (château de 
l'eau ; petite ville de Bavière que l'Inn enveloppe de ses replis), 
Wasserbillig, Wasserfall (chute d'eau : Fall, chute), Wasserleben; 
— Waterloo, Waterhorst ; — AUwasser, Neufahrwasser (Fahr 
= Gefahr, danger, péril ; — IUhre, bac) ; Oudewaler (holl. 
oude = ait, vieux), etc. 

Les cours d'eau étaient jadis souvent désignés par le mot ach 
(goth. ahva, v. h. ail. aha, lat. aqua) : Aach (riv., ville), Aachen 
(Aix-la-Chapelle) ; Ach (m.)» Acha (riv.), Achberg, Achen- 
bach, Achenrain (Rain, lisière ; pacage), Achem, Achim ; — 
Biberach, Breisach (grand fleuve : celt. breis, grand), Erl- 
ach (riv. des aunes) (i), Schwarzach (riv. noifeï ; Staubach 
(chute d'eau ; «— dans laquelle l'eau paraît comme changée en 

(1) Dans ce nom* ùch peut désigner Un lieu, une propriété 
où croissent des aunes, comme dans Heslach (Hasel), Weidach, été. 



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— 400 — 

poussière : S tan h), Schwabach (ville sur la Schwabach : Schwe- 
ben, jad. • se remuer, s'agiter ; àuj. planer ; flotter ; — cfr. 
Sehweifen, errer, vaguer), Schwalbach (de ach ou de Bach ; 
et de Schwalbe, — moy. h. ail. swal, angl. swalow, hiron- 
delle ; ou deSchwall, gonflement, turgescence; Schwellen, 
se gonfler), localité surnommée Langen Schwalbach et bien con- 
nue pour ses eaux minérales. On y voit des sources appelées 
Weinbrunnen (sources vineuses), Slahlbrunnen (fontaine ferru- 
gineuse ; Stahl, acier), etc.; 

Aha, Ahadord, Ahaheim, Ahaloh ; — Aa (jad. Aha). 

Quelquefois aha prend la forme au : Allenau, Donau, etc. 

Dans beaucoup de noms le suffixe ach disparaît : Lahn (jad. 
Loganaha), Schwelm(= Schalmaha : Schwâlm— Schwalbe, 
hirondelle), etc. 

Bach, ruisseau» petit cours d'eau (Fliessendes Wasscr) (4) : 

— Bach, Bâche (riv.), Bache-Fliess (Fliess, petit cours d'eau, 
petit ruisseau), Bachen, Bachheim ; — gau, — haupten(Haupt; 
tête), — hausen, — heim, — scheid, — stein, — thaï. 

Bach entre dans les composés : — avec des noms de miné- 
raux : Griesbach (Gries, gros sable-, gravier), Goldbach (vg. 
du H.-R., couronné par les ruines du Freundstein ; — tire son 
nom d'une rivière dont le fond est semé de paillettes de mica 
pulvérulent [en ail. Katzengold ou Katzensilber, suivant 
qu'il est jaune ou blanc] : Gold, or), Kieselbach (Kiesel, cail- 
lou), Steinbaeh (ruisseau pierreux ; — patrie d'Erwin, architecte 

(I) Ce mot est peut-être une forme de ach {B-ach, be-ach ; 

— be est un préfixe qui sert à donner plus de forée à l'expression ; 

— ein Kollectivbegrif). D'un autre côté, ou pourrait supposer 
que ce mot a d'abord signifié le creux du lit d'un cours d'eau 
(das Flossbecken : de Becken, bassin). Indiquons enfin le 
grec 7cr)YiJ (source), et le grec moderne ftayu> (je vais) ; et le sans- 
crit bhag, baka (tourner çà et là). 



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— m — 

de la cathédrale de Strasbourg) ; — des noms d'animaux : Auer- 
bach (de l'ure), Eberbach, Ebersbach (Eber, sanglier), Elbach 
(el sérail pour A al, anguille), Erbach (serait pour Eberbach, el 
désignerait une rivière wo sich Eber finden) ; Falkensteiner- 
bach (ruisseau du Falkenslein ou du roc du faucon ; — petite 
livière de l'Alsace), Fischbach (Fisch, poisson), Hirschbach 
(Hirsch, cerf), Katzenbach (benannt von der Nnchbar- 
schaft der wilden Katze), Rossbach (Ross, coursier;, Rôth- 
enbach (ruisseau du roto, poisson pointillé de rouge [rot h], 
que l'on appelle encore rUthli, en Suisse), Ulbach (Eule, v. h. 
ail ûla, hibou ; — peut-être de ohl, o/, lieu marécageux ; — 
peut-être aussi uhl cache- t-il une forme celtique ul (eau), ôîa, 
uok> [cfr. POUius, auj. Oglio, dans la haute Italie]; ou peut-être 
une forme de Aal, anguille) ; — des noms de plantes : Bom- 
bach (Baum, arbre), Erlenbach (ruisseau des aunes), Eschbach, 
Eschenbach (des frênes ou des ombres : Esche, frêne; — ombre, 
poiison), Feldbach (ruisseau des champs), Forbach (Fohre, pin; 
— truite), Haslenbach (Hasel, noisetier), Tannenbach (Tanne, 
sapin); — des noms de couleurs : — Schwarzenbach (schwarz, 
noir), Wissenbach ^blanc; der Weisse Bach ; — Dunkel- 
bach (dunkel, sombre, obscur), Finsterbach (fins ter, téné- 
breux), Trûbenbach (trttb, trouble ; sombre) ; — de la profon- 
deur : Diefenbach, Tiefenbach (ilef, .profond ; Bach in der 
Tiefe); — des noms de personnes : Egelsbach (d'Egil, d'Egi- 
ldf, etc.)» Gundelsbach (de Gundolf), Heimbach (d'Heimo), 
Leutenbach (de Liuto), Ottenbach (d'Olta), etc. 

Mentionnons encore les noms suivants qui se rattachent à 
Bach : Ambach (Ort ara Bach), Anspacb (peut signifier : 
près du ruisseau -, mais l'ancien nom était Onolzbach, Onoldi- 
num, à l'embouchure de l'Olze ou Holzbach), Breiienbach (breit, 
large), Durbach ou Dornbach (non pas qu'il coule à travers des 
buissons épineux, durch Dorngestrttpp ; — mais du celt. 



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— 402 — 

dur, eau), Erbach (jadis Erdtbach [Erée, terre] ; vg. traversé 
par un ruisseau de ce nom, lequel s'enfonce dans la terre, passe 
sous une montagne et reparaît de l'autre côté, près du moulin 
de Slockheim), Feuerbach (ville et ruisseau qui n'est pas du tout 
un torrent de feu [Fcaer], le nom de cette rivière était jadis 
Biberbach [Blt»«r, castor]; de biber on a fait fiber [nom latin 
du castor] ; fiur et feuer), Freudenbach (Frewde, joie ; — mais 
plutôt une corruption du celt. ffrydan^ cours d'eau), ftfarbaeb 
(ruisseau de l'elfe : Mahr = «1er Alp ; — ou de BAhre, ju- 
ment ; — cheval ; rosse), Miesbach (bavarois Mies == Moca, 
mousse), Mûblbach (du moulin \ Narrenbach (Hïarr, fou), 0*1- 
bach (== Steinbach : celtique [anc. irland. ail, irl. oil], pierre), 
Offenbach (découvert, dégarni d'arbres : offen, ouvert; lé- 
coovert), Narrenbach (Warr, fou), Reichenbaeh (relch, jtd. 
étendu ; abondant), Schônbach (SeftSa, beau) (4), Steinbach (ad. 
Stagnebachus, pour stagnans rivus), 9ulzbach (— Salzb&h, 
ruisseau salin). 

Bach devient, en plattd., beeh, bêche, biche : — HelîclBcq 
(clair ruisseau : hcll, clair ; — sonore), Schierenbeck (de schfer, 
pur, propre; ou de l'adj. v. h. ail. scioro, rapide, impétueux); 
Rebfce [hirmulortim amnis .- Reh, chevreuil); — becque, m 
Flandre : Bousbecque (ruisseau du hallier : Bnseh), Steenbe> 
que (ruisseau pierreux), etc ; — bec, en Normandie : Le Itec 
(célèbre abbaye qui dut son nom au ruisseau qui arrose la vallée 
où elle est située), Clarbecq (ruisseau clair), Haulbec (ruisseau 
creux. : h<»hl, creux) ; Le Bequet (afQ. de la Seine). — Bêle 
prend la forme buis (en Belgique) dans les noms à forme romane. 

Bette se transforme en eche, tcke, he, après les lettres m, r, 

(1) Schônbach (près de Kircheira) ne signifie pas elnschSner 
Bach, mais eln Kurzer Bach (un ruisseau d'un parcours res- 
treint ; du v. b. ail. scam, court, petit). 



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— 403 — 

i : Bremecke (Westpha)ie), Bremeke (près de Coppenbrttgge, 
jadis Bredanbeke =*= Breitenbach), Delecke (ruisseau de la vallée: 
en bas ail. dal = Thaï) et Dalke (id), etc. 

Le même mot prend aussi les formes pekê, pke % pe : Lemke 
(pour Lembeke : ? de Lehm, terre grasse, argileuse, glaise), 
Leimpe (auj. Leînbach ; le préfixe est sans doute le celtique /fntt, 
eara), Obefîspe (auj. Oberfischbach), Rospe (auj. Rosbach, dans 
le Nassau), etc. — Quelquefois 6 se change en m et on a las 
formes méke, mike (d'après des lois spéciales de l'idiome wesl- 
phalien) . 

Sir«jm, courant; torrent (angl. stream) : — Strom (riv.}, 
Stromberg, Strômsfeld, Stromsholm (Holm, colline, petite !le), 
Siromstadt, etc ; — le Gulf-Stream (= Golf-Strom =. le courant 
du golfe [du Mexique], où, sous le soleil de l'équateur, les masses 
d'eau s'échauffent comme dans une vaste chaudière ; — ou plutôt 
« courant-courant, » courant rapide : du norrain gôlf[%o\h. 
galaufl, cours, cours de rivière ; allée, couloir ; toufen, courir), 
Mahlstrom (le courant qui moud, à cause du tourbillonnement 
des vagues, naca str&mendea, mahlenden Bewegaag des 
««ewassers t mahlen, triturer, écraser), fameux gouffre que 
les Norwégiens nomment aussi Storm-King (roi des orages : 
Stunn, orage, gros temps, tourmente), parce qu'il sert de véhi- 
cule aux vents tempétueux ; — il était connu des anciens sous 
le nom de Umbilicus terrœ \ — Coldstream (an g cold =*= 
JKalf , froid ; — vg. d'Ecosse). 

Fias», écoulement, flux ; chose qui coule ; rivière ; Filent 
(petit cours d'eau,), et les formes fleth t flet, holl. vliet (ruis- 
seau), fleth (canal,. à Hambourg), se rattachent à la racine qui 
a donné fluere, ail. f Jessea. couler, fluer ; Fluth, flux) : Fliss* 
ingen ; — Elsflelh. 

TVomst doat la première partie est nu nom pr+pre de 
rivières. — Les noms propres de rivières entrent souvent dans 



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— 104 — 

la composition des noms de localités. Ainsi on trouve, près du 
Neckar : Neckarau, trois Neckarhausen , Neckargemùnd , 
Neckarsteinach, Neckargerach, Neckareîz, Ncckarsulm (à l'em- 
bouchure du ruisseau SULM), Neckarzimmern, etc. 

Les villes suivantes empruntent une partie de leur nom aux 
cours d'eau près desquels elles sont situées : Àarau (capitale du 
canton d'Aarau ou d'Argovie, — située sur l'Aar), Aarberg 
(presqu'île que l'Aar entoure de trois côtés), Diisseldorf (sur la 
Dussel), Goslar (sur la Gose), Henneborn (source de la Henné), 
Illkirch (vg. du B.-R., situé sur 1111), Ilmenau (sur l'Ilm), Lim- 
burg (deux localités, Tune sur la Lenne, l'autre sur la Lahn ; ces 
deux rivières ont la même racine : Una, qui n'indique ni le lin 
[Lein], ni une ligne [Leine), mais qui représente le celtique 
lin, linn, lyn, eau profonde ; cfr. Dublin ; — Lippsladt (Stadtan 
der Lippe), Rheinslein (rocher du Rhin), Rheinfeldeu, Rhinau 
(petite ville du B.-R., située sur le Rhin), Rhynaw ou Rhei- 
naw (lat. Augia Rheni, v. située au bord du Rhin), Rhyneck 
(ou Rheinegg, ville bâtie à l'endroit où le Rhin se jette dans le 
lac de Constance), Ruhrort (= Ort an der Ruhr, au confl. de 
la Ruhr avec le Rhin), Sarralbe (doit son nom à sa situation 
au confl. de la Sarre et de l'Albe), Sarrebourg (sur la Sarre, 
départ, de la Meurthe), Saarburg (sur la Saar -, v. de l'arrondis- 
sement de Trêves), Sarrebruck (— pont sur la Sarre), Sarregue- 
mines (ail. Saar-Gemûnd ; — à l'embouchure de la Bilse et de 
la Sarre), Saarwerden (vg. du B.-R., sur la Sarre), Siegburg, 
Siegen (Sig-inna, sur la Sieg), Spire ou Speyer (jadis civitas 
Nemetum et Noviomagus, devrait son nom moderne au ruisseau 
nommé Speyerbach ; ou au lat. spira [cohorte, troupe], parce 
qu'il y avait un camp romain) ; Wipperfurt (— Furt nber die 
Wipper). 

Quelques localités ont pris tout simplement le nom du cours 
d'eau près duquel elles sont situées, sans faire entrer ce nom en 



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— 105 — 
composition avec Bach, Strom, Pluss. C'est le cas de Wien, 
capitale de l'Autriche. Le nom de cette rivière est du pur celtique 
(comique vian, armor. bihan, petit). La Wien est une petite 
rivière qui se jette dans Danube, entre la ville et le faubourg des 
Weissgerber (mégissiers). 

Sources (Quelle »rte). — Le mot Braun est fréquemment 
employé, pour Quelle, dans la composition des noms de lieux. 
Dans les contrées montagneuses, ce mot indique les endroits où 
il y a des sources (Quellen-Oerter) (*). 

Brunnet Brunnen ; source, fontaine; eau de source ou de 
fontaine; eau minérale; Born, poét. source, fontaine, puits. Ces 
substantifs se rattachent à l'anc. prinnan (ardere); comme Sôt 
(anc. mot pour Brunn) et Sod (prov. puits), proviennent de la 
racine qui a donné sîeden (bouillonner, bouillir), Sod (bouil- 
lonnement ; prov. sauce ; — diverses localités nommées Soden) : 

Brunn, Brùnn (2), Brunnbach, Brunnenhof-Strasse, Brunn- 
tha! ; — Bronnbach, Bronnveiler ; — Born, Borna, Bornbach, 
Bornbeck (riv.), Bornberg, — feld, — heim, — hem, Born hevet 
(Haupt, tôle; m. h. ail. houbet , bas sax. hbved, dan 
hoved), Bornhusen, Bornim,Bornstaedt, Bomum; — Franzens- 
brunnen (de François), Hellebrunn ou Hellbrunn (clarofon- 
tanum palalium, ancien château : hell, clair), Lauterbrun- 
nen, Lauterbronn (source claire : lauter, clair, transparent; — 
ou de la Lauter), Mariabrunn (de Marie), Neubrunn (neu, nou- 

(1) Quelle (source, fontaine ; quellen, jaillir) se rattache à 
Welle (vague, onde). Cfr. wallen, rouler des flots; bouillonner; 
— marcher; — aller en pèlerinage; angl. well (puits, source). 

(2) On a dit que Brùnn, ville de la Moravie, devait son nom 
aux excellentes sources qui l'environnent. Mais cette ville, qui 
est au confluent de la Schwarzawa et de la Zwittawa, est nommée 
en slave Bmo qui signifie « gué. » On donne aussi à brno le sens 
de «cuirasse » et on dit que la ville de Brùnn a été fondée par le 
duc Bryno. 



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— 406 — 

Téau), Reinhartsbrunn (de Reinhart, P., p 410), Saîzbrunn 
(dtt sel), Sauerbrunn (sauter, acide, sûr ; — ou forme de sar, 
mar, cours d'eau), Schônbrunn (belle source : sehftn), Tiefen- 
brunn (tlef, profond;, Warmbrunn (vg. de la Silésîe qui pos- 
sède des eaux, thermales : Warm, chaud) (4), Weissenbrunn 
(Weiss, blancï (2). 

Gerabronn (source de la Géra), Heilbronn, Heilbom (fontaine 
de santé, de guérison : Heil, santé; bonheur; salut), doivent 
leur nom à des sources médicinales ; — Heiligenbrunn (heilig 
[propr. salutaire, qui donne ou maintient la santé] ; pur, saint), 
Niederbronn (nieder, inférieur); — Kônigsborn du roi), Mors- 
bronn (Moor, marais ; m<»rseh, holl. mors, pourri, carié, fria- 
ble, cassant-, lat. marcere, être flétri, fané), lieu illustré par la 
seconde charge des « Cuirassiers de Reichshoffen ; » — Paderborn 
d. i. Born, Bruunen der Pader) (3), Quickborn (qaick, 
vif, alerte), Slrûmpfelbronn (source située dans un cul-de-sac : 
Strumpf, bas, chausson ; — on trouve aussi un Strûmpfelbach), 
Weissenborn, etc. (voy. l'Appendice pour le celt. boni). 

Spring, source^jaillissante ; Ursprung eines GewUssers; 

(1) Une localité nommée Warmbronn n'a pas de sources chau- 
des; et, pour expliquer ce mot, on a recours au nom propre 
d'homme Warin, Warino, P., p. 37). 

(2) Wisonbronna aurait, dit-on, signifié « la source du bison, > 
en anc. ail. wisunt. Mais le préfixe peut se rapporter à Wiese 
(prairie) et on aurait ainsi un Wiese nbach, une source, une eau 
des prés. 

(3) Cette ville est située auprès des source* de la Pader. On la 
nommait jadis Phadarprunnin. La petite rivière Pader sort de 
trois sources qui se trouvent au centre même de la ville, sous 
rautel de la cathédrale. Ses eaux sont tièdes en hiver et froides 
en été. Le nom de cette rivière se rattache à la racine qui a donné 
Padus, Bad. 



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— 407 — 

saut (d'une rivière) ; Springèn, se rompre avec bruit; s'ouvrir 
subitement, jaillir, sauter, s'élancer; Spriesse», poindre, 
naître, êclore; Sprfihen, jailUr; projeter, répandre ; Sprttdel, 
jaillissement, bouillonnement d'une source; flux abondant; 
eaux vives. Des localités situées près des sources d'un cours d'eau 
prennent quelquefois leur nom de cette circonstance : Springe(aux 
sources de la Haller est une ville nommée jadis Hallerspringc, 
parce que la Haller y prend sa source) ; — Lammspringe (aux 
source de la Lamme), Lippspringe (aux sources de la Lippe), 
Rnbmspringe (de la Ruhm); — des localités nommées Ur<- 
springe, Urspring, Urspringen (rappellent le mot Ursprung, 
[origine; source; sources]; — ou bien une rivière nommét 
Urj, etc. 

Wedel, qui signifie « queue » et « éventoir » (pour wehdel, 
wegen pour bewegen, mouvoir, remuer, agiter; oude weueu, 
être agité, souffler, faire du vent) a aussi le sens de Quelle. 

Une source offre, en effet, l'idée du mouvement (Bewegung). 
On dérive toutefois wedel (source) de quedilla qui, dans d'an- 
ciennes gloses, a le sens de pustuh et de gispring (bouillonne- 
ment), de sorte que wedel signifie a source qui sort en bouil- 
lonnant » tdie ansspru-delnde Quelle) : Wedel (dans le 
Holstein), Wedel (an der Elbe), Wedeldorf ; — Bu rg wedel, 
Langwedel, Neu wedel, Salzwedel (lat. Soltaquella), Sleinwedel, 
Store h wedel (Store», cigogne), — etc. On rapporte à wedel 
et à quedilla le nom deQuedlingburg [ing, Burg). 

Spa (jadis Fons Tungrorum), ville qui doit son nom au mot 
espe, lequel, dans le vieil idiome du pays, signifiait « fontaine» 
(cfr. gaél. spac, effort soudain, production subite; angl. spew, 
vomir). La principale source est nommée Pouhon, du wallon pou- 
her (entraîner, tirer). Cfr. les eaux de Pougues (France), en 
patois vosgien, puhé (puiser) eipuha (mare). 

Kikde, source, fontaine (ep danois) : Roeçkilde (non pas Fons 



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— 108 — 
rosarum; mais fontaine du roi Hroar, fondateur de cette ville; 
ou du dan. roe = Ruh, repos, relâche, paix) (1). 

Les sources des fleuves étaient quelquefois regardées comme les 
tètes (Haupt, tête, chef, sommet ; point élevé) ou les sommités 
d'où ces rivières découlent : Bronnhaupten (Wurtemberg), Burn- 
haupten (Alsace), Bachhaupten (Hte-Souabe), Lohrhaupten (la 
source de la Lohr). 

. Bains (Baden, Badeorte). — Le nom de Brunnen dési- 
gne quelquefois des localités qui ont des eaux minérales. D'autres 
sources de ce genre sont indiquées parle mot Bad. Ce mot, qui 
a d'abord signifié « source, » a le sens de « bain » et particulière- 
ment de thermes ou d'établissement dans lequel on prend les eaux 
thermales. 

Bad, bain ; établissement où Ton prend des bains (gallois 
badh ou baz) : Baden (dat. plur. de Bad, = lu den B&dern, 
oq Baden-Baden (pour la distinguer des autres), capitale du duché 
de ce nom (est l'ancienne Civitas Aurélia aquensis), qui doit 
son nom à ses eaux thermales-, — Baden (Aquœ Pannonicœ), 
en Autriche -, — Baden (Aquœ Helvetise), en Suisse (une des 
sources est auprès d'un rocher nommé der heisse Steln ou 
la Pierre chaude : helss, très chaud, brûlant), Badenhausen, . 
Badenheim, Baden weiler, etc. ; Carlsbad ou Karlsbad (bain de 
Charles IV), petite ville de la Bohème renommée pour ses bains, 
qui furent découverts par un chien de chasse de l'empereur 
Charles IV (2), Kaltbad (bain froid, benannt nach seines 

(1) Le nom de cette ville a été transformé par les Allemands en 
Rothschild (abri rouge : Schlld, écu, bouclier; jad. abri, pro- 
tection). 

.(2) Cette localité se nommait auparavant Warmbad (bain chaud). 
La principale source est nommée le Sprudel (jaillissement, bouil- 
lonnement); jad. Brudel = Brodem (vapeur chaude); bru- 
deln (bouillonner). On y prenait jadis des bains nommés Haut- 



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— *09 — 
Kalt n Hellquellen), en Suisse ; — Marienbad (de Marie ; 
comprenant Saïzbrunnen ou Kreutzbrunnen [de l'eau saïée et de 
la croix], Stahlbrunnen [source ferrugineuse : Sthal, acier), 
Carolinenquelle [source de Caroline], Schlangenbad [bain des 
serpents], où est un Staubbrunnen [fontaine aux douches : Staub, 
poussière); — Wiesbaden (bains des prés : Wiese, prairie) (4),. 
Wildbad {Thermœ Ferinœ), s' tuée dans une vallée à la fois roman- 
tique et sauvage In wildromantlscher Umgebung). Ses 
eaux thermales (Warme Quellen) furent nommées wild (sau- 
vage -, — bêtes sauvages (parce qu'un sanglier, poursuivi par des 
chasseurs jusqu'auprès de ces sources, en aurait révélé l'exis- 
tence. Ou bien elles auraient été appelées d'abord Thermœ Sylves- 
tres (Waldbad), parce que la contrée était couverte de bois 
— Belecke (jadis Badelecche ; le premier composant indique eln 
Badehaus que Ton y voit encore avec une source d'eau miné- 
rale ; le second composant se rattache à Lecke (Leckhaus 
auf Salinen) ou au verbe leeken = stillare, rigare. On 
trouve aussi une localité nommée Badelachen (principauté d'Ei- 
senach). 

Il y a aussi des eaux thermales à Pyrmont(dont le nom paraît 
signifier a bouche à feu » : Feue**, feu, grec xup , Mund, bou- 
che, ouverture ; ce mot indiquerait peut-être un ancien cra- 
tère) («) ; à Sultzmatt (au pied du Heidenberg), à Seltz (dans le 

fresser (rongeur de la peau : Haut, peau ; ffresser, mangeur ; 
glouton ; f reasen, manger, ronge» 1 )» parce qu'on enlevait la peau 
aux malades avec l'eau du Sprudel. Les ulcères étaient cicatrisés 
avec d'autres bains. 

(I) Cette localité était jadis nommée Âquœ Mattiacœ. Les Mat- 
tiaci étaient un peuple du Taunus dont le nom parait avoir été 
traduit par Wiesbaden. En effet, Matte = Wiese (prairie) et bad 
a eu le sens de açh (eau). 

(3) Selon quelques érudits Pyrmont serait pour Viermund . 



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- WO — 

corn lé de Nassau;, dont les eaux contiennent une grande quan- 
tité de sel). 

Teplitz doit son nom à ses eaux chaudes. Ce nom signifie, en 
slave, tppla ulice, via calida, rue chaude ; de teply, chaud ; 
cfr. sanscrit tap (brûler ; lat. tepidus, tepere; celt. top, cha- 
leur). Le nom du ruisseau Tepel, qui passe devant Carlsbad, se 
rattache à la même racine (<). 

Embouchure «les rivières. (M&nduiigsorte). — Hund, 

bouche; ouverture (angl. mouth-, — cfr. lat. mandere, 
mâcher); GemOntl (bouche, orifice). Ces mots indiquent une 
situation à l'embouchure d'une rivière : Miinden (dans le Hano- 
vre, au confluent de la Fulda et de la Werra ; llinden (ville près 
de la Porta Westphalica, qui aurait été ainsi nommée, parce 
que, en cet endroit, le fleuve débouche [ausmûndet] dans la 
plaine) (2) ; — Hallermund (châleau qui était bâti non loin de 
l'endroit où la Haller se perd dans la Leine), Holzmûnden, Stol- 
pemunde, Schwinemùude, Travenmunde (à l'embouchure de la 
Trave), Weichselmiinde (= embouchure de la Vistule); — 
Dortmund offre une corruption de Drotmani (4) -, — Graiind 



(▼1er, jad. /tor, quatre) et indiquerait quatre ouvertures. D'après 
certains documents Pyrmont ou Permunt serait pour Pétri mom. 
11 y a eu un Pyrimont dans le département de l'Ain. 

(1) On rencontre le nom de Teplitz trois fois en Hongrie (avec 
des bains d'eaux chaudes), une fois en JUyrie, et uue fois eu> 
Styrie avec des bains chauds. 

Il ne faut pas confondre ce nom avec Ttiplitz en Prusse {Alt und 
Neu TGplitz), dont le nom dérive du wende topol, peuplier. 

(2) Au sujet de ce nom, voy. p. 12* 

(3) Drotmani, Throtmani, Tbrotmeni, villa Tratmanw (P., 
p. 153) signifierait monile gutturis seu colli (angl. throat, gosier, 
gorge > y. ail. mont, collier ; lat. vionite ; voy. P., p. 302). 



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— m — 

dans le Wurtemberg à la jonction de deux cours d'eau), Gmûn- 
den, etc. ; — Neckargemund (où l'Elsens débouche dans le 
Neckar), etc. 

Les formes flamandes monde, muyde, muthe : Dendermonde, 
Termonde (jad. Tenerœmonda = embouchure de la Dendre, 
rivière qui s'y perd effectivement dans l'Escaut), Deulemonde 
(embouchure de la Deule) (1), Ruremonde ou Roermonde (de 
laRoer), etc. 

Il paraît que Emden (à l'embouchure de l'Ems) est une abré- 
viation de Erasraunden. 

Koblentz (en lat. Gonfluentia). 

Chutes d'eau ( Wasserfl&lle) . — Laur, cours, courant -, 
Laufen, course ; cours : Lauff (sur la Pegnitz), Lauffen (près de 
Schafhausen), Lauffen (sur la Salza, sur le Neckar, etc.), Lauf- 
enburg (Klein-Laufenburg et Gross-Laufenburg où sont les 
cataractes ou Wasserfalle du Rhin) ; Wasserfall (chute d'eau), 
vg. de la Westphalie. 

En suéd. fors et, en norvégien, fos, indiquent une chute 
d'eau : Helsingfors (ville des Helsing) (2) -, — Riukan-Fossen 
(chutes du brouillard : riukan, brouillard), cataracte fameuse. 

(1) Dans le nom d'un village appelé Deulesmont, le suffixe 
mont ne désigne pas une montagne. Ce nom est une corruption de 
Deulcsmond (embouchure de la Heule : hohl, creui). 

Il en est de même du nom de Pyrmont gui n'a pas trait aux 
montagnes (per montes ; — ville entourée de montagnes), mais plutôt 
4 des sources d'eaux minérales. Ce nom nous paraît, en effet, 
avoir le sens de « bouche de feu » (Feuer, v. h. ail. fiur, anglo- 
sax. /ir, angl. /Ire, grec rcup, feu). Il y avait sans doute en ce lieu 
un volcan, et son nom indiquerait un cratère. Une des sources 
chaudes de Pyrmont se nomme Brodelbrunn à cause de l'eau qui 
sort à grand bruit (brodeln, être en ébullition ; — braten, rôtir, 
cuire)'. On a rattaché le nom de Pyrmont à Tiermùnden (vler, 
quatre). 

(2) Helsingfors, Helsingborg, Helsingôr, noms de trois villes qui 

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— 442 — 

Ufer, rivage, rive (mot formé de ttber [suéd. œtfwer, hyver, 
•angl. over, upper, grecOxép, lat. super), sur, au-dessus] ? parce 
que le rivage est au-dessus de l'eau : — Hanovre, HauBovar 
(jadis Hanover, pour Hohenufer = Hôhes Hier ?=zAUa4tôpa f 
Haute-Rive). Cher s'emploie quelquefois pour « mage» : Ainsi 
Brownover (en Angleterre ; de l'anglo-sax. ofer, bord, rivage,. 
marge). Overyssel (rivage delTssel ou au-dewus, de l'autre* côté 
delà riv. Yssel). 

Strand bord, rivage de la mer (plat et découvert), plage 
{par extens, fonds sablonneux), sable (cfr.laasid, bord) : Flad- 
strand (danois flad — platt, plat et large), Holrostrand(Holm, 
-petite île -, chantier), Marstrand (rivage de la mer), Noadstrand 
(du nord). — Le Strand, rue de Londres, ainsi nommée ipaaoB 
' qu'elle est située sur le Strand (angl. rivage) ou Bank ide la 
Tamise. 

Localités situées près des gués (t«Her an aTtaraen). 
— Farth et Fort, gué, passage ; endroit guéable ; endroit (d'une 
rivière, etc,) par lequel on peut passer (en voiture ou en bateau) : 
fafcren, se mouvoir, ou être mû; se rendre quelque part, 
partir, voyager ; aller en voiture ou en bateau (*) ; ffchreei, 
transporter au moyen d'une voiture, mener, conduire; Ffthre, 
grand bateau plat destiné à conduire des passagers ou des mar- 
chandises, d'un bord dune rivière à l'autre; bac (angl. ferry, 
bac; cfr. v. fr. fière, La Fère) ; fort, en avant (cfr. grec rcopoç, 
tràjectus, vadum)J Un Çurt est donc eln geftihrter We», 
der zum fahren elHgeriehtet Ist, un endroit que Ton peut 

ont appartenu aux Helsing. -Halaingiors, en Finlande, est .une 
celonie de ia province d'He&uag~4andV en Suôde. Eelsiagborg» en 
Suéde, est opposée à Hefaringêr (vulgairement fiUinore ou Elsineur) 
dttDanemarék. 

(1) De là l'expression Fahre wohl (angl. farewell), litt. voiturs- 
tos bi*n,porié-49ibiem. 



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— 413 — 
passera gué (*«rehwateii), on traverser avec des chariots. Dans 
les noms géographiques, ce tùoi indique une position à l'endroit 
guéftble d'une rivière et une localité construite auprès d'un gué ? 

Furt, Furth, FurWangen ; Furtb, Ffîhrten*, — îFranfefurt, 
en français Francfort (jad. Frankerofart* gué des Francs) ; et non 
f>as gué exempt de péage (4 ). 

Brfurt (pour Gerfurt «s» Que de la Gerra;tbn<m zmtitt 
été formé par la perte du g> comme Erhacd pour Gérard, 
et rang), enough pour «ê*«s), localité que Sônfcter nomme 
Ërdfurt (Erde, terre et qui était appelée jadis Erphesfort ; 
Érptsfort, le gùé d'Erpo : erp, erph, v. norois iarpr, «ombre, 
brun ; cfr. celi. erf, vif, aniitié', ~ on a ôït aussi que ferïùrt 
était une corruption deEberbach ; dans tous les cas <*e nom lié 
vient pas de Ehrefurt [Bhre, honneur], ni de Vfeér, armée -, on 
pourrait|>èirt-ôtre songer à Eor le dieu de la guerre et à Eresburfr, 
P., p. 50), Hïfurt (gué de iill, commune du H>R., près dé TOI), 
fâa'genftfrth (n^èst pas te gué des gémissements { Klagen], mais 
teguédeiaKlagenouGlan, affl. de la'ftrave : gaél. gléan, vallée), 
Ocfasenfurt (gué des bœufs : Ytehs, bœuf, ou plutôt du eëlU 
ouse, rivière), Querfutt fa*er, transversal, de travers, — où 
quern, moulin), Schweinfurt (ne signifie pas le Gué rfès Oo- 
èhons, Schwètn : on regarde cenoni cotttttte une corruption de 
Sutfvenîurt [Trajettùs Suevoritm]: toutefois il peut se faire que 
tes Allemands aient transformé a& en sueio, àtevè,él imaginé 
ènsùiteque les Sue ves occupaient en cet etidrèft un gué sut îè 
fctefn. 

-Steinfurt (gué pierreux), Tièffart (ttef/ pK>fomi ; ou Aanà là 
j>ttfom§enr, dans t'ènfonaètoént : ttêlé), Wippfetfurt (guétlé fit 

- {l) r L'origine 'de cette ville jette' une certaine poésie sur le'flfatn- 
gau. C'est là qu'une biche apparut aux soldats de Charlemagne, 
mis en déroute: par Witikind, et -leur: montra, en passant ia; pre- 
mière, le gué providentiel du Mayn. 



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— m — 

Wipper), — dans quelques contrées, on emploie ford et ftirth. 
Herford (sur la Werra), etc. ; — Binsfôrth (sur la Fulda; — 
Binse, jonc) ; — dans le Hanovre, on trouve des localités dont 
les noms offrent les formes — fbrde, — forden, ferhden : Lem- 
fbrde, Bochenfôrde, Bremerforde; — Averfehrden, Langfôrden, 
Scbmalfôrden (=? Schmal, étroit) ; on trouve aussi verden et 
vern pour verden; quelquefois verden vient de vmrd : — Dans 
le départ, du Nord : Sleenwoorde. 

On trouve d'ailleurs, en Allemagne : Fahrenbach ; Fahren- 
heim, Fahrenholz, — horst, — walde; Fahrland. 

En suédois et en danois, fiord est le corrélatif de Fnrth (de 
firth, lat. fretum) et signifle un passage de mer pour les bateaux, 
un bras de mer, un estuaire, une baie, un golfe. 

Leiten, conduire, mener ; le v. h. ail. leiti, l'anglo-sax. ledu 
et les formes laid, lede, let signifiaient- conduit [d'eau], canal, 
chemin ; on marquait un point de direction (Wegleitang Ort) 
à Tégard du chemin qu'on devrait suivre : Leitenborg; — Lede, 
Ledenburg ; — Leidesdorf , Leidon, Leiden (en Hollande) ; — Deurle 
(par] contraction de Deurlede = « passage de l'eau » [celt. dur y 
eau], a reçu ce nom parce qu'on y traverse effectivement la Lys. 
Yper serait pour Yperleet. 

Grands amas d'eaux : — Meer, mer (celt. mor ; slave 
more) : Àrmorique (ad-mare : celt. ar 9 sur; mor. mer ; et tfc, 
contrée, étendue de pays); Mor-bihan (petite mer) r Les Morini 
(maritimes); La PoméraHie (en ail. Pommern) dont les habitants 
se nomment Pomorjonen (Pomoriani = habitants près de la 
mer; depo/prép. slave qui signifie ad y apud, prope). Chez les 
peuples tudesques, meer a eu le sens de « lac » et de « marais » : 
Meerbeck, Meersburg (sur le Bodensee), Meerhausen. 

See (die), mer; See (der), lac : See, Seeau, Seebach (4), — 

(1) Village du canton de Zuritfh, situé près du Seebach, ruis- 
seau qui coule du Katzensee ou lac des chats. 



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— 445 — 

berg, — burg, — bruck, — dorf, — feld, — haus, — hausen, 
— heim, — hof, — kirch, — kirchen ; — Ammersee (lac dans 
lequel se jette l'Ammer), Bodensee (v. p. 66), Faolesee (Faut, 
pourri, corrompu, sale), Kônigsee (du roi), Langensee (lang, 
long), Mondsee dit aussi Mansee (lac de la lune : Moud, v. h. 
ail. mano, bavarois mân) , Milcbsee ou Milcbspulersee (lac du 
canton de Glaris qui doit son nom à la blancheur bleuâtre de ses 
eaux, heisst nach der bl&iilichweteseii Farbe seines 
Waasers), Mummelsee (lac des ogres, des fantômes, des esprits 
follets, des sirènes, des fées : Mummel = Larve und Ko- 
bold) ; jadis Wundersee (lacus mirabilis : Wunder, mer- 
veille, prodige; miracle), Odensee(lac d'Odin, en Danemarck -, — 
jad. Odinsve [sanctuaire d'Odin : weihen, vouer, dévouer, con- 
sacrer; v. h. ail. wîh, saint; anglo-sax. wih, temple; ou peut- 
être pour Odinsey = île d'Odin : island. ey y île), Plattensee (de 
Belaton ; d'un mot slave qui signifie « boue »), Tiefensee (pro- 
fond), Todtensee (lac des morts : todt, mort, défunt, décédé : 
Tod, mort, trépas (4), Vierwaldstàdtersee (lac des quatre-fron- 
tières-villes) ou des Quatre-Cantons-Forestiers. 

(1) En 1879, les journaux allemands ont raconté le fait sui- 
vant, qui se sera : t passé à Rappelsdorf, village aux environs 
d'Erfurt, au milieu de la grande tempête du 20 février : 

A 5 b. 45 du soir, le niveau du lac des Morts (Todten) s'est 
élevé avec un bouillonnement violent, et ses eaux ont inondé la 
région voisine sur une étendue de 500 mètres. Après quelques 
instants, les choses sont revenues dans leur état normal. Un 
habitant de Rappelsdorf raconte qu'il a vu une colonne d'eau 
bouillonnante sortir du milieu du lac et éclater en se répandant 
dans toutes les directions. 

Ce qui est certain, c'est que pendant cette crue soudaine et inex- 
pliquée de l'eau, on a entendu des bruits souterrains. On voit 
tout au tour des crevassés profondes d'où s'exhale un9 sorte de 
vapeur. Tout le terrain inondé est couvert de petites coquilles et 
de poissons morts. 



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— 446 — 

Vierwaldstâtter-see (lac de Qoatre-Cantons-Forestiers), Wasser* 
see, Weissensee, etc. — Le Zuiderxee (mare austrinum, mer 
du snd : holL zuéd = sud); — Zeeland (= Seeîand, terre 
de mer, terre maritime). 

Wao i vag, icaag, weg* wege, signifient quelquefois mer (c'est* 
àndire le flot : Woce, grande vague, flot ; hmieeçte* Wawer) : 
Norweg (= No»oaee), Austurweg (= Osiaee); Eschwegen r 
Hûokeswagen (jad. Bokeouage). 

Sait a aussi le sens de mer (sateum) ; Eistarsalt (*= Oatsae). 

Ha*6eages (Sampfe). — À la racine qui a donné le mot 
Meer (mer), appartiennent les mots : 

Moe»' (marais, d'où l'on extrait de la tourbe), Merast (ma- 
rais, marécage) et Ma**©* (pays marécageux, bas et humide) ; 
MoorbuFgt Moordorf, Moorflétt, Morstein* Morsbach, Morsberg 
ou < Meersberg, Morsbronn, Meurs, Meursen (sur le lac de* 
Genève; — sen pour Hausen), Môhringen, Mobrungen, Morgar- 
tén, Murbach, Murau ; — Morschleben ; — Nordmoor, Oster-. 
moor; — Marsch, Marschland (contrée basse, humide, boueuse» 
fangeuse ; — fertile ; par opposition au pays élevé, sablonneux 
et stérile qu'on nomme Geeatland, comme : Gesmold, Geistin- 
gen, etc., v. p. 78); — Dietmarsen (= Deutsche Marschen; 
ou peut-être habitation de Dietmar, comme Ott mars en [babita- 
tipu d'Oitmar] et Volkmarsen pour Volkmarhausen), etc. 

Hoa s Moer, marais : Mosach, Mosau, Mosbach, Mosburg* 
Mosenberg. 

Brueh, terrain marécageux, terra paludosa, marais avec dés. 
arbrisseaux (anglo-sax. broc,- holl, broek, terrain bas, ordinaire* 
ment cultivé en prairie} : Bruch, Bruchdorf, Brucbeubriicken,— 
hagen, — hausen, — hof, — mûhlen, Bruchsal (habitation du 
marais ; près de Carlsruhe ; Bruxelles (v. plus loin) ; — Breiten- 
bruch (breit, large), Dûsternbruph (douter, sombre, obscur, 
ténébreux), etc. 



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— 417 — 
. E*che, mare, bourbier ; — trouée, clairière (lat. lacus, lac) : 
Laacb (ancien monastère), Lach, Lacben (ad lacum). Lachstœdtj , 
— Dunlach (celt. dur, eau), Fiaehlaken (Fisch, poisson) ; — 
Lackstadt ; — Interlachen (du laU inter lacus), nom qui répond-, 
à la situation i 

Btttttl, lieu marécageux arec des arbrisseaux, lieu buisson- 
neux, hallier maréeageui (forme ancienne brogUus, ital. 6ro-< 
glio, franc, breuil) : Brohl ou Brûbl (près de l'embouchure du* 
Brohlbach, affl du Rhin), Bruhlsbacher Warte, Bruhlsdorf ; — 
Briillbach, noms de places et de rues dans diverses villes : à 
Venise, le Broglio -, Brùhl (près de Cologne), Hirschbriihl (un 
faubourg d'Erfurt; talrseb, cerf). Dans le moyen-âge, brogilutn. 
ou broiliùm signifiait un Wlldpark (parc aux bêtes fauves). 

La forme briel (marais couvert de broussailles) se retrouve 
dans le nom de la Brille, que l'on a rattaché à Brille, lunettes, 
paire de lunettes; par extension ouverture ronde (1) : — Brille 
(la Lunette), ancien nom dé ta citadelle de Mtinster ; La Brille 
(ou Brielle), ville de Hollande («). 

Pfntze, flaque, bourbier (jad. source; cfr. anglo-sax. pyt, 
angl. pit, fosse, creux; teLputeus, puits) : Pfûtzenthal, Pfûtz- 
ingen ; — Pùtzchen (près de Bonn). 
Pfahl, mare, bourbier (angl. pool, lat. palus) : Pfulendorf ; 

(1) Le mot Brille est formé de beryllut. Béryl est le non» 
dtane pierre précieuse et d'un espèce de cristal dont on se servait 
pour faire dés-lunettes. 

(2) La reprise de la Brille donna lieu à ce distique hollandais t 

Opdeo ersieo April . 
Verloor Al?» zya Bril. 

(c'est au premier- d?avril< qu'Àibe perdit sa lunette). Cette prise 
paraissait peu de chose pour le duc d'Àlbe ; elle eut par la suit* 
de très graves résultats. 



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— ii8 — 

JLiverpool (jad. Lerpoole, Lyrpoie : do gallois Uér-pwll y place 
du marais) (4). 

01, Ohl, terrain marécageux (eh island. et en norwég. éle 9 
marais) : Ohl, Ohlau, Ohlenhausen, Ohlgut, Ohlhausen, Ohlhof, 
Ohlweiler -, — Olau, Olbruch ; — Oldorf ; — Bredenol (brelt, 
large), Langenohl. — Quelquefois ol y ohl serait pour aul, 
auel qui, en vieil ail. signifiait ravin, fondrière, vallée étroite 
et profonde, gorge, défilé (voy. le celt. ul) : Algau ou Aelgau 
(en Souabe; — contrée montagneuse et coupée par de nombreuses 
gorges) ; Oelberg (a une signification semblable). 

Siepen, expression usitée, en Westphalie, pour désigner un 
terrain marécageux (du verbe siepen, laisser passer, filtrer, 
comme à travers un crible ; SIeb, crible, tamis) (î) : Siepen, 
Vossiepen (marécage du loup), Schneppenseifen (Stohnepfe, bas 
sax. sneppe, bécasse). 

Hor (anglo-sax. horu, horg, horh\ marais, boue : Horbach, 
Horburg,Horwang, Horbusen ; Horenburg; — Horchera, Horch- 
heim; — Horgen. 



(1) Les polders (flam. poel e= Pfuhl) sont des terrains cultivés, 
enlevés à l'Océan qui les couvrait et enfermés par des digues et 
par des canaux de dessèchement. 

Des parties de terrain, jadis recouvertes par la mer et nommées 
moeres (marécages) sont devenues des prairies au moyen de sai- 
gnées qui ont été nommées Watergands (cours d'eau : gehend 
marchant, allant : gehen, allerj, was im Gange ist, naa 
Cours hat), pour watergang (marche ; écoulement de l'eau : water 
e= Wasser). 

Dans le département du Nord, il y a une portion du territoire 
qu'on nomme le Pays des Watteringhes (ing, App. P), à cause 
des nombreux watergands qui le sillonnent. 

(2) Le mot siepen désigne très bien un terrain qui se laisse 
pénétrer par l'eau, qui s'imbibe d'eau. Peut-être la racine de ce 
mot a-t-elle donné aux Grecs le mot a(?<ov, siphon. 



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— 419 — 

Sât, seul, en plattd. signifie « puits, » lieu marécageux, 
étang (se rattache à sieden [bouillonner]. 

Sohle, Sohl, Sol, marécage ; Sulache, souille, bauge (cfr. 
y. b. ail. salo, salaw, noir ; franc, souiller ; stthlen = 
sfideln, barbouiller ; patauger) : Sohlen, Sohlenhoffen ; — 
Solingen ; — Wulfsahl (luporum volutabrum : Wolf, loup). 

Sieck (dans quelques dialectes, terrain bas et humide ; bas 
sax. stk, eine sumpflge Nlederang ; m. h. ail. seige= Senk- 
un«, dépression, enfoncement du sol, : Sieck, Siechenhof -, — 
Sichem, Sichen; — Sicke, Sickenberg, — heim, — hofen, 
Sickingen (voy. ing). 

Weiher, étang ; vivier (lat. vivarium) : Weyer, Weiherbaeh, 
Weyerhof, Weyersberg, Weiherhammer-, — dans le Haut-Rhin: 
Riquewihr, Gueberswihr, Wihr en plaine; dans le B.-R. 
Weyereheim. 

Teich, étang (anglo-sax. dic % angl. dike, fosse, canal) : Teich, 
Teichenau, Teichhùtte-, — Dichingen, etc. — Garbenteich, près 
de Giessen, ne signifie pas étang aux gerbes, eln Teich an des 
«arben (Garbe, gerbe; mille-fouille, plante) : la forme 
ancienne donne Geriwart-eich, c'est-à-dire « chêne de Gerwart » 
(voy. P., p. «<«). 

Les contrées marécageuses sont aussi désignées par les mots : 
Hohr, Rled ou Rieth, etc. 

Wewm (dos), Fenne (die),veen, en hollandais, endroit maré- 
cageux et tourbeux (wallon fagne, marais-, goth. fani, boue, 
fange) : die Hohe Veen (dans la Prusse rhénane (4) '• — Yeendam 
(digue du terrain tourbeux), Veendaal (vallée), Veenhusen; Ven- 
loo (offre peut-être deux fois la même idée [loo, marais) et pour- 

(1) Hohe Veen ou les Hautes Fanges offrent un nom qui pro- 
viendrait des lacs que l'on trouve dans la contrée. Mais nous 
croirions plus volontiers que veen ou fenn cache ici les mots cel- 
tiques penn, ben t montagne. 



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— 420 — 
rait signifier Vorfimoor ; mais foo signifie aussi hauteur boisée); 
— Diepenveen (tlef, profond), Hoogeveen (hoeh, haut, élevé) ; 
Groteveen (dans rOstfrise; holl. groot -= gress,, grand, 
vaste)-, — Louvainv voy. p. 434; — Dictai ven ne (la désinence 
indique une « tourbière » ou « terre marécageuse » et la pre- 
mière partie du nom a le sens de « bois touffu ; dfek, épais, el- 
pour: loo, v, p. 74) : Tvenne (auj. Het Venne = La Fange 
(fegne) ; la langue flamande abrège l'article het en H. 

Ports et ftâlftos. — Hafen, port (de mer, de rivière -, angl: 
haven, dan. havn, suéd. hamn ouAaro); — vase, pot (peut-- 
être avec le sens de a ce qui a » ou « contient; » Italien, lat. 
habere, island. hifa, tenir, avoir) ; BfefT, golfe; Friedrichshaven 
(sur les- bords du lac de Constance), Heiligenhafen (où il y avait 
un: lac sacré nommé jadis. Tulendôrf.: du celt. tul^ caverne)', 
Kônigshafen (port du roi) ; — Carlshaven ou Karl shaven* (port 
de* Charles), Ghristianshaven (le port de Christian IV), Cûxhaven 
cm Kuxhaven (? der Km, portion de-mine; jadis KkiGhussiçn'i^ 
fiait terrier, cavité souterraine ; mine), Delfshaven (du fossé-tai* 
dit «anal), Kiôbenhavn (jad. Kohandsbavn: et Kiobmandshaw > 
=sr ttemimhsumahatan 5 —signifierait le havre, le port dtt'nrap^ 
chand) ou Copenhagen (enclos des marchands) (4 ) , capitale dfrDâwi 
marck». nommée, en latin moderne, Hafnia(k cause de là situation 
avangeuse de son port). Le préfixe Kioben\ Koband rappelle* 
peut*êire le Koband de Ptolémée. . La forme Copenhagen •-■ ou 
Copenhague renferme le mot hagan 'enclos); cfo. Hag, clôture V 
hftiew 

ThoFsbavn (port de Thor) est la capitale des îles Farôe. 

Garlsaamo. (port de Charles), Cimbriscnbamn, Sôderham»* 
(port du sud). 

(1) De Kauffenj acheter, échanger ; dan. kiobe, soéd. topa; 
island. Kaupa ; cfr. lat. caupo, cabarelier j .marchand ; grec x&ctjXoç, ' 
cabaretier; trafiquant. 



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- w - 

Haff, golfe : — Kurische-Haff (Sinus Curonicus}, ainsi 
appelé des, pôeheurs nommés Cures ou Courons, qui habitent 
sur les bords de ce golfe. Il est séparé de la Baltique par que 
langue de terre appelée Curische Nebrung (f), en eslhoniea 
Mèodœniemi (promontoire des pins)» et par Pline Ifentonomon» 
Le Frische Haff (en lat. Sinus ou Lacus Venedicus, communique 
avec la Baltique par un détroit qu'on appelle le Gatt, passage; 
fiasse). On a dit que ce nom signifie « Havre des Frisons. » 
)fais Frfese (frison), diffère de Friseh. On a donc pensé que ce> 
golfe devait son nom à la nature de ses eaux» Frisch-Haff serait 
un bassin d'eau douce ou un nouveau golfe (fMsoh, frais» rafrafc* 
cbtssant ; d'origine réeenle; récent, neuf). 

Cwan et fossés» — Glessen, verser, épancher,, répan* 
dre. Ce mot indique un pays où sont des cours dîeau, des 
canaux : — Giessen, ville située dans la Lahnihal, entre la Lahn* 
et; la Wisseck, et dont on a pu dire avec vérité : fila* Meae* 
Weipe* FMsseheu « gfosseï» » lh*. Wssser in 4*s ttlfte^ 
senes Becken). 

Y. h. ail. telban (fouiller), anglo-sax. delfen, angU U> delve, 
creuser, fouir; sonder; delve, fosse, caverne, trou-, delf, Mfe f 
carrière, mine ; — et «faïence » à cause de la ville de Delf) ; Mi. 
delven, creuser, fouir; cfr. lat. tcUpa (= fouilleuse), , franc, 
taupe) : — Delft (fosse, lieu creux) que les latinistes nomment 
Çelpfu : ville de Hollande ainsi nommée parce qu'elle -.s'éievaiau, 

(1) La Kurische Nebrung est le terrain ou le pays bas (Nie4e<-" 
rang) de la Courlaode. On a voulu rattacher ce nom à n&hren 
(nourrir) et on a cru y trouver une allusion au a travail des allu- 
mions nourricières. » Mais cette contrée est tout simplement un bas- 
fond sablonneux formé par la Baltique et par le Memel. Ce mot se», 
rattache peut-être au celtique [gaél.J near, eau; et ing on ung 
(yoy. App. P). 

La Frische Néhrung est une presqu'île située près du Frische 
Haff. 



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— m — 

bord d'an ancien canal ; cette ville est très renommée pour sa 
faïence), Delfzyl (Ziel, borne ; terme) ; — Delve, Delvenaa. 

Barm,sein, mamelle; sinuosité, gorge, golfe; métaph. cœur; 
barmherzlg, miséricordieux, charitable, lit t. qui prend quel- 
qu'un sur son sein, qui l'embrasse : Barmen,* Barmeke, Barms- 
iedt. 

Voy. wic (p. 83). 

Détroits. — Sund, détroit : Le Sund (détroit qui est entre 
la Suède et le Danemarck), Christiansund, Langesund, Oersesund 
(en saéd. et dan. œre, fonds d'eau bas et sablonneux vers les 
côtes), Stralsund (détroit delatlèche : deStrahl [jadi s flèche], 
auj. rayon, trait [lumineux], dard [du soleil]; cfr. le slave strelec 
ou strelitz, archer, tireurj ; mais, quoique la ville de Stralsund 
ait trois flèches dans ses armes, il paraît que son nom signifie 
« en deçà du détroit » et qu'elle a été fondée par un prince rugien 
pour protéger ses possessions en deçà de la mer). La ville de 
Stralsund est bâtie, en partie, sur 11 le Strela ; — le détroit de 
la Sonde. 

Les fies. — (Insein ; cfr. lat. insula.) Jadis les Allemands 
n'avaient aucun autre mot pour signifier « île » que le mot awe, 
owa, ouwa, au, lequel prit aussi la forme ey, ex (norois, ey, 
suéd. o' ou oe, plur. oer), que l'on retrouve dans Eiland (île). 
Mais le mot An, qui se rattache à aha, ahiva (cours d'eau), si- 
gnifie tout à la fois u plaine aqueuse, prairie arrosée » et 
« lie. » An désigne, en un mot, une contrée située près de 
l'eau ou entourée d'eau, bedentet elne FU&ehe a m oder in 
"Wasser). 

Ane, eau coulante, cours d'eau [aha), contrée arrosée ; prai- 
rie; pâturage; An, en compos. a servi pour la formation de 
noms de rivières et d'habitations situées au bord de l'eau : Au, 
Aubach, Auburg ; Aue, Auen, Auenheim, — Stein ; — Altenau 
(au vieux pré), Arnau (pré de l'aigle), Blumenau (florum pratum), 



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— 483 — 
Birkenau (Birke, bouleau), Buchau (mit Buehen), Erlau 
(Erle, aune), Glogau (en polonais glog signifie « aubépine ») r 
Goldenau (pays d'or ; — partie très riche du duché de Nassau), 
Hagenau (prairies de l'enclos, de la forêt : Hag, clôture ; haie ; 
enclos ; jad. forêt), Hasenau (augia leporis), Hirsau (Hirse, 
millet), Hirschau (Hirsch, cerf), Kornau (Korn, grain, grains; 
blé), Krumau (Krumm, courbe), Krummenau ^sur la Thur qui 
fait un grand circuit en cet endroit), Landau (pré du pays), 
Lindau (aurait dû son nom à un certain nombre de tillets qui 
s'y trouvent ; voy. plus loin), Lindenau (eine Au mit Linden), 
Nassau (Burg Nassau ; die nasse Au ; — nass, humide), 
Passau (Patavia, originairement Batava : ? du celt. bat, gallois 
et irland. 6arf, bateau; ou de pat 9 courir) (i), Reichenau (île 
étendue) (2), Rheinau (du Rhin), Schandau (pré de l'opprobre) : 

(1) Cette ville est bâlie sur le Danube qui reçoit, à l'ouest, l'Inn, 
et, à l'est, l'Ilz. H. A. Daniel reconnaît que c'est une ville cel- 
tique, mais il en explique le nom, comme on le fait ordinairement, 
par la présence en cet endroit d'un corps de troupes bataves : 
Sehon die Celten hatten hier in uralten Zeiten eine 
Hauptstadt, in Romerzeiten erwuchs Batava Castra, ein 
befestiges Lagcr bat aviseher Truppen {Deutschland, t. II, 
p. 226). 

Sans doute, la Notice de l'empire (Notitia imperii), dressée 
probablement environ l'an 427 sous le règne d'Honorius, place là 
une cohorte de Bataves (nova cohors Batavorum Batavis). Mais 
que signifie ce nom de cohors Batavorum? Ce nom ne vient- il 
pas Je celui de la ville ? Et celui de la ville n'aurait-il pas trait 
aux drei Flusse, Donau, Innundllz? 

(2) Jadis Rychenaw, ancienne abbaye. On a supposé que ce 
nom signifiait a île riche » (en bas lat. Augia dives = die reiehe 
Au} et qu'il avait trait aux richesses du monastère. Ce n'est pas 
toutefois à la richesse que la célèbre abbaye devait son nom, mais 
à son étendue. Dans le voisinage de Constance, le lac est partagé en 
deux bras, par une langue de terre longue et étroite ; chacun de ces 
bras du lac possède une île : dans celui qui est à l'est, il y en a 



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— in — 

àtehftnde, outrage, honte; ignominie (ou de schande, prov. 
sohund^grube, cloaque ; ville bâtie dans une vallée entre des 
montagnes et des rochers) ; — ce qui faisait dire qu'elle était la 
fin de tout l'honneur et de toute la probité de la Misnie), Schônatt 
(belle prairie), Tannau (naît famten), tJfenau ou Ufnau (jad. 
Ubinavia = die obère Infsel ; — île du lac de Zurich), Wet- 
terau (Wetteravia, doit son nom à la Wetter), Ziegelau (î Zie- 
gel [toile lai. teguîa] -, **- oùdimin. de Zlege, chèvre), Zwick- 
aù (appelée en lat. Cygnea du Cygnavia ; mais il ne s'agit pas 
de cycnus (cygne), mais de cuneus [coin à fendre ; outil à greffer, 
grand clou] : Zwèck, clou; broche, cheville; broche [qui 
occupe le centre d'une cible], par extens. but; — Zwick, pin- 
cement ; Zwlékel-, coin, pointe), ville de FOslerland, défendue 
par un fort nommé Osfterstein. 

Ey (île) : Anglesey (île des Angles}, Norderney (île du 
nord), etc. — Les îles Ôrkneys, que Pomponius Mêla mentionne 

une petite qu'on appelle Meinaw (bas lat. Âugia Minor) ; et, dans 
l'autre bras, vers l'ouest, il y en a une plus grande nommée 
Btiichenau <«= l'île étendue : reiefc, étendue ; riche). Quelques 
autres noms composés de veMk n'expriment que l'idée de Vétm* 
due. 

Pour la signification de Augia, voyez plus loin (p. 186). 

Cette île fut nommée jadis Sinthsaw, mot qui ne signifie pas 
« île sans péché » (Sfaufo, péché ; les pour lôs, exempt, dégagé), 
mais « île étendue. » En effet, en celtique [gaélique] sin, étendre* 
se prolonger ; participe rt'rrfe, été du, stretched, length l ened > extèn- 
dedy reached ; irland. lios {les, lots), forteresse de terre de ferme 
circulaire. Jadis» en allemand, sin, sint signifiait grand (tsfr. v. h. 
aU. sitti-fluoth< le grand flot, le déluge : sin. devenait un préfixe 
intensif, qui' fortifiait l'idée indiquée ou. qui exprimait la durée; 
aagle-sax. sin t semper, perpétua j — cfr. SftvgHIn, quelquefois 
SlNgHte^ taumevgrtlat toujours vert i pervenche % joubarbe)» 
mot Que l'on a rattaché à Stade (péché) tet dont on a mit 
(le flot du péché, le déluge). 



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— 485 — 

sons le nom d'Orcades (gaéL ork, baleine; n est le reste du gaél. 
innis ou inch, lie (4) ; ou du kymrique orch, limite, frontière, 
bord; iPtolémée mentionne un cap Orcas au nom duquel on a 
rattaché celui des Orcades; les Norvégiens ont ajouté ey, lie). 
Ce groupe d'îles comprend les îles Sanda (île sablonneuse : 
Sand) , Stromsa (du courant , Strom) , Weslra (île de 
l'ouest), etc. 

Qe ou ff, en danois et en suédois, île (plur. oer) : Oeland on 
Aaland (.=.. terre-île ; — île de la Baltique), Christiansô (île de 
Christian), Faroer (lies des .moutons [sauvages, qui y furent 
trouvés par le roi Erodo]; anc. scand, faer, dan. fa&r, mou- 
Ion), Hvalee (île de.la .baleine ; — près des côtes de la Norvège 
près de laquelle Hammerfest est bâtie : angl. whale, baleine, ail. 
TOallfiseh) (2), Karlsô (lie de Charles), Nalsoe (= Madelin- 
sel -, — une des petites iles Faroer où Ton voit un tunnel na- 
torel, à travers lequel peuvent passer les vaisseaux ; ce tunnel 
ressemble au trou 'd'une aiguille [Nadel] gigantesque), Sandô 
(île du sable), Storô (grande île; stor, grand), Stora-oester- 
Swartœ (grande île noire de Test; Scfewarz, suéd. swart, 
noir) ; Suderoe (île du sud, relativement à Faroer), Utô (île 
extérieure : bas sax. ut, angl. out, ««s, hors de) ; — Helsingôr 
(▼oy. pp. H», 4 22). 

En bas latin au est traduit par augia qui représente la forme 
celtique aug, og, qui avait le sens général d'abri et qui désigna 

(i) La langue anglaise a adopté ce mot. 1 On lit dans MiHon : 

The kannt of seals arid ores, und sea-mewt dang. 

Cfr. lat. or-ea, sqjte «de. grand poisson. 

(3) Non foin est une île nommée ' Kirkegaardm (Ile du ennfefière; 
êiHér.ile de l'endos [«attei] de Téglise,' Ktrèhe), où l'on en- 
terrait autrefois- les malfaiteurs et les suicidés. Ver» le nord, on 
trouve les îles* Biovna (lie de ! Tours : mir), Rennes (île do renne, 
Renn, Remit hier), Maasœ (fie du goéland), etc 



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— *26 — 

aussi un îlot fortifié (t). Le pays d'Auge, en Normandie, tire 
son nom des marais et des pâturages qui l'environnent -, En 
(jad. Auga, Oca), ville de Normandie, située au milieu de 
prairies. L'île d'Oye (au pays d'Aulnis) s'appelait Ogia. 

Holm, éminence, colline; petite île et particulièrement petite 
île située dans une rivière ou dans un lac ; presqu'île ; terrain 
près de l'eau ; chantier. Ce nom a été rattaché au suéd. hol> 
angl. hill, colline, qui dérivent de hoch, jad. ho h, haut ; on 
peut le regarder comme une forme de Helm [casque, couverture 
en voûte, abri ; couvert, protection] ; de sorte que Holm aurait 
signifié un lieu abrité, entouré par les eaux) (2) : Bornholm 
(nom que Ton suppose contracté de Burgundar-holm, îles des 

(1) Lescrannoges (irland. erannog, habitation ; bateau : crann, 
arbre, mât ; barre, pilotis) sont des îlots pilotés, des îlots lacustres, 
souvent immergés en hiver, mais que. l'on a exhaussés au moyen 
de pilotages, d'empierrements pour les rendre habitables en tonte 
saison; cfr. irland. ogh, pointe, coin; lieu saint, sacré; irl. et 
gaél. uagh, manx oghc, ooig, comique ogo, gallois ogov, ogof, 
antre, abri souterrain. Tous ces mots indiquaient plus particuliè- 
rement des « habitations dans une île artificielle d'un lac, » et 
ensuite un lieu abrité : Greenoge (irland. lieu exposé au soleil : 
grian, soleil), Fearnoge = Farnagh (lieu des aunes : fearna, 
aune; — cfr. Ferney). 

(2) Toutefois, l'idée fondamentale, exprimée par ce mot, 
paraît être celle de « terrain qui s'élève sur l'eau. » Holm est 
ainsi apparenté à un mot slave qui se présente sous les formes 
golm, chlum, chlom, et qui signifie élévation de terre, exhausse- 
ment, éminence. Le nom de la ville de Culm nous présente une 
forme de la même racine. Près de cette ville, on trouve Côlln 
(jadis Colno), qui nous en offre une autre forme. C'est croyons- 
nous avec raison qu'on a expliqué par la même racine le nom de 
Côlln, partie de Berlin, île formée par deux bras de la Sprée. On 
a traduit et expliqué Côlln par Cologne (Colonia), parce qu'Albert 
l'Ours peupla ce pays au moyen de colons chrétiens qu'il fit venir 
des bords du Rhin et des Pays-Bas. 



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— 127 — 

Burgondes), Drottningholm (île de la reine ; drottning, reine; 
île près de Stockholm ; — suéd. droit, roi ; v. P., p. 69), Fiat- 
holm (utpole plana : platt, suéd. flat, dan. flad, plat); Stock- 
holm (qui fut d'abord bâtie dans une île [holm], auprès d'un 
détroit ; en suéd. staket, stak, détroit ; d'où Stakholm et puis 
Stockholm = île du détroit). Cette ville occupe aujourd'hui sept 
îlots, et comme elle est bâtie sur pilotis et que les îlots sont jomts 
par des ponts en bois, on a dit que c'est apparemment de ces 
pièces de bois qu'elle tire son nom (Stock, bâton ; tige; souche, 
tronc; Staeke, palissade; en bas ail. stock, digue). 

Werth (v. h. ail. werid, werida, m. h. ail. werd) signifie un 
lieu endigué (eln abgedeichtes Land am oder in Wasser) ; 
une hauteur qui domine sur l'eau (Erhtthiuiff aber dem 
Wasser) ; une île de rivière (eine Flnssinsel, insula am- 
nica). Ce mot dérive "de wehren (arrêter, empêcher ; détour- 
ner ;• défendre ; comme le mot Wetar, défense, retranchement ; 
rempart, parapet; digue,** bâtardeau, môle), et il signifiait un 
lieu gardé, défendu contre les eaux ; un fort. Les îles naturelles 
servaient, encore mieux que les crannoges, de lieu de refuge. 
Elles offraient aux populations primitives un asile qui leur pa- 
raissait assez sûr pour y prendre gîte. Elles servaient de lieu 
fortifié ou plus facile à défendre contre les attaques des voisins 
plus puissants ou des bêtes fauves pendant les longues nuits de 
l'hiver. On a rattaché Werth à Warte {spécula, statio, échau- 
guelte, donjon). Mais on peut croire que ces deux mots provien- 
nent de la racine qui' a donné warten (attendre ; guetter ; 
garder) et wahren (voir ; prendre garde àj. 

Dans l'Allemagne méridionale, on emploie le mot Wërth, dans 
le même sens. Dans la Prusse, on se sert du mot Werder (île 
située dans un cours d'eau ; digue ; chaussée) : Mentionnons 
d'abord notre Wôrth alsacien, village auprès duquel, le 6 août 
4870, une partie de notre armée succomba sous le flot envahisseur 

40 



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— 428 — 

des armées allemandes, et dont le nom devint le nom prussien 
de la bataille, parce que l'état -major y dîna après sa facile vic- 
toire : Wôrlh (sur le Rhin, en Bavière), Wertheim (hameau de 
l'île ou de la digue) ; — Donauwôrlh (Danubii insula), Kaisers- 
werth (de l'empereur) ♦ Marienwerder, Werder; — les formes 
werd, wurd, ward (boulevard), weert (ont le même sens), holl. 
waard (terre desséchée et entourée de digues : Werden, WerdohI, 
Werdau, Werdenberg, Werdenfels; — Bischofswerda, Schôn- 
werda; — Wûrden (contrée montagneuse, près du Weser ; ce 
mot a ici le sens de lieu fortifié) (voy. Verodunum). 

Quelques noms formés avec cette racine peuvent aisément se 
confondre avec vort, voort, holl. voord (= Fort, gué) et aussi 
avec le celtique Vero-dunum (Verdun). 

Les Flamands donnent à Lille (jad. L'Isle, Insula), ville située 
entre la Lys et la Deule, le nom de Ryssel, corruption de Lys- 
insel ou de Rys-insel. Les mots lys et rys (Ruysbroek, Ruys-lede) 
sont des noms celtiques de l'eau (rys, ruisseau, se rattache à 
reisen, s'en aller, partir, voyager; jad. se mouvoir). 

CHAPITRE III 

NOMS TIRÉS DE LA FLORE OU DU RÈGNE VÉGÉTAL (file Pflanzen- 
welt) OU NOMS AYANT TRAIT AUX CONDITIONS, A LA CULTURE 
DU SOL (BeschafFenheit and Cultar des Bodens), AUX 
PRODUITS du sol (Bodenerzeugnisse). 

Diverses contrées ont été, en effet, caractérisées par les produits 
du sol (die Erzeugnisse des Bodens). De nombreux noms 
géographiques rappellent en effet l'existence d'anciennes forêts. 

Forêts et arbres (TOald and Baum ; — Gebdseh). — . 
Les forêts, les arbres isolés (TOald und elnzelne Baume) et 
les essences particulières des forêts, occupent le premier rang 



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— 429 — 

dans les productions de ce genre. On désigne les forêts par les 
mots Wald, Holz, Buseh, Horst, hart, Hag, Lob, Scbat- 
ten, etc. 

Wald, forêt, bois (anglo-sax, vold, angl. wood;\\o\\.woud; 
dan. et suéd. wed-, en celt. gault, bois,v. fr. gaull et gaut (4); 
en sanscrit Oudyana [parc], nom dont le radical se retrouve 
dans le mot orang-outang [homme des bois], en malais).: 

Waldau (prairie de la forêt), Waldeck (coin du bois), Walden- 
burg (Burg ou château de la forêt), Waldenfels (rocher), Wald* 
hauseh (à la maison du bois), Waldheim, Waldkirch ; — Walds- 
hut (la garde [die HutJ, le chapeau [der Hut], c'est-à-dire le 
lieu couvert et fortifié de la forêt : well sîe des Waldeshut; 
et que cette ville est le Heu d'abri et de défense de la Forêt-Noire : 
der Sehufz des Seh warzeswalds) . Les quatre Waldstœdt 
(Vierwaldstàlte) ou « Gantons forestiers » Statt, lieu, place), 
moins bien nommés Waldstâdte (cités forestières : Stadt, ville), 
comprenant les quatre cantons primitifs : Uri, Schwytz, Unter- 
wald (2) et Lucerne -, — de* Vlerwaldst&ttersee (le lac des 
Quatres-Cantons ou lac de Lucerne). 

Le canton de Vaud (en ail. Waad, Waadt, Waadland), jad. 
Waldensis comitatus, était occupé par une forêt très étendue 
(van Waldnngen den Namen fubrt). Le même radical se 

(1) Diverses localités du centre de la France sont nommées le # 
Gault ; dans le Tarn : les Gauts. Le nom propre d'homme Gautier 
signifie a forestier» (P., p. 20). 

(2) Le canton d'Un ter walden (unter, bas, inférieur) est traversé 
par la forêt de Kern [du village nommé Kerns), qui partage la 
contrée en deux parties, dont l'une est appelée Ob (vieux, pour 
liber, sur, au-dessus) dem Wald (au-dessus de la forêt) ou le 
Haut-Unterwalden, et l'autre Nldwald (le Bas-Unterwalden), 
c'est-à-dire Nid (pour nleder = unter, inférieur) dent Wald 
sous la forêt). 



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— 430 — 

retrouve peut-être. dans Vaubourg, Vaudra. Le Graisivaodan 
pourrait aussi se rattacher à Graswald (la forêt de l'herbage, de 
la pâture : Gras, herbage, verdure) ; mais ce nom est plutôt 
dérivé de Grattant Vallis ,• c'est de cette vallée que Titurel a 
pris le nom de Graswaldane (le thane ou le chef de la vallée de 
•Gratien). Bodin croit que le nom du Valois dérive de l'allemand 
Wald et il pense qu'il y aurait eu beaucoup de forêts dans ce 
-pays {Notitia Gailiœ). Vaduz, jadis Valdulz (chef-lieu de la pro- 
priété de Lichtenslein), ne se rattache pas aux forêts : ce mot 
-vient de Vallis duicis : 

Eberswald (forêt aux sangliers : Eber), Frankenwald (des 
Francs), Freien wal de (firei, libre; étendu ; ouvert), Furstenwald 
•(Fflrst, prince), Greifswald (Grreif, griffon; condor), Grindel- 
"teald (Grindel et Grendel, protrinç. verrou, barre à verrouil- 
ler ; la barre, le levier de la charrue), montagne ainsi nommée 
parce qu'elle ferme de ce côté le pays du Hasli et en rend l'entrée 
difficile ; — Harzwald (forêt du Harz, voy. App. S), Hergischwald 
(? hergiessen, verser, répandre sur ; arroser : giesven, verser), 
village où l'on commence l'ascension du mont Pilate, près de 
Lucerne, et que Ton appelle aussi Hergottswald (forêt du Sei- 
gneur Dieu : Herr, Gott) ; — leHochwald (hoeb, haut, élevé), 
<en Alsace ! l 

Lichtenwald (forêt éclaircie) -, — Mittenwald (mitten , au 
milieu; mît*, qui est au milieu, moyen), Niederwald (près de 
Bingen et de la Ger mania prussifiée), Oberwald (ober, situé 
plus haut, supérieur), Odenwald (= der ode Wald, la forêt 
déserte, silencieuse, voy. plus loin), Otswald (forêt de l'est : Ost) r 
Rheinwald (forêt du Rhin), Schlackenwalde (? SchlaHce, 
scorie ; — Schlag, taillis, coupe)., Schônewald (schën, beau),. 
Schwartzwald (forêt noire : Scbwarz, noir), Seigerwald (? Sel- 
ler, trébuchet), Sennwald (Senne, troupeau ; — P., p. 492), 
Sevenwald (les sept forêts, seven = sieben, sept), contrée des 



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— 43H — 
Pays-Bas, — Thûringerwald (forêt de Thuringe), Unterwald 

(p. 419). 

Weald,wealt, wald, walt, wold, dans les noms géographiques 
de l'Angleterre désignent des localités situées auprès des bois * 
TOaltham (jad. Weald-ham* Wealt-ham) est le nom d'une localité 
(ham) située auprès des bois (angl. weaids) ou parties boisées 
(woody parts) du comté de Kent. 

À l'anglais wood (iorèt) se rattachent : Woodstock (anglo-sax. 
uuda, bois; stoc, place, localité) ; Brentwood (= burnt-wood, 
bois brûlé ; burnt, burned, brûlé; to burn = brennen, brû-* 
1er) ; — mais Brentford (ville Middlessex) est située près d'un gué 
{ford =■ Fort) sur la Brent. 

Holz, bois, forêt (en plattdeutsch, holt, holl. hout): Holz- 
bach, Holzdorf(villagedubois), Holzhausen etHolzhusen(abréT^ 
Holzen, à la maison du bois), Holzheim (habitation du bois) % 
Holzkirche(église),Holzkreis (Kreis, cercle), Holzzelle (celluledu 
bois), Holzplatz (place couverte de bois ; le chantier ; Alsace : r 
Platz, place ; esplanade ; canton d'une forêt en coupe), Holzwihr, 
(l'étang du bois :Weiher, étang, vivier), en Alsace; Holzapfel, 
(pommier silvestre ou sauvage), ville et comté de la Westphalie ; 
Aichholz (aich indique le chêne [Eichc] ou l'eau : ach), Berg- 
holz (bois de la montagne), Bischholz (bois de l'évêque : BU»-. 
•ehof), Buchholz (bois de hêtres), Eichholz (bois de chênes), 
t>iepholz (bois profond, épais, bas : Tief, holl. diep, bas, très, 
bas; creux; profond; épais), Franzôsisch -Buchholz (bols de, 
hêtres- français) , Meerholz (= Sumpfholz : Moor, marais y 
Heer, mer), Kùnholz (= Kienholz = Kien, bois inflamma- 
ble, bois résineux ; plus part, bois de pin ou de sapin; suéd. 
Mnda, angl. tokindle, enflammer (1), allumer; lat. incendere; 

(1) La même racine se retrouve peut-être dans Kùhnewald 
(forêt de sapins), Kùhnau; — Kûnberg, Kûnersberg; — Kren- 
baum, Kienberg. 



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— 132 — 

Stumpf dérive justement le mot Kienbolz du celt. cynnen, 
enflammer), Scbirholz (bas sax. schir, clair, pur ; Sehier, 
net, pur, propre), Vormholz (vor'm = vor dem, avant le), 
Westerholz (West, ouest) ; 

Holte,Ho!ten(= Holtheim), Holthausen, Holthum ; — Anhalt 
(? pour Anholt = ohne Holz, sans bois; ou pour an Holz, 
près de la forêt), château qui élait bâti sur une montagne escar- 
pée et dénudée (voy. p. 53); — Houtheim (demeure du bois). 
En Belgique (holt,olt, hout): Eckhout (forêt de chênes), Tor- 
hout (que Ton a interprété par Thorisylva, forêt du dieu Thôr : 
et l'on a supposé que la forêt voisine était consacrée au dieu 
Scandinave ; — mais ce nom peut avoir, comme le suivant, le 
sens de bois de la hauteur, et désigner un lieu fortifié et envi- 
ronné de bois), Turnhout; celt. turn, hauteur, colline; tour; 
v. tor). 

Quelquefois la terminaison hold ou houd pourrait se rattacher 
à l'anglais lo hold (ail. halten, tenir) et signifier tenure, terre 
tenue à ferme ou en fief, métairie, propriété : ainsi, dans la 
Haute-Silésie Kœnigshuld (— propriété du Roi)-, Gentoud [gent, 
agréable; — d'un gentil), sur les bords du lac Léman. 

En gothique, les Weiden (pâturage, pacage) se nommaient 
haldan (cïr. baltes, tenir, garder), comme le grec vopî (pâtu- 
rage ; distribution, partage, lot), de v^siv (partager, distribuer ; 
faire paître, mettre en pâture) qui avait le sens de « posséder, 
tenir, avoir; habiter; cultiver » cfr.goth. niman; ail nehmen, 
prendre, saisir; s'approprier; capere (tenere), captura; prœda, 
prcedium. 

La terminaison hald pourrait aussi avoir le sens de Halde 
(colline -, v. p. 53). 

Busch (-- GehSlz, Wald ; ang. bus h. ital. bosco), touffe 
d'arbrisseaux, buisson, hallier; bosquet, bocage; arbrisseau 
isolé, arbuste, buisson). Ce radical se retrouve dans le bas 



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— 433 — 

latin boscus, dans le mot français bois, et dans le diminutif 
bosquet : 

Buschweiler (hameau du bois); Weiherbusch (bois de l'étang, 
du vivier) ; — Bies -Bosch, (forêt, hallier de joncs : holl. bies « 
Binse, jonc), 's Hertogenbôsch (= Herzogenbusch = Silva 
Ducis, bois du duc, Bois-le-Duc, Herzog, duc), ville bâtie 
auprès d'un pavillon de chasse des ducs de Brabant. 

Horst, buisson, hallier, forêt; faisceau; bouquet, touffe 
d'arbre (primit. amas, foule serrée, armée) ; nid d'un oiseau de 
proie (aire) — (prend la forme vurste). Ce mot se trouve 
dans un grand nombre de noms de l'Allemagne septentrionale, 
dans la Hollande, dans la Poméranie, etc. : 

Horst, Horstel (petit bois), Horsten (Heim, habitation), Bien- 
denhorst (anglo-sax. blennen = blenden, aveugler ; Blende - 
banni [arbre dont le suc aveugle], agalloche), Elmenhorst (die 
Alm, pâturage de montagne ; et aussi, en suisse, montagne; 

— forme de Alp et de Alb — montagne, pâturage de monta- 
gne), Falken horst (Falke, faucon), Gravenhorst ou Grauenhorst 
(bois du comte : Graf ; — ou Seniorum virgultum : grau, gris ; 
grisonnant; ancien), Haselhorst [corylorum virgultum : Hasel, 
noisetier), Hohenhorst, Hohnhorst (hoeb, haut), Kirch horst 
(Kirehe, église), Marhorst (= Snuipfhorst : Hoor, marais), 
Oldenhorst (ait, vieux), Slafhorst, Stabhorst (hallier qui a de 
longues tiges : Stab, tige), Sleinhorst (hallier pierreux), Wind- 
horst (bois du vent : ein Horst, wo es sebr windig ist ; 

— v. F., p. 85). 

Au mot Horst correspond l'anglais hurst (bosquet, touffe 
d'arbre, Gebûsch) : Chislehurst (bosquet des châtaigniers : the 
chestnut grove), Cheslhurst (abondant en noisetiers), Ëlmhurst 
(bois d'ormeaux : elm, orme), Sandhurst (dans un lieu sablon- 
neux), Stonyhurst (pierreux, rocailleux). 

Forst, forêt (? Camben prétend que ce mot signifie « demeure 



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— <34 — 

des bêles féroces » forest adicitur quasi ferarumstatio) ; dérive^ 
rait plutôt de. horst : Forst, Forstheim, Forstvelt (Feld, champ ; 
plaine), Forsteck (Ecke, coin) ; — Bettenforst (Bett, lit, gîte; 
reposée [du gibier] ; terrier, repaire) ; — Sacy Forest (de Saicey, 
formé du lat. salicetum, bois de saules, saussaie ; saliœ, saule). 

Hard (die), en suisse, pacage communal ; — m. h. ail. hart, 
bois épais. Ce mot désigne des hauteurs boisées, des forêts : 
Spessart (la forêt des pics, et non pas des éperviers : Speeht, 
l>ic, oiseau), Mannhart, etc. 

BrUhl, hallier marécageux, cfr. pag. 417; bas kit. brolium, 
franc, breuil, bois, lieu plein de broussailles; petit bois, taillis, 
quelquefois servant de pâture; un bois taillis placé dans un bas 
fonds; jad. brugilus, v* Ducange. Ce mot a passé en Italie sons 
la forme broglio ,• nous l'avons repris ainsi dans le composé 
imbroglio. Du même radical uent aussi notre verbe embrouiller; 
le désordre d'un bois rempli de ronces ou d'épines, rappelle très 
bien la confusion d'une affaire : Bruhl. . 

L«he (die), flamme, chaleur ; loh, flamboyant -, Loh (der) 9 
bois; — primitivement « flamme; » ensuite : incendie d'une 
forêt ; le lieu de la forêt qui a été brûlé et qu'on a rendu apte 
à la culture ; hauteur hoisée ; bois peu élevé, formé d'arbris- 
seaux (Busch, Hain) ; lat. lucus. 

Lùo, lo, le (hauteur boisée) est un suffixe très usité dans les 
noms de lieux des Pays-Bas : Ecloo (= bois de chênes sur une 
hauteur : ab altiusculo querceto veram sortita nominis ratio- 
nem,- Eiche, chêne), Groanlo (gtûn, vert), Venlo (ven, holl. 
veeriy tourbière, fagne), Waterlo (Wasser, angl. et holl. water, 
eau) ; Louvain, Lôven pour Looven (non pas de I4f we, lion ; 
mais de lo [colline boisée] et de ven, tourbière) (1), Kesselloo, 
Westerloo, etc. 

41) Louvain offrait encore au i\* siècle des bois sur Ja hauteur 



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— 435 — 

Le sens de « hauteur boisée » n'a pas été toujours conservé 
au mot lo et ce suffixe signifie simplement tantôt « hauteur, » et 
tantôt «bois (4). » 

Ainsi : 4° en roman lo signifie éminence, montagne, colline. 
On trouve aussi les formes lee, leew, leuw (qu'on a, à tort, con- 
fondues avec Lifwe, lion). Ces formes se rattachent à l'anglo- 
saxon hlœw, hla\v % monceau, butte, levée de terre, coltine. Dans 
la géographie britannique, low, lowe, loe (lo), lewe (tractus 
terrœ paulatim ascendens) : Broadlaw (large coteau : broad — 
hrelt, large), Hunslow (canum tumulus, pour Hound'slaw), 
Winslow (pugnœ tumulus -=anglo-sax. winn, combat, victoire; 
P., p. 222; — ou pour Windeslow 7= ventosus tumulus: 
Wind, vent), etc.; Lewesham (habitation du coteau), etc. En 
Ecosse beaucoup de noms de hauteurs offrent le suffixe law, 
iàwe. 

t° Loh (en v. h. ail., et les formes hhe [lon\, loge, ont quel- 
quefois le sens du lat. lucus, bois, forêt, bocage) : Bargeloh 
(bois situé dans la montagne, in dt-a Bergen belegener 
E,oh), Barkloh (pour Birkenloh, bois de bouleaux : Birke, 
bouleau), Wisloh (= Wiesenloh : Wlese, prairie), Kolloge 
{== Kalter Loh : bas sax. Kold = Kalt, froid], Bekkeln 
<pour Bekloh, un bois où il y a un ruisseau : Baeh). 

3° Lo et loh ont àusssi la double acception de locus (lieu) 

(loo) et des marais (ven, marécage) dans la plaine. Les collines du 
nord de la ville portent encore le nom de Loo, Les grandes prairies 
situées au pied de ces collines et traversées par la Dyle se nom- 
ment Broek (=» Broeh, marais). On y trouve aussi la rue du 
Marais (Broekstraet) qui conduit à un terrain jadis marécageux et 
aujourd'hui converti en prairies et en jardins potagers. Ce sont les 
moines de Vlierbeeck (ruisseau des sureaux : holl. vlier, sureau) 
qui ont contribué à leur défrichement et à leur mise en culture. 
(1) Van Loo, nom de famille peut se traduire par Dubois « ou 
de la hauteur boisée. » 



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- 436 — 
et de lacus (lac) : Tessenderlo est probablement, d'après Grand- 
gagoage, le Taxandrialocus d'Amroien Marcellin (XVII, 8). Les 
formes /cm, loen peuvent aussi être regardées comme des abré- 
viations d'un datif pluriel (anc. frison, loch, datif pluriel logum; 
anglo-sax. loh, lieu ; celt. liée h [latebra], lie lieu ; irl. lag, legg > 
creux, caverne; v. et m. h. ail. luoc, luog, caverne; lieu où 
Ton se tient à l'affût; Loch, trou, cavité; — proprement lieu 
où Ton couche, où Ton demeure, où Ton s'établit, où l'on campe ; 
celt. llehan [locare], ail. legen, poser, coucher, étendre). Le 
bourg de Leuk ou Loiche est une des principales localités du 
Valais. En languedocien, on emploie la forme loe {luec, lioc) % 
lieu : Belloc (= Beaulieu), Loc-Diou = Loc-Dieu = Lieu-de- 
Dieu. 

4° Quelquefois lo ou loo signifie marais (voy. pag. 70 ; en 
comique loe [lo], lac, marais; irland. lough, lac ; celt. lug : 
Lug-dunum(l) ; Loh (dos), provinc. marais, marécage-, peut- 
être pour Lâche [mare, bourbier ; cfr. grec Xdxxoc, citerne ; 
fosse; étang-, la t. lacus, lacuna; franc, lac, lagune]; trouée, 
clairière, laie : de lachen, inciser, faire une entaille, faire une 
laie; layer; — cfr. Leck, ouverture; Loch, Liicke) : 

East Lo, Loo ou Loe (vg.en Gornouailles : east = 0"st, est), 
Farrel (pour Farloh, un marais où se trouve un passage [Durch* 
fahrt] ou un gué [Furt, endroit guéable] : fahren, aller, 
passer), Glandeloh ou Glandeloch (vallée des deux étangs, en 
irlandais). 

(1) Le mot celtique llwch, lug se rattache au wende lux, lusha, 
qui signifie «marais, marécage » (d'où luka, prairie). De ce radical 
vient le mot wende Luxyxy que les Allemands ont transformé en 
Lausitz (la Luzace = pays des marais). 

Le nom du Lug-see, lac bordé par des prairies, offre l'idée 
d'un endroit marécageux, et se trouve ainsi en opposition avec le 
Werch-See, qui est entouré de hauteurs (en wende, werch, hau- 
teur, sommet ; métaphor. prince). Cfr. Berg. . 



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— 137 — 

5° Enfin, lo, loh, lohe représentent les mots loh (flamboyant) 
et Lohe (flamme, embrasement ; cfr. irl. logh, loch = lat. luœ y 
lumière) : Hohenlobe (haute flamme, F., p. »4 78; ou pour Ho- 
henloch), château situé à peu de distance de la ville d'Uffenheim. 

Toutefois comme Lohe signifie aussi « jeune pousse (Laub) 
qui s'élève dans un taillis que Ton a émondé » ou « une forêt 
qui offre de jeunes pousses, » il est à croire que, dans les con- 
trées qui ne sont pas marécageuses, la terminaison lohe offre 
plutôt le sens de « bois. » Il en est ainsi pour la ville de Hohen- 
lohe (bois élevé) ; Eslohe et Eschenlohe (bois de frênes ; Esche, 
frêne), Buchlohe (bois de hêtres : Bûche, hêtre), Tennenlohe 
(bois de sapins : Tanne, sapin), Buxlohe (Bux s= Bûcha* 
buis), eto. 

Les suffixes el et le sont souvent employés pour loh : Nordet 
(Nord, nord), Bokkel (Bûche, hêtre: Bock, bouc); Ramesle 
(holl. ram, bélier; Bamm, Rammbock, Bammler). Ln est 
quelquefois pour loen, lohen. Nivelles ou Nevele (i) (? holl. 
nieuw = nen, neuf, nouveau) ; loo .- Baerle (de baer-loo — le 
bois nu, inculte, stérile : flam. baer, holl. bar, découvert, nu, 
stérile, aride; bar, dépouillé de son enveloppe, ouvert; 
pur, dépourvu, nu : barfuss, nu-pieds), hameau près de 
Tronchiennes. 

D'après Folcuin (mort en. 990), Lobach signifie umbraculi 
rivus (de lob-ach : Laube, lieu couvert, galerie; cabinet de 
verdure, berceau; bas-sax. Itwe, Itfving ; m. h. ail. loube, leuff* 
bas lat. lobia, loupia, lobium, signifiaient hutte, lieu couvert ; 
cfr. Laub, feuillage; angl. leaf, suéd. lôf, dan. lov; ces mots et 
le suffixe leben, que l'on trouve dans beaucoup de noms propres, 

(1) En flamand Nyvels, et dans le latin du moyen-âge Nivella, 
Niviala, Nivalis. La forme vels (peut-être de vallis, vallée) offri- 
rait peut-être le mot vais (=» welche, gallois, etc.) qui se prend 
quelquefois pour Gaulois. 



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— 438 — 

pourraient se rattacher à «ne môme racine qui signifiait « cou- 
vrir, » protéger ; cfr. îlében, aimer ; ce mot paraît avoir le 
sens primitif de protéger, couvrir : c'est ainsi que hold [jad. at- 
taché, dévoué, fidèle ; auj. attaché, favorable, propice] et HuKI 
(bienveillance, amitié] se rattachent à hûllen [couvrir] qui 
a?vait le sens de mettre à l'abri, protéger. Lobach peut se ratt*r 
cher aussi à Loh- Bach. 

Bram, Brame, BrSme, bord, bordure ; lisière boisée d'un 
champ, Waldrand, Waldgehege, Forstbann; cfr. Brom- 
fceere, baie de ronce ; v. h. aïl. brama, rubus, vêpres, m. h. 
ail. brame, épine; Bram, corps long et pointu ; alêne; petit 
mât ; de Pane. verb. bremen, piquer; auquel se rattache le subst. 
Bremse, taon,- serre; pinces; tenailles : -r Bram (ri v.), 
Bramau, — bach, — felde, — fi-rst (First, sommet ; = ou pour 
Forst, forêt), Bramstedt; — Brem, Brème, Bremen (1); — 
Urembach, Bremgarten (enclos du bord [de la Reuss], ville dont 
on a transformé le nom en Pranggarten (praogen, briller), afin 
d'y trouver une étymologi'e qui permette de dire qu'elle est dans 
«ne belle situation. 

Hay, haie; improprement buisson (2) ; bosquet; par extens. 

(1) On a rattaché ce nom à Br&n»e, parce que cette ville était 
bâtie sur le bord, sur le rivage, sur la ligne qui sépare la terre de 
la mer. D'autres disent que Bremen était la frontière de l'empire 
allemand vers l'Océan et que, pour" ce motif, elle fut nommée 
Brame, quasi ftmbria (bord). Dans ce cas* Bsiim serait synonyme 
de Uferrande. Mais il. peut se faire que ce mot se rattache à 
Tanglo-sax. et au vieux norois brim (flot, onde) ou qu'il vienne de 
prame, embarcation (holl. praam, prame, gabarre, bac) dont on 
faisait usage, en ce lieu, avant qu'on eût construit un pont sur la 
Weser. D'un autre côté brem a signifié « marécage, marais. » 

Ouelquefois brem a remplacé le celtique bren, colline. 

(2Ï En v. h. ail. hagana, golh. ahana, signifiait barbe d'un épi 
de blé, paille, fétu ; et puis, buissons épineux, épines ; cfr. lat. 



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— 439 — 

clôture ; lieu entouré d'une haie ; enclos (hegen on fa&gen, 
entourer d'une baie ; clore; = umzftuneu, umfessen). Hagen 

a ainsi signifié agellus, prœdium, domus, mansio, parce que Ton 
entourait les champs et les habitations de broussailles épaisses et 
buissonneuses (cfr. sepes, septum) ; dos Gehttge, espace entouré 
d'une baie, enclos, parc. Quelquefois hag ou hagen désignait un 
bois (c'est-à-dire l'entourage d'un bois réservé pour la chasse). 
La forme hoc [et peut-être le celtique ac] a signifié ville [urbs] ; 
ranglo-aax. haga = villas 

Bagenau (la forêt voisine portait le nom de Heilige Vorst 
Lforêt sainte], à cause du grand nombre d'ermitages qui s'abri- 
taient sous ses chênes); Hagenbach, Hagenbuch, Hagendorf, 
Hageneck, Hagenthal-le-Baa(jad. Agona Vallis; — hagen pour- 
rait peut-être cacher une forme de Pane. celt. et signifier ca- 
verne), vg. du H.-R.; — Hagen (Moselle), Les Hagnes (Seine- 
Inférieure) ; La Hagne (en Normandie et dans le comté de . 
Comminges) ; 

Haag = Graven Haage ou s'Gravenhage (l'enclos, le bois, 
la haie du comte : holl. graaf = Graf, comte; haag, 
haie), ville de Hollande nommée aussi La Haye, Haga Co- 
mitis (4) ; — Copenhagen (l'enclos des marchands; voy. p.. 420), 



acus, paille ; aiguille ; aculeus, pointe, dard, épine, aiguillon ; 
acuo, je rends aigu, j'affile : grec fyopov, paille, chaume ; dx^, 
pointe. En ail. die Heoke, haie, palissade; das Heek, perchis. 

(1) Cette ville ne fat d'abord qu'un château de chasse bâti par 
les comtes de Hollande au milieu d'un bois qui faisait partie de la 
forêt de M-erwede, et dont les arbres séculaires de la promenade 
dite du Bois, près de cette capitale, sont un reste. Ce château existe 
encore sous le nom de Binnenhof (Cour intérieure : blnneu, dans 
l'espace de ; en compos. intérieur). Auprès d'un vivier voisin, se 
trouvent plusieurs allées et contre-allées d'arbres magnifiques : 
c'est ce qu'on appelle le petit Voorhout (avant-bois : vor, devant ; 



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— uo — 

Greifenhagen (Grelf, griffon; condor), Rronhagen (Krone, 
couronne ; ou de Krahn, grue, cfr. franc, crone, celt. garari), 
Stadthagen, etc. 

Hain (contract. de hagan), bois fermé par une clôture; 
bocage, bosquet ; parc : — Hain, Haina, Hainspach (Bach ; — 
Ziegenhain (Ziege, chèvre), etc. 

Le même radical a peut-être donné aux Anglais le suffixe 
hayne, que l'on trouve dans quelques-uns de leurs noms de 
lieux (Woodhayne = enclos du bois) ; et peut-être aussi la 
forme haw qui signifie un enclos, un champ. Dans Chancer, 
haw signifie vallée. 

Bagen a donné aussi han, comme dans Hanau, ville qui se 
nommait encore Hagenau en 4 277; — Grsefenhan (haie du 
comte). 

En écossais hain et hane signifient « clore, défendre par une 
haie; » et, dans ce même idiome, hain a le sens de port(Hafen). 
N'aurions-nous pas là une ancienne forme celtique? Quoi 
1 qu'il en soit, le mol han nous paraît avoir donné le suffixe latin 
anus, et les formes an et en que Ton retrouve, en France, dans un 
grand nombre de noms de lieux ; formes qui, du reste, peuvent 
aussi provenir de la racine qui a donné Helm, ainsi que nous 
l'indiquons plus loin. 

Hamm qui désigne un pays boisé (cfr. v. h. ail. hanta, couver- 
ture, ombrage; — Helm) est peut-être une forme de Hain : 

Hamm (dans le comté de la Mark) -, Ham (en France); Hambourg 
(le Burg de la forêt) ; — on a voulu rattacher le nom de cette 

hout = Holz). Parallèlement à cette place, il en est d'autres qui 
forment le grand Voorhout (le grand avant-bois). On a donc pu 
dire, avec raison, que La Haye est un parc dont les allées sont 
bordées de villas et de palais. 

Il y a, près de Breda, un hameau nommé la petite Haye, et un 
endroit, prés de Warneton, appelé groot Haegen {Grande-Haye). 



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— Ui — 
ville à Jupiter Ammon; à Ham (Cham), fils deNoé ; — a SfAfioç 
sable; à amnis, fleuve; aux Chamaves; à Hesnmeu [empêche- 
ment] ; à Hamme, angl. ham, jambon ; à Hamen (truble ; — 
v. ail. haman, prendre; lat. hamus; cfr. hemmen, arrêter, 
retenir). 

Leuben et love ont aussi le sens de forêt, bois (Laufoe, 
espace couvert; cabinet de verdure* bas sax. lb've } m. h. ail. 
loube,- bas lat. lobia, loupia ; Laub, feuillage; angl. îeaf, suéd. 
tof, den. lov. m. h. ail. loup). La forêt vierge formait comme un 
immense plafond de verdure (voy. p. «37). 

Garten (primit. haie, clôture ; enclos), jardin (irl. gartan, 
petit jardin'; garry, jardin ; gort, gurt gart, lieu cultivé, 
labouré, essarté, champ ; cfr. latin hortus) : Morgarten (l'enclos 
du marais : Moor). 

Parle, parc (cfr. b^rgen, Burg, Pferch (celt. parwg, 
enclos, champ clôturé ; irl. paire, champ) : Parkmore (grand 
champ) ; Phœnix Park ne signifie pas « le parc du Phénix. » 
Les Anglais ont formé ce dernier mot de l'appellation irlandaise : 
Fionn-uisg, que Ton prononce finish, et qui signifie belle eau, 
eau pure, limpide, claire. Ainsi Phœnix Parc signifie « Parc où 
il y a une belle source. » 

Rain et Rein (bas sax. reen, suéd. reri), bande de terre non 
labourée qui marque la séparation de deux champs (abgrenz- 
ender Landstrich ; — raie, dérayure ; lisière [d'une forêt] ; 
gazon ; pacage, de hrinan — grenzen, délfthiter, séparer par 
des limites; cfr. xpfvsiv; lat. cernere; Rand, bordure) : Rain, 
Raindorf, Rainrod, Rein (Bavière et Steyermarck ou Styrie), 
Reinhausen, Reinheim ; — Hohenrain. 

Sondera, séparer, sonder (jad. séparé ; prép. sans) et la 
forme sunder, désignent des terrains séparés, des portions d'une 
forêt qui ont été détachées, isolées (en Westphalie, ce radical si- 
gnifie ein abge sonder tes, ans derMarkengenossenschaft 



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— 442 — 

ausgesehiedenes Geholze). En Angleterre la ville de Sun- 
derland (= terre séparée : sundered or separated land; — terre 
privilégiée ; freehold land) a dû son nom à une séparation de 
ce genre : Sondheim, Sondershausen (peut-être pour San- 
dershausen; Sanderpour Alexander), Sondersilz; — Sontheim 
— Sunderen, Sundermùhlen, Sundern, Sundei hausen, Sun- 
dbeim ;— Suntheim, Sunthofen. 

Strang, corde. Ce mot, employé dans quelques noms de lieux, 
désigne une bande, une portion de terre étroite et allongée (eln 
sch maies Stûck Wald). La même signification se retrouve 
dans les noms de lieux : Strick (corde), am Strick, Stricken- 
feld, Strickgraben, Strickland 

Schaeht, étendue de bois, touffe-, carré d'arbres (cfr. 
Schichten, partager, séparer). En bavarois, der Schachen, 
Schacht signifient « portion de bois » ; en Suisse, on nomme 
Schachen des bas-fonds situés près de l'eau (v. h. ail. scahho, 
partie avancée d'une chaîne de montagnes ; cap) : Schachen, 
Schachhof ; Schachlen, Schachtenbeck, Schachtenburg ; — 
Schacksladt, Schackenthal, Scheckenhoffen ; — Schaechingen. 

Stock, bâton, canne; souche, billot, tronc, étage [d'une mai- 
son]; amas ; bloc. Ce mot a désigné un endroit défriché où il 
reste encore des troncs d'arbres. Dans ce cas, Stock serait pour 
Stockach, Stockich, d. î. Platz mit Wurzelsfocken von 
gef&llten DUamen. Ainsi s tock pourrait désigner un taillis(4), 
un lieu où se trouvent des WurzelstScken (des tiges ou des 
troncs d'arbres avec leurs racines) (2). Nous croyons toutefois 

(1) Taillis (portion de bois que Ton coupe périodiquement) et le 
languedocien tailhado qui a le même sens, se trouvent dans Tail- 
lebourg, Taillefontaine, Taillades (Vaucluse). 

(2) Le mot Stamm (tronc, souche) a été employé dans le même 
sens : Stammheim = Stockheim ; — Stambach, Stamsried. On a 
aussi rattaché le nom de Glatz (tchèque Kladsko) à Klots (billot ; 



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— U3 — 

que ce mot indiquait une localité défrichée (avec le sens de 
Rente, Rodung, Lichtung), ou une localité entourée de 
stocks. Ensuite ce mot a eu le sens de locus, lieu, endroit, place 
(anglo-sax. stoc, place) : 

Stockach, Stockau, Stockenfeld, Stockenrolh (Rente), Stock- 
hausen, Stockheim, Stocksberg, Stockdorf, Stocksée, Stockstadt 
Stockeim (Heim); 

Stockholm (l'île des pilotis: Holm, suéd. holm, angl. holme, 
île, particulièrement île formée par les bras d'une rivière), ville 
dont les maisons sont bâties sur pilotis ; 

Birkenstock, Birkenstamm (Birke, bouleau), Eibenstock (Eibe, 
if), Rostock (mal trad. par Rhodopolis, ville des roses : Rose), 
ville appelée jadis Rolzstock (? bâton rouge: Roth), Wiltslock 
(voy. v. h. ail. toft'ti, bois). 

Stock, stoke forment des terminaisons fréquentes dans les 
noms de villes ou de villages de l'Angleterre : Btshop's Stoke 
(de l'évêque), Woodstock {sylvœ locusj\ Stockton, Stock wood, etc. 
En irlandais stuaic (que les Anglais prononcent stook) signifie un 
sommet pointu ; cfr. bas ail. Sfake, perche. 

Los», Lassbaum, arbre de réserve ; de laie (la^sen, laisser) : 
Lassberg, Lassfelde. 

Lund (suéd. et dan.), bois, bosquet (norois lundr) : Lund 
(ville de Suède) ; Lunden ; Lundenburg (Moravie), Lundy (île 
anglaise) ; — Christianlund, Frederickslund, etc. 

Witu Signifiait «bois» en v. h ail. (en anglo-sax. vudu; en 
gallois gityydd) : Willau (le pré du bois), Wittenberg (ad ligna), 
Wittenhorst, Wittmund, Witstock, Withara (Angleterre) = 
Phabitation du bois. 

Quelquefois witu s'est transformé en wied % qui a conservé le 

souche ; tronçon ; bûche), moi qui aurait désigné un tronc resté 
debout lorsqu'on défriche la forêt. Mais il y a plusieurs autres 
étymologies. 

H 



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— 444 — 

sens de bois dans le mot Wledehopf, huppe (des bois) : Wied* 
Neuwied, etc. (cfr. Weide, pacage). 

, Le radical vitu a été conservé aussi dans le nom celtique Vite*- 
durum (auj Winterthur). 

A la nomenclature forestière appartiennent aussi les noms 
formés de Schatten (ombre, ombrage ; — bavarois schatt; angl. 
shade, shadow, ombre), mot qai indique une habitation à Pomr 
bre d'un bois ou auprès de quelques arbres : Schaltenhof, Schatt- 
busch,Schatlau. 

A la même racine se rattache le nom de l'île de Skye (irland. 
skiach, nuageux; cfr. greca/tà, ombre; lieu ombragé; dxdxoc, 
obscurité ; suéd. sky, se préserver, se garder Tpropr. se couvrir, 
se mettre à l'abri]; island. skye, nuage), et les noms de lieux 
formés du mot schaw (en Angleterre). Ce mot signifie bois, bos- 
quet (en écossais et en anglais) ; cfr. le dan. skov, qui a la même 
signification. Les nuages et les forêts sont des objets qui couvrent. 
La forêt offrait un abri. . . 

Pour ce qui concerne les noms celtiques des forêts de la Ger- 
manie, ,voy. Appendice S. 



NOMS QUI INDIQUENT LES ESSENCES DES ARBRES (besondere 
Artcn von B&auien) PROPRES A CERTAINES LOCALITÉS. 



Ce n'est pas seulement la présence des forêts qui a fourni des 
dénominations locales. On a trouvé, dans les essences même des 
produits du terrain, des propriétés qui le caractérisaient. Les 
noms des différentes espèces d'arbres (Baume), le chêne (Eiche), 
le hêtre (Bûche), le tilleul, le pommier, le poirier, le prunier, 
le cerisier, la vigne, le houx, le jonc, etc., ont donné naissance 
à un grand nombre de noms de lieux. Quelquefois, des arbres 
isolés (einzelne Baume) ont suffi pour former un nom lopo- 



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— 445 — 

graphique ; quelquefois aussi le nom d'une espèce d'arbres in- 
dique une forêt toute entière. 

Le nom de « l'arbre » lui-même, considéré en général et comme 
isolé, se retrouve dans quelques noms. 

Banni, arbre : — Baumbach (ruisseau planté d'arbres), 
Baumgarten (clos planté d'arbres fruitiers, verger, jardin frui- 
tier) (4), Baumgartenberg, Baumholder(Holder = Holunder, 
sureau) — Baumen-Erlenbach -, Baumkirch (église des arbres). 

Quelquefois on trouve Bohm, en souabe bom : Bombeck, 
Bomsdorf, Bohmstorf ; Bônhorst (bon = bôm = Baum) ; Bier- 
baum (v. h. ail. pir = Birn, poire, poirier; Birnbaum, 
poirier), Birnbaum, Nûssbaum (noyer), Weichsel baum (pour 
Weichselkirschbaum, griottier, cerisier; Weichsel [Kirs- 
chc], griotte), Kerschbaum (pour Kirsche, cerise ; cerisier) : 

Ter, en vieux saxon et les formes tare, tar, tre (angl. tree) 
signifiaient arbre ^cfr. celt. dero ; irl. dar, der, dara, dair, 
chêne ; daire, doire, derry, der, bois de chênes; grec ôpuç, chêne-, 
arbre). Ce. mot s'est conservé dans les noms de lieux suivants : 
Helder (?), Helderbach. Helder est une forme de Holder =Ho- 
luntcr = Hohlnnter (sureau ; c'est-à- Jire « bois creux » : 
hohî, creux) ; angl. elder, sureau. 

Certaines localités sont distinguées d'autres localités de même 
nom, par un nom d'arbre. Ainsi : Neustadt an der Lînde, 
Neustadt an der Heide. 

Bûche, Bûche, hêtre. Ce mot indique quelquefois, comme 
du reste en composition, une forêt de hêtres, et forme une 
abréviation de Bucheuwald, Buchhoiz ; comme Tann est 
pour Tannenwaldj. De Bûche dérive le snbst. Bach (livre), 
qui fut ainsi nommé parce qu'on traçait les caractères ou les 

(1) Une ancienne famille rhénane portait le nom de von Bon- 
gard (de Pomerio; — mot qui avait le sens de Wiese mit 
Obstbaumen). 



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■*— 446 — 

lettres sur l'écorce ou sur le liber de cet arbre : — Bach, 
Buchau, Buchboden, Bûche» Buchen, Bûchenberg, Bucheristein, 
Biicherthal, Buchbeim, Buchhof, Buchholt et Buchholz, Buch- 
horst; — Bochum et Bokum ; Bokholt (bois de hêtres); — Bû- 
lach, ville suisse (de buoh-lach : buoh, buoch, puoch sont des 
formes de Bûche -, lach est une forme de loh f forêt) ; — le châ- 
teau de Bouchout (prononcez Boukoute), en Brabant ; 

Aalbuch (près de l'Aal, rivière des Alpes de Souabe), Oster- 
buch (le bois de hêtres situé à Test : der Buehwald gegen 
Osten), Sillenbuch (? le bois de hêtres de Sigilo, dimin. de Sig- 
bert, Sigfrid, etc.)» Waldenbuch (le hêtre de Waldo ou Wallo, 
dimin. de WaXiher, etc). 

Buckingham (anglo-sax. bucen, becen, boccen et buccen^ 
angl. beechen, de hêtre; beech t hêtre) doit son nom à une forêt 
de hêtres et, selon d'autres, aux daims et aux chevreuils (angl. 
buck, daim; chevreuil) qui abondaient dans cette forêt. Selon 
d'autres étymologistes, Buckingham aurait le sens de Bochland 
(= charter-land) par opposition à la terre qui relevait d'un fief 
et était nommée copyhold. Ainsi Boch-ing (aurait signifié « prairie 
possédée d'après une charte) et se distinguant d'un copyhold que 
Ton appelait aussi Folk-land (mot que Ton trouve dans Folking- 
ham). Mais le sens de l'angl. book (= Bach, livre) ne paraît 
pas se retrouver dans Brcklaml, Buckenham, Bockingham. 

Eiche, chêne (anglo-sax. de, aec, angl. oafe, suéd. ek, dan. 
eg> holl. aili, eike, ecA, flam. ecke). Ce mot prend aussi les 
formes Eich, Aich, aichen : 

Eich, Eichau, Eichberg, Eiche, Eichen, Eichenbuhl, Eichen- 
hausen, Eichenhorn, Eichen zell, Eichheim, Eichhof, Eichmùhl, 
Eichrod, Eichsfeld, Eichslsedt (Quercipolis), Eichstedt, Eichwer- 
der, etc.; — Aich, Aiche, Aichberg, Aichstett, etc. On a dit que 
Eichsfeld n'a pas le sens de Eicheofcld [champ des chênes!, 
mais celui de champ d'Eiko ou d'Agico [Feld eines Eiko , — 



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- U7 — 

P., p. 73) ; il en serait de même dlïichstâdt. Eichheim désigne 
à la fois un lieu situé auprès des chênes (Ort an dem Elehen 
siad) et un terroir de chênes (Ort der Eiehen) ; Lichteneichen 
(aux chênes éclaircis, aux chênes de la clairière : Ltcht), Sie- 
beneichen (aux sept chênes : sleben, sept) ; — Sevenoke (sept 
chênes) en Angleterre, et Oakham (l'habitation du chêne). 

Quelquefois, le mot eck est pour Ecke (coin ; lieu resserré) : 
Lobeck, Lobeck, Arneck. 

Esche (jad. ask et Âesche, angl. ash), frêne (en celt. aesc, 
e$h, chêne) (4). Dans certains cas, sous cette orthographe se cache 
le nom d'une espèce de truite appelée Aesehe, ombre (v. plus 
loin) : 

Esch, Eschacb, Eschau (prairie du frêne), Eschbach, Esch- 
dorf, Esche, Eschen, Eschenbach, Eschenberg, Eschenfelden, 
Eschenthal, Escherde (Erde, terre), Eschwege; 

Eschveiler (hameau du frêne) ; — Asci-burgium (Tacite), 
nom que Ton a traduit par Eschenberg (le château des frênes) (î), 
Aschheim, Aschbach, Aschenbach, Asbach et Aspach (rivière 
des frênes). 

Espe, tremble (suéd. asp, peuplier ; tremble). D'après G ri m m, 
Esche et Espe n'étaient, à l'origine, que deux formes (ask et 
asp) d'une même racine, lesquelles, plus tard, ont servi à dési- 

(1) Les Celtes nommaient aussi le chêne isc; mot auquel se 
rattache le nom d'Iscy, ou Issy ; beaucoup mieux qu'au culte 
d'isis ; chez nos ancêtres on avait aussi le mot iscol, latin esculus 
ou œsculus lieu planté de chênes. 

(2) Tacite dit qu'Ulysse avait fondé cette ville, et un érudit a 
publié une dissertation qui a pour titre : Ulysses et Odinus unus 
et idem. Mais ce sont là des amusements et des jeux d'esprit. Il 
Défaut donc pas chercher à voir, dans Asciburg, l'outre (£ax<Sç) 
qu'Éole remit à Ulysse. Du reste, le nom de la ville germanique se 
rattache plutôt à ask (forme celtique de uisce, eau), qui a donné 
<uch 9 aches, ass. 



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— U8 — 

gner des espèces voisines. Il y a beaucoup de noms terminés en 
aspe. Mais ce mot ayant, comme esch, signifié aussi un champ 
cultivé, nous indiquerons plus loin quelques noms géographi- 
ques qui se rattachent à Tune ou à l'autre de ces significa- 
tions. 

Tanne, sapin. Dans la toponomastique, ce mot indique tan- 
tôt un arbre isolé et tantôt une forêt de sapins (Tannenwald) ; 
en v. h. ail. derTan = Wald (forêt) : 

Tann (en Bavière, en Vogiland), Tannenbach, Tannenberg, 
Tannenburg, Tannenhausen ; — Thann, ville du H.-R , qui doit 
son nom à une forêt de sapins où l'on avait élevé une chapelle 
en l'honneur de saint Thiedbaud (voy. P., 66); — Thannen- 
kirch est une corruption de Sanct-Annenkirch (= église de 
sainte Anne) (4). 

Flchte, pin : — Fichtberg, Fichtwerder, Fichtelberg, Ficht- 
eteee. 

Manfel (die), pin (jad. mandai) : Mantel, Mandelau, Mandel- 
beck (le ruisseau des pins), Mandelholz, Mandelkirchen (à l'église 
des pins), Mandelsee, Mandelsloh. 

Kien, boisde pin ou de sapin ; bois inflammable (suéd. hinda, 
allumer, lat. in-cend-ere) : Kienbaum (pin), Kienberg. (v. p. 434). 

Fohre, Fohre (provinc, forch, fuhr ; v. h. ail. foraha, 
pinus sylvestris), pin : Forbach le ruisseau des pins; — ou 
des truites : Fohre), Fohra (aha, ach % rivière), Fôhrenbach ; 
— Forchdorf, Forchensée, Forchheim (— ? Forke, fourche). 

Linde, tilleul, mot qui paraît dériver d'un adjectif qui signi- 
fie la douceur et la mollesse : liod, linde, poét. doux, tendre 

(1) En armoricain tann signifie chêne. Avec ce mot et avec l'ar- 
ticle ar, les Gaulois ont fait des noms qui se sont conservés dans 
les suivants : Ar-dennes (Aveyron), Har-tennes (Aisne), Ar-denay 
(Sarthe), Ar-tenay (Loiret). Stenay (Meuse) vient de stenaie 
(= Tchenaie = tenaie = chênaie). 



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— U9 — 

(la t. lents) gel in de, doux (au toucher) ; lisse, souple, flexible, 
tendre. Le tilleul est, en Allemagne, l'arbre de l'amitié, parce que 
sa feuille a la forme d'un cœur : cette propriété et la fopce de son 
parfum lui valurent l'honneur de devenir un emblème de 
l'amour. En grec, cet arbre était nommé cptXupa, du verbe <pt)iu>,' 
j'aime). Les Grecs l'avaient consacré à Aphrodite et les SlaVes à v 
Lada, qui était leur Vénus. Les anciens peuples germano-ludes- 
ques plantaient des tilleuls sur les places (Marktpla z), sur les 
gazons réservés pour la danse (Tanimsen)', dans les cimetières 
(Kirchhof). Les tilleuls ornaient les avenues des forteresses 
(Burgen), des cloîtres ^Klostern), et des châteaux (Schtos- 
sorn) : 

Lind, Lindach (fertile en tilleuls), Lindau (t), 'Linden, Lin- 
denau, Lindenbronn (Brunn, Born, source), ' Lindenbusch, 
Linden fel s, Lindenhorst, Lindenkreuz, Lindow, Lindstedt ; — 
Lindorf, Linepe (auj. Lenepe) ; — Lin tac h, Lintelohe ; — Linz 
(en Autriche se nommait Lentia, du temps des Romains), Linz- 
burg, Linzgau ; — Limbach, Limberg, Limburg (2) ; — Lindis- 
farn (en Angleterre) indique un lieu qui offre des tilleuls (locus 
tiliis ferax) et des fougères (Farn, angl. fearn, fougère) ; 

Hohenlinden doit son nom à des tilleuls très hauts ou placés 



Cl) Lindau (ville située sur les bords du lac de Constance) . se 
nommait jadis Lindunotca. Ce nom vient plutôt du celtique llyn 
lynn, lin, lac, amas d'eau [cfr, Dublin = Dubh-linn = eau noire] 
tt de dun (forteresse) ; owa (= Au) indique le territoire de cette 
ville. C'est ainsi que Lincoln, nommée par les Romains Lindecol- 
lina et Lindun Colonia, nous offre, dans l'ancien nom Lindun; 
l'ancien breton llyn (marais, lac) et dun (ville ; colline, hauteur)» 

(2) Lim représente peut-être ici le celtique lin (eau). Limburg 
du Luxemburg est sur la Lahn et Limburg de la Westphalie est 
sur laLeine. En irlandais, leamh signifie ormeau : — ? Lemonum, 
Lemovices. 



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— 150 — • 

sur une élévation. La promenade la plus fréquentée de Berlin se 
nomme Uuter den Linden (sous les tilleuls). 

La même racine paraît se trouver aussi dans les noms suivants : 
La Linde (Dordogne), Le Lindois (Charente), Lindebeuf (Seine- 
Inférieure), Limbœuf (Eure), jadis Lindebue; Lindelade (Flan- 
dre occidentale) : de Lade, charpente; Laden, boutique, 
magasin). 

Quelquefois, lind se rapporte au mof vieux haut : ail. tint 
(anglo-sax. Ud. v.norr. linn), auj.Lindwurm(deIind, /J«ri6k; 
Wapm, ver), reptile, serpent; dragon. Ce monstre était 
nommé « serpent ou dragon du tilleul, » parce que Siegfried 
l'avait, disait on, tué sous cet arbre. 

Limburg (jadis Lintburg, Lindpurg), offrirait un nom qui a été 
traduit par Draeheoburgr (le château du dragon : Drache). 
Mais c'est à tort, ainsi que nous l'avons vu, que Ton a donné a 
Lindau, la « Venise da la Souabe, » lo sens de (Schlangenau 
Seblange, serpent). 

Le tilleul est nommé, en armoricain, til, en irlandais teile 9 
mots qui désignent une substance souple avec laquelle on fait des 
cordes et des nattes, l'aubier du tilleul. Nous expliquerions par 
ce radical le nom de Dillingen (champ des tilleuls). Mais ce nom 
peut se rattacher au v. h. ail. tillen (détruire) et signifier un lieu 
défriché. On peut aussi dériver Dillingen deDîll, Dille, aneth. 
fétide. 

Erle, aune. Ce mot sert de préfixe à plusieurs noms de lieux. 
Erlach ( - Erlengebûsch ; — ou abondant en aunes), Erlan - 
gen, Erlau (pré desaunes), Eribach, Erlebach,Erlesdorf,ErIingen. 
— Dans les Pays-Bas : Harlem (pour haerl-hem^ l'habitation des 
aunes), Harlingen, Hérlaar, Harlebecke (ruisseau des aunes (4). 

(1) On a traduit à tort Erlkonig, nom d'un célèbre personnage 
fantastique, par l'expression « roi des aunes, » en rapportant ce 



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— 451 — 
Le mot Erle a pour synonymes Eller et Else. Remarquons 
toutefois que Els et Else signifient aussi alisier, sorbier, cornier ; 

et alose, poisson : 

Elierbeck, Ellerburg, Ellersbach, Ellershoffen, Ellersleben, 
Elierstadt ; 

Els, Eisdorf, Else (rivière), Elsgau, Elsholz, Elzteicb [Tel ©h, 
étang, vivier). 

Birke, bouleau (angt. birch, holt. berke ; cambrien biarkan) : 
fiirkbaura, Birckenau, Birkenberg, Birkenfeld, Berkenfels, Birken- 
bolz (bois de bouleaux), Birkenwerder (îlot des bouleaux), etc. (4 ). 

Vlme (ulmus), orme -, Ulm (dans le moyen-âge Hulma), ville 
dont le nom, d'après quelques géographes, est dérivé des ormes 
{vealllmen). Quelques autres croient que Ulm a une origine ro- 
maine et confondent cette localité avec Aldmœnium. Il en est qui 
expliquent ce nom en le rapprochant de trois lettres indiquant que 
ie quartier-général de la 5 e légion romaine (V. L. M. — ULM) 
-était en cet endroit ; — Ulmbach, Ulmen, Ulmerfeld. 

Urne, Ilm, El me (= Ulme), orme: Ilm, lime (rivière), 
Ilmenau, Ilmengrund, llmen, Umerssee, Ilmersdorf, Ilmstadt ; — 
Elm (forêt), Elmeloh, Elmen, Elmenau, Elmendorf, Elmenhorst, 
Elmershausen, Elmlohe, Elmshorn. 

nom à Erle. Mais c'est un nom provenu du danois elverkonge que 
l'on aurait dû traduire en allemand par Elfenkonig (roi des 
elfes). 

(1) Lottner remarque qu'il n'y a qu'un seul nom d'arbre iden- 
tique dans le sanscrit et dans les autres langues indo-européennes, 
c'est le nom du bouleau. En sanscrit, on le nomme bhûrja, en 
anc. germ. biricha, lithuan. berzas, slave bereza, angl. birch 
(Zeitschrift, VII, 23). 

Les autres noms d'arbres ont tous changé de signification. 

Le sansc. dru (arbre) est devenue en grec àpuç (cambrien derw), 
chêne; le sanscr. vétasa (arundo) correspond à l'anc. tudesque 
wîda (saule), au grec hia (saule), au lat. vit ex (gatilier), etc. 



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— 152 — 

Wilmendorf on Wilmersdorf ne proviennent pas du nom pro- 
pre individuel Wilhelm, que Ton retrouve dans quelques locali- 
tés nommées Wilmsdorf, — mais du mot Unie, précédé d'une 
forte aspiration ; — Willmenroth, Willmersbach. 

Httlse, houx (flam. hulst) : Hûlseburg, Hûlsebusch; — 
Hûlst, v. de la Flandre zélandaise, et Bauersch. in Preussen, 
Rgbz. Dusseldorf. 

Buehs, Baehsbaum, buis (lat. buxus). Le buis aurait été 
jadis très commun en France, si on en juge par la multiplicité 
des noms de Bussy, Bussières, Boissières, Bossières, Boissy, Bois- 
sieu, Buxeuil, Bussiacum, Buxeriae, Buxetum, Beuzek, etc. Mais 
h plupart de ces noms se rapportent à bois (boscus, ou breuil)» 
plutôt qu'à buis. 

Weide, saule; et Weiden, pâturage, pacage (*); Wietfe- 
provinç. pour Weide, désignent aussi un bois marécageux ; — 
d'où le diminutif wedel (qui n'a rien à voir avec Wedel, queue ; 
balai; aspersoir) : Weiden, Weidenau, Weidenbach, Weiden- 
berg, Weidenhain j — Wied, Wiedau, Wiedbach, Wieden, 
Wiedenbrûck (pont du saule, du pacage; du marais), Wienden- 
bausen; — Neuwied (ville située au bord du Rhin, non loin 
de la rivière Wied) ; Weidelbach (de Weide, saule -, — pour 
Weidenbach), Salzwedei (le marais du sel), ville située dans un 
fonds marécageux. 

Felbe, Falbe (provinç.) = Weide, saule : Felben {ad sali- 
ces) 9 Falbenlhal. 

Apf«l, angl. apple, pomme; Apfelbaum, pommier (en ceit. 
affal, cambr. apal, irland. aval, pommier .- Abalon) : 
Apfelberg, Apfelstedt ; — Aplerbeck (ruisseau des pommes), 

(1) Weide et Weiden (pâture ; pâturage, pacage) se ratta- 
chent à l'irlandais fiad, auj. biadh = angl. food, nourriture, ali- 
ment ; Weide a aussi le sens de «chasse. » 



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— 453 — 

Àppeldorn (Dora, épine ; arbre épineux), Appelhngen (haie de 
pommiers) ; — Apfeltrang, Apfeltrangen (du celt. affaltra = 
bois de pommiers : affal, pommier, ira = dero = bois; angl. 
tree> arbre; la finale est an g en = wangen, flacher Hagel; 
Toy. wang), localité du canton de Thurgovie. Du même radical 
dérivent les noms de Affoltern (porté par deux localités du canton 
de Zurich) et d'Afforterscheuer (Seheuer, grange), Apfaltern 
(id.) ; Apple (en Suisse) ; — en Angleterre, Appledore, Apuldre 
(localités qui dérivent du celtique ou des formes anglo-saxon- 
nes apulder, apuldur, apruldre, œpuldre, œppel-treow, appk- 
treow, angl. apple-tree, pommier, littér. arbre à pommes), Appleby 
(offre le danois by, ville ; et une con tract, de l'ancien nom Abal- 
laba, que cette localité portait sous les Romains : irland. abhal, 
pommier; verger; abh % rivière: Feau du pommier), Appleton, 
Applegart ; Appledram (pour Appuldre-ham, l'habitation du 
pommier). 

Birn, Birno, poire, poirier : Birnbach, Birnbaum (forêt), 
Birnbaumerwald, BirnfeldO) ; — Dornbirn (pommier épineux, 
arbre épineux). 

Krieche, crecque, prunelle hâtive (breton gregonek) : Kriech- 
baum -, Krichingen ; Gréquy, localité qui doit son nom au 
créquier, arbuste sauvage et épineux (m. h. ail. hrise = Krle- 
•he ; cfr. lat. cerasus, Kirsohe. 

Sehlehe, prune sauvage : Schlebosch, Schlechdorf, Schle- 
chestein-, — Srhleswig (?duwende ssliwa, prunier). Mais cette 
localité, appelée jadis Sliaswicus, Sliesthorp (bourg de la Slie), 
tire son nom de sa situation près de la rivière Schlei. Le nom 
de cette rivière ne dérive ni de Sohleie (tanche, poisson), ni de 

(1) La forêt de Birnbaum, située dans la Carniole, était autre- 
fois nommée Pyrn ou Byrn (formes de pyren-ées et de brenn, 
chef, sommet, hauteur). Les anciens ont aussi appelé ce pays 
tantôt Alpes Carnicœ et tantôt Alpes Juliœ. 



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— 154 — 

Sehlaueh (gouffre ; outre), mais plutôt du celtique [irland.] 
slighe, slee, chemin, passage : on sait que les rivières sont des 
chemins qui marchent. 

Klrsehe, cerise ; cerisier ; Cerisemont ou Kirschberg (Meur- 
the), Kirsch, Kirschbaum, Kirschgart, Kirsch holz, Kirschrod 
(Reut), Kirschschlagen (Schlag, taillis ; coupe), qu'il ne faut 
pas confondre avec Kirchschlagen (taillis de l'église). 

Hasel, noisetier (angl. hasle, hazel, dan. hassel) : Hasel, 
Haselau, Haselbach, Haselberg, Haseldorf ; — Haslach, Haslau, 
Haslbach ; — Hassel, Hasselbach, Hasselfelde, Hasselhof, Hasselt ; 
— en Suisse, la vallée de Hasli. 

Dora, piquant; épine; arbre ou arbuste épineux : Dornach 
(terroir aux épines), Dornberg, Dornbeuren et Dornbiern (buron, 
habitation des arbres épineux), Dornburg, Dorndorf, Dornhan 
et Dornheim, Domholzhausen, Dornick (= dornig, épineux, 
hérissé d'épines), Dornlach (Lachbaum, arbre de lisière ; arbre 
incisé : laotien, inciser, faire une entaille ; — ou de Lâche, 
mare, bourbier), Dornmûhl (moulin), Domstatt, Oberschleh- 
dorn ; — Thorne. 

Lorch (corruption de Laureacum : lat. laurus, laurier ; ach 9 
champ, terroir), ville de Bavière, ancienne abbaye. 

Lille, lis : Lilienfeld, Lilienstein, Li lien thaï. 

Rose, rose; rosier : Rosenau, Rosenbach, Rosenfeld, Rosen- 
garten, Rosenhagen, Rosenheim, Rosenhof, Rosenthal, Rosen- 
winkel(0» 

(I) Toutefois, ce radical répond dans les noms topographiques, 
plutôt au mot armoricain raoz (roseau; v. h. ail. riusa) qu'au 
mot latin rosa. Ducange traduit, avec raison, rosaria, roscheri 
par arundinetum et juncetum ; en roman, rosières signifie des 
lieux couverts de roseaux (Rosières, ville du Loiret). Le mot cel- 
tique (holl. ruysche, roseau) est conservé dans le mot ail. Rense, 
nasse (primitiv. corbeille faiu avec des roseaux). Le mot 



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— 455 — 

Korlc, liège : Kork, localité du duché de Bade. 

Rohr, roseau : Rohr (pour Rorach ou Rohricht, terroir des 
roseaux, — wo Sehilfrohr wftchst), Robracker (Acker, 
champ), Rohrau (Au), Rohrbach, petite ville du B.-R. (nom 
de plusieurs autres localités), Rohrberg, Rohrbruch (Bnich, 
marais), Rohrdorf, Rohrsheim, Rohrwiller (vg du B.-R.)« 

Saar, Sahr, Sahrbache (die), Sarbake, Sarrbaum, Saar- 
baum, nom du Pappelwelde (= saule- peuplier, dans la haute 
Allemagne et en Suisse ; v. h. ail. sahar. herbe des marais ; 
bavar. sahr, saher, feuilles pointues des plantes marécageuses, 
du seigle et du froment ; celt. sar, cours d'eau) : Saar (rivière), 
Saarbruck, Saare (rivière), Saarmund, Saarwerden; — Sahren- 
dorf ; — Sarau, Sarenthal, Saresdorf, Saringen, Sarstedt. 

Sehlote, Seblotte (die), spadice du roseau (cfr. Sohlot, 
tuyau ; cfr. Rohre, tuyau, et Rohr, roseau), prend le sens de 
Sehilfrohr (roseau, jonc) : Schlotenau, Schlotwiese, Schlolheim, 
Schlottendorf. 

Kustrin (dont le nom primitif était Koztrzyn, c'est-à-dire 
corbeille de roseaux). Ce nom désigne très bien la situation de 
cette ville, qui est placée dans la fourche que forment l'Oder et 
la Warthe, et près de marais couverts de roseaux. 

Binse, jonc (offre l'idée de lien, Binde, bas ail. biese) : 
Binsfeld, Binsfurt, Binzen, Binzwangen, Bunzen ; — Biesdorf, 
Biesen, Biesenhorst, Biesenrode, Biesenthal ; — Bisdorf, Bisen- 
dorf, Bisbausen, Biskirchen, Bismarck (voy. F., p. *74) (l). 

Reusche signifie ruche et provient du même radical : ces deux 
mots ont trait aux roseaux dont on se servait pour construire des 
ruches. 

(1) En wende bes, bas signifient le « sureau noir, » dont les 
baies noires sont nommées besynki. Ce radical se conserve dans 
des noms de lieux comme Beeskow, et dans des noms formés de 
bies : Bieskau, Biesow, Biesnitz, Biesenthal (près de Berlin), 



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— 456 - 
Les plantes (Pflanzen). — Les plantes (Pflanze, plante ; 
lat. planta) et les petites productions (Kleinere Gew&chse) 

du sol, ont aussi laissé un souvenir de leur présence, de leur 
culture ou de leur abondance dans les noms de quelques loca- 
lités. Les choux, les fèves, le houblon, l'avoine, le froment, les 
bruyères, les fougères, etc., sont représentés dans la nomencla- 
ture géographique de l'Allemagne. 

Kohi, chou (dan. kaal; lat. caulis) : Kohlberg, Kohlfurth 
(gué des choux), Kohlhausen, Kohlstein; — Kalau (en wende 
Kalawa, de kal), Kahlen, Kahlow, Kalwitz, etc. Quelques-uns 
de ces noms peuvent se rapporter à Kahl (dénudé, chauve) ou à 
Kohle, charbon. 

Hopfen, houblon (angl. hop) : Hopfau, Hopfgarten, Hoppen- 
sen (sen pour hauseri). 

Werck, chanvre (en Suisse) : Werch, Werchau, Werchen. 

Rfibe, rave, navet : Rùbenau, Riiblingen, Rûbgarten. 

Runkel [Ruuk# lrfibe], bette-rave : Runkel, village situé sur 
la Lahn. 

Bonne, haricot, fève (celtique ffaen; lat. faba) : Bohndorf, 
Bohnenkamp, Bohnenland, Bohnhorst, etc.. — Bahndorf, localité 
près de Kalau, dont le nom ne vient pas de Bahn (chemin, 
route), mais d'une forme de Bonne (celt. ffaen) (i). 

YVeizen et Waizen, froment : Waitzendorf, Waizenkirchen, 
Weizenrode. 

Biesenbach, etc. Nous avons dit ailleurs (F., p. 174) que, eu slave, 
le diable se nommait lies (noir). Dans beaucoup de noms propres 
vendes terminés en bus, se cache le mot bis ou bysch (maison, 
habitation) : Dobberbus, Trebbus 

(1) Bahndorf peut signifier « village du chemin » ou « endroit 
battu, aplati. » Bahn (route) se rattache, en effet, au mot bana 
(frapper, baltre) duquel dérivent bahnen (battre [un chemin], 
aplanir; ouvrir, frayer une route) et bohnen (polir, frotter avec 
de la cire). 



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— 457 — 

Roggen, seigle (v. h. ail. rogo, suéd. rog, isl. hrogn, angl. 
roe, roari) : Rogau, Roggau, Roggenbeuren, Roggenburg, Rog- 
gendorf, Roggenhagen; Allrock (non pas de Rock, vêlement, 
mais du m. h. ail. rocke = Roggen (<). 

Hâter, avoine (dan. havre, angl. haver) rHafferungen, Hafer- 
schlacht (Schlaclit, tuerie; combat; — en bas ail. abatis de 
broussailles), Habersdorf ; — Haverskerque (église de l'avoine : 
Klrche). 

Ger»te, orge : Gersthofen, Gersluugen. 

Dinkel, épeaulre ; Dinkelsbûhl, Dinkelscherben (Scherbe, 
Seherben ; fente ; écuelle, pot). 

Hirse, millet d'Italie (suéd. hers, bas sax. heerse) : Hirsau, 
Hirs; Hirzberg; — Herzbach, Hersefeld, Hersendorf, Hersfeld. 

Heide, bruyère, plante; lande couverte de bruyères-, champ, 
plaine (jad. plaine couverte de sapins; etc., golh. haitja, champ ; 
dans les noms propres, on trouve les formes hede t ede;&nc. 
suéd. id, ed, forêt) (2) :.Haydau, Haydenstadt; — Heide, Hei- 
denfeld, Heidenheim, Heidesee, Heideleich, Heidhof, Heidstrich 

(1) En wende, le seigle se nomme xyto (cfr. grec aîroç , blé ; 
pain; nourriture). De zytim se sont formés les noms de Steltin 
(ville de la Poméranie, d'origine wende, dont le nom latin est 
Sedinum), Seddin, Settin, S«ttinchen. On a aussi dérivé du même \ N 
radical le nom de Sidow. 

(2) En anglais, to hide signifie cacher, couvrir, et hide (peau, 
cuir) a le sens de « couvert » et de clôture. Le mot heid désigna 
ainsi un lieu abrité, un lieu où se trouvent des babitations> et, par 
suite, en vieil allemand heit, état (arrangement), totalité des per- 
sonnes qui composent une société, peuple. Ce mot e3t encore 
usité en composition : Christenheit (chrétienté, pour chrétien- 
et~é); — cfr. Rohighed (le calme : ruhig, calme, paisible, silen- 
cieux), villa près de Copenhague où est mort le conteur danois 
Andersen. Le suffixe hed ou ed se retrouve peut-être dans des 
noms propres terminés en eda, ede : Helv-eJ-ia. 



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— 458 — 

(Strieh, trait-, étendue; contrée); Heidersbach; — Heidelberg„ 
Heidelsheim ; Heyst (abrév. de Heystede = habitation de la 
bruyère (ville de la Belgique) ; — Schônheide, etc. (i). 

BrOsch, bruyère, erica vulgaris : Briisch, ferme du canton 
de Zurich (2). 

Farn, fougère (angl. fearn, fern) : Farnbach, Farnroda ; — 
Farnharn (Anglet., jad. Fearnham); Farringdon (jad. Fearn- 
dun, du cell. dun, colline), Farringdon Street (à Londres) doit 
son nom à un orfèvre qui fut shérif de Londres. Le nom de ce 
magistrat avait été d'abord celui d'une localité. 

Dlstel, chardon (holl. diestel; flam. destel; angl. thistle): 
Distelow, Distelwitz ; — Diestelhausen ; — Destel bergen (habi- 
tation de la colline aux chardons), Desteldonck (colline aux 
chardons). 

Dorp (provinc), ivraie : Dorpat. 

Bilse, jusquiame (celt. belinuntia) : Alten-Bilsen (ancienne 
abbaye), Mûnster-Bilsen (anc. commanderie de l'ordre dit teu- 
tonique). 

Klee, trèfle : Kleebach, Kleeberg, Kleeburg. 

Tille, Dille, aneth fétide: Tillemont, Tilliach, Tilly, Thiel- 
donk, Thielt. 



(1) Dans quelques noms de lieux Heide (païen) a le sens de 
païen et désigne, parfois, des constructions qui remontent aux 
Celtes ou aux Romains. Lorsque le Christianisme régnait dans les 
villes, les idolâtres ne se trouvant guère plus que dans les landes 
ou dans les champs, furent nommés Hefden. C'est ainsi que do 
latin pagus on a fait paganus et païen. 

(2) Le mot bruyère, jad. bruguière (cfr. La BrugUière, dép. du 
Tarn), vient du celtique [kymr.J brwg, buisson : Brugeletle (petite 
bruyère ; petit bois (bas lat. brua, bruella ; roman bruel, bois ; 
bruyère; — la lettre g a disparu) : Bruges, Brûgge, Bruggefeld, 
Brùggehof, Bi ûggen. 



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— 159 — 

Borseh, v. h. ail. borse [ledum palustre) : Bdrsbach, Bors- 
dorf, Borsloh, Bursfeld (sur la Weser), etc. 

Dost, Dosien (norvég. tost), origan (plante) ; en bavarois, 
der dosten, buisson, touffe; Tost, provinc. sommet, cime» 
honppe ; dost, fumier : Borntosten (Westphalie), etc. 

Wiese, prairie (en bas ail. tvisch et wische) : Wiesen, Wie- 
senau, Wiesenbach, Wiesenbad, Wiesenberg, Wiesenburg, Wie- 
senbronn, Wiesenfeld, Wiesengrund, Wiesensleig, Wiesenthal ; 
— Wisch, Wischau, Wische, Wischendorf, Wischhaven, Wies- 
enthau (rosée des prairies : Thau) ; — Elbwiese (prairie de 
l'Elbe ou de la rivière), Langewiese (longue prairie), Nasswiese 
(aass, humide), Neuwiese (nouvelle prairie). 

Matte, prairie (bas ail. mttde, anglo-sax. maed; angl. meadow : 
de m &h en, faucher ; une prairie est un terrain que Ton peut 
faucher, wo geraUht werden kann) : Malt (vg. suisse où il y 
avait jadis de belles prairies), Matteburg, Maltendorf, Maltsee; — 
Blalterhorn (le pic de Malt), deux sommets qui sont séparés du 
mont Rosa par le Mallerjoch ainsi nommé du village Zermatt 
(= bel der Wies*). L'ascension du plus grand de ces pics est 
très difficile. On le nomme Monl-Cervin — Hirschhornberg ; — 
Andennalt (village suisse) ; — Maden, Heumaden; Medebacb, 
Medingen ; Schmelmad (où il y a des Schmielen t Schmiele, 
.canche, planté). 

Bas-sax. gruse = Gr»s (gazon) : Gruson. 
Dans les Pays-Bas, il y a beaucoup de localités qui offrent le 
mot drecht ou trecht (cfr. lat. tractus, traînée ; contrée, pays ; 
espace) avec la signification de végétation (Graswuchs) et de 
prairie. Ce mot a pris le sens de Trift (de treîben, pousser, 
mener, conduire [le bétail J, mener paître; chemin par où Ton 
mène le bétail au pâturage-, pacage; Moordrecht (pacage du 
marais), Zwindrecht (= Schweintrift ou pacage aux porcs), 

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— f«0 — 

Ossendrecht ,(holl. os = Ochs, bœuf; — ou pacage des bords 
de l'eau : os, ous, eau). Voy. Append. T. 

Rasen et Wasen (gazon) entrent peut-être dans la coçn posi- 
tion de Rasdorf et de Wasen wei 1er. Toutefois, en bas ail. Wasen 
signifie aussi vapeur, exhalaison ; en suéd. wUsa f en anglais ooze, 
en holl. waase, marais. Dans l'Allemagne méridionale, on 
trouve des localités nommées Wasen tout court et des compo- 
sés tels que Wasen berg, Wasenbach, Wasenburg, Waseneck, 
Wasenhaus, Wasen mùh le, Wasenstalt, Wasenstein. 

Heu, foin : Heubach, Heuberg, Heudorf, Heuscheune 
(Scheune, grange). 

Bis ter (du lat. pastura; rhétique pistirà) a le sens de pâtu- 
rage, pacage : Bisterfeld, Bisterscheid (Scheid, séparation). 

Aetzel signifie aussi pâturage (de atzen, donnera manger; 
paître; essen, manger-, Atz, pâture) : A tzenbach, — dorf, 
— hain, — hof, — roth. 

On emploie souvent, surtout dans le Voigtland et aux alen- 
tours du Fichtelberg, le mot GrUn (das, le vert, la verdure) 
comme synonyme de Wiese and Wald : Griinau, Grùnberg, 
Grùneberg, Grûnefeld, Grûnewald, Grunewiesen, Grunhagen, 
Griinhaus, Grûnhain, Grûningen, Grûnkraut (Kraut, plante), 
Grûnsee, Grûnstadt, Grùnthal. 

Moos, mousse : Moosberg, Mooshausen; — Moosbrunn, 
Moosheiin ; Mouscron (vg. nommé jadis en flamand Mosgroen 
= verl de mousse; on a vu, dans ce nom, une déformation de 
Mons Ceuteron ou Centeron, Mont des Centrons, ancienne peu- 
plade belge). 

La végétation marine n'est guère représentée dans les noms 
propres de villes et on en conçoit aisément la raison. Cependant 
le mot Wier (expression vulgaire qui signifie vartch, herbe 



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marine) se trouve dans : Wierum (auprès du varech), Lûtke- 
wierum, Engewierum. 
Les noms de l'herbe, des fleurs rtdes fruits. Kraut 

herbe, plante, végétal ; Kraulheim, Kraut-Sand, Kraulenvalde. 

Wurz, Wiirzel, racine : Wûrzburg, dont le nom a été 
traduit en latin par Hcrbipolis. Mais Wilrz est regardé ici 
comme une corruption du nom propreAVirzo (P., p. 245). 

Blume, fleur : Blumberg, Blumenau, Blumenbach, Blumen- 
dorf, Blumenfeld, Blumenhagen, Blumenholz, Blumenthal ; — 
Blomberg. 

Rose(voy. p. 454), Lille (v.p 454). 

Beere, baie; grain, graine : Beerbach, Beerdorf, Beerwalde; 
— Beerenberg (mont des baies) ; — Erdbeeren (Erdbeere, 
fraise; lillér. baie de terre : Erde), Erdberenburg. 

Eichel, gland (Eiehe, chêne) : Eichel, Eichelberg, Eichel- 
born; Eichelsdorf ; Aichelberg; - Eickel, Eickeîsheim, Eicklin- 
gen; — Ekel, Eikele. 

Korn, grain ; collect. grains, céréales, blé : Kornau, Korn- 
berg, Kornburg, Kornhaus, Korn thaï, etc. 

Wein, vin; — [plante qui produit le vin], vigne : Weln- 
kerg (coteau planté de vignes; vigne, vignoble), Weinbrunn 
(fontaine de vin), Weingarten, Weinheim, Weinœrter (Ort, 
lieu, endroit), Weinsberg, Weinsteig (Stelg, sentier); — 
Weimar (vinaria ; dans quelques endroits du Tyrol et dans 
quelques autres parties de l'Allemagne, ce mot signifie « rai- 
sin »). 

Brett, planche : Bretheim, Bretleben, Brettach (Dach, toit ; 
cfr. bretèche) , Breltachau , Brettachgau , Bretten , Bretlen- 
thaï, etc. 



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— 462 — 
CHAPITRE IV 

NOMS DE LIEUX FOBMÉS DE NOMS DB BETES (?OB Thiere» 

abgeleitete Ortsnanem). 

Le règne animal (die Thierwett) a donné des noms à de 
nombreuses localités. Ces noms ont indiqué jadis la tanière où 
se rassemblaient les bêtes des forêts (Thiere der Waider), 

l'endroit où on les rencontrait. De là, des noms qui rappellent 
Tours (Bar), le renard (Fnehs), le loup (Wolf), le cerf, le 
castor, etc. 
Les noms des animaux domestiques (die H» us thiere) , 

indiquent, dans les noms topogràphiques, des localités où l'on 
s'adonnait à Télevage du bétail, au commerce ou à l'entretien de 
la volaille, etc. Cest ainsi qu'on trouve des noms de lieux qui 
rappellent le bœuf (Ochs), le cheval (Ross), la chèvre (Zieape), 
le chien, l'âne, etc. Nous allons examiner quelques-uns de ces 
noms. 

La nomenclature animale a] été aussi exploitée par l'art du 
blason et quelques localités doivent leur nom aux armoiries de 
leur fondateur ou de leur propriétaire. C'est ainsi que des noms 
d'animaux sont entrés dans la formation d'un très grand nombre 
de noms dç lieux. 

Le mot général Thîer (animal, bête, brute; cfr.grec (typ, lat. 
fera, bête sauvage) a donné les noms de Thierbach, Tbierberg, 
Thierfelden, Thierhauplen, Thierig, Thieringen, Thiersheim, 
Thierstein ; la Thierache (Theoracia Silva, la forêt aux bêtes 
fauves : ach indique le « terroir» ou « l'abondance »); — 
Thiergarten (parc, ménagerie). 

Wild (sauvage, féroce -, bêles sauvages ; gibier) entre aussi 
comme élément dans la formation de quelques noms de lieux : 



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— 463 — 

Wildbach, Wildbad, Wildberg, Wildeck, Wildeloh, Wildenau, 
Wildenberg, Wildenburg, Wildenbruch (Bruch, marécage), 
Wildenfels, Wildenhag, Wildenhagen, Wildenhain, Wildenhof, 
Wildenholz, Wildenreuth, Wildenrolh, Wildenspring (Sprlag, 
source ; saut d'une rivière ; springen, sauter, bondir, s'élan- 
cer; jaillir), Wildenthal, Wildenwart (Wart, guet; Warte, 
donjon), Wildeshausen, Wilde- Wand (Wand, mur, muraille; 
versant, pente [d'une montagne] ; paroi; roche) ; — Wildshau- 
sen, Wildshnt, Wildstein. 

Animaux sauvages (Wilde Thiere). — L'aurochs (Ur et 
Auerochs, taureau sauvage, ure ; Auer a en composition le 
sens de sauvage ; en celtique uro, bœuf sauvage : Uro-genius, 
,Uro-geno- nertus) : Auerbach (ruisseau de l'ure), Auersperg, 
Auerslsedt (ville de l'aurochs) ; — Aurach (abondant en taureaux 
sauvages), Aurbach, Aurburg; — Urach, Urbach, Uronia, 
Urholz, Urdôrf (<); — Uri (= ad Uros), ville qui tire son nom 
des uren ou Auerochsen (taureaux sauvages). Les armoiries 
de ce canton s'accordent avec cette étymologie : ce canton a une 
tête de taureau sur son écusson II peut se faire que ce nom aie 
trait à une époque où l'aurochs se trouvait dans cette contrée. 
L'Umerloch (roche percée du Teufelberg [mont du diable : Teu- 



(l) Ur signifie aussi premier, primitif, primordial et ajoute à. 
un mot l'idée de force, d'intensité : Urahn, bisaïeul ; Urkrafft, 
force primordiale ; Ursprung [lit ter. jaillissement primordial], 
origine, principe, etc. Uroohs peut donc signifier bœuf primitif. 
Quelquefois cependant ur est pour heraus, hervor et a le sens 
de sortie, de séparation et ce sens pourrait être indiqué dans 
quelques noms de lieux : Urspring, Urfahr (sur le Danube : 
fahren, mener, conduire [en voiture, en bateau], Urach eau qui 
sort, qui jaillit). 

Le mot ur peut aussi être rapporté au sanscrit uni, grand (grec 
iupo-ç, large). 



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— 464 — 
tel] ; — • Loch, trou, ouverture) rappelle le canton d'Uri et le 
mot suisse urner qui signifie * jeune taureau. » 

L'aurochs (vesons cornipotens) : — en Suisse, on trouvé le 
village de Wisendangen (jad. Wiesuntwangas = pâturage des 
bisons). D'autres localités ont des noms qui ne se rapportent pas 
à Wlese (prairie), mais au Wisent (= Bttffel) : Wiesensteig 
(Steig, sentier raideet escarpé), Wiesenfeld, Wiesenthau. 

Le Buffle (Bttffel, bos bubalus) a donné son nom à la ville 
de Buffalo. 

B»r, ours : Bâriswyl (village de Tours), Bârschweil ; — Beren- 
au (= Bârenau), Berénbach, Berenberg, Berendorf, Bârenkopf, 
Berenkamp, Berenhagen, Berenklau (~ Bllreakiaa [lit ter. 
griffe d'ours], acanthe), Berenrode. 

Berne ou Bern (= Ârctopolis (àpxxoç, ours], Bern (Alsace, Bern- 
stadt, ab ursibus), ville et canton de la Suisse (1) ; — Bernati, 
Bernbach, Bernburg, Berncassel, Berncastel, Berndorf, Bernheim, 
Bernloch, Bernrcut, Bernried, Bernweiler (Alsace), Bernsburg, 
Bemschanze, Bernsdorf, Berngrûn, Bernshausen, Bernshofen, 
Bernstadt, Bernstaedel, Bernstatt, Bernstein. Dans le canton de 
Schwylz, près deStoss (coup ; secousse, extrémité d'une chose; 
croupion; as) et sur un col connu sous le nom de Bàrentross (de 
Troos, alnus viridis, qui y est très abondant), on a trouvé une 
caverne dans laquelle toute une famille d'ours, composée de six 
individus, était enfouie dans une couche argileuse de deux pieds 
d'épaisseur, recouverte elle-même d'une croûte de tuf calcaire 
d'un demi pouce d'épaisseur. 

Berolstadt, Berolzheim (voy. Beffold, P., p. 40). 

Berlin (voy. l'Appendice E). 

Biber, castor (angl. beaver, franc, bièvre) : Biber (riv. et 
vg.), Biberach, Biberbach, Biberberg, Bibereck, Bibergau, Biber- 

(1) Voyez, sur Berne et sur les noms formés de Bern, l'Appen- 
dice £. 



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— 165 — 

icb, Bibermarch; — Biberschlag, Bibersfeld, Biberleich, Biber- 
zell ; — Bibra {aha, cours d'eau), Bibrach, Bibrich ; — Bever 
(riv. et vg.), Bevergern (Gehre, talus", Beverlacke, Bevern, 
Beverstedt, Beverungen (*). 

Drache, dragon (lat. draco; suéd. drake, clan, drage) : Dra- 
chenberg, Drachendorf, Drachenfels, Drachenkopf (mont.) ; — 
Drackendorf ; — Drage, Dragsdorf. 

Eber, sanglier : Eberach, Eberbach (petite rivière en Alsace, 
= et autres localités), Eberdingen, Ebereichsdoi f , Eberhausen, 
Eberholzen, Ebermûnster (vg. siluô sur PHI), Eberwald ; — 
Ebersbach, Ebersberg, Ebersburg, Eberschùtz (sohutz, abri, 
asile, refuge; rempart; Schfitze, tireur), Ebersdorf, Ebersgrùn, 
Ibersheim (Alsace, vg. dont le nom serait dû à un sanglier qui 
tlessi dangereusement Sigebert, Gis du roi Dagoberl), Ebers- 
torst, Eberspach, Ebersperg, Eberstadt, Eberstabl (m. h. ail. 
itahel = Stall, étable ; jad. lieu couvert, lieu clos, habitation), 
Eberstall, Eberstatt, Eberstedt, Eberstein, Eberstett, Eberswalde ; 
— E verbe rg, Everbode (Bude, hutte; suéd. bod, holl. bode, 
boede, cfr. franc, boutique), Everghem, Eversberg, Evershagen» 
Eversham, Everstorf. Quelques-unes de ces localités ont pour 
armoiries un sanglier (Eber). Toutefois, on trouverait dans plu- 
sieurs de ces noms une forme du celtique eabar, ebar (mare* 
cage; — cours d'eau), qui entre dans la composition des mots 
Eburodunum, Yverdun. etc. Voy. P., p. 73eta6«r, evor App. T. 
Elch (m. h. ail. et anglo-sax.), elk (angl.), élan (gall. elain, 
faon), Elen, Elenn, Elennthier, qu'on trouve aussi orthogra- 
^é Etend, Elendthier, élan (cervus alcks). Dans les forêts des 
bords de la Baltique, on retrouve encore l'élan, protégé par les 
gardes-chasse de la couronne. 



(1) Voy. l'Appendice P. 



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— 466 — 

On sérail lente de rattacher le nom d'Elchingen à elch (élan). 
Mais Elchingen était jadis une abbaye nommée Aichlingen (cfr. 
irland. eochaill, forêt d'ifs : «o, if; coill, bois). Cette contrée 
fat érigée en duché en faveur de Ney. Peut-être pourrait-on 
trouver quelques traces du nom de l'élan dans les noms suivants : 
Êlenbach, Elene, Elenrode, Elfeld, Elgau, Elgut, Elldorf, Elle- 
feld, Elien, Ellenbacb, Ellenhausen, Ellingen, Ellwangen (nom 
qui, écrit El-fang, a fait supposer qu'il était dû à la chasse aux 
élans qui se faisait dans les forêts voisines : Fa»g, action de 
prendre; — voy. wang, p. 494). 

Hirsch, cerf : Hirschau, Hirschbach, Hirschberg, Hirschfeld, 
Hirschhorn, Hirschlanden, Hirschpûhel (Bûhei), Hirschstein, 
Hirschwald; — Berschbach, Herschberg, Herschdorf, — herz 
eat quelquefois pour Hirsch : Herzberg, Herzheim, Herzhorn, 
Herzprûng (saut du cerf) (4). 

Reh, chevreuil : Rehhagen, Rehau, Rehbach, Rehbeck, Reh- 
berg, Rehbarg, Rehfeld, Rehhausen, Rehweiler; — Rephe Am- 
nulorum amnis .• pke. est pour BagIi). 

Katze, chat (lat. catus) : Katzbaeh, Katzberg, Katzenbach 
(ruisseau auprès duquel se trouvent des chats sauvages : TCild- 
katze, chat sauvage), Kalzensee (deux petits lacs du canton de 
Zurich, nommés Egel-see, dans les anciens titres, peut-être parce 
qu'il y avait des sangsues : Effet, sangsue), Katzenfurt, Katzen- 
holz, Katzensteig, Katzenstein, Katzenthal, Katzentobel (tobel, 



(1) Le Hirschcnsprung (saut du cerf), près do Carlsbad, rocher 
du haut duquel se précipita un cerf, qui indiqua ainsi à Charles IV 
la célèbre source du Sprnpel, jusqu'alors inconnue. Suivant une 
autre version, Charles IV chassant un cerf, un des chiens de la 
meute tomba dans la source dont la température est très élevée, et 
poussa des cris qui attirèrent l'attention des gens de l'empereur, 
et firent reconnaître le Sprudel (jaillissement; bouillonnement 
[ d'une source]). 



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— 467 - 

provin. vallée), la forme KHze a donné Ketsch, Ketschau, Kels- 
chenbach ; Kezendorf. 

Toutefois, divers noms de lieux, formés de katz ou de hatz, 
ne proviennent pas de chatd (chat), mais de châtia (uenator, 
héros ; voy. P., p. 402-104) et des Catti : Katzenellenbogen, etc. 
Catlwick, Cadornum (auj. Caen) ne doivent pas leur nom aux 
chats, mais à des guerriers (celt. cad, cUh, combat). Cadom-um 
signifiait « habitation [om était un synonyme de heim), forte- 
resse du combat. » 

Kattegatt est généralement traduit par « trou du chat, » Katz- 
enloeh. Il se traduirait cependant mieux par Haïti (vaisseau, 
navire) et gâta (= Gasse, rue, chemin), avec le sens de «che- 
min, passage des vaisseaux. » Le Rallegat communique avec un 
autre bras de mer appelé Scagerrack, du nom d'un banc de sablé, 
• le cap de Scagen ou Skagen (en island, skagi, cap; skaga, ten- 
dre, se projeter, s'étendre). 

Lowe, lion (obsol. et poét. Leu, Leue, lat. leo) : Lôwenbach 
(riv. du lion), Lôwenberg, Lôwenburg, Lôweneck, LÔwenfeld, 
Lôwenslein, Lôwenthaî, Lôwensprungfsaul du lion) ; Leuenberg, 
Leunbruch (der Brueh, fenle, crevasse ; das Brueh, marais), 
Leuenfort (gué du 1.); — Lauenau, Lauenbruch, Lauenbrûck 
(pont du lion), 

Quelques-uns de ces noms proviennent des armoiries ou de 
mots incompris (linn, lyn), de l'ancienne langue du pays. Ainsi 
on a dit à tort que Louvain (ail. Lôwen, lat. Lovanium) signi- 
fiait Leonina ; mais ce nom dérive a colliculo (loo, loh) et il a 
pour suffixe le mot ven = fagne = marais. (Voy. p. 13 i.) 

Le nom de la ville de Lyon provient du celtique lug-dun et 
celui du golfe du Lion offre un radical très répandu dans la 
nomenclature géographique de Celtes : lleon, eau, mer; cfr. 
Caer-lleon; linn (marais). Léon, en Espagne, dérive de legio. 

Fuchs, renard (holl. vos, angl. fox) : Yossberge, Vossem 



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— 168 — 

(Heim), Vosshausen, Vossheide, Vosspass (Pass, passage étroit, 
défilé), Vosswinkel (coin, encoignure do renard) ; — Vossbarg 
(en bas ail. barg = Berg); — en Angleterre : Foxhill (colline 
du renard), Fox le y, etc. 

En anglais, le renard est aussi no mmé tod (ce mot signifie 
aussi buisson) : Todburn, Todfield ; Toddington ; — Totness 
(cap des renards : anglo-sax. nœse, pointe de terre, cap). 

Wolf, loup : Wolf, Wolfeck, Wolfegg, Wolfenborn, Wolf- 
enbultel (Bùttel, habitation'), Wolfenhausen, Woîfeinweiler, 
Wolferborn , Wolferdingen , Wolfering , Wolfersau (riv.) , 
Wolfersdorf, Wolfersweiler, Wolfach, Wolferode, Wolfleben, 
Woltramhof (de Wolfram ; P., p. 173), Wolfsbach ; Wolfsga»-* 
ten, Wolfhagen. Wolfsmûnster, Wolfetein ; — Wulfel, Wûl- 
ferbulle, Wulfsode (ode, désert), Wulfer-sehelde (lieu, 
point de séparation) ; — Wolfartsweiler (ne vient pas de 
WolfharlfP., p. 229], mais dewolfer h art [Hart = Wald]). 
Hase, lièvre (angl. hare), Hasbach, Hasberge, Hasbergen, 
Hasburg (a pour armes un lièvre), Hasbarn, Hasefcld, Hasen- 
acker, Haseneck, Hasenholz, Hasenloch (auj. Hessloch), Hasen- 
ried, Hasensteig, Hasenweiler, Hasenwinkel; — Harbach , 
Harburg; — Haringe (prairie aux lièvres}, v. de Belgique. 

Wiesel, belette (v. h. ail. vnsula; anglo-sax. vesle y angl. 
weasel, weezel; cfr. franc, fisseau) : Wiesel (riv.), Wieselstede ; 
— Wissel, Wisselsheim, Wisselward -, Wesel (Niederwesel op- 
posée à Oberwesel, qui est sur le Rhin supérieur), ville située 
sur le Rhin à l'embouchure de la Lippe. Elle portait d'abord, à 
cause de cette circonstance, le nom de Uppermllnde. On croit 
que le nom de Wesel (en lat. Vesalia) lui vient du grand 
nombre de belettes qui se trouvent dans la forêt voisine (tob 
dea vielen TOteseln In der NUhe). Du moins la ville porte 
trois belettes (drel Wiesel) dans ses armoiries. 
Daehs, blaireau (v. h. ail. dahs; bas lat. tassus, taxas ; 



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— 469 — 

franc, taisson ; — languedoc. tessou, tessoun, porc) : Dachs- 
bacb, Dachsenhausen, Dachsfelden ; — Dasbach, Dasberg, Das- 
burg, Dasdorf, Dasenborn, Dasenpfiitze ^Pfatze, bourbier). 

Affe, singe (cett. ap). Nous ne pensons pas que Ton puisse 
rattacher à ce mot tes noms d'Affenlhal et d'Affenstein, v. p. 64 ). 
On a dit que le nom du singe (Affe) ayant été pris comme 
désignant un imbécile relativement à l'homme, les noms de 
Àffenberg, Àffenthal peuvent être regardés comme synonymes 
de Narrenberg (Warp, sot, fou, insensé, imbécile) et de Narren- 
thal (cfr. Uffen, contrefaire, berner, se moquer ; gaffen, bayer, 
badauder). Pour les noms d'Appenheim, Appenrod, Appenweyer, 
voy. aussi App. T. 

Animaux domestiques (Ha usinière). — Vieh (das)> bé- 
tail, bestiaux ; bête, brute (goth. faihu, bétail, avoir, bien; v. h. 
ail. fehu,vihu,- anglo-sax. fea, feoh, bétail, feo, feh, avoir, bien ; 
grec rcCU, lat. pecus, troupeau) : Viehau, Viehberg, Vieburg, 
Viehausen, Viehweid : — Vieland-, — Vireel, jad. Vieried. 

Ochs bœuf (angl. ox; v. h. ail. ohso, celt. ych) : Ochsenbach 
et Osenbach, Ochsenburg, Ochsendorf, Ochsenfeld, Ochsenfurt 
(gué). Ochsenhausen (qui a pour armes un Ochs), Ochsenkopf 
(tète de bœuf; — montagne) (l); — Oxford (a un bœuf dans 
ses armes}. Mais il n'en est pas moins vrai que ce nom et la 
plupart des noms que nous venons de mentionner, se rattachent 
an celtique os, us, uisge [qui a donné le nom de l'Oise et qui 
signifie « eau ; » voy. Append. T. 

Le nom d'Osnabrûck, que Ton a rattaché aux Ases (von den 
Àsen meint man), signifie tout simplement, comme Oxford, 
« passage de la rivière » (Brûcke, pont). 

(1) Ochsenkopf et d'autres noms formés do och se rattachent 
$telqaefois au celtique uch (voy. pag. 23), uchd (haut); Cfr. 
l'ail. Hoeh (hafet), en Sou&be Hochée. 



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— 470 — 

Stier, taureau (island. tyr, dan. tiur ; lat. taurus; v. h. 
ail. stero). Dans quelques dialectes le taureau est aussi nommé 
der Sillhr ou Star. Mais ce mot (qui prend aussi la forme ster) 
signifie ordinairement bélier (Schafbock, Wldder). Dans le 
pays de Salzburg, ster a le sens de « sanglier. » Ces divers mots 
expriment la force (stark, v. h. ail. star h, suisse star, fort) 
qui caractérise le mâle : Sternberg, Sterneck, Slernfels, Stem- 
hagen, Sternkopf, Sternschanze (Schanze, redoute, forteresse), 
Sternslein. Ces noms pourraient peut-être se rattacher à Stem, 
étoile ; — Starenberg, Stargard se rapporteraient à starh = 
Stark, fort (4). 

Bulle, taureau (angl. bull, holl. boll) : Bullange, Bullau, 
Bullenhausen, Bullenheim, Bullerborn, Bullergraben (fossé), 
Bullesheim, Bullingen ; — Bollenbach, Bollensdorf, Bollerbacb, 
Bollerbad, Boll hagen, Bollingen ; — Bolstedt, Bolsdorf, Bols- 
camp (champ du taureau) peuvent être rapportés à 60/, boel, 
maisonnette de paysan : Ban, construction, bâtisse. — Bulau, 
Bulach offrent peut-être une forme de Bflhel (colline). 

Knh, vache (plur. Kùhe) : Kuhberg, Kuhdorf, Kuhfelde, 
Kuhhof, Kuhhorst, Kuhmiihle, Kuhpanz (P»m, Pantseh 
= Wanst, panse; panz a le sens de plateau, plaine élevée ; 
— ou bien de Banse, partie de la grange où l'on entasse les 

(1) On a cru que le nom de la Styrie (Steyer, Steyermarck, 
marche de la Steyer, das Herzogthum Steyermarck) se rattachait à 
Stler (taureau) et on a cherché dans ce mot une allusion à des ar- 
moiries fictives qui auraient porté un taureau (les armoiries de la 
ville offrent une panthère). 11 ne faut pas non plus rapporter le 
nom de Steyer aux mots allemands Stener (contribution, impôt) 
ou Steuern (gouverner, conduire). La ville a emprunté son nom 
à la rivière Steyer ou Steyr, auprès de laquelle le margrave bava- 
rois construisit un fort où il établit sa résidence. Le nom de la 
rivière est dû à un mot celtique qui signifie « l'eau » et que l'on 
retrouve dans les noms de lister, du Danaster, etc. 



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— m - 

gerbes), Kuchschmalz (Schmalz, graisse fondue [schmetzen] ; 

beurre; par extens. Heu fertile, gras pâturage), Kuhstedt, 
Kuhweide, Kuhwort (Worth, îlot; digue, ou bien de Wurs, 
herbe, racine ; v. sax. ivurt, herbe) ; — Kukate(— Kuh hutte). 

Hand, chien : Hundekehle (creux, gorge du chien : Kehle, 
creux, enfoncement; gorge, gosier), lac; — Hundekopf, Hun- 
desburg, Hundeshagen, Hundesmûhlen, Hundesrûck, Hundheim, 
Hundhof, Hundlosen, Hundsbelle (bel! en, aboyer), Hundsfeld, 
Hundshaupten, HunJsheim, Hundholz, Hundshoven, Hunds- 
hûbel, Hundsmarck, Hundspass, Hundsriet, Hundsrùck, Hunds- 
weil (latinisé en Canivilla = Hundehof) ; — Hondschoole (doit 
son nom à des élables à chiens : holl. schot, cloison, séparation 
[seheiden, séparer]; clôture en charpente* étable à porcs). — 
Quelquefois hundesi pour hundert (cent) : Hundhoven, Hunt- 
losen, etc. Dans quelques-uns de ces noms, hund est peut-être 
pour le celtique gund, chund (forêt). 

Rfide, chien; mâtin; dogue : Ruden, Rûdenhausen, Rûders- 
dorf, Rudesheim. 

Ross, cheval; coursier (angl. horse, v. h. ail. hros) : Ross- 
ach, Rosshach, Rossbeck, Rossbrunn, Rossdorf, Rosselaere, 
Rossendorf, Rossfeld, Rossleben, Rosstal (étable à chevaux), 
Rosstrapp (T* appe, empreinte du pied), montagne ou rocher sur 
lequel on a cru reconnaître la trace des sabots d'un cheval), 
Rosswalden ; — Rosphe (pour Rosaffa = Rossbach) ; — en An- 
gleterre : Horsham (demeure des chevaux). 

Mfthre, jument; cheval. Sous la forme mar, ce mot est 
entré dans la composition de divers noms de lieux : Marburg 
(= Rossburg), Marbach (= Rossbach), nom d'une trentaine de 
localités de l'Allemagne; — Mardorf (non loin d'une localité 
nommée Rossdorf), Marbeck, Marborn, Mareck, Marenberg, 
Marleben, Marwang, Marwede (Rossweide). 



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— 472 — 

Le suffixe mat représente quelquefois l'adjectif mort, renommé, 
célèbre (P., p. 455) : Geismar (renommé pour ses chèvres, Zie- 
çenreich) (4), Weimar renommé pour ses vignes; Weinj — 
Vn a disparu devant m, comme dans Reimar = Reinmar ; ou de 
welch [mou], qui indiquerait un terrain marécageux), Wismar 
{célèbre par ses prairies : Wiese), Witlmar (célèbre pour ses 
forêts : v. h. ail. wittu = WaJdj. Les nomsdeLohmar (Lobe, 
forêt) et Horslmar offrent la même signification. Heumar indi- 
que un lieu renommé pour ses foins (Heu) etEschmar une loca- 
lité remarquable par ses frênes (Esche) ou par ses enclos (Esch, 
voy. plus loin). 

Hen^st, étalon : Hengstberg, Hengstfeld, Hengstebeck, 
Hengslenberg. 

Pferd, cheval : Pferdsbach, Pferdsdorf, Pferdingsleben ; — 
la ville de Pforlen a été rattachée à Pferde, chevaux) et on s'est 
appuyé sur ce fait que non loin de là se trouvent deux localités 
nommées Pferdegarlen et Pferdeteich (étang). D'autres ont dit 
que Pfôrten est pour Furten (de Furth, Furt, gué; bas ail. 
ftirde) et effectivement cette ville se trouve auprès d'un gué. Il 
est d'autant plus difficile de choisir entre ces deux étymologies, 
que cette ville porte aussi deux noms windes : Konow (de kon, 
cheval) et Brody (de brod, mot slave qui signifie gué = Furth). 
Nous inclinons, pour Fétymologie qui rattache ce nom à Furth 
(gué), parce que c'est surtout cette particularité qui a dû frapper 
tout d'abord les fondateurs de cette ville. Du reste, ce nom peut 

' (1) Geismar vient plutôt degésan (spirare, bullire ; cfr. Gelst, 
spiritus, habitus). En effet, près de Geismar, il y a une source 
d'eaux gazeuses (Sanerbrunnen), et, près de Hofgeismar, on 
trouve des eaux minérales, des eaux salutaires (Gesundbrunnen). 
Mar est peut-être aussi quelquefois pour Moor (Marais) : 
Ringmar (= Ringformiges Moor, marais qui a la forme d'un 
anneau, etc.) 



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— 173 — 

aussi très bien se rattacher à Pforte (porte, ouverture, passage; 
iat. porta) rui désigne très bien un gué, un lieu de passage. 

State, jument (cfr. cell. gallois steud, courir \ite) : Slutt- 
gard, Stutlenhofen, Stullensee. 

Scfaaf, brebis; mouton (v. h. ail. scaf, scaap, bas ail. 
schaap) : Schafberg, Schafwedel ; -s- Schaafstall, Schaafslâdt, 
Schaafwinkel ; — Schàferhof (Sehafer, berger), Schaeferthal, 
Schaefersheim (vg. du B R.) ; — Schaphausen ; — Schafhausen 
ou Schaffouse (v. de la Suisse) a été nommée d'abord Scaphhusa 
et puis Schiffhausen (à la maison des navires, des bateaux. : 
SehifT, esquif, canot -, — navire): Cette ville fut d'abord un 
entrepôt pour les marchandises que Ton embarquait sur le Rhin. 
Son nom paraissait venir du latin scapha, barque, objet creusé en 
creux; cfr. le grecaxa7wiai. Lesérudits du moyen-âge ont traduit 
Scaphusium par Probatopolis, qui en grec signifie la ville des 
brebis (voy. p. H). Deux villages du B.-R. portent le nom de 
Schaffhausen. 

Ramm (Ranimer, Bammel), bélier (angl. ram, fr. ran)\ 
corbeau : Rambach, Ramberg, Ramersdorf; — Ramme (riv.); 
Rammenau, Ramsau, Ramsberg, Ramsdonk, Ramsdorf, Raras- 
heim, Ramslein ; — Rammersdorf; — Rammelbach, Rammel- 
berg, Rammelburg, — Rammelsberg; Rammelslohe; — en An- 
glet. Ramsden (caverne du bélier), Ram sey (île du bélier :ey vient 
de l'anglo-sax. ig, île), Ramsgate (porte du bélier). Mais, en 
celto-breton, ram 9 rham désigne un objet qui s'avance, qui se 
projette en avant, et c'est à ce radical que se rattache le nom du 
bélier, Ramm. Le sens de pointe qui s'avance, cap, promon- 
toire, objet qui s'avance, se trouverait peut-être indiqué dans 
les noms de Ramsey, Ramhead, etc. 

Geîss, chèvre (grec &Çj : Geisalp, Geisbach, Geisberg, Geis- 
enfeld, Geisenhausen, Geisenheim, Geislede, Geismar, Geisthal, 



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- 174 — 

Geisweid ; — Geissingen ; — Geispitzberg, à quatre lieues de 
Strasbourg, ainsi nommé, parce qu'il convient aux chèvres 
(Spltze, sommet) ; — Geiseke et Geseke (= Geisbecke= Geis- 
bach) (1). 

Kitze, chèvre : Ritzbûhel, Kitziogen. f 

Ziege, chèvre : Ziegenberg, Ziegenfeld, Ziegenhain, Ziegen- 
beim, Ziegenhocken (Hocke, dos; tas), Ziegenrûck dos de chè- 
vre : Rûck, dos). 

Schwein, cochon, porc, swein (en v. h. ail. $uein, suéd. 
swen, holl. swent, berger, jeune berger, serviteur) : Schweina- 
burg, Schweinberg, Schweinbralen (Braten, rôt, rôti), Schwein- 
dorf, Schweinfurt (porte des aigles ? dans ses armoiries), Schwein- 
haus ; — Schweinsberg, Schweinsdorf , Schweinshaupten , 
Schweinsroda. 

Noms d'oiseaux. Le mot Vosel (oiseau) a donné les noms 
suivants : Vogelain (riv.) t Vogelbach, Vogelmûhle, Vogelsang 
(= Yoselgesang, chant des oiseaux), Vogelsberg, Vogelsdorf, 
Vogelsgebirge, Vogelweide. 

Adler, aigle : Adlersberg. 

A»r fpoét. aigle ; v. h. ail. aro % bas ail. arn) : Àrnau (jad. 
Arinava), Àrnborg (casteltum aquilarium), Arnepk, Arnfels 
(que Ton change en Ehrenfels : Elire, honneur) (ï); — Arns- 
berg, Arnsdorf, Arnstein, Arnsladt (lat. Arnostadrum etAefopo- 
lisrisToç «aigle). Arnstedt, Arnswalde (holl .axendj aigle): Ahrens- 
berjr, Arenberg, Arendorf, Ahrensfelde, Âhrensfelderdamm , 
Ahrensfluchterdeichl(Deich, digue ; située auprès d'Ahrensflucht, 
refuge de l'aigle; Flucht, refuge ; — ou refuge de M. Ahrcns). 

A ri, aigle (contract. de Ad 1er) : Arlberg (= Adlersberg, 

(1) Quelquefois geis et pour gis (de gisan, toy. P., p. 89) : 
Gisenberg (refuge fort), Gishùbel, Gismannsdorf. 

(2) Ehrenberg, Ehrenburg, Ebrenbreitstein, Ehrenfels, Ehren- 
friederdorf, Ehrensborn, Ehrenstein, Ehrnberg, Ehrnhausen. 



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— 475 — 

mont, de l'aigle) ; Vorarlberg (avant FA rlberg, : vor, avant) (i). 

Ente, hibou, chouette (bas ail. Uhle) : Eolau, Ealenbach, 
Eufenberg, Eulenburg, Eulenhof; — Uhlenberg, Uhlenbrock 
(Braeh, marais ; ou de brook, ruisseau), Uhlenbusch, Uhlen- 
mûhlen (voy. ul, p. 10\ et App. G). 

Falke, faucon vlat. falco) : Falkenberg, Falkenburg (château 
des faucons), Falkenhagen, Falkenhof ; — Valkenburg. 

Finie, pinson : Finkenberg, Finkenborn, Finkenbuch, Finken- 
hûtten, Finkenmùhlerheide ; Finkenreich, Finkenstein, Finken- 
werder ; Vinckem (habitation du pinson), en Belgique. 

Hablcht, autour: Habichtburg, Habichthorst; Habichtswald ; 
— Havekenburg; — Habsburg ou Habsbourg (pour Habichtsburg, 
le château de l'autour) (voy. App. B.) 

Hahn et Hahn, coq ; Henné, poule (de Pane, verbe hahnan, 
crier, chanter ; lat. canere) : Hahn, Hahnenbach, Hahnheim, 
Hahnweiler; — Hunefeld, Hunerberg, Hunerdorf, — Henné*» 
berg (a pour armes une poule), Hennersbach. 

Gans, oie(angl. goos ; bas sax, goos, gaus) : Gansau, Gans- 
bûhel, Gânsdorf, Gansefurth, Gansemûhle, Ganseteich-, Gose 
(riv.), Goseburg, Gosen, Gosehus, Gosmar, Goswerder. 

Kr&he, corneille (holl. kray, bas sax. kraie) : Krâhenburg, 
Kràhenmûhl, Krahenwinkel ; — Craiwick (bourg des corneilles). 

Kranieh, grue (angl. crâne, en bas ail. kran el kron; suéd. 
kran, grec fépavoç ) : Kranichfeld, Kranichstein ; — Kronange, 
Kron berg, Kron bu rg ; Grohnnest (West, nid). Le nom de Cra- 
nach (jad. Chrana, Chranaka) a été rattaché au slave chranq 
(fort, château). 

Kuekueh et Kukuk, coucou (angl. cuckoo et gawk, suéd. 
gtik, grec xôxxu$) ; Gaueh, coucou ; corneille-, choucas; hibou : 

(1) Peut-être de arila, d'où Erle, der Arlesbanm et Arles- 
beerJbaum, alizier. 

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- 476 — 

Ituckushor n , Kuckusmûhle ; Kukusberge ; Gauchsberg ; — G ug- 
gisberg (en Suisse) et Gôckerliberg; Gugenhausen, Gugkershorn ; 
Gechingen, Geckingen. 
Lerehe, alouette : Lerchenfeld. 
Pfau, paon(lat. pavo) : Pfauhaus, Pfauhausen. 
Rabe, corbeau : Rabenau, Rabeneck, Rabensburg, Raben- 
scheid, Rabensgrûn, Rabenstein, Rabenwinkel ; — Ravensberg, 
Ravensburg, Ravenshorst, Ravenstein; — hrabran, Ram, 
Rimm, corbeau : Rambach, Ramstadt. 

Sehnepfe, bécasse : Schnepfau, Schnepfenreulh, Schn°pfen- 
thal; — Schneppehaosen. 
Storeh, cigogne (angl. siork) : Storchenau ; Storkau. 
Sehwaibe (en plattd. Schwale), hirondelle : Schwalbach, 
(de ach ou de Bach), Schwalbrunn, Schwale (riv.).Schwalefeld, 
Schwalenberg, Schwallungen. 

Schwan, cygne : Schwan, Schwanastatt. Schwanbeck, Swan- 
berg, Schwandorf, Schwanebeck, Schwanenberg, Schwanenburg ; 
Schwanfeld, Schwanheim, Schwansdorf, Schwansee, Schwan thaï ; 
La berlinoise Schwanau (prairie des cygnes), a donné l'occasion 
à Ruckerl de jouer sur les mois Schwan (cygne) et Schweln 
(cochon); — en Angleterre, Swansea(jad. Swinesey) ne se rat- 
tache pas aux cygnes, mais aux marsouins = cochons de mer. 

Lieux de chasse i — Vogelfang (Fan g, action de prendre ; 
saisie; capture; butin; piège» trappe), Entenfang (wo a*a* 
Wilde Enten fllngt t Ente, canard) ; — Dans quelques noms 
composés de greif (Greifenhain, Greifenhagen), ce radical peut 
être une corruption de greiffen (prendre; gripper). 

Jagd, chasse ; Jagen, courir, faire courir ; Jftger, chasseur, 
(cfr. Jach, J&he, anglo-sax. geoc % qui sont peut-être des formes de 
gaeh, gUhe [de gehea, aller; v h. ail. et suisse gahen, aller 



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- 477 — 
•vite, se hâter] ; Jacht, angl. yacht, yacht; et le nom de rivière 
Jagst, Jaxt) : Jagdschloss; — Jàgerhorn, Jâgersfreude, Jâgerthat 
(près de Wôrth, en Alsace) ; — Jagsthausen, Jagstheim, Jaxtgau, 
Jaxthal. 

Les poissons, les reptiles, etc. — Fischbach (Fisch, 
poisson ; — lat. piscis), Fischberg, Fischendorf, Fischhausea, 
Fischerhof (Fischer, pêcheur); Fischingen, Fischkàuferberg 
(Kanfcr, acheteur ; Kaiifen, acheter) ; — Fischhausen, dans la 
Prusse orientale, est pour Bisch ou Bischofshausen (Biscfcef, 
évêque). 

Aalet Ahl, anguille (v. h. ail. âl) : Ahldorf, Ahlera, Ahlen 
(cette ville aune anguille dans son blason), Ahlkasten (Kas-tea, 
coffre ; réservoir), ruisseau. Aalborg (dan. borg = Bnrg) ; — 
Aalen, Aalfeld ; — Albach. 

Esche et Aesche, ombre : Aeschach (v. p. 4 47). 

Fohre, Forche, Fûrche = Forelle, truite : Forchdorf, 
Forchensee, Forchheim ; — Fohra, Forbach. 

Salm, saumon : Salm (ville qui a un saumon dans ses 
armes ; comté ; rivière), Salmsdorf. 

Froseh , grenouille : Froschau , Froschbeim , Frœschen , 
Frœschendorf ; — Frœschwiller où a été élevé un monument 
à la mémoire de nos soldats. 

Pogge (bas ail.), grenouille : Poggenberg, Poggendorf, Pogge- 
mûhlen. 

Sehlange, serpent : Schlangenbad (Bad,bain-, établissement 
de bains), petite ville qui doit son nom à ses bains et à des ser- 
pents inoffensifs qui abondent dans ses environs et qui sont 
attirés par les eaux thermales. 

Igel, hérisson : Igel, Igelspach, Iglau, Iglingen ; — Igelsburg 
a été regardé comme une corruption de Egelsburg et rattaché à un 
individu nommé Egilo, P., p. 78, 79. 



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— 178 — 

Egel, sangsue : Egelsbach, Egelsdorf, Egelsee, Egelstall, 
Eglingen. 

Mené, abeille ; Bienbach, Bienburg, Biendorf, Bienenbûttel, 
Bienenhûlh ; — Bingarlen. 

Imme, abeille (v. h. ail. impi, suisse imbi, abeille ; imb, 
imp, essaim d'abeilles) : Imme, Immenhausen, Immenrode, 
Immenstadt, Immingeroda; Imsbsbach, Imbshausen, Imbsen. 

Wespe, guêpe : Wespen, Wespenstein, Wespelaar. 

Sehnaebe, cousin : Schnackenberg, Schnackenburg, Schnack- 
enmûhlen. À Hambourg, snake désigne une espèce de serpent. 

MUebe, cousin ; moucheron (bas sax. mUgge, v. h. ail. muc- 
cha ; cfr. lat. musca) : Mûchbach, Muchheim ; IVlûckeburg, 
Mûckenberg, Mûckensturm (Sturm, agitation ; tempête ; tour- 
billon), Muckhausen ; — Mûggenburg, Muggendorf, Muggenhof, 
Muggenkrug (Krug, vase; cruche). 

Wnrm, ver : Wurm (riv.), Wurmberg, Wurmsee, Wurms- 
heim ; — Worm (riv.)» Wormbach, Worrnfelde, Wormstett. 

Zagel, queue : Zagelsdorf : — prend la forme zahl : Lâm- 
merzahl (Lamm, agneau), Hasenzahl (Hase, lièvrej, Meisezahl 
(Melse, mésange), Voszahl (= Faeh&schwang). 

Origines héraldiques, noms provenant des armoiries. 
— Quelques noms ont trait aux armoiries que certaines localités 
ont reçues de leur fondateur ou de leur restaurateur. De là 
vient que certaines appellations sont dues à des noms de bêtes 
étrangères à la contrée. Ainsi peuvent s'expliquer quelquefois 
les noms qui rappellent des bêles mythologiques (der Drache, 
der Grelf, der Ltndwurm) : Greifswalde, Greifenhain, Greif- 
enberg, Greifenstein, Greifensee ; — Leonberg a trait au lion 
(dm Leuen) qui était dans les armoiries de son fondateur. Il 
en est de même de Lienberg et de Leonbronn (fontaine du lion 
ou d'un individu nommé Leono... 

Schlûsselburg doit son nom aux clefs (Sehlussel, clef) de 



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— 479 — 

saint Pierre qui étaient dans les armoiries des évoques de Minden 
et dont le nom fut donné à cette forteresse par l'évoque Louis» 
ton fondateur ; Sparenberg rappelle ie chevron (Sparreo) des 
comtes de Ravensberg. 

D'un autre côté, les paysans mettaient sur leurs maisons des 
girouettes, des têtes de chevaux ou d'autres animaux, sculptées 
ou peintes sur la façade. Cet usage a donné naissance à quelques 
noms de lieux : Thierhaupten, Roshaupten (caput caballi* 
num), etc. 

CHAPITRE V 



NOMS EMPRUNTÉS A DBS MOTIFS GÉOGRAPHIQUES QUI SONT LE FAIT DU 
TRAVAIL DE L'HOMME. 



ARTICLE PREMIER 

Nous avons vu que certaines localités sont désignées par la 
caractéristique du déboisement. Mais souvent cette négation ou 
privation d'arbres a été voulue et elle s'est produite avec l'inten- 
tion d une modification de culture. Ce dépouillement d'arbres, 
d'arbustes, de ronces a été indiqué par les mots reut, reuth % 
gereuth; roth, rod, rode ; rathe, rade; ried, riod, rieth, rit 
(en roman riez, roth, roo, rou, ru, rôt). Dans l'onomastique 
géographique, ces mots indiquent ordinairement des localités où 
Ton avait éclaire), défriché (gellchtet) des forêts. On trouve les 
deux mots allemands (Liehtnng et Beat) dans le nom de 
Lichtenrade (défrichement du pays défriché), vg. en Prusse. 

Rente , action de déraciner , extirpation ; défrichement 
(Lientung im Walde); reuten, déraciner, extirper, sarcler, 
défricher [en déblayant le terrain, en extirpant] ; cfr. lat. 
radere, racler, ràtisw ; rotten, extirper (usité seulement en 



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— 480 — 

composition) ; Beat (terre nouvellement défrichée, novate) ; 
Rester, celui qui extirpe, défricheur. De la même racine pro- 
viennent les mots français roture, roturier et non pas de rup- 
tura, comme le suppose Littré. Le sens général de renten se 
retrouve dans le mot bas latin rutare (renverser), qui entre dans 
la composition du nom de Rutebœuf (= renverse bœuf)* trou- 
vère du xiii 6 siècle (cfr. Tournebœuf et Tornbull ■= renverse 
taureau ; celui qui renverse un bœuf ou un taureau) ; roëen 
(provinç.), défricher : 

Reut, Reute, Reuten, Reith, Reithen, Reutlingen (v. p. 496); 
— Kreut (Bavière), pour G reut ; — Baireuth, Kalkreut (Kalk, 
chaux, roche, pierre calcaire -, lat. calx ; — et non pas de kabl, 
chauve) ; 

Roth 9 Rod, rode (geroden) : Rode, Rodefeld, Rodenau, Roden- 
bach, Rodenberg, Rodewald, Rodheim ; Rhode ; — Bleichrode 
(défrichement blanchâtre? ; — lieu de blanchissage, Bleichen, 
blanchissage ; blanchiment), Gernrode (Genre, talus), Kirch- 
rode(défrich. de réglise), Marienrode {Novalis beatœ Mariœ), 
Merode (? pour mererode : de mer, mor, mar qui a eu le sens 
de «marais») (4), Nesselrode (West el, ortie), Neurode (défrich. 
nouveau), Osterode (Novaîe orientale), Wernigerode (Gerode 
= Rodaag; wern est-il un diminutif de Wernier ?) Harzge- 
rode (Harz, montagne couverte de bois) (£)• 



(1) Le nom de Mérode provient plutôt d'un château-fort nommé 
Smaragdus ou Esmeraude. 

Pendant la guerre de Trente ans, un comte de Mérode comman- 
dait, dans l'armée impériale, un corps de volontaires fameux par 
son indiscipline el ses brigandages. Leur souvenir s'est conservé 
dans le nom de « marodeur. » 

(2) En Suisse, divers cantons ruraux se nomment Rhodes : 
Appenzell-Inner-Rboden (Rhodes-Intérieures d'Appenzell) et Ap- 



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— 184 — 

Rut, rud : Rudeo (jad. Ruodino), Rùden, Rudenboren, 
Rudendorf, Rûdenhausen *, — Rùtingen, Rutmarsheim (Marsek, 
pays bas et humide) ; en Suisse, riiti, grUt a la même signifi- 
cation que Reat et désigne l'emplacement d'une forêt qui a été 
arrachée (ansgereutet) : Rutsee (petit lac près de Zurich) ; en 
Anglet. Rulland (= terre défrichée); Rùtli ou Grûlli (= 
Gereutlein), prairie du canton d'Uri où les trois libérateurs de 
la Suisse firent serment d'affranchir leur pays. Cette localité fut 
ainsi nommée parce qu'elle avait été essartée ou, comme dit Schil- 
ler : Weil dort die Waldnng ausgereutet w»rd. Li est 
pour lein, kleln (formes des diminutifs) est ge ou g est ici la 
marque du participe passé. Cfr. Grodei (pour gerodete Au) ; 
Rath, rad, rade : Grafrath (essart du comte), Kamprath, 
Pfaffrath(du prêtre; voy. F., p. 85),OsterathetOsterrath(situô 
à l'est), Quadrath (mot qui n'a rien à voir avec le Qnadrat = 
carré; mais qui se rattache à quad, holl. hwaad, mauvais; — 
ainsi, mauvais défrichement : cfr. Quadrecht pour Quaddrecht 
— mauvais pacage), Slûckralh( bas ail. stUcke signifie la souche 
des arbres qui reste dans le sol ; cfr. Stock) ; — Neuenrade, 
Kollenrade et Koldenrade (bassax. kold = Kalt, froid). 

Riet, Rieth, Ried : Rietberg , Rietenauerbad -, — Rieth , 
Rietbeburg, Rietheim, Riethenau, Rietbfels; — Ried, Riedau, 
Rîedbach, Riede, Riedeberg, Riedesel (? habitation du lieu défri- 
ché : sal, sel; — ou Esel [âne] ; pour Aetzel, voy. p. \ 60). Ried- 
forat, Riedhausen, Riedheim ; — WaJkenried (du foulage Wal* 



penzell-Âus«er-Rhoden (Rhodes-Extérieures d'Appenzell), etc. 
La Frise offre on grand nombre de villages dont les noms en 
ode (9ée, désert, inculte) et rode (défrichement) indiquent que ces 
habilitions ont été bâties dans des lieux incultes et couverts d* 
ronces ou de broussailles. 



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— 482 — 
ken, fouler ; WalLe, moulin à fouler); Boschenried (du bosquet, 
du hallier : Buseh) , — Riedel (petit défrichement;. 

N.-B. — Quelques noms que l'on peut rattacher à ried = 
Rent offrent peut-être le mot Ried (roseau ; terrain marécageux ; 
contrée humide et basse) ou le mot celtique rit, rith (passage ; 
cfr. Auguslorilum ; Camboritum = Cambridge). En bas ail. 
ride et riede signifient « ruisseau. » Quelquefois aussi roth, rod 
peuvent se confondre avec roth (v. h. ail. rôt, angl. read, red ; 
gali. rhwdd), rouge (t). 

En plattdeutsch, le mot roden (rotten) a donné les formes 
rôen, rôn qui, devant 6, /, n, se changent en rb'm .- Rômberg 
(jad. Roden berg), Rômerbach (jad. Rodenbach), Rumbert ou 
Rumke (= Rodenbecke) : ces noms n'ont rien à voir avec les 
Romains. 

La notion du défrichement (Ausrodang and Llchtmig) est 
aussi exprimée par les mots Licht, Han, Schlag, Schwende. 

lieht, clair, lumineux; éclairci; à jour; das Llehte, la 
chose claire; — clairière : Lichten, Lichlenau, Lichtenberg, 
Lichtenburg, Lichteneck, Lichtenfels, Lichtenhaag, Lichtenhagen, 
Lichtenhain, Lichtenrade, Lichtenstein, Lichten thaï, Lichtenwald 
(forêt éclaircie), Lichten wartenberg (Wàrte, donjon); — Licht- 
enstern (nom d'un ancien couvent) nous paraît signifier «étoile 
lumineuse » (Stern, étoile ; Licht, lumière) ; 

Hell, clair; belle n, éclaircir ; — ce radical sert quelquefois 

à indiquer une localité où la forêt avait été éclaircie (gellehtet) : 

Hellefeld, Hellehstein, Hellern, Helinghausen, Hellmûhli Hell- 

weg ; — Hellt, Hilt. 

Han, taillis, coupe de bois ; h,tuen, frapper avec un instru- 



(1) Dans beaucoup de noms de lieux de la Grande-Bretagne, 
l'idée de défrichement est exprimée par les formes royd, royde, 
rod, rode. 



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— 483 — 

ment tranchant ; hacher, fendre : Ainsi, dans la Silésie : Schrei- 
bershau, Seifershau, Rabishau. Â ce même radical on peut ratta- 
cher quelquefois les noms terminés en au : Waldau (pour Wald- 
hau). 

Schlag, action d'abattre ; taille, coupe [de bois] ; Schlagen, 
frapper, abattre; Schlaeht, tuerie, combat; abattis de broussail- 
les (v. h. ail. slaht, : Schlagbrugge, Schlage, Schlagstorf; — 
Heinrichschlag, Leupoldschlag, Graffenschlag (du comte), Kirch- 
scblag (de l'église, etc.) ; — Schlachtberg, Schlachten ; — Schlat, 
Schlatewald, Schlathof, Schlatt, Slate ; — la forme slad indique 
aussi un lieu qui a été écobué, ausgerodet. 

Melss est, dans la haute Allemagne, synonyme de Schlag 
et de Grehau (taillis); de meissen [provinç.], tailler, abattre 
(cfr. Meissel, ciseau; metzen, tailler, abattre; égorger). Meiss» 
a ainsi le sensdeHvlzschlag, Holzabtrieb : Meissau, Meissen, 
Meissen helden. 

Tilgen, exterminer, détruire, extirper ; sax. tiljan, v. h. 
ail. tilon, détruire, exploiter; cfr. theilen, diviser, partager; 
jad. couper; — franc, tailler) : Tielenburg, Tilkenrode; Thiel- 
donk, ThieltCen Belgique;. 

Schwenden (verbe factitif formé de sehwlnden [diminuer, 
décroître ; disparaître] a signifié « faire disparaître » [comme 
senken, formé de slnken, enfoncer, s'enfoncer, a le sens de 
a abaisser, descendre, » c'est-à-dire « faire descendre). Cette 
forme s'est conservée dans le verbe verschwenden (dissiper, 
gaspiller, c'est-à-dire faire disparaître sa fortune, son. patri- 
moine), &chwenden et abschwenden (brûler des broussailles, 
éçobuer un champ) : Schwendl , Schwende , Schwenden , 
Gschwende, Hilkenschwende (Hilken pour Httgelchen, petite 
colline), Molmerschwende (Hulm, poussière de bois pourri), 
Pfaffechwende, Hernschwende (du maître, du patron : Her*). 

Schwand désigne aussi une portion de forêt quia été défrichée 



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— 484 — 
(afcgescliwettâete Waldpartie) : Schwand, Schwand t, Egern- 
schwand (y. h. ail. eherari = grange, Aerénworratli : 

Aehre, anglo-sax. aechir, épi; cfr. Age, barbes des épis). 

Toutefois nous rapporterons plus volontiers la forme schwend 
au v. h. ail. suedan (brûler, réduire en cendres, abbrennen) . 
Le mot suédois svedja est employé pour désigner l'action d'extir- 
per, d'essarter (une forêt) et le mot svedjafall signifie le bois 
destiné à être détruit. Or, svedja a, en suédois, le sens de brûler. 
On sait que le déboisement s'opérait surtout au moyen du feu : 
on brûlait les bruyères, les broussailles pour rendre l'emplace- 
ment sur lequel elles croissaient susceptible d'être cultivé. De 
cet ouvrage et de l'un des noms qui le caractérisait s'est formé 
le nom de Schwitz (ville qui a donné son nom à la Confédéra- 
tion helvétique). De Schwytz on a fait Suisse, die Schwti», 
en adoucissant la prononciation) . 

Brand (embrasement, combustion, feu ; bre«nen, brûler) 
désigne aussi un lieu qui a été défriché (gereutet) par le feu : 
Brand, Brandeck, Brandenburg, Brandenhusen, Brandenstein, 
Branderode; — Brant; — le nom de la Marche de Brandenburg 
(Brandebourg) a remplacé le nom de Brennibor que lui avaient 
donné les Wendes. Dans leur langue Brennibor signifie château de 
la forêt ou forêt fortifiée > brenni, défense, rempart ; bor, forêt ; 

Erde (die, la terre, le globe terrestre; terre, par oppos. à 
Wasser, eau) a, dans quelques noms propres, le sens de 1er rai n, 
champ. Ce mot a eu d'abord le sens de « labourée, cultivée • 
(das ge&rte Feld, da« Artland : Art, labour : Artfeld, 
terre labourable; &ren = pflftgen, labourer ; celt. ar 9 grec 
fpa, angl. earth, terre; angl. to ear, lat. arare, grec ip6siv, 
labourer, cfr. Onomatologie de la gèogr. grecque, p. JM). Noms 
propres : Erd, Erdberg, (la montagne du champ}, Erdeborn 
(source du terrain cultivé Born, poét. as Brtutn, source, fon- 
taine, puits), Erdhaosen (à la maisoa du champ : Haiu, mai- 



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— 485 — 

son), Erdôd (désert du champ; lieu désert [situé près] du terrain 
cultivé : ©"«le, subst, désert; adj. inculte, désert, solitaire). Ce 
radical se présente, sous les formes arde, aerde, aerd, eerde, comme 
suffixe de plusieurs noms hollandais, et il a quelquefois le sens 
de terrain situé près d'une rivière, lieu de déchargement, marché : 
Audenarde (Oudenaerden : vieille terre, c-à-d. cultivée depuis 
longtemps : ail, holl. oud, vieux, ancien, antique), Zwynaerde 
(terre aux porcs : Schwein, holl. zwijn, cochon, porc, pour- 
ceau), localité de Belgique; Aerzeelle (jad. Aert = résidence 
des champs ; Zelle, cellule ; cfr. lat. cella ; grec xorXoç, creux, 
souterrain ; F , p. 4 44 ^ — ou de Saal, salle, jad. sal y habita- 
tion). A Gand, on trouve la Hooy-aert (terre, marché au foin : 
hooi = Heu, angl. hay, foin, herbe coupée [hauen, frapper 
avec un instrument tranchant, couper, hacher] et séchée), la 
Koorn-aert (marché aux grains : Koorn, pour Koren = Kora, 
blé, grains), etc. (4). 

Bantzeu d'abord le sens d'enclos, de lieu enfermé dansdes bor- 
nes, de contrée autour de laquelle on avait tracé des bornes, de 
district (en celtique [gaél.] ban, bann, bande, lien; proclama- 
tion, ban; pays-, — haut, cfr. grec |3ouv6ç, colline; v. h. ail. 
biunt = un enclos, eiageh&gter Garten oder Aeker ; cfr. 
Band (das), lien ; bande; ruban, cordon -, Bande, bande; bor- 
dure, bord ; binden, lier ; celtique [cimbrique] binda, lier 
(efr. Winden). Le mot ail. Bann a dû signifier primitivement 
un lien physique, puis lien légal, loi, droit (cfr. Mahlbann, 
droit à se servir d'un moulin : mahlen, moudre ; Muhle, 
moulin) ; Wildbann, droit de chasse, Kirehenbann, juge- 
ment ou loi de l'Eglise (binden, lier, entourer de liens, lier 

(1) En eeltique arda signifiait « pâturage. • On trouve ce mot 
dans le nom d'Ardon (Loiret). Le radical ard paratt se conserver 
aussi dans des noms propres terminés en ard : Fav-ard (terrain 
du fou ou hêtre), Pinard (pays des pins), etc. 



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— 486 — 
ensemble) ; puis, bannen a pris le sens de verbannen, mettre 
hors de l'Etat, hors de l'Eglise ; Bann, action de confiner hors 
de..., bannissement dans un lieu déterminé, exil. Du même 
radical s est formé le mot band ou bant (cfr. ital. bando, ban ; 
et bandito, banni). 

Le mot band (bande) a d'ailleurs désigné des groupes de famil- 
les ou de tribus confédérés. 

Ce mot se retrouve dans le nom des Tubantes (dont la contrée 
fut nommée Tubantia ; auj. Twente), des Trinobantes et des 
Buccinobantes. 

Brabant (dérivé de l'ail, brach, adj. et adv. qui est en 
friche) aurait le sens de Brachland, friche, jachère ; guérêt, 
terre en friche ; mais plutôt du celt. [gaél.] brag t plaine (par 
oppos. à Hasband (= Hochland ?) ; Osterband (pays boisé?) 
et Teisterbant (pays d'eau ? — toutefois, ce dernier nom paraît 
désigner un district méridional : teister = dexter a signifié la 
droite; sanscrit dakshina, droite; daksha, fort), Bursibant 
(sur l'Ems) ; Bentheim, Ben liage offrent le môme radical. Osier- 
binde (Binde, bande), Bensberg, Bensheim, Benzlage, etc , peu- 
vent se rapporter à des racines différentes. 

Feld, champ; plate campagne; campagne, champs; étendue 
de terre labourable; jad. plus part, plaine, par opposition à 
Ctebirge. Ce mot a aussi désigné un «camp» et puis une 
« expédition militaire ; » comme le mot campus a désigné un 
champ de bataille; cfr. Kampf. On pourrait croire que Feld 
(angl. field) a d'abord désigné le terrain qui reste lorsque les 
arbres, les broussailles sont coupés (angl. felled .- de to fe.ll, abat- 
tre, couper; fftllen, faire tomber, abattre [un arbre, etc.], 
couper [du bois, etc.]; fallen, tomber; Fall, chute, pente), 
un terrain cleared of Irees. Mais il ne faut pas oublier que ces 
terrains livrés à l'agriculture et habités étaient entourés d'une 
haie, d'une clôture formée avec des arbres abattus. Or, en cel- 
tique, ffald signifie « lieu entouré d'une haie » (cfr. angl. fold ; 



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— 187 — 

parc, Heu entouré d'arbres abattus, felled), un terrain entouré 
de claies ou de pieux. (Pfahlwerk), un enclos pour le bétail. 
Le gaélique offre les formes fàl, fàil, enclos ; cercle; défense, 
retranchement, rempart. Ainsi, dans divers noms géographiques' 
d'au-delà du Rhin, Feld a pu très aisément succéder au mot 
celtique ffald. Nous regardons comme moins probable l'étymo- 
logie qui rattache Feld à Faite (angl. fold), pli, repli, ride ; 
Falz, coulisse, rainure, entaille Un champ cultivé aurait été un 
champ faltfg (plissé, qui a des plis; cfr. P., p. 84). 

Le norwègien fjeld et l'anglais fell, indiquent une montagne 
dont la terre tombe (angl. to fall, tomber ; diminuer ; s'abaisser , 
baisser, s'aplatir) : 

Feldbach (H. -Rhin), Feldberg, Feldhausen, Feldkirch (église. 
des champs); etc. — Ahlefeld (p. 4 77), Barlfeld (champ de la 
hache : Bar te, hache, P., 470), Bennfeld (non pas de Beln, 
os; jambe; mais champ de la hauteur : du eelt. [evse] ben, 
montagne ; cfr. pen)> Bielefeld (nom qui. rappelle peut-être la 
hache [Bell, v. h. ail. pil, pille; suéd. 6i7, anglo-sax. 6»//, 
gallois btvial, hache, cognée] qui abattit les arbres pour former 
le champ [Feld] où fut bâtie la ville qui est partagée en deux par 
la Lutter; cfr. pp. 72, 73), Birkenfeld (Birke, bouleau), Bitten- 
feld (Bitte, prière, demande), Bilterfeld (Biner, amer ; triste, 
pénible; rude, dur; champ où il y a le Bitterklee [littér. 
trèfle amer, trèfle d'eau] ou la Bitterkresse [cresson amer], 
ou la Bittrrwurz, gentiane, etc.)» Bôdefeld (champ de Bodo, 
P., p. 55, ou abrév. deBodogost, etc. P., p. 235 ; ou de Bade, 
holl boede, petite construction en bois ; boutique), Brettenfeld 
(champ des planches : Brett, planche), Crefeld (Kr&he, cor- 
neille -, en romand cré, éminence, colline -, celt. crech, hauteur), 
Degenfeld (Degen, épée ; v. h. ail. thegan, héros; serviteur, 
P., p. 202), Donnersfeld (Donner, foudre, tonnerre), Ei- 
feld (en suisse ei, ey, tribunal rural; cfr. Ehe, mariage; 



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— 488 — 

primit. loi), Endfelden (au champ de l'extrémité : End, bout, 
extrémité) ; 

Frauenfeld (champ de la Femme, poar unserer llebe Fraue* 
Feld, le champ de Notre-Dame bien-aitnée), Fûrstenfeld (Fttrst, 
prince), Grabfeld (Grab, creux, fosse), Gurkfeld (Gurke, con- 
combre), Harlfeld (champ de Hatto ou Hazo, P. pp. * 03, 4 35; 
ou contrée giboyeuse : Hatz, chasse à courre; meute de chiens; 
? ou parce que ceux qui bâtirent le château dirent : Hier hat's 
Feld), Hirschfeld (Hirseh, cerf), près du Dantzer-See (lac des 
danseurs : Tanzer, danseur ; Tanz, danse), Hochfelden (hoeh, 
haut); petite v. du B -R., Hundsfeld (champ du chien : Stand; 
où l'empereur Henri V fut défait par les Polonais : les morts 
demeurèrent sans sépulture sur le champ de bataille et les chiens 
y coururent en grand nombre), Goesfeld ou Koesfeld (du celL 
coed, forêt), Kônigsfeld (champ du roi : KiSnîg, roi), où l'em- 
pereur Albert fut assassiné ; Kranefeld et Kranichfeld (suéd. kran, 
angl. crâne, yépavoç, Kranieh, grue), Langenfeld (lang, long, 
grand), Lechfeld (champ pierreux : du celt. lech, pierre), Lein- 
feld (Letn, lin ; ou d'un ruisseau de ce nom : celt. linn, maré- 
cage, étang), Lilienfeld (campililium ou plutôt champ du lis : 
Lille, lis), Mansfeld (? champ de l'homme, Hanues Feld ; ou 
champ de Mannus; — en Angleterre, Mansfield se rattache au 
nom de la riv. Man ou Maun ; — armor. maen, pierre, rocher ; 
manéy montagne), Markfeld (Mark, borne, limite), Mayenfeld 
(? Mal, mai; [poét.] fleur ; [jeune] pousse, jet; branches ver- 
tes), Meinfeld (de Megino, P., 446), Morfeld (Moor, marais), 
Mûhlenfeld (Mtthle, moulin), Pflugfelden (lieu situé près de 
champs labourés, bel den gepfiafftenen Feldern : Pflu*;, 
charrue), Rheinfelden (aa champ du Rhin ; ville située sur le 
Rhin auprès d'une petite cascade que les bateliers nomment le 
Crochet de l'Enfer*, parce que le fleuve s'y précipite en faisant un 
brait effroyable); Rothfeld (champ rouge : roth) ou Lûgenfeld 



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— 489 — 

(cbamp du mensonge : Lttge, mensonge), nommé aujourd'hui 
Ochsenfeld (champ des bœufs : Ochs, bœuf ; vaste plaine qui 
doit le dernier nom à une célèbre foire de bestiaux) ; Rolhenfetd 
(roth ; — Reut), Saalfeld (v. sur la Saal) f Seefeld (See, lac), 
Sternfeld (Stern, étoile), Wagenfeld (Wage, balance; Wagei, 
char, chariot, charrette; voiture), Weinfeld (Weln, vin ; vigne), 
Wiesenfeld (ne désigne pas un champ situé près d'une prairie, 
das Feld an cincr Wiese ; ce mot provient de Wisuntifeld : 
wisunt ou wiesanl, bubalus, bubale, Aneroehs, taureau sauvage, 
ure, Waldoehs, Baffel), Winlerfeld (Win ter, hiver), Wuste- 
feld (wttst, inculte, désert). 

Àppenfeld ne vient pas de Affe, holl. aap, celt. aep, eppa, 
singe. Ce nom signifie un champ près d'un ruisseau [Feld am 
Baehe, Bachfeld) : du celt ab, ahh, eau, aven, avon, abben, 
abhan, cfr. Appenrode (ail. rod. Reut, celt. reith, reys, terre 
novale, terre nouvellement défrichée, ausgerodetes F«ld. 
Appenzel dérive de Abbatis Cella. 

En anglais, Feld se dit field : Chesterfield (champ du château 
castra), Dofrefield (irl. dubhras, sombre forêt ; duhb, noir -, 
cfr. Dovre Field, en Danemarck), Fair field (bon champ : fait, 
beau, bon), Hopefield (du houblon : \wp = Hopfen*, ou de 
l'espérance : hope ; ou plutôt de hope, vallée en pente, vqj. 
pag. 42), Lich field (champ des cadavres : Leiehe. sax. lych, 
cadavre ; enterrement ; on trouve ce nom écrit : Licetfield, Licit- 
field et on peut le rattacher au celtique [irland.] leacth, sépulcres ; 
kac, pierre, pierre tombale), ville où périrent un grand nombre 
de chrétiens, sous Dioclétien (champ des reliques, des corps saints), 
Mannsfield (p. 4 88). Sbeffiold (riv. Sheaf, affl. du Don, Angl.), 
Smithfiekl (du forgeron : Smith — Sehnied, forgeron), South* 
field (du sud), Springfield (spring, fontaine, source; printemps; 
Sprlng, source ; saillie ; saut ; Springen, se rompre, se fendre ; 
jaillir; bondir); WakefieW(toa/b. veille, vigile; towahe, veiller; 



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— i90 — . 

éveiller; Wache, veillée; garde; guet; wachen, veiller), 

Dans les noms norois et suédois, field signifie rocher, plateau : 
DovreField (p. *89), Kongshavnsfield (rocher du port royal). 

Veld est le corrélatif hollandais de l'ail. Feld : Velthusen 
(huis = Haus, maison}, Arteveld = Artaeker, terre labou- 
rable : art = Erde, terre [labourée] : aran, ftpen, lat. arare, 
labourer. ^ 

Fùld, terre, contrée : Westfold ou Westphalie (contrée occi- 
dentale). 

Quelquefois Feld devient fell % par assimilation : Fellbach (ruis- 
seau des champs ; ou de l'arbre Felbe, saule : on trouve deux 
localités nommées Felben [ad Salices], près de Ravensburg et 
près deFrauenfeld). 

En suédois fala signifie « plaine, » et, dans les pays saxons, 
le même mot indiquait un district (Gau). Cfr. v. h. ail. falah, 
établi, domicilié, Ansaxsiger). 

11 semble que le même radical se retrouve dans le latin vallis 
et dans le polonais pôle (plaine, Flnehland). La racine fal se 
retrouve dans le nom des Westfalen ou We#*phalen (= West- 
felden = plaine de l'Ouest) ou de la Westphalie. Le celtique 
[irland.]/aZ [rempart; haie) offre d'ailleurs, une forme parallèle 
à l'ail. Wall, rempart (lat. vallum, retranchement, palissade, 
rempart), et le mot Westphalie aurait pu désigner les remparts 
de l'Ouest et avoir trait aux fortifications romaines ou à la partie 
montagneuse de cette contrée (4). 

Kamp (plattd. et provinç. champ; plaine ; enclos, Feld, ein 

(1) La Westphalie (bas lat. Westphalia et Guestfalia) comprend 
le territoire situé entre le Rhin et la Weser. On y trouve une série 
de petites montagnes : Westerwald, Rothlàgengebirge, Sauerland- 
isches Gebirge.Haarstrang (? Ifaarstrang, cordonnet de cheveux; 
[bot.] peucédan, genre de plantes : Haar, cheveu, poil ; Strang, 
corde), Teutoburger Wald, Mindensche Berge, Wesergebirge. ' 



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— m — 

eingefriedlgtes Feld ♦, lai. campus ; ce mot a eu le sens «ie 
champ clos et a donné les substantifs Kampe [champion] et 
Kampf lutte, combat) (4) : Campania (Italie), Champagne 
^France ; a phnitie camporum) ; Kamp (en Wespbalie), Campen 
(Holl. et Hannovre), la Campine (ea flara. Kempen, pays plat), 
Kempten (en Bavière, v. que l'on regarde comme l'ancienne 
station cellico- romaine Campodinum : celt. din, fortification, 
hauteur) ; — Bredencamp (bas ail. pour breit, large), Kot- 
tenkamp (de Koth, cabane), Nonnenkamp (champ des religieu- 
ses, den Nonncta gehorig), Uppenkamp (bas ail. pour auf 
, dem Kampe). 

Wang (mot perdu, mais conservé dans les noms propres), 
champ, enclos, pâturage (Feld, das Geflld, der gehegte 
TCeldenplatz ; — dérive peut être de la racine qui a donné 
vankan, fangen [prendre, saisir], et qui a eu le sens d'embras- 
ser, enceindre, entourer [d'une haie. etc.]. Ainsi wang était 
synonyme de der Garten et a signifié das eingeschlossene 
Feld). Uiphilas traduit x;ap(£8ei<yoç (jardin, verger) par vagg. 
En goth. vaggs = campus; cfr. persan Bag, jardin : Bagdad 
(jardin de Justice). Les Celtes avaient les mois vang (enceinte 
entourée d'une clôture de claies ; parc, enclos) et gwaneg (pâtu- 
rage). Ce mot se trouve dans le nom de Vangiona, de. Borbeto- 
magus Vangionum et dans : 

Wangen (vg. du B.-Rhin, deux fois en Suisse, enSouabe, etc.); 
Wangenheim (habitation du champ), Affollerswangen (Affolter 
= Apfelbaum, pommier : Apfel, irl. aval, cambr. apal f 
pomme ; ter ou der avait ie sens d'arbre [goth. triu, angl. tree; 
grec 8puç, arbre, en général ; chêne ; celt. deru, arbre, chêne) ; 

(1) Le mot campus se rattache au grec xa^ïj (courbure ; 
xàfATCTcu, je plie, je courbe). En Sicile, le stade pour la course se 
nommait xd^arcoç (Hesych.), à cause de la courbure qui formait 
l'enclos. Un champ était un terrain clos et cultivé. 

U 



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— 1Ô2 — 

Aarwangen (v. située sur l'Aar,, Dûrrwangen («ilirpe, sec, aride), 
Ellwangen (champ ptanlé d'aunes : Elit p, dialect. pour Epie, 
aune, arbre), Feuchtwangen (feueht, humide), Hohenwang 
(hoeh, haut), Horwang (v. h. ail. hor, boue, marais-, efr. celt. 
eabar, ébar, boue). — Dans la mythologie Scandinave, Freya 
recevait les occis dans son enclos appelé en norois Folk-wngar 
(pelouses des guerriers : Volk, peuple, nation, foule; plus 
particulièrement gens de guerre, guerriers). 

Dans l'Oberland bernois, on emploie le mot wang pour dési- 
gner une plaine (Fl&ehe) naturellement couverte d'herbe, par 
opposition à une plaine cultivée ou à une contrée stérile. Le 
Maienwand (muraille de mai : Mai, mai ; jeune pousse, jet ; 
W»d), près des sources du Rhône, se nomme en réalité Maien- 
wang (le champ des jeunes pousses, des fleurs). 

Wang est quelquefois précédé de la sifflante sch qui exprime 
dans quelques contrées la lettre $, marque du génitif : Ebersch- 
wang (de Ebee, sanglier; on du celt. eabar, boue), Oster- 
schwang (le champ des pâquerettes, Osterblume, fleur de Pâques : 
Osteea, Pâques). La résidence du roi de Bavière, nommée Ho- 
henschwangau se distingue par l'épithète de hoh, hoeh (haut) 
du village voisin Schwangau (mot qui ne vient pas de Sehwaa, 
cygne ; mais de s-wang), situé dans la plaine. 

Wang et wangen ont été changés quelquefois en ang % angen 
et Angee (prim. terre cultivée; puis gazon, terrain gazonné; 
terrain inculte; pacage-, en compos. pâturage, champ, enclos) : 
Angerburg (château du pacage), Erlangen (== Weideplats 
mit Erlea s Epie, aune), Wolfsanger (champ du loup : Wolf) ; 
— Bernang (pacage ou enclos de la colline : celt. bern, mon- 
tagne) (0- 



(l) Les formes ang et ong ont été conservées dans beaucoup de 
noms terminés en ange % agne, onge et ogne. 



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— 193 — 

Dans des noms de. lieux de l'Angleterre, on trouve aussi 1 
suffixe wang et wong (anglo-sax. wang, vwng, plaine, champ ; 
danois vang, prairie). La forme swang est une altération de 
wang : While Cross Swang (= le champ de la Croix blanche : 
white = weiss, blanc : cross = kreaz = crux, croix). 

Gau, canton, district, contrée (primit. plaine, par opposition 
aux montagnes et campagne, par opposition à ville, Stadt : 
cfr. le grec ^atr), -pi, terre ; en hébreu gai et ghé> vallée, terrain 
bas, bas-fond; védique gavya, pâturage; — le nom du lieu 
fréquenté par le troupeau de vaches [sanscr. gô, taureau, vache ; 
nom qui a trait au beuglement ; de la racine gu, sonner ; — 
conservé dans le féminin Kuh, vache] est devenu le nom qui 
exprime la « contrée. » En préposant au mot Gan {go> gauw) 
un nom de rivière ou un autre nom dislinctif, on a déterminé 
la topographie d'un pagus ou d'un pays : Aargau ou Argovie 
(canton de l'Aar), Brisgau (? celt. [irl.] bruis, habitation, forte- 
resse), Hennegau (nom qui désigne le Hainaot, et qui aurait 
signifié « le pays arrosé par la Haine » (i); — Klettgau 
(? Klette, bardane ; — on pense que c'est le pays occupé jadis 
par les Latobriges : de Lettgau on aurait fait Klettgau), Oberam- 
rnergau (district d'Oberammer : ober, haut, supérieur; situé 
plus haut ; la rivière Ammer), vg. de Bavière, où, tous les dix 



(1) On a dit qu'il n'était guère probable qu'une rivière aussi 
peu remarquable ait donné son nom à celte province. On a donc 
eu recours au celtique hen (vieux). De sorte que Hen-go aurait 
signifié « vieux pays ; » le nom de Hainaut se traduirait par 
« vieille forêt » (aut pour Wald, forêt). Mais on pourrait peut- 
être plus justement recourir à l'irl. eanagh [marais], qui entre, 
sous la forme enagh, dans les noms de plusieurs localités. Ce 
nom aurait pu désigner des marécages formés par la Hayne. Il 
serait du reste ridicule de voir le mot Henné (poule) dans 
Hennegau; et Ton ne s'explique pas que plusieurs écrivains aient 
donné à ce pays le nom d'Hannonia. 



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— 194 — 

ans, la représentation du drame de la Passion atlire une foule de 
curieux de tous les pays-, — Pràltigau (n'est pas composé de 
peraht, brillant; cfr. Pracht, éclat, P., p. *66; ce mot est 
formé devallis Pratensis, vallée des prairies; ou selon d'autres 
pour Rhâtigau, la consonne p aurait été introduite par une pro- 
nonciation vicieuse), Rheingau (district qui s'étend le long du 
Rhin jusqu'à Bacharach et qui contient des vignobles très re- 
nommés), Schongau (schon, beau), Sundgau (v. h. ail. sund 
= Sud, sud), Thurgau ou Thurgovie (canton de la Thur, der 
Gau om den Fluss Thur) ; — Ostergo (canton de l'est : 
Ost), Westergo (canton de l'ouest : West), etc. 

Lage, site, gisement, couche -, assise ; jad. embuscade [ein 
Platz wo man sich legt -, Hexen, coucher, être couché, 
placé, situé; iegen, mettre, placer; coucher; I.ager, couche, 
lit; siège, établissement; entrepôt; chantier, magasin; camp; 
gîte, terrier, repaire; propr. endroit où l'on couche, où l'on est 
étendu ; placé, situé : liegen, imp. lag ; — legen, poser, cou- 
cher, étendre], a eu le sens de champ (1) ; Braunlage (de Bruno), 
Dinkellage (champ de répeautre : Dinkei; épeaulre, froment 
rouge), vg. près d'Oldenburg; — Witllage (v. a. ait. uilu, bois, 
P., 226), près d'Osnabrùck), Stapellage (Stapel, pilotis; tas, 
pile [de bois, etc.], échafaudage; chantier d* construction ; en- 
trepôt ; étape ; — avec des noms propres : Schilterslage (Schil- 
ter = Schlldknecht, écuyer ; — chargé de porter l'écu [schild]; 
page; serviteur, F. 94). 

Dans les contrées où règne le plattdeutsch, on trouve aussi', 
dans des noms de lieux, le mot lah qui n'est pas autre chose 
que lage. Ainsi, Haberlah (— Haferlage : Hafer, avoine), 
Steinlah ( — Steiofeld); Engelah (■= engesFeld, champ étroit. 



(1) Lage (jad. lag, habitation) désigne une habitation située 
dans un endroit incliné (couché, bas ; liegen). 



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— 495 — 

resserré), Wïedelah (= Weldefeld : Welde, saule; — pâtu- 
rage, Weldeland, pays de pacages) , — voy. Lâche (bourbier) 
qui a pu quelquefois prendre la forme lag. 

Ley, lea, lee, lay, leigh, ont dans les noms géographiques 
anglais, le sens de plaine ou de pâturage [angl. foy, prairie]; de 
i'anglo-sax. leag, legh, leah, ley [angl. ley, champ]; pâturage; 
cfr. gall. Ile, franc. lieu y lat. locus) : Audley (vieux champ : 
ald % auj. old = ail, vieux)/Berkley (au milieu des bouleaux : 
anglo-sax. beorce = Dirke, bouleau), Bromley (anglo-sax. 
brom-- angl. broom, genA; cfr. P., p. 59; — comme Bromp- 
ton = enclos, hauteur des génois : tun, dun), Oakley (angl. oak 
= Eiehe, chêne), Stanley (champ pierreux : anglo-sax. stan y 
angl. stone, Stein). 

Quelquefois ley est pour le celtique [armor.j leac'h [irl.], liag 
(pierre), Lay(=FeIs) : Paisley (jad. Pasley, du gaél. bas leac, 
le banc plat de pierre, à cause d'un banc de cailloux qui traver- 
sait la rivière en cet endroit). 

Acker, champ labouré, cultivé [par oppos. à Weide], 
champ; acre [mesure d'étendue] ; cfr. v. h. ail. achar, lat. ager; 
oh pourrait croire que ces mots se rattachent à un radical qui 
désignait la terre comme le champ où s'exerce l'action du labou- 
reur; où bien ager aurait signifié d'abord le lieu où Ton con- 
duisait {agoy je mène ; je conduis-, je fais avancer) le bétail. 
Puis, lorsque l'homme changea d'occupation, il aurait laissé le 
même nom au sol où son activité s'exerçait sous une autre 
forme. Mais voyez plutôt le celt. ach : Achern, Bonacker (Daum, 
Bonne), Hildesackere (champ du combat ou de Hilda, P., H9), 
Hohenacker (localité située sur un plateau élevé), Hohnacker 
(abrév. du précédent), Krummenackcr (de la configuration du 
lieu : Krumm, courbe, sinueux ; ou d'une infirmité du pro- 
priétaire : des Krnmmen Acker), Odacker («de, désert, 
inculte), Rohracker (nom dû aux roseaux qui croissaient auprès 



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— 496 — 
du ruisseau qui se jette dans le Neckar [Rohr, roseau ; — 
auprès de Rohracker se trouve le château de Rohreck, situé sur 
une hauteur Bergspitze), Wieseacker (Wiese, prairie). 

Borde (die), champ situé au bord d'une rivière (das Land 
an einem Flussnfer), une plaine cultivée (ein fruchtbarer 
ebner Landstrich). — Gfr. Borde, bordure; Bord, Borte, 
bord; en anglo-sax. bord, habitation, maison ; franc, borde, 
métairie; languedoc. bordo, métairie; maisonnette; étable de 
porcs ; bas lat. borda, hutte ; gpth. baurd, planche) : Laborde, 
Borderie, Labourdette, etc. 

Ing, ingen, inc, ne forment pas une anale insignifiante, une 
simple terminatio derivatorum, Eine Art von Lokal-Subs- 
tantivendung).Danslesnomsde lieux, ing signifie : 4° champ, 
pré, pâturage commun, et correspond au mot ail. Anger 
(dan. eng, suéd. aeng, isl. engi), primit. terrain cultivé; plus 
tard, terre inculte; gazon; pacage, en compos. champ, pâturage, 
enclos. Le mot est encore en usage dans le nord de l'Angleterre 
et il signifie pré, pâturage. Ce radical nous parait se rattacher au 
celtique engi, produire. Voy. TAppend. P. 

Quelques érudits donnent à ce radical le sens de « propriété» 
et le rattachent à eigen (adj. propre, qui est la propriété de ; 
adv. à soi) dont on aurait fait igen et puis ingen, en nasalant le * 
à cause du g. Le mot ing a eu sans doute le sens de propriété 
(v. h. ail. eigan, prœdium, possessio). Mais il est facile de voir 
que le nom donné au champ ou au bien patrimonial a pris 
facilement le sens de « propriété. » 

Quelquefois ing a pu se confondre avec eng (étroit, resserré ; 
kymr. ang, étroit ; lat. ango, angustus, grec oiyyto, je serre ; 
ail. Angst, angoisse, serrement de cœur), et désigner des lieux 
resserrés, étroits; l'entrée d'une vallée, un endroit resserré entre 
des montagnes, une bande cultivée (1). 

(1) Dans cette hypothèse Anger aurait désigné d'abord une 



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- 497 — 

Ce mot forme la terminaison des noms d'un grand nombre de 
villes et de villages dans tous les pays où l'ancienne langue ger- 
manique fie celtique] a été en usage : Ingenheim (en Alsace = 
demeure du champ, du pré), ïngwiller, Ingolsheim (jad. Ingol- 
de&hahe), dans le dép. du B.-R. Inkwyl, Ingbol -, Ingolstadt; 
Engies (pour Ingies : ing, pâturage), sur la Meuse, dans le pays 
de Liège); — Bisping (champ de Pévêque : Bisp pour Bischof), 
Greving (ch. du comle : Graf), Vogedink (cb. du Vogtou du 
protecteur, patron, préposé, administrateur), Probsting (champ 
du prévôt, Probst), Ëbbedischink (champ de l'abbesse Abtis- 
sin), en Westphalie; Heddingh (de Heddo, P., p. 4 03), — 
Henningh (de Henno, P., p. 104); — Thorseng (pré de Thor). 

Ing en offre la forme du datif pluriel) : Aldingen (aux. champs 
d'AIdo, abrév. d'Altarick au Aid rie, P., p. 29, 483), Benningen 
(de Benno, P., p. 235), Berlichingen (de Perkich =• perilaicus ? 
cfr. F., p. 4 89), Binnen (contract. de Binningen; du prénom 
Binni, ou plutôt du celt. 6m, beinn, colline) (4); Biringen (de 
bier pour Birn, celt. pyr t v. h. ail. ptr, poire ; poirier), 
Bissingen (?de Busso, Bosso, Boso, nom d'homme, P., p. 244), 
Bôblingen (du nom d'homme Bobilo, Poppilo, qui se trouve 
aujourd'hui dans des noms de famille Bôbel, Bebel, Pôppel, 
abréviations de Poppo ou Boppo, P., p. 61 ; — ou de Popcl, 

bande de terre et le mol scand. angr est expliqué ainsi (Biôrn) : 
Sinus vel lingula , tam terrœ quam maris , locus scilicet 
akg -us tus. Ces langues de terre ont formé les premières prairies 
(Prata enim sunt ad marium fluviorumque littora et ripas, et 
ibidem velutiin ang-ustum coguntur). En scand. angur veut dire 
golfe. 

(1) Bingen ne vient pas de Bei-ingen (|>el, auprès), mais de 
Bengium qui indiquait la localité où les Trévires se battirent 
contre les légions de Céréalis ; jad. Vincum (cfr. celt. win<jum, 
fingum (villare : ing a donné les formes ving, vingen, fing t 
fingen. 



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— f98 — 

Pobel, plèbe; populace; cfr. lat. populus, peuple); Cottingen 
(champ de la cabane : Koth, hutte; ou du bois, celt. coètp 
Datzingen (de Tato ou Tetlo, P., p. «04), Deufringen (peut-être 
pour Tueferdingen, ou champ situé près d'un tiuf Hart = fief, 
bas; Han -= Wald ; ou peut-être de Teufel [diable] parle 
changement de / en r), Dillingen (des Tulingi : du celt. dol % 
plaine), Dilzingon (de Diez, P , p. 64, 4 83), Doffingen (de 
Toffo), Donaueschingen (champ des frênes [situé auprès] du 
Danube: Esche, frêne; ou de asch, eau, en celtique), Echter- 
dingen 'Je champ de la forêt du bannissement : Aelit. ban, 
bannissement ; Hart\ Ehningen et Ehningen (pour Eginingen 
(champ d'Egino, P., p. 77), Elbingen (champ de la rivière : 
elb\ Elchingen (non pas du v. h ail. elaho, angl. elk, anglo- 
sax. elch, élan ; — ce nom était jad. Aichlingen, sur une mon- 
tagne près du Danube : ? celt. ac/i, eau, frn, marais ; en ou 
gehn = Hetm, v. p. 4 66), Eppingen (champ d'Eppo}, Eschinçen 
(de Escio, n. pr.-, v. p. 447), Esslingen (n'est pas le champ des 
ânes : Esel, âne; mais de Ezzelin, Ezzilo, Azzilo, Azelin ; P., 
245 ; ou petit Etho ou Ado, P., p. 46). Etllingen (de Etzet et 
Hetzël), Fieissingen ou Fleissinge (? Fieiss, assiduité ; applica- 
tion, étude), Freising (frei, golh. frets, libre ; — friseh, frais, 
récent), Frisange (jad. Frisingen), Geisingen (de Giso, abrév. de 
Giselbert, P., p. 235), Geisslingen (de Gisilo, Gisal, P., p. 94 ; 
Geisel, Geîssel, otage), Gôppingen (de Cobbo. Choppo, n. 
propre), Gôttingen (qu'on a dérivé du nom des Goths; de la 
fertilité [gut, bon] du sol : sive agri bonitas sen gens tibi 
Gothica nomen, Gottinga, fecerit tuum ; mais on peut voir dans 
ce nom une abrév. de Gottes ingen ; [champ de Dieu : Gott] ; 
il est vrai que Frédéric Barberousse nomme cette ville Gudtting ; 
— Ding. chose, ding, jad. chose publique [res pubUca], assem- 
blée politique et judiciaire ; ou du celt. cot7, forêt), Grevelinge 
ou Gravelinge (terre sablonneuse, pierreuse; grève, angl. grevel* 



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— m — 

gravier), Groningue (champ vert : «rûn, — dan. groning, 
tioll. grœin, croissance; suéd, gro, dan yroe, croître; mots 
qui nous offrent la racine de grikn : la verdure est la cou- 
leur de la plante dans sa première croissance), Haringe (prairie 
aux lièvres : fia m. et anglais hare = Hase, lièvre), Hechingen 
(hech = hueh, haut), Hedingen (Heide, bruyère ; Hedencourt, 
en Picardie, offre le môme radical), Heimerdingen (pour Heirn- 
rad-iugen, champ d'Heimrad, P , p. 4U), Hemmingen (champ 
d'Hemtno, Hammo ou Heimo, abrév. de He mrad, Heiiurich), 
Hitzing (Hit/e, chaleur), Huningue (champ du géant : Httne, 
ou de la hauteur : celt. ctiwo P., p. 4 23), Hutlingen (vg. suisse 
' nommé jad.Huntingun : angl. to hunt, chasser, aller à la chasse-, 
-ou du v. h. ail. hunt = Hund, chien), Endingen (auj. Rap- 
perjweil, situé à l'extrémité [Ende, fin] du lac de Zurich), 
lllingeu (de Mo, n. pr.), Kinzing (Castra Quintianorum), Kis- 
âingen (Kies, sable à gros grains, gravier ; — Kiesen, ol. 
«et poét., choisir), ville de Bavière sur la Saale — ou comme 
Kesching, Kesslingen, champ de Chezzo, n. pr.), Kitzingen 
\? Kitze chatte), — ville qui doit son origine à un couvent de 
Bénédictins; l'espace occupé par l'intérieur de la ville s'appelait 
jadis <U«»Uesfel<l (champ de Dieu), Kneitlingen (du petit ser- 
viteur-, Kneitl: Knecht, serviteur; angl. knight, chevalier; 
jadis écuyer), Koldingen (v. h ail. Kold = Gold, or), Lauin- 
gen (lau, tiède, tempéré ,, Memmingen (de Mimigart, Mimihilt, 
P., pp. 7«i, 4 31), Meringen (Meer, mer), Oedingen (8de, 
inculte; ou champ d'Odo, P.,p 47), Oettingen (d'Otto, P. 47), 
■ Môhringen (de Môro, Maurus, noms de famille Mohr, Mohrlin, 
Mâhrlin : Mohr, maure, nègre -, — Mobr, Mo»r, marais), 
Mûnchingen (MSncb, moine), Oedingen (ch. d'Odo, P., 47 ou 
«de, inculte), Oettingen (champ d'Otto, P., p. 47), Schleusingen 
(champ de l'enclos : Schleus*», écluse ; Schliessen, fermer, 
clore : Schloss), Schliengen (vg. du duché de Bade où les 



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— 200 — 

Français remportèrent une victoire sur les Autrichiens, en 
4790; — Schlehe, prune sauvage-, prunier sauvage; mot 
apparenté à l'adject. h. ail. scbl&he ou seblehe, âpre; aigre)-, 
vg. de Bavière (1); Schôningen (Schon, beau), Schweningen 
(Sehwein, cochon, — swein, berger, P., p. 4 97), Sickingen 
(deSikko, n. propr. ; ou champ situé dans un bas fonds : dialecL 
siek, terrain bas et humide), Stsrzingen (pour Stôrzingen ; 
en bavarois der Steiz, sttirz et Storz, bouillie épaisse), 
Straubing (hoîl. struif, struive = fttr&ublen, gâteau 
tordu, en spirale : suisse Strube — Sehraube, vis), Sulin- 
gen (champ labouré : anglo-sax. sulhjan, labourer), Taninge 
(tann, armor. chêne -, Tanne, sapin), Troningi (champ 
du prince : celt. torn, prince; — auj. Kirchheim,vg. du B.-R.). 
Tubingen (celt. dubh, noir; — ou du celtique [bas bret. daou, 
au féminin diou, en dialecte de Vannes diu, div; i ri and. da t 
daw, deux ; cfr. dû>-ision, du-plicité ; Tuo-antes, Dubis, Man- 
dub-ii, Dev-onshire), v. située sur une éminence entre deux 
vallées, l'une arrosée par le Neckar, l'autre par l'Animer ; — 
Thuringe (? ex ipsa natura terrœ primitus cultœ : dûrre, sel, 
aride), Waiblingen (champ de Wewilo ou Wippo ; — ou champ 
du Waibel, Wrib«l, WUbel, Webel, appariteur, archer, 
huissier : ce mot désignait un inspecteur, un régisseur; walben 
avait le sens de weben, se mouvoir, s'agiter [cfr. schweben ; 
— swh weifen, errer, vaguer ; beben] ; c'est le propre d'un 
surveillant [sich bin und herbewegen]; v. F., 175), Wie- 
blingen (t'dL), Weihingen (de Wigo; abrév. de Wigihart, etc., 
P., p. 216), Zahringen (de Z&hre, poét. larme, F., 475), Zofûn- 
gen (en lat. Tobinium : ? toben, s'agiter violemment ; être dans 
une violente agitation), Zopfingen (Zopf, sommet, cime -, queue. 

(1) Schlingcn (vg. de Bavière) ne se rattache peut-être pas à 
ingen, mais à Schlinge, lacet [propr. chose qui enlace; schlia- 
gen, plier, ployer ; enlacer]; lacs, piège, embûche. 



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— 201 — 

Ing s'amalgame avec Hof, avec Heim, avec Haus (dat. 
inghausen, inghusen, contracté en ingsen, inœen) -, mais, dans 
ces composés, ing peut se rattacher à un nom propre et avoir le 
sens de fils : Beringhof (la ferme de Bering, P. , p. 244), lllingheim 
(demeure du filsd'Illo), Benninghausen (= aux maisons de Ben- 
oing; c'est-à-dire du fils ou des descendants de Ben no ou Bernard 
P., p. 235), Alberinghausen (du fils d'Albert ou d'Alberus : P., 
p. 22 ; — F. 490), Berlinghausen et Berlingsen (aux maisons 
des descendants de Pero, Bero, P., p. 52). Betlinghausen (Belto, 
n. propre), Billinghausen (de Billing, F. 36, 4 81 ; ou du champ 
en plaine : 6*7/, p. 72), Imminghausen (des fils d'Immo). 

Quelquefois ing prend la forme ung (comme dans les substan- 
tifs Waldung (région forestière}, HiSlzung (district forestier), 
Stations (lieu où il y a des étables). Ainsi, Gerstungen (champ 
de l'orge : Gerste), Salzungen (Sa!z, sel), Wasungen (v. h. 
ail. Woso = Wasen, gazon ; — ou de l'anglo-sax. Wdse, suéd. 
Wiisa, holl. Waase, marécage). En Suisse, ing prend aussi la 
forme ik : Pfàffikon (Pfaff ou Piaffe, jadis prêtre; lat. papa, 
père-, — F., p. 85), Zollikon pour Zolling : Zoll, douane, 
péage), etc. 

Ing cache peut-être quelquefois une forme de inn qui signifie 
encore, en anglais, logis, auberge, hôtel. La racine in (iutus, 
ivtôç), exprime l'idée de l'intérieur, du dedans (cfr. inné, au 
milieu ; Innen, à l'intérieur, dedans ; innig, intime) : Vast- 
inna (lieu fortifié, fester Ort : fest, ferme, solide-, ou lieu 
couvert : golh. ga-vasjan, vêtir; vasti, habillement; cfr. 
lat. vestis, vêtement), Wuost-inna (wûst, désert, inculte, dé- 
vast~é). 

On a dit que le mot patronymique ing (fils ; voy. P., p. 1 26 
et 236) se change quelquefois en ding (P , p. 238) dans quelques 
noms : Eberding, Geberding. Mais, dans ces noms, le d appar- 
tient au premier composant : Eberd ou Ebert [Eberhart]-ing ; 



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— 202 — 
GerberUing. Cependant on pourrait rattacher ces noms à Eber 
(sanglier) et à Gerber (tanneur) et à ding qui aurait le sens de 
« tribunal » ou même simplement de a chose» (chose de..., 
propriété de...)* On pourrait aussi voir, dans le nom d'Eber- 
ding, les mots celtiques ebar, eabar (boue) et din (hauteur, 
forteresse) ; 

Au mot ing, on rattache quelquefois le suffixe ling qui a été 
regardé tantôt comme ayant la même signification, et tantôt 
comme une forme défectueuse de ing (eine fehlerhafte Fora 
fur das «rganisehe ing). Mais il nous semble que, dans les 
noms géographiques, ling est une forme vicieuse de Le h «e (pen- 
chant, versant) ou de'Lenn (fief); (cfr. camerlingue et Cham- 
berlain, chambellan ; P., p. 243) : Esslingen Je coteau du four : 
Esse, cheminée ; four), Nortlingen (le versant du Nord : Nord, 
ou du nouveau lieu [village]: neu, nouveau; Ort, lieu [habité]; 
canton), Reutlingen v (le versant du champ défriché : Reat). 
Ling offre peut-être quelquefois une forme du celtique [bas 
breton] /et», sommet, cime. 

Ing a peut-être aussi été quelquefois confondu avec inch, usité, 
dans l'onomastique géographique de l'Ecosse et de l'Irlande, avec 
le sens d'île ou de terrain situé près de l'eau (gaél. innis, irl. 
inis, gai l. ynis; armor. enes). 

Eseh, Osclie (bas lat. esca, osca et oscha, modus agri, une 
mesure île terre) ne sont pas des formes de Esche (frêne) (4) On 
a supposé que ces mots provenaient de Asche (cendre) et qu'ils 
indiquent des localités qui ont subi l'action du feu (wo frtther 
verbrannte Ortschaften standen). Mais le mot Esch signi- 
fie champ (arvum, seges) et Grimm le dérive de ëzzan (edere; 

(1) En v. franc, oche et osche (bourguignon, ouche) dési- 
gnaient une terre labourable entourée de haies et de fossés. Ces 
mots avaient aussi le sens de « verger : » Ouche (Allier, Loire, etc.), 
Oucbes (Indre). 



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— 203 — 

cfr. Stzen, donner à manger ; donner la pâture ; asseii, vian- 
der; essen, manger), et le terrain cultivé aurait été ainsi 
nommé well mai die Satt «der Frueht iszt, ou parce qu'un 
champ cultivé est une portion de terre d'où les populations 
tirent leur nourriture { lat. esca, nourriture]. 

Ce mot désigne plus particulièrement un champ séparé des 
autres par une lisière ou par un sillon. En Suisse, Oesch a le sens 
de Àlpweide (pacage alpestre) et de Eschenbaum Dans la 
Suisse septentrionale, aesch est employé pour signifier h Vf en 
(ferme). En Hollande, essch désigne un champ consacré à la cul- 
ture. On suit encore aujourd'hui, dans ce pays, la rotation trien- 
nale, d'après laquelle les champs comprennent trois parties : le 
winteresch (champ de l'hiver) où l'on met le seigle pendant 
l'hiver -, le sommeresch où Ton sème le seigle en été ; e} le 
brachesch (brach, en friche, en jachère) qui restait en jachère 
jadis, mais où l'on cultive maintenant du sarrasin. 

Rappe'ons enfin que, dans quelques noms, le terme esch peut 
se rattacher au « frêne » ou à « l'ombre » (poisson) : Esch (plu- 
sieurs local.), Eschdorf, Eschede (Heide ; ou de heit, suffixe 
qui signifie état et qui prend les formes ed, et], Escherode, 
Eschlohe, Esch ma r, Eschwege [wege = weig = vicus), Esch- 
weiler; — Altenesch, Brachesche, Burgesch (le champ ou le frêne 
du château), Kaiseresch, Oberesch, Sommeresche, Winleresche; 
— Kirchasch. 

Kspe (voy. p.- 4 47) et asp> abrégés en spe ou sphe, ont aussi 
le sens de terrain cultivé : Aspe (dans le Hanovre et dans le 
Lippe 1 - Detmold), Aspeloh, Aspenstedt (près d'Halberstadt), 
Espenstedt (plusieurs local, de la Saxe), Espey (près d'Olpe, en 
Westphalie); = Grossenaspe et Hohenaspe (deux localités du 
Holstein), Ober et Nieder-Aspe (près de Marburg) ; en West- 
phalie, Laasphe (que l'on rattache à Lahnsphe = Lahnfeld, 
champ de la Lahn), situé près de la Iahn. Rpsphe est aussi pour 



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— 204 — 
Rossfeld, Elspe pour Elsenfeid (Else, aune), etc. Quelques-uns 
de ces mots, par exemple, Aspeloh (bois de trembles), se ratta- 
cheraient plutôt à Espe (tremble). Dans la plupart des cas, les 
deux significations peuvent être fondées. 

Driesch et flamand dries, terre en friche; pacage communal 
(du v. h. ail. drisK ternus ou trinus : drei, trois). Le mot 
tudesque signifiait, comme le mot roman et wallon trie ou 
trieux, terre en friche, terre à pâturage. Etymologiquement, 
ce mot signifiait l'espace de trois ans pendant lequel on compre- 
nait deux ans de repos et un an de rapport : Driesberg, Driesen. 
Cfr. dans les Vosges : Trèches (en patois vosgieh, terrains incul- 
tes, peu fertiles), le Grand Triche, etc. 

Pflug, charrue : Pflugfelden. 

Noms qui ont trait au défaut de culture. — Wûst, 
inculte, désert; dévasté , en friche (angl. vaste, dévasté; wast- 
land, terre inculte (v. h. ail. wuostinna, [lieu désert]; lat. vas- 
tatus y vastare, franc, dé-vast-é, gâté, jad. gastè). Le mot celti- 
que gwasi et le mot tudesque wuosti, dévasté, désert, solitaire 
{vastjan, ravager), ont désigné des terres dévastées, des déserts ; 
puis, des terres labourables qui n'étaient pas ensemencées, qui 
restaient en friche, et qui rappelaient ainsi le triste état de lieux 
abandonnés (4); enfin des localités défrichées en arrachant les 
arbres, prirent le nom de vastinium (dévasté, dépouillé) ou de 
gastine (= essarl). Le savant de Reiffenberg a constaté, à pro- 
pos de la Belgique, un fait qui peut être appliqué dans d'autres 
contrées. « Le mot woestinen, dit-il, désigne des lieux qui pri- 
mitivement n'étaient que des landes et des bruyères, et qui ont 
été rendus productifs, le plus souvent, par des abbayes de Béné- 
dictins et d'autres ordres religieux : » Wastine, Wastines, Wat- 
tines (Wastinœ) ; Wattignies (dép. du Nord), le Wast (Pas-de- 

(l) Ce mot a conservé quelquefois le sens de «lande,» parce 
que certaines localités n'offrenfeouvent qu'un terrain peu fertile. 



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- 205 — 

Calais), le Wateland (== Waest-Land — terre déserte; — Pas- 
de-Calais) ; — Gasline (Deux-Sèvres), le Gàtinais, la Galine; — 
Wasthausen, Wastow; — Gaste, Gaslheim, Gastern (? ou de 
€rast. hôte, étranger). 

Geest (die), terre sech«, sablonneuse-, pays élevé et sec. On 
trouve aussi les formes Gost, Gose et, dans la Frise orientale, 
Gaste (celt. gwysta, suéd, gUta, bas sax. giist, sécher; 
se dessécher; cfr. l'inusit. geisan, frapper; souffler ; Geist, 
-esprit). Ce mot a peut-être désigné une contrée séchée parle 
vent (angl. gust, bouffée) : Geeslendorf, Geestland ; — Geeste 
(rivière) se rapporte peut-être à Gttst — Gaselit (effervescence; 
fermentation: écume; rapidité, ardeur; de gasclien, s'élever 
«n jetant de Pécume -, écumer ; bouillir, fermenter). 

Brach (adj. et adv.), qui est en friche; en fia m. brach, non 
cultivé [en parlant des terres] (*) .- Brachbach, Brachfeld; 
Bracht; — Brakenberg, Brakenheim ; — Brabant (pour Brach - 
land; v. p. 186). pays aux jachères, aux bruyères, par oppos. 
au Fleorland (1 pays du flux; lat. fluere, couler; — ou deFlur 
(anglo sax. flor, angl. floor, holl. vloer, champ ouvert, plaine, 
campagne) et au Zéland (pays de la nier-, — Morinie). 

Laer signifie, en flamand, terre inculte, vague ; lieu désert, 
inculte, improductif, commun, pâturage communal, terre non 
occupée où chacun peut mener paître ses troupeaux. Ce mot 
prend les formes laer, leer, lier. En v. français larris, est en 
bas latin larricium désignaient des lieux incultes et déserts, une 
pâture publique, une prairie communale. Pris dans ce sens, 

(1) Brach a sans doute désigné d'abord un terrain défriché, 
un champ qui a été labouré déjà une fois(v. h. atl. pracha, aratio). 
Ce mot dériverait de brechen (rompre, briser) et correspondrait 
aux mots du bas latin ruptitius et fractitius (ager), qui dérivent 
derumpereelàefrangere- Puis, Brachland, Brachfeld, Brachacker, 
ont pris le sens de champ en friche* ^ 



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— 206 — 

laer se rattache au vieux verbe flamand laeren (laisser, aban- 
donner, perdre), dont on retrouve la trace dans le verbe verliè- 
ren (perdre, être privé de), dans le verbe français « lairrer, » 
employé jadis pour «laisser» (ail. las«en, laisser, omettre, 
quitter, abandonner, perdre) et dans l'adj. allemand leer (tjui 
ne contient rien, vide) (<;. Le mot lar a pris ensuite le sens 
de Feld (champ cultivé), parce que le terrain dépouillé de ses 
broussailles et vidé ou nettoyé des herbes et des arbres fut livré 
à la culture. 

Larbach (ruisseau vide ; — ruisseau du terrain en friche, etc.) ; 
Le Lart (Pas-de-Cafais) ; — Laer, Laerwald ; — Leerdam (la 
chaussée du pays en friche), Leerort, Leerwick, Leers (Nord) ; 
— Leeren, Lerne (terrain vague), commune de Belgique; — 
Lier, Liere ; Lières (Pas-de-Calais), Liereltes (Pas de-Calais), 
Lierres (Eure) (2, ; Lohr, Lohrbach, Lohrensdorf, Lohrbeim, 
Lorich, Lori fe % Lôhrhof, Lorsbach, Lorscheid ; 



(1) Léo {Ferienschriften) rattache le mot lor à lar, laare qui, 
en gaélique et dans le dialecte de Mao, signifient sol, terrain. 
Grandgagnage trouve que ce sens est trop général pour servir de 
désignation à un endroit déterminé Mais on peut lui répondre que 
c'est avec des noms pris dans un sens général que l'on forme les 
noms propres individuels Ainsi les habitants de nos campagnes 

, désignent leur village, leur chef-lieu de canton, la rivière voisine, 
en disant tout simplement : la bilo (la ville), la ribiéiro, etc. . 

C'est l'idée du défrichement, du vide fait dans les broussailles 
et dans les forêts qui a donné au radical lar le sens de « terrain 
cultivé » et de « lieu habité : » En irlandais et en écossais lâr, 
gallois lawr, kymr. laur, bas bret. laur, llaur, leur, 1er signifient 
sol, terrain (fundus , solum palrium). En grec moderne Xavpoc 
a le sens da quartier d'une ville et de monastère. 

Lîiron peut signifier ad domicilia, 

(2) La forme lier se trouve en Artois, dans la province de 
Namur et en Hollande : Lieroort, en Frise; Lierhove, etc. 



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— 207 — 

Beerlaar, Berlar (holl. be&r, ours ; verrat ; DSr), Berglare, 
Bradelar (breit, large), Fritzlar ( - champ de Frédéric ou 
champ de la paix. Friedriehs = oder Friedenfe d, Frie- 
denswohnung), Goslar (près de la rivière G ose, an der 
GSse), Hondeslar (du chien : Hund), Lollar (champ de 11 vraie; 
lai lolium =z Lolch, ivraie), Langelaer (lan?, long), Roslar 
(terrain communal où paissent les chevaux : Ross* cheval), 
Sieglar (près de la Sieg\ Sumplar (= Sumpffeld = champ 
marécageux : Smnpff, flaque d eau ; marais), Vosselaer [voss, 
loup), Vespelaer (Wespe, lat. vespa, guêpe) -, Wetzlar (wetzen, 
aiguiser; couper, tailler; — champ abrupte, escarpé; — ou 
champ défriché), Wittlar (champ auprès de la forêt : wittu; 
ou terroir blanc), Zuidlaeren (au sud); Nordlaeren (au nord) ; 
— Oxelaere (départ, du Nord ; — Oehs, bœuf). 

En Autriche et en Bavière, on trouve des noms terminés par 
le suffixe larn : Zeitlarn, Eslarn, Kôstlarn, Pôchlarn. 

Peut-être le mol lar est-il quelquefois une forme contractée 
deLager (lit, gîte; magasin, entrepôt; tanière; camp; voy. 
liegen). Ainsi le rempart saxon appelé Wechtlar et qui appar- 
tenait à Wilikind signifiait peut-être « siège, demeure, camp du 
combat» : feehten [v. h. ail. v eh tan, anglo-sax. feohtan, com- 
battre, pug nare], combattre, se battre-, s'exercer à l'escrime, 
faire des armes. Bredelar pourrait se traduire par Castra lat a, 
Fritzlar et Friedeslar par a camp de la paix, » et Goslar serait 
Castrum ad Gosam, etc. 



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— 208 — 



ARTICLE II 

Noms de lieux formés de mots qui offrent l'idée d'entourée, 
d'enclose, de fortifier, et qui désignent dbs lieux de refuge, 
dbs enclos, des retranchements; — noms dériyés de racines 
qui signifient «couvrir, ctcher, » et qui indiquent des 
endroits couverts ou lon peut se cacber, se mettre à 
l'abri, être en sûreté; — des lieux ou lon réside. 

Noms qui offrent les idées d'enclore et de bastionner. 

— Cherchant à se mettre à i'aferi des poursuites de leurs enne- 
mis, les hommes ont choisi des hauteurs où ils s'entouraient 
de haies, de fossés, auxquels ont succédé des remparts. Les 
Celles désignaient ces localités par les mots dun, bar, brig, bal. 

Dun désignait un lieu entouré de palissades, il prit ensuite 
le sens de hauteur. Ces forteresses primitives étaient faites avec 
des branches d'arbres entrelacées. Quoique les formes dun et tun 
n'appartiennent pas à l'onomastique tudesque, cependant la lan- 
gue allemande a conservé le mot Zaun (clôture, haie) et Ton 
trouve en anglo-sax, tynan (enclore) et tûn, en anglais toum 
(ville). Cfr. armoricain tun (maison), holl. tuin (jardin) et slave 
tuin (haie) : Augusto-dun-um, etc. 

Au mot dun se rattachent les diminutifs dunch, dune, dungh, 
dung, doncky donc et notre mot français donjon (que Diec dérive 
de l'irlandais dûn et Zeuss, de l'irlandais daingean, lieu fortifié). 
Ces diverses formes de dun indiquent ordinairement des hau- 
teurs, parce que ces fortifications se faisaient de préférence sur 
des lieux élevés, mais le sens étymologique du mot est celui que 
nous avons indiqué : Haesdonck (jad. Havesdunc (terrain élevé 
ou lieu clos fréquenté par l'autour : havik, en flamand), Meer- 



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— 209 — 

donck (ja hauteur ou l'enclos du marais), Kraandonck (a été 
traduit par locus eminentior ad aquam ubi gbus sive moles 
adtractoria; mais ce nom signifie tout simplement la hauteur 
ou l'enclos de la K»ue). 

Bar (en celt. bar et barr, verrou; obstacle; retranchement), 
barre, fermeture; palissade, retranchement) signifiait un retran- 
chement, un barrage formé avec des poutres, un rempart élevé. 
En languedocien le mot bâri (bas lat. barum, vara, enceinte 
ou barricade faite avec des poutres ou des barres) avait eu d abord 
le sens de « muraille u et il rappelait la première enceinte de 
hameaux qui sont devenus des villes, l'enceinte primitive 6ar- 
rum faite avec des barres de bois, des branches d'arbres et des 
poutres. Puis le mot bari, barri ou barry a eu le sens de «• ferme, 
métairie, » propriété entourée d'une haie (1). Un lieu retranché 
se nommait bar (rum). D'un autre côté, comme on choisissait, 
pour les fortifier, des lieux élevés, le mot bar ou barr prit le 
sens de « hauteur. » Ainsi, en irlandais, 6arr (bar, baur) signi- 
fie « sommet, hauteur. » Celle racine a passé dans le v. h. ail. 
sous la forme para (= elngehegtes l«and). Dans le m. h. 
ail. bar = Schranke (barrière, enceinte).. Var, en hongrois, 
signifie « lieu fort » (Temesvar = fort de la Ternes) . Quelques 
mots formés de war se rattachent peut-être aussi à la même 
racine (Warburg, etc.). Du bas latin barra ou directement du 
français barre s'est formé l'ail. Barre (barre, barrière, amas de 
sable qui barre ou intercepte un passage. 

Les Bar étaient des lieux celtiques fortifiés. Ce nom s'est con- 
servé dans celui de plusieurs villes : Bar-le-Duc (que Frédéric, 

(l) Cfr. languedoc. bâro (= barre), baroulel béroul («verrou, 
jad. petite barre), barra (fermer); et les mots français barrer , 
barrière, barreau. Montpellier nous paraît dériver de Mons pessuli 
(colline du verrou, de la barrière). 



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— w — 

duc de Lorraine, fit fortifier au x e siècle \ Bar sur -Aube ; — 
Baar (non loin de Zug), Barburg (châlean-fort de la Bavière), 
Barau, Bardof, Bargau (*); — Barr, ville d'A'sace, située au 
pied du Kirchberg, autrefois fortifiée et possédant un château ; 
cette ville était jadis sur la hauteur; à quatre kilomètres de 
Barr se trouve le Hangestein (roche pendante . H an g, inclinai- 
son, penle ; Hungen, être suspendu) ou série de rochers super- 
posés; — les diminutifs de Bar: Barruel, Bareilles, Baralle. 
Bereilles, Bereilles, Berles, — Berlin (voy. l'Appendice E). 
Bar prend quelquefois la forme bor : Borstel, Bors1al( - un lien 
élevé où se trouvent des pâturages, elne hohe Scelle auf 
Vietriften). 

Les vieux mots celtiques bro (monlagne), brog et brig qui 
ont eu le sens de « montagne » et de « lieu fortifié » (cfr. 
l'irland. bri, montagne, colline; brog et brugh, lieu fortifié, 
forteresse, habitation) se rencontrent fréquemment sous les for- 
mes bryga, briga, bria, dans la nomenclature de la géographie 
ancienne. Ces mots offrent, par une transformation fréquente de 
s voyelles, le même mot que byrg, Burg. Le kymrique6u>r 
(retranchement) a donné bwrch (rempart) : Segobriga, Nerto- 
briga, etc.; Brixia, auj. Brescia. La forme bwr se retrouve 
peut-être dans le mot boer qui, en islandais, signifie « une 
ferme ; et dans le mot byre qui, en Ecosse, désigne une « étable 
à vaches. » Ces mots offrent le sens de « lieu clos. » Cfr. le mot 
français buron, et l'islandais bur> byr (habitation) : Beuren, 
Beuern; Kaufbeuern (Kauf. achat, marché), Klosterbeuern ^habi- 
tation du cloître), Benediclbeuem, Dornbirn (pour Torenburen ; 
detor, élévation ; ou de tor =. Thor, porte) ; — Buren ; — on 
a rattaché bûr (habitation) à bauen (bâtir, cultiver) et on a fait 
de bûron un datif pluriel de bûr. 

(1) En norois, bar désigne la vague, la lame, le flot (nous disons 
aussi « la barre ») : Barhôf t (le cap de la barre). 



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-244 — 

De la racine qni a donné bauen (jadis habiter), cultiver (un 
champ), bâtir, dérive peut-être le mot beuern, fréquemment 
usité dans l'Allemagne méridionale et que l'on regarde comme 
une forme de l'a ne h. ail. bûr (habitation, maison). Ce mot 
se retrouve, avec ce sens, dans Bauer, cage (d'oiseau) ; et il 
prend les formes saxonnes byr, bur, et en wallon, bâr, baur» 
Ou trouve beria et buria avec le sens de « ferme, habitation, 
manoir; » en grecfttpiov, pupetov, paupiov (maison, habitation ; en 
franc, buron (cabane) ; en Auvergne, on nomme buron une 
étable à vaches, et, en Normandie, buret signifie «rtèt à porc.» 
D'après Guérard (Glossaire du Polyptique), burria signifiait 
jadis ohangard» et nous avons encore le languedocien borio, 
« métairie. » En islandais, byr a pris le sens de ville : 

Burbach, Buresheim, Buriheim, Bursfeld, Burlage, Burscheid, 
Burweiler; — Beurberg; — Borstel, Borstell (Stelle, place, 
endroit); — en Angleterre : Burton (jad. Bureton, Buryton, 
noms qui désignaient des enclos avec une habitation. 

Le celtique bally, bal, balla, gaél, baile (ville; et le suédois 
bol (habitation), ont signifié des endroits clos, fortifiés (celt. balla 
•= Wall = boulevard, Bollwerk). Ballin signifie petite forte-' 
resse, petit Burg (cfr. bel, bal, bil, hauteur). Ce radical se 
retrouve peut-être dans les noms suivants : Beilstein ou Bilstein ; 
Biel (nom que Ton a rattacha à Bell, hache, cognée ; ce rappro- 
chement valut à cette ville des armes qui portent une hache 
double et le nom latin de Bipennis, hache à deux tranchants) (0* 
La plus haute montagne de la Forêt-Noire est nommée Feldberg ; 
ce nom ne se rattache pas à Feld (champ), mais au celtique 
(kymr.) fel = bel (hauteur). La même racine est représentée 

(1) Cette ville se nomme aussi Bienne et on a supposé que ce 
nom était une corruption de ftipennis. Mais nous rattacherions 
plus volontiers Bienne au celtique buinne (eau), mot qui se 
retrouve aussi dans Binnenheim et peut-être dans Bingen. 



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— .212 — 
clans les noms suivants : Balhorn (corne de montagne), Balingen; 
-r- Ballensladl, Ballenstedt; — Bolvig, Bolling, Bollum; — 
Boll, Bôhlen, Bollenbach, Bollingen; — Bohle; — Mausebolle 
(Westphalie). 

En dehors des mots Berg, Stein, Tels, Eck, qui désignent 
aussi des châteaux, et. en dehors aussi de mots qui se rattachent 
à Tidée d'entourer, d'enclore, tels que Hagen, sundern, dont 
nous avons déjà parlé, il est d'autres noms qui indiquent plus 
spécialement, en allemand, un lieu fortifié. 

Parmi ces noms de châteaux (Benettnungeii fur Schlos- 
ser), on distingue le mot : 

Burg, lieu fortifié, château fortifié. Ce mot a d'abord désigné 
toute localité abritée, défendue (iede Schatzende, bergende 
Stelle), lieu fortifié entouré de murs ; puis, en un sens plus 
restreint, château-fort, ville (\). 

(I) Nous pouvons rattacher à la même idée les deux mots Berg 
et Bnrg : ils proviennent d'un radical qui impliquait deux 
notions : défendre, cacher, protéger (cfr. arx et arcere), et ils 
avaient te sens de lieu de refuge. Co radical fournit ainsi un mot 
c^ii désigna une «hauteur,» parée que les premières habitations 
furent placés sur des hauteurs, pour mieux se défendre contie les 
bêtes et contre les hommes ou pour se garantir contre les inonda- 
tions. Les Hébreux caractérisaient l'état de sécurité par une expres- 
sion qui signifie « habiter sur une hauteur. » La partie choisie de 
la montagne était entourée d'un fossé, d'une levée de terre ou de 
branches d'arbres, pour eu défendre l'entrée. De la sorte le radi- 
cal qui a donné le verbe bergen (protéger, défendre) a eu le 
double sens de montagne et de citadelle. On a distingué ces deux 
significations par des nuances de voyelles. Berg a gardé le sens 
de montagne ; Burg a désigné une enceinte fortifiée et construite 
sur une hauteur où l'on se réfugiait dans les moments de danger ; 
un lieu entouré de murs (ein eingeschlossener OH), une for- 
teresse qui offre un abri et une protection {receptaculum, custo- 
dia, tutela), puis, une ville défendue par une enceinte de murailles» 
cfr. v. h. ail. parc, parh [granarium) : Barghusiuro. 



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— 243 — 

Le mot Burg forme divers noms de lieux : Bourg (H. -Rhin, 
Tarn, etc.), Burg (Hautes-Pyrénées) ; Bourges; Burgos (dans la 
Vieille-Castille). A Vienne, le château où l'empereur fait sa 
résidence se nomme die Burg. Ce mot entre aussi dans la com- 
position d'un grand nombre de noms géographiques : Bourgneuf 
( Charente-Inférieure), Le Bourget (Basses-Alpes, etc.), Le Bur- 
gaud (Haute-Garonne) ; 

Burg, Burgau, Burgberg, Burgdorf, Burgdamm (digue, chaus- 
sée), Burg for de, Burggrub (Grube, fosse), Burghagen, Burghaus, 
Burgislein, Burgstall, Burgstadt, Burgwald ; — Biirglen (petite 
forteresse), Bûrgel ; — Borkum, Borcholz, Borchorst; 

Aar burg (château de l'aigle ou de l'Aar), A lien burg (sur l'Aile, 
et non pas de ail, tout), Altenburg (appelé par les Slaves Star- 
gard = vieille forteresse : ait, vieux), Angerburg (Anger, 
champ, pâturage-, enclos), Arensberg (de l'aigle;, Aschaffen- 
burg (1), Asciburg-ium (Tacite; — ce mot ne se rattache ni 
aux frênes [Escheo] ni aux A ses, mais au celtique us, asc 3 
eau), Augsburg (pour August-burg, localité celtique agrandie 
par Auguste), B*rnburg (Ursopolis, Arclopolis : Bllr ; v. App. E), 
Blankenburg (blank, blanc, éclatant, clair, brillant), Brande- 
burg (ne signifie pas château des brandons, château en combus- 
tion : Brand, combustion, feu ; tison ; mais de Brannibor, 
voy. p. 184), Clausenburg (Claudiopolis ; et non pas de Klstuse, 
lieu fermé et étroit, clos; défilé), Charlottenburg, Chrislianburg, 
Coburg (Kuta, vache, v. h. ail. Ko), Creuzburg (de la croix ou 
de la hauteur), Dillenburg (au bord de la Dille), Dornburg (ville 
située sur une montagne couverte de rochers : du celtique 

(1) Cette ville doit son nom àl'Aschaff, petite rivière qui se jette 
dans lo Mein au-dessous de cette localité. Le nom de l'Aschaf 
(jadis Âscapha) ne provient ni de schaf ^brebis), ni de Schlf 
bateau), mais du celtique (asch, eau; irl. eisc> canal), et afa 
t=a aha, cours (d'eau). 



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— 214 — 

tattern, montagne), Eilenburg ou Eolenburg (jadis Ilenburg et 
Ilburg, ville située sur la Mulde, qui a dû porter le nom d'HI), 
Eisenburg (oastrurn ferreum : Etsen, fer; eisern, de fer) (1), 
Erenburg (Burg der Ehren, voy. p 474), Fïankenburg (en 
Alsace, château en ruines, bâti par Ciovis), Prauenburg 'château 
de Notre-Dame, ou des dames, des religieuses : Fran, femme; 
dame; — où vécut et où mourut Copernic), Freyburg, Freiburg, 
Fribourg (château, bourg libre : frei), Friedensburg (de la 
paix : Frlede), Friedrichburg (de Frédéric; P., p. 82), Gais- 
burg (on peut songer à un fort des chèvres, an Geîssen = 
Ztegen; ou au gallo-romain casa» mot dont, en Suisse, on a 
fait «pais : on trouve aussi Gaisbach, Gaisbùhl, Gaisbeuren ; cfr. 
Gisenberg), Glucksburg (Gluck, bonheur ; succès; chance) ou 
Luxburg ^Louisburg ; — voy. Luxembourg), Groteburg (ne 
vient pas du bas-sax. groot — gross, grand, mais du celtique 
cruadh, rocher; — Felsenberg), Habsburg (château de l'au- 
tour; v. p. 4 68), Hamburg {--= Waldburg, forteresse de la 
forêt (3), Harburg (p. 4 68), Hasenburg (Hase, lièvre), Harz- 

(1) Cette ville donne son nom à un comté situé en Hongrie, aux 
frontières de la Styrie. Les forliGcalions de ce château f aient dé- 
molies dans le xvi e siècle, et le chapitre transféré à Stein-am- 
Anger ( Roche-su r-le-pacage). La ville actuelle a été bâtie avec 
les débris de l'ancienne ville romaine de Sabaria où naquit saint 
Martin, évéque de Tours. Il y a en Souabe un château nommé 
Eisenburg. 

(2) Ce nom dériverait du mot ham, hamm ou hammc, qui, chez 
les anciens Saxons, avait le sens de forêt. Du reste, il est vrai que 
cette ville hanséatique s'est élevée auprès d'une ancienne forêt. 
Peut-être aussi ham remplace-t-il le mot celtique cam; cfr. 
Ghambery. Quelques étymologistes pensent que cette ville renom- 
mée pour son commorce, doit ce nom à son port et Hamburg 
serait pour Hamburg (Hafen, port de mer, havre). Hamburg 
était jadis nommée Hochbuohi, Hochburi (forêt de hé très -élevée; 



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— 2*5 — 

burg (de la forêt), Homburg (=Hoh«-n Burg) (i), Hundisburg 
(Hrad, chien), Ilsenburg (H«e = Alose = Els, alose), 
Iseoburg (situé près de l'Iser ou Iserbach ; celt. uisg, eau), 
Jàgersburg (château où les rois de Danemarck passaient un mots 
pour se livrer à la chasse : Jagd), Klausonburg (voyez CLausen- 
burg), Kloster-Neuburg (château-neuf du couvent;, Kortineu- 
borg (des grains), Ttreuzburg (de la croix), Kyburg (%;. 

Laden burg (i<ad«*n, planche, lieu clôturé avec des planches; 
boutique) (:«), Lauenburg (? Lan, tiède, tempéré), Laufenburg 
(près d'une cascade ou chute du Rhin : Lauf, course, courant; 
laufën, courir; Laufen ou Lauffen, nom de plusieurs localités), 
Laulerburg (lauter, clair, pur), Laxernburg (jadis Lachsendorf ; 
— > Lachs, saumon), Lemberg (en polonais Lwow, ville du lion : 
àerg est ici une corruption de Burg) ; Lieseburg (de Lieseh, 

— bourg élevé). Les Slaves transformèrent ces noms en Bochburi, 
Buchborg (forteresse ou ville de Dieu ; en changeant buch en Bog, 
Dieu). 

(1) Cette ville doit son nom à la hauteur sur laquelle elle est 
située ou à sa situation auprès (vor der HiShe s — vor, avant, 
devant) des montagnes qui précèdent le Taunus. 

(2) Cet:e localité était nommée jadis Chuigeburg : chuige ou 
quige et pour qufok, mot qui signifie vif, alerte, et qui a eu le 
sens de « fortifié, > cfr. erqntaken, raviver, vivifier, ranimer, 
rendre les forces, fortifier ; récréer, restaurer; Queeksilver, vif 
argent, mercure, Qaicksand, sable mouvant. De sorte que Ky- 
burg ou Quickburg voudrait dire Starkbefestige Burg. La forme 
la. plus ancienne de ce nom est Choburg (en 1155) et, dés lors, 
ce nom pourrait signifier le fort de la hauteur (Hohe). On pour- 
rait rattacher le premier membre du mot Kyburg à Kuh, vache. 

(3) Sous les Romains, celte ville était nommée Lupodunum ou 
Lupodurum. qui offre le celt. dun ou dur (forteresse). Sous les 
Francs, elle piit le nom de Lobdenburg, dans lequel entre le préfixe 
corrompu lobden (pour Lupodun), qui a donné la forme actuelle 
Laden. 



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— 246 — 

Lleschgras, espèce de plante, fléau ; — bas lai. lisca, franc. 
laiche, lèche, genre de plantes), Limburg (pour Lintburg, 
la ville du serpent du tilleul : Unde; — v. p. 4 49), Ludwigs* 
burg (qui fut d'abord un «lagdschloss ou château de chasse da 
duc Louis), Liineburg (arx ericeti; en v. sax. lune, bruyère; 
— ou, d'après ce qu'on a dit, parce que las païens y adoraient 
la lune; — ou bien du m. h. al), lune -= Lame, caprice, 
fantaisie), Luxemburg (n'est ni un arxluporum [Luehs, loup- 
cervier, lynx), ni un liitzelburg, petit château) (<)• 

Magdeburg (la Ferté de la jeune fille, Parthénopolis, Parthé- 
nopyrga, la ville de la fille, die deutsche Parthfnope : 
Hagd, fille [de service], bonne; jadis vierge [rcapOsvoç], Of le [cfr. 
celt. mag, enfant, fils]; HSUtahen, jeune fille, demoiselle ; — se 
rattache au gothique magaths, angl. maid, fille) (3). Merklen- 
burg (3)(= Grossenburg = à la Grande forteresse, Megalopolis : 

(1) On a dit que Luxemburg, jadis Lucelinburg ou Luciliburg, 
était une forme de Liitzelburg =» Kleinburg ou Kleioenburg = au 
petit château (de l'inus. Itttzel, petit; angl. Utile). Mais la vieille 
forme Luèelin nous offre deux mots celtiques (lug, luch, marais ; 
ellin, eau). Luxemburg est située au confluent de la Pétreuseet de 
l'EIz. La hauteur environnée de rochers sur laquelle fui bâtie la 
forteresse primitive, devait être, comme la ville de Lug-dunum 
(auj. Lyou), au milieu d'un pays marécageux. Le suffixe lin peut 
offrir un diminutif celtique identique à lyt (lùtzel, little^ qui a eu 
la même signification. 

(2) Les armes de cetie ville offrent une fille tenant une guir- 
lande. On croit qu'il y avait en cet endroit, du temps des Homains, 
un temple de Vénus D'autres disent que Charlemagne, fonda- 
teur de cette ville, y avait trouvé une statue de cette déesse. On 
a dit aussi que ce nom rappelle l'impératrice Editha, fille d'Ed- 
mond, roi d'Angleterre, et femme de l'empereur Qthon. 

(.3) D'après de nombreux érudits, le nom de cette ville aurait eu 
le sens de Grossburg et de Megaloburg. Hubner déclare qu'il 
ne faut pas s'étonner que les habitants aient donné à leur ville un- 



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— 247 — 

de mihhilj sax. michel = gruss, grand), Mersburg (Martiopolis, 
Mai lisburgnm), bâtie par Drusus cl consacrée à Mars (peut être 
d'un mol apparenté à Harseh, marais : celte ville est sur la 
Saale), Nadelburg (Nadel, aiguille ; épingle), village qui possède 
une fabrique d'épingles (Autriche), Neuburg (neu, nouveau), 
Neuenburg ou Neufchâlel, Nymphenburg (die Nymphe, la 
nymphe) ; Oedenburg (ode, désert, silencieux), Offenburg 
(Ofc n, four, fourneau -, — offen, ouvert, découvert), ville qui, 
d'après une légende, aurait été fondée par un prince irlandais 
nommé Offa (voy.. P., p. 4 64), Oldburg (Burgum vêtus), 01- 
denburg <jad. Aldenburg = Altenburg ; ait, vieux\ Orlenburg 
{On, lieu, place ; jad. pointe, pic), Osnaburg [flsorum burgum, 
utpote ab Osis habitatum), Pfalzburg (de pal. en ail. Ppffabl, 
pieu, poteau; Pfaiz, châleau, palais; — lat. palatium; cfr. 
palissade), ville que Vauban avait fortifiée ; 

Rastenburg (Rast, repos ; étape, relai), Ratzeburg (Ratz, 
Ratze et Ratte, rat), Rauenburg (raiin, rude ; âpre, hérissé, 
raboteux ; montagneux), Ravensburg (Rabe, corbeau), Regens- 
burg (i), Rebburg (Reh, chevreuil), Riesenburg (Riese, géant), 

nom tiré du grec, car ils ont habité près de la Mer Noire où ils 
onl appris la langue des Hellènes Cette explication ne sera guère 
du goût de nos savants plus modernes, qui expliqueront tout autre- 
ment la parenté de mikel et michil (grand, en gothique) avec 
péfaç, (jLÊYdcXrj. On raconte que le village primitif dut son nom à 
un château fortifié par les Ûbottites. Mais ce lieu avait été aupa- 
ravant habité par les Celles et il nous offre un nom que nous re- 
trouvons aussi dans Mechlinium (Matines, voy. plus loin). 

D'autres, songeant à une ville commerçante, ont recours au mot 
makeln, faire le courtier, faire des affaires comme courtier ; 
trafiquer, négocier (dérivé de machen, bas sax. maken, faire); — 
censurer, chercher des taches (de Makel, tache, souillure, oppro- 
bre ; — lat. macula). 

(1) Castra Regina ou Reginum des • Romains doit son nom à la 



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— 218 — 
Rotenburg (rot h, rouge; — Rot te, troupe, bande, escouade; 
bassax. rot, angl. rout, bas lat. roula, rotta; v. franc, route, 
compagnie de cent hommes armés), ville du Brunsvick dont le 
château est sur une montagne où l'on adorait l'idole nommée 
Puster (v. p. 63), Rolhenburg>(roth, rouge), Rumburg (Ruhm, 
gloire, renommée), Salzburg (bourg au sel, château des salines : 
Salz; sel ; ou die Burg [ttJber] der Salzach), ville qui doit 
son nom a des salines ou à sa situation sur la Salzach (rivière 
au sel), Sarreburg ou Saarburg (sur la Saar), Schauenburg 
(schanen, voir, regarder ; Sehau, action devoir, spectacle) (4), 
Schlûsseiburg (ainsi nommée par Pierre-le-Grand, parce que 
ce fort était la clé [Schlfissel] de la Neva, la clé du royaume 
du côté de la Suède (2), Seeburg (= Burg an dem Sre), Sie- 
benbûrgen (a septem cas tris : sieben, sept) (3), Sonneuburg 

rivière Regen (pluie ; jadis « eau coulante : » la pluie est une eau 
coulante, tombante; regen mouvoir, remuer; sieh regen, se 
mouvoir. La forme celtique Ratisbooa offre des mots celtiques con- 
servés dans les langues néo-celtiques (irland. rat, motion, mou- 
vement [ce mot pourrait indiquer un ancien nom de la Regen]; 
rath> forteresse ; éminence; rad, rod, route, passage; bouclier, 
défense) ou à l'ancieu celtique ratis (fougère). Pour bonn , 
voy. App. T. 

(1) Ville et comté de Westphalie qui tire son nom d'un vieux 
château tombé en ruine. Ce château est situé sur une hauteur d'où 
l'on jouit d'une vue très étendue. La montagne sur lequel il était 

• bâti s'appelait jadis Nesselberg (Nessel, ortie), que l'on nomma 
ensuite Oelberg (qui ne dérive pas de Oel, huile; ni de Enta, 
hibou, chouette ; \oy. celt.[irl.] ail[oil], rocher escarpé, et p. 101). 

(2) La forteresse* se nomme Oreschek (Noix, parce qu'elle est 
bâtie dans une île qui en a la forme). Pour le même motif, les 
Suédois l'appelaient Noteburg (suéd. nb'tt a Nuss, lat. nu*, 
noix). 

(3) Nom allemand de la Transylvanie (terra ultrasilvana) qui 
a trait aux sept principaux forts de la contrée. Selon d'autres, ce 



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— 249 — 

(Sonne, soleil), Starkenburg (stark, fort, grand, considérable), 
Strassbourg (voy. pag. 2), Stuhl - Weissenburg, Teutobarg 
(le fort de Teut, ou Refuge de la trîba : theod, triba ; y. P., 
p. 64,65), Wartburg ; Wart, guet ; IVarte, lieu où Ton se place 
pour guetter, pour ohserver ; donjon), Weinsburg (des vigno- 
bles); 

Wissembourg (al!. Weissenburg, Cron-Weissenburg, Weissen- 
burg am Rhein, jadis Sebusium), \i!le du Bas-Rhin, située sur 
la Lauler (4), Weissenburg (Bavière), Stuhl-Weissenburg (Alba 
Regalis; slave, S toi ni Bielogrod), jadis lieu du couronnement et 
de la sépulture des rois de Hongrie (Stnhl, siège ; siège d'une 
autorité; pouvoir, autorité), Weissenburg (Album castrum, Alba 
Julia, à cause de Julia Augusla, mère de Marc-Aurèle), ville de 
la Transsilvanie ; — Griechisch-Weissenburg (Alba Grseca ou 
Bulgarica), en slave Bielogrod (= ville blanche : beli, bieîy, 
blanc ; libre), nom dont s'est formé celui de Belgrade (Servie) ; 

nom se rapporterait à deux rangées de montagnes (ctwa, well 
«an sieben Bergrelhen z&lilte . Dans ce cas, ce nom de- 
vrait s'écrire Siebengebùrge de Gebttrg, groupe de montagnes) ; 
— cfr. Siebengebirge. p. 38. Quoiqu'il en soit, le nom signifie 
proprement « sept châteaux, » et il désigne sans doute les sept 
juridictions qui se partageaient ce pays. En hongrois, cette contrée 
se nomme Erdélyordszag, et en latin Transylvania, parce que, 
pour la Hongrie, elle est « au-delà des forêts. » 

(1) Auprès de cette ville est un village nommé Allstatt (vieux 
lieu; vieille station). La nouvelle ville doit son origine à l'abbaye 
qui y fut fondée vers 630. Autour du couvent se groupèrent des 
habitants et la couleur blanche des maisons neuves aura sans 
doute motivé le nom de la ville. Cependant, Herzog rattache ce 
nom à celui du monastère qui aurait été appelé Wltzenbnrg ou 
der Weishelt Bnrg (forteresse des sages ou de la sagesse), 
paice que les moines étaient connus pour leur savoir et pour leur 
sagesse (Wite, esprit: bon sens ; Wissen, savoir, connaître-, ~ 
Welse, adj. sage). 



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— 220 — 

Wolkenhurg (château des Nuages), montagne qui était 
jadis ta plus haute des sept montagnes, et dont le château, situé 
au sommet, était souvent couvert de nuages et de brouillards 
(WélI^, nuage), Wiïrlzburg (Herbipolis et Poépolis : norj, 
herbe ; — la ville aux herbes) (1). 

En Suède et Danemarck borg signifie «fort, citadelle : Aalborg 
(château aux anguilles), ville du Jutland, sur le bord méridional 
d'un golfe poissonneux ; — Biœrnborg (Arclopolis : Bltr = 
opr.Toç — ours), ville de la Finlande; — Golhaborg (à l'embou- 
chure de la Gotha), Goetheborg (est un port de la Gothie), Sun- 
derborg (v. p. Ul), Sweaborg (ville composée de sept [suéd. sju 
= slebeu] îles), en Finlande. 

Garien terrain enclos et destiné à la culture, jardin (pri- 
mit. haie, clôture, lieu clos, maison fortifiée, fort ; proprement un 
terrain entouré d'une haie (elne Umgartmig, eln umgiir- 
tetftr Platz; — das Unzaflmte, das Elngesehlosseue) (i) ; 

(1) On a dérivé ce nom du v. h. ail. wurx (herbe; anglo-sai. 
wyrt; — Wurz ■= Wurzel, racine ; Wilrze, épices), et on a 
supposé que cette ville devait son nom aux prairies et aux jardins 
qui l'environnent. Mais cette étymologie ne repose sur .rien. 
Wûrzburg est en pays tout celtique et c'est dans l'ancienne langue 
du pays qu'il faut chercher l'étymologie de son nom. C'est ce qu'a 
très bien compris le géographe allemand H. A. Daniel qui le dérive 
du celt. Viridunum ou d'un chef franc nommé Wirzo (vos dem 
«eltisehen Namen Viridunum oder dem fr&nkischea 
Htaptlinge Wirxo ; — Deutschland, t. II, p. 327). Nous n'a- 
vons rien à dire à propos de ce Wirzo (P., p. 245), si ce n'est qu'il 
ne faut pas trop aisément recourir à des noms propres. Quant à 
l'étymologie de Viridunum, voy. App. I. 

(2) Gothique gards (maison), en Scandinave gaard, une ferme, 
la curtis (cour) des Mérovingiens ; en celtique gardd, jardin (go th. 
gairden, cingere). Cfr. Hort (lieu sûr, asile, refuge), Hllrde 
(claie ;, enceinte entourée d'une ceinture de claies) ; grec ^6p-ro; 
(enclos), lat. hortus, cortis, etc. 



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— 22! — 

€urt, chose qui embrasse, enceinte [d'un jardinj ; ceinture; 
sangle, ventrière, bretelle , Gûrtel, ceinture ; cercle ; anneau : 

Hofgartcn (enclos de la cour ou de la ferme), Kirchgarten 
(de l'église), Morgarten (Moor, marais), Rosgarlen (qui servait 
pour la pâture des chevaux), Stuttgart (jadis Stutlgarten, ville 
ainsi nommée parce qu'elle s'est formée auprès d'une ferme où 
des juments étaient élevées, auprès d'un haras [nach einem 
nahen Gesiûte ou br im Stuten-garten] ; on voit une jument 
[Stute, cavale, jument] dans ses armoiries ; — toutefois ce nom 
pourrait peut-être se rattacher au v. h. ail. stûda — Staude, 
arbrisseau, arbuste), Weingarfen (jardin planté de vignes ; 
vigne); — Gurten (que Ton a dérivé du lat. curtis), masse de 
montagnes bernoises ; — A Berlin, le Thiergarten (parc; mena • 
gerie : Thier, bêle) est une sorte de bois de Boulogne. 

Le gaard norwégien a le sens d'enclos, de propriété close : 
Asgard (l'enclos [mythologique] des Àses) ; en norois, Conslanti- 
nople était appelée Mikligardr (la grande ville); Piellgaard (— 
Gebirgshof, enclos ou ferme du pays montagneux). 

Le mot russe gorod (ville) se trouve avec gora (montagne) 
dans le même rapport que Burg avec Berg. Gorod, gorad, grod, 
grad et hrad (en tchèque) correspondent à Garten et signifient 
«enclos» place fortifiée, camp, château, ville: Bjelogorod dont 
nous avons fait Belgrade (= ville blanche), Novogorod (= ville 
neuve : nowy = ncu, nouveau ; Stargard (pour Stargrad, vieille 
ville : slave star, vieux). Gorodetz, Gorodisch, Gradiska, Gra- 
ditz, Gralz, H ra dise h, Hraditz sont des diminutifs des mots 
précédents. Ainsi Goritz, Gœrlz, Goritia, en esclavon Goriza 
signifient petite ville (la ville ancienne de Goritz est située sur 
une montagne et munie d'un château) ; Gratz (abréviat. de gra- 
dée ou gradetz = StMtotaen) (1), Goerlitz (ville incendiée, 

(1) Cette ville est appelée aussi Nimietzki Grad (=> Deutsehen 



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— 222 — 

en (431, et rebâtie sous nom de Gorzelice — ville brûlée) — 
Bergen, ville de la Poméranie, était nommée anciennement Gora. 
Horf, lieu sûr, asile ; retraite ; Hurde et HN.rde, claie, 
clôture, parc, (primitiv. ouvrage de branches entrelacées, claie; 
par extens. enceinte entourée d'une clôture ou de claies : Horde 
(en Westphalie), Hurden (en Suisse) doit son nom, comme l'a 
parfaitement observé Scheuchzer (Itin. Alpin.), aux claies dont 
tout le lac était presque rempli et qui étaient disposéesde manière 
à oe que le poisson fût conduit dans des nasses placées aux angles 
de ces claies (4). 

Herd, exhaussement du terrain, construction qui s'élève au- 
dessus du sol, foyer; ménage, famille : Herd, Herdwangen. 

Ring, cercle, ajineau, bague ; bracelet ; umrinajen, entou- 
rer. Les Germains donnaient le nom de ring ou hring (~ Un* 
wallnng) à des camps retranchés, à des enceintes fortifiées, qui 
étaient de forme ronde. Ce nom fut sans doute donné d'abord à 
la limite circulai^ du champ clos ou de l'espace clôturé (Aie 
krclsformige Einfriedung elncs Baumes) et il désigna 
ensuite le champ clos lui-même (der e;gescblossene Ram 
selb»t). Ring est apparenté à xpfxoç [circus] : on dit encore 
aujourd'hui en plattd. krink (cercle). Ce radical a formé le 

Sfadt ; ou la ville des muets), par opposition à Windischgratz 
(la ville des Windes Sloweni Gradtz ou Slaven-Gradetz). Le nom 
de Gratz, en Styrie, a été écrit Graz et, en 1673, un Bûrger- 
meister souhaita la bienvenue à l'impératrice en lui révélant que 
ce nom signifie royaume de la grâce, Gnadenreicb (lat. gralid). 
Un calembourUle français a dit, de son côté, que Gratz est « la 
ville des grâces, sur la rivière de Vamour. » Cette ville est située 
près de la Mur (die Mur . 

(1) Cfr. hourd, retranchement fait avec des haies que Ton gar- 
nissait de terre par derrière, et les mots hourdage, hourdis : le 
Hourdel-(Somme), Le Hour (Gers) ; en messin hors et hours 
(enclos de planches), hors et hers (écha'aud, estrade). 



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— 223 — 
verbe ringon (lutter, combattre) : Ringen, Ringlehen, Ring- 
stedt ; — Hûnenringe (cercle des géants : Hune, géant ; ■*- Rin- 
gel (petit anneau) : Ringelberg, Ringelheim. 

Fried a signifié une clôture, un enclos, un lieu où Ton est en 
sûreté,* en paix (Friede, paix). Le verbe friden avait le sens de 
mettre en sûreté, de protéger, slchern, hegen, schatzen, 
etefrledigen) : Frledhag est eln schûtzender Hag), 
Friedhoff est un gesebatzer, gesieherter Hof ) : Friedland 
(contrée protégée, à couvert), Fridau, Fridberg, Frideck, Fride- 
sels; — Fried berg, Friedburg, Friedeck, Friedenburg, Frieden- 
stein, Friedersdorf, Friedewald. 

Wall, rempart (levée de terre qui défend une place ; — lat. 
vallum, rempart, retranchement, palissade; vallus, pieu ; rem- 
part : Wallau, Wallbach, Walldorf, Wallenberg, Wallenburg, 
Wallenbriick, Waîlendorf, Wallenfels, Wallenhorst, Wallenstein, 
Wallgau, Wallrod, Wallschlot (schlot = Schloss). 

Hof, ferme, métairie ; domaine, propriété ; maison de cam- 
pagne ; cour (basse-cour) ; cour (résidence d'un souverain) ; pri- 
mitivement, espace entouré par une clôture, enclos; ce mot 
peut être rattaché à deux racines hab, haben (avoir, posséder) 
et à habere( ■= lat. habitare, habiter) (4) ; Hofe (bas lat. hoba, 
huba), primit. enclos, terrain défendu par une clôture ; auj. 
terrain comprenant environ 30 acres. 

(1) Ce mot peut être rattaché à deux racines : hab, haben 
(avoir, posséder) et habere (=» lat. habit are, habiter). Peut-être 
aussi pourrait-on songer à la racine qui a donné Haube (coiffe, 
casque; — anglo-sax. hufe, m, h. ail. hûbe, v. franc, huvet, cha- 
peau ; celt. hwf, bas lat. cuffa, coiffe), et qui a eu le sens de 
«couverture. » Dans ce cas le mot Hof aurait d'abord désigné un 
lieu habité, couvert, et puis les dépendances, les champs qui y 
étaient attenants. Ce mot a ainsi désigné une certaine étendue de 
terre avec la maison de cultivateur (modus agri cum habitatione 
colont). Hof désigne eu Allemagne une demeure de paysans. 

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— 324 — 

Dans les noms propres, Hof, Hoff, hove, off (en Bavière of 
et kofen) signifient : 4° nne maison avec le terrain qui en dé- 
pend ; 2° un lieu fermé et à ciel ouvert, un enclos (Klrchhof, 
cimetière ; littér. contour de l'église ; Todteahof, cour des 
morts; le flara. Kerkhove peut signifier a cimetière» ou « censé 
de l'église »); 3° une ferme, une métairie, un établissement 
agricole, que les chartes latines appellent villa. Dans la basse 
latinité, le métayer ou le colon se nommait hobarius, 

La forme hoven est un datif pluriel équivalent à : bel dm 
HSffen : Hof, Hofao, Hofberg, Hofdorf, Hofen,5Hôfen; Hofwyl; 
Hoff, Hoffen, Hoffenheim, Hoffstœdten, Hofweyr (Weiher, 
vivier), Hofingen, Hofkirchen, Hofmarkt, Hofstalt, Hofsteig; — 
Eichhof (Kiche, chêne), Erlbof (Erie, aune), Ësshof ^Esse, 
cheminée, foyer), Fangenhof (Fang, capture; piège, trappe), 
Junghof (Jung, jeune; nouveau, récent; — H.R.), Kehlhof 
(Kehle, creux, enfoncement; goullière, noue; gosier), Ketten- 
hof (Kette, chaîne; guirlande), Kôniginhof (de la reine : Ho- 
nig, roi), Neuhof (ncu, nouveau), Riedhof (v. p. 484); — 
Brandhofe (B ranci, incendie; lieu où un feu a brûlé : brennen, 
brûler), Diedenhove (Theodonis [P., p. ^5] villa, Thionville) ; 
— Kônigshofen (du roi), Pfaffenhofen (Pfaff, pape et papa 
[père], jadis terme honorifique donné au prêtre ou « pasteur des 
âmes » voy. P., p. 85) ; Reichshoffen (Releh, puissance, pouvoir, 
empire)., bg. du B.-R. : c'est là que nos cuirassiers culbutèrent 
et brisèrent tout sur leur passage et se brisèrent eux-mêmes ; — 
Waidhofen (Waid, pastel ou guède) ; Ninove (contraction de 
Nieuwenhove = nouvelle villa, nouvelle ferme) (4); — les 
chemins de fer ont amené dans heaucoup de localités la cons- 
truction d'un Bahnhof (gare : Bahn, chemin). 

(1) A la Renaissance, on appela cette ville Ninive Flandrorum 
et ses habitants se disaient Ninivites. Le grammairien Despautère 
prenait le surnom de Ninivite, 



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— 225 — .. 

Schloss, château, manoir (lieu clos) : sefaliesscn, fermer, 
clore; Schlttssel, clef : Schlossberg, Schlosshof; — (bas sax. 
slot) : Schlotheim, Schloltendorf ; Neuschlot; — Schlûsselau, 
Schlusselburg, SchlUsselfeld ; 

A la racine qui a donné Schloss se rattache le latin clausus 
(clos, fermé) (declaudere) : Klause (défilé du Tyrol), Klausen; 
— cluse, Vaucluse. 

Feste, Festung, forteresse : fest, ferme, solide, dur, résis- 
tant [prop. cohérent, compacte? cfr. fast (adv.), en serrant de 
près; presque; fasten, jeûner, faire abstinence [propr. se 
serrer) : Festenberg, Festungsberg, Vestenbergsreuth ; —. Ham- 
merfest (H a m mer, marteau ; — - v. h. ail. hamar, pierre, ro- 
cher). 

Schote, schoot, schat signifient un enclos, un lieu fortifié par 
des fossés ou par des palissades. On a dit que shot et shott (ter- 
minaisons locales en Angleterre) sont des corruptions de cot 
(cabane, hutte) ; mais on pourrait, avec pins de raison, recou- 
rir au celtique [irlandais] sceot (lat. scutum), bouclier [cfr. 
Schote, gousse, cosse]. Ainsi, schot indique un lieu défendu, 
protégé, un abri où Ton est comme sous un bouclier : Schotten, 
Schottenstein ; — Hondeschoot (dép. du Nord); — Aldershot 
(angl. aider, aune), fameux camp où manœuvrent les troupes' 
anglaises; — Schottwien, en Autriche, doit son nom à une colo- 
nie de moines écossais (Sehotte, écossais) qui s'y établirent 
comme missionnaires et comme cultivateurs pendant le moyen- 
âge (Wien = Vienne). 

Schutz, abri, défense; rempart; asile, refuge; schatzen, 
protéger, défendre : Schtilzen-See (lac), Schùtzingen ; — Eber- 
schûtz (Eber, sanglier), Eibenschùtz (Elbe, if), Grosschulzen 
(gross, grand, haut). 

Le mot palatium a formé le mot Pfelz (dans le dialecte du 
peuple Pa/z). Die Pfalz (le Palatinat), Palatinat vient des palais, 



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— 226 — 
palatia (Pfalaeii) que les anciens rois de France et de Germanie 
avaient bâtis en différents endroits et où ils établissaient des 
joges auiiques appelés comtes palatins, en allemand Pfalzgra- 
fcn) : Pfalz, Pfalzburg ; — ? Balstal (en Suisse) dont le nom 
se trouve écrit Baltzthal, Pallasthal et Pfalsthal (vallée du palais 
ou do château). En gallois, plâs, palas signifie « palais » : Plâs 
Gwyn (habitation blanche), Plâs Newydd (Châteanneuf). 

Mauer, mur, enceinte de pierres : Mauer (duché de Bade), 
Mauren (à la muraille; — en Wûrttenberg), Murr (avec des 
antiquités romaines), Mauersee (lac de la muraille), Murnau (?); 
en Suisse Mûri (abbaye de Bénédictins qui ont dû se réfugier à 
Griess dans le Tyrol). Le nom vient de ce qu'on y a trouvé de 
vieilles murailles, qu'on a supposé avoir été des restes d'un 
temple païen ou d'une forteresse romaine. 

Zabern. — Il ne faudrait pas rattacher au mot français taverne 
les noms de deux localités nommées Tabernœ (Zabern). La 
stratégie romaine avait eu recours au système des camps retran- 
chés et permanents. Ces grands camps étaient des forteresses 
entourées de remblais et de fossés et plus tard de murs. Toute- 
fois, quelques-uns de ces camps ne furent d'abord que des maga- 
sins et des boutiques. Les Romains donnèrent à ces localités où 
ils hivernaient le nom de Tabernœ (taberna, maison de plan- 
ches, boutique). Quelques-uns de ces camps ont donné naissance 
à des villes : Très Tabemae (auj. Elsass-Zabern) ou Saverne 
(ville du B -R. située sur l'Eriach, au pied des Vosges), et 
Tabernœ Rhenenses (Rheinzabern) ; — Tafern (vg. du Wurtem- 
berg (t). 

Noms qui se rattachent à l'idée de couvrir. — Hcim, 

(1) Le nom de Tabernœ fut germanisé en Zabern, parce que U 
langue allemande laisse quelquefois entendre un s après le l # ce 
que l'on a exprimé par le s (cfr. Tolbiac et Turicum dont on a fait 
Zulpich et Zurich). 



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— 227 — 

domicile; pays; patrie (jadis maison ; manoir; domaine; dans 
les noms géographiques, ce mot signifie habitation, hameau, 
bourg, village, ville, pays, patrie [cfr. H«lmweh, le mal du 
pays, besoin de revoir le pays : Weh, ahl aïe ! mal ; douleur ; 
malheur). Proprement, heim signifie la « maison paternelle, » 
et, il se trouve, avec ce sens, dans le mot Heimat (patrie), qui 
n^ejt que la maison paternelle agrandie. 

Considéré au point de vue de son étymologie, le mot heim 
offre l'idée générale de v lieu qui sert d'abri, de retraite: » le 
heim était une demeure entourée de haies et de fossés ; propre* 
ment, un Heu couvert, protégé (a place hemmed in, lieu bordé, 
environné de montagnes; de to hem in, enfermer; to hem, 
ourler, border). Heim se rattache au verbe perdu himan (dan. 
hema, couvrir), qui a donné les mots «©heim (caché, secret, 
mystérieux ; intime), heimlleh (caché, dérobé, secret; — qui 
ressemble au pays natal, connu; — familier d'une maison, 
intime), Hemd (chemise ; bas lat» camisia pour hham-isia, 
cfr. grec3?(j.aeU[A<*Ttov, vêlement; anglo-sax, /wm, peau; Leich* 
nam [jad . lîh-hamo — vêtement ou enveloppe de chair ; l^elche. 
primit. chair; puis, corps humain, vivant ou mort; auj. corps 
mort, cadavre ; mort], cadavre). En suédois, ham signifie cou- 
vercle, et, en gothique himins avait le sens de Hlmmel (ciel) 
considéré comme un toit qui recouvre la terre (voy. P., p. 4 44). 

Heim a pris de nombreuses formes : golh. haims ; anglo- 
sax. ham, haem; v. nor. heimr ; angl. ham (village, hameau), 
harnlet (hameau); bas ait. ham; frison ham, hem, dan. hiem, 
suéd. hem; franc, hameau. Le mot anglais home signifie 
demeure, logis, patrie ( 4 ). 

La notion que nous offre le mot heim se retrouve peut-être 

(1) On a rattaché les mots goth. haims, lithuan, kaimas et le grec 
-xtop) (village) à xsfpai (je suis couché), xoifiduo (je me couche) ; 
au sanscr. cî (reposer). 



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dans la forme celtique om : Cad-om-um (la demeure desguerriers; 
celt. cath, guerre) et quelquefois dans la finale latine um, dans 
quelques noms de lieux. 

Le mot Heim forme un grand nombre.de noms géographiques 
en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Angleterre et en 
France : Heimbach, Heimberg, Heimburg, Heimbruch (Brueh, 
fente, crevasse, brèche ; — marais), Heimfels, Heimgart, Heim- 
hausen, Heimkirch, Heimkirchen, Heimsheim, Heimstetten; 
— Hambach, Hamberg, Hamborn, Hamburg (voy. p. 2U); — 
Ham (dép. de la Somme), Hames, Han, Hamel (Hanovre), Hameln 
(Weslphalie), Hamel; 

Arlesheim, Arnheim (p. 474), Avenheim (Alsace; du celt. 
avon, abhan; àeabh, rivière; on voit à l'entrée du village une 
source nommée Unversiegbare Brnnnen = Fontaine intaris- 
sable : versiegen, tarir); Bergheim (situé sur une montagne, 
au pied ou auprès d'une montagne), Berckheim (îd. — ce nom 
est écrit Berchen dans d'anciennes chroniques : hen pour heim), 
Bernheim (voy. App. E), Bischofsheim (de l'évoque), Bocheoheim 
Bochheim (Bnehc, hêtre), Bohême (Boierheim, Boiheim =r 
demeure des Boïens; et par corruption) BShmen ; Bretten(pour 
Bretlheim : Brett, planche) ; Dagersheim (d'un nom propre qui 
contenait Tag, Dagobert, etc. P., p. 201), Darmsheim v d'un 
individu nommé Dagram, v. h. ail. Tag-hrahan = corbeau 
brillant: Rabe, Tag), Drontheim (norvég. Trondhjem, en 
la t. Nidrosia ; Nleder, bas, inférieur 9 et Hans : cette interpré- 
tation donnerait à supposer que la première syllabe du mot 
Drontheim est pour darunter, dessous; peut-être cette syllabe 
se rattache- t-el le à l'anglo-sax. throvan (pati, certare) ; ou au 
vieux norois tkroa, v. h. ail. druoen (augeri); ou à un héros 
nommé Thrôndr ; ou au dan. ihrone [parce que cette ville était 
jadis la capitale et la résidence des rois de Norwège] et hjem = 
heim); Dûrrheim (dûrr, sec, aride), Eglofeheim (deEglof = 



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— 229 — 
Agilolf ; — P., p. 79), Forchheim (p. 477), Gandersheim (sur 
la Gande), Gebersheim (pour Gebhartes-heim, de Gebhart, nom 
d'homme; P., p. 1.08), Heimsheim (de Heimboto ou de Heim- 
rich, P., p. H4), Hildesheim (habitation d'Hilda ou d'Hilde- 
garde (4), Hochheim (hoch, haut, élevé), Hofheim (demeure 
de la cour), Hohenheim (habitation élevée, hochgelegene 
WohDang), Raisersheim (de l'empereur, Kaiser), Rirchheim 
(de Péglise), Lauresheim ou Lorch (du laurier, Lorbeer); 

Mannheim (se rattacherait à Mann, homme : ? demeure des 
hommes; — du celtique man, forteresse) (î), Molsheim (ne 

(1) On raconte que l'empereur Louis-le-Pieux donna à cette 
ville le nom de l'impératrice Hildegarde sa mère. Hilde et Hille 
sont des formes abrégées d'Hildegarde (comme Fritz pour Friedrich, 
Kersten pour Christianus, Use pour Elisabeth). Voyez pour hild, 
P., p. 119. 

(2) Le nom de Manheim se trouve, avec cette signification, dans 
la mythologie Scandinave, mêlé aux souvenirs du Godheim (de- 
meure des dieux : Gott). Mais il nous semble que le nom géogra- 
phique nous offre un mot de la nomenclature des Celtes. Pour 
nous en convaincre, nous n'avons qu'à rapprocher le nom de 
Mannheim du nom de Manchester (Angleterre). Àntonin nommait 
déjà cette ville Jfanaurium et ^fartutium. Or, Camden remarque, 
avec raison, que l'ancien nom de cette localité s'est conservé dans 
le nom moderne. On a supposé, il est vrai, que les habitants de 
cette localité s 'étant bravement défendus contre les Danois, ceux- 
ci avaient donné à la ville le nom de Manchester (le fort [chester, 
castra] des hommes [men] ; singul. man). Les habitants de celte 
ville sont sans doute fiers de pouvoir rattacher son nom à cette lé- 
gende. Mais il n'en est pas moins vrai que Mancunium, nom bre- 
ton de Manchester, vient de maen. main (pierre) ou de man 
(lieu fortifié). Cette ville est bâtie sur une colline rocheuse, et, au 
bas, on trouve des carrières de pierre. Mancunium ou Mancenium 
signifierait donc «colline pierreuse ou forteresse de la hauteur» : 
irland. cearin [Kan, can, Kin, Ken], sommet ; gaél. cenn, tête, 
sommet, gallois cefn [prononc. Keven] et aimor. Kevn 9 dos, som- 
met de montagne ; — cfr. Cévennes). 



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— 230 — 

dérive pas de Maulthîer, mulet ; ni de der lloll, Mol, dos 
Malien, qui, en dialecte souabe, signifie taureau -, mais du 
celtique mol [maul, meall], coteau), Mtihlheim (du moulin), 
Oberehenheim (= Ehenheim, supérieur), nom allemand d'Ober- 
nai(jad. Oberœna) (i), Oppenheim (logis découvert : offen), 
Odenheim, demeure solitaire, déserte : ode ; — ou habitation 
d'Odon, d'Eudes, P.s p. 47), Pforzheim (? Pfone, porte), 
Quernheim (v. h. ail. quirn = Htthle, moulin), Rudesheim 
(de Ruod-olf, de Ruod-bert; P., p. 139), Ruhmesheiai 
(habitat ton de la gloire : Ruhm: ou de Romuald, de Romarich, 
P., p. 4 90), Schmidheim (du Sehmied, forgeron), Sponheim, 
bas ail. spôn = Span, éclat, fragment), Stammheim (Stamm 
est employé ici dans le sens de Stock; p. U2), Sulzhetm (sur 
la Sulz, Helman der Sulz), Trilhème ou Trittenheim (hameau 
du pressoir : der Tritt, die Trotte, pressoir ; — der TVitt, 
pas, marche; pied, empreinte du pied; treten, poser le pied, 
faire un pas; fouler [aux pieds, avec les pieds], fouler [la ven- 
dange, etc.), Thurckheim (jad. Thorencohain, Thurinchheim), 
t. du H.-R., dont le nom rappelle les Turingi ou Tulingi que 
César place dans la haute Alsace, ou qui du moins paraît signifier 
l'habitation d'un Thuringien) ; Tûrkheim n'a rien à faire avec 
les Turcs [Tttrken], mais avec les Thuringes ; celte localité était 
nommée jadis Thu ri ngohei m, Durinchheim, Durinkan). 

Dans la mythologie : Àlfheim (séjour des génies, des elfes ou 
habitants des lieux élevés, P., p. 27), Gladsheim (séjour de la 
joie : dan. angl. glad, joyeux, heureux ; l'allemand glati [glis- 

(1) Ober Ehabeim (ou Haut Ehnheim, pour le distinguer de 
Nieder-Ehnheim ou Bas-Ehnheim qui n'en est pas éloigné) est 
une ville située au pied de la montagne de Sainte-Odile, prés delà 
rivière d'Ehn (B.-R). Le nom latin de cette localité (Oberœna) 
nous offre le nom Celtique de l'Ehn. (En est le nom de l'Oenus ou 
de l'Inn qui passe à Innspruck (voy. le celt. oeri)* 



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— 231 — 

jsant ;. insinuant, flatteur), n'a pas conservé ce sens), Niflheim 
{=3 Nebelwelt, le monde des brouillards ; de Nebel, brouil- 
lard} cfr. lat. nebula). 

Peim prend les formes hem, g hem, em, eim, en, in, um. 

D'abord, hem: Àrnhem, Golthem (dans une charte de 967 
Guidingahem == la demeure de Gutdinga = Bonnechose), 
Houthem (du bois), Laethera (demeure des serfs: les îeti ou teti. 
étaient attachés aux champs ; tudesc, laet, colon ; gaél. latih, 
multitude; cfr. leude qui a eu le sens de multitude choisie ; P , 
.p. H4 ), Uxem, (dép> du Nord). 

Hem devient quelquefois ghem, gem, gen : Belleghem (demeut e 
des peupliers .-Belle, populus alba (A), Bverghem (du sanglier; 
— qui figurait dans les armes de l'ancien comté de ce nom), 
Ledeghera (ledig, dégagé, exempt; valant, inculte), Zerkeghem 
IJQçl, Zerkenghem: duflam. zerk, pierre tombale ; pierre carrée, 
grosse pierre devant une maison; — cfr. Sarg, cercueil) ; — 
les formes tudesques ghem, gem, gen, correspondent aux termi- 
naisons gnies et ghien des noms romans. Les noms romans en Mes 
ont pour correspondants des noms tudesques en àhem. Aussi 
doit-on admettre que les formes chin, chain sont des équivalents 
àe heim (î) : 

Enghien (— Àdinghem; »~ Belgique), Gislenghien (Crelsel, 
tielssel [prisonnier de guerrej, otage), Oedingen («de, dé- 
sert), etc. 

(1) Bellem (dans la Flandre occidentale) offrirait la même éty- 
mologie (pour Bellheim). Cependant ce nom pourrait être une 
abréviation de Bethléhem, nom que ce village aurait porté dans un 
registre de dîmes de l'an 1331. 

($) Tronchienne (en flam. Drongen, en lat. Trunchiniunn) , 
ville de Belgique célèbre par son ancienne abbaye. On a voulu voir 
dans ce nom celui de Droonghem (demeure de Jérôme), parce que 
Droon est l'abréviation flamande du nom de ce grand docteur. 



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— 232 — 

Ham et an expriment la même idée : Han (Meurthe), Han- 
sur-SeilIe; — Grignan (jad. Greinhanum : grein est une forme 
du nom celtique du soleil}, Serigmn (jad. Serinhanum), Mar- 
corignan, Lézignan, Meilhan, Coursan, Celleyran, Paulhan, et 
dans une infinité d'autres noms. 

Il n'est pas possible de prendre généralement la syllabe an 
pour un suffixe ethnique rattaché à un nom de personne. La 
finale an n'est d'ordinaire que le mot ham, han prononcé à la 
gauloise. Beaucoup de noms de localités ont conservé cette 
désinence qui, du reste, s'adapte très bien à des noms de per- 
sonnes. On n'a aucun motif de recourir, à ce sujet, au suffixe 
latin anus. Mais on peut croire que ce suffixe provient du 
radical mentionné ci-dessus. De sorte que les suffixes an et ac 
étaient équivalents pour le sens et s'adaptaient à des noms de 
personnes pour former des noms de lieux. Aussi a-t-on pu 
remarquer que, dans les chartes, on emploie tantôt an et tantôt 
ac (Florensac : Florentiacum et Florentianum). 

Hen .- en France : Berlinghen, Masinghen, etc. 

En: Buchen (=Buchheim), Biiren (v. a. ail. 6«r, habitation)» 
Essen (= Essheim : Esse ; ou ess 9 eau ; voy. App. T,'etc). 

La forme en (voy. p. 140 se rencontre fréquemment dans le 
pays castrais : Au sud et au sud-ouest du champ de tir du 
Causse ou d'Envieu, dans un rayon très restreint : Encrouzrl, 
Enpayen, Enroux, Eniaure, Entibaud, Embaleux, Enrey, Ense- 
gonne ; entre Verdalle et Massaguel : Enbelis, et non loin de 
là : Enjaurés, Engoul, Encalcat, Enbnyssière, en Charles, Ensays- 
sac, etc. Dans la Haute Garonne : Encausse (l'enclos du Causse ; 
-F., p. 333) (4). 

(1) Le nom d'Envieu que l'on prononce En-bîou, en langue- 
docien, nous semble avoir eu le sens de bois ou enclos vivant (ein 
lebendiger Hag), Haie-vive (occitan, viou ou trôu, vivant, en 
vie ; bas bret. bihue, V. irl. béu, gall. mod. byw ; — lat. vivus ; 



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— 233 — 

On a dit, il est vrai, que è'n est une abréviation catalane qui 
signifie dominus, on encore que è'n était la terminaison de mos- 
sen qui, en languedocien signifie « monsieur. » L'abbé Sauvages 
s'exprime ainsi à ce sujet : En, dernière syllabe de mossën dont 
elle était l'abrégé et qui en tenait lieu. On lit dans des actes : 
#«, en Péirë Bermon ; moi, Sr. Pierre Bermond. » Puis, ee 
savant ajoute: L'en était précédé quelquefois d'un d apostrophé, 
comme ab cossel d'è'n Karles, de l'avis du Sr Charles. » {Dict. 
languedocien)» Nous admettons très volontiers celte signification 
de en. Mais nous ne pensons pas qu'elle doive exclure ceUe 
que nous proposons pour les noms de lieux. Dans les actes latins, 
Pratum d'en Audemar peut fort bien avoir signifié « le pré de 
M r Audemar » et « le pré de l'enclos-Audemar. » Nous serions 
même porté à croire que le mot pratum, employé ici, n'est 
qu'un équivalent de è'n dont on ignora plus tard la significa- 
tion primitive. En et an ne sont que diverses modifications 
phonétiques de la racine qui a donné Hain ou de celle que 
nous offre le subst. Heim (<). 

Une autre orthographe française du mot heim se retrouve 
dans des noms terminés en aing (comme Houtaing et Anvàing) 
et en ain. Dans les déparlements de l'est de la France : Dalhaia 
(Meurthe ; nommé Delheim en mi), Domnon [Meurthe; se 
nommait Domenheim en 4217). La même forme se rencontre 
dans : Hollain, Blandain, Marqain, Lamain, Houtain, Hertain, 
Jollain. 

Dans la Saxe et dans la Frise, le mot heim est souvent changé 

grec (3foç, vie)- 11 y avait jadis un bois de chênes verts ; on trouve 
encore, en cet endroit, un petit groupe d'individus de cette es- 
sence. 

(1) "D'autres savants ont vu dans le mot en une forme de l'ar- 
ticle défini an usité chez les Celtes pour les noms appellatifs. 
Enfin on peut rattacher le en de certains noms à en, ches. 



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— 234 — 

-en um. Ainsi Borkum (Frise). Quelquefois cependant la finale 
um, que Ton trouve dans divers noms du Hanovre et de la 
Westpbalie, etc., exprime une simple marque du datif pluriel. 
Ain», dans le Schleswig ; Rysum (situé au bord de la mer et 
dont le nom indique le voisinage de digues) (<)> Dornum (situé 
auprès d'arbustes buissonneux (D©rn, épine -, arbuste épineux); 
— Borkum (peut être un daiif pluriel de Burg et un équivalent 
de) Borken (Westphalie) : — Bocbum (Bâche, hêtre), Brink- 
hum, Brokkum (= Brochheim : Bracb, crevasse ; — marais}, 
Dokkum, Gorkum, Stockhum. 

Dans quelques noms, ham est pour amnis (cours d'eau) . 

Haus, maison, habitation, logis (c-à-d. le lieu où l'on se 
cache, où Ton se ipet en sûreté : «1er Ort des Bcjrgeus, Wel- 
cher einen birgt); go th. suéd. dan. v. h. ail., angl.-sax. 
Ads; dan. et norwég. huus ; angl. house; holl. huis ; slav. 
hisha, croat. kuzha, hongr. haz, lat. casa, habitation, maison. 
Ces mots se rattachent à la racine sanscrite kut (couvrir ; cfr. 
grec xeuOo), je cache ; xu6o; et xeûOoç, habitation cachée ; souter- 
rain, caverne: tanière; anglo-sax. hedan, protéger, hydan, 
cacher; angl. to hide, cacher, couvrir; hûten > garder (mettre 
sous sa protection, couvrir, quelqu'un), celt. cyddia, couvrir, 
isacher), ou à une racine hu (couvrir, cacher). La môme racine se 
retrouve dans les mots suivants : Haut (peau; lat. cutis; grec 
oxutoç, peau, cuir; angl. hide, peau, — c'est à-dire couverture du 
corps, enveloppe membraneuse qui recouvre un corps orga- 
nisé) ; H ose (culottes, chausses ; jad. lieuse ; — Robert, duc de 



(l) De rys (ail. Beis, ce qui part, ce qui s'élève ; pousse, scion, 
rejeton [suéd. ris, island. hris], reiseo, primit. se dresser, s'éle- 
ver, partir ; plus fréquemment voyager). Ce mot indique une 
digue faite avec des branches (ein ans Relswerk, Fascbinen 
«rbanter Damm). On retrouve aussi ce même mot dans Rys- 
•wick. 



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— 235 — 

Normandie, surnommé courte-heuse [brevis ocrea\); cfr» 
chausse ; gousse -, gousset ; housse. 

Ainsi le substantif haus, a désigné d'abord cachette condtto* 
rtum, comme Heim, une caverne, un trou; dans ce dernier 
sens, îlse retrouve dans le moi huis (l'entrée, la porte. On disait 
d'ailleurs : aller dans son trou, pour : aller dans sa maison* 
Mais, dans beaucoup de cas, le mot huis signifie maison. (Test 
ainsi que, dans le Morvan, beaucoup de petits hameaux, d'habi- 
tations isolées, portent le nom d'huis, auquel est ajouté un nom 
de farniHe ou de baptême. C'est donc à tort que l'on a traduit 
dans ces noms le mot huis par porte. Ainsi Huis Morin, Huis 
Picard > Huis Perrot, Huis Robin, etc., signifient la Maison 
Morin, etc. 

Le mot Haas a d'ailleurs signifié un abri, un lieu de refuge, 
un endroit clos, une construction couverte, et on a pu rattacher 
la racine de ce mot au latin euro (pour cuso). En effet, l'ail. 
hûs (das Hegende, Schûtzende) et le mot lat. curia (cour et 
maison) se rattachent au même radical qui a donné le gothique 
huzd (lieu sûr, asile) et le latin custos (gardien, protecteur) : 

Baus (Autriche, Bavière, etc.), Bausberg, Hausberge, Haus- 
bergen, Hausdorf, Hauseck, Hausen, (nombreuses localités)» 
Bausruck, Baussee (lac), Baussen ; — Baus im Busch ; — Abben- 
hausen (de Abbo), Ahausen (de aha, cours d'eau), Bogenhausen 
(Bogen, courbure; arc), Bruderhaus (où il y avait une con- 
frérie : Bruder, frère), Burghausen, Fischhausen (Fisch, pois* 
son), Gârtnerhaus (du jardinier), Heiligenhausen (heilig, saint) , 
Herrenhausen (Herr, seigneur), Hildburghàusen (pour hitd, 
v. P., p. H9), Holzhausen, Jâgerhausen (du chasseur), Jaxt- 
hausen (p. 477), Harlhausen (habitation de la forêt : Hart = 
Harz y hauteur boisée), Kaltenhausen (Kalt, froid), Lahausen 
(v. h. ail. lâcha — Lâche, mare, bourbier), Lerchenhausen 
(Lerche, alouette, ou de l'arbre nommé Lerehenbaunft, 



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— 236 — 

mélèze), Mauthausen (Mauth, douane, impôt), Mûlhausen 
(Mulhouse, H.-R. = à la maison du moulin; on Wohnun- 
gen bei der Munie), Neuenhaus, Neuhaus (nen, nouveau), 
Pfauhausen (Pfau, paon), Sachsenhausen (des saxons ou des 
pierres, p. 89). Schaffhausen (v. p. H), Schamhausen (en 
bas ail. Sebarren et Scharn, boutique, élal ; propr. lieu 
entouré de palissades : bas ail. Seharren, pieu, piquet, poteau), 
Schônhausen (schon, beau), Schweighausen (Sehweig, basse- 
cour, ferme où Ton élève des bestiaux : de schweigan, réprimer, 
modérer, tenir en bride ; — sehweigen, se taire, garder le 
silence), vg. du B.-R. et vg. du H.-R. (jad. Suuetchusa et Sue- 
chusen), Seehausen (ville complètement entourée par la rivière 
d'Aland), Sunderhausen et Sonderhansen (v. p. U1 ; In fonder 
[konigt. privatforst] belegen), Stockhausen (Stock indique 
un lieu où une forêt a été éclaircie, v. p. 4 42), Thalhausen (Thaï, 
vallée), Thannhausen (Tanne, sapin), Viehhausen (Wieh, bétail), 
Warthausen(Wart,guet), Wiflingshausen pourWûlflings, patro- 
nymique de Wulfilo = pelit loup ; — P., p. 239), Wildhaus 
Wild, bote sauvage-, gibier; wild, sauvage, inculte; féroce), 
Winterhausen (Winter, hiver), Wornshausen (de Werno, 
dimin. de Werner; P., p. 2H); — blockhaus = Bloekans) 
signifie « maison » [faite au moyen] «de blocs » [Block, bloc: 
billot] de bois, de troncs d'arbres, etc. ; c'est, en résumé, une 
maison fortifiée, une redoute en bois. 

En hollandais, huysen .- Warfhuysen, etc. Dans le Pas-de- 
Calais : Bergueneuse (jad. Berguinhouse), La forme euse se 
trouve peut-être aussi dans Chartreuse (Chartusia) dont le nom 
dérive peut-êire de hart = harz (rnonlagne boisée et d'un 
accès difficile ; — hart, dur, pénible). Cfr. grec xapiEpdç ; fort; 
redoutable, terrible) ; xpaxoç (force) ; x4pxa, ion. très, beaucoup, 
fort. 

En Hollande, Enghusa (eng, étroit, resserré). Leuze, ville 



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— 237 — 

de Belgique, était' nommée jadis Luthosa. Elle doit son origine 
à un monastère bâti par saint Amand. Ce saint lui donna le nom 
de Luthosa, Luthusa ou Chludhusa, nom qui signifie Mai- 
son claire, illustre (voy. P., p. 4 36 et ss.) ; et qui est analogue à 
Glairvaux (clara vattis) (1). 

Comines se nommait en flamand comena-hus (c'est-à-dire : 
maison des venants, des arrivants, auberge, hôtellerie : Kom- 
men, venir, arriver) (2). 

Chez les Scandinaves : Àarhuus (maison des rames : suéd. et 
dan. itra, aare, rame), ville du Jutland, entre la mer et un 
lac ; Aggerhuus (château sur l'Agger), Axelhuus (bâtie par Axel 
ou Absalon, primat du Danemarck), Wardhuus (maison de 
garde; il y avait un poste, une sentinelle). 

Usedum (île de la Baltique et ville située dans cette île) ne 
signifie pas maison (dom) de l'école (en wende huz, enseigne- 

(1) Inter monasteria ab ipso Amando œdificata sunt illud eut 
ipse sanctus Vit Lutosa nomen imposuit ; seu Rotnace (dans 
quelques exemplaires Rotnasce = Eau-rouge : ach = asce = eau) 
quod praefato penè est contiguum (Acta SS. Belg. tom. IV, p. 213, 
Ex Vet. MSS.), auj. Renaiix. On a dit à tort que Luthosa venait de 
lutum (bourbier» fange), parce que cet endroit aurait été entre- 
coupé de marais bourbeux. On a voulu donner aussi cette étymo- 
logie pour la capitale de la France : Lutetia à luto. Mais c'est là 
une étymologie qui n'a d'autre base que l'ignorance de la langue 
celtique et une fausse application d'un mot latin. 

(2) Nous croyons pouvoir rattacher à la même racine le nom de 
Gomminges, par lequel sans doute les Wisigolhs ont traduit celui 
de la cité des Convènes. L'Oppidum celtique de Lugdunum (hau- 
teur des marais : les vallées voisines formaient des marécages qui 
servaient à la défense de cette forteresse) devint sous les Romains 
Lugdunum Convenarum. Le nom de Convenœ avait été donné aux 
aventuriers que Pompée réunit et fixa en ce lieu. Les envahisseurs 
tudesques ont sans doute conservé le sens du mot latin dans un 
équivalent tel que Commen-ing dont on aura fait Comminges, auj. 
Saint-Bertrand de Gomminges. 



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— 238 — 

ment; — huzysch, enseigner). Ce nom vient sans doute du cel- 
tique us, ouse (eau) et dun (ville fortifiée). 

Dans le celtique, la racine qui a donné le mot Haas, a pris 
quelquefois les formes os et oz : Tolosa (Toulouse [irland. tulla, 
colline ; ou du celt, tu II, irland. toll^ trou, caverne], dont les 
premières habitations furent établies à Vieille-Toulouse, auprès 
des pentes abruptes de la Garonne) ; Marnoz (Eure) = maison 
de la marne; Marloz (Haute-Saône) offre le même sens (en picard 
marie équivaut au gaulois marga); Marlieux (Ain), Berlioz, 
Landoz. 

Dans de vieux noms celtiques nous trouvons la forme us .- 
Segusium, Bergusium, etc. ; et peut-être gus-ius (irland. Var- 
gus, Congus) : Ko-y-pûaioç, ville de la Galatie. 

Le nom l'Elysée nous paraît rappeler la « demeure du- soleil » 
(de el ou fJX-toç, soleil ; et hys, demeure). 

La forme hausen est quelquefois abrégée en sen et en se> par 
apocope du n : Alvesen (corrupt. de Alberdeshausen), Arolsen 
(de Arnoldshausenj, Bennigsen (de Bennigshausen ; de Benno), 
Ebersen (pour Eberhausën), Môrsen (habitation du marais: 
Hoor); — Angelse (pour Angelsen = Angelhausen : Angel» - 
crochet ; hameçon : cfr. lat. angulus). Quelquefois cependant 
s* est pour See (lac). 

Blatte, hutte, chaumière, cabane; forge [lieu couvert* abri; 
celt. guta elcwt; finnois cota; angl. hut> suéd. hydda, hutte): cfr. 
H ut, angl. et dan. hat t chapeau (couverture de la tête); Haut, 
peau ; de l'anc. v. hutan, angl. to hide, couvrir , grec xeuOeiv, 
cacher; hûten, garder, surveiller; le français hutte est de la 
même famille. Nos ancêtres, qui s'étaient éloignés du foyer cen- 
tral de la civilisation et qui avaient émigré en Europe, habi- 
taient, par familles, des espaces libres, au milieu des forêts, sur 
les bords des rivières, dans des huttes coniques faites de pieux 
fichés en terre et de branches d'arbres : Hutte, Hûtten, Hutten- 



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• — 239 — 

berg, Hiittenfeld, Hiitlenberg, Huttenheim, Hûtlenrode, Hût- 
tenstein ; — Kônigshûtte (da roi), Rothehûtte ; — Mevegshûtte 
(située au milieu [in der Hicte] du chemin [des Weges], etc. 
Suéd. hud ( = Haut, peau) : Hudemûhlen, Fiseherhude r 
Steinhude. 

Le mot Htfctte a, d'ailleurs, une signification spéciale : il dési- 
gne des fonderies de métaux : fiuschhûtten (les cabanes du bois). 
En Prusse, divers noms de lieux formés du mot Hûtten, indi- 
quent des Glasfabriken (verreries : filas, verre ; cfr. franc, 
glace; iat. glacies) : Glashûtte, Glashùttendorf.; — Fischerhude, 
Steinhude, Hudemûhleni elc. 

Hat (der), chapeau; coiffe, calotte; Hat (die ), garde, sur- 
veillance; protection. Ce mot a eu le sens général de der 
Schutz, huten, garder, protéger : Hutberg, Hutweil (Suisse); 
— Herrenhut (Herr, seigneur, maître, chef» propriétaire)» 
Landshut (qui a dans ses armes trois chapeaux, d'après une 
étymologie qui restreint trop le sens de hut), Landshut (abri ; 
refuge de la contrée), prè de Soleure ; — en Silésie, en Moravie, 
en Galicie; Waldshut (abri de la forêt);.— [angl. kat, suéd. 
hait, m. h. ail. haeze] : Hatten, Halfield, Hatzfeld (?) , — Sneo- 
hattan (bonnet de neige). 

Koth (dus), Kothe (die), cabane, hutte; petite métairie 
(angl. cot. cottage,- celt. cwt); plus partie, saunerie (Salska- 
the); prim. fosse; antre, caverne; Kothe, provinc. creux ; 
armoire; Katte (bas lat. cotta, franc, cotte), froc. Ces mots 
sont apparentés avec Hutte : Kotlenforst, Rottenheim ; — 
Kôthen; — Kultenberg; — Salzkolten, Westernkotten (de 
l'ouest), Watenkolten (watea, guéer ; — lat. vadum, gué -, — 
vadere, aller, marcher), situé an der Lora). Cfr. coterie, jadis 
groupe de paysans associés pour exploiter une ferme. 

War (anglo-sax. ver) a eu le sens de « refuge » ou de « lieu 
gardé; » cfr. Wehr, défense, retranchement ; arme ; angl. war, 



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— 240 — 
guerre ; kymrique gwara, garder, surveiller, défendre (<). De 
là dérivent les formes warte, warde, garde .- La Garde (Meur- 
the), La Gardelle (Aveyron, Haute-Garonne), Gardère (Lot-et- 
Garonne), Bellegarde, etc. ; de là aussi les mots garer et garder. 
Du radical gwara se forme le mot « garenne » qui a eu le sens 
de « lieu dont on a défendu l'accès par des palissades » (cfr. l'ail. 
wahren, prendre garde, avoir soin de). Puis, ce mot a eu le sens 
de « défense, » de bois ou d'étang défendu, auquel était attaché 
un droit exclusif de chasse ou dépêche. Aujourd'hui, ce mot ne 
désigne qu'un endroit peuplé de lapins : La Garenne (Seine, 
Var, etc.), Garenne (Eure), Varennes (Aisne) ; — Warberg, 
Warburg, Wardick, Warendorf, Wafenholz, Warsee, Wars- 
heim, Warstedt, Warstein ; — Wehrdorf, Wehrendorf, Wehr- 
heim, Wehrholz, Wehrsdorf, "Wehrstedt. 

Warte, échauguette, donjon; Wart, guet. Ces deux mots 
ont eu d abord le sens de protection, de garde, et ensuite de 
tour du haut de laquelle on peut regarder et surveiller les mou- 
vements des ennemis : Warta, Wartau, Wartberg, Wartburg, 
Wartenberg, Wartenburg, Wartenfels, Warthausen ; — Hohen- 
wart : — cfr. boulevard ; — Peterwardein = hongrois Pétem- 
rad (du hongrois var, var ad, forteresse) de Pierre l'Hermite 
qui aurait, dit-on, organisé, en cet endroit, la troupe qui raccom- 
pagnait. 

Werder [formes, dialect.J, Wôrth, Werd, Wurlh (v. h. 
ail. warid, werid) etWerel ont signifié d'abord un lieu protégé, 
gardé (en angl. warded), puis un terrain élevé au milieu d'un 
cours d'eau ; aujourd'hui, îlot, île ; digue qui sépare deux 
bras de rivière : Werdau, Werdeck, Werden, Werdenberg, 
"Werdenfels, Werdenstein ; — Werder, Werderland, Wer- 
dershausen ; — Worth, Worthausen ; — Woerden, Woerdt, 

(1) Cfr. 3anscr. vri (protéger) ; zend vara (place entourée d'une 
haie). 



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— 244 — 

Woerdlsee (lac), Woerth ; — Wûrthing, Wurtingen ; — Werl, 
Werle. 

Thnrm, tour, donjon (suéd. torn, irland. tor, armoricain 
tior, lat. turris -, v. franc, tournelle, languedoc. tournélo, petite 
tourelle) : Thurm ; — Thurn, Thurnait ; — Tourmhout (en 
Hollande; hout, bois), Tournay (Tornacum), Mâusethurm 
(yoy. p. 8 et ss.)t Rothenthurm (tour rouge), Weissenthurm 
(tour blanche), lieu où les Français franchirent le Rhin (4797). 
Quant à Solothurn, voy. p. 5. 

Au latin spécula (observatoire, donjon) se rattache le nom 
de Splùgen, lieu où il y avait un Wachtthurm (échauguette, 
donjon; lieu d'où l'on observe: waehen, veiller, surveiller). 

Pforte, porte; ouverture, passage : Pforta, Pfôrten; — 
Schulpforta (jad. Monasterium S. Mari» de Porta, fondé en h K 36 : 
— Schule, école ; ou de Pane. ail. schulen, épier, guetter). 

Thor, porte, portail : Thoren, Thorenburg, Thorout (hout, 
bois), Thorsberg ; Thorn (jad. Thorun = za den Thoren ; — 
Walddûrn (?). 

Loken et luiken signifient, en flamand, enfermer, enclore; 
fermer : Lokeren (jadis Locra — habitation dans une enceinte 
fortifiée : en = Heim) ; la ville de Locre, dans la Flandre occi- 
dentale, et la Byloke, enclos où s'élève l'hôpital deGand, dérivent 
de la même racine (cfr. le mot franc, loquet). 

Dach, toit, couverture ; decken, couvrir un toit, mettre le 
couvert (lat. tegere; couvrir; tectum, grec xé^oç, toit ; xefyoç, rem- 
part; irland. et écossais tig } maison; formes celtiques teg, tech y 
ty, maison, logis; lat. tugurium, cabane, hutte) : Dachau, 
Dachenheim, Dacbstul. 

La racine du mol Dach se retrouve aussi dans le mot bretèche 
qui a formé divers noms de lieux. Une bretèche était, dans l'ori- 
gine, un appentis fait avec des planches (Brett, planche). Ce 
mot désigna ensuite une tour en bois destinée à protéger les 



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— 242 — 

murs d'une ville ou d'un château et les parties crénelées des for- 
tifications. De là les noms suivants : La Bretèche (Eure, Oise, 
Yonne, etc.)» La Breteque (Seine-Inférieure), La Bretechelle 
(Seine-et-Oise). 

Halle, espace couvert, galerie, salle; magasin, chantier; 
halle; cfr. le greca&Xij, et le lat aula). Ce mot a d'abord signifié 
chaumière couverte de branches d'arbres ; puis, demeure, abri, 
coin, place, lieu d'assemblée, et enfin, ce mot est devenu syno- 
nyme de salle, palais, vestibule (<). Il ne faut pas confondre ce 
mot avec Hall (saline) : Halle (Belgique et diverses contrées), 
Hallenburg, Hallgarlen, Hallstadt, Hallstatt; — Reichenhall 
(reich, étendu, grand ; fertile; rîchej, Wilhelmshall [de Guil- 
laume) ; — Walhalla (le palais des Occis ou des élus ; — voy. 
P., p. 207) (2); — en Angleterre : Whitehall (white = weis, 
blanc) ; Guildhal (v. P., p. 94). 

Saal, salle; salon (primit. habitation, manoir; v. h. ail. 
sal, anglo-sax, sele; goth. saljan, entrer, habiter; v. b. ail. 
sellan, bas ail. selja, habiter). Aujourd'hui, le mot Saal, 
qui signifiait une « maison, » n'a que le sens restreint de «salle » 

(1) On a dérivé ce mot de hallen (retentir; vibrer ; Hall, son, 
retentissement), de sorte que Halle aurait le sens de ein hal- 
lender Saal (salle ou habitation bruyante). 

(2) Par suite de l'identification arbitraire que les Allemands 
ont faite de la mythologie tudesque avec la mythologie Scandi- 
nave, le roi Louis I er de Bavière, voulant faire construire un tem- 
ple à la gloire des grands hommes des divers peuples de l'Alle- 
magne, ne trouva rien de mieux que de transfigurer ce monument,, 
en lui donnant le nom de Walhalla. Cette représentation du palais 
céleste est un temple grec situé sur une hauteur, près du bourg de 
Donaustaûf, à environ quatre milles de Begensburg (Ratisbonne). 
De hautes collines verdoyantes, dont l'une est couronnée par les 
ruines du château de Stauff, forment autour de cette montagne un 
amphithéâtre naturel. 



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— 243 — 

on « salon, » c'est-à-dire de la principale pièce qui compose 
une maison. Ce mot a pris les formes sale, selle, sele, sel, 
zeel, zel, zèle. Quelquefois ces diverses formes offrent une 
orthographe vicieuse du latin cella (cellule; — cave, cellier; 
propr. lieu retiré où Ton serre quelque chose ; cfr. lat. celare y 
celtique célu, cacher, celer), qui a signifié une habitation, une 
cellule de moine : Salenau, Salfeld,Sal munster ; — Neusale ; 

Bruchsal (maison du marais ou de la crevasse, de la fracture : 
Brnch ; ce mot pourrait se rattacher à Salz [sel), car cette 
vilie est située sur le Salzbach [la Salzach) et il y a des Salz- 
werite), Habsal, Grimmsel (pour Grimmsaal = habitation 
affreuse [à voir] : on n'arrive à son sommet que par des sentiers 
escarpés et très difficiles : Grimai, rage, fureur; grimn», 
furieux; cfr. P., p. 90), Hasaal (Atrium altum), Schwembsal 
(Sehwemme, gué, abreuvoir); Upsal {Domtts excelsa, et l'on 
pourrait croire, en effet, que up [cfr. oben, en haut] a, dans 
ce mot, le sens qu'il a dans Upland [contrée de la Suède) ; mais 
on a rattaché up à un roi nommé Ubbo (P., p. 204) et on a 
dit que Upsal signifie Ubbonis-Sal = habitation d'Ubbon ; d'un 
autre côté, cette ville est située sur une rivière nommée Sal) ; 

Bruxelles, Brussel (Broesella, Brugsella; — habitations du 
marais : du flamand broeck = Brnch, marais ; et du pluriel 
sale = Wohnungen) (4); comme Axel (ville de Flandre que 

(1) Les opinions diffèrent sur l'étymologie de ce nom. Nous 
avons indiqué la vraie (cfr. Bruchsal, ancienne résidence des 
évêques de Spire). La partie basse de la ville n'était jadis qu'un 
terrain marécageux. Les noms de plusieurs rues de Bruxelles (la 
rue du Marais, la place de S. Jean au Marais), la nature même du 
terrain qu'elle occupe dans la plaine, indiquent assez quel était, 
au moyen-âge, l'état de l'emplacement de la future capitale du 
royaume de Belgique. Cette ville fut d'abord enfermée dans une 
petite île circonscrite dans les deux bras de la Senne et composée 



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— ÎU- 
les inondations ont placée dans une île) vient de ake, ach (eau) 
et de sele (manoir, résidence) ; — Osterzeele (habitation de 
l'est) ; — dans les provinces wallonnes et françaises, eeéle 
prend U forme celle (4). 

Weller, petit village, hameau. Ce mot et les formes toyltt 
villiers se rattachent au bas lat. villare (ferme) dérivé du latin 
villa (maison de campagne, ferme, métairie, habitation rurale, 
maison de colons, bâtiment d'exploitation, établissement agricole, 
maison de plaisance (adj. villaris, de ferme, de métairie). Sous 
les Gallo-Romains, le mot villa signifiait une grande propriété 
composée de bâtiments et de biens ruraux ; puis, cette exprès* 
8ion prit le sens de « village, » et comprit un territoire et les 
personnes qui l'habitaient. Ainsi Àusone, dans une de ses épîtres, 
désigne Pauliac (sur la Gironde), propriété de saint Paulin son 
disciple, sous le nom de Villa Paulini. La terre de Jules Au- 

d'un groupe de huttes ou de cabanes en bois, construites autour 
d'une chapelle consacrée sous l'invocation de saint Géry (P., 
p. 241), dont cet Ilot porte le nom. 

Les étymologistes qui rattachent le nom de Bruxelles au flamand 
brugge-senne (pont sur la Senne) ou à brugsel (pont de l'hermi- 
tage), ne tiennent pas compte des règles delà construction gram- 
maticale : il faudrait Sennebrug, Selbrug (Britoke, pont). Nous 
ne croyons pas qu'on puisse recourir au mot broussailles et encore 
moins à broysell qui aurait signifié un nid de cygne (sans doute du 
holl. broed, broedsel, couvée, Brut). 

(I) Gomme le propriétaire d'une habitation, le riche, l'homme 
fortuné était censé jouir du bonheur, on dériva du mol Saal ou sal 
les mots v. h. ail. salie, anglo-sax. salig, suéd. saell qui signifient 
heureux (cfr. ode, P., p. 47) ; en allemand moderne, seellg ou 
sellg, bienheureux, fortuné, délicieux, qui jouit du bonheur 
éternel ; feu ; défunt. 

Saal a servi aussi pour former le subst. Gesell (compagnon, 
eamarade) qui a signifié d'abord co-habitant (der Zosammea- 
wohnende). 



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— 245 — 

sone, son père, recevait indistinctement les noms de Juliacum 
et de Villa Julii (le celtique ach ou ac avait le sens de villa ; 
— v. App. R). 

Le gallo-romain Charlemagne donna le nom de villa aux 
grands villages dans lesquels se trouvait ordinairement un châ- 
k teau. Il n'est pas vrai que ce nom ait été importé par « les 
premiers conquérants teutons* » C'est aux Latins que nous devons 
les mots villa, ville» village, viller, villiers ; et c'est du mot 
villare que les peuplades tudesques ont formé les mots weiler, 
weill, tvyl(en Suisse) (4)- 

(1) On a voulu voir dans le mot Weiler une origine tudesque 
et on l'a rattaché à weilen (s'arrêter, séjourner) : 'Weiler, Weil, 
A. i. eine St&tte, wo man weilt, comme mansus de manere. 
Mais il a été facile de voir que, dans ce cas, Weiler ne désigne- 
rait pas un lieu où Ton habite, mais celui qui séjourne (weilt). 

Il faut chercher ailleurs la vraie signification de villa et de ses 
dérivés. En réalité, ce mot a d'abord signifié opertum (couvert, lieu 
couvert, caché, fermé), et il provient d'une racine qui signifie 
« couvrir : » lat. vélo (je voile, je couvre, je cache), vélum (cou- 
verture, tenture, voile) ; vellus et villas (toison ; c'est-à-dire peau 
de bête avec poil, fourrure) ; ail. Fell, holl. vel (peau, cuir, épi- 
derme; holl. veilig, adj. et adv. sûr, sauf, assuré, en sûreté) ; ail. 
Wolle, slav. Wluna (laine), grec cpeXXoç (écorce). Ces divers mots 
se rattachent au sanscrit vil (couvrir), vilo (cavité, antre, caverne), 
somme cella de celare et Heim de himan (p. 227). Mentionnons 
encore le sanscrit vailan (enclos) et le latin vallis (vallée ; — 
entourée de montagnes). Toutefois le mot vallis pourrait se ratta- 
cher au sanscr. vif (couper, diviser; — sanscr. vilan, fosse). C'est 
ainsi que le latin vallum (rempart, retranchement, palissade) et 
vallo (je palissade, je fortifie, j'entoure) et l'allemand Wall (rem- 
part) se rapportent au sanscr. val ou vall (couvrir). 

Il est du reste facile de comprendre qu'on ait songé à dériver 
Weiler de Weilen (séjourner, s'arrêter, tarder). Mais on doit 
reconnaître que -weilen vient de Weile (un laps de temps, 
espace de temps, quelque temps), lequel nous offre une forme du 



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— 246 - 

Ces mots se retrouvent dans plus de mille noms géographiques : 
Weil, Weilach, Weilbach, Weilburg, Weildorf, Weilheim, 
Weilmûnsler ; — Weiler, Weilerbaeh, Weilers, Weilersbaeh, 
Weilershof, Weilerstadt ; — Wyl ou Wylen ; — Badenweiter 
(Bad, bain), Buchsweiler (Bnehs, buis), Esch weiler (p. 4 47), 
Frœschwiller (Frosch, grenouille; — échelle; — javelle), Vil- 
lage où, le 6 août 4 870, eut Heu la bataille qui fut le prélude 
de nos désastres (36,000 Français tinrent tète, pendant toute une 
journée, à H5.000 Allemands, et ne succombèrent enfin que 
sous le nombre), Gaebwiler (de Gebun vil lare; — peut-être de 
Gebawin, P., p» 224), Hanweiler (de hatjan, Ht»g, haie; ou 
de Haïra, coq), Kirswiller (B.-R. -, m. h. ail. Kirse = Kirsch*, 
cerise), Krautwiller (B.-R. — Kraut, herbe), Lehenweiler (lic- 
hen, fief; primit. prêt, emprunt), Neu weiler (nea, nouieau), 
Oberweiler (ober, supérieur), Rohrwiller (B.-R.; — ftehr, 
roseau), Rotlweill (lat. Rote vil la et Rubea villa : Rot h, réuge); 
— Hoffwyl, Rankwyi (de Rank, courbure, sinuosité ; — ♦ loca- 
lité du Vorarlberg, qui doit son nom à la courbure que le che- 
min fait en cet endroit autour de la montagne), Rapperswyl 
(n'a pas trait à Rapp, corbeau ; cheval noir ; jad. Ratprechts- 
wyl et en lat. Ruperti villa ; P., 139), Wàdenswyl (de Wado 
ou Watto = le marcheur, der G eh en de s waten, marchei 
dans l'eau, guéer ; mais qui a eu le sens du latin vado, je vais, 
je marche), etc. 

En Angleterre et en Amérique, nous trouvons les formes 
ville, vill et well : Brownville, Nevill (= Caseneuve), etc. 

Schild, bouclier; écusson; enseigne (jadis chose qui abrite) : 

sanscrit vaild (période), mot qui se rattache, à son tour, au sans- 
crit vail (mouvoir, tourner). Le temps se caractérise, en effet, par 
le mouvement. Cfr. lat. volvo (je tourne, je roule) ; franc, révo- 
lution , grec eDiw (je roule) ; angl. tokeel (roue). 



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— 247 — 

Schildau, Schilberg, Schilde, Schildesche, Schildschlag, Schild- 
stein. 

Ternes qui expriment le fait de résider dans une 
tonalité, d'y stationner, de s'y établir. — Stadt, ville, cité 
(lat. statio, demeure, action de séjourner ; séjour, lien de repos; 
store, être debout ; s'arrêter ; résider en, se fixer sur) ; Statt, 
lieu, place, séjour ; stat, adj. fixe, stable (cfr. stehen, être ou 
se tenir debout) : Stadlland (pays de la résidence, du séjour), 
Stadtberg, Sladtgut (propriété de la ville : Gut, bien, pro- 
priété), Stadthagen, Stadtheide, Stadtweil; — Altenstadt (ait, 
vieux), Arnstadt (Aetopolis, ville do l'aigle), Ballenstadt (ville 
située dans la plaine et château bâti sur une roche très élevée : 
on le nommait jadis Balkenstadt, à cause des ouvrages de dé- 
fense qui comprenaient un fortin formé avec de grosses poutres : 
Balken, poutre, solive), Cann stadt ou Cannstatt (sur le Nec- 
kar) (4), Carlstadt (ville de Charles), Cronstadt (Stephanopolis : 
Krone, couronne), Darmsladt (sur la Darm, benannt von 
Flassfehen Darm ; ou bien avec le sens de Schmalenstadt : 
daram — das Sehmale = étroitesse, rétrécissement : sehmal, 
étroit, maigre; — Darm, boyau, intestin), Eichstâdt (p. 447), 
Eisenstadt (du fer), Frankenstadt (des Francs), Freistadt (ville 
libre), Freudenstadt {Frende, joie, contentement), Glûckstadt 
(Tichopolis, Fanum Forthnœ : Glftek, succès, bonheur, fortune ; 
-cfyï), fortune, sort), Halberstadt (nom où Ton a cru voir : ville 
d'Albert ; — Demi- ville [eine halbe Stadt], Urbs Dimidiorum, 
urbs dimidiata [halb, demi, à moitié]; — un ancien écrivain 
explique ce nom par la « stupidité » de ses habitants, von der 



! (1) Canslatt se nommai l jadis Condi-Stat. Ce nom provient 

| d'un mot cel'ique Condate (condida, Condé, Gosne). Du nom de 
I Condate, s'est formé celui de la Can-bach, rivière qui se jette 
dans leNeckar près de Canstatt. 



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- 248 — 
Alberbeit derer Einwohoer), Hallstadt (de Hall, son, reten- 
tissement, ou du sel, hall), Heckstâdt (Hecke, haie, palissade), 
Heiligenstadt (heillg, saint), Hermannstadt (jadis Hermansdorf, 
villa d'Hermann de Franconie, chef saxon ? ; — une autre ville 
de ce nom est la capitale de la Transsilvanie) (4), Herrenstadt 
(Kyriopolis : Herr, seigneur), Ingolstadt (? la ville d'Ingold, 
P., p. 427), Karlstadt (de Charles), Kronstadt (Krone, cou- 
ronne), Leopoldstadt, Neustadt (sedes nova), Radstadt (? Rata, 
délibération, conseil ; v. h. ail. rade; irl. rath, fort circulaire), 
ancienne ville celtique entourée de murailles et située sur une 
montagne rocheuse (dans le pays de Salzburg), Reichstadt (ville 
impériale : Reich, empire), Schlestadt (2), Seligenstadt (Sellg, 
bienheureux ; feu, défunt), Wahlstadt (de Wal, jad. combat ; — 
Walplatz, champ de bataille ; — et non pas de W«hl, choix, 
option); Wiener-Neustadt (Ville-neuve-la-Viennoise, surnommée 
die allezeit getreue, toujours fidèle). 

La forme saxonne stade, stede : Stade (jad. Stadin, mot qui 
ne signifiait pas : aux villes, mais aux stations), Staden ; — 
Bretstede, Hildenstede, Hoogstede (établissement de la hauteur), 

(1) On ignore s'il s'agit ici d'un Hermann (P., p. 82). Peut-être 
ce nom a-t-il trait à la population germanique : cette ville est 
peuplée d'Allemands. H n'y a aucun document qui milite en 
faveur de l'étymologie de « ville des guerriers » (Heere, Haiia) et 
il serait encore plus difficile de traduire Hermannstadt par a ville 
des Frères » (lat. germanus, frère). 

(2) Ce nom n'a trait ni à Schlie*se (chose qui ferme ; clavette; 
vanne), ni à Schlense (écluse), ni à Schlehe (prune; prunier)- 
Cette ville se nommait jadis Selatstatt (Schletstat, Scletistata). Le 
mot selat cache une dénomination celtique, peut-être celle que 
nous offre le nom de lieu irlandais Seltun (lieu planté de saules : 
irland. saileach, sillag, sallag, sill, espèce de saule). Cette éty- 
mologie conviendrait très bien à un lieu arrosé par l'Ill, la Lièpvre 
et la Scheer. 



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— 249 — 

Otterstede (Otter, loutre), Rastede, Wiselstede (Wiesel, be- 
lette) ; 

Mahlstatt, Mahlstetten (Gerlchtstaue, siège d'un tribunal : 
Haal, tribunal ; — repas j image; borne; — P., p. 447, U8), 
Neustatt, Rastatt (? Rase», Gras, gazon; — Rast, repos}» 
célèbre par le congres qui s'y réunit en 4797; Waldstatt 
(canton forestier) ; 

Stetten (dat. pTur. de Statt) , Stettin (que Ton trouve écrit 
Stetin, signifie amas d'eau : du wende steti, affluer ; — ou des 
Sidini, peuple qui a habité cette contrée; (1); Bonstelten (= 
Baumstetten = aux résidences de l'arbre, de la forêt) (2). 

Au -mot sedes (siège, domicile) se rattachent les mots sdte f 
8at, set, sete, sed (sitcen, être assis, se tenir assis; set zen, 
placer, établir), Siedel (siège ; établissement agricole) ; besitzea 
(posséder; cfr. lat. sedere et possidere : le passage de la vie 
nomade à la vie sédentaire, à l'état de propriétaire) et Sattel 
(selle; jad. résidence, terre, propriété): Holtsatz (Holz, bois)» 
Lansatz, Morsatz; — Holsatia ou Holstein (de holste, contracta 
de holtsete ou ho Isa te [habitants des forêts] ; ce nom ne se rapporte 
pas à Steln [pierre"|, et c'est à tort qu'on le fait provenir a ligno 
et tapidibus). Alsace (Elisalia, Alisatia, Alsatia; — Alisass, 
Alsass r= pays envahi par les étrangers, Fremdsass, par des 

(1) Cette ville est située dans la vallée de ï'Oder et le fleuve s'y 
partage en quatre bras. Des géographes ont trouvé dans ce nom 
l'anagramme de Stettin : Ist nett. 

(2) L'anc. h. ail. stata, m. h. ail. stat t state signifie lieu, place ; 
en frison stata (bien-fonds; propriété foncière). On ne doit donc 
pas être étonné de rencontrer une forme de ces mots dans des noms 
de localités auxquelles le nom de Sfadt (ville) ne convient pas. 
C'est ainsi que Staden (auj. Stade) serait mal traduit par ad 
urbes. 

D'un autre côté en v. h. ail. stat, stade signifie rivage, port; 
cfr. Gestade, lieu où abordent les vaisseaux , rivage, côte, plage. 



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— 250 — 

hommes de diverses races, von allerlei Herkuoft ; les Aie- 
mânes, y pénétrèrent : [celt. al, autre, v. P., p. 26] ; — ou à 
cause des habitants des bords de l'IIl : Bevohner des Ill^eble- 
tes) ; — Winkelset (Sllz lu einem Wlnkel); en angl. Som- 
merset, Dorset, etc. 

Sledel : un siège d'habitation [Wohnsltz) : Siedslhof, Sedel- 
hof : — Einsidel (cfr. Einsldelel, ermitage, habitation d'un 
seul), Einsiedlen; Nassiedel, Neusiedel, Wunsiedel et Woosiedel, 
lionne, délices, charmes; v. h. ail. wunn; — Satteldorf, Sât- 
telhof, Sattelgut; — Altsattel (i). 

Stuhl, chaise; siège (d'une autorité); pouvoir, autorité, tri- 
bunal (stellen, placer, poser, établir; Scelle, place, endroit, 
lieu): Stuhl weissenburg (p. 219), Stuhling, Kaiserstuhl (siège 
d'un tribunal impérial), Kœnigstuhl (trône du roi ; — espèce 
de temple ouvert où les électeurs de l'empire allemand nommaient 
les. empereurs et délibéraient sur les affaires de l'Etat), Land- 
stuhl (siège d'un tribunal de campagne, Sifz eines Laadge- 
rlchts). 

Stal (v. h. ail. lieu, place — Stelle, lieu, établissement) : 
Stal, Stalberg, Stalecke, Stalhofen -, Burgstall, Burstal, BosUl 
(écrits jadis Burgstal et Burgstol : angio-sax. beorg = Berg ; 
montagne, colline), Herstal, Herslelle ^Heristall, désigne un 
camp, l'emplacement occupé par une armée : Heer, armée). 

Leben (jad. leiba avait le sens de bleib [der blelbende 
Wohnort, le lieu où l'on existe» où l'on vit); leben, vivre, 
exister ; vivre en tel ou tel endroit, séjourner ; ce mot signifiait 
jadis habiter (wohnen), comme on peut le voir par le verbe 
v. b. ail. bi-Uban (auj. bleiben, demeurer en tel endroit; 

(1) Ces noms sont apparentés avec le nom de Sedlitz. En wende, 
ssedlo, en tchèque sydlo, en polonais siedlisko signifie « lieu d'ha- 
bitation » (Sltz, Wohnsitz). 



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— 254 — 

rester; se tenir, stationner; séjourner. Leben offre les formes 
lebe, lev, levé, leven, leiba, leba, lebn et leube, lewe, Itiwe (4). 

Leoben (dans le château voisin nommé Eckwald [forêt de chênes] 
furent signés, en 4797, les préliminaires de la paix entre les 
Français et les Autrichiens ; — Absehluss der Friedensprft- 
leminarien zwischen Frankreich und Oesterrelch), 
Leben berg, Lebenhan -, — Aschersleben, Bardeleben, Eislebcn 
(doit son nom aux mines que Ton y exploite depuis longtemps : 
Eisen, fer), Fallersleben (voy. F., p. 466), Gardeleben, Haders- 
leben (Hader, dispute, querelle*,— chiffon ; guenille), Haldens- 
leben, Hallensleben, Hammersleve, Horsleve, Rosleiba ; Totle- 
ben (F., p. 4 66), Wagersleben, etc. 

Le radical bau a eu aussi le sens d'habiter (cir. Naehbar 
[voisin] = *in nahe Wohner; et Bauer, cultivateur, labou- 
reur, paysan ; — jad. habitant, manant, c.-à-d. résident), et 
il a pris ensuite la double signification de « bâtisse » et de «cul- 
ture » : 

Bau, construction, bâtiment, bâtisse ; habitation ; — culture, 
labourage ; — GebSude, construction ; Bade, petite construction 
en bois; boutique (2) ; — moy. h. ail. bu, ostfris. bo = das 

(1) On a dérivé ces mots deLaube (lobe), lieu couvert de ver- 
dure, berceau, galerie, portique, espace couvert ; cabinet; bas lat. 
lobia, laubia (verdeekte Gallerle). Cf. l*.ub, feuillage, assena 
blage de feuilles ; feuilles. Mais il est plus vraisemblable que la 
forme leben a le sens de Wohnung (habitation). 

($) En celtique bod et bot avaient le sens d'habitation rurale 
(mansio) et de hameau (gallois bwth, irland. boith et both; en 
gaél. bodh = hutte). î retrouve ce radical dans : Le Bot (Ven- 
dée), Botmel (Côtes-du-Nord), Botsorhel (Finistère), etc. La forme 
booth est fréquemment employée dans les noms de lieux du Lan- 
cashire : Hey Booth , Crawshaw Booth, Constable-le-Booth , 
Oakenhead Booth, etc. 

En slave, bauda, buda, bude, maison. Cfr. hébreu bayth (en 
construct. belk), maison. 



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- 252 — 
CtaMtade, Au lieu de Bau, on trouve bye et boe dans les noms 
géographiques du Schleswig et du Danemarck , avec le sens de 
« ville, cité ; » en Anglet. by ; en Normandie bue et bœuf (mm 
ce dernier nous paraît une forme de l'écossais bothie et de 
l'angl. beoth, cabane) : Kahlebye, etc., Kircheboe ; etc. j Kirkby 
(habitat, de l'église : Kirehe), Whitby (maison blanche: white 
= weiss, blanc), etc. 

Bnde (cabane) : Bude ou Buda (ville dont on a rattaché le 
nom à celui de Buda, frère d'Attila, lequel d'ailleurs s'appelait 
Bleda), Budweis ; Baulzen (en wende Budyschyn, de buda = 
Bnde— Hutte) (1). 

Nous avons vu (pp. 210, %\\) que bur désignait des habita- 
tions d'une origine bretonne ou romaine, des localités où il y 
avait, avant la conquête saxonne, un burg [maison considérable, 
manoir, résidence d'un personnage considérable) (*). 

(1) Cette ville nommée jadis Budissin existait avant l'arrivée 
des Tudesques et des Slaves. Son nom a été très justement ratta- 
ché aux mots celtiques budh (maison, hutte) et sin ou schin, for- 
mes sifflantes de din (dun, forteresse). En kymrique din a le sens 
de « temple, » de « lieu où l'on enterrait les chefs : » Budyssin 
pourrait signifier : «habitation du sanctuaire. » 

Bùttel (en bas ail. forme diminutive de Bnde) signifiait man- 
sio; bien, patrimoine, héritage; en v. sax. bodl y habitation (1) . 
Bûtlel , Bùttelbronn , Bùttelstett ; Apjnbùltel , Brunsbùttel (de 
Bruno), Dannenbùttel (Tanne, sapin), Isenbùttel, Kitze bùttel 
(Kitze, chatte ; chèvre), Wolfenbùttel (commoratio seu sedes lupi 
ou luporum ; — mais ce nom ne dérive pas de W©lf, loup ; des 
titres du xi e siècle donnent à cette localité le nom de Wulferbutle, 
qui provient sans doute du nom du fondateur, du propriétaire de 
l'ancien château, ou d'un chef, Wolfhart, Wolfer ; P., p. 259),#etc. 

(2) Quelquefois bur et bury sont des formes de l'anglo-sax. 
beorh (colline; cfr. Berg et Burg) : Canterbury, etc ; — Bur- 
ford (gué de la colline ; — ou de l'habitation) ; Burbach (dans le 
Leincestershire), de burr (chardon) et Bach (cours d'eau). 

(4) Bùttel, huissier — bidel— se rattache à bieteh, mander; Bote, messager. 



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— 253 — 

Bûron (dal. pluriel de bûr) donne les formes biiren, biihren, 
beuern : Bûren (ville du canlon de Berne), Beuern ; — Bene- 
dictbeuern, Blaubeuern, Raufbeuern, Nassenbeuern ; — - Embs- 
biïhren, Betlingbûren, Ibbenbûren, etc. Dornbirn nous offrirait 
peut-être une forme de beuern et ce nom pourrait signifier 
« aux maisons des épines » (Dora, épine ; arbuste épineux). 
Cette ville portait jadis, dans ses armes, un arbuste épineux 
au lieu du poirier (Birabaum) qu'elle porte aujourd'hui (voy. 
p. 453). 

Stnbe, chambre, pièce; espace clos; réservoir; cage; = 
Feueratube, poêle (anglo-sax. stov, place; [stauen, arranger, 
disposer] indique quelque chose qui est debout; un enclos; 
puis chambre chauffée et poêle) : Stuben, Stubenberg, Stuben- 
bagen, Stubenkammer, Stûbergraben (fossé) ; — franc, étuves 
(stufœ), Etuf (Haute-Marne), Etouvy (Calvados), Etuffaul (dans 
le Haut-Rhin) que les Allemands appellent Stauffen. 

Ens, qui, en roman, signifie «dedans, » a eu, avec enta, le 
sens de manoir et d'habitation (4). Cest surtout « l'intérieur» 
et le lieu où l'on séjourne (2). Ent et et ont servi à la formation 
de noms latins: Laur-ent-um =» Laur-et-um (lieu où croît le 
laurier) ; cfr. flu-ent-us et fiu-id-us ; arg~ent~um. Dans les 
noms géographiques : Goblenz (Conflu-ent-es), Bregenz (de Brig- 
ant-ium), Mainz(de Mog-unt-ia); Attalens (en Suisse), Gui talens 
(Tarn), etc. 

(1) Ducange dit très bien, à ce propos : Enta manerium, seu 
dotnus, ubi quis est ; seu habitat. 

(2) En roman, on disait : faire entrer ens (= faire entrer 
dedans). Le livre de Koisin (p. 307 j : « Ils doivent faire entrer ens 
homme vivant et mourant. » On écrivait aussi enz. Léans (pour là 
ens) signifiait a là dedans ; > et nous disons encore aujourd'hui le 
maître de céans (jad. ci ens ou ce ens pour le maître de « ici- 
dedans. » Mais le mot céans offre plutôt le bas lat. caia, cea, ckio 
(enclos, maison, village) et la forme romane ce. 



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— 254 - 

Kassel est une corruption de castellum (château, lieu défendu), 
diminutif de castra (camps retranchés), et de cas trum (fort, for- 
teresse, retranchement, citadelle, château), (cfr. casa, cabane, 
chaumière, hutte ; = sansc. vas, habiter, séjourner, et vas, se 
vêtir, se couvrir) : Kassel (Castellum Cattorum), Chastel, Cbâ- 
telet, Châtillon, ChâteauGonthier, Châteauroux; Calillon, Cate- 
let, Gâteau \ Castelnau (= château neuf), Caslelet, etc. 

ARTICLE III 

NOMS EMPRUNTÉS AUX CONSTRUCTIONS AGRICOLES ST INDUSTBIBLUS. 

Noms dos à des bâtiments relatifs au exploitations 
rurales. — Speieber, grenier ; mot formé du lat. spicarium 
(dépôt de blé, grange ; champ de blé : spica, épi) : Speicher (en 
Suisse), Spicker (départ, du Nord) ; — Zollenspiker (près de 
Hambourg). 

Seheuer, grange : Scheuern (vg. du duché de Bade dont le 
terroir est très fertile ; Scheurn, Scheuerberg, Scheuerfeld ; Schû- 
ren (pour Scheuern) -, — dans le départ, du Nord : Buisscheure, 
Ruischeure; le bas lat. scure se trouve dans Ecuires (Pas-de- 
Calais), Ecuiry (Aisne), Ecury (Seine-et-Oise), etc. En flamand 
sheure signifie grange et étable. 

Stall, étable (jad. lieu clos, habitation) : Stall, Stalle ; Ball- 
stall, etc. 

Noms dos à des établissements Industriels s le tra- 
vail des forges (Hammer = und Huttenwerk). — Des 
localités tirent leur nom tantôt de la forge (Htttte, Hammer), 
tantôt de l'industrie (Werfc, travail, ouvrage ; opération). 

Hutte (voy. p. 238) : Kônigshûtte (forge du roi), Rothe- 
hûtte, etc. 

Hammer, marteau; [assemblage de marteaux], forge; les 



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* 



— 255 — 

anciens se servaient de pierres, de silex, en guise de marteaux ; 
c'est pourquoi le mot hamar (pierre) signifia aussi « marteau. » 
Hammer, Hammerau, Hammersbach (riv.), Hammerstat, Ham- 
merstein (a un marteau dans ses armes) (4), Hammerstelt; — 
Althammer, Eisenhammerbach (conserve le nom d'un Eisen- 
hammerwerk), etc., 

On désigne quelquefois ces localités par le mot Werk : Werck- 
hausen ; Neuwerk. 

Esse, cheminée, fournaise, foyer [d'une forge], (lat. ustrina ; 
uro, ussi) : Essefeld, Essen (plusieurs localités), Essenberg, Es- 
senh&usen, Essenbeim, Essenrode; — Essfeld, Esshausen, Es- 
sing, Essinghausen, Essleben, Esweiler, etc. (2). 

Ofo*, four, fourneau : Ofen (ville que les Hongrois nomment 
Buda) (3), Ofemhal. 

(1) En norois, hamar a le sens de rocher, roche abrupte. Cette 
signification convient au Hararaerstein de la Prusse. Le Haro- 
merstein des bords du Rhin est un château en ruines, dont les 
trois tours aurait été, dit la légende, bâties par Charles Martel (le 
Marteau, der Hammer). 

(2) Nous croirions plutôt que quelques-uns de ces noms se rap- 
portent à un mot celtique qui signifie l'eau (ass, asc). En irlandais 
eas (cataracte), ess, essan, essaun (chute d'eau, cataracte). Nous 
expliquerions mieux ainsi les noms d'Esbach (riv.), Eschach (riv.), 
Esse (riv. do France, affl, de la Moselle), Essenbach, etc. 

Le nom d'Essen (jad. Esna, lat. Assindia ou Essendia) rappelle 
une localité dans le voisinage de laquelle est la fameuse usine des 
canons d'acier de Krupp (In ihrer Umgebung liegt die 
weltberiihmte Krupp'sehe Gusstahlfdbrik). Mais le nom 
primitif vient-il d'une forge ou d'une chute d'eau ? Tout ce que 
nous pouvons dire, c'est que cette ville est située sur la Berne 
(nom apparenté à born % bronn, brun, source, cours d'eau). 

(3) On a supposé que cette ville devait son nom à Ovon ou 
Aba, roi de Hongrie. D'autres ont pensé qu'elle avait été ainsi 
nommée à cause de ses fours à chaux (Kalkhofen, four à chaux) 

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— 256 — 

C arrimât a (bas lat.), habitation chauffée (caminus, fourneau; 
feu, foyer) : Kemnade, Kemnat, Kemnath, 

Les moulins. — Munie, moulin (grec (xuXrj, lat. mola, 
meule) -. Mehl, farine; mahlen, triturer (bas bret. mala, 
moudre) : Ick mahle (irl. meUrn), je mange (voy. P., p. 447, 
4 48); en bas ail. Munie devient mtil, mole, et on trouve les 
formes Mbhl, Mollen. Ce mot sert à composer des noms nom- 
breux, parmi lesquels on en trouve qui se reproduisent dix, 
quinze et trente fois dans la géographie de l'Allemagne : Mûhl- 
acker, Mûhlau, Miihlbach, Mûhlberg, Mûhlhurg, Mùhlehorn, 
Mùhlen, Mûhlenbach, Mtihlenbad, Muhlenbeck, Miihlenburg, 
Bïuhlendamm, Mfihlendorf, Mûhlengrund (in eîaem Tha!- 
grunde), Mûhlenhof, Mîihlenkamp, Mûhlenstrass, Mûhlenthal, 
Mûhlenweg, Muhlfeld, Mûblgasse, Mûhlgrub, Muhlhausen, 
Miihlheim (das Helm beî der Mahle), Mûhlhofen ; — Mûl- 
dorf, Mûlhâusen, Mulheim; — Mullenbeck; — Moll, Mollen- 
berg, Mollkirch (jad. Mahlkirch, vg. du B.-R., arrosé par la 
Magel), etc.; — Altmuhl (ait, vieux}, Brûckmûhl (moulin du 
pont), Neumuhl (nen, nouveau), HerrenmuhJ, Schneidenmûhl 
(Schneidemtthle = SSigemOhle = moulin à scier ; Schnei- 
den r couper, trancher, tailler ; Si&gen [lat. secare, couper], 
couper avec une scie), Walkemùhle (moulin à fouler : walken, 
fouler), etc.-, — Le Mablstrôm (le courant qui triture : Strom, 
courant ; torrent) de mahlen, comme Mahlbach. D'autres noms 
formés de mahl se rapportent plutôt à Mahl (assemblée; tribu- 
nal). 

où à cause de ses eaux chaudes. Ofen est reliée par un pont à 
Pesth, capitale de la Hongrie. Le nom de Pesth serait peut-être 
synonyme de Ofen (four). En wende, pàï signifie * four » (de 
paz, cuire du pain ; cuire ; en polon. on dit piec et en tchèque 
pec). De là viennent les noms de : Peitz, Peitzen, Pertzendorf, 
Peitschendorf, Pietzkendorf, etc. 



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— 257 — 

Salines (voy. p. 93-96). 

Industries diverses. — Seifen ou siefen signifie lavage 
(cfr. seihen, filtrer, couler ; seifen, savonner i Selle, savon ; 
lat. sapo) ; en vieil ail. seifer, salive écumeuse, bave : Seifenberg, 
Seifersbach, Seiferhau, Seifersdorf ; — Braunseifen, Kirchseifen, 
Rabenseifen, Stubenseifen ; — Seiferts, Seifertshausen se ratta- 
chent au nom propre individuel Seifert (de Siegfried ou Sigwart, 
Sifferi, P., p. 4 96, 84). 

Kohle (cbarbon) indique une lcohlenbrennerel) : (Kohlbo- 
den, Kohlberg, Kohlhausen). 

Fiseh (poisson) marque une Fischerei, etc. 

Scureiben, écrire (lat. scribere); Sehreiber, écrivain. Il 
semblerait que ce radical indique divers noms de la Sllésie. 

Werft (holl. werf, suéd. et anglo*sax. hvarf), chantier [de 
marine, d'un port], angl. wharf, quai, port de rivière : le wharf 
des messageries maritimes; werfen (holl. werpen), jeter, proje- 
ter ; lancer : Mûhlewarf. 

Ce radical apparaît, dit-on, dans le nom de la ville d'Ànt- 
wrpen = Anvers. 11 viendrait du flamand aent werf = am 
Werft, et il désignerait un lieu de construction de vaisseaux. 
Il est probable qu'on aura nommé cette localité Borgt aen V 
werft (bourg au chantier) et ensuite, par abréviation, Aen V 
werf. Selon quelques savants, le nom primitif Ando-werf ou 
Ant-werf aurait signifié « contre »'[la] jefée-, de ant [grec àv-d] 
qui signifie contre; retour). Werp ou werf aurait ainsi eu, dans 
ce nom, le sens de « jelée. » Le sens général aurait pu être : 
« contre-jetée, » ce qui est projeté par l'art au-dessus ou au- 
delà du rivage naturel pour que les vaisseaux puissent aborder, 
ou pour faire obstacle aux tlots (4). 

(1) Mentionnons l'opinion d* ceux qui ont dérivé ce nom de 
Hand (main) et werfen (jeter). Pour expliquer cette étymobgie, 



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— «58 — 

Yoles de communication (chemins , routes , chaussées , 
ponts). — Weg, voie, route, chemin (lat. via, v. lat. viha; de 
veho J je porte, je charrie, je traîne) : Weg, Wegendorf, Wege- 
mùhlen, Wegenstedt, Wegenstein, Wegfurt, Wegschaid (Seheld, 
séparation); — Àltwig, Bolveg ; — MaisNimwegen n'appartfenf 
pas à ce radical. 

Strasse, chemin, route; rue' (lat. via strata, route pavée, 
chemin ferré) : Strassberg, Slrassburg (plusieurs localités de ce 
nom; relativement à la cité française, voy. p. 2 et Àpp. D), 
Straswalden, Strassen ; — Langenstrasse, Landslrass. 

fiasse, rue (dan. gâta, chemin, route, sanscr. gali, chemin ; 
gehen, aller) : ? Gassen ; — le Cattegat (passage du chat ; le 
terme nautique §at indique un passage k travers un canal étroit ; 
une porte d'entrée, une ouverture qui permet de traverser une 
lagune, un las de sable, des dunes qui forment une barrière on 
une langue de terre) (t). 

on a dit qu'un géant, établi en cet endroit, exigeait un tribut de 
tous ceux qui remontaient ou descendaient l'Escaut, et on a ajouté 
que ce barbare coupait la main à ceux qui résistaient et la jetait 
dans le fleuve {quasi Handwerpen, quod ibi gigas manom merea- 
torum qui tributum recusabant ejicirbat in flumen). Hais Anvers 
est une place maritime et commerçante et il est facile d'avoir la 
preuve de l'existence du werf ou débarcadère primitif du port de 
cette ville, et de la chaussée qui reliait ce Werf à l'Opslag. 

Il est toutefois probable que cette ville portait un nom appro- 
chant de celui d'Antwerp, avant d'offrir un Hafendamm (digue 
d'un port) et un Sehiffevrerft (chantier de construction de vais- 
seaux). Ce nom d'Antwerp peut nous offrir les mots celtiques an 
(article défini) et twarp, twerp (== Dorf) qui désigne un « lieu en- 
touré, fortifié. » 

(1) Le Cattegat, bras de mer par lequel le Détroit (Sund), le 
Sund, communique avec l'Océan du Nord. 

Le Gatt unit la grande nappe d'eau nommée Friscbe Haff avec 
la Baltique. 



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— 259 — 

Stefg, sentier : Steig, Steighof ; Luciensteig (de saint Lucius, 
apôtre de la Rhélie). 

Steg, passage étroit; petit pont ; passerelle : Stege, Stegen,; 
Stegebach, Stegheim). 

Braeke, pont : Brûck (en Autriche, en Franco nie, en Suisse), 
Brûcken, Bruckenau, Briickfcerg ; — Altenbrûck, Innspruck ou 
Innshruck (an der Brttcke des Inns % — Oenipons, Pons Oeni : 
le celtique oen, avon, etc., eau, est devenu Inn), Langenbrucke 
(lang, long),Neubrûck (près du ruisseau Oder, dans le Uarz), 
Oberbrûck (pont en dessus) et Niederbruek (pont en dessous),' 
sur la Doller (H.-R.), Osnabruck (pour Hasenbruck* pont sur 
la Hase; ou peut-être des Osi de Tacite), Rosbruck (ppnt du 
ros ou rem = ruisseau; — situé près do la Rpselle, dép. de 
la Moselle), Saarbrûck (pont sur la Saar), Zweibrùcken (= 
Deux- Ponts, Bîpontum : zw«i, deux; ville surnommée das 
pfalzische Kleiaparis ; elle doit son nom à la situation de 
son vieux château bâti entre deux ponts sur PErlebach). Le 
Teufelsbrticke (pont du diable), en Suisse, n'a rien de merveil- 
leux que le nom et les contes ridicules qu'on y a attachés. 
. Nous avons vu que le nom de Bruxelles ne se rattache pas 
an mot Brttcke. Celui de Bruges ne saurait non plus en dériver. 
On a dit que cette ville, nommée Briigge, en flamand, devait son 
nom aux ponts que Ton y trouve. 

Mais il a été facile de remarquer que Bruges n'a ni fleuve ni 
rivière. Cette localité ne possédant primitivement aucun cours 
d'eau remarquable, comment pourrait-on supposer qu'on y ait 
bâti un pont et comment aurait -on songé à un pont 
pour donner son nom à la ville? La vérité est que Bruges 
était située dans une plaine longtemps inculte et, en par- 
tie, peu propre à la culture. C'est donc avec raison qu'on a 
songé au mot brugga (champ stérile et abandonné) employé en 
bas latin et dans la géographie de notre pays (Labruguière, La 



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— 260 — 

Bruyère, Bruyères, etc.). Bruges élait nommée jadis Brugstok 
(le lieu de la bruyère) ; et on a pu y trouver facilement les mots 
flamands brug, pont, et stok = Stock, lieu, endroit défriché : 
v. pag. 442. — En irlandais, brugh signifie habitation, lieu 
fortifié, cfr. Burg. 

En anglais, on emploie la forme bridge et en celtique on a 
donné aussi à brwa le sens de gué, passage, pont : Bridgetown 
(ville du pont;, Bridgewaler (eau du pont] ; — Cambridge (pont 
sur la Cam =» la sinueuse, flexuosa), etc. : = Briva Isaïae (Pont 
Oise), Briva-Curretia (Pont- Cor rèze), aujourd'hui Buves H a " 
Gaillarde) ; — Samarobriva ( = pont près de la Somme), auj. 
Amiens, etc. 

Pont-de-Brique (Pas-de-Calais) offre une transformation de 
Bvttck) et signifie deux fois un « pont. » Il n'y a jamais eu là 
de pont en briques (voy. p. 4 et ss.). 

Damm, digue; levée de terrain-, chaussée; rempart, obs- 
tacle : Damm, Damme, Dammenhausen, Dammflecken (Fleck, 
lieu, endroit ; place), Dammhagen, Dammteich, Danischeid, 
Damsdorf; — Thamm (non loin des anciennes limites 
qui séparaient les Francs des Alamanes, limites qui étaient 
sans doute marquées par un Damm ou Grenzwall); Heiligen 
damm (h^ilig , saint) , Altdam ; Amsterdam (chaussée de 
PAmslel), agger adAmstelam), Leerdam (p. 205), Neerdam 
(proche, voisin; nahe, voisinage), Rotterdam (digue de la 
Rot te), Saardam, Schiedam. 

Deich, digue, obstacle (holl. dyk): Gorredyk, Roedyk; — 
près de l'Elbe, Dykhausen, Grôndiek (grûn, vert), Krummen- 
diek (Krumm, courbe), Môlldick ( = Muhlendeich [la digue 
du moulin] et pourrait se rapporter à Teich, étang). 

Sehlense, écluse (holl. sluis) : cfr. Scbliessen (fermer, 
clore) ; Schluss (fermeture, clôture) : Schleuse, Schleusingen » 
— Builensluis (écluse extérieure : holl. buiten, dehors, au de- 



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— 261 — 
hors), Maaslandsluis (écluse du pays de la Meuse), Nieuwer- 
sluis( = Uie«e Sehleuse, nouvelle écluse), Zwartesîuis (écluse 
noire, sombre : holl. zwart = Sehwarz, noir). 

Habitations caractérisées par des noms d'objets 
fabriqués par l'homme ou par des travaux, d'arjt. 
— Krag, cruche : Krugau, Krugsreuth, Kriïgersdorf ; ce mot 
indique une auberge ou bien il se rattache à l'enseigne d'une 
maison. Il en est de même du nom suivant : 

Sehenke (jad. coupe, vase), auj. taverne, cabaret : Schen- 
kenau, Schenkenberg, Schenkendorf, Schenkenland, Schen- 
kewstein. 

SSnle, colonne: Sula, Sulan, Sulingen; Sùlbeck, Sùldorf, 
Sulfeld; — Marksuhl. 

Voyez Schlùsselburg (p 4 78, 225), Sparenberg (ibid.) t Bretlen 
(p. 461), etc. 

ARTICLE IV. 

Localités qui doivent leur nom à des édifices ecclé- 
siastiques (von Kircblicben GebSuden benannte Oer- 

ter). — Les noms de lieux ne se rattachent pas seulement à 
des constructions mondaines ou séculières (von weltlichen 
GebSuden benannte Oerterj. Les noms des églises, des cou- 
vents qui sont devenus le noyau do villages et de villes, ont 
fourni des éléments à la formation des noms de lieux. Aujour- 
d'hui encore, en Russie et en Pologne, trois maisons forment 
un village, pourvu qu'elles se groupent autour d'une église. 

Kirehe, église; église paroissiale; paroisse (grec zuptaxrj, 
sous-ent. domus; maison du Seigneur, du Christ; — prononc. 
moderne Kiriaki): Kirchbach, Kirchberg, Kirchdorf, Kirchen, 
Kirchensall, Kirchensee, Kirchhasel (Hasel, noisetier), Kirch- 
hausen, Kirchhain, Kirchheim, Kirchherden (Herd, exhaus- 



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— 262 - 
sèment du sol ; foyer, maison, famille), Kirchhœrde (Horde, 
claie, enceinte formée de claies), Kirchhof* Kirehhofen, Kirch- 
horst Kirchrode. Kirchscheidung (Seheidanff, séparation), 
Kirchschlag, Kirchstetten, Kirchwehren { Wehr, défense, [armée], 
retranchement, rempart), Kirchweiler, Kirchwerder, Kirchweihe 
(Weijie, consécration) ; 

Altkirch (ait, vieux), Feldkirch, Feldkirchen, Fûnfkirchen 
(Cinq-Eglises, Quinqueecclesiae : fttaf. cinq)(0» Hohônkirchen, 
Neukirchen, Taufkirchen (Taufe, baptême; tanfea, immerger ; 
arroser; baptiser), Weisskirchen, etc. 

Quelquefois ce nom est prononcé Kilche : Kilchzarten pour 
Kirchzarten {zarten n'a pas trait à zart [délicat, faible ; fragile] ; 
ce 6uffixe représente le nom de Tarodunum). Du reste, on dit, 
en Suisse, Kilche, Kile, Kille pour Kirche. 

Kerk (qui devient Kerque) est la forme flamande ou hollan- 
daise de Kirche : Dunkerque (église des dunes, p. 203 ^v. du 
dép. du Nord), Steenkerke (l'église des rochers), Bovekerke 
(église de dessus : holl. boven, en haut, dessus, au-dessus; cfr. 
Oben, en haut; angl. above, au-dessus), Moorkerke (église du 
marais), Nieuwkerken (nouvelle église), Oostkerke (église de 
l'est: Ost), etc. 

En Normandie, on trouve querque et carque : Querqueville, 
Carquebu ou Kerkebu (l'habitation de l'église : Ban). 

Cape Ile et Kapelle, petite église, chapelle (2) : Kappel, 



(1) Cette ville doit son nom aux cinq églises qu'elle possédait. 
Ce' nom occasionna une bévue. Un des rédacteurs de l'Encyclo- 
pédie s'imagina que l'évêque de cette ville, contrairement aux règles 
canoniques relatives à la pluralité des bénéfices, administrait cinq 
églises ou cinq diocèses. 

(2) On désigna d'abord sous ce nom les endroits où les rois 
francs déposaient la chape (franc, cape ; manteau qui avait un 
capuchon [Kappe, calotte, coiffe, etc. ; manteau à capuchon ; cfr* 



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— 263 — 
Ifopellendorf; — Keppel; — Brunskappel (Brunonis Capella); 
— Oudecapelle (ait = holl. oud, vieux), West Capelle (ce nom 
semblerait signifier chapelle de l'ouest : West ; mais l'orthogra- 
phe ancienne portait Waescapelle et Waestcapelle (= chapelle 
bâtie dans un endroit inculte ; v. p. 204). 

Les monastères, — Les noms de beaucoup de villes ou de vil- 
lages sont liés à des monastères qui sont devenus des centres 
autour desquels se sont groupées de nombreuses populations. 
Les moines avalent pour principe de s'éloigner des villes. Mais 
c'est précisément en agissant ainsi qu'ils ont défriché et trans- 
formé, par leur travail, les solitudes, les landes, les forêts, les 
marécages, en contrées fertiles et riantes. Sans les moines, 
l'Europe ne serait encore aujourd'hui qu'un pays aux trois 
quarts sauvage et désert. En allemand, le mot Munster, forme 
de Monasterium (monastère), a pris une autre signification. 

Munster, cathédrale (die Domklrche ; — Dom, signifie 
aussi cathédrale ; de domus, maison [par excellence]. Le nom 
de Munster signifia cathédrale, parce que les chanoines vivaient, 
comme dans un monastère, sous une règle commune, et c'est 
à cause de cette vie commune que, dans certaines villes, les 
églises qui avaient un chapitre furent appelées Monasteria e|, 
par corruption de ce mot, Mttnster : Munster (jadis Monaste- 
rium, v. du K.-R.), Mttnster (ville de laWestphalie qui doit son 
nom à une église cathédrale fondée par Charlemagne, dans cette 
localité, nommée, à cette époque, Mimigardiford ou Mimigard) ; 
Munster am Stein (au rocher), Miïnsterberg, Mûnsterdorf, Muns- 
terhalden (die Halde, coteau)» Mûnsterhausen, Mûnsterheim, 
Munsterthal ; — Ebersmtinster (monastère d'Eberard-, jad. 

lat. caput, tête] de saint Martin, pour lequel ils avaient une grande 
■ vénération, et qu'ils fesaient porter avec eux dans leurs expédi- 
tions militaires. Le nom de chapelle fut ensuite donné aux petits 
oratoires où étaient un autel avec des reliques. 



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— 264 — 

Novientum, Nogenl -, où saint Dié fonda un monastère qui 
fut appelé Munster et qui ajouta à ce nom celui de son second 
abbé), Neumtinster, Niedermûnster (au pied du mont Sainte- 
Odile), etc. 

Cella, Zelle, cellule; loge, petite cavité, petit couvent (lat. 
cella, ce llula; cfr. Zelt, tente, dôme; lat. cellarium [espace 
creux], réservoir; Keller, cave, cellier -, grec xofXoç, creux, 
cave). Dans les noms de lieux, le mot zell a d'abord désigné 
une cellule de moine. Ainsi le monastère d'Einsiedlen est nommé 
tantôt de son fondateur Meinrâdes-cella et tantôt Eberhardes- 
cella, d'après son premier abbé : Zell (plus de 30 localités de ce 
nom), Zella,'Zelle, Zellensen, Zellerbad, Zellerfeld, Zellenberg (vg. 
du H.-R., qui doit son origine et son nom à la cellule d'un er- 
mite), Zellhofen ; — Appenzell (en lat. Abbatis cella), Bischo/szell 
(= des Bischofs Zelle), Ëngelzell (Engel,ange), Mariazell ou 
simplement Zell (en Styrie, ,der berQhmte Wallfahrcsort ; 
— ancienne abbaye avec une image miraculeuse de la Vierge), 
Neuenzelle, Oberzell (cella supérior) et Unterzell (cella infe- 
rior), etc. 
Il y a des celle et des celles; il y a aussi des selle, selles. Ces 

derniers noms, qu'il ne faut pas confondre avec les premiers, 

sont formés de sal (habitation — - v. p. 242). 
Disentis (de desertina = désert), cloître et commune des 

Grisons où Siegbert, disciple de saint Columban, bâtit on 

monastère. 
Kloster, cloître, couvent, monastère (du lat. claustrum, 

clôture) : Klosterfelde, Kloster-Grab, Kl osier hof, Klosterstrass, 

Klosterthal, Klosterwald, etc. 
Des localités rappellent des monastères par les noms de Para- 

dies, Himmelpforten (à la porte du ciel), Gnadenthal (Val -de - 

Grâce : Gnade, grâce), jadis couvent des Bénédictins, près de 

Bremgarten (Suisse), Bethlehem, Nazareth, etc. 



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— 265 



CHAPITRE VI 

NOMS QUI INDIQUENT UNE AGGLOMÉRATION D'HOMMES (Collectiv* 

benennungen menschlicher WohiiplUtze), ou QUI ONT 

trait k DES rapports POLITIQUES (Politisch-bûrgerliche 
Beziehungen) . 

Nous avons déjà indiqué divers noms qui offrent aujourd'hui 
l'idée d'un groupe d'habitations ou de maisons (Stadt, Wei» 
1er, etc). Mais il en est d'autres que nous devons étudier plus 
spécialement dans ce chapitre : 

Dorf, village; commune. Ce mot se trouve sous les formes 
dorp, torf, trof, thorp, throp, threp, trep. Il dénota d'abord 
une assemblée, une réunion, une agrégation d'hommes ou de 
maisons; et il se rattache à treffen (rencontrer; atteindre) 0). 

(1) Cfr. Trupp (troupe) ; Traube (jad. druba, suéd. dru/la), 
grappe (propr. assemblage [de fleurs ou de fruits] ; island, thyjtpa 
(réunion) ; — les formes celtiques tréf, trév, tria-, tré, correspon- 
dent à Dorf et signifient, en breton, hameau, village, habitation, 
tribu : Pentref (caput urbis), celt. torf (multitude), en gall. torf 
(multitude, troupe), etc. 

En lai. turba signifie foule, multitude confuse, rassemblement 
tumultueux, mouvement tumultueux, tumulte, confusion; grec 
xwp6r), tumulte, bruit, désordre ; 86pu6oç, bruit, tumulte. Les 
Grecs appelaient Boprcfa une fête où tous ceux d'une même tribu se 
réunissaient et mangeaient ensemble. Mprov, souper (proprement 
la réunion) vient de B^ttco, je cueille, je moissonne, je vendange, 
je récolte; c'est-à-dire j'assemble. 

D'après Pott, Strodtmann a combiné à tort le mot Dorf avec 
Torf (qui signifie gazon, dans la Basse Allemagne, et en Suisse; 
angl. turf). Il est très vrai qu'on ne peut donner à Dorf le sens 
de « gazon. » Mais on peut bien admettre que U racine exprimant 



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— 266 - 

Dorf signifie donc « rencontre, réunion, assemblée » : Dorf- 
bach, Dorfen; — Bubendorf (Bube, garçon; polisson), Bnrg- 
dorf, Denkendorf (village de Denko, dimin. de Dank-rat, Dank- 
mar ; P., p. 64, 4 56 ; — ce nom se retrouve aussi dans Den- 
kenthal), Diïsseldorf (au confluent de la Dùssel et du Rhin), 
Ebersdorf (Efoer, sanglier), Faldorf (v. h. ail. faîah = Anstts- 
siger , domicilié , établi) , Frohsdorf (froh, agréable, gai ; 
joyeux, content), Gotiorp (Gott, Dieu), Hammersdorf (du mar- 
teau, ou plutôt Humperti villa; P., p. 4 24), Hochdorf (élevé), 
Kirchdorf (vg. de l'église), Jâgerdorf (du chasseur;, Langendorf 
(long), Lanzendorf (ainsi nommé du grand nombre de lances 
qu'on a trouvées dans les environs ; on prétend que c'est là 
qu'arriva la défaite des Quades et le miracle de la légion fulmi- 
nante : l»»»ze, lance), Moosseedorf (vg. de la mer de tourbe; 
il y a une accumulation de tourbes : Bfoos ou Mos = Moor, 
marais tourbeux [ne pas confondre avec Moos, mousse] ; See, 
lac ; — mer), Neudorf (nouveau), Oberdorf (ober, supérieur, 
situé plus haut),- Oldendorf (ait, vieux), Ollendorf (en frison 
oUe est une. forme de ait, vieux), Roggendorf (Roggen, 
seigle), Rubendorf (Riibe, rave ; navet), Sassendorf (Susse, 
habitant ; établi; propriétaire, ou de Sasse, bas ail. pour 
Sachse* aaxon), Schenkendorf (p. 261); rappelle peut-être une 
famille de Slaves, Gzechen ou Tchèques), Schlusseldorf (SchlOs- 
sel< clef), Wachendorf (OTache, veillée» garde, guet) (4). 

Dorf se transforme quelquefois en druf, trup, trop qui dé- 
ridée de «réunion » a pu donner Dorf (assemblée d'hommes) et 
Torf (assemblée ou touffe d'herbes \ En esthonien turwas signifie 
a gazon » et « village. » 

(1) Altorf (en Suisse) ne signifie pas altos Dorf (vieux village), 
mais village -de la hauteur (du celt.[irl.] aill, rocher escarpé; ait, 
hauteur). Cette villle est située au pied du Bannberg (Le nom celt. 
ben, ban, bean [corne] =- Berg, montagne). 



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— 267 — 
viennent rup et rop : Miihltruf (du moulin), Barnstrup (de- 
Berns, Berens ou Bernard), Kantrup, situé dans un angle ou 
près d'une bordure, d'une lisière, an der Kanfe), Sandrup 
(du sable) ; 

Trêves (en ail. Trier) doit son nom au Treviri qui formaient 
une association, une iribu et dont le nom est lié à l'armoricain 
trev (village). 

Mahl (v. h. ail. mahal, celt. mail, bas lat. mallus\ assem- 
blée, jad. assemblée populaire ; cour de justice; tribunal (v: R, 
p. 1 47, U8) : Mahlberg, Mablenburg, Mahlendorf; — le celtique 
Mallobodium(v. P., p. 320); — DetmoldQ'ad. Thiadmelli, Thiet- 
malll, Thietmelle, du celtique tuath, goth. thiuda, m. h. alL 
diet, peuple) signifiait, sous sa forme ancienne, « assemblée du 
peuple, de la tribu, » lieu où se tenait le tribunal. 

Oing, chose (a signifié en v. h. ail. assemblée judiciaire et 
politique, jugement, parlement) (v. P., p. Î89). Ce mot a désigné 
le lieu où l'on juge, et où l'on prononce une pensée, un juge- 
ment (dingen, plaider; marchander), lieu où se tenaient les 
plaids. Cfr. le mot islandais tinga, parler ; ting, cour de justice; 
l'angl. to think, penser) : Dugny (près de Verdun, Meuse), 
jadis Dungeik (— Dingeiche [le chêne de l'assemblée], où fut 
conclu le traité de Verdun), Tings Hogen (près d'Upsàl ; lieu où 
s'assemblait le parlement), Thingvellir .(plaines de rassemblée : 
de vtillr, plaine, champ; island. vtilr, bâton; — c'était sans 
doute un enclos), en Islande; — Tinwald Mount (de ting et 
de walld, colline), enceinte circulaire qui est le lieu où se 
réunit encore aujourd'hui l'Assemblée législative de l'île de Man 
(envahie jadis par des Norwégiens). 

Gan, canton, district (jad. terre, contrée, plaine, vallée; cfr. 
grec yata, terre, pays), territoire (le pagus des Latins) j auj. 
Bezirk, Kreis (cercle) sont employés dans les divisions admi- 
nistratives. Charlemagne partagea son empire en districts (titane) 



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— 268 - 
à chacun desquels il préposa un comte (Gaugraf), qui admi- 
nistrait la justice, les affaires militaires, et qui veillait à l'ordre 
public. Cfr. le Brisgau, ail. Breisgau (qui doit son nom à Brei- 
sach), le Rhingau, Sundgau, le Westgau, le Nordgau, le Thur- 
gau (district de la Thur, rivière), le Speiergau, etc. ; Gauens- 
tein, Gauertbal ; — Algàu ou Almengau (paraît provenir de 
Albegau ou Alpengau, pays montagneux), Hohensehwangau (au 
Gau [élevé} des cygnes : Sehwan, cygne), un des châteaux du 
roi de Bavière, avec un lac peuplé de cygnes), etc. 

Gemeinde, Gemeine, commune, municipalité ; communauté; 
paroisse; semein, commun (angto-sax. mane, suéd. men; tat 
com-munis) : Gmund, Gmûnd (en Souabe, en Carintbie, en 
Bohème), Gmunden ; — Gemûnd, Gemûndei* ; — Gmeingrub ; 
— Sarreguemines ou Saargemûnd (à l'embouchure de la Bilseet 
delaSaar), Mùnden (v. appelée Gcmûnden, dans des titres du 
xih« siècle). 

Band, bande-, lien. Le mot bant a dû signifier un territoire, 
comme Gau ou pagus. On le retrouve dans divers noms géo- 
graphiques: Brabant (p. 186), Bursibant, Tôslerbant; — Buci- 
nobantes, Trinobanles, Tubantes. 

Bund, lien; ceinture; association, société; ligue, confédéra- 
tion : Grau Bund '=• la Ligue grise ; qui a donne son nom au 
pays des Grisons (Graubj&ndner). 11 y avait aussi la Ligue de 
la Caddée [Caddea, corrupt. de casa Dei, maison de Dieu, 
ail. Gottsbaus Bund), et la Ligue des Dix Communes (Zehu- 
Gerichtcn Bund). 

Hansa* Hanse signifiait jadis une compagnie, une association, 
une bande guerrière, une troupe de soldats; Ham (jad. compa- 
gnon; F., p. H), L'expression die Hanse désigna ensuite la 
confédération commerciale (Handelsgesellschaft) des villes, 
qui s'associèrent au xm e siècle, et qui furent nommées Hanse- 
sllldte (Villes hanséa tiques ou confédérées). En. v. franc- mar- 



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— 269 — 

chand hanse on anse (marchand faisant partie de l'association, 
marchand privilégié (4). 

Reich, puissance, domination; empire, règne; royaume, 
empire, Etat : reich, riche, opulent (primit. étendu, ' grand, 
puissant (2); reichen, s'étendre, arriver [jusqu'à] cfr. lat. 
regere, régir, gouverner, diriger; por-rigo, j'étends, j'allonge» 
je prolonge; grec àpéyw, j'étends, j'allonge) ; 

Oesterreich (royaume de Test, dâs ffsllishe Reieh, die 

ostliche Blark : Ost), dont on a fait, en latin, Austria et, en 
français, Autriche. 

Les mêmes mots nous ont donné le nom d'Àustrasie (pays 
oriental; de oster ou auster et de Relcli). Le radical reich se 
rencontre aussi dans le mot Neustrie ( — Nenestes Reich ou 
Niuostria et puis Neust-ria). Les rois Francs donnaient le 
nom d'Austrasie au pays qui est au-delà de la Meuse et réser- 
vaient le second, ainsi que celui de Westrasie (royaume occi- 
dental : West), pour désigner la Gaule Lyonnaise, la Narbon- 



(1) On a dit que le mot hans s'est formé de l'ancien mot as 
(go th. ans), héros, et que ce mol, ayant désigné « les compagnons 
de As » (le Dieu de la guerre), aurait ensuite signifié « compa- 
gnon. » C'est d'après ce rapprochement de as et de hans qu'on 
traduisait le nom des Hansestâdte par f Hpwo7:6Xetç. Mais hans 
(compagnon, associé) se rattacherait plutôt, croyons-nous, au sans- 
crit gandu (joint, nœud) et aux mots français ganse et anse que 
nous rattacherions au même radical sanscrit. On a dit Hanse t eu- 
tonique pour Hanse tudesque. 

(2) Les formes gauloises reûe, réx, rîx forment le second terme 
d'un grand nombre de noms propres dans lesquels elles ont le 
sens, de «chef, grand» (cfr. lat. rex). En celtique rik signifiait 
étendue de pays ; Arraorique (pour Ar-mor-rik, contrée, pays 
[situé] près delà mer), Avaricura (la contrée de l'eau; Bourges est 
au confluent de l'Auron et de PYèvre). 



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— 270 — 
naise et l'Aquilaine, qui constitua un « nouveau royaume (4): » 

Reichstadt (ville de l'Empire); — Reichsland (pays de l'Em- 
pire), nom que les Prussiens ont donné à l'Alsace et à la Lor- 
raine. 

Des limites. — Mark, borne ; limite, frontière ; district -, 
terre, champ (voy. P., p. *57) = Grenze; et a signifié ensuite 
la contrée environnante (das Eingegranzte); une contrée, le 
territoire d'une ville ; aujourd'hui encore ce mot signifie un 
Walddistrict : 

Mark (village près de Hamm qui a donné son nom à un 
comté), Markau, Markbach, Markdorf, Markstein.etc. (2). — Les 
Marches de Brandeburg (die Brandeburger Slarken); — Da- 
nemark ou Danemark (? la Marche danoise, die Mark Oder 
das Land der Dan en ; — regio abietina, quod piceis sylvis 
fuerit cooperta: Tanne, sapin-, — en island. Daunmark 
= pays bas; marche basse : dawn, doo 9 bas; — angl. den, 
vallée), Finnmark (la Marche des Finnois), Lapmark (des La- 
pons) ; Steyermark (la Styrie, Marche de la Steyer, rivière qui 
a donné son nom au château (château de Styr), à la ville et à la 
contrée ; on a dit que Steymark était pour Steuermark et signi- 

(1) Augustin Thierry indique l'étymologie suivante : « Neuster, 
qui selon la prononciation romaine avait le son de Neouster, 
paraît être un mot compose de la négation franke ni ou ne, et 
à'oster, orient. Ainsi les Franks du temps de la conquête, pour est 
et ouest disaient est et non-est, » p. 195. Mais les Fiancs n'avaient 
pas connaissance de la particule ni ou ne : ils disaient nit (nient), 
et, pour indiquer l'ouest, ils n'avaient pas besoin de recourir à 
un composé tel que « non-est. » Le mot West suffisait. 

(2) Le mot mark désignait un territoire qui appartenait à une 
tribu ou à un groupe de famille dans la tribu. On désignait aussi 
sous ce nom les territoires vagues qui entouraient les terres cul- 
tivées et qui formaient une lisière inhabitée destinée à servir de 
frontière. 



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— 271 — 

fiait un pays tributaire : Steuer, contribution, impôt) ; — Bis- 
marck (voy. F., p. 474). 

Grenze, extrémité; bord; limite; frontière : Grànzbach, 
Grânzwasser, Grenzach, Grenzau, Grenzhausen (4). 

Saum, bord, bordure; lisière : Sambach, Sameskirch, Sams- 
wegen. 

Scheid, séparation, partie ; Scheide, point de séparation, 
d'écartement ; limites. Ce mot indique quelquefois une Grenz- 
scheide, d'un canton, d'une province, d'une marche. Cfr. lat. 
scindere; grec oxfÇw, je sépare, je fends. Dans les noms de loca- 
lités, scheid et schede désignent une séparation de territoires ou 
de tribus- (Mnder oder ViHkerseheide) ou une séparation 
des eaux (wasserseheide) : Scheid, Scheidingen, Scheid we i- 
ler; Scheidle; Schede; — Brandscheid, Brockscheid, Burscheid, 
Kohlscheid, Lûdenscheid (de Ludolf), Regenscheid (de Regino), 
Winterscheid, Wegscheid ; — Dingschede (du tribunal), Lenn- 
scheid (qui est à la séparation des eaux de la Lenne), Netlen- 
scheid (à la séparation des eaux de la Nette), etc. 

Des franchises (Freihelten). — Divers noms sont com- 
posés de j fret (libre, exempt) : Freiberg, Freiburg, Fribourg, 
Freienberg, Freienfels, Freienhagen, Freienstadt, Freienstein, 
Freienwalde, etc. Voyez aussi les composés de fried (p. 2213). 

Des fiefs et des impôts. — Lefeitm , fief (primit. prêt» 
emprunt), terre prêtée ou vendue sons certaines conditions : 

(1^ Krain ou Crain, en slave, signifie frontière, limite (Ukraine 
= [P a y 8 3 frontière : u = ad, in ; — Ukersee = lac de la fron- 
tière ; — Ukermark = la marche de la frontière; mark est pris ici 
comme nom propre). Il peut se faire que le mot Kraina soit ap- 
parenté avec le mot Gr&nze. Du reste, Krain elKttrnten (Carin- 
tbie = province frontière, pour Carentan, terre provinciale) ont Je 
même radical celtique carn ou caran (en irlandais, province). Cfr. 
Carn-iola. 

49 



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— 272 — 

Lehndorf, Lehnhaus, Lehnenberg, Lehenweiler ; — Burgstall- 
lehen, Ottolehen, etc. 

Le mot Zoll (douane, péage) se trouve peut-être dans Zollen- 
reuthe, Zollenspicker, Zollfeld, Zolling (voy. Hohenzollern, 
p. 23). 

Mauth, douane (jad. impôt, loyer), Mauth, Mauthausen ; — 
Hohenmauth. 

Acht (localité qui devait donner au propriétaire un huitième 
de la récolte : acht, huit). D'autres villages se nommaient : 
In der Siebent (sieben, sept), In den Vieren (vier, quatre) ; 
Tegethof (de teget — Zehnte, dixième, dîme : zehn, dix, 
voy. F., p. 189). 

De la guerre et des armes. — Heer, armée : Herstall, 
Herstelle, 

Hada (jad. = Krleg, v. P., p. 102) : Hadeln, Hadamar, 
Hademarsch, Hadenberg, Haduloh, Hadistadt; — Baderholz 
(Hader, dispute violente ; démêlé, différent), Haderstorf. 

Hilt (die Srhlacht, bataille; v. P., p. 119; : Hildburghau- 
sen, Hilden, Hildesheim, Hildesleve ; — Hilter, — Heldburg 
(Held, guerrier, héros). 

Gund, Gunt (combat; v. P., p. 100) et gun : Gundendorf, 
Gundenhausen, Gundorf, Guntheim; — Gûnzberg, Giinzburg, 
Gunzendorf, Gunzenheim, Gûnzerode; — Guntherberg, Gûn- 
thersberg (montagne du combat ou montagne de Gonthier) ; 
— Leichfeld (p. 189); — Wahlstadt (= Schlachtfeld, 
v. pag. 248). 

Ger = Lanze (lance, épée) : Gerau, Gerisau; — Eresburg 
(château de l'épée ou de Mars; v. P., p. 30). 

Beil, hache, cognée (suéd, bit, v. h. ail. pil, pille; gallois 
burial) ; Bille, hache à deux tranchants; quelquefois 6*7/ est pour 
Bild (image) et pour Weiehbild (image sainte; banlieue; 
voy. P., p 302): Beilstein; — Billenwerder, Billinghausen ; 



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— 273 — 

Billwerder, Bilstein ; — Bielefeld ; — Bildenreuth ; — Steinbild, 
Kirchspiel. Poar les mots formés avec H animer, voy. p. «54. 

Schild, bouclier (ce mot a eu le sens général d'abri, de lieu 
couvert, défendu) : Schildau, Schildberg, Schilde, Schildern, 
Schildesche, Schildslag, Schildstein. 

Helm, casque (a signifié toute chose qui couvre, qui abrite) : 
Helmsdorf, Helmshofen, Helmstàdt, Helmstorf. 

Nous avons indiqué déjà l'étymologie de Sliisselberg (p. 925), 
de Kronstadt (p. 247), Kroneburg, Karlskrona, Landskrone, etc. 

Noms dus au commerce. — Harkt, marché (cfr. lat 
mercatus; mercari, trafiquer, échanger ; acheter) : Markt-Hohen- 
leuben, Markt-Neukirchen, Markt-Steinach, etc. (ces localités 
existaient avant de devenir des lieux de marché ; aussi s'est-on 
contenté d'ajouter Harkt au nom primitif) ; — Altenmarkt, 
Frankenmarkt, Goldenmarkt, Neumarkt (novum forum), Vôl- 
kenmarkt (Gentiforum : Volk, peuple) ; — petite ville de la 
Carinthie ; — Neumark (sans t) paraît se rattacher à Mark 
[frontière, marche; borne], ou provient d'une orthographe défec- 
tueuse. 

Kauff, achat; kaufen, acheter; échanger (dan. kiobe, suéd. 
kôpa) ; Kœping (suéd.) et Kœbing (danois), marché; place de 
marché : Kaufbeuren, Kaufungen ; — Kopenhagen (Kjobnhavn 
= Kaufhaven = havre du marché) ; — Nykôping, (nouveau 
marché), Norrkôping (marché du nord), Soderkôping (marché 
du sud). 

Stapel, amas, tas, monceau -, chantier, entrepôt ; étape (bas 
lat. stapula, place où les marchands venaient vendre leurs mar- 
chandises). Cfr.Stabel, échalas, perche; en Suisse stafel, stoo- 
fel, échoppe : Staple (Nord), Elaples (Pas-de-Calais), PEiape 
<Aube), etc. 



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— 274 — 
CHAPITRE VII 

NOMS EMPRUNTÉS À L'ONOMASTIQUE RELIGIEUSE. 

ARTICLE PREMIER 

Noms dus à des noms de divinités on à la mythologie 
des anciens Germains. — On trouve dans quelques noms 
de lieux les traces du culte des Celles pour leurs dieux. Ainsi : 
Mayence, Moguntiacum, d'un nom de l'Apollon gaulois Mogou- 
nos; Borbetomagus rappelle le dieu celtique Borvo (armor. 
bourbon, bourbounen, ébullition ;kymr. berw, bouillonnement), 
qui a donné aussi son nom à Bourbonne-les-Bains, à Bourbon- 
Lancy, à la Bourboule ; Borvo était la chaleur salutaire des 
eaux y et aussi le soleil, source de la chaleur : on et uh ull signi- 
fient eau); Aquisgranum nous offre le nom de Grannus (le 
soleil), etc. 

Les peuplades tudesques apportèrent à leur tour quelques noms 
de leurs dieux dans l'onomastique géographique de la Germanie. 
Mais rien ne nous autorise à transporter dans ce pays les dieux 
et les mythes de la religion d'Odin (roy. P., p. 3< 2). Pour retrou- 
ver des traces du culte d'Odin et de Thor, en Allemagne, il ne 
suffit pas d'y rencontrer des noms commençant par oud ou par 
iwd et par tor, thur, tom. On pourrait toutefois expliquer par 
le culte de Wuolan ou de Wodan (nom qui désignait Dieu et qui 
n'était pas une propriété exclusive d'Odin ; — P., p. 3< 2 et ss.), 
les noms de Gudensberg (dans la Hesse)et peut-être aussi celui du 
Gudenesberg (auj. Godeberg), près de Bonn. Le culte de la hache 
pourrait se trouver dans quelques noms formés de Bill (Bielslein), 
celui du soleil et de la lune dans les noms formés de Sonne ou 
de Mond (Sonneberg, Sonneborn, Sonnenburg, Sonnenfeld, 



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— 275 — 

Sonnenhof, Sonnenkamp, Sonnenstein, Sonnenwald; — Mond- 
see). Le tonnerre (Donner) peut avoir été adoré dans quelques, 
localités dont le nom est composé avec ce mol (Donnerberg, 
DQnnerhorst. Donnersberg, Donnersreuth, Donnerstaedt) ou 
avec wittern = donnera (tonner : — Wittersdorf, vg. du 
H.-R., — Wittersheim, vg. du B.-R.). Staufenberg rappel Ierait> 
dit-on, le dieu Sluffo (<). Le nom du dieu Puster s'est conservé 
dans le nom du Pusterthal (vallée de Puster). Il est possible 
que 8ûl (die SSnle, colonne) indique des localités où Ton ado- 
rait une colonne ou un tronc d'arbre (voy. P., p. 282) : Sula, 
Marksuhl, Sulingen. 

Rûgen (île de la Baltique) rappellerait le culte de Ruglievit 
(le dieu de la guerre chez les anciens slaves) ou plutôt un mon- 
ticule sacré, un cromlech .(en suio-gothique, ruga ou rtifca, en 
island. hruga, tas, monceau ; cfr. Rttcken, dos ; chose saillante). 
On a dit que Zeits (ville de Saxe) doit son nom aux mamelles 
(Zltze, mamelle ; cfr, teton, tetin ; bas ail. titte, holl. tuyt, 
ital. tetta, zitta, cizza); de la déesse Gérés (sans doute Hertha, 
adorée en ce lieu). Le nom de Zittau peut aussi se rattacher au 
culte d'une déesse de la fécondité, de ta Nourricière, de la Verte 
(en tchèque zito signifie le froment : de zyto, le vert; wende 
zyzysch, verdir; polon. zywic, nourrir). Jettenhôhle (l'antre de 
Jetta) ou JettenbOhel (le tertre). 

Le Riesenstein et les Drei Troege (Trois auges : Trog, 
auge), etc. 

ARTICLE II 

NOMS QUI BàPPBLLENT DIEU BT LES SAINTS. 

Gott, Dieu :Gottberg,Gottesberg,Gottesgabe(Gabe, don, pré" 

(1) Le nom de ce dieu paraît indiquer une statue en pierre, un 
monument en pierre (v. h. ail. stauf, rupes, saxum). 



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.— 276 — 

sent), Gottesgnade (Gnade, grâce, miséricorde), Gottesthal, Goltes- 
zell, Goltsau, Gottsfeld, Gottsfriede, Gottslager (Lager, camp); 
— Goltlieben (Theophilia : Uebe, amour), bourg et château de* 
bords du lac de Constance qui furent bàlis par Conrad, évoque 
de cette ville ; — Gotteshùlfe (assistance de Dieu : Hûlfe, secours, 
aide), courant du Rhin, près du Rolandseck, ainsi nommé 
parce que les rameurs peuvent déposer leurs rames et aban- 
donner le bateau à la rapidité du fleuve; Gôttingen (pourrait 
signifier contrée de Dieu : ing, v. p. 496), ville située dans une 
longue et spacieuse vallée aussi fertile qu'agréable. 

Noms empruntes a la nomenclature hagiographique 
(die Orte Ton Heiligen bennant, nach Heiligen, so xu 
sagen, getauft). 

Le mot heilig (primit. salutaire : auj. saint) indique ordi- 
nairement un lieu consacré par un culte religieux : Heilig- 
Kreutz, Heiligeberg, Heiligenberg, Heiligendamm, Heiligendorf, 
Heiligenfelde, Heiligengrab (Grab, creux, fosse ; caveau ; tom- 
beau, sépulcre), Heiligenhafen, Heiligenkreutz, Heiligenloh, Hei- 
ligenrode, Heiligenroth, Heiligensee, Heiligenstadt, Heiligenstein, 
Heiligenlhal, Heiligenzell ; — Heil (salut, prospérité) : Heil- 
bronn, jadis Heiligbronn (dont le nom rappelle le baptême que 
le celte saint Kiliam donna aux habitants du pays), Heilbrunn, 
Heilsbron -, — Hilger - missen (bas sax. hilge = heilige -, 
miss est pour Kirchemesse [messe de l'église, fêle de l'anniver- 
saire de la dédicace d'une église; fête de la dédicace ; fête d'un* 
localité; foire]-, en-=-Heim); — Allerheiligen (tous les 
saints; — deux fois en Bavière et une fois en Hesse), Aller- 
heiligenberg (dans le Nassau) ; — Heiligenbluth (Blut, sang ; 
— le précieux sang ; — nach einem Fl&schchea des 
Blutes Christi benannt). 

Quelques localités ont formé leur nom en joignant à celai 
de leur patron l'adjectif Sankt = heilig (saint) : St -Maria, 



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— 277 — 

Sainte-Marie-aux-Mines {Sancta Maria ad Fodinas, ail. Maria- 
kirchou Markirch, v. industrieuse du H.-R. qui doit son nom 
à son église de Sainte- Marie-Madeleine), Saint-Goar (*), Sanct- 
Pôlten (fanum sanct. Hyppolyti), Sanct- Gothard (2), etc., etc. 
D'autres localités ont formé leur nom en ajoutant au nom du 
saint les suffixes bien connus : — berg, — burg, — feld, 
dort etc. Ainsi : Marienbad, Marienberg (montagne de Marie), 
Marienborn, Marienburg (a), Mariencion, Mariendorf (4), Ma- 
rienfeld, Marienfels, Marienforst, Mariengarten, Marienhagen, 
Marienbausen, Marienheide, Marienhôhe, Marienkamp, Ma- 
rienland, Marienmunster, Marienrode, Mariensaal, Marienschloss 
Mariensee, Marien - Seigerhûtte (Seigerhûtte, établissement, 
du ressuage ; affinerie : Seigern, opérer le ressuage), Marien- 
stedt, Marienstern, Mariensluhl, Marienthron, Marien walde, Ma- 
rienwerder ; — Mariastein (ou Notre-Dame de la Pierre ; — la 
chapelle est formée par une granda grotte et a été bâtie dans le 
roc), Maria- Himmelpfort (porte du ciel) ; MariU-Himmelfabrt 

(1) Cette localité doit son nom à un ermite qui, au vi* siècle» 
indiquait la route aux voyageurs et donnait l'hospitalité aux pè- 
lerins. 

(2) Ce nom (voy. P., p. 109) rappelle celui d'un évêque 
d'Hildeslitiim et d'un évêque de Mayence. Il est probable que le 
nom de 1'» vêque d'Hildesheim fut donné à cette montagne, parée 
qu'il s'assimilait aisément avec son ancien i.om celtique. Nous ne 
voyons aucune raison de supposer, avec Stumpf, que ce nom est 
dû à des Golhs qui, chassés de l'Italie par Narsès, se réfugièrent 
en Suisse. 

(3) En. Prusse, on trouve une ville de ce nom, fondée par les 
Deutschrittern (connus sous le nom de chevaliers teutoniques), 
et placée sous le patronage de la sainte Vierge (zu Ehren der h. 
Jnngfrau se genannt) . 

(4) Smargendorf (village situé non loin de Berlin) est une al- 
tération de St. Mariendorf. 



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— 278 — 

(assomption de Marie), Mariahilf (helfen, secourir; Milf, 
impératif), Mariaschein (Schein, clarté, rayonnement), Maria- 
Schnee (Notre-Dame des neiges), Maria-Schutz (Sehntz, atile, 
refuge), Maria-Trost (Trost, consolation), Mariazell (Maris 
celia), etc. ; = Schlœgel (ou Unser lieben Franen Schlag 
( = PIagensecœnobium : Schlag, coup \plaga\\ taillis) ,etc. — 
Notre-Dame des Trois-Epis (Drein Aehren), en Alsace. — Le 
Rigi a dû, paraît-il, son nom à une image de la Sainte Vierge, 
reine (Regina) de la montagne (Gnadenbild der Maria zum 
Schnee , Regina montis) ; selon d'autres de mons rigidus 
[raide], par opposition au Pilât [mons fractus). 

Le patronage de Marie est encore indiqué par le mot Fraii 
(femme, dame) qui désigne la Femme bénie entre toutes les 
femmes : Frauenberg, Frauenburg, Frauenbrunn, Frauendorf, 
Frauenhagen, Frauenhain, Fraucnhaus, Frauenheira, Frauensee, 
Frauenstein, Frauenthal, Frauenwerlh, Frauenzell , etc. — Dn- 
ser lieben Frauen Saal, Unser lieben Frauen Berg, Unsere liebe 
Frau auf dem Sand, Unser lieben Frauen Schlag, etc. Odilien- 
berg ou St. Odile (<), Poltenberg (mons sancti Hippolyli), etc. 
Glarus ou Glaris (chef-lieu d'un canton suisse) dérive son nom 
de S. Hilarius, patron du couvent de Sâckingen, qui avait dé- 
friché celte vallée des Alpes, etc. 

Les noms de la croix, du ciel, etc. — Kreuz, croix: 
Kreutzberg, Kreulzburg, Kreutzendorf, etc, 

Hlmmel, ciel : Himmelberg, — geist, — kron, — pforte, 
— pforlen, — ried, — reich, — stadt, — thùr, — thaï, etc. 

(1) Au vm fl siècle, cette montagne- se nommait Altitona (ce 
nom indique une hauteur fortifiée : celtique firland 1 à ll % éléva- 
tion; rocher escarpé; dun, forteresse). Mais déjà au vu 6 siècle ap- 
paraît le nom tudesque Hohenburc qui n'est qu'une traduction du 
précédent. Ces deux noms avaient trait au mur connu sons le nom 
de Heidenmauer (mur des païens). 



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— 279 — 

Teufel, diable, démon : Teufelsgraben (Graben, fossé), 
Teufelshôrner (Horn, corne), Teufelskanzel (chaire du diable : 
Kanzel, chaire,, Teufelsleiter (Leiter, échelle), Teufelsloch 
{Loch, trou, cavité), Teufelsmauer (Mauer, muraille), Teufels- 
sée (See, lac; — mer), Teufelstein, Teufelstisch (Tisch, 
table). 

CHAPITRE VIII 

NOMS DUS k L'ONOMASTIQUE PERSONNELLE ET BTHNIQUE 

(Die nach Personen genannt). 

Un grand nombre de noms de lieux (Ortsnamen) emprun- 
tent leur radical déterminant (Bestimmungswort) à des noms 
d'hommes (Mannsnamen). On a, en effet, désigné fréquemment 
certaines localités par un nom qui renferme comme signe dis- 
tinctif le nom de celui qui Ta fondée, de celui qui y a habité, 
de celui qui s'y est illustré, de celui à qui elle appartenait. 
Dans ce cas, le nom propre personnel est suivi d'un affixe qui 
lui donne une signification géographique. Cet affixe exprime le 
titre du domaine (ac, villa, court, Dorf, etc.) 

Il est bon de remarquer aussi que ces noms propres formés de 
noms personnels (die nach Personen genannt) s'offrent soit 
dans leur forme complète, soit dans leur forme abrégée. Ajou- 
tons enfin qu'il ne faut pas toujours s'en rapporter aux étymo- 
logies fondées sur de simples assonnances. Il est facile de forger 
des noms et d'imaginer des personnages. On peut ainsi, par 
exemple, dériver le nom de l'Afrique d'un héros nommé Afer. 
D'un autre côté, on ne peut refuser d'attribuer des noms géo- 
graphiques à des noms d'hommes qui ont réellement existé. Il 
est bien certain que le nom de l'Amérique dérive du nom 
d'Améric Vespuce (voy. P., p. 4 4 4, 484) : 



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— 280 — 

Àndelsbuch (jad. Àndoltis-bnoch ; d'un certain Andolt [puis- 
sant par l'ardeur, par la vengeance] et de Bûche, hêtre ; — forêt 
de hêtres), Behring (du navigateur qui découvrit ce détroit ; P., 
p. 241), Berlepseh (localité du voisinage de Cassel dont le nom 
est celui d'un géographe : jadis Berahtleibeshuson = à la maison 
de Berahlleib [corps, personne, vie illustre : Leib, Bert] ; en 
abrégeant, on a obtenu : Ber-leibes-sen [= Hausen], Berlebe- 
sen, Berlebsen et Berlepseh), Bissingen (champ de Busso, Bosso, 
ou Boso ; P., p. 844), Braunschweig (Brunonis vicus ; — du duc 
Bruno), Braunsberg (doit son nom à Bruno, évêque d'Ennelaod, 
qui jeta les fondements de cette ville, en 4 855), Carlsbad (de 
Cari IV, roi de Bohême; P., p. 430), Carlshôhle, Carlsruhe (repos 
de Charles : Ruhe, repos, délassement, retraite) (1), Carlstadt 
(en Hongrie ; d'une forteresse construite par l'archiduc Charles, 
4 579; ou du roi Charles II), Ëmmerich (d'un comte nommé 
Emmène, P., p. 4 4 4), Bsslingen (jad. Ezzilinga-, c'est-à-dire 
terroir d'Azzilo ou d'Ezzelin ; P., p. 845), Friedrichsberg; — burg, 
— hall (e, galerie ; salle), — hamm (abri), — ort, — stadt, — 
thaï, etc.; Geroldsau, Gotha (ville qui ne doit pas son nom aux 
Goths, mais à l'abbé Gotthard, son fondateur, dont la statue se 
voit encore sur une fontaine) (2), Gersdorf (Geroldes ou Gerardes ; 
P., p. 36, 4 09), Gossweiler (la ferme, le village de Gozo, contracta 
de Gottfried, P., p. 239, 244), Harlem <— Herr-Lems-Stadt, 
ville du roi Wilhelm ou Lem), Hermannsburg (d'Hermann, P.» 

(1) Ville fondée par le margrave Cari Wilhelm dans un endroit 
de la forêt du Hart (Hartwald) où il avait pris quelques instants- 
de repos. Ce prince y fît ensuite construire un pavillon de chasse. 
La tour du château est appelée Bleithurm (tour de plomb), parce 
qu'elle est couverte de plomb (Blei). 

(2) Dans cette ville, il y a un château nommé jadis Grimmen- 
stein (rocher de la colère) et aujourd'hui Friedenstein (rocher de la 
paix). 



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— 28f — 

p. 32), Hermannsfeld, Herraansacker (Acker, champ), Her- 
mannsburg, — grûn, — stadt, — spiegel (Spiegel, miroir), — 
Stein; Karkburg ; — Leidenbofen (de Liudo ; P., p, 244), Lud- 
wisgshaven (création du roi Ludwig de Bavière; P., p. 438, 
4 41), Ludwigshall (saline de Hesse), Ludwigshôle, Ludwigs- 
lust (Lust, plaisir, réjouissance, agrément), Oranienburg (fon- 
dée par Louise, femme du prince d'Oranien (= Orange ; les 
princes d'Orange doivent leur nom à la ville d'Orange, sur le 
Rhône; le même nom a été donné à Oranje-River, en Afrique), 
Porrentruy (alL Pruntrut ♦, de Pons Ragnetrudis, parce que la 
reine de ce nom [P., p. 4 8,8], femme de Dagobert I er , y fît 
construire un pont), Ribeaa ville (Ratbertovillare, Rabaldovil- 
lare, Rulpoidesvillare ; P., p. 469, 4 76), Sigmaringeu (aux 
champs de Sigmar; P., p. 456), Thionville (ail. Diedenhoven, 
Theodonis [P., p. 65] villa) (4), Weiblingen (aux champs do 
Wippo, Webilo -, voy. Wibo, P , p. 243 ; — F , p. 475), Wit- 
genstein (jad. Widegenstene, pierre, rocher de Wittige ou de 
Wittekind -, P., p. 226, 227). 

Les noms suivants sont faciles à comprendre : Àmaliensruh, 
Annenruh, Antoinettenruh, Augustenruh, Caroliuenfeld, Char- 
lottenburg, Emelinenhiitle, Karolinenhorst, Margarethenhausen, 
Theresiensladt, etc. 

D'autres noms ont été formés avec des noms de famille : 
Meiersberg (Mêler, préposé; métaj'er; fermier, majordome), 
Schulzendorf (Schnlze, maire). 

Pour expliquer les noms qui, dans le Schteswig et en Dane- 
marck, finissent par sen, on a dit que le fils distinguait son 
habitation, en ajoutant le mot sen (sohn) à son propre nom. 

(1) Theodo a le sens de Publius (P., p. 65). Mais, dans l'ancien 
nom de Thionville, ce nom se rattache peut-être à -une forme cel- 
tique défigurée. Thionville (Seine-et-Oise) se nommait jadis 
Thyoinvilla et Taignunvilla." ' 



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— 282 — 
On a donc traduit Petersen par « fils de Pierre, » Nielsen par 
Niklassohn. Mais sen est ici pour Hausen (v. p. 238). 

Chez les Slaves, nous mentionnerons les villes suivantes qui 
sont formées avec un nom propre d'homme : Breslau (en polo- 
al nais Wnfctaw (qui devrait son nom à un roi nommé Wralislaw, 
son fondateur), Bunzlau (de Boleslaw), Lubeck (le vieux Lubeck, 
das alte Lubeck, fut une forteresse que la tribu slave des Wîl- 
zen bâtit contre les Obotrites). 

IVems ethniques. — Les noms géographiques qui provien- 
nent des noms de peuples sont très nombreux : Angleterre (des 
Angles), Bavière ou Baiern (des Boïens ou Bajovarii), Belgique 
(des Belges), etc. Ces noms trouveront leur explication, lorsque 
nous nous occuperons, dans un ouvrage spécial, des noms eth- 
niques dérivés du tudesque. Nous ne nous proposons pas non 
plus d'indiquer ici les villes qui ont formé leur nom avec celui 
de la tribu dont elles étaient Voppidum ou le camp retranché 
(Paris, des Parisii; Reims, des Rémi, etc.)- Qu'il nous suffise de 
mentionner les noms suivants : Katzenetlenbogen (des Châties ou 
Hesses), Danzig (polon. Gdansk, lat. Gedanum ; que Ton dérive 
de Godanske = Gothenstadt = ville des Goths, ou de Danske 
Wick = ville des Danois), Francfort (Frankfurt am Main ; gué, 
passage [Furt] des Francs), Frankenberg, Frankeneck, Fran- 
kensteiu, Frankenthal ; Tûrkheim et Dôringheim (jadis Tûrinc- 
heim = logis du Thuringien), Tùrckau, Tûrkenfeld. 

Les mots Welsch et Wall rappellent les Celtes : Welsclienbeck, 
Welschingen ; *— Wallersdorf, Wallenfels, Wallenhorst, Wallen- 
burg,'etc.; — Walenkamm, Walenstadt, etc. 

Dans les contrées voisines des pays où régnent les langues ro- 
manes certaines localités sont distinguées par les mots dent s eh 
et tvSlseh. Ainsi: Deutsch Steinach et Wâlsch Steinach; 
Deutschneureuth et Wâlschneureuth, etc. 

Dans les contrées où les Allemands se mêlent aux Slaves, 



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— 283 — . 

quelques localités sont distinguées par l'épithète de deutseh 
et d'autres par le nom ethnique de la nation voisine : Deutseh- 
Brod et Bôhmisch-Brod (brod = gué). En Styrie et en lllyrie, 
— la présence des Slaves est indiquée par les mots wendisch ou 
windisch : Windischgrâlz, Windischkappel, etc. 

CHAPITRE IX 

NOMS QUI MENTIONNENT DES TITRES OU DES DIGNITÉS RELIGIEUSES 
ET POLITIQUES. 

Dignités ecclésiastiques. — Bisehof, évêque : Bischofs- 
berg, Bichofsgrûn, Bichofshaube (Haube, coiffe, bonnet), 
Bischofsheim, Bischofshofen, Bischofskirchen, Bischofsrode, 
Bischosfstein, Bischofswerder, Bischofswies (Wiese, prairie), 
Bischofszell (Episcopi cella) ; — Biscnheim-am-Saum (demeure 
de l'évêquesur-la-Iisière : Saum, ourlet, rebord -, bordure), qui 
fut ainsi nommée par Clovis, en l'honneur de saint Rémi ; — 
Bischwiller (Episcopi villa), etc. 

Abt, abbé (du lat. abbas, syriaque abba, père) : Abtsdorf, 
Ablenau, Abtenburg; — Appenzeli (des Abtes Zelle; — . 
parce que l'abbé de Saint-Gai I bâtit une église et un petit cou- 
vent dans cette localité qui est devenue le chef-lieu d'un canton), 

— Aetighoffen (écrit jadis Aebtikoffen ; du celt. atta [père], mot 
qui offre le même sens que Abt. 

PfafT, jad. curé (dans l'Allemagne septentrionale, on rencon- 
tre la forme pape) : Pfaffenberg, Pfaffendorf (dix villages de ce 
nom en Prusse), Pfaffengrùn, Pfaffenhausen, — heim, — hofen, 

— munster, — reut, — rode, — roth, — see, — thaï, — wasser 
(l ac ) f — weiler, — werlh ; — Papenbrook (bas sax. brook = 
Bruch, marais), Papenburg, — dorf, — hagen, etc. — Pfaflte 



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— 284 — 

a aussi le sens de bouvreuil, à cause de sa couleur noire ou parce 
qu'il paraît attentif et réfléchi. 

Le mot PfSftrrer (curé ; parochus, jad. peu usité, se trouve 
dans Pfarrkirchen. 

Propst, prévôt : Probsting (ing. p. 196). 

flfôneh, moine, religieux (lat. monachus, primit. solitaire) : 
le Mônch (sommet de la Finsteraarhorngruppe, dans lequel les 
bergers des Alpes trouvent une certaine ressemblance avec l'aspect 
d'un moine), Munich ou Mùnchen (ville appelée das deutsche 
Âthen, et dont le nom signifie : aux moines) (4) ; — Mùnch, 
Mûnchberg, Mûncheberg (lac), Miinchehof, Mûnchenau, Mûn- 
chenberg, Mûnchendorf, Mûnchenhagen, Mûncheroda, Mûnch- 
hausen, Mûnchhof, Mûnchholzhausen, Mûnchingen, Mûnchroth, 
Munchsberg, Mùnchshof, Mûnchmûnster, Mûnchweiler, etc.; 
— Monninghausen ; — Monckholm (Norwège; Holm, colline; 
petite île), etc. 

Einsiedler, ermite (de ein = un et de Siedler, celui qui 
s'établit, qui s'est établi [au milieu] =s sedens, insidens ; puis, 

(1) Cette ville doit son origine à une ferme des moines 
(BlSnche) bénédictins do Schâftlarn. Ces religieux y élevèrent 
des huttes et y établirent un entrepôt du sel amené de Heichenhall 
et de Salzburg. On appela ce lieu Forum ad Monachos, den 
Monchen (Mùnichen) et ensuite Mttnchen. La ville a dans ses 
armes le Milnchner Kindel, un Monchlein (Kind, enfant). On 
remarque dans cette ville [églises] : Die Frauenkirche (l'église 
de Notre-Dame), die St. Michaelis-Hofkirche (église [de la cour] 
de S. Michel), die Theatiner-Hofkirche (des Théatins), l'église 
paroissiale de St-Pierre (Pfarrkirche zu St. Peter), die Allerheili- 
gen-Hofkirche (l'église [de la cour] de tous les Saints); die 
Mariabilfkirche, die Bas'lika d. h. Bonifacius, etc. , der Gottesacker, 
(champ de Dieu ; cimetière) ; — Der al te Hof (l'ancienne cour), 
die alte Residenz; das Rathhaus (l'hôtel-de-ville); Die Glyptothek 
die Pinakothek ; — das Siegesthor, die Ruhmeshalle, etc. 



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— 285 — 
ce mot a eu le sens de colon) ; Einsiedelei, ermitage : Einsied- 
en (en franc. l'Henni tage ou Noire-Dame des Hermites; en lat. 
Cœnobum D. Virginis ad Eremitas, Eremus Deiparae, Monaste- 
rium Eremilarum ; en ail., das Stift Einsiedlen ou St. Hein- 
rads Celi in dem flnstrm Wald), abbaye de Bénédic- 
tins et un des principaux lieux de pèlerinage de la Suisse : ce 
n'était qu'une forêt sombre et un désert affreux qui, comme les 
deux tiers de la Suisse, fut défrichée par les moines ; cette 
contrée se nomme encore aujourd'hui : Finster Wald (forêt 
obscure) ; — Klein Einsiedlen (ou Eremus minor Deiparae, pour 
1b distinguer de celui de Sewen nommé Eremus Major), en Al- 
sace, eic. 

Nonne , religieuse : Nonnberg (couvent) , Nonnenbach , 
— busch, — wald, — werth, etc. 

Dignités politiques. — Kaiser, empereur : Kaiserau, — 
bach, — berg-, Kaisersesch, — heim (et aussi Kaisheim, abrév.) 
Kaiserslautern (ou simplement Lautern; — sur la Lauter), 
Kaiserstuhl ou Kœnigstuhl (siège, trône de l'empereur ou du 
roi) (4); — en Silésie quatre Kaiserswaldhau (Wald, forêt; 
Hao, taillis), Kaiserswerth ; — le nom du Kaisereggschloss est 
formé du bas latin Casaria — Alphttiten — huttes de la 
prairie alpestre. 

Konig, roi : Kônigheim, — bach, — bruch, — feld, — 
walde-, — Kônigsberg (mont du roi), Kônigshof, Kônigshoven, 
Kônigslutter (an der Lutter), Kônigstadt, Kônigswinter (Hibernia 
regia ou hiver du roi [Winter, hiver], parce que, vu la saison 

(1) La pins haute montagne de la Bergstrasse ; — petite ville 
que l'on croit avoir été une forteresse romaine, bâtie pour défen- 
dre le passage du Rhin contre les Alamanes. On a supposé que 
cette localité est le Forum Tiberii des anciennes Notices. Mais il 
paraît que cette colonie romaine était à Zurzach. On trouve, dans 
le canton d'Uri, un village nommé Kaiserstuhl. 



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— 286 — 
avancée qui ne lui permettait pas de traverser le Rhin, un roi 
Franc séjourna dans cet endroit pendant l'hiver); Kônigin- 
graetz (ville de la reine ; en tchèque Kralowe Hradetsch) ; — 
Altkônig (? du celt. Altkim = Hockkamm). 

Herzog, duc : Herzogenbuchsee, Herzogenburg, Herzogen- 
busch, Herzogsfreude (Freude, joie, contentement), Herzogs- 
wald ; — Herzégovine (duché qui dépendait jadis du royaume 
de Croatie et qui cessa d'exister politiquement en 1483, par la 
conquête des Turcs), dont le nom provient du titre héréditaire 
de duc (Herzog) qui fut donné au prince Stefan (Etienne) dans 
la première moitié du xv* siècle,. De ce nom est provenue 
la forme demi-slave Hertzegoving, qui signifie simplement le 
« Duché. > % 

Fûrst, prince : Fûrstenau, Fûrstenberg, — felde, — hagen, 

— hausen, — ried, — see, — stein, — walde, — werder, etc. 
Graf, comte : Grafenberg, Grafenegg (Ecke,coin),Grafenhof, 

Grajenorl, Grafenstein, Grafenwoerth -, — Grafhorstj — Grafen- 
berg, — dorf, — hagcn, — hausen, — heim, — rode, — schlag, 

— stein, — thaï, etc. Le mot Graf s'est peut-être transformé 
quelquefois en Greif (griffon, condor) : Greifenhain, Greifen- 
hagen, etc. Du mot Graf (comte) sont prov,enues les formes 
polonaises grabia ou hrabia et la forme tchèque Hrabe, mot 
que les Allemands ont changé çn Rabe (corbeau). Celte trans- 
formation a produit, en Bohème et en Moravie, des Rabe n stein, 
des Rabersdorf, etc., noms qui n'avaient, à l'origine, aucun rap- 
port avec les corbeaux. 

\ogty- Voigt, avoué d'une église, d'un couvent, prévôt, bailli 
(du lat. vocatus pour zdvocatus) : Vogtland, Vogtsburg, Vogts- 
freihof, Vogtshagen ; — Voiglsberg, Voigtsburg, Voigtswalde. 

Le Palatinat (die Pfalzgrafsehaft am Rheiu uad Haîn) 
devait son nom aux Pfalzgrafen ou Comités Palatini que les 
empereurs francs et allemands avaient établis comme gouverneurs 



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— 287 — 
et comme juges dans les châteaux (Pfalzen) dont ils s'étaient 



Mentionnons encore les noms formés de Ad«-l (noblesse : Adels- 
berg, Àdelsdqrf, Adelschlag, etc.) et de Herr (seigneur : Herren- 
berg, — dorf, — graben, — grund, — haus, — hausen, — 
hof, — hut, — Mûhie, — stadt, — Herrenzimmem (Zimmer, 
chambre; jad. bois de construction). 

Mann, homme : Mannsdorf, Mannsfeïd, Mannheim (Man- 
nenheim; v. h. ail. mano, la lune), Mansberg, Mansee a la forme 
de deux cornes, Mansield, Mannesfeld, Manweiler. 

Bube, garçon : Bubenberg, Bubendorf. 

Noms qui se rattachent à diverses professions. — 
Jàgerhaus (maison du chasseur), Gàrtnerhaus, Schâferwand. 
Une localité où se trouvait un «écrivain » public : Schreibers- 
hau, Schreibershof, Schreibendorf, Schreibersdorf. Mais comme 
ces noms ne se trouvent pas dans les contrées de l'Allemagne 
proprement dite, on a pensé qu'ils avaient une origine slave et 
on les a rapportés à sorab (=-. Sorabe) qui désigne les Sorbes de 
la Lusace ; v 

Schalksburg (Schaik, jad. serviteur, valet, auj. coquin, 
fripon), Schalkau, Schalkstctten ; — Schmiedheim, etc. 

CHAPITRE X 

coups d'oeil sua quelques éritqètes qui servent d'élément 

DÉTERMINANT (BestiinmungSWOrt) DANS LES NOMS DE LIEUX. 

L'orientation des lieux : points cardinaux (Himmels- 
gegendeu). — Ost, Osten, est, Orient (m. h. ail. oster, v. 
nor. austr) (1): Ostende, extrémité orientale: Endc, fin, bout; 

(1) Ce mot se rattache au sanscrit us (brûler), usa (le point du 



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— 288 — 
ville qui est à l'ouest de l'Europe ; mais qui est à Test, relative- 
ment à Westende [fin occidentale], située plus à l'ouest et 
également sur la mer), Ostdorf, Osthaus, Osthausen (jad. Ossin- 
huns, vg. du B.-R.), Ostheim, Oslhofen ; Ostendorf ; — Oster- 
burg ; — horn, — kamp (champ), Ostermarsch (Marseh, pays 
marécageux), Osterwald (nom que Ton a rattaché à la déesse 
Oslara [P., p. 4 65) et qui n'offre peut-être qu'une opposition 
avec un Westerwald (forêt de l'ouest) ; Ostwald (vg. du B.-R. 
qui doit son nom à la fontaine de Saint-Ostwald pour Oswald ; 
P., p. 45) ; — forme hollandaise oost : Oosterhuis (maison de 
l'est), Oosterwik (village oriental), Osterzeele (manoir oriental) ; 
— l'empire d'Autriche, das ostliche Relch, voy. p. 269). 
West, ouest, couchant (4), Westheim, Westhofen, West- 

jour; l'aurore), au grec 7)a>ç, àwç fTaurore) , et au lat. anrora 
(pour ausora). Cfr. lat. auster (vent du sud : d'ausere, aurere, 
urere, brûler); l'hébreu esch (feu), et l'ail. Eiscn (fer), mot qui 
dérive de eisen, brûler , briller, luire; comme le latin ces (génit. 
œris ; airain, cuivre, bronze) dérive de la même racine qui a donné 
(œsere (brûler), œstas (été) et aurum (or). *L'est et le sud avaient 
jadis un même nom : le pays de l'aurore, le côté du feu, du 
jour (voy. Onomatologie de la géographie grecque, p. 8). 

(1) Le subsî. West (couchant, le point de l'horizon où le soleil 
semble se coucher; en lat. occidens, occasus; occido, je tombe; 
je me couche) se rattache au v. h. ail. wesan, goth. visan (repo- 
ser), ves (repos). De sorte que West signifie le repos du soleil, le 
pays où le soleil se repose. En sanscrit vas signifie « rester, de- 
meurer, » et ensuite « être. » Dans ce cas, W r est signifie le pays 
où «séjourne» le soleil. D'un autr*. côté, vas signifie «couvrir, » 
et Vouest était regardé comme le pays des nuages, des brouillards, 
le pays de la nuit. (Voy. Onomatologie de la géographie grecque, 
p. 8). Chez les Hindous, Vasati signifie la nuit (c'est-à-dire 
le temps du repos). Vas (couvrir) adonné les mots sanscrits vastya 
(enclos), vas-tu (maison), les mots grecs &rcu (ville), l<rc/a (foyer; 
maison, asile, résidence), idfojç (habit, vêtement), le latin vestis, 
vestimentum. La même racine se trouve dans l'anglais : I was 
(j'étais. 



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- 289 — 

munster; — Westendorf, — feld, — holz, — rieder, — see ; 

— Westerburg, — dorf, — hard, — haus, — horn, — marsch, 

— hausen, — heira, — kotten, — loo, — mûhlen, — Wester- 
wald, Wester-Zelle; — Weslphalie (plaine occidentale, p. 4 90); 

— le Far West (l'ouest éloigné : angl. far, éloigné). 

On trouve aussi cette racine dans les noms de Wesen-Ufer 
(petite ville située à l'ouest de l'Inn, en face de Passau qui est 
situé au sud-est : Ufer, rivage), de Wesen (ville située sur la 
rive occcidentale du Wallenstâdter See), et le nom du Weser 
(jàd. Wisahara = fleuve occidental, par rapport aux tribus 
celto-cimbriques qui venaient des bords de la mer Noire et 
aux hordes tudesques dont le centre d'émigration était au-delà 
du Caucase. Voyez plutôt, au sujet de ce fleuve, l'App. T. 

SOd, sud, midi (holl. zuid, angl. south) ; sttdi-r, méridional. 
Ce mot dériverait de l'ancienne forme sundar (nach «1er Sourie 
hin). Le vieux h. ail. sund paraît être* en rapport avec Sonne 
(soleil) et indiquerait le sunny south (le sud ensoleillé) des 
Anglais (<) : Sûdgau (partie de l'Alsace nommée jadis Sundgau, 



(1) Le mot sud se rattache à zftnden, prendre feu. s'enflam- 
mer; mettre en combustion; allumer, enflammer (latin cendo, 
incendo) et à sieden, bouillir, bouillonner ; être en ébullition; 
faire bouillir (dan. syde, suéd. sioda, angl. to seeth, bouillir). 
Ceux qui prenaient leur part de la victime dans les sacrifices se 
nommaient suinautar, = Sudgenossen (compagnons de l'objet " 
cuit, rôti ou bouilli). Le sud est le côté du bouillonnement, de la 
cuisson, de la chaleur. En sanscr. svid signifie «sueur; » en v. 
norois svid, sveid, svidum (je brûle), svidtnn (brûlé) ; en suéd. 
sveda (brûler; dan. svie), svedja {dejectis arboribus ignem sub- 
jicere, ut in cineribus frumentum seratur) ; en v. h. ail. suid 
(renversement, abatis, destruction) indique l'idée d'abattre et de 
mettre le feu (voy. p. 184). 

La même racine a donné le lat. sidus (astre, étoile, constella- 
tion ; — c.-à-d. [objet] brillant, à l'instar d'un feu qui resplendit 



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— 290 — 
expression qui ne doit pas se rattacher à gesund = angl, sound* 
sain ; — district sain ; mais district du sud), Sûdheim, — han- 
se n, — holz, — Kirchen; — Sûdenburg, Sûdendorf; — Sûder- 
land, etc. ; — Sudètes (monts). 

Le nom de Sondershausen, localité située au sud d'une ville 
nommée Nordhausen, paraît dériver du vieux sundaret signifier 
non pas « aux maisons séparées, » mais « aux maisons du sud. » 
Gomme le mot sundar avait vieilli, on a pris ce mot pour ud 
équivalent de sonder (jad. séparé, auj, sans; cfr. sonderbajr,. 
séparable ; singulier, étrange ; sondera, séparer ; besonder, 
séparé). 

Holland. Zuid (sud) : Zuyderzee (mer du sud : Zuider do 
sud; Zee = See, mer), Zutphen (jad. Zut fa nia et Sudven 
(tourbière ou marécage du sud : veen* = tourbière). 

Nord, Norden nord (1) : Noricum, Norici ; — Nordburg» 

et rayonne), le grec afôr,poç (fer) ; le sancrit svtla (blanc) ; angl. 
white (— Welss, blanc), slave svent (brillant); angl. wheat (fro- 
ment, blé, grec afxoç, blé) à cause de sa couleur, comme Ttup (feu) 
et 7cup6ç (blé, froment). 

Cfr. arabe sudah (noir) : Soudan ou Beled-es Soudan (paya des 
noirs). Le nom accadien (touranien) du point cardinal du sud est 
sidi (= la droite), mot équivalent à l'expression arabe yemin. En 
effet, le sud est situé à la droite de celui qui se tourne vers l'Orient. 

(1) On peut dériver ce mot d'une racine que nous offrent le grée 
VT)p<5ç, vap6ç (humide), Ncrée (dieu marin), néréide; grec moderne 
V£p6v (eau», le celtique nor,noor, noer, nar (eau), elle sanscrit 
nîra (eau). Le subst. Nord indiquerait ainsi les contrées bumid.es 
et froides des pays septentrionaux : das Nordland serait dm» 
feuchte, neblige und kalte Land. Le Nord est, en effet, le* 
pays de l'humidité et des brouillards et par suite de l'obscurité. 

D'un autre côté, dans la mythologie Scandinave qui s'est mêlée 
aux opinions des Celto-Cimbres de la Ghersonése cimbrique, nôri 
et nb'rvi exprime le déclin (du jour [le soir] de la vie [la mort], et 
Nôrvi (crépusculaire) était un lotne (géant), le père de la Nuit, la 
personnification du Crépuscule du soir. Rattaché à ce radical, le 



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— 291 — 

Norddorf, — eck, Norden (=Nordheim), Nordenberg, iVordenuh 
Nordgau, Nordhausen, Nordheim (vg. du B. R. situé au Nord 
par rapport ao palais mérovingien de Kirchheim), Nordhof, 
Nordholz, Nordkirchen, Nordstedt, Nordstrand (Strand, 
rivage), Nordweil, Norderwick; — Nôrdlingen, etc.; — 
Noordschote (place de défense du nord), etc. 

Norwège, en suédois et en danois Norrige, Norge, et Norrike 
ou Norryke. Ce dernier nom peut signifier le royaume du Nord 
{Nord — Reich) (4). Les formes allemandes et anglaise : Nor- 
wegen et Norway paraissent avoir le sens de « chemin » du Nord, 
Weg des Nordens, (Weg, voie, chemin ; angl. way). Mais la 
Norvège s'est nommée aussi jadis Norwaege, et il est plus vrai- 
mot nord désignerait le « côté du soir de la nuit, » c'est-à-dire 
l'Occident et le Nord (voy. Onomatologie de la géographie grec- 
que, p. 8). 

Peut-être aussi pourrions-nous avoir recours au mot Ort, lieu, 
«ndroit ; extrémité, fin ; jadis canton (comme dans Vorort, canton 
suisse qui avait la présidence, canton directeur ; ort était le nom 
général des cantons) ou au celtique or (bord) qui est apparenté 
au lat. ora (bord, extrémité, frontière; rivage). Nos ancêtres qui 
émigraientde la Crimée vers la Baltique auraient dit qu'ils allaient 
vers le novo-ort ou le neu-ort. C'est ainsi que nous avons donné 
à l'Amérique le nom de « Nouveau-Monde. » Ceux qui prenaient 
la route qui menait aux pays inconnus s'avançaient vers le no-ort 
«t ce mot désigna plus spécialement les sombres régions de l'Europe 
septentrionale. 

(1) On a dit que ce nom indiquant une position relative, ne 
pouvait être national, puisqu'il était donné par des voisins. Mais 
on peut répondre qu'un fait semblable se trouve dans le nom 
d'Osterreich et dans beaucoup d'autres noms qui ont trait à l'o- 
rientation. Nous laisserons donc à quelques étymologistes le plai- 
sir de recourir à un certain Nor, descendant de Tbor, premier roi 
de Norwège. Nous n'ignorons pas, du reste, qu'il est question, 
dans la mythologie, d'un dverg (nain, Zwerg) Nori dont le nom 
signifie «crépusculaire. » Mais on peut aussi très bien comprendre 
que le nain ait du son nom au mot nor qui avait pris le sens 
d'obscurité et de ténèbres. 



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— 292, — 
semblable que weg est ici une forme viciée de TOoge, vague 
(besonders die grosse Well*), lame, flot. (suéd. ictig, 
holl. waeg ; cfr. Wag, Weog, haute marée, flux). Le nom de 
Norwège signifie donc la contrée qui est au nord et qui est bai- 
gnée par la mer. En effet, cette contrée est entourée par la mer 
septentrionale, et cette dénomination la distingue du Westerweg 
(mer occidentale que nous appelons mer du Nord) et de YAus- 
tUrweg ou Ostsee (mer de l'Est) ou mer Baltique. Les anciens 
connaissaient la Norwège sous le nom de Nerigon (Pline, lib. IV, 
C 46). 

De ia situation élevée on basse. — Un autre caractère 
distinctif de quelques noms de lieux est tiré des mots Ober 
et Unter — ou Nieder — (en franc, le haut et le bas : on se 
sert aussi des adverbes oben (en haut), nnten (en bas). Dans 
l'Allemagne méridionale, surtout en Autriche, on emploie, avec 
la même signification, ob et nid. 

Ober, supérieur, élevé (voy. aussi hoeh, Hoh. ; — en op- 
position avec nnter et avec nicder) : Ober-Acker, Ober-Aesch- 
enbach, Ober-Altenheim, Oberbaum, Oberbergstrass, Ober- 
dorf, Oberfeld, Obergrund, Oberhammerstein , Oberhaus, 
Oberkirch, Obermùhl, Obermiinster, Oberseebach (ou Seebach-Ie- 
haut; vg. du B.-R.), Oberstein, Oberwald, Oberweiler, Ober- 
Wesel (Vesalia superior), Ober-Westerheim, Oberzell, etc. En 
Suisse : Oberalp (opposé à Unleralp), Obérai psee, Oberalppass 
(du lat. passus, passage de montagne, gorge, col), Obérai psslock> 
Oberbrunnen ; — Oberland (dans le Wurtemberg, entre la 
Rauhe Aip et le Bodensee), i'Oberland bernois, etc. (en oppo- 
sition avec Unterland); Obenberg, Obenbrûck, Obenhausen; 
— Ob dem Wald (au-dessus du bois) , — Oppenheim (demeure 
d'en haut) (<). Les formes up y uf, auf (sur, à. pour): Up 
spring, Aufhausen, Aufkirchen. 

(1) Ville située sur le Rhin, appelée jadis Uppenheim, mot qui 

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— 293 — 

Cher, par-dessus, au-delà, sur (lat. super, grec u^ép; angL 
upper, supérieur, haut, dessus) : Uebersee, Ueberwasser ; 
— de là le nom d'Ypres (uppre = le [canal] supérieur ; par op- 
position à une autre partie du canal qui se nomme encore 
aujourd'hui Nederinge = {Inférieur). 

tinter, au-dessous ; se joint à des noms de lieux par opposi- 
tion à Ober : Unter - Aeschenbach, Unterberg, Unterburg,. 
Unler - Kirchberg, Unter - Mùnkheim, Unter - Sleinbach, 
Unter - Westerheira, Unter - Zell, etc. ; — Unterwalden. 
(sous les forêts, au pied des forêts, lat. Subsylvania), canton 
suisse ; Untersee (lac inférieur), etc. 

Nieder, inférieur, situé au-dessous (angl. netter-, holl- 
neer) : Niederau, Niederbaum, Nieder - Bergstrasse ; etc. 
Niederbronn (v. du B.-R. qui possède des eaux minérales), 
Niederbruck (vg. du H.-R.J, Niederhausbergen (vg. du B.-R.), 
Niederbergheim (vg. du H.-R.), Nieder - Steinbach (vg. du 
B.-R.), Niedersteinbrunn (= Steinbrunn-leBas), etc.-, Neerlanden 
pour die Mederlande (les Pays-Bas) ; la province de Néricie 
(= pays-bas), en Suède, par opposition à l'Upland (= Haut- 
Pays). En Suisse, nid est une abréviation de Nieder : Nid-dem- 
Wald, partie du canton d'Underwalden qui est au-dessous du 
bois : 

Division des noms de lieux exprimée par les mots hinter 
(en plattdeutsch, achter), postérieur, qui est en arrière, et par 
Vor, devant (holl. voor) ou vorder, antérieur, de devant : 
Hinterbrùhl, Hintereisferner (Eis, glace; ferner, ultérieur),. 

a la même signification (up, en haut), mais qu'on a rattaché ait 
nom propre individuel Hupp, qui signifie «fier; vivant dans l'a- 
bondance. » V. Ubbo, P., p. 204. 

Berg-op-Zoom (élévation au-dessus du bord des marécages :. 
du holl. op t sur, au-dessus de ; zoom, bord, bordure; rivage ; ail» 
Sanm, bord, bordure). 

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— 294 — 
Hinterhausen, — holzen, — mûhle, — see; — Hinderburg, Hin- 
dèrwald ; — Hindeburg, Hindenburg, Hindfeld ; — Achlerwasser ; 
Vorarlberg, Vorau, Vorbacb, Vorbaoh-zimmern, Vorborg, 
Vorbrûck, Vorwald, Vorneck, Vorort (dans le faubourg de Ha- 
novre) ; — Forheim, Voorburg (jad. Foreburg, près de Leyde) 
peuvent, eomme Forbach et Forchheim, se rattacher à l'ancien 
foraha ou Fohre (pin) ; — Vorderbrùhl, Vorder-Hornbach» 
Vorderjoch, Vordernberg, Vorder-Schwangau , etc. ; — For- 
nés ou Veurne (de voorne ou veurne, avant), était un avant-poste 
contre les Normands. 

Quelques noms offrent l'idée de milieu [die Mit te, milieu, 
centre ; mtttel, qui est situé au milieu, qui occupe le milieu) 
et indiquent que certaines localités occupent un point central, 
qu'elles sont situées entre des montagnes, des cours d'eau, ou 
bien quelles sont situées à moitié chemin d'une hauteur. On 
trouve les formes Mitten, Mitter et, en plattdeutsch, Middel : 
Mittelbergheim, vg. du B.-R. situé sur une montagne au bas 
d'une côte et dominé par des montagnes), Miltelhausen (vg. do 
B.-R.); Mittelau, Mittelkirchen, Mittelsee. Mittelstein, Jtfittel- 
wald ; — Miltenwald , Mitterbnrg ; — Mittelwalde ; — Mid- 
delburg, etc. — Interlaken et Unterseen (unter pour le 
lat. inter, entre ; inter lacus, entre-lacs), doivent leur nom à 
leur situation entre les lacs de Brienz etdeThun, Interlachen est 
formé, par corruption, de inter, forme gauloise de la prép. irl. 
indir, idir, corn, inter, ynter, dans). 

Ant (a quelquefois le sens de contre, en face de ; grec <xvx( ; 
cfr. lat. ante) : Antfeld, Antholz; — Antwerpen. 

Une autre opposition est indiquée par les mots fern (adj. 

lointain; adv, loin), et nah, Nahe (adj. et adv. rapproché, 

voisin, près ; superl. nttchst : Fernst-Neuendorf et Nâchstneu- 

endorf ; — Ferndorf, Fern-Wûnsdorf; 

Nâchst-Wûnsdorf, Nahausen, Nàher-Memmingen, Nastetten» 



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— 295 — 
Natrup. — Quelquefois nah prend l'orthographe nau, surtout 
en Saxe : Nauendorf, Nauenheim, Nauheim, Naumburg, Naun- 
dorf, Naunhain, Naunhof, Nauroth. Dans les contrées conquises 
sur les Slaves, nau est quelquefois pour novo (nouveau) : Naugard 
pour Neuenburg. 

De quelques antres prépositions. — Quelques préposi- 
tions sont employées avec l'article : Ainsi am, pour an dem ; 
im, pour In dem ; Torm, pour vor dem ; znr et znm 
pour zn der, zn dem; et quelquefois beim, pour bel dem t 

— An der Matl (à la prairie : prov. Matt = Hatte, prairie) (<) ; 

— Ambach, Amberg, Amdorf, Ampass, Amwalde; Amberg 
(an dem Berg), Anemolter (= an dem molter; — Multhau- 
sen : de Moite, go th. mulda, angl. moula •=* Mnll, Mail, 
terre meuble, loekere Erde) ; — Imberg, 1 m broc h, Imhorst 
(In dem Hors*), 1 m rade» Imrûck ; — Indemmose (Mots, 
mousse), In dem Tobel (dans la vallée) ; Jenhorst (de gegen, 
vers, du côté de; contre) j — 11 y a un Gaganheim (v. h. ail. 
gagan, contre) ; — Vormbach, Vormberg, Vormbusch, Vorm- 
holz, Vormhagen ; — Zembùhel (= m dem Btthel) -, Zem- 
buochen ; Zermatt (zn der) ; — Zumbach, Zumhof, Zumloch, 
Zamried, Zumroda, znm See ; Zurheide ; Zurlauben (faubourg 
de Trier ou Trêves), Zurmûhle (2) ; 



(1) Dans quelques noms, an peul s'interpréter d'après l'analo- 
gie de Anhone (hauteur, élévation, éminence : an, près de) : 
Anhalt (acclivis), Anbolt (prés du bois : Holz), Anrath (près du 
défrichement). 

(2) Dans le Tyrol on trouve le village de Schopernau dont le 
nom n'est qu'âne corruption de z' obéra Au (à la prairie d'eu 
haut). 

C'est d'une façon analogue que s'est probablement formé le 
nom de Troppau, ville que les Polonais nomment Opawa d'après la 
rivière Oppa sur les bords de laquelle elle est située. Le gué près 



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— 296 — 

Beimbach, Beienbe/g, Beimhofen ; — Biedenkopf (= by den 
Kopfen = bei den Hugeln (auprès des collines), Bidorf. 

Une autre opposition très frappante est exprimée par les mots 
gross (grand) et klein (petit). Deux, localités voisines sont 
souvent, en effet, distinguées par ces deux: adjectifs : Grossburg, 
Gros-Holbach, Gros-Neudorf; Grossalbershof (Allier, peuplier 
blanc), Grossaltdorf, Gross- Arl (aigle), Gross-Arlthal, Gros- An- 
.heim , Grossbachthal , Grossglockner, Grosse-Lin de (tilleul), 
Grossenberg ; — Gross- Iena, Gross-Spiegelberg, etc. 

Mais l'idée de « grand » était aussi exprimée jadis, chez les 
Allemands, par les mois magan ou mekin (voy. Hacht, P., 
p. 443), desquels sont provenus, dans quelques noms de lieux, 
les termes main ou mein : Mainburg, Main heim ; — Meinhardt 
(p. 434), Meiningen; — Main-Bernheim (= grand Bernheim). 
Les deux plus grandes îles du groupe Orkney et Shetland se 
nomment Mainland (grande ou principale terre : angl. main, 
principal, grand) (i). 

Le même radical se présente sous la forme michel = grand : 
Michelau, Michelbach, Micheldorf, -feld, -rieth, -berg, -sladt 
et Micheln tout court; le nom de Mecklenburg (jad. Mikilinborg) 
paraît se rattacher à cet adjectif. Quelques-unes de ces localités 
peuvent avoir reçu leur nom de leur patron saint Michael. 

duquel s'élevèrent d'abord quelques maisons fut désigné par 
l'expression Zur Oppa qui devint %'r Oppa et puis Tr-oppa et 
Troppau. 

(1) D'après quelques érudits, on devrait rattacher à cet adjectif 
le nom du Main (pour Maginaha = grand fleuve), affluent du 
Rhin. Le nom du Main aurait formé celui de la ville de Mainz 
(= Mayence). Mais le nom latin Mœnus et celui de Moguntiacum 
demandent une autre origine (voy. App. T). Du reste, il est vrai 
que le nom moderne du Main se retrouve dans celui de quelques 
localités situées sur Jes bords de ce fleuve; ainsi ; Mainberg, 
Mainstockheim, etc. 



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- 297 — 

. Ragin et regin expriment aussi l'idée de « grand » et de 
« puissant » (v. P., p. 186) et ces roots prennent la forme rein : 
Reinberg, Reinheim, Reinfels, etc. Toutefois, les localités qui 
ont des noms commençant par rein et qui sont d'ailleurs situées 
auprès du Rhin, doivent ce préfixe au nom môme du fleuve : 
Reinbeck, Reinberg, Reindorf, etc. Dans d'autres noms on peut 
rattacher le rein initial à l'adjectif rein (pur, clair, limpide, net) 
ou au subst. Rain (limite; lisière; pacage). 

Klein, petit : Kleinburg, Klein dorf, Kleinglockner, Klein- 
heubach; — Klein-Hohenheim, Klein-Iena, Klein Laufenburg, 
Klein-Munchen, Kleinsee, Kleinenherg, etc. 

Pour désigner l'idée de « petitesse, » on emploie aussi le mot 
lUtzel (petit) et, en bas allemand lutken et lutgen H) : Lùtzel- 
burg (Luxemburg, v. p. 216), Lûtzelbuch (Buehe, hêtre; bois 
de hêtres), Lûtzeldorf, Lûtzelstein (la Petite-Pierre), en Alsace; 
Lutzelwioh ; — Lutkenheide, Lutkewierum ; — Liitgendorf, 
Lûtgenhof, Lulgenrode, etc. En Suisse : Liitzelau (petite île), île 
du lac de Zurich, Lûtzelfluh (petit rocher). Dans les pays slaves, 
les noms comme Liitzen, Lûlzow, Liessen, etc., se rattachent à lesso 
(bçjsde petite taille etsilué dans un terrain marécageux ; hallier). 

Noms propres exprimant les idées de « longueur, » 
de « largeur, » d' « étroltesse, » et de « rétrécissement. * 
— Lftng, long, grand, haut : Langen, Langenau, Langenbach, 
Langenberg, — briick, — dorf, — eck, — feld, — hagen, — 
hain, — heide, — hof, — holzhausen, — horn, — horst, — 
scheid, — stein, — thaï, — werk, — wiese; — Lange Reihe 
(rangée, série ; enfilade), — Langestraten, Langewang, Langfeld, 
Langheim, etc. 

(1) Ces mots dérivent de la racine qui nous a donné les dimi- 
nutifs lety lette, roitelet, osselet, fillette ; en languedocien âouselet 
(petit oiseau), ramelet, curbelet, etc. Du primitif let ou lyt pro- 
viennent aussi l'anglais little et le hollandais luttel (petit). 



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— 298 — 

Breit, large : Breite-Basch, Breifenau, Breitenbach, Breiten- 
berg, Breitenburg, — bronn, — eck, — feld, — furt, — holz, 

— lohe, — reuth, — rode, — see, — stein ; — Breitscheid ; — 
Breidenbaeh, — feld, — see, — stein -, — Bredelar ; ? Breda. 

Eus, étroit, resserré : Engen, Engerode, Enghausen, Enghien ; 

— Engstfeld ; les Enge-Gebirge (montagnes étroites). 
Sehmal, étroit : Schmale Aue (riv.), Schmaleck, Schmalen- 

becke, Schmalenberg, Sehmal kalden (sur la Schmalkalde-, kalde, 
ruisseau, fontaine ; forme de Quelle, source). 

Nous de lieux diversifiés par des adjectifs qui dési- 
gnent les couleurs (Parties). — Quatre couleurs sont sur* 
tout indiquées dans les noms de lieux : le vert, le blanc, le rouge 
et le noir. Le vert est la couleur que revêt la terre en s'al liant 
au règne végétal. Le blanc indique les idées de clarté (aell, 
blaak, leuehtend) , et le noir les idées d'obscurité (dunkel, 
finster). La couleur rouge des rochers et du terrain, la couleur 
rougeàtre des eaux ont été quelquefois prises en considération : 

Grfln, vert : Grûnau, Grùnberg, Grùnebach, Grûneberg, — 
feld, Grûnenbach, Grûne-Plan, Grûnewald, Grûne Wiesen, 
Grûnfurth, Grûnhagen, Grùnhaus, Grûnhain, Grûnhof, Grûn- 
ingen, Grûnkraut (Kraut, herbe), Grûnthal, etc.; — angl., 
green : Greenwich ; holl. groen : Groenland (terre verte), Gro- 
ningue (champ vert), etc. 

Weiss, blanc : Weisbach, Weisse-Elster, Weissenau, Weiss- 
enbach, — bad, — berg, — boni, — burg, — brunn, — dorf, 

— feld, — fels, — haus, — horn, — kirchberg, — kirchen, 

— see, — stadt, — stein, — thurn, — warte ; — Weisshdlz, 

— kirch ; — Weisweiler ; — Weisshorn est nommé, dans le 
dialecte du pays, Wysshorn (pic dont la couleur est celle de la 
neige), mot dont nous avons fait Mont Viso. En plattdeutsch, 
witten : Witten, Witlenbeck, — berg, — burg, — dorf, — 
feld, — gau, — hagen, — heim, — stein, — weiler. Mais en 



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— 299 — 

certains cas, on s'expose à faire fausse route, car witt est quel- 
quefois pour l'ancien subst. vidu (anglo-sax. vudu, ang). wood* 
bois) : Wittstock (signifie un défrichement d'un bois) (4), Wit- 
lage, Wiltelohe, Wittich, Wittmund, Wittingen ; — Wittgendorf, 
Wittgenstein, etc. 

Heil, clair, lumineux : Hellbrunn, Hellefeld, Hellenstein, 
Hellingen, Hellinghausen, Hellmuhl, Hellweg ; 

En holl. helder (transparent, propre, serein, éclatant; — 
quelquefois, ce mot est employé pour le plattdeustch heller, 
promontoire ; — helder et polder sont opposés) : Le Helder» 
ville et péninsule septentrionale de la Hollande. 

Pour les noms composés de llcht (lumineux, clair, éclairci), 
voy. p. 482. 

Blank, blanc, éclatant : Blankegau, — berg, — burg, — 
fels, — bagen, — heim, — loch, — rode, — see, — stein, — 
wald. 

Klar (lat. clams), clair, limpide, manifeste : Glarenbeck, — - 
berg, — thaï. 

Bert (voy. P., p. 466), brillant : Berthendael (= Clairval), 
Berteveld (= clairchamp), Bert hem (= claire habitation). 

Heiter, clair, transparent, serein, gai : Heiterried, Heiters- 
heim. Heiterwang; peut être aussi Heidelberg, pour Heiterberg. 
Blaa, bleu : Blau (riv. wegen der blauen Farbe des 
Wassers so genanut), Blaubauern (doit son nom à la Blau), 
Blauen, Blauenstein, Blaufelden, Blausee (petit lac du canton de 
Glaris qui doit son nom à la couleur de ses eaux), Blautopf 
(Topp, prov. pointe, sommet, cime; pour Zopf, sommet, 
cime), etc. 
Braun, brun ; Br au n au, Brauneck, Braunfels, — bof, — • 



(1) Witt est quelquefois pour wel* (éloigné) : Weitenau, 
Weilendorf, Weitingen, Weitsee. 



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— 300 — 

lage, — rode, — weiler ; — Braunsberg, Braunsdorf, etc. Quel- 
quefois, braun est pour le nom personnel Bruno, comme dans 
Braunschweig. 

Le petit lac du Gemmi se nomme Daubensee (non pas parce 
qu'il serait sourd ou stérile [taub] ou parce qu'il y aurait 
des pigeons [Tauben] , mais à cause de sa couleur brune : du 
celt. dubh, duv, noir). 

Grau, gris : — Grauenstein, Grauerried, Grauhof, Grau- 
mtihle. 

Roth, rouge : — Roth, Rothbach (petite riv. et vg. du B.-R.), 
Rotheberg, Rothe Hutte, Rothehof, Rothenacker, — berg, — 
burg, — fels, — haus, — hof, — kirchen, — statt, — stein, — 
thaï; — Rolh-Schloss ; — Rothfelden, — gau, — horn, — 
munster; — Roth-Schœnberg, Rothwasser, Rothweil.TJn Roth- 
enberg (der rothe Berg), qui doit son nom à la couleur 
rouge du sable cuivreux que l'on y trouve, porta jadis le nom de 
Wurtemberg (v. App. I), qu'il a laissé à un royaume; — Rothen- 
burg (Rougemont, Rubeus mons, vg. du H -R.), Rolhgraben 
(Graben, fossé), etc. 

Quelquefois, les adjectifsroth.blau, etc., ont trait à des objets 
coloriés on peints par l'homme, et se joignent aux mots Haus, 
Thurm, etc. : Rothkirchen, Rotbehiitte, Rothemuhle, Roth- 
warte, Rothweil, Rothenthurm (Arx ruber, tour rouge). Nous 
avons déjà vu que certains noms qui commencent ou qui finis- 
sent par roth se rattachent àReut, lieu défriché ; v. p. 4 82). 

Lan ter, clair, pur : Lauter, Lauteraach (benannt naeh 
dcm Krystalhellen Bach, Welcher hier entsprîngt), 
vg. près de Bregenz ; — Lauterbad, Lauterberg, — burg, -— 
bronn, — eck, — hofen, Lautern, Lautersberg, Laulerstein, 
Lauterthal-, — Lauterbrunnen (aux claires fontaines), vallée de 
TOberland bernois. 

Sehwarz, noir : Schwarz, Schwarzau, Schwareburg, — dorf, 



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— 301 .— 

— Schwarzenau, — berg, — burg, — feld, — fels, — môhlen, 

— raben, — stein, — thaï, — wang; — Schwarzhausen, — 
hofen, — wald, — waldau ; — Der Schwarzwald (est formé de 
forêts de sapins qui ont une couleur sombre, benannt von den 
duakelnTannwalderii, welche îhn bedecken). Schwarz- 
»horn (pic qui contraste avec le Weisshorn, etc. 

Cet adjectif désigne aussi des rivières à la couleur sombre : 
Schwarzach , — bach, Schwarze , Schwarze -Elster ; — Scbwar- 
zenbeck, Schwarzenborn ; — Schwarze-See (lac), Schwarze- 
Wasser, Schwarwasser. Schwarzenbach (l'épithèle indique que 
le ravin est obscur) (*). Neiruz et Schwarzwasser, rivières du 
canton de Fribourg, dont les noms signifient a ruisseau noir, » 
« eau noire. » 

Finster, ténébreux : Fisterbach, — berg, — wald. 

Dunkel, sombre : Dunkelhausen, Dunkelsbùhl. — De Dun- 
gauboden (■= sol de la contrée danubienne : Donau, Gau, 
Boden), les Bavarois ont fait Dunkelboden (qui 'offrirait le sens 
de o terre sombre»), nom qui désigne le pays compris entre 
Ratisbonne et le confluent de l'Isar. 

Nouveau et vieux. — Mentionnons encore deux qualités 
qui offrent aussi un contraste et qui sont exprimées par les mots 
nen (nouveau) et ail (vieux). 

Nen, nouveau, récent (lat. novus, angl. new, dan. ny). On 
a compté plus de quatre mille localités dont le nom offre l'adjec- 
tif neu : Neubau, — berg, — beuern, — burg (= château 
neuf), — bronn, — bruck, Neudorf (52 fois dans la Prusse 
seulement). Neudôrfchen, Neudôrfgen, Neudôrfel ; — Neue 
Brunn, Neue Hutte, Neueland, Neuenburg, — damm, — dorf, 

(1) Les localités qui sont près de ces cours d'eau prennent leur 
nom de celui de ces cours d'eau et elles ne l'empruntent pas à 
leur propre couleur. Ainsi Schwarzburg est situé près de la 
Schwarza. 



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— 302 — 
«— feld, — hagen, — haus, — hain, — hof, — kirchen, — 
rode, — stadt, — slein, — wald, — weg ; — Neuewerk, Neu- 
feld, — fels, — garten, — gasse, — hagen, — haus, — kirche; 
Neumarkt (plus de 30 fois), Neumûnsler, Neuschloss, Neusudl 
(= Villeneuve, Neapolis) (1). 

Alt, vieux, ancien. Ce mot est aussi très répandu ; mais pas 
autant que le précédent : Allbach, Allburg-, Altdorf, Alte Burg, 
Altehûtte, Altenau, Altenberg, Altenburg, Altenbruch, Allendorf, 
— feld, —fels, — hagen, etc. — Aldenau, Aldendorf, etc. (8). 
Dans notre Alsace, Allkirch (vieille église), Altstadt (vêtus 
villa), Altwiller. 

Dans l'Allemagne septentrionale, on emploie une forme platt- 
deutsch olden ou ollen : Oldenburg, Oldendorf, Oldenrode, 
Oldenstadt : En Hollande et en Belgique, on se sert de la forme 
oude : OuJenaarde, Oudenburgh, etc. 

Altena pourrait être pour Altenau (vieille prairie). One 
ancienne seigneurie de ce nom, située sur la rive droite de la 
Meu3e, a pris les formes Autena, Authona, Othenay et, par 
abréviation, Thenay. 

(1) L'adjectif neu prend souvent la forme neun (qui n'a rien à 
voir avec le nom de nombre neun). On dit Neundorf pour 
Neuendorf (=2 Nouveau-village), Neunheim, Neunkircben (nom 
qui n'indique pas neuf églises). Le même adjectif s'exprime 
au>si par nien ; en holl par nieuw, en scandin. parnye, en soéd. 
et en dan. par ny : Nienborg, Nienburg, Nienbagen ; — Kieu, 
wenhagen, Nieuwenhoten j Nieuwkerk (= Eglise neuve), Neindorf 
Neinstadt , Nieuwstadt ; — Nyested , Nyland (Nouvelle terre) , 
Nystad (70 fois), etc. 

(2) Altenstudt (yg. prés de Naumburg) ne signifie pas locus 
vêtus. Cette localité se nommait jadis Alabstadt (du v. b. ail. alah t 
temple). Mais comme on avait perdu le sens du préfixe primitif, 
on crut qu'il y avait là une prononciation vicieuse ; on réforma le 
nom et on en fit Altenstudt. 



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— 303 — 

Àltona, ville dont le nom vient d'un ruisseau nommé 
aujourd'hui Altenau, qui la séparait de Hamburg (<). 

Firni (jad. vieux ; cfr. fini, adv. de Tannée dernière ; f*rn, 
éloigné) : Virnenburg, Virngrund. 

Le froid et le chaud, le climat. — K*l$, froid : — Kall- 
brunn, Kaltenbach ; — brunn, — hof, ■— nordheim, — thaï ; 

— Cal d en bac h, Kaldekirchen ; — peut-êlre aussi Kaltern 
(Tyrolj; — Neukalden, Schmalkaldeh (jad. Smalacalta; v. p. 
298), sur la rivière de ce nom, laquelle reçoit en cet endroit 
laStille (calme, tranquille). — Kallenhard (en Westphalie) est 
pour Kallenhart. 

Warm, chaud : — Warmbronn, — brunn, Warme Bode, 
Warmenau, — thaï ; — Warmsdorf, — ried; 

Winter, hiver : — Winterbach, — berg, — soh! (Soble, 
Sol, maraisl ; Kônigswinter (p. 2S'5) devrait son nom à la cul- 
ture de la vigne (Wcïnbau ; — go! h. veina tria — W«»in*t©ck f 
vigne, cep de vigne) ; — cfr. Schneeberg, etc. 

Sommer, été: — Souimerauerhof, Sommerfeld, — hausen, 

— ingen, — land ; — Sommersdorf, Sornniersiedt. 

Herbst, automne: — Heibslhauspn ; — ïlervpst(= Herbst). 



(1) Ce nom est c«ltique, comme Io montre suffisamment le suf- 
fixe on (e;>u). Le nom du cours J'cau était Àllona, nom qui, pour 
être compris, fut changé en Altenau. Pour e.\pliquer le nom d'AI- 
tona, on a eu recours à une étymologie enfantine, à une réponse 
qu'un roi de Danemaick, fondateur de cette ville, aurait faite à des 
ambassacJeu/s de Hamburg. Voulant empêcher celte construction 
qui les offusquait, ces ambassadeurs ne cessaient de répéter dans 
leur harangue : Sie ist ail to na ; ce qui signifie en haut alle- 
mand : Sie ist gar zu nahe. Le roi aurait répondu qu'il ne 
pouvait pas s'empêcher de construire cette ville ; et que tout ce 
qu'il pouvait faire, pour leur être agréable, était de la nommer Al- 
loua. 

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— 304 — 

Wind, vent : — Windau, Windeck, Windsheim ; — Win- 
trop (pour Wintdorp). 

Luft, air : Luflstein (en Autriche). 

Sturm, vent impétueux, tempête : — Sturmfels ; — Storm- 
fels ; 

Ktth le, fraîcheur, frais; Kûhlenfels, Kûhlhorst, Kûhlsheim, 
Kuhlslaett. 

Nass, humide : Nassau. 

Feucht, humide — : Feucht, Feuchting, Feuchtwangen. 

Adjectifs qui expriment la beauté, l'agrément, la 
fertilité, etc. — Sehiin, beau : — Schœnau, Schœnbach, 
Schœnberg, — born, — burg, — bronn, brunn (belle source), 

— buch (forêt), — dorf -, Schœnebeck, — berg, — eck, — feld, 

— eiche ; — Schœnenbach, — berg, — walde. 

Uefo, agréable, aimable ; — Liebau ; — Liebenau, Lieben- 
berg, — burg, — eck, — feld, — griin, — scheid, — stein, — 
thaï, — walde, — zell ; - Liebsdorf, Liebsiadt, Liebthal. 

Froh, gai, joyeux : Frohsdorf. 

Releh [primit. étendu, grand, puissant), abondant, fertile; 
riche ; Reichenau (voy. p. 4 23), — bach, — berg, — born, — 
eck, — fels, — hall, — hausen, — hofen, — slein ; — walde ; 
Reichthal, etc. 

Gcll, exubérant, très gras : Geilenfelde, Geilenkirchen, Geils- 
dorf. 

Schmalz (graisse fondue, beurre) indique un terroir fertile : 
Schmalzgrub. 

Wûst (désert, inculte), voy. p. 204 

Rauh, rude, raboteux, hérissé, inculte, stérile ; — Raubacb; 

— Rauenherg, — dal, — stein, — thaï ; — Rauhe Alb (= Alp, 
hauteur), Rauhe Kopf, Rauhe Kulm , — Rauheneck, — stein, 

— zell ; — Rauherwald ; — Raulhal. 



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— 305 — 

Arg, mauvais, pauvre, trisle : Argendorf, — fels, — gau, 

— hart, — Schwang, — thaï. 

Adjectifs divers. — Ali, tout : Allenbach (rivière de tous), 
Àllendorf, Aller (rivière ; voy. App. T), Allerstaedt, etc. Quel- 
quefois allen est pour alten (Allendorf, cinq fois dans laHesse, 
Allentrop, en Wesphalie), et quelquefois pour Hallen (salines). 
A lien et elîen peuvent dériver aussi du gothique aljan (force). 

Kahl, chauve, dénudé : — Kahlenberg, Kahlwang ; — Kalen- 
berg, Kalefeld, Kalau ; — Kallenberg. 

Platt, plat, aplati : Platten, Plattenberg, — burg, — hart. 

Kramm, courbe, sinueux : — Krumbach, Krummendorf, 

— teich, Krumme See (lac), Krumme Wasser (riv.;. 
Stark, fort, gros : Starkenberg, — burg; — Starkstadt. 
Hart, dur, résistant: — Hartau, Harlburg, — feld, — hausen, 

— heim, — kirchen, — wald ; — Harlenberg, — fels, — rod, 

— stein ; — Hardehausen,Hardenberg, Harderode. 
Agréments et désagréments. — Freude, joie, conten- 
tement : Freudenbach, — berg, — eck, — stadt, — steig, — 
stein, — thaï. 

TCohl, bien : Wohlau, Wohldorf, Wohlenrode. 
' Les noms du Paradis et de l'enfer indiquent le contraste qu'offre 
un pays agréable avec une contrée agreste, sauvage, inculte. 
Ainsi, dans le R hein wald, on oppose Paradies à H6He (enfer). 
En Suisse le Hôllenlhal (vallée de l'enfer) est opposé au Himmel- 
reich (royaume du ciel). 

Les noms de nombre : — Fûnfkirchen, Siebenburgen, 
Zweibriicken ; — Hundhoven (pour hundert, cent), etc. 

1-es sentiments que ion éprouve ont produit les noms 
modernes suivants : Gewissensrnhe (paix de la conscience : 
Gewissen, conscience; Ruhe, tranquillité ; sentiment supé- 
rieur à celui qu'exprime le mot Sans-souci), Freudenfeuer 



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— 306 — 

(feu de joie), Schone Anssicht (belle vue, beau point de vue), 
Gutentag (bon jour-, en polonais Dobrodcyn), etc. 

Par contre, certaines localités ont été nommées : In der Note 
(dans le besoin, dans la misère), Geschrei (cris, lamentations), 
Nesselgraben (fossé d'orties), etc. 

Des colons allemands ont bâti, en Hongrie ou en Serbie, un 
village auquel ils ont donné le nom de tviibeswetter (temps 
nébuleux : Triifo, nuageux ; — Wetter, temps, mauvais 
temps \ Arrivés sans doute pendant la mauvaise saison, ces 
émigrants ont voulu perpétuer le souvenir de leur mécompte. 

Du côté de la Baltique, les noms du dernier village prussien 
et du premier village russe caractérisent très bien le peuple 
tudesque : le premier se nomme Nimmersatt (jamais rassasié); 
et le second : immersatt (Toujours soûl : satt, rassasié, repu - r 
cfr. lat. satur; sat, salis). 

Noms de la géographie d'un pays transportés par 
les émigi-ants dans d'autres contrées. — Les émigrants- 
aiment à retrouver dans leur nouveau séjour des noms qui 
rappellent la patrie absente. Ils imposent donc à des lieux, 
nouveaux pour eux, les noms des lieux où s'est écoulée leur 
enfance, où ils ont laissé des parents et des amis - La Nouvelle- 
Orléans (New Orléans), le Maine (France et Etats-Unis), Ro- 
chesler (Ançlet. et Amérique), CaMhagene (Espagne et Colom- 
bie), etc. 

Les colons allemands qui se répandent dans la Crimée ont 
fondé Neusatz, Friedenthal, Heilbronn, Kronenihal. En Bosnie* 
une colonie de Hanovriens s'est donné le nom de Windhorst. 
Des colons Suisses, établis sur les bords de la Wolga, ont fondé 
Schaffhausen, Basel, Zurich, Luzern, Unterwalden. 



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— 307 — 



APPENDICES 



âpp. A. —Promenade dans la Suisse saxonne.— Utilité 
de la connaissance étymologique des noms géographiques, démon- 
trée par un simple coup d' œil jeté sur la Suisse saxonne. — La 
Suisse saxonne est un pays très pittoresque : la nature y à pris 
une physionomie quelquefois bizarre. De nombreux, rochers, 
par exemple, imitent la forme de quelque animal, et offrent 
aux regards comme une espèce de ménagerie en pierre. De sorte 
que l'analyse «les dénominations données aux montagnes, aux 
rochers, aux gorges et aux localités qu'on y trouve, ne saurait 
être que très utile pour la connaissance de la langue 
allemande. Cette contrée s'étend à la droite et à la gauche 
de l'Elbe (= courant), de Pilnitz (cfr. Polnitz : en sorabe 
poU en tchèque pUl, en polonais pôl, moitié, mirieu ; ville du 
milieu -, — ou du polonais pôle, champ ; champs ; campagne ; v 
polny (champêtre), à Hermsdorf (vg. de Jérôme, F., p. 42), et * 
depuis Falkenberg (mont du faucon) et Hochwald (bois haut) 
jusqu'à Hollendorf (vg. creusé, cave: hohl). On y voit le 
Liebethaler-Grund (gorge profonde du Val d'amour : Liebe, 
Thaï, Grand) ; les villages de Liebethal et de MUhlsdorf (vg. 
du moulin : Manie ; ou plutôt, car la lettre s ne saurait indi- 
quer ici un génitif, yg. du terrain meuble : Mail, Mail, terra 



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— 308 — 

meuble, légère ; poussière, génit. Mail [e] s ; ou vg. du rouget- 
barbet: Mull); la Teufelskiiche (cuisine du diable-, caverne 
profonde et noire où, en temps de guerre, les habitants de la 
vallée cachaient leurs meubles et leurs objets précieux.) ; le vil- 
lage de Vogelsang (chant des oiseaux : Vogelgesang ; Sang, 
vieux et poét. chant), dominé par un roc qui s'avance en pointe 
et qu'on nomme Kaisers ou KVnigs-Nase (le nez de l'empereur 
ou du roi), parce qu'il figure un nez gigantesque ; le Ba&tlon 
(montagne), les rochers nommés le BUrstein (rocher de Tours), 
le Ktinigstein (r. du roi), le LiHenstein (r. du lis ou des lis : 
Lille ; LiHenstein, [miner.] l'encrinite fossile), surpassés par 
le Kuppelberg (Kuppel, dôme, coupole) et le Zschirnstein (du 
slave tscherno, noir-, ou du Zirnenbaum, lecerre, lat. cerrusf 
— ? ou de Schlrn, étal; boucherie), et plus loin, dans la 
Bohême, le Schneeberg (p. 34) et le Satlelberg (p. 58) ; puis, le 
Winterberg (m. de l'hiver) et, dans le lointain, le Rosenberg (m. 
des roses; voy . celt. ros) ; le château et la ville de Hohenstein ; das 
Kanapee (le canapé), rocher que la nature a taillé en forme de 
banc ; des rochers nommés die Kleine Gans (la petite oie) et la 
Grosse Gans (grande oie) ; YAmseUGrund (vallée des merles) 
que traverse le Griinbach (ruisseau vert), et, à côté des deux 
oies qui allongent le cou, la Dachsenhoehle caverne, gorge du 
blaireau (Daehs ; Hohie, caverne, grotte), YAmselstein (pierre 
du merle) ef Y Amselloch (trou du merle). D'an autre côté, le 
Diebskeller (le cellier, la cave, le creux, le souterrain des vo- 
leur : Dieb) ; le Hockstein ou Hakstein (Haken, anglo-sax. 
hoc, angl. hook, slav. hak, croc, crochet), où l'on voit des cro- 
chets en fer auxquels les habitants du château attachaient des 
cordes, dont ils se servaient pour descendre des paniers que les 
habitants de la vallée remplissaient de provisions; le Brand 
rocher sur lequel était un bois qui fut consumé par un incen- 
die : Brand, embrasement; — ou plutôt du celt. [irland. bran* 



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— 309 — 

noir; irt. brann, gaél. brann, brainn, charbon enflammé}, le 
Rosenstein, le Schuartzbach (ruisseau noir), la ville de Schan- 
dau (pré de honte, d'ignominie : Schande ; Au), au nord de 
laquelle est la montagne de Kieferichl (Kiefer, sapin, pinastre ; 
icht, suffixe qui a le sens de ich et qui, joint à un nom de 
plante , indique un endroit où cette plante croît en abon" 
dance), dans un pays couvert d'épaisses forêt de pins; la 
Karlsruhe (Ruhe, repos, lieu de repos, retraite de Charles), le 
Rabenstein (rocher, montagne des corbeaux : Rabe) ; le KUnig- 
stein (rocher du roi), le Papststein (rocher du pape : Papst), 
la Kroatenschlucht \ localité qui, pendant la guerre de Sept Ans, 
servit de refuge aux Croates : Sehlucht, ravin, gorge, défilé), 
le Hollethal (val. d'enfer : Hoile) qui se prolonge jusqu'au 
Birkenberg (Birke, bouleau}; la Haidemûhl (moulin des 
païens : der Heide, païen; die Heide, bruyère); le Kuhstall 
(étable des vaches : Kuh, Stall, étable ; Kuhstall, vacherie), 
voûte immense où les paysans, pendant la guerre, se réfugiaient 
avec leurs bestiaux ; le Schneiderloch (trou du tailleur : Schnei- 
der, Loch) ; le Pfaffenloch (trou du prêtre : Pfafff, prêtre, 
lat. papa; mot qui est détourné de sa signification première, 
F., v. p. 85), les Speichenhoerner (cornes des rais : Spei««he, 
rais, rayons ; Speïchenartig, qui ressemble à un rais, disposé 
comme les rayons d'une roue: Horn, corne; pointe); le Lan- 
ges Horn (longue corne : lang), YAffenstein (rocher des singes : 
Àffe, singe); la Hoheliebe (grand amour); le Hahneberg (mon- 
tagne du coq : Hahn) ; le Tiefegrund, une des plus profondes 
(fief, profond -, Tiefe, profondeur) vallées (Grand, fond, ter- 
rain bas, ravin, vallée, gorge) de la Suisse saxonne -, les Baer- 
fangwaenden (aux pentes de la capture de Tours : Bar ; Fang, 
prise, saisie, capture; Wan«i, mur; versant; côte, pente 
(d'une montagne), le Schrammstein (die Se h ranime, bas sax. 
schramm, éraflure, écorchure; F., p. 184), traversé par une large- 



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— 310 — 

crevasse; le Rauschenschloss (château du bruissement : dos 
Ranseben, murmure, mugissement, gazouillement; Senloss), 
la Dierwand (le coteau de la bière: Bier), le Butterweck (le 
pain de beurre : Butter ; Week, coin -, petit pain blanc de 
fine farine en forme de coin), le Mittagstein (rocher du midi), 
qui sert de cadran solaire aux habitants situés de l'autre côté de 
l'Elbe; le Schrammthor (porte de la crevasse), étroite gorge; le 
Teichstein le rocher de l'étang (Teieh), où se trouvait jadis an 
bassin avec du poisson ; le Goldstein dont les- flancs sont couverts 
d'une espèce de lichen couleur d'or (Gold); la vallée du Ha- 
bleht (autour) -, le Wildenstein (Wild, sauvage, inculte), la 
Reissers - Hoehle (Reisser, traceur; dessinateur; fendoir-, 
Hohle, cavité, caverne, grotte), voûte qui s'avance sur la val- 
lée; YAltarstein (rocher-autel) où les paysans, pendant les an- 
nées 4 630 et 4 640, se réunissaient pour prier Dieu; YHunds- 
kirche (église du chien : Kirche; Hund), le Niedergrund 
( vallée inférieure ) et YObergrund ( vallée supérieure ) ; le 
Josephsbad (bain de Joseph) où il y a des bains et le château 
de Schlossberg (mont du châxeau) ; le Schreckenstein (roc de 
l'effroi, de l'épouvante : Schrecken), le Kanzelstein, qui a la 
forme d'une chaire à prêcher (Kanzel), le Diebsgrilndel (vallon 
des voleurs), le Napoleonstein, rocher où, en 4 81*, s'assit le 
grand capitaine; la plaine de Lilienstein où l'armée prussienne» 
commandée par le général Fink (pinson), fut forcée, par la 
faute du grand Frédéric, de se rendre aux Autrichiens ; le Jung- 
fersprung (saut de la Vierge : Jimgîer, conlract. de Jungfraw 
[littéral, jeune femme], demoiselle, (ille; vierge; Sprung, saut, 
bond), montagne du haut de laquelle, pendant la guerre avec 
les Suédois, une jeune fille, poursuivie par des soldats, s'élança 
dans un précipice ; le Nonnenstein (rocher de la religieuse), ofc 
une religieuse avait coutume de faire sa prière ; Sonnenberg 
(mont du soleil : Sonne), aujourd'hui asile d'aliénés ; Hirsch- 



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— 311 

stein (rocher du cerf), TepHtz (v. p. 110), célèbre par ses sources 
d'eau minérale, découvertes par des porcs qui les trouvant trop 
chaudes firent entendre des grognements; Mariaschein (rayon- 
nement, apparition de Marie: Scliein, clarté, lueur; rayonne- 
ment), où de nombreux, pèlerins vont déposer leurs prières au 
pied de la statue de la Vierge), Carlsbad (bain de Charles), 
source d'eau chaude découverte par un chien qui poursuivait un 
cerf et qui roula dans cette source ; la* petite rivière de Tepel 
(v. p. 110), traverse Carlsbad; la source de Sprudel (bouil- 
lonnement, jaillissement), surnommée la reine des eaux, de 
l'Allemagne; le Hirschensprung (saut du cerf), Maria-Kulm, 
monastère situé sur la cime (Kaloj, provinc. sommet ; lat. 
culmen) ; Marienbad (bain de Marie) ; le Scharfenberg (seliarf , 
aigu, acéré; abrupte, escarpé), etc., etc. 

App. B. — Le nom dé Habsbourg. — Ce nom a été tra- 
duit par Peculu castrum (de Habe, avoir, bien, fortune), et 
Ton a dit que le château d'Argovie, bâti par Radbod (vers 1 020), 
avait été ainsi nommé parce que l'évêque Wernher de Slrassbourg 
avait écrit à ce prince : Er set gesinnt, sein Hab' und Gut 
allda als in einer starcken — sicheren Hab in Ntithen zu bewah- 
ren. D'autres étymologisles ont eu recours au mot Haupt (tête ; 
chef; cirne-, — principal). Mais ce nom vient des autours (von 
de a Habichten) qui avaient fait donner au château d'où sortit 
Rodolphe, élu empereur en 1Î73, le nom de Habchburg ou 
Habicfytsburg (fort de l'autour ; — en suisse habch = der Ha- 
bieht, l'autour). Celte étymologie est fondée sur la prononcia- 
tion du nom de Habsbourg par les paysans de l'Helvétie, et 
• Leibnitz nous apprend, dans le passage suivant, que l'empereur 
Maximilien fut heureux de retrouver dans leur bouche le vrai 
nom de sa dynastie : Sagt man, es habe dem Kaiser 
Maximilian dem I. einsmnhls sonoerlich wonl gefal- 



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— 312 — 

len, als er ans de» Ausspraehe der Schweitzer ver- 
no mmen, dass Habsburg iiichts anders als Hablchfs- 
bnrg sagen wolle. Colle ctarxea etymologica, tom. VI.) 

App. G. -7- Le nom de Potsdam. — On pourrait voir dans 
ce nom les mots allemands Damna (digue, chaussée), der Pott 
(le pot), Potz (exclamation), Putsch (en souabe, petit coup 
avec la main), Patz (parure, toilette, ajustement) ou der Buts 
(extrémité arrondie; bout ; sommet de quelque chose). 

Mais il faut recourir à l'orthographe primitive du nom de 
Potsdam qui, seule, nous en indiquera la vraie signification. Or, 
il est facile de voir que la forme ancienne de ce nom n'offre pas 
de racines allemandes. Cette ville, située dans une île, a un nom 
slave. Potsdam (slave Potstupimi, Potsdupimi, Pozdupimi, Poz- 
dumbini) signifie « sous les chênes » (domb et dub, chêne ; mot 
que Ton trouve dans les noms de lieux : Dam m [jad. Damba], 
Dauben, Daubitz, etc). Cette ville, qui fut d'abord un village de 
pêcheurs wendes, possède un palais royal qui lui a fait donner 
le surnom de das preusslsehe Versailles. 

App. D. — L>e nom de Strassbourg. — Le nom tudesco- 
latin Stratœ-burg, Strateburgum (--- Strass-burg) a le sens de 
« forteresse du chemin ou du passage » (strata [via\-, cfr. lat. 
stratum [route foulée, pavée], ital. strada, angl. street). Il est 
vrai, du reste, que cette patriotique cité, qui a été soumise à de 
si cruelles épreuves, fut souvent le grand chemin des invasions 
des barbares (Allemands ou Huns). 

Toutefois, le premier élément du nom de Strat-burg pourrait 
avoir conservé le nom celtique d'un fort qui était situé non 
loin de l'ancienne Argentoratum. En effet, dans divers noms de 
lieux de l'Ecosse, strath offre le comique et l'écossais slrath 
(gaéi. et iriand. srath) qui signifie vallée de montagne, le fond 



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— 313 — 

d'une vallée, contrée basse à travers laquelle coule une rivière, 
la partie basse d'un pays, par opposition à la partie montagneuse. 
En irlandais, strath signifie aussi « district, canton. » Ainsi, 
l'expresssion stradbally signifie forteresse de la vallée, de la 
plaine, du district. En breton, ystrad signifie aussi une longue 
et large vallée, qui prend généralement son nom d'une rivière 
qui la traverse. Cfr. en Angleterre Stralhaven ou Straven, 
Strathavon (la vallée de l'eau ou de l'A von : aven = avon), 
Strathclyde (la vallée de la Clyde), Strathdon (la vallée du 
Don, etc.; — Stratford (le gué de la vallée ; — en Ecosse Strath- 
more (la grande vallée], etc. 

Le nom de Strat burg pourrit aussi offrir un composé celtico- 
tudesque et signifier « la forteresse de la vallée » [de l'Ill]. 

Cette signification se rapprocherait de celle que nous offre le 
nom d'Argentoratum (ar, près de; gwent, en gallois, région 
belle et ouverte, belle campagne : de gwen, blanc, beau ; cfr. 
l'irlandais rath (forteresse, ville). 

Le terme argento se retrouve aussi dans Argento-varia (autre 
ville de l'Alsace), et Argento-magus (Argenton). D'un autre côté, 
arganto et argento ont signifié « brillant, blanc, » puis, « ar- 
gent. » En s'arrêta nt à ce dernier sens, plus récent, secondaire et 
dérivé du mot argento, on a donné à Strassbourg les noms 
d'Argentina et de Silberthal (vallée de l'argent), et l'on a supposé 
que cette ville avait été ainsi nommée parce que les Romains y 
avaient un bureau général des recettes ou des impôts. 

Du reste, les Celtes avaient aussi un équivalent de strat (che- 
min). En bas breton streat, stread signifient rue, chemin étroit. 
Eerstrat peut se traduire par « ville du chemin. » 

App. E. — Les noms de Berne et de Berlin. — Pour 
justifier l'étymologie qui rattache le nom de Berne au mot BEr 
(ours), on raconte que Berchthold Y, duc de Zàhringen, ayant 



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— 3U — 

ordonné une chasse dans cette localité, eut la pensée de donner 
à la ville qu'il se proposait de fonder, le nom de la première 
bète qui fut tuée. Ce fut un ours (B&r) que Ton prit. On mon- 
tre encore au-dessus de Klostcrlein, dans la muraille du cime- 
tière, une pierre où sont gravés ces mots : Hier der BUr fang 
(ici, l'ours fut pris). Hier erst BUr fang (ici on a pris le pre- 
mier ours). Selon d'autres, l'inscription porte : Ersl bàr hier 
fam. Il est possible que cet endroit fut, à une certaine époque, 
peuplé d'ours (BUren), et que l'on ait commencé par leur donner 
la chasse afin de l'occuper. Quoiqu'il en soit, les armes du can- 
ton ont conservé le souvenir de l'ours, et l'on peut dire que 
Berne est possédée de l'idolâtrie de Tours : on en a mis partout. 
Contentons-nous de mentionner l'ours qui figure dans les armoi- 
ries du canton et les ours vivants qu'on entretient dans les 
fossés de la ville. 

Nous pouvons croire, toutefois, que le nom de Berne repré- 
sente une forme d'un radical bien connu, brenn, 6ryn, brun, 
bron> burn, byrn et bern (suivant les dialectes), et qui signifie 
éminence, hauteur, sommet élevé, supérieur, chef (armor. bernn, 
monceau, tas ; bernn mein, monceau de pierre (Voy. App. L). 
Ainsi, en Belgique, Bergheim (demeure de montagne) est 
nommé, en wallon. Bernes, c'est-à-dire « habitation de la mon- 
tagne » (es r- Haus). 

Dans ce cas, Berne pourrait tirer son nom de sa situation sur 
une colline. La partie septentrionale de la ville se nomme ïm 
Sack (p. Zacke, pointe; saillie anguleuse), et la pointe, où la 
rivière forme un angle aigu, se nomme Niedeck (le coin infé- 
rieur, bas : Klrder, bas, inférieur). Cette colline, qui constitue 
une presqu'île, formée par l'Aar, offre toutes les conditions 
exigées pour un oppidum celtique. 

En Cornouaiile, on trouve Bern -Stable (angl. stable, écurie, 
étable). Dans leNorlhumberland, étaient les Bernici dont le nom 



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— 315 — 

rappelle le mot breton brynaich (montagnards). Le mot celtique 
bern ou vern est conservé clans le nom de l'Auvergne : Ar- 
vernia (en breton, bern, amas, monceau, tas, pile). 

Perf, jadis Pernaffa, est une localité allemande dont le nom 
signifie «eau de montagne » \aha, cours d'eau] et ne saurait se 
traduire par BUrenbacli ou BUrenfluss. Bârenkopf nous 
offre deux mois ayant le môme sens : l'un celtique {bern, 
brenn, tête, chef, sommet) et l'autre allemand. 

Quelques mots dans la composition desquels entre l'élément 
bern ou vern peuvent se rapporter à l'irlandais bearna (fente, 
crevasse, trou) ou au roman bern, vern (aune-, — F., p. 344;. 
Voyez aussi bern, varn, vuarn, gurn, formes celtiques et tudes- 
ques représentées dans l'allemand wehrrn (défendre, repousser) 
et que nous avons indiquées aux Prénoms (p. 41). Mentionnons 
aussi le celtique feoran (prairie), de fear (gras). Vérone a été 
transformé en Uern par les chroniqueurs tudesques du moyen- 
âge. 

Borns, dans la Lorraine dite allemande, offre une déformation 
du français Daurains. Ce dernier nom rappelle l'ancien Belrain 
(du ce! t. bail [villej, bail [fortification ; — cfr. Bullvterk, rem- 
pari, boulevard], et rann, rinn, roinn, reun, run, motilagne). 

Le nom de Berlin. — On a aussi rattaché à BUr le nom 
de Berolinum, auj. Berlin. Mais, quoique celte ville soil censée 
avoir eu pour fondateur Albert l'Ours, et qu'elle ait un Ours 
dans ses armoiries, il n'en est pas moins probable que cette 
localité a dû son nom à des habitants qui ont précédé dans toute 
la contrée les hordes tudesques et wendes ; nous voulons parler 
des Celtes qui étaient connus des Grecs sous le nom d'Hyper- 
boréens el qui faisaient le commerce de l'ambre de la Baltique. 

Il peut se faire que Berlin, jadis capitale de l'Uckermark (1), 

(1) Ucker a le sens de frontière et les Allemands lui ont con- 

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— 346 — 

doive son non à une digue qui avait pour but de retenir, selon 
les besoins, les eaux de la Sprée. Ces sortes d'ouvrages étaient 
appelés bœr et berlin. On croit que cette digue fut construite 
par les colons des Pays-Bas et des bords du Rhin que le mar- 
grave Albert TOurs transplanta en cet endroit. Le mot bar ou 
berlin signifiait une chaussée, un barrage qui servait à retenir 
l'eau nécessaire pour la pêche et plus tard pour les moulins (4). 
On voit encore à Berlin de semblables BUre ou bâtard eaux, et 
Ton croit que le Hahlendamm (digue du moulin) marque le 
premier emplacement de Berlin (2). 

Toutefois, les Berlinois sont persuadés que leur ville doit son 
nom au markgraf Albert l'Ours (der Bar), qui fut son fonda- 
teur, ou qui du moins l'agrandit et l'entoura de murs. Les 
Guides des voyageurs et les armes de la ville qui offrent un ours 
noir, ne laisseraient aucun doute à ce sujet : le nom de Berlin 
se rattache à Albert l'Ours (an Albert tien BUren). 

Mais cette étymologie n'est pas plus fondée que celle qui a 
recours au bas ail. berlin (KIHne Perle). 

Quelques élymologistes prétendent que le nom de Berlin est 
vende et qu'il signifie un lieu de refuge. Ainsi, d'après Zwahr, 
le nom de«Berlin, en wende, est Barlin, mot qui signifie un lieu 
d'asile, une ville libre (Wend. Wbrterbuch). Dans ce cas, ce 
nom serait tout aussi bien celtique, car bar, en celtique, signifie 
« lieu fortifié » (p. 209), et Berlin désignerait une « petite for- 

serve cette signification par l'adjonction de Narck- Cfr. CJckersee 
(lac de la frontière), Ukraine; krain, crain, en slave, frontière. La 
préposition u signifie ad, in. 

(1) Voy., pour la signification de bar, la page 209. 

(2) On sait, du reste, qu'il y a, dans le Holstein, un village 
nommé Berlin, et que, à Halle, deux localités se nomment le 
grand Berlin (der grote ou grosse Berlin) et le petit Berlin (der 
lùtke ou kleine Berlin). Dans la Neumark, trois localités por- 
tent le nom de Berlinchcn (dimin. de Berlin). 



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— 317 — 

teresse. » Celle étymologie reviendrait à celle qui raltache le 
nom de celle ville à Werl (— Werder = Flussinsel), car 
Werl paraît n'être qu'une forme de bar (p. 24 0). Dans ce cas, 
le mot Berlin aurait trait à Pile qu'entourent les eaux de la 
Sprée ou à un bâtardeau, peut-être le Mùhlendamm (chaussée 
des moulins : Mfihle, Damm) qui doit son nom à des moulins 
situés du côté de Berlin. 

D'autres écrivains ayant remarqué que Berlin est située dans 
un terrain sablonneux, ont rattaché ce nom à berle qui, en 
wende, signifiait « terre inculte. » On a eu aussi recours à un 
mot wende qui signifierait « terre argileuse » (Lehmboden) ou 
même un lieu dédouane (eine ZolI> latte). 

Il n'était pas possible de ne pas recourir à un nommé Berla, 
fondateur de la ville (der von ci ne m «ewissen Berla 
gegriindele Ort, oder bese->*ene Platz, Gut). Le nom de 
Berla se rattacherait du reste au slave, et le D* Beyersdorf nous 
laisse le soin de décider si Berla> Braîa doit désigner den 
Sammler, Zubringer, ErnUhrer, Herrn, oder den Dieb, 
Itauber, TVehtner, ForttrSger (das Âusland, 4 873). 

La mythologie n'a pas non plus été oubliée. On a songé aux 
villes Beraun, Berun, qui rappellent le souvenir du dieu slave 
Perun. 

D'après Ebel, le mot Berlin désigna d'abord l'endroit où Ton 
menait paître les oies, le GUnsewerder (prairie aux oies : G an s, 
oie). Ce pâtis communal aurait reçu le nom de Berlin, et ce 
nom serait dérivé de pero (plume, en slave) et aurait signifié « le 
lieu de la gent emplumée. » 

Killich propose une éiymologie plus complète. Il dérive ce 
nom de pero (plume) et de lin qu'il rattache au slave linatj, se 
dépouiller, muer (si eh entsehalen, mausern), de sorte que 
perlin signifierait un « lieu où les bêtes à plume muent » (Feder- 
verlierpiatz, Dfauserplafz, un lieu an dem sien das 



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— 348 — 

Federv&éh mausert). Mais on a objecté que celte combinai- 
son répugne à la langue slave. 

Vilovski propose une autre étymologie slave. Trouvant que 
bar, bar a, brljina, en slave, signifie « un bourbier » (eia 
Pfulil), une mare, et supposant que jadis la Sprée a dû former, 
en ce lieu, un marécage, il pense que de brljina on a fait 
berljina et Berlin (Wanderer, 4 872). Celte élymologie ne nous 
paraît pas improbable. 

Nous admettrons volontiers que l'emplacement de Berlin était 
jadis marécageux et qu'il devint plus tard une prairie. Or, pré- 
cisément, ce trait caractéristique est indiqué par un mot celtique 
bien connu (linn, marais). Le gcographeVallemand H. A. Daniel 
indique lui-même une élymologie celtique du mot Berlin, dans 
laquelle il découvre les deux éléments ber (petit) et lyn Jac(t). 
Le préfixe ber, peut, en effet; se rattacher au gaél. bearr et au 
gallois ber (court). Mais on peut tout aussi bien le dériver de 
bar (p. MO) et admettre que Berlin signifie le « marais [la par- 
tie marécageuse qui constitua le Gânse\vej*der et ce que l'on a 
nommé « je Berlin »] de la forteresse» ou « du bâlardeau. » La 
construction celtique permettrait au^si de traduire Berlin par 
«forteresse du marais. » 

La capitale des Prussiens porterait donc un nom celtique. 
Nous n'ignorons pas que l'on repousse, à ce sujet, les élymologies 
celtiques, parce que, dit-on, les Celles n'ont jamais habité dans 
ce pays. Mais nous savons aussi que celte opinion n'est fondée 
que sur une conception tout à fait fausse de la géographie et dé 
l'ethnographie de la Germanie ancienne. 

La partie qu'on 'peut justement regarder comme la plus an- 

i 1 ) DUchte m an an eine Ableitung ans dem CelttscheB, 
so bedeutet ber klcin, kurz, und lyn See. [Deutschland, 

tom. H, p. 427.) 



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cienne de Berlin est celle que deux bras de la Sprée entourent 
et qui comprend l'île nommée Kblln ou Koeln qui prit le nom dis 
Koeln an der Sprée (Cologne-sur-la-Sprée), pour la distinguer 
de CtSln ou Kbln (abréviation de Colonia Agrippina) sur le 
Rhitf. 

La berlinoise Rôln devrait son nom aux colons chrétiens 
qu'Albert l'Ours fit venir des bords du Rhin, de la Flandre et de 
la Hollande. Le fait de l'établissement de ces colons à Berlin 
est certain. Toutefois, on a rattaché au slave le nom de Kôîn. Oh» 
dit, en effet, que ce lieu était peuplé de pêcheurs wendes, lesquels. 
avaient nommé cet endroit Kolne, Kollen, ou, comme on écrit 
encore aujourd'hui, Ktilln, mot qui a le sens a d'exhaussement, » 
d'élévation formée dans un terrain marécageux, et qui correspond 
à l'idée exprimée par le mot Pfahl (pilotis). Ce nom indiquerait 
que les premières habitations de ce qui forme l'île de la Sprée, 
furent des Pfahlhauser ou des cabanes analogues à celles que 
Ton a nommées « habitations lacustres. » 

App. F. — Changements de noms amenés par l'inin- 
telligence des noms originaux ; — étymologies fantai- 
sistes, calembonrgs. — Le désir de trouver un sens à des 
noms incompris occasionne souvent de curieuses transformations 
de ces noms. Ainsi, à Paris, l'ancienne rue aux Ouè's, habitée 
de temps immémorial par les rôtisseurs d'oies, en vieux langage 
asoues, est devenue, par la plus absurde et ta plus facile des al- 
térations, la rue aux Ours, et les plaisants de la période de 4 830 
à 4848, y- plaçaient l'état- major des bonnets à poil de la ci-de- 
vant garde nationale (I). Les rues du Grand Hurleur et du Petit 

(1) Cette rue est située à deux pas du Conservatoire des Arts 
et Métiers, qui était autrefois l'abbaye de Saint-Martin. La fête 
du grand évoque de Tours tombe à l'époque où les oies sauvages 
se mettent en marche pour gagner des climats plus chauds, et à 

as 



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Hurleur se nommaient jadis Heu-Leu (Hugues-Loup : on disait 
jadis Heu pour Hugues, et leu pour loup ; — on trouve Heu 
Leu, dans des actes, pour Hugues Loup : — peut-être avait-on 
donné d'abord à cette rue le nom de huche-leu; en vieux franc. 
hucher signifiait crier, et le nom de ht rue pouvait signifier rue 
du « loup qui crie » ou plutôt de celui qui crie au loup). 

Quelquefois, guidé par de simples assonnances, le peuple in- 
troduit dans les noms propres des changements tout aussi inat- 
tendus. C'est ainsi qu'on a appelé rue des Jeûneurs la rue des 
Jeux neufs,- rue Gît-le-Cœur la rue GiHes-Cœur (ou Gilles- 
Queux, Gilles-le-cuisinier : queux, en vieux langage signifiait : 
cuisinier, lat. œquus). 

Tout récemment, en 1878, la rue d'Enfer (via infera, voie 
inférieure, par opposition à la rue Saint-Jacques qui aurait porté 
anciennement le nom de via superior) (4) a été transformée en 
rue Denfert-Rochereau, en grattant l'apostrophe de l'ancien nom 

la même époque les oies domestiques commencent à être grasses 
et bonnes à manger. Ce rapprochement a suffi pour unir étroitement 
l'oie à l'illustre thaumaturge des Gaules. De là provient aussi 
la légende allemande et la célèbre image dans laquelle saint Mar- 
tin est représenté environné d'oies qui forment autoui de sa tête 
une auréole vivante. A Paiis, à l'époque de la fête du saint, les 
pèlerins allaient prendre leur repas chez les rôtisseurs qui s'étaient 
établis dans une rue qui avait pris le nom de rue aux Oues (oies) 
et que les latinistes désignaient sous le nom de vicus ubi coquun- 
tur anserea. 

(1) Quelques étymologistes croient que le nom d'enfer provenait 
du palais de Vauvert qui, ayant été longtemps abandonné, se 
trouva aa xm* siècle, d'après la croyance populaire, occupé par des 
revenants, par des diables. Il faut remarquer toutefois que cette 
rue commençait à l'extrémité sud de la rue nommée plus tard de la. 
Harpe, à l'endroit où se trouvait la porte d'Enfer, désignée par les 
noms de Hostium ferti, Hostium ferri, Porta infemi, Porta ferri. 
Jaillot croit qu'elle a dû être appelée Porte de fer. Il ne serait pas 



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— 32* — 

et en y ajoutant un t (*)• Chemin faisant, nous rencontrons 
une autre altération de noms gui n'a pas coûté tant de peine que 1 
la précédente, rue Française au lieu de rue Françoise, nommée 
ainsi en l'honneur de François I er , qui en ordonna le percement. 
C'est aussi d'après le même procédé, qu'on a imaginé un Vitry- 
le-Français, qui ferait songer à un Vitry-V Allemand; tandis 
que cette ville avait tout simplement ajouté à son nom celui du 
roi qui avait été son bienfaiteur. 

Le nom du Ranelagh, Lien connu à Paris, est prononcé 
comme s'il offrait un mot allemand (Rennlag ; — qu'on croirait 
dérivé de rennen, courir ; ou de Renn =f Rennthier, renne* 
et de Lage [lieu où une chose est placée], situation, position ; 
site; gisement), tandis qu'il dérive du nom de Raghnallach, 
propriété d'un Irlandais (lord Ranelagh, Raghnall ; irl. lagh, 
colline), dans laquelle on avait établi un bal public. 

On en arrive ainsi à faire des jeux de mots et à tourner les 

étonnant, en effet, qu'on eût dit « porte d'en fer » et que la rue ait 
pris le nom de celte porte qui reçut, à la fin du xiv e siècle, le nom 
de porte Saint-Michel. 

(1) En 1878, on a vu comment de bonnes gens expliquent à leur 
manière les plaques indicatrices des rues. Deux, hommes ont été 
appelés en témoignage devant le juge d'instruction. — Où demeu- 
rez-vous? interroge le magistrat. — Rue de l'Araignée. — Pre- 
mier étonnement du juge qui néanmoins poursuit : — Et vous ? 
— Rue Charlevay. — Second étonnement du magistrat qui reprend 
avec sévérité : — Il n'existe à Paris aucune rue portant ces noms- 
là. Vous voulez en imposer à la justice! 

Les témoins se confondent en protestations. Enfin, au bout de 
dix minutes et de déduction en déduction, tout s'explique : l'un 
habitait la rue de la Reynie et, comme pour lui ce nom n'avait pas 
do* sens, il l'avait intréprété comme étant l'orthographe naturelle de 
l'araignée ; l'autre logeait rue Charles V, qu'il prononçait rue 
Charlevay, parce qu'il ignorait les mystères des chiffres romains et 
qu'il prenait le chiffre V pour la lettre v. 



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— 322 — 

noms de lieax en calembourgs. C'est d'après ce procédé, que, 
en Algérie, Tipaza est devenu Petit-Bazar. Les étymologistes ont 
souvent eu recours au même moyen pour trouver une significa- 
tion plus ou moins plausible à des noms dont ils ne connais- 
saient ni la forme primitive, ni la langue qui leur avait donné 
le jour. On a, de la sorte, dérivé le nom d'une partie de l'Au- 
vergne (la Limagne) d'Ali magne, a pour l'abondance des ali- 
ments » ou, « selon l'opinion d'aucuns, Limagne, à cause des 
fanges et terres grasses. » D'après ce même procédé, un anti- 
quaire, homme d'esprit et railleur, a prétendu que Reville (en 
Normandie) dérive ée /te[orum] villa (ville des malfaiteurs). 
Pour une raison analogue, Tocqueville ne pouvait être que Toga- 
torum villa ou même la ville des toqués ou des toques. 

App. G. — I-es suffixes trecht, drecht, tricht. — On croit 
que ces suffixes signifient trajet, passage et on les dérive du 
latin trajectus (trajet ;- trajicio, je traverse, je passe au-delà). 
D'après celle signification du mot trecht et de ses deux autres 
formes, Dortrecht ou Dordrecht se traduirait par « passage de 
Peau » (de la Meuse), Sliedrecht (passage de la Slie), Moordrecht 
(passage de...; cette localité est située sur PIssel). Pour le nom 
d'Ulrecht ou Ultrajectum, — ville que les Romains nommaient 
Trajectus ad Rhenum, — on a été plus embarrassé. Mais, dans 
le Moyen âge, on a imaginé une forme Ultra Trajectum qui 
avait le sens de « au-delà du passage. » 

Toutefois, on s'est demandé comment on trouvait, dans ces 
contrées, un mot latin que les Romains n'ont ,pas employé 
ailleurs pour former des noms de lieux. 

Pour expliquer cette anomalie, on s'est hâté de recourir à une 
forme allemande drechte, drecht qui aurait signifié troupe, 
foule, ville (Schaar, Menge, Stadt). En effet, le goth. 
draûhts, anglo-sax. driht, v. h. ail. truht, v. norr. drôtt, v. 



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— 323 — 

frison drecht signifient « foule, peuple » et auraient pu signifier 
« lieu où il y a foule, ville. » Getle élymologie paraîtra sans 
doute amenée d'un peu loin. D'un autre côté, on pourrait plutôt 
avoir recours à une racine qui a donné le mot allemand dureh 
(angl. through), à travers, au travers de et le hollandais 
tregter (entonnoir). 

Mais à quoi bon chercher des étymologies tudesques pour des 
noms qui étaient formés avant l'arrivée des tribus tudesques 
dans l'Europe occidentale. Les noms du Rhin, de la Meuse, de 
dor, de slie, etc., sont celtiques. Tout fait supposer que le second 
élément des motsDordrecht, etc., était aussi celtique. Seulement 
il faudra reconnaître que les Romains ignorant la valeur do 
ce mot, lui ont donné une forme qui en faisait un mot latin et 
ayant pour eux un sens précis. Ce mot celtique nous paraît être 
encore aujourd'hui représenté par l'irlandais tracht ou traigh, 
gallois traet, comique trait (bord d'une rivière; — plage sablon- 
neuse; rivage, port; irland. traighèm, j'échoue). D'un autre 
côté, en bas breton, treïch, treiz signifie « passage de mer ou 
de rivière. » 

Ainsi la signification des composés celtiques dont nous nous 
occupons, se dévoile complètement à nous : Alrecht (nom fla- 
mand d'Arras, formé du nom des Atrebates ; tribu des bords 
de l'eau ; de aha, a [eau] et de l'irland, treabh, clan, tribu) 
signifie « bord de l'eau ; » Dordrecht a le même sens (dor, dwr 
= eau, en celtique). Mastricht (qu'on a traduit par Maas-< 
wiese, prairie, contrée de la Meuse, v. App. T) exprime aussi 
très bien l'idée de « rivage (Strand) de la Meuse. » Enfin 
Utrecht, en latin Ultrajectum, ne s'explique pas par Ultra 
Trajectum, car il est facile de reconnaître que le mot Ultrajectum 
n'est qu'un mot celtique romanUé. Ul est une forme celtique 
d'an radical qui signifiait « eau » gall. ul, humide; oie ravin; 
cfr. armoricain houl, flot, onde, lame, vague, houle; et les noms 



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— 324 — 

de lieux : Ulstra [auj. Ulster ; — Allem.], Ullbach ; Bourb-oule 
[où sourdent des eaux minérales], l'Ollius, auj. Oglio, Lombar- 
die; Hull, Anglet.) De Ullracht (rivage de l'eau) les Romain» 
firent Ultrajectum qui est devenu Utrecht. Cette ville a été aussi 
désignée sous le nom de Uztrecht, qui offre le celtique u$, ouse, 
oise (eau), équivalent de ul. 

Dans des noms de lieux, tracht, traigh ou traet prennent les* 
formes tra, traw, tray. Ainsi Tramore (le grand rivage), etc. 

App. I. — Le nom de Wurtemberg. — La première partie 
du mot Wurtemberg s'écrivait jadis wirtin, wirten, wirdene 
(l'introduction de la lettre m est moderne). On s'est demandé ce 
que signifiait ce mot wirten. Schott trouve absurde (aibern) la 
signification de Wirth amBerg (c.-à-d. maître ou aubergiste 
sur la montagne : Wirth, hôte, hôtelier, aubergiste, traiteur, 
restaurateur, cabaretier ; administrateur; métayer; maître de 
maison, Hausnerr, Herr ; cfr. warteo, soigner, garder et le 
goth.wztr, homme, c.-à-d. défenseur, guerrier). Il pense qu'on ne 
peut pas s'arrêter, d'ailleurs, à celle de an Werden - Berg 
(ad montera fortem : — Werd, qui signifie aujourd'hui une 
île fluviale, avait jadis le sens de lieu abrité, hauteur fortifiée, 
lieu élevé). 11 n'approuve pas l'étymologie, donnée par Haug, de: 
Berg der Wirthinn (d. h. Han*fran, Montagne de l'hôtesse, 
de la maîtresse de maison), ni celle de Wirielberg (du v. h. 
ail. wirten, auj. Wirtel, Spindel-Wirtel, peson de fuseau), 
proposée par Schmeller. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'il 
aurait repoussé également celle qui fait de Wurtemberg un 
mont hospitalier (etwa so wie als mons hospitalis). Schott 
n'hésite pas à reconnaître que cette montagne était déjà corfnue 
du temps des Celtes (in der keltischen Zeit) et qu'elle était 
nommée Virodunum. C'est le nom môme de la ville de Verdun 
(jadis Verodunum, Yirdunum). On trouve aussi Verdun-sur* 



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— 325 — 

Garonne (Tarn-et-Garonne), Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et- 
Loire), etc. De Virodunura on a fait Wirtun-berg, etc. 

Les Suisses ont douné au Verdunense monasterium (près de 
Soleure) le nom de das Kloster Schônenwerd, ajoutant ainsi à 
werd, débris de l'ancien nom, l'adjectif schon (beau). 

Le mot Verodun [um] est d'ailleurs, évidemment, composé de 
dun qui, en celtique, avait le sens de hauteur (im keltischen 
Hogel, Berg), ou de lieu fortifié, et il se retrouve dans Thun 
(im Berner Oberland). Mais Schott ne va pas plus loin et il 
n'explique pas le préfixe ver ou vit. On sait que chez les Celtes 
ver signifiait grand, fort. De sorte que Verodunum désignait un 
vaste camp retranché, un oppidum grand et bien fortifié (arœ 
firma). 

ÀPP. K. — Coup d'oeil sur la nomenclature orogra- 
pHque — Les montagnes (Berge) ont des noms qui ont trait 
à teur manière d'être, à leur structure, à leur aspect, à leur 
physionomie caractéristique, distinctive, On sait, d'ailleurs, que, 
scus le nom de physionomie particulière des montagnes (die el- 
genthumliche Beschaffenheit der Berghohen), on ne 
comprend pas seulement des propriétés relatives à leur consti- 
tution géologique (montagnes Rocheuses ; Erzgebirge, etc.). Les 
tribus qui ont donné des noms aux montagnes ont sans doute 
été d'abord frappées des accidents topographiques du sol et, en 
premier lieu, de son élévation (Alp, Penn ,- Hohe, Berg, 
Hftçel, etc.). Mais les formes variées de ces protubérances ont 
aussi attiré l'attention. Quelques montagnes offrent, en effet, des 
configurations curieuses, bizarres. Leurs cimes offrent un aspect 
particulier et les noms eux-mêmes donnent une idée du spectacle 
que présentent ces masses gigantesques aux arêtes aiguës, aux 
remparts abruptes. 

Ici, on voit une masse bombée, un « mamelon» (le Mamelon 



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- 326 — 

Vert, près de Sébastopol : du lat. mamilla, petite mamelle; 
dimin. de mamma, mammelle), on dôme en forme de coupole 
(les Boelchen ou Ballons des Vosges), un sommet conique aplati 
(Kulm et gulm; lat. culmen, faîte, sommet, comble, cime]; en 
Suisse « sommet, » dans divers noms propres, Rigi culm ; — en 
slave, cholmm signifie « montagne »)(<)• 

Ailleurs, on dirait que Ton a devant soi de hautes murailles 
W&ade : die bohe Wand, die lange Wand), des tours 
audacieuses (Thûrme, comme : der Hexenthurm = la Tour 
des sorcières : Hexe, sorcière, P., p. 105) et des pointes ou 
arêtes (Graten -, Grat, Gralli ; — (der Falkengrut = la pointe 
des faucons), qui s'élancent du sein des vallées (3). 

Des montagnes plus élancées et moins arrondies au faite» 
portent le nom de Dents (Dent du Midi, etc. -, — dans la Suise 
française et dans la Savoie, ce mot signifie K*geifiSrmig«r 
Alpengipfel) ou de Cornes (Horn, corne; Hôrnli, petite corne 



(1) D'autres fgrraes variées des saillies terrestres prennent les 
noms de Kopf (tête ; et Kupf) y de First (sommet), de Kogé r 
(cfr. Kegel, cône; quille; Kugel, globe, boule, sphère), de 
« dos » (Rûck, Riieken), de « croupe » (BergrOcken) et de 
Doss (rotond). 

(2) Le nom de « tour » caractérise une montagne de forme cylin- 
drique ou de forme cubique. Le mot allemand Thurm correspond 
au celtique torr; cfr. angl. tower, turret; lat. turris, grec tj^&iç, 
ital. torre; — chaldéen et arabe tur, montagne. Taurus, grande 
chaîne de montagnes, nommée aujourd'hui Àlidagh : du turc 
al-tagh, haute montagne. 

Des blocs à quatre faces prennent aussi le nom de caires (lat. 
quadrus, carré ; languedoc. caïré ou cayré). De ce mot proviennent 
les noms de Caires, Queyres, Quayrats et Esquerras que l'on 
trouve dans les Alpes et dans les Pyrénées. Le même mol forme les 
noms de familles Cayre,deQueyrats. d'Esquerre, que l'on rencontre 
dans le Languedoc. 



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— 327 — 

la pyramide du Wetterhorn ou celle du terrible Schreckhorn), 
parce que leurs cimes pyramidales figurent à l'œil une dent ou 
une corne. A côté de ces pyramides gigantesques, on voit des 
Aiguilles (Nadelo) ou pics effilés qui ont la forme d'aiguilles 
hautes et élancées. 

Les cimes escarpées sont aussi nommées Pic (dans les Pyrénées, 
Pique) et Pec (<) (cfr. le Speer ; de Speer, lance, objet muni 
d'une longue pointe ; lat. sparum, sorte de dard). Des roches 
granitiques (Stein, pierre) hérissées de pointes sont désignées 
par les mots Spitz (pointu ; allongé en pointe ; Spitze, pointe), 
Stock (bâton; corps long), Stôckli, et jadis par Staufen (du 
y. h ail. stauf, roche, pierre; stouf= Felsenspitze) ; localités: 
Staufen, Stoffel, Hohenstaufin, près de laquelle s'élève le cône 
des Hohenstaufen, [du rocher élevéj d'où sortit la famille impé- 
riale qui porta ce nom (8). 

Les cimes aiguës qui démêlent l'horizon sont aussi nommées 

i 

(l) Du celtique [armor.] ptk; franc, pic,' cfr. celt. et franc, bec; 
•occitan, pech, puech, puich, puch, puig, put/, pey, etc. (voy. F., 
p. 338). Ces formes désignent des pics, des collines, des montagnes : 
le Pic de Ténéiiffe, le Pec (hauteur près de Paris), Belpech (= 
Beaupuy ou Beau-pic), Le Puy, le Puy-de-Dôme (? Mons domi- 
nant; en lat. Duma ou Dumura ; montagne en forme de cône : 
peut-être du lat. doma, toit, faîte de maison, dôme, et aurait le 
sens de coupole ou de dôme) ; Puylaurens, Puy-1'Evêque, etc. Près 
du Puy (Haute-Loire) se trouve le rocher Corneille (celt. cornel, 
pointe, coin). 

(î) A proprement parler Stauf signifiait hauteur escarpée, raide. 
Cfr. Steif (holl. ttyf, angl. stiv), raide, inflexible, peu flexible ; 
Stufe, sommet, faîte; degré; gradin ; entaille, fragment déroche; 
Stauf, Stufe, éclat de mine). Le mot staufen désignait l'escarpe- 
ment des pentes d'une montagne, les terrasses qui se succèdent 
pour passer de l'un à l'autre de ces étages ; les routes en gradins 
qu'il faut souvent gravir, en un mot, les pentes raides et offrant 
«omtne des escaliers formés dans le roc. 



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- 328 — 

« crêtes, » crista, crôt (Crispait — Crispa alta; en roman crestà) y 
ou pour Crisi-spalt.y fente en forme de crête), sommité septen- 
trionale du Saint-Gothard, nommée aussi Kreuzliberg, à cause 
d'une petite croix [kreuzli\ de fer qui se trouve près du chemin. 
Le mot espagnol sierra désigne une montagne dentelée en forme 
de scie (lat. serra, scie, et, par métaphore, chaîne de montagnes; 
serratus, fait en forme de scie) : Montserrat [taillé comme une 
scie], assemblage de cônes ou pyramides cylindriques immenses; 
Sierra Nevada (montagne neigeuse), SierYa Leone (ville de la 
côte d'Afrique dans un pays fréquenté par des lions : espagn. 
leone = lion). Les KSwme (Karnm, sommet allongé d'une 
chaîne de montagnes, série de collines, de montagnes, de rochers; 
crête; peigne) offrent l'idée de peignes hérissés de dents. 

Le mot Joch (joug) désigne une « chaîne de montagnes qui 
unit deux autres chaînes ; » une « chaîne de jonction (cfr. lat. 
jugum, joug; sommet, éminénce, hauteur) (i). Le nom des 
Cordillères nous offre le mot espagnol cordillera (chaîne de 
montagnes). 

Quelques picsébréchés portent le norndeMont-Pilate (Pilatus-, 
du v. h. ail. billôn, pillén, trancher, fendre ; billota, scissure, 
division; désunion ; cfr. Bille, v. h. ail. pil, pille, hache à deux 
tranchants; B* il, hache, cognée; Pfeil, flèche; lat. pilum, 

(l) Le point culminant d'une série de vallées entre deux monta- 
gnes se nomme col (dans les Céveunes, les Alpes et les Vosges), 
et dans les Pyrénées un port (lat. porta) ou une hourquette (pour 
fourquette; — par le changement fréquent dans les régions pyré- 
néennes du f en h). La dépression du terrain des deux côtés de la 
vallée offre une certaine analogie avec une fourche. 

On doit remarquer que le mot port n'indique pas ici un port 
de mer, mais une porte qui ouvre un passage. Ainsi le nom de 
Saint-Jean-Pied-de-Port signifie Saint- Jean [situé au] pied [du] 
Port [ou Col], au pied de la porte qui ouvre le passage de France 
en Espagne par le Val Carlos. 



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— 329 — 

javelot; sanscr. vil, frapper, fendre). Pilate est synonyme de 
Frakmùnt [Mons fractus)eide Gspalterhorn (gespalten, fendu; 
fendillé •• spalten, se fendre; fendre : Spalt, fente, fissure, 
crevasse) Dans une partie des Alpes françaises, les grandes cimes 
ébréchées sont nommées bric et brec (cfr. breehen, rompre, 
casser, briser ; Bruch, fracture, cassure, brisure) : le Bric du 
mont Viso (cfr. montagnes de brèches ou Nage lf lue, nagelûue 
(calcaire ;N»gel, ongle; — clou). 

Quelques montagnes empruntent leur nom au règne minéral 
(Montagnes Rocheuses, Erzgebirge) (1); d'autres sont désignées 
d'après leur flore (uach Pflanzen : le Fichtelberg, le Hahnen- 
scbutthorn (où il y a des Hahnenfussarten [espèces de renon- 
cules] : Habneofuss [littér. pied de coq], renoncule), le Blilmlisalp 
(Blume, fleur ; Blûmli = Blùmlein = Bliimchea, petite fleur» 
fleurette ; Alp). Galm (suffixe de noms de hauteur : de calamus, 
chaume; jonc; roseau) a le sens de Stoppcnfeld [Stoppel, 
chaume], Wiesenflaeue [plaine à herbes : prairie], Alp) : 
Hohgalm, Widdergalm; — dans la Suisse française ce mot 
devient chaux et kall dans le Jura (v. celt. coille, forêt). Wil- 
dhorn (corne sauvage) désigne l'absence de toute végétation. 



(1) Aux Etats-Unis Iron Mountain (la montagne de for : angl. 
tron, celt. hajam, iarann, houarh;\es Scandinaves qui ont con- 
servé beaucoup de formes de l'ancienne langue des Celto-Cimbres, 
leurs prédécesseurs, offrent le v. norrain jârn, dan. iern, suéd. 
jaern, jern ;. en anglo-sax. on trouve les deux formes iren et 
isent, ail. Eisen. fer) doit son nom à une mine dont on extrait 
par an plus d'un million détonnes de minerai de fer. Celte montagne 
est située à 90 milles de Saint-Louis, et Saint-Louis est celte mé- 
tropole de l'Etat de Missouri fondée comme poste de traite par quel- 
ques trappeurs français, il y a un siècle. Celte grande cité compte 
aujourd'hui 500,000 habitants, et montre avec orgueil son pont 
d'acier sur le Mississipi, à deux tabliers superposés et à trois 
arebes qui mesurent ensemble 500 mètres de portée. 



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— 330 — 

D'autres montagnes portent des noms empruntés à la nomen- 
clature animale (nach Thleren) : Les grands mulets (rochers 
qui forment la partie la plus élevée du Mont-Blanc), la Dent 
du Chat, la Dent du Loup, le Vogelberg (Vogel, oiseau), 
le Paulhorn (de Vogel, angl. fowl, oiseau, et non pas de foui, 
ol. et dialecU îaid, malpropre, sale, auj. pourri ; grec tpauXoç 
défectueux; de mauvaise qualité; pauvre : on a cru à tort que 
ce sommet devait son nom à son schiste calcaire, friable et 
noir; — le nom du mont Tendre se rattache à une cause de ce 
genre), Bocktschingel (enceinte du bouc : Bock, bouc ; Zingcl 
= Zwingel, chose entourée, enceinte ; zwlngen, forcer -, Zwin- 
ger, enceinte fermée ; tour ; rempart), Geissflue (rocher de la 
chèvre : Geiss, chèvre), etc.; leSchnabelberg (Scbnabel, bec), 
le SaurUssel (museau de truie : Sau [jad. cochon, pourceau], 
truie; Rttssel, museau [allongé], groin, trompe). Bosse de Dro- 
madaire, etc. 

D'autres noms rappellent des souverains (Kônigsberg) ou 
divers personnages : Bonhomme, Coll dell' uomo, Altmann 
(ait, vieux Mano, homme) , Mânliflue (Mannlein, petit 
homme), die Jungrrau (la Vierge, la demoiselle : Jungfrau, 
litt. jeune femme [non mariée] : jung, jeune; Frau, femme; 
épouse; dame,, le Mônch (jad. Weissmônch [moine blanc], par 
opposition au Schwarzmônch [moine noir], rochers qui ont 
l'aspect d'un capuchon de moine (Mouch, moine; wei*s, 
blanc; Schwarz, noir), les Teufelshôrner (les cornes du dia- 
ble : Teufel, diable ; Horn), les Diablerets, etc. 

Noms donnés aux montagnes d'après leur ressemblance avec 
des objets dus à l'industrie : Le Gross-Glockner (gros*, grand ; 
GISckner, sonneur) qui semble supporter une énorme cloche 
(cfr. le casque de Marborée dans les Pyrénées ; le casque de 
Néron (près de Grenoble), le Hohenkasten (Kasteti, caisse, 
coffre) ; le Grosser Mislwagen (grand char de fumier : Mist> 



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— 331 — '' 

fiente, fumier; Wagen, voilure, chariot; — montagne de 
l'Alsace nommé le Hohnack - Kopf ou grand Hohnack , dont 
la cime est regardée, par les habitants du pays environnant, 
comme ressemblant à une grande voiture chargée de fumier), 
le Grand et le Petit Âxemberg ou Achsenberg (&chs, axe; 
mais cette montagne est située au point de séparation de la 
Reuss et de la Rimmat, et son nom pourrait se rattacher au 
celtique asc 9 eau) et le Hackmesser (couperet, — hachoir; 
littir. couteau pour hacher : hacken, frapper, hacher; fendre, 
houer : Hacke, houe, noyau, pioche; Messer, couteau . 
inetzen, tailler; égorger; abattre; cfr. lat. mactare) sont des 
montagnes situées entre Fluelen (du mot conservé en Suisse et 
dans diverses parties de la Haute-Allemagne, Fluh, rocher nu 
à face large et à pente rapide), et Brunnen source, fontaine), 
sur la rive orientale des Quatre-Cantons ; Hackenberg (Haken, 
croc, crochet), Hakenberg, Napf (écuelle terrine, jatte), haute 
montagne de la Suisse, etc. 0). 

Noms tirés des épithètes qui ont trait à la couleur (nach 
der Farbe) : Mont-Blanc (par allusion aux neiges) et Mont- 
Rose (parce que ses neiges, dit-on, prennent un ton rosaire, 
lorsque le soleil les éclaire ; — ou plutôt du celtique ros, mon- 
tagne, tertre, cap) ; Dent Blanche, Dent blava, Aiguilles rouges ; 
Schwarzhorn (Schwarz, noir), Rothhorn (roth, rouge), Grau- 
horn (grau, gris), le Crap alv ( = Weissenteîn = pierre 
blanchej (3), Aiguilles rouges, Tête noire, Sasseneire (sasso = 

(1) A l'entrée de Rio de Janeiro (— en portugais Rivière de 
Janvier), on voit un rocher connu sous le nom de Pdo de assucar 
(pain de sucre) ; dans les terres émergent de hautes collines au 
milieu desquelles pointent les aiguilles dos Orgdos (des Orgues). 

(2) Crap rappelle le celtique [irlandais] carraig, [gallois] craig, 
angl. crag, rocher; et alv est une forme du latin albus (blanc). 

Dans les cantons de Berne et de Glaris, krachen (vallée pier- 



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lat. saxum, rocher; neire, noir), Piz ner, Piz alv, sassalbo 
(Rocher blanc), Sexrouge (Sarrouche), qui fait partie de la 
Eïnsteraarhorn-Masse. 

Les nombres : Dreibûndnerstein (dreî, trois ; BOndner, 
confédéré: verbttnden, allier, liguer-, cferBnnd, ligue, confédé- 
ration, alliance; S te in, rocher), Dreizehntenhorn (dreizehnte, 
le treizième), Pizzi de* tre Signori (pics des trois seigneurs), etc. 

D'après la situation par rapport au soleil (nach der Lage 
in Beziehung auf der Sonne) ou d'après l'heure du passage- 
du soleil (die Zeit des Durchgangs der Sonne ûber oder 
liinter der bettreffenden Spitze) : Sonnenberg (Montagne 
éclairée par le soleil : Sonne, soleil), Schattenberg (M. exposée 
à l'ombre : Schaiten, ombre), Mitlagshorn (Mittag, midi : 
mite, o/, milieu ; Tag, jour) et Mittaghorn ; Einshorn (corne, 
sommet d'une heure : ein, un), Zwôlfihorn (sommet de douze : 
zwolf, douze) ou Dôme du goûter (parce que le soleil est encore 
sur ce point lorsqu'il a disparu de la vallée de Chamouny 
(champ du meunier), Dent du Midi ; Piz de nove, dieci, undici, 
Mezzodi (Midi) Mizdi (id.). Le nom du Morgenberghorn ne 
dérive pas de Morgen (matin; — demain), mais de Morgen, 
localité dont le nom est dû à de petits marécages qui se trou- 
vent dans le Nord (v. h. ail. muor, d'où muorag, muorig ; — 
voy. le celtique et Morgarten). 

D'après des fermes, des villages, des châteaux (nach Hofen, 
Ortsehaften, Burgen) : Dent de Mordes; Bucheggberg (mont 
de Buchegg) : Stanserhorn (corne de Stanz), etc. 

Noms tirés des vents : Blasihorn (corne où le vent souffle 
avec force : blasen souffler avec bruit : Blasehorn, cor de 
chasse; cor à sonner) ; Sausenegg (Sans, bruit; Ecke, pointe) ; 

reuse) signifie encore aujourd'hui « rocher » (Krauchthal), et cher 
les Grisons : Krachenhorn. 



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— 333 — 

des frimas (Mont Gelé, Gfrorenhom : gefroren, gelé, con- 
gelé : frieren, avoir froid ; se geler) ; de la nMge : Schneeberg 
(montagne de neige : dan. et suéd. snee\ angl. snow), Schnee- 
kopf (\); des glaces : die Eisgebirge et des Icebergs (montagnes 
de glace : Eis ; glace) ; des glaciers (die G le t* cher ; lat. gla- 
cies, glace: cfr. glitschen, prov. pour gleiten, glisser; glatt, 
glissant ; Glas, verre, cristal; Gla»z, brillant, luisant) : le 
Lâmmerengletscher; mot qui ne dérive pas de Laminer 
[agneaux] ni du L&mmer-eier [vautour des agneaux, gypaète], 
mais de lammi, gouffre, abîme; creux ; de Klemmen, serrer, 
presser, étreindre; Klamm, étroit, qui serre trop; péni- 
ble) (2) ; et des avalanches : le Gros-Lohner et le Klein- Lohner 

(1) Parmi les sommités recouvertes de neiges éternelles, nous 
remarquerons l'Himalaya (habitation, séjour de la neige, hiemis 
locus : sanscr. hima, neige; [cfr. lat. hiems, irland. gaim, hiver; 
grec, /u&v, neige; xei^cov, hiver]; et dlaya, demeure [cfr. l'angl. 
ta lie, être couché ; coucher, gîter ; loger, demeurer ; to lay, poser, 
placer; asseoir, liter, coucher; lay f lit, couche). Les noms de 
l'Haemus et de l'Imaus (sanscr. himavat, abondant en neige ; cou- 
vert de neige , nom que Pline traduit par Nivosium, couvert de 
neige. — Pline, lib. VI, cap. 17 ; Ptolém., lib. VI, c. 14). Le Snow- 
don (pays de Galles = angl. Anales : angl. snow, neige ; et le celt. 
don, dun, montagne, — les Gallois donnent à ce groupe de mon- 
tagnes le nom de Creigiau Yr Eryri = rochers neigeux), l'en Ne- 
vis (Angleterre ; du celt. gall. 6en, tête, sommet), la Sierra Nevada 
(Espagne), le Mont Blanc, le Weisshorn (désigne aussi un pic 
coiffé de neige); Snôhâtten (chapeau, bonnet de neige : suéd. hatt, 
hâtta, chapeau; sno, neige; en compos. sitô), en Norvège ; Snafell 
(— rocher de neige ; en Islande et dans l'île de Man, conquise par 
les Vikings de Norwége); Moustag (montagne couverte de neige, en 
tatare); Siue-ling (du chin. seue, neige; ling, montagne), chaîne 
de montagne en Chine), Kunchinjinga (mot qui, en tibétain, si- 
gnifie « couvert de neige >»), etc. 

(2; Les glaciers sont aussi désignés par le mot Fira (pour 
Firneis = vieille glace). Les masses de neige permanente, celles 



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— 334 — 

(mots qui ne signifient pas grand et petit mercenaire, journalier 
[Lohner; — Lohn, paie, gages], mais qui dérivent de 
Lauener, c'est-à-dire sommet d'où descendent des avalanches ou 
LauizOge) (4). 



surtout qui entretiennent les glaciers, sont désignées par ce mot 
qui a eu le sens de « vieux. » Cfr. firn, firne, adv., de l'an 
passé ; fera, éloigné, loin, lointain ; Ferner, ultérieur. Dans le 
Tyrol, Ferner signifie « glacier, » proprement la glace qui per- 
siste, qui dure, la glace éternelle. 

(1) Le souffle du Foehn (vent du Midi humide; courant d'air 
chaud qui arrive sur les Alpes; ouragan, tempête ; cfr. lat. favonius, 
vent humide et pluvieux) ou la chaleur solaire détachent des 
masses de' neige d'une étendue de plusieurs milliers de mètres 
carrés : ces montagnes de neige roulent les unes sur les autres et 
se précipitent dans les vallées, comme des torrents, avec le fracas 
du tonnerre. Ce sont les avalanches que les Suisses de langue alle- 
mande nomment laue, lauve, lavine (tyrol. laehne; ail. Lawine 
et Lauwine; romanche lavigna; ital. lavina.) Le mot lavine a. 
été rattaché au latin labi, labere (tomber, choir) et.il signifierait 
« la chute » des blocs de neige ; comme le mot « lave » aurait 
exprimé la pluie, l'averse des volcans. 

On a dérivé aussi ce mat de Lœvin (lionne), qui aurait désigné 
la violence de l'avalanche, et aurait rappelé les bonds de cet ani- 
mal), ou de lau (tiède; lauen. s'attiédir). Cette étymologie aurait 
fait allusion à l'air réchauffé du printemps qui amène le dégel, à la 
suite duquel les neiges se précipitent avec une épouvantable impé- 
tuosité. D'après Diez, le mot « lave » dériverait du napolitain lava 
(du verbe lavare, laver) et signifierait une « averse » de matières 
inflammables. Cette étymologie ne nous paraît pas bien fondée. La 
lave se composé de monceaux de cendres, de matières embrasées ; 
la lave solidifiée forme des nappes qui servent comme dallage. Rien 
ne montre que le mot « lave » ait signifié d'abord les matières 
liquides et vitrifiées que les volcans vomissent. Nous rattacherons 
donc le mot « lave » à un radical conservé dans le celtique [irland.] 
leaba, labba (prononc. labba), qui signifie <r couche, lit, carreau, 
planche de jardin, tombeau. » Ce mot indiquerait très bien la 



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— 335 — . 

A PP. L. — Etymologies celtiques des noms des prin- 
cipales montagnes de l'Europe centrale. — Les Alpes 
(die Alpen). Le nom de cette chaîne dérive de la langue cel- 
tique dans laquelle alp signifie « éminence, hauteur » (en gaél. 
alp, haute montagne, cime escarpée ; roche ; abri ; irland. ailp y 
..masse considérable, bloc, las). Le mot Alp fut d'abord, chez les 
Gtttes, un nom commun qui désigna toutes les hautes chaînes 
de montagnes. Aussi 'Varron donne-t-il aux Pyrénées le nom 
d'Alpes. De son côté, Isidore de Séville dit très justement : Gal- 
lorumlingm alpes montes al ti vocantur fOrigg. 4 4 8). 

11 est vrai que Bochart dérive ce mot du punique alb (blan- 
cheur) et que Festus a déduit le nom des Alpes du sabin alpum 
qui signifiait al bus (blanc). Mais quoique les Celtes aient donné 
principalement le nom d'Alpes aux montagnes couvertes de 
neiges, parce qu'elles sont plus élevées, il est plus probable que 
les montagnes ont été dénommées d'après leur élévation plutôt 
que d'après la blancheur de quelques-uns de leurs sommets. 
Dans la suite, le mot alp n'offrant plus de sens chez les peuples 

coulée de laves d'un volcan, les éruptions qui couvrent la contiée 
d'une épaisse couche de cendres. La même racine aurait donné les 
mots « lavine » et lavande » (amas de neige qui se détache tout à 
coup des montagnes). Au lieu de lavange, on dit aussi « avalange » 
et « avalanche. » Ces derniers noms ont été rattachés au bas lat. 
advallare (descendre dans la vallée) ou au mot avalantia qui 
serait aussi de la basse latinité et qui dériverait de ad (yets) et de 
vallis (vallée). Ces étymologies ne nous paraissent pas satisfai- 
santes. Le mot « avalanche » se rattacherait peut-être mieux au 
celtique aball (désastre, mort). 

On distingue des Staublawinen ou « avalanches de poussiôie» 
(Staub, poussière) qui sont formées par la chute d'une masse de 
neige nouvelle qui n'a pas la consistance de l'ancienne et qui 
tombe comme un tourbillon de poussière, et des Grundiawinen 
(avalanches compactes ou foncières : Grund, fond; fondement; 
base). 

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— 336 — 

latins, il fut facile de le confondre aveg le mot alb-m (blanc ; 
cfr. grec àXp6ç) et de supposer que les Alpes tiraient leur nom de 
la blancheur de leurs sommets-, on en vint ainsi à croire que le 
mot alp désignait le blanc pays des cimes neigeuses. Il a pu 
se faire aussi que le mot alp, ayant primitivement désigné les 
hautes montagnes, abstraction faite de la blancheur de leur 
sommet, fut regardé par les Latins comme signifiant cette 
blancheur elle-même ; de sorte que le nom des cônes blancs 
couverts de neige aurait servi à désigner la couleur blanche 
(albedo). Mais il est à croire qu'il y a eu là une confusion de 
racines différentes quoique presque homophones. 

Du reste, le mot gaulois alp est donné encore aujourd'hui, 
dans le Dauphiné, dans la Savoie, dans la Suisse et dans leTyrol, 
aux montagnes propres à faire paître le bétail, la grande région 
des pâturages (die Weidetrift). L'alp proprement dit n'est pas 
la partie des montagnes qui se couvre de neige de bonne heure 
et qui la conserve le plus longtemps ; ce mot désigne les pâtu- 
rages élevés qui couvrent le flanc des hautes montagnes, jusqu'à 
la ligne des neiges permanentes. L'alp est situé entre ces neiges 
et la partie basse de la montagne. C'est dans cette région moyenne 
que l'on fait paître les troupeaux pendant l'été. De là l'expres- 
sion zu Alp ffahren, pour signifier « conduire les troupeaux 
à la montagne, à la partie herbagée de la montagne. » 

Il est, du resle, facile d'expliquer comment s'est formé le mol 
alp, et comment il a eu le sens de « hauteur. » Ce mot, ainsi que 
nous l'avons indiqué dans YOnomatologie de la géographie 
grecque, p. 54), peut être regardé comme une contraction de 
all-up (tout dessus, tout haut, très haut). Ce composé comprend 
les primitifs ail (en gaél. hôll, oll, tout; comme l'ail, ail, 
l'anglais whole ,• et le grec 6X0;, tout, entier) et up (C*lp t sur ; 
gall. uf, ce qui est sur, par-dessus, étendu; allemand auf, angl. 
up, upon, sur, dessus; «ber, oben ; on dit en anglais / go up } 



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— 337 — • 

je vais en haut, je monte). L'adverbe up se trouve dans le mot 
Upland (haut pays, terre élevée). Ainsi all-up a pu avoir le sens 
de haute montagne. Ce composé donne aisément les deux formes 
all-eup (aip) et oUyp (d'où Ol-y [m] p) et l'on s'explique ainsi 
que le mot alp ait pris les formes Olpe, Ulpe, et ait donné le 
nom de l'Olympe que les Grecs ont appliqué à un grand nombre 
de montagnes. La Thessalie, la Bithynie, la Cilicie, l'Elide, 
l'Arcadie, PAcarnanie, l'île de Chypre et celtes de Lesbos avaient 
leur mont Olympe. 

Les Alpes devinrent les montagnes xax' IÇoy^'v, pour les tribus 
celtiques. Mais ce nom fut donné aussi à des montagnes moins 
élevées, à des collines. On le retrouve dans les noms suivants : 
Alba Longa (auj. Albano), duLatium, une des anciennes villes 
de l'Italie à laquelle se rattachent les légendes troyennes (on a 
dit que Alba signifie ville blanche? — Ce qu'il y a de certain, 
c'est que cette ville est située sur une montagne près du lac de 
ce nom, que l'on regarde comme le fond d'un ancien cratère); 
sur le Golfe de Gênes, Albium Inlemelium (auj. Vintimille) et 
Albium Ingaunum (auj. Albenga), dont M. d'Arbois de Jubain- 
ville fait des « villes blanches; »• Alba Helviorum (dans les Gau- 
les) ; A Ibis (chaîne de montagnes du canton de Zurich : A lbis- 
bru nn est un établissement de bains situé près de TAlbis = 
alp-is = eau de montagne), Albula (montagne et rivière du 
pays des Grisons ; = alp-ul = eau de montagne) ; Àlbiga (auj. 
Albi), dont le nom rappelle l'éminence sur laquelle s'élevait 
autrefois l'ancien château de cette ville. Du reste, la partie 
ancienne de cette ville s'élève en amphithéâtre sur le versant d'une 
montagne qui domine le cours sinueux du Tarn. 

Albion, vieux nom de l'Angleterre, désigne aussi une contrée 
élevée. On a dit que ce nom avait.été donné à la Grande-Breta- 
gne à cause de ses blanches falaises. Mais lorsque, du continent 
ou du milieu du détroit, on a vu émerger des eaux les masses- 



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— 338 — 

rocheuses, les longues bandes de terrain aujourd'hui dépourvues 
de végétation, on comprend que les Celtes les aient désignées 
par le root alp ou a/6 et que le pays tout entier ait pris le nom 
d'Albion (== les hauteurs). C'est ainsi que les habitants du pays 
de Galles désignent aujourd'hui l'Ecosse sous le nom d'Albainn 
(pays montagneux), nom que les Anglais ont traduit par le mot 
Highland (haut pays). Aujourd'hui même les Highlanders de 
l'Ecosse donnent à leur pays les noms d'Albainn ou Albuîn 
(corn. Alban) et ils se nomment eux-mêmes Albanach (mon- 
tagnards, enfants de la montagne); Albany ou Braid-Àlbin 
(ancienne province de l'Ecosse). 

Ce même radical se trouvait dans Albania (ancien nom d'une 
contrée de l'Asie, située à l'ouest de la mer Caspienne et nommée 
aujourd'hui Daghestan ou Pays des montagnes) et il s'est con- 
servé dans le nom d'Albanie ^pays montagneux, situé sur le 
golfe Adriatique, bordé par une chaîne de montagnes que l'on 
nomme Monte Negro), d'Albanus Mons (auj.Montauban-, d'Alba 
(nom de plusieurs villes, que l'on rattache, à tort, au latin a/60, 
blanche. 

Mentionnons encore la Rauhe Alp (= Alpe sauvage : raafe, 
rude, âpre; inculte; stérile; — pays rude et sauvage dans 
lequel la nature du terrain est peu favorable à la végétation ; — 
d'après une autre étymologie, ce mot signifierait « montagnes 
du repos,» parce que, du temps deNotker, on disait rauhe pour 
le mot moderne Ruhe, repos; calme; retraite) ou Alpes de 
Souabe; et les noms de lieux : Alpe (près de Benning-hausen) ; 
Westeralp, Alpinawa, Alpinheim, Alperscheid, etc. ; — Olpe 
(ville et village de la Westphalie), Hofolpe (4;.- — Elpe, Elpe- 
bach, Ilpe, etc. 

(1) Toutefois Olpe (jad. Olepe) pourrait signifier « ruisseau du 
marais » (pour Olbach = Sumpfbach : ohl, ol, terrain maréca- 
geux) ; étymologie conforme à la situation du lieu. 



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— 339 — 

Dans la géographie ancienne : Olbia, le château de la mon- 
tagne nommé "OXftat, Alyba, etc. 

Nous avons vu ailleurs que Alp s'est transformé en alf et en 
elf (P., p. 27), et nous pouvons rattacher à alp les noms des 
Elvii et des Elvetii (habitants des montagnes, des hauteurs) : 
noms que les Romains ont abusivement écrit : Helvii et Helvetii. 
Le nom des Uv-ates, petite peuplade ligure, dérive aussi proba- 
blement de la même racine et signifie les habitants de la 
montagne : Ilvates provient de 11 va (la haute); c'est aussi 
l'ancien nom de l'île d'Elbe, qui est également couverte de mon- 
tagnes. 

Les Alpes connues jadis sous le nom de Pyrénées; — le Bren- 
ner. — Nous avons déjà fait remarquer (Onomatologie de la 
géographie grecque, p. 345) que le nom des Pyrénées, monta- 
gnes qui séparent la France de 1 Espagne, se rattache au radical 
celtique brenn {bren, brin, byrin, montagne) : en kymrique, 
brean, bryn; en armoricain bryn, bre t brian (d'où les noms de 
Brienne , Château - Brian t) signifient montagne , colline. Ces 
diverses formes d'un même mot se rattachent au vieux, mot cel- 
tique brenn , chef, roi (cfr. Bren nus = chef, tête; en armor. 
brenn, roi ; irland. brain, chef, capitaine ; — ? slave barin, 
seigneur; cfr.angl. brain, cerveau; celt. 6ron, pectus,mamma). 
On ne trouvera pas étrange que le nom de chef (haut, supérieur) 
ait été donné à des montagnes dont les cimes s'élèvent comme 
des têtes au-dessus de l'horizon. Plus tard, l'orthographe latine 
de ce nom (Pyrensei) a donné lieu à des fables et amené la con- 
fusion du nom primitif avec le mot grec rôp (feu) et avec une 
racine qui se trouve dans l'ail, brennen (brûler). De la sorte, 
les Pyrénées sont devenues des montagnes brûlées et ce nom 
devait rappeler l'incendie des forêts. Mais il ne s'agit ici que 
d'un mot exprimant l'idée de « hauteur. » C'est également pour 
exprimer la même idée que le nom de monts Pyrénées avait 



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— 340 - 

été donné à la chaîne de montagnes qui séparait l'Epi re 
de la Grèce ancienne (Georg. Acropolit., Chronic. compend., 
cap. 80). 

Au même radical celtique (brenn) se rattache le mot de Bren- 
ner qui est le plus haut sommet des Alpes tyroliennes. A propos 
de cette montagne, un chroniqueur disait, vers 4 600 : Hic tnci- 
piuntjuga Rhœtica ad radices Pyren,ei mon Us, quem Germant 
den Brenner vulgo appe liant, de quo Poeta Germanus : 

« Cui nive tincta coma est, glacie riget aspera barba. » 

L'Ortler. — Le nom de cette montagne peut se rattacher au 
gaélique ord (montagne), mot qui avait pris en Allemagne la 
forme Ort (jad. pointe, pic ; extrémité ; fin ; auj. endroit, lieu, 
place; cfr gallois or, limite, extrémité, bord, côte). — Ortler 
(de Ortie pour Ortlein = Klcine Spitze oder Spitzlein, 
' petite pointe; cfr. le mot franc, orteil) (*). 

Le Hunnsriick, Hundsruck ou Hunsriich. — Dans l'Alle- 
magne occidentale le Hundscùck ou plutôt Hunsrûck (mal tra- 
duit par « dos de chien ; « Hnnd, chien ; Rfiek [en compos.J 
et Riicken, dos) nous offre aussi un reste de la vieille langue 
de la Germanie celtique. Le mot celtique cun (hauteur, haut; 
kymr. cyn) a donné la forme hun que Ton retrouve dans le mot 
allemand Hîiae (géant, colosse) (2). Ainsi le mot Hunsrûck se 

(1) On s'est demandé comment on avait donné à la plus haute 
montagne de l'Allemagne un nom qui offre une ûnale diminutive, 
et on a très bien répondu à cette question, en disant qu'il y a à sou 
sommet une petite pointe (einekleine donne Spitze). Brandes; 
Programm von Lemgo, 1853. 

(2) Dans la Basse Allemagne, surtout en Westphalie, on emploie 
le mot Htine comme synonyme de Riese. De même aussi, dans 
les traditions populaires de3 cantons voisins de la Weser, le mot 
hune prédomine et les Riesenhtlgel, RiesengrSIber sont nom- 
més hûnebedde, hùnebedden (Bett a, dans ces mots, le sens de 



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— 341 — 

présente comme un mot hybride qui a le sens de « dos élevé. » 
On s'est toutefois demandé si ce nom ne provenait pas des 
Huns (Huoneo). A ce sujet, les Allemands sont dans l'incerti- 
tude (voy. Grimm, Mytholog.). Nous croirions plutôt que le 
nom de Httne (géant) a donné le nom des Huns ou que, du 
moins, le nom de Hiong-nu s'est confondu avec le mot hiine 
(géant). 

Le Rhtingebirge et le Taunus (ou die Hohe) semblent être 
une continuation de l'Hunsrùck que le Rhin aurait coupé entre 
Mayence et le Rhin. Leurs noms se rattachent aussi à l'idiome 
celtique. En armoricain, rûn ou reun signifient colline, tertre, 
éminence. Legonidec dit que ce radical est peu usité aujourd'hui ; 
mais il ajoute qu'on le retrouve dans plusieurs noms de lieux 
et de familles, tels que ar Rûn, la colline-, Penn-ar-run, le bout 
de la colline : Méz-ar-rûn, le champ ou la campagne de la 
colline; rûn-Stephan, le tertre d'Etienne (Diction, breton- 
français). Le motfim désigne des éminences naturelles et aussi 
des tumuli et des mottes féodales. En languedocien, rhun et 
reun signifient colline, petite montagne. Le mot gallois rhyn 
signifie aussi « colline, hauteur. » Le bas breton rhyn ou run 
offre, comme le mot irlandais rinn (qui prend les formes rtn, 
rine, ring) le sens de « pointe de terre, promontoire. » Ces mots 
paraissent apparentés avec le subst. grec ffov (pointe de monta- 
gne qui s'avance [dans la plaine ou dans la mer], promontoire ; 

Grab, fosse ; tombe), c'est-à-dire « les tertres, les tombes des 
géants. » * 

Pour hiine, on disait aussi au Moyen-âge heune, huyne, hœne, 
hiune y et ces mots avaient le sens de colosse. En bas latin, on a dit 
Eunnus, Hunus % chunus. 

On retrouve ce mot dans des noms de lieux (Hiïnfeld) et dans 
des noms propres personnels : Hunolt, Hunperht (Hum-precht)„ 
Hunrat; — Althun, Folchun, etc. ' 



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— 342 — 

quasi £(v, nasus, seu procurrens). Le village de Run (en Bre- 
tagne) est situé près d'un promontoire qui s'avance dans la mer 
entre le port Malo et l'anse de Kervenny. 

Peut-être les mots hrbn, reun, run, etc., ne sont-ils que des 
formes transposées de Horn (corne, pointe; cfr. l'angl. Aorte, 
cheval et l'ail. Ross, coursier). 

Le nom du Taunus est identique au mot celtique dun, qui a 
pris les formes daun, taun> et qui signifie élévation, hauteur 
(H'ohe oder Berg). De la sorte Taunus mons est un pléonasme. 
Au môme radical se rattache le mot anglais town (ville, c'est- 
à-dire encejnte fortifiée primitivement construite sur une hau- 
teur]. La forme don se retrouve dans le nom du montSnowdon 
(Monts neigeux), la plus haute montagne de l'Angleterre, sur 
laquelle Halley et Derham firent des expériences pour calculer 
les hauteurs de l'atmosphère, et trouver une méthode qui permît 
de mesurer la hauteur des montagnes. 

Le Hohe-Venn. — Ce nom désigne chez les Allemands la 
partie septentrionale des Ardennes. Nous pourrons constater 
ici la méthode bizarre qui préside à la déformation des noms 
proprés. 

Le mot Hohe-Venn n'est qu'une traduction inintelligente du 
mot celtique Ard-uenna : en celtique, ard signifie « haut » 
(hoeh, jad. hoh, élevé, éminent, haut). Ne sachant que faire 
du suffixe uenna< on l'a transformé en ven, qui se rapprochait 
du gothique fani [nom. et accus, plur. fanja], boue, fange) et 
du v. h. ail. fenni (marais). Ce mot s'est conservé, dans les dia- 
lectes bas allemands, sous les formes fenn, venne, veen (en angl. 
fen). De Hohe-Venn, les Belges ont fait Haute-Fagne (en vallon, 
fagne est notre mot fange). 

Ainsi l'inintelligence d'un mot celtique qui signifie « haute 
montagne » a transformé une chaîne de « Hautes- mon taignes » 
en une chaîne de « Hautes-fanges. » 



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— 343 — 

Pour expliquer ce contre-sens, il faut remonter à la signifi- 
cation dn mot uenna. Celte recherche nous conduira au mot 
celtique uenn (gwenn, venn, montagne, sommet). Les Romains, 
.négligeant le g et prononçant le w comme u, changèrent Ard- 
gwenn, en Ard-uenna ; et les Celtes rhénans, laissant tomber te 
g. et donnant au w la valeur du v, obtinrent le mot Ard-wenn 
ou Ard-ven que les Tudesques traduisirent par Hohe-Venn. 

Le radical celtique venn se retrouve dans les noms de Mor- 
ven, montagne d'Ecosse qu'Ossian a rendue célèbre, et de Morvan, 
contrée montagneuse, située aux confins de la Bourgogne et du 
Nivernais (les Montagnes du Morvan forment une chaîne de 
montagnes qui sépare le bassin de la Seine de celui de la Loire). 
Ces deux noms signifient « grande (en celtique mor) ou haute 
montagne. » Cfr. Vennes, localité du département du Doubs 
située au sommet d'un rocher (l). 

Le mot Ardenne ou Arden prit plus tard le sens de « grande 
forêt, n En patois champenois, arden a conservé le sens général 
de <» forêt. » En Angleterre, la plus grande forêt se nommait 
Arden (auj. Woodland = pays forestier) et le nom d'Athertone 
(ville de cette contrée) est une corruption de Arden's town (la 
ville de la forêt). 

La forme gwenn se retrouve dans le nom de YArgonne (pour 
Ard- gouenne ; — ard devient ar comme dans Armagh [irland.], 
pour Ard-mach = la hauteur de [la reine] Mâcha) (2). 

(1) A propos du Morvan, un touriste disait naguère : « Regardez 
ces noires montagnes drapées de bois comme un catafalque dans 
ses crêpes ; c'est, en effet, le tombeau d'un monde. Le Morvan est 
une Bretagne intérieure qui, bien mieux que l'autre, a conservé sa 
verdoyante chevelure. La forêt s'étend immense, profonde » 

(2; En kymrique argwn, argon signifie sommet, pointe. On a 
dit que le nom de l'Argonne, composé de ar (l'article) et de gwen 
(sinueux, courbe), indique très bien cette « masse de hauteurs 



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— 344 — 

Par un changement très, fréquent de v en b et en p, la même 
racine se retrouve, dans l'onomastique des pays celtiques, sons 
les deux formes ben et pen. Cfr. gaél. et irland. beann (prononc. 
ben, ban), montagne, sommet ; montagne pointue, pic, corne; 
— promontoire; — languedocien bano, corne) : Ben more 
(grande montagne), Ben Lomond, etc. On trouve aussi les for- 
mes vin, bin. 

Penn (tête, sommet, point élevé) s'est conservé dans les 
noms des Alpes Pennines et des Apennins (cfr. Penochsen = 
Paimbœnf; — Penbroke, Penrhyn, Penzance, etc.). 

App. M. — Thor, Thur et le celt. dur, dor. — Les mots 
allemands Thor et Thttr sont apparentés au celtique Igaél. et 
irland.] dor (porte), ainsi que aux mois persans der (Derbent), 
grec ôupa, chaldéen therah qui ont la même signification. 

La forme celtique dur (du ru m) se retrouve dans quelques 
noms géographiques. Elle se présente, par exemple, dans le 
nom d'Isarnodurum. La première partie de ce mot composé 
(isarn) se rapproche, il est vrai, plus de l'allemand que du cel- 
tique; mais elle nous a peut-être conservé la forme dialectale 
que quelque tribu gauloise donnait au nom du fer. Il peut aussi 
se Lire que le mot primitif ait été légèrement modifié à ia 
suite des invasions tudesques. 

Dans la vie de saint Eugendus, abbé dans le Jura [mort ver» 
Fan 510], il est parlé d'un temple nommé en gaulois Isarno- 
durum (tempîi gallica lingua Isarnoâori, id est ferrei ostii- 
Acta Sanctorum Bolland., I, janv., p. 50). Ainsi ce nom est 



boisées, aux formes mamelonnées. » Nous ne pensons pas que ces 
formes aient valu ce nom à ce massif montagneux. Nous ne voyons, 
d'ailleurs, rien qui autorise à donner à gwen le sens de « cour- 
bure. » 



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— 345 — 

traduit par « porte de fer. » Ce n'est pas l'allemand Eiserathùr 
ou Eisernthor. Mais les deux parties du composant sont à la 
fois celtiques et tudesques. Encore aujourd'hui, en celtique, les 
formes correspondantes ne sont pas très éloignées. En irl. iaran r 
en gaél. haiam; en armor. uarn, en angl. iron, fer; golh. 
eisarn, v. h. ail. tsarn, Eisen, fer; eisern, de fer, lai. œs r 
aris 9 airain, cuivre, bronze. L's se change facilement en hf 
puis, la transposition [aiharn, haiarn] et la disparition de cette 
dernière lettre expliquent très bien les formes celtiques. 

Qnelqùefois thur indique le celtique tor (montagne). Tœrn et 
Taurn désignent une contrée montagne : Sœdertœrn (les monta- 
gnes du Sud), en Sudermanie (Suède). 

Thur est aussi quelquefois pour le celtique dur ou dor 9 tur 
(eau): Winterthur (du temps des Romains Vitodurum, auj. 
Obèr-Winlerlhur : du celt. vitu, forôl ; et dur (eau) = la 
forêt [située près] de l'eau, ou l'eau [située près] de la forêt. 
Cette localité est située sur la petite rivière Eulach (eau rapide ; 
voy. III), au milieu d'une contrée coupée de bois. Solnthurn 
(en franc. Soleure), jadis Salodurum, offre le celtique dur ou 
tur (eau) et le mot sal (gaél. sàl, eau salée; mer; irland. sail» 
salix capreaî), Dorstetten (petite station de l'eau), en Suisse et 
Dornstetten, ville de la forêt noire, près du ruisseau de Glatt; 
en Angleterre, Dorset, etc. 

Au même radical S9 rattache le nom de Zurich (dans le* 
Moyen -âge Thuricum, Thauregum, Thuregum, Duregum; — la 
t ou le th des anciens noms a été souvent changé en z; cfr. 
Tolbiac, auj. Zûlpich -, Tabernae, auj. Zabern). Glareanus donna, 
à cette ville le nom de Tigurum, s'imaginant qu'il ne faisait là. 
qu'une restitution. On a pensé, en effet, que les Tigurini 
avaient une capitale nommée Tigurum, dont le nom de Thuri- 
gum aurait été formé par une transposition de lettres. Mais il 
est tout aussi probable que Thùricum ou Duricum était l'an- 



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— 346 — 
cien nom de cette ville. Ce nom signifie « le pays de l'eau. » 
On sait très bien, do reste, que Zurich s'étend sur les rives de 
la Lira mat ou Linth, qui sort du lac dans l'intérieur de la ville 
et y reçoit le ruisseau de Wolfbach (rivière du Loup : Wolf) et 
un bras de la Sihl, lequel porte le nom de zahme Sihl fzahm, 
apprivoisé, trai table; paisible; doux). Le nom des Tigurini se 
rapporte à une autre racine. 

App. N. — Le mot Jntland. — Ce nom a été formé du 
* mot Jb'tunland et, comme le Jbtunheim de la mythologie, il 
signifie pays des Jotes, géants doués d'un profond savoir (Scan- 
dinave ibtunn, géant). Jut s'est confondu plus tard avec gut 
(bon) et avec Goth, et le nom de Jutland a été regardé comme 
synonyme de Gothland (pays des Goths). 

Il est vrai du reste que gut est prononcé yut dans diverses 
parties du nord de l'Allemagne. Ainsi le dialecte misnien, le 
plus pur de tous ses dialectes, prête, néanmoins, à rire aux Al- 
lemands des autres contrées par la prononciation de quelques 
diphthongues et surtout à cause de la confusion du g et du j. 
On dit, par exemple, en Saxe : Jott pour Gott et Gahr pour 
Jahr : Jott jeb euch ein jutes noues Gahr, pour : Gott geb 
euch ein gutes neues Jahr. 

App. 0. — Noms des vallées en eeltique. — En cel- 
tique, dol signifiait un lieu bas et fertile (irl. dal, dail; kymr. 
dol, vallée, plaine, locus humilis) : César ad do le bellum pu- 
gnavit (Nennius). Cette localité se nomme aujourd'hui Deal et 
cette appellation indique un lieu bas (angl. date; Thaï), un pays 
plat. Le nom de Tolosa, Urbs Tolosatum offrirait peut-être ce 
radical : les Tolosates auraient été des Dol-sœtas ou habitants de 
la vallée (<)• 

(l) D'un autre côté, le celtique tal, toi, tul signifiait « haut. 



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— 347 — 

Nant est aussi an équivalent du mot » vallée. » On retrouve 
ce mot dans des noms de lieux du pays de Galles, et il signifie 
« vallée; ravine; torrent de montagne; ruisseau » (in valUbus 
fiuit) : Nantua (lat. Nantuacum, entre deux montagnes et sur 
les bords d'un lac : ach), Nanteuil (plusieurs localités : les formes 
latines Nantolium et Nantogilum offrent un suffixe diminutif; 
— d'un autre côté, ol et gil ont eu le sens de « source » ou 
de « cours d'eau »). 

Dans le pays de Galles : Nant Frangon (la vallée des castors); 
Nant Gwyrfai (la vallée de l'eau fraîche), Nant y Bellan (le 
vallon des martres), etc.; Pennant (tête de la vallée), Cor- 
nant, etc. 

En Cornouailles, nans et nance signifient aussi « vallée » : 
Pen-nans (la tête de la vallée), Tre-nance (la ville de la val- 
lée), etc. 

Le celtique cumb, cwm signifiaient aussi vallée (grec xujaSoç, 
creux ; xu 4 a6/), vase creux -, petite barque ; lat. cymba, nacelle ; 
catacombes). En languedocien, nous employons le mot coumbo 
pour désigner une vallée fermée entre deux montagnes, une 
gorge, un endroit creux; une vallée creuse et profonde; un 
souterrain : Lacombe, Lascombes, etc. 

Le mot balm indique une retraite naturelle ou factice au mi- 
lieu des rochers ; balme devenu baume signifiait grotte en vieux 
français : on trouve beaucoup de Balme, de Balma, de Balmes 

élevé » (cfr. les noms d'hommes : Tallo, Tello, Telo, Tell ; — F., 
p. 157 ; en irland. tulla, tul, petite colline). La ville de Dôle, qui 
est sur une montagne, n'a pas pris son nom de la plaine. La Dole 
est une haute montagne de la Franche-Comté (cfr. Mont-Dol, en 
Bretagne). Les Celtes entendaient par le mot dol, un endroit élevé 
(grec OoXoç, dôme, voûte). Il ne faudrait pas croire que ce nom ait 
été donné à la montagne par antiphrase ou contre-vérité. 11 faut 
seulement reconnaître que quelque léger changement de la voyelle 
ou d'une consonne déterminait une signification différente. 



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— 348 — 

•et -de Baume (douze localités de ce nom) dans la géographie de 
la France : la Sainte-Baume ; Baume-les-Dames, etc. Il y a en 
Suisse sept villages qui portent le nom de Bal m ; les cavernes 
de la montagne de Riegen sont nommées : Waldisbalm, Steigel- 
fattbalm, Brudersbalm ; la montagne qui sépare Glaris de la 
vallée de Schâchen est désignée simplement par le nom de 
Balm ; — Balœberg, etc. 

Tout en celtique signifiait une grotte, une caverne, une fosse 
profonde (bas breton toull, trou, cavité, caverne, creux ; toull, 
adj. tioué, percé, creux). Ce mot a formé les noms des villes 
de Tout, de Tulle (4) et peut-être de Tolosa (Toulouse), en ad- 
mettant que les Tolosates ont d'abord habité dans des grottes ou 
dans des trous que leur offraient les berges de la Garonne et 
las peptes du Castela. 

Les mots celtiques agen (gaél et kymr. agen, fente, ouver- 
ture, crevasse; armor. agen, source) et kevia (caverne; cfr. lat. 
cavus, et les noms de lieux : Cavaniac, Cavanac, etc.) ont 
formé les noms d'Aginnum ou Agen qui rappelle le trou d'une 
caverne ou une source) et de Quievy. 

(1) A propos de la ville de Tulle qu'il nomme Toull du nom de 
de la montagne appelée Toull, Baraillou dit que « la montagne 
est minée et percée en plusieurs endroits. » Puis il aj ule : « Je 
connais un de ces souterrains au nord, entre la seconde et la troi- 
sième enceinte, à 80 mètres environ du temple dont on a parlé, 

et qui paraît communiquer avec celui-ci Ces mines, ces 

souterrains confirment ce qu'a dit César du savoir des Gaulois en 

cette partie Ces faits, une fois constatés, la tradition orale se 

trouve parfaitement d'accord avec eux, et le nom celtique de Toull 
devient très expressif. Ce mot, comme substantif, exprime un trou, 
un creux, une ouverture étroite, une profondeur ; comme adjectif, 
il signifie tout ce qui est percé. » Rech. sur les monuments de la 
vilte celtique de Toull, départ, de la Creuse). Le nom latin Tutela 
(défense, protection, abri) se rattache à un radical conservé dans 
le languedocien tuto (trou, caverne, abri). 



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— 349 — 

Pour désigner les vallées, les Celtes employaient encore les 
mots glen et ystrad. Le premier mot prend les formes gaél. 
gleann, glinne; irl. glean, glynn; gallois glyn; écossais et 
anglais glen, vallée. En Ecosse : Glenmore (la grande vallée), 
Glenlyon (la vallée de la rivière nommée Lyon, etc ; en Irlande : 
Glenbane, Glenbaura (vallée blanche), Glenduff (vallée som- 
bre), etc.; le nom de Linlhal (vg. du H.-R.) a été expliqué par 
le celtique glean, vallon). 

Ystrad (gallois plaine, vallée formée par une rivière) a formé 
des noms de lieux dans le pays de Galles (v. App. D). 

App. P. — Mote sur ing. — Nous avons vu (P., p. 426-4 30, 
240) que la désinence ing est employée pour former des noms 
patronymiques. Cet affixe marque descendance, origine; on le 
trouve dans des noms propres d'hommes : Baphaelingius 
(= fils de Raphaël), successeur de l'imprimeur Plantin, etc. 

Les linguistes ont supposé à tort que ce mot gardait la même 
signification dans les noms géographiques. 

Ainsi Max Mûller dit : « Quand des noms terminés en ing 
dérivent de noms de fleuves, de collines ou d'arbres, on peut 
encore les appeler patronymiques, parce que, dans les temps 
anciens, les idées de parenté et de descendance ne s'attachaient 
pas uniquement aux êtres vivants. Les habitants des rives de 
l'Elbe pouvaient bien être nommés les enfants de l'Elbe, ou 
Albings* comme, par exemple, les Nordalbingiens dans le Hol- 
stein. Beaucoup de noms géographiques, en Angleterre et en 
Allemagne, furent, dans l'origine, des noms patronymiques for- 
més de cette manière. C'est ainsi que nous avons les villages de 
Mailing, de Billing, etc., ou dans des mots composés, Mailing- 
ton, Billingborough (4). » 

(1) La science du langage, Nouvelles leçons t. I, p. 19. 

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— 350 — 

Tout cela, néanmoins, est fort douteux. Nous avons montré 
que les noms géographiques ne proviennent pas de noms patro- 
nymiques formés de cette manière. Nous ne pouvons croire, avec 
ce savant, que Gôttingen signifie « la demeure des Gottîngs » 
(Ibid., p. 20). Max Mûller voit dans ce mot un génilif pluriel, 
et Ton pourrait tout aussi bien y voir un nominatif singulier : 
Gott-ing-en (= Heim), « la demeure [située auprès] du champ 
de Dieu. » 

Sans doute, on a pu quelquefois ajouter ing au nom d'une 
localité, pour former un nom de famille. 11 aurait pu se faire 
queLeaming signifiât l'enfant, la race, le peuple de la [rivière], 
Leam, etc. Mais cela n'est pas prouvé. Ce serait d'ailleurs très 
bizarre. D'un autre côté, Scbott remarque très bien que in g en 
a le sens d'extraction ou d'origine, de possession, d'appartenance 
ou de parenté (die Herkunft oder aueh die Angehorfgkeit). 
Mais il indiïningen par Anwoliner (proche voisin, riverain): 
Aid-inge (les riverains de la riv. Aid), Us-inge (les riverains 
de TUs). Cet érudit est en admiration devant le génie des peu- 
ples tudesques qui ont regardé une rivière, une portion de 
terre, une localité comme le père ou le maître de ses habi- 
' tants (*)• Bender, de sou côté, est en extase en présence de cette 

découverte (die intéressante Benterkung von Sehatt). 
Mais Scholt aurait dû comprendre qu'il appartient à un pays 
habité encore par des Celtes cel lisants jusqu'au x« siècle-, qne 
le mot ing, dans leur langue, signifiait champ, terre productive, 
fertile, et que, par conséquent. Aid-inge signifiait « les champs, 
les terres de l'Aid, » les contrées situées surles bords de l'Aid, etc. 

(1V £* t»trft aufbteftaturanftymung unferer SUftirn fin iptte*, 
freunbltdje* £i<$>t, wenn wtr au* btc*er 3ufammetifiellttti£ fefyrn, «rie 
fie einen Çlug, etften auffalUnben glcrf £anbe* gUidtfani al* Satrr, 
aU §err ber SBcwotjncr bttraà)tatn. Page 29. 



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— 351 — 
On voit ainsi que rien n'autorise à donner à ing ouingen le sens 
de Bewohner (habitants). 

Ces savants n'ont pas compris que, en dehors du sens patro- 
nymique, le radical ing a un sens topographique qui lui est 
propre. En anglo-sax. ing, inge signifie pré, pâturage, enclos; 
en goth. winga\t en v. h. ail., c'esl-à dire en ancien germani- 
que ou celtique, ing, inge ont le sens de champ, portion de 
terre (d'où territoire : Lotharingen = les terres, le domaine de 
Lothaire). Or. v. h. ail. angar = Anger (jad. bande de terre 
cultivée), pelouse, lisière; champ, pâturage. En Belgique, ing, 
enge indiquent une prairie communale; cfr. aussi l'irlandais 
inch (île f prairie située au bord d'une rivière) et l'armoricain 
ennk [irland. ing],. langue de terre. N'oublions pas le bas latin 
inhoc que Ducange explique par : Terra arabilis, portio sepibus 
aut quovis-alio modo clausa, septum, sepimentum. 

Il nous semble que tous ces noms se rattachent au radical 
celtique engi (engendrer, produire, qui a donné les mots ing, 
ingOy fils (= l'engendré, le produit) et père (^ le producteur, 
celuiqui produit, qui engendre; voy. P., p. 426, m). On 
voit ainsi commenllemot ing, qui offrait l'idée de « production, » 
a pu avoir le sens de « productif» et désigner « un champ cul- 
tivé » (c.-à-d. un producteur, un terrain qui produit, un champ 
nourricier ; champ, prai iv). On peut voir la même analogie 
établie par les Celtes relativement au mot Ach (voy. App. R). 

Concluons donc que, dans les noms de lieux, ing n'est que 
rarement un indice de filiation. Dans les noms géographiques 
dont le premier composant indique un fleuve ou un accident 
du sol, ing signifie « terrain. » C'est donc à tort que l'on tradui- 
rait Lotharingen, Lothringen {la gauloise et française Lorraine) 
par « la demeure des enfants, des descendants, des sujets de 
Lothaire, la demeure de ceux qui appartenaient (aie Angehori- 
gen)à Lothaire (P., p. 437). On se tromperait aussi en inter- 

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— 352 - 

prêtant ce nom par « les enfants de Lothaire. » Il est inntîle 
d'ajouter que l'expression d' « habitants de Lothaire » n'offrirait 
aucun sens. Ce nom signifie tout simplement le territoire [celti- 
que] qui échut à Lothaire (856-869) : das Lond Lethars. 

Noms Italiens en ing. — A côté du suffixe gaulois tnco, il 
est bon de- placer les formes grecques iyÇ, lyyoç et le latin unca 
(spel-unca). On pourra ainsi comprendre aisément la prove- 
nance des suffixes ago (voy. ach) 9 engo et asco (forme de ach) 
que l'on trouve dans beaucoup de noms de lieux, de l'Italie sep- 
tentrionale. Quelques-uns de ces noms se rattachent peut-être 
aux Lombapds ou aux autres barbares qui envahirent l'Italie 
(Ghislarengo = le territoire de Giselher, P., p. 94). Mais 
on peut très bien admettre que l'Italie n'a pas eu besoin 
d'avoir recours à l'idiome tudesq de pour nommer une foule de 
villes et de communes de la péninsule. Il ne faut pas oublier 
que les Celtes ont occupé ce pays et que leurs descendants s'y 
trouvent en grand nombre. Or, le suffixe engo, ing était celtique. 
On a des exemples du suffixe inga, ingo, dans des noms de lieux 
gaulois (voy. Zeuss, p. 795; cfr. Tulingi (ceux du territoire des 
cavernes). 

Ainsi les noms propres des localités en engo ne trahissent pas 
une origine tudesque et ils ne témoignent pas toujours de 
l'influence de la conquête lombarde en Italie. Ils offrent une 
forme italienne d'un radical celtique que les Tudesques ont tra- 
duit par ing. Marengo, lieu qu'une victoire remportée par 
Napoléon a rendu immortel, signifie « champ, terrain maré- 
cageux » ou « champ de Mar» (Maro, Marius; voy. P., 
p. 155), etc. 

Changement de ing ou eng en ign et en ang. Dans quelques 
noms de lieux, ing devient ign : Martigny que les Allemands 
nomment Marti nach (forme celtique : ach, champ) signifie non 
pas « eau de Martin, » mais « territoire de Martin. » Cette loca- 



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— 353 — 

lité fat ainsi nommée en l'honneur de saint Martin de Tours, 
très vénéré dans le Valais, où il avait fait un pèlerinage aux 
martyrs d'Agaune. L'ancien nom de Martigny était Otodur (celt. 
ot ou aut , [bas breton] ot, aot et aod, qui signifiait « rivage, 
plage, bord de l'eau ; » et de dur, forteresse), dont les Romains 
firent Octodurus, en y introduisant le latin octo (huit). On 
explique de la même manière le suffixe igni ou igné dans : 
Sauv-igny (terrain de la forêt), Poligny et Polignac (champ de 
Pol ou d'Apollon î), Flavigny (champ de Flavius), Aubigny 
(champ d'Aubin ou d'Albin), Pomp-ign-an (l'habitation du 
champ de Pompée), etc. Sévigné ne signifie pas « où le feu {ignis) 
a sévi; » mais territoire forestier (sylva, selve, seube). 

Eng devient aussi très facilement ang : Marchangy (le champ 
de la borne ou de la limite : Harck ; ou du celtique [bas bre- 
ton] marc h, [gaél.] marc, cheval. 

Nous avons négligé, dans quelques-uns de ces noms, la termi- 
naison y qui signifie maison. 

Ing et ingen correspondent aux egnies des Belges et on les 
retrouve dans les suffixes ini, ingni, angni, ingos, ing es, inga, 
ingia, angium, encum, incum, inium(i). 

Ing, devenu eng et inc, prend souvent la forme en ou an. 

App. R. — t,e suffixe ac. — Le suffixe ach sert, en celtique,. 
à former des adjectifs, des noms de personnes et des noms de 
lieux. Il joue un rôle analogue au suffixe ing (p. 349). Ach 
offre les mêmes idées : on y trouve les rapports de ach (fils) et 
de ach (champ productif, cultivé, fertile). A l'idée de « produc- 
tion et de produit » se sont naturellement ajoutées les idées de 

(1) Nous croyons avoir suffisamment répondu au désir d'un de 
nos philologues les plus distingués au sujet du « nommé incuk 
dont beaucoup de savants voudraient faire connaissance. » 



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— 354 - 

dérivation, de descendance, d'origine, d'extraction et d'appar- 
tenance dans un sens large. 

4° Ach, avec le sens de fils (produit, engendré], sert de finale 
patronymique et ethnique : Divitiacus (fils de dîvili, divin ; 
divo s dévo, Dieu, en celtique), Dumnacus, Caractacus, etc. — 
Briannach (descendant de Brian), Donnullach (descendant de 
Donull). En gaélique, ach sert également de suffixe pour former 
des termes ethniques : Erionnach (Irlandais), Albanach (Ecossais), 
Sassanach (Anglais). 

2° Ach a le sens de « champ » et il a été latinisé en acum. Un 
champ est une terre qui produit ; les anciens donnaient à la 
terre les noms de mère et de nourrice. Par la culture, le sol 
trouve de nouvelles forces pour produire et pour nous prodiguer 
ses trésors (proventus terrœ) (1). 

En gaélique achad signifie « champ » (Achad-Ur, champ vert). 
Le mot irlandais agh employé pour achad, champ, se trouve 
dans de nombreux noms propres : Aghahoe (le champ de la 
vache), Aghaboy (champ jaune) -, Aghadoon (le champ du fort : 
dun) ; Agamore (grand champ). 

3° Le suffixe celtique ac (ec, ay^ servait encore à donner aux 
substantifs un sens de collectivité (2). Mais ce sens provient de 
ce que Ton est passé de l'idée de production abondante à l'idée 
du rassemblement considérable des objets indiqués par les mots 
unis à ac. En effet, ach [\. h. ail. ahi), ajouté à des noms d'ar- 

(1) Cfr. le celtique mag (fils et champ cultivé) et l'hébreu bara 
(il a produit) qui a donné les mots hébreu et chaldaïque bar (fils) et 
le chaldaïque bara (champ, campagne). Le subst. hébreu bar signi- 
fie aussi blé, grains. 

(2) Ces formes sont congénères des finales grecques axoç, ixoç, 
et du suffixe latin ac : Verben-aca, Portul-aca, horde-ac-cus, ci- 
ner-ac-eus, mer-ac-us, gallin-ac-eus ; loqu-ax, ten-ax, aud-ax, 
fall-ax ; fcr-ox, vel-ox, etc. 



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— 355 — 

bres ou d'arbustes, indique le lieu, le terrain où ils croissent, en 

on mot, des endroits abondants en Ainsi, en bas breton : 

Tannek (chênaie, c'est-à-dire endroit qui produit des chênes, qui 
abonde en chênes), Dervennek (chênaie : deru, chêne), Kelennek 
(houssaye), Beuzek (buissaie). Dans la géographie des pays 
d'outre-Rhin, on trouve : Birkach ( - bôulaie : Birke, bou- 
leau ; ou bien Ort bel m Birkenwalde), Hegenach [\\e\i buis- 
sonneux : Hag, buisson ; bosquet ; haie, enclos ; ou propriété 
de Hagino ou Hagano; P., p. 4 04), Heslach (coudraie : Hasel, 
noisetier, coudrier; ou propriété située près d'un bosquet de 
noisetiers, am Haselhaln, ad Coryletum) (4), Reinach peut se 
rattacher à Rain (gazon, pacage; lisière) ou à Regino (P., 
p. 4 88), avec le sens de « propriété de Regino. » Ce nom peut 
aussi désigner une localité située près d'une eau pure (am 
TVasser) ou d'une eau courante (cfr. Ach, rivière; et rein, 
pur, clair ; et Rhin). Steinach est une localité dont le nom peut 
indiquer un sol pierreux ou une situation près d'un ruisseau 
dont le lit est pierreux (am Bach mit Stelnichten Bett). 
Weidach dénote un lien abondant en saules, Weidengebûseh, 
Salicetum : Weide, saule)» Salach offre une signification ana- 
logue (lieu où croissent des saules marceaux : Sahlwelde, jadis 
salo, saule marceau). On peut analyser de la même manière les 
noms de Friesach, Kronach, Weissach, Willach, etc. Schwabach 
ne se rapporte pas à Bach (rivière) : c'est un nom composé de 
Schwaben (Schwabe, Souabe) et de ach. On pourrait le tra- 
duire par « teritoire du Souabe. » 

4° Ach est, encore aujourd'hui, un sufûxe irlandais formant, 
avec un substantif, des adjectifs de « propriété, d'appartenance » : 

(l) Il y a un ruisseau nommé Haslach qui se jette dans la Wuo- 
tach. Dans ee nom, le suffixe ach exprime un cours d'eau situa 
près de noisetiers. On se figure très bien un Haselbach ou une 
rivière qui traverse un Haselhain. 



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— 356 — 
le mot qui signifiait champ a pris le sens de « propriété, pos- 
session, bien. » En Irlande, saint Fagnan fut surnommé Mor- 
gach, c'est-à-dire « chevelu, » parce qu'il naquit avec des che- 
veux. 

Ajoutéà un nom propre individuel ou ethnique, ac caractérise 
des noms de lieux qui ont une origine celtique ou gallo-romaine 
et qui signifient « domaine, propriété. » Ainsi : Albin i-ac 
(champ, domaine d'Albin), Flavi-ac (domaine de Flavius). Mar- 
tini-ac (propriété de Martin), Severiacum (terre de Sévère; — 
auj. Civiay ou Sevray), etc. De simples domaines sont devenus 
des villages ou des villes : Floriacum (Fleury), Aureliacum (aoj. 
Aurillac), etc. Gaillac indiquerait un « domaine » possédé par 
un » Gaulois » (*). 

Ces suffixes sont souvent défigurés en ay, aye, y, ec, ey, ex : 
Aunay, Fresnay Cerisaie, Boulay, Rbuvray, Patay; Vaudray; 
Fleury (Floriacum), Jouy (Gaudiacum), Fernex (-= aunaie, 
gwern, langued. veine, vergne, aune; ou du sax. fern, fougère ; 
— mais il y a des aulnes et pas de fougères), Onex (frênaie : 
on, frêne) ; bas breton ounn (2). 

(1) L'inscription, du temps de Tibère, découverte sous le chœur 
de Notre-Dame, et portant les mots Nautœ Parisiaci, ne doit pas 
se traduire par : « les bateliers enfants de Paris. » Le nom de Pa- 
risiac indique tout simplement le territoire des Parisii, et les 
Nautœ Parisiaci étaient les • bateliers du territoire, du domaine 
des Parisii. » 

D'après Âmédée Thierry, ac aurait signifié « habitation. » Mais 
ce serait là prendre le mot ac dans un sens très large : la « pro- 
priété » aurait été considérée comme « habitation. » 

Nous n'avons pas à nous occuper de ceux qui pour expliquer 
acus, acum, ont eu rerours au lat. acds (aiguille, pointe), disant 
que ce mot indique une habitation qui offrait un toit élevé, en 
forme de cône. 

(2) Tl ne faut pas confondre le suffixe ex avec ex ou aix qui 
signifient « eau. » Dans beaucoup de noms propres, ai g es r ex, ach, 



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— 357 — 

Ay el ai signifiaient encore un « lieu, » en français, du temps 
de Marot. Nous pourrions peut-être rattacher également à ach 
ou ac le mol Au qui a le même sens (lieu cultivé, fertile ; champ, 
prairie). En kymrique, affallenau (verger; littéral, champ des 
pommiers) offrirait un synonyme de affallach qui, d'ailleurs, 
signifie « pommier » (producteur de pommes). 

Le lecteur pourra aisément reconnaître la valeur du mot ac 
dans les noms celtiques suivants : Brennacum (propriété, champ 
duBrenn ou de la hauteur), Eboracum (auj. York ; voy. App. T), 
Cameracum (Cambray ; — des cavernes ou cambres [chambres] 
souterraines que Ton trouve dans la ville et dans les environs et 
qui servaient de demeures ou de lieux de refuge, lat. caméra, 
xapuzpa, voûte ; cell. cam, courbe), Duacum (Douai), Borciâcum 
(auj. Burt-Scheid), Cruciniâcum (auj. Creuz-uach, sur laNahe, 
et Christ-nach(t) dans le Luxembourg), Vergiliàcum (auj. 
Berg-licht), Ancariâcum (auj. En-Kirchen), Alpiniâcum (auj. 
Aip-Nachl), Cussiniàcum (auj. Kùs-nacht), Martiliâcum (auj. 
Mert-loch, que l'on interprète par Maerler-loch), Cluturiâcum 
auj. Clùsse-rath), Cantiniacum (auj. Kendenich), Dextriniacum 
(auj. Dislemich), Borvoniâcum (auj. Bùrvenich), Devilliâcutn 
(auj. Dieblich), Autunnàcum (auj. Andernach), Echternach -, 
— Cantiâcum ^nom de lieu français qui a donné Chanzy, de- 
venu nom de famille). — Cruciniacum (Kreuznaeh), Arenacum 
(auj. Arnheim, qui a pris le sens de Aquilarum domus), Ave- 
nacum, Ladernacum Montiniacum (Montenaken, en Belgique), 
Boviniacum, Coviniacum, Laureacum, etc. 

Le suffixe ac se trouve fréquemment dans la Franconie, la 
Styrie et autres pays foncièrement celtiques. Les formes ac el 
asco se rencontrent aussi dans la nomenclature géographique de 

ac indiquent le voisinage d'une source ou d'une eau courante. 
Voy. Ach, à l'Appendice sur l'Hydrographie celtique. 



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— 358 — 
l'Italie da Nord. La finale asco, dont les cellirtes ont jusqu'ici 
cherché en vain l'origine, nous paraît être une forme de ach pro- 
noncez achk< 

Ac on ach --- eau courante, rivière. — Ce suffixe qui» 
marque la dérivation, la descendance, s'est confondu souvent 
avec ach = aqua (œquor, aiguë), eau. Ces deux mots d'une 
forme identique, mais dont la prononciation était sans doute 
différente, se rattachent ils à la môme racine? ont ils ane ori- 
gine différente? Nous n'affirmons rien à ce sujet. 11 nous suffit 
de constater la double signification du mot ach. Nous ajouterons 
seulement que pour donner l'étymologiedes noms géographiques 
qui offrent ce suffixe, il faut consulter la topographie des lieux. 
On a dit que Saliniacum signifie « eau salée » et on a traduit 
Griniacum par eau verte (grun). Mais grin offre un mot celtique 
qui rattacherait ce nom à une divinité gauloise (voy. Aquis- 
granum ou Aquae grani). C'est d'après la configuration des lieux 
et les traditions locales qu'on pourra interpréter les noms de 
Bergerac, Figeac, Mauriac, Nérac, Moissac, etc. 

Il nous reste à expliquer la désinence ig qui a embarrassé 
les érudits. Or, il n'est pas difficile de la dériver de ing. Nous 
reconnaissons du reste que ich est la transformation normale, 
non pas de ac, mais de idc. Toutefois, il pourrait se faire que 
certaines localités aient été désignées indifféremment par les 
synonymes ach et ing et qu'une des formes Tait emporté sur 
l'autre. Quoiqu'il en soit, la forme ich est usitée dans les con- 
trées du Rhin inférieur : Zulich (Juliacum), Zulpich (Tolbiac), 
Kessenich, Lechenich, Merkenich, etc. 

On sait du reste qne le suffixe ig exprime, en formant des 
adjectifs allemands, l'idée de possession (steinig, pierreux) et 
est ainsi synonyme de ing. Il est de même facile de voir que le 
suffixe allemand ich ou icht qui, en Rajoutant à des noms de 
plantes, désigne une localité où elles croissent en abondance, 
correspond au celtique ac ou ach (pag. 354). 



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_ 359 - 

Ap*. S. — Forêts celtiques. — L'Europe centrale était 
jadis presque entièrement couverte de forêts. 

Ardennes. — Sous le nom à' Ardennes ou de YArdenne, on 
comprenait tout le pays forestier qui s'étend depuis la Meuse 
jusqu'au Rhin, et aussi de la Meuse à l'Escaut (4). Aujourd'hui, 
on nomme Ardennes le côté occidental et Ton distingue, à l'est, 
le Hohe Veen et PEifelgebirge 

Le mot Ardenne (d'après César, Arduenna; d'après Fortunat 
Ardennà) a été décomposé en ar dwenn (ar, l'article, ou ar = 
très, et dioenn= dwfr, profond, noir; kymr. arddu et ardum, 
très sombre ; ar, er, très). Mais il nous semble que l'idée de 
« hauteur » a présidé à la formation de ce mot. Nous avons, en 
effet, déjà indiqué (p. 343) une composition de ce terme qui le 
rattache au mot celtique ard (artu, adj. ardd, haut; irland. ard, 
haut; ardu y ar tu, très haut-, gaél. airde, hauteur-, irland. ar- 
daun, colline; cfr. lat. arduus haut, élevé, escarpé) ; Ardea (ville 
du Lalium, située sur une hauteur escarpée), Ardenne (eau de 
montagne : de ard, haut, et de oiche = wisg, eau). Quant au 
suffixe uenna, voy. p. 343 (2) 

(1) A propos du sens peu précis du mot Ardenne, Lamartinière 
nous transmet l'observation suivante : « Ce qui a fait dire à 
quelques auteurs qu'il en avait été du mol d'Ardenne dans la Gaule 
Belgique, comme de celui d'Hercynie en Germanie, et que, comme 
celui-ci était un nom commun à plusieurs forêts de la Gei manie, 
de même celui-là l'avait été à celles de la Belgique »(Dict.géogr.). 

(2) Le suffixe enna se rencontre dans Ceb-enna (les Cévennes ; 
celt. ceb, cefn, k/7i, dos et, par extension, montagne ; — kfn ne 
serait-il pas une forme de cton, hauteur, sommet?). Cfr. Rav-enna. 
Bad-uenna, Clar-enna, (Vindelicie), Fesc-ennia, Enna (Sicile), Et- 
enna (Pamphylie), Hut-enna [Lycie). On trouve aussi anna (Laus- 
anna), inna (Menith-inna, auj. Menden) et unna (Unna). Dans 
quelque j-uns de ces noms, enna offre peut-être une forme de 
uenna (montagne ; voy. p. 343), et dans quelques autres noms, ce 



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- 360 — 

La forél Hercynienne ( Ta 'Apxuvia &pr t d'Aristote).. Ce nom a 
le sens du Très élevé (de er ou ar - cunu : ar, are, er, très ; 
comme le grecâpi et loi, le celtique er est une particule aug- 
mentai! ve ou intensive ; er ou ar renforcent souvent le sens 
d'un mot (v. P , p. 456). Le second élément du mot Arcunia 
est fourni également par le celtique cun (hauteur; Cuno-belinus, 
Cuno-tamus, Cuno-penninus [à la haute tôle : penn]\ on le 
trouve aussi dans les noms de Conan, Eynan. Cette même 
signification s'est conservée dans les mois kymriques cunu, cynu 
(s'élever), erchynn (élevé), erchy niad (élévation, action de 
lever); et dans le gallois civn (tête, sommet, cime; civnu, se 
lever se soulever) (4). 

Avec l'aspiration qui se produit si naturellement dans la bou- 
che des peuples septentrionaux., on obtient les mots Har-cynia 
et Her-cynia. 

Le même composé celtique a donné les mots tudesques ercan, 
eorcna, hercan, anglo-sax. hearh, harc, herc, qui signifient 
« remarquable. » 11 nous explique aussi les noms propres de 
Herchenwald, Herchen. 

Le Harz. Le nom de cette vaste forêt n'est qu'une corruption 
du mot Harcynia ou HarJ-cynia {ard, élevé ; rfr. p. 359). Ce 
mot celtique à donné, au moyen d'abréviations et d'altérations 
faciles à expliquer, les formes arz, ers, ert, hart, haard, Harz* 
Herz, Hirz, Hersch.: Hirschberg, Harzgebirge. 

suffixe se rapporterait peut-être à in (dans, intus, dans, dedans, 
intérieurement ; iv, dans; ivxoç, dans, en dedans; v. h. ail. inna, 
dans, dedans ; — innung offre l'idée de domicile; anglo-sax. inné, 
maison ; angl. inn. auberge, hôtellerie. Cfr. Wuost «= inna (Waste» 
désert, solitude* landes) et vast-inna (forteresse : vast = fcsst» 
ferme, solide ; fortifié). 

(1) Il est, du reste, facile de voir que gwenn (p. S49) est une 
forme de cwn et de cunu. C'est ainsi, en effet, que le kymr, argwn 
devient arcun (cfr. Arcon, nom propre). 



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— 364 — 

La Sylva Marciana (de marc, noir, ail. moderne Murg, bas 
-ail. murks), auj. Schwarzwald (forêt noire). 

Sylva Gabreta (?pays de chèvres, c.-à.-d. escarpé : celt. gabr 
= chèvre). Ce mot se retrouve dans Gabro-magus, Gabro-sen- 
tum, Gâbris (nom d'un groupe de montagnes du canton d'Ap- 
.penzell). 

Sylva Coesia (auj. le pays de Coesfeld) (armorie, coè't, koat, 
koad, cambr. coed, comique cuit, bas lat. cotia, bois, forêt). 
Ce radical a donné les formes en usage au Moyen-âge : Cautia- 
cum, Cotiacum, Couciacum et les noms de lieux situés dans des 
forêts : Coisy, Coucy, Choisy (Coliacum), Chouzey; Cuise, 
Cuisy, Chosy, Soisy ; Choiseul. 

Dans le Morbihan, on trouve : Les Couëts, Er-Hoet, Coetanfao 
Coetbo, etc. 

Quelquefois, en Bretagne, coè't devient gott (Falgoët = mau- 
vais bois). 

Coet a aussi donné la forme chod (bois) dont le nom se re- 
trouve dans ceux de Chaux ou Lachaud, forêt du Jura-, Choux. 

Le celtique caill (forêt ; coillte, forêts; gaél. caille, anc. cor- 
nique kelli, forêt) a donné Chailly, Chilly, Celles (en Belgique), 
appelé jadis Chayles, Chaylles (mots qui ne proviennent pas de 
cella), Seilles ; et les formes hiel, kil, kill, kyl — que Ton re- 
trouve peut-être dans les noms propres Kiel, Kehl, etc. 

Nemet indiquait, chez les Gaulois, un sanctuaire forestier 
(nem, forêt ; cfr. lat. nemus) : Nemetacum, Nemetobriga, Neine- 
tocenna, Nemetodurum, Ne me les (spire), etc. 

App. T. — Hydrographie de l'Allemagne et des pays- 
celtiques. — L'eau s'offre à l'homme sous des aspects divers. 
Aussi trouve-t-on, dans l'onomatologie géographique, une variété 
de termes qui désignent les eaux courantes. 

L'eau des marais, des étangs, des lacs est relativement calme. 



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— 362 — 

stagnante, morte. Elle contraste, pendant un temps calme, avec 
Feau du fleuve, de la rivière, du cours d'eau. Aussi a-l-on sup- 
posé que le nom de la mer (lat. mare, celtique mor [cfr. Àrmori- 
que, fl/orinie], gall. môr, irl. muir, slave more, Meer) prove- 
nait du sanscr. mar (broyer, pulvériser, réduire en poussière; 
cfr. latin morior, je meurs; mors, mortuus; sanscr. maru, 
désert, c.-à-d. sol mort, stérile). — De sorte que le mot « mer * 
désignerait un « désert stérile, » un désert d'eau ou une eau 
morte, stagnante par rapport à l'eau vive d'une source ou d'une 
rivière. Toutefois, la mer et les lacs s'offrent à l'esprit avec une 
idée d'agitation et de mouvement. Or, celte idée est exprimée 
en gallois par le mot môr qui signifie la « mer » et « ce qui est 
en fluctuation, en mouvement » (ce mot a, en particulier le sens 
de « temps» et de « fourmi »). Dans la môme langue, m&ra 
signifie « l'agitation de la mer » et morach se traduit par « émo- 
tion, joie, » De la sorte le nom de la mer pourrait tout aussi 
bien signifier « ce qui est en mouvement, » et avoir trait à la 
mobilité des vagues de la mer quand souffle un vent violent. 
On sait, du reste, que les Grecs donnaient à la mer le nom de 
(téXaaaa, mot que l'on a rattaché à xapaaao) (je remue, j'agite). 
Ainsi le nom de la mer offrait d'abord à l'esprit l'effet d'un élé- 
ment agité (cfr. l'inusité au présent popéo>, je travaille, je me 
fatigue). C'est ainsi que le mot See désigne l'eau des mers et des 
lacs comme offrant l'idée de mouvement et d'agitation. On dit, 
en effet, que See a le sens de das Bewesende et que ce mot 
se rattacherait à une racine (seivan) qui aurait désigné l'idée du 
mouvement (cfr. asta, je remue, je secoue, j'ébranle ; asuco, je 
meus, je pousse avec rapidité -, Çdéw, je souffle avec force ; je 
vis). 

Genèse des noms de rivières. — Les noms des rivières 
(Bâche, Fiasse) étaient d'abord appel latifs. Les colons qui 
s'établissaient auprès d'une rivière la nommaient « le courant. 



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— 363 — 

la rivière. » Lorsqu'on se trouvait en présence de plusieurs 
rivières, on les distinguait, en disant : la « grande rivière, » la 
« petite rivière. » On disait aussi la « rivière blanche, » la 
«rivière noire, » la « rivière verdâtre, » etc., d'après la nuance 
que le sable, le limon ou les plantes donnent aux eaux. D'autres 
cours d'eau tiraient leur nom d'une particularité qui leur est 
propre ou de quelques circonstances locales. Ainsi le nom du 
Tigre faisait allusion au vol de la flèche (tedjerd, en zend) et 
indiquait la rapidité du courant. Ce nom n'était lui-même qu'une 
traduction da l'ancienne dénomination babylonienne (Diglat, 
Hidiglat — rapide comme une flèche). Dans l'Inde, des rivières 
portent les noms de San* (la coureuse), Sirâ (la laboureuse, 
qui va en ligne droite et semblable à la charrue qui trace un 
sillon), Nadî, la bruyante, etc. 

Nous grouperons les noms des rivières d'après quelques idées 
générales qu'ils expriment, et nous étudierons ces noms en tant 
qu'ils nous offrent : 1° l'idée d'humecter, de mouiller, d'arroser; 
2° l'idée de mouvement, de mobilité, de marche (cours d'eau, 
courant) ; 3<> l'idée de rapidité ou de lenteur; 4° une particularité 
qui leur est propre (sinueux, tortueux, qui s'étend au large); 
5° le bruit ^e murmure des eauxj; 6° les couleurs (clair, som- 
bre, etc.) ; 7° d'autres circonstances (servant de limite, de protec- 
tion ; le ruisseau du rocher, de la colline, de la prairie, etc.). 

Les mots qui expriment ces idées ont donné naissance à des 
noms de fleuves, de rivières et de ruisseaux, et ces noms retracent 
l'impression ressentie par les Celles qui, les premiers, foulèrent 
Je sol de l'Europe centrale et de l'Europe septentrionale. 

De nombreuses villes ont pris leur nom à leur situation près 
d'un cours d'eau : Darmsladt (du ruisseau Darm\ etc. 

Konis simples et noms composés. — Quelques noms de 
rivières offrent uu simple radical celtique (la Drave, l'Elbe) ; 
parfois, ces noms sont composés d'un radical et d'une épithète 



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— 364 — 

tirésdelamême langue (Div-one, Gar-onne, Dord-ogne). Il y a 
aussi un grand nombre d'autres noms formés par la juxtaposi- 
tion de deux noms génériques de rivières en usage en divers 
lieux et en divers temps. Ainsi, par exemple, une tribu celtique 
avait nommé une rivière on{a) ; plus tard, celte tribu ou d'autres 
tribus ont voulu distinguer cette rivière des cours d'eau qui 
offraient le môme radical et on ajouta ver, sar, etc., et l'on eut 
Ver-ona, Sav-ona, etc. 

Principaux radicaux celtiques qui interviennent 
dans presque tous les noms de rivières de l'Europe. — 
j4, aka, ach, av, avon (aon, on, oen, ana, ena, en, na, ri),aar 
{ar et #r), ud, dwr (dor, dur, ter), dr, wisg (is, es, esk), r{ar, 
er, rhe), rin, ren, dan (don), lig, el, etc. Ces radicaux, qui 
avaient un sens dans la langue celtique, ont servi à la composi- 
tion d'un grand nombre de mots. 

Combinaisons de radicaux. — Quelques noms de riviè- 
res comprennent deux et même trois de ces racines : Ax-ona, 
Aus-onne, Is-en, Is-ter, S-Tour, An-ton, Tan-ais, Dan-as -1er 
ou Dni-es-ler, Rho-dan-us, Rha-dan-au, Dan-ub-ius, Dur- 
an-ius, Dan-as-per, Rhe-n-us, Dur-Dan, Thyr-as, Dour-on, 
Isc-aun-a, Ter-ab-ia, Eri- dan-us, etc. 

On peut voir dans ces combinaisons un procédé d'agglutina- 
tion ou du moins de juxtaposition et d'adjonction. Les premiers 
arrivants ont appelé une rivière courant, eau; puis, pour la 
distinguer d'une autre rivière de. même nom, on avait recours 
a un autre mot qui exprimait quelquefois le redoublement de la 
même idée d'eau courante. On peut croire aussi que la même 
rivière était diversement nommée par les tribus qui î'avoisi- 
naient, et qui désignaient le même objet, tantôt par des termes 
équivalents, et tantôt d'après d'autres particularités qui avaient 
frappé leur esprit. Il se formait ensuite une synthèse de ces deux 
noms. Ainsi, par exemple, un cours d'eau nommé Is recevait 



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— 365 — 
d'une autre peuplade le nom de Ter (der, dwr), et Ton obtenait, 
en définitive, le composé Ister. 

Plus tard, quelques-uns de ces noms ont été regardés comme 
des noms propres. Les Tudesques, qui n'en comprenaient pas 
la signification, ont ajouté un mot de leur langue pour les carac- 
tériser. Des mots Thur et Dur, ils ont fait Thurbach et Durbach 
(Allem.), Dur-beck (Anglet.). Ces peuples savaient que la rivière 
s'appelait dwr (eau) et n'y ont vu qu'un nom propre auquel ils 
ont ajouté le suffixe Bach (cours d'eau) (*). 

Delà môme manière para, qui, en indien, signifie «fleuve, » 
et qui est devenu le nom propre d'un fleuve du Brésil, donne 
lieu à un pléonasme, lorsqu'on dit « le fleuve Para. » 

Dans d'autres noms, les Allemands ont usé du procédé d'alté- 
ration et de déformation. UAnalrafa ils ont fait Antrift (qui 
semble se rattacher à Trift, chemin de pâturage; pacage) -, d ln- 
drista, ils ont formé Innerste (affl. de la Leine, le plus impé- 
tueux des torrents du Harz; cfr. Innerste, le plus interne, le 
plus profond; superl. de inner, intérieur, interne), etc. 

La plupart des noms des rivières de l'Allemagne sont celtiques. 
Sur toutes les routes suivies par les Celtes, nous retrouvons des 
cours d'eau dont les dénominations ont été puisées dans l'idiome 
de la puissante race ky m ro- celtique. On trouvera donc peu de 
rivières, en Europe, qui n'offrent, dans leur nom, une racine 
celtique. Nous ne parlons pas seulement des Gaules, de l'Angle- 
terre, de l'Ecosse et de l'Irlande, mais aussi des contrées conquises 
au-delà du Rhin par les tribus Tudesques. 

(]) Dans le Yorckshire, on trouve l'Esk-water et le Dour-water ; 
et, dans ces noms, on voit très bien une addition du tudesque (an- 
glais) water. Il en est de même des noms de lis-bourne, l'Ease- 
burn, TAsh-boume, le Wash-burn,rOuse-burn : ils offrent l'anglais 
bum (mot qui est aussi celtique) ajouté à des formes du celt. uisg 
(eau). 



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- 366 — 

Fôrstemann, qui repousse absolument les étymologies celtiques, 
admet cependant que les mots Rhin et Main appartiennent à la 
langue des Celtes. Mais on peut voir aisément qu'il en est de 
même des mots. Danube, Ister, Labn, Eder, Leilha, Weser, etc. 
Fôrstemann, il est vrai, a trouvé que les noms de fleuves, ces 
joyaux non taillés, nous ramènent au sanscrit (in das Urei- 
genthum dcr Indogernianisehen Sprache, p. 34). Evi- 
demment, la nomenclature hydrographique des Celtes de l'an- 
cienne Germanie se rattache au groupe des langues indo- 
ceiliques ou indo-européennes. Mais rien ne prouve que 
les mots compris dans celle nomenclature aient fait par- 
tie de l'ancien tudesque. Nous admettons, avec Fôrstemann, 
que a ou aha, ara (das bekannte Grundwort filr 
Fins*) ont dû signifier « rivière. » Mais il s'agit de 
savoir si ces mou appartiennent au celtique ou au tudes- 
que. Lohmey or (Gôttinjjen, 1884) prétend que ah a, apa, ara r 
ambra, strava, slrud, moina, etc., sont des mois ludesques 
qui veulent dire « fleuve » (deuisebe Grundworter fur den 
BegrifT « Fins* »). Cependant ces mots ne sont usités dans 
aucun dialecte allemand. Lohmeyer reconnaît qu'il ne saurait 
rattacher Ehn à aucune racine allemande (Keln Grundwort 
fur F lus*, Woraus Ehn rntstanden sein Mante) ; mais 
il n'en prétend pas moins qu'il y a là un nom ludesque de 
fleuve (eiu deutscher Flussname). Le même raisonnement 
prouverait que Confluentes (Cobienz) ou Tabernœ (Zabern) ont 
été des mois de l'ancien tudesque. 

11 sera, au contraire, facile de voir que les noms des cours 
d'eau de la Germanie ancienne nous ont conservé des vestiges de 
l'idiome des Celles. Ce résultat sera confirmé, d ailleurs, en cons- 
tatant qu'un grand nombre de nom des rivières du continent 
européen se rapprochent d'une manière frappante de dénomina- 
tions que l'Angleterre celtique a conservées dans leur pureté 



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— 367 - 

et que la France, l'Italie et l'Espagne possèdent encore sous 
des formes assez transparentes pour nous permettre d'y voir l'an- 
cien langage de nos aïeux. 

Noms de rivières qui offrent les Idées d'humecter, 
d'arroser. — Nous mentionnerons d'abord dans cette catégo- 
rie les noms qui se rattachent au sanscrit ud, und (mouiller, 
humecter ; couler; uda [und], eau ; grec 5o>, je fais pleuvoir, 
j'arrose par la pluie ; fôoç, 65wp, eau ; lat. undo, j 'inonde, j on- 
doyé; unda, onde; udus, humide; sudor, sueur; russe et po- 
lon. voda. eau; lithuan. vanda, eau, et audra, flot; le grec 
S&op est peut-être formé de ud [l'élément humide] et du suffixe 
ar, er, or). Toutefois, la racine ud pourrait avoir indiqué primi- 
tivement le « mouvement » de l'eau : en gallois ydd signifie «ce 
qui met en mouvement, » et le suffixe ydd exprime l'activité, 
la personnalité. 

Le radical ud prend les formes ed, et, eit, id % it> od. 

Avec le suffixe er : l'Oder (jad. Odora, en slave Wodra, 
c.-à.-d. l'eau courante, le fleuve), l'Odder, l'Otter et le Woder 
. (Angl ) 0). l'Adour, etc. 

L'Eder (affl. de la Fulda, connu des Romains sous les noms 
d'Adrana et Adarna : ad-ran-a [ren, courir] ou de a-dr-ana), 



(I) Le mot Oder est écrit quelquefois Ader par d'anciens écri- 
vains allemands. On a dit que Ader (veine, véhicule pour trans- 
porter dans l'organisme les éléments vitaux du système sanguin) 
indiquait chez les Celtes une voie de communication (Cellis nava- 
lis vena). Mais l'ancien nom de l'Oder était Viadrus (sanscr. vt t 
aller). 

La forme Oder se rattàche-t-elle à water (angl.) = l'ail. Was- 
ser (eau)? Le nom de la Wetter (jadis Wetteraha) dériverait, 
d'après quelque* Allemands, de Wetter (tempête, orage) et indi- 
querait une rivière formée par la pluie de l'orage. 

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- 368 — 

l'Eider (jad. Edora; — Danemarck); l'Eitr-ick (Ecosse), l'Ei- 
trach (jad. Eiler-aha, Allemagne) et l'Aiterach; 

Avec le suffixe en ; l'Eden (Anglet. et Ecosse), l'Iton (affl . de 
la Loire) ; 

Avec le suffixe el : l'Idle (Angl.). 

Au grec 58wp se rattachent peut-être les formes dur, dor f 
gallois dwr, bret. et corn, dour, gaéj. et irland. dur et dobhar 
(prononcé doar), eau. Peu^-être aussi ce radical proviendrait-il, 
par méthathese, de dru (courir; — v. plus loin) 

L'ancienne géographie comprend quarante-quatre rivières qui 
portent le nom de dur. Ce mot prend les formes dor t dir, thur, 
thyr, ter, tir. On sait que les dentales alternent et que les 
voyelles se modifient aisément (4^ : Duria, Darius, Thuras, 
Taro (Italie), Ter (Catalogne), Tera (torrent du Portugal), 
Terun (France), Torone (fleuve de Macédoine), Thuria (Messenie), 
Thyras et Athyras (Thrace). 

Les Gaulois avaient de nombreux noms de villes offrant la 
racine dur et indiquant, quelquefois, une situation sur les bords 
de l'eau. Mais bien souvent dans les noms de ses oppida, dur 
signifie « forteresse » (Augusto durum, Brevio-durum, Brivo- 
durum, etc.). 

La géographie moderne conserve de nombreuses traces du 
vieux mot celtique. En Angleterre, trois Dour, la Dore, la 



(1) On peut rapprocher du celtique dur les mots persans darià 
{met), tar 9 humide ; les mots arabes tharr (aqua scatuit fons), 
thararat (aqua scatens fons), Tharthar (aqua abundans fon$\ nom 
de deux cours d'eau de l'Arménie (voy. Golius, p. 418) et d'une ri- 
vière de la Mésopotamie ; darra (cum copia emisit pluviam cœlum), 
medrar {pluma copiosa); et l'anglais tear, larme, c'est-à-dire 
l'eau des yeux : les Persans disent : ab chacham (eau de l'œil =» 
larme), ab dahan (eau de la bouche) = la salive, appelée par 
Ovide : humor linguœ. 



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— 36a — 

Thur ; en Irlande, Doro ; en Cornouailles : Durra, et, dans 
d'autres parties de l'Angleterre, Dairan, Durarwater, Deargan, 
le Dover ou Durbeck, le Glasdur (= eau bleue ou verte : gal- 
lois et arraor. glas, bleu, azur, pâle-, vert-, frais, jeune; cfr. 
îat. glaucus bleu, grisâtre, bleu foncé, glauque, verdâtre), le 
Rother (jadis Rhoddwr, eau rouge), onze Calder (eau tortueuse» 
sinueuse), trois Àdder, l'Ader (Suisse), l'Adar, le No-der, le 
€hed-dar, le Lo-dore. Derwent (corruption de Dwrgwent), nom 
de plusieurs rivières de l'Angleterre, signifie «eau blanche, 
pure » ou « eau du pays blanc, c'est-à-dire éclairci, découvert, 
déboisé : de dwr, eau et de gwent, gwen, gwyn, beau, blanc). 
Le Darent et le Dart offrent des contractions de ce nom L'ancien 
nom du Darent a dû être Derwent, car les Romains donnaient 
le nom de Derventio (? auj. Dartford) à la station qu'ils avaient 
sur le Darent. Les mômes composants se trouvent dans les noms 
du Darwen et du Derwen. Dartmouth (embouchure de la Dart, 
Darwent, Derwent), Dartford (gué de la rivière Dart ou Der- 
went). 

Dor-chester était la cité des Durotriges ou des habitants d'une 
contrée située près de l'eau. Un autre Dorehesler (Hydropolis, 
la forteresse [siluée près] de l'eau) est situé sur les bords de la 
Tamise. 

Dor-drecht, Dor-trecht (voy. App. G) ou Dort (par contrac- 
tion) se trouve aujourd'hui dans un'e île, entre la Merwe et le 
Biesbosch. Le nom de Dorlmund (en Westphalie) pourrait indi- 
quer l'embouchure d'une rivière nommée Dor ou Dort ; mais 
cette ville se nommait jadis Tremonia ou Trotmonia, nom qui, 
d'après Grimm, aurait trait au collier de la déesse Freya. Sans 
doute throat, en anglais, signifie gosier et mani a eu en vieil 
allemand le sens de collier (P., p. 302). Toutefois, dans ce rap- 
prochement de mots, nous ne voyons aucune allusion à la mytho- 
logie tudesque. 



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— 370 — 
En France, la Dore faffl. de l'Allier), la Durcette (affl. de la 
Dore), le Dor (? en Auvergne), la Dor-dogne (? dwr den y en 
gallois eau profonde; bret. don, profond) (i), lAn-tur-a (l'eau), 
auj. l'Eure, TAdour (jad. Aturus ; de a, article), la Dur-aace 
(jad. Dru-en tia; cfr. l'angl. Der-went, et plus loin les mois 
formés de dr) t la Thur (dans le H.-R. et en Suisse), laDur-bion 
(Vosges), la Dour-bie (Aveyron), le Dour-on (Bretagne), la Dar- 
dent (Seine-Inférieure). En Espagne : le Douro ou Duero (jad. 
Du ri us), Duerna, Dur-aton, Torio, Tere, Tur-on-es, Tor-mes; 
— En Italie : la Doria, Torre, deux Durias ou Doras (Piémont), 
le Turia (affl. du Tibre), le Tr-on-lo, leTri-on-lo, la Tre-bie, 
le Terias, Ter-mus; en Allemagne : Durbach, Diirrenbach, 
Diir-n-bach, le Dur-ren-bronne : en Suisse : Salo-durum (auj. 
Solothurn, v. p. 5), Vito-dur-um (auj. Winterlhur, qu'on 
prononce our,- v. p. ô), la Thur (nommée Tyras, Tau rus et 
Durius), rivière rapide qui traverse, le canton de Thurgovie 
(Thurgau) auquel elle donne son nom ; Tur-ic-um (lieu abondant 

(1) On a dit que la Dordogne doit son nom à la Dor et à la 
Dogne, deux, sources quj s'échapperaient du Mont Dor (Puy-de- 
Dôme) et dont les eaux s'unissent près de Bains. Mais cette éty- 
mologie est écartée par ceux qui disent que la Dordogne n'a 
qu'une source (v. Lamartinière qui cite de Valois). Nous croyons, 
de notre côté, que ce nom doit se décomposer en dord et ogne 
(voy. plus loin à la forme ogné), Ausone donne le nom de Dura- 
. nius (dur-an) au Mont Dor et à la rivière. Grégoire de Tours ap- 
pelle la rivière Dorononia (leçon qui est peut-être fautive, pour 
Doronia «= dor-ori). Aimon offre la forme Dordonia (dord-on). 
Cette dernière forme a eu pour but d'indiquer chez quelques tri- 
bus riveraines de ce cours d'eau, une particularité qui les avait 
frappés*. En gallois, dwrd signifie « bruit confus, murmure ; tu- 
multe; fracas. » On trouve, en Angleterre, le nom de Dwrddwy, 
équivalent du nom de Dordogne (gwy ou wy signifient « eau, » 
en gallois). D'ailleurs, le suffixe dogne ne signifie rien, à moins 
qu'il ne fût une forme de don. 



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— 371 — 
en eau; — auj. Zurich-, — jad. Turig et Tarreg : ig, ege, 
voy. ing, eng). Dornach (jad. Dur-n-acum = territoire de 
Feau), localité du canton de Soleure. 

Le mot dor se trouve aussi dans d'autres noms de lieux : le 
mont Dor (dont les bains ont une valeur thérapeutique) 
Dorât, Dora, Doria, Doriac, Dorloz, Dourdan, Duret, Dorfort, 
Duras ; les Doriens, etc. 

Dwr, prononcé douer* dover, a donné Dover (Douvres) et 
Andover (littér. l'eau ; — an, article). 

En sanscrit, la pluie s'appelle ind-u, mot qui signifie «goutte, 
sève. » Ce mot entre dans le nom d'Ind-ra. Primitivement, ce 
nom signifiait « celui qui donne la pluie » cfr. Jupiter fluvius ,- 
dans le Rig-Vêda, le dieu suprême Indra descend sur la terre» 
sous la forme des vapeurs légères, des nuées qui donnent la 
pluie.- Le mot Indus, qui donne son nom à l'Inde, dérive, 
croyons-nous, de la même racine. Ce fleuve est aussi nommé 
Sindus (cfr. sanscrit Sindhu [l'irrigateur] et le mot syand, arro- 
ser) (4). 

En Asie-Mineure, l'Indus (auj. Tavas), l'Indis (en France, 
auj. le Dain); en Allemagne, l'Inda 'affl. de la Roer et de la 
Meuse), l'Inda (enNorwège), l'Indre (France; — avec le suffixe 
er). 

La racine lig, conservée dans l'Irlandais leig h (liquéfier; gaél. 
lighe, fleuve, torrent ; irland. lough, lac ; dans les environs 

(1) Le sanscrit sindhu signifie « fleuve ; % « la liqueur sacrée; » 
la « mer. » Du mot Indu, on a fait Hindhu et Sindhu; et de là, 
les Grecs ont formé le mot 'Iv&vjç (en remplaçant le s ou l'A par 
l'esprit doux). Enfin les Latins ont négligé complètement l'aspira- 
tion initiale et ils ont écrit Indus (ils écrivaient aussi Sindus). En 
français, nous avons les mots Inde et Hindoustan. 

On a aussi dérivé le mot Sindhu de sidh, sedh (écarter) et l'on 
a dit que ce fleuve avait été ainsi nommé paice qu'il séparait deux 
contrées et qu'on le regardait comme une défense. 



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— 372 — 

d'Augsbourg, contrée foncièrement celtique, les ruisseaux sont 
sommés lechen; en Souabe lech, rivière; cfr. lat. liquens [cou- 
lant, liquide], liqu-o [fondre, rendre fluide, liquide], liqu-idus, 
Uqu-or; ail. leck, adj. qui coule, coulant, qui suinte; lecken, 
dégoutter, s'écouler, s'enfuir; Lange, lat. Uxivia, lessive, 
solution saline; — cfr. anc. ail. luken, lechen, courir, sauter; — 
laquais) : La Légie (Belgique), la Lys (jad. Legia, en France), la 
Lug (Angl.)* la Louge (affl. de la Garonne), la Luhe (qui coule 
dans les bruyères de Lunebourg), la Loue (affl. du Doubs ; affl. de 
la Garonne ; — avec er : Lig-er (la Loire), la Legre (près de 
Leicester), la Lègre (Gironde); cfr. Lig-ur, Lig-us (homme qui 
habite auprès de l'eau) ; — Log-an-aAa (auj. la Lahn), Lauch-en 
(petite rivière de la Thurgovie), Lugano (sur le lac de même 
nom). 

Dans la géographie ancienne : le Lycus (Assyrie, Syrie, Armé- 
nie, Phrygie, Pont, Paphlagonie et Sarmatie), nom qui n'a trait 
ni à la blancheur de l'eau (Xsuxoç, blanc, pur), ni aux loups 
(Xuxoç, loup), le Lecb jad. Licus (affl. du Danube; Ai/iaç ou 
AuxÉaç, Ptol. ; cfr. Winde-licia), la Leach (Anglet.), la Leck 
(affl. de la Meuse); 

Noms de lieux : Lechfeld, Lechsgimundi, Liehene, Lichten- 
steig (sur laThur ; — • jadis Lichsleiga), Belecke (jad. Badelecke, 
petite ville du cercle d'Arnsberg : il y a des eaux minérales et 
salines, Badehans, Hineralbad , Salzquellen), Badela- 
chen 0). 

Le vieux gaélique guis a le sens de l'anglais gush (écoulement ; 
— irland. guis, voie d'eau) et de l'allemand giessen (couler, 
verser, épancher, répandre ; goth. giutan, anglo-sax. geotan ; 



(l) Dans quelques-uns de ces noms, leck peut avoir trait au 
kymrique lech, gall. llech, irl. leac (lack, leck), pierre ; et signifier 
«ne rivière pierreuse (steinaha). 



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— 373 — 
cfr. lat. gutta, goutte; Gesse, évier, égout ; canal, rigole ; gaél. 
et irland. gaisidh, ruisseau) : La G ose et la Geisa (Allem.), 
Giessbach (Suisse) ; — avec el ; Giesel (jad. Gisilaha); — la 
Gotha (Suède). 

Au même radical on a Pangl. g ad (courir, rôder, battre le 
pavé; cfr. Gasse, rue) : la Gade (Angl.), Gada (auj. Jed, 



En gallois ffreu (ruisseler, déborder), ffrau (torrent ; cfr. 
albanien jçp6, torrent) : la Fraw (Aberfraw, Ecosse) ; avec en : 
laFroon (qui se jette dans le lac Lomond), la Pronia.(Russie). 
Au mot ffreu se rattache le verbe gallois ffiydio (couler, ruisse- 
ler) et le substantif frwd (torrent; cfr. tchèque praud) que Ton 
trouve dans : le Prulh (identifié au Porala d'Hérodote ; — il faut 
remarquer toutefois que, du temps Ae cet historien, il n'y avait 
pas de Slaves dans cette contrée), le Port-va (Russie), le Forth 
(Ecosse), le Pravadi (Bulgarie), le Pripet (Pologne). 

En gallois llaith (ce qui passe, ce qui va à sa fin -, état de 
dissolution ; humidité ; — humide ; leithad, humide), llyddu 
(verser, répandre); vieux gaélique lit (activité, promptitude); 
gaél. lith (étang, eau stagnante); goth. leithus, anglo-sax lidh 
(liqueur, boisson) : La Lid (Anglet.), laLeith (Ecosse), la Laith 
(pays de Galles, auj. la Dyfr), la Leitha (jad. Lil-aha, Allem.;, 
ht Leitha (affl. du Danube ; — Hongrie) ; — cfr. le Leth-œus 
(Asie-Mineure, Th essai ie, Crète), le Lethé, fleuve des enfers, 
dont on a fait un fleuve de l'oubli, lorsqu'on a ignoré la vraie 
signification de ce nom. 

Le gaélique nigh (baigner, laver; grec v{Çu>, je lave), se con- 
serve dans les noms suivants : le Neckar (jad. Nicer, Niccarus, 
Necarus; cfr. v. h. ail. Nichus, Nix el Necker, esprit des 
eaux, Wassergeist; voy. F., p. U)(4), Nagold (jad. Nag- 

(1) En island. Nikarr désigne Odin ou plutôt un Neptune, un 

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— 374 — 

alta; gaél. ait, rivière), Nagbacb el Nagelfoach (qui n'a rien à 
voir avec Nagel, ongle ; clou). 

L'armoricain naoz (ruisseau, réservoir d'eau ; .canal ; cfr. ail. 
nass, humide; grec v&o, je coule; vÉÇtu, je lave ; sanscr. nis, 
couler, mouiller) se conserve dans les noms de la Ness (Ecosse), 
la Neisse (Allem.), la Nissava (affl. de* la Morawa); — avec le 
suffixe st (cfr. sanscr. nistas, humide ; fluide) : la Neste (Hautes- 
Pyrénées), le Nesius (Thrace). Empédocle désignait Peau par le 
mot Nestis. Il disait que Jupiter est le feu, Junon la terre el 
Nestis l'eau ; et, d'après la signification de ce mot, il faisait 
présider Nestis aux larmes des mortels. 

Du sanscrit su (répandre, asperger; verser, arroser; cfr. 3«, 
il pleut ; gall. su, ce qui se répand; — bpurdonnement) déri- 
vent le sanscrit sava (eau, suc) et le gothique saivs, mer, lac ; 
ail. See. De su, les Irlandais ont fait sua (ruisseau) et sa (tor- 
rent). Cfr. lat. succus, suc; gaél, sûgh, vague, onde, flot; 
irland. subit, jus ; sève ; moisissure. À cette racine se rattachent : 
Savus(la Save, hongrois Szava, ail. Sau ; — riv. de la Pannonie, 
pays celtique), la Save (affl. de la Garonne); Sabis (Belgique, 
— auj. Sambre) , Sau (deux rivières de la Souabe) ; Sow 
(Anglet). 

Combinaison de su et de na, ana : Savena, ou Saona (affl. 
du Pô), Soana (affl. de l'Àzergue (Rhône), la Seoune (affl. de la 



goblin des eaux, comme l'island. Nykr/ en afl.Mccker, esprit des 
eaux, ondin. Ce mot pourrait être un composé celtique de i'irîand. 
nighe (action de se baigner, d'être dans l'eau; lavage; nigeach, qui 
nettoie, détersif; cfr. Hésychius : vekrjasi, avoir humecté, syriaque 
neka, couler, inonder ; sanscr. nak\ aller, se mouvoir; Nachen, 
nacelle; nicken [lat. nictare], remuer la tête; faire signe delà 
tête ; neigen, incliner ; faire pencher) et du gallois ur (ce qui est 
supérieur, sacré, inviolable). De sorte que Nikur aurait désigné un 
être aquatique mystérieux. 



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— 375 — 

Garonne), la Seugne (jad. Soena, affl. de la Charente), etc. (<)• 
Combinaison de su avec r, ra (sanscrit surâ, liqueur spiri- 
tueuse, eau): Sara (nom d'affluents du Rhin, de la Moselle, de 
laSalzach, de la Drôme), Soura (affl. de la Volga), la Suir 
(Irlande) ; combinaison avec er % ar, ir : Severus (Irlande), 
Savara, Severa (les deux Sèvres : la Sevré Nantaise et la Sevré 
Niortaise), Savara (la Sevré, affl. de la Seine) (2), Savaria (affl. 
de FOurcq), Savère (affl. de la Save, Haute-Garonne), Savira 
(auj. Zeyer, Allem.). Avec arii : Savaria (Pannonie) ; avec 
double suffixe r-n : Sabrina (la Severn, Anglet.), Sabhrann 
{anc. nom du Lee, — Irlande) et Sevron (Saône-et-Loire ; — 
Ain). 

Le même radical sanscrit su (lancer, darder; cfr. aouç, élan, 
impétuosité : ae&o, je lance) a formé les mots gaéliques sûth, 
vague, houle -, sùth = sùgh, (sève, jus, sauce) qui se retrouvent 
dans les noms de la Suss (Suisse), le Suzon (France), Souza 
(Portugal) ; — les formes sost et soest : la Soest, le Soesterbach 

(AIL). 
La racine sanscrite su se cache probablement aussi dans l'an- 

(1) La Swine (forme de soueina, seona) était jadis nommée 
Suevus et Suebus. Ces noms n'ont aucun rapport avec le nom des 
Suèves ; mais ils se rattachent à su-eve (eau qui se répand); 
Swinemùnde (embouchure de la Swine). A la forme swin se rap- 
porte aussi le nom de Schweinfurt (ville appelée aussi Suinford et 
Swinfurt, et, en latin Suevofurtum que l'on a traduit par Trajectus 
Suevorum). On a supposé que les Suèves possédaient en ce lieu un 
gué sur leMein (voy. p. 113). Les noms formés de swin en Angle- 
terre peuvent se rapporter au celtique swin r saint; gallois dwfr 
swyn, eau sainte). Swindon (— town on the river swin). 

(2) La ville de Sèvres (dép. de Seine-et-Oisc) était nommée, 
jadis Savara et Sépara. Cette dernière forme se rattacherait peut- 
être à une racine qui a donné le nom de la Sprée. En bas latin 
sewera et seweria signifiaient « cours d'eau. » 



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— 376 — 

glais to shoot (lancer, jeter; tirer un coup de fusil), dans l'alle- 
mand Sehtttze (tireur) et dans le vieux gaélique et vieil 
irlandais sciot (dard, flèche). De là viennent les noms de la 
Schulter (jad. Scutara), de la Schoudra (jad. Scuntra) et de la 
Scimnter. 

Le gaélique et irlandais snidk et snith (suinter, couler à tra- 
vers; distiller, dégoutter; v. gaél. et irl. snuadk, couler; et 
snuadhj rivière (cfr. Schnee, angl. snow, neige) se rattachent 
au sanscrit snu (couler ; laisser tomber goutte à goutte) : Snei- 
taha (Steinach), Sneitbach, Sneitsee (auj. Schneitsee), noms que 
Fôrstemann rattache sans raison au v. h. ail. snidan (= Sehnei- 
den, couper, trancher, diviser) pour en faire des frontières. En 
Angleterre, laSnythe. 

Du sanscrit vâr (arroser, mouiller; vtâri, rivière ; proprement 
«eau, liquide;» armor. bera, arroser; gaél. et irl. uaran, eau 
fraîche; grecoupov, lai. urina, pour vari-n-a % urine; utïnator, 
plongeur) dérivent : Varus (le Var), la Varusa, Var-ran-us, Ver 
(Anglet. ; Calabre), Viria(auj. Vire, en France), la Werra(AH.); 
avec en : Warinna (auj. Werre, affl. du Weser), Wern (affl. 
du Danube), laWarnau (AIL), Varano (lagune de l'Adriatique; 
— avec don : Ver-don (dép. du Var). On a rattaché à la même 
racine le nom de Verodunum (Verdun = colline ou forteresse . 
de la rivière). 

Le verbe armoricain bera (couler, fluer, s'écouler) explique 
le celtique ber (eau) : La Bere (Anglet.), la Berre (Aude), le Bar 
(Ardennes), Bahr, Behr, Behre, Paar (Allem.). 

Les noms de la Wertach (riv. de la Souabe) et de FOurthe 
se rattachent au sanscrit vart,vrt (aller; cfr. werden, devenir). 

En gaélique near (eau, rivière; cfr. hébreu nahar, fleuve, 
torrent; grec vap6ç, coulant; liquide; Nérée, néréide): le Nar 
(Anglet. )> le Nore (partie de 1 estuaire de la Tamise^ Nore 
(affl. du Shannon), Naraha (jad. en Allem.), leNera (jad. Nar, 



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— 377 — 

en Italie; Niebuhr rattache ce nom à un mot signifiant souffre) v 

— avec le suffixe en (sansc. ntran, eau) : le Naren ou Nairo 
(Ecosse), le Naron (Illyrie). Pour le Curische Nehrung, voy. 
p. 4 il. 

Noms qui offrent l'idée de courant ou de cours d'eau. 

— Lorsqu'on analyse les noms de rivières, on trouvé souvent 
une racine principale qui signifie « cours, courant » d'eau. Ce 
qui est tout naturel, car les hommes, voyant l'eau courir, 
devaient trouver tout simple de la désigner par le nom de 
« courant. » Pour le môme motif, les torrents couverts d'écume 
qui descendent des lacs pyrénéens sont nommés courets. 

Ainsi, le nom du Gange (en sanscrit gangd) signifie « le cou- 
rant, le fleuve » par excellence : sanscr. gam (aller), gang y 
rivière (ce qui va ou coule sur la terre, was im Gange ist, 
was Cours hat-, cfr. gangan [aller], gehen [aller], participe* 
[gejgangen; Gang, course, marche, action de marcher? 
anglais to gang, aller, marcher) (4). 

Les Celtes possédaient ce mol : en écossais gang (ce qui ya) t 
Liuganga (auj. Léo), rivière près de Salzburg (contrée éminem- 
ment celtique). Gang prenait les formes gan et yen : Geneva 
(= eau [ève] courante; ville située dans le lieu même où le 
Rhône sort du lac), Gennep (jad. Ganipa = eau courante r 
apa). 

Aa ou aha prend diverses formes: 4° ava; 2° ab etapr 
3° ack; 4° ar, aar. Le celtique a les cinq formes aa f av, ab r 
ach et aar. Dans celte langue, ces mots signifiaient « eau, cour» 

(1) Dans l'Inde, le mot gunga a pris le sens de « rivière » t 
Kichengunga (rivière noire), Nilgunge (rivière bleue). 

Le Gange est aussi nommé Padda ou Pudda (le pied) et les Hin- 
dous ont bâti, sur la signification de ce nom, la légende d'après 
laquelle ce fleuve est sorti du pied de Wichnou. Mais il suffit de- 
savoir que pad = gam (aller). 



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— 378 — 

d'eau, o On les retrouve dans de nombreux noms de rivières des 
diverses contrées de l'Europe. 

Ces formes sont conservées dans les dialectes néo -celtiques. 
On n'en voit aucune trace dans l'idiome allemand moderne. On 
donne cependant d et aha comme ayant appartenu au v. h. 
ail. avec le sens de aqua, amnis (goth. ahva % v. h. ail. aha, 
aoglo. sax. ea). En vieux norrain â et en danois aa, aae signi- 
fient « ruisseau » -, en suédois a; en isl. â, en courland. aa dé- 
signent l'« eau. » La racine a ou aha peut donc passer pour une 
•expression indo-européenne commune à divers peuples de l'Eu- 
rope. En gaélique, aae signifie courant d'eau. D'après Hésychius, 
*Aa signifiait, en grec, « un amas d'eau » (ouan^aa î>84tu>v). 

Ces diverses formes de aha indiquent proprement une eau 
courante et il n'est pas besoin d'ajouter que la notion du « mou- 
vement » s'adapte parfaitement à l'eau des rivières. Cette notion 
est exprimée par les cinq formes indiquées ci-dessus. 

*• A redoublé {aa) ou Aha (— rivière) est employé seul ou en 
«composition. On compte une quarantaine de cours d'eau nom- 
més Aa tout court (départ, du Nord, Brabant, etc.). La West- 
phalie compte sept Aa, les Suisses ont neuf rivières de ce nom. 
Cest de ce mot que provient le nom de famille flamand Van- 
deraa (de La Rivière). 

Ce nom se retrouve dans : Aadorf (= Dorf an der Aa, 
village près de l'A a), vg. de Thurgovie situé près d'un ruisseau 
(Aa) qui se nommait jadis Lutzel-Aa (die klelne Aa), et qui est 
a petit • en comparaison de la Murg; — Aawangen (situé près 
du même Aa\ Aahalden (•= Halde an der Aa) et Aarain 
<= Rain, Abhang an der Aa), localités du canton de Zu- 
rich ; — Aalbal, Atrebate, Arras, en flamand Atrecht(le rivage 
de l'eau). 

Comme suffixe, a, jadis aha, se conserve, en Thuringe, en Saie 
et en Bohême, dans des noms de villages et de villes. On trouve 



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— 379 — 

aussi a pour aha dans des noms de rivières : Fulda (jad. Fui- 
daha : du v. h. ail. fui ta, terre; d'où Fultaha = Landflnss; 
y. aax. folda, anglo-sax. folde = ail. mod. Feïd), Gola (Go- 
laha), Làhn (Lonaga), etc. « 

Au môme radical se rattachent les noms de la Sulzaha, de la 
Salzaha,de la Wisuraha (que Ton suppose formé de wisa, pré; d'où» 
wisur, de pré, et qui aurait signifié Wiesenfluss, eau qui 
coule à travers les près), auj. la Weser (que l'on a faussement 
dérivé de weUser [weiss, blanc], après avoir imaginé que 
ce fleuve était ainsi nommé ab albedine aquarum) (4), de la 
Werra, eic. 

(i) D'après Fôrsteman le nom de la Weser signifierait WestfluU 
(West, ouest). C'est une étymologie tirée par les cheveux. D'ail- 
leurs, la forme ancienne de ce nom n'est pas Wisera, mais Visurgis 
(Tacite). Nous croyons pouvoir rattacher cette forme au celtique 
wys (uisge), eau, et à une racine urg qui se trouve dans le sans- 
crit ûrj' (mouvoir, agir) ou dans l'indo-europt'en argh (mouvoir 
violemment, impétueusement). 

Cfr. grec ïnuç. 'sp^ato (lo^é^o^on), je travaille ; 'Épyov, travail, 
ouvrage, action, affaire, bataille, guerre; àpyjioi (je mets en mou- 
vement, j'agite), 'op^écjxai (je danse, je saute, je m'agite) ; lat. urgeo 
(je pousse, je presse; je tourmente); goth. waurhia, angl. work r 
Werlc (action, travail, œuvre), -wirken (agir, opérer) ; — gaél. 
ore (détruire, tuer), oirghean (destruction); irland. ang (champion, 
Mars), orchad (qui tue, qui défruit), or gain (pillage, carnage); — 
armor. argad (combat), argaden (course, incursion subite sur le 
teriitoire de l'ennemi). 

D'un autre côté, le suffixe urg pourrait peut-être offrir le celti- 
que [armoricain] urc'h (mugir, grogner, hurler) qui se rapproche 
du vieux norois urga (mugir, murmurer, fendre l'air avec bruit). 
Dans ce cas le nom de la Visurgis ferait allusion au bruit de ses 
ondes. 

La racine urg ou urgh se trouve dans les noms suivants : Ar- 
guna (auj. Àrgen, qui se jette dans le Bodensee), Orc-ana (auj. 
Orke, affl. de i'Rder), Orge (rivière de France, Seine-et«Oise) r 
Ource (affl. de la Seine)» Ourcq (affl. de la Marne). 



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— 380 — 

En Angleterre, Eaton signifie l'enclos [situé près] de l'eau : 
«as eau; ton, dun, forteresse; anglo-sax. ea (eau de rivière). 

2° Av. — La racine aa f aha s'est divisée en deux rameaux 
w*(aw) et ach qui peuvent être regardés comme provenant 
d'un renforcement du h, ou que Ton peut rattacher à une ra- 
cine spéciale. La racine sanscrite av (aller) a donné ahvan (se 
remuer) et les dérivés qui offrent l'idée de mouvement ou de 
rapidité (avana), tels que av-i (vent), av-ani, avachi (rivière), 
«u-icha (océan). En gallois aw (eau et rivière) (*). 

Les Celles avaient aussi ce mot qu'ils ont introduit dans un 
grand nombre de noms de rivières (2). Le gothique possédait 
la forme ahva et le vieil ail. avait conservé les formes awa, 
ava (rivière) ; on trouve aussi autva, ouwa, ouwe .- Aviones 
situé près de l'eau), peuple du Holsteih ; Avia (en Portugal), 
Mold-ava, etc. 

Av prenait les formes ave, eve, ève, qui, dans tons les pays 
de langue celtique, ont signiûé « eau. » En vieux français, ave 
se disait pour « eau » : On trouve ce mot sous cette forme dans 
le roman de la Rose : « Li ave était clere et sene. » 

Ave se transformait aisément en éve qui signifiait aussi « eau» 
«l qui se présente fréquemment dans les écrits composés en langue 
romane : « Du côté issi sang et ève. » (Rutebeuf) ; — « Eves- 

(1) En gallois, atoen (flux, fluide ; ce qui coule ; ce qui se meut; 
ce qui tend ou aspire à; le principe des aptitudes, des goûts; U 
génie poélique; le principe de l'activité en soi- Dans les Triades 
gauloises, \'atoen est l'influx, divin dans la création, le génie propre 
à chaque être, le mouvement vital, le principe delà spontanéité. 

(2) Le vieux nom celtique de l'île d'Anglesea était Mon-Fynydd 
(== Mon des montagnes), par opposition à Mon-Aw ou Mon-de- 
l'eau. Ces noms indiquent que la première de ces contrées est éle- 
vée, tandis que l'autre est unetle plate qui semble recouverte par 
l'eau. César la nomme Mona et les Anglais Man. 



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— 381 — 

ques les èves bénissent » (chanson de Roland) : voyez Roquefort 
au mot « eau. » Cfr. le subst. évier (lat. aquarium) et l'adj. 
eveuœ qui jadis signifiait « humide » et que Ton emploie en 
langage d'agriculteur : « terrain eveux » pour terrain qui re- 
tient l'eau. Quoi qu'en dise Lillre (Journal des savants, 4866, 
p. Î52), il n'est pas prouvé que « ève » soit certainement d'ori- 
gine latine. 

Les diverses formes de av se rencontrent dans les noms de 
lieux (4) : 



(1) âibbs (Ebbes, Ayves, Aives, en lat. Aqua), dans le départe- 
ment du Nord; L'Aveline (Aquilina), dans les Vosges ; Aouze, 
jadis Avouze (en lat. Aquosa), dans les Vosges ; Avigneau (Aqui- 
nolium)y dans l'Yonne. 

La forme eve : Eve ou Âive (en lat. Aqua), dans l'Oise ; Evelle, 
dans la Côle-d'Or; Evaux (Eva-hori), dans la Creuse, Evière (en 
lat* Aquaria), ancien monastère du diocèse d'Angers ; Ayvaille (en 
lat. Aqualia), sur Vkmblève, en Belgique; Deux-Evailles (Duœ 
Aquœ, Duœ Aquosœ), dans la Sartbe ; Evian (Acquianum, localité 
de la Haute-Savoie renommée pour ses eaux minérales), Evires 
{Aquaria, Haute-Savoie; composé de eve et du suffixe er, re ou 
d'un suffixe collectif roman, provenant du latin arius, aria,arium), 
Longuève {Long a aqua), ruisseau qui tombe dans i'Huisne; Me- 
gève (Media aqua; mège, moyen ; cfr. Montmëgin ; dans le Puy- 
de-Dôme, Ven-Haut, Ven-Bas et Ven-Mège). 

Eve se retrouve encore dans Mèves (Massava, département de la 
Nièvre), dans Glandève (Clannateva, ville des Basses-Alpes, sur le 
Var); Renève (Rioneva), Côte-d'Or ; Lodève (Luteva\ dans l'Hé- 
rault; Amlève (Amlef, Amble. Amblava, rlv. delà Prusse rhé- 
nane), Bellève, Entr-ève, Genève, etc. 

Eve se transforme en euve. Le roman du Renard donne euve 
pour désigner l'eau. Nous trouvons aussi euve dans les noms pro- 
pres : Albeuve [Alba aqua), en Suisse; Morteuve Mortua Aqua 
pour Martis Aqua), dans l'Eure-et-Loir ; Euvy ou Oeuvy (Aqua- 
tica), dans la Marne ; 

Eve prend aussi la forme ive, et eaves. Roquefort donne les mots 



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— 382 — 

Âv, ab, ap et af (en vieil irlandais abh ou abha [aw t ow], 
rivière) forment les noms de beaucoup de cours d'eau (4). En 
Irlande, abhain (oiven) est plus usité pour désigner une rivière. 
Les Celtes avaient aussi la forme ab .* Genabum (Orléans; — 
engaél. caputundœ, ceannabhon, tête de l'eau ; — l'armor. genn 
[coin] et genou [bouche] offre l'idée d'un angle, d'un partage oo 
d'une nouvelle bouche de l'eau, et l'on sait que, à Orléans, la 
Loire forme deux bras ; cfr. Genève = bouche de l'eau), Raab 
Arabo, Arabona ou Arravona, peut provenir de ar-ab-on-a, 
ou de araf [rapide] - on, eau); — Ablis (jadis Abluyez, 
Abluys; forteresse de l'eau : irl. lios [lis, liss] forteresse circu- 

Yave (eau) et Yavette (petit ruisseau) qui proviennent à'ive et 
d'ivette. 

De là se sont formés les noms qui suivent : rive (dans le Cum- 
berland)^ laRogive (Rubea Âqua): en Suisse; Saint-Pierre les Ifs 
(S. Petrus de Aquosis), dans l'Eure ; Les Ifs-sur-Londinières 
(dans la Seine-Inférieure); Yvette (Equata), dans le département 
de Seîne-et-Oise; Yviers (Âquaria), dans l'Aisne; la forêt d'Yve- 
line {Sylva Aquilina), ancien nom de la forêt de Rambouillet: 
r«otre (Aq.uaria), sur le lac de Genève; Yvory, dans le Jura; 
Yvoy-le-Pré n dans le Cher; Yvoy-Carignau, dans les Ardennes. 

Avec le suffixe ar : l'Iv-arns (auj. la Salzach) et peut-ôlre lib- 
éras (auj. l'Ebre, en Espagne), l'Hebre (Thrace). 

(I) Ce mot celtique se rattache au sanscrit ab, apah (eau que 
l'on trouve dans Punj-ab (cinq rivières, pays des cinq rivières, 
Pentapotamie; en indien pancha [punj ou panj\ signifie < cinq, > 
névTS, quinque; ce nom a été donné à une boisson [le punch] 
composée de cinq ingrédients [arack, jus de citron, sucre, thé et 
eau]; de sorte que offrir un punch signifie offrir un « cinq »), dans 
Doab ou Duab(= Deux-rivières : de du, deux; et ab, eau), etc. Le 
persan emploie aussi ab pour « eau, » et le mot très répandu abdd, 
qui, signifie « ville, » a eu primitivement le sens de « lieu où il y a 
de l'eau » (ce mot est composé de ab [eau] et du suffixe dd, qui 
indique la possession et qu'on trouve dans le sanscrit sous la forme 
at et ant. 



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— 383 — 

laire en terre), Ablon (jad. Ablunum, Ablonium), près de la 
Seine (4). 

Ab devient eb (cfr. lat. ebrius, iv-re) : Ebora, Eburacum 
(Evreux). 

Les mots av, ev, ab, eb se trouvent en Belgique et au nord'de 
la France sous les variantes ape (2), epe, afa, affa, effe : Genape 
(ruisseau du marais : celt. gwen = ven, marais , ou comme 
Genève, Gêna bu m), Geneffe, Gellep (jad. Gelduba, Gemraapes, 
Jemeppe, Hannape, Hanneffe. 

Ab nasale a donné amb et am qui a aussi le sens de rivière, 
courant (cfr. lat. amn-is pour ab-n-is, imber et 5 t u6poç, pluie 
d'orage, averse; sanscr. ap ou amb [aller, mouvoir : — angl. 
emmety fourmi et peut-être Imme, abeille ; — objets qui offrent 
Tidée de remuement], ambu et ambhas, rosée). Toutefois amb 
pourrait peut-être se rattacher au sanscrit ab ou ambe (réson- 
ner; grec &tw, je dis, je parle; 6><p*{, voix; v. h. ail. imbi, 
essaim d'abeilles: Imme, abeille). 

(1) Ab est quelquefois pour abbot (abbé) : Àbton ( = Abbey-ton 
ou Abbot-town), Abingdon (colline de l'abbé : anglo-sax. 
aban, abbé). 

(2) Le sanscrit ap (eau), le v. persan api fleuve et le vieux 
latin apa sont apparentés au grec àn6ç (sève) et au latin ops (force, 
moyen, la sève d'une chose, sa force, son abondance; cfr. opta, 
copia, in-opia ; opimus, riche en sève). Le mot sanscrit apya (qui 
coule, liquide, aqueux, humide) conservé dans le mot Apia (pays 
presque complètement entouré d'eau), ancien nom du Péloponèse. 
Dans la langue roumaine apa signifie « eau, » comme on peut le 
constater d'après ce proverbe roumain qui a trait à la Drinboustza, 
petite rivière qui passe à Bucharest : 

Drinboustza apa dalce, 
Ci ne bé nu mai se duce. 

« Drinboustza, eau douce, qui en boit ne s'en va plus, » 



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Emme, Emmen, l'Emb-isc-ara (anj. Emscher, affl. du Rhin), 
FAmisia, Amasus, Amasis, Emesa) auj. l'Ems, en Westphalie; 
l'Emisa, auj. l'Ems (Nassau) ; Emden (pour Em-dun, forteresse 
des bprds de VEm-s, rivière qui formait jadis le port de cette 
ville). 

La racine ab, ap> eb, ep, avec le suffixe er a formé un mot 
aber, evor qui a eu le sens de « rivière » (cfr. gaél. eabar, 
marais, marécage; pays fangeux? — c'est-à-dire éveux, aqueux): 
l'Avre, l'Anre (riv. de France), Evreux (situé sur les bords de 
deux rivières), l'Eure (en lat. Ebora, Aura); — Eboracum 
(breton Caer-Ebrauch, sax. Evorwick, auj. York,), Evorick 
(Evoriacum = Aquaria = Evières : le* suffixe ac ou ec et le 
suffixe roman iêres ont la même signification collective), l'Eb-r- 
ach (jad. Epar-aha); Evora (à l'embouchure du Guadalqui- 
vir), etc. 

Toutefois, il ne faudrait pas confondre aber, evor (rivière ; 
contrée humide) avec le celtique [breton] aber qui signifie géné- 
ralement : embouchure de rivière qui forme un port naturel ; 
confluent ; port de mer fermé et sûr ; port de mer en général (<) : 

(1) Pris dans ce sens, aber se rattache peut-être à ab, ab (-= 
von ; — abterbe et prépos. qui marque l'éloignement, le mouve- 
ment pour abaisser, la descente; cfr. àizà, hors, dehors; de, 
hors de). La prépos. af, en islandais, placée devant les verbes et 
les substantifs, ajoute aussi à la signification de ces mots l'idée 
d'éloignement, de descente. Abend (couchant ; soir) semble un 
participe d'un verbe inusité al en. En Suisse, on dit encore es abet 
pour der Abend rttckt heran (la nuit approche) ; aber (prépo- 
sition qui marque l'éloignement, la dégénérescence; et indique ce 
qui est faux, de mauvais aloi ; cfr. after, qui, en composition, 
signifie que la chose dont il s'agit est postérieure, inférieure ; — 
Abgott, faux dieu, idole), Ebbe (avec la répétition du 6, pour 
Aebbe, reflux, marée basse). 

Les Colles avaient cette racine (en irland. abavi, descente, ac- 



— 385 — 

Àberconway (à l'embouchure de la Conway), Aberdour (à l'em- 
bouchure de la Dour), Aberdeen (à l'embouchure de la Dee ; — 
et une autre du même nom à l'embouchure du Don), Àberfraw 
(à l'embouchure de la Fraw : gallois ffrau, torrent; ffirwd, 
rivière, courant), Abergavenny (à l'embouchure de l'Usk et du 
Gavenny) ; — Barmouth (au confl. de la Maw : de Aber Maw, 
on a lait Barmouth, mot dans lequel le suffixe mouth [en anglais, 
« bouche »] a remplacé le mot celtiqua dont les conquérants ne 
comprenaient pas le sens), Berwick (-upon-Tweed, à l'embou- 
chure de la rivière Tweed) (<); — l'Humber (corruption de 
aber; — cfr. l'irlandais inbhear [inver «= aber], qui signifie 
l'embouchure d'une rivière) : Inverness, Inveraven, etc. 

Le mot aber a ensuite désigné d'une façon générale des cri- 
ques, des anses qui servaient d'a6rt aux navires, des havres (de 
là le mot français « abri, » car on ne saurait prendre au sérieux 
les étymologies auxquelles se sont arrêtés Lit! ré et Bescherelle) ; 
Le Havre-de-Grâce (à l'embouchure de la Seine), Avranches 
(Avrincœ = Havre ou baie des îles : bret. t'nms, irland. inis 
et inch, île; — il y a là une baie voisine de deux îles), Aberve- 
rack (havre du département de la Loire-Inférieure), Avremesnil, 
Avreville (2). 

tion de coucher, coucher du soleil ; gallois abwy, corps mort ; 
sanscr. ab-ava = a + b'va, qui n'est pas, non existant, absence 
de vie, mort). 

Du reste, même en ne voyant dans ces noms qu'un a privatif, le 
celtique aber a pu très bien désigner L'efflux d'une rivière {occa- 
sus fluminis), l'endroit où elle cesse de couler (cfr. armor. ad-bera 
«= ad-fluere). 

(1) Peut-être dans ces deux derniers noms le préfixe bar et ber 
offrent-ils une ancienne forme d'un mot qui avait le sens général 
de « rivière. » Cfr, l'armoricain 6era, copier (sanscr. t?or t arroser, 
pénétrer). 

(2) Il nous semble très probable que le mot Louvre se rattache 



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— 386 — 
La forme afa ou affa compose aussi des noms de fleuves et 
de localités : L'Aff (Morbihan), Affa, Al affa, Alapa (auj. Alpe, 
affl. de l'Aller = courant rapide), Anatrafa (voy. Bravos), 
Arnapa, Arnafa (auj. Erft, affluent du Rhin), Ascapha (die 
Aschaff, qui donne son nom à Aschaffenbnrg, et à Aschaff- 
hûsen, auj. Schafhaasen), Brunafa(eau de source), Benfe (Ban-fe 



au mot celtique aber. En prononçant ce mot à la parisienne, on a 
dit : âvre (la lettre â se prononçant presque comme à ou comme 
au)- Puis, il a été facile de former l'expression : c le ôvre, le 
ouvre et Louvre. » On a dit ensuite le « Louvre » comme on dit 
« le lierre » (jad. l'ierre) et « le loisir » (pour « l'oisir; » mot qui 
vient du latin otiari, se reposer, se donner du loisir; et non pas 
de licere, comme le veut Littré). 

Le nom de Louvre indiqua d'abord la partie de la Seine près de 
laquelle s'élevèrent des huttes de pécheurs et de trafiquants qui 
ont été remplacées, d'abord, par une tour qui défendait le passage 
du fleuve et ensuite par le palais de ce nom. 

On trouve là, en effet, à l'extrémité de l'île, le port de Paris. Il 
commence à l'endroit où la Seine se présente de nouveau dans 
toute sa largeur et il embrassait surtout la partie située prés des 
quais du Louvre et de l'Ecole, c'est-à-dire l'endroit où cette rivière 
formait une crique capable d'abriter des barques : c'était, en un 
mot, un havre ou avre dans lequel les navires des Nàutœ Pari- 
siaci venaient mouiller et débarquer. Le bassin du Louvre est 
encore aujourd'hui le port intérieur de la capitale. 

Quelques étymologistes ont dit que ce lieu avait été nommé 
d'abord Le Rouvre (roboretum) ; on a ainsi supposé que le palais 
du Louvre avait été construit sur l'emplacement d'un bois de 
chênes. Selon d'autres, la localité aurait dû son nom à L'Œuvre* 
et il faudrait admettre qu'elle portait cette dénomination avant 
qu'il y eût là aucun édifice remarquable. Enfin, on a vu dans le 
mot Louvre une corruption de Luparia (lieu des loups) et l'on a 
pensé que les rois y chassaient le loup. Le village de Louvres- 
(Seine-et-Oise) se nommait jadis Luvera, Lupera). Mais il serait 
difficile d'admettre que l'on faisait la chasse au loup en plein 
Pari?. 



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— 387 — 

= eau de montagne •• ben=-penn, Erlaffa, Lenapa, Olafla (auj. 
Ulfa = courant d'eau : ul — eau), et les formes Ulfa, Dlfe, 
Olpe, Waldaffa (eau du bois). Peut-être Honnef (sur le Rhin, 
près de Bonn) et Honnep (jad. Honnepe) dériveraient-ils de 
Hôhen Àff. 

Avon, on, etc. — De aha, av, af, sont probablement dérivées 
les formes plurielles avon, auwon, auen, owen, on, afon (irland. 
obon; kymr. avon; amor. aven, aon; tréguier aouen, corn, aen 
et aon), qui représentent, en celtique, l'idée d'un grand amas 
d'eàu courante (voy. pour aven, F-, p. 328). En gallois et en 
comique, le suffixe ton et, dans le dialecte de Léon, ien forment 
le pluriel : TA von (nom de plusieurs rivières en Angleterre et 
«n Ecosse), deux Aven dans notre Bretagne , — Avenio (Avi- 
gnon); — deux Avon (affluents de la Loire) et deux autres qui se 
jettent dans la Seine. En Espagne, PAbono ou Avono, Y An-as 
(auj. Guadi-ana, avec le préfixe arabe wadt, cours d'eau); 

Div-ona (eau divine), Ver-ona (grande eau), Bourb-on (eau 
bouillonnante) (4). 

La forme on ou oen a produit le nom de l'Inn (dans le Tyrol 
et dans le comté de Fife en Ecosse) que les anciens nommaient 
Oen (iEnus dans Tacite; — Oenus en grec). Ce mot entre dans 
la composition du nom d'Œnipons (auj. Innsbruck ou Inns- 

(1) Les mots bas breton bérô ou berv (ébullition, bouillon ; 
cfr. lat. ferveo), gallois berw (bouillonnement, ébullition) et une 
ancienne forme celtique burvo, borvo. burbo, sont entrés dans la 
composition des noms de Bourb-on (l'Archambault ; — Aqua Bor- 
vonis; — nom qui ne tient ni de la bourbe qu'on a supposée 
dans ses eaux, ni de bourg bon, mais des eaux minérales, des 
sources chaudes, — c'est aussi du même mot que provenait le 
nom de Borvo, divinité tutélaire de cette localité), Bourbon-Lancy 
(où il y a des eaux thermales), Bourbonne (lat. Borv-onis, en 
Champagne ; — localité célèbre par ses bains chauds), la Bour- 
boule (où sourdent des eaux minérales ; — voy. pour ul, v. Âpp. G. 



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— 388 — 

pruck = Pont sur Tina : Brûcke, pont). L'Engadin (jad. 
Eniatiana) tire son nom des Oeniates qui habitaient aux sour- 
ces de l'ïnn (Oen). Le nom moderne de cette rivière peut pro- 
venir de l'article i et de oen : on aura dit i-oen et puis Inn. 
A la même racine se rattachent les noms suivants : Yon (rivière 
du Poitou), Jonen (riv. et vg.), Jonschweil (sur le Necear eu 
Suisse), Jhna (affl. de l'Oder), Joinville (nom qui ne vient ni 
de Jovis villa, ni de Janus, ni de Junon, ni de Jonas, ni de 
Jovin, mais de Yon -villa, vg. de Peau; il est situé sur la 
Marne) (4), — Àincourt (Aincurtis), Oinville (Oenis villa), 
localités de Seine-et-Oise, près d'une rivière). En Belgique : 
Jaun (juvina vallis; nom qu'on a rattaché à eauwe, eau), Inès 
(jad. Yennes, Ynnes) qu'on a identifié à une localité nommée 
jadis Indensis ecclesia (cfr. ind [p. 374], synonyme de i-on, 
inn t yenn). Le même mot celtique s'offre à nous dans le nom 
d'Iéna (en langage vulgaire Jehne), ville située près de la Saale 
qui la coloye au midi et au nord et qui, de plus, est entourée de 
trois étangs (cfr. irland. eanach, marais; — c'est-à-dire lieu 
abondant en eau, lieu humide). 

La forme an (irland. an, eau), ana, a donné : An-ara (affl. 
de la Lahn, jad. Loh-an-a), l'Anne (An-â, affl. de la Fulda), 
l'An-bach, l'Ens (jad. An-is-ia, rivière qui se jette dans le 
Danube près de la ville d'En3), l'Enz (jad. Ani-tin, An-tin), 
PEhn (affl. de PII1) PEin (affl. de la Wipper). 

Le nom du Main (Mœnus a été dérivé du celtique [bas bre- 
ton] mai-an que Chai mers traduit par « eau agitée » ou a trou- 
blée. » Toutefois, en bas breton, maô signifie « agile. » Mao -oen 
(Mœnus) aurait donc le sens de « rivière rapide. » On ou anen- 

(1) L'Yonne portait jadis le nom d'Icauna (= rivière forte, 
c'est-à-dire navigable; cfr. Ieeni, nom d'un peuple de la Grande- 
Bretagne) : d'un mot conservé dans le gall. gwych, fort ; vaillant, 
courageux). 



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— 389 — 

trerait aussi avec maô dans le mot irlandais mon (moin, moan) 
qui signifie « marais » et qu'on pourrait rattacher au bas breton 
mui (plus, davantage} muia, beaucoup). Dans ce cas, mon si- 
gnifierait « amas d'eau » (4). On distingue le Main rouge 
(Rother Main) et le Main blanc (Weisser nain) nommés 
dans le Moyen-âge Rothmoune et Witzmoune. Cfr., en France, 
la Moyne; en Belgique, la Mône (affl. de la Ruhr), nommée 
encore aujourd'hui par le peuple « de [= le] Maine»; en An- 
gleterre, les rivières nommées Moyne, Main, Mean. 

Indiquons aussi les formes mona (Àlomona, Salmona, Monach- 
gowe, Moyesgowe [vm e siècle] = Maingau), mana (Alcmana, 
Salmana, Sulmana, Wermana), mena ou mené (Il mena, Salmene) 
et mina (Ilmina, Wirmina). 

A la forme un se rattachent les noms de l'Untrut (un, forme 
. de on; et l'irlandais triuth, onde), affluent de la Saale saxonne, 
et de TUnstrut que Grégoire de Tours nomme Onestrudis (en 
comique struth et stret, rivière, source). 

On prend aussi la forme ogne : Jogne, Jougne, Boulogne 
(Bon-on-ia), Dord-ogne (p. 370); — Ogni, Ognies ou Oignies 
(v. de Belgique, sur la Sambre), Joigny (sur l'Yonne). 

06 et ub (formes de ub) ont eu aussi le sens de fleuve. On 
a dit que le fleuve Obius tirait son nom de l'ancien mot obbe 
qui, chez lesGoths, voulait dire « fleuve » (en russe et en prus- 



(1) On a dit que le Main avait été nommé jadis Mogonus et, 
ensuite, par contraction Mo eh, Main. S'il en est ainsi, les formes 
Mohin et Mogin, par lesquelles on a cherché à rapprocher le nom 
du fleuve de celui de la ville (Moguntiacum, le sanctuaire de Mo- 
gounos = le Mars gaulois : de mog, le fort, le puissant), nous 
feraient retrouver dans le nom du Main une signification analogue 
à celle que nous venons d'indiquer : Mogon signifie « grand fleuve » 
(bas bret. et irl. môg, grand, majestueux ; gallois meug). 



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sien uooe, uppe. Les lieues employaient aussi la rorme ov 9 
comme dans Gonovius (la Gonway) (*)• 

La forme ub se trouve dans le nom du Danube (Danubius, 
auj. ail. Donau, turc Tunah) et dans des noms des Celtes cis- 
rhénans : Ubii (qui habitaient sur les bords du Rhin), Esubii, 
Vidubium, Corduba, etc. 

Le préfixe dan paraît indiquer l'idée de « rapidité » (en irl. 
déne J rapidité, vitesse; dian, rapide; danatu, audace; dàna t 
[gaél.] dân, fort, intrépide, audacieux). On n'ignore pas que les 
anciens disaient très justement que les sources du Danube étaient 
au milieu du pays des Celtes. On est donc fondé à assigner 
à ce nom une étymologie celtique. Aussi est-ce avec raison, 
croyons-nous, que Zeuss le dérive de l'adj. irlandais et 
gaélique dan a, dan {fortis, intrepidus, audax) ... ex quo ob 
fortem, citatum cursum facile interpretationem inveniet Danu- 
bius (Gram, celt., p. 994). Gluck est du môme avis (p. 94). 

Toutefois, cette étymologie ne satisfait pas Max Mûller. Ce savant 
remarque que, d'après Saraonicus, cité par Lydus(rfe Ma$i$Pra- 
tibus, etc.), ce furent les Thraces qui donnèrent ce nom as 
fleuve, et que, dans leur langue, Danube signifierait nuageux 
{veçsXofôpov). D'un autre côté, Hérodote constate qu'il ne pleut 
presque pas l'hiver dans ce pays et que la neige y règne par- 
tout. Enfin, Jomandès dit : Danuvius de nive nomen habet 
{De rébus Geticis, I, 37). 

D'après ces textes, Max Millier, envisageant le mot Danube 



(1) Abnoba (= montagne de l'eau : a-ben = apenn, tête, s 
met; cfr. Apennins ; et ob = abh, eau), montagne où le Danube 
prend sa source et que le Rhin entoure de ses flots. 

Mais une forme celtique de ab (rivière, eauj reparaît dans les 
noms de l'Abens (affl. du Danube) et d'Abensberg (jad. Aven-ti- 
num ; Un = din, dun, forteresse), petite ville et château sur l'Abens 
ou Ambs (Bavière). 



— 391 — 
comme signifiant nuageux, brumeux ou neigeux, et remar- 
quant que les T h races sont de race aryenne, indique une déri- 
vation qui lui paraît plus simple et qui se rattache au sanscrit 
védique danu, pluie, humidité. « En conséquence, dit -il, 
Danuvius aurait élé formé comme Danava ou danavyœ, dans 
ie sens de « qui porte l'humidité, » ou de « alimenté, grossi 
par les nuages ou la neige. » 

Mais il est loin d'être prouvé que le nom de Danube ait été 
imposé à ce fleuve par les Thraces. D'ailleurs, ceux qui l'affir- 
ment devraient bien commencer par nous dire ce qu'il faut 
entendre par le mot Thraces. Ne comprenait-on pas sous ce 
nom des tribus de diverses races ? N'y avait-il pas, dans la 
Thrace, des tribus provenant de la Chersonèse Taurîque (nommée 
aussi Cimmerienne, Scythique, auj. Crimée), ce grand foyer 
celtique? La vallée du Danube était jadis celtique d'un bout à 
l'autre. Il est, d'ailleurs, facile de concilier les deux étymologies. 
Le celtique nous a conservé le sens fondamental du mot. 

En effet, il est reconnu que, en zend, asdanu signifie qui 
coule rapidement ou très rapide (as a le môme sens que le grec 
'api, 'ept ; de sorte que asdanu correspond exactement au grec 
'Hptôav6ç). L'idée de rapidité se trouve ainsi comprise dans l'idée 
de fleuve ou de rivière (courant, cours d'eau). Aussi rencontre- 
i-on, en zend, Danu avec le sens de rivière (la Rapide), sens 
'Complètement conforme au radical celtique, car les idées de 
« cours rapide d'eau, » de « pluie » et « d'humidité » s'associent 
parfaitement (cfr. Regen, la pluie, le mouvement de l'eau qui 
tombe des nuages; regen, mettre en mouvement, mouvoir, 
remuer; rege, adj. qui est en mouvement, alerte, actif, vif). 
Ainsi, dans un sens large, Lydus a pu croire que le nom du 
Danube signifiait alimenté ou grossi par les nuages ou par les 
neiges. 

D'ailleurs, Max Mûller n'apporte aucune autorité prouvant 



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— 392 — 

que Danava soit un équivalent de vecpaXoqxSpoç (qui porte avec 
soi des nuages). Quant au passage d'Hérodote, on voit aisément 
qu'il offre une simple description qui ne se rattache pas à une 
étymologie du nom du Danube. Jornandès ne donne qu'an jeu 
de mots : Da-nuv-ius (dat nives). 

On a dit que le mot don, ton, tein (en gaél. et en armor. 
don; en gaél. et en irland. tain, slave tonn % eau) signifient 
« fleuve, » et nous avons vu dans quel sens cette affirmation 
peut être regardée comme fondée. Il n'est pas besoin de recourir 
aux Sarmates ou de supposer que le mot Don est exclusivement 
slave, parce qu'il est encore aujourd'hui usité comme nom com- 
mun, dans le sens de < rivière, » par les Ossètes, peuple du 
Caucase, qui aurait habité près de ce fleuve. Il serait plus vrai 
de dire que le mot Don, imposé par les Celtes, est appliqué, 
par les Ossètes, aux divers cours d'eau qui leur sont connus. On 
comprend du reste que ce peuple n'a pas porté ce nom sur le 
Dan- ube (*). 



(1) Le nom de l'Ister. — De son côté, Zeuss dit que le mot 

Danube est le nom celtique et Ister (6 v Ioxpoç) le nom thrace du 
fleuve (Danubius ist der keltische, Ister der trakische 
IMame des. Stroms ; jeder reiehte so welt, aïs Kelten oder 
Traken sassen. (Die Deutschen, etc., p. 12.) Mais de tout temps 
la Thrace renferma de nombreuses tribus celtiques et nous allons 
montrer que l'expression Y-ster (l'eau) est parfaitement celtique. 
D'ailleurs, quelle autorité invoquerait-on pour affirmer que le mot 
Ister était thrace? Aucune. Mone dérive très bien ce nom de l'ar- 
ticle défini gallois y et ster (rivière). De sorte que le mot Ister 
signifie « le Fleuve. » 

En effet, en armoricain, iter signifie rivière, fleuve (de la racine 
sru, couler : l'armoricain change sur en ster, et le comique 
change sruth en struth ; ces deux mots signifient « rivière ; on 
trouve aussi en comique stret, en irland. sroth, v. irlaod. et 
gaél. sruth, maux, stroo, avec le sens de rivière, source; — la 



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— 393 — 

Ce radical se retrouve dans les noms suivants : Tanais (auj. 
Don), Dnieper et Dniester, formes russes de Danapris et de 
Danaster (cfr. ster J rivière), Rho-dan-us (le Rhône), Rha-dan-au 



racine str adonné les mots Strom, angl. stream, courant, torrent; 
cfr. le fleuve Strymon ; Danastris, Dniester). 

Il y avait, en Thessalie, un fleuve Ister. D'un autre côté, l'Istrie 
doit son nom à l'Ister qui an ose cette contrée et qui se jette dans 
l'Adriatique. L'Allemagne nous offre les noms suivants : l'Alster, 
l'Aelster, l'Elster (nom que l'on a traduit par « la Pie; » Elster; 
ou que l'on a rattaché au grand nomhre d'aunes qui s'y trouve- 
raient, — so genannt von dent vielen umherwachsenden 
Elsen), Gelster, Halsterbach, Laster, la Linster (Luxembourg), la 
Lister (Westphalie), Nister; — la Streu, Suestra, Stroo, Strôbeck, 
Lastreu, etc. 

Une autre forme de ster se retrouve dans les noms de la Steyr 
(qui se jette dans l'Enns près de la ville de Steyr et qui a donné 
son nom à la Styrie) et du Steyr (dans notre Bretagne). 

La même racine a donné les noms de Stouc (nom de plusieurs 
rivières de l'Angleterre) et de la Stôr (Holstein). 

Poui; expliquer ces noms, Fôrstemann a recours au v. h. ail. 
stur, norois stôr (grand). Sans doute l'adjectif stôr se trouve dans 
des noms Scandinaves (Stor, Stora, Stor Fiord, Storhammer); mais 
dans les noms indiqués ci-dessus, il s'agit d'un mot qui a le sens 
de « fleuve. » 

On a dérivé le mot Ister du celtique ys-dwr (de d«?r, eau, et du 
préfixe intensif gallois ys). Il est vrai que dwr a pris les fermes 
tur t ter. D'un autre côté, en celtique, is (encore auj. en gallois 
signifie inférieur, bas), et dés lors, le mot Ister aurait indiqué la 
partie inférieure du Danube. De même le nom de l'Istrie désigne- 
rait la contrée basse, par opposition à la partie montagneuse du 
pays. Mais la première élymologie que nous avons donnée de ces 
noms nous parait préférable. 

Jacques Grimm rapporte le nom de l'Ister au v. norois istra, 
dan. ister (graisse), grec aréocp (graisse, suif, lard); de sorte que ce 
nom aurait signifié « rivière qui engraisse, qui fertilise. » Nous 
pensons que le Danube fut plutôt caractérisé par la rapidité de sa 
« course » et comme « courant » que par sa « graisse. » 



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{ misse;, le îan-aro ^ain. ae mri-oan;, le n-aon-e; en rrance, 
le Dur-dan (Normandie), le Don (Bretagne), le Ma-don, le Ver- 
don, le Lon-don, PO-don, le Rosco-don ; — en Angleterre : 
le Don (trois riv. — Don-Caster, château sur le Don), le Ban- 
don, le Dean, le Dane, le Dun (deux riv.), la Tone, peut-être 
l'E-den (cinq riv.) et les Tyne, Teign, Tian, Teane, Tynet (ou 
au celt. tian, eau courante; — ou Ta-aon, riv. calme, silen- 
cieuse). Avec le suffixe ahu, peut-être la Duna (tributaire de la 
Baltique) et la Dwina (1). 

La forme ach, Aa } ah, avec une aspiration forte et gutturale, 
a produit les formes Ach (ac, aach), suffixe de noms de lieux 
celtiques (formes gauloises ach, aches, oiche, tyrolien ache) qui 
signifiaient eau, cours d'eau, rivière (cfr. lat aquà). Toutefois, 
cette forme de ah peut se rattacher au sansc. ag ou agh (aller, 
mouvoir, remuer ; cfr. lat. ago, actum). 

Le suffixe celtique ac ou ach, fréquent dans les noms propres, 
prit, sous les Romains, les formes acus, aca, acum : Antona- 
cum (auj. Andernach), Bavacum (eau coulante, auj. Bavay, 
v. P., p. 276), Cameracum (eau courbe, auj. Cambray; avec 
l'insertion du 6, comme chambre de caméra), Gesoriacum 
(eau lancée, dardée ; cfr. gœsum, lance, arme que les Gaulois 
lançaient avec force; — voy. P., pp. 88, 89, et Geist, iirid., 
pp. 92, 93 ; irland. gasaim, gaisim [s'élancer, sortir avec impé- 
tuosité] ; — island. geysa, s'élancer avec violence; se précipiter, 
ruisseler ; geys, geysi, impétuosité, rage ; geysir, [forme ancienne 
et inusitée], fameuses sources chaudes de l'Islande -, island. gjosa, 
éclater, débonder, jaillir, ruisseler ; suéd. gUsa, fermenter; se 
déchaîner avec fureur, se précipiter avec impétuosité ; suisse 
geist, vivacité, agilité ; bavarois g est, gist, écume, bave ; gesten 

(l) D'un autre côté Dwina signifie « double » et ce nom pour- 
rait indiquer que ce fleuve est formé, près d'Ustjup, par la Suchona 
et la Jug, ou qu'il se partage en deux bras près d'Archangel. 



- 395 — 

et gisten, fermenter vivement, bouillonner ; gaist, orgueil ; 
gaiseln, courir; goth. gaisjan, frapper; geisjan, troubler> 
décourager; — slave jesa, émotion, agitation, colère), (4). 



il) Le Gesoriacum navale' Morinorum des anciens (Ptolémée, 
(lib. Il, cap. 9) est devenu Boulogne. Dans les Hist. Gall. Script., 
tom. I, p. 563), un ancien auteur qui a écrit l'histoire de Cons- 
tance Chlore, rapporte que Constantin, son fils, vint le voir à Bou- 
logne : Venit apud Bononiam, quam Galliprius Gesoriacum voca- 
bant. Quelques écrivait. s modernes ont dit que Boulogne n'est pas 
sur l'emplacement même de Gesoriacum. Quoiqu'il en soit, nous 
ferons remarquer que Boulogne et Gesoriacum signifient la même 
chose. Ce sont deux noms empruntés à la langue celtique, et qui 
expriment la même idée. Boul-ogne ou Bol-ogne signifie eau im- 
pétueuse, dardée, jetée avec violence (cfr. gallois bollt « angl. 
a boit, javelot, dard ; angl. Thunderbolt, coup de tonnerre, foudre ; 
— irland. boll, bulle d'eau, globule qui s'élève à la surface d'un 
liquide ; — la racine bol a eu le sens de volvere, vertere, rotare 
[le celtique bal = danse], jaculari, vibrari; grec SdXXetv [jeter, 
lancer], rcdcXXeiv [lancer avec force, agiter, secouer], 6<$Xoç [jet, ac- 
tion de jeter], lat. bolis, dard, javelot). 

En effet, dans cette partie du canal, les eaux sont jetées avec 
impétuosité contre la côte. De Bol- orna, nous avons fait Boul-ogne t 
comme de bol, bolle f nous avons fait boule. Quant au suffixe ogne, 
voyez au mot on (p. 389). 

Peut-être Gesoriacum désignait-il la ville basse de Boulogne, 
tandis que la ville haute s'appelait Bononia. 

Le nom de Bon-onia peut, d'ailleurs, se rattacher à bon-avon % 
bon-on, et signifier « eau élevée, haute » (bon et ban signifiaient 
« haut, » en ancien breton; gall. ban t éminence, pic, montagne [cfr. 
grec Bouv6ç, colline, hauteur] ; bas breton 6onn, hauteur, tertre, 
colline, monceau [objets qui servent naturellement de bornes et de 
limites], borne, limite; roman bond (borne, limite); languedoc. 
bouna t borne, terme, limite, pierre, arbre ou autre marque qui sert 
à limiter un champ, une propriété ; bounié= bonnier, champ dont 
on a déterminé les limites [cfr. Ducange, au mot bonnarium; 
bonna, en basse latinité bornes, limites * et les mots français abon- 



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Il est des ruisseaux qui n'ont pas d'autre nom que le mot Âch. 
On en compte huit en Souabe. La Waag se nommait jadis 

ner, abonnement]. De bonn, par la suppression de n et l'addition 
d'un r, on a fait borne, born-er. 

Le mot bonn (hauteur, colline) a eu jadis le sens de « lieu limité, 
entouré ou "d'enceinte fortifiée » (cfr. dwn, Berg et Burg), «endroit 
fortifié par des bornes (irland. bonn, fond, fondement, fondation ; 
piédestal ; gaél. bonn, fondation, établissement), terrain borné, 
enclos (fundus, fonds, domaine). 

Vindo-bona (la Bonne, c.-à-d. la limite, la frontière, la forteresse, 
le district de laVind [auj. Wienjou de la [rivière] claire : celtique 
g w yn = guind = vind, blanc, clair, limpide ; cette étymologie 
nous paraît préférable à celle que nous avons indiquée p. 105) ; 
Ratisbona (la forteresse [située près] de la Regen), ville nommée 
par les Romains Castra Regina, auj. Regensburg; — Juliobona 
(Lillebonne), Bonne et Bonneville (Savoie). 

Bonn, oppidum celtique qui devint un des châteaux-forts que 
Drusus construisit sur les bords du Rhin. Ce fort, nommé 
Castra Bonnensia, a été confondu avec Ara Ubiorum , dont le 
nom n'est peut-être qu'une traduction de bonn (ara, lieu d'asile, 
lieu de sûreté; sanctuaire; — peut-être aussi ara est-il pour area y 
aire, emplacement, terrain clos). 

Lorsqu'on sait que bonn signifiait « hauteur, colline, lieu for- 
tifié, » on n'est pas étonné d'apprendre que, dans les légendes du 
Moyen-âge, la ville de Bonn a été nommée Bern et Yerona. En 
effet, bonn = bern = 6renn (montagne, hauteur, colline). Voy. 
p. 314. 

Bonn prend quelquefois les formes bond, bund (cfr. lat. fundus; 
angl. bound, borne, limite) : Bond, Bund, Bunderbach, etc. 

Quelquefois bonn s'est confondu avec 6orn, boum et a eu le 
sens de « cours d'eau, » terrain humide (en Ecosse, on emploie 
encore aujourd'hui le mot born et burn pour ruisseau ; — dans des 
noms anglais 6one est pour born : Mary-le-bone = Saint-Mary on 
the bourne or brook = Sainte-Marie [située près] du ruisseau). 

En bas limousin, bonna désigne un terrain marécageux, un 
terrain où les eaux croupissent, une fondrière; en provençal, 
bonno t bondo (terrain marécageux; angl. pond, étang, l'étang 



— 397 — 

Aucha. Le mot ach entre dans la composition d'un grand nom- 
bre d'autres noms de rivières, de villes ou de villages situés près 
de quelque cours d'eau : Die Bregenzer Aach (Vorarlberg), die 
Engelberger Aa (Unterwalden), Aachen (chez les Romains Aquae 
Grani ou Aquisgranum, Aix-la-Chapelle; — dut son nom aux 
«aux thermales que les Celtes avaient dédiées à Granus, le soleil, 
le dieu thermal, dont les Romains ont fait l'Apollon des Gaulois: 
irland. grian[green, gren], le soleil), Bàcharach (=le vignoble : 
ach, terrain cultivé; gaél. bâcha, ivresse; irland. bach, ivre; 
éolien bacchoa, grappe), dont le territoire produit un excellent 
vin (4), Echternach, Eisenach (? ruisseau ferrugineux ; — ville 
sur la Nesse qui reçoit, en cet endroit, les eaux de l'Hoersel 
et où Ton forgeait le fer au moyen de l'eau de ces rivières), 
Laibach (sur la Laibach : gaél. laib, boue, bourbier), Rohrschach 
(ville située sur le lac de Constance), Salzach (= Salzflnss), 
Steinach (eau remplie de pierres), Werthach (rivière où se 
trouve une île : Werth, ou plutôt voyez p. 127), etc. 



de la Bonde, noms de famille Bonnes, de Bonnes (Vaucluse), 
Labonne, Labonde). C'est sans doute à cause de la confusion de 
bonn avec born, qu'Adelung traduisait bona par « source, fontaine, 
embouchure » (Mithrid., tome II, 10). Cfr. angl. boum, limite; — 
ruisseau, torrent. En écossais, bun signifie « embouchure d'une 
rivière. » Dans ce cas, Yindobona pourrait se traduire par « em- 
bouchure de la Vind ou Wien, etc. » 

(1) On a rattaché ce nom à Bacchi ara, et l'on a supposé que 
les Romains auraient bâti, en cet endroit, un autel en l'honneur 
de Bacchus. Le nom de Bàcharach pourrait aussi apparaître comme 
une corruption de Bacchi area {area, aire; closerie; cfr. Rebre- 
chien, localité de l'Orléanais qui se nommait jadis Area Bacchi et 
ensuite Àrrebrachium, Arrebrechien, et qui était renommée pour 
ses vins blancs). Mais le suffixe ach se rattache plutôt au celtique 
et bachar a très bien pu signifier la plante dont le jus produit 
l'ivresse. 



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— 398 — 

Au lieu de ach, les Flamands ont dit ak, ake, eke (ruisseau, 
cours d'eau) : Oudenaken, Cortenaken ; — Windeke, etc. 

Divers noms écrits aujourd'hui par yke, s'écrivaient autrefois 
eke : Camereke (Cameryke), etc. 

Enfin achz été aussi altéré en ich et en aich : Aich (ruisseau 
qui se jette dans la Neckar. 

Avec le suffixe er, ach ( -- ag = aig) a donné les noms de 
TAckara (auj. Agger, en Ail.) et de l'Agara (auj. Eger, Allem., 
Bohême) ; avec el, l'Aquila (vm e siècle), auj. Eichel (AIL). 

Aar (cours d'eau). Celle dénomination celtique peut passer 
encore pour une forme de aha ou de ach, et peu* provenir de 
la prononciation des peuples du Nord qui aiment les sons gut- 
turaux (1) : Aar (jad. Ara, affl. du Rhin : d'où Aarau, chef-lieu 
d'un canton Suisse, situé près del'Aar -, Aargau, canton traversé 
parl'Aar-, — Argovie), Aarberg (petite ville du canton de 
Berne, située dans une île de l'Aar) ; — Finsteraar (finster, 
obscur, sombre, noir\ Lauleraar (lauter, clair, transparent), 
Oberaar (supérieur), Unteraar (inférieur). 

On trouve aussi ce radical dans les noms suivants : die Ahr 
(affl. du Rhin), die Ohre (affl. de l'Elbe). 

Dans les noms celtiques : Isara, Samara, etc. Le nom de 
l'Arar (la Saône) peut signifier a le fleuve » par excellence (de 
l'article ar et de ar, fleuve, courant). Toutefois, le gaélique ara 
un sens opposé au ar (rapide) sanscrit: il signifie lent, tardif 
et il offre une corruption du celtique araf, lent; gall. araw, 
demeurer, attendre quelqu'un ; araf, lent, tardif, doux, paisi- 
ble. Ainsi le nom de l'Arar a pu signifier lent, tardif (Eume- 

(1) Peut-être aar se rattache-t-il au sanscrit ar(aller, atteindre) ; 
ir (lancer) ; cfr. grec f(5fw (je vais, je marche), lat. erro (je marche 
à l'aventure, j'erre), ire (aller, marcher), ail. irrea (aller çà et là, 
errer, vaguer) ; Aar (aigle), grec $pvtç (oiseau), lat. aru-spex. En 
assyrien, ar (rivière), en basque ur (eau), hongrois er (ruisseau). 



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— 399 — 

nios dit de ce fleuve : Segnis et cunctabundus amnis, tardusque; 
et Claudien le décrit de la môme manière : Lentus Arar, Rho- 
danusque celer) (4). Cfr. Arrabo (auj. Raab, Hongrie), Arob-eg 
(Irlande). 

Le mot araf ne doit pas se confondre avec arv (celtique arw, 
violent) qui a un sens bien différent (gall. ganv, rapide; rude, 
âpre; subst. ce qui est rapide; torrent) (2) : Arrow (deux riviè- 
res en Angleterre), l'Arve (affl. du Rhône), l'Arveyron (affl. de 
TArve ; Savoie), TErve (Italie), l'Orb (jad. Orb-aha; Allem.) 
l'Orbe (Jura, Hérault), l'Orba (Italie), l'Or vanne (jad. Arvenna 
(France), PAuray (petite rivière; Morbihan). 

Uisg, uisge (gaél.)> uiqge, uisc (irland.), isge (comique et 
armor.), eau, rivière, pluie (3), en gallois wysg (courant), 
gwy ou wy, eau (sans doute formes de gwysg). Celte racine a 
subi de nombreuses transformations (anc. breton isca, use; en 
Belgique, esck, asch). On la trouve dans une foule de noms 
propres de rivières : sous la forme ush, esk, ex, ax, wax, ai», 
aus, eas, us, usa, use, wusa, ux, os, ose, ouse, oise, ise; Isis, 
ease, es, esse, eyse, ese t oxe, wox, oiche (4) : L'Ouse (nom de 
plusieurs rivières en Angl.), l'Ouche (à Dijon), etc. 

(1) Le mot Saugona, lat. Saucona (= eau dormante, tranquille -, 
gaél. soghy tranquille, paisible-, cfr. lat. seg-nis), autre nom de 
l'Arar, offre la même idée. 

(2) Cfr. sanscr. arb, arv (ravager, détruire), lat. orbo (je prive, 
je ravis), orphanus (orphelin, privé de son père et de sa mère), 
gotb. arhvus, anglo-sax. eahr, v. norois or (flèche). 

(3) Le mot whisky est une corruption de l'irlandais et de l'écos- 
sais uisge-beatha qui signifie en irland. eau-de-vie : uisge, eau, 
beat ha. vie; cfr. grec 6foç, vie, lat. vit a), 

(4) Cet ancien radical celtique s'est peut-être conservé dans les 
mots anglais to ooxe (suinter, s'écouler), ooze (vase, marais), 
wash (lavage) et dans l'ail. Wasser (eau). 

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noms de localités : Axholm, Axminster (le monastère del'Ax, 
Axmouth, Exmouth (à l'embouchure de l'Ax et de l'Ex), Exeter 
(t= Exe-ceaster, la forteresse de l'Ex, jad. Isca), Wisbeach (jad. 
Ouse-beach), Oxford le gué de l'Ouse ou de l'eau ; — mal tra- 
duit par « gué des bœufs : ox, Ochs, bœuf), au confluent de 
risis et du Cherwell), Uxbridge écrit Oxebruge, Woxebruge; dési- 
gne un pont sur Vouse ou l'eau [la Colne], et non pas un pont 
des ocrenou bœufs), Osborn {= Ouse-bourn = Ouse-rivière), 
Southese, Northese, etc. 

L'Isch ou Ischbach (jad. Isca, Esca, petite riv. du B.-R.), 
Issenheim (jad. Ysenheim, vg. du H.-R., sur la Lauch), la 
Weiss (riv. du H.-R., du celt. uisg), Isa, Isaca, Isca, PIse, l'Ei- 
sach. 

Avec ar : l'Isara (France — connu auj. par le nom équivalent : 
Oise; cfr. Pontisara, Ponslsarœ, auj. Pont-Oise), l'Isère affl.du 
Rhône), Tlsar (jad. Isara; — Bavière), User (affl. de l'Elbe), 
Tlsarn (anc. nom de l'Eisach, affl. de l'Adige); l'Izer (Flandre 
orientale) (4). — Avec e/, al: l'Ischl (jap. Iscala, Allem.-); — 
l'Isla; — avec un ou en : l'Isana, l'Isen (Allem.)-, — l'An-isus 
(auj. l'Enns), TEisenach (jad. Ysennach et Isenacun ; d'autres 
disent que l'eau de la rivière était ferrugineuse; ou qu'elle ser- 
vait à la préparation du fer dont on trouve des mines dans le 
voisinage (p. 397) («); — l'Isonta (omJa?p. 3*7). 

(1) Cfr. sanscrit is h ira, zend ishara (rapide, actif, fort) de la 
racine ish (inciter, pousser, lancer). 

(2). La légende d'Isls en Allemagne. — D'autres savants 
dérivent le nom d'Eisenaeh de l'idole Isis, adorée par loa anciens 
Germains, et ils prétendent que cette déesse avait enseigné à un 
roi . Suevus l'art de préparer le fer ; ils disent même que, pour 
perpétuer le souvenir [de ce bienfait, ce métal fui nommé, dans 
la langue des Suèves, eysen et ysen (Zeiler, Thuring). On trouve, 



— 401 — 

A la racine r, rhe, ru, etc., qui se trouve dans diverses lan- 
gues indo-celtiques, se rattachent les noms du Rhin, de la ftenss, 
du ftha, Rha-danau, Rho-danus, etc. (4). 

Le Rhin (lat. Rhenns, gaél. Rein, v. h. ail. hrein, ail. moderne 
Rhein) fut nommée par les Tudesques Rin et ïïrin. Cette trans- 
formation avait sans doute pour but de rattacher ce nom au 
t. h. ail. rinna (goth. ruinant rlnnen, couler). C'est cette 

il est vrai, en Suisse et en Allemagne, des inscriptions qui indi- 
quent la consécration d'une localité à la déesse l&is{deœ Isidi ; voy. 
Tacite, Germ. IX, et les nombreuses inscriptions de Gruter : Œsu, 
Esi, /si, Isidi et Is-dea, au temps de Sévère). Mais les localités où 
se trouvaient ces inscriptions étaient situées près de sources ou de 
rivières dont le nom avait pris la forme Ts, Isis. Les Romains ne 
comprenant pas le sens de ce mot. ont cru que les Germains ado- 
raient Isis, la fameuse divinité de l'Egypte. 

C'est ainsi que, dans le nom de Paris, on a reconnu une allu- 
sion à un temple i'isis rcapà "Iaiooç (près ;d'Isis) ou plutôt 
xapdÉ (auprès de) et "lastov (temple d'Isis). Mais la déesse que 
les Romains prirent pour Isis n'était rien autre que l'eau de la 
Seine. Le temple que les Celtes avaient élevé en l'honneur de cette 
rivière avait pour but de reconnaître ses bienfaits et de la rendre 
favorable aux entreprises commerciales. On comprend, du reste, 
sans recourir à la barque d'Isis, pourquoi le corps des marchands 
d'eau de Paris prit pour symbole un bateau. 

(1) Cfr. sanscrit ri ou rî (mouvoir, couler), rayas (courant), 
rînas (fluide), ru (remuer); grec £éa> (je coule, je me répands), 
£6oç (cours, écoulement, rivière), féoç (ruisseau); lat. rivus; ruo 
(je me précipite). Cette racine est en usage dans le celtique : gaél. 
rea (rapide ; gallois r/ie, prompt, rapide, agile), rhedu (courir), 
rhin (ce qui coule, le fluide, le fleuve), rhean, rhen (rivière) ; ir- 
landais rô (aller, marcher), raonaim (je tourne, je change), ran 
(agile, prompt, rapide), armoricain rhen (ruisseau), comique ryne, 
rinê t rin (rivière), redek (couler, fluer), reVfcr (coureur, vagabond). 

En goth. et en v. h. ail. rinnan signifiait courir; cfr. renne*, 
■courir); Rinne (rigole, gouttière; canal; ruisseau, égout; goth» 
rtnno, torrent). 



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aux Allemands. 

Toutefois, J. Grimm remarque que le nom du Rhenus ('r^vos) 
no peut se rapporter ni krinnan (couler), ni à hrinan (toucher, 
atteindre), et que ce nom avait une origine celtique, laquelle 
a déterminé la voyelle d'une manière différente de celle qui fat 
adoptée plus tard [Gramm., p. 98). Kaltschmidt remarquerez 
bien, dans son Wb'rterbuck, que* aux aources même du fleuve, 
chez les Grisons, le mot ren (prononcé comme le français Rhin) 
a conservé, môme dans tes vallées devenues tudesqaes,. le sens 
général de <* ruisseau. » Aussi reproche-t-il, avec raison, à >AoV 
lung d'avoir fait de ren un mot originairement tudesque (cin 
mraprttnglich deutsehes Wort), et il reconnaît que c'est lit 
on mot d'origine romane élu rtmanisches Wort). Mai* je 
nom du Rhin remonte bien au-delà des temps du Moyen~âge qui 
présidèrent à la formation des langues romanes. Le roman de 
Kaltschmidt est le pur celtique. 

En dehors du Vorder-Rhein (Rhin antérieur : vorder, anté- 
rieur, de devant ; vor, avant), de l'Hinter-R hein (Rhin posté- 
rieur : hïnter, qui est en arrière, de derrière) et du Miltel-Rhein 
(Rhin du milieu : mttel, situé au milieu, moyen, il a, dans la 
môme région, le Medelser-Rhein, le Tavetscher-Rhein, etc., ou 
le Rhin des vallées de Medels, etc. Mais dans la géographie des 
vallées ludesquisées, les cours d'eau prennent le nom de Bach. 

Zeuss et Fôrlstemann reconnaissent aussi que le nom du Rhin 
est d'origine celtique. H. A. Daniel se voit aussi obligé d'avouer 
que le nom de ce fleuve était connu avant l'arrivée des Deut- 
seben, et à une époque où les tribus celtiques occupaient une 
partie (?) des pays rhénans. Il remarque aussi que le môme nom 
se retrouve dans la Gaule cispadane et, sous la forme Rhin ou 
Rhyn, dans le Brandebourg (4). » 

(!) DeutschlandyX. I, p. 184. 



— 403 — 

C'est donc avec raison qu'Arrien donnait à notre grand fleuve 
de l'Est, l'épithète de 6 KeXtexéç ('P^voç). Il le distinguait ainsi 
du ruisseau italien qui se nomme encore aujourd'hui Reno, 
et qui coule auprès de la ville celtique nommée Bononia 
(Bologna). 

Quelques étymologistes ont essayé d'expliquer le nom du 
Rhin par l'adjectif rein (= klar, clair, transparent, limpide, ' 
pur). Ainsi, après avoir remarqué que le nom du Rhin est 
celtique (Selnea keltiseken TVamen Rhenns bat Cnsar 
zuerst den Romern denkwflrdlg gemaeht ; die Deutschen, 
p. «&), Zenss ajoute que, si le celtique rhètx était équivalent au 
gothique hrains, le mot Rhin signifierait le fleuve par ou clair : 
IV&re kelt. rhên ==» go th. kraim, ges In Gesoriaemn, 
Gesonia, IVtôouvov Pt. neben, Faiaitat = goth. gais? Also 
Rhên der reine ©der belle Fias». 

On a dit que le Rhin avait été nommé « le pur, » parce que 
les anciens Germains attribuaient à l'eau de ce fleuve la propriété 
de connaître l'innocence ou le crime des femmes accusées 
d'avoir violé la foi conjugale. 

Mais Pétymologie qui rattache le nom du Rhin au mot celtique 
qui signifie < couler, se mouvoir, » et qui définit ce fleuve en 
l'appelant le « Cours» (d'eau), le « Courant,» le « Coulant, » le 
« Fleuve, » est la seule acceptable. 

La même racine se retrouve dans les noms suivants : La Rhin 
(affl. de l'Havel), la Rhine (ruisseau près de Cassel) ; 

Rheineck (la pointe du Rhin), Rheinfall, Fall, chute), Rhein- 
felden, v. de l'Àrgovie, située dans une plaine (Feid == Nlede- 
rung, Ebene). Rheingau (territoire des bords du Rhin, vers 
le Taunus),,Rheinspitz (la pointe de terre à travers laquelle le 
Rhin, comme à travers un delta, se jette dans le BoJenseej, 
Rheinlhal (dans le canton de Saint-Gall), Rheinwald. 

Presque vis-à-vis de Bonn se trouve le village de Schwarz- 



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rheindorf ; à une demi-lieue de ce village, la Sieg (Segus ; da 
œlt. sighy s'élancer ; segh, taureau) se jette dans le Rhin. Cette, 
petite rivière est souvent enflée par les torrents qui se précipi- 
tent des montagnes et se fraye, presque chaque année, uo< 
nouveau lit. 

Le gallois padd (qui produit le mouvement, qui fait marcher, 
avancer ; ped, l'agent de la marche, le pied ; cft\ sanscr. pad, 
aller, marcher ; pat- ami, je tombe, je vole-, grec rcéxofiai, lai. 
peto) explique les noms du Padus (que Métrodore Scepsius, cité, 
par Pline, rattache au celtique padi, pin) et de la Pader (jad. 
Patra), affluent de la Lippe, qui donne son nom à la ville de 
Paderborn. 

Llifo (en gallois, verser, se précipiter, bas breton lif, IHp, 
kymr, llif, flux, inondation; sanscr. lup, briser, rompre, 
faire irruption) : La Liffey (à Dublin), la Lippe (jad. Lupia, 
Luppia, affl. du Rhin); — avec ar t et : La Liver (Anglet. et 
Ecosse), la Liffar (Irlande), la Liepvre (Lebraha, die Leber, aflL 
de l'I II)-, — avec on: le Livon ; — avec ach : Laibach (ville 
située sur la Laibach, en italien Lubiana). 

Le nom de la Sprée (jad. Sprawa, Spriawa ; en langue vende 
Sprowa, en tchèque Spro) qui est resté un énigme indéchiffra- 
ble, nous offre aussi l'idée de mouvement, d'eau vive et de jail- 
lissement (<). 

(1) Cfr. l'irland. sprac (vie, mouvement; étincelle); spré (étin- 
celle; animation; esprit); tchèque et polonais sprawa (affaire, 
action, dispute). La racine spr a surtout désigné le mouvement qui 
se produit par l'action de « jaillir. » Cfr. sanscr. spot (commencer 
à poindre; crever; éclater), spur (brandir ; éprouver une vibration; 
briller, et inceler); angl. spark (étincelle), spring (source, saut), 
spirt (jaillir), sprit (jet, rejeton), spray (jet, menu bois), spirit* 
(esprit, lat. spiritus; $piro y je souffle; je suis vivant, animé); — 
ail. spriessen (poindre, germer, bourgeonner), spriteen (jail- 
lir, faire jaillir, jeter, lancer), spreehen (parler, propr. dis- courir 



- m — 

L'idée de la vitesse (des Ellens) est exprimée par il, el 9 al, . 
cfr. sanscr. il (mouvoir), gaél. élu (aller), kymr, iliad (fermen- 
tation), iljaw (fermenter), grec &<*w \poét.] = 'eXauvo) (je 
pousse en avant, je lance), iXeù6u> (je vais, je viens, je marche)»: 
zlXiù), eUcd, rxXw (je roule, j'agglomère), ail. eîlen, v. h. ail. 
iljan (aller vite, se bâter), dan. tfe, suéd, ila (aller vite),- 
anglo-sax. ilan (bouillir, se bâter) : 

111 (lat. Ellus), en Alsace (1), 1111e (affl. de la Dordogne), 

[cfr. feto, je coule, je m'écoule» je me répands ; f lu, tnus. je dis], 
springen (jaillir; bondir, sauter). 

La même racine explique les noms de la Spear (Ecosse) et de la 
Spira (auj. Speier, Allem.). 

Mabn ratlacbe le nom de la Sprée à la racine srb, qui constitue 
le nom ethnique des Vendes, c'est-à dire Serbes ou Sorbes. Dès lors, 
Sprée serait une corruption d'une forme slave Srjpawa = Serben- 
fluss = rivière des Sorbes. Il est vrai que la permutation des con- 
sonnes (srb, sbr) trouve des analogues. Mais rien n'autorise à 
supposer qu'elle ait eu lieu pour le nom de la Sprée. Cfr, p. 375. 

Le nom des Serbes dérive peut-être du sanscr. sarb (aller), 
sarpa (marche, action de se glisser, de ramper; cfr* lat. serpens). 

(1) Le nom de l'Alsace [Ilsass ou Elsassj signifierait, d'après 
quelques étymologisles, le pays ou le séjour de 1*111. » Nous le 
rattacherions plus volontiers au celtique al [autre] qui a eu le sens 
d'étranger; de sorte que lô nom d'Alsatia signifia h pays des 
étrangers, le pays où se fixèrent les Alamanes (cfr. P., p. 26). 

Quoiqu'il en soit, 1*111 est assez remarquable pour avoir mérité 
de donner son nom au pays qu'arrosent ses eaux. C'est la plus 
grande des rivières de Y Alsace. Elle se distingue par son cours 
obstiné du Midi au Nord, quoique la pente générale des eaux soit 
de l'Ouest à l'Est, ou de la montagne vers le Rhin. L'Ill se perd 
enfin dans le Rhin, au-dessous de Strassburg. Le nom d'Ill désigne 
très bien cette eau rapide dont les fréquents ravages ont donné 
naissance au dicton populaire : 

Du EU 
Ceht wo sic well. 

(L'Ill va où elle veut). 

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— 406 — 
l'Etté (France), Me (Anglet.), 11U ou Yll (Tyrol), l'Aile (Prusse), 
l'Affia Oad. Italie). 

Avec aha : l'Ilaha (anj. Ilach, affl. da Lech, l'Illa, Finie, 
l'Ehle, l'Ohlau, Ilawà (auj. Éylaa), Allow (Aoglet.), Al-apa. 
Eilpe, Elpe. 



Nous croyons en avoir assez dit pour faire comprendre à nos 
lecteurs que le Celtisme de la Germanie vaut la peine d*être 
étudié. Nous aurions voulu embrasser dans tous les détails le 
vaste sujet que nous avons indiqué (p. 363). Il doit nous suf- 
fire ici d'en avoir esquissé quelques traits. 



FIN DE Là SECONDE PARTIE. 



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407 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Aa t 378; Aach, Aachen, 99, 378; Aachhorn, 45; Aadorf» 
-hajden, -thaï, 378 -, Aalborg, 177; Aalbucb, 146; Aolen, 
Aàlfeld, 177; Aalhorn, 44; Aar, 398; Aarau, Aarberg, 104; 
Àarburg, 213; Aargau (Argovie), 193; Aarwangen, 192; Ab- 
benhaUsen, 235 ; Abensdorf, 26 ; Abtenau, Abtenburg, Abts- 
dorf, 283 ; Ach, Achberg, Achenbach, - rain, 99 ; Achern, 99, 
195; Achim, 99; Achsenberg, 331; Acht, 272; Adelberg, 26; 
Adelboden, 65 ; Adelsberg, - dorf, - schlag, 287 ; Adlersberg. 
174 ; Aeschach, 177 ; Aetighoffen, 283 ; Affenberg, 191 ; Affen- 
thal, 61, 169; Affenstein, 309; Affol terscheuer, 153, 191; Aa- 
dorf, Aha, 100; Ahausen, 235; Ahlbringen, 42; Ahlefeld, 187; 
Ahlem, Ahlen, Ahldorf, Àhlkasten, 177; Ahaloh, 100; Ahren- 
berg, 27; Ahrensfelde, Ahrensfluchterdeicht, 174; Aich, 146, 
398; Aichholz, 130; Aichstett, 146; Aldendorf, 302; Aldingen, 
197; Algau (Aelgau), 118, 268; Allenburg, 213; -dorf, 96, 305 ; 
Allerheiligen, 275; Alsace (Elsass), 249; Altarstein, 310; Alt- 
dam, 260; Altbach, -burg, -dorf, 302; Altehùtte, 302; Al- 
tena; 302; Altenau, 122; Alton -Binsen, 158; Altenau, -berg 
(27), -burg, -brûck (259), - buch, -dorf, -esch (203), -fels 
<56) -hagen, 302; -markt, 273, -rif, 58, -stadt, 302, -stadt 
(247), -8tein, 87; Altgebirg, 37; Althammer, 235; -kirch, 
«62, 302; -kônig, 255; -mann, 330; -mùhl, 6, 256; Al- 
tona, 303; Altrock, 157; Altsattel, 250; -stadt, -statt, 
302, 219 ; - wasser, 99, -wig, 258; -vriller, 302; - Àlvesen, 
238; Amaliensruh, 281; Ambach, 101; Amberg, 21, 27, 295; 
Amelieht, 53; Ammeloe, 70; Amselgrund, -loch, -stein, 
308; Amsteg, 50; Andelsbuch, 280; Andermatt, 159, 295; 
Anemolter, 295; Angelse, 238; Angerburg, 192, 213; An- 



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gerort, 47; Anhalt, Anholt, 53, 132, 295; Anspacb, 101; 
Antfeld, - holz, 294; Antrift, 365 ; Antwerpen (Anvers), 257, 
294; Apenbûttel,' 252; Apfelberg, -stedt, 155; Apfel- 
trang, 153; Appeldorn, - hagen, 153; Appenzell, 264, 283; 
Aremberg, Arenberg, 27, 174; Argendorf, 305; Arlesheim, 
228; Arlberg, 27, 174; Arnau (122), -burg, - eck (48), - feld, 
-fels, 174; Arnsberg, - dorf, - stadt (247), -stein, - walde, 
174 ; Asbach, 147 ; Asberg, 27 ; Aschaffenburg, 213, 386 ; Aseh- 
bach, 147; Aschberg, 27; Aschenbach, 147; Àschheim, 147; 
Aschersleben, 251; Aspach, 147; Asparn, 46; Aspe, Aspe- 
loh (204), Aspenstedt, 203; Au, -bach, -burg, 122; Aue, 
122 ; Auelberg, 38 ; Auen, -heim, 122; Auerbach, 101, 163; 
Auerberg, Auersberg, 27; Auersperg, Auerstœdt, 263; 
Aufkirchen, 193; Augsburg, 213; Aurach, -bach, -burg, 
163; Atzenbach, -dorf, 160; Averfehrden, 114; Axemberg, 
331; 

Baar, 98, 210; Bâche, Bachefliess, Bachen, Bachgau, 
- haupten (108), - hausen, - heim, - scheid, - stein, - thaï, 
100; Badelache, 109; Baden, 108 ; Badenheim, Badenweiler, 
108,246; Baerderberg, 27; Baederley, 89; Baerfangwanden, 
309; Baerenkopf, 164; Baerenstein, 87 ; Baerentross, Baerisch- 
wyl, Baerschweil, 164; Bahndorf, 156; Baireuth, 180; Bal- 
horn (42,44), Balingen, Ballenstadt, 247; Ballenstedt, 212, 
Balmberg, 348 ; -horn 44, Ballstall, 254 ; Bamberg, 27 ; La Bank; 
69 ; Barau, - burg, 210 ; Bardeleben, 251 ; Bardorf, - gau, 
210; Bargeloh, - Barkloh, 135; Barmen, Barmstedt, 122; 
Barnstrup, 267; Barr, 210; Barruel, Bareilles, 210; Bartens- 
tein, 87; Bartfeld, 187; Baumbach, -garten, - holder, -kirch, 
145; Beerbach, Beerdorf, 161; Beerlaar, 207; Beerwalde, 
Beerenberg, 161; Behring, 280; Beilstein, 87, 211, 272; Beim- 
bach, -hofen, 296 ; Beinstein, 54 ; Bekkeln, 135 ; Beleke, 109, 372 ; 
Benedictbeuern, 210, 253; Benfe, 386; Bennfeld, 187; Bennig- 
sen, 238 ; Benninghausen, 201 ; Bensberg, -heim, 186 ; Bentheim, 
-lage,186; Benzlage, 186; Berckheim, 228; Bereilles, 210; 
Berenau, -berg, -dorf, -hagen, -kamp, -klau, -kopf, -rode, 164 ; 



— 409 — 

Berg, Bergen, 26; Bergeneck, 48; Bergeshovede, 43; Berg- 
feld, -frieden, -hausen (81), -heim, -holz (13t), -kirchen, 
- stadt, -strasse, - zabern, Bergenweiler, Bergen -op - Zoom, 
26; Beringhof, 201 < Berlepsch, 280; Berlichingen, 197; Ber- 
lin, 164, 315; Berlinghausen, 201 ; Bern (Berne), 164, 313;: 
Bernang, 192; Bernau, -bach, -burg, - cassel, -dorf, -&gg, 
(49), -heim, -loch, -reut, -ried, -weiler, 164; Bernsburg, 
-grûn, -hausen, -hofen, -stadt^ -stein (87), 164 ; Bertestein, 
39 ; Berteveld, 299 ; Bettenforst, 134 ; Bettinghausen, 201 ; 
Beuern, Beuren, 210; Bevenileth, 68; Bever, -gern, -lacke, 
-stedt, -ungen, 165; Biesdopf, Biesen, -horst, -rode, thaï, 155; 
Biber, -ach (99), -bach, -berg, -eck, -gau, 164; Biberich, 
-schlag, 165; Bibersfeld, Biberteich, -zell, 165.; Bibrach, 165; 
Biedenkopf, 43, 296; Biel, 73, 211; Bielefeld, 72, 187,273; Bie- 
lersee, Bielstein, 41, 73; Bienbach, -burg, -dorf -bûttel, 
hûth, -garten, 178; Bierbaum, 145; Bildechingen, 72; Bil- 
denreuth; 273; Bilderlach, 72 ; Billeben, Billendorf, -hagen, 
hausen, kamp, 75; Billenwerder, 272; Billerbeck, 73 ; Billich- 
graetz, 72; Billig, Billigheim, 72; Billigshausen, -halden, 73; 
Billinghaueen, 272; Billingshausen, 73; Bil stein, 72, 211,273; 
Binnen, 97 ; Bingerloch, 69 ; Binnenthal, 61 ; Binsfeld, -furt, 
155; Binzen, 155; Binzenstein, 87; Binzwangen, 155; Birin- 
gen,. 97; Birkbaum, Birkenau (123), -berg, -feld, -fêla, -holz, 
151, Birken8tamm, -stock, 143; Birkenwerder, 151 ; Birnbaum, 
-feld ; 145, 153; Bischheim, -am -Saum,. 283; Bischofs- 
berg, -grûn, -haube, -kirchen, -rode, stein, -werda (128), 
-werder, -wies, -zell, 283; Bischholz, 131 ; Bischwiller, 283; 
Bisdorf, Bisendorf, -hausen, -kirchen, 155; Bisenthal, 61; 
Bismarck, 155, 271; Bisping, 197; Bissingen, 197; Bisterfeld, 
-scheid, 160; Bittenfeld, Bit ter feld, 187; Blankegau, -berg, 
-burg, -loch, -see, 299; Blankenberge, 27, 28; Blankenburg, 
213 ; Blankenese, 81 ; Blankenhorn, 44 ; Blasenstein, 87 , Bla- 
sihorn, 332; Blau, 253; Blaubeuren, 253; Blauenstejn, 87; 
Blaufelden, -see, -topf, 299; Bleichrode, 187; Bleienorze, 
Bleistein, 97; Bleyberg, 28; Blendenhorst, 33; Blocksberg, 



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— 410 — 

28; Blomberg, 161; Blumberg, Blumenau (122), -bach, -dorf, 

-feld, -hagen, -holz, thaï (61), 161 ; Blumlisalp, 329; Bobrink, 

41; BochenfOrde, 114; Bochenheim, Bochheim, 41, 228, 234; 

Bockau, Bockeîn, Bockscheid, Bockum, 41; Bocktschingel, 

330; Bodenbach, -burg, -dick, -mâder, 65, Bodensee, 65; 

Boeblingen, 197; Boeckendorf, -f&rde, Boeckelheim, Boeren- 

winkel, 80; Boeschenried, 182; Bogenhausen, 235; Bohle, 

Bohlen, 41, 212; Bôhmen, 228; Bohmsdorf, 145; Bohndorf, 

Bohnenkamp, -land, Bohnhorst, 156; Bokel, 41; Bokkel, 137; 

Boleheim, 41; Boll, Bollenbach, -ingen, Bollerbach, 170; 41» 

170; Bollestadt, 41; Bollum, 212; Bolscamp, 170; Bolweg,258; 

Bolwig,41 ; Bombach,101 ; Bombeck, Bomsdorf, 145;Bonacker, 

195; Bond, 396; Bonhorst, 145; Bonlanden, 74; Bonstetten, 

249; Borkum, 234; Born, -bach, -berg, -feld, 105; Bornhevet, 

105; Bornholm, 26; Bornhusen, -staedt, t05; Borntosten, 

159; Bornum, 105 ; Borsbach, -dorf, -loh, 159; Borstal, Bors- 

tel, 201,211; Bossekop, 43; Botzen, 42; Brabach,39; Brabant 

186, 205 268; Brachbach, 39, 205; Brachesche, 203 ; Brachfeld, 

205; Bracht, 39, 205; Bradelar, 207; Braht, 39} Bràke, Bra- 

kelo, 39, Brakenberg, -heim, 205; Bram, Bramau, -bach, 

-felde, -first, stedt, 138, Brand, 184, 308*, Brandeck, -Bran- 

dôaburg, Brandeburg, 7, 184, 213-, Brandensteîn, Branderode, 

184 ; Brandhofe, 224; Brandscheid, 271 -, Brant, 184; Brassberg, 

28; Brauneck, -fels (56), -hof, 299; Braunlage, 104; Brauns- 

berg, 280; Braunschweig (Brunswick), 280, 300; Braunseifen, 

257; Brecht, Bredencamp, 191; Bredenol, 118; Breidenbach, 

-feld, see, 298; Breisgau (Brisgau), 268, 193; Breite-Busch, 

Breitenau, 298; Breitenbach, 39, 101,298; Breitenberg, -burg, 

-bronn, 298; Breitenbruch, 1 16 ; -eck (39), feld, -fort, -holz, 

298; Breitenhûl, 67; Breitenroda, 298; Breîtscheid, 298; Bran, 

Brembach, Brème, 138 ; Bremecke, 103 ; Bremen, 138 ; Bre- 

merforde, 114; Bremgarten, 138; Brenken, Brenkhausen, 42; 

Brenner, 839; Bret, 39; Bretheim, -leben, 161; Brettach, 

Bretten (228), Brettenthal, 161; Brielle, Brille, 117: Brifik, 

42; Brocken, 28; Brockscheid, 271 ; Brohl, 117; Brokkum, 



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— m — 

234; Bromberg, 28: Bronnbach, 105; Bronnhaupten, 208; 
Bronnweiler , 105 ; Bruderhaus, 235 ; Brudersbalm, • 348.; 
Bruch, -dorf, 116; Bruchenbrùcken, -hagen, -hausen, -hof, 
-mûhlen, 116, Bruchsal, 116, 243: Brûck, Brttckberg, 250; 
Brûckmûhl, 256; Brûgge, -hof, 158; Brûhl, 117, 135; Brûhl- 
bach, 117; Brûnn, 105; Brùsch, 158; Brunn, -bacb, 105; 
Brunecken, 48; Brunnenhof, -thaï, 105; Brunsbûttel, 25»; 
Brunshole, 67; Brunskappel, 263; Bubenberg, Bubendorf, 
266, S87; Bude, Budweis, 252; Buch, Buchau, Buchen, H6 ; 
Buchengehren, 51 ; Buchensteia, 146 ; Buchheim, rholz, 
-horst, 146; Buchlohe? Buchsweiler, 246; Bûchenberg, Bù- 
cherthal, 146; Bùcke, Bûckeberg, 41; Bùlach, 146; Bùb\, 
Bûhlen, Bûlach, 40 ; Bùren, 21*, 253; Bulau, Bulacb, 17ft; 
Bullange, Bullau, Bullehhausen, Bullergraben, 170; Birad, 
396; Burbach, Buresheim, 211 ; Burg, -au, -berg, -dorf, -damiït, 
-forde, -grab, -hagen, -haus, -stall, -stallehen (51), -stern, 
-stadt, -wald, 213; Burgwedel, 107; Burscheid, 271 ; Burs- 
feld, 159; Bursibant, 186; BuBchhûtten, 239; Buscbweiler, 
133; Bûttel, -bronn, -stedt, 252, Butterweck, 310; B««- 
lohe, 137; 

Cannstadt, Cannstatt, 54, 247; Canstein, 51; Carlsbad, 108, 
280, 311; Carlsberg, 28; Carlshaven, 247; Carlshôhle, Carls- 
ruhe, Carlstadt, 280; Cattwick, 167; Charlottenburg, 213,381; 
Christiansund, 122; Glarenbeck, -berg, -thaï, 299; Cièves, 51; 
Clausenburg, 213; Coburg, 213; Coeln, 319; Copenhage, 120; 
Côpperberg, 28; Corbey, 83; Cottingen, 198; Courlande, 74 ; 
Cranach, 175; Craiwick, 175; Crefeld, 187; Crist-Spalt, 328; 
Creuzburg, 213; Crohnest, 175; Cronegg,49; Cronstadt, 247; 
Cron-Weissenburg, 219 ; Curische Nehrung, 121 ; 

Dachau, Dachenheim, 241 ; Dachsbach, Dachaenheusen, 169; 
Da<;hsenhoehle, 308; Dachslanden, 74; Dachstein, 54; Dach- 
stul, 241; Dagereheim, 228; Dala, Dalecarlie, Dalhausen, 
Dalheim, 61 ; Dalke, 103 ; Dahstein, 61 ; Damm, Dammflec- 
ken, Dammhagen, -scheid, 266; Danemark, 270; Danneberg, 
28; Dannenbùtlel, 252; I>antzcr-See, 188; Danzig, 84, 85, 282; 



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-dorf, -born, -pfûtze, 169; Datzingen, 198; Daubehhorn, 44; 
Deeps, 60; Dôgenfeld, 187; Delecke, 103; Delf, Delft, 121; 
Delfshaven, 180; Delfzyl, 121; Dell, Délie, 61 ; Delve, Delve- 
nau, 122; Denkendorf, -thaï, 266; Detfurt, Dettmold, 92, 267; 
Detwang, 92; Deufringen, 198; Deutsch-Brod, 283; Deutsch- 
Steinach, 282; Dichingen, 119; Diebsgrûndel, 310; Diedenho- 
ven (Thionville), 224, 281 ;,Diefenbach, 101; Dietmarseri, 116; 
Dillenburg, 213; Dillengen, 150, 198, 213; Dinkellage, 194 ; 
Dinkelsbùhl, 40, 157; Dinkelscherben, 157; Dingschede, 271; 
Dispargum, 28 ; Distelow, 158 ; Ditzingen, 198; Doffingen, 198; 
Dombûhl , 40 ; Dombruch, 56 ; Donaueschingen, 198 ; Do- 
nauwôrth, 128; Donnerberg, -horst, -berg (28), -reuth, -staedt, 
275; Dorfbach, Dorf en, 266 ; Dornbach, 101 ; -berg, -beuren, 
-birn (153, 210, 213, 253), -burg, -dorf, -heim, -holzhausen, 
Dornick, Dornlach, -mùhl, -stalt, 254 ; Dornum, 234 ; Dorpat, 
158; Dortmund, 110; Drachencapelle, 69; Drachendorf, 165; 
Drachenfels, 39, 56; Drachenkopf, 165 ; Drachenloch, Drachen- 
ried, 69; Dragsdorf, 165; Dreibûndnerstein, 332; Dreisésselberg, 
28 ; Drei Troege, 275; Dreizehntenhorn, 332 ; Driesberg, Driesen, 
204 ; Drontheim, 228 ; Dungauboden, 301 ; Dungelalpen, Dun- 
gelhorn, 4i; Dunkelbach, 101 ; Dunkelboden, Dunkelhausen, 
Dunkelsbûhl, 301 ; Dûrrenbach, -berg (28), -hayn, -hard, -hoff, 
-rot, 97; Dûrrenstein, 87; Dûrrheim, 228; Dûrrwangen, 97, 
192; Durbach, 10!, 355; Dûsseldorf, 104, 266; Dûsternbrucb, 
116; Dykhausen, 260; 

Ebbedischink, 197 ; Ebenau, -heim, -furt, -see, 71 ; Ebcracb, 
Eberbach, -ding (201), -eichsdorf, -hausen, -holzen, -munster, 
-wald, 165; Ebersbach, -berg, -burg, -dorf, -grûn, -heim, 
-horst, 165; Ebermûnster, 263; Eberschûtz, 165,225; Ebersch- 
wang, 192; Eberswald, 130; Ebnoet, 71; Echterdingen, 198; 
Ecksted, 48; Eckwald, 251; Eckweiler, 48; Egelsbach (101), 
-dorf, -see (166), -stall, 178; Egernschwand, 184; Egerstein, 
44; Eggeberg, Eggmûhl, 48; Eglofsheim, 228; Ehningen, 198; 
Ehrenberger Klause, Ehrenbreitstein, 55; Ehrenfels, 56; Ehr- 



— 413 — 

mannstein, 55; Eibenschûtz, 225; Eibenstock, 143; Eich, Ei- 
chau, -berg, 146 ; Eichel, -berg, born, 161 ; Eichelsdorf, 161 ; 
Eichelsachsen, 89; Eichelstein, 55; Eichen, -bûhl (40), -hau- 
sen, -horn, -zell, 146; Eichheim, -hof (224), holz (131), -mûbl, 
-rod, 146; Eichsfeldgebirge, 137; Eichsteedt, 247; Eichthal, 61; 
Eichwerder, 146; Eifeld, 187; Eigelstein, 55; Eickel, Eickels- 
heim, 161; Eilenburg, 214 ; Einoet, 71 ; Einshorn, 332; Einai- 
del, 20; Einsiedlen, 250, 285; Eisenach (397), -berg, -burg (214), 
-feld, -bretchtshoffen, 96 ; Eisenhammerbach, 255; Eisenhart, 
-hausen, heim, -rode, -stalt, -stadt (24), -thûr, 96; Eisge- 
birge, 334; Eisleben, 251; Eisthaler-Spitz, 47; Eibach, 101; 
Elbwiese, 159 ; Elbingen, 198; Elchingen, 166, 198; Elenbach, 
-rode, 166 ; Eifeld, -gau, -gut, 166; Ellbogen, 82 ; Ellen, -bach, 
-hausen, -ingen, 166; Ellinbogen, 41 ; Ellnbogen, 41; Eller- 
beek, -burg, 151 ; EHersbach, -hoffen, -leben, stadt, 151 ; Ell- 
wangen, 166, 192 ; Elm,| Elmen, -au, -dorf, -horst, 133, 151, 
Elmershausen, Elmlohe, Elmshorn, 151; Els, 151; Elsass- 
Zabern (Saverne), 225; Eisdorf, 151 ; Elsfletb, 68, 103; Elsgau, 
-holz, 151; Elspe, 204; Elster, 393; Elzteich 151 ; Emden, 111, 384; 
Endfelden, 188; Endingen, 196; Enge-Gebirge, 298; Engelab, 
194; Engelberg,28; Engelzell, 264 ; Engen,Engerode, 298 ; En- 
gewierum, 161; Enghausen, Enghien, Engstfeld, 298; Enten- 
berg, 176 ; Enzenberg, 28; Eppingen, 198 ; Erbach, 101, 102 ; Erd, 
184 ; Erdbeeren, Erdberenburg, 161; Erdberg, 184; Erdebora, 
184;Erdhausen,184; Erdloch, 68; Erdôd, 185 ; Eresburg, 272; 
Erfurt, 113 ; Erlach, 99, 150 ; Erlangen, -au (123), 150 ; Erlebacb, 
Erlenbach (101), Erlesdorf, -ingen, 150; Erlbach, 150; Erl- 
hof, 224; Ermeland, 74, 78; Erzberg, 28; Erzgebirge, 37; Erz- 
leben, 28; Esch, Eschach, -au, -bach (101), -dorf (203), 147; 
Esche, Eschen, bach, 147 ; Eschede, 203 ; Eschen, -bach (101), 
-berg (28), -felden, -lohe (137), -thaï, 147; Escherde, 147; Eâ- 
chingen, 198; Eschlohe, Eschmar (171), Eschwege, 203;Esch- 
wegen, 116; Eschweiler, 147, 203, 246; Eslarn, 207; Espens- 
tedt, Espey, 203; Essen (232), -bach, -berg, -hausen, -heim, 
255; Essefeld, Essfeld, -hausen, hof (224), Essleben, 255; Ess- 



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198; Eulau, Eulenbach, -berg, -burg (214), -hof, 175; Ever- 
ghem, Eversberg, -hagen, -ham, -torf, 165; Exterenstein, U. 
Fahrenbach, -heim, -holz, -horst, -walde, 114; Fabriand, 
114; Falbenthal, 152; FaJkenberg, 28, 175, 307; Falkenburg, 
175; Falkengrat, 48, 326; Falkenhagen, -hof, 175; Falken- 
horst, 133; Falkenstein, 87, 101; Faldorf, 266 ; Fallersleben, 
266; Fangenhof, 224; Farnbach, -roda, 158 ; Faulesee, 115 ; 
Faulhom, 330; Felben, 152, 190; Feldbach, ICI, 187; Feldberg, 
28, 187; Feldhausen, 187; Feldkirch, 21, 187, 202; Fellbach, 
190; Fels, -bach, -berg, -burg, 56; Felza, 56; Fernst-Neuen- 
dorf, 294; Festenberg, Festungsberg, 225; Feucht, -ing, 
-wang, -wangen, 98, 304; Feuerbach, 102; Fiehtberg, -wer- 
der, 148; Fiçhtelberg (28), -see, 148; Finkenberg, -born, 
-buch, -bûtten, -mûhlerheide, -reicb, -stein, werder, 175 ; Fin- 
lande, 74; Finnmark, 270; Finster-Aar-Horn, 44, 398; Fins- 
teraarhorn-Massse, 332; Finsterbach, 101-; Finsterberg, 301; 
Finster Wald, 285 ; Firstfalli, 42 ; Fischbacb, 101 ; -berg, 177; 
Fischendorf, 177 ; Fischhausen (235), Fischerhof, Fischerhude 
(239), Fischingen , Fischkâuferberg, 177; Fischhorn, 24; 
Fischlaken, 117; Flaach, 73; Flachstôckheim, 73; Fleissingen, 
198; Flissingen, 103; Fluelen, 331 ; Fôhrenbach, 148; Fohra, 
148, 177; Forbach, 101, 148, 177, 294; Forchdorf, Forchensee, 
148; Forchheim, 148, 177, 229, 294; Forheim, 294; Forst, -eck, 
-beim, -velt, 134; Frankenberg (29), burg (214), -eck, 282; 
Frankenmarkt, 273; FranJkenstadt, 247; -stein, 87, 282; -thaï, 
282; -wald, 130; Frankfurt (Francfort), 113, 282; Franzens- 
brunnen, 131 ; Franzôsisch-Buchholz, 131; Frauenberg, 278; 
Frauenburg, 78, 214, 278 ; -brunn, -dorf, -feld (188), -hagen, 
-hain, -heim, -see, -stein, -thaï, -werth, -zell, 278; Freiberg, 
Freiburg, 29, 271; Freiegrund, 64; Freienberg, -fels, -hagen, 
-stadt, -stein, -walde, 271, 130; Freistadt, 247|; Freising, 198; 
Freyburg, 214 ; Freudenbach, 102, 305; -berg, 29-, Freuden- 
feuer, 305; -thaï, 61; Freundsberg, 29; -stein, 55; Friedberg 
(29), -burg, -eck (48), Friedenburg, -stein, 223; -thaï, €1; 



— 445 — 

Friedersdorf , 223; Friedewald, 223; Friedland, 74, 223 y 
Friedslande, 75; Friedrichburg, 214; Friedrichsberg, -burg, 
-hall (96), -hamm, -haven (120), -ort (47), -stadt, thaï, 280; Fri- 
bourg, 2U, «71 ; Fridau, -berg, -eck, -sele, 223 ; Frisange, 19$; 
Frische Haff, 121; Fritzlar, 207; Frœschwiller, 177, 246; 
Froschau, -heim, 177 ; Froschenkopf, 14 ; Frohsdorf, 266, 304 ; 
Frombergerhorn, 44 ; Fùnfkirchen, 262; Fùrstenau, -berg (29)» 
-felde, -hagen, hausen, -ried, -see, -stein (87), walde (130), 
-werder, 286; Fulda, 379; Furt, Furth, Furtwangen, 113; 

Gablenberg, 29, 58 ; Gaertnerhaus, 287 ; Gaensewerder, 317 j. 
Gaisbach, -beuren, -bûhl, -burg, 214 ; Galgenberg, 29 ; Gal- 
len^Kappel, 20; Gandershein, 229; Gansau, -bûhel, -dôrf, 
-furth, -mùhle, Ganseteich, 175; Garbenteich, 119; Gardele- 
ben , 251; Gassen , 258; Gaste, Gastheim, Gastern, 205; 
Gauchsberg, 176; Gauenstein, Gauerthal, 268; Geberding, 
201; Gebersheim, 229; Gechingen, Geckingen, 176; Geest, 
Geeste, Geesteadorf, Geestland, 78, 116, 205; Geiersberg, 29; 
Geilenfelde, -kirchen, Geilingen, Geilsdorf, 98, 304; Geisalp, 
-bach, -berg (29), Geiseke (174), Geisenfeld, -hausen, -heim, 
ingen (198), Geislede, Geismar (172), Geisthal, -weid, 173; 
Geispitzberg, 17H; Geissberg, -flue, 330; Geissingen, 173; 
Geissliagen, 198; Geistingen, 116; Geizrukke, 50; Geldern, 
97; Gentoud, 132; Gerabronn, 106; Gerau, Gerisau, 272; 
Gernrode, 180; Geroldsau, 280; Geroldstein, 87; Gersdorf, 
280; Gersthofen, Gertstungen, 57, 201 ; Geschrei, 306 ; Geseke, 
174; Gesenker-Gebirge, 37; Gesmold, 92; Gespaltenhom, 44; 
Gewissenruhe, 805 ; Gfrorenhorn, 833 ; Giebelegg, 49; Giessen, 
121,373; Gieenberg (214), -hùbel, 174; Gismannsdorf, 174; 
Glashûtte, Glashûttendorf, 239; Gleichberge, Gleichen, 37; 
Glûcksburg, Glûckstadt, 214, 247 ; Gemûnd, Gemûnden , 268 ; 
Gifteingrub, 268; Gmûnd, 110, 268; Gmûnden, 111; Gmund, 
268 ; Gnadenthal, 264 ; Gnadenthalerberg, 29 ; Godesberg, 29 ; 
Gôekeriiberg, 176 ; Gôppingen, 198 ; Gôttingen, 198, 276 ; Goldau, 
97 ; Goldbach, 100 ; Goldberg, 29 ; Goldenau, 123 ; Goldenmarfet, 
273; Goldstein, 310; Goltern, 46; Gose, 373; Goseburg, Go- 

28 



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sen, uosenus, uosiar v* Ui y> uosmar,-weruer, lia; uussweuer, 
280; Gottberg, 275; Gottesberg, Gottesfeld, 199; Gottesgabe, 
275; Gottesgnade, Gotteshùlfe, Gottesthal, 276; Gottland, 75; 
Gottlieben, Gottorp, 266 ; Gottsau, -feld, -friede, 276 ; Gotts- 
haus Bund, 268; Gottslager, 276; Grabfeld, 188; Grœben, 68; 
Graefenberg, -dorf, -hagen, -hausen, -heim, -rode, 286; -han, 
HO; Graenzbach, -wasser/ 271 ; Grafenberg (29), -egg, -hof, 
-ort, -schlag, -stein, -thaï (61), -woerth, 286; Grafhorst, 286; 
Grafrath, 181; Grasgehren, 51; G rat, Gratli, 326; Grauens- 
tein, 300; Grauhorn, 331; Gravenhorst, 133; Greifberg, Greif- 
fenberg, 29; Greifenhagen (140, 176; -hain (176, 286), -stein 
(87), -see, 178; Greifswald, 130; Gravelinge, Grevelinge, 198; 
Greving, 197; Grevenstein, 55; Grenzach, -au, -hausen, 271; 
Griechisch-Weissenburg, 219; Griesbach (100), -hof, -kirchen, 
-stein, -schlag, -thaï, -wang, 91 ; Griet, -hausen, 91; Grimberg, 
29; Grimnisel, 243; Grindelwald, 130; Grodiek, 260 ; Groen- 
land, 75 ; Grodei, 181 ; Groningue, 199, 298 ; Grossalbershof, 
Gross-Arlthal, Grossbaehthal, 296; Grossenaspe, 203; Grosse 
Gans, 208 ; Grosser . Mistwagen, 330 ; Gross-Glockner, 330 ; 
Gross-Lohner, 334; Gross-Schwarzlosen, 70; Grosschùtzen, 
225; Gros-Spiegelberg, 296; Groteburg, 214, Grûnau, -bach 
(298), -berg (29), -bûhl (40), 160; Grûnefeld, -wald, -wiesen, 
106; Grûnhagen, -haus, -hain, -ingen, -kraut, land (75), -see^ 
-stadt, -thaï, 160, 298 ; Gruson, 159 ; Grùtli, 181 ;. Guckenberg, 
30; Gueberswihr, 119; Guebwiler, Gûnznerg, -burg, Gûn- 
zerode, 272; Gûnthersberg, 272; Gudensberg, 274; Gugen- 
hausen, 176; Guggisberg, 30; Guckershorn, 176; Gulf-Stream, 
103; Gundelsbach, 101; Gundendorf, -hausen, 272; Gundorf, 
272; Guntheim, Guntherberg, 272; Guppen, 43; Gurkfeld, 188; 
Gurten, 221 ; Gutentag, 306 ; Gspalternhorn, 329 ; Gschwende, 
183; 

Haar, 53, Haarhof, 53; Haarstrang, 190; Haberlah, 194; 
Habersdorf, 157; Habsburg, 175, 311; Habichtburg, -horst, 
Habichtswald, 175 ; Hackenberg, 331 ; Hackmesser, 331 ; Ha- 
damar, Hadeln, Hademarsch, Hadenberg, Haderholz, 278; 



— 417 - 

Hadersleben , 851; Haderstorf, Hadistadt, Haduloh, 272; 
Haesdonck, 208; Haferschlacht, Hafferungen, 15*; Hagenau 
<123), Hagenbach, -buch, -dorf, -eck, -thaï, 139 ; Hahn, 1T5 ; 
Hahneberg, 309; Hahnenbach, 175 ; Hahnenschutthorn, 329; 
Hatinheim, -weiler, 175; Haigerloch, 69 ; Hain, Haina, Hains- 
pach, HO; Hakenberg, 331; Hakstein, 308-, Halberg, 30; 
Halberstadt, 217; Halden, 53; Haldensleben , 251; Hall, 
Halle, 95, 96, 242; Hallenberg (30, 96), -burg, -garten, 242; 
Hallensleben, 251; Hallermund, 110; Hallstadt, Halstatt, 96, 
242, 248; Hambach, -berg, 248; Hamburg, 141, 214, 228; 
Hamm, 140; Hammer, -au (255), -fest, 225; Hamcl, Hameln, 
228; Hammersbach, 255; -dorf, 266, -levé, 251, -statt, -stein, 
-stett, 255; Hais, 58, Ha n, 228; Hanau, 140; Hangestein, 210, 
Hannover (Hanovre), 24, 112; Hansestâdte, 268; Hanweiler, 
246; Harbach, -burg, 168; Haardt, Hard, 52; Hardenberg, 
Harderode, 305 ; Haringe, 199; Harlem, 280; Harmensdorf, 
70; Harsewinkel, 80; Hartburg, Hartenberg, -eck (48), -fels, 
-hausen (235), -rod, 305; Harz, 359; Harzgerode, 180; -burg, 
(214), -wald, 130; Hasaal, 243; Hasbach, 168*; Hasband, 186; 
Hasberge, -feld,-acker, -eck, -holz, -loch, -ried, -steig, -wei- 
ler, -winkel, 168;Hasel, -bach, -berg, -dorf, 154; -horst, 133; 
Hasenau, 123, 214, -burg, 214; -zahl, 178; Haslenbach, 101; 
Haslach (355), -au, -bach, 154; Hasli, 154; Hassel, -bach, 
-felde, -hof, Hasselt, 154 ; Hatten, Hatfield, Hatzfeld, 239, 
188 ; Haus, -berg, -dorf, -eck, -hausen, 235 ; Hausruck, -see, 
235 ; Haveeknburg, 175 ; Havelberg, 30 ; Haverskerque, 157 ; 
Haydau, 157; Hebel, 53; Hechingen, 199; Heckstaedt, 248; 
Hedingen, Hedencourt, 199; Heide, 157 ; Heideck, 48 ; Hei- 
delberg, 30, 48, 158; Heidelsheim, 158; Heidenfeld, -heim, 157, 
-loch, 68, -thurm, 14 ; Heidesee, -teich, 157 ; Heidhof, -strich, 
157 ; Heilborn, -bronn, -brunn, 276, -bluth (275) ; Heiligeberg, 
Heiligenberg (301), -brunn (106), -damm, -dorf, -felde, -grab, 
-hafen (120), -hausen (235), -hôvel (42), -kreutz, -loh, -rode, 
-roth, -see, -stadt (248), -stern (87), -thaï, -zell, 276) ; Heils- 
bron), 276; Heim, -bach (101), -berg, -burg, 228; Heimerdin- 



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geii, ivv, neiiuurucu, -ici», -gari, -uauscu, -itircu, sibj neiins- 

heim, Heimstetten, 228; Heinrichschlag, 183; der beisse 
Stein, 108; Heiterried, 299; Heldburg, «72; Helder, Hélder- 
bach, 145; Helfenstein, 88; Hellbrunn, 105, 299 ; Hellebecq, 
102; Hellebrunn, 105, -feld, 182, 299; Hellenstein, 182, 299; 
Hellern, Hellmûhl, -weg, 182, 299; Hellt, 182; Helmsdorf, 
-hofen, -staedt, -torf, 273 ; Hemmingen, 199 ; Hengstberg, 
-feld, Hengstenbeck, -berg, 172; Henneberg, 175, -gau, 193; 
Henningh, 197; Herbertstein, 55; Herbstein, 55; Herbsthau- 
sen, 303; Herd, -wangen, 222 ; Herford, 114; Hergischwald, 
Hergottswald, 130; Hermannsburg (280), -feld, -grûrï, -stadt 
(248), -spiegel , -stein, 281; Hermannsacker, 281; Hernsch- 
weade, 183; Herrenberg, -dorf, -graben, grund (64), haus, 
-hausen (235), -hof, -hut (239), -mûhle, -stadt (248), -spitz (47), 
-zimmern,.287; Herschbach, -berg, -dorf, 166 ; Hersefeld, Her- 
sendorf, Hersfeld, 272; Herstall, Herstelle, 250, 272, Hertle, 
52 ; Hervest, 303 ; Herzbach (157), -berg (31), -heim, -nom, 
-sprung, 166; Herzégovine, 286; Herzogenbuchsee, -burg, 
-busch (133), 286 ; Herzogsfreude, 286 ; Heslach, 355 ; Heubach, 
-berg, -dorf, -maden, 159-mar (172), -scheune, 160; Hexenthurm, 
326 ; Heyst, 158 : Hildburghausen (235), Hilden (272), -stede 
(248); Hildesackere, 195; Hildesheim (229), -levé, 272 ; Hilger, 
276; Hilkenschwende, 183 ; Hilt, 182; Hilter, 272; Himmel- 
berg (37), -geist, -kron, -pforte, -pforten (59, 264), -ried, -reich, 
-stadt, -thaï, -thûr, 278 ; Hindeburg, Hindenburg, Hindfeld, 
284; Hinterbrûhl, -eisferner, 293; -hausen, -holzen, -mùhle, 
-Rhein(402),-see, 294; Hirschau (123), -bach (101), -berg (31, 
359), -brûhl, 117 ; Hirschensprung (166), Hirschfeld (186), -horn 
(159), -landen (76), -pûhel, -stein, -wald, 166; Hirsau, 157, 
Hirzberg ; Hitzing, 199; Hoburg, -berg, -bohm (24),-busch, 23; 
Hochberg, 31, -dorf, 266, -heim, 229, -spitz, 47, -stadt, 23 ;-thor 
(59), -wald, 130, 307; Hockstein, 308; Hflchst, Hôchstatt, 24; 
Hôfen, 224; Hflllenthal, 305; Hoellensteinerthal, 61; Hôrniss- 
grunde, 64 ; Hof, -au, -berg, -dorf, Hofen, Hoff, Hoffen, -heim, 
-staedten, -weyr, 224; Hofheim, 229, -garten (221), -ingen. 



— 419 — 

-kirçhen, -markt, -statt, -steig, -wyl,,224, 246 ; Hoheliebe, 309; 
Hobçnacker, 195, -aspe, 203, -berg, 31, -burg, 28, -eben, 71, 
-eclf, 48, 49, -gehren, 48, -heim, 23, 229, -horst, 133, -kasten, 
330, -kirchen, 262, -linden, 24, 149, -lohe, 137, -mauth, 272; 
-rain, 141, -scbwangau, 192, 268, -stadt, 23, -staufen, 23, 327, 
-stein, 24, 88, -thaï, 23, -wang, 192, -wart, 23, 240, -zollern, 
23; Hohe Venn, 119, 342; Hohgalm, 329; Hohinbuilo, 40, 
-first, 42; Hohlfeld, 66; Hohnacker, 195; Hohnack-Kopf, 331; 
Hohnbaum, 21; Hohnberg, 31, -holz, -horst, 24; Hohrot, 
-wald, 23; Holach, -bach, -beck, -berg, 66; Holland (Hol- 
lande), 66, 76; Holle, Hollenbach, 67, -dorf, 307, stedt, 67; 
Holler, Hollerland, Hollfeld, 67; Holmstrand, 112; Holsatia, 
Holstein, 249; Holte, Holten, Holthausen, -hum, 132; Holt- 
satz, 249 ; Holzapfel, 131 ; Holzbach, -dorf, -hausen (235), 
-heim, kirche, -kreis, -mûnden (110), -platz, -zelle, -wihr, 131 ; 
Homburg, 24, 215; Hompfeld, 24; Hondeslar, 207; Hond- 
schoote, 171; Hoogstede, 248 ; Hopfau, -garteri, 116; Hoppen- 
sen, 156; Horbach, -burg, -husen, -wang, 118; Horchem, 
Horenburg, 118; Horn, 44, 45, -bach, -burg, 44, -stein, 88; 
Horsleve, 251; Horst, Horstel, Horsten, 133; Horstmar, 172; 
Horwang, 192 ; Hûbelstatt, Hûblingen, 42 ; Huckelheim, 24 ; 
Hùckeswagen, 116 ,• Hûlfenberg, 31 ; Hûgelheim, 24 ; Hûlse- 
burg, -busch, Hùlst, 152; Hûneringe, 223; Hûttenberg, 31; 
Humberg, 34 ; Hummel, 41 ; Hundekehle, -kopf, 171 ; Hun- 
desburg, -hagen, -mûhlen, -rûck, 171 ; Hundheim, -hof, -ho- 
ven (171, 305), -losen (70), Hundsbelle, -feld (188), -haupten, 
-hûbel, -kirche (310), -marck, -pass, -rûck (50, 340), -weil, 171 ; 
Hunefeld, Hunerberg, -dorf, 175 ; Hunhart, 52 ; Huningue, 
199; Hunnsrûck, Hûnsrûck, 340; Huntlosen, 171; Hurden, 
222; Hutberg, 239, Hutte, Hûtten, -berg, -feld, -heim, -rode, 
-stein, 238; Huttingen, 19i; Hutweil, 239. 

Iberg, 31 ; Igel, Igelsburg, -pach, Iglau, 177 ; Illfurt, 113 ; 
Illingheim, 201 ; Illingen, 199 ; Ilm, lime, Ilmenau, -grund, 
Ilmerssee, -dorf, Ilmstadt, 151; Imberg, 295; Im Boden, 65; 
Imbroch, Imbsbach, -hausen, 178; -hard, 52; -horst (295), -rade, 



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-rûck (295) ; Imme, Immenhausen, -rode, -stadt, Immingeroda, 
Imminghausen, 201; Immersatt, 306; Im Sack, 314; Indem- 
mose, In dem Tobel, 295-, In den Vieren, 272; In der Nott, 
306; In der Siebent, 272; Ingbol, Ingenheim, Ingolsheim, In- 
golstadt (248), Ingwiller, Inkwyl, 197 ; Innsbruck et Inns- 
pruck, 159; Interlachen, 115; Irlhûl,67, Isenbùttel, 252; -burg, 
215 ; Iserlohn, 70, 96; Islande, 77. 

Jàgerdorf, 266; -haus, 287; -hausen, 235^ -horn, 177; Jâ- 
gersburg, 215, -freude, 177; Jâgerthal, 177; Jagdschloss, 
Jagst, -hausen, -heim, 177; Jammerthal, 61; Jarlberg, 31; 
Jaxt, -gau, -hausen, 235; Jenhorst, 295; Jettenbùhel, -hôhle, 
275 ; Joachimsthal, 61 ; Joannisberg, 31 ; Jochsberg, 57 ; Ju- 
denberg, 31; Jungfersprung, 310; Jungfrau, 330; -horn, 44; 
Junghof, 224 ; Jutland, 77, 346; 

Kâseberg, 31 ; Kahlen, (156), -berg (31), -wang, 305 ; Kai- 
serau, -bach, -berg, -eggschloss, (285) ; Kaisersesch, (203), 
-heim (229), -lautern, -Nase (308), -stuhl (250), -waldhau 
-werth (128), 285; Kalau, Kalow, 156; Kaldekirchen, 303; 
Kalenberg, 305; Kalkberg, -horst, -reut (180), 93; Kal- 
lenhart, 93, 203; Kaltbad, 108; -brunn, -ern (303), -Kalten- 
bach, -brunn, -hausen (235), -hof, -nordheim, -thaï (62), 
303; Kamp, 191; Kamrath, 181; Kantrop, 267; Kanzelstein, 
310; Kapellendorf, 263; Karolinenhorst, 281; Karlsbad, 108; 
-burg (281), Karlstadt, 248; Karlshaven, 120; Katzenbach 
(101), -berg (32), -ellenbogen, 42, 82, 167, -furt, -holz, -Kopf, 
43, -see, -steig, -stein, -thaï, -tobel, 166; Kaufbeuern, (210), 
-beuren , -ungen , 273; Kefenhùl, 68; Kehl, 361; Kehl- 
hof, 224; Keilberg, 32, Kellenberg, 32; Kerschbaum, 145; 
Kesselbach, berg, -kopf, 68; Kesslingen, 199; Keschingen, 
199; Kettenhof, 224; Ketsch, -au; Kezendorf, 167; Kiel, 
80,361; Kiefericht, 309; Kienbaum, 148, 131, -berg, 191; 
Kieselbach, 100; Kilchzarten, 262 ; Kirchascb, 203; Kirch- 
bach, -berg (23), -dorf (266), -engel (81), -garten, 221 ; Kir- 
chen, -sali, -see, 261 ; Kirchhasel, -hausen, -hain, -heim (299), 
-herden, 261, hœrde, -hof, -hofen, -horst (133), -rode (199)» 



— 424 — 

-scheidung, -schlag (183), -seifen, '85; -stetten, -wehren, 
-weihe, -weifer, -werder, 262 -, Kirschberg, -baum, 154-, Kirs- 
chenhart (53), Kirschgart, -holz, -rod, -schlagen, 154-, Kis- 
singen, 199; Kitzbùhel, 41, 174, Kitzebûttel, 252; Kitzingen, 
174, 199; Klagenfurth, 113; Klause, Klausen, 225; -burg, 
815 ; Kleebach, -berg, burg, 158; Kleinburg, -dorf, 297; Kleine 
Gans, 285; Kleinglockner, 297; Klein -Einsiedlen, 285, Klein 
-Lohner, 334; Klettgau, 193; Klingenthal, 62; Kloppenberg, 
-burg, -heim, 52? Klosterbeuern, 210, -felde, -grab, -hôf, 
-strass, -thaï, -wald, 264; Kneitlingen, 199; Kochersberg, 
.38; Koetben, 239; Koeln, Koelln, -319; Koenigbach, -born 
(106), -bruch, -feld (188), -walde, 285; Koeniginhof, 224; 
-graetz 286; Kœnigsberg, -haven (20), -houd (53), hoven, 
(325), -huld (132), hutte (239, 254), -lutter, -Nase (308), -see 
.(115), -stadt, -stein (55), -stuhl (250), -winter, 285; Kogel, 
-berg, 42; Kohlberg, -boden, 257, -furth, -hausen, -scheid, 
(357, 271), -stein, 156; Koldenrade, 181; Koldingen, 199; Kol, 
lenrade, 181; Kolloge, 135; Kopenhagen, 273; Korb, -eck, 
83.; Kork, 155; Kornau(123), -berg, -burg,-haus, neuburg, 215; 
-thaï (62), 161; Kottenforst, -heim, 239; Kuttenberg, 239- 
Kraandonck, 809; Krâhenburg, -mûhl, -winkel, 175; Krane- 
feld, 188, Kranichfeld (188), -stein, 175; Krautenwalde, 
Krautheim, -sand, 161, -willer, 246 ; Kreut ; 180 : Kreutz ou 
Kreuzberg (32), -brunnen (109), -burg (215), Kreutzendorf, 
378, Kreuzthal, 63; Kreuzliberg, 328 ; Kroatenschlucht, 309: 
• Kronange, Kronberg, -burg, 175; Krone, 140, Kroneburg, 
873; Kronhagen, 140; Kronstadt, 248, 273; Krttgersdorf; 
Krugau, Krugsreuth, 261 ; Krumau, 123, -bach, -hûbel (42), 
Krummenau (133), -acker (195), -diek, dorf (305), -see, -teich, 
•83; Krumme Wasser, 83; Krummhart, 53 ; Kûhlenfels, 
-borst, 304; Kûhlsheim, 304; Kùhnau, -berg, -holz, 131; 
Kùhnewald, 131 ; Kuhberg, -dorf, -felde, -hof, -mûhle, -panz, 
171; Kuckushorn, -mûhle, -berge, 176; Kuffstein, 88; Kuh- 
schmalz, 171 ; -stall, 309, -stedt, -weide, wort, 171 ; Kukate, 
171 ; Kupferberg (32), -hammer, -zell, 97 ; Kuppelberg, 308 ; 



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lumscne-nan, îzi ; R.uiteisrauscngranen, ?*; R.uiieiu>erg", 
32 ; Kyburg, 215. 

Laach, 117; Laasphe, 203 ; Lach, Lachen (70), Lachstadt, 117 ; 
Lacken, 70; Lackstadt, 117 ; Ladenburg, 215 ; Lâmmerzabl, 
178-, Lammerengletscher, 334 ; Laer, -wald, 206; Lahausen, 
235; Lammspringe, 107 ; Landau, 123; La nd eck, 28, 48, 74; 
Landeghem, 74 ; Landen, -berg, -hus, 74 ; Landsatz, 249 ; 
Landsberg (32), 74, -cauter, 74; Landstrass (290) Land'send, 
36; Landser, 74; Landshut, 74, 82,237; Landstuhl, 250; Lan- 
gen, -au, -bach, -bogen (82), -brûcke (259), -dori (666), -eck, 
-feld, -hagen, -holzhausen, -horn (44), -horst, -ohl (IIS), 
-salza, 94; -see (115), -strasse (250, 258), -tbal (62), -werk, 
-wiese, 297 ; Lange Reihe, 297 ; Langesund, 122 ; Lange wang: 
Langewiese (159), 297; Langfeld, 297; -fôrden (114), -wedel, 
107; Lanzendorf, 266; Lapmark, 270; Lappland, 77; Laron, 
206; Larbach, 206; Lassberg, -felde, 143 î Lsuenau, 167; 
Lauenburg, 215 ; -bruch, -brttck, 167 ; -burg (115), -stein, f8, 
Laufen, hauff, hauffen, 111; Lauingen, 199; Lauresheim, ttt; 
Lauterberg (32), -bronn -brunnen (105), -burg, 300; Lauters- 
berg, -stein, 300 ; Laxemburg, 215 , Lebenberg, -han, 2M ; 
-Lechfeld, 188; Lede (114), -berg (32), Ledenburg (114), hede- 

sele, -ringe, 54; Leeren, Leerort, -wick, 206; Leben, 51; 

Lehenstein, 88, -weiler, 51, 272; Lehm, -hen, -ingen, Lemke, 

Lehmwasser, 93; Lehndorf (51), -haus, Lehnenberg (32), 51 ; 

Leichfeld, 272; Leiden, Leidon, Leidesdorf, 114; Leimaha, 

Leimbach, -burg, -garten, -en, 93; Leinfeld, 188; Leitenfeld, 

118; Lekem, 98 ; Lemberg, 32, 215 ; Lemfôrde, 114; Lemke, 

103; Lenkerthal, 62; Leoben, 251 ; Leonberg, -bronn, 178; 

Leopoldshall, 96 ; -stadt, 248; Lerchenfeld, 176, hausen, 236; 

Lerne, 206; Leuchtenberg, 33; Leuenberg, -bruch, -fort, 1(57 ; 

Leupoldschlag, 183; Leutenbach, 101; Lichten, -au, -berg (33), 
" -burg, -eck, -eicken (147), -fels (56), -hagen, -hain, -rade; 

-atcin [$Si SH) t -alerne -Ifiol (Gî), -wald ^30), warfenherg. 

IBî; Lieh&U* Liebonau, -feld, -gran T -Si/heîd, 30i; Liobethaier 



— 423 — 

-Grand, 807 ; Liebsdorf, -stadt, Liebthal, 304, Lienberg, 178 ; 
Lier, Liere, 306; Liereburg, 815; Lieth, 53 , . Liiienfeld (188), 
-stein (308), -thaï (62), 154 ; Limback, -berg, Limburg, 93, 
148, «16; Lind,Lindach,Lindau (123), -Lindelede, 54; Linden,- 
.-au, -bronn, -busch, -fels, -horst, -kreuz, 149, Lippoldsgern, 
£1; Lippstadt, SI; Lippspringe, 107; Lintach, Lintelohe, 149 ; 
Linz, -burg, 149, Lit, Lith, 53; Livland, 77 ; Lobach, 137 ; 
Lobeck, 48; Lobenstèin, 88; Lœwenbach, -berg, -burg (38), 
-eck, -feld, -sprung, -stein, 167; Lohboden, 70; Lohmar, 172; 
Lohnhausen, 51 ; Lohr, -bach, -berg (38), Lohrensdorf; Lohr- 
haupten (108), Lohrheim, 206; Lorch, 229; Lorich, Lorsbach, 
Lobrschheid, 206 ; Lollar, 207 ; Lotharingen , Lothringen 
{Lorraine), 331; Lubeck, 48 ; Lucern, 46; Luciensteig, 50, 
269; Ludwigsburg, 216, -haven, -hall, -hôhle, -lust, 281 ; 
Lttbke, 53; Lûckli, 58; Ltlgenfeld, 188; Lûneburg, 216; 
Ltttgendorf, -hof, -rode, 297; Latkenheide, Lûtkewierura, 
«97; Luftstein, 304; Luglen ; 58; Lurley, 89; Luthosa, 239, 
161; Lûtzelburg, -buch, -dorf, -stein; Lûtzelau , -buch , 
-burg, -dorf, ' -Aun, -stein (14), 297; Luxburg, 214; Luxem- 
burg, 216; 

Madelberg, 27 ; Maden, 59 ; Mânnlifluh, 57, 330 ; Mârenhorn, 
-fluh, 57 ; Mâusethurm, 8-9 ; Magdeburg, 216 ; Mahlbach, 256 ; 
Mahlberg, 33, 37, 267 ; Mahlenburg, -dorf, 267 ; Mahlstatt, 249; 
Maienwand, -Wang, 192; Main, -burg, -heim, 296; Maisenthal, 
62; Manheim, 229; Mannheim, Mannsdorf, -feld, 287; 
Mansberg, -feld, -hart (134); see (115), 287; Mandelau, -beck, 
-holz, -kirchen, -see, Mandelsloh, 118; Martel, 148; Mar- 
bach (112),-bock, born, -dorf, -eck, 171; Marenberg, Mariabrunn, 
105, -hilf; Himmelpfort ; Himmelfahrt, -kirch (Markirch) 
<277), -kulm (311), -schein (311), -Schnee, -Schutz, -Trost- 
-zell (264), 277, 278; Mari*nbad (109), Marien...ot (divers com- 
posés), p. 277; Marhorst, 133; Marié, 93; Marleben, 171; Mar- 
îenheim, 93; Marwang, -wede, 171; Mark, -au, -bach, -dorf, 
-suhl (261), -stein, 270, Marktbreit, 39, Markt-Neukirchen, 



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— 424 — 
«73} Marsch, Marschiand, 116-, Marstrand, 112-, Matt, Matte- 
burg, Mattendorf, Matterhorn, -joch, 44,159: Ma use, 88; 
Mauer, -see, Mauren, 225; Mausebolle, 40, 212; Mauth, -hau- 
sen, 272; 236; Mayenfeld, 188-, Mecklenburg, 216, 296; Mede- 
bach, Medingen, lf9; Meerbeck, 114, -donck, 208, -hausen* 
114, -holz, 181; Meersberg, 116, -burg, 114; Meiersberg, 281; 
Meinfeld, 188; Meisenkopf, 43, -thaï, 62; Meisezahl, 178; 
Meissau, Meissen -helden, 183; Meiswinkel, 80; MelchthaJ, 
62; Memmingen, Meringen, 199; Merode, 180; Merseburg, 7; 
Mersburg, 217; Meurs, Meucsen, 116; Mevegshtttte, 239; 
Michelau, -bach, 296; Miesbach, 102; Milchbtthl, 4-1; -see, 
115; Minden, 110, Mittaghorn, Mittagshorn, 332 ; Mittags- 
stein, 310; Mittelau, -hausen, -kirchen, -stein, -wald, 294; 
Mittenwald (130), Mitterburg, 294; Môhringen, 116, 199; 
Môldick, 260; Mônch, 284, 330; Mflrsberg, 116; Môrsen, 238; 
Mohrungen; 116; Moll, Mollkirch, 256; Molmerschwende» 
183; Molsheim, 229; Mondsee, 115, 275; Monninghausen, 284; 
Monterberg, 33; Moorburg^ -dorf, 116; Moordrecht, 159; 
-losen, 70; Moorslede, 54; Moosberg, -brun, -hausen, -heim 
160; -seedorf, 266; Morfeld, 188; Morfleth, 68; Morgarten, 
116, 141, 221, 332; Morgenberghorn, 332, Morsatz, 249; 
Morsbach, 116; Morsbronn, 106, 116; Morschleben, Morstein, 
116; Mosach, -au, -buch, -burg, 116; Mosenberg, 115, Mous- 
cron, 160; Muchheim, Mûchbach, Mackeburg, Mttckenberg, 
-sturm, 178; MQckhausen, Mûggenburg, -dorf, -hof, -krug, 
178; Mûhlacker, -au, -bach (102), -berg (33), -burg, -MOhlen- 
bach, -bad, -damm, -grund, -kamp, -strass, -thaï, -weg, 256; 
Muhlewarf, 257 ; Mttldorf, -grub, -hausen, 256 ; Mttnch, -berg, 
Mttnchehof, 284; Mttnchen (Munich), 20, 284 ; Mflnchenberg, 
etc., 284; Munchingen, 199, 64, 115; Mttnden, 110, 268; Muns- 
ter, -am Stein, -berg (33), -dorf, -halden, -hausen, -thaï, 263; 
Mummelsee, 64, 115; Muntzthal, 62; Murau, Murbach, 116; 
Mûri, Murnau, Murr, 225 -, Mutthorn, 44; 

Nadelburg, 217; Nàehtsneundorf, 294; Naodendal, 61, Napf, 
331; Narrenbach, 102; Nassau, 98, 123, 304; Nassenbeuern, 
-fels, -heide, 98; Nasssiedel, 250; Nasswiese, 159; Nauendorf, 



Jtizedby GoOgk 



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— 425 — 

-heim, 295; Naugard, -heim, 295; Naumburg, Naundorf, 
-hain, -hof, -roht, 295; Nebelloch, 68; Neckargemûnd, 111 ; 
Nesselberg, 218, -graben, 306, -rode, 180; Neubrtick, 259, 
-brunn, 105, -burg, 217, 301; -dorf, 266; Neuenburg, 14, 217„ 
^01, -haus, 236; -rade, 181, -zelle, 264; Neuhaus, 236, -kir- 
chen, 262; -mark, -markt, -Munster, 264, -rode, 180, -sale, 
!&42, -schlot, 225; -siedel, 250; Neustadt, 145, 248; Neustatt, 
52, 249; Neuwedel, 107, -weiler, 246, -werk, 255, -wied, 152, 
-wiese, 159; Neydeck, 48; Niederbronn, 106, 293, -brûck, 259, 
-Hammerstein, 88, -hausbergen, 293, -munster, 264, -wald, 
130; Nienburg, 302; Nierenstein; 88; Nierstein, 55; Nimmer- 
satt, 3G6; NOrdlingen, 291; Nonnberg, Nonnenbach, -busch, 
285, -kamp, 191» stein, 310, -stromberg, 38, -wald, -werth, 4fr 
à85; Norddorf, -eck, 291; Nordel, 137, Norden, -berg, -gau 
(268), -hausen, -heim; -hof, -holz, -kirchen, -moor (116), -stedt, 
-strand -weil, 291* Noderwick, 291 ; Nortlingen, 202; Nttrn- 
berg (Nuremberg), 33; Nûssbaum, 145; Nymphenburg, 217; 
Obefîspe, 1(3; Obenbrûck, -hausen, 293; Oberacker, -alp, 
-Aeschenbach, -Altenheim, -Aspe (203), -baum, -bergstrasse» 
-dorf, -Ehenheim (230), -feld, -esch, (203), -flacht (73), -grund, 
-hammerstein, -haus, -kirch, -land, -mûhl, -mttnster, . -nai 
(230), -seebach, -stein, -thaï (62), -wald, -weiler, -zell, 259 ; 
Ochsenbach, -burg, -dorf, -feld (189), -furt (118), -hausen, 
-kopf, 169 ; Odacker, 195 ; Odenheim, 230 , Odenwald, 130 ; 
Odilienberg, 278; Oedenburg, 217; Oelberg, 33, 38, 118, 218> 
Oedingen, Oettingen, 199; Ofen, -thaï, 255; Offenbach, 102, 
-burg, 217 ; Ohï, -au, -gut, -hausen, -weiler, 118; Olau, -brûch, 
-dorf, 118; Oldburg, Oldenburg (302), -dorf, 217, -horst, 133; 
OUendorf, 266; Oppenheim,230, 293; -land, 77 ; Oranienburg, 
281; Ortenau, -burg (217), -eck, 47; Ortberg, -burg, -holz, 
Ortler, 340, 47 ; Oesterreich (Autriche), 269 ; Oosterhuis, 288 ; 
Osenbach, 169 ; Osnaburg, 217 ; OsnabrUck, 159, 169; Ossen- 
drecht, 160 ; Ostendorf, 288 ; Osterband, -binde, 186 ; -buch, 
146, -go, 194, -horn, -kamp, -marsch, -moor (116), -rata (85, 181), 
-rode, 180 ; -schwang (192), -wald, 288 ; Ostdorf, -haus, -heim, 
-hofen, wald (130), 288 ; Otterstede, 249; Ottmaraen, 416-, 



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Paderborn, 21, 106; Papenbrook, -burg, -dorf, -hagen, 283 ; 
Papststein, 309; Passau, 183; Petersberg, 39* Peterwardçin, 
640; Pfauhaus, -hausen, 176, 236 ; Pfâffikon, 201 ; Pfaffenberg, 
•dorf, -grûn, -hausen, -heim, -hofen (224), -munster, -rath (181) # 
-reut, -rode, -roth, -schwende (183), -see, -thaï, -wasser, wei- 
ler, -werth, 283 ; Pfahlgroben, Pfalgraben, 68 ; Pfalz (Palatinat)| 
-burg-, 217,225,226; Pfarrkirchen, 284; Pferdegarten, -teich, 
172; Pferdsbach, -ingsleben, 172; Philomelenlust, 6; Pflug- 
felden, 188, 204; Pforta, 241; Pfôrten, 172, 241 ; Pforzheim, 
230; Pfatzingen, 117; Pftttzenthal, 117; Pfulendorf, 117; 
Plitzchen, 117; Pilatus, 328; Plattenberg, 305, -hart, 53, -see, 
115 ; Plockenstein, 88 ; Pôchlarn, 207 ; Poggenberg, -dorf, 177 ; 
Pokkesrukke, 50 ; Portfluh,57; Potsdam, 312 ; Prâttigau, 194 ; 
Pranggarten, 138; Prôbsting, 197, 284; Pruntrut, 3, 281 ; Pus- 
terthal, 62; Pyrmont, 109, 111 ; 

Quadrath. -recht, 181 ; Querfurt, 113 ; Quernheim, 230, 
Quickborn, 106; 

Rabenau, -eck, -Rabensburg, -grlin, scheid, -seifen (257), 
-stein (88, 286),-wînkel, 176; Rabishau, 183; Radstadt, 248; 
Rain, -dorf -rod, 141; Ram, Rambach (176), -berg, 173; Ra- 
mersdof, 173; Ramesle, 137; Ramesloh, 70; Ramm, 17 ; 
Ramme, Rammelbach, -berg, -burg, 173; Rammelsberg (33) 
-lohe, 173; Rammenau, Rammersdorf, 173; Ramsahl, 70; 
Ramsau, -berg, -donck, -dorf, -heim, -stein, 173; Rankwyl, 
246; Rapperswyl, 246; Rasdorf, 160; Rastatt, Rastede, 249; 
Rastenburg, 217; Ratzeburg, 217; Raubach, Rauhe Alp. 304, 
338; Rauenburg, -eck, -stein, 217, 304; Rauschenschlos, 
310; Ravensberg, -burg (217), -horst, -stein, 88, 176; Rebke, 
102; Rechberg, Rechenberg, 33; Regensberg, 33, -burg, 217; 
Regenscheid, 271; Rehbach, -beck, berg, -burg, -feld, -hagen, 
-hausen, -hau, -weiler, 166; Reichenau, 123, 124, -berg, 34 ; 
-hall, 96, 242 -stein, 55, 88; Reichshoffen, 224; Reichsland, 
270; Reichstadt, 248, 270; -thaï, 304; Rein, 141; Reinach, 355; 
Reinberg, -heim, -fels, 297 ; Reinhartsbrunn, 106, -hausen, 
-heim, 141; Reimar, 172; Reissers-Hoehle, 310; Reit, Reithen, 



— 427 — 

180; Reut, Reute, Reuten, 180; Reutlingen, 180, 202; Revel, 58; 
Rheinau, 124; -eck, 49, -fall, -felden, 188; -gau, 194, -grafens- 
tein,88; -thal,63,-wald, 130; -zabern, 226,403; Rhingau, 268; 
Rhôngebirge, 341; Rickert, 53; Ried, -au, -bach, Riede,-berg, 
181; Riedesel, 181; Riedel 182; Riedforst,-hausen,-heim, 181, 
-hof, 224; Rietberg, Rietenauerbad, Rieth» Rietbeburg, Riet- 
heim, Riethenau, Rietfels, 181; Riesenburg, 217; -gebirge (38), 
-grund (6«), -hûgel, 18, -koppe 33; Riffelhorn, 44; Rigi-Culm, 
326, -scheideck, 49; Rinderthal, 63; Ringelberg, -heim, Rin- 
gen, Ringleben, -mar (172), -stedt, 223; Riquewihr, 119 ; 
Rhode, Rhodes, 180; Roeskilde, 107; Rômberg, Rômerbacb, 
182; Rôthenbach, 101; Rqde, -feld, Roden, 20, -au, -bach, 
-berg, Rodewald, Rodheim, 180; Roggau, Roggenberg (34), 
-burg, -beuren, -dorf (266), -flue (50), -hagen, 157; Rohr, 
-acker(l95), -au, -bach, -berg, -bruch, -dorf, -eck (196), Rohrs- 
heinv, Rohrwiller (246), 155; Rolandseck, 49; Romanshorn, 
45; Rosbrtlck, 159; Rosenau, -bach, -feld, -garten, hagen, 
-heim, -hof, -thaï (63), -winkel, 154; Rosbaupten, 179; Ros- 
lar, 207; Rosphe, 171, 203; Rospe, 103; Rossbach, -brunn, 
-dorf, -Iaere, Rossendorf, Rossfeld, -leben, -thaï, -trapp , -wal- 
den, 171; Rostock, 143; Roth, -bach, -berg, -htttte (254), -hof, 
Rotkenacker, -berg, -burg (34, 218), feld (189), -fels, -haus, 
-hof, -kirchen, -statt, -stein, 300, -thurm , 241; Roth- 
feld, -horn, 331; Rottenburg, 218; Rother Main, 389; Rot- 
wéil, 246; Ruden, -buren, -dorf, 181; Rflbenau, -dorf (266); 
Rûblingen, Rttbgarten, 156; Raden, -hausen (181), Rûders- 
dorf, -heim, 171; Rûtli, 181; Ruden, 20; Ruhmesheim, 230; 
Ruhrort, 21, 47, 104; Rumbeck, 182, -burg, 218; Rumke, 182 ; 
Runkel, 156; Rutingen, Rutland (77), -marsheim, -see, 181 ; 
Rysum, 234; 

Saal, 189, Saale, 218; Saalfeld, 189; Saar, -brûck (159), 
Saarburg (Sarreburg), 218; Saare, Saargemdnd (Sarregue- 
mines), 268; Saarlohe, 6; Saarmund, -werden, 155; Sacbsdorf, 
-ried, 89; Sachsenhausen, 236; Sahrendorf, 155; Sahsbach, 
-wirfen, 89; Saint-Gollen, 20; Saint-Goar, Saint-Gothard, 277; 



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aaienau, saiieia, -munster, 2*3; saim, ïsaimsdort, 177; balz,-acn- 
-bach (94, 243), -berg (34), -burg (218), -brunn (106, (109), -forst, 
-furt, -gau, -kammergut, -kotten (239), -ungen, 201, -îhal, 63; 
-wedel, 107, 152; Sambach, Sameskirch, Sams\vegen, 271, 
Sandau, Sandebeck, 90, Sandrup, 267; Sarau, Sarenthal, Sa- 
resdorf, Saringen, -stedt, 155; Sassendorf, -haus, 89, 266;' 
Satteldorf, -hof, -gut, 250; Sauerbrunn, 106; Saurussel, 330; 
Sausenegg, 232 ; Scakenthal, 63; Schaafstaedt, -stall, -winkel, 
173; Schachen, Schachhof, Schachten, -beck, -burg, 142 ; 
Schackstàdt, Schackenthal, 142 ; Schœchingen, 142 ; Schœferhof, 
-thaï, 173, -wand, 287; Schaefersheim, 173; Schafberg, wedel; 
Schafhausen, Schaffhausen (Schaffouse), 173, 236, 386;Schafl- 
och, 69; Schalkau, Schalksburg, -stetten, 287; Schallenberg,- 
Schallberg, -horn, 34; Schandau, 124, 309; Schaphausen, 173; 
Scharfenberg, 311,-stein, 88; Scharnhausen,236; Schaswerfen, 
$9; Schattau, Schattbusch., 144; Schattenberg, 332 -hof, 144; 
Schauenburg, 218; Scheckenhoffen, 142 ; Schede, 271 ; Scheer- 
horn, 44; Scheid, Scheideck (49), -ingen, -weiler, 271; Schel- 
lenberg, Schellhorn, -kopf, 34; Schenkenau, -berg, -dorf (266), • 
-land, -stein, 261 , Scherenberg, 34; Scherpenhôvel, 42 ; Scheu-- 
ern, Scheuerberg, -feld, 254; Siebenthal, 63; Schierenbeck, 102; 
Schildau, -berg (34), Schilde, Schildern, Schildesche, -schlag, 
-stein, 247, 273; Schilterslage 194; Schirholz , 132; 
Schlachtberg , Schlachten, 183; Schlœgel, 278; Schlag- 
brtlgge, Schlage,Schlagstorf,183; Schlackenwalde, 130; Schlan- 
. genbad, 109, 177, -berg, 34; Schlat, Schlatewald, Schlathof, 
Schlatt, 183; Schlauchhorn, 45; Schlebusch, Schlechdorf, 
Schlechestein, Schlei, 153; Schlestadt, 248; Schleswig, 153; 
Schlettstadt, 248 ; Schleusingen, 199, 260; Schliengen, 199; 
Schlingen, 200; Schlossberg (51), -hof, 225; Schlotenau, 
-dorf, Schlotheim, 155,225; Schlucht, 68; Schlttsselau, -burg 
(218), -dorf (266), -feld, 225; Schmale, Schmaleck, Sehma- 
lenberg (34), Schmalfôrden (114), Schmalkalden, 298, 303; 
Schmalzgraben, -grub, 68, 304; Schmelmad, 159; Schmie- 
deberg, 34; Schmiedheim , 230, 287; Schnabelberg, 330; 



— 429 — 

Schnackenberg, -burg, mtthlen, Schneeberg, 34, 334, 178, 
-kopf, 43; Schneîdenmtlhl, 256; Schneidçrloch, 309 ; Schnepfau 
Schnepfenreuth, -thaï (63), 176, Schneppehausen, 176; Schnep- 
penseifen, 118 ; Schône Aussicht, 306: Schônau, 12i, -bach ; 102, 
314, -brunn, 106. -btthl, 41 ; Schôncberg, 34 ; Schoeneck, -ecken, 
49, Schônewald, 130; Schôngau, 194, -hauserr, 236, -heide, 158, 
-ingen, 200; -thaï, 63, -werda, 128; Sehollen, -dorf, 45; Schom- 
berg,34; Sehopernau, 295; Schotten, -stein, 225; Schottwien, 
225; Schrammstein, 309; Schrechhorn , 45; Schreibendorf , 
Schreibersdorf, -hau (183), -hof, 287 ; Sch(iren,254 ; Schulpforta, 
59, 241; Schulzendorf, 281; Schotzensee, Schtttzingen, 225; 
Schwabach, li 0, 355; Schwalbadh (100), -brunn, Schwale, -feld 
Schwalenberg, 176 ; Schwan, -au, - Schwanastatt, Schwanbech, 
berg, 176 ; Schwand, Schwandt, 184 ; Schwandorf, Schwanen- 
berg,-burg (51), Schwanfeld, -gau (192), heim, Schwansdorf, 
Schwandsee, -thaï, Schwanenthurm, 51 , Schwarzach, 99, -aur 
dorf, 300, Schwarzenbach, 101, -berg,34; Schwarzhorn, 331; 
-ort, 47, -wald, 130, 301; Schweighausen, 336; Schweinberg, 
-braten, -dorf, -furt, (113), 375; haus, 174; Schweinberg, 
bûhl, (41),- berg, -dorf, -haupten, 174 ; Schweiz, 181; Schwelm, 
100; Schwemsal, 243; Schweningen, 200; Schwende, Schwen- 
den, Schwendt,183; Schwinemûnde, 110,375; Schwitz; See,-au, 
-bach, -berg, (34), -burg (21, 218), -bruck, -dorf, -feld, (189), 
-haus -hausen, (236), -heim, -hof, -kirch, -land (77), 114, 115; 
Seifenberg, Seiferahu, Seifersbach, -dorf, -hau (183, 257), 
Seifertshausen, 257, Seigerwald, 130; Seligenstadt, 248; 
Sennwald, 130; Sevenwald, 130; Shetland, 77; Sichem, Sichen 
Sicke, Sickenberg, -heim, -hofen, Sickingen, 119, 200; Sieben- 
bûrgen, 218, 305; Siebengebirge, 38, -eichen, 147; Siechenhof, 
Siech, 119; Siepen, 118 ; Sieglar, 207; Sigmaringen, 281 ; Sil- 
berberg(34),-hausen,97,-thal,6l; Sillenbuch, 146 ; Simmenthal, 
63; Slat, 183; Smaland, 77 ; Smargendorf, 277; Snarrenberg, 34; 
Soden,96,105; Sohlen, -hoffen, 94, 119, Solingen, 94, 119, Solo- 
thurn (Soleure), 119* Soltau, -faolm, 94; Sommeresche,203, -feld, 
-hausen, 303, Sonde, 122; Sondhein, 142, Sonderhausen, 236; 



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Sonnenberg (34, 332), -burg (218); -feld, -hof, -kamp, -stein, 
-Wald, 275; Sontheim, 142; Soultzbach, -matfc, 94; Spangen- 
berg, 34; Sparenberg, 35, 179 ; Speer, 327; Speichenhoerner, 
309; Speicher, 254; Speiergau, 268; Speyer (Spire), 104; Spes 
sart,52,134; Spiegelberg, Spielberg, Spilberg,Spitzberg(47),35; 
Spohneck,49; Sponheim, 230; Springe, 10,7; Sprockhôwel, 49 ; 
$prudel, 108, 311 ; Stabhorst, 133; Stachelberg, 35; Stade 
Staden, 248 ; Stadtberg, gut, -hagen (140), -heide, -lohn, 70 ; 
-weil, 247 ; Stafhorst, 130; Stahleck, 49; -brunnen, 100. 109; 
Stahrenberg, 35; Stal, -berg, Stalecke, Stalhofen, 250; Stall 
Stalle, 154; Stambach, Stammheim (220), Sfcamsried. 149; 
Stapelberg, 36, -lage, 194; Staple, 273; Starenberg, Stargard, 
170; Starckenberg (35), -burg, 305, 219, - stadt, 305; Starn- 
berg, 26,35; Staubach, 99; Staubbrunnen, 109; Staufen, 20, 
3?7 ; -berg, 275; Steckhorn, 45; Stege, Stegen, Stegebach, 
Stegheim; Steig, Steighof,2i9; Stein, 54, 86; -am Anger, 214; 
-au, -ach (335), -bacb (86, 100. 202, 355), berg, -bild, 273; -bohl, 40, 
-burg;-brunn,86-,-dal, Steinel,40;Steinelnbogen, 41 ; Steinen, 
54 ; Steinfurt, 113; -hude, 239 ; Jcopf, 43; -lah, 194; -ley, 89 ; 
-selt, 87; -thaï, 14; -vvedel, 107; Stendal, 63 rf Sternberg, -eck, 
-feld (189), -fels, -hagen, -kopf, -schanze, -stein, 170 ; Sterzin- 
gen, 200; Stetten, 249 ; Steyer, Steyermarck, (Styrie), 170, 393 ; 
Stinzel,87; Stockach, -au, Stockenroth, -nom, 45; Stockhau- 
sen (236); -heim, Stockholm, 143, -dorf, Stocksberg, Stockrath 
(181), -see, -stadt, 143; Stoffel, 327; Stolzenfels, 56; Stop- 
pelberg, 36; Storchenau, 176; Storchwedel, 107, Storkau,976; 
Storm-King, 103 ; Stralsund, 122 ; Strassberg, 258 ; 258 ; Strass- 
bourf:, 3lï; S tra ahuris 258; Sïrassen^Straswaldeii, 358; Strau- 
bing» ï00; StraUBsbôrg, 36; Strii kenfeld, Slrickgnibeii, 4fl*ni, 
MtfStrâtttSfeUi -&tutl;l03; Strotn, -hzrg, S*T«.»insholm., 103; 
Sirumpfelliach, -bronn, 106 t StQbergTftfeeo, 2b3 ; Sfti bon, -berge? 
-hafren,-kfliimicr, 253 ; -eeifeu, 357 ;Stuh[wciti»enhiirg,9l0, 250; 
Sturrrifcl^ 303; Stultenhoten, -Sec, 173; Stuttgart, 17i t 221 ; 
Sfld^ubum-tïorf, SUderlaïul, 290 ; Sfidgau (88®), -Mnu-liaiiKen, 



— 431 - 

-holz, -kirchen, 29") ; Sttlbeck, -dorf, -feld, 261; Suhla, Subie, 
Suïhingen, 98; Sula, -au, -ingen (200,275), 261; Sulz, -a,-bach 
(102) -berg, -dorf, 94; -gries, Sulzerrain, 91; Sumplar, 207; le 
Sund, 122; Sunderhaucen, 142, 236; -land, 77; -mtthlen, M2; 
Sundgau> 194, 268; Sundheim, Suntheim, -hof, 142; 

Tafern, 225; Taninge, 200; Tann, -au, 124, 148; Tannen- 
bacb, 101, -berg, -burg, -hausen, 148 ; Taubenstein, 89; 
Taufkircben, 262; Taunus, 349; Tegethof, 272; Teich, 
Teichenau, Teichhùtte, 119, -stein, 810; Teisterbant, 186 ; 
Tenneplohe, 187; Teufelsbrùcke, 259, -graben, -grund (64), 
-hoerner (330), -kanzel, -kûche (308), -leiter, -loch, -mauer, 
-see, -stein, -thaï (14), -tisch, 279 ; ïhalbach, -brunn, -dorf, 
-gau, -hausen, -heim, -hofen, -itter, -kirehdorf, 61 ; Thamm, 
860; Thann,Thannenkirch, 148; Thannhausen, S&6 ;Thionvifle, 
224; Thoren, -burg, 241 * Thorn, 20, 59, 241; Thorne, 154; 
Thorsberg, 241 ; Thûringerwald, 131 ; Thûrli, 58 ; Thurbach, 
365; Thurckheim, 230; Thurgau, 194,268; Thuringe, 200; 
Thurm, Thurn, Thurnait, 241 ; Tiefenbach, 101, -brunn, 106, 
-grund, 60, 64, -$ee, 115, -thaï, 60; Tieffurt, 113; Tielenburg, 
Tilkenrode, 183 ; Tillemont, Tilliach, Tilly, 158; Thierache, 
162 ; Thierbach, -fyerg, -felden, -garten (221), -haupten (179), 
-ig, -ingen, Thiersheim, Thierstein, 162; Todtensee, 115; 
Trauenstein, 89 ; Treuenfels, 56 ; Trittenheim, 230 ; Trockene, 
Werra, 97 : Troppau, 295 ; Trûbenbach, 101 ; Trûbeswetter, 
306; Tùrckau, 282, -heim, 236; Tûrken feld, 282; Turnhout, 
132 ; Twente, 186 ; 

Uebersee, -wasaer, 298; Uechtland, 77 ; Ufenau, 124; Uhlen- 
berg, -broch, -busch, -mûhlen, 175; Ulbach, 101; Ulm, Ulm- 
bach, Ulmen, Ulmerfeld, 151, Unterberg, -burg, -kirchberg, 
-Mùnkheim, 293, -een, .294, -walden, 129, 293, -zell, 264; Up- 
penkamp, 151;Upland, 77; Urach, -bach, 163, -dorf, -Urfahr, 
Urholz, Uri, 163; Urnerboden, 65, -loch, 69, 163, 164; Uronia, 
163; Urspring (163), Urspringe, Urspringen, 107; 

Valkenburg» 175; Vaud, 129 ; Vespelaar, 207 ; Versmold, 92; 
Vestenbergsreuth, 225 ; Viehau, -berg, -burg, -hausen (236), 

VJ 



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-vveiu, iu» , viuiuiiu, <o, ioîj ; v lerwaïusiaiibersee, no, vier- 
waldstàtte, 129, -stattersee, 115; Vinckem, 157, Vireet, 169; 
Virnenburg, Virngrund, 303, Vôlkenmarkt, 273 ; Vogedink, 
197; Voglain, Vogelbach, -berg (330), -fang (175), -mùhte, 
-sang (308), 174 ; Vogelsberg (36), -dorf, -gebirge, Vogel- 
weide, 174 ; Voigtland, 78 ; Voigtsberg, -burg, -walde, 286 , 
Vogtland, Vogtsburg, -freihof, -hagen , Volkmarsen, 116; 
Voorburg, 294; Vorarlberg, 27 294, 175; Vorau, -bach, 
-brûck, -burg, Vorbach-zimmern, Vorneck, Vorort, 294; 
Vorderbrûhl, -hornbach,294 ; Vorder-Rhein,402; Vormbuscb, 
295; VormhoIz,132;Vossberge, 167; Vosselaer, 207; Vossem, 
167; -hausen, -heide, -pass, -winkel (80), 168, -zahl, 178; 

Waad, -land, Waadt, 129; Wachendorf, 266; Wadeck , 49; 
Wâdenswyl, 2i6; Walscli-Steinach , 282; Wagenfeld, 189; 
Wagersleben, 251; Wahlstadt, 248, 272; Waiblingen, ,200; 
Waidhof, 224; Waizendorf, -kirchen, -rode, 156; Waldau, 
183; -billig (72), -dûrn, 241; -eck (21, 49), Waldenbucb, 
146, -burg, -Waldengel, 81 ; Waldenfels, -hausen, 129; Wald- 
heim, -kirch (21), Waldshut, 129, 239; Waldstatt 249; Wal- 
enkamm, -stadt, 282; Walkemûhle, 256; Walkenried, 181; 
Wallau, -bach, -dorf, Wallenberg, -burg, -brùck, -dorf, 
-fels (282), -horst, -stein, 223; Wallersdorf, 282; -stein, 89; 
Wallgau, -rod, -schlot, 223; Wandkopf, 43; Wangen, 191; 
Wanneberg, 36; Wannengrat, 48; Wannerspitz, Wannihof, 
48; Warberg, -burg (209), -dick, Warendorf, -holz, 240; Warm- 
bad, 108, -bronn, -brunn, 106, 302;Warme Bode, Warma- 
dorf, -ried, 303; Warsee, Warsheim, 240; -stedt, -stein, 240; 
Warta, Wartau, -berg, -burg (219), Wartenberg, -burg, -fels, 
-hausen (236), 240; Wartstein, 56 ; Wasen, -bach, -berg, -burg, 
-eck, -haus, -mûhle, -statt, -stein, 160; -Weiler, 160; was- 
serbillig, 72, -burg, -fall (111), -leben, 99,-see, 116 ; Wasthau- 
sen, 205 ; -Wastine, Wastines, 204 ; Wasungen, 201 ; Waten- 
kotten, 239 i Waterdahl, 63; Wattines, «04; Wechtlar, 207; 
Wedehorn, 46; Wedel, -dorf, 107; Weg, Wegemûhlén, Wegeà- 
dorf, -stedt, -stein, 258; Wegfurt, -schaid, »38; Wehrdôrf, Weh- 



— 433 — 

rendorf, Wehrheim, -holz, Wehrsdorf, Wehrstedt, 240 -Wei- 
bertreue, 36; Weiblingen, 281 ; Weichselbaum, 145 ; Wei- 
chselmûnde, 110; Weidach, 355; Weidelbach, Weiden, -au, 
-bach, -berg, -hain, 152; Weiher, -bach, -busch (133), -hof, 
-hammer, 119; Weihersberg, 119; Weihingen, 200 ; Weil, 
-ach, -bach, -burg, -dorf, -heim, -munster, 246; Weiler, -bach, 
Weilers, -bach, -hof, -stadt, 246 ; Weimar, 161, 172; Weinberg 
<36), -brunn, -feld (189), -garten (221), -heim, -oerter, 161 ; Weins- 
berg (36), -burg (219), -steig, 161 ; Weissbach, Weissenbach, 
296, -berg (36), -born, -brunn, 106 ; -burg, 219, -fels, 56, -see, 
116, -stein, 24, 89; -thurm, 241 ; Weisser Main, 389; Weissholz, 
-kirchen, 262 ; -horn, 296 ; Weitenau, 299 ; Welschbillig, 72; Wel- 
schenbeek, 282 ; Welschneuenburg, 14 ; Wespen,-stein, Wespelar, 
178; Wereh,-au, Werchen, 156; Werckhausen, 255; Werd, -au, 
-eck, 240, Werden (20, 128), -berg, -fels, -stein, 128, 240 ; Werder, 
-land, 240, Werdershausen, 240 ; Werdohl, 138 ; Werel, 240 : Werl, 
Werle, 241; Wermeland (Warmie), 78; Wernigerode, 180; Wert- 
heim, 128-, Wesel, 168; Wesenufer, Weser, 289, 379; West-Ca- 
pelle, 263 ; Westende, Westendorf ,289 ; Westerburg, -dorf, -engel- 
<81), -flach (73), -go, 194; -hard, -haus, -heim, -holz, 132; -horn, 
-kotten, -loo, -marsch, -mtthleii, -wald, -zelle, 289 ; Westfalen, 
Westfold,Westphalie, 190, 2*9; Wesigau,268-, Westheim, -ho- 
fen, 288-, Westmtlnster, 289 ; Westrasie, 269 ; Wetterau, 124; 45; 
-horn. -loch, 69; Wetzlar, 207 ; Weyer, Weyersheim, 119 ; Wich- 
tendahl, 63; Widdergalm, 239; Wieblingen, 200; Wied (144), 
-au, -bach, Wieden, -brttck, -hausen, 152; -lah, 195; Wien, 105, 
356; Wiener-Neustadt, 248 ; Wierum, 161 ; Wisch, -au, Wische, 
Wischendorf.Wischhoven, 159; Wiesel,-stede,168;Wiesbachnorn t 
45, -baden, 109; Wieseacker, 196 ; Wiesen, -au, -bach, -bad, 
-berg, -burg, -bronn, -feld (169), -grund, -steig, -thaï, -thau, 
159; Wiesloch, 69; Wiflingshausen, 236-, Wihr, 119; Wildbach 
-bad (109), -eck, 163 ; Wildeloh, Wildenau, -fels (56), -hag, 
-hagen,-hain, -hof, holz, -horn (329),-reut, -roth, -spring, -thaï, 
-wart, 163 ; Wildeshausen, Wilde Wand, 163 ; Wildhaus, 236 ; 
Wildshausen,-hut, -stein, 163 ; Wilhelmshôhe, 24 ; Wilmendorf, 



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80; WinMset, 150} Winday, r<*<*, 304, -.hç^t, 1?3, -s$çjjfc,{i«; 
Winterbach, 303, -esche, 238, -fe}d, 189, -hâusea, 236, -scfceid, 
271 ; Winaenthal, 64 ; Wipperfurt,*l, 113$ Wiselstede, 2ty; Wis^o- 
d*ng<ïn,164; Wisloh, 135; Wismar, 172; Wissel, Wissçlsheijo» 
Wisselward, 168; Wissemburg, 219 ; Wisse-nbacht 101; Wîttau, 
^Vittenbeck, -berg (36^143),-burg, -dorf, -bagen, -heim, -4*or§V 
(143), -stein, rweiler, 296; Wibtersdorf, -heiin* 275; Wittgeqstejn,, 
89, 281, 299; Wittlage, 194; Wittlar, 207; Wittirçar, 17$; Witt- 
mold, 92; Wittmund, 143, 299; Wittstock, 143, 299, Woerden, 
Wœrdt, 240; Woerth, 127, 12$, 240, 241, -see, 241; Wolf, -ach, 
Wolfartsweiler, 168; Wolfeck, -egg, 168» Wolfeoborn, -bûttel 
(252), -hausen, -wejler, 168} Wolfferboro, -dingen, -ing, 168; 
Wolfereau, -dorf, -weiler, 168; Wolferode, Wolfleben, Wolf- 
ramhof; Wolfsanger, 192; Wolfsbach, ^arten, -hagea, -horn 
(46), -mttnster, -stein, 168, -thaï, 64; Wohlau, -dorf, Woblenrode, 
305; Wolkenberg, -burg, 36, 39, 220, -stein, 3Q, 89; Wonsiede], 
25Q; Worm, -bach, -felde, stett, 178; Worth, -hausen, 240; 
Wornshausen, 236; WOlfel, -bûtle, 168,Wttlfsoc(e, Wûlferscheide, 
168; Wttrden, 128; Wurtemberg, 36, 324; WOr^hing, 241; Wûrz- 
burg, 161, 220; Wulfsahl, 119} Wulstern, 46; Wundersee, 115 ; 
Wunsiedel, 250; Wuostinna, 201; Wurm, -berg, -see, 178; 
Wurmsheim, 178, Wurtb, 210; Wurtingen, 241; Wustefeld, 
189; Wyl t Wylen, 246. 

Zabern, 226; Zàhringen, 200; Zehn-Gerichten Bund, 268; 
Zeitlarn, 207; Zeits, 275; Zell, Zelle, Zellensee, -bad, -berg, 
-feld, 264; ZembttheJ, Zermatt, 159, 295; Ziegelau, 124; Zie- 
genberg, -feld, -nain (140), -heim, -hocken, -rQck (140); 174; 
Zinslânder, 78; Zobelberg. 36; Zofflngen, 200; Zollenreuthe, 
-spicker (254), 272, Zollfeld, -ing, 272; Zollikon, 201} Zotten- 
berg, 36; Zschirnstein, 308; Zumbach, -hof, -loch, -ried, -roda, 
-see, 295; Zunderkopf, 43; Zurheide, 295; Zurichhorn, 45, 
Zurlauben, -mahle, 295; Zwartesluis, 261} ZweibrOcken, 159; 
Zwickau, 124; Zwindrecht, 159; Zwingerberg, 37; Zwôlflhorn, 
332. 




- 435 — 

Afonfett flamands et hollandais. — Aafzeïle, 185; Àm§- 
têPdam, 260; Antwerpen (Anvers), 257; Artevel, 190; Axel, 
248; — Baerîe, 13T; Bellôghem, Bellem, 231 ) Berg-op-Zoonl, 
«&É; Bevêrlo, 70-, Ëies-Boach, 133; Bouchout, HO; Bousbêc- 
qtiè, 102; BoVekei'ke, 202; Bruges, 239; Brussel, Bruxelles, 
3*9; Buitensluis, 2*0; Byloke, *41; — Carriereke, 398; Cartl- 
pèA, Càmpine, IMj Cbmines, 287; Cortenaken, 398; — Den- 
dèrmonde, Deulômondë, lit; Dîepenveen, 120; Dickelvenné, 
ifcO; — Eckhôut, 132; Edkïoo, 134; Enghien, 2311; Enghusa, 
836; Engies, 197 \ Evôfghem, 231; — Fumes ou Veurne, 294"; 
Fleorland, 205; — • Giesehghien, 231; Gorredyk; 26; Gotthem, 
«St; Graavesahde, 90; Graven rfaage, s'Gravenhage, 13§ j 
Groenland, 298; Groenlo, 134; Grotèvëefi, 120; — Haag, 139; 
Haringe, 168; Harlebecke, Harlem, Harlirigen, 150; le Heldéfr, 
299 5 Hellegate, Helle-Straete, Helmont, Helvoet, 67; Her- 
laar, 150; s'Hertogehbosch, 13$; la Heule, 111; Hondschoôtj 
225; Hoogeveen, Hoogsfraten, 23; Hooy-aert, 185; Houôkë, 
«0; Houffalise, 56; Houthem, 132, 231; — Kempen, 191 ; Kes* 
sello, 134; Koom-aért, 185; — Laeken, 70; Laethem, Leâe* 
ghem, 231; Leerdam, 260; Lekem, 70; Leuze, 236; Lierhové, 
Lieroort206; Lihdelade, 150; LôwÔn (Louvain), 134; Lokeren, 
Locre, 241; — Maaslandsluis, 261; Moorkerke, 262 ; — Néer- 
lande, 77; Neerlanden, 293; Nevele, 137; Nieuwenhageii , 
-hofen, -kerk, 302,. 224,262; Nieuwersluis, 261 ; Ninove, 224; 
Nivelles, 137; Noordschote, 291; Nordlaeren, 207; — Oedin- 
gen, 231; Oostkerke, 262; Ostende, 86, 287; Osterzeele, 244; 
Oudecapelle, 263; Oudenaarde, -aerden, 302, 185; Oudenaken, 
398; Oudenburgh, 302; Oudewater, 99; — Roedyk, 260; Roér- 
monde (Ruremonde), 111; Rotterdam, 260; — Saardam, 260 j 
Steenbecque, 87, 102, -kerke (262), -voorde, -weg, -werck (56), 
S7).— Termonde, 111; Tessenderlo, 136; Thieldonk, Thielt, 
158, 183; Tongerloo, 70; Torhout, 132, 2*1 ; Tourmhout, Tour- 
nay, 241 ; Tronchienne, 231; Tvenne, 120; — Veendaal, -dam, 
husen, loo, 119, 70, 190; Voorhout, 139; — Warfhuysen, 
236; Watergands, 118; Waterloo, 99, 70, 134, -horst, 99; Wes+ 



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terloo, 134; Ypres, 293, 114; — Zande, Zandvoorde, 90; Zee- 
land, Zélande, 116, 78, 205; Zerkeghern, 231; Zutphen, 290} 
Zuyderzee, 116, 290-, Zwynaerde, 185. 

Nomi anglais. — Abingdon, Abton, 383 ; Al berna rle-Street t 
93; Anglesey, 124; Aldershot, 225; Angleterre (Angles), 78, 81; 
Appleby, -dore, -gart, -ton, 153; Arundel, 64; Audley, 195; — 
Berkley, 195; Berwick, 84,85; Bishopsgate, 67; Bishop's Stoke- 
143; Blackstone, 89; Brentfort, 131 ; Brentwood, 131; Bridge- 
town, Bridgewater,260; Broadlaw, 135; Bromley, Brompton, 195; 
Brownover, 112; Brownville, 246; Buffalo, 164; Buckingham, 
Buckland, 146; Burbach, Burford, 252; Burton, 211; — Cam- 
bridge, 260; Canongate, 67; Canterbury, 252; Chesterfield, 
189; Chesthurst, Chislehurst, 133; Churchill, .23; Cleveland, 
78; Coldstream, 103; Colebrookdale, 64; Copeland, 79; Crick- 
dale, 64; Cumberland, 51; — Dorset, 250; — Easloo, 133; 
Eaton, 380; Elmhurst, 133; — Farrel, 136; Farnham, Farring- 
don, 158; Far West, 289; Fairfield, 189; Folkingham, 146; 
. Foreland, 79; ForestHill, 23; Fowlness, 81; Foxhill, Foxley, 
168; — Guildhal, 242; Greenwich, 85, 298; — Iron Mountain, 
329; — Kent, 81; Kirkby, 252; — Harwich, 85; Hearn, 46; 
Highgate, 67; Highlauds, 79; Holy Head f 43; Hopefield, 189; 
Horsham, 171; Hunslow, 135 ; — Lewesham, 135; Lichfield, 
189; Lindisfarne, 149; Liverpool, 118; Loo, 136; Lowlands, 79; 
Lundy, 143; — Mainland, 296; Mansfield, 188, 189; Marlbo- 
rough, 93; Marshland, 79; Mary- le-bone, 396; Middlewicb, 
84; Mold, 92;— Nevill, 246; Newgate, 67; Newfoundland, 79; 
Norderney, 124; Nortwich, 84; Northumberland, 79 ; Nor- 
wich, 85; — Oakham, 147; Oakhley, 195; Orkneys, 124; Ox- 
ford, 169; — Portland, 79; — Ramsden, Ramsey, -gâte (67), 
Ramhead, 178; Ratcliff, 52; Stanley, 195; — Sacy Forest,134; 
Sandford,90; Sand-hoe;23; Sandhurst, 133 ; Sandwich, 83 f 85 ; 
Sandy-Hyll, 23; Sevenoke, 147; Shaft-hoe, 23; Sheffield, 189; 
Shootera Hill, 85; Smithfield, 189; Snowdon, 334; Snow Hill, 
23; Sommerset, 250; Springfield, 189; Spring-Hill, 23; Stan- 
iiope, 41 ; Stock ton, -wood, 143; Stonehaven, 56, 89; Stone- 



— 437 — 

-henge. 89, Stonyhurst, 56, 133; le Strand, 91; Sunderland, 
1*8; Swansea, 178; - Tinwald Mount,267; Todburn, -fleld, 
Toddington, Totness, t68; - Wakefield, 189; Waltbam, 131; 
Warwick, 85; Westmoreland, 79; Wicklo*. 85; Winchelsea, 80; 
Windsor, *7; Winslow, 135-,Whitby, 252; White Cross Swang, 
193- Whitehall,2*2; Whitehern, i6; Whitham, 1*3: Whitsand, 
90, Woodhayne, 140 ; Woodstock, 131, 1*3; Woolwich, 85; - 

Yellowstone, 89. 

Dénomination, .eandln.™». - Aaland, 125; Aalborg, 
220; Aarhuus, Aggerhuus, 287; Alfheim, 230; Asgard 221; 
Austurweg,116,Axelhuus,237: -Barhôft, 210; B.œrnborg, 
220; Biorna,125, Bottnie, 65: Brahelund, -stadt, 39; - Carls- 
hamn, 120; Cattegat, 258; Christiansand, 90; -lund. 1*3 ; Chris- 
tiansô,125: Cimbrischhamn, 120; Dofrefl.eld, 189, 190; Dofre^ 
fiell, 57;Drottningholm,127; - Eistarsalt. 116; Elsinore, 91 
_ Faroer, 125 ; Fiellgaard, 221; Fladstrand, 112; Flattholm 
127; Folk-vangar,192; Frederikshald, 53; - Gladsheim, 230 
God'heim, 229; Goetheborg, Gothaborg, 220 ; - Halland, 76 
Helgolând, Heligoland, Hallaglun, Helluland, 76 ; Hais, 58 
Helsing-borg, 91, -fors, 111 ; Holstein, 88; Hvaloe, 125; - 
Kahlebve, 253; Karlsô, 125; Kattegatt, 167, Kjôbenhavn, 120, 
973, Kirkeboe, 452; Kirkegaardœ, 125; Koebing, Koep.ng, 
«73; Kongshavnsfield, 190; Kopersberg, 97; Kyrialabotn, 65 ; 

— Lindesnfts, 81 ; Lund, Lunden, 1*3 ; - Maasœ, 125 ; Mahl- 
strôm, 256; Malmô, 93; Mikligardr, 221 ; Monckholm, 28* 

— Nalsoe, 125 ; Niflheim, 231 ; Norge, Norrige, Norrike, 291 
Norrkiping, 273; Norweh, 116; Noteburg, 218 ; Nyested, 302 
Nykôping, 273; Nyland, 302; — Odensee, Odinsey, 115 ; Oe- 
land, 125; Oersesund, 122; Ostarsalt, 76;- Rennoe, 125; 
Biukan-Fossen, 111; Rohighed, 157; — Sanda, Sandô. 125; 
SOheeren, *5, 58; Scagen, Sckagerrack, 167 ; Sleswick, 8*; 
Snjoland, 77; Snôhïtten, 33*, 239; Sôderhamn, 120; Soderkô- 
ping, 273 ; Stockholm, 127 ; Stor, Stora, 393 ; Stora-oester- 
swartoe, 125; Storhammer, 393 ; Storô, 125; Sunderborg, 220 -, 
Suderoe, Stromsa, 125; Sweaborg, 220 ; — Thorseng, 197 ; 



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.— 438 — 

Thorshavn, ISO; Tings Hogen, Tingvellir, 267; Trondhjem, 
228; — Upland, Upsal, 243 ; Utô t 125 ; — Viborg, 85 ; — Wal- 
halla, 842; Wardbuus, 237; Westra, 1*5; Zeeland (Sjcel- 
land), 78. 

Nom» celtique* i Aa, 378 j Aachen, 397; Aar/ 398 
Abalon, 152; Abens, 390 ; Aberdeen, -dour, -fraw , 385 
Ablis, 382 i Abnoba, 390; Aff, 386, Affolterewangen, 181 
Agamore, 354 ; Agen, 348 ; Agger, 398 ; Agona, 149 ; Aicn- 
lingen, 198, Aincourt, 388; Alaffa, Alapa, 386; Alba, Albiga 
(Albi), Albion, Albium, Albula, 337, 388; Alcmona, Alc- 
mana, 389; Alpea, 335; Altgebirg, 37-, Alsace ^EJsass), 465 
Altitona, 278; Altkfinig, 286; Altorf, 266; AmMève, 381 
Ahne, Anbach, Anisia, 388; Antvverpen, 258 ; Apennins,. 344 
Apfeltrang, 153; Appenfeld, -rode, 189; Aschjff, AsehafFen- 
burg, 11, 213, 386; Asciburgium, 11, 147, 213; Aquisgranum, 
274, 397; Arabo, Arrabo (Raab), Arabona, 382,399; Arar, 398; 
Ardennes, 148, 343, 359; Argen, 379, Argentoratum, 313; 
Argonne, 343; Armoriqne, 114, 269; Artenay, 148; Arve, Ar- 
veyron, 399; Atrebate, Atrecht, 323, 378; Auge/l26; Augus- 
toritum, 182, Aure, 384; Avalanche, 335;- Avenheim, 228; 
Aviones, 380 ; Avon, 38T ; Avranches, Avre, Avfleme&nil, 384, 
385; Axholm; Axminster, -mouth, 400; — Bacbarach, 397; 
Balme (Baume), 347; Balmern, 46; Balstal. 225; Bannberg, 
266; Bahr, Bar, 376; Barmouth, 385; Bavacum, 3H: Benr, 
Behre, 376 ; Beilstein, 73 ; Beinstein, 54 ; Bere, Berre, 376 ; Ber- 
gusium, 238; Berlin, 210, 318; Bernang, 192; Bernberg, 37; 
Berne, 313-315; Bernegg, 49; Bernici, Bern -Stable, 314; 
Bernsteirç, 39; Beuern, Beuren, 219; Biel, 211; Bielefeld, 187; 
Bielstein, 41 ; Bienne, 73, 211 ; Bille, Billwârder, Bilstein, 73; 
Bingen. 197; Bodamicus, Bodensee, 66 : Bonde, 397 ; Bonn, 
396; Bonnes, 397; Bononia, 395; Booth, 251; Borbetomagus, 
274; Bot. Botmel, 252 ; Boulogne, 395; Bourbon, Bourboult, 
274, 387; Brand, 308; Bregenz, 253; Ereisach, 99; Brenken, 
42; Brenner, 339; Briva, 260; Brink, 42; Bri-xia, 210; Bru- 
ges, BrQggelfeld, Bruguiere, 259, 158; Buccinobantes, 186; 
Bund, 396; BUren, 210; — Cadomum (Caen) , 167, 228; 
Calmunt. 31; Camboritum , 182; Cameracum, 394, Gam- 



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— 439 — 

podioum, 1W; Canigou*, 57; Cantium, 81; Cànnstadt, Can- 
Steàn, 54; Carentan, Carniole, 171; Cévennes, 229; Chailly 
<<36t), Challao, Chamont, Chaulhac, Chatilieu, Chaumont, 31; 
Chaux, (La)chaud, 361; Chelles-, Ghoiseuil, Choisy, Choux, 
âti; Goesfeld, 188; Cœsia, 361; Combe, 347; Gorbie, 83; Cor- 
nabii, 46; Corneille, 337; Cornouailles, 46; Coucy, CoUëts, 361; 
Gottingen» 198; Crannoge, 36, 125; Crefeld, 188; Creigiau, 334; 
Cumberland,178; — Dachstein, 54; Dalkeit, Dalziel, 64; Dana- 
pris, Danaster, 393; Danube, 390; Daubensee, 300; Derwent, 
369; Detmold, 267; Deurle.lli; Devonshire, 200; Diilingen, 
19ft;Divona,387; Doernberg, 28 1 Dofrefield, 189; Dôl (Mont), 
Doie, Dôle, 346, 347; Don, 393, 394; Dorchester, 369; Dordo- 
gne, 370; Dordrecht, 322, 323, 369; Dornbirn, 153; Dover 
(Douvres), 371; Dubis, 200; Dublin, 149; Dunhill, 24; Dur- 
bach, 101,370; Durlach, 117; Durnomagus, 27; Dwina, 394; 
— Eberach f 165; Eberding. 202; Eboracum , Eburacum , 
.165, 383; Eburodunum, 165; Ehle, 406; Ehnheim, 230; Eïder, 
1*67; Eichel, 398; Eichelstein, Eigelstein, 55; Eisach, Eise- 
nach. 40'); Elchingen, 166; EIne, Elnone, 82;Elster, 393; 
Emme, Ems, 384; Engadin, Ehn, Ens, Enz, 388; Erft, 386; 
Erfurt, 113; Esbach, Esse, Essen , -bach , -berg (28); 
Eschach, 255; Evian, 381; Evreux, 384; Exeter, Exmouth, 
400; Eylau, 406; — Fraw, 373, Fearnoge, 126; Feldberg, 
211, Finlande, 74; — Gabreta, 361 ; Gault, Gauts, 129; Gardo, 
Garenne, 240; Genabum, Geneffe, Genève, 377, 382, 383; Gesoria- 
cum, 394 ; Glandeloh, Glandève, 381 ; Glenmore,349 ; Gose, 373 ; 
Graioceli, 23; Greenoge, 126; Griniacum, 358; Guéméné, 57; — 
Hainaut, 193 ; Hall, Halle, 95 ; Hartennes, 148; (Le) Havre, 385 ; 
■iLé) Harz, 359 ; Hayne, 193; Heidelberg, 31 ; Helvetia (Helvetii, 
Helvii, 339), 157; Hercynienne, 360; Hôchde, 169; Houlgate, 
67 ; Humber, 385 ; Hundhoven, 171 ; Huningue, 199 ; Hunsruck, 
340;— Icauna. Iéna, 388; 111, Ille, Ilach, 405, 406; Ilva 
(Elbe), 339; Indre, 371; Inès, 388; Inn, 387; Interlaken, 294; 
Inveraven, Invemess, 385 ; Irlande, 77, 78; Isar, Isara, 400; 
Isarnodurum, 96; Ischl, Ise, Iser, 4*0; Issenheim, 400; Ister, 
392 ; Ivarus, 382 ; — Jaufen, -burg, -thaï, 94 ; Jaun, Jhna, 388; 
Joigny, 389 ; Joinville,388 ; Jpgne, 389 ; Jonen, Jonschweil, 388 ; 

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— 440 — 

Jougne, 389; Joux, 57; Juval, Juvavum, Jvaro, 94; — Kârn- 
ten (Carinthie), 271 ; Krachenhorn, Krauchthal, 332 ; Kiel, 
Kildare, Killinure, 81 ; Kochersberg, 32; — La h n, 372; La i- 
bach, 397, 404,; Lauchen, 372; Lave. 334; Lech, Lech, Legie, 
Lègre, 372; Leinfeld, 188; Leitha, 373; Leber 401; Lens t 82; 
Leuch (Loiche), 136; Liepvre, Liffey, 404; Liger, 372; Lim- 
burg, 104, 149; Lindau, 149; Lion (golfe du>, 167; Lippe, 
404-, Liuganga, 377; Liverpool, 118; Loue, Louge, 37S; 
Louvre, 385; Lugdunum, 136; Luxembourg, 216; Lys, 372; 
— Main, 388; Mallobodium, 267 ; Man, 380; Manchester, 
229; Mandubii, 200; Marchangy, 353; Marciana, 361 ; Ma- 
rengo, Martigny, 352 ; Meinau, 123; Meinaw, 124; Mône, 
389; Mœnus, 388; Moguntiacum (Mayence), 274; Molshèim, 
229 i Mon-Aw, Mon-Fynydd, 380; Moordrecht, 322; Mor- 
bihan, 11 i; Morgen, Morgarten, 332; Morvan, Mdrven, 
345; Moyne,' 389; — Nantua, Nanteuil, 347; Nantwich, 84; 
Nar, 376; Neisse, 374; Nehrung, 121; Nemetaoum, Nemetes, 
361; Neste, 374; Neydeck, 48; Noricum, 290; — Obernai, 
230; Obius, 389; Ochiltre, 23; Ochsenkopf, 169; Oelbach, 102, 
-berg, 38,218; Oen, Œnipons, 387, 259; Oglio, 324 ; Ogui, 
Ognies, Oignies, 389; Oinville, 388; Oise, 400; Olena, 82; 
Olpe, Olympe, 337 ; Orb, Orbe, 399; Orcades, 124, Orge, 379; 
Orke, 379; Orkneys, 125; Ortler, 340; Osborn, 400; Otodur, 
353; Ouche, 399; Ource, Ourcq, 379; Ouse, 599; Oxford, 400; 
Oye, 126 ; — Paar, 376; Pader, 40, 377, 304 ; Paisley, 195 ; Pari- 
siaci,356; Parkmore, 141 ; Patavia (Passau), 123; Pentref, 
265; Pic, 327; Phœnix Park, 141; Plâs Gwyn, 225 ; Pougues, 
Pouhon, 107; Pruth, 373; Puy (Le), 327; Pyrénées, 339; — 
Quiévy, 348; — Ranelagh, 321; Ratisbona, 396; Renaix, 
237 -, Reutlingen, 202 ; Rhenus (Rhin), 402 ; Rhôngebirge, 38, 
341; Rose (Mont), 331; — Salerne, 46; Samarobriva, 260 ; 
Saucona, 399; Savara, 375; Save, 374; Schaffhausen, 11, 236, 
386; Schutter, 376; Schweinfurt, 375; Scarborough, 18; 
Segobriga,.218 ; Segus (Sieg), 404; Severa (Sèvre), 375 ; Sintle- 
saw, 124-, Skerry, 58;Skye, 144; Sleswig,85; Sneitbach, 376; 
Soest, 375; Soleure, 5, 345; Spa, 107 ; Sprée, 404 ; Stenay, 148 ; 



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— 444 — 

Steyer Styrie), 170, 393-, Strasbourg, 312; Stratford, Strathavon, 
314 -, Streu, 393 -, Sura, Suss, 375 ; — Tanais, 393 -, Tanneck, 355 ; 
Taunus, 342; Teutobochus, 40; Teutoburg, 219;Thur, 370; 
Tolosa,238, 346, 348; Toul, 348; Torhout, 132 ; Tramore, 324; 
Trêves, 267 ; Troningi, 200 ; Tubantes, 186, 200 ; Tubingen, 200 ; 
Tulendorf,120; Tulingi, 198, 352; Tulle, 348; Turnhout, 132; 
Ubii, 390; Ulbach, loi ; Ulfa, 387 ; Ulpe, 337 ; Untrut, Unstrut, 
381 ; Usedom, 237 ; Utrecht, 322-324; Uxellodunum, 23 ; Uztrecht, 
324; — Vangiona, 191 ; Var, 376 ; Varennes, 240 ; (Hohe-) Venu» 
342; Verona,38V; Verodunum (Verdun), 324-325 ; Weser, 379; 
Vindobona, 396; Visurgis, 379; — (la) Weiss, 400 ; Werra, Wer- 
tacb, 376; Westphalie, 190; Wickham, 85; Wien, 105, 396; 
Winterthur, 5, 345; Wurtemberg, 324-, Wûrzburg, 220; — 
Zeyer, 375 ; Zurich, 345; — Yverdun, 165 ; — La Légende d'Isis 
chez les Celtes, 400. 

Noms do quelques localités françaises. — Anvaing, 
233; Ardennes, 148, 343, 359; Ardon, 185, Aumale, 93; Aus- 
trasie, 269 ; — Bar-le-Duc, -sur Aube, 209, 210 ; le Bec. 102 ; 
Le Bequet, 102; Bergueneuse, 236; Berlinhgen, 232; Berns 
(Baurains), 315; Beuzek, 152 ; Borderie, 196 ; Bou, 82; Bourg, 
Bourges, 213; Boissieu, Boissières, Boissy, Bossieres, 152, 
La Bretèche, la Bretèque, 242; le Bric, 329; (Pont-de-J Brique, 
260; Buisscheure 254; Bussières, Buxeuil, 152; Carquebu, 
268; Chamouny 332; Chartreuse (Chartusia), 236; Clar- 
becq, 102 ; Comminges, 237 ; Créquy, 153 ;— Dalhain, 233; Barné- 
tal, 61 ; Dieppe, Dieppedale, 60; Domnon, 233; Dugny, 267; 
Dunkerque, 262; — Ecuires, Ecuiry, Ecury, 254; Encausse t 
Encrouzil, Enroux, Envieu, 232; Etouvy, Etuf, Etuffaut, 
253; — Falaise, 56; Favard, 185; — Gastine, Gàtinais, 205; 
— Graisivaudan, 130; Grignan, 232; Grinez, 81 ;— Hagen, le» 
Hagnes, 139; Ham, 140, 228; Han, 232; Haulbec, 102; la 
Hogue, la Hoguette, 23 ; la Houille, 66 ; Honneur, 73 ; Houle- 
bec, 66 ; Houlgate, 67 ; le Hour, le Hourdel, 222 ; Houtaing r 
233 ; Huis Perrot, 235 ; — Kerkebu, 263 ; — Lalaing, 51 ; le Lart, 
Leers, Lières, Lierettes, 206, Limebœuf, Lindebeuf, 150; — Mar- 
lière, 93; Marlieux, Marloz, 238; Marly, 93; Marnoz, 238; 



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Masinghen, 832 ; Meulant, 92 ; — Neustrie, 268 -, — Oucbe, 
202 ; Oxelaere, 207 ; — Pouguea, 107 ; — Querqueville, 263 ; 
Rosières, 154; Ruischeure, 254; Ryssel, 128; — SpJcker,2*4; 
Steenwoorde, 114; — Tiffauge, 60 , Trèches, Triche, 204; — 
Valois, Vaubourg, Vaudru, 130 ; Vauhallan, 79 ; — Wast, 204, 
Wateland, 205; Watteringes, 118; Wattignies, 204; Wissan, 
90. 

lltonas provenant des laagaes latlae et wwmmmm. -—• 
Appenzell, 189; Aubigny, 353; Aurillac, 356 ; -*- Caires, 326; 
Cambray, 375; Champagne, 191; Coblenz, 258; Gëln (Cologne), 
319;— Disentis, 264; — Etape» Etaples, 273; — Flavigny, 
353; FracmOnt, 329; FQesen, 59; — Gaillac, 356; Glaris, 278; 

— Jouy, 356; — Kappel, 263; Kassel, 254; — Kemnade, 
Kemnat, 256; Kinzing, 199;— Lorch, 154; — Montserrat, 
328;— Nidrosia, 228; — Pauliac, 24*; Pied-de-Port, 328; 

— Quayrats, 326; — Sévigné, 353; Sierra Nevada, 328; 
Staple, 873; — Rebrechien, 397 ; Rigi, 278 ; — Tabernœ, 225; 
— Ultrajectum, 322; — Vaduz, 130; villa, viller, 245. 

Nom* dérivé» do «lave. — Bautzen (Budyscbyn), 252; 
Belgrade, 219; Berlin, 316; Bjela Zemja, 7; Bjelogorod, 219, 
221; Biesenthal, Bicsow, Bieskau, 15 ï; Bilowes, Bilowes, 41; 
Bismarck, 155; Brannibor, Brennibor, 7, 18 i; Breslau, 282; 
(Bôhmisch) Brod, 283; Brody, 172; Bulow, 41; Bunzlau, 282; 

— Chejnnitz, 57 ; Coin, Culm, 126 ; — Damm, Dauben, 
Daubitz, 312; Dobrodeyn, 306-, — Glatz, 142; Glogau, 123; 
Goertz, Goerlitz, 221 ; Gora, 26, 222; Goritz; Grfttz, 72; Gratz, 
221 ; — - Hradisch, 221; — Kamen, Kamin, 50; Ker-Konosky- 
Hory, 47; Kôln, 319; Konow, 172; Kralowe Hradetsch, 286; 

__Kumlosen, 70; Kustrin, 155; — Lepzig.85; Liessen, 297 ; Lobeck, 
Lubeck, 48, 282; Lugsee, 13« ;| Lusace, 70, 136-, Lûlzen' 
Ldtzow, 297; — Novogored, 221; — Oreschek, 218; — Pesth, 
256; Pilnitz, Polnitz, 307; Poméranie, 114; Pozdupimi (Pots- 
dam), 312; — Rdgen, 275; — "Sedlitz, 250; Seddin, Settin. 
Sidow, 157; Stargard, 213, 221; Stettin,157, 249; Stolni -Bîe- 
logorod, 219; Suchow, Suckau, 97, 98; Sviaty Nos, 7; — 



— 443 — 

Tepel, Teplitz, Tôplitz, HO9 Troj>pau, 295; — Ukermark, 
Ukersee, Ukraine, 271, 316; Usedom, 237; — Werch -see, {34; 
Windischgràtz, 72, 283 ; — Zittau, 275 ; Zuchow, W. 

Hoagrie : Erdélyordszag, 219; Petervârad, 240, Temesvar, 
209. 

Inde : Doab, 382; Gange, 377 5 Ghats ou Ghauts, 67; Indus, 
371 ; Kichengunga, Nilgunge, 377; Padda, 377 ; punch, Punjah, 
988; Ramghaut, 67; Sindus, 371. 

Noms défigurée étjrmologiei» fantaisistes 1 Voyez 
pp. 3-14 et 219-322. 



TABLE DES MATIÈRES 

DU SECOND VOLUME 



PnÉFACE : De la prétendue ignorance des Français en ce qui 
touche la géographie 1; — difficulté d'apprendre les noms 
géographiques ; v j ; — nécessité d'apprendre ces noms ; — vj -, 
l'analyse étymologique des noms de la géographie est utile à 
l'étude de la géographie et à l'étude des langues, ix; — beaucoup 
de noms géographiques sont souvent cités dans les journaux, 
dans la conversation, dans les livres de voyage, xj ; — l'ana- 
lyse des noms de lieux utile pour la philologie, pour la géo- 
graphie et pour l'histoire, xuj ; — difficulté de l'analyse 
étymologique des noms de lieux, xv ; — nos étymologies ne 
sont pas des étymologies arbitraires et fantaisistes, xvj ; — 
plan du livre, ordre méthodique et alphabétique, xvnj. 

DEUXIÈME PARTIE. 

EXPLICATION DES NOMS GÉOGRAPHIQUES. 

Introduction : § I. Coup d'œil sur l'onomatologie topogra*- 



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— 444 — 

phique des contrées de l'Europe centrale envahies par les 
Allemands, 1 ; — changements bizarres de quelques noms de 
la toponomastique allemande, 3; — changements de noms 
devenus insignifiants en noms significatifs, 4; — utilité d'un 
contrôle de l'histoire, 12; — nécessité de connaître quelle a 
été la langue de ceux qui ont imposé les noms de lieux, 12 ; — 
en peut regarder comme certain que, dans les pays tûdes- 
quisés, les noms qui ne sont ni latins ni allemands ni slaves, sont 
celtiques r 13 ; — noms celtiques romanisés, 13; — noms cel- 
tiques tudesquisés, 13 — § II. Classification des noms de lieux 
d'après la signification des éléments qui composent ces noms 
15 : classification des noms géographiques d'après la signi- 
fication de leurs éléments caractéristiques (Grundwôrter) et 
d'après quelques Bestimmungswôrter, 17. — §111. Règles re- 
latives à la composition des noms de lieux en allemand, 18 ; 
noms composés de deux radicaux, 28 ; — noms composés de 
trois termes. 

Chapitre premier. — Article I«. Noms dus aux accidents 
topographiques de la nature, 22; art. I« 22; — § I. Noms de 
lieux provenant de mots qui désignent l'élévation, les saillies 
terrestres, 22 ; hauteurs, montagnes, collines 23-42 ; cimes, 
sommets, 42, 43; corne, 43-46; pointe, coin, 47-49; crête, dos, 
49, 50; montée raide, 50; terrain en pente, 50, 51 ; rocher es- 
carpé, 51 ; montagne boisée , 52 ; pente rapide, déclivité de 
montagne, 53, 54 ; montagne rocheuse, rocher, 54-57 ; 
écueils, brisants , 58, passages, défilés de montagnes, 
58, 59. — § II. Noms tirés de la situation dans un bas- 
fond : profondeur, vallées, 60-64 ; terrain bas, enfoncement, 
64-66; creux, bas, 66-68; ouverture, cavité, 68-79. — § III. 
Noms tirés de mots qui désignent la terre comme surface, 
plane, ou qui indiquent la situation d'un lieu dans une plaine 
— § IV. Noms relatifs à d'autres accidents du sol : angle, 
-coin, courbure. 

Article IL Noms topographiques empruntés à la consti- 
tution géologique, aux propriétés minéralogiques du sol. 
<pierre, 86-90; sable, 90-91; terre grasse, argile, marne, 91-93; 



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— 445 — 

chaux, 93 ; sel, 93-96, métaux 96-97 ; sécheresse, humidité, 
97-98 ; fertilité, 98. 

Chapitre II. Dénominations locales fournies par les noms 
des eaux; cours d'eaux, 99-105; sources, 105-108; eaux ther- 
males, 108-110; embouchures des rivières, 110-111; chutes 
d'eau 111; rivage, 112; gués, 112-114; grands amas d'eaux : 
mers, lacs, 114-116; marécages, 116-120; ports et golfes, 120- - 
121; canaux et fossés, 121-122; détroits, 122; îles, 122-128. 

Chapitre III. Noms tirés de la flore ou du règne végétal; 
noms ayant trait aux conditions et à la culture du sol, 128 ; 
forêts et arbres, 128-144 ; noms qui indiquent des essences 
d'arbfes propres à certaines localités, 144-156; plantes, 156; 
fleurs et fruits, 161. 

Chapitre IV. Noms de lieux formés de noms de bêtes, 162 : 
animaux sauvages, 163-169; animaux domestiques, 169; noms 
d'oiseaux, 174; lieupc de chasse, 176; poissons, reptiles, etc., 
177. 

Chapitre V. Noms empruntés à des motifs géographiques 
qui sont le fait du travail de l'homme, 179. 

Article I er . Défrichements, etc., 179-204; défaut de culture, 
204-207. 

Article II. Noms de lieux formés de mots qui offrent l'idée 
d'entourer, d'enclore, de fortifier, et qui désignent des lieux 
de refuge, des enclos, des retranchements; noms dérivés de 
racines qui signifient « couvrir, cacher, » et qui indiquent des 
endroits couverts où l'on peut se cacher, se mettre à l'abri, 
être en sûreté; — des lieux où l'on réside, 208; — noms qui 
offrent les idées d'enclore et de bastionner, 208-226 ; noms qui 
se rattachent à l'idée de couvrir, 226-247 ; — termes qui ex- 
priment le fait de résider dans une localité, d'y stationner, 
de s'y établir, 247. 

Article III. Noms empruntés aux constructions agricoles 
et industrielles, page 254; noms dus à des bâtiments relatifs 
aux exploitations rurales, 254 ; à des établissements industriels, 
254-256; voies de communication, 258-260; digues, 260; habi- 



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l'homme, 261. 

Article IV. Localités qui doivent leur*nom à des édifices 
ecclésiastiques (églises, monastères), 261-264. 

Chapitre VI. Noms qui indiquent une agglomération 
d'hommes ou qui ont trait à des rapports politiques, 265-2*0; 
aux limites, 270; aux franchises, aux impôts, 270; à la 
guerre, 272; noms dus au commerce, 273. 

Chapitre VII. Noms empruntés à l'onomastique religieuse, 
274 — Article l e «\ mythologie, 274 ; — Art. II, noms qui 
rappellent Dieu et les saints, 275-278; — la eroix, le ciel, 
278 ; — le diable, 279. 

Chapitre VIII. Noms dus à l'onomastique personnelle et 
ethnique, 279-283. 

Chapitre IX. Noms qui mentionnent des titres ou des di- 
gnités religieuses et politiques, 284-287. 

Chapitre X. Coup d'oeil sur quelques épilhèles qui servent 
d'élément déterminant dans quelques noms de lieux, 287 ; 
orientation, 287-292; situation élevée ou basse, 292; antérieure 
ou postérieure, 293; au milieu, 294; en face, 294; éloignée, 
voisine, 294 ; prépositions diverses 295 ; idées de grandeur ou 
de petitesse, 296 ; longueur, largeur, étroitesse, 297 ; couleurs, 
298-301; nouveaux et vieux, 301-303; froid, chaud, 303; la 
beauté, la fertilité, 304; adjectifs divers, 305; agréments et 
désagréments, 305; noms de nombres, 305; sentiments éprouvés, 
305; noms transportés par les émigrants, 306. 

Appendices. — App. A. Promenade dans la Suisse saxonne 
307 ; — App. B. Le nom de Habsbourg, 311; — App. C. Le nom 
de Potsdam, 312; — App. D. Le nom de Strasbourg, 312; — 

— App. E. Les noms de Berne (p. 313) et de Berlin, 315-317; 

— App. F. Changements de noms amenés par l'inintelligence 
des noms originaux ; étymologies fantaisistes, 319 ;— App. G. 
Les suffixes trecht, drecht, tricht, 322 ; — App. I. Le nom de 
Wurtemberg, 324; — App. K. Coup d'œil sur la nomencla- 
ture orographique, 325 ; — App. L. Etymologies celtiques 



— 447 - 

des noms des principales montagnes de l'Europe centrale, 
335 ; — App. M. Thor, Thur et le celtique dur, dor, 344 ; — 
App. N. Le mot Jutland, 346; — App. O. Noms des vallées 
celtiques, 346; — App. P. Note sur ing, 349-, — App. R. Le 
suffixe ac, 353 ; — App. S. Forêts celtiques, 359 ; — App. T. 
Hydrographie de l'Allemagne et des pays celtiques, 361. 



CORRECTIONS ET RECTIFICATIONS (4) 

Pag. xj, ligne 40, -ruhe; p. 48, 1. 7, Vin- ; p. 86, 1. 23, Berg- 
kirchen; p. 34, 1. 9, Schallhorn ; 1. 84, schon ; p. 63, 1. 48, 
AnhVhe, Anholt; p. 64, 1. 4 3, deeken, 1. 85, beagan;\>. 64, 
I. 22, Dolomieu; p. 65,1. 4 5, du Neckar; p. 79, 1. 8, New-; 
p. 400, l 40, Ahadorf; p. 430, I. 27, Ostwald ; p. 440, 1. 40, 
Chaucer; p, 4 52, 1. 4 9, Wieden-; p. 4 68, 1. 9,Wolfen-; p. 474, 
1. 4, Kuh-;p. 473, 1. 4, Stuttgart; p. 478, 1. 7, Imbs-; p. 482, 
1. 42, Rumbeck; p. 4 88, 1. 6, Halzfeld; p. 24 4,1. 22, est pour; 
p. 247, 1. 43, Pfahl; p. 248, 1. 4, Rotten- -, p. 248, 1. 42, 
Scblettstadt-, p. 264, 1. 4 2, Sulau , p. 273,1. 5,-schlag ;-p. 277; 
1. 30, s©; p. 334, 1. 7, Limmat; p. 364, 1. 26, Spire ; p. 379, 
L 42, -fhlSS; p. 382, 1, 22, Ivarus ; p. 394,1. 8, aha ; p. 398, 

1. 6, le. 



(1) En corrigeant les épreuves des dernières feuilles de ce 
livre, j'ai eu l'occasion de voir un exemplaire de la nouvelle 
et dernière édition du Dictionnaire de Ritter (Leipzig, 1883). 
Dans cet exemplaire, récemment acquis par la Bibliothèque 
nationale, j'ai constaté que le renseignement erroné auquel 
j'ai fait allusion (p. v) a été supprimé par M. Lagai, le nou- 
vel éditeur. 



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