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Full text of "Notes de lexicographie berbère"

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HARVARD UNIVERSITY 




LIBRARY 

OF THE 

PEABODY MUSEUM 




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NOTES 



DE 



LEXICOGMPHIE BERBEKE. 



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PARIS. 

ERNEST LEROUX, ^DITEUR, 

MBIUIRE DE LA SOGIETE ASIATIQUE, 
DE L'ECOLE DBS LANGUES OBIENTALES VtVANTES, ETC. 

RUE BONAPARTE, N° 28. 






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NOTES 

DE 

LEXICOGRAPHIE BERRERE, 

PAR 

M. RENti BASSET. 



EXTRAIT DU JOURNAL ASIATIQUE. 



PARIS. 

IMPRIMERIE IUTIONALE. 

M DCCC LXXXV. 




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JOURNAL ASIATIQUE. 

AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

J ■ " | i ■ , i ■ ' ■ III M-i-Ll. 

NOTES 

DE 

LEXICOGRAPHIE BERBERE, 

PAR 

M. Rene BASSET. 



AVANT-PROPOS. 

Des quatre vocabulaires que je publie aujourd'hui, les 
trois derniers (Djerbah, Ghat et Kel-Oui) ont ete recueillis 
par moi pendant un voyage fait en Tunisie et a Tripoli au 
commencerqLent de 1882. Aussit6t apres mon retour a Alger, 
je repartis pour rouestdeTAIgerie etle Maroc, et a Tlemcen 
j'eus T occasion de me faire dieter un court lexique rifain , 
par un des nombreux Marocains du Rif qui emigrent chaque 
annee dans la province d'Oran. 

On comprendra facilement , etant donn6 le court espace 
de temps dont pouvaient disposer mes interlocuteurs , joint a 
leur absence de culture intellectuelle , que jaie seulement 
recueilli les elements d un lexique berbere , non des lexiques 
complets. Ceux-ci auraient exige des missions speciales et un 
sejour de plusieurs mois au milieu des populations. Tels 
quiis sont, cependant, ces vocabulaires ne laisseront pas de 
fournir de nouveaux materiaux a Tetude de la phonetique 
et de la lexicographic berberes. La premiere est de beaucoup 






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282 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

la plus importante , car le jour ou , a 1'aide de documents 
suffisants, on pourra determiner 1' application de la loi de 
Lautverschiebung enlre les different^ dialectes , la grammaire 
comparee de ces dialectes sera faite. Entre le zenaga des 
bords du Senegal et le syouah de 1' Oasis egyptienne, entre 
le zouaoua du Jurjura et le tamachek' des Aouelimmiden , les 
differences grammaticales et lexicologiques sont pour ainsi 
dire nulles, surtout les premieres. Les secondes proviennent 
de la generalisation de termes particuliers , tombes en desue- 
tude dans les idiomes voisins , mais que l'etude et la compa- 
rison des racines permettent de relablir facilement. 

Jusqu'ici, les dialectes du Rif, de Ghat, des Kel-Oui et 
de Djerbab etaient peu ou point connus. On n'a rien public, 
queje sache, sur les deux dorniers : f unique specimen du 
rifain est la traduction d'un conte arabe; le tamachek' de 
Ghat seul a ete expose par M. Freeman dans un livre que , 
malgre mes efforts , je n'ai malheureusement pas pu consulter. 
Le lexique recemment paru de M. F. W. Newman l n'a pu 
suppleer a cette lacune, cet auteur ayant remplace les trans- 
criptions de ses sources par un systeme particulier. 

J'ai compare les mots de chaque vocabulaire avec ceux 
qui , dans les dialectes voisins , sont lires de la meme racine ; 
toiitefois je me suis restreint pour le rifain et le chelh'a de 
Djerbah au zenaga , au guanche et au kabyle du nord (Chelh'a 
du Maroc, Zouaoua, etc.), et au touareg pour le tamzir't de 
Ghat et Taourar'ie des Kel-Oui. Non que j'accepte la division 
tranchee qu'on semble etablir entre les idiomes berberes qui 
s'ecrivent avec les caracteres indigenes et ceux qui ont em- 
prunte Talphabet arabe. Une 6tude attentive de la phonetique 
amenera probablement un nouveau groupement de ces divers 
dialectes, impossible a etablir en ce moment a cause de la 
rarete des materiaux. La premiere tache a remplir consiste a 
rassembler le plus possible de textes et de vocabulaires , en 
attendant qu'on puisse proceder a une synthese definitive. 

1 Libyan Vocabulary, London , pet. in-8°, 1882. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB&RE. 283 

Pour la comparaison des dialectes, je me suis servi des 
ouvrages suivants : 

Zouaoua. Hanoteau, Essai de grammaire kabyle, Alger, i85g, in-8°; 
Creuzat, Essai de dictionnaire francais-kabyle , Alger, 1873 , in- 12 ; 
Olivier, Dictionnaire francais-kabyle ,hv Puy, 1878, in-12; Hano- 
teau, Poisies populaires da Jurjura, Paris, 1867, in-8°. 

Mzabi et Chaouia. Masqueray, Comparaison da vocabalaire da dia- 
lecte des Zinaga avec les vocabalaires correspondents des dialectes 
des Chaouia et des Beni-Mzab, ( Archives des missions scientijiqaes et 
littdraires , m* serie, t. V, 1879, p. 473-533.) 

Zenatia de l'oued Rir'. Hodgson, Notes on Northern Africa, the Sa- 
hara and Soudan, New- York, i844,in-8°, p. 99-101. 

Zenaga. Faidherbe, Le Zinaga des tribus sinigalaises , Paris 1877, 
2 p. in-8°. 

Ghdames et Kouzt, Graberg de Hemsd , Remarks on the language oj 
the Amazirghs , London , 1 836 , in-8°. 

S YOU AH. Gailliaad , Voyage a Me'roe'A vol. in-8°, Paris , 1826 , t. I; H. 
von Minutoli, Verzeichniss von Wortern der Siwahsprache , Berlin, 
in-4°, 1827; Koenig, Vocabulaires appartenant a diverses contrdes 
del'AJrique, Paris, in-4°. 

Chelh'a. L'edition du Poeme de Qabi par Delaporte et celle que j'ai 
donnee dans le Journal asiatique de 1 879 ; Newman , Narrative 
of Sidi Brahim (Journal of the Royal Asiatic Society, t. IX, i848 , 
p. 21 5-266); de Slane, Appendice a. Vhistoire des Berbers, trad. 
d'Ibn Khaldoun, t. IV, p. 536 et suiv., et le Lexique que j'ai re- 
cueilli d'apres les manuscrits de la Bibliotheque nationale. 

Kabyle de Bougie. Brosselard, Dictionnaire francais-berbere , Paris , 
i844, gr. in-8°. 

Ahaggar. Hanoteau , Essai de grammaire tamachek', Paris , 1 860 , gr. 
in-8°. 

Guancre. Parker Webb et Sabin Berthelot , Histoire naturelle des (les 
Canaries, t. I, 1" partie. Paris, 1842, in-4°. 

Aouelimmiden. Newman, Worterbuch des Dialectes der Auelimmiden, 
App. IV au tome V de Bartb , Reisen und Entdeckungen in Nord- und 
Central- Afrika, Gotba, 1857, m-8°. 
La transcription adoptee est celle du general Hanoteau. 

Luneville, 9 aout 1.882. 

20. 



* 



J 







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284 AVRIL-MAI JUIN 1883. 



DIALECTE DU RIF. 

Les Berberes du Rif marocain habitent le pays 
situe entre la Mediterranee et la chaine de monta- 
gnes qui commence au sud de Tetouan ( Tit'aouin 
«les sources))) et dontun contrefort s'etend jusqu'a 
Tembouchure de la Moulouia. La principale de leurs 
tribus est celle des Ghomara , issus des Magmouda , 
descendants deBeranis; toutefois, comme les autres 
Berb&res, ils pr&endaient, dapr&s Ibn Kbaldoun, 
rattacher leur origine 4 H'imyar. Le nom de Gho- 
mara est des plus anciens , car le comte Julien , qui 
s allia 4 Mousa ben Noc£ir, lors de la conquete de 
1'Espagne par les Arabes , portait le titre de « prince 
de Ghomara)) 1 . Cette appellation s'est conserve de 
nos jours, dans le nom de laville deGomera (Badis 
Gomera), aujourd'hui ruinee, en face de laquelle 
s'61&ve le fort espagnol de Penon de Velez Gomera. 
Au moyen age, ce pays etait divise en principautes 
dont les plus c^lebres etaient celles de Ghomara, de 
Malhac et de K'ala-Cadina 2 , possedees par les Roste- 

1 lbn Khaldoun, Hisloire de TAJrique sous les Arabes, edit. Des- 
vergers, Paris, i84i, gr. in-8°, p. r. 

* Cf. Ibn Adhari , Histoire du Maroc el de VEspagne, ed. Dozy, 1. 1 , 
p. H4; Roudh El-Kart'as , &LTornberg, p. P v ; El-Yaqoubi, Descriptio 
Al-Maghribi, ed. dc Goeje , p. i 2 5 ; Ei-Bekri , tr. de Slane , Description 
de VAfrique seplentrionale , p. 219 et suiv. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 285 
mides 1 . C est dans une des tribus ma9mouda du 
Rif, voisine des Ghomara et occupant le territoire 
de Medjeksa, dans le pays de Nokour, que naquit le 
faux proph&te Ha-mim, surnomme El-Mofteri «le 
faussairen. H composa k 1' usage des Berb&res un 
K'oran dans leurlangue, modifia en grande partie 
les prescriptions de la religion musulmane et fat tue 
en 3 1 5 de 1'h^gire 2 . 

L'histoire du Rif, k Texception des villes de la 
cdte, est aussi peu connue que le pays lui-meme. Les 
Berb&res qui occupent la contree vivent presque entife- 
rement ind^pendants du sultan de Pas et sont con- 
tinuellement en guerre avec les garnisons des presides 
espagnoles. Beaucoup d'entre eux ^migrent annuel- 
lement dans la province d'Oran et se louent comme 
moissonneurs , d'autres y travaillent comme ouvriers 
terrassiers. L'un d'eux, nommi Mouley Ah'med, de 
la tribu des Gu&aia , me fournit le vocabulaire sui- 
vant, lors de mon voyage k Tlemcen et k Oudjda en 
avril 1882. Malheureusement, son manque absolu 
^instruction et le peu de temps quil pouvait me 
donner ne me permirent pas d'obtenir de lui les 
elements dune etude grammaticale de ce dialecte, 
connu seulement jusqu'ici par la traduction dun 
conte, ins6r£e dans la Grammaire kabyle du g&i^ral 
Hanoteau, pages 35o-35a. Je me bornerai k quel- 

1 Voir, sur fhistoire de celte famille, Fournel, Les Berbers, t. It, 
p. 3, Paris, i88i,in-4°. 

J El-Bekri, Description de tAJrique septentrionale , p. 2 28-23 1, 
244. 




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286 AVRJL-MAI-JU1N 1883. 

ques observations sur la phonetique et la morpho - 

logie. 

Un phenomene phonetique, qui existe dans d'au- 
tres families de langues 1 , le changement en dal (a) 
ou en d'al (s) du lam (J) des autres dialectes, parait 
faire du rifain un intermediate entre ceux-ci et le 
zenaga ou le dal en se mouillant est devenu di, djim 
(^); ex. : agellid' ou ajellid' « roi » = (rifain) ageddid'; 
(rifain) ettchoud'en « bois a = (zouaoua) thaUchalt En 
general, la prononciation est plus rude que dans les 
autres dialectes; le fait s'explique ais£ment par la si- 
tuation geographique des Rifains, vivant dans un 
pays de montagnes et presque isole^s des contrdes oil 
se parle encore le berb&re. Ainsi ler*ain (£} repr&ente 
le g (£) du Chelh'a; (rifain) : ismer f « esclave » = ismeg 
(Chelh'a); le kha (^) du Zouaoua et de Bougie et le 
kef (^)'du Zenaga, ex. : (rifain) tir'si «brebis» = 
tikhsi (Zouaoua), tekchi (Zenaga); lera ()) remplace 
le lam (J), m6me dans les mots emprunt^s: h larabe , 
ex. : erbehaim « troupeau » (rifain) =» elbehaim (arabe); 
le dal(s) s'emploie pour le zain ()), ex. : (rifain) imendi 
« orge » = temzin (Chelh'a ) 2 . 

Lejim repr^sente le ga,ex. : (rifain) ajenna a ciel » 
« igenni (Zouaoua) etgouno'uen (Zenaga). Le j re- 
sulte aussi de la contraction de deux i : Ijjen «un», 

1 En grec , par exemple , ou dans certaias dialectes ti&uaaets de- 
venait dXvaaetis (cf. le latin Ulysses), SdQvri devenait XdQvn, etc. 
Voir Ahrens , De Graca lingna dialectis, II , De dialecto dorica,p. 85 , 
Gottingen, i843,in-8°. 

J On trouve cependant quelques exceptions a cette regie, ex. : (ri- 
fain) cuzi « chien » = aidhi (Zouaoua) et aidi ( Bougie ), 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB^RE. 287 
autres dialectes : iian, Hen. Toutefois la contraction de 
deux ouaou en 6a, ou Femploi du ba k la place dun 
seul ouaoa , n existe pas ; iouoai « il a apport^ » , excepte 
peut-etre dans le mot ibaouen « fives » (Syouah): 
ieouaouen, si Ton ne consid&re pas ce mot comme 
alter^ de larabe Jji. 

Le chin ou le tcha (<j£, g) remplace le kef(£) , ex. : 
netch «moi» = nek (Zouaoua); idchach «ilsourit = 
vil^» (arabe), fait assez frequent en Kabyle; mais, 
comme dans les dialectes du nord , le sin (u*) s 1 est con- 
serve taudis quil est devenu chin ()ji) en Z^naga et 
dans le Touareg du sud *. Le ta et le tha (is>, e>) des 
autres dialectes s'echaftgent dans la meme proportion. 
Enfin le noun (<j) se trouve quelquefois pour le mini 
(*), ex. : (rifain) arr'an « chameau »=air'ain(Djerbah) 
et alr'oum (Zouaoua). 

Dans les substantifs et les adjectifs, 1^ feminin se 
forme en prefixant et en suffixant un ta (e») ou un 
iha (ei>)aumasculin, ex. :aserdoan «muiet», feminin 
taserdount « mule ». Au pluriel* le ta suffixe disparait. 

Le diminutif se forme comme le feminin. Tpute- 

1 Ainsi les noms d'lmochar et de tamacheV, etc. (touareg du 
nord Imohar) proviennent de la racine M-CH-R' ou M-CH-K' (£ Ji p; 
i5 JiA analogue a la racine M-Z-R' ou M-Z-K' ou M-H-R' (£ ) p; 
$ ) P ' t * p) u sont ^^ * es noma ^Amazir' et de Tamzir't. 
Ptolemee , J alien Honorius et Ammien Marcellinontconnu les Amazir' 
du nord, quils appellent Maziques (Mot?«xe$), tandis que les Egyp- 
tiens paraissent avoir eu affaire a une des tribus parlant un des dia- 
lectes berberes du sud, puis/juils lui donnent le nom de Machonacha 
(de Roug6 , Extrait d'un mdmoire sur les attaques dirigdes contre I'E- 
gypte,\>. i4-i8), d*ou Herodote (IV, 191) a tirecelui de Maxyes 
(Mo£v«). 




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288 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

fois, il est k remarquer qu'en rifain on emploie la 
forme simple, 14 oil la plupart des autres dialectes 
se servent de diminulifs, ex. : (rifain) ek'choud'en 
«bois» = thak'chalt (Bougie). 

Aux cas obliques, \ilif (I) initial dun substantif 
se change en ouaou (^). Le g&ritif se marque par la 
proposition n, le datif par la proposition i. 

Le pluriel masculin s'obtient ordinairement en 
ajoutant en ou in au singulier; la initial devient 
presque toujours i, ex. : ad'rar « montagne » , plur. 
id'raren. On trouve, comme dans tons les dialectes 
berb&res, despluriels internes : ttfrnas « dents ». 

La particule d ou d' prOe&de*les adjectifs. 

A 1 exception de ijjen, les noms de nombre sont 
empruntOs k larabe , tout en subissant les modifica- 
tions phonetiques indiquees plus haut : « deux » thnain , 
ar. (j^Jol; «/rois» triatha, ar. i&M?, etc. 

Les pronoms dOmonstratifs (oum, a, etc.) et per- 
sonnels, isolOs ou affixes , et la conjugaison des verbes 
sont les memes que dans les autres dialectes. Le 
rifain est moins riche en formes verbales que le zoua- 
oua : on trouve la forme factitive pars prefixe , la forme 
d'habitude par t prOfixe ou par la seconde radicale 
redoublee. Pour marquer le present ou le futur, on 
fait precOder laoriste de la particule ad' dont le d f 
s'assimile quelquefoisi la consonne suivante, surtout 
si celle-ci est une dentale, ex. : azrir' «Je vois ou je 
verrai», etc. 

La forme participiale invariable s'obtient en ajou- 
tant n ou en k la troisi&me personne du masculin de 



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i 



NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBfeRE. 289 
faoriste : ittah'ar «il vole d'habitude » , ittak'aren 
avoleuD). 

En resume , on peut considerer, au point de vue 
phonetique , ie rifain comme ayant &£ , k forigine , 
trfes rapproche du z£naga , mais , tandis que celui-ci 
s est adouci en mouillant la plupart des consonnes , 
le rifain a gard6 presque intacte Tancienne pronon- 
ciation dure et gutturale. Pour le vocabulaire, il est 
beaucoup plus semblable au chelh'a qu'aux autres 
dialectes; lousdeux ont conserve un certain nombre 
de mots inusites aujourd'hui en zouaoua , en mzabi , 
en syouah , etc. Les emprunts faits k Tarabe ne sont 
pas tr&s nombreux; en meme temps les formations 
de noms abstraits, si frequentes en chelh'a, langue 
litteraire, sont assez rares. 



Ami, amdoukr ^)*y*\; Zouaoua, ameddakoul J^x*!; 
Bougie et Chelh'a, amdakkal Jl^*X-*!; Djerbah et 
Chaouia, ameddoakal J^<x«t; Mzabi, amedoutchal 
J^«X*I; rac. dkl j£:>. Nous trouvons ici le chan- 
gement du lam en ra, un des traits caract^ristiques 
de ce dialecte. 

Ane, ar'ioal Aysb; Zouaoua, Djerbah , Bougie, Oued 
Rir' et Chelh'a ; id. Chaouia et Mzabi , arioul J^t (?) 

Anesse, tar'ioult oJ^ib; Bougie, ikar'ioults oJ^b. 

AppoRTER(aor.), ioui <^; Zouaoua, aoui, ibovd; Bou- 
gie, Chaouia, Mzabi et Chelh'a, aoui, iououi ou 
ioui. 




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290 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

Arbre, azemmour j^*)t; pi. izemmouren y)yy\' Dans 
les dialectes zouaoua , chelh'a et bougiote , azem- 
mour, ou son diminutif thazemmoarth e>^*)b, d6- 
signe 1'olivier. 

Arc-en-ciel, * l zidegda \<>&sy 

Argent, amouk'ord *>j*y*\. 

Aujourd'hui, *enhar ird'a b^l^l^JJI. 

B 

Barbe, ihemarih &JS; Zouaoua et Bougie, thamarth; 
Zenaga, tammeurt wJs; Chaouia, tmert; Mzabi, 
temart; Syouah, temeart; Ghdames toumart (too- 
mart). 

Barque, ar'arrahoa jj^UI , peut-etre de lespagnol ca- 

rabela. 

j 

Baton, *dokkaz v^Ls; Zouaoua, adkouz jp£*\ ; Bou- 
gie, ihadkkazth e>Jik> (diminutif). 

Beau, Bon, *iegbah! ^1 uaj; Zouaoua chebah' ^U-*; 
Ghdames qamih! ? (samechh). 

BEURRE,*edcfe/i^/i0^4>Jt. A Bougie, le mot de/ian d£- 
signe le «beurre fondu»; k Syouah, «rhuile»; 
Chaouia, dehen. 

Blanc, ameddad :>t«x*l (Hannoteau, ameddal?); Zoua- 
oua , Oued Rir', Bougie et Syouah , amellal Jiut ; Ze- 
naga , moulli JyA ; Ghdames , mellal JSU . Le lam des 

1 L'asterisque marque les mots d'origine arabe. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 291 

autres dialectes se change en dal, pour devenir, 

dans d autres mots, djim en Zenaga. 
Ble, iard'an {j±f.\ Bougie et Zouaoua, ird'en {jby^t; 

Syouah, iarden t^s-a; Ghdamfes, ird'an (irdsan); 

Chelh'a , irden ^^1 . 
Bleu, Vert, azizar $-j$\ Zouaoua, azigzaou jU$s>)' ; 

Oued Rir', azegzou y^\ ; Mzabi , azizao $\y$ ; Cha- 

ouia , aziza ta)l . 
Bois, (pi.) ek'choud'cn ^i^AJit. II faut probablement 

rapprocher ce mot du zouaoua ihak'chalt c - »la Jtt 

*«menu bois», diminutif de ak'chcd. Le lani ( J) 

sest chang6 en d'ai(i); Chelh'a, akchoudh (j^&^l; 

Bougie, ak'chouad lc\y~j>\ « petit bois ». En Zenaga, 

ickechchougdcn ^<KJy6wSt (pi.) signifie « batons ». 

Bodche, agemmoam r^I&t; Zouaoua et Bougie, ak'em- 
mouch (jfc>3. 

Bras, ar'ir %-*-*'; Bougie et Zouaoua, ir'il Jucji-jt; 
Ghaouia et Mzabi, til Ju?y, Ghdamfes, ar'il Juuil 
(arg'eel). 

Brebis , tir'si &+ * « s ; Bougie et Zouaoua , thikhsi 
(£u*-£x5; Ghaouia, tira ^aJ, En Zenaga, te/cc/u 
^Jj signifie « chevre ». Guanche , ac/ia (axa ?) ; a 
Canarie : iihachan (tihaxan) «moutons)>. 

G 

Chacal, Loup, iouchchen (j-Sj-a; Zouaoua, Bougie, 

Chaouia et Mzabi, ouchchen y£}\ « chacal ». 
Chameau , arr'an ^-*)\ \ Syouah et Zouaoua , alr'oum 




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292 AVRIL-MAI-JUIN1883. 

-ydt; Djerbah, ab'am ***Jt; Bougie, air' em; Cha- 
ouia , ahrem *£\ ; Oued Rir', algom +J3\ ; Ghdam&s , 
(dlam; Mzabi, alem ^Jt. Le mzabi et le dialecte de 
Ghdam&s repr^sentent la modification la plus &oi- 
gn^e de la forme primitive, qui s'estprobablement 
conserve dans le tamachek 7 areg'g'an IXO (dia- 
lecte ahaggar). 

Chamelle, tarr'ant oui^b; Chaouia, talremt ou*Jb; 
Ghdam&s, thallamt oXb; Bougie, thalr'emt cxiJb; 
Mzabi, talemt(^Xb\ Syouah, tahr'oumt ovjJb. C'est 
k tort que Cailliaud, Voyage a Meroi, 1. 1, p. U 1 1 , 
donne Al-Goumr {Alr'oum) pour une alteration de 
i'arabe El-Guemel (El-Djemel). 
Ghamelon, ar'otiar d'amezzian (^v«ti j\y*l- 
Chemin, abrid' «>ywf, pi. ibrid'en ^*Xj— s>l; Zouaoua, 
id.\ Mzabi, Bougie, Oued Rir' et Chaouia, abrid 

Cheval, aerzim -j^H; Us <j#*->; Chelh'a, Chaouia et 
Mzabi, id. Le chelh'a emploie aussi la forme als 
J*?) ; Z^naga , ichi. 

Chez, r'er ^; Zouaoua, id. 

Chien , aizi&y) ; Mzabi , Zouaoua , Chaouia de iouest , 
aidhi Cs Ahj\\ Bougie et Djerbah, ai'di^Oy'; Zenaga, 
idhi ^4>); Ghdam&s, idi ^*XjI (eedee). 

Ciel, ajenna Gjt; Djerbah, Chaouia et Mzabi, ajen- 
nan ^Lijl; Ghdam&s, adjenna I I >t; Zouaoua et 
Bougie, i^nm <$£]; Zenaga, gounouen, pi. <#-^; 
Djerbah, yinrii jj>] «paradis». On pourrait peut- 



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)gl& 



NOTES DE LEilCOGRAPHIE BERB^RE. 293 
etre en rapprocher le guanche de T6n6riffe acha- 
man « Dieu » et achano « ann^e ». 

Coeur, our p\; Bougie, Zouaoua, Mzabi, Chaouia et 
Chelh'a, oul J>l; Z&iaga, oudj g^l. 

(to 

Coprt, akkoda! \SS\. 

Cuisine, taiddourti^^<yJj\ rac. arabe,^ta? 

D 

Dans, s ^; Zouaoua, Chelh'a, id. 

Datte, tinini &+*>-, Djerbah, Z&iaga et Syouah (da- 
pr&s Minutoli), tini ^Ljw; Oued Rir', teni <$tf. A 
Syouah, tenna uL> (dapr&s CaiUiaud), ou tena 
(dapres Konig), d^signe la datte mure. Chaouja 
de Test et de i'ouest et Mzabi , tieni. 

Dents, tir'mas (plur.) ^Lfc; Chaouia et Mzabi, fir- 
mest owy, pi. tirmas <j»l#y ; Syouah, for'mas (tog- 
masse)\ bougie, ilwur'mesth <£*-»+-*->, pi. thour'mas 
jwUs*; Zouaoua, (hour' mas cedents molaires». 

*Dire, (aor.) inna ll,; Chelh'a, Zouaoua, Chaouia, 
Mzabi, Kouzt, id.; Zenaga, inni <$L>. 

Donner, (aor.) iouch o&j-j; Chaouia et Mzabi, iou- 
cha; Zouaoua , Chelh'a et Ghdam&s, iefk dU>. Iouch 
et iejk appartiennent sans doute a la meme racine; 
le kef[S) de certains dialectes (ceux du nord de 
T Atlas et du Jurjura) etant remplacS par le chin{^) 
dans ceux du sud, lefa (o) est represents par le 
ouaou (j). 




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294 AVIUL-MAI-JU1N 1883. 

Dormir, (aor.) iet'fas ^Ik? ; Syouah, Zouaoua, Bou- 
gie, iet'tes (jJaj; Mzabi et Chaouia, iettos(?) (jJL. 

E 

Ecrit, thira jj-tf; Zouaoua, id.; Chelh'a, tirra Co*. 
Guanche de Canarie, tarha « marque pour ies 
souvenirs ». 

Enfant, Fils, ah'armouch js^&J. 

Entendre, (aor.) isera \y**j; Chelh'a, Syouah, isetta 

SJU**; Zouaoua et Chaouia, isela ^U*->; Bougie et 

Mzabi , issel Jul?. 

Entrer, (aor.) ioud!ef&b.y>.', Chaouia de 1'ouest, adef 
• o^t; Mzabi, atef\J&\; Ghdames, outafU&)\ (ootaf). 

Lte, Printemps, anebd'ou j«x*i! ; Zouaoua, id., dan s 
le sens d'6t£; Bougie, anebdou n ethmegra ^«X-A-il 
(£&& «ete». 

Etre, (aor.) idda t<X-j; Zouaoua, Chaouia, Mzabi. 
Kouzt et Chelh'a, ilia $>; Ghdames, allah *$. 



Femme, tamr'cut o>*-*-*L>; Chelh'a, id., et tamr'arth 
eyUb, pi. timr'arin mj«£. La racine mr'r )£* ou 
mk'r ; or a » dans ^ es autres dialectes, le sens de 
« grand » ou de « vieux ». 

Fer , ouzzal J)jt ; Bougie , Zouaoua , Chaouia et Mzabi , 
id.; Ghdames, ouazal J)^ (wazdl); Chelh'a, azzal 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB&RE. 295 
J)l; Zenaga, izzedj gy-A, par changement du lam 
(J) en djim ( e ). 

FivES , ibaouen ^Ut ; Bougie et Zouaoua , id. ; Syouah , 
el-ouaoun ^j^T^-Jt. Le b du rifain devient un ou; 
Ghdam&s, bibaouan (bibawan) ^Lcj(?). D'apr&s 
Konig, en syouah, ieouaouen upjj-*, qui se rap- 
proche le plus de la forme ibaouen. Peut-etre em- 
prunt6 & Tarabe J^i. Le noun (^) ne serait pas la 
marque du pluriel et correspondrait au lam (J). 

Figue, tazart u^ty; Zouaoua et Bougie, thazarth 
e^ttS. Ce dernier dialecte Temploie dans le sens de 
((figue sfeche». Guanche de Canarie taharenemen, 
meme sens. 

Figure, ar'enboub <->****'• 

Fille, *tah'aramt o» «^b, de la racine arabe -yw. 
Cf. cependant ah'armouch ^y^J « fils ». 

Fou, * abbouhali J^y'; Zouaoua, abouhxl; aminoun 
U^ut, Hanoteau, Gram, kab., de larabe y^i-s:? 

Fr£re, d'ouma U>i>. Peut-etre faut-il lire d' et oumma, 
qui serait alors compost comme egma, employe 
dans les autres dialectes. Ou « fils » , emma « de la 
m&re ». Une forme analogue se retrouve dans fam- 
harique aft&T* i , et dans le mot oultma « soeur » 
[oult-ma)\ Chelh'a, ogma USt; Mzabi, oamaltjt; 
Oued Rir', ommoa ty>I . 

Froid , asommidh <jfc*Jwt ; Chelh'a , id. ; Chaouia , asem- 
mid JsHj-cwt ; Bougie , asemmitf ]*ZsJ; Zouaoua , asem- 




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290 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

madh; Mzabi, semmed «x£w; Oued Rir', tezmout 
<&y*ji (tczmoot). 

it 

Histgire, thanfousth <£*wjjbb; Chaouia de 1'ouest, an- 
foust o^*jbl; Mzabi, tanefoust < :• » *^ ,t ,>L>, forme 

diminutive. 

• 

Homme, argazy&jl; Zouaoua, Chelh'a, Chaouia, II- 
ioulen etDjerbah, argaz; Tagouarjelent de Ouar- 
gia, ard/oz:^;!; Bougie et Ghelh'a, ergaz; Mzabi, 
arjaz )jf;t; ariaz^.)\\ Hanoteau, Gram, hab., id.; 
Beni-Menacer, id. 



Jardin , * elarsetiz*mjd\ ; Chelh'a, taldrstiz+wydz , forme 

diminutive. 
Jaune, Rouge, azouggar J&'ji; Zouaoua, id.; Bougie, 

azaggar' £&)!; Syouah,. azgua !>§jl; dans ces trois 

dialectes, dans le sens exclusif de « rouge ». 
Jour , * enhar )l&}\ ; asouass JLt^-^t , pi. oussan yUI^i ; 

Zouaoua, 055 JL\; Zenaga et Bougie, as; Syouah, 

asfas fjJJuJ. 

L 

Laid, iafan (JJu. 

Lait aigre, atchir j**J- Lait caille, Chaouia, ari 

itchel J*«?I ^l. 
Lait doux, ar'i j\. En Zouaoua et & Bougie, ir'i <j>l 

designe le «lait aigre ». En Chaouia. ari^t (pour 



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NOTES DE LEX1COGRAPHIE BERB^RE. 297 
ar'i?) signifie «lait» en general. Syouah, ak'i 
(acki); «$f, dapr&s Cailliaud; akhi &t t dapres 
Konig. Cf. le guanche de Hierro , atchemen (ache- 
men); a Lanzerote et Canarie, aho. 

M 

Main, takabbit ouJ3*. 

Maison, *taddarl eytoo*, de Farabe ^ta. Oued Rir\ 
tedderihi J?)<>3 . Cf. cependant iddar «vivre». 

Malade, amerouk' faj*). 

Mere, immaLxt; Chaou'ia, Bougie etZouaoua, id.; 
Chelh'a, emma LSI; Syouah, omma; Djerbah et 
Ghdames, iemma Uc; Mzabi, mamma 12?. Conf. 
memmi ^ « fib ». 

Montagne, ad'r'ar, pi. idVaren )\£*\, u;l*al; Chelh'a 
et Zouaoua, ad'rar ;t^i>i ; Bougie, Ghdames et 
Syouah (dapres Minutoli), adrai % ^\; Syouah (da- 
pres Cailliaud) , draren , drarenne yfos , pi. ; Syouah 
(d apres Konig) , adr'ar' flsat , pi. idr'ar'in qJ\jzz>\ , 
adghagh, idghaghen. Guanche de T&ierifFe, adaar 
« falaise escarp^e ». 

Monter X cheval (aor.) ienia Ul?; Chaou'ia, ma U-?; 

Syouah, ft'owii, forme dliabitude; Mzahi, um Jt; 
Zenaga, inag »2JLj. 

Mourir (aor.) iemmout c^c; Mzabi, immout; Bougie 
etZouaoua, immouth e^-c; Zenaga, ioummi ^-?; 
Chelh'a, iemmet 




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298 AV1UL-MAI-JUIN 1883. 

Mule, taserdount cxj^_*L>; Bougie, thaserdount 

Mulet, aserdoan\j^ym\\ Chaouia, Bougie, Chelh'a, 
id.; Zouaoua, aserd'oun ^pS-*!. 

Negre, ismer' £e-t; Chelh'a, ismeg 3L?J. 

Nez, Narines, inzaren ^kJLjj, pi.; Zouaoua, inzer 
^yj; pi. anzaren^Vy], A Bougie, Je pluriel anzaren 
est seul usit£. Syouah, tenzert o^Jtf, forme dimi- 
nutive; Oued Rir', tenzar, Mzabi, tinzar )\j-L2 , et 
Z&iaga, tindjereun ^^5, piuriels de la forme di- 
minutive. 

Noir , aberkan y^y' ; Zouaoua , Chaouia , Bougie , id. : 

Mzabi, aber chart ^U^l. 
Nuit, seddirth e>;*x**. 



Or, *ed'd'eheb<~**<bS\ 

Oreille, amezzom J fj>)-*', pi- imezzou/en ^^y^A; 

Zouaoua et Bougie, id.; Chelh'a, amzeg <2k-*l; 

Syouah, tamzoukht cukj^ib, forme diminutive; 

Mzabi, timzourt o^-if, id.; Z£naga, tamezgoudh 

Orge, imendi &&J*y % Bougie, thimzin (^vc; Chelh'a, 
temzin ^yJi; Syouah, ternzen yy*, d'apres Cail- 
liaud; toumzen, dapres Konig. Guanche de Lan- 



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NOTtiS DE LEXICOGRAPHIE BERB^RE. 299 
zerote et de Fortaveritura : tamozen. Oued Rir\ 
imendi (^«XJUl) w ble ». 



Paille* itodtn -j^lj Chaouia, M&abi et Syouah, hum 

I^J; Zouaoua et Bougie, alim |<\Jl. 

Pain, ar'troum &y-*\\ Zouaoua* Bougie, Oued Rir', 
Ghdam&s, Kouzt et Chelh'a* id. 

Parole, aouat jljl, pi. iouaren ^)]y?.\ Zotiaoua, Bou- 
gie et Chelh'a, aouai Jty, pi. ioualen qHj&. 

Pays, Terre, tammoutth &)y* ; Zouaoua et Bougie, 
ihamourtk ci>j^f ; Mzabi , Syouah et Djerbah, tamort 
&j£; Chaouia, amor<' vsytl ; Chelh'a et Oued Rir\ 
tamourt cj^j£, pi. timourra VjpJ; . 

Peau, ier'rim *h s -*- , >; Zouaoua, Chaouia de Test et 
Bougie, ajfrm f«Jl£t, Chaouia de louest, a/a/im 
j«Jj5 ; Zenaga , irf/tm |*y*??t ; Mzabi , ai/im^JL>) ; Chelh'a , 

item hi 

P&re, tata UU; Chelh'a, Zouaoua, Ghdam&s, Ze- 
naga, Djerbah, Bougie, Mzabi, id.; Syouah, abba 
P. 

Petit, amezzian ^Wj-*'; Zouaoua, Mzabi, Bougie et 
Chaouia, amezian ^U^t; Chelh'a, amezzin q-*U*I; 
& Ghdames, mozain^y signifie « petit ganjonw, 
et mouzzin (^?)j~« «nouveau»; Zenaga, mazzig 

Jay*. 
Pied, izar ^t; Chelh'a et Zouaoua, adhxr jL^I, pi. 




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300 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

idharen ^;L^t; Bougie, atar^Ul; Ghdamfes, adar 
)ls\; Djerbah, dar ^b; Chaouia, d'ar y\t>; Syouah, 
tfar )\Ja, (tqrre); Mzabi, darn ^ta, pi. » 

Pluik , anzar }Yj>\ ; Chelh'a et Zouaoua , id. ; Ghdames , 
anazar. OuedRir', amzar jlyft. 

Plume, *rich ( j*j}-, Zouaoua, errich (j&aJt. A Syouah, 
trichit izKJk&jjJ (dapres Cailliaud); tericha H&*&j3 
(d'apr&s Konig), formes de diminutif. 

Porte, taouort c^jJU; Zouaoua, thabbourth er^oL>; 
Chelh'a, talourt c»j^b; Bougie, thawourth e>jjt>; 
Ghdam&s, thafart c^UlS'; Mzabi, taourt o^b; 
ihoaoarth <£>£* (Hanoteau, Gramm. hab. ). On a 
era reconnaitre dans ce mot un emprunt au latin 
porta, surtouten consid^rant les formes thabbourth, 
tabourt; mais cette etymologie parait fausse. Les 
deux formes thabbourth et tabourt sont secondaires, 
le ba (lj) provient de la rencontre de deux ouaou 
(^ ) qui existent encore a Bougie et avec un affai- 
blissement en Mzabi. (Cf. Hanoteau, Gramm. kab. , 
p. 9 , sur le cbangement de Ton.) Nous n'avons, du 
reste, pas d'exemple dun ba se changeant en ou: 
c est toujours le contraire qui a lieu. 

Prendre (aor.) ichsi &ȣ*; Chelh'a, asi &J. 

Pvns^elh'assi^JL. 

< 

R 

Raconter (aor.) *ik r k'arft\, forme frequentative, de 
larabe l^i. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 301 



Sabre, nemchiti 

Serpent, tafsa L*»b; Bougie, thalefsa LuUtS; Chelh'a, 

talefsa Ldtfb; Mzabi, alefeth e«i)J. Tous ces diffe- 

rents mots ont le sens de « vip&re ». 

Serviteur, taia UU; Mzabi, id.; Chelh'a, tiouiouin 
tfytyg (( negresses ». 

Sokur, ourtma I— f;j>t; Oued Rir\ oultsma; Chelh'a, 
Mzabi , Chaouia , Zouaoua , oultema UJjl ; on trouve 
aussi en Chelh'a la forme outtherha LjU^t ; Bougie, 
ouletema L*Jjl; Ghdam&s, onfrna UjJ; Syouah, ol- 
temin (^Jt, pi.; mot a mot « fille de m&re». 

Sous, ounnis jmuvj^I. 

Sult'an, Roi, ajeddict ^Sjt; Chelh'a, agellid' «x*&t; 

Ghdames, adjlid 4X_aJL-^I; Zouaoua et Bougie, 

agellid «xj£t. 
Sur (prep.) akchfji^) ;kh £ (Hanoteau, Gramm. kab). 

T 

Tete, azdif&sji. 

Tonnerre, ojjajj\j\' r Chelh'a, agagen J^\. 

Tortue, ifkerS*); Chaouia, Bougie et Zouaoua, id. 

On trouve aussi en Chaouia la forme jjjerjjhb. Ce 

mot se rencontre dans larabe vulgaire, sous la 
forme fkroun. 

Troupeau *erbehaim+j[&)\ , de larabe elbehdim +A&}\ 




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302 AVRIL-MAJ-JUIN 1883. 

avec changement ei\ r d^ hyn de Jartiole nqn assi- 
mile\ 

B 

On, Une, (j[/Vh ^jjl x feui. «*-£^; Zouaoua et Bougie, 
ioaen { j^ t fern, ipueth &y?.: y Zen,ag<*, iom; Ch^lh^, 
* iian Jt % M&bi % iggen ^1 , 



Ventre x q&jMs (j-*x^l; Bougie; Ghapiua, Mzabi* id.; 
ChetUV <xks y-^J. 

Viande, akikpum ,*^l;Chaoiria, Zouaoua et Bougie, 
aksomn p#4\\ Syo^ah, aKsovjn &*+3\ Ghdan*e$, 
iksam* (pi ) pL^t ; Mzabi , cusoam p**$\ . Gette der- 
ni£re ft>rme exists aussi en Gl>aQW^. Quecl Ri^, 
aboarn ^y^ (atsoom) K 

Vieillarb, argaz d'amk'aren qJU\±&\. 
Vivre (aor.) iddar )\<y**j>; Zouaoua, Ghaouia, Mzabi, 
idder- y*y& , 

Voir (aor.) izera^^ Ghelh'a, id.% ZQijaoua, Bougie, 
Ghaouia, zra; Zei^aga, iz%pr ^ 

Voisin, adjnom (#*>'• 

Voleur , iiak'aren ^Uaj , p^rtioipe de la forme <$'ha- 
bitude; Zouaoua x tsak'our ^j\ «* t "y % id.; Mzabi, 
Chaouia et Bpugie, aker,.J>\ ((Voler»- x Z&iaga, 
iouguear j£yj>; Chelh'a* tonkerdha L»^5 «vol». 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 303 



Yedx , Sources , tidaouin ^Ik*? ; Bougie , id. ,T£toiian ; 
Zouaoua, Chelh'a, Ghdam&s et Syouah, au singu- 
lier ihit r k-xJ, Oued Rir', telt ku\ le Zenaga, tod 
^; Mzabi et Chaouia, let o3. Caiiliaud [Voyage 
a M&roi, t. I, p. k 18) donne le pluriel taouefl 
(taouenne), qui! consid&re a tort comme deriv£ de 
larabe din &&. ' 




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304 AVRIL-MA1-JUIN 1883, 

II 

DIALECTE DE DJERBAH. 

La presence dune population berb&re dans file 
de Djerbah a 6t& depuis longtemps signage par les 
historiens arabes et les voyageurs europ^ens; mais 
le dialecte parl6 par elle n'a ete jusqu'i present 
Tobjet d aucune etude* Pendant mon s^jour k H'oumt 
Es-Souk', la capitaie de File, mon h6te indigene, 
Si Ah'med ben Brahim, parvint a me mettre en 
rapport avec quelques-uns de ces Berb£res qui 
viennent settlement les jours de march£, le lundi et 
le jeudi. Je pus recueillir un court vocabulaire et 
quelques formes grammaticales : ce sont en effet les 
gens les plus intelligents a qui j'aie eu affaire dans mes 
recherches dont ils comprenaicnt parfaitement le but. 

Leur principale residence est H'oumt-Ajim 
( 1 ,5 oo habitants ) > si tuee k une trentainede kilometres 
de H'oumt Els Souk', dans la partie m^ridionale de 
Tile. Le nombre de ceux qui parlent encore le dia- 
lecte berbfire appele chez eux chelh'a est d'environ 
sept k huil mille. lis se livrent surtout a lagriculture 
et k la fabrication des couvertures de lairce, rouges 
et blanches* appelees batlaniah et calibres dans le 
sud de la Tnni$ie. 

Ces Berb&res appartiennen£, dapr&s Ibn Khat- 
doun 1 , k la tribu des Lemaia, issue, comme les 

• l Histoiie- des Bcrberes* trad.de Slane, t I, p* 17^ 



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NOTES DE LEXIGOGRAPHIE BERBfeRE. 305 
Matmata, les Satfoura ou Koumia, les Matr'era, 
les Sadima, les Mar'ila, les Melzouza, les Kechana 
ou Kechata, les Douna et les Mediouna, de Temzit r 
fils de Dari, fils de Zahhik', fils de Mad'ris ei-Ab- 
ter, Tun des deux anc&res des tribus berb&res. 
Les Lemaiia professaient deji Th^resie ibadhite 
lorsque , en 1 h 4 de Th6gire (761-762), Ibn Rostenq , 
chasse de K'airouan par le gouverneur abbasside 
Moh'ammed ben El- Achath , se retira dans le Ma- 
ghreb central et, les reunissant avec les Loouata iba- 
dhistes sous son autorite, fonda Tahert (Tiaret) la 
neuve 1 . 

Apres la defaite des Rostemides par les armies 
fat'imites, Arouba ben Yousef el-Ketami, general du 
Mabdi c Obeid- Allah , donna pour chef aux tribus des 
Lemaiia, des Miknasa, des Matmata, des Azdadja et 
des Loouata un certain Douas ben Soulat, de la 
tribu de Lehisa. Celui-ci reussit a leur faire abjurer 
la doctrine ibadhite qu ils avaient embrassee jus- 
qualors, pour embrasser le chiisme fatimite 2 . 

En 58i de Thegire (1 1 85 de J.-C), Ibn R'ania, 
dernier repr^sentant de la dynastie des Almoravides, 
s'etant rendu maitre de Bougie, d'Alger et de Medea, 
marcha contre Tahert, qui d^penclait alors des Al- 
mohades, et la saccagea telleinent quen 620 de The- 
gire il n en restait plus de traces. Les Lemaiia se s£- 
parerent : les uns allerent augmenter la population 

1 Ibn-Khaldoun , Histoire des Berbhres, trad, de Slane, t. I, 
p. 220; E!-Bekri, Description de L*Afrique^ p. 161 et suiv.- 

2 Ibn Kha'doun, Histoire d r s Bcrberes j trad, de Slane, 1. 1, p. 244* 




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306 AVRILMAI-JUIN 1883. 

de Tlemccn; les autres, les Djerba 1 , s'&ablirent dans 
Tile de ce nom , ou se trouvaient d^ji les S^douikech 2 , 
tribu Ketama. 

J'aurai peu d observations a faire sur le dialecte 
parte par ces Berb&res qui lui donnent le nom de 
chelh'a. Toutefois il diffikre sensiblement du chelh'a 
marocain, sa prononciation est moins dure que celle 
du Rifain et du Zouaoua dont il se rapproche par le 
vocabuiaire, ainsi que le Mzabi. Le dal (a) remplace 
ordinairement le dhad (jb) du Zouaoua et du Z&- 
naga et le ia[Wj de Bougie et de Syouah, exemples : 
(Djerbah) cadi « chien »=aidhi (Zouaoua) ; (Djerbah) 
darn pied» =adhcW (Zouaoua), at'ar (Bougie). Lezain 
(3) r ^po n d au jim (j) du Zouaoua et du Zenaga , ex. : 
( Dj erbah ) a^zin , « chien » = ak'joun ( Zouaoua ) ; le kha 
(£) au r^ain (£), ex. : (Djerbah) ikhf « tete » = ir'f 
(Zouaoua); le ta (c*) au dhad (jb) du Zouaoua et au 

1 Quoique lbn Khaldoun, pp. land., p. 2 45, semble dire le con- ' 
traire, ce ne fut quapres son emigration que cette fraction des Le- 
mafa prit le nom de Djerbah. On le trouve, en effet, chez les auteurs 
anciens , appliqu6 a celte ile , concurremment avec celui de Meninx. 
Aurelius Victor (Epitome, ch. xlv) nous apprend que Gallus et Vo- 
lusianus furent proclames empereurs dans Tile de Meninx , appelee 
de son temps Girba. Depuis Cyprien, les conciles tenus en Afrique 
font mention de plusieurs evdques de Gerva ou Girba qui dependait 
tantot de la province proconsulaire, tantot de la Tripolitaine. Dom 
Ruin art (Historia persecutionis vandalicee, p. 391) assimile la villc 
dp Gerba a laGerra de Ptolemee (1. IV, c. in). Ce nom se retrouve 
aussi dans Ylliniraire d'Antonin , dans la Table de Peutinger, la No- 
tilia Dignitatum et la Cosmographie d'Etbicus Ister sous la forme 
Girba ou Girbe. 

* Variantes Sedounhes , Sedoutkes et Sedouiltes, jjoyx** , ^jJojOs** t 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIC BERB&RE, 307 
fa (Id) de Bougie , ex. : (Djerbah) iazit « coq » — cuezidh 
(Zouaoua), afcazit' (Bougie). Cependant, on trouve 
dans quelques mots ie r'ain (g) employe pour Je Wtf 
(^), et Je dhad (<j*) pour le dal (>). 

hts regies grammaticales sont Jes memes qu'en 
rifain (voir page 287) et dans Jes gutres diajectes 
berbery. 

PRONOM8 PERSONNELS, 

Je , moi /i/V £3 

De moi ........ iou ^ 

Toi (masc,) ...... ketch £ 

Toi (fem.) , tchemmi is ^ % 

Lui , . . . , netta Ixi 

EUe .,..,., fckemmin &***i 

Nous ..,.,...,.., nechchin ^^ 

Vous hennin yJ5 

Eux. ,...., Wthni &JL& 

PRETERIT, 

J'ai 6crit, ,.,..,.. ouriar' £tp\ 

Tu as ecril tourist c^y* 

II a £crit ,...,.... iouri <^ 

Nous avons ecril . . . nouri ^^3 

Vous avez ecrit , . . . toariem ♦^ 

lis ont 6crit iourien ^^ 

Aobiste. 

J'ecria. , ad'ariqr' ftyltf 

, Tu ecris adtariat c^UM 

Jl ecrit ,....,,,.. ari <^1 
Nous ecrivons. .... anari ^\j\ 
Yous ecrivez ....:.- alarim *^bl 
lis cement ad' am ^tel 




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308 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

Seuls des Kabyles du nord avec les Mzabis et les 
Chelh'as, les Berb&res de Djerbah ont conserve 
presque enti&rement Tancien systeme numeral. 
Quelques noms de nombre perdus sont remplaces 
par une combinaison. 



CBBLH A DE PJEllBA. 

i ijjen eJl 

2 thin ^ 

3 charedh j«ys 

4. charedh d'ijjen ^ly jb^s 

5 afous « main » ^-^1 

6 afous d'ijjen ^[S j-^iJ 

7 sebr'ath <&dL** (ar. £***) 

8 attam -iSf 

g attam d'ijjen yjj\S -Gl 
10 akardach Ji,>j>l * 



chblu'a du maroc. 

ian ^1,1 
sin &*~ 
kradh j»1^ 
koz \£ 

sommous ^ye* 
sez y» 
sa L» 
tham J3 
tza \-yi 
meraoui & 3 \y 



guanghe (d'apres Nicoloso da Recco. i34i )• 

l hait. 6 sasettL 

a smetti, 7 satti. 



3 amelotti. 
U acodetti, 
5 samnsetti. 



8 tamatti 

9 alda morana. 
10 marasa. 



iggen ^ 



1 it 

a sen ^ 

3 charedh 



err* 



wun y H 
chinan ^v^u. 
karat i&\S 



1 Les Berberes de Djerba connaissent meraou dont se servent les 
Mzabis etablis parmi eux, mais ne l'emploient pas. 



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5 


semmes j*e* 


6 


sez y» 


7 


saa \L»0 


8 


tarn -b 


9 


tes ^ 


lO 


meraou *\+* 

3 j 



NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBfeRE. 309 

k ohhoz ^5f ahoz j55 

chammoach Jt^ja 
chodouch JtyXS 
ichcha Lil 
ittem Ji\ 
touza Yp3 
m£r6g $y 

A 

Ane, ar'ioul Jj**l ; Zouaoua , Rif, Bougie, Oued Rir', 

Chelh'a id.; Chaouia et Mzabi, arioul J^t. 
Avoir, ekhc ja*J; <c j'ai », akhcer'. 

B 

Boire, a$ouy»\; «je bois», asouar' £y»\\ Ghdam&s, 
id.; Chelh'a et Zouaoua, souou £**; Bougie et 
Syouah (d apres Minutoli) , sou^**; Syouah (dapris 
Konig), tessoua, forme d'habitude; Chaouia, ses 
j*m«; Mzabi, eso. 

Bodche, imf^ct; Zouaoua, Bougie, Chelh'a, id. 

C 

Chameau, alr'am *ji)I; Bougie, alr'em; Syouah et 
Zouaoua, alr'oum; Oued Rir', algom *Jsl)t; Rif, 
arr'an (£*;t; Chaouia, alrem ^1; Ghdam&s, aHlam 
^J!; Mzabi, alem ^\\ Chelh'a, aram *jl. 

Chat, iat'ous j-jlx*. 

Chatte, tiat'oust cr*u^b&;i. 

Chemin, abridh j^t; Chaouia, Bougie, Oued Rir' et 
Mzabi, abrid <X?^ - r Zouaoua et Rif, abridf *Ny'. 




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310 AVRtL-MAI-JtJlN 1885. 

ChieN, aldi <$<>$; Rif, atzi <sy\\ Zouaoua, Chaouia 
de 1'oueSt et Mzabi, aidhi (s *hi)\ Ghdam&s, idi (ee- 
dee) & <yJ ; Z^naga •, idhi (s *^j\ . 

Chien (petit), ar'zim *j£l; Zouaoua, dk'joun ^jjil, 
cbien en general; Beni-Menacer et Chaouia , ak'zin 
0V$t; Syouah, ak'etzeni j)**'; Guanche de Palma, 
aguayah. 

Ciel, ajenna bjJ; Rif et Chaoufe, id.; Zouaoua et 
Bougie, igentti <$&!; Chelh'a, igeitna L£;Z6naga, 
gounouen yyy*. Cf. sur les divers sens de ce mot 
une note de M. Newman , Libyan Vocabulary, 
p. 187. 

Coqs iazit quj; Mzabi, iazet c*u>; Chaouia, iazet et 

gazet o^; Bougie, aiezit! \*>y); Zouaoua, aiezidh 

- d°y) ; Z&iaga , aoaajoad a^y ; Chelh'a , youzad alj^. 

D 

Dattb, tini ^»; Zouaoua, id.; Mzabi et Chaouia de 
lest, iieni : a Syouah,. tena Us d&igne la datte 
mure; Rif, tinini ^Juu; Oued Rir', teni <$3. 

Dire, amel J*l; «je dis», amlar' £5l#l; « ils disent», 
me/art (JSK*. Dans les autres dialecles , amel signifie 
t< indiquer, montrer » ; le touareg kel-oui seul 1'em- 
ploie aussi dans le sens de dire. 

£ 

Ecrire, ari<£)\\ «j'£cris», ad'ariar'; Chelh'a et Bou- 
gie, arou^V 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB&RE. 311 

F 

Faire, egga Lsl; «je fis», aggcrf jlSl; Chaouia, eg 
<2)l; Mzabi, *d/ gl. 

Femme, tameftouili e^lSusf; Zouaoua, ihameft'outh 
e^ELc; Chelh'a, tamettout e^yLf; Mzabi et Cha- 
ouia, tamettdt; Oued Rir', tamtot. Ces diverses for- 
mes sont des allongements de la forme primitive 
tamet oUr, qui s'est conserve k Ghdamts et k 
Ghat (+H+) , ou tamed 333 , qui existe encore 
dans ies dialectes Kel-oui et Ahaggar. Dans le 
Guanche de T&i^rifFe, tchamato (Pchamato). 

Fille, temechkani oul&Sug; Zenaga, tnechkimt 
« femme » ow£aJu\ 

Fils, memmi Jfi; Oued Rir', id,; Bougie, Chaouia et 

Mzabi, memm 1*; Chelh'a, emi <^l. 

FrAre, aoaa !jl; Mzabi, wua |^?. 

G 

Gens, medden ^«x*; Chelh'a, Zouaoua, Bougie, td.; 
Mzabi , midden. 

H 

Homme, orjaz &1; Zaouia, Chelh'a, Chaouia, II- 
loulm, id.; Bougie, Chaouia et Rif, argaz; Ta- 
gouarjelent, ardjaz y*.$\ Mzabi, arjaz )jj;5; Beni- 
Menacer et Rif, dapr&s Hanoteau, ariazyjS. 




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312 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

M 

Main, afous o-y'; Bougie, Oued Rir' et Chelh'a, id., 
Mzabi, Chaouia et Syouah, /cms ^y; Ghdames, 
afas j^il; Zenaga, oafes (j^J, pi. afoach (j&^tl. 

Maison, tazak'k'a li^b; Zouaoua, tliazek'lia \sfi. Ce 
mot parait avoir eu primitivement le sens d'en- 
ceinte : & Ghdames, ihczak'a Lk$ signifie «mu- 
raitle » ; dans les dialectes de Bougie et de Ghat 
(touareg), azekka lb;l, •!#, d&igne un tombeau. 

Manger, etch gl; «je mangeai», dehor' jl^t; Zoua- 
oua, Bougie et Syouah (daprfes Minutoli), id.; 
Ghdames, ach (ashjyfil; Syouah (dapris Konig), 
atchou y*»\ , et (dapr&s Cailliaud) gadtchid (?)U^l£; 
Kouzt, eitech jz»s\; Chaouia et Mzabi, ettat otfl. 

Mer , ifc7 JA?1. 

M£re, iemma Cc; Ghdames, id.; Chaouia, Bougie et 
Zouaoua , imma U:t ; Zenaga , ioamma U^> ; Chelh'a , 
emma 151; Syouah, omma; Mzabi, mamma Uf. 

Mule, ter'allith e«jJUs. Ce mot se rattache probable- 
ment a la meme racine que ar'loal, f. thar'ionlth 
«ane», rac. r'l J*. 

N 

Nez, tenzert c^US; Syouah, id. G'est ie diminutif 
singulier de la forme inzer rf\ employee en 

zouaoua et en rifain. A Bougie, on se sert du 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 313 
pluriel de la forme simple : anzaren ^yt ; dans le 
Mzabi et le Z6nag^, on trouve le pluriel du di- 
minutif tinzar^ys (Mzabi), Oued Rir', teftzet; tin- 
djereun m^? (Z&iaga). 



Paradis, ijenni £j\; Zenaga, djen ^^; Chaouia, 

djennet cuJb* ; Mzabi, adjennet cuJbJ (ar. iU^). 

Pere, bqba*ijli\ Ghdamfes, Zouaoua, Z&iaga, Bou- 
gie, Mzabi, Chelh'a, id.; Syouah, abba CI. 

Pied, dar $s\ Chaouia, d'ar; le Mzabi emploie le 
pluriel darnyjis; Syouah, t'arjile; Ghdam&s, adar 
^bl, Zouaoua et Chelh'a, adhar ^U>l; Bougie, 
at f ar)\3a\; Rif, izar )ty. 

Poole, tiazit' Ia*)L3; Bougie, thaiazit ^bb; Mzabi, 
tiazet, tasajet c£j**b; Chaouia, tagazet c^Sb; 
Syouah, tiazitit oJaj)U3; Zenaga, tajoudjoudt 
c^^a^b; Oued Rir', tehaizet c^»l^*. 

R 

RiviAre, * loued (arabe) ^t^ll. 



Terre, tamort k&JS; Syouah et Mzabi, id.; Chelh'a, 
tamourt c^yf ; Rif, tammourth &)y£\ Bougie et 
Zouaoua, thamourth erj^c; Chaouia, amor* eyt!. 

Tete, ikhf\J&$\\ Bougie et Chelh'a, id.; Syouah, 




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314 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

akhfi j*J; Zouaoua et Chaouia, iV/*vJubJ; Ghda- 
mes, ir'af(irg'af); Oued Rir', ikfu&\, pi. ihfoaan 
wy &j\ ; Z^naga , if ^1 , pi. afoun uy h\. 



Venir, ased «X*»I; Zouaoua, Bougie, Syouah, Cha- 
ouia, id.; Chelh'a, soud *y* ou soud! by*, « mon- 
ter ». 

Voir, zer jy Zouaoua, Chelh'a, Bougie ; Chaouia, 
id.; la vocalisation en a de la terminaison de la 
i ro personne, changee en i dans les autres dia- 
lectes, scst maintenue a Djerbah : «je vois», 
azrar'. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERR^RE. 315 
III 

DIALECTE DE GHAT. 

Depuis la fin malheureuse de la mission Flatters, 
les relations avee les Touaregs toujours sous la 
crainte de repr&ailles sont devenues extremement 
difficiles, meme dans les pays qui n'appartiennent 
pas a la France. C est pourquoi a Tripoli j'ai du avoir 
recours, pour les vocabulaires qui suivent, non h 
des Touaregs, qui ne font plus dans cette ville que 
de rares et courtes apparitions , mais a des gens qui 
avaient vecu assez longtemps parmi eux pour que 
le temahak' leur flit devenu famiiier. Le vocabu- 
laire de Ghat, ainsi quun autre de la langue du 
Bornou , ma et£ fourni par un n&gre du nom de 
Labou, ag6 d'environ vingt-sept ans. Ne dans le 
Daoula, canton du Soudan^ il fut, tout enfant, 
amen£ comme esclave en Egypte, de 14 4 Ghat, ou 
il habita un certain temps, puis au Bornou , etenfin 
il fut vendu A Tripoli. II portait sur les joues quatre 
cicatrices qui, d'apres lui, servaient h distinguer, 
dans son pays, les chretiens(P) et les musulmans 
dcsjuifs,etqui, dans ledialectede Ghat, senomment 
tcKakaden. II est plus vraisemblable d'y voir une cou- 
tume paienne. 

Situee sur la grande ligne commerciale qui va 
de Tripoli au Soudan , et dans un territoire abondant 




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310 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

en eau, Ghat (ou R'at) &ait appelee & devenir le 
principal entrepot des marchandises europeennes et 
africaines, et, sans les exactions et la rapacite des 
Touaregs qui - per§oivent des droits exorbitants sur 
les caravanes qyi'ils escortent, elle aiirait atteint une 
prosperite plus grande que celle dont elle jouissait 
lors de son annexion k la Turquie , date de sa deca- 
dence. Dans son ouvrage sur les Touaregs du nord 
(p. 267), M.Duveyrier identifie 1'oppidum de Rapsa f 
dont Timage figura dans le triomphe de Cornelius 
Balbus \ avec la ville de Ghat fondee , suivant une 
tradition locale, il y a seulement quatre ou cinq 
siicles , par les Kel-Rhafsa et d'autres Touaregs. Ce- 
pendant il faut remarquer que ni El-Bekri (xi e si&cle 
de notre&re) ni El-Edrisi(xn e siecle) ni Aboul-Feda 
(xu e -xin e si&cles) n en parlent dans les descriptions 
detaillees qu ils nous ont laiss^es de 1'Afrique septen- 
trionale. Ghat est nomm^e pour la premiere fois par 
Ibn Batoutah (xiv e siecle), ce qui tendrait a confir- 
mer la date donnee par la tradition. Longtemps in- 
dependante sous le protectorat des Touaregs Azger, 
elle fut livr^e & la Turquie en 1 875 , par leur chef, 
Ikhenoukhen, impuissant a soutenir une lutte enga- 
gee contre les Ahaggar au sujet des peages & perce- 
voir sur une caravane de Ghdames. Cetle ville a et6 
visit^e et d^crite par Barth 2 , Bouderba 3 et Duvey- 

1 Pline, Hisloria naturalis, L V, c. v. 

2 Reisen uml Entdeckungen in Nord- and Central- Africa , Gotha, 
i8'57, 5 vol. in-8°, t. I, p. 259-264. 

3 Voyage a R'at (Revue alge"rienne ct coloniale, 1859). 



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NOTES DE LEXIGOGRAPHtE BERB&RE. 317 
rier 1 . Le dernier voyageur europ^en qui y ait pene- 
tr& 9 et le seul depuis Inoccupation turke, Edw. von 
Bary, y mourut subitement au retour d une tentative 
inutile pour p^netrer dans 1'Air, et sa mort a fait 
peser sur le k'aimak'am ottoman , Es-Safi , les soup- 
50ns d'empoisonnement les plus fond^s 2 . 

Le dialecte parle dans cette ville est une transition 
entre le touareg du nord (temahak') et celui du sud 
(tamackek'). II participe des deux pour la phone- 
tique, tout en se rapprochant de 1' Ahaggar pour 
le vocabulaire. Comme dans ce dernier, 17i ( I ) re- 
presente Ys (O) et le ch (3) des Aouelimmiden 
(dialecte du sud); ex. : (Ghat) ekahi « coq » = akess 
(Aouelimmiden); (Ghat) hanka «gazelle » = achijikat 
(Aouelimmiden). Le j (X) correspond au ch (3) du 
meme dialecte ; ex. : (Ghat) ijed « ane » = eched (Aoue- 
limmiden). Mais on trouve d6ja k Ghat la tendance, 
si frequente dans les dialectes du sud, k mouiller 
certaines lettres: (Ghat) ioal «cceur» = oaZ (Ahag- 
gar); (Ghat) iesou « boeuf» = esou (Ahaggar). Le ch 
(3) et le j (X) se substituent aux lettres fortes cor- 
respondantes des dialectes du nord; ex. : (Ghat) echou 
«boire» ==esou (Ahaggar); (Ghat) chkaoua «coirpe» 
= isek (Ahaggar); ( Ghat) ejedi a sable » = tyedi( ^Ahag- 
gar). Le tch se substitue au t (+); ex. : (Ghat) tchar'si 
« chevre »»= tir'si; (Ghat) tchemsi «feu» == temsi 
(Ahaggar). En terminant, je rappellerai que cest 

1 Les Touaregs da nord, Paris, 1864, gr. in^8°, p. 266-275. 
1 Maunoir et Duveyrieiy Annie giographiqne t 1877, Paris. 1879, 
p. 332-343. 




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318 AVRIL-MA1-JUIN 1883. 

dun nfegre que je tiens le vocabulaire de Ghat, et 
que ces courtes remarques sur la phonetique de- 
vront Stre confirmees par de nouveiles recherches. 
Les nouis de nombre sont, a peu d exceptions 
pres, les raemes que dans les autres dialectes. En 
voici le tableau compare : 



Ghat. 



Ahaggah. 



Kel-Oui. 



i ian \%, 


Hen 


ian 


2 sin IO 


sin 


issin 


3 k'aradh30"* 


keradh 30* I 


k'aradli 


& sekkoaztt* 10 okhoz #• I 


okkoz 


5 sommous ODO 


semmous 


sammous 


6* unfit 1 0n© 


sedis 


sadis 


7 sa •© 


essa 


essd :Q 


&tam3+ 


ettam 


ettam 


9 teza tt+ 


tezzaa 


tezza 


iO rneraou SOD 


meraou 


maraou 


1 1 meraou d'ian 


meraou diien 


maraou dian 


IsnrOD 






ao senat meraouin 


senatet temrouin 


essin maraou IO 


1:03 +IO 


U03+++IO 


:03 


3o karadh meraoui 


karadhet temrouin 


karadh maraou • I 


i:03 30-: 


I-.03++30-: 


:OD 30 


io timedi ["0+ 


ttmidhi 3D+ 


timadhi 


1000 ajim 1 DX 


*efedh31l 





Les dialectes touaregs presentent entre eux encore 
moins de differences grammatical que les dialectes 

1 M. Freeman donne Sadhis 030. 

* Le dialecte de Ghat a conserve 1'ancien mot berbere ajim perdu 
dans celui des Ahaggar. Gelui-ci emploie ejedh qui parait 6tre em- 
prunte a la racine arabe jbli, ja*i-A « 6tre abondant». 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB^RE. 319 
kabyles. Je renverrai done pour la morpbologie en 
temahak' de Ghat et en Kel-Oiri a 1'excellent ouvrage 
du general Hanoteau 1 . La grammaire dece diaiecte 
a ete aussi cxposee par M. Stanhope Freeman, an- 
cien vice-consul d'Angleterre k Ghdames 2 , 



Agneau, a k' roust +©(}••• . 
Agneau (Petit), adjemet +DX. 
Alleb, agri OT. 

Ami, amedi ["ID; Kel-Oui, amidi; Aouelimmiden, 
imidi. C'est sans doute le meme radical qui entre 
dans la formation du mot ameddakoul, employ 4 
avec quelques variantes phonetiques dans les dia 
lectes du nord (voir page 289). On peut cepen- 
dant rattacher ce dernier & la racine doukel J6ja 
ou d'oukel J^i « ctre joint ». 

Ane, ijed m?; Aouelimmiden, iched HDi. 

Ane (sauvage), houlal II III > Ahaggar, ahoulil; en Aoue- 
limmiden, ahold , fern, taholilt +IIIIJ+ a le sens 
danon. 

Ann^e, aouetai ^+* # ; Ahaggar, id., Aouelimmiden, 
aouatai. 

Arbre, azebib tDDltt. 

1 Essai de grammaire de la lanyue tamachek', Paris, grand in-8°, 
i860. 

* A grammatical Sketch of the temahug or towarek language, Lon- 
don, i862,in-8°. 




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320 AVRIL-MAI-JU1N 1883. 

Argent, azroufllOit; Aouelimmiden, aserefllOO; 
Kel-Oui, azer Ott. 

Attendre, idher' :3. 

Autruche, tchamzin KJQ3+; eridh 30; enali II I. Ce 
mot correspond & la forme ankal II 1 1, pi. inhalen 
I lljl, des Kel-Oui et anhil des Ahaggar et des Az- 
gers. II d&igne surtout lautruche male. Aouelim- 
miden, enhe (?) |l, pi. enhal \\\\. 

B 

Bagde, asendar OI1IO. 

Blanc, imelkl II ID; Kel-Oui et Ahaggar, id. 

Bl^, irden inO. Forme du pluriel employe comme 
collectif chez les Kabyles du Jurjura. Le singulier 
aierd FIO^* existe dans quelques dialectes. 

Bleu, irar'en liO. 

Boeup, iisoa :G^; Ahaggar, esou lO. 

Boire, echoa t3; Kel-Oui et Ahaggar, esou :GX 

Bon, ioular^en 1:11^; Azger et Ahaggar, id. 

Bouche, emi •D; Kel-Oui, if.; Ahaggar, imi; Aoue- 
limmiden, em. 



Cavalier, iour'ar eh nais O^l I 0:2^ «dominateur 

du chevaln. 
Chameau, amnis GID , pi. menas OID. Cette derni&re 

forme est employee en ahaggar et en Kel-Oui. 

Aouelimmiden, ameniss, pi. imenass. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BEHBERE. 321 
Chat, k'arouch 3:O w . 
Chatte, takaivucht +3:0— +. " 
Chef, iour'ar en nakal II* II I OiH «dominateur du 

pays». 
Chemin, abareka *lOUl; abarek'a, pi. ibareketan OID 

!+•••, —OID dapr£s Freeman; Kel-Oui, aberka. 
Cheval, aisOi\ Kel-Oui, Ahaggar, Aouelimmiden , 

id. 

Cheveu , amzad \ltt3 ; Ahaggar, id. 

Chevre, tchar'si G:3+; Kel-Oui, id.; Hour'as, tir'si 

G:+. 
Chose, k'aia •%.—. 

Ciel, afell UK*. En Aouelimmiden afelle signifie 
« nord et desert » ; en chelh'a , fell a le sens de « au- 
dessus «. 

Clef, asarou tOO, pi. isour OtO; Ahaggar, id.; pi. 
isoura. 

Coedr, ioul Wl'i; Ahaggar, oul II: ; Aouelimmiden, 
ouUti, •jIU; Kel-Oui, oaZem DU. 

Coq , ikahi • 5 • * ; efcafti, pi. ikahan 1 1 • I d apr£s M. Free- 
man; Kel-Oui et Ahaggar, ekahi; Aouelimmiden, 
akess ©• I • , pi. ikassan IO* I •. 

Corbead , agalit +IIT . 

Corne , ickkaoua I • 1 3 ; Ahaggar, weft • IO ; Aoue- 
limmiden, essoft, pi. isskaouen i:°:0. 

Cuivre, <?rar' SO; Kel-Oui, iar'er OH; Ahaggar et 
Aouelimmiden darour' :Ofl. Cf. le mot ourar iO: 




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322 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

qui , dans certains diaiectes , a ie sens d'« or » , aou 
rar' ^\. Cette signification comme celle de 
«cuivre» derivent probablement de celle de 
«jaune», qua aussi le meme mot en kabyle. Cf. 
la meme derivation dans l'6thiopien OGty (Dill- 
niann, Lexicon lingua eethiopicee, col. 898). Peut 
etre faut-il y voir un emprunt a 1'arabe (^^] , rac. 
fa) , ce qui detruirait 1'hypothese d apres laquelle 
le mot latin aurum viendrait du berbere aoarar' 

D 

Dans, d'ar' in. 

Demandeb, qjmi OI. 

Dire, ani *l; Ahaggar, en I; Aouelimmiden, anon. 

Donner, akfi •]£• I ; Ahaggar, ekf TL*l. 

E 

Eau, aman Q. Ce mot s'emploie dans tous les dia- 
iectes berberes. 

Elephant, aha til; Aouelimmiden et Ahaggar, eloa, 
pi. elouan I til. 

Enfant, abarad HOD], fern, tabarat +OD3+, pi. to- 
baraiin I+OIH+; Ahaggar, abaradh 3O0J «jei*ne 
homme», fern, tabarat' 30ID+. 

Ennemi , ihenga T 1 1 ; Ahaggar, acheng'i >4I3 ; Kel-Oui , 
ihendja XI |. 

&>&;, takoaba ttl*:+; Ahaggar, Kel-Oui, id.; Aoue- 
limmiden , takoba. 



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NOTES DE LEXICOGRAPH1E BERBIilRE. 323 
Esclave, ajinaouen UIX (pi.). 

Esclave, akli II • I ; Aouelimmiden et Ahaggar. id.; 
Kel-Oui, aklil. 

Etoiles, itrafi IO+ (pi.); Ahaggar, atri # 0+, pi. 
itran; Aouelimmiden, atar, pi. iiaren; Kel-Oui, 
irun IO. 

Eire, (aor.) ilia *ll; Kel-Oui et Aouelimmiden, id.; 
Ahaggar, ila. 

P 

Faim, laz #11; Ahaggar, id.; Aouelimmiden, lass 

Oil. 
Faim (Avoir), ellouza #11; Ahaggar, ettaz. 
Faire, ar'ma Dz. 

Femme, tamef +3+; pi. tsioudouditi inrUO+; Kel- 
Oui, I'amet' 33+, pi. tidouden inn+; Ahaggar, 
tame? 3D+, pi. tidhidhin I 33+. A cot6 de la 
forme tamed, on trouve en Aouelimmiden la forme 
allongee et usit^e dans les dialectes kabyles du 
nord, tatnt'out +3D+. 

Fer, tazoali ll#+; Kel-0ui, tezali; Aouelimmiden, 
tasoli IIO+. 

Feu, tchaasiOZ}+\ Kel-Oui, tenxsin I03+; Ahaggar, 
timsi. 

Fievre, tezzar* :#+; Kel-Oui, tezzakt +•!#+. 

Fille, elli II; Ahaggar, oult +IU et iZ//; Aouelimmi- 
den, ouelet. 




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324 AVRIL-MAI JUIN 1S83. 

Fils, roar OO; Ahaggar, id.; Aouelimmiden, rori, 
ronri. 

Fleurs, ichar'aren IO:3 (pi-)- ^ n a ^ a gg ar » ce mot 
signifie «bois». 

Foulane (homme du Foulah, Peulh), afallou :||J[; 

Ahaggar, afoulli ^II3C. 
Fourr^, tanejouft +3CXI+ . 
Frere, anqetma D+TI . 

G 

Gazelle , hanka • 1 1 • ; Aouelimmiden , achinkat + • I 13 . 

Gazelle , oudad Fin : ; Kel-Oui , id. 

Gens, akalen (pi.) /Il # J. Dans les dialectes du sud, 
ataZ Hi. 

Gerboise, iadhoui H3i; Ahaggar, adkoaiUB. 

Girafe, amdar' inD; Ahaggar, amder 1 ; Aouelim- 
miden, amdar Om, pi. imedderen lOrn. 

Gomme, tainoucht +Ol&¥ . 

Grand, amek'k'ar 0** # D, pi. imek'k'aren IO ### D . 

H 

Habiller (S'), sels OHO (forme factitive); Ahaggar; 

'id. 
Homme, alis OH; Aouelimmiden, id.; Kel-Oui et 

Ahaggar, ales, pi. medden HID. 

L 

Labser, aivi'i; Kel Ou'i et Ahaggar, id. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 325 
Lance, tsilit +IIO+ 

Lance, ar'ar Ol\ Aouelimmiden, agor OT (ar'or 
O: ); Ahaggar, allar' 511. 

Lion, ahat J :•; Aouelimmiden, eher Oi, pi. dheran 
IOI. 

M 

Main , afous Oil ; Aouelimmiden , Ahaggar et Kel-Oui , 
id. 

Maison, ihnen /If , pi. ihnana. Le diminutif tahent a 
le sens de «tente», ainsi que les mots formes de 
cette racine dans les autres dialectes. 

Maitre, mas GD; Ahaggar, mess. 

Manger, atchi 3+; Kel-Oui, id.; Ahaggar, ekch Zi*l. 
«je mange», atchik- •••3+. 

Mauvais, ichat\ 33. 

Mehari, amnis en tarik *rO+ I OG uchameau de 

Touareg». 

Mensonge, bafoa 3CID; Ahaggar, id. 

Mer, Fleuve, koulama 31!*!. 

Miroir, tchisit, +03+. 

Mois, taillit +11+ ; Ahaggar, taillilt +IIII+, pi. tellil 
II 11+ ; Ahaggar, pi. tillil et tillilin /ll 11+ . 

Montagne , ad'rar' iOfl ; Ahaggar, adrar OOn ; Aoue- 
limmiden, adar OFl. 

Mqurir, (aor.) iemmout+3&\ Ahaggar, immout; Kel- 
Oui, iemmat. 




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325 AVRIL-MAI-JtJIN 1883. 

N 

N&srillon, akchoa 3*1; Ahaggar, /J. 
Noir, iscttafen, IH+O; Kel-Oiri, iV/. 



OEil , t'Wcouen (pi. ) 1 1 33 ; Ahaggar, Aouelimmiden , • 

Kel-Oui, id. 
Oiseau, agadidh 3nT,pl. igdadh; Aouelimmiden, 

ag'did nnX; Ahaggar, ag'dhidh 33>4; Kel-Oui, 

ajedidh3T\X.. 

0&,ouragh :OJ; Aouelimmiden et Kel-Oui, id. 
Ouvrir, ari O; Kel-Oui, id.; Ahaggar, ar. 

P 

Pain , tchikaoua l • 1 3+ . 

Panth^re, amais O^D. 

Passer la nuit, ens Ol ; Ahaggar, id. 

Pays, Terre, tanari OI+; en ahaggar, tiniri signifie 
« plaine ». 

Pays, afcaZ II* I. 

Peau, elam Dll; Aouelimmiden, tf/wi. 

Pere, 6ata DUD; Aouelimmiden, o6a, aba ID. 

Petit, ifcarad IIOID. 

Pied, adar OH; Aouelimmiden, id.; Kel-Oui, ad'ar 

ox.. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 527 
Pilon, tihammezi 4tG|+; Aouelimmiden, iekhamsi 

o::+. 

Pluie, ajenna IX; Ahaggar, ag'enna l>4; Aouelim- 
miden , adjinne IXD ; Kel-Oui , aman n ajenna « eau 
du ciel » , IX /□ . 

Porte, taoaert +0«+ . 

Purrs, amoa M. En aouelimmiden ce mot design e un 
puits profond. 

R 

Roi, amenoukal II* ID; Ahaggar, Kel-Oui et Aoue- 
limmiden, id. Peut-etre faut-il decomposer ce 
mot en amen n oukal « seigneur du pays ». II est 
absolument inconnu dans les dialectes du nord, 
m^me les plus purs, qui emploient agellid ou 
ajellid. 

Rouge , ahaggar OT * . 

Rougeole, loamet +DII; Ahaggar, id. 

S 
Sable, ejedi FIX; Kel-Oui, ajedi; Ahaggar, egediH'W 
Seigneur, amr'ar Ol3; en ahaggar, amr'ar a le sens 

de avieillard)), cf. larabe #&. 
Slougui, aidi 9 YM\ en aouelimmiden 6di *n designe 

un chien en general. 
Slougui (Petit), abaikour'O* I^IH. Enahaggar ce mot 

s'emploie pour le slougui adulte. 
Soeur , oualtma D+ll • . * 




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328 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

SoiF,foada PI3C; Ahaggar et Aouelimmiden , fad. . 

Souliers, tchiboudjidjin, IXXQ1Q+; Aouelimmiden, 
eboachige T3Q]. 

Sourcils, tounouar'. :Sl+. 



Tente, iahcnt +l|+. La forme simple iki \ , pi. eta/i- 
naM /If, s'emploie en aouelimmiden. En azger 
et en ahaggar tahent designe Tint^rieur de la tente. 

Tibbous, ikkaradhen I30 m l. 

Tuer, anr' ;l; Ahaggar, id.; Aouelimmiden inr'. 



Vache, tiisout +0^+; Ahaggar, tes <D+; Aouelim- 
miden, chitan 1+3. 

Veau, teloukit +• 111+ diminutif d'efouki; en ahaggar, 

teloukit estle feminin dV/oa/cietsignifie «genisse». 
Vent, adhoa :3; Ahaggar, id.; Kel-Ou'i, adou *n. 
Ventre , tasa ©+ ; Ahaggar, Kel-Ou'i , Aouelimmiden , 

id. 
V^role (Petite), bedi IDri; Ahaggar, id. 
Vetement (blanc), ad! err* aft +3L:Ol. 
Visage, oademUW.; Ahaggar, Aouelimmiden, edim; 

Kel-Oui , oud'em Djt « couleur ». 
Voir, ani I; je vois, ania/ SI; Ahaggar, id. m 

Voyageur, amsikel IhlOD; Ahaggar, amessakoul; 

Aouelimmiden , amaftokal. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB^RE. 329 
IV 

. DIALECTE DE KEL-OUL 

Les Kel-Gui, une des plus importantes fractions 
des Touaregs, habitent loasis d'Asben ou Air, la 
« Suisse africaine » dont Barth 1 a donn^ la plus riante 
description. Cest a lui que nous ,devons la connais- 
sance detailtee de cette oasis montagneuse situ^e 
entre le Fezzan et le Haoussa. Jusqu'alors aucun 
voyageur europ^en ne Tavait visit^e, et depuis, 
toutes les tentatives dexploration sont restees in- 
fructueuses. En 1877, Edw. von Bary dut renoncer 
&yp£n&rer, et, en 1881, le massacre dune partie 
de la mission Flatters eutlieu prfes du puits d'Asiou, 
sur la limite septentrionale de 1'Air. 

Ce pays, qui compte parmi ses principales villes 
Agad£s, cel&bre dans les trois derniers si&cles 2 , et 

1 Barth, Reisen nnd Entdechungen in Nord- and Central- Africa, 
5 vol. in-8', Gotha, 1857, t. I, p. 3*o-365, 399-435. Air est le 
nom berbere de 1'oasis, Ashen le nom donne par les Soudaniens. 

* Une description speciale d'Agades avec une carte et un plan de 
la ville a et4publiee, dapres les lettres de Barth, dans le Journal de 
la SocUtd de giographie de Londres , sous le litre Progress of the Afri- 
can mission consisting of Mssrs Richardson, Barth and Overweg to Cen- 
tral Africa, i85i. On y trouve aussi quelques textes et un vocabu- 
laire du dialecte soudaoien parle dans cette ville et dans le sud-ouest 
de 1'oasis, depuis 1'expedition de Moh'ammed Askia, roi de Tom- 
bouctou, au xvi* siecle. Barth le nomme Emghadesie, il porte aussi 
les noms de Songhai ou Sonrai, Kissour et Kouire'liini. Le voyageur 
allemand l*a &udie specialement dans son travail sur les vocabulaires 
du centre de I'Afrique [Sammliing und Bearbeitung Central- A frika- 

a3 




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3.30 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

Tin-Telloust, represente i'Agisymba regio de Marin 
de Tyr, cite" par Ptolem^e, ou Julius Maternus, de 
concert avec le roi des Garamantes, fit une expedi- 
tion \. Les ecrivains arabes n'en font aucune mention 
jusqu'& Leon f Africain qui parie du desert de Hair 
et d'Agades. Peut-e'tre est-ce vers f^poque de ce 
dernier auteur que cette ville recut son nom actuel , 
car il dit que peu auparavant elle avait £te entou- 
tie de murailles par un certain roi. Les traditions 
nationales, recueillies par Barth, rapportent quune 
population primitive, les Goberaouas, venue du 
Haoussa , fut extermin^e , k 1 exception des femmes 
et des enfants, par une immigration de Berbers du 

nischer Vohabularien , Gotha, 1862-1 865). D'autres lex iq lies de 
cette langue qui se parle jusqu'a Tombouctou ont e^e recueillis par 
Gaille (Journal dun voyage a Tombouctou, 3 vol. in-8°, Paris, i83o. 
t. Ill, Vocabulaire franpais-hissour, p. 3o3-3i5); Denham, Voyages 
et dtcouvertes dans le nord et les parties centrales de VAjrique, trad, 
fran^., 3 vol. in-8* et atlas, Paris, 1826, t. Ill, p. 42 3-426, Hodg- 
son, Notes on the Northern Africa, New-York, i844, in-8°, p. in, 
Suaing or Sangai, et M. Largeau (inedit). Un dialecte songhal, FA- 
mara , est connu par one lisle de mots donnee par Raffenel. Les mots 
cites par John Adams et le capitaine Lyon ne paraissent pas appar- 
tenir a ce dialecte. Voir aussi , sur Agades, Barth , Eeisen und Entdec- 
kungen, t« I, p. 435-527. 

1 Reprenant la these de d' An ville, M. Berlioux (Les anciennes ex- 
plorations et les futures de'couvcites de VAfrique centrale, Revue de 
giographie, 1879, p. 27)3 essaye d'identifier I'Agisymba regio avec 
le royaume de Cazembe des ecrivains portugais, situe au sud de 
Fe^raateur; mais cette assertion, appuyee sur une estimation erronle 
du system e cartographique de Ptolemee, noflre pas de vraisemblance. 
Cf. dans les Touaregs du Nord (appendice, p, 455) les faits par les- 
quels M. Duveyrier a corrobore 1 identification d'Air avec Agisymba 
proposee par M. Vivien de Saint-Martin dans son ouvrage sur le 
Nord de VAfrique dans Vantiquile. Paris, i863, in-8°, p. 21 5-2 23. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERB^RE. 331 
nord qtii se m&arig&rent ensuite avec le reste des 
vaincus. Leurs descendants furerit soumis k leur 
tour, vers 1760, par une invasion de Kel-Oui. Ceux- 
ci alt6r£rent par des manages la purete de leur race 
et s'attir&rent par li, de la part des Touaregs du 
nord, le surnom ihjurieux d'Iklan, «esdaves». 

Les Kel-Oui, riommes pour la premiere fois & la 
fin du si&cle dernier par Horneman l qui les d^peint 
sous les couleurs les plus favorables, se divisent en 
un grand nombre de tribus, dont les principales 
sont : leslrholang (Ir'olang) qui fournissetit tes sul- 
tans ou Amenoukal, les Ikaskesan; les Kel-Tafidet, les 
Kel-Naggarou, le$ Ikadmaouen, les Fade, les Kel- 
Elar, etc. Toutes ces tribus sont soumises & un chef 
qui reside a A'-ssodi. Avec les Kel-Geress, les Itis- 
san et les IseTaren, les Kel-Oui forment une eoiift- 
deration gouvern^e par lesult'an d*Agades^. lis ex- 
ploitent les cara vanes qui vont du Touat k Agad&s, 
d'Agad&s au Haoussa et du Touat h Katchena 3 . 

Leur dialecte, qu'ils appellent Aourar'ie (Aoura- 
ghi6), etait jusquiciinconnu 4 . Je dois le vocabulaire 
suivant a un marchand arabe de Ghdames, Belk'as- 
sem bou Mousa ben El-H'adj Moh'ammed El- 

1 Voyage dans Vintericur dc VAfrique, trad. franc,., Paris, an xi, 
in-8°, p. 2^1, 

2 $arth, Reisen and Entdeckungen , t. I, p. 376-393. 

3 Ha no tea u, Essai de graniniaire de la langue tamachek\ p. xxiv. 

4 D'apres Reinaud, Rapporl surle tableau des dialectes de VAlgirie, 
Paris, i856, in-8°, Geslin avait compose* un Essai de grammaire du 
dialecte louareg parU a Agades , niais ce travail reste ineditparait elre 
perdu aujourd'hui com me les autres manuscrits de cet auteur. 

23. 




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332 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

Ghdamsi, qui a parcouru k plusreurs reprises le Sa- 
hara et le Soudan, de Tripoli k Saint-Louis du 
Senegal , et qui a habite quelque temps a Agad&s et 
trois ans k Tombouctou. 

Si , pour la phon&ique , ce dialecte pr&ente des 
rapports marques avec celui des Ahaggar, et si la 
configuration g^ographique du pays oil il est pari6 
la emp£ch6 de s adoucir comme k Ghat ou dans le 
sud, le melange de diverses populations a influe sur 
son vocabulaire qui se rapproche plutdt de celui des 
Aouelimmiden. La formation du pluriel des sub- . 
stantifs en ten ou en then est trfes fWquente : amahala 
« ange » , imahalaten; alii « chien » , aidathen; ekahi 
«coq», ikahaten, tandis qu'en Ahaggar et k Ghat, le 
pluriel est ekahan, etc. J ai d£j& donn^ les noms de 
nombre (p. 3i8); voici les pronoms personnels et 
la conjugaison de faoristfe. Pour le reste de la gram- 
maire, je renvoie 4 Touvrage d&jk cit6 du g^n^ral 
Hanoteau l . 

PROHQMS ISOLDS. 

Je nek' • • • I 

Tu (masc.) kai ^ # I 

Tu (fern.) t'iountii ^+1 :3 a 

Lui , elle netsa O+l 

Nous. nor' 51 

Vout kaouenn I • • I 

Eux netanet +1+1 



1 Essai de grammaire de la langue tamachek'. 

* Dtni ce mot le t emphttique est legereroent mouille. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIEBERBERE. 333 

PRONOMS AFFIXES. 

De moi ml;a moi, ii ^^ 

De toi ennek • 1 1 

De lui , (Telle. . . ennes Ol ; a lui , as O 

De nous ennanar' 5/1 

De vous eruiaouen 1 1 1 

Deux ennesan IOI 

aoriste. 

J'aifait dhtiViK 

Tu as fait tiknedh 3I» :+ 

11 a fait ikna\*: 

Nous avons fait. . neken I • 1 1 

Vous avez fait . . . teknam 31 • ! + 

lis ont fait eknan /!• I 

La particule ad' indique le futur et le present. 

A 

Ami , amidi ^rO , pi. imidiouen \l^T\3 ; Ahaggar, id. , 
pi. imidaoaen; Ghat, amedi; Aouelimmiden, imidi. 

Ange, amahcda lljU, pi. imahalaten I+Ilf3. 

Arbre, teckr'ar 0|3+, pi. ichr'aren 10*3. A Ghat, 
ichr'aren signifie «fleurs». Ahaggar, acfcefc *:3, 
pi. ichkan l**0; Aouelimmiden , ehichk **0|, pi. 
ehichkan h!3|. 

Arc , achr'er 0:0 , pi. ichr'aren IO|0 ; Ahaggar, acfcefc 

•:a. 

Argent, azer Ott; Aouelimmiden, aseref 3COO; 
Ghat, azVou/][OX. 




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334 AVfUL-MAI-JUIN 1883. 

Autruche, anhal II |l, pi. inhalen /lljl; Ahaggar, anhil 
« autruche male » , pi. inhal; Ghat, enali III; Aoue- 
limmiden, enhe (?) jl, pi. iVi/m/. 

B 

Berger , amedhan 133 ; Ahaggar et Aouelimmiden , id. 

Blanc, amellal II 113; Ahaggar, id.; Ghat, imellal. 

Bti, aierd l"10^; Ghat, ircfen inO pi. 

Bleu, abeidek -in^ID. 

Boeuf, afounas OI][. 

Boire, ^50tt JO; Ifouras,id.; Ghat, ichou $p. 

Bouche, emi ^3; ,Ghat, irf.; Ahaggar, iroj; Aouelim- 
miden, em 3. 



Cavalier, dfes ioar'ar O: J^ OH , mot k mot « homme 
montant ou dominant ». Cf. une expression ana- 
logue, k Ghat et chez les Aouelimmiden, iour'aren 
aiis Oi IO£:^, tandis que 1'ahaggar a conserve 
amnai ^13. 

Chameau, amnis OI3, pi. imnas; Ahaggar et Aoue- 
limmiden, id.; Ghat, pi. menas. 

Chadssdre, or' at' em 33:, pi. ir'at'emen 133;. 

Chemin, aberka -1001, pi. iberkatin l+«:OID; Ghat, 
ahareka. 

Cheval, aiis O^, pi. isatin l+O; Aouelimmiden et 
Ghat, id. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 335 

GhAvre, tchar'si OJO+; Ghat, id.; Ifour'as, tir'si 
G>:+. 

Ghien, L^vrier, cadi ^TM, pi. aidathen l+n^; Ghat, 
id,; Ahaggar, id., pi. iidan in^; Aouelimmidcn , 
edi -n. 

Chose, haret +Ol ; Ahaggar, id. Ce mot est peut-etre 
a rapprocher du kara ou kera kabyle. Cf. Masque- 
ray, Comparaison du vocabulaire du dialecie zenaga, 
dans Archives des missions scientific/ues , in e serie , t. V, 
1879, p. 499, note. 

Gel, qjenna IX; Aouelimmiden , achenna 13. 

Clef, asarou :OG) , pi. asarouthen l+OO ; Ahaggar, id. , 
pi. isoura; Ghat, id., pi. isour. 

Coeur, oulem DIU, pi. oulaman ID IK; Ahaggar, oul 
II:, pi. oulxwun Ml:; Ghat, loaf 11:^; Aouelimmi- 
den, oulhi ill:. 

Comment, mal 

Coq , efca/ii 5 • • , pi. ikahaten 1+5*1; Ahaggar et Ghat , 
id., pi. ekahan I**!; Aouelimmiden, afa?ss €>•!, 
pi. ikessan !©•:. 

Couledr , oud'em Dj: . En ahaggar et dans les dialectes 
kabyles oiwfe/n 3V\l signifie « visage ». 

Cuivre, iar^er O:^; Ghat, erar' SOI; Ahaggar et 
Aouelimmiden, darour' :OI"l. 

D 

Dieu, messina IOD; Aouelimmiden, messz OD; k 
Ghat, mas, et en ahaggar, mess signifient « maitre ». 




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330 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

Dire, amel II D. En ahaggar, ce mot a le sens dwin- 
diquer ». 

Doigts, adhad 113, pi. idkoadan ID3. 

E 

Eau , aman ID. Le nom daman « eau » , employe dans 
tous les dialectes berb&res , est un pluriel dont le 
singulier s'est perdu. II se rattache evidemment h 
la racine s^mitique m-ou qui a donne en arabe *t*, 
en h^breu D*D, en syriaque JLao, en ethiopien 
ffjat, et, dans les langues proto-semitiques, 
en £gyptien mod et en copte mcdoy (dialecte 
memphitique), et mooy (dialecte th^bain). II est 
a remarquer qu'en berb&re comme en hebreu , le 
pluriel seul est employe. 

Eclair, assam 30; Aouelimmiden , essan IO. 

Elephants, *ifilaten I+II3C, de Tarabe Jui. 

Ennemi, ihendja III; Ghat, ihanga Tl|; Ahaggar, 
ajcJieng'i *>4I3. 

6p^e, takoaba ID* I+; Ghat et Ahaggar y id.; Aouelim- 
miden , takoba. Sur Textension de ce mot dans les 
langues du Soudan , on peut consulter une note de 
Barth (Reisen, 1. 1, p. 2 5g), qui contredit formel- 
lement fassertion de M. Newman (Libyan Vocabu- 
lary, p. 191), daprfes laquelle ce mot serait em- 
prunt6 au songhai. Dans le vocabulaire inedit de 
la langue koureitiini ou songhai, que M. Largeau 
a eu Tobligeance de me communiquer, £pee se dit 
owri. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 337 

Esclave, aklil Mil-:, Urn. toMZ* +1111-:+, pi. iklali, 

fem. tiklaten 1+11*!+; Ahaggar, Ghat et Aouelim- 

miden, akli II*!. 

Etoile, iran IO pi.? Ghat, itran IO+; Ahaggar, atri 

O+, pi. #ran; Aouelimmiden, atar, pi. itaren. 
Etre , (aor. ) i7Ja • II ; Ghat et Aouelimmiden , id. ; Ahag- 
gar, .ila. 

F 

Faire, aor. ikna •!•!. 

Femme, iameit ED3, pi. tidouden inn+; Ahaggar, 
id. , pi. tididin; Ghat et Aouelimmiden , tamil +D+, 
pi. tsioudoudin inrUO+; Aouelimmiden, tamt'oat 
+3D+, forme allong^e. 

Fer, tezoli lltt+; Ghat, tazouli; Aouelimmiden, ta- 

*ofc IIO+. 
Feu, temsin IOD+; Ahaggar, temsi OD+; Ghat, Jcfc- 

amsi OD3+. 
Feuille, tifra 03C+. 
Fievre, tazzakt +*ttt+; Ghat, tezzar' :#+. 

Fils, abaradh 3O01; Ahaggar, id.; & Ghat, le mol 
abarad nOID signifie « enfant ». 

Fleurs (odorantes), ad'outen 1+1/ 
Foret, ichr'aren IO:3 ; & Ghat, ce mot signifie « arcs » 
et « fleurs ». 

Frere ( ain^ ), amek'k'ar # *3 , pi. imek'k'arin IO"D , 
de la racine jut^a ou ji# jj'ji qui a le sens d'« etre 
grand». 




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338 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

G 

Gazelle, oudad nnt, pi. oudaden inn:; Ghat. id. 
Guerre, amjar OXD; Ahaggar, amgar OTD. 

H 

Homme, odes Oil, pi. midden ll"0; Aouelimmiden et 
Ahaggar, id. Dans ce dernier dialecte, midden si- 
gnifie « hommes » , et meddan « enfants ». De meme 
& Ghat, d apres M. Freeman. 



Jaune, akerada nO'I. Ce nom a peut-etre une ori- 
gine etrang&re; en songhai, kara signifie « jaune ». 

Jeune, midiouen Un3; dialecte du Nord, mezzian 

L 

Laisser, aii ii; Ahaggar et Ghat, id. 

Lion, ener' 51, pi. inir'aten l+:l; a rapprocher da/iar' 
:|,usitea Ghat(?). 

Livres, *ikataben IQI+ # I , de Tarabe c^L^. 

Loup, Renard, abeggi ^YDD, pi. ibeggen ITID. En 
ahaggar, abeg'g'i ^XID , et en Aouelimmiden , ebag f 
>4ID, signifient «chaeal». 

LumiAre, * dhaou 13, de Tarabe *y&. 

Lune, Mois, diar H\ Aouelimmiden, aior O^. 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 339 

M 

Main, afons OJ[; Ghat, Ahaggar et Aouelimmiden, 
id. Le systeme de numeration chez les Berbires 
etant quinaire a Torigine , afous signifie aussi « cinq ». 

Maison, *takhamt +Di:+; Ghat, takham 311+ , de 
1'arabe £fy*- « tente ». 

Maitre, ineslima DIIOI, pi. ineslimaten +DIIOI. 

Manger, (aor.) itefca 3+; Ghat, atchi; Ahaggar et 
Aouelimmiden, ikcha □• I. 

M^re, tamr'art +Q53+, pi. timr'artin I+05D+. Ra- 
cine jtfii'ii. 

Modrir , (aor. ) iemmat +3i ; Ghat , iemmout; Ahaggar, 
immout. 

Modton, akha 11, pi. ikhiouan \lll. 

N 

Nez, tinha |l+, alteration de tenzert c^jJtf, qui s'est 
conserve dans le dialecte kabyle. Le zain s'emploie 
pour le ha : amzir', imohcu % '. Aouelimmiden, atin- 
ckerit +03I+. 

Nom, isettafen IIC+O; Ghat, id. 

Nom, *asam DO, de 1'arabe *tJ; Ahaggar, isem. 

Nuage, (yenna II. Dans les autres dialectes, ce mot 
a le sens de « ciel » ou de « paradis ». 



*OEil, tit'aiouin 1 1 3+ pi.; Ghat, id. En aouelimmi- 




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340 AVRIL-MAI-JUIN 1883. 

den et en ahaggar, on emploie le singulier tit' 3+, 

pi. tit'aouin, 
* OEof , abaradh en ekaki I • 1 I 3O01. 
Oiseau, ajeddidh 3HX, pi. ijeddadhen I3nx ; Ghat, 

agadidh 3ITf; Aouelimmiden, axjadid niTf, pi. 

igadad; Ahaggar, ag'adkidh 33T. 
Oncle maternel, ababaz ttlDQ], pi. ibabazen IttlDID. 
Oncle paternel, anr'asa 0:1, pi. inr r asen IOSI, peut- 

fitre & rapprocher de angathman D+TI (pour an- 

r'athman?), employe en aouelimmiden. 
Or, ourar' lOl; Aouelimmiden et Ghat, id. 
Ouvrir, ar O; Ahaggar et Ghat, id. 

P 

Pain, tekala &1+. 

Parole, aoaal II:. 

Partir, (aor.) igla HT; Ahaggar, /j'k NX. 

Pas (negation), our O*. 

Pays, Ville, ar'aroum DO:; Ahaggar, a^erem. 

PAre, amr'ar 0:3, pi. imr'arin IO:3. 

Peur, (aor.) isirma DOO. 

Pied, adf'ar OX, pi. zd'arn IOX; Ghat et Aouelimmi- 
den, adar On. 

Pierre, ablal II HID, pi. z'Mafeii /MlltD. 

Pluie, ama^i en ajenna 11/ D «eau du ciel»; Ghat, 
ajenna IX; Ahaggar, ajenna *l>4; Aouelimmiden, 
adjinna IX, 



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NOTES DE LEXICOGRAPHIE BERBERE. 341 
Poivre, tchitta +0+; Aouelimmiden, tichoachaten 

1+00+ « piment ». 
Poule, tekahit +f*I+. 
Prendre, eki •!. 

Q 

Quede, tabasoust +OOID+, pi. tibasas OOID+. 

R 

Revenir, {aor.) iour'el IIS* 

Roi, amenoukal II* CQ, pi. imenoukalen/U* l\3; Aoue- 
limmiden, Ahaggar et Ghat, id. 

Rouge, ahaggar OT| , pi. ihaggaren IOT j ; Ghat, id. 
Ruisseau, tid'ergen (plur.?) ITOX+. 

S 

Sable, ajidi ni; Ghat, gad; Ahaggar, egidi ITf. 
Sel, JwrnJ +IO+; Aouelimmiden, tesmit' 3DO+. 

Singe, biddou sniD; Aouelimmiden, pi. ibiddaouen 
I'llQ}. Ce mot est peut-etre un emprunt fait & une 
langue du Soudan; en fbulfoulde fpeulh ou fou- 
lah) singe se dit trandoii, pi. bddi, en Bagrimma, 
biti 1 . Cependant en zouaoua on trouve iddouy*yJ, 
pi. iddouen ^Oyj- 

Soeur, tamadr'at +:I"Q+, pi. timedr'atin 1+5111]+. 

1 Barth , Sammlung und Bearbeitung Central- AJrikanischer Vocabu- 
&irieii,III° Abtb., Gotha, i866, gr. in-8°, p. 198-199. 




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342 AVRIL-MAI-JUlfo 1883. 

En aouelimmiden tamadarait +^OriD+ signifie 

u soeur cadette ». 
Soleil, tafoukt+ 9 lll+\ Aouelimmiden, tafak *!3C+. 
Suivre, elkem 3* III; Ahaggar, id. 

Tjente, ihana l|, pi. ihariaten l+l|; Ahaggar et Az- 
gar, ehan; Aouelimmiden, ehe !, pi. ehinnan /\\; 
\. Ghat, tahent +l*+, diminutif. 

Terre, amad'an [J3\ Ahaggar, amhdhal II3D. 

Tete, ir'ef ][:, pkir. ir'afaoucn UlC:; Ahaggar, id.; 
Aouelimmiden , akaf it* I, craf ICO , er'af [tqhaf). 

Tuer, anr' 51; Ghat, id. % 



Vent, adou :i"l, pi. adouten l+ri; Ghat et Ahaggar, 

Ventre, tesa 0+-; Ghat, Ahaggar $ t ^ouelimmiden , 

idem. ';■* 

Vert, arr'an ISO. 
Vieux, ouchchar' :0:. 
Visage, oud'em Dll; Ghat et Ahaggar, oiwfem Dfl:. 



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NOTES 



DE 



LEXIGOGRAPHIE BERB&RE. 



IJE DIALECTE DES BENI MENACER. 

A 1'ouest d' Alger, entre Cherchel et Milianah, les Beni 
Menad et les Gouraya , habite la puissante tribu des Beni Me- 
nacer, qui forme un ilot kabyle au milieu des populations de 
langue arabe qui Tentourent. Gomme on Ta fait remarquer, 
il est probable que son territoire comprenait autrefois la Me- 
tidjah occidentale , et que ce ne fut qu'apres la seconde inva- 
sion arabe que cette. tribu fut en partie refoulee dans la chaine 
du Zakkar. 

Le dialecte pttie par elle , presqu entierement isol£ par sa 
situation geographique des groupes semblables de T Alg^rie , 
en diflere aussi au point de vue linguistique : a ce titre, il 
menterait deja d'etre etudie tout particulierement. Mais 1'in- 
teret qu'il excite augmente encore , si Ton considere qu il est 
parte a fendroit meme qui fut sous Juba II le centre de la 
royaute numido-mauritanienne. Jusqu'a present les docu- 
ments faisaient a peu pres deTaut pour T^tude de ce rameau 
berbere ; la grammaire et le vocabulaire d' environ 90 pages 
des dialectes des Aitb - Ferah compiles par Geslin a Tazert- 
Tamellalt (arrondissement de Milianah) sont aujourd'hui 
J. As. Extrait n° 1. (i885.) 1 



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perdus 1 . Une liste de mots, recueillie par M. Du verier et 
communique par lui a M. Newman 2 , a ete peu utilisee par 
ce dernier et est restee presqu'entierement inedite. Dans son 
Appendice a VHistoirc des Berberes d'Ibn Khaldoun, M. de 
Slane a donne la table des noms de nombre et des pronoms 
personnels et demonstratifs 3 ; enfin le general Hanoteau 
a publie la traduction d'un conte arabe 4 . 

J'ai utilise un court sejour a Chercbel au commencement 
de juin i884 , pour rassembler des lextes et un vocabulaire 
de ce dialecte curieux. et peu coonu. Ma tache a ete grande- 
ment facilitee par le khodja Si Mohammed c Abdi, fils du 
k'aid des Smian, que M. Tadministrateur du Gouraya vou- 
lut bien mettre a ma disposition. L 'instruction que cet indi- 
gene a recue au lycee d' Alger en faisait un auxiliaire precieux 
pour la tache que j'entreprenais ; la necessite de reprendre 
mon poste a Alger m'a seule empeche de profiter de son zele 
pour recueillir les materiaux d'un travail complet sur ce 
groupe oii des recherches ulterieures permettront, je crois, 
de signaler des dialectes. L'histoire des Beni Menacer etant, 
au moyen age , etroitement liee a celle de Chercbel , j'ai cru 
utile d' ex poser, d'apres les historiens et voyageurs chretiens et 
musulmans, les annates de cette ville depuis la conquete 
arabe jusqu'a nos jours 5 . Pour la derniere periode, celle de 

1 De Slane, Appendice & VHisfaire des Berberes, t. IV, Paris, 1 856, in-8% 
p. 53o; Reinaud, Rapport sur le tableau des dialectes^de I'Algerie, Paris, 
i856, in-8°, p. 20; H. Aucapitaine, Etudes recentes sur les dialectes berbers, 
Paris, 1859, in-8°, p. 7. 

* Newman, Libyan Vocabulary, London, 1882, in-8°, p. 7. 
« P.5o8-5i3. 

* Essai de qrammaire habyle, Alger, in-8°, p. 345-346. 

5 L'histoire de Julia Ceesarea a &t& faite d une facpn plus que succinte par 
MM. B. de Verneuil et J. Bugnot : Esauisses historiques sur la Mauritanie Ce~ 
sarienne et Jol Cmsariu (Revue africaine, 1869-1870). On trouvera dans la 
these de mon collegue, M. R. de la Blanchere (De reae Juba, Paris, i883, 
in-8°, p. 55 et suiv.) une description de Cherchel au temps de sa splendeur. 
Le sommaire que Berbrugger a mis en tete de son article sur Le fort de 
Cherchel (Revue africaine , mai i865) n'a aucune valeur : dans tous les 
ecrivains arabes, il n'a trouve* qu'un seul passage ( Ibn Khaldoun , i. IV, 



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1'occupation francaise, sur laquelle j'ai passe rapidement, 
M. Guin, interprete militaire principal a Oran, m'a fourni 
des renseignements inedits qui m'ont ete exlr^mement 
utiles. 

II m'a semble superflu de reproduire dans le vocabulaire 
les comparaisons philologiques que j'avais ptibliees dans la 
premiere partie de ces notes. Je n'ai fait de rapprochements 
que pour les mots qui n'avaient pas &e donnes precedem- 
inent, en y joignant les renseignements nouveaux que m'ont 
fournis les materiaux recueillis dans une recente mission dans 
la province d'Oran et le nord du Maroc (dialectes du ftif, 
des KVours, de l'Oued Noun, de Taroudant, etc.) et ceux 
que j'ai tire's de la premiere partie du recent memoire de 
M. Broussais, Recherches sur les transformations du berber 1 . 

Luneviile, le 3i aotit 1884. 

p. 1 4a) sur fhistoire de cette ville avant la conquete turke. La Revue afri- 
caine a public (t. 1 , 1 856- 1 857, p. 483 )une inscription arabe fune>aire trou- 
vee dans une mosquee aujourd'hui d&ruite. Sur Cberchel romaine , cf. la 
meme revue, passim, et le Bulletin de correspondance africaine, t. I , p. 28: 
Inscriptions inedites, Cherchel, et p. 127 : Rapport sar une mission scienti- 
fique , par M. Cat. 

1 Bulletin de correspondance africaine , mai-juin 1 884. 




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»(4)« 



Les Beni Menacer, ou plus correcteinent Aith Me- 
nScir (j**?L* e*>!) se divisent en deux groupes, Tun 
dependant de Cherchel, 1 autre de Milianah. Le 
premier se subdivise lui-meme en deux parties : les 
Cheraga (orientaux) et les Gheraba (occidentaux) ou 
Smian. Les premiers comprennent les fractions sui- 
vantes : 

Beni c Abd Allah; 
Oulad el- c Arbi ; 
Beni bou Salah' ; 
Tidaf. 

Les Smian renferment les fractions ; 

Ma^er; 
BeniH'abib; 
H'a'iouna ; 
Taourira. 

De Milianah dependent les fractions ci-dessous * : 

Zouaoua; 
Telakhikh; 
El-Helalchia; 
El-Gheraba. 

A quelle famille berb&re appartiennent les Beni 
Menacer? Leur nom , purement arabe , ne se retrouve 

1 Philebert , Expedition dans les Beni Menacer en 1871 , Paris , 
1873, in- 8°, p. 3. (Extrait du Journal des sciences militaires.) 



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dans aucune g6n6alogie nationale , non plus que dans 
les historiens on g^ographes musulmans. On peut 
supposer quils iadopt&rent k une ^poque r^cente 
(vers le xvi e siecle) et quils le diriv&rent de celui 
dun saint, nomm6 Mans'our, qui se serait fix6 parrni 
eux pour les ramener k la religion et serait ainsi de- 
venu leur ancetre spirituel eponyme 1 . 

Leur langue, quils appellent zenatia, semble les 
rattacher k la branche des Zenata , et nous verrons 
en effet les Maghraoua , dont la g£n£alogie remonte 
k Madr'is ben Berr 2 , habiter le pays situe entre Al- 
ger, ChercheI,Tenes, le Ch^lif, Milianah et M^deah. 
Une fraction de cette tribu est plac^e pr&s du Ch&if 
par Ptol£inee (liv. IV, ch. ix, 257) qui la nomme 
MaxypvpriSot , transcription grecque de Maghraoua, 
tandis que d autres occupaient le centre du Maroc 
actuel , ou ils fonderent au' moyen age 1'empire des 
Zenata de Fas 3 . Enfin dune inscription latine con- 
serve au mus£e de Cherchel et mentionnant un T. 

1 Ainsi les Mekhalif, entre Djelfa et Laghouat, se rattachent a 
un Sidi Makhlouf dont la k'oubbah se voit encore pres du caravan- 
serail de ce nom : les Douaoulda (province de Constantine) de Sidi 
Daoud; les Oulad 'Antar de 'Antar, etc. Quelques indigenes pre- 
tendent que Beni Menacer est une alteration de Beni Mekasser « les 
brisks, les fractionnes » , et appuient cette etymologic fantastique sur 
un dicton de Sidi Ah'med ben Yousof. 

* Par Maghraou ,' fils d'Islitan , fils de Mesri , fils de Zakia , fits 
d'Ourchik (ou Oursik), fils d'Addidat, fils de Djana, ancetre des 
Zenata, fils de Yah'ya, fils de Dari, fils de Zeddjik, fils de Madr'is. 
(Ibn-Khaldoun, Histoire des Berberes, trad, de Slane, t. I, pv xiv et 
xvn). 

3 Cf. Vivien de Saint-Martin , Le nord de VAfrique dans lantiquite' , 
Paris, i863, Imprimerie imperiale, in-a°, p. 457. 



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6)*— 

CLAVPIVS ZEN A oq a cqpcluqu'au premier sifecte 
de notre fere le pays etait habite par des Zenata 1 . 
Les traditions pqpulaires conservees par les Ka- 
byles nous representent la population de Gherchel 
divisee en trois gronpes distincts : \° Les Aith Kidad, 
issus des Berberes, premiers habitants du pays; ils 
parlent le dialecte des Beni H'amid; %° les Icheb- 
baben, qui ont pour ancetre Yousouf er-Roumi : 
lews descendants, qui se nomment aussi Daqious 2 , 

1 C. /. L. n° 9,345, DeSlane, Appendice al'Histoire des Berberes 
t. IV, p. 576. De la Blanchere, De Rege Juba, p. 88-89. L'ancStre 
des Beni Menacer e,st peut-etre le ra^ne que le ouaii Sidi Mans our 
enterre a Mostaghanem. 

* Ce nom de Daqious est une trace de la legende des Sept Dor- 
mants aux environs de Gherchel. Gette tradition est tres repandue 
en Algerie et elle est peut-6tre antereure a 1'invasion musulmane , 
car on la retrouve cbez les populations qui pretendent descendre des 
Romains : ainsi a Tozer dans le sud de la Tunisie. cLes gens de 
Touzer sont un reste des Chretiens qui etaient autrefois en Ifriqyah 
avant que les musulmans en Assent k conquele » , dit Moula Ah/med 
(Voyages dans le sudde V Algerie, trad, par Berhrugger, Paris, Imp. 
royale, 1846, in-4°, p. 289) en cilant les propres paroles d'Et-Tid- 
jani {Voyage du scheikk Et~Tidjani, trad, par A. Rousseau, Journal 
asLalique, i85a , t 11, p. 200-201). 11 mentionne expi^ssement , 
ainsi qu'El-'Aiachi, la tradition qui place dans le Djerid tunisien, 
pres de la ville de Daqious , la grotte des Sept Dormants ( Voyages 
dans le sud de lAlge'rie, p. 122-123), que d'autres croienjt retrouver 
en Syrie, dans Tlraq, en Espagne , dans le pays de Roam (Mas'oudi, 
Prairies dor, ed. Barbier de Meynard, t. Ill, ch. xxviii, p. 307; 
Yaqout, Mo'djam El-Bolddn, t. II, s. v. eQ*^U p- 805-807; Ibn 
Khordadbeh, Livre des routes et des 'provinces, ed. Barbier de Meyr 
nard, Journ. asiat., i865, t. I, p. 89,, 476; Modjmel et tewa- 
rikh, id., p. 477, note 1 ; Mostat'ref, ed. de Boulaq, t. II, ch. lxii, 
p. 1 5o), au Maroc, au cap Matifou jres d' Alger, ou a Ngaous dans la 
province de Cons tan tine (Gf. une legende citeed'apres la Revue afri- 
caine, par A. Gerteux et H. Carnoy, LAlge'rie (raditionneUe , t. I, 



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habitent chez les Beni Menacer et se pretendent is- 
sus des anciens chr&iens qui occupaient autrefois le 
pays; 3° Les Arabes qu'on appelle Beni Zian. Sui- 
vant les memes recite, Cherchei aurait 6t6 d&ruite 
ou ravag6e sept fois par des fourmis, par le sirocco, 
par un tremblement de terre *, par un dragon que tua 
Salomon, par Sidi K'ornin (Alexandre Dzoul K'ar- 
nain), etc. 2 . 

A c6t£ de ces traditions populaires qui ont gard^ 
commeun souvenir confus d'ev&iementshistoriques, 
il existe une legend e savante et artificielle, oeuvre de 
lettr^s, que m'a communique le mufti de Cherchei, 
Si Moh'ammed ben el-H'adj el- c AseI. Cette ville aurait 
et6 mentioning par le Prophite : « II y a dans le Ma- 
ghreb un ribat' qui, k la fin des temps, &juivaudra 
& soixante-dix fois le double de celui de forient. 

Paris , 1 884 , in-8°, p. 63 et suiv.). Le Qoran (sour, xvm , La caverne) 
fait mention des Sept Dormants. D apres Berbrugger (Le'gendes algi- 
riennes)> leDaqious mentionne* ici serait 1'empereur romain Decius, 
sous lequel eut lieu la persecution qui obligea ces mysterieux per- 
sonnages a s'enfuir dans une grotte pres d'Ephese. Outre les rensei- 
gnements donnes par Reinaud, dans les Monuments du due de Bla- 
cas, Paris, 1828, 2 vol. in-8° (t I, p. i84; t. II, p. 60 etsuiv.), 
on peut consulter Varnbagen, La Ugende des Sept Dormants (Cf. 
un article deM. Koch, Gottingische Gelehrte Ameigen, 4 avril i884). 
Peut-6tre doit-on y rattacber i'anecdote contee par El-Bekri [Des- 
cription de I Afrique, trad, de Slane, Paris, Impr. imp., i856, in-8°, 
p. 129), relativement au cadavre d'un homme assassine, conserve 
intact dans une caverne sur la route de Biskra , ou il se trouvait deja 
avant la conque*te de rifriqyah ( Cf. aussi M oula Ah'med , Voyages 
dans le sud de VAlgerie, p. 217). 

1 Cette legende a ete mentionnee par Shaw , Voyage dans la Re'gence 
d' Alger, .trad, par J. Mac Cartby, Paris, i83o, in-8°, p. 267-270. 

* Voir plus loin , teites n°* 1 , 2 et 3. 




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Heureux les hommes de cette 6poque ! ... H est sur 
un rivage qu'on appelle en copte Chalch^l. Qui- 
conque y servira et y jeunera obtiendra le paradis 
et sera innocent comme au jour ou sa mere la mis 
au monde. » Cette tradition est rapport^e par Abou 
H'od'eifah qui la eita & Selman el-Farsi. Celui-ci dit 
encore : «I1 existe une porte qu'on appelle FMicitd, 
cest Ghalchal. . . Dans la Thorah, on la nomme 
El'Maimanah; dans TEvangile, El-Beidha; dans les 
Psaumes, En-Neddbah, et dans le Qoran Et-Toubah. » 
Un autre traditioniste , Abou 'Abd el-H'akem, cit^ 
par Abou H'amed el-Ghazzali, ecrivait : «I1 existe 
une ville que j'ai trouv^e surnommee Tunique : elle 
nest peupl£e que dunitaires, et ce sont des justes 1 : 
c est la que mourut Sidi Yah'ya el-Fallousi qui y avait 
ador6 Dieu pendant quatre-viogts ans, sans pronon- 
cer une seule parole, ni manger quoi que cesoit. . . 
II crut au Prophete 5oo ans avant sa naissance, et 
cela au temps de Jesus. Cette ville ressemble k Tlem- 
cen ; elle a 1 60 portes ; on y voit le tombeau de Sidi 
e Amr ben Mas'oud. Elle Alt batie par le roi Ech-Che- 
hab qui y regria k 00 ans; son fils Ed-Dah'mas lui 
succ^da et poss£da le pouvoir pendant 100 ans. 
D'autres disent que ce fut lui qui b&tit la ville , 
700 ans apres le.roi Es'-SVab Dzou'l K'arnain 
(Alexandre) 2 .)) 



1 Cette tradition sur les merites deChercbel (Jls^-S 4-^ilu) date 
prubablement du xi e siecle, epoque ou les ribats de cette ville 
etaient celebres ct attiraient tous les ans une foule nombreuse. 



a Voici le teste complet des h'adits : iU^Os^^l ^ *'* Jl£j£ u^aLu 



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L'ancienne capital e du royaume de Mauri tanie, 
conquise par ies Vandales avec le reste de la province , 
passa en meme temps qu elle sous la domination by- 

*jlc s&\ ^y ^UJI (lisez ^U^*) {J^»> »bl *jlc -Oil (s *s>^ jl^Jt ^1 
JU (lisez w Uw) yt^JU ^ Osj^ ^ iul^w^i JUl>^*jJI J^L* J 
ajL^Os^ yjS jJ JU bb» jjj ^^Uu**^ (jicj jLijLi (lisez Os^J) o^y jJ 
£ U3 jJ JU ajJLo aMI J^ ^ L ^ ou gw c^UsJo («c) Jj&^J ^1 Os?y*t 
vjjj-fi^t bl^ Jj^*,» yUyi ^1 i v^*** 4 UJ-^i! ^4; 4A *xjugw JU 
JJi ^>l -Oi) J^ l* *J oJLD ylt Jl «JJ3 J^il <J #> b Li-ju3 ^.y.,.^0 
jL^xiJL *J JUl^ (jpA^o ^ kwj xJLc aMJ Juo JU* UJ *x*Jl £**^U 
j.^-5" j^ii ^ S3 ^, &JL ** «**** k^ #"«!* Wa* ^; (j« jUajLs 
v3j-a4! ^ J-»i^l vt^W klo^Jt ^^l tfU** (>?t) tfj^ juJjaoJj 
* ••j ■% L^Jj JL-^JUs i a* U> y »^1 ^uf^ yL*^Jl ^! j c_>yLll bl^ 
fy Kos-x-u* L^J JUl* v b e**xiL i *U^ Uju3 Cjyi ou-*oj vj^-sUJ iU^i 
(lisez *£aU!) ia^JUS *JyLc *Ml ooc ^15 li^y I^JUlosj &&\ JUJU 
Jj JU^l *,?;>xJI i <^*3 «ol5j JLsJLa 14^)3 Jl^3 ye aWI *clb J 

^ *ju ami. j^> jUioyJt ^^1 43 i^iouJi ^yi & CZ3? J*?^J 

*-JLc aMJ J-o JLSj *jl# *J juu^* HjOLJ) JJb i vUoo x^l &• 
Jib L^ JU *•! *&xJj -^5^ jupi ^ ^^ -l,»i j£}A3 L^i la^ ^ JU^ 

JU JUs JU aNI J^ ; l* jJUI 
L4-^ ^Ufe-*^ fcl-o L^-i ,.UJlJJ osJLjJI dULs J ^L^ aU» 

.x.la^l JU5 (lisez ^s^UJJ) ^k^\ V; ^ *^^5 V^*^ 5 ^ y*^ 
JU jl3! ^LjwJI jfcQi j^-e ^ v^4 «ss».'; *^ *M tt-*; <i^ J 

j^j ^>X a^ U i)J I f V.X »> t i ^ SJs-^I^Jl ca^sw t^«Xa^ AJs^X* 1^3 1 




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zantine, lors de lexpedition de B&isaire 1 , La ville, 
dont la decadence avait peut-etre commence au 
temps des Grecs, vit, apres la conquete arabe, son 
importance diminuer rapidement au profit de 
Brechk, T6n&s et plus tard Alger, Marmol raconte 
quelle fut detruite par le khalife schismaticjue de 
K/airouan, El-K/aim Biamrillah. Cette donnee est 
absolument fausse , et j'ignore oil Thistorien espagnol 
apu la trouver 2 . La premiere mention de Cherchel, 

^ ^ [.Ls^JJj i&JUJ! ill UUb t^ J&* % f*6 l*** fa ii Au* 

^Uj i AJS yl5j -lc JoUv**i? v^Io J^i *jXo (^uUl^ (£*!j c»U «xJ» 

J>a* ilj ajL^^iw aMI ill Jj\* % -Lc JLoL y ..s^ o ^p y Ul (lisez <$•>) ^5 

|cJ»Jf JjJ! 4lU ill »jJ> J, 

£ JuoJI 5 Ltt 

1 Procope, De hello Vandalico, I. 11 (t. I, p. 5oi ed. de Bonn). 

* L'Afrique de Marmol, trad. Perrot d'Ablancourt , 1667, 3 vol. 
in- 4°, t. II, p. 382. Le khalife El-K'aim Biamrillah regna de 323 a 
335 de 1'heg. et non en 365 comme le dit ailleurs Marmol : les 
expeditions qu'il envoy a eurent pour theatre la Sicile et le Maghreb 
El-Ak sa : lui-m£me fut bientdt bloque dans sa capitale, Mahadia, 
etnon K'airouan, par les partisans d'AbouYezid tThomme a l'&ne» 
et mourut pendant le siege; enfin aucun ecrivain arabe ne men- 
tionne a cette epoque des guerres aux environs de Cherchel (Cf. 
Fournel, Lei Berbkres, t. II, Paris, 1881, Imp. nat, p. 2o5-2o(T). 



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_«.( 11 )^^_ 

depuis la conquete arabe, nous est fournie par le 
Qart'as : il nous apprend quen 377 de I'hegire 
( 987 de J.-C. ) cette ville et d autres du Maghreb cen- 
tral, Tenes, Oran, Ch&if et M6d6ah, tomberent au 
pouvoir d'Abou'l Behar ben Ziri ben Menad ben 
S'anh'adji, r^volt^ contre son neveu Mans'our ben 
Bolokkin , emir de rifriqyah et vassal des Fat'imides 
d'Egypte. Abou'i Behar fit faire la khot'bah au nom 
du khalife omayade d'Espagne , Hicham II el-Mou- 
eyed quil reconnut pour son souverain l . Mais deux 
mois aprfes il se reconcilia avec son neveu, Le kha- 
life omayade, 011 plut6t son ministre, le calibre Al- 
manzor (El-Mans'our), envoya contre lui Ziri ben 
'At'ya, 6mir des Maghraoua de Fas, qui soumittout 
le pays occupe par son adversaire et forga celui-ci k 
s enfuir k K'a'irouan. 

Aux x e et xi e si^cles de notre ere (iv e et v e de I'he- 
gire) Cherchel etait inhabits, le port combte : il ne 
restait plus que quelques ribalfs oil une foule de pe- 
lerins se rassemblaient chaqueannee 2 . Les Maghraoua 
qui 6taient etablis aux environs passerent sous la do- 
mination almoravide avec tout le pays situ£ entre 

1 Ibn Abi Zera'a , Roudh El-K'art'as, trad. Beaumier, Paris , Impr. 
imp., i860, 1 vol. in-8°, p. i4o. Le traducteur francais a con- 
fondu Tenes avec Tunis et nomine la ville Chalchal. Cf. aussi Ibn 
Khaldoun, Histoire des Berl&res, t. Ill, p. 221, et Ibn Adbari, His- 
toire de I'Afriqne et de I'Espagne, ed. Dozy, Leyde, 2 voL in-8 # , 1848- 
i85i, 1. 1, p. Ydr . Ce dernier auteur place en 379 la revoke d' Abou'i 
Behar. 

* Ibn H'aoukal, Kitab el-Mesalik t ed. de Goeje, Leyde, 1873, 
in-8°, p. ar; El-Bekri, Description de I'Afriqne, p. 190. 




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Oran, le Chelif et' Alger, lors de I'expedition de 
Yousof ben Tachfin en lx 73 deTh^gire ( 1 080- 1 08 1 ) *. 
La ville se releva sans doute sous cette dynastie; car 
un peu plus d'un demi-siecle aprfes sa conqu&e, Eh- 
Edrisi (xn e si&cle de notre hre) nous la repr&ehte 
comme bien peuplee , quoique de peu d'&endue , bien 
arros^e et entour^e de jardins qui produisaient en 
abondance des fruits et du miel 2 . Elle fut soumise 
avec tout le Maghreb central par le fondateur de la 
dynastie des Almohades, c Abd el-Moumen, pendant 
Texpeditipn qu'il dirigea contre Bougie en 546 de 
Th^gire (1 1 52 de J.-C.) 3 . Apres la chute du khaiife 
unitaire, Mendil ben f Abd er-Rah'man, chef d'une 
fraction des Maghraoua , fonda un royaume dans la 
vallee du Chelif, sous la suzerainete des H'afs'ides, 
branche almohade qui r^gnait a Tunis (xui e siecle). 
Son fils Thabet continua son oeuvre et conquit Te- 
n&s , Brechk et Cherchel 4 . 11 n en resta pas longtemps 
paisible possesseur : le prince abdelouadite de 
Tlemcen/Othman ben Yaghmorasen, s'empara des 
possessions des Maghraoua , dans une de ses expedi- 

1 Roudh El-K art 'as , tr. Beaumier, p. 201; Ibn Kbaldoun, Hist, 
des Berb&res, t. Ill, p. 2 7/1. 

* El-Edrisi, Description de I'Afrique et de tEspagne, eel. Dozy et 
De Goeje, Leyde, 1866, in-8°,p. A 4; Harlmann, Edrisii Africa, Got- 
tiogen, 1796, in-8°, p. 2ii-2i3. 

3 Roudh el-K'art'as, p. 274 ; Ibn Khaldoun, Hist, des Berbhres, 
t. II, p. 289; Al-M arrekoshi , History of the Almohades, ed. Dozy, 
p. n°r, place cette expedition en 54o. 

4 Ibn Khaldoun, Histoire des Berbkres , t. Ill, p. 3i4, 358. La 
trtbu des Maghraoua jouant le principal role dans T histoire de Cher- 
chel, e donne ci-apres le tableau genealogique de ses emirs. 



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iOUA, 

ET TENESS*. 



Othman. 



Felfoul. 
Khazroun, maitre de Sidjilmesa vers 368. 

I ■ 



Said. 



Ouanoudin, 
£mir dc Sidjilmesa 



Oubrrou, Khazroun. Mokatil. 

tpoli , e*mlr de H'astiliah , 
t 4o5. 



_L 



&ALIFAH , 

4r de Tripoli. 

tHAZRODN , 

|r de Tripoli, 
bh'ammed. 

r i 

ji Es-Samad. 
Ouardjia. 
Es-Samad. 

s Moh'ammed. 

I 



H'ammad. 



Mas'odd + 445. 



Said , El-Mont as ar , 

£mir de Tripoli , emir de Tripoli , 
+ 429. t vers 470. 



Les debris 
de la dynastic 

maghraoua 

de Sidjilmesa 

sont ane*antis 

par les Almoravidea- 

cn 463.- 



n 



laroun. 
All 



Aid. 



Monif. 

I 
Atya 
+ 062. 



'Omar f 676. 

I 
Moh'ammed. 



Ouighern, 
'Omar. 



raoua de Chelif et de Cherchel. 




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— **( 13 )« 

tions en Ifriqyah \ de 687 k 6g3 de Thegire (1 288- 
1 289 & i 294). Mais pendant le si&ge de Tlemcen, 
sous ce meme'Othman et son fiis Moh'ammed Abou 
Zeyan I er , par le sultan m^rinide de Fas, Abou Ya- 
k'oub ben Abou Yousof , celui-ci envoya des troupes 
qui envahirent les provinces abdelouadites, entre 
autres la ville de Cherchel , vers 70& de Th^gire 2 . Une 
partie des chefs maghraoua recemment d^poss&l& 
par Othman se rallierent aux M^rinides , dont lau- 
torit£ se maintint sur ce pays jusqu'i la mort d'Abou 
YaVoub(7o6 de 1'heg.). Sonsuccesseur, Abou Tha- 
bet ,leva le si^gede Tlemcen etrendit au prince abdel- 
ouadite Abou Zeyan V* les conquetes faites par son 
a'ieul, y compris le territoire des Maghraoua 3 . La 
guerre recommenga entre les deux puissances; elle se 
termina par la prise de Tlemcen par le sultan me- 
rinide Abou'l H'asan , qui se trouva par Ik maitre de 
Cherchel et de tout Tempire abdelouadite 4 . Un des 
descendants de Thabet profita des troubles que 
causa la defaite d'Abou 1 H'asan pr&s de K'airouan 
pour reconstituer le royaume maghraoua. II occupa 
Milianah, T6n&s, Brechk et Cherchel. Ne pouvant 



1 Ibn Khaldoun, Hist, des Berbhres, t. Ill, p. 3 17, 390. Moh'am- 
med et-Tenessi, Histoire des Beni Zeiyan, trad. Barges, Paris, i85a 
in-8°, p. 29. 

8 Roudh el~K! art' as , p. 546; Ibn Khaldoun, Hist, des Berbhres, 
t. III.p. 3 7 6; t. IV, p. i46. 

3 Roudli el-K'art'as, p. 55o; Ibn-Khaldoun , Hist, des Berberes, 
t. Ill, p. 38 1; t. IV, p. i 7 3; Et-Tenessi, Hist des BeniZeiyan, 
p. 38-39- 

4 Ibn Khaldoun, Hist des Berberes, t. Ill, p. 4 12. 



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— -4 in)*— 

obtenir du sultan m&rinide qui revenait de Tunisie 
la reconnaissance de son independence, il 1'attaqua 
pres de Chidioua (aujourd'hui la Djidioua, entre 
Orl£ansville et Relizane), le vainquit et tua son fils 
En-Nas'er en 75 1 de Th6gire(i 35 1-1 35s deJ.-C.) 1 . 
Cette victoire le mit en possession d'Alger, mais il 
succomba devant un nouvel ennemi. Les Zeyanites, 
branche cadette des Abd el-Ouadites , avaient relev6 
le royaume de Tlemcen. L'un d'eux, Abou Thibet 
ez-Zaim, rassembla les Zoghba, les Beni Amer et 
les Soueid, marcha contre les Oulad Mendil, sem- 
para de Cherchel, de Milianah, de Brechk et d'Al- 
ger (75 1 de Th6g*) et bio qua dans T6nh$ c Ali ben Ra- 
ched, qui se suicida pour ne pas tomber aux mains de 
son ennemi 2 . 

Le pays des Maghraoua redevint alors une pro- 
vince zeyanite, jusquau moment oil les Mteri- 
nides reprirent le dessus et r&ablirent momentan£- 
ment leur autorit^ dans la Metidjah, lorsque 'Abd 
el-'Aziz ( eut vaincu le roi de Tlemcen Abou H'am- 
mou II, en 771 (1370) 3 . Mais le depart du sultan 
de Fas rendit au prince zeyanite les provinces de 
son royaume. 

L'histoire d'Ibn Khaldoun et celle d'Et-Tenessi 
s'arretent au commencement du xv 6 si&cle : a partir 



1 Ibn Khaldoun, Hist, des Berberes, t. Ill, p. 323; I. IV, p. 278, 
287. 

* Ibn Khaldoun, Hist, des Berbkres , t. HI, p. 42 2-423; Et-Te- 
nessi, Hist, des BeniZeiyan,^. 63. 

3 Ibn Khaldoun, Hist, des Berbkres, t. Ill, p. 409. 



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de ce moment jusquau xvi e si&cle, nous manquons 
absolument de renseignements sur Gherchel. On peut 
supposer que la ville passa encore plus dune fois 
au pouvoir des rois de Tlemcen et de Fas dont Tau- 
torit6 aliait s'affaiblissant de jour en jour; vers cette 
6poque , die paratt avoir appartenu , au moins nomi- 
nalement, au prince de Ten&s, Mouley Abou c Abd 
Allah, vassal des Zeyanites, puisque le Tombeau de 
la Chretienne servait de limite entre ses Etats et 
la principaute que Khair Eddin et c Aroudj s^taient 
taill^e en Alg^rie ] . L expulsion des Maures d'Espagne 
lui avait amen£ une population industrieuse d'envi- 
ron 1 ,200 families 2 , et 1'on peut faire dater de cette 
epoque (1&90-1500) Torganisation r^guliere de la 
course. La piraterie fut d£s lors la principale res- 
source des habitants, dont les habitudes sont attes- 



1 Berbrugger, Le Pignon d' Algety Alger, i860, in-8°, p. 3o. Tou- 
tefois il ne cite pas ses sources. 

* Gherchel devait avoir perdu beaucoup de son importance au 
xv* siede, mais, en presence des temoignages cite* plus haut, Ton 
ne peut admettre, avec Leon 1'Africain et son copiste Marmol, 
qu'elle fut deserte pendant trois sikcles , jusqu'a rarrivee des Maures 
d'Espagne (Leon 1'Africain, De Africa descriptione , Leyde,Elzevier, 
i63a, in-3a, p. 5i5-5i6). Posterieurement a Leon, Marmol comp- 
tait a Gherchel 5,ooo maisons pouvant fournir 1 ,000 arquebusiers. 
(L'AJriqne, t. II, p. 3q3). Bien que rarrivee des Tagarins, Mude- 
jares et autres maures d'Espagne fut une cause de prosperity pour 
1'Afrique, les Emigres furent en general maltraites hors des villes : 
en i533 une coloniede 7,000 Andalous ramenes d'Olivapar Khair 
Eddin, et etablie a Tipasa a 1'est de Gherchel, fut pillee par les Ka- 
byks du Ghenoua et ne dut son salut qua 1'intervention de Sidi 
Ah'med ei-Kebir, le cdlebre marabout de Blidah (Trumelet, Les 
Saints de rislam, Paris, 1881, in-12, p. a3i). 




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t6es par un dicton attribu6 a Sidi Ah'med ben 
Yousof : 

Cherchel (nest que) honle , 
Avarice et rebut de la soci&£. 
Son visage est une face de brebis , 
Son coeur, un cceur de loup, 
(Sois-y) marin ou forgeron , 
Sinon , sors de la ville l . 

Ennemis des Espagnols et des chr^tiens , les Turks 
devaient etre bien accueillis k Cherchel. A l'6poque 
ou 'Aroudj et Rhair Eddin s'empar&rent de Djidjelli 
( 1 5 i k ) , un de ieurs anciens compagnons de courses , 
Qara H'asan (H'asan ie noir), originaire de Satalie, 
en Asie Mineure , s'6tafilit k Cherchel et devint le chef 
des rois et des pirates auquel il amenait un renfort assez 
considerable. Mais e Aroudj n'^tait pas homme k laisser 
fonder pres de lui une principaut6 rivale, et, avant 
raeme d attaquer le Penon d'Alger, il marcha contre 



*>ji> — ^ £lj <£j— a? 

*»M <*• ^ h 

SX& J & (var. ^Li^i), qui manque dans les dictionnaires , est ex- 
plique par les indigenes par a corruption ». II est probable qu'Ab'med 
ben Yousof, excessivement rancunier, avait && aussi mal re$u a 
Cherchel qua Mazouna et Tenes. On trouvera plus loin le reat d'une 
querelle qui eclata entre ce saint et Sidi Smian. 



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Ghercbel. Surpris par son arriv6e, Qara H'asan ne 
songea pas k faire de resistance; il se rendit, fut d£- 
capit^ et ses Turks furent enr616s dans I'arm^e de 
'Aroudj ( 1 5 1 5) l . Celui-ci repartit presqu imm6diate- 
mentpour Alger, laissant dans ia vilie une garnison de 
cent hommes et un k'aid, Mah'moud ben F&ris ez- 
Zekki. Sur son ordre, ce dernier construisit un bordj 
qui fat termini lann^e meme de la mort du c£l&bre 
pirate (i5i8 de J.-C, gzlx de 1'heg.). [^inscription 
commemorative de ce monument existe encore au 
mus£e de Cherchel 2 : 

^ ±S\£\ 4*Jl Ji&y* gj* \*m 

C*ybt4 y\ (sic) g 5 jl *XK J^-yj <£ M>^ 
a*t» (** **> J^r* 1 3 &) 1 &J^ 

1 J'ai suivi la version de Haedo (Histoire des rois d Alger, trad, par 
H. de Grammont, Revue africaine , 1880, p. 54-55). Le Ghazaouat 
place la mort de Qara H'asan apres celle de * Aroudj : suivant lui, 
ce Turk aurait ete* envoy£ par Khajr Eddin pour combattre Ah'med 
ben el-Qadhi, 6mir arabe qui avait repris les projets de Selim et- 
Toumi; il se serait laisse slduire par ses oflres et aurait profit^ des 
embarras de son maitre, oblige* de quitter Alger pendant trois ans, 
pour se rendre independent a Gberchel. Mais a son retour (vers 1 5a6 
ou 1527) kbair Eddin 1'aurait surpris dans cette ville et mis a mort. 
(Sander Rang et Denis, Fondation de la rtgence d Alger, Paris, 1857, 
2 voL in-8 a t 1. 1, p. 169-171; 310211.) 

1 Cf. Berbrugger, Lefort de Cherchel (Revue africaine, i865). 
J. As. Extrait n° 1. (i885.) a 




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Au nom de Dieu clement et misericordieux , 

Que Dieu benisse notre Seigneur Moh'ammed et sa fa- 
mille. 

Ceci est ie bordj de Cherchel construit par ie k'aid Mah'- 
moud ben Faris ez-Zekki, sous le gouvernement de I'emir 
qui execute lea ordres de Dieu, 

Qui fait la guerre sainte dans la voie de Dieu, Aroudj l 
ibn Ya c k'oub, 

A la date de 92A. 

Apr&s la mort de son frere , tu6 cette m^me annee 
sur les bords du Rio Salado , en fuyant de Tlemcen , 
Khair Eddin prit en mains le pouvoir. Les habitants 
de Cherchel lui payaientun tribut annnel de 3 o o pieces 
d'or et bien qu'il eut refuse de faire de leur port son 
lieu de retraite, Barberousse s'occupa dy construire 
un m61e pour le proteger. Huit cents esclaves Chre- 
tiens furent employes a ce travail. L'amiral Andr£ 
Doria en fut averti : il n ignorait pas que la ville 
manquait de murailles, et une nuit , en juillet 1 53 1 , 
il d^harqua i,5oo hommes qui d£livr&rent les pri- 
sonniers et repousserent les Turks surpris. Mais , au 
lieu de se rembarquer imm^diatement, ils s'attar- 
derent k piller les maisons. Lfe jour venu, les Mu- 
sulmans reprirent courage, firent un retour offensif , 
tuerent Aoo Espagnols et repousserent les autres 
jusqu'au hord de la mer, au moment ou Doria , fu- 
rieu* de leur indiscipline, allait lever 1'ancre. Peu 
de chretiens echapperent : outre les morts, 600 

1 La forme g^J pour g)y* adoptee par les manuscrits se retrouve 
dans une inscription de la moscraee des Ghaouch citee par Berbrug- 
ger, op. laud. 



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.( 19 )**_ 

tomb&rent au pouvoir des Turks, en compensation 
des 800 esclaves qui avaient recouvr£ leur liberty 1 . 
La flotte de Khair Eddin arriva apr&s la d&ivrance 
de la ville. 

C'est k feette 6poque que remontent les premiers 
renseignements & demi-historiques sur les Beni Me- 
nacer. Lanc&tre eponyme des Smian parait avoir 
et6 contemporain de Sidi Ah'med ben Yousof (xvi e s.) 
et la tradition nous a conserve le souvenir d'une 
lutte qui eclata entre ces pieux mais vindicatifs per- 
sonnages 2 . Le saint de la K/ala c ah des Beni Rdchedne 
menagea pas les Beni Menacer dans ses £pigrammes : 

Beni Menacer 
Fils de disperses , 
(Ont) beaucoup de soldats 
Et Tespritfaux 3 . 
Quatre families de marabouts se partageaient 

1 Haedo, Histoire des rois d' Alger, Revue africaine, 1880, p. 127; 
Marmol, L'AJrique, I. II, p. 3o,3-394; Sander Rang et Denis, Fon- 
dation de la re'gence d' Alger, t. 1, p. 2 4 5-2 4 7 ; Berbrugger, Lsfort de 
Cherchel; Pellissier, Mimoires historiques et gtographiques sur VAU 
girie, Paris, Imp. royale, i844» in-4°, p. 43, et les auteurs espa- 
gnols cite's en note. 



* Voir plus loin. 




3 


j-oLjL* ^-j 




y »M-.C ■• 4^-0 




y-»A~~* ^r-«-# 



Ce proverbe est quelquefois complete de cette maniere : 

lis s'assemblent It matin pour adopter une sage resolution , 




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— «.( 20 )^— 
alors lautorite : les Nedjadjera dans le Sah'el, les 
Oulad bel H'asan et les*Oulad Sidi Moh'ammed es'- 
S'er'ir pr&s de Milianah, enfin les Oulad Sidi Mousa 
k Mazer. La premiere avait la preponderance dans 
la tribu, qui 6tait k ce moment ind^pendante des 

Turks l . 

L arriv^e d un Stranger, vers la fin du xvn* stecle ( ? ) , 
fut une cause de luttes et de troubles, qui existe en- 
core aujourd'hui. Le Maroc, et surtout la Saguiat el- 
H'amra au sud de 1'oued Noun , avaient re$u un as- 
sez grand norobre de Maures expuls6s d'Espagne : 
principalement des fak'ihs, et ii sy &ait cr6£ un 
centre de fanatisme religieux , dou rayonnaient sur 
tout le Maghreb des missionnaires pr£chant le reta- 
blissement de l'islam chez les tribus dont la foi £tait 
devenue ti&de ou'm&me avait disparu 2 . Sidi Mo- 
lls se dispersent le soir tans avoir rien decide , 
l& sagesse rie leur vient qu apres la catastrophe. 

(Philebert, Expedition dmns lt$ Btni Menactr, p. 3). 

On rite aussi la variante suivante que j'ai recueillie a Blidab : 



La tribu est nombreuse 

L* esprit faux; 

lis s'assemblent pour un projet 

Et se apparent sans rien decider. 

1 Pbilebert, op. load., p. 4. 

* Ainsi Sidi YaVoub ech-Cherif, mort vers i5ai, dont la k'oub- 



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— «.( 21 )« 

h'ammed, surnomm£ Aberkan (<^wt, tab. fe noir) l y 
venu comme ses devanciers de la Saguiat el-H'amsa , 
s^tait fait une reputation de sainted dont son fils, 
appele comme lui Sidi Moh'ammed Aberkan, profi- 
ta pour 6tablir son autorit^ sur les Beni Menacer. 
Les Nedjadjera essay&rent en vain de sy opposer : 
ils furent vaincus et leur chef tu6. Sidi-Moh'ammed 
fut accepte par tous pour chef, et son fils , Sidi Sah'- 
raoui, obtint des T]urks , moyennant un present, 1'in- 
vestiture des fonctions de k'aid 2 . Sa mort devint le 
signal d'une longue lutte entre les diverses fractions 
de sa famille , qui , expuls^e deux fois par les Kabyles , 
revint deux fois et avait encore une grande influence 
dans le pays lors de la conquete fran^aise. 

Durant cette p&riode, ITiistoire de Cherchel nest 
pas moins obscure qu'au commencement du moyen 
age ou au xv e sifecle. Elle v£cut sans doute de la pi- 

bah s'&evait pres de Blidah , originaire de Cordoue , venait de Maroc ; 
Sidi Moh'ammed , le patron des Amchach , Sidi Ah'med ou Ahmed , 
enterr^ a Tizza, etaient da Gharb; Sidi Ikhlef, qui precha chez les 
H'achem de Mascara et les Sa'ouda de Blidah (xvi* siecle), etait 
parti de la Saguiat El-H'amra, ainsi que Sidi Moh'ammed ben 
Aouda, 6tabli chez ies Flitta, et Sidi Moh'ammed ben Chakour, a 
qui la Jegende attribue 1'ouverture des gorges de la China (meme 
date). Sidi Mousa ben Nas'r, 1'apotre des Beni Salah\et Sidi Gharib 
(xti* siecle) etaient aussi venus de 1'ouest (Cf. Trumelet, Les Saints 
de T Islam, passim). Ah'med ben Tamimount qui reunit les Ta- 
lar'ma en 599 heg. (?) venait aussi de la Saguiat (Cf. Feraud, No- 
tice sur les Tatar ma, Notices et memoires de la socUte archeologiaue 
de Constantine, 1869, p. 3. 
. l II est a remarquer qu'une tribu berbere du Sahara meridional 
sur la rive nord du Senegal porte encore aujourd'hui le nom de 
Brakna (forme plur. arabede ^151*1). 

* Philebert, Expedition dans les Beni Menacer, p. 5-7, 




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— «.( 22 )**— 
raterie comme les autres villes du littoral : Alger, 
Mostaghanem , T6nfes, Dellis, etc. En 1093 de The- 
gire (1681), elie fut bombard^e par la flotte fran- 
§aise commands par Duquesne, qui venait de 
chatier Alger. Cette attaque amena 1'assassinat du 
dey Baba H'asan remplac6 par Mezzo-Morto l . D a- 
pr&s Abou Ras, elle eut beaucoup a souffrir de ce 
bombardement dont elle ne se releva pas; car, au 
xvm e si&cle , Laugier de Tassy et Shaw 2 disent qu'elle 
etait sans importance et completement njin£e. 

Elle £tait encore en cet 6tat lors de la conquete 
fran5aise 3 . Une soumission nominale de la ville eut 
lieu en 1 83o , de la part du k'aid Moh'ammed ben 
Aisa el-Berkani; mais en 1 834 » celui-ci saltena ses 
administres, qui reclamerent aupr^s du gouverneur 
general, et s'enfuit chez les Beni Menacer. On ne sut 
pas profiter immediatement des bonnes dispositions 
de la population et ce ne fut qu'en i835 quune 
colonpe alia installer El H'adj 'Omar, Tancien bey 
de Titeri, bientdt chasse par Berkani, apr&s le de- 
part de nos troupes 4 . Par le deplorable traits de 

1 Mohammed Abou Ras f Voyages extraordinaires et nouvelles 
agreab'.es, tr. par Arnaud, Revue africaine, 1881, p. 4 73. 

2 Laugier de Tassy, Hisloire du royaume d'Alger, Amsterdam , 
1727, 2 vol. in-12, t. I, p. 171; Shaw, Voyage dans la Rfyence 
d'Alger, p. 267-272. 

3 Shaler, Esquisse de I' elat d'Alger, Paris, i83o, ia-8°, p. 21. 

4 J. Barbier, Itindraire historique et descriptif de VAlgerie, Paris • 
1 855 , in- 1. 2 , p. 1 5o- 1 5 1 . PeHissier de Raynaud , A una les alge'riennes , 
Paris, 3 vol. in-8°, i854 ,Vt- I, p. 343. On uc doit con suiter ce der- 
nier ouvrage qu avec une entrdme precaution , car a une partiality 
declaree, il joint dc grave . inexactitudes. 



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la Tafna, qui c^dait a'Abd el-K'ader le pays situ£ 
4 louest de Toued Mazafran, Cherchel fit partie 
des possessions de 1'^mir qui y entra en i83g et fit 
sa pri&re dans la grange mosquee. Dans la m&ne 
annee (12 d^cembre), apres la reprise des hosti- 
lity, des pirates de cette ville s'&ant empar^s dun 
bateau de commerce frar^ais, le marshal Va- 
16e, gouverneur general, partit d' Alger le 12 Jan- 
vier 1 84o, battit les H'adjoutes, et, le 16 du meme 
mois entra dans Cherchel ou il £tablit d^finitive- 
ment la domination de la France 1 . La guerre con- 
tinua aux environs, et, en 1861, le commandant 
sup&ieur de cette place fat tu£ aux portes de la 
ville. 

Les Beni Menacer 6taient restes in dependants; 
mais, en 1862, & Tinstigation de 'Abd el-K'ader au- 
quel setaient rallies les Berkanis (forme arabisee 
dMfcerfcon), ils attaqu&rent Cherchel et Milianah. 
Une colonne commandee par le general Changarnier 
franchit les cretes du Zakkar et soumit le pays 2 . Un 
aghalik des Beni Menacer fut cr^e et confie 4 K'ad- 
dour ben 'Abd Allah el-Berkani, dont le parent, 
Moh'ammed ben Aisa el-Berkani , &ait un des lieu- 
tenants les plus actifs de f Abd el-K'ader. Avec un tel 

1 Christian, L Afrique franpaise , Paris , s. d. in-4°, 1. VI, p. 34 1; 
Pellissier de Reynaud , Annales algeriemies, t. II , p. 376 , place Texpe- 
dition francaise au mois d'avril. 

* Des details sur cette expedition sont donnes dans 1'ouvrage du 
comte de Castellan e (Souvenirs de la vie militaire en Afrique, Paris, 
i854, in-12, p. 12-22). Cf. Pellissier de Reynaud, Annales alge 1 - 
riennes , t. HI , p. 56-6o. 




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— «.( 24 )*— 
agha , on devait s'attendre k une revoke : elle eclata 
en 18 A 3; la repression fut rendue p&rible par des 
tourmentes de neige et de pluie 1 . K'addour fut des- 
titu^ et 1'aghalik scind£ en deux parties : Tune rele- 
vant de Cherchel, 1'autre de Milianah. Par mesure 
de precaution , tous les membres de la famille des 
Berkanis furent expulses; apr&s la pacification com- 
plete dupays, cinquante-huit d'entre eux obtinrent de 
rentrer(i 847). Apeine trouble en 1 854 par fappari- 
tion chez les Beni bou Salah' d'un faux mabdi bien- 
t6t arrets, la tranquillity dura jusqu'en juillet 1 87 1 ; 
alors Tinsurrection vaincue en Kabylie se ralluma k 
Touest d'Alger. Les chefs £taient encore des Berka- 
nis, SiMalek, tu6 dans une escarmoucbe, et lancien 
agha K'addour ben Embarek : Cherchel et les vil- 
lages voisins furent bloqu^s, H'ammam Rir'a incen- 
die, Milianah menac^e. Une colonne, partie de cette 
derni&re ville, opera par les crates du Zakkar, de 
concert avec une autre sortie de Cherchel, et le 
3 1 aout, f expedition etait terming, les rebelles cha* 
ti& et le pays pacifie 2 . 



1 Christian, L'Afriqnefranpaise f \.y II, p. 4oi. 

5 Voir, pour I'historiqne detaille de cette campagne , le memoire 
du colonel (aujourd'hui general) Philebert : Expedition dans les 
Beni Menaeer en 1871, L'auteur s'y montre tres favorable aux Ber- 
kanis. 



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*( 25 > 



II. 
PHOW^TIQUE ET MORPHOLOGIE. 

Le petit nombre de textes et le peu d'etendue du 
vocabulaire que j'ai recueillis ne me permettent pas, 
on le comprendra , dexposer d'une maniere defini- 
tive la phon&ique du dialecte des Beni Menacer : 
je me contenterai de signaler ses principales parti- 
cularites et de determiner la place qu il occupe dans 
la famille berb&re t en r&ervant A des resultats d'une 
exploration ulterieure le soin de completer, peut-Stre 
meme de rectifier sur quelques points , ce que j'en 
dis aujourd'hui. 

Adouci comme tous ceux qui se parlent au bord 
de la mer, ce dialecte parait appartenir au groupe 
que j'ai appete intermddiaire , en opposition au groupe 
plus dur du nord (Zouaoua, Ahaggar) et k celui 
plus amolli du sud (Aouelimmiden, Z&iaga). Au 
point de vue phonetique , il pr&ente certaines par- 
ticularity qu'on rencontre dansle Chaoula de 1'Oued 
'Abdi et le Chelh'a du Rif , mais il difiere de celui-ci 
par la non-substitution au J du ^ , et surtout du a 
(ces derniers marquant le passage du J du nord au 
get aii J du Z£naga). Si dans le vocabulaire, assez 
voisin de celui de Bougie et du Rif, il a conservi 
des termes anciens perdus ailleurs , pour la phone- 
tique, il a subi des modifications qui l'£cartent du 
zouaoua plus que le mzabi , le chelh'a du Sous ou 
des Bel H'alima. Une des plus curieuses, et qui le 




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— rt.( 26 ).•*— 

rend plus dillicile a comprendre, est la transforma- 
tion du 6 en nn s qui ne tarde pas a disparaitre 
dans la prononciation , surtout dans la tribu des 
Beni Zoui, chez les Gouraya pres de TO. Damous 1 , 
entre Cherchel et Tenes. Ainsi Ton rencontre les 
formes thitaouin et hithaouin «yeux»; ihennit, hennit 
et ennit « tu as dit »•, thamemt et amemt « miel » ; tha- 
mourth et amourth « terre ». La chute du th final des 
substantifs ftminins ou des lettres initiales des noms 
masculins n'est pasmoins frequente. Oncroit trouver 
ici la disorganisation el la confusion phon&iques et 
morphologiques qui ne se presentent que dans les 
langues cullivees, arrivees k la derniere periode de 
leur existence , celle qui precede leur transformation 
sous Tinfluence d'idees nouveiles ou au contact de- 
ments etrangers. En comparant le dialecte des Beni 

I Les Gouraya passaient deja au xvi" siecle pour des barbares : 
Sidi Ah'med ben Yousof disait deux : 

* — £p a* * — ^1^3 — 5 

(p. l*iy»?)JWji ^f*y J*** L. 

Gouraya , terre d'injustice. 

On ny trouve ni sciences ,"ni villages. 

II est vrai qu'il ajoutait en parlant des Beni Zou'i ou Zioui : 

kl_* ; tfl i JUL-i-J! 

-dk ( SIC ) Si*;* 



Les recoltes dans les families. 

Et la benediction chez les Beni Zioui 

Out families chez eux. 



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_^( 27 >«— 
Menacer au zouaoua ou au touareg dcs Ahaggar, il 
semble quon a affaire k une langue litteraire usee 
et decolor^e, & c6te dun patois, post^rieur histori- 
quement, mais reste stationnaire et gardant la du- 
rete des articulations primitives dans toute leur 
exactitude. Ce qui rend ce point de vue plus digne 
d'attention, cest que, corame je'Tai dit plus haut, 
ce dialecte fui parle & Fendroit m6me qui fut le 
centre de la civilisation numido-mauritanienne sous 
Juba II et ses successeurs, tandisqueles Igaouaouen 
(Zouaoua) menerent toujours une vie barbare dans 
leurs montagnes et demeurerent , longtemps encore 
apr&s la conquete arabe, & labri de tout contact 
etranger J . 

Les transformations subies par la langue des Beni 
Menacer sont cependant differentes de cellos qui 
ont amene les particularity relevees dans les dia- 
lectes du sud. Tandis que ces derniers, et avec eux 
quelques-uns de transition (Ghat, Kel-Ou'i) substi- 
tuent des chuintantes aux sifflantes, des lettres mouil- 
I6es aux dentaies, tout enconservant presque in- 
tactes les palatales, les explosives et les gutturales, 
le, dialecte des Beni-Menacer a gard£ presque sans 
alteration les sifflantes et les dentaies 2 en adoucis- 

1 M. Newman avait entrevu ce caractere du dialecte des Beni 
Menacer, mais sans pousser bien loin son examen , ni donner des 
preuves : « I conclude that they exhibit to us an old and corrupted 
KabaU , though their pronouns in De Slane diverge notably . . . Here 
therefore it seems that the Beni Menasser retain the antique nouns » 
(Libyan vocabulary, p. 7). 

5 Quelquefois cppendant le ^ du Zouaoua est transforine en j , 




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— «*.( 28 )**— 
sant ies gutturales et les explosives. Le S du Jurjura 
est represent^ par un & : Hour «lune» = aggour 
(Zouaoira); zeiloa «joug» = azagloa (Zouaoua) et 
azougel (Bougie) ; ariaz u homme » = argaz (Zouaoua , 
Chelh'a, Chaouia, Djerbah, Bougie). Le J des dia- 
lectes du nord en se mouillant a pris un son ana- 
logue k celui du ch allemand apr&s les voyelies fai- 
bles a , e , i , 6 , u : je le repr&ente dans la transcrip- 
tion par le % grec. Ainsi iyerri « mouton » = ikerri 
(Zouaoua, Bougie, A'itkhalfoun) et guerer (Z6naga); 
%, suffixe de la a* personne = ek des autres dia- 
lectes. Ge son existe dans presque tous les dialectes 
intermedia ires : dans le Chaouia de TOued c Abdi et 
le Rifain des Temsaman , des Beni-Ouriar'en et des 
Bot'ioua l . Le J s'adoucit aussi en g , netch « moi » = 

ak'joan cchient = ak'zin (Zouaoua); mais les exemples sont 
rares. 

1 C'est cette consonne que M.Newman (Libyan vocabulary, p. 89) 
transcrit par un caractere correspondant au ^ arabe auquei il i'assi- 
miie pour le son. Mais je puis aflirmer que mon interprete des Beni 
Menacer, Moh'ammed 'Abdi, et les Rifains que j'ai enteodus au 
Maroc et dans la province d'Oran, faisaient sonner differemment la 
chuintante % et I'aspiree ^. D autres idiomes semitiques nous pre- 
sentent des phenomenes analogues. En amharique le || g€€z est de- 
venu Ti , puis a fini par se confondre avec le . Ex. : Iff 1 6tre = 
III 1 i le suffixe de "la a* personne du masculin singulier ft en gg€z , 
s'ecrit indifferemment "fi ou U en amharique. C'est dans ce sens 
qu'ii faut comprendre, je crois, un passage de Mas'oudi (Prairies 
dor, ed. Barbier de Meynard , 1. 1 1 Paris , in-8°, 1 86 1 , cb. xvi , p. 333 ), 
ou il dit que les habitants du Mahra (Yemen) mettent un Ji a la 
jdace du J et prononcent Jj «a toi » pour JU (loch = lek). L'ecri- 
ture arabe ne pouvant figurer le son du ^ , I'historien s'est servi d'une 
transcription equivalente. Ni Fresnel (Notes sur leh'kili, Journal 
asiatique, i838, t. II, p. 79), ni le baron de Maltzan, qui a donne 



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— «.( 29 )«*— 
nek (dialectes du nord); aietcha « demain» = azekka 
(Zouaoua); puis en jfc, thichchert c< ail » = thiskert 
(Bougie); le J devenu un jb, s'est assimile le j« qui 
prec^dait. La tendance k mouiiler et k affaiblir le *i) 
est done avec la substitution du » au e> et m£me la 
cbule de cette lettre , un des principaux caracteres 
de ce dialecte. 

Un troisi&me est la tendance k 1'iotacisme : les 
suffixes de la a e et de la 3 e personne du singulier 
sont vocalises en i : i% = ek; im = em; enni% = en- 
n*fc; ennis = ewies. Ezzith « devant » = ezzath des 
autres dialectes ; les pluriels terminus en in sont plus 
frequents que partout ailleurs : iberraouin ccsaute- 
relles » ; ir'erd'ouamin - « scorpions » ; thisinedjd'amin 
utarentes)); thiichchin «poux»; thibouidiouin «pouli- 
ches», etc. 

Quant aux dentales, le S parait do miner; il rem- 
place parfois le e> : ad'bir a pigeon)) =• ithbir (autres 
dialectes); le) : loud' <cfaim» = huz (Zouaoua) et 
le a : ezd'er' «habiter» = ezder' (Bougie); fond' 
((genou » «=/oad (KVours, Ghaouia, Mzabi); ad! mam 
u genet)) = idmim (Zouaoua). Cependant la seconde 
personne de laoriste et du pr6t£rit est plus souvent 
termin^e en c» quen a. 

Dans les substantifs masculins, la voyelle initiate 
tombe et le mot commence par une consonne. Le 

snr lemahri des renseignements plus complets (Zeitschrift der deut- 
tchen morgenland. Gesellschaft, t. XXV, p. 196), ne pandssent avoir 
connu 1'assertion de Mas'oudi , que mieux que personne ils etaient a 
ineme 4e verifier. 




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— * «•( 30 )<+— 
meme fait se produit, mais plus rarement, dans le 
dialectede Bougie. Ex. : dhad «doigt» (adhad); foal- 
lous « poussin » (afoullous); poured « puce » (axoured); 
sasnou « arbouse » (msnou) ;jtf fter«vautour>> (yttfer); 
baouen «feves» (ifcaoaen); fond' «genou» (afoud). 
Lorsque la initial est conserve , il devient ou dans 
les cas obliques 1 . 

Le feminin, comme le diminutif, s'obtient en 
prefixant et en suffixant un 6 0u unoa la forme 
simple. Excepte amez « ogre »,. f. ihamza. 

Le <±> initial du feminin tombe dans certains mots 
ou s'affaiblit en ft (Voir la phonetique p. 26). Ex. 
zizout « abeille >* (thizizout); amemt « miel » (thamemt) ; 
r'orft «chambre (thor'orft). Quelques mots de forme 
feminine mais sans masculin ne se terminent pas par 
un6 2 ; thaid'a « pin » ; tkaslir'oua « caroubier » , thala 
« fontaine » , etc. 

Le genitif se marque g£n6ralement par la prepo^ 
sition ^ (n) entre les deux substantifs en rapport 
dannexion; le datif par la preposition ^ (1). 

Les pluriels masculins se forment de plusieurs 
manures : 

i° en ajoutant in, an ou en. Lorsque le mot com- 
mence au singulier par un a , cet a se change en 1. 
Ex. ariaz uhomme», pi. iriazen; ar'erd'a «rat», pi. 
ir'erd'ain; aselmam «poisson», pi. iselmamen; iis 
«cheval», pi. iisan. Quelques noms conservent ce- 

1 Cf. Hanoteao, Grammaire kabjrle, p. 36. 
a Cf. Hanoteau, op. laud., p. 17-18. 



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pendant au pluriel Ya initial du singulier : arrach 
« enfant», pi. arrachen; attin «cruche», attinen; 

i° par des modifications interieures analogues k 
celles des pluriels brises des langues s^mitiques du 
sud (arabe, sabeen, geez) : 

a. La lettre qui precede la consonne finale se 
change en a. Ex. amk'ark'our « grenouille » , imk'ark'ar; 
adjah' mourn « merle », idjah'mam; aielzim «hache)>, 
iilzam. 

b. En changeant en a la voyelle qui termine le 
mot. Ex. alili (daurier rose», ilila; afertettoa «pa- 
pillon » , ifertetta. Dans quelques mots terminer par 
ou, cette lettre, au lieu de disparaitre entierement, 
est placed avant la derniere consonne ordinairement 
sans voyelle au singulier : akhbou « trou », pi. ikhouba; 
hanou «tente», ihouna; afrag «haie», ifourag; 

3° par une combinaison des deux premieres for- 
mes 1 : Ex. a%erri «mouton)), pi. ixerran; r'erd'am 
« scorpion » , ir'erd'ouamin; foud r « genou », if ad' en. 

Quelques mots intercalent la lettre ^ (oa) avant la 
terminaison du pluriel : aberroa « sauterelle » , iber- 
raouin. 

Parfois une voyelle ancienne, disparue au singu- 
lier, s est conservee au pluriel : axd'al « prairie » , pi. 
ioud'alen, dans les autres dialectes agoud'al. 

1 C'est cette-forme qui est sans doute la plus ancienne : les deux 
premieres n'en sont que des derivees. Cf. Guyard, Nouvel essai sur la 
formation du pluriel brise" en arabe, Paris, 1870, in-8°, p. 7. 



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— «*.( 32 )**— 

La formation du pluriel en aten ou athen sembie 
inconnue dans ce dialecte. 

Dans ies noms ftminins qui ont un masculin, le 
pluriel s'obtient en pr^fixant th au pluriel masculin 
quelle que soit sa formation : ihqfellist « hirondelle » , 
pi. thifellas; ihisinedjd 'am « tarente » , thisinedjd'amin; 
thabdaith «gilet», thibdain; thououk'k'aiih «pierre», 
thououk'k'ai; thaouourth « porte » , thioara. 

Les noms qui n ont pas de masculin et en g6n6ral 
ceux qui ne sont pas terminus par un e> font leur 
pluriel en changeant la voyelle finale en ioain et en 
pr£fixant la syllabe ihi, au lieu de tha. Ex. tharia 
«ruisseau», thirioain; thibouidi «pouliche>>, thiboai- 
diouin; ihkounda «tarentule», thikoadaouin ; thizi 
a col o fait thizaouin. 

Ladjectif suit les memes regies que le substantif . 
au masculin singulier, il est ordinairement pr6c6d6 
de la particule a . 



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TABLEAU COMPARE DES PRONOMS PERSONNELS CHEZ LES BINI MENAGER 
ET DANS LES PRINCIPAUX DIALEGTES BERBERES l . 









BENI-MENACER. 


RIFAIN. 




/ i re p. com. 


netch 


t 


netchinti { 


s^-t&t wh 


& 




12* p. raasc. 


chek 


dUi 


(*k'etn) 


chek 




Sing. 


<2 e p. fem. 


chem 


r* 




chem 






J3*p. masc. 


netta 


U5 




netta 






\3 e p. fem. 


nettath 


»*>U5 


(nettat) 


nettath 






[ i re p. com. 


netchnin 


<£*^ 


( (m. nachnin) nechnin 
| (f. nechnint) 


<*>uu 




la* p. masc. 


Xcnnioun 


v>*£ 


(chemmin, kou- xenniou 


** 


Plur. 


/ 






nin) 








la'p. fem. 


Xenniount 


OO^JkJ 


[chemminti) . xennint 


^yt ._fi5 




f3 e p. masc. 


nahnin 


&M> 


( 3 id., nathnin) nahnin 






\3 e p. fem. 


nahnint 

MZABI 


"" 


(nanint, 
nint) 

CHAOUIA. 


nath- nahnint 

BOUGHS. 






/ 1 re p. com. 


netch 


neteh 


nek 


du 




I2 e p. com. 


chetch 


i c 


*hek 


( m. ketch 


£ 


Sing. 


1 






| f. kem 


f 




J3 e p. masc. 


netta 


netta 


nettsa 






(3 e p. fem. 


nettata 


bU3 nettath 


nettsath 





1 On trouvera dans la premiere partie de ces notes (p. 27 et 52 ) 
les pronoms personnels des dialectes de Djerbah et des Kel-Oui. 
J'ai joint a ce tableau les pronoms en langue haoussa qui , de toutes 
les langues proto-semitiques , est celle qui se rapproche le plus du 
groupe berbere. Lepsius (Nubische Grammatik , Berlin, 1880, in-4°» 
p. xvn) rattacbe m6me le haoussa a ce groupe pour former la classe 
des langues libyques. 

* Les mots entre parentheses sont les pronoms donnes dans ce 
dialecte par M. de Slane , Appendice a I'Histoire des Berbhres. 

La forme &+& est encore un exemple de la substitution du » 
au £>. Cf. ces formes en rifain et en mzabi. 

J. As. Extrait n° 1. (i885.) 3 



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Plur. 



' i* a p. com. nechenin 

J 2* p. com. chetchouin &&£ 



( 34 y—- 

nechenin 



^3* p. com. nichenin, 
netnin 



&**> 



m. noukni && 
f. noukenti <£*& 
ckemwnufrUt i m. koanoui &*£ 
(xennouin?) | f. kountoui &yxiS 
m. noutni <£&5 

nouhni 
f. nouthenlsi <£JUU 
nouhentsi <£*43 



nihenin 



ZElfAGA. 



Ii M p. c. niAra 

2* p.m. AroiiAr 

a* p. f. Aroiim 

3* p. m. nmta 

3* p. f. nentai 



& netch 

d£ chek 

f£ ckemmint 

Uu netta 

^Ujj nettatsa 



CHEL HA DU SOUS. 

nek 



ki 
nettat 



& 



ii r *p. c. noukouni netchini 

2* p. c. itefm/i (?) (jfrixs 
1 3* p. c. nennen ^ neininti 



jm. chekoumin &&& 
f. cheminti <£■***& 



V* 



<£M*3 



Sing. 



6HDAMES. 

[i er p.c. necfc 
(2* p.m. ca^f 
<2 e p. f. cfom 
|3 e p. m. netou 
[3 e p. f. nettath 

fi"p. c. neknin 



ZOUAOUA. 






>*5 /icfoa 
netsath 

^. (m. noukni 
1 f. noukenti 



Sm. no/711 
f. nokonti 
im. konoui 
f. konamti J&S 
m. noinnz <££3 
f. nothenti 

HAODSSA. 

na 

&a, Arai 

Jki 

J" 
to 



M 1 e l • • .1 &. (m.Aroanoai 

Pi ur . 3 p.c. c^oaam^^ \ ttmimM ^ 

1 3 e p . m. nalanin &*>&> ( ?) itAenz <^> 

\3 e p. f. nafin ^^s nithenti 



: 



moa 



Aroa 



50a 



36. 



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— m.( 35 )*+— 

AHACGAR. 

i" pers. c. nek • II 

J a* pers. m. kai i'l 

Sing, li* pers. f. fom 3* I 

1 3* pers. m. enta •+! 

entat ++I 

nekkenidh 31 • It 

nekkenetidh 3+1* II 

kaouenidh 3U # ! 

kametidh 3+3 • I 

entenidh 31+1 

entenetidh 3+1+1 



foa 



Plur. 



[3 e pers. f. 
/i M pers. m. 
li M pers. f. 
J 2* pers. m. 
]2 # pers. f. 
[3 e pers. m. 
yfr pers. if. 



AOUELIMMJDEH 

nek 

ke, 

kam 

enta 

entadi 

nekenet 

nekenatet 

kaouenit 

kametet 

entenet 

entenetet 



•n+i 

+KI 

++i-:i 
+i:-: 

++>: 

+i+i 

++1+1 



PRONOMS PERSONNELS SUFFIXES 
i° Complements <Tun substantif : 

BENI-MENACER. 



De moi ion &, inou y* 



HAOUSSA. 

m. na 

f. ta 

ka, nka 

ki, nki 

m. sa, ensa 

f. ta, nta 
moil; enmou 



De vous. . 



( kou, enkou 



sou, ensou 



^ . ( m. iy A*, enniv ^> 

Detoi If- • . 

I f. im **, cnmm ^> 

De lui w j»*, ennis j-** 

D'elle 

De nous or £t , e/war' £L* 

m. ennouen (jy 
f. ennoaent cwy 

D'eux 0/t5eit <£**** 

D'elles erz&at is*Uo 

2° Complements (Tune preposition (csur» fell Jj) : 

i" pers. com. Sur moi felli ^ 

Surtoi fellax ^*> 

Sur toi fellam f** 

Sur lui , elle . . . fellas u-tt* 

Sur nous fellanar' £ba»J 

Sur vous fellaonen {&** 

Sur vous fellaouent c*3p*i 

Sur eux fellasen &»y& 

Sur elles fellasent c*-M*>*i 

3. 



Sing. 



Plur. 



2 e pers. masc. 
a* pers. fem. 
3 a pers. com. 
i re pers. com. 
a* pers. masc. 
2 e pers. f<em. 
3* pers. masc. 
3* pers. fem. 



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y Complements iudirects d'un verbe : 

i r# pers. com. A moi ai & I 

o. j 2* pers. inasc. A toi *X^** * a X 

°* \ a e pers. fern. A toi iam +* 

3 e pers. com. A lui, a elle. . . ias o*^, as <j*1 

i n pers. com. A nous anar £^5! 

a 6 pers. masc. A vous iaouen t^ 

Plur. I 2 e pers. fem. A vous iaouent oo^ 

3 e pers. masc. A eux asen&»l , iasen { j^i 

3* pers. fem. A elles asenl cuUl , iasent 

k Q Complements directs d'un verbe : Cfc **^ 

BKNI-MENACER. HAOUSSA. 

i™ pers. com. i <$ ni 

i* pers. masc. i£ d* ■ ka 

Sing, j 2 # pers. Um. im pi ki 

3*pers.com. to, th *>, h a (m.^(si),5a 

i" pers. com. ar' £t moa 

2 e pers. masc. oaea <# j , 

Plur. / 2 e pers. fem. tchent «***• j 

I 3 e pers. masc. tfo/i <$$, Acn ^ ) 

3 e pers. fem. thent <&>*$> hent *&** ( 

Adjectifs et pronoms demonstratifs : a, I «ce, 
cette»; agi, J^S «celui»; f. thagi, ^b, pour les ob- 
jets rapproch^s; enni, jt; f. thenni, pour les objets 
61oign6s; ouenni, j^ acelui qui», f. thenni, &3 l . 

Adjectifs et pronoms relatifs, interrogatifs et inde- 
finis : manis, u*oU «quel, qui» : manis tamourti%, 
dutf^yc ij*oL» «quel est ton pays?»; ma, U «quoi, 

1 Voici la Hste des adjectifs demonstratifs d'apres M. de Slane : 
«ce, cet» in, win, won, athaiou, f. attaiou, pi. athnain; «ceci» won; 
«cela» wouou; «celui-ci» won, athaion, f. thou, pi. m. iodou t f. the- 
don, attentaion; «celui-la» win, f. tin, thin, thenni, pi. m. win, f. 
thidin, tinnou, attenbaln ( Appendice , p. 5iq-5i3). 



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comment » : ma tennan sthk'ebailith , &*XjLxju» Jjj U 
« comment dit-on en k'abyle? » ; manisi, <5u*jb« d'ou » : 
manisi tousid , *Xju^3 ^uiU «doh viens-tu?»; ma to, 
b U «quoi» : ma ta ioarin ftoaggourih, (£-&)y& Ls Lt, 
&)j!>fji3 « quy a-t-il d ecrit sur la porte ? »; ennidhen, 
q**jJ « autre » ; f . thennidhen , ^y^J3 . 

Les Beni Menacer n ont conserve que les deux 
premiers noms de nombre berb&res : iidj, g, un, 
fait iicht, o*&a; sin, q*», deux, fait sanat, c^Uu*. A 
partir de trois, ils se servent des noms arabes. 

«Ne-pas» our. . ,ch, (j&-^j, ou...ch, (j&-j. «Je 
ne f ai pas vu » , our zrir'tech , (jk-*«i!;) ^ . 

La conjugaison des verbes presente les modifica- 
tions phonetiques signages plus baut. Au pr£t&it, 
les prefixes ont une tendance k disparaitre pour re- 
paraitre k laoriste apres la particule a ou ad qui ca- 
ract&ise ce dernier temps. De plus la voyelle iparait 
dominer dans le pr£t6rit, tandis que la ou IV Tern- 
portent k laoriste. 



Ex. : ZER j) « VOIR ». 
PRETERIT. 



znr. , 

azrit «*i!^i 

tazrit osj))3 

hazrit. . . .o-t.yj& 

izra t^ 

tezra Stf j 

hezra \fi* 1 

nezra \yy nous avons vu 

azrim . 
tazrim . 



•®; j aivu 

tu as vu 



il a vu 
elle a vu 



nm +js\\ ) . . 

V" } vous avez vu (m.) 




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_*.( 38 )*4— 

azrimt.. . .c*€)3* ) , f x 

yy y vous avez vu (t.) 
taznmt. . .c*$;j3 J 

2rm ^»;) ils ont vu 

zrint oo,^ elles ont vu 

AOMSTE. 

ad ezrar'. . tffiM je vois 
a tezred. . . >»v5l i 

tati* «»?i»! taTO " 

a iser ;^1 il voit 

a tezer ;j3l elle voit 

a nazer yf\ nous voyons 

a tezrem. . .p;) 5 * vous voyez (m.) 

a tezremt.o*)jS\ vous voyez (f.) 

a zere/i y;)l ils voient 

a zerent. . ,oip)! elles voient 

IMPE1ATIP. 

iw (theme do verbe) ;) voir 
zerem p> voyez (m.) 

zeremt ***•;) voyez (f.) 

PARTICIPE INDECLINABLE. 

izeran y?j* voyant 

La plupart des verbes commengant par un a 
changent au pr&6rit cet a en oa, Ex. : aoui « porter » 

<S)\ , aor. iououi tj£j; anez -jS a se baisser » , aor. ioanez 

On rencontre dans le dialecte des Beni Menacer, 
la plupart des formes de verbes observes dans celui 
duZouaoua 1 . 

1 Hanoteau, Grammaire kabyle, p. io5-i58. 



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—.( ant- 
Forme factitive (1* f.) par s pr^fixe : sioudh 
tjbjju* afaire arriver» de aoudh jb^t «arriver»; sili 
Juu* « faire monter » , de Jl aft « monter ». 

Forme r^ciproque (2* f.) par m pr^fixe mh'abban 
qj^ ails se sont li6s d'amiti£ mutueliement 9 , de 
h'abb u^ « aimer ». 

Forme passive (3 e f.), par thou, pr^fixe corres- 

pondant au tsou du Zouaoua : thoura\^ « etre ^crit ». 

Forme d'habitude (5 e f.), par t pr^fixe ttiaous 

^l^' use promener d ordinaire » de h'aous o-jl^; 

tenna Ls a dire habituellement » de ina L> « dire ». 

De meme on trouve des formes verbales combi- 
nes : msfrak'in qx>\Jl*a ails se sont s6par&», rac. 
(jp* «etre s^par^», combinaison de la a e et de la 
1 n forme. 

Les principales prepositions sont : akid «x£l « par, 
avec » ; d'og , d'oug 2)^ , 2)b « de , par » ; zis (j**) « de »; 
r^or, r j*, * «chez»; fell, f, f, Ji, o, £ «sur»; ez- 
zith cu^l «devant»; iinai, ^lu» «dessous>>; 5^ JLw 
«de, hors de»; ^ami^ ar <^w, ^t «juscpi&»; d'l <gb 
a dans, & cause de»; i& «pour, 4, vers»; 5 <jo «de- 
puis». 




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— «.( 40)**— 
LE DIALEGTE DES BENI MEMCER. 



HI 
VOCABULAIRE. 



Abeille, zizout o^vj); pi. izizoua\yyy,, Dans ce mot, 
comme dans le chaouia zizoua \^g) (pl-)» ^ ^ * n *" 
tial est tomb^, phdnom&ne assez frequent. Bou- 
gie , thizizouits (s^riy?; Zouaoua , thizizoaith <^uu$'; 
Ait Khalfoun, thizizouets e^jS, coll. thizizoua; 
Rifain , id. ; Z6naga , tijijba \sgyt? , pi. tijijben \£>j>.y& 
hej (j)'du z£naga correspond au z ()) des autres 
dialectes par suite du-mouillement de cette lettre : 
z = zi *=j. (Cf. en amharique if correspondant 
au H gheez). Le b (c->) represente le oa (j). Peut- 
etre pourrait-on rattacher thizizouith a la racine rzz 
«mouche». Le mot eizanne donn6 par Caillaud, 
dans le dialecte de Syouah, est le pluriel izan ^L> 
de igjj, izi; KVours, taierzist ouM^yb . 

Acheter, essar' £*«t; Zouaoua, tear' £b (forme d' ha- 
bitude); Bougie, ser' £-*»»; Ghdames, asd £«A', 
KVours, esser' £*«l; Rifain, sa gm; Zenaga, isa 
(ipa) Lmo, icha, U*> (aor.). 

Agneau, izmer yy., pi. izmaren ^;L*j>; Rif et CI 



la- 



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ouiah, id.; Zouaoua, izimer yj^yj, pi. izmuren; 
Bougie et Ait Khalfoun , izimer, pi. izamaren ^L*L? ; 
Zenaga, ejimeur, urjt , pi. ejameurn <jj*ty ; KVours, 
azmer j*)\; Bougie, Bou Semr'oun, izmer; Ghda- 
m&s, azoumer j*£\ (azoomer). 

Ail, thichchert c»yfc*>; Zouaoua, thichcherth i£>y«uy; 
Rifain, thichcharth; Bougie, ihiskert <z>Smj$ . Cette 
forme est probablement plus ancienne que les 
pr^cedentes, oil le J estdevenu un j£ et «*est assi- 
mil6 le (j* qui pr6c&de. 

Aile , afri ^t , pi. ifriouen Q^yt? ; Chaouia , afer J>\ ; * 
KVours, afer, pi. ifriouen; Mzabi, afriou^>j»\, pi. 
afrioun ^j^it ; Zouaoua , ifer Jo , pi. afrioun et ifer- 
raoun ^jK»\ Chelh'a des Bel H'alima (prfes de 
Frenda), ifarouen (j^ti? (pl«)' ^it Khalfoun, iffer, 
pi. afriouen. 

Ami, ameddoakel J^oLt), pi. imeddoukal Jl£$*x-c, Ait 
Khalfoun , amdakoul Jy£«x*t ; KVours , ameddakoul, 
pi. imeddoukal; Zenaga, amedoaketch £j«X*l , fern. 
thamdoukelth e*A^«Kir; Mzabi, amdouujel Jl2^*x*! 

WW 

(dapr&s Hodgson); Oued Rir', amdakkel j£«x*J. 

Ane, ar'ioul Jja*5, pi. iViia/ JLob; Ait Khalfoun et 
Chelh'a des Bel H'alima, ic/.; Rifain des Beni Ou- 
riar'en et des Temsaman, ar'iour j^-x_*t; fern. 
thar'ioult oJ^juS*. 

Anguille , aselmam *U*J, pi. iselmamen^jJ^j>^ Dans 
les autres dialectes : Bougie, aseZm 1*J, pi. isel- 
man ylK*u; Zouaoua et Beni Iznacen (Maroe), 




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aslem, pi. iselman; Chaouia, aselm; Chelh'a, as- 
lent; ce mot signifie « poisson ». 

Apercevoir , egzer' *J>I . 

Appeler, lar r £$, forme d'habitude tlar' gto; Zoua- 
oua , lai gi, forme d'habitude tseldi gte. 

Apporter, aoui <^J; Ait Khalfoun, ieoui ^ (aor.); 
KVours, aoui. 

Araign^e, tiblakouch ^yfik+s, pi. tiblak'ach jAiSUs. 

Arbocse, sasnouyk»*m, pi. isousna 1.mm^,»; Zouaoua, 
• wisraoa y*mma ( coll. ) ; Bougie , swnoa ; Bel H'alima , 
sasnou. 

Arbre, *seddjert cay**, de farabe *j-^, en passant 
par la forme vulgaire *j&\ alteree davantage en 
Zouaoua, thejera f;J$\ pi. thejour pjp, et en Ze- 
naga, char, echchar ^Ui. 

Arc - en -ciel , taslith oujenna bjjj e*J U u' « fiancee du 
ciel». Ce nom se rattache sans doute a un an- 
cien my the cosmique. En Zouaoua, tisliih bouan- 
zarjl'jb]}* cUxX^uu, et&Taroudant, thislith nounzar 
fey e«jJL*jC>; Bot'ioua (fraction deslzemmouren), 
thislith nanzar « fianc^ de la pluie ». Cf. sur les 
noms africains et semitiques de farc-en-ciel , M£ 
lusine, t. II, 1 884, n° 3. 

Argent, azerf <3))l; Chaouia et KVours, azr^f; Ze- 
naga, azourf 0^)1. H me parait impossible dad- 
mettre, comme le fait M. Masqueray 1 , que ce 

1 Comparaison dun vocabulaire du dialecte des Zenaga avec les 



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mot ne soit pas d'origine berbire , parce que d au- 
tresnoms de metaux ont peut-etre 6te emprunt^s. 
L argent existe a T6tat natif en Alg^rie. Cf le nom 
de fOued Foddhah. De plus cette racine se re- 
trouve dans les dialectes touaregs : Kel-Oui, azer 
Ott; Aouelimmiden , aserif HOO; Ghat, az'rouf 
]COl. Cf. en Haoussa, azouroafa, emprunte au 
berb&re (?) 

Arriver , aoudh ^j^\ ; K's'ours , id. , aor. iouedh { jcyj ; 
Bougie, aouet' 1^1, pi. ioaoaet k>y; Zouaoua, 
(jb^l aggoudh. Le double j est contracte en 3); Ri- 
fain, ioaouodh; forme factitive, sioadh ufaire arri 
ver» (jb^jyw. 

Assiette, * ad'absi &***) , de larabe ^*mj. 

Attendre, iouh'al J**y. (aor.). 

Avaler, serd' £>-**, k rapprocher du chaouia iserel(?) 

Avedgle, ad'arr'al J*;St, pi. id'err'alen (j^U^x,?; Zou- 
aoua, K's'ours, Ait Khalfoun, Chelh'a des Bel 
H'atima , id. ; Bougie , aderr'al J^^t ; Chaouia , ader- 
rai (?)J>J. 

Avoir, impersonnel, il y avait, tour' £y;Rifain des 
Guelaia, tour f a\syS. La forme itour f £yj , est men- 
tionne par Newman. 

vocabulaires correspondants des dialectes des Chaouia et des Beni Mzab. 
( Archives des missions scientifiques , III e serie , t. V, Paris , Imp. nat. 
1879), P- 488, note 3 - 




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44 



B 

Baisser (Sb), anez'jti, aor. iounez; Zouaoua, id. 

Barbe, ihmert<z9y£; Ait Khalfoun, ihamarth &J; , pi. 
thimira La*; KVours, %sjyj> tmart; Oued Rir', te- 
mert; Chaouia des Beni Iznacen, thmart. 

Battre (Se), ennour r anJs^j\ (Us se sont battus), rac. 
ear' jit wtuer». 

Baodrier d'Orion , d'eroud gy* . 

Beau, *azain ^1 , de larabe ^, (^v*, employe dans 
ce sens par les dialectes vulgaires de Touest. Ghda- 
m&s, zein q$ « bon »; Bougie, d'amouzin (^ju^fe, 
fern, tsamouzints ot^if. 

Beaucoup , ai'tfa UjI ; Zouaoua , at! as ^JJW . 

Bec, ar'enboub lj>jaJ>£] , pi. ir'enbdb <->luJo; Zouaoua, 
akaboub <-^t*l, pi. ik'oubab vk^* 

Blanc, d'amellal J^UtS; Ait Khalfoun, KVours, id. 

Bl^, iard'en ^*r, KVours, lercfen ^^>. 

Bleu, Vert, d'aziza Ua)te; KVours et Chaouia des 
Bel H'alima, id.; Ait Khalfoun, azegzaou jtOS;', 
pi. izegzaoun ^|&*; Chaouia des Beni Iznacen, 
d'azigza Ms>)b. 

Boeuf, afounas u»j>}*\, pi. ifounasen (j~jy*; Rifain, 
KVours, Beni Iznacen, Bel H'alima, id.; Syouah, 
fonas (j^JLt (Gailliaud, fonasse); Syouah et Aou- 



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djilah \ founas <j*oj*; Mzabi, afounes, pi. ifou- 
nesan. 

Bois, ia'kchoud'en ^, &- £ -* ; K's'ours, ik' chid' an 
^l«x ^ ; Bel H'alima, ak'choud'en ^yWri. 

Boiteux, ak'ouchih Ju£y»t, pi. ik'ouchihen (iJ ^iyi t >. 

Boini, ikhalefu&[&. 

Bouche, zmi ^c; KVours (Bou Semr'oun) et Bel 
H'alima, id. 

Boue, *ar'errik &&; Bougie, r'ark'a iuL*. 

Bouillon, (Gouraya), thiimmi Jfe$ . 

Brebis, thr'allach ijtihS. 

C 

C agher , khemel Jsr . 

Garourier, thaslir'oua \^ * » i «»■'>, pi. islir'ouaouin 

Cavalier, a/iuiai <^Lut; KVours, Bougie, Ait Khal- 
foun et Zouaoua, wJ., pi. imnaien (^Uc. 

Caverne , Trou , afcfcioa^x^t ; K's'ours , ak'boun ^j^l , 
pi. ife'tan ^l***. 

Cerveau , affi Jl « tu nas pas d'esprit », ou lach alii d'eg 

ikhfx 4*** &* & o%- 



1 Von Beurmann, Brief an Prof, Fleischer, Zeitschrift der deulschen 
MorgenL Gesellschaft , t. XVI, 1862, p. 563-565. 




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Chacal, ouchchen ^l^\ RVours, Beni Ouriar'en, 
Temsaman, Bel H'alima, id., pi. ouchchanen 
(jjil&j . Le nom du chacal entre dans la formation 
d'un grand nombre dappellations populaires; 
ainsi chez les Ait Khalfoun Farc-en-ciel se nomme 
thamr'era boackchen ^y? Jyu? « noce de chacal ». 
Dans le Jurjura, le Prunus spinos® et \e Prunus 
insititia s'appellent abark'ouk bouchchen ^*^ ijjjjy' 
« prune de chacal » ; la Bryonia dioica , Thara bouch- 
chen (jj*^ f;ls « treille de chacal » ; une esp&ce 
dalliacee, bs'ol bouchchen tf&y* J*a> «oignon de 
chacal [allium ampeloprasum) ; une dioscoree (ta- 
mo* communis) azberbour bouchchen ^my* J^t?)' (Cf. 
Hanoteau et Letourneux, La Kabylie, Paris, Imp. 
nat. , 1873, 3 vol. in-8 , t. I). Dans 1q dialecte 
des Bot'ioua de S. Leu (le vieil Arzeu) on nomme 
la groseille adil nouchchen (^y Jal « raisin de cha- 
cal ». Cf. les expressions semblables en arabe vul- 
gaire : <^J«x)l &»«*, t^JjJI c-*a*\ etc. 

1 En Orient , cette derniere expression designait une sorte de so- 
lanee, probablement la morelle a fruits rouges (solatium villosum). 
Le commentateur Yousof ben Soleiman explique par wJLxtM « r JLc 
le mot <$3, qui se rencontre dans ce vers d'Imrou'lqais . 

Gf. Divan d'Amrolkais, edit. De Slane, p. rr, et la note. Ge mot est 
aussi employe* par Zohair, MoaOaqah, vers 12 : 

Ibn en-Nah'as donne la m£me explication ( Rosenmuller, Analecta 
arabica, Pars II, Leipzig, 1826, p. 10 du texte), ainsi que T^brizi 
(ms. de la Bibliotheque d' Alger, fol. 87 ) : JaJU *** ^t ju*. f£ CUSf 



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Ch ambre , * r'orft oii , pi. ir'orfatin ^olyb ; Bougie , 
thar'ourfets o^^ytf; KVours, tar'orfa Uyb*; Zoua- 
oua, thar^orfets ov*jjfc>, pi. thir'orfatin ^\iy& , d6- 
signe une chambre au premier £tage, ou plutot 
un appentis; k Syouah, tar'orfat oU ^ jLj signifie 
«salle k mangerw. 

Chameau, aWoum pyil', pi. iler'man <jl#X>; Bel H'a- 
lima, id., pi. ilar'men y$5k; K/s'ours, aWem *j*H; 
Ait Khalfoun, alr'om, pi. ilr'oman. 

Chanter (aor.), inziz jff*- 

Charrue, asr'ar )\*m\. 

Chat , amchich ( J +&S +* ) , pi. imchach ^Lkc ; Zouaoua , 
Ait Khalfoun, Bel H'alima, Chelh'a, i<l.; Rifain, 
mooch ij*y, pi. mouchouen ijy&y*- 

Chaud (Faire), aor. lah'ma L«*jg, forme factitive 
sah'ma 1 » ^ « chauffer » ; Zouaoua, Bougie et 
KVours, id. On est tent6 de rapprocher cette ra- 
cine de farabe *=*. « chauffer » ; cependant elle se 
trouve dans d autres langues proto-s^mitiques. Cf. 
egyptien #^ A J khemt!, copte ?hm, tS-mo 
a chauffer » , 3-mom a 6tre chaud » , -f-zeMMe 
« chauffer ». D'un autre cot£ , le £ n'existant pas 
dans les mots d'origine berb&re , il faut supposer 
une forme ancienne * IV ou * 1$ . Cf. farabe JP . La 
meme racine se rencontre dans les langues deu- 

JLjJLjiJLH *-«JLc y& \yJj\ Jl*5 *y*. On sait que, dans le Maghreb, 
le mot *-o5 est employe indifferemment pour le loup, le renard et 
le chacal. En Espagne, on confondait aussi le c^o«xJf uU-c avec le 
tJU&Jt U«, (Gf. Doty, Supplement, t. II, p. 179.) 




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48 H>— 

tero-semitiques : syriaque %aJL « etre chaud » , he- 
breu DDn «6tre chaud », 6thiopien &no*a*% qui 
supposerait une racine secondaire h'mou, 4 rap- 
procher de la forme berb&re^-l ah'mou, rac. j « ^ 
et de Tarabe inusite * ^r . 

Chaussure, iharkast c^ , pi. iharkasin y*j£3, di- 
minutif de arfcas <j*£)J, pi. irkasen, ^-d^y, mor- 
ceau de cuir dont les Kabyles s enveloppent les 
pieds; Bougie, erfrcw (j**^t, pi. irkasen « Soulier »; 
Beni Iznacen et Bot'ioua, dharkoas jj^iyM, pi. 
iharkousen tf»y>y&\ Mzabi, terchest c*«»«yi, pi. 
terchesin (s j***£y; KVours, torkcwe o*-**:^-?, pi. 
tirkasin y*j£j>. Cf. Guanche de Ten&iffe kherko, 
(xerco) «souliersM. 

Chemise , awi'oaar' ^tjOot . 

Ghene, akerrouch iji)js\ ( quercus ilex); Zouaoua, id., 
pi. ikerrouchen (^j^s? « broussailles de chenew; 
Bel H'alima, acherrouch ^fyyJSA; Bougie, thaker- 
roucht o^JS, pi. thikerrouchen (j^jS. Proba- 
blement emprunt^ au latin quercas. 

Cheval, lis^**, pi. wsan <jL*>; KVours etBeni Izna- 
cen , a«5 (j^ot , pi. usa/i. 

Cheveu, arazad *JyJ, pi. inzaden ^Kx>; Bougie, id. 
Dans le dialecte de Taroudant, ce mot d&igne 
aussi une corde de violon ou de guitare; Zoua- 
oua, anzad' Sty), pi. inzad'en ^lUg; Ait Khal- 
foun, inzdh <jojju, pi. inezdhen (^V^; Zenaga, 
anz yl ; Ghdames, azaou (?) $ty (azaoo). 



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— «*.( 49 H— 

Ch£vre, r'at «^>U, pi. tir'attan ^Uj; KVours, fr'a* 
cJjfc, tir'atten; Rifain, Bel H'alima et Beni Izna- 
cen, threat c»U>, pi. thir'atin (^"Us*; Zouaoua et 
Ait Khalfoun, thar'af IsLtt, pi. thir'etfen ( Jaj6; 
Bougie, thar'ath eAjtf, pi. thir'etten ( i yXj^; Syouah, 
Mzabi, tagat odCi; daprfes Minutoli : atr'at c»U?l, 
pi. itr'atin (^Utf; Ghdam&s, /fo'ai (theeat) <oltf; 
Zenaga, tekchi^&S3. — Ar'ath. c»Ut, dapr&s New- 
man. 

Chez, r'er j*, s'emploie avec les pronoms suffixes 
pour exprimer Tid^e d avoir, r'eri &J* (chez moi) 
«j'ai»; Rifet Bel H'alima, id.; Zouaoua, r f our^, 
avec mouvement r'er; Bougie, Hour; Ait Khal- 
foun, r'or; Ghdam^s , dourly* (oo'rer «j'ai»); Cha- 
ouia et Mzabi, r' £, r'i «jai ». 

Chien , aidhi (s *hj) , pi. it? an ^Ua* ; Beni Ouriar'en , id. , 
pi. iidhan ^La*; Ait Khalfoun, aid'i <£«Xj', pi. id- 
hart; Bel H'alima, aid'i, pi. iid'an ^So; KVours 
et Bot'ioua , aidi &<**) , pi- iedan y] Jy . 

Chien (Petit), ak'joan u&jprt, pi. ik'jan (Jyo; Ait 
Khalfoun, id.; KVours, ak'zin (£>y>\, pi. ik'zinan 
^ts>ub; Beni Ouriar'en, a&'zi <$yrt. 

Ciel , ajenna Lij\ ; Mzabi , cyennou ^J>jl , pi. ijenouan 
Jly^-j (ejenouwan); KVours, ajenna; Bel H'a- 
lima, id. 

Cigale, qrjoajMjl, pi. ujaj $fy. 

Cimetiere, thamdalt oJ«X4? , racine amda/ J«X*! «en- 
terrer»; Ait Khalfoun, id., pi. thimedhlin ^JL&f ; 
Zouaoua, ihamdhelt <••« Lwsur, pi. thimdhelin, et 
J. As. Extraitn 1. (i885.) 4 



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— *.( 50 )*— 

Bougie, ihimt'elts r*»Mnc « efiterrement » ; Rifain, 
amdar )<S*\ avec le changement du J en y — Am- 
d'elt oJ«X*f , d apr&s Newman. 
Clou , * amesmir y*+*\ , pi. imesmarj^s** ; KVours , id. , 
pi. imesmiren (jpkfr+c . 

Collin?, lar^i &-*$, pi. laour'in 0-+*)$, m&ath&se 
diir'il J***; Zouaoua, pi. ir 1 alien ybo; Bougie, 
ihir^ilth eJlutf, pi. tWilthin i^jjjup; Ait Khal- 
foun, id., pi. ifaVaftfaYi(diminutif); Bot'ioua, tka- 

, r'irt\z>jfJ& . 

Colombe, thad f birth t±>ws--*«^--3; Bougie, thathbirth 
e>wwAxJ, pi. thithbirin qJjkjuS; Zouaoua, thithbirth; 
Syouah (par metath&se), tabdirt vsyJy3, pi. tibdi- 

CoMMENCEU, je/Ttfi c^J. 

Coq, iomY ^)L>; Rifain , id.> pi. iazidhin i s y+**£)k ; Bel 
H'alima, id., pi. iazidhan ^1^)1*; KVours, fazrt 
os>)l^, pi. lizdan (jt*w; Ait Khalfoun, aiazidh 
(j*>)W , pi. iouzadh (jJij^t et iazedhen (j^l?. 

Gobde, asr'oan ^j**»t, pi. isr^aoan .^U*** ; Ait Khal- 
foun, asr'ouen; Chaouia, asroun yjj*»»t; Bougie, 
asek'Van q**»S, pi. iseWk'an <Ja**> «corde de spar- 
terie ». 

Corne, icfccfc ^j^j, pi. ichchaouen ^lA>; Zouaoua, 
Bougie, Ait Khalfoun, Chaouia, icfc, pi. achioun 
Uj-ykt; Mzabi, ackchaou jlSl; Temsaman, achaou; 
Beni Ouriar'en , achouaou ^A\ ; Syouah , tephaoun 
<jjUo (pluriel du dirrlinutif ) ; Z^naga, tesfca l£**s 
(diminutif?). 



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Coucou, thk'oixk' ^53^, onomatopee d'aprfes le chant 
du coucou; Zouaoua et Bougie, t'koak Sy&e. En 
zouaoua , adjejig n t'koak JjXkj 3^^! « fleur du 
coucou » , d^signe la fedia gracilijlora. 

Couleuvre, thalefsa l*JJ$; Ghdam&s, telafsa L*i^> 
«serpent)). Dans les autres dialectes, ce mot a le 
sens de vip&re. Cf. Notes de lexicographie berb&re, 
I, p. ai. 

Coop, iithaiSj, nom verbal de e^ «frapper». 
Couper, ekses (j**^), aor. iksas (j**S.y, Chelh'a, eks 

Cour, thaddart c^tJsS* ou ltaddart ca>;f«X*. En rifain, 
taiddoart ca^Jo^ a le sens de « cuisine ». Chez les 
Bel H'alima, taddart c»jUx?, pi. thoadrin tf.$*y\ 
chez les Beni Ouriar'en et les Temsaman , thaddarth, 
i&jtoi^; chez les Bot'ioua, thaddart; chez les Beni 
lznacen, thiddart et en Mzabi teder* c^Jo* signi- 
fient «maison». 

Codrir , azzel J)l ; Zouaoua , Bougie , Chelh'a , Ghda- 
mfes, Syouah, Chaouia et KVours, id. 

Craindre, oaggoad' i>^; Zouaoua, aouggouad f StySjt; 
Bougie, aggad *©; Chaouia, iaggoud ^SU (aor.); 
Mzabi, iougguod (aor.), ^y?.\ Ait Khalfoun, ieg- 
goued (aor.). 

Credser, er'z j*\> aor. ir'za tab; Bougie, id.; Zoua- 
oua, r^ezj*. 

C ruche, attin q*$\, pi. attinen { jj^. 

Cuiller , ther'andjaith &o\&J& , pi. thir 'andjain (^t^jtf ; 

4. 



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Beni Iznacen , id. La forme simple a 6t6 conserve 
en zouaoua, ar'endja L^tet, pi. ir'endjain ^l^Sjb; 
Bougie , andja \j?\ « grande cuiller » , peut etre une 
contraction d % ar'endja, carlediminutif existeaussi 
dansce dialecte : thar'endjwuth&)\j&J&, pi. thir'end- 
jaouthen ^\jpJ6; Zouaoua, id., pi. ihir'endjaouin 

Cdire (Faire), csovl ym\\ Mzabi, id.; Bougie, seoa 
y*»; Zouaoua, sebb t*** (le lj £gale deux j con- 
tractus, cf. Hanoteau, Gramm. kabyle, p. 9); 
Ghdames, sen ^m; Chaouia, senoa ykm. 

Coisse, ihakslimt oi^JLJiS, pi. ik'slam p3i*Jb. 



Defil^, thizi i£j£, pi. thizioain Q&yp; Zouaoua, 
thizzi, pi. Jfeizza L*S\ Ce mot entre dans la com- 
position dun certain nombre de noms geographi- 
ques de TAlgerie, m&me dans les endroits oil le 
kabyle nest plus parl£. Cf. la liste donn6e pour 
les defiles du Jurjura par Devaux, Les Kebailes da 
Djerj era, Marseille, 1859, in-12, p. 169-170. 

Demain, aitcha Las?!. La forme primitive est proba- 
blement azek ii);t, qui existe dans le dialecte de 
Bougie , & cot^ de la forme azekka 1^)1 ; Zouaoua , 
azekka. Dans les dialectes intermediates , le J 
mouille est devenu ^ . Chaouia , adetcha L^af , dont 
aitcha est un adoucissement. Le mzabi pr6sente 
la forme la plus syncop^e : achcha Ifil; Z£naga, 
tidjigenn {J&& . Cf. sur le sens de ce mot dans 



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les autres dialectes : Masqueray, Comparaison dun 
vocabalaire, p. 5o4, note 3. 

Dents, thir'mest u - *** y :> ou hir'mest cu^j^, pi. */«>'- 
mas <jJ4tf; Bel H'alima, Temsaman, Beni Ouria- 
i^en, id.; Beni Iznacen , id. , pi. thir'amas; KVours, 
firmest c * *«» fr >, pi. tor 1 mas j-ljtf; Ait Khalfoun, 
thour'mesth e***^, pi. (hour* mas ^iiy « molaires », 
thisira IjKmsS ((moulins»; Bot'ioua, ti$era L**a->; 
KVours, ft'sar^L*x3; Beni Iznacen, thisar )£+£. 

Descendre , ers ^ , aor. irsa L^> , ersin (J***)) ; Bou- 
gie, Zouaoua, Chelh'a, Bel H'alima, Ait Khal- 
foun, Ghaouia, id.; factitif, sers {j»y»; etre issu 
de, ond'ern ^Sj « ils descendent de » (se construit 
avec seg i2Lw). 

Desesp^rer, (aor.), imilj^c. 

Dessus, sendji &&+»; Zouaoua, Bougie, sennig t2LyU>. 

Detacher , eddek dal . 

Devant, ezzith&oj\; Bougie, ezzath&ty-, Rif, ezzathi 
(Jty\ Chaouia, ezzat e*!)!; KVours, zat c^!); Zou- 
aoua et Ait Khalfoun , zd'aih s*>\b?) ; Syouah , ezdat 

Dire , ini ^b , aor. inna lb ; Ait Khalfoun , Bel H'a- 
lima, KVours, id. 

Doigts, dhad! sL», pi. idhoud'an fji^ Ah > ; Rilain, 
KVours, Bel H'alima, id.; Zouaoua, adhad' i>U>! , 
pi. idhoud'an y^y** ; Ait Khalfoun , adhadh (jbL©! , 
pi. idhoadhan jL&y&j; Chelh'a, adhad :>U>t, pi. 
idhoudan ^b^4?; Bougie, at' ad alM, pi. it'oudan 



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^ta^ba; Ghdam&s, adad atal; Zenaga, adakhdi(?) 
<£«X£*:>I; Chaouia et Beni Iznacen, dhad *U©, pi. 
idkoadan; Mzabi, d'ad' i>1i>; Syouah, (pi.) doudan 
^jtaj* (toudain), dapr&s Cailliaud; idoudan (pi.) 
^ta^M dapr&s xMinutoli. 

Donner, sir' £**», oacft ^j; Bel H'alima et Beni Iz- 
nacen, id. 

Dragon , as'adh jbU?l . 

E 

Eau, amany\\ Rifain, Ait Khalfoun, Beni Iznacen, 
KVours, id.; Aoudjilah, imin ^. 

Ecorce, atfchou y^t, pi. ik'ckoua I^-Ajm; Zouaoua, 
ak'ckouck tfy ,&J»t «£corce de lifege » ; KVours, 
tak'chour jy&ib, pi. tiak'char jl&jL?. 

Ecrevisse, k'ordjma br%S, pi. k'ordjouamin y&Ay^j*. 

Ecrire, ari <^l; KVours et Bel H'alima, id., passif 
tsoan ^y . 

Egorger, er'rs \yy*\; Ghdam&s, aor. iar'ras jJJv 
(iarg'ras); KVours, r'ers^j*. 

Enfant , arrack j&fj' > pi- arracken ^fjl ? Ait Khal- 
. foun, id.; Bougie, id., «petits-enfants»; en zoua- 
oua ce mot sert de pluriel k ak'ckick; KVours, 
ouar'ack <jfclfj « fils ». 

Ennemi, arViVw *!>j£t. 

Entendre, se/ J**, aor. we/a SWj; Ait Khalfoun et 
KVours, id. 



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— «.( 55 )*— 
Enterrer , amd'al J«k#l ; KVours , emdhal Ju^ul ; Bou- 
gie, emt'el Ji**t; Zouaoua-, medhel Jua*. 
Entrainer, tkerker 3Ss. 
Ehtrer, adefO*]; KVours, atef \J&\. 

Epadle, thar'rout ts^yB , pi. ir'arouat ol^U? ; Zoua- 
oua, thar'eroat' k^iS/pl. thir'erdhin ( s y&e>f& «os 
de l'6paule»; Rifain et Beni Iznacen, thir'ardin 
(pi.) ^^US; KVours, thar'erint ouL*jjtt (pi.); 
Chaouia, aarout o^>. 

Escargot, bour'laljysy?, pi. ibour'lalen ^*&sy#., peut- 
etre & rapprocher du Bot'ioua, ar'radj gU*l, pi. 
ir'radjen q^^j** • Le premier J correspond au ^ et 
le second au ^ par la gradation suivante : d, di, 
d/. (Cf. Afoto de lexicographie berbdre, I, p. 6.) 

Essaim, tousma l*»y. 

Etang, agelmim j«*W>t, pi. igelmam -l^So; Zouaoua, 

agoulmim &1$> pi. igelmoumen (j*£&. 
Etendre(S'), aberkdjA, ezzed*)\; Zouaoua, ezd'ou 

5S3I ; Bougie , ezdoa 33)! . 

Etoiles, ifftri ^i>, pi. i*/iran ^tJu; Ait Khalfoun, 
Zouaoua, Bel H'alima, Beni Iznacen , Bougie , Ri- 
fain, zd.; Chaouia, id., pi. if/iren w Ju; Oued-Rir' 
ethri (etheree) ^yt; KVours, Mzab, Chelh'a, itri 
^yu> , pi. itren yJk ; Z^naga , dharen yy* ; Ghdames , 
iran (eeran) ^L» (pi.); Syouah, iri ^>!. Le rap- 
prochement dithri avec le latin astrum ri est pas 
admissible, puisqu'on trouve dans le dialecte tama- 
chek' des Ahaggars la forme ^0+ atri, pi. IO+ 



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itran; k Ghat, id; en Aouelimmiden , atar O+, 
pi. itaren; en Kel Oui, le pluriel iron fO ; en Sergou 
etri (eteree) pi. etran (eteran). 

¥ 

Faim (J'ai), elloud'er' *i>jJ); Bougie, Zouaoua, louzer' 
£j^l; K's'ours, Beni Iznacen, eJ/oaz j^JI « avoir 
faim » ; Ghaouia , illoz £* « it a faim » ; Ghdam&s 
et Ait Khalfoun; laz 'j$ «faim»; Syouah iloudh 
Ibjkj (aor.) Rifain, douz p*; Z£naga, allous (j-^5. 

Fane, illisouj.«+$Lj i ; Zouaoua, asellaou jU-wl «etre 
fan6». 

Faucon, emerillon, boa amran ^Lfc yj . Lorsque les 
enfants voient voler un faucon au dessus de leur 
t£te , ils lui chantent les vers suivants : 

Chduh' chdah' bou Amran 
Ak sir'er' eWabb taroaman. 

Danse , danse , bou Amran , 

Je te donnerai des grains de grenade \ 

I Ces vers semblent i mites d'une chanson populaire arabe : 

5# ^LkyXJt <£jJbJ &<£*)}"* I'Lhwi Q^SjxJ) [^ ^SJb ^x& 
Danse , danse , Arabe : je te donnerai un sou ; tu acheteras du tabac , etc. 

II faut remarquer toutefois que presque partout en Algerie ^ 
^ji^c est le nom populaire de 1'e'merillon. Le faucon etait surnomme 
chez les Arabes «£oua)I y*\ (Mostat'raf, cd. de Boulaq, t. II, ch. 62 , 

p. 123). 



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Femme, thamtout' t>yUr ou thamettout c^tf\ pi. this 
nan (Jj»»$; KVours, thamet't'out c^bf ou thamet'- 
tfot oJa£', pi. tisidnan ^bOsjy^J; Beni Iznacen et 
Ait Khalfoun, thamet't'outh e^bt; Bel H'alima, 
tamettoih eouf. 

Fer, ouzze/ Jjj^; KVours, «2.; Temsaman et Beni 
Ouriar'en , ouzzer y^ ; Ait Khalfoun , oazzai 

Fermer (les yedx) , ik'k'an (aor. ) Jju ; Bougie , ekk'en 
^irt; Zouaoua, k'en^i. 

Fed, Fievre, ihim$i &ȣ ; Beni Iznacen, Rifain, id.; 
Ghdamfes et Syouah (d'apres Minutoli), timsi 
t^yyus ; KVours , temsi ; Syouah , temsa L*M ; Zouaoua , 
Bougie, thimes i jJs; Mzabi etOued Rir', temis^yJs; 
Chaouia, imes <j*c; Ait Khalfoun, thimes (j*fy, 
pi. thimsiouin ^^ i' « enfer ». 

FAves, baouen ^L; KVours, baou^j (sing.), pi. 16a- 
oaen ^L>. 

Fiance, asfo' JuJ, pi. iiafen ^^W; Bel H'alima, 
Zouaoua, isli Ju^> n pi. is&m ^Um^. Ge mot se 
rencontre fr^quemment dans la synonymie geo- 
graphique de TAlgerie, et comme la observe 
M. de Slane (Appendice A Vhistoire des Berbtres, 
p. 5y5), ilexiste dans la composition du nomdes 
Massesyli = Masisli. 

Fiancee , thaslith caJL^, pi. thislain (^SUS; Bel H'a- 
lima, id.; Zouaoua, thisliih cuJU^y, pi. thislathin 
^yti&HaS; Chelh'a, teslit oyJLa «jeune femme ». 

Figues fraiches, thihabboutin ^y^; Gouraya, 
thibekhaicn yAa&si ; Zouaoua et Bougie, thabekhsisth 




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-( 58 

c^*u^»flgy5, pi. thibekhsisni Q^ft^ffcyS. Une vari&e 
de figues blanches et de figues violettes porte dans 
le Jurjura le nom de thabouhiaboult oJ^U^y. 

Figues s^ches, idmmouchen ^y**; Mzabi et Oued 
Rir' temchin (temsheen) (^jy&ut; Syouah, tamoucht 
c^ub « figuier » , imoachan y\&x) « figues ». 

Fille, tharracht ts*&L3. 

Fils , or ). Cest le mot qu on trouve employ^ dans 
les inscriptions libyques 1 1 ; Ait Khalfoun , KVours , 
Zouaoua et Chelh'a , *d(. ; Ghdam&s, ioiiyj; memmi 
is JS\ Bel H'alima, Ait Khalfoun, Rifain, id. Ce 
mot appartient sans doute a la mcme racine que 
imma «m£re». 

Fils (Petit-) , aiaou.)\j\\ Chaouia, ao^\; Tamzir't de 
i'Aouras, aha y\ « petit garfon ». F&n. (Petite 
Fille), thaiaouth g>jl*t3; Chaouia, taot o^b; Tam- 
zir't de fAouras, taiout c^>b. 

Flaque d'eau, thamd'a I«X4T. Cemotd^signe les mares 
d'eau restant dans le lit des fleuves quand ceux-ci 
sont desseches. Bougie, ihamda \*y£ «etang», pi. 
thimedoua ))<s£; Ghdames, temda t«x£; pi. tem- 
daoam^yj^rapotager)), emploi analogue k celui 
de thabh'irth t±»%4^s3 (rac. *y*^?), dans les autres 
tribus. Zouaoua, amd'oun (pl.)^^t. 

Fleuve, ir^zer yJu, pi. (JyJo ir'zeran; Bougie, id. 
« petite riviere »; KVours, id., pi. ir'zaren ^y^.\ 
Bel H'alima, Beni Iznacen et Rifain, iVzar, pi. 
ir'ezran; Zouaoua, ir'zer, pi. ir'ezran « torrent)). 
Oued Rir', tegzer )d& (dimin.). En Mzabi, tegzerth 



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—**( 59 )••*— 
e>^3 a le seas d'oasis, mais il faut sans doute le 
deriver de *jM» . 
Fl6te, tajdbboath %&y*s£p y pi. tijdbab *J**y>. 

Fois, tliihelt oJJ3*; Zouaoua, id.; Bougie, thikkelts; 
pi. hikal JlXi5 (pour thikal Jl&). 

Fontaine, iAafa 5AS; Ait Khalfoun, id.; Bougie, id.; 
s'emploie pour une fontaine protegee par une 
construction , en opposition k thW k*$ « source » ; 
Zouaoua, irf., pi. thilioua \yJ$ ; Oued Rir', id., pi. 
ihalouin tfjte (thaloween); Chaouia, fata 5A3*; Boni 
Ouriar'en et Tamsaman thara \y; Bot'ioua , thadja 
\^\ — Hala 5Aa , d'apr&s Newman , « source ». 

Foret, ra'ial JL>5j , pi. irouial JLj y . 

Former , emich ySwtl , aor. iWcft jk-c . 

Fort, *ijhed «x*5*; Bougie, ufy'Aid J^j^; Zouaoua, 
djehed «6tre fort». 

Fosse, tfiaria Us (Voir s. v. Ruisseau). 

Frapper, aouth <±>jt; Ait Khalfoun et Bougie, id.; 
Zouaoua , ouih &) ; Rifain , oueth; Ghdames , aoaats 
c»jt; Chaouia, Mzabi, KVours, oaet&). <dls ont 
tir6 le canon», ouihen Imedafd £*t«xl ^Sj; akhbedh 



Fr^re, *&7iii 5, pi. aithma UM; Bougie, id. et ith- 
mathen 0$U\>; Chelh'a, aitma Uy!; Zouaoua, ath~ 
mathen ^\£\ et aithmaihen qSUs*! ; K's'ours , achetma 
U&t. 

Froid, asommidh ( j^w\\ Bot'ioua, asommid' «XAf*l; 
Bel H'alima , asoumid' «Xa*$**I . Chez les Beni Iz- 




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— «.(60)^- 
nacen, asommad aUwf signifie «vert»; Ait Rhal- 
foun, asommidh. 
Fuir, erouel Jjyl; Ait Rhalfoun, Bougie, Chelh'a, 
Ghdames, RVours, Chaouia et Mzabi, id.; Zoua- 
oua , rouel J[y ; Rifain , erouer y$$ ; Zenaga , rouedj 

Fcmier, izzoubith t&ugju*; Zouaoua, zabel Joy 

G 

Gandoura, thaVbaiih e^LiS*. 

Gazelle, vr'ert&Jv.. 

Genet (du S'ah'ara, arabe ^y), ad'mem. Dans le Jur- 
jura , idmim designe le Cratfaegus oxyacantha (Ha- 
noteau et Letourneux, La Kabylie, t. I, p. 89). 
Seloti Devaux (Les Kabailes du Djerdjera, p. 168) 
le diminutif thidemimth est le nom de 1 aub^pine 
(cratheegas monogyna). Genet &>ineux (arabe Jj«Xaj , 
eatycotome spinosa) , azezzoa^) ; Bel H'alima , Bou- 
gie, Rifain, id. ; Zouaoua, azezon, contracte en 
oazou dans le nom de la ville de Tizi-ouzou. 

Genevrier, amelzi <£vUJ; Bel H'alima, id. 

Genjsse, thaoanat oujb, pi. thiounaten (^>^, se rat- 
tache probablement & la meme racine que <j*jj*t 
afounas. 

Genou, fond! Sji, pi. if ad! en ^Li>; Rifain et Beni 
Iznacen, id. avec le sens decoude. K's'ours, Cha- 
ouia, Mzab, Syouah, fond by-s ;- Zenaga , ofoad 

^i!; Ghdam&s, oufadd «x*$ (oof add) \ Ait Rhal- 
foun , afoud' by*\ . 



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— *-( 61 )*~ 

Gens, midden ^^K*; Ait Khalfoun, Bel H'alima et 
Beni Iznacen, id.; KVours, medden; Ait Khal- 
foun , imd'an ^'^ , cf. Haoussa , moutdne. 

Gilet , * ihibdaith viol «X*3 , pi. thibdain ^) Jsx> ; Bougie , 
thabddUh<£*xz<yj3, pi. thibddithin (s j*£a*«XaS . 

Glace, Miroir, * thamraith eyjji\ de 1'arabe ibt^*; 
Bougie, id., pi. ihimraithin ^^JbLf; Beni Iznacen , 
thamrai ^\y£ a le sens de vitre ; Zouaoua , Imeri 
^-U, pi. Imeriath cblyJL 

Glace (Petite), thisith eu^; Chaouia de louest, 
Mzabi, tisit cumoj; Bel H'alima, ihisi&w^; Beni 
Iznacen, id. «verre»; Syouah, tesset o^ (Cail- 
liaud, tesso«fe); Ghdames, tazout<z>yy. 

Gosier , aierzi <^?t : Zouaoua , agerjoum +)jj& , pi. 
igerjoumen ^— ^J_xL>; Bougie, tnagerdjoumt 
i:-**yyj&, pi. ihigardjoumin (j^y^jte; Syouah, 
tagorgoum ~y*J&. 

Grains, ime/idi^^xJUr* 

Grand, ak'erd'al Jteyrt, amok'ran ^tyul (cf. iVotes de 
lexicographie berb&re, I , s. v. Femme) ; Ait Khalfoun 
et Zouaoua, id.; Bougie, Mzabi et Oued Rir', 
amek'ran; Beni Iznacen et KVours, amek'k'eran; 
Bel H'alima , amaVk'ar yut . 

Gras, issah! ^L**. 

Grenouille, amk'ark'our j^Syut, pi. imkfark'ar y^U-c; 
Zouaoua , id. ; Bougie , tkamk'erk'ourih e^iyur , pi. 
tMmk'erk'ourin^j^Juli.Ce mot semble s employer 
pour les batraciensen g£n6ral. Ainsi, dans le Jur- 




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— w( 62 )**— 
jura, d'apres M. Letourneux, amk'erk'our designe 
le crapaud vert (Bafo viridis) etle crapaud marbre 
( Bafo pantherinus). Le crapaud commun (Bafo vul- 
garis) est appele amk'erk'our abadli Juut j^jJUl; la 
grenouilie verte ( Rana esculenta) , amk'erk'our boua- 
man ^y A**y**' » grenouilie des eaux; le dimi- 
nutif thamk'erk'ourth est le nom de la rainette 
(Hyla arborea). (Cf. Hanoteau et Letourneux, La 
Kabylie, t. I, p. i64.) 

H 

Habiter, ezd'er' £ty, aor. ized'r'a\*'sy.', Zouaoua, id.; 
Bougie, eider 1 £:>)!; Chelh'a, ezdar' ; Z£naga eddi- 
gadh j^^l . 

Haie , of rag 2)y>\ , pi. ifoarag «2J^yM ; Ait Khalfoun et 
Zouaoua, id., pi. ifragoaen ^j^Ju, peut-elre de 
1'arabe ^*i. Le mot asefreg <2JyU*l, pi. isfergen 
0^Ju*u, employe a Bougie, serait alors le nom 
verbal d une forme factitive berbere deriv^e du 
verbe arabe. 

Habitation, thamzd'ir'th(^Joi>d£, diminutifde amzd'tf, 
nom verbal d'ezd'er' ; Bougie , thamezdour'th 
<&A&)*yst; Zouaoua, thanezd'our'th cus^aUS; Ait 
Khalfoun , amezdour' g}&V*f • 

Hrrisson, insi ^*ub; Rifain, Chaouia, Bel H'alima 
et RVours, id., pi. insiien (jl** ** ; Zouaoua, misi, 
pi. mistm ^Ljl> et inisoaen uyJ*; Bougie, inisi, 
pi. inisiouen ^^x^Jb. 

Hirondelle, thafellist o v^Jij, pi. thifellas <j**3fctt; 



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63 )«-*— 

Zouaoua , thifellesth <£*mJJ2 , pi. thifirellas <jw5La$ , et 
thifirellesth ci**Jytt , pi. thifireUaa tf$J& ; Bougie , id. 
Ce dernier mot d^signe dans ie Jurjura I'hiron- 
delle de cheminee (Hirando rustica), fhirondelle 
de rivage (Cotyle riparia) et i'hirondelle de fenetre 
(Chelidon urbica). Cf. Hanoteau et Letourneux, 
La Kabylie, t. I, p. i53-j54; KVours, tijtellest 
omJUUs, pi. tijlellas ifMiJa . 
Homme, ariaz'^S, pi. iriazen ^)l^; Bel H'alima et 
Benilznacen, id.; KVours et Ait Khalfoun, argaz 
)IS;!, pi. irgazen u )l2y. 

I 

Intelligent, amgis (j*a5C*I, f£m. tamgist (-*»»*<£. 
Irriter ( S' ) , r W*f o*U . 

J 
Jambe, dftar ;Lw, pi. idharen ^1*4?; Ait Khalfoun, 

adhar, ^L»l, idharen. Dans les autres dialectes, 

ce mot a le sens de pied. Cf. Notes de lexicographie 

berbfoe, I, s. h. v. 
Jaune, ajourar' g\^; Ait Khalfoun, Mzabi, Bel H'a- 

lima, Beni Iznacen et Temsaman, id. 

Joue, ar'esmar ^Uu*£t , pi. ir'esmaren ^U***; Zoua- 
oua et Bougie, id., avec ie sens de machoire; k 
Ghdames , r^ousmar ^U«^* [gh'asmar) signifie barbe. 

Jouer , ourar fa ; Zouaoua et Bougie , id. ; KVours , 
attourar' £tj^jt (forme d'habitude). 

Joug, zailou^kjj; Zouaoua, azagha J&)\, pi. izougla 
y&$y. ; Bougie , azoagelj^^, pi. izougla. 




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Jour , ass jJ ; Bel H'alima et Ait Khatfoun , id. ; Oued. 
Rir' et Mzabi, ess, pi. ouessen qm^. 

Jujubier sauvage (*;J^), thazouggarth c^tS^*; Bel 
H'alima, Mzabi et Rifain, id.; Zouaoua, thazoag- 
gouarth &jlj>yj>; KVours, tazouggart c^l^y , pi. 
tizouggarin 0*)l$jy. 

Jument, thaimarth eylcfc, pi. thr'allin (jj*U>; Ait 
Khalfoun et Zouaoua, thagmarth csyLfcb, pi. thig- 
marin q&)\$2 et thir'allin; Bougie, id.; Z&iaga, 
tagmart 09I&; Ghdam£s, thadjmart ca»;U^ et tag- 
mart; KVours, taimart c^Urb, pi. taimarin (^;Lcb. 
Le mzabi a conserve au singulier la forme tr^allet 
(trallet) 0JU3, dont le pluriel s'est maintenu chez 
les Beni Menacer et les Zouaoua. Ce mot, comme 
ter'allith &ul*j «mule», dans le dialecte de Djer- 
bah, et ar'ioul J^il «ane» provient sans doute 
d une racine W l , J * ,. qui devait avoir le sens 
general de monture. 

Jusqu'X ce que, sami <^L>. 

L 

LAcher , erkh ^l , aor. ierkha U*y . 

Laid, iichmets o**^; Zouaoua uetre laid » , chemeth 



Laine, thadouft 063 Jo; Chaouia et KVours, tadoaft 
ou>j<X3 ; Ghdam&s , tadeft cui Jo , d'apres Newman * ; 
thoddamt (?) ex* Jo , d'apr&s Graberg de Hemso 2 ; 

1 Libyan Vocabulary, p. 123. 

* Remarks of the languages of the Amazirgs , p. 1 5. 



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— **( 65 ).*>— 
Syouah, douft ^; Mzabi, doft 06a; Z&iaga, 
todhod [n taken) *X*a-3; Bougie, t'adhout' Icytk; 
Zouaoua , ikad'oat' loj «k> ; (had' out! bov^lli <J^> k^<xS* 
ulaine de mouton», andryala integrifolia; Ait 
Khalfoun, thadhout' l*y&>; adhouft co^l , dapr&s 
Newman. 
Laisser, ed/ gl; Ait Khalfoun, Zouaoua, Bougie, 
Chelh'a et Chaouia, wi.; Ghdam£s et KVours, 
tfd/i 3!; Zenaga, ieginna (aor.), (JL5CS . 

Langue, ifes ,jA?, pi. ifcan ul*A>; Zouaoua, Bougie, 
Chaouia et Mzabi, rd.; KVours, ils, pi. ilsaouin 
^^LmJL>; Ait Khalfoun et Bel H'alima, iles, pi. il- 
saouen ^jImA* ; Bot'ioua , iers { j M yj ; Ghdam&s , ils , 
pi. ilas {J ^j ; Syouah , elles (jJl ; Zenaga , itch ^0 . 

Lapin, thagmint out$£; Zouaoua, agounin (j^l, pi. 
igoaninen ^Jv^is>. Ce mot existe dans le dialecte 
arabe d'Alg^rie (j^x^i, qui la peut-6tre emprunti 
au grec k6vi,\os , ancien francjais conz7. 

Laurier rose, alili JlxJI, pi. zfa'fa iU-L; Bougie, 
KVours , Bel H'alima , ztf . ; Zouaoua , JuA* ; Rifain , 
zrirz <sjh&* C'est de la que vient le nom du village 
de fflillil, ait^re de ilili [ir'zer nilili, cf. Tarabe : 
iULfo 0*ft), mentionn^ par Ei-Bekri sous le nom 
dllel ou Ilil, habite k cette 6poque par les Ber- 
bferes Hoouara 1 . Le rapprochement du berb&re 
ilili (daurier rose», avec le latin lilium alis», ne 
s appuie que sur une ressemblance fortuite de sons 2 . 

1 Description de I'Afriqne, tr. de Siane, p. 1*8 5 et 319. 

* Cf. Duveyrier, Annie ge'ographiqne t a" serie, t. IT, 1877, p. 293. 

J. As. Extrait n° 1. (i885.) 5 




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— **( 66 )*+— 

Lever (Se), ekker ^-Sf; Bougie, Zouaoua, Chaoiria, 
Ghdam&s, KVours, Ait Khalfoun, id. 

Lezard (vert), moulab <->$yi pi. imoulaben ^yc.. 
Dans la Kabylie du Jurjura, amoulab t-A)y*\ d6- 
signe le lizard d'Atg&rie (Tropidosaara algira), le 
lezard vert ( Lacerta viridis), le lizard ocelli ( Lacerta 
ocellata) , le I6zard des murailles ( Lacerta muralis), 
le lezard k lunettes (Lacerta perspicillata) , le lezard 
a raies (Acanthodactylus lincomaculatus) etle lezard 
panth&in (Eremias pardaUs) l . 

Lion , airad' !>\jA , pi. Urad'en ^tw; Ait Khalfoun, id.; 
Zouaoua et KVours , airad *L»l , pi. iiraden ^l^j . 
D'apr£s M. Newman 2 eired (*yA), pi. iyerdan (u'^sa) 
signifie leopard en dialecte chelh'a du Sous. 

Lorsque , alour' g^JI . 

Lune, taziri \gyJS; Chaoiria de 1'Ouest et Mzabi, id. 
La forme simple existe dans le Z6naga ejjir $ ; 
Rifain, Ghdam&s, Beni Iznacen, ihaziri &y$\ 
Mzabi tezeri; Syouah, tazerin; Chelh'a, tiziri; 
Bougie, Aft-Khalfoun, thiziri; Zouaoua, id. dans 
le sens de clair de lune : 

a thaziri n tezribin 

O dair de lune des petites rueiles 3 . 

1 Cf. Hanoteau et Letourneux, La Kabylie, t. I, p. i63. 

2 Libyan Vocabulary,^. 119. 

3 Hanoleau, Podsivs populaires kabyles du Jurjura, Paris, Imp. 
nat., 1857, in-8°, p. 44 1. 



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Dans une enigme analogue aux sirandanes orioles l et 
a celles des Bassoutos 2 , ies Beni Menacer appellent 
la June : ixazii ouaberkacht asid'effer' d'imiat alef 
ferach (j&U-i v_*JI oL^c^ £-kX-a-*I oaLIj k-*)ltf 
« une poule bigarree qui conduit (mot k mot qui 
vient apr&s) cent mille poussins». 

M 

Main ,fous ^j* ; Beni Iznacen , K's'ours , Bel H'atima , 
Bot'ioua, id.; Aoudjilah,/o«ss, pi. foassoum &"y* 
(fass, fussum); Ait Rhalfoun, afoas Oued Rir' et 
Mzabi { j t ^j\ , pi. ifassen qmXx> . 

Maison, akhkham J±J, pi. ikhkhamen { y^; Bou 
gie, id.; Zouaoua, akham, pi. ikhamen; Bel H'a- 
lima , id. , avec le sens de « tente » ; Chaouia et en 
Mzabi , akham *^»t a son diminutif avec le m£me 
sens. La derivation de ce mot de Tarabe iUyk. 
nest rien moins que certaine : en passant en ka- 
byle , &*£* &ant du f&minin aurait donne la forme 
outli^ qu on ne rencontre qu'avec le sens dimi- 
nutif; ainsi Ju*<X* a donn6 ovJbOs* themdint : iuoj) 
= e^y iazerbith, JL«u» = ou*Ji> thak'ist, etc. De 
plus, dans les dialectes touaregs, on trouve A cot£ 
des diminutifs +DII+ takhamt (Kel-Oui) 311 + 
takham (Ghat), la forme 3\l ur'ham (Ahaggar) et 
son diminutif D|:+ tar' ham. Le : correspond au 

1 Cf, Baissac, Etude sur le patois Creole mauricien, Nancy, 1880, 
in-12, p. 204. 

9 Cf. E. Casalis, Les Bassoutos, Paris, i860, in-12, p. 35s. 

5. 




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— «.( 68 )*— 
1 1 comme dans le mot 111 ir'efa tete » , kabyle ikhf 



Maison (en terre), thazek'k'a UjS, pi. thizer'ouin 
tf£*'f\ Beni Iznacen, id. avec le sens de terrasse; 
KVours, tazeKWa Uy, pi. tizer'ouin &y*'f . 

Manger, etefe ^l; KVours, Ait Khalfoun, Bel H'a- 
lima , Rifain , id. Cf. Haoussa , tii « manger » (tchi). 

Marmite , * thaiddourth ciyj Js>l$ . Les formes thagdoarth 
<*yj«X5J3\ pi. thigdourin iji))4>&3 (Bougie) et thak!- 
dourth e^Jsjtf (Zouaoua) nous montrent que ce 
mot est emprunt^ h larabe ;«Xj «chaudron». 
KVours, taUdourt c^^Js?^, pl.tiouddar ^t:>j--i-3; 
thisefsit ouumjLmj. 

M^chancet^, ioudr j£yi. 

Mensonge, ikhourran y^y*!. 

Mentir , skhoar ^yC . 

M£re, iemma Lc; Ait Khalfoun, id.; KVours, immat 

MAre (Grand), nannaU*; KVours, Bel H'alima, id. 

Merle, adjah'moum i^^t, pi. idjaKmam *^La£?; 
arabe vulgaire K *j » 1^ ; Zouaoua , aj ah' mourn 
p^5-jl, pi. ijah'mam pl^h?, d&igne le merle vul- 
gaire (Merula vulgaris); ajah' mourn bouzrou &3*$ 
sj^i « le merle & collier » Merula torquata) *. 

Miel, thamamt c^i (chez les Beni Zoui a/7i^m **f), 
Bel H'alima, Beni Iznacen, Rifain, id.; Zouaoua 

1 Hanoteau et Letourneux, La KabyUe , t, 1, p. i4<). 



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— m.( 69 )**- 
et Bougie, tJicunemthf^Js; Zouaoua, lament 
K's'ours , tamemt v*+J£ ; Ghdames , themamat ov*Ur . 

Milieu, *tenas'ift ouuaJS, rac. uuoi. 

Mince, tazda* «^5)b; Z^naga, c/ii'Jad *«K&; Chaouia, 
azdad aa)l ; Mzabi , d'azdad **)!& . 

Mois , Hour yyi ; Chaouia de i'Ouest , Bot'ioua , Mzabi , 
Beni Iznacenet K's'ours, id. , pi. iiouren; Ait Khai- 
foun, Mzabi et Oued Rir', ayour, pi. aiouren y)y); 
Chelh'a, Temsaman et Beni Ouriar'en, aioar^S, 
pi. iaren ^l^ ; Ghdames , ouiar^ (ooyar). La forme 
primitive aggour. j^~i>l, pi. iggouren {j)j&, s'est 
conserve en Zouaoua et a Bougie, aggour pi. 
aggouren, a c6t£ de la forme adoucie aiiour, pi. 
aiouren yyy) ; Z^naga , eujjir jjjl ; Chaouia de flEst , 
gour j^£. 

Montagne, ad'rar jl;*J, pi. id'ourar ^<N>; Ait Khal- 
foun, Beni Iznacen, Bot'ioua, id.; K's'ours, adrar 
jl)*\, pi. idourar ^«x_a; Bel H'alima, ad'r'ar 

Monter, all <jl; Bougie, Zouaoua, Ait Khalfoun, 
Chaouiah, Mzabi, Bel H'alima et K's'ours, id. 

Monter (X cheval), eni jl; Bel H'alima (aor.), iha 
Li*. 

Mouche, izi <&*, pi. izan ^L»; Zouaoua, Ait Khal- 
foun, Bougie, Bel H'alima, Chaouia, Rifain, 
Oued Rir', Mzabi et K's'ours, id.; Syouah, izan 
(isanne). Ce mot entre dans la composition du 
nom de Relizane, ar. <jlv*U, berbere ir'il izan 




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tjta J**t «colline des mouches»; Zouaoua, izan 
el-hind «X1$N ^y. a mouches de llnde » cantha- 
rides. 

Moulin , thasirih e>j***>', pi. thisira jj**3; Bougie, id. , 
pi. thisictr )[**+>; Zouaoua, thisirth <£****«$, pi. J/u- 
5iar; Syouah, tasert <z>y*3 (tasserte). 

Mourir, mouth «^*; Ait Khalfoun, id.; KVours, 
emmout «^*f, cf. Haoussa, moutou. 

Mouton , yerri ^J^, pi. akraren ^l^t; Beni Iznacen 
et Rifain, id.; Gouraya, oulli J[j, qui a le sens de 
brebis dans les autres dialectes; Bougie et Zoua- 
oua, ikerri, pi. ikraren {j)1j&.\ Chaouia, iker Sj\ 
Zenaga , gerer ^ J> ; Ait Khalfoun , ikerri , pi. akraren 

Mulet, * abar'U Jubt , pi. iber'ldien ^SUa*, de farabe 
Juv; KVours, id. 

M6re, thabr'a Ux>\ 

N 

Natte, tajer tilth eJ^jp, pi. tijertal JLyji* (dimi- 
nutif); Ait Khalfoun, thagerthilth &*L3Jk3; Zoua- 
oua et Bougie , agerthil J*Sj£J , pi . igcriJtial JLyJy et 
thigerthial JL$J£> (plur. du diminutif); Chaouia 
et Mzabi, a/Vrft7 Juu)jf; Bel H'alima, ajarthil 
Ju^Jt, pi. ijerthal Jtejjt; KVours, ajartil, pi. yar- 
tilenybjjjt ; Rifain , ajarthir j£)j\ . Venture de Pa- 
radis cite en chelh'a, tegirtit (pour tegirtilt) «lit». 

Negre, ask'ioiiy&mS, fern, thask'iouth 



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Neige, ad'fel Jia); Zouaoua, id.; Bougie et Chelh'a, 

adfeljtol. 
Nez, inzer jy*, pi. tinzar )\y3\ Beni fznacen, tinzer; 

Bel H'alima etBot'ioua, thinzert o^ys*; K's'ours, 

tinzert <&)*&, pi. tinzar; Ait Khalfoun, thinzerth 

&yy& pi. thinzar )\y$ . 
Nims, nim$ (j*^. Les Kabyles disent de lui : ^jjUji!! 

agerfifen d'ilcih'oadi ch ikhlak' rebbi fthamourth en- 
nems ifathiihen d!i Ikhefafis aired itaouggoudith r'ir 
isela ismis ala ibda iierjiji. «Le plus rapide des 
animaux cre&s parDieu est le nems; il les surpasse 
tous en rapidite. Le lion le craint , et rien qu en 
entendant son nom il commence k trembler. » 
Selon Moh'ammed c Abdi, cet animal fabuleux, 
que nul na jamais vu, tient du crocodile et du 
chat. II est curieux de rapprocher cette croyance 
d'un passage cite par Casiri * : &Us ^^yUJuJI 
JiX ; gw ijHut <gj-i . Une redaction relativement 
moderne du Physiologus donne sur 1'ichneumon 
des details aussi fabuleux qui manquent dans 
la version ^thiopienne publtee par M. Hommel 
[Die eethiopische Uebersetzung des Physiologus, 
Leipzig, 1877, in-8°, ch. xxvi, p. 71 : flft"H* 1 
IkCV * Aft*** * Ml^I »). D apr&s le texte gr.ec vul- 
gaire edite par M. Legrand (Le Physiologus Paris, 
1873 h>8°, ch. xi, isepi tov ixvevpovos) Tichneu- 

1 Bibtiotheca arabo-lus/ianica , t. 1, p. 319. 




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mon a la tdte dun homme, le corps dune b£te 
feroce, les pieds d'un serpent {A&ni$ks)> les afles* 
de i aigle et deux cornes. En dialecte d'Alg^rie <j**Jt 
d&igne le furet. 11 a lesensd'ichneumon en Orient. 
Ainsi dan s le Physiologus syras l : ]L;_ofc*o? )Lo~» A.) 
JLba^o-i ~otoA»|? y OViN^ ), De meme en nouba, 
nims, pi. nimsi (dialecte de Dongola) et pi. nimsri 
(dialecte mahassi 2 et en kenous 3 ). 
Noeud, *acheddi ^«x*y, pi. ichedda Kx-s^, de 1'arabe 

Noir, aberyan ^liyt; Beni Iznacen, id.; K's'ours et 

Bel H'alima , aberchan ^L&w J ; Ait Khalfoun , aber- 

kan. 
Nuage, asinna llml, pi. isanina Ua'»L»»; Zouaoua et 

Bougie , asigna Lx*>J . 
Nuit, iidh (j^; Bel H'alima, id., pi. iidhan ytaa; 

Ait Khalfoun idh, pi. adhan ^Iwt. 

O 

Oeii., thit 1 k*S, pi. thit'aouin ^Ik^u; Bel H'alima, 
Ait Khalfoun et Rifain, id.; K's ours, tit' k^, pi. 
tit'aouin ^UojJ . 

Oeuf, amellalth e*tal#l, pi. thimellalin ^Skf; Zoua- 
oua, Ait Khalfoun et Bougie, thamellalth e*taUr, 

1 Tychsen, Physiologus Syrus , Rostock, 1795. 1 vol. in-ia, ch. V 
et note p. 47-49. 

1 Reinisch, Die Nuba-Spraohe , 2* partie, Vienne, 1879, in-8°, 
». h. v. 

3 Lepsius, Nubische Grammatik , Berlin, 1880, in-4°, s. h. v. 



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pi. thimellalin; Chaouia, timellalin ^-A-bUr; Mzabi 
temalelts oJlc, pi. temalelin ^JUUr; Bot'ioua, 
thimdirin ^Os*; Temsaman et Beni Ouriar'en, 
thimedjann ^gl^S, rac. m l l, J J* «blanc», cf. 
larabe iu&Aj; emelliti, d'apres Newman. 

Ogre, amez y\, fem. thamza \y£; KVours, id., pi. 
imziouan ^jaye, ftm. tamzat &\ys, pi. timziouin 



Oignon sauvage (ar. i&*j*), akfil Jui^t; Bougie, ouk- 
Ji(JJSJ, pi. oa^/ifen (sr JUi^; thoukfilts oJUiS^; 
pi. thoakjitin&Xj^£\ Chelh'a , ifr/i/ Jui£ ; Syouah, 
^/m (akfilin? ^xLuCSf). Dans le Jinjura iAfc/ii 
Juulas? designela scille maritime (Urginea scilla, 
arabe J^a!*) l ; abkdouz jpfoM . 

Oiseau, afroukh gj>*ii* pi. {/ra/ffe ^|y^»; Zouaoua, Ait 
Khalfoun et KVours, -id.; Chaouia, afrakh jyl; 
Syouah, effekaat (?) c»l&f, daprfes Cailliaud; en 
chelh'a, ifroukh £}*** « petit enfant »; tafroukht 
ock^yb «petite fille»; Zouaoua, afroukh thalazit' 
k-yU>L> £jh-»' « poussin )>. 

Olivier sauvage, azemmour jyjl; KVours, Bel H'a- 
lima, Rifain et Zouaoua, id., pi. izemmouren; 
Chelh'a, azemmar ^L^I « olive »; tizimrin (pi. de 
tazemmourth) (£>.j*'f «oliviers»; Bougie, azemmour 
Xyjl a olive » ; thazemmourth &)yj> « olivier ». 

Ongle, ichcher JL, pi. ichcharen y;Uu; KVours, 
Ait Khalfoun et Rifain , id. ; Zouaoua et Chaouia , 

1 Hanottau et Letourneux, La Kahylie , t. I, p. 121. 




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id., pi. achcharen upl&t ; Bougie, id. , pi. aichcharen 
^U^l ; Mzabi , achcher JA ; Syouah , tcharen ^L*. ; 
Zenaga, easkeur yC^I, Dans Targot des colpor- 
teurs du Jurjura, ichcher signifie « un franc n. 

Qr, oarar' ^1^; Beni Ouriar'en, K's'ours, Bel H'a- 
lima et Tamsaman, id.; Chaou'ia et Mzabi, orar 
fo\ (? pour orar' £ty); Ghdam&s, ourar', dapr&s 
Newman : Graberg de Hemso donne arar' *l^l 
(ararg) avec le sens de avert)) et d\< or» et ajoarar' 
(g}))\) pour«jaune». En Chelh'a, ouirr' gj$ «pou- 
dre d'or». Cetteracine ne s'est conserve en Zou- 
aoua et k Bougie quavec la signification de jaune. 
Cf. Tethiopien <DGi> t d une racine inusitee &£+ t 
rapproch^e de Thebreu pT», de 1'arabe^ et^l 1 . 
Le mot i\)) deriverait d une signification « beau » 
. analogue & celle de l^gyptien #\\«; sani compart 
au copte cxi, cxie, cxicooy «le beau» 2 . 

Oreille, amezzour' ^yy\ , pi. imezzour'en^^; Bou- 
gie, Ait Khalfoun et Zouaoua, id.; Bel H'alima, 

id., pi. imezzar' fjv?' Syouah, tamzok't' (dimi- 
nutif) c^Suf ; Mzabi, timezourt (timzoar't cui^if?) 
Hodgson (Notes on northern Africa p. 97) donne 
pour le Mzabi amzong ^ly^t (amsoog); Zenaga, 
tamazgoudh <J=y*\£\ Chelh'a, amezg 2)y\, pi. 
imezgen (^j*; K's'ours, timeddjat o^*xir; Beni 
Iznacen, imejjid <**)£■. 

1 Cf. Ditlmann, Lexicon telhiopicum , col. 898. 

2 Lepsius, Les mitaux dans les inscriptions Sgyptiennes , Paris, 
1877, in-/i°, p. !\. 



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Orge, themzin q&j£; Bel H'alima, thirmin; KVours, 

timzin (^yt- 
Ou , iner' £j* ; Zouaoua , Ait Khalfoun et Bougie , ner' 

<*• 
Ourse (Grande), ithri n ndch yfrjuj <£y*. Cf. sur les 
noms de la Grande Ourse chez les Semites , M&- 
lasine, t. II, col. 3o et 1 1 i . 

Outre, aiddid' *>s>«XjI; Zouaoua et Art Khalfoun, id., 
pi. iddid'qi ( s'emploie pour les liquides) ; A Bougie , 
aiddid Js>*N>'» pi. iddiden ^Js><>^ et le diminutif 
ihaiddit' Is^«X^, pi. thiidditfin q^OUS, designe une 
outre de cuir ou Ton met feau ou 1'huile; Cha- 
ouia de I'Ouest, aiddid. Le chaouia de l'Est a 
conserve la forme primitive ageddid Js?*^', dc 
meme que le zenaga , eugith <£*a£1 ; une forme in- 
termediate existe en Mzabi , ajeddid Os?*;' . 

Ouvrir, erzem -^t. 



Paille, aloum -^Jl ; KVours, loam +^ ; Ait Khalfoun , 
alim ajJI; Bol'ioua, aroum -yl; Temsamag et 
Beni Ouriar'en, iaroum r»j;L?. 

Pain, ar'eroum &j*\\ Ait Khalfoun et KVours, id.; 
Mzabi, Oued Rir' et Beni Iznacen, ar'rom -j*t. 

Paire, thiouga l2j*>; Zouaoua, thaioaga, pi. thiou- 
giouin ^jJJyu>; Bougie, ihazouidjth <&u£fc3, pi. 
thizoaidjin Q&&y£. Ce dernier derive de larabe 
g3^ ((couple, paire » quon pout rapprocher, 




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comme thioaga , du latin jugum et du grec £vy6s 
a couple, joug». 

Palmier nain, thiizoat o>j£*>; Zouaoua, thazd'aith 
eioby, pi. thizd'ain ^^ « palmier dattier»; 
K's'ours, tazdait o*j>tay , pi. tizdain q&\*& ; Chaouia 
et Mzabi tazdef c»5j3 ; Bot'ioua , tigzdan ybdij ( pi. ) ; 
Syouah, sayette (?). 

Panth^ire, ar'ilas fj^K^ , pi. ir'Uasen^yj^,; Zouaoua, 
Ait Khalfoun, Bel H'alima et K's'ours, id.; Rifain, 
ar'iras j*»^5 . 

Papillon, afertettoa y&J>\ , pi. ifertettaUhJi*; Zoua- 
oua et Bougie , aferfet'ou 3 Vi l*y»t , pi. iferifetfa 
IkLyb. 

Parcelles de terrain, ihizek'k'ar JfcL 

Parler (avec quelquun), rn^fa U***, forme r^cipro- 
que du transitif , composee de m pr^fixe et de s *. 
La racine [aoual « parole ») n'est representee que 
par le J et H; Bougie et Ait Khalfoun, meslai 
t^liM* ; Zouaoua , emselai &$»+*] . Le Chaouia , le 
Mzabi, le dialecte des K's'ours et des Bel H'alima 
emploient la forme factitive seule : siouel J^um; de 
meme le Chelh'a, saoual JljL»; le Rifain, sioaer 
)y+», et le Zenaga, ichioudj g^*£t> et iechaoudj 
gjl&a(aor.) : 

Parole, aoual Jljl; KVours, td. 



1 Cf. Hanoteau, Grammaire kabyle, 1. II, ch. I, p. i54, oil il 
donne la forme msioul J>&~«* « s'appeler » , compose des memes ele- 
ments. 



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— m.( 77 )**— 

Partager (Se), 6d'a IJy. 

Partie, Fraction, amour j^t, pi. imouren ^j^c. 

Passe, ifathen ^SU*. 

Passer, emmedh <j**l, peut-etre de Farabe ^w. 

Passer (Se), isaren ^L*,? (participe). 

Pad me, thilek'k'i oufous { j^3^ JJlS. 

Payer, r'erm +y*. 

Pays, Terre, tamoartc^^Js; KVours, tamort^jJs, 
pi. tirvoura l^ysf; Bel H'alima et Ait Khalfoun, 
thamourth ci>^, pi. ihimoara l^-c; Beni Iznacen, 
thammorth e>J?; Bot'ioua, thamort oyr; Beni 
Zou'i, amor* cmI. 

Peau, ai/im j^t. Le ^ repr&ente un <i) adouci, qui 
s'est conserve dans le Chaou'ia de l'Ouest, & Bou- 
gie et en Zouaoua (aglim <<v&t) chez los Ait Khal- 
foun (agouMm ^J^l, pi- igoulman (JX}&), adouci 
en J dans le Chaou'ia de TOuest (q/ftro /oJjt ). Dans le 
Z£naga idjim ks*Z , le <2) a disparu et le g represente 
le J; de meme chez les Beni Iznacen, ilem io, pi. 
ilmaouen yjlfcs? ; Rifain , ir'rim **j** • 

Perdrix, thasekkourth e>^£**$ ; Rifain et Bougie , id.; 
Chaouia, tazkourt c^Sls; Zenaga, achkor S&\. 
En Zouaoua, thaskourth, pi. thisoukrin (^Spw£, 
d&igne la perdrix gambra (Caccabis petrosa) ! . 

PAre, 6a6a LL; Bel H'alima et Ait Khalfoun, wi. Cf. 
une remarque d'Ibn Batoutah, Voyages 6d. De- 
fr&nery et Sanguinetti , t. II, p. 4 16. 

1 Hanoteau et Letourneux, Zxi Kabylie, 1. 1, p. 167. 




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P£re (Grand), dadda !Sa; KVours et Bel H'alima, id.; 
en Ghaou'ia dadda a le sens de « pfere » ; en chelh'a 
a oncle ». Dans le Jurjura , dadda signifie ain6 et 
par suite respectable, « Lorsque Ton fait pr^ceder 
le nom d un individu plus ag^ que soi du nom de 
dadda , c'est une expression de familiarity respec- 
tueuse)) 1 . D6ja Ibn Khaldoun avait fait la meme 
retnarque au sujet du titre de dadda donne chez 
les Abd El-Ouadites de Tlemcen 2 . Dans une 
chanson populaire citee par M. Hanoteau , le sur- 
nom dadda est simplement familier : 

Js. IjJI dadda AU 

-^ X ketch d f around 

Adda 'Ali , Tu es un chr&ien. 

Dans le dialecte de Figuig , iddi signifie « pfere ». Jai 
signaleailleurs 3 la relation qui existe entre les divers 
mots berb&res ida , ioudan, medden , etc. On pourrait 
peut etre leur rattacher dadda, ce qui suppose- 
rait une racine d d :> :> , avec le sens d\< engendrer ». 
Gf. le tigre h£ > ou JkH », homme, qui aurait 
form6 le nom d'Adal (MC • 2WL), comme le derive 
ida iJs? sert k composer de nombreux noms de 
tribus : Ida-Ougarsmoukt , Ida-Oubakil, Ida-Oaltti, 
etc. A Bou Semr'oun , idou j«x> signifie « gens ». Cf. 
en Haoussa, da «fils». En turc, ded&h signifie 
aussi « grand-p&re ». 

1 Hanoteau, Poesies populaires du Jurjura, p. 38 1, note 1. 

2 Histoire des Berbhres, tr. de Slane, t. HI, p. 139. 

3 Relation de Si di Brahim, Paris, i883, in-8°, p. 7, note 3. 



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_„.( 79 )*-*— 
Perroquet, h'errach (j&tj^, pi. ih'errachen ^La?. 
Petit, amezzian ^L>v*!; Beni Iznacen, KVours, Bel 

H'alima, id; Ai'th Khalfoun, amzian. 
Pierre, tJionouk'k'ith <£**$y, pi. ihoaouk'k'ai (J$y\ 

Beni Iznacen, iouk'iin 0*^ (plur.). 
Pigeon, ad'bir j&'*\; pi. id'biren qj&S*j; KVours, 

arfu'r yjuJ\ , pi. itbiren m^hJ^ ; Bot'ioua , af/ifor -wt ; 

Temsaman, Zouaoua, Beni Ouriar'en, Bougie, 

ithbir oam, pi. ithbiren m^h^?; Syouah, adbiren 

ywoi) (? Caillaud : abbederaine). 
Pin, ihaida to^S; Rifain et Bougie, zd. , pi. thdidiouin 

&!y?.<^\ Zouaoua, thaid'a t*x*>, pi. thiid'iouin 



Pioche, aielzem*j)o), pi. iikam JjAj; KVours, aelzim 
-Jt, pi. izZzam «hache»; Zouaoua, Bougie, Cha- 
ou'ia, agelzim - J£t, pi. igelziam J*0&; Ghdam&s, 
tagelzimt o»^J5o . 

Pitie, ichef Ul&j, & rapprocher de * chefk'ah xiii&P 
(Bougie). 

Plaindre (Se), * chekk siL&; Zouaoua, chetka l£x&; 

Bougie , chethki J&» . 
Plant e des pieds, thilek'k'i ouzar fo jte. 
Planter, enfoncer, ir'chek' (aor.) (y&xt. 

Plat (Grand), thezioua \y:f', KVours, teioaa t^y, 
pi. tiziouaouin (^jWv? ; Beni Iznacen, teiooa tay>; 
Bel H'alima, zioua |^; Bougie, isthoua tjJL^, pi. 
sethouen <jyX*«; Bot'ioua, tazougda tJs^y. 

Pleurer, i/rott (aor.) j>yL>, forme d'habitude; Zoua- 




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—*( 80 )*— 
oua , rou )) ; forme d'habitude , tserou j>y ; Bougie 
et Ait Khalfoun, etsrou jyf (id.); Mzabi, itsrer(t) 

Pluie * ennonouth e>pt , de Tarabe yl\ ; Ait Khal- 
foun, ennou «il pleut», thennououth &y$; Zou- 
aoua, thoueih &y ; Bougie, thoutka hhoua\y^\ \2y. 

Pois chicbes, thinifin (j*JoJ 3 (pi.). 

Poison , erradj ^tj! ; Zouaoua , id. , designe particulife- 
rement le sulfate de cuivre. 

Poitbine, ad'mar ^U*l , pi. id'maren ^L#Js>. En Zou- 
aoua, le pluriel est seul employ^, de meme que 
dans les dialectes suivants : Chelh'a et Ait Khal- 
foun (id'marn); Mzabi (id'emarn), KVours, Bel 
H'alima et Beni Iznacen ( idhmaren ^Uu^> ) ; Bougie , 
idmer y^, pi. idmaren ^L*Js>» le diminutif thid- 
merth i±y#Jyu s emploie pour designer le poitrail 
du cheval. 

Porc epic, aroui &})\\ Rifain, Zouaoua, Bougie et 
KVours, id., pi. aroaiin ^t^. 

Porte, thaouourth e^b, pi. thioura Ijj^S; Ait Khal- 
foun, id., pi. thiououra; Beni Iznacen, id., pi. 
tKououra tj£> ; Bot'ioua , thaououort o^b; agourth (?) 
i±>^^!, d'apres Newman. 

Pou, thiicht ouiJu, pi.thiichin ^aAaS*; Chaou'ia, /cfte< 
o^, pi. tichchin ^ .Aj u ; Syouah, ouy6J; Ait 
Khalfoun , thilleket oJXu , pi. thillekin ^^JXu; Zou- 
aoua, thillichth e^AMuJju, pi. thillichin (jaAjXu; Ze- 



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naga, tellikt oX^b; Mzabi, tillit owJLu, pi. tilchin 
y A&L. 'i ; K Yours, tilUJ*>, pi. tilliin (^JUs. 

Poulain , arous j^t . 

Pouliche, ihibouidi <$*x_ *j — s-S\ pi. thibouidaouin 

Poussin, foullous ^jJj-i, pi. foulloasen ^ my \y fc; 
KVours , wi. , peut-etre emprunte au latin pullus. 
Chelh'a, afoullous ^^ «coq», pi. ifoullousen 
(jmjjyk* , fern, tfoulloust ou ^Jy b a poule » , pi. <i/ou/- 
fowm ^A^yU. D'apres Ibn Khaldoun (Histoire des 
Berb&res, t. IV) un prince m^rinide, p&re de 
*Abd er-Rah'man qui regna dans le sud du Ma- 
ghreb vers 775 de fh^gire, portait le nom de*Ali 
Abou lfellousen , k corriger peut-etre en Ifoullousen. 

Poutre, azekkour )j£y , diminutif thazekkour ^3 . 

Prairie , aid'al Jl<x*l, pi. ioud'alen (^t^; Zouaoua, 
agoud'al, pi. igoud'alen ^Jti^JL>; Bougie, ajftfa/ 

Jt<x£l , pi . agdalen ($Jt«x£t . 

Premier, Avant, amzouar ;tjv*t. La racine zooar 
(zour) $y) existe en Chelh'a avecle sens de « com- 
mencer». Cf. zouaren ^ty ((premier)). En Zoua- 
aoua, la forme secondaire zouir ^ a preceder » , 
thazouara \jl}£ « premi&rement » ; Bougie , amzouar 
a premier » ; Zouaoua , amzouarou )$fy*\ . 

Prendre, cuouid s ^1. Le a joue le role de particule 
separable, comme dans as d «venir». Dans les 
autres dialectes, aoui a le sens d'«apporter)). Cf. 
Notes de lexicographic berbire, 1 1 p. 9 , s. h. v. ; 

J. As. Extrait n° 1. (i885.) 6 




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— «*.( 82 )«+— 
or 7 *t, aor. zoor'a l*^>; Zouaoua et Ait Khalfoun, 
id.; Chelh'a, id., aor. loor'i; Bougie , cuoar' jjl, afrft 
£t ; Zenaga , io/f/ai 15^» (aor. ). 

Present (A), imir a I y*je. 

Puce , poured! ijj^ pi. iypard'an (J*)y&. ; Zouaoua et 
Bougie, akoured $yyS\, pi. ikoarfan ^f>)jjL>; 
Chelh'a, akourd >^f ; Ait Khalfoun akoard! i^5f, 
pi. ikoard'an ^!i>^£> : Chaouia de TOuest et Mzabi , 
four A' <£*)^- — Ah! oared *y*-l dapr&s Newman. 
En arabe d'Algerie ajy£ d&igne la tique. 


Queue, ajlal J^jJ. 

R 

Raconter, * ek'k'ar )\j>\, frequentatif tir^ de 1'arabe 
Li . Chez les Beni Iznacen , id. avec le sens de 
« dire ». 

Rat, ar'erd'a bj*f, pi. ir'erdlain ^teyy; Bot'ioua, 
ar'arda ta**t, pi. ir'ardan y\*j*&; Bougie, ar'erda, 
pi. ir' ordain ^tayb; Syouah , agerden yteJ>t (egaer- 
denne, Caillaud); Chelh'a, our'erda l***j. Dans 
le Jurjura, ce nom, peut-6tre emprunt^ k 
larabe £>y*. designe, (Tune fa£on gin^raJe, les 
rongeurs de la familie des murid^s : le surmulot 
(mus decamanas), le rat noir (mas rattas), le rat 
d'Alexandrie (mas Alexandrinus) > ar'er'da lekhela 
yk& bj£! est le nom de la gerboise (Gipas gerbee), 
de la gerbille de Shaw (Gerbillus Shawii), de la 
gerbille de Salys (Gerbillas Sefysii), de la ger- 



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83 )*+— 

bille de Gerbe (Gerbillas Gerbii), du mulot (Mas 
sylvaticus), du rat d'Algerie (mus Algerus) et du 
rat raye (Mas batbaras) 1 . C'estprobablementcette 
derni&re esp&ce que les Beni-Menacer appellent 
bonchenbel J+i*Zy>, iboachenbalen ^LjJ»yj>. 

Rassasier ( Se ), roa $ ; Mzabi , Ghdam&s et Chelh'a , id., 
aor. iroaa ljj_>; Ait Kbalfoun, ieroaa; Zouaoua, 
roaou; Bougie, eroaoa^S . 

Renard, ayah, c^l^t, pi. iyaibent, oJjl5o; Bougie, 
akdb ooi^I, pi ikdben (£**&. 

Rendre, errj\; Zouaoua, Bougie, Chelh'a, id.; 
Mzabi, ierri &JI (aor.); Ait Rhalfoun, ierra. 

Rester* * k'im **j, de 1'arabe ~U; Zouaoua, Bougie, 
Chaouia , Mzabi , Ghdames et KVours , id.; Ghelha 
et Ait Khalfoun, ek'k'a lit, ek'Kim p*\. 

Rire, edhs yt**); Chelh'a et KVours, id.; Chaouia, 
iedsa L**>s> (aor.); Mzabi, iedess j-Jsj (aor.); 7A- 
naga, iotsa Ujo (aor.); Zouaoua, adhs f j*-»t; Bou- 
gie, etto iSt; Syouah, tedsi £*>* (forme d'habi- 
tude); Ghdames, idhas (j*** (aor.); Ait Khalfoun , 
iedhsa l«uft g >. 

Roi, ajellid «3^Jj' (Hanoteau, Grammaire kabyle, 
ajellid'); Mzabi, Oued Rir' et KVours, id.; Rif, 
ajeddid' &j>Pj\ ; Temsaman , ajjedjid ^y^t ; Chelh'a , 
Ait Khalfoun et Zouaoua, agellid! jyJiift; — errei 
^t, de 1'espagnol el rey % mot importe par les 
Maures venus d'Espagne. 

1 Hanoteau et Letourneux , La Kabylie, t. I, p. i44. 

6. 




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*( 84 )*— 

Roseau, ar'alim (<vUl; Beni Ouriar'en, ir'animen 
^HryU*; Guelaia, id.; Zouaoua et Bougie, ar'anim 
l<vJL*l, pi. ir'oanam J-^jL^; Ghdam&s, tar'nimt 
oMryub" (dim.) ((plume)). 

Rossignol ,asramram~j*\f»), pi. isermoramen^yy^. 

Rouge , azouggar jl£j)1 ; Bel H'alima et Beni Izna- 
cen , id. ; K's'ours et Ait Khalfoun , azouggar' ^1^)1 . 
Cf. Guanche de Palma, azoukahd abrunw (azu- 
quahi). 

Route, abrid' <XmI, pi. ibrid'en ^^Oyjw; RVours et 
Bel H'alima, id. 

Ruche, or' eras o"U£'; Zouaoua et Chelh'a, ffcarW 
rast owJytf , pi. ihir'oarasin Q+Htlf® ( dim . ) ; Bougie , 
thar'rasth e^Jytf, pi. fliir'erasin Q*mSyS. Cf. dans 
Hanoteau et Letourneux , La Kabylie, 1. 1, p. 449 » 
la description des ruches kabyles. 

Ruisseau, tharia Us, pi. thiriouin y&if- La forme 
primitive tharga IL$, pi. thirgoua IjSy, sest con- 
serve en zouaoua , a Bougie et chez les Bot'ioua 
avec le sens de canal darrosage (ar. aa*Lw). 

Ruse, * tih'illat &$*&, pi. tih'ilfotin ^lU^', de Tar. 



Sac en peau, ailou^o), pi. ilouen ^Jk?; Bougie, id.; 

pi. ilouan ^JjAj; Zouaoua, ikailouth ci^b, pi. 

thilouin &$)$. 
Saisir, ett!ef U&e\\ Zouaoua, id.; Bougie et Ghda- 



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— «•( 85 )« 

m&s, at'tef; Chaou'ia et Beni Mzab, etHeuf « pren- 
dre)); Chelh'a, eiftafa porter ». 

Sanglier, ilefu^ty pi. i7/<?» (jjAV, Zouaoua, Bougie, 
Chaouia, Bel H'alima et Ait Khalfoun, id., pi. 
ilfan; Rifain, href 6p), pi. irfaouen yjUy*. Cf. 
en arabe vulgaire ci^JU*. « pore ». 

Sauter, ineggez J^(aor.); Zouaoua, Ait Khalfoun, 
Mzabi et Bougie, id. 

Sauterelle, aberroa y^S , pi. iberraoain ^»)L**. 

Sauver (Se), seZfefc ifcft/is j^-a-*-^ JUL* «sauver sa 
t&e ». 

Scarab^e, zinzer yy>), pi. izinzeren yyfy.. 

Scorpion, r'erd'am p'^*, pi. ir'erd'ouamin QA*\}2>y6; 
Zouaoua, thtfirdemth e**5>j£, pi. thi^ird'amiouin 
^£aa±j&; Bel H'alima, tWerd'emt o^iytf; Bou- 
gie, thir^ird'emts; KVours, tir'ardemt o^^jij, pi. 
tir^ourdmaouin (j-syl**jpJU; Chelh'a, tegerdoumt 

Sein , abebbouch ^y^\ , pi. ibebbach ^Ls* ; Chaou'ia , 
ibbachen &«&+?. (plur.); Bougie, thibbach ^L^S 
(pi. du diminutif); Aift Khalfoun, thabbouchth 
<£*&£*?, pi. thibebbach ^LaS et thibbouchin; Zou- 
aoua, ikabboucht o^3, pi. thibbouchin Q+£y£; 
boubouch ijiy*y* « scabieuse » (scabiosa monspeliensis) ; 
thibbouchin n tamchicht «mamelles de chatteo 
ouiuUM^J ^jum^u, sedam hispidum 1 . 

Serpent, Jtr'ar^Ui, pi. ifirian ^iyeb; Chelh'a, e/ir'ar 

1 Cf. Hanoteau et Letourneux, LaKabylie, t, [, p. 92. 



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—*( 86 )*— 

^L*jt, ifr'aren <jpl*Aa; Z&aaga, aouogew J^f; le j 
correspondant au <J» et le $ au £. 

SbrpentAire , abk'ouk* ^yM . Ce nom s applique aussi 
au trifle. Dana le Jurjura, il d&igne deux sortes 
d aroid^es : arisarum vulgare et arum italicam l . Cf. 
1'arabe vulgaire **y*y> 

Silo, thaserift c«in«»*, pi. thiseraf &\y**$\ Zouaoua, 
taserafih e**y*S, pi. thiserafin ^y^ . 

Singe, zddoud ajJss), pi. izddad alJs*^; Chelh'a, za- 
fWl^la*). 

Soc, aifma l»y\; Zouaoua, thagersal»J&,y\. iheger- 
siotiin (i) ^^y£>; Bougie, thagoursa Uj£$, pi. */u- 
goursiouin q&**}j?&' 

Sceur, oaltma UOj, pi. utftma l&*; Bel H'alima, oul- 
thma UJ^, KVours, outma Uj; Bot'ioua, oudjma 
l^, Temsaman, ontchma L^; Ait Khalfoun, 
oaltma UUj . 

Soif (Avoir), effoud'er' ^i^it (aor.) «jai soif»; Beni 
Iznacen, Rifain, Chelh'a et Mzabi, id.; Bougie, 
KVours et Zouaoua ,foud'er f £>y\ Ghdames, afoud 
syti « avoir soif » ; Zenaga , ioaffoud syu « il a soif ». 

Soir, thamdirih <±>->«x£; Zouaoua, ihamdiih eoJsjf; 
Bougie et Ait Khalfoun, thdmeddith; Mzabi, fa- 
meddit ou*Kif ; Chaou'ia , imeddii cio«xc ; Beni Ou- 
riar'en et Temsaman , rfyiWZt ci>w^. «nuit». 

Sortir , effer' p\ ; Zouaoua , Bougie , Chelh'a , KVours, 

1 Gf. Hanoteau et Letourncux, La Kabylie , 1. 1, p. ia4- 



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Ait Rhalfoun , Rifain , id. ; Mzabi et Ghdam&s , effer 

Souffle, thanfout a>yu3 . 

Source, ffof*' ixy et hit^**. 

Sogrd, amjouj jyj*\\ Ghaouia et Mzabi, amejjouj; 
Bel H'alima, amezzoudj; Ait Rhalfoun, Zouaoua 
et Bougie, dzzoag 2))j*; Zenaga, sozoug fyy*- 



Tambour, akallal JSJttl, pi. ik'aUalen (^lUv. 

Tapis, * taz^r6i7fce*juj^; Zouaoua et Bougie, thazer- 

bith ^aajjvS, de farabe ***;). 
Tarente , Gecko des murailles , thasinedjd'amt 

ot*>ort*«£>pl' thisinedjd'amin Qju*\±*Ak**3 (dim.); 

Zouaoua, asinedjd'em pj ^ xml, pi. isinedjd'amin 

Tarentdle, thkounda t<x ^ C V, pi. thikendaouin 

Tasse, thak'tfendousth <s^<yjJti. 

Tasse (Petite), aklouch (j&jJ^t. 

Tendre (Se), souized $'fy». 

Tente, hanouydb, pi. ihouna b^>; Zenaga, m/i ^, 

pi. anCTi (jjil. Cf. JVofe5 <fe lexicographie berbtre, I, 

p. 62, s. h. v. 

Tete, ikhfUL-*?; Bel H'alima et Ait Rhalfoun, id.; 
pi. ikhfaouen (jjUitf; RVours, id., dans le sens 
d'« extremity ». 



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— **( 88 )**— 

Tomber, h'aoafij^**; Bot'ioua, id. 

Tortue, i%fer J&+, avec m&ath&se; Bot'ioua, id. 1 ; 
Ait Khalfoun , ifker jiJu . 

Tourterelle, thamellalt c*bUr; KVours, tmallalt 
oJ^jf , pi. timellioun ^jJU; Zouaoua, ihamilla 
3Ur , pi. ihinrtillioain (j&l* , rac. m l l J J - a blanc ». 

Trou, akhbou y>*J, pi. ikhoaba bj-a£; Zouaoua, 
akhmoudj gyrf . 

Trouver, of oJ, aor. wo/a U^>; Bougie, Zouaoua, 
Chelh'a, w*. 

Tuer, «nr' £j|; Zouaoua, Ait Khalfoun, Rifain, 
Mzabi, Bougie et Chelh'a, id.; Chaouia, enr^jl; 
Zenaga, ima UJ ail a tu£». 



\AUTOURyjither ja*j, pi. ijitheren (jybjt; Bougie, idji- 
der ^«Xx*S, pi. idjoudar jl*y&; Zouaoua et Ait 
Khalfoun, igid'er ^*xJC>, pi. igoud'ar jl*^. Ce 
mot designe specialement le vautour fauve 2 ; Bel 
H'alima, thamedjd'ir y.o<a$ . 

Veau, ilar'moulJyiXj. 

Vendu (£tre), enz yt; Zouaoua, Bougie, Mzabi, 
Chaouia, Chelh'a et KVours, id.; forme factitive 
vendu, zenzyjy. Zouaoua, Bougie, Ait Khalfoun, 

1 La forme ifqeh'er donnee par Newman (Libyan Vocabulary, 
p. 82), provient sans doute d'une transcription fautive du £. 
* Hanoleau et Letourneux, La Kabylie, t. I, p. i45. 



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—*( 89 )*— 
Mzabi, Chaouia, Chelh'a, id.; KVours, senz 
yu,; Z&iaga, ijcnja (aor.) ]}$*. 
Venir, as d a <jJ, aor. ious ed a ^y.\ Ait Khalfoun, 
id., aor. ioasa d a L^?. Le a est une parlicule se- 
parable : onsen d « iis sont venus » ; Bel H'alima , id. 

Vent, adhou yoS\ Zouaoua, Ait Khalfoun, Chelh'a 
et Ghdam&s, id.; Bougie, afou^eS; KVours, adou 
2*\ ; Bel H'alima , dd'ou ^! . 

Ventre , adddis j«*x*t . Dapr&s Ibn Khaldoun l qui 
cite ce mot avec le m&me sens , il aurait £te alter^ 
en 'adjisah (k»+J&) par les Arabes, dans le nom 
d'un fils de Brands. Un fils d'Abou'l Attaf Jounas, 
emir maghraoua deFas, etait aussi appele c Adjisah 
(voir le tableau g^nealogique). Beni fznacen, tka- 
dddis (dim.) (j-o^lS; Bot'ioua, ihadddist o*««x*l$; 
Ait Khalfoun, eddisih e*****! , thaddisth ouM*db . 

Vetements, drrad aL-*; KVours, iard a^L*, pi. irad 

Verger de figuiers , ourthoay^ ; Rifain , id. ; Chelh'a , 
KVours, owrtoa j>y) «jardin»; Zouaoua, ourthi 
fo\ Chaouia, oarti^. 

Viande , akthoum +y&\ ; Beni Iznacen , aiihoum -ybl ; 

Ait Khalfoun, aksown p*ȣt. 
Vignes, thizour'in &*ff . 
Violet, achlemb 4^4*^1. 
Voici, afc/i'J^K 

1 Histoire des Berbfres , t. I, p. 2 85. 




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—*(90K>— 
VoilX, athain ^ttf. 
Voir, zer j), aor. izra \jy. 

Vomir, errih *yl, f. habituelie, iterra La*; Zouaoua 
et Ait khalfoun , erred aj' ; Bougie y errjl. 

Vouloir , ekhs' joaJ; our ekWer^ch y&juoaJ ^ «je ne 
veux pas»; Bel H'alima, id.; K's'ours, ekhs (j»*J. 
A Djerbah ce mot a le sens cT« avoir ». 



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BSS3 — **( 91 > 

IV. 
TEXTES. 



I. 



ORIGINS DBS HABITANTS DE CHERGHEL. tf OwXV* veA*>e**4 '* » I5t 

J I 

Themdint n Cherchal thebd'a s thlatha imouren koull 
amour s eldjaddis , amour amzouar ismis ech Chebbab oud'ern 
seg idjouhalin : ism en daddasen Yousefer Roumi. Isenat ek'- 
k'aren as Ath Kidad. Oud'ern seldjens imzouara n tamourt 
Thlatha seg imouren ek'k'aren asen Ath Zian. , 

La ville de Cherchel se partage en trois popula- 
tions, chacune descendant de son ancetre; la pre- 
miere se nomme Ech-Chebbab : elle descend des 
pa'iens (Romains); le nom de son aieul est Yousef 
er-Roumi. On appelle la seconde Ath Kidad : ils sont 
issus de la race des premiers (habitants) du pays. La 
troisieme population se nomme Ath Zian (Arabes) l . 

1 Daus les traditions berberes, Idjohalen (les palens, de 1'arabe 
Jiala*, 21+L) representent les populations lalines ou latino-libyques 
(^Ul d'Ibn Khaldoun) qui occupaient le pays a 1'arrivee des Arabes. 




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— «.( 92 > 
II. 

i>vJtX4 6e/^*AO* f^ DESTRUCTION DE CHRRCHEL. 

^yj! (£HH^* <£«^**' c^i£ JU^S i ^Ut ^ik* yU) ^S 
c>^jLj I a> > j (JbliJ (f&J ^X#* oJ^ Jib l^b lub c^a^j 

«X-£t 6^,;4u £^*Jli> isyjl^t oJUj air jUyi u^> 

D'i zeman ifathen ek'k'aren fi Cherchal ikhlat Suft K'ornin 
el rey ithmettouth. Ir'za tharia thak'erdalt selbh'ar asami en- 
nadh. Irkha ithouourth n temdint ir'zer ouaman. Ah'aoufen 
ikhamen emmouthen k'a midden id'is izedr'an. Cherchal ta- 
khla tikkelt amzouart d'ilachk' n tmettouth akid el rey El- 
' K'ornin. 

On raconte qu au temps pass^ Cherchei fut <te- 
truite par le roi Sidi K'ornin, k cause d'uhe femme. 
II creusa un grand foss£, depuis la mer jusque-li, 
et lacha conlre la porte de la ville un torrent d'eau. 
Les maisons tomb&rent et beaucoup d'habitants mou- 
rurent. Ainsi Cherchei fut detruite une premiere fois 
pour 1'amour d une femme par le roi El-K/ornin l . 

Cf. un conte chaoula publie par M. Masqueray, Voyage dans I'Aouras 
(Bulletin de la Soctite de geographic, juillet 1876, p. 55-58). 

1 Une legende analogue est citee par El-Fezari ( Ms. de la Biblio- 
thkque Rationale, anc. fonds, n° 596) a i'occasion de l'etang d'El- 
Mazouk'ah, pres de Bizerte, qui etait autrefois une ville, detruite au 
temps des Grecs de la meme maniere et pour le m6me motif que 



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— «.( 93 )••*- 
111. 

L'AQUEDUC DE CUERCHEL. &o^*Vb 8 e/xyOesc*4 , 1 &0 

yL»! (j, ^ , ^ »*». o 3M <j)l £** «^>' o** '^K 0*^*S «** 

Ujr 5 tf-M j^ftLfi ;^-*j i2L»* W U <^:>f g jj* J***' <$t*j* 

(jM^ii (jj3j J^w^i jjjj*& jUyio ouu*X^P c ^^ a. ^ . ^ a^j 
ySXxl** ii>3-c Ojfc> <J-6^J (j 5 ^**? 5»'*^i 

Tour' d'izeman ifathen iidj oujellid' r'eres illis thizin sob- 
h'an rebbi it ikhalk'an imecht. lekhs' at issir' aouenni ala 
d'isiouidhan aman r'er thamdint n Cherchal. Effer'en sin en 
nahnin iidj d'adjahli ouennidhen d'oudai. Adjahli irouh' ad- 

Ghercbel. Les mines romaines de cette ville, qui frappcrent d admi- 
ration les Arabes, donnerent naissance de bonne heure a toutes 
sortes de fables. Au xni" siecle de notre ere , Qazouini racontait ia 
suivante qui avait cours dans le pays : « Les ruines qu on voit a 
Gherehel sont celles d'un palais construit par un roi pour son fils a 
qui les astrologues avaient pr&lit qu'il mourrait de la piqure d'un 
scorpion. Le prince fit Mtir le palais en pierre pour que ces ani- 
maux ne pussent s'y reproduire, n'y s'y introduire, a cause du 
poli des colonnes (qui soutenaient 1' edifice). Mais un jour on y ap- 
porta un panier de raisin dans lequel se trouvait un scorpion. Le 
jeune prince en voulant prendre un fruit , fut pique et mourut. » 
(Zakarija El Cazwini's Kosmographie , 2*partie i>3UJt ^LS'I ed. Wusten- 
feld, Gottingen i 8 48, in- 8°, p. i3g). Faut-il voir ici un souvenir de 
1'aspic de Gleopatre dont la fille, Gleopatre Selene epousa le roi 
Juba II? 



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iaoui aman seg-ir'zer El-H'achem ibenna tliaria selmoul. Oudai 
d'elh'ak'k' iouli l&nas'er iaoui d aman d'eg Qur'alim isiouidhi- 
hent r'themdint n Cherchal d'amzouar foudjahli. Outhen 
fclas Imed/afa iselathen oudjahli ihouf immouth selr'ach. 

Ii existait dans le temps pass£ un roi qui avait une 
fille tres belle. Louange & Dieu qui la cr^e et for- 
mic II voulut la dormer ix celui qui am&nerait de 
Teau 4 la ville de Cherchel. H se presenta deux 
hommes : Tun pa'ien , 1 autre juif. Le premier partit 
pour amener I'eau de la rivi&re d'El-H'achem l ; il 
batit un aqueduc avec soin. Le juif, de son cdte, 
monta & El-Anas'er 2 et amena Teau dans des roseaux 
qu'il fit arriver h la ville de Cherchel avant le pa'ien. 
On tira des coups de canon (en son honneur); le 
paien les entendit et tomba mort de colore. 

IV. 

?vUw> 2eA/4tA.U i$H SIDI SMIAN ET SIDI AH'mED BEN YOUSEF. 

x Vsy %K9 £\ eo^IS <£uJ ^ JCj ^jU^wJ eo^Ji (jSii; (jl*jr£ ±y 

/O «X^»t ^4>SJUM Jot UUlC (jfcg j£ KZ>j*Jl AJ <*«»%S y JOjAAP 

^! tfX-Lj. jj£j-*t (J~k*>» $«^s> 0"*^*J «£ ^U*b v^iwjtf 

1 L'Oued el-H'achem coule a Test de Cherchel et se jette a la mer 
a peu de distance de la ville. 

* El-Anas'er sont des sources situee dans la partie la plus abrupte 
des montagnes qui forment la ligne de partage des eaux entre ie 
Ghelif et les petites rivieres du littoral. 



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— «.( 95 ).«— 

cu d jixj cyli^J cdjt JJ «Xii> fc/**w p«XJb i^Jl&'f *XJiit j*L* 
<Xxx«t cuUjLaJLS J^V^ v2L**» JL&& Ajum &*++£&> b\ ( j**i)*Xx) 

O^JCa-*! (j***^ ^>^y*^t «^^t c^*N^ (J*T^ ^tl^ ^^' *-9^ 

jmLjLj ^Lu«m c?s * ^j^> ci*A^is> c*£o jAft xaj JJjI cua y iS 
-a* JsM^ <£* <*N «X*JL «X^-t j*tb e-y^o o*&* *** gu£| 
U^'-^b^^ *^ft* ^ v^LuMk» i o »juCj y L) (jL^J d A <«yJ oUio 

Tour' d'izeman ifathen d'elouek'th n Smian ittour'ith d'el- 
ouek'th enni ithk'out'aou r'ibrid'en d'eldjith n Tifsert. Iidj 
iidh imlak'a akid Sidi Ah'med ben Yousef d'amnai fil bar'li- 
this. Iendak' Smian amjouj innas ; ers fil barlithiou. Iendak' 
r'eres Sidi Ah'med ben Yousef innas : d'abar'li machi thaba- 
r'lith. Innas d'abar'li ouachbik agi irouh'a. Sidi Ah'med 
innas : afk'ad athk'aleb. Ik'addam Smian ifk'ad ezzailth ioufat 
tabar'lith. Ibeddelas id fkhamsa sitta hikkal seg ouber'li r'tabar'- 
lilh Embad iendak' r'eres innas : d'abar'li inou, tabar'ljih inou, 
ers fezzailt. Iendak' r'eres Sidi Ah'med innas : Rouh' khir 
souggala sard'er'. Innas : Jerreb. D'ougaoual a isouized r'eres 
Sidi Ah'med iserd'ithsimis embad irrihith soug addisis innas : 




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— «.( 96 )*— 

mata toufid d'oug addis iou? Innas Smian : Oufir' talouath 
thoura d'isenat n eldjithath. Innas Sidi Ah'med : Ther'rit el- 
koull iner' r'ir icht n eldjith. louadjbith Smian innas : Er'rir' 
r'ir icht neldjith. Innas Ah'med Elh'amdou lillah d'i thar'rid 
r'ir icht neldjith loukan tar'ritent d'isenat oula tidjed iouarra- 
iou ach d'igiaichen. Innas Smian : Rouh' athmeddaled in 
cha Allah d'izoubith oudain. louadjbith Ah'med innas : Rouh' 
chek oula netch imira in cha Allah athaiched d'iimourth n 
elhemm d'essemm. 

Au temps passe* , k l'£poque de Smian , quand ce- 
lui-ci avait la coutume de couper les routes, il arriva 
qu'une nuit il se ren contra avec Sidi Ah'med ben 
Yousef, monte sur sa mule. Smian le sourd lui dit : 
« Descends de ta mule. » Sidi Ah'med r^pondit : '« Cest 
un mulet et non une mule. — (Test un mulet (k moi) 
qui s'est enfui. Que t'importePdit Smian. — Regarde , 
repliqua Sidi Ah'med, elle est changed. » L autre re- 
garda Ja monture et trouva que c £tait une mule. Le 
saint ope>a cinq ou six fois la metamorphose de mule 
en mulet. A la fin, Smian lui dit : ((Mule ou mulet, 
cette monture eat k moi. — Va-t'en avec le bien , r^- 
pliqua Sidi Ah'med, sinon je tavale. — Essaie, dit 
Smian. » A cette parole, le saint se tourna vers lui, 
Tavala, puis le vomit. «Quas-tu trouve" dans mon 
ventre ? lui demanda-t-ii. — J ai trouve' une tablette 
^crite des deux cdt£s. — L as-tu lue tout entiere ou 
seulement d'un c6t^? — Je ne 1'ai lue que dun cote\ 
— Louange k Dieu, r^partit Sidi Ah'med, de ce que 
tu ne Tas lue que d un c6te\ Si tu lavais lue des deux, 
tu naurais pas lais§£ de quoi vivre k mes enfants. — 
Va , lui dit Smian , tu mourras enterre dans le fu- 



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mier des juifs. — Va toi-m6me, et non pas /oi, r^- / 
pondit Sidi Ah'med ; s'il plait k Dieu , tu vivras d^- 
sormais dans un pays de tristesse et de poison 1 ». 

1 La prediction des deux saints se realisa : le lombeau de Sidi 
Ah'med ben Yousef , a Miiianah , fut construit sur un emplacement 
ou les Juifs deposaient lears immondices. Quant a Sidi Smian, sa 
k'oubbah s'eleve sur un des points les plus sauvages des montagnes 
des Beni Menacer. 

Le meme miracle est raconte d'une facpn difl&rente, mais ton- 
jours avec Sidi Ah'med ben Yousef pour heros. II voyageait un jour 
sur un mulet du cot6 de Fas quand une douzaine de Marocains le 
prierent de prendre avec lui un des leurs qui &ait malade. le fit 
mooter en croupe , mais sur les instances des autres lui disant que leur 
compagnon ne pouvail se tenir, il le placa devant lui. Arrive a des- 
tination, il voulut faire descendre le Marocain, mais celui-ci refusa, 
pretendit que la mule lui appartenait et devant le kadhi , ses amis 
tejnoignerent en sa faveur. Le saint allait &re condamn^ quand il 
s'ecria : cSi c'est un mulet. il est a eux; si c'est une mule, elle 
est a moi». Les filous, se croyaut surs de leur fait aecepterent la 
proposition , mais un miracle s'6tait op&e' et le mulet etait devenu 
mule. Ge fut, dit-on, a cette occasion qu* Ah'med ben Yousef pro- 
nonca le dicton suivant : 

«-~*b cK-c ^ ^ (y«ae 3j<6 *5l* 

Les Moghrebins 

Fils de la B6te (de 1'Apocalypse), 
Gens de mensonge et de filouterie. 
Douze d'entre eux rendent un faux temoignage avec la violence 
et des manieres etranges. 

Cent coupables de 1'Est valent mieux qu'un honnete homme de 
TOuest. 

J. As. Extraitn i.(i885.) 7 




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V. 

CHANSONS. 

A mah'boub nellebed' 
Ouix issoud'enen iemmeth. 

O piece du collier, 

Celui qui t'embrassera mourra (sans regret). 

Agezzam (p. tagezzamt) iidh iiedhiam 
Akid' tazdat Iddham. 

Belle (comme) une nuit obscure, 
Et, en outre, mince des membres. 

VI.. 

LE GHAGAL BT LE HERISSO¥ '• 
jmUL» q m y g (£UtJs> $&+* {J^^ (J^h* &**$ < ^ X fa j C *&J 

jaiji ^aaXa ^ A^Lt i£)y* (j&) y*U»? w;^g ^aaXa^j JL^rt 

1 Meh'boub nellebed' d£signe la grande piece d'or que les femmes 
kabyies portent, comme un medaillon, au milieu d"un collier d'au- 
tres pieces plus petites. 

3 Gette fable et la suivante font partie dune serie d'histoires dont 
le chacal est le heVos chez les Kabyles et qui n est pas sans analogie 
avec notre Poeme de Renart ou le Reinecke Fuchs des Allemands. 
On m'a conte a Gherchel une autre histoire qui, pour le fond, est 
analogue a celle du Renard parrain , et dont une variante originaire 
du Jurjura a 4te traduite par le P. Riviere. (Contes populaires ka- 
byles, Paris, 1882 , in-18, p. 89 , Le Lion, le Chacal et le Sanglier) % 



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»( 99 )•*>— 
^ai^L^ (jLa^^ otAxfiSVj <jaAjJI j+m <^;^ <£***£ O^U? *^ 

*(J^N-!? 0A sl OO K a wL X-J J^j* ^! tfJ+v (J**rf* (J^J o L wJu 
viL-A-fl^» ijj| it yj| j*La-> (jy%J i£»**t. <3*XJL? yly ^s*#t 

mais dont Tissue difiere des deux suivantes : Le renard de Bassieu et 
le loup d'Hatoum, conte bressan (P. Sebillot, Contes des provinces 
de France, Paris, i884, in-18, o° lxv). Lo Loup e h Roe, conte lor- 
rain (Adam, Les patois lorrains, Nancy, 1881, in-8°, p. 4ia). Cf. 
aassi une version slave de ce conte dans Krauss : Sagen und Mar- 
chen der Sudslaven, t. I, Leipzig, 1880, n°xil : Poarqnoi les lievres 
nont qu'un moignon de queue , extr. du Narodne pripovjedke skupio u 
ioho Varazdina , i858 , par Matija Kracmanov Valjavec. Pour d'autres 
aventures du chacal, cf. Riviere, op. laud., p. 79, Le Chacal; 
p. 87, La Bergeronnetle et le Chacal; p. i35, Le Roi et le Chacal; 
p. i£i, Le Mulct, le Chacal et le Lion; p. i45, La Poule et le 
Chacal; p. i4o,» Le Chacal et les Trois Bones; Creusat, Essai de dic- 
tionnaire francais-kahyle , Alger, 1873, in-12, p. XL, Le Cliacal ha- 
rioli, Man. dela Bibliotheque Rationale de Paris, fonds berbere, n° 1, 
Le Chacal et le Herisson. Dans les contes en dialecte du Sous et de 
TOued Noun que j'ai recueillis a Oran , on rencontre Thistoire du 
Herisson et du Chacal. D'autres peuplcs de 1'Afriaue ont une serie 
de conges semblables sur le chacal ou le renard : dans le Soudan, 
le conte bornou du Chacal el de la Hyene (Kcelier, African native 
literature, London, i854, in-8°, p. 4i-45 et 162-166); les contes 
haoussa, La Hyene et le Renard, Le Prdtre et le Renard (Schon, 
Haussa reading book, London , 1877, in-4*\ p. 37 et xxvn); chez les 
Zoulous : Le Lion et le Petit Chacal (Mc Call Theal, Kaffir folk lore, 
London, s. d., in-8°, p. 175), etc. Les Arabes ont &e sans doute les 
transmetteurs de ce genre de recit, emprunte par eux a llnde par 
1'intermediaire de la Perse. Cf. sur le r6ie du renard en hottentot , 
Bleek , Reynard the Fox in South Africa , in-8°, 1 864 . 




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( 100 )**- 



j yaJUuu g JjLi ^ikJd/f: siiXm (jJjb JiJi> ^t ^^ 

oti~»Lj j£j«x2> duijc? jJWJOL^ (joijJIi x>Uw JUli 

Iicht n tikelt insi d ouchchen mh'abban. Iendak' insi r'ouch- 
chen innas : Chh'al n tih'illatin r'oure^. Innas ouchchen r'ouri • 
mia tih'illatin d'ennefs' n th'illit. Iendak' ouchchen nnouba- 
this r'insi innas : Chh'al n tih'illatin r'oug. Innas insi : R'ori 
sioua nnefs' n th'illit. Rouh'an th'aousen akid' oubrid' ad'han 
r'iidj n douar tenas'eft d'egiidh oufan iicht n tiseraf oud'ern 
d'is snin ard'akhel n tasereft etchin ier'den asemmi rouan. 
Iendak' insi iouchchen innas : Anez ad' alir'fikhfi^azrir'. Iou- 
nez ouchchen iouli fdhahris ineggez iersa barra imi n tasereft 
idja ouchchen ar d'akhel innas : Sellek ikhfig k'abel netch sen- 
nefs' n th'illit chek smia d'ennefs' ou tsallektch ikhfi^ gd'a- 
khel n tasareft. 

Une fois le h&risson et le chacal firent amitie\ Le 
premier dit k 1 autre : «Combicn as-tu de ruses? — 
J'en ai cent et la moitte d une » , r^pondit le chacal , 
et il lui demanda k son tour : « Gombien as-tu de 
ruses? — La moitie* dune». lis march&rent en se 
promenant sur la route jusqu & ce qu'ils arrivferent 
k un douar, au milieu de la nuit. lis trouvcrent un 
silo, descendirent tous deux a Tint^rieur et mang&- 
rent du bli jusqu k ce qu'ils fussent rassasi^s. Le h6- 
risson dit au chacal : « Baisse-toi, pour que je montc 
sur ta tete et que je regarden. Le chacal se baissa, 
le herisson monta sur son dos, sauta et retomba hors 
de Touverture du silo , laissant le chacal k Imt^rieur. 
II lui dit : ((Sauve-toi (comme tu pourras). Vois, moi 
qui nai que la moide* dune ruse (je me suis sauv£); 



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toi qui as cent ruses et demie, tu ne peux te tirer 
du milieu du silo 1 . » 



1 J'ai signale dans la note precedente deux variantes de ce conte 
en berbere : Tun dans le dialecte de TOued Noun, que j'ai recueilli 
a Oran (&&}* *>>iJ3) ; 1'autre, en Zouaoua, fait par tie d'un recueil 
de la Bibliotheque nationale (fonds berbere, n° 1). Gette fable est 
aussi racontee en arabe chez les Hadjoutes , mais avec plus de de- 
veloppements : Tire d'affaire , le herisson conseille a son compagnon 
de fairele mort et d'attendre que le proprietaire trompe le jette hors 
du silo. Gette derniere version a ete traduite et amplified par le co- 
lonel Trumelet (Les Saints de VIslam, cb. vn, Le Chacal et le Hi- 
risson). La meme histoire se retrouve, avec des variantes, chez les 
Slaves du sud : Le renard a soixante-dix ruses et le herisson trois , 
grace auxquelles ils echappent de la fosse a loups ou ils sont tombes 
tous deux (Krauss, Sagen und Marchen der SudSlaven, t. I, in-8°, 
Leipzig, i883 , fable xm). II est curieux de rencontrer ici les donnees 
de deux fables de Lafontaine r^unies en une seule ; Le Chat et le 
Renard (Fables, xi, 5) ou les deux animaux discutent sur le nombre 
et la valeur de ieurs ruses; le fabuliste francais a tire ce sujet des 
Apologues de Regnerius (Apologi Phadrii, Dijon, i643, Pars I, 
f. a8, Gatus agrestis et Vulpes). Une des plus anciennes redactions 
que je connaisse est en espagnol (La Raposa e el Gato) et fait partie 
d'un recueil manuscrit intitule : Expejo de legos, qui date probable- 
ment de la seconde moitie du xiv e siecle com me le livre des Exemples. 
Le renard a vingt ruses et le chat une seule, qui est de monter a 
Tarbre (Cf. Gayangos, Autores cspanolcs anteriores al siglo xv, Madrid , 
i85Q,in-8°, p. 445). EUe se trouve aussi dans la collection publiee 
par Th. Wright, Latin stories from mss, of the thirteenth and fourteenth 
centuries. Londres^ i 84 2 , p. 57 : le renard a dix-sept ruses, le chat, 
une seule. Un conte allemand (Grimm, Kinder und Haasmdrchen, 
Berlin, 1880, in-8°, n° 75) nous repr&eute egalcment le chat.et le 
renard contestant leurs moyens d'action : le premier n'en possede 
qu'un et le second cent. L'origine orientale de cette donnee nous est 
fournie par un recit teleute (Siberie meridionale) : Le renardeau et 
la grue, poursuivis par des chasseurs, essaient, le premier ses douze 
ruses , la seconde l'unique qu'elle possede pour se sauver : elle fait 
la morte et est rejetee hors du terrier, tandis que son compagnon 
est tue (Radloff, Proben der Volhsliteratur der turkischen Stamnie Sud- 




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( 102 
VII. 

LB LION, LE CHACAL ET L'HOHHE. 
^J& OJ* &h £ U^t <B*i£kmJB yl^fli ^Urf (J*}** &* 

&*» «*•£' ^?3 v**° ztf* u****^ o**0' p«*-# o**^*** 
&****) &** ^' ^ !*;' u*^*j $** *>J^ &j&<y£ w^yi* 

d«x^t j^ (^Lt £*Js? **L> «xJU jlaib Jl>1 ;^UJI d*x£l 

Jl tf«XJUr jjj iXjJ <£«x£f y^ <2Jt J^kft! i ^La ^xtf £y)5 

sibiriens, Saint-Petersbourg , t. . I, in-4*, 1866, p. 219). Nous trou- 
vons egalement dans le conte berbere la donnee de la fable de La- 
fontaine : Le Renard etle Bouc (Fables, \. Ill, 5), empruntee par 
lui a Pbedre (IV, 5, Vnlpes et hircus) t et aux fables esopiques 
(kX<&im£ xal Tpdyos, Fabulw eesopicee, ed. Halm, n° 45, p. 22 ). La- 
fontaine s'est sans douie servi de Tedition de Rinuccio d'Arezzo 
(Msopi Phrygis et aliorum fabulas. Lyon , 1 548 , in-i 2 , fab. n° 5 , De 
vulpe et trago). C'est egalement la source de lanonyme turc (De- 
courdemanche , Fables turques, Paris, 1882, in-18, fab. n° 2). Le 
remrd et le bouc. Cf. uue variantc donnee par Grimm, Kinder- und 
Hansmarchen , n°L\xifi : Le Renard et le Loup. 



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.( 103 )++— 
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;tj ;^JU J^6 ;>£UJf <Xiy* ^Ji> ^U »*S£ )y t 4^1 

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Tour' d'izeman ifathen lh'aouian tmeslaint ennan idj ou- 
fellah' r'eres thiouga n ifounasen ikhdem ezis d'ilathis itrouh' 
cbah' zig akid sin ifounasen thamdirth itouelled sidj oufounas 
aroua itcha ala iesar' ouennidhen bach a ikhdem ala irouh' 
r'elkhela ala iased ouairad iaoui as idj oufounas iedj as idj 
iouh'al irail irouli' a ih'aous ouala irdebberen fellas ilk'a ouch- 
chen innas akid'es isaren netta d'ouairad. Ibuadjbith ouchchen 
innas : mata ala d'i hessir'ed k'a selliker' soug ouairad' a. In- 



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nas : ad'ia;^ t'albed a^ essir'er'. Innas sir' ai r'ir idj izmer a illi 
issah' thar'red errai aitcha asalid ias ouairad netch ak'li ad' 
aser' f k'alat in ajennadh ihaouied akidi^ echchakour a illi 
ik'dha aitta asald i^ inir'. Manis ouenni akidi^ a zrir' imir a 
inai d'ar'ioul ag illan akidi ifid ouir' lmendi ia^ inir' netchinti 
ellir' th'aouser' f ouairad ma chi f our'ioul athain a^ inni ma- 
nis ouennidhi fella^ itlar'en inas ouenni d'ennems athain &% 
inni khemeli ala khat'er ouggoud'er' zis. Asald a/ inir' 
manis iberkan ezzathi^-inai-thazekkour ag illan ezzathi a^ 
inir' rfed echchakour akhbeb atra k ag illan machi d'airad 
hrafed echchakour houthed sezzour jar ntit'aouin. Athain a% 
inir' oushVch mlih' aoud outh id thikelt thennidhen asald 
ithk'da selh'ak'k'. — Aroua itcha ias ioused ouairad d'oufella 
mh'al oussan enni ifathen bach a itch idj oufounas. R'ir izrit 
ouchchen ilar'a afella ameddoukalis innas : manis ouenni ilia 
akidi^. Innas : d'azekkour ag illan ezzathi. Innas ouchchen : 
1'aout d'airad th'aouser'. Iendak' ouairad r'oufellah' innas : 
manis oua fella^ itlar'an ? Innas : d'ennems. Innas ouairad : 
khammelai ezzis ala khat'er taouggoud'er' zis. Innas oufellah' : 
D'ri^ ezzathi ek'k'an thit'aouin enni^ as inir' d'azekkour ag 
illan ezzathi balek a thzouza li'ad. Ibrc^ ouairad ezzath oufel- 
lah' ik'k'an thit'aouinis ik'dha thanfout. Iouadjeb iouchchen 
innas : Ouzrir'ch airad immedh felli ass a Iouadjbith ouchchen 
innas : Ma-gana zerir' egzer'er' izzed ezzathi^. Innas oufellah' : 
D'azekkour. Innas ouchchen : erfed echchakour aouth id' d'eg 
azekkour enni. Ierfed oufellah' echchakour ikhhadh airad sez- 
zour jar n tit'aouin ennes. Innas ouchchen : Akhbadh sezzour 
ou slir'ch mlih'. Iaoud oufellah' thlata arba iitha d'hikelt 
asemma ith inr'a alour' ilar'a f ouchchen innas : akka enr'ir'th 
imir a akka d'ared a thased bach a^ soud'nar' f tadbirth f elli 
haddeberd aitcha houallid' id' aniti bach a thaouid izmeri^ 
s'ir'er'd. Msefrak'in koull idj irouh' d'eldjithis. Ad' nouella 
r'oufellah'. Aroua itcha r'er ec.c.bah' elh'al it't'cf idj izmer iith 
ar d'akhel ouilou ichedd fellas imi ouilou iffer' isersith d'i 
haddart idjith ar d'akhel n taddarth netta irouh' a ierkha 
ifounasen bach a irouh' a ikhdam thizak'k'aras Thamettou- 



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this d'ilouk'th enni thiffedag imi ouilou therkha izmer therra 
aid'i r'd'akhel ouilou g oura^an izmer. Afellah' irfed ailou 
irouh' lakhd'emtis. Ik'k'an ifounasenis ibd'a ikhdem asemad 
iousa ouchchen inaas : mams ilia Iment enni id hennid. Innas 
oufellah' : Athain r'd'akhel ouilou rouh' athedde^ a thaonid 
izmeri^sir'er'ed. Iour'a errais otfchchen ithde^ imi ouilou izra 
senat n tit'aouin k'bh'ent kthar s thit'aouin izmer. Innas 
ioufellah' : R'd'erred ai amdoukel. Innas oufellah' : D'i mata d 
i# r'd'err' d izmer netchinti aiir' ard'akltel ouilou efde^ mlih' 
imi ouilou netch ou skhourir'ch. Iour'a errais ouchchen ier- 
zem miiti' imi ouilou ieffer'd ouid'i sezzour r'er izrath ouch- 
chen iroual itazzel d'effer'is d'il jourt itazzel akides asami 
ienr'at. 

Au temps pass£, alors que les betes parlaient, il 
existait, dit-on, un laboureur qui poss£dait unepaire 
de boeufs, avec lesquels il travaillait. II avait coutume 
de partir avec eux de bon matin , et le soir il reve- 
nait avec un boeuf. Le lendemain , il en achetait un 
autre pour travailler, et sen allait dans la friche, 
mais le lion venait lui en prendre un et lui en lais- 
sait un. II restait d£sesp6re\ cherchant quelquun qui 
le conseillat, quand il rencontra le chacal et lui ra- 
conta ce qui se passait entre lui et le lion. Le chacal 
demanda : «Que me donneras-tu, et je t'en delivre- 
rai? — Ce que tu voudras, je te le donnerai. — 
Donne-moi un agneau gras, reprit le chacal; tu sui- 
vras mon conseil : demain, quand le lion viendra, 
je serai \k ; jarriverai sur cette colline , de 1 autre c6te ; 
tu apporteras ta hache bien tranchante, et quand je 
te dirai : qu est-ce que je vois & present avec toi? r£- 
ponds-moi : c est un ane que j ai prfe avec moi pour 



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—*( 107 Im- 
porter de Forge. Je te dirai : je suis a la recherche 
du lion et non de fane. Alors il te demandera : qui 
est-ce qui te parle? R£ponds-lui : c est le nems l . II te 
dira : cache-moi, car je le crains. Lorsque je te de- 
manderai : qui est-ce qui est £tendu la, devant toi? 
r6ponds-moi : c est une poutre. Je te dirai : prends 
ta hache, frappe-la pour savoir si ce n est pas le lion. 
Tu prendras ta hache et tu le frapperas fort entre les 
deux yeux. Alors je continuerai : je nai pas bien en- 
tendu; frappe-le encore une autre fois, jusqua ce 
qu il soit mort r^ellement. » 

Le lendemain matin, le lion vint & lui, comme 
les jours passes, pour manger un boeuf. Quand le 
chacal le vit, il appela son ami et lui dit : « Qui est- 
ce qui est avec toi? — C'est une poutre qui est de- 
vant moi. » Le chacal reprit : ((Attention au lion, je 
le cherche. — Qui parle avec toi? demanda celui-ci 
au laboureur. — Le nems. — Cache-moi , reprit le 
lion , car je le crains. » Le laboureur lui dit : « Etends- 
toi devant moi, ferme les yeux et prends garde de 
faire un mouvement. » Le lion s'&endit devant lui , 
ferma les yeux et retint son souffle. Le paysan dit au 
chacal : « Je nai pas vu passer de lion aujourd'hui. 
— Qu'est-ce que je vois etendu devant toi? — C'est 
une poutre. — Prends ta hache, continua le chacal, 
et frappe cette poutre. » Le laboureur ob&t et frappa 
violemment le lion entre les deux yeux. « Frappe 
fort, dit encore le chacal, je nai pas bien entendu. » 

1 Sur cet animal fabulcux , voir le Vocabulairc , s. h. v. 




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— w( 108 

11 recommen^a trois ou quatre fois, jusqui ce qui! 
i'eut tue. Alors il appela le chacal : « Voici , je lai 
tue, tu peux (?) venir pour queje t'embrasse pour le 
conseil que tu m'as donne. Demain, lu reviendras 
ici prendre lagneau que je te donnerai. » lis se s^pa- 
rferent et chacun s'en alia de son cote. 

Revenons au paysan. Le lendemain, d&s le matin, 
il prit un agneau, le mil dans un sac dont il ferma 
Touverture, le descendit dans la cour et ly laissa 
pendant qu il allait lacher les boeufs pour partir la- 
bourer ses parcelles de terre. A ce moment , sa femme 
delia Touverture du sac, mit Tagneau en liberty et 
le rempla^a par un cbien. Le paysan prit le sac et 
s en alia k son ouvrage. II attacha ses boeufs et com- 
ment k labourer, jusqu'A Tarrivee du chacal, qui lui 
dit : a Oil est la promesse que tu mas faite? — La 
voici, dans Tinterieur du sac; va Fouvrir, tu pren- 
dras lagneau que je te donne. » II suivit son conseil, 
entrouvrit le sac, vit deux yeux qui brillaient plus 
que ceux d un agneau , et dit au laboureur : « Mon 
ami, tu mas tromp£. — En quoi tai-je trompe? re- 
prit lautre; pour lagneau, je I'ai mis dans le sac; 
ouvre-le bien, je ne mens pas, » Le chacal suivit son 
conseil , il ouvrit le sac ; un chien en sortit avec vio- 
lence. Quand le chacal le vit, il s'enfuit en courant, 
mais le chien s'elan^a de pres derriere lui et finit par 
le tuer l . 

1 La meme histoire existe, avec des variantes qui tiennent a la 
difference des climals , dans la plupart des litteratures de 1'Europe 
orientalc. En Russie, le cbacal est remplacc par le renard et le lion 



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_«*.( 109 )*+~ 
VIIL 

I/OGRE ET LES DEUX FEMMES. tjlvJCcA 0tnj6&**Jk Gc\ 

£jj-** c^^^-> cT^-*-* c*<Xi\^ J^aSj ^t c ^-> l^tl om4jj^> 
j»» a «( «^ g oi 3% xa ai> &1 ouLw y ^ (jilo (jb*X*j& <<*£ ^J 

par Tours; le denouement est le memo, allonge parfois da dialogue 
entre le renard, ses pattes, ses yeux et sa queue : ainsi, dans le 
gouvernemeut de Tambov , le conte du Paysan , de TOurs et du Re- 
nard, recueilli par Afanasiev (HapoAHHfl pyccaia CKa3KH, Contes po- 
pulates russes, Moscou, i863, in-8°, t. II, n° 32). Le loup est 
substitu6 a Tours dans un recit de la Russie blanche (Afanasiev, op. 
laud., t. Ill, conte k , Le Renard et le Brae). Dans un conte du gou- 
vernement de Toula, VOurs et le Semeur de navets (Afanasiev, op. 
laud., till, p. m), deux histoires differentes sont soudees Tune a 
Tautre. Cf. Le Renard, conte recueilli dans le gouvernemeut d 'As- 
trakhan (Afanasiev, op, laud., t. I, i). Dans la Petite Russie, gou- 
vernement de Tchernigov, le recit du Renard, de VOurs et du 
Paysan se rapproche plus du type primitif conserve en berbere. 
(Roudchenko, HapoAHwa lOKHopycciria cisasiui, Conies populaires 
de la Petite Russie, Kiev, a vol. in-8°, 1869-70, 1. 1, c. vm, p. 17). 
De mdme dans le conte lithuanien : L'homme et le Renard (Leskien 
und Brugman, Lilauiscke Volkslieder and Mirchen, Strasbourg, 
1882 , in-8°, conte 1, p. 252). Un .autre recit du meme pays subs- 
titute loup a Tours (Schleicher, Litauische Marchen, Weimar, 1857, 
in-8°, p. 8, Le Renard). La mime fable seretrouve en esthonienet 
chez les Slaves de la Croatie : I' Homme, le Lvevte, le Fienard et 
I Oars, mais avec des differences tres considerables [Narodne pripov 
jedke skupio,n° lxiv, cite par Leskien et Brugman , op. laud. 3 p. 5 1 8 
et 52o).' 



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110 )**— 

ps^aSCs uy*^ py^ °^S^ c uj um L*a* » j ^^•L^.l *Xj iZAjdby* 

C* jl a*I, » *-&-£ tf»AA'3y>l ^!*Xu» (jauJial £ J*^" <2A*»Jj£jS 
(J**ty-^ CT<.«» A S AT OM£^t *^-?> Ocj#)J OjL w Us> ty*t <£AOl£t 

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^VK-W |2Lm» <>H^ OU0Aa5^ (J-5U <X*4XJO La* C^UC -kA^l 

u iXjiH S ^ ^ lit ^ ^1 db^t tdbl o-L* ^t eJU^& 

Tour' iidj ourgaz r'eres senat tisidnan iicht tamgist iicht 
tamehboult. Idj ouas rouh'ant ad' alketbent baouen ersent 
d'eg baouen n oumza aouaat akjdsent ar'ioulbach aderfedent 
fellas baouen. Izrihent amza irouh' ar our'ioul iououith ed ir'res 
isououit d'irouh' ad iououi hisednan bach iardhent ad'h'a- 
drent r'oukhamis iouihent id akhamis isir'asent etchint ak- 
thoum our'ioul, Thamgist tak'lith akthoum our'ioul tameh- 
boult hit d'is our taklitch. Thamgist tekhmel ed elh'ak'k'is 
sedai adjertilth. Gir ( ?) k'adhant elmakelt amza innasent : 
Erramt id fitchimt. Tbamgist berras elhak'k'is tamehboult 
hernias ; la dadda ma tach igan hessir'ed anar' akthoum ne- 
tcha t imira tendemed fellas I Ha*ngist hedjbed seg sedoui ha- 
djertilth akthoum hennas : A dadda akla^ elhak'k' iou akka 
netch ou tchir'ch. Hamehboult inr'at d'amgist idj it ahoul 
akhamis. ■ 

II etait un homme qui avait deux femmes , Tune 
intelligente, Tautre sotte. Un jour, elles allerent cueil- 
lir des feves ; elles descendirent dans celles de Fogre , 
ayant anient avec elles un ane pour emporter les 



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— **( Ill )•«— 

ftves. L'ogre les vit ; il alia a lane , 1'emmena , le tua , 
le fit cuire et partit inviter les femmes k venir chez 
lui. II les conduisit dans sa maison et leur donna k 
manger la chair de lane. La femme intelligente re- 
connut ce que c&ait, mais la sotte en mangea, sans 
s en douter. La premiere cacha sa part sous la natte 
(qui servait de table). Quand elles eurent fini le re- 
pas, logre leur dit : «Rendez-moi ce que vous avez 
mange. » La femme intelligente lui rendit sa part. La 
sotte lui dit : « Grand p&re, quest-ce que cela? Tu 
nous as donne de la viande a manger, et k present 
tu t'en repens?» La sage tira sa part de dessous la 
natte et dit : « Grand p&re, voici ma portion; je nai 
pas mang6. » Logre tua la sotte et laissa la femme in- 
telligente retourner dans sa maison. 




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NOTES 



DE 



LEXICOGRAPHIE BERBERE. 




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I 



PARIS. 



ERNEST LEROUX, EDITEUR, 

I.IBIUIRE DE LA SOCIETE ASIATIQCE, 
DE L'ECOLE DES LANGUES OR1ENTALES VIV ANTES, ETC. i 

MJE BONAPARTE, N" 28. ~ 



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NOTES 



DE 



LEXICOGRAPHIE BERBERE, 



M. RENE BASSET. 



EXTRAIT DU JOURNAL ASIATIQUE. 



PARIS. 
IMPRIMERIE NATIONALE. 



M DCCC Lxxxvr. 




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NOTES 



LEXICOGRAPHIE BERBERE. 



troisiAme SERIE. 
DIALECTE DES K'CJOURS ORANAIS ET DE FIGUIG. 



AVANT-PROPOS. 

Le dialecte que j'&udie ici est parl£ dans les oasis sui- 
vantes du Sud oranais etdu M aroc : Tiout , Ain Sfisifa, Bou 
Semr'oun, Moghar (Tah'tani etFoukani), Cheliala (Gueblia 
et Dah'rania ) , Djebel Tseldj , Asia , Ich et Figuig. On avait 
deja signale Tusage du berbere a cette extremite de FAlgerie , 
mais aucun travail n a paru sur ce dialecte dont j'indiquerai 
plus loin Importance. 

En i883, apres un rapport de M. Barbier de Meynard 1 et 
sur Tavis de la Commission du Nord de i'Afrique , 1'Academie 
des inscriptions et belies-lettres voulut bien me designer au 
Ministere de Tinstruction publique pour £tre charge d'une 
mission scientiiique a 1'effet d'&udier les diaiectes du nord 

* Comptes rendu* de VAsaddmie des Inscriptions, i883 , — Journal asia- 
tique t i883, 1. 1, p. 271. 

J. As Extraitn i3. (i885.) 1 




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de la province d'Oran et du Maroc septentrional \ En pour- 
suivant mes recherches sur le premier de ces terrains , je pus 
constater que le berbere n^tait pas completement eteint, 
comme on 1'avait dit, mais qu'il disparaissait peu a peu et 
qu'il &ait grand temps de Tetudier dans les quelques ilots 
qui subsistent encore : BeniDergoun, Achacha, Beni Ourar', 
Bel H'alima, elc. J'etais a Frendah, occupy a recueillir ce 
que je pouvais de Tidiome des Bel H'alima , lorsqu'un con- 
cours de circonstances favorables me permit d'etendre le pro- 
gramme trac£ par la Commission et d'aborder le dialecte du 
Sud oranais ferme en ce moment a une exploration scienti- 
fique. Mon h6te et ami, M. Mohammed Aklouch, interprete 
militaire pres du feu bach-agha Ould K/adhi, m'amena un 
jour le fils duk'a'idde Bou-Semr'oun , intern^ avec son pere 
a Frendah , pour avoir pris part a Insurrection de Bou 'Ame- 
mah. Pendant tout le temps que je passai dans cette ville, je 
le Gs venir chaque jour et je pus ainsi reunir, outre un vo- 
cabulaire et des notions de grammaire , un certain nombre 
de textes ecrits dans le chelh'a des K'cours. 

De Frendah, je partis pour Tiharet, Oran et Tlemcen : 
dans cette derniere ville, je* pus heureu semen t completer mes 
etudes sur le dialecte des Oasis grace a deux individus, Tun 
de Figuig, 1' autre de c A*in SGsifa, que m'envoya le directeur 
de la M edersah. Les textes que me dicterent ces deux indi- 
genes , absolument illettr^s d'ailleurs , me permirent de re- 
connailre que j'avais affaire a une seule et meme langue , 
parlee depuis la limit e orientale de la province d'Oran jus- 
qu'au Tafdalet. 

Cette nouvelle se>ie de Notes, ajouteea celles que j'ai deja 
publiees * sera completce par des travaux analogues sur les 
dialectes des Bel H'alima, des Bot'ioua, du Rif, du Sous, de 

1 Les details de ce voyage ont ete publics dans le Bulletin de la Societe de 
geographic de UEst, 3 e et A e trimestres i883; a* trimestre i885. Cf. aussi 
Journal asiatique, i883 , t. I, p. 529. 

' i883 : dialectes du Rif, de Djerbah, de Ghat et des Kel Oui; i885 : 
dialecte des Beni Menacer. 



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_**( 3 )«* — 

Taroudant et des Beni Iznacen , Studies pendant ma mission 
de i883 r et par des reclierches sur le mzabi, la zenatia de 
Touggourt, le tagouarjelent de Ouargla et le touareg des 
Aouelimmiden , resultats de la mission que m'a tout dernie- 
rement confiee M. le Gouverneur general de TAIgerie. En 
fournissant des documents sur des idiomes pour la plupart 
inconnus jusqu'ici, j'espere contribuer a faire avancer la 
question de lagrammaire comparee des dialectes berberes, 
question qui ne pourra etre traitee d'une fa^on serieuse que 
le jour ou les philologues auront en mains les materiaux 
necessaires : textes et vocabulaires de chacun de ces dialectes. 
Comme source de comparaisons , dans le vocabulaire , j'at 
eu a ma disposition , outre les auteurs cites dans les Notes 
deja publiees, la suite du travail de M. Broussais sur la 
langue des Ait Khalfoun * et les glossaires inedits que j'ai 
rapportes du Mzab, de Ouargla et de Touggourt. J'ai cru 
superflu de reproduire les rapprochements que j'avais prece- 
demment indiques dans des traYaux auxquels je renvoie line 
fois pour loute& 

Luneville, 12 septembre i885. 

1 Butiel'm de correspondame afrieaine, septembre-novembre 188/j. 




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.( k )**— 



Les seuls documents que nous possedions sur 
Tan liquid de letablissement dune population s6- 
dentaire dans les k^ours du Sud oranais sont les 
de$siiishi&roglyphiques(?) rudimentaires qui ont ete 
releves pour la premiere fois en 1 8^7 par le docteur 
Jacquot 1 ; ceux de Tiout et de Moghar, d^crits par 
le docteur Armieux 2 , et d'autres qui ont £te signals 
dans le Tazeroualt 3 , au sud du Maroc, et k El-Hadj 
Mimoun, au nord de Figuig 4 . On les a divises en 
trois series datant chacune d une £poque diff&rente : 
la premiere comprend des dessins obsc&nes et des 
sujets de chasse repr&entant des animaux aujour- 
d'hui disparus du nord de TAfrique : M6phant, la 
girafe, le rhinoceros 5 ; la seconde se compose des 

1 Illustration du 3 juiilet 1847. 

* Topographie mddicale du Sahara de la province d'Oran, Alger, 
1866, in-8°, p. 29-33. La decouverte de dessins semblables a Taze- 
roualt, dans le Sous marocain, ou les Romains ne paraissent pas 
avoir p&ietre , infirme 1'hypothese du docteur Armieux sur 1'origine 
egypto-romaine de ces dessins. 

3 H. Duveyrier, Sculptures antiques de la province de Sous, dicou- 
vertes par le rabbin Mardoche'e (Bulletin de la Soctiti de ge'ographie, 
aout 1876, p. 129-147). 

4 E.-T. Hamy, Note sur Us figures et les inscriptions gravies dans la 
roche aEl-Hadj'Mimoun, Paris, 1882 , in-8°; — R. de la Blanchere, 
Sur Cage des gravures rupestres (Bulletin de Correspondance africaine, 
t. I, p. 353-465). Gf. aussi Gazette arckdologique , i885, p. 4-io. 

8 Gette presence de I'&ephant n'indique pas forc&nent une anii- 
quite tres reculee, puisque I'existence de ces animaux est sigoalee 
dans le sud de la Mauritanie et en Libye par Hannon (Hannonis 
navigatio ecLKluge, Lipsiae, 1829 , p. 21), Herodote (1. IV, ch. cxci) 
et Pline i'Ancien (Hist, nat, &1. Littre\ 1. V, c. 1, 18). 



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inscriptions qu on a propose de nommer rupestres 
et dont on a trouv6 les analogues en pays touareg l ; 
enfin latroisi&me renferme les inscriptions modernes 
encaract&res tifinar' etarabes. Malheureusement les 
deux premieres series n ont pas encore 6t£ d^chiffr^es ; 
rfiais il nest rien moins que certain quelles puissent 
nous fournir des renseignements historiques sur les 
populations qui les ont trac^es 2 . 

L'expedition de Suetonius Paulinus, qui aboutit 
sur les rives du Ger (vers A 2 de notre ere) , passfl au 
nord des k'§ours 3 , et si ce general romain a parte 
de ces derniers dans ses Commentaires * , la perte 
de cet ouvrage nous interdit toute conjecture k leur 
sujet. Tout au plus peut-on supposer que les k'§ours 
etaient peuples k cette epoque par des families ap- 
partenant k la tribu des Nigritai , probablement des 
Senhadja, mentionnes par Denys le P£rieg&te 5 et 

1 Cf. Barth, Reisen und Entdeckungen in Nord- and Central- Afrika , 
Gotha, 5 voJ. in-8°, 1857, 1. 1, p. 210-216; — Duveyrier, Les Toua- 
regs du nord, Paris, 1864, in-8°, p. 389-390. 

* Le dechiffrement des deux premieres series de ces inscriptions 
serait peut-etre facilite par une comparaison avec celies decouvertes 
dans les Canaries ; cf. Berthelot , Notice sur les caracteres hieroglyphi- 
ques graves sur les rochers volcaniques aux iles Canaries (Bulletin de 
laSociiUde giographie, fevrier 1875, p. 177-192); id., Nouvelles 
ddcouvertes d inscriptions lapidaires a Vile de Fer [Bulletin de la So- 
cidtd de ge'agraphie, septembre 1876, p. 326-33i); id., AntiquitSs 
canariennes, Paris, 1879, 1 v0 ^ m_ 4°« 

8 Pline, Hist. nat.,1. V. ch. 1, i4-i6. 

4 Pline (LI) cite Suetonius Paulinus comme un des auteurs qu'il 
a consulles pour le V e livre, traitant de 1'Afrique. 

5 Vers 2x5; v. 32 2 de la traduction de Feslus Avienus (Cf. Dia- 
nysius Periegetes , ed. Bernhardy, Lipsiae ,1828, in-8°, p. 1 9 ; — Festas 



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— «.( 6 )<+— 
Pline 1 : ce pays faisait partie de la G&ulie de Pto- 
iemee. Cest tout ce que letat de nos connaissances 
nous permet de supposer avec vraisemblance, a 
moins de nous lancer dans des hypotheses reposant 
sur des ressemblances fortuites et souvent fausses 
de noms propres 2 . 

La conquete arabe amena la conversion des po- 
pulations de cette contr^e parmi lesquelles Ibn Khal- 
doun 3 nous signale les Matghara, fraction des Beni 

Avienus, Rulilius Namatianus , etc. , dd. Despois el Saviot, Paris, i843, 
in-8°, p. 28. L'expression Nigretce est traduite a tort par «des nkgres 
nomades*). 

1 Hist, na^, 1, V, cb. viii, 1. 

s Pour qui sait combien rapidement disparait, sans laisser de 
traces , uu k'car saharien , les identiGcations des listes de Pline et de 
Ptoiemee avec les appellations modernes, proposees par certains 
geograpbes, n'ont aucune vraisemblance : a plus forte raison lorsque 
ce sont des noms arabes qui forment le point de depart de ces iden- 
tifications. II est bien difficile , au moins au point de vue philologique , 
que la SvxtfidS de Ptoiemee reponde a Tadjmout ( et non Tegemout , 
comme 1'appelle M. Vivien de Saint-Martin, Le Nord de I'Afrique 
dans I'antiquiti, Paris, i863, in-8°, 44a); mais rapprocber T^ova 
de Laghouat, El Aghouat' (Hid.), cest ignorer que ce dernier mot 
est le pluriel de 1'arabe la^Lc (bfycl) et que le t'a qui le termine 
u'est pas une lettre servile; il en est de meme de Ouadil Kha'ir 
(ibid.,]>. 445), qai est arabe et non berbere et n'a aucune ressem- 
blance avec Gbir. L*identification de Telpa avec Guerara est aussi 
basardee ( ibid. , p. 4 4 1 -4 4 2. ) , puisque la ville mzabite ne date que de 
1 63 1 (cf. A*de Galassantt-Motylinski » Gudrara depuis sa f (nidation, 
Revue africaine , i884 , p. 3y3 ). On pourrait citer nombre dexemples 
de ces identifications precipitees : aussi jene puis qu'indiquer 1'hypo- 
tbese par laquelle M. Vivien de Saint-Martin (id., p. 453) semble 
placer sur le territoire des k'cours, vers Figuig, les Suburpores 
CSovSotpicopes) de Ptoiemee. 

3 lbn Khaldoun, Histoire des Berberes, tr. de Slane, Alger, i852- 
i856, 4 vol. in-8°, 1. 1, p. 240. 



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Fatra, issus de Temzet, fils deDariSj fils de Zahhik, 
fils de Madghis el-Abter, apparentes par consequent 
aux Zenata et aux tribus qui furent Tappui des Ros- 
temides de Tiharet 1 . Mais le fond principal &ait 
forme des Beni Badin , rameau des Beni Ouacin , nom 
sous lequel on comprenait aussi les Toudjin r les Beni 
M£rin, qui fonderent plus tard un puissant empire 
(xin-xvi e siecle) qui setendit un moment j usque 
Tombouctou. Lors de Tinvasion hilalienne, les Beni 
Ouacin quitterent le Zab de la province de Cons- 
tantine oil ils setaient etablis etdurent rentrer dans 
leurs territoires primitifs, qui s^tendaient depuis le 
Mozab et le mont Rached (Djebel Amour) jusqui 
la Molouia et de Ik jusque Figuig et Sidjilmessa. Les . 
Beni Badin , qui formaient cinq branches : les e Abd 
el-Ouad, d'ou sortit la dynastie des Beni Zeyan 
qui regn&rent k Tlemcen (xm e -xvi e sieele), les Tou- 
djin, les Beni Zerdal, les Beni Mozab 2 et les Beni 
Rached, occuperent le pays situe entre Figuig, le 
Mzab et le Djebel Amour 3 . Continuellement en 
guerre les uns avec les autres, ilspasserent sous 1'au- 

1 Cf. la premiere se>ie des Notes de lexicograpkie berbere* Paris, 
188 3, Imp. nat., in 8°, ch. 11, p. 24, Dialectede Djerbah. Les ren- 
seignements qui sui vent, et qui sont empruntes a Ibn Khaldoun, 
mont rent que Moh'ammed Abou Ras a singuiierement exagere quand 
il dit que la population de Figuig et de la plus grande partie du 
Mzab descend des Senbadja (Revue africaine, i883, p. 87). 

8 II importe de distinguer ces Beni Mozab des Mzabites d'aujour- 
d'hui , issus en partie des Zenata , mais composes des emigrants qui 
prirent , en quittant Ouargla , le nom du pays ou ils allerent s'e'ta- 
blir. 

3 Ibn Khaldoun , Histoire des Berberes, t. Ill, p. 3o8. 




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~-w( 8 )** — 
torit£ des Almohades et essaimerent vers le Tell oil 
ils fmirent par s'4tablir, les Beni Merin k Fez , les 
Beni'Abd el-Ouad k Tlemcen, les Beni Toudjin sur 
les bords du Haut-Chelif (Nahr Ouasel), dans le 
plateau du Seressou l . Cesl le grand historien arabe 
qui nous fournit la premiere mention certaine des 
k'fours du Sud oranais 2 . En 771 h£g. (1371 J.-C), 
la tribu des Douaouida, jointe aux officiers m^ri- 
nides Ouenzenmar et Ibn Ghazi , se mit & la pour- 
suite du sultan c Abd el-Ouadite Abou H'ammouII, 
dont la capitate, Tlemcen, venait d'etre prise par 
c Abd el-'Aziz, et latteignit k Ed-doucen, dans la 
partie occidentale du Zab.Ils surprirent son camp et 
le pillferent : k leur retour, comme les Beni c Amer 
tenaient pour les c Abd el-Ouadites, les M^rinides et 
leurs partisans occup&rent el ravagerent leurs k'$ours 
du desert, parmi lesquels Ibn Khaldoun cite Reba (les 
Arbaouat) et Bou Semr'oun 3 . Le meme historien dit 
ailleurs : 

« A f orient de Figuig et k une distance de plu- 
sieurs journees, se trouve une suite de villages qui 
s'&endent en ligne droite vers Test, en remontant 
gradueiiement vers le nord. Le dernier de ces vil- 
lages est situ^ k une journee au midi du mont Ra- 

1 Ibn Khaldoun, Histoire des Berberes , i. IV, p. 4-5. 

2 A moins que Ton identifie avec Tiout le Djebel Tioui, ville 
ruinee au pied d'une montagne, a cinq journees de marche de 
Tlemcen , sur la route qui allait de cette ville a Sidjilmassa par le 
desert (Edrisi, Description de VAfrique el de I'Espagne, ed. Dozy et 
de Goeje, Leyde, 1866, p. *Y). 

3 Histoire des Berberes, t III, 4 59. 



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ched, dans celte partie du desert que les Beni c Amer 
tribu zoghbienne, parcourent avec leurs trou- 
peaux l . » 

A ia fin du xiv e si&cle, Figuig, que ne mention- 
nent pas les g^ographes ant^rieurs , parait avoir h6- 
rit^ de la prosp^rite commerciale de Sidjilmassa, 
dont la decadence avait commence. Elle 6tait com- 
pos^e, comrae aujourd'hui, de plusieurs bourgades 
et poss^dait beaucoup de dattiers et d'eau courante. 
Tous les produits de la civilisation nomads y 
affluaient : c etait une des principales villes du de- 
sert et elle avait fini par reconqu^rir son indepen- 
dance. Elle &ait gouvern^e par une famille des Mal- 
ghara, les Beni Sid el-Molouk, dont Thistoire nous 
est malheureusement inconnue 2 . 

L6on TAfricain et son copiste Marmol ne nous 
apprennent rien sur ietat des k^ours aux xv e et 
xvi e siecles 3 , mais l'^iablissement dans ce pays de la 
c^lebre famille des Oulad Sidi Cheikh, nous pro- 
cure quelques maigres renseignements. Dapr&s la 
tradition, vers les premieres ann^es du xv e si&cle, 
un certain Si Mo'ammar ben c Alya vint se fixer k Ten- 



1 lbn Khaldoun, Histoire des Berberes, t. I, p. il\o. Le souvenir 
de linvasion hilalienne s'est conserve dans une legende rapportee 
par M. de Colomb (Exploration des hsours et du Sahara de la pro- 
vince dtOran, Alger, i856, in-8°, p. 6-7) et qui a pour biros Ben 
Kedim el Rai, 1'Ibn K'edim Rai du roman des Beni Hilal. 

* lbn Khaldoun, Hist, des Berberes, t. I, p. 240-2/41. Les Mat- 
ghara dominaient egalement a El-Goleah. 

3 11 n*est pas sur que 1'anecdote des Gent puits , que i*on trouvera 
plus loin , ait eu pour theatre la colline d'llla-Iila. 




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10 )•«— 

droit ou s'&eva plus lard le k'car des Arbaouat. Ii 
se disait descendant d'Abou Bekr et frere du sultan 
h'afside de Tunis, avec qui il se serait brouill6 k 
propos dune pasteque. Le village qu il construisit et 
qui portait le nom de K'a^r ech-Charaf est aujour- 
d'hui d&ruit. 11 laissa deux fils, 'Aisa et Sa°id, dont 
le premier herita du don des miracles quavait recu 
son pere et quil exer§a raeme apr&s sa mort. Nean- 
moins ses descendants entr&rent en lutte avec leurs 
cousins les Oulad Sa'id qui les obligirent de quitter 
Charaf et d'emigrer k Benian, sur 1'Oued Tar'ia : Ik 
ils eurent successivement pour chefs Ei-Lah'ya , Abou 
Leila et Abou Semaha. Mais le depart des Oulad 
c A'isa avait affaibli les Oulad Sa'id : ceux-ci ne pu- 
rentr^sister k une incursion desZegdou qui detruisi- 
rent leur k'^ar. Us le rebatirent sur les rives de TOued 
Goul&'ta et lui donnerent le nom d'Arba Tah'tani. 
Quelque temps apres, Sliman (vers i56o) ramenait 
du Tell les Oulad c Aisa, qui construisirent pres 
d'Arba Tah'tani le k'^ar d'Arba Foukani. II eut pour 
Ills Moh'ammed, p&redu celebre c Abd el-K'ader, qui 
changea son nom en celui de Sidi Cheikh, sous le- 
quel est connu sa tribu , par suite d une contestation 
avec Sidi c Abd el-K/ader el-Djilani k propos dun 
miracle. Son successeur fut Abou H'afs, son fils, 
mort en 1071 heg. (1661) l . C'est k cette date 

1 Leclerc, Les oasis de la province d'Oran, Alger, i858, in-8°, 
p. 37-39; De Colomb, Exploration des ksows, p. i5-i6;Trumelet, 
Les Saints de I Islam, a 6 partie, Les Saints du Sahara; Guenard, Les 
Oulcd Sidi Cheikh, Oran, i883, iu-8°. 



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— «.( 11 )<*— 

qiron peut rapporter Taccession des K'couriens a la 
confr^rie religieuse des Oulad Sidi Chcikh. 

Figuig, nous ne savons h quelle epoque, avait £te 
soumis par les sultans du Maroc, mais sa prosperite 
n avait fait que s'accroitre et ses bibliotheques etaient 
renommees. En revenant de la Mekke (107/i heg., 
i663 de J.-C), El-Aiachi, apres avoir passe par 
Bou Semr'oun 1 , ainsi nomme, d'apr&s Mouley Ah'- 
med, du ouali Efj-Qalih' Abou Zemaoun (pour 
Semr'oun) qui s'y etait ^tabli le premier, s'arreta 
quelque temps a Figuig. II s'y rencontra avec lau- 
leur d'une histoire des quatre premiers khaiifes : 
Ab'med ben Abou Bekr 2 . En 1709 (1121 heg.), 
cette ville 6tait administree par le k'aid Moh'ammed 
es'-S'r'ir ed-Dra c i el-Djezeri , pour le compte ducherif 
c Abd el-Melik ben Isma'il. Celui-ci gouvernait pro- 
bablement le Tafilelt au nom de son pere Mouley 
Isma'il, fondateur de la dynastie des Ch^rifs Filali. 
U y trouva un certain nombre de livres, parmi les- 
quels les commentaires du c^L^lL Joib par Ab'med 
ben Abou Bekr el-Mekouni, du +*±$\ a-mJL> d'Ah'med 
ben Abou Bekr ech-Cherif ei-Fegouni , et du traite 
d'Es-SenQusi sur 1'unite de Dieu par le k'adhi de la 
ville, Moh'ammed Es'-S'ah'raoui, des Beni Thour 3 . 
Le p&re de ce dernier avait deji commente le Da- 

1 L'ignorance des copistes a altere ce nom , qui est tantot ortho- 
graphic yyx*) , (#-*•*>* et U.*-*** • 

* Voyages dans le sad de VAlgdrie et des itats harharesques , trad, 
par Berbrugger, Paris, i846, in-4°, p. i5(). 

3 Cf. Les manuscrits arabes du back agha de Djelfa, Alger, 1884 » 
gr. in-8°, p. 1 o , n° xiv. 




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Mil el-hheirdt et compost une pi&ce de vers sur le Sora 
d'Es-Senousi \ En 1710 (1122 h^g.), le k'aid de 
Figuig &ait c Abd Allah ech-Chaoui, qui ne parait 
pas avoir v£cu en bonne intelligence avec ses admi- 
nistr^s, puisque Mouley Ah'med se crut oblige de 
pr^cher la concorde aux uns et aux autres. 

La discorde r^gnait egalement h Bou Semr'oun, 
lorsque le p&lerin s'y arreta : il crut avoir reconcile 
les Ouiad Si-Sliman , les Oulad Ank'i et les Oulad 
Mousa, mais la paix fut de peu de dur6e,carles der- 
niers durent peu apres s'exiler 2 . Ce furent peut-etre 
ces luttes intestines qui d&ud&rent le bey turk, 
Moh'ammed el-Kebir, vainqueur dOran, de La- 
ghouat' et de c Ain Madhi k tenter d'etablir son au- 
torit6 sur les k'§ours. II saccagea Chellala, mais les 
Arbaouat furent d^fendus par la k'oubba de Sidi 
Mo c ammar : un tourbillon noir sortit de l^difice et 
alia renverser la tenle du bey qui dut renoncer A son 
projet 3 . 

Bou Semr'oun devait, a cetteepoque, jouir dune 
certaine importance, car il fut pour ainsi dire le 
berceau de Tordre des Tedjini, rivaux des Oulad 
Sidi Cheikh. En 1782 (1196 heg.), Sidi Ah'med 
commenca, dans cette ville, k etablir sa confr&ie, 
en vertu de la permission de son cheikh , M ah'moud 



1 Voyages dans le sudde VAlgerie, p. ig3-ig5. 

* LecJerc, Les oasis de la province d'Oran, p. 67-68; Voyages dans 
le sud de VAlge'rie, p. 32 » -3 2/4. 

3 Guorguos, Notice sar le bey Mohammed el-Kebir (Revue afri- 
caine, 1867-1 858). 



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+>>{ 13 )•€-*— 

el Kordi. Apr&s un voyage au Touat, il revint s'&a- 
blir k Bou Semr'oun jusqu'en 1786 (1200 heg.); 
il s y lia avec Si c Ali el-H'adj el-Harazimi el-Fasi , qui 
devait 6tre le plus illustre de ses disciples et £crire 
la vie du saint 1 ; cest sur ses conseils que Sidi 
Ah'med retourna k Fas ou il mourut apr&s divers 
voyages. Pendant que son fils aine s etablissait & c Ain 
Madhi, le second, Si Moh'ammed e^-^r'ir, parait 
avoir choisi Bou Semr'oun pour residence : du moins 
il sy mariait, lorsque son frere Si Moh'ammed ei- 
Kebir, qui avait 6t6 blesse dans une expedition inu- 
tile contre Oran (i^38 h6g.), vint Ty retrouver. 
Cefut encore de Bou Semr'oun que ce dernier par- 
tit pour une seconde campagne, qui finit plus mal- 
heureusement que la premiere ; car, trahi par les Ha- 
chem, ses allies 2 , il ful tu6 sous les murs de la viiie 
en 1827 (izti2 heg.). Si Moh'ammed ec-Cr'ir qui 
lui succeda quitta alors le k^ar 3 . 

1 Cet ouvrage, connu sous le nom de Kounnach porte aussi le 
titre de <jL?2Ul «x?-f g-fiJf ^-Lxil 4J u*sU* J &ImX\ y6j». J'en ai 
vu un exemplaire dans la zaouia de Temacin , pres de Touggourt. 
L'auteur commenca son ouvrage en 1798 (121 3 heg.)et letermina 
en 1799 (1214). 

* La perfidie des Hachem , habitants de i'Eghris , pres de Mascara , 
avait deja ete stigmatisee par Sidi Ah'med ben Yousef : 

Un dirhem de cuivre (une piece fausse) 
Vaut mieux qu'un t'aleb de I'Eghris. 

3 Arnaud, Histoire de I'oaali Sidi Ah'med et-Tidjani (Revae afri- 
caine, 1861, t. V t p. 468). 




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Je passerai rapidement sur la conqu&te francaise : 
en 18^7, ^ e g^n^ral Cavaignac etablissait notre au- 
torit6 dans les k'§ours, en vertu du traite conciu 
apr&s la bataille d'Isly, traits incomplet et regrettable 
k tous les points de vue , puisqu'il laissait au Maroc 
Ich et Figuig qui devaient devenir des centres d'in- 
surrections et qui doivent de toute n£cessit6 ap- 
partenir k la France : en 1869, * e g^ n ^ ra ' P^lissier 
achevait la soumission des k'^ours soulev^s par les 
Oulad Sidi Cheikh : Tiout est occupy le 6 avril; 
c Am Sefra , le 9 ; Mor'ar et-Tah'tani , le 12; Mor'ar 
el-Foukani, le 1 5; 'Am Sfisifa, le 20, et les djema'as 
de ces divers villages s'empressaient de reconnaitre 
notre domination 1 . On trouvera, dans Touvrage 
aussi complet quexact dn colonel Trumelet, les de- 
tails des phases de rinsurrection des Oulad Sidi 
Cheikh, jusquau moment (1881) ou un marabout 
de Mor'ar, Bou c Am&nah (Thomme au petit turban), 
dirigea un des plus graves soul&vements que la 
France ait eu k r^primer dans le d^partement d'Oran 2 . 

1 Trumelet, Notes pour servir a I'histoire de V insurrection de 186 4 
a 1869 (Revue africaine, 1882, n° i55). 
1 Op. laud., 1881, n°i48. 



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— «.(• 15 )•** — 

II 

PHON^TIQUE ET MORPHOLOG1E. 

Le dialecte parle dans les oasis du Sud oranais et 
de Figuig 6tait sans doute A Torigine une branche 
de la langue qui , sous le nom de chelh'a ou tamazir't, 
domine dansle sud et le centre du Maroc 1 ; mais des 
immigrations de Zenata, refoules par les Arabes des 
Beni Hilal, amenerentun melange des deux idiomes, 
oil Telement zenatia ne tarda pas k dominer, quoique 
dans des proportions moindres qu'au Mzab et sur- 
tout & Ouargla, apres Immigration des Abadhites 
dans le premier de ces pays. Mais tandis que le 
mzabi, par!6 par des populations heretiques, deve- 
nait une langue presque litt^raire 2 , le dialecte des 
Oasis , dans la bouche de populations sans culture f 
se corrompit peu k peu sous Tinfluence de Tarabe 3 . 

1 Abou Ras (voir plus haul, p. 7), dit que les populations des 
k*$ours etaient Senhadja, mais il est impossible d'admettre cette affir- 
mation dans toute sa rigueur, en presence des details donnes par 
Ibn Khaldoun sur les migrations des Matghara et des Zenata de la 
seconde race. 

1 Le Kitab es-Sier d'Ech-Chemakhi et le Kitdb et'-Tabaqdt font 
mention d'ouvrages composes en berbere par les Abadhites. 

3 « Leurs guerres (des Zenata) avec les autres tribus furent signa- 
lees par des batailles et des combats que Ton ne peut indiquer avec 
precision, vule peu de soin qu'ils ont mis a en conserverles details. 
La cause de cette negligence Jut le grand progrh que jit I'emploi de la 
langue et de Vicriture arabes a la suite du triomphe de Vislamisme :fUei 
Jinirent par prevaloir a la cour des princes indigenes, et, pour cettx, 
raison, la langue berbere ne sortit point de sa rudesse primitive* (Ibn 
Khaldoun, Histoire des Berberes* t. Ill, .p. 3o5-3o6). Ge passage 




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Comme en mzabi, en chaouia, en touareg* les 
nuances les plus d&icates de la prononciation de cer- 
taines consonnes, qui se sont conserves chez les 
Beni Menacer, dans le Rif et meme en chelh'a, ont 
disparu : les e> et les S qu on entend siffler si souvent 
dans la bouche des Zouaouas du Jurjura sont deve- 
nus des c» et des a . Toutefois le renforcement des 
consonnes douces en fortes n'a pas lieu , ce qui se 
passe 6gaiement en chelh'a : le d , s il est devenu un 
ijgs, ne sest pas mouilU en ^ comme en rifain et 
chez les Beni Menacer. La langue, du reste, est assez 
pauvre , et j 'aurais pu tripler i'&endue du vocabulaire 
que je donne ci-dessous, si j avais fait entrer tous 
les mots arabes qui ont cours, m£me quand on 
sexprime en berbere. Elle nous apparait comme 
une sorte de patois non litteraire, fortement mete 
d'arabe, mais n^anmoins un des plus curieux & con- 
naitre; car, sous cette apparence inculte, c est le seul 
reste dudialecte parte surles Hauts-Plateaux et dans 
le Sahara d'Alger, d'Oran et de Maroc , avant rinva- 
sion des Beni Hilal et 1 emigration des Abadhites, 
parte aussi pendant quelque temps k Tlemcen , A la 
cour de Yar'morasen et des Beni Zian, originaires de 
la tribu ouacinienne des c Abd el-Ouad. 

Les regies grammaticales sont les memes qu en 



semble indiquer que , contrairement a 1'opinion de M. de Slane , les 
genealogistes berberes, compulses par Ibn Khaldoun, composerent 
leurs ouvrages dans leur langue nationale, car fhistorien oppose ici 
Hnsouciance des Zenata de la seconde race an zele des Senhadja et 
des Zenata de la premiere. 



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— «•( 17 )**— 
zouaoua; malheureusement Tignorance de ceux qui 
parlent ce dialecte les transgresse souvent. Dans ies 
substantifs, la formation du pluriei en ouen parait 
dominer : ainsi ism fwl « nom » , pi. ismaouen ^Uw| ; 
ar'erem +j& ((k'§ar», pi. ir'ermaouen i^ty**; ikhf 
U&s «tete», pi. ikhfaouen Q$SJt?.\ tit k*3 « ceil » , pi. 
tiiaouin (^jUsa? ; o/er yf « aile » , ifriouin {jy>jh. . On 
rencontre quelquefois des pluriels internes : alr'em 
+*}\ ((chameau)), pi. Her' man (J&i* 1 ; ameddakoul 
J^j^tl « ami » , pi. imeddoakal Jl5j«x-c ; tamourt cj^yf 
«terre», pi. timira La£; adrar jl)*\ «montagne», 
pi. idourar ^*N?. 

PRONOMS PERSONNELS ISOLES. 

i M p.c. Moi nitch , netch , netchin , netchint, g , <j*^ 



' 2* p. m. Toi chek, chekki, chekkint, <4>&, J^j, o 
Sing. { a* p. f. Toi chem, chement, chemmint, {*> o 

3 e p. m. Lui netta, Us 
3 e p. f. Elie nettat, ol*5 

i r * p. c. Nous nechnin, nechnint, ^ *^ > , 
a* p. m. Vous chekmin, chekoumin, &&& 
Plur. { 2* p. f. Vous cheminti, <$**& 

3 e p. m. Eux netnin, nitnin, &J2I 
3* p. f. EUes netnint, 



1 Une des stations de la route de Laghouat a Ghardaya se nomme 
Tilremt (04JL2) «la chameilei, tandis qu'en mzabi cet animal se 
nomme talemt cs4b. Ce fait prouve que ce dialecte des k'cours de- 
vait s'etendre beaucoup plus loin qu'aujourd'hui. 

J. As. Extrait n° i3. (i885. ) a 




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PRONOMS SUFFIXES. 

i° Complements directs d'nn verbe : 

1 "• pers. com. Moi i <$ 

. 2* pers. masc. Toi. ch J& 

5in £' \ 2* pers. fern. Toi chem p* 

3* pers. com. Lui , elle t, *, o, j» 

i n pers. com. Nous nor 1 £* 

. 2* pers. com. Vous koun y£ 

m ° * 3* pers. masc. Eux ten ^ 

3* pers. fern. Elles tent «*tf 

2° Complements d'une preposition : 

i** pers. com. De moi.. inaur' £^ 

inouy* 

Sing. { 2* pers. masc. De toi ennech j*tt 

2* pers. fern. De toi ennem *3t 

3* pers. com. De lui, d'elle. . . . ennes j~M 

i M pers. com. De nous eimor 7 £U1 

i 2* pers. corner De vous . . 1 enkoun <#&! 

nur. \ y p erg ^ maaCt D'eux. ensen ^*^J 

3* pers. fern. D'elles ensent o*-*o! 

3° Complements indirects d'nn verbe : 

I\ n pers. com. A moi ii &* 

2* pers. masc. A toi ach J^ 

2 e pers. fern. A toi am j»t 

3* pers. com. A lui, a elle ias, as, «j»l*, o*t 

|i w pers. com. A nous anar' £bf 

2* pers. com. A vous akoum f£\ 

3* pers. masc. A eux asen ^'I 

3 6 pers. fern. A elles asent e*M«1 

Quelquefois la proposition marquant le rapport 



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— «.( 19 

d'annexion du pronom au substantif disparait : te- 
mourtes (j^jjyff, pour temourtennes « sa terre ». Dans ce 
cas, un t sintercale apres les mots baba bb ap&re», 
imma Ur « m&re » , iouma U^> « fr&re » ; babatsen bb 
0^3 « leur p&re » ; ioumatn'ar ^\jj L^ « notre fr&re ». 

Les pronoms et adjectifs d^monstratifs sont : 

1 ° Ou } (invariable) « ce , celui-ci , celle-ci , ceci ». 
Ex. : « cet homme-ci » arjaz ou j> )l^t ; « ces hommes- 
ci» irgazen oay^l^; «cette femme» tametft'out ou 
2 c^Sajf ; «ces femmes» tisednan ou^ ^bJ^uG; « ceci 
a £te ecrit en kabyle » on z'Wa itouari stemazir't 5L?. j 
o^Uu« <£$y*.* Employ^ comme adjectif, ou est tou- 
jours piac6 apr&s le substantif quil determine; 

2° Oagi, OU) $) « celui qui , ceux qui , celles qui » ; 
u celui qui niourra » ougi immouten (^>c &$ ; « il don- 
nait habituellement au pauvre qui venait chez lui » 
WW a ou r^eres ad iousen sgi mechera akid iouch as 
tjj )jiyj> *Xj^t ly^t ^im QAMja at (M^i j bk> (m. k m. : 
ceil avait coutume celui venantchez lui par pauvret^ 
il lui donnait»); 

3° /ft/y> «celui-l&, cela, celle-li, ceux-li, celles- 
1&»; argaz in ^j )l^l«cet homme-l&»; tamet'lfoutin 
0-j c*Jb£ acette femme-i&». Quelquefois in pr^- 
c&de le substantif qu il determine. 

Le pronom relatif est ouenni j^, f&n. ihenni &3. 
Ex. : a le bouc qui ^tait dans l^curie a &te 6gorg6 » 
azlar^ ouenni ikhlaW i tiddart r'arsen es ^pUtf j^ £^l 
(j^u»^ o^t^AAj. Dans la construction des phrases, 




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on supprime souvent le pronom relatif comple- 
ment direct. Ex. : «le lait aigre que j'ai bu hier ma 
rendu malade ^hh^ £*Jf <jbU> ^t £?j*» 50uir' a/z 
innadh elW oazmirer*, m,im,: « j ai bu hier du lait 
aigre , j'ai ite malade ». 

Les pronoms interrogates sont : 

«Qui» owrain yd)}, manain (^blt; «quoi» mata 
bit, manain (^blt. Ex. : uqu'a-t-il dans sa tasse » ma- 
naln r'eres g oufendjal ennes ^t JL^vi^ {J ^ (^»bU. 

Pronoms ind^finis : 

« Quiconque » man w oaiVi ^ o*>l* . Ex. : « qui- 
conque volera, nous le ferons sortir de notre pays» 
manis ouin ioucher a nsoufer't s temourt ennar' u*jL§ 

a Personne » oaZa d fc'ad aL*. a fy . a Personne ne 
nous a vus » oak d ft W oa d ar f izeri gb ^ *L* a ^ 

«Quelquun» idjen q&. ©Quelquun t'a-t-il vu?» 
idjen izeri ch ^ ^y. q&. 

a Quelque » se rend par kera \J> ou L& « chose » et 
se construit avec n «de». «Quelques jours » kera 
n oassan yl»y li.mJm.: « chose de jours ». 

Aucun se traduit 6gaiement par chera LS, avec la 
negation oa j. «I1 n'a aucun troupeau» oa r'eres ilia 
cheranoulli Jy ly* 5\> <j»j* j. 
.«Lun, Fautre» idjen, idhen ^?, ^y^?. 

« Autre » (jj^? ui/im. 

Les K'fouriens ont perdu, a partir de trois, le 



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systeme de numeration indigene : ils emploient les 
noms de nombres arabes. 

w Un » idjen q&, fern, ticht c * &*3, qui devient sou- 
vent icht c A >; « deux* sin ^, fern, sint cuJuuw: 

u Moiti6 » azgen ^^ \ « un et demi » idjen d ouzgen 
O^j* &&'<> idjen et icht servent aussi d'adjectifs ind&- 
finis : u il vint un t'aleb » ioused idjen taleb <X-«^-> 

« Premier » amzouarou )foy>\ . Les noms de nom- 
bres ordinaux se forment de 1 arabe en pr£fixant ton : 
« qualri&me » touarbd gjly * 

VERBES. 

Le dialecte des k'^ours n a qu un seul temps qui 
prend le sens de Taoriste ou du pr&6rit, suivaiit 
quil est pr6c6d6 ou non de la particule ad. Dans le 
premier cas, il faut signaler quelques changements 
vocaliques. 

IMPERATIF. 

2 6 pers. sing. com. Crains goud *£ 

2 e pers. plur. masc. Craignez. . . goudet is>*p 
2 6 pers. plur. fern. Graignez. . . goudemt o**^5 

PRETERIT. 

Ii M pers. com. J'ai craint. goudar' £f«>P 

2 e pers. com. Tu as craint toug goaded ^p^ 

3' pers. masc. II a craint iouggoud *y>H 

3 6 pers. fern. Elle a craint to ug goud *£& 

i re pers. com. Nous avons craint. nouggoud *£** 

2 e pers. com. Vous avez craint. . touggoudem f*£& 

3 e pers. masc. lis ont craint. . . . ouggouden &*h 

3 e pers. fem. Elles ont craint . . goudent ©Jo^ 



Plur. 




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— «•( 22 )<*— 

Souvent la consoane finale du pr£t£rit est mar- 
quee du son i. Ex. : e/ir'ir' 2***' «J a i tu£»; outir' 
££3 (( j' a * frappea; isi/ £**** «j*ai apporte»; izeri 
i&jj?. «il a vu». 

Laoriste, pr6c6d6 de la particule ad, est ordinai- 
rement marque du son a. Ai oatar' £b$ ^l « je frap- 
perai»; ad enr'ar' ^Uil :>! «je tuerai». Excepte ooiu, 
ou le & fait partie de la racine. Ex. : « demain je 
t'emm&nerai » aiteJia ad chem aouir' £p\ *& al l^l . 

Quelques verbes terminent par on la 3 e personne 
de laoriste. « 11 verra » ad izerou ^y :>! ; « il rit » idhsou 
y»j&Ji ; « il trouvera » eoa/ba y^j , ( ioaji ^ « il trouva ») . 

Certains verbes commenfant par a changent au 
pr6t£rit cet a en on; Ud\ atef « entrer » , ioatef \J&y>\ 
ali Jl «monter», waft J^j; ar' £t « prendre)), ^5 
oar'en « ils prirentw. Quelquefois cet a devient i : 
aoui «emmener)>, a 6 pers. f<6m. tioui ^y3. 

A Figuig, sous finfluence du voisinage des dia- 
lectes du Tafilelt et de Taroudant, le * de la i re per- 
sonne se prononce souvent comme un £. 

Le participe se forme de la 3 e personne de Tao- 
riste en ajoutant ^ en; il est invariable : emmoat 
iz>y\ «mourir», immout c^c, immouten (^>c. Pr6- 
ced6 de la particule ad, il s'emploie pour marquer 
1'obligation : at (pour ad t) ikeffen oujellid (jJlSL* eat 
«x^Jj.j «le roi Tensevelira, le roi s'engage k Tense- 
velir». 

On rencontre des verbes detat conjugu^s ainsi : 

Berch id «*-,» Ji^ il est noir 

Tberch as ^ jLy3 elle est noire 



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— *(23).«— 

On forme des verbes avec des adjectifs arabes pour 
exprimer un elat. Dans ce cas, ils se conjuguent avec 
le verbe Jl> i7i«etre». Ex. : «je suis maladeo elW 
mardkar' {hey £*M. 

Quelques verbes s'emploient comme semi-auxi- 
liaires :& Figuig, khlak' (£k±*. Ex. : «il 6tait malade, 
je lui ai fait manger du raisin , il a gueri » ikhlak' 
ouizmir sitcher't adil iejji&J* J«af oui^Uy^y^ o^*;« 
dans les K'§ours etfh'a UpI , et surtout tour' £yS et ses 
d6riv6s : ainsi la forme tar* it o^utt, parait s'etre cris- 
taliisee et semploie indifferemment pour le masculin 
et le ftminin. « II voulut le tuer » toar'it kh at iar r a 
Ujb c»U* o> *«^3 , « il fut pour le tuer » ; « un homme 
6tait roi » idjen ourgaz tar'it d ajelUd oyutt fe^ ^j*?. 
OyJjl 5. On rencontre aussi la forme tar' id : «j'6tais 
la femme d'un roi » netchint tar'id tamed oat n idjen 
oujellid *3s-xJj3 <&*&* c^lujf <X**3 ouUsc, et la forme 
simple tour' £y : « tout ce qui se trouvait » gad oagi 
tour* £y $) f!&. 

A Figuig et a c Ain Sfisifa , ased <x*ul est employ^ 

ouvent dans le m6me sens : « une panth£re voulut 

manger un bceuf » ioased a/ilas itch afoanas <X-*j-* 

<jJj$il g: ly^ktsS ; mot & mot : « une panth&re fut, elle 

mange im boeuf ». 

Le sujet se place d ordinaire aprfes le verbe dans 
la proposition principals Ex. : ale roi lui dit» inna 
ias oajeltid OyJjj (j**l^ U>. 

A I'imp&atif et au preterit, le complement di- 
rect se place apr&s le verbe. Ex. : « tue-les » enr'i ten 
^Axii! ; « je les ai tues » en/ir' ten tf £ubt . 




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— «.( 24 ).«— 

A Taoriste, il se place entre le verbe ct la particule 
ad. Ex. : « jeles tuerai» a ten (pour ad ten) enr'ar* ^s\ 
£bbl; «tu les tueras» a ten tnar'at c»Ua3 ^sl. 

De meme , lorsqu un participe est employe avec 
un pronom relatif ou interrogatif. Ex. : « qui t a 16s6 » 
ouarain ch idhelmen ^Jk^t <j£ {$$)) . 

Les noms faction s'obtiennent en modifiant les 
voyelles du th&me : etch gl « manger », outchouy^ 
« nourriture », ou en prefixantun c» : ari &$ « 6crire » , ' 
tira \j£ « ecriture ». 

Le passif est souvent remplace par la 3 e personne 
du pluriel de lactif.Ex. : « je nai pas trouv^ le pain, 
il a et6 mang£ » oul oujir' chei ar'eronm etchen t midden 
(j*>w# oOa J p^t ^i £a»j Jj . On obtient aussi le passif 
en prefixant la syllabe toua k la forme simple. Ex. : 
ari <^l a ^crire » , touari &$£ « etre 6crit » ; zer « voir » 
ft ; toaazer jjiys « etre vu » ; adhlem Lj&\ u l^ser » , 
touadhlem Jb^ly « £tre l£s£ ». 

Comme danstous les dialectes, fsprefixe marque 
la forme transitive ou factitive; lorsque le # verbe 
commence par un a, cet a devient d'ordinaire un i. 
Ex. : ali Jl «monter», sili Juu« «faire monter»; 
atef \ja\ «entrer»; sitef Uou** « faire entrer»; azel 
J)l « courir » , zizel Jy) « faire courir » ; etch g! « man- 
ger » , sitch gm « faire manger ». Cf. cependant d aoaaZ 
Jt^t , saoual Jt^L* « paiier » ; enz yi « etre vendu » , senz 
um et zenz y) « vendre » ; ekker J>\ « se lever » , sekker 
JLm «faire lever »; sou ym « boire », essou « faire 
boire ». Ex. : « il a fait boire son cheval & la fon- 
taine » issoa Us ennes si tit' b*? ^ ^t (j»&ym*. 



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— **( 25 )«-i— 

La reciprocity s 'indique en pr^fixant un m. Ex. : 
/&'a UJ « rencontrer » , « se rencontrer mutuellement » 
mlak'a UU; « il sq rencontra avec le roi » imlak'a akid 
oujellid «xJ;j «x*^t L*A-c, mot k mot : « il se rencontra 
ainsi que le roi ». Mechkan ^l£k* « ils se spnt plaints 
Tun de lautrew, de chka l£& «se plaindrew. 

En pr^fixant un t e» on obtient la forme d'habi- 
tude ou d'intensit£. Ex. : essin qa**\ «savoir», tissin 
« 6tre tr&s vers^ dans . . . » ; ouggoud ^3 « craindre » , 
touggoud « craindre habituellement » ; ourar' fy) 
«jouer», tourar' £\)y « avoir fhabitude de jouer». 
Ex. : wil passe ses journees au jeu» imlou ittoara/ 

ftjj^jJ-c. De etch gl « manger », on forme tett£*s 
wmanger d'habitude ». Ex. : «les Arabes ont cou- 
tume de manger des sauterelles » idraben tetten te- 
mourr'in (j^j^js q& ^y^t • 

Les formes en c» et en - se combinent quelque- 
fois ; ainsi taenr'^Uf, ratine enr'. Ex. :« Us sesontbattus 
comme des femmes » tmenr'an am tisednan J ^UiUf 

On obtient aussi la forme d'habitude en interca- 
lant un on avant la derni&re radicale du verbe. Ex. : 
zenz y) « vendre » , zenoaz j^i) « vendre habituelle- 
ment)). 

Le redoublement de la T radicale du verbe 
marque la repetition. Ex. : Marfe « crier w, ek'k'arjjfi 
« crier & plusieurs reprises ». 

PREPOSITIONS ET PART1CULES. 

La particule * sert k appeler Inattention sur un 




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— «.( 26 )«+- 
mot. Elle precede d'ordinaire les adjectifs : d aberchan 
^Uwl *«noir», d azonggar j$j$ ^ « rouge »i On la 
trouve jointe & certains verbes ou % eile joue le r6ie 
de particule separable : as ed $ ^ « venir » , ioused 
«X-m^>, ousend 4XJL*j , ousir'd «*ju*»j . Quand le verbe 
est accompagn£ de pronoms affixes et regi par une 
particule, le 5 le pr6c&de : Ex. : «personne ne nous 
a vus » ^'f. £ta 3 *L*. ^ $} onla d h'ad on d ar? izeri. 

Les principales propositions sont : 

«Chez» r^er j&>, semploie comme JO* en arabe; 
&j* «chez moi». Avec le relatif, il devient postpo- 
sition : ma r'er J* It « pourquoi » ; « devant » zat c»!) , 
ezzat e»t)t ; «de» (marque dug&iitif) n y. La pre- 
position y indique aussi la mature dont une chose 
est faite. Ex. : « une serviette de soie » achennial n 
elh'arir %-aj-ib JLjlSI ; « de » , marquant la prove- 
nance, seg &*»; «de, a cause de» song «2J^; ceil rit 
de ses paroles » idhsou song oaaoual ennes Qy»ymjht 
jmJI Jt^;((dans, en»d a, dis (j*o:>; «enlui», deg2is, 
id *>o, 5 j**; «parles-tu berb&re» tsaonelt s temazir't 
oii^Uui oJjL*s, mot a mot : « parles-tu en berbere »; 
ou saouler' ch s temazir't oi^Uu* ^ jjjl* j «je ne 
parle pas berbere » ; jf «ii (sans mouvement) ^ oufendjed 
ennes <jwJl Jl^i^ « dans son verre». 

«Sur» kh, akhkh £, £l; enmalen kh idjen n ourgaz 
^L^j (^5-^ (jJL^' > niot a mot : « on raconte snr un 
homme » ; g 2i ; g idjen n oubrid <y>j>y Q&& « snr un 
chemin». 

<(A», signe du datif , i & . Le datif pl&mastique 
se rencontre quelquefois. Ex. : « il dit k son fiis ain6 



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— «.( 27 )*— 
ie kbalifah» m/ia ias i memmis amekk'eran Ikhalifah 
iouXil ytyUI u^h-? <j4> U>, «il lui dit, ^ son (lis ain£, 
le khalifahw; / J, marque la direction, d ordinaire 
avec mouvement. 

«Pour» ala 3M, employ6 g&ieralement comme 
postposition, manain ala M (jM* «pourquoi». 

« Jusqu'A » ad at . 

« Avec » aftitf *x^' • 

« Quand » melmi ( J^* • 

«D'ou)> manis (jt+il*; «doii viens-tu» manis toused 

«Pourquoi» manain ala $\ 0->Ll*; manach ala 
$\ ^UU « pourquoi fais-tu ceci » ; j «Xaj ill <j&UU ma- 
nac/i ala died ou. 

«Ou, ou bien» ner' £j, iVi^r' £ij. 

uNe, ne pas», oil), oa. . .chei ^j. Avec la ne- 
gation, le preterit se construit comme laoriste par 
rapport aux complements. 

«Si» ma U. Ordinairement, cette conjonction est 
supprimee dans les phrases conditionnelles. Ex. : 
« Si tu laisses ton mulet dans le jardin on le volera » 
tedjid aserdoun ennech id ourthi a t acfoen (j)*y*\ Oyrf 
yjN & ! j^ *>s? (jWt , mot k mot : « tu laisseras ton 
mulet dans le jardin, ils le voleront». 




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( 28 )*— 

III 
VOCABULAIRE. 



Abattoir, ar'eras u»lj»t, rac. r'ers l yy* «6gorger». 

Abeille, taierzist omnwIs. 

Aboyer, *tnabah' ^JJ (forme d'habitude), de 1'aor. 

Absoloment, il paut, *laboudda <*yil. 

Acheter, esser' £*!; Mzabi, sar^ gU; Ouargla, esai J 

t 
Agneau, azmevyizmer yi$ . 

Aigle, ijider jibj/fc, pi. ijideren ^*VJa, ijoudar )\*)j*\ 
Zouaoua, igider ^«XjJ£>, pi. ijoatfor jte^5o; Bougie, 
idjider )<yj& y pi. idjoudar jisyt?. . 

Aiguille, tisineft ouLLm*j, pi. tisinfaouin (^Ua*wf; 
Zouaoua, thisignith tix^jJCj^^J, pi. thisignathin 
^Uxw>; Alt Khalfoun, thisagenith C4*JL&»S', pi. 
thisegnai &[&*$ ; Ghaouia, tisageniti^jjJCmS; Bou- 
gie, tissegnit, pi. iissegnitin ^aaaJLSC^J; a Ouargla, 
tisegnit, pi. tisegna L&*J, d&igne une petite ai- 
guille; Mzabi, tisejeneft oubj^»; Zenaga, echagni 
<pi2it, ou la forme simple a &^ conserve, pi. 
achognoun (jjytf&l . 

Ail, tamerSout <^y«J; . 



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_«.( 29 )**— 
Aile, afer y!, pi. ifriouen yytj**; Ouargla, afer, pi. 
afriouen <jy?.f>\ . 

Aimer , ek'k'as ^U! . 

Aisselle, tad/fc'afaoJlaf ; Zenaga, tadhoudhat^ayzv. 
Aller, eggour %£\\ Zenaga, iejeggech (aor.) (jfc&Ja. 
Allumer, serr' gym, factitive de err*, ^! «bruler ». . 
Alors, ioukid «Xa^?, rac. akid; ioudou^yj. 

ALOVETTEytOUJOultlt cajJjjjjS , pi. toujoultaitl yibSjjy . 

Ami, ameddakoul JjSS^!, pi. imeddoukal Jl^j^c. 
Ami (Etre} , mdokoul J^«x*, rac. J ^ *. 

Ancien, *ak'dim +&&j\, fern, tak'dimt oorJJti; am- 
zouarou )$jj*\ , derive de la racine ^ j ), d'oii vient 
en Chelh'a amezouar fay] « premier » ; aizouaren 
U)'jt*' «d'abord»; touazra Ijjtj-? ((commence- 
ment » ; zooorjtjj « commencer » ; zouaren yfo , pi. 
zouarnin &s*$j) ((premier)); zoairj^), aor. zzoaar 
j^> « pr6c6der » ; izaoar ^L> « 6tre le premier )) ; en 
Zouaoua, amzouarou « ant^rieur » , pi. imzououra 
tjjyx; aor. zouir «etre ant^rieur»; forme habit. 
zouggir J£>). Cf. Ait Khalfoun, amezgaroa j\£v*t» 
par le renforcement du 3 ; Bougie, ezouir j^J « de- 
vancerw; amezouar « premier »; Ouargla , amizouar 
,)'jt**'> pi- imizouaren uptjj*?; Mzabi, amzouar, pi. 
imezoaar foye « premier »; fikn. timzouar^!i^fy'. 

Annee, * dm ^. 

Apparence, forme, *gifatML&, 




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Apporter, aoai'^t; Ouargla, id.; forme d'habitude 

taoui &b\ isi&»t. 
Argent , azerf Ojjl . 
Argent, iionnaie, timouzounin Q&jyyi . 

Argile, *tlakht o^ta; Zouaoua, thaWth cuate; 
Ouargla, telakht 

Arreter, at't'af sjAo\\ Zouaoua, Ouargla, id.; Bou- 
, gie, a*Ye/; en chelh'a, atliaf & le sens de porter. 

Arreter (S'), *rgebed «X-&, cf. & Bougie, ted «Xj; 
Zouaoua, ated' «x*!. 

Arriver, aoadfc (j^f; *khlak' <$JU*; *etdjera \y*)\ 

forme factitive 5ioad/i o^***. 
Assister, *h!adhar ye\^». 

Attacher, dkk'in ^il; Zouaoua, Men tf\ Ait Khal- 
foun, ieWWen qXj>\ Syouah, ak'an J&\\ Mzabi, 
akfUen; Ouargla, akfk'an; Bougie, ek'k'en ^ft. 

Atteindre, arY. 

Attendre, ard gjl; *erdji &jl. 

Aujodrdhui, assou y»\, de as «jour» et on, adjectif 

d&nonstratif. 
Aoparavant, *k'abla U*S. 
Aussi, ouden y^; *oula fy. 

Autre , idhen^h^. Laracine estiid&u&gqu'on rencontre 
dans les formes du Zouaoua et des Ait Khalfoun , 
ouaiedh ^3, fern, ihaiedh (jfcjlS, pi. ouiadh fjo\^ et 
Um. thiadh (JbLs . On le retrouve renforc£ par la 
particule n qui forme le participe present : idhen 



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= idh + n; cf. en Zouaoua ennidhen = enni + 
idh + en. Le ZOnaga nous donne la forme idhan 
(Jj&j>i composee comme idhen. A Bougie, le <j© 
sest renforce en I©, aie£' k>l, ftm. thaiel! b^lS; 
ayec le suffixe n : it' en \Joj> et nifen (Jta** = en- 
nidhen. 

Avec, afcii^ «x^t; id «Xj; did «>oa. 

Aventdre, *takhlak f (£& . 

Aveugle, aderr'al J^:>t; Ouargla, id.; Mzabi, iderr'al 

J^ Jo « il est aveugle » ; Chelh'a , derr'el J*)* « etre 

aveugle ». 

B 

Palle de fusil , *teroufag (jbe)f , de larabe (j^U^ . 

Barbe, tmartvDjii. 

Barrage , *sedd <x*m . 

Bas, terabek! £?5y. 

Bas (En ) , aloudai ^te^Jt , soudai (s\sy» , soaeddai ^sy* , 
soodoay^*; noudai ^y «d'enbas)>. Le th&me 
parait etre ad ou oud , allongO en oodai et oudan 
et combine avec les propositions I, s, n. Cf. Zou- 
aoua , adda ta! « en bas » ; Bougie , daou ^b « bas » ; 
ouadda tafj, sadda\<>*« «en bas»; Mzabi, eddai 
^tSt «sous)), soueddai (JiSy* «au-dessous». 

BAt, *tberdd £*jju. 

Bat de chameau, tah'aouit <s*&\& • 

Bataille, *t f erad ^l^b. 

Bateau , *sejinat iiJUi 




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BATI (&TRe), skoVLjZm. 

BAtir, sekk dl*. Le rapport entre sekk et skou est 
remarquable et semble indiquer une trace d une 
formation passive interne, aujourd'hui perdue. 

Batterie de fusil , a^anim j<v>U! , mot k mot : « roseau ». 

Beaucoup, *bezzaf o!Jt*; *khirallah Atiy***. 

Beadt£, igabh'i (^aajl. 

B£gue, d atoutan ybyl ^; Ouargla, itgengin qJkj&j, 

pi. itgengan y\&&Zj . 
Beler, tsaiahf ^UmJ. 
Benediction, teziMa ^>v3. 
Besoin (Avoir), *estah'ak!k f £*w!, se construit avec 

laccusatif. 
Beurre, oudi ^j; Mzabi, Bougie, id.; Zouaoua, 

Ait Khalfoun, oad'i . avec le sens de « beurre 

fondu » ; Zenaga , oudhi ^03 , eadou j$t . 

Bien (Etre), sdrpasser, z/i oub; Zouaoua, j/* UL>; 

Chelh'a, ^! «j! «selever, etre fort». 
Blanc, amellal cbUt, fern, tamellalt osteUU; pi. imeZ- 

fafen (jP^c, f&n. timellalin (j^&tsS; Mzabi, kJ. 
Ble, zenfe/i ^^?; Mzabi, irden. 
Bled , aziza 1^1 ; & Bougie , d azegza j&fe , d azegzaou 

j\&\ 5 a le sens de « vert ». 
Bceuf, afounas (j*»Uji1, pi. ifounasen ^byu. 
Boire, &oa^*!; Rifain et Ouargla, soa. 
Bois, aser'rou jyu*!, pi. isr'aren y)U**u; Chaouia, 

Mzabi, Zouaoua et Ait Khalfoun, cwr'ar^UwJ, pi. 



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— «.( 33 )*— 
isr'aren; Bougie, aqr'ar ^Iju*!, pi. igr^aren ^Uuaj; 
Zenaga, achcharen ^;Ul. (Cf. Broussais, Recher- 
ches sur les transformations da berbdre, Bulletin de 
correspondence africaine, t. II, p. Aa8, note i3.) *. 

Bois de construction , azemmour yy>)\ . Dans les au- 
tres diaiectes, ce mot designe i'olivier sauvage, 
d'ou le nom propre Zemmorah. 

Bois X bruler, ik' chid' an yli^uaJb. 

Boiteux, d aridan yt«\y! a; Zouaoua, arejd!al^j^, 

suivant d autres ar'ejd'al JiSj^l . 
Bon, *dou$bih! £lm©j5, fern, toagbih't c^^y, pi. 

(foucbih'entf&*x>)S, fern, toagbih'in m&&*y- 
Borgne, d ilkoas jj-^SX 5. 
Bossu , ifarag <2)y^ . 
Bouc , azeW ^1)1 , pi. izoala/ g$yy. ; Ghaouia , zafar' 

Bouche, imi ^; Mzabi, id.; ak'moum *y+A. 

Bodlanger, iougga GUy (aor.). 

Branche, tar r ida foyutt, pi. tir'adoain ^^>JuJ. Au 

Mzab, tar'da I Job' designe une canne de palmier. 
Bras, ar f il J**!; Ouargla, id.; Ait Khalfoun, 1V1H 

Juub, pi. ir' alien ^JSfJo. 
Bris^ (ETRE),erz)^!; Mzabi, Bougie et Zouaoua, id. 

De \k les d£riv& atserouzpj»J\ « premier labour »; 

ihimerziouih &y)j£ et tharoazi &))$$ «cassure»; 

forme habituelle tserouzou m^J; Ait Khalfoun 

(aor.), ierza !)->; Zenaga (aor.) iorza K->; Ouargla, 

mierz )wy* « &tre cass6 ». 

J. As. Extraitn i3. (i885.) 3 




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34 )«*— 

Bruit, *h'a$ <j**>. 

Bruler(ii.), err* £)\, factitifsm^ g^Zouaoua, id.; 
d'ofi le d^riv^ thimer^iotth &y£y£ «brulure»; 
Bougie, rer' £>, fact, esrer^ £v*', d'od thirr'i < 5 *y> 
« brulure » , aserr'i &sy»\ « incendie » ; Ouargla , id. 
M. Broussais, op. laud., p. 43 7, n. 17, en a rap- 
proch^ avec vraisemblance ies racines j^t et ourar / 
£\p « or et jaune ». 



Cagher, *khzen yj±*. 
Camp,* meh'allet oJUs. 
Camphre, *koaferj*j£. 
Gapughon, tak'elmount ou^Jb; Zouaoua et Bougie, 

ak'elmoun <j^K diminutif tak'ebnounts oo^oij; 

cest de 1& que vient larabe vulgaire guelmounah 

Capitaine, *k r obt'an ylk**. 

Caravane, *gafilah *JLi£. 

Cartouchi£re, ricfcoa* o^a, pi. tichioaia q^& a j . 

Gu&m, wrreztf. 

Casserole, /af «^U, pi. jfatera ^Lm* 

Cause (A) de, sej «2L*», soa^. 

Caverne, affcoa^iJ, pi. ik'ouban J^yk. 

Cendre, ir'ed Job; Bougie, Mzabi, Chaouia, id.; 
Zouaoua, ir'ed! ***. 

Cent, *miat c»L*. 



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35 )++— 

C^reales, imendi ^*XJLf; Mzabi et Ouargla, id. 

Chaledr, h'ammou^. 

Chambre , *tar'orfa UyiS . 

Chameau , aWem **)! , pi. iler'man ^LiL . 

Champignon, arsel Ju^l, pi. irislen. La forme com- 
plete s'est conserve en Zouaoua, agoarsal Ju»^l, 
pi. igoarsalen ^»*)j&. 

Chandelier , jdbet o**} . # 

Chat, mooch tfy*, pi. imouchin (j^^c; Mzabi, id., 
pi. imouchenQy&ye; Ouargla, id., pi. imouchien. 

Chatiment, *dk'oubah ioyi*. 

CHATTErtooac/i^c^uyf , pi. timouchiin tf&yM', Mzabi, 
id., pi. tmouchin; Ouargla, tmouchit oyUli^if, pi. 
timouchin. 

Chaud (Etre), ah'rnoajz-S. 

Chaussure (**k), tarkast 4s*Jy , pi. tirkasin iJ AjJ^y ; 
Ouargla, Jrife'if cu^y. 

CHAtVE-somis, boubara f;l^, pi. iboubar fcyH- 
Chemin, aircd Jsyl, pi. ibriden ^«Xj-m; Ait Khal- 
foun, abrid! «XjwI, pi. iberd'an (J±y*j. 

CfiERCHER , rfez jf) . 

Cheval, aiYs, w$, (j^t, j**, pi. itianjum&i Ouargla, 
us. 

Cheveux, izzafen Q$y.. La forme du singulier azzaf 
<3t)t se rapproche du mot employ^ dans le Mzab 
et h Ghdam&s, azaou ^l)t; Ouargla, zaou jl). 

Cheville, *tikdbet&u>x&. 

3. 




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Chevre, tr'at e»Us, pi. tir'atten tflte. 
Chez, r'er j*. 

Chien , aldi ^0^!, pi. tfdaa y'<N?. 
Ghien (Petit), ak'zin (jjav*', pi. iVzinan (^x?yM. 
Chose, ctara lj£; Zouaoua et Ait Khalfoun, fora 
\S; Z6naga, l;t£, kcue ft. 

Chou, *kroaroub <->)pS. 

Chretien, *aroumi <£j;t, pi. iroumien q**}j*. 

Ciel, ajenna bjl; Ouargla, id.; Ait Khalfoun, igenni 

Clef, fruwf o*Jjtf, pi. tiniia Uuytt; Mzabi, id. Gf. le 
mot cmncw (j»bt qui, dans ce dialecte, signifie «ser- 
rure»; Ouargla, tenast. 

Clou, *amesmir jk&+*\ , pi. imesmar ^UwyC ;. 

Coeur, oa/ Jj, pi. oulaouen ^^3; Ait Khalfoun et 
Ouargla, id. 

Colline, taourirt tsyg^b, pi. tiomririn ^>*3; Beni 
Menacer, id.; en Mzabi la forme simple s'est con- 
serve : aourir «qjI, pi. iouriren yfjyt* 

Colonel, *kouninir y&y* . 

Comrattre, emdougga l£j«X*l (se construit avec afcid). 

Comme, am J; Zouaoua, Ait Khalfoun, Bougie, id.; 
amech <jfc*f; Ait Khalfoun, anech jbJ\; Bougie, 
annecht ow^l . 

Commencer, bedda !«>o ; Bougie, ebdoa,)^; Zouaoua, 
ebd'ou j«X*t . 

Completer, *kemmel JX. 



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.( 37 )*— 

Conduire, eggour jj>\ , forme hab. touggour jy&y. 

Connaitre, essin ^aI; Ouargla, id.; Z6naga et Ait 
Khalfoun, issen (aor.); Bougie, essen; Zouaoua, 
issin (j^j; Mzabi, sin. Cf. Haoussa, sani. 

CoNTlNUELLEMENT, *lebda IOsaJ . 

Convenir (Se), metfak 1 {$££*. 

Coq, iazil os»3^» pi. iizdan ^t&u; Ouargla, lazufo 

<jfc?)U, pi. iazidhen &&£$&. 
Corbeau, ad,jaref <3jaJ ; tedjarji &y&, pi. tedjarfioun 

UtfiyF] Zouaoua et Bougie, agerfiouj**J>\ . 
Corde (en poil de chameau , xcw) , ft'nittz jUu; Ouar- 
gla, id.; Mzabi, tinli. Dans les autres dialectes, ce 

mot signifie « fil ». 
Cod, ir'i <j>, Zouaoua et Ait Khalfoun, iri; Rifain, 

ier'i. 
Couler, endhed *x^a>l. 
Couper, entfad' «xk!. 

Gourge, ajarroad *))$, pi. ijarrouden ^a^jj. 
Courir, azzel J^l; forme d'habitude, tozei J)b. 
Courrier, areggas u*&)\\ireggasen tfd&j*. 
Craindre, ouggoud ^3, forme d'habitude, touggoud 

Sy*y\ Chelh'a, fresed/i o***^ Ouargla, ep^oZ <x£f. 
Cr^er , *khlak r <$JU* . 
Creuser, ar'z v*t, forme d'hab. ak'k'ez y>\; passif, 

toaarVz^ly. 
Croissant, iour^. Dans les autres dialectes, ce mot 

signifie lune et mois. 




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— M 38 )**— 
Cum, i/^m jk?* Une fonne plus ancienne, bien 

qu'elle-meme interm^diaire ,• sest conservee en 

Mzabi : adjlim JkaJ 1 . 
Coisse, time^at c»L«£; Chaoui'a, amsat c^L^I; Ait 

Khalfoun , am$adh ^jba*) ; Rifain , amsir ^a***I ; 

Bougie, amessatf IdLuJ, tamessat'ct oJsL*S. En 

Zouaoua, thamegalf bLaf designe le gigot de 

mouton. 
Cuivre, *nah!as y^* 
Ccrieux (Etre) de, h'ar )\»». 

D 
Danse, *rekii «x-M>;- 
Danser, *r\ied <X#). 

Datte, tim&xs; Bel H'aiima, thaini &*3. 
De, n ^; 50uj «2)j*». 

Defile, imourdas ^bj^c, pi. imourdasen (^bj^ , 
Dejeuner , ammechli Jui^l . 

D^LTVRANCE , *£Waf <jc&U* . 

Demain, artcfta lss?J; Bel H'alima, id.; Ait Khalfoun, 

azekka l^|; Z&iaga, tidjigen J&P - Rac. g = tch 

=» k dans les dialectes du nord. 
Demi, azjen ^t; Zouaoua, Bougie, id.; Mzabi, 

azdjen ^>)t . 
Dents, tir'mest o*»j0,.. pi. for'mas y»l*J; Ouargla, 

id., pi. tirmas. 

1 Cjf. iVbte* ie lexicographic berbere, a* s4rie, p. 77. 



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— «.( 39 IN- 
DENTS (mol aires), tisarjL+jJ; Ouargla, tasirt ou**J, 
tisira La«*a?. 

Dernier, *kharj**. 

Derrii^re (Par), zdeffer y^; Mzabi, s deffer y<y+»; 
Bougie, r^er deffir f*j*, zeg deffir j*s 2)); Zoua- 
oua , r'er deffir. 

Descendre, etre issu de, effour' gyi>l (se construit 
avec seg &*>). 

D^sirer , *hrak r $j*» . 

Desseche ($tre), k'er ji\ Zouaoua, k'or j>\ Bougie; 
eUKoar yy>\ . 

Dessous , essoadai ^l^-wt . 

Deux, sen, &m. sent, ^ym, oJUw. 

Devant, zat c»J). 

Devenir, ifh f a Up; Zouaoua, dhah'i 5L©; don*/ Jj*. 

Diner, mounsoa y»±* ; Zouaoua et Bougie, imensi 

Dire, mi ^L>, aor. inna. 

Diriger (Se), *dzem *y*. 

Donner, oaehjjij-y Ouargla, id. 

Dormir, eft* as yM; Bel H'alima, id; Ait Khalfoun 
et Ouargla, edt'es. 

Dos, tadinit ouLhXJ . 

Droit, *Mk' £**. 




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.( 40 ) 



Eau, aman ^UJ; eaux chaudes, *h'ammam J&*. 

Ecorce, takchourt&jyStJti, pi. tiak'ckar Jj*jLj; Bou- 
gie, thik 1 chert v^ysJu*, pi. thik'chertin (^yaJuS. 

Ecrire, ari <^J, aor. ioari <££•>, passif touari ^ty; 
Zouaoua, arou j^l; Ouargla, an, passif miouri 

Ecriture, tarit osyb, tira Jus, nom d action de ^1 
( 1 4 e forme) l ; Ouargla , id. 

Egorger, r^ers j*^*; tylzabi, er^res j-^t. 

Emmener, anef Uo\. Dans les autres dialectes ce mot 
signifie «laisser». 

Emporter, aoai^y, aor. uzoai^l*; Zouaoua, zrf., 
aor. ffroai <£j*>, b = ou + ou; Bougie, icf.; aor. 
louoaz ^j . 

Emprunter, att'ef Uia\. 

Encore, dd J^, cette particule semploieavec la ne- 
gation en Zouaoua : oar dd *k* ^ . 

Encrieb, *tadouat «^jJO\ 

Enfant, arrou ^!, ieroa j>w, pi. ieroaen ^-j. La ra- 
cine de ce mot est arou « enfanter, engendrer » , 
Chelh'a, Zouaoua; d'ou les derives taroua Jj^b, te- 
roua t^y , pi. iteroaan^yto, en Chelh'a, a enfants»; 
en Zouaoua , arraou }ty et tharoua J^b* « enfante- 
ment » ; k Bougie , tharraouth e^l^ls « enfantement ». 

1 Sur cette formation, cf. Hanoteau, Essai de grammaire habyle, 
p. 217-218. 



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— «.( 41 ), 
Enfuir (S'), erouel J^\. 

Engendrer, arott^t; Zouaoua, Chelh'a, Bougie, id. 
Enlever, isi &»*. 

Enseigner, mar ^U, aor. imarjx\ Zouaoua, rrwl J*. 
Ensemble, beaucoup, gad^. 
Ensevelir, *keffen (£*£. 
Entendre, ser'd <X*u>. 
Enterrer , emdhal JuA*l . 
Entourer , *doaar ^ . 

Entre, *djaret viyU.; dentre, ezzik viL?)'; Zouaoua, 
gar $&; Bougie, gaigar )i£J&; Zenaga, gari; Ait 
Khaifoun, ger js\ Chaouia,jar^tj. 

Entrer, atef uttJ, aor. iatef UttL et ioutej U&y*\ 
Ouargla, id. 

Entrer (Faire), sitefUau*. 

Entretenir (S') f causer, tek'ser ymXS\ Zouaoua, k'ser 

(forme simple) •**'». 
Envoyer, azen ^)!, aor. ioazen y^s; passif touazen 

Uply; Mzab, id.; Ait Khaifoun, izizen^y^. (aor.); 

Chelh'a , zend «XJ>) . 
Epais, azouar ^t; Ait Khaifoun, id.; Zouaoua, 

azouran ^^)'; Z6naga, zoor jy, Chaouia, izouar, 

foyj; Bougie, d azahran ^Lftjb; Mzabi, aziouar 

Epaule, tar'erint ooytt; Ouargla, tar'erout, pi. ft/e- 
roufm c^yb*, pi. &3)<f2. 

Epee, tafroat ca^Ju. 



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— «.( 42 )**— 
Epouser , erchel Jl^I . 
Est, *chark' $j&. 

Et,(I*. 

Etang, telachat oc*£te, pi. ^/i'c/ia UuJb, *madjen 

Etapes, *k'onak r ^Uj. 

Etoile, i7ri <£*£?, rtra/i ^'y^. 

Etranger , *ar'erib <-****! . 

Etrangl^ (Eire), zegga IS). 

Etre, se trouver, cur' id «x**l, aor. ioar'id «Xa*j*« 
C est de \k quest tiree la forme impersonnelle 
quon rencontre en zenatia et en chelh'a, tour 1 , 
tour'id *y, <>v^>> «il &ait une fois»; Hi Jl^, aor. 
ilia H>. 

Existence, ikhfiJ&Z; mot h mot : «tete». 

F 

Face (En), *ft'aMj,U. 
FAcher (Se), addik' £j*t. 

Faim (Avoir), ellouz j^Jt; Mzabi, laz ji; ilhuz '^>\ 
ialloaz^\>. 

Faire , aw <$J , factitif tii d 3 ^ . Cette racine ne se 
retrouve en Zouaoua que dans les d6riv6s thimeg- 
geth e*xiy et thimegga \&*3 ((cohabitation)), de la 
racine a g; Ait Khalfoun, iga (aor.) t£>; ztfe£ 
dLxj. Chez les Beni-Menacer, iia L (aor.). 

Familles, osoun yy»\ . Cf. Chelh'a du Sous, osoutin 
(^A^u*t ((generations)). 



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Farine, aren ^1; Zouaoua et Bougie, aouren yp\. 

Fatigue , air' £?\ ; Zouaoua , dggou^k . 

Faucon , * if air el-h'arr ySL -Ja . 

Fee , *djinnt ou^. . 

Femmb, tamet r t 'out e^iaif , tameift f ot oduc, pi. tisidnan 

Fenouil , asiar ^L*t . Dans le Jurjura , le fenouil (foeni- 
culam vulgare, ar. j«m-*o), porte le nom de sem- 
soas jm^m^w ou thamessaout ey^L** 1 . 

Fer , ouzzei Jjj . 

Fermer , ek'kan ^Ut . 

Feu, temsi ^uof. 

Feuille, aferyU pi. ifrioaen (j^Mb 2 # 

FAves, 6ao« jU, pi. ibaouen ^U>; Mzabi, ibaouen 

^U>; Ouargla, aoHjt, pi. aou^/i^l. 
Figuier, tazartv*)\'j>i pi. tazarin^Sji^akhellidj gX±\. 

Figuier sauvage, cactus (?), tazart n iroamin c^ty 
0*tj*Ai. Les indigenes, Arabes et Berb&res, donnent 
le nom de figuier de chritien (c^ajJI u»y*j>) & la 
plante que nous nommons /i^aier de Barbarie. 

Fil, tinelli JJ&; Bel H'alima et Ouargla, id.; Mzabi, 

tnelli. 
Fillb, touachchount ou^Sty; Bougie et Zouaoua, 

thak'chichth ca^*AJjS; Zenaga, tojfzil os>j$3, to'z- 

1 Hanoteau et Letourneux, La Kabylie, 1. 1, p. 94. 
* Cf. iVofe* de lexicographic berbere, II; Le dialecte des BeniMe- 
nacer, s. v. ailb. 




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2iout c^wb; pi. ouar'chat v^Ui^; Ouargla, ooa- 
cftoaZ J^'j «enfants». 

Fils, memmi ^; Bougie, ammis <j*uy#l, mis <j***; 
Ait Khalfoun, m£mmi; oa^; ouachchoan (^ty, 
mouchtjiy. 

Fin, azdad stay. 

Flruve, ir'zerjyu, pi. tfzaren ^yi*. 

Foi, *$adak f at itfJ«X*p. 

Foie, tesa Lu, pi. tisaouin (j^Lj; Ouargla, id.; Zou- 
aoua et Bougie, f/iasa Ltf, pi. thasiouin ^^a***; 
Mzabi, toa. 

Fondre, $*/s£ ^uJU* (factitif de e/ii <^u*it); Zouaoua, 
Ait Khalfoun, Bougie, Mzab, id., dou ase/si 
^uolwi ((fonte». 

Fondu (Etre), e/ii <^u*it; Zouaoua, Ait Khalfoun, 
Bougie, Mzab, id. 

Fosse d irrigation, tarjaU^b. 

Fourmi, tichtfat cyULuio, pi. tichitjin ^ajLu&J; Mzabi, 
tigedfet oi«>ij; Ouargla, Jagdefit owa*«XSo; Cha- 
ouia, agedfet ovi«xSl; Ait Khalfoun, aout'tfoaf 
o^jt . Dans le dialecte de Bougie , ce dernier mot 
d^signe une fourmi rouge; Zouaoua, Ait Khal- 
foun, thaoaiftfoufth eojbjls. La racine paralt avoir 
6te g d p , qu on retrouve en Chaoui'a , 4 Ouargla 
et au Mzab et dont la premiere lettre s'est, d'un 
cdt6, mouill^e en ch (K'cours) et, aiileurs, affai- 
blie en ou, renfor§ant le d en t (Ait Khalfoun, 



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— «.( 45 )**— 

Bougie, Zouaoua). En Z^naga une forme inter- 
mediate s'est conservee : toutfouy&y. 

Frapper, oaoaet 1=9; Ouargla, ztf. 

FrAre, loama U^, pi. achtema UvSJ. La composition 
du singulier ioa « fils » , ma « m&re » , nous permet 
de reconnaitre dans le pluriel achtema (acht, ma) 
le mot acht, qui est probablement b rapprocher 
dun theme ch, dou est derive ouachchoun «en- 
fants ». Cf. aussi en touareg ahaggar le mot chet 
+0 « fiHes » (var. +0 set, comme dans le compost 
•D+O isatma « filles de mere, soeurs»), employ^ 
dans les expressions figures , comme dans ce vers : 

+IO+I •© 3j +3 

Chdt ahadh essa hetisenet. 
Les filles de la nuit (les Pleiades) sont sept 1 . 

Front, *djibhat c^l^s*.. 

Foir (Faire), sarouel Jjh*w. 

Fdsil, *medfa £*<x*, pi. medafd £*t«x*. 

G 

Gazelle, chourim a>j^, pi. ichourimen (^j^A?; 
izerzer j))y., dimin. thizerzerth &j))j£; Zouaoua, 
thizerzert v*j)jy£\ Mzabi, izizer jjfy. 

Genet du Sah'ara, tileggoat&jJJo; Ouargla, tilegget 

1 Duveyrier, Les Touaregs du nord /Paris, in-8°, p. 4*5. 




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— ♦*( 46 
Gen^vrier , zinba L>) . 
GiSnie, *djinn q*»; *amchidhan Jlj&jj6*a\ , pi. imcki- 

dhanen ^jUaaA-c, de Tar. ^Ua***. 
Genou, fond ^i; Ouargla, id. 
Gens, af <=>t, forme syncop^e de ait os?l; idoa j«Xj; 

medden ^<x*; Aoudjila, ameden ^<X*I ((homme». 
Gibeciere, *tachkouart ^yJLb-J, pi. tichkoaarin 

^jt^&MJ', de larabe ijt£s. 

God rbi , a^er&i ^ J>t . 

Grand, amek'k'eran ^ — SL— «t, fern, tamek'k'arant 
oulyuif ; pi. imek'k'aranen qAj*£, ftm. timek'k'wranin 



Grandjr, mr'ar ;Lu, aor. imr'ar^Uc; Bougie, e/nrW 
yUt; Zouaoua, imr'our %*£ (aor.). 

Grappes de raisin, armcw umL»jI, pi. irmasen yhy.. 

Gras, ik'oaan ^tyM; Ait Khalfoun, ak'ouan tjy*\\ Zou- 
aoua, ik'abhoaan ^tj-ob. 

Grenouille, moulh'anouch ijiyAy*. 

Griffon, ^nfc'a liUs. 

Gu^ri (Etre), ejji ^j5; Bougie, id, ; cf. Z6naga, 
iejijek ( aor. ) &y.y. « gu^rir ». 

H 

Habiller, irad *->; sirads-Km ((shabillerw. 

Habiter, *$A#n (^JCim. 

Hache, aelzim+#A\, pi. ii'/zam p'vA*. 

Hase, toiarzwiowi^j^bt pi* tiarzisin (j^^Ls; Mzabi, 



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taierzest<z***)yjb. La forme primitive &aitpeut-etre 
tagerzizt; cf. Chaouia, agerzis(t) o^jW^f «li&vre»; 
Ouargla , tagerzizt e^y^Sb ; Ait Khalfoun et Rifain , 
aierzizyjy), pi. ierzizen^y^jj « li&vre ».Cette expres- 
sion, bienque tr&s repandue, ne paraitpas etrela 
veritable pour designer le li&vre et la hase : eile me 
semble d6ri v£e de la racine r j j ou r z z « trembler » . 
aierziz ou agerziz signifierait « le trembleur ». De 
meme azeroual Jlj;)J (f&n. tazeroualt oJlj^b), em- 
ploy6 dans le Chelh'a du Sous marocain , provient 
de la racine r odl (Jyl eroueZ «fuir»). Cf. en 
Aliaggar +IUOD+ tameroualt (da base» : azeroual 
ou ameroual signifie done simplement « le fuyard ». 
Le veritable terme nous a 6t6 consent dans les 
dialectes des Zouaoua et de Bougie : aouihoul 

HAter(Se),*<%JJ#. 

Haut (En), sennej jLm, oujenna Ujj, oujennan 

<Jjj). Cf. Z6naga, ii/afc *^^ «haut»; Bougie, 

sengasik**, zennig *21i). 
Henne , *h r ennah iu^. . 
Hennir, tnah r nah r ^Ul^Lls; Zouaoua, senah'nah! 

^U^Luw; Bougie, nah'nah! ^U^b; onomatop^e. 
HiSrisson, inn (£utA£, pi. zfisiwi *^. ; Ouargla, id. 
Hier, uft en/ia^ c^Ut j^, idh ennadh <jbbt j<a«, mot & 

mot : «la nuit derni&re»; Bougie, it' eZ/iJtk>; 

Zouaoua , idft eMi jt ^ ; chez les Ait Khalfoun , 

idhelli signifie «hier matin >>; Z^naga, endjioucl 



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Hirondelle, tijlellest ouJUUb, pi. tijlellas ^^iUUb; 
Ouargla, teslellaft o*&Uj, pi. iislellqfin ^aJL^. 

Homme, argaz'j&ji, pi. irgazen y)l^>; fenw u»ty . 

Honte (Avoir), **/i'a l^\ de larabe 5. 

Humerus (de l^paule au coude), tazemmoumt <ZA*yy;. 

Hy&ne, ifis (j*^JM, i/wan ^L*a4,>, dimin. */is£ cu^, 
pi. tifisan ^Lbxib; Zouaoua, $w; Bel H'alima, i/?s. 



Ici, da b (sans mouvement); Chaoui'a, Mzab, Bou- 
gie, id.j Zouaoua et Ait Khalfoun, d'a b; 7A- 
naga , dhadh <JbL© . Relda f«x»U (avec mouvement) ; 
Zouaoua, r^erd'atej*; Bougie, r'erda te-e, r'erdayi 
^te^p, r'erdayini (£&)$j*\ Ait Khalfoun, rW'a, 
r'ord'ayi ^ti>^. 

Ile, *tzirt owJ, *dzirf «^>)*. 

Indiqder, me/ d ^ Jut; Zouaoua, Chelh'a, meZ; Ait 
Khalfoun, imela Uc(aor.); etreindiqu^, toa aider 

Inf^rieur, n ennidj g> y. 

Informer, *dllemk*. 

Injustice (Commettre une), *adhlem A**!; (Souffrir 
une), toaadhlem Jk^ty. 

Insurrection , *h f arakat o^^ . 

Interroger , lis (J+& . 



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w( 49 )« 



Jamais, *abadan J«x*t. 

Jardin, oartouy*)); Zouaoua et Ait Khalfoun, ourthi 

Sp\ Chaouia, ourti J^; en Rifain, orthan ybjl si- 

gnifie « massif darbres ». 
Jeter, echt ow&J; egger J>l; Bougie, ger &\ Chaouia 

et Ait Khalfoun, igra tJ^ (aor.); Zouaoua, dheger 

Jm*; Ait Khalfoun, idhier j***. 

Joindre (Se), (se jeter en parlant dun fleuve) *hab 

Jonc, azlaf cW)t. 

Jode, aggai <$G>J, pi. aggaien (^iSt; Ouargla, id., pi. 
ijjam (j^l^S; Mzabi, ad/ai ^l^J, pi. ad/a?^i (^U^t; 
Zouaoua, amaijf i21^L»t, pi. imouiag *2)L>^-c; Ouar- 
gla (dim.) tmaggaz )l&, pi. timaggazin ^tx£. 
Cette derni&re forme semble indiquer un terme 
primitif gz dont la derni&re lettre s'est afiaiblie 
plus tard en i par l'interm^diaire de la consonne 
mouiitee zi ou si. 

Jouer, attoara/ gtj^sf (forme d'hab.); Ouargla, irar 

>v- 

Joder dun instrument, eggatch glSl. Le <2) provient 
sans doute d un redoublement du j , marquant 
une forme d'habitude. Cf. le Zouaoua, kath e>t£, 
forme d&iv6e de la racine oath e>j «frapper»; 
Bougie, ekkath <*>&tf Beni Menacer oukih e*^. 

Jour, ass ^1, pi. oassan ^Lwj. 

J. As. Extrait n° i3. (i885.) 4 



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►( 50 )« 
Joyedx (J^tre), *ferh! ^y . 
Juger , *h'akem *&*. . 
Joip, *oudcu <$)*)> f&n. toudait ouby . 
Jdjdbier sauvagb (*)<>"»), tazoaggart c^lB^y, pi. *i- 

zouggarin &&?. 
Joment; taimart o>;U;b, pi. taimarin (^)Urb; Mzabi, 

tajmart isyUjb. 

JusQtj'X ce qoe, a/ad *5Jf . 

L 
Lacs , *lbeh'our j^sJ . 
Laine, tadouft cu*j«X3; Z&iaga, todhodn takhen <Xj*3 

Laisser, e$i ^1, aor. u(/a Us et i$oa y#; Ouargla, 
qj Jt; forme hab., ti$ g*?* an^fubt; Zouaoua et 
Bougie, id.; Ait Kbalfoun, iounefUfy (aor.). 

Lait doox, achjfai <$U&t; Ait Khalfoun, afc/ai^U^I; 
Zouaoua et Bougie, aifki <&?), par metath&se; Ze- 
naga, oqfjj. 

Lait aigre, or'i ^t; Mzabi, id.; cbez les Ait Khal- 
foun, ir'i £> gignifie <c lait » en g£n£ral. 

Lampe , lanterne , *k'andil J««XJu> . 

Langue, ils^jJ^t, pL ilsaouin ^Ula; Ouargla, id., pi. 
ilsaouen^U^. 

Laurie* rose, alili JuJt. 

Laver, sired 6^u« ; Bougie, id.; Zouaoua et Ait Khal- 

foun, sired 1 i>^u«; Chaouia, sierd; Z^naga, isouret 

vdjm*& (aor.). 



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— *K 51 )^~ 

L&ser, efsous iJ »y»j\ . La racineps(peut-etrelameme 
que celle de foas ( ^i ((main)), doii le sens pri- 
mitif aurait 6t& ((adroit») a donn£ en Zouaoua 
afessas ^Luf «l£ger » , fessous u«^mi ((Strel£ger»; 
ihefses j«mmJ^ «teg&ret6»; & Bougie, fesoas et afse- 
5an ^LmmjI <( leger » ; thifsest <&*»*+& « legerete ». 

L^ser, r'ta/i <£**; passif, itoaar'ben tf&jZ* (aor.). 

Lettre, tira\jiJ. Le pluriei *atra<m ^LfJ est form^ 
del'arabe aj^j. 

Levain, *takhmit oucW*'; 4 Bougie la forme * 
est plus rappr<och6e de la racine arabe 3?. 

Lever ($E)^k r im *&\ ekker S\; Z6naga, ankora ty3l. 

Lizard, *tazelmoumit cuuijiy, pi. tizelmoumien 
<^jly . A Bougie, thazermemmoaith <&yj4)j?, de 
larabe algerien iU^y#^, d^signe la tarente ou 
gecko de murailles (Platydactylus muralis), dont 
le nom berb&re est thanejdamt <&*•]*}£. 

Lezard (Grand) (<-m*), ah'erdan q\*j*J\ ih'ardanen 

Li^vre, aiarzist owm^I^I, pi. iarzisen u^jpli. 

Linceul, *fce/e/i ^i^. 

Lion, airad ^L>!, pi. iiraden ^L>. 

Lionne, tairaii *L?b, pi. tiradin ^^Lx3. 

Long, azirar jtj*)l , ftm. tazirart e^t^b; Chaouia, 

azigrar ;jj*w)t; Mzabi, azjerar ^|;J)I; d'ak'oadid 

<*s^y*te» fern, tak'oadid Jsj^ib. 
Lorsque , m^/mi (5^*, oacfen ^j , oad/u j^ . 
Loder (en location), *fcra ty£, aor. ifat ^C. 

4. 



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-*•.( 52 )*— 

Loup, ouchchen (£<&;, pi. ouchchanen (^ilSj; Bougie, 
id. H y a ici une confusion analogue k celle de 
Tarabe vulgaire sur le mot ^i 1 . 

Lumi£re, tfaoat c^Ulj; Zouaoua, ihafath e>L»L>; 
Bougie, tafat<zA*b; en Zouaoua, thafoukth designe 
particulierement le soleil, et par suite tafokt 
ovXib en Ghaouia, tfouit ooyu & Ouargla, dans 
les K^ours etau Mzab, thafoukthk Bougie et chez 
les Ait Khalfoun; thafouith^ytt chez les BelHa'- 
lima, toufoukt cuiyy en Zenaga; thfoucht o^Sytf 
en Rifain signifient « soleil ». Le terme national 
itfij jAz* s'est conserve seulement chez les Ait 
Khalfoun et en Zouaoua. Cf. le vers dune chanson 
kabyle : 

Ir'li 'nnif d'eg oulaoun 
iift'ij r'efmedden ir'li. 

La fiert£ s'est &einte dans les coeurs , 
Le soleil est tombd sur les hommes *. 

L existence du mot toufoukt en Z6naga prouvequ on 
s'est tromp6 en cherchant k faire d^river thafoukth, 
tafokt du latin focus. II faut rattacher ces diffe- 
rentes formes k une racine principal e FOuetPA, 
et a une racine secondaire fouk qui existent en 

1 Cf. Notes de lexicographie berbere, 2* 8&rie, s. v° ghagal. 
* Hanoteau, Poesies popvdaires de la Kabylie du Jurjura, Paris, 
1867, in-8*, p. i34. 



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„**( 53 )*+— 

touareg : .][ effou ( Ahaggar) « faire jour » ; a/a (id.) 
<( lumi&re » d oil -HC+ tafouk, en Ahaggar; +•:][+ 
tafoukt en Kel-Oui; tafak en Aouelimmiden , signi- 
fiant « soleil ». Cf. en Chelh'a , asafou yuJ « tison »* 

Lone , tziri ^y ; Ouargla , taziri. 

Luth, *ldoad :yJ. 

M 

Main, /ous j*^i, pi. if assert ^JJ^. 

Mais , *oualakin ^fy . 

Mais, tefsoat c^*jb\ 

Maison, tazeKk'a Uy, pi. tizer^oain Q&*'ji\ teddart 

e^t**?; Mzabi, taddart, pi. tiddarin y^ss . 
Maitre, *6a6a U*. 

Maitre d iJcole , danimar)U\z . Rac. MR;* enseigner. 
Malade, *mardh <Jy> seconjugue avec Jb. a Je suis 

malade » £*y jJt eMir' mardhar / ; izmir y**r&\ -« je 

suis malade» £j**j£ ouzmirar 1 ; Mzabi, azmar ~^t 

«maladie». 

Mander , azen yjl . 

Manger, etch ~l; Ouargla, w/. 

Marghand, amr'ar ^Lut, pi. imr'aren (^Uc. 

Mare, tar'zert vzyyfc. 

Mari, irc/id Juy , pi. irchelen (jjJUy ; en Gbaouia, & 

Bougie et chez les Ait Khalfoun, ierchel (aor.) «il 

s'est marid ». 
Marmite, *taiddourt vsyjJsjb, pi. tiouddar jlzyJ; 

tkhabbit cu^ \ 



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54 )**— 
Marteaq , tkadoant exalte. 
MAt , azekkoar j^l . 

Mehari , ijedd £*Ja, pi. ijeddan ^U^Jj ; akarzoud zjyJl, 

pi. ikarzad s\)£*. 
Melon, tamelloult oJ^Ub, pi. timellouUn qJ^nj; 

Ouargla , amloul J^JUt . 

Mentir, sarreks (j*£y». 
Menton, tar'esmart 1 ca^UwuS. 
Mer, *6ft'ar;U?. 
M£re, *imma Ur. 
Mere (Grand), no/ma Li. 
Meridional, *tageblit o^M^» 

Miauler, fnaoaa tjLs, forme d'habit.; Zouaoua, 
smdoayww; Bougie, esmidouy^^J ; Mzabi, smdoua 

Miel, tamemt o^b; & Ouargla, tamamt amiei de 
dattes ». 

Milieu (Au), goummas <j»ltj£; Zouaoua, alemmas 

{ jM; Bougie, dalemmas ^Ub. 
Millet, tafsout v^^jto; Zouaoua et Ait Khalfoun, 

Mine, *mdden y<yx*. 
MisAre, *charr j&. 
Mois, iioitrj^y pi. ibareii ^y^. 
Moissonner, nejjer ^jj; Zouaoua, megger JC* et am- 
jf^r J*l a faucille » , thamgra L^tlS « moisson » ; Bou- 

1 Cf. JVbfef <fe lexicographic berbere, a* partie, s. v. joub. 



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— *{ 55 )*— 
gie. amger;Mzaibi, major ^tjUet amjarjlj**) «mois- 
son ». 

MoitmS, azgen^r^\ Bougie et Zouaoua, id. 
Mollet, bouibbas jmU^. 
Monde, *doanit ouij*. 
Montagne, adrar ^l;*l , pi. idoarar fa***. 
Montagne (Petite), tar'erout vs^b «<&paule». 
Monter, a/i <JI, aor. ioali 4*>; Ouargla, id.; forme 
factitive, sft'Juu*. 

Monter (sur un bateau), ani jl, aor. inioa^uL?; Ait 

Khalfoun, itsnegnig v21.^<Juu. 
Mortier, *tlakht <^<±*Xj . 
Mosqu&e, *timezgida K>y&ir, de 1'arabe *X<v^. 
Mouche , fei <^ , pi. iza?i ^!^» . 
Mourir, emmout c^tl, imeto£. 
MootoN, a/ric/i (jft^il; Mzabi, id. 
Mule, ^taber'lit^^Jijb, pl, tibr'iUm qJ^JUxS . 
Mdlet, *aber J li Jjbt. pi. ibrilien ( j JLou^; aserdoan 

ijjbjJy pl. iserdoanen tf)*ym*\ Ait Khalfoun, id.; 

pi. iserdan ^taj-*s>; Bel H'alima, aserd'oun ^byJI. 

N 
Naitre, zaid «Xj>I). 

Natte, a/arft7 Jutfjjt, pl. ijartilen (^^Ja; Ouargla, 

ajertil, pl. yertaZ Jbjjja a natte d'alfa ». 
Nez, tinzert &yJ*$ , pl. tinzarjiyJ. 
Noir, aberchan ^Lyt, pl. fem. tiberchanin tfdJ»j**>. 




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— «.( 56 )*— 
Noibcir (Se), berchen (£*y, iberchen (^^w; Zoua- 
oua , ^seberek, sabarik <iU-*» , J^a-w « noircir » ; Bou- 
gie, esberrek dL**»l « noircir »; e&refc dLjl «se 
noircir»; Mzabi, sbertch g^** « noircir ». 

Nom, *esm pJ , pi. ismaonen ^Uwo. 

Nombril , timmit oyuf ; Zouaoua et Bougie , thimmil! 
LiAf ; Ouaggla, tmiat<^tJi. 

Nommer (Se), *tousema l**y. 

Nord, fc'oaaljA^semploie dansles expressions corn- 
poshes : altioaa t^uJt ; jiftoaa jjjytf; sd'oaa j^uuw. 

Notaire, *ddfoZ Ju*U. 

Nourritdre, amoud by*Y\ outchi 45^3 ; Zouaoua, Ait 
Khalfoun et Bougie, id. 

Nouveau, *ajdid «Xj*jt, ftm. AyTZii' k>3jb. Un des 
quartiers de Mostaganem, comprenant le village 
nfegre, porte le nomde Tijdid «la Neuvew. 

Nouvelles , *khbar ^U^ . 

No ye, ir'rak'en (^tyb, de Tar. ^. 

Nuages, tabrouria l^-^. 

Nuit, uffc (j2x»; Zouaoua, Chelh'a et Bougie, id.; 
Bougie, iff k>. 

Nuit (Passer la), ens ^1 ; Zouaoua, Mzabi et Bou- 
gie, id. De cette racine n s est d6riv6 amensi 
<^u»JUt «repas du soir»; forme factitive sens (j*Ju*. 

Nuit (Faire), «il fait nuit» ioatou idh ij*?.yy?.', Bou- 
gie, ioaef idh juj ld^>. 



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Obligation, *fardh <jfcji. 
OEil, tit'l**?, pi. tiifaouln ^Ik*?. 
Ogre, amza L*t, pi. imziouan ^jj^vc; Ouargla, id. 
Ogresse, tamzat &\yb, pi. timziauin ^$^4*3; Ouar- 
gla, id. 
Oiseau, *afroakh gjjil; aberdal JlzJl. 
Olivier sauvage, azemmour j^)t, pi. izemmouren 

Ongle, ichcher J&&, pi. ichcharen ^Uo. 

Onze, *ah'dach ^tot^l. 

Or, ourar' £ljj; Mzabi, id.; Ouargla, oara ^. 

Oreille, timeddjet ot*?o , pi. timeddjin q#&3; Mzabi, 
tamezzour't cu^ytb. 

Oreiller, *taousad «x*^b, pi. tiousadin ^<y+»jK>, de 
1'arabe folwj. 

Orient, *chark' \$j&. 

Orge, fzmzin (5^)^; imendi &&XC . 

Orphelin , aioujil J*jjyd , pi. tioujilen ok.jjy*> ; Zouaoua , 
et Bougie, agoujil Js?J^'» pi. igoujilen (^jy^. 
Cette forme qui parait la plus ancienne s'est con- 
servee dans le nom arabis£ de la petite ville de 
Goudjilah, k 60 kilometres S. E. de Tiharet, an- 
cien d£pot d armes de 'Abd el-K'ader. 

Orpheline, taicujilt (&J<tj}f\j , pi. tioajilin (^A>J^. 

Os, ir'es u*j^, pL ir'san ^l*jb; Zouaoua, Bougie, 



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-+*( 58 



Ait Khalfoun, Mzabi, id.; Z£naga, Usi ^uu; Ouar- 
gla, ikhsan ^L*irf?. 

Oter, kes ym^; Zouaoua et Bougie, ekkes jJ>\. 

Ou, inec^Aj, ner' g. 

Ou, ebnen ^11; Mzabi, r^elmani jl^fr. 

Ooest, r^arb ljj*. 

Ootarde, tijerinna UyJ*3. 

OUVERTURE, ENTREE, Zfltl &C. 

Ouvrir, erzem fa\\ Chelh'a, rezem fa; cest icette 
racine r z m qu'ii faut sans doute rattacher le 
Chelh'a, razzam J); « attacher », 

P 

Paille , hum ^ . 

Pain , ar'eroum +)j*\ . 

Palmier, fazdai£os>tey, pi. tizdain ^by; Mzabi, ii. 

Palpiter, teAiaf u»L$3. 

Panth£re, ar%i5 o«SUst, pi. ir'ilasen 0*»Uub. 

Parfums , *bokhour )y& . 

Parler, siouel J^u*; saoual JtjL*. 

Parole , aoaaZ JI5I; Mzabi, id. 

PaRTICULiArEMENT, *khgidt <zA*>a±* . 

Partie, chera ty»; Bougie, kera \js «quelque chosen. 
Partir, *rah' ^ly, zona tj); Ait Khalfoun, idda\<y$, 

e 99 0U Jj£l'i Zenaga, ijjigich ^Jt (aor.). 
Padyre *damechcharou ))Lz»*s . Nous avons probable- 



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ment ici une forme berb^re participiale tiree de 
la racine arabey». 

Pays, K'^ar, ar'erem +—s\ 9 pi. ir'ermaouen u&Lyb; 

Z&iaga, irmi <£w, pi. armoun (jyjl. En Mzabi, 

ar'rem signifie «ville». 
Paysan, *akhernmas (ji^-t. 
PAlerinage, *h'addj ^L*. 

PENDRE (act), SOSPENDRE, U <J . 

Pension , *nafak f at eJub . 

PAre, z&Zi <£«Xj. 

PAre (Grand), dacMa bb. 

Personne, vie, iman ^Ur; Zouaoua et Bougie, id. 

Petit, amezzian ^Uvtt, imezzianen (^U-c; ak'eddid 

Peu, dourous j*»j^; Bougie, derous (j**^; Zouaoua, 
d'roos j**^; Ait Khalfoun, d'aroas; Chaouia et 
Chelh'a, iderous j^*^; achek'k'at ^U&t; Zou- 
aoua, Chouetf bym. 

Pieces de monnaie, *timaizounin ^j^xtf. Rac, ar. y^. 

Pied, dar )\* y pi. itfareji ^liX*; Bel H'alima, d'ar^b, 
pi. id' wren uplJsr, Ait Khalfoun, adhar j&\, pi. 
idharen ^Uu. 

Pierre, adr'ar' £t*at, pi. idr'ar'en ^UJo; Mzabi et 
Bougie, wf.; Zouaoua et Ait Khalfoun, ad! i* car' 
£l&>t, pi. UYar'en (^UJs?. 

Pigeon, aftir j*aj>1, pi. i£6zrin ^^s>» f&n. titbirt; 
Mzabi et Ouargla , id. 



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— «.( 60 )**— 
Piller, *haoua<;g o^l^., passif touh'aouag c fj^jla-y. 
Piiient, *tfelfelt<*JJte>. 
Pistachier sauvage (ar. p^), aguj ji!£\ , pi. igijjan 

Plain e, afser jm*\, pi. ifseren yj*+i&. 

Plat (Grand), en bois, tzioua t^y, pi. tizioaaomn 



Plat (Petit), tqjera t;jp, pi. tijaronin {j?$))j&\ Mzabi, 

id. 
Pledrer, r l r erred *j*. 
Pli, taiatisAjis. 
Plomb, aldoun ^oJt; Zouaoua, Z&iaga et Ait Khal- 

foun, id. 

Pldmes, izafen (^itv?, cf. Ghdam&s, azaou ^t)t «che- 
veu»; Chaouia, zao 3I3 «poil». 

Poche , *d/i*6 4^^ . 

PoAle X frire, *lfadjin q^M*. 

Poign^e, *tak'abdit ouJyJti, de Tar. <jM. 

Poisson, aselm ,&-J, pi. iselman ^tk***; Chaouia, id.; 
Zouaoua et Bougie, aslem; Ait Khalfoun, wfem 
Jb«*t>. Le Z6naga chigmen (jj&S, si la forme a £t£ 
correctement transcrite, parait-etre un pluriel 
dun singulier cft^m *$&, dont les radicales'cH g 
m r^pondent i s l m. Le g est* peut-etre 4 rectifier 
en dj, qui en Z6naga repr&ente souvent le l des 
autres dialectes par Finterm^diaire du Rifain d et 

DI 1 . 
1 Gf. la premiere serie des Notes de lexicographic berbhre, p. 6. 



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Poitrine, idhmaren ij)1+mx>. 
Porc-^pic, aroui ^t, pi. irouien Q&y*. 
Porte, tafloat c^jJjb, tafelkut. 
Pou, fc'Mi Jus, pi. tilliin (JIXm . 
Poudre, *baroud *))[>. 
Poule, tiazif'b^Ls. 

Poursoivre, <fe/f*r d *ya; Zenaga, ieiffeur (aor.) 
jik>; Ait Khalfoun, iff afar ^Uk>; Bougie, efjer 

PodssiAre, chan ^U>. 

Poussin , foulbus (j»$Jy, pi. ifoulkusen (j^Jyb, dim. 

tafelloust ou^JUb. 
Prendre, ettfefsjlel, aor. itftfefyjkj; Ouargla, id.; 

ar' £l ; wi <pu,? . 
Preparer , soudjed ***$*» ; Bougie , id. ; Beni Meuacer, 

50tt/Vd 333AW ; Zouaoua , heggai J& . 
Proche, afc'rii c^yrt. 
Proclamation, *6n7i' gy. 
Proclamation (Faire une), erzem brih' gy -^1, mot 

A mot : « ouvrir une proclamation ». 
Promener (Se), *addour j^al, de 1'arabe jl&, ;^*N?. 
Promesse, pacte, *a/id **4*. 
Prix, *h'ak'k' £**; *'kaxmet omn*. 
Pdits, anoayt, pi. anouten ^3y i . 
Punaise, choaoardoa )*£&, pi. ichouoardan ^taj^A*. 

Dans les autres dialectes poured 2^; akoared 

*j^£\f akoard! bj&& 9 etc. signifient «puce». 
Punir, *dk'b<~JLz. 




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62 )*«— 

R 

Raconter, emmal Jltt, rac. m l. 

Raisin, adil Jl?^; Mzabi, id.; Chelh'a, adhil Juu*t, 
d£riv6 probablement de la racine dh l, Slw dhla 
« 6tre noir ». 

Rasoir, *moas ^y. 

Rassasier (Se) , eroaoupjl ; Bougie , id. ; Chaouia (aor. ) 
iroua t^>; Ait Khalfoun (aor.), ieroaa; Zouaoua, 
roaouj^, doti. rebbou y>y «sati£t^», par contrac- 
tion des deux ^enu. 

Rat , ar^erda ta%*l , pi. ir^erdain q*)*Jv ; Mzabi , a^erda. 
fl est probable que c est de ce mot quest tir6 le 
nom de Ghardaia l*ta>«£, la ville principale du 
Mzab. 

R^al, *taoukh!iti^i^3 t pi. taouWitin i ^jJSyb. 

Recevoir, *kseb <*•**£; isi ^uu . 

Rbgarder, akkal JUt; Bougie, mokKel J&**, Zoua- 
oua, mouVKel J*y . 

Regime de dattes, azioaa >>)!, pi. iziouain (jJyty.; 
Zouaoua, agazi ^)^» aiazi^U, pi. igoaza\'^>. 
Au Mzab azioaa d&igne le palmier fecond^. 

Remplir, etchar )\*.\; Bougie, id.; Zouaoua, tchar 
^U.; Mzabi (aor.), ichor ^U*; Chaouia, ietchor 
(aor. ) yfH ; Ait Khalfoun , ietchour ^ . . 

Rester, *ek'k'im /oil. 



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— «••( 63 )**— 

Retourner (Sen), *doual Jt^a; r'aoa/ JjU; Zouaoua 
et Ait Khalfoun, our'al JU>; Bougie, ekk'el Jit. 

R&jnir, *djemd g&. 

Revenir, etfh'a UpI; oad ^, aor. ibfu2 ^>. 

Righe, ftm. tamedjioMLiit <z*j\yK&3\ Ouargla, idjioaen 
{&*&?. «rassasi6». 

Richesse, *roai JU. 

Rien , oualou 3JI5 ; Zenaga , ocfoa ^*t . 

Rire, edhs C |*m©I, aor. idhsou ym j&t ; Ouargla, *£coa 
j**t, par contraction du (jb et du ^. 

Rocher, touent<£Aj}3; tizeroa^\; Zouaoua et Bougie, 
idem. 

Jioi, qjellidtvyfl. 

Roseau, r^amm <<v3l£, pi. ir'animen (^yU?; temdja 

Rouge, azoaggar jl^yt; Mzabi, azoaggar' £&j}t. 
Route , a&rid «x,y' . 
Rubis , *iak'out c^L> . 
Ruse, **fe'ifet oJL^\ 

S 

Sabbat, *s#tf c^, 

Sable, aberda b^t; Mzabi, id. 

Sabre, taferout o^yb, pi. liferoain (^yus. 

Sac, tailiout <^y*Xh . Le c» initial du diminutif est 
tomb£ en Zenaga , aiguit ouJyt , 011 le <2J corres- 



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*( 64 )«+— 
pond au J des autres dialectes ; Bot'ioua , aiddid' 

SaliJ, *mellak' £**. 

S alive, ichouftou y&y5+&; Mzabi, tchoujfist <~*mbjy; 
Zouaoua, thisoasqf vju^ »»»•>; Bougie, ihisousfa 

Salder, *sellem A**, se construit avec £ frfc. 

Salut , *sdam pU** . 

Sang, idamen 0*tas>. Ce masculin pluriel est em- 
ploy6 comme collectif dans presque tous les dia- 
lectes; Chaouia et Bougie, idammen; Mzabi, ida- 
men/ Zouaoua, id'ammen q*\&*\ Z&iaga , demmen 
0*$; chez les Ait Khalfoun, le singulier id'Un 
wOs!, s'est conserve. 

Sans, *blaX>. 

Sauterelles, temourr J in q-j&^Js; Mzabi, tmourr' 
£)y£, sert de pluriel k atcheb <-*&J; Ouargla, 
tmourr'i jy^g « bandes de sauterelles ». 

Savoir, essiny&Jl, aor. issin Q****; Rifain, id.; Zoua- 
oua, isin (^aam^, d'ou amousni <J*»y\ « savant » et 
thamousni <s*»j£ u science »; Chaouia, issen qm** 
(aor.); Ouargla et Chelh'a, essen ^J ou essin, 
d'ou tamesna Lu*j? « connaissance » ; taouasen (^t^b 
((science»; Ait Khalfoun et Bougie, essen, d'oii 
thamousni « connaissance »; Mzabi, is$*n (aor.); 
Z£naga, isena L*** (aor); Haoussa, sani. 

Scorpion, tir'ardemt c*-*:>_*_3, pi. tir'oardmaouin 



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„*„( 65 ).*•— 

O^lttjiyfr; Mzabi et Oued Rir', tr'ardemt, pi. tf- 

r'oardam J^yb'. 
Sec, ak'oaran <J)y&', Zouaoua, zfc'or Jb; Mzabi et Ait 

Khalfoun, iek'k'or; Bougie, ik'k'oar )yAz\ Z6naga t 

ioour jyj. Dans les derives, le £ devient un £ : 

ar'oarar jt^t, et thar'arth &)\J& « s^cheresse ». 
Seignecr , *5w2 Jsjum , *r*66z jj . 
Secouer , frar' ^ly . 
Sein, zfob, pi. ifaoaen (jjl^b; Mzabi, z/an ^Ub (pi.); 

Zouaoua, ^f, z^an; Ouargla, z/f, pi. iffen ^ib. 
Sel, JisertJ ouumuJ; Mzabi, Ouargla et Chaouia, id. 
Sep area (Se), *msaferk f ^yu**, forme reciproque du 

transitif, obtenue par la combinaison des formes 

2-1 \ de 1'arabe £y. 
Serviette, achennial JLa£I. 
Si, zmicA (jju:. 
Silo, *tamet f moi\rt&)y*ia£. 
Six, *se£ta lu*. 
Soeor, otifma Uy, fzcftfmaUuSo; ouilnalxZt} , pi. o/ioa- 

min (^^^; Mzabi, ouetma, iisetma U^. 
Soie, *h'ariryj>j**. 
Soif (Avoir), /oacZ ^i; ellir' foader' ^^i^JI «j'ai 

soif » ; Ouargla . zd. 

SOIXANTE, Settin tfJum . 

Soleil, </ba?^, tamzir't du Tafilalet, zd.; cf. s. v. Lu- 
mi£re. 

1 Cf. Hanoteau, E55ai de grammaire kabyle , p. 1 54. 
J. As. Extrait n° i3. (i885.) 5 



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— .( 66 )**— 

Sommeil (Avoir), tsa Uj; Zouaoua, idhes <j*u**, et 
Bougie, ides ^Jut a sommeil ». 

Son , loam ^ . 

Sortir, effor', effer\ jit; Ouargla, id.; « faire sortir » 

soafer' £^*». 
Sot, d aggourj^ft s . # 
Source, fc**', ftY, la**, k^b, pi. tit'aouin ^UsaS. 

StATCRE, fticfc <£«>sa3. 

Sdbitement, <jr te.wiaf < r «sL/n. 
Submerge (Etre), r'rak' £j*. 
Sutvre , adhfar' £ li»! . 
Sdr, frft £, a/t/tfrft £t. 

T 

Tel, youlanijX*. 

TfiMPETE, dzadj %}j*- 
Temps, *zeman yl*y 

T^n^bres, tallest ou» te ; Bougie, id.; Chaouia, illes 
y»\j> «obscur»; Chelh'a, tillas ^j^o; Zenaga, telles 
( j f Js v obscur » ; Ait Khalfoun, itsoulbs (jJ^t «il 
fait sombre »; Mzabi, soullis yJ^** « t&ifebres». 

Tenir debout (Se), focfe/a t<>o; Zouaoua, tad' io. 
Terre, tamort c^Jr, temoart **)y£ , pi. titnoura tjjj-fy. 
Tete, cMalk'oul JyOit; ikltfsMe. 
Tiber, *jbe<t<Sfj, de l'arabe v^>* 
Toison, zijjaSyiy 



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Tombeau. tmadhlin (j-^Xj&U;; Zouaoua, thamd'alt 

oJ«xir\ pi. ihimd'elin QjSds* . 
Tourner (Se), ezza 1)1; Zouaoua et Bougie, ezzi ^)t. 
Tourterelle, tmallalt oJ^Uf, pi. timellioun ^jyJJi. 
Tout, *&oaZ j£\ tods, *gad £&, nemda t^. " 
Travailler , *khdem -Os^. . 
Treille,. taammait ouL#b, pi. tiimmaien ^L^*; 

Ouargla , timoutit cauuj* « scion ». 
Tribu, at <z>\ (pluriel de ^ ou «fils»); **afc'6i7f cui*Jb'; 

yelk' at ooUU; *drcK (jS^t. 

TROis,**/ata bfcfc. 

Troupe, ah'k'ar Ji*J . 

Troupeau , oalli dj , pl.oa//a/i ^y, Chaouia et Mzabi, 
idem. 

Trouver, afiO\, aor. ioufouyy. et ioafi&y,\ Ouargla, 

Trouver (Se), etre, *khalk f &)±*. 
Truelle, talc/out c^sQs, pi. tilougga tSpls. 
Tuer, enr' £it; Ouargla, id. 



U 

Un, idjen tf*?.* ftm. fc'icfa oufcuu et icht 



Vache, tafoanast ocJj^ib, pi. tifounasin Q&Jjfyto\ 
Chaouia, Mzabi et Ouargla, w/. ; Zouaoua, Bougie 
et Ait Khalfoun, thafounasth e*Jj^»b. 



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— *>( 68 )*4— 
Vaincre , Vfet 4^ . 
Vanneau, toabbib <-*a^> . 

Vautour, tisiouant out^^J, pi. tisiouanin ^aj^jumJ. 
En Zouaoua, asiouan (Jj&Jl designe le «milan 
royal » [Milvas regalis, ar. ajIjjm*) , le « milan noir » 
(Milvus niger, ar. cS>L»), le« milan d'Egyptew (A/i7- 
vas eegyptius, ar. c*L*) et le «buzard des maraisw 
(Circus aeruginosas , ar. ail^***) 1 . 

Vendre, senz-yxm\ Ouargla, zenz y). 

Vendd (Etre), enzyt; Ouargla, id. * 

Venir , ased *jj , aor. ioased ^j-j*; Mzabi et Ouargla , 
id, a Lorsque la nuit fut venue » melmi ioutou iidh 

Vent , adou ^\ ; Ouargla , id. ; Cbelh'a et Mzabi , adhoa 



Ver, tachitcha l^-&o, pi. tichitchaoain 

Mzabi , takcha 1&& , pi. tikchouin tf.y& ; Zouaoua , 
thaouka lf>j$, pi. thioukouin ^S^3; Bougie, tiouk- 
kiout cua^aj, pi. tioukkiouin (j*y*£y&\ taketchaoat 
c^l^J, pi. tiketchaoain ^la^S. 

Verre, *afendjal Jl^v*! , pi. ifendjalen ^I^vju, de Tar. 

Vert, azizaoay^)!, ftm. tazizaout is»y^)b, pi. izi- 
zaoun (jj)l\zy.; Ait Khalfoun, azegzaou ^y$, pi. 
izegzaouen {j>VSf.', dou thizigzouth v^dy;** « ver- 
dure)). (Test de 1^ que tire son nomle BouZegza, 

1 Cf. Hanoteau et Letourneux, La Kabjlie, t. I, p. i46. 



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—*( 69 )•«— 
montagne de i,o33 metres d'6levation, au pied 
de laquelle est bati le village du Fondouk, dans 
ie d^partement d'Alger. 

Vetement, iard ^j, ired, aserd sy*l; Mzabi, aired 

*j>\\ Chaou'ia, aroud a^l. 
Viande, aisoam +j»+?). 
Vider, senr'al Ju*JU»; Zouaoua, id. 

Vie, t&udera l^>y. Rac. dr, d ou edder « vivre*» ; Bou- 
gie, thameddourth e^Jw. 

Vingt, *dcherin ^yi^. 

Vipere, *aljdi <§aJJ, pi. ilfdien. Dans ce mot, comme 
dans 1'arabe vulgaire dou il est tir6 $ le J de Tar-, 
tide a ete consid6r£ comme lettre radicale. 

Visage, akhenchouch jS^aJL^l; oudem *dj, pi. oadma- 
ouen ujI — o$; Mzabi et- Bougie,, id.; Zouaoua, 
oad' em +&}. 

Visiter, rgeb <~Sy, Mzabi, id. avec lesens de« voir». 

Vivre, edder )$\; Ait Khalfoun et Bougie, id. 

Voici , ai d $ ^l . 

Voir, zer j), aor. izeri <$w et izerou ^u; Ait Khal 
foun, izra l;u> (aor.); Zenaga, iezzor ^y. (aor.). 

Voisin, amezder' £^y*t, P'- imezder'an y^^c. Rac. 
z d gh. Cf. Zouaoua , ezd'er' « habiter » ; Bougie , 
ezder' *£►)!, id.; Ai't Khalfoun, amezdour' £>*y*l et 
Zouaoua, amezd'ar' £|&l_*I; Zenaga, eddigadh 
qoInj^I ((habitant)). 

Voler, derober, oucher y*j ; Zouaoua, a/tour j^l; 



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Chaouia et Bougie, aker j£\\ Mzabi et Ait Khal- 
foun, umber J>y* (aor.); Zenaga, iouqear ^y; 
Chelh'a, toukerdha U?^3 «vol». 

Voler (avec des ailes), aji £!, aor. wofi  Zoua- 
oua, Chaouia, Ait Khalfoun et Bougie, afeg i£Ut, 
aor. ibtt/ig 2ijy&, d'ou a/ba*/ «2Jj*J «vol». 

Volont^, *6ar' £l*, de Tar. Uj. 

Vouloi-r, A/5 (jmu^; Zouaoua, kisan J*+£, ckhs u**J; 
Mzabi et Ouargla , id. 



SPECIMEN DU DIALECTE DES KCOURS ORASAIS '. 

jmUjiI ij***) L*™y\ Ov^^ol j^bjjl ( 2 }&»£t a! ^Uib (^t^t 

dl 4X^1 'jjjjyjl (J-^-^l (£**Jfc^ 0**>**JI (J*»l 2>jJU*JM 

2y M m+ \*J\ u»^jj\ oci xJ UJ 9>Js! ^UM O**' - ?^' (£9^ 
£^jtj_>l ^-s3'l j*L>jJ»t oJLJbt ^jUUjI (j*.bjSt ovLJuJt 

1 Dans ce texte rtfdige* par Ould Tedjini, j'ai conserve les va- 
riantes et les incertitudes de 1'orthographe originate, la confusion 
dans femploi du techdid (^Jl £>!), les alifsprostketiquesdevant une 
consonne marquee d'une voyelle, etc. 



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5- 

(J£m\ «XJmmI {jy^\ Q^uJit (£A&Ajl (J^^^' ^l^M^t yUw^rf 
^aajuI oJUaJ* ^U^l ^wbji! ( s y^uil oJiUld (jy&\ ^\y\ 
^M^jyjiJI^ (JljcJ'I 0amUj*I Q*&*j\ osJLUJ^ lyuut ^Mfbyil 

^USi / y W y g (jl«S**X> Otft Jul fjyX f SMJUlJ $$M «Xtf! <#&*•« {J£*>\ 

» » gt (^w«i ^^aJo oJ&tJd xit«xl 0^m! (J"V^ (^HH^I 
^ *+• & (j-'j-jt <"* & A U e^-yJt jJu^Uw £»<Xl (^wJ jMlyO 
^UUiJ /wam£«xJI JA^ifth occLjb' ^UJU /yw«Xj4Xji i»u% 
<£*JUw jV*A»>t vJ» (j»£^ Vr*^ OT*^' fT** -^' (J>*<*H^ )y^ 

<>uJ jjJj-jt (j-*3' (J***^ j *t$ T** our«Xii3 laioSd *£**■>! (j**^> 
Ju-^*X^ct gjjl ^ iiL.JL rhb»bj cu^> £*? ^^p fj*yi\ Sj*»j 

kkja)t (^a£ jfiJuJI qJoJI £&)t (jM«xIt ,j-^i ^3 ^ J^ 
o6j^«X^Jt Jgtf o^L*j5j^Jsjf jmJ^ y«>Jl o>-fc*dt ouub' 
cuuu' c ;* M*+j£ JUt «X**j«>Jt ^Ja (jaoU y*K* (j*t>£ m;^ 

^ (sr -HW*l ^SU «Xl£«X3 ^3 y^Xt ^Ul ( JxX*J) (jjAJW^' 




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72 )**— 

^Ljl u»\yj\ (j^>s\ CO»<>wtt xll t*X>i q^»Uj 0JU ^ aj C iC&Jui> 

4^jl> (j»»ijJi «x-^» £Aj> {j*y*i \j***^ (j)**3 o*^ c'y' o**!y' 

A-LxJUt (jmJJI uii (j-J^ ^yUvwkAjt xlodl «x£ (^moI (jpljdl 
>lju_*t ^L«yjD yy* 4 s*u S (j X j» j <^*£X? Iala*u cam*^ jtj^jt 

^^l J^? *>JL^ ^al (^oJl ;UiL 4Xj^ <j>l^ JUt c *j*\ 

M ^ (JMJJI JwLI (J*J (J*aJ> ^L*A Cy^MyJ j y^l (J***" JUt ^5>^t 

<X^,o Xju c^jjclt JuflsUt ooy (>?>' M^^ (jV^^Jl coJ 

0^-*^w^ *\ ltt^ J*M C5^» 7*^ <^>j> crs?^ W° u*v* 

c^JLS j^LijJit yL>t j'^^t ^* (j*^ yl*t i^^V^' )h*2^ 
$\ <X-xJ»Ljt «_x&> (ji**jp (j*»>! jJ£ Jfj^^> (J^j» (j«*u K » U> jmj5 
O^X> «X<\H -•*! ^l^. (j*3\ fiXi 2>\y»\ ( jyX4s*Kj6\ *->T*J' OV 

(j**?^ w<JU»»x,vt y^y*> (j^w (j*>>£ *j? «xJ «l*&t <j*v> 0^^» 
Jv-x-j ^al qwhP pi ■» f^O la^k ^^5 j ytfl (^1**^ j^si' 



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— *»( 73 )«+— 
Os- ,^ f > ^j£-M rV" (j^-*-***-* j^"' U**V^ (^^' k*k (j*£^ 

\£k* (j*»ljj*l )^5^ (J^^' Jj-G**' {j^S (j-bJil 0^**Waj! }u 

JgU> ocXm*«J 4><aAama (jmoIo Ouuyji OvJuXfO O u&J (J*j*' £&> 

(j»-*Jt la la <vJt *X> tajylaiCwl j*-* £& *Xot ^J! ^Iw At* 
/w^i>t c^— *C M^-It 0*)—^' owJLxi! <Xjpt o vJuo ^aj ^tyJ It* 

o*k c!^ 5 o*V c^^' u**^ cu ^' &j ciy u 3 ^' o*V 

jj*LJL3 «X-i-W) CJy/XfJ (XmJ^) /OnO' Oc^l jJWjXXJ !yCw) <\£}£) 

^H* <jy^' (J^^ U^' U^^? *X-«^3 ill «X?^3 J^aSjj! (j£j*f 
euJub q^ ^ 1 c^OjJ «X*»*> <X-y£o Jtf Qjuut JJLut Apj (J*^ 1 i 

^jUycvJt C^JUJb c.yb'1 ^1 Uj <X*l <X*£J lot Jjjb'l JUJ 



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— «.(74 
»■ » *» v jl ^j^ ^y** j**-?* «^w 't&^ U"^' £**^J 



OU»xx>I JU^S (jMfc-tl ^Sla^jAliJtf 0*^** ^5^1 c»Ufl> (£^*t 

u*-*-^ {&*-* e'jr*-' j& ft* ***yi o**j' <^; ^ *W 

. (J**^ *S^*S?3' yUjlJt (£*>! (J*"^ (^J' j*^-U*l 0MO5 ^j'I&aII 

(j*>->P (j JL x - w ^ ^ty jmIXI ^)l (_f*^> (j^JjjJ (£«J& JUt (£"*» 

)^j*-*' tr^*' o 1 ^ ' " *=****' «**£' (a*^ cr*^ g l^u^W- 

^yftjJl ^j^Jl «X?Ujl *&£ OMN* (J*s>^ (jxL a^ *^*l fjiuij 
JUST) ^vJ>» CM Ufc *> l g^jjtXlt OCfwt (JNUut l$j**!f (j^A#**Kj\ 

^ULi&t yS>A. (bj}*\ £*2-f*» (jy*4*+*j )j*l J*»t y**it 

Dis mia n tizr'ouin ad setta n tizr'ouin. Ar'erem n Bou 
Semr'oun dis ethna'in n elfelak' adidjen ek'k'aren as At Mo- 
h'ammed ou Mousa ouennidhen ek'k'aren as At el Masoud 
effour'en sgisen n noumten (?) adidjen ek'k'aren as Moh'am 



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nied ad ioumas ek'k'aren as Masoud. Mseferk'ea ad idjen idj 
taqbilet n At Moh'ammed ou Mousa ad ioumas Masoud idj 
n tak'bilet ek'k'aren as At el Masoud lak'bilct ek'k'aren as At 
Otman tak'bilet ek'k'aren as At Bouddou inouarba touseman 
At Slim an ad ouzgen ennidhen ek'k'aren asen At Teboun 
ousend sgi Touat At Teboun d elfelk'et ennidhen ek'k'aren 
aseu At Nasi d elfelk'et ennidhen ek'k'aren asen At Ak'ou d 
elfelk'et ennidhen ek'k'aren asen At Ali ou 1 Aisa d achetma- 
sen n At Teboun ouden emmouten achetmasen At Teboun 
inouarba touseman At Teboun sennej ai d leflak' n At Bou 
Semr'oun. Lferk'at n At Sliman r'ersen ethnain themanin n 
terasissin Imedafa d elfelk'et nAl Teboun r'ersen temanin n 
teras tissin Imedfa; Djarctnar' at Tiout imchit n ouas Asia 
djaretnar' ad idsen Ik'onak' taqblit djaretnar' ad idsen Ik'o- 
nak' Ir'zer n Bou Semr'oun altiou n our'erem echchark' 
elr'arb dis g ikhf n ir'zer sint n t'it'aouin t'it' tak'dimt tella 
alliou lek'dhd lkibla t'it' tadjdid (altiou). Icht n t'amet't'out' 
ek'k'aren as Omm khalifah a trail' 1 ir'zer idyn n ouas a 
tsired deg t'it' tak'dimt r'ir ouah'des azgen n ouas tebda 
tessired alouden r'eres teffour' icht n t'amet't'out'. Tenna ias 
Rotfah' an nemdakoul nech did am annouch lahd cliem 
melmi tousdad deg t'it' aoui d lh'enna d elbokhour chtet g 
t'it' a taidhad' akh ar'erem efler'er' am oucher' timaizounin 
tat'h'a. Koul ioum teggour r'eres ala r'eres teffer' ala d as 
toutch timaizounin. T'amet't'out' tar'it tamcherout alouden 
akides tamdoukoul g tesaat tat'h'a tamedjiouant Djaran dis 
midden ma nis d as ala d ioused Imal g tesaat. Tar'it idjen 
n ourgaz d amedjiouan r'eres lmal bezzaf ek'k'aren as Mouley 
Ismail t Ennan as midden : Telia tadkotil id Mouley Ismail 
ilia itouch am timaizounin. Tennasen : Abadan oullir' amdoti- 
koular't. Idjen n ouas trah' lt'it' a tsired. Ousen d midden 
defferen alouden tiouedh al t'it' a taidh akhkhas toased teffer' 
r'eres touch as timaizounin. Zeren t midden idjen n ouas 
trail' r'eres tain a f&iadh r'eres iffer' (1. teffer') h'ad n ouas 
ik'k'el r'ersen lmal bezzaf. T'it' n Th'abbit g oummas n ir'zer 
t'it' n At Mousa essouddai tella te flour' seg ouzarou altiou. 



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Idraren ensen : Tamedda ik'iblat n Bou Semr'oun d is t'it' 
g ikhf ennes Ik'iblat n oudrar. Icht n tamet't'out' tour'it tes- 
ken g Bou Semghoun g ezzeman amzooarou r'eres Imal 
bezzaf. Iser'ed lakh bar ennes iidjen n oujellid ih'rak r'eres ad 
iaoui imal ennes. Ouden tekseb lekhbar ennes tisilemal ennes 
kh iserdounen touli g Tamedda takhzen lmal ennes ala tousid 
g touant n tira tari dis tarit ou ness>in manain in tirit. — En 
nakhil Ir'arb n Temedda tendhaddis t'it'. Dis tazdain lah'k'ar 
nemi. En nakhl djaras ad Bou Semr'oun lahouiet n elk'onak'. 
Djar Bou Semr'oun d oudrar ntioua tar'erout ad djar tar'erout 
d oudrar ir'zer maleh' aman ennes melah' d oudrar ntioua 
ek'k'aren as Tanout dis t'it' g oummas ennes d ouanou g 
oummas ennes dis lah'kar n liidi. D Marouk'k'a Ir'a'rb n Bou 
Semr'oun asoueddai ir'zer ennes. Djar our'erem Tamedda 
tar'erout nek'k'ar as tar'erout n Gaat. Ad ir'zer n Ouidhai in- 
dhad g Tanout s elr'arb. 

Ad Ouar'ka dis elh'ammam lebda iah'mou dis sin n ir'za- 
ren n tisent dis elbh'our d imazzianen teffour' dis t'it' n 
elh'ammam dis adrar n R'ezala dis t'it'. Jdjen n terras seg 
Bou Semr'oun irah' 1 Ouark'a iaoui d sin adr'ar' idjen n 
elmaallem g Bou Semr'oun isefsit it'h'a d ennah'as azoug^ar'. 
Emmouten essin n terras ad iouen d adr'ar' ekkaren as Ber- 
chan a d ourgaz a t isefsin ek'k'aren as Da h 'man ou Sehhoul. 
Idjen n ourgaz ek'k'artn as Mouley ech-Ch^rif seg ousoun n 
Cheurfa tour'it d animar isken g Bou Semr'oun irah' g 
Ouark'a ad imer r'eir ouah'des Ouden ad ioused a touli t'it' 
n elh'ammam teffour' r'eres ticht n tamet't'out' Idjinettennas 
ias : Erchel i d. . Irchel t it'h'a melmi irah' 1 Ouarka akid 
teffour' r'eres seg t'it' tek'k'im tamet't'out' ennes alouden 
kides irou sint n elouacht icht (lisez ticht) ek'k'aren as H'a- 
lima, tennidhen ou nessin ma nich aid as ek'k'aren (as) Tern- 
mout iemmatsenft] ek'k'iment tioujjilin melmi irah' babasent 
akid eflbur'ent r'eres alouden immout. Idjen n ouas alouden 
taououdh Ouark'a aouin t ldjenoun ala idjen n ouas irah' 
ioumas al Ouark'a irizza akhout ennes alouden r'eres teffour' 
sgi oudrar a tsellem kh ioumas tennas : Ne'chint ilia irchel 



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i d idjen n ourgaz d adjinn ardji i d ad ach addouar'd chera 
n tar'ous aoui t iiemma. Tiouis d tilliout in ir'ed. Tennas : 
R'erech ou lerkebed g ouabrid ala taouodhed immach. 
Ouden iaoudh ad Ouark'a inna : khas rgeber' an nek'- 
k'al manain tella louchid. loused irgeb khas ioufi t d ir'ed 
inr'al t idjou ems r'eir achek'k'at. Alouden iaoudb iemmas 
innas : Akham tak'k'ald illein touchid ir'ed. Tenna : Ouden 
a t ferrar'. Ioufi tent tmouzounin idaoul itazzel elmen inr'al 
ir'ed oul iouf chei idaouel 1 ouitnas g Ouark'a feffour' r'eres 
tennas-: Rouh' a trab'ed ou d ach toucluV ich ouchir' ach 
elli toused d tenr'alt. — Ad oudrar altioua n Ouark'a d 011- 
drar n Bou Redoud indhad gi R'ezala sel r'aib ad oudrar 
elr'arb n Ouark'a ek'k'aren as Chemrikh tella teffour' ezzis 
t'it' n elh'ammam. Taourirt n IDa Ilia tendhad g Chemrikh 
sel k'iblat[n] Tazizaout adr'ar' ennes d azizaou indhad dis ir'zer 
r'arb n Tasent. loused idjen n t'aleb sgi Sous ek'k'aren as 
Mouley el H'asan d aderr'al n ticht n t'it' innasen isin n ter- 
rasen sgi Bou Semr'ouu ; lallahou akidi i taourirt n Ilia Ilia 
ad azmer' kh ouanou ad ihou h'ad ezzigem ad ar' issili Imal. 
Ouden rah'an aoucjhen anou ibda ik'k'ar. Ikker lazadj lehan 
ldjanoun etchaten d isen s ouadhr'ar' alouden d asen enr'en. 
iler'man aouintkhes sin lmal daoulenerouelen. — Dis anou 
g oummas n Ilia Ilia seknen dis idjenoun gaa ou dis ioulin 
akid enr'en t. Innasen idjen n ourgaz : netch aala d koum 
ioulin dis k'imt cheknin arat id aloudai ala d haouir'. Ou- 
den iouli et't'efen t Idjenoun ik'k'im izegga alou ik'k'ar : 
Ilia Ilia. D ir'zer n Bou Semr'oun chark' ennes isemt Doua- 
ridj a tesmet atni djemmai tsamat tiouririn ek'k'aren asen 
Gouirat el R'ozlan a tsemetent marouk' a tesma afsar essam 
ir'zer n Bou Semr'oun. Djaretnar' ad Ouarek'a lah'kar n elk'o- 
nak'. 

DESCRIPTION DU K'CAR DE BOU SEMR'OUN. 

II renferme cent six maisons : le k'car est divise' en 
deux quartiers : 1 un se nomme At Moh'ammed ou 



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— «.( 78 )**— 
Mousa 1 , lautre At el-Masoud : la population des- 
cend de deux hommes : Tun appele Moh'ammed et 
son frere Masoud. lis se s^parerent : Fun laissa (apris 
lui) la tribu de Moh'ammed ou Mousa, et son frere 
Masoud celle qu'on appelle At Masoud; (en outre), 
la tribu des At Otman 2 , celle des At Bouddou : toutes 
les quatre (r£unies) se nomment At Sliman 3 . Les 
gens de Zgen, At Tebboun, sont venus du Touat n 
Tebbount 4 : ils se composent dc la tribu des At 
Nasi; d'une autre, celle des At Ak'ou et celle des At 
Ali. Les Oulad Aisa, frferes des At Teboun, ont p£ri. 
Ce sont Ih les quatre fractions des At Teboun den 
haut. Telles sont les tribus de Bou Semr'oun. La 

1 El-'Aiacbi mentionne, dans la relation de son voyage, un mara- 
bout du nom de Sidi Moh'ammed ben Mousa, enterre a Oualna ou 
il avait decouvert une source et plante des palmiers ( Voyages dans le 
sud de I'Algirie et des Etats barbaresqaes , trad, par Berbrugger, Paris , 
1846, in-4°, p. 29). 

1 Un oued des environs de Bou Semr'oun port* le nom de Oued 
Sidi Otman. „ 

3 Sidi bou Semr'oun, dont la I'oubbah existe encore hors de la 
ville (Daumas, Le Sahara algerien, Paris, i845, in-8°, p. 2 46), est 
appele par Mouley Ah'me:l Ec-Calih' Abou Zemaoun (y>**; pour 
(jjjJL*;) et Samaoun. (Voyages dans le sud de I'Algirie, p. 197-198). 
Le m£me voyageur parle des Oulad Sidi Sliman (At Sliman), des 
Oulad Mousa (At Mousa), des Ou ad Ank'i (J33M •>%')• alors 6n 
guerre, mais qu'il parvinta reconcilier. Les Oulad Mousa babitaient, 
sur la live droite du fleuve , un k'car dont on montre encore les 
ruine*. A la suite d'une lutte intestine, ils se seraient ex pa tries, il y 
a un siecle. Leur mosquee, dont il ne reste que le minaret et quel- 
ques vestiges de voute, peut &re consideree com me le plus beau mor- 
ceau d'architecture de cette partie du Sahara (D r Leclerc, Les oasis 
de la province d' Alger, Alger, i858, in-8°, p. 67-68). 

4 D'apres une tradition locale, cette emigration serait anterieure 
a Tarrivee des Turks. 



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fraction des At Sliman compte quatre-vingt-deux hom- 
ines connaissant les armes a feu; celle des At Te- 
boun en compte qaatre-vingt. Tiout est separ^e de 
nous par line journee de marche : entre Asia et nous , 
la distance est d une joufn^e de marche vers le sud. 
Le fleuve de Bou Semr'oun coule au nord du k'^ar, 
k Test et a 1'ouest 1 ; il y a deux sources k la t4le du 
fleuve : la source ancienne, au nord, et la source 
nouvelle, au midi. 

Une femme qu'on appelaitOmm Khalifahalla un &>vJ^u twti&tu 
jour au fleuve pour laver des vetements k la source |j.53. 
ancienne. Seule, au milieu dujour, elle commencait 
k laver lorsqu'une femme sortit vers elle et lui dit : 
«Soyons amies, toi et moi, et faisons un pacte. 
Lorsque tu viendras k cette source, apporte-moi du 
henn6 et des parfums et jette les dans la fontaine 
qui domine (?) le k'^ar. Je sortirai et je te donnerai 
de fargent*. — La femme revint chaque jour, 
allant trouver 1'autre jusqui ce que celle-ci sortit et 
lui remit des pieces de monnaie. OmmKhalifah etait 
pauvre : lorsqu'elle eut fait amitie avec Fautre, elle 
devint riche tout k coup. Les gens furent curieux 
(de savoir) comment elle s'etait enrichie subitement. 
II y avait un homme riche, possesseur d'unegrande 
fortune, on lappelaitMouleylsmaiL On dit k Omm 
Khalifah : «Tu es Tamie de Mouley Ismail; il te 

1 A la relation d'Ould Tedjini etait jointe une carte grossiere que 
je n'ai pas era utile de ivproduire : dans ce croquis , le fleuve de 
Bou Semr'oun fait le tour du k'car. II prend *sa source dans le Djebel 
Tamedda (Daumas, Le Sahara algi rien , p, 1/17). 



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— «.( 80 }*t— 
donne de largent » Eile r^pondit : ((Jamais je nai 
&6 son amie. » Un jour «elle alia k la source pour 
laver : on la suivit jusqu'& ce qu elle fut arriv^e. 
L'autre femme sorlit k sa rencontre et lui remit des 
pieces de monnaie. Les gens la virent un jour 
quelle £tait a!16e la trouver: d&ormais elle ne sortit 
plus, apres avoir distribue (?) chez eux beaucoup 
d'argent. * 

La source de Tab'abbit est au milieu de 1'oued; 
celle des At Mousa, en dessous, jaillit du rocher. 

Montagnes : Au snd de Bou Semr'oun , Tamedda \ 
renferme une source k son extremite vers le sud. Une 
v^tAt&J&Mj'ti femme habitait autrefois h Bou Semr'oun, elle pos- 
sedait beaucoup d'argent. Un roi en entendit parler: 
il desira vivement semparer de sa fortune. Quand 
la nouvelle arriva a la femme, elle enleva ses ri- 
chesses sur des mulels, monta sur le Tamedda et 
cacha ses triors. Quand elle arriva a la roche de 
Tira (ecritare), elle y ecrivit une inscription dont 
nous ne connaissons pas la signification. A Fouest 
de Tamedda, En-Nakhil 2 : on y trouve une source 
et une grande quantite depalmiers; entre En-Nakhil 

1 Le Djeb^l Tamedda t ermine une des deux chaines formant un 
defile a Textremite duquel est le k'^ar de Bou Semr'oun. Cest un 
massif aux flancs zebras de strates paraJteles, parseme de thuyas et 
de genevriers rabougris (Leclerc, Les oasis de la province dOran, 
p. 63). 

* La montagne d'En Nakhil ou Nokhetlah est un prolongement 
du Tamedda. t Vaste cone surbaisse, aux flancs nns et creuses de ra- 
vins, dont quatre ou cinq sont parsemes de maigres palmiers». On 
9 y trouve les vestiges d'un k'car abandonne faute d'eau et de securite 
( Leclerc , Les oasis de la province tfOran , ch. v » p. 6o ). 



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et Bou Semr'oun , il y a plusieurs Stapes. Entre Bou 
Semr'oun et la montagne du nord, il y a une eleva- 
tion; et entre celles-cietlesmontagnes, coule FOued 
Malah' dont les eaux sont salves. On appelle Tanout 
(petit puits) la montagne du nord 1 , Marouk'k'a est & 
Touest de Bou Semr'oun, au-dessus de son fleuve. 
Entre le village et Tamedda , il y a une colline ap- 
pelle colline de GaAt. La riviere de Ouidhai coule 
du Tanout vers 1'ouest. 

Ouark'a renferme des eaux continuellement chau- 
des (d')ou coulent deux fleuves sal^s : il existe deux 
petits lacs et il y jaillit une source chaude ; ik s'61£ve la 
montagne <Je R'ezala qui renferme une source. Un 
individu'deBou Semr'oun alia & Ouark'a et rapporta oo^u 6&J>«jlca 
une pierre que fit fondre un savant de Bou Semr'oun , 
elie devint du cuivre rouge. Les deux hommes qui . 
avaient transport^ la pierre moururent : Tun se 
nommait Berchan ( le noir) et on appelait Dah'man 
ou Sehhoul celui qui la fit fondre. 

Un homme appele Mouley ech Cherif, de la race Sd^Xu SeMml^ 
des Cheurfa, etait maitre d^cole et habitait k Bou 
Semr'oun. Ii alia tout seul & Ouark'a pour y ensei- 
gner. A son arriv^e, une source d'eau chaude s'^leva 
et il en sortit une f<£e qui lui dit : « Epouse-moi. » II 
I^pousa, et quand il fut sur le point de repartir 
pour Ouark'a, elle sortit dela source pour le suivre. 
Elle demeura avec lui comme sa femme et il en eut 

1 Le Djebel Tanout est situ* en face du Tamedda, de 1'autre cote 
d'une vallee large de deux iieues ( Leclerc , Les oasis de la province 
dOran, p. 62). 

J. As. Extrait n° i3. (i885.) 6 



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.(82 )« 

deux lilies : Tune qu on appelait H'alimah ; nous ne 
savons pas le nom de 1 autre. Leur m&re mourut et 
elles rest&rent orphelines. Quand leur p&re sen alia 
( de Ouark'a) , elles partirent avec lui jusqu & sa mort *. 
^itvA 6w&lnM \u^ o Un jour quune jeune fille de Bou Semr'oun 6tait 
all£e & Ouark'a, des g&iies lemport&rent. Son fr&re 
partit chercher sa soeur, elle sortit de la montagne 
pour le saluer et lui dit : « Je suis marine & un djinn ; 
attends-moi, je te donnerai quelque chose que tu 
apporteras k ma mere ». Elle lui apporta un sac de 
cendres et ajouta : « Ne t'arrete pas en route jusqu & 
ce que tu sois arriv6 chez ta mere ». Quand il fut & 
Ouark'a, il se dit : « Je vais marreter pour voir ce 
quelle ma donne. » II regarda, et voyant que ce 

1 Dans presque toutes les mythologies , le manage entre Stres hu- 
mains et surnaturels se rencontre sou vent : aussi est-ii difficile de 
decider si cette le*gende a une origine berbere ou arabe. Pour ne 
pas sortir de l'Orient , la tradition , m£me dans les temps ante-isla- 
misques, faisait naitre Bilqis, reine de Saba, assimilee plus tard a 
celle qui vint visiter Salomon, de Houdhad et d'une fee (djinnah). 
Celie-ci disparut pour punir son mari de sa curiosite indiscrete (cf. 
Mas'oudi, Prairies ft or, ed. Barbier de Meynard, t. Ill, ch. xliii, 
p. i5a). On a conserve du poete-brigand Taabbata-Charran des vers 
ou il parle de son union avec une goule : < Au matin , la goule s'est 
offerte a moi com me compagne. Quelle terrible compagne tu es, 
lui dis-je. Je lui ai demande ses faveurs : elle s'est pencbe'e vers moi 
avec des traits enlierement transformed* (Mas'oudi, Prairies a* or, 
t III, ch. xlix, p. 3i4-3i5). Dans la demonologie musulmane, on 
donnait le nom de sClah ( JUju») a I'espece de fee (djinn) qui appa- 
rait sous la forme d'une femme et epouse quelquefois des bommes. 
(Cf. Mas'oudi, Prairies dor, t. Ill, cb. xlix). Le Mosiat'rej (ed. de 
Boulaq, t. II, p. 160-161) raconte 1'histoire d'une fee qui, au bout 
de quelques annees , abandonna son mari et ses enfants pour s'ea- 
voler avec les siens qu'etle voyait voltiger sous la forme de flammes. 



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— *»( 83 )< 

n'etait que de la cendre, il vida le sac et n'en laissa 
quun peu (au fond). Lorsquil arriva chez sa mere, 
ii lui dit : « Voici, regard e ce que ta fille in a donne. » 
« Secoue-le » , dit-elle. Hs trouv&rent des pieces de 
monnaie. II retourna en courant k 1'endroit ou il 
avait jeti la cendre, mais il ne trouva rien. II revint 
alors chez sa sceur a Ouark'a; elle sortit au devant 
de lui et lui dil : « Va , je ne donnerai rien , (puisque) 
ce que je t'ai donn6 quand tu es venu , tu Tas secou£ » l . 

1 Dans les trails de demonologie musulmane, on appelle 'ffrit, 
I'espece de djinns qui enleve les femmes (Mostat'ref, t. II, p. 161). 
Quant a la metamorphose de la cendre en pieces de monnaie , on la 
rencontre, avec diverses variantes, dans les litteratures populaires 
de la France et de TAllemagne. Cf. le conte lorrain : le Jiove don 
pe're Chaldt : pour avoir garde la vache des fees , il recoit une pel- 
letee de braises qu il jette ; un seul morceau rest£ par hasard de- 
vientunlouis d'or (Adam, Les patois lorrains, Nancy, 1881, in-8°, 
p. 408-609). Dans un conte de 1'Amienois, Le dimanche on ne doit 
pas travailler, recueilli par M. Carnoy, un bucheron qui a rompu 
Tenchantement des nains en ache van t la chanson qu'ils chantaient, 
recoit en recompense un sac de feuilles seches qui se changent en 
ecus d'or quand sa femme les a aspergees d'eau benite {Me'lusine , 
1. 1, 239-240). De memc, en Allemagne, la sage-femme qui a de- 
li?re la femme d*un Nixe obtient pour son salaire autant de ba- 
layures qu'elle peut en porter : ces ordures se transforment ensuite 
en or (cf. Deutsche Sagen, I, 65, 66, 69 ; Ruhn, Markische Sagen, 
81 ; MullenhofT, Sagen aus Schleswig, Holstein und Lauenburg , 407; 
Wolf, Deutsche Marchen und Sagen, 8o).' Un conte allemand, re- 
cueilli a Holfta, pres d'Eisleben, met en scene Tempereur Othon 
dans le Kiffhauser : il donne un rameau a chacun des musiciens 
qui lui jouent une serenade : ceux-ci jettent le present a 1'excjption 
d*un seul qui trouve le soir meme le rameau change en or; ses com- 
pagnons essaient , mais inutilement , de retrouver les leurs. Un ber- 
ger qui parvient a penelrer dans la grotte recoit des charbons qui se 
transforment en or; un autre obtient une quille qui subit la meme 
transmutation (Sommer, Sagen , Marchen und Gebrauche aus Sach- 



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La montagne au nord deOuark'aest cellede Bou 
Redoud; celle de R'ezala est vers louest. Les mon- 
tagnes a 1'ouest de Ouark'a se nomment Ghemrikh 
il en sort une source d'eau chaude. La collinc d'llla- 
Illa l va de Chemrikh ausud de Tazizaout (la bleue); 

sen und Thuringen, Halle, i8£6, in-12, p. 1). Ce sont generalement 
des charbons qui sont ainsi transformers. Dans un conte de Bendorf, 
une jenne fille, apres avoir esaye en vain d'allumer du feu pen- 
dant la nuit, emprunte a trois reprises des charbons incandescents 
au foyer de trois inconnus qui disparaissent sur le coup de minuit. 
Les charbons s'eteignent et le lendemain ce sont des lingots d'or 
(Gottschalk, Die Sagen und Volksm&rchen der Deutschen, p. 17-22; 
Sommer, Sagen, p. 65). La meme histoire est contee a Wiedenbruch 
en Westphalie ou une servante, sans voir personne, recpit la de- 
fense de prendre plus de trois fois des charbons merveilleux (H. 
Stahl, Westphalische Sagen und Geschichten , 2 vol, in-12, Eiberfeld, 
i83i, 1. 1, p. 119). D'apres un conte recueilli a Halle, un tailleur 
et un orfevre recoivent cTun vieux kobold , qui leur a rase les che- 
veux et la bar be, des charbons qui le lendemain sont devenus des 
lingots d'or : en meme temps , leurs chevem et leur barbe ont re- 
pouss^. L'avidite excite 1'orfevre h. relourner a la meme place : le 
kobold le rase et lui donne des charbons qui n r eprouvent aucnne 
metamorphose; Tor de la veiile redevient du charbon et l'orfevre reste 
chauve (Sommer, Sagen, p. 86). Dans la for&t de Tippelsdorf, ceux 
qui , apres avoir rencontre des religieuses , coupent de f herbe r la 
voient se changer en serpents; s'ils les tuent et les rapportent k la 
maison, ils ne trouvent plus que de Tor. Pareille metamorphose 
existe en Saxe pour des navets froids comme glace et decouverte 
sous Therbe (Sommer, Sagen, p. 67). Enfin, dans la version arabe 
d'un conte berbere , trois jeunes filles assassinees, qui apparaisseni 
a un joueur de guilare , lui laissent comme salaire des ecorces d'orange 
qui, le lendemain , deviennent des pieces d'or, des perles et des dia- 
mants ( Bresnier, Cours de langue arabe, Alger, i855 , in-8°, p. 607). 
1 La colline dllla-IHa est peut-elre rendroit appele Miatbir (les 
centpuits) par Marmol et place par lui a Test de Sidjilmasa, dans 
la partie orientale du royaume de Fas : « C'est , dit-il , un membre 
du grand Atlas ou i'on \oh encore sur la cime les ruines de grands 



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85 )**~ 

ses pierres sont bleues; un fleuve y coule Holiest de 
Tasent. 

II vint un t'aleb du Sous , qu on appelait Mouiey 
el-H'asan, aveugle dun ceil (borgne). II dit k deux 
homines de Bou Semr'oun : a Venez avec moi k la 
coliine dllla-HIa; j'irai k un puits, i'un de vous des- 
cendra et monterales tresors ». lis partirent et arrivfe- 
rent au puits. II commensa k reciter (des incanta- 
tions), une tempete s^leva, les djinns survinrent, les 
frapp&rent -avec une pierre jusqu k ce qu ils les tufe- 
rent; leurs chameaux sur lesquels ils emportaient 
Tor, s'en retournerent et se sauv&rent 1 . 

batiments qui semblent avoir ete faits par les Romains (?), et lout 
aupres un puits fort profond. Les coquins de Fez y viennent cher- 
cher des tresors , comme aux autres dont nous avoos parte , et des- 
cendent au puits avec des cordes, tenant en main des lantemes bien 
bouchees. Ily a plusieurs etages ou Ton passe de Tun a l'autre et , 
au dernier, une grande piace crjusee dans le roc a coups de pic et 
fermee tout autour d'un gros mur qui a quatre entrees fort basses, 
lesquelies vont rendre a d'autres petites places , oil il y a quelques 
puits d'eaux vives* (L'Afrique,de Marmol, de la traduction de N. 
Perrot, sieur d'Ablaqcourt, Paris, 1667, 3 vol. h>4°» t. 11,1.1V, 
cb. cxxiii, p. 3oO/). 

1 La recherche des tresors est une maladie endemique dans toute 
FAfrique septentrionale, ou elle existait avant rapparftion des Arabes. 
Sous le regne de Neron , un Garthaginois du nom de Cesellius Bas- 
sus pretendit , sur la foi d'un songe , retrouver dans une caverne les 
tresors derobes par la reine Didon a favidite des N urn ides; mais 
toutes les recherches furent in utiles et Cesellius echappa par le sui- 
cide a la colere de rempereur (Tacite, Annates' 1. XVI , i-3). Lors- 
que les Arabes conquirent I'Egypte, les monuments des Pharaons, 
hypogees , pyramides , naos, etc., dont futilite leur etait inconnue, 
leur parurent autant de depots de richesses , gardes par des glnies 
que representaient les innombrahles statues d'hommes, de sphinx 
et de divinites. De nombreuses descriptions de tresors souterrains 



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— «.( 86 

rJc** itnAwU, p. J* Au milieu de cette colline, il existe un puits oil 
vivent beaucoup de djinns qui tuent celui qui y 
monte. Un homme dit aux gens : « Je vous promets 

nous oot iti conservees , surtout dans 1'ouvrage intitule : les mer- 
veittes de XEgypte, de Murtadi, fils de Gaphiphe (Wc), trad, par P. 
Vattier, et dans le Khit'at c!e Maqrizy (cf. aussi Trebutien , Contes ini- 
dits des MiUe et une writs, Paris, 1828, 3 vol. in-8°, t. Ill, p. 34o- 
365). Les choses furent poussees au point qu'il se forma des 
corporations de chercbeurs de tresors que la trouvaille de quel- 
ques bijoux dans un tombeau suffisait a tenir en haleine (cf. Abnl 
Abbasi Amedis Tulonidarwn* primi vita et ret gestm, par Roorda, 
Leyden, 182 5, in- 4°, p. 33). Le metier n'etait pas toujours sans 
danger et le souvenir a ete conserve de ceux qui , perdus dans les 
dedales d'une construction souterraine, avaient disparu ou etaient 
devenusfous, punition infligee, disait-on, par le genie gardien des 
tresors (cf. Contes da chetkh El-Mohdy, t. II, p. 323). Les traditions 
Yemenites parlent aussi de depots de ce genre enleves a la curio- 
site des hommes : on pretendit, au temps d'Abou fiekr, avoir re- 
trouve le tombeau et 1'egee de l Ad (cf. Mostal'ref, ed. de Boulaq, 
t, I, p. 119). Le paradis d'Irem, Irem aux colonnes, construit par 
Cheddad , fils de 'Ad , pour rivaliser avec Dieu , et disparu lors de 
I'aneantissement des 'Adites , fut visits au temps d'Omar, disent les 
uns, de Mo'aouyah, suivant d'autres. La plupart de ces legendes 
sont dues au juif converti Ka'b El-Ahbar (cf. Mostat'ref, t II, 
p. 169; Mille etune nuits^&d. de Boulaq, 2 vol. in-4°, t. I, p. 275- 
279, ed. de Breslau, t. VIII, p. 539»54o; Masoudi, Prairies cCor^ 
&i. Barbier de Meynard, t. IV, i865, ch. lxviii, p. 88-89). ^ e ne 
fais que mentionner les villes fabuleuses, en airain, en cui\re ou en 
or, perdue s dans le desert du Sahara , mais ou parvinrent Ifriqos , 
Dzou'l Qarnain et Mousa ben Nocair (cf. Mille et une nuits, ed. de 
Breslau, t. VI, p. 487-506; ed. de Boulaq, t. II, p. 566-578; Mas- 
'oudi, Prairies dor, t. IV, p. 95, etc.). Dans le Maghreb, les ruines 
romaines et berberes ont egalement frappe 1'imagination des indi- 
genes et ils ne doutent pas que de nombreux tresors y soient caches. 
On connait les traditions relatives au monument appele Tombeau de 
la Chretienne, entre Alger et Gherchel (cf. Marmol , L'Afrique, t. II, 
1. V, ch. xxxiv, p. 395; Mornand, La vie arabe, Paris, i856, in- 
12, ch. xiii ; M *", L'Algirie, Paris , s. d. , in-16, p. 102-108; Ber- 



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d'y monter; levez-vousetattendez-moi enbas jusqui 
ce que je descende». Quand il monta; les djinns le 
saisirent et il demeura (quelque temps) Strangle en 
criant : «H y en a, il y en a» (llla-llla), 



brugger, Ze Tombeau de la Chritienne, Alger, 1867, in 8°, p. 3i- 
39 , etc. ). Les Djedars et le Medr'asen passent egalement pour re- 
celer les tresors des anciens habitants du pays. Seals , les Marocains , 
surtout ceux originaires du Sous, et les chretiens possedent, au 
dire des indigenes , les connaissances suffisantes en sorcellerie pour 
veuir a bout des gardiens mysterieux des richesses souterraines (cf. 
sur les magiciens marocains, Trumelet, Les saints de l Islam, Paris, 
1881, in-12 , ch. vii; Leon 1* Africain, Africw descriptio, Leyde, in- 
32, i63a, t. I, p. 35 1). Les Europeens sont, parait-il, les rivaux 
les plus redo u tables des Maugrebins sur ce terrain (cf. faventure 
d'un t'aleb marocain et de trois indigenes d' Alger dans les ruines de 
Rusgunia, Revue africaine, t. I, p. 129; Certeux et Carnoy, L'Al- 
gerie tradilionnelle , t. I, Alger, 1884 » in-8 e , p. 62-63 , 75-76 et Tanec- 
dote citee par M. Mac-Carthy, Algeria romana, Alger, 1857, in-8°, 
p. 62-63). Pendant mon sejour a H'oumt es-Souk', dans Tile de 
Djerba, en 1882, un indigene qui m'avait vu rechercber et copier 
des inscriptions vint me signaler un tresor enfoui a EI-K'ant'ara , 
dans le sud de 1'iie, ou Ton a fait depuis des decouvertes impor- 
tantes. II me j roposa de faire les frais des fouilles , me demandant 
seulement d'ecarter les djinns par les connaissances en magie qu'il 
me supposait. Les benefices de Tentreprise devaient 6tre parlages 
parmoitie. Sur mon refus, il m'offrit les deux tiers, puis les trois 
quarts , et a la fin partit persuade que je me reservais de faire 
passer le tresor complet en France par des moyens surnaturels. La 
meme superstition existe en Orient. Cf. f histoire de 1'Armenien 
Chatir et du Franc Sari-Satcblu [le soldat aux cheveux roux) deguise 
endervicbe, a Begirid, dans la province de Van (Jaba, Recueilde 
notices et rtcits konrdes, Saint-Pe'tersbourg , i860, in-8°, p. 77).Cette 4 
maladie mentale nepargne pas les colons europeens et, de temps a 
autres, les journaux algeriens signalent les tentatives des emules de 
Cesellius Bassus pour retrouver les tremors de Jugurtba ou de Bar- 
berousse (cf. P. Bourde, A travers VAlgdrie, Paris, 1880, in-12, 
p. 55-5 7 ). 



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88 

Le fleuve de Bou Semr'oun, iTorient, se nomme 
Douaridj. . .\ . on appelle les collines Gouirat el- 
R'ozlan , et Marouk'a la plaine que traverse ( ?) le 
fleuve de Bou Semr'oun. Entre nous et Ouark'a , il 
y a la distance d'une 6tape. 



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NOTES 



. DE 



LEXICOGRAPHIE BERBERE. 



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PARIS, 

ERNEST LEROUX, tfDITEUR, 

LISRA1RB DB LA SOCIBTE ASIATIQUB, 
DE LȣCOLE DBS LAHGCES OR1ENTALBS YIYANTE3, ETC. 

RUE BONAPARTE, N* 28. 



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NOTES 



DE 



LEXICOGRAPHIE BERBfcRE, 



PAR 



M. RENtf BASSET. 



EXTRAIT DU JOURNAL ASIATIQUE. 



PARIS. 

IMPRIMERIE NATIONALE. 



M DCCC LXXXVIII. 



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NOTES 

DB 

LEXICOGRAPHIE BERB^RE. 



QUATRIEME SilRIE. 

VOCABULAIRE DU TOUAT ET DU GOURARA, 

ARGOT DU MZAB, 

DIALECTE DBS TOUAREGS AOUELIM WIDEN. 



AVANT-PROPOS. 

Les trois vocabulaires que je donne aujourd'hui ont ete 
recueillis a differentes reprises , pendant deux missions que 
m'avait bien vouluconfier M. Tirman , gouverneur general de 
l\Algeiie. Le premier, et le plus important, comprend les dia- 
lectes paries dans le Gouraraetle Touat, cette prolongation 
naturelle de TAfrique francaise du Nord, mais dont 1'acces, 
deja si difficile a Tepoque ou M. Soleillet accomplissait son 
perilleux voyage, est maintenant absolument impossible, 
comme 1'ont montre la tentative de M. Largeau et le recent 
assassinat du lieutenant Palat. L'orgueil desTouaregs surexcite 

J. As. Extrait n° ai. (1887.) 1 



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par le massacre de la seconde mission Flatters , massacre qui 
est encore a venger, les intrigues des Oulad Sidi Chelkh, 
nominalement rallies a la France, et des chefs d'insurrec- 
tion dont le plus celehre est Bou 'Amema, enfin 1'hostiiite 
naturelle des musulmans fanatiques, aujourd'hui enr61es 
dans la confrerie des Senoussis, ont accru encore les diffi- 
cult^ que rencontrait, il y a un quart de siecle, le com- 
JA mandant, aujourd'hui general ^Golonieu^lorsqu'il s'efforcait 

de nouer des relations directes avec ces groupes d'oasis. 

Cependant les Touatis et les Gouraris , surtout ceux de la 
classe inferieurc, frequentent le sud et le centre de 1'Algerie : 
ces derniers surtout* harratin d'origine, presque noirs de 
couleur, ont fuipour la plupart la tyrannie de leurs suzerains 
arabes ou touaregs^et selivrent avec zele a la culture dans 
les environs des villes des Hauts-Plateaux. 

(Test ainsi qu'en 1886 et en 1887, j'en trouvai un certain 
nombre etablis a Tiharet et que je pus etudier leur dialecte , 
jusque-la inconnu, Man ami, M. Camille Limon, juge de 
paix a Tiharet, mit a ma disposition le cheikh du village 
negre, venu lui-meme du Gourara. Son zele, accru par la 
qualification flatteuse de quid el-ousflm (qatd et noo cheikh) y 
me procura des representants de chacun des k'cours. Mes 
renseignements sur les dialectes de Badrian sontdus aH'amed 
ben el-H'adj Moh'ammed; de Tementit, a El-H'adj Moh'am- 
med ben el-H'adj Ah'med; de Tiattaf, a c Abd el Qader ben 
Moh'ammed; de Timisakht, a El-H'adj Abd el-Qader; enfin 
de Timimoun , a Ah'med OuW H'adj Moh'ammed , originaires 
de chacun de ces k'cours. 

Comme dans mes precedentes Notes, j ai compare les mots 
des vocabulaires avec les formes correspondantes des autres 
dialectes, mais, pour eviter les redites, je me suis borne a 
ceux dont je n'avais pas parte et que de recentes explorations 
m'ont fait connaitre. Ce sont , outre le Mfcabi , le Tagouarje- 
lent et le Rifain, la Zenatia de rOuarsenis, des Haraoua de 
Teniat el-H'ad , des Harakta de 'Aln Beida et le Djerich* de 
Senned , dans le Djerid tunisien. 



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J 



—*(3 

fin i885, pendant mon sejour au Mzab, mon hdte et 
ami, M. de Calassanti Motylinski, interprete militaire au 
bureau arabe de Ghardaia, me fit dieter par le qaid de Me- 
lika la liste d* expressions figurees que je desigue sous, le nom 
d'argot du Mzab. 

La meme annee, a Ouargla, je dus a robligeance de M* he 
Chatelier, chef du poste de, cette ville, de recueillir un voca- 
bulaire du dialecte des Touaregs Aouelimmiden de la bouche 
dun ancien eselave, El-H'adj Barka, n4 dans cette tptbet. 




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*(4. 



I 

DIALECTES DU GOURARA ET DU TOUAT. 

II est certain que les anciens ont connu, au moins 
de nom , les groupes d'oasis dont les principaux sont 
le Touat, le Gourara et le Tidikelt, mais Talt^ration 
des noms propres et la confusion des renseigne- 
ments g6ographiques recueillis pour la plus grande 
partie par Ptol£m£e, rendent difficile et souvent 
douteuse toute assimilation avec les denominations 
modernes de ces k'§our. 

La population primitive de ces oasis &ait proba- 
blement de race noire ou brune et peut-etre ratta- 
ch£e aux Wolofe ou aux Foulah du S6n6gal actuel. 
Les traces d'un peuple n&gre semblent s'etre conser- 
ves dans les caract&res physiques des individus de 
la classe inftrieure (hwratin), et meme dans le lan- 
gage. On trouvera, en effet, dans le dialecte parte 
dans ces oasis des ph6nomfenes phon&iques particu- 
liers au wolof et k quelques langues soudaniennes l . 

1 Cine tradition , recueiliie par Ah'med Baba de Tombouktou , dans 
sa Chronique, pretend que lorsque le roi de Melii, Konkour Mousa 
(^*y» ffi ffi t fit le pelerinage de la Mekke a la t£te d'une armee de 
60,000 hommes, il passa par Oulata et le Touat (ol^s), etque ce 
dernier pays fut ainsi nomme parce que le prince y etablit ceux de 
ses esclaves a qui leurs pieds endoloris {ol^s) ne permettaient pas 
de le suivre. (Ralfs, Beitrage twr Geschichte vnd Geographie des Sudan. 
— Zeitschrift derdeutschen Morgenlandischen Gesellschaft, t. IX, 18 55, 
p. 525.) Gomme Konkour Mousa vivait au viii'siecle de Thegire, 
cette legende n'a pas de valeur historique, mais elle montre, chez 



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II est gen£ralement admis, depuis d'Anville 1 , que 
le Ger de Pline TAncien, jusquouparvint Suetonius 
Paulinus, est identique au Ghir de L6on TAfricain 
et & TOued Saoura actuel, c est-&-dire au fleuve qui, 
prenant sa source chez les Ait Alach du Maroc 2 , sur 
le revers meridional du massif atlanlique, va se 

les Soudanais , le souvenir d'une population noire qui aurait habite 
le Touat. Quant a ce dernier mot, il parait signifier oasis, comme 
l'a fait remarquer M. de Slane. 

1 Mdmoires de tAcadernie des inscriptions (ancienne serie) , t. XXVI , 
1745, p. 81 • Sur les rivieres de Tinterieur de VAfrique, Walckenaer, 
Recherches sur VAfrique, Paris, 182.1, in-8°, p. 387-388. Michon, 
Quid libyca geographic, auctore Plinio, Roniani contulerint, Paris, 
1859 , in-8°. M. Vivien de S. Martina demontre, apres Walckenaer, 
que le Ger de Pline correspond au Nigir (Niyeip) et non au Gir 
(Teip)de Ptolemee. (Le'Nord de TAfrique dans VantiquiU, Paris, 
i863, gr. in-8°, p. 42 5-449.) Sur le cours superieur de ce fleuve 
quiporte aujourd'hui les noms d'Oued Saourah (S^LJl <^*>^, <$«>ij 
j-o^, pLuM (S^j d'Ei-'Aiachi , K^L^I <$M} de Mouley Ah'med), 
Oued Msaoura,Oued Messaoud , Oued Guir, cf.Fillias, L' Expedition 
de VOued Guir, Alger, 1880, in-8°, p. 11-12; Colas, Renseignements 
giographiques sur I'Afrique cenlrale, Alger, 1880, in-8°, p. 73-76; 
Sabatier, La Question du Sud-Ouest, Alger, 1881, in-8°, p. 16-17. 
II est probable que c'est le meme fleuve que Pausanias (Attiques, 
33) a en vue, lorsqu'il parle d'un cours d'eau sortant de 1' Atlas et 
renfermant des crocodiles. (Description de la Grhce, ed. Clavier, 
Paris, 1814-1821, 7 vol. in-8°, t. I, p. a4i.) 

* El-'Alacbi, p. i-4, ap. Berbrugger, Voyage dans le sud de VAl- 
girie, Paris, I. R., i846, in-4°. Comme Pline 1'Ancien (Hist, nab, 
1. V, ch. k, 1) rapporte cpie Juba II avait consacre la depouille d'un 
crocodile tue dans ce fleuve de la Mauritanie, assimile au Nil par 
les anciens (cf. aussi Strabon , GSogr., 1. XVII, ch. 111, 4), quelques 
geographes y ont vu le fleuve auquel parvinrent les cinq Nasamons 
dont parle Herodote, d'apres Etearque 1'Ammonien (Histoires, 1. II , 
32). II faut corriger en Gir la lecture Geon conservee dans Tedi- 
tion de la Cosmographie d'Ethicus Ister par L. Baudet. (Paris, 1 843 , 
in-8°,p. 5o.) 



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— **( 6 )•** — 
perdfe, au sud da ToUttt, (fens les environs des 
dtfnres dlgtiidett. On pettt adtaettre que ies popula- 
tions de cess trois groupes d'oasis &aient comprise* 
par le$ g<k)graphes grecs et remains sous le nom 
vague de <S^tuies <ra de Mdtafcp-G&ules K 

Att temps de Ptol&n6e , cfette ligne d oasis devait 
£tre un des principaux chemins suivis par les cara- 
vanes allant de Mauritanie au Soudan , car le gko- 

1 II me semble impossible de donner au nom de Getules un sens 
nettement determine. M. Vivien de S. Martin (Le Nord de VAJriqne 
dans tantiqwti, p. 1 28) , qui a assimile , avec raison, les Getules aux 
Guezoula des ecrivains arabes , a indique* , mais sans preuve, 1'erreur 
«(m etendait eette appellation a toates les populations du sud de 
1'Atlas , du Guir aux Syrtes. Les Guezoula etant d'origine senbadja , 
en les placant dans le Touat* le Gourara et le Tidikelt , on serait 
en contradiction formelle avec Ibn Khaldoun, d'apres lequel (His- 
toire des Berberes, tr. de Slane, Alger, 1 85 2-1 856, in-8°, t III, 
p. 1 79 ) les Zenatas forment a pen pres toute la population des pays 
daetytiferes du Sahara, jusquau Sous el-Ak'ca. Les Beni Yaleddes, 
qui, d'apres le m£me auteur (Histoire des Berberes, t. Ill, p. 297), 
babitaient le territoire situe au midi des deux Magbrebs , derriere 
le 'Arg , a'ppartenaient a la famille des Zenatas , soit qu'en les rat- 
tache aux Beni Ouemannou ou aux Maghraouas. Une autre frac- 
tion des Beni Ouemannou , d'origfrte zenatienne, est mentionnee no- 
minalement comitate occupant ces oasis* On y rencontrait aussi des 
Ourtatghir, des Beni Mozab, des Reni*Abd d-Ouad et des Beni 
Merin, tons Zenatas. Un des k'cour du district de Teganet, dans le 
Gourara, est encore appele aujourd'hui K'car ez-Zenata et le ber* 
bere parle <Ians ces oasis se nomine Zenalia. Quant a Tassertion 
cbntraire du cfeeikb Abou-Ras (Voyages exlraordinaires , tr. Arnaud, 
BWue africaine, 1 883, p. 87) , d'apres laqttelle les populations de Fi- 
goig et du Toual desctftidraient des Senbadjas, si tant est qu'on 
doive accorder quelqoe credit a ce compilateur moderne depourvu 
de toute critique, on pent suppose* qu'il ft voulu parler des Mikna- 
sas, triba sanbadja du Tafiialet , «dont quelques fractions parent s# 
fixer au Gourara. 



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graphe grec nous a iaiss^, comme un itin£raire, une 
liste de bourgades situ^es pres du Nighir, et dontquel- 
ques-unes poiirraient etre assimil^es aux k'<jour exis- 
tant de nos jours. Ge sont : « au deI4(?) du Nighir » 2 : 

Taloubath (ToAotf&tf), oil M. Vivien de S. Martin 
croit reconnaitreleTaneb&t, mentionn^ dansun des 
itin&raires cit& par Renou 2 . 

Toukabath (Touxd&xti, van TovgdiSai), ou le meme 
auteur voit la Tesabit (ouuLu) d'Ibn Khaldoun. II 
faut toutefois remanpier que le k ou le ^ du grec a 
pu difficilement representor ou devenir un ^ en ka- 
byle ou en arabe. Le nom donn^ par Ptol^m^e pour- 
rait signifier en berbere « f endroit oil abondent les 
renards* {akab <J5f ou ax<t6). 

Byntha (Bfrfa, var. B/t>0ct), oil M. Vivien de S. 
Martin croit reconnaitre le Bouda actuel 3 . 



1 Ptolemee, Geographic, ed. Nobbe, 3 vol. in-16, Lipsie, i843, 
t. 1,1. IV, ch. \i,Sa5. 

* Description giographique de V empire du Maroc, Paris, I. R*. , 
i846, in- A*. 

* Le pays de Bouda, sitae sur 1'Oued Msaoura, entre Tesabit ei 
Timmi, comprend onze k'cour dont les noms ont M alteres par 
les deux Europ&ns qui les premiers out decrit le pays. (De Colomb , 
Notice sur les oasis du Sahara et les routes qui y conduisent; Revue 
maritime et coloniale , t. Ill , i 86o , p. 4 4 ; Roblfs , Reise durch Marokho , 
Bremen, 188a, in-8*, p. 160.) M. Le Gbatelier (Notes sur le k'sour 
de Bouda, Bulletin de la Soctitf de giographie, If trimestre 1886, 
p. 598) a donne, d'apres des informations particulieres , la liste 
suivante qui parait etre de beaucoup la plus exacte : Mansour, 
Bouda, Zaouya Sidi Halda , Agberam AU(Jlc *-£), village de'Ali, 
le AgarmaHi de Roblfs) , K'$ar Beni Allalou (le Ben Illou de Colomb , 
le Ben Illo de Roblfs), Ben Adraou (Col. Ben Dra, R. Ben Draho), 
Zaouyat ech-Cheikh b. Amar, Ba-Kballa, Zaouyat el-Gbemarina (le 



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« En de§& de la rivi&re » [tilth tbv wtap&v) 1 ; 

Anygath (kwydtB), peut-etre la meme que la Te T 
n6ghent de L6on TAfricain. 

« Sur la rive septentrionale du fleuve » 2 ; 

Pessidd (WeaaiSt), var. Jleo-aiSu). 

Thig6 (Qfyn). 

Koufe (Kcn^i). 

La m&ropole de Nighira [Wyupa pgTp&raXi* ). 

Oueliegia (OtieXA^yia, var. OtfeX^yia, OueTJyeipa)* 

Tagama (T<fya(ia) y quon peut rapprocher de Ta- 
gant, un des neuf k'<jour de Reggan 3 . Un des dis- 
tricts du Gourara porte aussi le nom d$ Teganet et 
comprend trois k'<jours ; K'car Oulad Daoud, K'<jar 
ez-Zenata, Teganet. Le nom de Tagant derive soit 

Rimara! de Rohlfs, El-Ghamarens de Golomb); K'arbat Oulad 
Yaich, Kasbah Sidi Said, K'car Affare (R. Ouffart), Ouaderare 
(^l£j»3 «pierre», R. Udbrhar), Beni Ouazine. La plupart de ces 
noms sont recents et d'origine arabe : le k'car est toutefois assez 
ancien : au xiv e siecle, Ibn Batoutah le mentionne. (Voyages, id. et 
trad. Defremery et Sanguinetti, t. IV, Paris, Imp. nat., 1879, 
p. 447.) C'est a tort que Walckenaer (Recherches gdographiques sur 
Vinterieur de lAfrique septentrionale , p. 287 ) assimile Bouda a Agabli. 
J Ptolemee, 1. IV, ch. vi, S 26. 

2 Ptolemee, 1. IV, ch. vi, S 27. 

3 De Golomb, Notices sur les oasis, p. 5i. Les autres k'cour 
sont : Tinnouri , residence du chef, Ba-RichHech-Chorfa , Ba-Rich- 
el-Harratin, Oulad Raho, Anzeglouf, Timadanin (les villes, plur. 
de iamdint o-s)Osjt), Kasbat Oulad Hamidou Cberabil, En-Nefich, 
Zaouyat ei-Hachef, Kasbat Oula'd Allei, Tinoulaf el-Gharbia, Ti- 
noulaf echrCharguia , Tenchent, Agaranl, Taourirt el-Hadjar a col- 
line de pierres», Taourirt el-Gueblia «colline du Sudi. La liste 
donnee par G. Rohlfs (Beise durch Marokko, p. 162) est incomplete 
et ne comprend que quatre noms : Nfis {Nefich), Udrar {oudrar 
«la montagne» jfj*))« Tinadanin (Timadanin) et Taourirt. 



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de la racine g n (kabyle gen ^), signifiant « se re- 
poser, dormir » ( cf. le nom de la ville arabe de ibUJI), 
soit de la racine qui a donn6 en touareg ahaggar le 
mot egan IT, « arm6e ». Dans le dernier cas, Tagant 
r^pondrait au mot arabe Sj**x* (cf, le nom de Mas- 
cara) ou de aJUs. Onpourrait aussireconnaitre, dans 
la Trfya/xa de Ptolem6e, le k'^ar de Taghemt (Ta- 
r'emt), Tim des trois villages dlguesten 1 . 

Panagra {JUvaypat) , oil se rencontre la racine iger 
jSs> « cbamp. »> 

« Sur la rive m&ridionale 2 » : 

Thoupae (Sovncti, var. Qovinrou). 

Pouns6 (Houvan, var. Tlovvaa). 

Salouk6 (SoAowo;, var. HaXovxa). 

Thamondokana (SafiovSSxava, var. Qa^ovScutava, 
kfiovSdbcava). Peut-etre doit-on voir, dans la seconde 
partie de ce nom, une alteration de la racine z> k l 
( jSi) signifiant « se r&inir, s'assembler » , dou vient 
le nom du Tidikelt (oJ53o) «la reunion », corres- 
pondant 4 Tarabe itelsr. Thamondokana serait le 
meme nom, l^gerement changd, que Thimedoukelt 

Doudoum (AovSoifjL, var. AovOovp), peut-etre le 
Deldoul ou Deldoum actuel, Deldull de Rohlfs 
(p. 159), un des districts au sud de la Sebkha de 
Gourara, habits par des marabouts Zoua 3 . 

1 Les autres sont : Asoul et K'asbat el-Foukania. (Le Cbatelier, 
Description de Voasis d'In-Salah, Alger, 1886-, gr. io-8°, p. 3i-3a.) 
* Ptoiemee, 1. IV, ch. vi, 5a v°. 
5 IJ comprend six k'cour : El-Mansour, Akehour, K'qar el-Ous- 



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10 

II importe de faire remarquer, A propos de' I'iden- 
tification de ces derniers noms, quil est difficile de 
tenir compte des indications donnees par Ptol&n6e 
sur fat situation et la distance de ces points par rap- 
port au Nighir (Ger), car, de nos jours, tous les 
k'cjour sont Mtis sur la rive droite de TO. Msaoura, 
et Ton peut croire qu'il en £tait de meme dans Tan* 
tiquit6. Les expressions «en de$&, au deli, sur la 
rive septentrionale ou m&idionale » proviennent 
sans doute de confusions dans les itiniraires de ca- 
ravanes qui ont fourni des renseignements au g&>- 
graphe grec, ou doivent serapporter k quelques-uns 
des nombreux affluents de TO. Msaoura et non au 
fleuve lui-meme. 

Quant aux populations qui habitaient les deux 
rives du Ger, PtoI6m£e l mentionne les Ethiopiens 
Odrangidae ( 6«Spayy/<$xi ) , oil M. Vivien de S. Martin 2 
a reconnU la tribu sanhadja des Outriga, les Mi- 
makes (Mifickoi) , et au sud de ces deux tribus 3 , les 
Akhaemoe {kyauym , var. A^flfjaai), les Gongalae (Toy- 
yaX&t), les Nanosbeis{Na*o*&fe), les Nabathrse (Na- 

tani, Oulad Abbou, Tadmait, El-Hadbam; cf. une description de 
cette oasis dans Cberbonneau , Indication de la route de Tuggurt a 
Tombouctou, Paris, i860, in-8°, p. 5, et Coyne, Une ghazzia dans 
U grmd Sahara, Alger, 1881, in-8*, p. 36-37* C'est a Deldouni que 
se trouvait Bou Amema lors de son entrevue avec le lieutenant Pa- 
lat, assassin^ quelques jours apres a Hassi Cbirk sur la route dln- 
Salah. (Faucon, Le lieutenant Palat, son exploration, Mascara, 1886, 
in-8*, p. 2 3-2 A.) 

1 L.IV, cb.?i,Si6. 

* Le Nord de VAfrique dans tanUquiti, p. 453-453. 

a L.IV,ch.vi,$io, 



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E SIDJILMASA, 

PADROUN. 



YASA* (I ,r ), 

108 h. (790-791 a 8a3-8a4 j. 

AgiR(I»), 
|2/» a 867). 



1 1 

t YASA' (II), Bessader. 

jtekri, 292), I 

1. (884 a 908-909). Moh'ammed. 

piasa par lea Fathnites. | 

r El-Mo'tazz (I") 

3o9-32i h. 
(921-922 a g33). 

Abod'l M0NTA51R Moh'ammed 
321 h. ( 9 33 ). 

El-Monta$ir (II) Sbmgou 
321 h. ( 9 33 ). 



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— «K 11 )«+- 

€&pai ) , les Alitambes ( kXttaptSoi) , les Manrales ( Mofc- 
pdttat, var. ManJpaAoi 1 )* 

^identification de ces nottis propres, dans F&at 
oil ils nous sont parvenus , ne peut donner iieu qu & 
des hypotheses et des conjectures aventureuses. H 
nest du reste pas certain que Ptol6m6e ies ait re- 
produits exactement et il a du justifier plus d'une 
fois la remarque de Pline FAncien : « Les noms des 
peuples et des villes de FAfrique sont des plus im- 
possibles k prononcerdans une autre langue que les 
leurs 2 . » 

Les populations de ces k'tjour gard&rent leur in- 
d^pendance pendant la p^riode de la domination 
romaine, vandnle et byzantine en Afrique. Elles du- 
rent k leur ^loignement de conserver leur religion 
et leur liberty pendant les commencements de la con- 
quete arabe. La date de leur conversion a Fislam est 
inconnue t cependant on peut vraisemblablement la 
placer k la meme 6poque que celle de leurs voisins 
les Miknasas, qui fond&rent ou plut6t reb&tirent Si- 
djilmasa en Fan 1 4o de Fh^gire ( y3*j de J.-G. ) , c'est- 
4-dire dans les premieres ann^es du n e si&cle (vm* 
de notre ere) 3 . Le proselytisme abadhite des Beni 
Midrar dut rayonner sur les pays voisins et la con- 
quete politique marcha de pair avec la soumission 
religieuse. Abou Man^our El-Yasa' I (1 74-208 h6g., 

1 L.IV,ch.vi,S 21. 
* Hist nat.,L V, ch. i,S 1. 

3 Histoire des Berbfres, t. I, p. 261. Voir le tableau genealogique 
des Beni-Midrar. 



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79°"79 1 ^ 8a3-8a4 de J.-C.) s'emp&ra, dit Ibi* 
Khaldoun 1 , des oasis du desert, au midi de Sidjik 
masa. Les relations du Touat, du Tidikelt et du 
Gourara avec la dynastie des Beni Midrar furent les 
memes que celles qui existent encore aujourd'hui 
entre ces pays et le Maroc : une soumission nomi- 
nale , parfois affirm^e par un tribut pay6 apres une 
expedition envoy^e par le pouvoir suzerain , mais re- 
fus6 aux premiers embarras ext&ieurs ou int^rieurs 
de ce dernier. Les Beni Midrar, que navait pu 
an£antir Finvasion fatimite, disparurent devant les 
Beni Khazroun, famille maghraoua 2 , patronn^e par 
le puissant vizir de Cordoue Ibn el-Amer El-Man<jour 
(Almanzor), alors en lutte contre le Senhadja Bo- 
logguin ben Ziri , repr&entant des Fatimites. Khaz- 
roun ben Felfoul , le premier prince de la dynastie 
maghraoua, re§ut du ministre espagnol Tinvesti- 
ture de Sidjilmasa et des provinces qui en d6pen- 
daient. 

A l^poque oil les Ketamas et les Senhadjas re- 
pousserent les Zenatas dans le Maghreb el-Ak'<ja, les 
Beni Ouasin , comprenant les Beni Merin , les Beni 
c Abd el-Ouad, les Beni Toudjin, etc., all&rent s'&a- 
blir dans le desert qui s'etend entre la Molouya et le 
Za. Hs y reconnurent Tautorite des gouvernants 
maghrebins : d'abord celle des princes des Miknasas, 



1 Histoire des Berberes, t. I, p. 262. 

' Voir sa genealogie dans le tableau joint aux Notes de lexicogra- 
phic berbtre, 2 e serie, p. 12. 



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_«.( 13 )<^_ 

ensuite celle des &nirs des Maghraouas 1 . Plus tard, 
profitant de 1'affaiblissement de la dynastie senhadja 
des Zirites, les Beni Ouasin se r^pandirent dans le 
Maghreb central , d'ou les chassa , au xi e siecle , Tin- 
vasionarabe des Beni Hilal. La d^faite d'Abou So'da 2 
les obligea de rentrer dans le desert et les Beni Me- 
rin occuperent le pays situ6 entre le Tigourarin 
(Gourara) et Debdou. C'est de \k qu'ils partirent plus 
tard pour fonder une dynastie & Fas. 

Apr&s la chute des Beni Midrar, les oasis pas- 
s&rent, au moins de nom, sous la domination almo- 
ravide; elles paraissent avoir &t& entierement ind6- 
pendantes au temps des Almohades : du moins elles 
ne sont pas mentionn^es dans le ricit des 6v6nements 
qui eurent Sidjilmasa pour theatre, sous les der- 
niers khalifes de cette dynastie. 

Sous les Merinides, le Touat et le Gourara furent 
conquis , en 715 h6g. ( 1 3 1 5- 1 3 1 6 ) , par le prince 
Abou c Ali qui , apres de nombreuses luttes contre son 
pere Abou Sa'id , obtint le gouvernement de Sidjil- 
masa. II organisa une arm6e, enrola des auxiliaires 
arabes chez les nomades Ma'akils, et sempara sans 
difficulte des k'§our du Touat, du Gourara et de 
Tementit 3 . II se tourna ensuite contre les provinces 

1 Tbn Khaldoun, Hist, des Berberes, t. Ill, p. 3o6. 

* Cf. sur ce personnage, raon memoire sur Rouba. (Bulletin de 
correspondence africaine , i885, p. i36-i£8.) 

s L'oasts de Tementit (e^ x Jug) sur la rive gauche de 1'Oued Msa- 
oura, entre les districts de Timmi et de Tiattaf, comprend les 
k'cour suivants : Tazdaia («le palmier nain • os?t«>j3) , Zaouya Sidi'l- 
Bekri, Timiiha, Kasba Sidi Zelzouli, Amgutd, Bou-Faddi, Noum 



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de Touest et occupa Taroudant » Je Dra c a et ie Sous* 
Vaincu dans une nouvelle revoke contra son pr&re, 
en 730 h6g. (i3ao de J.-C.), au cours delaquelle 
il avait pris Maroc (722 h£g», i3ia de J.-G*}, il 
parvint n^anmoins & canserver ses possessions du 
desert jusquau moment oil, apr& deux nouvelies 
tentatives de r6 volte, il fut battu, fait prisonnier et 
etrangU par ordre de son fr&re, i'&nir Abou'l H'asan 
(733 h£g., i33a-i333 de J.-C,) 1 , Le Gourara etfe 
Touat furent alors r^unis k 1'empire des MeVinides, 
mais les guerres civiles qui eclaterent entre lemir 
Abou 1 H'asan et son fds Abou c Inan permirent aux 
oasis de recouvrer ieur independence. En efifot* TV 
sabit 2 fournit un asile aux Qulad Kharadj et k Ibn 
Yar'mor qui setaient r£voit6s en 7&& beg. (1 $53 de 
J.-C.) contre Abou 'Inan, au moment ou Ihn Bfr* 
t'out'ah, en revenant de Tombouktou, traversable 



en-Nass et Tementit qui sert de capitale, et ou Ton montre, de- 
vantfct mosquee, un aerolitbe considerable. (De Colomb, Notice sur 
Its oasis, p. 47.) Rohifs (Reise durck Marokko, p. i6q)ne mentiona© 
que les k'cour de Tementit, Aluschia (Alouchia), Ksor ei-Kebuv 
Kasbab Uled bu Humo (K'asbat Oulad Ba-Hammou), Kasbab I>jq- 
dida et Bunkur (Bounkora). 

1 Ibn Khaldoun , H ist, des Berbhres, t. IV, p. 194*195. 

* Cf. sur Tesabit, El-Aiachi, Voyages, p. 21-24, et Rohlfo, Reise 
durch Marokko, p. i35 et 160. G'est, d'apres lui, Toasii la plus re- 
culee du Touat du cote du Nord. EUe comprend , suivant de, Co- 
lomb (Notice sur les oasis, p. 43), les k'cour suivants: Arian er- 
Has ( Rohifs , Oerian Rass) , Brinkan ( alteration de Aberkan &\$y$ ? R* 
Brinken),El-Hammad (R., Hamet) , El-Aiad (R,, Labiaten), Qu(U 
jelan (R. Ugelabn) , El-Maix et EI-Hebeia. C'est dans oettt 4e?*fr4 
ville que reside le cherif , chef de la confederation. 



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k'§ar de Bouda 1 , Vingt ans plus tard i^mir zeianite, 
Abou H'ammou II, chass6 de son royaume et conti- 
nuellement vainctbpar le sult'an m&rinide de Fas, 
c Abd el^Aziz, trouvaitun refuge dans le Gourara, 
oil il arriva grace k la protection du chef des fieni 
c Amer, c Abd Allah ben (^or'eir, qui lui donna des 
guides pour traverser le desert, II demeura quelque 
temps dans le Gourara ,'mais les nomades k la solde 
des M4rinides preparaient une expedition pour Ten 
chasser et il songeait k se r&ugier au Soudan , lorsque 
la mort de 'Abd el-'Aziz le sauva 2 , djoumada 774 h£g, 
(aov.-d£c. 1372 de J.-C,), Profitant de la jeunesse 
et desembarras du nouvel £mir m^rinide t Es-Sa c id II , 
Abou H'ammou quitta le Gourara et rentra k Tlem- 
cen oix son aflranchi Atya ben Mousa 1'avait pro* 
clam£ de nouveau 3 . 

A la fin du vm e et au commencement du ix e siecle 
de ITiAgire, les oasis avaient atteint un haut degr4 
de prosperity. Le Touat, peupl6 par une fraction 
des Beni Ou6mannou, ne comptait pas moins de 
deux cents bourgades, de Test k iouest 4 ; une des 
plus orientales, Tementit, 6tait la derni&re station 
du Maghreb pour les cara vanes qui se rendaient dans 

1 Voyages, trad. Defremery et Sauguinetti , t. IV, p. 446-44 7. 

* lira Khaldoun, Hist, des Berberes, t. HI, p. 46 1; t. IV, p. 38g. 
9 Ibn Khaldoun, Hist, des Berber**, i. IV, p. 40.3. 

* On dit encore de nos jours , pour marquer fetendue du pays , 
qu'une jument qui aerait saillie au village le plus septentrional, 
pouirait, en se dirigeant vers le sud, coucher chaque jour dans un 
village et oaettre has en arrivant au plus meridional. (Cherbonneau , 
Indication de la route de Tuggmrt a Tombouctou, p. 5.) 



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le pays des noirs et sa situation en faisait un entrep&t 
considerable; elle avai t remplac6 Bouda , abandonee 
k causes des brigandages des nomades du Sous, Le 
Tigourarin (Gourara) renfermait environ cent k'cour 
tr&s florissants et tr&s peupl^s, en majeure partie de 
Beni Yaleddes. La richesse de ces pays consistait prin- 
cipaiement en dattiers, arros^s par des puits dont le 
forage , d^crit en detail par Ibn Khaldoun , ne dif- 
ftre pas du systeme employ^ encore aujourd'hui par 
les corporations de puisatiers de Ouargla et de TO. 
Righ. Le commerce avec le Soudan £tait aussi une 
source de revenus pour les k'cour et le proverbe qui 
le recommande devait etre cit6 au Touat 1 . Les mar- 
chandises europ^ennes, apporties jusqui Tlemcen 
par les marchands italiens qui occupaient dans cette 
ville le quartier de la Kaisaryah , passaient par Sidjil- 
masa et de 14, par le Gourara, le Touat et le Tidi- 
kelt, ^ Youalaten, la premiere ville du Soudan; ce- 
lui-ci , en ^change , renvoyait des plumes d autruche , 
de Tivoire, de la poudre d'or, des cuirs, des noix de 
kola et des esclaves 2 . Les nomades du nord, les 
Doui c Obeid Allah , tribii Ma'akil , et parfois les Beni 
c Amer,tribu zoghba, venaient hiverner au Gourara, 
tandis que les^Benhadjas « porteurs du litham », an- 

<La gale (des chameanx), sonremede est le goudron, etia pau- 
vrete, son remede est le Soudan.* (Cf. Daumas, Moors et contumes 
de VAlgerie, Paris, i858, in-18 jesus, p. 367.) 

1 Barges, Tlemcen, Paris, 1859, in-8°, p. 206-21 4 f E* de la 
Primaudaie , Le Commerce et la Navigation de TAlgerie avant la con- 
quite francaise. (Revue algtrienne et coloniale , t. Ill, p. 820.) 



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_^.( 17 ).*__ 

cetres des Touaregs voiles* poussaient leurs courses 
jusqui la limite m^ridionale de TErg et servaient 
d'intermediaires au commerce 1 . La conquete deplu- 
sieurs villes de la Cote du Maghreb par 1'Espagne, 
roccupation du reste du littoral alg&ien par les 
Turks interrompirent les relations paciflquesde com- 
merce entre TAfrique et TEurope, et ces deux peu- 
ples, r^veillantle fanatisme chr&ien et musulman, 
travaillerent ensemble, sinon d'accord, k ruiner les 
pays oil ils s'etablirent provisoirement 2 . 

"Le Touat &ait administrd par une djema'ah dans 
laquelle les K'adhis devaient jouer un role impor- 
tant 3 . Dans les deux derniferes ann£es du xv e si&cle, 
ces fonctions &aient remplies par c Abd Allah El- c As- 
nouni qui eut k lutter contre un agitateur religieux, 
Mousa ben c Isa el-Mer'ili, fils de *Abd el-Kerim el- 
Mer'ili 4 , n6 k Tlemcen , et 61eve du c^lebre c Abd er- 
Rah'man eth-Tha'alebi, enterr6 k Alger. La prosp6- 

1 Ibn Khaldoun, Hist, des Berberes , t. I. p. 191, 196; t. Ill, 
p. 297-300. 

* Sur ia decadence du commerce africain a parti r de l'occupatiou 
d'Oran par les Espagnols, cf. Mas Latrie, Relations et commerce de 
VAfrique septentrional* , Paris, 1886, in-ia, p. 5 1 4-5 16. 

3 « Principem quemdam proprium habent ,sdit Leon 1' Africain en 
parlant du Gourara (Tagorarin), frequentisslmc inter se bellige- 
rantur, nullis tamen exteris nocent, vicinis quoque Arabibus non- 
nihil tributi persolvunt. » (De Africa descriptione, Leyde, i632 ,in-32 , 
t. II, p. 618.) On croirait lire une description du Mzab avant la 
conquete francaise. 

4 II est appele El-Makily dans la traduction des Voyages extraor- 
dinaires du cheikh Abou Ras par M. Arnaud (p. 17a ). Gette erreur 
provient d'une confusion de lecture entre J-olU (ponctuation ma- 
gbrebine) et J*&U . 

J. As. Extrait n° 21. (1887.) 2 



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— «.( 18 ).«— 

rit6 des k'§our y avait attir£ un nombre conside- 
rable de juifs , en butte , comme dans le Maghreb , 
k la recrudescence du fanatisme surexcite paries d£- 
faites de 1'islam en Europe. El-Mer'ili precha contre 
eux une veritable campagne : apr&s les avoir pers^cu- 
lis k Sidjilmasa , il passa au Touat pour continuer 
son entreprise et, pour vaincre 1' opposition que lui 
faisait le k'adhi c Abd Allah , il s'appuya sur les fetouas 
rendus en sa faveur par I'imam de T6nes, Moh'ammed 
et-Tenessi, le c&lkbre historien des Beni Zeyan; par 
i'imam Moh'ammed ben Cho'aib es-Senousi , le plus 
illustre th^ologien de cette 6poque; Moh'ammed er- 
Ressa'a , mufti de Tunis ; c Isa el-Mouasi , mufti de Fas ; 
Ibn abi Zakarya , mufti de Tlemcen , et les encourage- 
ments de presquetous les oul£mas de ces trois villes. 
La synagogue du Touat fut d&ruite et la tete de 
chaque juif mise k prix pour sept mithk'als ( environ 
100 francs), payesdela bourse meme de 1'agitateur. 
Ce massacre eut lieu en 1 A92 , d'apr&s L£on 1'Afri- 
cain et Marmol 1 . El-Mer'ili voulut ensuite marcher 
contre le Maroc et jouer le rdle du Mahdi des Almo- 
hades contre une dynastie, celle des Beni Ouattas, 
branche des M&inides, quiljugeait suspecte de ti6- 
deur. Mais les bandes qui! avait levies contre le 
sult'an Ah'med ben Yah'ya ben Abou c Imran furent 
mises en d6route et Tagitateur dut s'enfuir dans le 

1 De Africa descriptione > t. II, p. 617-618; DeVAjrique, tr, Per- 
rot d'AMancourt, Paris, 1667, 3 vol. in-A°, t. Ill, 1. VII, ch, xmi. 
Ce dernier pretend qu El-Mer'ili avait conseille seulement an peupk 
de pilier les juifs. 



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— «.( 19 )*— 
Soudan, oil il professa Tex^gese du Qoran et la ju- 
risprudence. Les juifs ne tard&rent pas & rentrer 
<lans le Tbuat, peufc-etre grace & la protection des 
armies marocaines , et Tun d'eux vengea ses coreli- 
gionnaires en tuant le fils d'El-Mer'ili. Celui-ci re- 
vint du Soudan pour le venger et mourut en arri- 
vant 1 . Le souvenir de ces 6v£nements s'est conserve 
jusqu'i nos jours, mais alt^re par la tradition po- 
pulaire qui lui rattache Torigine du' nom du Gou- 
rara : un juif , du nom de Gourari , vivait 4 Timi- 
moun 2 , et sa g6n6rosite lui donna une influence 

1 Abou Ras, Voyages extraordinaire* , p. i84»i85; Gherbonneau, 
Essai snr la literature arabe au Soudan (Annuaire de la SociiU archio- 
logique de Constantine , 1. 1 , p. 10-1 4 ) ; id. , Hist de la literature arabe 
an Soudan (Journal asiatique, bctobre-novetabre i884, p. 391- 

3 9 8 K . 

2 Timimoun est le principal district du Gourara, sur le rivage 

oriental de la Sebkha. D renferme 20 k'cour, d'apres Daumas (Sa- 
hara algirien, p. 288), et 21 d'apres de Golomb (Notice des oasis, 
p. 36) , mais les deux listes ne s'accordent guere pour les noms. Ge 
sont, d'apres la premiere : Sammota (Asetnmoud? *y*»\ , en berbere, 
« froid » ) , El-Kaf , lr'ezer (en berbere , y-M « le torrent » ) , Ei-Talalet , 
Badrian, Zaouya Sidi El*H'adj Ben Qasem, Beni Mah'allan, Bel 
R'axi, Taducit (pour Tadmalt?), El-K'achda, Temanet, Oulad El- 
H'adj *Ali, Oulad Abbas, Oulad Said, Kali ou Boukali, Zaouya 
Mouley Tayeb , El-Amer, El-Haouinat , Guentour et Our'lana. La 
seconde liste donne ies noms suivants : Azekour (^5j$ * en berbere, 
«la poutret), Ghamamellen (Arerem amellal *>Ut fy£\ cle k'car 
blanc 1 , en arabe o^o^i ) , Tarouaia , Gbiat , Mssin el-Arb , Ameieg- 
gar, Tamesloaht, Tademait, Oulad el-Hadj, Oulad el-Mahdi, Ou- 
lad Alia, Zaouya Sidi el-Hadj Ben El Kassem, Beni Mehlel, Beni 
Melouk, Agbenet, Lichta, Sidi Idda, Temana, Taourtsit (pour Ta~ 
ourirt <^w.^ , en berbere « la colline » ) , Ouachda et Timimoun , chef- 
lieu du district, ou residait , il y a quarante ans, un chef particulier, 
El-H'adj Mob'ammed ben 'Abd er-Rah'man. Cf. une description de 



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»( 20 )< 

dont ilprofita pour corromprerorthodoxie de 1'islam 
et introduire dans le culte musulman des pratiques 
juives. Un marabout du Soudan, nomm6 cheikh 
c Abd el-Kerim , vint s'&ablir k Bou Ali dans le Touat , 
puis k Timimoun oil il ne restait plus qu un seul or- 
thodoxe : tous deux tu^rerit Gourari et r&ablirent 
Fislam dans toute sa pureti l . 

Ces troubles amen&rent , probablement avec Fin- 
tervention des Marocains , la soumission provisoire des 
k f £Our. Dans les premiers temps de la dynastie des 
Chorfa , alors que les M6rinides occupaient encore 
Fas, nous voyons le sud de Fempire partage entre 
deux ch6rifs h'asanis : Tun, Moh'ammed, regnant 
k Taroudant et sur le Sous, Tautre, Ah'med, maitre 
de Maroc, du Tafilalet et du Gourara (Tiguriri) vers 
9/17 h£g. (i54o de J.-C); ce dernier avait la pro- 
minence sur son frere 2 . La soumission des oasis fut 
de peu de dur^e, car lorsquele ch&if Abou'i 'Abbas 
Ah'med el-Man^our, fr&re et successeur de c Abd El- 
M6lik, se vit d61ivr6 des craintes que lui inspirait la 
presence des Turks sur ses fronti&res, il songea k 
s'emparer de Tombouktou et du Soudan : le prelude 
de cette expedition fut la conquete du Gourara et du 

Timimoun et de son commerce dans Daumas, Le Sahara alge'rien, 
p. 282-289; Daumas et de Chancel, Le Grand tUsert, p. 54~7*; 
Barges, Le Sahara et le Soudan, p. 6; et une description du k'car 
des Oulad Said a p. Maurin, Les Caravanes francaises on Soudan, 
Paris, i863,in-8°, p. 11. 

1 De Colomb, Notices sur les oasis du Sahara, p. 36. 

* Diego de Torres, Histoire des chirifs, trad, par le due d'Angou- 
leme, Paris, i667,in-4 , p. 73-7^. 



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Touat. 11 envoya contre eux des troupes comman- 
does par les k'aids Moh'ammed ben Bareka et Ah'med 
ben El-H'addad. Apres 70 journ^es de marche de- 
puis Maroc , Tarm^e du suit/an atteignit les oasis : 
les habitants fiirent ais^ment vaincus dans plusieurs 
combats et ces pays rentr&rent sous la domination 
marocaine en 988 de i'h^gire ( 1 588- 1 589 de J.-C.) *. 

En io64 et io65 de Th^gire (i653-i655 de 
J.-G.) , le Gourara &ait administre par un 6mir parti- 
culier, peut-etre vassal du Maroc. El-Aiachi , en effet, 
nous apprend que pour soustraire les livres du ma- 
rabout Si Moh'ammed k la rapacite de cet £mir, on 
dut les transporter k El-Gol^ah. Gette bibiiotheque 
se composait de i,5oo volumes; elle fut peu k peu 
dispers^e 2 . 

Quelques ann6es apres, une police s6v&re assurait 
les communications entre ces k'§our qui relevaient, 
en 1073 de Th^gire (1662 de J.-G.), de i'6mir de 
Sidjilmasa, Ech-Gh6rif. En se rendant k la Mekke, 
El-Aiachi suivit la valine de 1'Oued Guir. « La paix y 
r^gnait, dit-il; nous y trouvames des juments aban- 
donees A elles-memes, sansgardien, et personne 
ne songeait k les voler, dans la crainte des punitions 
s^veres que T6mir infligeait aux.malfaiteurs. Geux-ci , 
lorsqu ils tombaient entre les mains de ce chef, ne 
pouvaient Ochapper au chatiment, et c est k cause de 
cette justice rigoureuse que, par la grace de Dieu, 

1 De Slane, Conauete da Soudan par les Marocains, (Revue afri- 
caine, 1. 1, i856-i857, p. 288.) 
* El-Aiachi , Voyages > p. 3o-^i . 



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— «.( 22 )**— 
le pays se trouvait d£barrass6 des mauvais sujets. » 
Parfois , comme le remarque El Aiachi, i'&nir, dans 
son z&Le de repression, punissait des innocents; 
«mais apr&s tout, ajoute naivement le pelerin, la 
mort de quelques-uns amenait la rtfonne de tous 1 . » 
L'instruction &ait peu ripandue : « Je ne trouvai , 
dit El- Aiachi , aucun marabout , un seul homme pieux 
ou savant; ce sont tous des ignorants qui ne savent 
pas meme ^crire, des gens de commerce, dont les 
moyens d' existence sont principalement has£s sur la 
vente des dattes 2 . » 

En 1 667 de notre &re (1 077-1 078 h£g.), une expe- 
dition de Mouley Rechid (Mouley Archy), cberif de 



1 Voyages dans le snd de VAlgerie, p. 16-17. El-AIaehi rapporte 
que dans un village qui! ne nomine pas , on montrait la maison de 
Sidi Ah'med ben 'Abd Allah ben Abou Meh'alli, personnage qui 
jadis s'&ait mis en revolte ouverte et dont la sedition avait com- 
mence dans ce bourg. Berhrugger (note 1) croit qu il s'agit del'indi- 
vidu appele El-Mahali par Leon I'Africain. (De Africa descriptione , 
t. I, p. 159.) Mais les noms de cet El-Mahali ne s'accordent pas 
avec ceux donnes par El-Alaebi. El-Mahali , d'apres les details foumis 
par Leon , n'est autre que le Mabdi des Almohades , Moh'ammed 
ben Toumert ben Tittaouin ben Sana ben A^esir'oun ben Aigueldis 
ben Khala, qu'lbn Recbiq et Ihn Kattan appellent Moh'ammed ben 
*Abd Allah ben Ouguellid (Agellid o^JOl , en berbere «le roi») ben 
Iemsal ben Hamza ben Isa. (Ibn Khaldoun, Histoire des Berberes, 
t. II, p. 161-162.) Je ne parle pas, bien entendu, de la genealogie 
qui rattacherait le Mahdi au khalife c Ali ben Abou Taleb. De plus, 
Ibn Khaldoun et 'Abd el-Ouah'id ne parlent pas d'un sejour qu'au- 
rait fait dans le Touat Ibn Toumert qui precha successivement a 
Mellala , pres de Bougie , a Tlemcen et dans le Sous. Je crois que cet 
Ah'med ben 'Abd Allah dont parle El-Aiachi ne fut qu'un chef d'in- 
surrection contre la domination marocaine. 

2 Voyages dans le sud de VAlgirif, p. 2a. 



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— «.( 23 H— 

la deuxieme dynastie , dans le sud de son empire , 
rattacha encore une fois au Maroc le Touat et dau- 
tres provinces dependant du Tafilalet, jusque-14 in- 
soumises. Les oasis envoy&rent au ch^rif des deputes 
charges de remettre des presents et de protester de 
leur ob&ssance 1 . Elles furent places probablement 
sous i'autorit^ de Mouley Bensar qui gouvernait en- 
core Tafilalet en 1693 (1 io4-i io5 h6g.) 2 . 

Mais cette suzerainet6 fut bient6t nominale. En 
1808 (i223 h£g. ) , sous le r&gne de Mouley Soliman , 
une nouvelle expedition fut nicessaire contre le Gou- 
rara et le Touat, pour faire payer fimp6t 3 , et Tin- 
fluence du ch^rif ne putarreter une guerre civile qui 
partagea longtemps, au commencement de ce si&cle, 
les oasis en deux §offs : les Ihamed et les Sefian , et 
qui donna 1'occasion aux Berbers nomades, appel£s 
par les Sefians , de ravager les cultures et les ver- 
gers 4 . Cette longue s&ie, incomplete cependant, 
de revokes et de soumissions momentanees montre 
combien sont illusoires les pr&endus droits du Ma- 
roc sur un pays qui est la prolongation naturelle de 
I'Alg&rie, droits que le ch&rif , abandonn^ k lui-meme , 
est peu dispose k revendiquer et incapable de faire 
respecter. 

1 Mouette, Histoire des conquests* de Mouley Archy, Paris, i683, 
in-12 , p. 55. 

* Pidoux de S. (Hon , Relation de I 'empire da Maroc, Paris, 1695 
in-12, p. 35. 

3 Houdas, Le Maroc de 1631 a 1812, Paris, 1886, gr. in-8 
p. 189. 

4 De Golomb , Notice sur Us oasis, p. 320-322. 



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24 )< 



II 

PHON^TIQUE ET MORPHOLOG1E. 

Le caract&re distinctif des dialectes du Touat et 
du Gourara est ralt^ration de certaines consonnes , 
prononc6es par des populations fortement m£lang6es 
de sang negre, soit par leur origine, soit par immi- 
gration. Comme on l'a remarqu6 pour le dialecte 
de Ghat , les dentales sont souvent mouill^es : t , 
correspondant au t (c») des autres dialectes, repr6- 
sente un son intermediate entre ti et tch (^); de 
meme d 9 qui se prononce comme un d (5) fortement 
moui!16. Ces deux lettres repr&entent les articula- 
tions ouolofes figures , tantot par tk et ghi l , tant6t 
par th, dfc 2 , par t, d 5 % par thi et dfci 4 , par tch et dj*. 
Ge son existe aussi en kueguem ou s6rere-sine 6 ; on 
le rencontre k lautre extr6mit6 de TAfrique , eh am- 
harina (ffl») oil il repr&ente une alteration du fll 
gheez ou du ft prononc^ comme le fll » ex. : amba- 



1 Roger, Recherches philosophies sur la langae ouolofe , Paris f 
1829, in-8*. 

2 Dard, Grammaire wolofe , Paris, 1826, in-8°, I. R. 

3 Dictionnaire francais-wolof , par les missionnaires de la congre- 
gation du Saint- Esprit, Dakar, in- 12 , i855, p. 1-2. 

4 Boilat, Grammaire de la langae wolojfe, Paris, I, imp., i858, 
in-8° f p. 2-3. 

5 Faidherbe, Langues senigalaises , Paris, 1887, in- 12, p. 5-6, 
8-9. Cf. aussi sur ce son , dans les langues du groupe mande , Stein- 
thal, Die Mande- Neger Sprachen, p. 10-11 , Berlin, 1867, 1 ^°* 

Faidherbe, Langues stntgalaises, p. 58. 



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—«.( 25 )«*— 
rina , GELtiaoi « etre obscur » ; gheez , fttiaot ; arabe , 
klo 1 . Dans les dialectes du Gourara et du Touat, 
le t remplace le t (1^)011 th (&) des autres dialectes, 
ex. : tiisit c r *****, ? « miroir » = thisith (Bel-H'alima); 
tarkast ouwCy « chaussure » = tarkast (K'cjours); to- 
ourirt c^^b « colline » = taourirt (Beni Menacer et 
K'cour); tazdait ootay « palmier » = tazdait (Mzabi 
et K'§our), ihazd'aiih (Zouaoua), tazdet (Chaouia), 

Le t (c») correspond au th du Zouaoua, du Rif, 
du Bel Halima, ex. : tr'at e^Us « chevre » = thar'at! 
(Zouaoua et Bougie), tkr'at' (Guelaia, Bel H'alima); 
au d' (a) des Harakta: atef sj&\ «entrer» = ad'ef 
(Harakta), et au d (5) des Beni Menacer, adef. 

Le b (lj) remplace parfois le m L) , ex. : akah'bouch 
(jj^aXI) « figue » = akermous (autres dialectes); tarn- 
gina La&S « tete » = tabejna (Mzabi). 

Le tch (5) se rencontre pour le th (e>) du Zoua- 
oua , ex. : ioutchi i^y. « coup » = thiitha. 

LV (^ ) , difficile k prononcer pour certaines races , 
est remplace par un h! (^), surtout lorsqu'il est suivi 
d'une consonne. Ce changement singulier n'existe k 
ma connaissance , dans tous les dialectes berberes, 
qu'au Touat et au Gourara. II est cependant impos- 
sible de le nier en presence de nombreux exemples 
et d'exp6riences renouvel^es k plusieurs reprises sur 
des individus originaires de k§ours diflferents, ex.: 

tichchdWtch gU^P « ail » = thichcherth (Zouaoua, 

1 En tigrina ou tigrai «le GEL ajoute au m (b) un i ou plulot un 
j allemand. tp est par rapport a ■!* (c») , ce que GEL est par rapport 
a n|. » (Schreiber, Manuel de langue tigrai, Vienne , 1887, in-8°, p. 8. ) 



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26 

Ouarsenis), tichchert (Ouargla), thichcharth (Rifain), 
thiskert (Bougie). 

^ih't o**a«»3 « moulin » = thasirih (Beni Menacer, 
Bougie), thisirih (Zouaoua), fa$zitf(Ouargia). 

tamouh't co^il «pays» = thamourth (Zouaoua, 
Bel H'alima, Ait Khalfoun), tamourt (Djerid, Beni 
Menacer), tamort (K'§our), ihamort (Bot'ioua). Au 
pluriel, IV n'&ant plus uni k une consonne ne se 
change pas en h r : timoura t^ftf. 

abeh'kan {JS^\ « noir » = aberkan (Zouaoua, Ait 
Khalfoun), aberkan (Beni Menacer, Bot'ioua, Ouar- 
senis, Haraoua), abet chart (Bel H'alima, Kibdana, 
K'cour). 

pnah't co.U « barbe » = thamarth (Zouaoua, Alt 
Khalfoun), ihmert (Beni Menacer), thwart (Beni 
Iznacen). 

tiddaVtch gt«>us3 «maison» = ihaddarth (Beni 
Menacer, Temsaman, Haraoua), taddert (Mzabi), 
taddart (Bel H'alima). 

pjah'tiltch £&*»£> « natte » = tajertiUh (Beni Mena- 
cer) , thagertilth (Ait Khalfoun) , agerthil, agertil (Gha- 
ouia et Mzab) , ajerthil (Ouarsenis et Haraoua) , ajar- 
thil (Bel H'alima). 

fti'den y<y*r! = ird'en (Zouaoua, Bougie, Bel H'a- 
lima, Ouarsenis, Haraoua), ird'an (Ghdam&s), irden 
(Ghelh'a) , iavd'en (Beni Menacer). Le changement 
du ^ en ^ est plus frequent au Gourara qu au Touat : 
ainsi ce dernier a conserve la forme irden. 

On trouve le d (a) a la place du A' (i) du Zoua- 



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,( 27 )«— 

oua, du Haraoua, des Bel H'alima, des Beni Mena- 
cer, etc. , ex. : iah'den « t>16 » = ird'en. 

Le d mouill6 (d a) se rencontre souvent pour le 
d, ex.: imendi «c£r£ales» ^<W = imendi (Mzabi, 
Ouargla, K'ijour). Ce d est un interm£diaire entre 
le d et le dj, et Ton s'explique comment en Z6naga, 
la seconde de ces articulations (^) remplace la pre- 
miere (5) quon trouve souvent en rifain k la place 
de 17 (J) des autres dialectes. De meme le R gheez 
en se mouillant est devenu le Jc (dj) amharique , ex. : 
JWI * (gheez) « ours » = Jc*fl s (amharique). Au Gou- 
rara et au Touat, on trouve meme le dj (g), renfor- 
cement du d mouille, au lieu du d (5) ou du d' (i), 
ex. : idjar'el J*\j£ «aveugle» = ad 1 coral (Zouaoua, 
Beni Menacer, Ait Khalfoun , Bel H'alima) , aderr'al 
(Bougie et Chaouia). 

On trouve lej (3) pour le z ()) d'autres dialectes, 
ex. : timejjit « oreille » os?j^ *m tamzour't (Mzabi) , 
amezzour' (Zouaoua, Haraoua, Ouarsenis, Bel H'a- 
lima , Beni Menacer, Ait Khalfoun , Bougie) *. Comme 
dans les dialectes zenatias, il repr&ente souvent le 
g («2J) du Zouaoua, ex. : ajenna bjl « ciel » = igenni 
(#&. De m&ne le ch (tf) permute avec le k (d) , ex. : 
achid <SjJ»\ = akid (Beni Menacer, Bel H'alima). 
Cependant les pronoms personnels suffixes de la 

1 Cf. ce que dit Isenberg du rapport existant entre le |f et Tf* 
en amharique: • According the rules of permutation of consonance 
in the Amharic language, this letter (Tf ) originates from a junc- 
ture of the vowel I and the consonant If. » ( Dictionary of the Amha- 
ric language, London, i84i» in-4°, p. 159, col. 2.) 



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28 )< 

2 e personne sont, comme en Zouaoua, marquis par 
k (J) et non ch ( { ji). II faut aussi observer que le g 
((2J) se rencontre au lieu de Yi (&) d autres dialectes 
zenatias, ex. : azegra \S$ « long » = azira (Haraoua), 
azirar (Ouarsenis , K^our) , et du j (j) du Mzabi , ex. : 
tamgina &>& « tSte > = tabejna. 

En Gourari la chute de la consonne finale se pro- 
duit fr&piemment, ex. : anemdja U&l «moisson», 
de la racine amjar jlyJl « moissonner » ; azira Lyt 
« long » , pour azirar. 

On peut conclure de ces observations que le dia- 
lecte du Gourara et du Touat, s'il nest pas abso- 
solument mixte, r6unit des ph6nom&nes phon6- 
tiques propres aux dialectes de la classe forte et k 
k ceux de la classe faible, tandis que d autres qui 
lui sont absolument particuliers et qui proviennent 
d'influences n&gres lui assigneraient un rang k part, 
si on le classait dans la cat^gorie interm&liaire. 

La morphologie pr£sente peu de differences dans 
les dialectes berb&res dont la classification repose 
principalement sur la phon&ique. Je donnerai seu- 
lement quelques courtes indications sur les formes, 
en renvoyant pour les regies g6n£rales k mon Manuel 
de langue kabyle. 



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{ 29 )< 



PRONOMS PERSONNELS. 



i° pronoms isol£s: 




GOURARA. 


Moi 


nick jiJ 


Toi(m.). . 


chek iiUj 


Toi(f.)... 


cherri «* 


Lui 


nettalxj 


EUe 


nettat c?lxj 


Nous 


nichni ^LA3 


Vous (m.) . 


kenim &jS 
kenimt a^*5 


Vous(f.).. 


Eux 


netnin { j < jjlj 


Elles 


netnint qu^jLaj 



TOUAT. 

nech Jlj, nechcha Uj 
chek Ax, chekia LCa 
chem f*, chemia U^ 
nta Us, netla 
entat obi 

nachnin ^JuflJ , nichnin 
kenim *& 
kenimt v^jS 
netnin ^-ox3 
netnint < 



a° Pronoms suffixes : 



GOURARA ET TODAT. 



Sing. 



COMPLiMBKT8 
d'nn nom 



Plur. 



l"p. 


c. 


3 -p. 


m. 


a -p. 


f. 


3'p. 


c. 



l-p. 
a -p. 
l 2 -p. 

3«p. 



(av. la prep. ^ n, de) 
UlOU ylj> 

ink dLi^ 
enk Sj\ 
ennem *JJ 

ennes j«j| 

ennar J £l5j 
ennouen yyS 
enkemt o&f 

' ensent 



COMPLEJIEKT9 

directs 
d'on verbe. 



a& J) 

am y*S 
t.t*> 
tch % 
ar* £) 
koun q£ 
kent i»jj£ 

ten, ten q3 
thent | 

tent oJtf i 



C0MPLBMBKT9 

indirect* 
d*un verbe. 

ai &\ , II <$ 

iaAr, ak Jl^. 

zam, am -l^. 

ias o-^i asjj 

tar' ^l^., ar' 
aAre/i ^5l 
akemt oJtt 

ia$e/i ^,1^ 
asent,asent 
iasen 
iasent oJL**l,> 



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( 30 )< 

Le verbe « avoir », manquant dans ce dialecte des 
oasis, est remplac6 par une proposition avec le pro- 
nom suffixe. 



J'ai 

Tu as (m.). . . 

Tuas(f.) 

Ha 

Nous avons.. . 
Vous avez (m.) 
Vousavez (f.). , 

lis out 

EUes oat 



GOURARA. 


TOO 


r'eli 


cM 


r'eri 


r^ak 


JU 


r^erek 


r^am 




r^arem 


i J as 


r^eras 


l^anar* 


£bU 


^ernar^ 


r^aoaen 


«•** 


r^eroaen 


ra'ouent 


o3jU 


r^erouent 


r^asen 


v~te 


r'ersen 


r^cuenf 


oJUU 


r^ersent 



«7* 



r'ouri 
r'oarek 
r'ourem 
^oares 






r'oaniar' £>>)*& 
r^oaroaen .gs^ 
r'oaroaent oJj^ 
r^oursen ^*^£ 
r^oarsent oJU^ 



Le pronom suffixe sert aussi & exprimer Fadjectif 
possessif. 

ADJBCTIFS BT PROHOMS DEMONSTRATES BT RELATIFS. 

«Ce» an ^1, ain ^1; plur. man yL,», pour les 
choses ou les personnes Oloignees. 

ouin qj) « celui », ftm. tin q&}. 

on ) , ouou « ce , ceci » , en parlant des choses ou 
des personnes rapproch^es. 

ai <^t « ce » ; « c est » ed d s <^l . 

enni j! (invar.) « qui » ; ouenni j^ « celui qui ». 

PR0N0MS ETADVERBES INTERROGATES. 

«Qui» mateoa^bU; «qui est i&»? mataou da ilia 
^bjbtt. 

« Que, quoi » mar'a UU; « que sais-tu »? mar'a ti- 



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-( 31 h»~ 
senetch g**2 UU; « que veux-tu »? mar f a tekhsetch UU 

o Comment » mar 1 a ir r £> UU ; « comment lappelles- 
tu »? mar' a it*' as tennid «XjyL> jj £> UU; « comment 
fa-t-il tu6 » ? mar' a inr'itch gj&& UU ; makida « avec 
quoi »? UXaS^U; makidja UaS^U. 

« Oil » manir'a UajU; « oil vas-tu »? manir'a trah'ed 

«Xa»L? UajU. 

« D'oii » smanis (jwuoUw; « d'oii es-tu venu »? sma- 
nis toasid jXjum^j <j*uyUw. 

« Combien » *achh'al Jl^l ; « quel age as-tu »? litt. 
« combien 6tant dans tes ann^es »? achh'al Ulan g on- 
sanik siL^^fj^. Jl^Sl; *kemma IX (a Timimoun). 

« Pourquoi » mar' era ^UU . 

« Autre » idhen qj&& ; plur. , ufonzn (j^tea . 4 

ADJECT1FS NUMERAUX. • 

Touat et Tementit : « un » ig gen (^o , fern, ikt 
cX; <i deux » sen q*», f&n. $£?ia£ c»L*. 

Gourara : «un» Hjfjftffl (J&, f&n. ikketch ^t; 
« deux » 5Z7i (jjxw, fern, senet ouuw; « trois » chah'adh 

Apartir de « trois », au Touat, et de « quatre », au 
Gourara, on emploie les noms de nombre arabes. 

DD NOM. 

Les substantifs masculins forment le f&ninin en 
pr^fixant et suffixant t (c»), t ou fcfe (g). 

La r&gle du changement de la initial en ou, aux 
cas obliques, n'est pas rigoureusement observe. 



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— «.( 32 ).«— 

Le pluriel par in, an, en, avec le changement de 
la voyeileinitiale en i, est le plus frequent, ex. : ache- 
lif uUJUl «gerbe», plur. ichelifen ^jAJU^; odr'ar' 
^Ual «pierre», plur. idr'ar'en ^s\s^ m . Dans plu- 
sieurs mots , il remplace le pluriel interne conserve 
dans d'autres dialectes, ex. : mouch tfy «chat», 
plur. mouchen {£&y*\ en Zouaoua, k Bougie, dans 
TOuarsenis : amchich j&*&*l « chat » , plur. imchach 

Quelques noms terminus au singulier par ou 
forment leur pluriel en changeant ou en a, ex. : 
adjerou,)y*J « grenouiile » , plur. idjera \y&. Dautres 
ajoutent ouen, oain au singulier, ex : oul J) « coeur », 
plur. oulaouen ^^. Cette formation est habituelle 
dans le# noms ftminins terminus par a, ex. : tagga 
1x3 « chardon », plur. tiggaouin (^$l>*3. 

Dautres, mais en tr&s petit nombre, ajoutent la 
syllabe ten tf, ex. : insi ^u*Js» « h6risson », plur. m- 
siten 0Juu*Js>. 

On rencontre, mais rarement, le pluriel interne 
si frequent en Zouaoua et en Touareg , ex. : ar^ioul 
Jy**] « ane » , plur. ir^ial JLub. 

Le pluriel plus ancien, oil la forme externe se 
combine avec la forme interne, se pr&ente plus sou- 
vent, ex. : ass <j»l «jour », plur. oassan ^L»$; dhad 
aL* « doigt » , pluriel idhoudan {J*y& ; azfoa y^l 
<ccheveu», plur. izafen ^y.; fous «main», plur. 
ifasen &JJo. 

Le pluriel ftminin suit les regies du Zouaoua. 



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-( 33 )« 



DU VERBE 

(aoriste). 



rahai J 



th*; 



trah'et 

trahetch 

trotted 

irah! 

trail' 

nrahf 

trah'em 

trah'emt^AyS 

raVen 

rah'ent o 



fV 






je vais 
je suis alle 

tu vas 

il va 
elle va 
nous allons 
yous allez 
vous allez (f.) 
ils vont 
elles Yont 



Le fiitur et le subjonctif se marquent par la par- 
ticule a I ou ad at , en Gourari ad h>\ , ex. : 



ad (ad) 


aser 1 


£»\>\ 


que je vienne 
je viendrai 


ataset 




Owmbt 




atasetch 




ff bt 


que tu viennos 


atased 




Os^bl 




ad (a4) 


ias 


o-^>J 


qu il vienne 


atas 




o-^t 


qu elle vienne 


annas 




o-U 


que nous venions 


atasem 




r bt 


que vous venies 


atasemt 




owc^bt 


que vous veniez (f. 


ad (ad) 


asen 


^bl 


qu'ils viennent 


ad (ad) 


asent 


is*JLm>1«>I 


qu'elles viennent. 



Les verbes commencant par un a changent cet 
a en ou lorsquils sont employes sans particule, ex. : 

J. As. Extrait n°2i. (1887.) 3 



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3d )< 

as-d «X*J « venir » , ioa5i<2 *X**j* « il est venu » , ad za5 
j*t*at « qu il vienne ». 



IMPiftATIF. 



rak'em **.!> 
rah' em o^ 



va 

aliez (m.) 

aUez (f.) 



Le participe indeclinable se forme de la 3* pers. 
masc. sing, de faoriste en ajoutant n (y) , ex. : ilia 
^ « il a 6t6 » , i7fcui ^M* « &ant ». 

Pour marquer le present, dans les verbes d'etat, 
on emploie le verbe ilia «&tre»,ex. : tj'ai faim» 
ettir' ettouzer' £^11 gJt. 

La negation est ou y , oua \y , accompagn£ parfois 
de la particule ch ^ (de 1'arabe <$&), ex. : « il nest 
pas verm (parce qu)il ne pouvait pas venir » oua 
d ioasi chi ilia oua izmer ad ias y*y 1$ ^? <g& ^^> a tj 

Les formes les plus fr^quentes sont : 

i° La forme factitive par s (^ pr6fke, ex. : gsa 
Lo « descendre », segsa 1*Jk* « faire descendre »; ali 
Jt « monter •> , siU Ju*> • feire monter » ; 

2 La forme r^ciproque par m (*) pr^fixe, ex.: 
enr' jjl « tuer », menr' £** « combattre » (Cf. en arabe 
JtfietJtfU); 

3° La forme passive par ton (y) pr6fixe , ex. : et r - 
tefyjie\ « saisir », tonat't'ef \Jtia\y « etre saisi »; . 

lx° La forme d'habitude , de dur^e, de Constance r 



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35 )< 

de r£p6tition , par t (<z>) pr6fixe , ex. : saou^m « boire », 
tsaou ^L»j « boire souvent , eontinuellement ». 



I' ART I GULES ItfVARIAftLES. 



Prepositions : n (^) marque le g^nitif « de »; i <$ 
«&» (datif); seg *2L* «de» (ablatif), «hors de, loin 
de»; g [2)) «&, en, dans»; s ^ « dans (avec mou- 
vement) »; soujenna bjy» « au-dessus de, en haut »; 
di (Touat) <g$ « dans » ; did Js>* » achid «Xx&! « avec » ; 
j ar ^13 (Gourara), djar )\**. (Touat) « entre »; gammas 
^Uo « au milieu de »; /<?H Ji « sur ». Cette proposi- 
tion exprime le rapport du coiriparatif, ex. : «si 
tu n'6tais pas plus m^chant qu'eux » ma ta oaa tigid 
akbih! fellasen q^JU £-**f Jsa&3 S 3 b It, litt. « si tu 
n etais pas m^chant sur eux ». 

Adverbes et conjonctions : maki£l*« autant que » ; 
oujar fa « plus ».; s^eW ji*» (Touat), ^i <£*« (Gou- 
rara) « lorsque » ; sahlani jU* t apr&s que » ; *tea few 
JSj) , »ia to bU « si » ; d a « et » ; ne/ £> « ou bien » 
ai' <g\ « 6 ». 




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—w( 36 

III 
VOCABULAIRE. 



A 

Arreuvoir, iamekkantch g\& (Gourara). 

c A<jr (« vers cpiatre heures de l'apr£s-midi » ya*) tak!- 

Agneau, izmer y*y>i pi. izmaren <j)[*y.; Haraoua, id.; 
Harakta, izimer yfy.. 

Aiguille, *takhiat! lel&e , de 1'arabe L»**». 

Ail, tichchah'tch glfcuJ (Gourara), tichchertch gj&»3 

. (Touat);;Ouarsenis, thichcherih ^>y^; Gu&aia, 
Kibdana, thichcharth; Ouargla, tichchert e^sus. 
Sur les changements de la racine skr, cf. Notes 
de lexicographie berbire, a e serie, p. /n, s. h. v. 

Aile, afri ^yt, pi. ifrionn u^yv (Timimoun); afriou 
y?.j>\> pi. ifriouen (Gourara); Ouarsenis, afrioai 
<£^Nil, pi. ifriouin q&j>j*&\ BelH'alima, ifarouen 
yybu; Haraoua, o/eryl, pi. ifrioaen. 

Air, tijennaou }by& . 

Alfa (stipax tenacissima) , fg/t 4$/*^. 

Aller, *raA' jJj (Timimoun); ioukki &yi, aoriste 
(Tementit); Bot'ioua du Vieil Arzeu et Chelha, 
ekka Bf; Beni Menacer, iouki (aor., <5j*); Zoua- 
oua, ekk d)l « yenir*. 



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37 

Allumer, sar f jLi (Gourara), forme factitive apo- 
cop6e du verbe erf q\ «bruler»; sent* g>j» 
(Touat). 

Aloes, tajiljimtch gj}j>, pi. tijelja(m) U)]))^. 

Ame, iman ^Ur; s'emploie aussi pour marquer le 
pronom r6fl£chi ; Ouarsenis , Harakta , Dj. Nefousa, 
idem. 

Ami, ameddoukel Jl-S^-#I (Gourara); ameddakoul 
Jj54t*I, pi. imeddoukal JIS^c (Touat); Beni 
Iznacen, Harakta, id.; Bot'ioua du YieilArzeu, 
amdoukr S)&*\ . 

Ane, ar'ioal Jys] , pi. w'ial JL*>; Mzabi, Ouargla^ 
Haraoua, Bel H'alima et Ouarsenis, id.; Bot'ioua 
du Rif, ar'iour j^a£I. 

Anneau, tasoarit c^j^j, pi. tisoara |^*u*« 

Apporter, aoui ^J; Haraoua, Djebel Nefousa, id. 

Argent, nouk'art <^j*y (Tementit). 

Argile, tlakht c^Ms. 

Arreter (S) y k'im *&. 

Arrosoir, tar'elloust ow^JUs, lahtabbitch. $*& , de 

Farabe Z£~« verser » ? 
Artichaut, achchaoaen ^l&l . 
Assiette, tazelaft oO^y, pi. tizlajin ^aj^g*. 

Attendre, k'al JU. Ce verbe appartient au theme 
k'l qui a donn6 les formes suivantes: Ghdam^s, 
Wal «regarder»; Harakta et Bel H'alima, ak'al 
Juif « regarder », et forme d'habitude (5° f.) tattal 



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— *(S8)< 

JLto; K'$ours, oWol jSl (6 e f.) « regards »; Belli 
Menacer et Touat, ak'k'el Jit (6* f.) « regarder ». 
Le K f ($) correspond au g («2)) de Ghdam&s : agal 
jSf «attendre». Le m£me theme se rencontre 
avec la pr^formante m L) dans les dialectes sui- 
vants : Zouaoua, mould el Ji^t « regarder »; forme 
d'habitude compos^e (4 e -a e -8 e f.) isemouk'oul 
JjSjif, et nom d action amoak'el J3y*\ « regard*; 
Bougie, mokKel JJu tregarder», et forme com- 
pose d'habitude tsmok'k'oal JyUf . Le ou [>) de la 
premiere syllabe du Zouaoua s est assimil£ k la 
leltre suivante, d'ofi le redoublement du £; nom 

< d'action de ia forme factitive r^fl^chie (i!-a e £) 
asmok'k'el JkeJ • regard »; suivi immediatement 
de Yl (J), le k' (^) devient un ji f (£) : Beni Mena- 
cer, mour'li J*y «vue t regard*; Zouaoua, iha- 
mour'U <Jsy£ « regard ». 

Autruche, akah'tch g*-t (Timimoun); akaitch jct£l 
(Badrian). 

Avec, achid <Xx&l; Bel H'alima, akid 0^1. 

Avedgle , idjar'el Js\j£ . 

Avoir. «Quas-tu» ta r'ak Ulan J&& JUb, mot k 
mot « quoi chez toi £tant ». 

B 

Barbe, temah't<z*aJjs. 

Beaucoup, at't'as jjJW; Haraoua, Ouarsenis, aict'as 

^j-lk^t ; Gueiaia , attas jj-bl . 
Beubre, tiloassi (S ^ki . 



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*( 39 

Blanc, amellal JlUt; Djebel Nefousa, Ouargla, Ha* 
raoua, Ouarsenis, Bel H'alima, Djerid , Kibdana , 
idem. 

Blanc (etre), melhl J5U; Djerid, amell J*t «£tre 
blanc»; Beni Menacer, mill J^JU «^tre blanc»; 
Djebel Nefousa , semlil JuA«w « blanchir » ; Mzabi , 
smell Jl^w, forme factitive (i 1 * f.) «blahchir», et 
nom d'action asmelli Juewt; Djebel Nefousa, 
tesmlelli JX*** « action de blanchir ». 

Ble, ih'deny***?. (Gourara); irden^y. (Touat); Bel 
H'alima, Ouarsenis, Haraoua, ird'en ^j*- 

Bleu , vert, azizaou )\yjl ; Mzabi , Guargla , Kihdana , 
Beni Iznacen, id.; Bqti'oua du Rif, azigzaou 
jj^)!; Bel H'alima, Haraoua, aziza L?)l. 

Boire, saou jU (Tementit); sou y» (Timimoun et 
Touat); Djebel Nefousa, id.; Djerid, esess j***! 
(forme factitive) «faire boire »; Beni Menacer, 
essaou ^U»l ( id. ) « arroser ». 

Bouche,. imi ^, pi, imaouen ^U; Djebel Nefousa, 
Ouargla, Harakta, Haraoua, Ouarsenis, im **?, 
pi. imaoaen; Aoudjila, am r l. 

Brebis, tili JjJ. 



Cabane, tiidda JJsju (Timimoun), forme apocop^e 
de tiddart. 



Cacher, fri <£**. 
Cacher (Se), effer j»\. 



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40)**— 
C aden as, ifker jkk&i metathese de l'arabe Juu? 

Canal, tgenti^jp (TJmimoun); tijjentch gy (Te- 
mentit). 

Carotte, khizzw^y^. 

Casser , erz jtf ; Beni Menacer, erz « &tre bris£ ». 

C assure, tirzi &)y&. 

Cendre, ir f id *yjJ^. 

C&m&ales, imendi <£<X*c; Beni Iznacen, imendi. 

Chacal, ouchchen ^-fcj, pi. ouchchanen q*\£). Ouar- 

gla, Mzab, Haraoua, Ouarsenis, Djebel Nefousa, 

Bel H'alima, id. 

Chaleur, *h'amemtch g^. 

Chambre, tiddart c^t^X-j (Tementit); *(taseKk'ift 
iT»tjt^i de larabe UuJim. 

Chameau, ahum pJI, pi. ilouman J^h. (Gourara); 
alem yjl, pi. ilam *$* (Touat); alem, pi. ilman 
u lls! (Tementit); Mzabi, id.; Ouargla, id., pi. Hu- 
man ^L#^>; Bel H'alima, Ouarsenis, Haraoua, 
Djebel Nefousa, air 9 em a*1I, pi. Herman (J4h.- 

Ghamelle, talemt o^b, pi. tileman u l^>. 

Champignon , awoan n yra/i w ^J1a-> uj-«h>' i litt. : 
« viande des champs ». 

Champs, igeran yUs>. 

Changer, senfel JuLu*. 

Charbon, iiiji eg}**. 

Chardon, tagga 1^3, pi. tiggaouin. 



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41 )< 

Charger, asi ^, 

Chat, mouch j^t, pi. mouchen yAy (Timimoun, 
Badrian, Touat); mouch, imouchien ^ ± ,£y x 
(Tementit); Bel H'alima, amouch ^*f, pi. inton- 
ed 11 &»j*> Bougie et Ouarsenis, amchich (j&uuktt , 
pi. imchach; Taroudant, amachchou yi~*\ , 

Chattb, tmouchchicht c-*a*,£yg. 

Chaud, *h'ammatch g\?». 

Chaussdre, iarkast owJSjj, pi. tirkasin qaJSjs, 

Chaux, ak'enkUl J&JUSt. 

Chef, anwkk'eran JlJLJl, pi. imek'k'arenen ^iJur. 

Chemin, tizemmetch gf?, pi- tizemmatchin ^a^U^aS. 

Chercher, sebber j*m (Tementit); eitiii jl, forme 
d'habitude te/wi <$tt (Touat); Doubdou, lanra, 
U,? (aor.) « voir ». Le thfeme primitif est # # qu on 
rencontre en Ahaggar : enhi jl « voir », & c6t6 des 
formes eni # l « voir », et amanai i\3 « voyant ». 

Cheval, iis fj»j; Bot'ioua du Rif, Temsaman, Hara- 
oua, Djebei Nefousa, id.; Bel H'alima, aiis <j»*l, 
pL iisan yL*^. 

Cheveu, azfoujty, pi. iza/i?Ji ^1^; Bel H'alima, zaf 
<3l); Zenaga, ouzban (pi.) ^L^. 

Chevre, *r'a* e^Us, pi. tir'adin (^Us (Gourara); 
^rte, pi. tir'attin iftflxs (Touat); Bot'ioua du Vieil 
Arzeu, ihr'at e»U$. 

Chien, aidi &*Sj>), pi. iidian ^U>s? (Timimoun et Ba- 
drian); aiitti (s *^\, pi. iidhan ^L^> (Tementit et 



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Touat); Ouarsenis, id., pi. Hi! an (Jk*\ Haraoua, 

aid'i <f*d, iid'an q\6s>. 
Chou, *\ikrenbat ouiy^3 (Timimoun); Tementit, 

akrenba lpS\. 
Gel, qjenna bjt; Temsaman, Beni Quriar'en , Bel 

H'alima, Ouarsenis et Haraoua, id. 

Cimetiere, tameddelt oJ«xif, pi. iimedldin ^HsJi. 

Citrouille, tikabbiouetch ~y,j&J. 

Clef, tennast cu*L3, pi. fa'riKa L y uyUs . 

Cceor, oaf Jj, pi. oalaoun ^^; Temsaman, Beni 
Ouriar'en, Bot'ioua du Rif, Bel H'alima, Ouar- 
senis, Haraoua, Aoudjila, id. 

Cognee, tazeft <zj*-js . 

Colline, ajenna bjt (Tementit); terir( o^b, pi. 

tiouririn tf.f.)y£ (Touat). 
Combat, temenr'a UiUf (Timimoun); amenr'i jJUt 

(Tementit). 

GoMBATTRE, /Ittfttr' £x*. 

Commencement du la nuit, tinnist <:*«+* ^> . 
Commencer, bed**. - - 

Content, « il est content de lui-meme » /a j/aft' (pour 
itfa j/ra/i') / imanes (j*j>le* ^U* # . 

Convenir, iVfta £aor.) l$k. 

Coq, iazidh o^>)U, pi. iazidhan ^UayL; GueMia, 
Kibdana, Bel H'alima, Ouarsenis, id.; Mzabi, aia- 
zidli (jfc^U, pi. iazidhan Ju&jfyl*. Le * («£)) auquel 
correspond 1'/ (^) de la premiere sylhibe, s'est 



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.< 43 >*— 

conserve a Aoudjila, tandis (jue le z ()).est 
devenu di (g), akadjat ovJCt. 

Corbeau, tijah'fi J-a^p, pi. tijah'jiouin Q*yJi*»5>; 
Ouarsenis, jarft j^J; Haraoua, djarjify**. 

Corde, ichcherj&&, pi. ichcharen ^UUj?* 

Corne, achchaoun ^Ut (pi.); GueMia, Temsaman, 
Bot'ioua du Rif , Mzabi, Ouargla, achchaou }l£\ , 
pi. ichchaouen ^Uo; Ouarsenis, ichch (jS^, pi. ack- 
chaouen ^Uil; Beni Ouriar'en, achaouaou; Bot'i- 
oua du Vieil-Arzeu, ouachchoun u^Stj (pi.) ; Ha- 
rakta, ouachchioun ^^t^; Haraoua, kiichchqu 
j&jSI pi. ikichchoaan ytyiuJo. La forme icfr devait 
6tre employee au nord de Figuig, car elle s'est 
conserve dans le nom du k'sar d'Ich, entre cette 
oasis et Ain-ben-Kbelil. 

C6te, tir'eh'&jisi i^*^** . 

Coton, takmijjit os?j&. 

Coucher du soleil, * tisemsi ^^cuaXS (Timimoun); 

*tisemsin (Badrian, Tementit, Touat) ^j^w, de 

Tarabe L**. 
Coude, epaule, tar^erout o^ytt. 
Coudre, ajgeTn*S$. 
Coup, ioatchi is ^yj. 
Coup de poing, boukris \j*£y.. 
Coup de pied, tchinesetch <***** • 
Couper , * fc'dAa £*j • 
Courante (Eau), aman iggouren ^j^S? ^UI (Gourara); 

tijent oujs (Touat). 



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44 )**— 
Courge, takhsait izxjLje . 
Courir, azzel J;J; Taroudant, Haraoua, Mzabi, 

Djebel Nefousa, id. 
Court, igezzel J)5s>; Djerid, igzel. 
Couvrir, sr'elf U&Jtm. 
Craindre, egged «*Sf (Touat); eggedj £\ (Tementit); 

Harakta, eggoud! i^Sf. 
Crible, asr'mni &jjuJ . 

Croire, prendre pour, ir'i <$* (aor.); Doubdou, 
Ouarsenis, ai* £!. 

Guiller, lar'endjait os>l*vjb*, pL tir'endjam qJ^j& 
(Touat); tar'endja b*vjfc (Gourara); Bot'ioua du 
Rif, Haraoua, thar'endjaitli e^l^otf , pi. thir'endjain 
^.LcUi; Mzabi, iHendja L&fe,pL ir'endjain^jiL^Ju; 
Ouarsenis, a^endja l&s\. 

Cuir, ajf/fm j«\— L5( (Timimoun); tilenimit caj^ju 
(Tementit); Guelaia, in'm *^>. Le premier ^cor- 
respond au «*) et le ^ au J des autres dialectes. 

Guire, ennoay\. 

Cuisine, *tak r diertch, de Farabe *;«x*. Cf. sur cette 
derivation, Notes de lexicographic berbkre, 2 e s&rie, 
p. 68, s. v. Marmite. 

Cuisse, tamessat c^Luf; Haraoua, thamesset ou*u?. 

Cuivre, antennas ^lu! (Gourara); ourar' fa (Touat), 

Cultivateur, *akhammas ^l^-J. 

D 
Dans, 3 2). 



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-«.( 45 )«*_ 

Dattes, tiini <$ju, pi. (au Touat) iniouen ^^ub; Bo* 
t'ioua du Rif, thini&sS; Ouargla, tint 

Dechirer, serir y>j«t. 

Dedans, rajaj j\jy y itmja |>i^. 

Demain, ackcha l&! (Timimoun); alanichcha UuuJI 
(Badrian); alachcha UJf (Touat); Haraoua , Ouar- 
senis, Bel H'alima, aitcha l$s?l; Bot'ioua du Rif, 
iouchcha LS^; Guelaia et Kibdana, ihiouchcha 

Apres-demain , igemdoa ouchcha U^^*xSo (Gourara). 

Demander, isougga t2y»* (aor.). 

Dents, oujffcw ^pC£. 

Dents molaires, tir'mest <: • *«» >> , pi. tir'mas u-ljtf. 
Dans les autres dialectes, excepte en Zouaoua, 
ce mot signifie « dents » en general; on emploie 
pour « dents molaires » thira \y***s ou Lu«$ thisira 
« meules »; Haraoua, ther'mest o4j, pi. ihir'mas 

Descendre, gsa Lo( Gourara); forme apocop^e de 
eksery»$\ (Touat, Tementit); Djerid, gser y*S. 
Descendre (Faire), segsa LiC* (Gourara). 
Dessous (Au-), souaddai ^taj**. 
Devant, tafelloat e^Us . 
Dhohr (milieu de la journee^t); tizzanin ^Vji . 

Dire, ini&j>\ Bougie, Harakta, Ouarsenis, Bel H'a- 
4ima, Bot'ioua d'Arzeu, Doubdou, Taroudant, 
Ouargla, id.; Djerid, ioumma U^> (aor.). 



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— «*.( 46 
Doigt, dhad *L*, pi. idhoudan yfcyht; Mzabi, Ouar- 

gla , Haraoua , id. ; Bel H'alima , idhoudhan J-*>y&>. ; 

Ouarsenis, dhad' iLa, pi. idhoud'an ^ti^au. 
Donner, ouch jjfcj; Bot'ioua du Vieil Arzeu, oukch 

Dormir, d'/Vs (jJdl; Beni Menacer, Ouarsenis, id.; 
Haraoua, Bot'ioua du Rif, Temsaman, eft'as 

Dos, rouroa j^; Bougie, drour ^jz. 

E 

Eau, aman ^l#t; Kibdana, Bot'ioua du Rif, Temsa- 
man, Beni Ouriar'en, Taroudant, Bot'ioua d' Ar- 
zeu, Ouarsenis, Haraoua, Harakta, id. 

Eclair, oaasman ^Uwi^. 

Ecouter, entendre, sel Ju*; Haraoua, Mzabi, Ouar- 
gla, id.; Bot'ioua du Rif, sed <X*»; Guelaia, ser ym. 

Ecrire, ari&jl; Bot'ioua duRif, Bel H'alima, Ouar- 
senis, Haraoua, id. 

Enfant, ara^J. 

Entrer, alefucA, aor. ioutefU&y>; Bot'ioua du Vieil 
Arzeu, Harakta, ad'efOi>\. 

Envoyer, azcn ^)1; Beni Menacer, id.; Taroudant, 
zeny). 

Escaliers, tikoudaouin q&\>j£& . 
Etoiles, iiri ^yc*, pi. itran ^jtyc,?; Djerid, id.; Uraoun 
^yjJ. (Timisakht); Haraoua, Ouarsenis, Bel H'a- 



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— «.( 47 )« 

lima, ithri ^y^ y pi. ithran ^yL*; Bot'ioua du Rif, 
ithten yfa (pi.); Guelaia, Kibdana, itharen ^1^?. 
Etre, ilia $o (aor.); Harakta, Bougie, Haraoua, 
Ouarsenis , Bel H'alima , Ouargla , Djebel Nefousa , 
id.; eg «2Jl, aor. igi^j (Timisakbt). 



Faible, mezzi ^y\ se rattache k la mdme racine 
que amezzian (J*yA « petit ». 

Faim (T\i), ellir' ellouzer' £>!t£J', du theme lz; 
Ouargla, ellouzar'; Bot'ioua du Rif, Guelaia, Beni 
Ouriar'en, douzar 1 £';£*; Beni Iznacen, ellaz jH\ 
« faim »; Harakta, lazy} « faim ». 

Faire, edj ^t; Doubdou, id.; Harakta, Taroudant, 
e 3 2)\. 

Femme, tametlout u*y&, pi. iisidnan ^Uj^u-j (Gou- 
rara); tametft'out' t^Lut, pi. timet! tout' in Qfl^hg 
(Touat ) ; Bel H'alima , thdmettath eou? ; Ouarsenis , 
thamelffatk e*kf ; Bot'ioua du Rif, thanwtft'at 
oJb*; Bougie et Haraoua, thamet'toath eclair; 
Mzabi, tameWout&JaJi', Aoudjila, tat! out! a lb^k>. 

Fenouil, amelkelekhtch ^aiiUI. 

Fer, oazzeZ J;j (Gourpra); oazzal (Touat); Haraoua, 
Djerid, id.; Ouargla, Mzabi, Ouarsenis, oazzel 
J^; Bot'ioua du Rif, Guelaia, Temsaman, ouzzer 
jfr; Taroudant, amzil Jy#t « forgeron ». 

Feu, timsi &VL4&; Ouargla, tirim; Haraoua, Ouar- 
senis , Guel&ia , Beni Ouriar'en , ihimsi c^M^y ; Tem- 
saman , ikimessi. 



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— «.( 48 
Feuilles, liattoum +y\xs . 

Feves, ibaouen (j^U?; Ouarsenis, Haraoua, Bel H'a- 
lima, id.; Aoudjiia, eowhuen ^1; Djerid, aouen 
^!. Cf. Notes de lexicographic berbkre, \ n s&rie, 
p. 1 5 , s. h. v°* 

Figue, akah'bouch Jby£>\ (Timimoun, Touat) cor- 
respond 4 akermous \y$*j& des anciens dialectes : 
le £ rempla^ant le ^ , le %^ mis pour le * et le ^ 
pour le (jm; ak ah' bach ^Xl (Badrian); akendjaf 
<3l*vSf, pi. ihendjafen y&*£* (Gourara). 

Figuier, tazah't cu^Jy ; Guelaia, tozart ca^ta; Beni 
Ouriar'en, Haraoua, thazarth ^ly; Temsaman, 
tizarth e^lus. 

Fil, tinellijlg. 

Fleuve, tagizemt ow»;ax3; 

Foie, fesa L*3; Temsaman, tfesaLu; Haraoua, tfti$a; 
Bel H'alima, tfuwa; Ouarsenis, esa Lt; Bot'ioua 
du Rif, thachoai <&£$ . 

Foin, ar J emmouj&\; Beni Menacer, ovu J emma U$. 

Fourmi, /lYe^in (pi.) ^ajLuUS (Timimoun); tikedfin 
(jajJsXa? (pi.) (Badrian); Guelaia et Kibdana, ffci- 
te^n (^aa5C^; Mzabi, tagcttouft cui^j, pi. tigetfin 
ijJu&p; Ouarsenis et Haraoua, tichetfet oo&&*3, 
pi. tichetfin (jJlj&jZ. 

Frapper, jate/i gD (Timimoun); oaefc/i ^ (Temen- 
tit). 

Frere, oama U>; Djerid et Aoudjiia, id.; Ouarsenis 
et Bel H'alima, wama L#^>. Cf. Notes de lexicogra- 
phic berbfre, i ro s^rie, p. i5, et 3 C serie, p. 45. 



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Froid (adj.), ikcurifen &&. (Gourara). 

Froid (subs.), tasemmoudi :^^wJ (Touat). 

Fromage, takeliltch ^*A&. 

Front, thamachtch g&£ '. 

Fuir , erouel J^l ; Taroudant , Doubdou , Bel H'alima , 

Harakta , Dj . Nefousa , id. ; Bot'ioua du Vieil Arzeu , 

erouer^. 

G 

Genet du Sahara, tileggit ocJlb, pi. tileggigin 

Genevrier, azi &$, tizziten ^ (Gourara), proba- 
blement emprunt£ de larabe ^j)I qui , dans le sud 
de la province d'Oran , sert k designer le romarin 
(cf. le nom de Kheneg el-Azir w)5ll *xZ±* entreG6- 
ryville et Khalfallah). Dans les autres dialectes 
berb&res , le nom du genevrier est amelzi ^yUt 
(Beni Menacer, Bel H'alima, Haraoua, Ouarse- 
nis), amerzi t&j*] (Temsaman); thamerbout vzytJi 
(Zouaoua , d£signe surtout le Janiperus oocycedras l ) ; 
zinba Iji) (K'<jours du Sud Oranais et Djerid). 

Genou, ifadden fj^Ju (pi.)? Mzabi,ybad ^i, pi. ifad- 
den; Guelaia , Kibdana , Bot'ioua du Rif , fond' iy ; 
Haraoua, id., pi. ifadden; Ouarsenis , foudh ^3 , 
pi. ifadhen (^Uj; Aoudjila, afoud ^il. 

Gens, midden ^*k^; Djebel Nefousa, ioudan <jJ^. 

Gerbe, achelif \JuX&\ , pi. ichelifen qJlJ&j. 

1 Gf. Hanoteau et Letourneux, La Kabylie et les coutumes ka. 
byles, Paris, 1872, 3 vol. in-8°, I. N. , t. I, p. 120. 

J. As. Extrait n° 21. (1887.) A 



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— *»( 50 )**— 
Gland , abelbut! lo^iJi ; Ouarsenis , ibeUadh <jc&l*>> ( pi. ) ; 
Guelaia, abeddoudhfj^^yJ; Kibdana, aboudjdjoadh 

Gorge, takah'h'atch ^s&. 

Gosier, takerrouintch ^L^Xs (Gourara); agerjoam 
f&r^* pk *9 eT j am r'4>^* (Touat); Haraoua, f/ia- 
gerjoum &jj&; Djerid, tagerjoumt oc*jjL&; Ouar- 
senis , aierzi ^)w! . 

Graisse, oarf/i 55 (Gourara); oudi^^ (Touat). 

Grand , amek'k'ar ^Uul ( Gourara ) ; amek'Weran ^lyuj , 
f. tamek'k'erant outJtfr (Touat) ; Djerid , Djebel Ne- 
fousa, Bel H'alima, id.; Haraoua, Kibdana, Gue- 
laia, amek'Weran yUul; Aoudjila, maker Ju; Ta- 
roudant, imek'k'oren \jj*£.\ Harakta, amok' ran 
ylyul, pi. imok'ranen (^jyi-c; Doubdou, mek'k'oar 
jjyu « etre grand » ; Beni Menacer, mother jk* « gran- 
dir». 

Grappe, azioaa 1^1; Ouargla, taziouait o^tay>, pi. 
tizioaain q?)j*j>; Bot'ioua du Rif^azkoan (j&fy. 

Grenade , * taremmant ouUy , pi. tiremmanin ^jUy ; 
Ouargla, armam -U>! . 

Grenouille, ijerou ))Jj (Timimoun); adjerou )f*»U 
pi. i$era (Badrian); Ouargla , Mzab, Djerid, Ou- 
arsenis, Haraoua, ajerou, pi. yeralj>j*>;Bot'ioua,du 
Rif, id., pi. ijerouen^Jj. 

H 

Hanche, *j/<?m& <-**$*, de 1'arabe .4. 



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Harratin (classe inftrieure de la population), isemr^a 
LUwu l . Voir NAgre. 

Hase, tiarzist cu*^L>; Djerid, taierzizt c^wwjb; 
Mzabi, tiarzazt e^Ls. Cf. sur la racine de ce 
mot, Notes de lexicographic berbhre, 3 e s£rie, s. h. 

Hadt (En), soujenna b^i». 

Herbe , aseklaf tUlCmt . 

H&usson, insi ^wub, pi. insaouin ^Lub et insiten 
Qjuu*JL>; Haraoua, insi, pi. insaouen ^Uwb; Ouar- 
senis, Bel H'alima, mm^wuub, pi. insaien (^jLjLi; 
Djerid, £ctw£. 

Heure (De bonne), tikachcha LStCu, compose de 
fife = zik des autres dialectes et achcha U! , « de- 
main ». Cf. Notes de bxicographie berbbre, 2 6 si- 
ne, p. 5 1-53, s. v° Demain. 

Hier, innadh (jblu , compost de laparticule demons- 
trative in qj et du mot adh pour ahadh (cf. entou- 
areg aheggar ehadh 3 j et k Ghat, ahadh) « nuit ». 

Hirondelle, tafillilist c^uJJjb* (Timimoun); tijlilicht 
oukjlUs (Badrian, Tementit). Peut-etre doit- on 
rattacher & ce dernier forigine du nom de Fli- 
louch donn6 dans une l^gende de TAouras k un 
dragon, fils d'un marabout nomm6 Si-Zorara 2 . 



1 Cf. sur les Harratin , Le Chatelier, Description de V oasis cCIn- 
Salah, p. 60-61. 

* Cf. Kitab eUAdouani , trad. F6raud, Constantine, p. 161-162; 
Mtlusine, t. III. 

4. 




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Hiver, tasammoudj ^ <w 3 (Gourara); tasemmoudi 
^r^wtf (Touat). 

Homme, argaz )l5jl (Tidikelt, Tementit, Touat); 
Harakta etTaroudant, id.; Djebel Nefousa, ergaz; 
Haraoua , Ouarsenis , Bel H'alima , ariaz'^] ; ouggit 
ou5j (Timimoun); ouggidj gS^ (Tementit); oaggid 
•x-sSj (Timisakht), pi. midden y*K^; Zenaga, idjg. 

I 

Ici , djadi ^U* ; Bot'ioua du Rif , di &* . 



Jardin, iger j&, pi. igran ^J^>- 

Jaune, aourar' iSp\ (Touat, Tementit, Timimoun); 
Haraoua , Bel H'alima , Ouargla , id. ; Bot'ioua du 
Rif, Kibdana, aouarar' fS^\ ; Zenaga , ieri^azeg- 
gar* £15^1 (Badrian). Voir s. v° Rouge. 

Jeter, etker y3l. Cf. Zouaoua dheger J^o, f<6m. 
hab. t'eggir j*s3* et teh'ir j*jte\ Bougie, ger JST, 
fern. hab. eggar JS\; Ouargla, eger d>\. 

JouE,*iaA'm(^j^, de TarabeiuaL, pi. lak'nonn^yA.. 

Jour , ass <j»I , pi. oussan ^Lj ; Beni Iznacen , Bel H'a- 
lima, Ouarsenis, Haraoua, Harakta, Mzabi, Dj. 
Nefousa, id. 

Jumeut, tagmah'tch gL&; Haraoua, thag'marth &)\£$; 
Syouah, tegmert e^-^-3; Ouarsenis, ihaimarih 



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.(.53 )< 



LX (sans mouvement), da b. 

LX (avec mouvement), ammen ^\. 

Labourer, kerrez ^. 

Laisser , ioazed y^> (aor. ) ( Gourara) ; eg 2)\ , aor. ibaji 
^(Touat). 

Lait aigre, ar'i £\\ Bot'ioua du Rif, Temsaman, 
Guelaia , id. ; chez les Haraoua , les Beni Menacer 
et au Djerid, ce mot a le sens de « lait doux ». A 
Ouargia et dans fOuarsenis , il signifie « lait » en 
g£n6ral. 

Lampe, tiftidin ^Jwa&Lo (pi.). 

Langue, ties (jJ*, pi. ilsaouen (j^Xj (Gourara); ik, 
. pi. ilsan (jLX (Touat); Taroudant, Ouarsenis, 
Haraoua, Djerid, id.; Aoudjila, tic jaL. 

Laurier rose, tidfellaouin ^pteiXS (pi.). 

Layer, saradj gym; ce mot nest autre chose cpiune 
forme factitive d'un verbe signifiant « etrepropre » 
(theme r d' ou r d) , en Zouaoua irid! Jyw , aor. iou- 
rad'ij^; forme hab. (iv e ) tsirid' *S>^u, d'ou le 
nom d action thard'a \t>3 « lessive » ; forme facti- 
tive : Zouaoua , sired' £>**** « laver » , forme d'hab. 
tsirid' «x^jy*j(iv-i-vm); nom d action, asired' *u»»\ 
« lavage » ; chez les Ait Khalfoun , sired' S^jum « la- 
ver ». Du theme r d sont derives les formes fac- 
titives suivantes : Ouarsenis , sirid Osnjum « laver » ; 
K'cjours, sired *j&»\ Bougie, sired ^w; Chaouia, 




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sierd a^u»; Mzabi, sarad $\jm; Beni Menacer, sa- 
rad; et la forme r6fl6chie (iv-i) : Djebel Nefousa, 
tsired Sy&»3 « se laver ». On doit rattacher k ces 
racines le verbe isouret &)y*+& (aor.), en Zenaga, 
« laver », el la forme habituelle (vi), en Zouaoua, 
gnerrez '^. Le & initial de irid's est renforc^ en 2). 

Lever (Se), akker y*\; Ouarsenis, id. 

Lezard, takhsi &»&. 

Lit, tihenbelt odxJL^s. 

Livre, adlis (j*^^, pi. idlisen qm*j&*s>. 

Long, az^ra 1^1; Haraoua, azira |^)t; Temsaman, 
d'aziera Lyte; Djerid, izzagrit cu^^; Ouarsenis , 
azirar^L>y. 

LumiAre, tifaoutch gjUx>; Djerid, a*/bi£ oulisl. Cf. 
iVotes (fe lexicographic berb&re, 3 e s6rie, p. 5a, s. 
h. v°. 

Lune, toH <£*a**3 (Timimoun); toziri <£*>y (Ba- 
drian, Touat); taziri (Tementit); Djerid, tiziri; 
Ouarsenis, Beni Ouriar'en, Temsaman, thaziri 
<£wv$ . Chez les Haraouas , ce dernier mot signifie 
« clair de lune ». 

M 

Main, Jons ^y, pi. if assert yXkr, Djerid, Haraoua, 
Ouarsenis, Bel H'alima, id.; Taroudant, afous 
(jN^il; Aoudjila, id., avec le sens de « bras »; Dje- 
bel Nefousa , afas j*it . 

Mais , tefsout c^-y«jb . 



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>( 55 ).m— 
Maison, tiddah'tch «!Oyu (Gourara); Touat, tiddarl 

c»)lJs^-5; Temsaman, Haraoua, Beni Menacer, 

thaddarih &j\<>3; Bot'iouadu Rif, thaddart o>;t«X$; 

Bel H'alima, taddart c^l*X3; Mzabi, taddert 4sy«X3. 
Malade (II est), la (pour May*), ioaden y3^> SJ; 

Ouargla, madoun &<>*• ( a dj-)» Harakta, mad'oun 

Manger, tchi &*., aor. itcha l^£; Djebel Nefousa, 
Harakta, Ouarsenis, Bel H'alima, Benilznacen, 
Doubdou, Ouargla, etch gt; Zenaga, itcha U? 
(aor.); Guelaia, Ghdames, ekch jbS\; Mzabi, ech 
tj&l; Bot'ioua du Rif et Temsaman, ich jk*. 

Marcher, ezzouj^u, aor. izza L>. Temsaman, zovl^\ 
Ouarsenis , eddoa j*J . 

Matin (De bon) , tikachcha Ul£j . Voir Heure. 

Marmite , *tak f adih r tch ^oJb; Mzab, taidourt e^Oyb; 
Ouarsenis, thaiddourth &p<yJ3. Voir s. v° Cuisine. 

Mauve, mar' a Uu. 

Melon, tijellitch g)j*> (Gourara); amelhal JjUt, di- 

min. tamelloult oJjAs (Touat). 
Melon vert , pastAque , tafeggoust ou^Sob; dans TOu- 

arsenis, thafek'k'oust ou»yU$, et chez les Hara- 

ouas, afek'k'oas (j**yUl , a le sens de « melon » en 

g6n6ral. 

Meule , afassi &**\ . 

Miel, tamemtch ^Ur; Ouarsenis et Haraoua, thamemt 
jt ; Bel H'alima , thamamt oc«Ur ; Mzab, tamemt 
f; Aoudjila, temcnt < 



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— +*•( 56 )<a — 

Milieu , tancfsit (Touat , Timimoun, Badrian ) oa*^j 
ammas j-Ul (Tementit); Harakta, goummas <j»UjS 
« au milieu ». 

Miroir, tiisit o yuxxu J ; Bei H'alima, tfiwitfi 4£*a**a3. 

Moineau, touzoukkit oy5j)y; Mzab, zoufci <5^). Le 
mot zaouch (jSjl), employ^ en arabe vulgaire 
dans le Maghreb pour designer le « moineau », a 
&6 sans doute emprunt6 au kabyle (Zouaoua) 
azaouch (jfcjty, pi. iziouchin^JS^^, qui s'applique 
dans le Juijura au « moineau franc » (Passer do- 
mesticus ou FringUla domestiea), au « moineau dlta- 
lie » (Passer Italue) et au « moineau d'Espagne » 
(Passer salicicoh. ou Passer hispaniolensis l ). 

Moisson , anemdja LaSol ; Bot'ioua du Rif , amjar y\y*V 

Mollet, tinsit ouumJuJ; Mzabi, timcha n idharenlsJs 

Monter, ali Jjl, aor. iouli^; Bot'ioua du Rif, ari 

Monter (Faire), sih'Juu**; Bel H'alima, id. 

Mouche, izi (gjj, pi. izan ^y; Djerid, Ouargla, Ha- 
raoua, Bel H'alima, id.; Beni Menacer, ihizit 
ouUJ (i moucheron ». 

Moulin, tasih't ca^uj; Ouargla, tasirt c^amJ. 

Mourir, emm J (Tementit); emmout e^*l (Touat); 
Beni Iznacen, iJ.; Harakta, emmeth e*#I; Tarou- 
dant, emmet oc*1. 

1 Cf. Hanoteau et Letourueux, La lifafcylie, t. I, p. i48. 



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— «.( 57 )**— ' 
Mouton , ilji ^jij? (Gourara). 
Moyen (adj.), amegrouch ^JCd. 

Mule, taserdount cu^^wJ; Haraoua, thaserd'ount 
oujiy«3; Temsaman, ihasard'ount. 

N 

Natte, tajdh'tUtch ^Xa^p; Ouarsenis, Haraoua, ajer- 
thil Ju3;jt; Bel H'alima, ajarthil 

Navet, tlit ou^b, pi. tlitaouen ^\xJg . 

NAgre, ijmej y$* (Tementit); Chelh'a, ismeg *2Uw^; 
Djerid, wmjfj^wo; Guelaia, ismer' £&+*. 

Nez, tinzah'tch g}}**** pi- tinzarin ^lyus; Bel H'a- 
lima, thinzert %s>£L&\ Mzabi, tiazerf c^yus; Sy- 
ouah et Aoudjila, teniert c^vJtt; Ouarsenis, ffcm- 
zor jkJU?; Djerid, tinzer jyb?; Temsaman, iruw 

Nid, agelafudS), pi. igelfaouen ^UA&;Mzab, arf/^ 
vjil>!, pi. idjelfaouen ^UL^. 

Noir, abeh'kan ^IXWl. Ce mot est pris quelquefois 
au Gourara dans le sens de « bleu fonc6 ». Bot'ioua 
du Rif, Ouarsenis, Haraoua, aber/an ytiyt; Bel 
H'alima, Kibdana, aberchan ^Uy t ; Beni Menacer, 
sberraxen (Jsy*» « noircir ». 

Nomrril, timit ouil; Mzab, id. 

Nourriture, toutouch &yy (Gourara); touttoutch 
^yy (Touat), nom d'action irr^gulier de tchi (s ^. 
« manger ». 



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Nurr, iidh o^?; Harakta, Haraoua, Ouarsenis, Bel 
H'alima, idh; Djebel Nefousa, ietf la*; Zenaga, idj 
g; Aoudjila, aoud ^t; Zenaga, it os>; deggidh 
<j*ASi (Badrian); Mzab, deddjidh <j<aAao. 

Nurr (Passer la), ens ^1, aor. insouymXi. 

O 

Obtenir, tend <XJ£ (forme d'habitiide). 

OEil, tit La3, pi. ttfaouin (^1^*3; Djerid et Mzab, 
til!; Temsaman, Kibdana, Guelaia, Bel H'alima, 
Ouarsenis, Haraoua, Zouaoua, Bougie, thid lix>; 
Aoudjila, aft"' (?) Jo\ m 

(Hup, tenzeft oJus, pi. tenzal Jty*3 (Touat). 

Oiseau, q/Vdii OyajJ, pi. ijedidin ($»><£*}& (Badrian, 
Timimoun) ; ajedidh j^pj) , pi. ijedadh <j©lajj (Te- 
mentit, Touat); Djerid, achtit! tuk&l, pi. icftj'a*' 

Ongle, ichchar jS+j, pi. ichcharen uplkj; Ouarsenis, 
Djerid et Dj. Nefousa, id.; Haraoua, Bel H'alima, 
id. , pi. achcharen (j^lSt ; Temsaman , ichchar ^Ifco . 

Or, oarak' £t^ (Tementit, Timimoun); oarar' (Ba- 
drian, Touat); Mzabi, Ouarsenis, Bel H'alima, 
id.; Djerid, aourar^ glj^l; Zenaga, oari ^^, earoii 
jpl; Aoudjila, oara t^. 

Oreille, timejjit 005450, pi. timejjin (^Jtfy; Djerid, 
tamedjit c*xs^3, pi. timedjin 0*33*3; Mzabi, tam- 
zoor'f o^yf , pi. timezr'in ^^yi; Haraoua, Ouar- 
senis, Bel H'alima, amezzoar' £jV»'. 



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59 

Orge, timezzin <$*)*; Djerid, Ouargla, Haraoua, 
timzin (^ty:-, Bel H-alima, thimzin ^w; Mzabi, 
temzin ($%£; Djebel Nefousa, femzin ^y^** 

Os , ikhs if**? , pi. ikhsan ^L*ss? ( Tementit) ; fifes i fJ6 , 
pi. tfesm yLju (Touat); ir'es <j«jb, pL ir'esaoan 
yjLjb (Badrian); Ouarsenis, Haraoua, Djerid, 
ir'es, pi. vfesan. 



Pain, tadddoumt ex*j<x*b\ 

Palais (de la bouche), tangayt n imi ^^ o<ST&3. 

Palmier, tozdait oyitey (Timimoun); tazzait outvs, 

pi. fizzam (j^t^ (Touat); thazzaitch g\f,jA.tkiz- 

zai &)j> (Badrian). 

Palmier nain (chamarops humilis, -^3), tinekliin 
yxJlJuuo (Gourara), alteration de Tarabe »X& (?). 

Parcourir, estar yuJ (Gourara). 

Pays, tamoart ^yf; tamoah't oo^if (Gourara), pi. 
timoura \jpqp; Djerid, tamoart , pi. timoara. 

Peau, talemsoatch gy**te (Touat); tilemmit (Temen- 
tit), c*aJul>; Ouarsenis, ai/im j«X>l; Ouargla, Dje- 
bel Nefousa, Djerid, ajiim/flJS); Aoudjila, egf/im; 
Haraoua, ag'lim. 

Perdrix, tizziret o^ (Gourara). 

Petit, amezziah ybv^l; Djerid, Haraoua, Ouarsenis 

et Bel H'alima, id. 
Peu (Un), afot ca^I (Gourara). 
Pierre, adrW fUal, pi. idr'ar'en ^ftUos?; Ouargla, 



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— **( 60 

Ouarsenis, Taroudant, id. ;Beni Menacer, adYar' 
£U&t; Ghdam&s, tar'our'an {JsytS (pi.); Syouah, 
adr'a U*t . 
Pioche, algoun y^Jt; diminutif, talgount ou^xA? et 
tajeljimtch gjfiy* (Gourara); Haraoua, aielzim 

Plafond, ajenna UjJ. 

Plat, tazelaftfzMf. 

Plohb, aldoun (j^oJt; Djerid, boaldoun y)d3j>. 

Pluie, aman oujenna b# ^Ul (litter. « eau du ciel »); 
Bel H'alima, ajenna Ujl; Mzabi, tajennout iz>jjp. 

Plus que, oa/ar^ljfj ; Mzabi, id. 

Poignet, tchachmakt n oufoas o-yy o^Utf^. 

Pois, demtchi ^2* (Touat). 

Poitrine, idmar ^U«3s>, pi. idmaren ^;U*)o; Djerid, 
id.; Guelaia, Kibdana et Ouarsenis, id'maren 
UpUiX*; Temsaman, Bot'ioua du Rif, Beni Ou- 
riar'en, Bel H'alima, Mzabi, idhmaren ^Uwbj. 

Pont, tikatatch gt*£y (Gourara). 

Pou, tilUcht cu&xLs, pi. tillichin ^jUuJLu; Ouargla, 
ft'Hrt cujJ^S; Djerid, iiilchin ^j^Xkj (pi.), riic/im 
(jj^Auu ; Mzabi , Ouarsenis , thiichiin; Bougie , thilkith 
eAxCLw, pi. thilkin (^5Xu; Haraoua, thiichchets 
pi. tiichchin ^ ju&uu; Guelaia, tiichchiih, 
*, pi. ihiichchin; Aoudjila, taoullekt oJ3jlb. 

Pouce, dftad amek'tfar JJLa) *Lt© (litter. « grand 
doigt»)» 



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Poule, tiazii kyLo, pi. tkiuzidhin ^aa^Lj; Djerid, 
id. 

Poumon, taroufc^y; Mzabi, id.; Haraoua, tharouth 
&)f\ Ouargla, toara \^y (pi. ); Djerid, taorra l^b; 
PoussiAre, azounouz )y^)' (Gourara). 
Poussins, ifoulkusen Q*»j)jb; Ouarsenis, aferrouchin 

Poutre, azekkour ;^)t; Beni Menacer, id.; pi. izer'a- 

ran y)\*^ (Tementit). 
Pouvoir, izma Uu> (aor.) (Timimoun); ezmer j*j\ 

(Touat ) ; Djerid , Beni Menacer, id. ; Guelaia , zmar 

Premier, amzoua \^y\ (Gourara); Haraoua, amzoua- 
rou^yli; Taroudant, izouaren tgW; Beni Me- 
nacer, zar $ « etre )e premier ». 

Prendre, asi gj, aor. iousi &&.; Taroudant, id. 

Puits, tanout u^J£, pi. tinoutin ygy*? (Timimoun); 
anou yl (Touat); Bot'ioua du Rif, id., pi. anou- 
ten (jj^yt; Aoudjila, aoudnou y^J; Djerid, tanout 
Kz>y3\ Harakta, thaouints ouL^b* « source*; Aou- 
djila, tiouen yy3 « sources ». 

R 

Racine , azoaar fo\ , pi. izour&n \J)fy> ; Beni Menacer, 

Zouaoua, id.; Djerid, azour j^l. 
Raisin, adi/ Jj^t; Guelaia et Kibdana, ad'ir ^1; 

Temsaman, dircht ow&^. 
Rameaux, tikallouanin ^ot^Uuy. 



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62 

Rassasi£ (Je suis), Mb* aramr* g^l £J!. 

Rat, ar*erda tey*5, pi. ir^erdmn (^by^; Ouarsenis, 
id.; Djerid, r*arda ly . 

Riyi£re, ti^ouni ^ybtf (Gourara). 

Roseau, tfanimt oM?yU3 (Timimoum); aHanim, ir'a- 
nimen (Badrian , Tementit) ; Kibdana , id. ; Bot'ioua 
du Rif, Ouarsenis, Haraoua, rW/n ^>U; Bel H'a- 
lima, ir'anem *iUa. 

Rouge, azeggar 1 £15)'; Djerid, azouggar ftSj)]; Aou- 
djila, n&oaar'(?) £jjy;Ouargla, azeggar ^i; Ou- 
arsenis et Bel H'alima, azouggar J&fy; Haraoua, 
azzoaguar. 

Rouille , inja t^ (Timimoim) ; tinh'asin q*J*&3 (Ba- 
drian). 

S 

Sable, chal amellal (litter. « terre blanche ») J^Ul Jl& 

(Timimoun); tametiltch J^i (Tementit); Aou- 

djila, hernial J^$. 
Saisir , et'tfefU&>\ ; pass. touatftfefUia^yS ; Dj. Nefousa , 

Djerid, Bel H'alima, id. 
Salive , tikoufast ou»J ^ Cu ; Ouargla et Djerid , tikoufas 

^U^Sju; Haraoua, i^oo/a l^&- 
Sang, idamen (^AXj; Beni Menacer, Taroudant, ufci- 

men; Guelaia, Kibdana, Ouarsenis, id' amen ^S^; 

Haraoua, id'ammen. 
Sauterelle, tmourr'etch £^Ji, plur. tnwttrr'atih 

Savoir, sen q*»; Djerid-, Taroudant, sin i: y^m; Ghda- 



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63 )•«— 
mes, Dj. Nefousa*, Haraoua, sea; Ouarsenis, essin 

Scorpion, tr'ardemtch ^yfc, pi. tir'ardemin QA**y63; 
Djerid, tfardemt ocoufc, pi. tir'ourdam J>^jU3. 

Sel, tisenta*L»xs\ Djerid, tisent. 

Serpent, ijir'a bui?; Temsaman, Bot'ioua du Rif, 
Ouarsenis, Haraoua, Ouargla, fir f ar^JUh. 

Serrure, ifka \Sju (Timimoun); ifkar^SJo (Touat); 
pi. ifkwaouen (jj^Uju. 

Serviette, *amendjil Ju^UJ, de Tarabe JisXJU, em- 
prunt£ lui-meme au latin mantile. 

Soif («Fai), elW effouder* £$y>\ gJI; Temsaman et 
Ouarsenis ,foudar r f'^j; Bot'ioua du Rif, Gueiaia, 
Beni Ouriar'en, Bot'ioua du Viel Arzeu, foud'ar' 
fteji; Djebel Nefousa, fed «X*, aor. iffed «>ob; 
Djerid, fond ^i, aor. iffoud sy^. 

Soir, tameddit oo<xir . 

Soleil, ihfouitch g.yS (Timimoun, Touat); t/bait 
ooyb (Badrian); t/baif.(Tementit); tfoait (Timi- 
sakht ) ; Ouarsenis et Bel H'alima , ihfouikih eXyS ; 
Harakta, tafoukth e<2yb*; Djebel Nefousa, toufout 
c»jiy; Djerid, etfout c^yb'l; Haraoua , foui^ *il^i; 
Beni Menacer, foaith ev^i. 

Sommeil, idhes <j**sl>; Ouarsenis, Taroudant, id. 

Songe, tirjet e»jy (Tementit). 

Sorgho, meMiJsi* . 

Sortir, effer' £»l; Taroudant, Mzabi, Djebel Ne- 
fousa, Harakta, id. 



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— w( 64 Ki — 
Sourcil, cil, timmifff?, pi. timmiouin ^^atst; Mzab, 
timmi; Guel&ia, thamioain ^^s \ Ouarsenis , iham- 
maouin ^U . 

T 

Ten&bres, iallast gu^; Djerid, Ouargla, ballast. 
Tenir (Se), aVk'im k&\\ Bot'ioua du Rif, Bel H'a- 

lima, Djebel Nefousa, uf.; Ouargla, 5^™ 4viu» 

« faire tenir ». 
Terrasse, a/enna Ujl; Ouargla, annejj jj\, pi. i/yoa/ 

Terre, c/ia/ jUi; Djerid, id. 

Tete , tamgina LJC£, pi. timginiouin ^^xJ^s (Timi- 

moun); tamegena, pi. timegenan yUs^s (Touat); 

tameggana, pi. timegginiouin (Badrian); Mzabi, ta- 

ie/na IjJaJ, pi. tibejniouin {$&:>}*>- 
Tison, tignas jJssZs. 

Tomber (aor.), infe'if cwuLL^ (Tementit); ioizda 

t^j (Touat). 
Torrent, ir^zer jjmj (Touat). 
Tourterelle, timalla &^o, pi. timallaouin (^^fy; Ha- 

raoua, Ouarsenis, thmalla SUr, pi. thimallaouin 

Trame, tikakartch g;UXtf (Tementit). 

Tronc, tsakennicht oukx^s, pi. tikennirin ^j-aJ^u. 

Trou, afcWoa^x^t; Ouarsenis, Haraoua, Ouargla, 

a. 

Troupeau, t^ain (^l^ (Timimoun). 



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— «.( 65 }«*— 

Trouver,. af ol; Bot'ioua d'Arzeu, Beni Iznacen, 
Ouarsenis, Harakta, Djebel Nefousa, Taroudant, 
id. 

Tuer, era* g\; Bot'ioua du VieiJ Arzeu, Ouarsenis, 
Haraoua, id.; Temsaman, enr'i <j>t ; Mzabi , inr'ou 
y*xt (aor.); Bot'ioua du Rif, nor' ^U. 

V 

Veine, azouar^l, pi. izouran (Jpy.* Voir s. v* Ra- 
cine. 

Venir, as d s jjj, aor. iousi d * <£^>; Taroudant, 
Guelaia, Kibdana, Beni Iznacen, Doubdou, Bel 
H'alima, Haraoua, Harakta, Djerid, Djebel Ne- 
fousa, Ghdames, id. 

Vent, adou ^1; Haraoua, Ouarsenis, Bel H'alima, 
ad'oU)*\; Djerid, at!ouyia>\. 

Ventre, taddist owwjJOf (Gourara); addist om^aI 
(Touat); Ouarsenis, adddist om*jJs*1; Haraoua, 
dcWi5 jmjOs^ ; Temsaman, Guelaia, dddis <j*jOs*. 

Vert, azizaou jlu^l (Gourara). 

Viande, aisoum &«+?); Haraoua, Doubdou, Mzab, 
id.; Djerid, aksoum *y*J>\\ Guelaia, achtbum 

Village, ar'erem *•*!, pi. i^ermaouen (j^Uy^; Mzabi, 
id. 

Visage, oudem,**); Bougie, Djerid, id.; Bot'ioua du 
Rif, Bel H'alima, Haraoua, oud'em *&). 

J. As. Extrait n° ai*. (1887.) 5 



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66)**— 

Vivre, edder ^1; Ouarsenis, Djebel Nefousa, id. 

VonA, aida t«\>l (Gourara). 

Voile, bahdja LAj; Ouargla, tabekhnout <^y^xs. 

Voir, zer ft, aor. izeroa ^y, (Gourara); Guelaia, 
Kibdana , Temsaman , Beni Iznacen , Bot'ioua du 
Vieil Arzeu , Ouarsenis , Haraoua , Harakta , Mzabi , 
Ouargla, Dj. Nefousa, id.; aor. izeri ^y (Touat); 
Taroudant, id. 

Voler (S'envoler), afegOti, aor. ioufoug Qyy.\ Beni 
Menacer, afig dL*) . 

Vouloir, ekhs u*i*t; Bot'ioua du Vieil Arzeu, Gue- 
laia, Bel H'alirna, Ouarsenis, Haraoua, Harakta, 
Djerid, id. 



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( 67 ).«— 

IV 
SPECIMENS DE TEXTES. 



DIALECTE DE TIMISAKHT. 

LB VENTRE ET LES WEDS '. 

y bl )15;I J+je ^ *l (jjaX^;^ cum^j^ (j***^ gj-t <^a£> 

b Li Ou*,!*} U3 fbl c^JJLm )tS;t Jl^l 0aJLAj (j>J^; 

f* 5 ^ p^y* s*y c* 8 * r^ 

1 Cf. Fables isopiques, id. Halm (coll. Teubner), Leipzig, 1872, 
in-12 , n° 197, KoiA/a xad U6$eis; Tite Live, Histoire romaine , 1. II, 
ch. xxxii ; Denys d'Halicamasse , Antiquitds romaines, \. VI, ch. vn; 
Vaiere Maxime, Ditf memorables, 1. VIII, ch. ix;'Florus, Histoire 
romaine, 1. I, ch. xxiii; Quintilien, Institution oratoire, \. V, ch. xi; 
Plutarque, Vie de Coriolan, ch. iv; J. Landsberger, Die Fabeln des 
Sophos, Posen, i85g, n° 53, Le Ventre et les Pieds; Loqman, 
Fables, ed. Cherbonneau, n° 3a, Le Ventre et les Pieds; Jean de 
Salisbury, De nu<fis curialium, 1. VI, ch. xxiv; Pheedrianae fabulm 
(ms. de Wissembourg), ap. L. Hervieux,Iu Fabulisles latins depuis 
le siecle d'Auguste, 2 v. in-8°, Paris , i884-, t. II, 1. IV, fol. 1 1, De par- 
tibus corporis; Romulus, Fables, i. Ill, ch. xxvi, Membra et Venter; 
Vincent de Beauvais, Speculum hisloriale, 1. Ill, ch. vn (fab. xxn, 
ed. Hervieux), Membra et Venter; Romulus de Vienne, t. I, f. 53, 
Membra et Venter; Romulus de Berlin, 53, De manibus et pedibus 
ventri dedignantibus ; Romulus de Nilant, 1. II, f. 18, De t membris 
el ventre; Walter 1' Anglais, Fables, n° 55, De ventre et ceteris mem- 
bris; Romulew fabulee rythmics (ms. du British Museum), f. 18, 
De stomacho olioso; Romulus. d'Qxibrd, f. 28, Membra^ et, Venter; 
Alexandre Neckam, Fables, n° 37, De ventre et membris, ap. E. du 
Meril, Poisies intdites du moyjsn age, Paris, i85A, in-8°; Marie, de 

5. 



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— w( 68 )**— 

Ikket Imarratch mkha$araen ouddist d ridjlin ad ouin iah'- 
mel argaz. Ennan ridjlin : Nichnin a nh'amel argaz selk'aout 
ennar'. Tenna ouddist : Ma ta ou akenim ouchiar' touttoutch 
ou tezmerem a tak'imem 

Une fois, le ventre et ies pieds se disput&rent 
(pour savoir) qui portait 1'homme. Les pieds dirent : 
« Nous le portons par notre force. » Le ventre t&- 
pondit : «Si je ne vous donnais de la nourriture, 
vous ne pourriez pas m£me vous tenir debout. » 

2 
DIALEGTE DE TEMENTIT. 

LBS CHACALS l . 

France, PoSsies, Paris, 1820, 3 vol. in-8*, f. 35, L'Bstomac et les 
Membret; Eustache Descbamps, CEuvres completes, ed. Queux de 
Saint-Hilaire , Paris, in-8°, t. II, p. 89, ballade a5i, Comment le 
chief et les membres doivent aimer fan I 'autre; Rabelais, 1. Ill, ch. m 
(&1. Burgaud Desmarets et Ratbery, 2 vol. in-12, Paris, 187$), 
Comment Panurge lone Us debteurs et empranteurs; Regnerius, Apo- 
logi Phmdrii, Dijon, i643, 1. II, f. 4; Bepserade, Fables, ki\ 
Faber, Fabulm, 17; La Fontaine, Fables, \. m, f. 2, Les Membres 
et VEstomac ; Desbillons , Fabulm aesopim , Paris , 1 778 , in- 1 2 , 1. Ill , 
f . 4 , Membra et Venter. 

1 Cf. Fables esopiques, 4d. Halm, n° 218, Les Chiens off amis; 
Pbedre, Fables, 1. 1, £ 20, Canes famelici; Adbemar deChabannes, 
Fabulm antiques, n° 2, Canes famelici (ap. Hervieux, Les Fabttlistes 



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lkt tasaatch zeren sen ouchchanen gelouad ikt tilemmit 
nar'ioul. Ennan : An ekkinan ansaou aman annacal i tilemmit. 
K'imen ad asaouen ; einman ou oucalen itilemmit 

tine fois, deux chacals virent dans une riviere 
une peau dane : «Nous boirons Teau, dirent-ils, 
jusqui ce que nous arrivions & la peau. » lis se 
mirent & boire Feau , moururent et n arriverent pas 
au cuir. 



DIALECTE DE TIATTAFT. 

LA FEMME BT LA POULE l . 

gpJL Ou^to* ifiyiZJ fa £&) 2>1 ^15^J c^iax Us *l*A)l 

Zotou, t. II) ; Landsberger, Die Fabeln des Sophos , n° 59 , .Lej Lou/u 
ct l Homme ; Loqman , Fables , n° 36 , Les Loups ; La Fontaine , Fables , 
VHI, 25, Les deux Chiens et VAne mort. 

1 Cf. Fables esopiques, id. Halm, n° 11 1, La Femme et la Poule; 
Avianus , Fables, n° 33, Anser etRusticus; Babrios, Fables, 12 3, La 
Poole aux otufs d'or; Gabrias, Quatrains, n° 2 1 , La Poule qui pondait 
un cbuJ £or et I'Avare; Masoudi, Prairies dor, ed. Barbier de Mey- 
nard et Pavet de Courteille, t. II, Paris, i863, in-8°, ch. xxv, 
p. 2^7 (Lettre d' Alexandre a Darius); Landsberger, Die Fabeln des 
Sophos, n° 3o, L Homme et la Poule; n° 61, La, Veuve et la Poule; 
Decourdemancbe , Fables torques, Paris, 1882 , in-18, n° 72, La 
Poule aux ceufs dor; Vartan, Choix de fables en armdnien et enjran- 
paw, Paris, i82 5,in-8°, f. 27, Le Pauvre Homme et le Dindon ; Loq- 
man, Fables, n° 1 2 , La Femme et la Poule; Syntipw pkilosopki persee 
fabulw, id. Matthaei, Leipzig, 1781, in-8°, f. 27, 42; Valla, id. 
H. Estienne, p. 57; Faber, f. 12; Benserade, f. 120 et 2i3; Marie 
de France, f. 12 , La Femme et sa Poule; La Fontaine, 1. V, f. i3, 
La Poule aux ceufs dor; Desbillons, Fabulw msopim, 1. II, f. 1 5 , Gal- 



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Ikt tamet't'out ikt noubetch tclla r'ers ttazit terou tenzelt 
seg elfodhdhah. Tonna tametVout : Loii kan ad ouchar' ou- 
jar n toutouch i liazit be£cah' ad tendar' sen tenzal. Touch 
as oujar n toutouch tserir'as taddis n tiazit temmout 

Une femme avait une fois une poule qui pondait 
nn oeuf d argent. La femme se dit : « Si je iui don- 
nais plus de nourriture, eile pondrait deux oeufs. » 
Elle augmenta la nourriture de la poule dont le 
ventre £clata : elle mourut. 



DIALECTE DE BADRIAN \ 

^ <^-* L T -^ t 4 p p>««A (jA* $* &*d {J*& o»'j ij**- 

Una ova pariens aurea. Ainsi que Ta fait remarquer Weber ( Veber 
den Zusammenhang indischer Fabeln mit griechischen , Berlin, i855, 
in-8°, p. i4-i5), il ny a pas de rapport entre cette fable et le i&* 
conte du livre III du Pantchatantra, d'oi Wagener (Essai sur les 
rapports entre les apologues de Vlnde et les apologues de la Grece, 
BruxeUes, i85a, in-4°, p. 81-8 3) la croyait imitee. Cf. aussi Ben- 
fey, Pantschatantra, Leipzig, i85g, 2 vol. in-8°, t. I, S 159, 
p. 3 7 8-38o. 

1 La plus ancienne version de cette fable est attribuee a Demo- 
crite par Stobee (cf. Democritae Abderitae Operum fragmenla, ed. 
Mullach, Berlin, i843, in-8°, 169), et elle a ete reproduite dans 
presque tous les recueils occidentaux : Fables esopiques, id. Halm, 
n° 233, Le Chien portantde la viande; Phedre, 1. I, 4, Canis per 
Jluvium carnemferentem; Babrios , f. 78 , Le Chien et V Ombre; Gabrias , 
Quatrains, 32 , Le Chien et son Image dans I'eau; Phwdriante fabulw 
(ms. de WissemboUrg, ap. Hervieux, Les Fabulistes latins, t. II J, 



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(j! (^»^-J' <£o^3 *^-*»^ Cwf«x5^ijLfc *>*«£? jMJLfp ^p\j 

1. I, f. 6, Cams super jluvium carnetnf evens; Romulus, L I, f. 5, 
Canis per Jluvium carnem ferens ; Romulus de Vienne, I r f. 5, Canis 
per Jluvium carnem ferens; Romulus de Vienne, II, f. 4. De cane; 
Romulus de Berlin, A , De Cane vidente umbram; Romulus de Nilant, 
1. I, 5, De cane qui Jlamen transient partem crudes carnis inoregere- 
bat; Romulus vd'Oxford , f. 5, Canis per Jluvium carnem ferens ; Ro- 
mulus de Berne, 5, Canis per Jluvium carnem ferens ; Romulus de 
Munich, 5, De cane et de parte carnis; Romulus de Bruxelles, 5, 
De cane qui caseum tulit; Anonyme de Berne, f. 12, Canis per Jlu> 
vium carnem ferens ; Adhemar de Chabannes, Fabulee antiques, 7, 
Canis super Jluvium carnem ferens; Vincent de Beauvais, Speculum 
historiale, 1, III, cb. 11 [fable in, ed. Hervieux, op. laud.), Canis 
per Jluvium carnem ferens; Walter 1' Anglais, f. 5, De cane et came; 
Gualterianae fabula?, f. 5, De cane el osse; Marie de France, f. 5, 
Le Chien et t Ombre; Alexandre Neckam, f. i3, De cane et umbra; 
Jean de Schepeya, f. 3, Canis per Jlumen carnem ferens; Baldo, Al- 
ter JSsopus (ap. £. du Meril, Poesies ine'dites du moyen dge, Paris, 
i854, in 8°), f. 1, De cane et umbrd pratda; Raymond de Beziers, 
ap. du Meril, op. laud., p. 218; Ysopet de Lyon, 6d. Forster (t. V 
de lAltfranzosische Bibliothek, Heilbronn, 1882, in-8°), f. 5, Da 
chien qui porte la pece de char en sa boiche; Syntipas, Id. Matthaei, 
f. 28; Dosithce, f. 1 1 ; Landsberger, Die Fabeln des Sophos, n° 3i, 
Le Chien et la Viande; Loqman, f. 4i, Le Chien et le Milan. Cette 
fable exisle aussi dans le Pantchatantra (trad. Lancereau, 1. IX, 
f. 91, La Femme et le Chacal), associee a un conte sur une femme . 
infidele; cf. aussi Lancereau, Analyse et extraits du Badj Niti, Pa- 
ris, 184 9, in-8°, p. 42 ; Dubois, Le Pantchatantra ou les cinq ruses, 
Paris, 1826, in-8°, p. 237. Dans le Kalilah et Dimnah, la fable est 
reportee dans un des cbapitres de V introduction , et degagee de 
tout recit accessoire : Kalilah et Dimnah, ed, de Boulaq, 1249 de 
Tbegire, in- 4°, p. 27, Cf. une autre recension, ap. Guidi, Studii sal 
testo arabo del libro de Calila et Dimna, Rome, 1873, in-8°; dans 
la version grecque : Aurivilliers , Prolegomena ad librum , 'ZTeQavivns 



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k( 72 )^_ 

Iggen ouas iggen aid i ilia r'as ouaisoum gimmes. Ikhouf 
louad izera khial ennes g aman. Inna oul ennes : Aida Ulan 
aisoum. Iouzed ouin ilian g imines ioused r'a ilia g eddaith. 
Toused thijah'fi lousi en aisoum. Our ioufi aidi ouillan gimines 
our ioufi ouillan g aman 

Un jour un chien avait de la viande dans la 
gueule. En traversant une riviere, il vit son image 
dans feau. 'II se dit : « (Test de la viande. » II laissa 



xai 'IxjujAari?* , Upsala, 1786, in-4°, p. 4o; dans la version latine : 
Jean de Capoue, Directorium human* vita (ed. Puntoni, Pise, 
i884, in-8°), 1. I, f. 5, De cane ct umbra carniam in aqud; dans 
la version espagnole : Calila e Dymna, p. 17, ap. Gayangos, Escri- 
tares en prosa anteriores al sigh xv, Madrid , 1 859 , in-8° ( t. LI de la 
Bibliotheca Rivadeneyra); dans la version italienne : Del Governo 
de* regni, p. 11 (Bologne, 1872, petit in-8°, t. GXXV de la collec- 
tion Romagnoli). Une autre collection orientale renferme cette 
fable, c'est le cycle des Contes da Perroquet; version persane de 
Nekhcbebi : Iken, Touti Nameh, Stuttgard, 1832, in-8°, x* recit, 
p. 54 , La Fille du marchand et le Chacal; version turke : Rosen, 
Tuti-Nameh, das Papageienbnch (Leipzig, 18 58, 2 vol. in-i 2 ) , t. II, 
p. 4-8 , Le Renard et la Jewiefemme deKhorasan; Wkkerhauser, Die 
Papageimarcken (Leipzig, 1808, in-8°), xvi* nuit, p. i63. Dans, ce 
recueil comme dans le Pantchatantra , la fable est reunie a un autre 
conte. On la trouve aussi en Chine : Stan. Julie n , Contes et apologues 
indiens (Paris, i860, 2 vol. in-12), t. II, n° 75, La Femme et le 
Renard, eitraitde Tencyclopedie chinoise, Fayouen-tchou-lin; enSi- 
berie : Radloff, Proben der Volksliteratur der twhbchen Stamme Sud- 
. Sibirien's ( Saint-Petersbourg , 4 vol. in-4°, 1866), t. I, p. 216, Le 
Chien avide; eu Espagne : Ruiz de Hita, ap. Sanchez, Coleccion de 
poesias castellanas anteriores al sigh xv (Paris, 1842, in-8°), copl. 
210, Ensiemplo del Alano que Uevabu la pieza de came en la boca; 
La Fontaine, 1. VI, f. 17, Le Chien qui l&che sa proie pour V ombre; 
Faerne, fable liii, Canis et Caro; Wagener, Essai sur les rapports 
qui existent entre les apologues de VInde et les apologues de la Grece, 
p. 78-81 ; Weber, Ueber den Zusammenhatig indischer Fabeln mitgrie- 
chischen, p. i3-i4; Benfey, Pantschatantra, 1. 1, Si 91, p. 462-469. 



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*( 73 )< 

celle quil portait, alia vers celle qui! voyait dans 
la riviere. Un corbeau vint et enleva la viande. Le 
chien ne trouva ni celle qu'il.avait dans sa gueule, 
ni celle qui 6tait dans l'eau« 

ARGOT DU MZAB. 

Les Mzabis , comme les Kabyles , obliges de vivre 
au milieu de populations 6trangeres, ont un lan- 
gage secret, mel£ d arabe et de berb&re, proc^dant 
surtout par m^taphores et jeux de mots. II m' a paru 
curieux de noter quelques-unes de ces expressions : 
eiles annoncent une tournure d'esprit qu on eut cru 
diflicilement possible chez ces sectaires abadhites, 
qui ont outr6 Tintol^rance et le rigorisme musul- 
mans. 

MM. Hanoteau et Letourneux ont signals som- 
mairement un double argot de ce genre dans le Jur- 
jura, celui des colporteurs et celui des poetes; il 
est regrettable que leur communication soit si res- 
treinte; ce sont des documents de ce genre qui nous 
permettent de saisir sur le vif le caractere dune 
classe et souvent dame nation. 

Ane, outmezr'in (^vfj, « celui aux oreilles ». 

Arabe connaissant le mzabi, itr'aza ibaouen !j-*Ju? 
^Uj, litt. : « il ronge des feves ». Cf. 1' expression 
« hacher de la paille » , signiliant « parler alle- 
mand ». 

Arabe (Parler ) et mzabi , iddern maddoun u$<N* y;*>s» , 




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— *.( 74 ).«- 

litt. : « retourner le foss6 ». Dans le Jurjura « par- 
ler arabe et berb&re » ekhd'em thin, en Moh'amd n 
alt clierkith <£*£f» oyU <x**Sj q& -4>oJ. 

Argent, atchmas (jJ^t , litt. : « noeud du mouchoir 
oil Fon met 1'argent ». Dans le Jurjura, Ihammou- 
then, nom d'un village. 

Argot (Parler), adern aoual Jl^t y^t, litt. : « chan- 
ger la parole ». 

c Atatcha (nom d'une tribu), Innifouden ^>y^Jt 
« Talt6r6 » ; jeu de mots sur le rapport qui existe 
en arabe entre le nom de c Atatcha et la racine 
(j&b* « etre alt6r6 ». 

Batard, ir^assen n tmourt c^cu &»*?., litt. : « n6 de 
la terre ». 

Beni Sjen (une desvilles du Mzab), 4* idis ij»j&hzA . 

Berrian (vilie du Mzab), At ifrar^, litt. : «Les gens 
de la tranche de melon ». 

Bien (Homme de), ardjaz ou d ar'i ^j'^U^t, litt. : 
« cet homme est de lait ». 

Bou Noura (ville du Mzab), arzou n tichchint £$ 
cuJUAjO*, litt. : « fosse de crottins »; at ouirzou c?l 

Caf^, aman iberchan ytSyAj ^L#), litt. : « eau noire ». 

Cha c a«ba , at tichchert c^yfcJ cat , litt. : « gens de la 
petite corde (a cause de la brimah dont ils : en- 
tourent ieur tetfe) ». 



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75 )<— 

Cha'anba Mouadhi , tijbenniouin ilman JJ^t &£*&> » 
iitt. : « tetes de chameaux ». 

Chien , asommad n tenzer yJJS O^wl , litt. : « froid du 
nez ». 

Dattes, tiniekhsan yU^cus. On retrouve dans cette 
expression le mot tini ^Us « dattes ». 

EcORCE DEFEVES, tddctUlkht Osi^lJsS. 

El 'at'euf (ville du Mzab), At takhsalt os>U^ c*t, 
iitt. : « les gens du concombFe ». 

Francais , oudellalt cuhbj . 

Fumier, imesmar )[*»£ y litt. : « clous ». 

G&^ral, ajlim n tfcumt ojUft j^Jjl, traduction de 
de iarabe^UJI jJLj^ « peau de lumifere », transcrip- 
tion approximative du mot francos. 

Ghardaia ( vilie du Mzab) , a^erem n oujenna U^i +j*\ , 
Iitt. : « kcar (de 1'eau) du ciel ». 

Gourara (Gens du), at tedjlisin m**^ cat; at tit! n 
tfoait ouyUi kxj %&\\ litt. : a gens de la source (ou 
de Toeil) du soleil ». 

Graine, Chechia boa Aoud *y*y> iUmJ* , iitt. : « bon- 
net du bou Aoud ». Le Bou Aoud est un oiseau 
chanteur de la taille d'un moineau ; il y en a un 
grand nombre dans les k'cjouf du Mzab. 

Graisse, oul tenzer yJ2 Jj , litt. : «cpzi ne sent pas», 
nom assur^ment donne par antiphrase. 

Guerara (ville du Mzab), iamourt n tefza Litt ist^jp. 



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—.(76 
Harazlia ( nom d une tribu) , at ak'k'ax <$UJ «^l . 

Henn£ (lawsonia inermis) , ouin if assert q*JA* q& , litt. : 

« celui des mains ». 
Huile, tin irek'Wen ^^y q*s, litt. : « celle quibrule ». 

Jdif, tsennant cx>L*j, litt. : « dents du peigne 4 car- 
der »; adefrouh! ouah'bas u*A^b &j*^ » ^ tt - : « cha- 
rogne de barrage ». n est probablement fait ici 
allusion k une 16gende analogue & celle qui a 
cours dans Touest de TAlg^rie sur Torigine des 
israelites, et l^tymologie de leur surnom, ^L> 
ajUs*. l . Dans Targot des pontes kabyles du Jurjura , 
doaadem +s\)S « ceux qui sont toujours asservis ». 

Lac, mer, aman izizaoun (ja'wva ij**\, litt. : «eau 
bleue ». 

Lait doux, oain iffan Jj^ y&, litt. : « celui des ma- 
melles ». 

Larbaa (tribu des environs de Laghouat), kouz idha- 
ren y;L^> j^ litt. : « les quadrupedes » ; jeu de 
mots sur le sens de gjl en arabe. 

Mekhadma (tribu arabe voisine du Mzab), at tula c^l 
l*b, litt. : «les (lis de la n6gresse»; jeu de mots 
sur le sens de -*U*. « n^gresse » en arabe vul- 
gaire, d6riv6 de la m6me racine que Mekhadma. 

Mekhalif (tribu arabe voisine du Mzab), outboal- 

1 Gf. Barges, Tlemcen, p. ioa-io3; Labbe, Vn'mois dans le Sa- 
hara, Lille, i865, in-8°, p. 100. 



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boulin (gAy£y*>) , Htt. : « celui des plumes »„ Une 
des fractions des Mekhalif, ies Mekhalif el-Dje- 
reub ( Mekhalif galeux) &aient renomm^s comme 
chasseurs d'autruches; de \k sans doute Torigine 
du surnom que lui donnent ies Mzabiles l . 

Melika (ville du Mzab), at touoarl ^^ksA, litt. : 
« Ies gens de la porte ». 

Monnaie, sedjour )yf*; alteration de farabe *yj£ 
«arbre(?)». Dans Targot des colporteurs du Jur- 
jura, ichcherjA* (o'ngle) « un franc »; ihakboubecht 
c^So^-Jo (nom dune femme) « un real »; anazoum 
r5T*' (jeune homme qui commence k jeuner) « -J- 
de r£al ». Dans Targot des pontes kabyles, azegmi 
imh'aniin tf*&& <5*S)', « qui r^jouit le cceur ». 

Mzabi voyageur, fir'ar n madjiri ^U^Iju*, litt. : 
« serpent ou lizard de bassin », 

Ouargla, at ifir'ran ytyi&i? c»l, litt. : «fils des li- 
zards ». 

Oulad Nail, at tlesdin ^^y^Ja is>l, litt. : «gens des 
toisons ». 

• 

Pomme, ouar ir'as (j***)), litt. : «sans os». Ce mot 

s'emploie aussi pour designer le membre viril. 
Porc, akhanfour azoajra I;Jj)t j^jUaJ, litt. : « au long 

museau ». 
Prostitute, taisebbi <a**>b, nom d'une esp&ce de 

palmier. 

1 Cf. Margueritte , Chaises d* tAlgirie , Paris , 1869 , in- 1 8 j&us , 
p. 97-1 a 2. 



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k( 78 )•«— 

Prox^nete, azioaa n tlesdin ^J^mXxj 1^)1, regime 
qu'on place k lentr^e d'un bassin oil on lave les 
toisons afin d'empecher feau de s 6couler. 

Said Otba (tribu des environs de Ouargla) , at touourt 
o>j£j3 c»', litt. : « gens de la porte »; jeu de mots 
sur le sens de a*a* « seuil » en arabe. 

Savon , tchouffi £&>., litt. : « crachat, icume»; arabe, 
tchouffi in ajohemxner 1 dhad *L? g&\ ^ &y^ « cra- 
chat de celui qui i&ve ie doigt (pour faire la pro- 
fession de foi musulmane) ». 

Tirailleur indigene, toaaken mU{^3 . 

Turk, oaganboar y^joy, at touanbour^\y ol, litt. : 
a gens du tambour ». 

Viande , ambach jfcLal . Dans Targot kabyle du Jiir- 
jura, c arab oa sa'ad aLuwj ljj* « viande fraiche»; 
ah'med ou melbul JjJUj Os^-t « viande s&che ». 

Vin , anian azouggar J&jjl ^UI , litt. : « eau rouge ». 

Y, Quy a-t-il, tisr'ar n ir'es (j*oU> ^Lu*a3; phrase em- 
ployee pour demander dans une conversation ce 
dont il sagit, sans etre compris des etrangers. 



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79 } 



TOUA.REG AOUELIMMIDEN. 

Le nom des Aouelimmiden, dapres Barth 1 , suivi 
par M. Vivien de S. Martin 2 , est d6riv6 de Tap- 
pellation ethnique dune grande famille berbere, de 
souche senhadja , les Lemta ou Lemtouna. Leur an- 
cetre, du nom de Sigen, pr^tendait descendre de 
Himyar, fils de Saba. Apres avoir habits k Igidi, 
dans le Sahara occidental, pres des Oulad Delim 8 , 
les Aouelimmiden s'emparerent dupays de Tadmek- 
ket 4 ; puis, au milieu du xi e siecle de Fh^gire, vers 
1 6lxo de J^sus-Christ, sous la conduite de leur chef 
Karidenne, fils de Chouach, nomm6 par d'autres 
Abek, ils &nigr&rent vers le sud-est et obtinrent du 
gouverneur marocain de Tombouktou de s'etablir 
aux environs de cette ville 5 . Aujourdlmi encore, ils 
poussent leurs excursions jusqu au Niger, et, comme 

1 Reisen und Entdeckungen in Nord- and Central- Africa, Gotha, 
i858, 4 vol. in-8°, t. V, app. in, p. 573-574. Le veritable nom 
est plutot a Ioulemedeu ». 

4 Nouveau dictionnaire de geographic universeUe, Paris, 1877, 
in-4°, t. I, p. 167, col. 3, s. h. v°. Cet auteur leur attribue la fon- 
dation de Tombouktou , rapportee par la Chronique d'Afi'med Baba 
(Ralf, Beitrage zur Geschichte and Geographic des Sadans. Zeitschrift 
der deutschen MorgenldndLschen Gesellschaft , t. IX, i855, p. 529) 
aux Touaregs Imocharen (^At»). 

3 Sur cette tribu , cf. ma traduction de la Relation de Sidi Bra- 
him, Paris, i883, in-8°, p. 32 , note 8. 

4 Cf. sur cette ville situee sur la limite meridionale du Grand 
Desert, Desborough Cooley, The Negroland oj the Arabs, London, 
184 it in-8°, p. 2g-3o. 

5 Barth, Reisen, t. IV, app. ix, p. 665-666; t. V, app. in, 
p. 573-574. 




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—*.( 80 )*— 
leurs fibres du Nord, iis se font payer le droit de 
rie pas piller les caravanes quils ont ia pretention 
de prot^ger. 

Leurs principales tribus, dapres Barth, sont : les 
Kel-Ekimenet, qui fournissent les rois; les Targhai- 
Tamout; les Tahabanat; les Ikhormeten; les Ifou- 
r'as, fraction de la grande tribu septentrionale ; les 
Tin-e'ger-egedech; les R'atafan, peut-etre d'origine 
arabe; les Tarka; les Igadaren; les Kel Gogi, etc. J . 

Nous devons les premiers renseignements sur 
leur dialecte k Barth, qui de sa grande exploration 
a rapport^ des mat£riaux nombreux , mais souvent 
suspects d'alt^ration 2 . Gomme on va le voir, ce dia- 
lecte est surtout caract£ris6 par Tadoucissement des 
consonnes et la frequence des sons ch et j. 

Les principales differences phon&iques avec le 
touareg du nord sont les suivantes : d (n) remplace 
dh ( 3 ) , ex. : adhad 113 « doigt » = adhadh 33 ( Ahag- 
gar); z (#) se rencontre au lieu de h (5), ex. : azen- 
kad \1* :i# « gazelle » = ahenkadh 3* l\\ (Ahaggar);^ 
(X) est mis pour z (#), ex. : ijamaren IODX 
«agneaux» = izmaren I03#; s (O) remplace h (]) 
et z (#) , ex. akes O* I « coq » = ikahi • i • I ( Azger) , 
ekezM* I (Ahaggar); ch (O) est mis pour s (O), ex. : 
e r chink *H3 «couscouss» = e'sink *!IO. Contrai- 

1 Barth, Beisen, t. V, app. ni,p. 575-578. 

* J'ai donn^ entre parentheses, a cote des mots quej'airecueillis 
moi-mdme, la transcription de Barth qui diflere souvent; il estbon 
d'ailleurs de rappeler que dans son systeme il represente s (©) 
par ss; z (#) par $; r ( • ) par gh; ch (Q) par sch; h' ( ••• ) par 
q; j (X) par sch; enfin que le r et le r sont souvent confondus. 



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rement k ce qui se passe dans la plupart des dialectes 
zenatia, le k (•!) ne subit pas dalt^ration. 

Les formes pronominales et verbales ne semblent 
pas diflfcrer de celles des autres dialectes touaregs l . 
La deuxi&me personne du masculin singulier de 1'ao- 
riste est termin^e le plus souvent par un d (\1 ) , quel- 
quefois par un t (+), ex. : « comment vas-tu»? ma 
toulit +11+ 3; «oii vas-tu»? mani teglid TIHT+ G. 

En Aouelimmiden, les noms de nombre berb&res 
ont £t£ conserves. En voici le tableau compart avec 
celui des Sergou 2 : 



I ( masc. . 

(fern... 

a ( masc. . 

(fem... 

o ( masc. • 

(fern... 

masc. . 

fem... 

* ( masc. . 

(fern... 

masc. . 

ftm. . . 

j i masc. . 

jfem... 



AOUELIMMIDEN. 

iien I? 
iiet +^ 
senat +IO 
senatet ++IO 
karadh 30* # . 
karadhet+30'l 
koaz tt*! 
kouzt+tt'l 
sammous ODO 
sammoust +ODO 
sadis On© 
sadist +On© 
sah\0 
sahat+iO 



SBRGOU. 

egen 1^ 

echin (shen) 10 

gradet +nClT 

kozout (kozut) +#• I 

semoust (semust) +ODO 

seddis OHO 

sa •© 



1 Gf. Hanoteau, Essai de grammaire tamaekek' x Paris, i860, 
in-8°. 

5 Pour les autres dialectes touaregs, cf. la i M sene des Notes de 
lexicographie berbere, p. 38. 

3 Hodgson, Notes on Northern Africa, New-York. 

J. As. Extrait n° 21. (1887.) 6 



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82 J**— 

AOUELIMMIDEN. SBRGOU. 

masc. . taman ID+ ) * -i . 

ftm... tom<wi«(+ID+ ) 

masc. tezihin+ l teza . n+ 

fem... teziA<rf+S#+ j 

10 ) ™ a9C - • meraoa '' f" { mcrou : cn 
' fem. . . meraout +.UJ 



11 



masc. . meraoa diien MT] • DD 
fem.. . meraout diiet +^n +IDD 
20 *?7Wtef temeraoain |:DD+ ++IO 
30 okkozet temeraoain HDD+ +#• ! 
100 fim&Oki «3D+ 



Agneau, ijamaren (pi.) IODX (Barth, adjai'mara, pi. 
adjai'mara'tin); en Ahaggar, «agneau de lait», iz- 
m*r ODtt, f<6m. fe^+ODtt+; Z&naga, i'jimeur 
j*j\, plur. e'jameurn ^Jl. 

Aller, « comment vas-tu »? ma foaftf +11+ D , mot it 
mot « comment es-tu » ? ; « Oil vas-tu » ? mam fejftd 
nilT+ □; en Ahaggar, g'el IIX «partir »; en Ze- 
naga le J est remplac6 par un <ja, ijjigich (aor.) 

Ami, ameddoukel II* ?m (Barth, imwfi employe dans 
les autres dialectes); Z&iaga, amedouketch £p<y*\ . 

Ane, icfad nO, pi. ichedan 1113. On trouve en 
Ahaggar la forme ahedh 3j, pi. ihedhan 135; Z6- 
naga, qjig&$. 

Anesse , tazaf +#+. 

Anneau, agouzin l#T (Barth, ta'd-hat). 



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— «.( 83 K»— 

Antilope, tanest +OI+ (Barth, esiham, agingara 1 , 
abeschan). En Sergou, Hodgson donne tesnossuf 2 . 
Chez les Azgers, M. Duveyrier ne cite que les 
noms suivants : amelldl HID « antilope addax » ; 
Sner Ol « antilope mohor » ; tiderit +On+ « anti- 
lope bubale » 3 . 

Appeler (on Fappelle), ek'k'aren as OIO***. 

Argent, azerfllOtt (Barth, a'seref); Ahaggar, az'ref 
][Ol. Chez les Touaregs Ahaggar, azarif ICOtt 
d^signe T« alun ». Z6naga, azourfu^\. Ce mot a 
pass£ en haoussa , azourfa. 

Aum6ne, amerkidhan \3*103 (pi.); Zenaga, amer- 
koudou j<*2y#J . 

Automne, akasa •©•: (Barth, a'kasse « temps des 
pluies»). 

Autruche, anil III (Barth, enha, pi. enhal); Sergou, 

enhil l\\l. 
Avoir, « il n y a pas », our t elli ll+O: . 

B 

Beaucoup, iggouten l+T (Barth, egen, fern, teget). 

Berger, amadhan I3D, pi. imadhanen /I3D, nom 
d'agent d6riv£ du th&me dhn qui a donn£ au 
Touareg Ahaggar adhen 13 «faire paitre», ama- 

1 C est sans doute une erreur de Barth , car en ahaggar, ag'ang'era 
• 0^41^4* ig'ang'araten |+D5^ 1^4 (dialecte des Iftak'k'amaren ) 
signifie csanglier*. 

8 Notes on Northern Africa, p. 101. 

3 Les Touaregs du Nord, p. a a 5. 

6. 



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-«.( 84 )•«- 
dhan « berger », f&n. tamadhant +EQ+; tamadhin 
I3D+ « action de faire paltre » ; chez les Kel-Oui , 
amedhan « berger ». 

Blanc, amellal HID, plur. imellalen /IMG; Sergou, 
ul.; Zenaga, moulli Jy. 

Bl£, tamzent +I#D+. Les autres dialectes emploient 
ce mot pour designer f« orge » , et pour le « bl6 » 
ils se servent de ierd, ired nO, plur. irden inO. 

Bleu, dennek • Iin ; Zenaga, modjich jbssi. 

Bceuf, asj*r OT#, pi. izgaren lOTfr; Sergou, 
*zgf*r, pi. izgeran. Ce mot paralt etre d6riv6 de 
la racine z c r qui signifie « etre rouge » : az^er 
signifie done « le roux » , 6pith&e du boeuf , dont 
le vrai nom existe en Ahaggar : hoa lQ « boeuf », 
pi. esoaan MO (d&ignant surtout le zebu), 
f<6m. tesout +0+, pi. tisita •+©+, & Ghdames; 
isi <5*u; k Ghat : Uson :©^; Zenaga, <&/ii &CU3, 
pi. tachiden y<yjvS+s « vache ». (B. assaa, £5saa7ien), 
cf. en haoussa, sah, pi. sanu. On trouve en Ahag- 
gar, achger OTO et azjer OT# « boeuf », et en 
Zenaga, esger j&wl, pi. sgeren yjZm « boeuf por- 
teur». 

Boire, tsou lO (B. assu); Sergou, ichoa (ishoo) t3; 
Zenaga, ichba L&* (aor.), isis <j*m*j (forme fac- 
titive?). Cf. Haoussa, cha ($a). 

Bois, isr'aren 10:0 (pi.); Ahaggar, asr'ar OiO, pi. 
isr'aren; Sergou, esagar OTO; Zenaga, echcharen 



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>( 85 )**— 
Bouche, imi *3 (B. Sm); Sergou, emer(?) 
Bouillie d'orge, azar'ar Oi#. Chez les Ahaggars, 
cette bouillie non cuite se nomme tikhammazin 
l#DvI+, et cuite, asink • TIO ou tdroait +JO+. 
Brebis, tili •ll+,pl. tihallaouin\l\\\+. Le II dusingu- 
lier s'est conserve au pluriel tandis qu'il est tomb6 
enAhaggar : tihali II 5+ , pi. tihatin 1+5+ (Barth 
donne comme pluriels tihaten et UhiU : ce- dernier 
est evidemment un singulier). En Azger, taheli. 
Z6naga, tidji ^aff, pi. ixden ^b. Le J, qui au sin- 
gulier s'&ait change en^ 1 , reparait au pluriel. 



Carqcois, tazerzoum nikaskesati \0»lO*ll D#0#+. 

Chacal, adeli •lin, abeggi 't'flB (B. donne bb&g, 
pi. ibeggan, avec les surnoms in-tainot, in-taine 
ssosso, intangrdn); Azger, abaggi ^TID; Ahaggar, 
abegg'i 04D1, pi. ibeg'g'an IXD1, ftm. tabeg'g'it 
+O401+, pi. tibeg'g'atin I+XQ1+. C'est proba- 
blement de cette racine que provient le nom 
d'abegaou l TIE, pi. ibegaouen, abeg'aou 'XtD, pi. 
li^'aoae/iUXDl, f<6m. tibegaout +ITD1+, donn6 

, en Ahaggar 4 un mauvais cheval. La forme adeli 
est peut-etre un emprunt du haoussa dila. Z6- 
naga, zidi ^). 

Chameau de selle, areg'g'an IXO, f<6m. tareg'g'anet 
+IXO+; Ahaggar, iJ. , pi. ireg'g'anen /IXO. Chez 

1 Cf. Masqueray, Comparaison d'un vocabulaire du dialecte de Zd- 
naga. (Archives des Missions scienlifiques > 1879, p. 479.) 



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les Azger ', aredjdjan HO d£signe le chameau de 
seile hongre. Le chameau de selle entiersenomme 
or' lam Dili, ftm. tar* land +DII:+; cest le meme 
nom que Ton retrouve ayec une m&athese dans 
le Sergou, algom 3TII, fem. talgomt +DTII+, 
d'oii il a passe en haoussa : rakoumi, pi. rakouma. 
En Z£naga, on rencontre la forme la plus alt6r6e : 
eagim |o5t, pi. igmen { j&j. 

Chameau de charge, amnis OD, pi. imenas (B. ame- 
niis, pi. imenaas); Ahaggar, id.; Azger, amis OH, 
pi. imenas, le I tomb6 au singulier reparait au 
pluriel. La forme amis existe aussi en Ahaggar. 

Chamelle, tar'lamt +DII:+, pi. thiamin GIIS+ (B. 
tdlamt); Ahaggar, id.; Azger, id.; on trouve en 
Ahaggar la forme affaiblie talemt +DII+, pi. tille- 
min GII+; Z6naga, teugimt om^. 

Chaussures, takelma OII # !+, pi. tikalmatin l+DII* 1+ 
emprunte au haoussa , takabni ou takdUni; pi. te- 
kdlma et takalmii (B. ebdschege , pi. ebdschegan? 
Gf. Z&naga : to/t£^r£ Jnufro, pi. tchigen (Jk^az). 

Chemin, abarka •••O©, pi. iberk!aten\+— O©; Ahag- 
gar, id. (B. abarrak'a, tabarit). 

Cheval, aiw O^, pi. iisan \Oi; Azger, id.; Ahaggar, 
id. (B. aiss 9 iessan); Zenaga, ichi ^is?, pi. ic/iott 

Chevre, tir'si •©:+ (B. taghat); Ifour'as, id.; Azger, 

1 Gf. sur lesnoms du chameau a diffi&rents %es chez les Azger, 
Duveyrier, Les Touaregs du Nord, p. 219. 



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■K 87 )+*— 

id. , d^signe la ch&vre k poil ras. La forme tar' at 
donnee par Barth ne se rencontre avecle sens de 
chevre que chez les IsakVamaren. Zenaga, tekchi 

Chien, aidhi *3&, pi lidhan \3& (B. idi)\ Ahaggar, 
aidi *n^, pi. iidhm; Azger, eydi; Sergou, aidi 
« aider »; Zenaga, idhi (s ^ y pi. idhouy&t (?) 

Ciel, adennek 'Iin, litter. «bleu» (B. aschinna). 

Clef, tenant +OI+ (B. tesserarift, dssaidr). 

Goq, akes O'l, pi. ifecw^Ti IO*I (B. (ifces, ikassen); 
Ahaggar, efcafci : • I , efoz tt* I ; Azger, ifcafti. 

Corbeau , aHrout +:Oi (B. tibhaken, pi. fern.); Ahag- 
gar, ar'aleg Til:, pi. ir'algiouen UTII:. 

Cocscouss, ichink *!IQ(B. assink, aschink); Ahaggar 
et Azger, asink •!!©. Cest de Ik que vient sans 
doute le mot francais « sang!6 » d^signant au S6- 
n^gal une bouiUie de mil et de lait. En Zenaga, 
on emploie eraoaa lyt , mais ce mot nest pas ber- 
bere et provient soit du soninkhe soari, soit du 
foulfoud£ fieri. 

Cuivre, darour' :OI"l, oil Ton trouve la racine r r 1 
« etre jaune, briller, briiler » ; Ahaggar, id.; Azger, 
daror'. 

D 

Dattes, tini *l+;Z6naga, id. <$yu; Ahaggar et Azger, 
teini •te+j Ghat, tchene 13+ (B. tiheni). 

Demain , toufat +][+ . Ce mot se rattache k la racine 
f (Voir s. v° Soleil); Azger et Ahaggar, toafat, 



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— «.( 88 

matin j usque huit.heures. En Ahaggar as d ifaou 
!HnO «demain», litt. «lorsquil fait jour » (B. 
aschikke). 

Demain (Apres-), deffer toafat +H+ OHn. 

Dents, tir'amas ©31+ (pi.) (B. tagftrmesst, essen, qui 
se rapproche du Sergou echen IS (eshen), et du 
Z£naga okchi &&£]). 

Desert, azaona J# (B. af&le) qui signifie litt^rale- 
ment « nord ». 

Dire, ini •!; Ahaggar, en I, ma, nom d'act. tinaout 
+ZI+; Z6naga, inni (&; « que dit cet homme»? 
mata inna ales ouenta *+i: Oil •! +D. 

Doigt, ad/wd n3; Ahaggar, id. et adhadh 33; Z&- 
naga, adakhdi ^Oo^^l (B. assdkkod, pi. isskad). 

Dormir , efo 03 ; « je dors » ad etW :©3 n ; Ahag- 
gar, ei!ias; idhes 03 «sommeil», ameiHas Q3D 
« dormeur ». 

Dos, tikernd 30*1+ (B. arifn; cf. Ahaggar, arouri 
OO). 

Dune, agergou 5TOT (peut-etre de larahe ot*)i qfjf 
JCT; Ahaggar, ej^ (B. ne donne que le dimi- 
nutif tegift qui existe aussi en Ahaggar, +JCT+). 



E 



Eau , aman Q . Ce mot existe dans tous les dialectes. 
Cf. Notes de lexicographie berbire, i w s6rie, p. 56, 
s. h. v*. 



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89 )•«_ 

Ecrire, ari -O; Ahaggar, id., tiraoat +:0+ « Ven- 
ture ». 

Elephant, ibu ll\ (B. 4la)\ Ahaggar, Azger, id., pi. 
ihuan UN, f&n. ttkut +:il+; Z£naga, igi JL> em- 
prunte probablement au haoussa, gioua (giwa). 

Ennemi , izinga *TI# (B. eschinge,j>l. ischinge) ; Ahag- 
gar, ackeng'i, acheng'ou -XI3, pi. icheng'a, f&n. 
tackeng'it +XIO+ , pi. ticheng'a »XIO+. 

Epee, takouba •D1-I+; Ahaggar, ii;, pi. tikoubaouin 
UD1-I+ (B. tdkoba, qui existeaussi en Azger). Ce 
mot a pass£ en haoussa : takoubi, pi. takoubii. 

Esclave, akli •!!•:, f6m. fafcfo* +11*:+, pl.'iMm 
/ll • I ; Ahaggar et Ghat , id. 

&rri, aouilen /lit ; Ahaggar, aoailan (B. indlen). 

6toile, afrc »0+, pLifrazi IO+; Ahaggar, Azger, id.; 
Sergou, eteri (eteree), pi. tfferara (B. (itar, ftaren); 
Z6naga, dheren (pi.) yy». 

Etre, « comment e.tes-vous »? ma nik ennaouen • II 3 

F 

Faim ( J'ai), ellouzer' :#ll (B. ildsagh); Ahaggar, laz 
#11 «faim», illaz « avoir faim», amellouz #IQ 
« affam6 »; Z6naga, alhus ^j^\ « faim ». 

Femme , tamettout ++D+ (B. tamtut, Umat) ; Ahaggar, 
tamet' 3D+; Ghat, tamedh; Sergou, tamtot. Cf. 
Haoussa, matche (matse), pi. mdta. 

Fer, ouzzdf Il#2; Sergou, ouzel (oozel) (B. fcisoft); 



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90 

Ahaggar, tazoali ll#+; Azger, tazhoh ll«#+; Ze- 
naga, izzedj %y. 

Feu, timsi OD+; Ahaggar, id., pi. tiffuaoamCOZH-; 

Sergou, femttfi (temissee) (B. tfeu?). 
FiL f ftWft •!!!+; Ahaggar, id., pi. tineloua :|||+ (B. 

tenelak). 
Fils, iarar DDE, pi. ibararen IDDQ] (B. in^/c, rrfn, 

ran. Cf. Sergou, roai JO); Ahaggar, roar OO. 

Fleches, ikaskesan IO* IO* I (B. attim ). En Ahaggar, 
anderba •DlOni, et chez les Azgers, enderba, pi. 
inderbaten 1+DlOni. 

FmhtE, ouma *3l, litt. «fils de la mere*. On ren- 
contre une formation analogue dans le pluriel 
Ahaggar, aitma 0+^ « fr&res » (B. dmakdr « fr&re 
am6 », amddarai a fr&re cadet »). 

G 

Gazelle, azenkad IT • Il# (B. aschinkat, cf. Ahaggar, 
achenkedk 3-! IQ, pi. ichenkadh 3-IIQ); Sergou, 
ezinkad ITH#; Ahaggar, ahenk'adh 3:1:, f6m. 
tahenkatf 3 # !I5+, pi. tihenkadh. Chez les Azgers, 
ahankod IT III, pi. ihinkad, d&igne la gazelle 
commune (JK*M) en opposition 4 tedemit +DI1+, 
la gazelle des dunes (faJt). 

Girafe, amdar' IF13 (B. amdar 4 corriger en amdajfc); 
Ahaggar, amder'; Ghat, amdar' ; Sergou, emdok 

•:ra. 

Grand , amek'k'eranlO^U, pi. imek'k'eranen /IO"*H ; 



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Ahaggar, ami J ar 0:D, f&n. txmeWUeret +0— D+; 
Ghat, makdrnen (pi.), &m. tckimHaren IO:D3+; 
Sergou t amgr OTD « vieux ». 

Grenooille, agerou :OT , pi. i^roufenl+JOT ; Ahag- 
gar, id. (B. ^ar); Azger, adjerou :OX. 

H 

Hase, tamerouelt +IUOD+ (B., temdraeft); Ahaggar, 
Sergou, id. [tamerwult). Ce nom se rattache 41a 
racine r ov l erouel « fuir ». 

HiPPOPOTAME,tonar'oo^^+J:l+ (B. ag&mba, cf. Ahag-, 
gar, aganba '©IT, pi. iganbaten l+OIT); Z&iaga, 
nneber f jv , peut-etre emprunt£ au wolof ou ail 
s^rere liber. 

Hiver, tagerast +OOT+ (B. tdgeiisst); Ahaggar, to- 
grest +OOT+. Cf. Z^naga, ejergou ^Sjjt, pi. ajer- 
goui &y$ « hivernage ». 

Homme, ales Oil, pl.i/sanlOII; Ahaggar, id. (B. dliss, 
Mliss, pi. mdden). 

H6te, imeggaren (pi.) IOT3 (B. dmagk&r, pi. imd- 
gharen) ; Ahaggar, amgar OTD , emjer OTD « re- 
cevoir Thospitalit^ ». G'est 4 cette racine qu'il faut 
sans doute rattacher les expressions suivantes em- 
ployees dans les dialectes kahyles : Bougie, th- 
mer^ra tyur « noce », pi. ihimer'riouin ^j^'; Zou- 
aoua, thami J era y pi. thimr'eriouin; Ghelh'a, tamr'era 
« fete, repas de noces »; Chelh'a, temar'ra « fete ». 
— Z^naga , inmechcha tk*o « hospitalier ». 



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— •*.( 92 

HyAne, tzoan «Ott+ (B. arldal). En Azger, elle se 
nomme irkeni £\*lO, betfen IH+D. Quant au ta- 
houri *0|+, dont lenom correspond au tzoarides 
Aouelimmiden , c est une sorte de carnivore qui 
s'appelle kora au Haoussa, kourou k Tombouktou 
et gabou au Touat 1 . Toutefois, dapr&s le D* Bai- 
kie , kwara ( koura ) d£signerait la hy&ne en haoussa 2 . 
Le nom de la hy&ne , chez les Arabes Hassania du 
S6n6gal, serait gaboun (nom dutazouriauTouat), 
suivant M. Faidherbe 3 . 

J 

Jambe, tar'ma «D:+ (B. tagheme «derriere»). 

Joues, ibeKk'am D #,# D1. 

Jument, tibagouin UTQ1+ (pi.) (B. tdbagdt); cf. s. v # 
Chacal. 

L 

Lance, allar* ill (B. agor, cf. & Ghat, ar'ar OS); 
Ahaggar et Azger, id., pi. alia/ en 1:11. 

L^vrier, abekkour O'tDl; Ahaggar, abaikour, pi. liii- 
kar. 

LiivRE, amerouel UlOU , litt. ale fiiyard»; Zenaga, 

nerouba(?) L>y. 
Lion, dhar 1 :|, pi. ihar'en 1:1 (B. ^feer, pi. dheran, 

1 Duveyrier, Z«$ Touaregs du Nord, p. 229-230; Hanoteau , £5501 
de grammaire tamachek', p. 1 34 , note 1 . 

* Schon , Dictionary of the hausa language, London, 1876, in-8°, 
p. i3o. 

3 Langues sMgalaises , Paris , 1887, in-i8,p. 119. 



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_♦*( 93 )<*— 

enkschan). Chez les Ifour'as, ahar OS; Sergou, 
ahir; Z£naga, ouarjl), pi. iren ^. 

Lune, mois, tallit +11+ ; Azger, id. Chez cette tribu 
taltit sattafet +][+© +11+ « le mois noir » corres- 
pond au mois musulman de safar, et tallit araret 
«le mois jaune» +:0 +11+ k rabi c premier. En 
Ahaggar : tallilt MII+ , pi. UUilin /ll 11+ et tilil II 11+ ; 
talUlt tesaiftfafat +3C30+ MII+, safar ; tallilt tar^e- 
ret+OH MII+ « rabi c premier » (B. aior, cf. Z6- 
mgjBi 9 eajvrjjtji). 

M 

Main, fous Ott, pi. i/assmlOH; Sergou et Ahaggar, 
afous, pi. ifassen, dimin. tafoust +03C+ , pi. rt/cw- 
5i7i I03C+; Zdnaga, oufes ^^.afouch <jayt. 

Manger , ichchi *3 (B. ikschegh « je mange ») ; Sergou , 
itch 3+; Z£naga, itcha Us? (aor.), tedhidhi ^hs&s 
« nourriture ». (Cf. forme habituelle tett en kabyle 
oo); Ahaggar, e&cft £)• I « manger » , passif mefccfe 
0*:D, forme hab. du passif temekcha 3*!D+; 
forme hab. tett ++ , nom d action de cette der- 
nifere forme titeti •+++; «mangeur», amekchi 
•3* ID. Cf. en haoussa, tchi (tsi) « manger » tchi- 
chie (tsisie) «faire manger »; maitchi (maitSi), pi. 
masoutchi (masutsi) « mangeur ». 

M&re, armed ^1 (B. amma); Ahaggar, anna *l. 

Milieu , ammas d HQ3 ; Ahaggar, id. 

Montagne, adr'ar' llfl (B. ddar); Ahaggar, adrar 



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94 ).*•— 
OOri; dimin. tadrart +OOI1+; pi. tidrarin 

ioon+. 

Modche, izi <#, pi. izan Itt (B. &cfcan pi. ); Azger 
et Ahaggar, ihi 'il , pi. than \\ , dimin. tehit +|+. 

Mouflon, ekare n outdoor' \\V\ I O* ! , litt. « mouton 
de montagne » (B. islli n ardk). Chez les Azgers et 
les Ahaggars, le « mouflon k manchettes » (laroui 
des Arabes) est appel6 oudad ni"U , pi. oudaden 

inn:. 

Mouton , akar O* I , pi. ekarre; Ahaggar, ekrar OO* I ; 
Sergou , akrar; Z6naga , guirer jO. Chez les Azgers , 
akerer d^signe le « mouton » en g£ri6ral : akerer 
ajelbi •IDIIX OOI, ou ouantedouft +][:n+i: «le 
mouton k laine», et akerer emmohar 1 \\2 OO*! 
« le mouton k poils » , particulier au Sahara. 

N 

Nez, tinzer Ottl+ (B. atinscherlt, pi. sc/iinsci'iar^Z^- 
naga, tindjerean yy&3. 

Nurr, iWfc 3^ (B. ^fead, pi. dhaden); Ahaggar, ahadh 
3f, pi. ihadhan 13 j; Z^naga, lift <ja>, if ou, id/ 



OEil, yeux, tiifaoain (pi.) i:3+; Ahaggar, ftY 3+, 
pi. til!aouin(B. tet, pi. fiflaaAi); Sergou, feif+^+, 
pi. tetouan U++; Zenaga, tod «X3, toadft <>y . Cf. 
en haoussa, ido, pi. idanou (iddnu). 



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—*(95).«— 

OEufs, timellalin /IIIII3+ (pi.) (B. tdssadalt, pi. tessa- 
ddlen). 

Ongles, achekkaren lO'IO (pi.) (B. dsskar, pi. isska- 
ren); Ahaggar, asfor 0*!0;Zenaga, euskeur S*J. 

Or, aourar' :OJ; Sergou, id.; Ahaggar, ourer' ; Z6- 
naga, ouri <^, pi. euroa^\. 

Oreilles, toumejjin IIHI3+ (pi.) (B. temdsug); Z&- 
naga, tamazgoadh <j^MT. 

Orge, ouejjab QIX: .En Ahaggar et en Azger, timzin 
lttI3+ . Une vari6t£ de Torge vulgaire se nomme 
en Azger tarida *nO+. 

Outarde, agais O^T; Ahaggar, ag'ais 004, pi. 
ig'ouias; Zenaga, agich (jiUSf. 

Outre, ageddid FlfTf; Zenaga, eigith e*A$s>t (Barth 
donne les noms suivants : anuar « outre pour les 
provisions » ; tanuart « outre pour le lait aigre » ; 
cf. en Ahaggar et chez les Azgers, tanouart +OJI+ 
« outre pour le lait »; tarassahimet « outre pour le 
beurre » ; tamschit « petite outre »). Chez les Ahag- 
gars, on emploie agera •OT, pi. igerouan UO'f 
pour T« outre k farine » ; chez les Azgers , abedk' 
•••CD, chez les Ahaggars , abaiiour' :^Q1, pi. ibiiak!, 
et k Ghat, ebeior', pour i\< outre qui contient les 
provisions d'eau ». 



Pain , tchikhammazin \#3 1 :0+ (B. tegille, pi. tigilmin , 
cf. en Ahaggar, tagella JIIT+. Ce mot asansdoute 
pass6 en Songhai , sous la forme tdkelit). Chez les 



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»( 96 )< 

Azgers, tikhammazin (probablement emprunt£ k 
farabe u*j*») d6signe « la bouillie non cuite », foite 
avec de la farine d'orge ou de hU. D apr&s M. A. 
Le Roux 1 , le mot haoussa gourasa a pain » serait 
employ^ cbez les Touaregs. 

Palmier, tilezderin (pi.) ISn#ll+ (B. taschdait); cf. 
chez les Azgers : tazzelt +^#+. 

Pays, akal Ihl; Ahaggar, id., pi. ikallen /\\*l; Z6- 
naga, a#0$ £\. 

Perdrix, titabbiri •DID++ (B. tailelt, pi. tailalen; il 
donne tedebb&rat, pi. idebiren avec le sens de « pi- 
geon »). 

P&re, aba •ID; Ahaggar, abba •ID; Z6naga, UL; cf. 
en haoussa, dba\ pi. obani, ouba (aba), oubbaet 
baba, pi. oubbad. 

Pigeon, tilaldandoain 1 2111 •••!!+ (pi. ftm.); chez les 
Azgers, tidebirt +DQin+, pi. idebiren IQCDn. 

Poitrine, idmaren IDUn (B. tigirgess, cf. Zenaga, 
gourgeur jSjp, pi. gourgeren [$fy£\ 

Puits, ani *l, pi. inoua •;! (B.dna «puitsprofond»); 
Zenaga, amouj jjy). 

R 

Rat, afawft' •+•!, pi. ikoutain &+•'.; Ahaggar, id., 
pi. ikoutien (B. aftor). Chez les Azgers, on appelle 
akounde?* DFlh I « le rat ray 6 » (Mas barbatas; ar. 
dy&»), akoteh !+•! «le rat ordinaire » (ar. ^U), et 

1 Z?55ai de dictionnaire frangais-haoussa , p. 129. 



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au Fezzan, koroumbako •!QOO # !, une sorte de 

« rat des champs ». 
Renard, izages OTtt; Azger, abarran IOD1. 
Riz, tafr'a .:M+(B. idfakat). En Zenaga, marc> j;U, 

employ^ aussi par les Arabes H'assania , est em- 

prunte au soninkh6 ou au foulfoud^. Cf. aussi 

mab et mono en bambaraouia et malo en keguem 

ou s^rere sine. 
Roi, amenoukal !!•!□ (cf. sur le sens de ce mot, 

Notes de lexicographie berbire, i w s^rie, p. 4y); 

Ahaggar, id., pi. imenoukalen /IMG; Ghat et 

Azger, amanakal. 

S 

Sable, amadhal II3I3 (B. tfmelilt). 

Sangljer, azoubard 'DCDtt; Azger, azhibara -DUlItt; 

chez les Ifour'as, azibara, pi. azibaraten 1+DtDtt; 

chez les Isak'k'amaren , ag'ang'era •DXIX, pi. 

ig'ang'araten l+OXIX . 
Sauterelle, q/oaai IUI; Azger, tahoualt +llt|+ (B. 

donne magidar, pi. imegidarin et agdraien). 
Savoir, sm IO, «je ne sais pas» our sinar' :IOOt; 

Ahaggar, essin; nom faction, toussount +IO+ 

« science »; Zenaga, Iumj (aor.); cf. en haoussa,. 

sani ou 5am. 
Singe, aoaerked l"V!Oi (B. Aaia, fonoten, ibiddauen 

[pi.] abdrdaouil). En Ahaggar, adaged m*n, pi. 

idougad; chez les Azgers, addgel \VfT\[Gercopithecus 

ruber). 

J. As. Extrait n° 21. (1887.) 7 



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-«.( OB-)*—- 

Soif (Tai), foadar' iHK (B. Jat «soif»); Ahaggar, 
fad nit « avoir soif »; aor. iffoud; n. d'act./ad « soif » ; 
ameffoud niO « alt6r6 » ; Z^naga , tofda loob . 

Soleil, tft +][+. La forme tafak donn£e par Barth 
est secondaire. Le theme primitif parait avoir £t& 
f que nous retrouvons dans les formes suivantes : 
en Ahaggar, afa •][ « lumiere »; Syouah, asfa liwt 
« jour » ; avec la pr^fixation et la suffixation du t; 
en Azger, toufat +K+ « matin »; Aouelimmiden , 
toufat « demain » ; Ghdames , thafath ci>li5 « soleil » ; 
Ahaggar, toufat +][+ « lumiere »; Bougie, tafat 
eaUto « lumiere »; Chelh'a, ta/af «clart£». Une 
forme secondaire du meme theme , fov existe en 
Ahaggar, effou •It « faire jour »; en Chelh'a et en 
Zouaoua, asafou yk»\ « tison » (nom d action de 
la forme factitive); h Bougie, asafou, id., pi. isoufa 
U^mm; avec le t pr^fixe et suffixe, dans les k'gours 
du Sud Oranais : tfaout c^Ub « lumiere » ; Chelh'a 
et Mzabi, tifaout, id./DjebelNefousa, toufout « so- 
leil »; Gourara, tifaoatch g^lks « lumiere ». La 
forme fov a &t& aussi renforc^e en fouk : Ait 
Khalfoun, Bougie, Zouaoua, thafoukth «^jiS« so- 
leil » ; Beni Menacer, foukth e*^i « chaleur du so- 
leil »; Chelh'a, tafoakt o^JJb; Kel-Oul, id., ][+ 
+•! « soleil »; Harakta , tafoakth e<2yb , id.; Ahag- 
gar, tafouk •!][+, id. ; le Chaouia donne la forme 
abregee tafokt odyb « soleil ». Dans les dialectes 
z£nata, le k s'est mouill6 et est devenu un /; Ou- 
arsenis , Bel H'alima , ihfomih e«^ « soleil » ; Ta- 



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filalet, K/cours du Sud Oranais, Mzabi, tfouit 
oojJb', id.; Ouargla, tfouit, id., pi. toufouia [*y*y; 
Beni Menacer, fouith ey^* , id.; Tementit, tfouit, 
id.; Gourara, tfouitch gys, id. Dans dautres dia- 
lectes le k s est adouci en ch ou en ^ : Guelaia , 
Kibdana et Temsamati , thfouchth &J»y8 « soleil » ; 
Haraoua, foui% Aj^i, id. Lesens de « soleil »donn6 
k plusieurs d6riv6s du theme f nest pas primitif. 
Le Zouaoua a seul gard6 le vrai nom berb&re : 



Tentes, ihanan /l\ (pi.) (B. ^,pl. ekannan); Azger 
et Ahaggar , ehan 1 1 , pi. ihdnan , id. ; Kel-Oui , ihana , 
pi. ihanaten l+lj; Ghat, tahent +l|+ (dim.); Z6- 
naga , inn ^ , pi. anen ^j\ . 

Tete, ir'JTli (B. akef, iraj, fyhaf)', Sergou, ikfil* I , 
pi. ikfouwan Hit* I; Z6naga, if, pi. { j^\ afoun. 

Tibbous, ikaradhen I30 # I ; Ahaggar, id. Barth donne 
amekarad avec le , sens de « voleur » <ju on rencon- 
tre 6galement avec cette signification dans les dia- 
lectes kabyles : Zouaoua et Ait Khalfoun, imke- 
redh (JbJ^c « voleur » , ihoukerdha ^oSy « vol » ; 
Bougie , thaouakertfa \i*J>\y « chose vol^e »; Chelh'a, 
toukerdha l&S^s « vol » ; ces mots se rattachenl. 
sans doute au theme kr. Zouaoua, akour^>\, aor. 
iouker ((voler», f. hab. tsakour j^b; Chaouia, 
Ouargla, Bougie, aker J>\\ Zouaoua et Ait Khal- 
foun , amakouar )\y£*\ « voleur » ; Bougie , thaouakra 



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t*( too 



L£lj? t vol ». Le k est devdfeu ben Z^naga : iougear 
Sya (aor. ) « voler » ; amigaear JZ*\ « voleur » ; tcb 
au Mzab : tcher ys*. « voler*; f. fact, sitcher f$*»\ 
et Ci7 dans les k'$ours du Sud Oranais, oucher 
J»$ t voler ». On trouved'ailleiirs en Ahaggar aker 
O* I , f. h. taker O* 1+ aveo le sens de « voler » et 
imaker 0*13, emekeredh 30-ID avec celui de 
« voleur ». Ce nom appliqu6 aux Tibbous par les 
Aouelimmiden s'explique ais^ment par les rela- 
tions hostiles qui existent entre les deux peuples 1 . 



Vachb, tas GMr, Z6naga, techi <^&3, cf. s. v° Boeuf. 
Vbnir , as © ; « doii viens-tu » ? smani toasid F10+ □©. 

Ahaggar, Ghat, idL;cf. haoussa, so, zo «venir». 
Vent, adhoa :3; Ahaggar, Ghat, id.; Sergou, atou 

(atoo); Kel-Oui, aiou III. 
Ville, ar'erem DO: ; Ahaggar, id.; Z^naga, irmi ^y , 

pi. armoun yyjl . 
Visage, oadem Dm, pi. oudmaouen CHI"):. 

1 Gf. Hanoteau, Essai de grcunmaire tamachek', p. 237-339. 



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APRJI.W. ■ 2*4 n 
Note <k jencographk 



AWV4581 




3 2044 043 258 136 



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a. 



fak- 



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