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Full text of "Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux : pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie royale, 1770"

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NOUVEAU RECUEIL 



DE PLANCHES COLORIÉES 

D'OISEAUX. 



\ 



IMPRIMERIE DE A. BELIN ET COMP., 55, RUE SAINTE-ANNE. 



^ 



NOUVEAU RECUEIL 



DE PLANCHES COLORIÉES 

DOISEAUX, 

POUR SERVIR DE SUITE ET DE COMPLÉMENT AUX PLANCHES ENLUMINÉES DE BUFFON, 

ÉDITION IN-FOLIO ET IN-4° DE 1/ IMPRIMERIE ROYALE, 4770; 
PUBLIÉ PAR 

C. J. TEMMINCK, 

CHEVALIER DE L'ORDRE DU LION NEERLANDAIS; DIRECTEUR DU MUSEE ROYAL DES PAYS-BAS; MEMBRE DE L'INSTITUT; MEMBRE CORRESPONDANT DES 
ACADÉMIES DE STOCKHOLM, DE SAINT-PÉTERSBOURG ET DE BONN; DES SOCIÉTÉS ROYALES DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE LINNÉENNE ET ZOOLOGIQUE 
DE LONDRES; DE LA SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DE MOSCOU; DE CELLES DES NATURALISTES DE HARLEM, UTRECHT, GRONINGUE, PARIS, LAUZANNE, LILLE, 
STOCKHOLM, FRANCFORT, MAYENCE, HALLE, MARBOURG, WURZBOURG, HEIDELBERG, HAT\AU, BATAVIA, PHILADELPHIE ET CAP DE BONNE ESPÉRANCE, 



ET 



Le Baron MEIFFREN LAUGIER DE CHA.RTROUSE, 

» » è t 

CHEVALIER DE LA LÉGION-D'HONNEUR, 

D'après les Dessins de Mil. HUET et PRÊTRE, Peintres attachés au Muséum d'Histoire naturelle, 

ET AU GRAND OUVRAGE DE LA COMMISSION D'EGYPTE. 



VOL. V. 






PARIS. 

F. G. LEVRAULT, LIBRAIRE-ÉDITEUR, RUE DE LA HARPE, N. 81. 

A STRASBOURG, MÊME MAISON, RUE DES JUIFS, N. 53. 
ET A AMSTERDAM, CHEZ LEGRAS IMRERT ET COMP., SUR LE ROCKIN, N. 139. 



M. DCCC. XXXVIII. 



fùX. 






i/BRARV 



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Coq s on/ter a/ 



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Poule sozi/terat 



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COQ ET POULE SONNERAT. 



GALLUS S O N N E RA T I. T 



E MM, 



Planches 202 et %3<L 

Sonner at a cru trouver dans l'espèce de Coq et de Poule propre 
aux contrées de FIndostan, la souche ou le type de notre espèce 
commune des basses-cours, nommée Coq villageois. Nous avons réfuté 
cette supposition dans le second volume, page ii§ , de l'ouvrage 
des Gallinacés , et nous croyons avoir prouvé que ce n'est point de 
cette espèce, mais du Bankiva^i) ^ que sont originaires la plupart 
de ces races domestiques répandues sur la surface du globe j on les 
trouve partout où la civilisation des peuples a fait sentir Futilité 
et les bienfaits de l'économie rurale. 

Nous avons dédié ce Coq et cette Poule sauvages à la mémoire 
de l'illustre voyageur qui en fit la découverte; l'espèce vit encore 
de nos jours dans les contrées montueuses et boisées de l'Indostan , 
et il ne paraît point qu'on ait fait des tentatives pour la réduire 
à la domesticité 5 il est certain qu'elle forme une espèce distincte 
des races domestiques nourries par les Indiens et par les Colons 
établis dans les possessions soumises au pouvoir de l'Angleterre, 

(1) Gallus Bankiva. Hist. des Pigeons et des Gallinace's, vol. 2, pag. 87 et suivantes. On 
trouve cette espèce dans les bois solitaires des îles de Java et de Sumatra. 
Recueil d'Oiseaux, 39 e . livraison. 



COQ ET POULE SONNERAT. 

dans la presqu'île de l'Inde $ les races domestiques de ces pays sont 
absolument les mêmes que toutes celles des autres pays du globe. 

Le Coq Sonnerat a le port, les formes et la taille de nos races les 
plus fortes du Coq villageois 5 la crête et les barbillons ne diffèrent 
point, mais les plumes du cou et celles des ailes offrent un contraste 
frappant avec ces parties dans nos volailles de basse-cour 5 leur 
forme est oblongue sans être acuminée comme celle de nos Coqs j 
leur tuyau est large, déprimé et fort 5 il donne naissance à une 
plaque cartilagineuse, en lame aplatie, très-dure, parfaitement lisse 
et polie : une substance semblable couvre les plumes d'une espèce 
nouvelle du genre Bec-ouçert; Ton voit des épanouissemens pareils 
aux plumes de quelques Pigeons, des Jaseurs et de quelques autres 
oiseaux. La Poule diffère des nôtres par le manque de crête et de 
barbillons, et par un plumage différent qui n'est point sujet à varier. 

Les plumes du sommet de la tête et celles du cou sont plus longues 
selon qu'elles approchent du corps , mais elles ont une forme arrondie 
vers le bout j leur baguette est grosse, très-déprimée ; une raie blanche, 
très-luisante, en couvre le dessus jusque vers l'extrémité, où se trouve 
une large plaque blanche, de substance cartilagineuse, et au bout 
un second épanouissement d'un roux-vif $ les plumes du dos sont 
longues et étroites, d'un brun-noirâtre marqué de taches plus 
claires $ une large raie blanche suit la direction des baguettes 5 la 
poitrine, le ventre, les flancs, les cuisses et l'abdomen ont une 
teinte noirâtre à reflets verdâtres ; les petites et les moyennes cou- 
vertures des ailes ont les baguettes déprimées ; elles n'ont point de 
barbes, mais toutes sont termiénes par une lame cartilagineuse large, 
polie et luisante 5 elles sont d'un roux-marron très-vif, et leur réunion 
forme une large plaque qui paraît enduite d'une couche de vernis 5 
les pennes secondaires des ailes sont d'un noir à reflets verts 5 celles 

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COQ ET POULE SONNERAT. 

de la queue, adossées en deux plans verticaux, sont au nombre de 
quatorze , d'un noir lustré de vert ; les deux plumes du milieu ont 
des reflets violets et pourprés ; elles se courbent en forme de faucille 
le long des deux plans et sont en partie recouvertes par les longues 
plumes du croupion d'un violet paré de reflets métalliques; les 
pieds sont cendrés; les yeux jaunes et les appendices charnus d'un 
rouge-pourpré. Le Coq a, de la pointe du bec à l'extrémité de la 
queue, deux pieds quatre pouces; depuis le plan des pieds au 
sommet de la tête il est haut de quatorze à quinze pouces. 

La femelle ou la poule est d'un tiers plus petite ; elle n'a point 
de crête ni de barbillons; la gorge et le sommet de la tête sont 
couverts de plumes, et le tour des yeux seulement est nu et de cou- 
leur rougeâtre; elle n'a point de plumes longues au bas du cou, et 
on ne voit point de trace de la substance cornée sur aucune des 
parties du plumage; toutes les parties supérieures sont d'un gris 
plus ou moins noirâtre, marqué de petits points cendrés; des 
raies blanches, assez étroites, occupent le centre des plumes et 
suivent la direction de la baguette; l'aile est grise, nuancée de gris 
plus foncé et de brun; la queue brune; la face blanchâtre, variée 
de brun ; toutes les parties inférieures ont une teinte brune-cendrée; 
sur chaque plume est peint une large bande longitudinale ou une 
tache en mèche d'un blanc pur. 

On trouve la description de ce Gallinacé dans Sonnerat , Voyage 
aux Indes, vol. a, pag. i55, tab. q4 et q5 , c'est le Phasianus 
gallus de la méthode de Latham. Les lieux de sa demeure sont les 
forêts en montagnes et quelques autres parties boisées de l'Indostan. 
Sonnerat en a trouvé dans les montagnes des Gaëtes; il paraît que 
l'espèce est commune dans toutes les parties orientales de l'Inde. 

On voit plusieurs individus dans les Musées de Paris et des Pays-Bas. 



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C o a bronvjé/, a</ulé& 



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COQ BRONZÉ. 



GALLUS JENEUS. Cuv, 



Le Mâle. — Planche 3j4:. 

Nous avons différé à donner la description de cette espèce nou- 
velle figurée dans la 63 me livraison de ce recueil, espérant rassem- 
bler quelque notice sur l'histoire de ce bel oiseau , et trouver l'occasion 
de voir et de figurer la femelle; trompé dans notre espoir, nous ne 
pouvons offrir que l'énumération succincte des couleurs du plumage 
du mâle, d'après l'individu que M. Diard fit parvenir au Musée de 
Paris, pendant son séjour à Bencoulen dans l'île de Sumatra. 

Ce beau Coq, probablement ¥ Ayam-Baroogo des Malais, est un 
peu plus fort que YAyam^Bankiça et XAyam-alas , deux autres 
espèces sauvages dont nous avons fourni la description dans l'histoire 
des Pigeons et des Gallinacées, vol 2. La crête charnue est grande, 
à bords lisses, et ressemblant par là à celle que porte YAyam-alas. Au 
lieu d'un seul barbillon dont ce dernier est muni, le Coq bronzé a 
deux petits appendices ou fanons à la commissure du bec , et le reste 
de la gorge totalement nu. Les plumes de la nuque et du manteau 
sont assez longues, mais moins que dans le Bankiva et chez nos Coqs 
de basse-cour : ces plumes sont arrondies du bout comme dans les 

Recueil d'Oiseaux, 65 e . livraison. 



COQ BRONZÉ. 

FAyam-alas ; toutes celles du croupier présentent absolument la même 
forme que dans nos Coqs de basse-cour , dont le Coq Bankiva , qu'on 
trouve à Java et à Sumatra, paraît être la souche primordiale (i). 

Un vert métallique à reflets pourprés très-éclatans est répandu sur 
la tête, le cou et le manteau $ toutes ces plumes portent un bord du 
plus beau vert- velouté ; du noir lustré de pourpre et de violet couvre 
le devant du cou, la poitrine et toutes les parties inférieures 5 les 
longues plumes du dos et des couvertures alaires sont peintes de 
pourpre brillant et bordées de larges franges couleur grenat ; les 
autres couvertures, les pennes des ailes et toutes celles de la queue 
sont d'un pourpre brillant de reflets métalliques, variant selon le 
jour qui les éclaire; le tarse porte un fort éperon; les pieds et le bec 
sont cendrés, et les parties nues d'un rouge vif. 

L'espèce vit à Pitat-Lanoago , dans les forêts de l'intérieur, dont 
elle habite la lisière. Il est probable qu'elle ne se trouve pas sur le 
continent de l'Inde, et elle n'a pas été vue à Java. 

Le sujet capturé à Sumatra est déposé dans le Musée de Paris. 

(1) Voyez, pour plus de de'tails à cet égard, l'article Coq, dans le deuxième volume de l'his- 
toire des Pigeons et des Gallinacées. 



48*. 







^neu. ■ ... . ., , i • i, yy .,.. : n yj'i J ■ > .^.i-Kii^y}^,. 



Mïe^. 



C o o ayama/a<f, 7 ?wU 



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COQ AYAMALAS 



GALLUS FURCATUS. Temm 



Planche 483. 



Les Javanais désignent cette espèce sous le nom <£ Ayam-Alas j 
ils la distinguent de leur Ayam-Bankiça, autre espèce sauvage , ainsi 
que de Y Ayant, dénomination sous laquelle le Coq de basse-cour est 
connu. Mardien dit que Sumatra nourrit un Coq sauvage, nommé 
par les Malais Ayam-Baroogo 3 probablement notre Coq bronzé, 
pi. enl. 37e, et 1' ' Ayam-Iago 3 espèce de très-forte taille trouvée 
dans la même île. 

UAyam-Alas porte sur la tête une crête lisse ; un seul barbillon 
pend en membrane flottante de la mandibule inférieure du bec jus- 
qu'au bas de la partie nue du devant du cou ; le tour des yeux est 
glabre , et toutes ces parties nues sont d'une belle couleur rouge. Les 
plumes de l'occiput et du cou ont une forme arrondie; celles du dos 
sont ovales par le bout; un bleu à reflet violet teint l'origine des barbes ; 
vers l'extrémité elles sont d'un beau verlà reflets métalliques, etlebord 
est entouré par un croissant d'un noir velouté ; les plumes du crou- 
pion et les couvertures des ailes sont longues: les premières, d'un noir 
à légers reflets dorés, sont lisérées de jaune; celles des ailes portent 

Recueil d'Oiseaux, 81 e . livraison. 



COQ AYAM-ALAS. 

de larges bordures d'un roux brillant 5 la poitrine, le ventre et l'ab- 
domen sont noirs 5 la queue, composée du même nombre de pennes 
que dans nos Coqs de basse-cour, est d'un vert à reflets métalliques. 
On avait remarqué que cette espèce porte la queue dans une direc- 
tion horizontale : des observations récentes démentent cette assertion. 
L'iris des yeux est jaunâtre; le bec d'un brun-jaunâtre, et les pieds 
armés d'un fort éperon brun. La longueur, depuis la pointe du bec à 
l'extrémité de la queue, est de deux pieds. 

La poule, d'un tiers moins grande, n'a pas de barbillons j toute la 
gorge et la région ophthalmique, à un petit cercle près, qui est glabre, 
sont couvertes de plumes. La tête et le cou sont d'un gris-brun j la gorge 
blanche 5 la poitrine, le ventre et l'abdomen d'un gris isabelle; le dos 
et les couvertures des ailes d'un vert à reflets dorés , bordés de gris- 
brun avec une raie jaunâtre occupant le milieu 5 les grandes couver- 
tures et les pennes secondaires noirâtres, à reflets métalliques, et 
ondées de jaunâtre; les grandes pennes de la queue brunes à légers 
reflets verdâtres, et bordées de noirâtre j les rémiges d'un gris-brun. 

On trouve l'espèce à la lisière des forêts ou montagnes , où elle se 
tient cachée pendant le jour. Elle est défiante et farouche j aussi ne 
parvient-on pas facilement à lui faire subir la domesticité. Le chant 
du Coq ressemble à la moitié du chant de nos Coqs de basse-cour 5 
on pourrait le rendre par les deux syllabes co-crik. Elle habite l'île 
de Java, et selon le témoignage de quelques colons, aussi dans quel- 
ques parties de l'île de Sumatra. 




LopliopLor e ûwwh, mU?. 



Z'refre 



LOPHOPHORE CUVIER. 



LOPHOPHORUS CUriERI. Temm, 



Le Mâle. — Planche 1 . 

Le genre que j'ai désigné par le nom de Lophophore est composé 
aujourd'hui de deux espèces (i) 9 dont on ne connaît que les mâles. 

Les femelles n'ont point encore été envoyées des parties reculées 
de l'ïndostan où ces espèces habitent. Il est probable qu'étant privées 
des ornemens extraordinaires et des belles couleurs propres aux mâles, 
elles auront paru moins dignes de fixer l'attention des curieux. Les 
naturalistes ne connaissent point encore les mœurs de ces gallinacés 5 
mais à juger une partie de leurs habitudes d'après la forme du bec, 
surtout par le prolongement très-courbé de sa pointe qui est dépri- 
mée, large et à bords tranchans, on peut en induire que cet instru- 
ment formé en pioche est propre à fouir, et que ces oiseaux s'en servent 
aux mêmes fins que certaines espèces de Perdrix et de Francolins 
d'Afrique et de l'Inde (2) , qui ont la mandibule supérieure du bec à 

(1) La seconde espèce est le Lophophore resplendissant, décrit dans mon ouvrage des Galli- 
nacés. Nous donnerons dans ce recueil la figure de cet oiseau, remarquablement orné par une 
belle hupe composée de palettes dorées , fixées à l'extrémité d'une tige flexible. 

(2) Voyez les Francolins à long bec de Sumatra, le Francolin OuriHnas d'Afrique, et la 
nouvelle espèce de perdrix découverte par M. Le Vaillant, qui sera publiée dans ce recueil sous 
le nom de Perdis Le Vaillantii. 

Recueil d'Oiseaux ? i re . livraison. 



LOPHOPHORE CUVIER. 

peu près semblable. Un instrument de cette forme convient aux ha- 
bitudes de ces gallinacés dont la nourriture se compose presque uni- 
quement de plantes bulbeuses qu'ils sont obligés de chercher en 
pénétrant les terrains plus ou moins compactes où elles croissent. Il 
est à présumer que les Lophophores , munis d'un instrument pareil à 
celui des Perdrix africaines , mais plus fort et composé d'un prolonge- 
ment corné très-solide (1), s'en servent comme celles-ci, et que les 
plantes bulbeuses forment aussi leur principale nourriture (2). 

Le mâle de l'espèce figurée dans notre planche i re . a le sinciput 
orné d'une huppe de plumes très-longues , effilées et à barbes courtes, 
un peu décomposées. Les joues sont nues, la queue que l'oiseau porte 
dans une direction horizontale, est de moyenne longueur et légère- 
ment arrondie. 

La huppe, le cou ainsi que les parties supérieures et inférieures du 
corps sont d'un noir à reflet violet très-brillant 5 les ailes et la queue 
ont une teinte noire, dépourvue de lustre 5 toutes les plumes de ces 
parties portent des zigzags très-déliés d'une teinte grisâtre. Il semble , 
à en juger par quelques plumes isolées dépourvues de ces raies grises, 
que la livrée de l'adulte diffère de celle du jeune. Les plumes du 
croupion et les couvertures de la queue sont toutes terminées par 
une large zone blanche j les parties inférieures, ainsi que je viens de 
l'indiquer, sont d'un ton violet lustré 5 mais l'unique individu connu , 
et qui a servi de modèle à notre planche, a quelques plumes de la 
gorge parsemées de zigzags gris très-fins, ce qui me fait croire que 

(1) Voyez le détail du bec du Lophophore Cupier figuré de grandeur naturelle. 

(2) Les caractères établis pour ce genre , ainsi que ceux propres aux autres groupes dont nous 
aurons à traiter dans ce recueil , seront publiés avec les généralités dans un discours où il sera fait 
mention du naturel et des habitudes des oiseaux. Une feuille séparée servira d'introduction à tous 
les genres; elle paraîtra lorsque nous aurons publié par la gravure une série d'espèces nouvelles , 
ou bien lorsque toutes celles d'un genre auront été données. 



xi 



LOPHOPHORE CUVIER. 

ces plumes sont un reste de la livrée du jeune âge. Les pieds sont 
gris, de même que leperon assez fort et acéré dont les tarses sont 
armés; le bec est jaune; la nudité ophtalmique qui communique au 
bec est garnie de très- petites papilles, et paraît avoir été rouge dans 
l'individu vivant. La longueur totale est de dix-huit pouces. 

On trouve une très-courte notice sur cette espèce dans le Synopsis 
de Latham, sous le nom de Goloured pheasant. Syn. supp. , vol. 1 , 
pag. 210. Je n'ai pu trouver, dans les cabinets de l'Angleterre, le 
sujet qui a servi de modèle au naturaliste anglais. 11 est probable que 
l'indication très-succincte qu'il donne de l'espèce est prise sur un des- 
sin envoyé du Bengale. 

Le Muséum royal de Paris, seule collection en Europe où se trouve 
un individu de cette espèce propre au continent de l'Inde , en doit 
la possession aux soins de MM. Diard et Duvaucel , deux jeunes natu- 
ralistes élèves de M. Cuvier, dont j'aurai souvent occasion de parler 
dans cet ouvrage. Les galeries du Muséum de Paris renferment plu- 
sieurs espèces nouvelles ou peu connues d'animaux , qui sont les fruits 
des voyages que ces naturalistes ont entrepris dans l'Inde et à 
Sumatra. 



p 



GENRE FAISAN. 



GENUS PEASIANUS. Li 



NNE. 



Bec médiocre, à base nue; mandibule supérieure voûtée, convexe, déprimée 

vers le bout. 
Narines basales, latérales, à moitié fermées par une membrane voûtée; joues 

nues, couvertes de petits mamelons cartilagineux; tête et gorge couvertes de 

plumes. 
Pieds : trois doigts devant et un derrière; les trois doigts divisés, réunis par une 

courte membrane; le pouce n'appuyant que sur l'ongle. Un seul éperon, court 

et de forme conique au tarse. 
Queue très-longue, fortement étagéè et à pennes du milieu dépassant beaucoup 

toutes les autres. 
Ailes courtes; les trois rémiges extérieures plus courtes que la quatrième et la 

cinquième, qui sont les plus longues. 



Tous les méthodistes modernes sont d'accord de séparer en deux 
genres distincts les Coqs (Gallus) et les Faisans (Phasianus). Linné 
et Latham en ont fait un seul genre, où ils ont également trouvé à 
classer Y Argus ou Luen (Argus), le Hoatzin (Opisthocomus), un 
Musophage (Musophaga), quelques Pénélopes (Pénélope), et deux 
Lophophores (Lophophorus), qui forment, sans contredit, avec les 
Coqs et les Faisans l'assemblage le plus bizarre. Nous avons fourni, 

Recueil d'Oiseaux, 82 e livraison. 



GENRE FAISAN. 

dans l'ouvrage des Gallinacées ? les motifs de la séparation générique 
des Coqs 5 ceux-ci étant distraits du genre Phasianus , nous éloignons 
encore de cette coupe, telle que Latham en donne l'index , les espèces 
désignées sous les noms de Phasianus Argus, sp. 5 ; son Phasianus 
Jfricanus, sp. 8, indication d'un Musophage qu'on trouve assez 
abondamment au Sénégal, sur les bords de la Gambie; plus, Pha- 
sianus cristalus, sp. 7, ou Faisan huppé des pi. enl. de Buffon, 337, 
qui forme le genre Opisthocomusj les Phasianus Motmot, Mexicanus 
et Paraqua, sp. 9, 10 et ia, qui sont du genre Pénélope; enfin les 
Phasianus Impeyanus et leucomelanos , sp. 11 et i3, dont nous 
avons formé le genre Lophophorus. Voyez ces espèces pi. 5i3 et 1 
de ce recueil. Le supplément à l'Index du même auteur porte le 
Phasianus ignitus, que nous classons avec les Coqs dans la deuxième 
section du genre Gallus, espèce paraissant former le passage de ces 
oiseaux aux Faisans. Les espèces à énumérer dans ce genre sont : 

Esp. 1. Faisan noir et blanc ou argenté, qui tient le plus près 
des Coqs de la division Houpifère par sa queue plus ou moins réunie 
en deux plans. Buffon, pi. enl. iq>3 et i^4. C'est Phasianus Nijct- 
hemerus des méthodes. Patrie, la Chine , et se multiplie en assez 
grand nombre dans les ménageries d'Europe. 

Esp. 2. Faisan vulgaire ou I'Oiseau du Phase. BufF. pi. enl. 121 
et 122. C'est Phasianus Colchicus des méthodes. Patrie, les con- 
trées chaudes de l'Asie et de l'Europe orientale; se propage en 
liberté dans plusieurs parties tempérées de l'Europe où il a été in- 
troduit. 

Esp. 3. Faisan a collier, décrit dans l'histoire des Gallinacés, 
vol. 2, p. 326 et suivantes. C'est Phasianus torquatus. Patrie 3 
différentes parties de la Chine. 

Esp. 4. Faisan versicolore, de nos pi. col. 486 le mâle, et 4g5 la 



\* 



GENRE FAISAN. 

femelle. Voyez aussi Galerie des Oiseaux , pi. 2o5. Phasianus versi- 
colore. Patrie , le Japon. 

Esp. 5. Faisan Sœmmerring, de nos pi. col. 487 le mâle, et 488 
la femelle; ce sera Phasianus Sœmmerringii. Patrie, le Japon. 

Esp. 6. Faisan superbe, qui repose sur quelques indications et 
sur les figures des papiers de soie de la Chine $ c'est Phasianus su- 
perbus des méthodes. Patrie, les contrées les plus reculées de la 
Chine; se trouve en domesticité dans quelques ménageries de Pékin. 

Esp. 7. Faisan vénéré , de nos pi. col. 485 le mâle; la femelle n est 
pas connue. Voyez aussi la description d'une plume de la queue , 
histoire des Gallinacés, vol. 2, fig. i36, sous le faux nom de Superbe; 
c'est Phasianus veneratus. Patrie, les contrées tempérées de la 
Chine; très-rare dans les ménageries du pays. 

Esp. 8. Faisan Amherst, connu par une figure publiée dans les 
Transactions linnéennes, vol. 16, pag. 129, tab. i5, où le mâle 
de cette belle espèce se trouve figuré sous le nom de Phasianus 
Amherstle. Voyez la description dans ce recueil. Patrie, Cochin- 
chine et royaume d'Ava. 

Esp. 9. Faisan tricolore, ou Faisan doré de Buffon , pi. enl. 217. 
Phasianus pictus des méthodes. Patrie, la Chine et le Japon 5 se 
multiplie dans les ménageries en Europe. 



FAISAN VÉNÉRÉ 



PHASIANVS VENERAJVS. Temm. 



Le Mâle adulte. — Planche 485. 

Ce beau Faisan, paré de couleurs fortement tranchées et à rec- 
trices d'une longueur énorme, est de la taille du Faisan argenté 
ou bicolore de la Chine, par conséquent un peu plus grand que notre 
Faisan vulgaire; son bec est plus droit, plus déprimé, surtout bien 
moins courbé à la pointe que celui des autres espèces de ce genre; 
une très-petite partie des joues est dénuée de plumes: elle forme un 
cercle de petites papilles rouges à l'entour de l'orbite; la queue, très- 
étagée, a une longueur remarquable, même disproportionnée pour 
la taille de l'oiseau : elle est composée de dix-huit pennes très-étroites, 
dont les quatre du milieu forment la gouttière renversée ; les pennes 
latérlaes de chaque côté n'ont guère plus de trois ou quatre pouces, 
tandis que les deux du milieu portent au-delà de quatre pieds de 
longueur. 

Aucune huppe ou parure accessoire n'orne la tête de ce Faisan ; 
une calotte blanche couvre le sommet du crâne et l'occiput ; ce grand 
espace blanc est bordé, sur les côtés, par une bande noire de peu 
de largeur, mais qui se dilate vers le trou auditif, et entoure la 



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FAISAN VÉNÉRÉ. 

plaque blanche de la tête; sur le front, le blanc est également bordé 
par un bandeau noir : deux colliers, plus larges sur le devant du cou 
qu'à la nuque, couvrent cette partie; le collier supérieur est d'un 
blanc pur, et s'étend sur la gorge jusqu'à la base du bec; l'inférieur 
descend en pointe vers la région thorachique. La partie du bas du 
cou, tout le manteau, le dos et le croupion sont couverts de plumes 
qui, par la manière tranchée dont elles sont colorées, font l'effet 
d'écaillés ; leur teinte est dun jaune d'or très-vif, et toutes sont 
terminées par un bord, en forme de croissant, d'un noir parfait; 
celles de la poitrine , des côtés du ventre , et les grandes plumes des 
flancs, sont peintes de deux bandes en losange, d'un noir parfait, 
disposées sur un fond blanc éclatant; elles ont, vers le bout, un 
croissant d'un noir pur, et leur bord terminal est entouré par une 
large bande mordorée; les plus longues des dernières plumes des 
flancs ont leur extrémité colorée de jaune d'or. Tout le milieu du 
ventre, les cuisses et l'abdomen sont d'un noir velouté; celles des 
couvertures inférieures de la queue sont noires, tachetées de jaune 
d'or. Les pennes de la queue sont larges environ de deux pouces; 
elles se terminent en pointe, et sont voûtées en forme de gouttière 
renversée ; la baguette est fortement cannelée dans toute la longueur. 
La couleur des barbes de ces pennes est d'un blanc-grisâtre , se nuan- 
çant par demi-teinte en un roux doré, de manière que cette dernière 
couleur est très-prononcée sur les bords des barbules; on compte 
quarante-sept barres en forme de croissant sur chaque côté des 
barbes : ces bandes sont parallèles à la base et à l'extrémité de la 
penne; mais depuis le quart jusqu'aux trois quarts environ de la 
longueur, elles alternent; leur teinte est plus ou moins noire à l'ori- 
gine de la penne , brune au centre , et marron vers l'extrémité. Les 
pieds et les éperons sont d'un gris-clair; le bec est blanc. Longueur 



FAISAN VÉNÉRÉ. 

totale, variant sans doute beaucoup en proportion du plus ou moins 
de longueur des pennes du milieu de la queue, dont les plus grandes, 
examinées par nous, portent quatre pieds cinq pouces. 

C'est par erreur que nous avons fait mention des deux longues 
pennes de la queue de cet oiseau à l'article du Faisan superbe. Voyez 
l'histoire des Gallinnacés, vol. s, pag. 336. L'article qui traite de 
ces pennes doit être rapporté au Faisan vénère du présent article, 
dont nous sommes parvenus à obtenir deux dépouilles du mâle, l'une 
parfaite et portant des pennes intermédiaires de plus de quatre pieds j 
l'autre en mue et n'ayant qu'une queue d'un pied et demi de long, 
dont les pennes étaient enveloppées dans l'étui. La femelle de ce bel 
oiseau si remarquable, ne nous est pas connue. Les Chinois de qua- 
lité nourrissent, dit-on, ce Faisan dans les ménageries j c'est un oiseau 
très-rare et de grand prix dans le pays , qu'on apporte à Pékin des 
confins de l'Empire. On assure même que l'exportation en est inter- 
dite, et la contravention punie sévèrement. Toujours est-il sûr que 
les papiers de meuble ni les peintures chinoises ne portent la figure de 
ce Faisan, ce qui ferait soupçonner que l'espèce est peu connue des 
Chinois, et qu'elle est rare dans le pays où ces papiers se fabriquent. 




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Fais ai) vW£°!or- 



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é.c/5. 




Faisan versicolor, fêmdZes. 



FAISAN VERSICOLORE. 



PHASIANUS FERSICOLOR. Vieill 



Le Mâle. Planche 486.— La Femelle. Planche 4g3. 



M. Vieillot , dans la Galerie des Oiseaux, vol. 2, p. ^3, pi. so5, 
décrit et figure notre Faisan d après un individu envoyé par M. Diard 
au Musée du Jardin du Roi à Paris- On avait étiqueté cette espèce 
du nom de Phasianus Diardi^ en mémoire du donateur. M. Vieillot 
ne prenant aucune notice de cette dénomination , publia la figure 
du mâle sous la rubrique portée en tête de ce chapitre , et commit 
Terreur de désigner pour patrie de ce Faisan File de Java, où, selon 
l'assertion de l'auteur cité, Use trouverait dans V état sauvage ; tandis 
que M. Diard fit connaître sur l'étiquette accompagnant l'envoi du 
Faisan , qu'il avait été acheté à Java, mais que le Japon est sa patrie, 
ce dont M. Vieillot aurait pu s'assurer. 

Le Faisan versicolore est à peu près de la taille et a les formes 
du Faisan vulgaire d'Europe, mais sa queue est proportionellement 
plus courte 5 toutes les plumes du cou , du manteau et de la poitrine 
sont terminées en deux lobes arrondis, séparés par une forte 
échancrure; l'espace nu des joues, ainsi que les plumes de l'occiput 



FAISAN VERSICOLORE. 

réunies de chaque côté en touffe , ressemblent à ces parties dans 
notre Faisan d'Europe. 

Le sommet de la tête, la nuque et la partie du haut du cou sont 
d'un vert doré à reflets pourpre et violet j gorge et devant du cou 
d'un bleu vif à reflets violets; partie inférieure du cou, poitrine et 
toutes les parties inférieures du corps d'un vert foncé très-vif et d'un 
lustre éclatant 5 plumes du manteau et scapulaires couverts de petites 
zones blancs-jaunâtres sur fond du plus riche vert métallique lustré 
de pourpre et de violet, et entourées de bordures d'un jaune doré; 
dos et croupion d'un gris nuancé de verdâtre et à reflets; couvertures 
gris,lilas et vert, distribués par nuances, selon la lumière qui éclaire 
ces parties 5 les pennes de la queue, peu longues et faiblement éta- 
gëes, portent une teinte gris-verdâtre; ces pennes latérales sont par- 
semées de petits points noirs presque imperceptibles ; les quatre du 
milieu portent, le long de la baguette, de petites bandes qui alternent 
à intervalle double de leur longueur : ces bandes sont plus larges et 
moins distantes vers le bout de ces pennes ; elles sont bordées sur 
toute leur longueur de barbes désunies, qui pendent de chaque côté 
en larges franges d'un gris pourpré. Le tarse du mâle est armé d'un 
éperon 5 les pieds sont rougeâtres, les papilles autour des yeux sont 
rouges et le bec est jaune. Longueur totale deux pieds sept ou huit 
pouces; la queue a de quatorze à quinze pouces. 

La femelle ressemble, par la couleur du plumage, à la femelle du 
Faisan d'Europe : on la distinguera par la taille moins forte, à sa 
queue proportionellernent moins longue , au grand nombre de taches 
noires dont les parties inférieures sont couvertes, et à la teinte lé- 
gèrement verdâtre, couverte d'un lustre métallique, des plumes des 
parties supérieures, toutes bordées, comme dans nos Faisans, de 
lisérés d'un jaune doré; Féchancrure et les lobes aux plumes de la 



07. 




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FAISAN VERSICOLORE. 

poitrine sont faiblement marquées chez la femelle. Sa longueur totale 
est de seize à dix-sept pouces. 

Ce beau Faisan est commun au Japon; il vit dans les bois, et a 
les mêmes habitudes que notre Faisan d'Europe. Le Musée des Pays- 
Bas possède des sujets envoyés du Japon par M. Van - Siebold ; 
M. Blomhof, ancien résident à Dezïma, en a rapporté une paire. 
Celle que ML Diard a envoyée au Musée de Paris a été achetée à 
Batavia. 



FAISAN SOEMMERRING 

9 # 



PHJSIANUS SŒMMERRINGII. Temm. 



Le Mâle. Planche 487. — La Femelle. Planche 488. 

Cette espèce remarquable et nouvelle, de l'ordre des Gallinacés, 
nous fournit une occasion favorable de présenter l'expression de notre 
hommage empressé à un homme célèbre , à un vieillard respectable , 
à un anatomiste distingué, qui, par ses travaux scientifiques et par 
l'aménité de sa vie privée, répandit le goût de l'étude, et fait chérir 
son commerce agréable. Puisse la dédicace de cette espèce, offerte 
à M. le professeur de Sœmmerring , être accueillie par ce doyen des 

Recuiel d'Oiseaux, 82 e . livraison. 



FAISAN SOEMMERRÏNG. 

naturalistes , comme Fexpression de la haute estime qu'il inspire aux 
amis des sciences , qui s'empressèrent de fêter à Francfort , le 7 
avril 1828, le jubilé donné en son honneur , à l'occasion du cinquan- 
tième anniversaire de sa carrière doctorale ! 

Ce beau Faisan est de taille intermédiaire entre le Faisan vulgaire 
d'Europe et le Faisan tricolore ou doré de la Chine et du Japon. Sa 
queue , rassemblée en faisceau, est plus longue que celle du Faisan 
doréj un petit espace nu d'un beau rouge couvre la région ophthal- 
mique, et un autre semé de papilles blanches existe au-dessous 
des yeux. Le mâle n'a point de huppe ni de touffes à l'occiput; la 
queue est longue, très-étagée, composée de dix- huit pennes très- 
larges , à surface plane j les deux du milieu offrent une grande di- 
mension. 

La majeure partie du plumage du mâle est colorée d'un pourpre 
éclatant de couleur d'or, et chatoyant en teintes opalines, selon le 
jour qui l'éclairé j la couleur pourprée domine sur la tête, le cou, 
le manteau et la poitrine j un pourpre brillant , chatoyant agréable- 
ment par les reflets que produisent des bordures imitant l'or et la 
nacre, produit sur le dos et sur le croupion une bigarrure à reflets 
variés 5 le plumage du ventre et des ailes est d'un roussâtre mêlé de 
reflets pourprés et parsemés de grandes taches noires ; la queue est d'un 
roux ardent, lavée, par nuances, de demi-teintes plus ou moins claires, 
et coupée, à grand intervalle, de treize bandes transversales noires 
et peu larges j les pieds sont d'un gris clair, et le bec est jaune. Lon- 
gueur totale trois pieds six , huit ou dix pouces , selon la longueur 
des pennes du milieu de la queue, dont la plus grande dimension 
est de deux pieds huit pouces. 

La femelle a une queue de six pouces de long; elle est régulière- 
ment étagée. La couleur du plumage ne diflère pas beaucoup de 



^3 



FAISAN SOEMMERRING. 

celle de la femelle du Tétras de bruyère. Un roux plus ou moins 

pourpré , couvert de grandes taches noires, forme la teinte des parties 

supérieures 5 toutes les plumes ont une bande longitudinale d'un 

roux plus clair , qui suit la direction des baguettes; les plumes de la 

gorge et du devant du cou sont blanchâtres , et une réunion de petites 

zones noires en dessine les contours; la poitrine est variée. de zigzags 

noirs sur fond cendré roussâtre 5 le milieu du ventre blanc ; les flancs 

et les ailes marqués de grandes taches noires et rousses ? et les pennes 

terminées de blanc 5 la queue , d'un roux très-vif, a, vers le bout des 

pennes (les deux du milieu exceptées) , une bande d'un noir parfait, 

suivie d'un bout terminal blanc 5 les deux du milieu sont rousses , 

couvertes de nombreux zigzags noirs et à bout terminal d'un blanc 

terne- La longueur totale est de dix-neuf à vingt pouces. 

Cette belle espèce vit au Japon. Le Musée des Pays-Bas a reçu 
quelques individus des deux sexes par les soins de M. le docteur 
Van-Siebold. 



FAISAN DAMHERST 



PHASIANUS AMEERST1A. Leadb. 



La beauté de cet autre Faisan découvert récemment, nous engage 
à en donner la description succincte, prise sur les deux sujets mâles 
qui ont servi: à l'indication et à la figure publiée à Londres par 



FAISAN D'AMHERST. 

M. Leadbeater, dans les Transactions linnéennes, vol. 16, p. 129, 
fig. i5, en noir. Nous en aurions donné une figure coloriée, mais le 
nombre borné de nos planches nous interdit cette publication. 

Ce magnifique oiseau est à peu près de la taille du Faisan vul- 
gaire d'Europe 5 mais les formes , les parures accesoires du plumage et 
la queue sont comme dans le Faisan tricolore ou doré; le grand espace 
ophthalmique nu est d'un bleu azur; et un barbillon très-court de la 
même couleur, marque de chaque côté la commissure des mandibules. 

L'occiput est orné, comme dans le Faisan doré , d'une ample au- 
réole ou hausse-col formée de douze rangées de plumes, dont les 
plus longues de la rangée inférieure ont plus de quatre pouces : cette 
auréole, que l'oiseau a la faculté d'étaler en éventail, recouvre toute 
la partie postérieure du cou ; ces plumes sont d'une teinte blanche 
opaline, et terminées de deux bandes en croissant : la première est 
d'un vert opalin, et l'extérieure bleue; au-dessus du hausse-col, et à 
l'occiput s'élève un petit panache de plumes longues et subulées, 
d'un pourpre éclatant; toute la tête, le cou, le dos et les scapulaires 
sont d'un riche vert métallique, et chaque plume est terminée par 
un croissant noir velouté; les couvertures des ailes sont d'un bleu 
métallique à bords noirs; le ventre et l'abdomen d'un blanc pur, 
mais les couvertures inférieures de la queue ont une teinte verdâtre 
métallique; tout le croupion est d'un jaune éclatant, et la région 
supérieure du coccix d'un rouge vif; les longues plumes qui viennent 
couvrir les pennes caudales sont blanches, marquées de bandes vertes, 
et terminées de rouge vif; la très -longue queue a toutes les pennes 
en forme de gouttière renversée, et rassemblées en faisceau comme 
l'est celle du Faisan doré; ces pennes sont blanches, à bords mordorés, 
et marquées à large intervalle de bandes diagonales d'un vert foncé. 
Lïris est blanc ; les pieds et le bec sont gris. La longueur totale du 



1> 



FAISAN D'AMHERST. 

mâle est de quatre pieds trois pouces; les deux longues plumes du 
milieu de la queue ont une dimension de trois pieds deux pouces. 
La femelle n'est pas connue. 

Deux mâles de ce rare oiseau furent présentés par le roi d'Ava à 
l'envoyé anglais M. Cambell, qui en fit hommage à l'épouse de l'am- 
bassadeur , milady Amherst. Cette dame les apporta vivans à Londres, 
où ils sont morts. Une des dépouilles a été conservée par milady 
Amherst; l'autre fait partie du cabinet de M. Leadbeater, à Londres. 



^^ 



GENRE LOPHOPHORE. 



GENUS LOPHOPHORUS. Temm. 



Bec fort, long, très-courbé, large à la base, à bords saillans; mandibule supérieure 

voûtée, très-longue, dépassant l'inférieure, large et tranchante à son extrémité; 

crête élevée, distincte; mandibule inférieure cachée par les parois saillantes de la 

supérieure. 
Narines basales, latérales, à moitié fermées par une membrane couverte de plumes 

rares. 
Pieds: tarse couvert de plumes à sa partie supérieure; un éperon long et acéré; les 

trois doigts de devant réunis par des membranes; le pouce élevé; ongles longs, 

comprimés. 
Ailes courtes, les trois rémiges également étagées, plus courtes que la quatrième 

et la cinquième, qui sont les plus longues. 
Queue droite, arrondie. 



Ce genre a été formé par nous (1) sur 1 examen de la seule espèce 
décrite sous le nom de Faisan impey, introduit dans la méthode 
de Latham d'après un dessin rapporté de FInde par une dame 
anglaise. Plus tard on a reçu quelques dépouilles du mâlej mais c'est 
depuis peu d années que les deux sexes ont été importés en Europe. 

(i) Voyez Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 2, pag. 355, et Manuel d'Ornithologie, 
analyse du sytsème. 

Recueil d'Oiseaux, 86 e livraison. 






GENRE LOPHOPHORE. 
Les peaux qu'on a pu se procurer sont des sujets morts dans les 
ménageries des possessions anglaises dans Flnde. La queue et les ailes 
de ces individus , le plus souvent mal dépouillés ou à pennes usées 
dans l'état de domesticité, n ont pu permettre de prendre une idée 
bien nette de la forme et de la longueur de ses parties $ trois ou 
quatre sujets tués à l'état sauvage, obtenus très-récemment, nous 
fournissent les moyens de donner des figures exactes des deux sexes. 
Induits en erreur par des rapprochemens dans la forme du bec d'un 
Galiinacé publié dans la première livraison de ce recueil, nous avions 
cru reconnaître, dans l'oiseau figuré par nous sous le nom de Zo- 
phophore Cuçier, une seconde espèce à ajouter à notre Lophophore 
type; mais un examen plus sévère fait sur un plus grand nombre de 
dépouilles des deux sexes a servi de preuve que l'espèce dédiée à 
M. Cuvier doit prendre rang dans le genre Gallus, division Hou- 
pif ère ^ coupe que nous signalons dans l'Histoire naturelle des Gal- 
linacés, vol. 2, pag. 2y3, par l'espèce du Houpifère Macartney, à 
laquelle nous réunissons le Houpifère Cuçier (1), pi. 1 de ce recueil ; 
plus, une troisième espèce nouvelle, rapportée de l'Inde par M. Rey- 
naud , et que M. Lesson se propose de publier dans la centurie de 
planches enluminées, dont la i re livraison vient de paraître. Nous 
laissons à MM. Reynaud et Lesson le soin de donner un nom et 
de décrire le mâle et la femelle de ce Houpifère, que nous présumons 
être la même espèce que le Faisan Gardneri, indiqué par Wallien 
dans le i5 e volume des Transactions linnéennes, page 166. Il est 
assez présumable que la description mentionnée a été faite sur un 
jeune mâle revêtu d'une partie du plumage de la femelle. Si, par 
suite, on jugeait préférable d'isoler les Houpifères des Coqs et des 

(1) Ce sera Gallus Cuvieri au lieu de Lophophorus Cuvieri, publié planche i de la pre- 
mière livraison de ce recueil. 



^ 



GENRE LOPHOPHORE. . 

Faisans, on pourrait se servir de la dénomination Euplocomus, 
pour désigner ce groupe, qui tient au genre Gallus par l'espèce du 
Macartney, et qui forme le passage au genre Phasianus par la troi- 
sième espèce nouvelle que nous venons de signaler. 

Le peu que nous savons relativement aux mœurs du seul Lo- 
phophore connu, est réduit aux renseignemens obtenus par des 
voyageurs anglais. On nous a communiqué que cette espèce habile 
les forêts élevées de la chaîne des monts Hymalaya. C'est à la lisière 
des bois et dans les plus hautes régions encore peu explorées qu'on 
a trouvé ce beau Gallinacé. Il se fait difficilement à l'état de domes- 
ticité; plusieurs essais ont eu lieu dans la vaste ménagerie du chef- 
lieu du gouvernement anglais dans l'Inde -, mais ces oiseaux, d'urie 
humeur trop inquiète et farouche, se refusent à tous les soins, et 
meurent peu de temps après la perte de leur liberté. On a observé 
que le mâle ne chante point comme les Coqs, mais qu'il a la voix 
à peu -près semblable, dans les différentes intonations, à celle de 
nos Faisans. 



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L o p hoplior e r es n /end/M anû, ma&y f 



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LOPHOPHORE RESPLENDISSANT. 



LOPHOPHORUS REFULGENS. Te 



MM, 



Planche 507 , le Mâles 5i3, la Femelle. 

Cet oiseau rivalise avec le Paon par la vivacité et le brillant des 
couleurs du plumage 5 il porte comme les Paons un diadème élégant 
et flexible, composé de baguettes effilées d'une teinte métallique, 
dont l'extrémité est garnie d'une palette ou feuille dorée qui balance 
gracieusement sur ces tiges fines et courbées, et dont la réunion forme 
un panache ombrageant la tête. Les plumes du sommet de la tête , 
des joues et de l'occiput sont d'un vert doré brillant 5 la partie 
postérieure et les côtés du cou sont d'un pourpré à reflets rubis ; on 
voit briller sur la nuque et sur le manteau une teinte cuivrée à reflets 
pourprés : cette couleur est nuancée sur le milieu du dos en violet à 
reflets dorés; vers la région du croupion existe un large espace blanc 5 
le croupion est d'un beau vert-doré ; toutes les pennes de la queue 
sont d'un roux vifj les grandes pennes des ailes d'un noir verdâtre, 
les secondaires d'un vert-doré , et les couvertures d'un pourpre 
bleuâtre à reflets j la gorge, la poitrine et toutes les autres parties 
inférieures sont d'un beau noir à reflets vert-doré ; un espace nu, 
coloré de pourpre, entoure l'orbite des yeux; tout le reste des joues 

Recueil d'Oiseaux , 86 e livraison. 



LOPHOPHORE RESPLENDISSANT. 

est semé à claire-voie de petites plumes à reflets dorés. Le bec est 
couleur ocre; les pieds, les doigts et l'éperon , sont d'un gris noirâtre. 
Longueur, deux pieds. 

La femelle est un peu moins forte que le mâle; la couleur du plu- 
mage est d'un ton brun terne; le milieu de chaque plume porte une 
bande longitudinale blanche, rayée et mouchetée irrégulièrement 
de brun; le dessous de l'orbite et la gorge sont blancs; les grandes 
pennes des ailes ont une teinte brunâtre; les secondaires portent des 
barres noires et rousses , et la queue est d'un brun terne ; on voit 
aux pieds un tubercule à l'endroit où le mâle porte l'éperon. 

La patrie de ce Gallinacé est l'Indostan; c'est des monts Hyma- 
laya et du district du Népaul qu'on a apporté à Calcutta plusieurs 
couples de ces oiseaux. Ils n'ont pas été observés à la Cochinchine 
ni dans la presqu'île de Malaca. 



-33 



GENRE TRAGOPAN. 



GENUS TRAGOPAN. Cuv. 



Bec fort, gros, court, très-fléchi; mandibule supérieure un peu bombée: l'infé- 
rieure droite. 

Narines basales, latérales, couvertes par la cire nue du bec, et à moitié fermées 
par une grande membrane. Partie ophtalmique garnie d'un duvet rare et court; 
au-dessus des yeux un appendice cartilagineux qui se relève en corne grêle ; gorge 
nue, munie d'un fanon, tous attributs du mâle; la femelle en manque, et toutes 
ces parties sont couvertes de plumes courtes. 

Pieds forts, courts, munis d'ongles longs et droits : chez le mâle seulement, armés 
d'un éperon court et obtus. 

Ailes courtes; les trois premières rémiges étagées, moins longues que la quatrième. 



Ce sont des Gallinacés, dont le caractère le plus apparent réside 
dans l'ornement bizarre de la tête, propre au mâle seulement ; toutes 
les autres formes sont à peu près les mêmes que dans les Faisans à 
queue courte, droite, plane et faiblement étagée : différente unique- 
ment par ce seul caractère des Faisans à rectrices plus ou moins lon- 
gues, souvent énormes pour les dimensions et leurs formes variables. 

On en connaît aujourd'hui trois espèces distinctes qui habitent 
le continent de Flndej ce sont : 

Recueil d'Oiseaux, 92 e livraison. 



GENRE TRAGOPAN. 

Esp. i. Tragopan satyre ou le Népaul de nos pi. col. 543, le 
mâle, et 544? ^ a femelle. — C'est le Faisan cornu de Buffon; Pêne- 
lope satyra Gmeh, et Meleagris satyrus de Latham : maintenant 
Tragopan satyrus. On trouve des figures plus ou moins exactes des 
différens états de mue du mâle de cette espèce dans les Illustrations 
zoologiques de MM. Hardwick et Gray, sous les noms de Satyra 
Lathami, l'adulte $ Satyra Pennantii, le jeune mâlej et Satyra 
Temminckii, autre état différent de mue; peut-être aussi les deux 
autres figures sous le nom de Phasianus melanocephalus (i) $ voyez 
aussi la figure très-exacte du mâle sous le nom de Tragopan satyrus 
Gould., Himalaya birds, tab. 62. Patrie, le Népaul. 

Esp. 2. Tragopan de Hasting, le mâle et la femelle, Gould, Birds 
of Himalaya mountains, tab. 63, 64 et 65 : le même que Satyra 
melanocephala, Hardw. et Gray, dans les Illustrations zoologiques, 
une bonne figure du mâle adulte; le jeune mâle est figuré par Gould, 
tab. 6^. Patrie, les monts Himalaya. 

Esp. 3. Tragopan pucras (i), décrit et figuré dans les ouvrages 
du général Hardwick et de M, Gould, sous le nom de Faisan 
pucras. Voyez Hardw., Illustr. de zool., et Birds of the Hymalaya, 
tab. 60 et 61. Patrie, les monts Himalaya. 

(1) Cette réunion repose sur l'examen des figures, nous n'avons pas vu les sujets en nature. 

(2) Portant sur notre pi. col. 545, le nom de Tragopan Dumucel. 



U3. 










Si^fekTradX^ïGsauii^L; 






Fr ag o p an // ana/t/ , 



i 




Tragopan n^auù , /èm^M* 



Prrfre ■ 



^5> 



TRAGOPAN SATYRE ou NÉPAUL 



TRAGOPAN SATYRUS. Gu 



Vieux Mâle, pi. 543. — La Femelle, pi. 544* 

Cet oiseau , souvent balloté d'un genre à l'autre, se trouve former 
maintenant , avec deux, et peut-être trois autres espèces,, un genre 
distinct 5 désigné sous le nom de Tragopan. Le temps et des recher- 
ches ultérieures nous apprendront si cette classification est plus ou 
moins exacte, et s'il n'eût pas été préférable d'en former une section 
du genre Phasianus > groupe qu'on pourrait sous-diviser très- 
convenablement , selon les formes différentes sous lesquelles se pré- 
sentent les rectrices, et d'après la longueur de celles-ci ou la manière 
dont la queue est étagée. 

Le vieux mâle a toute la tête couverte de plumes longues et 
effilées, sur le front et l'occiput , d'un noir parfait , mais d'un rouge 
de feu sur le milieu du crâne : ces plumes réunies forment une ample 
et belle huppe, d'où naît latéralement de chaque côté et à hauteur 
des yeux un appendice charnu et glabre, qui, lorsque l'oiseau le 
relève, ressemble à une paire de cornes d'un bleu clair. La nudité 
ophtalmique, colorée de pourpre et de bleu, est garnie d'un duvet 
noir, court et rare ; une teinte incarnat ou bleuâtre couvre la nudité 

Recueil d'Oiseaux, 92 e livraison. 



TRAGOPAN SATYRE OU NÉPAUL. 

du cou et les pendeloques qui y prennent naissance. La partie infé- 
rieure du devant du cou, les côtés du cou et les tempes sont d'un 
noir parfait j tout le reste du cou, la nuque, la poitrine, le poignet 
des ailes et leurs petites couvertures sont d'un marron-écarlate ; tout 
le ventre et les flancs sont de cette couleur marquée de grandes et 
de petites taches blanches, entourées par un cercle noirj sur la 
région des cuisses et vers l'abdomen se trouvent des teintes rouges 
moins vives, marquées, selon l'âge des individus, de zigzags noirs 
et roux ou de grandes taches grises ou blanches j les ailes sont aussi 
marbrées de ces taches perlées et cerclées, et elles sont abondamment 
réparties sur le dos, dont le fond du plumage est brun-olivâtre mar- 
qué de marbrures noires. Longueur totale, de vingt à vingt-trois 
pouces. 

La femelle, moins grande que le mâle, a toute la tête et le devant 
du cou garnis de plumes courtes : elle manque toujours d'éperons 
dont les pieds du mâle sont armés. Tout le dessous du corps est 
d'un roussâtre clair marqué de taches blanches, peu distinctes, mais 
plus apparentes au ventre j en dessus, la teinte est d'un brun-roux 
marbré de noir et marqué de taches en forme de fer de lance, et 
d'un blanc-jaunâtre. 

Le bec, dans les deux sexes, est jaunâtre, et les tarses sont d'un 
brun clair. 

Ils habitent les régions élevées et froides des montagnes du Népaul 
et de l'Himalaya. On voit des sujets dans plusieurs musées. 



o£ô 




Tragopan. Di/vaz/ce/ , thâfe. 



Préére 



3n 



TRAGOPAN PUGRAS. 



TRAGOPAN PU CRASIA. Gould, 



Le pieux mâle. — Planche 545 (1). 

La gravure de la planche destinée à accompagner ce texte des- 
criptif ayant été faite depuis long-temps, même avant la publication 
des deux ouvrages anglais (2), où se trouvent de très-bonnes figures 
de notre oiseau, nous n'avons pu supprimer cette figure pour en 
donner une autre plus intéressante sous le point de vue de la nou- 
veauté 5 mais l'obligation nous est imposée de changer le nom spé- 
cifique donné à cette espèce, que nous supposions inédite à l'époque 
où nous en vîmes le premier sujet envoyé du Bengale au musée de 
Paris par M. Alfred Duvaucel , à qui elle fut dédiée. Cet oiseau étant 
connu maintenant , décrit et figuré, nous adoptons la dénomination 
qui vient d'obtenir titre de priorité. 

Cette espèce forme le passage des Tragopans aux Faisans; elle 
ne porte pas au-dessus des yeux ces appendices en forme de cornes j 

(1) Sous le nom de Tragopan Duvaucel > qu'on est prié de remplacer par celui porté en 
tête du texte de cette description. 

(2) Phasianus pucrasia, Hardw. et Gray, Illustr. of ZooL, le mâle.— Gould, Birds of the 
Himalaya mountains, tab. 60 et 61, mâle et femelle. 

Recueil d'Oiseaux, 92 e livraison. 



TRAGOPAN PUCRAS. 

le cou et la région des yeux sont totalement garnis de plumes, et la 
queue, tout aussi courte, est plus étagée et moins large que dans 
les deux autres Tragopans. 

Le mâle a l'occiput orné d'une huppe élégante et légère, composée 
de très-longues plumes en forme de petites spatules, et qui sont très- 
étagées, de façon que celles implantées vers la nuque sont du double 
plus longues que celles du sinciput : ces dernières sont brunes, 
toutes les autres ont des reflets d'acier poli , verts et bleuâtres; toute 
la tête, les joues et la gorge portent ces teintes ; les côtés du cou 
portent une tache blanche longitudinale; le devant du cou, la partie 
médiane de la poitrine et du ventre, ainsi que les couvertures du 
dessous de la queue sont d'un beau marron foncé; la partie posté- 
rieure et les côtés du cou , le dos, les flancs et les cuisses sont cou- 
verts de plumes longues et pointues, à bande centrale noire, en- 
tourée par une teinte grise plus ou moins pure ; les ailes sont brunes, 
bordées de roux et tachetées en bandes longitudinales noires; le bec 
est noir et les pieds sont bruns. Longueur, vingt-et-un pouces. 

La femelle porte à l'occiput une très-petite huppe de plumes 
brunes marbrées; tout le plumage supérieur offre des marbrures 
noires sur un fond brun-rougeâtre, et en dessous des bandes longi- 
tudinales sur un fond isabelle; la gorge et les côtés du cou sont 
blancs; les couvertures inférieures de la queue sont d'un roux ardent 
à pointe des plumes blanche. 

Cette belle espèce habite les parties froides et élevées des monts 
Himalaya, où elle vit de la même manière que les autres Gallinacés 
qui abondent dans ces régions de l'Inde. 
On trouve des sujets dans plusieurs musées. 



//. 




Mtet. 



Diii d on œui//e . 



DINDON OEILLÉ. 



MELE A GRIS O CELLAT A. Cuv. 



Le Mâle. — Planche 112. 

M. Guvier décrit cette belle espèce dans les termes suivans : 
Ce magnifique oiseau réunit à la forme singulière du Dindon un 
éclat de couleur qui le cède à peine à celles du Paon. Les gens d'un 
vaisseau envoyé à la coupe du bois de campêche, dans la baie de 
Honduras-, en virent trois, dont ils réussirent à prendre un vivant. 
Ils Fenvoyèrent à sir Henri Halfort, médecin du roi d'Angleterre 5 
mais cet individu se noya dans la Tamise en arrivant à Londres , et le 
chevalier Halfort en fit présent à M. Bullock, propriétaire d'un riche 
cabinet d'Histoire Naturelle, dit le Temple Égyptien 3 dans la rue de 
Piccadilly. C'est à la vente de cette collection que le cabinet du Roi 
en a fait l'acquisition : acquisition précieuse aussi pour la science 5 
car, jusqu'à présent, les naturalistes n'avaient compté qu'une espèce 
dans le genre des Dindons. 

La taille et le port de ce Gallinacé sont les mêmes que dans le 
Dindon commun 5 mais sa queue est moins large, et l'on ne sait pas 
s'il fait la roue de la même manière. Le bec est le même qu'au din- 
don , et sa base est aussi surmontée d'une caroncule qui sans doute 

Recueil d'Oiseaux, 19 e . livraison. 



DINDON OEILLÉ. 

éprouvait les mêmes dilatations que celle du dindon. La tête et les 
deux tiers supérieurs du cou sont nus, et paraissent avoir été co- 
lorés de bleu et de rouge. Sur chaque sourcil est une rangée de 
cinq ou six tubercules charnus 5 et sur le milieu du crâne en est un 
groupe de cinq autres très-rapprochés. De chaque côté du cou on 
voit six ou sept de ces tubercules , rangés très-régulièrement au-dessus 
les uns des autres ? à des distances à peu près égales. Il n'y en a point 
sur le cou , ni dessous 5 et Ton n'aperçoit aucune trace de l'espèce de 
jabot charnu qui pend au bas du cou du Dindon. Je n'ai point vu non 
plus de vestige de ce pinceau de gros poils qui caractérise si parti- 
culièrement le Dindon mâlej mais comme le plumage de la poitrine 
était endommagé 5 je n'oserais affirmer que cette espèce en soit tou- 
jours dépourvue. Toutes les plumes du dessus et du dessous du 
corps sont coupées carrément , comme au Dindon. Celles du bas du 
cou 9 de la partie supérieure du dos, des scapulaires et de tout le des- 
sous du corps 5 sont d'un vert bronzé, et bordées de deux lignes , 
une noire et l'autre qui est plus extérieure , d'un bronzé un peu 
doré. Les plumes du milieu et du bas du dos ont leurs couleurs dis- 
tribuées de même , mais plus belles 5 c'est-à-dire qu'à mesure qu'elles 
descendent vers le croupion , leur partie vert bronzé passe par degrés 
à un bleu de saphir , qui , selon les reflets de la lumière , se change 
en un vert d'émeraude , et la bordure bronze doré s'élargit de plus en 
plus 5 prend sur le haut du dos l'éclat de l'or 5 et vers le bas, ainsi 
que sur le croupion , cet or , en augmentant toujours d'éclat et de 
largeur , prend une teinte rouge de cuivre qui , à certaines expositions, 
est presque aussi vive que celle de la gorge de l'oiseau-mouche , appelé 
Rubis-topaze. L'éclat de cette bordure d'or rouge est d'autant plus 
frappant 2 qu'elle est séparée de la partie verte et bleue de la plume 
par une ligne d'un beau noir de velours. Les plumes du croupion 



v\\ 



DINDON OEILLÉ. 

ont leur partie cachée gris-cendré vermiculée de brun-noirâtre. 
Cette partie grise vermiculée prend plus d étendue 9 et se montre au 
dehors sur les dernières d'entre elles 5 ainsi que sur les couvertures 
supérieures et sur les pennes de la queue 5 en sorte que la partie bleue 
et verte , entourée de toutes parts par un cercle noir ? et bordée en 
outre du côté du bout de la plume par une large bande de la plus 
belle couleur d'or changeant en cuivre ? y représente des yeux assez 
analogues 5 pour leur disposition 5 à ceux de la queue de Féperonnier 
(paço bicalcaratus) ? mais infiniment plus grands et plus éclatans 
en couleur. Il paraît qu'en comptant ceux du bout de la queue 9 il y 
a quatre rangées transversales de ces yeux ainsi séparés par des espaces 
gris et vermiculés. 

Les plumes des flancs et celles du dessous de la queue sont sem- 
blables à celles du haut du croupion , mais leur vert est plus foncé, 
et leur doré est plus rouge. 

Les petites couvertures de Faile sont d'un beau vert d'émeraude, 
avec un bord étroit 9 d'un noir de velours. Les grandes couvertures 
secondaires sont d'une belle couleur de cuivre métallique avec des 
reflets dorés. Leur partie couverte est vert d'émeraude près de la 
tige 9 et vermiculée de gris et de blanc le long du bord couvert. L'aile 
bâtarde et les couvertures primaires sont d'un brun-noirâtre , avec 
des bandes transversales étroites et obliques blanches. C'est aussi 
la couleur de toutes les pennes 5 mais le bord externe des dernières 
pennes primaires et de presque toutes les secondaires est blanc jet 
quand l'aile est fermée ? ces bords blancs réunis forment sur son mi- 
lieu une large bande longitudinale blanche. Les pennes secondaires 
les plus voisines du dos ont dans leur brun des teintes vert doré. 
Tout le dessous de l'aile est bordé en travers de blanc et de gris-bru- 
nâtre. Je ne compte que quatorze pennes à la queue de cet individu, 



DINDON OEILLÉ. 

qui est ronde par le bout. Toutes ces pennes en dessous sont noi- 
râtres, légèrement vermiculées de blanchâtre. Les plumes des cuisses 
sont noirâtres. Les jambes sont un peu plus élevées et plus fortes 
qu'au Dindon commun , et armées d éperons beaucoup plus forts et 
plus pointus à proportion. Leur couleur paraît avoir été d'un beau 
rouge. 

Les plus beaux Dindons sauvages ont le fond de leurs plumes d un 
bronze changeant en cuivre \ une large bordure noire , et un autre 
petit bord fauve mat $ leur queue formée de pennes plus longues et 
plus fortes que dans notre oiseau , n a, ni sur les plumes, ni sur les 
couvertures , rien qui ressemble à des yeux. 

Il n'est pas douteux que notre oiseau de Honduras ne forme une 
espèce aussi nouvelle que brillante. 

Musée de Paris. 



GENRE ÉPERONNIER. 



GENUS POLYPLECTRON. ïemm 



Bec médiocre 9 grêle, droit, comprimé; base couverte de plumes; mandibule supé- 
rieure courbée vers la pointe. 

Narines latérales, au milieu du bec, à moitié couvertes par une membrane nue, 
ouvertes par devant. 

Pieds. Tarse long, grêle, armé de plusieurs éperons dans le mâle (i), tubercules 
dans la femelle ; doigts antérieurs réunis par des membranes; pouce élevé de 
terre; ongles petits, celui du pouce très-court. 

Queue longue, arrondie ou étagée, à vingt-deux rectrices, recouvertes en partie par 
une seconde rangée de pennes. 

Ailes. Les quatre premières rémiges étagées, plus courtes que la cinquième et la 
sixième, qui sont les plus longues. 



Nous avons établi ce genre dans l'Histoire naturelle des Gallinacés, 
vol. 2, pag. 363. A cette époque, on ne pouvait avoir qu'une idée 
imparfaite de ces oiseaux, indiqués assez vaguement,. et reposant sur 
une figure en noir de Sonnerat et sur deux planches enluminées des 
Œuvres de Buffon, faites de mémoire ou d'après des dessins peu cor- 
rects. La description détaillée fournie dans le second volume des 

(i) Ce nombre d'éperons paraît varier accidentellement; il est rarement de trois à chaque 
pied, habituellement de deux, et quelquefois de trois à l'un des pieds seulement. 
Recueil d'Oisea.ux, 88 e livraison. 



GENRE EPERONNIER. 

Gallinacés avait été basée sur l'examen de trois sujets acquis à Can- 
ton, et rapportés vivans de cette partie de la Chine par les navires 
de la compagnie des Indes, Ces trois individus, tous du sexe mas- 
culin, ont servi aux détails donnés dans l'article de r Eperonnier 
chinquis^ que nous présumions alors devoir envisager comme l'espèce 
unique du genre $ depuis ce temps nous avons été à même d'examiner 
un plus grand nombre d'individus de ces Chinquis, que nous avons 
pu comparer successivement à des dépouilles d'espèces différentes 
obtenues de la presqu'île de Malacca et de Sumatra. Ces acquisitions 
nouvelles nous mettent à même de fournir aujourd'hui la monogra- 
phie de ce petit groupe, composé de quatre espèces, dont trois sont 
figurées dans ce recueil ; pour la quatrième, nous pouvons renvoyer, 
avec quelques remarques et corrections indispensables, aux deux 
planches enluminées de Buffon et d'Edwards, et à la figure en noir 
du voyage de Sonnerat : ces figures, plus ou moins incorrectes, 
peuvent être rapportées, non (comme nous le présumions à tort) au 
Chinquis décrit dans l'ouvrage des Gallinacés, mais elles devront 
faire partie des synonymes de notre Eperonnier argus de Malacca, 
dont nous donnons la description dans ce recueil. 

N'ayant point de données certaines sur les mœurs de ces oiseaux, 
nous passons ici à l'énumération des espèces connues. 

Esp. 1. Eperonnier chinquis, vieux mâle, de nos pi. col. 55g. 
Vqy. aussi Hist. des Gall., vol. 2, pag. 363, et Galerie des Ois., 
pi. 2o3, un jeune mâle. On peut citer encore, quoique avec doute, 
l'indication superficielle du Paço thibetanus des méthodistes. C'est 
notre Polyplectron chinquis. Patrie _, la Chine. 

Esp. 2. Eperonnier argus. Assez bien rendu par Sonnerat, pi. 99; 
mal enluminé et à queue de forme exagérée dans Buffon, pi. enl. 
492 et 4g5, et Edwards, tab. 67 et 69. Ce sera, si l'on veut, le 




>ôo\ 



jPrefre '. 



EpeTOimier c/}ûi<7?a<v, mâle 



* 



GENRE ÉPERONNIER. 

Papo bicalcaratus des auteurs 9 ou Polyplectron ricalcaratum. 
Patrie , la presqu'île de Malacca. 

Esp. 3. Eperonnier a toupet. De nos pi. col. 54o. Polyplectron 
emphanum. Patrie, incertaine ; probablement Sumatra. 

Esp. 4. Eperonnier chalcure, de nos pi. col. 5 19. Polyplectron 
chalcurum. Patrie 3 l'île de Sumatra. 



eperonnier chinquis. 

POLYPLECTRON CHINQUIS. Temm 



Le Mâle adulte. — Planche ô5o,. 

La taille de ce bel oiseau est celle du Faisan tricolore huppé, 
vulgairement connu sous le nom de Faisan doré de la Chine; mais il 
est moins svelte, ses ailes ne dépassent pas l'origine de la queue, qui 
est large , assez longue et très-arrondie. Cette espèce ne porte point 
de huppe ; les petites plumes du sommet de la tête qui en tiennent 
lieu sont contournées , de façon que leur pointe est dirigée vers le 
becj ces petites plumes, plus ou moins ébouriffées, sont d'un brun 
grisâtre; la gorge est blanchâtre; les plumes du cou , de la poitrine et du 
ventre ont une teinte brune assez terne, coupée par des bandes transver- 
sales ondulées et d'un brun noirâtre; les rémiges sont d'un brun lustré 
moucheté de gris-brun, leurs baguettes sont brunes; les autres pennes 
des ailes, les couvertures et les scapulaires ont un ton gris jaunâtre 
parsemé de petites bandes d'un brun noirâtre ; on voit, vers le bout 



ÉPERONNIER CHINQUIS. 

de toutes ces couvertures, sur les scapulaires et sur les plumes de la 
partie nuquale, une grande tache œillée ou miroir de forme ronde, 
d'un bleu éclatant à reflets pourprés et opalins; ces taches, très- 
brillantes et richement nuancées, sont toutes entourées d'un cercle 
noir, et ce cercle est encadré par une bande externe d'un jaune 
blanchâtre 5 le dos, le croupion et les couvertures de la base de la 
queue sont d'un brun clair moucheté et transversalement ondulé de 
jaune blanchâtre 5 les pennes de la queue et la rangée de pennes plus 
courtes qui couvre les grandes rectrices sont d'un brun terne par- 
semé de petits points jaune d'ocre; à un pouce de l'extrémité des 
pennes de la rangée supérieure , et à un pouce et demi du bout des 
vingt-deux rectrices, se trouvent deux miroirs de forme ovale, acco- 
lés et séparés par la baguette : ces taches brillantes reflètent comme 
celles des ailes en bleu et en pourpre; mais cette dernière nuance a 
moins d'éclat que celle des miroirs des ailes: elles sont, comme ces 
derniers, entourés d'un cercle noir qui est ceint d'un cadre gris 
terne; ce dernier est du double plus large que le cercle noir. La 
mandibule supérieure du bec est rougeâtre à son origine, et noire 
vers le bout j l'inférieure est jaunâtre et brune vers le bout; la partie 
ophtalmique est couverte de petites plumes disposées à claire-voie; 
l'iris est jaune, les pieds sont noirs et les ongles gris. La longueur 
totale du mâle est de vingt-deux pouces; la queue porte dix pouces, 
le bec treize lignes, et le tarse trois pouces. 

La femelle diffère du mâle par le plumage à miroirs moins bril- 
lans et par sa queue moins longue; les pieds sont d'un gris terne, 
et on voit à l'endroit où le mâle porte l'éperon inférieur un tuber- 
cule calleux assez proéminent 

Le Chinquis, dans le jeune âge, a le plumage d'un gris terreux, 
avec de grandes taches brunes et des raies de cette couleur. La cou- 



on 



ÉPERONNIER CHINQUIS. 

leur du plumage change dès la première mue et devient moins irré- 
gulièré; sur les ailes et sur la queue se forment de grandes taches 
arrondies indiquant l'endroit où doivent se former, dans l'adulte, ces 
miroirs brillans que Ton voit paraître à la seconde mue: ils sont alors 
privés de ce lustre éclatant de pourpre et d opale ; leur teinte est d'un 
bleu foncé, le cercle jaune blanchâtre n'existe pas. Ce n'est qu'à la 
troisième mue, et à l'âge de deux ans accomplis, que ces Gallinacés 
prennent le plumage de l'adulte; c'est alors que les miroirs sont 
colorés de teintes bleues, pourprées et opalines, que les cercles sont 
fortement dessinés , et que la queue prend toute sa longueur. 

En captivité, ils ne sont pas très-farouches; on parviendrait à les 
faire à l'état de domesticité, et, par des soins bien dirigés, on pour- 
rait en obtenir des œufs qu'on ferait couver par une poule. 

Tous les Ghinquis obtenus vivans ou en peau préparée arrivent 
en Europe par la voie de Canton; les Chinois de Pékin nourrissent 
ces oiseaux dans leurs ménageries. On dit qu'ils vivent dans la chaîne 
montueuse qui sépare l'Indoustan du Thibet. Le sujet figuré pi. 669 
a vécu pendant cinq ou six ans dans une ménagerie près de La 
Haye; sa dépouille fait partie du Musée des Pays-Bas. Le Musée de 
Paris possède un mâle âgé de deux ans, qui a vécu quelque temps 
en captivité; on y voit aussi un jeune à plumage couvert de taches 
noirâtres. 



ÉPERONNIER ARGUS. 



ÉPERONNIER ARGUS. 

POLYPLECTRON BICALCARATUM. Tkmm. 



Avant d'entrer dans les détails descriptifs relatifs à cette seconde 
espèce , il nous faudra passer en revue les figures publiées de l'Eperon- 
nier des auteurs, basées sur des dessins peu soignés, et enluminées 
d'après les indications probablement des deux espèces séparées, sans 
caractères authentiques et précis, sous les noms de Pavo bicalca- 
ratus et thibetanus, ou réunies et confondues sous le nom iïEpe- 
ronnier. 

Les diagnoses de Linnée et des auteurs systématiques ne portent 
en effet aucun indice de caractères bien déterminés, à l'aide des- 
quels on puisse reconnaître leur Pavo bicalcaratus ou thibetanus, et 
l'on se verrait étrangement embarrassé s'il fallait recourir à la des- 
cription de l'Eperonnier, pour s'assurer si c'est de notre Chinquis ou 
de notre Argus qu'on a voulu tracer la description et le portrait; 
toutefois, nous en exceptons la figure en noir et la description suc- 
cincte de Sonnerat, qu'on est en droit de rapporter à notre Argus, 
vu la taille, qui est en effet d'un tiers moindre que le Faisan vul- 
gaire, la nudité des joues couverte d'une peau jaune, et la couleur 
verte des petits miroirs, caractères qui ne vont point au Chinquis 
de la taille à peu près du Faisan vulgaire, à grands miroirs bleus et 
pourprés entourés de deux cercles, et à joues couvertes de petites 
plumes clair-semées : la figure jointe à la description de Sonnerat 



^ 



ÉPERONNIER ARGUS. 

donne une idée nette des deux rangées de pennes dont la queue est 
composée, mais cette queue est proportionnellement trop courte. 
La planche enluminée 4g2 des oiseaux de Buffon doit être reléguée 
au nombre des dessins imaginaires 5 celle de la femelle, pi. 4ç)3, est 
plus exacte : on peut se faire une idée assez nette de notre Epe- , 
ronnier argus 3 en supprimant de cette figure les trois rangées de 
miroirs, à la queue celle du milieu, et en ne prenant aucune notice 
des bordures jaunes qui entourent les miroirs des ailes et des pennes 
caudales; les plumes de la tête pourraient être relevées et former 
une huppe frontale. 

Nous indiquons comme différences caractéristiques entre le Chin- 
quis et X Argus > que ce dernier est plus petit 5 il porte une courte 
huppe composée de plumes assez larges 5 ses joues sont nues; les 
miroirs des ailes sont beaucoup plus petits, d'un vert métallique, 
et entourés d'un seul cercle noir 5 tout le plumage offre des teintes 
brunes beaucoup plus sombres. 

Le mâle a les plumes du front alongées en huppe ; elles sont larges, 
d'un brun noirâtre, et marquées de blanc à leur base; tout le reste 
de la tête et le cou portent des plumes très-courtes, d'un noirâtre 
terne; la gorge est blanchâtre j les joues, le tour des yeux et la cire 
sont couverts d'une peau jaunâtre; de très-petits miroirs ronds, 
d'un beau vert-foncé nuancé de bleuâtre, mais sans teintes pourprées 
et opalines, couvrent la partie supérieure du dos, les scapulaires et 
toutes les couvertures des ailes 5 ces miroirs sont encadrés d'un cercle 
noir; le fond du plumage sur lequel ces taches sont réparties, ainsi 
que le dos et le croupion , sont d'un brun jaunâtre tout couvert de 
gouttes rapprochées d'un noir parfait; la poitrine, le ventre, l'ab- 
domen et les cuisses sont d'un brun terre-d'ombre, et les baguettes 
des plumes de la poitrine blanches; les pennes des ailes sont d'un 



ÉPERONNIER ARGUS. 

brun très-foncé 5 la queue, composée comme celle du Chinquis, de 
deux plans, a des miroirs aussi grands, accolés de même, mais ils 
sont d'un vert brillant et entourés d'un large cercle noir; le reste 
de la queue est marbré comme les plumes du dos, mais le bout des 
deux rangées de pennes est roussâtre, marqué de grandes taches d'un 
noir parfait. Le bec est brun , Firis jaune et les pieds couleur de 
corne noirâtre. Longueur totale du mâle, de dix-huit à dix-neuf 
pouces; la femelle ne nous est pas connue. 

Le Musée des Pays-Bas a reçu deux mâles de cette espèce faisant 
partie d'une collection de mammifères et d'oiseaux rassemblés à 
Malacca. L'un de ces sujets a le tarse armé de deux éperons, grands, 
forts, et de grosseur égale; l'autre en porte trois au pied gauche et 
deux au pied droit. 



ÉPERONNIER A TOUPET. 

POLYPLECTRON EMPHANUM. Temm, 



Le Mâle adulte. — Planche 54o. 

Cette espèce, très-remarquable et richement décorée , porte sur la 
tête une huppe longue à plumes effilées^ son plumage, nuancé de 
teintes métalliques très-brillantes, n'est point couvert de ces miroirs 
dont le dos et les ailes des deux autres espèces sont ornés; mais la 
queue, formée de même de deux rangées de pennes, porte des taches 
ovales et lustrées comme dans le Chinquis et l'Argus. 




Eperomiier a foi/jvet, 7Jta/<> 



/ } /W/-t 



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ÉPERONNIER A TOUPET. 

Le mâle, dont nous donnons la figure, est de la taille de YEpe- 
ronnier argus $ une huppe frontale et coronale, composée de plumes 
longues, tubulées et à barbes soyeuses, orne la tête; une large bande 
blanche passe au-dessus des yeux/ et une plaque d'un blanc écla- 
tant couvre le méat auditif. La huppe, la nuque, la poitrine et le 
devant du cou sont d'un noir-verdâtre et à reflets métalliques; le 
ventre et l'abdomen sont d'un noir parfait ; la partie supérieure de 
toutes les couvertures des ailes et une partie des pennes secondaires 
resplendissent d'un vert bleuâtre très-brillant, changeant suivant 
les jours dont ces parties sont éclairées; chaque plume est terminée 
par une bande d'un noir mat; le dos et le croupion portent des 
zig-zags brun-jaunâtre sur un fond brun terne. La queue, très- 
arrondie quoique peu longue, est formée de deux rangées de pennes 
brunes marquées d'une multitude de points couleur d'ocrej chaque 
rangée est munie, vers le bout et de chaque côté de la tige, d'un 
grand miroir ovoïde vert métallique très-resplendissant 5 ces miroirs 
sont entourés de deux cercles, l'interne est noir, et l'externe d'un 
brun clair; les pennes ont, vers le bout, une petite bande noire, 
et leur extrême pointe porte une bande blanche ; les rémiges sont 
brunes j l'espace nu des yeux paraît avoir été rougeâtre dans le 
vivant; le bec, les pieds et les deux éperons dont chaque tarse est 
armé sont couleur de corne. La femelle n'est pas connue. 

Ce bel individu mâle , que l'on croit originaire d'une des îles de 
la Sonde ou des Moluques, a été acquis par le prince d'Essling, 
et fait partie de la riche collection d'Oiseaux formée par le descen- 
dant du célèbre maréchal Masséna , dont les hauts faits d'armes le 
lient, par des souvenirs si honorables, à la gloire des légions fran- 
çaises. Cet oiseau porte dans sa galerie le nom d'Eperonnier Na- 
poléon, et c'est aussi sous ce nom qu'il a été décrit par M. Lesson. 

Recof.il d'Oiseaux , 88 livraison. 



ÉPERONNIER CHALCURE. 



ÉPERONNIER CHALCURE. 

POLYPLECTRON CHALCURUM. Temm. 



Planche 5 19. 

Nous n'en connaissons que le mâle, et seulement d'après l'individu 
unique du Musée de Paris. Cet individu pourrait bien ne pas être 
complètement adulte par le plumage, quoique ses éperons, assez 
forts, indiquent que ce ne peut être un jeune de l'année. 

Cette espèce paraît manquer de ces rangées de taches ou de 
miroirs brillans dont le plumage des trois autres est décoré; les 
pennes de la queue, qui ne comptent pas deux rangées, sont cou- 
vertes, depuis la moitié de leur longueur, d'une teinte dorée cou- 
leur de bronze; tout le reste du plumage est d'un brun terne. 

Un brun terre d'ombre couvre la tête, le cou, la poitrine, le 
ventre, les flancs et l'abdomen j les ailes portent cette même teinte, 
si l'on en excepte quelques unes des grandes couvertures rayées, ainsi 
que les scapulaires, le manteau et le dos de croissans noirs sur un 
fond brun-roussâtre ; les grandes couvertures de la queue et les 
pennes caudales sont parsemées de bandes de ces deux couleurs j 
mais toutes ces pennes, depuis le milieu jusqu'au bout, sont d'un 
violet à reflets verts et pourprés. Chaque tarse est armé de deux 
éperons très-pointus $ le bec très-grêle est blanchâtre, et les pieds 
sont gris. Longueur totale , dix-huit pouces. 

L'individu du Musée de Paris, dont nous publions le portrait, a 
été envoyé de Sumatra par M. Diard. 



ùip. 




l*reâ*e/. 



E p er oiimer cAa/t tire/, mâle. . 



& 



GENRE PAUXI. 



GENUS OURAX. Guv. (i) 



Bec court, fort, comprimé, voûté, convexe; la base delà mandibule supérieure se 
dilate en une substance cornée , dure , élevée au-dessus du front. 

Narines basales, latérales, percées près du front, derrière le globe corné du bec, 
rondes, cachées entièrement, ouvertes en dessous , sans fosse nasale. 

Pieds à tarse long, lisse, les trois doigts de devant réunis par des membranes, le 
pouce articulé sur le tarse, mais portant en partie à terre. 

Ailes courtes , les quatre premières rémiges étagées; la sixième la plus longue. 



Les Pauxis ont de nombreux rapports avec les Hoccos et les Pèné- 
lopes s ils diffèrent bien peu par les mœurs de ces deux groupes d'oi- 
seaux^ et forment avec ceux-ci une petite famille naturelle, dont les 
espèces nombreuses vivent paisiblement dans les immenses forêts anti- 
ques qui couvrent la plus grande partie de F Amérique méridionale $ 
ils remplacent sous ces climats chauds les espèces qui composent les 
genres Dindon et Tétras confinés exclusivement dans les contrées 

(1) Je me suis servi, dans l'histoire naturelle des Pigeons et des Gallinacés, et dans le 
Manuel d'Ornithologie, du mot /;«&#/, pour désigner en latin ce genre d'oiseaux; ce nom, 
mal choisi, est dérivé d'un idiome vulgaire : je l'ai supprime' dans la' nouvelle e'dition du 
Système Ornithologique qui paraîtra dans le troisième volume du Manuel, en remplaçant ce 
nom défectueux par celui à'ourax proposé par M. Cuvier dans le Règne Animal. 
Recueil d'Oiseaux, 26 e . livraison. 



GENRE PAUXI. 
froides du nouveau continent (1). Les Pauxis diffèrent cependant 
assez par la forme du bec et par celles des narines des Hoccos et des 
Pénélopes 3 pour que dans un système artificiel ils soient séparés 
génériquement. 

Deux espèces composent aujourd'hui ce genre 5 celle que nous 
connaissons depuis long-temps est figurée dans la planche enlumi- 
née 78 des oiseaux de Buffon sous le nom de Pierre de Cayenne $ 
les méthodistes en ont fait un double emploi sous les noms de Crax 
globicera et galeata. 

(1) On trouve aussi des Tétras dans les pays tempérés et froids de l'Europe et de l'Asie , 
mais les espèces du genre Dindon ne se trouvent qu'en Amérique. 



2ÔÔ 




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M,,-/ . 



V au xi mzàc , màà 



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PAUXI MITU 



OURAX MITU. Temm, 



U Adulte. — Planche i53. 

Toujours confondu avec le Hocco mituporanga(i)^ le Pauxi de cet 
article a été indiqué par les naturalistes français comme variété acci- 
dentelle du mâle de cette espèce de Hocco; Brisson en parle très- 
succinctement sous le nom de Crax Brasiliensis > Ornithologie, vol. i, 
pag. 296. Les récits de Marcgrave et de Jonston ne laissent point de 
doute 5 le dernier donne une description détaillée et exacte de notre 
oiseau sous le nom de Mitu , dénomination sous laquelle Marcgrave 
l'avait fait connaître. 

Le Mitu est moins grand que le Pierre (2). La crête de la mandibule 
supérieure du bec dans cette espèce , s'élève beaucoup au-dessus du 
crâne 5 son arête est en tranchant 5 derrière la protubérance cornée est 
une touffe de plumes que Foiseau a la faculté de relever 5 la tête, la 
région des yeux et toute la partie supérieure du cou sont couverts de 

(1) Crax alectorj Linn. Dans Y Index O rni thologicus , Latham place le Crax mitu comme 
variété du Crax alector. Cet auteur indique aussi le Hocco faisan de la Guiane des planches 
enluminées 86, parmi les synonymes du Mitu; mais cette planche de Buffon représente un 
Hocco theucholi ou le Crax globicera des méthodes. 

(2) Le Pierre de Cayenne, pi. enl. 78. Ourax galeata. 

Recueil d'Oiseaux, 26 e . livraison. 



PAUXI MITU. 

petites plumes veloutées très-courtes et d un noir mat 5 tout le reste 
des parties supérieures , la poitrine ? le ventre , les cuisses et les plumes 
de la huppe sont d'un noir à reflets violets et pourprés 5 chaque plume 
est bordée par un cercle étroit d'un noir mat 5 la queue porte les mêmes 
teintes que les parties supérieures , mais elle est terminée de blanc 5 
l'abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont d'un 
marron foncé 5 le bec ainsi que le casque dont il est surmonté sont 
du plus beau rouge 5 l'iris est noirâtre et les pieds sont d'un rouge 
ponceau clair. La longueur totale de ce gallinacé est de deux pieds 
cinq pouces 5 la mandibule supérieure du bec a un pouce une ou 
deux lignes dans sa plus grande hauteur. 

Les mâles ne diffèrent point des femelles 5 le bec des jeunes est 
moins rouge et l'élévation de la crête à la mandibule supérieure est 
moins grande. 

Ces oiseaux, doués d'un naturel paisible et sociable, vivent en 
troupes nombreuses 5 ils habitent les bois en montagnes, cherchent 
leur nourriture à terre et perchent sur les arbres. On n'a aucune 
donnée exacte concernant leur nidification j il est probable que le 
nid est placé sur les arbres et que les petits sont portés à terre par 
leurs parens. Moyennant quelques soins on parviendrait à réduire 
cet oiseau à l'état de domesticité j les individus vivans que j'ai vus 
dans les ménageries ne sont point farouches 5 leur éducation n'a 
point encore été traitée avec les soins convenables, et c'est probable- 
ment la cause qu'ils n'ont pas procréé en domesticité. 

L'espèce vit dans les vastes forêts du Brésil. On voit des individus 
montés dans la plupart des musées publics. 

La description de la planche i54 de l'Eurilaime nasique, a été 
donnée dans la 12 e . livraison. 



GENRE GANGA. 



GENUS PTEROCLES. Temminck. 



Bec médiocre, comprimé, grêle dans quelques espèces; mandibule supérieure droite, 

courbée vers la pointe. 
Narines basales, à moitié fermées par une membrane couverte des plumes du 

front; ouvertes en dessous. 
Pieds à doigts courts, celui de derrière presque nul, s' articulant très-haut sur le 

tarse; les trois de devant réunis jusqu'à la première articulation, et bordés de 

membranes; le devant du tarse couvert de petites plumes très-courtes, le reste nu. 
Ongles très-courts : celui de derrière acéré; ceux de devant obtus. 
Queue conique; dans quelques espèces les deux plumes du milieu allongées en fils. 
Ailes longues, acuminées; la première rémige la plus longue. 



Les espèces qui appartiennent an genre Tetrao ont le corps très- 
charnu , la chair compacte et abondante , la peau assez épaisse , un 
plumage très-serré garni d'une double rangée de duvetj elles ont la 
plante des pieds et les doigts rudes en dessous , garnis sur leurs bords 
d'aspérités très -dures. Cette forme du corps et des membres leur 
était indispensable, tant pour parer à Faction de la température froide 
des climats quelles habitent , que pour s'assujettir solidement sur 
le terrain gelé, ainsi que sur les branches des arbres couvertes de 
verglas et de givre. Dans les Lagopèdes qui bravent les froids du 
cercle arctique, nous voyons les mêmes sages précautions dans leur 

Recueil d'Oiseaux ^ 61 e . livraison. 



GENRE GANGA. 
organisation : un corps gros, une quantité prodigieuse de duvet, 
plus abondante pendant la saison hybernalej des pieds bien garnis, et 
munis, non-seulement d'une épaisse couche de plumes laineuses qui 
les préservent d'être gelés, mais encore les doigts et la plante des 
pieds pourvus de cette espèce de laine, servant de chaussure pour 
s affermir et pour courir sans danger sur les pentes glacées; enfin, 
des ongles taillés en pioches, sont des instrumens indispensables 
pour écarter la neige qui recouvre les végétaux dont ils se nourrissent. 

Chez les Gangas, que je regarde comme les représentans des Tétras 
dans les pays situés sous la zone torride, l'organisation tant intérieure 
qu'extérieure, est dans l'harmonie la plus parfaite avec les lieux que 
ces espèces habitent. Leur taille est sveltej le corps est peu charnu 
en proportion des membres j la chair est musculeuse et fibreuse, et 
les ailes sont longues : tous attributs indispensables à des oiseaux qui 
sont obligés de fournir à un vol long et soutenu 5 des pieds à doigts 
larges et courts, dont celui de derrière ne porte point à terre, sont 
propres à courir avec célérité (1) sur un sable mouvant. 

Les Gangas, que je nomme ainsi d'après la dénomination donnée 
à l'espèce qui habite les parties les plus méridionales de l'Europe, ont 
toujours été confondus avec les Tétras j même, et ce qui est plus sur- 
prenant encore , on les a indistinctement mêlés avec les Perdrix (a) j 
l'organisation de ces oiseaux, leurs mœurs et leurs habitudes, les dis- 
tinguent cependant de l'un et de l'autre de ces genres j ils formeront 

(1) Il est remarquable que chez les oiseaux coureurs, la célérité de la course est proportionnée 
en raison de l'organisation plus ou moins simplifiée des membres qui portent le corps; le Cour- 
vite et l' Autruche , dont les pieds ont une organisation très-peu compliquée , sont les plus alertes 
à la course. 

(2) Latham décrit deux espèces de Gangas dans le nouveau genre qu'il a formé pour les 
Perdrix , et ces mêmes espèces ainsi que leurs congénères sont rangées dans son Index parmi 
les véritables Tétras. 



b°\ 



GENRE GANGA. 

dans cette monographie un genre séparé , qui se lie d'une part aux 
Tétras proprement dits , par Tespèce du Tétras phasianelle , et qui de 
l'autre part a des rapports avec ce singulier gallinacé d'Asie , que le 
professeur Pallas nous a le premier fait connaître. Je suis également 
éloigné de Fopinion de quelques naturalistes , qui prétendent exclure 
les Gangas de la liste des Gallinacés , parce que ces oiseaux ne sont 
point brachiptères (1)5 mais ils y admettent l'Hétéroclite de Pallas, 
qui sous le rapport de la longueur des ailes et de leur forme singulière 
devrait être le premier à en être exclu. Les Gangas, de même que 
l'Hétéroclite, sont de véritables Gallinacés 5 leur ponte nombreuse, 
le peu d'apprêts dans la structure du nid , les petits qui courent au 
sortir de l'œuf, leur manière de vivre, et tous leurs caractères exté- 
rieurs nous indiquent la place que ces oiseaux doivent occuper dans 
un système méthodique. 

Les Gangas vivent dans les contrées chaudes de F Afrique et de l'Asie^ 
leur passage n'est qu'accidentel en Europe. La rencontre de ces Gal- 
linacés est un présage heureux pour le voyageur égaré dans les vastes 
solitudes qui occupent une portion très-considérable de ces deux 
parties du globe j la proximité des torrens ou des fontaines est an- 
noncée par les Gangas 5 ces oiseaux habitent les confins des déserts, 
ou dans les bruyères et les plaines desséchées, couvertes seulement de 
quelques buissons; voyageurs et aimant à se déplacer, ils parcourent 
journellement une étendue très-considérable de pays 5 ils exécutent 
ces voyages dans le but de visiter les lieux où ils ont coutume de 
s'abreuver 5 lorsque les citernes naturelles , ou les torrens des environs 
viennent à tarir, et que la chaleur de l'atmosphère dessèche ces 
abreuvoirs , les Gangas se hasardent alors à traverser ces océans d'un 

(1) On désigne assez généralement les Gallinacés par le nom de brachiptères ou oiseaux à ailes 
courtes. 



GENRE GANGA. 

sable mouvant que tous les êtres redoutent , et que les autres oiseaux 
voyageurs de ces contrées évitent en opérant leur migration le long 
des côtes. 

Si la nature destine ces oiseaux à vivre dans des lieux tristes et 
déserts , elle semble compenser en quelque sorte une telle défaveur 
par un bienfait : les Gangas se réunissent dans ces solitudes par 
compagnies de plusieurs centaines , qui ne se séparent que dans la 
seule époque où ils vaquent à la reproduction de leur espèce 5 le reste 
de l'année , en association nombreuse, ils bravent en commun les 
périls d'un voyage dangereux , ou jouissent ensemble de l'abondance. 
Cette dernière particularité doit être appliquée aux seules espèces 
de Gangas dont les deux pennes du milieu de la queue sont allongées 
et subuléesj ces oiseaux nomades vivent toute Tannée par bandes 
de plusieurs centaines j les autres espèces vivent par compagnies, com- 
posées comme celles des Perdrix, du mâle, de la femelle et des jeunes. 
Ils ne se perchent jamais. 

Le nom générique de Pterocles 5 que j'ai proposé pour ce genre, 
indique que ces oiseaux ont dans la forme des ailes quelque chose de 
particulier 5 et en effet , dans les genres nombreux dont Tordre des 
Gallinacés est composé , les espèces de celui-ci et du genre Syrrhaptes 
se distinguent facilement des autres oiseaux gallinacés par la longueur 
des ailes à première rémige plus longue que les autres. 

Le genre Pterocles a été établi dans mon histoire des Pigeons et 
des Gallinacés , vol. 5, pag. ^38 , et dans TIndex, pag. 71a; voyez aussi 
Manuel d'Ornithologie, i re et a me édition, pag. iyi. Le travail sys- 
tématique de M. Vieillot fait plus tard mention du même genre, 
sous le nom Oenas , apparemment pour ne point faire adopter une 
autre nomenclature que la sienne. 

Mon premier travail fournit les descriptions de cinq espèces} les 



u^ 



GENRE GANGA. 

découvertes nouvelles viennent ajouter quatre autres espèces dont 
nous venons de publier les portraits dans cet ouvrage. Buffon n avait 
connaissance que de deux espèces de Gangas. 

Voici le tableau du genre tel que nous le connaissons aujourd'hui. 
Je le divise en deux sections ; la première composée des espèces à 
queue conique j la seconde ^ de celles munies de deux filets à la queue. 

i re . SECTION. 

Esp. i. Ganga unibande. Hist. Pig. et Gall. , vol. 3, pag. s4o , et 
les Synonymes î Index, pag. 712$ de nos pi. coloriées 5 2 et 53, Pte- 
rocles arenarius. Patrie, l'Asie méridionale et l'Afrique septentrio- 
nale : rarement en Europe. 

Esp. 2. Ganga bibande. Pterocles bicinctus. Gallinacés, vol. 3, 
p. 247. Nous en donnerons le portrait. Patrie, l'Afrique méridionale. 

Esp. 3. Ganga quadrubande. Gall., vol. 3, pag. 262, et les Syno- 
nymes j Index, pag. 7i3, Pterocles quadricinctus. Oenas bicincta. 
VieiJl. , pi. 2205 le mâle(i). Patrie, l'Afrique occidentale, et, comme 
douteuse, l'Inde. 

Esp. 4. Ganga couronné de nos pi. coloriées 33g et 34o, Ptero- 
cles coronatus. C'est le n°. 677 du catalogue de vente de M. Lïchtens- 
tein. Patrie, la Nubie. 

(1) Parmi les erreurs faites dans la classification et dans les indications des espèces de ce 
genre et qui ont été signalées dans les articles descriptifs, il vient, très-récemment, de s'en com- 
mettre une dans la 65 e . livraison de la Galerie des Oiseaux, pag. 60. M. Vieillot évite cons- 
tamment les occasions fréquentes qu'il aurait de citer mes ouvrages ; ce procédé, plus obligeant 
pour moi qu'il ne pense, me dispense du soin de relever un grand nombre d'erreurs qui lui 
échappent. J'aurais aussi pu passer sous silence celle de la transposition de nom et de citations à 
l'article de son Ganga à double collier, s'il avait eu la même indifférence pour les ouvrages de 
ses prédécesseurs, en plaçant la synonymie de mon Ganga bibande, qui n'est nullement le même 
oiseau figuré par cet auteur _, ni celui que Vaillant a vu dans ses voyages. UOenas bicincta, 
pi. 220, de M. Vieillot, n'est donc autre chose que le Pterocles quadricinctus de mes ouvrages. 



GENRE GANGA. 

Esp. 5. Ganga Lichtenstein de nos pi. col. 355 et 36 1 , Pterocles 
Lichtensteinii, sous le nom de bicinctus, n°. 678 du catalogue men- 
tionné. Patrie, la Nubie. 

2™. SECTION. 

Esp. 6. Ganga cata, sous le nom de Gelinotte desPyrennées, Buff., 
pi. enl. io5 et 106, Pterocles setarius^ Gallinacés, vol. 3, et Ind., 
pag. 714. Patrie, l'Europe méridionale et une partie de l'Asie. 

Esp. 7. Ganga velocifer. Pterocles tachypetes. Gall., vol. 3, p. 274, 
et Ind. , pag. 7 * 5 $ mais tous les synonymes ont rapport à l'espèce 
suivante 5 elle sera figurée dans ce recueil. Patrie, l'Afrique méri- 
dionale. 

Esp. 8. Ganga kittaviah ou moucheté. Le mâle adulte sous le 
nom de Gelinotte du Sénégal, Buff., pi. enl. i3o$ la femelle de nos 
pi. col. 345. C'est Pterocles guttatus, n°. 673 du catalogue de M. Lich- 
tenstein , auquel il faut ajouter les synonymes des Tetrao Senegalus 
et N arnaqua des méthodes. Patrie, l'Egypte et les côtes de Barbarie. 

Esp. 9. Ganga ventre brûlé. Pterocles exustus de nos pi. col. 354 
et 36o, et le n°. 675 du catalogue de M. Lichtenstein, sous le faux 
nom de Pt. Senegalensis. Patrie, l'Egypte et les côtes occidentales 
d'Afrique. 



.>2. 




( 7 an <£ a. iau7? ande/ m aie, . 



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- - 

OÙ, 




Ganq;a untharuley femelle 



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p 



GANGA UNIBANDE 



P TE RO CLES ARENARIU S. Temm 



Le Mâle adulte , planche 5a. — .La Femelle adulte , planche 53. 

C'est dans les plaines sablonneuses de la partie méridionale du 
vaste empire de la Russie, ainsi que dans les déserts qui s'étendent 
au nord de F Afrique , que ce Ganga abonde. Souvent , dit Pallas , 
qui a trouvé l'espèce vers le territoire stérile d'Astracan et sur les 
bords du Volga, on la voit pendant le jour, réunie en couple, s'a- 
vancer sur les bords humides des fleuves, et voler comme, les Pi- 
geons. Quoique, à proprement parler ^ le Ganga unibande ne soit 
point un habitant de l'Europe, il semble nonobstant être emporté 
quelquefois dans ses voyages au-delà des limites que la nature 
paraît lui avoir assignées 5 des plaines brûlées de l'Afrique, situées 
le long de la mer Méditerranée , il se rend dans la fertile Anda- 
lousie et visite également les autres provinces méridionales de l'Es- 
pagne 5 depuis les déserts du midi de l'Asie il pousse, quoique 
plus rarement, ses voyages jusques en Allemagne, où le naturaliste 
Naumann , qui le premier a rangé l'espèce parmi les oiseaux d'Eu- 
rope, tua en août 1801 , dans le territoire d'Anhalt, un individu 
de cette espèce : deux autres individus y avaient été observés dans 
la même année. 

Recueil d'Oiseaux, 9 e . livraison. 



GANGA UNIBANDE. 

Latham , dans sa Méthode Ornitbologique , fait un double emploi 
de ce Gallinacéj il le décrit en premier lieu, d'après Pallas^ sous 
le nom de Tetrao arenaria, et plus loin, d'après la Fauna ara- 
gonica^ il range l'espèce parmi les Perdrix éperonnées, sous le nom 
de Perdïx aragonicaj il est vrai que, pour légitimer ce double 
emploi, Fauteur lui suppose très-gratuitement des éperons. 

La Gelinotte de Barbarie, dont M. des Fontaines fait mention 
dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1787, p. 5o2, 
la même que l'Encyclopédie méthodique décrit sous le nom de 
Gelinotte rayée, pi. 188 , fig. i3, est encore un jeune mâle de notre 
Ganga unibande 5 la Gelinotte des rivages , de l'Encyclopédie citée , 
page 200, pi. 92, fig. 4, appartient également à cette espèce (1). 

La longueur totale de ce Gallinacé varie de douze à quatorze 
pouces, suivant les pays d'où on le reçoit. Dans les contrées arides 
et brûlées de l'Afrique, où les ressources alimentaires doivent sou- 
vent manquer, l'espèce est constamment d'une taille inférieure, 
tandis que les individus tués dans les provinces fertiles de l'Espagne, 
ont des dimensions plus grandes , leur plumage est plus beau et 
les couleurs en sont plus vives. 

Ces différences sont constantes pour tous les animaux , mais plus 
spécialement pour ceux qui se nourrissent de végétaux et de semences; 
l'abondance ou la disette , dans ces substances alimentaires, dépendent 
souvent de causes imprévues , et naissent de la localité. J'ai eu lieu 
de faire la même observation sur plusieurs autres espèces de Gal- 
linacés et sur un grand nombre d'oiseaux indigènes et exotiques, 
particulièrement sur ceux qui vivent dans les plaines désertes du 
midi de l'Afrique , comparés avec des individus de la même espèce , 

(1) Voyez les synonymes de cette espèce, Manuel d'Ornithologie, pages 477 et 47^- 



& 



GANGA UNIBANDE. 

mais vivant sous le beau ciel où le Nil et le majestueux Niger ou 
Joliba répandent la fécondité, 

<Sur la gorge de ce Ganga se dessine une tache triangulaire noire, 
bordée à sa partie supérieure par une large bande de couleur mar- 
ron, qui prend son origine à la base de la mandibule inférieure, 
s'étend au-dessous des yeux sur les oreilles , et se réunit sur la nuque; 
la tête , le cou et la poitrine sont d'un cendré légèrement teint de 
rougeâtre; une large bande noire, partant de l'insertion des ailes, 
ceint la poitrine ; le ventre, les flancs, les cuisses et l'abdomen sont 
dun noir profond ; les couvertures inférieures de la queue , égale- 
ment noires , sont terminées par une grande tache blanche , ce qui 
fait paraître cette partie d'un blanc pur 5 le dos et toutes les cou- 
vertures des ailes sont d'un roux-jaunâtre ; vers le milieu des plumes 
de ces parties est un espace plus ou moins étendu d'un cendré-foncé , 
et toutes sont terminées par du jaune couleur d'ocre ; le bord supé- 
rieur de l'aile est d'un blanc-terne ; les rémiges sont d'un cendré- 
noirâtre, et les pennes secondaires , d'une couleur cendrée , sont bor- 
dées et terminées de jaunâtre; la queue est fortement étagée; en 
dessus d'un cendré-foncé avec des raies noirâtres; toutes les pennes, 
les deux du milieu exceptées, terminées de blanc; en dessous la 
queue est noire , terminée de blanc; les petites plumes qui couvrent 
le devant du tarse sont d'un blanc-jaunâtre; le bec est bleuâtre; la 
partie postérieure du tarse et les doigts sont d'un jaune-foncé. 

La femelle diffère beaucoup du mâle. Elle n'a pas la tache noire 
à la gorgé , ni la belle couleur cendrée qui couvre la tête et la poi- 
trine du mâle; ces parties sont jaunâtres, marquées de nombreuses 
taches noires; à la partie supérieure du devant du cou se trouve 
une bande cendrée et au-dessus une petite raie noire. Le sommet 
de la tête et toutes les autres parties supérieures sont colorées de 



GANGA UNIBANDE. 
j aune -d'ocre -clair marqué de taches et de raies en zigzags d'un 
noir plein; le ceinturon noir de la poitrine est plus étroit 5 toutes 
les autres parties sont comme dans le mâle. Elle niche à terre dans 
les broussailles 5 suivant Fauteur de la Faune arragonienne la ponte 
serait de quatre ou de cinq œufs marqués de taches brunes 5 et 
suivant Pallas les œufs seraient d'une couleur blanche-pâle. Pallas 
appelle cette espèce poule des Steppes ou des Landes 5 on la trouve 
dans les déserts sablonneux des environs du Volga 5 elle jette un 
cri aigu en s'élevant, mais ne fait point de bruit dans son vol. Sa 
nourriture consiste en graines d'astragale. C'est le Desherdk des 
Tartares. 

Nous avons reçu des individus tués en Espagne, un mâle des 
déserts de Barbarie, et une femelle trouvée en Allemagne 5 ils font 
partie du Musée des Pays-Bas. On trouve des sujets montés dans 
les Musées de Paris et de Vienne. 



<% 




Ganga couronne^, nia % adulte/. 



J*r>è/re<. 



3U 












Gan<££L couronné^, ^femelle/. 



J-'r'èire. 



[f\ 



GANGA COURONNÉ. 



PTERO CLE S C ORO NATUS. Lichtenst, 



Le Mâle et la Femelle. — Planches 33$ et 34 o. 

Cette espèce est du nombre des Ganges à queue conique également 
étagée et n'ayant pas les deux longs filets aux pennes du milieu. On 
connaissait depuis long-temps le mâle de cette espèce, au moyen d'un 
individu qui se trouve dans les galeries du Musée de Paris, et qui date 
du temps de BufFonj la patrie de cet unique individu n ayant point 
été constatée, on a toujours eu scrupule de l'admettre comme espèce 
distincte dans les catalogues méthodiques, et ce motif ma engagé à ne 
point en faire mention à l'article Ganga, dans mon histoire des Galli- 
nacés 3 vol. 3. On serait probablement resté bien long-temps dans le 
doute sur la patrie de ce joli Gallinacé, si les résultats des recherches 
faites par les voyageurs allemands dans les pays arrosés par le Nil 
n'avaient contribué à étendre le rayon de nos connaissances sur 
Fhistoire naturelle de cette contrée classique. Nous voyons aujour- 
d'hui marcher de front, et dans un même but scientifique, les dé- 
couvertes en histoire naturelle faites dans ce pays , et celles plus 
intéressantes encore de la lecture des caractères hiéroglyphiques ou 
de la langue des anciens Egyptiens , cachée sous un voile épais , 

Recueil d'Oiseaux, 57 e . livraison. 



GANGA COURONNÉ. 

depuis tant de siècles, aux recherches si souvent infructueuses des 
savans, et dont M. Ghampollion le jeune a découvert l'explication 
alphabétique. Puissent les efforts courageux de nos zoologistes , secon- 
dés des recherches scientifiques des archéologistes protégés par une 
civilisation nouvelle et par la régénération d'un grand peuple , pro- 
duire les résultats si ardemment désirés , et tendre à faire concorder 
plus exactement les traditions de l'histoire sacrée avec les annales 
des peuples et l'histoire du monde! 

Le Ganga qui fait le sujet de cet article a été trouvé dans les 
déserts de la Nubie par les naturalistes voyageurs envoyés en Egypte 
par ordre du gouvernement prussien. Le savant M. Ruppel, voya- 
geant sous la protection du vice-roi d'Egypte, vient aussi d'adresser 
quelques individus au Musée de la ville de Francfort. Nous trouvons ce 
Gallinacé inscrit dans le catalogue des objets en double du Musée de 
Berlin 5 M. le professeur Lichtenstein, auteur de cette notice métho- 
dique, décrit l'espèce sous le nom de Pterocles caronatus, que nous 
conservons en supprimant le nom provisoire que j'avais donné au 
seul individu soumis à mes recherches (1). Les naturalistes mentionnés 
ne nous ont rien transmis relativement aux mœurs de notre oiseau. 
Il serait à désirer qu'on rendît les voyageurs attentifs à cette lacune 
trop souvent répétée dans toutes les recherches faites par les natu- 
ralistes } ceux-ci nous transmettent souvent avec l'envoi des sujets 
une description minutieuse des couleurs de leur robe, et accompagnée 
de l'énumération des caractères extérieurs par lesquels on peut 
distinguer ces espèces de leurs congénères, comme s'il nous importait 
de connaître par eux ce qui parle à nos yeux et doit faire le but de 
nos recherches. Nous ne leur demandons point un travail scientifique 

(i) J'avais inscrit cet individu sous le nom de Ganga à lorum noir y caractère saillant et bien 
marqué 9 servant à distinguer l'espèce de tous ses congénères. 



^ 



GANGA COURONNE. 

et de bibliothèque 5 mais ce que nous avons droit d'exiger d'eux, est 
le plus souvent passé sous silence. C'est à Fétude de Fanatomie , des 
mœurs et des habitudes des animaux qu'ils doivent vouer leurs re- 
cherches 5 c'est en observant la nature et en rassemblant les faits 
que leurs collections acquerront un plus grand prix aux yeux des 
savans et des naturalistes. 

Le bec de cette espèce est grêle et comprimé. Le mâle est facile à 
distinguer aux trois petites bandes d'un noir profond prenant leur 
origine à la base du bec ; l'une de ces bandes couvre une très-petite 
partie de la gorge 5 les deux autres partent de chaque côté des narines , 
couvrent la région du lorum et remontent vers le front , qui est cou- 
vert de petites plumes blanches 5. le milieu du sinciput est peint d'une 
plaque roussâtre couleur lie de vin , et cette plaque est encadrée par 
une bande d'un cendré-bleuâtre couvrant l'orbite des yeux en forme 
de sourcil et réunie à l'occiput ; du jaune-ocre est répandu sur le 
devant du cou, sur les joues, et forme collier autour de la nuque; la 
partie inférieure du cou, la poitrine et tout le ventre sont d'une teinte 
lie de vin qui se nuance en isabelle clair sur l'abdomen et sur les plumes 
des tarses; les parties supérieures ont une teinte lie de vin très-pro- 
noncée et variée sur les couvertures des ailes et sur les scapulaires de 
grandes taches jaunâtres 5 les rémiges sont d'un cendré-noirâtre, et 
les pennes dites moyennes terminées par une tache isabelle 5 toutes les 
pennes de la queue sont d'un isabelle-rougeâtre , marquées vers la 
pointe d'une petite bande noire et terminées par des pointes d'un blanc 
pur; le bec et les doigts sont d'un noir bleuâtre. Longueur totale, 
dix pouces. 

La femelle n'a pas les trois bandes noires de la base du bec ni 
l'espèce d'auréole qui couvre la tête du mâle; le devant du cou et 
les joues seulement sont d'un jaune terne; de petites stries noires 



GANGA COURONNÉ. 

couvrent le fond isabelle des parties supérieures de la tête et de la 
partie postérieure du cou $ toutes les parties inférieures du corps sont 
marquées de lignes noires, très-fines, disposées en forme de demi- 
cercle vers le bord de chaque plume, et disposées sur un fond isa- 
belle-blanchâtre $ les parties supérieures ont des bandes en zigzags 
très-fines, assez espacées et peintes sur le fond isabelle-rougeâtre ; les 
pennes de la queue ont la même distribution de couleurs que dans le 
mâle, mais le fond rougeâtre est parsemé de bandes noires en zigzags j 
les rémiges ont une teinte brune. 

Nous avons dit que cette espèce a été trouvée en Nubie. Des indi- 
vidus des deux sexes font partie des Musées des Pays-Bas, de Berlin, 
de Francfort et de Vienne ; on voit un mâle dans les galeries du 
Musée de Paris. 



ôoô 








Ganqra Zicrdejté i éem/ / maie/* 



Prêtre' 



36i. 




Gaaga Lichfefuieùi , femelle/. 



J J re£re/. 



1\ 



GANGA LICHTENSTEIN 



PTEROCLES LICHTENSTEINIL Temm. 



Le Mâle, planche 3J>5. — La Femelle, planche 36 1. 

M. le professeur Lichtenstein occupe un rang distingué dans la 
sphère des sciences sous le triple titre de savant, de naturaliste et 
de voyageur. Le Musée de zoologie de l'Université de Berlin confié 
à ses soins, en grande partie le fruit de ses travaux, est sous tous 
les rapports digne de fixer l'attention des naturalistes. Ce Musée n'est 
point inférieur aux autres établissemens de ce genre, plus heureu- 
sement situé près du littoral du continent, et par une telle position 
mieux à même de profiter des grands avantages que fournissent la 
marine , le commerce et les colonies. Puisse cette dédicace, dictée par 
l'estime et par l'amitié, prouver à M. Lichtenstein combien je suis 
sensible aux témoignages de bienveillance dont il m'honore. 

L'espèce de Ganga que nous publions ici est nouvelle, mais elle 
paraît avoir été méconnue sous ce rapport par M. Lichtenstein, qui 
a cru reconnaître dans cet oiseau le Ganga bibande de mon Histoire 
naturelle des Gallinacés, vol. 3, pag. 247. Le catalogue de vente des 
doubles du Musée de Berlin en fait mention sous le n°. 678. 

Le mâle ressemble au premier coup-d'œil au mâle de mon Ganga 

Recueil d'Oiseaux, 60 e . livraison. 



GANGA LICHTENSTEIN. 
quadrubande par la couleur rouge du bec et par les trois bandes fron- 
tales dont les deux espèces sont munies; le reste du plumage offre 
des différences très-marquées dans la distribution des couleurs et dans 
le nombre des bandes ou colliers de la poitrine; la taille et les formes 
sont aussi différentes. Il est assez probable que ces deux espèces habi- 
tent à peu près les mêmes contrées , car j'ai obtenu, depuis la publi- 
cation de mon ouvrage sur les Gallinacés, la preuve certaine que le 
Ganga quadrubande a été trouvé non-seulement sur la côte de Coro- 
mandel, mais encore sur une grande étendue des côtes d'Afrique 5 j'en 
ai reçu plusieurs individus du Sénégal 5 motif de plus pour faire 
adopter la dénomination de F ter odes quadrucinctus _, préférabiement 
à celle de Tetrao indicus, sous laquelle les catalogues méthodiques en 
ont donné le signalement. 

Le mâle du Ganga Lichtenstein a, comme nous venons de le dire, 
le front ceint de trois bandes, celle du milieu est noire et les deux 
autres sont blanches, mais cette bande noire est de forme demi-cir- 
culaire : elle est droite dans le Ganga quadrubande; une tache noire 
placée au dessus des yeux et qui n'existe point dans cette dernière 
espèce sert encore à caractériser celle-ci j la gorge est couleur nan- 
quin, et cette teinte domine sur la plus grande partie du plumage j 
la tête et les joues sont marquées de petits points noirs 5 le cou 
et la nuque de lunules noires 5 le manteau et les ailes de larges 
bandes noires accompagnées sur les grandes couvertures de liserés 
blancs 5 les pennes secondaires des ailes sont brunes à la base, d'un 
blanc pur sur les barbes extérieures, et d'un noir plein vers la pointe j 
les rémiges sont noirâtres, liserées et terminées de blanc j un large 
plastron couleur nanquin couvre toute la poitrine j ce plastron est 
divisé par le centre d'un collier peu large , couleur marron ou cho- 
colat , qui remonte vers la partie postérieure du cou 5 toute la poitrine, 



^3 



GANGA LICHTENSTEIN. 

Fabdomen et les flancs sont blancs 3 mais chaque plume porte vers 
le bout un croissant noir, ce qui fait paraître ces parties comme 
couvertes d'écaillés ; la queue est arrondie , un peu conique , mar- 
quée de bandes noires et dune teinte nanquîn-roussâtre; le bec, la 
partie postérieure du tarse et les doigts sont rougeâtres. Longueur 
totale, de 9 à 10 pouces. 

La Femelle , planche 56 1 , manque des bandes frontales , de plas- 
tron et de collier $ le fond du plumage est d'un blanc sale légèrement 
jaunâtre sur les parties supérieures, et coupé de bandes de croissans 
et de petites taches noires très-rapprochées 5 tout le dessous du corps 
est écaillé de noir comme dans le mâle ; la poitrine et le devant du 
cou sont rayés de fines bandes très-étroites $ le dos et les ailes de 
bandes en zigzag un peu plus larges 5 le cou, la gorge et la tête de 
petites mèches et de points noirs j le bec est brun et les pieds sont 
rougeâtres ; la peau nue qui entoure les yeux dans les deux sexes 
n'a pas de couleur déterminable sur les individus préparés 5 elle 
paraît avoir été rougeâtre. 

Tous les sujets que j'ai vus ont été envoyés de Nubie par les voya- 
geurs prussiens et par M. Ruppelj ils font partie des Musées des 
Pays-Bas , de Berlin et de Francfort. 



*\^> 



GANGA MOUCHETÉ ou KITTAVIAH. 



PTERO CLE S G U TTA TUS. Lichtens 



La Femelle. — Planche 345. 

Ce joli Gallinacé nous parvient à temps opportun pour servir à 
constater les erreurs de plusieurs naturalistes. Nous donnons la seule 
figure de la femelle adulte , vu que le mâle a été figuré assez bien 
dans les planches enluminées deBuffon i3o, sous le nom de Gelinotte 
du Sénégal. 

La découverte de cet oiseau est due aux recherches de Shaw (1) sur 
les côtes de Barbarie; il dit que les Arabes le désignent sous le nom de 
Kittaçiah , ce qui nous a été confirmé par les voyageurs qui viennent 
de faire des courses dans les contrées visitées par Shaw. Mais ce natu- 
raliste n'ayant pas remarqué le très-petit doigt postérieur ou plutôt 
l'ongle placé sur le tarse de notre oiseau, a fait naître des doutes 
sur l'identité du Kittaçiah et de la Gelinotte du Sénégal de Buflbn. 
Le Pline français, séduit par l'hypothèse que les climats influent sur 
la nature et les couleurs du plumage , et cherchant à retrouver dans 
les contrées tropicales et équatoriales les variétés de nos espèces du 
midi de l'Europe , ne veut admettre la Gelinotte du Sénégal de sa 

(1) Trav. in Barbary and the Levant, pag. 253. 
Recueil d' Oiseaux, 58 e . livraison. 



GANGA MOUCHETÉ OU KITTAVIAH; 
planche i3o, que comme variété de climat du Ganga d'Europe (1) 
ou du Cata des Arabes. Cette erreur a été signalée dans l'article de 
mon Ganga d'Europe , pag. 267; mais ne possédant point alors un 
individu du Kittaviah, les planches données par Buffon me servirent 
de moyen unique ; je crus reconnaître dans cette Gelinotte du Séné- 
gal , pi. 1 3o , l'espèce décrite dans l'ouvrage sur les Gallinacés précité , 
comme étant le même oiseau que mon Ganga velocifer ( Pterocles 
tachypetes, pag. 27 4 ), et je commis une erreur , car ce Ganga 
velocifer est une espèce distincte. Depuis ce temps nous avons appris 
à mieux connaître toutes ces espèces par les naturalistes voyageurs 
envoyés en Egypte , et particulièrement par les objets contenus dans 
les brillantes collections recueillies par les soins de M. Ruppel. 
Enfin M. le professeur Lichtenstein croyant rétablir l'ordre dans ce 
petit groupe d'oiseaux , a publié dans le catalogue des doubles du 
Musée de Berlin , pag. 64 , un court aperçu sur quelques Gangas 
d'Afrique. Ces notices peu exactes contiennent des erreurs, dues sans 
doute à l'insuffisance des moyens comparatifs dont notre estimable 
ami se trouvait pourvu. Nous allons les signaler, afin qu'elles ne se 
reproduisent plus dans les ouvrages de pure compilation et ne passent 
pas dans les catalogues méthodiques. 

En premier lieu nous voyons , n°. 675 , le Ganga de cet article, ou le 
Kittaviah de Shaw, présenté sous un N majuscule, comme espèce 
nouvelle , à laquelle M. Lichtenstein donne le nom de Pterocles gutta- 
tus, dénomination que nous adoptons ici en fesant remarquer qu'il faut 
ajouter comme synonymes , Tetrao senegalus 9 de Linné et de Latham, 
ainsi que la planche i5o de BufFon, comme le mâle de notre oiseau. 
Suit n°. 67 5^ Pt. Senegalensis , où se remarquent trois erreurs : la 

(1) Notre Pterocles setarius; Hist. des Gallinacés, vol. 5, pag. 256. Le Tetrao alchata des 
nie'thodes, sous le nom de Gelinotte des Pyrénées, Buff. pi. enl. io5, mâle, et 106, femelle. 



3i 6. 




Ganga, moucheté, femeiu 



adufa. 



PreJre . 



^ 



GANGA MOUCHETÉ OU KITTAVIAH. 

première que Senegalensis est synonyme du précédent , que N arnaqua 
de Latham est synonyme de mon Pterocles tachjrpetes 9 et enfin , que 
ce Pt. Senegalensis de M* Lichtenstein forme une espèce nouvelle 
inédite , dont je publie dans ce recueil le mâle et la femelle, pi. 354 
et 355 , sôus le nom de Pterocles canatus. Enfin , n°. 678 de ce même 
catalogue, contient sous le nom de Pterocles bicinctus (Temm.) la 
description d'une autre espèce nouvelle , rapportée mal à propos à 
mon Ganga libande, du vol. 3 des Gallinacés, pag. 2^7 . Je publie- 
rai cette espèce sous le nom de Pterocles Lichtensteinii / nous donne- 
rons incessamment la monographie de ce petit genre et les portraits 
de toutes les espèces qui n'ont point encore été figurées. 

Le mâle figuré dans les planches enluminées de Buffon 1 3o , a toute 
la gorge et les côtés du cou d'un beau jaune; une bande cendrée en- 
toure l'œil et suit derrière cet organe les côtés de l'occiput ; elle se fond 
par demi-teintes en cendré-isabelle qui colore la partie inférieure du 
cou ; le sommet de la tête est roussâtre; un isabelle pur et clair couvre 
la poitrine , les parties inférieures , le dos et les petites couvertures 
des ailes 5 une teinte plus blanche est répandue sur l'origine des ré- 
miges et les couvertures dont elles sont pourvues ; leurs baguettes sont 
noires et l'extrémité est noirâtre avec une faible trace blanchâtre à 
l'extrême pointe ; des taches d'un pourpre mat disposées sur les 
moyennes couvertures des ailes et sur les scapulaires dont l'extrême 
pointe est peinte de jaunâtre; une tache noire longitudinale marque 
la ligne moyenne du ventre ; toutes les pennes de la queue ainsi que 
les deux longs filets sont d'un brun-isabelle marqué vers le bout de 
noir, et de blanc jaunâtre à la pointe; l'excédant des filets sur les 
pennes latérales est noir; le bec est noir. Longueur totale, onze 
pouces. 

Le nom de Guttatus convient mieux et est particulièrement appro- 



GANGA MOUCHETÉ OU KITTAVIAH. 

prié à la femelle de notre pi. col. 345, qu'au mâle des pi. enl. de 
Buffon i3o. La femelle a tout le plumage couvert de petites mouche- 
tures noires, disposées sur un fond isabelle plus ou moins clair; elle 
a comme son mâle la gorge jaune, mais la teinte est moins pure et 
plus blanche sous le bec; le ventre et l'abdomen sont les seules parties 
non mouchetées de son plumage , mais elle est pourvue de la grande 
tache noire sur la ligne moyenne du ventre , et on voit un peu de 
jaunâtre à l'extrême pointe des plumes scapulaires. 

Les voyageurs prussiens et M. Ruppel de Francfort ont envoyé 
plusieurs individus du centre de l'Egypte; nous en avons vu des côtes 
de Barbarie; il est douteux si l'espèce se trouve aussi au Sénégal, 
l'indication de Buffon le ferait soupçonner , mais nous n'en avons 
aucune preuve, vu que l'individu sur lequel la planche enluminée i3o 
repose ne se trouve plus au Musée de Paris. On voit plusieurs sujets 
des deux sexes dans les Musées des Pays-Bas , de Berlin , de Vienne 
et de Francfort. 



3ft. 




Prêtre^ 



Ganga ventre/ -hridé/, male^. 



36o. 



9 




% 






J^èJrt 



Ganga ventres brul&, femelle/. 



r\<\ 



GANGA VENTRE-BRULE 



P TE RO CLE S EXUSTUS. Temm, 



Le Mâle 3 pi. 354. — La Femelle, pi. 36o. 

Nous avons fait la remarque aux articles Pterocles coronatus et 
guttatus, que M. Lichtenstein a commis plusieurs erreurs de nomen- 
clature dans l'article sur le genre Ganga placé dans le catalogue de 
vente des doubles du Musée de Berlin, pag. 64 9 et qu'il a méconnu 
ou mal cité quelques espèces décrites dans mon histoire naturelle 
des Gallinacés. Le no. 675, sous la dénomination de Pterocles Sene- 
galensis , offre la diagnose exacte de l'espèce nouvelle dont nous 
offrons ici les portraits du mâle et de la femelle , espèce distincte que 
M. Lichtenstein confond avec mon Pterocles tachypetes dont nous 
publierons incessamment une figure. L'erreur doit sans doute être 
attribuée au manque de renseignemens suffisans sur la patrie de ces 
oiseaux. 

Le Ganga de cet article nous a été envoyé en grand nombre des 
côtes occidentales d'Afrique , et nous en avons eu connaissance peu 
de temps après la publication de l'ouvrage sur les Gallinacés. Depuis 
ce temps les collections de Berlin et de Francfort ont obtenu des 
individus par les voyageurs qui exploitent l'Egypte dans le but des 

Recueil d'Oiseaux , 60 e . livraison. 



GANGA VENTRE-BRULÉ. 

découvertes en zoologie. Les individus obtenus de ce pays par les 
naturalistes prussiens et par M. Ruppel ne diffèrent point de ceux 
que j'ai reçus du Sénégal. 

Cette espèce à queue en filet est facile à distinguer de tous ses 
congénères au bec grêle d'un bleu foncé, à la teinte noire et comme 
brûlée du ventre, au blanc pur du bout interne des rémiges les plus 
courtes, et à la très-étroite bande ou collier qui ceint la poitrine du 
mâle. 

Le mâle, planche 354, a une faible teinte jaunâtre à la gorge et 
aux joues j un cendré faiblement teint de couleur lie de vin couvre 
la tête, le devant du cou, la nuque et le manteau $ un collier noir, 
rarement accompagné d'un liseré très-fin et d'un blanc pur, passe 
sur la poitrine et aboutit vers l'humérus $ le milieu du ventre est 
noirj les côtés et les cuisses marron $ l'abdomen et le tarse blancs 5 
les grandes couvertures des ailes jaunes, marquées à grand intervalle 
de quatre ou de cinq fines bandes marron $ la queue cendrée à bouts 
blancs et à filets noirs. Longueur , à peu près 1 2 pouces. 

La femelle , planche 36o , a le ventre noir brûlé, marqué de bandes 
rousses 5 des mèches noires en fer de lance sur la poitrine et sur les 
parties supérieures du cou 5 du noir en raies et en zigzag sur les 
parties supérieures et à la queue 5 la gorge et la région thorachique 
d'un jaune isabelle. 

Habite les côtes occidentales de l'Afrique, l'Egypte et la Nubie. 

Musées des Bays-Bas, de Paris, de Berlin, de Vienne et de 
Francfort. 



% 



GENRE HÉTÉROCLITE. 



GENUS SYRRHAPTE S. Illiger. 



Bec court, grêle , conique; mandibule supérieure faiblement courbée, une rainure 

ou sillon le long de l'arête. 
Narines basales, latérales, couvertes par les plumes du front. 
Pieds; seulement trois doigts très-larges, réunis totalement jusqu'aux ongles, de 

manière que la pointe seule du doigt du milieu, et les ongles des doigts latéraux 

indiquent l'existence des phalanges; plante des pieds couverte de rugosités ,• tarse 

et doigts abondamment couverts de plumes laineuses. 
édiles très-longues, la première rémige dépassant de beaucoup toutes les autres; 

celle-ci et la deuxième terminées en fil. 
Queue conique, à pennes subulées, les deux du milieu alongées en fil. 



L'espèce unique de ce genre a été signalée par le célèbre Pallas , 
et rangée par ce savant dans le groupe Tetrao de Linné. Des natu- 
ralistes français en ont formé le genre Heteroclitus ■$ mais Illiger, 
jugeant avec raison qu'une pareille dénomination générique ne 
pouvait être admise, proposa, pour désigner ce genre, le nom très-bien 
imaginé^ Syrrhaptes, qui sera sans doute conservé dans tous les cata- 
logues méthodiques. J'ai fait mention de cet oiseau dans l'histoire 
des Gallinacés, vol . 3, page 282, sur une description accompagnée 
d'un dessin très-achevé, que M. Fischer de Moscou me fit l'amitié 

Recueil d'Oiseaux, 16 e . livraison. 



GENRE HÉTÉROCLITE. 

de m'envoyer : c'est d'après ce dessin que la planche g5 de ce recueil 
a été gravée (1). Je fis hommage de l'espèce à la mémoire du respec- 
table doyen des naturalistes ? le savant professeur Pallas ; et je crus 
nécessaire de supprimer la dénomination triviale de Paradoxus , vu 
que, considérée comme Tétras, l'espèce pouvait offrir des caractères 
abnormes$ mais qu'en érigeant cette même espèce en genre dont elle 
est à la fois le type et l'espèce unique , il serait ridicule de lui 
appliquer une dénomination si peu appropriée , et par cela seul 
vicieuse. Ce que nous avons à dire sur les mœurs de cet oiseau 
nomade fait partie de la description dans l'article qui suit. 

(i) En publiant la gravure faite sur ce dessin, je me suis e'carté de rengagement que nous 
avons pris envers le public, de ne jamais donner que des figures d'après nature. C'est la seule 
gravure de ce recueil dont nous ne pouvons garantir l'exactitude ; c'est aussi la première qui 
ait subi la critique : et je conviens que les remarques de M. Lichtenstein me semblent très- 
exactes. Il en sera fait une plus ample mention dans l'article suivant. 




J>6 




S 



S 



o 
o 



JPj'èJre-, 



^3 



HÉTÉROCLITE P ALLAS 



SYRRH APTES PALLASII. T 



EMM. 



Probablement le Jeune Mâle. — Planche 96. 

J'ai dit , dans Farticle précédent , que la gravure publiée en 1821 
sans texte descriptif, livraison 1 6 , pi. 96 , a été faite sur un dessin très- 
achevé, communiqué par M. le professeur Fischer de Moscou j c'est sur 
ce dessin 5 et sur les notes fournies par ce savant , que repose l'article 
Hétéroclite publié en 181 5 dans le troisième volume des Pigeons et 
Gallinacés. Les naturalistes nous sauront sans doute gré d'avoir tardé 
jusqu'à ce jour, 1826, à leur fournir la description de ce rare et 
singulier gallinacé : le motif de ce retard est qu'ayant été instruit par 
mon ami le professeur Lichtenstein , directeur du Musée de Berlin, 
que la figure pi. g5, et ma description de Y Hétéroclite, manquaient 
d'exactitude, je ne devais plus balancer à supprimer provisoirement 
le texte destiné à accompagner cette gravure. M. Lichtenstein me 
dit qu'ayant reçu de la Bucharie deux peaux très-complètes d'Hété- 
roclite, et se trouvant à la veille de publier la narration du voyage 
de M. Eversmann dans cette contrée, il avait formé le projet d'en- 
richir l'ouvrage de notes et de remarques sur l'histoire naturelle de ce 
pays. L'ouvrage mentionné m'est enfin parvenu 5 j'en profite pour 
donner aux naturalistes une traduction des remarques additionnelles 

Recueil d'Oiseaux ; 16 e . livraison. 



HÉTÉROCLITE PALLAS. 

de M. Liechtenstein , que je fais précéder par la description publiée 
dans le troisième volume des Gallinacés, vu que cette dernière est 
nécessaire à l'explication de la figure ci-jointe, que mon ami M. Lich- 
tenstein croit être faite sur un jeune individu, ou la femelle de cette 
espèce, sur laquelle il nous manque encore des renseignemens exacts, 
les sujets obtenus delà Bucharie par M. Eversmann étant mâles (1). 
Voici la description formant l'extrait de l'article Hétéroclite de l'his- 
toire des Gallinacés. 

La longueur totale prise du bout du bec à l'extrémité des pennes 
latérales de la queue est de 8 pouces 10 lignes; les deux filets du 
milieu débordent les plus longues pennes de 3 pouces 3 lignes; les 
filets alongés des rémiges vont jusqu'à la moitié de la longueur 
de ceux qui dépassent la queue : le bec a 5 lignes : la longueur 
du doigt du milieu, l'ongle compris, est de 8 lignes. 

Le sommet de la tête d'un cendré-clair ; le haut du cou et la nuque 
orange-foncé; la partie inférieure du cou et la poitrine cendrées; 
quelques plumes de cette dernière partie sont terminées par un crois- 
sant noir; elles forment, par leur réunion, un ceinturon, qui aboutit 
de chaque côté à l'insertion des ailes; le ventre est d'un cendré- 
jaunâtre; une large bande noire dont les extrémités remontent au- 
dessous des ailes est placée en avant des pieds; l'abdomen, les cuisses, 
les plumes des tarses et des doigts et les couvertures inférieures de la 
queue, sont d'un fauve blanchâtre; du cendré-jaunâtre couvre les 

(i)Si M. Lichtenstein veut bien me confier l'un des exemplaires dépose's dans les galeries du 
Musée de Berlin, nous le ferons peindre d'après nature, et la figure du mâle adulte sera fournie 
sous le numéro g5 Lis. Par ce moyen les souscripteurs seront en quelque sorte dédommages 
de la longue attente, et nous aurons rempli scrupuleusement rengagement pris envers le pu- 
blic. La figure publiée par M. Vieillot, galerie des Oiseaux, pi. 222, est une très- mauvaise 
copie de notre planche coloriée. 



<0 



HÉTÉROCLITE PALLAS. 

parties supérieures , mais les plumes du dos sont terminées de crois- 
sans noirs; les petites couvertures des ailes portent vers le bout une 
tache noire, mais les moyennes sont bordées et terminées par une 
teinte rouge-pourpre; les pennes secondaires sont noirâtres , bordées 
de brun-jaunâtre ; les rémiges, d'un cendré-noirâtre, sont terminées 
de blanc, les deux extérieures exceptées, dont le prolongement fila- 
menteux est noir : la queue, très-étagée, est d'un cendré-foncé; toutes 
les pennes, terminées de blanc, ont à leurs barbes intérieures quel- 
ques grandes taches rousses 5 la penne latérale de chaque côté est 
encore bordée de blanc; les deux filets du milieu sont très-subulés 
et terminés en fils noirs. Les tarses et les doigts sont courts, abon- 
damment garnis de plumes laineuses; les ongles sont noirs , larges 
et très - déprimés , celui du doigt du milieu est le plus fort , il 
est pourvu d'un sillon latéral. J'ai jugé par l'analogie qu'offre cet 
oiseau avec les Gangas munis de brins à la queue, que l'individu 
figuré pi. g5 est un mâle, vu les longs filets dont les ailes et la 
queue sont munies. M. Lichtenstein pense que ce pourrait être la 
femelle, mais je crois devoir induire des renseignemens fournis par 
M. Delanoue que le dessin obtenu de M. Fischer a été fait sur un 
jeune mâle. La traduction des remarques publiées par M. Lichtens- 
tein dans le voyage de M. Eversmann contient en substance : 

ce Que c'est à juste titre qu'on a considéré cet oiseau comme un 
des phénomènes les plus intéressans en ornithologie. » La difficulté 
de se procurer et d'observer les dépouilles de cette espèce sont les 
causes que l'histoire de ce gallinacé est remplie d'obscurités; les indi- 
vidus du Musée de Berlin ne me mettent point encore à même d'en 
fournir une histoire complète : nous donnons ici quelques remarques 
et additions aux descriptions fournies par Pallas et Temminck. 

Pallas n'a eu à sa disposition qu\in seul individu , probablement le 



HÉTÉROCLITE PALLAS. 

mâle 5 il lui manquait les pennes de la queue. Temminck fit la des- 
cription sur un dessin (1) , probablement le modèle de la belle figure 
publiée récemment dans les planches coloriées, vu que la des- 
cription correspond exactement avec cette figure. Je vais indiquer 
les différences observées entre la figure mentionnée et nos exem- 
plaires. 

Nos individus sont plus grands ? ils portent en longueur totale, de 
la pointe du bec au bout des pennes caudales, les deux longs filets 
exceptés , 1 1 pouces 6 lignes 5 la queue a 3 pouces 6 lignes , et les 
deux pennes intermédiaires dépassent celle-ci de 5 pouces dans l'un 
des sujets, et de 3 pouces dans l'autre. Les couleurs sont beaucoup 
plus vives. Non seulement la gorge est d'un orange-vif, mais la 
partie antérieure de la tête de même qu'une raie derrière les yeux, 
sont de cette couleur; la tache derrière l'organe de la vue forme tri- 
angle, et s'unit à la nuque par une faible bande transversale; la 
tache à la gorge est d'une nuance plus foncée à sa partie inférieure 
et bordée par une bande marron : la bande transversale de la poitrine 
n'est pas formée exclusivement par les taches en croissant, mais 
toutes les plumes de ces parties ont un croissant noir placé sur fond 
blanc : la poitrine au-dessous de cette bande, et les petites couver- 
tures des ailes sont d'une teinte cendré-jaunâtre un peu plus foncée, 
mais en même temps plus faible que celle du dos (2). La bande 
noire du ventre est plus large que dans la figure, elle s'étend plus 
loin sur la ligne moyenne que vers les côtés; la première rémige eat 

(1) La description de l'oiseau figuré pi. q5 m'a été fournie par M. Fischer. J'ai dit, page 287 
des Gallinacés : je dois a M. Fischer le dessin et la description de cet oiseau. Le sujet de 
Pallas fait partie du cabinet du professeur Schwaegrichen à Leipzik ; j'ai examiné cet individu 
totalement dégradé. 

(2) Et was malter uncl dunkler als dje grund farbe. 



4A 



HÉTÉROCLITE PALLAS. 

noire sur toute l'étendue de la barbe extérieure 5 les suivantes sont 
d'un cendré-blanchâtre à tiges noires j à partir de la sixième elles 
sont d'un brun enfumé à la pointe , et les barbes intérieures sont 
bordées de blanc. Toutes les pennes de la queue et leurs couvertures 
sont très-étroites et terminées en pointes ou fils 5 toutes les cou- 
vertures inférieures et l'abdomen sont d'un blanc pur. 

La figure de la plante des pieds gravée sur cette planche de 
M. Temminck est totalement manquée$ j'insiste sur ce défaut, 
puisque le caractère le plus marquant a été déduit , dans ce genre , 
de la forme des pieds et des doigts 5 en effet, si la plante des pieds de 
cet oiseau ressemblait à la figure indiquée, on se déciderait diffici- 
lement à séparer notre oiseau de ceux du genre Pterocles. 

Le plus grand individu rapporté par M. Eversmann n'offre en 
longueur totale de la plante des pieds que dix lignes, dont il faut 
déduire une ligne un quart pour la substance cornée de Pongle du 
milieu 5 la largeur de cette plante est par contre de cinq lignes. Il 
est impossible de voir une séparation quelconque de doigts, celui 
du milieu méritait seul ce nom; celui-ci est aussi large que long, et 
tout près de la base de son ongle, très-large, naît de chaque côté 
l'ongle du doigt latéral caché sous la peau et à peine visible par son 
ongle obtus 5 l'interne est un peu plus grand et plus bombé que l'ex- 
terne. Cet oiseau, à l'instar du Chameau dans la classe des Mam- 
mifères, est pourvu de doigts immobiles, revêtus en dessous d'une 
épaisse couche calleuse, et reconnaissables seulement à leurs ongles. 
Nous ne suivrons point M. Lichtenstein dans les conséquences 
qu'il déduit de cette forme des pieds, ni dans les rapports qu'il croit 
voir entre Y Hétéroclite et le Kittaivah de Schaw, notre Ganga mou- 
cheté ou Kittapiah^i. 545. Nous préférons terminer cet article par l'ob- 
servation succincte, mais très-intéressante, fournie par M. Delanoue, 



HÉTÉROCLITE PALLAS. 

placée dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, vol. 8, 
pag. 182. 

M. Delanoue, qui depuis Pallasa traversé les déserts qui bornent 
l'Empire immense voisin de la Chine, a été plusieurs fois à même 
d'étudier les Hétéroclites 5 il les a observés dans leur marche lente 
et même pénible en apparence , puisqu'elle les oblige à de fréquentes 
alternatives de repos : dans leur vol rapide, bruyant, direct et élevé, 
mais peu soutenu 5 dans leur manière de chercher sur un sable mou- 
vant leur nourriture qui consiste en petites graines amenées par les 
ventsj enfin dans les soins de leur progéniture. Il a plusieurs fois 
surpris la femelle durant l'incubation, qui, malgré de vives inquié- 
tudes, ne se décidait qu'à la dernière extrémité à quitter le nid où 
se trouvait l'espoir d'une nouvelle famille. Ce nid n'offrait pour tout 
duvet que quelques brins de graminées, entourés de sable, et qui 
contenait quatre œufs d'un blanc roussâtre, tachetés de brun j il était 
placé au milieu de quelques pierres amassées sous un buisson. 

Le voyageur cité assure que la femelle diffère peu du mâle; on la 
distingue néanmoins facilement par la privation de longues plumes 
aux ailes et à la queue. 

Les Kirguis désignent l'espèce sous le nom de Buldruk 3 dénomi- 
nation dont M. Eversmann nous apprend le sens, et que ces peu- 
plades donnent aux jolies femmes. Les Russes lui donnent le nom 
de Sadscha. Les déserts de la Tartarie nourrissent ce singulier gal- 
linacé. 

Musées de Moscou et de Berlin. 



0$2 




Franc olin entaillantes, mâle 



J^re/re*. 



^ 



FRANCOLIN ENSANGLANTÉ. 



PERD IX CRU EN TA. Te mm. 



Le Mâle. — Planche 332. 

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la figure ci -jointe pour être 
convaincu que cet oiseau n'est pas un Faisan. M. le major-général 
Hardwicke a publié sous ce nom de Phasianus cruentus une très- 
courte notice de notre oiseau, Transactions Linnéennes, vol. i3, 

page a3y. 

Le caractère unique servant de moyen pour distinguer les Fran- 
colins des Perdrix proprement dites , consiste dans l'existence ou le 
manque d'éperons aux tarses des mâles : les premiers en sont pourvus 
et les derniers ont le tarse lisse dans les deux sexes , ou bien garni 
chez le mâle d'une protubérance ou callosité. Le nombre des épe- 
rons au tarse des mâles des différentes espèces de Francolins n'est 
pas rigoureusement déterminable ; quelques - uns n'ont qu'un seul 
éperon plus ou moins long -, d'autres en ont deux d'égale ou d'iné- 
gale longueur 5 d'autres enfin ont constamment trois éperons au tarse 
droit et deux seulement au gauche. Notre Francolin ensanglanté 
participe aussi à cette anomalie 5 on trouve des individus à deux, 
à trois et à quatre éperons 5 le mâle est le plus souvent armé de 

Recueil d'Oiseaux, 56*. j-ivraison. 



FRANCOLIN ENSANGLANTÉ. 

trois éperons d'inégale grandeur à chaque pied ; celui que nous figu- 
rons ici a le tarse gauche pourvu de quatre éperons de grandeur 
inégale , et le tarse droit de deux éperons d'égale grandeur j ces épe- 
rons, les tarses, les doigts , la nudité ophtalmique et la cire sont d'un 
beau rouge-ponceau $ une petite huppe , composée de plumes un peu 
longues, orne la tête de ce beau Gallinacéj sa queue est de moyenne 
longueur et arrondie , et son bec proportionnellement court et très- 
bombé j le tarse est généralement plus grêle que dans les autres Fran- 
colins de l'Inde et de l'Afrique. 

Le plumage n'est pas moins remarquable que les belles formes de cet 
oiseau 5 un gris très-pur couvre les parties supérieures du corps et du 
cou 5 chaque plume de ces parties porte une raie blanche sur toute 
letendue de la ligne moyenne , et cette bande longitudinale est bordée 
de chaque côté par une raie noire 5 toutes les grandes couvertures 
de la queue portent de larges franges couleur carmin j cette belle 
teinte carminé borde les pennes de la queue , qui sont grises à leur 
base, blanches au bout, et dont les baguettes ont un lustre argen- 
tin 5 les baguettes des pennes alaires ont cette même teinte; mais 
sur toutes les couvertures se dessine une bande longitudinale d'un 
vert tendre accompagnée de bordures noires 3 les plumes de la huppe 
sont panachées de blanc sur un fond gris j celles du front et du lo- 
rum ont une teinte rouge noirâtre passant en sourcil au dessus des 
yeux j les parties inférieures du corps et du cou ont une teinte vert 
tendre un peu jaunâtre à la poitrine , et d'un vert plus décidé sur 
les flancs ; le devant du cou est panaché de noir sur un fond jaune- 
verdâtre; la gorge et toutes les couvertures du dessous de la queue sont 
d'un carmin très-pur; on voit des taches carmin clair, irrégulièrement 
réparties sur les barbes des plumes de la poitrine, et en petits points 
ronds sur celles des flancs. Ces taches couleur de sang réparties sans 



<\\ 



FRANCOLIN ENSAN&LANTÉ 

symétrie apparente ont valu à l'espèce le nom qu'elle porte ; elles res- 
semblent en effet à des taches de sang dont le plumage paraît comme 
souillé. La taille du mâle approche de celle d une poule domestique 5 
il est un peu plus petit que le Francolin criard d'Afrique , dont nous 
donnerons sous peu une figure dans ce recueil. Longueur totale à peu 
près de 16 pouces. 

La femelle est plus petite 5 elle ressemble au mâle par le plumage , 
mais les teintes sont moins vives et moins pures 5 le tarse n'est pas 
armé d'éperons. 

Ce bel oiseau est un habitant de FInde ; il vit dans les pays mon- 
tueux encore peu exploités de la chaîne du Népaul. M. Hardwicke 
a reçu deux sujets de M. Gardner , résident anglais à la cour de Né- 
paul ; deux autres sujets que j'ai vus à Londres ont été rapportés 
par un voyageur qui a parcouru ce pays. C'est de la même source , mais 
par un voyageur Danois dont le nom ne me revient point , que le 
Musée des Pays-Bas a reçu le bel individu mâle qui a servi à la 
présente description. 



21Ô 




Fr an c o lin a/ ral)œ/ , -mJIe^. 



Prêtre 



*& 



FRANCOLIN A RABAT 



PERD IX P ON TI CE RI AN A. Lath, 



Le Mâle. — Planche 21 3. 

Cette belle espèce, propre au continent de l'Inde, a été observée 
par Sonnerat , qui , le premier , a signalé les couleurs de son plu- 
mage 5 mais cet auteur omet, dans la description de cet oiseau, 
comme dans celle de tant d'autres qu'il se contente d'indiquer 
succinctement, la partie descriptive la plus agréable et la plus 
intéressante à connaître ; je veux dire l'histoire de ses mœurs. 

La longueur totale de ce Francolin est de dix pouces 5 le tarse 
a un pouce sept lignes 5 la queue est assez longue et arrondie comme 
celle des Perdrix grises 5 le bec est absolument semblable à celui 
des Perdrix grises ; les yeux ne sont point entourés d'un espace 
nu , le mâle porte un seul éperon très-acéré. 

Une espèce de petite gorgerette ou de rabat distingue ce Fran- 
colin - y cet ornement, qui lui donne un air gracieux, est produit 
par une large bande rousse dessinée sur la gorge , les bords en sont 
comme lisérés par une étroite bande noire 5 le front et la région 
des yeux sont d'un roux-clair y cette couleur passe en forme de 
sourcils sur les yeux et se termine vers l'occiput 5 le haut de la tête 

Recueil d'Oiseaux, 36°. livraison. 



FRANCOLIN A RABAT. 

est d'un gris terreux 5 la poitrine est rayée alternativement de blanc- 
jaunâtre et de brun-clair 5 le dos, les grandes et les petites couver- 
tures des ailes et le croupion ont des plumes colorées de gris-brun • 
elles sont marquées sur les bords de leurs barbes de grandes taches 
noires ; trois raies transversales d'un blanc-roussâtre , disposées sur 
les barbes extérieures; toutes les pennes latérales de la queue sont 
rousses depuis leur origine , elles sont noires vers leur extrémité 
et terminées de blanc-roussâtre 5 les deux pennes intermédiaires 
sont grises mais semées de nombreux zigzags bruns j elles ont quatre 
bandes d'un blanc-jaunâtre 5 le ventre et l'abdomen sont blancs, 
rayés d'une double rangée de zigzags 5 les plumes des flancs ont 
quelques taches rousses. 

La femelle diffère du mâle par l'absence de l'éperon qui est 
remplacé chez elle par un petit tubercule calleux 5 les couleurs 
du plumage sont en général plus ternes et plus brunes 5 le petit 
rabat 9 qui se dessine sur la gorge , n'est point aussi bien marqué 
que chez le mâle, le roux en est plus clair. 

Le bec du mâle et de la femelle est rouge à sa base et jaunâtre 
vers son extrémité ; l'iris et les pieds sont rouges. 

Sonnerat a trouvé cette espèce sur la côte de Goromandel , dans 
le territoire de la ville de Pondichéry. Le mâle et la femelle sont 
au Musée de Paris. 



*77- 




Perdrix le/VazUaruf/ 



Prefre . 



<\* 



PERDRIX LE TAILLANT. 



PERDIX VAILLANTII. Temm 



U Adulte. — Planche ijj. 

Ce Gallinacée, que le célèbre voyageur Le Vaillant rapporta le 
premier de ses voyages dans l'Afrique méridionale, est un peu plus 
grand que notre Francolin d'Europe ; il a le bec beaucoup plus long, 
quoique pour la forme semblable au bec de nos Perdrix d'Europe. 
La mandibule supérieure des Perdrix et des Francolins d'Afrique 
est en effet plus longue et plus courbée que dans les espèces d'Eu- 
rope et d'Asie (1). Ce bec en pioche sert à ces oiseaux pour fouiller 
le sol qui recèle les bulbes des plantes dont ils se nourrissent habi- 
tuellement. 

Cette espèce n'a pas été décrite dans notre ouvrage sur les Galli- 
nacées , vu qu'à l'époque de cette publication nous ne possédions que 
le sujet détérioré rapporté par le voyageur cité; aujourd'hui, que 
plusieurs individus des deux sexes peuvent servir à constater nos 
observations, nous n'hésitons plus à donner le portrait de cette belle 
espèce. 

(i) Le Francolin à long bec, Perdix longirostra de Sumatra, seul excepté. Cette espèce est 
de'crite dans l'Histoire des Gallinacées, vol. 5. 

Recueil d'Oiseaux, 80 ° livpaison. 



4_ 



PERDRIX LE VAILLANT. 

Le devant du cou est couvert par un large hausse-col marbré de 
bandes noires sur un fond blanc $ les parties latérales de ce hausse- 
col remontent vers le méat auditif $ une calotte brune couvre la tête: 
elle est entourée par une bandelette de plumes noires et blanches, 
qui se dirigent sur la partie inférieure de la nuque ; l'espace entre 
cette bande et le hausse-col est d'un roux vif j une seconde bande de 
cette couleur occupe l'espace entre ce collier et la partie blanche de 
la gorge. Les parties inférieures sont d'un brun cendré marqué de 
stries blanches 5 ces stries couvrent les baguettes; sur les barbes 
antérieures se dessinent des raies en zig-zag, et sur les barbes inté- 
rieures de grandes taches noires 5 les parties supérieures sont cou- 
vertes de grandes taches rousses, grises et brunes , marquées de zig- 
zags noirs de forme variée. L'iris des yeux est aurore; le bec est 
noir à base jaunâtre, et les pieds sont bruns. Longueur totale, onze 
pouces six lignes. 

La femelle est plus petite, et les couleurs de sa livrée sont moins 
vives. 

On trouve cette Perdrix dans les cantons peu boisés de la colonie 
du cap de Bonne-Espérance $ elle n'y est pas aussi répandue que le 
Francolin connu sous le nom ÏÏOurïkinas 3 la Perdrix afra des 
méthodes. 

Musées de Paris et des Pays-Bas. 



tfâ. 




P er irix ayam/ians 



&«*. 



af\ 



PERDRIX AYAMHAN 



PERDIX JAVANICA. Lath. 



Le Mâle. — Planche i48. 

Une queue très- courte entièrement cachée par les couvertures su- 
périeures , un bec long et fort , et des ongles peu courbés et longs , 
distinguent cette espèce de tous les congénères. 

La région ophtalmique est nue et d'un beau rouge , quelques pe- 
tites plumes disposées à claire-voie entourent l'orbite des yeux 5 on 
aperçoit aussi la peau nue de la gorge entre les plumes qui couvrent 
cette partie 5 le sommet de la tête est d'un roux marron, quelquefois 
d'un roux fauve 5 la gorge, le devant du cou et la nuque sont d'un 
roux clair, marqué de taches noires 5 une bande noire passe au-dessus 
des yeux , et une autre s'étend de chaque côté du cou 5 la partie in- 
férieure du cou et la poitrine sont d'un cendré bleuâtre, et cette cou- 
leur, coupée de bandes noires , règne sur toutes les parties supérieures 
du corps ; les couvertures des ailes sont d'un cendré roussâtre , les 
plus grandes sont cendrées; vers l'extrémité de ces plumes se trouve 
une grande tache noire , toutes sont terminées de roux marron 5 les 
pennes de la queue ont une teinte cendrée bleuâtre , dessinée de 
zig-zags noirs; les parties inférieures sont d'un beau roux foncé sans 
mélange. Le bec est noir , mais rougeâtre vers la pointe , l'iris gris 

Recueil d'Oiseaux , 25 e . livraison. 



PERDRIX AYAM-HAN. 

et les pieds d'un rouge clair. Longueur, neuf pouces six lignes. On 
trouve des individus dont le sommet de la tête est d'un roux plus ou 
moins cendré, et la poitrine d'un cendré bleuâtre pur. 

C'est Perdix Javanica. Lath. Ind. Orn. 3 vol. i , pag. 65 1, Sp. 27. 

— Perdrix Ayam-han. Temm. , Hist. nat. Pig. et Gall. r v. 5 ,p. 4o4. 

— Javan partridge. Lath. Syn. , vol. 4 , pag. 77Ô. — Brown. Illust. 
zool. 3 tab. 17. Une figure au-dessous de toute critique* 

Cette belle Perdrix vit dans différens districts de l'île de Java 5 elle 
est très-abondante dans celui de Passourouang $ on la trouve dans 
les plaines et sur les montagnes, le plus habituellement à la lisière 
des bois j son cri d'appel est à peu près le même que celui de la Per- 
drix grise d'Europe* Les Javanais désignent l'espèce par le nom de 
Ayam-ayam-han. M. Horsfield indique Dagu pour la -dénomina- 
tion malaise de cet oiseau. 

Notre espèce est indiquée par Sonnini, dans la nouvelle édition 
des Œuvres de Buffon 5 sous l'article du Réveil-Matin , de Bontius , 
ou Perdix suscitator de Latham 5 mais ce gallinacé , à voix de butor . 
n'a point été trouvé à Java par les voyageurs qui ont parcouru cette 
contrée. Il faut par conséquent classer ce récit de Bontius parmi les 
fables , et exclure du catalogue de nomenclature l'espèce qui y figure, 
sous le nom de Perdix suscitator. 

On trouve ce gallinacé dans plusieurs collections. Un individu 
du Musée des Pays-Bas a servi de modèle à la planche ci-jointe. 







Perdrix meçcwot/e , mM, 



Pr?/y>e, 



iô\ 




Perdrix Ttiegapocle/, fimeïïv 



Prèû^y. 



<^ 



PERDRIX MÉGAPODE 



PERDIX MEGAPOD1A. Tbmm- h 



Le Mâle et la Femelle. — Planches 46a et 463. 

A peu près de la taille et pourvue d'un bec peu différent de 
celui de la Perdrix ayamhan, pi. col. 147, dont elle rappelle la 
coupe d'aile et la forme de la queue, la Perdrix nouvelle figurée ici 
diffère remarquablement de son congénère de Java par les pieds 
plus forts munis de doigts très-longs et d'ongles longs subulés et 
courbés. La longueur du doigt du milieu avec l'ongle porte plus de 
deux pouces. 

Un roux mordoré très-vif couvre tout le sommet de la tête et 
s'étend sur l'occiput et la nuque; l'organe de l'ouïe est aussi recou- 
vert par des plumes de cette couleur, séparées du roux de la nuque 
par une bande noire qui, couvrant le lorum, passe au-dessus du 
bord de la petite région ophthalmique, et suit parallèlement, avec 
une bande blanche , l'espace mordoré de la nuquej des plumes 
noires lisérées de blanc couvrent les tempes et le devant du cou, où 
se dessine une grande plaque blanche. Le dos est gris olivâtre à 
liséré brun; le croupion porte de grandes taches noires en forme de 
fer de lance j les ailes sont chamarrées de grandes taches noires sur 

Recueil d'Oiseaux, 78 e . livraison. 



PERDRIX MÉGAPODE. 

un fond mordoré très-vif 5 la poitrine est cendrée, le milieu du 
ventre blanc pur, et les plumes des flancs sont grises, avec une 
tache blanche à leur centre et de larges bordures mordorées le long 
des bords des barbes. Le bec est noir, les pieds sont d'un gris 
bleuâtre, et les ongles bruns. Longueur, dix pouces. 

La femelle, pi. 465, diffère du mâle par l'absence de roux à la 
tête, remplacé par du brun cendré à mèches noires; la bande sour- 
cillière est d'une teinte claire pointillée de noirj des mèches noires 
sur un fond roux ou roussâtre couvrent les tempes et le devant du 
cou , mais la plaque est d'un roux vif; la poitrine est bariolée et ta- 
chetée, et les plumes blanches du ventre portent des croissans rous- 
sâtres; les taches mordorées sont peu nombreuses sur les ailes , et les 
bordures des plumes du dos sont d'un fauve clair, liséré en dessus 
comme en dessous d'un trait noir. 

L'espèce vit au Bengale, et a été envoyée au Musée de Paris par 
M. Duvaucel. On voit des sujets dans le cabinet de la société zoo- 
logique à Londres. 



~>-j8. 




Perdrix de ' Jïeù, mJA. 



JPreù*e> 



Ô20. 




%S\ t*'»* 




Perdrix: ae Eeij , fème/k 



Frefrc 



\S* 



PERDRIX DE HEY. 



PERDIX HEYL Te 



MM, 



Le Mâle et la Femelle. — Planches 3^8 et 32g. 

M. Cretschmaer, Directeur du Cabinet d'Histoire Naturelle à 
Francfort , nous a fait passer sous le nom indiqué ci-dessus le mâle 
et la femelle de cette espèce nouvelle du genre Perdrix^ ils font partie 
des envois adressés par M. Ruppel au musée de sa ville natale. Ce 
bel établissement, érigé sous les auspices d'une société composée de 
savans distingués, et au moyen des subsides patriotiques fournis par 
la classe opulente des habitans , fait le plus grand honneur aux vues 
d'utilité publique de ceux qui en posèrent les premiers fondemens. 

Sous le rapport des noms proposés dans les ouvrages les plus récents 
on se voit souvent embarrassé d'admettre une série de ces noms propres 
donnés par les auteurs à des espèces inédites. Les noms très-obscurs 
de personnes qui n'ont aucun mérite scientifique, et dont les travaux 
mercenaires n'ont pu contribuer directement aux progrès de l'histoire 
naturelle, ne devraient point être admis dans nos catalogues. C'est 
probablement pour se débarrasser des soins d'une recherche plus scien- 
tifique que ces auteurs choisissent dans les cadres d'un équipage de 
navire, depuis le chef jusqu'au mousse, sans toutefois s'oublier eux- 

Recueil d'Oiseaux 3 55 e . livraison. 



PERDRIX DE HEY. 

mêmes , des noms qu'ils appliquent sans choix au premier animal 
qui leur tombe sous la main. Si l'emploi d'une grande quantité de 
noms peu connus dans le domaine de la science paraît sous tous les 
rapports mal vu, il n'en est pas de même du choix d'un nom propre 
du savant distingué, du voyageur intrépide, du naturaliste voué aux 
recherches, ou bien des personnes qui ont pu contribuer à en faciliter 
les moyens , enfin de celles qui ont un mérite quelconque dans la sphère 
des sciences. A ces titres nous savons gré à M. Cretschmaer de rendre 
hommage au compagnon intrépide et plein de zèle et de dévouement 7 
associé à M. Ruppel dans les voyages scientifiques dont ils poursuivent 
le cours. Les dangers affrontés par M. Hey dans le seul but de se rendre 
utile ; les courses périlleuses entreprises pour faire des découvertes 
dans une terre jadis classique, transformée aujourd'hui en un désert 
affreux , sont des titres que nous nous empressons de faire valoir et 
auxquels l'hommage d'une dédicace répond d'une manière très-faible 
relativement au mérite personnel. 

Ce joli Gallinacé est de taille moyenne entre la Perdrix et la Caille 
d'Europe; un plumage coloré par grandes masses, un bandeau blanc 
et une grande tache longitudinale de la même couleur placée derrière 
l'œil peuvent servir de caractères distinctifs du mâle 5 des plumes un 
peu longues , larges du bout , forment une petite coiffure peu distincte 
à l'occiput 5 un cendré légèrement pourpré ou couleur lie de vin 
couvre la tête et tout le haut du cou 5 une teinte plus claire tirant 
à l'isabelle est répandue sur la partie du bas du cou , sur la poitrine, 
le manteau et les scapulairesj les plumes des flancs et du ventre, 
colorées de la teinte lie de vin, et mordorées sur les barbes intérieures, 
sont toutes bordées latéralement par une bande brune-noirâtre 5 les 
ailes sont d'un cendré-isabelle pointillé de fines stries brunes ; du 
blanchâtre est disposé en festons sur les barbes extérieures des re- 



\«? 



PERDRIX DE HEY. 

miges; le dos et les couvertures du dessus de la queue portent des 
raies brunes très-fines sur un fond cendré jaunâtre; les pennes de la 
queue sont d'un roux vif, à l'exception des deux du milieu colorées 
et rayées comme les couvertures 5 le bec est jaune , et les pieds sont 
cendrés. Longueur totale , huit pouces. 

La femelle a tout le plumage rayé transversalement; elle manque de 
bande frontale et de tache blanche derrière les yeux; toute la région 
de cet organe est parsemée de petits points bruns sur un fond isabelle 
très-clair; de fines bandes grises et brunes couvrent la tête et le cou; 
une teinte cendrée isabelle irrégulièrement ondée et rayée est répandue 
sur toutes les parties supérieures ; les rémiges sont marbrées de roux, 
et la queue rousse comme dans le mâle a des marbrures brunes vers 
le bout des pennes; toutes les parties inférieures sont couvertes de 
zigzags et de raies transversales d'un gris clair sur un fond blanchâtre 
terne; enfin le bec est brun. 

Les deux individus que M. Cretschmaer a bien voulu me confier 
font partie du Musée de Francfort; ils ont été tués par M. Hey dans 
les déserts d'Àcaba en Arabie. 



32 




Caille 



\ 
Os 



V 



entres perl&, 7?hàZ& / . 



J*réô*e/'. 



x o3 



CAILLE A VENTRE PERLÉ 



PERDIX STRIATA. Lath. 



Le Mâle. — Planche 82. 

Cette espèce est décrite par Latham d après Sonnera t (1) qui 
Fa fait connaître 3 mais ici, comme dans toutes les descriptions 
d'animaux observés par ce naturaliste , nous regrettons que Fauteur 
se soit restreint à la description de leur plumage , sans entrer dans 
les moindres détails sur les mœurs et sur les habitudes, partie de 
Fhistoire des êtres la plus intéressante à étudier. 

Nous avons donné une description de cet oiseau dans Y Histoire 
des Gallinacés 3 vol. 3, pag. 4^o, où il se trouve placé dans le 
genre Coturnixj depuis on a jugé que ce genre pouvait être supprimé 
pour ne faire qu'une section de celui sous le nom de Perdix j j'en 
ai exposé les motifs dans le Manuel d' Ornithologie ^ et j'ajouterai 
qu'en formant des Cailles un genre distinct de celui des Perdrix, 
il serait aussi nécessaire de former deux coupes génériques des Fran- 
colins et des Colins; les premiers à cause des éperons dont les tarses 
des mâles sont armés, et les seconds vu la hauteur du bec 9 pourvu 

(1) Grande Caille de Madagascar, Sonn. , Voy. IncL, vol. 2, pag. 169, tab. 98. — Lath.;, 
Ind. Orn., vol. 2 , pag. 654 * S P* 36. 
Recueil d'Oiseaux , 14 e . "livraison. 



CAILLE A VENTRE PERLÉ. 

d'une échancrure ou dent , dans une espèce $ ce cas existant , les 
femelles des Francolins ne pourraient être classées qu avec les Pre- 
drix , et de cette manière on se verrait conduit par une telle voie 
strictement méthodique , à séparer le mâle de la femelle en deux 
genres distincts 5 les Perdrix à bec très-allongé et en pioche récla- 
meraient une nouvelle coupe générique j ■ il faudrait en distraire 
également la Perdix guianensis des méthodes , à cause de l'échan- 
crure au bec ; les Cailles à bec long et les Perdrix à bec allongé ne 
pourraient être réunies 5 ainsi on parviendrait à former dans le 
genre Perdix six ou sept nouveaux genres parfaitement inutiles, 
mais en harmonie avec ce grand nombre de divisions et de subdi- 
visions dont les nouveaux systèmes sont encombrés. 

Cette grande Caille d'Afrique se distingue de tous ses congé- 
nères par la force du bec et par la longueur de la mandibule supé- 
rieure $ caractère que nous avons également fait observer chez toutes 
les espèces de Perdrix proprement dites et chez tous les Francolins 
qui habitent cette partie du globe 5 apparemment que la mandi- 
bule supérieure allongée et formée en pioche sert à cet oiseau 
aux mêmes fins 9 et que, destiné comme les Perdrix Africaines à se 
nourrir de plantes bulbeuses , cachées par un sol dur et graveleux, 
il fait usage de ce bec pour labourer la terre j sa queue est un 
peu plus longue proportionnellement à celle de la Caille d'Europe , 
mais elle est , comme dans cette espèce 9 cachée par les couvertures 
supérieures 5 du reste , quoique modelée sur les mêmes formes 9 elle 
est d'un tiers plus grande dans toutes ses dimensions. 

La Caille de cet article porte en longueur totale neuf pouces 3 
le bec a dix lignes et le doigt du milieu avec l'ongle un pouce quatre 
lignes. Le sommet de la tête, la partie postérieure du cou, le dos 
et le croupion sont d'un brun-roux 5 sur le centre de chacune de 



\^ 



CAILLE A VENTRE PERLÉ. 

ces plumes est une large bande d un blanc- jaunâtre qui suit la direc- 
tion de la baguette 5 sur les plumes de la nuque sont quelques 
taches noires et sur celles du dos des bandes transversales noires et 
rousses 5 l'espace entre l'œil, la gorge et le devant du cou sont d'un 
noir profond; au dessus des yeux passe une étroite bande blanche , 
qui se dirige sur la nuque 5 depuis la base du bec une seconde bande 
blanche , mais plus large , passe au dessous des yeux et vient border 
latéralement le noir du devant du cou 5 sur la poitrine est un plas- 
tron de forme ronde et de couleur marron-foncé 5 les côtés du cou 
(compris entre l'espace des deux bandes blanches) et les parties 
latérales de la poitrine sont d'un beau cendré-bleuâtre 5 le milieu 
du ventre, d'un noir profond, porte de grandes taches rondes d'un 
blanc pur^ sur le marron-foncé des plumes des flancs on voit une 
large bande blanche qui en occupe le centre , et ce blanc est 
bordé de chaque côté d'une étroite ligne noire ; les couvertures des 
ailes sont rayées transversalement de noir et de blanc-roussâtre ; 
quelques-unes portent une étroite ligne blanche le long de la baguette 
et la plupart sont terminées d'un peu de blanc ; les rémiges sont 
d'un brun-cendré avec un peu de roux sur la barbe extérieure ; les 
pennes de la queue sont noires, coupées de fines bandes transver- 
sales rousses; le bec est noir; l'iris d'un jaune terne, et les pieds 
roussâtres. 

Il est assez probable que cette description appartient au mâle 
de l'espèce ; la femelle n'est point encore connue. 

Cette belle Caille habite l'île de Madagascar; elle émigré sur 
toute l'étendue de la côte orientale de l'Afrique. Le mâle que je 
viens de décrire fait partie du Musée des Pays-Bas 5 un individu 
semblable est déposé au Muséum de Paris. 




J,ï. 



i. Caille nattée/ ma/es . 2.fèm*l&. 



Mièt 



tA 



CAILLE NATTÉE. 



PERDIX TEXTILIS. Temm. 



Le Mâle et la Femelle. —Planche 35. 

Cette Caille est un peu plus petite que celle d'Europe ; ses 
proportions sont les mêmes ; leur plumage se ressemble, mais celui 
de la Caille nattée est plus marqué de raies et de taches foncées, et 
les parties inférieures sont variées de taches et de raies nombreuses. 
Le mâle se distingue par une tache noire triangulaire au menton , et 
par deux bandes noires , étroites et demi-circulaires qui ornent le 
devant du cou ; la première entoure la gorge et les angles remontent 
devant l'orifice des oreilles ; l'autre descend sur la poitrine et ses 
angles vont joindre la partie postérieure de l'organe indiqué ; une 
petite moustache noire marque l'angle du bec , et une raie cendrée 
s'étend de l'œil aux narines ; tout le reste du devant du cou est blanc 
et c'est la couleur des larges sourcils qui s'étendent vers l'occiput ; 
une bande noire plus ou moins large, souvent indiquée par de nom- 
breuses taches rapprochées, couvre le thorax; toutes les parties infé- 
rieures sont marquées de mèches noires avec des traits blancs parallèles, 
disposés sur un fond blanc-roussâtre ; les bandes surcillaires et celles 
du milieu du crâne sont semblables à celles de notre Caille d'Europe ; 

Recueil d'Oiseaux , 6 e . livraison. 



CAILLE NATTÉE. 

les plumes du cou, du dos, des scapulaires, et celles qui couvrent 
le croupion sont peintes au milieu d'une tache lancéolée d'un blanc- 
roussâtre , bordée de noir $ le reste des barbes est marqué de grandes 
taches noires coupées par des bandes rousses et cendrées $ les cou- 
vertures des ailes sont cendrées et coupées par des bandes jaunâtres 
bordées de noir; les pennes sont cendrées. 

La femelle diffère du mâle par le manque de la tache triangu- 
laire et des bandes demi-circulaires à la gorge 5 celles-ci sont indiquées 
par une série de petites taches noires disposées de la même manière 
que les bandes chez le mâle 5 la gorge est d'un blanc pur 5 les parties 
supérieures ne diffèrent point d'une manière très-marquée, mais 
celles du cou et du dessous du corps sont d'un blanc-roussâtre , irré- 
gulièrement marqué de taches noires et de raies longitudinales 
blanches 5 ces dernières sont disposées sur les flancs 5 le milieu du 
ventre est blanc. 

Sonnerat a parlé de cette espèce sous le nom de petite Caille de 
Gingi , et Sonnini l'indique dans l'article de la Caille de la côte de 
Coromandel. C'est Perdix Goromàndelica , Lath. Ind. Ornith. vol. 2, 
pag. 654. Sp. 38. Les descriptions des auteurs mentionnés n'in- 
diquent point la tache noire triangulaire à la gorge du mâle adulte > 
ce qui fait présumer qu'ils n'ont vu que de jeunes mâles ou bien des 
femelles. 

Cette espèce habite le continent de l'Inde , elle paraît commune 
au Bengale. On trouve les individus des deux sexes dans les Musées 
de Paris et des Pays-Bas. 




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1. Perdrix rOUSSe -{JO/ye^na/e. 2X&.Id.Jemelfe 



2 reére- . 



PERDRIX ROUSSE-GORGE. 



PERDIX CAMBAYENS1S. Lath, 



Le Mâle et la Femelle adultes. — Planche 44y , fig. i et 2 



Il résulte souvent les erreurs les plus graves de l'empressement 
qu'on met à classer les animaux dans nos méthodes , et à publier les 
résultats d'une première observation basée sur l'examen , quelque- 
fois très-superficiel 9 d'un sujet unique. L'article que nous publions 
ici peut servir de preuve nouvelle que les publications trop précoces 
nuisent plus ou moins à l'étude de l'histoire naturelle; elles tendent 
souvent à porter la confusion dans la classification méthodique. 

Latham, induit en erreur par l'examen d'un sujet de cette espèce 
déposé dans les galeries du Musée britannique à Londres, sur lequel 
il composa son article Perdix eambayensis 9 Ind. Omit. vol. 2, 
page 655 , sp. 44, ne s'est point douté que l'individu avait été mu- 
tilé; le manque d'ongle au doigt postérieur lui parut sans doute très- 
extraordinaire , puisqu'il fait mention à deux reprises de la phrase 
digito postico mutico 3 dans un article de quatre lignes. Fixant mon 
attention sur cette remarque faite par Lathaxn, et d avance frappé 
de l'analogie entre le manque d'ongle chez cette espèce, et l'absence 

Recueil d'Oiseaux, 75 e livraison. 



PERDRIX ROUSSE-GORGE. 

bien constatée de tout ongle dans le Cryptonix ou Roulonl couronné. 
Voyez les PL col. 3ôo et 35 1. J'associai ce Perdïx cambayensis à 
l'espèce bien connue. Me trouvant à Londres, j'y vis l'individu qui 
avait servi à la description de Lathamj et sans doute prévenu en fa- 
veur de l'absence de l'ongle au doigt postérieur, je ne m'aperçus 
point de l'état imparfait du sujet : ce n'est qu'après avoir eu sous les 
yeux une multitude de dépouilles de la même espèce, toutes pour- 
vues d'un ongle au doigt postérieur , que je me doutai de l'état de 
dégradation du sujet déposé au Musée britannique. Cet individu est 
un jeune mâle revêtu en partie du plumage de l'adulte, mais ressem- 
blant plus au total à la vieille femelle dont le portrait accompagne 
cet article. Il résulte de tout ceci que le Perdïx cambayensis est une 
véritable Perdrix, et qu'il faut rayer tout l'article du Cryptonix roux 
fourni dans l'histoire des Gallinacés, vol. 5, pag. 534. Le genre 
Cryptonix ne comprendra que l'espèce unique sous Cryptonix coro- 
natus. 

L'espèce étant réintégrée à sa véritable place, nous ferons observer 
qu'elle s'éloigne un peu des Perdrix par la forme du bec , qui est très- 
court, plus haut que large, à mandibule supérieure très-fléchie $ le 
tarse du mâle est pourvu d'un tubercule très-fort j les sujets très- 
vieux ont ce tubercule extraordinairement développé , pouvant pres- 
que tenir lieu d'éperon obtus. L'espèce est encore caractérisée par la 
petite taille, moindre que celle de notre caille d'Europe, dont elle 
n'a pas la coupe d'aile 5 les pennes sont étagées comme chez les Perdrix 
proprement dites. Les sexes diffèrent par les couleurs du plumage , 
mais le mâle et la femelle ont toute la région gutturale d'un beau roux 
foncé. 

Le mâle adulte , en état parfait du plumage , est facile à distinguer 
de la femelle par les belles bandes noires et blanches dont toutes les 



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PERDRIX ROUSSE-GORGE. 

parties inférieures sont couvertes, ses bandes transversales, très- 
régulières, sont peu larges sur toutes les parties du devant du cou 
et de la poitrine : elles occupent plus d étendue sur le ventre et sur 
les flancs 5 les cuisses et la région abdominale sont d'une teinte isa- 
belle foncée. Les parties inférieures chez la femelle sont d'un roux 
isabelle, sans taches ni raies, mais un peu teint de couleur lie de vin 
à la poitrine. Le plumage des deux sexes n'offre à peu près aucune dis- 
parité dans la distribution des couleurs des parties supérieures et de 
la têtej trois raies, dont une rousse et deux blanches passent sur les 
joues j une raie blanche et une rousse passent au-dessus des yeux, 
et l'autre bande blanche en dessous : elles aboutissent au côté du cou 5 
le sommet de la tête est varié de gris et de noirâtre ; tout le dos est 
gris marqué de nombreux zigzags très-déliés $ les ailes sont aussi de 
couleur cendrée variée de zigzags, mais chaque plume porte une 
raie blanche plus ou moins large j sur la baguette quelques unes 
ont encore de grandes taches noires irrégulières, et des bandes trans- 
versales jaunâtres ou roussâtres encadrées de noir j la queue est ar- 
rondie, rayée à grand intervalle de roux jaunâtre encadré de noir : 
l'intervalle entre ces bandes est couvert de zigzags très-fins; les pieds, 
les ongles et la mandibule inférieure sont jaunes j la mandibule su- 
périeure est brune- Longueur de cinq pouces huit ou dix lignes à 
six pouces au plus. 

Cette espèce est très-abondante dans tous les cantons cultivés de 
Flnde 5 on la trouve en grand nombre sur les marchés, dans les villes 
du Bengale, particulièrement à Calcutta. Les Musées de Paris et des 
Pays-Bas ont obtenu des individus de MM. Duvaucel et Dussumier. 






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Collll S 117 KM , mâle . 



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COLIN SONNINL 



P ERD I X S O NN I NI I. Temm 



Le Mâle. — Planche 76. 

Je conserve à ce Colin , qui n'a été désigné dans aucune méthode , 
et seulement dune manière peu satisfaisante par les voyageurs, le 
nom du naturaliste qui le premier nous a donné sur l'histoire de 
cet oiseau des renseignemens plus positifs. M. Virey le décrit dans 
la nouvelle édition des œuvres de BufFon (1)5 avant lui l'abbé Rozier 
Favait indiqué dans le Journal de Physique de Tannée 17725 tom. 2, 
part. i re . 9 pag. 217, et figuré planche 25 Barrère et Laborde en 
font aussi mention j mais ces indications ont été confondues avec 
les descriptions, également très-succinctes, de l'espèce du Zone-* 
colin. 

Ce Colin , qui habite des climats où la température ne se refroidit 
jamais à tel point que les substances végétales languissent dans 
une inanition temporaire, n'est point contraint, par un manque 
de nourriture ou par un froid trop âpre, d'abandonner les lieux qui 
l'ont vu naître 5 il n'émigre point comme le Coléniquij l'espèce est 
sédentaire dans les contrées de l'Amérique méridionale. Ces Colins 

(1) BufFon, êdit. de Sonn., p. j , p. i33. 
Recueil d'Oiseaux, i3°. livraison. 



COLIN SONNINI. 
ainsi que tous leurs congénères vont par compagnies de sept ou 
huit, jusqu'à quinze ou seize; lorsque la troupe prend son vol 
les vieux se lèvent les premiers. Ils habitent de préférence les petites 
bornes sur la lisière des bois, et ils ne sont pas si sauvages qu'on 
n'en rencontre plusieurs compagnies dans le voisinage des habitations. 
Les jeunes ne se lèvent pas facilement, et se cachent fort bien dans 
les grandes herbes entrelacées dans les buissons et les petits palmiers 
épineux, où ils se retranchent. Quand ils partent, ils ne poussent 
point de cri, et filent droit tout de suite 5 leur vol n'est pas élevé 
de plus de cinq ou six piedsj les jeunes éparpillés se rappellent entre 
eux par un petit sifflement assez semblable à celui de nos Perdreaux. 
Ce Colin pond en difFérens temps et fait deux couvées. Sonnini 
rapporte qu'il a vu nourrir en cage de ces oiseaux, avec de petites 
graines, mais ils conservaient toujours un caractère sauvage et 
farouche, et ils s'agitaient extraordinairement lorsqu'on s'approchait 
d'eux. 

Ce Colin se distingue, au premier coup d'oeil, du Zonécolin , 
( Perdix cristata Lath.) par les couleurs plus foncées de son plu- 
mage 5 le roux-marron, le cendré-rougeâtre et le noir en forment les 
teintes principales 5 tandis que dans le Zonècolin, c'est le blanc- 
jaunâtre, le cendré-brun, le noir et le roux qui dominent : chez ce 
dernier la femelle diffère beaucoup du mâle par les distributions 
des couleurs du plumage , tandis que chez le Colin Sonnini le plu- 
mage de la femelle ne diffère de celui du mâle que par les teintes 
moins vives : dans le Zonécolin les quatre ou cinq longues plumes 
droites qui forment la huppe sont implantées en avant des yeux, 
vers le front 5 dans le Colin Sonnini, de semblables plumes forment 
une huppe , mais qui se relève au milieu du crâne et dont les plumes 
sont implantées entre les yeux. 



^ 



COLIN SONNINI. 

La longueur totale est de sept pouces et jusqu'à trois ou quatre 
lignes 5 le bec est comme dans le Zonécolin, et le tarse a aussi la même 
longueur. Quatre ou cinq plumes étroites , dont les deux plus longues 
mesurent un pouce , sont implantées sur le haut de la tête , entre 
les yeux 5 elles sont jaunâtres avec un peu de brun au milieu 5 
le front est jaunâtre, et c'est aussi la couleur qui entoure la base 
des deux mandibules 5 toute la gorge et une large bande derrière 
les yeux sont d'un roux-foncé , sans que les plumes soient bordées 
d'une couleur différente ; les plumes de la nuque et des côtés du 
cou portent des taches blanches, noires, et de couleur marron 5 le 
haut du dos est d'un cendré-roux avec de nombreux zigzags noirs j 
toutes les autres parties supérieures portent, sur un fond cendré- 
roux, de grandes taches noires et des zigzags bruns, et les couver- 
tures des ailes ne sont point bordées de couleurs claires 5 la poitrine 
d'un cendré-rougeâtre clair, qui est à points noirs, porte encore 
quelques taches blanches disséminées; toutes les plumes des parties 
inférieures, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, ont 
trois grandes taches ovoïdes d'un blanc pur, disposées de chaque 
côté de la plume le long de ses bords; ces taches sont entourées de 
noir et le milieu de la plume est d'un beau roux-marron 5 les rémiges 
et les pennes secondaires sont brunes; les pennes de la queue sont 
d'un brun très-foncé, avec une multitude de petits zigzags noirs; 
le bec est noir et les pieds sont jaunâtres. 

La femelle, toujours un peu moins grande, n'a point de ces 
plumes allongées sur la tête; les couleurs de son plumage sont plus 
pâles , mais les distributions en sont les mêmes. 

Je termine cet article des Colins par la remarque que plusieurs 
autres oiseaux portent ce même nom dans les écrits de Fernandez(i). 

(1) Voyez Fernandez, Hist. avium novœ Hisp. cap. 2^, 25, 5g, 85 et 1 34« 



COLIN SONNINI. 

Nonobstant les indications succinctes de cet auteur et l'impossibilité 
de reconnaître les espèces différentes qu'il se contente de signaler par 
les noms les plus barbares , nous voyons cependant les méthodistes 
s'aviser de les produire , comme autant d'espèces distinctes d oiseaux . 

Parmi ces Colins de Fernandez indiqués plutôt que décrits, on 
doit rayer les suivans de la liste des espèces de Perdrix d'Amé- 
rique. Le Cacacolin^ du chapitre i34$ les deux espèces diJccolins 
ou Cailles d'eau , aux chapitres 10 et i3i ; le grand Colin de Buf- 
fon (i) et que Fernandez indique au chapitre 3g ^ sans lui donner 
de nom; YOcocolin, chapitre 85 , indiqué par Buffon (p) sous le nom 
d'Ococolin ou Perdrix de montagne du Mexique , le même oiseau 
dont Brisson fait une espèce de Rollier (3) , et ensuite une espèce de 
Caille ou de Perdrix (4) $ Fernandez parle encore d'un autre Oco- 
colïnau. chapitre an, mais celui-ci est du genre Pie. La prétendue 
Caille des îles Malouines (5) , figurée par Buffon 9 est encore un Colin, 
mais que je n'ai jamais vu en nature. 

Musées de Paris et des Pays-Bas. 

(1) Perdix novae Hispaniœ. Lath. > Ind. Ornith. > v. 2 9 p. 653 , sp. 55. 

(2) Perdix nœvia. Lath., Ind. Ornith. , v. 2 9 p. 649? sp. 19. 
(5) Galgulus mexicanus cristatus. Briss., Ornith. ,v. 2 , p. 84- 

(4) Perdix montana mexicana. Briss., Ornith., v. i 9 p. 226, sp. 5. 

(5) Perdix falklandica, Lath., Ind., v. 2, p. 653, sp. 52. 



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Rouloul couronnÂ, mÂI^/. 



Eueâ. 



Jôj 



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Roui oui couronnes, femelle/. 



Jiuefr. 



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CRYPTONIX ou ROULOUL COURONNÉ. 



CRYPTONIX CORONATUS. Temm, 



Le Mâle , planche 5ôo. — La Femelle 3 planche 55 1. 

Nous avons fait observer dans le discours sur le genre Tétras publié 
dans le troisième volume de l'Histoire naturelle des Pigeons et des 
Gallinacés , pag* 110, que le Rouloul de l'Encyclopédie fait partie du 
nombre des oiseaux classés par Gmelin, treizième édition des œuvres 
de Linné, dans le genre Tetrao; Latham le range parmi les Perdrix. 

La forme du bec et des narines des Gryptonix distingue ceux-ci , 
du premier coup d'oeil , des oiseaux compris dans le genre des Per- 
drix , tandis que le manque de l'ongle au doigt postérieur est un 
caractère qu'on ne trouve dans aucun genre d'oiseaux 5 il est même 
probable que ce manque d'ongle a paru aux yeux de certains natu- 
ralistes , comme une difformité individuelle, puisque Sparmann et 
Latham, qui donnent des figures sous tous les autres rapports assez 
exactes du mâle de l'espèce de cet article, le représentent portant 
un ongle au doigt postérieur : cependant, je puis assurer que ce 
manque d'ongle n'est point accidentel dans les oiseaux de ce genre, 
puisque sur plus de vingt individus qui m'ont été envoyés de Batavia , 

Recueil d'Oiseaux, 59 e . livraison. 



CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNÉ. 

je n'ai vu dans aucun sujet des deux sexes, le moindre indice d'une 
substance cornée au doigt postérieur. 

Sonnerat est le premier qui ait fait connaître ce singulier Galli- 
nacé 5 indécis sur la place que l'espèce doit occuper, il établit des 
rapprochemens entre le Faisan et le Ramier d'Europe, et cette 
circonstance semble avoir déterminé Sparmann à en faire un Faisan , 
sous le nom de Phasianus cristatus (1); Latham et Gmelin par contre, 
se sont avisés d'en faire un Pigeon , sous le nom de Colurnba cristata (2); 
ces derniers font ensuite de la femelle une véritable Perdrix, sous le 
nom de Fer dix viridis (5) ; et finalement, nous voyons l'auteur An- 
glais réunir toutes ces indications dans le supplément à l'index, sous 
la dénomination de Perdix coronata. J'ai cru devoir faire de ces 
oiseaux un genre distinct, également différent de celui du Pigeon y 
du Faisan et de la Perdrix. 

Le Cryptonix couronné se distingue par sa taille assez forte , par 
la nudité très-grande dans laquelle les yeux sont placés j cette peau 
nue forme autour de l'orbite une membrane proéminente, dont le 
bord est profondément échancré; les deux sexes portent encore sur 
la base du bec cinq ou six crins qui décrivent le quart de cercle. 

La longueur totale du mâle adulte est de dix pouces 5 le bec porte 
neuf lignes 5 sa hauteur, à la base, est de cinq lignes j le tarse a un 
pouce huit lignes, il est dépourvu d'ergot et de tubercule calleux; 
le doigt du milieu avec l'ongle mesure un pouce quatre lignes, et le 
moignon ou doigt de derrière a cinq lignes- 
Outré que le mâle diffère beaucoup de la femelle par les couleurs 
du plumage, il s'en distingue encore par cette belle touffe de longues 

(1) Sparmann, Muséum Caris. > fasc. 5, t. 64* 

(2) Gmel. Syst. nature 1, pag. 774; et Lath. Ind. Orn. v. 2, pag. 696. 
(5) Tetrao yiridis. Gjnel./pag* 761.. 



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CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNÉ. 

plumes à barbes décomposées , qui ceint Focciput en forme de dia- 
dème, et que l'oiseau porte toujours à moitié relevée. Le front est 
noir 5 de la base du bec s'élèvent six crins, dont les plus longs me- 
surent un pouce quatre ou cinq lignes; ces crins, assez épais, sont 
courbés en arrière, ils forment une huppe que Foiseau peut relever 
ou abaisser à volonté ; Fespace entre ces crins et le diadème est d'un 
blanc pur; les plumes qui forment le diadème sont d'un rouge 
mordoré , longues d'un pouce neuf lignes , et disposées en demi- 
cercle autour de l'occiput; le tour des yeux ainsi qu'un grand espace 
derrière est nu, d'un rouge clair, et ce rouge paraît également 
dans les interstices que laissent les petites plumes clair-semées , 
disposées sur les côtés de la tête et à l'en tour du bec; un cercle 
proéminent, de couleur rose, et garni d'échancrures, entoure l'or- 
bite des yeux et s'élève un peu au-dessus; les joues, la nuque, les 
scapulaires et toutes les parties inférieures du plumage sont d'un noir 
à reflets brillans de couleur violette; le dos, le croupion et les plumes 
qui recouvrent une grande partie de la queue sont d'un vert très- 
foncé; les pennes de la queue sont noires; toutes les couvertures des 
ailes et les pennes secondaires sont d'un brun-rougeâtre très-foncé ; 
sur les plus petites couvertures régnent des reflets violets; les rémiges 
sont d'un brun foncé sur leurs barbes intérieures , mais les barbes 
extérieures sont rousses et marquées de petits zigzags noirs; la man- 
dibule supérieure du bec est presque entièrement noire; l'inférieure 
ne l'est qu'à la pointe ; le reste ainsi que la base de la mandibule 
supérieure est rouge; les pieds sont d'un rouge-jaunâtre; les ongles 
sont bruns, et l'iris d'un rouge vif. 

La femelle , toujours un peu moins grande que le mâle , en diffère 
assez par les couleurs du plumage ; elle porte comme le mâle les six 
crins arqués sur la base du bec, mais point de diadème sur l'occipu t ; 



CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNÉ, 
la nudité ophtalmique a la même forme que chez le mâle 5 tout le 
haut de la tête, les joues , la nuque et la gorge sont couverts de 
petites plumes très-courtes et cotonneuses 5 elles sont d'un brun- 
cendré, mais avec une légère nuance violette 5 le cou ,1a poitrine, les 
flancs^ tout le dos et les couvertures supérieures de la queue sont 
d'un beau vert -céladon; le ventre et l'abdomen sont d'un vert- 
cendré, et les pennes de la queue sont d'un noir-verdâtre ; les 
scapulaires et toutes les couvertures des ailes sont d'un beau roux- 
marron 5 les pennes secondaires sont brunes 5 les rémiges sont de 
couleur plus claire que chez le mâle. 

Le Cryptonix couronné vit dans les grandes forêts , sans jamais 
se montrer dans les plaines $ c'est un oiseau très-méfiant et farouche 
qui ne peut résister à la captivité j le cri d'appel du mâle est un petit 
gloussement, plus sonore que celui de la Perdrix grise. 

Ces oiseaux habitent dans les forêts de la presqu'île de Malaca • ils 
sont très-abondans dans toutes les parties de l'île de Sumatra, qui 
est séparée de la terre ferme par le détroit de Malaca 5 ils sont en 
grand nombre dans le district de Palambang. L'espèce est rare à Java. 
Plusieurs individus m'ont été adressés de Batavia, et les naturalistes 
voyageurs en ont rapporté de ces pays. 

Musées des Pays-Bas et de Paiis. 



^ 



GENRE MÉGAPODE. 



GENUS ME GAP OBIU S. Temm. 



Bec grêle, faible, droit, un peu fléchi vers la pointe, pas bombé, aussi large que haut 
à la base; mandibule inférieure droite _, point cachée par les bords allongés de la 
supérieure. 

Narines distantes de la base du bec et plus près de la pointe, ovoïdes, ouvertes; fosse 
nasale longue, couverte d'une membrane entièrement garnie de petites plumes. 
Région des yeux nue; cou garni de plumes clair-semées. 

Pieds grands, forts; tarse près du double plus long que le doigt du milieu; tous 
les doigts longs, le postérieur posant à terre dans toute sa longueur; les antérieurs 
à peu près égaux; l'interne uni à sa base; l'externe divisé. Ongles très-longs, faible- 
ment courbés, trigones, déprimés. 

Ailes médiocres ; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la qua- 
trième, qui sont les plus longues. 



Les Gallinacés qui composent ce genre ne nous étaient point 
encore connus à l'époque de la publication de la seconde édition 
du Manuel d'Ornithologie. Les deux espèces, sur lesquelles notre 
nouveau genre a été primitivement établi 5 ont été rapportées par 
l'expédition du capitaine Freycinet$ depuis cette époque ces mêmes 
espèces et une troisième sont parvenues au Musée des Pays-Bas 
par les soins de M. Reinwardt qui a rapporté plusieurs individus 
de ses voyages dans les Moluques. 

Recueil d'Oiseaux, 37 e . livraison. 



GENRE MÉGAPODE. 
Ce genre doit prendre rang parmi les Gallinacés à queue courte. 
Il paraît convenablement placé entre les genres Cryptonyx et Tina- 
mus. On peut considérer ces oiseaux comme les représentans des 
Tinamous dans les contrées chaudes de l'ancien continent 5 quel- 
ques unes de leurs habitudes , leur port , même la nature du plu- 
mage , les couleurs et leur distribution offrent , en quelque sorte 
des rapports entre ces oiseaux et nos Mégapodes. Je ne vois point 
par quel motif on peut leur supposer des rapports avec les Pein- 
tades ou avec les Lophophores 3 mais il est certain que leurs doigts 
et la forme des ongles indiquent quelques rapprochemens avec ces 
mêmes parties dans le genre Menura. MM. Gaimard et Reinwardt 
nous ont communiqué quelques détails relatifs à la manière de vivre 
de ces Gallinacés 5 il nous restera cependant encore plusieurs lacunes 
à remplir dans la partie descriptive de leurs mœurs et de leurs habi- 
tudes. 

Ces Gallinacés habitent la lisière des grandes forêts qui bordent les 
plages maritimes j ils courent plus qu'ils ne volent^ leur retraite est 
dans les bois où leur genre de vie n'a point encore été observé 5 surpris 
en plaine le long des bords de la mer, ils partent au moindre indice 
de danger et vont se cacher dans l'épaisseur des bois ou des jonchaies, 
dont ils s'écartent peu 5 leur vol est de courte durée et en effleurant la 
terre$ le cri de ces oiseaux paraît être une espèce de gloussement. Leur 
démarche , observée en captivité , est vacillante; les pieds sont placés 
en arrière , projetant le corps en avant, absolument comme dans les 
Tinamous. Cette position des membres moteurs doit nécessairement 
contribuer beaucoup à les rendre très-ingambes. Leur bec est petit et 
grêle en proportion du corps j leur queue courte est recouverte, en 
grande partie, par les ailes; ils ont le cou couvert de plumes dispo- 
sées à claire-voie, qui laissent voir la peau dans certaines parties. 



^ 



GENRE MÉGAPODE. 

Les mâles ne diffèrent point des femelles. Mais ce qui rend ces oiseaux 
très-remarquables est la manière singulière de l'incubation. Ils pa- 
raît que ces Gallinacés ne couvent point leurs œufs et que sous 
ce rapport, semblables aux Amphibies , aux Ornithorhynques et 
à l'Echidné, ils abandonnent l'incubation à la chaleur du soleil 
dardant ses rayons perpendiculaires sur un sable brûlant; le fait 
est certain , puisqu'on trouve les œufs sur les bords de la mer dans 
des enfoncemens pratiqués dans le sable et recouverts de ce même 
sable , de feuilles et de plantes $ des milliers d'œufs, déposés de cette 
manière , couvrent les plages maritimes dans les îles où ces oiseaux 
ont établi leur demeure 5 les naturels savent apprécier l'étonnante 
fécondité de ces pourvoyeurs ailés 5 leurs œufs., recherchés avec 
soin, forment une partie de la subsistance des sauvages qui man- 
gent aussi la chair de ces oiseaux 5 on a lieu de croire que quelques 
insulaires sont parvenus à les réduire à un état demi-domestique. 
Les œufs de ces oiseaux sont d'une grosseur excessivement dispro- 
portionnée à leur taille, de forme ovalaire et d'égale grosseur au 
deux bouts. Il serait curieux à savoir de quelle manière les jeunes 
se comportent au sortir de l'œuf. Les soins maternels que les femelles 
de tous les Gallinacés connus prodiguent avec tant d'assiduité et 
de courage à leur progéniture, manqueraient-ils totalement à ces 
Mégapodes qui , par leurs formes totales et par leur étonnante fé- 
condité, ressemblent si complètement à tous les autres Gallinacés? 
Nous publierons dans ce recueil les figures des trois espèces nou- 
velles, comprises dans ce genre, savoir: les Mégapodes Freyclnet , 
Reïnwardt et La Peyrouse. 

Au moment de faire imprimer cet article nous apprenons par 
M. Dussumier, amateur plein de zèle et observateur exact (1), 

(1) M. Dussumier, de retour de son second voyage à Manille, a visite quelques autres îles. 



GENRE MEGAPODE. 

que les détails donnés par nous relativement à la ponte des Méga- 
podes sont exacts 5 il ajoute que les tentatives faites pour obtenir 
des individus de l'espèce qui sera publiée sous le nom de Lapé- 
rouse, ont été infructueuses. Il paraît que ces oiseaux déposent 
pendant la nuit, leurs œufs dans le sable du rivage 5 on les voit 
courir sur la grève avec une vitesse étonnante 5 mais à l'indice du 
danger ils se cachent dans les bois et dans les jonchaies de Rot- 
tings, où ils se blotissent sans qu'il soit possible au chasseur de 
les faire sortir de ces retraites qui favorisent leur fuite. 

Il est probable qu'il existe encore à Gélèbes une quatrième espèce 
de Mégapode beaucoup plus grande que les trois autres qui nous 
sont connues. On peut juger de sa taille par la grandeur des œufs 
qui ont la forme de ceux de notre Cygne domestique 5 leur lon- 
gueur est de quatre pouces cinq ou six lignes. M. Reinwardt a 
rapporté de Gélèbes plusieurs de ces oeufs trouvés par lui sur le 
rivage 5 il en a ramassé un très-grand nombre 5 disséminés çà et là 
sur un espace de terrain très-étendu 5 chaque œuf se trouvait enfoui 
dans le sable dont il était recouvert. Ce voyageur, nonobstant 
toutes les peines qu'il s'est données 5 n'a pu parvenir à se procurer 
l'oiseau qui est connu des habitans de Gélèbes sous le nom de 
Maléo. 

de l'Archipel des Philippines et des Mariannes; il a séjourné au Bengale, d'où il rapporte une 
belle collection d'oiseaux, rassemblée dans le but d'en faire hommage au Musée du Jardin du 
Roi à Paris. Quoique formant lui-même une collection ornithologique à Bordeaux, sa ville 
natale, M. Dussumier met un rare dévouement à enrichir le Musée de Paris des objets uniques 
qu'il rapporte de ses courses lointaines. Le Musée des Pays-Bas lui doit aussi quelques pièces 
rares et intéressantes dans cette branche de l'histoire naturelle. 



220, 




-■Jjttt tttattjtu^ -K^gjg^g 



J?rèlre/. 



Me g ap o de Freucineé^. 



& 



MÉGAPODE FREYCINET 



MEGAPODIUS FREYCINETL Gaimard, 



L'Adulte. — Planche 110 . 

Suivant le rapport de MM. Quoy et Gaimard il paraît que cette 
espèce vit dans un état demi-domestique , à peu près comme nos 
Canards sauvages , nos Cygognes et nos Pigeons de colombier 5 
plusieurs îles du vaste archipel de la mer des Indes en sont peu- 
plées. A Guébé ce Gallinacé porte le nom de Bléçine et chez les 
Papous celui de Mankirio. Ces peuples en apportaient de vivans 
aux voyageurs français, pour être mangés. M. Gaimard en a lui- 
même chassé dans la petite île de Bonyj ils se tiennent dans les 
lieux humides, volent peu et en effleurant la terre. 

Le Mégapode Freycinet a le port et la taille du Tinamou cendré 
d'Amérique j sa queue courte est arrondie par le bout, les ailes 
en couvrent plus de moitié 5 les pieds sont très- forts, munis d'ongles 
gros, faiblement arqués, déprimés au bout et de moitié longueur 
des doigts qui sont à peu près égaux ; les plumes de Pocciput sont 
un peu plus longues et plus touffues que celles du sommet de 
la tête 5 les petites plumes de la partie supérieure du cou sont à 
claire-voie , de façon que la peau nue , colorée de rougeâtre-terne , 

Recueil d'Oiseaux, 57 e . livraison. 



MEGAPODE FREYCINET. 

se distingue dans les intervalles qu'elles laissent entre elles. Le pln^ 
mage de toutes les parties, sans exception, est d'un noir couleur 
d ardoise ou mine de plomb , un peu plus foncé sur les ailes et sur 
la queue qu'au ventre j le bec est couleur de corne-claire, et les 
pieds ainsi que les ongles sont d'un noir parfait. Longueur totale 
de treize à quatorze pouces ; tarse, deux pouces six lignes. 

Les œufs sont d une grandeur disproportionnée en rapport à la 
taille de Foiseau qui les produit 5 à peu près d'égale grosseur aux deux 
bouts , longs de trois pouces et demi et d'un rouge-clair. On trouve 
des amas considérables de ces œufs le long du rivage de la mer 5 les 
cavités qui les recèlent sont recouvertes de sable , et les naturels 
savent reconnaître , à des indices certains , les lieux où ces oiseaux 
ont enfoui et caché leurs œufs 5 ils les recherchent avec beaucoup 
de soin. 

Cette espèce , dédiée par M. Gaimard au chef de l'expédition 
dont il a fait partie, vit à la terre de Papous, à Guébé, à Amboine 
et à Banda. M. Reinwardt nous a rapporté l'espèce de la dernière 
de ces îles. Les œufs y ont été trouvés isolés et dispersés çà et là 5 
mais chaque œuf était soigneusement recouvert par un amas de 
fragmens de plantes sèches ou de feuilles. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 



in. 




Megapôde a piedh roiu/etf. 



Prèfre . 



^ 



MÉGAPODE A PIEDS ROUGES. 



ME GAP ODIU S RU B RIPES. Temm. 



Le Mâle adulte. — Planche 4 1 1 . 

La seconde espèce de ce groupe est facile à reconnaître de celle 
publiée planche 1 20, et de la troisième nommée dans le pays Ta- 
pon (1) , que M. Gaimard vient de dédier à la mémoire de l'infor- 
tuné La Peyrouse : ces deux espèces ont les pieds noirs; celle-ci les a 
d un beau rouge. Elle ne diffère point par la taille du Mégapode 
Frejrcinetj mais il y a une assez grande disparité dans les couleurs 
du plumage. 

Notre Mégapode à pieds rouges a , comme ses congénères $ une 
grande partie de la gorge et les joues couvertes à claire-voie de pe- 
tites plumes 5 l'intervalle qu'elles laissent entre elles montre la peau 
nue , plus ou moins rougeâtre de ces parties 5 de petites plumes brunes 
alongées couvrent la tête et l'occiput ; le cou, la partie supérieure du 
dos, la poitrine et tout le devant du corps sont d'un bleuâtre terne, 
ou couleur de plomb; les ailes et le dos ont une teinte olivâtre foncée ; 
le croupion, l'abdomen, les côtés des cuisses et la queue sont roux- 

(1) Nous faisons suivre ici la description du Mégapode Tavon figure' dans la partie zoolo- 
gique du Voyage du capitaine Freycinet. C'est sans doute par erreur que M. Gaimard s'attri- 
bue la séparation générique du groupe Megapodius. 
Recueil d'Oiseaux y 69 e . livraison. 



MÉGAPODE A PIEDS ROUGES. 

marron 5 le bec est brunj les pieds sont d'un rouge-vermillon et 
les ongles, à peu près droits ou très-peu courbés, sont noirs. Longueur 
totale, treize pouces. 

J ai lieu de croire que les sexes ne diffèrent point : quatre individus 
rapportés par M. Rein wardt , de ses voyages dans l'archipel des Indes 
ne présentent aucune différence dans les couleurs du plumage. 

Le grand Mégapode, connu aux Célèbes sous le nom de Maleo, 
ne nous est point encore parvenu. J'en fais la remarque, afin que 
l'espèce décrite dans cet article ne soit pas confondue avec ce qua- 
trième Mégapode, l'un et l'autre se trouvant aux Célèbes : celle du 
présent article habite aussi Fîle d'Amboine. M. Reinwardt a trouvé 
les œufs de cet oiseau enfouis isolément sous le sable du rivage, et 
recouverts de débris de plantes. 

La découverte des oiseaux que j'ai désignés sous le nom de Méga- 
podes paraît dater du temps des premiers navigateurs dans ces ré- 
gions 5 il en est fait mention dans le Voyage autour du Monde par 
Magellan. Pigafetta dit, pag. 88, en parlant des oiseaux qui habitent 
File Massana ou Massaça, une des Petites Philippines : ce II y a 
aussi d'autres oiseaux noirs et gros comme une poule (i), qui font 
des œufs aussi gros que ceux du canard, et qui sont fort bons à man- 
ger. On nous dit que la femelle pond ces œufs dans le sable, et que 
la chaleur du soleil suffit pour les faire éclore. » 

Cette remarque, et toutes celles consignées dans notre article du 
genre Mégapode et dans ceux des espèces du Mégapode Freycinet et 
Ld Peyrouse , ne laissent plus aucun doute sur la singulière habitude 
propre à toutes les espèces connues de ce genre. Il nous tarde d'ap- 
prendre, par nos naturalistes voyageurs, si les jeunes Mégapodes nés 

(i) Probablement notre Mégapode Freycinet, pi. 220. 



s* 



MÉGAPODE A PIEDS ROUGES. 

sur le sable de la grève 9 par la seule influence de la chaleur du soleil , 
n'obtiennent aucun soin ni aucune protection de la part de leurs 
parens ou de parens adoptifs, ou bien s'ils sont abandonnés à eux- 
mêmes dès leur naissance. 



MÉGAPODE LA PEYROUSE, 

OU TAVON. 
MEGJPODIUS LJPEYROUSIL Gaimard. 



Cette espèce, découverte pendant l'expédition du Voyage autour 
du Monde, sous la conduite du capitaine Freycinet, est plus petite 
que les deux autres décrites par nous, et figurées dans les planches 
220 et 4i 1 ; elle a les tarses moins élevés, et sa taille est environ d'un 
quart moins grande dans toutes ses dimensions. Les plumes de la 
partie postérieure de la tête sont d'un brun-clair, effilées et sus- 
ceptibles de se redresser un peu; celles du dos et des ailes sont brunes, 
irrégulièrement mélangées de roux vers la pointe ; la couleur rousse 
est un peu plus claire sur la queue, à la poitrine et au ventre. Le 
bec est noirâtre en dessus, et couleur de corne dans ses autres parties. 
La peau nue du cou est d'une teinte jaune tirant sur le rougeâtre ; 
les tarses sont jaunâtres 3 les doigts et les ongles sont noirs. 

Cette espèce a été dédiée par M. Gaimard à la mémoire du célèbre 
et malheureux navigateur La Peyrouse. On la trouve dans l'archipel 
des Mariannes, où autrefois elle était très-commune. Les anciens ha- 



MÉGAPODE LA PEYROUSE. 

bitans lui donnèrent le nom de Sasségniatj on assure même qu'elle 
vivait en domesticité. Aujourd'hui on ne trouve plus de ces oiseaux 
dans les îles principales de l'archipel mentionné, telles que Guam, 
Rotta et autres 5 il faut aller à Tinian pour en trouver, encore sont- 
ils rares. 

M. Dussumier a rapporté de l'île Luçon un œuf de cet oiseau , 
que les habitans nomment Tavon. La couleur en est la même que 
celle des œufs des autres Mégapodes, c'est-à-dire d'un rougeâtre très- 
clair; ils sont très-grands en proportion de la taille de l'oiseau. On 
trouve ces œufs enfouis dans le sable, et recouverts par des feuilles 
ou bien de toutes autres matières qui sont à portée de l'endroit où 
la couveuse dépose ses œufs. 

M. Dussumier m'a dit qu'en langue tagalle , le mot lapon signifie 
enfouir 3 étymologie qui servirait de preuve certaine et viendrait à 
l'appui du témoignage des voyageurs sur une habitude si remar- 
quable dans des oiseaux de l'ordre des gallinacés. 

L'individu tué par M. Bérard dans l'île de Tinian est déposé dans 
les galeries du Musée de Paris. 

Nous ne fournirons point de portrait de cette espèce, vu qu'elle 
est très-bien figurée dans la partie zoologique du voyage du capitaine 
Freycinet. 



& 



GENRE TINAMOU. 



GENUS TWJMUS. Lath. 



Bec médiocre ou long, grêle, droit, déprimé, plus large que haut; pointe arrondie, 

obtuse; arête distincte formant une longue fosse nasale. 
Narines latérales, percées dans la fosse nasale, vers le milieu du bec, ovoïdes, 

percées de part en part. 
Pieds ; tarse long, garni d'aspérités à la partie postérieure, ou lisse; doigts courts, 

entièrement divisés ; le pouce très-court , élevé ou touchant la terre. Ongles petits 

et déprimés. 
Queue nulle ou totalement cachée. 
Ailes courtes. Les quatre premières rémiges étagées ; la première très-courte. 



Si les oiseaux de Fancien Continent et ceux de la partie septen- 
trionale du Nouveau-Monde , qui composent le genre de la Perdrix, 
sont exposés aux poursuites d'une multitude d ennemis, ceux de la 
partie méridionale de l'Amérique, compris dans le genre qui fait le 
sujet de cet article , sont encore plus que les premiers en butte aux at- 
taques d animaux qui cherchent à en faire leur proie. Une multitude 
d'espèces différentes d'oiseaux de rapine, attirées par l'abondance du 
gibier j les troupes affamées des jaguars et autres mammifères carnas- 
siers; le nombre considérable de reptiles qui se propagent dans ces 
chaudes contrées; plusieurs espèces d'insectes venimeux dont le sol 

Recueil d'oiseaux, 70 e livraison. 



GENRE TINAMOU. 

est couvert ; les fourmis marchant en essaims nombreux et en co- 
lonnes pressées 5 tout concourt à la destruction d'un genre d'oiseaux 
dépourvu de défense et souvent incapable, par son vol lourd et peu 
soutenu, de se dérober à la poursuite de ses adversaires. Point de 
tranquillité pour eux sur la surface de la terre b où ils se trouvent 
enveloppés par leurs persécuteurs; point de refuge assuré dans les 
airs, où les véloces oiseaux de proie, dont les espèces sont très-nom- 
breuses dans ces contrées, fondent dessus avec la rapidité de l'éclair} 
aucun espoir d'échapper dans l'épaisseur des humides forêts, où l'a- 
nimal carnassier et les serpens ont établi leur repaire. 

L instinct a enseigné aux Tinamous des bois un moyen plus sûr 
de se soustraire à tous ces dangers : cet instinct, qui paraît être com- 
mandé par la localité, les fait échapper pendant le jour à la pour- 
suite opiniâtre, et les garantit pendant la nuit d'être enveloppés dans 
leur sommeil; c'est en se posant sur les plus grosses branches des 
arbres, et par une habitude qui semble contraire en quelque sorte 
à celle de tous les autres oiseaux auxquels on pourrait les comparer, 
qu'ils se dérobent aux enquêtes de leurs nombreux ennemis. C'est 
pour se soustraire aux mêmes dangers que les Colins, ou Perdrix 
d'Amérique, et presque tous les oiseaux iîssipèdes et palmipèdes de 
ces contrées, se perchent la nuit sur les arbres, ou se dérobent , sous 
l'ombrage hospitalier du feuillage, aux poursuites de cette multitude 
d'oiseaux de rapine et de mammifères carnassiers attirés par l'abon- 
dance du gibier. 

Plus exposées aux poursuites de leurs ennemis, ces espèces de Ti- 
namous, qui ont reçu pour demeures habituelles les champs et les 
pays découverts, se voient réduites à chercher leur refuge dans un 
autre expédient, qui leur réussit pour se dérober aux yeux des ani- 
maux , mais duquel l'homme a su profiter pour leur livrer une guerre 



& 



CxENRE TINAMOU. 

à mort. Opiniâtrement blottis dans les fourrés des herbes très-hautes, 
les Tinamous des champs ne prennent que rarement recours au vol, 
et se laissent facilement tuer à coups de bâton par le chasseur qui a 
pu découvrir leur remise. 

Si les Tinamous de la Guiane ont toujours l'habitude de se poser 
sur les branches basses des arbres , c'est qu'ils y trouvent un refuge 
contre les poursuites de leurs nombreux ennemis : l'absolue néces- 
sité qui commande cette précaution à la Guiane n'est point la même 
au Paraguay ni au Brésil, vu que ces oiseaux, très-nombreux dans 
ces contrées, y sont moins en butte aux persécutions d'animaux et de 
reptiles voraces. Toutefois , il est certain que M. d'Azara a eu tort 
de dire si positivement que les Ynambus ne se posent jamais sur les 
arbres, puisque des observations plus récentes faites au Brésil nous 
ont appris que deux espèces également propres aux contrées de la 
Guiane s'y posent de même pendant la nuit sur les branches basses 
des arbres. J'observerai encore qu'à l'exception de ces deux espèces, 
toutes les autres décrites par M. d'Azara sous le nom $ Ynambus , 
sont étrangères aux contrées de la Guiane, et ne se trouvent qu'au 
Paraguay. Quelques-unes de ces dernières vivent aussi au Brésil. 

Il est essentiel de prévenir les naturalistes que le Ghoro (1) de 
M. d'Azara n'est point un Tinamouj l'oiseau décrit sous ce nom est 
une Poule d'eau des mieux caractérisées. L'Uru (2) du même auteur 
est le véritable Tocro ou la Perdix Guyanensis des nomenclateurs. 
Cette espèce se trouve également à la Guiane, où elle est absolument 
la même : ce que j'ai eu occasion de vérifier sur des individus des 
deux pays. 

Je ne m'occuperai point à prouver ici que les Tinamous ne sont 

(1) D'Azara. Voy. au Parag., v. 4, p. i56, n. 333, Traduct. franc. 

(2) Ibid. , n°. 334. 



GENRE TINAMOU. 

point des Perdrix ni des Cailles, bien moins des Outardes j le natu- 
raliste un peu exercé à observer les caractères distinctifs des genres, 
se gardera bien de les confondre avec les espèces qui composent les 
genres d'oiseaux mentionnés. 

Il paraît que Linné n'a point été à même de voir une dépouille de 
Tinamou , puisqu'il range ces oiseaux dans le vaste cadre qu'il a donné 
au genre Tetraoj des caractères marquans et faciles à saisir distin- 
guent les Tinamous de tous les Gallinacées, tant de l'Ancien que du 
Nouveau-Monde- C'est Latham qui leur a le premier assigné un genre 
particulier, sous la dénomination de Tinamus ; depuis, le savant 
professeur Illiger a pu trouver bon de changer ce nom adopté contre 
celui de Crypturus (1). 

Une des causes qui a le plus contribué à faire croire aux natura- 
listes que les Tinamous d'Amérique étaient du même genre que les 
Perdrix ou les Cailles de l'ancien Continent \ c'est que les colons , tant 
ceux de la Guiane que les Espagnols établis au Paraguay, et les Por- 
tugais du Brésil donnent aux grandes espèces de Tinamous le nom 
de Perdrix > et aux petites espèces, le nom de Caille. Les indigènes 
delà Guiane désignent ces oiseaux par le nom de Tinamou ; au Para- 
guay et au Brésil, ils sont connus sous le nom d'Ynambu. 

Les Tinamous sont des oiseaux stupides, peu sociables, dont le vol 
est lourd, peu élevé et de très-peu de durée 5 mais en revanche ils 
courent avec une extrême vitesse. Quelques espèces habitent les pays 
découverts et les champs, d'autres vivent toujours dans l'épaisseur 
des forêts. Us vivent en petite famille, mais ne se réunissent point 
comme le font nos Perdrix, qui prennent leur vol ensemble. La jeune 
famille des Tinamous est davantage éparpillée ; chaque individu se 
choisit un abri : ce qui fait que lorsqu'une telle compagnie prend 

(1) Illiger, Prod. Mamm. et Av. p. 244? Gen. ^- 



CxENRE TINAMOIL 

l'essor, elle se disperse toujours de côté et d autre, et ne vole point 
vers un même endroit comme le font le plus souvent les compagnies 
de Perdrix. Ils se nourrissent d'insectes et de fruits qu'ils ramassent 
à terre ; leur nid est comme celui de la plupart des Gallinacées, sans 
aucun apprêt; leur ponte est de plusieurs œufs verdâtres,et commu- 
nément deux fois par an : le cri d'appel qu'ils font entendre de jour 
comme de nuit est un sifflement lent, mais assez fort. Il n'y a guère 
de différence dans les sexes ; leur plumage est coloré des mêmes teintes. 

Sonnini dit que leur chair est blanche, ferme, cassante et succu- 
lente, surtout celle des ailes dont le goût a beaucoup de rapport avec 
celui de la Perdrix rouge; maïs les cuisses et le croupion sont d'ordi- 
naire d'une amertume qui les rend désagréables : cette amertume vient 
des fruits du balisier dont ces oiseaux se nourrissent, et l'on trouve 
la même amertume dans les pigeons ramiers qui mangent de ces 
fruits: mais, lorsque les Tinamous se nourrissent d'autres fruits, 
comme de cerises sauvages , etc. , alors toute leur chair est bonne , 
sans cependant avoir de fumet. Ils aiment de préférence, non-seule- 
ment les cerises sauvages, mais encore les fruits du palmier Comon 3 
et même ceux de l'arbre à café. Ce n'est pas sur les arbres mêmes 
qu'ils cueillent ces fruits, ils se contentent de les ramasser à terre; 
ils les cherchent: ils grattent aussi la terre et la creusent pour y faire 
leur nid, qui n'est composé pour l'ordinaire que d'une couche d'herbes 
sèches; ils font communément deux pontes par an, et toutes deux 
très-nombreuses (1). 

Les plumes des Tinamous, particulièrement celles du dos et du 
croupion, ont des baguettes très-larges, lisses et voûtées à leur par- 
tie supérieure, profondément cannelées en dessous et très-peu ad- 
hérentes à la peau; les baguettes vers le milieu des plumes devien- 

(i) Buff v édit. de Sonn., v. i4j p- 33. 



GENRE TINAMOU. 
nent tout à coup très-minces^ elles sont à tel point déliées, que vers 
le bout il n'est plus possible de les distinguer des barbes : dans quel- 
ques espèces, il sort deux plumes du même tuyau, l'inférieure est 
simplement garnie de" duvet 5 nous avons vu que la même particula- 
rité a lieu dans le genre des véritables Tetrao. Les Tinamous ont le 
corps massif, très-charnu, le cou long et mince, portant une tête 
petite et plate ; les jambes longues et grêles. 

Ceux qui aiment les coupes nombreuses, et qui désirent un écha- 
faudage artificiel très-compliqué peuvent séparer génériquement les 
Tinamous sans queue de ceux qui en ont une, mais cachée sous les 
plumes du croupion, et par là occulte. Nous les sectionnons, en re- 
marquant toutefois que la charpente osseuse et la manière de vivre 
de ces oiseaux n'offrent aucune différence propre à faire admettre 
une séparation générique. 

La connaissance exacte des différentes espèces de Tinamous nous 
a offert jusqu'ici de grandes difficultés : les formes totales du corps, 
les caractères empruntés du bec et des pieds, et les couleurs sombres 
et mélangées du plumage , donnent à toutes ces espèces une appa- 
rence d'analogie très-marquée ; tandis que les légères nuances dans 
le plumage et la distribution assez irrégulière des taches et des raies 
dont il est peint aux différentes époques de l'âge et de la mue portent 
à faire naître le doute sur l'identité reconnue des individus. Les ob- 
servations établies sur un très-grand nombre de dépouilles de Tina- 
mous, et l'examen comparatif de toutes les espèces connues me met- 
tent à même de fournir un tableau plus exact de ce genre que celui 
donné dans le troisième volume des Pigeons et des Gallinacées. La 
publication récente du second volume des oiseaux du Brésil, par 
M.deSpix(i) , nous met à même d'intercaler les portraits des espèces 

(i) Sous le titre à tous e'gards peu vrai de Avium species novœ. 



\1A 



GENRE TINAMOU. 

rapportées par lai à leur véritable place. On verra par cette révision 
que des neuf espèces données par M. de Spix comme inédites , il s'en 
trouve seulement deux qu'on puisse appeler nouvelles (i). 

l re SECTION, COMPOSÉE DES TINAMOUS QUI n'oNT POINT DE PENNES 

CAUDALES. 

Esp. i. Tinamou Isabelle ou guazu de nos pi. col. 4 12. Tina' 
mus rufescens de l'index des Gallinacées , donné par Spix sous le nom 
de Rynchotus fasciatus. Tab. 76. a. Patrie, le Brésil et le Paraguay. 

Esp. 2. Tinamou Ynambui de d'Azara. C'est Tinarnus maculosus de 
l'index des Gall. Figuré par Spix sous le nom de Tinarnus major. 
Tab. 80. Patrie, le Brésil et le Paraguay. 

Esp. 3. Tinamou basset. Dénomination sous laquelle nous voulions 
donner cet oiseau. C'est Tinarnus médius de Spix. Tab. 81. Patrie 5 
le Brésil. 

Esp. 4. Tinamou boraquira. Espèce nouvelle découverte par Spix, 
qui en donne une figure. Tinarnus boraquira. Tab. 79. Patrie, le 
Brésil. 

Esp. ô. Tinamou carapé, ou Pavonin de nos pi. col. 5i6. Le vieux 
mâle. C'est Tinarnus nanus de l'Index des Gall. La femelle ou le jeune 
est figuré par Spix sous le nom de Tinarnus minor. Tab. 8 1 . Patrie , 
le Brésil et le Paraguay. 

I e SECTION 9 COMPOSEE DES TINAMOUS QUI ONT UNE PETITE QUEUE 

CACHEE. 

Esp. 6. Tinamou magoua. Figuré par Buffon, pi. enl. 476 , sous le 

(1) C'est son Tinarnus boraquira, pi. 79, et Tinarnus médius , pi. 81. Ce dernier, quoique 
inédit , avait déjà été rapporté par MM. Delatande et Auguste de Saint-Hilaire. M. Natterer 
en avait fait l'envoi au cabinet impérial de Vienne sous le nom de Tinarnus brevipes. 






GENRE TINAMOU. 
nom de Tinamou de Cajenne , sur un jeune individu mal coloré. 
C'est Tinamus brasilïensis des méthodes. Il faut joindre ici tout l'ar- 
ticle du Tinamou tao de l'index des Gallinacés; le Mocoïcogoe d'A- 
zara, et le Tinamus, ou Pezus serratus de Spix. Tab. 76. Patrie, le 
Brésil et le Paraguay. 

Esp. 7. Tinamou noctivague , indiqué dans le voyage du prince de 
Neuwied au Brésil; c'est Tinamus noct'wagus, donné par Spix sous 
le nom de Pezus Zabele. Tab. 77. Patrie, le Brésil. 

Esp. 8. Tinamou cendré. Décrit par BufFon. C'est Tinamus cine- 
reus des méthodes. Patrie, la Guyane, particulièrement Surinam. 
Esp. 9. Tinamou varié de Bufïon. PI. enl. 828. C'est Tinamus 
variegatus des méthodes. Patrie, la Guyane. 

Esp. 10. Tinamou rayé de d'Azara, ou Tinamus undulatus de l'Index 
desGall. figuré par Vieillot, Gai. des Ois. tab. a 16. Patrie, le Brésil. 
Esp. 1 1. Tinamou macaco, ou Vermiculé. De nos planch. col. 36g. 
Donné par erreur comme espèce inédite , tandis que j'en ai fait 
mention sous le nom de Tinamus adspersus dans l'histoire des Gal- 
linacées. Figuré récemment par Spix, sous le nom de Pezus Yapura. 
Tab. 78, sur un individu plus âgé que celui qui a servi à la pi. 
col. 36g. Patrie, le Brésil et le Paraguay. 

Esp. 12. Tinamou apequia de nos pi. col. 196. C'est le Tinamus 
obsoletus de l'Index des Gall. Patrie , le Brésil et le Paraguay. 

Esp. i5. Tinamou tataupa de nos pi. col. 4i5. L'adulte en plu- 
mage parfait. Swainson, Zool. illustr. Donné par Spix , sous le nom 
de Pezus niambu. Tab. 78. a. un individu à l'âge moyen. C'est le Ti- 
namus Tataupa de l'Index des Gall. Patrie, le Brésil et le Paraguay. 
Esp. i4. Tinamou oarian A. Espèce non figurée. C'est Tinamus 
strigulosus de l'Index des Gall. Patrie, le Brésil. 

Esp. i5. Tinamou soui de BufFon, pi. enl. 829. C'est Tinamus 
soui des méthodes. Patrie, la Guyane. 



£l2. 




^RPP 



Tiiiamou i&a&e/iey, adulée/. 



.P7>êfr>&- 



\vA\ 



TINAMOU ISABELLE 

OU GUÀZU. 



TINAMUS RUFESCENS. Temm 

m 



V Adulte. — Planche 4* 2. 

D'Azara a décrit cet oiseau sous la dénomination que les Gua- 
ranis lui donnent : elle signifie Grand Ynambu. Les Espagnols l'ap- 
pellent Grande Perdrix. Le naturaliste espagnol nous apprend qu'on 
ne trouve l'espèce que dans les pâturages gras et fournis d'herbes 
hautes 5 elle se tient cachée dans l'herbe , et ne s'envole que lorsqu'on 
est prêt à lui marcher sur le corps ou qu'on lui jette des pierres. 
Elle va ordinairement 5 au clair de la lune et des crépuscules, dans 
les blés et les maïs nouvellement semés 5 elle ramasse les grains qui 
ne sont pas recouverts de terre, et retire même ceux qui sont en- 
terrés. Son cri, que l'on entend de fort loin, est un sifflement triste 
et un peu tremblant. Quelques personnes élèvent au Paraguay des 
Tinamous guazuj mais ils sont toujours farouches, et ils s'échappent 
aussitôt qu'ils le peuvent. Leur ponte est composée de sept œufs, 
colorés en violet très-brillant, d'une égale grosseur aux deux bouts, 
et dont les diamètres ont vingt et vingt-sept lignes. Cet oiseau prend 

Recueil d'Oiseaux, 69 e . livraison. 



I 



I 



m 



TINAMOU ISABELLE. 

soin de cacher son nid dans quelque touffe de paille ou d'herbe ; on 
ne rencontre point la petite famille réunie en troupe, mais toujours 
à quelque distance les uns des autres, et guère plus rapprochés que 
de quarante pas. Leur chair passe pour être très-bonne. A Monte- 
Video, on les chasse avec des chiens qui les font lever, les suivent, 
et les prennent à la seconde ou â la troisième remise. On les tue en- 
core à coups de fusil ; mais il est nécessaire d'avoir un chien qui les 
fasse lever; on les prend aussi au piège. 

La longueur totale du Tinamou guazu est de quinze pouces et 
demi; le bec mesure dix-neuf ou vingt lignes 5 le tarse a deux pouces 
et demi : les plumes, qui, dans les oiseaux pourvus d'une queue,, 
servent de couvertures, dépassent la partie charnue du croupion 
d'un peu plus de deux pouces. 

Un roux clair, ou couleur de café au lait, est répandu sur le cou, 
sur la poitrine et sur le ventre : cette dernière partie est égayée par 
des raies transversales très-peu apparentes; l'abdomen et les flancs ont 
des nuances grisâtres , coupées par des raies fauves et noires ; la gorge 
est blanche; sur le haut de la tête sont disséminées quelques taches 
oblongues, noires, mais bordées de roux clair; une tache noirâtre 
couvre l'orifice de l'oreille, et un trait délié part de l'angle de la 
bouche; le manteau, le dos, les couvertures des ailes, le croupion 
et les longues plumes qui recouvrent les dernières vertèbres dor- 
sales , sont d'un gris faiblement nuancé de roussâtre; toutes les plumes 
de ces parties sont rayées transversalement de blanc et de noir, les 
deux raies étant adhérentes; les rémiges, le bord extérieur de l'aile, 
et l'aile bâtarde, sont d'un roux rougeâtrej le bec, qui est long, 
et dont la pointe est faiblement courbée, a une teinte d'un brun 
bleuâtre; les pieds sont d'un roux pâle. 

Dans la traduction française des oiseaux du Paraguay, Sonnini 



^ 



TINAMOU ISABELLE. 

semble vouloir rapporter notre Tinamou guazu au Zonécolin (i) de 
Buffori j on voit par cette note, et par plusieurs autres rapprochemens 
de cette nature, qui sont également faux, que le traducteur a en- 
tièrement méconnu les Ynambus de d'Azara. 

M. de Spix, qui, dans tous ses ouvrages, fait si peu de cas de la 
synonymie , des travaux de ses devanciers, et des découvertes de ses 
contemporains, indique notre Tinamou 3 ou le Guazu de d'Àzara, 
sous le nouveau nom de Rhynchotus fasciatus (2). 

Le Tinamou guazu habite le Paraguay et le Brésil 5 plusieurs in- 
dividus ont été rapportés de cette dernière contrée par MM. Sieber , 
Freyreis, De Lalande, De Saint-Hilaire et Natterer. 

(i)PerdixCristata. Lath. Ind. orn. p. i, sp. 5o. Cette espèce est le Colin Zonécolin de 
l'Histoire des Gallinacées. Voy. vol. 3, pag. 44^« 

(a) Spix, Avium species novœ, vol. 2, pag. 60, tab. 76. La planche citée n'a pas encore 
été publiée. 



3iô\ 




Tiuamou pcwonùi , màie. 



Ti'e/re . 



x^ 



TINAMOU CARAPÉ. 



T I N A MU S NANUS. Tem 



M. 



Le Mâle adulte. — Planche 3 16. 

La plus petite espèce de ce genre , celle qui par sa taille et sous 
certains rapports par les formes vient se grouper à l'extrême ligne du 
genre Tinamou, semble indiquer le passage aux espèces du genre 
Turnix, groupe auquel on pourrait la réunir si elle ne présentait dans 
la forme du bec plus de ressemblance avec les Tinamous, et si le doigt 
postérieur, à la vérité trop court et ne portant point à terre, n'of- 
frait pas un indice certain pour l'admettre dans ce dernier genre 
et dans la première section, composée des Tinamous dépourvus de 
véritable queue remplacée par les plumes longues et courbées du 
croupion. Ce dernier caractère est plus marqué dans cette petite 
espèce que dans aucune autre, car les plumes du croupion, très-longues 
et très-entassées, ont deux pouces et se courbent en arc sur la région 
du coccyx qu'elles couvrent ainsi que toute l'extrémité des ailes 
qu'elles cachent. Ce petit Gallinacé, environ d'un tiers moins grand 
que notre Caille, aies tarses courts et le doigt de derrière rudimen- 
taire pourvu d'un ongle très-petit. 

Le mâle figuré de grandeur naturelle se distingue de la femelle 

Recueil d'Oiseaux, 53 e . livraison. 



m 



TINAMOU CARAPÉ. 
par une plus grande quantité de plumes dont le croupion est cou- 
vert; elles sont très-touffues , entassées et garnies d'un duvet long et 
mal caché par la réunion des barbes qui n'a lieu qu'à la pointe 
de ces plumes et seulement à celles dites de recouvrement; les plus 
longues et les plus rapprochées du coccyx sont duvetées dans toute 
leur longueur et donnent à ce faisceau de plumes l'apparence d'une 
houppe soyeuse. 

Du noir bordé de roux et de gris couvre le sommet de la tête; 
du blanc est répandu sur la gorge, les joues , le milieu du ventre 
et les cuisses j toute la poitrine et la nuque teintes d'isabelle et 
marquées de stries et de taches brunes $ des bandes transversales 
brunes 5 noires et blanches, couvrent les flancs et les couvertures des 
ailes 5 on voit au bout de toutes les plumes du dos et du croupion 
de grandes taches d'un noir plein, plus ou moins, de forme carrée 
et rayées à leur partie supérieure et inférieure d'une petite bande 
blanche, transversale et en zigzag : ces sortes de plaques à barbes 
réunies couvrent et cachent plus ou moins mal le duvet roussâtre 
dont toutes ces plumes sont garnies, ce qui produit sur les parties 
indiquées une bigarrure très-irrégulière de taches noires, rousses et 
grises; les pieds et la mandibule inférieure du bec sont jaunes, la 
mandibule supérieure est brune. Longueur totale , depuis la pointe 
du bec à l'extrémité des plumes lâches du croupion, environ six 
pouces 5 la femelle n'a que cinq pouces, les plumes du croupion étant 
chez elles plus courtes d'un pouce. La femelle a généralement plus 
de roux, les taches noires du dos sont moins grandes, et les petites 
bandes en zigzag dont ces taches sont bordées ont une teinte rous- 
sâtre. 

J'ai fait mention du Tinamou campé dans l'histoire des Pigeons et 
Gallinacés, vol. 3, pag. 600. Tous les détails ayant été extraits des 



^ 



TINAMOU CARAPÉ. 

voyages de don Félix d'Azara, vol. 4, pag. i48, nous donnons ici 
la partie qui a rapport aux mœurs* 

D'Azara dit que le nom de cet oiseau équivaut à nains les Gua- 
ranis des Missions lui donnent le nom d'Ynambu carapéj d'autres 
l'appellent Ynambu yarii, c'est-à-dire , grand-père de TYnamhu. Il 
est très-rare aux Missions ; et il le paraît encore plus qu'il ne l'est en 
effet 5 parce qu'il se cache dans les herbes, et qu'il n'en sort que 
quand on marche pour ainsi dire sur lui 5 alors à peine vole-t-il 
l'espace de vingt pas, et il se cache ensuite y de sorte qu'on ne peut 
trouver sa remise, ni le faire enlever de nouveau. Si l'on parvient, 
avec beaucoup de peine, à le faire envoler encore , on peut compter 
qu'il ne se montrera plus, quoiqu'on lui marche sur le corps et qu'on 
l'écrase. Il ne s'éloigne pas ordinairement de deux palmes de l'en- 
droit où il s'est posé , et il se laisse prendre à la main. Il se tient 
constamment dans les campagnes et les pâturages bien fournis 
d'herbes, et il ne pénètre jamais dans les bois. C'est un oiseau soli- 
taire, qui fait entendre, dans les mois d'octobre et de novembre, un 
cri perçant qui exprime la syllabe pi. Noséda prit un de ces oiseaux 
adulte, et lui offrit d'abord du maïs concassé, qu'il mangea dans la 
main , comme l'oiseau le plus familier et quoique mon ami le retînt 
de l'autre main. Cependant j'eus moi-même deux de ces oiseaux 
adultes j ils refusèrent le maïs et le painj ils ne prenaient d'autre 
nourriture que les araignées qu'ils rencontraient dans la maison j 
aussi moururent-ils le troisième jour. Ces deux Ynambus , aussi bien 
que les quatre de Noséda, n'offraient aucune différence entre eux; en 
sorte que l'on peut présumer que les sexes n'apportent point de chan- 
gement ni dans la taille ni dans les couleurs du plumage. Leur 
démarche est aisée 5 mais elle n'est pas aussi vite que celle des autres 
espèces auxquelles ils ressemblent par les formes et les habitudes y 






TINAMOU CARAPÉ. 

en sorte que ceux qui ne connaissent pas les carapés les prennent 
pour des jeunes oiseaux de l'espèce de YYnambu. 

La longueur totale est seulement de six pouces 5 il a neuf pouces 
six lignes d'envergure 5 le tarse mesure neuf lignes et le bec six lignes; 
les pennes de la queue sont cachées par les couvertures qui les 
dépassent. 

Ce joli petit Gallinacé vit au Paraguay. Les deux individus , mâle 
et femelle, du Musée de Paris, ont été trouvés par M. Auguste de 
Saint-Hilaire dans la capitainerie de Saint-Paul au Brésil. 



J#. 




Tinanioix verinœu/es. 



I*re£re 



& 



TINAMOU VERMICULÉ 



TINAMUS FERMICULATUS. Temm. 



U Adulte. — Planche 36g. 

La taille, les dimensions et les formes rapprochent ce nouveau 

Tinamou de celui que j'ai décrit sous le nom de Tinamou apequia (1); 

de fines stries transversales , très-nombreuses , très-rapprochées et en 

zigzags couvrent la presque totalité du plumage 5 elles peuvent servir 

de moyen pour distinguer cette espèce de toutes les autres. Un 

brun-roussâtre très-foncé couvre le sommet de la tête, la nuque et le 

milieu du dos 5 une teinte brune-grisâtre couleur de terre est répandue 

sur le reste du dos, sur la queue, les ailes, la poitrine et les flancs 5 

sur toutes les plumes des parties indiquées se trouvent des stries noires, 

vermiculées et en zigzags 5 la gorge est d'un gris uniforme j le milieu 

du ventre d'une légère teinte isabellej enfin les cuisses, Fabdomen 

et les couvertures du dessous de la queue d'un roux-clair, rayé de 

bandes noires distinctes, mais plus ou moins ondées en zigzags 5 le 

bec et les pieds sont d'un brun-terne. Longueur totale , onze pouces. 

On le trouve au Brésil , d'où il a été rapporté par M. Auguste de 

Saint-Hilaire : deux sujets font partie du Musée de Paris. 

(1) Tinamus obsoletus des pi. col. 196*. 
Recueil d'Oiseaux ^ 62 e . livraison. 



yçà\ 




-^^^^®^ ; 
^^^^ x " 



Tin a ï îi o u dp eama; , ax/ul/e 



jPrefre . 



v* 



TINAMOU APEQUIA 



TINA MU S OB S OLE TU S. T 



EMM 



Le Mâle. — -Planche 196. 

Selon d'Azara, les Guaranis , peuplade de l'Amérique méridio- 
nale, appellent cette espèce Ynambu apequia, ce qui veut dire 
Ynambu ou Tinamou sans éclat. D'Azara nous apprend, dans son 
histoire des oiseaux du Paraguay, qu'il a eu seize individus de cette 
espèce, tous tués vers le 24 e . degré. Plusieurs individus, que nous 
avons vus dans les collections d'Ornithologie , ressemblent parfaite- 
ment à Y Ynambu bleuâtre de d'Azara, auquel nous donnons le nom 
qu'il porte chez les sauvages du Paraguay. Un cendré-roussâtre 
domine sur les côtés de la tête et de la gorge 5 le sommet de la tête 
et la partie postérieure du cou sont nuancés par une teinte plus 
sombre, ou brune-noirâtrej tout le devant du cou, la poitrine, 
les flancs et le ventre sont d'un roux de rouille-clair 5 les longues 
plumes des côtés qui viennent recouvrir les cuisses, ainsi que les 
plumes de l'abdomen, portent de larges bandes noires disposées sur 
un fond roux 5 le dos, le croupion , les petites couvertures des ailes et 
les barbes extérieures des pennes secondaires, sont d'un brun-noirâtre 
nuancé de roux 5 les barbes extérieures des pennes secondaires et les 

Recueil d'Oiseaux, 55 e . livraison. 



TINAMOU APEQUIA. 

rémiges sont d'un gris-brun 5 le tarse est couleur de feuille morte 5 
Tiris orange et le bec d'un brun-rougeâtre. Les sexes diffèrent seu- 
lement par des teintes moins vives dans la femelle. Longueur to- 
tale, de dix pouces et demi jusqu'à onze pouces et demi, ou trois 
quarts au plus. 

Il habite en grand nombre le Brésil et le Paraguay. Les habitudes 
sont les mêmes que celles de toutes les autres espèces du genre Tina- 
mou qui peuplent les contrées de l'Amérique méridionale. On trouve 
des individus dans les Musées de Paris, de Vienne, de Berlin et 
des Pays-Bas. 



/ 




Tinamou fafaiipfo , adulte 



Prêtre 



TINAMOU TATAUPA. 



TIN A MUS TATAUPA. Te 



MM. 



Le Mâle adulte. — Planche 4i5. 



D'Azara, qui a soigneusement observé cette espèce au Paraguay, 
en donne les détails suivans. Cet oiseau porte chez les Guaranis le 
nom de Tataupa qui signifie Ynambu de cheminée 3 peut-être parce 
qu'il s'approche ordinairement des habitations champêtres et voi- 
sines des cantons les plus couverts. Il se tient dans les bosquets et les 
forêts, et même dans les plantages où il se trouve des buissons touf- 
fus 5 ou de grandes herbes dans lesquelles il peut se cacher» Il niche 
à terre dans les grosses touffes d'herbes près des troncs des arbres $ sa 
ponte est de quatre œufs, d'un bleu foncé et brillant. La chair de ces 
oiseaux est blanche, mais insipide. Les sexes n'offrent point de dissem- 
blances extérieures, et ils vivent isolés : on élève quelquefois des 
petits dans les maisons 5 j'en ai eu chez moi plusieurs qui étaient 
adultes; ils se tenaient toujours cachés, ils ne sortaient pas de leur 
cachette, même pour manger, tant qu'ils voyaient du monde. Leur 
cri est plus fort et plus sonore que dans toutes les autres espèces; ce 
n'est pas seulement un sifflement, et je ne puis mieux l'exprimer 
qu'en disant qu'il commence par pi 3 d'un ton élevé et répété préci- 

Recueil d'Oiseaux, 70 e . livraison. 



TINAMOU TATAUPA. 
pitamment pendant plusieurs secondes, jusqu'à ne plus être qu'une 
espèce de fredon , suivi de chororo y répété deux ou trois fois de suite. 
Quand le Tataupa se couche, il appuie la poitrine sur le tarse, baisse 
le devant du corps et la tête, étale les dernières plumes du corps et 
les soulève en demi-cercle 5 de sorte que Ton voit son ventre par 
derrière, sans apercevoir son corps. Dans cette attitude, les plumes 
qui sont dans les autres oiseaux les couvertures inférieures de la 
queue, font un effet agréable par leur forme concave, leur pointe 
dirigée en haut et leurs couleurs. 

La longueur totale du Tinamou tataupa varie de neuf pouces à 
neuf pouces et demi 5 le bec a neuf ou dix lignes 5 le tarse mesure un 
pouce quatre ou cinq lignes. D'Azara porte cette longueur à dix- 
neuf lignes 5 mais je ne Fai point trouvée ainsi sur les individus que 
j'ai vus. 

Le sommet de la tête, les joues, l'occiput et une partie de la 
nuque sont d'un noir légèrement nuancé de couleur de plomb: 
la gorge et une partie du devant du cou sont blancs 5 la partie in- 
férieure du cou, la poitrine et le ventre sont d'un gris couleur de 
plomb; le dos, les petites et les moyennes couvertures des ailes sont 
d'un roux noirâtre 5 mais les couvertures les plus proches du bord 
des ailes ont une teinte plombée. Les pennes secondaires et les ré- 
miges sont d'un gris brun; les plumes des flancs sont d'un brun 
plombé; celles des cuisses et des côtés du croupion sont noires; 
mais toutes sont bordées et comme liserées d'une étroite bande 
blanche , qui en trace le contour. Les couvertures du dessous de la 
queue sont rayées de roux clair et de noir; le tarse est d'un rouge 
violet et lustré; le bec et l'iris sont d'un rouge de corail. 

Il a paru depuis la publication de cet article, dans l'histoire des 
Pigeons et des Gallinacées, deux figures du Tataupa, l'une en petit 



m 



V* 



TINAMOU TATAUPA. 

format par 1VL Swainson , Zool. lllust. , et très-récemment une autre 
sous le nom de Pezus niambu 5 dans 1 ouvrage de M. Spix , açium 
species novœ 3 tab. 78. a. 

Le Tataupa habite au Brésil. Plusieurs individus ont été envoyés 
au cabinet de curiosités à Lisbonne j on voit deux sujets très-bien 
conservés dans les galeries du Muséum de Paris , et plusieurs autres 
dans les Musées de Berlin , de Vienne et des Pays-Bas. 



m 



% 



GENRE TURNIX. 



GENUS HEMIP ODIUS. Te 



MM 



Bec médiocre, grêle, droit, très-comprimé; arête élevée, courbée vers la pointe. 
Narines basales, latérales, linéaires, longitudinalement fendues jusque vers le milieu 

du bec, en partie fermées par une membrane nue. 
Pieds à tarse long; seulement trois doigts dirigés en avant, entièrement divisés, 

point de doigt postérieur. 
Queue à pennes faibles, rassemblées en faisceau, cachées par les couvertures 

supérieures. 
Ailes médiocres; la première rémige la plus longue. 



Si les tentatives que font les naturalistes pour étudier les mœurs 
et les habitudes des oiseaux qui vivent habituellement autour de 
nous, et des espèces erratiques qui visitent périodiquement nos 
climats, n'obtiennent pas toujours un succès désiré, il paraîtra moins 
étrange que nos connaissances ne soient point encore enrichies par 
de bonnes observations sur le genre de vie d'une famille composée 
d espèces très-petites, promptes à se cacher au moindre indice de 
danger, et que l'œil peut à peine apercevoir dans les hautes herbes 
et les broussailles rampantes où elles se tiennent blotties. En effet, 
on ne sait rien de bien positif de la manière de vivre de ces pygmées 

Recueil d'Oiseaux, io*. livraison. 



GENRE TURNIX. 

de Tordre des Gallinacés, dont les formes nous retracent, en dimi- 
nutif, celles des Outardes. 

Les observations qu'on a pu rassembler sur leurs mœurs se bor- 
nent à savoir qulls sont polygames. On les trouve dans les contrées 
stériles de l'ancien Continent : c'est, dit-on, par la course, et rare- 
ment en se servant des moyens du vol , qu'ils échappent aux poursuites 
de leurs ennemis. Le plus souvent cachés dans les hautes herbes, ils 
paraissent se soustraire aux yeux du chasseur $ de manière qu'il est 
plus facile de les saisir lorsqu'on est parvenu à découvrir leur remise, 
que de leur faire prendre la fuite par le vol. 

Ce genre, composé d'une série assez nombreuse d'espèces, toutes 
organisées à peu près de la même manière , paraît propre à l'ancien 
Continent. 

Les parages de FAustralasie, l'Afrique, l'Asie, l'Océanie et l'Eu- 
rope nourrissent des espèces du genre Turnix , dont nous présentons 
ici le dénombrement tel qu'il se trouve dans l'Index systématique, à 
la fin du vol. 3, des Pigeons et des Gallinacés. 

Esp. i re . Turnix a bandeau noir de l'hist. des Pig. et Gall. , vol. 5 , 
pag. 610; Vieill. Gai. des Ois., pi. 218. C'est Hemipodius nigrifrons. 
Pairie, le continent de l'Inde. 

Esp. 2. Turnix combattant de nos pi. col. 60 ^ fig. 2. — Hemi- 
podius pugnax. Patrie , les îles de Java, de Sumatra et les Philippines. 

Esp. 3. Turnix cagnan. Pig. et Gall., vol 3, p. 619. C'est la Caille 
de Madagascar de BufFon, pi. enl. 171. Hemipodius nigricollis , 
Tetrao Madagascariensis de Gmel. Patrie, l'île de Madagascar. 

Esp. 4. Turnix A plastron roux. Pig. et Gall., vol. 3, p. 60,2. 
C'est la Caille de Vile de Luçon. Sonnerat, Voy. Nouv. Guin., p. 54$ 
p. 2 3, notre Hemipodius thoracicus ou Tetrao Luzoniensis de Gmel. 
Patrie, les Philippines. 



^ 



GENRE TURNIX. 

Esp. 5. Turnix tachidromk. Pig. et Gall., vol. 3, p. 626. C'est la 
Perdrix d'Andalousie ou Turnix d'Afrique des auteurs. Hemipodlus 
thachydromus. Manuel, 2 e édit. Non figuré. Patrie , les parties méri- 
dionales de l'Europe et le nord de l'Afrique. 

Esp. 6. Turnix a croissans. Pig, et GalL, vol. 3, p. 629. — Hemi- 
podlus lunatus. Manuel, 2 e . édit. Non figuré. Patrie, l'Europe méri- 
dionale et les côtes de Barbarie. 

Esp. 7. Turnix bariolé de nos pi. col. 454, fig. 1. C'est Hemi- 
podlus varias ou Perdlx varia de Lath. supp. Patrie, l'Océanie, 
Nouvelle-Hollande. 

Esp. 8. Turnix moucheté. Pig et Gall., vol. 3, p. 63i. Vieillot, 
Galerie des Ois. , pi. 217. — Hemipodlus maculosus. Patrie, les pa- 
rages de l'Océanie. 

Esp. 9. Turnix hottentot. Pig. et Gall., vol. 3, p. 636. Non 
figuré. — Hemipodlus hottentottus. Patrie, l'Afrique méridionale. 

Esp. 10. Turnix Dussumier de nos pi. col. 454 , fig. 2. C'est Hemi- 
podlus Dussumlerll. Patrie, le continent de l'Inde. 

Esp. 11. Turnix Meiffren de nos pi. col. 60, fig. 1 j indiqué et 
figuré depuis par Vieill., Galerie des Ois., pi. 3oo , sous le nouveau 
nom de Tortlcelle Meiffren ; et par Vigors, Zool. Illustr. , vol. 3, 
sous le nom TVhlte-spotted Turnix j figure parfaite. Ce sera Hemipo- 
dlus Melffrenll. Patrie, les côtes occidentales d'Afrique. 



6o 



gsSi» 



^^^S^^C^ 




/lusf. 



i. Turnis: Mezffreiv. 2. T. cvmba/ât/it, 7,wA . 



^ 



TURNIX MEIFFREN 



HEMIPODIUS MEIFFRENII. Vieill, 



Planche 60, fig. 1» 

Cette espèce , dédiée par M. Vieillot à M. le baron MeifFren 
Laugier de Chartrouse, est décrite sous ce nom dans le Nouveau 
Dictionnaire d'Histoire Naturelle 9 vol. 55 3 p. 4g. Nous la trouvons 
indiquée et figurée par Fauteur mentionné , dans la Galerie des 
Oiseaux du cabinet du Roi 3 pi. 3oo, sous le nom de Torticelle. Elle 
est présentée, dans cet ouvrage, comme pouvant servir de type à un 
nouveau groupe distrait de celui des Turnix et basé sur le caractère 
unique emprunté de la nudité du tibia, qui est effectivement glabre, 
à la partie inférieure, tandis que les autres espèces ont le tibia totale- 
ment emplumé, ou bien seulement l'articulation du genou dégarni 
de plumes. Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de suivre l'opi- 
nion nouvelle du naturaliste cité: ce genre, purement artificiel, n'est 
point basé sur des observations faites sur les mœurs; il repose sur un 
caractère unique très-insignifiant $ il distrait une espèce d'ailleurs très- 
exactement conforme à ses congénères, par son organisation, d'un 
groupe naturel. Des coupes établies de cette manière ne peuvent pro- 
duire que désordre dans les idées; elles augmentent la confusion 
dans la nomenclature méthodique. 

Recueil d'Oiseaux , 10 e . livraison. 



TURNIX MEIFFREN. 

M. Vigors a publié une figure parfaite de cet oiseau, sous le nom 
de Hemipodius niposus ou Tf^hite-spotted Turnix; Zool. IllusL, vol. 3, 
pi. i63. 

Une bandelette blanche couvre le front , passe au dessus des yeux, 
et s'étend jusqu'à la nuque. L'espace entre les deux sourcils est d'un 
roux-doré couvert de fines taches blanches marquant la ligne moyenne 
du crâne. Une tache rousse couvre l'œil , qu'elle dépasse en avant et 
en arrière. Le devant du cou et les joues sont d'un blanc légèrement 
roussâtre, la nuque un peu plus rousse. Le dos, les scapulaires , 
le croupion, la queue, les longues couvertures des ailes et un collier 
interrompu sur la poitrine sont d'un roux-doré à bordures et petites 
taches blanches. Le collier est lavé de roux sur la poitrine ; toutes 
les couvertures des ailes sont d'un blanc pur uniforme $ les rémiges 
noires 9 bordées, dans le milieu et au bout, de roussâtre, et marquées 
intérieurement d'une grande tache rousse 5 le ventre et toutes les 
parties inférieures d'un blanc pur; le bec très-grèle, grisâtre; les 
pieds couleur de chair, et les ongles blancs. Longueur, quatre pouces» 

On le trouve en Afrique dans les districts du Sénégal. 



x v> 



TURNIX COMBATTANT 



HEMIPODIUS PUGNAX. Temm 



Le mâle. — Planche 60, fig. 2. 

L'homme a su tirer parti, pour son amusement , de la jalousie 
innée dans quelques espèces de la famille des Gallinacées. Les combats 
d oiseaux sont très-fréquens dans l'Inde et à la Chine $ ce genre de 
spectacle parait avoir pris son origine dans ces contrées. On a distin- 
gué parmi les Gallinacées les espèces chez lesquelles la jalousie en 
amours est la plus prononcée : les différentes espèces de coqs qui ont 
reçu ces climats pour berceau 5 quelques espèces de cailles, parmi 
lesquelles on remarque, en Chine notre Caille vulgaire, aux Indes 
la Caille nattée, et dans Farchipel des Moluquçs la Caille fraise, 
sont recherchées pour ces combats. Dans les îles de la Sonde ce sont 
deux espèces de coqs , et le petit Turnix combattant que les insu- 
laires élèvent à cette fin. Ce genre d'amusement a pris une telle 
faveur parmi ces peuples de l'Asie, que M. Barrow dit avoir vu à 
la Cochinchine des Sauterelles dressées à ces sortes de joutes. Le 
petit Turnix de cet article est très-recherché des Javans : l'argent 
qu'on parie pour et contre les adversaires est considérable ; il y a 
des paris jusqu'à cent piastres. Ces oiseaux , lorsqu'ils sont vaillans 

Recueil d'Oiseaux, 10 e . livraison. 



TURNIX COMBATTANT. 

et éprouvés , valent jusqu'à vingt-cinq piastres. Le nom de cet oiseau, 
en langue malaie 9 est Bouron-gema. 

La bande surcillaire, le lorum, 1 espace derrière les yeux et les 
joues sont variés de petits points noirs et blancs. Toutes les parties 
supérieures sont d'un brun foncé; mais la pointe des plumes du dos et 
des scapulaires porte, dans l'adulte, des croissans noirs et roux, 
et de petites taches blanches longitudinales. L aile est variée de carrés 
noirs et blancs , disposés sur un fond gris-brun : cette couleur est 
répandue sur les rémiges dont l'externe porte une bordure blan- 
châtre. Le vieux mâle a la gorge et le devant du cou d'un beau noir ,* 
la poitrine rayée transversalement de larges bandes noires et blanches; 
tout le reste des parties inférieures d'un roux vif; le bec grisâtre. 
Longueur , cinq pouces six ou huit lignes. 

La femelle adulte a la gorge blanche et les bords marqués de points 
noirs et blancs; le devant du cou et la poitrine rayés de noir et de 
blanchâtre; le milieu du ventre d'un blanc-roussâtre : le reste du 
plumage est coloré comme dans le mâle. 

L'espèce vit dans les îles de la Sonde. 



M 





<*mœkàm^\ï^ms^^ „^1l ^ 



i. lurnix 



ba/^w/e/. 2 . Id . Diùrsumzer* 



Prêtres. 



N^ 7 



TURNIX BARIOLÉ 



HEMIPODIUS FA.RIUS. Temm. 



Planche 454, fig. 1. 

Latham indique cet oiseau dans une notice très-succincte sous le 
nom de New Holland Partridge, Supp. to Synops. , vol. 2 , p. 283, 
et dans l'Index, sous celui de Perdix varia. Les mœurs de cet oiseau 
ne sont point notées; il est dit seulement qu'on le trouve à la Nou- 
velle-Hollande au mois de juin, et qu'il a les habitudes de la Caille 
d'Europe. 

La taille de ce Turnix est à peu près celle de notre Caille; le bec 
et les pieds sont assez forts, et la queue passablement longue, le tout 
relativement aux autres espèces de ce genre d'oiseaux, qui ont gé- 
néralement le bec et les pieds grêles. Le plumage, toujours varié de 
taches, de raies, de zigzags et de petites mèches de différentes cou- 
leurs, est difficile à décrire de manière qu'on puisse reconnaître les 
espèces 5 celle du présent article offre dans le plumage des bigar- 
rures si nombreuses, qu'il est nécessaire d'entrer dans quelques dé- 
tails minutieux pour en fournir une idée à ceux qui sont privés 
d'avoir recours aux figures publiées dans les ouvrages de luxe* 

De très-petites mèches noires et blanches couvrent le front, le 

Recueil d'Oiseaux , 76 e . livraison. 



TURNIX BARIOLÉ. 

lorum et les sourcils; des plumes blanches à croissant noirs garnis- 
sent les joues et servent d encadrement à la plaque blanche de la 
gorge 5 une bande longitudinale d'un gris-brun, marquée latérale- 
ment de taches noires, passe sur la tête; la nuque et les côtés du 
cou sont irrégulièrement variés de taches noires, blanches et rousses, 
les dernières grandes et les autres très-petites ; un cendré clair, cou- 
vert de taches blanches lancéolées, forme la bigarrure de la poitrine; 
de grandes taches noires sont disposées sur les plumes du dos : ces 
taches sont variées de stries rousses, bordées latéralement de raies 
longitudinales blanches, et le liséré de ces plumes est gris; de grandes 
taches rousses, noires et blanches couvrent les ailes; leurs pennes 
sont d'un brun cendré avec un liséré d'un blanc pur; le ventre et 
l'abdomen sont blanchâtres; le bec est couleur de corne et les pieds 
sont jaunes. Longueur totale , un peu plus de six pouces. 

Le plumage, très-variable, peut-être l'âge ou le sexe, produisent 
des différences plus ou moins marquées. On trouve l'espèce à la 
Nouvelle-Hollande. Les sujets du Musée des Pays-Bas ont été rap- 
portés du Port-Jackson. 



TURNIX DUSSUMIER. 



HEMIPODIUS DUSSUMIER. Temm. 



L'Adulte. — Planche 454, fig. 3. 

Nous nous faisons à plus d'un titre un devoir d'offrir la dédicace 
de cette espèce nouvelle à M. Dussumier, de Bordeaux, non-seule- 
ment comme ayant été le premier qui ait rapporté les dépouilles de 
cet oiseau en Europe, et fait hommage de quelques individus aux 
Musées de Paris et des Pays-Bas, mais encore en raison des soins et 
de l'assiduité qu'il met à nous faire part des observations sur les oi- 
seaux des contrées peu visitées, où ses voyages nautiques le condui- 
sent. Employant utilement les loisirs que ses opérations mercantiles 
lui laissent , M. Dussumier s'empresse de les consacrer à l'étude 
pratique d'une des parties les plus intéressantes du règne animal 5 
possesseur d'une collection d'ornithologie, en grande partie le fruit 
de ses recherches, il est d'une obligeance extrême, et semble prendre 
plaisir à partager ses conquêtes avec les deux établissemens men- 
tionnés j puisse-t-il avoir de nombreux imitateurs parmi ceux que 
leur devoir ou leur goût porte au-delà des mers, vers des parages 
peu connus! Nos officiers de marine embrassant ce genre d'étude, et 
s'y préparant de bonne heure, y puiseraient, dans leurs momens assez 

Recueil d'Oiseaux , 76 e . livraison. 






TURNIX DUSSUMIER. 

fréquens de loisir, une occupation agréable et utile; l'exemple leur 
en a déjà été donné d'une manière bien digne d'éloge par plusieurs 
officiers de l'armée anglaise, et depuis peif de temps par quelques 
officiers de santé de la marine royale de France (1). 

Le Turnix de cet article ressemble au Meifrein, pi. 60, fig. 1. 
Celui-ci est plus grand, et la partie inférieure de la jambe et l'ar- 
ticulation du genou sont couverts de plumes. Le plumage supé- 
rieur est un mélange de roux, de cendré, de blanc et de noir, 
distribué par taches et par raies fines et transversales; des taches 
de deux teintes rousses couvrent les ailes, qui sont d'un blanc 
jaunâtre; le devant du cou et de la poitrine d'un roux clair, mais 
leurs parties latérales portent une petite rangée de taches noires, 
et vers la nuque une zone de taches rousses; le ventre et la gorge 
sont d'un blanc pur; le croupion noir, marqué de zigzags; les pieds 
jaunes et le bec brun. Longueur, cinq pouces. 

On le trouve au Bengale. 

(1) Témoin les relations des voyages des officiers de l'armée anglaise, et les brillans résul- 
tats des découvertes faites par les officiers de santé français , à bord des corvettes l'Uranie, la 
Physicienne, la Coquille et l'Astrolabe. 



Y* 



GENRE CARIAMA. 



GENUS DI.CHOLOP H U S. Illiger. 



Bec plus long que la tête, convexe, gros, fort, voûté, fendu jusque sous les yeux, 
déprimé à sa base, comprimé à la pointe, qui est courbée, même crochue; fosse 
nasale grande. 

Narines vers le milieu du bec, nues, ouvertes par devant; fosse nasale couverte 
par une membrane en partie garnie de plumes. 

Pieds longs, grêles; tibia nu sur deux tiers de sa longueur; doigts très-courts, gros; 
les antérieurs unis a la base par une membrane; le pouce articulé sur le tarse et 
ne touchant point la terre. Ongles courts , forts. 

Ailes médiocres, arrondies, point armées; la première rémige très-courte, les cin- 
quième, sixième et septième les plus longues. 



Ce genre comprend aujourd'hui une seule espèce, peu différente, 
par les formes du bec et des pieds , et par le port , de l'oiseau connu 
sous le nom & Agami ( Psophia ) , mais assez bien caractérisée par la 
forme et la manière dont les doigts sont disposés, ainsi que par un 
régime et des habitudes totalement dissemblables , pour être classée 
dans deux genres différons, que nous avons réunis dans l'analyse du 
système général avec les Kamichis et les Glaréoles 3 dans l'ordre des 
Alectorides. Les méthodistes ont rangé cette espèce avec les Kami- 
chis, sous le nom de Palamedea cristata, probablement sans avoir 

Recueil d'Oiseaux , 4° e - livraison. 



GENRE CARIAMA. 

vu en nature des oiseaux qui offrent si peu d analogie , pour les 
formes, dans le port, et sous les rapports des moeurs et du régime. 
Nous avons dit, à l'article Kamichi, que les deux espèces de ce genre 
habitent les marais ou savannes, et les bords des fleuves et des lacs 5 
leur nourriture consiste en herbes et en plantes aquatiques. Le Ca- 
riama vit dans les champs déserts, un peu montueux, loin des eaux 
et des marais j sa nourriture consiste en grands insectes du genre 
Gryilus} les serpens et les autres espèces d'amphibies deviennent aussi 
sa proie. Il court plus qu'il ne vole, et c'est par la vélocité de sa 
course qu'il échappe aux poursuites des chasseurs qui le pressent , 
mais qui finissent, à force de fatigue et de ruse, à s'en emparer, 
lorsque, poursuivi à outrance, il finit par se blottir contre terre, 
ou à se percher sur les buissons très-bas dont les immenses plaines 
sont çà et là couvertes. Nous renvoyons, pour plus de détails sur les 
mœurs, à l'article descriptif de l'espèce. 




25j. 



C ariamay de/ Marcçr<me>. 



_Pre/r& y . 



CARIAMA DE MÀRCGRAVE 



DICHOLOPHUS C RIS TA TUS. Illiger. 



Le Mâle adulte. — Planche 23 7. 

Marcgrave, Pison, d'Àzara, M. Geoffroy et le prince de Neu- 
wied (1) ont donné des détails sur ce bel oiseau des contrées de FAmé- 
rique méridionale 5 nous nous proposons de réunir dans cet article 
tout ce qui est connu sur les mœurs et sur les habitudes de l'espèce. 
D'Azara et le prince de Neuwied, qui ont soigneusement observé le 
Cariama , nous fournissent dans leurs écrits les détails les plus inté- 
ressans. Buffon a parlé de cet oiseau dans ses œuvres, tom. vu, 
pag. 5a5. A l'exception de quelques vues générales, il a répété en 
partie ce que Marcgrave nous apprend. 

Les Portugais appellent cet oiseau Cariama ou Sariama , les Bré- 
siliens Ceriema , et les Guaranis , peuplade sauvage du Paraguay , 
Saria. Toutes ces dénominations paraissent avoir rapport au cri aigu 
de cet oiseau , que Ton entend à un mille de distance. Il ressemble 

(1) Marcg. , Hist. nat. du Brésil. — Geoffroy , Annales du Musée, vol. i3 9 pag. 5Ô2. — 
Azara, Voy. au Paraguay , vol. 4, pag. îjS. — Prince de Neirwiecl, Beit. zur Naturges. 
des Sariama ; avec une bonne figure de la tête grandeur naturelle. C'est le Palamedea cristata 
des Catalogues méthodiques. 

Recueil d'Oiseaux , 4°** livraison. 



CARIAMA DE MARCGRAVE. 

aux oiseaux de rivage par ses jambes, ses pieds et ses ongles, et même 
par l'ensemble de sa conformation. Il a le bec des Gallinacés , le port 
et le cou du Rhea Nandua ( Rhea Americana ) , l'oeil des oiseaux de 
proie. Néanmoins on ne peut le rapprocher des oiseaux d'eau, parce 
qu'il vit dans les plaines montueuses , à la lisière des forêts claires , 
sèches et élevées. Sa nourriture se compose de lézards et d'insectes. 
On le rencontre réuni par paires ou en petites troupes ; il fuit l'homme 
de très-loin. Farouche et rusé, il sait éviter, par une surveillance 
assidue, d'être facilement découvert et poursuivi. Sa démarche or- 
dinaire est grave et mesurée $ quand il soupçonne quelque sujet de 
crainte il examine avec attention autour de lui avant de se décider 
à demeurer ou à se mettre en course. Les chasseurs , quoique en- 
tourés de ces oiseaux, ont beaucoup de peine à s'en rendre maîtres. 
Sa voix forte et sonore retentit au loin dans les immenses plaines du 
Brésil et du Paraguay. La course est le seul moyen par lequel il 
puisse se soustraire aux poursuites du cavalier qui l'a découvert ; mais 
celui-ci ne parvient à lui lancer son lacet , ou bien à le tirer, qu'après 
maints détours et une persévérance opiniâtre; étant fatigué, le Ca- 
riama se blottit contre terre, ou bien il se pose sur quelque buisson 
ou sur un arbre, et le chasseur est alors assuré de sa proie. Il place 
son nid, composé de branches sèches , enduites de bouse de vache , 
sur un arbre bas ou de moyenne hauteur , et pond deux œufs blancs 5 
les jeunes sont couverts de duvet 5 ils ont l'iris d'un jaune vif, et sont 
très-promptement en état de courir. Quoique la chair de ces oiseaux 
soit blanche et de très-bon goût , on ne les chasse point au Brésil 
comme gibier. Les jeunes que l'on nourrit en domesticité mangent 
quelquefois de petits morceaux de viande, mais ils refusent le maïs. 
Ils parcourent le bourg ou le village où ils sont élevés , sortent même 
dans les campagnes et reviennent à leur demeure. 



CARIAMA DE MARCGRAVE. 

Le Cariama paraît , au premier coup d'oeil, avoir des rapports avec 
le Secrétaire d'Afrique , mais ils diffèrent beaucoup lorsqu'on les com- 
pareavec plus d'attention j le premier est plus rapproché des oiseaux 
coureurs , de Y ^4 garni et du Kamichi y tandis que le dernier offre , dans 
l'ensemble de ses formes, tous les caractères des oiseaux de proie. La 
charpente osseuse du Secrétaire indique plus exactement encore tous 
ces rapports que les formes extérieures ont fait préjuger 3 et, s'il est 
permis d'en juger aussi d'après ces formes seulement, il semblerait 
probable que le squelette du Cariama, qui n'est point encore connu, 
doit avoir des rapports avec celui du Butor ( Ardea stellaris ) , de 
Y J garni ( Psophia crépi tans ) , et des oiseaux compris dans l'ordre des 
Grales. 

La langue du Cariama est de moitié plus courte que la mandi- 
bule inférieure , plus unie , entière , et terminée par une pointe cornée 5 
Festomac est de forme ovalaire et très-musculeux. 

Le cou est couvert de longues plumes à barbes plus ou moins dé- 
composées, flottantes, molles et soyeuses sur la nuque, à peu près de 
la même manière que dans le Butor j l'oiseau les étale et les relève lors^ 
qu'il est effrayé 5 une huppe plus légère, à barbes rares et désunies, 
forme une belle touffe sur le front, et s'avance sur la base du bec, 
qu'elle ombrage 5 elle est disposée sur deux plans parallèles comme 
dans les Rupicoles. Le tour des yeux est nu, et cette nudité commu- 
nique au bec 5 la peau est bleuâtre. Les pieds sont longs et grêles, et 
les doigts très-courts j la queue est arrondie et de moyenne longueur. 
De longs cils noirs garnissent la paupière supérieure de l'œil. 

La couleur générale des parties supérieures du Cariama est d'un 
brun couleur de terre j les parties inférieures sont plus blanchâtres. 
Toutes les plumes du cou sont finement rayées de zig-zags d'un brun 
plus sombre que celles du fond du plumage. Les deux pennes du 



CARIAMA DE MARCGRAVE. 

milieu de la queue sont brunes 5 les autres noires en grande partie , 
blanches à leur extrémité, et marbrées de noir sur un fond blan- 
châtre à l'origine j les pennes des ailes sont noirâtres et coupées par 
des bandes transversales qui sont blanches et piquetées de noirâtre. 
Sur les plumes du devant du cou, dont la teinte est blanchâtre, 
sont des zig-zags très-fins d'un brun clair j les plumes de la poitrine 
et du ventre ont des raies longitudinales blanches, qui suivent la 
direction de la baguette. La partie nue de la jambe, le tarse et les 
doigts sont d'un rouge-orange; le bec, d'un beau rouge de corail 
dans l'adulte, est noirâtre ou marbré de noir et de rougeâtre dans 
les jeunes j l'iris est jaune. D'Azara donne pour longueur totale du 
jeune sujet qu'il décrit, trente pouces 5 celui du prince de Neuwied 
a un demi-pouce de plus, et le très-bel individu adulte de notre 
Musée, que nous figurons, porte trente-deux pouces en longueur 
totale. 

Cet oiseau , très-difficile à se procurer , vu son extrême défiance , 
est assez abondant dans les vastes solitudes , entourées de forêts claires, 
qui couvrent une partie du pays connu sous le nom de Brésil j il est , 
dit-on , plus rare au Paraguay. 

Musées des Pays-Bas, de Paris et du prince de Neuwied* 



XV 



GENRE GLARÉOLE. 



GENUS GLARE OLA. Brisson, 



Bec plus court que la tête, convexe, large à la base, comprimé vers la pointe, qui, 
à partir du milieu de sa longueur, fléchit subitement; mandibule inférieure droite; 
la supérieure sans échancrure. 

Narines basales, latérales, obliquement fendues. 

P^^emplumés jusqu'à une petite distance du genou; tarses grêles; quatre doigts; 
le doigt postérieur assez long, articulé sur la partie interne du tarse; des trois 
doigts de devant, l'externe et celui du milieu réunis par une membrane courte. 
Ongles longs et subulés. 

Ailes très-longues, la première rémige dépassant toutes les autres. 



On avait donné aux Glaréoles le surnom de Perdrix de mer^ appa- 
remment parce que le bec de ces oiseaux ressemble beaucoup à celui 
des petites espèces de Perdrix ou de Cailles ; c'est aussi d'après une 
connaissance très -superficielle de leurs habitudes 5 qu'elles ont été 
comparées aux Hirondelles et aux Martinets. 

Les Glaréoles vivent dans les climats chauds de notre Europe j 
elles outre-passent rarement une latitude de quarante-six à quarante- 
huit degrés 5 on peut dire que l'espèce de notre Glaréole d'Europe 
est en quelque sorte cosmopolite dans les limites de l'ancien conti- 
nent, puisqu'on la trouve en Asie et en Afrique. Les trois autres 

Recueil d'Oiseaux , 67 e . livraison. 



GENRE GLARÉOLE. 

espèces , qui me sont connues, vivent sous l'influence des régions les 
plus chaudes du globe , sans que toutefois des espèces organisées 
sur le même plan aient été trouvées jusqu'ici dans les latitudes 
correspondantes du Nouveau-Monde. C'est sur les bords des grands 
lacs et des rivières de l'ancien continent, et particulièrement vers 
les marais d'une grande étendue , qu'elles établissent leur résidence 
habituelle. On les rencontre rarement sur les plages maritimes , où 
leur apparition n'est que passagère ou accidentelle. Ces oiseaux 
montrent dans la course autant d'agilité qu'ils ont de légèreté dans 
le vol 5 aussi les voit-on saisir avec une adresse vraiment admirable 
les petits insectes qui courent sur le sable, et poursuivre à tire d'ailes 
ou se jeter par un mouvement prompt de côté ou en arrière sur la 
proie ailée dont ils se saisissent avec une vitesse étonnante j leur vol 
long-temps soutenu est très-rapide, ils fendent l'air comme un trait. 
Les moucherons et les vers aquatiques forment leur principale 
nourriture j les lieux habituels de leur demeure sont les grands 
marais en jonchaies. Le changement de livrée se fait doublement chez 
l'espèce qui habite nos climats et chez celle des îles de l'Archipel des 
Indes; le plumage de la saison hibernale diffère très-peu de celui d'été, 
et consiste en quelques légères différences dans les teintes du plu- 
mage 5 dans le dessin plus ou moins régulier du collier et dans la cou- 
leur sombre ou claire des pieds. 

Ce petit groupe est composé de quatre espèces, savoir : 
Esp. 1. Glaréole a collier, dans Buffon sous le nom de Perdrix de 
mer, pi. enl. 882* Glareola torquata, Manuel d'ornithologie, pag.ôoo. 
Voy. aussi Leach. Glareola patrincola. Linn. transact. vol. i3,p. i5i, 
tab. 12, fig. 1 et 2 , très-médiocres. Glareola austriaca , senegalensis 
et nœpiaj GmeL, sont des états différens d'âge ou de plumage. Pa- 
trie ; l'Europe, l'Asie et l'Afrique. 



.- A 



GENRE GLARÊOLE. 

Esp. 2. Glarêole oriental figuré par Leach. Linn. transac. vol. i3, 
tab. i3, fig. 1 et 2 ? données pour le mâle et la femelle, mais représen- 
tant fig. î Fhabit d'été, et fig. i l'habit d'hiver. Glareola orientalis. 
Facile à distinguer de l'espèce précédente par une queue beaucoup 
moins longue sans filets latéraux dans l'adulte , les ailes dans tous les 
âges dépassant le bout des pennes caudales. Patrie, les différentes 
parties de l'Inde et les îles de cet Archipel. 

Esp. 3. Glarêole lacté, de nos pi. col. 3gg. Voyez Manuel d'ornith. 
pag. 5o3 Glareola lactea. Patrie, l'Inde, surtout le long des bords du 
Gange. 

Esp. 4. Glarêole échasse, Glareola grallaria. Manuel d'ornith. 
pag- 5o3. Voyez aussi Vieill. Galerie des Oiseaux, figure peu exacte j 
et Leach, Linn. transact. vol i5. fig. i et 2 sous le nom de Glareola 
australisj figuré sous le plumage de l'adulte et du jeune âge. Patrie, 
l'Océanie et les Moluques. 



GLARÉOLE LACTÉ. 



GLAREOLA LACTEA. Temm. 



Planche 399. 



Cette espèce a la queue très-peu fourchue , blanche 5 la seule 
penne extérieure marquée d'une petite tache noire , toutes les autres 
noires vers le bout et terminées de blanc 5 les parties supérieures du 
corps, les ailes, le cou et la poitrine sont d'un cendré-blanchâtre, 
très-pur; la gorge, le ventre, l'abdomen et les couvertures de la queue 
d'un blanc pur; les rémiges et toutes les couvertures du dessous des 
ailes d'un noir parfait; le lorum noirâtre; le bec, à bords rougeâ très, 
est noir à sa partie cornée; les pieds sont bruns. Longueur, cinq 
pouces neuf lignes. Les sexes ne diffèrent point. 

L'espèce est commune sur les bords du Gange. On voit des indi- 
vidus dans les Musées des Pays-Bas et de Paris. 



3 SS 



^ 




G 1 ar e o 1 e caoâe& , m aie 



ffSteé 



GENRE KAMICHI. 



GENUS PALAMEDEA. Linn 



Bec court, conicoconvexe , droit, très-courbe à la pointe, comprimé dans toute sa 
longueur; mandibule supérieure voûtée, l'inférieure plus courte, obtuse; fosse 
nasale grande. Tête très-petite, couverte de duvet. 

Narines éloignées de la base, latérales, ovalaires, ouvertes; fosse nasale couverte 
d'une peau nue. 

Pieds courts, gros; nudité du tibia peu étendue; doigts très-longs, les latéraux égaux; 
le pouce point élevé sur le tarse et portant à terre; l'interne à rudiment très-court, 
l'externe uni à l'intermédiaire par une membrane plus longue. Ongles médiocres, 
pointus, celui du pouce long, à peu près droit. 

Ailes très-amples; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la qua- 
trième qui sont les plus longues; deux éperons très-forts aux bords des ailes. 



Marcgrave, Pison, Sonnini et Azara font mention des oiseaux qui 
composent ce genre. Les auteurs mentionnés s accordent dans les ré- 
cits qu'ils font de leurs mœurs douces et paisibles; ils n'attaquent point 
les autres animaux au milieu desquels ils vivent en paix 5 la posses- 
sion des femelles peut seule exciter les mâles à un combat que toutes 
les espèces d'animaux se livrent entre elles dans la saison des amours 3 
pourvus à leurs ailes d éperons forts et pointus , ils n'en font aucun 
usage pour troubler la tranquillité dans les lieux de leur demeure 
habituelle; la force apparente de ces armes n'est qu un vain appareil 

Recueil d'Oiseaux, 57 e . litraison. 



GENRE KAMICHI. 

de guerre 9 et elles ont été départies à des oiseaux les moins disposés 
â en faire usage. Ces oiseaux habitent les sayannes à demi noyées ou 
les marécages , et quelquefois les bords des fleuves dans les endroits 
où l'eau est basse 5 ils ne nagent point habituellement mais arpentent 
les bords des étangs et les marécages pour se nourrir de plantes 
aquatiques. Nous savons, par les récits de tous les voyageurs, que 
les Kamichis sont uniquement herbivores et peut-être granivores, 
mais qu'ils n attaquent aucun animal 5 des personnes, sans doute mal 
informées, ont avancé que ces oiseaux étaient reptilivores et qu'ils 
prenaient le poisson et les grenouilles 5 mais il est prouvé que leur 
nourriture se compose uniquement du règne végétal , cause première 
de leur naturel doux et paisible, ainsi que de leurs mœurs sociales. Il 
n'est cependant encore nullement prouvé que les Kamichis ^ quoique 
d'un instinct docile, sont effectivement des pâtres fidèles, doués 
d'une intelligence qui les porterait à la reconnaissance et à se fami- 
liariser avec l'homme 5 ces gardiens vigilans et incorruptibles, ainsi 
qu'on les dépeint , ne paraissent doués que de ces qualités qui les 
rendent plus propres que d'autres oiseaux à subir le joug de la 
domesticité, et sous ce rapport ils tiennent de très-près aux Galli- 
nacés, non-seulement par la forme à peu près semblable du bec, 
mais encore par leur structure interne que l'on dit être organisée 
à peu près comme celle des Gallinacés. Le jabot a une ampleur 
considérable aussi bien que l'estomac qui diffère, suivant le témoi- 
gnage de Sonnini , par sa forme seulement , de celui des Gallinacés 5 
sa membrane externe est très-musculeuse 5 l'interne est veloutée de 
même que dans la plupart des mammifères herbivores. Les intes- 
tins sont longs et leurs tuniques sont très-fortes. 

Ces oiseaux ont la voix forte et sonore 5 leur cri, selon Marcgrave, 
est terrible y et d'Azara dit, du Chaja, que sa voix est formidable. 



GENRE KAMICHI. 

Les deux espèces qui sont connues se rapprochent du Dindon par 
la forme du corps, mais ils sont plus gros et plus charnus. Ils vivent 
habituellement dans les plaines marécageuses 5 on les approche dif- 
ficilement d'assez près pour les tuer, leur défiance contribue aussi 
à rendre leur capture rare. On ne voit point de différence marquée 
dans le plumage des sexes 5 ils se perchent sur les buissons et à la 
cime des plus hauts arbres, mais on les voit plus habituellement à 
terre; leur démarche est grave et ils n'entrent point dans les forêts» 
Les uns disent qu'ils font un nid spacieux, avec de petites branches, 
sur les buissons entourés d'eau, et d'autres qu'ils le placent dans 
les joncs au milieu des eaux. Leur couvée est de deux œufs de la 
grosseur de ceux du Cygne 5 les jeunes sont couverts de duvet j 
ils suivent leurs parens et pourvoient aussi probablement dès leur 
naissance à leur subsistance , ce qui les rapproche encore des oiseaux 
Gallinacés. 

Ces considérations réunies, prises du naturel et des habitudes 
des Kamichis 3 nous ont fait adopter dans la classification métho- 
dique du Manuel d'Ornithologie (voyez analyse du système géné- 
ral) l'ordre établi sous le nom Alectorides , où se trouvent rangés, 
à la suite de celui des Gallinacés , les genres Psophia _, Dlcholophus 3 
Glareola et Palamedea. N'ayant pu connaître , à l'époque de la pu- 
blication de la deuxième édition du Manuel, l'oiseau que les Cata- 
logues méthodiques signalent sous le nom de Parra chavaria, nous 
avions cru devoir classer provisoirement dans cet ordre le genre 
Chauna d'Illiger (1). J'en ai fait mention sans garantir Fexacti- 

(1) Illiger , Prodromus mammalium et avium, a établi son genre Chauna sur l'espèce du 
Parra chavaria des méthodes, sans doute d'après les seules indications très- vagues des auteurs, 
M. Vieillot, en s'appropriant plus tard les vues du savant Illiger, avait aussi formé ce genre 
sous le nom Opistolophus, 



GENRE KAMICHL 

tude des caractères indiqués, et il me semblait, ai-je dit,, que la 
description donnée par d'Azara de son Chaja , indique de nom- 
breux rapprochemens avec les Kamichis. Notre opinion sur la place 
que le Chaja doit occuper, s est trouvée récemment confirmée par 
Fexamen des dépouilles de cet oiseau et par les rapports des voya- 
geurs qui ont été à même de l'observer dans son pays natal. Le 
Chaja est en effet une seconde espèce de Kamichi ( Palamedea ) , 
et cette découverte nous porte à rayer le genre Chauna d'Illiger de 
la liste du système d'ornithologie. 

Le genre Palamedea , tel qu'il est composé aujourd'hui , comprendra 
deux espèces, savoir : le Kamichi de Buff., pi. enl. 4ôi , qui est le 
Palamedea cornuta 3 et le Chaja de d'Azara Parra chaçaria des 
catalogues. Linné et Latham donnent sous le nom de Palamedea 
cristata, le Cariama de Marcgrave, le même que le Saria de d'Azara, 
comme une seconde espèce de ce genre , mais cet oiseau en doit 
être distrait 5 il forme le genre Dicholophus des méthodes nouvelles. 
Nous publierons incessamment la figure et la description du Cariama. 



21J 




//('/<■/ . 



KamicM cÂciùc 



KAMICHI CHAJA. 



PA LA ME DE A CHA VARIA. T 



EMM, 



L'Adulte. — Planche 219. 

Nous voyons dans Azara (1) que cet oiseau jette assez souvent 
un cri très- fort-, aigu et clair v non-seulement pendant le jour, mais 
encore dans la nuit, pour peu qu'il entende quelque bruit 5 le cri 
du mâle est chaja, celui de la femelle chajali; ils se répondent 
alternativement. On les voit tantôt seuls, tantôt par paires, tantôt 
en troupes nombreuses. Il n'y a pas de différence entre l'un et 
l'autre j ils ne fréquentent que les marécages 5 et si quelquefois on 
les rencontre sur le bord des rivières , c'est dans les endroits où l'eau 
est basse et peu courante. Ils ne nagent point, mais entrent dans 
l'eau comme les Hérons $ ce n'est pas pour manger les poissons, 
les grenouilles, etc., car ils ne se nourrissent que des feuilles des 
plantes aquatiques et de quelques autres. D' Azara a vu des Chajas 
élevés, dès leur premier âge, dans xles habitations champêtres 5 ils 

(1) Histoire du Paraguay, vol. 4> pag. 179. D'Azara a été dans l'idée que Buffon avait parlé 
du Chaja dans son article du Kamichi $ il veut que Ton jette au feu la description et la figure 
que Buffon a données du Kamichi , et cela parce qu'elles ne se rapportent pas à la description 
du Chaja. Des rapprochemens de cette nature se retrouvent en plusieurs endroits, dans l'ou- 
vrage de d' Azara ; partout ils sont erronés. 
Recueil d'Oiseaux, 37 e . livraison. 



KAMICHI CHAJA. 

étaient aussi accoutumés à la domesticité que les poules. On assura 
au naturaliste espagnol qu'ils mangeaient de petits morceaux de 
viande crue 5 mais il les vit becqueter de l'herbe. Ils se perchent 
à la cime des plus grands arbres 5 à terre leur démarche est grave 5 
la ponte qui a lieu au commencement d'août, produit deux petits 5 
quoique revêtus d'un simple duvet , ils suivent leur père et mère. 
Les uns disent que ces oiseaux font un nid spacieux , avec de petites 
branches , sur les buissons entourés d'eau, et d'autres qu'ils le placent 
dans les joncs au milieu des eaux. Leur ensemble paraît gros et 
arrondi. Ils ont le cou long, la tête petite et semblable à celle 
du Karnichi 3 dont ils diffèrent seulement, sous ce rapport, par un 
bec moins long et par le manque de corne au front. Ces deux 
espèces sont aussi pourvues d'un duvet cotonneux qui garnit la 
base des plumes comme dans le Cygne $ tout le plumage du cou 
est un peu lâche et tenant de la nature du duvet. La peau du corps 
est séparée delà chair par un intervalle d'une ligne et demie, remplie 
par des tégumens cellulaires où l'air s^introduit 5 on trouve cette 
même disposition lâche de la peau dans quelques espèces de Fous 
et de Cormorans. 

Le Chaja a l'aile armée de la même manière que le Karnichi j 
l'os du fouet se termine en alêne , et sur le bord de la partie exté- 
rieure sont deux éperons pointus, très-forts, osseux, un peu recour- 
bés en haut et trigones. Une touffe de plumes longues et effilées 
forment au dessous de l'occiput une sorte de diadème immobile 5 
la partie supérieure du cou, sur deux pouces de longueur, est 
revêtue de plumes duvetées 5 au dessous on voit un espace ou col- 
lier à peu près nu, d'un blanc-rougeâtre , suivi d'un autre collier 
très-pourvu de plumes d'un noir couleur d'ardoise 5 le sommet de 
la tête est cendré de même que les plumes longues implantées a 



^ 



KAMICHI CHAJA. 

l'occiput 5 les parties inférieures du cou et toutes celles du dessous 
du corps, ainsi que les cuisses, sont d un cendré couleur de plomb, 
marqué de larges mèches et de bordures plus claires 5 le corps et les 
ailes sont colorés d'une teinte plombée un peu plus foncée 5 la base 
du tuyau des rémiges est blanche, le reste est noir , ainsi que toutes 
les pennes alaires et caudales 5 la queue est légèrement arrondie, et 
on voit du blanc sur le poignet des ailes et sur les pennes secon- 
daires les plus rapprochées du corpsj les tarses , les doigts et le haut 
de la jambe sont de couleur rose ou cendré-rougeâtrej le bec est 
noir j le tour de l'œil et la cire d'un rouge-sanguin , et l'iris brun- 
roussâtre. 

La longueur totale de l'adulte est de trente et un à trente-deux 
pouces 5 le tarse a cinq pouces cinq lignes 5 le bec a un pouce trois 
ou quatre lignes. 

On trouve cette espèce au Paraguay sur les deux rives de la 
Plata, et au Brésil dans les districts les plus éloignés des habitations. 

L'individu que nous figurons planche 1 1 9 , fait partie du cabinet 
de M. Bonjour, de Paris; le Musée de cette ville possède deux 
sujets semblables , rapportés par M. de Saint-Hilaire , de son voyage 
au Brésil. 



n 

^ 



GENRE OUTARDE 



GENUS OTIS. Linn. 



itec de la longueur de la tête ou plus court, droit, conique, comprimé ou légère- 
ment déprimé à la base ; pointe de la mandibule supérieure un peu voûtée. 

Narines ovales, ouvertes, rapprochées, distantes de la base. 

Pieds longs, nus au-dessus du genou, seulement trois doigts devant, courts, réunis 
à leur base, bordés par un rudiment de membrane; pouce nul. 

Ailes médiocres; la première rémige de moyenne longueur, la deuxième de très- 
peu moins longue que la troisième, qui est la plus longue. 



Les Outardes ont, avec le port massif des Gallinacées, plusieurs 
caractères en commun avec les Gralles. Elles forment le passage gradué 
des Gallinacées tridactyles, tels que les Tinamous et les Turnix, aux 
petites espèces de coureurs qui vivent le long des plages maritimes. 
Toutes les espèces, composant ce groupe, sont des oiseaux lourds, qui 
font peu usage des moyens dont ils semblent doués par la force muscu- 
laire et letendue de leurs ailes; ils savent se soustraire aux poursuites 
de leurs ennemis par une course accélérée : ne trouvant plus moyen 
de s'y soustraire, on les voit prendre recours au vol, qu'ils exécu- 
tent en rasant la terre. Elles vivent dans les blés, dans les plaines 
couvertes de broussailles naines, ou dans les déserts, mais toujours 
en des localités d'où elles sont à même de découvrir au loin l'ennemi 
qui pourrait leur nuire $ c'est ainsi qu'elles fréquentent les blés et 

Recueil d'Oiseaux, 90 e . livraison. 



■ SS 






GENRE OUTARDE. 

les herbes assez bas, sur lesquels elles puissent promener leur regard 
méfiant. Leur nourriture consiste en herbes, insectes, graines et 
semences. Un mâle suffit à plusieurs femelles, qui vivent solitaires 
après avoir été fécondées. La mue paraît avoir lieu deux fois dans 
Tannée. Le mâle, chez le plus grand nombre des espèces, diffère 
de la femelle par un plumage plus bigarré et par des ornemens 
accessoires^ le jeune mâle, âgé d'un ou de deux ans, porte la livrée 
de la femelle : chez quelques espèces, le mâle prend en hiver la livrée 
de la femelle. Leur nid ressemble à celui des Gallinacées ; les petits 
courent, et prennent eux-mêmes, dès leur naissance, leurs alimens. 
Toutes les espèces connues sont de l'ancien continent ; il n'en est pas 
encore venu du Nouveau-Monde. 

Les espèces bien constatées sont : H 

Esp. i. Outarde barbue, ou Grande Outarde, des pi. enl. de 
Buffon i4h. Le très-vieux mâle a une touffe de plumes à barbes 
désunies à la commissure du bec. C'est Otis tarda des catalogues. 
Patrie, différentes parties de l'Europe. 

Esp. i. Outarde Lohong, bien figurée par Edwards, Glan., pi. 12; 
passablement par Seligmann , et d'une manière très-exacte dans l'Atlas 
du voyage de M. Ruppell en Egypte, pi. 1 6. Le Paon sauvage de Luçon 
de Sonnerat, tab. 49 , qu'on associe à cette espèce, paraît former une 
espèce distincte qu'on n'a pas encore vue en nature. C'est Otis arabe 
des Méthodes. Patrie, l'Asie, l'Afrique septentrionale et méridionale. 
Esp. 3. Outarde Denham ou a nuque rousse, décrite dans le Voyage 
du major Denham. Ce sera Otis Denhami. Patrie, le nord et le midi 
de l'Afrique, vers le centre. 

Esp. 4. Outarde nuba. Une figure très-exacte du mâle dans l'Atlas 
du voyage de M. Ruppell en Egypte, pi. 1. C'est Otis nuba. Patrie, 
l'intérieur de l'Afrique septentrionale. 



ADDITION 



A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 



Ayant publié , dans la 90 e livraison de cet ouvrage ; un tableau 
des espèces d'Outarde qui nous étaient exactement connues* à 
cette époque , auxquelles ont été ajoutées , dans la 97 e livraison , 
trois autres espèces, obtenues depuis la publication de la première 
indication, nous saisissons l'occasion que nous présente la mise 
sous presse de la 102 e et dernière de ce recueil , pour fournir une 
addition de cinq espèces nouvellement obtenues, depuis , en diffé- 
rens états de sexe et d'âge, au Musée des Pays-Bas. Cette publication 
additionnelle devient même indispensable, depuis que M. Ruppell a 

* Par ces mots, je n'entends pas parler de cette afïluence de citations, d'indications diagnos- 
tiques et de courtes phrases descriptives à la manière de Linnée, dont les écrits périodiques, 
les Annales, les Bulletins, les Proceedings, les ïsis, les Mémoires, les Actes de toutes couleurs, 
etc., etc., qui se publient aujourd'hui dans toutes les villes un peu marquantes, depuis la 
partie mérionale de l'Australie jusques sous les glaces du pôle, se trouvent être les déposi- 
taires. Lorsque de telles courtes phrases indicatives ne sont pas accompagnées d'une figure, 
fût-elle seulement passable, elles seront toujours destinées à faire le tourment du naturaliste, 
et fourniront, de plus en plus, matière à une inextricable confusion : aussi ai-je pris le parti 
de n'en prendre aucune notice. 

Recueil d'Oiseaux, 102 e livraison. 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

donné , sur le genre Otis, un travail très-récent, dans lequel il 
relève, non sans amertume, quelques erreurs dans notre première 
notice, et semble vouloir nous en imputer quelques autres, qui 
sont mal fondées ou mal interprêtées. Voyez Monographie der Gat- 
tung Otis , Annales du Muséum Senkenberglanum , vol. 2 3 page 
20 y à 248. /83 7' 

II nous paraît nécessaire d'observer encore ici, qu'on paraît ne 
pas avoir fait attention à l'indication que nous avons fournie de la 
double mue périodique chez ces oiseaux, comme des ornemens 
accessoires dont le plumage des mâles est pourvu à l'époque des 
amours, même de la différence qui existe alors dans les teintes 
dont le plumage est coloré. C'est pour n'avoir pas pris note de ce 
fait que les naturalistes ont souvent décrit la livrée ordinaire, 
dépourvue des parures des mâles, comme espèce distincte du mâle, 
tel qu'il est coloré et orné pendant l'espace de temps voué aux noces 
et à l'incubation. Notre Outarde barbue d'Europe manque de tout 
vestige de barbe, et n'a plus, à la poitrine, ces longues plumes et ce 
coloris roux vif qui pare cet oiseau pendant les noces ; le Houbara 
perd sa fraise et les plus longues plumes de la huppe; la Canne- 
pelière mâle prend à peu près la livrée de la femelle. Notre Outarde 
Denham , en amour, diffère beaucoup du même oiseau sous sa 
livrée ordinaire; le Kori mâle est plus élégamment orné; enfin, le 
Churge et VOreillandàe l'Inde sont revêtus, pendant une grande 
partie de l'année, d'un plumage peu disparate de celui de la femelle. 
Dans la présente récapitulation, on renvoie, par le même chiffre, 
aux 1 1 espèces indiquées dans le premier travail, tandis que toutes 
celles qui sont nouvelles portent une lettre alphabétique, et se trou- 
vent, par là, intercalées à leur place, dans la série. Nous indiquons 
les espèces par ordre de grandeur. 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

Esp. A. Outarde kori, désignée, sous ce nom, par Burchel, Trav. 
in South. Afric, vol, 1. page 3 $3, et la tête en vignettes le mâle * 
probablement , vu le peu de longueur de la huppe occipitale, dans 
son plumage ordinaire. Le mâle, dans cette livrée, est très-bien figuré 
et décrit par Ruppell, Monog. du genre Outarde, page 2i3 3 sp. /, 
tab. i3. Le sujet mâle du Musée des Pays-Bas est toutefois plus 
grand; sa huppe est beaucoup plus longue et les plumes du cou 
sont plus alongées : c'est apparemment un individu dans sa livrée 
parfaite des noces. — On doit citer encore comme synonyme la 
figure, mais surtout la description, du Paon sauvage de Luçon, 
Sonner. Voyag. Nouv. Guin., pi. 86 \ page 8 y •f. A. inscrire dans 
le catalogue méthodique, sous le nom de Otis kori. Patrie certaine, 
l'Afrique méridionale, où l'espèce porte le nom de JVdde-Pauw 
(Paon sauvage). 

Esp. B. Outarde cape noire, décrite et figurée par Gould, Himal. 
Birds , pL j2; aussi Otis Edwardii , Hardw. lllust. Ind. Zool. La 

* La femelle inédite, ou défectueusement indiquée, est beaucoup plus petite que le mâle; 
sa longueur totale, sur le sujet de notre musée, n'est que de trois pieds : notre mâle porte 
quatre pieds huit pouces. La huppe occipitale est de moitié moins longue que celle du mâle, 
à plumes cendrées et noirâtres; les côtés de la tête et tout le cou sont rayés transversalement 
de brun et de blanc; le ceinturon noir de la poitrine manque; on ne voit, sur les côtés, qu'un 
petit nombre de plumes terminées en noir ; le dos et les ailes ont une teinte isabelle, vermi- 
culée de brun ; le reste est comme dans le mâle. 

f Cette citation exacte du Kori ou Paon sauvage du Cap, que, dans mon premier index, 
je disais ne pouvoir admettre dans les synonymes du Lohong, ainsi que l'ont fait tous les 
ornithologistes, a été classée erronément, par M. Ruppel, comme synonyme de Y Otis 
nigriceps. Si, à cet article, comme ailleurs où il me faudra relever les erreurs commises par 
M. Ruppel, dans ses critiques, il me prenait envie de récriminer sur le même ton, et par 
des propos aussi peu obligeans que ceux dont il dépare son écrit mentionné, il ne lui 
adviendrait que ce qu'il mérite, pour avoir assaisonné ses critiques nombreuses du fiel de son 
inimitié personnelle; mais, je me garderai de l'imiter! 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

femelle et le mâle, en livrée de noces, n'ont pas encore été indiqués, 
M. Ruppell, page 218, décrit un individu, probablement semblable 
à ceux de MM. Gray et Gould, et à celui de notre musée; mais il 
cite, dans la synonymie, le Paon de Luççn, par Sonnerat, qui décrit 
très-exactement V Outarde kori y de l'article précédent. C'est, pour 
les Méthodes, Otis nigriceps ; patrie, l'Inde. 

Esp. 1. Outarde barbue. Voir notre premier index , et ajouter qu'à 
l'époque des amours le vieux mâle, en livrée parfaite, a les plumes 
de la barbe très-longues et à barbules décomposées; les plumes du 
jabot longues et effilées et les côtés de la poitrine d'un roux ar- 
dent. 

Esp. 2. Outarde lohong *, ainsi nommée par Buffon , et Autruche 
volante^ par Adanson, qui l'a trouvée au Sénégal, Voy. page 160. 
Voyez notre premier index, et ajoutez Rupp. Monog. du genre Otis, 
page 21Ô. 

Esp. 3. Outarde Denham, ou a nuque rousse. A cet article, M. Ruppell, 
voyez Monog. du genre Otis, page 220, m'impute, bien à tort sans 
doute , un grand nombre d'erreurs. Il dit , en premier lieu , que 
j'aurais dû savoir que feu Lichtenstein, père du directeur du musée 
de Berlin, avait indiqué et nommé cette espèce Otis caffra *j\ 

* Cette espèce et VOtis nuba , de M. Ruppel, manquent encore dans les galeries du Musée 
des Pays-Bas. 

f Remarquez que cette diagnose très-succincte et qui ne convient pas du tout à l'adulte en 
plumage parfait de VOtis Denhamii, se trouve seulement notée dans une traduction allemande 
de l'index de Latham, par Bechstein , littéralement en ces termes: Outarde à nuque noire. 
(0. cafïra.) Lichtens. Dessus du corps barriolé de roux et de noir y nuque, pennes des ailes et 
une bande vers le bout de la queue noirs. Le mâle avec la gorge noire , joues blanches et 
sommet de la tête gris. J'ai toujours été dans l'idée qu'on ne pourrait rapporter cette des- 
cription qu'à VOtis senegalensis , dont M. Ruppel prétend faire le Rhaad de Buffon'. (Voyez 
notre esp. y, de cette nouvelle récapitulation des espèces connues ) 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

M. Ruppell aurait dû adresser cette remarque à MM. Barlow et 
Vigors , qui ont nommé et décrit le Denham avant moi, toutefois 
sans se douter le moins du monde que leur Denhamii se trouvait 
indiqué dans une diagnose si vague que l'est celle de VOtis caffra 
de Bechstein. Au demeurant, M. Ruppel ne savait aussi qu'en faire, 
puisqu'il a été obligé d'examiner les sujets du cabinet de Berlin, 
que M- Lichtenstein lui a envoyés à Francfort , pour pouvoir s'as- 
surer de leur identité avec cette pauvre et défectueuse indication, 
comme le sont toutes celles qui reposent sur des données aussi 
vagues. Notez surtout que M. Ruppel avoue s'être donné toute 
cette peine pour se trouver à même de relever les erreurs qu'il 
m'impute. Plus loin, il dit que, dans ma description du Denham, 
je confonds deux espèces, en indiquant aussi très-mal la femelle ; 
que ma description du jeune repose sur une espèce distincte, figurée 
et décrite par lui, sous le nom de Otis Ludwigii. A toutes ces allé- 
gations très-mal fondées, je me contenterai de répondre par ce 
que me présentent les neuf individus de sexe différent, ou dans une 
époque différente de la mue, de X Outarde Denham, que j'ai, dans 
ce moment , sous les yeux : individus dont six ont été obtenus , 
par notre musée^ depuis la publication de mon article mentionné. 
De ces neuf individus, il n'y en a guère que trois qui se ressemblent 
exactement par le plumage ; deux de ces sujets très-intéressans 
offrent, par les teintes de leur robe, le passage certain de la livrée 
du Denham ou Coffre au double emploi du Ludivig ; l'un, par les 
plumes de la tête et du cou ; l'autre, par celles du dos : ils servent 
évidemment de preuve que des états différens de la mue sont 
les seules causes des légères différences qu'on pourrait signaler 
dans les livrées de ces deux espèces distinctes pour M. Ruppel; 
car, par leurs formes totales, par celles du bec et des pieds, par la 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

coloration de l'aile et de ses rémiges, comme par le caractère 
constant de la partie inférieure de leur nuque , teinte de roux, il 
n'existe certainement aucune autre disparité entre ces neuf indi- 
vidus qui ne soit due qu'aux différences de sexe ou d'âge de ces 
sujets. Le résultat de mes observations minutieuses et renouvelées 
me porte conséquemment à ne rien changer dans l'établissement 
de cette espèce, et me fait réunir à POutarde Denham ou Caffre tout 
ce que M. Ruppel décrit sous Otls coffra de Lichtenstein, Monoq. 
page 220, et, comme différence d'âge ou de mue, son Otls Ludmgii, 
page 223 j plus, la bonne figure de cette livrée^ table i^ 7 du même 
mémoire. Voir aussi Otls Stanleyl, Gray, MlscelL Zool., la femelle. 
Ce sera toujours, pour moi, Otis Denhamii. Dans l'indication de 
patrie,, j'ai dit erronément qu'on le trouve aussi dans le nord de 
l'Afrique : mettez, Afrique méridionale et centrale. 

Esp. 4, Outarde nuba. Voyez l'article précédent et ajoutez : Rupp. 
Monog. du genre Otls, page 226. 

Esp. S. Outarde churge. Voyez l'article précédent et ajoutez : Otls 
dellclosa, Hardw* lllust. Indlan Z00L, vol. i,pl. 67, le mâle à l'état 
ordinaire , sans parures et en mue ; pi. 61, la femelle ou le jeune 
mâle. — Otls hlmalayana, Gould, Himalaya Blrds y tab. y3, le vieux 
mâle en parure de noces ; pi. y4t, le vieux mâle en livrée ordinaire 
ou de passage. 

Esp. C. Outarde a ventre noir, découverte, décrite et figurée par 
M. Ruppell, Atlas, Neue Wlrbelth., page 16, tab. 7, le vieux mâle; 
id. Monog. du genre Otls, page 24o 3 esp. i4 7 les deux sexes- C'est 
Otis melanogaster. Patrie : les sujets de M. Ruppell sont d'Abyssinie; 
ceux que le Musée a reçus, ont été envoyés du Sénégal. 

Esp D. Outarde scolopacée ou Vigors , inscrite, sous ce premier 
nom, dans nos pi. col. 676, et sous le second, par M. Ruppell, 



ADDITION A i: ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

Atlas, Abyssin. Wirbelth. 3 page ly, et ici, Monog. du genre 0tis 3 
page 22$. Ce sera, si Ton veut, Otis Vigorsii. Patrie 3 l'intérieur de 
la Caffrerie. 

Esp. 6. Outarde plombée. Voyez première notice, et remarquez 
que Le Vaillant, quoiqu'ayant trouvé l'espèce, ne l'a pas figurée. 
Voyez Sonn. nouç. édit. de Buff. Ois., vol. S 3 page 100. Ajoutez : 
Rupp. Monog. du genre Otis , page 228 3 sp. 8. Otis ruficrista n'est 
pas , comme le présume cet auteur , la femelle de notre oiseau ; 
mais c'est une espèce distincte, dont le mâle et la femelle se trou- 
vent décrits sous esp. E. 

Esp. y. Outarde torquéole ou Sénégalin. Ici, j'avais commis l'erreur 
d'ajouter l'indication vague de Y Otis coffra, de Lichtenstein , qui 
doit maintenant faire partie de mon Outarde Denham. Le mâle est 
très-bien décrit et figuré par M. Ruppell, mais sous le faux nom de 
Bhaad. Voyez Monog. du genre Otis, page 220, tab. 16. Je joins ici 
l'indication de la femelle de cette espèce*. Il est inconcevable que 
M. Ruppell ait pu prendre cet oiseau pour le Rhaad de Shaw et de 
Ruffon. J'ai dit que cette description du Rhaad me paraissait devoir 
être rapportée au Houbara , soit à la femelle ou au jeune mâle de 
cet oiseau. M. Ruppell me critique amèrement sur ce sujet, et en 
des termes peu civils. Pour toute réponse à de telles critiques, je 
me contenterai de donner ici , textuellement , la description du 

* Outarde torquéole (femelle) diffère du mâle par l'absence du grand espace noir au bas 
de la gorge, par celle, également noire, du front et par la bande parallèle au crâne; la grande 
tache noire au bas de l'occiput est seulement indiquée, chez la femelle, par une petite bande ; 
tout le sommet de la tête est brun-clair, fortement vermiculé de brun plus foncé; les joues 
et les sourcils d'un roux-clair, la gorge blanchâtre, la nuque rousse, le devant du cou rous- 
sâtre , vermiculé de brun ; la poitrine d'un roux isabelle et le dessous du corps blanchâtre 
isabelle. Le jeune mâle, en livrée de passage, a toute la nuque rousse et le sommet de la tête 
d'un brun cendré. 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

Rhaad de Buffon, afin que tous les naturlistes qui possèdent un 
individu de V Outarde torquéole (espèce très-commune et qui existe 
dans presque toutes les collections) puissent juger, par eux-mêmes, 
s'ils trouvent effectivement que cette description d'une Outarde 
huppée doive être rendue applicable à une espèce qui n'a pas la 
moindre apparence de huppe , quel que soit son âge ou son sexe, 
et dont le bec est très-court et, celui-ci, de même que les jambes, 
grêle *. Notre Torquéole est indiquée dans quelques musées et dic- 
tionnaires, sous le nom de Otis senegalensis ; patrie, la côte orientale 
et le midi de l'Afrique. 

Esp. 8. Outarde knorhan. Voyez la première notice et ajoutez : 
Ruppell, Monog. du gen. Otis, page 282. Quelques observateurs 
assurent que le mâle prend, en hiver 9 le plumage de la femelle. 

Esp. E. Outarde houpette. Espèce découverte récemment par 
M. Smith, et indiquée, par lui, dans le Rapport de son expédition, 
page 66. Nous donnons ici, en note, la description des deux sexes 
de cette espèce nouvelle *j*. Ce sera Otis ruficrista. Patrie^ l'Afrique 
centrale. 

* Le Rhaad, ou petite Otarde huppée d'Afrique, est distingué de notre petite Outarde de 
France par la huppe, et du Houbaara d'Afrique en ce qu'il n'a pas, comme lui, le cou orné 
d'une fraise; du reste, il est de la même grosseur que celle-ci ; il a la tête noire, la huppe 
d'un bleu foncé, le dessus du corps et les ailes jaunes, tachetés de brun, la queue d'une couleur 
plus claire, rayée transversalement de noir, le ventre blanc et le bec fort, ainsi que les jambes. 
Voyez Buffon, édit. de Sonnini, voL 5, page $5. 

f Le mâle adulte, d'un tiers moins grand que le Knorhan; longueur totale un pied six 
pouces; sommet de la tête, nuque, devant du cou et région thorachique d'un bleu de plomb; 
la plaque plombée de la tête entourée par une bande isabelle, vermiculée de noir; à l'occiput 
une ample touffe ou bouquet de plumes rousses, à barbes désunies 5 gorge blanche, ayant 
au centre une bande noire; côtés de la poitrine d'un blanc pur; manteau, petites et grandes 
couvertures des ailes roux, marqués de taches noires en fer de lance, et celles-ci bordées d'une 
tache en V, de couleur isabelle ; queue vermiculée de noir et de cendré; couvertures sur toute la 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

Esp. g. Outarde cannepetière. Voyez le premier index et, pour 
les synonymes, Manuel d'Ornit., édit. 2, page Soy, et le supplé- 
ment. 

Esp. 10. Outarde houbara, à laquelle nous croyons toujours devoir 
rapporter ce qui est donné, par Shaw et par Buffon, sous le nom 
de Rhaad. Il n'y aurait même aucun inconvénient à rayer, pro- 
visoirement, cette indication assez vague de la liste nominale. 
Remarquez que c'est par erreur que le Houbara n'a pas été classé, 
dans le premier index, après le Churge : c'était sa place en suivant 
Tordre de grandeur. Ajoutez : Otis Maquenii, Hardw. ///. Indian 
Zool. 3 vol. 2 , un mâle en livrée de passage; — Ruppell, Monog. du 
gen. Otis, page 242. 

Esp. 11. Outard oreillard. Y oyez le premier index et ajoutez : 
Jardin, lllust. of Omit., tab» 4o, le mâle, et tab. gz, la femelle j 
ouvrage que je ne connaissais pas; — Outarde à palettes, Belang. 
Voj. Ind.j, passage de livrée du mâle sans parures, pi. 10 j — 
Rupp. Monog. du genre Otis, page 235. Lorsque j'ai publié la figure, 
pi. col. 633, du mâle en plumage parfait des noces, la femelle ne 
m'était pas connue ; depuis, j'en ai reçu un bon nombre de dé- 
pouilles, qui ont servi à me fournir la preuve que le mâle, en habit 
ordinaire, ne diffère de la femelle que par les teintes plus foncées 
de son plumage. 



longueur de l'aile, blanches; des taches blanches isolées aux pennes; celles-ci, le dessous de la 
queue et des ailes, ainsi qne toutes les parties inférieures., d'un noir parfait. 

La femelle manque de touffe à l'occiput et de noir à la gorge, celle-ci est d'un blanc pur; 
joues isabelle-ciair; sommet de la tête, cou et poitrine d'une teinte isabelle foncée, marqués de 
nombreuses taches et de raies noirâtres; poitrine blanche, plus ou moins marbrée de noir, 
le dessin en V et les taches en fer de lance des ailes plus grandes et moins distinctes, moins 
de blanc au bord des ailes, seulement le bas-ventre et tout le reste noir profond. 



ADDITION A L'ARTICLE DU GENRE OUTARDE. 

On ne saurait classer, comme espèce distincte, ni rapporter à 
une des espèces connues, la figure donnée dans Hardw. ///• Indian 
ZooL, vol. i, sous le nom de Otis marmorata. M. Ruppel classe 
cette planche dans la synonymie de V Outarde oreillard. 



GENRE OUTARDE. 

Esp. 5. Outarde Ghurge. Ce jeune mâle est figuré dans Edwards, 
tab. 25o. Miller, tab. 35, fournit une figure passable du jeune, sous 
le nom de Otis indica. C'est Otis Bengalensis. Patrie , le continent 
de l'Inde. 

Esp. 6. Outarde plombée de nos pi. col. 532. C'est Otis CiERU- 
lescens. Patrie, l'Afrique méridionale , pays des Caffres. 

Esp. j. Outarde torquéole ou cafre. Le mâle et la femelle 
décrits dans la traduction allemande de l'Index de Latham , par 
Bechstein. C'est Otis cafra de Lichtenstein. Patrie, l'Afrique, 
Sénégal et Cafrerie. 

Esp. 8. Outarde Knorhan , ou le Knor-cock de Kolbe. Une figure 
passable du mâle dans Lath. , Syn., vol. 4, tab. 69 ; la femelle diffère 
beaucoup du mâle. C'est Otis afra des catalogues. Patrie, l'Afrique 
mériodionale. 

Esp. 9. Outarde canepetiere, BufF., pi. enl. 2b et 10, mâle et 
femelle. C'est Otis tetrax. Patrie, l'Europe méridionale. 

Esp. 10. Outarde HOURARA.Une bonne figure du mâle dans Vieill., 
Galerie des Oiseaux, vol. 2, pi. 227, et Jacq. , Voy., tab. 9^ sous 
Psophia undulata; la femelle n'est pas connue. C'est Otis houbara. 
Patrie, l'Espagne, le Levant et les Etats barbaresques. 

Esp. 11. Outarde oreillard de nos pi. col. 555 : le vieux mâle. 
C'est Otis aurita. Patrie, le continent indien. 

Nous ne faisons pas mention d'une autre espèce de l'Inde, des 
environs de Pondichéry, plus petite que la Houbara, à taille svelte 
et à cou long : nous n'en connaissons que le jeune âge. Otis chilensis 
n'est pas de ce genre , vu qu'il a quatre doigts aux pieds. Le Rahaad 
de Buffon, Otis Rahaad Lath., sp. 9, pourrait bien être la femelle 
de notre Houbara / mais ce Rahaad de Schaw n'a pas été vu en 
nature. 



OUTARDE PLOMBÉE. 



OUTARDE PLOMBEE. 

OTI S CjERU LESCENS. Temm 



Le Mâle adulte. — Planche 53a. 

De la taille de notre Outarde, houbara; le bec plus court que la 
tête, comprimé, et ressemblant à celui de notre Outarde cannepetière. 

Du bleu couleur de plomb et un roux de rouille forment les teintes 
de la majeure partie du plumage de cette Outarde inédite; une 
double cravate blanche et noire couvre la gorge et le cou; le sommet 
de la tête est marqué de zigs-zags noirs et roux, étroits et très-rappro- 
chés; au-dessus des yeux s'étend, en forme de sourcil, une large 
bande blanchâtre pointillée de brun ; plumes du méat auditif d'un 
roux clair$ sous la gorge, une bande demi-circulaire d'un blanc 
pur, et au-dessous, une autre du double plus large et d'un noir 
parfait; le devant du cou, la poitrine, et toutes les autres parties 
inférieures d'un bleu couleur de plomb; toutes les parties supérieures 
du corps d'un roux de rouille marqué de zigs-zags et de points noirs 
très-rapprochés; les moyennes couvertures des ailes et les pennes 
de la queue d'un roux sans taches; le bout de la queue noir jaspé 
de brun 5 les pennes des ailes noires; les pieds jaune-verdâtrej et 
le bec brun , à base jaunâtre. Longueur, vingt pouces; hauteur, étant 
debout, dix-sept pouces six lignes. 

Le Vaillant a découvert cette espèce dans l'intérieur de l'Afrique 



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Outarde oreîUard, ind/e 



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OUTARDE PLOMBÉE. 

méridionale ; elle habite le pays des Gafres et quelques parties de la 
colonie du cap de Bonne-Espérance. Les deux sujets que nous avons 
vus sont des mâles; nous ignorons si la femelle est différente par le 
plumage. Musée de Paris et des Pays-Bas. 



OUTARDE OREILLARD 

OTIS AU RI TA. Lath. 



Le Mâle adulte. — Planche 535* 

C'est la moins grande des espèces connues} elle n'est guère plus 
forte de taille que la Gelinotte (Tetrao banasia). Deux caractères 
marquans distinguent cet oiseau de tous ses congénères : vers l'orifice 
auditif se trouvent cinq ou six baguettes flexibles, longues de quatre 
pouces, munies à leur bout de palettes oblongues, et toutes les ré- 
miges sont à barbes tronquées depuis le milieu de leur longueur, 
puis à pointe en filet. 

Latham en fait mention dans son Index et dans le Supplément 
au Synopsis, vol. 1, p. 228, sous le nom de Passerage buctard. 

Cette jolie Outarde a la tête, le cou, la poitrine, toutes les parties 
inférieures du corps, le dessous des ailes et la moitié inférieure des 
couvertures d'un noir parfait; la gorge, les plumes qui couvrent 
le méat auditif, la partie inférieure de la queue et la plus grande 
partie des couvertures des ailes sont d'un blanc pur ; le dos , les 
scapulaires., les pennes secondaires les plus proches du corps, la 

Recueil d'Oiseaux, 90 e livraison. 



OUTARDE OREILLARD. 

queue et ses couvertures supérieures sont marbrés et barriolés de 
zigs-zags noirs et jaunâtres j de grandes taches noires liserées de blanc 
jaunâtre occupent le milieu du dos$ sur les pennes de la queue sont 
trois ou quatre bandes noires très-étroites et à larges intervalles j 
les tiges ou crins très-longs , qui forment panache de chaque côté 
de la tête 9 un peu au-dessus de l'orifice des oreilles , ne portent 
aucun vestige de barbules; leur extrémité est ornée d'un épanouis- 
sement des barbes semblables à de petites feuilles j quelques plumes 
subulées couvrent la base de ces crins ; ces panaches sont d'un noir 
parfait; le bec est jaunâtre, et les pieds sont jaunes. Longueur 
totale, quinze pouces* 

La femelle de cette espèce n'est pas connue. Le mâle adulte qui 
a servi à cette description fait partie des collections de M. Leadbea- 
ter, à Londres. Le continent indien est la patrie de ce bel oiseau. 



07Û. 




Pre/re 



utar de sco/o/>ace& , 



i/e 



OUTARDE SCOLOPACÉE. 



OTIS SCOLOPACEA. Temm, 



Le Mâle adulte. — Planche 576. 

Lorsque nous avons publié, dans la 90 e liv. de ce recueil, l'index 
spécifique des Outardes qui nous étaient connues, l'espèce nouvelle 
de cette planche ne s'était pas encore présentée à notre investigation : 
avant d'en tracer la description , il sera nécessaire de signaler deux 
emplois en double d'Outardes indiquées et décrites comme espèces 
distinctes, mais qu'il faut rapporter à deux espèces connues. 

En premier lieu, on voit , dans le bel ouvrage de M. Gould, Cen- 
tury ofBirds ofthe Himalaya mountainsj, une Outarde figurée pi. 73, 
74 et 75, sous le nom de Otis Himalqyanus : celles-ci donnent les 
figures très-exactes du vieux mâle, du jeune mâle et de la femelle 
de Y Outarde churge(Oùs Bengalensis et Indica) des méthodes: c'est 
notre espèce n°5 de l'index du genre; Y Otis Himalayanus est con- 
séquemment une espèce à rayer des catalogues. 

L'autre espèce a été désignée par M. Ecklon, voyageur suédois, 
sous le nom de Otis collei. Ce monsieur m'ayant fait parvenir l'Ou- 
tarde supposée espèce nouvelle, je trouvai que c'est le jeune mâle de 
Y Otis Denhamii dont j'ai fait mention dans l'Index, esp. 3, et dont 

Recueil d'Oiseaux, 97' livraison. 



v - 



OUTARDE SCOLOPACÉE. 

nous donnons la description succincte à la suite du présent article, 
qui sera terminé par l'indication de l'espèce également nouvelle de 
YOtis nigriceps. 

Notre espèce, que je n'ai point encore vu figurée ou décrite nulle 
part, devra prendre rang sous la rubrique esp. 5, après l'Outarde 
plombée d'Afrique, pi. col. 532. 

Notre Outarde scolopacée est un peu plus grande que la plombée et 
la torquéole ou coffre, toutes les trois originaires du midi de l'Afrique. 
Le mâle porte sous le menton une large bande longitudinale noire 
qui aboutit à un large collier noir entourant tout le devant de la 
gorge, et formant une large bandeau-dessous de l'occiput; le reste du 
cou, la tête et la poitrine sont d'un gris-isabelle couvert de zigzags 
bruns très-fins $ toutes les autres parties inférieures sont d'un isabelle 
pur; les parties supérieures, les ailes et la queue sont d'un isabelle- 
brun-rougeâtre, marqué sur les scapulaires de grandes taches trans- 
versales noires, et de taches plus petites sur les grandes couvertures; 
tout le plumage est couvert de nombreux zigzags noirâtres $ la totalité 
du duvet, sur tout le corps, est d'un rouge-pourpré 5 les rémiges ont 
une teinte isabelle-roussâtre, et leur pointe est noire. Longueur 
totale, vingt-et-un ou vingt-deux pouces. 

La femelle manque de bande longitudinale au menton et de bande 
noire à l'occiput 5 la gorge seulement est noire comme chez le mâle. 

Le musée des Pays-Bas a reçu quelques individus de l'intérieur 
de l'Afrique j on voit une femelle au Muséum d'Histoire naturelle 
de Paris. 



1? 



OUTARDE DENHAM, 



OUTARDE DENHAM. 



OTIS D E NHA M IL Vig. 



Nous publions ici la description des deux sexes et du jeune de 
cette belle espèce , que nous aurions fait figurer, si le nombre de 
planches destinées à faire partie de cette centurie de livraisons pou- 
vait encore nous faire admettre celle-ci. 

Cette Outarde, dont on attribue la découverte au voyageur anglais 
Denham, et que celui-ci a rapportée du nord de l'Afrique, est, dans 
le fait, découverte par Le Vaillant, mais se trouve inédite, vu que 
ce voyageur n'a pu la publier dans ses volumes des oiseaux de l'A- 
frique méridionale, où l'on ne trouve ni les Gallinacés, ni les oiseaux 
coureurs, riverains et palmipèdes, qu'il a rapportés de ces contrées ; 
le sujet que Le Vaillant se proposait de décrire sous le nom à 9 Ou- 
tarde à nuque rousse ne diffère point de ceux tués par le major 
Denham et par M. Ruppel : ce sujet de Le Vaillant se trouve dans 
le musée des Pays-Bas* 

JJ Outarde de Denham ou à nuque rousse est à peu près de la 
taille de notre grande Outarde d'Europe. Le mâle adulte, paré de 
sa livrée des noces, diffère de la femelle par une fraise composée de 
plumes assez longues et déliées, qui s'étend de chaque côté de la 



OUTARDE DENHAM. 

partie inférieure du devant du cou en forme de hausse-col $ le sommet 
de la tête est noir avec une grande tache blanche placée à l'occiput ; 
toutes les parties postérieures du cou sont d'un roux ardentj menton 
et devant du cou d'un beau gris-cendré j plumes de parade des côtés 
du cou d'un gris-blanchâtre 5 tout le reste des parties inférieures d'un 
blanc pur 5 parties supérieures du corps, scapulaires et couvertures 
de la queue d'un brun clair, abondamment couvert de zigzags très- 
fins et très-rapprochés d'un brun plus foncé j la plus grande partie 
des couvertures des ailes d'un noir parfait marqué de grandes et 
petites taches d'un blanc pur 5 les barbes intérieures des rémiges en 
grande partie blanches; les pennes de la queue rayées de blanc et 
de noir ; le bec est noirj les pieds sont d'un jaunâtre livide, mais la 
plante est noire. Longueur totale, trois pieds ou un pouce de plus. 
La femelle est plus petite; elle n'a point la parure des côtés du cou, 
et les teintes du plumage sont moins vives et pures. 

Le jeune de l'année, obtenu par M. Ecklon , sous le nom de Otis 
collei, et qu'il a rapporté du midi de l'Afrique, porte la coloration 
suivante. Le sommet de la tête est d'un brun-noirâtre, et l'espèce de 
calotte que forme cette couleur est bordée par une bande blanche 
marbrée de brun ; toute la nuque est d'un roux très-clair ; le devant 
du cou est d'un brun-noirâtre tacheté de blanc et fortement marqué 
de cendré, teinte dominante chez l'adulte s les parties supérieures sont 
brunes, couvertes de nombreux zigzags très-fins et rapprochés, d'un 
brun plus foncé, et marquées de taches ovoïdes de couleur ocre clair : 
ces taches œillées existent chez les jeunes du plus grand nombre des 
espèces connues j la queue est rayée de bandes d'un brun-noirâtre, 
et de bandes couleur d'ocre, parsemées de zigzags noirâtres* La 
dimension totale est de deux pieds trois pouces. 

Cette espèce est indiquée dans le Voyage en Afrique du major 



V* 



OUTARDE DENHAM. 

Denham,trad. franc, vol. 3, p. 238. On lui donne, dans l'intérieur 
de l'Afrique, le nom de Oubara. 

Le musée de Paris possède deux beaux sujets capturés au cap de 
Bonne-Espérance, par Delalande. On voit dans celui des Pays-Bas 
une série du sujets du nord et du midi de l'Afrique centrale. 



OUTARDE CAPE-NOIRE. 



Or/5 NIGRICEPS. Gould, 



Une figure parfaite de ce grand et bel oiseau se trouve dans 
l'Atlas des oiseaux des monts Himalaya , pi. 72, où M. Gould décrit 
cette Outarde en ces termes : 

ce Ce magnifique oiseau est le plus grand et l'un des plus beaux 
du genre. Quoique l'individu qui a servi de modèle à notre planche 
ait été capturé dans les chaînes élevées de l'Himalaya, l'espèce n'est 
nullement confinée dans ces régions, puisque M. Seykes, qui en fit 
la découverte, assure qu'elle est très-commune dans le pays des Mah- 
rattes, où elle est très-recherchée comme mets exquis et savoureux. 
L'espèce vit par troupes qui se réunissent dans les plaines désertes. 
Le mâle est pourvu d'une poche gutturale, comme dans ÏOtis tarda 
d'Europe j ils nichent à terre et sans apprêts pour le nid 5 les œufs 



OUTARDE CAPE-NOIRE. 

sont de forme ovale, d'un brun-olivâtre marqué de taches brunes 
plus foncées. La femelle ne diffère pas du mâle par le plumage , mais 
elle est d'un tiers plus petite. 

Tout le sommet de la tête et la large huppe occipitale sont d'un 
noir parfait; les joues , tout le cou et les parties inférieures sont 
/d'un blanc pur : sur la poitrine est dessiné un large ceinturon s'éten- 
dant d'une aile à l'autre ; toutes les parties supérieures du corps, 
les pennes secondaires des ailes et la queue sont d'un beau brun 
marqué de nombreux zigzags noirs ; les grandes couvertures du bord 
des ailes sont noires à bouts blancs; le bec et les pieds sont jaunes. 
La longueur totale est de quatre pieds et demi. 

Un bel individu de cette espèce fait partie des galeries de la Société 
zoologique à Londres j et un autre, du musée des Pays-Bas 



GENRE COURT-VITE. 



G E N U S CURSORIUS. Lat 



H 



Bec plus court que la tête ou de cette longueur, déprimé à la base, un peu 
voûté à la pointe, faiblement courbé ou à peu près droit et pointu. 

Narines ovoïdes a surmontées par une membrane élevée en protubérance marquée. 

Pieds longs, grêles; trois doigts très-courts, à peu près totalement divisés; doigt 
intérieur constamment de moitié plus court que celui du milieu. Ongles très- 
petits. 

Ailes médiocres : la première rémige à peu près aussi longue que la deuxième, 
qui est la plus longue; grandes couvertures couvrant les rémiges. 



Nous conservons à ce genre le nom donné par Latham, et 
adopté par tous les naturalistes, excepté par Illiger, qu'une ten- 
dance trop outrée au purisme a porté dans la voie des réformes 
de noms de genres reçus et généralement employés. Nous préfé- 
rons l'adjectif Cursorius au nouveau nom de Tachydromus , non- 
seulement parce qu'il est généralement usité , mais aussi parce que 
ce nouveau nom, proposé par M. Illiger, ne peut être admis, 
ayant été employé pour désigner un genre dans Tordre des Sau- 
riens. Lorsqu'à juste titre l'on a cru devoir supprimer le nom 
de genre Arenaria usité en botanique, et que la nouvelle déno- 
mination Calidris , proposée par Illiger, a été adoptée dans toutes 

Recueil d'Oiseaux, 5o*. livraison. 



* 



GENRE COURT-VITE. 

les nouvelles méthodes 5 il serait inconséquent de faire usage d'une 
répétition de noms pour remplacer celui de Cursorius (1). 

Le genre Court-vite, tel que nous lavons établi dans la se- 
conde édition du Manuel d'Ornithologie , pag. 5n et suivantes, 
comptait alors trois espèces distinctes, savoir, Cursorius isabel- 
linus 3 ou le Court-vite proprement dit 5 Buffon, pi. enl. 796; 
Cursorius asiaticus , basé sur la figure des pi. enl. 8925 et le 
Cursorius bicinctus , décrit dans le Manuel cité, pag. 5i5. Deux 
autres espèces ont été connues depuis cette époque, ce qui porte 
le nombre à cinq. 

Ces cinq espèces diffèrent plus ou moins entre elles par le 
bec 5 mais elles ont toutes les mêmes caractères dans la forme 
des pieds, et particulièrement dans celle des doigts et des ongles. 
L'organisation de ces membres , quels que puissent être les rap- 
ports qu'ils présentent avec ceux d'un genre voisin, les Outardes, 
peut servir à distinguer ces oiseaux, coureurs par excellence, de 
tous les autres genres auxquels on pourrait les réunir, si l'on ne 
consultait dans cet arrangement que la seule forme plus ou moins 
variée du bec. 

(1) Il serait à désirer que l'on pût aussi s'entendre au sujet des noms de genres : Cryp- 
turus pour Tinamus$ Halieus pour Carbo ; Dysporus pour Sula; Eudytes pour Colymbus, 
et l'emploi de Colymbus comme devant remplacer la dénomination de Podiceps. A quoi 
bon ces réformes, et dans quel but le professeur Berlinois les reproduit-il également dans 
plusieurs groupes de mammifères ? Les naturalistes de tous les pays consentent à faire des 
concessions au purisme, mais de quel droit les successeurs et les disciples d'Illiger veu- 
lent-ils qu'on suive servilement un système dans lequel l'auteur a changé sans motif 
d'utilité, même jusqu'à la série et à l'ordre de classification des genres adoptés dans 
toutes les méthodes? Ces disciples d'un compilateur systématique qui s'est montré bien peu 
versé en histoire naturelle pratique des animaux vertébrés , sont-ils en effet persuadés que 
les genres des oiseaux Rapaces ne pourraient pas être plus heureusement placés qu'entre les 
Hirondelles et les Gallinacés ? 



-f 



GENRE COURT-VITE. 

J ai fait valoir dans le Manuel précité , pag. ô 1 1 , les rapports 
que ces oiseaux ont avec les Outardes , et l'embarras qu'on peut 
éprouver dans l'arrangement méthodique, lorsque nous aurons à 
classer un très-grand Court-vite ou bien un pygmé du groupe 
Outarde : les découvertes d'espèces inédites , faites dans ce dernier 
genre , semblent fournir de nouveaux indices pour rapprocher 
des oiseaux qui ont à peu près le même genre de vie , et qui 
habitent loin des eaux. Nous faisons suivre l'index du genre. 

Esp. i re . Court-vite Isabelle, désigné simplement par le nom 
de Court-vite, BufF. pi. enl. 7935 Cursorius isahellinus de Meyer. 
Voyez , pour la Synonymie, Manuel, pag. 5i5. Patrie, l'Abyssinie, 
les côtes occidentales et septentrionales de l'Afrique, et accidentel- 
lement en Europe. 

Esp. i e . Court-vite a ailes violettes, Cursorius chalcopterus , 
de nos pi. col. 298. Patrie, les parties occidentales de l'Afrique. 

Esp. 5 e . Court-vite a double collier, Cursorius bicinctus, 
découvert par Le Vaillant, et trouvé en des lieux stériles, loin 
des eaux , courant avec une vitesse étonnante. Voyez la descrip- 
tion du plumage dans le Manuel, pag. 5i5. Nous en publierons 
la figure dans ce recueil. Patrie, l'intérieur de l'Afrique méri- 
dionale. 

Esp. 4 e . Court-vite a lorum noir (1) , Cursorius asiaticus , de 

(1) Nous le nommons ainsi , afin de le distinguer et le faire reconnaître du premier coup- 
d'oeil de l'espèce suivante que j'aurais désignée par le nom de Court-vite à lorum blanc , dans le 
cas que M. Swainson ne l'eût pas figuré et ne m'en eût pas fait la dédicace. Ces deux oiseaux, 
que j'ai confondus précédemment sous une même rubrique, diffèrent par des caractères cons- 
tans, quoique leur corps soit couvert d'un plumage à peu près coloré des mêmes teintes, et 
dont la distribution est la même. Notre quatrième espèce diffère de la cinquième par une 
taille un peu plus forte, par les dimensions plus grandes du bec et du tarse, et principale- 
ment par la couleur des plumes du lorum ; caractères qui ont été bien appréciés par M. Lich- 



GENRE COURT-VITE 

Latham, très-exactement figuré par Buffon, pi. enl. 89a, sous le 
nom de Court-vite de Coromandel. Patrie , la presqu'île de l'Inde. 

Esp. 5 e . Court-vite Temminck, Cursorius Temminchii 3 figuré 
par M.. Swainson, pi. 106, n°* 21 , des Illustrations zoologiques» 
Patrie 3 le Sénégal et toute la côte occidentale de l'Afrique jusqu'à 
Sierra Leona. 

L'oiseau indiqué par M. Horsfield dans le catalogue des Oi- 
seaux de Java, pag. 187, sous le nom de Cursorius isabellinus 3 est 
une espèce nouvelle de Pluvier du genre Charadrius. J'en fais 
la remarque, afin de désabuser les naturalistes sur l'existence du 
Court-vite isabelle dans les îles de la Sonde, contrées dans les- 
quelles l'on trouve plusieurs espèces de nos Gralles riverains, 
mais où le Court-vite isabelle n'a point encore été vu. 

tenstein. J'ajoute cependant bien plus de valeur à la différence constante dans la couleur du 
îorum et à celle de la localité, qu'aux mesures minutieuses qui sont très-variables et aux- 
quelles on ne doit point mettre une bien grande importance, vu que des individus de la 
même espèce offrent des différences souvent bien plus marquantes. 



w*. 




Cour -vite a/ a/Z?<r vwlefâw 



% 



o 



COURT-VITE A AILES VIOLETTES. 



CURS O RI U S CH A L C OPT E RU S. Temm, 



L'Adulte. — Planche 298. 

Lé peu de longueur du bec, en proportion de la tête, le ren- 
flement assez fort des mandibules et leur faible courbure , donnent 
à cette nouvelle espèce une apparence de légère différence avec 
l'espèce type, connue sous le nom de Court-vite Isabelle. Le bec 
de notre oiseau est semblable à celui des Glarèoles^ et nous n'hé- 
sitons pas à le produire dans la série méthodique, comme formant 
le passage ou comme espèce intermédiaire entre les oiseaux les plus 
agiles à la course et le groupe de ceux doués d'une vélocité remar- 
quable dans les moyens qui servent à les transporter dans les airs ; 
les uns courent avec une célérité surprenante, les autres fendent 
le fluide aérien avec la vitesse du trait. C'est ainsi que les décou- 
vertes nouvelles aident à nous faire trouver dans tous les genres et 
dans toutes les classes des êtres ce chaînon admirable et ce passage 
gradué dans les formes et dans les mœurs, qui se voit de toute part 
dans la création. 

Notre Court-vite à ailes violettes est sans doute l'une des plus 
belles espèces du genre, et le plus remarquable dans les ordres 

Recueil d'Oiseaux, 5o e . livraison. 



COURT-VITE A AILES VIOLETTES. 

des Coureurs et des Gralles. Les couleurs métalliques distribuées 
sur les ailes de cet oiseau sont en quelque sorte un caractère nou- 
veau, dont toutes les autres espèces connues sont dépourvues; leur 
plumage sombre et grivelé de couleurs ternes ne flatte point les 
yeux. Ce Court-vite, remarquable par les formes. Test également 
par les grandes plaques d'un violet brillant à reflets métalliques dont 
les rémiges sont terminées. Sa taille égale celle du Court-vite qu'on 
trouve en Europe 5 le front est d'un blanc-roussâtre ; cette couleur 
s'étend sur le bord antérieur des yeux et passe sur l'orbite; tout le 
sommet de la tête est brun roussâtre ; une teinte marron-clair couvre 
le lorum et passe au-dessous des yeux en une large bande qui vient 
couvrir le méat auditif; une tache marron -rougeâtre passe sur les 
côtés de l'occiput; à la commissure du bec naît de chaque côté une 
large bande qui , en forme de rabat , couvre la gorge et se trouve 
bordée de petites taches noires ; un cendré couleur de terre d'ombre 
forme la teinte générale du plumage; le bord interne des ailes et un 
demi-collier, large de deux lignes, entoure la région thorachique; 
les pennes des ailes sont terminées par des taches violettes bordées 
par une zone verte et chatoyante; la queue, d'un brun-noirâtre ter- 
minée de blanc, est blanche à sa base; les pieds paraissent avoir été 
d'une teinte rougeâtre, et le bec est noir. Longueur totale, dix 
pouces et demi. 

On le trouve au Sénégal. Et l'individu figuré fait partie du cabi- 
net de M. Laugier de Chartrouse. 



V* 



GENRE ŒDICNÈME 



GENUS ŒDICNEMVS. Temm. 



Bec plus long que la tête, droit, fort, un peu déprimé à la base, comprimé vers le 

bout; arête de la mandibule supérieure élevée; mandibule inférieure formant 

l'angle. 
Narines placées vers le milieu du bec, longitudinalement fendues jusqu'à la partie 

cornée, ouvertes par devant, percées de part en part. 
Pieds longs, grêles; trois doigts dirigés en avant, réunis par une membrane jusqu'à 

la seconde articulation; des rudimens le long des doigts. 
Ailes médiocres; la première rémige un peu plus courte que la deuxième, qui est 

la plus longue; queue fortement étagée, longue. 



L'histoire de ces oiseaux très-farouches et peu nombreux dans tous 
les pays où les différentes espèces se trouvent réparties, n'a point 
encore fourni de matériaux très-circonstanciés sur le genre de vie 
qui leur est propre: nous savons seulement que le nombre très-limité 
d'espèces connues se tient de préférence dans les lieux déserts , élevés , 
et que c'est toujours les contrées les plus arides qu'elles fréquentent 
habituellement. Ses mœurs sauvages et solitaires les distinguent parfai- 
tement bien des Placiers (Charadrius) , genre auquel on lésa tou- 
jours associés, et don ils diffèrent, non seulement par le genre de 

Recueil d'Oiseaux, 65 e . livraison. 



GENRE OEDICNÈME. 

vie, mais encore par des caractères extérieurs assez faciles à saisir. 
Leur nid est sans aucun apprêt , le plus souvent placé sur le sable, 
peu abrité et dépourvu de matières étrangères 5 les espèces étrangères 
nichent en des terrains rocailleux. Notre espèce européenne, qu'on 
trouve aussi en Egypte, et qui visite les côtes orientales d'Afrique et 
sa pointe méridionale, niche (1), suivant les localités, sur le sable ou 
sur les rochers. Ils vivent habituellement de scarabées, de coquillages, 
de lézards et de petits serpens. Ils ont une voix forte : la mue n'a lieu 
qu'une fois dans Tannée 5 les sexes ne diffèrent point par le plumage. 
Quelques naturalistes rangent ces oiseaux avec les Outardes, et ils ont 
été associés aux Placiers. C'est en quelque sorte sur une méprise très- 
grave que repose le nom Œdknemus (jambe enflée) donné par Belon 
à l'espèce d^Europe, et connue dans les catalogues méthodiques sous 
le nom de Charadrius Œdicnemus j car ce renflement remarquable de 
la partie supérieure du tarse, au-dessous du genou, n'est propre qu'aux 
jeunes et se retrouve sous les mêmes conditions dans tous les grales 
à très-longues jambes avant l'époque de leur développement complet. 
Cette enflure est surtout et long-tems remarquable dans \esAvocettes et 
chez les Œdïcnèmes ; mais elle disparaît totalement dans l'état adulte, 
et ne laisse alors aucune trace. Il aurait été préférable d'adopter une 
autre dénomination générique pour ce petit groupe 5 mais le nom d'es- 
pèce proposé par Belon ayant été donné dans la première édition de 
mon Manuel comme dénomination générique, adoptée depuis dans 
plusieurs catalogues méthodiques, il me paraît mieux vu de ne point 
changer ce signe de reconnaissance, parce que toutes ces mutations 
ne sont d'aucun intérêt pour les sciences, qu'elles entravent par de 

(1) Les individus de VOEdicnème criard me sont parvenus de toutes ces parties de l'Afrique; 
ils ne m'ont offert , dans leur plumage, aucune différence avec ceux tues dans les différentes 
contrées de l'Europe. Xes parages de l'Afrique nourrissent, indépendamment de notre espèce, 
une autre indiquée dans cette monographie. 



^ 



GENRE OEDICNÈME 

nouvelles difficultés et mettent un obstacle réel à ce que les natura- 
listes de tous les pays puissent adopter une même nomenclature 
scientifique et s'entendre sur la détermination des genres et des 
espèces. Il reste encore assez à faire dans la partie historique de 

Fétude de la* nature pour ne pas s'arrêter à discuter sur les mots. 
Les oiseaux du genre Œdicnème n'ont point encore été trouvés 
en Amérique, les quatre espèces connues aujourd'hui sont de l'an- 
cien continent. L'espèce unique du genre Dromas tient de très-près 
aux Œdicnemus j et j'ai lieu de croire que les mœurs et l'appétit de 
ces oiseaux sont à peu près les mêmes. 

Nous classons les Œdicnèmes par ordre de grandeur. 

Esp. 1. Œdicnème échasse, de nos pi. col. 586. M. le professeur 
Geoffroy a décrit cet oiseau sous le nom de Œdicnemus longipes. On 
en voit une très-mauvaise figure lithographiée dans la Galerie des 
Oiseaux du Jardin du Roiipl. 1 28. Patrie, la Nouvelle-Hollande. 

Esp. 1. Œdicnème a gros bec, de nos pi. col 387. Œdicnemus 
magnirostris , donné avec le précédent dans l'ouvrage cité de M. 
Geoffroy. Patrie 3 les Moluques, les îles de la Sonde et le continent 
de Fin de. 

Esp. 3. Œdicnème tachard, de nos pi. col. 292. Œdicnemus ma- 
culosus. La même espèce qui se trouve simplement nommée, sans 
indication, O. grallarius. \ 'oyez Manuel d' 'Ornithologie, analyse du 
système. C'est encore O. Capensis du catalogue de M. le professeur 
Lichtenstein , sous le n° 7 1 5. Patrie, les côtes occidentales et la pointe 
méridionale de l'Afrique. 

Esp. 4. Œdicnème criard, du Manuel d'Ornithologie pag. 5a 1, 
Buff. pi. enh 919. Œdicnemus crepitans. C'est Otis œdicnemus de 
l'Index de Latham. Patrie l'Europe, l'Inde, et plusieurs contrées de 
l'Afrique, l'Egypte, le Sénégal et le Cap de Bonne-Espérance. 

Cette espèce, à peu près cosmopolite dans les limites de l'ancien 



GENRE OEDÏCNÈME 

monde, varie très-peu dans les teintes du plumage, et moins encore 
par la taille. Les individus de l'Europe et de l'Afrique septentrionale 
sont un peu plus forts que ceux tués au Sénégal et au Gap de Bonne- 
Espérance, tandis que ceux de la pointe méridionale de FAsie sont à 
peu près de la taille des sujets du Gap. Le plumage est plus sombre 
dans les sujets d'Europe et d'Afrique, comparés à ceux de l'Inde, qui 
ont une livrée plus pâle , quoique peinte de la même manière. 







Œdiciieme ecAafse , aJu/fo. 



3v/re 



OEDICNÈME ECHASSE 



ŒDICNEMUS LONGTPES. Geoff. 



U Adulte. — Planche 386. 

De la taille d'une poule de basse-eour. Sommet de la tête et nuque 
d'un cendré clair, mais chaque plume marquée d'une strie noire; 
dos et ailes d'un brun-cendré, marqués de grandes taches longitu- 
dinales d'un noir parfait; sur les quatre premières rémiges un grand 
miroir blanc; gorge et face d'un blanc pur; toutes les autres parties 
inférieures d'un blanc roussâtre marqué de grandes mèches d'un brun 
foncé; queue rayée transversalement de bandes noires, très-espacées , 
disposées en zig-zag sur un fond gris; bec plus court que la tête; 
tarses plus du double de la longueur du bec; pieds bruns. 

Longueur totale, vingt pouces quatre ou six lignes; tarse, à peu 
près six pouces. Voyez Geoffroy, Mémoires; Vieillot, Galerie des 
Oiseaux, pag. 84. pi. 228. 

Habite les côtes de la grande terre de l'Océanie. Musées des Pays- 
Bas et de Paris. 



Recueil d'Oiseaux 65 e . livraison. 



38 




7 



J^rèfre ■ 



Œdiciiêiiie a ^ros- l>ec , vmw. 



V 



OEDICNÈME A GROS BEC. 



ŒDICNEMUS MAGNIROSTRIS. Geoff, 



Le Mâle adulte. — Planche 387. 

Ce grand Œdicnème est de la taille de celui figuré sous le nom 
d' Œdicnème échassej il est moins haut monté sur les pieds que ce 
dernier, et son bec est beaucoup plus fort , un peu recourbé en haut. 
Cette courbure de la mandibule inférieure du bec est plus forte dans 
le jeune que dans l'adulte. 

Le plumage des parties supérieures est d'un brun cendré 5 il règne 
au dessus des yeux deux larges bandes, l'une blanche, et l'autre d'un 
brun foncé; la région des oreilles et la commissure du bec sont peintes 
de noir, formant une grande tache sur ces parties 5 le haut de l'aile 
est d'un brun foncé, le milieu de cette partie est marqué par une 
bande très-large d'un blanc pur j les couvertures qui se trouvent au 
dessous de cette bande, les grandes et les petites pennes secondaires 
sont d'un cendré très-clair; les premières rémiges noires; la plus 
extérieure a une grande marque blanche vers le milieu ; les joues et 
la gorge sont blanches, ainsi que le ventre et les parties postérieures 5 
les plumes du devant du cou et de la poitrine sont cendrées, mar- 
quées le long des baguettes par un trait brun très-pâle sur les plu- 

Recueil d'Oiseaux, 65°. livraison. 



OEDICNÈME A GROS BEC. 

mes de la poitrine 3 les pennes caudales sont étagées, tachetées, et 
grises en dessous ; les pieds paraissent être d'un gris-brun ou verdâtre, 
et le bec 9 très-gros et fort , est noir. Longueur , de dix-sept a dix- 
neuf pouces, selon Fâge et les localités. 

Nous venons d'observer que le bec des jeunes, particulièrement leur 
mandibule inférieure , est plus recourbée en haut que les mandibules 
dans l'adulte; elles sont aussi un peu plus renflées vers le milieu. J'ai pu 
comparer plus de vingt dépouilles de cette espèce, qui paraît visiter, 
dans ses migrations, une grande étendue des côtes baignées par l'Océan 
Austral. Les comparaisons établies sur ces dépouilles, rapportées du 
continent de l'Inde, de Java, des Célèbes et des Papous, servent à 
établir de très-légères variétés dans les teintes du plumage. Les 
sujets de l'Inde n'ont guère plus de dix-sept pouces, leur livrée est 
pâle. Un individu des Célèbes a servi à la figure ci-jointe; il tient 
le milieu pour la taille et par les couleurs du plumage entre l'individu 
rapporté des îles Papous, qui est le plus grand de tous, et dont les 
couleurs de la robe sont très-foncées. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. . 



2£2 




Preû-py. 



(E di cnème ûccAarct . 



OEDICNÈME TACHARD 



ŒDICNEMUS MACULOSUS, Temm. 



Planche 292 



M. le professeur Lichtenstein a indiqué cette espèce par une bonne 
diagnose. Voyez n°. 7 1 5 du catalogue des doubles du Musée de Berlin. 
Nous avons dû changer la dénomination locale, vu que l'espèce ne 
se trouve pas exclusivement dans le district de la pointe méridionale 
de l'Afrique, étant aussi très-commune sur toute la côte du pays des 
Cafres au Sénégal, et ayant été trouvée en Egypte par M. Ruppel. 

Cet Œdicnème ressemble à peu près à l'espèce désignée sous le nom 
de Criard; mais le Tachard a des formes plus sveltes et il est plus 
haut monté sur jambes. On le distinguera facilement dans tous les 
âges, non-seulement à cette longueur de la jambe, mais aussi à son 
plumage couvert d'une multitude de taches qui se présentent sous 
diverses formes ; ces taches sont plus grandes et moins irrégulières 
dans l'adulte que chez les jeunes. On voit aussi une très-légère diffé- 
rence locale dans les teintes du plumage des individus rapportés des 
différentes parties de l'Afrique^ ceux du Cap sont d'un cendré roux, et 
les sujets du Sénégal ont des teintes rousses plus décidées, tandis que 
les jeunes de cette contrée ont une teinte plus pâle. Nous avons fait 
figurer l'adulte rapporté du Sénégal. 

Recueil d'Oiseaux 49°- livraison. 






OEDICNÈME TACHARD. 

Un fond roux-clair , roux pâle ou roux cendré , couvre les parties 
supérieures 5 cette teinte rousse se trouve parsemée d'une multitude 
de taches d'un noir parfait, disposées sur le sommet de la tête en 
larges mèches, sur la nuque et le cou en mèches longitudinales, sur la 
poitrine en bandes longitudinales, et sur le dos en grandes taches 
liées par un trait noir le long des baguettes. Les rémiges sont noires 5 
la première a une grande tache blanche vers les trois quarts de sa 
longueur , la seconde une tache plus petite , et la troisième une moins 
grande que celle-là. Les couvertures inférieures sont rousses, les supé- 
rieures et les deux pennes du milieu ont cette teinte marquée de 
bandes irrégulières réunies par le noir des baguettes j les autres pennes 
sont blanches et noires 5 les pieds et la base du bec d'un jaune verdâtre, 
et la pointe du bec noire. 

Les jeunes ont des teintes plus claires, les taches sont moins régu- 
lières et plus petites, et le blanc de la queue est marbré et rayé; les 
couvertures inférieures sont d'un blanc -roussâtre. Longueur, de 
quinze à seize pouces $ tarse, trois pouces dix lignes. 

On le trouve sur une grande étendue des plaines arides de 
l'Afrique. 

Musées des Pays-Bas, de Berlin , de Paris et de Francfort. 



zv 



GENRE FALCINELLE. 



GENUS FALCINELLUS. Cuvier. 



Bec long, grêle, arqué depuis la base, dur, à pointe obtuse, cannelé latéralement 

jusqu'aux trois quarts de sa longueur. 
Narines latérales, linéaires, percées dans la cannelure; face emplumée. 
Pieds grêles , nus au-dessus du genou, seulement trois doigts devant, réunis à leur 

base; le pouce manquant totalement. 
Ailes médiocres; la première rémige la plus longue. 



En comparant cet oiseau, Tunique du genre , à tous les Courlis 
connus-, il ne viendrait pas à l'idée de le séparer du genre Numenius, 
surtout s'il était pourvu, comme ces derniers, d'un pouce ou doigt 
postérieur; le manque total de ce quatrième doigt est le seul carac- 
tère au moyen duquel on puisse se permettre une distinction artifi- 
cielle, introduite, par le même motif, dans la séparation générique 
établie entre les Vanneaux et les Pluçiers 3 les Pétrels et les Pelé- 
candides, etc. Notre Falcinelle y désigné sous ce nom par M. Guvier (1), 
est en effet un Courlis pygmée, manquant de tout vestige de pouce j 
il ressemble aussi, au premier coup d'œil, au Bécasseau cocorli 
(Tringa subarquata) en plumage d'hiver; mais il diffère de cet oiseau 
par ce manque de pouce et par la forte courbure du bec. Nous indi- 

(i) M. Vieillot en fait son genre Erolia. 
Recueil d'Oiseaux , 86°. livraison. 



GENRE FALCINELLE. 

quons à dessein ces disparates , afin de prémunir les collecteurs 
d'Oiseaux d'Europe contre une méprise bien facile, si toutefois elle 
n'a pas déjà eu lieu dans quelques collections, vu que le Falcinella 
coureur habite, dit-on 3 les contrées méridionales de l'Europe, et 
que notre Bécasseau cocorli émigré en automne , revêtu du plumage 
d'hiver, vers les bords de la Méditerranée, et vient passer la mau- 
vaise saison sur les côtes septentrionales d'Afrique. 



>io 




^mlfâ^ë^' 



Falciiielle coureur, P à 



, p/itwMufe parfait. 



Prêtre 



^^ 



FALCINELLE COUREUR. 



FALC1NELLUS CURSORIUS. Temm, 



V Adulte. — Planche 5io. 



C'est à tort que les naturalistes ont voulu reconnaître dans cet 
oiseau le Scolopax pjrgmea de Gmel., indication qui peut être rap- 
portée , quoique avec doute, au Tringavariabilis en plumage d'hiver; 
car il n'est dit nulle part que le Scolopax pygmea n'a que trois doigts: 
l'indication sous le titre de Numenius pygmeus de Latham, Ind., 
vol. 2, pag. 7i5, est synonyme de notre Tringa platyrhincha du 
Manuel, pag. 616, et c'est aussi à cet oiseau qu'on doit rapporter 
le plus petit des Courlis de Sonnini , vol. 22, pag. 245. Nonobstant 
cette remarque faite dans la seconde édition du Manuel , on voit re- 
produite ? dans la nouvelle édition du Règne animal , la même erreur 
de citation de ce Scolopax pygmea comme synonyme du Falcinella 
de M. Cuvier, espèce dont aucun auteur ancien ou moderne n'a 
donné la moindre indication avant l'auteur du Règne animal (1). 

Nous donnons à cet oiseau le nom de Falcinelle coureur, que nous 

(1) Depuis la publication de la i rc édition du Règne animal, M. Vieillot a livré une figure 
du jeune Falcinelle, Galerie des Ois., vol. 2, pi. 23i. Cet auteur lui donne le nom de 
Acrolia varia* 

Recueil d'Oiseaux, 86 e livraison. 



X 



-7 



FALCINELLE COUREUR. 

avons trouvé inscrit, de la main de Le Vaillant, sur l'individu rapporté 
par lui d'Afrique, et qu'il a déposé dans le cabinet de feu M. Raye; 
individu que notre Musée a acquis à la vente de cette collection. 
L'étiquette de Le Vaillant portait Corlica coureur; il avait tué cet 
oiseau sur les bords de la rivière Gamtos. 

L'adulte rapporté par Le Vaillant est figuré planche ôio. Le som- 
met de la tête et la nuque portent des mèches brun-cendré sur un 
fond gris; le dos et les ailes sont d'un brun plus foncé, et chaque 
plume porte une fine raie noirâtre le long de la baguette ; on voit 
une nuance noirâtre vers le poignet de l'aile; les rémiges noires 
ont leur baguette blanche; la queue, à pennes égales, est brune en 
dessus et blanchâtre en dessous; la poitrine porte de petites stries 
brunes sur un fond blanc ; la gorge et toutes les autres parties infé- 
rieures sont d'un blanc pur ; les pieds sont bruns, et le bec, très-arqué, 
est noirâtre. Longueur totale, un peu plus de sept pouces. 

Le jeune, figuré par M. Vieillot sur le sujet du Musée de Paris, 
a le bec un peu moins arqué ; il est tacheté de gris et de blanc en 
dessus, gris avec des lignes brunes sur le devant du cou et sur la 
poitrine; dos et ailes d'un brun-noirâtre, chaque plume bordée de 
roussâtre; sourcils, gorge, ventre, croupion et abdomen d'un blanc 
pur: ses dimensions sont un peu moins fortes que dans l'adulte. 

On dit que cette espèce a été vue dans le midi de la France ; elle 
paraît habiter différentes parties de l'Afrique. 



âàâ. 




PI 



irvrer ca/) - o/ir/tr 



jjj 



&L 



Prètro, 



PLUVIER CAP-BLANC. 



CHARADRIU S ALBICEPS. Te 



MM, 



U Adulte. — Planche Ô26. 

Un chaperon d'un blanc pur revêt tout le sommet de la tête : 
cette couleur forme un demi-collier sur la nuque , couvre le bas- 
ventre, les cuisses, l'abdomen % le croupion , les trois-quarts des pennes 
intermédiaires de la queue et une plus grande étendue des pennes 
latérales; du noir parfait est distribué sur le haut de la nuque 5 aux 
joues, sur le devant du cou, la poitrine, le sternum, le milieu du 
dos., les scapulaires et les pennes des ailes : ce noir forme un large 
croissant sur la queue 5 toutes les couvertures des ailes et les moins 
longues des plumes scapulaires sont d'une belle teinte grise 5 le bec, 
les pieds et l'éperon fort et acéré, dont chaque mâle est armé, sont 
noirs. Longueur, onze pouces. 

Ce beau Pluvier, remarquable par les couleurs tranchées de sa 
robe, a été trouvé dans l'Afrique méridionale, vers les confins du 
pays des Caffres. Le sujet figuré fait partie du Musée des Pays-Bas. 



Recueil d'Oiseaux , 89 e livraison. 



PLUVIER PIE OU BICOLORE 



CHARADRIUS BICOLOR. Temm. 



Cette espèce , non figurée et nouvelle, appartient aussi, comme 
la précédente, dans la section des Pluviers armés d'ergots aux ailes j 
ils sont très-longs, et l'occiput porte une huppe. 

Le sommet de la tête, la huppe occipitale, la face et la gorge sont 
d'un noir parfait; nuque et poitrine cendrées j joues, devant du 
cou et les parties inférieures d'un blanc pur j une grande tache noire 
couvre le ventre ; bords des ailes , pennes secondaires et moitié supé- 
rieure de la queue d'un blanc pur; poignet de l'aile, rémiges et 
moitié inférieure de la queue d'un noir parfait ; bec noir; pieds très- 
longs, d'un brun-noirâtre. Longueur totale, onze pouces six lignes. 

Cette espèce paraît être commune au Bengale. 



iS. 




Pluvier vaù-e , mà&. 



J'/'etre 



V 



PLUVIER PATRE. 



C HA RADRIUS P E CU ARIU S. T 



EMM. 



U Adulte. — Planche i83. 

Le Pluvier pâtre est du nombre des espèces nouvelles d oiseaux 5 
dont les voyages de M. Le Vaillant ont enrichi les cabinets d'his- 
toire naturelle. Il vit dans les marais et sur les bords de la mer, 
et ses habitudes sont les mêmes que celles des autres espèces de cette 
grande tribu , toutes formées selon le même plan organique. 

Celui-ci a les jambes très-longues^ une bande blanche ceint le 
front 5 passe sur les yeux, et vient aboutir en demi-cercle sur la 
nuque 5 une autre bande noire va de l'angle du bec sur les yeux 
et suit toute la direction de la première bande 5 on voit aussi un 
second bandeau noir au front 5 la gorge, le devant du cou et l'ab- 
domen sont blancs 5 la poitrine et le ventre d'un jaune-isabelle , 
et les parties supérieures d'un brun-cendré varié de cendré plus 
clair 5 les trois pennes latérales de la queue sont grises et lisérées 
de blanc , toutes les autres sont d'un cendré-noirâtre. Le bec et les 
pieds sont noirs. 

Habite les environs du cap de Bonne- Espérance. 



4- 



Recueil d'Oiseaux, 3i e . liyiuison. 



PLUVIER AZARA, 



CHARADRIUS AZARAL Te 



MM. 



U Adulte. — -Planche i84. 

Ce Pluvier , que nous dédions à la mémoire du voyageur qui a 
donné des notices très-intéressantes sur les oiseaux du Paraguay, 
n'est point distingué de ses congénères par les formes 5 les couleurs 
du plumage sont de même peu différentes de celles des espèces 
nombreuses qui font partie de ce genre. 

Un bandeau blanc ceint le front , il est suivi d'un second bandeau 
qui est noir, et d'un troisième moins large, d'un roux de rouille 5 
cette teinte colore aussi la nuque et s'avance jusqu'au pli des ailes 5 
une raie noire s'étend de l'angle du bec aux yeux, et un demi- 
collier d'un noir parfait ceint la poitrine, tout le dessous est blanc 5 
les parties supérieures sont cendrées, et chaque plume est bordée 
de cendré-roussâtre 5 les trois pennes latérales de la queue sont 
blanches, les autres sont cendrées à leur base et cendrées-noirâtres 
vers la pointe 5 le bec est noir et les pieds sont de couleur claire. 

On le trouve au Brésil sur les bords des rivières et des lagunes, 
ainsi que dans les terres unies et sèches. Azara en fait mention 
sous le n°. 5g 1 de ses oiseaux du Paraguay, 



iSA 




Pluvier atcara/, mà&> 



Prêtre 



FOURMILIER HAUSSE-COL. 

Un brun-roussâtre couvre le front, et cette couleur est séparée 
de l'orbite des yeux par un double sourcil 5 celui qui surmonte de 
plus près cet organe est blanc 5 le second , plus étroit, est noir 5 le 
devant du cou et la poitrine sont blancs , mais les côtés de ces par- 
ties ont une teinte cendrée y sur le thorax est peint une large tache 
noire en forme de croissant renversé , et sur les côtés du cou existent 
cinq ou six petites taches noires qui viennent aboutir aux angles 
de la plaque thorachiquej les flancs, Fabdomen et les couvertures 
inférieures de la queue ont une teinte brune-olivâtre j cette cou- 
leur, mais dune nuance plus foncée, couvre la nuque et le dos; les 
couvertures des ailes sont d'un roux-vif, et les pennes ainsi que 
celles de la queue ont une teinte brune-roussâtrej le bec est noir 
et les pieds sont cendrés. Longueur totale, 5 pouces. 

Nous savons que cette espèce vit à Java ; mais on ne nous donne 
aucun renseignement sur les mœurs, sur la manière de vivre ou 
sur les différences sexuelles de cet oiseau. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 






Recueil d'Oiseaux, 3i e . uyraisoïï. 



*?> 




frstre 



i . Pluvier asiuce7iozr& maie. 2 . Pluv? a fà&e e/i/xzdree mMs> 



PLUVIER A FACE NOIRE 



CHARADRIU S N I G R I F R O N S. Cuv 



U Adulte. > — Planche 4^, fig. i. 

Le front, l'espace entre l'œil et le bec, une bande qui s'avance 
sur la ligne moyenne du crâne , une autre derrière les yeux , sur 
la partie latérale du cou, un large ceinturon qui couvre la poitrine 
et qui entoure la partie postérieure du cou sont couverts de plumes 
d'un noir profond 5 le dos et les ailes ont une teinte brune-roussâtre 
variée de blanc disposé en mèches longitudinales 5 un pourpre 
éclatant couvre une partie des plumes scapulaires$ le devant du cou, 
les sourcils, la nuque, le ventre et l'abdomen sont d'un blanc pur 5 
les trois pennes latérales de la queue sont blanches, marquées 
d'une tache brune, les autres pennes ont la couleur du dos. La 
base du bec est jaune et sa pointe est noire 5 les pieds sont jaunâtres. 
Longueur totale, six pouces. 

On a trouvé cette espèce à la Nouvelle-Hollande. Des individus 
sont déposés dans les Musées de Paris, de Londres et des Pays-Bas. 



Recueil d'Oiseaux, 8 e . livraison. 



V 



PLUVIER A FACE ENCADRÉE. 



CHARADRIU S RU F I CA P I L L U S. Tem 



M, 



Le Mâle. — Planche 4 7 , fîg. 2. 

La face blanche de ce Pluvier est encadrée par une bande noire 
qui s'étend d'un œil à l'autre et de cet organe au bec; l'occiput et 
la nuque sont d'un roux-ardent dans le mâle et d'un cendré-rous- 
sâtre dans la femelle 5 les plumes du dos , les scapulaires et les cou- 
vertures des ailes sont d'un cendré-clair bordé de roussâtrej une 
partie des pennes secondaires sont blanches, et les autres , ainsi que 
les rémiges, sont noires 5 les quatre pennes du centre de la queue 
ont une teinte brune-cendrée 5 et toutes les autres sont d'un blanc 
purj on voit une tache sous le poignet de l'aile 5 tout le reste du 
plumage est d'un blanc pur. Longueur 5 5 pouces 6 lignes. 

Cette nouvelle espèce habite FOcéanie, mais nous ne savons point 
dans quelle partie on la trouve habituellement. 

Musées de Paris et des Pays-Bas. 



u)5. 




Vanneau, chaperon/ie/, mMy. 



Prêtre 



VANNEAU CHAPERONNÉ. 

VANELLUS CUCULLATUS. Temm. 

V Adulte. — Planche 5o5» 

Cette espèce nouvelle est de la taille de notre Vanneau d'Europe , 
mais elle est haut montée sur jambes, à peu près comme YÉchasse; 
les ailes sont armées d'un éperon noir; degandes pendeloques mem- 
braneuses prennent naissance de la région du lorum, se détachant 
en dessus et au-dessous en deux rudimens , dont l'inférieur est le plus 
long; ces pendeloques et la base du bec sont jaunes; toute la tête, la 
gorge et la partie supérieure du cou paraissent enveloppées dans un 
capuchon noir; la poitrine porte une teinte grise, repassant, par demi- 
teinte, à la couleur ardoise, et successivement au noir parfait, dont 
le ventre, les cuisses et l'abdomen sont colorés; la queue est blanche 
à la base, puis noire jusque vers le bout des pennes, qui sont terminées 
de blanc 5 le manteau et les ailes sont d'un cendré-cuivré à reflets 
de bronze; les pieds ont une teinte jaune-ocre, et le bec est noir. 
Longueur totale un pied deux pouces; la hauteur étant debout 
environ un pied. Le mâle et la femelle ont un même plumage. 

L'espèce paraît être de passage dans une partie du grand Archi- 
pel : elle habite en gandes troupes la plage de Timor, et se montre 
à Java dans ses migrations. 



Recueil d'Oiseaux, 85 e livraison. 



GENRE GRUEW. 



G E N U S G R U S. Palla 



Bec de la longueur ou plus long que la tête, fort, droit, comprimé; pointe en 
cône alongé, fléchi et obtus vers le bout; base de la mandibule cannelée; arête 
élevée; mandibule inférieure droite pointue. 

Narines vers le milieu du bec, percées de part en part; fosse nasale très-grande, 
formant une rainure profonde; la fosse couverte par une membrane nue; région 
des yeux et de la base du bec souvent nues ou couvertes à claire-voie. 

Pieds longs, forts, un grand espace nu au-dessus du genou; des trois doigts de devant, 
celui du milieu réuni à l'externe par un rudiment de membrane, l'interne libre, 
le postérieur articulé sur le tarse, et ne portant à terre que sur son bout. 

Ailes médiocres; la première rémige plus courte que la seconde, et celle-ci a peu 
près aussi longue que la troisième, qui est la plus longue. Pennes secondaires les 
plus proches du corps arquées ou subulées, toujours plus longues que les rémiges. 



A ces caractères pris des formes extérieures on pourrait ajouter 
celle de la nature du plumage très-différente des plumes des Hérons; 
leur port, leur cou rond, le peu de longueur des doigts relativement 
à la longueur des jambes , les rapprochent des Cigognes, mais la mem- 
brane inter-digitale ne lie que deux des doigts dans les Grues, tandis 



(i) Voyez le bel article Grue dans les OEuvres de Bufïbn, 
Recueil d'Oiseaux, 76 e . livraison. 



GENRE GRUE. 

que les trois doigts sont unis dans les deux autres genres, et que le 
pouce porte à terre dans toute sa longueur chez les Hérons. Leur 
sternum offre encore un développement extraordinaire, étant destiné 
à recevoir entre ses parois latérales les différentes circonvolutions de 
la trachée 5 leur cœcum est double. 

Ces oiseaux voyageurs recherchent en hiver les climats doux et tem- 
pérés; ils se transportent, par un vol élevé, vigoureux et long-temps 
soutenu , à de grandes distances : aussi voit-on les Grues passer pério- 
diquement, et se transporter au loin dans des pays très-éloignés de 
leur séjour habituel 5 leur migration, du moins celle des deux espèces 
européennes, a lieu de l'orient à l'occident, contraire à celle des Ci- 
gognes, qui paraît avoir lieu, le plus habituellement, du midi au 
nord 5 c'est ainsi que de proche en proche toutes émigrent périodi- 
quement pour chercher, dans la saison froide de Tannée, les climats 
plus doux que ceux où ils ont reçu le jour. Les Grues, réunies en 
bandes, s'élèvent très-haut dans les airs : comme les Flammans et les 
Oies, elles forment un triangle en volant, mais leurs troupes se met- 
tent le plus souvent en mouvement au crépuscule; on les entend 
au clair de lune fendre l'air d'un vol bruyant et vigoureux , et les 
individus de la troupe se réclamer en répétant le signal donné par 
le conducteur de la bande. Posées, ou pourvoyant à leurs besoins, 
elles se gardent à merveille par des postes avancés mis en vedettes : 
au signal donné par la sentinelle , toute la troupe se met en mou- 
vement et suit le conducteur. On croit avoir trouvé des indices 
d'un changement de température dans les diverses inflexions du vol 
de ces oiseaux. Si le matin le vol est élevé et la troupe paisible, il 
indique un beau jour 5 s'il est bas, et qu'elles s'abattent à terre, elles 
présagent l'orage $ enfin leurs cris, pendant le jour, servent, dit-on, 
d'indice de pluie, et quand ils deviennent tumultueux et bruyans, 



GENRE GRUE. 

ils annoncent la tempête. Quoique d'une défiance extrême en état de 
liberté, les Grues captives sont en domesticité le plus bel ornement des 
basses-cours 5 leur démarche grotesque, le plus souvent grave et à pas 
comptés, devient tout-à-coup véloce et gracieuse: toutes les espèces 
se ressemblent sous ce rapport, et la Grue caronculée, toute grande 
qu'elle soit, n'est pas moins élégante et gracieuse dans ses mouve- 
mens que la Grue demoiselle , la plus petite du genre, qu'on s'est 
avisé d'isoler du genre Grus, pour en former le type d'un genre 
Anthropoïdes (1). La Grue royale, à bec plus court que ses congénères, 
aussi distraite de ce genre, ne forme pas exception 5 tout l'ensemble 
de ses formes, son genre de vie, et sa manière d'être en domesticité, 
ne diffèrent en rien des Grues antigone et caronculée, munies d'un 
bec du double plus long que la tête. 

Les Grues aiment les champs découverts où elles peuvent aper- 
cevoir de loin leurs ennemis , se ranger en masse contre l'Aigle et les 
carnassiers de moyenne taille, ou prendre la fuite pour l'homme; 
on les voit aussi dans les immenses jonchaies que forment les lacs et 
les fleuves ; le soir, elles aiment à se percher. Quoique essentiellement 
insectivores , les graines leur servent aussi de nourriture habituelle , 
ce qui les conduit dans les champs. Les Grues détruisent les insectes, 
les vers, les petits reptiles, les grenouilles et les poissons, qu'elles 
cherchent dans les marécages. Pallas nous apprend que ces oiseaux 
choisissent, pour placer le nid, de petites buttes de terre, des émi- 

(1) Afin qu'on puisse apprécier cette coupe artificielleà sa juste valeur, nous la signalons ici 
sans autre commentaire. On peut comparer l'importance des caractères donne's par M. Vieillot 
pour servira reconnaître une Grue d'un Anthropoïde , dans ce qui suit : 

Grue. Bec très-long, sillonné sur les côtés de sa partie supérieure, entier, ou demi-dentelé 
sur ses bords; tête chauve ou emplumée et caronculée. 

Antrhopoïde. Bec à peine plus long que la tête, entier, sillonné en dessus, tête totalement 
emplumée ou nue seulement sur les tempes. 



GENRE GRUE. 

nences de gazon dans les marais et les roseaux, qu'ils élèvent à 
leur hauteur avec des herbes et des joncs nattés ensemble. C'est au 
sommet qu'ils déposent les œufsj ils se tiennent, comme les Flam- 
mans, debout pour les couver, de manière que leur corps pose dessus ; 
le mâle partage les soins de l'incubation : lorsqu'il est sur le nid , la 
femelle, en sentinelle, veille à leur conservation , et tour à tour sont 
prêts à défendre leur progéniture. 

Les espèces des deux mondes qui me sont bien connues , se trou- 
vent signalées et figurées d'une manière exacte sous les noms ci- 
dessous désignés. 

GRUES DE L'ANCIEN CONTINENT. 

Esp. i. Grue caronculee. A été figurée d'une manière passable par 
Latham, sous le nom de TVatled héron, ou Ardea carunculata, 
Synop. , vol. 5 , tab. 78. Ce sera notre Grus caruncula. Elle est 
munie sous le menton de deux fanons en partie couverts de plumes, 
et de très-longues pennes secondaires aux ailes. Patrie, l'Afrique 
méridionale. 

Esp. 1. Grue antigone. L'adulte est figurée de la manière la plus 
exacte par Edwards, Glan., tab. 45, et l'état intermédiaire par 
Buff. , pi. enl. 865, sous le nom de Grue à collier ; voyez aussi Vieil. , 
Galerie des Ois., pi. a56. Ce sera Grus antigone, inscrite dans les 
catalogues, sous le genre Ardea. Patrie, l'Inde et la Perse. 

Esp. 3. Grue leucogerane de nos pi. col. 467. Des figures en 
noires ont été publiées par Gmelin, Pallas et Falck. On le trouve 
sous Ardea gigantea,- mais Pallas lui donne celui de Grus leucoge- 
ranos que nous conservons. Patrie, l'Asie septentrionale, l'Europe 
et le Japon. 

Esp. 4. Grue a collier noir. Sera figurée dans ce recueil sous 



v 



GENRE GRUE. 

le nom de Grue collaris. C'est Grus Japonensis de Briss., vol. 5, 
p. 38 1 : dénomination locale qu'on ne peut conserver , parce que 
quatre espèces distinctes de Grues se trouvent dans cette île. Patrie, 
la Chine et probablement le Japon. 

Esp. 5. Grue a nuque blanche de nos pi. col. 44c). Espèce indi- 
quée par Kempfer. Ce sera Grus leucauchen. Patrie, le Japon. 

Esp. 6. Grue cendrée. Sous le nom de Grue dans Buffon, pi. 
enlum. 7695 Ardea grus des méthodes, maintenant Grus cinerea. 
Patrie, l'Europe, l'Asie et le Japon. 

Esp. 7. Grue royale. Sous le nom $ Oiseau royal dans Buffon, 
pi. enl. ^65 , connue anciennement sous le nom de Grus balearica, 
maintenant sous Grus pavonina , que nous conservons. Patrie, dans 
toutes les parties de l'Afrique, du nord au midi, et de l'orient à 
l'occident. 

Esp. 8. Grue de paradis. Connue sous le nom de Grus paradisea 
par la traduction allemande de l'Index de Latham par Bechstein , 
ouvrage que je ne citerais certainement point si l'espèce ne se trou- 
vait inscrite sous ce nom de Paradisea dans plusieurs collections 
publiques .-j'aurais préféré le nom spécifique donné par M. Yigors (i) 5 
vu que la description qu'il donne est accompagnée d'une figure, et 
qu'à ce titre, elle a bien plus de mérite et de valeur pour la science 
que toutes ces phrases diagnostiques faites sans objets de comparai- 
son. Patrie certaine, l'Afrique méridionale : on dit aussi l'Inde? 

Esp. 9. Grue demoiselle. Sous le nom de Grue de Numidie, BufF. , 
pi. enl. ^éti. C'est X Ardea virgo des méthodes, aujourd'hui Grus 
virgo. Patrie, l'Afrique septentrionale, l'Asie et l'Europe. 

(1) M. Vigors, adoptant la coupe générique à' Anthropoïde, forme de cette Grue son Anthro- 
poïdes Stanley anus , Zool. Journ., n°. 6, p. 234, tab. 8. 



GENRE GRUE. 
GRUES DU NOUVEAU-MONDE. 

Esp. 10. Grue blanche de Buffon, pi. enl. 889, est aussi figurée 
sous Ardea ludoviciana, par Wilson, Amer. Orn. , vol. 8, pL 64, 
fig. 3. Edwards et Gatesby donnent également des figures de cette 
espèce 5 connue dans les méthodes sous Ardea Americana , mainte- 
nant Grus Americana. Patrie, différentes parties de l'Amérique. 

Esp. 11. Grue brune. Indiquée par Buffon et Brisson, et figurée 
par Edwards, pi. i35, sous le nom de Bronrn crâne. Ce sera Grus 
Canadensis : Grus Americana paraît être la même espèce. Patrie, 
FAmérique septentrionale. 

On pourra probablement classer encore avec les Grues de l'ancien 
continent une espèce de l'Océanie, dont j'ai vu un dessin, et que 
Latham mentionne dans le second supplément du Synopsis, p. 298, 
comme variété de YAntigone, mais qui forme probablement une 
espèce distincte. Les naturalistes qui en fourniront une bonne des- 
cription ou un diagnostique accompagné d'une figure, ont droit à 
donner le nom à cette espèce, qui, alors seulement, aura quelque 
valeur pour la science, et pourra être classée convenablement dans 
nos Catalogues méthodiques. Je ne puis me permettre de la classer, 
n'ayant pas vu de sujet de cette espèce. 




u>y. 








//«<>/ . 



Grue lettcocfercaie 



GRUE LEUCOGÉRANE. 



GRUS LEU COGERJNOS. Pall. 






L'Adulte. — Planche 467. 



C'est sous ce nom, changé depuis par Gmelin contre celui de 
Gigantea, que Pallas a, le premier, désigné ce bel oiseau trouvé par 
lui dans quelques provinces de la Russie, sur les bords du Don, 
du Volga, et jusqu'en Sibérie. On voit une figure en noir dans le 
Voyage du naturaliste cité, vol. 2 , p. 7 14 , tab. 1 ; dans Falck, voy. 
vol. 5, p. 56o, tab. 25; et dans Gmel., voy. vol. 2, p. 189, tab. 21. 
Toutes étant au-dessous de la critique, nous en publions le portrait 
sur un bel individu adulte, envoyé du Japon par le voyageur 
nerlandais, le docteur Siebold. 

Cette Grue a toute la face et une partie de la tête, jusqu au-delà 
du bord postérieur des yeux, dénuées de plumes; la peau rouge, dont 
ces parties sont couvertes, est garnie de quelques poils noirs clair- 
semés. Tout le plumage de l'adulte est d'un blanc de neige, les 
seules rémiges sont d'un noir parfait; les grandes couvertures sont, 
par leur extrémité, garnies de barbes désunies, et elles ne dépassent 
pas le bout des rémiges; le bec est rouge; l'iris des yeux est blanc, 
et les pieds sont d'un rouge de laque. Hauteur, trois pieds six 

Recueil d'Oiseaux, 79 e . livraison. 






GRUE LEUCOGÉRANE. 

pouces ; la femelle a près de quatre pieds. Les indications données 
par Pallas offrent des dimensions plus fortes. 

Les jeunes de Tannée ont la tête couverte d'un duvet couleur 
d'ocre; la face, le bec et les pieds sont d'un brun-verdâtre. 

L'espèce habite la Russie européenne et asiatique; on la voit en 
Chine, et elle vit jusqu'au Japon. Les bords des lacs et des fleuves 
couverts de vastes jonchaies sont les lieux de sa demeure j elle est 
très-rusée, et se tient sur ses gardes contre ses ennemis, en plaçant 
des vedettes qui donnent l'alarme à la troupe. Le nid est composé 
d'un amas de joncs $ la ponte est de deux œufs de couleur cendrée 
tachetée de brun. 

Le sujet mâle, déposé dans les galeries du Musée des Pays-Bas, 
est du Japon, 




4*4*$ 



ffuefr. 



Grue a/ nuane Htmoke/s 



GRUE A NUQUE BLANCHE. 



GRUS LEUCAUCHEN. Temm. \- 



L'Adulte. — Planche 44g. 

Les Grues de l'ancien continent paraissent rechercher de préfé- 
rence les contrées chaudes et tempérées de cette partie du monde j 
l'espèce de notre Grue cendrée 3 connue dans nos contrées sous le nom 
de Grue vulgaire^ paraît nous venir des confins de l'Asie, où elle niche 
en grandes bandes j l'espèce est répandue jusqu'en Chine et au Japon $ 
des sujets reçus de ces parties de l'Asie orientale servent de preuve 
que cet oiseau nomade y est répandu , et que ses migrations ont lieu 
de l'orient à l'occident. Mais indépendamment de cette espèce très- 
répandue en Asie et en Europe, et qui , de proche en proche, se porte 
d'un vol rapide et soutenu jusque vers nos climats septentrionaux, 
l'Asie nourrit encore des espèces de Grues moins erratiques , 
répandues, comme la Grue leucogérane, en Sibérie, en Chine, au 
Japon, et qui pousse, dit-on, ses migrations jusque dans les pays tem- 
pérés de l'Europe orientale. Une troisième espèce, envoyée récemment 
du Japon, par M. de Siebold, et dont Kempfer fait mention dans 
l'itinéraire de son voyage, paraît bien moins répandue que les deux 



GRUE A NUQUE BLANCHE. 

autres espèces mentionnées. Nous en donnons ici le portrait et la 
description sous le nom de Grue à nuque blanche. 

Cette espèce nouvelle diffère de notre Grue cendrée par une plus 
petite taille, par la couleur des pieds d'un pourpre couleur de laque, 
et par les teintes du plumage. Un poil court, assez serré et noirâtre, 
couvre le front, la face et les joues 5 la peau rougeâtre de ces parties 
paraît, plus ou moins, entre les interstices que laissent ces poils 5 le 
seul méat auditif est caché par des plumes cendrées j le sommet de 
la tête , Focciput , la nuque et toute la partie postérieure du cou sont 
d'un blanc purj la gorge est aussi de cette teinte, et c'est à partir des 
côtés de la région nuquale qu'un cendré-bleuâtre très-foncé se des- 
sine par deux bandes en fourche j tout le reste du devant du cou, 
les parties inférieures, le dos, le croupion et la queue sont de cette 
teinte couleur ardoise clair 5 les ailes sont d'un cendré-bleuâtre plus 
clair, et les longues plumes secondaires d'un cendré-blanchâtre; les 
rémiges sont noires, et la queue, de forme arrondie, est terminée 
par une large bande noire 5 les pieds et les doigts sont couleur de 
laque, et le bec est verdâtre. La longueur totale, prise du bout du 
bec à celle de la queue, trois pieds neuf pouces, et jusqu'au bout 
des doigts, environ cinq pieds. 

Les sujets du Musée des Pays-Bas sont du Japon. 







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jrue mouie/, *du&&. 



GRUE MOINE 



GRUS MON ACE A. Temm 



If Adulte. — Planche 555. 

Nous avons déjà indiqué quatre espèces de Grues habitant la 
portion territoriale très-limitée du globe, connue sous le nom d em- 
pire du Japon; une cinquième, la plus petite de toutes , nous est 
parvenue très-récemment, en trois exemplaires, de cette partie du 
monde encore peu connue. Cette nouvelle espèce porte le nombre 
des Grues connues dans l'ancien continent à dix espèces distinctes. 
Nous avons dit que parmi celles qui vivent au Japon , on doit énu- 
mérer aussi notre Grue cendrée d'Europe, Grus cinereaj elle n'y a pas 
subi la moindre altération , pas même la plus légère différence dans 
les couleurs, d'ailleurs si fugitives, du plumage j mais notre Grue 
d'Europe et celle du présent article sont plus rares ou moins répan- 
dues au Japon que les espèces de Grues indiquées sous les noms de 
leucogérane et à nuque blanche. La petite espèce figurée ici y est peu 
nombreuse j on la trouve dans les bois marécageux, où elle établit 
son nid sur les arbres les plus élevés. Sa nourriture consiste en pois- 
sons et vers. 

Elle ressemble, pour le port et les formes totales, à notre Grue 

Recueil d'Oiseaux, 94 e livraison. 



GRUE MOINE. 

d'Europe (G. cinerea)^ mais sa taille est d'un tiers moins forte, et le 
bec est proportionnellement beaucoup plus court. 

Le front, l'espace entre le bec et l'œil et le sommet de la tête sont 
couverts d'une peau rude, rougeâtre, garnie à claire-voie de poils 
noirs ; tout le reste de la tête et les deux tiers du cou sont d'un 
blanc pur } la partie inférieure du cou et la poitrine sont d'une teinte 
plombée-noirâtre î toutes les autres parties du corps, les ailes et la 
queue ont une teinte uniforme d'un cendré très-foncé, plus sombre 
que ne l'est la livrée de notre Grue d'Europe $ les pieds sont d'un 
noir-verdâtre j le bec, long de trois pouces et demi, est de couleur 
de corne-jaunâtre à base rougeâtre j les rémiges ne dépassent pas le 
bout de la queue, mais les grandes couvertures, à barbes décomposées^ 
et les pennes secondaires , plus ou moins courbées et subulées , s'é- 
tendent au-delà des pennes caudales ; l'iris des yeux est jaune. Lon- 
gueur, prise de la pointe du bec au bout de la queue, à peu près 
trois pieds , et de la pointe du bec aux ongles, trois pieds dix pouces. 

Les trois sujets reçus au musée des Pays-Bas sont dus aux soins 
de MM. von Siebold et Burger. On trouve l'espèce à Jezo et à 
Koreaj son nom japonais est Kirodsur. 




fy. 



Ifueâ. 



Hér OU (rolÙzÙ, fème%è/ adidfe. 



HÉRON GOLIAT. 



ARDEA GOLIAT. Tbmm. 



U Adulte. — Planche 4 7 4. 

Nous donnons ici le portrait de l'espèce la plus remarquable de 
Héron que nous ayons été à même d'observer. La taille, à peu près 
égale à celle des Cigognes à poche désignées sous le nom de Jabiru, 
surpasse de beaucoup celle des plus grandes espèces de Hérons 
indiquées dans les catalogues méthodiques. Le Goliat et le Typhon 
ont leur mandibule inférieure un peu retroussée vers la pointe, ce 
qui fait que leur bec ressemble, au premier coup d'oeil , au bec des 
Gigognes 5 mais il est, comme celui de tous les Hérons, muni, à la 
pointe des deux mandibules, de fortes rugosités $ leur ongle du doigt 
du milieu est dentelé en scie, et le doigt postérieur s'articule aussi 
sur le même plan , de niveau avec les doigts antérieurs. 

L'espèce que nous nommons Goliat, à cause de sa taille gigan- 
tesque, est en outre caractérisée par une huppe très-courte, qui 
n'est point ornée de ces filets longs et subulés, et par le peu de lon- 
gueur des plumes pendantes du bas du cou. Dans l'adulte, dont nous 
donnons la figure , la huppe et le sommet de la tête ont une teinte 
marron vif; les côtés du cou et toute sa partie postérieure d'un beau 

Recueil d'Oiseaux , 80 e . livraison. 



HÉRON GOLIAT. 

roux } la gorge blanche , mais toute la ligne moyenne du devant du 
cou marquée d'une rangée de grandes taches d'un noir plein , et 
bordées de lisérés blancs et roux, plus ou moins marqués; les plumes 
dont la région thorachique est couverte ne sont pas très-longues; leur 
couleur est d'un blanc pur le long des baguettes, et noire, grise et 
blanchâtre sur les bords; un cendré très-foncé est répandu sur la 
partie inférieure de la nuque, sur le manteau, le dos, la queue et 
les ailes ; les couvertures de celles-ci ont un léger reflet métallique; 
la face interne des ailes, les flancs et généralement toutes les autres 
parties inférieures sont d'un marron vif. Les pieds sont noirs; la 
mandibule supérieure est de cette couleur, mais l'inférieure est blan- 
châtre. Hauteur étant debout, depuis le sol jusqu'au sommet de la 
tête, quatre pieds six ou sept pouces. 

Une figure de cette espèce , prise d'un individu revêtu de la livrée 
intermédiaire entre le jeune âge et l'état adulte, sera publiée dans 
l'Atlas du Voyage de M. Ruppelj ce naturaliste a rapporté le sujet 
mentionné de l'intérieur de l'Abyssinie. L'adulte que nous donnons 
dans ce recueil a été tué sur la Gambie, près de Galam; il fait partie 
du Musée des Pays-Bas. 



4<7o, 




ffiieï. 



Héron iyplzony, i?talï adultes. 



HERON TYPHON. 



ARDEA TYPHON. Temm. 



U Adulte. — Planche 4y5. 

Cet autre Héron d'Afrique, quoique beaucoup plus petit que le 
précédent, est néanmoins plus grand que les autres espèces connues. 
Le sujet adulte dont nous publions la figure a la huppe occipitale 
et les plumes de la région thorachique très-longues, terminées par 
des pointes en fils subulés. Ces plumes, d'un cendré foncé, sont 
marquées de gris-argentin, formant ruban le long des baguettes; leur 
pointe, très-effilée, est blanche. Un cendré ardoise, plus ou moins 
lustré, couvre le cou, le dos, les ailes et la queue; le dessous du 
corps est d'un gris clair, marqué, sur les baguettes, d'une fine raie 
blanche; on voit encore de ces stries blanches sur les baguettes des 
plumes du cou; un large ruban de cette couleur règne le long des 
baguettes des pennes des ailes les plus proches du corps; les pieds 
sont d'un brun rougeâtrej le bec est noir, mais la base de la man- 
dibule inférieure est blanche. La hauteur, étant debout, est de deux 
pieds huit ou neuf pouces. 

Cette nouvelle et rare espèce a été tuée sur les bords de la Gam- 
bie, près de Galam. Elle fait partie du Musée des Pays-Bas. 

Recueil d'Oiseaux, 80 e . livraison. 



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2 71. 



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Héron /àiôes au/ soleil. 



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HÉRON FLUTE DU SOLEIL. 



ARDEA SI B ILATRIX. T 



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L 9 Adulte. — Planche 271- 

D'Azara nous apprend, dans l'Histoire des Oiseaux du Paraguay , 
vol. 2, esp. 356, que les Guaranis, peuplade sauvage de ce pays, 
donnent au Héron que nous publions , la dénomination de Curahi- 
remimbi, ce qui signifie flûte du soleil j et cette dénomination a 
rapport au sifflement doux et mélancolique qu'il répète assez sou- 
vent , et que les habitans des campagnes prennent pour l'annonce 
des changemens de temps. Les oiseaux de cette espèce sont assez 
communs au Paraguay, et on les trouve tantôt seuls, tantôt réunis 
par paires ou par familles. Le mâle ne paraît pas différer de la 
femelle. Ils se perchent et passent la nuit sur les arbres. Lorsqu'ils 
volent, ils battent plus souvent des ailes que les autres Hérons, 
et ils les étendent davantage , ainsi que le cou qu'ils tiennent plus 
courbé en arc. On les rencontre plutôt dans les plaines sèches ou 
humides , que sur les bords des lacs et des rivières. Leur ponte a 
lieu en janvier 5 le nid est placé sur un arbre , fait de petites bûches, 
et les œufs, au nombre de deux, ont de grandes taches couleur 
de paille sur un fond bleu de ciel (1). 

(i) Sonnini, dans une note à Farticle de ce Héron, le rapproche de Ardea cyanocephala de 
Lath, esp. 4^; mais ce rapprochement porte complètement à faux. 
Recueil d'Oiseaux, /fi e . livraison. 



HÉRON FLUTE DU SOLEIL. 

Les plumes du bas du cou sont longues et décomposées 5 les 
moyennes et les petites couvertures des ailes longues, étroites et 
rayées longitudinalement; de l'occiput naissent douze plumes lon- 
gues , mais inégales, étroites, à barbes serrées et concaves en des- 
sous 5 les plumes longues ont quatre pouces j elles forment un 
panache flottant et immobile 5 toutes les autres plumes du cou 
sont de la même nature , à barbes décomposées comme chez le 
plus grand nombre des oiseaux de cette tribu. 

Il a la gorge d'un blanc pur , qui descend par une bande étroite 
sur le devant du couj le ventre, les cuisses, Fabdomen, le dos et 
la queue , sont de même d'un blanc pur dans l'adulte et un peu mêlé 
de jaunâtre chez les jeunes 5 la tête, les joues, et une grande partie 
des longues plumes du panache, d'un bleu-noirâtre 5 les fines pointes 
de ces plumes sont jaunes 5 une tache rousse couvre les côtés du 
couj tout le reste de cette partie est d'un olive-jaunâtre; le man- 
teau et les ailes sont couleur de plomb, mais les petites et les 
moyennes couvertures sont rousses avec deux bandes longitudi- 
nales sur chaque plume 5 les pieds sont noirs 5 la partie nue des 
joues bleue et comme saupoudrée de blanc 5 enfin le bec bleuâtre 
à sa base, rougeâtre sur les deux tiers de sa longueur, et noire à 
la pointe. Longueur totale, de vingt-un à vingt-deux pouces. 

On le trouve au Paraguay et au Brésil. 

Musées des Pays-Bas, de Paris et de M. Bonjour. 



'âj. 




Prêtre. 



N y ctîcor ax lùmtopful& 



<&y 



NYCTICORAX LIMNOPHILE 



NVCTWORAX LIMNOPHILAX. — Temm. f- 



U Adulte. — Planche 58 1. 

Le bec de cet oiseau, exactement semblable, quoique sur une 
échelle moins grande, à celui de notre Nyctlcorax -bihoreau d'Eu- 
rope, en a toutes les proportions relatives; ses pieds sont aussi les 
mêmes, et munis de doigts et d'ongles beaucoup plus courts que 
chez les oiseaux du genre Héron (Ardea) ; mais l'ongle du doigt du 
milieu, quoique de moitié moins long, est toujours pectine, abso- 
lument comme chez notre Bihoreau y auquel il ressemble par le 
port, mais en diffère par le manque du bouquet de ces longues 
plumes subulées à Pocciput, remplacées, dans cette espèce naine, 
par une très-ample huppe occipitale formée par des plumes larges, 
disposées par étages., qui augmentent en longueur en raison de leur 
éloignement de Focciput et forment sur la nuque une touffe très- 
large. Les deux sexes portent une même livrée. 

Toutes les plumes de la tête et celles de la nuque sont noires,, 
marquées à petite distance de leur extrémité par une tache blanche 
plus ou moins grande; de semblables taches sont aussi répandues 
sur les plumes qui revêtent la partie inférieure de la nuque et dont 

Recueil d'Oiseaux , 98* livraison. 






NYCTICORAX L1MNOPHILE. 

la teinte est d'un brun sombre; la gorge est blanche, mais tout le 
reste du cou est tacheté irrégulièrement de brun, de blanc et de 
noir, et marqué d'un petit nombre de mèches noires ou blanches; 
le dos et le manteau sont bruns, à goutelettes blanches; les ailes 
marbrées de zigzags irréguliers d'un jaune-rougeâtre et d'un brun- 
noirâtre ; toutes les grandes pennes des ailes sont d'un noir bleuâtre 
à pointes extrêmes blanches j celles de la queue ne sont pas ter- 
minées de blanc j la poitrine et toutes les autres parties inférieures 
portent de très-larges mèches blanches, longitudinales, disposées sur 
un fond roussâtre marbré de brun. La cire nue du bec s'étend sur 
le lorum et forme un cercle glabre autour des yeux; cette nudité 
est jaunâtre, le bec est brun , l'iris brun et les pieds jaunâtres. 

Longueur totale, prise de la pointe du bec à l'extrémité de la 
queue , seize pouces six lignes. 

Cet oiseau très-rare est seulement de passage à Java ; il habile 
probablement d'autres îles de ce vaste archipel 5 il visite périodique- 
ment les bords des lacs et les mêmes lieux aquatiques fréquentés 
par les Hérons et par notre Bihoreau^ qui est absolument le même â 
Java, au Japon et en Europe. 



â's. 




^^^TîfiW'i™ n * m iMiMii'i''" | T^iniiiiTntttfffTïïT 



Nycti cor ax. goùagi . 



x v 



OTCTICORAX GOISAGI. 



NYCTICORAX GOISAGI. Temm. 



L Adulte. — Planche 58 a. 

Cette espèce nouvelle est caractérisée par un bec très-court, à 
peine aussi long que la tête ; ce bec offre en raccourci les mêmes 
formes générales d'inclinaison, une arête semblable et des narines 
formées comme ces mêmes parties dans notre Bihoreau d'Europe , 
que nous avons vu être également habitant du Japon. 

Le Goisagi adulte est d'un tiers moins grand que le Bihoreau j le 
sommet de la tête, l'occiput et la nuque sont couverts de larges et 
longues plumes qui forment une ample touffe occipitale; ces plumes 
ainsi que celles du front sont d'un beau roux pourpré ; les joues 
sont d'un roux de rouille, la nuque d'un roux terne, le tout sans 
taches ni raies. La gorge et le devant du cou sont d'une teinte cen- 
drée blanchâtre, et ces parties sont marquées de larges mèches longi- 
tudinales rousses, noires et blanches, le noir occupant le milieu de 
la plume, tandis que l'une et l'autre des deux nuances, rousse et 
blanche, en couvrent les parties latérales; la poitrine et toutes les 
autres parties inférieures sont également teintées des mêmes couleurs, 
mais les larges mèches blanches occupent le centre des plumes , et 

Recueil d'Oiseaux, g8 c livraison. 



NYCT1C0RAX GOISAGI. 

leurs bords sont marbrés de roux, de brun et de noir. Tout le dos 
et les ailes portent une teinte roux-marron, couverte dune multitude 
de stries et de zigzags noirs; les pennes des ailes sont d'un noir- 
cendré et leur bout est roux de rouille 5 celles de la queue sont 
d'un noir-bleuâtre. L'iris des yeux est rouge, les paupières et les 
nudités grises j le bec et les pieds jaunâtres. Longueur totale, de la 
pointe du bec au bout de la queue, quinze pouces, et jusqu'au bout 
des ongles dix-neuf pouces j le bec porte à peu près deux pouces. 
Les deux sexes se ressemblent exactement, et les jeunes de l'année 
diffèrent très-peu de l'adulte, seulement par des teintes moins 
pures et par un plus grand nombre de taches aux parties infé- 
rieures. 

Cette espèce habite les bois marécageux et le bord des eaux 
douces ; soit en montagnes ou en plaines, elle niche sur les arbres 
des forêts et s'y tient cachée de jour, ne cherchant sa nourriture 
que de nuit , absolument comme le font nos Bihoreaux et nos Bu- 
tors d'Europe. Son nom japonais est Jwogoisagi ou simplement 
Goisagi, que nous conservons à cette belle espèce. 



3> 



GENRE CIGOGNE 



GENUS CICONIJ. Buisson- 



Bec long, droit, fort, uni, cylindrique, en cône alongé, aigu, tranchant; arête 

arrondie, d'égale hauteur avec la tète; mandibule inférieure parfaitement droite 

ou se courbant un peu en haut. 
Narines longitudinalement fendues dans la substance cornée, placées près de la 

base à l'arête supérieure. 
Pieds très-longs; trois doigts de devant réunis par une membrane jusqu'à la première 

articulation; le doigt postérieur articulé à niveau des autres doigts; ongles courts, 

déprimés, sans dentelures. 
Ailes médiocres; la première rémige plus courte que la deuxième, et celle-ci un 

peu moins longue que les trois suivantes, qui sont les plus longues. 




Le culte que les peuples, plongés dans l'ignorance et dans la bar- 
barie des premiers âges du monde, ont rendu à quelques animaux, 
semble avoir pris naissance, non d'un respect stupide ou d'une crainte 
inspirée par la terreur, mais du sentiment inné de la reconnaissance, 
qualité si profondément gravée dans le cœur de l'espèce humaine , 
que lorsque les premières notions des connaissances et des arts ont 
fait passer les nations, à demi civilisées, du culte des astres à celui 
des animaux, et successivement au culte rendu à l'homme déifié , 

Recueil d'Oiseaux , 5i e . livraison. 






9 



GENRE CIGOGNE, 
elles ont conservé en même temps quelques unes des idées supersti- 
tieuses pour certaines espèces d'animaux utiles dans les travaux 
agrestes, ou dont l'apparition périodique pouvait servir à garantir 
les trésors confiés à la terre des atteintes et de la voracité des espèces 
parasites 5 tandis que quelques autres espèces également révérées an- 
nonçaient Tapproche d'une époque où la nature promet une nou- 
velle fécondité. Lorsqu'enfin ce culte, prodigué à la créature, se fut 
concentré dans l'adoration du Créateur, l'espèce humaine n'en a pas 
moins conservé un respect provoqué par des lois , plus tard par des 
habitudes en faveur de quelques animaux 5 et de nos jours encore 
certaines espèces continuent à jouir d'une hospitalité et d'une pro- 
tection toute particulières. 

Nous voyons sous cette égide protectrice vivre, dans tous les pays 
du globe , les espèces classées dans le genre Gigogne. Ici des lois servent 
à en propager les espèces 5 là, des traditions populaires empêchent 
leur destruction 5 leur demeure est préparée par la main des hommes 
dans quelques pays; dans d'autres, les lieux où elles viennent se ras- 
sembler en grande troupe sont respectés j dans la plupart des con- 
trées civilisées, la reconnaissance publique impose une forte amende 
sur celui qui les détruit. 

L'appétit de ces oiseaux leur procure cette protection en quelque 
sorte religieuse. Ils purgent le sol de cette immense quantité de rep- 
tiles qui menaçaient de le couvrir entièrement par leur facile re- 
production et par leur longévité. Cloaque vivant ^ leur énorme es- 
tomac, leur facile digestion, et de là leur appétit vorace, sans cesse 
aiguillonné par de nouveaux besoins, engloutit les cadavres en 
putréfaction et les immondices les plus infects. La grande taille où 
ils parviennent, et leur prodigieuse multiplicité dans les contrées les 
plus chaudes du globe sont remarquables 5 il semble que les espèces de 






GENRE CIGOGNE, 
ce genre soient organisées de manière à prévenir, par leur étonnante 
voracité , les fléaux les plus redoutables à l'espèce humaine sous cette 
zone brûlante. La chasse assidue aux reptiles transporte ces oiseaux 
à deux époques de Tannée vers des lieux opposés : c'est du moins 
le cas de ceux qui habitent les contrées tempérées et septentrionales 
du globe; par cette migration périodique, ils se font une température 
presque constamment égale. Les grandes espèces de la zone torride 
émigrent aussi, mais leurs voyages sont plus limités; ces migrations 
ont lieu par grandes bandes , composées le plus souvent d'individus 
d'âge à peu près égal, les jeunes de l'année voyageant rarement en 
compagnie des adultes, qui partent les premiers. On les apprivoise 
facilement; ils semblent même rechercher clans tous les pays les lieux 
très-peuplés. Leur mue n'a lieu qu'une fois dans l'année j. les deux 
sexes ne diffèrent point par les couleurs du plumage; mais les jeunes 
ont une livrée plus ou moins disparate. 

La bienveillance que l'on accorde généralement dans tous les pays 
aux Cigognes , joint à la douceur de leur caractère , ont rendu ces 
oiseaux presque familiers. Les très -grandes espèces de l'Inde, de 
même que celles de nos climats , vivent sous la protection de l'homme , 
et se rassemblent autour de ses demeures; le gîte qu'on leur prépare 
est souvent embelli et rendu plus commode; on provoque leur éta- 
blissement en construisant des aires sur des poteaux très-élevés, ou 
au-dessus des cheminées. Dans l'Inde, on est parvenu à rendre les 
grandes espèces à demi-domestiques; de grands troupeaux de ces 
oiseaux fournissent à quelques districts une branche d'industrie et 
de commerce; la préparation et la vente de ces plumes élégantes et 
légères, connues sous le nom de marabou, occupe la population de 
plusieurs villages aux environs de Calcutta et de Madras. L'exporta- 
tion de ces plumes pourrait également offrir un bénéfice au commerce 



GENRE CIGOGNE. 

dans les îles du Grand-Archipel, où se trou vent plusieurs de ces grandes 
espèces de Cigognes, dont les couvertures inférieures de la queue 
fournissent ces belles plumes longues, à barbes déliées et flottantes , 
si recherchées aujourd'hui pour la parure, et dont l'élégance, la sou- 
plesse des barbules, la légèreté, et peut-être encore la nouveauté, 
les font prévaloir, pour une toilette recherchée, aux plumes d'Au- 
truche, aux panaches des oiseaux de Paradis, et aux aigrettes des 
Hérons. 

Les Cigognes sont silencieuses j le seul bruit qu'elles fassent en- 
tendre est celui qui résulte d'un battement des mandibules l'une 
contre l'autre^ ce battement est plus fort à mesure que l'oiseau étend 
davantage le bec sur le dos et le ramène avec force vers la poitrine. 
Dans le vol elles tiennent le cou tendu en avant et les jambes roides 
en arrière, de façon qu'il est facile de distinguer de très-loin une Ci- 
gogne d'un Héron. 

Linnée avait réuni les espèces de ces deux genres différens par les 
mœurs, par les habitudes, et dans les formes totales 5 mais il isole 
quelques Jabirus (mycterïa) qui portent les mêmes caractères ex- 
térieurs que les Cigognes : les uns et les autres ont un même genre 
de vie. Nous les avons réunis, avec Illiger, dans le genre Ciconia, 
dont le tableau méthodique peut comprendre aujourd'hui les espèces 
suivantes : 

Esp. 1. Cigogne marabotj, de nos pi. col. 5oo. Ciconia marabouj 
toujours confondue avec une autre espèce voisine, et comprises toutes 
les deux sous le nom de Ardea duhia, Gmel Syst. , 1 , pag. 6^4 j plus 
tard sous celui RArgala, Lath. Ind. , vol. 2, pag. 676. Patrie, le 
continent de l'Inde et le Grand-Archipel asiatique. 

Esp. a. Cigogne argale, de nos pi. col. 3oi. Ciconia argala, con- 
fondue avec le précédent sous le même nom indiqué, et très-mal 



GENRE CIGOGNE, 
figuré parLath., Supp. , tab. n5. Patrie, les différentes parties de 
l'Afrique, depuis l'Egypte jusqu'au cap de Bonne-Espérance. 

Esp. 3. Cigogne chevelue, de nos pi. col. 3i2. Ciconia capillata, 
probablement le même oiseau indiqué sous le nom de Boorong cam- 
bing, ou Bouron oolair par Mardsen Sumat. , pag. 98 , et qui fait 
aussi partie des synonymes de Ardea dubia des méthodes ; c'est encore 
Ciconia jaçanica, du catalogue de M. Horsfield. Linn. , transact., 
vol. i5, pag. 188. Patrie certaine , Java et Sumatra. 

Esp. 4. Gigogne jabiru, nom de cette espèce au Brésil : c'est le 
Jabiru de Cayenne de Buff. , pi. enl. 817, très-bonne figure. On peut 
lui donner le nom de Ciconia nvycteria 3 au lieu de Mycteria Àmeri- 
cana qu'elle porte dans les catalogues méthodiques. Patrie 3 l'Amé- 
rique méridionale. 

Esp. ô. Cigogne bec-selle. On peut lui donner le nom de Ciconia 
ephippiorhyncha \ au lieu de Mjcteria Senegalensis qu'elle porte dans 
l'Index de Lathamj elle sera figurée dans ce recueil, et dans l'atlas 
du voyage de M. Ruppel en Egypte. Voyez un contour grossier du bec 
dans Linn., transact., vol. 5, p. 3^, tab. 3, c'est Myc te ria Senegalensis 
des méthodes. Patrie 3 les rivières et les côtes occidentales d'Afrique. 

Esp. 6. Cigogne ichtyophàge. Ciconia australis 3 qui sera égale- 
ment figurée dans ce recueil, vu que la planche donnée par La th. , 
Syn., Supp., vol. 2, pag. 29e, pi. i38, est au-dessous de la cri- 
tique. C'est Mycteria australis des méthodes. Patrie , l'Océanie. 

Esp. 7. Cigogne magnari. Ciconia magnaria du Manuel d'Orni- 
thologie, pag. 563 , ou Ciconia Americana de Brisson, le même que 
celui de Marcgrave et le Bagueri de Azara , no. 34a. Patrie, l'Amé- 
rique méridionale , et accidentellement en Europe. On la dit de pas- 
sage dans l'Amérique septentrionale (1). 

(1) Il est possible, comme le prétend M. Liechtenstein, qu'on trouve en Nubie une Cigogne 



GENRE CIGOGNE. 

Esp. 8. Cigogne blanche, ou Ciconia alba des méthodes. Buff. , 
pi. enl. 866. Patrie, l'Europe, l'Asie et l'Afrique septentrionale. 

Esp. 9. Gigogne noire, ou Ciconia nigra des méthodes. Voyez les 
portraits très-exacts de cette espèce dans les oiseaux de Nauman. 
Naturg. der Vog. DeutshL Patrie, le centre et les parties orientales 
de l'Europe. On le trouve aussi en Afrique. 

Esp. 1 o. Cigogne violette. Ciconia leucocephala , figurée par Buff. , 
pi. enl. 906, sous le nom de Héron de la côte de Coromandel. Patrie, 
l'Inde, l'Afrique septentrionale, et les îles de Java et de Sumatra. 

Esp. 11. Cigogne ardimi : c'est l'espèce nouvelle décrite par 
M. Lichtenstein sous le nom de Ciconia abdimii dans le catalogue de 
vente du Musée de Berlin , pag. 76, no. 785. Nous en donnerons le 
portrait. Patrie, l'Egypte et les côtes occidentales d'Afrique. 

Ces espèces citées me sont parfaitement bien connues dans les 
différens périodes de l'âge. Les catalogues méthodiques en citent en- 
core une que je n'ai point vue 5 elle se trouve indiquée par Latham 
sous le nom de Mycteria asiatica, et pourrait bien ne pas être du 
genre Cigogne 5 pour en juger, il sera nécessaire de la voir en nature. 

différente de celle d'Europe, qu'il veut associer au Maguari du Manuel d'Ornithologie. Sûr 
est-il que le Maguari du Manuel ne diffère pas des sujets du Brésil. 



5 oo. 





Eût-. 



Cigogne maraloiù, a<M&. 



z^ 



CIGOGNE MARABOU. 

de repos , et rouge plus ou moins foncé lorsque Foiseau s'agite 5 le reste 
du plumage est blanc, et les panaches, connus sous le nom de ma- 
rabous , d'un blanc éclatant, ou d'une teinte gris-ardoise : les pieds 
sont noirs, mais gris ou blanchâtres dans le vivant : ce qui est pro- 
duit par la souillure des excrémens liquides, et par la poussière blanche 
dont leur plumage est saupoudré} quelques poils clair-semés couvrent 
les parties nues 5 l'iris d'un blanc pur. J'en ai vu de cinq, de six et 
jusqu'à sept pieds de haut. 

Les jeunes ont un plumage brun-mât, lavé de cendré et de noi- 
râtre j les parties blanches ont une teinte sale et terne , et les parties 
nues plus garnies de poils , et souvent d'un duvet ou de petites plumes 
brunes , placées à l'occiput et le long de la nuque. 

On trouve cette espèce dans toute l'Inde, à Java et à Sumatra : les 
coloristes anglais lui donnent le nom d'adjudant^ il porte dans les 
îles Malaies les noms de Bangou sula, de Burong kambing et de 
Burong gaza. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 



5oi. 





fine/: 



Cigogne arqa/ay, cuàt%e/. 



CIGOGNE ÀRGALA. 



CICONIA ARGALA. Temm, 



U Adulte. — Planche 5o i . 

Je laisse à cette autre très-grande Cigogne la dénomination d'Ar- 
gala , sous laquelle nos trois espèces ont été confondues. Comme le 
Marabou elle fournit à la parure des dames des ornemens de plumes 
légères et flottantes connues sous le nom de marahous. Je ne crois 
point quelle donne des plumes de couleur plombée y car tous les in- 
dividus qui ont pu être examinés sont pourvus au croupion déplumes 
plus ou moins blanches j elles sont d'un blanc éclatant seulement dans 
l'adulte. 

UArgala peut se reconnaître du Marabou par le moyen des ca- 
ractères indiqués dans l'article précédent : l'arête de la mandibule 
supérieure et le bord de l'inférieure forment des lignes parfaitement 
droites $ les deux mandibules réunies figurent un cône-long. 

Tout le plumage des parties supérieures est d'un cendré-verdâtre 
très-foncé 5 la queue est noire 5 les grandes couvertures des ailes et les 
pennes secondaires sont un peu plus foncées que les plumes du dos, 
toutes lisérées par une bande d'un blanc pur , qui est plus ou moins 
distincte et large, suivant l'âge des individus : tout le reste du plu- 

Recueil d'Oiseaux, 5i e . livraison. 



CIGOGNE ARGALA. 

mage , les pieds et les parties sont absolument colorés comme dans 
l'espèce précédente 5 mais Firis des yeux est brun, la poche plus pe- 
tite, et la taille moins forte. Les plus grands que j aie vus n ont guère 
plus de cinq pieds étant debout sur les jambes et le cou tendu. Toutes 
les cigognes paraissent moins grandes quand elles sont tranquilles ; 
elles ont la faculté de raccourcir le cou et de porter la tête vers la ré- 
gion thorachique; c'est leur position habituelle lorsqu'elles sont re- 
pues, le bec porte alors sur la poitrine, et la poche paraît être un 
appendice de la mandibule inférieure. 

Les jeunes ont le plumage à peu près peint des mêmes couleurs que 
les jeunes Marabous. 

On trouve l'espèce au Sénégal, où elle est très-commune. M. Rup- 
pel, de Francfort, vient d'envoyer quelques dépouilles d'individus 
tués sur le Nil : on en reçoit, quoique plus rarement, du cap de 
Bonne-Espérance 5 ce qui peut faire préjuger que l'espèce vit dans 
le voisinage de toutes les rivières de l'Afrique. 

Musées de Paris, de Vienne, de Berlin, de Francfort et des Pays- 
Bas. 



-p 

** 



CIGOGNE MARABOU 



CICONIA MARABOU. Temm, 



V Adulte, — Planche 3o o . 

Ces oiseaux sont très-vénérés dans l'Inde , et presque aussi sacrés 
aux yeux des Hindous que Flbis Jetait chez les Egyptiens. C'est un 
crime que de violer en eux les droits de l'hospitalité j ils sont placés 
en quelque sorte sous la sauve-garde publique, et deviennent sou- 
vent à charge 9 même quelquefois redoutables aux habitans. Leur 
nombre, dans les villes habitées par les Européens, est particulière- 
ment remarquable ; ils se promènent dans les rues de Calcutta, vivent 
sur les habitations de cette ville, et y sont protégés par une ordon- 
nance de police , défendant , sous peine d'une amende de dix gui- 
nées, de tuer un de ces oiseaux. M. Dussumier, de qui je tiens ce 
fait, m'apprend, dans une de ses lettres, qu'ils n'habitent les envi- 
rons de Calcutta que pendant six mois de l'année, à l'époque de la 
mousson du sud-ouest, temps auquel ils ne vaquent point à la re- 
production. Leur voracité est extraordinaire : ils se rendent réguliè- 
rement à des heures de la journée au fort William pour dévorer les 
débris du repas des soldats qui y sont casernes j on les voit parcourir 
avec la même exactitude les divers quartiers de la ville à la recherche 

Recueil d'Oiseaux, 5i e . livraison. 



CIGOGNE MARAB0U. 

des voieries et des charognes : partout les autres oiseaux les craignent , 
et n'approchent de leur proie que lorsque leur appétit est satisfait. 
Le Vautour chaugoun (1), très-commun à Calcutta, se tient respec- 
tueusement à l'écart} les chiens même, qui abondent dans la ville, 
n'osent leur disputer les charognes. Il arrive souvent qu'ils donnent 
des coups de bec très-rudes aux passans, et lorsqu'on les irrite, ils 
se défendent avec avantage même contre l'homme , obligé quelquefois 
de leur céder. M. Du Bois de Bauchène , Français établi sur les bords 
du Gange, m'a conté que passant à cheval dans un endroit isolé, et 
ayant harcelé un très-grand Marabou , l'animal devint si furieux , qu'il 
s'élança à plusieurs reprises sur lui et sur sa monture, en le pour- 
suivant avec acharnement 5 il ne parvint à s'en débarrasser qu'en le 
frappant de son arme et en le terrassant. M. Dussumier dit que ces 
oiseaux semblent redouter la trop grande chaleur y on les voit, vers 
onze heures du matin, s'élever dans les airs en tournoyant, de- 
meurer dans ces régions élevées, où on les voit voler à perte de vue 
en décrivant des cercles, et redescendre lorsque la chaleur du jour 
diminue d'intensité. 

La préparation et la vente des plumes, connues sous le nom de 
marabous^ occupent la population de plusieurs villages où on élève 
des troupeaux de ces oiseaux, comme on fait dans nos contrées des 

(i) Cet oiseau, dont nous avons publié le portrait de l'adulte, planche coloriée 26, sous 
le nom de Vautour indou, ou Chaugoun, a fourni à M. Dussumier l'observation suivante, 
qu'il m'a fait l'amitié de me communiquer. Ce Vautour se tient sur les bords du Gange, où 
il se nourrit de cadavres. Il y trouve trop abondamment cette nourriture pour chercher les 
poissons qui peuvent être jetés sur la plage. On le voit souvent au milieu du fleuve sur des 
cadavres flottans, qu'il sait ramener au rivage en ouvrant les ailes au vent en guise de 
voiles. 11 ne déterre point les cadavres; le Gange, qui sert de sépulture à la classe indigente 
du peuple, en fournit une assez grande quantité. On voit souvent sur le dos de ce Vautour un 
ou deux Corbeaux, Corvus splendens de nos planches coloriées, occupés à chercher les insectes 
parasites dont il est couvert, et le Vautour souffrir cette opération avec beaucoup de patience. 



CIGOGNE MÂRABOU. 
Oies. Ces plumes , si recherchées aujourd'hui pour la parure, et dont 
le prix est très-élevé, surtout en raison de leur longueur et de leur 
parfaite blancheur, sont implantées dans le croupion, et forment les 
couvertures inférieures de la queue; on en voit de gris bleuâtre ou 
de blanc , mais généralement sans mélange sur le même individuc 
M. Dussumier pense que le sexe donne lieu à cette variété : il est 
certain que ce n'est point un effet de l'âge, car j'ai vu les dépouilles 
de sujets vieux et jeunes, munis de ces plumes blanches ou grises. 
Le sexe de ces individus n'ayant point été constaté, nous ne pouvons 
décider la question relativement a cette différence dans la couleur. 
Le sujet adulte, figuré pi. 3oo, est muni de marabous gris j j'en ai 
vu à Londres de vivans dont les plumes étaient d'un blanc pur 5 ces 
dernières sont plus recherchées 5 elles ont aussi plus de prix dans 
le commerce que les plumes de la Cigogne argala du Sénégal, en 
ce qu'elles sont plus longues et à barbes duvetées plus fines (1). On 
pourrait encore employer les plumes de la Cigogne chevelue de l'Ar- 
chipel asiatique, qui sont longues, d'un blanc éclatant, et à barbes 
aussi fines et déliées que celles de la Cigogne marabou. 

Les trois espèces de très-grandes Cigognes étrangères ont proba- 
blement été confondues, et placées collectivement sous la rubrique 
Ardea dubia dans les catalogues méthodiques. Latham les comprend 
dans les synonymes de son Ardea *argala, dénomination que je con- 
serve à l'espèce du Sénégal, tandis que je propose pour celle-ci le 
nom de Marabou, puisque les plumes de cette espèce sont connues 
sous cette dénomination dans le commerce. 

Il est, en effet, très-facile de commettre des erreurs dans la syno- 

(1) Les plumes connues sous le noms de faux -marabous sont; le plus souvent, des cou- 
vertures inférieures de la queue du Paon, de la Cigogne; ou bien de quelques autres oiseaux 
exotiques. 



CIGOGNE MARABOU. 

nymie d'espèces qui offrent de si nombreux rapports d'organisation 
et de formes extérieures, et dont les mœurs sont à peu près les mêmes : 
les jeunes des deux premières espèces se ressemblent à tel point, qu'à 
les voir superficiellement, on les jugera de même espèce $ les seules 
formes du bec et des narines peuvent servir comparativement de 
moyen pour les distinguer : la troisième espèce est plus facile à re- 
connaître dans tous les périodes de l'âge, par le manque de sac, par 
la plaque cornée et lisse du sommet de la tête, et par les rainures 
transversales du bec. On parvient à distinguer les jeunes Marahous 
des jeunes de FArgala en comparant les becs, la longueur de la 
poche gutturale, et la couleur de Firis des yeux; mais ces derniers 
caractères ne peuvent être d'aucun secours dans l'examen des dé- 
pouilles de ces oiseaux. Les trois espèces figurées dans ce recueil, 
planches 3oo, 3oi et 3i2, ont été dessinées sur le vivant. 

Le Marabou a le bec fléchi en ligne courbe de la base à la pointe j 
YArgala a la base un peu plus bombée et l'arête en ligne parfai- 
tement droite : le premier a les narines ovoïdes $ le second a cette 
ouverture d'une forme oblongue; la poche du Marabou est très-longue, 
souvent de plus d'un piedj celle de PArgala est plus courte : l'un a 
l'iris d'un blanc pur, l'autre brun dans tous les âgesj le plumage de 
l'adulte offre des différences très-marquées ; celui des jeunes ne pré- 
sente aucun caractère tranché $ la livrée des jeunes de la Cigogne 
chevelue est à peu près la même : le Marabou est plus grand que 
XArgala. 

Le Marabou adulte a tout le plumage des parties supérieures d'un 
cendré-bleuâtre foncé 5 la queue d'un noir-bleuâtre 5 les grandes cou- 
vertures des ailes et les pennes secondaires couleur de plomb 5 le bec 
d'un jaune livide j la peau nue de la tête d'un rouge blafard, varié 
de taches noires 5 le cou et la longue poche d'un rouge pâle dans l'état 




3l2 




Ci<£0 2:ne c/teveâie/. adulée 



w © 



i&^f-. 



CIGOGNE CHEVELUE 



CICONIA CAPILLATA. Tkmm. v 



U Adulte. — Planche 5i2. 

Cette troisième espèce de grande Cigogne de l'ancien continent 
est facile à distinguer, dans tous les âges, des deux espèces figurées 
planches 3oo et 3oi ; au manque de sac à la partie inférieure du cou , 
à la plaque cornée et d'un blanc pur du dessus de la tête, et au grand 
bouquet de plumes à barbes décomposées, ou de crins assez longs, 
dont l'occiput est garni. Le bec de cet oiseau est aussi moins large, 
moins fort , et la mandibule inférieure est sillonnée de rides transver- 
sales. 

Le plumage, dans l'adulte , est , en dessus, d'un vert bouteille nué 
et comme saupoudré de grisâtre^ chaque plume est en outre rayée 
de fines bandes, ondées de deux teintes, grises et verdâtres dans l'âge 
moyen, et de deux nuances vertes dans l'adulte : la queue , les grandes 
couvertures des ailes et les pennes secondaires ont une seule teinte 
verte métallique 5 la dernière rangée des couvertures moyennes porte , 
sur chaque plume, une grande tache ronde mordorée 5 elles sont rangées 
à la file, et coupent Faile vers le milieu : les plus grandes couvertures, 
le long du corps, ont, dans quelques individus, une très-fine bordure 

Recueil d'Oiseaux, 53 e . livraison. 



CIGOGNE CHEVELUE. 

blanche 5 toutes les plumes formant collier autour de la partie inférieure 
du cou sont terminées de cendré ou de verdâtre, et leur base est blanche, 
tandis que les plumes du collier sont entièrement blanches dans les 
deux autres espèces. Les plumes blanches du ventre sont unicolores 
dans le très-vieux mâle 5 quelques individus, qui pourraient bien être 
des femelles, ou des sujets à l'âge moyen, ont des raies très-faibles 
et ondées sur toutes les parties blanches 5 toutes les plumes des cou- 
vertures inférieures de la queue sont d'un blanc pur dans les deux 
sexes : ces plumes d'ornement, ou marabous , ont la même beauté, 
et leurs barbes sont aussi fines et déliées que celles de la Gigogne 
marabou de Flnde et des Moluques , mais elles sont moins longues. 
Le bec et la plaque coronale sont blanchâtres j la face, la gorge et la 
partie inférieure du cou sont d'un pourpre brillant 5 l'entre-deux de 
la partie nue du cou est d'un jaune vif ou de couleur orange. Les 
jeunes ont un gros bouquet à l'occiput, il est moins garni et poilu 
dans l'adulte 5 des poils disposés à claire-voie couvrent les parties nuesj 
les pieds sont comme dans les deux autres espèces. Longueur totale, 
du bout du bec aux ongles , cinq pieds. 

On trouve ces oiseaux , dans certaines saisons de l'année, sur toutes 
les plages marécageuses des îles de Java et de Sumatra. C'est la Cico- 
nia Jaçanica de M. Horsfield, ou le Bangu des Javanais. 

Le Musée des Pays-Bas possède une série d'individus $. deux jeunes 
font partie du Musée de Paris. 



256. 




//StW 



Bec- ouvert a ur/ne<r . 



BECOUVERT A LAMES 



ANASTOMUS LAMELLIGERUS. Temm 



L'Adulte. — Planche 2 36. 

Cette belle espèce inédite est à peu près de la taille d'une Cigogne, 
mais ses formes sont plus grêles. Un grand et large bec , entr ouvert 
ou bâillant vers le bout , caractérise cet oiseau et son congénère du 
continent de Flnde que j'ai désigné sous le nom de Anastomus Typus. 
La mandibule supérieure à sa partie entrouverte est garnie de fines 
lamelles très-rapprochées , qui servent probablement à retenir et à 
empêcher qu'une proie couverte, à l'extérieur , d'une mucosité géla- 
tineuse , telle que les anguilles et autres sortes de poissons , n'échappent 
du bec. Ce bec, très-fort, est un peu voûté à sa base, qui est relevée 
en arête obtuse, couverte , ainsi que la plus grande partie des deux 
mandibules, d'une couche cornée marquée de rides ou de sillons lon- 
gitudinaux. Les parois de la mandibule supérieure sont un peu dilatées 
et proéminentes 5 celles de la mandibule inférieure sont comprimées et 
fléchies en dedans. La gorge, une partie de la face et l'espace entre le 
bec et les yeux sont nus. Mais ce qui caractérise particulièrement cette 
espèce, sont des lames cartilagineuses, larges, noires et très-luisantes 
qui servent de prolongement aux baguettes de toutes les plumes du 

Recueil d'Oiseaux, 4° e - livraison. 



BEC-OUVERT A LAMES. 

cou, du ventre et des cuisses $ la nature de ces lames est la même que 
celle qu'on observe dans les plumes du Coq Sonnerat, et ressemblent 
aux prolongemens cornés dont quelques plumes du Jaseur d'Europe 
sont terminées. Toutes les baguettes des plumes du dos et des couver- 
tures des ailes ont ce même lustre accompagné de teintes métalliques , 
mais elles n ont point de prolongement corné et lamelliforme. Tout le 
plumage de l'oiseau paraît noir , mais cette teinte sombre est relevée 
par des reflets verts et pourprés, et par le lustre très-éclatant des la- 
melles et des baguettes de toutes les plumes qui offrent des reflets 
métalliques suivant le jour dont ces plumes sont éclairées. Les pieds 
sont noirs, et le bec est d'un gris couleur de corne. Longueur totale, 
environ trois pieds j longueur du bec, sept pouces. 

Les deux individus qui existent dans les cabinets sont d'Afrique ; 
celui du Musée des Pays-Bas vient du Sénégal , et celui du Musée de 
Paris a été rapporté de la Cafrerie par M. de Lalande. 



GENRE DROME. 



GENUS DROMAS. Patkoli. 



Bec plus long que la tête, comprimé, droit, très-fort, déprimé; base inférieure for- 
tement évasée; arête vers la pointe faiblement inclinée; celle-ci aiguë et sans 
échancrure; mandibule inférieure conique, formant arête en dessous, où elle est 
terminée par un talon très-marqué placé au-dessous des fosses nasales. 

Narines à fosse nasale très-grande, couverte de côté et en dessous par une mem- 
brane; l'orifice percé de part en part. 

Pieds longs, grêles; tarse comprimé; trois doigts devant, un derrière, articulés sur 
le même plan; le postérieur long et libre; les trois de devant réunis jusqu'à la 
dernière articulation par une membrane très-fortement découpée; ongles oblongs, 
déprimés. 

Ailes médiocres, pointues; la première et deuxième rémige les plus longues. 



L'espèce unique sur laquelle ce genre a été basé n'est connue que 
par l'examen de quelques dépouilles. Tout ce que nous savons des 
habitudes se trouve consigné dans la très-courte notice donnée par 
M. Sait, dans son Voyage en Abyssinie, vol. 1. pag. 23a, où Fauteur, 
en parlant des oiseaux observés par lui sur le littoral de la mer 
Rouge, dit : « Que les bas-fonds et les îles sont fréquentés par de 
nombreuses volées d'oiseaux de mer, tels que des Pélicans, de gros 

Recueil d'Oiseaux, 6i°. livraison. 



GENRE DROME. 

Hérons (1) de différentes espèces, des Flamniants, des Becs-en-Cuil- 
ler, des Mouettes, des Courlis, des Bécassines et des Alouettes de 
mer. Je tirai aussi sur la côte un oiseau d'une très-belle espèce qu'à 
la première vue le docteur Latham supposa appartenir à la famille 
de Y Ardea Pondiceriana (2), mais que depuis on a jugé être un genre 
nouveau et distinct, en ce qu'il a le bec d'un Ardea, tandis que les 
pieds sont garnis d'une membrane fort longue et se rapprochant plus 
de ceux de l'Avocette. » 

M. Sait fait encore mention de cet oiseau sous le nom de Erodia 
amphilensis 3 dans l'appendix, voL 1, pag. 5y 1 5 et il en donne, 
pi. 5i de l'Atlas, deux figures très -réduites, mais reconnaissables. 

M. Von Paykull, d'Upsal, doit avoir été en possession d'un individu 
de cette espèce type, qu'il signale sous le nom de Dromas ardeola dans 
les Actes de l'Académie de Suède, année 180Ô , pag. 188, tab. 8. 

C'est là à quoi se borne tout ce que nous pouvons rassembler re- 
lativement à l'histoire de ce genre, qu'on peut comparer par le bec 
aux Œdicnèmes(3), et mieux encore, comme le remarque M. Dupont, 
aux Hirondelles de Mer à bec très-puissant ; ses jambes ressemblent 
plus à celles de Y Ornbrette (Scopus) qu aux jambes très-comprimées 
des Avocettes$ mais le plumage et la longueur des jambes rappellent, 
à s'y méprendre , l'Avocette munie d'un bec hétérogène. 

Nous classons cet oiseau entre les genres Scopus et Phœnicopterus. 

(1) Probablement les deux espèces de très-grands Hérons trouvées au Sénégal et en Abys- 
sinie, qui sont figurées dans ce recueil sous les noms de Ardea Goliat et Typhon. 

(2) Espèce type du genre Bec-Ouvert (Anastomus). 
(S) Voyez notre Dedlcnamus magnirostris , pi. col. 55y. 



3âa. 




Droine ard&ofe/, yW^, 



Slia'fr. 



DROME ARDÉOLE. 



DROMAS ARDEOLA. Paykull, 



La Femelle. — Planche 56 2. 

Le temps qui s'est écoulé entre la publication de notre pi. 362 et 
celui du texte, a fourni à M. Dupont l'occasion de publier de très- 
bonnes figures et la description de cet oiseau (1), probablement Tune 
et Fautre établies sur la vue de deux mâles de cette espèce, dont notre 
planche citée offre le portrait exact de la femelle. Celle-ci diffère un 
peu du mâle par l'étendue moins grande de la plaque noire du dos, 
et par quelques légères nuances dans les teintes des ailes et de la 
queue, sans doute dues à l'âge, mais qui ne peuvent, sous aucun 
rapport, constituer une différence spécifique. 

Le bec de cet oiseau , que M. Dupont compare à celui des grandes 
espèces du genre Sterna, ressemble en effet, sous certains rapports, au 
bec de la Sterna caspia, le talon anguleux de la mandibule inférieure 
est seulement plus rapproché de la base du bec que dans cette Hi- 
rondelle de Mer; mais la forte dépression à la base des deux mandi- 
bules, donne au bec du Drome ardéole une forme toute particulière: 

(1) Voyez Annales des Sciences naturelles, octobre 1826, pag. 184, pi. 4^. 
Recueil d'Oiseaux, 61* livraison. 



DROME ARDEOLE. 

le talon est plus fort et mieux marqué dans le mâle que dans la 
femelle. 

L'adulte a tout le plumage d'un blanc parfait, peut-être légèrement 
teint de rose dans le vivant, et plus ou moins cendré chez les jeunes; 
du blanc pur couvre la tête, le cou, la plus grande partie des scapu- 
laires, les couvertures des ailes, le croupion i la queue et toutes les par- 
ties inférieures 5 sur le milieu du dos est dessinée une plaque conique 
partant de la nuque, d'un noir lustré de reflets chez le mâle, d'un 
noir mat chez la femelle. Quelques unes des pennes secondaires sont 
noires ou noirâtres extérieurement, et blanches à leur base et sur les 
barbes intérieures 5 les rémiges, à peu près peintes de la même ma- 
nière, sont terminées de noir, et leurs baguettes sont blanches $ l'aile 
bâtarde est blanche à bout noir ; la queue est carrée ; le formidable 
bec est noir à pointe blanchâtre, et les pieds sont, dit-on 3 couleur 
de plomb. Ses pieds sont grêles, un peu comprimés j les doigts à demi 
palmés ont la membrane très-découpée, unissant les doigts jusqu'à 
la seconde articulation , et se prolongeant le long de ceux-ci en un 
rudiment de membrane qui aboutit aux ongles. Longueur totale, 
de quatorze à quinze pouces. 

On trouve cette espèce sur les bords de la mer Rouge et sur ceux 
que baigne la mer des Indes j quelques individus ont été envoyés du 
Bengale 5 ceux rapportés par M. Sait font partie de la brillante col- 
lection ornithologique de lord Stanley, près de Liverpoolj le Musée 
de Berlin a obtenu des sujets par les voyageurs Eheremberg et Hem- 
prich$ deux individus ont été envoyés du Bengale à M. Dupont, et 
celui figuré pi. 56s fait partie du Musée des Pays-Bas. 



GENRE FLAMMANT. 



GENUS PHŒNICOPTERUS. Lin 



N. 



Bec gros, fort, plus haut que large, dentelé, conique vers la pointe, nu à sa base; 
mandibule supérieure fléchie subitement,, courbée à sa pointe sur la mandibule 
inférieure, qui est plus large que la supérieure. 

Narines longitudinales, au milieu du bec, percées de part en part, près du dôme 
de l'arête supérieure, couvertes en dessus par une membrane. 

Pieds très-longs: trois doigts devant, celui de derrière très court, s'articulant très- 
haut sur le tarse, les doigts de devant réunis, jusqu'aux ongles, par une mem- 
brane découpée. 

Ongles courts, plats. 

Ailes médiocres; la première et la deuxième rémiges les plus longues. 



Ces oiseaux vivent sur les bords de la mer ou dans les marais for- 
més par les lacs salés où ils se nourrissent de coquillages, d'insectes 
marins et de frai de poisson, qu'ils pèchent en plongeant leur long 
cou et en retournant la tête sens dessus dessous, pour employer avec 
avantage le crochet de leur bec. Ils se réunissent en grandes bandes 
et nichent en société; ils font, dans les marais, un nid de terre 
élevé, où ils se mettent a cheval pour couver leurs œufs, parce que 
leurs longues jambes les empêchent de s'y prendre autrement. Soit 
qu'ils se reposent, soit qu'ils pèchent, ils établissent des sentinelles 

Recueil d'Oiseaux, 71 . livraison.. 



GENRE FLAMMANT. 

qui font une espèce de garde; si quelque chose alarme celui qui est en 
vedette, il jette un cri bruyant, semblable au son d'une trompette; 
il donne le signal du départ, et toute la troupe le suit dans les airs. 
Ils se reposent rarement ailleurs qu'en des lieux découverts: on dit 
que leur odorat est si subtil, qu'ils éventent de très-loin le chasseur 
et les armes à feu. Leur mue paraît simple et ordinaire, mais les 
jeunes oiseaux diffèrent beaucoup des parens; le plumage rouge ou 
rose, dont l'adulte est couvert, se montre successivement après plu- 
sieurs mues et un temps assez long, qu'on peut calculer à quatre 
années révolues. Les femelles sont moins grandes que les mâles, et les 
couleurs n'ont point cette grande pureté qui distingue les mâles; les 
jeunes, au sortir du nid, sont blancs. Le corps des Flammans n'est 
guère plus couvert de duvet que ne l'est celui de tous les autres 
échâssiers, les Avocettes seules exceptées; aussi ne nagent-ils point 
habituellement comme le font les Avocettes, lorsqu'elles veulent se 
porter, d'un bord à l'autre, dans une eau profonde. Les pieds palmés 
des Flammans semblent leur être accordés pour pouvoir se soutenir 
et marcher sur les terrains vaseux du fond des rivières et des anses 
qu'ils arpentent aussi avant que la longueur de leurs pieds le leur 
permet. Ils se réunissent en grandes bandes dans les marais, où le 
chasseur éprouve beaucoup de difficultés pour les approcher à portée 
du fusil, leur défiance étant extrême. En volant par bandes, ils ont 
l'habitude de former un angle , comme les Oies. Dans la marche ils 
appuient souvent la partie plate de leur mandibule supérieure à 
terre, et s'en servent comme d'un soutien. 

M. de La Mormora , Voyage en Sardaigne, nous fournit une notice 
très-intéressante sur le Flammant d'Europe. Il émigré, dit-il, vers 
la fin de mars, et quitte la Sardaigne pour reparaître constamment 
dès la mi-août. C'est alors que du haut du bastion, qui sert de pro- 



*$ 



GENRE FLAMMANT. 
menade aux habilans de Cagliari , on voit arriver d'Afrique des volées 
de ces magnifiques oiseaux. Disposées en bande triangulaire, elles se 
montrent d abord comme une ligne de feu dans le ciel ; elles s'avan- 
cent dans Tordre le plus régulier; à la vue de l'étang voisin, elles 
ralentissent leur marche et paraissent un instant immobiles dans les 
airs ; puis traçant , par un mouvement lent et circulaire , une spirale 
conique renversée, elles atteignent le terme de leur migration. 
Brillans alors de tout l'éclat de leur parure flamboyante, et rangés 
sur une même ligne, ces oiseaux offrent un nouveau spectacle, et 
représentent une petite armée en ordre de bataille , qui ne laisse rien à 
désirer pour l'uniformité et la symétrie; mais le spectateur doit se 
contenter, pour le moment , de contempler de loin cette colonie pai- 
sible. Malheur à lui s'il ose aborder l'étang dans cette saison funeste. 
Nous avons dit, Manuel d'Ornithologie, 2 e . édition , qu'il s'élevait 
des doutes sur l'existence de notre Flammant d'Europe dans les régions 
du Nouveau-Monde. Aujourd'hui nous pouvons assurer très-positi- 
vement que l'espèce répandue dans les régions chaudes de l'Amé- 
rique est différente de celle que nous trouvons sur les plages chaudes 
d'Europe, et qui est répandue en nombre bien plus considérable sur 
toute l'étendue de l'Afrique, dans l'Inde et en Asie. Nous connais- 
sons toutes les livrées dont le Flammant d'Amérique est revêtu ; 
depuis le jeune âge jusqu'à l'état adulte, toutes sont différentes de 
celles qu'on a pu observer chez l'espèce de l'ancien continent. La 
couleur parfaitement rouge-orange dont toutes les parties du plu- 
mage de l'espèce américaine est revêtue, lorsqu'elle est parvenue à 
Pétat complet de développement, suffit pour reconnaître cet oiseau de 
notre Flammant, qui est rose avec les ailes d'un rouge-pourpre. Le 
jeune Flammant phœnicoptère a le plumage blanchâtre couvert de 
mèches brunes, très-marquées et longues, principalement sur les 



GENRE FLAMMANT. 
grandes couvertures des ailes $ le Flammant rouge, dans le jeune âge, 
est couvert d'un plumage gris-blanchâtre terne. Ces différences, bien 
constatées, nous font adopter dans l'Index ci-joint le nom de Phœ- 
nicopterus antiquorum, proposé par nous, dans le Manuel, pour 
désigner l'espèce de nos climats. 

Esp. i re . Flammant phcenicoptere. Buffon, pi. enl. 63; un vieux en 
plumage parfait. Ce sera le Phœnicopterus antiquorum, en observant 
que la plupart des synonymes sous Phœnicopterus ruber des mé- 
thodes, doivent être rapportés au Flammant rouge d'Amérique. 
Patrie 3 l'Europe méridionale, l'Afrique et une partie de l'Asie. 

Esp. 2. Flammant rouge de Wilson, Amér.Orn., pi. 66. L'adulte, 
et tous les articles sous Phœnicopterus ruber des méthodes. Patrie , 
l'Amérique méridionale et quelques parties de l'Amérique septen- 
trionale. 

Esp. 3. Flammant pygmee de nos pi. col. 4 19; l'adulte, plumage 
parfait. Vieillot, Gai. du Mus., pi. ay3. Le jeune, Phœnicopterus 
minor. Patrie, les parties méridionales de l'Afrique. 



Jjp 








«WHfr 




Flammaixt pryme , aJufr&. 



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FLAMMANT PYGMÉE. 



PHŒNICOPTERUS MINOR. Vieill 



U Adulte. — Planche 4 r g- 

Nous avons établi, dans l'article du genre, les principaux carac- 
tères au moyen desquels on peut distinguer les deux grandes espèces 
de Flammans , confondues jusqu'ici sous le nom de Phœnicopterus 
ruber. Celle du présent article est bien caractérisée par sa taille beau- 
coup moins forte que ses deux congénères j on la distingue encore 
de celle-ci par la forme très-remarquable des deux mandibules du 
bec. On ne voit aucune différence, dans la forme des mandibules, 
entre le Flammant de l'ancien Continent et celui du Nouveau-Monde : 
leur mandibule supérieure porte sur l'inférieure et s'élève au-dessus, 
de manière à n'offrir, lorsque le bec est fermé, qu'une très-légère 
différence dans la hauteur des deux mandibules. Chez le Flammant 
pjgmée^ la mandibule inférieure, très-haute et fortement arquée, 
reçoit, entre l'espace qui sépare ses parois, toute la mandibule supé- 
rieure , qu'elle cache totalement, de façon que les bords supérieurs de 
l'inférieure s'élèvent à la hauteur de la surface plane de la supérieure. 

Le plumage de l'adulte est d'un rose pur sans aucune tache ni 
raie: la têle, le cou, le dos et toutes les parties inférieures portent 

P\ecuejl d'Oiseaux, 71 e . livraison. 



FLAMMANT PYGMÉE. 

cette belle teinte rose, plus vive et pure chez le vivant que dans les 
individus dont la dépouille nous parvient 5 vu que l'éclat de cette 
teinte, très-fugitive, devient plus terne, et passe au blanchâtre étant 
exposée au jour. Les grandes couvertures des ailes et de la queue 
sont un peu plus rouges que le plumage des autres parties ; toute 
l'aile est couverte de plumes d'un pourpre brillant, entourée d'un 
large bord rose; les pennes de la queue sont noires. La base du bec, 
la cire et la région ophtalmique sont d'un pourpre foncé; le milieu 
de la mandibule inférieure d'un rouge-orange, et la pointe noire. 
L'articulation du genou, les doigts et leurs membranes sont d'un 
beau rouge; le tarse porte une teinte livide. Longueur totale, à peu 
près trois pieds. 

Les jeunes de l'année sont blancs ou blanchâtres, marqués de 
petites mèches brunes, répandues à la tête, au cou,, à la poitrine et 
sur les couvertures des ailes; les premières teintes rouges se mon- 
trent aux ailes; le bec est noir, et les pieds ont une teinte rougeâtre 
livide. 

On le trouve sur les lacs d'Afrique. Les sujets qui m'ont été 
adressés sont originaires du cap de Bonne-Espérance. Un jeune, 
déposé dans les galeries du Musée de Paris, a été apporté du Sénégal. 



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Tantale lacée', m J &/ aJu ^ 



TANTALE LACTÉ 



TANTALVS LACTEUS. Temm. 



U Adulte. — Planche 35 a. 

Cette nouvelle espèce ne pourrait être confondue qu'avec le Tan- 
tale ibis du Sénégal 9 des planches enluminées de Buffon 38g, erreur 
commise par les voyageurs Kuhl et Van Hasselt, auxquels nous devons 
la découverte de notre oiseau. Une courte indication des différences 
caractéristiques de ces deux espèces devient nécessaire, et nous 
croyons utile de les signaler dans cet article. 

Le Tantale lacté est un peu plus petit que son congénère \ il a le 
bec plus court et moins fort 5 les narines sont de forme ovoïde, tandis 
que ces orifices, dans le Tantale ibis, sont linéaires et plus recou- 
vertes par la substance cornée. La nudité dans le premier comprend 
toute la tête, les joues, l'occiput et même une partie de la nuque; 
dans le second, la nudité n'occupe qu'une partie du sommet de la tête 
et une partie de la région ophtalmique 5 elle a aussi moins détendue 
sur le devant du cou que dans le Tantale ibis. Le plumage de l'adulte 
est du blanc le plus parfait j et quoique le fond de la livrée du Tantale 
du Sénégal se distingue aussi par sa blancheur éclatante , cependant 
toutes les plumes des ailes sont légèrement nuancées de pourpre, et 

Recueil d'Oiseaux , 5g\ livraison. 



TANTALE LACTÉ. 

une zone d'un pourpre éclatant se dessine sur toutes les couvertures 
supérieures j les couvertures du dessous des ailes portent des taches 
du même pourpre éclatant et d'un blanc argentin. Les jeunes de ces 
deux espèces sont bien plus difficiles à distinguer par les couleurs du 
plumage; une teinte brune terne forme la teinte principale , et dans 
cet état on n'a guère d'autre moyen de distinction que les seuls 
caractères pris de la forme du bec. 

Nous venons de dire que le Tantale lacté a tout le plumage d'un 
blanc parfait sans aucune autre nuance; toutes les pennes des ailes 
et de la queue sont d'un noir-verdâtre ou couleur de bronze $ les 
pieds et les nudités sont rouges , et le bec est d'un jaune-orange ; la 
peau nue de la tête est plus ou moins marbrée de noir. Longueur 
totale, trois pieds. 

Les jeunes ont un plumage brun-clair terne, et les pennes des ailes 
et de la queue sont d'un noir mat 5 les pieds sont d'un gris-noirâtre. 

On trouve ce Tantale dans les marais et sur les bords des rivières 
de l'île de Java; ses mœurs sont à peu près les mêmes que celles de 
nos Gigognes d'Europe. 

Musée des Pays-Bas. 



^ 








Ibis leucony, adu/& *. 






IBIS LEUCON. 



IBIS LEUCO N. Tem m. f 



L'Adulte. — Planche 48 1 . 

On ne peut disconvenir de la grande ressemblance qui se trouve 
entre l'oiseau porté sur notre planche 48 1 et YAbouhannas de Bruce, 
ou le Tantalus œlhiopicus des catalogues de nomenclatures. J'ai été 
à même de comparer entre elles plus de vingt dépouilles des deux 
races ou espèces , au nombre desquelles se trouvent des jeunes, des 
individus à l'âge moyen , et l'adulte dans les deux sexes $ l'examen 
le plus exact ne m'a offert aucune disparité très-marquée entre ces 
dépouilles : les unes, celles de l'Ibis, que je nomme provisoirement 
Leucon 3 nous viennent de Java, de Sumatra et d'une partie des 
Moluques$ celle de YAbouhannas (Ibis religiosa) de Cuvier, sont 
de l'Afrique , et les individus du nord de cette partie du monde res- 
semblent très-exactement aux sujets tués vers le cap de Bonne-Espé- 
rance : même distribution de couleurs et de forme des plumes à 
barbe soyeuse des ailes. Tous ces sujets d'Afrique, dans les divers 
périodes de l'âge et de la mue, diffèrent constamment des sujets, dans 
le même état de mue, qui nous ont été adressés de différentes par- 
ties de l'Archipel asiatique, 10. par la forme des pennes des ailes les 

Recueil d'Oiseaux, 81 e livraison. 



IBIS LEUCON. 

plus proches du corps; a°. par la couleur de celles-ci , et par la teinte 
d'un noir-violet bronzé qui termine toutes les grandes pennes des 
ailes. 

Dans Y Ibis religiosa ou Abouhannas d'Afrique, nous trouvons, 
vers l'extrémité de l'aile, un faisceau de plumes très-larges, à barbes 
décomposées, comme certaines espèces de Hérons, de la section des 
Aigrettes 3 en portent sur le croupion. Dans notre Ibis leucon^ même 
lorsqu'il est parvenu à l'état d'adulte, on ne voit aucune trace de 
ces faisceaux de plumes légères à barbes larges, décomposées et flot- 
tantes : ces plumes ont à peine leurs barbes un peu désunies. Le 
premier a toutes les plumes fasciculaires , ainsi que le bout des pennes 
secondaires et des rémiges d'un noir- violet à reflets éclatans de bronze. 
Le second n'a que les quatre ou cinq premières pennes secondaires 
de l'aile un peu ébouriffées vers le bout, et d'un gris cendré très- 
clair; les pennes alaires sont totalement blanches comme le reste du 
plumage. Ces différences constantes observées sur le très -grand 
nombre de sujets soumis à mon examen , me portent à considérer 
provisoirement notre Ibis leucon comme une espèce ou du moins 
une race constante différente de Y Ibis abouhannas d'Afrique. 

Les formes de ces deux espèces ont le cou et la tête couverts de 
petites plumes grises et blanches clair-semées , qui tombent succes- 
sivement dans les mues, pour ne laisser à l'état adulte qu'une peau 
totalement nue, d'un noir parfait. Dans les deux espèces et dans 
tous les âges, la couleur générale du plumage est d'un blanc pur. 

Le Musée des Pays-bas possède une série complète de sujets des 
deux espèces mentionnées. 



3o£. 







Ibis mamelonné/. 



Prêtre 



IBIS MAMMELONNÉ 



IBIS PAPILLOSA. Temm, 



U Adulte. — Planche 3o4. 



Cette nouvelle espèce du genre Ibis a la tête et la partie supé- 
rieure du cou absolument dégarnies de plumes,, mais le sommet du 
crâne et l'occiput sont couverts de très-petites papilles cartilagineuses , 
formées apparemment de petits tubes diaphanes tenant lieu de plumes, 
et dans l'espace desquels une substance colorante s'introduit pour 
leur donner la teinte rouge-ponceau , dont ces papilles conservent 
encore le coloris sur les dépouilles qui nous parviennent. Une note 
manuscrite accompagnant une des dépouilles porte que dans le 
vivant les papilles sont d'un rouge éclatant, qu'elles sont très-lisses 
et lustrées comme passées au vernis j le reste de la tête est d'un bleu 
vif, le bec d'un beau vert , et les pieds d'un rouge de corail. 

Le plumage correspond en vivacité de teintes avec ces belles cou- 
leurs des parties nues de l'oiseau $ les ailes et la queue dans l'état 
adulte brillent de bleu et de vert métallique, changeant selon les diffé- 
rentes lumières du jour qui les éclaire ; une bande d'un blanc pur 
occupe le bord supérieur des ailes 5 les grandes couvertures des ailes , 

Recueil d'Oiseaux > 5i e . livraison. 



IBIS MAMMELONNÉ. 

les pennes les plus proches du corps , et tout le reste du plumage sont 
nuancés d'une teinte métallique imitant en quelque sorte le bronze, 
mais d'une teinte plus pâle. Longueur totale, deux pieds cinq pouces; 
la queue est carrée, et les ailes couvrent les trois quarts de sa lon- 



gueur. 



Cet Ibis est à peu près de la même taille et a les mêmes propor- 
tions que les Tantalus calvus , et Hagedasch des catalogues métho- 
diques 5 que nous réunissons dans le nouveau genre Ibis des natura- 
listes modernes. 

Cette espèce fait partie des Musées de Paris et des Pays-Bas 5 elle 
a été trouvée dans l'Inde et à Ceylan. 



ô5i> 




Ibis j¥tfjz?o7i<. 



firefre/. 



7P 



IBIS NIPPON. 



IBIS NIPPON. Temm 



Mâle adulte. — Planche 55 1. 

Ce bel oiseau , très-rare et seulement de passage accidentel dans 
les îles du domaine de l'empire du Japon , est remarquable par sa 
forme svelte et le coloris élégant de son plumage. Il est de la taille 
des Ibis mammelonné et leucon 3 de nos pi. 3o4 et 48 1. 

Toute la gorge et la face, jusque derrière les yeux et au-delà du 
méat auditif , sont glabres j la peau qui recouvre le sommet de la 
tête est granulée et ridée : toutes ces parties nues ont une belle teinte 
rouge-vermillon 5 le bec est violet , mais sa pointe est jaune-d'ocrej 
les pieds sont d'un rouge-plein. 

L'occiput , la tête et la partie supérieure de la nuque portent des 
plumes longues, subulées et pointues par le bout, que l'oiseau a la 
faculté d'étaler en large coiffe formant huppe : ces plumes occipi- 
tales, ainsi que toutes les parties du cou et le dos, ont une teinte 
cendrée-blanchâtre; les grandes et les petites couvertures des ailes, 
de même que les longues plumes de recouvrement , sont d'nn blanc 
très-faiblement nuancé de rosej toutes les pennes des ailes et de la 
queue sont d'un beau rose clair, et les baguettes de ces pennes ont 

Recueil d'Oiseaux , 95 e livraison. 



IBIS NIPPON. 

une teinte orange-lustré $ les parties inférieures du corps, l'abdomen 
et les couvertures du dessous de la queue sont d'un blanc pur. Lon- 
gueur totale, vingt-huit pouces; tarse, trois pouces .$ bec, huit pouces 
et demi. 

Les Japonais désignent cette espèce sous le nom de Toki. L'indi- 
vidu unique qui a servi à cette description fait partie du musée des 
Pays-Bas, et a été rapporté du Japon par M. von Siebold. 




an. 



Ibis cAa/cojvfères, <*&<&&. 



Sueé. 



V 



IBIS CHÀLCOPTERE 



TENTA LUS C H A L C O P T E RU S. Temm. 



U Adulte. — Planche 5i 1 -. 

Ce bel oiseau nous retrace, sous des dimensions plus fortes, les 
formes de notre Ibis falcinelle d'Europe. Indépendamment de cette 
différence qu'on pourrait attribuer à des causes locales, nous en 
trouvons de plus caractéristiques dans la bande d'un blanc pur qui 
entoure toutes les parties nues de la face , et dans cette nudité très- 
peu étendue, restreinte à un bord très-étroit, entourant l'orbite des 
yeux, et communiquant, en dessous du lorum, à la base du becj 
sa queue est un peu fourchue, et tout le plumage porte des teintes 
plus vives et plus pures que dans l'espèce européenne. 

Les sujets à l'état adulte qui ont servi à la figure publiée ici ont 
le sommet de la tête , les ailes et la queue d'un beau vert métal- 
lique, chatoyant, selon la lumière, en pourpre et en cuivre poli 5 du 
pourpre nuancé de violet et de teintes métalliques est répandu sur 
les plumes du manteau et du milieu du dos; un. beau vert métal- 
lique à reflets violets se fait remarquer sur les couvertures infé- 
rieures de la queue ; une large bande est posée sur la partie supérieure 
des ailes; le cou et les parties inférieures sont marron pourpré j la 

Recueil d'Oiseaux, 86 e livraison. 



IBIS CHALCOPTÈRE. 

nudité ophtalmique et les pieds nous ont paru d'un rouge pourpré, 
et le bec d'un brun rougeâtre. Longueur, un pied neuf pouces. 

Les jeunes ont des teintes métalliques moins vives $ tout le cou est 
d'un brun marron couvert de petites mèches blanches longitudinales. 

Cette espèce 9 dont on voit des sujets dans les Musées des Pays-Bas 
et de Paris, a été envoyée du Chili. Il vit probablement dans plu- 
sieurs autres parties de l'Amérique méridionale. 



2ÔÔ 




Ibis ploniée/ 



IBIS PLOMBÉ. 



IBIS P LU MB EU S. Temm. 



U Adulte. — Planche 1 55. 

D'Azara réunit dans son article qui traite des Mandurrias ou 
Curucaus (i) 9 trois genres d'oiseaux très-distincts 5 savoir : un Tan- 
tale 3 trois Ibis et le Courlan ou CourlirL Celui que cet auteur 
désigne sous le nom Curucau de couleur de plomb ^ vol. 4 5 pag. 219 , 
est une espèce nouvelle du genre Ibis de nos méthodes. Son cri est 
fort et aiguj la syllabe ta 3 répétée rapidement six ou huit fois de 
suite , retentit au loin dans les airs. Le mâle et la femelle sont presque 
toujours réunis, et rarement ils forment des troupes un peu grandes. 
Ils n'entrent point dans les grandes rivières ni dans les eaux , mais 
ils fréquentent, le plus souvent, les terrains argileux; ils viennent 
aussi chercher leur pâture sur la chair morte des animaux. 

Ce grand Ibis est de la taille d'une poule-d'inde. Les plumes de 
la nuque et de l'occiput sont fort étroites, pointues et longues de 
trois pouces et demi : l'oiseau les relève et les abaisse lorsqu'il est 
effrayé 5 la peau nue de l'angle du bec communique avec la nudité 

(1) Mandurria signifie maillet de calfat, et a été donné à ces oiseaux par les Espagnols. 
Le nom de Curucaus leur a été donné en imitation du cri qui leur est propre. 
Recueil d'Oiseaux., 4° c - livraison. 



IBIS PLOMBÉ. 

qui entoure l'œil. -Une bande blanche , large de quatre lignes, 
couvre le front et s'étend jusqu'au dessus de l'œil $ les autres parties 
du corps, la tête et le cou ont une belle couleur cendrée-bleuâtre 
ou nuance plombée, excepté les plumes de Focciput et de la nuque 
dont le milieu est blanchâtre $ la queue, les pennes des ailes et les 
couvertures supérieures de la partie extérieure de Faile sont noirâtres 
et celles du milieu grises. L'iris est orange 5 le bec noir, teint de 
violet- verdâtre à sa base, et les pieds rougeâtres. On ne voit point 
de différence dans le plumage des deux sexes : je n'ai pas été à 
même de voir les jeunes. Longueur totale, de vingt-six à vingt-sept 
pouces $ le bec varie plus ou moins en longueur, comme dans tous 
les oiseaux riverains 5 sa dimension moyenne est à peu près de cinq 
pouces et demi. 

Ces oiseaux habitent le Paraguay et le Brésil. 

Musées de Paris , des Pays-Bas, de Vienne, et cabinet de M. Bon- 
jour à Paris. 



GENRE BEC-OUVERT. 



GENUS ANASTOMUS. Illig. 



Bec gros , très-comprimé, entrouvert vers le milieu, où il est garni de lamelles 
couvertes d'aspérités; arête distincte, déprimée et s' avançant sur le front. Mandi- 
bule supérieure à peu près droite, renflée vers le bout, sillonnée à sa base, 
échancrée à la pointe. Mandibule inférieure très-comprimée^ convexe en dessous 
vers le milieu de sa longueur; pointe à bords fléchis en dedans, réunis en lame. 

Narines latérales , longitudinalement fendues. 

Pieds longs, grêles; jambe en partie nue; les trois doigts antérieurs réunis par une 
courte membrane découpée ; pouce long, articulé intérieurement et au niveau des 
autres doigts. 

Ailes. Les première et deuxième rémiges à peu près égales et les plus longues. 



Ces oiseaux arpentent les bords des fleuves et se tiennent dans 
les marais j ils entrent dans Feau sans jamais se mettre à la nage $ leur 
manière de vivre a des rapports avec celle des Cigognes (1). On ne 
sait point encore s'ils se nourrissent uniquement de reptiles , ou bien 
si les poissons leur servent aussi de pâture- Les rivières qui tra- 
versent les parties méridionales de l'Inde nourrissent l'une des espèces 

(i) Les Jabiruset les Cigognes doivent être classées dans le même genre; leurs habitudes 
et leurs mœurs sont les mêmes, et il existe un passage gradue' des plus petites espèces, qui sont 
les Cigognes j aux plus grandes que l'on a nommées Jabirus. 
Recueil d'Oiseaux, 4° C ' oraison. 



GENRE BEC-OUVERT. 

connue par Sonnerat sous le nom de Bec-ouvert des Indes j Voy. Ind., 
vol. 2, tab. , pag. ai g. C'est la même espèce, mais dans son plumage 
du jeune âge , que BufFon décrit et dont il a donné une figure, pi. 
enl. 95a, sous le nom de Bec-ouçert. Ces deux états différens de la 
même espèce ont été indiqués, par tous les compilateurs, comme 
formant deux espèces distinctes. Latham 3 qui sanctionne cette erreur 
en les indiquant sous les noms de Coromandeliana et de Pondice- 
riana 3 commet une seconde faute en rangeant le Bec-ouvert dans 
le genre Ardea : Illiger les a séparés sous le nom Anastomus , et 
j'ai suivi son exemple dans le Manuel d'Ornithologie. 

La première espèce sera Anastomus typusj elle comprend, comme 
description et figure exacte de l'oiseau dans l'état parfait, Ardea 
Coromandeliana, Latham et Sonnerat , tab., pag. a 1 9. Le jeUne revêtu 
du plumage de l'année est décrit sous Ardea Pondiceriana Latham, 
et figuré par BufFon, pi. enl. 93a. Patrie, l'Inde. 

La deuxième espèce est nouvelle, c'est notre Anastomus lamelli- 
gerus, pi. col. a36. Patrie, l'Afrique, 



38i. 




■r'jD_a-ft».T7y 



Courlis demis-heo, adu&e/. 



a 



COURLIS DEMI-BEC 



NU ME NI US BREFIROSTRIS, Lichtens. 



Planche 58 i . 



La planche accompagnant cet article se trouvait tirée en nombre, 
lorsque je m'aperçus que notre Courlis se trouve indiqué par Azara 
sous le nom de Chorlito champêtre , vol. 2, pag. 276. Ce nom que 
nous lui avions donné portant sur un caractère marquant et con- 
cordant assez bien avec celui proposé en latin par M. Lichtenstein 
(qui n'a non plus reconnu l'identité de cette espèce avec celle donnée 
par le naturaliste espagnol) , nous présumons que ce Courlis passera, 
dans les catalogues méthodiques, sous les dénominations portées en 
tête de cette description. 

Le Courlis demi-bec est de passage au Paraguay dans le mois de 
septembre en troupe de dix à vingt. Quand il prend sa volée, il 
jette un cri qu'expriment les syllabes hibi. D'Azara l'a rencontré dans 
les plaines découvertes, sèches ou humides, et jamais sur les bords 
des rivières ou des lagunes. Nous ne sommes pas instruits s'il vit de 
la même manière au Brésil, d'où sont originaires les individus que 
nous avons été à même de voir. Cette espèce diffère essentiellement 
du Numenius borealis de l'Index de Latham : le mâle et la femelle 

Recueil d'Oiseaux, 64 e . livraison. 



m 



COURLIS DEMI-BEC. 

ont un même plumage $ j'ai seulement observé une légère différence 
dans la grandeur , qui tient peut-être au sexe. 

Une bande blanchâtre passe au-dessus des yeux; les joues ont de 
très-fines mouchetures, et la gorge est d'un blanc purj une rangée 
de taches brunes et isabelle marque la ligne moyenne du crâne 3 le 
reste est à peu près noir 5 des stries noirâtres couvrent le cou , et des 
raies longitudinales, marquéesd'unepetitebandetransversale 5 couvrent 
la poitrine et les flancs, tandis que des stries déliées et peu nom- 
breuses sont répandues sur le ventre j les pennes de la queue sont 
rayées de gris et de noir, et finement liserées de blanc 5 le plumage 
des parties supérieures est d'un brun-noirâtre , marbré sur les bords 
des barbes de couleur isabelle 5 les couvertures ont un petit liseré 
blanc j les couvertures du dessous des ailes sont roussâtres, marbrées 
de noir \ les pieds sont couleur de plomb, et le bec est noir, excepté 
la base de la mandibule inférieure qui est jaunâtre. Longueur du bec 
deux pouces 5 tarse un pouce huit lignes, longueur totale de onze 
pouces à onze pouces neuf lignes. 

On le trouve au Brésil et au Paraguay. 

Musées des Pays-Bas, de Paris, de Vienne et de Berlin. 



m 



I 



/, 








/.Bécasseau femrma/. j?. "Bécasseau al/sa/iey. 






BÉCASSEAU TEMMIA. 



TRINGA TE MMIN CKII. Leisler, 



Plumage d'hiper. — Planche 4 1 ? fig. 1 . 

Nous figurons sur cette planche deux espèces de Bécasseaux à 
bec mou et flexible , qui , vu leurs nombreux rapports 9 pourraient 
être facilement confondus. Feu mon ami Leisler a le premier distin- 
gué notre Bécasseau de cet article d'une autre espèce avec laquelle 
celle-ci se trouvait confondue dans les catalogues de nomencla- 
ture 5 cet ami m'a dédié l'espèce qui nous occupe , et il a donné le 
nom de Minuta à son congénère qui se trouve aussi en Europe dans 
les mêmes localités que celle-ci a l'habitude de visiter. On trouve 
dans la 1* édition du Manuel d'Ornithologie, pages 623 et 6^4 , tous 
les détails qui peuvent servir à la connaissance plus exacte des formes 
et des mœurs de ces deux espèces européennes. Nous nous borne- 
rons , dans les articles de ce Recueil , à indiquer les différences qui 
pourront servir à reconnaître le Bécasseau temmia du Bécasseau 
albane de l'article suivant j tous les deux sont figurés de grandeur 
naturelle. 



Recueil d'Oiseaux ^ 7 e . livraison. 



BECASSEAU ALBANE. 



TRINGA A LB E S CE N S. Tbmm, 



Plumage d'hiçer. — Planche 4i, fig. 2. 

Ce Bécasseau diffère du précédent par sa queue dont les pennes 
sont disposées de manière à paraître doublement fourchue 9 et par 
un bec plus court et plus gros. L'espèce est figurée sous son plu- 
mage complet d'hiver. La livrée d'été diffère par la présence de 
grandes mèches noires bordées de roussâtre, qui couvrent les parties 
supérieures 5 toutes les parties inférieures, ainsi que la bande sur- 
cillaire 5 sont d'un roussâtre-clair 5 les deux pennes latérales de la 
queue sont blanches. La longueur totale est de cinq pouces quatre 
lignes. 

On trouve cette espèce dans FOcéanie. 



faoô 




Bec as sme ^eané^ ma/e aJulto . 



Pre/re , 



3° 



m 



BÉCASSINE GÉANTE. 



SCOLOPAX GIGANTEA. Nat 



TER, 



Planche 4o5. 



Au premier coup d'oeil, on croit reconnaître dans cette nouvelle 
espèce la grande Bécassine des Saçannes, pi. enl. de Buff. 895 , 
indiquée dans les catalogues méthodiques sous le nom de Scolopax 
paludosaj mais une comparaison établie entre cette dernière et celle 
dont nous donnons le portrait, suffit pour les admettre comme espèces 
distinctes. Les couleurs du plumage et la manière dont cette livrée 
est peinte offrent dans toutes les Bécassines, des différentes parties 
du globe, une ressemblance si frappante, qu'il serait difficile de les 
distinguer les unes des autres, sans l'aide des caractères souvent très- 
accessoires, ou simplement au moyen des différences dans la grandeur, 
ou dans les proportions du bec relativement à la taille. Cette parfaite 
ressemblance extérieure, est à tel point propre à favoriser Terreur que 
jusqu'ici on ne s'est point douté qu'il existait en Europe deux espèces 
distinctes de Bécassines confondues sous le nom de Scolopax galli- 
nago (1). Une méprise semblable pourrait avoir lieu entre les deux 

(1) Il est de fait qu'une quatrième espèce de Bécassine \isite périodiquement les parties 
septentrionales de l'Europe ; cette espèce offre des rapports si nombreux avec notre Bécassine 
Recueil d'Oiseaux , 68 e . livraison. 



BÉCASSINE GÉANTE. 

grandes espèces de Bécassines de l'Amérique méridionale, mais la diffé- 
rence de taille assez marquée, et le puissant bec dont cette nouvelle 
espèce est munie, sont des indices certains, au moyen desquels il sera 
facile de reconnaître ces deux oiseaux couverts d'un plumage peint des 
mêmes couleurs : pour éviter toute méprise à cet égard, nous donnons 
une courte description des formes et des couleurs du plumage de la 
Bécasse des Saçannes de Buffon; vu que ce naturaliste n'en fait point 
mention dans le texte, entièrement consacré à la description très- 
intéressante des mœurs de cet oiseau. 

La Bécasse des Saçannes de Cayenne , pi. enl. 8g5, tient le milieu, 
pour la grandeur, entre la Bécasse et la grande Bécassine d'Europe. 
On voit sur le sommet de la tête deux bandes larges noires, coupées 
par trois bandes rousses, et une brune de chaque côté, entre le bec 
et les yeux 5 tout le cou marqué de grandes taches noirâtres 5 plus 
larges à la poitrine 5 toutes les parties inférieures rayées de bandes 
brunes sur un fond légèrement roussâtrej scapulaires d'un noir par- 
fait$ chaque plume de ces parties bordée extérieurement d'une large 

ordinaire , que les chasseurs et les naturalistes n'ont pas eu la moindre idée d'une disparité très- 
marquée entre des oiseaux si communs dans tous nos marais. 

Voici en quoi consistent les principales différences. Notre Bécassine commune jette un cri en 
partant, l'autre est absolument muette, comme notre petite Bécassine ou sourde y la première 
est un peu plus grande que la seconde ; l'une a constamment quatorze pennes à la queue, l'autre 
a toujours seize pennes. Cette dernière est décrite par M. Caup sous le nom de Scolopax Breh- 
mii; elle est de passage dans le nord de l'Europe, et se mêle avec notre Bécassine commune. 
Ce Scolopax Brehmii d'Europe ne doit pas être confondu avec la Bécassine de V Amérique sep- 
tentrionale ^ décrite et figurée par Wilson Amer, Ornith. vol. 6. pag. 18; celle-ci forme une 
espèce distincte de nos Bécassines d'Europe; la différence réside, comme chez toutes les Bécas- 
sines connues , dans la forme de la queue et des pennes latérales, et dans le nombre de ces 
dernières. La Bécassine de l'Amérique septentrionale, que je propose de nommer Scolopax 
TFilsonii, est d'un pouce plus petite que nos deux espèces d'Europe; elle a seize pennes à la 
queue, dont les latérales ont moitié moins de largeur que les intermédiaires. Nous publierons 
incessamment le tableau générique de ce groupe. 



- 



BÉCASSINE GÉANTE. 

bande roux-vif$ toutes les couvertures des ailes rayées transversale- 
ment de blanc roussâtre sur un fond noir 5 pennes latérales de la 
queue très-étroites, acuminées, rayées de blanchâtre et de brunj les 
quatre du milieu larges avec une grande tache noire au bout $ les 
rémiges marbrées et couvertes de zig-zags roussâtres. Longueur totale 
des sujets de forte taille , onze pouces quatre ou six lignes; longueur 
du bec, trois pouces six lignes. Cette espèce se trouve à la Guyanne. 

Notre Bécassine géante mérite en effet ce nom , non seulement eu 
égard à sa grande taille, mais aussi par la longueur et la force du 
puissant bec dont elle est muniej elle est d'un quart plus grande dans 
toutes ses proportions que la Bécasse d'Europe 5 son plumage diffère 
peu de celui de l'espèce précédente, et rappelle les mêmes distribu- 
tions de couleurs qui se remarquent chez toutes les espèces de Bécas- 
sines qui me sont connues. 

Le sommet de la tête est couvert de deux bandes larges et noires ^ 
coupées par trois bandes d'un roux très-clair, et une noire de chaque 
côté entre le bec et les yeux 5 tout le cou marqué de taches noires, 
longitudinales, occupant moins de largeur que dans l'espèce précé- 
dente j poitrine et flancs rayés de croissans noirs sur un fond blanc y 
milieu du ventre d'un blanc pur; scapulaires et ailes noires bordées 
à l'extérieur de roux-vif, terminées de roux-blanchâtre et marquées 
de zig-zags roux, très-espaces; pennes des ailes variées de zig-zags 
cendrés; pennes latérales de la queue très-étroites, acuminées, rayées 
de blanc et de cendré $ des quatre du milieu, les deux intermé- 
diaires, noires, bordées d'un liseré très-large, roux-vif marbré de 
noirj toutes les couvertures d'un roux-clair, couvert de zig-zags 
d'un roux plus foncé. Longueur totale prise sur cinq individus, 
quinze pouces 5 longueur du bec, quatre pouces dix lignes, et cinq 
pouces dans l'un des individus mentionnés. 



BÉCASSINE GÉANTE. 

La découverte de cette espèce est due à M. Natterer de Vienne. 
Nous ne savons rien touchant les mœurs et la nourriture de cet 
oiseau qui paraît être assez commun au Brésil , où il est réputé 
excellent gibier. 

Musées des Pays-Bas et de Vienne. 



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RALE GRÊLE 



RALLUS EXILIS. Temm 



Lf Adulte. — Planche 5 a 3. 

Cette petite espèce a la nuque et le cou roux $ le sommet de la 
tête et l'occiput gris foncé j la gorge blanche 5 partie latérale du cou, 
poitrine et ventre d'un gris très-clair 5 flancs, abdomen et cuisses 
rayés de bandes noires et blanches j manteau et ailes olivâtres avec 
quelques faibles rayures blanches et brunes disposées sur les ailes 5 
bec brun; pieds jaunâtres. Notre planche représente cet oiseau de 
grandeur naturelle. 

Le sujet a été envoyé au Musée de Paris par M, Martin. 



Recueil d'Oiseaux, 88* livraison; 



.---• 



RALE A POITRINE GRISE. 



RALLUS PECTORALIS. Temm, 



Nous donnons la description de cette espèce , que le nombre limité 
des planches ne nous permet pas de faire figurer. 

La gorge est blanchâtre; côtés , devant du cou et poitrine d'un 
cendré purj au-dessus des yeux, un large sourcil qui aboutit sur la 
nuque à une grande tache de cette couleur $ sur le sommet de la tête, 
des mèches noires; dos d'un noir profond, mais chaque plume bordée 
d'olivâtre clair; ailes cendrées, variées d'olivâtre et marquées de 
taches blanches j queue nulle j ventre, flancs et abdomen d'un noir 
rayé de fines bandes blanches j bec et pieds bruns. Longueur, à peu 
près six pouces. 

Cette espèce vient, dit-on, de l'Océanie. 



fay. 




Poule - dean larg& - Mandes. 



2ûe&. 



POULE -D'EAU LARGE-BANDE 



G AL LIN U LA- EU RIZ O N A. Temm. V 



Planche 4 X 7« 



Cette espèce est inédite 5 ses mœurs ne sont pas connues. 

Un roux marron très-vif est répandu sur la tête, le cou et la poi- 
trine j les ailes, le dos et la queue sont d'un brun olivâtre; toutes les 
petites et moyennes couvertures alaires marquées de bandes blanches 
sur un fond brunj les pennes noires rayées de nombreuses bandes 
d'un blanc pur; le ventre, les flancs, les cuisses, l'abdomen et les cou- 
vertures du dessous de la queue rayés de larges bandes d'un noir et 
d'un blanc parfait; les pieds d'un rouge de laque et le bec d'un brun 
verdâtre. Longueur, sept pouces. 

On trouve cet oiseau sur les bords des lacs et des rivières de l'île 
de Java. 

Musée des Pays-Bas. 



Recueil d'Oiseaux, 70 e . livraison, 



• « 



i 



wv. 




Poule de an rubujinejÂiïey. 



SiU&. 



POULE D'EAU RUBIGINEUSE. 



GALLINULA RUBIGINOSA. Temm 



Planche 35 7. 



Ce genre peu nombreux en espèces dans les îles de l'Archipel in- 
dien en compte cependant quelques-unes qui n'ont point été signa- 
lées dans les catalogues méthodiques. De ce genre est l'espèce envoyée 
de Java par nos voyageurs. 

Le sommet de la tête, les joues, les côtés du cou, la poitrine et le 
ventre sont d'un marron-rougeâtre 5 toute la gorge est d'un blanc 
pur 3 la nuque, le dos, les couvertures des ailes et la queue sont d'un 
vert-cendré à légers reflets dans l'adulte et terne chez les jeunes ; 
le poignet de l'aile est marbré de blanc et de verdâtre $ le reste de l'aile 
est d'un cendré terne 5 toute la région abdominale est rayée transver- 
salement de fines bandes blanches sur un fond cendré- verdâtre 5 le 
bec est d'un vert sombre, et les pieds sont d'un jaune vif. Longueur 
totale, six pouces. 

On trouve l'espèce dans les roseaux des bords des rivières et dans 
quelques marais 5 elle paraît être assez commune à Java. 

Musée des Pays-Bas. 

Recueil d'Oiseaux, 60 e . livraison. 



> 



4 et 




Iaeaxia a créées 



IW/r» . 



JACANA A CRÊTES. 



PARRA GALLINACEA. Te m m. „ v 



L 3 Adulte. — Planche 464. 

Le genre Parra^ très-peu nombreux en espèces, compte cepen- 
dant des représentans sur les principales îles des mers équatoriales, 
en Asie, en Afrique et en Amérique; les espèces connues sont 
toutes réparties dans les régions intertropicales des Deux-Mondes. 
Celle que nous faisons figurer n'a point encore été signalée dans les 
méthodes, où se trouvent portées, sous le nom de Jacana, plusieurs 
espèces qui n'ont aucun rapport de formes ni de mœurs avec ces 
oiseaux. 

Notre Jacana à crêtes diffère de ses congénères dans les Deux- 
Mondes par le nombre d'appendices membraneux dont la base du 
bec et le front sont ornés $ trois petites crêtes réunies par la base 
sont placées à la file sur l'arête de la mandibule supérieure; celle 
postérieure, la plus grande et la plus développée des trois appen- 
dices, vient s'unir à une large plaque détachée qui couvre le front; 
ces caroncules , la peau des fosses nasales et les deux tiers des man- 
dibules sont d'une belle teinte souci; la pointe des mandibules est 
noire. Le sommet de la tête, une large bande qui suit la direction 

Recueil d'Oiseaux, 78 e . livraison. 



JACANA A CRÊTES. 

de la nuque, les côtés et le devant de la région thorachique, ainsi 
qu'une partie du ventre , sont d'un pourpre noirâtre. Le dos et les 
ailes sont d'un brun olivâtre à reflets bronzés 5 les joues, les côtés et 
le devant du cou sont d'une teinte dorée; le bas-ventre, les cuisses, 
l'abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont d'un 
blanc jaunâtre. Les pieds et les doigts ont une teinte vert-bleuâtre 
clair. 

La taille de cette nouvelle espèce, découverte par M. Reinwardt 
dans ses voyages aux Moluques, est un peu plus forte que le Parra 
Jacana du Brésil 5 les proportions sont absolument les mêmes. On 
la trouve aux Gélèbesj les deux individus du Musée des Pays-Bas 
ont été tués dans le district de Menado ; l'espèce est aussi de passage 
à Àmboine. 



i 



GENRE TALÈVE. 



GENUS PORPHYRIO. Briss. 



Bec très-fort, dur, épais, conique, presque aussi haut que long , plus court que la 
tête; arête de la mandibule supérieure déprimée, se dilatant jusque très-avant sur 
le crâne en une plaque cornée. 

Narines latérales, près de l'arête, percées dans la masse cornée du bec, à peu près 
rondes, ouvertes de part en part. 

Pieds longs, forts; doigts très-longs dans quelques espèces; les antérieurs entière- 
ment divisés, tous garnis latéralement de petites membranes très-étroites. 

Ailes médiocres; la première rémige plus courte que la deuxième, troisième et 
quatrième, qui sont étagées. 



Les Talèves vivent à peu près comme les Poules d'eau, leurs plus 
proches voisins 5 comme elles , ils ont les eaux douces pour lieu habi- 
tuel de demeure; mais les marais et les immenses rizières du midi 
leur servent également d'asile et de retraite. Plus enclins par leurs 
appétits à donner la préférence aux substances céréales qu aux herbes 
des plantes aquatiques, les Talèpes fréquentent plus la terre que les 
Poules d'eau : ils se promènent avec élégance sur le liquide élément, 
et courent également avec vitesse et légèreté à terre, ou sur les plantes 
qui croissent dans les eaux. Leur corps n'est point aussi comprimé, 
ni aussi svelte que celui des Poules d'eau; leur formidable bec, 

Recueil d'Oiseaux, 68 e . livraison. 



GENRE TALÈVE. 

composé d'une substance très-dure et presque sans fosse nasale recou- 
verte de membrane, leur sert d'instrument pour casser l'enveloppe 
des graines, et pour rompre les tiges les plus dures j leurs pieds, 
dont ils se servent pour saisir et pour porter leurs alimens au bec, 
sont pourvus de doigts très-longs , facilement rétractiles , et d'ongles 
qui se replient aussi avec quelque facilité, ce qui leur donne ce pou- 
voir de préhension. Un plumage éclatant, où le bleu de turquoise 
domine, est propre au plus grand nombre des espèces connues, 
et c'est parmi elles que notre espèce européenne, tant estimée des 
anciens, se distingue par sa beauté, par ses doigts d'une longueur 
qui semble disproportionnée, et ne se retrouve que dans les genres 
Parra et Palamedeaj enfin, par son bec énorme, fort et dur, et 
par sa plaque frontale très-dilatée. L'espèce européenne est très- 
abondante dans le Midi, où elle n'a point été transportée d'Afrique, 
et acclimatée comme l'assurent ceux qui ne connaissent point la véri- 
table espèce de nos contrées. On les voit en plusieurs villes de Sicile, 
dans les marchés et dans les rues , tant elles sont communes et 
faciles à apprivoiser. 

Le porphyrion d'Europe , connu de nos jours sous le nom de Poule 
Sultane ou Talèçe, était un oiseau très-fameux chez les anciens. En 
grande vénération chez les Grecs et les Romains , on le considérait 
comme un hôte digne d'obtenir un asyle sous l'égide de la Divinité^ 
il était nourri dans l'enceinte des temples et obtenait les mêmes soins 
que nous voyons encore de nos jours prodiguer à plusieurs espèces 
d'animaux dans les temples d'Indous par les sectateurs de la religion 
de Brama. Les ménageries et les collections d'histoire naturelle 
doivent sans doute leur origine à ce fanatisme religieux des peuples 
de l'antiquité; toutes leurs pensées, concentrées dans le culte, les por- 
taient à consacrer les objets les plus remarquables de la nature à leurs 



GENRE TALÈVE. 

divinités; les sanctuaires furent les premiers dépôts où le voyageur re- 
mit sous la garde des prêtres, et comme un hommage rendu aux Dieux, 
les objets rares qu'il avait rapportés. On croit retrouver sur quelques 
médailles antiques les indices de ces actes religieux. Nous savons que 
des poissons étaient suspendus au temple de Neptune; des bois de 
cerfs décoraient les portes de ceux de Diane. Le Carthaginois Hannon 
consacra ainsi dans le temple de Junon une peau de gorgone, qu'on 
peut conjecturer être la dépouille de quelque grand singe d'Afrique. 
De nos jours encore, des églises et quelques chapelles conservent ces 
offrandes des voyageurs superstitieux; on voit dans plusieurs églises 
d'énormes ossemens de baleine suspendus aux voûtes ou au-dessus des 
portiques; un voyageur Italien a sans doute consacré dans l'église de 
Notre-Dame-de-Cimez , sur les bords du golfe de Gênes, le grand 
crocodile suspendu à la voûte. Un capitaine baleinier Nerlandais 
aura consacré au retour d'un voyage périlleux l'énorme tête de Cacha- 
lot, Physeter Macrocephalus 3 placée dans l'église de Scheveninge sur 
les bords de la mer. 

La dénomination de Porphjrio date du temps d'Aldrovande; Brisson 
a fait usage de ce nom pour désigner un petit groupe dans lequel 
figurent des espèces étrangères à ce genre; Linné comprit ces oiseaux 
dans son genre Fulica, et Latham les plaça dans le genre Gallinula. 
J'en ai formé un genre distinct sous le nom Talèpe {Porphyrio) 
(voyez le Manuel d'Ornithologie *&. édition) ; et j'ai conservé à l'espèce 
européenne, celle connue des anciens, la dénomination de Porphy- 
rion. On doit distraire du groupe mentionné les espèces de Linné, 
décrites sous les noms de Fulica martinica (1)., et Flavirostris , que 

(i) Cette espèce a été donnée par M. Vieillot , Galerie des Oiseaux , pi. 2Ôj , sous le nom de 
Porphyrion tavoua. En comparant cette figure à celle de la pi. 268 du même ouvrage qui 



GENRE TALÈVE. 

M.Cuvier range parmi les Talèçes j celles-ci n'ont point la même 
forme de bec, ni les narines ovoïdes ou rondes , percées dans la masse 
cornée 5 cet organe est, comme dans les Poules d'eau, fendu longitu- 
dinalement, dans une membrane qui couvre la grande fosse nasale; 
tandis que les narines des Talèves sont rondes ou ovoïdes, et que 
leur fosse nasale est très-petite. Nous connaissons aujourd'hui six 
espèces de Talèçes indiquées dans le tableau ci-joint. 

Esp. 1 . Taleve porphyrion, ou le Porphyrio des anciens, Porphyrio 
hyacinthinus. (Voyez Manuel d'Ornitholog. , i e Edit. ,pag. 6g8).On 
ne peut citer comme synonyme que la seule planche 87 des oiseaux 
d'Edwards, figure très-exacte. Patrie, les parties méridionales de 
l'Europe 5 particulièrement la Sicile. 

Esp. 2. Taleve a manteau vert, (Manuel d'Ornith., pag. 700), 
Porphyrio smargnotus. C'est le Fulica ou Gallinula porphyrio des 
catalogues méthodiques , en exceptant des synonymes la planche 87 
d'Edwards , et la variété B de Latham , qui ont rapport à l'espèce 
d'Europe, c'est le Talèçe de Madagascar. (BufF. pi. enl. duo). Patrie, 
les côtes orientales et occidentales d'Afrique, probablement encore 
Madagascar. 

Esp. 3. Taleve meunier de nos pi. coloriées 4o5 , Porphyrio pulpe* 
rulentus. Patrie , les parties méridionales de l'Afrique. 

Esp. 4. Taleve blanc, connu par la bonne figure publiée dans 
Phillip. voy. à Bot. Bay, tab. pag. 275. Porphyrio albus. Les jeunes 
sont couverts d'un plumage cendré-bleuâtre. Patrie, l'Océaniej 
Latham indique Fîle de Norfolk. 

Esp. 5. Taleve a manteau noir. Cette espèce est décrite dans le 
Manuel d'Ornithologie pag. 701. Porphyrio melanotus. Les jeunes 

fournit le portrait d'une Gallinula, on voit , du premier coup d'oeil, .que ces oiseaux sont de 
même genre, et que ce soi-disant Porphyrion est une Gallinule. 



3v5 



GENRE TALÉVE. 

sont d'une teinte noire-bleuâtre 5 le duvet dont ils sont revêtus dans 
le premier période de l'âge est d'un noir parfait. Latham confond 
cette espèce avec le Talèue à manteau vert. Patrie, l'Océanie, 
Nouvelle-Hollande. 

Esp. 6. Taleve éméraudin, de nos pi. col. 4a 1. Porphyrio smarag- 
dlnus. Patrie, les îles de Java et de Sumatra. 



4oô. 




Ta l eve meunier, adu/te . 






TALÈVE MEUNIER. 



PORPHYRIO PULFERULENTUS. Temm. 



U Adulte. — Planche 40 ô. 

Ce Talève inédit est à peu près de la taille du Talève à dos noir, et 
à l'exception du bec , d'un quart moindre dans toutes ses dimensions 
que le Talèçe à dos vert; mais le bec est aussi gros et fort , et la plaque 
cornée aussi large et étendue que dans cette dernière espèce $ les 
couleurs, quoique distribuées de la même manière, diffèrent beaucoup 
parles nuances. J'ai fait usage de la dénomination portée en tête de 
cet article , parce que la livrée de notre oiseau paraît être comme sau- 
poudrée d'une poussière grisâtre. Un vert -porphyre et un bleu 
turquoise plus ou moins vif couvre le plumage de quatre espèces , sur 
six qui nous sont connues j celle-ci est d'un ton bleu-grisâtre et d'un 
vert-olivâtre tirant au brun. 

Un beau gris-bleuâtre couvre la tête et le cou 5 cette nuance prend 
un ton plus vif sur la poitrine et passe par teintes plus foncées au 
bleu pur dont les cuisses et l'abdomen sont couverts; les ailes sont 
d'un bleu-cendré, mais nuancé de verdâtre vers le bout des rémiges 
et des pennes secondaires 5 une partie des scapulaires, les premières 
pennes secondaires, tout le dos et la queue sont d'un brun-olivâtre 5 

Recueil d'Oiseaux, 68 e . livraison. 



TALEVE MEUNIER. 

les couvertures inférieures de la queue sont blanches 5 le formidable 
bec 9 la grande plaque cornée du sommet de la tête, Firis et les 
pieds sont rouges. Longueur totale de la pointe du bec au bout 
de la queue^, quatorze pouces et demi. 

On trouve ce joli Talève sur les bords des rivières qui arrosent 
les parties méridionales de l'Afrique. Le Talève commun ou à dos 
vert habite ces mêmes contrées et l'espèce est répandue jusqu'au 
Sénégal j le Talève meunier n a point encore été rapporté des côtes 
occidentales de cette partie du globe. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 



i 21 \ 




falève e^nermldlk/ / a^h/. 



J/u-et,-. 



TALÈVE ÉMERAUDIN. 



PORPHYRIO SM ARA GDI NUS. Temm, 



U Adulte. — Planche io, 1. 

Ce beau Talèpe est l'espèce la moins grande des six portées dans 
l'Index générique que nous venons de publier sur ce groupe. Quoi- 
que plus petite de taille, elle est pourvue d'une plaque coronale pour 
le moins aussi étendue que l'est cette nudité chez les autres espèces. 
Cette plaque sert à caractériser notre Talèpe émeraudin , vu que, 
dans les deux sexes, elle est coupée abruptement en ligne horizontale 
vers l'occiput, tandis que ces nudités ont une forme plus ou moins 
arrondie dans les autres espèces. Les mâles, probablement les indi- 
vidus très-vieux, ont les parois latérales de cette membrane élevées en 
petites protubéi-ances, et couronnant l'orbite des yeux. On peut en- 
core énumérer parmi les caractères propres à cette espèce le petit ap- 
pendice épineux à l'os de l'aile bâtarde, caché sous les plumes de cette 

partie. 

L'adulte a les joues et l'occiput noirs; les côtés et la partie posté- 
rieure du cou, le ventre et les flancs, d'un bleu vif, ou bleu de roi; le 
devant du cou , la poitrine et le poignet de l'aile , d'un bleu verdâtre 
émeraude; le dos, les ailes et la queue, d'un bleu noirâtre à légère 

Recueil d'Oiseaux, 71*. livraison. 



-V 



TALEVE ÉMERAUDIN. 

nuance verdâtre; l'abdomen noir, et les couvertures inférieuies de la 
queue d'un blanc pur; le bec, la plaque nue du sommet de la tête et 
les pieds, d'un rouge porphyre. Longueur, de quatorze à quinze 
pouces. La longueur de dix-neuf pouces, indiquée par M. Horsfield, 
est sans doute une faute d'impression. 

M. Horsfield donne une diagnose de cet oiseau dans le Catalogue 
des oiseaux de Java, Transactions linnéennes, vol. i5, pag. ig4, sous 
le nom de Porphjrio indicus. Nous sommes convenus de le désigner 
sous celui de Smaragdlnus qu'il porte depuis plusieurs années dans 
les collections. 

Les jeunes de cette espèce ont la plaque frontale bien moins éten- 
due j le bec et les pieds sont marbrés de noir, et le plumage, moins 
brillant, est d'un bleu noirâtre. Les petits naissent avec un duvet 
noir, et leurs premières plumes sont noirâtres. 

Cette espèce est répandue sur le plus grand nombre des lacs des 
îles de Java et de Banda, probablement aussi sur ceux de Sumatra. 
Elle a les mêmes habitudes et la même manière de pourvoir à sa 
nourriture que notre Porphyrio d'Europe. Les individus se trouvent 
dans plusieurs collections. 



3yo 




Plialarope liseré/. 



Prêtre 



PHALAROPE LISERÉ. 



PHALAROPUS FIMBRIATUS. Temm, 



Planche 5yo. 



Le genre Phalarope nous avait offert jusqu'ici en deux espèces 
connues une légère différence dans la forme du bec 5 grêle, droit et 
un peu en alêne dans la première de ces espèces, plus déprimé et un 
peu dilaté sur les côtés dans la seconde. La troisième espèce dont 
nous donnons le portrait de grandeur naturelle est caractérisée par 
un bec grêle et en alêne, mais long et un peu fléchi à la pointe; un 
autre caractère qui la distingue bien plus encore des deux espèces 
européennes, consiste dans la forme des franges ou festons qui bordent 
les doigts y des bordures en lobes arrondis garnissent les doigts des 
Phalaropes qui habitent les parties septentrionales du globe; notre 
Phalarope liseré a les doigts pourvus de bordures à peu près droites 
et formant comme une espèce de bordure assez étroite. La distri- 
bution des couleurs a quelque analogie avec notre Phalarope hyper* 
boréj mais c'est plus particulièrement dans la nature du plumage 
très-serré, très-lisse et abondamment garni de duvet, qu'on peut 
remarquer l'identité générique de ces espèces j toutes les trois sont 
pourvues d'une livrée imperméable, propre à voguer sur l'élément 
qui doit leur fournir la subsistance. 

Recueil d'Oiseaux, 62 e . livraison. 



PHALAROPE LISERÉ. 

Nous connaissons ce Phalarope nouveau par l'examen de deux in- 
dividus absolument pareils par les couleurs du plumage $ il est pré- 
sumable que cette bigarrure cendrée et couleur marron des plumes 
du dos doit servir d'indice en faveur de la double mue. Le change- 
ment que cette mue paraît opérer dans les couleurs du plumage 
peut encore servir de moyen pour constater l'identité générique de 
ces espèces , vu que les deux couleurs indiquées se trouvent sur la 
livrée des espèces européennes , et qu'elles en sont revêtues aux deux 
époques du renouvellement de leur plumage. 

Ce Phalarope porte sur les côtés du cou une large bande noire, lon- 
gitudinale , partant de l'orbite des yeux et aboutissant vers la région 
thorachique dans une grande tache marron , placée vers l'insertion des 
ailes 5 le dos et les scapulaires sont d'un beau gris-cendré marqué de 
grandes taches marron j le sommet de la tête et le lorum d'un gris 
clair; la nuque, la gorge, le ventre et l'abdomen d'un blanc pur j 
la poitrine légèrement teintée de roussâtrej les ailes et la queue d'un 
gris-brun $ le bec noir et les pieds verdâtres. 

Les sujets revêtus de la livrée du jeune âge ont la bande longitu- 
dinale des côtés du cou marquée de brun-marron ; le devant du cou 
et la poitrine nuancés de roussâtre; tout le plumage des parties su- 
périeures varié de brun , de roux et de cendré avec des bordures 
blanches. 

On le trouve, dit-on, au Sénégal. Les deux individus que j'ai 
vus font partie des collections ornithologiques de M. le comte de 
Riocour à Nancy, et du baron Laugier à Paris- J'ai reçu des dé- 
pouilles de deux jeunes individus des côtes du Mexique. 



20Ô\ 







* + ^^f^J^^g ^ , . 



C e r e op se àe^tcérey 






r r 



GENRE CEREOPSE. 



GENUS CEREOPSIS. Lath, 



Bec très-court, fort, obtus, presque aussi élevé à sa base que long, couvert d'une 
cire qui s'étend vers la pointe qui est voûtée et comme tronquée. Mandibule 
inférieure évasée à la pointe. 

Narines très-grandes, percées vers le milieu du bec , entièrement ouvertes. 

Pieds à tarse plus long que le doigt du milieu ; pouce articulé à la partie posté- 
rieure du tarse, long; doigts antérieurs palmés, garnis de membranes profondé- 
ment découpées. Ongles très-gros et forts. 

Ailes amples; couvertures à peu près aussi longues que les rémiges ; première penne 
un peu plus courte que les suivantes. 



On n'a point encore pu obtenir de renseignemens positifs sur 
les mœurs , les habitudes et la manière dont se nourrit cet oiseau , 
jusqu'ici Tunique espèce de son genre. Quelques auteurs métho- 
diques Font classé dans la grande famille des Gralesj nous le met- 
tons à la tête des oiseaux Palmipèdes avec lesquels ses formes exté- 
rieures paraissent l'associer. ( Voyez analyse du système dans le Ma- 
nuel d'Ornithologie. ) 



Recueil d'Oiseaux, 35 e . livraison. 



CÉRÉOPSE CENDRÉ 



CEREOPSIS NOVJE-HOLLANBIM* Lath 



L'Adulte. — Planche 206. 

Latham a fait connaître cet oiseau dans le Synopsis , second sup- 
plément, page 5i5. La description très-succincte est accompagnée 
d'une figure peu exacte , planche 1 58 • ce qui nous engage à publier 
un nouveau portrait de cet oiseau. 

Les formes totales sont à peu près celles de FOie , mais les pieds 
sont plus longs, et une partie de la cuisse est nue au-dessus du genou. 
Une peau ridée et jaunâtre couvre le front 5 le sommet de la tête 
est d'un blanc-pur ; tout le reste du plumage est d'un cendré-foncé , 
onde sur le dos de cendré-roussâtre , et marqué aux couvertures 
des ailes d'une tache ronde, noire 5 queue d'un brun obscur j ré- 
miges noires. La partie nue de la jambe et le tarse presque en entier 
sont d'un jaunâtre-orange 5 les doigts et les membranes sont noirs. 
Longueur , deux pieds et demi à trois pieds* 

On trouve cet oiseau à la baie de l'Espérance et sur une partie 
des côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande. 

Musées de Paris, de Londres et de Berlin. 



So0 





i 




Bec en four eau blancs, culu/te. 



Ww*. 



GENRE BEC EN FOURREAU. 



GENUS CHIONIS. Foksteb. 



Bec fort, gros, dur, conico-convexe , comprimé, fléchi vers la pointe; base de la 
mandibule supérieure près de moitié recouverte par une gaine ou fourreau de 
substance cornée, découpé par devant, et garni de sillons longitudinaux; mandi- 
bule inférieure lisse , formant un angle ouvert. 

Narines marginales au milieu du bec, sur le bord de la substance cornée. 

Pieds médiocres; partie nue du tibia très-petite; doigts bordés d'un rudiment et 
calleux en dessous; celui du milieu et l'externe demi-palmé; l'interne uni seu- 
lement à la base; le postérieur élevé de terre. 

Ailes médiocres; la deuxième rémige la plus longue; poignet de l'aile tubercule. 



BEC EN FOURREAU BLANC. 



CHIONIS VAGIN ALIS. Forst. 



U Adulte. — Planche 5oc). 

L'espèce unique de ce genre a été découverte par Forster, dans le 
le voyage de circumnavigation du capitaine Cook. Les voyageurs 
anglais ont observé ces oiseaux dans les parages méridionaux de la 

Recueil d'Oiseaux, 86* livraison. 



BEC EN FOURREAU BLANC. 

Nouvelle-Zélande et de la terre des Etats , et les marins français en 
ont rapporté du détroit de Magellan et des mers du cap Horn ; ce 
qui prouve l'existence de l'espèce, sous la même latitude, dans les 
deux hémisphères. 

Tout son plumage est d'un blanc éclatant; les plumes du cou sont 
un peu soyeuses. Le bec est fort gros, légèrement arrondi, d'un 
blanc sale, noirâtre à la pointe; sa longueur est de quinze lignes; 
sa circonférence de vingt-cinq à la base. Les plaques cornées qui 
entourent la base du bec sont immobiles, à l'exception, peut-être, 
de celle dont la mandibule supérieure est recouverte, qui paraît 
susceptible de mouvement. Les joues nues, jaunâtres, avec des 
caroncules de la même couleur. Les pieds , d'un noir rougeâtre , sont 
largement écailleux $ la membrane qui unit le doigt externe à celui 
du milieu est courte 5 les ongles sont noirs; la couleur de l'iris est 
plombée. Longueur totale, quinze pouces. 

Les naturalistes Quoy et Gaimard ont décrit et fait figurer cette 
espèce dans l'atlas du Voyage autour du Monde du capitaine Frey- 
cinet, planche 3o, et M. Vieillot en a donné une bonne figure dans 
la Galerie des Oiseaux, vol. 2, pi. 218, sous le nom de Chionis necro- 
phagus. Nous en publions le portrait, parce que c'est le seul repré- 
sentant de ce genre non figuré dans les œuvres de BufFon. 

L'individu tué par M. Bérard aux îles Malouines était alors occupé 
à se repaître de moules, dont la force de son bec lui donne la faculté 
d'ouvrir les valves. Sa chair fut mangée, et elle n'exhalait aucune 
mauvaise odeur, comme celle des oiseaux de la même espèce que 
Forster se procura , et qui probablement s'étaient nourris de cada- 
vres d'animaux à moitié corrompus. 

Des sujets à l'état adulte font partie des Musées de Paris et des 
Pays-Bas. 



l2J. 




Hirondelle de^' mer 



rua? lies noire 



//(/■ 



Mëeà^. 



HIRONDELLE DE MER A NUQUE NOIRE 



STERNA MELANAUCHEN. Temm. 



L'Adulte. — Planche 4:2j. 

Cette espèce nouvelle est bien caractérisée par la couleur noire 
de toute la partie postérieure du couj ce noir encadre parfaitement 
l'espèce de calotte d'un blanc pur dont le sommet de la tête est 
revêtu , en ce qu'elle va couvrir la joue et passe sur l'orbite des yeux 
vers la commissure du bec, qui est totalement blanche 5 un gris de 
perle très-clair forme la teinte du dos et des couvertures des ailes $ 
la longue queue très-fourchue et les pennes des ailes sont d'un blanc 
éclatant, excepté toutefois la barbe extérieure de la première ré- 
mige qui est noire, tout le reste est d'un beau blanc légèrement teint 
de rose dans le vivant. Les pieds et le bec sont d'un noir parfait. 
Longueur, treize à quatorze pouces. 

Les individus rapportés par les expéditions nautiques ont été 
tués sur les côtes maritimes des Célèbes et dans les îles les plus 
reculées du grand Archipel. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 



Recueil d'Oiseaux } 72 e . livraison. 



HIRONDELLE DE MER A VENTRE NOIR. 



STERNA MELANOGASTER, Temm. 



L'Adulte en été. — Planche 434. 

La livrée d'été de cette autre petite espèce est remarquable par 
le noir parfait de toutes les parties inférieures, depuis la poitrine 
jusques y compris les couvertures du dessous de la queue; une ca- 
lotte noire couvre la tête et la nuque ; mais le lorum et les bords 
du bec sont blancs , de même que les joues et le devant du cou; la 
nuque, la poitrine et le dos d'un gris-cendré j les couvertures des 
ailes d'un gris bleuâtre ; les pennes des ailes et de la queue d'un 
gris blanchâtre velouté, mais les pointes des rémiges d'un brun clair. 
Le bec et les pieds sont d'un jaune pâle sur les dépouilles ; ils peu- 
vent avoir une teinte plus vive dans le vivant : l'ongle du doigt du 
milieu est très-long. Dimension en total, dix pouces et demi. 

La livrée du jeune et celle de la saison hivernale diffèrent. Voyez 
Horsf. , Gat. L'espèce a été trouvée sur les côtes des îles de Ceylan 
et de Java, et le littoral de l'Inde. 

Musées des Pays-Bas, de Paris et de Londres. 



£3£. 




Hirondelle ae> nier ventres nazr. 



Prêtre^. 



202 




Hirondelle de mer pcutœu , aduke^ 



Eiœt 



HIRONDELLE DE MER A REC GRÊLE (i). 



STERNA TENU IROSTRIS. Temm. 



U Adulte- — Planche 20a. 

Cette nouvelle espèce nous montre les formes du Noddi ^ sterna 
stolida de Linné 9 sous des dimensions moins grandes 5 et munie d'un 
bec droit et grêle. Le petit Fouquet des Philippines de Sonnerat, 
tab. 85, diffère de celle-ci et du Noddi ou Mouette brune des pi. 
enl. 997 5 par sa taille plus grande et par un bec un peu courbé 
et fléchi à la pointe. Nous ne voyons point pour quel motif certains 
naturalistes ont jugé convenable de séparer cet oiseau des autres 
Hirondelles de mer. En faisant du Noddi un genre distinct à cause 
de la forme un peu différente du bec, on se verrait entraîné par 
un motif semblable à ériger en genre la Sterne du présent article , 
et le petit Fouquet des Philippines de Sonnerat ne pourrait plus 
figurer dans aucun de nos groupes. La Sterna caspia ou Hirondelle 
de mer tchegraça de nos côtes, et notre petite Hirondelle de mer 

(1) Cet oiseau porte par erreur, sur notre planche 202, le nom d'Hirondelle de mer panqy. 
Nous prions de corriger cette méprise. L'Hirondelle de mer panay, Sterna panay a des Mé- 
thodes, a été figurée et décrite par Sonnerat sous son plumage du jeune âge; nous publierons 
dans la suite de cet ouvrage la figure et la description de la livrée parfaite de l'adulte. 
Recueil d'Oiseaux, 34 e . livraison. 



~ 



HIRONDELLE DE MER A BEC GRÊLE.: 

formeraient aussi deux genres , et nous doutons que par un tel 
moyen on puisse parvenir à réunir quatre espèces de Sternes connus 
dans un même groupe; plus on voudra multiplier les coupes dans 
les familles naturelles , plus on sera dans la nécessité d'en faire de 
nouvelles pour les espèces anomales que Ton trouve dans les contrées 
encore peu visitées par les naturalistes; nous posséderons par ce 
moyen une série de noms nouveaux; la ligne de démarcation des 
groupes deviendra de plus en plus restreinte , il sera impossible de 
les définir par des mots 5 les caractères, pris des formes qui nous 
servent pour reconnaître les espèces d'un genre naturel , ne seront 
plus si faciles à vérifier ; une méthode toute indigeste de minuties 
remplacera la série naturelle ; les espèces seront constamment ballot- 
tées de genre en genre , et Ton sera surpris de voir s'écrouler avant 
sa confection complette un échafaudage méthodique où tout a été 
conçu , excepté l'harmonie avec la nature. 

Notre espèce, qui fait le sujet de cet article, a le bec droit et 
grêle; les mandibules, vers la pointe, un peu fléchies en dedans 5 
les pieds courts ; la palmure des doigts large et complette 5 la queue 
longue , conique et dépassée par les ailes. Un gris-blanchâtre couvre 
le sommet de la tête et toute la nuque ; ce gris passe, par des nuances, 
au cendré-brun et prend un ton noir-enfumé sur les plumes des 
ailes et de la queue ; les parties inférieures du corps sont de cette 
couleur j les côtés du cou ont une légère teinte cendré-bleuâtre . 
la gorge et le devant du cou sont noirs; les pieds sont bruns et le 
bec est noir. Longueur totale, de dix pouces et demi à onze pouces. 

On trouve cette espèce sur les côtes occidentales de l'Afrique 5 
l'individu que nous figurons sous son plumage parfait a été rapporté 
du Sénégal. La livrée du jeune n'est point encore connue. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 



GENRE MOUETTE W. 



GENVS LARUS. Linné. 



Bec long ou de médiocre grandeur, très-fort, dur, comprimé , tranchant sur les 
bords, fortement courbé vers la pointe; mandibule inférieure formant un angle 
saillant, plus courte que la supérieure. 

Narines latérales au milieu du bec, longitudinalement fendues, ou un peu oblongues, 
étroites, percées de part en part. 

Pieds grêles, nus au-dessus du genou ; tarse long; trois doigts devant entièrement 
palmés; le pouce libre, court ou remplacé par un tubercule, s'articulant très-haut 
sur le tarse, au-dessus des autres doigts, et ne touchant point la terre. 

Ailes longues; la première rémige à peu près de la longueur de la deuxième. 

Queue à pennes d'égale longueur, ou de forme un peu fourchue. 






Ces oiseaux, vrais Vautours ou Cathartes des mers, sont lâches et 
voraces. A Finstar de ces cloaques vivans qui purgent la terre de ca- 

(i) Nous avons dit, deuxième édition du Manuel d'Ornithologie, vol. 2, pag. j55 7 que l'ha- 
hitude de sectionner ce genre en Goélands et Mouettes nous lit adopter alors cette division 
reconnue vicieuse; ayant remarqué depuis qu'elle expose à des erreurs graves dans la nomen- 
clature, nous avons pensé qu'il serait préférable d'adopter l'un de ces noms généralisé à toutes 
les espèces du genre : nous supprimons conséquemment le premier, et adoptons le second, gé- 
néralement plus en vogue. Le nom de Mauve , inscrit en tête du genre dans le Manuel, aurait 
pu être conservé s'il n'offrait l'inconvénient d'un changement de noms connus et adoptés,* il est 
encore vicieux, vu qu'ayant été donné à un genre de plantes, on ne doit plus en faire usage dans 
Recueil d'Oiseaux , 77 e . livraison. 



GENRE MOUETTE. 

davres, ils n'osent attaquer que des animaux faibles, les cadavres qui 
flottent sur la mer, les mollusques, le frai dont la mer est couverte, 
les poissons , les insectes qui nagent à la surface ou qui volent sur les 
eaux sont leur pâture. Us purgent les plages maritimes des cadavres 
que la mer rejette sur ses rivages. Avides et gourmands, ils se battent 
avec fureur et s'arrachent leur proie; l'individu maladif ou blessé, 
fût-il de leur espèce, est promptement dépecé et englouti : les sub- 
stances animales se digèrent promptement dans leurs viscères, et de 
là résulte une faim sans cesse aiguillonnée par le besoin. Aussi patiens 
que voraces, ils peuvent se passer long-temps de toute nourriture, 
surtout lorsque la tempête contrarie leur goût dominant; c'est alors 
qu'on les voit rôder partout, parcourir d'un vol rapide des espaces 
ti ès-étendus , explorer les terres, les rivières et les lacs, et saisir 
tout ce qui peut assouvir leur faim. Comme les rapaces, ils dégorgent 
les os, les écailles, le poil et les plumes que leur gloutonnerie leur 
fait avaler, et qui passent facilement par leur large bec et leur ample 
viscère. Ils bravent les plus fortes tempêtes, mais ne peuvent résister 
aux rafales 5 ils se balancent avec une souplesse admirable au-dessus 
des vagues, et tombent avec vélocité sur la proie, soit qu'elle nage 
ou qu'elle vole. Quelques espèces se nourrisent habituellement d'in- 
sectes ailés, de vers et de très-petits mollusques qu'elles viennent 
capturer sur les eaux douces ou saumâtres. Repus, ils se posent sou- 
vent à terre; mais dans les temps calmes ils semblent choisir les 
eaux pour s'y reposer à l'abri du danger j le nid, sans aucun apprêt, 

la zoologie. Je propose de donner à notre Grand noir Manteau (Larus marinus) le nom de 
Mouette Goéland, afin qu'on puisse le distinguer plus exactement des deux autres espèces, 
dont le manteau est noir. 

Voyez l'article Goéland et Mouette dans les OEuvres de BufFon , et la synonymie plus détaillée 
des espèces d'Europe dans le Manuel, deuxième édition. 



tr> 



GENRE MOUETTE, 
est formé par quelques brins d'herbe , dans un enfoncement à la 
sommité des dunes ou entre les rochers et les plages rocailleuses. 
Les femelles ne diffèrent des mâles que par leur taille un peu moins 
forte. Le plumage des jeunes diffère beaucoup de celui des vieux; il 
varie tellement depuis la naissance jusqu'à Fétat adulte, et même 
jusqu'à l'âge avancé, qu'il n'est pas étonnant qu'un très-grand nombre 
d'espèces nominales ont été formées; leur mue double, et la diffé- 
rence entre la livrée du printemps et celle d'automne n'a pas peu 
servi à augmenter la confusion que j'ai pris à tâche de rétablir plus 
ou moins dans le Manuel, auquel nous référons pour les espèces 
européennes données dans notre indication succincte des espèces 
aujourd'hui bien connues (1). 

On a proposé récemment trois coupes génériques dans ce groupe 
très-naturel, Larus > Gaçia et Xema$ on a cherché vainement à les 
définir par des mots : c'est aujourd'hui de vogue 5 on voit des genres 
et des coupes nouvelles dans celles qui sont les plus naturelles, et 
dont les espèces sont les mieux assorties ; une queue fourchue a valu 
au Larus sabinil le nom générique Xema. Comme cette coupe a été 
basée sur la vue d'un sujet unique en plumage parfait d'adulte, on 
s'est empressé d'en faire un genre nouveau 5 mais cette brillante con- 
quête méthodique n'est plus propre à recevoir le jeune Larus sabï- 

(1) Nous avons dit, Manuel, page j55 : « Les marques auxquelles on peut reconnaître les 
« individus dans la livrée parfaite sont, i° la couleur blanche de la queue, sans taches ou 
| bandes noires; 2 9 aucune trace de taches noires au bec. » — Ce qui est vrai et constant pour 
les espèces d'Europe, mais qu'on ne doit pas étendre à toutes les espèces étrangères; car Larus 
leucomelas a dans l'état adulte une large bande noire placée vers le bout des pennes, et Larus 
melanurus a la queue noire dans tous les âges, et terminée par une bande blanche chez l'adulte 
seulement. Le bec de quelques espèces est rayé de noir parfait sur un fond rouge vif; exemple 
de plus à l'appui de cette règle que, dans la nature organisée, on ne peut établir des caractères 
applicables rigoureusement à toutes les espèces d'un genre. 



GENRE MOUETTE 

niïj dont les pennes de la queue, au premier période de l'âge, sont 
égales j Larus minutas jeune serait à ce titre une Xema, et l'adulte 
une Gaçia ou un Larus, car dans le premier état elle a la queue 
fourchue, tandis que Fadulte a les pennes égales : le coup d'œil mi- 
nutieux du méthodiste sur les deux états de Larus tridactylus pour- 
rait valoir à cette espèce une place dans deux genres, et peut-être 
bien dans un troisième, vu le manque de pouce, remplacé par un 
tubercule. 

Nous classsons nos Mouettes (Larus) par ordre de grandeur, ne 
pouvant les sectionner géographiquement , vu que plusieurs espèces 
vivent sous l'un et l'autre hémisphère. 

Esp. i . Mouette burgermeister , figurée sous ce nom par Nau- 
mann,Ois. d'Allem., tab. 35. Voyez la description des livrées diffé- 
rentes, Manuel, vol. i et 5 (1). C'est, de Brunnich, Larus glaucus: 
confondue avec notre espèce cinquième par plusieurs naturalistes. 
Patrie y les régions du cercle arctique. 

Esp. 2. Mouette goéland ou Grand Manteau noir de nos côtes, 
très-bien figuré par Pennant, Brit. zool., tab. L; car le Goéland 
noir manteau de Buff. , pi. enl. 990, ne doit pas être cité ici; j'ai 
acquis la certitude que cette planche de Buffon est faite sur la petite 
espèce de nos côtes, Larus flavipes, notre Mouette à pieds jaunes. C'est 
Larus marinus. Patrie, le nord et les parties tempérées de l'Europe. 

Esp. 3. Mouette a queue blanche et noire , figurée par Vieill. 
Galer. des Ois., pi. très-distincte du no 25 quoique ayant comme 
cette espèce et comme celle du n° 6 le manteau noir, j'en rapproche 
comme jeune âge Larus pacificus yLath. Supp. , Ind. esp. 1. C'est 
Larus leucomelas. Patrie 3 les rivages de l'Océanie. 

(1) Ce troisième volume sera publié très-incessamment; le manuscrit est prêt depuis long- 
temps, mais il doit subir encore une révision sévère. 



2>H3 



GENRE MOUETTE. 

Esp. 4. Mouette ichtyaete, figurée par Gmelin , voy. tab. 3o et 
3i , mais point illustrée par une planche coloriée; Pallas en fait aussi 
mention sous ce nom de Larus ichtyaetus. Patrie, les contrées 
chaudes de l'Asie, les bouches du Gange, l'Afrique septentrionale, 
la mer Rouge 5 rarement en Europe. 

Esp. 5. Mouette a manteau bleu, toujours confondue avec le 
Burgermeister, mal figurée, pi. enl. a53 de Buffonj voyez les autres 
synonymes dans le Manuel , vol. 2 et 3. C'est Larus argentatus. 
Patrie, à peu près cosmopolite, dans les régions situées entre le 
cercle arctique et antarctique. 

Esp. 6. Mouette a pieds jaunes. Voyez la figure de Buff. , pi. 
enl. 990, sous le nom de Noir Manteau. Ce sera Larus flavipes. 
Patrie, toute l'Europe et une partie de l'Afrique; vit aussi dans les 
deux Amériques, plus commun vers le midi que dans le nord. 

Esp. 7. Mouette glaucoïdej pas encore figurée, mais bien connue 
des naturalistes, et décrite par Meyer, Taschenb., vol. 3, p. 197 (1). 
C'est Larus glaucoïdes. Patrie, le cercle arctique; de passage vers 
le midi de l'Europe. 

Esp. 8. Mouette queue noire, de nos pi. col. 45g, et de la 
pi. 67 en noir de l'atlas de Krusenstern. Larus melanurus. Patrie, 
le Japon et l'Asie. 

Esp. 9. Mouette d'Audouin, dont nous donnons une figure pi. 
col. 48o. Découverte et décrite par M. Payraudeau, Ann. des Scien., 
août 1826, pag. 462. Larus Audouinii. Patrie, l'Europe méridionale. 

Esp. 10. Mouette blanche ou sénateur, de Buffon pi. enl. 994. 
C'est Larus eburneus. Patrie, les contrées du cercle arctique. 

(1) Cette espèce distincte, commune dans le nord et de passage sur nos côtes, est d'un tiers 
à peu près moindre que Larus glaucus; elle a comme cette Mouette le bout des re'miges d'un 
blanc pur; tous les âges seront décrits Manuel, vol. 5. 



GENRE MOUETTE. 

Esp. 11. Mouette a pieds bleus, Buff., pi. enl. 977, sous le nom 
de Grande mouette cendrée. C'est, de Linné, Larus canus. Patrie , 
l'Europe. 

Esp. 11. Mouette tridactyle. L adulte par Naumann. Vogel. 
Deut., t. 56., Nachtr. La pi. enl. 587 de Buff. est le jeune eu mue. 
C'est Larus tridactylus. Patrie, l'Europe et l'Asie. 

Esp. i3. Mouette a capuchon noir, pas figurée, mais décrite dans 
le Manuel, vol. 1 et 3. Larus melanocephalus. Patrie , les contrées 
orientales de l'Europe et l'Asie. 

Esp. i4. Mouette a capuchon cendré, figurée par le prince de 
Neuwied, Zool. Beit., pi. col. , et par Vieillot, Galerie des Oiseaux, 
pi. 289. C'est Larus cirrocephalus. Patrie, l'Amérique méridionale. 

Esp. îô. Mouette a iris blanc, de nos pi. col. 366. L'adulte. C'est 
Larus leucophthalmus. Patrie , l'Afrique septentrionale , mer 
Rouge et l'Inde. 

Esp. 16. Mouette a capuchon plombé, figurée par Wilson, Ame- 
ric. Ornit., vol. g, pi. 74, fig. 4, sous le faux nom de Ridihundus ; 
aussi Cat. car. , tab. 89. Larus atricilla. Patrie, l'Amérique sep- 
tentrionale et la mer Méditerranée. 

Esp. 17. Mouette rieuse ou capuchon brun, de Buff. pi. enl. 970, 
mieux Naumannj voyez Deutchl, t. 3'2, figure 44, la livrée d'été, 
et pi. enl. 969 la livrée d'hiver. Voyez les Synonymes, Manuel. , 
Larus ridibundus. Patrie, très-répandu en Europe. 

Esp. 18. Mouette a masque brun, pas figurée, mais décrite dans 
le Manuel d'Ornit. C'est Larus capistratus. Patrie, le nord de 
l'Europe. 

Esp. 19. Mouette a bec noir, des pi. col. 5o4$ l'adulte en livrée 
d'été. C'est Larus melanorhynchus. Patrie, les côtes de l'Amérique 
méridionale. 



GENRE MOUETTE. 

Esp. 20. Mouette sabine, illustrée par une figure en noir , 
Transact. Linn., vol. 12, pag. 5so, tab. 29. C'est Larus sabinii. 
Patrie j les régions du cercle arctique; les jeunes , de passage le 
long de nos côtes. 

Esp. 1 1 . Mouette pygmee ? figurée par Falck. , voy. tab. 2 4 j mieux 
par Naumann. Vogteusch, pi. 36 , fig. 71. C'est Larus minutus. 
Patrie,, l'Europe et l'Asie. 

Nous ne classons point quelques espèces nouvelles qui nous sont 
connues seulement par la vue d'individus dans le premier période 
de l'âge , ou dans la seule livrée d'hiver; on peut se passer de ces in- 
dications tronquées d'espèces encore peu connues ou qui reposent 
sur des indications vagues d'un diagnostique établi sans examen com- 
paratif des espèces connues. 

Les espèces sous Cataractes. — Pomârina. — Buffonii(i) et Para- 
sitica, dont Crepidata est le jeune , sont du genre Lestris. L'espèce 
indiquée par Latham sous Larus pulo-condor, est un jeune oiseau au 
sortir du nid qu'on ne peut classer. La Grande Mouette de D'Azara, 
esp. 409 , me paraît un Larus marinus. La Mouette cendrée et 
Mouette blanche du même auteur sont le plumage d'été et d'hiver 
du Larus cirrcocephalus. 

(1) C'est le Labbe à longue queue de Buffon, pi. 762. Voyez Boié, Voyage en Norwège. 
M. Vieillot, Galerie des Oiseaux, a figure sous le nom de Stercorarius pomarinus , pi. 288, 
un Lestris cataractes. 



éfy 




Mouette atteste /w/re 



^retire 



MOUETTE QUEUE NOIRE 



LARVS MELANURUS. Te mm, 



L'Adulte. — Planche 45g. 

La Mouette ou petit Goéland de cet article est l'espèce figurée 
par Tilesius, pi. bj , grand Atlas du Voyage du capitaine Krusen- 
stern, publié à Saint-Pétersbourg j l'espèce n'a pas été vue depuis, et 
n'a point été rapportée par l'expédition mentionnée : cette figure , 
peu soignée, donne une idée complètement fausse de la forme du 
bec. Nous donnons ici le portrait de l'adulte et la description du 
jeune, probablement de l'année, pris sur les sujets envoyés récem- 
ment du Japon par les soins de M. le docteur de Siebold. Cette es- 
pèce, facile à reconnaître par sa queue noire et son bec assez grêle, 
relativement à la taille, de toutes celles qui me sont connues, est de 
la taille de notre Mouette blanche d'Europe, ou de celle trouvée ré- 
cemment par M. Payraudeau dans les parages de la mer Méditer- 
ranée, décrite par ce voyageur sous le nom de Mouette Audouin, 
nouvelle espèce très-reconnaissable et facile à distinguer de ses nom- 
breux congénères par son bec d'un rouge vif, muni de deux bandes 
ou taches d'un noir parfait. 

Notre Mouette à queue noire a toute la tête , le cou , le croupion 

Recueil d'Oiseaux, 77 e . livraison. 



MOUETTE QUEUE NOIRE 

et les parties inférieures d'un blanc pur $ le manteau , le dos , les cou- 
vertures des ailes et le plus grand nombre des pennes secondaires 
couleur ardoise claire $ l'extrémité de ces dernières terminées par 
un grand espace blanc y les grandes couvertures aussi terminées de 
blanc , mais à quelque distance de la pointe , marquées sur les barbes 
extérieures seulement par une grande tache noire 5 les rémiges noires, 
à pointe extrême blanche 5 la queue blanche à la partie occulte de sa 
base, le reste d'un noir parfait, excepté la barbe externe de la penne 
latérale et le bout de toutes les pennes qui sont d'un blanc pur j le 
cercle nu des yeux et le bec, jusqu'au-delà des narines, d'un jaune 
vif, mais la pointe, d'un beau rouge, porte une bande transversale 
d'un noir plein 5 les pieds d'un jaune verdâtre ou rougeâtre. Lon- 
gueur, de dix-neuf à vingt pouces j les rémiges dépassent la queue 
environ de deux pouces j tarse, deux pouces. 

Les jeunes, comme ceux de toutes les espèces, sont variés et lavés 
de teintes cendrées, blanchâtres et brunes, irrégulièrement distri- 
buées selon l'âge et l'époque de la mue; les rémiges et la queue sont 
totalement noires, sans pointe ni base blanches; les pennes secon- 
daires sont terminées de noirâtre 5 le bec est d'un jaune terne et sa 
pointe noire 5 les pieds ont une teinte jaunâtre. 

On trouve cette Mouette sur les côtes du Japon et de Corréa. 
Quelques individus, envoyés par M. de Siebold, font partie du 
Musée des Pays-Bas. 



4So 







h~ 



Mouette dAiuloian/. 



Prefre'. 



3 



MOUETTE BAUDOUIN 



LARUS AUDOUINIL Payraud, 



L'Adulte. — Planche 48o. 

M. Payraudeau, qui a publié cette espèce nouvelle dans les 
Annales des Sciences, en donne la notice suivante: 

La tête, le cou, la poitrine, le ventre, les flancs, l'abdomen, le 
croupion et la queue sont d'un blanc pur; les grandes rémiges sont 
noires et terminées par la même couleur, avec une tache semblable 
sur les barbes intérieures de la première j le dos, les scapulaires, les 
couvertures des ailes et les rémiges secondaires sont d'un cendré 
bleuâtre; les ailes, pliées, dépassent de trois pouces le bout de la 
queue j le bec est d'un rouge foncé, portant deux lignes noires en 
travers; les pieds sont noirs j les tarses portent deux pouces j la lon- 
gueur totale est de dix-huit pouces. Tels sont le mâle et la femelle 
en livrée d'été 5 celle d'hiver n'a point encore été observée: si elle 
présente quelques différences, il est probable qu'elles sont très-légères. 

Elle se nourrit de poissons, de molusques et de crustacés. La 
femelle dépose ses œufs sur les rochers des bords de la mer, sur 
quelques plumes et brins d'herbes sèches j ils sont au nombre de 
trois ou de quatre, et varient pour la couleur : tantôt ils sont d'un 

Recueil d'Oiseaux, 8i c . livraison. 



MOUETTE D'AUDOUIN. 

blanc-jaunâtre ou verdâtre et parsemés de brun, tantôt d'un blanc 
pur, bleuâtre ou verdâtre sans taches. Le cercle nu des yeux est 
aurore. 

Cette espèce est assez abondante sur les côtes de Sardaigne et de 
la Corse, particulièrement dans ce dernier pays, vers la partie méri- 
dionale , sur les golfes de Valinco et de Figari , à Porto-Vecchio et à 
Fentrée des bouches de Bonifacio. M. Peyraudeau pense que, comme 
l'appareil du vol est très-dévoloppé chez cette Mouette, il est permis 
de supposer quelle n'habite pas seulement la Corse et la Sardaigne, 
mais qu'elle visite aussi toutes les côtes de la Méditerranée, et peut- 
être celles de l'Afrique occidentale. Nous devons faire ici la remarque 
que, nonobstant toutes les recherches faites sur toutes les côtes d'Italie 
par notre naturaliste voyageur, M. Cantraine, il n'a pu obtenir au- 
cun indice certain de l'apparition de cette Mouette dans tous ces 
parages. 

M. Payraudeau , qui possède quelques sujets de cette espèce nou- 
velle, en a fait hommage, par la dédicace, à son ami M. Audouin. 



366 




Mouette a/ trw hlanc , adulte/. 



Mue/-. 



MOUETTE A IRIS BLANC. 



LA RU S LEUCOPHTHALMUS. Lichtens. 



U Adulte. — Planche 366. 

La découverte de cette espèce est due aux voyageurs que le roi de 
Prusse a chargé des recherches dans les contrées septentrionales de 
l'Afrique^ c'est parleurs soins que le Musée de Berlin a reçu plusieurs 
dépouilles de notre Mouette dont mon respectable ami le professeur 
Lichtens tein a bien voulu me céder en échange quelques individus. 
Nous supposons ne pouvoir mieux lui témoigner notre reconnais- 
sance de cette libéralité et de cette communication désintéressée des 
objets récemment découverts , qu'en publiant le plus promptement 
possible quelques-unes de ces espèces nouvelles, et en prouvant par 
des faits que le but de cet ouvrage est, ainsi que nous lavons annoncé 
plusieurs fois , de fournir aux ornithologistes et aux naturalistes 
voyageurs de tous les pays l'occasion de voir publier les fruits de 
leurs découvertes , illustrés par les gravures des planches colo- 
riées faisant la suite et le complément des planches enluminées de 
Buffon$ gravures qui formaient déjà, à la mort de cet illustre his- 
torien de la nature , le recueil le plus riche, le plus recherché et le plus 
complet en ornithologie. C'est dans des vues complètement libérales 
et avec le désir de contribuer à étendre la sphère générale des con- 

Recueil d'Oiseaux, 62'. livraison. 



MOUETTE A IRIS BLANC. 

naissances, que j'ai voué mes loisirs, et que nous consacrons des fonds 
assez considérables à la publication d'un ouvrage basé sur des prin- 
cipes entièrement cosmopolites. Indépendamment des Musées de 
Paris et des Pays-Bas, les deux principaux et les plus riches établis- 
semens en Europe, je puis me flatter encore d avoir pour auxiliaires 
dans mes travaux MM. Lichtenstein et Gretschmaer, directeurs des 
Musées de Berlin et de Francfort, qui, l'un et l'autre, s'empressent, 
avec un zèle dont je ne puis assez leur témoigner toute ma reconnais- 
sance, de me tenir au courant des découvertes en ornithologie, dont 
ils peuvent avoir connaissance. 

La Mouette figurée planche 366 est caractérisée par un bec très- 
long, et par des pieds à tarse et à tibia également très-allongés, ce 
qui rend cette espèce très-haute sur jambes. L'adulte , probablement 
revêtu du plumage d'été, a toute la tête, une partie de la nuque, 
toute la gorge et une partie du devant du cou d'un noir plein , à 
l'exception de deux petites taches blanches, l'une au dessus et l'autre 
en dessous des yeux 5 un demi-collier d'un blanc pur couvre la nuque 
et s'avance en pointe sur les côtés du couj un cendré-bleuâtre clair 
se dessine plus bas en collerette et forme la teinte des côtés de la poi- 
trine et des flancs 5 un bleu noirâtre ou couleur ardoise colore les 
plumes du manteau du dos et des couvertures alairesj toutes les 
pennes secondaires ont une teinte cendrée-bleuâtre , mais leurs barbes 
extérieures sont noires et leurs pointes d'un blanc pur j les rémiges 
et leurs baguettes sont d'un noir plein 5 le bord externe des ailes, le 
milieu du ventre, les cuisses, l'abdomen et toute la queue d'un blanc 
pur. L'iris des yeux est d'un blanc purj le bec rouge de corail à pointe 
noire, et les pieds d'un jaune-orange. Longueur totale, à peu près 
seize pouces; les ailes dépassent de deux pouces environ le bout de 
la queue. 



3^ 



MOUETTE A IRIS BLANC. 

Les jeunes , en mue au terme moyen de l'âge, ont quelques plumes 
couleur ardoise irrégulièrement mêlées de plumes brunes à la tête , et 
des plumes blanches entremêlées de plumes ardoisées sur le devant du 
cou j tout le plumage des parties supérieures est varié de plumes ar- 
doisées et de plumes d' un brun-terne j la queue est mi-partie Manche 
et brune au bout; le bec et les pieds ont un coloris sombre. 

Les jeunes de Tannée ont tout le plumage des parties supérieures, 
les flancs et la plus grande partie de la queue d'un gris-brun terne 
ou couleur de terre; les rémiges d'un brun foncé, seulement l'ex- 
trême pointe des pennes secondaires blanchâtre j enfin la gorge, le 
devant du cou, la poitrine et le milieu du ventre d'un blanc pur 5 
les pieds m'ont paru d'un brun légèrement plombé ou verdâtre, et 
le bec est noir. 

Cette espèce habite les bords de la mer Rouge 5 il me paraît même 
assez probable qu elle visite aussi les bords de la Méditerranée j on 
pourrait peut-être trouver l'espèce dans l'île de Candie et dans l'Ar- 
chipel. 

Musées des Pays-Bas et de Berlin. 



^w 




Mouette à/ &e& noir, en. éù^ 



ïïiïe£. 



-£ÊS 



MOUETTE A BEC NOIR. 



LARVS MELANORHINCHUS. Temm. ^ 



Plumage d'été. — Planche 5o4. 

De la taille de la Mouette sabine, mais diffère de celle-ci par une 
queue arrondie au lieu de fourchue qu'elle est chez cette Mouette 
européenne $ d'un bec grêle et noir 9 qui dans l'autre est gros et à 
pointe jaune; les pieds rouges, qui sont noirâtres dans la Mouette 
sabine. Celle-là a aussi les ailes proportionnellement plus longues , 
et les rémiges sont totalement noires. 

Notre Mouette se distingue de ses congénères par un bec très- 
grêle : il est court et d'un noir parfait dans tous les âges ; le grand 
capuchon, qui dépasse la moitié de la longueur du cou, est couleur 
ardoise, sans aucune tache blanche vers l'orbite des yeux ; la partie 
inférieure du cou, la poitrine, le ventre et la queue sont d'un blanc 
légèrement rose, dont la teinte fugitive disparaît totalement dans 
les sujets de cabinet 5 le manteau , le dos et les ailes d'un gris- 
bleuâtre clair j la première rémige blanche, à barbes extérieures et à 
fine pointe noire ; les quatre qui suivent totalement blanches, munies 
de bouts noirs et à pointe terminale blanche, et la sixième cendrée, 
à bout noir et pointe blanche; les pieds sont d'un beau rouge. 

Recueil d'Oiseaux, 85 e . livraison. 



MOUETTE A BEC NOIR. 

Dans le plumage d'hiver , il ne reste aucune trace du grand capu- 
chon ardoise 5 tout le reste du plumage est le même dans les deux 
saisons. 

On trouve cette jolie Mouette dans divers parages de l'Amérique 
méridionale. Le sujet du Musée des Pays-Bas ? dont nous donnons 
la figure, a été rapporté du Chili. 



élff. 





P é tr el haœife/ , aJzd& . 



m/eér. 



PETREL HASITE 



PROCELLARIA HASITATA. Temm. 



L Adulte. — Planche 4i6. 

La collection des dessins d'oiseaux du célèbre Forster , renferme, 
sous les numéros 97 et 98, des figures assez exactes de ce Pétrel, 
indiqué sous les noms de Hasita et Leacocephalaj nous en publions 
le portrait sur un sujet capturé dans les mers australes. 

La queue longue, conique j bec d'un noir parfait 5 tarse, base des 
doigts et des membranes jaunes j le reste ainsi que les ongles noirs. 
Longueur, treize pouces. 

Une plaque circulaire noire couvre le sommet de la tête , et une 
tache noire s'étend sur la moitié postérieure du lorumj le reste de 
cette partie, le front, les sourcils, les joues, le cou, et généralement 
toutes les parties inférieures, d'un blanc pur; le dos, le croupion , les 
ailes et la queue d'un noir-brun, les plumes du manteau bordées d'un 
brun-cendré; les longues plumes des couvertures de la queue d'un 
blanc pur. 

Le sujet du Musée des Pays-Bas vient des mers de l'Inde. 



Recueil d'Oiseaux, 70 e livraison. 



PÉTREL COLOMBÀUDE. 



PROCELLARIA TURTUR. Banks. 



C'est dans la collection des dessins originaux de feu Banks que 
nous avons trouvé les portraits dans deux états différens de plumage 
de l'espèce de cet article, désignée lab. iô, sous le nom de Procel- 
larla turtur, et tab. 16 sous celui de Procellaria velox. Le nombre 
limité des planches de notre recueil ne nous permettant pas de pu- 
blier une figure de cet oiseau , nous en donnons la description , prise 
sur des sujets capturés dans les parages du cap de Bonne-Espérance. 

De la taille de notre Puffin manks d'Europe; en dessus, sur les 
côtés de la poitrine et sur les flancs^ d'un bleu-cendré clair; une 
bande plus foncée sur les scapulaires, qui sont terminés de blanc; 
les barbes extérieures des rémiges et le bout de la queue d'un bleu- 
noirâtre 5 tout le dessous du corps d'un blanc-rose j le bec et les pieds 
d'un noir-bleuâtre 5 les membranes jaunâtres. Longueur, de dix 
pouces et demi à onze pouces. 

Le Musée des Pays-Bas a reçu des individus du cap de Bonne- 
Espérance et des mers australes. 



â'8 



'/• 




P étrel l&iiœomele 



frè^fre' 



PUFFIN LEUCOMÈLE. 



PROCELLAR1A LEUCOMELAS. T e m m. 



L Adulte. — Planche 687. 

Bec plus long que la tête, très-crochu, bleuâtre-clair; iris gris; 
pieds d'un gris-jaunâtre à très-grandes palmures j queue longue et 
conique., le bout des ailes dépassant un peu les pennes du milieu. 

Deux couleurs couvrent le plumage de cette espèce nouvelle; en 
dessus, c'est un brun-noirâtre et le dessous est d'un blanc pur. Face, 
sommet de la tête, occiput et joues d'un blanc pur, marqué de 
grandes et de petites taches ou grivelures noires j dos, manteau et 
scapulaires d'un brun-noir, mais chaque plume terminée par un 
croissant blanc, plus ou moins large suivant l'âge ou la mue 5 géné- 
ralement, toutes les parties inférieures d'un blanc pur. Longueur 
totale, de quinze à seize pouces j longueur du bec, deux pouces et 
demi. 

Assez commun dans les mers du Japon et dans la baie de 
Nangasaki. Son nom japonais est Ohanata-Kamome. Des envois de 
M. Burger. 

Recueil d'Oiseaux ; 99 e livraison. 



+ 



PUFFIN A BEC GRELE. 



PROCELLARIA TE NUIR0STR1S. Te m m 



Cet autre Puffin japonais dont nous fournissons ici la descrip- 
tion est également nouveau $ il nous est parvenu par les soins de 
M. Burger. 

Un peu plus grand que le Puffin manks (P. anglorum) d'Europe,, 
mais à bec plus grêle, brun, marqué en dessus de noir; queue 
courte, fortement arrondie; ailes très-longues, dépassant celle-ci de 
deux pouces. Tout le plumage des parties supérieures, la face, les 
joues et les côtés du cou d'une teinte brune noirâtre, couleur de 
suie ou terre d'ombre $ menton blanc. Tout le reste des parties 
inférieures d'un gris blanchâtre lavé d'un brun clair; pieds bru- 
nâtres. Longueur totale, douze pouces. 

On le trouve dans les mers au nord du Japon et sur les côtes 
de la Corée. 



-^t> 



* 



GENRE PRION. 



GENUS PACRYPTILA. Iiliger. 



Bec fort, gros, très-déprimé, très-large ; mandibule supérieure bombée sur les côtés; 
arête distincte, terminée par un crochet très-comprimé; bord intérieur garni de 
lamelles cartilagineuses ; mandibule inférieure très-déprimée, formée de deux arcs 
soudés à la pointe, soutenant dans leur intervalle une petite poche gutturale. 

Narines basales à la surface du bec, s'ouvrant par deux trous distincts dans un seul 
tube basai, très-court. 

Pieds médiocres, trois doigts devant à palmures découpées; un ongle très-court 
tient lieu de pouce. 

jfliles longues : les première et deuxième rémiges égales, et les plus longues. 



Les oiseaux du grand genre Procellaria de Linné sont divisés 
aujourd'hui en plusieurs coupes ou petits genres distincts , dont les 
caractères offrent des dissemblances assez tranchées pour pouvoir lé- 
gitimer de semblables vues de réforme; c'est ainsi qu'on a distrait 
des vrais Pétrels les Puffins^ Puffinus, à bec plus long, plus lisse, 
dont la mandibule inférieure se recourbe dans la direction inclinée 
de la supérieure, et où les narines s'ouvrent en deux tubes ou trous 
distincts: toutefois on trouve parmi ces soit-disant Puffins des espèces 
qu'on est embarrassé de classer, et qui ne s'éloignent des Pétrels 
que par un bec un peu plus long. Les Pélécanoïdes de Lacépède, ou 



GENRE PRION. 

Haladroma d'Illiger, manquent de tout vestige de pouce, et leurs 
orifices nasaux s'ouvrent, non par devant, mais en haut à la surface 
du bec. On a encore séparé, avec plus de raison , le Prion de Lacépède, 
ou Pachyptila d'Illiger, qui fait le sujet de cet article. Très-récemment 
encore, on vient de distraire des Pétrels un petit groupe d'oiseaux 
que nous avions sectionné, dans le Manuel d'Ornithologie, sous le 
nom de Pétrels Hirondelles : ces petits oiseaux portent aujourd'hui le 
nom deThalassidrome, ou Thalassidroma de Vigors. Parmi ces der- 
niers, on peut énumérer les espèces suivantes : T. leachii. — Pela- 
gica. — Fregatta, le même que Oceanica de Charles Bonaparte. — 
Marina et Wilsonii de Charles Bonaparte, le même que Oceanica 
ou Pétrel échasse du Manuel d'Ornithologie, espèce à laquelle on 
doit réunir Y Oiseau tempête de Buffoji, pi. enl. 99$. 



S 2 8. 




Prion à bandeau/, „</„//?. 



Mt'eà. 



PRION A BANDEAU. 



PACHYPTILA VITTATA. Illiger, 



L'Adulte. — Planche 5 a 8. 

La seule espèce que nous puissions nous permettre de classer avec 
certitude dans ce nouveau groupe est la Procellaria vittata de Gme- 
lin , que Latham donne dans son Index avium, sous le nom de Pro- 
cellaria Forsteri, et que Buffon indique sous celui de Pétrel bleu. 
Ce n'est qu' avec doute, et seulement par la description fournie dans 
le voyage de Cook, qu'on peut associer au Prion à bandeau la 
Procellaria cœrulea des Méthodes, qui, dit-on, a le bec moins 
dilaté, quoique garni intérieurement, comme l'espèce connue, d'une 
rangée de lames verticales, très-fines, pointues, analogues à celles 
du Canard souchet (Anas clypeatd). 

On ne connaît pas les mœurs, ni le genre de nourriture que choisit 
cet oiseau : on sait seulement qu'il fréquente plus les côtes que les 
Pétrels et les Pufïinsj pour couver, il s'enfonce dans les trous de 
rocher. 

Le bec de cet oiseau est très-dilaté sur les côtés, même plus qu'à 
la base; il diminue graduellement de largeur jusque vers la pointe, 
terminée par un croc qui a la forme d'un ongle , et paraît comme 

Recueil d'Oise au* , 89 e . livraison. 



PRION A BANDEAU. 

enté sur le bec, entre les deux rainures plus ou moins profondes qui 
aboutissent aux orifices des narines 5 ce bec est couleur de corne 
bleuâtre, et les lamelles sont blanches. La queue a les pennes à peu 
près d égale longueur 5 les deux du milieu sont les plus larges , et dé- 
passent toutes les autres. 

Une calotte cendrée foncée couvre la têtej au-dessus des yeux 
s'étend un large sourcil blanc, se prolongeant, dans quelques indi- 
vidus, en une très-fine bande frontale j une large bande cendrée 
passe sur les yeux , tout le reste des côtés du cou, la nuque , le man- 
teau , le dos , les trois pennes latérales de la queue et les moyennes 
couvertures des ailes sont d'un gris-bleu clair j une large bande 
noire termine les plumes du milieu de la queue; les petites couver- 
tures des ailes, les barbes antérieures des scapulaires et des rémiges 
sont noires j toutes les parties inférieures du cou et du corps sont 
blanches, mais les côtés de la poitrine, les flancs et l'abdomen ont 
une teinte bleuâtre j la petite poche nue du menton est bleuâtre j 
les pieds sont noirs à palmures jaunâtres. Longueur totale, douze 
pouces. 

Cet oiseau est assez commun dans les parages du cap de Bonne- 
Espérance 5 on dit qu'il se trouve aussi en Amérique et dans les 
mers de Fin de. 



GENRE PÉLÉCANOÏDE. 



GENUS HALADROMJ. Iliigee. 



Bec très-court, droit, comprimé, dur, tranchant, sillonné longitudinalement, à base 

un peu dilatée, et à pointe comprimée très-courbée. 
Narines basales à la surface du bec, dirigées en haut, distinctes, leur base cachée 

sous un seul tube, divisé par une cloison intérieure. 
Pieds courts; seulement trois doigts dirigés en avant, manquant de tout vestige de 

pouce ou d'onglet. 
Ailes courtes; la première rémige la plus longue. 



C'est à tort qu'on a ajouté à ces caractères génériques celui cle 
l'existence d'une poche dilatable à la mandibule inférieure du bec; 
une très-petite poche, ou plutôt nudité gutturale, existe en effet 
dans une seule espèce, Procellaria urinatrix 3 mais elle manque aux 
deux autres espèces, dépourvues, comme l'Urinatrix, de tout vestige 
de doigt postérieur; c'est aussi à cause du manque de ce doigt ou de 
cet ongle, qui tient lieu de pouce chez les autres Pétrels, qu'on a 
pu distraire les Haladromes ou Pélécanoïdes du genre Procellaria: 
la légère différence dans la structure du tube nasal et des couver- 
tures des narines, un peu plus élevées que dans les autres Pétrels, 
n'auraient pas eu de valeur assez marquée et suffisamment tranchée 
pour servir de motif à l'établissement d'un nouveau groupe- Nous 

Recueil d'Oiseaux, 87 e livraison. 



GENRE PÉLÉCANOIDE. 

remarquons encore que ce nom de Pélécanoïde a été mal choisi, vu 
qu'il paraît indiquer quelque analogie entre ces oiseaux et ceux du 
genre Pélican; nous pouvons assurer qu'il n'existe pas la moindre 
ressemblance entre ces Pélécanoïdes et les Pélicans: on peut présu- 
mer que l'existence d'une petite peau gutturale nue, et plus ou 
moins dilatable, dont YUrinatrix est pourvue, a pu donner lieu aux 
méthodistes compilateurs à faire usage de cette allusion impropre. 

On dit que ces oiseaux plongent habituellement, et qu'ils ont la 
faculté de demeurer long-temps entre deux eaux ; c'est là tout ce qui 
nous est parvenu relativement à leur manière de vivre. 



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H? 




Pélé c anoïd e /Ay y//y/. 



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PELECANOIDE BERARD. 



HALJDROMA BERARDI. Quoy, 



Planche 5 



De la taille de notre Uria aile ou Guillemot nain. Les narines , 
situées tout près du front, ont leurs ouvertures séparées par une cloi- 
son, et sont dirigées en haut; les tarses sont longs, et la queue est à 
pennes d'égale longueur. 

Toutes les parties supérieures sont d'un noir assez pur, et les infé- 
rieures blanches ; les joues cendrées et les côtes de la poitrine noi- 
râtres. Les pennes extérieures de la queue sont étroitement bordées 
de blanc, et des croissans blancs aux plumes scapulaires paraissent 
servir d'indices que cet individu n'est pas encore revêtu de la livrée 
parfaite propre à l'état adulte. Le bec est noir et les pieds sont glacés 
de gris. Il n'y a même pas le plus léger indice d'un rudiment 
d'ongle au doigt postérieur, et c'est à tort que les auteurs de la zoo- 
logie du voyage du capitaine Freycinet présument que ce manque 
de tout pouce à l'individu qu'ils ont rapporté peut avoir été occa- 
sioné par inadvertance , lors de la préparation de la peau pour l'em- 
paillage. La longueur totale de cette espèce est de huit pouces envi- 
ron j j'en ai vu un n'ayant en totalité que six pouces neuf 
lignes. 

Recueil d'Oiseaux, 87 e livraison. 



PÉLÉCANOIDE BÉRARD. 

Le sujet décrit et figuré pi. 3y, par MM. Quoy et Gaimard, a été 
pris à bord du navire, dans les parages des îles Malouinesj il fait 
partie du Musée de Paris. 

On doit réunir avec cette espèce , non-seulement le Procellaria 
urinatrix des auteurs, mais encore un autre figuré très-récemment 
par M. Lesson, dans l'atlas du voyage du capitaine Duperrey, et 
publié, pi. 46, sous le nom de Puffin ou Puffinure de Garnot. On 
trouve cette espèce sur les mers qui baignent les côtes du Chili; le 
Pélécandïde plongeur ou Haladroma urinatrix vit à l'extrémité méri- 
dionale des terres de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Zélande. 



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GENRE ALBATROS W. 



GENUS DIOMEDEA. Linné. 



Bec très-long, très-fort, tranchant, comprimé, droit, subitement courbé; arête 

arrondie; mandibule supérieure sillonnée sur les côtés, très-crochue à la pointe; 

l'inférieure lisse, tronquée au bout. 
Narines latérales, éloignées de la base, tubulaires, couvertes sur les côtés, ouvertes 

par devant, placées dans le sillon. 
Pieds courts, seulement trois doigts, très-longs, entièrement palmés, les latéraux 

bordés par un rudiment; ongles obtus, courts. 
Ailes très-longues, très-étroites; rémiges courtes, secondaires longues. 



La difficulté qu'on éprouve pour obtenir de bonnes observations 
sur les oiseaux qui ont établi leur demeure habituelle sur l'immense 
étendue des mers, a été reconnue par Buffon; ces pélagiens ailés 
vivent en effet , dans tout autre temps que celui des pontes et 
de l'incubation, très - éloignés de toute terre. Dans le peu de se- 
maines consacrées à la reproduction de leurs espèces, ils établissent 
leur demeure temporaire sur les rivages déserts de terres jetées dans 
les vastes mers antarctiques , ou sur des îlots, des caps, et des 
écueils que les marins s'efforcent d'éviter 5 les attérages les plus fré- 

(i) Voyez l'article Albatros dans les OEuvres du BufFon. 
Recueil d'Oiseaux, 75 e . livraison. 



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* ni' * 



GENRE ALBATROS. 

quentés par ces oiseaux sont très-souvent ceux vers lesquels les na- 
vires, qui sillonnent dans toutes les directions l'immense étendue 
de FOcéan, redoutent de diriger leur course. Les naturalistes em- 
barqués sur des vaisseaux dont la destination n'a point de but 
scientifique trouvent peu de chances pour établir des observations 
suivies; et de quelque nature que puisse être la mission d'une cam- 
pagne maritime, il faut le concours favorable des élémens pour étu- 
dier ces oiseaux pélagiens, et pour obtenir un nombre d'individus 
qui puissent servir à la détermination des espèces: dès lors on ne doit 
pas être surpris du peu d'ordre qui règne dans la détermination de 
celles-ci, et du petit nombre qui nous sont exactement connues. 

Bufîbn , guidé par les recherches du plus grand marin de son 
temps, de ce hardi navigateur anglais, sous la direction duquel le pa- 
villon britannique visita toutes les mers, reconnut cette immense 
quantité de côtes, et préluda à l'empire de l'Océan $ Buffon dis-je 
laissa beaucoup à désirer pour le complément de l'histoire de ces 
oiseaux. Mais depuis qu'un élan nouveau donné aux recherches 
scientifiques a porté la marine anglaise et française dans toutes les 
directions du globe, que des naturalistes choisis dans les cadres de 
cette marine ont reçu la mission d'étudier les productions des trois 
règnes, que les vastes colonies des possessions anglaises et nerlan- 
daises dans l'Inde ont été explorées d'une manière plus scientifique, 
et que des Musées, destinés au dépôt des collections rassemblées par 
les savans, ont été élevés en Europe et en Amérique 5 depuis cette 
époque, très-rapprochée , l'histoire naturelle vient de faire plus de 
progrès et a acquis plus de richesses que pendant le temps qui 
s'est écoulé depuis la découverte des Amériques ] usqu'à l'époque où 
les écrits de Buffon ont fait naître ce goût des recherches. La con- 
naissance plus exacte des oiseaux pélagiens a dû nécessairement y 



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^\ 



GENRE ALBATROS, 
trouver sa part; et nous présumons qu'une notice supplémentaire à 
cette partie des Œuvres de Buffon ne sera pas dépourvue d'intérêt 
pour la science. 

Les matériaux où nous comptons puiser ont été fournis par les 
relations et les manuscrits des naturalistes qui ont fait partie des expé- 
ditions anglaises, françaises et nerlandaises, par MM. Quoy et Gai- 
mard, Lesson et Garnot, officiers de santé français; Dougald Car- 
michael , capitaine anglais; Boié et Macklot, naturalistes nerlandais. 
A ces relations peuvent être ajoutées les remarques récentes de 
M. Marion de Procé , et les nombreuses observations de cabinets, 
que la vue d'un très -grand nombre d'individus recueillis sur les 
différens points du globe nous a mis à même de faire. 

Les limites que nous avons dû nous imposer dans le texte de cet 
ouvrage de luxe ne permettent pas d'entrer dans tous les détails 
fournis par les naturalistes mentionnés; nous donnerons d'une ma- 
nière succincte le résultat scientifique le plus propre à faire connoître 
l'histoire de ces oiseaux , et à fixer, plus ou moins, les rayons géo- 
graphiques dans lesquels vivent les différentes espèces. Cette partie, 
qui traite des oiseaux pélagiens proprement dits, sera divisée en deux 
articles : il sera fait mention ici de tout ce qui a rapport au genre 
albatros (Diomedea); nous renvoyons au genre Pétrel (Procellaria) 
et aux sections, ou petites familles, si ion veut sous-genres, et même 
aux genres qui en font partie, tout ce qui ne sera pas applicable 
aux oiseaux pélagiens en général, car les espèces de Paille-en-queue 
(Phaëton), forment le dernier groupe des Pélagiens proprement dits. 
Nous nous rangeons de l'opinion de M. Lesson , en nous écartant sur 
ce point des vues de MM. Gaimard et Marion de Procé, qui ne les 
admettent point sous cette dénomination, dans le fait plus ou moins 
arbitraire et assez insignifiante; car, ainsi que M. Lesson en fait la 



* 



GENRE ALBATROS. 

remarque, il n'y a point d'oiseaux de mer qui soient une année en- 
tière sans fréquenter la terre. 

La critique faite par M. Marion sur la classification des espèces, 
et sur la confusion qui règne sous ces rapports dans la notice de 
M. Lesson, paraît être juste ; elle est du moins exacte selon nos ob- 
servations, faites depuis plusieurs années sur un très-grand nombre 
d'individus, et s'accorde en tout point avec les notes manuscrites 
adressées récemment de Java par M. Boié. Il faut encore convenir 
avec M. Marion , qu'un observateur aussi judicieux que M. Lesson , 
qui donne l'exemple d'une réserve bien louable, aurait mieux fait de 
ne pas publier comme espèce nouvelle son Dlomedea empomohora y 
établi au vol, lorsque ces oiseaux, que M. Marion associe à l'espèce 
Exulans 3 passaient vers les flancs du vaisseau (1). 

Toutes les espèces comprises dans les genres Dlomedea et Les- 
tas (2) varient singulièrement aux différentes époques de l'âge, et 
dans les différens états de mue, Y Exulans peut-être plus que ses 
congénères; car il est rare de trouver dans les cabinets trois sujets 
couverts absolument de la même livrée, et qui se ressemblent com- 
plètement sur toutes les parties du corps. Mes observations sont con- 
firmées par les relations de MM. Marion et Boié (3)* Cette particu- 

(r) Nous possédons, en ornithologie, une série encore très-grande d'espèces inédites, dont 
les nombreux échantillons sont offerts à notre investigation; pourquoi donc faire mention de 
celles qui n'ont point été vues en nature et examinées avec soin ? Les espèces nominales établies 
sur des animaux bien connus, dont les dépouilles existent dans les cabinets, sont, il nous 
semble, en nombre plus que suffisant, pour qu'on puisse se dispenser d'augmenter cette liste, 
vrai tourment du naturaliste, par des espèces qu'on a vu voler dans les airs. 

(2) Nous connaissons aujourd'hui quatre espèces de Stercoraires (Lestris); savoir, Cata- 
ractes, — Pomarina, — Buffonii et Parasitica. M. Vieillot a figuré, Galerie des Oiseaux, 
pi. 288 y sous le nom de Pomarina, un Lestris cataractes, 

(5) M. Marion dit, en parlant de huit individus de VExulans tués par lui : « Ces huit Al- 
« batros , et tous ceux qui arrêtèrent notre attention parmi les deux ou trois cents individus 



GENRE ALBATROS. 

larité bien constatée ne laisse plus aucun doute sur l'identité de D. 
exulans et spadicea : pour ce qui concerne les quatre autres espèces 
distinctes, nous présumons que les trois figures données dans ce re- 
cueil, et la description des espèces sous Brachyura 3 — Melanophris, 
— Chlororhynchos et Fullginosa 3 ne laisseront plus aucun doute sur 
l'existence bien constatée de cinq espèces d'Albatros, dont Exulans , 
que nous proposons de désigner sous le nom $ Albatros mouton, 
forme l'espèce la plus grande et la plus remarquable. 

Ces oiseaux jouissent en général d'un système d'organisation ro- 
buste, et approprié au vol de longue haleine. Les Pétrels et les Al- 
batros ont des ailes aiguës, effilées; leurs muscles sont terminés par 
d'épais tendons qui leur permettent d'exécuter des trajets immenses 
sur la pleine mer; leurs pieds, largement palmés, leur facilitent les 
moyens de se reposer sur les vagues j leur vue perçante rend inévi- 
table la perte du poisson, dont ils sont avides, et qu'ils saisissent, 
non en plongeant, mais en rasant la surface des flots. Les naviga- 
teurs rencontrent fréquemment ces oiseaux à des distances inouïes de 
toute terre, et ce n'est que rarement qu'on les voit dépasser les li- 
mites ou les zones qu'ils habitent de préférence. Ces oiseaux fréquen- 
tent toutes les mers, et pour ainsi dire dans toutes les saisons; les 
observations du capitaine Carmichael à l'île de Tristan da Cunha 

« dont se composait leur troupe, me parurent de la même taille, et j'oserais dire de la même 
« espèce, quoiqu'il n'y en eût pas deux qui présentassent exactement les mêmes couleurs. Il 
« y en avait d'entièrement roux; d'autres roux sur le dos, avec la tête et le ventre blancs; 
(c plusieurs étaient bruns, avec la partie antérieure de la tête et le dessous des ailes du plus 
a beau blanc; d'autres avaient seulement le dos gris; quelques uns enfin étaient tout blancs. 
« Que l'on ne croie pas, au surplus, que ces différences provinssent de celles de l'âge ou du 
« sexe; tous, je le répète, étaient de la plus grande taille, de dix à onze pieds d'envergure, 
« et deux individus mâles que je disséquai me présentèrent des plumages très-différens l'un 
« de l'autre. » — Tous ces détails ne diffèrent pas de ceux fournis par MM. Boiè et MachlùU. 



GENRE ALBATROS. 

tendent à confirmer que dans le temps des amours et de la repro- 
duction ils s éloignent moins des terres où sont leurs petits : dans 
tout autre temps de Tannée l'immense étendue de l'Océan semble 
être leur séjour habituel. Ce n'est pas seulement dans les tourmentes, 
les coups de vent et lorsque les vagues sont très-élevées qu'on 
aperçoit les Albatros 3 leur puissant moyen de vol se joue il est vrai 
des plus fortes tempêtes, mais ils se balancent aussi avec grâce et 
semblent voguer dans le fluide de Pair pendant les calmes et la séré- 
nité de l'atmosphère. M. Boié confirme ce fait, contraire à l'opinion 
de M. Gaimard, qui croit que, lorsque le calme aplanit la surface de 
l'océan, ils fuient vers d'autres régions, pour reparaître avec les 
vents. Leur vol s'effectue toujours en planant; s'ils battent quelque- 
fois des ailes, c'est pour s'élever avec plus de rapidité: le plus habi- 
tuellement leurs ailes étendues forment en dessous une concavité; 
elles n'offrent point de vibrations apparentes, quelles que soient les 
positions que ces oiseaux puissent prendre, soit qu'effleurant la surface 
de l'onde ils soumettent leur vol à ses ondulations, soit que s'élevant 
ils décrivent de grandes courbes autour des vaisseaux ou des cétacés 
flottans qui leur servent de pâture. Ils ont beaucoup de peine à prendre- 
leur vol quand ils sont une fois reposés sur l'eau; pour le faire il faut 
qu'ils y soient contraints par un motif puissant : on les voit alors cou- 
rir sur l'eau l'espace de plus de quarante à soixante toises avant de 
réussir à s'élever; en nageant, ils fuient avec une grande vitesse. Dans 
le vol ils s'élèvent avec facilité, tournent brusquement sur eux-mêmes 
à Paide de leur queue, et vont contre le vent le plus fort, sans que leur 
marche en paroisse ralentie, et sans imprimer à leurs ailes un bat- 
tement qui soit sensible à l'observateur: aussi toutes les relations s'ac- 
cordent sur la force prodigieuse de leurs moyens de vol; on a vu 
des Pétrels voler pendant plusieurs jours de suite. Après s'être abattus 



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3^ 



GENRE ALBATROS. 

sur les eaux ils tiennent les ailes étendues un instant; couchées 
contre le corps, elles nuisent à l'élégance des formes par le renfle- 
ment qu elles produisent vers la partie postérieure du corps. 

C'est vraiment, dit M. Gaimard, de ces oiseaux qu'on pourrait 
dire avec justesse qu'au lieu de manger pour vivre, ils semblent ne 
vivre que pour manger. La plus grande partie de leur vie est em- 
ployée à parcourir l'Océan , et à rechercher péniblement une nour- 
riture presque aussitôt digérée que prise (i). 

Les relations des voyageurs nous apprennent encore qu'on n'a 
point trouvé dans l'estomac des Albatros des débris de poissons ou 
de mollusques. Nous avions beau, dit M. Gaimard, être entourés de 
poissons volans , de méduses , de biphores , de physales , de vélelles , 
ils ne s'en nourrissaient point, et recherchaient avec avidité d'autres 
alimens. On trouvait toujours dans leur ventricule des débris de 
sèches et de calmars. Mais M. Marion a rencontré des troupes de 
ces oiseaux sur le corps d'un énorme cétacé flottant sur les ondes j et 
M. Garmichael assure que leur principale nourriture consiste en cha- 
rogne et en débris de ces géans des mers 5 ce qui porte à croire qu'ils 
ne sont nullement piscivores. 

Jusqu'ici nous avons offert le résumé des observations faites en 
pleine mer sur ce genre d'oiseaux; la relation très -intéressante de 
M. Garmichael nous fournit les moyens de compléter leur histoire 

(1) On peut en dire autant de tous les oiseaux des hautes mers ; les espèces des genres Les- 
tris , Larus, Sala, etc., ont la même voracité lorsqu'elles vivent dans l'abondance; mais en 
temps de disette et clans les grandes tourmentes des élémens , tous ces oiseaux, les Albatros 
et les Pétrels, selon M. Boié, pas même exceptés, supportent très-long-temps la faim et la 
privation complète, pendant plusieurs jours, de toute nourriture; car il est prouvé que les 
Albatros et les Pétrels, à la suite de fortes tempêtes de très-longue durée , sont aussi maigres 
que les Stercoraires , les Mouettes , les Pingouins et les Macareux qu'on trouve souvent ex- 
pires de faim le long des côtes maritimes. 



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GENRE ALBATROS. 

par des observations faites dans File Tristan da Cunha 3 située au 37 e . 
degré latitude sud. Ces notices servent à remplir les lacunes de la 
connaissance plus générale des mœurs et des habitudes de ces oi- 
seaux. L'auteur compte quatre espèces; mais il sépare nominalement 
YExulans du Spadicea, quoique leur attribuant les mêmes mœurs : 
ce qui confirme , selon mon opinion , de la manière la plus authen- 
tique, Fidentité que nous venons de signaler plus haut; identité cons- 
tatée par les voyageurs et par toutes les observations que nous avons 
été à même de faire sur une multitude d'individus. 

A notre retour, en nous promenant dans les montagnes, dit 
M. Dougal-Carmichael, nous passâmes parmi des troupes d'Albatros, 
occupés de Fincubation ou donnant leurs soins à leurs petits. Il y en a 
de quatre espèces qui couvent dansFîle : aucune d elles pond plus d'un 
œuf, Diomedea Exulans, Spadicea, Chlororhyncos et Fuliginosa ; les 
deux premiers ne se donnent aucune peine dans la construction de 
leur nid: le plus souvent c'est un endroit sec, un peu concave pour 
éviter la chute de l'œuf; cet œuf est blanc^ très-gros, singulièrement 
oblong, et d'égale grosseur aux deux bouts. 

Diomedea fuliginosa est très-abondant dans cette saison; leurs 
nids sont très-rapprochés les uns des autres : dans un espace environ 
d'un acre, j'en vis plus de cent. Ces nids sont construits de boue, 
élevés de cinq ou six pouces, et légèrement déprimés au faîte. A l'é- 
poque de notre passage, les jeunes avaient atteint plus de la moitié 
de leur accroissement, et étaient couverts d'un duvet blanc. Il y avait 
quelque chose de grotesque dans l'attitude de ces oiseaux posés comme 
autant de statues sur ces petits monticules, et ne se dérangeant nul- 
lement à notre approche. Parvenus tout près d'eux, ils formèrent 
un cliquetis singulier avec leurs becs, et si nous les touchions, ils 
lançaient sur nous un déluge d'huile fétide sortant de leur estomac. 



GENRE ALBATROS. 

Diomedea chlororhynchos, construit son nid isolé et à l'écart dans 
quelque angle, choississant particulièrement les rigoles étroites qui 
portent l'eau des terres dans les ravins; c'est là qu'il élève le nid, 
dans une forme pyramidale, à la hauteur de dix ou douze pouces, 
avec une digue autour de la base. Il est remarquable qu'étant irrité, 
les plumes des joues se séparent , comme pour laisser apercevoir une 
bande de peau nue de couleur orange, allant de la commissure du 
bec jusque vers l'occiput. 

Tous ces oiseaux nourrissent leurs petits en dégorgeant les alimens ; 
on ne les voit jamais porter aucune proie dans le bec, car la chair 
putride et visqueuse des cétacés et des phoques qui leur sert de nour- 
riture principale, n'est pas une substance transportable à quelque 
distance que ce soit. Ils ne montrent aucune défiance, et pas la 
moindre disposition de se déranger de la route qui nous conduisait 
vers eux, pas même étant frappés ou enlevés de leur nid vers lequel 
ils se dirigeaient incontinent. Ils ont de la peine à se servir de leurs 
ailes pour prendre l'essor, et sont obligés de courir l'espace de vingt 
ou trente toises avant de quitter la terre j aussi ont-ils l'habitude de 
se rendre sur les bords des précipices , où du haut des rochers ils 
s'élancent dans les airs. 

Nous terminons cet article par un aperçu sur la répartition géo- 
graphique des Albatros, et par l'index de ces espèces, dont la con- 
naissance est basée sur des observations souvent renouvelées, et qui 
ont été constatées par l'examen des dépouilles. 

Les voyageurs à bord de la Coquille virent des Albatros dès le 
26 e . degré de latitude sud; mais les parallèles qu'ils aiment de pré- 
férence sont dans l'intervalle de 35 à 4o°. 

Diomedea exulans est de toutes les espèces celle qui s'éloigne 
le plus de toute terre; il n'habite, dit M. Lesson, que les latitudes 

Recueil d'Oiseaux, 75 e . livraison. 



GENRE ALBATROS. 

extra-tropicales, et c'est principalement dans les mers qui baignent 
les trois grands caps avancés dans le sud qu'on l'observe le plus com- 
munément. M. Roquefeuilj dans son voyage de circumnavigation, 
dit en avoir tué dans les mers des côtes nord-ouest de l'Amérique. 
M. Gaimard vit YExulans près de la terre de feu, par le 55° de 
latitude, dans la baie française aux îles Malouines, et enfin longeant 
la côte orientale d'Amérique, s'avancer jusque sous le tropique. 

Le tableau suivant nous a été adressé de Java par M. Boiéj il 
repose sur des observations chronologiques faites dans la traversée du 
cap de Bonne-Espérance à File de Java. 

Le 22 avril, par latitude orientale 3j° 5i', et longitude orientale 
a4 5o', nous vîmes Diomedea fuliginosa. — Exulans. Procellaria 
fregatta , cœrulea^ et deux espèces indéterminées. 

Par latitude 38° 26', et longitude 26 55', Diomedea fuliginosa et 
Procellaria ^rega^a. 

Par latitude 3$° 14% et longitude 28 4o', Diomedea fuliginosa , 
et P rocellari A fregatta. 

Le 2 mai, par latitude australe 5j° , et longitude orientale 4o°, 
Diomedea fuliginosa. — Exulans et toutes les procellaires vues au 
cap de Bonne-Espérance. 

Le 4 mai, par latitude australe 4o° 25', et longitude orientale 
6i° ii', Diomedea fuliginosa. Procellaria capensis et urinatrix. 

Le 9 mai, latitude australe 4i°, et longitude orientale 78, Dio- 
medea fuliginosa. — Exulans. Procellaria gigantea. — Puffinus. — 
Desolata. — Vittata. — Urinatrix. — Cœrulea. — Fregatta; plus 
deux autres indéterminées, et Lestris cataractes. 

Le 12 mai, latitude australe 59°, et longitude orientale 87 . Dio- 
medea fuliginosa, chlororhynchos et exulans. — Procellaria capen- 
sis , et Lestris cataractes. 



GENRE ALBATROS. 

Le 17 mai, latitude australe 34° , et longitude orientale 97 . Pro- 
cellaria capensis, et Lestris cataractes. 

Le 19 mai, latitude australe 3i°, et longitude 100 . Diomedea 
melanophris et chlororhynchus. Procellaria fregatta et Capensis. 

Les espèces qui nous sont bien connues sous toutes les livrées, 
sont : 

Esp. 1. Albatros mouton. Des pi. enl. 237 de BufFon, sur un su- 
jet en livrée d'adulte, auquel on doit ajouter toutes les variétés indi- 
quées par les auteurs, et l'espèce nominale du Chocolat albatros des 
navigateurs anglais, que les méthodes désignent sous D. spadicea. 
Notre espèce porte le nom de Diomedea exulans. Patrie, les mers 
antarctiques des deux mondes , le plus souvent à de grandes dis- 
tances de toute terre. 

Esp. 1. Albatros a courte queue ou trapu, e propose de dé- 
signer ainsi Y Albatros de la Chine, des pi. enl. 963 de Buffon, et en 
latin par le nom de Diomedea brachiura. Nous publierons la des- 
cription de cette espèce donnée erroneusement comme variété. 
Patrie, les mers antarctiques de l'australe-Asie, entre le Japon et 
FOcéanie. 

Esp. 3. Albatros sourcils noirs, de nos pi. col. 456. Espèce sou- 
vent confondue avec le Chlororhynchos , et quelquefois avec YExu- 
lans; c'est Diomedea melanophris. Patrie, les mers qui baignentjes 
trois grands caps des régions australes 5 commun au cap de Bonne- 
Espérance. 

Esp. 4. Albatros ruban jaune. L'adulte figure d'une manière re- 
connaissable dans le Synopsis de La th. , vol. 5, tab. g4. Voyez aussi 
l'adulte de nos pi. col. 468. C'est le véritable Diomedea clororhyn- 
chos des catalogues méthodiques. Patrie, les régions antarctiques 
très-éloignées de toute terre. 



GENRE ALBATROS. 

Esp. 5. Albatros fuligineux. L'adulte pi. col. 469, toujours fa- 
cile à distinguer à son bec noir et par sa queue conique. C'est 
Diomedea fuliginosa. Patrie, commun dans toutes les mers aus- 
trales et dans les régions des trois grands caps. 



ô'ô'é. 




Us 



Albatros courte - yueue ou Irapw, adulte 



ADDITION A L'ARTICLE 



ALBATROS A COURTE QUEUE ou TRAPU. 



DIOMEDEA BRACHIVRA. Temm. 



U Adulte. — Planche 554- 

J'ai dit,, en citant dans cet ouvrage la pi. enl. g63 de Buffon, dont 
il n'avait pas été donné de description dans les œuvres de cet auteur, 
que Y Albatros trapu, quoique moins grand de beaucoup dans toutes 
ses dimensions, a le bec à peu près aussi fort que celui de Y Albatros 
mouton, la plus grande des espèces connues. Le sujet dont nous 
donnons ici le portrait pi. 554 sert de preuve, que Y Albatros trapu 
éprouve, comme le mouton, une mue accidentelle, périodique, ou 
bien en rapport aux états différens de lage, qui change à peu près 
la presque totalité des couleurs du plumage, et montre ces oiseaux, 
quoique à Fétat adulte, sous des livrées très-disparates : ces diffé- 
rences sont telles^ qu'on a même été quelque temps dans le doute, s'il 
ne fallait pas admettre Diomedea spadicea ou le Mouton brun comme 
espèce différente de Diomedea exulans, pi. enl. de Buffon s3 7. L'indi- 
vidu de Y Albatros trapu que nous publions présentement prouve, 
sans réplique, que la même divergence individuelle existe dans la 

Recueil d'Oiseaux, 94 e livraison. 






ADDITION A L'ARTICLE ALBATROS A COURTE QUEUE OU TRAPU. 

couleur de la livrée de Tune comme de l'autre espèce, et qu elle 
est due à des causes dont nous n'avons pas encore acquis l'exacte 
connaissance , mais que nous présumons pouvoir être les mêmes que 
celles qui paraissent influer sur la coloration si variable du plumage 
du Combattant d'Europe ( Tringa pugnax) , et des espèces du genre 
Lestris. Quelle que puisse être l'influence qui sert à provoquer ce 
changement dans la couleur du plumage de ces oiseaux , il est sûr 
qu'on ne saurait l'attribuer à l'âge des sujets, et, selon les relations de 
MM. Marion et Boié, pas même à la différence sexuelle. 

Le sujet figuré ici diffère de celui de Buffon, pi. 963, par une 
coloration absolument semblable à celle qui distingue le Mouton tout 
brun du Mouton blanc figuré pi. 257 de Buffon $ mais notre Albatros 
trapu blanc conserve encore dans sa livrée quelques plumes de son 
vêtement brun-cendré^ et cette particularité individuelle me porte 
à croire que la livrée blanche, chez les deux espèces, est celle de l'état 
parfait ou invariable. Les pieds sont légèrement bleuâtres, et le bec 
est couleur de chair. 

L'espèce est connue des Japonais sous le nom de Ga-ran-tsjooj 
on la trouve sur les mers à 1 orient du Japon , et dans le voisinage 
des îles Liou-kiou , vers le sud. 



é$é: 





Albatros sourcil? noirs, ad/*/*,. 



Prèû'ey. 



^ 



ALBATROS SOURCILS-NOIRS 



DIOMEDEA MELANOPHRIS. BoiÉ. 



U Adulte. — Planche 456. 

Cette espèce, toujours confondue avec Dlomedea chlororhynchos , 
notre Albatros ruban jaune , pi. col. 468, n'est pas nouvelle; elle 
est même bien plus commune que cette dernière dans les collections 
d'histoire naturelle : c'est à elle qu'on croyait devoir appliquer le 
nom systématique de cklororhynchos , qui, dans le fait, lui convien- 
drait mieux qu'à Y Albatros ruban jaune; mais ce dernier ayant été 
désigné sous ce nom dans les catalogues systématiques, nous le lui 
conserverons, quoiqu'il soit peu analogue, vu la couleur du bec, 
constamment, et dans tous les âges, d'un noir profond; ce bec est 
surmonté, tout le long de l'arête, par un ruban jaune, caractère 
dont on peut, à la rigueur, faire dériver la dénomination de cklo- 
rorhynchos. 

Sans s'arrêter plus long-temps à la revue de cette distinction no- 
minale, nous ferons valoir les différences qui servent à reconnaître 
deux espèces toujours confondues, que M. le docteur Boié a été à 
même d'observer soigneusement pendant sa traversée d'Europe au 

Recueil d'Oiseaux, 77 e . livraison. 



\ 



ALBATROS SOURCILS-NOIRS 

cap de Bonne-Espérance 9 et de cette pointe méridionale de F Afrique 
à File de Java. 

L'espèce figurée pi. 456 , ou Y Albatros sourcils-noirs , diffère de 
celui pi. 468, ou Y Albatros ruban jaune, par les caractères marquans 
que nous signalons ici : 

i° Par la taille toujours d'un tiers plus forte; 2° par la grandeur, 
la force et la couleur du bec; 5° par la forme que présente la base 
nue du bec vers la partie frontale où les plumes commencent : dans 
le melanophris , la partie nue se dessine en demi*cercle et en plaque 
relevée qui s'avance entre les plumes : chez le chlororhynchos la base 
frontale est coupée transversalement en ligne droite; 4° par la cou- 
leur de l'iris des yeux, jaune dans la première espèce, et brune, dans 
tous les âges, chez la seconde; 5° la première, à toutes les époques 
de la mue, porte une bande sourcillière ou un trait noir ou noi- 
râtre au-dessus et vers les bords de l'orbite des yeux; cette bande 
manque à l'autre espèce, dont le bec, dans l'adulte comme chez 
le jeune, est en grande partie noir. 

Le plumage de l'état adulte chez l'espèce melanophris est d'un 
blanc éclatant, il faut en excepter les parties orbitaires toujours 
noires ou noirâtres; la partie supérieure du dos, le manteau et les 
ailes, qui sont d'un beau noir bleuâtre; les rémiges d'un gris ar- 
doise à pointe noire; la queue plus ou moins noirâtre à baguettes 
des pennes blanches. Le puissant bec de cet oiseau est un peu dilaté 
sur les côtés et fortement crochu; sa couleur est d'un jaune orange 
plus ou moins vif à pointe plus ou moins rougeâtre; les pieds sont 
d'un jaune safran. Les dimensions varient bien peu selon les sexes: 
la femelle, toujours un peu plus grande que le mâle, porte en lon- 
gueur totale, deux pieds six pouces. 

Les jeunes sont faciles à reconnaître de ceux du chlororhynchos, 



-$£> 



ALBATROS SOURCILS-NOIRS. 

même lorsqu'ils ont encore le bec noir ou noirâtre et la pupille 
brune: i° à la forme et à la force du bec; 2 à la coupe de la 
plaque frontale; et, 3° aux sourcils d'un cendré beaucoup plus foncé 
que le reste du plumage. 

Ces jeunes ont le plumage totalement gris brun, ou d'un gris 
plus ou moins nuancé de blanchâtre, souvent d'un blanc sale ou 
varié de blanchâtre et de cendré 5 les ailes et le manteau d'un 
brun-noirâtre ; le bec d'un noirâtre terne, plus ou moins marbré 
de jaunâtre selon l'âge des individus, et les pieds livides. 

Voyez, pour la répartition géographique de cette espèce, tout ce 
qui a été dit à l'article des généralités sur le genre albatros. 

On le trouve assez communément dans la baie du cap de Bonne- 
Espérance. 

Les individus du Musée des Pays-Bas sont du Cap, de la Nou- 
velle-Hollande et des mers antarctiques. 



ALBATROS A COURTE QUEUE OU TRAPU. 



DIOMEDEA BRACHIURA. Ïemm. 



| Ë 



Voyez Planche enluminée de Bufïbn g63. 

Cette espèce distincte, figurée mais non décrite dans les Œuvres 
de Bufïbn , a été classée par erreur comme variété de leur Diomedea 
spadicea par les méthodistes; nous avons déjà dit que sous cette 
rubrique du Chocolat albatros des auteurs anglais, on reconnaît la 
livrée de Fâge intermédiaire de Y Albatros mouton ou Diomedea 
exulans. L'Albatros des pL enl. de Bufïbn g63 ne saurait être con- 
fondu avec l'espèce très-exactement indiquée par Gook et Forster, 
et dont nous publions le portrait pi. 46g de ce Recueil. 

Le bec de cet Albatros de Bufïbn, que je propose de désigner sous 
le nom de Diomedea brachiura, est plus long que dans les trois 
autres espèces figurées sous les noms de Melanophris 3 Chlororhyn- 
chos et Fuliginosaj il est à peu près de la longueur de celui dont est 
muni la plus grande espèce désignée sous Exulans^ mais le bec de 
ce dernier est plus fort, par ses parois dilatées et par sa forme plus 
bombée. Les autres caractères qui peuvent servir à reconnaître 
l'espèce de cet article sont, que le bord frontal, ou la base nue du 
bec, est coupé en quart de cercle; que la queue, arrondie par le 

Recueil d'Oiseaux , 79 e . livraison. 



ALBATROS A COURTE QUEUE OU TRAPU. 

bout -, est plus courte que le bout des ailesj que le bec est jaunâtre, 
et tout le plumage d'un brun-chocolat. La longueur totale est de 
deux pieds et demi. 

L'espèce n'a été vue que dans les mers antarctiques de l'Australe- 
Asie, entre le Japon et l'Océanie. Le Musée de Paris possède le sujet 
qui a servi de modèle à la planche de Buffon. 



ALBATROS RUBAN-JAUNE 



DIOMEDEA CHLORORHYNCHOS. Gmel 



V Adulte. — Planche 468. 

C'est ici l'espèce désignée, d'une manière très-caractéristique par 
les navigateurs anglais, sous le nom de Yellow-nosed albatros dont 
Gmelin a fait son Diomedea chlororhynchos ^ dénomination très- 
mal choisie, vu que le bec, dans tous les âges, est à peu près tota- 
lement noir, et qu'il n'y a de jaune qu'à l'arête supérieure et à la 
pointe de cette mandibule ; Lalham, Syn., vol. 5, tab. g4 , en donne 
une figure assez exacte. Nous avons donné, à l'article de Y Albatros 
sourcils noirs > les renseignemens nécessaires qui peuvent servir de 
moyen pour distinguer, du premier coup d'œil, les deux espèces 
confondues sous ce nom de Chlororhynchos. 

L'Albatros ruban jaune, parvenu à letat adulte, a tout le bec 
noir, mais l'arête supérieure est dessinée par une bande jaune Ion- 



T$8- 




Albatros riibcmy 7aim&, cubcfo. 



jrre/re 



-3<l 



ALBATROS RUBAN JAUNE. 

gitudinale, partant de la base ou de la plaque frontale, et aboutis- 
sant vers la partie bombée du crochet de la pointe qui est rougeâtre; 
le bout des ailes et celui de la queue sont à peu près égaux, cette 
dernière est courte et arrondie. La plus grande partie de la tête , le 
cou, le dos, le croupion et toutes les parties inférieures sont d'un 
blanc pur; les joues sont légèrement nuancées d'une teinte cendrée 
bleuâtre. Les ailes sont d'un noir parfait , et la queue est d'un noir 
grisâtre 5 les pieds portent, dans le vivant, une teinte jaune-orange; 
et l'iris des yeux, dans tous les âges, est brun; mais ce qui distingue 
cette espèce de toutes les autres, est la manière dont la base cornée 
du bec est coupée transversalement et en ligne parallèle aux yeux. 

Cette belle espèce est plus rare que le Diomedea melanophris $ 
elle se montre moins dans le voisinage des terres, et ses troupes 
fréquentent plus habituellement la haute mer, dans les parages des 
mers arctiques. 

M. Boié ne put obtenir un seul individu de cette espèce pendant 
sa traversée d'Europe à Java. Les beaux sujets que possède le Musée 
des Pays-Bas ont été offerts à cet établissement par M. le capitaine 
Willems , de la marine marchande. 

On voit un individu au Musée de Paris, et un autre dans la 
collection de milord Stanley. 



I 



ALBATROS FULIGINEUX 



DIOMEDEA FU LIGINOSA. Gmel. 



L'Adulte. — Planche 46g. 

Il est bien caractérisé , et facile à reconnaître à son bec court , 
d'un noir parfait dans tous les âges, à ses mandibules sillonnées 
d'une rainure profonde, à sa queue longue et en forme de cône. 

Le plumage de cette espèce varie singulièrement , non-seulement 
aux différens périodes de l'âge , mais aussi lorsque les individus sont 
parvenus à l'état adulte; et cet Albatros, dont les formes et la cou- 
leur du plumage offrent quelque analogie avec la structure et la 
couleur de la livrée des Labes (Lestris) , semble se rapprocher encore 
plus de ces derniers par la variété plus ou moins irrégulière du 
plumage, qui peut-être n'est, dans le fait, due qu'à la différence de 
livrée des sexes : en effet, on voit des individus des Labes Pomarin 
et parasite 3 couverts d'un plumage totalement brun, mêlés dans la 
même troupe avec des sujets dont le ventre est blanc ou blanchâtre, 
tandis que, selon le rapport des voyageurs, on trouve des Albatros 
fuligineux à ventre blanc ou à parties inférieures d'un cendré ou 
d'un jaunâtre très-clair dans les bandes de ceux à plumage totale- 
ment couvert d'une livrée brune; comme on voit dans les bandes 



4$ 




Albatros fuliameuay, aduàv 



Preères. 



ALBATROS FULIGINEUX. 

d'Albatros mouton des sujets à plumage brun-chocolat et des sujets 
bariolés finement de noirâtre sur fond blanc, et des sujets dont 
tout le corps est blanc. Les différens individus de toutes ces espèces , 
dont j'ai eu occasion d'examiner un grand nombre, servent à con- 
firmer pleinement les observations faites par les voyageurs. 

Les sujets que je juge revêtus du plumage parfait de l'adulte ont 
toute la tête, le cou et le corps d'une couleur ardoise tirant au 
brun, avec les ailes et la queue d'un beau brun foncé; les baguettes 
de la queue blanches. L'orbite des yeux entouré, en partie, d'un 
cercle de plumes blanches ; le bec noir et les pieds jaunes. J'en ai 
vu à plumage de cette teinte, mais à ventre blanc ou blanchâtre. 
Ceux qui paraissent revêtus de la livrée du jeune âge ont tout le 
plumage d'un gris-jaunâtre plus ou moins lavé de brun terne j les 
ailes et la queue brunes, et le bec d'une teinte noirâtre. La lon- 
gueur totale est de trente à trente-quatre pouces. 

Cette espèce est très-répandue dans toutes les mers australes et 
vers la région des trois grands caps. Musée des Pays-Bas et de Paris. 



4*o6*. 




I ty d r o h ate a /?mon , m*/e . 



ffù'eâ. 



HYDROBATE A FANON. 



HYDROBATES LOBATUS. Temm. 



Le Mâle vieux. — Planche 4o6. 

Nous avons cru nécessaire de séparer des canards proprement dits., 
et de réunir sous la dénomination mentionnée, toutes ces espèces à 
doigt postérieur garni d'un rudiment de membrane, vu que le 
squelette de ces oiseaux nous offre des différences marquées et cons- 
tantes, que leur manière de vivre et le choix des alimens ne sont pas 
les mêmes que chez les canards à doigt postérieur lisse, et que des 
caractères faciles à saisir fournissent de très-bons moyens pour établir 
la différence générique entre ces deux groupes. Nous renvoyons tous 
les détails sur l'organisation et les mœurs à l'article contenant les géné- 
ralités et Flndex du genre Hydrobate. 

L'espèce type donnée planche 4o6 est une des plus remarquables 
du genre $ sa grande taille, son bec court, déprimé, dilaté sur les 
côtés $ le large fanon pendant sous le menton du mâle, prêtent à cet 
oiseau une apparence tout-à-fait singulière. Nous savons par des 
notices verbales communiquées par feu Pérou que cet oiseau plonge 
continuellement et poursuit sa proie entre deux eaux , n'ayant le plus 
souvent que la tête visible et tout le corps submergé; il est farouche, 

Recueil d'Oiseaux, 68 e . livraison. 



HYDROBATE A FANON. 

et disparaît à la vue du chasseur pour reparaître à une très-grande 
distance de Fendroit où il s'est submergé. Cette manière de vivre 
est en effet propre à toutes les espèces pourvues d'un doigt postérieur 

lobe. 

Le plumage de cetHydrobate est très-luisant , et les pennes de la 
queue sont subulées à baguettes roides et élastiques $ les ailes sont 
courtes en proportion du volume du corps. Le mâle a sous la partie 
nue du menton une large membrane flottante , semblable à du 
parchemin 5 les plumes de la tête et du cou sont longues , lisses et 
noires $ les côtés du cou irrégulièrement rayés de blanc terne et de 
noir 5 tout le dessus du corps, la poitrine, le cou et les flancs d'un 
brun-noirâtre luisant, jaspé irrégulièrement de zig-zags blanchâtres 5 
tout le ventre couvert de plumes brunes à leur origine et blanches 
au bout 5 les ailes et la queue brunes ; le bec, le fanon et les pieds 
noirs. Longueur, deux pieds six pouces. 

La femelle est un peu plus petite , plus régulièrement jaspée de 
blanc et les côtés du cou d'un brun très-clair tacheté de brun-fauve 5 
elle n'a point de fanon. Les jeunes mâles ressemblent à la femelle; on 
les distingue au petit fanon ou seulement à son pli membraneux sous 
le menton. 

On trouve ce rare oiseau dans les parages de l'Océanie, particu- 
lièrement dans les environs du Port du roi Georges. Il a été décrit 
et figuré par Shaw. 5 miscell., pi. 255. 

Musées des Pays-Bas et de Paris. 



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Pélican a àaieéteé*, a<ùi&y. 



PÉLICAN A LUNETTES 



PELECANUS CONSPICILLATUS. Temm 



U Adulte. — Planche 276, 

Le groupe sous la rubrique de Pelecanus est très-mal établi 
dans les Systèmes méthodiques de Linné et de Latham 5 on peut 
compter dans ce genre quatre types différens , où vierinent se 
réunir les espèces de nos genres Pelecanus , Tachjrpetes ^ Carbo 
et Sula. Nous ne connaissons pas encore d'une manière assez par- 
faite les vrais Pélicans, pour être à même d'en offrir le tableau 
générique. Les sujets déposés dans les Musées sont en trop petit 
nombre pour avoir une opinion bien fondée sur les rapports 
ou sur les différences qui existent dans les individus rapportés 
des parties reculées du globe. Il est préférable de suspendre tout 
jugement sur le nombre des espèces , ainsi que sur les descriptions 
qui en ont été données par les auteurs. Toutefois il est bien 
prouvé, par l'examen d'un grand nombre de dépouilles, qu'on 
peut en toute assurance énumérer les espèces suivantes : i°. Pele- 
canus onocrotalus j 2 . le Pélican brun de Buffon^ pi. enl. gÔ7 , 
mais point l'amas confus de citations entassées sous P. fuscus de 
Lath. j 3°. Pelecanus rufescens j 4 e '. Trachyrhynchos 3 et 5°. notre 

Recueil d'Oiseaux, 47 e - livraison. 



PÉLICAN A LUNETTES. 

P. conspicillatus du présent article $ cinq espèces distinctes , dont 
je puis garantir l'existence. 

Le Pélican à lunettes est nommé d après un caractère mar- 
quant dans cette nouvelle espèce 5 les deux grandes nudités à peu 
près circulaires , dont les yeux sont entourés , ne se trouvent 
telles dans aucun Pélican connu. La taille surpasse celle de nos 
plus grands Pélicans roses d'Europe , mais elle est plus en rapport 
avec celle des individus qui nous ont été envoyés d'Egypte, du 
Sénégal et du cap de Bonne -Espérance 5 car notre Pélican vul- 
gaire , ou rose , habite toutes ces contrées. 

Le front et la région du lorum sont couverts de plumes 5 un 
grand espace circulaire formé par une peau nue , probablement 
plus ou moins rougeâtre ou couleur de chair, dans le vivant, en- 
toure l'orbite des yeux 5 tout le plumage de la tête, du cou et du 
corps est d'un blanc pur 5 mais il est possible que ces parties 
ont pu être légèrement teintes de rose clair, dans le vivant (1)5 
les petites couvertures des ailes sont très -longues, subulées et 
blanches ; celles du second rang sont aussi remarquables par leur 
longueur, mais leur couleur est d'un noir parfait 5 les scapulaires , 
les pennes des ailes et celles de la queue sont aussi entièrement 
noires j la grande poche paraît avoir été colorée , dans le vivant , 
d'une teinte couleur de chair jaunâtre, plus ou moins rougeâtre, 
suivant les époques de l'année. Les pieds paraissent avoir été bruns. 
Longueur, quatre pieds quatre pouces. 

Cette description est prise sur le seul individu que j'ai vu 5 il se 
trouve au Musée de Paris , et a été rapporté des terres Australes 
par l'expédition du capitaine Baudin. 

(1) Le plus grand nombre des Mouettes, des Sternes > quelques espèces de Canards, de 
Harles et de Pélicans ont un plumage plus ou moins rose dans le vivant ; peu de temps après 
la mort et par la seule action du jour, le plumage devient d'un blanc pur. 




322 



C ormoran laraup 



7/Ùel. 



& 



CORMORAN LARGUP. 



CARBO CRI S TA T US. Te 



M M. 



U Adulte en plumage parfait d'hiver. — Planche 5 22. 

Lorsque j'ai publié la seconde édition du Manuel d'Ornithologie 
où cet oiseau est décrit en plumage d'été ou des noces, pag. 900, 
j'ai donné, par erreur, sous la rubrique indiquée, le signalement de 
l'adulte en plumage d'hiver, et cette méprise a été répétée dans tous 
les articles descriptifs de différentes espèces des Cormorans. C'est 
vers la fin de l'automne que notre Cormoran largup se revêt de sa 
belle livrée et que la tête se trouve parée de ce large panache placé 
sur le front. L'espèce dans cet état a été figurée d'une manière très- 
reconnaissable par Olaffen , Voyage en Islande, vol. 2, atlas, tab. 44. 
La Zoologie arctique, pag. 585, en fait mention d'après Fabricius, 
Fauna Groenlandica. C'est dans cet ouvrage et dans celui d'Olalfen 
que Latham a emprunté la description de son Carbo cristatus. Les 
auteurs mentionnés nous ayant laissé dans le doute sur l'époque 
à laquelle ces oiseaux sont parés , pour un temps, de leur belle livrée , 
il était présumable que conformément à la règle générale chez tous 
les oiseaux sujets à une double mue , on pouvait considérer comme 
attribut de la livrée de printemps ou des noces le développement le 

Recueil d'Oiseaux , 54 e - livraison. 



CORMORAN LARGUP. 

plus parfait du plumage. Les notices très-intéressantes publiées par 
M. Faber dans l'opuscule portant pour titre Prodromus der Islan- 
dischen ornithologie , pag. 55, esp. 2, nous ont fait connaître l'époque 
de leur mue; mais Fauteur confond deux espèces distinctes , car il 
est totalement faux de croire que c'est le même oiseau indiqué sous 
Carho graculusj ce dernier est d'un quart moins grand que Carbo 
cristatus-y sa queue est longue, cunéiforme, et son plumage, dans les 
deux saisons, très-différent de celui de notre Cormoran largup. 
M. Faber rapporte de son Graculus , qui est notre Cristatus en plu- 
mage de parade, que l'espèce est commune en Islande $ elle se revêt 
au mois d'octobre de l'élégante livrée dans laquelle nous la figurons 
pi. 5225 la huppe frontale disparaît au mois de mars, et tout le plu- 
mage prend une teinte d'un verdâtre-terne; elle porte cette huppe 
frontale droite et toujours relevée pendant la natation et dans tous ses 
mouvemens, mais lorsqu'elle se repose à terre, la huppe reste couchée 
sur le sommet de la tête. Vers la fin de juin les jeunes sont en état 
de voler. Les œufs de ces oiseaux, au nombre de quatre, ont une 
forme oblongue, très-petits en proportion de la taille de l'oiseau et 
recouverts d'une couche calcaire de couleur blanc- verdâtrej les vieux 
font rarement entendre leur voix très-forte ; ils défendent leur pro- 
géniture avec beaucoup d'acharnement. Elle se distingue de tous les 
Cormorans connus par sa queue courte et arrondie et par son bec 
long et un peu grêle j un vert bouteille très-lustré couvre tout le plu- 
mage, et de larges bordures noires entourent les plumes du dos 5 la 
huppe frontale est le seul ornement extraordinaire de cette espèce , 
dont l'habitation paraît être limitée aux régions septentrionales de 
l'Europe. 



GENRE ANHINGA. 



GENUS PLOTUS. Linné. 



Sec long, parfaitement droit, grêle,, en fuseau, très-aigu à la pointe ; bords de la 

mandibule supérieure dilatés à la base, comprimés et fléchis en dedans sur le reste; 

l'inférieure, plus courte que la supérieure, est taillée en angle très-ouvert; les 

deux mandibules finement dentelées à la pointe. 
Narines occultes, linéaires, cachées dans une rainure peu profonde. 
Pieds courts, gros, forts, retirés dans l'abdomen et hors l'équilibre du corps; tarse 

beaucoup plus court que le doigt intermédiaire et l'externe, qui sont égaux; 

pouce articulé intérieurement au niveau des autres doigts ; tous engagés dans une 

seule membrane. 
Ailes longues, la première rémige moins longue que la deuxième, troisième et 

quatrième ; la troisième la plus longue. 
Queue très-longue, à pennes roides et élastiques. 



L'article Anhinga a été parfaitement traité par BufFon. Son génie 
fécond en rapprochemens ingénieux a employé son brillant pinceau 
pour peindre les formes singulières de ce genre d'oiseaux 5 dont les 
caractères distinctifs nous offrent en effet f image d'un reptile enté 
sur le corps d'un oiseau. 

A la lecture d'un tel article , le naturaliste français ne peut tracer 

Recueil d'Oiseaux, 64 e . livraison. 



GENRE ANHINGA. 

qu'avec défiance de lui-même une notice supplémentaire à ces 
pages admirables : le naturaliste étranger, convaincu de son infé- 
riorité devant un pareil modèle, devrait reculer en considérant 
toute la difficulté d'une tâche au-dessus de ses forces. C'est donc en 
invoquant l'indulgence du public, et encouragé par l'accueil favo- 
rable dont il honore ses écrits, que ce dernier se hasarde d'ajouter 
quelques lignes à la suite des articles composés par le Pline français. 
J'ai déjà été plusieurs fois dans le cas d'appeler l'attention des 
naturalistes sur l'analogie des formes qui semblent se répéter exac- 
tement, sous le même parallèle, entre les espèces différentes d'un 
même groupe, réparties dans les deux mondes (1). Le genre Anhïnga 
nous fournit une preuve de plus à l'appui de cette opinion sur le 
système de répartition des animaux dans les deux continens. L'An- 
hinga réparti sur une grande étendue de l'ancien continent et ce- 
lui qu'on trouve sous le même parallèle dans les deux Amériques 
présentent une organisation et des formes parfaitement identiques? 
ils offrent même, par la nature et par les couleurs du plumage, la 
ressemblance la plus frappante : leur manière de vivre est la même 
dans ces pays séparés par l'immense étendue de l'Océan , comme par 
une barrière impossible à franchir sous cette zone tropicale. Ces deux 
espèces ne diffèrent essentiellement que par quelques légères diffé- 
rences dans la grandeur du bec, par la nudité des côtés de la gorge, 
par les plumes des scapulaires et par des disparités constantes dans 
les couleurs de la robe aux différentes époques de l'âge et de la mue. 
Les variétés de plumage sous lesquelles on trouve les deux espèces 
mentionnées ont donné lieu à des emplois multipliés, et servent à 
porter le nombre nominal à quatre espèces. 

(i) Voyez à l'article du genre Couroucou et dans les monographies de mammalogie les articles 
Felis et Molosse. 



GENRE ANHINGA. 

Les espèces connues d'Anhingas semblent éprouver deux mues 
périodiques qui influent sur les couleurs de la livrée, particulièrement 
sur celles du cou; quelques faisceaux de longues plumes effilées se 
montrent vers le temps des amours; dans FAnhinga de l'ancien 
continent , ce sont les côtés du cou que la nature pare d'un ornement 
accessoire , composé de longues plumes blanches; dans FAnhinga du 
Nouveau-Monde 9 l'occiput et une partie de la nuque sont garnis d'une 
espèce de crinière noire. Le jeune Anhinga est sujet à plusieurs mues 
avant de revêtir la livrée de Tadulte. 

Yoici comment il convient de répartir les indications sur les quatre 
Anhingas mentionnés par les auteurs, et la place que doivent occuper 
les figures données dans les ouvrages d'ornithologie. 

Esp. 1 . Anhinga Le Vaillant de nos pi. col. 58 o; le mâle en livrée 
complète des noces, P lotus Le Vaillantii$ et comme synonyme, 
Plotus Melanogaster 3 Lath. ind. orn. pag. 8()5, où les deux espèces 
de l'ancien et du nouveau continent offrent un amas confus de cita- 
tions réunies. Anhinga roux du Sénégal, Buff.pl. 107 : cette figure au- 
dessous de la critique , très-mal coloriée et chargée de roux , est faite 
sur un mâle adulte. Anhinga Melanogaster y Fors t. zool ind. pi. 12 : 
figure assez exacte du mâle adulte en livrée ordinaire. Patrie certaine, 
les parties orientales et méridionales de l'Afrique, l'Inde et les îles 
de Java et de Sumatra. 

Esp. 2. Anhinga noir; le mâle adulte, Buff. pi. enl. 960; et pi. 
969 la femelle. Voyez aussi Lath. synop. tab, 106 Black bellied 
danter, la vieille femelle, Wiîson Am. ornith. vol. 9, pi. 74. fig. 1 et 2 : 
figures très-exactes du mâle et de la femelle. C'est Plotus Anhinga 
des méthodistes. Patrie , une grande étendue de pays dans les 
deux Amériques. 

Les jeunes des deux espèces mentionnées se ressemblent par le 



GENRE ANHINGA. 

manque total de noir aux parties inférieures du corps et au 
cou 5 ces parties sont dans le jeune de la première espèce d'un 
roux-clair ou isabelle, et dans la seconde d'un cendré terne, un 
peu plus nuancé de brun au ventre. 



58 o. 




^ 



Anlimga Ze&callaïtô» màl&. 



J/Ù'eé. 



ANHINGA LE VAILLANT. 



PLOTUS LE FAILLJNTIL T 



EMM. 



Mâle, plumage des noces. — Planche 58o. 

Me voyant dans l'obligation de changer le nom de P lotus mélano- 
gaster, rubrique sous laquelle Latham confond nos deux espèces , 
j'ai cru ne pouvoir faire un choix plus heureux qu'en donnant à 
l'espèce peu connue de cet article le nom de mon défunt ami. Les 
ornithologistes de tous les pays applaudiront sans doute à ce choix. 

Comme voyageur. Le "Vaillant pouvait se glorifier d'avoir pénétré 
le premier dans cette partie de l'Afrique méridionale où le flambeau 
de la civilisation n'avait point encore lui pour ces hordes dispersées; 
ce pays , de nos jours bien plus facile à parcourir, n'a été exploré 
d'une manière classique, et sous le rapport de l'étude de la nature, 
que par lui. Il fut, comme naturaliste, mieux versé que tous ses 
devanciers et que ses contemporains dans l'étude pratique de l'orni- 
thologie} sa mémoire est honorée par tous ceux qui partagent ses 
goûts et qui aspirent à marcher sur ses traces ; elle m'est particuliè- 
rement chère. Je dois à Le Vaillant et à ses écrits mes premières 
pensées et mon premier élan en histoire naturelle; ses ouvrages et 
ses conseils me servirent de guides dans l'étude pratique de cette 

Recueil d'Oiseaux, 64 e . livraison. 



ANHINGA LE VAILLANT. 

science, et je me plais à reconnaître qu'il posa, à son retour d'Afrique, 
les premières bases d'une collection qui, passant depuis du père au 
fils, fait aujourd'hui le plus bel ornement du Muséum des Pays-Bas. 

Le Vaillant nous fournit dans son second voyage en Afrique les 
premiers renseignemens exacts sur la manière de vivre de l'espèce 
figurée pi. 58 o. 

La dénomination de Slanghals-vogel (oiseau à cou de serpent) 
que les Hottentots de Le Vaillant donnèrent à l'Anhinga, le carac- 
térise d'une manière bien simple et bien vraie. Soit que l'Anhinga 
se perche, soit qu'il nage ou qu'il vole, il est certain que la partie 
la plus apparente et la plus remarquable de son corps est toujours 
son long cou grêle, continuellement en oscillation j dans le vol seul, 
immobile et tendu, il forme avec la queue une ligne horizontale très- 
droite 5 sa longue queue à pennes fortes et élastiques sert de gouver- 
nail lorsque ces oiseaux nagent entre deux eaux à la poursuite des 
poissons dont ils font leur principale nourriture. Quand l'Anhinga 
saisit un petit poisson, il l'avale tout entier} mais s'il est trop gros, il 
l'emporte ou sur un rocher ou sur un tronc d'arbre, et le fixant sous 
un de ses pieds, il le dépèce à coups de bec. Il établit son nid sur les 
arbres ou sur les rochers, dans le voisinage des eaux; d'un naturel 
excessivement farouche il est très -difficile de l'approcher, surtout 
quand il nage$ sa tête dans cet état est la seule partie qui soit à dé- 
couvert 5 il plonge continuellement et reparaît à une grande distance 
de l'endroit où il s'est submergé. 

L'Anhinga mâle adulte en plumage ordinaire a la tête et le cou 
roussâtre clair ou roussâtre mêlé de brun 5 le sommet de la tête et la 
nuque étant toujours plus sombres que le devant du cou, la gorge est 
blanche ou blanchâtre 5 une bande d'un blanc pur s'étend sur les côtés 
du cou depuis l'angle du bec jusque vers la moitié de la longueur du 



ANHINGA LE VAILLANT, 
cou 5 les très-longues plumes scapulaires, les pennes secondaires les 
plus proches du corps, et toutes les couvertures des ailes portent longi- 
tudinalement une large bande d'un blanc velouté argentin $ les bords 
des plumes sont d'un noir parfait 5 une partie du devant du cou, la 
poitrine et toutes les parties inférieures, sont d'un noir lustré 5 tout le 
reste du plumage et la queue dans toute son étendue sont d'un noir 
parfait. La femelle diffère peu du mâle, seulement par des teintes 
moins pures et plus claires. Les jeunes de l'année portent les traces 
des bandes blanches des côtés du cou j tout le reste du cou est d'un 
isabelle clair, le ventre et les parties inférieures d'un isabelle foncé 5 le 
dos brun marqué longitudinalement de brun plus sombre ; les plumes 
scapulaires ne sont point allongées en filets^ quoique beaucoup plus 
courtes que dans l'adulte, elles sont cependant marquées de gris- 
brun le long des baguettes 5 toutes les couvertures des ailes portent 
des bordures d'un gris-brun terne 5 les ailes et la queue sont d'un 
noir mat, et les deux pennes caudales du milieu ne sont point gau- 
frées sur les barbes extérieures^ les flancs et les cuisses sont d'un brun 
terne. Les jeunes, dans le passage d'une livrée à l'autre, ont le ventre 
et la poitrine tapirés de plumes noires et isabelles$ les scapulaires 
de longueur moyenne sont d'un gris-brun argentin le long des ba- 
guettes. 

Le très-vieux mâle en plumage de noces, figuré pi. 38o, a le sommet 
de la tête et l'occiput d'un roux-mordoré 5 une large bande d'un noir 
parfait couvre les côtés du cou ; au-dessous de cette bande se dessine 
la raie blanche latérale propre aux deux sexes et à tous les âges 5 
mais dans le temps des amours se montrent sur toute l'étendue de 
cette ligne de longues plumes à barbes décomposées et d'un blanc 
éclatant; le devant du cou est d'un isabelle clair et sa partie posté- 
rieure d'un roux-brun mordoré 5 les bandes disposées sur les longues 



ANHINGA LE VAILLANT. 

plumes scapulaires et sur toutes les couvertures , ont une teinte 
isabelle couverte d'un lustre brillant 5 une partie du devant du cou, 
la poitrine et tout le dessous du corps , sont d'un noir à reflets vert- 
bouteille} le bec, la nudité ophtalmique et la très-petite bande nue 
de chaque côté du cou sont d'un beau jaune. Longueur totale, envi- 
ron trois pieds. 

L'Anhinga de l'ancien continent a le bec plus grêle et plus effilé 
à la pointe que celui du Nouveau-Monde ; ce dernier est un peu plus 
grand, et la nudité bifurquée du menton est plus étendue dans 
celui-ci que chez son congénère de l'ancien continent j les deux 
espèces ont, à l'état adulte, des plis transversaux sur les barbes ex- 
térieures des deux pennes du milieu de la queue; les plumes scapu- 
laires portent dans les deux espèces de belles bandes argentines j 
mais dans l'Anhinga de l'ancien continent elles sont très longues et 
peu larges 5 celui du Nouveau-Monde les a courtes et en forme de fer 
de lance. 

Nous avons établi cette description sur un grand nombre d'indi- 
vidus rapportés du Sénégal , du Cap de Bonne-Espérance et des îles 
de l'Archipel indien 5 la même espèce paraît répandue dans toutes ces 
contrées. L'individu figuré pi. 38o a été rapporté du Sénégal. 



fy& 




Ou il I emo t vieillard, en été. 



Prêtre- 



Oçi 



GUILLEMOT WUMIZUS'UME 



VRIA WUMIZVSVME. Temm. 



Adulte en été. — Planche Ô79. 

La belle et élégante espèce dont nous fournissons ici le portrait 
du plumage parfait d'été est remarquable par les diflPérens états sous 
lesquels se présente le plumage aux différentes périodes de l'âge et 
de la mue. Plusieurs individus capturés dans les mers du Japon et 
sur les côtes de la Corée nous mettent à même de donner la des- 
cription de ces livrées. 

La huppe frontale, élégante et légère, est composée d'un faisceau 
de longues plumes subulées propre aux deux sexes; mais cette belle 
touffe n'est qu'un ornement passager; elle existe seulement pendant 
le temps des amours : les deux sexes n'en portent aucun vestige 
pendant tout le reste de l'année; la livrée des noces, outre cette 
parure, porte encore des plumes d'un blanc éclatant, longues et su- 
bulées au-dessus des yeux, derrière le méat auditif et à la nuque ; 
plus bas, vers la partie supérieure du cou , elles se présentent en 
fines mèches blanches sur le fond noir qui recouvre toute cette par- 
tie. Le front, la huppe, le sommet de la tête, les joues et une large 
bande longitudinale, qui de la nuque se dirige sur les côtés de la 

Recueil d'Oiseaux, 98 e livraison. 



4- 



GUILLEMOT WUMIZUSUME. 

poitrine et tout le long des flancs, sont d'un noir plein ; la face et le 
menton sont d'un gris cendré; tout le dessus du corps est d'un beau 
gris bleuâtre, mais les couvertures des ailes sont d'un gris noirâtre; 
le reste des ailes et la petite queue arrondie sont d'un noir mat. 
A partir du menton, toutes les autres parties inférieures sont d'un 
blanc pur 5 les pieds et les doigts sont jaunes , et les palmures 
noires. 

La livrée hybernale n'offre aucun indice de huppe ni de plumes 
subulées; toute la tête, la gorge et la nuque sont noires; quelques 
individus portent de petites mèches blanches plus ou moins nom- 
breuses, selon l'époque de Tannée. 

Les jeunes ont du cendré noirâtre sur les parties qui sont noires 
chez l'adulte; les parties supérieures sont d'un cendré terne, et les 
parties inférieures d'un blanc terne. 

Bec couvert de plumes jusqu'aux orifices des narines, et jaunâtre 
à la pointe j ce bec est comprimé, grêle et plus court que la tête* 
Longueur totale, environ dix pouces. 

PallaSj, Fauna rossica, pag. 36*7, décrit une espèce voisine 
de celle-ci 3 sous Uria senicula , tab. 85 ; c'est Alca antiqua de 
Gmel. et de Latham. M. le professeur Brandt en fait un genre 
distinct sous le nom de Synthliboramphus antiquus ; Monographia 
alcarum, tab. 5. 

On trouve notre espèce sur les côtes de Corée et au Japon j son 
nom japonais est Wumizusume. 



^o \ 



GENRE STARIQUE. 



GENUS FEALE RI S. Temm. 



Bec plus court que la tête, déprimé, dilaté sur les côtés, presque quadrangulaire , 
échancré à la pointe; mandibule inférieure formant un angle saillant. 

Narines marginales au milieu du .bec, linéaires, à moitié fermées par derrière et en 
dessus, percées de part en part. 

Pieds courts, retirés dans l'abdomen; tarse grêle, seulement trois doigts devant; 
ongles très-courbés. 

Ailes médiocres, première rémige la plus longue. 



Ces oiseaiïx, assez voisins des Guillemots de petite taille et pas 
fort éloignés des Macareux et des Pingouins , vivent de la même 
manière que ces habitans des régions glaciales de notre globe 5 ils 
voguent sur les ondes , au milieu des glaçons , avec une agilité 
et une grâce admirables; leurs essaims nombreux donnent de la 
vie à ces contrées, où les frimas ont établi leur empire. Leur 
migration n'est jamais portée très-avant vers les climats plus doux 
et leur demeure semble circonscrite dans les limites des régions po- 
laires arctiques. C'est vers le Groenland et le Kamtschatka qu'ha- 
bitent les deux espèces qui nous sont connues, et dont on doit la 
connaissance aux voyageurs intrépides qui ont parcouru ces mers 

Recueil d'Oiseaux, 34 e . livraison. 



GENRE STARIQUE. 

septentrionales 5 la troisième n'a point encore été constatée par 
l'examen de sa dépouille. Ces trois espèces ont été indiquées, savoir: 
notre Starique perroquet, Phaleris psittacula 3 sous les noms de 
Alca psittacula Lath., sp. 8; et la figure du bec de grandeur natu- 
relle, tab. 95, fig. 2, indique Fétat adulte. Le jeune âge de cette 
espèce est décrit sous le nom de Alca tetracula Lath. ^ sp. 7 , et 
tab. 95 , fig. 5. 

Starique cristatelle , Phaleris cristatella^ sous le nom de Alca 
cristatella Lath., sp. 6, l'adulte, et Alca pygmea, id. , sp. 11, 
le jeune de l'année. 

La troisième espèce, sous le nom de Alca antiqua^ ne m'est 
point connue. 



STARIQUE CRISTATELLE 



P HA LE RIS CRISTATE LLA. Temm. 



If Adulte. — Planche 200. 

La figure lithographiée de l'adulte, accompagnée d'une notice 
sur cette espèce , a été donnée par M. Valenciennes dans l'ou- 
vrage de M. Choris, Voyage pittoresque autour du monde , page 18 
et suivantes. C'est , ainsi que nous l'avons annoncé dans l'introduc- 
tion de ce genre , les Alca cristatella et pygmea des catalogues 
méthodiques. On voit une figure de la tête de cet oiseau dans 
Lath., sjrn. , vol. ô, tab. <§^,fig. 4. 

L'adulte est de la taille d'une forte Caille 5 les deux sexes sont 
caractérisés par une huppe frontale , composée de quelques plumes 
dont les deux côtés des barbes sont accolées 5 ces plumes , au nombre 
de six ou de huit, forment une aigrette recourbée en avant jusque 
sur la pointe du bec 5 des plumes très-longues, effilées et d'un blanc- 
pur, prennent naissance aux côtés du bec 5 elles garnissent aussi 
le front et sont disposées sur les joues et vers les oreilles 5 elles sont 
très-longues, déliées, et d'un blanc très-pur dans les individus fort 
âgés, mais plus courtes chez les jeunes. Le plumage est, en géné- 
ral , d'un brun-noirâtre , plus foncé en dessus , plus pâle en dessous, 

Recueil d'Oiseaux, 34 e . livraison. 



STARÏQUE CRISTATELLE. 

et tirant sur le cendré-bleuâtre à la région pectorale, et sur un 
cendré un peu jaunâtre vers le bas-ventre 5 le bec est d'un jaune- 
rougeâtre , sa base est d'un rouge-vif; les vieux ont tout le bec d'un 
beau rouge$ les pieds sont d'un noir -cendré. Longueur totale , six 
pouces six lignes j bec long de six lignes. 

Les jeunes de l'année ont le bec plus déprimé que les adultes 5 il 
est d'un brun-noirâtre 5 dans cet état la huppe frontale manque, et 
ils n'ont point de longues plumes blanches aux côtés delà tête 5 les 
plumes du méat auditif sont terminées par de petites soies blanches, 
très-courtes 5 toutes celles du front sont noires, mais une ligne 
blanche suit la direction de la baguette j toutes les parties inférieures 
sont noires, excepté les scapulaires qui ont une teinte cendrée 5 la 
gorge et la poitrine sont d'un blanc-jaunâtre sale 5 tout le reste des 
parties inférieures est d'un blanc pur. Les individus, dans l'état de 
mue ou à l'époque du passage d'une livrée à l'autre, sont tapirés 
de plumes noires et blanches. 

On le trouve, dit M. Valenciennes , dans les mers voisines du 
Japon et sur les côtes de l'île Martamey ou Yesso, d'où les navi- 
gateurs russes ont rapporté les premiers échantillons. M. Ghoris en 
a reçu un à Fîle de S.-Laurent, dans le détroit de Bering. Le 
jour il nage sur la mer 5 la nuit il se retire dans les antres du rivage 
et dans les fentes des rochers. C'est le Starick des Kamschadales. 

Musées de Paris et des Pays-Bas. 






200. 




\ 



Starique crwlcUeue/* 



ffzteé. 









A 



-& 



POST-SCRIPTUM. 



En terminant par cette livraison 101 e * la première série des planches coloriées, 
formant une collection de 600 tables, sur lesquelles se trouvent représentées environ 
800 figures d'oiseaux, nous osons nourrir l'espoir d'avoir satisfait strictement à 
l'engagement pris envers le public lors de la publication de la première livraison, 
qui eut lieu en 1820. Dans cet espace de seize années, il a été mis successivement 
sous les yeux des naturalistes un choix des espèces les plus remarquables qui sont 
les fruits des découvertes faites par toutes les nations, et qui ont eu lieu dans les 
différentes parties du globe. Aucun des recueils connus ne contient un aussi grand 
nombre d'espèces nouvellement découvertes. Favorisé par ma position des plus 
heureuses, nous n'avons eu, le plus souvent, que l'embarras du choix parmi ce 
grand nombre d'objets inédits; c'est même souvent à regret qu'il a bien fallu se 
résoudre d'éloigner de ces publications plusieurs espèces intéressantes par les 
formes ^ mais dont le plumage sombre et peu varié aurait pu offrir un moindre inté- 
rêt aux yeux des amateurs de toutes les classes de la société, dont il importait de 
consulter les goûts; c'est aussi, guidé par ce motif, et vu le luxe qui s'est joint à la 
publication de ces deux formats ,, que je me suis cru obligé de restreindre le plus 
possible le texte de cet ouvrage, en ne publiant pas toujours de résumé monogra- 
phique de l'histoire des genres et des espèces , ou en supprimant totalement les con- 
sidérations sur les rapports généraux des groupes, ce qui aurait augmenté de beau- 
coup les feuilles du texte et les travaux typographiques en occasionant des frais 
plus considérables. 

* La 102 e Livraison servira de complément à l'ouvrage; elle contient les tables promises, les index, et les 
titres et faux titres des cinq volumes. 



POST-SCRIPTUM. 

Dans la confection matérielle, rien n'a été négligé, et nous ne redoutons pas sur 
ce point très-important la critique la plus sévère. L'ouvrage, à dater de l'époque 
où parut la première livraison, s'est constamment soutenu, a même été de mieux 
en mieux, et a pu rivaliser favorablement avec toutes les autres publications de 
luxe qui ont vu le jour dans ces derniers temps. C'est à la persévérance louable de 
nos collaborateurs, particulièrement de nos habiles artistes, MM. Huet et Prêtre, 
que nous sommes redevables de la parfaite exécution des planches,' dont ils ont 
dirigé et soigné tous les travaux avec un zèle qui ne s'est pas ralenti un seul 
instant. 

Nous nous empressons aussi de témoigner des rernercîmens aux souscripteurs 
qui ne se sont pas lassés, pendant tout ce temps, de continuer leur adhésion à seconder 
une entreprise aussi coûteuse. Il nous reste des grâces a rendre au gouvernement, 
dont la protection efficace n'a pas discontinué^ sous trois règnes différens, à accor- 
der des subsides à cet ouvrage. Personnellement étranger à cette France qui encou- 
rage d'une manière si libérale les sciences et les arts, je m'estime heureux et j'ose me 
glorifier d'avoir pu terminer une aussi vaste entreprise, sans avoir rencontré la 
moindre contrariété dans les publications, ni éprouvé les désagrémens des critiques 
amères dictées par la malveillance ou suscitées par l'envie ; critiques qu'il est sou- 
vent difficile d'éviter, même par le plus grand désintéressement et avec l'abnégation 
la plus complète à toute gloriole littéraire. Il est cependant un genre d'honneur 
auquel je ne me trouve pas insensible, c'est celui d'avoir pu contribuer, par mes 
travaux, à étendre le cercle des connaissances dans une des branches les plus inté- 
ressantes de l'étude de la nature. Il ne m'est pas indifférent non plus de placer mon 
nom, quoique étranger à la France, à un ouvrage qui fait suite aux œuvres de l'un 
des plus grands génies du siècle dernier. Puisse cette suite aux travaux de BufFon 
n'être pas jugée trop au-dessous du grand modèle que je me suis permis de 
prendre pour guide! C'est à quoi se bornent tous mes vœux. 

B. J. TEMMINCK. 

Paris, ce 5o août i856. 



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