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Full text of "Revue Ardennes et Argonne"

PUBLIÉE PAR LA SOCIETE D'ETUDES ARDENNAISES 



DIX-SEPTIEME ANNEE 
1909-1910 




SEDAN 

IMPRIMERIE EMILE LAROCHE 



22. Rl'K nAMBF.TTA. 22 



1010 



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Vocabulaire Wallon-Français 

(Dialecte Givetois) 



INTRODUCTION 

Le Giveloîs, parler du canton de Givet (Ardennes), étant une 
branche du Wallon, a sa part d'importance dans l'élude de la 
langue nationale, issue comme lui du roman ; il mérite donc d'être 
connu et conservé dans sa forme actuelle, c'est-à-dire avant d'avoir 
franchi d'autres étapes dans la transformation lente et incessante 
qu'il subit. Sans doute, notre wallon a un tempérament robuste et 
vivra longtemps encore ; mais si l'introduction progressive des mots 
français ou étrangers qu'il s'assimile augmente son vocabulaire, 
elle en restreint proportionnellement le vieux fonds indigène, et il 
est à craindre que le noyau le plus intéressant de cet idiome ne 
soit ou délaissé pour cause de vétusté et de non-emploi, ou encore 
entièrement délayé et rendu méconnaissable au milieu des éléments 
nouveaux que lui imposeront de plus en plus le développement de 
l'instruction, de la civilisation et les inventions de toutes sortes. 
Déjà, de nos jours, certains mots comme cwamejl (l), tchhjhe (2), 
mayeûr (3), etc., tombent en désuétude et font place à d'autres plus 
modernes ou d'apparence plus élégante : vnrdoniê, chamc, mère, etc. 
Où trouvera-t-on plus tard, si ce n'est dans les livres, les noms de 
broyé (4), spindjc (5), auspe (0), djaulwinnc (7), et les verbes spindji, 
serci (8), mots employés couramment naguère, mais inusités depuis 
que l'on ne cultive plus le chanvre dans notre pays et que nos 
ménagères ne filent plus au moulin (rouet)? Autant de pertes qui ne 

(1) Cordonnier; on peut écrire aussi cwam'ji. 

(2) Chaise. 

(3) Maire. 

,4) Instrument pour broyer le chanvre roui et séché. 

(5) Inslrnment pour leiller le rhanvre et débarrasser la filasse des débris d'écorce qui -y 
adhèrent. 

(6) Dévidoir pour transformer en écheveau le fil de la bobine d'un rouet. 
(") Dévidoir au moyen duquel l'écheveau était mis en peloton. 

8) Peigner la filasse sur un séran ou peigne à dents fort longues. 

Hkv. d'Ard. et d'Arc. T. XVIII, n» 6. 



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— 168 — 

se répareront jamais et que d'autres suivront fatalement. Ces! donc 
un devoir de sauver de l'oubli, au nom de la science et de la posté- 
rité, ce qui reste du langage de nos pères : nous avons tenté de le 
faire pour le wallon du Canton de Givel. 

Dans la bouche de nos ancêtres, le roman a subi des détériorations 
et des transformations qui ont donné au givelois une originalité 
qu'accentuent encore les variantes constatées d'une localité à l'autre. 
Il est, par conséquent, nécessaire d'adopter une orthographe appro- 
priée aux exigences de ce langage ; à celle condition seulement, 
on pourra en reproduire exactement la prononciation, l x allure et les 
idées. Nous écrirons donc le wallon pour lui-même, tout en tenant 
compte de son analogie avec le français, mais sans nous préoccuper 
outre mesure de ce brillant congénère, dont les anomalies or.hogra- 
phiques sont, du reste, suffisamment connues. 

Avant d'énumérer les caractères particuliers du givelois, il esl 
indispensable, pour l'intelligence de ce qui va suivre, de faire 
connaître d'abord le son attribué aux lettres et groupes de lettres 
employés dans cet ouvrage : c'est là l'objet du tableau suivant : 



ÉLÉMENTS WALLONS ÉQUIVALENTS FRANÇAIS 



a, i, o, u brefs 
â, î, û longs 



a (palle) ; i (litre) ; 
o colle' ; u (sucre. 

â l'phUre) ; î épitre x 
û (flûte). 



EXEMPLES WALLONS 



ai se prononce 

comme dans, lait. 



e est toujours muet, 
é fermé long 



ê long 
è ouvert 
è long 



é fée;, 
ai [fait! 



ê fié le 



è (progrès; ; ais (je 
parlais;. 



xalchi ilirer); frochi (froisser); 
flotche (flocon) ; pupe (pipe;. 

wdc(vile); i///»(ile); nwYfruo . 

! 

i icaiti (regarder); vitrais (mau- 
j vais, en colère) ; braire (pleu- 
| rer). 

I passâ/e (ventei ; miel (miel ; 
! in tel (un tel). 

uêrc (guère) ; dji rare (je vou- 
drai) ; dji pautrê (je partirai. 



djaurnè (germer) ; dfàrh (j'en- 
tendrais); ifaurèt il faudrait). 

plus ouvert que dans! guère (guerre); Pière (Pierre»; 
offert). I bèrec (berceau). 

œ bref I œu (œuf) ; e (article le)' djœ (jeu) ; biœ (bœuf) ; yœ (œuf). 

ô long I presque Fou de unité. I soie (sorte) ; môye (meule); vôt/e 

i (chemin). 

ain esl conservé dansl ain (élain;. I picain (pain); micain (main) ; 

quelques cas. i I hrain (levain). 



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— iW - 



ÉLÉMENTS WALLONS 



ÉQUIVALENTS FHANÇA1S 



l,es voyelles compo- 
sées an, in, on, un 
sont nasales devant 
une consonne ou ix 
la fin d'un mot. 

Les nasales longues 
fin, in, on sont dans 
le même cas que les 
précédentes. | 

Devant une voyelle,] 
l'n se sépare des 
lettres a, e, i, o, u, 
â, ê, i, 6, û et se 
fait sentir sur la 
lettre suivante. 

H n'est pas fait usage 
des nasales am, em, 
im, om. 

au 

eu toujours long 
ou bref 

où long 

d) se prononce d'une 
seule émission de 
voix en conservant 
à chaque consonne 
sa valeur particu 
lière. 

Il en est de mémo de 
tch = t + ch. 

I,a semi-voyelle w 

équivaut à 

wa 

win 

La semi-voyelle y se 
prononce toujours 
séparément de la 
voyelle précédente. 



an (enfant) ; on, in 
(intention). 



an (panse); in (singe); 
on (bronze). 



a (canot); e (renier) ; 
i (inédit); o (bonasse); 
u 'lune\ 



au (saut). 

eu (heureux ; deux) 



ou ; irou\ 



où {croûte}. 



EXEMPLES WALLONS 



OU. 

oi (boire). 

oin (point). 

y (veux); U mouillés 
ibille\ 



djanhe (jambe) ; minton (men- 
ton) ; alun. 



sânnè (saigner) =2 sàn-nè. 
linwe (langue) = lin-we. 
mônnl (meunier) = môn-ni. 



anoyi (ennuyer) zz a-no-yi. 
ènète (nuque) = è-nète. 
inocint (innocent) = i-nocint. 
tonia (tonneau) = to-nia. 



trau (trou) ; rnaud (renard) ; 
crau (gras). 

peu (peur) ; djeu (jeu) ; il a yen 
(il a eu). 

pouye (poule) ; ploute (pluie) ; 
houye (ampoule). 

couloûtc (couleuvre) ; brèyoû 
(pleurnicheur); caloû (câlin). 

djins (gens) ; djaûbe (gerbe) ; 
djonde (toucher). 



tcké (chien) ; tchèna (panier) ; 
tchaûrli (charron). 

bwagne (borgne); wire (guère); 
waiti (regarder); mwinnè 
(mener). 

micart (mort) ; watche (orge) ; 
twart (tort). 

cwin (coin) ; pic in te (pointe). 

payi ipayer) =: pa-yi : baûyi 
(bâiller, crier fort) = baû-y i ; 
rôye (sillon) =z rô-ye. 



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- 170 — 

Les consonnes autres que celles dont il vient d'être question fie 
prononcent comme en français sous les réserves formulées plus loin 
(V. règle n° 2). 

Voici maintenant les conventions orthographiques. 

1° D^une manière générale les consonnes doubles sont supprimées : 
pomi (pommier), donè (donner), bêle (belle), anonci (annoncer). Il est 
fait exception pour ss et rr, dont remploi est parfois indispensable : 
assire (asseoir), i courrèt (il courrait, conditionnel présent), tnaùsse 
(maître), se prononceraient avec un seul s ou un seul r : azir, rourèt 
(imparfait), maize. Les nasales an, ain, in, on, peuvent aussi être 
suivies d'un n ou d'un w, mais ces consonnes n'ont aucune influence 
sur le groupe qu'elles suivent, comme on l'a vu au tableau pré- 
cédent. 

2° Les consonnes finales douces 6, </, r, dj, g, sont conservées 
devant une syllabe muette, bien qu'elles se prononcent comme les 
fortes correspondantes p, t, f, ich, c ou A, parce qu'elles reparaissent 
devant une syllabe masculine. Ainsi on écrit : 

baUbe, barbe, qui se prononce baùpe, à cause du dérivé Imàrbu ; 

pinde, pendre, — pinte, — pindu ; 

noûve, neuve, — * noûfe, — nouvia ; 

ramàdjc, ramage, — ranuUchc, — ramadji. 

On retrouvera les mêmes consonnes douces dans les terminaisons 
où elles précèdent une syllabe muette qui a amené la chute de VI ou 
de IV qui les accompagnait : 

sàbe (sabre) dérivé sabré, sùbc (sable) qui a formé sablé, bien que 
ces mots se prononcent sape l'un et l'autre. On écrit de même nvade 
(corde) à cause de cwardia (cordon), coutwxde (tordre plusieurs fois), 
dont le dérivé est coulivardu ; gividjc (gorge) qui a formé sgwardji, etc. 

:) ) La diphtongue française lion est remplacée par don ou par sfon : 
arsion (action), flicsion (fluxion), invencion (invention). * 

to Vh muette est facultative, mais il est préférable de la supprimer , 
on écrira abil, orne. Vh aspirée est peu usitée en givetois ; on ne la 
trouve que dans quelques noms pluriels : les haycs (les haies), des 
haurs (des harts), des haufes (des gaufres). 

f>° Les consonnes ph, rh, th, sont remplacées par f, r, / ; e\. Trofile 
(Théophile), tèyâle (théâtre), re«mc (rhume). 

6° Ainsi qu'on l'a \u plus haut, la diphtongue française oi est 



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- 171 - 

supprimée ; la forme wa en tient avantageusement la place en 
facilitant la lecture. 

7° Devant les voyelles e, è, è, è et i } le q suivi de Vu peut être 
remplace par un A dans les mots patois n'ayant pas de similaires en 
français, ou encore pour abréger l'orthographe d'un certain nombre 
d'autres ; ex. : brokè (se précipiter dans), bokè (morceau), blanki 
(blanchir). 

8° Ainsi qu'on l'a vu dans le tableau phonétique ci-dessus, Vy 
remplace toujours ill (deux II mouillés) et ne se lie jamais aux voyelles 
«, e, o, w, qui le précèdent immédiatement : ayi (oui) se prononce a-yi ; 
(jrèyi (gril) se lit grè-yi ; boya (boyau) bo-ya ; etc. 

D° L'apostrophe (') indique Pélision d'un e ou d'un i ; placé à la 
droite d'une consonne, il la rend sonore : enlev'mini (enlèvement), 
c'esst'infou (c'est un fou), // esst'à scole (il est à l'école); dans ces 
deux derniers cas, la consonne V se fait sentir sur IV de in et sur la 
préposition à. 

10° La consonne s est seule employée pour marquer le pluriel : des 
clans (des clous), (les chous (des choux). Les noms en al ne changent pas 
al en aux : des caporàU, des générais, des animais, etc. ; en revanche 
on dit : in marchait (un maréchal-ferranl). 

il° Au pluriel, la terminaison féminine se prononce parfois et 
s'écrit h : des belles grandes djônès fiyes (de belles grandes jeunes 

filles). 

* 

Le givetois se divise lui-même en deux sous-dialecles, ceux d'.VYi 
et d'ovi, d'après la manière d'exprimer l'adverbe d'affirmation oui. 
A chacune de ces divisions correspondent des différences notables 
dans la composition de certains mots, surtout dans le radical et la 
terminaison des verbes. 

Les localités on l'on dit ayi sout d'abord le chef-lieu de canton, 
Givet, dont les habitants, en général, parlent français, mais peuvent, 
ta l'occasion, s'exprimer en patois. Viennent ensuite les communes de 
Kromelennes, Landrichamps, Chamois, Rancennes et Chooz. Le 
wallon de ces localités diffère peu et présente certaines analogies 
avec le namurois. Ham, Vireux-Wallerand, Vireux-Molhain, Hierges, 
Aubrives et Foischcs emploient le langage d'oyi ; bien que l'adverbe 
ayi soit usité dans les trois dernières localités, c'est le sous-dialecte 
iVoyi qui est surtout en usage. 



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— 172 — 

Examinons maintenant les caractères généraux du givetois consi- 
déré dans son ensemble ; les exemples sont empruntés au langage 
de Ham ; nous mentionnerons ensuite les variantes que l'on constate 
d'un sous-patois à l'autre. 

Nos wallons appliquent largement le principe du moindre effort 
dans la prononciation et simplifient le corps des m )ts avec une 
remarquable facilité ; ils escamotent Ve muet presque partout ; par 
contre, les syllabes finales sont souvent fort longues ; ils prononcent 
rar'mint (rarement), bèl'mint (doucement), scay'lcu (couvreur en 
ardoises), etc., sans laisser entendre Ve muet ; mais ils disent capàbe, 
malade, life (livre ou lièvre), passéye (vente), brèssiye (brassée), grùive 
(grue), en prolongeant la dernière syllabe. Ce qu'ils délestent 
surtout, c'est l'hiatus; et, pour l'éviter, ils intercalent entre deux 
voyelles consécutives w, y ou z ; ex. : buwyêe (lessive), ichêrùivc 
(charrue), Léyon (Léon), anéye (année), on za v'nu (on est venu), on 
va z'y aie (on va y aller). La voyelle i s'ajoute aussi après IV des mots 
débutant par s&, se, sp, si, que précède une consonne finale sonore 
ou une syllabe muette. Ainsi on dit : leh scoU, li nw.issc di scole (leur 
école, le maître d'école), in sbara, in bia sbara (un épouvanlail, un 
bel épouvantail) ; mais on emploie sicole, sibara, après une syllabe 
féminine en disant : voss'sibara, nosse sicole. Un grand nombre do 
mots wallons commencent ainsi par s6, $c, */;, si, contrairement au 
français qui, fréquemment, fait précéder ces groupes d'un e eupho- 
nique. La même voyelle i s'élide dans le préfixe ri, équivalant à la 
particule française re, indiquant le redoublement d'une action ; ri 
devient alors r après une syllabe masculine ; ex. : dji va V riquè ; 
dji va rquè m' pa (je vais le rechercher ; je vais rechercher mon 
père). Les mots wallons qui s'emploient ainsi avec la forme diminuée 
sont très nombreux. Enfin les noms français béte, fête, perche, tête, 
ver, etc., se disent en givetois bièsse, fthse, pihche (perche, poisson), 
pièsse (perche, grande gaule), liesse, vièr, etc., avec inlercalation 
d'un i après la consonne initiale. 

Dans un certain nombre de mots, la syllabe française «r se rend 
en wallon par aur, tandis que, dans d'autres, or devient wvir. Font 
partie du premier groupe : laurd (lard), laurd (tard), laurd ji (tarder), 
paurl (part), paurti (partir ou partager), saurt (sart) ; le second 
comprend notamment bward (bord), mwarl (mort), ftvart (fort), 
twardu (tordu), divamii (dormir), ficardji (forger), etc. Ainsi qu'on le 
voit, la présence de IV fait donner à la syllabe ar la valeur approxi- 
mative de or et au groupe or celle de ivar ; mais ce n'est pas là une 



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— 173 - 

règle générale et Pou prononce sorti (sortir), mùrtifyi (mortifier), 
ratôrtiyi (envelopper complètement), etc., en donnant à Vô long le 
son prolongé de Vo très fermé. Un trait caractéristique, mais non 
exclusivement wallon, consiste clans le chuintement de certaines 
consonnes étymologiques telles que s, ss, s*, x, qui se prononcent 
comme ch dans le français « chapeau ». Ex. : arhone (ensemble), 
en-Mie (cerise), ocha (os), mèrhnè (glaner), dichinde (descendre), 
com'che (connaître), achi (essieu), lèchi (tisser, tricoter). 

Les consonnes originelles c, y, j, apparaissent fréquemment, la 
première sous la forme de tch, les deux autres avec la valeur de dj ; 
en voici des exemples : trh? (chien), tchè (chat), tchalcur (chaleur), 
ichau (viande), sèlch (sec), etc., pour le chuintement du c;eldjins 
(gens), djanbe (jambe), djùne (jeune), etc., pour celui des consonnes 
(j et j. Il est assez difficile à des étrangers de prononcer ich et dj. Il 
faut surtout éviter d'articuler li-e et di-c \ chaque groupe devant 
être prononcé d'une seule émission de voix. 

Tels sont, en résumé, les caractères principaux du wallon givetois: 
la lecture du Vocabulaire qui va suivre en donnera une idée plus 
complète. En voici d'autres : ils concernent les préfixes et les suffixes, 
qui vont être comparés à leurs correspondants français. 

I • Le préfixe «, non seulement a la même valeur qu'en français : 
nbwardfr (aborder), etc., mais, eu vertu de la règle orthographique 
exposée au n° 1 (v. plus haut), il équivaut à ac, al, ar, etc., puis à 
cm, en et enfin à (* ; ex : acmstèmè (accoutumer), aluwè (dépenser), — 
abrèssi (embrasser), a 1ère (enterrer), ayadji (engager), atone (entonner 
un liquide), adauwr (entamer), — alrè (élever, éduquer), alaurdji. 
(élargir), etc. 

H peut prendre la forme as : asdjanblè (enjamber), aspêtrhi (empê- 
cher), aspoyi (appuyer). 

2° lié, bin signifient bien : brvnùwe (bienvenue), binauche (content). 

:V> Zfr, bcr, bi équivalent à bis et marquent la réduplication, la 
répétition : bèrirèlc (brouette), bcvàire (bévue), bfanre (besace), bizète 
(bissextile). 

i» Ca, cou sont augmentatifs : camoussi (moussi, se faufiler de tous 
côtés), coulm/i (tailler en morceaux), contourne (faire des tours, des 
détours), coumoulu (brisé de fatigue), .v' voutapê (se débattre), coualchi 
(hacher menu). 

.> Dis correspond au français r/c, des. dis. <»t marque la séparation, 



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li* manque : disbride (débrider), disbouchi (déboucher), disloyi (délier), 
disbiyi (déshabiller), disdjonde (séparer deux parties jointes), etc. 

0° Inir, aler, 1er ont la même signification que la préposition 
française entre : intrèdeît (entre-deux), alerprinde (entreprendre), 
alertent (entretenir), terlardè (entrelardé), tcrlaci (entrelacer). 

7° Man, mau, nié sont péjoratifs et ont le sens de mal : manuel 
(sale), maugrè (malgré), s'mèfyi (se méfier). 

8° Méye = mi : mèye-nut (minuit), tnéyes-eûres (heure indue). 

\)° Ri (r 1 ) inarque la réduplication : rislinde (repasser du linge), 
ristinnè (étamer), r'pachi (repaitre), r'voyi (renvoyer). 

10° S (si) indique la suppression, la sortie : seiearnè ou sicivarnè 
(écorner), sgoutè ou sigoutè (égoutter), scieàrrhi ou sîcinirchi (éroreher), 
scapè ou sicapè (échapper), etc. 

1 1° Ter (tri) correspond au français tré, irans, et signifie à travers, 
au-delà : iervudi (transvaser), lerbutrhi (trébucher), iriviès (tra\crs). 

Les autres préfixes ont la même signification quVu français. 
Enumérons ensuite les suffixes les plus importants. 

1° J : c'est un des plus curieux ; il marque l'action ou ce qui la 
produit ; raina, ce qui sert à retenir ; 
nuda, sens de l'odorat ; 
sbara, qui sert à sbarè, épouvantai I ; 
chou/fia, ce qui produit le sifflement. 

2° Assc est péjoratif ; crauliasse, qui donne une impression de 
graisse très désagréable ; farinasse, qui ressemble à la farine ; fenasse, 
herbe qui donne un marnais foin. 

3° Adje marque l'action ; paurlàdye, action de partager ; 

rauyàdye. action d'arracher des légumes ; 
saûrtâdye, essartage. 

i 1 Ant indique la qualité : plaijant (plaisant), anoyanl (ennuyeux), 
roryanl (souple). 

5° Ayc est souvent péjoratif: rhinayc(gn\s de mauvaise vie), pirnye 
(pierrailles), etc. 

C>° A', féminin ryc, esl le suffixe des participes passés de la 
conjugaison en é ou de certains adjectifs : ènc neèrhc cassn/e (une 
branche cassée), elle essl'ariv-ïye (elle est arrivée), il est pawK elle est 
passêyc (il est passé, elle est passée), etc. 



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7° Le suffixe esse, comme eu français, termine des noms féminins 
de professions : maîtresse, mônneresse (meunière), boutchresse (bou- 
chère), nns'resse (fermière), ou encore des noms métaphysiques : 
s'Hchresse (sécheresse), tchèresse (cherté), elc. 

8° Eu, eur équivalent au français eur : voleur (voleur), minteur 
(menteur), coureu (coureur), pwarleu (porteur) ; le féminin est eûse : 
voleuse, minteûse, coureuse, pivartcûsc. 

[)> Eije marque la durée, le contenu : inatinêye (matinée), djoùi-néye 
(journée), kiyettye (cuillerée), hollhjc (bottée), djinoréye (contenu du 
giron). 

H) J / long termine les noms de métiers : boutchi (boucher), boulèdji 
(boulanger), bierdji (berger), yadli (gardeur de chèvres), yoyerli 
(bourrelier), et ceux de certains arbres fruitiers : ydyi (noyer), bioki 
(prunier), ne'Ji (noisetier), elc. 

1 1° la correspond à la finale française eau : tchapia (chapeau), tonia 
(tonneau), drapia (drapeau), flambia (flambeau). 

12" lune marque le résultat d'une action, l'état actuel : crèchinne 
(croissance), dorlinne (femme qui se plaint toujours, indolente), 
rivlinne (bande d'étoffe, de terrain, considérée par rapport à ce qui 
les touche). 

lîj' Mint = le suiïixe français ment et donne une certaine solennité 
à l'expression : fôrmH'mint (formellement) ; derktèmhu (directe- 
ment), etc. 

U° Oâ est péjoratif; bréyoli (pleurnicheur ennuyeux), flatoà (trop 
flatteur), chilo* (de santé délicate). Il correspond aussi au français : 
eu il, eut : do't (deuil), tiyoû (tilleul). 

15' 7c équivaut au français t* dans biatè (beauté), mdnnestè (saleté), 
(jaiyetè (gai lé). 

KV- Wès a la valeur des suffixes ois, oir, dans Xamurvvs (namu 
rois), Àùrdinwh (habitant de PÀrdenne), sourntvès (sournois), murtvès 
miroir), etc. 

Les autres suffixes givetois ne diffèrent guère des suffixes corres- 
pondants de la langue officielle. 

Après avoir ênuiiiéré les caractères les plus saillants et les éléments 
de composition et de dérivation du wallon givetois, examinons les 
variantes qu'il présente parfois d'une localité h l'autre, suivant 



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qu'il s'agit de l'un ou l'autre des sous-dialectes. En voici quelques 
exemples : 



OYI 

aujèle 

acè 

ho 

chonè 

ctrèche 

ctvède 

del 

dèrè 

dijèné 

droci 

drolà 

fhje 



AYI 

(oseille) su raie. 

(avec) avu. 

(bien) hin. 

(sembler) sauné. 

(branche) couche. 

(cueillir) coude. 

(de la) doul. 

("dernier) dérin. 

(déjeuner) dijvné. 

(ici) vaici. 

(là-bas) vailà. 

(feuille) fouye. 



OYI A Y! 

fèya (feili I let) fouya . 

yttèrni (grenier) (jurai, 

yuvrzèle (groseil le) yurzèle. 

ymrzèli (groseillier) yurzèli. 

né (ne... pas) nin. 

pcrnMc (prunelle) purnèle. 

miel (miel) laume. 

ré (rien) rin. 

richonc (ressembler) rissànnè. 

tartine (tartine) fadéye(\\). 

tché (chien) Ichin. 

suflke àdje (long) adje (bref). 



Ou troinera plus loin ce qui concerne les verbes. 

Le patois de Vireuv offre, à son tour, quelques différences de 
prononciation a\ee celui du reste du canton ; citons en particulier : 

sœ (soif) qui se dit ailleurs se : 
frœd (froid), au lieu de frèd : 
un (toit), — tôt ; 

y<v (œuf), — où ; 



dœl (doigt) , au lieu de déi ; 

• <to' (dur), ~ dèr : 

djw (jeu), — djeù ; 

hi(P (bœuf), — bot* ; 



De plus, la nasale an se prononce souvent à Vireuv comme à 
llargnies, c'est-à-dire on : hic tcfwnbe (une chambre), fine djonhc (une 
jambe). Enfin l'infinitif et le participe passé de certains verbes, au 
lieu d'être c, se prononcent é comme en namurois ; e\. : cassé (casser), 
cassé (cassé), tchonté (chanter), tclumté (chaulé), sbnye'é (renverser), 
s hoyeié (renversé) ; de même, les terminaisons verbales en fi, es, et, 
des localités voisines deviennent œ, ws, «'/, à Vireuv ; e\ : dji pies (je 
puis), au lieu de dji pès ou dji pus : i vorœl (il voudrait), pour i vorèt ; 
i n plœt maà (il n'avait garde), à la place de / n'plfit maù. 

Les verbes givetois se terminent à l'infinitif en e, è (comme on 
vient de le voir), en c, surtout eu i ; ev : djonde (joindre), prinde 
(prendre), saut.lv (sauter), trànnfi. (trembler), coutchi (coucher), vindji 
(venger). 

Les verbes en e ont ])resquc toujours, dans la syllabe iinale, une 
consonne, douce qui se durcit devant cet c muet, mais qui réparait 



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— 177 — 

devant une syllabe masculine. Ainsi vinde (vendre) se prononce vinte 
et on dit : nos vindons (nous vendons), il a vindu (il a vendu), etc. Tu 
grand nombre de ces verbes en e ont un radical variable ; on les a 
rangés dans la conjugaison wallonne forte ; quant aux verbes en t, c 
et /, dont le radical est en général plus slable, on en a formé la 
conjugaison faible. 

Les verbes givetois rfonl pas de passé défini, de passé antérieur, 
ni de seconde forme du conditionnel passé. 

Le premier de ces temps se confond avec le passé indéfini ; e\. : 
(/j'ai chanté signifie à la fois j'ai chanté et je chantai. 

Le passé antérieur est remplacé par le même temps surcomposé ; 
ex. : quand dj'ai yeu ivhantè (quand j'ai eu chanté) équivaut à quand 
j'eus chanté. Il existe un plus-que-parfait surcomposé ou lointain ; 
ex. : 5* dj'avfo yeu couru pus rade (si j'avais eu couru plus rapidement). 
Quant au mode conditionnel, il possède également un passé sur- 
composé : dj'aurfo yeu vèyu et voltiy: (j'aurais ou vu cela volontiers). 

Le singulier du subjonctif présent et celui de l'imparfait du même 
mode sont identiques, excepté pour les verbes awè (avoir) et yesse 
(être). Le premier fait, au présent : qui dfoyc. qui t'nyes, qu'il oye ; à 
l'imparfait : qui dfeàche, qui l'eûches, qu'il e!,che (1). Le second se 
conjugue aux mêmes temps : qui dji soye, qui ti soyes, qui soye et qui 
dji fuchc, qui ti fuches, qui fâche. Au pluriel, on emploie de préférence 
le présent avec ses terminaisons onches, ouches, onchenl (oyi) ou anches, 
oches, onchenl (ayi), et on délaisse l'imparfait qui finit en eches, cches, 
èchent (oyi) et en incites, iches, incitent (ayi). 

Le subjonctif est souvent remplacé par d'autres formes ; ainsi cette 
phrase : il aurait voulu que nous mourussions de faim, se dit : 
il aurêl vlu nos vèyz mori d' ftcaim, c'est-à-dire nous voir mourir de faim. 
Parfois, c'est Tinlinitif du verbe même qui remplace le subjonctif: 
il aurait fallu que nom fussions bien sots, se tourne ainsi : i nos 
aurèt falu yêsse bin bièsses (être bien sots). Faisons remarquer aussi que 
le sous-dialecte d'ayi emploie le pronom personnel dji (je) pour le 
pluriel nos, nous ; par exemple on dit : i faut qui df enn alanches au 
btvès, pour il faut que nous allions chercher du bois. Toutes ces 
formes du subjonctif sont délaissées peu à peu. 

Le radical de certains verbes varie d'un sous-dialecte à l'autre ; 
par exemple, on dit : nos perdons, nos jxrdès (hous prenons, nous 



h Le: 
Tait usage 



îs formes uni dj'otje, ipii dji soye t sont surloui usitées dans h*< localités où l'on 
i ilu MHis-Oialecto iVmji ; ailleurs un dit plutôt qui f(/V*e/itf, qui dji fnche, etc. 



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- 178 — 

prenions) ; dji vês, ti vês, i vêt, venons (je viens, tu viens, il vient, 
venez) ; dji vês, ti vès, i vèt (je veux, tu veux, il veut) en langage 
d'oyi, et nos purdans, nos purdins ; dji vins, U vins, i vint, vinos : et 
dji vus, ti vus, i vut en patois d'avi. 

Quant aux terminaisons, elles diffèrent aux mêmes personnes et 
aux mêmes temps, mais elles sont identiques pour tous les verbes de 
chaque subdivision. Voici le tableau de ces désinences verbales : 

Sous-dialecte d'oyi. Sous-dialecte d'ayi. 

( Verbe tchantè, chanter), 

lndir nrA^ * ®* ^' tetouitei [l Iclianles, i (chante. \ S. Comme ci-contre . 

t P. Xos lelianlons, vos Icliantous, i tcliaiilunt. ' P. Nos tc!:antans, vos tchanlos i Ichanlont. 

Imnarfait S ®* W 1 Maniés, li telianîès, i tcliantf't. j S. (Comme ci-coulre*. 

I P. Nos tenantes, vos IchanU'-s, i Ichanttft. ' P. Nos tehantins, vos tclianlis, it tel mil in t. 

Putnr simnlft ) ®* ^' ,r ' ,anl1 ^» ,! Ichantrès, i tohanlrèt. y S. Dji tchantn*, ti tchantras, i tchantrci. 

\ P. Nos Munirons vos trhantrous, i Ichanlront ( P. Nos Miantrans, vos tchanlros, i Ichaolront. 

Conditionnel j w . , ... . ., . ... . , .. 

nrfcpnt ( Mêmes 1er m maisons que l imparfait ne I indicatif. 

Impératif....» s Tchanlc - » s - Tetale - 

( P. Tcliantons, Iclmntuu*. I P. Tchanlans, tclianlos. 

1 S. Qui dji tchante, q' ti lehanles, qu'i Iclianle. i S. Qui dji tchante, etc. (Voir ci-contre . 
aQD|. pr6S. . . . p q ui nos iciianlonclics, qui vos Icliantouclics, * P. Qui nos tchanlanches. qui vos tchanloches, 
[ Qu'i Irlianlonchenl. . qu'i tchantonch i nt. 

i S. (Comme le prêtent . I S. 'Comme le présent). 

Ifflpariail..... p q j nos tchantéches qui vos tclianli : che>, » P. Qui nos tcliantinches, qui vos fehanlidiet, 
( qu'i tenante* -tient. ( quï tchantinchcnl. 

En résuma, les verbes givetois ont j>our terminaisons : 

I" Auv trois personnes du singulier, présent de l'indicatif : c, e*, e 
ou / (verbes faibles en ê, è, i) ou s, s, t ou d (verbes forts en e). 

±* Au singulier de rîndicalif et du condi- s t \s, fe, /»* ou 
lioimel présent ! ««, «w, œt. 

( ^ '**' ^ / ovi \ 
:i° Au singulier du futur simple è, ws, œt \ • / 

( <?, r»*, a (ayi). 
t" Au singulier de l'imparfait du sub- , 

JOlICtll » ' 

«V Le participe passé a les mîmes terminaisons dans les deuv 
sous dialectes : K ', m, c/', «m, «/ ( Vireuv rxropté pour les verbe» eu # ; ). 



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- 179 - 

Les finales diffèrent : 

1° Aux deux premières personnes du présent de l'indicatif et du 
futur simple : ons, ous (oyi) ; ans, os (ayi) ; 

2° Aux trois personnes du pluriel de l'imparfait de l'indicatif et du 
conditionne) présent : es, es, et (oyi) ; ins, is, int (ayi) ; 

3° Aux deux premières personnes du pluriel du subjonctif: onches, 
anches (oyi) ; anches, oches (ayi) ; 

i° Enfin au pluriel de l'imparfait du subjonctif : échos, cchcs, èchent 
(oyi) ; inchcs, iches, inchenl (ayi). 

Le givetois a pour voisins : au nord, le namurois, un des plus 
importants dialectes belges et, au sud, le fumacien ou patois du 
canton de Fumay, à l'extrême limite de la Wallonie dans la vallée 
de la Meuse. 

Le namurois et le givetois traduisent par ia la syllabe française 
eau ; ex. : tchapia (chapeau), drapia (drapeau), martia (marteau), 
lonia (tonneau), balia (bateau). Un certain nombre de mots sont 
communs à ces deux dialectes ; ex. : agasse (pie), agrape (agrafe), 
inwiye (anguille), arondt (hirondelle), cautc (carte), hièbe (herbe), 
moiichon (oiseau), ichaurli (charron), etc. ; d'autres au namurois et 
au sous-dialecte d'ayi seulement ; ex. : tvhin (chien), bin (bien), rin 
(rien), suràlc (oseille), nin (ne... pas) ; quelques-uns diffèrent peu : 
on dit gurzèlc, gurzia (groseille, grésil) à Chooz et gruzak, gruzia 
dans le dialecte de Namur. La syllabe ou du givetois fait place à o 
dans le namurois : coupke (sommet) se dit copèie; confesse (confesse), 
eofesse : djoute (chou gras), djote ; roulche (rouge), rolehe ; boulchi 
(houcher), bolchi, etc. Les verbes namurois sont aussi lerminés en è 
comme à Vireux ; beaucoup de verbes en i sont identiques ; par 
exemple arokè (être arrêté par un obstacle) se dit en givetois aroke ; 
slaurê (répandre), staurè : plonkè (plonger), plonkè : mais briji (briser), 
imyi (payer), rmnli (raidir), waUi (regarder), s'écrivent et se pro- 
noncent de la même façon dans les deux dialectes. 

Le namurois et le sous-dialecte d'ayi ont des terminaisons com- 
munes : ans, os, aux deux premières personnes du pluriel du présent 
de l'indicatif et is à la deuxième personne du pluriel de l'imparfait 
de ce mode ainsi que du conditionnel présent ; anches et oches aux 
deux premières personnes du pluriel du subjonctif présent ; on 
trouve également dans les deux langages : quidjifuche (que je fusse), 
qui vos fuchiches (que vous fussiez). 



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- 180 - 

Kn revanche, le namurois se distingue par des llnales caractéris- 
tiques. Prenons par exemple dans le verbe ymc(ètrc). Nous trouvons : 

Au présent de I indicatif . — Dji sos (je suis) au lieu de dji sus. 

À I imparfait. — Dj'estcuvc, l'cstcuvcs, il cstcuve, nos cslaincs, ils estainent^ 
pour dj'aslès, Castes, il aslèt, nos aslés ou astins, etc. (j'étais, tu étais, etc.). 

Plus-que parfait.— Dj'avcuvesti, etc. (j'avais été) au lieu dedj'avèssii,etc. 

Conditionnel présent. — Dji sreuve, (i sreuves (je serais), etc., et non 
dji srès, ti srès, comme en givctois. 

Impératif. — Fuchans (soyons), fuchis (soyez), qu'i fuchcnuchent (qu'ils 
soient), au lieu de frwhous ou fuchons, fuchos et qu'i fuchonchenl. 

Subjonctif présent. — Qui dji seuïe (ou souche) y qui li seules, qui seuyc- 
nuehent (que je sois, etc.), tandis qu'en givelois on dit : qui dji soye, 
qui li soyes, qu'i soyonchcnt. etc. 

Subjonctif imparfait. — Troisième personne du pluriel : qui fuche 
nuchent ; en givetois : qu'i fuchéchenl ou fuckinehent (qu'ils fussent). 

Dans la conjugaison interrogative, le pronom sujet tu se soude 
à la fin du verbe sous la forme se : qui fuisse ? (que fais-tu ?), y* 
tresse (ou irais-tu ou où iras-tu ?), qui disse ? (que dis-tu ?), qu'asse 
dit y (qu'as-tu dit ?), astèsse voye Y (étais-tu parti ?). Cette remarque 
est commune aux dialectes dont il vient d'élre question, ainsi 
qu'au fumacien. Indiquons, pour finir, quelques-unes des divergences 
qui existent entre le givelois et le patois du canton de Fumay. A Har- 
gnies, par exemple, la nasale an se prononce on et inversement ; ou 
dit : ène ichonbe (une chambre), ène panpe (une pompe), etc. Les mots 
qui, à Gjvet, se terminent en fa, ont pour finale è en fumacien ; 
e\. : in tonè (un tonneau), in marte (un marteau), hé (beau), nouvé 
(nouveau), etc. ; maison se dit mwèjà, en givetois maujon ; 



bois 


— 


bos, 


— 


htvés ; 


malade 


— 


malaûde, 


— 


malade ; 


poche 


— 


tachol, 


— 


potche ; 


jeune lille 


— 


bwèchèle, 


— 


djône fiye ; 


tète 


— 


liasse, 


— 


tiésse ; 


bœuf 


_ 


biœ, 


— 


boù ; 


maître 


— 


mwame, 


— 


maisse ; 


mieux 


— 


miè, 


— 


mia ; 


bien 


— 


bin', 


— 


hé OU bin ; 


rien 


— 


riè, 


— 


rê ou rin ; 


ne... pas 


— 


gnè, 


— 


né ou nin ; 


papillon 


— 


perwé, 


— 


plomion ; 


punaise 


— 


leuvrin, 


— 


punaise. Etc 



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- 1R1 - 



Le \erbe fê ou fo (faire) se conjugue différemment dans les deux 
langages ; h Givet, on dit : dji fais, dj'ai /*«!/, etc. ; à Hargnies, par 
exemple, on emploie f//p /imw, dj'ai fivait, etc. Au lieu des formes 
tfivetoises i fik, i vnk (il faisait, il venait), etc., on trouve dans le 
fumacien ? fja % i rua, etc. L'adjectif sa s'applique parfois aux deux 
(genres : sa pi (son |)ied), sa dos (son dos). A Haybes, au lieu de bin' 
(bien), on emploie hr, et on dit : djr vœs bo (je veux bien). 

On voit, par ces quelques exemples, que le langage du canton de 
Fumay, quoique parlé sur une des frontières extrêmes de la Wallonie, 
a aussi son originalité et mérite d'être étudié au même litre que ses 
congénères moins excentriques. Ajoutons, pour finir ce qui concerne 
le givelois, que les 0,300 mots exclusivement wallons et les 1,200 
exemples du Vocabulaire suivant achèveront de compléter et de 
préciser les caractères distinctifs de ce dialecte. 



(A suivre.) 



J. Waslkt 

Professeur ou Lycée de Laon ^Aisne) 
Officier de l'Instruction publique. 




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11 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Olvetois) 

(SflTR 1 



ABREVIATIONS 

EMPLOYÉES DANS LE V0CABULA1HK 



Adj. 


Adjectif. 


Mhsc. ou M. 


Masculin. 


Adject. 


Adjectivement. 


X. 


Nom. 


Adv. 


Adverbe. 


N. f. 


Nom féminin. 


Arithm. 


Arithmétique. 


N. f. pi. 


Nom féminin pluriel. 


Art. 


Article. 


N. m. 


Nom masculin. 


Auxil. 


Auxiliaire. 


X. m. pi. 


Nom masculin pluriel 


C.-à-d. 


C'est-à-dire. 


X. pr. f. 


Nom propre féminin. 


Coin m. 


Commun. 


X. pr. m. 


Nom propre masculin 


Conj. 


Conjonction. 


Ord. 


Ordinal. 


Conju. 


Conjugaison. 


Part. pass. 


Participe passé. 


Contr. 


Contracte. 


Part. prés. 


Participe présent. 


Dém. 


Démonstratif. 


Pass. dcf. 


Passé défini. 


l)él. 


Déterminatif. 


Pass. ind. 


Passé indéfini. 


Kx. 


Exemple. 


Pers. 


Personnel. 


Fém. 


Féminin. 


Peu us. 


Peu usité. 


Kip. 


Fi^u rément. 


Poss. 


Possessif. 


Fr. 


Français. 


Prép. 


Préposition. 


Fui. 


Futur. 


Pron. 


Pronom. 


(ira m. 


(ï ranima ire. 


Subj. 


Subjonctif. 


Imp. 


Imparfait. 


Subst. 


Substantivement. 


Imper. 


Impératif. 


Subst. verb. 


Substantif \erbal. 


Impers. 


Impersonnel. 


Supcrl. 


Superlatif. 


Ind. 


Indicatif. 


T. 


Terme. 


Indéf. 


Indéfini. 


Fs. 


l'sité. 


Inf. 


Infinitif. 


V. 


Voir. 


Inler. 


Interjection. 


V. 


Verbe. 


Intr. 


In transitif. 


V. aet. 


Verbe actif. 


Inus. 


Inusité. 


V. inl. 


Verbe intransitif. 


Inv. 


Invariable. 


V. pron. 


Verbe pronominal. 


Irrcjf. 


Irrégulier. 


V. tr. 


Verbe transitif. 


Loc. adv. 


Locution adverbiale. 


V. réei. 


Verbe réciproque. 


Loc. conj. 


Locution conjonctive. 


Vx. 


Vieux. 


Loc. prép. 


Locution prépositive. 







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12 - 



a, n. m. Voyelle, première lettre de l'alphabet. 

a, préfixe. Correspond aux préfixes français : a, ac, al, an, ap, at ; 
— em ; en et é. — Comme suffixe, il désigne l'action ou ce qui la 
produit. (V. V Introduction*) 

à, préposition, marque principalement des rapports de tendance, de 
direction vers, de temps, de lieu, de manière : aie à l'èice à 
Moûse, aller cnercher de l'eau à la Meuse ; arivè à midi, arriver 
à midi ; yèsse à l'èglîche, être à l'église ; voyadji à s'n-auche, 
voyager a son aise. 

a, ii. m. Plante bulbeuse ressemblant à l'oignon et d'une odeur très 
forte ; ail ordinaire. Pluriel : des as. On trouve le pluriel 
français dans les jurons : nom des ayes ! nom des aux ! — 
a d'couloûte (ail de couleuvre), ail sauvage. 

aairi, t. tr. Exposer quelqu'un à un courant d'air formé naturelle- 
ment par le vent ou provoqué en ouvrant des portes ou des 
fenêtres opposées. — V. passif : yèsse aairi, être aéré, exposé 
à un courant d'air parfois dangereux. 

à-bachôte, bc. adv. En se baissant. Aller ou venir à-bachète, c'est 
marcher en se dissimulant, le dos baissé, derrière une haie, 
un mur assez bas, etc., pour épier ou surprendre, ou pour 
s'enfuir sans être vu. 

abachi, t. tr. Faire descendre, rendre plus bas. Par exemple, on 
abache une branche d'arbre pour en cueillir les fruits. — 
V, pron. : s'abachi, se baisser. 

abadjou, n. m. Abat-jour. 

abandon, n. m. Abandon, usité surtout dans l'expression à l'abandon, 
signifiant sans soin, sans ordre, sans surveillance : Ihji ses éfans 
à l'abandon, abandonner ses enfants à eux-mêmes. 

abatâdje, n. m. Travail qui consiste à jeler à bas des arbres en les 
coupant au ras du sol, ou un mur, un talus, en les sapant au 
pied. Action de tuer des animaux de grande taille. 

abate, c. tr. Renverser, jeter à bas, démolir, tuer. — Fig. : affaiblir, 
décourager. — Faire rapidement un travail. — Y. pron. : 
s'abatc, tomber brusquement par terre, en priant des êtres 
animés et de grande taille : nos*' tchivau s'a ahatu, notre cheval 
est tombé. 

abatemint, n. m. Découragement; manque d'énergie ; prostration. 

abateu, n. m. Celui qui abat. 

abatrèsse, n. f. Hache à manche fort long dont se servent les 
bûcherons pour abattre les arbres. 

abatu, w. m. Sorte de hangar rustique adossé au mur d'une maison 
pour remiser du bois, des outils, etc., et les mettre à l'abri du 
mauvais temps. 

abazourdi, t. tr. Abasourdir. Assourdir par dos cris, par un bruit 
violent, ou hêbéter par la surprise, l'étonnenienl ou l'émotion. 



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-M3 - 

abasourdichmint, n. m. Action d'abazourdi ; résultai de cette action. 

abéle, ado. Se dit aussi labèle et signifie .' à nlus forte raison, bien 
pis, bien moins. Ci n'est né vous qu'a fait rà ? abèle mi, qui 
n f astès né /à, ce n'est pas vous qui avez fait cela? à plus forte 
raison, ce n'est pas moi, qui n'étais pas là. 

abérè, n. m. Celui qui agit inconsidérément et brutalement, étourdi, 
hurluberlu. 

abéré, adj. quai Brusque et inconsidéré. 

abèrlificotè, c tr. Mettre irrégulièrement un vêtement, une toilette, 
les liens d'un colis, les courroies ou les pièces d'un harnache- 
ment. — Part, passé fém. : abèrlificotéye. 

abérsac, n. m. Sorte de gibecière en cuir, sans filet, dans laquelle un 
ouvrier met son repas, ses outils pour se rendre au travail. 

abértakélerîye, n. /'. Entassement d'objets divers, mannes, hottes, 
paniers, caisses, etc., disposés sans ordre et gênant le passage 
dans un corridor, dans une partie de la maison ou ailleurs. 
Agencement défectueux. 

abértaklè, v. tr. Faire une ou plusieurs abèrtakèlerîyes ; agencer, 
accoutrer d'une façon bizarre. 

abérziyi, v. tr. Débrailler ; mal conditionner. 

abèrziyerîye, n. f. Vêtements mis maladroitement ; ensemble de 
cordes, de liens enchevêtrés et peu serrés sur l'objet qu'ils 
entourent. 

abit, n. m. Sorte de redingote noire qu'on n'endosse que dans les 

grandes occasions. 
abituwé, c. tr. Accoutumer, habituer, 
abîye, adj. quai. Qui exécute un travail vite et bien, 
abîye ! adt. Vite ! Hiltez-vous ! 
abiyemint, adv. Avec empressement. 

abîyemint, n. m. Vêlement complet d'homme ; au pi. : hardes. 
abiyi, t. tr. Mettre un vêtement à quelqu'un. Y. pron. : s'abiyi, se 

vêtir. Au figuré, abiyi signifie : accabler de reproches. 

ablâve, n. f. Embarras survenu inopinément dans une famille par 
de nouvelles charges ; assistance forcée donnée à des parents 
malades ou ruinés. 

ablavè, v. tr. Causer une ablàtc, embarrasser, gêner. 

abloukené, r. tr. Serrer au moyen d'uue boucle. 

abominâbe, adj. quai. Qui excite l'horreur ; très mauvais. 

abomination, n. f. Chose horrible. 

aboulè, v. tr. Donner, restituer de gré ou de force. — V. intr. Se 

dit d'une grande quantité de pierres, de terre ou d'eau qui 

arrive subitement, 
aboutenè, r. tr. Boutonner ; aboulène ti djilèt, boutonne ton gilet, 
abouti, v. intr. Toucher par un bout : ène tère qu'aboutit al voye, un 

terrain qui touche à un chemin. — Fig. Conduire : à qwè qu'çà 

aboutit, çà ? à quoi cela conduit-il ? 



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— 14 - 

aboutichants, n. m. pi. Faits secondaires se rapportant à une alla ire; 
/" faut conèchc les tuants cl les aboutichants. il est nécessaire de 
connaître tous les détails de l'affaire en question. 

abrauyelè (11, r. tr. Mettre de travers à quelqu'un une ou plusieurs 
parties d'un vêtement. — V. pron. : s'abrauyetè. s'accoutrer 
d'une façon ridicule. 

abrauyèlerîye, n. /'. Accoutrement bizarre. Assemblage mal agencé 
de cordes, de liens destinés à maintenir, à soutenir. 

abrèssi, i\ tr. Prendre, tenir, serrer dans les bras du foin, de la 
paille que l'on veut emporter ou un arbre sur lequel on veut 
monter. 

à-broke, loc. adv. Kn perce : mêle in tonia d'Irire à broke. mettre en 
perce un tonneau de bière. 

abrokè, r. intr. Chercher un refuge, se précipiter brusquement dans 
la maison, l'appartement où se trouvait celui qui parle : in gros 
tchë a pourchu nosse ri gène et èle a abrokè dans nasse maujon. 
un gros chien a poursuivi notre voisine et elle s'est brusquement 
réfugiée chez nous. 

abruvè, v. tr. Donner à boire aux bestiaux : abruvè les bièsses. 
abreuver les gros animaux domestiques. On peut dire aussi 
r abruvè. 

abruvè, n. m. Abreuvoir ; lieu éloigné du village où le troupeau 
communal va s'abreuver dans la Meuse. (Hani.) 

absolumint, adc. Absolument ; d'une manière indispensable ; sans 
aucune restriction. 

abudé, r. tr. Caler, étayer. — V. pron. : s'abudè, s'appuyer contre 
un objet solide pour produire un certain effort ou pour résister 
à une forte poussée. 

abûr, ». m. Labeur, ensemble des travaux domestiques et agricoles 
d'une famille de laboureurs. Inusité aujourd'hui. — Ce mot se 
trouve dans la chanson de nourrice que voici : 

i 

Zoup zou zoup, Calau Robin, 

Nosst* a/)ùr ni va nin bin, 

Noss' tchivau n'a pont d'awinne, (uvoiiiej 

l'nn' aurèt à I'ote samwinne. 'semaine 

Al saimvinne aux deux djèdis, (jeudis 

Quand Y prrand'mcrc aurèt pi... i. 

2 

Zoup zou zoup su li spuria, (armoire ; n'est plus en u<agc) 

Les djanbes di bwès n'ont pont d'ocha. (os) 

Les tchés tchessont, les poules ponont, ^pondent) 

Les djonès fiyes si mariyonL 

Ave les djùi/ valets comme... ,1c nom du polit garçon'. 

ou : 

Les djôn' valets s'mariont 

Avè les djônès fîyes comme... (le nom oV l.i pelite fille'. 

( 1) Prononcer abrau-yelè. Un tableau des verbes dont la conjugaison présente des parti- 
cularités fera suite au présent Vocabulaire. 



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- 15- 

aburtèle, n. f. Rretelle de pantalon, do hotte. 

à bware, loc. adr. A boire 

abwardé, r. tr. Accoster (|uolqirun. — Y. intr. Parvenir an rivage ; 
accoster. 

acazaké, v. tr. Mettre à quelqu'un une veste, un paletot court. 

achape, adc. : yèsse uchape. avoir les pieds nus dans des chaussures, 
souliers, savates; bayni achape, entrer dans l'eau, les pieds nus 
dans des chaussures, après avoir relevé ses pantalons au-dessus 
du genou. 

achevé, r. tr. Terminer, rendre complet. 

achi, n. m. Essieu de chariot, de voiture, etc. 

achi, part, passé. Assis. Fém. : achite (peu usité). 

achir, t\ tr. Asseoir. Y. pron. : s'achir, s'asseoir (peu usité). 

achifernè, v. tr. Enchifrener. 

achléye, n. /'. Quantité d'objets, d'herbe, de paille, de branchages, 
que l'on peut emporter sous l'aisselle, sous le bras ; aie achléye 
di trèfe. 

achone, ado. Ensemble ; l'un avec l'autre ; en même temps ; à la fois ; 
nos pautrons achone, nous partirons ensemble ; arivè achone, 
arriver en même temps. 

achouté, v. intr. Venir écouter ; achoute, viens près de moi écouler 

ce que j'ai à te dire. 
achté, v. tr. acheter. 

achteu, n. m. Acheteur. Féminin : achleùse. 
acî, n. m. Acier. 

aclapé, t\ tr. Appliquer et faire adhérer, au moyen d'une substance 
collante, une plaque, une planchette à autre chose ou encore un 
emplâtre sur un furoncle. 

aclapèyé, n. f. Embarras qui surviennent à quelqu'un ; charges, 
ennuis inattendus. 

acolè, v. tr. Faire adhérer fortement au moyen de colle.— Y. passif: 
yèsse acolè, tenir l'un à l'autre, en parlant de deux objets, de 
deux fruits, etc. 

acoumôdant, adj. Complaisant, d'un commerce agréable. 

acoumôdé, i\ tr. Faire cuire et assaisonner un mets. Satisfaire. — 
Y. pron. : s acoumôdé, s'entendre, se supporter : dins c'mxcin 
nâdjclà, tome et ï fème ni savont s'acoumodè, dansceménage-lu, 
le mari et la femme ne savent s'entendre. 

acoumôdemint, n. m. Accommodement. 

acouplé, v. tr. Accoupler. — Y. pron. : s'acouplè, s'unir pour la 
génération, en parlant des animaux. 

acouplémint, n. m. Action d'accoupler. Ménage mal assorti. 

acoumèlâdje, n. m. Enchevêtrement, brouillamini. 

acoumélé, t. tr. Emmêler, enchevêtrer, embroussailler. Se dit des 
cheveux, du (il, de la ficelle, etc. 



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- 16- 

acouri, v. intr. Accourir. 

à court, loc. adv. : yèsse à-cotirt, manquer de. 

acoustémé, v. tr. Accoutumer. 

acoûtchaûae, n. f. Femme qui fait les accouchements. On dit aussi : 
sâdje-famc. 

acoûtchi. v. intr. Accoucher. 

acoûtchmint, tt. m. Accouchement. 

à-couvisse, loc. adv. En incubation, en parlant des œufs des oiseaux 
sauvages : tu ni avè quatr'ous à-couvisse, un nid renfermant 
quatre œufs que la mère couve. 

acrachi, t?. tr. Enduire de graisse : acrachi des soles, graisser des 
souliers. Faire devenir gras : acrachi in couchèt, graisser un 
cochon. Mettre de l'engrais dans une terre ; acrachi in courti, 
rendre un jardin fertile. 

acram'yi, v. tr. Enchevêtrer, emmêler des Gis de fer, des chaînes, etc. 
V. passif: yèsse acram'yi, être empêtré, embarrassé dans des 
fils de fer, dans des ronces, etc. — V. pron. : s'acrariyi, s'em- 
barrasser, s'empêtrer. 

acramiyerîye, n. f Action (Tacranïyi ; état des choses acram'yiycs. 

acrauwè, v. tr. Tirer à soi des objets peu éloignés, des fruits, des 
légumes, etc., avec les mains et les avant-bras, avec un 
râteau, etc., jouant le rôle d'une crauwe ou crosse. 

acrère, v. tr. Accroire : fi acrère, faire croire ce qui n'est pas. 

acrolô, v. intr. Enfoncer, en marchant, dans de la boue épaisse, dans 
un terrain fort détrempé : acrolè dins in bourbl, enfoncer dans 
la fange. 

acrotchi, v. tr. Accrocher, suspendre un vêtement, un objet quel- 
conque & un crochet, à un clou. Arrêter en déchirant, en parlant 
d'une étoffe.— V. passif: yèsse acrotchi, être retardé, arrêté par 
quelqu'un dans un but de distraction. 

acrotchau, n. m. Celui qui accroche des objets ensemble, des 
wagons, etc. 

acségni, v. tr. Atteindre le but avec un projectile, une pierre ou 
tout autre corps lancé à une petite distance. 

acsidint, n. m. Accident : infirmité, mutilation cachée. 

acsidentè, adj. quai. Qui est atteint d'une infirmité ; mutilé. 

acsûr, n. f. Atteinte, dommage, dégradation à un objet ; ne s'emploie 
qu'avec la négation : dji vos prusse mi noû parapwi, eûchous z'è 
sogne, ca gna ni ène acsûr à z-y dire, je vous prête mon para- 
pluie neuf, ayez-en soin, car il n'y a pas fa moindre dégradation. 

acteur, n. m. Acteur, comédien. 

à-ç'teûre, loc. adv. A présent, en ce moment, maintenant ; peut 
aussi s'écrire asteûre. 

à-cu. loc. adv. A l'arrière d'un véhicule ; mettre un tombereau à-cu, 
le faire basculer. 



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- iï- 

acul, n. m. Retard dans un travail ; embarras imprévu qui le cause : 
aicè d' l'acul dins s 9 besogne, être en retard dans les travaux du 
ménage ou des champs. 

acwar, n. m. Accord ; bonne intelligence, conformité de sentiments. 
— d'acwar, loc. adv. D'accord, j'en conviens, j'y consens ; viète 
d'acicar, mettre d'accord. 

acwardè, v. tr. Accorder. 

acwarnè. v. tr. Frapper avec les cornes. — V. récip. : s'acwarnè, se 
dit des bœufs, des vaches, etc., qui enchevêtrent leurs cornes 
pour lutter : nos deux vatches s'ont acwarnè et griènn-a yène 
qu'est scwarnéye, nos deux vaches ont enchevêtré leurs cornés et 
l'une est décornée. 

adaglè, v. tr. Enduire de goudron une barque, un pont, etc. 

adaulè, v. tr. Câliner ; flatter à l'excès. 

adaumè, v. tr. Entamer : on fait ène crwès su Tpwain avè T couda 
divant d' Tadaumè, on fait, avec le couteau, une croix sur le 
pain avant de l'entamer. 

adayi (1), v. intr. Accourir rapidement vers celui qui parle. 

adê ! loc. adv. Adieu ! 

adèrè, v. tr. Endurer : n'sawè adiré s' mau, ne pouvoir endurer une 
douleur. Supporter quelqu'un. 

adèrè, v. intr. Adhérer, accepter, accéder. 

adèri, v. tr. Rendre dur, résistant ; endurcir. 

adiè, n. m. Adieu. M ses adiès, faire ses adieux. 

adièrsi, v. tr. Envoyer adroitement un projectile à un but visé. Fig. : 
yèsse adièrsi, tomber bien ou mal à propos ; çà s'rèt hé adièrsi 
s'il astèt là, ce serait de la chance ou de la malchance s'il 
était là. 

adiré, v. intr. Persuader, entraîner, séduire ; accorder ce qu'on a 
longtemps refusé. En parlant d'une jeune fille, on dit : èle s'a 
lèyi adiré, elle s'est laissé séduire ; dji ma'i laissé adiré signifie : 
j'ai accédé à un désir d'autrui. 

adjalè, v. tr. Subir l'action prolongée d'un grand froid, geler : li frèd 
a adjalè nos canadas al câte, le froid a gelé nos pommes de terre 
à la cave. — V. intr. : nos canadas ont adjalè, nos pommes de 
terre ont gelé. — K. passif: yèsse adjalè, être gelé, avoir fort 
froid ; dji sûssf adjalè, j'ai très froid. 

adjalure, n. f. Engelure. 

à-djins, loc. adv. S'emploie dans l'expression : i ritét qu'à-djins, 

c'est comme on veut, on peut agir à sa guise. 
adjis, n. m. Disposition des lieux, les aitres. 

à-djoke, loc. adv. Sur le perchoir : yèsse à-djoke se dit des poules qui 
sont perchées ; dmèrè à-djoke, être juché, en parlant d'un objet 
arrêté dans sa chute par un obstacle assez élevé, une branche 
d'arbre, par exemple. 

(1) Prononcer ada-yi. 



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-18- 

adjokè, v. tr. Jucher, percher ; placer un ol)jet hors de portée. 

à-djonpîs, loc. adv. A pieds joints ; sautlè à-djonpîs, sauter les pieds 
joints. 

adjustè, v. tr, Viser ; envoyer un projectile au but. Arranger un 
vêtement de manière qu'il s'adapte exactement à un autre. 

adjustèmint, n. m. Ensemble d'un vêtement, d'un habillement. 

adjusteu, n. m. Ajusteur. 

Adlayide, n. pr. f. Adélaïde. 

adlé, loc. adv. A côté, auprès de. On dit aussi dlé. 

à-dmé, loc. adv. A moitié, à demi ; d'une façon incomplète, passable : 
et vosse meskène. comint traraye-t-èle ?' — Corne cû corne çà, dji 
n'è sus continue qu'à-dmè. Et votre servante, comment tra- 
vaille-t-elle ? — Comme ci, comme ça, je ne suis qu'à moitié 
contente d'elle. 

admète, r. tr. Admettre, recevoir, agréer ; accepter comme vrai. 

Adofe, n. p. m. Adolphe. 

adoglè, v. tr. Enduire de substances dégoûtantes, malpropres, un 
objet que l'on prend habituellement à la main ou auquel on doit 
se salir, un manche d'outil, un loquet de porte, par exemple. — 
V. passif : yèssc adoglè, avoir ses vêtements maculés des mêmes 
substances.' 

adolmité, v. tr. Amadouer. 

adomadji, v. tr. Causer un préjudice, endommager. 

adon, adv. A cette époque-là ; dans ce temps-là. 

adouci, r. tr. Rendre une boisson, un assaisonnement plus doux ou 
le poli d'une surface plus lisse ; soulager. — V. prou. : H timps 
s'adoucit, la température se réchauffe. 

adoucichemint, n. m. Adoucissement. 

adouviè, v. tr. Commencer à ouvrir, entre-bàiller, entr'ouvrir une 
noix, une moule, un panier, un animal tué. 

adresse, n. f. Dextérité, adresse. Suscription d'une lettre. 

adrèssi, v. tr. Envoyer directement. — Y. pron. : sadrèssi. demander 
un renseignement à quelqu'un. 

adrèt, adj. quai. Habile du corps ou de l'esprit ; lin, astucieux. 

adrètemint, adc. Adroitement, habilement. 

adroci, loc. adv. Ici, auprès de celui qui parle : il est vnu adroci, il 
est venu ici. 

adrœt, adj. quai. Adroit (Vireux). 

adrolà, loc. adv. Là-bas, plus loin, au loin : abus z'è adrolà. allez- 
vous en là-bas. 

adrwèt, adj. quai. Adroit ; fém. : adrwète (vx). 

adrwètemint, adv. Adroitement (vx). 

advenant (à F), loc. adv. Proportionnellement, en comparaison de : 
quand on n'travaue ivère, on dit mougni à l'advènant, quand ou 
travaille peu, on doit manger peu. 



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— 19 — 

advina, w. m. Devinette, énigme, ce qu'on donne à de\ hier : djotcc 
aux advinas, poser et résoudre des devinettes. 

adviné, v. tr. Deviner. 

advineu, n. m. Celui qui devine. 

advôni. i>. intr. Advenir, arriver, se produire dans la suite : adcêgne 
qu advègnc, advienne que pourra. 

adwarmi, v. tr. Endormir, faire dormir : adicarmi èn'éfant. Ennuyer 
par des paroles oiseuses : ti nos aduames, tu nous ennuies." — 
V. pron. : s adicarmi, s'endormir. — Part, passé : adicarmu, 
adicarmmce. 

aènè, v. tr. Herser une terre, la débarrasser des mauvaises herbes 
avant de l'ensemencer. 

aeûrè, v. tr. Faire exécuter un travail à une heure fixe de la journée. 
S'emploie surtout au passif : yèsse aeûrè, avoir un emploi du 
temps bien déterminé. 

afftbe, adj. quai. Affable. 

à-fait, loc. adv. Au fur et à mesure ; on dit encore fait-à-fait ; loyi 
les djaubes à-fait, lier le blé au fur et à mesure qu'on le coupe. 

afèm'yi, t\ tr. Enfumer, emplir de fumée. — V. passif: yèsse afèm'yi, 
être enfumé, incommodé par la fumée. 

afère, n. f Affaire ; malheur. Pluriel : situation, intérêts d'une 
personne. 

afères, n. f. pi. Menstrues. 

à-fèrlokes, loc. adv. En haillons. 

à-fèrneu, loc. adv. A nœud ferme : loyi à-fèrneu deux cordes ou deux 
lacets, c'est croiser deux fois l'une sur l'autre et au môme 
endroit l'extrémité de chaque corde, de chaque lacet, et tirer 
ensuite sur ces extrémités pour serrer le nœud : mes soles sont 
loyis à-fèrneu, les lacets de mes souliers sont liés à nœud ferme, 
serré. 

afèronè, v. tr. Couvrir de rouille, rouiller. 

afèronè, part, passé. Rouillé : mes oiciyes sonsV afèronéyes , mes 
aiguilles sont rouillées. 

afèrtélé, adj. quai. Affairé ; yèsse afèrtèlè, se montrer ému par une 
préoccupation, un incident inattendu. 

afèwè, v. tr. Exciter, mettre en colère. — Y. passif: yèsse afèwè, 
être en colère et montrer un teint enflammé et des yeux 
brillants de contrariété. Se dit surtout des femmes. 

afichi, v. tr. Publier, au moyen d'une affiche, une information offi- 
cielle, une vente, etc. f i sonst' a fichis, ils sont inscrits sur la 
publication oflicielle d'un mariage projeté. 

afilant, adj. quai. Pointu, aiguisé. 

(A suivre.) J. Waslkt. 



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— 50 — 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Oivetois) 

(si;itk) 



A (suite) 



aille, v. tr. Rendre le tranchant et la pointe à une lame, à un outil, 
à un couteau (V. rugi). 

aille, v. tr. Enfiler : afilè ène owiye, enfiler une aiguille. 

aflidji, v. tr. Tourmenter ; affliger ; causer de la douleur. — V. passif: 
yèsse aflidji, être atteint d'une infirmité. Fém. : aflidjiye. 

aflidji, n. m. Infirme, estropié. 

afoncé, v. tr. Enfoncer : afoncè in clau, enfoncer un clou. — V. intr. 
Pénétrer dans : afoncè dins les sankes, enfoncer dans la vase. 

aforé, v. tr. Mettre un tonneau en perce ; percer un trou dans le 
fond d'un tonneau pour y mettre un robinet. 

afournè, v. tr. Enfourner, mettre le pain dans le four. On dit égale- 
ment : mète ou for, mettre au four. 

afourtchi, v. tr. Enfourcher, frapper quelqu'un avec une fourche ; 
enlever du foin, des épines, des gerbes au moyen du même 
outil ; li didbe t'afourtchrèt, tu iras en enfer. 

afréchi, v. tr. Mouiller, humecter ; tremper dans l'eau, exposer à la 

fluie, mettre dans la rosée : afrèchi ses cotes en passant dim 
rouzéye, mouiller ses jupons en passant dans la rosée. 

afreu, adj. quai. Dont la vue cause de l'effroi ; laid et repoussant. 

afreu, n. m. Individu très laid. 

afreuzemint, adv. Affreusement. 

afrontè, adj. quai. Effronté. 

afrontè, n. m. Effronté : t'esst' èn f afrontè, tu os un effronté. Fém. : 
afrontéye. 

afroyi, v. tr. Frayer un sentier, un chemin, un passage, des chaus- 
sures neuves, etc. : afroyi ène glace, frayer une glissoire. 

afut (à F), loc. adc. Aux aguets : il est toudi à l'afut pou... 

afutè, v. intr. Aller à l'affût ; guetter le gibier : il a sti afutè, il a 
guetté le gibier. 

afuteu, n. m. Celui qui va à l'affût. 

afutiaus, n. m. pi. Petits outils que l'on emporte avec soi. 

à-fwace, loc. adv. A force de : à fwace di satchi, nosse vatche a rcw*A 
s' loyé, à force de tirer, notre vache a cassé son lien. 

4rfwarci, v. tr. Donner, prendre des forces par un régime alimen- 
taire approprié ou par des exercices physiques. 



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-51 _ 

agadji, v. tr. Prendre à gages. — V. pron. : s' agadji, s'engager dans 
l'armée. 

agadji, n. m. Engagé volontaire : èriagadji. 

agadjmint, n. m. Engagement, promesse. 

agasse, n. f. Pie, oiseau commun à plumage blanc et noir ; pwain 
d' agasse, pain que Ton rapporte des champs, la journée finie. 

agasse, n. f. Durillon, cor au pied. 

agauche, n. f. Espèce de schiste facile à fendre et à enlever. 

agayolè, v. tr. Jucher, percher fort haut ; attacher un objet hors de 
la portée : on z'a agayolè m'tchèna su èn'ârbe, on a juché 
mon panier sur un arbre. 

agayolrîye, n. f. Entassement bizarre d'objets posés pêle-mêle. 

agayolure (V. agayoleHye). 

aglume, n. m. Enclume. 

aglumia, n. m. Enclumeau de faucheur formé d'un piquet en fer, à 
tète aplatie, sur lequel les moissonneurs battent une faux avec 
un marteau pour lui rendre du tranchant. 

agna, n. m. Anneau de métal, cuivre, fer, etc. 

agna, n. m. Agneau. 

à-gn'gnio, fac. adv. A genoux : s'mète à gn'gnio, tchèye à gn'gnio, se 
mettre, tomber à genoux. 

agni, v. tr. Mordre, saisir et blesser avec les dents ; se dit de l'homme 
et des animaux : li îché m'a agni. le chien m'a mordu. — 
V. intr. Mordre dans : agni dins C pwain, mordre dans le pain. 

agnon, n. m. Petite bouchée ; ce qu'on enlève d'un morceau de pain, 
de viande, d'un fruit en mordant : in 9 agnon d y pwain. — Fig. 
Parcelle de terrain : î n f ont qu'en' agnon rf'tère, ils n'ont qu'un 
petit morceau de terre. 

agnure, n. f. Morsure ; trace laissée par les dents en mordant. 

à-gogo, loc. adv. Abondamment, à satiété : il ont d y tout à-gogo, ils 
ont de tout en abondance. 

agoni, v. tr. Accabler d'injures, d'épithètes grossières. 

agonlye, n. f. Se dit aussi angoniye; agonie, dernière lutte entre la 

vie et la mort. 
agoulè, v. tr. Avaler goulûment, gloutonnement, sans mâcher les 

aliments. Se dit des gens grossiers et des animaux. 

agoustant, adj. quai. Qui excite le goût, l'appétit. On dit aussi 
ragoustant. 

agoyèrlè, v. tr. Mettre sans goût une cravate, un col, un foulard, 
S'emploie surtout au passif : corne vos astous agoyèrlè ! comme 
vous êtes fagoté ! 

agrandi, v. tr. Agrandir. Faire paraître plus grand quand il s'agit 
d'un vêtement qui avantage la taille : et côrsadje-là vos agrandit, 
ce corsage-là vous fait paraître plus grande. 

agrandich'mint, n. m. Agrandissement. 



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-52- 

àgrapé, n. f. Agrafe. Pour amusée les jeunes enfants, les nourrices 
leur touchent du doigt le bout du nez en disant : a vlà ènt 
agrape, ti né qui ** cape ; vlà en' ouyhU ti né est scapé » ; voilà 
une agrafe, ton nez s'échappe ; voilà un œillet, ton nez est 
échappé. 

agrapè, v. tr. Agrafer. 

agrèmint, n. m. Agrément, plaisir, amusement. 

agripè, v tr. Saisir habilement, happer, prendre avec violence. 

agripète, n. /'. Petite colique. 

agritchi, v. tr. Accrocher : on z'esst' agritchi pa ène ronche, on est 
accroché par une ronce. Voler, filouter : on agritche une chose 
qu'un autre tient et on s'en empare. 

agritcheu, n. m. Voleur adroit. Fém. : agritcheûse. 

aguigne, n. /*. Agacerie, taquinerie faite dans l'intention de fâcher : 
t m' fait toudi des o guignes, il me taquine toujours. 

aguigni, v. tr. Taquiner, tracasser. 

aguintchi, v. tr. Accoutrer, habiller maladroitement, arranger sans 
goût. Se dit surtout des femmes. — Part, passé : aguintchi. 
Fém. : aguintchîye. 

aguintchure, n. f. Action d'aguintchi ; ensemble des vêtements mal 
ajustés. 

ah ! int. Marque la joie, l'étonnement, la surprise, la douleur. 

aida, n. m. et f. Celui ou celle qui aide. 

aiguë, n. f. Aigle, le plus fort des oiseaux de proie. 

aimé, v. tr. Aimer ; avoir de l'amour, de la sympathie pour quelqu'un, 
un goût, un penchant pour quelque chose. 

ainme, n. f. Tonneau de bière de la contenance d'un hectolitre. 

Àînmèye, n. pr. f. Aimée. 

ainne, n. f. Partie du corps entre la cuisse et le bas-ventre : aine. 

ainsi, adv. De cette manière, ainsi. S'emploie souvent à la place de 
don (donc) : vos vlà ainsi, vous voilà donc. 

ainwîye, n. f. Anguille. 

air, n. f. Manière, façon, allure : awè mwaij'air, avoir mauvais air. 

airâdge, n. m. Action d'aérer ; l'air lui-môme. 

aire, n. f. Sol d'une grange. 

aireu, n f. Lueur, clarté peu vive permettant d'apercevoir, non de 
distinguer nettement une personne, un objet ; l'aireu dou djoû, 
l'aube du jour. 

airiye, n. f. Double rangée de gerbes disposées sur l'aire d'une 
grange pour être battues au fléau ; les mêmes, déliées. 

aityî, adj. quai. Robuste, fort pour son âge, en parlant d'un enfant. 
Fém. : aityîye. 

aiwe (V. êwe). 



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— 53 -* 

akéwè, v. tr. Attacher la bride d'un cheval à la queue de celui qui 
le précède. — V. pron. : s'akèirè, se dit de deux animaux qui 
s'accouplent pour la génération. 

aksél, n. /'. Paille hachée pour la nourriture des chevaux. 

al, art. cont. A là : al coupète dou tiène, en haut de la montagne. 

alâdje, n. m. Usité dans l'expression : tchimind'alddje. route réservée 
aux bateliers pour le halage des bateaux. 

alaidi, r. tr. Enlaidir. 

alape, n. f. Soufflet lestement appliqué sur la figure de quelqu'un : 
rèpète-lu, dji t' flanke ène alape, répète-le, je te soufflette. 

alaurdji, t. tr. Elargir ce qui est trop étroit ; donner plus de largeur. 

alcotè, v. int. Faire remuer un objet mal assujetti, un volet, une 
fenêtre, par exemple. Se dit surtout de l'action du vent. 

alcotéye, n. f. Petit chargement de blé, de gerbes, de fagots, de foin, 
qu'on n'a pas pris la peine de bien consolider et qui balance au 
moindre cahot du véhicule. 

alcoti, n. m. Mauvais ouvrier. 

aie, r. int. Se mouvoir ; se transporter d'un lieu à l'autre ; se porter, 
en parlant de la santé ; s'ajuster ; aie su, se diriger vers ; être 
sur le point d'atteindre un nombre d'années déterminé, etc. — 
Le participe passé de ce verbe est remplacé par évôye : il esst' 
ètoye ou courtL il est allé au jardin. — F. pron. : s'ènn-allè, s'en 
aller. Etre sur le point de mourir : tosx'pa s'è «a, votre père ne 
vivra plus longtemps. 

aléye, n. f. Passage plus ou moins large, bordé de murs ou d'arbres; 
action d'aller, de faire des courses fréquentes. 

alêne, n. f. Haleine ; ôr d'alêne, hors d'haleine ; riprinde alêne, 
s arrêter, se reposer. Se dit aussi allnne. 

alêne, n. f. Sorte de poinçon. 

al filé ye, loc. arfc. A la suite l'un de l'autre ; à la file. 

aligni, r. tr. Mettre en ligne, aligner. 

align'mint, n. m. Alignement. 

alèse, n. f. Poisson de mer qui remonte la Meuse au printemps. 

alotê, r. int. Balancer, en parlant d'une dent malade, d'un piquet 
fiché en terre, d'un objet attaché par une de ses extrémités. 

aloyi, r>. tr. Attacher au moyen d'un lien, d'une corde ; garrotter 
quelqu'un. 

alumè, t. tr. Mettre le feu à un combustible ; enflammer la mèche 
d'une bougie, d'une lampe ; alumè l'pupe, se mettre à fumer. 

alumè, r. imp. Faire des éclairs, en parlant d'un nuage orageux. 

alumwar, ». m. Etincelle électrique qui jaillit entre deux nuages en 
temps d'orage et précède ordinairement le tonnerre ; alumwars 
di tchaleur, éclairs d'orages lointains illuminant le ciel à l'horizon. 

aluwè, c. tr. Dépenser de l'argent en achats utiles ou non. 



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— 54 — 

alvè, v. tr. Nourrir, élever des enfants ; se dit aussi des jeunes 
animaux domestiques. 

alvè, v. int. Envoler : fi alvè des piètris, faire envoler des perdrix. 

amacralè, v. tr. Ensorceler, séduire. 

Aman, n. pr. m. Armand. 

amande, n. f. Fruit de l'amandier ; se dit aussi du fruit du framboi- 
sier sauvage. 

amantchi, v. tr. Emmancher un outil. Tromper adroitement quel- 
qu'un : ti t'as fait amantchi, tu as été trompé. 

amantchûre, n. f. Manière d'emmancher ; ouverture pratiquée dans 
un vêtement pour adapter les manches. 

amateur, n. m. Amateur. Fém. : amateûse. 

amaurlâdje, n. m. Givre : gn'a d' l'amaurlddje, i va rligni; il v a du 
givre, le dégel va suivre. 

amaurlè, v. imp. Faire du givre. (V. rèlè.) 

ambe, n. f. Ambre* 

âme, n. f. Principe de la vie ; rînde l'âme, mourir ; courage : ti nas 
pont d'âme dins l'vinte, tu n'as pas de cœur au ventre ; signifie 
aussi une personne : gn'a né ène âme, il n'y a pas une personne ; 
ne dire une chose à âme qui vive, ne la dire à personne. 

amèdé, v. tr. Châtrer ; ôter les organes de la génération. 

amèdeu, n. m. Celui qui fait le métier de châtrer les animaux. 

Amèliye, n. pr. f. Amélie. 

amelète, n. f. Omelette. 

amer, n. m. Vésicule du fiel. 

amer, adj. quai. Qui a une saveur rude et désagréable. 

amerèle, n. f. Camomille sauvage. 

ameublèmint, n. m. Ensemble des meubles d'un appartement. 

ameublè, v. tr. Garnir une habitation des meubles nécessaires. 

ameubli, v. tr. Rendre une terre meuble, friable, plus facile à 
travailler. 

amindâbe, adj. quai. Qui peut être mis à l'amende, qui a commis 
une contravention. 

amilè, v. tr. Disparaître sans germer, en parlant du blé semé et qui 
toune à ré (tourne à rien), comme disent les campagnards. 

aminde, n. f. Amende : mite à l'amindc, déclarer procès- verbal. 

aminé, v. int. Diminuer de volume par suite d'une longue èbullition : 
nosse soupe èsst' aminéyc, notre soupe a beaucoup diminué parce 
qu'elle a bouilli trop longtemps. 

à-mitan, loc. adv. A moitié. 

amitieu, adj. quai. Qui fait preuve de bienveillance, de sympathie, 
d'amitié. 

amon, pré p. Chez : il èsst' amon s'vijin, il est chez son voisin. 



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— 55 - 

amonîcion, n. f. Munition. Usité dans l'expression : pwain d'amoni- 
cion. pain de soldat. 

amonstèlé, r. tr. Réunir en gros tas ; amonceler. 

amonstèlerîye, n. f. Amas d'objets divers. 

à mougni, loc. adz. A manger : done-tnu à mougni, donne-moi à 
manger. 

amour fpou F), loc. adv. S'emploie dans l'expression : pou l'amour 
de Dieu, signifiant : je vous en prie, je vous en supplie. 

amoureu, m. m., ou galant. Jeune homme qui courtise une jeune fille. 

amuzè, v. tr. Divertir, distraire. — V. pronon. : s'amuzè, passer son 
temps inutilement ; courir les cabarets. 

amuzemint, n. m. Amusement ; travail très facile à faire. 

amuzète, w. f. Personne qui s'amuse à des riens ; celui qu'un rien 
détourne de sou travail. 

amwace, n. f. Appât attaché à l'hameçon d'une ligne pour capturer 
les poissons ; amorce (Vx). 

amwarci, v. int. Jeter dans l'eau différents appâts pour attirer le 
poisson ; amorcer (Vx). 

amwînnè, r. tr. Conduire en menant ; occasionner ; charrier. 

amwinnadji, r. tr. Mettre quelqu'un dans ses meubles. 

andél, n. m. Désordre, confusion, embarras. 

andévè, t. int. Ne s'emploie qu'avec le verbe faire : fi andêvè ène 
saklye, taquiner, importuner, ennuyer quelqu'un. 

andin, n. m. Rangée d'herbe, d'avoine, etc., qu'un faucheur abat à 
chacun de ses passages. 

andouye, n. f. Boyau de porc rempli des intestins du même animal. 
— Fig. Personne sans énergie. 

andouyète, n. f. Petite andouille. 

Àndriyin, n. pr. m. Adrien. 

Andriyène, ». pr. f. Adrienne. 

anédi, r. tr. : anèdi in nid, c'est toucher les œufs ou les jeunes 
oiseaux qui viennent de naitre, de façon que les parents aban- 
donnent complètement le nid. 

ange, n. /'. Être spirituel ; ange au ciiL enfant mort ; yeuse aux anges, 
être transporté de joie, de bonheur. 

angouche, n. f. Etat de gêne ; inquiétude profonde ; douleur morale ; 
angoisse. 

angoni (V. agoni). 

angonîye (V. agoniye). 

anke, ». /'. Ancre ; grand crochet à deux bras, muni en son milieu 
d'une forte tige surmontée d'un anneau et servant à fixer les 
bateaux et à arrêter les ballons. 

ankré, r. tr. Attacher au moyen d'une ancre. Au passif: yèsse antre, 
être invétéré. 



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- 56 - 

à-nowe, loc. adv. A la nage : passé Moûse à-noicc, traverser la Meuse 
en nageant. 

anowêre, loc. adv. Il n'y a pas longtemps ; dans le courant de la 
journée ; indique une époque plus rapprochée que naguère : 
djè l'ai viu anowêre, je l'ai vu tantôt. 

anoyant (1), adj. verbal. Ennuyeux : qui v'z-astous anoyant ! que 
vous êtes ennuyeux ! 

anoyeu, adj. quai. Qui a du regret. Fém. : anoyeûsc. 

anoyi, v. tr. Causer de l'ennui ; contrarier. — V. pron. : satwyi, 
s'ennuyer : dji m'anoye, je m'ennuie. 

anondê (s*), v. pron. Prendre son élan ponr sauter, pour franchir un 
obstacle. — V. tr. Lancer quelque chose avec effort. 

anondéve, n. f. Elan ; espace franchi d'un bond ; mouvement en 
arrière du bras qui lance un objet ; sautlè in ri d'ène anondêye. 
franchir un ruisseau d'un seul bond. 

anségnî, n. m. Tas de fumier. Proverbe : gros ansègni, grand guèrni, 
gros fumier, grand grenier. 

ansène, n. f. Fumier : mite l'ansène al raye, placer le fumier dans le 
sillon tracé par la charrue. 

antise, n. f. Fréquentation ; se dit souvent en mauvaise pari. 

antche, n. f. Hanche. 

antche, n. /'. Embouchure de clarinette, etc. 

Antwènéte, n. pr. f. Antoinette. 

Antwînne, n. pr. m. Antoine. 

à okes, loc. adv. En morceaux ; tchèye à okes, se dit d'un objet, d'un 
meuble par exemple, qui se disloque par suite de vétusté. 

aotè, t?. tr. Arrêter, en parlant d'un obstacle qui empêche la marche 
d'un véhicule : un voiturier dit : ène sokète m'a aolè. une 
souche a arrêté mon chariot. 

aourlè, v. tr. Crier, hurler des injures, des reproches. 

aousse, n. f. Temps de la moisson ; la moisson elle-même : fél'aousse, 
faucher et récolter le blé. 

aousse (cok d'), n. m. Grosse sauterelle verte qui vit dans les blés. 

aparucion, n. f. Spectre, vision, fantôme. 

apassè, v. tr. Transporter vers celui qui parle, en franchissant un 
obstacle, un objet ou une personne : apassous-m' voss 9 tchèna 
au-dsus d Paye, passez-moi votre panier au-dessus de la haie. 
Transporter quelqu'un au moyen d une barque. 

apauji, v. tr. Apaiser ; calmer un enfant qui pleure. Tomber, en 
parlant d'un vent violent. 

apaujemint, n. m. Apaisement. 

à-pau-près, loc. adv. Environ, à peu près : il èsst' à-pau-près midi, il 
est environ midi. 

1) Prononcer ano-yant, ano-yeu, ano-tji. 



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— m — 

à-pau-prés, n. m. Estimation approximative. Façon défectueuse d'un 
travail : c'est d' l'à-pau-près c' bèsogne-là, ce travail est mal fait. 

apè, v. tr. Saisir vivement au passage ; dessécher par une grande 

chaleur, 
apèrdisse, n. m. Apprenti. 

à-père. loc. adv. En bras de chemise ; on dit aussi : yèsse à-père 
tckimiche, mais c'est quand on a Gté son gilet. 

apèsanti, v. tr. Alourdir, apesantir. 

apétichant, adj. quai. Qui excite l'appétit, que l'on mange avec 
plaisir : qui vlà dèl tchau apétichante ! Que cette viande est 
appétissante ! 

api, n. m. Rucher. 

apici, r. tr. Saisir en pinçant ; subtiliser. 

apinse (s'), prép. D'après, selon, comme dit souvent; s'emploie quand 
on cite les paroles de quelqu'un en se les appropriant : i doét ni, 
i va après tère, s f apinse à li. il devient vieux, il va vers la terre, 
suivant son dire. 

aplakè, t. tr. Plaquer, coller contre. 

aplakéye, n. f. Embarras, ennuis inattendus. 

aplauce, n. f. Emplâtre ; individu bizarre , mète ène aplauce su in 

clau, mettre un emplâtre sur un furoncle. 
aplaudi, ». tr. Applaudir. 
aplaudichemint, n. m. Applaudissement. 

aplonè, v. tr. Envoyer un corps de manière qu'il retombe d'aplomb, 

verticalement sur un point déterminé, 
aployi, v. tr. Employer, dépenser. 

à-pont, loc. adv. A point, au moment propice : ni nos a tnu à pont. 

cela nous est venu à propos, 
apôte, n. m. Apôtre ; personne originale : in vilin apôte, un singulier 

personnage. 
apoticaire, n. m. Pharmacien ; individu qui exagère ; par ironie, on 

dit : apoticaire aux bonès ièbes, pour désigner un farceur. 

apougni, c. tr. Empoigner, saisir avec la main ; arrêter au nom de 
la loi. — T. récipr. : s' apougni, s'empoigner, se battre. 

apouyi (yèsse), r. passif. Être couvert de récoltes sur pied, en 

parlant d'un terrain, 
après, prép. Après. Waitous après ou après li. cherchez-le. 
après, adv. Ensuite, 
après-cô, loc. adt. Quand tout esl fini : arivè après-cô, arriver trop 

tard. 
après-dmwain, loc. adt. Après-demain. 

aprètè, r. tr. Préparer. — V. prou. : s'aprètc. faire ses préparatifs, 

se préparer, faire sa toilette avant de partir, 
aprinde, r. tr. Apprendre, saisir, comprendre. 
aprintè, c. tr. Emprunter : aprintè des sons, emprunter de l'argent. 



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- 58 - 

àprintè (yèsse), t\ passif. Être embarrassé pour cemmencer ou 

exécuter un ouvrage ou s'acquitter d'une mission, 
aprinteu, n. m. Qui emprunte souvent. Fém. : aprinteûsc. 
apris, part, passé. Elevé : bè apris, mal apris, bien élevé, impoli, 
aprivwèzè, v. tr. Apprivoiser ; rendre moins timide. 

aprotchant, prép. A peu près; tout près de: il essï aprolchant 

méye-nut, il est tout près de minuit, 
aprotphi, v. tr. Approcher. 

apwartè, r. tr. Porter vers quelqu'un ou à celui qui parle. 
apwès, n. /*., ou aurpwès. Poix, 
apwèzonè, v. tr. Donner du poison pour faire mourir. 
aquèwè (V. alcètcè). 

ar ! int. Cri des conducteurs d'attelage pour faire tourner les chevaux 

à gauche. 
arabe, n. m. Avare, qui ne pense qu'à amasser. 

aracheu, n. m. Qui récolte des légumes : aracheu d' diras, dentiste. 
Prov. : minteur corne en' aracheu d'dints. 

arachi, e. tr. Arracher ; déraciner ; se dit des légumes, des arbres, 
etc. : arachi des canadas, arracher des pommes de terre. 

aradji, r. int. S'emploie avec le verbe f'é : fé aradji, faire enrager. 

aradji, adj. quai Enragé, atteint de la rage. — Nom corn. Homme 
violent, emporté. 

aragne, n. /". Araignée. Femme désagréable ; panse d'aragne! vilain 

gamin ! 
à-rasse, loc. ado. Au niveau, au ras; à-rasse di tère. au ras du sol. 

arauvlè, r. tr. Attirer à soi, avec les mains et les bras, des légumes, 
des fruits, à la hâte et le plus possible. 

arayi, v. tr. Enchaîner une roue pour l'empêcher de tourner. 

aray'wès, n. m. Ce qui sert à arayi, ordinairement une grosse 
chaîne munie ou non d'un patin dans lequel s'emboite la roue. 

ârbe, tt. m. Arbre. Vârhe Abraham, traînée de nuages affectant 
vaguement la forme d'une fougère et allant d'un point de 
l'horizon au point diamétralement opposé. 

ârdi ! interj. Hardiment ! Courage ! ârdi, valet ! Courage, jeune 

homme ! 
ârdi, adj. quai Hardi. Fém. ; ârdiye. 

ftrdjint, n. /'. Métal précieux blanc ; argent ; monnaie, en général : 
comté a l'ârdjint, coûter cher. 

àrdjintè, r. tr. Argenter, recouvrir un inétal d'une légère couche 
d'argent. 

ârdjintrîye, m. /'. Argenterie ; bijoux, objets, vaisselle en argent. 

ardwèsse, u. /'. Ardoise pour écrire (V. scaye). 

arègnîye, w. f. Toile d'araignée. 

areumé, i\ tr. Donner le rhume. — V. prou. : s'areumè, s'enrhumer. 



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arindji, r. tr. Arranger. Ironiquement débrailler, salir, invectiver. 

— V. récip. : arindji (s') % se mettre d'accord, 
arindj'mint, n. m. Arrangement ; accommodement, 
arlnnè, v. tr. Apostropher quelqu'un avec aigreur et colère. 

argotè, v. int. Déplacer et replacer avec ou sans bruit un ou plusieurs 

objets, 
argoti, n. m. Mauvais ouvrier. 
argouzin, n. m. Gardien de prison ; policier. 
arikmétique, n. f. Arithmétique. 
arivè, v. int . Arriver. 
ark'-en-cièl, n. f. Arc-en-ciel. 

à-rlache, loc. ado. A foison : gn'a des gâyes, des pomes à-rlache f il y a 
des noix, des pommes en abondance. 

arlèkin, n. m. Homme sans principes, sans parole. 

arnachi, v. tr. Harnacher. 

arnachmint, n. m. Harnachement. 

arnauche, n. m. Celui qui est turbulent, qui touche à tout, qui 
furette de tous côtés ; se dit surtout des enfants : quel arnauche 
qui ct'éfant-là! quel enfant turbulent! — Adj. quai Même 
signification : qui vos astous arnauche ! que vous êtes turbulent ! 

arokè, v. int. Arrêter, en parlant d'un obstacle : mi tchaur a arokè 
à in gros cayau, mon chariot a été arrêté par une grosse pierre. 

— V. passif : yèsse arokè, être arrêté en route par un ami et 
rester au cabaret. 

aronde, n. f. Hirondelle. 

arondi, v. tr. Rendre rond, arrondir. — Part, passé: arrondi. Fém. : 

arondiye. 
aroozè, c. tr. Mouiller, arroser avec un liquide. 
arouzwè, n. m. Arrosoir. 

aroyi, r. tr. Tracer le premier sillon d'un champ pour le labourer. 
ftrsinic, n. m. Arsenic. 
ârsouye, n. f. Personne insolente, vantarde et prétentieuse. 

ftrtisse, n. m. Celui qui est très habile dans son métier. Vétérinaire. 
Appellation familière et un peu ironique. 

à-r?èye, loc. ado. Au revoir ; dire à-rtèye, faire ses adieux. Emphati- 
quement : à-rvôye. 

as, préfixe. Equivaut aux préfixes fr. : a, ac, é, en, etc. 

asblèwi, v. tr. Frapper les yeux par une lumière vive et subite : 

if ai sti tout aîblèxci, j'ai "été tout ébloui. 
ascouviè, t. tr. Mettre une chose sur une autre pour la cacher, la 

garantir complètement, des graines, des légumes, par exemple. 

ascrauwe, n. f. Accroc, événement qui retarde. 

aadjanblè, r. tr. Franchir une distance à grands pas ; enjamber un 
obstacle peu élevé ; asdjanblè r campagne, arpenter la campagne ; 
asdjanble ène aye, enjamber une haie. 



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-06- 

assorti, r. tr. Assortir. 

asdjanbléve, n. f\ Grande enjambée. 

asgaucbi, v. tr. Franchir un fossé, un ruisseau eu enjambant. 

asgaucbîye, n. f. Distance que Ton parcourt d'une seule enjambée 
en asgauchant. 

asgligni, r. tr. Mettre quelqu'un à genoux. — V. pron. : s'ttxgligni, 
s'agenouiller. 

asgroupi (s'), v.pron. S'accroupir. Part, passé: asgroupu, asgroupûvre. 

asmète, w int. Être sur le point de donner sou veau, en parlanl 
d'une vache. 

à s'nè, loc. adv. A môme le \ase ou l'assiette où l'on veut boire ou 
manger : huare à s'nè d'ène tège di lacia, boire à même une 
terrine pleine de lait. 

aspèrdji, r. tr. Asperger. 

asperge, n. f. Asperge. 

aspèrgèsse, n. m. Aspersoir. 

aspêtcbi, r. tr. Empêcher. — Y. pron. : s'aspêlchi. se retenir, 
résister à un désir, à un penchant : dji n'ai seu m'aspêtchi dC li 
rhponde, je n'ai su m'empêcher de lui répondre. 

aspêtchmint, w. m. Empêchement. 

aspic, n. f. Vipère. Fig. Personne très méchante ; linne d'aspic, 

mauvaise langue, 
asplati, v. tr. Aplatir. — Y. passif : yèsse asplati, devenir plat, être 

écrasé. — F. pron. ; s asplati. s'aplatir. 

asplaticbmint, n. m. Aplatissement. 

aspoyi, r. tr. Soutenir au moyen d'un appui. — Y. pron. : s'axpoyi, 

s'appuyer, 
assaizonè, v. tr. Assaisonner. Fig. Faire des reproches bizarres à 

quelqu'un, 
assaizonçtnint, n. m. Assaisonnement, 
assatchi, r. tr. Tirer à soi une personne ou une chose. 
assazin, n. m. Assassin. 

asse, n. /. As, carte marquée d'une seule figure de trèfle, cœur, 

pique ou carreau, 
aasèrè, r. tr. Enfermer dans un local hermétiquement clos. 
assè, adv. Assez. 
assiételéve, n. f. Assiettée. 
asslnnè, i\ tr. Asséner. 
asslr, r;. tr. Mettre sur un siège. — Y. pron. : s'a-ssir, s'asseoir. — 

Part, passé : assi. assitc. 
assonrè, r. tr. Salir quelqu'un ou quelque chose : gâcher un 

ouvrage. Fig. Faire des reproches, des réprimandes à quelqu'un. 

— r. pron. : s'asxonrè, maculer, déchirer ses vêtements ; 

s'enivrer (V. rassonrè). 
assôrcolr, r. tr. Jeter un sort. Séduire, charmer. 



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- m - 

assôrtimint, n. m. Assortiment. 

assoti, c. int. S'emploie avec le verbe fé et siguilie alors taquiner, 
plaisanter quelqu'un. 

assoupyi (s 9 ), c. pron. S'assoupir ; commencer à s'endormir. 

assuré, p. tr. Affirmer, certifier ; garantir, rendre certain. 

assurance, n. /'. Garantie contre l'incendie, la grêle, etc. Hardiesse. 

astaurdji, v. tr. Mettre en retard, attarder; retarder. — V. pron. : 
s'astaurdji, s'attarder (V. rastaurdji). 

astcbaufè. v. tr. Surexciter quelqu'un ; échauffer. — V. pron. : 
s'astchaufè, s'échauffer par un exercice violent ; en parlant des 
choses, commencer à fermenter. 

astchauFmint, n. m. Echauffement. 

astéle, n. f. Copeau ; morceau de bois détaché par la haché ou la 

serpe, 
astcheu, part, passé. Echu ; arrivé par hasard : c'est hin'astcheu. 

cela arrive à propos ou à contretemps (V. astchèyej. 

astchéyance, loc. adv. Par hasard ; de chance ; par suite d'une 
rencontre fortuite : c'est d f astchéyance qu 1 vos nos trouvons 
audjourdu, c'est par hasard que vous nous trouvez aujourd'hui. 

astchèye, r. int. Echoir ; arriver à propos, par occasion, à un moment 
donné ; nos irons vos vèye si eà astchêt, nous irons peut-être 
vous voir, c.-à-d. par occasion. 

astèrbutchi (s*), v. pron. Trébucher, faire un faux pas. 

asticoté, c. tr. Tracasser en badinant ; se disputer : i s'ont asticotés 
in momint et pus i s'ont battus, ils se sont disputés pendant un 
instant et se sont ensuite battus. 

à-sto, loc. adv. Debout ; arrêté par un obstacle ; dmèrè à-sto, rester 
debout et silencieux, eu parlant d'une personne ; être dans 
l'impossibilité d'avancer, s'il s'agit d'un véhicule. 

astoké, v. tr. Etayer, étançonner : gn'a tant d'pomes qui dji susst' 
obtidji d'astokè les cuèches des pomxs : il y a tant de pommes que 
je suis obligé d'étayer les branches des pommiers. 

astomakè, t. tr. Causer un grand étonnement, de la stupéfaction ; 
abattre. 

astrukè, v. tr. Laisser passer dans la trachée-artère une petite 
quantité de liquide qui provoque une toux violente : il a ri en 
bwècant et çà l'a astrukè, il a ri en buvant et il » avalé de 
travers. — \ . pron. : s' astrukè. Cette forme est surtout employée. 

ataké, v. tr. Attaquer ; faire citer devant un tribunal ; adresser la 
parole. — V. passif: yèsse atakè, être attaqué ; atteint ; grave- 
ment malade ; abattu ; il a sti fwart atakè, on z-a cru qu'i 
môrrêt, il a été gravement malade, on a cru qu'il mourrait. 

atatche, n. f. Epingle. 

atatchi, c. tr. Attacher ; joindre deux choses au moyen d'une 
épingle, d'un clou, etc. ; retenir un animal au moyen d'un 
collier, d'une chaîne. — V. pron. : s'atatchi, avoir de 1 affection, 
de l'amour pour quelqu'un. 



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atanchi, r. Jr. Adresser la parole le premier à quelqu'un, souvent 
pour l'invectiver. 

atauvlè, v. tr. Attabler. — V. pron. : s'atauvlè, s'attabler. 
atchau, n. m. Hachoir pour les viandes. 
atche, n. f. Hache. 

atchèssi, v. tr. Pousser, chasser des animaux vers la personne qui 
parle : atchèssous les talches par ci, chassez les vaches de mon 
côté. 

atcblnnè, v. tr. Enchaîner. 

atchisse, n. m. Viande hachée. 

atchotè, v. tr. Découper en petits copeaux un morceau de bois, un 

bâton, etc. 
atchure, n. f. Entaille faite avec un instrument tranchant, 
atchvalè, v. tr. Mettre à califourchon, comme un homme à cheval. 

à-tchvau, loc. adv. A cheval ; à califourchon ; voyadji à~tchvau 9 
voyager à cheval , s' mète à-tchvau su in mer, se mettre sur un 
mur, jambe de ci, jambe de là. 

atèni, v. tr. Amincir une planche, un objet quelconque. 

atèrè, v. tr. Enterrer. 

atèremint, n. m. Enterrement. 

atèrprinde, v. tr. Entreprendre. 

atèrtèni, v. tr. Tenir en bon état. — V. pron. : s'atèrtèni, se procurer 
ce qui est nécessaire à l'existence. — Part, passé: alèrtènu, 
atèrtènûwe. 

atichnè, v. tr. Attiser : atichnê l'feu, rapprocher les lisons pour 
activer ou ranimer la combustion. 

à-tièsse-difule, loc. adv. A tête nue ; échevelé : yèssc à-tièsse-difule, 
être tête nue, les cheveux en désordre. 

atifè. v. tr. Habiller sans goût. — V. pron. : s'atifè, en parlant d'une 
femme, signifie s'accoutrer maladroitement. 

atinde, v. tr. Entendre, comprendre ; i faut atinde, on doit considérer 
que... — Part, passé : atindu, compris. 

atinde, v. tr. Attendre. 

atindu, adj. quai. Qui comprend facilement ce qu'on lui dit, en 
parlant d un jeune enfant précoce. 

atînri, v. tr. Attendrir (une chose). 

atiraye, n. m. Quantité de choses nécessaires à un métier, à certains 

usages. 
atirè, v. tr. Tirer à soi ; attirer quelqu'un dans un but intéressé. 
atlâdje, n. m. Attelage. 

atléye, n. f. Chevaux attelés travaillant ensemble. Durée du travail 

d'un attelage. 
atone, v. tr. Entonner, emplir un tonneau de liquide. 



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-6â~ 

atone, v. tr. Gonfler par l'effet d'un gaz dans l'appareil digestif des 
animaux ; météoriser. — Part, passé : atone, atonéye : nosse 
vatche essf atonéye, notre vache est météorisée. 

atonwè, n. m. Entonnoir. 

atôrtiyi, v. tr. Envelopper la tête, un membre malade au moyen 
d une étoffe, d'une bande de toile. — V. pron. : s'atôrtiyi, s'en- 
rouler, en parlant des plantes ; s'emmitoufler, s'envelopper. 

atoute, n. f. Atout ? carte de la couleur et de l'espèce dont il retourne 
au jeu ; djowe atoute, jouer de l'atout. 

atrape, n. f. Ruse, petite tromperie ; plaisanterie. Celui ou celle qui 
trompe. 

atrapè, v. tr. Attraper ; tromper. 

atrapè, v. tr. : Blesser ; yèsse atrapè, être blessé en travaillant. — 
V. pron. : s'atrapè, se blesser. 

atriyote, n. f. Partie du harnachement qui se met à la tête du 
cheval et constituée par une corde. 

au, art. Au ; pluriel : aux. Indique le lieu : aux tchanps, aux 
champs, au pâturage, ou encore ce que l'on va chercher : aie au 
hwès, au pwain, etc., aller chercher du bois, du pain, etc. 

aubrioo, n. m. Abricot. 

aubricott, n. m. Abricotier. 

aubuçon, n. m. Champignon. 

auche, n. f. Porte grossière et à claire- voie pour jardin, verger, 
enclos, etc. 

auche. n. /'. Aise : à ni n auche, à mon aise, à ma guise ; on dit 
encore : à Vn-auche, à ton aise ; à s'n-auche, à son aise ; à nosse 
n auche, à vosse n-auche t à leu n-auche. à notre aise, à votre 
aise, à leur aise ; yèsse à s'n-auche, avoir de quoi vivre. 

anches, n. f. Aises. Avantages accordés par un seigneur à ses vassaux. 
— Les Auches, bois de Hierges dans la forêt des Ardennes. 

auche (bin'), adj. Bien aise, content, joyeux. 

aud'dins, loc. adv. Au dedans. 

audjourdu, adv. Aujourd'hui. 

audzeu, adv. Au-dessus. En plus de ce qui est dû. 

audzou, adv. Au-dessous. 

aufe, n. f. Gaufre. Au pluriel : des haufes (h aspirée). 

Augusse, n. pr. m. Auguste. 

aujèle, n. f. Oseille. 

auji, adj. Facile ; auji à dire, plus facile à dire qu'à faire. 

aujîyemint, adv. Facilement, aisément. 

aulakeu, n. m. Fanfaron, vantard. 

au-laudje, loc. adv. Au large ; ouverte, en parlant d'une porte ; tapé 
au-laudje, labourer un champ en commençant par les côtés. 



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-64^ 

au- Ion, loc. adv. Le long (d'une rivière) ; pendant (un jour, uue 
année, etc.) ; au- Ion, an-laudge, çà et là, loin d'un endroit 
désigné. 

auluwète, n. f. Alouette. 

auluwète, n. f. Luette. 

aumaye, n. /'. Génisse. 

aupyi, v. int. En parlant des animaux, faire des mouvements avec la 
tête et le cou pour activer la déglutition. 

aur, n. f. Hart, lien d'un fagot. PI. : des haurs (h aspirée). 

aurbalète, n. f. Arbalète. 

aurcwè (à 1'), loc. adv. A l'abri du vent. 

aurdè, v. tr. Garder (des animaux aux champs) ; conserver; surveiller. 

aurdeu, n. m. Gardeur de vaches, de porcelets. 

Aurdinwès, n. pr. Habitant de l'Ardenne. Fém. : Aurdinvcèsc. 

au-ré, loc. adv. Au ras ; jusqu'à la hauteur ou la somme désignée : 
dp l'ai payi au-ré d'm sou, je l'ai payé entièrement. 

anrgna, n. m. Aulne, arbre forestier. 

aurlikote (à 1'), loc. adv. A la légère, sans solidité, en parlant des 
objets placés sur une hotte, sur une voiture, etc., el qui sont 
sur le point de tomber au moindre cahot. 

aurmanak, n. m. Almanach. 

aurniyant, adj. quai Remuant, s'emploie surtout en parlant des 
enfants. 

aurniyi, v. tr. Remuer constamment lorsque l'on est assis ou debout. 

aurpwè, n. f. Poix, matière noire résineuse avec laquelle les cordon- 
niers lissent leur ligneul (vx). 

au-rvièr, loc. adv. A la renverse ; à l'envers ; tchèye au-rtièr, 
tomber en arrière ; tnête ses tchausses aw-rrièr, mettre ses bas à 
l'envers. 

aurztye, n. f. Argile. 

aursin, n. m. Cendres provenant des gazons brûlés dans l'essartage. 

ausse, n. f. Grande |>eur, angoisse ; awè ausse, éprouver une grande 
peur. 

ausse, n. f. Envie de satisfaire un besoin naturel. 

auspe, n. /*. Sorte de dévidoir transformant le lil d'une bobine en 
écheveau. 

auspèlè, v. tr. Dévider du fil au moyen d'une auspe. 

auspouyi,». tr. Tirailler, houspiller, maltraiter quelqu'un.- V. récipr.: 
s'auspouyi, se battre. 

autel, n. m. Hôtel. 

autel, n. i/i. Autel d'église, de chapelle. 

autoû. prép. Autour, dans le voisinage de ; environ, en parlant de 
l'heure, de l'âge. 



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-65- 

anwe, n. f. Oie ; personne peu intelligente. — Pâte d'auicc, renon- 

culacée. 
auwe ! int. servant à arrêter un attelage. 
aozin, n. in. Hameçon pour prendre le poisson, 
avalé, v. tr. Avaler : avalé d 9 triviè, avaler de travers, 
avaloir, n. m. Celui qui mange vite et beaucoup à la fois. 

avanci, v. tr. Pousser, faire aller vers quelqu'un. — V. intr. Marcher 
en avant ; se hâter ; mener rondement un travail. 

avancemint, n. m. Avancement ; nomination à un grade ou à un 
emploi supérieur. 

avaniye, n. f. Affront public. 

avantâdje, n. m. Ce qui est utile, profitable. 

avantadji, v. tr. Avantager. 

avant-deux, n. m. Partie d'une danse. 

avau, adv. Dans, sur, de côté et d'autre ; avau l'êwe, au fil de l'eau ; 
pa d'favau, partout ; pa d't'avaur /», sur tout le corps ; pa 
d't'avaur-là, de tout ce côté-là ; pa d't'avaur-ci, dans toute cette 
région-ci. 

avau-ci, loc. adv. Par ici ; on dit également avaur-ci. 

a van -là, toc. av. Par là ; on dit aussi avaur-là. 

avè, prip. Avec, en même temps, en compagnie de, au moyen de. 

(V. avu et avau.) 
avenant, adj. quai. Bien fait, de belle prestance, agréable. 

avenant (à T), loc. adv. En proportion..., dans la même mesure. — 
On dit également : à ï advenant. 

averti, v. tr. Informer, prévenir, donner avis. 

avèrtichemint, n. m. Avertissement. 

avefile, n. et adj. Aveugle. — Flg. Celui à qui la sottise, la passion 
ôtent le jugement. 

avtnde, v. tr. Atteindre, avec un certain effort, un objet éloigné en 
hauteur ou <*n longueur. 

avint, n. m. Les quatre dimanches précédant Noël. 

avtyi, v. tr. Devenir vieux ; vieillir vite. Part, passé: avîyi, aviyîye. 

avisant, adj. verbal. Adroit, intelligent, avisé dans les affaires. 

avixânce, n. f. Idée ; plaisanterie ; farce ; quête avizance î quelle 
farce ! t n'a pont abone avizance, il n'a pas de bonne idée. 

avixè (g*), v. pron. Avoir une idée bizarre ; être assez hardi pour... 

avo, n. m. Grand crochet de fer ou de bois auquel on accroche les 
harnais, etc. — Branche d'arbre élaguée dont un rameau coupé 
forme crochet. — Bolome aux avos, homme aux crochets, person- 
nage imaginaire qui se trouve dans les rivières, les puits, et 
attire les enfants imprudents pour les noyer. 

avou, prép. Avec (Foisches). 

avn, prép. Avec (langage d'ayi). 



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aVri, n. m. Avril, 4 e mois de Tannée ; court Fpèehôn d'avri, courir 
le poisson d'avril. 

awarè, v. tr. Etonner fortement, troublé par un événement auquel 
personne ne s'attend ; yèsse awarè, c'est être comme égaré par 
rétounement. 

awe, n. /'. Houe à main. 

awè, v. tr. Travailler la terre à la houe. 

awè, v. tr. Avoir, posséder ; éprouver (un besoin, la faim par exemple, 
ou un sentiment comme la peur) ; obtenir. — Impers. : ènn'awè, 
y en avoir ; gn'ènn'a bramint. il y en a beaucoup. 

awinne, n. f. Avoine. 

ayaye ! interj. Marque la douleur, la moquerie. 

aye ! interj. Marque la surprise, la douleur et l'ironie. 

aye ! interj. Hàtons-nous ! Travaillons plus vite ! 

aye. Mis pour aller ; dji n' ses pus aye, je ne peux plus aller, je n'en 
puis plus. 

aye, n. /*. Haie, vive ou sèche. Pluriel : des hayes (h aspirée). 
ayi, adv. Oui. 

ayi, v. tr. Descendre du bois au bas d'une montagne au moyen d'un 
traîneau. 

ayi, v. tr. Haïr ; djè l'ayis, je le hais ; djè les z'ayis, je les hais. 

ayisse, n. m. Remous formé par l'eau d'un fleuve, d'une rivière 
autour d'une île ou dans un endroit profond. 

ayon, n. m. Sorte de grand paillasson derrière lequel s'abritent les 
cantonniers, les carriers, etc. 

ayuklè, v. tr. Garantir quelqu'un de la pluie, du vent, en lui 
mettant une couverture, un vêtement sur la tête et les épaules. 
— V. pron. : s' ayuklè; se dit des femmes qui se garantissent du 
mauvais temps en relevant leur jupon sur la tête. 

a-yute. adv. A l'abri du mauvais temps ; on se met d-yute dans une 
cabane, une hutte, dans un endroit couvert. 

azar, n. m. Hasard ; chance ; bonne occasion. 

azardè, v. tr. Hasarder, risquer, exposer. — V. pron. : s'azardè, 
tenter, s'exposer ; — d'azar, de cnance. 

(Â suivre.) J. Waslet. 




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-95- 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte (Hvetols) 

(suite) 



b, n. m. Consonne ; deuxième lettre de l'alphabet.— -En parlant d'un 
illettré, on dit : i n' sit ni A ni B. 

BâJbe, n. pr. f. Barbe ; fé ÏS^-Bâbe, célébrer la fôte de la patronne 
des carriers, des ardoisiers, des artilleurs, etc. ; on dit aussi 
C S"- Barbe. 

Babète, n. p. f. Elisabeth. 

babiyi, t>. int. Babiller ; bavarder beaucoup. 

babiyeu, n. m. Babillard ; fém. babiyeùse. 

bablo, n. m. Tourbillon de poussière, de neige, de feuilles sèches, etc. 

babouye, n. f. Personne qui parle trop vite et d'une manière inintel- 
ligible, 
babouyi, v. int. Parler vite en prononçant mal. 
bachéte (à-). (V. à-bachète.) 

bachL v. tr. Baisser ; bachi V liesse, baisser la tôte. — V. pron. : 
s bachi, se baisser ; bache-tu, baisse-toi. — V. int. : diminuer 
de niveau, de prix : les êwes bachont, les eaux baissent ; 
descendre : li solia bachc, le soleil descend à l'horizon. 

bacu, n. m. Homme dont les jambes sont trop courtes en comparaison 
du corps. 

badiné, v. int. Plaisanter ; dire des choses peu sérieuses. 

baie, n. f. Gif fie, soufflet. 

bafouye, n. f. Personne qui dit des choses que l'on ne comprend pas. 

bafouyi, n. tr. Parler d'une manière incompréhensible. 

bagâdje. n. m. Vaisselle ; lavé l'bagâdje, laver et essuyer la vaisselle. 

— bagadjc (langage d'ayi). 
bagâdje, n. m. Malles, caisses, colis qu'on emporte en voyage ; ployi 

bagâdje, s'en aller au plus, vite, vider les lieux. 

bagnètes, n. f. pi. Petites bottes de joncs réunies par des liens et au 
milieu desquelles se place celui qui apprend à nager. 

bagneu, n. m. Baigneur. 

bagni, c. tr. Baigner. — V. int. : bagni, se baigner : t vont bagni, ils 
vont se baigner. 

bagnole, n. f. Mauvaise voiture, carriole peu solide. Maison mal tenue, 
bagou, n. m. Bavardage par lequel on cherche à étourdir l'auditeur. 

(1 ) Se rappeler que les consonnes b-d-dj-g (dur v - g (je) et j • v - * 'entre deux voyelles) 
cl i, faisant partie dune syllabe finale muette, se pt ooouceot p - 1 - teh y k - eh - f et m. 



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- 96 - 

bagué, v. int. Déménager. Fig. S'enfuir au plus vite. 

baguète, n. f. Baguette ; ène baguète di côri, une baguette de 
coudrier. Bâton court : baguète di tambour. Fig. : nncinnè al 
baguète, se faire obéir avec hauteur et sévérité. 

bain d' pis, n. m. Bain de pieds. 

bake, n. f. Bague : aie que les bakes, aller acheter l'anneau de 
mariage de la future. 

balanci, t. tr. Faire aller tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Fig. 
Renvoyer définitivement. — V. int. Ne pas être solide. Hésiter. 

balancinè, v. int. Aller en escarpolette, en balançoire. 

balbûre, n. m. Littéralement : bat le beurre ; fruit du nénuphar, qui 
a la forme d'une minuscule batroûle ou baratte verticale. 

baie, n. /*. Boule de plomb pour charger les fusils, les revolvers, etc. 
Sacs de marchandises : café, houblon, etc. Fig. Chose à la 
convenance ; ex. : çà fret bé m' baie, cela ferait bien mon affaire. 

balô, v. tr. Entasser, aplatir de la terre. 

balè, v. int. Laisser pendre : les brès balants, les bras pendants, 
inoccupés. Diminuer de prix. Se dit encore du choc douloureux 
causé par le pouls ou l'afflux du sang dans un furoncle, un 
abcès, une contusion. 

balînne, n. f. Baleine ; fragment de fanon de cet animal. 

balivâdje, n. m. Indication, par les agents forestiers, du nombre de 
baliveaux laissés dans une coupe. 

balivau, n. m. Arbre réservé dans un bois pour devenir de la futaie. 

— Campagne des Baliveaux, pièce de vers de 32 pages (imprim. 

Huard, 1832, Charleville), relatant une petite émeute des 

habitants de Revin et de Fumay, à propos d'un balivage excessif. 

Il y eut alors des incidents fort amusants (1). 
balivè, v. tr. Action de marquer les baliveaux. 

balote, n. f. Petite balle pour jouer. La balle dure se nomme casse 

(V. ce mot), 
baloûge, n. f. Hanneton. Ceux de ces insectes qui sont tachés de 

blanc sont nommés mônnis ou meuniers ; baloûge dèl S l -Djan, 

tout petit hanneton, 
baloûgeu, n. m. Celui qui est peu actif, qui flâne en travaillant. 
baloûgi, v. int. Travailler lentement, perdre son temps, 
baluchon, n. m. Gros paquet de hardes qu'on emporte avec soi. 

bàlusse, n f. Balustre ; grille qui sépare le chœur d'une église de la 

nef ; c'est là que les lidèles vont communier, 
balzin, n. m. Tremblement produit par l'âge, l'inconduile, la maladie. 
balzinè, v. int. Trembler ; hésiter, 
balzineu, n. m. Celui qui est indécis, hésitant. 

balwé, n. m. Outil de jardinage au moyen duquel on entasse la terre 
ensemencée. 

(1) V. Histoire de liocroi, par Lmmni. 



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- 97 - 

ban, n. m. Publication de mariage faite à l'église ; criyi les bans, 
faire cette publication. 

banboche, n. f. Espèce de pantoufle. Homme qui se met souvent en 
ribote. 

bancal, adj. quai Qui a une ou les deux jambes torses. 

banerole, n. f. Plaque mobile d'une girouette. 

banéte, n. f. Sorte de tablier court à l'usage des hommes. 

banke, n. f. Jeu de hasard composé de trois dés et d'un tapis portant 
les six premiers nombres ou les couleurs des cartes à jouer 
auxquelles on ajoute la figure d'une ancre, d'un soleil, etc. 

banse, n. /'. Manne en osier. 

bansléye, n. f. Contenu d'une manne : ène bansléye di pomes, une 
manne de pommes. 

banslî, n. m. Ouvrier qui fait des mannes, des hottes, des paniers en 

osier. 
baragwin ? n. m. Langage inintelligible ; paroles mal articulées ou ne 

signifiant rien. 

baragwinè, v. tr. Dire très mal ; tenir un langage dépourvu de bon 
sens. — V. int. Parler d'une manière incompréhensible. 

barake, n. f. Construction légère en toile, en planches, pour les 
marchands forains, les saltimbanques dans les fêtes, les foires ; 
cabane dans les champs, les jardins. Maison petite et en mauvais 
état. 

baraki, n. m. Celui qui habite une baraque. 

barbakène, n. f. Ouverture pratiquée dans un toit et garantie par 
une petite toiture semi-conique. 

barbauebe, n. /'. Parcelle consumée qui s'élève dans l'air quand on 
brûle de la paille, des feuilles sèches, etc. Fig. Bavure dans la 
peinture. Petits nuages qui troublent la sérénité de l'air après 
une période de beau temps : gn'a des barbauches à l'air, li tims 
m candji, de petits nuages se forment dans l'atmosphère, le 
temps va changer. 

barbiyon, n. m. Barbeau, poisson. 

barboté, v. int. S'agiter, patauger dans l'eau, dans la boue. Fig. 
Grommeler, gronder sans raison ; radoter. 

barboteu, n. m. Celui qui barbote. 

barbouyeu, n. m. Celui qui barbouille ; celui qui peint maladroite- 
ment. Bredouilleur. 

barbouyi, v. tr. Salir, souiller. Fig. Peindre à grands coups de 
pinceau. — V. prou. : s' barbouyi, se salir la ligure. 

barbouyi, v. tr. Prononcer mal. 

bardache, n. f. Grande gaule pour abattre les fruits, les noix princi- 
palement, 
bardachi, ». tr. Faire tomber des fruits à coups de bardache; gauler. 

bare à mine, n. f. Barre de cuivre pour bourrer les mines dans les 
carrières. 



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- 98 — 

barète, n. f. Bonnet de femme ; barète sins binde, bonnet sans 
bordure, sans dentelle. 

bârke, n. /'. Bateau qui faisait autrefois le transport des messageries 
de Givet à Charleville et vice versa. 

barlafe, n. f. Longue égratignure, balafre, estafilade. 

barloké, r. tr. Balancer au bout d'une corde. — V. pron. : s' barlokè, 
se pendre: dj'aimerès mia m'barlokè! j'aimerais mieux me 
pendre ! 

baroke, adj. quai. Bizarre, étrange, en parlant du caractère, des 
idées. 

barokia, w. m. Gourdin gros et court, au moyen duquel on abat des 
fruits hors de portée, des noix par exemple. 

baskine, n. /". Jupe de femme garnie d'ornements. 

basse, n. f. Flaque d'eaux ménagères, de purin, etc. : tchèye dins les 
basses, tomber dans une flaque d'eau sale. 

basse, adj. quai. Basse : Moûse est basse, les eaux de la Meuse sont 
basses; basse-messe, messe non chantée ; basse-voye, chemin en 
contre-bas ; basse tûive, vue courte. 

bassière, n. f. Langue de terre, petite prairie située sur le bord de 
l'eau et dont le niveau est moins élevé que le terrain environnant. 

bassiné, r. //•. Frapper avec une clef sur une pelle à feu ou sur un 
autre objet sonore, pour annoncer publiquement une vente. 

bassiné, c. tr. Chauffer un lit avec une bassinoire. Tamponner 
une plaie, une blessure avec un linge imbibé de liquide pour 
rafraîchir. 

bassin'wàre, n. f. Bassinoire. Fig. Celui ou celle qui fatigue les gens 
par un caquetage incessant. 

bastaud, n. m. Bâtard. Fém. : bastaûde. 

Bastin, n. pr. m. Bastien. 

baston, n. m. Bâton, canne. 

bastonè, v. tr. Donner la bastonnade. 

bastringue, n. f. Réunion bruyante ; divertissement scandaleux ; 
querelle, dispute dans une famille. 

bâta, n. m. Battant d'une cloche. 

bataclan, n. m. Attirail gênant. 

hâtant, n. m. Chacun des côtés d'une porte qui s'ouvre en deux 
parties. 

bâtant, adj. quai. Battant : tambour bâtant, au son du tambour. 
Fig. : nnrinnè eue sakiye tambour bâtant, se faire obéir avec 
hauteur et autorité. 

batâdje, n. m. Action de battre le blé, l'as oi ne, etc. 

bataye, n. /". Combat entre deux armées. Pugilat. Jeu de cartes à deux. 

batayeu, n. m. et adj. Qui aime à se battre, à quereller. 

batayi, v. int. Batailler. 



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- 99 - 

bâte, 0. tr. Frapper, donner des coups. — V. pron. : s' bâte, se 
frapper, se quereller. Autrefois, les jeunes gens aimaient à se 
battre, surtout les jours de fête, après de copieuses libations, et 
il n'était pas rare d'entendre les plus acharnés dire, après une 
dicaûsse ou fête patronale : « On n'a pont yen d'plaiji, on 
n's'a nin batu » (langage d'ayi) ; on n'a pas eu de plaisir, on ne 
s'est pas battu. 

bâte, n. f. Bande de terrain défrichée à la houe, formant garde-feu 
sur la lisière d'une coupe exploitée. Lorsque l'on « met les 
feux », c'est-à-dire quand on essarte à feu courant, la bâte 
garantit de l'incendie le reste du bois. 

bâte, n. f. Sorte de chaussée grossière, en pierre et en terre, qui 
traverse une mare ou une lagune étroite, sur le bord d'un cours 
d'eau. 

bâte, n. f. La partie la plus courte et la plus grosse d'un fléau à 
battre ; l'expression complète est bâte di flaya. 

batème, n. m. Baptême. Fig. : batème dèl tièsse, la partie supérieure 
et antérieure du crâne. 

batemint, n. m. Battement, palpitation du cœur. 

baten, n. m. Batteur en grange. 

batî, m. m. Place publique assez vaste pour servir de champ de fête 
et où les jeunes gens d'une localité vont jouer à la balle. 

batiji, v. tr. Baptiser un enfant. Fig. Mettre de l'eau dans du vin, 
dans du lait : voss' lacia est batiji, vous avez mis de l'eau dans 
votre lait. 

bâtimint, n. m. Bâtiment. 

Bâtisse, n. pr. m. Baptiste, nom d'homme. 

batistère, n. wi. Certificat de baptême délivré par un curé. 

batlâdje, n. m. Transport par petits bateaux, péniches, etc. 

batlî, n. m. Celui qui dirige un bateau et aussi celui qui le haie avec 

des chevaux, 
batroûle, n. f Sorte de vaisseau en bois, de forme conique, vertical, 

assez haut, dans lequel on bat le beurre avec une sorte de pilon, 

formé d'un long manche muni à l'une de ses extrémités d'une 

rondelle de bois percée de trous qui Trappe la crème ; nom 

donné à cette sorte de pilon. 
baûbaû, n. m. Sorte d'éruption qui donne naissance à une espèce de 

croûte sur la peau. Douleur, mal quelconque, dans le langage 

des enfants, 
baûbe, n. /'. Barbe ; fi s' baûbe, se raser ; lèyi s' baûbe, porter toute 

sa barbe ; baûbe di gâte, barbiche au menton ; baûbe di capucin, 

rejets étiolés de chicorée mis en salade. 

baudje, n. /'. Lieu où se tient le sanglier. 

baudje, n. f. Taudis, maison mal tenue où toul est en désordre. 

bauji, 0. tr. Donner un baiser. (Vx, dans ce sens.) On dit plus 
communément rabrèssi : — bauji à picètes, embrasser sur la 
bouche en pinçant une joue de chaque main. 



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98 - 



barète, n. f. Bonnet de femme ; barète sins binde, bonnet saa* 

bordure, sans dentelle, 
bârke, n f. Bateau qui faisait autrefois le transport des messagerie 

de Givet à Charleville et vice versa. 
barlafe, n. f. Longue égratignure, balafre, estafilade, 
barlokè, c. tr. Balancer au bout d'une corde. — V. pron. : s 9 barlok». 

se pendre: dj'aimerès mia ni barlokè ! j'aimerais mieux me 

pendre ! 

baroke, adj. quai. Bizarre, étrange, en parlant du caractère, de* 

barokia, n. m. Gourdin gros et court, au moyen duquel on abat d^ 

fruits hors de portée, des noix par exemple. 
baskine, n. f. Jupe de femme garnie d'ornements. Ifs 

basse, n. f. Plaque d'eaux ménagères, do purin, etc. : tchèt/c di" s r> 
basses, tomber dans une flaque d'eau sale. , 

basse, adj. quai. Basse : Moûsc est basse, les eaux de la Me u ^ u f e n 
basses; basse-messe, messe non chantée ; basse-voye, cU eu * 
contre-bas ; basse vûwe, vue courte. * j & 

bassière, n.f. Langue de terre, petite prairie située sur ,e . .^nani 
I eau et dont le niveau est moins élevé que le terrain en* 11 {IU 

bassiné, r. //•. Frapper avec une clef sur une pelle à feu ^^te. 

autre objet sonore, pour annoncer publiquement une ^ onIJ er 
bassiné, c tr. Chauffer un lit avec une bassinoire. J*S \^ vv: 
une plaie, une blessure avec un linge imbibé de UH* 
rafraîchir. ° \ e s^ tf * 

bassin'wâre, n. f. Bassinoire. Fig. Celui ou colle qui fa^S ue 

par un caquelage incessant. 
bastaud, n. m. Bâtard. Fém. : bastaûde. 
Bastin, n. pr. m. Bastien. 
baston, n. m. Bâton, canne, 
bastoné, v. tr. Donner la bastonnade, 
bastringue, n. f. Réunion bruvanto ; dv\ev\Asç 

querelle, dispute dans une VainiUc 
bâta, n. m. Battant d'une cloche. 
bataclan, ». m. Attirail gênant. 

hâtant, n. m. Chacun des côtés cPuJ i <\\\\ s^uNte 

parties. 

bâtant, adj. quai. Ballant: tan*l>v\ L t . w\ >o\\ 

Fig.: nnrnifiè ène sakiue fa m m 

hauteur et autorité, 
batâdje, n. m. Action de battre 1 m 
bataye, n. f. Combat entre deux <* » 
batayeu, n. m. et adj. Oui aime 
batayi, v. int. Batailler. 



', 



c 



h 



ni 



'^ - 99 - 



* r l <* hate > p - *r. Frapper, donner des coups. — V. pron. : s' baie, se 

lr ^ frapper, se quereller. Autrefois, les jeunes gens aimaient à se 

l *l^j battre, surtout les jours de fête, après de copieuses libations, et 



e 



r at fre, surtout les jours de fête, après de copieuses lil 
il n'était pas rare d'entendre les plus acharnés dire, \ 



j- • «.n était pas rare d'entendre les plus acharnés dire, après une 

j*» - f'*-., r dtcaûsse ou fête patronale: « On n'a pont yen d'plaîji, on 

1 U^ era 4 n sa nin batu » (langage d'avi) ; on n'a pas eu de plaisir, on ne 

* îs ^ s est pas battu. 

11 ti u ate , w - /'. Bande de terrain défrichée à la houe, formant garde-feu 

' *~- sur la lisière d'une coupe exploitée. Lorsque l'on t met les 

«j. ' eux », c'est-à-dire quand on essarte à [eu courant, la bâte 

1 * r h garantit de incendie le reste du bois. 

-«*■. a ^> p- /• Sorte de chaussée grossière, en pierre et en terre, qui 

7'averse une mare ou une lagune étroite, sur le bord d'un cours 

''•- - ... deau. 

a te, w. /. La partie la plus courte et la plus grosse d'un fléau à 
1 rf+* j tl y battre ; l'expression complète est bâte di flaya. 

r "y, - -' a tème, n. m. Baptême. Fig. : batème dèl tièsse, la partie supérieure 

et antérieure du crâne. 
" vV * ^<tr 4- : a temint, n. m. Battement, palpitation du cœur. 



>M" 



rr,i/n w' ** l f u > *• w. Batteur en grange. 

et'n^'î P ^? ce publique assez vaste pour servir de champ de fête 
ou les jeunes gens d'une localité vont jouer à la balle. 



* A toi 



fcatij 



»»ire. H dans i ^P 1 ^ 1 ' un enfant. Fig. Mettre de l'eau dans du vin, 

> ( / r / /7 votre î • ' a ' 1 : voss 'l acia est l )at iji> vous avez mis de l'eau dans 

b *Umint n H ' 

ifali*.,- «atisse, ,] ' *' WlîmenL ,„ 

Jba tistè ' • P*\ ;«. Baptiste, nom d'homme. 

batlàd' ' H ' m ' Gertî/icat de ba P téme délivré par un curé. 

batlî ' n - »*. Transport par petits bateaux, péniches, etc. 

des Hh * ^ e ' Ul qui dirige un bateau et aussi celui qui le haie a^w 

batroûïp au *- 

a* n * /■ Sorte de vaisseau en bois, de forme conique, vpr|i rNi 
^ssez haut w«n« inmiel on bat le beurre avec une sorte d» . '... 
ïoriné cPii fi '"»,.; »Ta/iche muni à Tune de ses extrémité 
Rondelle de bols >ercée de trous qui frappe la u*m^ 
lo W*k cette sorte de P ilou * 



\\ ><W& 



lie 




£ Vll ption qui donne naiss* 
fVouleur, mal quelconqi 






.' hciïït^, se raser ; %i '* 
i,?*, barbich, 
f or ée misent 



san* 



' ! *" ! bel* Lu 

aussi : è / , 

iapper beli 



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— 100 — 

baujète, n. f. Baiser d'enfant. 

baujure, n. f. Trace laissée sur la croûte d'un pain par le contact 
d'un autre pendant la cuisson. 

bauké, v. int. Regarder à la dérobée, à demi caché, par une porte 
entrebâillée, à l'angle d'un mur ou le long d'une fenêtre : baukè 
pa l' fignèsse. 

baukeu, n. m. Celui qui regarde en se dissimulant. Fém. : baukeûse. 

baukia, t». m. Lien circulaire formé d'une tige souple ou d'une corde 
et servant à maintenir rapprochés, à leur partie supérieure, 
le montant d'une porte de jardin et le poteau qui la tient 
fermée. 

baukia, n. m. Anneau qui retient la chaîne d'attache d'une vache au 
poteau de Pétable. 

baurbu, adj. quai. Qui a une grande barbe. — A\ m. Celui qui est 
fort barbu. 

baure, n. f. Barre de bois quadrangulaire qui s'engage, derrière une 
porte de grange ou d'écurie, dans une cavité de même forme 
creusée dans Te mur. Si l'on pousse la barre entièrement, la 
porte peut être ouverte ; si au contraire on la tire, la porte 
reste fermée et on ne peut l'ouvrir que de l'intérieur. 

bautche, n. f. Grand bateau plat servant à passer un cours d'eau et 
retenu par une poulie qui roule le long d'un câble allant d'une 
riveà I autre. 

bauyar, n. m. et adj. Qui crie fort en parlant. 

bauyeu, n. m. Celui qui baille fréquemment. Fém. : bauyeûse. 

bauyi, t. int. Crier fort. 

bauyi, r. int. Ouvrir fortement la bouche par un mouvement 
convulsif des mâchoires. S'entr'ouvrir. 

bavrète, n. f. Linge que l'on attache sous le menton des jeunes 
enfants. 

bawète, n. f. Ouverture en forme de fenêtre, sans vitres, par où l'on 
introduit dans un grenier les gerbes de blé, de seigle, ou le foin 
sec. Fig. : clore si bawète, se taire. 

baw'yi, r. int. Aboyer, en parlant d'un chien. 

baw'yeu, n. m. Aboyeur ; celui qui imite l'aboiement du chien. 

Bayamons, n. m. pi. Surnom donné autrefois aux gens de Vireux. 

bayau, n. m. Traîneau. 

bayaurdè, r. tr. Transporter du bois, des fagots, sur un traîneau, 
dans la montagne, en suivant une chavéye, une tchêrotc ou 
chemin creux. 

bayaurdeu, n. m. Celui qui bayaûrde. Individu grossier, de mauvaise 
tenue ; rustaud. 

baiàne, ». f. Peau de mouton préparée pour différents usages. Fig. 
et familier : abdomen ; djè H aurès coltiye crètè l'bazânr, je lui 
aurais volontiers crevé la peau. 



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- 101 - 

tasflr, n. m. Bazar ; toutes sortes d'objets, d'outils. Tapage. 

bé, préfixe signifiant : deux, comme dans bêrwète, brouette ; bèzace, 

besace, 
bé, adv. Bien : ça va bé. cela va bien. — Très, fort : bé petit, bé djône, 

bi vî, fort petitj fort jeune, fort vieux. — Eh bé ! eh bien ! 

fwart bé % fort bien. — Environ : il est bé midi ; vos avons bé 

cinquante ans, vous avez environ cinquante ans. (V. hin.) 

bé, n. m. Ce qui est bien : i faut toudi fé l'bé, il faut toujours faire 
le bien. — dji n'fais pont d'bé, je suis anxieux, très inquiet. — 
Propriétés, richesses : il ont dou bé, ils possèdent du bien, des 
immeubles. (V. bin.) 

bé astcheu, loc. adv. : ç'astèt bé astcheu, cela tombait bien. 

Bèbèle, n. pr. f. Isabelle. 

Bébèrt, n. pr. m. Albert. 

bédène, n. f. Gros ventre. 

bédéye, n. f. Jeune brebis. — Couye di bèdéye, chose sans impor- 
tance, sans valeur. 

bédlè, v. int. Bougonner, radoter. 

bédleu, n. m. Celui qui bougonne continuellement. Fém. : bèdleûse. 

bédo, n. ni. Agneau. 

bédo, n. m. Bedeau. 

bédo, n. m. Bière de dernière qualité. Mauvaise boisson. 

bédréye, n. f. Ventre démesurément grossi par la bonne chère. 
Paillasse ou matelas sur lequel on a uriné beaucoup. 

bel, n. in. Mot usité dans bèfà la mode, viande de bœuf en ragoût. 

bêlait, n. m. Bienfait. 

bé fait, bc. adv. Tant mieux ; bien fait ; 

bégasse, n. f. Bécasse. 

bégna, n. m. Petit tombereau. 

bégnon, n. m. Tombereau ; son contenu : in bègnon d'ansène (fumier). 

bégn'tè, v. tr. Transporter au moyen d'un tombereau. 

bégn'teu, n. m. Celui qui effectue des transports de pierres, de sable, 
de fumier au moyen d'un tombereau attelé. 

bèguène, n. f. Religieuse. Oréye di bèguène, pomme pelée, épluchée 
et séchée au four. 

bégueule, n. /. Personne prude, qui affecte la modestie. 

bèguyi, v. int. Bégayer. 

béguyeu, n. m. Bègue. 

bêle, n. f. Mauvaise action); grande sottise : Vènn* as fait ène bêle, tu 
as commis une action blâmable ; on peut dire aussi : è fé des 
bêles, en faire de belles. — Adj. : chape bêle, échapper belle. — 
Adv. : awè bêle à fé, insister, résister inutilement ; on z'a bêle à 
dire, on a beau dire. 

bèle-fiye, n. f. Bru. 



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- 102 - 

bèle-lurète, loc. adv. S'emploie dans l'expression : giïa bèle-lurtte, 
il y a longtemps. 

bèle-mére, n. f. Belle-mère. 

béle-seûr, n. /". Belle-sœur. 

bèljamine, n. /*. Balsamine. 

bél'mint, adv. Doucement, avec précaution. 

bène, n. /'. Grand panier en claie qui occupe toute la longueur d'un 
chariot et dans lequel on transporte le charbon hors des forêts, 
ou encore certaines denrées. 

bénédicité, 7t. m. Prière faite avant le repas. 

béneureux, adj. Très heureux. 

béni, r. tr. Consacrer au culte. Appeler les bénédictions du Ciel : qui 
l'bon Dié vos bénisse ! dit-on à un mendiant à qui l'on ne veut 
pas faire l'aumône ; Dieu vos bénisse ! se dit par politesse à 
quelqu'un qui éternue ; à voV suait ! s'emploie dans le môme cas. 

bénit, part, passé m. Fém. : bénite ; eau bénite, pwain bénit. Au fig., 
pwain bénit signifie punition méritée : tï a sti batu, c'est pwain 
bénit, il a été battu, c'est bien fait. 

bènitî, n. m. Bénitier d'église ; sorte de crucifix en métal ou en 
porcelaine au bas duquel se trouve un petit godet destiné à 
recevoir de l'eau bénite et que l'on suspend généralement au 
chevet d'un lit. 

bérau, n. m. Bélier, mâle de la brebis. 

beraudé, v. int. Rôder la nuit pour s'amuser. 

bèrbi, n. f. Brebis. 

bèrbijote, n. m. Jeune agneau. 

berce, n. f. Berceau d'enfant. 

bèrceu, n. m. Celui qui berce. 

bèrci, v. tr. Bercer. 

bérdachi, v. int. S'occuper à différents petits travaux pour passer le 
temps sans se fatiguer ou parce qu'on n'a pas d'occupation plus 
sérieuse. 

bérdacheu, n. m. Celui qui n'est pas assidu à la besogne. 

bérdèlè, t. int. Bougonner, réprimander souvent sans motif et par 
habitude : tosse grand mère ni fait qu' bérdèlé, votre grand'mère 
bougonne continuellement. 

bérdéleu, n. m. Grondeur, celui qui fait des reproches, qui répri- 
mande à propos de rien. 

bèrdiche-bèrdache, loc. adv. A tort et à travers; accompagne presque 
toujours le verbe tapé (frapper). 

bèrdouchi, v. int. Produire une suite de bruits en heurtant ou en 
frappant des objets peu sonores. 

bèrdouf ! interj. Onomatopée indiquant le bruit sourd que fait quel- 
qu'un en tombant par terre. 

bèrdouyeu, n. m. Celui qui bredouille ou qui grommelle. 



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— 103 - 

bèrdouyi, v. int. Rouler plusieurs fois sur soi-même en bas d'un talus, 
d'un endroit en pente. — Y. tr. Bredouiller, parler confusément. 

bergamote, n. f. Poire fondante. 

bèrlafe, n. /". Grande fente, déchirure fort longue. 

bèrlandè, v. int. Vagabonder, aller deçà, delà, sur les chemins, dans 
les champs pour se promener ou s'amuser ; perdre son temps au 
lieu de travailler. 

bèrlandeu, n. m. Ouvrier paresseux ; celui qui aime à vagabonder. 

bèrlike-bèrloke, loc. adv. Sans ordre, sans organisation. 

bèrlingo, n. m. Sorte de bonbon au caramel. 

bèrloke, n. f. Personne inconséquente; c'esst' eue bèrloke, c'est une 
femme qui agit sans esprit de suite. Ce mol est usité dans 
l'expression bâte li bèrloke, divaguer. 

bèrôdî, n. m. Grenier où l'on remise habituellement les céréales que 

l'on doit battre, 
bèroulè, t>. int. Rouler en bas d'une pente, 
bèrtèle, n. /'. Bretelle (fusil). 
Bèrtine, n. pr. f. Albertine. 

bèrwète, n. /'. Brouette ; fi bèrwète, au jeu de quilles, c'est ne pas 
en abattre en lançant la boule. 

bèrwètè, v. tr. Transporter au moyen d'une brouette.— V. int. Tré- 
bucher et tomber en s'étalant par terre. 

bèrwèteu, n. m. Celui qui mène habituellement la brouette. 

bèrzinke, adj. quai Ivre, en état d'ébriété. 

bèrzokè, v. int. Aller cahin-caha ; hésiter, tâtonner. 

bèrzokeu, n. m. Qui ne sait se décider, qui ne sait s'y prendre pour 

faire ce qu'on lui dit. 
bêta, n. m. Individu bête. 
bétaur, adv. Tardivement, en retard ; bien tard. 

bètch. n. m. Extrémité cornée dés mâchoires d'un oiseau. Clore si 
betch, se taire ; blan bètch, jeune garçon imberbe. 

bètchant, adj. verbal. Pointu, terminé en forme de bec. 

bètchbwès, n. m. Pivert, oiseau de l'ordre des grimpeurs. 

bètchète, n. f. Petite bouchée. 

bètchi, v. tr. Saisir, 
— V. int. Se c " 
bètche, dit-on, 
Goûter, en cachette, à un mets, à une friandise. 

bètchîye, n. f. Becquée ; petite quantité d'aliments. 

bètchotè, v. tr. Manger par petites bouchées et sans appétit ; goûter 
à diverses reprises à une chose qui plaît. 

bètchu. n. m. Celui qui a la figure maigre et allongée en avant; 

individu maladif et grincheux, 
bétô, adc. Bientôt. 




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— 104 — 

beûlè, D. int. Mugir, en parlant des taureaux, des vaches. 

bèvnu, n. m. Bienvenu, celui qui arrive à propos ou que Ton accueille 
avec plaisir. — Adj. quai. Môme signification ; fém. bévntnre. 

bévnûwe, n. f. Arrivée dans un atelier, au régiment, que le nou- 
veau venu fête en régalant ses compagnons ; cela s'apj»elle 
payi s* bévnûwe. 

bèye, n. m. Niais, badaud ; ce mot est généralement précédé de 
Padj. grand : grand bèye ! 

bèyi, v. int. Regarder bouche béante. 

bèzace, n. f. Sac en toile bleue fermant au moyen d'une coulisse, 
dans lequel les ouvriers emportent leur manger. 

bèzaci, v>. tr. Porter trop souvent et trop longtemps, un jeune enfant 
par ex. : çà m'anoye di toudi bèzaci c'l'èfant-là ; cela m'ennuie 
d'avoir si souvent cet enfant à porter. 

bî, n. m. Canal, étang qui fournit l'eau d'un ruisseau à un moulin 
et que l'on ouvre ou que l'on ferme à volonté au moyen d'une 
vanne. 

bia, n. m. Beau ; ironiquement : ce qui est mal ; t'ènn-as fait dou bia, 
tu as mal agi, tu as mal travaillé. 

bia, adj. quai. De forme agréable ; qu'on voit ou entend avec plaisir : 
c'est bia, c'est beau ; là l' bia tims, voilà le beau temps. 

biacô, adv. Beaucoup ; s'emploie avec une négation : gn'ènn a né 
biacô, il n'y en a pas beaucoup; quand la phrase est affirmative, 
on fait usage de bramint : ïnn-a bramint, il en a beaucoup. 

biafls, n. m. Gendre. 

biapére, n. m. Beau-père. 

biatè, n. f. Agréments, charmes, grâces, beauté. 

bidè, n. m. Cheval de selle. Le numéro 1 dans une loterie, au tirage 
au sort. 

bidè (à), loc. adv. A califourchon. 

bidon, n. m. Ustensile en fer-blanc propre à contenir le lait, l'huile, 
le vin. Fig. Epithète malsonnante adressée à une personne courte 
et ventrue. 

bièdjrîye, n. f Bergerie. 

bièrdjî, n. m. Berger. 

bièsse, n. f. Animal autre que l'homme : grosses bièsses, grands ani- 
maux sauvages ; sogni les bièsses, donner à boire et à mander 
aux animaux domestiques. Personne sans intelligence : t'èssïène 
bièsse, lu es un sot ; fé V bièsse, faire l'imbécile. 

bièsse à Torèye, n. f. Perce-oreille. 

bièssmint, adv. Bêtement, sottement. 

bièstrîye, n. f. Bêtise, sottise, absurdité ; fé des bièstriyes, faire des 
contorsions, des gestes ridicules. 

bigarau, n. m. Grosse cerise noire. 

bigarauti, n. m. Cerisier qui produit des bigarreaux. 



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- 4ôâ — 

bigaû, n. m. Purin, flaque (Peau puante et bourbeuse. 

bije, m. /'. Bise, vent froid venant du Nord. 

biji, r. int. Venter des régions du Nord. 

bike, n. f. Cheval maigre, rosse. 

bikè, r. int. Sedil d'un objet dont une extrémité dépasse ou se relève 
en pointe : in bokè tï Incfa qui Irikèt or d'in fagot m'a atrapè à 
rouge : j'ai été blessé à l'œil par un morceau de bois lirhé clans 
un fagot. 

bile, n. f. Liquide amer sécrété par le foie; n pont s fé tï bile, être 
insouciant. 

bile, r. int. Tendre, se déjeter, en parlant du bois exposé à la chaleur. 

bîleu, ntlj. quai. D'humeur acariâtre. 

bîlûre, n. f. Crevasse produite dans le bois par la chaleur ; action 
de bile. 

bin, n. ni. Bien (ayi). S'emploie comme bê : fé don bin. faire du 
bien : etc. (V. hé.) 

bin, adr. Bien, très, fort, environ : rà va bin ; il est bin djùne : il est 
bin midi : dji n ch nin bin (je ne vois pas bien) ; eh bin ! ftrart 
bin ! (ayi). (V. bé.) 

binas tcheu, adr. De malchance. Cela tombe bien. 

binauche, adj. quai. Content, joyeux, bien aise. 

binauchtè, n. f Satisfaction, contentement. 

bindâdje, w. ///. Bandage (blessure). Cercle de 1er qui entoure les 
roues des voitures. 

binde, n. f. Troupe, compagnie. 

binde, n. f. Bordure, dentelle d'une coi dure de femme. (V. barète.) 

binde, n. f. Foin ramassé en bandes pour être mis à ougnètes (tas) ; 
on dit : mète à bindes. 

bindelè, r. tr. Bander, entourer d'une bande d'étoffe. 
binfait, n. m. Bienfait (ayi). 

bintô, adr. Bientôt (ayi) : i rrtra bin tôt. il reviendra bientôt, 
biœ, n. w. Bœuf : nos alons atlc nos biœs, uous allons atteler nos 
bœufs. (Vireux). 

bioke, n. f. Prune ronde ordinaire. Au lig. on dit : ri n'est né pou des 
blokes, ce n'est pas pour rien. 

biokî, n. m. Prunier. 

bîre, n. f. Bière, boisson fermentée qui se fait avec de l'orge germée, 

de I eau et du houblon. 
bisbiye, w. /'. Désaccord, querelle sans gravité. 
biscayin, n. w. (i rosse balle de fer ; grosse bille à jouer. 

(A suivre.) J. Waslet. 



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124 



Vocabulaire Wallon-Français 

(Dialecte Qivetois) 

(suitb) 



B (suite) 



biskant, adj. quai Contrariant, vexant. 

biskè, v. int. Éprouver du dépit. 

bistokè, v. tr. Souhaiter la fête à quelqu'un après avoir rudement 
frappé à sa porte en disant ; « Dji vos bistoke, dji vos rastoke, 
tènos-vos bin, vos ritchèros nin. » (lang. d'ayi). (Vx). 

bîye, ti. /'. Tronc d'arbre. Figure désagréable. 

bîyo, n. m. Petit vase en bois de forme cylindrique, accroché à la 
ceinture du faucheur et renfermant de l'eau acidulée dans 
laquelle il trempe sa pierre à aiguiser. 

bizè, v. int. Courir rapidement en allant droit devant soi. Se dit des 
vaches qui, tourmentées par les mouches, se livrent à une 
course folle, la queue en l'air et toutes ensemble. 

bizète, adj. quai Bissextile. On dit plaisamment d'une chose qui ne 
se fera pas, qu'elle aura lieu à Vanéye bizète, époque qui n'arri- 
vera jamais, calendes grecques. 

blague, n. f. Petit sac pour mettre du tabac. Plaisanterie, mensonge, 
vantardise. 

blagué, v. tr. et int. Blaguer, plaisanter. 

blagueu, n. m. Qui aime à conter des blagues. Individu peu digne de 
confiance. 

blan, n. m. La couleur blanche ; matière blanche ; V blan des ou y es, 
choroïde ; n'né yèsse blan, être sous le coup d'une mauvaise 
affaire. Attaché aux idées royalistes. 

blan, adj. quai. Qui est de couleur blanche. Fém. : blanke ; dou blan 
pwain, dou blan vin, du pain blanc, du vin blanc ; ène blanke 
tchimîche, une chemise propre. 

blanbètch (V. bètch). 
blanbwc-s, n. m. Bois tendre, bois blanc, 
blandè, n. m. Panaris (blanc doigt). 

blando, n. m. Homme qui change facilement d'opinion. Hypocrite, 
blanvin (V. blan). 

blanki, v. tr. Donner, rendre la couleur blanche à un objet ; badi- 
geonner un mur, un plafond à l'eau de chaux. 
blankichâdje, n. m. Action de blanchir ; résultat de celte action, 
blankicheu, n. m. Celui qui badigeonne, 
blankicheuse, n. m. Femme qui blanchit habituellement le linge. 



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blè, n. m. Épeautre. 

blet, ad;, ^wa/. Se dit d'un fruit très mûr, dont la chair est ramollie. 

bleu, n. m. La couleur bleue ; boules ou plaques de cette couleur 
qu'on emploie dans le blanchissage du linge ; ecchymose ; jeune 
soldat. 

blèwe, adj. quai. Féminin de l'adj. bleu. (Vx). 

blèwi, v. tr. et int. Bleuir. 

Mo, n. m. Morceau de tronc d'arbre, bloc. 

blokia, n. m. Petit bloc. 

blouke, n. f. Boucle ; anneau muni d'un ou de plusieurs ardillons. 

blouye ! interj. Zut ! 

bobène, n. f. Bobine. 

bodè, n. m. Panier grossier, à fond arrondi et muni d'une anse. 

bôdè, n. m. Baudet. 

bokâl, n. m. Vase en verre à large goulot. 

bokè, n. m. Morceau détaché d'un plus gros; in bokè d'tchaû, un 
morceau de viande ; in bokè d'bwès, un fragment de bois. Bou- 
chée. 

boksè, v. int. Lutter à coups de poing; boxer; dérivé bokseû, boxeur. 

bokson, n. m. Maison de tolérance ou malfamée. 

bôle, n. f. Bouleau; ramon d'bôle, balai de bouleau. 

bolome, ti. m. Mari, époux (Vx). Effigie d'une pièce de monnaie; 
dessin représentant grossièrement un homme, une figure 
humaine. 

bon, n. m. Boni, argent de reste • awè dou bon, avoir de l'argent à 
recevoir après le règlement a'un compte. 

bon, adj. quai. Bon ? humain; qui a de la valeur; in sou qui n'est né 
bon y un sou qui n'a pas cours. 

bon (pou d 1 ), loc. ado. Sérieusement. 

bonaventure, n. f. Petit papier imprimé sur lequel on prétend annon- 
cer l'avenir à celui qui l'achète (V. Planète). 

bondi, n. m. Repli, ourlet fait à un vêtement trop long et qu'on peut 
découdre à l'occasion. 

bon Diè, n. pr. m. Dieu; image, statue représentant la divinité; 
pwartè l bon Diè à un malade, aller aaminislrer les derniers 
sacrements à un malade ; mougneû d' bon Uiè, faux dévot. — 
Bon Diè! interj. 

bondif, n. f. Barque en partie pontée dont le fond est percé de trous 
et servant de réservoir à poissons. 

bondjoû, n. m. Bonjour. Dire bondjoû à ène sakiye, saluer quel- 
qu'un; faire une courte visite â une personne de connaissance. 
bone, n. f. Borne. 

bônè,r. tr. Placer des bornes; borner des champs. V. intr. Déterminer 
l'ordre dans lequel on joue dans certains jeux. 



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- 12({ - 

bonèt, n. m. Coiffure en coton, en laine pour homme; en tulle, en 
dentelle pour femme et pour les jeunes enfants. 

boneûr, n. m. Bonheur; par boneûr , heureusement, de chance; au 
ptit boneûr, à tout hasard. 

boni, n. m. Ancienne mesure agraire valant environ 4/5 d'hectare. 

bonome, n. m. Homme d'un caractère facile, bienveillant. 

bordel, n. m. Maison malfamée. 

bosse, n. f. Protubérance * enflure; saillie contre nature au dos ou à 
la poitrine. Fig. Roule s' bosse, trimballer, aller de pays en pays. 

bossu, n. m. Qui a une bosse; Fém.: bossûwe. Rire corne in bossu, 
rire aux éclats. 

bossyi, v. tr. Bossuer. 

bote, n. f. Choses de môme espèce liées ensemble ; ène bote di carotes, 
une botte de carottes; brassée de foin ? de paille, etc., serrée au 
moyen d'un lien. Tapé ï bote aux tchfaus, donner du foin, de la 
paille aux chevaux. 

botia, n. m. Petite botte, diminutif du précédent; en hiver on met 
in botia di strin (une petite botte de paille) au bas et à l'extérieur 
d'une porte pour se garantir du froid. 

botlé, v. tr. Lier des céréales, du foin en bottes. 

botleu, n m. Celui qui façonne des bottes de foin, de paille, etc. 

boû, n. m. Bœuf. 

boucan, n. m. Grand tapage dans une maison. 

boucane, v. tr. Faire de vifs reproches à quelqu'un; on m'a boucané 
à cause di vous, on m'a réprimandé à cause de vous. 

boucftr, n. m. Bouc, mâle de la chèvre. Roucars, surnom donné aux 
gens de Foisches. 

bouc et gâte, n. m. Hermaphrodite. 

boucha, n. m. Ce qui sert à boucher, à obstruer. 

boucharde, n. f. Marteau à 8, 16, 32 dents dont se servent les tailleurs 
de pierres. 

boucharde, v. tr. Battre une pierre de taille avec une boucharde. 

boûce, n. f. Sac pour mettre l'argent; économies ; awè ène bone boûee, 
avoir amassé beaucoup d'argent. 

bouchi, v. tr. Fermer une ouverture, un trou; bouchi l'rayère del 
cave, boucher le soupirail d'une cave. V. pron.: se fermer, s'en- 
crasser; mi pupe si bouche, ma pipe s'encrasse. 

bouchi, v. int. Frapper à grands coups sur quelqu'un, à une porte, en 
produisant un bruit sourd ; bouchi à l'uche. frapper rudement à 
la porte. — Çà m' bouche dins l'tièsse, je ressens des chocs 
violents dans la tête. 

bouchiye, n. f. Ce que peut contenir la bouche; un petit morceau. 
Ène bouchiye di pwain, di tchau, une bouchée de pain, de viande. 

bouchon, n. m. Morceau de liège pour boucher une bouteille, un 
flacon. — Flotteur en liège qui soutient la ligne du pécheur et 
lui permet d'en surveiller les mouvements. 



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- 127 — 

boûçon, n. m. Traverse d'une échelle, du bas d'uno chaise. 

boudène, n. f. Mollet. 

boudji, v. tr. Bouger ; ni boudjous né çà, ne bougez pas cela. 
V. pron.: s' boudji, changer de place, se hâter, boudjons-nous, 
allons nous-en, hâtons-nous. — V. int. : remuer, çà boudje, cela 
remue. 

bouiè, v. tr. Manger avidement. 

bouf 1 interj. Indique le bruit produit par la chute d'un corps dans 
l'eau. 

bouflètes, n. f. pi. Maladie des glandes salivaires placées prés de 
l'oreille et l'enflure des joues qu'elle produit. 

bougre I interj. Exclamation équivalant au français : bigre ! 

boûgue, n. m. Se dit en bien comme en mal ; in bon boûgue, un bon 
diable; in mwais boûgue, un garnement; in pôv' boûgue, un 
pauvre hère. — Fém. bougresse, rusée. 

boujîye, n. f. Bougie. 

boulâdje, n. m. Action de lancer la boule au jeu de quilles lorsque le 
but est éloigné. 

boulâdje, n. m. Action de faire bouillir. 

boulant, adj. quai. Bouillant, fort chaud. On dit communément : Li 
lacia essV ossi bon boulant qu-boulu, le lait est aussi bon bouillant 
que bouilli. Fém. boulante. 

boulète. n. f. Petite boule; sorte de fromage de forme conique. 
Maladresse, bévue, sottise. 

boulédji, r . tr. Faire le travail du boulanger : pétrir la pâte, etc. 

boulôdjî, n. m. Boulanger. 

boulèdjrésse, n. f. Boulangère. 

boulédjrîye, n. f. Boulangerie. 

bouli, n. m. Bœuf cuit dans la soupe. 

boullye, n. f. Farine ou pommes de terre bouillies dans du lait. 

boulouf, n. m. Homme gros, court et grand mangeur. 

boulvèrsè, v. tr. Agiter violemment, mettre le désordre. 

boulvèrsèmint, n. m. Action de bouleverser; état de ce qui est sens 
dessus dessous. 

bour, v. int. Bouillir. Part pass. : boulu, fém. : boulûwe. 

bourfide, n. f. Coup brusque. 

bourftdje, n. m. Action d'entasser un explosif dans une mine ou de 
charger une arme à feu. 

boûrbî, n. m. Endroit rempli de boue, de fange. 

boûrdè, v. int. Mentir (Vx) ; t'as bourde, tu as menti. 

bourdjwès, n. m. Homme dans l'aisance. Autrefois, lorsqu'un garçon- 
net ennuyait des jeunes filles, celles-ci se réunissaient contre 
lui, le maîtrisaient et... mettaient sa chemise au vent; cela 
s'appelait fé bourdjwès. 



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— 128 - 

bourdjwès, adj. quai. Civil, opposé à militaire; abit bourdjwès. 

bourdjwèse, n. f. Bourgeoise, épouse, patronne. 

bourdon, n. m. Tige tendre de quelques plantes montées comme la 
laitue, Poseille. 

bourdon (en faux-), loc. adv. Se dit d'une musique dont les parties se 
chantent note contre note. 

bourè, v. tr. Enfoncer une bourre sur une charge d'explosif ; bourè 
ène mine, bourrer une mine; bourè in pwèle, c'est l'emplir de 
combustible; bourè ène sakîye di cadeaux, faire de nombreux 
cadeaux à quelqu'un; bourè en' éfant d' friyandiches, faire man- 
ger beaucoup de friandises à un enfant. — V. pron. : s' bourè. 
s'emplir de victuailles. 

bouria, n. m. Homme qui brutalise les gens et les bêtes. 

bourico. n. m. Ane encore jeune, petit garçon ignorant. 

bourike, n. f. Anesse ; personne sans instruction : yèsse sô corne ène 
bourike, être tout à fait ivre; orèyes di bourike, bonnet d'àne; 
fi tourné à bourike, faire perdre la tête en taquinant, en contra- 
riant. Bourikes, surnom donné aux gens de Ham. 

boûrlé, t\ int. Pousser des hurlements de colère, de douleur. 

bourlé, n. m. Sorte de coiffure pour garantir la tête des enfants 
contre les chocs. — Repli de la peau chez les personnes grasses. 

boûrlî, n. m. Bourrelier. 

boûrsia, n. m. Bosse, enflure provenant d'un choc à la tête. 

bousouflè, «. tr. Rendre enflé. V. pans. : Yèsse bousouflè, être enflé. 

boutche, n. f. Bouche. 

boutchî, n. m. Boucher. 

boutchia, n. m. Petite croûte qui se forme sur les lèvres après une 
indisposition, une fièvre légère. 

boutchrèsse, n. f. Bouchère. 

boutchrîye, n. f. Boucherie. Fig.: Carnage, massacre. * 

bouté, f?. tr. Rapprocher les tisons pour activer le feu dans une 
cneminée; attiser : boute li feu, dit-on. 

bouté, v. int. Se dit de la taupe quand elle repousse sur le sol la 
terre de ses galeries; li foyon boute. — Au jeu de kinè, boute 
signifie envoie. 

boûtî, n. m. Celui qui conduit un attelage ou un troupeau de bœufs. 

boutike, n. f. Lieu où l'on étale et vend des marchandises; atelier; 
terme employé pour parler de certaines parties du corps que Ton 
a laissé voir volontairement ou non, contrairement à la bien- 
séance ; on z y a vèyu toute si boutike. — Affaire mal dirigée ; maison 
où règne le désordre. 

boutnè, v. int. Pousser des boutons, en parlant des arbres, ou 
d'autres plantes. 

boutnè, v. tr. Fermer, attacher un vêtement en passant le bouton 
dans la boutonnière. On dit aussi abouwnè. 



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boutroûle, n. f. Nombril. 

bouyon, n. m. Aliment liquide obtenu en cuisant dans l* r ew de la 
viande, des légumes où des herbes'. Bbuyojx aynt'e* étyres, 
breuvage empoisonné. 

bouyon blan, n. m. Plante médicinale, molène officinale. 

bouye, n. f. Ampoule provenant soit du frottement dp la pe$u, soit 

dune brûlure. 
bouzin, n. m. Maison de tol^rapoç. — Maison malfamée, 
boya, n. m. Boyau; vomi tripes et boy as, vomir abondamment. 

boyéye, n. /. Assemblage d'arbres, de plantes, de flaurs prownwU 

d'une môme souche; boyéye ai tchènes, di côri$, digtfg^^pf; 

cépée de chênes, de coudriers, de genêts, 
bozés, n. m. pi. Plaques qui se forment sur la peau de la tête dés 

jeunes enfants. ' 

braconè, v. int. Prendre, tirer du gibier sans permis de chassç.on en 

temps et avec engins prohibés. 
bragar, n. m. Délégué de la jeunesse durant les fêtes locale»; à' 

Givet ; il prend part à la première danse. 

braguèi^, n. /'. Jeu ce ï\\ie avec laquelle uji bragar pjuyr.e Je J}fJ 1$ 

jour de la fête, 
braibant. Nom donné à uue certaine espèce de pojj'0. 

braire, v. int. Pleurer, verser des larmes; l'èfant brçit, V$tyfp#(; 

pleure, 
brake, n. m. et adj. Écervelé, étourdi. 

brakè, v. tr. Diriger le canon d'une arme da^ ,uj^ dii;eûtiojtt ^ter- 
minée. 

brakô, n. m. Sorte de faux à lame et ji manche .courts %uç l'on 
manœuvre d'une seule main. 

bramint, ado. Beaucoup, en grand pombre, en grande quantité : 
bramint des friits, bramint des djins, bramint des caur/; 1 Beau- 
coup de fruits, beaucoup de gens, beaucoup d-'argent. 

brandon, n. m. Tison encore enflammé, poignée de pafHe; de 
brindilles sèohes.que l'on Allume pour édaimr qu enflaoàtar. 

brand'vin, n. m. Epu-4e-vÂe 4e y{n (Vj). 

branlas, n. /. p/. Ancienne d&qse dans lamelle les.couftles, se ^îy&nA 
à la file indienne, ^compliss^jent en .d^^aat un pu pl.uajeurs 
tours au son d'une musique Appropriée. 

brassière, n. f. Sorte de petit gilet sa»ns mancJies que Ton ntet aux 
jeunes enfants. 

branme, n. f. Brème; poisson d'éau douce (brème). 

braûyes, n. f. pi. Culqtte ; mauvais pantalon (Vx). 

braûye di tohè, n. /". Primevère fr fleurs jaunes. 

brayète, n. f. Fente pratiquée sur le devant d'un pantalon. 

brtehi, v. int. Enfoncer involontairement les pieds dans Peau, dans 
le purin, de manière que le liquide mouilfe ïïntérléut' de la 
chaussure. 



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— 130 — 

brélè. V. tr. Maintenir au moyen d'une grosse corde, allant du milieu 
de Pavant à l'arrière et passant par dessus, la charge d'une 
voiture de blé, de foin, de fagots, etc. Lier imparfaitement 
plusieurs gerbes, plusieurs fagots que Ton veut emporter. 
Fig. Mettre une ceinture sur un ventre obèse. 

brôs, n. m. Partie du corps de l'homme allant de l'épaule à l'extré- 
mité de la main. — Awè l'brès Ion, avoir de l'influence; awè les 
brès balants, être dans l'inaction; mes brès tchèyont, je suis 
extrêmement surpris ; je suis atterré. 

brèssè, v. int. Brasser, fabriquer de la bière. 

brèssène, n. f. Brasserie. 

brésseu, n. m. Brasseur. 

brèssin, n. m. Contenu d'une cuve à bière. 

bressîye, n. f. Brassée* quantité de choses, d'objets que l'on peut 
emporter dans les bras; ène brèssiye di foûre, une brassée de 
foin. 

breûje, n. /".Braise. 

breûjète, n. f. Petite braise. 

breûjnè, v. tr. Mettre des cendres chaudes et des braises dans des 
sabots pour les chauffer en hiver. 

breûjniss, n. in. Amas de braises incandescentes. 

brèyoû, n. m. Pleurnicheur. 

bribe, n. f. Reste de mets. 

bribouzé, v. tr. Barbouiller la figure; yèsse bribouzè d' confiture, être 
barbouillé de confiture. 

briche, n. f. Bâton court avec lequel on frappe le kinê ou morceau 
de bois cylindrique taillé en pointe à ses deux bouts; le kini 
saute en l'air et d'un coup de briche on l'envoie au loin. 

brichôd&dje, n. m. Travail mal fait; action de travailler sans goût. 

brichôdé, v. tr. Gaspiller le pain, ce qu'on doit manger ; gâcher un 
travail. 

brichôdeu. n. m. Celui qui gaspille ; mauvais ouvrier. 

brichâdriye, n. f. Etat de ce qui est gaspillé ou gâché. 

bricole, n. f. Lacs à nœud coulant en fer ou en cuivre pour prendre 

le gibier. — Petit travail ; chose peu importante, 
bricolé, v. int. Poser des bricoles, braconner, 
bricolé, v. int. S'occuper à de petits ouvrages, 
bricoleu, n. m. Braconnier ; celui qui fait toutes sortes de métiers. 

bride, n. f. Partie du harnais d'un cheval comprenant la monture, le 
mors et les rênes. — Bande d'étoffe servant à retenir un bonnet 
de femme. Petite bande de cuir que l'on cloue en travers de 
l'ouverture d'un sabot pour retenir le pied. 

bridé, v. tr. Mettre la bride à un cheval, une bride à un sabot. 
Fig. Forcer quelqu'un à obéir, à s'améliorer. 

brigandftdge, n. m. Brigandage. 



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— lâi - 

brigandè, v. int. S'applique surtout aux jeunes garçons qui vont 
couru* dans les champs, les bois ou marauder dans les jardins. 

brîji, v. tr. Briser. 

brijeu, n. m. Celui qui casse ou brise fréquemment. 

brîjetout, n. m. Maladroit ou malavisé qui brise toul ce qui tombe 
sous sa main. 

brike, n. f. Sorte de pierre artificielle'obtenue en cuisant au four de 

(>etits blocs d'argile. — Morceau de savon, de pain d'épices en 
orme de brique. 

briketeu, n. m. Celui qui moule et fait cuire des briques en argile. 

briktriye, n. f. Lieu où Ton fait des briques. 

brik et d'brok (d'), loc. adv. Sans ordre, sans direction, à l'aventure. 

brin, n. m. Couleur brune. — Adj. quai. Brun. 

brodlé, v. int. Faire des pétarades. 

brokali, n. m. Tige et fleurs de chou monté. 

broke, n. f. Cheville de bois entourée d'un chiffon, au moyen de 
laquelle on bouche le trou d'une cuve à lessive. 

broke, n. f. Robinet en bois. 

broke (à), loc. adv. En perce : mite in îonia d'Mre à broke. 

brokè, v. int. Se précipiter brusquement dans une habitation, ou à 
travers un passage dans une haie, etc., pour se sauver d'un 
danger, d'une poursuite. 

brokète, n. f. Petit morceau de bois ou rameau séché. Membre viril. 

bronchi, v. int. Faire un mouvement. 

brtodiyeu, n. m. Celui qui raccommode grossièrement un accroc à un 
vêlement; qui s'acquitte sans goût d'un travail manuel. 

brôsdiyi, v. tr. Étendre sans goût, maladroitement de la peinture sur 
un objet; enduire d'un liquide épais et salissant. 

brotche, n. f. Croc du chien, défense d'un sanglier; longue canine 
chez une personne. 

brotchè, n. m. Brochet, poisson carnassier. 

brotchète (al), loc. adv. Faire cuire al brotchète de la viande, du 
jambon, etc., c'est les présenter au feu au moyen d'un morceau 
de bois qui les traverse. 

brotchi, v. int. Jaillir, en parlant d'un corps semi-liquide comprimé; 
la chair et le jus d'une pomme brotcnent lorsqu'on la fait cuire 
sur le gril. Déborder, quand il s'agit de chairs blessées qui 
dépassent par une déchirure de la peau. 

broûs, n. m. pi. Immondices, boue : tchèye. dins les broûs, tomber 
dans la boue. 

brouche, n. f. Brosse; gros pinceau pour badigeonner ; balai de crin. 

brouchetè, v. tr. Brosser à petits coups. 

broucheû, n. m. Celui qui brosse. 

bronchi, v. tr. Brosser des habits, des chaussures pour les nettoyer. 



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- 132 - 

broufyi, v. tr. Manger des fruits, des pommes, des poires, par ex.; en 
faisant entendre un bruit de mâchoires. 

broufyeu, n. m. Celui qui broufiye. 

brousse, n. f Jeune pousse de ronce, etc., dont se nourrissent les 
chèvres. 

brouston, n. m. Ce qui reste d'une branche d'arbre, d'une tige dont 
on a recépé la plus grande partie. Fig. : Moignon. 

brouyamini, n. m. Affaire embrouillée ; désordre. 

broûye, n. f. Désaccord, mésintelligence. 

broûyère, n. f. Bruyère. 

broàyère, n. m. Brouillard. 

broûyi, v. imp. Bruiner. 

broûyi, v. tr. Mêler au hasard. Fig. Mettre le désordre; semer la 
discorde. Passif: yèsse brouyis. 1° Être en mésintelligence; 
2° Etre troublé, n'avoir pas toute sa raison V. pron. : s' broûyi, se 
mettre en désaccord. Fig. : Se gâter, en parlant du temps. 
V. int. Produire un bruit sourd et continu. Se dit d'une nouvelle 
qui circule, mais qui n'est pas encore ébruitée. 

broûyon, n. m. Bourdon, insecte analogue à l'abeille. 

broyie, n. f. Ihstraiîient pour briser les tiges de chanvre et de lin et 
pour en détacher la filasse. 

broyeu, n. m. Celui qui broie. 

Broyi, v tr. Broyer; réduire en miettes; écraser les tiges de chanvre 
et de lin. 

brôzyon, n. m. Tache noire, malpropreté sur un objet que Ton 
veut nettoyer ou peindre. — Femme crasseuse. 

forû, n. m. Bruit : n'pont fé d'brû, être silencieux ; awè dou brû, y avoir 
grand bruit; mtmnnè grand brû, faire grand tapage. Racontar, 
bavardage; li brû court... le bruit court, on dit... 

brûle-gueuye, n. m. Pipe à tuyau très court. 

brûlé, v. tr. Brûler, incendier, carboniser, détruire par le feu. V. int. 
Causer une grande chaleur; mi front brûle, mon front est très 
chaud. Au jeu de cache-cache, lorsqu'un joueur approche de 
l'objet caché, les autres disent : i brute. 

brûlin, n. m. Coton à demi carbonisé qui remplace l'amadou dans 
les briquets. 

brûlo, n. m. Eau-de-vie brûlée avec du sucre, soit dans une soucoupe, 
soit dans une tasse à café; on dit également gloria. 

Brade, adj. quai De couleur brune, entre le roux et le noir. 

brune, n. f. La nuit tombante ; dji paûtrê al brune, je partirai à la 
nuit. 

bruni, v. tr. Donner la couleur brune. 

bruwé, n. m. Aliment plus liquide que solide, mais mal conditionné. 
Eau dans laquelle a bouilli ce qu'on veut traiter à part. Boisson 
trouble : bière, vin, café, eau. Jus provenant de choses bouillies. 



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- 133 - 

bruwine, n. f. Pluie fine. 

brnwiné, v. trop. I bruicine, il tombe une pluie fine et serrée. 

bubron, n. m. Biberon pour enfant. 

bûche, n. /. Grain de poussière ; awè ène bûche dins l'ouye, avoir un 
grain de poussière dans l'œil. 

buchéte. n. f. Petit morceau de paille ou de brindille de bois; tiré la 
buchète, tirer à la courte-paille. 

buchon, n. m. Buisson. 

bufè, n. m. Meuble formé de deux armoires superposées. 

buftek, n. m. Bifteck. 

buké. v. tr. Cogner de la tète ; t vos a bukè. — V. pron. : s'buhè, heurter 
de la tôle contre un corps dur. — V. int. : Frapper à une porte. 

bukwè, n. m. Objet gros et court pour frapper, cogner ou enfoncer. 

bukwè, n. m. Pistolet d'enfant en bois de sureau et avec lequel on 

envoie des balles en chanvre. 
bûre, n. m. Beurre; bûre di gâte, beurre de chèvre. 

bûrè. n. m. Petit-lait; liquide qui reste dans la baratte après la 

formation du beurre, 
bûrète, n. f. Fruit de la mauve ou froumejon, ainsi nommé à cause 

de sa forme, 
bûrî, n. m. Marchand de beurre, de fromage et d'œufs. 
buwè, v. tr. Faire bouillir le linge dans la lessive, lessiver le linge, 
buwéye, n. f. Lessivage du linge; fé l'buwèye, faire la lessive. 

bûze. n. f. Tuyau d'un appareil de chauffage ; échancrure d'un vase 
par où l'on verse un liquide, tube par lequel l'eau sort d'une 
pompe ; bware al bûze; plate bûze, partie supérieure d'un poêle, 
d'une cuisinière sur laquelle on fait cuire les aliments. Chapeau 
haut de forme. 

bûzète, n. f. Petit tuyau, extrémité métallique d'un porte-plume. 

bûzia, n. m. Plume d'oiseau quand elle commence à pousser. 

bwagne, n. m. Borgne; qui n'est pas clairvoyant. — Adj. quai: 

Borgne, 
bwagne clau, n. m. Petit furoncle qui ne perce pas. (Clou borgne), 
bward, n. m. Rive d'un cours d'eau; bordure d'une étoffe, etc. 
bwardè, v. tr. Faire une bordure â un vêtement. 
bwardure, n. f. Bordure, lisière. 

bware, v. tr. Boire, absorber un liquide ; bware li goûte, prendre un 

verre d'eau-de-vie. 
bwèje, n. f. Bûche, rondin, 
bwèjelè, r. tr. Frapper à coups de bûche ; bàtonner. 
bwôlè, r. int. Bêler; en parlant des gens, crier à gorge déployée. 

bwès, n. m. Bois, forêt; bois à brûler; aie ou bwès, aller dans le 
bois; aie au bicès, aller chercher une charge de bois: bwès 
d'mèrrèye, solanée ligneuse aquatique; bwès d'pouye, érable. 



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— 134 — 

bwèsè, v. tr. Planter de jeunes plants d'arbre dans un terrain. 

bwèsse, n. f. Boîte; bwèsse al fourure, boite ronde en bois dans 
laquelle les ouvriers mettent du beurre, du fromage, etc., pour 
leur repas ; bwèsse dou gn'gno, articulation du genou. 

bwèsson, n. f. Boisson. Aimé l'bwèsson, aimer à boire. 

bwèstia, n. m. Mesure de deux litres. 

bwèstyi, t>. int. Boiter, être atteint de claudication. 

bwèveu, n. m. Buveur, ivrogne. 

bwibwi, n. in. Auberge peu recommandable au point de vue moral. 
(A suivre.) J. Wàslbt. 



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— 148 — 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Glvetols) 

(sriTK) 



c, n. m. Consonne; troisième lettre de l'alphabet. Se prononce 
comme le k devant une consonne, à la lin d'un mot ou lorsqu'il 
précède les voyelles a, o, u ; il a la valeur de l'.v quand il est 
suivi des lettres e ou t. 

ca, préfixe augmentatif et fréquentatif (V. cabouchi, cabour). 

ca, conj. Car. 

çà, pron. dira. Cela; va va-t-i? cela-va-t-il ? pou çà, c'est vrai, quant 
à cela, c'est vrai. 

cabane, n. /'. Petite maison mal bâtie; réduit pour les animaux. 

cabartî, n. m. Cabaretier; fém. cabartiére. 

câbe, n. m. Câble. 

cabèrdouchi, v. int. Produire une suite de bruits violents et irrégu- 
liers; t tone, choute corne rà cabèrdouche; il tonne, écoute comme 
cela gronde. 

cabèrdouchrlye, n. f. Action de cabèrdouchi. 

cabèroulè, v. int. Rouler sur soi-même du haut en bas d'une pente; 
dégringoler; gn'a des grosses pires qu'ont cabèroulè al raléye dou 
tiène, de grosses pierres ont roulé au haut de la montagne jus- 
qu'en bas. 

cabochar, n. m. et adj. Têtu. 

caboche,?!./. Tête dure; personne entêtée; enfant désobéissant. 
Signifie aussi intelligence; c'hm est yène di caboche cil' -là: il en 
a de l'intelligence, celui-là. 

cabolè, adj. quai Bigarré, tacheté; se dit surtout de la robe des 
animaux ; nosse vatchc est caboléye; le poil de notre vache est de 
plusieurs couleurs. 

cabolès, n. m. pi. Gendarmes; waitcàli, vlà tes cabotes, prends garde 
à loi, voilà les gendarmes (Vx). 

cabonète, n. f. Mauvaise coiffure sans dentelle pour les femmes, sans 
visière pour les enfants. 

cabosse, n. f. (V. caboche). 

cabossi. v, tr. Déformer un ustensile, un objet en métal en le faisant 
saillir sous un choc; cabossi ène gamète à cas d'pi, déformer une 
gamelle à coups de pied. — Part, pass.: cabossu, Fém.: cabossuice. 

cabotia, n. m. Sorte de petit panier en paille hémisphérique et sans 
anse où l'on met les pàtons avant de les enfourner; l'pirain 
achète di rvèni dins les cabotias: le pain achève de lever dans les 
cabotias. 



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- 149 - 

cabouchi, v. int. Produire des bruits sourds et répétés en iranpant à 
grands coups à une porte, à des volets fermés, etc. Se dit aussi 
• des grondements du tonnerre (V. bouchi). 

cabouchrîye, n. /. Action de cabouchi. Détonations d'artillerie, bruit 
du tonnerre. 

cabouléye, n. f. Herbes et légumes bouillis et cuits pour les ani- 
maux ; mets semi-liquide préparé sans assaisonnement et sans 
soin. 

caboulwè, n. m. Grande marmite en fonte où Ton fait cuire la 
cabouléye ; chaudron servant à chauffer la lessive. 

caboûr, t. int. Bouillir à gros bouillons; nosse soupe bout et cabout, 
notre soupe bout très fort. (V. bour). 

cabouyi, r. tr. Bossuer; endommager un ustensile en mêlai, un 
chapeau, en y faisant des creux; cabouyi in cokmar, in tchapia; 
bossuer un côquemar, un chapeau. 

cabu, adj. quai Pommé, en parlant d'un chou. — N. m. Homme 
replet et court. 

cabwagne, n. m. Vilain borgne (terme de mépris). 

caca, ». m. Ordures, matière fécale, dans le langage enfantin. 

cacame, adj. quai. Penaud, décontenancé à la suite d'événements ou 
d'incidents qui causent de la confusion, du ridicule. 

cacaye, n. f. Jouet d'enfant; ironiquement, objet pesant que l'on 
prétend facile à soulever ou à porter. 

cacayrîye, n. /'. Ustensiles, meubles de peu de valeur ou de mau- 
vaise qualité. 

cad&ve, n. m. Homme grand et robuste; que cadâve! quelle corpu- 
lence ! 

cadé, n. m. Ane, bourrique. Vue, cadè! Hue, bourrique! 

cadè, ». m. Appellation familière adressée à un jeune homme; cos 
v'Ià, cadè: vous voilà, mon garçon. 

cadjolè, adj. quai. Moucheté, tacheté de noir et de blanc, en parlant 
de la robe des animaux. Fém.: cadjoléye. 

café, n. m. Graine du caféier; infusion faite avec du café torréfié et 
réduit en poudre; on y ajoute souvent de la chicorée en trop 
grande quantité. Un léger café au lait est la boisson habituelle 
des gens de nos villages; on ne peut guère faire une visite 
sans être invité à biiare ène jate di café. 

cafougneu, ». m. Celui qui fouille, qui farfouille. 

cafougni, v. int. Chercher, fouiller dans les coins et les recoins ; far- 
fouiller dans les vêtements de quelqu'un. 

caftè, v. int. Boire très souvent du calé. 

cafteu, ». m. Buveur de café. Fém.: cafteùse. 

caftiére, n. f. Ustensile pour conserver le café. 

cagnu, n. m. Entêté. — Adj. quai. Têtu. Fém.: caqnune. 

caisse, ». f. Boite, coffre en bois; caisse d'ôrhdje, boite à horloge. 



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— 150 — 

caûsi, n. m. Caissier. 

caissi, n. m. Musicien qui bat la petite caisse. 

cajolé, v. tr. Flatter, caresser par intérêt. 

cajoleu, n. m. Celui qui a l'habitude de flatter d'une manière 

excessive. S'emploie comme adjectif qualificatif avec la môme 

signification ; Fém. : cajoleuse. 
cake, n. m. Tonneau contenant un hectolitre; in cake di bire, un 

hectolitre de bière, 
cake, n. m. Babil fatigant; rabaie li cake à eue sakiye, forcer quel- 
qu'un à se taire en lui prouvant qu'il a tort, 
caktô, v. int. Faire des bavardages inutiles, 
cakteu, n. m. Bavard, diseur de riens; Fém. : cakteûse. 
cakyant, adj. quai Chatouilleux, celui qui rit quand on le louche en 

certains endroits du corps ; Fém. : cakyante. 
cakyi, v. tr. Chatouiller; dji n'ws né qu'on m'cakîye, dji sîts trop 

cakyante; je ne veux pas qu'on me chatouille, je suis trop 

chatouilleuse, 
cakyeu, n. m. Celui qui a l'habitude de chatouiller ; Fém.: cakyeûse. 
calé, adj. quai Instruit, habile dans une profession ou dans un métier, 
calé, v. tr. Assujettir au moyen d'une cale. Fig. V. pron.: s cale ène 

sakwè dzou les dints, manger un bon morceau, 
calibe, n. m. Calibre. Fis.: acabit; i sont doit minme calibe, ils 

sont du même genre, du même caractère, 
calistiéne, n. f. Sorte de schiste; on dit aussi agauche. 

calonè, v. tr. Canonner. Lancer sur quelqu'un ou quelque chose des 

projectiles tels que : pierres, boules de neiges, etc. 
calonié, n. m. Artilleur. 
calote, n. f. Surnom ironique donné au parti catholique. 

calote, n. /'. Coup donné avec la main ouverte sur la tête de quel- 
qu'un ; soufflet léger, 
calote, v. tr. Donner des calâtes, des taloches. 
calotin, n. m. Bigot, faux dévot. 
caloû, n. m. Caressant et flatteur, 
calpéte, n. f. Petite chambre ; maisonnette peu agréable. 
Camile, n. pr. m. Camille. 

camoussi, v. int. Pénétrer dans des endroits resserrés pour se dissi- 
muler, pour chercher quelqu'un ou quelque chose ou s'enfuir eu 
cachette; nos avons camoussi dins les bûchons pou choàtè c qu'on 
djet, pus nos n'z avons sauvés; nous nous sommes glissés dans 
les buissons pour écouter ce qu'on disait, puis nous nous sommes 
enfuis. 

camuzole, n. /*. Camisole. 

canada, n. m. Pomme de terre ; canadas al pèlake, pommes de terre 
cuites dans leur pelure; rauyadje aux canadas, époque à 
laquelle on récolte les pommes de terre. 

canal, n. m. Canal; pluriel : des candis. 



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- «H - 

canari, n. m. Serin. 

canaye, n. f. Personne profondément méprisahle^ c'èsst ène canayç,; 
c'est une canaille ; c'est des canq,yeSf /c'est de la vile populace. ' 

canay'rlye, n. {. Friponnerie; action très malhonnête, procédé de 
cânaWle. , ' 1 

candjeu, w. m. Celui qui change volontiers, fréquemment; Féqu: 
candjeàse. 

candji, 0. ta. Changer, échanger; candji me pke di cink francs, 
c^anrar Uflp p^çç de cinq francs ; candji in Imqgne conte eu 
aye&Jc* /cliangpr un borgne contre un aveugle. — T. pron.: 
$*caridii, mettre une toilette uouvelle.— F. ml subir une varia- 
tion; 7t Unis va candji, le temps va changer. Déménager, quitter 
un pays pour un aiùtre; mettre un vêtement 9 la place 'd'un 
autre ; canflii d'tchi miche, changer de chemise. 

candjmint, n. m. Changemejjt. 

c?fl% n. f. f [er^np affectueux pressé à de toiles jeunes ûHes; bondjou 
' m'cane, bonjour, ma fille. (Vx.) Parties génitales de ïa femme, 
canepin. n. m. Calepin. 

canôie, n. f. Mesure de faïence, ei\ grès, erç verre avec une poignée 
et contenant environ un litre ; aie bwàre ène cânèfe,' aller boire 
un litre de bière. 

canl^ n, y\. Camphre. 

c&g}, n, m. §ort£ de jeij de cache-caçhe. 

canifècbtoll lnter* Exprime le refus, le mépris, l'indifférence. 

canle, n. f. Personne d'une honnêteté douteuse. 

canlté, t>. in t. Fréquenter habituellement des maisons étrangères ; 
perdre son temps en commérages; ek ni fait qu'canltè.amon les 
vijins, elle est toujom'S c bW. se? Y9i$ifl s Qt Pflï4 s ^ n l€ ffiP!^ ?** 



canna, n. m. Cadenas. 

caij|>a$jfle, ri. /*. Terf^n mis ey ci^^ure dans une Ipçaljfé. 

canpagne, n. f. La belle saison; al fin dH campa gne, au copi^ence- 
meqtde. l'automne. 

canton, n. in. Canton. Le canton d'Djicèt ou Djuvèt (Givel), Grand- 
Djtvèt, PetU-Djçèi, Tchàurlumôrt (Charlemontj 1 , Les Quatre 
fthiminéyes (Lès Quatre Cheminées) comprend, outre le chef- 
jifiu: .iukruçe (AubrivQs); Frçnnelènç (Frqmçlenpes) avec Flojfi'- 
mqnt (Flohiinpnt) et PF?rcr?*rf/(>/e (La Forgeote); f uècnc^oiscHes}; 
ïlam; Hidje (fïierges); Landritchanp (Laridrichamps); Itàncèrie 
(Rancennes); ïehaurnès (Chamois); Tchô (Chooz) avec li pti( 
Tchô (le petit Chooz); les Vurè ou Vurœ (Yireux), |e grand el le 
petit, avec Mole (Mol hain). 

canulant, adj. quaL Ennuyant, agaçant. 

caosçi, t?. tr. Cahoter, secouer ; corne on z'est caossi su ç'tchèrètc-là. 
comme on est canoté sur cette charrette. 

caossîmint, n. m. Cahot, heurt. 

cgo£$, n. f. Cornet en papier en usage dans les épicçrjçs principale 
ment ; me caote di sucs, un cornet de bonbous. ' ?l 



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— 152 — 

caotéye, n. f. Contenu d'une caote. 

caoûte, n. f. Citrouille, espèce de courge. 

capâbe, adj. quai Instruit, adroit. 

capon, n. m. Poltron; celui qui recule devant le moindre danger. 

caponé, t>. int. Céder; battre en retraite ; s'avouer vaincu sans avoir 
lutté. . . 

capo (fé) hoc. adv. Faire toutes les levées au jeu de piquet. . 

capote, n. /". Redingote, vêtement de luxe par opposition au sauro, ou 
sarrau de toile bleue ; cèssV in Mossieu, i pirate capote, c'est un 
monsieur, il porte une redingote. 

capot!, n. m. Ironiquement : celui qui porte une capote. 

capôtyi, v. tr. Tourner et retourner quelque chose entre le pouce et 
l'index ou avec la main; lui ôter sa fraîcheur, sa belle appa- 
rence; capôtyi in bokèt d'tchau en l'rapxcartant ; tourner et re- 
tourner dans ses mains un morceau de viande que l'on rapporte. 

capout, adj. quai Ecrasé, tué, mort, iicliu. 

captînne, n. m. Capitaine, officier qui commande une compagnie. 
Chef d'une jeunesse dans les fêtes locales. 

caracole, n. f. Escargot. Jeu d'enfants. 

caracolé, v. int. Chevaucher en formant des tours et des détours. 

caramel, n. f. Petit morceau de sucre fondu, de forme carrée, 
entouré d'une devise et d'un morceau de napier replié servant 
d'enveloppe; on z l achète des caramels à smaitrèsse, on achète 
des caramels à sa bonne amie. 

carcassau, n. m. Caillou roulé, arrondi, de la grosseur du poing. 

carcasse, n. f. Mauvaise tôte; caractère entêté. 

car au, n. m. Vitre de fenêtre ; pavé carré ; dessin en forme de carré; 
une des couleurs du jeu de cartes. 

cârau, n. m. Maladie des enfants connue aussi sous* le nom de gros 
ventre. 

carcan, n. m. Mauvais cheval, animal têtu; personne rebelle. 

car cul, n. m. Calcul effectué sur des nombres. Moyen d'çtrriver à un 
but; c'èsst' in mirais carcul, c'est un mauvais raisonnement. 

carculé, t\ tr. Calculer, supputer. Réfléchir aux suites d'une action. 

cardinal, n. m. Cardinal, prince de l'Eglise; pluriel : des cardindls. 

cardinal, n. m. Chardonneret aux couleurs fort brillantes. 

càré, n. m. Carré, ligure géométrique. 

câré, adj. quai Déforme carrée. Tièsses câréyes, surnom donné aux 
Allemands. 

carême, n. m. Carême. Le samedi saint, lin du carême, les enfants 
de chœur distribuent l'eau bénite clans les maisons du village; 
après avoir reçu en échange de l'argent ou des tvufs, ils font 
grincer tous ensemble leurs crécelles pou tchrssi carême, pour 
chasser le carême. 



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- 153 — 

caresse, n. f. Caresse. Mougni ene sakiye di caresses, témoigner une 
grande affection à quelqu'un. 

caressant, adj. quai Qui fait beaucoup d'amitiés à ceux qu'il reçoit ; 
des djins caressants, des gens affables et traitant bien leurs hôtes. 

caréssi, v. tr. Caresser. 

carèsseu, n. m. Celui qui se montre assidu et flatteur. 

carioteu, n. m. Ouvrier d'une carrière de pierre de taille. 

carmagnole, n. /'. Chanson et danse du temps de la Révolution. — 
Fé danse l 'carmagnole, faire sauter quelqu'un en le frappant, 
l'expédier vivement et par la force ; renverser et faire tour- 
noyer des objets. 

carnassière, n. f. Carnier ; sac d'écolier; gibecière. 

carote, n. f. Feuilles de tabac roulées en forme de fuseau. 

carote, n. f. Tromperie, ruse de peu d'importance pour tirer de 
l'argent d'une personne ou éviter une fatigue, un ennui ; tir* 
ène carote, exploiter quelqu'un ; se soustraire à une tâche. 

cartel, n. m. Ancienne mesure de capacité valant environ un double 
décalitre et employée pour les légumes verts ou secs ; in cartel 
di canadas, à peu près un double décalitre de pommes de terre. 

carwaiti, v. tr. Regarder curieusement à plusieurs reprises du coin 
de l'œil ; corne i nos ont carwaitis ; comme ils nous ont examinés 
. à la dérobée. 

cas, n. m. Événement, accident, circonstance ; dins c'cas-là, dans ce 
cas ; ci n'est né l'cas, ce n'est pas ce qui arrive : tni dou cas d'hie 
sakuK tenir beaucoup à une chose. 

casse, n. f. Ralle à jouer formée d'une boulette d'argile durcie 
entourée de filasse et cousue dans une enveloppe de cuir blanc; 
djowè al casse, jouer à la balle dure; ce jeu est fort en vogue 
dans notre région. Djeu d f casse, endroit où a lieu le jeu de balle. 

cassé, v. tr. Briser. Destituer. — V. pron. s'câssè, se rompre. Fig.: 

, s'affaiblir, devenir vieux. 
casséte, n. /'. Jaune d'œuf cuit ou cru. 
casséte, n. /". Petit pupitre d'écolier. 

câsseu, n. ///. Celui qui casse, qui brise ; aUscu (f pires, casseur de 

pierres, 
casseu, n. m. Joueur qui casse. 

cassi, v. tr. Renvoyer la balle en la frappant avec la main ou la 

busse (V. ce iriotj. 
cassine, n. /". Baraque, misérable chaumière. 

câss'mint, n. m. S'emploie dans l'expression câss'mint d'ticssc, 

travail fatigant pour la tète, tracas, surmenage, 
castonade, n. /'. Cassonade. 
castine, n. f. Pierre calcaire. 

cataplasse, n. m. Cataplasme. Ironiquement : grande quantité 
d'aliments absorbés; aicr in fameu cataplasse su li xtomak. 
avoir fait un repas plantureux. 



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— 45i — 

petit objet caché par les autres. 

C4tà>tà**i n. £ C^^b^, liçu op, l'on çac^ uçie cbosfc. A catfihfitfi, e^ 
$pcret, 

catchète. n. f. Jeu d'enfants; l'un des joueurs dpjt trouver au cpoj^s 
un de ceux qui sojpt allés se cacher; ce jeu se npjnme aussi c#m. 

catchi, r. tr. Cacher. — V. pron. : s'catchi. se dérober aux regprds. 

catchi. pan. pas$. Caché; s'applique à quelqu'un qui n'ose se montrer 
"pour un motif quelconque; itï?$i' oupayi, mais i dmère. càtckï; 
il est dans le pays, mais il ne se montre pas. 

catchotè, p. tr. Agir en secret, en cachette. 

catchoteu, n. m. Celui qui cachette. 

catchotriye, i\. f. Petits secrets, aflectatiop de mystère. 

c^tr^ipae, rç. m. Gauchisme (Vv). 

Gatrine, n. pr. f, Catherine. .Sainte Catrine, patronne des jeunes 

filles. Une demoiselle a cwife sainte Catrine lorsqu'elle a dépassé 

l'âge dp viryjUcinq ans. 

caukyi, v. int. Se dit de la poule qui crie quand elle a pondu ou 
quand elle a peur; non pouyes umkyoni, nos z'alons awè des ous: 
nps poules crétallept, nous al|on$ avoir dps œufs; voss' tçk4 fait 
caulcyi nos pçinyps, vptre chien fajt crételer nos poulet 

caumulè, n. m. Culbute que l'on fait en posant la tète par terre pour 
retomber sur le dos les jamhes allongées. 

caunôye, n. f. Femme ou fille niaise, sans volonté ni décision. 

caurs, ti. pi. Beaucoup d'argent ; awè des caurs< être riche. 

caurti, n. m. Le quart d'une tarte, d'UQ pâté; quartier dp viande. 

caurtî, n. m. Morceau de cuir rigide qui maintient intérieurement le 
derrière de l'empeigne d'une chaussure. 

caute, n. f. Carte à jouer ; in djeu d'eautes, un jeu de cartes. Tapé les 
cautes, consulter les cartes pour connaître l'avenir ou pour 
désigner ceux qui doivent jouer ensemble dans une partie dft 
cartes. 

rçute, n. /". Mesure de capacité pour les grains, d'une contenais de 
douze litres et demi ; me caute di blè, le huitième d'un hecto- 
litre d'épeautre. 

cgjitrpn, n. m. Le quart d'une livre ou cent vingt-cinq grammes; in 
cautron d'snc, le' huitième d'un kilo de sucre. 

cautron, n. m. Le quart d'un ceqj d'oeufs, vingt-six avec les quatre 
au cent; in cautron d'ous, un quarteron d'œufs. 

eè, t. int. S'entretenir familièrement avec qurçlqif'ui). Courtiser 
une jeune fiUe; gria longtùhs qu'% lï cause, il y a longtemps qu'il 
la courtise. 

cauzeu, n. m. Parleur, qui aime à causer. 

c$R$!l, atf ?- A 1 )CU Pr ès ? presque ; i fait <au:u nu{, il U\\i presque 
iiuil. 



cause, 



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- 155 - 

cftWimfrtt «dv. Quasiment. 

cavale, n. f. On ne désigne pas autrement la jument. 

câv*. n. f. Gave; awè ène bonecâve, être largement approvisionné d& 
bons vins et de liqueurs. 

cavisse, n. m. Celui qui est chargé d'aller chercher les boissons dans 
la cave d'un débitant. 

cawawa, n. m. Brouet épais. 

cawèye, n. /*. Quantité d'aliments semi-liquides qije peut contenir 
une louche; ène caitèye di ratatouyc, une touchée de ragoût 
grossier ; ce qu'on prend de mortier avec une truelle; ènecawîge 
di mwarti, une trueilée de mortier. A l'idée de contenu s'ajoute 
celle de bonne mesure, de bonne ration. 

çayau, n. m. Caillou. 

cayèt, n. m. Cahier, feuilles de papier réunies. Affaire : »'W tcayèt, 
voilà ce dont il s'agit. 

cayèts, t». w. pi. Menstrues. 

cayi, n. m. Partie supérieure du crâne. 

cayute, n. f. Mauvaise hutte; anfrnotuositô dans un rocher; xééifti 
où l'on trouve asile. 

cazake, n. f. Sorte de veste. 

cazakin, n. m. Tunique de femme serrée à la ceinture au moyen 
d'un double cordon placé dans une coulisse. 

cazakin. n. m. Estomac, ventre, corps d'une personne; ènn aiçè tlim 
V cazakin, avoir beaucoup bu et mangé; tchèye su l cazakin, 
tomber à bras raccourcis sur quelqu'un. 

cazavec, n. m. Camisole de femme appelée aussi cazacesca. 

cèke, n. m. Cercle (en bois, en fer). 

cèklè. r. tr. Cercler, mettre un cercle. — V. pas*.; li lune est cèkliye,. 
c est signe di plouve, un halo entoure la lune, c'est signe de pluie. 

cendriyé, n. m. Sac rempli de cendres de bois que l'on place sur un 
cuvîer renfermant du linge à lessiver. 

cendroncte, n. f. Sorte de coiffure de femme, en iqdienne, serrée h 
la tôte au moyen de cordons passant dans une coulisse derrière 
la nuque et se nouant sur le front. 

cène (li), pron. dém. Celle; pluriel : les cènes. 

cènes, n. f. pi. Cendres. Li mècrèdi des cènes, le mercredi des ceiitfreç. 

censé, n. f. Valeur monétaire de deux centimes (V*). 

centinne, n. f. Centaine. 

centyinme, adj. num. Centième. — N. m. Un centième. 

cèréje, n. /". Cerise. 

cèréjl, n. m. Cerisier. 

cèrfèye, n. m. Cerfeuil. 

cèt'-ci, pron. dém. Ceux-ci ; cet'- là, ceux-là; cet* cil, cH'-lal. celles-ci, 
celles-là. 



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- 156 - 

chabrake, n. f. Personne indolente, qui a trop de laisser-aller. 
S'applique aux deux sexes. 

chagriné, ». tr. Causer du chagrin — V. pron.: s chagriné, éprouver 
du chagrin. Fig. : Li Unis s' chagrine, l'atmosphère devient 
nuageuse; il va pleuvoir. 

chaibiant (en), loc. ad t. De biais, en biaisant, obliquement, pou lape 
en chaibiant on n'a qu'à slinde li brès; pour lancer un objet obli- 
quement, on n'a qu à le lancer le bras étendu en avant. 

chake, adj. ind. Chaque ; chake djou, chaque jour. 

chake, pron. ind. Chacun, chacune ; il ont yeu dix sous chake, ils ont 
eu dix sous chacun; nos pupes cousionl deux sous chake, nos 
pipes coûtent deux sous chacune. 

chakèn', pron. ind. Chacun; fém.: chakène; s'emploient devant inke, 
un, et devant ène, une ; ïnn ont yen chakèn 1 inke, chakèn' ène. 
ils en ont eu chacun un, chacun une ; on écrirait au féminin : 
chakène inke, chakène ènc, chacune un, chacune une. 

chakin, pron. ind. Chacun; chakin fait ç'qu'i pèf, chacun fait ce qu'il 
peut. 

chakiné, r. tr. Chicaner, tracasser: i mehakinc lundi, il me tracasse 
toujours. — ï'. int. Tromper au jeu. 

chakineu, n. m. Celui qui chicane. 

chalbotè, t. int. Marcher avec des chaussures beaucoup trop longues 
et trop larges. 

Châles, n. pr. m. Charles. 

chalè, v. int. Boiter. 

chalé, n. m. et adj. quai. Boiteux. Fém.: chalëye. 

chaléte, n. [. Sorte de râtelier fermant une charrette. 

chalis, n. m. Ridelle de chariot. 

chalté, t.' int. Boiter légèrement; voilà qui tét en chaltant, le voilà 
qui vient en boitant un peu. 

chalteu, n. m. Celui qui est atteint d'une légère claudication. 

chamau, n. m. Chameau. Fig.: Laideron; personne d'un mauvais 
caractère. 

chamayi (s'), r. pron. Se chamailler ; nalous né co vos chamayi, vos 
z'otes, n'allez pas encore vous quereller, vous autres. 

chame, n. f. Chaise ordinaire, avec siège et dossier; sorte de petit 
banc à un seul pied; pèrdous eue chame et assyous vous; prenez 
une chaise et asseyez-vous. Ce mol est masculin à Foisches. 

chameté, r. int. Marcher d'un pas rapide; déguerpir; se hàler; i nos 
[au M chametè pour z' awè fini à midi, nous devrons nous hâter 
pour avoir terminé noire travail à midi. 

chambriyére. m. /. Petit cadre en bois sculpté placé entre la literie et 
le devant d'un lit pour éviter une chute à la personne couchée. 
..N'est plus guère en usage aujourd'hui. 

Chanchèt, n. pr. m. François. 



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- 157 - 

chandi, v. tr. Chauffer ; fé chandi l' soupe, li cafc faire chauffer, la- 
, soupe, le café. 

chandiye, n. f. Flambée, chauffe. Fig. : Alcè ène fûde 'chandi ye, 
éprouver une grande frayeur. 

chandronèt, n. in. Chardonneret, passereau chanteur. 

chape (à) (V. A chape). 

chape, n. /. Chacune des deux bandes de cuir repliées en long et 
fixées Tune à l'extrémité du manche, l'autre à celle de la hâte 
d'un fléau et servant à réunir les deux parties au moyen d'une 
courroie ou d'une peau d'anguille. T *• 

chape, v. tr. Sauver , il a tcheu à Moûsc, mai* on l'a chape, il est 
tombé dans la Meuse, mais on l'a sauvé. Guérir d'une maladie, 
c'est ç' riméde-là que l'a chape, c'est ce remède qui l'a guéri. 
Éviter; nos l'avons chape bêle; nous avons échappé à un grand 
néril. Laisser échapper; chape les mayes d'in tricot, laisser tom- 
ber les points en tricotant. — V. passif, yèsse chape, être sauvé. 
— V. intr. Cesser d'être retenu ; Vassiete m'a chape des mirains. 
Sortir de la mémoire; çà m'a chape dèl tièsse; j'ai totalement 
oublié cela. 

charabia, n. m. Langage inintelligible; celui qui le parle. 

charnure, n. f. Parties charnues; tempérament; arvè ène nuirai je 
charnure, se guérir difficilement des plus petites blessures. 

charogne, n. f. Charogne. Terme de mépris usité dans le langage 
familier. 

chârpiye, n. /. Charpie. 

chasse, n. f. Dans le jeu de casse, endroit où la balle, livrée par un 
des joueurs ou renvoyée par la partie adverse, s'est définitive- 
ment arrêtée. 

chauchot, n. m. et adj, Écervelé, agité; qui agit inconsidérément et 
trop vite ; vos n'arivrous né à mète toutes vos a/ères dips vosse 
maie, vous astous M trop chauchot, vous ne parviendrez pas. à 
faire tenir tous vos effets dans votre malle, vous les placez trop 
rapidement et sans réfléchir. 

chauchotè. v. tr. Poursuivre et faire crier des poules ; voss' tché 
chauchote nos pouyes; votre chien pourchasse nos poules. Lutiner 
et taquiner les jeunes filles. — V. int. Être dans le trouble et 
l'émoi, en pariant des volailles. 

chauchoteu, n. m. Celui qui aime à courtiser et à lutiner les demoi- 
selles. 

chaudré, v. tr. Ébrécher, en parlant d'un outil ; chaudrè in saur pin, 
ébrécher une serpe; édenter (une personne, ou un animal). 

chaudrè, adj. quai. Qui a perdu une ou plusieurs dents ; yèsse 
chaudrè, être bréche-dents. Fém.: chaudréye. 

chaule, n. f. Échelle ordinaire ; monté al chaule, monter à l'échelle. 

chaur, n. m. Entaille faite à un instrument tranchant, ébréchure à 
un objet en poterie; trou laissé par le couteau quand on a 
enlevé un gros morceau à un pain. 



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- 158- 

fcfcèNfi^jri, v. tr. flfruspillèr ; tirer brtttalôriïèftt -qaelqifr'uft par les 
vêtements. Gaspiller des légumes, de l'herbe, en les ariratfrant à 
moitié et en gâchant le reste. — V. prou.: s f chùurpouyi, s'em- 
poigner et se battre à deux. 

chavéye, n. f. Chemin creux dans une descente rapide sur le flanc 
d'une montagne. 

chôcreu, n. m. Individu chétif, maigre et hâve. 

chéme, n, Ï. Écume qui se forme sur un liquide agité, fermenté ou 
chauffe. 

chèmè, v. tr. Écumer; chèmè l'soupe, enlever l'écume sur le potage. 
— V. int. Produire de l'écume ; quand Moûse chème, c'est signe 
di ptoute ; quand il y a dé l'écume sur la Meuse, c'est signe de 
pïuie. Avoir l'écume à la bouche : thème (Fcolêre, écûmer de 
colère. 

chimète, n. f. Couche de crème qui se forme sur le lait bouilli. 

dlôr, adj. quai Aimé, chéri ; m* chère âjin, personne que j'aime: cette 
expression s'adresse aussi h la femme a Çui l'on parle; chérome, 
appellation affectueuse qui se donne à un petit garçon. 

chèrbè, t. tr. Enlever à la houe le gazon d'un terrain inculte, champ 
ou bois, pour le brûler et en répandre les cendres sur le sol. 

chèrbeu, n. m. Ouvrier qui écobue. 

chèrbdtô, v. tr. ^cobuer un sol où croissent des genêts, des bruvères 

(V. chèrbè.) 
chète, n. f. Petit éclat de bois, 
chètèlrîye, n. f. Action de chètlè. 

chètlè, v. tr. Rompre, fendre sans outil un morceau de bois, un objet 
en bois, une planche mince ; mi sabot est chMè, mon sabot est 
fendu ; li vint à chètlè noss' pomi en deux, le vent a fendu notre 
tponftnfer en deux. — V. int. Fendre sous l'action de la séche- 
resse, etc. 

fctiëttoh, n. m. T&hdrde ; fragment de bois irirnce et pointu incomplè- 
tement sébacé d'riti plus gros et dont une 'partie peut s'enfoncer 
et rester dans les chairs. 

ŒftJûr, v. ff.ltBre totttber tès'friilts énSëCOuant'l'arbre qui les l porte; 
*mûr dcsWôkes, *sfectroér'des prtfrtés. Pousser et tirer h soi celui 
on -telle <jtifclV>n wùt corriger; djèTbi cheu pou les puAnnts^ je 
l'ai secoué d'importance. — V. pntsif: yèsse cheu, être secoué, 
être maigri. 

cheûr, t. tr. Débarrasser le grain d'épeautre de la paille qui l'entoure ; 
ce travail se fait au moulin au moyen d'une sitchèsware. 

cheûVë, n. f. Traînée lumineuse d'une comète. (V. chouvigc.) 

titaérréu, n. m. Chevreuil ; couri cotoe in chèvteu, courir très vite. 

chevroté, v. int. Être en rut, eh parlant d'une chèvre. 

dH#fiNHè, 'v. int. Parler par saccades, l cnnime lorsqu'on opère des 
pressions successives et rapides sur le larynx; les viyès djins 
chevrotant en iehantanu les vieillesgens chevrotent en chantant. 

chèvroteu, n. m. Celui dont la vtûi irembte'^ù parlant. 



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— 150 — 

chèyi, c. int. Marcher très lô'e't k ffkikh pas; ^tiebu» tiu âHêjji 
ttprès'ùwè fait **eô; 1'aVèz-Vous vû'ftffr'ftfprèSUVilîrfait soïi dtftip. 

ttrt, n. m. Soc de ffhàrrtiè. 

câà, n. th. *Suïf. 

tdfic, adj. J/ua/. Tfts beau à voir ; ç'nstèt chic, sftvous; c'Stfcft joli, 
savez-vous. 

tfflltftilritè, r. tr. Chuchoter, parier bhs à qu<?Mfu f ûh. 

tfltojtttàfe, h. to . Celui qui cfrùclibfè. 

chicrpta, adj. gual. S'emploie d^ns l'expression Marie Cfiirrote, 
1 appiftfuéë à' ifàê feffifrie'peu Tic tiVe, lente cdmfne'tfne Wfuë. 

cbife, n. m. Chiffre. 

cMfiotè, v. tr. Siffloter. 

chifloteu, n. m. Celui qui ïWÏIWte. 

chlje, adj. nUm.'étH.^îx. 

tkljfe, n.f. Véjlfêe; 4 i*fé atcMje, tfller pàséer'là SoWôe chëi ffudlqti'tfn. 

chïjlè, t?. t'nt. Veiller en société pôiir s'amuser, pour causer, pour 
jouer aux cartes, etc. 

cfcijleu, m. in. 'Celui qui aime à àfler ù la veillée, ou à chïjlè chez lui. 

chifïèye, h. /".ÎÛrunion flè'persdnnes faisant la veillée. 

chikaye, n. /. Mangeaille, nos 'Hh nions dèl chikaye: nous avons une 
grtfnde quantité de'hdurriture. 

chike, n. f. Tabac que l'on màclie. 
chike (awô*sVÊtreïvre. 
Cbikè, v. tr. Mâcher du tabac. 

chiké, v. tr. Manger et boire avidetrient'des victùaiHes;i7* ont râ'de 
yeu chikè tout çq/jls ont rapidement absorbé tout cela. — V. int. 
Manger et boire tout son saoul : on z'a bi chikè. 

chiké, n. m. Gros morceau de pain ou de viande. 

chilé, v. int. Glisser en parlant d'une masse de terre, de pierre, qui 
se détache d'un endroit élevé. 

éhftè, v. int. 'Bruire ifànfe les oreilles. 

chiléye, n. f. Grande suite de personnes, d'animaux. 

chlmagrawë, n. f. *Slmaj[rée, gnriiace. 

cWmo, n. m. Jeune brebis. 

chtifa^te, h. f. ! Êcumoiïe. 

chttitt^b,n. V^Gehs de bas étage ; racUille. 

(âttifo, n. f. Éçhine,,d6s ; V dures su t' chine si'ti n'chàûtès'toé/th'fàïàs 
corrigé si tu n'obéis pas. 

éliftiè, r. fr/Contrëftiire ; ijjélqu*Un ; èemôqli'er; êhinè'èrie'saktije, "Se 
'motjuer deqùelqu'uh. 

chinon, to. tn/ÉclIsse longue, étroite et'mince enlevée en long sur la 
tige d'un jeune coudrier et servant à cônfectiohnér des bodets, 
papiers grossiers, ou à liérle^ t bttfiih-rfeHwu1éilu,'&e 'g(tetfôt; iétc. 



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— 160 — 

chîpè, v. tr. Enlever en cachette ; dérober. 

chirè, v. tr. Déchirer une étoffe de coton, de laine par un mouve- 
ment brusque des deux mains afin de la diviser; chirè des 
moulcwès d' potche, in bokèt d f doublure, détacher de la pièce des 
mouchoirs de poche, un morceau de doublure. — V. int.: Fondre, 
crever ; m'pantabn a chirè, mon pantalon a craqué; li papi dou 
pakèt a chirè, le papier du paquet a crevé. 

chirnake, n. f. Déchirure assez longue dans une étoffe; grande fente 

qui se forme quand un arbre se sépare en deux sous l'action dq 

vent, 
chirnake, r. int. Se fendre, se rompre, se déchirer avec bruit; dj'ai 

oyu l'poupli chirnake, j'ai entendu le peuplier se fendre a\ec 

bruit. 

chita, n. m. Le sept et le huit d'un jeu de cartes; n'airè que des 

chitas, être dépourvu d'as et de figures, 
chite, n. f. Diarrhée. Fig. : Awè l' chite, avoir grand'peur. 

chite, n. f. Excréments de certains animaux; chite di pouye, chite di 
mouche, excrément de poule, de mouche. Fig. : chite d'agasse. 
fromage blanc non pressé. 

chité, v. int. Aller à la selle quand on a un cours de ventre. Jaillir en 
parlant de la matière semi-liquide d'un fruit qu'on fait cuire, 
d'une pomme, par exemple, ou du liquide épais chauffé dans un 
vase ou pressé dans une enveloppe. 

chiteu, n. m. Celui qui a la diarrhée. — Malingre, de santé délicate. 

Chitoûs, n. m. pi. Sobriquet donné aux gens de Civet. 

chitrîye, n. f. Diarrhée prolongée. Fig.: Chose sans valeur. 

chitrouyi, v. int. Foirer souvent. 

chizyinme, n. et adj. num. Sixième. 

chlague, n. /*. Bastonnade; donè la chlague, fustiger. 

chnap, n. m. Eau-de-vie (Vx). 

chnè, n. m. Chenet. 

chnouf, n. m. Tabac à priser; ène pènéye di chnouf, une prise de tabac. 

chôdé, v. tr. Brûler superliciellement la peau avec un liquide bouillant 
ou de la vapeur. 

chôdé, v. tr. Toucher ou frotter la peau de quelqu'un avec des orties 
en lui causant une sensation de cuisson; t m'a chôdè, il m'a 
frappé avec des orties et je ressens de vives démangeaisons. 
— y. pron. : s* chôdè, se frotter involontairement à des orties. 

chôdure, n. f. Éruption que cause à la peau le contact d'une ortie. 

chonance (lé), locution signifiant faire semblant, faire le geste, 
Teindre, fé chonance d% braire, faire semblant de pleurer. 

choné, t\ int. Sembler, çàm'chone bon, cela me semble bon ; paraître ; 
ça vos chone drôle; cela vous paraît étrange. — V. imp. : t m'chone 
qu'i tone, il me semble qu'il tonne; penser; qu'est-ce qu'i v'z'è 
chone? Que pensez-vous de cela? 

chopé, v. tr. Chiper: prendre sur le fait. 



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- iei - 

chopine, n. f. Ancienne mesure d'un demi-litre ; son contenu ; ène 
chopin» d'ôle, une chopine d'huile. 

chopinè, v. int. Faire de longues stations au cabaret, 
chopineu, n. m. Pilier de cabaret. 

chôpe (awè), locution qui veut dire : éprouver des démangeaisons ; 
if ai cnôpe à m' dos, cela me démange dans le dos. 

chôpyi, u. tr. Gratter; chopîye wiu, gratte-moi ; chatouiller; ça m'cho- 
piye al liesse; cela me chatouille à la tête. 

chor, n. m. Écore, sorte de grosse perche ferrée qui se place à Pavant 
d'un bateau et sert à lui donner la direction voulue. 

chorè, v. int. Manœuvrer un chor. Comme celui-ci est fort lourd, 
aussitôt que le marinier l'a fait basculer sur le bord du bateau, 
l'extrémité ferrée, dirigée un peu en avant, s'enfonce dans le lit 
du fleuve, tandis que l'autre est solidement attachée par un 
cordage à un poteau fixé sur le bateau, dont la proue est ainsi 
poussée du côté opposé au chor; il se produit alors un bruit 
sourd qui s'entend d'assez loin. 

choreu, n. m. Celui qui chore. 

chorté, v. int. Cueillir à la main de l'herbage, des plantes quelcon- 
ques en brisant les tiges ou en les coupant avec une faucille 
à une trop grande distance du sol. 

chou! inter. Écoute! chou! on les ôt, écoute, on les entend. 

chou, n. m. Giron; sein. 

choufe, n. f. Explosion, à l'air libre, d'une petite quantité de poudre 
ordinaire. 

choufla, n. m. Organes qui servent à siffler, à souffler; manière d'ac- 
complir ces mêmes actes; t'ènn a yinlce di choufla, tu siffles ou 
tu souffles d'une manière bizarre. 

chouflè, v. int. Souffler; se dit de l'air agité; li vent choufèle, le vent 
souffle, ou encore du vent léger que l'on fait en poussant l'air 
avec la bouche ; chouflè su ses dèts quan on z y a fred ou quan on 
s'a chôdè, souffler sur ses doigts quand on a froid ou quand on 
s'est échaudé. — V. tr. Envoyer un courant d'air sur le feu pour 
l'activer; chouflè ïfeu; souffler sur le feu; éteindre ; chouflè 
l'tchandèle, éteindre la lumière en soufflant dessus. Dire tout 
bas à quelqu'un ce qu'il doit répondre. 

chouflè, n. m. Sifflet. 

chouflè, n. m. Soufflet, instrument pour produire du vent, dans une 

forge, dans un orgue, par exemple. 
chouflète. n. f. Long tube de fer au moyen duquel on souffle avec la 

bouche pour rallumer un feu presque éteint. 

chouflik, n. m. Appellation ironique donnée à un savetier. 

choûgneu, n. m. et adj. Pleurnicheur. 

choûgni, v. int. Geindre, pleurer souvent. 

choumak, n. m. Mauvais ouvrier. 

chourchiye, n. f. Contenu d'un tablier quand la femme qui le porte 
en relève les deux coins avec ses mains; ène chourchîye di pomes. 



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- 162- 

fihoûté, v. tr. Prêter l'oreille pour entendre; choûtè l'muzike, écouler 
la musique ; ajouter foi ; ne l' choûtè né, ne le crois pas. — 
V. pron. : s f choûtè, se préoccuper trop de sa santé ; i s' choûtè, trop; 
il s'écoute trop. — Y. int. Ti n'choûtes pus, tu n'écoutes plus. 

choûtè, v. tr. Obéir; choûtous vos parints, obéissez à vos parents. 
— Y. int. On n'pèt pus l'fé choûtè; on ne peut plus le faire obéir. 

choûtous! intcr. Écoutez! Choûtos (lang. d'ayi). 

chouvè, t). tr. Balayer; ramasser les ordures avec un balai et les 
pousser de va ni soi ; chouvè l'maujon, balayer la maison. Si 
quelqu'un veut que l'on balaye quelque chose de son côté, il dit: 
« Achouvous çà pâr-ci. » 

c hou v ion, n. m. Long balai de genêt ou de bouleau pour balayer un 
four avant d'y mettre cuire le pain. 

chouvîye, n. f. Balayures. 

chouvîye, n. f. Traînée lumineuse d'une comète. 

chôze, n. /*. Mot par lequel on désigne une personne dont on a oublié 
le nom. iV. m. ou fém. Instrument, machine, etc.; c'èsst y in chèze, 
ène chôze corne çà, c'est un objet, une chose comme ceci. 

chûre, v. tr. Suivre; poursuivre; longer; chûre xi pa, suivre son 
père; chûre in tchaur, suivre un chariot; chûre in lice, pour- 
suivre un lièvre* chûre Moûse, longer la Meuse. — V. pron.: 
s'chûrc; se succéder; les djous s'chuyont et n'si rchonont né: les 
jours se suivent et ne se ressemblent pas. — Y. int. 1 n f sét chûre, 
il ne peut suivre. En chuyant, en suivant, en continuant dans 
une direction donnée. 

churè (V. chirè). 

chute (d'), toc. ado. A la suite l'un de l'autre, de suite ; oui djous 
d'chûte, huit jours de suite. 

chute (tout d'), loc. adt. Tout de suite, sur le champ ; i faut roctri 
tout d'chûte; il faut revenir immédiatement. 

chuyant, adj. quai. Suivant : f djou chuyant, le jour suivant; qui 
se suivent : chi djous chuyants, six jours de suite. 

chwarchi, t>. tr. Écorcher entièrement un animal mort; nos avons in 
lapin à chwarchi, nous avons un lapin à écorcher. 

ci (c') adj. dim. Ce, cette ; ci ou c'payi-ci, ci ouc'maujon~là; ce pays- 
ci, cette maison-là. Devant une Voyelle on emploie cit' ou et: 
cii omc-là ou c't'ome4â, cet homme-là; cil' owiye-ci ou et' 
owiyed, cette aiguille-ci. 

ci, pron. déni. Ce, cela; et n'est né vrai, ce n'est pas vrai. 

ci, adc. Ici. // est ci, il est ici. Couri ci et là, courir ici et là ; par ci, 
par là, par ici, par là. 

ci et là, locution signifiant : Et ceci, et cela et d'autres choses encore; 
il m'a raconté qui vos z'avèt vèyu, c'qui vos li awés dit, et ci et là ; 
il m'a raconté qu'il vous avait vu, ce que vous lui avez dit et 
ceci et cela. — /V. m. Fé des ci et des là, faire des difficultés, des 
manières pour accepter une chose ou pour être d'accord avec 
quelqu'un. 



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- 1G3 - 

cia (li otl !'), pron. dém. Celui. Li cia s'emploie après une syllabe 
muette ou une consonne finale qui se fait entendre. Qu' i prinde 
li cia qu'ila viu, qu'il prenne celui qu'il a vu. Dans les autres cas, 
on se sert de l'cia. Pour amuser les petits enfants, les nourrices 
leur touchent successivement les doigts à partir du pouce en 
disant: Là F cia qu'a stï au bwès; là l'cia qu'a viu l'ieu; là l'cia 
qu'a yeû peu; là l'cia qu'a racouru; là l'cia qu'a fait cicin! cwin! 
sul péri. Voilà celui qui est allé dans le bois;... qui a vu le 
loup;... qui a eu peur;... qui a accouru;... qui a fait coinîcoin! 
sur le tas de pierres. Pluriel: les cias, ceux. 

cibe, n. f. Cible. 

cibole, n. f. Ciboule. 

Cicile, n. /*. Cécile. 

cide, n. m. Cidre. 

ciel, n. m. Ciel. 

ciôr, n. m. Cerf. 

cimint. Ciment. 

cimintè, «. tr. Cimenter ; part, passé, cimmtè. 

ciminteu, n. m. Cimenteur. 

cimintiére, n. m. Cimetière; cimintière (Vireux). 

cinglé, t». tr. Battre, frapper quelqu'un avec une sangle, un fouet. 

cingue, n. /'. Ceinture formée d'une lanière de cuir. 

cink, adj. num. Cinq. 

cinkyînme, adj. num. Cinquième. 

cinse, n. f. Ferme, censé. 

cînsi, n. m. Fermier. 

cînsrc-sse, n. /'. Fermière. 

cint, n. m. Un cent ; in cinl d'gâycs, un cent de noix. 

cirâdje, n. m. Cirage. 

ciré, v. tr. Cirer; cirons nos soles, cirons nos souliers. 

ciruzyin, n. m. Médecin militaire; ciruzyin manjôr, médecin-major. 

cit'-ci, pron. dém. Celui-ci ; on peut dire ç'ti-ci, ç'tèci. 

cit'là, pron. dém. Celui-là; on emploie également cti-là. ç'tè-là. Au 
féminin singulier, ces pronoms font : citèllal ou çtèt-lal. 

cizayes, n. f. pi. Gros ciseaux pour couper des plaques de métal. 

cîzètes, «. f. pi. Ciseaux de tailleur, de couturière. 

cizia, n. m. Grands ciseaux pour tailler les haies, les arbustes, etc. 

clabotè, v. int. Faire claquer des sabots en marchant sur le pavé. 

clake, n. f. Coup donné avec la main ouverte; il a yeu des dates, il 
a reçu des claques. 

clapè, v. tr. Fermer ; il a clapè «'... boutche, il s'est tu forcément. 

clapète, n. f. Clapet, sorte de soupape avec ou sans charnière. 



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- 104 — 

clapète, n. f. Femme bavarde. 

clapoté, t?. int. Se dit du bruit de l'eau d'un fleuve quand elle forme 

ressac, 
clapotemint, n. m. Clapotement. 

clau, n. ro. Clou en fer, en cuivre; d'une personne qui a un tempé- 
rament robuste, on dit qu'elle est dère corne in clau, c'est-à-dire 
dure comme un clou. 

clau, n. m. Furoncle, petite tumeur produite par une inflammation 
du tissu sous-cutané. Bwagne clau, petit furoncle très doulou- 
reux qui perce peu ou qui ne perce point. 




au silence en anéantissant ses dires. 

clawtè, v. int. Frapper successivement de nombreux coups de mar- 
teau pour enfoncer des clous. 

clawteu, n. m. Celui qui cloue longtemps et fatigue ceux qui l'en- 
tendent, 
clawtl, n. m. Cloutier, ouvrier qui fabrique des clous à la main. 

clè, n. f. Clef, instrument métallique pour ouvrir ou fermer une 
serrure. 

clèr, adj. quai. Clair; éclairé; brillant; qui n'est pas troublé; peu 
serré (tissu), peu foncé ; non fécondé (oeuf); que l'on comprend 
bien. 1 fait clér, il est jour. Adverbialement : vèye clér, voir clair. 
Fig. : nos tèyons clér, nous voyons ce qui se passe sans que l'on 
s'en doute. — N. m. : in clér ai tune, un clair de lune. 

clérmint, adv. Clairement. 

clértè, n. f. Clarté, lumière. 

clic-clac, onomatopée. Bruit d'un fouet, des gifles que l'on donne ou 

que l'on reçoit. 
clicotè, v. int. Faire entendre des cliquetis. 

clicotias, n. m. pi. Petits outils, ustensiles ou objets dont on a besoin 
pour un travail, pour un court voyage; ramassé ses clicotias et 
z'èralè, réunir ses outils et s'en retourner. 

clife, n. f. Jet de matière liquide. 

clifè. v. tr. Mouiller ou salir quelqu'un en lui envoyant un jet de 
liquide sur lui ou sur ses vêtements. 

clike, n. f. Gens misérables. 

clikés et ses clakes (ses), n. f. pi. Objets personnels que l'on réunit 
lors d'un départ ; prtnde ses clikes et ses clakes, s'en aller subite- 
ment de l'endroit où l'on se trouve à l'étranger. 

clignète, n. f. Jeu d'enfants. 

cligni, v. tr. Cligner, cligni l'ouye, faire un clin d'œil en signe d'assen- 
timent, d'amitié, etc. A" sawè cligni l'ouye, ne pouvoir dormir. 

clignoté, t?. int. Cligner fréquemment les yeux quand on se trouve 
gêné ou embarrassé. 



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— 165 - 

clignoteu, n. m. Celui qui a l'habitude de clignoter. 

clin-d'ouye, n. m. Clin d'œil. 

clinsi. v. tr. Incliner, pencher, baisser. — V. pron. : s'clinsi, se pen- 
cher de côté pour mieux voir, pour se dissimuler ou parler à 
voix basse à quelqu'un. 

clitcha, n. m. Petit clicbet pour fermer une porte, un volet. 

clitcha, n. m. Petit levier faisant bascule sur lequel on appuie pour 
ouvrir une porte ; poignée et loquet d'une porte. 

clitchi, v. tr. Fermer au loquet une porte entre-bàillée; clilchous 
nosst' uche, fermez notre porte. — V. intr. Agiter le loquet pour 
savoir si une porte est fermée ou s'il y a quelqu'un dans une 
maison. 

clitchté, v. int. Clitchi plusieurs fois de suite sans ouvrir ou sans 
pouvoir ouvrir une porte. 

clore, v. tr. Fermer (une porte, la bouche) ; clos Cuche, ferme la porte. 

clotche, n. f. Cloche, instrument d'airain suspendu dont on tire des 
sons au moyen d'un battant. 

clotche, n. f. Fleur nommée ancolie. 

clotchète, n. f. Ampoule qui se forme à la paume de la main après 
un travail manuel ou au pied à la suite d'une longue marche. 

clotchètes, n. f. pi Sortes de pustules qui sont suivies de croûtes ; 
àwè les clotchètes, être affecté de cette éruption, qu'on appelle in 
tnau d' saint. 

clotchi, n. m. Clocher, endroit d'une église où sont les cloches. 

Clotile, n. pr. f. Clotilde. 

cloussè, v. int. Glousser. Imiter le gloussement de la poule. 

clôye, n. f. Claie en tiges flexibles grossièrement entrelacées. 

cloyète. n. f. Petite claie en osier sur laquelle on fait sécher des 
fruits dans le four ou au soleil. 

clôiin, n. m. Sorte de torchis avec lequel on fait une séparation entre 
deux espaces de bâtiment, écurie, remise, etc. 

co, adt. Encore; dj'è vès co, j'en veux encore. 

cô, n. m. Partie du corps qui réunit la tête au tronc. 

cô, n. m. Choc, atteinte, blessure ; in cô d'hast on, un coup de bâton ; 
in cà d'sdbe, un coup de sabre. Effet d'une arme à feu que Ton 
décharge; in cô d'fisik, un coup de fusil ; ou encore de la chaleur 
solaire ; cô d'solia, coup de soleil. 

cô, n. m. Une fois; mwints côs, plusieurs fois. — Loc. adv. : in cô, à 
un certain moment; en' ôte cô, une autre fois. 

cocâdp, n. f. Pivoine. 

cocaifié, n. m. Marchand d'oeufs, de volailles, de beurre et de fro- 
mage. 

coco, n. m. Nom donné à l'àne, au cheval pour les faire avancer ; 
yue, coco ! Terme de dédain à l'adresse d'un homme; in bia, in 
pôvt coco. 



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— 166 — 

cocote, n. f. Nom que les enfants donnent à la poule. 

cocote, n. f. Femme de mœurs légères. 

cocote, n. f. Sorte de casserole en fonte. 

cocoye (djan), n. m. Jeune garçon qui préfère la société et les jeux 
des petites filles à ceux de ses camarades masculins. 

cô dou pi, n. m. Partie supérieure et saillante du pied. 

cô d' pî, n. m. Coup donné avec le pied. 

cok, n. m. Mâle de la poule. Fig. : Plaque légère, en forme de coq, 
surmontant une girouette. Don Juan de village. 

cok, n. m. Petite fête offerte par un fermier à ses ouvriers, quand 
il a rentré sa dernière voiture de blé. 

cok d'aousse, n. m. Grosse sauterelle verte. 

cokète, n. f. Sorle de pomme de terre. 

cokia, n. m. Cochet, jeune coq. 

coklèvin, n. f. Coque du Levant, fruit d'un arbuste des Moluques, 
Panamirle, dont les braconniers se servent pour enivrer et 
capturer le poisson. 

cokmar, n. m. Sorte de bouilloire en cuivre, à anse, dans laquelle 
on fait le café; à nosse maujon. l' cokmar est toudi su t'feu, chez 
nous, on fait très souvent le café. 

Colas, n. pr. m. Nicolas. 

colas, n. m. Benêt, niais. 

colâdje, n. m. Action de coller (papier, bois, etc). 

colè,* v. tr. Coller, faire adhérer au moyen de colle. 

colèt, n. m. Col (de chemise, de blouse). 

coléye, n. /*. Crosse charge que Ton porte sur les épaules. Fig.: 
Grande quantité d'aliments, de boisson absorbée par quelqu'un. 

colidôr, n. m. Corridor. 

colora, n. ?w. Choléra (Vx), on dit de préférence colcra. 

colorète, n. f. Petit col de femme, d'enfant. 

coltrîye, n. /'. Fabrique de colle-forte. 

colvé, n. mi. Nigaud. 

comifaut, adj. quai Poli, aimable; honnête; c'est des djins hé comi- 
faut; ce sont d'honnêtes gens. 

cominci, v. tr. Commencer (lang. d'ayi); dj'alans cominci nosse 
besogne, nous allons commencer nos travaux de ménage. 

comint, adv. Comment? De quelle manière ? Que dites-vous? comint 
ç qu'on vos lome ? Comment vous nomme-t-on? comint c qui 
faut fé? comment faut^il faire ? comint? dji n'ai né atindu? Que 
dites-vous? Je n'ai pas entendu. 

(A suivre.) J. Waslet. 



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— 192 — 

Vocabulaire Wallon-Français 

(Dialecte Givetois) 

(suite) 



C (suite) 

comftde, n. f. Sorte d'armoire à tiroirs. 

comôde, adj. quai D'un usage facile, agréable. 

comôditès, n. f. pi. Cabinets d'aisance. 

conbin? adv. Combien? (lang. d'ayi); conbin astos? Combien êtes- 
vous? conbin ç' qui çà cousse ? Combien cela coûte-il ? 

conçu, part, passé du V. concèwar. I n'a ne conçu d'i aie, il n'a pas 
dans l'idée d'y aller, il ne veut pas en entendre parler. 

condji, n. m. Congé (écoliers et militaires). Nos n'alons né à scole, on 
z a condji, nous n'allons pas en classe, on a congé; i n'est pus 
sôdar, il a fait s'condji, il n'est plus soldat, il a fait son congé. 

conechance, n. /*. Connaissance; savoir; sensibilité ; personne avec 
laquelle on est lié, que l'on connaît bien, bonne amie. — Piède 
conechance, s'évanouir. 

conèche, v. tr. Connaître; dji vos conès, je sais qui vous êtes; je vous 
apprécie ; savoir : dji conès çà, je sais cela. 

confonde, v. tr. Renverser, détruire. 

confonde, v. tr. Prendre une chose pour une autre. 

confondu, n. m. Homme chez qui tout est exagéré, le bien comme le 
mal ; il a ène liesse di confondu, il est très opiniâtre ; il a in 
corâdje di confondu, il a un courage extraordinaire; axcè ène 
gueuye di confondu, être très bavard; c'èsst' ène cervèle di con- 
fondu, c'est un homme d'une intelligence peu commune. 

confyi, t\ tr. Confier; remettre à la garde, à la fidélité de quelqu'un. 
— V. pron. : s'confyi : donner sa confiance. 

coniche, n. f. Mazette, individu sans énergie. 

conplumint, n. m. Parole de félicitation, d'amitié, de politesse; fé 
des complumints à ène sakiye, faire souhaiter le bonjour à quel- 
qu'un et se rappeler à son bon souvenir. Petit discours adressé à 
quelqu'un à l'occasion de sa fête, du jour de l'an, etc. 

conplumentè, v. tr. Complimenter. 

conprinde, v. tr. Comprendre, saisir par l'intelligence. 

conrè, v. int. Achever de mûrir, en parlant des céréales coupées et 
disposées en tas ou bien en gerbes; laissi conrè d'I'awtnne, 
laisser arriver de l'avoine à maturité. Fig. : V. tr. Corriger sévè- 
rement quelqu'un ; djè rai conrè, je lui ai donné une bonne 
raclée. 

consinti, v. int. Consentir, adhérer à la volonté d'un autre. 

consint'mint, n. m. Consentement. 



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- 193 - 

consyeu, n. m. Celui qui aime à conseiller. 

consyi, v. tr. Conseiller, donner des conseils. 

consyince, n. f. Conscience. Travayi en consyince, travailler avec un 
soin minutieux. 

consyincieuzemint, adv. Consciencieusement. 

conte, n. m. Compte. È dire su F conte d'hie sakiye, mépriser quel- 
qu'un. On li a fait s conte, on Ta payé et renvoyé. Au d'bout dou 
conte, tout bien pesé, finalement. 

conte, n. m. Conte. Cest des contes, ce sont des faits inexacts. Fi des 
contes, cancaner. 

conté, v. tr. Compter. Çà n' conte né, cela n'a pas d'importance. 

conte, v. tr. Conter. Conté des blagues, dire des mensonges. 

contint, adj. quai. Content, satisfait : Ftin. : continue. 

contintè, v. tr. Contenter. V. pron. : s'contintè, satisfaire un désir, 
se contenter. 

contint'mint, n. m. Contentement, satisfaction. 

continuwè, v. tr. Continuer. 

continuwélmint, adv. Continuellement. 

contréfc, v. tr. Reproduire par imitation la parole, les gestes, l'écri- 
ture, elc, de quelqu'un; dénaturer quelque chose à dessein. 

— Part, passé: Contrefait, défiguré par la maladie, l'émotion. 

contréfieu, n. m. Celui qui imite, qui contrefait. 

contrèfwart, n. m. Morceau de cuir qui consolide la chaussure au- 
dessus du talon. 

contrevent, n. m. Volet extérieur. 

conuchance, n. /'. Connaissance (lang. d'ayi. — V. Conechance). 

conuche, c. tr. Connaître (lang. d'ayi). On m l'conut nin, on ne 
le connaît pas. 

convnâbe, adj. quai. Convenable. 

convnâblèmint, adc. Convenablement. 

convni, v. int. Demeurer d'accord; faire un accord; être acceptable. 

— V. pron.: s connu, avoir une conformité de goûts, de senti- 
ments. 

côpe, n. f. Action de couper; étendue de forêt que l'on abat ; sépara- 
tion d'un jeu de cartes en deux parties. 

cftpè, v. tr. Couper ; diviser, séparer, tailler avec un instrument 
tranchant. — \. int. Partager un jeu de cartes en deux; se 
rendre maître au jeu en mettant un atout suffisant. — V. pron.: 
s'côpè, se faire une coupure. Fig. : Se trahir par des réponses, 
des arguments contradictoires. 

copér, n. m. Surnom donné aux gens de Dînant. 

côpeu, n. m. Coupeur. Côpeu d'boûces, adroit filou ; gangni des sous 
corne in côpeu d f bouc es, gagner beaucoup d'argent. 

côpûre, n. /*. Coupure faite dans une partie du corps. 



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— 194 - 

ôopyi, v. t r. Copier, faire une copie ; imiter. 
copyeu, n. m. Copiste, celui qui copie. 

corâdje, n. m. Courage, fermeté dans le malheur. Dureté à l'égard 
de quelqu'un; V ènn as dou corâdje di bâte siV éfant là corne rà, 
tu en as de la dureté de battre ainsi cet enfant-là. 

coradjeu, adj. quai Courageux. 

côrdoniè, n. m. Cordonnier. 

côre, ti. f. Jeune tige de coudrier ; hart. 

coréye, n. f. Liseron des champs. 

côrî, n. m. Coudrier. 

coriant, adj. quai Flexible, en parlant d'un bâton, d'une branche. 

Résistant, vigoureux et souple quand il s'agitd'un jeune homme; 

Fém. : çoriante. 
coridji, v. tr. Corriger. 

côrin, n. m. Farce au fromage ; dèl taùtc au côrin. de la larte au 

fromage, 
corion, n. m. Lacet ou étroite lanière de cuir, 
cornichon, n. m. Cornichon. Fig. : Niais. 
coron, n. m. Long morceau de boudin, de saucisse (V\). 
côrsâdje, n. m. Corsage. 
côrsèt, n. m. Corset. 
côrtépwinte, n. f. Couverture de lit. 

corwéye, n. /'. Corvée ; démarche sans résultat. Au pluriel : presta- 
tions en nature sur les chemins vicinaux: fë ses corwéycs, 
s'acquitter de ses travaux. 

costè, n. m. Côté. Pont d'costè, point de côté. D' Vote costè, de l'autre 
côté, sur la rive opposée d'un fleuve ou d'une rivière. 

cotche, n. /*. Truie. 

cotche, n. f. Entaille, déchirure. 

cote, n. f. Jupon de femme; in trousse-cote, un paillard. 

cotriya, n. iw. Grand filet de pèche en eau douce. 

cotriyon, n. m. Large pantalon de toile (homme). 

cou, préfixe augmentatif et réduplicatif (V. couatchi, coupousse). 

couagni, v. tr. Mordiller. 

couatchi, v. tr. Hacher menu; taillader ; déchiqueter. 

coubé, adv. Combien ; dimandous coubé quçà cousse, demandez com- 
bien cela coûte. 

couboutè, c. tr. Pousser plusieurs fois de suite; maltraiter, en parlant 
des personnes et des animaux ; couboutè l'bagâdjc, bousculer la 
vaisselle; couboutè in tché, maltraiter un chien. — Couboutè ses 
vis parints, gronder, rabrouer ses vieux parents, leur faire sentir 
qu'ils gênent. 

couché, n. m. Cochon. Individu indécent, malpropre. C'èsst' in 
mânnèt couché, c'est un sale personnage. 



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— 195 — 

couchlé, v. int. Mettre bas, en parlant de la truie. 

couchléye, n. f. Porcelets d'une môme portée. 

couchlî, n. m. Gardeur de porcs. Individu indécent, malpropre ; 
ouvrier qui gâche son travail. 

coude, t». tr. Cueillir (lang. d'ayi); df ènri alans coude des cèréjes, 
nous allons cueillir des cerises. 

coudeu, n. m. Celui qui cueille (lang. d'ayi). 

coûdu, n. m. Rectum. 

coudûre, v. tr. Conduire, mener (lang. d'ayi); lèyos-m' vos coudûre. 
laissez-moi vous conduire. 

coufèsse, n. /". Confession; aie à coufèsse, aller à confesse. 

coufèssé, v. tr. Confesser. 

coufèsseu, n. m. Confesseur. 

coulé, c.tr. Filtrer; coulé dou lacia, filtrer du lait: coulé l'iéchive, 
jeter de l'eau chaude, puis de la lessive sur un sac rempli de 
cendres et disposé au-aessus d'un tonneau renfermant le linge à 
blanchir. 

coulèvro, n. m. Orvet. 

coulière, n. f. Conduit en zinc placé en long, sous un toit, pour 
l'écoulement des eaux pluviales. Chemin situé au fona d'un 
vallon étroit sur le flanc d'une montagne. 

coulon -monceau, n. m. Pigeon ramier. 

couloûte, n. /'. Couleuvre; vipère. On entend parfois dire en parlant 
des \aches qui vont pâturer dans les bois : Nosse vatche donc 
dou sang, c'èssï éne couloûte que l'a tété; notre vache donne du 
sang, c'est qu'une vipère l'a tétée. 

coulwè, n. m. Filtre pour le lait. 

coumére, n. f. Femme mariée, parfois les jeunes filles ; aie que les 
couméres, aller chercher les demoiselles pour les conduire au 
bal. 

couminci, v. tr. Commencer. 

coumoulu, adj. quai. Moulu, brisé de fatigue. 

coumoûre, r. tr. Réduire en poudre, en poussière ; pulvériser. 

coupe, n. f. Couple. 

coupécia, n. m. Petite chandelle en cire qui se place dans les cierges 
métalliques des églises. Sorte de bougie en cire jauue que por- 
taient autrefois, à un enterrement, les parents et les amis du 
défunt. 

coupète, n. /'. Sommet d'une montagne; cime d'un arbre, faite d'un 

toit, 
coupète, n. f. Sorte de pomme. 

coupètè, v. tr. Fendiller ; li feu a coupète noss' plat, la chaleur a fen- 
dillé notre plat. — V. int. Produire une suite de petites détona- 
tions ; li btcès vert coupète en brûlant, le bois vert pétille en 
brûlant. 



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— 196 — 

coupiche, n. f. Fourmi. 

coupiches, n. /'. pi. Fourmis, surnom donné aux gens de Hierges. 

coupichî, n. m. Fourmilière. 

coupité, r. int. Donner des coups de pied successifs et rapprochés; 
nosse zatche ni fait qucoupitè, notre vache ne fait que donner 
des coups de pied. 

coupoussé, c. tr. Pousser à plusieurs reprises; bousculer sansbrutalité. 
couprôse, n. /. Sulfate métallique pour teindre les étoffes, 
couranmînt, adv. Couramment. 
courayeriye, n. f. Action de courir, d'aller deçà, delà, de rôder. 

courayeu, n. m. Coureur, celui qui va et vient, souvent pour s'amu- 
ser, pour se divertir. 

courayi, v. int. Aller, courir de côté et d'autre; vagabonder; recher- 
cher les plaisirs. 

couri, v. int. Courir ; couriè vôye, s'enfuir ; courilastrdde, vagabonder. 

court, adj. quai Court. Fém.: coûte; s' trouvé tout court, toute coûte, 
demeurer interdit, interdite. Vèssc à court, manquer. 

courti, n. m. Jardin; verger; enclos. 

cousatchi, r. tr. Tirer, à plusieurs reprises, quelqu'un par le bras, 

par les habits, 
coûsse, n. /'. Course, action de course ; on dit aussi course. 

coustandje, n. /'. Coût; dépense; ci n'est né pou /' coustandje. c'est 
pou l' disrindjmint ; ce n'est pas à cause de la dépense, mais du 
dérangement. 

cousté, u. int. Coûter; être acquis moyennant un prix. — Y. tr. 
Occasionner des peines, des fatigues. 

coustème, n. f. Coutume, habitude. 

coustère, n. /'. Couture; art de coudre; aie al coustère. apprendre le 
métier de couturière. 

coustère, n. f. Cicatrice laissée par une plaie. 

coustri, n. f. Couturière. 

coutapè, v. int. Frapper çà et là à différentes reprises : oui est-ce qui 
coutape corne ça à vohc maujon ? qui frappe ainsi cnez vous? — 
V. pron. : s coutapè, se débattre, s'agiter. 

coutapè, v. int. Gondoler, en parlant d'une planche, d'un madrier. 

La sètchrèssc a fait coutapè vos plantches, la sécheresse a fait 

gondoler vos planches. 
coûtche, n. f. Quantité de matière étendue sur une autre, couleur, 

terre, etc. 
coûtche, n. f. Sorte de pain d'épices, formé de farine d'épeautre et 

de miel et fort en vogue dans la vallée de la Meuse. 

coûtches, n. /'. pi. Enfantement; fé ses coûtches, yèsse en coûtches, 
accoucher et rester au lit après l'accouchement. 

coutchéssi, v. tr. Chasser à plusieurs reprises, poursuivre avec obsti- 
nation. 



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— 197 — 

coûtchète, n. /". Gîte du lièvre et de certains petits animaux sau- 
vages. Lieu abrité, endroit commode où l'on peut se reposer et 
dormir dans les champs. 

coûtchant, adj. verbal. Couchant ; au solia coûtchant, au coucher du 
soleil. 

coûtcheu, n. m. Celui qui loge un étranger, logeur; individu qui 
couche ou qui est couché quelque part. 

coùtchi, v. tr. Mettre au lit ; étendre à terre; coûtchi en' éfant, cou- 
cher un enfant; coûtchi ène chaule, raetlre une échelle par terre. 
— V. pron.: s' coûtchi, se coucher. Disparaître en parlant des 
astres. — V. intr. Passer la nuit. 

coutia, n. ro. Couteau. 

coutiré, v. tr. Attirer obstinément quelqu'un ou quelque chose à soi 
ou avec soi; ni m'coutirous né corne ça pa m'divantré, ne me tirez 
pas ainsi par mon tablier. 

coutournè, 15. int. Faire des tours et des détours dans un certain 
endroit; vos n* flous qu' contourne, mètous-vom al besogne, vous 
ne faites qu'aller et venir, mettez-vous au travail ; gna lontims 
qui coutoune autou d'vosse fige, il y a longtemps qu'il cherche 
à courtiser votre fille. 

coutourneu, n. m. Celui qui va, vient, et ne se décide pas à se, mettre 
à l'ouvrage. 

coutrawè, t. tr. Percer des trous nombreux et petits. — Part, passé: 
coutravcé, coutraicége. 

coutrèsse, n. /*. Qualité de ce qui est court ; s'emploie dans l'expres- 
sion : coutrèsse d'alêne, signifiant asthme. 

coutroulè, v. int. Errer deçà, delà, rouler sa bosse. 

coutwade, v. tr. Courber à plusieurs endroits un objet qui était 
droit, une tige de fer par exemple. V. pron.: s'couticade, faire 
des contorsions. 

coutwardu, part, passé. Tortu, tordu. Fém. : coutxcardu, couticar- 

duive. 
couvé, n. m. Sorte de chaufferette en poterie avec une anse. 
couverte, n. f. Couverture (de lit). 

couviake, n. f. Couvercle de boîte, de pipe, fermant au moyen d'un 
rebord. 

couviè, v. tr. Couvrir. — F. pron.: s' convié, mettre sur soi des vête- 
ments. Devenir nuageux (temps). 

couvié, v. tr. Saillir, en parlant d'un étalon. 

couviète, n. f. Couvercle (marmite, panier); t china à couciètes, 
panier muni de deux couvercles. 

couvieu, n. m. Ouvrier qui répare les toitures de chaume. 

couvin, ?i. m. Larves d'abeille, de fourmi ; œufs de grenouille. 

couvisse (à-), (V. à-convisse). 

couvrèsse, Poule couveuse ; poule qui conduit des poussins. 

couye, n. /'. Testicule. 



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— 196 — 

couye, 7i. f. Ligne ajoutée à celui qui, au jeu de couyon, perd lors- 
qu'il a désigné l'atout: cette raie supplémentaire est terminée 
par une tête ovale qui ressemble à une note de musique. Aicè 
I* couye, être attrapé, trompé. 

couye, n. f. Blague ; mensonge : conté des couyes, conter des men- 
songes. 

couye di nanète, n. /'. Sorte de bonbon. 

couyon, n. m. et adj. Poltron. 

couyon, n. m. Jeu à quatre cartes fort en vogue dans le paysgivetois. 

couyonade, w. /. Plaisanterie, aventure plaisante, réelle ou inventée; 
conté des couyonades, raconter des anecdotes plaisantes ; sottise; 
pont d' couyonade, in ? pas de sottise, n'est-ce pas? 

couyonè, v. tr. Plaisanter, tourner en ridicule, railler. 

couyoneu, n. m. Celui qui aime à se moquer, h railler autrui. 

couzène, n. f. Cousine. 

couzisse, n. ni. Cousin (Vx). 

coyéne, n. f. Couenne. 

coyène, n. f. Individu sans énergie. 

coyène, n. f. Ablette, petit poisson de rivière. 

crabote, n. f. Anfractuosité dans un rocher; creux dans un vieil 
arbre. 

crache, n. f. Graisse des animaux ; crache di boû, suif. 

crache, n. f. Engrais; mète dèl crache à éne terre, fumer, engraisser 
un sol. 

crake, n. f. Mensonge. 

crakè, c. int. Mentir. 

crakè, v. tr. Briser, fendre, déchirer; crakè s pantalon, déchirer son 
pantalon. Frotter une allumette pour Penflaminer; craki éne 
alumète. — V. intr. Produire un bruit sec en se pliant : cà crakr 
dins mes gn'gnos, cela craque dans mes genoux ; li bwèsriye 
crake, la boiserie fait entendre des craquements. 

crakeu, n. m. Menteur. 

cramé, r. tr. Enlever la crème du lait; on dit aussi scramè. 

cramé, part, passé. Écrémé; dou cramé lacia, du lait écrémé. 

craméye, n. f. Quantité de crème qu'on retire d'un vase de lait. 

cramia, n. m. Crémaillère; pinde li cramia, fêter un emménage- 
ment. 

cramiète, n. f. Sorte de poignée en fer dont les extrémités recour- 
bées dans le même sens sont terminées par deux crochets et 
servent à dépendre une marmite de la crémaillère. 

crâne, n. m. Brave ; très habile dans un métier, dans un art ; césst' 
in crâne, dit-on d'un brave soldat, d'un excellent ouvrier. La 
même expression a souvent un sens tout opposé et marque la 
dérision, le mépris. 



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— 199 — 

crâne, adj. quai. Fameux, extraordinaire; i nos a fait sayis'mn, c'est 
don crâne: il nous a lait goûter son vin, c'est du fameux. 

crânemint, adc. Bravement ; très bien ; crânement. 

cranpe, n. f. Grosse tige de fer aplatie à un bout et servant, sous 
forme de levier, à soulever des corps pesants, blocs de pierre, etc., 
ou à faire des trous dans un sol très dur. 

cranpes, n. /. pi. Awè les cranpes, se dit de la maladie qui empêche 
un porc de marcher. 

cranpon, n. m. Crampon. Fig.: Personne dont on ne peut se débar- 
rasser. 

crape, n. f. Croûte qui se forme sur la peau à la suite d'une écorchure 
ou d'une éruption. 

crapô, n. m. Crapaud. Fig. : Homme, garçon trop petit pour son âge, 
avorton. 

cratchi, v. tr. Restituer; donner de force une somme d'argent, un 
objet quelconque; i m'avait promis dix francs; djè Czi ai fait 
cratchi; il m'avait promis dix francs, je les lui ai fait donner de 
force. 

cratchi, adj. quai. Absolument le même, tout à fait ressemblant. Quand 
un enfant vient au monde, les bonnes femmes s'empressent de 
dire qui c'est s'pa tout cratchi, que c'est son père tout craché. 

craune, n. f. Robinet pour tirer le liquide d'un tonneau (Vx). 

craû, adj. aual. Gras, bien rempli, bien portant; voss' fi est rvènu, 
corne il est craû! votre fils est revenu, qu'il est bien portant! 
Fém. : crausse. — Yêsse crau à laur, être très gras. 

craûboya, n. vi. Gros intestin. 

craûmouton, n. m. Salsifis sauvage. 

craûtiasse, adj. quai. Qui a une saveur grasse désagréable. 

craûwe, n. f. Crosse (Vx). Ancien jeu qui rappelle le crocket et dans 
lequel le maillet était remplacé par une crosse. 

craûwè, v. tr. Tirer avec les mains et les bras des légumes, des 
fruits en tas. 

craûye, n. f. Fente, ouverture longitudinale dans une planche, une 
cloison en bois ; entre-bàillement d'une porte; icaiti pa l'craûyv 
de l'uche, regarder par l'entre-bàillement d'une porte. 

crawé, n. m. Avorton cagneux. 

crawyeu, adj. quai Tortu ; voss' baston est tout crawyeu, votre 
bâton est tout tortu. 

crawyeu, n. m. Celui qui a les jambes difformes. 

crawyeuse-agasse, n. f Pie-^rièche. 

crawyi, r. tr. Déformer en courbant ; crawyi eue baguète di fier, ène 
pmnte, courber une baguette de fer, une pointe. 

craya, n. m. Fragment de houille incomplètement brûlé; escarbille; 
in satch (un sac) di crayas. Laissi brûle à crayas, laisser carbo- 
niser ce que l'on fait cuire, de la viande, par exemple. Fig.: 
Laideron, malpropre. 



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- 200 — 

crèche, v. int. Croître, grandir ; noss' couché coumince à crèche, 
notre cochon commence à grandir. 

crèchînne, n. f. Croissance ; five di crèchinne, fièvre de croissance. 

crère, v. tr. Croire, tenir pour vrai ; dji l'crès'bé, je crois bien cela; 
i crèt tout c' qu'on vèt; il croit tout ce qu'on veut lui faire croire. 
S'imaginer; vos ri sauvés crère corne dj'ai dou mau, vous ne pou- 
vez vous imaginer comme je souffre. D'une personne très crédule 
on dit qu'on li fret crère qui les pouyes ponont su les sans et 
qu les om tchèyont à Morne, qu'on lui ferait croire que les poules 
pondent sur les saules et que les œufs tombent dans la Meuse. 

crére, v. int. Croître. On emploie le radical cré au singulier du 
présent de l'indicatif: dji crés, ti cré», il crét: je croîs, tu crois, 
etc.; au futur simple: dji crérê, etc., je croîtrai; au conditionnel 
présent, dji crérès, je croîtrais, etc.; ailleurs on fait usage de 
crècli; ainsi on peut dire: Moùse crét et les êwes di Moûse 
crèchont. 

crèsse, n. f. Crète (oiseau, montagne). 

crèspu, n. m. Celui qui a les cheveux crépus, embroussaillés; ce mot 
est généralement un terme de mépris. 

crèvaude, n. f. Crevasse, gerçure de la peau. 

crèvaudè, adj. quai. Crevassé, gercé. 

crève, v. tr. Rompre, percer \ crètè eue winne, rompre une veine; 
crève èri ouj/c, percer un œil, éborgner. — V. intr.: si crève, se 
rompre. — Mourir en parlant des animaux ; noss tché va crève, 
notre chien va mourir. 

crève di fwain, n. m. Meurl-de-faira ; homme très misérable. 

crèyâbe, adj. quai. Croyable. 

cric-crac! inter. Onomatopée indiquant le bruit que font certains 
corps en se brisant. 

crin, n. m. Cran, entaille, soit à la peau : i s'a fait in crin al tièsse 
en tchèyant, il s'est fait un cran à la tète en tombant, soit à un 
objet dur pour arrêter ou accrocher ou pour faire une remarque. 

crinkini, n. m. Homme de peu de mérite, de peu de considération. 

crin-marin, n. m. Crin blanc que l'on met au bout d'une ligne et que 
termine l'hameçon. 

crînon, n. m. Grillon. 

crintche, n. /'. Cerise aigre. 

crisse, ». m. Christ ; personne très maigre. 

crochi, r. tr. Croquer; crachi des neûjètes, desgàyes. etc., croquer des 
noisettes, des noix, etc.; manger avec bruit des choses dures; 
crochi des sucs, croquer des dragées. 

crochon, n. m. Ce qu'on enlève du pain en l'entamant; ce qu'il en 
reste quand on l'a presque entièrement mangé. 

crojéte, n. /'. Premier livre de lecture débutant par l'alphabet que 
précède une petite croix ou croisette ; aperdous vosse crojèle, 
apprenez votre alphabet (Vx). 



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— 201 — 

croke, n. f. Coup léger donné avec un petit bâton, une règle, sur les 
doigts, sur la tôte. 

croie, n. f. Frisette (cheveux). 

croie, v. intr. Friser naturellement, en parlant des cheveux. 

croie, adj. quai. Frisé; Fém.: crolét/e. 

cronpîre, n. f. Pomme de terre (Vx). 

crontchu, n. m. Homme petit et mal bâti. 

crossète, n. f. Bâton recourbé, béquille; aie à crossèles, marcher 
avec des béquilles. — Djeu d'crossètes (V. crauwe). 

crossi, r. tr. Crosser; traiter avec mépris, blesser en disant des pro- 
pos vexants. 

crotchète, n. /". Mouillette, petite tranche de pain que Ton trempe 
dans un œuf cuit à la coque. 

crotchi, v. tr. Tremper un morceau de pain dans une sauce, dans 
un mets liquide. 

crotè, v. tr. Maculer de boue. — V. pron. : s' crotè, se salir en mar- 
chant; is'a crotè en routant dins les broûs, il s'est crotté en 
marchant dans la boue. 

crotè, t. int. Fienter. 

crote, n. f. Crotte. Fig. : C'est dcl crote di tché. c'est de la crotte de 
chien, cela ne vaut rien. — Crote di tché ! locution marquant le 
mépris. 

crotrle, n. f. Petite crotte. 

crotlc, v. int. Faire beaucoup décrottes; fienter en parlant de certains 

animaux, 
crotléye, n. f. Crottes que fait un animal en une fois ; suite de 

crottes. 
croulé, p. int. S'affaisser avec bruit; noss f mèr croule, notre mur 

s'écroule. 

croupacène, n. f. Garde-cendres. 

crousse, n. f. Croûte (du pain); dfaime li c rousse, j'aime la croûte du 
pain. 

croustiyant, adj. quai Qui croque sous la dent, comme la croûte du 
pain nouveau. 

crôye, n. /*. Craie ; markè al crôye, inscrire, marquer à la craie. 

croyi, v. int. Écrire sur un mur, un meuble, avec de la craie. 

cru, adj. quai. Qui n'est pas cuit. — Tout nu tout cru. entièrement nu. 

cru, adj. quai. Humide ; les pavés sont crus, c'est signe di plouwe, les 
pavés sont humides, c'est signe de pluie. Fém. : crûwe. 

cruçfi, n. in. Crucifix; personne très maigre; c'èsst' in vrai crurfi : 
i n'a pus qu les ochas; c'est un vrai spectre, il n'a plus que les 'os. 

cruwau, n. m. Mauvaise herbe qui croit dans les jardins, les blés, 
etc., et qui peut servir d'herbage aux bestiaux ; aie aiu cruicaus, 
aller cueillir des herbes sauvages pour la nourriture des ani- 
maux domestiques. 



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— 202 — 

cruweu, n. f. Moiteur, humidité. 

crwè, n. f. Croix ; fé ï signe dèl crin'', faire le signe de la croix. 

crwèjlè, v. tr. Croiser, mettre en croix; encèjlè les brès, croiser les 
bras. 

crwèjlure, n. /*. Croisement, endroit où deux choses se croisent. 

crwèzè, r. tr. Croiser. — V. pron.: s'crirèzè, se croiser, se rencontrer 
(personnes), se couper (chemins). 

crwèzèye, n. /'. Fenêtre (lang. d'ayi). 

çu, pron. dhn. Ce; ni qu c'est pourtant! Ce que c'est pourtant! 

eu, n. m. Terme bas, très usité en wallon et que Ton emploie sans 
intention malhonnête pour désigner le séant, dont les wallons 
parlent aussi librement que de leur visage, parce que, disent- 
ils, li pia est Vnnnme par tout. V acar, la peau est la même 
par tout le corps; tchèye su s\:u y tomber sur son séant; moustrè 
s'eu, laisser voir son derrière. En parlant des choses on dit : li 
en (Vin lchani\ le derrière d'un chariot; li eu d'Vêglije. le fond 
de l'église, la partie qui est sous le porche; H eu cVène nacèle. 
l'arrière d'une barque; li eu dou djeu, le talon d'un jeu de cartes ; 
li eu dou for, la partie extérieure de la maçonnerie d'un four 
faisant généralement saillie et où se trouvent deux réduits, un 
sous le four et un au-dessus ; in eu d'boutèye. le fond d'une bou- 
teille; in eu d'owiye, la partie la plus grosse d'une aiguille avec 
son chas; li eu d'eue ote. le fond d'une hotte, etc. — fà na ni eu 
ni liesse, cela n'a aucun sens; mêle in bégnon à-cu, faire basculer 
un tombereau; tout nos toxine li eu, rien ne nous réussit. D'un 
farceur, d'un mystificateur, on dit qui ncuut né plein s eu d'eue. 

eu au wô, loe. adc. A la renverse, les genoux ramenés sur la poitrine. 
Foute tout l'eu an ico. bouleverser, renverser ce qui a été arrangé 
et mis en ordre. 

cuchè, n. m. (Y. couche). 

cudzeu-cudzou, loc. adc. Sens dessus dessous. 

cud'pouyète (à), Patiner sur la glace à eu d'pouyète. c'est glisser en 
s'accroupissanl et en se relevant alternativement. 

cujàdje, n. m. Cuisson, action de cuire. 

cujène, n. /'. Cuisine. 

cujnè, v. int. Cuisiner. 

culéye, n. /. Maçonnerie qui soutient les dernières arches d'un pont. 

culéye, n. /. Partie longue et étroite d'un terroir enclavée dans un 
terrain inculte, dans un bois ou limitée par des talus. 

culière, n. /'. Partie du harnais d'un cheval dans laquelle passe la 
queue du cheval attelé. 

culo, n. ni. Le coin du feu : mettons-cous dins l'eulo dou feu, mettez- 
vous au coin du feu. 

culo, n. vu Le dernier-né d'une famille. 

culo, n. m. Tabac qui reste dans le fond d'une pipe après qu'on a fumé. 

culote, n. /'. Pantalon. 



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-r- 203 — 

culote, n. f. Awè s' culotè, être ivre. 

culotè, v. tr. Mettre ou faire un pantalon à quelqu'un. 

culotè, v. tr. Noircir une pipe en terre, en écume, en fumant dedans. 

culotè (s'), V. pron, : Boire outre mesure, s'enivrer. 

culotî, n. m. Petit garçon qui porte sa première culotte. 

cûr, n. m. Cuir. 

cure, n. f. Ironiquement: sottise; l'as fait là ène bêle cure, tu as com- 
mis une sottise, une maladresse. 

cure, v. tr. Cuire. — Part, passé eût, cûte;ène ponte ente, une pomme 
cuite. 

curiye, n. /*. Personne paresseuse, nonchalante. 

cûtin n. /'. Sorte de poire hâtive. 

cûtiye, n. f. Fournée de pain, de tartes. 

eu z à eu, loc. adv. A la file, l'un derrière l'autre, quand il s'agit 
d'animaux, de véhicules qui se suivent de très près : s' chure 
eu z à eu. se suivre de tout près. 

cwade, n. f Corde, fils de chanvre, de lin, etc., tordus ensemble. 
D'un mauvais sujet, on dit : t n'vaut né l' cwade pou ï pinde, 
il ne vaut pas la corde pour le pendre. 

cwades (les), n. f. pi. Crampe ; atcê les évades dins ène djanbe. avoir 
une crampe dans la jambe. 

cwagnole, n. f. Cornouille. 

cwagnolî, n. m. Cornouillier. 

cwam'jî, n. m. Cordonnier (Vx). 

cwane, n. /'. Corne (animal); pointe (chapeau); tournant, extrémité 

(rue). 
cwane di gâte, n. f. Pomme de terre longue et un peu recourbée; 

littéralement : corne de chèvre. 

cwar, n. m. Corps de l'homme et des animaux; cadavre de personne; 
on m que l'cwar. on va l'aire la levée du corps d'un mort. Devi- 
nette : Qu'est-ce qu est mwart et pa d'ià mwart et qua co l'oii/e 
dins l'cwar ! Réponse : une chaussure en cuir, un soulier, par 
exemple, que l'on a au pied. 

cwarbau, n. m. Corbeau; anciennement corbia; l'pachi corbia, le 
clos du corbeau (Ham). 

cwardia, n. m. Cordon, cordeau; guide d'un atlelage. Ombilic d'un 
nouveau-né. 

cwarné, v. int. Sonner de la corne, de la trompe; li yèrdi cwane, le 
pâtre corne. Bruire dans l'oreille; on cause di mi, çà rn cwane 
dins Porcye, on parle de moi, cela me corne dans l'oreille. 

cwarnè, v. int. Subir un commencement de putréfaction, sentir 
mauvais, en parlant de la viande; nosse tchau coumince à 
cwarnè, notre viande commence à puer. 

cwarneu, n. •?«. Celui qui sonne de la corne. 

cwarsâdje, n. m. Corsage. 



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— 204 - 

cwasse, n. f. Côte (homme et animaux). — Aicè les cirasses en Ion, 
avoir les côtes en long, ne pas se baisser volontiers pour tra- 
vailler ou pour ramasser quelque chose. 

cwastrèsse, n. f. Espèce de pomme à grosses côtes. 

cwaye, /?. /*. Caille, genre de gallinacés ; nos campagnards disent 
que cet oiseau donne un bon conseil aux débiteurs en leur 
chantant: paye tes dètes! paye tes dètes! paie tes dettes ! paie 
tes dettes ! 

cwcde, r. tr. Cueillir, détacher de la branche, des fruits, des fleurs, 
deî pois, etc.; couper, en parlant de l'herbe. 

cwèdeu. Celui qui cueille. Lorsqu'au printemps un retour de gelée 
fait périr les fleurs des arbres Iruiliers, les gens disent tris- 
tement : « U grand cwèdeu a passé », le grand cueilleur a passé. 

cwèja, n. m. Petite branche détachée d'un arbre, d'un arbrisseau 
avec les fruits qui y ont poussé; in cicèja d'guèzèli, d' cèréji, 
d'franbauji, une petite brandie de groseillier, de cerisier, de 
myrtille ou airelle. 

cwèja, n. m. Tas de foin ; un met à cicèjas lorsque le foin est fané et 
sur le point d'être rentré. 

cwèje, n. m. Branche d'arbre ; H cicèje a cassé et il a tcheu al taléyc 
don bioku la branche a cassé et il est tombé en bas du prunier. 

cwèje, adj. quai. Douloureux au toucher, en parlaut d'une contu- 
sion, d'une foulure, d'une plaie nouvellement cicatrisée. 

cwèjlè, p. tr. Mettre le foin à cicèjas. 

cwèfè, p. tr. Coiffer, mettre une coi Hure, chapeau, casquette, bonnet. 
Fig. : Ciller. — Part, passé, Cwèjè. Fém.: cicèféye. 

cwèfeu, n. m. Coiffeur. 

cwèt, ad}, quai Coi; Fém.: carte: qui s'tèyne acèt, qu'il se tienne 
tranquille. 

cwète, n. /'. Couchette. 
cwîve, n. m. Cuivre. 
cwisse, n. /". Cuisse. 



d, n. m. Consonne, quatrième lettre de l'alphabet. 

d', prép. Provient de l'élision de di et de signiliant de ; ène paurt di 
btcès. une part affouagère (une part de bois); in tchcau d'incc . 
un cheval de bois; i d' mande de Nice, il demande de l'eau ; dji 
vos d'I'ène, je veux de l'eau. 

da, prép. A. de; marque la possession; (i maujon da Djan, la maison 
de Jean; li stauce da Picrr. l'écurie de Pierre; c'est da mi, cela 
m'appartient. 

dà. Particule qui s'ajoute aux adverbes oyi. ayi ou nèni pour les ren- 
forcer; nyi dà ou ayi-dà, dj'irê ; oui, certes, j'irai; non-dà, dji 
ri frê né çà\ non dû je ne ferai pas cela; nèni-dà est vieux. 



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- 205 - 

d'abôr, lac. adv. D'abord, en premier lieu : dj'irê d'ahàr cas xèye. 
j'irai d'abord vous voir; puisqu'il en est ainsi; vos alous' al 
dicausse, nos irons d'abôr, vous allez à la fête, nous irons aussi ; 
presque; •/ a d'abôr trente ans, il aura bientôt trente ans. 

d'aewâr. loc. adv. D'accord ; j'y consens ; tchèye, yèsse d'arwâr. 
tomber, être d'accord. 

dâda (al), loc. adv. En promenade, dans le langage enfantin. 

dadaye (à), /oc. adv. Très vite. 

daglè, v. tr. Enduire de goudron; t faut qui dj' feye daglè m'batia, 
il faut que je fasse goudronner mon bateau. 

daguè, n. m. Goudron. 

dal, art. contr. Équivaut à da /'. en français : de la; li tchèna dal 
couzène, le panier de la cousine. Serfaussi à former un complé- 
ment circonstanciel de lieu ; dal coupète dou tiène, on vèyèt t feu, 
on apercevait l'incendie du haut de la montagne. 

damâdje, n. m. Dommage. Fig. : C'est damàdje qu'i n venant pus\ 
c'est fâcheux qu'ils ne viennent plus. 

damas, n. m. Sorte de prune. Espèce de Heur de jardin. 

dame, n. f Maîtresse de la maison par rapport aux serviteurs; nosse 
dame, notre maîtresse. Fig. : grande dame, doigt majeur dans le 
langage enfantin. 

Dame (Notre-), n. p. f. La Vierge Marie. 

dame, n. f Carte portant la figure d'une femme célèbre. Quille du 
milieu du jeu. 

damon, prép. De chez, appartenant à; Pivre daman Djdke, Pierre, 
le tilsou le parent de Jacques; /* maujon damon Lèyon, la maison 
à Léon. 

dandji, n. m. Danger, péril; yna dou dandji, il y a du danger. Fig.: 
Besoin ; dji n'ai né dandii d'vous, je n'ai pas besoin de vous. 
Un' a pont d' dandji qu dj y raye, je me garde bien d'y aller. — 
Pluriel : fé ses dandjis, satisfaire des besoins naturels." 

dandjreu, adj. quai. Dangereux, périlleux ; on dit aussi dandjèreu. — 
Loc. adv.: dandjreu assè, probablement. 

dandj'reuzemint, adv. Dangereusement. 

dânè, v. tr. Damner. — V. intr. : fé ddnè, tourmenter à l'excès ; 

i n'z a fait dânè toute la djournéye. il nous a tourmentés toute 

la journée, 
dânè, n. m. Celui qui est en enfer; soufri corne in ddnè, souffrir 

comme un damné, 
danse, n. f. Danse. Fig.: Bonne correction; il a yen ène bone danse, 

il a reçu une raclée. 

danse, v. int. Danser. Trépigner de colère ou de douleur. 
danseu, n. m. Danseur. — Danseu d'cwade, danseur de corde. 

darè (s'), r. pron. Se précipiter, s'élancer ; i s'a darè sur mi, il s'est 

élancé sur moi. 
dârte, n. f. Dartre. 



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- 206 - 

daudéye, n. /'. Personne indolente et niaise ; c'èssiï ène grande 
daudéye. 

daurniyi, v. int. Avoir le vertige ; dj'ai véyu tout qui daurniyèt, tout 
tournait autour de moi. 

daurniyon, n. m. Vertige; il a yen in daurniyon, il a eu le vertige. 

dawè, v. tr. Donner une première culture avec le hoyau; dmcè des 
canadas. 

dayi, v. int. S'enfuir à toutes jambes; falèt l'vèye dayi, il fallait le 
voir se sauver au plus vite. 

d'bié, loc. adv. De biais, en diagonale. 

dbout, w. m. Bout, extrémité ; morceau (fil, corde, etc.) ; la fin d'une 
chose ; pièce ajoutée. — Vni à dbout, terminer heureusement; 
dompter. Yèsse à dbout, être à bout. Poussé à dbout, pousser à 
bout. Tni Cbon dbout, être en voie de réussir. 

d'brik et d'brok (V. brik et d'brok). 

d'chavè (V. dischavè). 

d'chirè (V. dichurè). 

dé, n, m. Dais ; pwartè i dé al pôrcèssion, porter le dais à la proces- 
sion. 

dé. Abréviation de di le, d' lé, signifiant près de ; abus dé li. allez 
près de? lui. 

de, pré p. De s'emploie devant les pronoms personnels/', les, précédant 
un verbe; dji sus sûr de l'vèye, je suis certain de le voir; i oét de 
les ratrapè, il vient de les rattraper. 

de. Particule équivalant à dà : oyi-dê, non-dê (V. dà), 

débité, v. tr. Débiter. Fig. : Parler, raconter avec volubilité. 

déclarâcion, n. f. Déclaration. Aveu d'amour fait à une jeune fille. 

Dèdè, n. p. m. Joseph. 

dêdê (al), loc. adv. En promenade, dans le langage enfantin. 

dèdjà, adv. Déjà, sitôt; par abréviation : d'djà ; vos vlàdédjà ou cFdjà, 
vous voilà déjà. — Dans les expressions t 'nna d'djà pont, i n'i 
a né d'djà sti, d'djà renforce la négation; c'est comme si l'on 
disait : il n'en a point du tout; il n'y est certainement pas allé. 

dèfyi, v. tr. Défier, mettre au défi. — V. pron.: s f dèfyi, ne pas avoir 

confiance, 
dègotè, v. tr. Supplanter; subtiliser, 
dègotè, adj. quai. Adroit, malin, rusé. 
dégourdi, n. m. et adj. quai. Adroit, qui n'est pas emprunté. 

dèl, art. contr. De la ; li dbout dèl tauve, le bout de la table; mougni 
dèl tchau, manger de la viande. 

dèligence, n. f. Diligence, ancienne voiture publique. 
Dèline, n. p. /'. Adeline. 

(A suivre.) J. Waslet. 



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- 17 ~ 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Oivetois) 

(suite) 



D (suite) 

dèmanè (V. dèt). 

dépende, v. int. Être subordonné à, être soumis à. — V. imp. Tenir. 

dépéri, v. int. S'affaiblir, se détériorer. 

dé qui, loc. conj. Dès que. 

dèr, adj. quai. Dur; don pwain dèr, du pain dur. — Adv. Durement, 
fortement; travayi, tapé dèr, travailler, frapper dur. 

dèrant, prép. Durant ; ouit djous devant, durant huit jours. 

dèrè, t?. int. Durer, continuer à exister, à rester; ça puwèt si fwart 
qu'on n'i a seu dèrè, cela sentait si mauvais qu'on n'a pu rester. 

doré, adj. et n. m. Dernier. Fém. : dêrène. 

dérénemint, adv. Dernièrement. 

dérin, adj. et n. m. Dernier (lang. d'ayi). 

dôri, v. int. Durcir. 

dét, n. m. Doigt de la main. On amuse les jeunes enfants en leur 
touchant les doigts et en disant : pàcèt (pouce); lôcèt (index); 
grande dame (médius) ; dèmanè (annulaire) ; petit dèt (petit doigt). 

dètia, n. m. Doigtier pour protéger un doigt malade. 

deuzyinme, adj. num. et n. m. Deuxième. 

dèvwar, n. m. Devoir, obligation morale. Travail donné à un élève. 

di, prép. De ; in scaugne di gage, une coque de noix ; i vnont di 
rpaurti, ils viennent de repartir. Di marque aussi la possession; 
lisauro di m'pa, la blouse de mon père; li cote di ro'wmn, la 
jupe de ma mère. 

di, préfixe. Équivaut au français de dans dijèni, déjeuner; dimandè, 
demander; didins, dedans. Devant une syllabe muette ou une 
consonne qui se prononce, l't persiste; ainsi on dit: vlà 
l'dijènè, voilà le déjeuner t vosse dimande, votre demande; 
mais on emploierait d' dans les cas suivants : pwartè à d'jène, 
porter à déjeuner; t ta d'mandè s' candjmint, il va demander 
son changement, c'est-à-dire devant une syllabe sonore. 

diâbe, n. m. Satan. On dit aussi diâle; il est pus malin qui ïdiâbe, il 
est plus malin que le diable. Fig. : Enfant tapageur. In bon 
diâbe, un bon garçon ; in pôve diâbe, un homme digne de pitié. 
— C'est bé l' diâbe,' ce serait fort contrariant. — VTrau d' diâle, 
lieu situé sous Pélémont (Chooz). 

diâchel inter. Diable! Marque la surprise, l'étonnement; diâcheê! 

diâle, n. m. Tarare, moulin à vanner. 



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— 18 - 

difllc-, t. tr. Vanner du grain avec un diâle. 

dicausse, n. f. Fêle patronale commémorant la dédicace d'une 
église. 

dichurè, i\ tr. Déchirer; on dit également d'churè. par élision. 

dichirure, n. f. Déchirure. 

didîjes, n. pi. Sous, pièces de monnaie dans le langage enfantin (Vx). 

didins, prép. Dedans. .Y. m. Le dedans, l'intérieur; on dit aussi 
d' dins; c'est ï didins, c'est le dedans. — Adv.: voilà d % dins, le 
voilà dedans. 

diè, n. p. m. Dieu; /' bon Diè, le bon Dieu; mougneu d'bon IHè, faux 
dévot. 

difûle, adj. quai. Ebouriffé (V. à tièsse...). 

dîje, adj. num. Dix. 

dijène, n. m. Déjeuner; on dit aussi d'jène. 

dijènè, v, int. Déjeuner; d' jènè, par élision. 

dijèneu, n. m. Celui qui déjeune; d* jèneu. 

dijînne, n. f. Dizaine. 

dijneuf, adj. num. Dix-neuf. 

dijunè, v. int. Déjeuner (lang. d'ayi). 

dijuneu, n. m. Celui qui déjeune (lang. d'ayi). 

dilé, prép Auprès de, près de; d" lé. 

dimandè, v. tr. Demander. — V. int. Mendier; qui vaye dimandè, 
qu'il aille mendier ; d'mandè. 

dimè, adj. Demi. Fém. : diméye; d' mè. d'méye. — ■ Loc. adv. A d'mè, 
à demi. 

dimègne, n. m. Dimanche ; c'est dimègne li dicausse, c'est dimanche 
la fête. 

dimèrè, v. int. Habiter; demeurer, rester; d'mèrè. 

dimitant, n. m. Milieu; moitié; d' mitant, n' mitant. 

dimwain, adv. Demain; d'mwain. — Loc. adv. A d'mwain, à demain. 

dinréye, n. f. Denrée, récolte. Fig. : Mauvaise gens, racaille. 

dins, prép. Dans. 

dint, n. m. Dent de l'homme et des animaux; fé ses dints, pousser 
ses dents en parlant d'un enfant; arigni les dints, grincer les 
dents. Fig. : dint d'ènc soylète, dent d'une scie. .4 œè ène dint conte 
en stkiye, eu vouloir à quelqu'un. Rire dou gros des dints, rire 
à contre-cœur. Fém.: Awè les dints longues, avoir les dents 
sensibles après avoir mangé certains fruits sucrés. 

dint d'ieu, n. m. Ergot de seigle. 

dint d'tché, n. m. Chiendent. 

dintèle, n. f. Dentelle. 

dintère, n. f. Denture. 

Dio, n. p. m. Dieu; nom di Dio! juron signifiant nom de Dieu! 



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- 19 - 

dire, v. tr. Dire, exprimer, réciter. — S' lèyi à dire, en parlant d'une 
jeune fille, c'est se laisser séduire; dans les autres cas, cette 
expression signifie accepter, adhérer à des conditions. 

dirèctémint, adv. Directement. 

diridji, v. tr. Diriger, conduire. 

dirvin-dirva, loc. adv. De çà, de là ; de côté et d'autre ; aller et 
venir. 

dis, préfue. Indique la privation de l'état ou de l'action exprimée 
par le radical; aistirardu. détordu; ditclaicè, décloué; il 
marque aussi l'éloignement; disbdrkè, débarqué, et il est parfois 
augmentatif: discôpe, découper; discoutayi, dépecer en petits 
morceaux. 

disantchi (s 1 ), p. pron. Se démettre la hanche. Se dandiner en mar- 
chant. 

disantchi. n. m. Celui qui est déhanché; route corne in disantchi, 
marcher en se balançant fort. 

disbalé, v. tr. Déballer des marchandises. Fig. : Y. int. Accoucher. 

disbatiji, v. tr. Débaptiser. 

disbautcheu, n. m. Celui qui débauche des ouvriers et les fait quitter 
un chantier ou un atelier. 

dîsbautchi, t>. tr. Entraîner, mener au vice ; faire quitter un travail, 
un patron. — Y. pron.: s disbautchi, se débaucher. Fig.: Se 
désespérer. — Y. passif: yh*e disbautchi. être désolé. 

disbautchi, n. ni. Débauché. 

disbèli (s 1 ), c. pron. Se lamenter, se décourager. 

disbîji, i). tr. Se dit de l'action du froid, de la bise sur la peau, qui 
est gercée et endolorie. — Y. passif : yèsse disbiji, être crevassé 
par le froid : mes lèpes (lèvres) sont toutes disbijiyes. 

disbicayi, adj. quai. Dérangé, fatigué par un excès quelconque. 

disbituwè, v. tr! Déshabituer. 

disbiyi, v. tr. Déshabiller. — Y. pron. : s dishiyi, ôter ses habits. 

disblokné, v. tr. Débloquer, débarrasser de la partie la plus difficile 
d'un ouvrage. — Y. passif: yèsse disblokné; nos vlà in pau dis- 
htoknès, nous voilà un peu débarrassés dans notre travail. 

disbobinè, v. tr. Oter le fil de la bobine. Fig. : Débiter des racontars 
avec volubilité. 

disbouchète, n. f. Petite lige de fer ou d'os servant à déboucher une 
pipe. 

disbouchi, t\ tr. Déboucher, ôter ce qui bouche ; disbouchi ène bou- 
tèye, déboucher une bouteille; disbouchi s'pupe, ôter le tabac 
qui reste dans le fond de la pipe. 

disbourâdje, n. m. Action de débourrer. 

disbourè, v. tr. Oter le contenu d'une pipe de tabac, la charge d'une 
arme à feu, d'une mine. 

disboursè, v. tr. Débourser. 



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- 80 - 

disboutnè, v. tr. Déboutonner, ôter les boutons de leurs boutonnières. 

Fig. : V. pron. : s' disboutnè, dire tout ce que Ton a envie de faire 

connaître, 
disbrauylè, v. tr. Débrailler quelqu'un. 
disbrauylè, adj. quai. Qui a ses vêtements en désordre. 

disbridè, v. tr. Oter la bride d'un cheval, d'un sabot; disbridè in 
tchvau, débrider un cheval; — V. passif: yèsse disbridè: mi 
sabot est disbridè, la bride de mon sabot est détachée. 

disbrouyi, v. tr. Débrouiller. 

disbwardô, r. tr. Oter la bordure d'une étoffe, d'un vêtement. 

disbwardè, v. int. Déborder en parlant d'un cours d'eau, d'un 
récipient trop plein; Moûse disbwardè, la Meuse déborde. 

disbwèzô, t?. tr. Déboiser, arracher le bois d'un terrain. 

disbwèslè, v. tr. Faire sortir un os de l'articulation. 

discachtè, v. tr. Ouvrir ce qui est cacheté. 

discaflotè, v. tr. Enlever le brou d'une noix, l'enveloppe d'un 
marron ; discaflotè des gâyes, ôter l'sicaflote ou le brou des noix. 

discalotè, v. tr. Décalotter, ôter le dessus. Circoncire. 

discanpè, v. int. Décamper, fuir. 

discaurtèlè, v. tr. Mettre en quartiers, en pièces. 

dischandi, v. int. Refroidir, en parlant d'un mets; rosse soupe va 
dischandi, votre soupe va refroidir. 

dischavè, t?. tr. Enlever l'épiderme ou la peau par un frottement 
rude; mi an'gno est tout dischavè d'aicè tcheu; mon genou est 
tout écorché par suite de ma chute; d'chavè. 

dischinde, v. tr. Amener de haut en bas; dischinde dou vin al cave, 

descendre du vin à la cave. Tuer d'un coup d'une arme à feu; 

gn' avait trwès chèvreus, nos 'nn avons dischindu deux, il y avait 

trois chevreuils, nous en avons tué deux. — Y. inir. ; d'chinde, 

descendre par élision de t*. 
dischinde, n. f. Descente, lieu où l'on descend; pente; on dit aussi 

dichinde. 
dischindéye, n. f. Suite de gens qui descendent; objets qui flottent 

sur l'eau et en suivent le cours; d'chindéye, par élision. 
dischuré, v. t. Déchirer, mettre en pièces; il a dischurè s'sauro, il a 

déchiré son sarrau, 
disclapè, v. tr. Détacher ce qui est adhérent. 

disclawè, v. tr. Déclouer; disclawè ène plantche. déclouer une 

planche, 
disclitchi, v. tr. Déclancher, mettre un ressort en mouvement, 
disclôre, v. tr. Enlever la clôture, la haie d'un jardin, 
discolâdje, n. m. Décollage. 
discolè, v. tr. Décoller. 

discoltè, v. tr. Décolleter; mettre le cou à jour; élargir l'encolure 
d'un vêtement. 



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- 21 - 

discomandé, v. tr. Décommander, annuler une commande, une fête. 

disconsidèrè, v. tr. Faire perdre la considération. 

disconté, v. tr. Retrancher d'un compte. 

disconsyi, Déconseiller. 

discôpè, v. tr. Découper, couper en morceaux; discôpè dèl tchau, 
découper de la viande. 

discôpeu, n. m. Celui qui découpe. 

discoumèlè, v. tr. Démêler, faire cesser l'emmêlement. — V. pron. : 
s' discoumèlè, démêler ses cheveux, les peigner. Fig. : Se 
débrouiller. 

discoumèlâdje, n. m. Démêlage laborieux. 

discouradji, v. tr. Décourager. 

discoutayi, t. tr. Tailler, découper en menus morceaux; dépecer. 

discoûtchi, v. int. Coucher hors de chez soi; ne pas coucher à 
rendrait habituel. 

discouvié, v. tr. Découvrir, ôter ce qui couvre; trouver ce qui était 
caché; voir nettement de loin. — V. pron.: s f discouvié, ôter sa 
coiffure ou la couverture du lit où l'on est couché. 

discouvié, adj. quai Qui n'est plus couvert, trouvé. Fém. : discou- 

viéye. 
discouvieu, n. m. Celui qui découvre. 
discrachi, v. tr. Dégraisser; maigrir. 
discrassè, v. tr. Décrasser. 

discrèche, v. int. Décroître; diminuer; baisser; les djoûs discrèchont, 
les jours décroissent; Moûse discret, Peau diminue, la Meuse 
baisse. 

discrére, t. int. Môme signilication que discrèche (V. crère et crèche). 

djscrétlc, r. tr. Découdre deux pièces d'étoffe cousues ensemble, ou 
la bordure d'un habit, en arrachant la couture, point par point. 

discrotchi, t. tr. Décrocher; obtenir avec peine. 

discrotè, r. tr. Décrotter, enlever la boue d'un habit. Fig.: Sup- 
planter. 

discwôfè, v. tr. Décoiffer, ôter la coiffure. Mettre la coiffure en 
désordre. 

disdire, v. tr. Désavouer quelqu'un. — V. pron.: $' disdire; ne pas 
tenir la parole donnée. 

disdjalè, r. tr. Dégeler; faire fondre ce qui est gelé. — V. int. Ne 
plus être gelé. 

djsdjèri, r. tr. Digérer. Fig. : Supporter, endurer. 

disdjonde, c. tr. Disjoindre; part, passé disdjondu. Fém. : disdjondntrc. 

disdoublè, r. tr. Dédoubler. 

disdû, n. ni. Grand tapage que fait une réunion de personnes. Diver- 
tissement bruyant. 
di-sét, adj. nu m. Dix-sept. 



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— 22 — 

disètyînme, adj. nnm. Dix-septième. 

disfachi, v. tr. Oter les langes d'un tout jeune enfant. 

disfagotè, r. tr. Rétablir la correction dans la tenue de quelqu'un. 

disfaufilé, v. tr. Knlever la couture provisoire d'un vêtement. 

disfaufilure, n. f. Action de dix fan filé. 

disfé, r. //*. Défaire, découdre, ôter; disfé s* saura, ôter son sarrau. — 
Y. lirait.: s'disfe\ se débarrasser de liens, d'une personne; vendre. 

disférlokè, r. //•. Mettre en loques, effilocher. 

disferlokè, adj. ^ //.//. Déguenillé, dépenaillé. 

disféyi, v. tr. Knlever les feuilles d'un arbre. — V. pron. : s'disfèyi, 
perdre ses feuilles. 

disficelé, r. tr. Oter la ficelle. 

disfîqurè, r. tr. Altérer la figure; rendre difforme. 

disfilé, r. tr. Knlever l'un après l'autre les fils d'un tissu. Fig. : dis fi le 
s' t<-ha,d"t. Se débarrasser, se soulager en disant ce que l'on pense. 

disfinde, r. tr. Défendre, protéger contre une attaque, interdire. — 
V. pr*m.: s'dis/inde, résisler à une attaque. — Part, passé: 

d isft }(da, dtsfnul'iire. 

disfince, n. f. Défense, prohibition. Action de se défendre. 

disfligoté, r. //•. Klïiler. effilocher. 

disfoncé, r. tr. Oler le fond, le détériorer en le penant, en le 
trouant; disfomr in ttmi't. défoncer un tonneau \" dis fonce in 
trfunhca. Irouer, enlever le fond d'un seau. 

disfournè. Retirer le pain, la tarte du four. 

disfulè, r. tr. Mettre les cheveux en désordre. — Y. passif : yèsse 
dtsfuic. a\oir la chevelure ébouriffée. Fém.: disfnlèye. 

disgarni, r. tr. Oter ce qui garnit. -- Y. pron.: s'disyami. cesser 
d'être garni, se dépouiller; vlà s' liesse quis disyarnit. il devient 
chauve. 

disgauchi, r. tr. Raboter, scier et dresser une planche gondolée. 

disgonflé, r. /;*. Dégonfler V. pron.: sdisyanflè: nasse ratche atonéye 
si disyanfèle % notre vache, qui était inétéorisée, commence à se 
dégonfler. 

disgoustant, adj. quai. Qui inspire le dégoût. 

disgoustè, r. tr. Inspirer le dégoût; çà disyousse, cela dégoûte; — 
Y. passif • ip'>sse distpnisiè être dégoûté, n'avoir plus d'appétit; 
//// .w/x dixqtmstè des b'ndces. dj'ènn ai trop mouyni, je suis dégoûté 
des prunes, j'en ai trop mangé. 

disgrabouyi, r. tr. Débarbouiller; nettoyer. Fig.; Sortir d'une situa- 
lion embarrassée, avoir fait une grande partie d'un ouvrage de 
b»ngue haleine. 

disgrapè, r. tr. Dégrafer; disyrapons-m\ dégrafez-moi. 

disgritchi, r. tr. Décrocher a\ec peine ce qui est accroché assez haut ; 
remporter difficilement un priv, une récompense; descendre 
quelqu'un d'une situation périlleu>e, d'un rocher, d'un arbre, etc. 



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- 28 — 

disgrimoné, v. tr. Abimer en çrattant, en ôgratignant, en arrachant 
avec les ongles ou un objet acéré ; èle li a disgrimoné l' figure, 
elle lui a égratigné le visage avec ses ongles ; dj' ai tcheu su in 
buckon di spènes et dji sus tout disgrimoné ; je suis tombé dans 
un buisson d'épines et j'ai Je visage tout égratigné. 

disgrochi, t. int. Dégrossir, en parlant d'une enflure, par exemple. 

disguèrlachi, adj. quai Qui a les habils déchirés et en désordre, qui 
est vêtu comme un sacripant. 

disgwardji, v. tr. Dégorger, déboucher. — V. pron.: s' disgwardji, se 
vider. 

diskèrdji, v. tr. Oter la charge ; diskèrdji dou foure, décharger une 
voiture de foin; faire partir une arme; diskèrdji in fisik, 
décharger un fusil. — V. pron. : s' diskèrdji, se débarrasser d'un 
fardeau. Fig.: Se soulager. 

diskèrdjeu, n. m. Celui qui décharge. 

diskeude, v. tr. Découdre, défaire ce qui était cousu. 

diskéwè, v. tr. Séparer deux chiens attachés pour l'accouplement. 

diskinde (V. dischinde). 

dislabrè, v. tr. Délabrer. 

dislacé, r. tr. Oter les lacets; dislacè des soles, délacer des souliers. 

dislachi, v. tr. Mettre en liberté un animal attaché, le lâcher. — 
V. pron.; s'dilachi, se débarrasser de son licou en parlant d'un 
animal domestique; nosse vatche s'a dislachi, notre vache s'est 
lâchée. 

dislodji, v. tr. Déloger. 

dislokté, adj. quai. En haillons, qui a des habits en lambeaux. 

disloyi, v. tr. Délier ; disloyi in fagot, ôter le lien d'un fagot; défaire 
le lien qui attache deux objets ensemble. Disloyi s'boûce, payer. 

djplonchinè, v. tr. Tirer le fil d'une pelote ou loncha, dépelotonner. 

d^flougi (yèsse), v. passif. Ne savoir où donner de la tête, par suite 
de malheurs, d'occupations fatigantes; on dit également d'Iougi. 

dismantchi, r. tr. Démancher; mmartia est dismantchi, mon mar- 
teau est démanché. — Y. pron.: s T dismantchi, se démancher, se 
disloquer. 

dismantibuK*, t. tr. Briser, détruire, séparer les parties d'une 
machine et la mettre hors d'état de fonctionner ; mi bènrète est 
toute dismantibuléye, ma brouette est hors d'usage. 

dism&rkè, v. tr. Enlever la marque d'un objet, du linge, c'est-à-dire 
les signes, les lettres qui les font reconnaître. 

dismaskè, r>. tr. Démasquer, ôter y quelqu'un sa marque. 

dismastikè, v. tr. Démasliquer (une vitre). 

dismèlé, v. tr. Démêler. 

dismète, v. tr. Déplacer (un os, un membre) ; li acëche. en tchèyant. 
li a dismis l f sipale. — V. pron. : s' dismrte: i s'a dismis Fpongnvt. 
il s'est démis le poignet. 



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— 2A — 

dîsmeublè a. tr. Dégarnir un appartement des meubles qu'il ren- 
ferme. 

disminti, v. tr. Démentir. 

disminti, n. m. Démenti ; dji wrès bé vèye qu'i m'done in disminti, je 

voudrais bien le voir me donner un démenti, 
dismis, part, passé du verbe dismète : démis. Fém.: dismîche; awè 

l'sipale dismîche, avoir Pépaule démise, 
dismoli, v. tr. Démolir, abattre pièce par pièce. Fig. : Fatiguer outre 

mesure, exténuer, 
dismontâdje, n. ???. Action de démonter, de désassembler les pièces 

d'un objet ; dismontè ène àrlodje, démonter une horloge, 
dismontè, v. tr. Renverser un cavalier; démonter ; mettre en colère. 

— V. pron.: s' dismontè; ça s' dismonte, cela peut être démonté. 

dismonteu, n. m. Démonteur, celui qui démonte une construction, 
une machine. 

dismoussi, v. tr. Enlever la peau d'un animal, d'un lièvre, d'un 
lapin ; dismoussi in rnaad, dépouiller un renard. Fig.: Désha- 
biller de force une personne. 

dismunuwè, v. tr. Rendre moindre; dismunuwè ses dispinses, dimi- 
nuer ses dépenses. — V. int.: Baisser de prix : li pwain dismu- 
nuwè, le prix du pain diminue. 

dismuzlè, v. tr. Démuseler, oter la muselière. 

dismwinnè (s'), v. pron. Se démener, s'agiter, s* dismwinnè corne in 
diabe dins in bèniti, se démener comme un diable dans un 
bénitier; faire des reproches; dfai rintrè trop taurd, mi pa s'a 
dismtrinnè, je suis rentré en retard et mon père m'a grondé. 

disnonci, t*. tr. Dénoncer. 

dispairi, r. tr. Dépareiller. 

disparè, v. tr. Déparer, rendre moins beau. 

dispavâdje, n. m. Action de dépaver. 

dispètchi (s 1 ) V. pron.: Se hâter; dispètchc-tu, hâte-toi. 

dispeuplè, v. tr. Dépeupler. 

dispichant, adj. quai. Tout trempé de pluie, de rosée, dégouttant. 

dispikè, v. tr. Défaire les piqûres d'une étoffe. 

dispinde, r. tr. Détacher ce qui est pendu. 

dispindeu, n. m. Celui qui dépend un objet. Dispindeu d'andouyes, 
propre à rien. 

dispinse, n. /'. Dépense. 

dispinse, r. tr. Dépenser (de l'argent). // a d'djà dispinse tous ses 
sous, il a déjà dépensé tout son argent. 

dispinseu, n. m. Dépensier, celui qui aime à dépenser. 

dispit, n. m. Dépit, grande contrariété; vos 'nn i avous fait don 
dispit, vous l'avez fort contrarié. 

dispitè (s'), T. pron. Se quereller ; i s f ont dispitès, pus i h 9 ont batus 
ils se sont disputés, puis battus. 



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dispiteu, n. m. Querelleur. 

displaijant, adj. quai. Désagréable, déplaisant. 

displaiji, n. m. Déplaisir. 

displaire, v. int. Déplaire ; dji n tores né li displaire, je ne voudrais 
pas lui déplaire. 

displakè, v. tr. Enlever ce qui est collé. 

displantè, v. tr. Déplanter (végétal) ; retirer du sol (piquet, poteau). 

displissi, v. tr. Faire disparaître un pli ou des pKs. 

disployi, v. tr. Déplier ; disployi ène sértiète, déplier une serviette. 

displomè, v. tr. Enlever les plumes à un oiseau. — V. prù*.: s 1 displomè, 
perdre ses plumes ; en parlant de la peau, se peler à la suite 
d'un accident, d'une maladie. 

dispoli, v. tr. Dépolir. 

disposé, adj. quai. Disposé; il est mau disposé audjourdu, il est mal 

tourné aujourd'hui. 
dispouslè, v. tr. Epousseter. 
dispouye, n. f. Poumon, cœur, foie et estomac d'un animal. . 

dispouyi, v .tr. Retirer à un animal ce qui n'est pas chair ou os. 
Fig. : Enlever à quelqu'un ce qu'il possède. 

dispûlè, v. tr. Tueries poux à une personne, à un animal. 

dispûs, adv. Depuis; dis pus deux d'joûs, depuis deux jours ; à partir 

de ; dispus tfink jusqu'à dije, depuis un jusqu'à dix. — Loc. 

conj. : dispus qui, depuis que. 
disrayi, r. tr. Dérailler. 
disrindji, v. tr. Déranger. Donner la diarrhée. — V. pron.: s'disrindji, 

avoir une mauvaise conduite; si fème si disrindje. sa femme se 

conduit mal. 
disroulè, v. int. Rouler de haut en bas. 
disroulè, v. tr. Développer ce qui est roulé. 

disrouyi, v. tr. Dérouiller. Fig. Rendre l'activité à un membre, au 

corps engourdi par l'immobilité, 
dissalè, v. tr. Dessaler. 
dissèrè, v. tr. Ouvrir ; dissèrè l'uche, ouvrir la porte avec une clef. 

Desserrer; né dissèrè les dints, ne pas manger, ne pas parler. 
dissètchi, d. tr. Dessécher. 
dissôlè, v. tr. Faire sortir de l'ivresse. — V. pron. : s'dissôlè, se 

désenivrer. 
dissArcèlè, t*. tr. Faire cesser l'ensorcellement. 
dissu ou d'su, adv. Dessus. 
dissu, ou d'su, n. m. Le dessus. Hitirè li d r su ou ï dissu dot» lit , Ôter 

le dessus d'un lit. Awè l'dissu, être victorieux. 
distalchi, o. tr. Enlever les taches. 
distatchi, v. tr. Défaire ce qui est attaché. — V. pron.: s' disUUchi, 

avoir de la désaffection pour quelqu'un ; quitter le groupe auquel 

on appartient. Apparaître clairement. 



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- 28 - 

distchèye, v. int. Déchoir; noss' feu distchêt, notre feu s'éteint. 

distchinnè r. tr. Enlever les chaînes. 

distchinnè, n. et adj. Déchaîné, enragé. 

distchaussi, v. tr. Oter les chaussures. — V. pron. : s' distchaussi, se 
déchausser, enlever ses chaussures. Fig. : Mettre à nu le pied, la 
base; se dégarnir. 

distèlè, r. tr. Détacher d'une voiture l'animal qui y est attelé. 

distèrminè, r. tr. Détruire, renverser, exterminer. 

distèrminè, n. m. Celui qui est résolu à tout, qu'on ne peut empê- 
cher d'agir à sa volonté. 

distèrè, m. m. Déterrer, ôter de la terre. 

distèrè, n. m. Awè F mine d'in distèrè, avoir la mine d'une déterré; 
être maigre, pâle, décharné. 

distinde, v. tr. Eteindre ; distinde li feu, V tckandèle, éteindre le feu, 
la chandelle. 

distinde, v. int. Perdre sa couleur, en parlant d'une étoffe. 

distinde, r. tr. Détendre ce qui est tendu, un piège, p. ex. 

distinkyi, r. tr. Relâcher un fil ou une corde qui est tendue. 

dist'-on, r. tr. Dit-on. 

distôrtiyi, r. tr. Retirer ce qui enveloppe, ce qui entoure et garantit; 
distàrtiyi in dèt blessi, enlever le pansement d'un doigt blessé. 

distourne, r. tr. Faire prendre une autre direction; faire changer 
d'idée. — I". pron. : sUlistournè, s'écarter de son chemin; éviter 
de passer auprès d'une personne ou d'une chose qui déplaît et 
faire un détour. 

distoûyi, r. tr. Démêler des fils fort embrouillés. 

distrèssi, r. tr. Défaire ce qui est tressé; distrèssi eue cwade. des 
tchvias, défaire une corde, une tresse de cheveux. 

distribucion, n. f. Fig. : Raclée, volée de coups. 

distrinde, r. //■. Relâcher ce qui est serré. 

distrinpè, r. tr. Délayer, ramollir dans un liquide ; enlever la 
trempe à l'acier. 

distroussi, v. tr. Rabattre les jupons qu'une femme a repliés sur tes 
hanches. — V. pron. : *' distroussi. 

distrûjeu, n. m. Celui qui détruit par plaisir. 

distrûre, r. tr. Détruire, jeter bas, ruiner. — Y. pron.: s'distrûre. 
se donner beaucoup de mal en travaillant; se suicider. — Part, 
passé : dislrût, distrûte. 

distwade, t. tr. Détordre, défaire ce qui est tordu. — Part, passé : 
dis l par du, distwardûire. 

dis visse, r. tr. Dévisser. 

diswayemè (s'), v. pron. Muer, changer de plumage ; les pouyes ni 
ponant pus quan elles si disKayemont. les poules ne pondent 
plus lorsqu'elles muent. 



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- 27 — 

Diu, n. p. m. Dieu, dans certains jurons. 

divant, prép. Avant, devant, avant de. — Loc. prép. : au d'vant d\ 
au-devant de, à la rencontre de. — Adv. Devant; auparavant; 
autrefois ; on dit aussi d'vant. 

divant, n. m. Le devant, su l'divant, sur le devant; d'vant par 

élision. 
divantré, n. m. Tablier de femme ou d'enfant ; d'vantré par élision. 
divantrin. Même signification ; d'vantrin (lang. d'ayi). 
divanture, n. f. Devanture ; façade. 

diverti, r. tr. Distraire ; amuser ; il est malade, faut qu'on l'divèr- 
tiche, il est malade, il faut le distraire. — V. pron. : s'divèrti. 
s'amuser; les djônes djins aiment à s'divèrti, les jeunes gens 
aiment à se divertir ; dvèrti. 

divèrtichmint, n. m. Divertissement, plaisir; d'vèrtichmint. 

di yu7 loc. adv. D'où? De quel endroit? Diyu astous ? D'où êtes-vous? 

D'yu? D'yu vésse? D'où viens-tu? 
dizèritè, v. tr. Déshériter; dzèritè. 
dizeu, adv. Au-dessus; t d'mère dizeu, il habite au-dessus. 

dizeu, n. m. Le haut; il a luwè l* dizeu d'voss tère, il a loué le haut 
de votre terrain; d' zeu. — Lor. adv.: pa d'zcu, par le haut; il 
a passé pa d'zeu, il est passé plus haut. 

dizivè, r. tr. Défricher; d'zivè. 

dizou, adv. Dessous; i courbt d' vaut' i rûirc dou tchaur. il sa laissi 

tchhfr. dizou, il courait devant la roue du chariot et il s'est laissé 

tomber dessous; d'zou. 
dizou, n. m. Le dessous. Fig. : anè V dizou, être vaincu. — Loc. adv. 

pa d'zou, par dessous, par le bas, plus bas; d'zou. 
dj', pron. pers. J', je. Elision de dji. Est employé pour : nous (Chamois); 

df astans vôyes, nous sommes partis (lang. d'ayi). 
dja! inter. Mot dont se servent les voiluriers pour faire tourner leurs 

chevaux à gauche, 
djaglo, n. m. Roseau; glaïeul ; on dit plus rarement gladjo. 
Djâke, n. p. m. Jacques. 

djalè, v. tr. Geler; li frèd a djalè mes canadas, le froid a gelé mes 
pommes de terre. — V. intr. : être gelé; mes fleurs dja Ion t l'ivtèr, 
mes fleurs gèlent l'hiver. — V. imp. : i djale, il gèle. 

djaléye, n. f. Gelée; froid qui transforme l'eau en glace. 

djalotè, t. ût f.'Faire de petites gelées. 

djalou, n. et adj. Jaloux. 

djalouzrîye, n. f. Jalousie. 

Djan, n. p. m. Jean. 

djanausse, adj. quai. Jaunâtre. 

djanbe, n. f. Jambe. 

djanbyi, v. int. Agiter les jambes pour se débarrasser de quelqu'un 
ou d'une entrave. 



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djanbon, n. m* Jambon. 

djancoumérç, n. m. Celui qui a un caractère efféminé. 

djane, n. #t adj. Jaune. 

djani, v. tr. Donner la couleur jaune. — V. int. Mûrir, en parlant 

des poires, des céréales, etc. 
djanisse, n. f. Jaunisse, 
djârdinè, t>. int. Jardiner, 
djârdiul, n. m. Jardinier, 
dj&rgon, fi. m. Langage inintelligible, 
djârgonè, v. int. Jargonner. 
djàrtiff, w. /*. Jarretière. 
Djauke, n. p. m. Jacques (Vx). 
djaufe*, n. /'. Gerbe; des djaubes di swèle, des gerbes de seigle. 

djaulwînne, n. f. Sorte de dévidoir formé d'un cadre vertical, à 
quatre pans à claire-voie, mobile sur un pivot qui le traversait 
en son milieu. Le moulin (rouet) enroulait le fil de chanvre ou 
de lin sur une bobine; Vauspe le transformait en èchèt ou 
écheveau; ce dernier mis sur une djaûlwinne devenait une 
pelote ou loncha que Ton donnait au tisserand. On ne se sert 
plus de ces instruments. 

djaurnè, v. int. Pousser des germes, germer. 

djaurnon, n. m. Jeune plante qui commence à sortir de la graine. 

djavia, n. m. Javelle. 

djavlè, t. int. Mettre le blé en javelles. 

djè, pron. pers. Je (Vireux). S'emploie ailleurs devant la consonne /; 
djè li ai dit, je lui ai dit; djè Pli ai dit, je le lui ai dit; la pro 
nonciation est la même dans les deux cas : djèliaidit. 

djècive, w. f. Gencive. 

djèdi, n. w. Jeudi. 

Djèf, n. pr. f. Josèphe (par ironie). 

djèmi, v. int. Gémir. 

djèmichmint, n. m. Gémissement. 

Djène, n. p. f. Jeanne; Maridjène, Marie-Jeanne (Vx). 

djèrè, n. m. Jarret; awè in bon djèrè, avoir de bonnes jambes. 

djèrè, v. tr. Jurer; proférer des jurons. 

djermèle, n. f. Deux fruits soudés ensemble; jumeaux. 

djèrmwin, adj. quai Germain ; couzin-djermirin, cousin germain; 

Fém. : couzène djèrmivînne. 
djèron, n. m. Giron; votât' éf'ant est su m djèron, votre enfant est sur 

mes genoux, 
djèt, n. m. Jeune pousse. Jaillissement brusque d'un liquide, d'un 

fluide, 
djèt, n. m. Réunion de cinq noix ; on dit : in djèt. deux djèt h, i»lc., 

pour cinq noix, dix noix, etc. 



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- 3J9- 

djètè, v. int Suinter, produire du pus ; s' f àuye djète, son œil laisse 
suinter du pus. 

djèton, n. m. Petite pousse, rejeton. 

djeu, n. m. Jeu, en général. Fig. : Vèye clér dins t'djeu dfèri ôte, voir 
clairement ce qu'un autre a l'intention de faire. Dji ridjowenê à 
ç'djeu-là, je n'admets pas cette façon d'agir. 

djéve, n. f. Jabot (oiseau). 

djèii, n. ni. Gésier. 

djibotè, v. int Gambader ; t djibotont corne des poulains, ils gamba- 
dent comme des poulains. 

dji, pron. pers. Je ; if devant une voyelle. (V. ce mot). 

djignèsse. n. m. Genêt; ène ijignèsse, un genêt; après une voyelle 
simple ou composée on emploie gn'gnèsse; in ranion ii gn'gnè$$e*, 
un balai de genêts. 

djigno, n. m. Genou ; tchèye sur F djigno, tomber sur le genou ; après 
une syllabe sonore on dit : gn'gno; li bwèsse don gn'gno, l'arti- 
culation du genou. 

djigot, n. m. Gigot. 

djigotè, v. int. Gigoter. 

Djilbèrt, n. p. m. Gilbert. 

Djlle, n. p. m. Gilles, n. «t. Sot, niais. Fé l'ijile, s'esquiver sans tenir 
une promesse. 

djilet, n. m. Gilet. 

djin, n. f. Une jeune iille, une femme. Pave djin! Pauvre femme ! 

djins, n. f. pL Gens. Des bonh djins. des pôvrès djins, de bonnes 

gens, de pauvres gens, 
djini, n. f. Génisse. 

djinoréye, n. /. Ce que peut contenir le giron, ou plutôt un tablier 
étendu devant la personne qui le porte. 

djinti, adj. quai. Gentil, bienveillant; très laborieux. 

djintiyèsse, n. f. Amabilité, gentillesse; ardeur au travail. 

djintlymint, adv. Gentiment. 

djipè, v. int. Rire aux éclats; pousser des cris aigus. 

djipsène, n. f. Petite fille espiègle, sauteuse, comparée à une Egyp- 
tienne ou Bohémienne ; on dit parfois djupsène. 
djîrwète, n. f. Girouette. Fig. : Personne versatile. 

djisse, n. /. Gîte, lieu où Ton couche. AU al ijisse, aller loger chez 
des étrangers, chez des parents habitant une localité éloignée. 

djtvéye, n. f. Train de bois monté sur des tonneaux vides et servant 
au transport, par eau, des perches, des étançons, etc.; on disait 
également pouris-talons (Vx). 

Djôdje, n. p. m. Georges, saint Djôdje, saint Georges. 

djœ, n. m. Jeu (Vireux). 

djodjo, n. m. Dadais, benêt. 



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- 30- 

djoke (à), loc. adv (V. à djoke). 

djokè, r. int. Tenir tranquille. /V d/ofa', faire cesser une taquinerie. 
— V. prun. : s' djokè, rester tranquille ; djoke-tu, cesse. (V. à-djokè). 

djokwè, n. m. Perchoir. 

djon, n. m. Jonc. 

djon, adj. quai. Joint. .4 djonpis, à pieds joints. 

djondant, ad;, quai. Joignant, touchant, voisin, riverain. 

djonde, v. t. Toucher, joindre, blesser, être conligu. Djonde ses 
mains, joindre les mains. 

djondu, part passé. Touché, atteint. 

djône, adj. quai. Jeune; in djône orne, un jeune homme ; des djànès 
fiyes, des jeunes filles. — N. m. Jeune animal de petite espèce. 

djônelè, v. int. Faire des petits, mettre bas. 

djAneléye, n. f. Nichée; famille nombreuse. 

djônèsse, n. f. Jeunesse ; jeunes garçons et jeunes iilles d'une localité. 

djônia, n. m. Essaim d'abeilles. 

djônne, adj. quai. Jeune (lang. d'ayi); dérivés djànnelè, djônneléye, 
djônnesse, d'jônnia. 

djontère, n. f. Jointure; articulation. 

Djôsèf, n. p. m. Joseph. Fém.: Ujôsèfe dans Mardjosèfe, Marie- 
Josèphe (Vx). 

djoû, n. m. Jour. / /ait djuù, il fait jour. Nût et djoû, nuit et jour. 

djoûrnèye, n. f. Journée, temps qui s'ê^ouli» entre le lever et le 
coucher du soleil; salaire d'une journée. Aie al djoùrnéye, l'aire 
le travail d'un journalier. 

djoute, n. f. Choux au gras; li ajoute est le mets favori dans le pays 
givelois; pont d' dicaûsse sins djoute, ce n'est pas la fôte si on ne 
sert pas de djoute à table. 

djowè, v. tr. Jouer (une partie, un air de musique etc.), représenter 
sur un théâtre. Fig.: Djowè l'comèdiye, faire l'hypocrite. 

djowète, n. m. Mauvais joueur. 

djoweu, n. m. Joueur, celui qui prend part à un jeu. 

djAye, n. f. Joie. 

djoyeu. adj. quai. Joyeux. 

djuda, n. m. Petite ouverture ménagée dans une porte pour laisser 
voir les personnes qui entrent. 

djuda, n. m. Celui qui crache à la figure d'un autre. Traître. 

d'junè (V. dijunè). 

d'juneu (V. dijuneu). 

djus, n. m. Jus. 

djus, adv. En bas; tapé djus, jeter bas, renverser, abattre (Vx). 

djusse, n. f. Grand broc en grès à une seule poignée et à goulot 
étroit : ène djusse di bire. 



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- 31 - 

Djwif, n. m. Juif. Fig. : Avare. 

dobe (à la), loc. adv. A la daube; dou bèfà la dohç. 

dôbè, 1?. int. Tomber à coups de poing, à coups de bâton sur quel- 
qu'un. 

docsâl, n. m. Sorte de tribune au-dessus de l'entrée d'une église. 

dœt, n. m. Doigt (Vireux). 

Dolflne, n. p. f. Adolphine. 

don, conj. donc; marque l'encouragement: route don, marche donc; 
la surprise; vos vlà don, vous voilà donc; l'interrogation : vos 
z'y avons sti don ? vous y êtes donc allés ? 

dondînne. adj. quai Qui n'a pas tout son bon sens; èle èsst' ène miyète 
dondinne, elle est un peu simple d'esprit. 

dondinnes, n. f. Caprices, fantaisies ; fé tontes les dondinnes à ène 
saktye, c'est se plier à tous ses caprices. 

dondon, n. /. Femme fraîche et replète. 

Doné, 12. p. m. Dieudonné. Fém. ; Donéye. 

donè, v. tr. Donner; faire cadeau; accorder; infliger; offrir un prix ; 
produire abondamment. 

dorian, n. m. Cal, durillon à la main. 

dôrlinne, n. f. Femme indolente : travayous don, grande dôrlinne. 

dose. n. f. Échauboulurej petite bouffissure qui paraît sur la peau et 
cause des démangeaisons. 

dose, n. f. Dose ; quantité déterminée. 

dose, w. /. Gousse d'ail. 

dosséye. n. f. Charge que l'on peut porter sur le dos. Quantité de 
grain qu'on remet au meunier pour la faire moudre. 

dossière, n. f. Large courroie qui repose sur le dos d'un cheval attelé 
et qui supporte les timons d'une voiture; bretelle servant à por- 
ter une civière ou à pousser et traîner une brouette. 

d'ottant, loc. adv. D'autant. 

dou, art. contr. Du; dou pwain, du pain; vni dou bwès, venir du 
bois, de la forêt. 

dou, ti. t». Liqueur sucrée, cassis, etc. — Adj. quai. Doux. 

doû. n. m. Deuil. Signes extérieurs du chagrin causé par la mort d'un 
parent; yèsse di doû, être de deuil; durée du deuil. 

doube, n. m. Ancienne pièce de monnaie valant le quart d'un sou ; 
chi doube s, un sou et demi ou sept centimes et demi. 

doube, n. m. Le double, deux fois une chose: mète deux doubes di 
stofe, plier une étoffe deux fois sur elle même. Fè doube, c'est 
faire toutes les levées au jeu de couyon. 

doublé, v. tr. Doubler, rendre double. — V. int. Devenir double, 

doublé, n. m. Pièce d'argenterie en métal ordinaire recouverte d'une 
couche d'or ou d'argent; des pindants en doublé, des boucles 
d'oreilles en doublé. 



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-32- 

doubléye, n. f. Coups de poing, coups de bâton ; foute ène doublèye, 
rouer de coups. 

doublure, n. f. Étoffé qui en double une autre. 

doucemint, adv. Doucement, lentement, avec précaution, sans bruit. 

doucète, n. f. Mâche ; fc ène salade di doucète, faire une salade de 

mâche, 
doucète, n. f. Caresse à la figure, dans le langage des enfants, 
doucètemint, adv. Tout à la douce; sans hâte; médiocrement, 
douceu, n. f. Douceur, patience, égard ; friandise. 
doûdoûce. n. f. (\. doucète). 

doul, art. f. De la (lang. d'ayi); mougni dont taute 9 manger de la tarte, 
douleur, n. f. Souffrance physique et morale; rhumatisme. 
doutance, n. f. Doute. 

douté, v. int. Être dans l'incertitude, avoir des doutes. — V. pron. : 
s' douté; penser qu'une chose pourrait bien être ; t s'doute d'èrie 
sakwè, il se doute de quelque chose. 

douviâdje, n. m. Action d'ouvrir, ouverture. 

douviè, v. tr. Ouvrir; on z'a douviè nosst' uehe, en a ouvert notre 

porte. 
douviè, adj. quai Ouvert. Fém. : douviéye. 
douzinne, n. /'. Douzaine. 
douzyînme, adj. num. Douzième. 
doye, n. /'. Orteil ; grosse dôye, gros doigt du pied. 

d'qwè, S'emploie dans l'expression : awè d' qwè, avoir de quoi; être 
riche. Quand on dit : gn'a d'qwè rire^ cela signifie qu'on a bien 
des motifs pour rire. 

dra, n. m. Étoffe de laine; tissu de chanvre ou de coton. Dra des 
mwarts, drap mortuaire; dra d'mwains, essuie-mains; dra d'Ut, 
drap de lit. 

dranè, v. tr. Plier sous un fardeau; vlà ène kèdje qui m'drane, j'ai 
une charge qui m'éreinte. 

drapia, n. m. Drapeau. 

drauche, n. f. Drèche, orge germée qui a servi à fabriquer de la 

bière, 
drauwe, n. /. Ivraie. 

dresse, n. y. Armoire; huche; mètous l'pwain al dresse, mettez le 
pain dans l'armoire. 

drèssi. v. tr. Dresser, mettre debout; aplanir une pièce de bois. 
Instruire, former. Drèssi l f soupe, servir la soupe. V. pron.: 
s' drèssi, se mettre debout. 

drèsswè, n. m. Étagère où l'on place la vaisselle. 

drèt, n. m. Droit; faculté de faire ou de ne pas faire une chose* 

drèt, adj. quai Qui est droit. — Loc. adv.: tout drèt, tout droit ; dfy 
vas tout drèt, j'y vais directement. 



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- 33 - 

drèti, n. m. Celui qui se sert habituellement de la main droite. , 

drœt, n. et adj. Droit (Vireux). (V. Urèt.) 

drî, adv. et prop. Derrière. — Loc. adv.: pa dr\, par derrière. 

drî, n. m. Le derrière d'une chose; on dit aussi Vdiri. Les drte, 
terme de jeu de balle désignant l'extrémité du jeu en arrière du 
tamis. 

driglè, v. intr. Tomber dru, comme les noix, les noisettes mûres, etc. 

drigléye, n. /'. Grande quantité de fruits qui tombent; suite nombreuse 
de personnes ; grand nombre d'enfants dans une famille. 

drin, n. m. Tuyau de drainage. 

dringuèl, n. /'. Pourboire. 

drin ne, v. tr. Drainer. 

Driyène, n. p. f. Adrienne. 

Driyin, n. p. m. Adrien. 

drïzion (le). Expression signifiant gaspiller, gâcher. Malmener une 
personne âgé ou faible de corps et d'esprit : je drizion à ses vh 
parints, malmener ses vieux parents. 

droci, adv. Ici; il est droci, il est ici. 

drogué, v. int. Attendre longtemps; on m'a fait drague ène eure, on 
m'a fait attendre pendant une heure. 

drogué, v. tr. Falsifier. 

drogueu, n. m. Lambin, lent au travail. 

drolà, adv. Là, là-bas; dji m'è vas drolà, je m'en vais là-bas. 

droldimint, adv. Drôlement. 

drôle, adj. quai. Drôle, plaisant. Yèsse drôle, être un peu fou; s'sinti 
drôle, se trouver indisposé; d'mèrè tout drôle, rester confus > 
hébété. 

drowin, n. m. Mauvais grains qui passent quand on crible le blé ; 
criblure. 

dru, adj. quai Élevé, adulte, en parlant des jeunes oiseaux; ossi dru 
qupére et mère, tout à fait adulte. 

drwèt, n. et adj. Droit (lang. d'ayi). 

Dudule, n. p. m. Théodule. 

duwél, n. m. Duel. 

dvèni, v. int. Devenir; on dit également : divni. 

dvi, v. tr. Devoir ; dvi d* l'ardjint, devoir de l'argent ; on dèt Vrespèi 
à ses parints 1 on doit le respect à ses parents. Suivi d'un infinitif 
ce verbe indique l'avenir; on dèt mort, on doit mourir. — Part, 
passé, du, dvu. 

dvizè, v. int. Deviser, s'entretenir familièrement ; parler d'une chose. 

dwane, n. f. Douane; on dit aussi duwane (Vx). 

dwagné, n. m. Douanier ; on peut dire duwagné. 

dwarmeu, n. m. Dormeur. 



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— 34 — 

dwarmi, u. int. Dormir. Fig. : mi djanbe dwâme, ma jambe dort, est 
engourdie. 

dwarmou, n. m. Celui qui dort trop, qui aime beaucoup à dormir. 

dwèyin, n. m. Doyen, curé résidant au chef-lieu de canton. 

dzôrtè, v. tr. Abandonner, quitter un pays, une maison. — V. int. : 
Déserter, quitter son régiment sans permission, passer à l'ennemi, 
à l'étranger. 

dzèrteur, «. m. Soldat qui a déserté. 

(A suivre.) J. Waslkt. 



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-52- 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Givetois) 

(suite) 



e, n. m. Voyelle, cinquième lettre de l'alphabet. Ainsi qu'on l'a vu 
dans V Introduction, nous distinguons six sortes d'e ; Pe muet, 
IV fermé; Yi long demi-ouvert, Vè ouvert, Pô très ouvert et Vœ 
particulier au patois de Vireux. 

è, pron. pers. En, de cela, de lui, d'elle, d'eux, d'elles; dj'è vès, j'en 
veux; nos z è causons, nous parlons de lui, d'elle, etc. Devant 
une voyelle è devient ènn ou 'nn; ènn ont-i? en ont-ils? nos 'nn 
avons, bous en avons. 

è, adv. En; il è vont, il s'en vont; va z è ou va tè z è, va-t'en; cet 
adverbe subit les mômes modifications que le pronom è; vos z 
ènn irons achone, vous vous en irez ensemble; i 'nn irèt sins 
vous, il s'en ira sans vous. 

à (il), v. tr. Il a, 3 e personne du sing. du verbe aivè, avoir; ïès, tu 
as (Vireux). 

è! interj. Marque la surprise, l'admiration. 

â ! in ter. Sert à appeler. 

èbènisse, n. m. Ebéniste. 

èchè, n. m. Écheveau ; en èrhè d'sôye, un écheveau de soie. 

è co, loc. ad. Et encore ; i n ont yeu fini qu'à chi z cures è co avè bé 

dou mau; ils n'ont eu fini qu'à six heures et encore avec bien de 

la peine, 
ècousse, «. /". Laps de temps; t'as dmèrè là ène bone écousse : tu es 

resté là un bon moment, 
èfant, n. m. et f. Enfant; eu' ou ène èfant, un ou une enfant; vola 

s y t èfant, voilà son enfant. Grande personne naïve et un peu 

sotte. 
èfôr, n. m. Douleur d'un muscle provoquée par une action trop 

violente, 
èglîje, n. /*. Église, bâtiment affecté au culte catholique. 

einyi ! inter. Oh oui ! Eh oui! Achoute ène miyètedroci. — Einyi! è ti, 
pou m'bate; Ecoute un peu ici. — Eh oui! toi, pour me frapper. 

èkndyes, n. /*. pi. Pincettes pour attiser le feu de bois dans l'àtre (Tx). 

èl, pron. pers. Le ou la, devant une consonne; èl prinsse? le ou la 
prends-tu? èl vèsse? le ou la veux-tu? on n èl wèt pus,' on ne le 
ou la voit plus. 

èle, pron. pers. Elle; pluriel : èles, elles. 

Éllnne, n. p. f. Hélène. 

Elmon, n. p. tw. Edmond. 



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- 53 - 

Elwè, n. p. m. Eloi. Saint Elwè est le patron des maréchaux-ferrants 

et des cultivateurs. 
èmé, v. int. Toussoter, faire souvent : èm ! 
émauruwides, n. f. pi. Hémorroïdes, 
en', adj. num. et art. indéf. Un, devant une voyelle : en' orne, deux 

ornes, un homme, deux hommes; in' oie co, une au.re fois; 

devant une consonne, on dit in : in //où, quate bous, un bœuf, 

quatre bœufs; in bia tinis, un beau temps, 
èna, n. m. Vase, ustensile de petite contenance; rmète tous les ènas à 

Jeu place, ranger tous les petits ustensiles dont on s'est servi. 

enbaras, n. m. Fig.: Manque d'argent : yèsse dins Penbaras. Fé d'ses 
enbaras, se donner de l'importance, faire des manières. — Gn'a 
pont d'enbaïas. on s'en garde bien. — Ç n'est né là t enbaras, 
formule au moyen de laquelle on se range à l'avis de celui qui 
parle. 

enbarassè. v. tr. Embarrasser. 

enbarassè. ailj. quai. Embarrassé; Fém.: enbarasséye. — V. passif. 
Yèsse enbarasséye, être enceinte. 

enbautchi, v. tr. Embaucher. — V. passif. Yèsse enbaulchi, être 
embauché. 

enbléye (d'). loc. ado. Du premier coup; djè l'ai staurè d'enblèye, je 
l'ai renversé du premier coup. 

enbwètè. v. tr. Emboîter, enchâsser une pièce dans une autre. Fig.: 
enbwèlè l'pas, marcher au pas et le plus près possible de quel- 
qu'un. 

endêvè. v. int. Éprouver du dépit; être tourmenté. Fé èndêvè ène 
sukiyc, tourmenter, taquiner longuement quelqu'un. 

endrèt. n. m. Endroit, lieu déterminé; i n' nièrent au minme endrèt; 
ils habitent la même ville, le même village. 

endrèt. n. ni. Le beau côté d'une étoffe, l'endroit; l' endrèt et li rvièr 
d'in tapis, l'endroit et le revers d'un tapis. — Loc. ado.: mètous 
vos chausses à ï endrèt, mettez vos bas à l'endroit. 

endrœt (Vireux. — V. endrèt). 

endrwèt (Lang. d'ayi. — Id.). 

ène, adj. num.: art. ind. Une; nos z avons yeu ènefiye, il nous est né 
une Bile; ène bièssc a strânnè nos lapins, une bête sauvage a 
étranglé nos lapins. 

ènedon, adv. N'est-ce pas? Vos vêrous ènedon? Vous viendrez, n'est- 
ce pas? 

ènes (les), pron. ind. Les unes; èles s'è vont les ènes d'in costè, les 
êtes di Cote, elles s'en vont, les unes d'un côté, les autres de 
l'autre. 

ènète, n. f. Nuque. 

enkikinè, v. tr. Envoyer au diable. 

enlèvmint, n. m. Enlèvement. 

enlvè, v. tr. Soulever et emporter ; prendre de force ou en cachette, 
ôter d'un lieu pour mettre dans un autre. Fig.: Blâmer avec 
colère et vivacité. 



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ènn aie (s'), r. pron. S'en aller, partir; nions z è ou alonsnz t\ 
allons-nous-en. — V. in t. ènn aie, aller; i faut z ènn aie pus Ion, 
il faut aller plus loin. liépéter souvent : « Que maleur ! » *' ènn 
alèt-èle; « quel malheur! » répétait-elle. 

enpègne, n. f. Partie supérieure d 1 un soulier; au-è ène gueuge iVen- 
pègne, bavarder et plaisanter sans cesse. 

enpèreur, n. m. Empereur. 

enpôrtèpièce, n. ni. Emporte-pièce. Fig. : Personne mordante et 
railleuse. 

Enriyéte, n. p. f. Henriette. 

ensègnl (V. ansègni). 

ensène (V. amène). 

entourloutè, v. tr. Séduire, circonvenir par de belles paroles, par 
des càlineries; l'pove fuje sa laissi entourloutè pa ç' guèniin là, 
la pauvre lille s'est laissé séduire par ce gredin-lâ. 

entrèprîje, n. f. Entreprise. 

envèlope, //. /". Enveloppe. 

ope, n. f. Sorte de hache. 

épéye, n. /'. Épée. 

èpices (pwain d'), n. m. Pâtisserie au miel ; in bokè, ène plautchc di 
piruin iVépices, un morceau, une planche de pain d'épices. 

èpûs, loc. adv. Et puis; après cela. 

èralè (z'|, v. int. S'en retourner : il a du z èralè tout d'rhûte : il a 
voulu s'en retourner tout de suite. 

èrcè, adv. Hier ; nos z y avons sti èrcè, nous y sommes allés hier (Vx). 

èrdèlè, v. tr. Agiter, remuer avec bruit des objets sonores; èrdèlè 
des tchodrons. des casseroles, remuer avec bruit des seaux, des 
casseroles métalliques. 

èrdèléye, n. f. Grand nombre d'objets à transporter. 

èréra, n. /'. Charrue sans roue, sans soutien, que l'on dirige au moyeu 
d'un seul mancheron vertical. 

èri, adv. En arrière, plus loin en arrière ; alous-z'è èri d'H : éloignez- 
vous en arrière de lui; reculez. 

èri ! inter. Cri du charretier pour faire reculer ses chevaux. 

èrièsse, n. /'. Arête de poisson ; gna bramint des èrièsses dins v' 
pèchon-là. ce poisson a beaucoup d'arêtes; prolongement de 
l'enveloppe du grain d'orge, d'épeautre, d'escourgeon ; ène èrièsse 
di hlè m pilie dins in tctiausse. une barbe d'épeautre me pique 
dans mou bas. 

èrin, n. m. Hareng. 

èrièm\ n. m. Tapage ; è vlà gink d'èrlèm' ! En voilà un de tapage ! 

Èrnèsse, n. p. m. Ernest. 

èscavèche (à F), loc. adv. Manière d'accommoder un poisson à la 
daube. 

èsclamure, n. /. Cri de joie, de surprise, de douleur ; èle a acouru en 
fiant des esclamures! elle a accouru en poussant des exclama- 
tions ! 



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- 55 — 

èskèlète, n. m. Squelette, personne très maigre; on dit aussi skèlète. 

espèce, n. f. Espèce; on emploie ce mol pour atténuer une injure; 

espèce di fou, espèce de fou. Sorte ; H leu èssf ène espèce di îché; 

le loup est une sorte de chien, 
èspèrè, v. tr. Espérer, 
èspiégue, n. ///. et adj. Espiègle. 
èsplikâcion, n. /'. Explication, 
esplikè, v. tr. Expliquer, 
èspôzè, v. tr. Mettre en péril. — I'. passif: yès,<e èspôzè, être en 

danger. — Y. pron.: s 9 èspôzè. courir des risques, des dangers, 
èspôzicion, n. /. Exposition, 
èsprès, adv. A dessein ; /' fé exprès, le faire exprès, 
èsse, n. m. Hêtre ; en èssc kèrdji d' j'ayènes, un hêtre chargé de faines, 
esté, n. m. Été, seconde saison de l'année, 
èstirpateur, //. m. Extirpateur, instrument aratoire. 

èstra, adj. quai. De qualité supérieure ; dou vin estra,du vin excellent. 
— A'. ;;/. Fé d' l'èstra, servir à table plus de mets qu'à l'ordinaire. 

établiss'mint, n. m. Lieu où a lieu une exploitation commerciale ou 

autre, 
ètrikwèches, n. f. pi. Tenailles; on dit également trikwèches; 

hnarchau tét l'fivr roudje avè des ètrikwèches, le maréchal-fer- 

rant tient le fer rouge avec des tenailles, 
êtyi (V. aityi). 
eu, pron. pris. Leur, à eux, à elles; dfènn eu vès, je leur en veux; 

i 'un eu zi-a monstre, il leur en a montré, 
eubyon, w. m. Houblon; ènn flotche d'eubyon, une fleur de houblon; 

on dit aussi yeubyon. 
eubyonère, v. f. Houblonnière. 
eulière, n. f. Partie du harnais qui sert à empêcher les chevaux de 

voir de cêté et garantit leurs yeux des coups de fouet, 
euve, n. f. Œuvre, action. Ironiquement : t'as fait là ène bêle euve, 

tu as fait une sottise, une mauvaise action. 
è-vôye, loc. adv. En route ; parti ; allé, absent; il èsst' è-vôye, il est 

parti ; i sonst' è-voye ou bwès } ils sont allés dans le bois. Couri 

è-vôye, s'enfuir ; tcnèssi è-voye, chasser; on dit également è-voye. 

êwe, n. f. Eau \alè que d* l'eue, aller chercher de l'eau. Tchèye à l'êwe, 
tomber à l'eau ! A l'èice ! à l'eau ! S'richonè corne deux goûtes 
d'èwe, se ressembler comme deux gouttes d'eau. Viède ses êwes, 
uriner involontairement. 

êwline, n. f. Sorte de pituite. 

èxaktèmint, adv. Exactement 

èxint, adj. quai. Exempt, dispensé. 

exinté, v. tr. Exempter. 

éye, n. f. Aile (oiseau, insecte). 

èyér, adv. Hier. 

èyû ? loc. adv. Où ? En quel endroit? è i/û vasse .> Où vas-tu ? 



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— ob — 



f, u. m. CoDsonne; sixième lettre de l'alphabet. Au point de vue 
orthographique, /" remplace partout le groupe français ph: 
Tèyofile, Théophile ; Flupe, Philippe. 

fabrikô, r. tr. Fabriquer. Tripoter. Faire; qu'est-ce qui fabrikont 
don qui n vènont né? Que font-ils donc qu'ils ne viennent pas? 

fachau, n. m. Lange d'un tout jeune enfant. 

fâche, n. /'. Parcelle de terre plus longue que large. Lieudil; à 
Hierges, on pendait al fâche an Gibet. 

fachène, n. /. Fascine; fagot de branchages destiné à amortir le 
frottement d'une barque qui aborde; on se sert aussi de fa chênes 
pour former un passage dans un endroit marécageux ou pour 
protéger la rive d'un cours d'eau; elles sont alors maintenues 
en place au moyen de grosses pierrres. 

fachète, n. f. Petite fâche; terrain longetétroil ; les Fachèles de Ham 
offrent cette particularité. 

fachète (al), loc. ait. Au maillot; anè en éfant al fachète, avoir un 
enfant au maillot. 

fadasse, adj. quai. De saveur doucereuse. 

fadèye, w. /'. Tartine (lang. d'ayi. Vx). 

faflote, n. /. Ce qui se détache d'un mets liquide, comme les tégu- 
ments de pois, de haricots; n'sauè aralè les faflotcs dèl soupe 
aux pues, ne pouvoir avaler les enveloppes de pois qui surnagent 
sur la soupe. 

fafouyâdje, w. m. Bavardage sur des choses que l'on ne sait pa; ou 
que l'on ne comprend pas. 

fafouye, n. /'. Femme qui bavarde inconsidérément. 

fafouyeu, n. m. Celui qui tient des conversations insignifiantes. 

fafouyi, r. int. Parler sans réfléchir à ce que l'on dit : Ne ni fait 
qu' fafouyi, elle parle pour ne rien dire. 

fagot, n. m. Personne \étue sans goût. 

fagoté, r. int. Faire des fagots. Fig. : Mal accoutrer. 

fagoté, adj. quai. Vêtu d'une manière ridicule. 

fagot eu, n. w. Ouvrier qui fait des fagots. 

fait (au), loc. aie. Au courant. ïèsse au fait, être au courant d'une 
affaire, de ce qui se passe ; mète au fait, renseigner exactement 
sur des choses qui intéressent. 

fait (si), loc. ait. (lang. d'ayi). Vos u l'aros nin vequ ? — Si fait: 
vous ne l'avez pas vu ? — - Si. 

fait (in s'), adj. quai. Si gros, si grand, si beau, etc.; tapé in s fait 
bokè d'tchau, jeter un si gros morceau de viande; Fém. : ène si 
faite. 

fait à fait, loc. adv. Au fur et à mesure; loyi l'blè fait à fait, lier les 
gerbes d'épeautre au fur et à mesure que l'on fauche. 



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— 57 — 

falbalas, w. w. p. Ornements de mauvais goût, franges, plissés en 
trop grand nombre, eu égard à la situation de la personne qui 
les porte; aie tous ses falbalas, on sét e'qui c'est dlèye: malgré 
tous ses ornements, on sait ce qu'elle vaut. 

fali, r. hnp. Falloir; être nécessaire; i m fali no* despêlchi, il va 
falloir nous hâter; t leu faurèt dix bègnons d'ansène pou z acrachi 
c'tère-là comifaut ; dix tombereaux de fumier leur seraient 
nécessaires pour fumer convenablement celte parcelle de terre. 

faméne, w. f. Famine, disette de vivres. 

fameu, adj. quai Célèbre, renommé, excellent; dou fameu vin. 
d'excellent vin. Ironiquement, piètre, pauvre. C'èssï in fameu 
ouvri. 

fameuzmint, adc. Extrêmement; çastèt fameuzmint bon: c'était 
excellent. 

fanferluche, n. f. Ornement brillant, mais sans valeur. 

Fanîye, n. p. f. Stéphanie, Fannv. 

farau, n. m. Bière belge. 

farce, n. f. Anecdote plaisante ou bouffonne : conté des farces \ niche, 
espièglerie : fé des farces. — Fé l'fdrce à ène sakiye, manquer de 
parole à quelqu'un, abuser de» sa conliance. Au:è ï farce, être 
trompé, attrapé. Fé d'ses farces, avoir des écarts de conduite. 

fârceu, n. w. Celui qui aime à rire, à se moquer. 

farène, n. f. Farine; in satch di f arène, un sac de farine. 

fargotia, n. ni. Petit fagot. 

farinasse, adj. quai. Qui donne au goût l'impression de la farine 
sèche. 

farinî, n. w. Meunier, garçon meunier. 

farmaceriye, n. f. Pharmacie. 

fau, /*. m. Hêtre. (N'est plus guère usité). 

faubètch à-crèsse, n. /". Femme revèche, méchante. 

faucon, n. m. Petite botte de paille débarrassée des mauvaises herbes 
et dont on a ménagé le chaume en ne battant que les épis; fé 
des mouches aicè in faucon di strin d'swèlc, faire des liens avec 
une botle de paille de seigle. 

fau-cu, n. ni. Bourrelet que les femmes portent sur le derrière de 
leur jupe pour l'épaissir. 

faude, n. /'. Meule de bûches destinées à la fabrication du charbon de 
bois dans les forêts. 

faudjou, h. ///. Faux jour. 

faudreu. n. m. Charbonnier, ouvrier qui confectionne et surveille 
une faude: ène ijute di faudreu, une hutte de charbonnier; 
ène bèrnète di fâudreu, une brouette dont le devant est fort 
haut. 

faufèrlouche, n. m. et /'. Celui ou celle qui agit vite, mais à tort et a 
travers. 



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- 58 - 

faufilâdje, n. m. Action de faufiler. 

faufilé, v. tr. Coudre provisoirement les pièces d'un vêtement. 

faufilé (s'), ç. pron. : Se glisser, s'insinuer adroitement. 

faufilure, n. f. Fil qui a servi à faufiler. 

fauji, n. m. Morceau de charbon de bois; ène bène di faujis. une 
banne de charbon de bois. 

faussé, v. tr. Plier, tordre, déformer ; fausse ène clK déformer une 
clef, la mettre hors d'usage. 

fautchâdje, n. 1:1. Fauchage, action de faucher; au fautchâdje des 
wayins. à l'époque où Ton fauche les regains, au commencement 
de l'automne. 

fautchant (en), loc. adv. De biais; tapé en fuutchant, lancer, jeter un 
objet de biais. 

fautcheu, n. m. Faucheur, ouvrier qui fauche, moissonneur. 

fautcheu, n. m. Araignée ù longues pattes et qui ne tile pas de toile. 

fautcheuse, n. /". Machine agricole qui sert à faucher. 

fautchi, v.tr. Faucher, couper des récolles avec une faux; fnutchi 
don trèfr, dèl blé. d'I'aicinne, dou icayin, faucher du trèfle, de 
l'épeautre, de l'avoine, du regain. 

fautchîye, n. f. Ce qu'on abat d'un coup de faux. 

faute, n. f. Chute d'une balle, envoyée par le livreu, on dehors du 
jeu occupé par la partie adverse : ène faute compte quinze. 

fauté, v. int. Commettre uue faute. Quand une jeune lille a eu un 
enfant, on dit qu'èlc a faute. 

fautèye, n. m. Fauteuil. 

fauve, n. /". Légende, conte, récit transmis par la tradition ou inventé. 
Harontè des fauves et djoirè au couyon sont les distractions 
favorites de nos campagnards pendant les longues soirées 
d'hiver. 

favète, n. /'. Fauvette, oiseau de l'ordre des passereaux. 

favéte, 71. f. Légumineuse qui entre dans la nourriture des besliaux. 

fayé, adj. quai. De peu de valeur, médiocre, usé (peu usité). 

fayène, n. f. Faine, fruit du hêtre ; oie di fayènes, huile de faines. 

fayéne, n. f. Fouine. 

fé, r. tr. Faire, produire, construire, inventer, parcourir. contrefaire; 
mettre au monde. Y. pron.: *' /i/, s'habituer, se faire.-— I'. int.: 
Fé di s né, faire des embarras. Satisfaire un besoin naturel : fé 
dins ses eu lot es. 

fé, r. tr. Faire (lang. d'ayi); s'emploie comme fé. 

fèchau, n. m. Putois; invar came in fèchuu, noir comme un putois. 

féci, r. tr. Enlever le fumier d'une étable: feci les vatvhes ; d'une 
écurie : féci les t eh vans. 

fél, adj. quai. Qui a le caractère entier, autoritaire et rude. 



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-59 - 

fèl, adj. quai. Sensible au toucher en parlant d'une partie du corps 
malade, meurtrie ou blessée ; mi pî sticartchi est co fèl. mon 
entorse est encore douloureuse au toucher. 

fôlmint, adv. Extrêmement, très durement; méchamment. 

fêlé, r. tr. Fêler. 

fêlé, w. îw. Son d'un objet fêlé; nossc cocotc sone li fêlé. 

Félisse, n. p. m. Félix. Ce mot entre dans la phrase suivante formée 
de mots français, que l'on donne à deviner et à laquelle on pré- 
tend attribuer un (aux air de latin : Pelisse portna, selnimi, 
rèrsimi, largata, Félix tua un porc, il no sala point la viande, 
les vers s'y mirent et le lard se gâta. 

féluya, n. m. Rameau avec ses feuilles. 

lème, ii. /'. Épouse ; en orne acv s fhne. un mari avec sa femme. 

fèmîyrîye, n. f. Fumée qui se renouvelle et devient insupportable. 

fôm'yant, adj. quai. Fumant, qui produit de la fumée. 

fèm'yi, r. int. Exhaler de la fumée ; / fèmùje droci, ça fume, la 
fumée se répand dans la chambre au lieu de monter dans la 
cheminée. 

fèm'yère, n. f. Fumée. 

fèm'yon, ». m. Fumeron. 

fénâdje, n. m. Fanage; li fènâdje dou wat/in est souvint malauji; le 
fanage du regain est souvent difficile. 

fènasse, m. /'. Herbe grande et fine qui pousse généralement dans les 
lieux incultes où les mauvais terrains et qui donne un foin sans 
valeur. 

fènè, r. tr. Faner, faire sécher l'herbe fauchée. — V. pron.: s'fènè. 
se faner, perdre de sa fraîcheur, de son éclat. — I'. intr.: 
Flétrir, se dessécher. 

féneu, n. m. Celui qui fane le foin, faneur. 

fénèyant, r. et adj. Fainéant. 

fénéyantije, n. f. Paresse habituelle. 

fèrâdje. n. m. Action de ferrer, de garantir avec du fer. 

férayi, v. int. Lutter ardemment en grattant le sol avec les pieds, eu 
piétinant, pour se débarrasser. 

férdinne, n. f. Fredaine ; quan il a i/cn fait toutes ses férdinnes, i s'a 
marié, il s'est marié après avoir fait toutes ses fredaines. 

fèré, n. m. Perche munie d'un croc à l'une de ses extrémités et 
servant à diriger une barque, un bateau; ïfère dou passai d'hre, 
la gaffe du passeur d'eau. 

férè, r. //■. Ferrer ; clouer un 1er au sabot d'un cheval. 

féreu, u. ?//. Celui qui ferre. 

férfoute, adr. Au loin, au diable ; djv l'ai coi/i fh-foutr, je l'ai con- 
gédié vivement et brusquement ; ra : ê frrfoulr, va -t'en au 
diable. 



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— 60 - 

fôrgouyète, n. f. Tisonnier. 

fèrgouyi, v. int. Remuer le charbon d'un poêle avec un tisonnier ; 
tourner et retourner un bâton, une tige dans un trou ou un 
objet pointu dans les dents. 

férgouyeu, n. m. Celui qui fèrgouye. 

fèrloke, n. /. Haillon ; il èsst à fèrtokes, il est vêtu de haillons. 

férlokeu, n. m. Celui qui est déguenillé. 

fèrmint, n. m. Ferrement, objet, garniture en fer. 

fèrtiyant, adj. quai. Remuant, souple et résistant tout à la fois. 

fôrtiyi, t. int. Se débattre avec des mouvements vifs et rapides ; 
si t'avès vèyu corne i fèrtiyèt. si lu avais vu comme il frétillait. 

fesse, n. f. Fesse. Aucè su les fesses, être fouetté. 

fèsséye, n. f. Fessée, coups appliqués sur les fesses; .se tu nchoutes 
ne, t'ènn aurès yène di fèsséye, si tu n'obéis pas, tu auras une 
rude fessée. 

fèstonè, o. int. Tituber, aller de eà, de là, parce qu'on a trop bu. 

fôtchère, n. f. Fougère ; coutchi su ène payasse di fètchbre, coucher 
sur une paillasse de fougère. 

feu, n. m. Feu ; alumè et distinde li feu, allumer et éteindre le feu ; 
couciè l'fm. mettre de la cendre sur les charbons ardents ; wète 
li feu, allumer un incendie. Fig. : cautériser avec un fer rouge. 
Mete les feus, essarter à feu courant, en enflammant, a un jour 
fixé par l'autorité, les feuilles sèches, la mousse, les brindilles, 
etc., d'une coupe, (in a l'feu, un incendie a éclalé. — Aire Cfeu 
dins l'cirar, être fort altéré, avoir une forte lièvre. A'Wé ni feu 
ni lieu, êlre sans domicile. (Irand feu, feu de joie que Ton fait 
le dimanche qui précède le mardi gras; les jeunes gens dansent 
tout autour en criant : « Au grand feu, les chijes ou feu » : au 
grand feu, plus de veillées. 

fève, n. /'. Haricot. — Donè in pwès p<m z'awè ène fête, faire un petit 
cadeau pour en recevoir un plus important. 

fèya, n. m. Feuillet de livre; planche très mince. 

fèya, n. m. Rameau avec ses feuilles. 

fèyâdje, n. m. Feuillage. 

fôye, n. f. Feuille ; ène fèye di gâyi, di lorié\ une feuille de noyer, de 
laurier. Fig. : ène fey'e di flapi, une feuille de papier. 

fèye, n. f. Fille, amie ; bondjou, fèye, bonjour, amie (Vx). 

fèyéte, n. f. Tonneau de vin de 114- à 1 10 litres. 

fèyu, adj. quai. Feuillu. 

fi, n. m. Fils; familièrement : ami; vlà s fi. voilà son fils; tenons 
m fi, venez, mon ami. 

fidârkè, n.m. Fil de fer ou de cuivre. 

fidél, adj. quai. Fidèle. 

fièmè (V. fèmè). 



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- 61 - 

fier, n. m. Fer; in fier di tchtau, un fer à cheval ; in fier à ristindr, 
un fer à repasser; dou fier-blan, du fer-blanc. — Djanhex di 
fier, jambes infatigables; on retrouve cette expression dans le 
passage suivant de la chanson de Djan Pansau. sorte de gueux 
légendaire qui personnifie les mendiants réclamant la part à 
Dieu dans les repas de noces, de fêtes el dans les festins. 

Djan Pansau n'a nin eu soupe : 

Si vos plét de li en donù ; 

Tayos \vô, tayos bas, (taillez haut, taillez ba^) 

Ta vos au mitant dou plat. imitant, milieu). 

Dj' ai des dj aubes di fier, 

Dji cours corne iu cièr; .fier, ivif) 

Dj' ai des djanbes di fustu. fiislu, f(Uu) 

Dji tches toudi su mV (dji tchés, je tombe . 

(lang. d'ayi). 

fier, adj. quai Fier. Excellent, fameux; bicare dou cin et dou fier: 
remarquable : c'èsst in fier ripas qui riz a donè, il nous a 
servi un excellent repas; anr in fier toupet , avoir beaucoup de 
hardiesse et d'effronterie. 

fiérmint, adv. Fièrement; il ont passé fiérmint, ils sont passés 
fièrement. 

fierté, w. f. Fierté. 

fiésse, n. /*. Foire ; /' fièsse mu of/nmis, foin» qui a lieu à Civet, le 1 1 

novembre. 
fieu, ;/. w. Celui qui fait; in fini ri'qrimti>cs. un faiseur de tarons; 

in fieu d'tours. un saltimbanque ; in fini d'enharas, un faiseur de 

manières. 
fieu, //. m. Camarade, copain; in hou /•>«/, un bon gaivou. 
Fifine, n. p. f. Joséphine ; on dit encore Fine. 
fignèsse, n. f. Fenêtre ; sautlè pn l'fignèsse. sauter par la fenêtre. 
fignolâdje, n. m. Recherche minutieuse dans la manière de s'habiller. 

fignolé, r. tr. Enjoliver (un travail). — I . int. Se vêtir avec 

recherche jusque dans les détails : /' rlà qinke qui fignole! 
fignoleu, n. m. Coquet. 
figure, w. /'. L'une des parties d'un quadrille. 
fike, w. f. Figue. 
fiksia, n. w. Fuchsia. 
filâdje, n. m. Action de filer, de faire du fil. 

filé, v. tr. Filer (du chanvre, du lin, etc). — Fig. : W int. S'en aller 
très vite. Xosse bire file, notre bière se décompose et devient 
visqueuse. Li lanpe file, une fumée épaisse s'échappe de la 
mèche. 

filé, n. m. Fil dont on se sert pour coudre : èrièchèt d' filé, uu éche 
veau de fil. 

filé, n. m. Petite membrane sous la langue; mrè l' filé bé rùpè, avoir 
la langue bien pendue. 

filé, v. tr. Filer (Vireux). 



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filen, w. m. Celui qui file; Fôm.: fileûse. 

Filominne, n. p. f. Philomène. 

fin, n. f. Fin, ce (jui termine. — Fé en? fin, on iinir. Lor. adv. : al fin 
des fins, finalement, à la fin. 

fin, adc. Très, fort ; fin fou, complètement fou; fin sa, tout à fait 
ivre ; fin bon, très bon. 

finâlmint, adc. Finalement. 

finaumwès, //. /'. Mois de la fenaison, saison des foins. 

findache, n. f. Longue fente d'une jupe, d'une étoffe déchirée. 

finde, r. tr. Fendre, diviser, séparer; finde dou torts, fendre du bois. 
Fig.: Finde li tienne, causer de la douleur ou incommoder par un 
grand bruit. Djalè à pire finde, geler à fendre la pierre, geler très 
fort. — Part, passé : findu. (induire. 

findrèt, n. m. Sorte de hachoir. 

finète, adj. quai. Menue, délicate; <U*sfinètrs inuains. des mains ti nos. 

finfèrluche, n. f. Fanfreluche. 

fini, r. tr. Finir, terminer. 

fini, adj. quai. Complet, fiefi'é ; c'èssi* in yneu fini, c'est un fieffé 

coquin, 
finichmint, n. m. Cessation, achèvement, tin. 
finte, n. f. Fente, 
fiœr, n. m. Foin; nos z avons rintré noss' fiier, nous avons rentré 

notre foin (Vireuv). 

fion, n. m. Moquerie; plaisanterie blessante; afiVont. 

fïve, n. /. Fièvre. ïcssc al five, avoir une forte fièvre. Fig.: Être très 
inquiet, anxieux. 

fiyate, n. f. Confiance ; an a pont d'fiyate à li % on ue peut avoir 

aucune confiance en lui. 
fîye, /*. /'. Fois; entre dans la composition de qnêkfiye. quelquefois, 
fiyi (s*), r. pron. Se [\ev. 
fiyoteu. n. m. Jeune homme volage. 
fiyoû, n. m. Filleul. Fém. : fiyoùle. 

fizia, n. m. Fuseau. — Aicè des djnnbes di fizias. avoir les jambes 

grêles. 
fizik, n. ni. Fusil, arme à feu. 

flabaudè, r. int. Tomber à bras raccourcis sur quelqu'un; adminis- 
trer une volée de coups de hàlon ; frapper des arbres avec une 
gaule. 

flache. adj. quai. Mou, abattu. 

flachi, r. int. Frapper à coups de bâton, de fouet ; i flache sur zèles à 
vos di scoriye, il frappe sur eux à coups de fouet. 

flachi, \\ tr. Coucher par terre des plantes, des moissons, les verser ; 
il vint et l'plonve ont flachi noss fromint. le vent et la pluie ont 
versé notre blé. 



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- 63 - 

flamauche, n. f. Flammèche. 

flamè, v. int. Flamber; voss* feu eut ralumè. là qu'i flame; votre feu 
est rallumé, le voilà qui flambe. 

flaméye, n. f. Flambée; ène bone flaméye nos z a rachandis: une 
bonne flambée nous a réchauffés. 

flamin, n. p. m. Flamand. — N. m. et adj. : flamand. 

flam'yi, r. int. Produire de petites flambées par intervalles; H feu 
est distindu, mais i flamiye co\ l'incendie est arrêté, mais le feu 
flambe encore de temps en temps. 

flan, «. m. Flanc; pi: côte. Advina : qu'est-ce qu'a les flans su l'pia? 
— In tonia rèklè d'bwès; Devinette : Qu'est-ce qui a les flancs 
sur la peau? — Un tonneau dont les cercles sont en bois. 

flanbè, r. tr. Passer au feu ; flanbè in poulet. 

flanbè, adj. quai. Pris; attrapé, perdu. 

flanbia, n. m. Flambeau; torche de résine. 

flanchi, v. int. Reculer; lâcher pied. 

flâne, n. f. Fane; des flânes di canadas, des tiges de pommes de terre. 

flani, r. tr. Flétrir, faner; li solia a fia ni noss himkèi. le soleil a 
flétri notre bouquet. — V. pvon. : s flani, se faner, se flétrir. 

flani, adj. quai. Fané, flétri; dèl salade flamyc, de la salade fanée. 

flanko, v. tr. Jeter, lancer brutalement. Ffg. : Flankc ène sakwè au 
né d'ène sakiye, rappeler à quelqu'un des faits qui lui causent de 
la honte. 

flate, n. f. Bouse de vache. 

flatè, v. int. Fienter, en parlant de la vache. 

flatè, r. tr. Flatter, louer à l'excès. 

flatoû, n. iw. et adj. Flatteur. 

flauwe, adj. quai. Faible, sans vigueur; il a sii malade, il est co 
^aiure; il a été malacie, il est encore faible; tchèye flauwe, tom- 
er en syncope. 

flauwe, n. f. Histoire, conte, racontar. (Mot nouveau) (i). 

flauwi, v. int. Tomber en faiblesse. 

flaya, n. m. Fléau à battre. 

flèmar, n. et adj. Paresseux. 

flème, n. f. (irand dégoût du travail ; aicr l' flème. ne pas avoir envie 
de travailler. Pa ressent à l'excès : que grande flème! Quel pares- 
seux ! 

Aérant, adj. quai. Puant, nuisible, eu parlant des herbes; des flè runts 
cruuaus, de mauvaises herbes. 

flêrant, n. m. Fier, vaniteux; /' flèrant ou r flèrante désigne suffisam- 
ment la personne du village dont ou veut parler (Vx). 

(I) Sous eeltft dénomination sonl compris lo> néologisme* ou mois qui n'étaient pas en usage 
il y à un demi-siècle. 



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- 64 - 

fleur, n. f. Rougeur de l'œil, inflammation de la sclérotique. 

flèyau, n. m. Fléau, grande calamité. Individu dont la conduite est 
scandaleuse. 

flich-flach, inter. Indique une marche rapide dans des endroits 
malpropres, boue, mares, etc. 

fligote, ;/. /'. Eflilochure, menu reste de fil. 

fliksia, n. m. Fuchsia. 

flime, ;/. f. Sorte de claire que Ton vomit. 

flipe, n. m. Lorsque, dans une réunion de jeunes gens des deux 
sexes, un jeune homme trouve deux graines dans une noisette 
ou dans uue amande, il en donne une à une jeune fille en disant : 
« Nous faisons un flipe. » Celui des deux qui, le lendemain, dit 
le premier à l'autre : « Bonjour Flipe ou : bonjour Flipine, » a 
gagné le pari e! reçoit de l'autre un petit cadeau. Une jeune fille 
peut proposer un ////«• à un garçon dans les mêmes conditions. 

flitche, //. /". Corde, courroie qu'on lance à quelqu'un en la retenant 
par uue de ses extrémités. 

flitchi, t*. int. Se dit d'un corps flexible qui, d'abord plié, reprend sa 
position première ; par exemple les branches d'arbre que l'on 
courbe en passant dans un bois /litchent parfois dans la figure 
de celui qui suit; l'extrémité du fouet d'un cocher peut aussi 
/litchi au nez de celui qui passe. 

flopéye, //. /'. Crande suite de personnes. 

floraus, //. ///. fil. Fleurs, graines, feuilles qui tombent dans le gre- 
nier quand ou rentre le loin. 

flore, c tr. Frôler; s'Imston m n n /lare ïriztbl/e. son hàlou m'a frôlé le 
visage. 

florèt. n. m. Fleuret, sorte d'épée pour faire l'escrime. 

floréte, n. f. Moisissure qui se forme sur la bière, le vin, etc. 

flori, r. int. Épanouir, fleurir; 1er cèrfjh sont /loris, les cerisiers sont 
fleuris. — Paukes /loriyes. le jour des Hameaux. 

flotâdje. n. ni. Transport du bois par eau; ï/lotritlje don bicès. le 
flottage du bois. 

flotche, n. f. Petite touflé de crins, de lils réunis et serrés à l'une de 

leurs extrémités. 
flotche, n. /*. Flocon de neige. 
flotche, n. f. Fleur de houblon. 
flotche, //. /'. Ligne supplémentaire dont l'extrémité est grossie et 

arrondie et que l'on ajoute au joueur qui, ayant fait atout au 

cnnijon. ne fait pas au moins la moitié des points plus un. 
flotchîye, n. f. Petite houppe d'un bonnet de colon; gland d'une 

toque, d'une chéchia, etc. 
flotè, v. int. Flotter. 

floteu, n. ni. Flotteur qui indique l'endroit où l'on a mis des filets 

pour prendre le poisson. 
Flupe, »i. /). w. Philippe. 



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- 65 - 

flûte, r. //•. Boire beaucoup; flûte des chopes, absorber un grand 
nombre de chopes. 

fô. n. el adj. Fou (lang. d'avi). 

foncé, i*. int. Se jeter violemment sur quelqu'un ; in n in y le a fonce 
su m tvhé, un sanglier s'est précipité sur mon chien. 

fond, adj. quai. Profond ; li pusse est fond, le puits est profond. Fém.: 
fonde; mi potchc n'est né fonde assè, ma pocho n'est pas assez 
profonde. 

fonde, r. tr. Fondre, amener à l'état liquide; fonde doit hure, fondre 
du beurre; fonde don plomb, fondre du plomb. 

fondeu, n. m. Celui qui fond les métaux. 

fondrîye, n. /. Fonderie; grand établissement où l'on s'occupe de la 
fusion des métaux et de la fabrication de certains objets avec 
du métal fondu. 

Fonsine, n, p. f. Alphonsine. 

fontînne, n. f. Fontaine, lieu où l'on recueille l'eau de source. 

for, n. »//. Four, ouvrage de maçonnerie voûté où l'on cuit le pain; 
mète li pwain ou for, enfourner le pain. 

fore, v. tr. Percer, creuser. 

foreriye, n. f. Action de fore. 

formé, r. tr. Former, produire. — V. prou.: s formé, arriver à l'âge 
adulte. — T. impers.: S'amasser peu à peu:/ s'a formé hC 
n lires, il s'est formé un abcès. 

foryi, r. int. Tourner el retourner un objet pointu, une tige de 1er, 
un bâton dans une cavité pour l'agrandir ou en retirer quelque 
chose. Foryi dins ses ditits, fouiller dans ses dénis, avec une 
épingle par exemple. 

fosse, n. f. Fosse; djoirè al fosse, jouer aux billes à la fossette. 

fou, adj. quai. Fou. ïèsse fou d' djôye, être fou de joie; yèsse fou 
d'ène djône fiye, aimer une jeune fille jusqu'à la folie : 'yèsse fou 
à loyi, être fou à lier. 

foufe, m. /'. Petit objet d'habillement; ramasse ses fou feu et paurti, 
rassembler ses habits et partir ; chiffon, colifichet. 

foukâde, n. f. Caprice, fantaisie. 

foule, r. /r. Presser, écraser. — Part, passé: foulé; awè l'pi foulé, 
avoir une entorse. Fig. — V. pron.: s foulé, se presser, se hâter; 
i nsi foulon t jamais, ils ne se pressent jamais. 

foûme, n. f. Forme, moule pour soulier; on fmèt su /' foûme in sole 
trop juste, on remet sur la forme un soulier trop juste. 

foûme, n. f Rondelle de bois pour faire un bouton d'étoffe. 

four, n. m. Foin ; staurè l'foûr, li mêle à bindes, à ougnètes, à cwèjas ; 
répandre le foin, le mettre à bandes, en petits tas, en gros tas. 

fourbatu, adj. quai. Courbaturé. 

fourbature, n. f. Foulure de la main. 

fourbure, n. /*. Membrane qui enveloppe le fœtus chez la vache. 



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fourè, r. tr. Introduire, faire entrer; il a fourè m' confia à s'jwtche. 
il a mis mon couteau clans sa poche. — Y. pron.: s' fourè: nos 
nsavés pus i/u non fourè. nous ne savions plus où nous cacher. 

fouréye, n. /'. Herbe fraîche servant à nourrir les vaches, leschèvres, 
les lapins, etc.; èle. eut noyé al fouréye, elle est allée cueillir de 
l'herbage. 

fourgna, n. m. Petit tas de gazon séché que Ton brûle dans Péco- 
buage ou l'essartage d'un terrain et dont on répand les cendres 
pour servir d'engrais; dji m'è vas aux fourguas, je vais faire des 
fourguas. 

fourgon, n. m. Grosse tige de fer fixée à un manche en bois et servant 
à attiser le feu d'un four. 

fourguinâdje, n. m. Action de fourguinè. 

fourguinè, r. tr. Remuer le feu d'un appareil de chauffage avec un 
tisonnier, activer le feu d'un four avec le fourgon.— Fig.: V. int. 
Tourner el retourner un objet pointu dans un trou; introduire 
ses doigts dans son nez. 

fourguineu, n. m. Celui qui fourguinè. 

fouria, n. m. Fourreau. 

fourmiyi, r. int. Ressentir un fourmillement dans un membre; ça 
ni'fourmîye dins eut djanbe, cela me picote dans une jambe. 

fourmiymint, n. m. Fourmillement, picotement sur la peau. 

fournéye, n. f. Pains ou tartes cuits en une fois : eue fonrnêye di 
fautes. Fig.: Grand nombre. 

fourni, r. tr. Procurer, fournir; i faut qu l'orne fourniche à s'fènie 
tout rqu i li faut, le mari doit fournir à sa femme tout ce qui lui 
est nécessaire. 

fournicheu, n. m. Fournisseur. 

fournimint, n. m. Objets d'équipement du soldat. 

fournouri, adj. quai Trop bien nourri. 

fournware, n. f. Pelle en bois pour enfourner le pain et le retirer du 
four. 

fourtchète, n. /'. Fourchette, ustensile de cuisine. 

fourtchi, v. tr. Enlever, piquer, creuser avec une fourche; fourlchi 
dès canadas, déterrer des pommes de terre avec une fourche. 

fourtchîye, n. f. Quantité de fumier, d'herbe, etc., qu'on peut enlever 
en une fois avec une fourche ; ène fourtchîye di four, une fourchée 
de foin. 

fourtchu, adj. quai Qui fait la fourche, divisé en deux. 

fourure, n. f. Beurre, fromage, omelette, etc., que l'ouvrier emporte 
en se rendant à son travail. 

foustrîye, n. f. Tricherie au jeu. 

foutant, adj. quai. Désolant, ennuyeux. 

foutche, n. f. Fourche. 



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- 67 — 

foute, t). tr. Terme grossier employé fréquemment en wallon; jeter : 
foute à Moûse, jeter à la Meuse ; lancer : fouie in cayau, lancer 
une pierre; administrer : foute ètie trempe, battre quelqu'un; 
foule fine sakicè au né, jeter quelque chose à la face; foute si 
caskète di triciès, mettre sa casquette de travers. Foute maleur, 
éprouver du regret, une vive contrariété; çà m'a foutu maleur 
dawê stropyim' tché, cela m'a fait de la peine d'avoir estropié 
mon chien. Foute ène sakiye à ruche, expulser quelqu'un. — 
V. pron. : s' foute, se lancer brutalement; s foule route en ârhe, 
se jeter contre un arbre. / s'a foutu d'mi, il s'est moqué de 
moi. Dji m'foutrês M Piteuse au mèr; je suis on ne peut plus 
contrarié; c'est corne si on s'foutèt l'tièsse au mèr. c'est donner 
inutilement des conseils. 

foutre, r. tr. Battre au fléau des fleurs de trèfle sèches pour en faire 
sortir la graine, ou des épisd'épeautre pour en séparer les grains. 

foutrène-à-vint! inter. Sapristi ! 

foutu, adj. quai. Cassé, détruit, presque mort; mi pupr est foutûtve, 
ma pipe est cassée : me tckapia est foutu, mon chapeau est fichu; 
dji crès qu' noss' couché est foutu, je crois que notre cochon 
mourra bientôt. ïèsse ène foutue bièsse. in foutu malin, être une 
grande béte, un pauvre malin. 

foutu, adj. quai. Bâti, accoutré; waite corne il est foutu; il est tout 
crawyeu. regarde comme il est mal bâti ; il a les jambes torses; 
r'z astous mau foutu azè ç' grand saura M. vous êtes mal accou- 
tré avec votre blouse trop grande. 

fouya (V. fèyà). Toune H fouya, tourne la page, sens ligure (lang. d'ayi). 

fouyâdje, n. m. Feuillage (lang. d'ayi). 

fouye (V. fèye). Arachi des fouyes de pètrdpe, arracher des feuilles de 
betterave (lang. d'ayi). 

fouyi, t. tr. Fouiller, chercher quelque chose dans ses poches, dans 
ses vêtements ou dans ceux d'autrui ; les dwaniis nos z ont fouyis, 
les douaniers nous ont fouillés. — Fig. : V. pron. : s fouyi: ne'pas 
obtenir ce qu'on désire ; ti pès t' fouyi, tu n'auras rien.' 

fouyeu, n. m. Celui qui aime à fouiller, fouyeusc, dame au service de 
la douane pour fouiller les femmes qui reviennent de l'étranger. 

fouyu, adj. quai. Feuillu; en aube bin fouyu, un arbre très feuillu 

(lang. d'ayi). 
foyftdje, n. m. Action de bêcher, de retourner la terre à la bêche, 
foyeu, n. m. Celui qui bêche la terre, 
foyi, v. tr. Bêcher; dj'ai foyi noss' courti, j'ai bêché notre jardin. 

foyon, n. m. Taupe; li foyon boute, on voit la terre que la taupe 
repousse de ses galeries. 

framouche, n. f. Taupinière; rabatc des framouches, répandre dans 
une prairie la terre des taupinières. 

franbaûje, n. f. Fruit de la myrtille. 

franbauji, n. m. Myrtille ou airelle. 

franc, adj. quai. Sincère. Fieffé : in franc voleur. 



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— 68 - 

franc-franc, n. ni. Le roi et la dame d'atout; awè franc-franc garde, 
c'est avoir dans son jeu ces deux cartes et une moindre de la 
même espèce. 

Françwès, n. p. m. François; Fém.: Francwèse; mi pa s'iomèt 
Françwès et mman Françwèse; mon père se nommait François 
et ma mère Françoise. 

frane, n. m. Frêne, arbre forestier. 

frapè, r. tr. Affecter vivement; li mwart di s'fème l'a frapè, la mort 
de sa femme Ta fort péniblement impressionné. 

Fraziye, «. p. f. Euphrasie. 

frèche, adj. quai. Frais, mouillé; tous' saura est tout frèche. voire 
blouse est fort mouillée. 

frècheu, n. f. Humidité; élat de ce qui est mouillé; on sint l'frèchcu 
su vos spales, ousenl de l'humidité sur vos épaules; route dins 
les frèchens, marcher dans un endroit où on a répandu de l'eau; 
dins ï frècheu, dans la rosée. 

frèchi, r. tr. Mouiller, rendre humide. — I . int. Devenir humide. 

frèd, n. m. Froid. — Adj. quai. Même signification; qu'i fait frèd! 
qu'il fait froid ! Fém. : frède. 

frèdeu, n. f. Froidure, temps froid ; qualité de ce qui est froid. / fait 
eue rude frèdeu. il fait une grande froidure. 

frèdmint, adc. Froidement. 

frèdi, r. int. I)e\enir froid; on dit plutôt ru frèd i. 

fréje, //. /'. Fraise, fruit du fraisier. 

f ré j i , n. m. Fraiser. 

frêne, //./'. (îros iil de chanvre qui entre dans la composition des 
cordes, des cables. 

frère, w. ///. Frère, on dit également: monfrére: in monfrére, un 
frère: s' monfrére, son frère. 

fricassc, r. tr. Fricasser. 

fricassè. adj. quai. Rôti; incendié. 

fricasséye, n. f. Fricassée, amas de choses réduites en bouillie; mets 
cuits ou rôtis dans la poêle. 

frichtik, n. m. Repas fait en particulier et composé de mets délicats. 

frichtikè, r. int. Faire bonne chère; ces djins-là s* ont ruinés pace 
qu'il ont trop frichtikè, ces gens-là se sont ruinés parce qu'ils ont 
trop bien vécu. 

frîji, c. tr. Friser, mettre en boucles.— V. int. Se mettre en boucles. 

frîji, n. et adj. Frisé. Chou frîji, chou dont les feuilles sont recroque- 
villées. 

frindje, n. /*. Frange. 

frindji, t\ tr. Arranger en forme de frange. 

friske, adj. quai. Froid et humide, en parlant du temps; on dit 

aussi : frisse. 



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- 69 - 

friss, frass (ni), loc. adt. Signifiant : aucun reste d'un mets, d'un 
repas ; i n'ont laissi ni friss ni frass, ils ont absolument lout mangé. 

frochi, v. tr. Écraser, meurtrir; se dit surtout des pommes et des 

poires, 
frochi, adj, quai. Meurtri, à demi écrasé. 
irœd, n. m. et adj. Froid (Vireux). 
fromâdje, n. m. Fromage. 
fromint, n. m. Froment. 

fronci, t?. tr. Plisser en contractant; fronci les sourds, froncer les 

sourcils. Faire des plis serrés et cousus à une étoffe. 
front, n. m. Hardiesse, effron erie; awè don front. 
frotâdje, n. m. Action de frotter. 

frotè, t. tr. Frotter. — V. pron.: s'frotè, se frotter ; s'attaquer à. 
frotemint, n. m. Frottement. 

frougni, v. tr. Fouiller le sol avec le groin (cochon, sanglier); les 
singles ont frovyni nos canadas, les sangliers ont fouille dugroin 
nos plants de [tommes de terre. 

froûlè, i\ //•. Coucher par terre de Pherbe, des céréales, en marchant 
dessus ou autrement. 

froumejon, n. ;//. Sorte de guimauve. 

froumi, v. int. Frémir, tressaillir. 

froum'yi (V. fourmiyi). 

froyâdje, n. /. Action de frayer un sentier, un chemin, un passage. 

froyi, v. tr. Frayer, rendre praticable; c'est wi qu'a froyi CjAsinte, 

c'est moi qui ai tracé le sentier et Tai rendu praticable, 
froyon, n. m. Échaufl'ement de la peau des cuisses resullaut d'une 

marche trop prolongée; on dit : dj ai I* froyon. 
frut, n. m. Fruit, partie d'un végéliil qui succède à la fleur et en 

permet la reproduction; s'emploie surtout quand il s'agit 

d'arbres fruitiers, 
frutiasse, n. m. Qui aime beaucoup les fruits. (Mot nouveau.) 
fuche, v. int. Subjonctif présent du verbe yèsse, être. Qu'i fuvhe! 

Soit ! Tant pis. 
fumayon, n. vt. Mauvais fumeur, fumeur inexpérimenté. 
fumé, v. tr. Fumer, brûler du tabac et en aspirer la fumée; fumé 

ène pupe, fumer une pipe; au figuré, cette expression signifie : 

être fort dépite sans oser le laisser paraître. 
fumèle, n. f Femelle. 

fumelè, r. tr. Arracher le chanvre mâle d'une chènevière. 
fumeu, n. m. Fumeur. 
fumi, v. tr. Engraisser un terrain (Vireux). 
fustu, n. m. Fétu, tige, chaume d'une céréale; in fustu di strin, un 

fétu de paille. 
fuzéye, n. f. Fusée. Jet de vomissement après de trop copieuses 

libations. 



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-70 — 

fwace, w. f. Force ; puissance d'action ; mes fwaces sV vont, mes 
forces s'en vont. Di fwace. de force; à fwace dt, à force de. 

fwadje, n. f. Forge. 

fwain, n. f. Faim; mori d'fwain, mourir de faim, être affamé. 

fwarci, t\ tr. Forcer, briser, rompre par force ; amener quelqu'un à 
faire une chose par la force; violenter. — V. pron.: s fwarci, se 
contraindre, s fwarci à mougni, s'efforcer de manger. 

fwardji, v. tr. Forger; travailler un métal au feu et au marteau. 
Fig. : Inventer (une histoire, un conte). 

fwarmint, adv. Fortement. 

fwè, n. f. Foi ; navoè ni fwè, ni Iwè. n'avoir ni foi, ni loi ; ma fwè, 
cest vrai, par ma foi, c'est vrai. 

fwè, n. m. Foie. 

fwè, n. m. Fagot ; in fwè di gn'gnèsses. un fagot de genêts. 

fwèbe, adj. quai Faible. 

fwèblèsse, n. f. Faiblesse, manque de force ; tchèye di fwèblèsse, 
défaillir, n'en pouvoir plus. 

fwèbli, v. int. Faiblir, devenir faible; perdre de sa résistance. 
(A suivre.) J. Waslrt. 



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- 83 — 

Vocabulaire Wallon-Français 

(Dialecte Qivetois) 

(suite) 



g, n. m. Consonne, septième lettre de l'alphabet. Le g est dur devant 
les voyelles a, o, u; gavio, gosier; goyes, scrofules; guèrnî, gre- 
nier; il en est de môme devant les consonnes; gtètè, baver; 
graur, égratigner; etc. Il se prononce comme le j quand il pré- 
cède les voyelles e, é, è et t : gêyant, géant ; ginnè, gêner ; etc. 

gabri, n. m. Cabri, petit de la chèvre. 

gabriole, n. f. Cabriole. 

gabriolè, v. int. Cabrioler. 

gadlè, v. int. Mettre bas, en parlant de la chèvre. 

gadlî, n. m. Chevrier. Individu maladroit, sans aptitudes. 

gâdje, n. m. Gage. Pluriel : gâdjes, salaire d'un domestique, d'une 
servante. 

gadjeu, n. m. Celui qui parie, qui aime à parier. 

gadji, v. tr. et v. int. Parier. 

gâdji, v. tr. Payer, salarier un domestique, une servante. 

gado, n. m. Chevreau ; achtè enc gâte et scsgados, acheter une chèvre 
et ses chevreaux. 

gado, n. m. Partie inférieure de la patte de certains animaux. 

gaga, n. m. Niais, dadais. 

gaiye, ailj. quai. Gai. Légèrement pris de boisson. 

gaiyemint, adv. Gaiement. 

galaf, n. et adj. Goinfre, goulu. 

galant, n. m. Celui qui courtise une jeune iille, prétendant, amou- 
reux ; èle est trisse, èle n'a pont yeu d' galant al dicaûsse ; elle est 
triste parce qu'elle n'a pas eu dé bon ami à la fête. 

galapia, n. m. Individu sans vergogne. 

gale, n. /'. Maladie contagieuse de la peau. Fig. : Mxcaije gale, mau- 
vaise gale, personne méchante, 
galèryin. n. m. Polisson, mauvais sujet. 

galète, n. /*. Sorte de pâtisserie faite avec de la farine, du lait, du 
beurre, des œufs et travaillée comme la tarte, mais cuite dans 
un gaufrier ; nos frons des galèles al nourrie anëye ; nous ferons 
des gaietés au jour de l'an. 

galfèrti, n. m. Individu irréfléchi, peu sérieux ; ouvrier qui gâche 
son travail. 

galmachi, r. tr. Embrouiller les choses dans le but de tromper (Mot 
nouveau). 



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— 84 - 

galmachriye, n. f. Brouillamini ; confusion de faits provoquée par 
l'intention de duper (Mot nouveau;. 

galotche, n. f. Galoche. 

galotcheu, w. m. Celui qui fait du bruit en marchant avec des 
galoches. 

galotchi, v. int. Marcher dans des sabots, des chaussures trop lon- 
gues et trop larges, qui traînent et frappent sur le sol. 

galotchriye, n. f. Action de galotchi ; bruit qui en résulte. 

gamèle, n. /. Gamelle. Mougni al gamèle, être soldat. 

gangnàdje, n. m. Gain, salaire ; awè in bon gangnâdje, avoir un 
salaire élevé; mèteses gangnddjes di costè, mettre son gain de 
coté, économiser ce que Ton gagne. 

gangnant, n. m. Gagnant. 

gàngni, v. tr. Gagner, recevoir le prix d'un travail, recueillir les 
bénéfices d'un commerce, etc.; gângni d'I'ârdjint, gagner de 
l'argent ; gângni l'prix, gagner le prix, être vainqueur ; parvenir, 
arriver à gângni l'vàge, gagner le chemin; contracter, gângni 
les rouvioûles, attraper la rougeole. Gângni s'picain, s'viyc, 

!;agner son pain, sa vie. — V. pron.: $' gângni, être contagieux; 
es pokètes, çà s' gângne, la variole est contagieuse. — V. int.: 
Gângni aux djanbes, s'enfuir à toutes jambes. Li feu gàngnc, 
l'incendie augmente ; li maladiye gângne li liesse, la maladie va 
atteindre la tête. 

gangrînne, n. f. Gangrène. 

gangrînnè, v. tr. Gangrener. — V. pron.: s' gangrinnè, se corrompre, 
pourrir de gangrène ; si djanbe si gangrînne, sa jambe se 
grangrène. 

garâdje, n. m. Garage. 

garçon, n. m. Ouvrier pâtissier, coiffeur, etc. Appellation adressée à 
un jeune homme : vos vlà, garçon. 

garde, n. m. et f. Garde. Fig. Awè li riwè garde, au jeu de cartes, 
signilie avoir en main le roi et une basse carte de la même 
espèce qui le garde, qui le protège. 

gardé (yêsse), v. passif. Un joueur dit qu'il est garde quand il a le 
roi ou la dame avec des cartes inférieures de la même espèce qui 
lui permettent di fourni al caute et de conserver soit le roi, soit 
la dame. 

gardèrôbe, ». f. Grande armoire où l'on serre le linge. 

garène, n. f. Clapier pour l'élevage des lapins domestiques. 

gargouyemint, n. m. Borborygme. 

gargouyi, v. int. Produire dans le ventre un bruit semblable à celui 
d'un liquide agité dans un tuyau. 

garguète, n. f. Gorge ; djè l f ai atrapè pal garguète et dj' l'ai staurè ; 
je l'ai saisi à la gorge et l'ai renversé. 

gargote, v. int. Se dit d'un aliment liquide qui cuit à gros bouillons. 

gargotî, n. m. Mauvais ouvrier. 



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— 85 — 

garni, v. tr. Garnir, orner, doubler. 

garnisére, n. m. Mauvais garnement. 

gftrse, n. f. Se dit en bonne et en mauvaise part ; c' gârsc là, èle keut 
joliment cite et fre, cette personne adroite et habile coud vite et 
bien : c'est c qàrse là qu'a cassé m' soupière: c'est cette personne 
sotte et malaaroite qui a cassé ma soupière. S'emploie parfois 
pour désigner une fille ou une femme gaie et enjouée. 

gastrike, n. f. Gastrite. 

gale, n. f. Chèvre. Pia d' gâte, peau de chèvre tannée que Ton met 
sur les épaules et le dos pour se garantir de la pluie. Pèlcl di 
gâte ! sorte de juron de désappointement, de colère. 

gale, n. f. Sorte de chevalet pour scier du bois ou faire des fagots. 

gàtè,t\ //-.Abîmer, défraîchir, détériorer. Fig. : Corrompre. — Y. prou, 
s' gâté, se pourrir, se corrompre. Fig.: Se troubler, en parlant du 
temps; là l'tins qui s' gâte, nos z'aurons dèl plouue ; voilà le 
temps qui se gâte, nous aurons de la pluie. 

gâté, adj. quai Gâté. Èfant gâté, enfant dont on satisfait trop les 
désirs. 

g&l'mwinn&dje, n. m. Celui ou celle qui provoque la brouille entre 
mari et femme. 

g&l'mèsli, n. m. Gàte-métier; celui qui vend ou qui travaille trop 

bon marché. 
gauchi, adj. quai. Gaucher ; on dit aussi pawène. 
gauchi, n. w. Joueur de balle qui est à passe gauche. 
gaudron, h. m. Goudron. 

gaudronè, v. tr. Goudronner, enduire de goudron. 
gaudrouyi, v. int. Produire une fumée épaisse et suffocante. 

gaudrouyerîye, n.f. Formation continue de fumée dans un local dont 
la cheminée ne lire pas, ou dans un endroit d'où la fumée ne 
sort que difficilement. 

gaume, n. f. Gomme. 

gave, n. /. Gésier; poitrine, gorge; apougni al gâte, saisir à la gorge. 

gavé, r. tr. Faire manger à satiété. — V. pron.: s'gacè, s'empiffrer. 

gavio, n. m. Larynx; scrè ï gavio, étreindre la gorge. 

gawe, n. f. Petit instrument sonore qu'on place entre les dents, guim- 
barde. Taire si gaice, ne plus parler. 

gâye, n. /*. Noix, fruit du noyer ; in scangne di gage, une coque de 
noix. Un jeu d'enfants consiste à se placer deiix à deux l'un en 
face de l'autre et à se tenir mutuellement par la main droite et 
par la main gauche, les bras en croix; on tire ensuite alterna- 
tivement chaque bras en disant : shje, sage, des pomes et des 
gages. 

gayèl, n. m. Taureau. 

gayele, n. f. Petite bosse provenant d'un choc à la lé te. 

gayote, n. f. Morceau de charbon de grosseur moyenne. 



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— 86 — 

gâyî, ti. m. Noyer, arbre qui produit les noix. Gayi (lang. d'ayi). 

gayole, n. /'. Bavard. 

gayole, n. f. Cage à oiseaux. Fig.: Prison. 

gayolî, n. m. Homme d'un caractère léger et ne méritant pas beau- 
coup de confiance ; se dit aussi d'un fanfaron et d'un ouvrier 
maladroit. 

gayouf, n. m. Esbrouffeur. 

gasète, n. f. Journal. Fig.: Colporteur de nouvelles. 

gazti, n. m. Journaliste, gazetier. 

géléye, n. f. Sorte de conliture : dél gèléye di pirarc, de la gelée de 
poire. 

gèléye, n. f. Suc de viande refroidi et de consistance molle et gélati- 
neuse. 

Gèlique, n. p. f. Angélique. 

général, n. m. Général, officier qui commande une brigade, une 
division, etc.; pluriel : des générais. 

Géniye, h. pr. f. Eugénie. 

gènlye, n. m. Esprit ; mwais géniye, le diable, un corrupteur. Talent, 
abtitude extraordinaire. Corps militaire chargé de construire, 
d*attaquer ou de défendre les places fortes. 

gesse, n. m. Geste ; fé des gesses en cauzant y faire des gestes en par- 
i lant. 

gèyailt, n. m. Géant. Féin.: gèyante. 

gèyomète, n. m. Géomètre, arpenteur. 

gife, n. f. Gifle. 

gifè, v. tr. Gifler, souffleter. 

ginnè, v. tr. Gêner. 

ginnè, n. m. Celui qui est gêné ; les gens manquant de savoir-vivre 
disent souvent : « Cest l' ginnè qui s'è va », c'est à celui qui est 
gôné de s'en aller. 

gînneu, n. m. Gêneur. 

giroufe, n. m. Girofle ; clau d' giroufc, clou de girofle, bouton 
desséché du giroflier. 

glace, n. f. Glissoire. 

glairyant, adj. quai. Glaireux. 

glairyi, v. int. Prendre la consistance gluante d'un glaire ; filer. 

glawine, n. f. Personne bavarde et criarde. 

glène, n. /'. Poignée d'épis glanés. 

glète, n. f. Bavure sur le menton, sur les vêtements. 

glètè, t. int. Baver, laisser couler sur le menton, sur la poitrine, une 
partie du liquide que l'on boit; glètè su s' djilèt, baver sur son 
gilet. 

glî»teu, il. m. Celui qui bave. 



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- 87 — 

glimiant, adj. quai. Gluant, visqueux. 

glissi, v. tr. Glisser, mettre, couler adroitement ; i H a glissi in papl 
dins Vmwain, il lui a glissé un papier dans la main— V. mon.: 
s' glissi, s'insinuer, pénétrer doucement. — V. int. Glisser, 
patiner. 

gloria, n. m. Petit punch qu'on fait dans la soucoupe après avoir 
pris le café. 

gloriète, n. f. Berceau de feuillage. 

gn'a, Contraction de il y a. 

gn'ènn a, id. il y en a. 

gn'ènn è, id. id. (Vireux). 

gnaf, n. m. Savetier. 

gnangnan, n. m. Celui qui gémit continuellement; enfant pleur- 
nicheur. 

gnèr, n. wi. Muscle ; aicè dou gnièr, être résistant h la marche, à la 
fatigue, (inér di boû> nerf de bœuf. 

gnôrson, n. m. Hérisson. 

gnèrsu, n. m. Enfant malingre. 

gnôrveu, adj. quai. Bien musclé, qui a les muscles très forts. 

gnôti, v. tr. Nettoyer, rendre propre ; gnèti des carotes, nettoyer des 
carottes avant de les faire cuire ; on dit aussi gnètyi. 

gnèteu, n. m. Celui qui nettoie. 

gn'gnèsse, n. /*. Genêt (V. djignèsse). 

gn'gno, n. m. Genou (V. djigno). 

gnognote, adj. quai. Toute petite ; en ramassant les pomes, ws lirons 
les gnognotcs, en ramassant les pommes, >ous laisserez les toutes 
petites. 

gnouf, n. m. Museau ; groin du porc. 

gobèrgi (s 1 ), V. pron.: Faire bombance. 

gobinète, n. f. Gobelet ; petit ustensile pour boire. 

gobiye, n. f. Chiffon, loque ; in martchand iïgobUjes, un marchand 
de chiffons. 

gobiyerèsse, n. f. Marchande de chiffons. 

godayeu, n. m. Celui qui boit beaucoup, qui aime à s'amuser ; 
viveur. 

godayi, v. int. Faire de côté et d'autre des débauches de table. 

godet (tchvau), n. m. Cheval de carton porté dans les cavalcades 
par un homme qui parait en être le cavalier. 

godu, n. vi. Verrat ; homme intempérant et coureur. 

golia, fi. m. Colza. 

gonèle, n. /*. Bagout ; bavardage fatigant : ê vlà gène di gonèle ! en 
voilà une langue! Figure, visage ; foute su [gonèle, frapper au 
visage ; battre. Fig.: Fouit al gonèle, jeter au iiez. 



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goria, n. m. Collier de cheval ; pivartè in goria au goyèrli. porter un 
collier au bourrelier. Pièce de bois qui s'emboîte sur les épaules 
et dont chaque extrémité est terminée par une corde ou une 
chaîne munie d'un crochet ; avec le goria, on peut porter deux 
seaux d'eau, deux paniers, etc. 

goudjète, ii. f. Petit sac dans lequel on met l'argent que l'on écono- 
mise; la somme elle-même. 

goudjète, n. f. Jeune fille étourdie ; jeune drôlesse. 

gougni, v. tr. Heurter avec un corps dur; i m'a gougni en douviant 
l'uchc ; il m'a heurté en ouvrant la porte; donner un coup de 
coude à quelqu'un pour attirer son attention ou pour le faire 
taire. — V. réci.: s' gougni, se cogner mutuellement, à la tète, 
par exemple. — V. prou.: se heurter à un corps dur. 

goulaf (V. galaf). 

gouléye, n. /'. Quantité d'aliments que peut contenir la gueule d'un 
animal et, en mauvaise part, la bouche d'une personne. 

gourè, v. tr. Vendre trop cher ; tromper, attraper (Peu usité). 

gourmète, n. f. Partie du bonnet d'une femme qui se noue sous le 
menton. 

goût, n. m. Odeur; sinlc in drolc di goût, sentir une odeur désa- 
gréable ; saveur. Fig. : N'awc dou goût à ré, n'avoir aucune dis- 
position, aucune inclination; ne pas posséder d'aptitude pour 
l'aire avec adresse ou élégance. 

goûte, n. /'. Eau-de-vie ; achtè dèl goule ; bware H goûte, acheter de 
Peau-de-vie, en boire un petit verre. — Loc. adv. Eue goûte. 
un peu, un moment ; d mérous ène goûte, restez un moment avec 
nous. 

goutè, r. int. Dégoutter; se dit d'un liquide qui tombe goutte à 
goutte, qui distille peu à peu; le linge mouillé goûte; un robinet 
mal fermé goûte également. 

goutière, n. f. Gouttière. 

goutîre, n. f. id. (lang. d'ayi). 

gouvion, n. m. Goujon. 

goye, n. /*. Abcès scrofuleux; au pluriel : scrofules; cicatrices qu'elles 
produisent. 

goyèrli, n. m. Bourrelier. 

goyète, n. f. Brebis, mouton; aurdè les goyètes, garder les brebis (Vx). 

goyu, n. m. Scrol'uleux. 

gozau, 11. m. Chausson aux pommes, aux cerises. Fig.: Chaussure 
déformée. 

gozète, n. f. Bosse produite à la tète par un choc; le choc lui même. 
que gozète qu'on H n fait! quelle bosse on lui a faite à la tète ! 
«7 a yen ène bone gozète, il a reçu un bon coup. 

gozète, n. /'. Dette d'une certaine importance. 

gozi, n. m. Gosier. 



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— 89 - 

grabouyâdje, n. m. Griffonnage; écriture illisible; fè des grubouyâdjes 
au lieu di scrire; faire des grillon nages, écrire illisiblement au 
lieu de former une bonne écriture. 

grabouyète, n. /*. Tisonnier. 

grabouyeu, n. m. Celui qui grabouye. 

grabouyi, v. tr. Griffonner ; grabouyi deux ou trirès lignes, écrire 
très mal deux ou trois lignes. 

grabouyi, v. tr. Introduire un tisonnier dans le foyer d'un poêle pour 
activer le feu; grabouyi ï /eu. — V. int.: grabouyi dins s'néawè 
ses dèis, remuer le bout des doigts dans son nez ; grabouyi dins 
ses dints, introduire et remuer un corps pointu dans ses' dents. 

grabouyi, v. tr. Chatouiller; rà m' grabouye dins l'orèye, je ressens 

un chatouillement dans mon oreille. 
grâces, n. /'. Prière dite après le repas ; on tchante les grâces après in 

bon rpas, on chante les grâces après un bon repas. Dire ses 

grâces, dire ses prières le soir (Vx). 
grand, 11. et adj. quai. Grand. — Adj. quai. Fier, orgueilleux ; yèsse 

grand corne li tims, être grand comme le temps. 
grandeu, n. f. Grandeur. Fierté, orgueil ; ces djins-là n'ont qui 

I 9 grandeu; ces gens-là sont très fiefs. 
grandi, c. int. Devenir plus grand. 

grandichant (en), loc. adv. En grandissant ; faire à un enfant un 
habit en grandichant, c'est le faire assez grand pour qu'il puisse 
encore le mettre quand il aura grandi. 

grand' moman, n. f. Grand'maman. 

granmére, n. f. Grammaire. 

grantchôze, n. /". Grand'chose ; n'névali grantchàze, ne pas valoir 
cher ; ç nest né grantchôze, ce n'est pas grand' chose ; se dit des 
personnes et des choses. 

graûve, n. /. Criblures, restes de grain criblé. 

grave, v. tr. Marquer de petites cicatrices, en parlant de la petite 

vérole, 
grave, adj. quai. Qui a la ligure marquée par la variole. Fém.: 

gravéye. 
grawe, n. f. Griffe. Fig.: Tchèye dins les graices d'ène sakiye, tomber 

entre les mains de quelqu un, être à sa merci. 
grawè, v. tr. Égratigner, -griffer ; noss tchè m'a grawè al figure, 

notre chat m'a égratigné la ligure. 
graweu, n. m. Celui qui a l'habitude d'égratigner. 
grawîye, n. f. Tisonnier. 
grawyète, n. f. Petit tisonnier. 

grawyeu, n. m. Celui qui remue avec un tisonnier les charbons 

d'un poêle, etc. 
grawyi, v. int. Gratter dans un trou, dans une cavité. 
grèfon, n. m. Bourgeon, rameau pour la greffe. 
grèfeu, n. m. Celui qui greffe. 



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- 90 - 

grègne, n. f. Grange; bâte al grègne, battre des céréales, du trèfle 
dans une grange. 

grclô, v. imp. Tomber de la grêle. — Y. pass.: yèsse grêle, être 
ravagé par la grêle. 

grêlé, n. et adj. Marqué de la variole. 

gréte-cu, w. m. Fruit de l'églantier. 

grété, v. tr. Gratter, entamer superficiellement; grètè Mère awè in 
rèstia, gratter la terre avec un râteau ; racler avec les ongles ; 
çà m 9 choptye dins l'dos, grète mu\ cela me démange dans le dos, 
gratte-moi.' Un proverbe dit : On z aspitchrèt putô ène pouye di 
grètè, au' ène coumère di cauzè; on empêcherait plutôt une poule 
de gratter qu'une femme de bavarder. — V. pron.: s grètè, se 
gratter ; li cia qu' est rogneux, qu' i *' grète, que celui qui se 
sent galeux se gratte. 

grèteu, n. m. Celui qui gratte. 

grève, n. f. Grive ; grève d'Ardène, grive du pays qui n'émigre pas; 
on donne plaisamment ce nom à la pomme de terre. Bouton 
d' grève, baie du sorbier ou bronziére pour tendre aux grives. 

grôvi. t?. m. Gravier, petit poisson d'eau douce. Fig. : Jeune garçon 
chétif. 

grévî, n. m. Endroit où l'on extrait de la grève (Ham). 

grèvia, n. m. Étendue de grève sur le bord de la Meuse (Ham). 

grèvisse, n. f. Écrevisse. 

grèvissi, v. int. Fouiller du bout des ongles; gratter légèrement pour 
trouver quelque chose ; on grètisse dans les pommes de terre 
nouvelles pour voir s'il y en a déjà de grosses. Éprouver un 
grattement lent et continu; dj'ai ène ùalouge dins V dos, ni 
m' grèvisse, j'ai un hanneton dans le dos et il me gratte. 

gréye, adj. quai Grêle, long et mince. — N. m.: li grfiye dèl djanbe, le 
péroné. 

gréyî, n. m. Gril qui se place au fond du foyer d'un poêle pour sou- 
tenir le feu ; ustensile à tiges métalliques et parallèles pour 
faire cuire de la viande ou rôtir du pain sur la braise. 

grife, «. f. Égratignure ; on wèt co ses grifes, on voit encore les égra- 
tignures qu'il a faites. 

grigne-dints, n. m. Celui qui grince méchamment les dents. 

grigneu, adj. quai De mauvaise humeur ; noss f petit fait des dints, 
il est tout grigneu; notre petit garçon fait des dents, il est de 
mauvaise humeur. Fig.: Gris, nuageux, en parlant du temps: li 
tims est tout grigneu. 

grigni, v. tr. Grincer ; grigni les dints, grincer les dents. 

grtje, adj. quai. Grise. — iV. /*.; È tèye des grtjes, éprouver des tour- 
ments, des tribulations. 

grimancyin, n. m. Grimacier; sorcier; tireur de cartes; individu 
rusé ; Fôm.: grimancyène. 

grin, n. m. Grain ; in grin d' se, un fragment de sel. Fig.: Mète si grin 
a' se partout, se mêler de tout ; ouvrî à gros grins, ouvrier qui 
sait imparfaitement son métier ; ènn awè in grin, être un peu fou. 



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- 91 — 

gripè, i\ int. Grimper, gravir en s'aidant des bras et des mains ; 
gripè su h\ drue, grimper sur un arbre ; gripè al coupète don 
tiène, gravir la montagne jusqu'en haut. 

gripète, n. f. Crampon d'acier que Ton fixe au pied pour grimper sur 
les arbres, les poteaux télégraphiques. 

gripète, n. f. Sentier étroit et rapide au flanc d'une montagne. 

gripea, n. m. Celui qui gravit, qui grimpe. 

griplote, n. /'. Petite élévation à gravir sur le flanc d'une montagne, 
en suivant un sentier. 

gritchi, v. int. Grimper en s'accrochant aux aspérités avec les doigts, 
les extrémités des pieds ; gritchi à in mèr, grimper à un mur ; 
gritchi à ène rotche, grimper au haut d'un rocher. 

grochèsse, n. /. État d'une femme enceinte. 

grochea, n. f. Grosseur; tumeur; enflure douteuse, suspecte. 

grochi, v. tr. Grossir, augmenter, rendre plus gros. — V. int. Deve- 
nir gros. — V. pron.: s f grochi, se faire paraître plus gros. 

grochi, adj. quai. Grossi, engraissé. 

grochichant, adj. quai Grossissant, qui fait paraître plus gros ; in 
ter grochichant, un verre grossissant. 

grognfldje, n. m. Action de bouder. 

grognertye, n. f. Bouderie. 

grogneu, n. m. Boudeur. — Adj. quai. : de mauvaise humeur. 

grogneu, adj. quai. Gris, couvert ; li 1ims est tout grogneu. 

grogni, v. int. Bouder; grogni à s'vinte, ne pas manger par mau- 
vaise humeur et malgré la faim qu'on éprouve. 

grognon, n. m. Groin, gueule, museau; awè ses talons corne des 
grognons (F tché, avoir en hiver les talons fort froids en se couchant. 

gros, adj. quai. Gros, volumineux, replet. L'êwe est grosse, le fleuve 
gonfle ; ène grosse bèdène, un ventre très volumineux ; ène grosse 
vwèx, une voix forte. Hire des grosses dints, rire des grosses 
dents, malgré soi; faire contre mauvaise fortune bon visage. 

— N. m. Riche, opulent. — Adc. Beaucoup. 

grosse, adj. quai Enceinte (femme). 

grossou, n. m. Décime, pièce de dix centimes. 

groûlé, v. int. Grogner, en parlant du chien. Produire des bor- 
borygmes ; çà m' groule dins l'vinte. 

growins, n. m. pi. Ce que l'on rejette quand on vanne du blé, de 
l'épautre et du seigle ; débris de paille, de grains, de barbes 
d'épis. 

grâgesé, n. m. Petit vase en bois avec un pilon ovale pour écraser 
le sel. 

grûgi, v. tr. Écraser du sel dans un gi*ûgesé ou entre deux corps 
lisses et durs. 

guédè, v. tr. Rassasier complètement. — V. passif ryèsse guèdè; avoir 
bu et mangé tout son saoul. 

gnèrdin, n. m, Gredin. 



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— 92 - 

guèrlo, ». m. Grelot. 

guèrnaûdî. ». ?». S'emploie dans l'expression vi guèrnaûdi, vieux 
grenadier, vieux malin. 

guèrnè, r. vit. Produire de la graine, surtout du grain, en parlant 
des céréales ; les swèles sont fwart guèrnis, les seigles ont beau- 
coup de grain. 

guèrnézon, ». f. Formation du grain des céréales. 

guèrnl, ». m. Grenier, partie d'un bâtiment située immédiatement 
sous les combles. 

guèrnouye, ». f. Grenouille. 

guèrzèle, ». f. Groseille. 

guèrzèle (tout), loc. adv. En grand nombre, en quantité ; gn' a des 

pomcs tout guèrzèlè, il y a beaucoup de pommes, 
guèrzèli, ». m. Groseillier, 
guèrzia, ». m. Grésil ; i tchêt des guhrzias, il tombe du grésil. 

guète, ». f. Guêtre. Fig.: Enn auèà s' guète, avoir trop bu ; mcè des 
afcrvs à ses guètes, avoir beaucoup de tribulations. 

gueûye, ». /'. Bouche de certains animaux ; par mépris : ligure, 
bouche d'une personne. Aivè dèl gueûye ou eue bone gueûye. être 
fort bavard ; fé di s' gueûye, prendre un air d'importance. 

gueûye di leu, ». /'. Bonne langue ; bavard. 

gueûye di liyon, ». f. Fleur, sorte de muflier. 

gueûye di via, ». f. Lys jaune. 

gueûléye, ». /'. Goulée ; grosse bouchée. 

gueûlè, r. //*. Crier fort ce que Ton dit. — V. int.: Crier, en parlant 
de certains animaux domestiques; nosse vatche gueule, èle a 
fwain, notre vache beugle, elle a faim. 

Guiguite, ». p. f. Marguerite (Xx). 

guigni, v. tr. Regarder du coin de l'oeil, en cachette. 

guinche, ». /". Femme ou lille de mœurs légères; personne sans soin. 

guinguète (en), toc. adv. Yèssc en guinguète, séjourner longtemps au 

cabaret. 
goîye, ». f. Quille ; djowè aux guiyes, jouer aux quilles. Fig.: Jambe. 
gurn!, ». m. Grenier, (lang. d'ayi). 
gurzèle, ». /'. Groseille. id. 
gurzèli, n. m. Groseillier, id. 
Gusse, n. pr. m. Auguste. 
Gustin, ». pr. m. Augustin. 
Gustine, ». pr. f. Augustine. 

gwadje, n. f. Gorge, partie antérieure du cou; grosse gwadje, goitre. 
gwardjon, ». m. Gorgée. 
gwine, ». f. Femme qui bavarde au lieu de faire sa besogne. (Mot 

nouveau.) 
gwissèt, ». t?). Gousset. 



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- 93 - 



lî 



h, n. m. ou f. Consonne, huitième lettre de l'alphabet. A part les 
quelques exceptions qui suivent, et dans lesquelles elle est 
aspirée, cette consonne n'a aucune influence dans la pronon- 
ciation du dialecte givetois ; c'est pourquoi les mots qui, pour 
des raisons d'étymologie ou d'analogie avec le français, auraient 
dft débuter par cette lettre, ont été rangés alphabétiquement 
d'après leur première voyelle. 

Ham, n. pr. m. Ham, commune du canton de Givet; 1' h est muette 
après une syllabe sonore : les djins d' Ham, les gens de Ham ; 
elle est aspirée après une finale muette : li vôye di Ham; le 
chemin de Ham ; ce sont vraisemblablement ces deux mots di- 
Ham, dont la prononciation ressemble au braiementde l'âne, qui 
ont fait surnommer les gens de ce village les bourikes. 

bardes, n. f. pi. Hardes, vêtements, effets personnels; dji va r'què 
mes hardes, je vais rechercher mes vêtements. 

hautes, n. /'. pi Gaufres; on dit : ène aufe. une gaufre ; des-haufes, 
des gaufres. 

haûrs, n. f. pi. Harts, liens de fagots ; eue aùr, une hart; des-haùres, 
des harts. 

ha y es, n. /'. pi. Haies; ène aye. une haie; des-hayes, des haies, dri 
leshayes, derrière les haies ; Cinse-les-hayes, cense-les-haies. Le 
Mont-dcs-Hayes, montagne boisée située au sud de Ham, dans la 
forêt des Ardennes, tire probablement son nom de l'allemand 
Heiden, bruyères. 

Hîdje, 7i. pr. m. Hierges, commune du canton de Givet; en ce qui 
concerne l'/i, V. Ham : on dit : les bues d' Hîdje, les bois de 
Hierges ; aie al dicausse di Hidje. aller à la fête de Hierges. 

hossi, v. îr. Balancer ; dj'ai ène dint qui hosse, j'ai une dent qui 
balance ; secouer ; hossi in hioki, secouer un prunier; hausser, 
hossi les spales, hausser les épaules. A une personne inattentive 
qui fait répéter ce qu'on lui dit eu demandant trop souvent: 
Qwï ? quoi ? on répond par un jeu de mots : on ri les cwèt 
(cueille) né, on les-hosse. 

houyon. n. m. Homme marié. A Givet, lors de la fête de la Saint-Jean, 
les bragards ou garçons paient la musique le premier dimanche, 
les braguètes ou jeûnes filles le second et parfois les hommes 
mariés ou hàuyons le troisième dimanche; ils portent un insigne 
jaune. 

houzètes, n. f. pi. Culottes, pantalons courts. Fig.: Voyi in tché aux 
houzètes d'ène sakiye, envoyer un chien aux trousses de quel- 
qu'un ; awè des afères à ses'houzètçs, avoir beaucoup d'ennuis, 
d'embarras. On disait anciennement houzias. ainsi que le montre 
la plainte des petits pâtres mal vêtus : Au.ç, lus solia , pou 
rtchaufè les pâtes pasturias qui riont ni tchausses, ni houzias ; 
luis, luis, soleil pour réchauffer les pauvres pastoureaux qui 
n'ont ni bas, ni culottes (Vx). 



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- 94 - 



i, n. m. Voyelle, neuvième lettre de l'alphabet; on distingue Vi long 
et Vi bref. 

i, pron. neutre. Il ; t plout, il pleut; cela ; s' i vos plait, s'il vous plait. 

i, pron, pers. Il, ils; s'emploie devant un mot commençant par une 
consonne; i m'a dit, il m'a dit; t vont vèye, ils vont voir; ou 
après un verbe interrogatif: xcaitèV-i? regardaifc-il? Vont'-i vni? 
vont-ils venir ? 

î, pron. pers. A lui, à elle, à cela ; djl pinse, j'y pense (à lui, à elle, 
à cela). 

î, adv. Y, là, en cet endroit ; dfi cas, j'y vais. 

idéye, n. f. Idée, pensée ; vos n' avons pont d* bone idéye, vous n'avez 
pas de bonne idée. Fig.: Un peu, un petit peu; vosse cote èsst' 
ène petite idéye trop longue, votre jupe est un peu trop longue ; 
si cicarsâdje èsst' ène toute petite idéye trop jusse, sou corsage est 
un tout petit peu trop étroit. 

iket, n. m. Saccade; atanci pa ikèls, avancer par saccades; partie 
importante d'un travail champêtre; via d d'ja in bon ikèt a' fait , 
voilà déjà une bonne partie de notre travail qui est faite. 

iktè, v. int. Agir par secousses, par soubresauts. 

il, pron. pers. Il, ils ; s'emploie devant une voyelle ; il a sti awarè. il 
a été fort étonné ; il ont tcheu. ils sont tombés. 

imàdje, n. f. Image. 

imeur, n. f. Pus, liquide épais et jaunâtre qui se forme dans les 
abcès. Fig. Disposition d'esprit ; yèsse di mwaijc imeur, être de 
mauvaise humeur. 

in!? inter. Hein? Hein ! 

in, adj. num. Un ; tins, là in sou, tieus, voici un sou. 

in, adj. ind. Un ; i fait in bia tins ; il fait un beau temps ; gnavêt in cô, 
il y avait une fois. 

in, prép. En ; di Unis in tims, de temps en temps. 

incarné, adj. quai. Incarné ; c'èssf in diâbe incarné, c'est un vrai 

diable, 
incrèy&be, adj. quai. Incroyable, dont on ne peut se faire une idée, 
indigne, adj. quai. D'un caractère très difficile ; i sonst* indignes. 
indîve, n. f. Endive, sorte de chicorée cultivée. 

indifèrent, adj. quai. Sans souci. Employé avec la négation, cet 
adjectif signifie : qui est plus beau que laid : èle nest né indifè- 
rente, elle plaît un peiu 

infantrîye, n. f. Infanterie. 

infèr, n. m. Enfer. Maison, famille où l'on se dispute. 

infernal, adj. quai. Digne de l'enfer ; in brut infernal, un bruit 
infernal ; difficile, exigeant ; il èsst' infernal, il est extrêmement 
difficile. S'emploie aussi comme nom. 



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-95- 

inflè, t>. tr. Enfler, gonfler.— V. int. Devenir enflé, grossir; m* figure 
infèle, ma figure enfle. 

influre, n. f. Enflure. 

ingrédyin, n. m. Ingrédient. 

inke, pron. ind. Un : s'emploie après une consonne qui se prononce ; 
i n'è faut qu'inke, il n'en faut qu'un ; on % nn assè d' inke, on en 
a assez d'un. 

inmankftbe, adj. quai Inmanquable. 

inné, n. f. Haine. 

inneû, adj. quai Haineux. 

inoçanmint, adv. Innocemment. 

inocin, adj. quai. Innocent ; Fém.: inocinne; jeune enfant ; idiot. 

inocînce, n. f. Innocence ; 

inocintè, v. tr. Rendre, déclarer innocent. 

inpacyince, n. f. Impatience. 

inpacyint, adj. quai. Impatient; Fém.: impacyinte. 

inpacyintant, adj. quai. Qui provoque l'impatience. 

inpacyintè, v. tr. Impatienter, rendre impatient. — I 7 . pron.: s'in- 

pacyintè, perdre patience. 
inpli, v. tr. Emplir, inplichous m' tchèna, emplissez mon panier. 
inplich&dje, n. m. Action d'emplir. 
inpossibe, adj. quai Impossible. 

ins (les), pron. ind. Les uns ; s* mèprizè les ins les ôtes, se mépriser 
réciproquement. 

instrumint, n. m. Instrument (de musique, de chirurgie). 

însupôrtâbe, adj. quai. Insupportable. 

inte, prép. Entre ; mitons -/' inte nos deux, mettons-le entre nous 
deux. 

intèrodji, v. tr. Interroger. 

intrè, v. tr. et int. Entrer : intrè s'tchivau ou staûve, entrer son che- 
val à l'écurie ; intire don, entre donc. 

inirèdefl, n. f. Mur, cloison entre deux pièces d'habitation. 

intrépide, adj. quai. Qui ne craint rien. On dit d'un enfant espiègle et 
désobéissant : qu'il èsst' intrépide! Qu'il est difficile à supporter! 

intréye, n. f. Entrée ; dmandi V entréye d?ène maûjon, demander aux 

parents l'autorisation de courtiser une jeune fille, 
inutilmint, adv. Inutilement. 

invîye, n. f. Dessein, besoin ; dfai inviye di fè in voyàdje, j'ai l'inten- 
tion de faire un voyage ; î/ a irivîye d' aie..., il a besoin de 
satisfaire un besoin naturel. 

invîyes, n. f. pi. Gerçures de la peau à la base des ongles. 
inyi ! inter. Eh oui ! Marque un refus. 



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- 96 - 

ive, n. f. Hièble, espèce de sureau qui croit dans les bonues terres, 
îves, n. f. pL Aire les iccs, c'est désirer ardemment ce que mange ou 

possède un autre. 
ivièr, n. m. Hiver, 
îye! inter. Ah ! Marque la surprise, l'admiration; iye! mi lacia <jui 

s saute; ah ! mon lait se répand sur le feu ; iye ! qri èle est bêle, 

ah ! qu'elle est belle. 

îye, n. f. Ile. 

iyon, h. m. Ilot, petite île. 



j, n. m. Consonne, dixième lettre de l'alphabet. Celle lettre entre 
dans la composition du dj qui remplace le g doux et le ; d'un 
grand nombre de mots français. 

jamais, adv. En un temps quelconque; si jamais djè l'ralrapc! Si 
jamais je le rejoins! En aucun temps; ri jamais minti, ne jamais 
mentir. Sous la forme exclamative, jamais indique une impres- 
sion profonde d'admiration ou d'étonnement : ç'astèt tria, 
jamais ! 1 criyèt, i tapèt su s' fème, jamais ! 

Jamin, n. pr. m. Benjamin. 

Jàne, n. pr. f. Jeanne. 

jate, n. f. Bol, son contenu ; bware ène jate di cap, boire un bol de 
café. 

jèrèmiâde, n. /*. Plainte réitérée et ennuyeuse. 

Jésu, n. p. m. Jésus-Christ. Jésu-Maria ! Exclamation de joie, de 
àouleur, de surprise. 

jolibwès, n. m. Lilas, Heur de lilas. 

jolimint, adv. Joliment. 

journal, n. m. Gazette, journal. 

juje, n. m. Juge. Juje de paix, juge de paix. 

juji, v. tr. Juger, rendre un jugement, donner son appréciation. 

jujmint, n. m. Action de juger, sentence du juge. Faculté de l'enten- 
dement qui compare et qui juge. Bon sens. 

juliè, n. m. Mois de juillet. 

jun (à), loc. adv. A jeun; on dit aussi à à keurjun. 

jusse adj. quai. Juste, conforme à la justice, au droit, au bon sens. 
facèx jusse, Yoix qui rend bien le son ; orèye jusse, oreille qui 
perçoit bien les sons. Tout jusse, exactement; trop jusse, se dit 
d'une chaussure, d'un vêtement trop étroit. 

justèmint, adv. Précisément ; c'est exact ; vous avez raison. 

jwin, n. m. Juin, mois de l'année. 

(A suivre.) J. Waslet. 



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134 



Vocabulaire Wallon-Français 

(Dialecte Givetols) 

(sriTK! 

k, n. m. Consonne, onzième lettre de l'alphabet; on emploie le k à 
la place des groupes français n* et qu alin de siinplifier l'ortho- 
graphe de certains mots wallons. 

kèdje, n. f. Charge, fardeau. 

kèkefiye, adv. Parfois, par hasard. 

kèke zins, pron. ind. Quelques-uns. 

kèr (à), lac. adv. S'emploie toujours avec la négation et le verbe awè 
a\oir ; m 'a ire» ù kèr ou n'awè t'a kèr, n'avoir cure; vnous m' tèye 
li djou qu' vos tôrous dji nai V à kèr; venez me voir le jour qui 
vous conviendra, cela m'est indifférent; dji mougne di tout : don 
ptvain, des légumes, dèl tchau, dji n'ai à kèr; je mange de tout: 
du pain, des légumes, de la viande, peu m'importe. 

kèrdjeu, n. m. Celui qui charge. 

kèrdji, r. tr. Chargi 1 »' ; kèrdji in fi:ik\ charger un fusil, mettre la 
charge dans un fusil ; mettre une charge sur ; kèrdji in hègnon 
d'ansène, charger un tombereau de fumier; kèrdjous-m'. aidez- 
moi à me charger. 

kèrnè, r. tr. Fendre, avec un instrument tranchant, un abcès, un 
furoncle, etc., pour eu hâter la guèrison. 

kèrson. n. m. Cresson. 

kèrton, n. m. Petite tranche île lard, de jambon; fé pmdrdrs kèrtons, 
faire fondre des morceaux de lard; ninngin in kèrton d'djnnbon, 
manger une tranche de jambon. 

keude, p. tr. Coudre. Keude eue tchimichr, coudre une chemise. — 
V» int. Aprinde à keude, apprendre la couture. 

keude, n. m. Coude, partie postérieure du bras, à l'endroit où il se 
plie. Fig.: Tuyau cou lé en forme d'équerre. 

keudu, adj. quai. Qui est cousu. Ivm.: kcudûw:>. 

keudu, adj. quai. Atteint d'une maladie mortelle; djicrès qu vlss' 
vijin est keudu ; je crois que votre voisin est fichu. 

keu, n. /'. Pierre pour aiguiser la faux. 

keûr, //. m. Chieur, partie d'une église où l'on chante ; en éfant 
d'keûr, un enfant de chœur.- 



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- 135 - 

keûr, w. »i. Cœur, organe principal de la circulation du sang ; ène 
malndiye di fce«r, une maladie de cœur; estomac; è/e a mau 
."keùrl elle a envie de vomir; estomac; li kenr mi tire, j'ai 
grand' faim ; courage, sensibilité, n' pont awè d' keûr, manquer 
de courage ou d'humanité. Aicè mau s' keûr, éprouver du 
regret, de l'envie. Fig. : In krùr di chou, di salade, la partie cen- 
trale d'un chou, d'une laitue, elc. Une des couleurs du jeu 
de cartes ; i rcêt d' keûr, le cœur est atout. 

kèwe, w. f. Queue (animal, fruit). Fé ène sakivè pus vile qu'in tché 
n aurèt lèves kèue, faire une chose plus vite qu'un chien n'aurait 
levé la queue, c'est-à-dire subtilement, rapidement. 

kêwe (al), lac. adv. Fé al kèvr. à ène sakiye, c'est se moquer de 
quelqu'un tout en frottant l'index de la main droite sur celui de 
la main gauche. 

kèwé, n. m. Vaisseau en bois, hémisphérique et muni d'une queue; 
on s siècr din kè.rè pou coulé l'Ièchice; on se sert d'un kèwè pour 
couler la lessive. 

kèwète, ». /'. Petit appendice en forme de queue; tresse terminale 
«l'un chignon de petite lille. 

kèwéye, n. f. File, suite de personnes; animaux attachés l'un 
derrière l'autre. Fig.: Bande «le terre étroite terminant un 
terrain cultivé entouré de bois ou de champs incultes. 

kèwyi, r. int. Se dit d'un animal qui agile la queue, soit pour 
chasser les insectes, comme le cheval, le bœuf, etc., soit pour 
marquer sa satisfaction, comme le chien. 

kèwyon, n. m. Queue réduite à l'état de moignon; queue de che\al 
dont les crins sont coupés très court. 

kignè, n. m. Coin en bois, en. 1er, pour fendre les grosses huches, 
les petits troncs d'arbres. Fig. : Pièce de pain fort épaisse. 

kignole, n. /'. Quenouille; divinl d' [ttè au moulin, on mèlèl dèl 
tchamee al kiynole, avant «le Hier au rouet, on mettait de la 
filasse à la quenouille. 

kiki, n. m. Cosier ; sèrè l' kiki, saisir à la gorge. 

kinè, n. ni. Jeu «l'enfant (V. bri'he). 

kinike. n. f. Itille eu stuc ou en inarbre. 

kinzèrlik, //. m. Aventurier, batteur d'estrade. 

kœr (à), loc. adv. (Vireu\. V. kèr). 

kipè, n. m. Piquet de fleurs artificielles sur un chapeau de femme; 
cheveux relevés eu pointe. 

kurson, n, m. Cresson (lang. d'avi). 

kurton, //. m. Crelon id. 

koràl, //. ///. Enfant «le chieur; pluriel : des kordl* (n'est plus guère 
eu usage). 



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— 13(5 — 



1, n. m. Consonne, douzième lettre de l'alphabet. L*s deux // mouillés 
sont remplacés par//; bauyi, bâiller; fiyoû, filleul. Bien que 
l'orthographe de la devinette suivante s'écarte de la règle précé- 
dente, nous la citons uéanmoins, mais à titre de document seule- 
ment : Saint Lorin l'a pa dvant, saint Michel pa dri, les filles au 
mitan, les coumêres ne l'ont pus parce qu' èles l'ont pièrdu; 
qu'est-ce qui c'est? — Cèsst' èn y /; saint Laurent Ta par devant, 
saint Michel par derrière, les filles au milieu ; les femmes ne 
l'ont plus parce qu'elles l'ont perdu; qu'est-ce que c'est? — 
C'est un /. 

1', art. le ou la. S'emploie pour les deux genres devant une voyelle ; 
clos l'uche, ferme la porte; vola ï'owiye, voilà l'aiguillé; ou 
encore devant une consonne, après une syllabe sonore; donc 
mu l'vwain, donne-moi le pain ; discôpous Vtchau. découpez la 
viande ; si la syllabe précédente était muette, on dirait li ; donc 
li pwain, donne le pain ; siève li ichau, sers la viande. 

F, pron. pers. le ou la. Se dit après une voyelle autre que I' e muet ; 
va F ratinde, va l'attendre ; nos F vèyous, nous le ou la voyons, ou 
encore après un impératif terminé par une syllabe sonore; 
aooyous-t; envoyez-le ou la ; strânnons-ï , étranglons-le ou la ; 
si la syllabe précédente est muette on fait usage de lu, avoye-lu, 
envoie-le ; pirate-lu, porte-le ; toutefois si l'impératif était suivi 
d'un complément indirect, on emploierait encore F; atoye-mè F, 
envoie-le moi"; satchous-nos F, tirez-le-nous. 

là, adc. Là, en cet endroit. Ce mot s'ajoute aux adjectifs et aux pro- 
noms possessifs pour désigner plus clairement les personnes ou 
les choses dont on parle; cesdjins là % ces gens-là, c'ti-là, celui-là ; 
il entre encore dans la composition de drolà (lang. d'oyi), et de 
vaiH (lang. d'ayi), signifiant l'un et l'autre : là-bas. 

là! inur. Sert à renforcer une phase affirmative ou négative ; i faut 
fé va, là! il faut absolument faire cela; dji n saurès, là! Je ne 
saurais, cela m'est impossible. 

labéle (V. abèle). 

lace, n. m. Lacs; nœud coulant pour prendre les oiseaux, surtout 'es 

grives. 
lacète, n. f. Grand cordon pour lacer un vêtement. 

lâche, n. f. Chaîne servant à attacher un chien ; tni in tchi al lachj, 
mener un chien en laisse; cordon de cuir lixé à la ceinture du 

f>anla!on et au manche du couteau que l'on a dans la poche : li 
ache d'in coutia. 
lachi, v. tr. Lâcher ; lachi 1rs ratches, 6ler les liens qui attachent les 
vaches; rendre libre ; lâchons- m\ lâchez-moi ; donnef- passage à 
un liquide en ouvrant un robinet, une vanne; lachi Vhire, 
lâcher la bière. Lachi l'eue signifie uriner. 

laci, v.tr. Lacer ; lace tes soles, lace les souliers. 

lacia, ti. m. Lait; pris lacia, lait caillé ; li lacia est tourne, le lait est 
dénaturé, caillé ; ptit lacia, lait écrémé. 



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- m- 

laci^re, n. f. Extrémité repliée d'un lacet avec laquelle on forme un 
nœud. 

ladre, n. f. (V. laciére) (lang. d'ayi). 

lagne, n. f. Lange, pièce de laine servant à emmailloter un jeune 
enfant. 

laideu, n. f. Laideur. 

laidi, t\ tr. Rendre laid. — I 7 . int.: Devenir laid. 

laidmint, adv. Laidement, affreusement ; il est laidmint blèssi, il est 
affreusement blessé. 

laissi, v. tr. Laisser; i7 a laissi s'tchan. il n'a pas mangé sa viande ; 
laissous-m f tranauile, laissez-moi tranquille ; délaisser, oublier, 
iïguer, etc. (V. lèyi). 

laitrijon, n. m. Laiteron, genre de composées à sève blanche. 

laituwe, n. /. Laitue. 

laké, v. tr. Se disait autrefois des garçons de Vireux-Wallerand qui, 
le jour du mardi-gras, barbouillaient les jeunes filles avec 
diverses substances, du blanc, du noir, parfois avec d'autres 
moins propres. Étaient seules admises au bal, le soir, les jeunes 
personnes qui avaient été ainsi lalcéyes (Vx). 

là kè faite, locution signifiant : c'en est fait, c'est fini ; là kè faite, 
li bia tims est fini; c'en est fait, le beau temps est passé. Littéra- 
lement : voilà qui est fait. 

lame, n. f. Personne futée ayant une bonne langue. 

lamia, n. m. Morceau de bois qui maintient à la distance nécessaire 
les deux traits auxquels un cheval est attelé. 

lanbinè, r. int. Travailler, agir sans entrain; perdre son temps. 

lanbineu, n. m. Celui qui travaille, qui agit avec lenteur. 

lanbozète, n. /'. Vieux couteau usé, hors d'usage ou qui ne coupe 

plus. 
lancemint, n. m. Douleur aiguë, subite et passagère; if ai mau mes 

dints; çà m' fait des lancemints, jamais/ j'ai mal aux dents et je 

ressens des élancements très douloureux. 

lanceu, n. m. Celui qui lance; se dit principalement de celui qui 
lance, au moyen d'un cheval, des wagonnets de déblais, dans la 
construction d'un chemin de fer. jusqu'à l'endroit où chaque 
wagonnet doit être renversé et vidé pour former un remblai. 

lanci, v. tr. Lancer. — V. pron. : s' lanci, s'élancer. — V. int. : Res- 
sentir des douleurs vives et aiguës; ça mlance dins l'sipalc 
(l : épaule). 

langâdje, n. m. Langage, parler. 

langui, v. int. Languir; perdre ses forces peu à peu par suite de 
maladie; s'user; s'affaiblir. 

languichant, adj. quai Qui languît; abattu ; qui souffre depuis long- 
temps. 

lankin, n. m. Plante à fleurs bleues, dans le genre du mouron et qui 
pousse surtout dans les blés. 



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— 138 — 

lanpé, r. tr. Avaler vile et beaucoup de liquide. 

lanpéye, n. /. Quantité de liquide que peut contenir la bouche, 
grande gorgée. 

lanprôye, n.f. Lamproie, petit poisson cylindrique à branchies circu- 
laires. 

lanprôye, n. f. Femme indolente, indifférente, lente au travail. 

lantiène, n. /. Lanterne. 

lapé, v. tr. Laper, boire comme le chien, en tiranl le liquide avec la 
langue. Dji vôrès qn'ti juche tourné à thlrije et qui l'diàhe ti 
lape! Je voudrais que tu lusses changé en soupe à la bière et que 
le diable te lapât! 

lapète, u. f. Cale ou boisson renfermant trop d'eau. 

lapéye, n. /'. Ce qu'on enlève en une fois d'un liquide, d'une sauce 

en léchanl. 
latia, n. m. Tringle de bois mince et étroite employée dans le plafon- 

n âge. 
laton, n. m. Écorce de blé moulue, son. 

lauche, n. f. Pou de bois qui s'attache au chien, au chat et dont 

l'abdomen se développe en vésicule. 
laûdje, udj. quai. Large. .1m Ion au laûdje, au loin et au large. Tape 

au laûdje, commencer à labourer un champ par les côtés les plus 

longs. L'uvhecsst' au laûdje, la porte est grande ouverte. 
laûkè, u. tr. Desserrer un lien, le lâcher; laùkè /' tchiijnole d'in via. 

élargir le licou d'un veau (V. tchignole). 

laûme, n. f. Miel (Chooz). 

laur, 11. m. Lard, graisse du porc. Fig. : ft! don laur. faire du lard, 
s'engraisser dans Pinaclmié. 

laur, //. m. Pale non levée qui se trouve à la base du pain et qui 
provient d'une farine faite avec du blé, du seigle germé ; on dit 
alors que le pain « lame H croasse », laisse la croûte, parce qu'il 
y a un vide entre la croûte et le laur. 

laurdjeu, n. f. Largeur. 

lauvau, adv. Au loin, bien loin, dans unedirecliou indiquée; umitous. 
voilà lauvau ; regardez, le voilà là-bas bien loin; lauvau désigne 
encore un lieu éloigné mais suffisamment connu pour qu'on n'en 
cite pas le nom : « Vos z' avons sti lauvau/ » demande-t-on à 
quelqu'un qui est allé visiter des membres de sa famille habitant 
une localité éloignée. 

lavâdje, n. m. Linge qu'on lave ; dji vas pinde mi lavâdje, je vais 
pendre le linge que j'ai lavé; action de laver ; df achève mi 
lavâdje, j'achève de laver mon linge, des vêtements. 

lavasse, n. /'. Mauvais café au lait, comparé à de l'eau trouble. 

lavauche, ??. /'. Forte averse, pluie torrentielle de peu de durée; 

lavasse. 
lavé, v. tr. Laver; nettoyer avec de l'eau; blanchir le linge. — 

V- pron.: s' lavé, se laver la ligure; s' lavé les muains, les pis, 

etc., se laver les mains, les pieds. 



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- 130 - 

lavemint, n. m. Clystère, lavement. 

lavète, n. m. Petit torchon pour laver la vaisselle. Fig. : Aieèènc bone 
lacète, avoir une bonne langue. 

laveuse, n. f. Femme qui lave; blanchisseuse. 

lavrîye, n. f. Lavage de linge fin et de quelques vêtements. 

lawe, n. f Allusion à un défaut ou à une faute commise par Tune 
des personnes auxquelles on parle, mais faite d'une façon 
détournée; on dit alors qu'on a foutu eue lawe à cette personne 
(mot nouveau). 

là wê, loc. conj. Voilà que ; i djt wét hé tranquilmint atw routes après 
ïeure, à l'auberge, là uè 1rs gendarmes qu'urirout, ils jouaient 
tranquillement aux cartes, à l'auberge après l'heure, mais voilù 
que les gendarmes arrivent tout à coup. 

laye, n. /". Limite d'une coupe dans une forêt; on l'indique en 
abattant, à une certain** bailleur, les jeunes arbres qui sont 
dans Paliguement. 

layète, n. f. Layette. 

Layide, n. p. f. Adélaïde. 

lé, m. wi. Largeur d'une étoile mesurée entre les deux lisières; / ras 
faurèi ehi lés pou rosse robe; il vous faudra six largeurs d'étoile 
pour faire votre robe. 

léchive, h. /'. Lessive; eau de potasse pour blanchir le linge. Fig.: 
Déconliture. 

lèchivons, n. m. pi. Eau de lessive dans laquelle on l'ait bouillir le 

linge. 
lédjèr, adj. quai Léger, qui ne pèse pas lourd. 
lidjèrmint, adc. Légèrement; un peu moins ; sans appuyer sur. 

lèdjéte, adj. quai Légère, de peu de poids. — Loc. adi\: M lèdjèle. 

à la légère. 
lèdjir, n. m. Léger (lang. d'ayi). 
légnî, n. m. Bûches entassées entre deuv piquets. 
Lèksis, m. p. m. Alexis. 
Lèkzande, m. p. m. Alexandre. 
lendmwin, w. m. Lendemain. 
lènéte, n. f. (V. ènète). 
lèpe, m. f. Lèvre, partie de la bouche qui couvre les dents. 

les, pron. pers. Les; employé comme complément direct, les se pro- 
nonce l'z entre deux voyelles; i l'z ont rdjondus, ils les ont 
rejoints. ])one-les z t, donne-les lui. 

les cias (V. cia). 

les mènes, prou. poss. Les miens, les miennes. 

les nosses, id. Les nôtres, pour les deux genres. 

lesquékes, prou, inter. ouexclamatif. Lesquels ou lesquelles. Lesquelles 
perdous? Lesquels prenez-vous? à! lesquékes: oh! qu'ils sont 
gros! Fém. : lesquéles. 



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- 140 — 

lèsse, adj. quai. Leste, agile. 

les ténes, pron. poxs. Les tiens, les tiennes. 

Lès tin, f?. p. m. Céleslin. 

les vosses, pron. poss. Les vôtres, pour les deux genres. 

lé te heu, n. m. Celui qui flatte bassement. 

lètchète, n. /". Tranche fort mince de pain, de gâteau; ène lètchète di 
puain, une petite tranche de pain. 

létcheu, n. im. Celui qui lèche; individu qui aime à se régaler aux 
dépens d'autrui. 

lètchi, c. tr. Lécher. 

létchoû, n. m. Friand, délicat. 

lètchriye, n. f. Friandise. 

lète, n. f. Lettre, voyelle ou consonne; sairè ses Irtes, savoir lire un 
peu. Conversation par écrit. 

leu, adj. poss. Leur, pour les deux genres; leu pa. len mmi, leur père, 
leur mère; au singulier et devant une voyelle, on ajoute un ^ 
après leu: len z'éfanl est mu-art, leur enfant est mort. Pluriel : 
leus aux deux genres; leus parints, leurs parents; leus conzènes, 
leurs cousines. 

leu, pron. pers. Leur, à eux, à elles; done-leu à mouyni. donne-leur 
(à eux, à elles) à manger. Le complément direct /' se confond 
avec F / de leu : i faut len moustrè; il faut le leur montrer; 
amivinnous-leu, amenez-le leur. 

leu, m. tw. Loup, quadrupède sauvage de la race du chien ; mougni 
corne in leu, manger gloutonnement. Vèssc di leu, espèce de 
champignon. Pèt d'ieu, cancan, racontai* de peu d'importance. 
Djoicè au leu, jouer au loup (enfantsj. Leuwarou, lou|>-garou 
(Vireux). C'èsst' ène frèje al gueuye dou leu, c'est un trop petit 
repas pour des gens affamésou gourmands. 

lové, v. tr. Lever. — V. pron.: s lève, sortir du lit; commencer à 
paraître (jour, astre) ; li solia s' lève, le soleil se lève. — V. int. : 
Germer (plante) ; gonfler (pâle). 

lèvéye, n. f Grain que Fon vient de battre; fé /' lecéye, vanner, 
cribler le grain battu. 

lèvéye, n. f. Cartes que Fou ramasse après chaque coup gagné. 

lévro, n. m. Levraut. 

lévûre, n. f. Levure de bière. Fé ï lèoûre, pétrir le levain. 

lôye, pron. pers. Elle; lèye, èle ni vêt né, elle, elle ne vient pas; ra 
2 è aveè lèye, va t'en' avec elle. 

lèye-minme, pron. pers. Elle-même; c'est lèye-minme qui m* là dit, 
c'est elle-même qui me Fa dit. 

léyi, v. tr. Laisser. Est moins usité que laissi dont il a la significa- 
tion ; on dit pourtant : lèyous-m' fé, laissez-moi faire; ièyous- 
Vtranquile, laissez-le tranquille; on z a sti oblidji dé l' lèyi là, on 
a été obligé de l'abandonner 15. 

Léyon, n. p. m. Léon. 



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- 141 ~ 

Léyonîye, w. p. /. Léonie. 

Lèyontine, ». p. f. Léontine. 

Lèyopaûl, n. p. m/. Léopold ; on dit encore ïopaûl. 

lèzeu, lèzi, pion. pers. Leur, à eux, à elles; /tow, /fct s'emploient 
après une syllable muette; dji conte lèzeu ou lèzi dire di xni, 
je compte leur dire de venir; après une syllabe sonore, on fait 
usage de /' zeu. I" zi; nions l' zen ou /' zi dire di vni; allons leur 
dire de venir. Le pronom complément direct les se confond avec 
le de lèzeu. lèzi; donc lèzeu, donne-les leur; pxcate lèzi, porte-les 
lui. 

li (V. O. 

li, pron. pers. Lui, à lui, à elle; li. i n'rhonte pèrsone, lui, il n'écoute 
personne ; c'est H : c'est lui ; li a-t-on dit tV paurti? lui a-t-on dit 
de partir? On li n tout raconte, on lui a tout raconté. Après 
enn. 'nn signifiant en, on fait usage de t; èle ènn i a pnartè. 
elle lui en a porté; on 'nn i a cauzè, on lui en a parlé. 

libe, adj. quai. Libre. 

li cène (V. cène). 

li cia (V. cia). 

licote, n. f. Hoquet, contraction brusque du diaphragme accompagné 
d'un bruit particulier produit par le passage de Pair de la glotte. 

Lidje, n. p. Liège, ville de Belgique, sur la Meuse. 

Lîdjeu, n. p. m. Liégeois, habitant de Liège. 

lijâdje, n. m. Lecture. 

lijeu, n. m. Lecteur, celui qui lit. 

li leur, pron. poss. Le leur ou la leur ; /' leur. 

limé, t. tr. Limer. 

li mén', pron. poss. Le mien; Féin.: li mène, la mienne; l'mèn', 
F mène. 

limeu, n. m. Celui qui lime. 

li mînme, pron. pers. Lui-même. 

Linau, n. p. m. Léonard (Vx.). 

lindi, n. m. Lundi ; fé /' lindi, rester au cabaret ail lieu de travailler 
le lundi. 

lindje, n. m. Linge. 

lindjére, n. f. Lingère. 

lindjrîye, n. /'. Lingerie. 

linét, n. m. Linot. 

linéte, n. f. Linote. 

lingâdje, n. m. Langage, manière de parler; on n* conprint né ross' 
lingâdje, on ne comprend pas votre langage. 

linnâdje, n. m. Lainage, étofte de laine. 

lînne, n. f. Laine, poil épais doux et naturellement frisé du mouton. 



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- 142 - 

li noss\ pron. poss. Le nôtre ; Fém. : li nasse, la noire. 

linsoû, n. m. Linceul. 

linte. Œuf de pou. 

linwe, ». f. Langue, corps charnu, allongé et mobile dans la bouche 
et servant à la parole et i\ la déglutition; èle n'a né s' Huit e à 
s' patch*; elle est habile à la repartie, à se défendre; littérale- 
ment : elle n'a pas sa langue à sa poche. Fig.: Les mwaijès limer*. 
les mauvaises langues; in eô dlinwe, une médisance, une 
raillerie piquante. 

linwéte, n. f. Languette de cuir, de drap, d'étoffe. 

lipéte, n. f. Petite languette, petit bout qui dépasse. 

liquéke, pron. in terra. Lequel; on dit également /' quéke. 

liquél, îrf. Lequel ; ï quel. 

Lisbèt, n. p. /. Elisabeth. 

lisse, n. f. Liste. 

lissi, v. tr. Lisser, rendre lisse; lissi ses tcheias, lisser ses cheveux. 

listia, n. m. Outil de plafonneur pour lisser le plâtre et le mortier. 

lite, n. m. Litre ; son contenu. 

li tén, pron. poss. Le tien; Fém. li une: on dit encore: /' tèn', /' tène. 

lîve, ii. m. Livre, assemblage de feuillets imprimés et reliés ou 
brochés. 

lîve, n. m. Lièvre. 

lîve, n. f. Livre, ancienne mesure d'environ un demi-kilo. 

li voss', pron. poss. Le vôtre ; Fém. : li vosse; /' voss', /' rosse. 

livré, v. int. Envoyer une balle, du tamis dans la partie du jeu où 
se trouvent les cinq adversaires. Les deux plus beaux coups du 
jeu de balle consistaient, sur l'Esplanade de Givel, à lirrè su 
/' Manutencion et à cassi à Moûse. 

livreu, n. m. Joueur qui livre au jeu de balle. 

livreu, n. m. Celui qui fait les livraisons de marchandises. 

liyea, n.f. pi. Levure de bière, liquide employé dans la fabrication 
du pain (Vx). 

liyon, 11. m. Lion, le olus gros carnassier du genre chat. Fig.: 
Personne fort en colère. 

lizérne, n. f. Luzerne. 

l'minme, adj. ind. Le même ou la même; on dit aussi U mhune après 
une syllabe muette. 

lodjeu, n. m. Logeur, celui qui héberge moyennant argent. 

lodji, v. tr. Donner l'hospitalité ; on vos lodjrèt droci, on vous logera 
ici. — V. itit.: Passer la nuit pour se reposer; coucher hors de 
chez soi ; yû irons n lodji ? où irons-nous passer la nuit ? 

lodji, adj. quai Mal partagé; nos rlà M lodjis, nous voilà fort mal 
loti». 



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— 143 - 

lodjis, n. m. Logis, lieu où l'on couche. 

lodjmint, n. m. Appartement que Ton habite. 

loke, n. /'. Morceau d'étoffe usée ou déchirée ; gros torchou pour laver 
le plancher ; donè in cà dloke, nettoyer, superficiellement avec 
un torchon. 

loke, n. /'. Morceau de pain long et épais. 

loktè, v. tr. Essuyer, laver le pavé avec une toke. 

lokteu, n. m. Celui qui lokte. 

lokteu, n. m. Individu portant des vêtements en haillons. 

lokince, n. f. Babil, faconde; asse utindu que lokince? As-tu entendu 
quel babil cette personne a? 

lolau, m. m. Celui qui est sensible à la douleur, douillet. 

lolau, «. m. Sobriquet donné aux infirmiers militaires; il est ton 
pou yèsse dins les lolaus, c'est un mauvais soldat à faire. 

lomè, v. tr. Nommer.; contint {' qu'on ton lome t Comment vous 
nomme-t-on ? Cèssi in lomè Hatisse, c'est un nommé Baptiste. 

Ion, adj. quai Long. — Loc. adv. ;• .4 u d'di Ion, le long de ; t'aud' di 
Ion, tout le long de. 

Ion, adc. Loin; i dm ère Ion di d' ci, il habite loin d'ici. Fig.: Ucèni 
d'Ion, être guéri d'une maladie très grave. 

loncha, n. m. Peloton de fil, de ficelle. Devinette : Qu'est-ce quon 
tape tout rond au ivô et qui rtchêt awè ène kètee / — In loncha. 
Qu'est-ce qu'on jette tout rond en l'air et qui retombe avec une 
queue? — Un peloton de fil, de ficelle. 

Ionchinè, r. tr. Mettre en peloton. 

londje, w. f. Longe, corde, courroie pour attacher un cheval ; inuinnè 
in f tchvau pa l' londje, mener un cheval avec une longe. 

londji, v. tr. Longer, marcher le long de, s'étendre le long de. 

londjin, n. m. Celui qui est lent au travail. — Adj. quai.: Même 
signification. 

londjint\ v. int. Hésiter, tarder à se décider. 

londjineu, n. w. Lambin; celui qui travaille ou marche lentement. 

longu, adj. quai. Oblong. plus long que large ; Fém.: longûwe. 

longuemint, adv. Longuement; lentement: i trataye trop longuemint. 

longu eu, n. /". Longueur, distance. 

lonprôye (V. lanprôye). 

lontims, adc. longtemps. 

lopin, n. m. Sperme. 

loriau, n. m. Loriot. 

Lorint, n. p. m. Laurent. 

losse, n. m. Farceur; libertin; polisson. 

lostrîye, n. /'. Marchandise de mauvaise qualité ; t n f cindont qu dèl 
lostriye, ils ne vendent que des marchandises qui ne valent rien. 



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— 144 — 

lostrîye, w. f. Mauvais tour, face inconvenante. 

lostrîye, n. f. Personne sans moralité. 

lotche, n. f. Loche, petit poisson d'eau douce. 

lotriye, n. f. Loterie. 

loucheu, n. m. Celui qui louche, qui est affecté de strabisme. 

louchi, t\ int. Loucher. 

louchi, v. tr. Frapper (quelqu'un); t ri falèi né louchi ç' t'èfant~lù si 
fwart; il ne fallait pas frapper cet enfant si rudement. 

loude, adj. quai. Lourde, maladroite; que loudedjin ! Quelle personne 
maladroite ! 

loufè, r. tr. Avaler goulûment et avec bruit, un aliment liquide, 
une boisson. 

loupe, n. f. Moue, mine de mécontentement; Me è fièt yène di loupe! 
elle en faisait une de moue ! 

lousse, 11. /*. Louche, cuiller à long manche pour servir le potage. 

lousse, n. f. Gant de peau muni d'une calotte de cuir dur et rigide 
pour jouer à la balle dure ou casse. 

lousse, n. m. Pelle de terrassier. 

loussiye, n. f. Contenu d'une lousse ; ène loussiye di soupe, ce 
qu'une louche peut contenir de potage. 

loute, n.f. Loutre. 

loûte, n. f. Petit oiseau du genre fauvette qui niche dans les bois; 
c'est dans son nid que la femelle du coucou pond habituellement 
un œuf après en avoir détruit un ou deu.v de la loùlc\ celle-ci 
élève le jeune coucou. 

loya, n. m. Ce qui sert à lier. 

loyâdje, «. m. Action de lier (gerbes, fagots). 

loyé, n. m. Lien pour attacher les vaches, les bœufs ; nasse vatche a 
cassé sUoyé, notre vache a cassé son lien. 

loyecô, n. m. Licou. 

loyeu, 11. mi. Celui qui lie des gerbes de blé, d'avoine, etc. 

loyi, v. tr. Lier, serrer une gerbe, une botte de foin ou de paille, uu 
fagot, au moyen d'un lien; loyi des djaubes di sivMc. lier des 
gerbes de seigle. Attacher avec un lien: yèssc fou à loyi, être fou 
à lier. Entourer une blessure d'une bande d'étoffe ; cas v' z 
uvous côpè, loyous voss' dèl, vous vous êtes coupé, entourez votre 
doigt d'une bande d'étoffe. Se bander la tôle ; dj'ai /' tniynune. 
dji cas loyi iri li'sse, j'ai la migraine, je vais me bander la tôle. 
Nouer des lacets ; loyi ses soles, nouer les cordons de sa chaus- 
sure. 

loyin (lang. d'ayi ; V. luyc). 

loyure, n. /'. Manière de lier; corde, licelle, ruban pour lier. 

lu, prtm. pers. (V. /' pi oh.) 

lûjant, adj. quai. Luisant ; in civr lùjnnt. un ver luisant ou lampyre. 



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— 145 - 

lumè, v. tr. Eclairer, ôter l'obscurité au moyen d'une lumière : 
lu mous- m\ éclairez-moi. — Y. int.: Produire de la clarté; nosse 
lampe ni lume pus, notre lampe n'éclaire plus. 

lumecinè, v. int. Manger sans appétit, en choisissant ce qui plait. 

lumecineu, n. m. Délicat, celui qui est difficile en ce qui concerne le 
manger. 

lumeçon, n. m. Limace. 

lumerète, n. f. Feu follet. 

lumion, n. m. Lumignon. 

lûre, v. int. Luire; li solia lût, le soleil luit; li lune lûjèt, la lune 
luisait. 

luskar, adj. quai. Qui louche, qui est affecté de strabisme. — /V. m. Celui 
dont les yeux n'ont pas la même direction; Fém.: luskète. (Vx.) 

lusse, n. m. Surface luisante d'une étoffe. 

lusse, n. m. Grand chandelier à plusieurs branches que Ton suspend 
au plafond d'une église, d'un théâtre. 

luwâdje, n. m. Louage. 

luwè. v. tr. Céder, prendre en location ; i m'a luicè yène di ses 
maïtjons. il m'a loué une de ses maisons; l'vijin a luwè nass' 
courti, le voisin a loué noire jardin; luwè eue rwèfurc, louer 
une voiture ; luwè /' musilce pou /' dicausse, gager des musiciens 
pour la fête. 

luweu, n. m. Loueur. 

Luwis, w. p. m. Louis; Fém. : Luuise. 

lwagne, n. et adj. Sot, niais; i crH qn gn a des rtènas, c'èsst' in 
Iwagne, il croit aux revenants, c'est un sol; litoagne, dément. 

lwagneriye, n. f. Sottise, stupidité; c'est des Iwagncriyes di n àsi 
coyadji i vinrdi, c'est une sottise de n'oser voyager le vendredi. 

lwain, /*. m. Levain, pâte aigrie qui sert de levure dans la fabri- 
cation du pain de ménage ; litcain. 

lwè, w. /'. Loi; i faut chûre li liwè, il faut se conformer à la loi. 

lwèyâl, adj. quai Loyal; pluriel : Iwèyâls. 

lwcyalmint, adc. Loyalement. 

lwèyautè, n. /. Loyauté. 

(A suivre.) J. Waslet. 




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Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Givetois) 

(SI'ITK) 



m, w. m. Consonne, treizième lettre de l'alphabet; celle lettre est 
remplacée par n devant les consonnes />/, /?, //. 

m 1 , adj. poss. Mon, ma; m' est une élision de mi el s'emploie devant 
les noms des deux genres commençant : l u par une voyelle ; 
t douviont m'uchv, ils ouvrent ma porte; dj'ai tuiuè m'auice, j'ai 
tué mon oie; 2° par une consonne si le mol qui précède l'ad- 
jectif possessif est terminé par une syllabe sonore; yukous 
m'pa, appelez mon père; i faut soyni in'man, il faut soigner 
ma mère. Quand la syllabe linale du mot précédent est muette, 
on fait usage de mi ; i yuke mi pa, il appelle mon père; i faut 
qu'on sogne mi man, il faut qu'on soigne ma mère. 

m', pron. pers. Me, moi, à moi ; i m'aime, il m'aime; vos m'rapwatrous 
dou tubac, vous me rapporterez du tabac. On emploie également 
m' après un impératif terminé par une syllabe sonore ; rins-m' ti 
Maujt.il, vends-moi ta maison ; crèyous-m\ croyez-moi ; mais si 
la syllabe linale du verbe était muette, on se servirait de mu; 
moustèremu Vtoye, montre-moi le chemin ; châpiye-mu dins 
F dos, gralle-moi dans le dos. Devant le pronom /', el après une 
syllabe muette on dit mè: èle mè Va dit, elle me l'a dit; vèsse mè 
Vavoyi>, veux-tu me l'envoyer?; il on est de même si la syllabe 
précédente est sonore et si le mot qui suit V commence par une 
consonne; on me Vrapuatràt, on me le rapportera; quand le 
pronom /' est suivi d'une voyelle, on fait usage 4 de m'; im' Vont 
dit, ils me l'ont dit. Dans les autres cas, on se sert de mi: c'est 
mi, c'est moi; c'est pour m/, c'est pour moi. 



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— 154 — 

maboul, n. m. Celui qui n'a pas l'esprit pondéré. — Adj. quai.: qui 
a le caractère fantasque, bizarre. 

mâcha, n. m. Cartes arrangées, dans le but de gagner, par celui qui 
rassemble et bat le jeu avant de le distribuer aux joueurs. 

mâche, n. f. Action de battre et de donner les cartes. 

macheu, n. m. Celui qui môle et distribue les cartes. 

machi, i\ tr. Mêler les cartes avant de les donner; machi les cautes, 
battre les cartes. 

machi, v. tr. Agile/ en tournant pour confectionner un mets; machi 
l'ajoute, remuer les choux gras dans une marmite. 

machin, n. m. Terme général désignant un objet dont on ne peut ou 
ne veut pas dire le nom. Expression de mépris appliquée à un 
individu peu intéressant. 

machine, w. /'. Assemblage bizarrement conditionné. Affaire obscure. 

machurè, v. tr. Noircir, barbouiller de noir; il m'a machurè acè dèl 
sûve, il m'a noirci la ligure avec de la suie; machurè in mèr, 
barbouiller un mur de noir, le salir. 

machurè, adj. quai. Qui est souillé de poudre de charbon, de noir de 
fumée, etc. 

machuria, n. m. Endroit barbouillé de noir; couleur mal appliquée. 

macouzine, n. /*. Fille publique (Vx). 

macrau, n. m. Tenancier d'une maison de tolérance; coureur do 
femmes; familièrement : polisson, espiègle. 

macrèle, n. f. Tenancière. Sorcière; personne maligne. 

macsôdé, r. tr. Bossuer un ustensile en métal, on z a macsôdé 
m' ichôdron, on a bossue mon seau ; frapper quelqu'un avec un 
instrument, un objet contondant. 

macyi, r. tr. Mâcher (les aliments). — V. int. Faire le mouvement 
de mastication. 

madame, n. f. Grande dame, maîtresse d'une grande maison ; vol' là 
dcênuwe enc madame, la voilà devenue grande dame. 

madèwe, n. m. Espèce d'oiseau de proie pécheur qui plane au-dessus 
des endroits où la Meuse est peu profonde, ferme les ailes, se 
laisse tomber dans l'eau et reprend son vol, le plus souvent avec 
un poisson dans ses serres. Le madèwe est une espèce d'ouja ou 
buse. 

madjustèr, v. m. Maître d'école (Vx). 

Hadlinne, n. p. f. Madeleine. Braire corne ène Madlinnc, pleurer à 
chaudes larmes. 

maf, n. i?i. Côté d'une grange où l'on entasse les gerbes. 

mafîye! inter. Marque l'admiration, Pétonnement. 

ma fwè! inter. Par jna foi! 

magner e, n. f. Manière, façon d'agir, de faire; attitude, geste.— 
PI. Aivè des hèlrs maynéres. avoir de belles manières; fé des 
magnéres, faire des cérémonies. 



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— 155 — 

mago, n. m. Cachette d'argent ou d'autres choses. 

mago, n. m. Femme mat attifée, qui se tient mal. 

maguinbîye, w. f. Personne lente, maladroite et peu avisée. 

aài^.quaL Maigre; soupe w aiguë, soupe sans viande; djoù 
\§*e, jour d'afestmace; fi mm§ue, s'abstenir de manger de 
la viande. — ?i. m. Viaade saw gras ; aimé F mmgw; le poisson, 
la pou le d'eau, etc., sont considérés comme dou m aiguë. 

maigreu, n. /. Maigreur. 

maigri, ». in t. Maigrir. 

mairîye, n. /. Mairie. 

maisse, n. m. Maître, patron ; aicè in bon maisse, avoir un bon chef, 
un bon patron ; au pluriel : les maisse*, les directeurs d'un éta- 
blissement, d'une usine. Maisse di scole, instituteur; choûtè 
/' maisse, obéir au maître d'école, Maisse man choûtè, celui qui 
prétend être le maître dans son ménage, bien qu'on ne lui 
obéisse pas. 

mais tri yi, v. tr. Maîtriser, dompter par la force. 

malye, n. m. Cinquième mois de l'année : f mwhd' maujc. 

maîjre, n. m. Un des jeunes arbres plantés autour d'un reposoir le 
jour de la Fête-Dieu. Branche de feuillage qu'un jeune homme 
mettait autrefois à la fenêtre de son amoureuse. Pour stigmatiser 
l'inconduite d'une jeune fille, on enlevait l'écorce du maU/e. 

makaase, adj. quai. Pesant sous un petit volume, fort dense. 

make. n. f. Extrémité arrondie d'une épingle; on l'appelle ène make 
d atatche. 

make, n. f. Coup reçu; marque d'un choc sur le corps, à la tête 
surtout ; il a yeû ène bonne make, il a reçu un bon coup. 

make, n. f. Pique, une des couleurs du jeu de cartes (Vx). 

makè, v. tr. Cogner quelqu'un avec un corps dur, le frapper brutale- 
ment. 

mak<-, adj. quai. Toqué. 

makète, w. f. Extrémité arrondie et plus grosse que le reste de l'objet; 
marteau ovale pour casser les pierres; familièrement: la tête, 
la personne elle-même ; waite à V makète, prends garde à toi. 

makzète, n. f. Coup reçu ; t'as ro atrapè ène makzète, tu t'es encore 
fait donner un coup. 

maladrèt, adj. quai. Maladroit; Fém.: maladrète. 

maladrœt, id. id. id. maladrœte (Vireux). 

maladrwct, id. id. id. maladrwète (lang. d'ayi). 

malaudieu, adj. quai Maladif; de santé débile. 

malauji, adj. quai Malaisé, difficile; Fera.: malauji ye. 

malauji. n. m. Celui que l'on contente difficilement ; v' z astcus in 
malauji; vous n'êtes jamais content. 

malaujîyemint, adt\ Avec beaucoup de difficulté. 



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— 156 — 

malèreu, adj. quai Malheureux. — .V. m. C'èsst' in malèreu, c'est 
un homme qui a commis une 1res mauvaise action, mais on le 
prend quand môme en pitié. 

malèreuzemint, adv. Malheureusement. 

malète, n. f. Sac dans lequel on emporte son manger. 

maleûr, n. m. Malheur. Audace, hardiesse, imprudence : n'euche né 
l' maleûr di l'ènn aie, n'aie pas l'audace de t'en aller malgré ma 
défense ; il a yen l'maleûr di s 1 moustrè et il ont le heu dsus ; il a 
eu l'imprudence de se montrer et ils se sont précipités sur lui. 

malignant, adj. quai Malin, rusé; les rnauds sont des malignanlès 
bièsses, les renards sont des animaux rusés (Vx). 

malin, adj. quai. Qui n'offre pas de difficulté; c'est hé malin d' fé 
eu, ce n'est pas difficile de faire cela. 

maltchance, n. f. Malchance. 

maltraité, v. tr. Invectiver. Traiter durement en paroles grossières. 

malvau (à), lac. adv. Inutilement, en folles dépenses; n'aluwous né vos 
sous à malvau, ne dépensez pas votre argent à des choses frivoles. 

marna, n. m. Individu peu sociable; in lavl marna, un homme 
irascible. 

main' zélé, n. f. Demoiselle de grande famille. 

man, n. /". Maman, mère; vlà vosse man, voilà votre mère. 

mane, ri. m. Éphémère, genre d'insecte dont la vie est très courte. 

maneuve, n. m. Ouvrier qui fait les gros ouvrages. 

maneuve, n. f. Action de faire fonctionner un appareil, une machine. 

Kxcrcice militaire. 
maneuvrè, v. tr. Manœuvrer; manenvrè ïpunpe, faire la manœuvre 

d'une pompe à incendie. Fig.: Bousculer et rudoyer quelqu'un, 
manike, n. /'. Sorte de mitaine en cuir qui protège une partie de la 

main des cordonniers quand ils cousent. 
manikè, n. m. Homme de petite taille. 
manjôr, n. m. Major; serdjent-manjôr, sergent-major. 

mankè, v. tr. Manquer ; mankè s' cô, manquer son coup. — \\ int. : 
Faire défaut. Faillir; il amankrd' tchèye, il a failli tomber. 

mânnèstè, n. f. Malpropreté, saleté, souillure; pluriel : ordures: 
achoucous toutes ces mânnèstès-là pâr-ci, balayez toutes les 
ordures de ce côté-ci. Paroles ordurières. 

mânnèt. adj. quai Sale, malpropre ; Fém.: mdnnète; wss' sauro est 
nubinet, votre blouse est sale. — N. m. Celui qui est sale, mal- 
propre ou qui dit des grossièretés; v' j aslous in mânnèt, vous 
vous êtes sali ou vous êtes un personnage malpropre. 

mânni, i\ tr. Salir: mânni s' pantalon, salir son pantalon. 

mânnichant, adj. quai. Facile à salir; e' qu'est pâle est mdnnichant ; 

les objets de couleur claire sont facilement salis. 
manotes, n. f. pi. Liens de 1er pour emmener les prisonniers. 

manôye, n. f. Valeur d'une pièce de monnaie en pièces moindres. 
l'ausse manôye, fausse monnaie. 



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— 157 - 

mantche, n. m. Manche, poignée d'un outil, d'un instrument qu\>n 
tient à la main. Fig. : lina des mantches à mite, il faut agir 
prudemment. 

mantche, n.f. Manche, partie d'un vêtement qui entoure le bras; 
des faussés mantches, des fausses manches. 

mantche d'alêne, ». m. Espèce de mésange. 

mantia, ». m. Manteau. 

Manuwèl, ». p. m. Emmanuel. 

manwyeu, ». m. Celui qui se plaint souvent et sans motif. 

manwyi, r. int. Miauler, en parlant du chat; nosï tchè a maniïyi 
toute H nut. notre chat a miaulé toute la nuit. 

marabou, ». m. Sorte de cafetière. 

maraude, //. f. Maraude, vol de fruits; aie à maraude aux gdyes, 
marauder des noix. Aie al maraude désigne une action plus 
grave, un. vol de récolle, de bois, etc., ou encore une infidélité 
conjugale. 

maraude u, ». m. Maraudeur. 

mârbe, n. m. Marbre. 

marcaudê, v. int. Être en rut, en parlant des chats. 

marchau, ». m. Maréchal-ferrant, forgeron. 

marchau, ». m. Grosse fourmi qui vit en société dans les bois. 

marchaudî, ». m. Fourmilière de marchaus. 

marchaùdî, ». m. Mauvais maréchal. 

marcote, ». /. Belette. 

Mardjôséfe, ». p. f. Marie-Josèphe. 

marèdc, v. int. Dîner, faire le repas de midi; alons z è marcdc, 
allons diner. 

marèdeu, ». m. Celui qui dine. 

margaja, ». f. Femme maladroite, étourdie. 

margoulète, ». f. Gueule ; figure ; visage enflé. 

margouy}, p. tr. Tourner et retourner avec les mains ce qui doit ou 
peut êire mangé; margouy i in bokè dîtchau (un morceau de 
viande); exercer de légers sévices sur de jeunes ou de petits 
animaux ; margouyi in ptit tché (un petit chien) ; rudoyer, 
malmener, maltraiter des personnes faibles ou âgées ; margouyi 
ses i:i$ parints (ses vieux parents). 

mariâdje, ». m. Mariage. Nom d'un jeu de cartes. 

Haridjêne, n. p. f. Marie-Jeanne (Vx). 

marié, v. tr. Marier, unir légalement un homme et une femme. — 
V. pron.: s' marie, contracter mariage. 

marié, n. m. Celui qui vient de se marier; fém.: maryêye. 

marieu, ». m. Jeune homme en état de se marier; les djôncs fiyes 
dtjont. qupou s' marié, i faut des mariens, les jeunes filles disent 
que pour qu'elles se marient, il faut qu'elles aient des amateurs. 



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- 158 — 

marinde, » f. Repas de midi ; picartè à marinde ou l'marinde, porter 
le dîner ù ceux qui travaillent dans les champs, dans les 
carrières ou les usines. 

Marjosèfe, ». />. /*, (V. Mardjàshfr). 

màrkâdje, ». m. Action d'écrire les nombres d'un compte, de broder 
des initiales sur le linge, d'indiquer les limites d'une coupe de 
bois. 

markeu, ». iw. Celui qui inscrit les nombres de points au jeu de 
caries ou qui indique les chasses au jeu de balle. 

mârlukëte, w. /". EUrémité la plusgro?se d'un objet terminé en forme 
déboule, de tète; H mdrlukèïe rfï/i bmtou. Ironiquement: la 
tête de quelqu'un. 

mârmitéye, ». /'. Contenu d'une marmite pleine; nie màrmiinje di 
soupe, di cap\ uue marmiléede soupe, de café. 

marmiton, ». m. Petite marmite; in marmiton U'hcia, lait contenu 
dans un petit vase en fer-blanc muni d'une anse. 

maron, n. m. Coup violent. 

maronè, r. int. titre dépité, rager en soi-même; maugréer \fè nuiront. 

ènc sakiye, faire bisquer quelqu'un. 
maron tî, ». /». Marronnier. 

mârse, ». m. Mars, mois de l'année. Les mârscs, les semailles du 
printemps. 

martchand, ». ///. Marchand. 

martchandâdje. ». m. Marchandage. 

martchandè, c. tr. Marchander. Quand uu eufant s'entête à désobéir, 
on dit qui martchandè eue rouléye, c'est-à-dire qu'il est sur le 
point de recevoir une correction. 

martchandeu, ». m. Celui qui débat le prix de ce qu'il achète afin de 
le payer moins cher. 

martchandije, ». /'. Marchandise. 

martchotè, r. int. Marchander longuement sur des objets de peu de 
valeur. 

martchoteu, ». m. Celui qui martcholc: fém.: martchotense. 

martèleu, ». m. Celui qui martèle, qui frappe à petits coups répétés. 

martî, ». m. Mortier. 

martia, ». m. Marteau. Fig. : // a //eu in cà <F mania, il est un peu 
toqué. 

martokè, v. int. Marteler. 

mascarade, ». »/. Homme masqué, déguisé. 

massale, ». /". Mâchoire des gros animaux ; museau. 

masse, ». f. Sorte de gros merlin. 

masseur, ». /*. Sieur; yukous risse masseur, appelez votre sirur. 

mastia, ». »/. Mût de bateau. 



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— 159 - 

mas toc, #i. /'. Ancienne pièce de monnaie belge, en billon, de la 
valeur de dix centimes. 

matante, n. f. Tante; dfai sti aman ni matante, je suis al!é chez 
ma tante. 

matière, v. f. Pus qui s'amasse dans un abcès, une plaie, un 
furoncle. 

matin, adv. De bonne lieue; paurti, rcèni matin, partir, revenir de 
bonne heure. 

mâtin, n. m. Individu ennuyeux, désagréable; fâcheux ; cèssl' in 
rude mâtin, cVst un personnage incommode. 

mâtine, n. f. Personne gênante, nui cause des ennuis ; la mâtine, èle 
a casse ^sàrlète, la maladroite, elle a cassé ma salière: la 
mâtine, rie a fait chape les mayrs di m' tricot, l'étourdie, elle a 
fait tomber les points de mon ouvrage de tricot. 

matin-mataurd, lac. adv. Ni trop lot, ni trop tard. 

matné, r. //•. Cailler, coaguler. 

matnc, adj. quai Caillé, en parlant du lait pur ou mélangé à du café. 

maû, m. m. Mal, ce qui n'est pas bien; npinsè qu'à fé f maù, ne pen- 
ser qu'à faire le mal. 

maû, n. m. Douleur physique; dj' ai dou maû, je souffre; in maA 
d' dints, un mai de "dénis. Fig. : Awè maû s tinte* envier, désirer 
vivement ce qu'un autre pos.ède; éprouver du dépit d'être privé 
d'un avantage, d'un divertissement; èle a yen rudmint maù 
s' tinte di n hé aie al dicausse, elle a été fort' contrariée de ne 
pas aller à la fête. 

maù, n. m. Plaie, ulcère; in laid maû; in maû d y saint; un mal, une 
plaie incurable ou que l'on guérit difficilement. Pluriel : aire des 
maûs pa l'tacau l'cwar, avoir des croûtes sur toules les parties 
du corps. 

maù, adv. Mal ; çà va maû, çà va mal. Dji n' pis maû, littéralement : 
je ne peux mal, il n'y a* pas de danger pour moi, ou : je m'en 
garde bien. 

maûche, ?î. /'. Lien de paille; mite les mavehes, mète su l'maûche, 
étendre les liens entre les javelles; mettre celles-ci sur les lions 
avant de former les gerbes. 

maucontint, adj. quai. Mécontent. 

maufait, adj. quai. Mal exécuté. 

maugrè, prép. Malgré ; mangrè mi, malgré moi. 

maujon, n. f. Maison, logement, domicile ; alons z è al matijon, 

allons cnez nous. 
maujonéye, n. /'.Groupe de personues'emplissant une maison ; famille 

nombreuse. " 
maùle, n. m. Mâle, eu parlant des animaux. In laid maûle, un 

homme désagréable, un vilain personnage. 
maurdi, n. m. Mardi; on dit cependant : /' mardi-gras. 

maurvènant, adj. quai. De ligure déplaisante, qui rexient mal; 
n' né yèsse manrcènant, avoir une figure qui plail assez. 



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- 160 - 

mauvièr, n. m. Merle. 

mauvnant, adj. quai. Qui grandit Icntcmeut. 

mauvnu, adj. quai. Mal venu, contrefait. — .V. m. Avorton. 

mawe, h. /'. Moue, grimace qui marque le mécontentement, le désap- 
pointement; l'è fais ijène di maire! quelle moue tu fais ! 

Mayane, «. p. /. Marie-Anne (Vx). 

maye, n. f. Mine, apparence; awè ène micaije maye, avoir un exté- 
rieur peu rassurant. 

maye,' n. f. Bille de marbre ou de stuc ; djowè aux mayes, jouer aux 
billes. 

mayèt, n. m. Maillet. Tvhimayèt, lambin. 

maye té, r. tr. Frapper, battre longuement à coups de maillet; on 
mayetèt /' tchnnwe dkantdè l' servi, autrefois, on battait le chan- 
vre à coups de maillet avant de le peigner. 

mayeûr, n. m. Maire (Vx). 

mayon, w. f. Bonne amie, prétendue. 

mazintche, 9?. f. Mésange. 

mè fV. il). 

mècanike, n. /. Frein d'un chariot, d'un véhicule; sèrè /' mècanikc, 
tourner la manivelle pour serrer le frein. 

méchant, adj. quai. Sans importance; de mauvaise qualité; braire 
pou ène méchant** grife, pleurer pour une simple égratignure; tri 
méchant pantalon, un mauvais pantalon. 

méchnâdje, n. m. Glanage, action de ramasser des épis dans un 
champ dont la récolte de blé est enlevée. 

mèchnè, r. tr. Glaner; mèchnè dèl blè, glaner des épis d'épeautre. — 
r. int. Aie mèchnè, aller glaner. 

mèchneu. n. m. Celui qui glane; l'ém.: mèchncuse. 

mcchnon, n. f. Blé que Ton obtient en glanant ou en faisant la moisson 
pour autrui. 

mècrédi, n. m. Mercredi. 

mécouye, n. m. Homme facile à tromper, à duper; poltron. 

Médard (S 1 ), w. />• m. On le surnomme grand pichar, grand pisseur, 
parce que Ton prélenl que s'il pleut le 8 juin, jour de sa fête, la 
pluie dure six semaines consécutives. 

médicamint, n. m. Médicament. 

mcfyi (s 1 ), c. pron. Se métier. 

mêlé, r. tr. Mêler. 

mêlé, 11. m. Mêlé-cassis. 

môle-tout, n. m. Celui qui louche à tout et met tout eu désordre ou 
qui s'occupe des a fia ires d'autrui. 

Méliye, n. p. f. Amélie. 

mélônes, n. pi Fourrage compost'» d'avoine et de vesces. 



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- lftl - 

mémére, n. f. Femme très âgée. 

mèn 1 (li), pron. poss. Le mien; fém.: // mène; pluriel des deux 

genres ; les mènes. 
mènaci, t. tr. Menacer. 

ménagé, n. m. Sorte d'étagère qui se pose sur une huche et où Ton 
dresse des plats, des assiettes en étain ou en faïence comme 
ornement. 

Mentine, n. p. f. Clémentine. 

mèprizant, adj. quai. Qui dit du mal d'autrui; des djiv.s mépri- 
sants, des gens qui aiment à médire des autres. 

méprizé, v. tr. Dire du mal de quelqu'un. — Part, passé : méprisé, 

mépriséye. 
mér, n. f. Mer, océan. 

mère, ». f. Mère; femelle d'un animal; ènc mère di lapin, une lapine, 
mère., n. m. Maire ; mayeûr est rarement usité, 
mérseu, adj. quai. Tout à fait seul ; fém.: mérseûle. 
mérvége (bwès cT) (V. Inrès). 

mèsbridji, r. tr. Écraser, froisser, fouler, abîmer maladroitement; 
des pwâres, des pomes toutes mèsbridjiyes, des poires, des pom- 
mes écrasées. 

mèskéne, n. f. Servante, bonne. 

mèskène, n. /'. Support en bois attaché à un anneau sous le plancher 
d'une charrette ou sous l'un des limons d'un tombereau et 
servant à maintenir en équilibre le véhicule au repos. 

mèspe, n. f. Nèfle. 

méspélî, n. m. Néflier. 

messâdje, n. m. Message ; commission. 

mèssadjî, n. m. Celui qui transporte, en voiture, des paquets, de 
petits colis de marchandises d'une localité à l'autre. 

mèssadjrèsse, n. f. Messagère. 

mèsse ? n. f. Messe. Bassc-mèssc, dont toutes les parties sont récitées. 
Dicton : On dit bé ène basse-mèsse dins ène grande èglije, oh peut 
bien mettre de la boisson, des aliments dans un vase beaucoup 
trop grand. 

mesti, n. m. Métier ; aprinde li mésti d'munusié, apprendre le métier 
de menuisier. 

metaye, n. m. Mélange de seigle et de froment. 

mètche, n. f. Mèche, cordon préparé pour mettre le feu à une mine, 
à un explosif; fils de coton pour faire des chandelles, des bou- 
gies ; tissu pour lampe à huile ou à pétrole. 

mètche, n. f. Petite toufl'c de cheveux ; ène mètche di tchvias, une 
mèche de cheveux. Fig.: gn'a né mètche, il n'y a pas moyen. 

mètche, n. f. Instrument pour percer des trous. 

mète, i?. tr. Mettre, placer, disposer, ranger, introduire, placer sur 
le corps. — V. pron.: s' mete, se mettre; se vêtir; commencera. 
— Part, passé: mis, miche; mètu, mèlîtwe sont vieux. 



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mèteu, n. m. Celui qui met. 

mètu, part, passé du verbe mêle (Vx). 

mètons!, adc. Soit ! Admettons! 

meûbe, m. m. Meuble. Fig. : Personne embarrassante et peu recom- 
mandable. 

meûr, adj. quai. Mûr, qui est à maturité; les cèréjes sont meures, les 
cerises sont mûres. 

meûr, n. m. Fruit de la ronce ; on dit communément meûr di tché 
pour désigner les murons. 

meure, n. m. Giroflée. 

meùrî, n. m. Ronce, arbrisseau épineux qui produit les murons. 

meûri, c. inl. Mûrir ; i faut laissi ineAri les fruts, on doit laisser 
mûrir les fruits. 

méyenut, n. tu. Minuit. Méyemit, méyezeurex, à toute heure de la 
nuit ; tard dans la nuit.' 

meyeu, adj. quai. Meilleur. 

Méyon, n. p. m. Siméon. 

mozouye, w. m. Celui qui a une mauvaise vue, qui est peu clair- 
>oyant dans ses affaires. 

mi, adj. poss. (V. in adjectif). 

mi, prou. pers. (V. m' pronom).* 

mia. n. m. Mieux ; gn'a don mia, il y a du mieux. — Adc. Çà va mia, 
cela va mieux. 

Micayèl, n. p. m. Michel (Vx). 

michtenflûte (à la), loc. adc. Sans le moindre souci de faire conve- 
nablement. 

michtrole, n. f. Mélasse; ène tartine di michtrole, tranche de pain 
couverte de mélasse. 

mic-mac, n. m. Mélange disparate ; confusion ; brouillamini. 

mierlin, n. m. Merlin, sorte de hache à long manche cl fort lourde. 

migrinne, n. /. Migraine. 

mimine, n. m. Chat, dans le langage enfantin; 

mi-minme, pron. pers. Moi-même, personnellement ; dfi ai stl mi- 
mînme, j'y suis allé en personne. 

minâbe, adj. quai. Très pauvre ; misérablement vêtu. 

mindji, v. tr. Manger, en parlant des gens; moins usité et plus élé- 
gant que mougni. 

mineu, ti. w*. Ouvrier qui extrait du minerai. 

minéye, n. /. Maladie épidémique sans gravité. 

Minike, n. p. m. Dominique. 

minisse, n. m. Ministre. 

minon, n. m. Chaton de saule, de noisetier, etc. 



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- m - 

mînme, adj. ind. Môme ; s'ajoute emphaliquement au nom ; c'est Hfm 
minme, c'est son père même, ou encore au pronom personnel : 
c'est mi minme, c est moi-môme. (\. l'-nnume). 

mînme, adj. quai. (V. f minme)). 

minme, aâv. Aussi, môme. 

minouche, n. m. Nom donné au chat par un enfant qui t'appelle. 

minre, adj. quai Maigre, en parlant d'un animal; nosse ratche est 
fwart mmre, notre vache est très maigre. 

minri, v. int. Maigrir. 

minte, n. /. Mensonge ; dire des mintes, mentir. 

minteur, n. m. et adj. Menteur ; fém.: minteûsc. 

minti, v. int. Mentir ; sï a nanti, il a menti. 

minton, n. m. Menton. Mintond'galotche, menton allongé et recourbé 
en avant. 

miraùke, n. m. Miracle. 

mirinne, n. f. Pituite. 

mirlôye, n. f. Femme indolente et insouciante. 

mitan, n. m. Milieu; au mitan dèl tchanbe, au milieu de la chambre; 
moitié; prinx l' mitan, prends-en la moitié; ptit mitan, grand 
mitan, troisième et quatrième joueur dans le jeu de balle, face 
à celui qui litre. — Loc. adv. : A mitan, h moitié, par moitié. 

mitche, n. /*. Miche, petit pain. 

mîtcho, n. m. Petite miche. 

miyète, n. f. Petite mie ; des miyètes di picain, de la mie de pain. — 
Loc. adv. : hne miyète, un peu ; done-mu ène miyète di tchau. 
donne-moi un peu de viande. 

mizèrftbe, adj. quai. Qui est dans le malheur, dans la souffrance. — 
JY. m. Malhonnête homme. 

mizèrablèmint, adv. Misérablement. 

mizére, n. f. Misère. Pluriel : fé des misères à ène sakîye, tourmenter 
quelqu'un. 

mizéréré, n. m. Psaume. Colikes miserere, coliques mortelles. 

mode, w. f. Mode, volonté ; quH fèye à s'môde, qu'il agisse à sa guise. 

modèl, n. m. Personne difficile, exigeante : que laid modèl! 

modisse, n. f. Modiste. 

mœr, n. m. Mur, muraille (Vireux). 

mol, ad;, quai. S'emploie toujours pour mou; dou bûre mol, du 
beurre mou. 

molèt, adj. quai. A la coque ; en' ou eût molèt, un œuf légèrement 
cuit. 

Molétia, n. p. m. Habitant de Molhain, écart de Vireux. 

moman, n. f. Maman. 

raomint, n. m. Moment, instant. 



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- m - 

monceléye, n. f. Tas long et haut. 

moncelè, r. tr. Entasser. 

moncetélè, r. int. Piétiner sur des objets, des personnes ; staurù ène 
sakiyc et moncetèfc dsus, renverser quelqu un et le piétiner. 

moncia, n. m. Monceau, gros tas; in moncia d'tère, di sdbe, di cana- 
das, un tas de terre, de sable, de pommes de terre. Tchiye à 
moncia, se dit d'une personne qui s'affaisse sur elle-même, qui 
s'évanouit. 

mônnéye, n. f. Quantité de grain que Ton porte au moulin, vingt ou 
quarante litres environ. 

mon ni, n. m. Meunier. 

mônnrèsse, n. f. Meunière. 

mononke, n. m. Oncle ; in mononke, un oncle. 

monse, n. m. Monstre. 

monse, adj. quai. Stérile, en parlant d'une vache ; nosse vatche est 
monse, èle ni donc pus pont d'iacia; notre vache n'a pas fait de 
veau, elle ne donne plus de lait. 

mônsieu, n. m. Noble, riche propriétaire ; ce mot s'emploie seul ; les 
fnvès da Mônsieu, les bois de Monsieur. 

monsléye, n. /". Gros tas. A monsléye, en abondance. 

monstèlc, t\ int. Entasser en piétinant; il a monstèlè dsnr H, il l'a 
piétiné. 

montâdje, n. m. Montage. 

monte, n. f. Montre, petite horloge de poche. 

monte, v. tr. Monter, gravir ; monte f tièn\ gravir une montagne. — 
V. int.: li sotia monte, le soleil monte à l'horizon; monté à 
tchxau. se placer sur un cheval. 

monte, c. tr. Ajuster les pièces d'une machine ; fournir les choses 
nécessaires à un ménage, à une maison. 

monteu, n. m. Monteur, celui qui construit une machine. 

montéye, n. f. Marche d'un escalier ; tchèye al valëye des montéyes, 
tomber du haut en bas d'un escalier. 

monumint, n. m. Monument. 
mokè (s'), v. pron. Se moquer. 
mokeu, n. m. Moqueur. 

mora, n. m. Ce qui cause la mort ; an* l'mora, être sur le point de 
mourir. 

moraye, n. f. Mortalité. 

morgagneu, adj. quai. Hargneux. (Mot nouveau.) 

mori, v. int. Mourir ; dji mors, je meurs; souffrir de la faim, de la 
soif, du froid, etc. nos morés d'frèd, nous mourions de froid. 
Avoir grande envie; t mort d'1 aie, il désire avidement y aller. 

mortel, adj. quai. Mortel ; nos z astons mortels terlous, nous sommes 
tous mortels. 



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- 165 — 

môrtélmint, adc. Mortellement. 

môrtico, n. m. Singe. Môrticopèlè eu, singe à fesses cal euses ; homme 
petit et fort laid. 

morûwe, n. f. Morue, poisson de mer. De l'wile di fwè d' morûwe, de 

Phuile de foie de morue, 
mosplétcb, n. m. Homme grand et sec. (Mot nouveau.) 

môte, adj. quai Morte ; nos pave fige est môte, notre pauvre fille est 
morte (Vireux). 

motyi, v. int. Parler, répliquer, dire un mot ; t n'a ôzu moUji, il n'a 
osé dire un seul mot. 

mouche, n. /*. Vésicatoire léger, ainsi appelé parce que, primitive- 
ment, on y remarquait la figure d'une mouche. 

mouche à miel, n. f. Abeille. 

mouches, n. /. pi. Arrière du jeu de balle en regardant du tamis, 

c'est-à-dire après le plit mitan. 
mouché, n. m. Émouchet, oiseau de proie. 

moucheté, n. f. Moucheron; awè ène moucheté dins Vouye, avoir un 

moucheron dans l'œil, 
mouchi, v. tr. Moucher, faire sortir les mucosités qui sont dans le 

nez ; enlever le lumignon d'une chandelle. 
mouchi, n. m. Joueur de balle qui se tient aux mouches. 
mouchi, n. m. Rucher. 

mouchon, n. ni. Oiseau ; on distinguées gros mouchons et les ptits 

mouchons. 
mouchon, n. m. Moitié de l'amande d'une noix. 

moudéye, n. f. Quantité de lait qu'une vache donne chaque fois 

qu'on la trait. Urine émise en une fois ou en une nuit, 
moudri, v. tr. Meurtrir, écraser; aivè /' pi moudri, avoir le pied 

écrasé. 
moudri, adj. quai. Écrasé ; moulu de fatigue ; dji sus moudri, je suis 

éreinté. 
moufe, n. f. Sorte de gros gant, en laine, en peau ou en cuir, où il 

n'y a de séparation que pour le pouce. 
mouflètes (V. bouflètes). 

mouftè, v. int. Rompre le silence, répliquer ; i n'a ôzu mouftè, il n'a 

osé répondre, parler, 
mougnâdje, n. m. Manière de manger; le manger, les vivres. 
mougneté, v. tr. Manger sans appétit, en choisissant. 

mougneteu, n. m. Celui qui mange sans appétit, lentement et en 

choisissant. 
itiougneu, n. m. Mangeur; mougneu d'bon Diè, faux dévot. 

mougni, v. tr. Manger, en parlant des gens et des animaux ; mougni 
corne in leu t avoir grand appétit. — V. réciproque : s' mougni, se 
manger. Fig. : Les leus n'si mougnont né, les loups ne se man- 
gent pas entre eux. Se désagréger, se ronger; dou drap qui 
s'mougne, du drap qui se troue, qui est rongé par les mités. 



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- itie - 

mougni, n. m. Manger; vola vous' mougni. voilà voire manger. 

moukwè, n. m. Mouchoir; moukuè iV potche, mouchoir de poche; 
foulard triangulaire pour femme; in moukwè d'eô, un mouchoir 
de cou. 

moulâdje, n. m. Moulage, action de mouler un objet. 

moule, n. f. Imbécile, personne sans énergie. 

mouleu, n. m. Celui qui moud. 

moulin, n. m. Rouet pour filer le chanvre, le lin, etc. 

moulin, n. wi. Moulin à eau, à vent. Fig.: Tout fait farène à bon 
moulin, tout ce que Ton mange profile quand on digère bien. 

mouliné, v. int. Tourner une manivelle pour actiser un dévidoir qui 
transforme une bobine de tll en écheveau (Vx). 

mouton, n. m. Larve, ver qui vit dans les fruits. 

moulon, n. m. Personne boudeuse, de mauvaise humeur, entêtée. 

moulure, n. /. Corniche; moulure di tchminéye, corniche de che- 
minée. 

moûre, v. tr. Moudre, pulvériser, au moyen d'un moulin, du blé, du 
café, etc. 

Moûse, n. p. /'. La Meuse. Èive di Moûse, eau de la Meuse; tchèye, 
foute à Moûse, tomber, jeter à la Meuse ; s' tapé à Moûse, se jeter 
à la Meuse pour se noyer. 

moussé, n. m. Mousse, genre de cryptogames. 

moussi, r. tr. Mettre, endosser un vêtement ; moussi s' tchimkhe, 
mettre sa chemise. — V. int.: S'introduire dans, .se faufiler en 
se dissimulant; li rnaud a moussi inte les lègnis, le renard s'est 
faufilé entre les tas de bois. 

moussi, adj. quai. Vêtu; yèssc bé moussi, être chaudement ou élé- 
gamment vêtu. 

moustatche, n. /. Moustache. 

moustatebu, n. et adj. Fort barbu. 

moustaude, n. /. Moutarde. 

moustaurdè, v. tr. Mettre de la moutarde (sur un mets). 

moustaurdî, n. m. Moutardier. 

moustrè, x>. tr. Montrer, enseigner; indiquer; faire comprendre; 
apprendre à quelqu'un. — V. pron. : S' moustrè, se faire voir, 
apparaître. A l'impératif, 2 e pers. du singulier: mousse; mousse- 
mu fd, montre-moi cela ; on pourrait dire : moustère-mu çà. 

moustreu, n. f«. Celui qui montre ; moustreu d' marionètes, saltim- 
banque, artiste forain. 

moutchwé, n. m. Mouchoir (Vx). 

moûtére, n. /. Mouture ; quantité de farine et de son que prélève le 
meunier pour la mouture du grain qui lui a été remis. 

moutoné, adj. quai. Couvert de petits nuages arrondis, en parlant du 
ciel; on dit également pomelè. 



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- 167 — 

mouvemint, w. m. Mouvement. In mouvemint d' tims, un change- 
ment qui s'opère dans l'atmosphère, 
mouveminté, adj. quai. Agité, mouvementé. 

mouyi, t\ tr. Mouiller, humecter, imbiber d'eau ou d'un autre 
liquide ; mouyi /' lèchite, mettre tremper le linge à lessiver. 
D'une quantité de boisson insuffisante, on dit qu' gn'ènn a né pou 
mouyi ses lèpes, qu'il n'y en a pas de quoi mouiller ses lèvres. 

mouyou, n. m. Moyeu. 

mouzeline, n. f. Mousseline. 

mouzinè, r. int. Bruiner. 

mouzon, n. m. Museau ; nez cl gueule d'un animal. 

mouzon, n. m. Personne qui a une figure désagréable. 

moya, n. et adj. Muet (lang. d'ayi). 

môye, n. f. Meule (blé, avoine, etc.); tas de légumes recouvert de 
paille et de terre qu'on laisse passer l'hiver dans un champ, 
dans un jardin. 

moyé, n. m. Ce qui sert à réussir; in mwais moyé; un mauvais 
moyen; possibilité ; gn'a né moyé, il n'y a pas moyen. 

moyé, n. m. Fortune; awè /'woj/r, avoir de la fortune. 

moyé, adj. quai. Moyen, qui tient le milieu; fém.: moyène; en* orne 
di moyène taye, un nomme de taille moyenne. 

moyin (V. moyé, n. et adj.) (lang. d'ayi). 

mu (V. ///'). 

mu, n. m. Ancienne mesure pour les grains, d'une contenance de 
240 litres ; in mu d'awinne, un muid d'avoine. 

Mucike, (V. Minike). 

munute, n. f. Minute, 60" partie de l'heure; cink munutes, cinq 
minutes. — Loc. adv. : Al munute, à l'instant. 

munute, n. /*. Filtre h café et son récipient. 

mur lu ton, n. m. Mirliton. 

murluton, n. m. Fagot petit et court. 

murwè, n. m. Miroir. 

murwétè, v. tnt. Miroiter, réfléchir la lumière. 

muwèt, w. et adj. Muet; fém.: muivète. 

muzère, n. f. Mesure; ce qui contient la mesure; ène muzère di 
canadas, une mesure de pommes de terre. 

muzèrè, r. tr. Mesurer. 

muzète, n. /. Sac dans lequel un ouvrier emporte du pain, du 
beurre, etc. 

muzia, n.m. Muselière. 

muzlè, v. tr. Museler, mettre une muselière. 

muzlè, v. int. Se dit d'une vache, d'un bœuf qui mugit faiblement. 

muzlotè, v. tr. Fredonner. 



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— 1(58 - 

taufcucyin, ri. m. Musicien; fera.: muzucyène. 

mwai, n. f. Pétrin, maie; on pruslit dins /' mwai, on pétri l le pain 
dans la maie. 

mwain, n. f. Main; tin de li mwain, tendre la main; prinde pa 
l'mwain, prendre par la main; s 1 donè ï mwain, se donner la 
main. Fig. : In tour di mwain f un tour de main; donè in cà 
d' mwain, donner une aide passagère ; yèsse à s'mwain, être à 
même de. 

mwais, adj. quai. Mauvais; dou mwais pwain, du pain mauvais; 
méchant; in mwais sudjet, un individu méchant; funeste; in 
vncais cô, un coup dangereux, une action très nuisible ; qui n'a 
plus de valeur ; in mwais sou : fém. : mwaije. 

mwais, adj. quai. En colère ; taijons-nous, noss pa est mwais, 
taisons-nous, notre père est fâché. 

mwart, adj. quai. Mort, défunt; noss' tùjin est mwart, notre voisin 
est mort; fém.: mwate. 

mwart, n. /. La mort. — N. m. Un défunt, celui qui est mort. 

mwarti, n. m. Mortier, mélange de chaux, de sable détrempé avec 
de l'eau ; on se sert du mortier pour relier les pierres d'un mur. 

mwate, adj. quai. (V. micart). 

mwate, adj. quai. Moite, légèrement humide. 

mwate-saizon, n. f. Morte-saison. 

mwateur, n. f. Moiteur. 

mwènau, n. m. Vilain mwènau, personnage désagréable. 

mwènîye, n. /'. Famille qui vit dans la crasse et qui passe son temps 
à mépriser autrui. 

mwès, n. m. Mois de Tannée. Une personne qui ne veut pas dire son 
âge quand on le lui demande répond qu'elle a douze mwès tous 
les ans ; les douze mois se nomment: janvié, fèvriyé, mars, ar>ri 9 
maîye, jwin, julèlc, aonsse, sètenbe, oetnbe, novenbe, décenbe. 

mwèteu (V. mwateu). 

mwinnftdje, n. m. Ménage ; s' mêle à .s' mwinnddje, se mettre en 
ménage, en parlant des jeunes mariés. 

mwinnè, i\ tr. Mener, conduire ; mwinnè les tchvaus, conduire, 
diriger les chevaux. 

mwinnè, n. m. Moine ; yèsse craa corne in mwinnè, être gras et bien 
portant. 

mwinneu, n. m. Celui qui mène, qui conduit; in mmnneu d'ourse, 
un meneur d'ours. 

mwins' (li), loc. adv. Le moins; li mwins' qu'on z aurèt dvu fé, le 
moins qu'on aurait dû faire. 

mwintSj adj. ind. Maints; gn f a mwints djous, il y a bien des jours; 
dji i ai sii mwints cas, j'y suis allé souvent. * 

mwintes, pron. ind. Maints, maintes; il ont mu à mwintes, ils sont 
venus en assez grand nombre ; dj' ènn ai ycu mwintes, j'en ai eu 
passablement. 



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— IG9 — 



n, 11. m. Consonne, quatorzième lettre de l'alphabet. Comme il n'est 
pas fait usage de consonne double dans cet ouvrage, sauf quel- 
ques rares exceptions, Vn forme toujours une syllabe nasale avec 
la voyelle qui le précède, devant un aulre n ou une consonne 
quelconque: mônni, meunier; ponre, pondre. (V. Introduc- 
tion, p. 5.) 

n\pron:peis. Nous; s'emploie dans les phrases interrogatives comme 
sujet : ènn acons-iï / en avons-nous? Ce pronom est remplacé 
par (If dans le sous-dialecte d'ayi : ènn alansdj' ? nous en 
allons-nous? 

n', adv. Mis pour ni signifiant ne; n' s'emploie après une syllabe 
sonore : df ai peu qu'on n y règne, je crains qu'on ne vienne ; il 
sert aussi à former des locutions adverbiales avec ni au, ne\ nin, 
pont, pus, ré el rin ; riji n' pus niau, litt. : je ne peux mal, je 
m'en garde bien; i n' vul rin, il ne veut rien ; nos n'vlans pus, 
nous ne voulons plus (lang. d'ayi); etc. Les expressions n' ... 
né, n... nin équivalent au français ne... pas; on n' sét né, on 
n' sel nin, on ne sait pas. Après une syllabe muette ou au début 
d'une phrase devant une consonne, on fait usage de ni; èle ni 
vèt ou vul nin, elle ne veut pas; ni m' bats né ou nin, ne me 
bats pas. Devant la consonne /, on se sert de ne; ne Vtuwe né ou 
nin, ne le tue pas; ne ï pwatc pus. ne le porte plus. 

nabot, n. m. Enfant trop petit pour son âge ; avorton; fém. : nabote. 

nac, n. f. Nacre. 

nain te, n. /. et adj. quai. Naine; c'èss? ène nainte, c'est une naine; 
vie est nainte, elle est naine. 

Namèr, n. p. m. Namur, ville de Helgique; Mamœr (Vireux). 

Namurwcs, n. p. ut. Namurois; fém.: Xamurwèse. — Adj. quai: 
naiHuruès, namnrwèse. 

Nan, n. p. m. Ferdinand. 

Nane, w. p. f. Anne. 

Nanète, n. p. f. Annelte. 

nânnan, 9/. m. Lit; berceau ; sommeil, dans le langage enfantin. 

nareu, adj. quai. Très difficile en ce qui concerne l'apprêt, la pro- 
preté des aliments ou les vases dans lesquels on les mange ; il 
est rudmint nareu: i n* birèrH né après spa; il est très très dif- 
ficile ; il ne boirait pasdaus le verre de son père. Fém. : nareuse. 

nasse, n. /'. Panier en fil de fer ou en bois de bourdaine pour pécher 
le poisson. 

natère, n. f. Vulve de la \ache, extérieur de ses parties génitales. 

Natole, n. p. m. Anatole. 

naucheu, n. m. Fureteur, celui qui cherche el fouille de tous cotés. 

nauchi, r. int. Fureter, fouiller; qu'est-ce qu'il a à nauchi parla? 
pourquoi furèle-t-il par là? 



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- 170 - 

naûke, n. /. Bateau sans pont, ni cabine centrale. 

naûkléye, n. /. Chargement complet d'une naûke. 

naûkli, n. m. Celui qui dirige une nauke. 

navète, n. /. Petit instrument en forme de bateau dont le tisserand 
se sert pour faire passer les fils de la trame dans ceux de la 
chaîne. Fig.: Fé /' navète, aller et revenir plusieurs fois de suite. 

navia, n. m. Navet, sorte de légume de la famille des crucifères. Ycs.sc 
blan corne in navia, avoir le teint fort pâle, la mine maladive. 

navia, n. m. Amande de noix, de noisette, d'un frufl à noyau ; c'est 
mi qui casse le* neùjètcs et ti qui movgnes les varias, c'est moi 
qui casse les noisettes et c'est toi qui manges les amandes. 

naviron, n. m. Aviron. 

nawe, adj. quai. Abattu, alangui par la grande chaleur, par la 
fatigue; qu' i fait crah, dji sts naice, qu'il fait gras (lourd), je 
suis sans énergie. 

né, adv. (V. n'). 

né, n. m. Nez et, par extension, la personne elle-même: tchèyc su 
s'né, tomber sur le nez ; ci n'est né pou coss' né, ce n'est pas pour 
vous;t7ôrc l'uche au né, refuser sa porte à quelqu'un. Fig.: 
mète si né dins tout, se mêler des affaires d'aulrui ; lire les rien 
dou né, arracher adroitement un secret; aire r né fin, montrer 
de la prévoyance; fé dis" né, faire le lier; foule au né, jeter i\ la 
face, reprocher; rire au né et à /' banhc d'ène sakiyc, se moquer 
d'une personne en sa présence. 

ne, n. m. Nez (lang. d'ayi). 

ne, adc. (V. n'). 

négau-néguète, loc.adv. Sans gain, ni perte; avec équivalent, com- 
pensation; çà fait ou c'est négau-néyuctc, c'est équivalent. 
néglidjance, n. /. Négligence. 
néglidjant, n. et adj. quai. Négligeut. 
néglidji, v. tr. Négliger. 

néglidji, n. m. Costume du matin; djin'ôzrès sorti, dji sûsst' en 

néglidji, je n'oserais sortir, je suis en négligé. 
nèlu, pron. ind. Personne; gn' a nèlu al maujon, il n'y a personne à 

la maison ; on dit également nolu. 
némouscaûde, n. f. Muscade ; on râpe dèl némouscaùde dins /' pausse 

pou fé les tantes, on râpe de la muscade dans la pâte qui sert à 

faire les tartes, 
nène pau, adc. Nulle part ; dji n' vas nïnc pan, je ne vais nulle part, 
nèni, adv. Non. (Vx). 
net, u. /. Nuit (lang. d'ayi). 
nète, adj. quai. Net, propre, sans souillure. Fig.: Précis ; c'est clér et 

note. 

nètyeu, //. m. Celui qui nettoie. 

nètyi, r. tr. Nettoyer, éplucher des légumes; rendre propre; on dit 
plus souvent gnèti. 



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- 171 — 

neûjcte, n. /. Noisetle ; cuède ou cheùr des ncùjèles, cueillir ou faire 
tomber des noisettes. 

neûjî n. m. Noisetier, coudrier ; ènc hoyéija di ncùjis, une cépée de 

coudriers. 
neuvînne, n. f. Neuvaine. 
neveu, n. m. Neveu. 
nèveûse, n. /. Nièce. 
nêvyi, v. int. S'agiter dans Peau sans savoir nager; suivre le (il de 

Peau, en parlant de menus objets, 
nèvyinme, adj. num. Neuvième. 

nèyi, r. tr. Noyer, faire périr par asphyxie dans Peau. — V. prou.: 
s' nèyi, se noyer; i s' a nèyi, il s est noyé. 

nèyi, n. m. Noyé; rapèchi in nèyi, repêcher un noyé. 

ni, adc. (V. «'). 

ni, conj. Ni ; ni ini non pus. ni moi non plus. 

nichi (s'), r. pron. Se nicher, se jucher. 

nichereu, n. et adj. quai. Miséreux, pauvre et dégradé. 

nichetéye, n. f. Clique, gens méprisables. 

nicdouye, n. m. Homme simple et naïf. 

nic-nac, w. m. Sorte de pâtisserie pour dessert. 

nicodème, n. ni. Niais, dadais. 

Nicole (S*) n. p. m. S 1 Nicolas, patron des bateliers et des enfants. — 
N. m. Jouets que Pon donne aux enfants le G décembre en leur 
faisant croire que c'est S 1 Nicolas qui les leur a apportés. La 
veille on leur fait déposer près de Pâtre un panier renfermant 
un peu d'avoine ou de foin pour le baudet du saint; ceux qui 
ont été sages reçoivent en échange toute espèce de jouets; les 
autres ne trouvent qu'une poignée de verges dans leur panier. 
Coutume et légende tendent à disparaître. 

nigo, h. m. Fruits, noix, noisettes, etc., déposés dans une cachette. 

nimèrau, n. m. Numéro; tiré in bon nimèrau, ne pas tomber au 
son (Vx). 

nimèrautâdje, n. m. Numérotage. 

nimèrau teu, n. m. Celui qui numérote; instrument pour numéroter. 

nin, adc. (V. ne). 

Niniye, n. p. /. Léonie. 

nipè, r. tr. Vêtir, parer. 

nipè, adj. quai. Vêtu ; yèsse ht nipè, être bien habillé. 

nipes, n. f. pi. Hardes; aie rquè ses nipes, aller rechercher ses vêle- 
ments. 

nissi, v. tr. Abasourdir d'un coup sur la tète; i ta nissi d'in cô 
d 1 Invèje, il l'a abasourdi d'un coup de bûche. 

nité, c. int. Nicher, établir son nid. 

nitéye, n. f. Nichée, famille nombreuse. 

nîve, n. f. Neige ; tapé des boulets d' n'ice. lancer des boules de neige. 

nivè, v. int. Neiger; i nhe, il neige. 



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- 172 - 

niyau, n. m. Œuf laissé à dessein dans un nid pour y attirer les 

poules qui veulent pondre, 
niyi, r. tr. Nier. 
niyon, n. m. Nielle des blés. 
nmandè (V. dimandè). 
nmèrè (V. dimèrè). 

nmitan, n. m. Moitié; dont n?è li nmitan, donne-m'en la moitié 
(V. milan). 

n' ne, o. tr. Abréviation du verbe donè, donner; s'emploie rarement, 
'nn, pron. pers. Alj.Jviation de ènn, en après une voyelle et signifiant 

de lui, d'eux, d'elle, d'elles, de cela; i 'nn a peu, il en a peur; 

i 'nn ont co, ils en ont encore, 
nobe, n. et adj. quai. Noble, 
noces, n. f. pi. Noce, mariage et réjouissances qui l'accompagnent; 

aie aux noces, aller à la noce. Fig. : ;V né yèssc aux noces, être 

dans un grand embarras, 
noceu, n. m. Celui qui se divertit trop, qui fait bombance, 
nokète, n. f. Petit fragment, arrondi ou non; petit morceau de pain 

de chénevis qui sert d'appât pour la pèche à la ligne. 
nolu (V. nèlu). 

nonbér, n. m. Sorte de prune ronde bleue, 
nonbérti, n. m. Prunier qui produit les nonbêrs. 
non du pore, n. m. Signe de la croix; fé l'non du père, se signer. 
non fait, adc. Non, nullement (Vx). 
nônnè, adv. Non ; pour nier énergiquement on répète ce mot et on 

dit : nônnè nônnè. 
nônnè-da, ado. Non certes. 
Nonore, n. p. f. Léonore, Eléonore. 
Noré, n. p. m. Honoré. 
Norine, n. p. f. Honorine, 
nos, pron. pers. Nous; nos vlons. nous voulons; nos perdons, nous 

prenons; i vôrét nos atrapè, ils voudraient nous tromper (V. n'). 
nos z ôtes, pron. pers. Nous autres, 
noss', adj. poss. Notre. Fém. : nosse; s'emploie devant une consonne; 

noss' courti, notre jardin ; nosse maùjon, notre maison. 
nosst 1 , adj. poss. Notre; se dit devant une voyelle et pour les deux 

genres; nosst' ouvri, notre ouvrier; à nosst' idéye, à notre idée. 
Notrcdame, n. p. /. Notre-Dame, la Vierge, mère du Christ. 

notrèpére, n. m. Oraison dominicale; djous l'notrèpére, dites le notre 
père. 

noû, n. et adj. quai. Neuf, nouveau ; in no à tchapia, un chapeau 
neuf; c'est dou noû, c'est du neuf. 

nouri, v. tr. Nourrir. 

nourichant, adj. quai. Nourrissant. 

noûve, adj. quai. Neuve; mêle ène noîtve caskète. mettre une cas- 
quette neuve. 



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— 173 — 

nœvèl «a, *. m. Étrennes ; vola voss' nouvel an, voici vos étrennes. 
nouvèlmint, ttdv. Nouvellement; récemment, 
nouvia, adj. quai. "Nouveau ; in nouvia curé, un nouveau curé, 
nouvia, n. m. Ce qui esi nouveau ; nos n' conechons ré d' nouvia, nous 

ne connaissons rien de nouveau, 
nouviatè, n. f. Nouveauté ; ce qui vient de paraître, d'avoir lieu ; c'èssC 

ène nouttatè ! ; remplace parfois c\'st dou nouvia /, c'est du 

nouveau ! 
nowe (à) (V. à-nowe). ' 

nowè, v. int. Nager; toutes les bièsses savont noirt, tous les animaux 

nagent naturellement. 
nowè, adj. quai Noué ; les fruts sont nowès, les fleurs deviennent 

des fruits, sont fécondées, 
nowè, adj. quai. Rachilique, qui ne grandit ou ne sfe développe pas. 
nowère (à) (V. à-nowèré). 
noweu, n. m. Ce'ui qui nage. 
Noyé, ?/. p. m. Noël, fôte religieuse qui se célèbre le 25 décembre, 

té djott- Noyé, té djoù nouvel an: le nouvel an tombe le même 

jour que Noël. 
nozè, adj. quai. A qui les habits seyent quoique simples; qu'il est nozè 

c'Vèfant-lh! comme il est bien dans ses habits, cet enfant-là; 

fém.: nozéyc. 
nut, n. f. Nuit. Méyc-nut, minuit; al nut, au nul, au soir : par nut, 

pendant la nuit; yèsse di nut, être de service la nuit; nut et 

djou, nuit et jour. 
nùtion, n. m. Celui qui est rechigné, boudeur; s'applique aux per- 
sonnes des deux sexes, 
nûtîye, n. f. Nuitée, durée de la nuit. 
nûton, n. m. Nain légendaire, à grande barbe, qui vivait dans des 

grottes creusées dans les montagnes et nommées Traus des 

Nûtons. Ils travaillaient pour les hommes, comme les Elfes des 

contes allemands et ne se montraient jamais; on trouvait, à 

l'entrée de la grotte ? le travail qu'ils avaient fait; c'était là 

aussi que l'on déposait le salaire de ces petits ouvriers. 
nûwe, adj. quai. Nue, dépourvue de vêtement. A tièsse nùive, à tète nue. 
nuwéye, n. /. Nuage; averse de pluie; de grosses nuwéyes, de gros 

nuages ; df ai yeu [nuwéye su [dos ; j'ai reçu l'averse sur le dos. 
nwâr, adj. quai Noir, obscur, très sombre ; qu'i faitnwâr! Quelle 

obscurité ! — Devinette : Qu'est-ce qu'est nwâr par djoù et blan 

par nut? Qu'est-ce qui est noir le jour et blanc la nuit?— In 

curé (un curé). 
nwarau, adj. quai. Qui a les cheveux noirs et le teint brun; animal 

dont le pelage est presque noir, 
nwârcheu, n. f. Noirceur; tache noire; obscurité, ténèbres. / fait 

ène nwârcheu à n'pus .s' riconèche, il fait une telle obscurité 

qu'on ne sait plus où l'on est. 
nwari, v. tr. Noircir; nwarichous vos soles, mettez du cirage sur vos 

souliers, sans le faire briller. — V. int.: Devenir noir; H ciel 

nwarit, le ciel noircit. 
nwariyon, n. m. Femme dont la figure et les habits sont malpropres. 



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- 174 — 



o, n. m. Voyelle; quinzième lettre de l'alphabet. 

ôl interj. Marque la surprise, la joie, la douleur. 

obète, n. f. Cabane, petit refuge où les douaniers font faction; autre- 
fois, ils se tenaient sous une sorte de berceau formé d'arbris- 
seaux dont les branches recourbées et entrelacées constituaient 
un abri précaire. 

obèyi, v. int. Obéir ; les èfanis sadjes dèiont obèyi à leus parints, les 
enfants sages doivent ob'?ir à leurs parents. 

obèyiohant, adj. quai. Obéissant. 

ôbîye, n. f. Poisson de mer qui remonte la Meuse; beaucoup de ces 
poissons meurent dans leur voyage. Fig. : Personne flegmatique 
et paresseuse. 

objet, n. m. Objet; s'emploie avec une signification spéciale dans 
l'expression laid objet, qui désigne un personnage désagréable, 
peu sociable. 

oblidji, v. tr. Obliger, imposer une obligation ; ohlidji ène sakiyr à 
paurtù exiger le départ de quelqu'un. Exciter, pousser, forcer; 
vos nCoblidjrous à vos coridji, vous me forcerez à vous corriger. 

obole, n. f. Ancienne monnaie valant un demi-denier; çà n 1 vaut pus 
ène obole, cela n'a plus de valeur. 

obtèni, v. tr. Obtenir. 

ocazionè, v. tr. Causer; ocazionè èa y accidinf, causer un accident. 

ocha, n. m. Os ; s' côpè jusqu'à Pocha, se couper jusqu'à l'os. 

octôbe, n. m. Octobre, dixième mois de Tannée. 

octrwè, n. m. Octroi, droit perçu sur certaines denrées à l'entrée des 
villes ou de certains villages ; local où l'on paie ce droit. 

odaùle, adj. quai Difficile à garder, pleurnicheur, trop remuant, en 
parlant n'un enfant ; toss' petit est fivart odaile, votre enfant est 
très difficile; qui se plaint, qui réclame continuellement; in 
malade odaûle, un malade exigeant ; des tiyès djinn oda*Mes f de 
vieilles gens difficiles à satisfaire. 

odè, alj. quai. Fort fatigua; fém.: odeye; dji sussC odéye, je suis 
éreintée. 

odji, n. m. Perche goujonnée. Fig.: Petit garçon malingre et hirsute. 

œwe, n. f. Eau (Vireux). (V. èwé). Dlà Vœice, désigne l'un des deux 
Vireux par rapport à l'autre; l'expression signifie au delà de la 
Meuse, qui sépare les deux localités. 

ofe, n. f. Offre. 

ofri, v. tr. Offrir. — Part, passé : ofri. 

okes (à) (V. à okes). 

Ole, n. f. Huile ; de Vole à lanpe, de l'huile à brûler ; de l'oie di gâye, 
de l'huile de noix ; de Cale d'olive, de l'huile d'olive. 

ôlè, n. /. Huiler, enduire d'huile. 

olè, î". in'. Aller et venir; hésiter en tiraillant. 

olène, n. /. Chenille (lang. d'ayi). 



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— 175 — 

olète, n. /. Houlette ; Volète dou bièrdji, la houlette du berger, 
olivètes (les), n. /'. p/. Danse ancienne. Fé dansé les olivètesy fustiger, 

un enfant, par ex., et le faire piétiner et sauter de douleur, 
orne, n. m. Homme. Orne di Iwè, fonctionnaire de la justice ; orne di 

bicè*. homme de bois, celui qui au jeu, dans un marché, tient 

la place d'un autre, 
onbe, n f. Ombre ; s'assir à Vonbe, s'asseoir à l'ombre. Fig.: Trace, 

apparence, gn y a-t-i ènc onbe di bon sens'? y a-t-il apparence de 

bon sens? ça n' fait né Vonbe tCin doute, c'est absolument cer- 
tain, 
onbrâdje, n. m. Ombrage. Fig.: Soupçon, défiance, 
onbradjeu, adj. quai Facile à vexer (homme); qui a peur sans motif 

(cheval). 
onbradji, v. tr. Ombrager; couvrir de son ombre. Fig.: Exciter 

l'envie, blesser l'orgueil. 
once, n. /. Ancien poids valant un seizième de livre, environ 31 

grammes (Vx). 
ongue, n. m. Ongle. 
ongue, n. m. Cheval hongre. 

ônâdje, n. m. Mesure faite avec l'aune, le mètre. Étoffes. (Vx). 
ône, n. f. Ancienne mesure de longueur valant environ t ,n 20. Fig.: 

Muzèrè les ôtes à s 1 V ône, attribuer aux autres les défauts et les 

vices que l'on a. 
ônè, v. tr. Mesurer à l'aune, au mètre (Vx). 
onsyînme, adj. num. Onzième, 
opitâl, n. m. Hôpital ; pluriel : des opitàls. 

ôprème, ado. Seulement ; il aricont ôprènic, ils arrivent seulement à 

l'instant, 
ôr, n. m. Or, métal précieux; richesse ; awè <f For. 
ôr, ado. Dehors. A tous djowèôr dèl maujan, allez jouer dehors, 
ôr, prép. Hors; il est ôr di li, il est hors de lui-môme, 
orâdje, n: m. Orage. Fig.: Individu violent, colère, bruyant, 
oradjeu, adj. quai. Orageux ; li tims èssf oradjeu, le temps est à 

l'orage. 
orde, n. m. Ordre, soin ; mète ses afères en orde, ranger ses effets, 

prendre ses précautions, avant de mourir, pour la destination 

des biens qu'on laisse. 
orde, n. m. Ordre, commandement. 
ôrdère, n. /. Ordure; poussière; corpuscule; chouvè les ordères, 

balayer les ordures; awè hic ordère dim l'ouye, avoir un grain 

de poussière dans l'œil. Fig.: Personne sans moralité. 
ordignière, n. f Ornière, trace laissée sur le sol par le passage 

réitéré des voilures. 
ôrdinêremint, adv. Ordinairement. 
ôrdœr (Vireux. — V. ordère). 

ôrdonance, n. f. Prescription d'un remède par un médecin, 
ôrdonè, v. tr. Ordonner. 



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— 170 - 

orèye, n. /. Oreille; ouïe; awè l'orcye itère, entendre difficilement. 

Fig.: Poignée d'une manne, d'une hotte. Orèyc di bèguène 

(V. bèguène). Hièssc à l'orèye (S. bièssc). 
ôrféve, n. m. Orfèvre, bijoutier, 
ôrfclin, n. m. cl adj. Orphelin; fém.: àr féline. 
organisse, n. m. Organiste, 
organize, v. tr. Organiser, 
ôrgna, w. m. Aune, arbre forestier. 
orkèsse, n. m. Orchestre. 
orlèyan, n. m. Étoffe légère de laine et de coton. 
ôrlodji, n. m. Horloger. 
ôrlodjrîye, n j. Horlogerie. 
ôr' riye, n /. Objets en or. 
ortiye, n. f Ortie. 

ôrtiyi, v. tr. Frotter la peau de quelqu'un avec des orties. 
ôrvau (pware d'), n. / Poire d'Or val. 

osse-cu, n. m. Hoche-queue. Fig.: Petit garçon mièvre et remuant, 
ossi, adc. Aussi ; il en vàyc ossi, il est parti aussi ; i sonssi' ossi gran 

yink qui Vote, ils sont aussi grands l'un que l'autre. 

ossi (V. hossi)* 
ossitô, adv. Aussitôt. 

ossi vite, loc. adc. Aussi vite; dji cours ossi vite qui vous, je cours 

aussi vite que vous. 
ostant, adv. Autant; nos z aimons osiant, cela nous est égal. 

ostèye, n. f. Outil ; ramassons nos z ostèyes et allons-n z è; ramas- 
sons nos outils et allons-nous-en. 
otchè, n. m. Hochet, petit jouet, généralement en os, qu'on donne 

aux enfants pour qu'ils le pressent contre leurs gencives au 

moment de la dentilion. 
ôte, adj. ind. Autre; pluriel : oies; l'oie djoîi, l'autre jour; mêle des 

ôtès tchausses, changer de bas. 
ôte, prcn.ind. Autre; c'èsst' en' ôte, c'est un autre; Voie est mhjcu, 

l'autre est meilleur, 
ôte pau, loc. adv. Autre part, ailleurs; qu'il è vonyent djoivè nie pau, 

qu'ils aillent jouer ailleurs, 
otléye, n. /. Hottée, contenu d'une hotte; ène olléye di canadas, une 

bottée de pommes de terre. 
ôtrèmint, adv. Autrement. 

ou, art. Au, dans un lieu déterminé ; aie ou bues, aller dans les bois 
pour y travailler, v séjourner ; aie au bivs signifie aller chercher 
du bois; i gn a d' l'èwe ou pusse, il y a de l'eau dans le puits ; 
t va ou courli, il va au jardin. 

ou, n. m. Œuf. Fi cure deslous, faire cuire des œufs ; desous d' Paukes. 
des œufs de Pâques. Advinn : Qu'est ce qu'on lape blan au wô et 
qui rtchèi djane ? — En ou. Qu'est-ce qu'on jette blanc en l'air 
et qui retombe jaune? — Un œuf. 



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- 177 — 

ouch!, interj. Marque une sensation 1res forte de chaleur ou de 

froid se triple parfois : Ouch ouch ouch! 
ouda, n. m. Odorat, flair; noss' vi tché n'a pu pont (Vouda, notre 

vieux chien n'a plus d'odorat. (Vx). 
oudè, v. tr. Sentir, flairer, 
ouf!, interj. Marque la Un d'une situation pénible; accomp<igne 

l'effort qui débarrasse d'un fardeau, 
ougnète, n. /'. Petit tas de foin, de regain, 
ougni, v. int. Geindre, pleurnicher, 
ougneu, n. m. Geignard. 

oulan, n. m. Personne exigeante et difficile à satisfaire. 
oulène, n. f. Chenille (V. olène). 
oulènî, ». m. Nid de chenilles. 
oulote, n. /. Chouette, oiseau nocturne qui se tient dans les clochers, 

les greniers, 
ouit', adj. num. Huit; è vlà ouil\ en voilà huit; on prononce oui 

devant une consonne : oui djous, huit jours, 
oupè, v. tr. Jeter un objet au-dessus d'une personne de manière 

qu'elle ne puisse l'atteindre. Combler une mesure, un vase, etc, 

soulever quelqu'un pour lui permettre d'atteindre un endroit 

élevé. 
oupè, v. int. Appeler en criant : Oîtp! 

oupe, n. /'. Huppe ; sorte de touffe de brins de laine, de coton, etc. 
oupète, n f. Petite huppe. 
ouria, n. m. Talus, terrain en pente, peu étendu, 
ourdftdje, n. m. Action de combler une mesure, de former le faite 

d'un tas de blé dans un grenier, 
ourdè, v. tr. Combler, remplir une mesure, un panier, etc., jusque 

par dessus les bords. 
ourdè, adj. quai Comblé. 
ourdéye, n. /. Quantité de choses comblant une mesure; une mesure 

comble, 
ourlé, v. tr. Ourler. 

ourlé, v. int. Hurler ; on dit aussi hourlè. 
ourse, n. m. Ours. Fig. : Individu grossier, acariâtre, qui fuit la 

société. 
ousse (pal'), toc. adv. Atrapè ène sakiye pa Pousse dou dos, saisir 

quelqu'un entre les deux épaules, soit pour le pousser, soit pour 

le secouer rudement, 
oussia, n. m. Houx. 

oussière, n. f. Houssaie, lieu planté de houx, 
oute, adv. Au-delà, outre; passé oute, dépasser un endroit, ne pas s'y 

arrêter ; traverser une chose de part en part ; trouer en dé- 
chirant ; mes dôyes passont oute di unes tchausses, mes bas sont 

troués, mes orteils passent au travers, 
ouvaye, n. m. Ouest; vint (Touzaye, vent d'Ouest. 
ouvrâdje, n. m. Ouvrage. È vlà yinlce d'ouvrddje! En voilà du dégât, 

du désordre ! 



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- 178 - 

ôuvradji, adj. quai. Qui demande beaucoup de travail, d'habileté et 
de soin. 

ouvrau, adj. quai. Ouvrable, jour autre que le dimanche; en' ouvrau 
djoù, un jour ouvrable. 

ouvrî, n. m. Ouvrier. 

ouvriyére, n. f. Ouvrière. 

ouye, n. m. (JKil. llachi les ouyes, baisser les yeux; tape les ouyes, 
jeter les yeux; fé des ouyes, regarder avec colère ou curiosité. 
Fig. : Itraire tous les ouyes di s' tièsse, pleurer abondamment. 
Coustè les ouyes dèt iièsse, coûter les yeux de la tête, coûter 
extrêmement cher. 

ouye, n. m. Œil, cavité du pain, du fromage cuit; rond de graisse 
qui surnage sur le bouillon. Quand la soupe est maigre, ont dit : 
qu'i faurèl in fameu marne d'armes pou li crècè en' ouye, qu'il 
laudrait un fameux maître d'armes pour lui crever un œil. 

ouye!, interj. Cri causé par une douleur légère. Quand la souffrance 
est très grande, on le triple : ouyouyouye ! 

ouye, n. m. Petit cercle en fer dans lequel on introduit l'extrémité 
libre d'une agrafe. 

ouyon (V. houyon). 

ouzflr, n. m. Hussard. 

ouzètes (V. houzUes). 

oussu, n. et adj. Hirsute, mal peigné, de mauvaise tenue. 

owîye, n. f. Aiguille à coudre. Quand on cherche un objet mince et 
menu dans beaucoup d'autres, on dit qu' c'èsst' ostant waiti 
après me owiye dins ène bote di foure, que c'est autant chercher 
une aiguille dans une botte de foin. Aiguille (montre, horloge, 
chemin de fer). Pistil; gn'aurèt pont d'cèréjes, les owiyes des 
fleurs sonsst' adjaléycs; il n'y aura pas de cerises, les pistils sont 
gelés. 

owyi, v. in t. Se dit de l'abeille, de la guêpe agitant leur aiguillon. 
— y. tr. Piquer avec l'aiguillon ; li wèspc m'a oxryi % la guêpe 
m'a piqué. — V passif. Uj' ai sti owyi par eue mouche à miei, 
j'ai été piqué par une abeille. 

owyon, n. m. Aiguillon (abeille, guêpe, frelon). 

oyi, a<to. Oui (V. ayi). 

oyi, v. tr. Ouïr, entendre; i faut les oyi crîyi! il faut les entendre 
crier! dji n'ôs né, je n'entends pas. — Part, passé : oyu; i n' vos 
a né oyu, il ne vous a pas entendu. On donne parfois à. deviner 
une phrase renfermant le verbe oyi et construite comme ceci : 
Pire ôt-èle, brike ôt' èle? Si pire ôt, brike ôt; la pierre entend- 
elle, la brique entend-elle? Si la pierre entend, la brique 
entend aussi. 

oyi~dire, n. m. Ouï-dire. 

ôzô, v. tr. Oser. — Part, passé : ozu\ dji n'ai ôzu y je n'ai osé. 

Ozière, n. f. Osier. 

ôsire, n. f. id. (lang. d'ayi). 

(A suivre.) J. Waslet. 



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203 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Qlvetols) 

(suite) 



p, n. m. Consonne, seizième lettre de l'alphabet. 

pa, n. m. Père; m pa, s' pa, vois' pa, leu pa, mon père, son père, 
voire père, leur père. 

pa, prép. Par; djè lai seu pa s' frère, j'ai appris cela par son frère; 
pa yû passé? Par où passer"? On dit aussi par; parnut, par nuit; 
par djoû, de jour ou à la journée, i dwâme par djoû, il dort le 
jour; nos gangnonscink frans pardjoû, nous gagnons cinq francs 
par jour. 

pacequi, loc. conj. Parce que. 

pachi, n. m. Enclos, verger. 

pachôdè, v. int. Marcher dans la boue, dans de Peau sale, y piétiner. 

pachôdisse, n. m. Amas d'immondices, de limon, dans lequel on 
marche. 

pacotîye, n. f. Quantité considérable d'objets; acheté ène pacotiye di 
tchaussures d'ocazion, acheter une grande quantité de chaus- 
sures d'occasion. Marchandise de mauvaise qualité. 

pa d'ià, (oc. adc. Au-delà, plus de ; il a trente ansctpad'là, il a trente 
ans et au-delà; on orthographie aussi cette expression : pa dlà. 

pâdje, n. f. Page, moitié d'une feuille de papier. 

pad'rî, loc. adv. Par derrière, derrière, en arrière; passé pa d'ri, 
passer par derrière; il est pa rfVi, il est derrière ; satchi pa d'n, 
tirer en arrière; on peut écrire également pa dri. 

pa d'vant, loc. adv. Par devant, en avant; pa dvant. 

pa d'zeu, loc. adv. Par dessus; au-dessus; par le haut; pa dzeu. 

pa d'zou, loc. adv. Par dessous; au-dessous; par le bas; pa dzou. 

paf ! inlerj. Indique le bruit que produit un corps que l'on frappe ou 
qui tombe. 

paf, adj. quai. Abruti, ivre. 

pagna, w. m. Pan de chemise. 

pagnouf, n. m. Malotru. 

pal, prép. Par le ou par la; atrapb pal cô, prendre, saisir par le cou ; 
saullè pal fignèsse, sauter par la fenêtre. 

palanté (s'), v. pron. S'exhiber, se planter tout droit pour être vu. 

pale, n. f. Pelle en bois pour remuer le grain. 

palète, n. /'. Pelle à feu. l'ig.: Incisives longues et larges. 

pâleu, n. /. Pâleur. 



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— 204 - 

pâli, v. int. Pâlir; s'affaiblir, en parlant de la lumière et des cou- 
leurs. 

pâlichant, adj. quai. Qui déteint facilement; vos avous tchwèzi là ène 
couleur fwart pâlichante, vous avez choisi une couleur qui 
déteindra facilement. 

pâmé (s 1 ), v. pron. Défaillir; s' pâmé d' rire, rire jusqu'à se trouver 
mal. 

pani, n. m. Grand panier qui se place de chaque côté du bât d'un 
âne; sa dit habituellement pani d' bourike ; panier se traduit par 
tchèna dans les autres acceptions. 

pansar, n. m. Goulu. 

pansau, n. m. Gourmand (Vx). Pour Djan Pansau, V. fier. 

pansu, n. m. Qui aime à manger et à boire beaucoup; fém.: pansûwe. 
— Adj. quai. : qui a un gros ventre. 

panses, n. f. pi. Tripes nettoyées pour être mangées. 

pansyi, v. tr. Manger goulûment ; il ont tout pansyi, ils ont tout 
avalé. 

pansréye, n. f. Quantité d'aliments solides et liquides que contient 
l'estomac quand on a fait un bon repas; t s'ènn a flanlcè ène rude 
pansréye, il s'en est gavé. 

pantoufe, n. f. Pantoufle. 

paour, n. m. Rustre. 

pâpâr, n. m. Image, bonhomme dans le langage enfantin. — C'èssV 
in laid pâpâr, c'est un individu désagréable. — Voyi in pâpâr à 
ène sakhje, envoyer du papier timbré à quelqu'un et engager 
une action judiciaire. 

pape, n. m. Pape; li pàpeèssV à Rome, le pape est à Rome. 

papî, n. m. Papier, Pluriel : documents officiels, authentiques des- 
tinés à établir l'identité d'une personne. Fig. : Yèsse dins les 
papis d'ène sakiye, avoir la confiance, jouir de la faveur de 
quelqu'un. Piède ses papis, laisser voir, à son insu, une partie 
de sa chemise hors de son pantalon. 

papin, n. m. Cataplasme. 

papinète, n. f. Petite louche en bois pour remuer des aliments dans 
une marmite. Fig.: Langue : awè ène bone papinète, bavarder 
beaucoup. 

par (V. pa). 

parade, n. f. Scène comique de famille ou de ménage, aventure 
ridicule qui a lieu en public. 

paradi, n. m. Jeu d'enfants, marelle. 

parapèl, n. m. Parapet; pelit rempart adossé au mur du cimetière 
de Ham et par lequel on arrive à la porte de l'église. 

parapwi, n. m. Parapluie. 

pârci, parla, loc. adv. Clair-semé ; do temps en temps. 

pârdil inter. Parbleu! 



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— 205 - 

pârdiène ! inter. Parbleu ! 

paré, v. tr. Parer, embellir (marchandise)* Détourner (un coup, un 
projectile). 

parèlyémipt, adv. Pareillement, de môme. Dji vos sicaite ène bone 
anéye et ène bone santé. — Et tous parèlyemint; je vous souhaite 
une bonne année et une bonne santé. — Et moi de même (Vx). 

parêt, r. impers. Il parait; c'est corne çà aû*i faut fi, parêtl, c'est 
ainsi qu'il faut faire, à ce qu'il parait, a votre idée? 

paréte, v. int. Paraître; sembler; i parèt trisse, il parait triste: çà 
m' parèt tchèr, cela me parait cher. — V. impers.: I parèt qu vos 
z abus t'z ènn aie, il parait que vous allez partir. 

paréymint, adv. (V. parèlyèmint). 

parfétemint, adv. Parfaitement. 

parint, n. m. Parent. 

parintéye, n. f. Parenté; membres d'une famille. 

parmint. n. m. Pierre qui parait hors d'un mur. Parmint <T fagot, 
un des rondins qui maintiennent les branchages dont un fagot 
est formé. 

parole (ma)! in ter. Abréviation de : ma parole d'honneur! 

parti, n. m. Parli, gens de même opinion contre d'autres ayant des 
idées opposées. Personne à marier : c'èsst' in bon parti, c'est un 
mariage avantageux. 

p&rtiye, n. f. Fraction d'objet ; l'adjectif bone s'ajoute souvent à ce 
mot ; ène bone pârtiye di nos pomes sont tcheutes, beaucoup de 
nos pommes sont tombées. 

pârtiye, n. f. Nombre de coups à jouer pour qu'il y ait un vain- 
queur; ène pdrliye di couyon^ une partie de couyon. Divertisse- 
ment ; fi ène bonne pârtiye, s'amuser beaucoup. 

pârtiyes, n. f pi. Organes sexuels chez l'homme : yèsse blèssi aux 
pdrtiyes. 

partro, loc. adv. En trop grande quantité; outre mesure ; gn ènn a 
partro, il y en a beaucoup trop. 

parvéni, v. int. Parvenir, arriver après des efforts ou après un 
voyage; arriver à destination, à un but. 

parvenu, n. m. Celui qui est arrivé à une position bien supérieure à 
sa condition première. 

parwè, n. f. Paroi. 

parwèsse, n. f. Paroisse. 

parwèssyin, n. m. Habitant d'une paroisse. Livre de prières pour 
suivre les offices de l'Église. 

pas, n. m. Enjambée ordinaire. Fi in fau pas, manquer de tomber. 
Fig.: Yèsse dins in mwais pas i être dans une situation critique. 

paskéye, n. f. Scène comique, bouffonne qui a lieu dans une famille, 
entre habitants d'une localité. 

passade, n. f. Court passage ; caprice. 



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— 20G — 

passâdje, n. m. Action de passer; lieu où Ton passe; çà srèt pou 
voss' premi passâdje, ce sera pour voire prochain passage; au 
passâdje d'êive, lieu où Ton traverse un cours d'eau en barque. 

passe, n. f. Action de passer son tour au jeu de cartes; on dit alors 
fèV passe. 

passé, r. tr. Passer, traverser; passé Phee, passer l'eau ; transmettre; 
passe-mu /' tcliau, passe-moi la viande; filtrer, passe Pcafc, filtrer 
le café ; passé r lacia, filtrer le lait; dépasser, dji vas vos passé, 
je vais vous dépasser; etc. — V. pron.: s' passe, se priver; avoir 
lieu; s'écouler. — I 7 . intr.: Aller d'un endroit dans un autre, 
disparaître, etc. — l'jssè Carme à gauche, mourir, l'assè les 
jrikes; dans certains jeux d'enfants, c'est se mettre debout contre 
un mur, les bras étendus et recevoir des coups de balle dans le 
dos; cette expression signifie encore : être sévèrement fustigé. 

passenaûche, n. /'. Panais sauvage. 

passepôr, n. m. Passeport. 

passepwél, n. m. Passepoil. 

passerôze, n. f. Muguet de bois. 

passes (les), n. f. pi. Avant du jeu de balle, en face du tamis ; il y a 
une passe droite et une passe gauche; c'est lî que se tiennent 
les deux passis. 

passète, n. f. Passoire. 

passetims, n. m. Passe-temps. 

passeu, n. m. Passeur d'eau. 

passéye, n. /. Vente publique, aux enchères, d'objets mobiliers ou 
immobiliers. 

passî, n. m. (Y. passe). 

pasté, n. m. Tarie aux fruits; doit paslè aux biokes, de la tarte aux 
prunes. 

pasturiau, n. m. Pâtre, gardeur de bestiaux (Vx.); on disait aussi 
pasturia ; ce mot est inusité depuis longtemps. (V. houzia). 

passwè, n. m. Petite passoire. 

passyince, n. f. Patience. 

passyintè, v. int. Patienter. 

patapouf, inter. Indique la chute d'un corps lourd. — :V. m. Homme 
court, replet et lourdaud. 

patati patata (et), inter. Désigne des bavardages insignifiants. 

pâte d'aûwe (V. athée). 

pâtèr, 11. m. Pater, oraison dominicale. Pluriel : dire ses pâters; 
réciter des prières. 

pâti, v. int. Soufl'rir, languir; subir un dommage. 

patinâdje, n. m. Patinage. 

patiné, v. int. Patiner. 

patineu, n. m. Celui qui patine. 



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— 207 - 

patrouyi, v. tr. Manipuler malproprement ce qui doit être mangé où 
utilisé. — V. int. : Patauger. 

pat'tautou, adc. Tout autour. 

pat' tavau, adv. Par places, sur une étendue déterminée ; il astèt sô 
et i tchèyèt paV tavau les voycs, il était ivre et il tombait sur le 
chemin ; df ai des doses pat' tavau ï cvcàr, mon corps est couvert 
d'échauboulures. Dans certains cas, on di t pa V tavaur : pat' tavaur 
mi, pat f tavaur li. 

pat' tavaurci, ado. Dans l'endroit où Ton se trouve et dans les 
environs immédiats; gn a des aubuçons paC tavaurci, il y a des 
champignons où nous sommes et aux environs. 

pat 1 tavaurlà, adv. Dans un lieu éloigné et dans la région qui 
l'avoisine; dj'ai voyadji pat' tavaurlà; j'ai voyagé dans ces 
pays-là. 

patwés, ». m. Patois: savont-i cauzè patuès? savent-ils parler 
patois ? 

pau, n. m. Petite quantité ; donè rpau qu'on z a, donner le peu que 
Ton a. — Adv.: Peu; i vaut mia pau qu'pont, il vaut mieux 
avoir peu que point. — Loc. adv.: in pau, un peu ; gn' eniï a in 
pau, il y en a un peu; achoute in pau, viens un instant près de 
moi. 

pan, n. f. Abréviation de paurt, part; dans ôte pau, autre part; 
abus z è djcwè ôte pau, allez jouer ailleurs. 

paudjèr, adj. quai. Paisible, calme; les bous sont paudjèrs, les bœufs 
sont paisibles. (Vx). 

paudjèrmint, adv. Tranquillement (Vx). 

paûke, n. /*. Rameau de buis qu'on bénit et distribue aux fidèles le 
jour Je paukcs floriyes. 

paftkes, n. /'. Pâques. Communion pascale; fi des bonès paûkes, 
accomplir pieusement son devoir pascal. 

paûki, n. m. Buis, abrisseau ou arimste. 

paûkî, n. m. Porc que l'on engraisse pour être vendu vers Pâques. 

paûmâdje, n. m. Formation des épis; état des épis d'un champ de 
blé, de seigle, etc. 

paume, n f. Épi ; cne paume di blé, un épi d'épeautre. 

paûmè, v. int. Épier, produire desépis; lesswrlespaûniont, les épis du 
seigle se forment. 

paupulace, n. f. Bas peuple. 

paurlè, v. int. Parler (d'une chose) (Vx). 

paurlant, adj. quai Affable; des djins paurlants, des gens bien- 
veillants dans leurs relations. 

paurt, n. f. Part; chakin s'paurt, chacun sa part; portion d'une 
coupe, d'un bois communal attribuée à chaque ménage ; cne 
paurt di bicès, une part afl'ouagère. 

paurt, n. f. Partie au jeu ; ganyni deur paurlix, gagner deux parties 

paurtâdje, n. m. Partage. 



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— 208 — 

paurtant, n. m. Celui qui pari, partant. 

paurtant, n. m. Celui qui partage, co-partageant. 

paurteu, n. m. Celui qui fait les parts, les lots. 

paurti, v. tr. Partager; paurti des gayes, partager des noix. 

paurti, v. int. Partir; paurti trop taurd, partir trop tard. 

paurti, part, passé. Partagé ; nos z osions mau paurtis, nous sommes 
mai partagés, nous avons une maigre part. 

paurti, part, passé. Parti. Fig. : Nos z astons mau paurtis, nous avons 
mal débuté dans notre affaire. 

pausk&dje, n. m. Œuf de Pâques; tos vêrous que voss' pauskâdje, 
vous viendrez chercher vos œufs de Pâques. 

paûgse, n. f. Pâte, farine pétrie après avoir été détrempée. Fig.: 
Femme grosse et nonchalante. 

paux, prép. Par les ; rtèni paux vives viyès, revenir par les vieux 
chemins; prinde in lapin paux orèyes, saisir un lapin par les 
oreilles. 

pavâdje, n. m. Pavage, action de paver. 

paye, n. m. Bloc de pierre, de bois dont on garnit uue rue, une 

• roulé, 
pavé, c. tr. Paver. — Part, passé, (in ènn a tout pacè, le sol en est 
couvert, en parlant de fruits tombés, par exemple. 

paveu, n. m. Paveur. 

pavéye, n. f. Espèce de trottoir pavé longeanl la façade d'une maison ; 
chouvè Ppacéye, balayer le devant de la maison. 

ptwène, n. f. Main gauche; on n'sicrit né di s'paicène, on n'écrit 
pas de la main gauche. 

pawène, n. et adj. quai Gaucher. ïèsse pawène des deux m trains, 
être gaucher des deux mains, être fort maladroit. 

payasse, n. f. Personne grosse et paresseuse. 

payasson, n. m. Grand cadre de bois garni de paille servant à abriter 
les carriers, les casseurs de pierres, les cantonniers, etc. 

paye, n. f. Payeur, client ; bone paye, mwaijc paye, bon ciient, mau- 
vais client. 

payemint, n. m. Paiement; merci jusqu'au payeminl; je vous 
remercie jusqu'à ce que je vous rende service a mon tour. 

payeu, n. m. Celui qui paie. 

payi, v. tr. Payer, effectuer un paiement; payàusl' , payez-le ou la. 

payis, n. m. Pays, région, village où l'on habile ; nos z astons dou 
minme payis, nous sommes du môme pays. 

payizant, n. m. Paysan; fém.: payizante. 

pé. n. m. Pis, mamelle de la vache, de la chèvre, etc. 

pècheu, n. in. Celui qui est à la pêche, pêcheur de profession. 

pécheur, -h. m. Celui qui commet des péchés. 

pèchi, v. int. Pécher, aller à la pêche. 



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-209 - 

pèchon, n. m. Poisson ; prinde bramint des juchons, prendre beaucoup 
de poissons. 

péçon, n. m. Pinson, oiseau de l'ordre des passereaux. 

pègne I in ter. Onomatopée reproduisant le bruit d'un coup sec. 

pégne, n. m. Peigne, démêloir. 

pégni, v. tr. Peigner, arranger les cheveux, débarrasser de la ver- 
mine ; i faut s' pégni tous les djoùs; il faut se peigner tous les 
jours. 

pégnîye, n. f. Action de battre, ou de se battre ; si foute ène pégniye, 
se frappier réciproquement avec brutalité. 

pègnon, n. m. Pignon, partie supérieure triangulaire d'un mur. 

pèkèt, n. m. Genièvre, eau-de-vie de seigle parfumée avec des baies 
de genévrier; alons bware in pèkèt, allons boire un petit verre 
de genièvre. 

pèkéye, n. f. Beaucoup d'enfants, de gens de pauvre mine. 

pektè, v. int. Boire beaucoup de petits verres de genièvre. 

pèkieu, n. m. Buveur de genièvre. 

pélake, n. f. Pelure de pomme de terre, de pomme, de poire, etc., 
écorce des jeunes pousses d'arbres ou des tiges ligneuses vertes; 
canadas al pèlalce, pomme de terre en robe de chambre. Fig. : 
Personne sans aucune énergie : que grande pèlake! 

pèlaûce, n. m. Faiseur de manières. 

pèlchochin, w. m. Jeune homme efféminé qui veut faire de l'effet, 
qui pose d'une manière exagérée. 

pèle, n. f. Poêle à frire. 

pèle, n. /'. Pique, une des couleurs noires du jeu de cartes (Vx). 

pèle, v. tr. Enlever le poil, la peau d'un animal; la pelure d'un 
fruit, d'un légume, la coque d'un œuf, Pécorce d'un arbre. 

— Passif. Yèsse pelé, être chauve. — V. pron.: s'pèïè, se peler. 

— V. int.: Perdre son poil, sa peau. Fig.: Pèle Feinte à ène 
sakiye, ennuyer longtemps quelqu'un. . 

pélè, adj. quai. Pelé ; chauve ; fera.: pèléye. 

pelé, v. tr. Enlever à la pelle. 

pèlérinadje, n. m. Pèlerinage. Promettre d'aller en pèlerinage, c'est 
promète li voye\ accomplir le voyage, c'est fé l'voye. Certains 
pèlerinages ont lieu à des dates déterminées et l'on s'y rend en 
foule; d'autres se font à toute époque de l'année par groupes de 
neuf personnes ; parfois on se contente de conduire le malade à 
l'autel du saint. Voici les pèlerinages les plus en vogue dans là 
région givetoise. On va invoquer : 

S 19 Adèle pour obtenir la guérison des maladies d'veux, à Gochenée 

(Belgique); 
S 1 Agrapau (S ( Erasme), pour la guérison des coliques des enfants, 

u Givet-Notre-Dame (France) ; 

S 1 Antwinne (S* Antoine), pour retrouver les objets perdus, aux 
Hauts-Buttés (France) ; 



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- 210 - 

S 1 Ifôi/i (S 1 Waller, dit Vôyi), pour la protection du bétail, à Onhaye 
(Belgique) ; 

S 1 Forèdin (S 1 Forédan), contre le mal de dents, à Waulsor 
(Belgique) ; 

S le Uènèviévc (S 10 Geneviève), pour la guérison des clotchètes, ou 
ampoules suivies de croûtes à la peau, à Wiesmes (Belgique); 

S te (icrirudc, pour la formation des jeunes filles, à Merlemont (Bel- 
gique) ; 

S 1 Hilaire, en vue d'obtenir la guérison des estropiés, des plaies 
de toute sorte, à S l -Hilaire (Belgique) ; 

S 1 Hubert, contre la rage, à S l -Hubert (Belgique) ; 

S 1 Qicèlin (S 1 Quirin), pour la guérison des plaies variqueuses ou 
tuberculeuses, à Chamois (France) ; 

Notre-Dame di Walcou (Notre-Dame de Walcourt), pour obtenir toute 
espèce de grâces. 

Noire Dame de Lorette, pour la délivrance des femmes enceintes, à 
Foisches (France) ; 

Et S 10 Rolende, pour la guérison des maladies d'yeux, à Gerpines 
(Belgique). 

pèleu, n. m. Ouvrier qui décortique les chênes dans les bois. On 
disait autrefois, en voyant ces ouvriers revenir de la forêt : 
« Les pèleus, les roleus (V. ce mol), les îapeus d'baloùges à l'èwe. #> 

pêléye, n. m. Contenu d'une poêle à frire; ène pêléye di pèchon, une 
poêlée de poisson. 

pêlon, n. m. Poêlon, ustensile en terre ou en métal avec une queue 
comme la poêle. 

pêlonéye, n. /'. Contenu d'un pêlon : ène pêlonéye di lacia, une 
poêlonnèe de lait. 

pèlozia, n. m. Rondin de chêne dont l'écorce a été enlevée. 

pèlwè, n. m. Outil formé anciennement d'un tibia de cheval muni 
d'une lame d'acier coupée à angle droit pour la décortication du 
chêne. 

pêne, n. f. Visière ; bord d'un chapeau d'homme. 

pènè, v. tr. Priser, renifler du tabac en poudre ou chnouf. 

pèneté, v. int. Priser fréquemment. 

pèneu, n. m. Priseur. 

pèneu, adj. quai. Peiné, triste ; rvini tout pèneu, revenir tout triste. 

pèneuzemint, adv. Tristement. 

pènéye, n. f. Prise (de tabac) ; perdons ène bone pènéye, prenons une 
bonne prise. 

pcnibe, adj. quai. Pénible. 

pépére, n. m. Grand-père; vieillard caduc; rdressous-vous, vos 
routous corne in vi pépère; redressez- vous, vous marchez comme 
un vieux grand-père. 



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-211 - 

pèpîye, n. /. Pépie, maladie qui affecte la langue des oiseaux et les 
empoche de manger. 

pèr (à) (V. à pèr). 

pèrcè, v. tr. Trouer, percer. — T. int.: Crever, en parlant d'un 
abcès, d'un furoncle, etc. 

pèrcè, adj. quai. Percé troué; mouillé jusqu'aux os; il a plou, dj\a\ 
sti perce, il a plu, j'ai été tout trempé. 

père, n. m. Mâle, chez les animauv ; des mouchons drus corne père et 
mère, des oiseaux arrivés à l'état adulte. 

pergna, c. U\ Sorte de volet qui s'ouvre à l'intérieur et qui forme la 
partie supérieure d'une porte d'écurie. 

péri, a. int. Périr. 

pêrî, n. m. Gros las de pierres ramassées dans les champs cultivés. 

pernèle, n. f. Prunelle, sorte de prune sauvage, fruit de l'épine noire. 

pernèle, n. f. Cercle coloré que l'on voit à la partie antérieure de 
l'œil; tèni à eue sakne corne al pernèle de ïouye, leuirà une chose 
comme à la prunelle de l'œil, c'est y tenir beaucoup. 

pèrnèlè, n. m. Boisson faite avec des prunelles. 

pèrnèlî, n. m. Prunellier. 

pertigne, portagne, inter. Onomatopée reproduisant les bruits et 
leur répercussion par un écho voisin, auxquels donnent lieu les 
coups successifs d'un marteau sur un corps sonore ou encore 
ceux d'une serpe, d'une hache dans un tronc d'arbre de la forêt. 

pêrzin, n. m. Persil. 

pèsse, n. f. Mauvaise odeur; que pèsse qu'on sent al coltnye. Quelle 
odeur désagréable on sent à la fabrique de colle-forte ! 

pèsse, n. f. Personne détestable; r' djinlà èsst' hxe vraiye pèsse; 
cette femme-là est une véritable pesle. 

pestèlè, v. tr. Fouler aux pieds; on za pèstêlè nossi' awirme sul'bward 
dèl voye, on a piétiné notre avoine sur le bord du chemin. 
— Y. int.: Piétiner de colère, d'impatience, de douleur. 

pèstèleu, n. m. Celui qui piétine. 

pèstèlrîye, n. f. Action de piétiner, état de ce qui est piétiné. 

pèsvèdje, n. f. Gaule pour pêcher à la ligne; littéralement: tèdje 
(verge) pour la pêche. 

pet, n. m. Gaz qui sort du fondement avec bruit. Fig. Pèt d'ieu (pet 
de loup), cancan, argument sans importance. 

pèta, n. m. Ce qui produit une détonation; petit éclat qui se détache 
avec bruit d'un tison enflammé. 

pétâr, n. m. Tapage que fait un homme en colère. 

pctârdè, i?. int. Éclater en produisant une forte détonation. 

pèt au eu, n. m. Blouse, veston trop court. 

pètche, n. f. Fruit de l'aubépine ; mougni des pèlehes, çà donc des 
pus, manger des cenelles donne des poux, disent les ignorants. 



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- 212 - 

pètche, n. f. Malechance, guigne; s'emploie avec l'adjectif micaije, 
mauvaise. 

pètchl, n. iw. Épine blanche, abrisseau qui produit les pètches ou 
cenelles. 

pètchi, v. tnl. Commettre un péché. 

pètchi, n. m. Péché ; laid corne li pitchi, laid comme le péché. 

pète, n. f. Baiser, dans le langage enfantin ; doné ene pèle, embrasser. 

pété, t?. tnr. Faire des vents. 

pété, v. int. Éclater, fendre, crever avec bruit; claquer, craquer. 

pété, adj. quai Fendu, fêlé ; li pat S noss* pwele est pitè, le fourneau 
de notre poêle est fendu ; on dit encore : nosse marmite est 
pètéye (fêlée) ; li canon doit fisik est pètè (est fendu). 

pètél, n. f. Crotte de chèvre, de brebis, de lapin (V. gâte). 

pètélrlye, n. /. Longue suite de pètètes. 

pèteu, n. m. Celui qui est confus; 1 9 nn a risti corne in pèteu, il est 
reparti tout honteux. 

pètéye, n. f. Soufflet retentissant. 

pètia, n. m. (V. pètriya). 

petit, n. m. Tout jeune garçon : noss' petit est malade: fém.: pëfite. 
Après upe syllabe sonore, on emploie p' fît, p'tite ou ptit, ptite. 

petit, adj. quai. Petit ; çà nCchone petit, cela me parait petit ; vos 
astous trop p\ile, vous êtes trop petite (V. le mot précédent). 

pètitemint, adv. petitement, faiblement, 
pètlé, v. int. F^inp des pètèles. 
pèton, n. m. Genévrier. Bouchon d'auberge, 
péton (V. pèta). 
pétrftpe, n. /. Betterave, 
pétriya, n. m. Po|re sauvage, 
pèture, n. f. Fêlure, fente, 
peûpe, n. m. Peuple, 
peuplé, v. tr. Peupler. 

peuplé, adj. quai Peuplé; occupé par de nombreux animaux sau- 
vages. 
peftpléye, n. f. Pppulace, gens de bas étage. 
péye, n. f. Bêche, outil de jardinier. 

péyetéye, n. f % Ce qu'on peut enlever de terre d'un coup de bêche, 
pesa, n. m. Tige de pois, 
pés&dje, n. m. Action de peser, 
péseu, n. m. Celui qui pèse. 

pètéye, n. f. Pesée. Fig.: Grande quantité de boisson absorbée, 
pèsia, n. m. Sorte de balance dit romaine. 



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- 213 - 

pî, n. m. Pied, partie de rovlrêinité de la jambe (fui sert à Pliomme 
et aux animaux à se soutenir et à marcher. Atcè. F pi sticarlchi, 
avoir une entorse; à djonpîs, à pieds joints, Fig.: Aivè bon pi, 
bon ouijc, être bien portant. ïèsse su pi, être guéri. Partie d'un 
meublé qui sert à le soutenir; i pi d'hic taiiie, le pied d'une 
table. Partie inférieure du tronc, de la tige; au pi d' en èsse; au 
pied d'un hêtre. 1S' pus wète les pis eue sayù, ne plus aller quel- 
que part. — Ancienne mesure de longueur valant m 33 environ. 

pia, n.' f. Peau ; cuir détaché du corps de l'animal. 

piam' piam', adc. Tout doucement. 

pîce, n. f. Pièce; partie d'un tout considérée séparément; portion ; 
fragment; monnaie ; bouche à feu. Fig.: lione pice, espiègle. 

pîcète, n. f. Peiite pièce d'étofl'e, de cuir, etc. 

picètes, n. /. pi. Pincettes, longue pince pour arranger le feu. 

picète, n. /'. Pincement, action de serrer entre les doigts. 

picètes (à), loc. adc. En pinçant légèrement; rabrèssi à picètes, 
embrasser sur la bouche eii pinçant chaque joue d'une main. 

picho, n. m. Organe qui sert à pisser, à uriner, en parlant des ani- 
maux. ' 

pichar, adj. quai. Qui urine beaucoup. 

pichate, n. f. Urine. 

picheu, n. m. Celui qui urine. 

pichi, v. tr. Uriner. — V. int.: Se dit d'un liquide qui forme un jet 
en coulant ; s' côpè si fwart qui V sang pichet, se couper si fort 
que le sang coulait abondamment. 

pichîye, n. f. Quantité d'urine émise en une seule fois et recueillie 
dans un vase ou bien visible sur le sol. 

pichlote, n. f. Petite ouverture par où passe un filet d'eau. 

pichlotè, v. int. Uriner peu et souvent. 

pichloteu, n. m. Celui qui urine peu à la fois et fréquemment. 

pichoû, n. m. Celui qui laisse échapper son urine dans ses vêtements. 

pichoulit, n. wi. Enfant, individu qui urine dans son lit. 

pichriye, n. f. Kuisselets d'urine courant sur le sol et provenant 
d'une ou de plusieurs personnes. Linge, literie souillés par une 
grande quantité d'urine. 

pici, t? . tr. Pincer, serrer entre le pouce et l'index, entre les ongles 
de ses doigts ; èle m'a pici Cbrès } elle m'a pincé le bras. 

picîye, n. f. Pincée, petite quantité ; ène picige di pwèce, di se, une 
pincée de poivre, de sel. 

pî d'chau (à), loc. ado. A pieds nus. 

piède, v. tr. Perdre. Piède si pa, être séparé de son père par la mort : 
piède li vûue, devenir aveugle. Fig.: piède si vôtje, s'égarer; 
piède la tièsse, devenir fou, ne plus savoir ce que l'on fait. 

piède, 11. /". Perle; c'èsst' ène grosse piède. c'est une grosse perle. 



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— 214 — 

pièrcète, n. /'. Bluel, centaurée à Heurs bleues ([ni pousse dons les 
blés. 

pièrdant, n. m. Celui qui perd au jeu, perdant; c'est /' pièrdant qui 
paye, qui perd paie. 

pièrdu, part, passé. Perdu, égaré ; i s 1 a pièrdu, il s'est perdu, égaré; 
en danger de mort certaine ; voss' pa est pièrdu, votre père va 
mourir. 

pièrdu, n. m. Insensé; couri corne in pièrdu. courir comme un fou. 

Pière, n. p. m. Pierre, prénom d'homme, Pivre et Paul, beaucoup 
de personnes; ni nos ranucinnous ne co Pivre et Paul. Tout le 
inonde : dire hic sakuè à Piorc et à Paul. 

pièro, n. m. Moineau franc. 

piêsse, n. f. Perche, gaule longue et grosse. 

piètche, n. f. Perche, poisson d'eau douce. 

piètri, n. f. Perdrix ; /' piètri fait s'ni à fê/v», la perdrix fait son nid à 
terre. 

pif, n. m. Nez long et large. 

pigna, n. m. Cartes que Ton prend et sur laquelle on place celles qui 
restent avant de distribuer les jeux aux partenaires. 

pigni, v. int. Diviser à volonté un jeu de curies en deux parties el 
placer la partie inférieure sur l'autre. 

pika, n. m. Piquant, pointe aiguë. 

pikè, v. Ir. Piquer. 

pikèt, n. m. Jeux de caries. Petit pieu. Yèssc di piket. rester long- 
temps à la même place pour attendre quelqu'un. 

pikête, n. f. Boisson sure. 

piketé, n. f. Auè l' pikèté, avoir froid au bout des doigts. 

pikète, n. f. Pointe du jour : Al pikètc dou djou. 

pilau, n. m. Bouvreuil. 

pile, n. /'. Pile, amas de choses mises l'une sur l'autre ; maçonnerie 
formant pilier. Raclée, volée de coups. Côté d'une pièce de 
monnaie. 

pilé, r. tr. Piler, broyer avec un pilon. 

pîlè, v. int. Se dit du chien qui pousse une sorte de gémissement très 
aigu pour manifester un désir, un besoin, un ennui. 

pilou, n. m. Tricheur au jeu. 

pilyè, n. m. Thym cultivé; pihjè sauvâdje. serpolet. 

pincemauye, n. m. Ladre. 

pindâdje, n. m. Linge que l'on pend pour sécher. 

pindant, n. m. Boucle d'oreille ; des pindants en or. des boucles 
d'oreille en or. 

pindant, n. m. Ce qui pend. Devinette : quate pâtes su quate pâtes : 
deux pâtes su quate pâtes, quate pindants et di.r lirants. CYsl une 
femme assise sur une chaise et travant une vache. 



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— 215 — 

pinde, r. tr. et int. Pondre. 

pinde, v. tr. Peindre. 

pindu, n. et part, passé. Pendu. 

pindréye, n. f. Une ou plusieurs choses qui pendent mollement. 

pingniye, n. f. (V. pégnxye). 

pinsè, v. tr. et int. Penser. 

pinséye, n. f. Pensée ; esprit ; souvenir ; opinion. A" né catchi s 1 façon 
d' pinséye, dire clairement ce que Ton pense. 

pinte, n. m. Peintre. 

pinte, n. f. Chope. 

pinte, v. int. Boire des chopes. 

pinteu, n. m. Grand buveur de chopes ; ivrogne. 

Pintecousse, n. f. Pentecôte. 

pintère, n. f. Penlui^r. 

pipiche, n. f. Urine (langage enfantin). Fé pipiche, uriner. 

pire, n. f. Pierre, minéral dur et solide. Dèr corne, dèl pire, dur 
comme de la pierre. Quand quelqu'un est peu avisé, on dit qui 
n" saurH t route eue pire mouijhjc au fond d' i être, qu'il no 
saurait trouver une pierre mouillée au fond de l'eau. 

Pire (S 1 ), n. p. m. S 1 Pierre, apôtre, patron do Vaucelles [Belgique). 

pire, adj. quai. Pire, plus mauvais; li pire ou l' pire, le pire, la pire. 
— /V. m. Le pire. 

pirète, n. f. Noyau de cerise, de prune, etc. 

pis, n. m. 1-e pis. — Adc: Pis, plus mal. Dire d' ènc sakiyc pis 
qiC pinde, dire pis que pendre de quelqu'un. 

pisinte, n. f. Sentier. 

pitè, v. tr. Donner des coups de pied, en parlant de la vache, du 
bœuf ; nasse ratche m'a pitè, notre vache m'a lancé un coup de 
pat'e. 

piteu, n. ni. Celui qui pile ; fém.: piteuse. 

pitieu, adj. poss. Qui excite la pi lié, triste : auè l'air piticu. 

pitit (lang. d'ayi). V. petit) 

pititemint (lang. d'ayi). V. pètitemint). 

piton, n. m. Facteur de la poste; là r piton qui passe, voilà le facteur 
qui passe. 

pitriyi, r. int. Piétiner rageusement; se défendre à coups de pied 
quand on est renversé ou maintenu de force. 

piwitche, n. f. Oiseau aquatique vivant sur les bords de la Meuse et 
qui doit son nom à son cri : pi witch ! 

piyâdje, n. w. Pillage. 

piyaude (al) î loe. adc. A maraude ! Au pillage ! 

piyoche, n. f. Pioche. 

piyochi, r. tr. Piocher, donner des coups de pioche, 



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- 216 - 

piyocheu, n. m. Celui qui pioche. 

placemint, n. m. Placement, action (rengager un capital pour lui 
faire produire des intérêts. 

placeu, n. m. Celui qui place, qui procure des emplois. 

placi, n. m. Indmdu qui loue les places du marché et prélève un 

droit sur les vendeurs et les vendeuses, 
placu, 7i. m. Flatteur, flagorneur, 
plafonè, r. tr. Plafonner, 
plafoneu, n. m. Plafonneur. 
plaide, v. tr. Plaider, 
paideu, n. m. Plaideur. 

plaijant, adj. quai. Plaisant, agréable à voir; c'est plaijant à tèye, 
c'est agréable à voir; il est bë plaijant, il plaît par ses belles 
manières. 

plaiji, n. m. Plaisir ; çà fait plaiji, cela fait plaisir; agrément, diver- 
tissement; aivè dou plaiji, avoir de l'agrément, du divertisse- 
ment. 

plain, n. m. Terrain plat au haut d'une montagne ; li plain 
d'Tchanrlansau, petit plateau boisé sur la rive droite de la 
Meuse entre Ham et Chooz. 

plain-pî (d'), loc. adc. De plain-pied. 

plaîst' i ? loc. adc. Plaît-il? 

plaist' i noss' maisse, n. m. Colchique d'automne. La Saint-Martin 
approche, on va de nouveau engager les domestiques et ceuv-ci 
deviennent polis envers leurs maîtres. 

plaît (si vos) ? loc. adc. Invitation à celui qui parle de répéter ce 
qu'il a dit et qu'on n'a pas entendu ; formule de politesse ajoutée 
à une demande. 

plaît à Diè (s'i), loc. adc. S'il plaît à Dieu, je l'espère : dj' irê al 
dicaussc sH plaît à Diè, je pense bien aller à la fête. 

plakâdje, n. m. Placage, terme de menuiserie. 

plakâr, n. m. Couche épaisse de matière salissante. 

plakâr, n. m. Petite armoire pratiquée dans un mur. 

plake, n. /'. Dartre ou croûte à certains endroits du corps ; couche de 
matière malpropre : ène plake di brou su in plantchi, su in pan- 
talon, une couche mince de boue sur un plancher, sur un pan- 
la Ion. 

plakè, r. tr. Déposer, laisser quelqu'un ou quelque chose sans plus 
s'en occuper. Tig. : Jeter à la l'ace. 

plane, n. m. Platane. 

plane, r. tr. Unir un morceau de bois avec une plane, le rendre 

égal. 

planète,?/, f. Petit papier sur lequel est imprimé un prétendu avenir. 
(A suicrr.) J, Waslkt. 



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- 12 — 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Givetois) 

(SUITIÏ^ 



P (suite) 



plantâdje, n. m. Action de planter; plantâdje aux canadas, travail 
(|ui consiste à planter les pommes de terre; époque à laquelle a 
lieu ce travail. 

plantche, n. /'. Planche, morceau de bois scié en long, assez large et 
peu épais. Grande plaque de pain d'épices. Fé /' plantche, nager 
sur le dos sans faire de mouvement apparent. 

plantchète, n. f. Planchelle. Awè rplnnlchèie, ne pas recevoir l'abso- 
lution de ses péchés à confesse, le prêtre fermant alors brusque- 
ment le judas qui lui permet d'entendre le pénitent. 

plantchi, n. m. Plancher, parquet; lace l'plantchi, laver le sol, le 
plancher d'une chambre, d'un appartement. Plantchi des 
vatches, le sol, par opposition à l'eau sur laquelle on navigue. 
Plantchi des gâtes, plancher des chèvres, endroit d'un chemin 
habituellement dur et devenu élastique par le dégel. 

plantwè, h. m. Plantoir. 

platène, n. /'. Patène, sorte de petite assiette pour recouvrir le calice 
et qu'on embrasse à l'offrande. 

platène, n. f. Tourtière en lùle ; on z atint èrdelè les ■ platanes, on m 
fé les fautes: nous entendons remuer les tourtières, on va faire 
la tarte. Fig.: A ter eue boue platène, avoir une bonne langue, 
bavarder beaucoup, se défendre en employant force arguments. 

platène, n. /'. Morceau de fer que l'on fait rougir et que l'on introduit 
dans un ustensile spécial qui sert à repasser le linge. 

platia, n. m. Petit plateau en terre, en bois ou en métal sur lequel 
on sert un mets, des rafraîchissements. 

platnéye, n. /'. Contenu d'un plat; ène platnéye di tchau, une plalée 
de viande. 

plein (tout), loc. adv. Beaucoup, en grand nombre, en quantité. 

plénè, r. int. Solliciter en importunant, quémander; il est toudi à 
plénè pou z awè des sous, il quémande continuellement de 
l'argent. 

pléte, n. /".. Proue, avant d'une barque, d'un bateau; l'opposé est 
l'eu dèl nacèle, poupe. 

pleûte, n. m. Homme sans capacité. 

pli, n. m. Levée, au jeu de caries. 

pli, v. tr. Pouvoir, avoir la faculté, être en état de... Je puis se dit 
dji pès (lang. d'oyi), dji pus (lang. d'ayi), dji pous (à Foisches) ; 
dji pœs (à Vireux) ; on plèt, on pouvait ; on pàrèt, on pourrait ; 
qui dji pèye, que je puisse ; nos n avons né pu, nous n'avons pu. 



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- 13 - 

plinde, v. tr. Plaindre. Donner à contre-cœur et en quantité insuf- 
fisante : plinde li pivain à ses vis parints, refuser le nécessaire à 
ses vieux parents. — V. pron.: s plinde ; gémir ; dénoncer à la 
justice, à des chefs d'administration. 

plinde, n. /'. Plainte, gémissement. Action de déclarer à qui de droit 
les griefs qu'on a contre quelqu'un ; fé ènc plinde conte li cure, 
déposer une plainte contre le curé. 

plissâdje, n. m. Action de plisser, de faire des plis. 

plissi, v. tr. Plisser. 

plœme, n. f. Plume (Vireux). 

plœve, n. f. Pluie (id.). 

plomè, v. tr. Plumer; enlever les plumes à un oiseau. Fig. : Dé- 
pouiller quelqu'un. — Y. pron.: s' plomè, s'écailler, se peler, en 
parlant de la peau. 

plomion, n. m. Papillon, insecte lépidoptère. 

plonbè, r. tr. Plomber. 

plonkè, r. int. Enfoncer tout à fait dans l'eau, la tôle la première. 

plonkeu, n. m. Plongeur, celui qui plonge. 

plote, n. f. Pelote ; petit sac rembourré sur lequel on pique des 

aiguilles ou des épingles, 
plotè, f. tr. Battre (quelqu'un). 

ploûr, v. imp. Pleuvoir ; dji crès q\Ci va ploûr, je crois qu'il va pleu- 
voir. 
plouve, n. f. Pluie ; nos z aurons dèl ploute, il pleuvra. 

ployant, n. m. Endroit où une chose plie ; r ployant doit gri gno, 

l'articulation du genou. 
ployeu, n. m. Celui qui plie, qui ploie ou qui courbe, 
ployi. r. tr. Plier; ployi in papi, plier un papier. 

ployi, f. tr. Ployer, courber; ployi ène car, courber une jeune tige 
de coudrier. — V. int. Fléchir sous un fardeau : dji ployé su 
mes djanbes. mi kèdje est trop pèzante,je fléchis sur mes jambes, 
car ma charge est trop lourde. 

ployure, n. f. Pliure, courbure. 

plusieurs, adj. et pron. ind. Plusieurs. 

pôce, n. m. Pouce. 

pôcet, n. m. Pouce, dans le langage enfantin (V. dèl). V petit Pôcèt, 

le petit Poucet. Tchaur pôcèt (V. tchaur). 
pôcion, n. f. Portion de terrain divisé en lots. 
pœme, n. f. Pomme (Vireux). 
pœmî, n. m. Pommier (id.). 

pokè. f. tr. Détériorer un objet en le heurtant; pokè en' ou, briser 
la coque d'un œuf, y faire un creux ; pokè in sucrier, heurter un 
sucrier, le fêler, le fendre. 

pokète, n. f. Pustule de la variole. Awè les pokètes, être atteint de la 
variole. 



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_ H - 

polak, n. m. Saligaud. 

poli, r. //•. Rendre lisse, luisant, en frottant. 

polichâdje, n. vi. Polissage. 

policbeu, n. m. Celui qui polit. 

Polite, n. p. m. Hippolyte. 

pome, n. f. Pomme. Pome di sauvddje. pomme d'un arbre non greffé. 

pomelè, ad}, quai. Se dit du ciel quand il est couvert de nuages 
floconneux ; ciel pomelè, sû/ne di ploure, ciel moutonné, signe 
de pluie. En parlant de la robe des animaux : gris, parsemé de 
taches grisâtres. 

pomî, n. m. Pommier. 

pondâdje, n. m. Ponte des poules. 

ponète, n. f. Nid où pondent les poules. Fig.: Mauvaise coiffure. 

ponre, r. tr. Pondre. — Part, passé : ponu; li pouye caukhjr, èle a 

ponu ; la poule créléle, elle a pondu. 
pont, n. m. Point de couture; tapé in pont, mettre un point. 

pont, n, m. Valeur d'une carte; au couijon, l'as vaut qnatr ponts. 

au jeu de couyon, Tas vaut quatre points. 
pont, n. m. Douleur piquante; dfai in pont d' rosir, j'ai une douleur 

dans le côté. 
pont, adc. Pas, point ; i nn a pont, il n'en a point ; dji ne vës pont, 

je n'en veux pas. Pus pont, plus du tout; on ne net pus pont, 

on n'en voit plus du tout. 
pontenî, n. m. Ouvrier qui répare les barques, les bateaux. 
popa, n. ni. Papa, père dans le langage enfantin. 
popote,?^. /. Cuisine, ménage; [r s' popote, préparer soi-même ses 

repas. 
pôr, n. m. Port; Toulon rssC in par di mer, Toulon est un port de 

mer. Aricè a bon p<)r, arriver sans accident. 
pôr, n. m. Port, prix payé pour le transport d'une marchandise, d'un 

objet ; vos payerons /' pur, vous paierez le transport, le port. 
pôrcèssion, n. /. Procession, marche solennelle religieuse avec chants 

et prières; nombreuse suite de gens. 
pôrcion, n. f. Portion, quantité de chaque mets servie à table d'hôte- 
poria, n. m. Poireau, plante potagère du genre ail. 
poria, n. w. Verrue. 
pôrsèlînne, n. f. Porcelaine. 

posse, n. /. Poste, administration chargée du transport et de la dis- 
tribution des lettres. — <V. m. Lieu où un soldat a été placé par 
son chef. Fig.: Emploi, fonction quelconque. 

possibe, n. et adj. quai. Possible. Fé s possibe, faire ce qui peut être 
fait ; ci n'est pus possibe, cela n'est plus possible. 

posson, n. m. Petit pot en grès, en faïence. 

pot, n. m. Endroit du sol où l'on doit placer le pied pour jouer aux 
quilles, par exemple. 



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— 15 — 

potâdje, n. m. Potage. Fig.: A ne pou tout potâdjc, n'avoir rien de 
plus que ce qui est cité. 

potche, w. f. Poche, espèce de sac cousu à un véLement. 

potchîye, n. f. Contenu de la poche; ène. potchUje. di gages, une 
pochée de noix. 

potèle, n. f. Sorte de creux, d'enfoncement dans un mur où Ton peut 
déposer différents petits objets. 

potéye, n. /. Potée, contenu d'un pot. Fig.: drosse poteye, femme 
courte et replète. 

potia, n. m. Petile cavité du sol dans laquelle s'amasse Peau de pluie 
ou les eaux ménagères. 

potikèt, n. m. Un tout petit pot. 

potrîye, n. f. Poterie. 

pou, prép. Par le ; pause pou couru, passer par le jardin. 

pou, prep. Pour ; on dit aussi pour ; pou m' pa, pour mon père; pour 
mi, pour cous, pour moi, pour vous. 

pouf! inter. Indique le bruit que fait un corps en tombant. 

pouf, u. m. Tournure qui fait bouffer une jupe par derrière. Dette 
d'argent. 

pou fiasse, n. f. Femme ou lille de mauvaise vie. 

poufrins, n. m. pi. Débris de paille, d'épis que l'on sépare du grain 
en le vannant. 

pougnèt, n. m. Poignet ; partie d'une manche de vêtement qui serre 
le poignet; manchette en toile empesée. 

pougnetè, r. /r. Prendre par poignées successives. 

pougni, ?:. int. Saisir à pleine main : pougni dins l' suc, prendre du 
sucre à poignées. 

pougniye, n. f. Poignée, quantité que la main peut emporter; ène 
pougni ye di sous, une poignée de sous, d'argent. Partie d'un 
objet par où on le lient; /' pougni ye d'ène tchérùwe. la poignée 
d'une charrue. Morceau d'étoffe de plusieurs doubles avec 
lequel les blanchisseuses tiennent le fer à repasser. Petit 
nombre ; ène pougniye di djins, une poignée de monde. Loc. adv.: 
A pougniye, à pleine main, en abondance; ganyni des sous à 
pougniye, gagner de l'argent à foison. 

poupène, n. /'. Poupée. Fig.: Personne sans expression et fort parée. 

pouqwù, adv. Pourquoi. 

pour (V. pou). 

pourcèlè, t\ tr. Gâcher un travail. 

pourcèleriye, n. /. Cochonnerie. Travail saboté. 

pourchûre, r. tr. Poursuivre ; on l'a pourchu, on l'a poursuivi. 
Continuer. Fatiguer par une assiduité constante: i n' fait qu' 
pourchûre nosse fige; il suit constamment notre fille. Appeler 
devant la justice ; i srèt pourchù, il sera traduit en justice. 

pourchûte, n. f. Poursuite. Al pourchùte, à la poursuite. 



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- 16 - 

pourcia, n. m. Pourceau (Vx). Fig.: Individu dégoûtant. 

pourciatè (V. pourcèlé). 

poûre, n. f. Poudre, substance inflammable avec laquelle on charge 
une arme à feu, une mine. 

pouri, v int. Pourrir. 

pou ri, adj. quai. Gâté, corrompu. 

pourichinél, n. m. Polichinelle. Homme sans dignité, sans parole. 

pouri-talon, n. m. Train de bois flottant, sorte de long radeau pour le 
transport du bois par le flottage. Ce mot est synonyme de djivéye. 
Les barrages de la Meuse ont fait disparaître les pouris-tafons'. 

pourmwînnftde, n. f. Promenade, action de promener ou de se pro- 
mener, 
pourmwînnè, v. tr. Promener, 
pourmwînneu, n. m. Promeneur, celui qui promène, 
pourtchèsse, n. f. Quête faite à l'église ou ailleurs. 

pourtchèssi, v. tr. Pourchasser; on pourtchèsse nos pouyes, on pour- 
suit nos poules. Quêter, faire une collecte. 

poussière, n. f. Poussière. 

poussîre, id. (Iang. d'ayî). 

pouyftdje, n. m. Filament qui se clétache d'un tissu par l'usage et 

qui adhère h un vêtement après le lavage, 
pouye, n. f. Poule, femelle du coq. 
pouye (bwès) (V. bwès). 
pouye d'êwe, n. f. Poule d'eau, 
pouyes (bièsse aux), n. f. Milan, oiseau de proie. 

pouye qui couve, n. f. Arbuste à fruits ronds et blancs que les 

poules aiment beaucoup, symphorine. 
pouycte, n. f. Jeune poule, 
pouyète, n. f. Moitié de l'amande d'une noix. 
pouyeu, n. m. Celui qui a des poux, pauvre diable, 
pouyon, n. m. Poussin; ène couvrisse et ses pouyons, une poule 

couveuse et ses petits. 
pouyu, adj. quai. Couvert de poils follets. 
pôve, n. m. Pauvre, indigent ; fê I" charité aux pôces, faire l'aumône 

aux pauvres, 
pôve, adj. quai. Pauvre; des djins paves, des gens pauvres; des 

povrès ajins, même signification, 
pôvrèmint, adc. Pauvrement ; comme un pauvre ; d'une manière 

insuffisante, 
pôvrètè. n. /. Pauvreté. 

pôvrin, n. m. Sobriquet donné aux gens de Chooz (Vx). 
pûiâdje,-n. m. Travail pour mettre certains ouvrages en place. 
pôzè, v. int. Établir ; déposer ; mettre en place, 
pôzè, adj. quai Réfléchi. 



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-17- 

pôzeu, n. m. Celui qui pose, qui met les objets en place. Fig. : 

Personne qui se donne des airs affectés. 
pôzicion, n. f. Lieu où une chose est placée. Situation de fortune. 

Emploi, rang, 
prandjlèr, loc. adv. Les vaches du troupeau communal, vers le 

milieu du jour, vont à l'abreuvoir, puis se couchent et ruminent; 

on dit qu'elles font prandjlèr; on dit aussi prondjlèr. qui est 

plus vieux. 
pratike, n. /'. Client. Celui qui aime à chômer, à boire. 
prè, n. in. Prairie, 
préfèrflbe, adj. quai. Préférable. 

préfère, c. ir. Aimer ou estimer une personne, une chose plus qu'une 

autre, 
préfère, n. m. Celui qu'on aime le mieux ; fém.: préfcréye. 

prème, adj. nu m. Premier; c'est mi ïprème, c'est moi le premier (au 

jeu). 
prèmî, adj. num. Premier; fém.: prèmire: li prèmî co, le premier 

coup ; les prèmirès maûjons. les premières maisons (d'un village, 

d'une ville, par exemple). 

près (tout), loc. adv. Tout près, non loin de. Tout près parints, 

proches parents. 
presse lin, n. m. Aines de pommes, 
pré te heu, n. m. Celui qui aime à sermonner ou à quémander. 

prétchi, t. tr. Redire, raconter plusieurs fois. — V. int.: Faire des 

sermons a l'église. 
prétchi-prétcha, n. m. Rabâchage. 
prétinde, r. tr. Prétendre. — \\ int. : Affirmer ; exiger. 
prétindu, n. m. Fiancé. 
preuve, n. f. Preuve. 
prèvni, v. tr. Prévenir, avertir. 
prézince, n. f. Présence. 

prézint, n. m. Présent, cadeau. — Adj. quai. : Qui est dans le lieu 

dont il s'agit. 
prézintfibe, adj. quai Présentable. 
prézintftcion, n. /'. Présentation. 

prézintè, r. tr. Présenter. — V. pron. : S 9 prézintè, paraître devant 

quelqu'un ; s'offrir pour un emploi. 
prijon, n f. Prison; il a sti al prijon, il a été en prison. 
principAlmint, adv. Principalement. 

prinde, v. tr. Prendre, saisir avec la main ou autrement; mettre sur 
soi ; avaler ; emporter, contracter ; dérober, etc. — V. int. : Se 
cailler, dou pris tacia, du lait caillé : geler, Moûse est prije, la 
Meuse est gelée. — Part : passé, pris, attrapé ; trompé. 

pristè, 0. tr. Prêter (Peu usité). 

priyére, n. /. Prière. 



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- 18 - 

priyi. v. tr. Prier. S' fé priyi, faire des façons avant d'accepter. — * 
V. int.: Dire des prières; priyi et donè, c'est (Ptrop: prier 
les gens et leur donner à manger, c'est trop. 

prœmî (V. prèmi) (Vireux). 

prolondji, t. tr. Prolonger. 

prolondjmint, n. m. Prolongement. 

promète, v. tr. Promettre. 

prométen, n. m. Celui qui promet sans avoir l'intention de tenir ses 
promesses. 

prône, n. f. Prune longue et brune dont le noyau se détache facile- 
ment. 

pronè, v. tr. Quémander, solliciter longuement. 

prônî, n. m. Prunier. 

prônne, n. /. (V. prône) (Ayi). 

prônn!, n. m. (V. prôni) (Ayi). 

prope, n. m. Propre ; vlà don prope, voilà quelque chose d'inconve- 
nant, voilà une mauvaise action, un travail gâché, etc. In prope 
à rê, un propre à rien. 

prope, adj. quai. Propre, sans souillure, ni tache. Qui a une tenue 
soignée. Ironiquement: mal mis, malpropre; en ribote ; dans 
une mauvaise situation. Qui appartient à: c'est s' prope frère, 
c'est son propre frère. 

proprement, adv. Proprement. Sans égards; on /' a mis proprèmint à 
Vuche, on l'a renvoyé sans façon. 

propreté, n. f. Propreté. 

propriété, n. f. Propriété, biens immeubles. 

protédji, v. tr. Protéger. 

proute, n. m. Vent qui sort du fondement avec bruit. 

prouté, t>. int. Faire des proutes. 

provni,«. int. Provenir. D'yû r' qui çà protêt? D'où cela provient-il? 

prumi, adj. num. Premier (lang. d'ayi). 

prussyin, n. m. Nom sous lequel on désigne plaisamment le séant 

chez l'homme. 
prusté, «. tr. Prêter. 
prosté, n. m. Prêt; c'èssC in prustè pou in rindu, je vous rendrai 

fidèlement ce que vous m'avez prêté. 
prusteû, n. m. Prêteur, celui qui prête. 

prusti, v. int. Pétrir, en parlant de la pâte destinée à faire le pain ; 

dji vés seùlmint d' prusti, je viens seulement de faire la pâte. 
prustichftdje, n. m. Action de pétrir. 
pruetieheû, n. m. Celui qui pétrit. 
ptit, n. et adj. Petit (V. petit). 
ptitemint, adv. Petitement; noss' malade va ptitemint, l'état de notre 

malade ne s'améliore pas vite. 



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- 19- 

pû, n. m. Pou. 

pu d'couchet, m. m. Cloporte. 

pucelâdje, n. m. Virginité. 

pûji, v. tr. Puiser; pâji d' l' éwe, puiser de l'eau ; prendre, pûji à 
pleines mwains, puiser à pleines mains. 

pujwè, n. m. Vase pour puiser. 

pûleû, n. m. Celui qui a des poux. 

puni, v. tr. Punir. 

pupe, n. f. Pipe, ustensile de fumeur. 

pupe, n. /'. Fleur de narcisse. 

purin, adj. quai. Exempt de tout mélange, pur; del soupe al purinne 
crache, de la soupe très grasse; on dit aussi pur, fém.: pure. 

purdje, n. f. Purgatif, purgation. 

purdji, v. tr. Purger. — V. int. : Prendre médecine. 

puriziye, n. f. Pleurésie; awè in pwint d' puriziye, avoir une 

pleurésie. 
purnale (lang. d'ayi) (V. pèrnèle); on dit également purnèle. 
purnall, id. (Wpèrnèli); id. purnèli. 

purzère, n. f. Présure, liquide qui se trouve dans l'estomac des 

veaux et qui sert à cailler le lait, 
pus, ad?. Plus; df ènn ai pus qu 1%, j'en ai plus que lui. — N. m. 

Ma don pus ou dou mwins, on a sans doute exagéré. 

pus pont, loc. adv. Plus du tout ; i ri è vlont pus pont, ils n'en veu- 
lent plus du tout. 

pusqui, conj. Puisque, pour cette raison; nos z irons pus qui vos 
t vlous, nous irons puisque vous le voulez. 

pusse, n. mi. Puits ; d' /' fine di pusse, de l'eau de puits. 

pustô, loc. adv. Plus tôt ; arrivé pustô, arriver plus tôt. 

pflte ! inter. Fi ! 

putô, adv. Plutôt, préférablement ; putà soufri qu y mori, plutôt 

souffrir que mourir. 
puwant, adj. quai. Qui sent mauvais. 

puwant, m. mi. Celui qui est insupportable à cause de sa vanité. 
puwanteu, n. f. Très mauvaise odeur. 
puwè, v. int. Puer, sentir très mauvais. 

pwain, n. m. Pain; pwain d'swèle, pain de seigle; pwain d'épices, 
pain d'épices ; pour pwain d'agasse (V. ce dernier mot). Pwain* 
de coupiches, chrysalides de fourmis. 

pwarè, n. mi. Compote de poire. 

pwar!, n. m. Poirier. 

pwarfi, n. m. Panaris. 

pwartant, adj. quai. Portant; bépuartant, en bonne santé. 

pwartcbt, n. m. Gardeur de porcs ; individu grossier. 



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- 20 - 

pWartè, v. tr. Porter ; pwartè l' soupe aux ouvris, porterie diner aux 
ouvriers ; picarlous-m' , portez-moi ; tenir ; pwartè s' tchapia al 
mwain. tenir son chapeau à la main. — V. int.: Atteindre; 
in fizik qui pirate jussc, un fusil qui porte juste. — Y. pron.: 
s* pwartè; être en bonne santé ; ti t' pirates bé, tu te portes bien. 

pwarteu, n. m. Porteur; celui qui porte un mort en terre. 

pwate, n. f. Porte de ville, de grange, d'écluse. Quand les enfants 
du village vont en ville pour la première fois, on leur fait croire 
que pour passé al pirate, i faut rabrèssi rviyc grandmére et ils 
éprouvent une vive inquiétude en approchant des portes. 

pwè, n. m. Pois, légume. 

pwè, n. m. Poids. 

pwèl, n. m. Poil. Fig. : Atcè C pwèl à ène sukiye, duper quelqu'un. 

pwèle, n. m. Poêle, appareil de chauflage. 

pwèlu, adj. quai Poilu. 

pwèrl, n. m. Poirier (Vx). 

pwètrine, n. /'. Poitrine; ène flicsion d'pwètrine, une fluxion de 

poitrine. 
pwètrinêre, n. m. et adj. Poitrinaire, 
pwève, n. m. Poivre. 
pwèvrè, v. tr. Poivrer. 
pwèzon, n. w. Poison. Fig. : Personne fort méchante. 

pwtnne, n. f. Peine ; fé dèl pwinne, faire de la peine. Hinde pwinne, 

se livrer à des travaux fatigants pour gagner sa vie. 
pwînnereu, n. m. Qui n'a pas beaucoup d'activité au travail. 

pwintyi, v. int. Poindre; ti djoû coumince à pwintyi, le jour com- 
mence à poindre. 
pwintyi, v. int. Se présenter en forme de pointe. 

pwinte, n. /. Pointe, espèce de clou. Fig.: Awè hic pwinte conte ène 

sakiye, en vouloir à quelqu'un. 
pwintu, w. m. Qui agit avec ruse en mauvaise part. 



q, n. m. Consonne, dix-septième lettre de l'alphabet; q et 7?* sont 

souvent remplacés par k. 
qu' (V. qui, pron. adt. conj.) 
quarantin, n. m. Giroflée double. 
quarantînne, n. f. Quarantaine, 
quarantyînme. adj. nnm. Quarantième. 
quate, adj. nu m. Quatre. 
quat' tchimins (pa), loc. adv. Par quatre chemins; n né ta le pa 

quat' tchimîns, dire carrément ce que l'on pense. 
quatrèvint, adj. num. Quatre-vingts. 



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- 21 — 

quatrévint-dîje, adj. num. Quatre-vingt-dix. 
quautron (V. Caution). 

que, adj. inlerr. Quel ; que liws fait i? Quel temps fait-il? Devant 
une voyelle, on emploie quel; quel aurmanak a-t-i tchwèzi? Quel 
almanach a-t-i I choisi? Au féminin on fait usage de que devant 
une consonne et de quéle devant une voyelle; que vàye avous 
pris > quélc ostèye acous rouvyi ? signifiant : quel chemin avez- 
vous pris? quel outil avez-voiis oublié? Pluriel des deux genres: 
qués; qués z ornes! qués maujons! Quels hommes! Quelles mai- 
sons ! 

que. adj. exehimatif. Quel; que maleur! Quel malheur! On emploie 
également que au féminin devant une consonne : que mawe! 
quelle moue ! Lorsque le mot suivant est une voyelle, on fait 
usage de quel pour le masculin et de quéle pour le féminin : quel 
êfani ' quel enfant ; quéle idéye! quelle idée! Le pluriel des deux 
genres est qués; qués z ornes} quels hommes; qués z ôrdignères! 
quelles ornières! 

que, r. tr. Chercher; aie que dou tubac\ aller chercher du tabac; 
va que d' /V/rr, va chercher de l'eau. 

quékefiye (V. kèkefhje). 

quékezinkes (V. kékezins). 

quéwe (V. kèue). 

qui, prou. rel. Que ; /' caskèle qui d'p ai pièrdu, la casquette que j'ai 
perdue ; les vatches qui vos z acous amwinnè. les vaches que vous 
avez amendes. Après une syllabe sonore on fait usage de qu ; 
l f sauro qu dj'ai aehtè\ /' robin (taureau) qu vos z acous 
rciudu. Interrogalisement : Qui vlous* Que voulez-vous? 

qui, conj. Que; i faut qui dj' m'è caye. il faut que je m'en aille; on 
peut dire aussi : i faut qu' dji in' è vaye; dji cris qui i toneuar a 
tcheu, je crois que la foudre est tombée. 

qui, ade Que, combien ; qui df ai se f que j'ai soif! qui ç'astèt bia! 
Que c'était beau! 

quignole (V. kiynole). 

quinzinne, n. f. Quinzaine, réunion de quinze objets; durée de 
quinze jours. Somme que reçoit un ouvrier pour son travail de 
quinze jours ; aie al quinzinne, aller toucher sa paie. 

quite, adj. quai. Qui ne doit plus rien; yèsse quite aie hic sakiye. 
s'èlre acquitté entièrement envers quelqu'un. Te ni quitc, aban- 
donner le reste de ce qui est redù. 

quité, v. tr. Quitter ; quitc /' puyis, abandonner le pays. — l\ int.: 

s'éloigner ; dji qnite di dei, je m'en vais d'ici. 
qui va qui vét, lac. Signifiant : ;'i cela près ; yink qui va qui rét, à 

un près, 
qwé, />/•<>//. rel. Quoi; vli smrè awt\ vouloir connaître ce dont il 

s'agit : qicc et qu'est-ce, tous les détails d'une affaire, 
qwèsse, pron. rel. Quoi; dji n'siïs né bièsse. dji ses bé quesse ; je ne 

suis pas sol, je sais bien de quoi il retourne. 
qwibus, n. ni. pi. Heaucoup d'argent; aire des qicibus, être riche, 

posséder des richesses. 



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— 22 - 



r, n. m. et f. Consonne, dix-huitième lettre de l'alphabet. 

r', préfixe. Abréviation, après une syllabe sonore, de la particule ?■*, 
qui équivaut au préfixe français re ; r' keude, recoudre ce qui 
est décousu; r'vènt, revenir ; r' gnèti, nettoyer à fond. On peut 
écrire ces mots : rkeude. rcèni, rgnèti. 

ra, préfixe. Correspond aux préfixes français ra et re + en : racon- 
tadje, raconter; rafrèdi, refroidir; ratèrt, renterrer. Ra est 
parfois augmentatif : racabour, bouillir à gros bouillons ; raflatè, 
flatter avec excès. 

rabachi, v. tr. Rabaisser, mettre plus bas. Fig.: Humilier. 

rabachmint, n. m. Action de baisser le niveau d'un pavé, d'un mur. 

rabat, n. m. Sorte de rideau d'étoffe de couleur attaché à la tablette 
d'une cheminée dont il fait le tour; l'expression complète est 
rabat d* tchiminéye. 

rabadjôye, n. m. Rabat-joie. 

rabate, v. tr. Herser une terre labourée ; aplatir (une couture); faire 
descendre ; li vint rabat V fèmyère, le vent rabat la fumée ; dimi- 
nuer (une somme) ; effacer une lettre au jeu de cartes ; forcer le 
gibier à prendre une direction déterminée. 

rabatemint, n. m. Rabattement. 

rabateu, n. m. Rabatteur, celui qui rabat le gibier dans un bois. 

rabèrziyi, v. tr. Remettre maladroitement des objets liés ensemble 
mais séparés accidentellement. Accoutrer d'une façon bizarre 
quelqu'un dont la toilette ou les vêtements ont été dérangés. 

rabibochi, v. tr. Rabâcher, répéter souvent d'une manière fasti- 
dieuse. 

rabistokè, v. tr. Raccommoder grossièrement un habit usé. une 
chaussure usagée ; rabistokè in ti pantalon, réparer tant bien 
que mal un vieuv pantalon ; rabistokè des vis soles, recoudre, 
raccommoder des souliers usés. 

rabiyi, v. tr. Habiller de nouveau; acheter ou donner des vêtements 
à quelqu'un. Fig.: Dire à quelqu'un son fait. — I". pron.: 
S' rabiyi, remettre ses vêtements ou s'en acheter de nouveaux. 

rabobinè, v. tr. Mettre du lil, de la laine sur une bobine. 

rabobinè, v. tr. Raconter \ île et confusément : dji n'sés pus tout r 
qu' i nos z a rabobinè, je ne me rappelle plus tout ce qu'il nous'a 
raconté à tort et à travers. 

rabotâdje, n. m. Action d'aplanir au rabot une planche ou un mor- 
ceau de bois grossièrement équarri. 

raboté, t>. tr. Raboter. Fig.: Dépouiller subtilement quelqu'un, au jeu 
principalement; i li a raboté ses quékrs sous, il l'a rapidement 
dépouillé de son argent. 

raboteu, n. m. Ouvrier qui rabote. 



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- 28 - 

rabouloté, v. tr. Rouler en forme de boule ou sur lui-môme un objet 
étendu ; rabouloté des tchmîjes, rouler des chemises pour les 
ranger avant de les repasser. 

rabouré, v. tr. Répondre, refuser brutalement. 

raboutonè, v. tr. Boutonner de nouveau un vêtement. 

rabrèssâde, n. /'. Embrassade. 

rabrèssi, v. tr. Embrasser, donner un ou plusieurs baisers ; ralyrèsselu, 
embrasse-le ou embrasse-la. 

rabrîcolé, v. tr. Réparer tant bien que mal ce qui a été défait ou 

démoli, 
rabroké, v. tr. Verser de l'eau dans un corps de pompe pour en faire 

fonctionner utilement le piston : rabrokè ène pompe. 

rabrôzyeu, n. m. Celui qui raccommode maladroitement un vête- 
ment déchiré en cousant à grands points les bords de la déchi- 
rure l'un sur l'autre. 

rabrôzyi, r>. tr. Recoudre grossièrement les accrocs, les déchirures 
d'un habit, d'un bas. 

rabruni (s'), i\ pron. S'assombrir, en parlant du temps; r Unis 
s rabrnnit, i va plour ; le temps s'assombrit, il va pleuvoir. 

rabruvè. t?. //*. Donner à boire aux animaux domestiques ; rabruvè 

les oièsses. 
rabruvè (V. rabrokè). 
rabulé, n. m. Son de première qualité. 
racabour, v. int. Bouillir longtemps à gros bouillons. 

racafougni (s') t*. pron. Se blottir, se dissimuler dans un coin, dans 
un endroit isolé ; se recroqueviller sous la couverture d'un lit. 

racaskinè, v. t. Cueillir les pommes, les poires qui restent sur les 
arbres après la récolte. 

racassi, v. tr. Arrêter un objet et le renvoyer avec la main, par 
exemple, à celui qui l'a lancé. 

racine, n. f. (plante). Fig. : Partie par laquelle une dent, un cheveu 
tient au corps. 

rachandi, r. tr. Réchauffer. Aicè dou mau di s rachandi, se réchauf- 
fer difficilement. 

rachonè, r. tr. Rassembler ce qui reste d'un mets, d'une sauce ; 
manger ces restes; rachone li casserole, ramasse ce qui reste 
dans la casserole. 

rachté, r. tr. Racheter. Autrefois, payer pour se faire exonérer du 
service militaire. — V. pron.: S' rachtè, se retenir, s'accrocher 
à un objet pour ne pas tomber. 

raclapâdje, n. ni. Action de faire adhérer, de coller un objet mince à 
un autre. 

raclapc, r. tr. Coller de nouveau deux objets. 

racléri, c. int. Clarifier, en parlant d'un liquide trouble. — V. pron.: 
s raclërL se clarifier; /' are di nos*' pusse si raclérit, l'eau de 
notre puits redevient claire. 



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- 24 - 

racléri, adj. quai. Clarifié. 

raclô, n. m. Renfermé; odeur de moisi que contracte un appartement 
où l'air est confiné; çà sint /' rac/o rfroct, ici, on sent le ren- 
fermé. 

raclore, v. tr. Enfermer; établir une clôture autour d'un terrain, 
une haie vive ou sèche, par exemple; réparer cetle haie. 

racole, t\ tr. Recoller ; se dit aussi r'colè. 

racorâdji, i\ tr. Rendre courage à quelqu'un, le consoler. 

racotchtè, v. tr. Recoudre à grands points une déchirure faite à un 
vêtement. 

racotchteu, n. m. Celui qui fait grossièrement une reprise; fém.: 
racotchteûse. 

racotchture, n. /. Raccommodage maladroit d'une déchirure, d'un 
accroc à un habit. 

racoumôdâdje n. m. Action de racoumàdc. 

racoumôdè, t\ tr. Faire une seconde préparation à un mets. 

racourci, v. tr. Raccourcir. 

racouri, v. int. Revenir en courant. — Part, passé : racouru, racou- 
rùwe: et mi dfai racourn, dit-on après avoir conté une faucc. 

racrachi, r. tr. Graisser de nouveau, soit des souliers, soit un essieu. 
— V. int.: Reprendre de l'embonpoint; il a racrachi dis pus 
qucke tims: il a repris de l'embonpoint depuis quelque temps. 

racrapotè (s'), r. pron. Se recroqueviller, se replier sur soi-même, en 
parlant de choses qui se dessèchent ou qui sèchent après avoir 
été mouillées, comme du cuir, un tissu épais. 

racrèstyi (s f ), v. pron. Se dit du coq qui redresse la tôle et sa crête 
lorsqu'il est irrité. Fig. : Se rebiffer, en parlant des personnes. 

racro, n. m. Accident, événement imprévu qui retarde. 

racrotchi, i\ tr. Accrocher de nouveau (un vêtement), retenir (une 
personne). — V. pron.: s' racrotchi. saisir un objet pour se tenir 
et éviter de tomber. 

racruwi, v. tr. Rendre plus humide ce qui est sec; /' hrouyvre a 
racrwci nossf atnnne, le brouillard a rafraîchi notre avoine. 

raculè, v. tr. Rapprocher de la personne qui parle; djc. l'ai raculè, 
je l'ai rapproché de moi. — V. pron.: s' raculè: ramions cous par 
c/, rapprochez-vous. — V. int.: Macule ènc miifète, recule un peu 
par ici. Un assistant autre que celui dont on se rapproche 
dirait riculous. reculez. 

raculo, n. ni. (V. culo). 

racûre, t\ tr. Recuire fortement. 

racuzè, v. tr. Dénoncer, accuser (langage enfantin). 

racuzète, n. m. Dénonciateur (id.) 

racuzète potéye, n. /". Dénonciateur (id.) 

racwardè, v. tr. Raccorder, faire un raccordement, joindre, maçon- 
ner des pierres pour relier deu\ murs, deux bordures de pierres. 



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— 25 — 

racwardè, v. tr. Remettre d'accord des gens qui sont désunis. 

rade, adv. Rapidement, vitement; il a yeu rade fait: il a terminé 
rapidement. — Loc. adv.: Tout rade, plus tard dans la journée. 

râdemint, adv. Vite, vitement. 

radèri, r. tr. Rendre dur ; lisèlrhrèsse a rade ri /'/ère, la sécheresse 
a rendurci le sol. — Y. int.: Redevenir dur : li mastik rade rit 
lout ««, le mastic durcit à l'air. — Y. pron.: .v' radèri. se ren- 
durcir. 

radice, n. m. Radis. 

radjôni, v. tr. Rajeunir, rendre l'apparence de la jeunesse; cosse 
nonve caslcète vos radjonit, votre casquette ueuve >ous fait 
paraître plus jeune. — Part, pusse.: radjôni, radjônhjc. 

radjônni(lang. d'ayi). — V. le mot précédent. 

rad juste, v. tr. Rajuster, remettre en bon état. 

radjusteu, n. m. Celui qui rajuste. 

radoube, adj. quai. Plusieurs l'ois double : yèsse doube et radoube 

aux cartes, c'est ne pas faire de levées plusieurs fois de suite, 
radoublé, r. tr. Redoubler, 
radotâdje, n. m. Radotage, 
radoté, v. int. Radoter. 
radoteu, n. m. Celui qui radote; fém.: radoteuse. 

radouci, r. tr. Rendre plus doux, plus conciliant. — Y. pron.: 
s'rarforîri, se radoucir. Devenir moins froid, en parlant du temps. 

radwarmi, r. tr. Taire» dormir de nouveau : radwarmi en èfant % 
rendormir un enfant. — Y. pron.: .v' radirarmi. se rendormir; 
/' petit s' radwame, reniant se rendort. 

raènè, r. tr. Herser de nouveau une terre. 

rafachi, v. tr. Emmailloter un tout jeune enfant. 

rafistolé, r. tr. Réparer, raccommoder tant bien que mal. 

rafla té, r. tr. Apaiser, calmer par des manières câlines. 

rafoncè, r. tr. Enfoncer de nouveau. 

rafourè, o. //•. Donner de l'herbage, du foin au\ bestiaux : rafourè 
les bihscs, donner aux animaux domestiques leur ration habi- 
tuelle de foin, d'herbage. Donner de bons repas à quelqu'un. — 
— Y. pron. : S' rafourè. faire le parasite. 

rafrèchi, r. tr. Rafraîchir. — .V. pron.: S' rafrèchi,w désaltérer. Kn 
parlant du temps, devenir plus froid, plus humide[; Itàtims 
*' rafrèchit, dandjreu assè qu i ta plour ; le temps fraîchit, il va 
probablement pleuvoir. 

rafrèchissant, adj. quai. Qui rafraîchit. 

rafrèchissemint, n. m. Ce qui rafraîchit, ce qui désaltère. 

rafrèdi, r. tr. Refroidir. — I . pron.: S' rafrèdi, se refroidir; vosse 
soupe si raf redit, voliv soupe se refroidi l ; prendre froid ; il sa 
rafrèdi, il a /' remue, il a pris froid, il es! enrhumé. 

rafrèdi, n. m. Celui qui a toujours froid. 



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- 26- 

rafrèdichemint, n. m. Refroidissement. 

rafilè, v. t. Rendre plus aiguë la pointe d'un couteau, d'un outil ; 

rafilè in coutia, aiguiser un couteau. 
rafilè, v. tr. Remettre le fil à une aiguille quand il est sorti du chas; 

dji dvés viye, dji n 9 ses pus rafilè wi' owii/c ; je deviens vieille, je 

ne sais plus enfiler mon aiguille. 
raïwarci, v. tr. Renforcer; rendre plus solide, plus fort. 
ragadji, n. m. Militaire rengagé. 
ragadji (s 1 ), t. pron. Se rengager. 
ragadjmint, n. m. Rengagement, 
ragadlé, v. tr. Répéter trop souvent la même chose. 

ragadleu, n. m. Celui qui fatigue par ses observations, ses caucans; 

fém. : ragadleuse. 
ragaiyi, v. tr. Égayer. 

ragoustant, adj. quai. Qui plait au goût ; s'emploie très souvent avec 
une négation; ci n'est né ragoustant, on n'en mange pas volon- 
tiers. S'emploie ironiquement sans négation ; rlâ ène saqivc 
d' ragoustant ! voilà quelque chose qui n'est pas du tout appé- 
tissant ! 

ragoustè, r. tr. Exciter quelqu'un à manger en flattant son goût. 

ragrandi, v. tr. Rendre plus grand, ragrandir; raarandi ène cote (un 
jupon). — V. int. : Devenir plus grand, plus long ; les djoùs 
ragrandichont, la durée des jours augmente. 

ragrandichmint, n. m. Action de ragrandir ; ce qui ragrandit. 

ragranè, v. tr. Agrafer de nouveau (vêlement); rattacher au moyen 

cragrafes (objets en poterie). 
ragrapeu, n. m. Ouvrier qui raccommode les ustensiles brisés, en 

faïence ou en porcelaine, au moyen de crochets métalliques. 
ragrigni (s'), r. pron. Se replier, se retirer sur soi-même après avoir 

été mouillé puis exposé à la chaleur (cuir, étoffe). 
ragrigni, adj. quai. Recroquevillé (V. racrapoté et ratcliitchi). 

raguérnoté, r. tr. Glaner ce qui reste ; ramasser les fruits laissés sur 
les arbres après la cueillette ; raguèrnotè des gages, des pommes, 
abattre les noix, les pommes qui restent après la récolle. 

ragueulè, t. int. Se dit de la fumée qui, au lieu de mouler dans la 
cheminée, se répand dans une chambre. 

raguintchi, r. tr. Remettre de l'ordre dans la toilette d'une femme, 
dans des ornements, des tentures en étoffe. 

ragûjeu, n. m. Celui qui affile un instrument tranchant, ragùjeu 
a" cizètes, rémouleur. 

ragûji, r. tr. Aiguiser une lame. 

rain, n. m. Petite bûche, rondin. 

rain, n. m. Lisière (bois). 

(A suivre.) J. Waslkt. 



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— oo — 

« affaire mole set satisfactions vous mi pouvez bocoup servir ie 
« spère set grase de tout troi^ est vous atanl samedi au gîte. 

« ie spère que mon fis si treveras ie l'ai envoie un exprès le 
« charché est doi venir samedis. Tout vous le coneses sel le 
« petit fils monsieur* conpainl quand vous serez ysis nous 
« parleront de tout, ie e.-père se voage de vos bontés est suis 
« à miséricorde côme à vous trois. 

« Votre tré humble servante 
« M. C. dessaivelle. » 

Il faut reconnaître que, pour être contemporaine de Madame 

de Sévigué, Marthe de Carré n'avait point la prétention de porter 

ombrage ii la divine marquise. 

D» A. B. et R. de M. 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Glvetois) 

(siutk) 



R (suite) 

rakète, n. f. Crécelle. Les offices des trois derniers jours de la semaine 
sainte sont annoncés par les enfants de chœur munis de rakètes 
(V. carême). 

rakeudâdje, n. m. Action de rakeude. 

rakeude, v. tr. Recoudre, raccommoder un vêtement déchiré. — 
Part, passé : Hakeudu, rakeudûwe. 

ralaurdji, v. tr. Élargir, rendre plus large. 

ralô, v. int. Aller de nouveau, retourner; nos z i rirons domain f 
bous y retournerons demain; être en meilleure santé; noss' 
malade coumince à ralè, notre malade commence à aller mieux; 
au jeu de cou von, recommencer un coup qui a donné des points 
égaux aux deux parties, c'est raie. 

ralô (z ô), t. pron. S'en retourner, retourner chez soi; rfji m' è rvas, 
je m'en retourne ; va-r z è, retourne-t'en. 

raléye, n. /. Partie de cartes jouée quand i rva; le gagnant efface 
deux lignes ou trois s'il fait double. 

ralèteheu, n. m. Celui qui relèche. 

ralètchi, v. tr. Relécher, ramasser une sauce, la confiture d'une 

tartine avec la langue, 
ralonchinè, r. tr. Remettre on pelote du fil, de la corde. 



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- 56 - 

ralondje, n. /'. Rallonge. 

ralondji, v. tr. Allonger, rendre plus long. — V. int.: Devenir plus 
long. 

raloyi, v. tr. Entourer d'une bande de toile, d'un pansement, un doigt 
blessé, un membre malade qu'on a découvert. Lier de nouveau. 

raloyure, n. f. Action ou manière de raloyi. 

ralumè, v. tr. Allumer de nouveau le feu, une lumière; ralumè F feu, 
rallumer le feu. 

ramâdje, n. m. Gazouillement, chant des oiseaux, babil de jeunes 
enfants; bavardage. Fig. : Dessin de fleurs, arabesques. 

ramadjeu, n. m. Celui qui aime à ramadji. 

ramadji, v. tr. Faire des potins, des cancans. 

ramantchi. v. tr. Remettre un manche à un outil ; remonter un 
objet dont les pièces sont séparées. Fig.: Répondre péremptoire- 
ment. 

ramassé, v. tr. Ramasser. — V. pron. : S' ramassé, tomber sans s'y 
attendre. 

ramé, v. tr. Enfoncer des rames au pied des pois. De quelqu'un qui 
s'acquitte maladroitement d'un travail, on d\l qu' i s* i alint corne 
à rame des chous, qu'il s'y entend comme à ramer des choux. 

ramechi, v. tr. Fouetter, fustiger, battre. — Y. passif: yèsse ramechi, 
être vigoureusement corrigé. — V. int.: Remuer avec bruit dans 
les branches d'un buisson ou dans les feuilles sèches d'un bois, 
atinde ramechi dins in huchon, entendre remuer avec bruit dans 
un buisson. 

ramecheu, n. m. Celui qui fouille et furettc sans cesse. 

ramichonè, v, tr. Rassembler des cancans, 1 des bribes de conversa- 
tions et les débiter sans interruption. 

ramichrîye, n. f. Recherche obstinée. 

raminri, v. int. Maigrir. 

ramoli, v. t. Ramollir. 

ramolichmint, n. m. Ramollissement. 

ramon, n. m. Balai; in ramon d'bàle, di gn'gnèsse, un balai de 
bouleau, de genêt; in rèd ramon, un balai raide est un balai déjà 
usé dont on se sert pour pousser la boue, le fumier des écuries. 

ramonache, n. f. Radis noir. 

ramonâdje, n. m. Action de ramoner. 

ramoncelè, v. tr. Mettre en tas : ramoncelè dou four, rassembler du 
foin en tas ; on dit aussi ramoncetèlè. 

ramoné, v. tr. Nettoyer uue cheminée, en enlever la suie. 

ramoneu, n. m. Ramoneur. 

ramonslé (V. ramoncelè). 

ramonstèlè (t'rf.). 

ramôyelè, r. tr. Mol Ire de la paillo, dos céréales en petites meules. 



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— 57 - 

ramouyi, c. tr. Mouiller de nouveau; humecter une seconde fois. — 
V. pass.: yèsse ramouyi, être trempé par la pluie, recevoir une 
averse. 

ramwînnè, r. tr. Ramener; raimvinnè en èfant, ramener un enfant; 
transporter en voiture ; ramivinnè ène sakxye, dou Incès, des 
canadas, ramener quelqu'un, ramener du bois, des pommes 
de terre. 

ran, n. f. Loge à porcs. 

rancha, n. m. Tige de pois, de haricots. 

ranikté, v. tr. Reprocher avec insistance certains faits passés, désa- 
gréables pour celui qui écoule. 

ranponau, n. m. Filtre à café composé d'un cercle de métal percé 
de trous auquel on atlache un sachet d'étoffe. 

rapairi (s'), t. prtm. Se reposer au frais, pendant les chaleurs, après 

une occupation fatigante, 
rapairi, r. tr. Remettre par paires des objets dépareillés. 
râpasse, i». int. Passer de nouveau dans un endroit, chez quelqu'un. 

rapauji, v. tr. Calmer, apaiser; on rapauje en' orne qu' est mitais, en 
èfant qui brait, on apaise un homme fort en colère, un enfant 
qui pleure depuis longtemps. 

rapèchi, v. tr. Repêcher ; retirer une personne noyée, quelqu'un qui 
se noie, ou encore un objet qui flotte; rapèchi in nèyi, retirer un 
noyé de l'eau. 

rapia, adj. quai Avare. 

rapîcetè, t. tr. Remettre des pièces, des morceaux à un vêtement, à 

des chaussures déchirées ou trouées. 
rapîcetè, adj. quai Rapiécé; mi pantalon est tout rapicelè, mon 

pantalon est tout rapiécé. 
rapici. v. tr. Retenir, reprendre avec l'extrémité des doigts, en 

pinçant. 
rapineu, n. m. Maraudeur, voleur de récoltes, de fruits. 
rapîtâdje, n. m. Action de rapitè. 

rapitè, v. tr. Tricoter un pied à un vieux bas après avoir coupé celui 
qui est usé ; rapitè des tchausscs, remettre des pieds à des bas. 

raplè, v. tr. Rappeler; faire revenir; remettre en mémoire. — 
V. prou.: .s' raplè, se ressouvenir. 

raplomé, r. tr. Regarnir de plumes. — V. pron.: .s 1 raplomè, se 
regarnir de plumes ; nos pouyes sont raploméyes. Fig. : Ramener 
l'aisance chez des gens ruinés; r' mariâdjc-là les a raplomè. ce 
mariage les a tirés de la gène. — V. passif : Yèsse raplomè, être 
bien nippé. 

raploûr. r. int. Pleuvoir abondamment et souvent; il a pion et 
raplou, il a plu beaucoup et longtemps. 

rapougni, r. tr. Reprendre brusquement avec la main ce qu'on a 
posé, cédé ou prêté. 

raprinde, r. //'. Rapprendre: faut qui dp rnprinde à lire, il faut que 
je rapprenne à lire. 



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— 58 - 

rapriatè, v. tr. Emprunter de nouveau. 

rapropriyi. Rendre propre, nettoyer. — l\ pron. : s' rapropriyi, faire 
un brin de toilette. 

raptichi, v. tr. Rapetisser. 

rapurè, v. int. Clarifier en parlant d'un liquide qui laisse déposer les 
substances solides qui le troublent. 

rapwairi (s') (V. rapairt). 

rapwartè, t\ tr. Rapporter, apporter de nouveau ; dji rapwate vous' 
tchèna^ie rapporte votre panier; donner du profit ; nos tères ni 
rapwartont né grand* tchoze, notre bien ne nous rapporte pas 
grand'chose. — V. pron.: s' rapwartè, avoir de la conformité; 
avoir confiance en quelqu'un se dit : s'è rapwartè à li. 

raquitè, r. tr. Se libérer d'une dette en la payant en argent ou en 
nature et peu à peu. 

rarindji, t>. tr. Réparer, arranger de nouveau. 

ras, préfixe (V. ra). 

rascaye, n. /". Racaille, vilb populace. 

rasconpyi (s 1 ) v. pron.: Se replier sur soi-même, eu parlant des 
personnes; i s' rasconpiye dins /' lu et i tét toute li place, il se 
recroqueville dans le lii et lient toute la place. 

rascouviô, v. tr. Recouvrir entièrement et avec soin ; rascouciè des 
canadas, dou swele, recouvrir de terre des pommes de terre 
plantées, du seigle semé.— V. pron. : s rascouviè, ramener sur 
soi la couverture du lit. 

rascrauwe, n. f. Relard que subiL uu travail par suite d'un événe- 
ment, d'un accident imprévu. 

rascrauwe, adj. quai. Qui est retardé involontairement dans son 
travail : nos clà co rascrauwe 

rascwède, v. tr. Prendre dans ses bras le blé coupé par le faucheur 
et le mettre en javelles; rascwède dèl blè % relever de l'épeaulre 
fauché; recueillir dans une ruche un essaim déjà posé: rascwède 
indjônia; retirer une marmite de la crémaillère : rascwède li 
soupe: recevoir dans ses bras, dans un tablier ce qui tombe de 
haut: rascwède ène brèssîye difçïu\ rascwède des gdyes qu'on tape 
dou guèrnî, recevoir une brassée de foin, des noix que Ton jette 
du grenier. 

rascwôdeu, n. m. Ouvrier qui relève, derrière le faucheur, le blé 
que celui-ci a coupé ; fém. : rascwèdeuse. 

rasdjanble, r. tr. Enjamber de nouveau (V. asdjanblè). 

rasgauchi, v. tr. Franchir une seconde fois un obstacle étroit ou peu 

élevé (V. asgauchi). 
rasgligni (s'), i\ pron. S'agenouiller de nouveau; nos n z avons 

raxgliyni, nous nous sommes agenouillés une seconde fois, 
rasgroupi (s 1 ), r. pron. S'accroupir derechef. 

raspèchi, r. tr. Epaissir, rendre plus épais; on met dèl [arène dins 
r sauce pou T raspèchi, on mol de la farine dans uno saura 
pour répaissir. 



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- 59 - 

raspétchi, v. tr. Empêcher de nouveau. 

raspôzè (s'), r. pron. Se reposer. — V. int. : Laisser un liquide, une 
boisson déposer. 

rassaizonè, r. t r. Assaisonner d'une autre manière : rassaizonè V bouli 
(le bouilli). 

rassatchi, r. tr. Tirer vigoureusement à soi quelqu'un ou quelque 
chose ; i astèt tcheu à Moûse, djè l'ai rassatchi; il était tombé à 
la Meuse, je l'en ai retiré. 

rassavtè,t?. tr. Raccommoder grossièrement un vêlement déjà vieux, 
une chaussure usagée, en les recousant ou en y mettant des 
pièces. 

rassavteu, n. m. Celui qui raccommode maladroitement un habit. 
des souliers qni peuvent encore faire de l'usage. 

rassazyi, v. tr. Rassasier. 

rassazyissant, adj. quai Qui rassasie. 

rassèrè, r. tr. Enfermer, renfermer. « Ti i frès rassèrè, tu te feras 
mettre en prison, » dit-on à un vaurien. 

rassèrè, n. m. Moisi; çà sint /' rassèrè dins ç' tchanbe-ci, on sent le 
moisi dans cette chambre. 

rassèrci, v. tr. Raccommoder des bas, du linge en croisant la laine, 
le fil où il y a un trou. 

rassi, adj. quai. Tranquille ; in djône orne rassi, un jeune homme 
calme et sérieux. Cuit depuis un jour, en parlant du pain : don 
puain rasai; en repos depuis quelque temps, s'il s'agit d'un 
liquide ; don café rassi. 

rasseoir. 
rassîte. 

rassonrè, v. tr. Nettoyer, rendre propre; t faut rassonrè vos soles, il 
faut nettoyer vos souliers. — V. pron.: s' rassonrè, faire sa 
toilette. 

rassoupyi (s'), v. pron. : S'assoupir de nouveau. 

rastaurdji, t?. tr. Retarder; vos m'avous rastaurdji, vous m'avez 
retardé; Vàrlodje rastaudje, l'horloge retarde. 

rastchaufô(s'), t. pron. S'échauffer de nouveau après avoir été malade 
à la suite (l'un échauffement; il a tratayi trop vite, il s'a rast- 
chaufè et il artclieu malade, il a travaillé trop tôt, il s'est de nou- 
veau échauffé et il est retombé malade. 

rastokè, r. tr. Etayer, caler de nouveau. 

rastrindâdje, n. m. Action de rétrécir. Yèsse au raslnndâdje, être à 
l'endroit d'un bas ou l'on doit rétrécir en tricotant. 

rastrinde, r. tr. Rendre plus étroit. — r. int.: Rentrer en parlant 
d'une étoffe mouillée; H flanèle rastrint quand on l' lave, la 
flanelle rentre quand ou la lave; rétrécir; il avèt si frèd qu'il 
astèt tout, rastrindn, il avait tellement froid qu'il en était tout 
rapetissé. 

ratasse, v. tr. Renlasser, appuyer fortement sur. 



rassir, v. tr. Asseoir de nouveau ; fions -V rassir, faites-le n 
— V. pron. : s' rassir. se rasseoir. — Part, passé. : rassi, \ 



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- 60 — 

ratakè, ». tr. Attaquer de nouveau pour prendre une revanche ; 
nos l % z avons ratakè au couyon et il ont pièrdu, nous les avons 
attaqués de nouveau au couyon et ils ont perdu. 

ratatchi, ». tr. Rattacher. 

ratatouye, n. f. Fricassée de pommes de terre, de légumes ; mets 
grossier. 

ratatouyi, ». tr. Raconter longuement et confusément. 

rat bayar, n. m. Rat d'eau. 

ratchaussi, ». tr. Ressouder de l'acier à un outil ; ratchaussi in chi 

(soc de charrue), ène awe (houe). 
ratchèri, ». int. Renchérir; tout ratchèrit, tout augmente de prix. 

ratchèssi, r. ti\ Chasser de nouveau quelqu'un, un animal vers celui 
qui parle, ratchèsse-mu mes vatches, chasse mes vaches de mon 
côté. Rechasser dans la direction d'où l'on vient : i m'ont 
ratchèssi. 

ratcheu, n. m. Celui qui crache souvent. 

ratchi, ». int. Cracher; // ratchcs trop en fumant, tu craches trop 
quand tu fumes. 

ratchitchi, ». tr. Ratatiner, rider, diminuer de volume en dessé- 
chant (V. tchitche). 

ratchon. n. m. Crachat, matière muqueuse que l'on rejette par la 

bouche, 
raténi, ». tr. Amincir (V. tène). 

ratèrè, r. tr. Enterrer de nouveau ; buter, entourer de terre, ratèrè 

des canadas, butter des pommes de terre, 
ratibwèzè, ». tr. Enlever lestement, subtilement. 

ratichnè, r. tr. Rapprocher uue fois de plus les tisons d'un feu pour 
activer la combustion. 

ratinde, ». tr. Attendre, être aux aguets; dji vos rotins, je vous 
attends; is'a catchi pou )ios ratinde, il s'est caché pour nous 
guetter. Adcina: Tout ron corne i)i baston, pivèlu corne in cochon, 
les ornes ènn ont et les cou m ères è ratindont. I.\'st l'aspèrgèssc. 
Devinette :Tout rond comme un bâton, poilu comme un cochon, 
les hommes en ont et les femmes en attendent. C'est le goupillon 
avec lequel le curé donne l'eau bénite d'abord aux hommes, 
puis aux femmes. 

ratinri, r. tr. Rendre plus tendre, amollir; en meurichant. lespware.s 
si ratinrichont : en mûrissant, les poires se ramollissent. 
Fig. : Rendre sensible une partie du corps; Vacsidint qiC dp ai 
jfeu à m'brès l'a ratinri, dji n'oze co l' d fonde, l'accident que j'ai 
eu au bras l'a rendu sensible, c'est à peine si j'ose le toucher. 

ratlè, ». tr. Atteler de nouveau. 

ratna, ;/. m. Ce qui sert h retenir un objet en mouvement. 

ratni, ». tr. Retenir, empêcher d'aller, etc. 

ratôrtiyi, r. tr. Envelopper en serrant une bande d'étoffe tout 
autour; rntortiuaus rosse mtcain. wsse tièxse: enveloppez votre 
main, votre tète. — I'. passif. Yèsse ratôrtiyi, être emmitouflé. 



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— 61 - 

ratour, n. m. Détour; t'/ma fait des tours et des ratours ! il en a 
fait des tours et des détours! 

ratournè, v. int. Revenir sur ses pas; df ai ratournè quand dj ' l'ai 

yeu rencontré, j'ai rebroussé chemin après l'avoir rencontré, 
ratournè, v. tr. Tourner d'un côté, puis d'un autre; tourné et 

ratournè in bokè d' tchau, tourner un morceau de viande dans 

tous les sens. 
ratouzé, v. tr. Pourvoir de vêtements; il astét tout ni/, nos l'avons 

ratouzè: il n'avait plus d'habits, nous lui en avons donné (Vx). 

ratrapè, v.tr. Rattraper; ressaisir; rejoindre. 

ratribouyi, v. tr. Bredouiller, raconter confusément; nos n savons 
pus c qiCèle. nos a ratribouyi. nous ne savons plus quels racon- 
tars elle nous a faits. 

raubosse. n. f. Sorte de pâtisserie renfermant une ou deux pommes. 

raucune, n. f Rancune. 

raucuneu, adj. quai Rancunier; fém.: raucuneuse: 

raudayi, v. int. Errer, courir çà et là. 

raudè, v. int. Rôder. 

raurdàdje, n. m. Essarlage à feu courant. 

raurdè, v int. Essarter en brûlant sur place les ramilles, les feuilles 
sèches, la mousse, etc., dans une coupe de bois. 

raurdeu, n. m. Ouvrier qui raurde. 

raussi, r. tr. Rehausser. — V. int.: Augmenter de prix; i parèt qui 
l' pwain va raussi, il parait que le prix du pain va augmenter. 

rauve, n. m. Sorte d'aviron en forme de rilble pour faire avancer 
une barque en attirant brusquement l'eau vers soi, si l'on est à 
la proue, ou en la repoussant derrière si Ton est à l'arrière delà 
barque. 

rauvlè, r. //*. Attirer avec un ràble; ramasser avec les bras et les 
mains en attirant vers soi. 

rauyâdje, w. m. Arrachage, en parlant des pommes de terre, df aurai 
vint ans au rAuyihlje aux canadas, j'aurai \ingtans à l'automne. 

rauyeu, n. m. Celui qui arrache les pommes de terre. 

rauyi, r. tr. Déraciner; extirper. Itauyi les ouyes, ouvrir démesuré- 
ment les yeux. 

ravâdje, n. m. Ravage. 

ravadjeu, n. m. Celui qui a l'habitude de marauder, de dévaster les 
propriétés d'autrui. 

ravadji, c. tr. Causer un grand dommage; dévaster. 

ravalé, t. tr. Avaler de nouveau. 

ravalé, v. tr. Abaisser un niveau ; ravalé in pai'è, abaisser le niveau 
du sol d'une maison. — I'. int.: Baisser de prix; li /arène r« 
ramté, le prix de la farine va baisser. 

ravaléye, n. /. Endroit plus bas que ce qui l'entoure. 

ravanci, v. tr. Avancer de nouveau ; rapprocher. 



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- 62 - 

ravaudâdje, n. m. Rabàcherie, propos fatigants et inutiles. 

ravaudâdje, n. m. Action d'aller, de chercher çà et là. 

ravaudé, v. tr. Rabâcher; dj* ai rouoyi r' qn'i nos z a ravaude, j'ai 
oublié ce qu'il nous a rabâché. 

ravaude, r. int. Errer en cherchant, fureter; qu'est-ce qu'il ont à 
ravaudé par là? Pourquoi vont-ils chercher, fureter par là ? 

ravaudeu, n. m. Celui qui ravaude. 

ravèyi, v. tr. Réveiller. 

ravèyi, adj. quai. Vif, gai. 

ravi (au), loc. adc. A Penvi, à qui mieux mieux. 

ravigote, v. int. Sortir d'une faiblesse, d'une forte émotion. 

ravikè, v. int. Revenir à la vie. 

ravinde, r. tr. Atteindre en attirant à soi. 

ravôrtiyi, r. tr. Envelopper soigneusement au moyen de papier, 
d'étoffe ; raoôrtiyous rà dins ène sêrviète, enveloppez cela dans 
une serviette. Rouler une étoffe sur elle-même pour qu'elle 
occupe moins de place; on ravôrtiye les chemises lavées et 
séchées en attendant de les envoyer à la repasseuse. 

rawe, n. f. Jeu de pile ou face. L'ordre des joueurs est déterminé par 
le plus ou le moins d'éloignement d'une pièce de monnaie qu'ils 
ont lancée vers une ligne tracée sur le sol ; le plus adroit joue le 
premier. 

rawè, c. tr. Rentrer en possession de; rawè ses sous, récupérer sou 
argent; retirer; dji n ses pus rawè m mwain di m' potche, je ne 
puis retirer ma main de ma poche. 

rawète, n. /'. Ce que le vendeur donne gratuitement en sus d'un 
achat. 

rawtia, n. m. Roitelet, petit oiseau qui niche dans les bois ou 
autour des habitations dans les toits de chaume des hangars. 

rawyi, v. tr. Réveiller (iang. d'ayi). 

rawyi, adj. quai. (V. ravèyi) (Iang. d'ayi). 

rayère, n. f. Soupirail de cave. 

razwè, n. m. Rasoir, instrument i\ couper ras, poil et barbe. 

rbares (aux), loc. adc. Des joueurs sont aux rbares lorsque, dans un 
jeu public, ils ont abattu le plus grand nombre de quilles de la 
journée el sont tous gagnants au môme titre. Une dernière volée 
de deux coups de boule suffit ordinairement pour désigner le 
vainqueur définitif qui reçoit alors l'enjeu, jambon, oie, etc. 

ré, n. m. Rien ; samuzè à des rés, s'amuser à des riens. 

ré (au), loc. adc. Au ras; au ré d' 1ère, au niveau du sol ; sans excep- 
ter, payi au ré d'in sou. payer sans redevoir un sou. 

rè, n. m. Ancienne mesure pour les grains, nom actuel du double 
décalitre auquel elle était à peu près équivalente, un rè d'sœèlc. 
vingt litres de seigle. 

rèbèlè (s'), c. pron. Protester avec énergie ; se révolter. 



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— 63 — 

rèche, adj. quai. Rugueux au toucher. 

réchi, v. int. Sortir (Vx). 

réculusse, n. m. Réglisse en bois ou en bâton. 

rèdi, v. tr. Raidir. 

rèdje, w. m. Crible en bois pour le blé, le seigle, etc. 

rèdji, v. tr. Cribler, passer au crible. 

rédjimint, n. m. Régiment; multitude, grand nombre. 

rédjisse, n. m. Registre. 

réglèmint, w. m. Règlement, action d'arrêter un compte. 

régue, n. /*. Règle, instrument long et droit pour mener des lignes; 
tapé in co d' régue su les ongues, donner un coup de règle sur les 
ongles. Principe. Fig.: Yèsse en régne, avoir fait ce que l'on doit. 

règues, w. /'. pi. Menstrues. 

rèkin, n. m. Requin. 

rékivaye, n. m. ou f. Vaurien ou vaurienne : c'è*$t' in ou ène rékivaye; 
littéralement : rien qui vaille. 

rèklè, t. int. Réclamer en grommelant ; qu'èssC ce qu'il a à rèklè 

corne rà ? 
rèlc, v. int. Congeler en parlant de la rosée ; il a rèlè tout blan, il y 

a beaucoup de gelée blanche sur le sol. 

rèléye, n. /'. Gelée blanche provenant de la rosée transformée en 

glace par le froid, 
rèlike, n. f. Relique. 
rèsbou, n. m. Ajonc. 
rèsléye, n. /. Contenu d'un râtelier; foin, paille dont ou l'emplit. 

rèslî, n. m. Râtelier, sorte d'échelle transversale pour mettre le 

fourrage servant de nourriture aux chevaux, aux ânes, etc. 
rèspe, n. /. Corbeille ovale en osier munie de deux poignées. 
rèspéléye, n. f. Contenu d'une rèspe pleine. 
rèsponse, n. /. Réponse. 

rèspondant, n. m. Répondant, celui qui se porte caution. 
rèsponde, t\ tr. Répondre. — V. int. : Se porter caution, 
rèsse, n. m. Reste, 
restant, n. m. Reste. 

rèstclâdje, n. w. Action de ramasser avec un râteau, 
réstèlé, v. tr. Ramasser au râteau, 
rèstèleu, n. w. Celui qui ràtèle. 

rèstèléye, n. /. Foin, paille, elc, que peuvent retenir les dents d'un 
râteau. 

rôstia, w. m. Râteau. Lorsqu'une personne se montre trop exigeante, 
on dit qn èle vorèl lé... fé des rèstias tout nuittntchis, qu'elle 
voudrait faire... faire aux gens des râteaux tout emmanchés. 

rèstorc, v. tr. Donner un bou repas à quelqu'un. 



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— 64 - 

rètu, adj. quai. Vigoureux, bien portant; fém.: rètïucc. 

reujin, n. m. Raisin ; ène grape di reujin, une grappe de raisin. 

reumatisse, n. m. Rhumatisme. 

reupe, n. m. Renvoi, rot. 

reupyi, c. int. Roter, produire des éructations. 

reutyi, v. int. Se dit du grognement et du cri aigu du porc lorsqu'il 
s'impatiente après sa nourriture. Fig. : Réclamer avec insistance 
et en bougonnant; pleurnicher longtemps. 

reutyon, n. m. Celui qui réclame avec entêtement ou qui pleurniche 

beaucoup, 
rèyussi, r. int. Réussir. — V. tr. Faire avec succès. 
rèyussite, w. f. Réussite. 
rézida, n. m. Réséda. 
rèzipcle, n. m. Erèsypèle. 

rézoude (si), r. pron. Se décider ; i faut vos rezoude à paurti. il faut 
vous résoudre à partir. 

ri, préfixe, (V. /•'). Hi s'emploie après une syllabe muette ou une 
consonne qui se prononce; qu'on l'fèyc ri/7, qu'on le fasse rac- 
commoder; i vlont r rifè, ils veulent le faire raccommoder. 
L'élision de Pt sera indiquée par (r'); ex.: ribate (r 1 ) = r'bate 
ou rbatc. 

rî, n. m. Ruisseau. 

riban, n. m. Ruban, bande étroite de soie, de laine, etc. 

ribarè (r'), v tr. Barrer de nouveau. — Y. int.: Jouei\une dernière 
fois aux quilles pour savoir quel sera le gagnant parmi ceux qui 
ont abattu le même nombre de quilles de la journée dans unjeu 
public (V. rbares (aux) ). 

ribate (r') ? v. tr. Battre de nouveau ce qui est mal battu, des gerbes 
de blé, par exemple; If baie in mallas, refaire un matelas après 
en avoir battu la laine. 

ribate (r') i\ tr. Parcourir en tous sons une grande étendue de 
terrain; df ai r batu tonte li campagne sins rèye in lice, j'ai 
parcouru toute la campagne sans voir un seul lièvre. 

ribate, t\ tr. Rendre le tranchant à une houe, à un soc de charrue 
en les martelant à la forge après les avoir rougis au feu. 

ribate, n. f. Rhubarbe. 

ribateu(r'), n. m. Ouvrier qui rebal; in r batcu d' mallas, un cardeur 

de matelas, 
ribâti (r 1 ), r. tr. Rebâtir. 

riblanki (r'), r-. tr. Blanchir de nouveau un mur à Peau de chaux. 
Ifblanki ène saklge, blanchir le linge de quelqu'un. 

riblète, n. f. Bande étroite d'étoffe, de viande. 

ribondi (r'), t. int. Rebondir. 

(A suivre.) J. Waslkt. 



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Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Qivetois) 

(suite) 



Il (suite) 



ribote, n. f. Ribote. Fé ribote, boire avec excès; yèsse en ribote, être 
en état d'ivresse. 

riboteu, n. m. Ivrogne. 

riboulè (r'), v. t. Émousser un outil, une pointe métallique. 

ribour (r 1 ), v. int. Bouillir de nouveau. 

ribourè (r 1 ), v. tr. Bourrer de nouveau (une mine, une arme). 

ribourè (r 1 ), v. tr. Rabrouer. 

riboutè (r'), v. int. Bourgeonner une seconde fois (plante); faire une 
nouvelle taupinière (taupe). — - V. tr. Rendre brusquement 
quelque chose (Vx). 

riboutonè (r'), v. tr. Boutonner un vêtement déboutonné. 

ribu (r'), n. m. Rebut. 

ributè (r 1 }, v. tr. Rebuter, décourager, dégoûter. — - V. pron. : s' ribuUK 
perdre courage. 

ricandji (r'). v. tr. Changer, échanger de nouveau. — V. wron. : 
s' ricandji, changer de vêtements ; dji sus tout trinpè, aji vas 
m' ricandji, je suis tout mouillé, je vais changer de vêtemenls. 

ricarculè (r 1 ), v. tr. Calculer de nouveau; refaire un calcul potir le 
vériiier. 

ricassi (r 1 ), v. tr. Recevoir une balle au jeu et la renvoyer au moyen 
du gant ou de la main. 

ricatchi (r 1 ), v. tr. Cacher de nouveau. — V. pron.: S'ricatchi, se 
cacher une seconde fois; disparaître derrière un nuage (soleil, 
lune, etc.); li solia va s' ricatchi, le soleil va être caché par un 
nuage. 

ricauzè (r') v. int. Parler de nouveau d'une affaire. 

ricèpè (r 1 ), v. tr. Scier une branche à sa naissance, une tige au ras 

du sol. 
ricèpè (r 1 ), n. m. Manchot. 

ricèpe (r 1 ), n. m. Piège à ressort pour capturer le lièvre, le putois, la 
fouine, etc. 

rieèveu (r 1 ), n. m. Receveur. 

ricèwar (r'), r. tr. Recevoir. 

richèrchi (r 1 ), v. tr. Rechercher. 

richètlè (r*), v. tr. Fendre de nouveau un morceau de bois, une 
planche. 



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-16- 

richiné (r'), r. tr. Contrefaire la parole, les gestes de quelqu'un. 

richôdé (r') ? r. tr. Passer la vaisselle, un ustensile ;i Peau bouillante ; 
r' chôdè ène marmite. 

richonance (r'), n. f. Ressemblance. 

richoné (r'X v. int. Ressembler; in ptit ralèt qui r'chonc à *'/wï. 
un petit garçon qui ressemble à son père. — Y. tr.: S'richonè. 
se ressembler, s'richonè corne deux goûtes dVirr, être tout à fait 
ressemblants. 

richourbi (r'), v. tr. Essuyer avec un linge ce qui est mouillé, taché, 
souillé. 

richouYé (r'), v. tr. Ralaver de nouveau ; pousser des ordures avec 
un balai vers un endroit désigné. 

richaré (r'), v. tr. Récurer des objets en métal. 

richûte, (r'), n. f. Rechute. 

riclakè (r*), x>. tr. Fermer bruyamment; riclakè ruche, fermer la 
porte avec bruit. — I'. int. /Faire entendre un bruit sec, comme 
celui d'un ressort qu'on détend. 

riclamè (r'), v. tr. Réclamer ^qu* règne riclamè li-minme ses sous, qu'il 
vienne réclamer lui-même son argent. 

riclawè (r'), v. tr. Reclouer : r'claicè Ï bride d' in sabot, rattacher la 
bride d'un sabot. 

ricolè (r f ), v. tr. Recoller. 

ricomandè (r'), v. tr. Recommander; /e r comandè in parint, faire 
dire des prières à l'église pour un parent défunt. 

ricominci(r'), v. tr. Recommencer (lang. d'ayi). 

ricontè (r f ), v. tr. Vérifier un compte. 

riconèche (r'), v. tr. Reconnaître. — V. pron.: s' riconèche, se recon- 
naître mutuellement après une longue séparation ; retrouver 
son chemin quand on est égaré. 

riconechance (r'), n. /. Reconnaissance, souvenir d'un bienfait reçu. 

riconechant (r 1 ), adj. quai. Reconnaissant. 

ricopyi(r'), v. tr. Recopier. 

ricApè (r f ), v. tr. Recouper, raccourcir ce qui est trop long. Rejoindre 
quelqu'un en faisant un trajet moins long. 

ricApc (r'), v. tr. Au jeu de cartes, prendre un atout en en mettant 

un plus fort. 
ricoudûre (r 1 ), v. tr. Reconduire (lang. d'ayi). 
ricouminci (r') [Y. ricominci). 

ricoutchi (r 1 ), v. tr. Recoucher.— V.p ron.: s' ricoutchi, se recoucher, 

se remettre au lit. 
ricouvic (r 1 ), v. tr. Recouvrir; remettre une couverture. 

ricrèche (r'), v. int. Croître de nouveau en poussant des rejetons; 
les fleurs couminçont à r' crèche, les fleurs commencent à sortir 
de terre ; produire une crue ; il a bramint plou, Moûse ta r*crèche y 
il a plu beaucoup, la Meuse va grossir. 



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— 77 — 

ricrère (r 1 ) (V. ricrèche). 

ricrolè (r'), v. tr. Boucler les cheveux une seconde fois. — V. int. 
Boucler, friser naturellement; vola vos tchvias qui r' crolont, 
vos cheveux frisent de nouveau. 

ricrwèzè (r'J, v. tr. Croiser, mettre de nouveau en croix; djè l'ai 
r' cnvèzè dins V bwès, je l'ai croisé dans un chemin du bois; fi 
r cnvèzè les bres, faire encore croiser les bras. 

riçu (r'), n. m. Reçu ; i/£ ç qu'est voss' riçu ? Où est votre reçu ? 

riculâde (r'), v. tr. Marche en arrière. 

riculù (r'), v. tr. Porter en arrière ; r' culous vosse chaîne, reculez 
votre chaise. — V. pron. : s' riculè, se mettre plus loin. — 
V. int.: Reculer. Fig.: Ne pas oser. 

ricûre (r'), v. tr. Recuire pour obtenir une cuisson complète. 

ricwèfè (r'), p. tr. Réparer le désordre d'une coiffure. 

ridan, n. m. Tiroir; li ridan dèl tauve, dèl dresse, le tiroir de la table, 
de l'armoire. 

ridârc (r')(s'), v. pron. S'élancer de nouveau sur quelqu'un, sur un 
animal pour le frapper; se jeter avec voracité sur un mets après 
en avoir mangé. 

ridehinde, v. tr. Redescendre, rapporter de haut en bas; î faut 
ridehinde dou bwès dou guèrnu il faut redescendre du bois du 
grenier. — V. int. : Venir de haut en bas; t va ridehinde, il va 
redescendre ; on dit également rdichinde. 

ridé, adj. quai. Plissé. 

ride, v. int. Glisser en marchant et sans s'y attendre; ridé su ène 
pèlake di canada, glisser sur une épluchuro de pomme de terre. 

ridire(r'), r. tr. Redire. Trouvé à fdire, blâmer. 

ridisfé (r'), v. tr. Oter de nouveau; défaire ce qui a été fait plusieurs 

fois, 
ridivni (r f ), v. int. Redevenir ; on hcêrèt ridivni pave, on le verra 

redevenir pauvre. 

ridjalè (r') ? v. int. Geler de nouveau; dji crès qui Moûse ridjalrèt 

dm train, je crois que la Meuse regèlera demain, 
ridjani (r'), v. tr. Jaunir derechef, donner une nouvelle couleur jaune. 
ridjèt(r'), w. "'• Rejet. 

ridjctè(r'), c. int. Pousser des jets, des rejets, en parlant d'un végétal, 
ridjètè (r'), v. int. Recommencer à suinter, à donner du pus. 
ridjèton (r'), n. m. Petit rejet. 

ridjibo (r 1 ), r. int. Regimber; il a ployi ène grosse baguéte que li a 

r'djibè dins /' vizddje, il a plié une grosse baguette qui l'a frappé 

au visage. 
ridjonde (r'), v. tr. Rejoindre, rattraper ; i faut qiï djè /' ridjonde, il 

faut que je le rejoigne, 
ridjonkù (r'), r. int. Se dit de l'eau d'un lleuve qui est arrêtée 

momentanément par les glaçons d'une débâcle et qui reflue en 

inondant les terrains voisins : Moûse ridjonlcc. 



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— 78 — 

ridjowè (r 1 ), v. tr. Recommencer un jeu. 

ridmandc (r*), v. tr. Redemander. 

ridmèrè (r'), v. int. Demeurer de nouveau dans un endroit. 

ridoublé (r'), v. tr. Mettre une seconde doublure. — V. int. : Aug- 
menter, redoubler. 

ridouviè (r'), n. tr. Rouvrir; nos vlons qu" i fionchent ridouciè l'uchc, 
nous voulons qu'ils Tassent rouvrir la porte. — V. pron.: s'rt- 
douviè, se rouvrir; li fignèsse si fdouoc, la fenêtre s'ouvre de 
nouveau. 

ridrèssi (r 1 ), v. tr. Redresser. — V. pron.: s' ridrèssi, se remettre 
droit; se camper fièrement ou avec colère. 

ridrouchi (r'), v. tr. Redresser en frottant à rebousse-poil des cheveux 
lissés vers le front; le pelage d'un animal, le luslred'un chapeau 
haut de forme; replier en frappant ou en frottant avec un corps 
dur, le tranchant d'un outil, la poinle d'un instrument, l'extré- 
mité d'un balai. 

ridvèni (V. ridivni). 

ridvi, v. tr. Redevoir; on peut dire rdHi ; dji ricrèyès né li ridci ou 

li rdèti ène si grosse some, je ne croyais pas lui redevoir tant. 
Riète, ». p. f. Henriette, 
rifachi (r'), v. tr. Emmailloter un enfant. 
rifait(r'), part.pass. Raccommodé; guéri. Fig. Yèsse rifait, être dupé. 

rifé (r'), v. tr. Refaire, recommencer; raccommoder; guérir. — 

V. pron.: s'ri/é, se rétablir. A r' fé, à recommencer, 
rifèrè (r'), v. tr. Referrer, 
rifinde (r'), v. tr. Refendre, 
riflori (r 1 ), v. int. Fleurir une seconde fois. 
rifonde (r'), v. tr. Refondre. 

rifoute (r 1 ), v. tr. Rendre, renvoyer avec colère un objet que Ton 

détenait. 
rifus(r'), w. m. Refus, 
rifuzè (r"), v. tr. Refuser, 
rifwardji (r'), v. tr. Forger de nouveau une pièce métallique. 

rigângni (r'), v. tr. Regagner; on swaitc de Vvèye rigângni r' qnil a 
pièrdu, on souhaite de le voir regagner ce qu'il a perdu; 
atteindre; rigângni rcoye, parvenir au chemin. 

rigard, n. m. Regard, considérer par les yeux. 

rigardè (r 1 ), v. tr. Concerner ; çà m) /' rigarde pus, cela ne le concerne 

plus, ce n'est plus son affaire, 
rigarni. (r'), ». tr. Garnir de nouveau, 
rignètâdje (r 1 ), n. m. Nettoyage, 
rignèti (r'), r. tr. Nettoyer; rendre net, propre; on dit aussi /•' nèhji. 

rigodon, n. m. Ancienne danse à deux temps. fV danse in rigodon, 
faire sauter quelqu'un de douleur en le frappant avec un bâton, 
un fouet. 



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— 79 - 

rigrcfè (r'), v. tr. Greffer une seconde fois un arbre quand la pre- 
mière greffe n'a pas réussi, 
rigrètè (r'), v. tr. Regretter, 
rigrètè (r'), v. tr. Racler, gratter de nouveau. 

rigrigneu, n. m. Celui qui a l'habitude de grimacer en se moquant 

de quelqu'un, 
rigrigni (r'), v. tr. Contrefaire les gestes, la voix de quelqu'un en 

faisant des grimaces, 
rigripè (r 1 ), r. tr. Regrimper un escalier, une échelle, une côte. 

rigritchi (r'), r. int. Grimper en s'accrochant avec les mains, avec 
les griffes; vnous m' tcue rigritchi à l' rotche, venez me voir 
grimper au rocher; li tchè r" gritche su Parbe, le chat grimpe sur 
l'arbre. Ksi parfois actif : r'gritchi /' tiène, li pisintc, regrimper 
la montagne, le sentier. 

rik à rak, loc. adc. A peine exact en parlant d'un poids, d'une 
mesure : pteè, muzèrè rik à rak. 

rikèrdji (r 1 ), v. tr. Mettre une nouvelle charge dans une arme; 
replacer un fardeau sur les épaules, sur le dos de quelqu'un ou 
un chargement sur une voiture. — Empierrer une route dété- 
riorée. Quand les vieilles gens voient empierrer une grand'route, 
ils disent que c'est in signe di guère, un signe de guerre. 

rikeude (r'), c tr. Recoudre, coudre ce qui est décousu. 

rikinkè (r'), c. tr. Donner de l'aisance, de beaux habits. — V. pron.: 
s rikinkè, mettre sa plus belle toilette. 

rilachaude (r'), n. f. Bal public qui a lieu le dimanche qui suit une 
fête locale. 

rilachi (r'), v. tr. Lâcher, remettre en liberté. 

rilaci (r'), v. ir. Lacer de nou>eau: r laci in côrsèt, des soles, lacer 
un corset, des chaussures délacés. 

rilanci (r'), t». tr. Lancer de nouveau ; renvoyer un objet lancé. — 
Y. pron. : s* rilanci, se précipiter derechef sur. 

rilaukè (r'), v. tr. Desserrer un lien, le relâcher. 

rilavâdje (r'), n. m. Action de relaver. 

rilavè(r'), v. tr. Laver de nouveau, rilavè ïlèchicc, passer dans l'eau 
claire le linge lessivé. 

rilaveu(r'), n. m. Relaveur; fém.: rilateuse. 

rilavure (r 1 ), n. /'. Eau dans laquelle on a lavé la vaisselle. 

rilavriye (r'), n. f. Buanderie. 

rîle (r'), n. f. Régie plate dont se servent les plafonneurs. 

rîlè (r'), o. tr. Mesurer avec le rile. 

rilèteheu (r'), n. m. Celui qui relèche, qui aime à boire et à manger 
auv dépens d'autrui ou qui embrasse trop; fém.: rilèteheusc. 

rilètchi (r'), v. (r. Relécher. 

rilètchriye (r'), n. /'. Action de relécher longtemps ou d'embrasser 
souvent. 



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— 80 - 

rilèvè (r'), v. tr. Relever. — V. inl.: Ramasser le blé qui tombe sous 
la faux : èle est voye rilèvè. — V. pron. : s' rilèvè, se lever de nou- 
veau; sortir du lit la nuit; hausser. Li tims s' rilèvè, les 
nuages montent dans les régions supérieures de l'atmosphère, 
le temps s'éclaircit. 

rilèveu (r'), n. m. Ouvrier qui relève le blé fauché; on emploie plus 
souvent ène rilèoeuse. 

rilèvrèsse (r'), n. f. Cognée pour débiter le bois abattu dans les 
coupes; elle a un manche plus court que Vabatrèsse. 

rilèvète (r'), n. f. Sorte de pince pour relever le bas d'une robe. 

riligni (r 1 ), v. imp. Dégeler; ifaurèt quiçt* amaurlâdjc-là fèye riligni, 
il faudrait que ce givre-là amenât le dégel; i v ligne, il dégèle. 

rilire (r% v. tr. Lire de nouveau. 

rilire (r f ), ». tr. Démêler, choisir ce qu'il y a de mieux dans un tas 
d'objets, de légumes, de fruits; r 9 lire des canadas, prendre les 
pommes de terre d'un tas en laissant les petites. 

riloktàdje (r'), n. m. Nettoyage d'un pavé, d'un plancher au moyen 
d'un morceau d'étoffe large, épais et mouillé. 

riloktè (r*), v. tr. Faire un ?*' loktâdje. 

riloyeu (v 1 ), n. m. Relieur, ouvrier qui relie les livres. 

riloyi (r'), »• tr. Lier de nouveau ce qui est délié; qu 1 èle riloyti ses 
soles, qu'elle noue de nouveau les lacets de ses souliers; dji vas 
r' loyi nasse vatche, je vais rattacher notre vache à retable. Fig.: 
Rouer de coups; dji i toi r' loyi, saisse; je te lui ai administré 
une bonne correction; on dit encore : riloyi les cirasses. 

riloyi (r'), t?. tr. Coudre les feuillets d'un livre et y mettre une cou- 
verture ; i faut qu? nos fionches riloyi r' livc-lâ] il faut que nous 
fassions relier ce livre-là. 

riloyure (r'), n. f. Reliure. 

rilûjant (r'), ad), quai. Reluisant. 

rilukc (r'j, o. tr. Regarder du coin de l'œil, observer en cachette 
avec curiosité; examiner attentivement ou avecenvie quelqu'un 
ou quelque chose. 

rilukeu (r 1 ), n. m. Celui qui rUuke. 

rilûre (r'|, v. int. Reluire, briller; qu i fèi/c rilùrc ses hotines, qu'il 
fasse briller ses bottines; luire de nouveau (soleil, lune); li solia 
va r' lûre, le soleil va luire de nouveau. 

riluwè (r'). Louer de nouveau un logement, une propriété. Itihucè 
l'musike, engager les musiciens pour uu jour de fête supplémen- 
taire. 

rimachi (O, v. tr. Mêler, battre les caries une seconde fois. 

rimachi (r'|, ». tr. Remuer un mets en le tournant dans la marmite 
avec une cuiller en bois. 

rimanon ir'i, n. m. Un reste; in rmanon d' Inciu, petite quantité de 
lait au fond d'un vase. 

riman'yi (r'), v. tr. Remanier. 



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- 81 - 

rimariâdje (r'), n. m. Action de remarier, 
rimariè (r'), v. tr. Remarier. 

rimârke, w. /'. Remarque; trait, signe que l'on fait pour se rappeler 
une chose. 

rimârke (r\ v. tr. Remarquer, faire une nouvelle marque, observer. 
S' fér'màrkè, attirer sur soi raltention par un oubli des conve- 
nances. 

rime, n. /". Rime. N'airè ni rime ni raison, être absurde, en parlant 
des actions, des paroles. 

riméde (r'), n. m. Remède, médicament. Un' a pont di r méde, c'est 

une maladie incurable, mortelle. 
rimédyi (r 1 ), r. int. Remédier; apporter de l'amélioration à. 
rimèrciymint(r'),n. m. Remerciement. 

rimèreyi, v. tr. Témoigner sa reconnaissance; refuser poliment, 

renvoyer (un ouvrier, une domestique), 
rimete (r'), g. tr. Replacer; donner, rendre des forces; reconnaître 

(quelqu'un). Différer. — V. pron.: s'rimète; rétablir sa santé. 

Citer (animaux sauvages). Redevenir beau (temps). 
rimije, n. f. Remise, rabais consenti sur un achat par le vendeur au 

profil de son client. 
rimije, n. f. Sorte de hangar où l'on abrite les voitures. 

rimontàdje (r'), n. m. Action de reconstruire une machine; de suré- 
lever; de remettre des empeignes et des tiges à des bottes. 

rimontè (r'j, v. (r. Porter de bas en haut; gravir de nouveau; aller 
à l'inverse d'un courant; exhausser. — V. int.: Monter de nou- 
veau; hausser; augmenter de prix. — V. pron.: s' rimontè, 
prendre de la vigueur; s'approvisionner de nouveau. 

rimôr (r 1 ), n. m. Remords. 

rimougni (r'), r. tr. Manger de nouveau, ruminer. 

rimoussi (r'), v. int. Rentrer dans une cachette, s'introduire de nouveau 
pour se cacher; in rnaud qui r' mousse dins s' trau, un renard qui 
rentre dans son terrier. — Y. tr.: r'moussi ène sakivè dins 
s'potche, fourrer quelque chose dans sa poche. Remettre (un 
vêtement). 

rimoustrè (r 1 ), c. tr. Montrer de nouveau : faire des remontrances. 

— V. pron. : s' rimoustrè, réapparaître ; n'ôzès' rimoustrè, n'oser 
se faire voir (après avoir commis quelque mauvaise action). 

rimouye (al), loc. adv. Mellre du linge, de la toile al rimouye, c'est les 
étendre sur l'herbe, les arroser et les laisser sécher au soleil 
pour les blanchir. 

rimouyi (r 1 ), v. tr. Mouiller, humecter de nouveau. 

rimuwant (r'), adj. quai. Remuant. 

rimuwc, t. /. Remuer, agiter. — V. int.: Bouger, changer de place. 

— V. pron.: .s' rimuirè, se donner du mouvement, travailler 
avec plus d'ardeur ; se hâter, faire des démarches. 

rimuweu, n. m. Qui fouille partout. 
rimuwe-mwinnàdje, n. m. Remue-ménage. 



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• — 82 — 

rimuzèrè (r'|, v. tr. Mesurer une seconde fois pour vérifier une pre- 
mière mesure. — V. int. : Vomir après avoir trop bu. 

rimûzlè (r'), v. tr. Remettre la muselière. 

rin, n. m. Hien (lang. d'ayi) (V. ré). 

rin, n. m. Hein ; awè niau ses rins, ressentir des douleurs de reins. 

rinakè (r 1 ), v. int. Renoncera manger, faute d'appétit, parce qu'on a 
trop absorbé. 

rinau (r*), n. m. Renard; li trau dou r'nau, le terrier du renard. 

rinauchi (r'), v. int. Chercher, fureter; laissons-? rinauchi, i n' trou- 
vret ré, laissez-le chercher, il ne trouvera rien. 

rinaucheu (r'), n. m. Celui qui fouille, qui cherche partout; féui. : 
rinaucheuse. 

rinaudè (r'), t\ tr. Vomir après avoir trop bu, trop mangé; finaude 
s 1 soupe, vomir son souper. 

rinaudeu (r 1 ), n. m. Celui qui r'naude. 

rinaudure (r 1 ), n. /. Vomissement. 

rindâdje, n. m. Rapport, profit d'une exploitation, d'une culture. 

rinde, r. tr. Rendre, remettre à son propriétaire; rapporter; pro- 
duire; rejeter hors du corps; donner de nouveau. Itinde visite. 
aller voir. Itinde pwinne. se donner beaucoup de mal pour 
vivre. — V. pron.: s 1 rinde , se transporter, aller par ordre, par 
obligation. Céder, se déclarer vaincu. — T. passif: i/èsse rindu, 
être à bout de force, 1res fatigué. 

rindji, v. tr. Ranger, mettre en ordre. Fig. : — V. passif : i/èsscrindji, 

avoir une bonne conduite. 
rind'mint, n. m. Rendement, production: in bon rituPnnnt d' fro- 

mint, un bon rendement en blé. 
rinètyi (r') (V. riqnèti). On dit plutôt d'une plaie qui se guérit, par 

exemple : vlà queà n' rinètuje que rlà qu rà ritjnète. 

rinflé, c. int. Renfler, gonfler; li puasse rinfèle, la pâte lève. 

ringne, n. m. Épidémie. 

riniflé (r 1 ), v. tr. Renifler; r y niflè dou chnonf, priser. Fig.: Kcouler 
sans rien dire des paroles blessantes. 

riniga (r'), n. m Homme sans parole ; petit drôle. 

riniktè (r') (V. raniketh. 

riniyi (r 1 ), i\ tr. Renier. 

rinkivaye, n. m. (lang. d'ayi) (V. rékivnye). 

rinne, n. f. Reine. Abeille femelle. 

rinne-côrasse, n. f. Rainette, sorte de grenouille. 

rînne-glaude, n. /'. Reine-Claude, espèce de prune. 

rînne-glaudî, n. m. Prunier qui produit la reine-Claude. 

rînnète, n. f. Kspècc de pomme. 

rinon (r'), n. m. Renom, réputation; une li r' non d'hatv si fèwe. 
avoir la répulalioii de battre sa femme. 



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- 83 — 

rinomé (r), v. tr. Nommer de nouveau. 

rinoméye, (r'), n. f. Renommée. 

rinonci (r'), v. tr. Renoncer. 

rinouvlè, (r'), v. tr. Renouveler; r'nouvlè s' cominion, renouveler sa 
première communion. 

rinouvélmint (r'}, n. w. Renouvellement. 

rinpli, v. tr. Emplir de nouveau ; emplir complètement ; rinplichous 
m' tchèna, remplissez mon panier. 

rinplichâdje (r ), n. m. Action de remplir, d'emplir outre mesure ; ce 
qui achève d'emplir. 

rinte, n. f. Rente ; vikc d' ses rintes, être rentier. 

rintrè, v. tr. Porter, conduire au dedans ce qui était dehors; rintrè 
l foui\ reutrer du loin. Au jeu de cartes, rintrè don carau, rentrer 
carreau. — Y. int.\ Revenir de nouveau, rentrer chez soi ; 
reprendre sa place, ses études, etc. Se rétrécir; li flanèle rinte re 
quart on /' lave, la flanelle se rétrécit quand on la lave. 

rintréye, n. f. Rentrée. 

ripachi (r;, v. tr. Donner à manger aux animaux; ?•' pachi les 
tchvaus. — Y. passif, yèsse ripachi, être repu. — V.pron.: 
s' ripachi. se rassasier. Se dit parfois des gens, mais en mauvaise 
part. — rart. passé : f pachi, r'pachiye. 

ripa (r'), n. m. Repas ; fi in bon r' pas, se régaler. 

riparè [v ), v. tr. Rendre de la parure, de l'apparence ; çà /' npare 
eue miyète, cela le repare un peu. 

ripasse (r*), v. tr. Traverser de nouveau; r passe l'ri repasser le 
ruisseau; r' passé Moûse, traverser de nouveau la îMcuse ; trans- 
porter au-delà d'un obstacle; r'passous-r aud'sus d* l'aye, trans- 
portez-le ou la au-dessus de la haie. — V. int. : Passer de nou- 
veau, une autrefois. 

ripasseuse (r'), n. f. Repasseuse (linge . 

ripaurtâdje (r), n. m. Action de refaire un partage. 

ripaurti (r'(, v. tr. Répartir, distribuer à nouveau. 

rtoaurti (v ), v. int. Repartir, partir derechef. 

ripavâdje (r'), n. m. Repavage. 

ripavè (r'), v. tr. Repaver. 

ripayi (r'), v. tr. Payer une seconde fois ; df avais pihuhi m coupon, 
on m'a fait r pâyi m' place, j'avais perdu mon billet, on nfa fait 
payer ma place une seconde fois; subir une revanche, une 
vengeance, d'jè li ai fait r payi s* cô d'pougne, je lui ai rendu 
son coup de poing avec usure. 

ripayi (r), v. int. Faire bombance, ripaille. 

ripé, v. tr. Détacher les feuilles d'une branche en la pressant entre 
les doigts dans toute sa longueur; ripé des fèyes dihsi\ ili fètchèrc 
pou fd ène payasse, arracher des feuilles de hêtre, de fougère pour 
en faire une paillasse. 

ripèzé (r), v. tr. Peser de nouveau pour vérilier le poids. 



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— 84 — 

ripici (r'), v. tr. Pincer une seconde fois. Punir sévèrement. 

ripiéde (p'), v. tr. Perdre ce qu'on a gagné ou trouvé. 

ripikè (p'), v. tr. Repiquer (plante). 

ripinde (r'), v. tr. Rependre ; /•' pintle si sanro, raccrocher sa blouse. 

ripinde (p'), v. tr. Peindre de nouveau, remettre en couleur. 

ripinsé (r'), v. int. Penser de nouveau à une chose. 

ripinti (p') (s), v. pron. Se repentir; i s'ènna r'pinti, il s'en est 
repenti. 

riplafonâdje (p*), n. m. Action de plafonner une seconde fois. 

riplafonc (p*), v. tr. Refaire un plafond. 

riplakàdje [p'), n. m. Action de recoller, d'enduire de mortier. 

riplakè x ), v. tr. Recoller, enduire de mortier, de ciment pour faire 
adhérer. 

riplantâdje (p), n. m. Replantage (arbuste, jeune plant). 

riplantc (r'), v. tr. Replanter. 

riplâtrâdje (p), n. m. Action d'enduire une seconde fois de plâtre. 
Fig. : Réparation superlicielle. 

riplàtré (r"), v. tr. Replâtrer. 

riplonkè (p'), t\ int. Plonger de nouveau ; il a r plonkè et s* a nèi/i, il 
a plongé une seconde fois et s'est noyé. 

riploûr ip') v. inip. Recommencera pleuvoir; vlà qn' i r ploût, voilà 
la pluie qui tombe de nouveau. 

riployâdje ir'), n. w*. Action de replier du linge, des habits avant de 

les ranger, 
riployi (p*), v. tr. Replier ce qui a élé déplié; r ployi des draps, 

replier des draps do lit. 

ripos(p'), n. w. Repos. 

ripoussè (p\ v. tr. Pousser dans une direction opposée. 

ripoussè |p'|, v int. Recommencer à pousser (plante, cheveu). 

ripôzè (p'), v. tr. Remettre à sa place ce qu'on avait déplacé. — 
T. pron.: .s' ripôzè, se poser de nouveau (oiseau). 

riprézintè (p' , v. tr. Présenter de nouveau; dessiner; jouer sur la 

scène. — I'. pron.: s' riprézintè, se présenter, se montrer où l'on 

a déjà paru. 
riprije (r*), n. /*. Reprise, raccommodage fait à une étoile usée ou 

trouée. 
riprinde (p"), v int. Se figer, eu parlant du beurre fondu, de la 

graisse liquéfiée; H crache riprint, la graisse se lige. 

riprinde (p'), v. tr. Reprendre; riprinde si lie, reprendre son bien; 
continuer une chose interrompue; /•' prinde siV ouvrddjc, repren- 
dre son travail ; réprimander, .s' fé r prinde à chaque munute, se 
faire rappeler à l'ordre à chaque instant. — Y. int. Prendre 
racine après avoir été replanté. — Y. pron : S' riprinde, se corriger 
soi-même en parlant. 



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— 85 — «• 

riprotche (r'),w.Mi. Reproche. Stw* r' protche, sans reproche, locution 
employée en parlant d'actes religieux auxquels on a pris part; 
dj' ai sli à pèlèrinâdje sins r' protche, je suis allé en pèlerinage 
sans arrière-pensée, par pure piété. 

riprotchi (r), v. tr. Reprocher, blâmer. R' protchi l'pwain à ses vh 
parints, donner, en rechignant, la subsistance à ses vieux 
parents, leur faire sentir qu'ils gênent, qu'ils sont à charge. 

riscrire, v. tr. Écrire ce qui a déjà été écrit. — Y. im. Écrire une 
réponse à quelqu'un; on V zi a riscrit di vwt, on leur a répondu 
de venir. 

risdeulè, v. tr. Ébouriffer, mettre en désordre (cheveux, lustre d'un 
chapeau, etc.), 

risglati, v. int. Reluire, en parlant d'un métal poli que l'on nettoie. 

risgoutè (r'), v. tr. Égoutter le plus possible. 

riskant, adj. quai. Dangereux. 

riskè (r'(, v. tr. Risquer. 

rispaude (r), v. tr. Répandre complètement et uniformément; on 
peut aire r' sipaude. — Part, passé: rispourdu, rispaurdûwe. 

rispaumè, v. tr. Laver à grande eau le linge lessivé ; rispaumè ïlèehive, 
passer le linge dans l'eau claire ; rincer : rispaumè des verres. 

rispitè {r'J, v. tr. Éclabousser celui qui a mouillé de loin quelqu'un 
ou lui a lancé un jet liquide; i rta spttè, djè l'ai rispitè, il m'a 
éclaboussé, je lui ai fait de même. — Y. int. Sauter de nouveau ; 
s'esquiver une seconde fois. 

rissalè (r), v. tr. Saler de nouveau ; nasse soupe est trop douce, il 
faut ï rissalè, notre soupe n'est pas assez salée, il faut y ajouter 
du sel. 

rissatchi (r'(, v. tr. Saisir et tirer à son tour; ti m'as satchi, dji t'ai 
r' satchi, tu m'as tiré, je t'ai tiré aussi (V. rassatchi). 

rissautlè (r'), v. tr. Franchir de nouveau un obstacle; on sautèle li 
ri en z ènn alant, on /' rissautèle en rvènant, on saute le ruisseau 
en s'en allant, on le saute encore pour revenir. 

rissayi (r'), v. tr. Goûter (un mets), essayer (un vêtement) une seconde 
fois. 

rissèmè (r'), v. tr. Ressemer. — V. pron. : S' rissèmè, être ressemé 
naturellement. 

risscm' lâdje (r), n. m. Action de ressemeler ; r f sèm* lâdje. 

rissèm'lè [v),v. tr. Remettre des semelles à des chaussures; r'sèm'lè. 

rissèlè (r ), v. tr. Seller de nouveau une monture. 

rissèrè (r'), v. tr. Refermer à clef; r 9 sèrous l'uche, refermez la porte 
à clef. 

rissèrè (r), v. tr. Serrer plus fort : rissèrè s'einture, resserrer sa 
ceinture; rendre le ventre moins libre; trop rf' tchau m' rissèrè, 
quand je mange trop de viande, je vais difficilement à la selle. 
— Yèsse rissèrè, avoir le ventre moins libre. Fig. : Vivre chiche- 
ment. 



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- 86- 

rissètchi (v), v. tr. Achever de sécher ce qui est mouillé; x' fifsètchi, 
faire sécher les vêlements mouillés que l'on a sur soi. 

rissièrvi (r ), v. tr. Servir de nouveau (un mets). — Y. inl.: Être de 

nouveau, en usage, 
rissinè (r), v. tr. Signer un écrit, un acte recopié ou renouvelé, 
rissinte (r), v. tr. Sentir, flairer une seconde fois. 

rissinte (r*), v. tr. Tàter, palper de nouveau; t faut qiï dji fsinte cor 
in cô sgrocheu-là;\\ faut que je palpe de nouveau cette tumeur-là. 

rissinti (r'), v. tr. Ressentir, éprouver vivement une impression 
agréable ou non, i li ont fait r'sinti toute leu méchanceté, ils lui 
ont fait ressentir tous les effets de leur méchanceté. — V. pron.: 
$'rt.*siiiti, éprouver les conséquences d'une maladie ; s' rissinti 
d' ses rcumulisscs, se ressentir d'un rhumatisme. Avoir un regain 
de jeunesse;! m'chonc qui df mi r f sins, il me semble que je 
rajeunis. 

rissodè (r ), v. tr. Ressouder. 

rissôr (0,n. m. Ressort. 

rissôrti (r'), v. int. Ressortir, sortir de nouveau. — Part, passé. 

r\wrtu, fsôrtuice. 
rissouvni (r ), v. pron. Se ressouvenir. 

rissuwè (r)\ v. tr. Sécher un vêtement trempé de sueur, de pluie, 
etc.; r'suicè s' saur o, sécher sa blouse; enlever l'humidité; 
li solia a r' suive /' tère, le soleil a séché la terre; r f suive l' pave 
avè ène loke sètche, enlever l'humidité d'un plancher en l'es- 
suyant avec un torchon sec. — V. pron.: s'risswcè, se sécher 
(personnes et choses). 

ristanpè (r ), i». tr. Remettre droit: ristanpè des djaubes, remettre 
debout des gerbes tombées ; on dit parfois : r'sitanpè. 

ristaurè (r'(, v. tr. Répandre avec plus de soin (fumier, foin); ren- 
verser une seconde fois (une personne). 

risteulâdje, n. m. Action de semer de nouveau une céréale dans un 
champ qui vient d'en produire ; cette seconde récolle elle-même. 

risteulù, v. tr. Cultiver et ensemencer un champ encore couvert 
d'éteules, c'est-à-dire aussitôt après la moisson. 

risti, part, passé du verbe riyèssc, être de nouveau, retourner dans 
un endroit, repartir ; il \ a risti, il y est retourné; i s* ènn ont 
risti, ils sont repartis. 

ristindâdje, n. m. Repassage (linge). 

ristinde, v. tr. Repasser le linge. 

ristinnâdje, n. m. Étamage. 

ristînnè, v. tr. Étamer. 

ristînneu, n. m. Étameur. 

ristitchi (r), v. tr. Introduire un objet mince ou pointu dans une 
fente, un trou que l'on veut reboucher; on ristitche une che- 
villette à la place d'un fausset qui laisse filtrer la bière. Mettre 
rapidement dans sa poche un objet restitué; on dit aussi 
r' sititchi. 



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- 87 - 

ristoupc- (r), v. tr. Reboucher un Irou, une fenle avec de la filasse; 
on dil plus rarement rsiioupè. 

ritapissè (r'), v tr. Tapisser de nouveau. 

ritaye >/), n. f. Retaille, partie qu'on coupe en faisant un objet. 

ritayeu (r*), n. m. Ouvrier qui retaille. 

ritayi (r'), v. tr. Recouper ce qui est trop long; tailler, couper de 
nouveau. 

ritchantè (r'), v. tr. Chanter une seconde fois. 

ritchau, n. m. Geai. 

ritchaufè (r 1 ), v. tr. Réchaufler, rendre la chaleur à un membre, à un 
mets. — V. pron.: s' ritchaufè, se réchaufler quand on a froid : 
dji uns m' ritchaufè, je vais me réchauffer. 

ritchaussi (r 1 ), v. tr. Remettre les chaussures à quelqu'un ; lèyous-m' 
vos r'tchaussi, laissez-moi vous rechausser; acheter des chaus- 
sures neuves à ; il a sti r'tchaussi al dicausse, on lui a acheté 
des chaussures neuves à la fête. 

riiche, n. et adj. quai. Riche. 

ritchèsse, n. f. Richesse, grande fortune. 

ritchcssi (r'), v. tr. Rechasser quelqu'un, un animal dans la direction 
d'où il vient, nos z avons r' tchcssi Cconchèt n s'ran, nous avons 
rechassé le cochon dans sa cabane. 

ritchèssi (v ), n. f Enfoncer plus profondément (une pointe, un clou). 

ritchéye (r'i, v. int. Tomber de nouveau; i s' rilève et, i r'tchêl; il 
se relève et retombe ; laisser retomber; laissi r' tchi>yc si tièsse, 
baisser la tête après l'avoir baissée et relevée; faire une rechute; 
tï est r'tcheu malade, il est retombé malade. 

ritchôkè (r), v. tr. Remettre en place en entassant; r'tchàkè in ptit 
chou qu'on z arachi, replanter un jeune chou arraché (par 
mégarde) ; restituer, rendre à quelqu'un un objet dont on ne veut 
pas; dje li ai r tchôké s salade dins stchèna; je lui ai remis 
sa salade dans son panier (parce qu'elle me paraissait trop chère,). 

ritchwèzi (r'), v. tr. Choisir une seconde fois. 

ritèni(r'), v. tr. Retenir. / faut qu' djè l" ritègne, il faut que je retienne; 
on dit aussi r'tèni et c'est le participe passé de ce dernier verbe qui 
est seul usité : r' tenu, r'tènûuc; une jeune fille qui ne veut ou 
ne peut pas danser avec celui qui l'invite dit qu'elle est r'tènuwe. 

ritinkyi (r'), v. tr. Tendre de nouveau (un cordeau, une arbalète). 

ritirè (r'), v. tr. Retirer; ôter; enlever; faire sortir; reprendre vive- 
ment, etc. — V. int.: Faire partir de nouveaux coups d'une 
arme à feu. — V. pron. : s' ritirè, se retirer. Se contracter en 
parlant d'un tissu. 

ritournè (r), v. tr. Retourner, tourner en montrant la partie oppo- 
sée; bêcher; labourer; maîtriser. — V. pron.: s ritournè, se 
tourner dans un autre sens. — r. int. : considérer avec dédain ; 
'nné si r' tourné d'ène sakiye, d' ène sakicè, — ne pas tenir de cas 
de quelqu'un, de quelquechose. 



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ritournc (r'), r. imp. Aller, au jeu de cartes; ï r' tonne keûr, le coeur 
esl atout. 

ritraite (r'), n. /. Action de quitter un service public, l'armée; prinde 
si f traite, prendre sa retraite; pension de retraite ; vikè di 
s' ritraite, vivre de sa retraite. Sonnerie de cloche à l'heure de 
la fermeture des cabarets. 

ritraite (r*), r. tr. Retraiter, donner la retraite. 

ritraite (r'), n. m Fonctionnaire ou militaire mis à la retraite. 

ritrawè (r'), v. tr. Trouer de nouveau. 

ritrèssi (v ), v. tr. Tresser une seconde fois (cheveux, corde, etc.). 

ritrinpè (r ), v. tr. Tremper, mouiller de nouveau. 

ritrinpè (r), v. tr. Rendre la trempe à un outil, à un objet en acier. 

ritroussi (r ), v. ir. Replier en haut; rtroussi ses pantalons, replier 
le bas de son pantalon. — V. pron. : s 1 ritroussi, relever sa 
robe. 

ritrouvè (r'), v. tr. Retrouver. — V.pron.: s' ri trouvé, reconnaître 
son chemin après s'être égaré. 

ritwade (r'), v. tr. Tordre de nouveau. 

riva (v), n. m. Coup recommencé, au jeu de cartes, parce que les 
deux parties ont le môme nombre de points. 

rivftdje, n. m. Rivage, bord de l'eau. 

rivali (r'), v. tr. Revaloir; nos V zen r'vaurons çà, nous prendrons 
notre revanche. 

rivazi (v), n. m. Fantaisie, caprice; c'èssf in r'vazi que li a prâ, 
c'est une fantaisie qui lui a passé par la tôle. 

rivèna (r'), n. m. Revenant, spectre, fantôme ; gnapuspont dir'vèna. 
il n'y a plus de revenant. Familièrement : Celui qui revient à 
l'improviste. 

rivèye (r'), v. tr. Revoir ; dji vorès bé /' rivèye, je désire vivement le 
revoir. — Loc. adv. A r' vèye, au revoir. 

rivièrsi (v), v. tr. Retourner de nouveau un champ resté en friche. 

rivindfldje (r*), n. m. Action de revendre. 

rivinde (r'), v. tr. Revendre. 

rivindeu (v), n. m. Celui qui revend. 

rivindeuse (r ), n. f. Femme qui achète pour revendre, des légumes 
principalement. 

rivindje (v), n. f. Revanche. Seconde partie de jeu dans laquelle on 
espère regagner la partie perdue. 

rivindji (v), v. tr. Venger, défendre celui qui est attaqué; r vindji 
s' frère, défendre son frère. — Y. pron.: s' rivindji, prendre une 
revanche. 

rivissè (r'), v. tr. Revisser, visser de nouveau. 

(A suivre.) J. Waslet. 



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- 123 - 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Givetois) 



Il (suite) 



rivli (r 1 ), v. tr. Revouloir. — Part passé : r'vlu, r'rMu. 

rivni (r'), Revenir; èle rivet, elle revienl. Fig.: / n'è r'vèt né, il n'en 
revient pas, il esl très surpris. On dit aussi r'vèni; laissons 
r'vèni /'/> tusse, laissez lever la pâle. — Part, passé: r'rènu, 
rWnûite, commun aux deux formes. 

ri vomi (r'), v. tr. Re vomir. 

rivôté (r 1 ), v. int. Voter de nouveau. 

rivoye (r 1 ) (yésse), v. int. Être reparti. 

rivoyi (r 1 ), v. tr. Renvoyer. 

rivûwe (r'), w.. /. Revue ; passe /' ritûire ou li r'vûue, examiner l'état 
des soldats d'un régiment ou de certains objets. 

riwaiteu (r'), n. m. Celui qui regarde trop souvent et fort longtemps. 

riwaiti (r'), r. tr. Regarder attentivement ; laissons m' cas rwaiti, 
.laissez-moi bien vous examiner. 

riwè (r') n. m. Roi. 

riwédeu (r 1 ), n. f. Raideur, rapidité ; il a arioè d'ène riwêdeu jamais! 
il est arrivé avec une rapidité extraordinaire. 

riwèdi (r 1 ), v. tr. Raidir; i faut r'uèdi çcwade.-là, il faut raidir cette 
corde-là. 

riwèmè (r'). v. int. Ruminer, remâcher les aliments, en parlant des 
animaux à quatre estomacs. liùvame, (lang. d'ayi). 

riya, n. m. Manière de rire; organes qui servent à produire le rire ; 
Vas in drôle di nya, tu ris drôlement. 

riyaukè ir'), r. /.•-. Coifl'er, arranger la chevelure. — V. pron.: 
S'riyaukè, peigner et arranger ses cheveux (femme). 

riyèsse (r'), v. int. Être de nouveau; il va r'yèsse pa, il va encore 
être père. 

riyuké (r'), v. tr. Rappeler, rechercher, faire revenir quelqu'un; 
abus r' yukè w.sse man, aller rechercher votre mère. 

rizéte, n. /". Rire gracieux d'un jeune enfant ; [mus rizète à maseur, 
faites un beau rire à votre sœur. 

rizéye, n. /". Risée, moquerie ; yèsse li rizéye des djins. être la risée 
du monde. 

rizokè, (r'J, v. int. Sauter après un choc; in cayau a [ait rzokè 
m' bènvète et staurè mes djauhes, un caillou a fait cahoter ma 
brouette et renverser les gerbes que je transportais. 

rizotè, v. int. Rire souvent. 



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- 124 — 

rlache (à) (V. à r lâche). 

Rmé, n. p. m. Rémi; saint Rmè> S'-Remi, patron de Chooz el de 
Ham. 

ro, adj. quai. Qui n'a qu'un testicule apparent. 

robin, n. m. Taureau. 

rôdé, v. int. Rouir, en parlant du chanvre. 

rœd, adj. quai. Raide (Vireux). 

rogne ? n. /. Salamandre. Une croyance populaire attribue à ce batra- 
cien la propriété de faire périr celui qui s'en approche de trop 
près. 

rogne (en), loc. adv. De mauvaise humeur: yèsse en rogne. 

rogneu, adj. quai. Galeux. 

rogneu, adj. quai. Se dit des légumes marqués de petits trous 
entourés de petites excroissances rappelant par leur forme les 
croûtes qui se forment à la peau des animaux. 

rogni, v. tr. Couper ou enlever le bout. Fig.: Retrancher, diminuer. 

rognon, n. m. Pomme de terre longue et bleue. 

rôke, adj. quai Rauque, enroué. 

rôkyi, v. int. Râler. 

roléte, n. f. Tabac à chiquer. 

roleu, n. m. Ouvrier qui conduit, au lieu de chargement, le bois ou 
les écorces, au moyen d'une brouette à grande roue et dont le 
devant à claire-voie est plus élevé que dans les brouettes 
ordinaires. 

ronche, n. f. Ronce, plante épineuse de la famille des rosacées. Fig.: 
Personne hargneuse. 

ronchisse, n. m. Buisson de ronces, ronceraie. 

roncin, n. m. Étalon, cheval mâle non châtré. 

rondache, n. f. Rondin, gros bâton. 

rondacheu, n. m. Celui cherche, qui remue avec bruit les brandies 

d'une cépée, des objets mis en tas. 
rondachi, v. int. Faire acte de rondacheu. 
rondeu, n. f. Rondeur, qualité de ce qui est rond. 
rondjant, adj. quai. Qui ronge; in mau rondjant, un chancre, un 

ulcère. 
rondji, r. tr. Ronger, entamer peu à peu avec les dents ; rondji ses 

ongues y ronger ses ongles. Fig. : Corroder, user en entamant, 
ronflé, v. int. Ronfler. 
ronflémint, n. m. Ronflement. 

ronpe (si), v. pron. Se faire une hernie. — V. passif: Yèsse ronpu 

être alteint d'une hernie. 
Rôrôze, n. p. f. Rose, dans le langage familier. 
rôsté, v. tr. Oter, enlever, remettre en place; rôstè ène robe, 

remettre une robe en place; rôstè rvèssèle, ranger la vaisselle. 



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- 125 — 

rotche, n. /', Roche. 

rotchéte, n. f. Petite roche. 

rotcheu, adj. quai Rocheux. 

rôtyi, v int. Devenir plus petil et se plisser; les pomcs, les canadas 
rôtyont en viyichant, les pommes, les pommes de terre se 
plissent eu vieillissant. 

rôtyi, adj. quai. Ratatiné, desséché ; fém. : rôtyiye. 

roudjausse, adj. quai. Rougeàtre. 

roudje, n. et adj. Rouge. 

roudje-gwadje, n. m. Rouge-gorge. 

roudjét, adj. quai. Qui a le teint coloré; animal, vache principale- 
ment, dont la robe tire sur le rouge ; fém. : roudjète. 

roudjètes, n. /. pi. Rougeole bénigne. 

roudjeu, n. /'. Rougeur. 

roudji, n. tr. Rougir. — V. int. Devenir rouge. Fig.: Avoir honte. 

rouflé, v. tr. Enlever adroitement ; gagner rapidement au jeu. 

roulé, v. tr. Faire avancer une chose en la faisant tourner sur elle- 
même. Fig.: Attraper, tromper, supplanter. 
' roule, adj. quai. Trompé ; dj'ai su roule, j'ai été dupé. 

rouleu, n. m. Celui qui circule sans motif; chercheur de femmes; 

ouvrier qui change souvent d'atelier. 
rouleuse, n. /'. Femme de mauvaise vie. 
rouléye, n. f. Bonne correction, raclée. 

roulî. n. m. Roulier, celui qui transporte les marchandises au moyen 
de voitures et de camions (vieux). 

roulia, n. m. Rouleau en pierre ou en fer qui sert à tasser le sol ; 
passé r roulia su dèl blè, passer le rouleau sur de l'épeautre en 
herbe ; objet roulé en forme de cylindre ; in roulia d'papu un 
rouleau de papier. 

roupîye, n. f. Sécrétion des fosses nasales coulant sur la lèvre supé- 
rieure. 

roupyeu, n. m. Celui qui a le nez morveux. 

roussète, n. f. Femme rousse. — Adj. quai.: Rousse. 

rousséte, n. f. Espèce de poisson, gardon. 

roussia, w. m. Celui qui a les cheveux roux. — Adj. quai.: Roux. 

rousti, v. tr. Rôtir, griller; dou pwain rousti, du pain rôti, grijlé 

rousti, adj. anal. Rôti, légèrement grillé; brûlé, incendié. Fig.: 

Attrapé, dupé. 
rousti, n. m. Viande rôtie, rôti. 
roustîye, n. /. Tranche de pain grillée et beurrée. 

routé, r. int. Marcher, aller à pied; scran ou non, i faut route; 
fatigué ou non, il faut marcher. Fonctionner en parlant d'une 
machine. Haute corne in tchmiu. marcher vite et longtemps. 
Houtè à. quate pâtes, marcher sur les mains et les genoux. 



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- 126 - 

routeu, n. m. Marcheur; c'èsst' in bon routeu, c'est un bon mar- 
cheur. 

rouvioûles, n. /". pi. Rougeole. 

rouvyi, v. tr. Oublier; dj'ai rouvyi d' clore nossC uche, j'ai oublié de 
fermer notre porte. 

rouvyieu, n. m. Oublieur. 

rouzéye, n. /. Rosée.. 

rouzlant, adj. quai. Qui a le teint coloré. 

rowèt, n. m. Roue de brouette; on dit aussi rîiwc. 

royant, adj. quai. Se dit d'un terrain contigu à un autre; rayant 
/ voye, longeant la roule. 

rôye, n. /. Raie, ligne, trait; sillon : mêle ramène al raye, mettre le 
fumier dans le sillon. 

royi, v. tr. Rover, faire des raies, crayonner. 

royon, n. m. Sillon un peu profond qui sépare deux pièces de terre. 

Rôzaliye, n. p. f. Rosalie. 

rôze, n. f. Rose, fleur du rosier. 

rôzi, n. m. Rosier. 

rôzète, n. f. Ornement en forme de rose; endroit du cuir chevelu où 
les cheveux sont naturellement ondulés dans le même sens. 

rude, adj. auaL Difficile en parlant d'un enfant; peu commode quand 
il s'agit d'un homme. In rude outri, un ouvrier extraordinaire ; 
awè in rude co, recevoir un coup violent. 

rudemint, adv. Joliment, très, beaucoup. // a rude.mint hé fait, il a 
eu joliment raison. ïèsse rudemint fwart, être très fort. 

ruke, n /. Motte de terre ; morceau de charbon assez gros: ène ruke 
di tchèrhon. 

rukète, n. f. Petite ruke\ ène rukète di tère, une petite motte de terre 

durcie, 
ruminé, v. tr. Penser longtemps à une chose ; dj' ai rumine ç* V afire-là 

toute li nui; j'ai réfléchi toule la nuit îi cette affaire. 

rututu, n. m. Ruban de bois détache par le rabot; on dit plus rare- 
ment : croie. 

ruwade, n. /. Ruade. 

rûwe, n. f. Roue (chariot, etc.) , ène râire di tchaur. une roue de 
chariot. 

rûwe, n. f. Rue, chemin bordé de maisons. 

ruwè, c. int. Ruer, faire une ruade; noss' ronrin a riacè, notre 
étalon a rue. 

ruwèle, n. /. Ruelle, rue étroite parfois bordée de haies. 

rûzes, w. /. pi Difficultés; mcè des rùzes à cikè, avoir de la peine à 
vivre; avoir beaucoup de diflicultés v à faire un travail, à soigner 
un malade, à élever un enfant;. 



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— 127 - 

rvièr, n. m. Revers; li rvièr d'ène sitofe, le revers d'une étoffe ; côté 
opposé à l'endroit, à la paume de la main ; joute in rvièr di 
mwain, souffleter du revers de la main. — Loc. adv.: Au rvièr, 
ji l'envers, à la renverse. 

rwè-pécheu, n. m. Martin-pécheur, oiseau aquatique. 

rwéyfll, quai. adj. Royal. 

rwèyaume, n. m. Royaume. 

rwine, n. /'. Ruine. Pluriel : décombres, débris d'un édifice. 



s, w. m. ou /. Consonne, dix-neuvième lettre de l'alphabet; marque 
le pluriel de tous les noms et des adjectifs; des maujons, des 
maisons ; des marchaus, des maréchaux ; des générais, des 
généraux ; des bias éfants* de beaux enfants. Le groupe ss a la 
môme valeur qu'en français : agasse, cor au pied ; finasses, 
mauvais foin. L' s simple suivie d'une consonne est une sifflante 
sourde : baston, bâton; scaurson. échalas. C?tte consonne rem- 
place le / français devant un t : pusyince, patience, ou encore 
un c : acsidira, accident. 

s, préfixe. Marque la suppression, la sortie ; spougnte\ couper le 
poing; scramè, écrémer; scrute, enlever la crotte (la boue); 
scapè, échapper. 

s', adj. poss. (V. .si). 

s 1 , pron pers. (S. si). 

sabayi. Expression signifiant : je me demande, je voudrais bien 
savoir; sabayi quéle rûre qu'il est, je me demande quelle heure 
il est; sabayi s' il auront betofitti, je voudrais savoir s'ils termine- 
ront bientôt leur ouvrage. 

sâbe, n. m. Sabre. 

sâbe, n. m. Sable. 

sabot, n. m. Mauvais outil, mauvais instrument. Fig.: Personne qui 
n'entend pas ou qui ne veut pas répondre. 

saboté, t. tr. Faire un travail vite et mal. 

sabote, v. int. Faire du bruit en marchant avec des sabots. 

saboteu, n. m. Celui qui gâche un travail. 

saboteu, n. m. Celui qui sabote en marchant. 

saboti, n. m. Sabotier, ouvrier qui fait des sabots. 

sacadiâbe, «. m. Enfant, jeune garron turbulent, qui met le désordre 
et le trouble où il se trouve. 

satadji, v. tr. Détruire, dévaster. 

sacré, adj. quai. Fameux, lielîé; sdrré pnrrsseu, individu d'une 
paresse extraordinaire; mauvais; djoirè in sacré tour a ènc 
sakiye, jouer un fort vilain tour i\ quelqu'un. Se dit aussi clulcré 
et sâpre. 

sacré noml, inter. Juron. 



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— 128 - 

sacrifyi, v. tr. Sacrifier ; df ai tout sacrifyi pour /t\ je me suis privé 
de tout pour lui. 

s&dje, adj. quai. Obéissant, bien élevé; en' èfant sddje, un enfant 
obéissant. 

sadjèsse, n. f. Bonne conduite. 

saizi, v. tr. Saisir, prendre vivement; saisi pa l f cô, saisir à la gorge. 
Opérer une saisie : on z a tout saizi à .s' maujon, l'huissier a tout 
saisi chez lui. — V. passif: Yèsse saizi, être effrayé; dj'nisti toute 
saiziyc de f rèye si malade, j'ai été tout effrayée de le voir si 
malade. Éprouver une forte impression; yèsse saizi d frèd, être 
saisi de froid. 

saizichant, adj. quai. Saisissant, qui impressionne tout à coup. 

sakants, adj. ind. Quelques; sakants djoûs, quelques jours, sakants 

couyonades, quelques plaisanteries. 
sakants, prou, indéf. Quelques-uns; dj'ènn ai sakants, yen ai quel- 
ques-uns; fém. : sakantes ; on peut écrire saquants. 
saké, adj. quai. Affaibli, maladif; dji sus toute sakéyc audjourdu ; je 

ne suis pas bien portante aujourd'hui. De mauvaise qualité, 

usé; in saké pantalon, un mauvais pantalon. 
akîye, n. f. Une personne qu'on ne veut ou qu'on ne peut pass 

nommer ; l' dire à ène sukiye, dire une chose à quelqu'un. 
sakwè, n. f. Quelque chose; wsrn' rapwalrous ène sakwè dèl dicausse-» 

vous me rapporterez quelque chose de la fête ; on peut écrire 

saqwè. 
sale, v. tr. Saler. Fig.: Vendre très cher; réprimander, corriger 

sévèrement, 
salope, n. /. Femme malpropre ou qui a une mauvaise conduite. 

salopète, n. f. Vêlement qu'un homme met pour faire des travaux 

grossiers. 
saloprîye, n. f. Parole, action grossière ; saleté; ordure; marchandise 
de rebut, 
saluwè, v. tr. Saluer. 

salwè, n. m. Saloir ; grand vase, tonneau dans lequel on met de la 

viande de porc que Ton sale. 
samwînne, n. f. Semaine. — .4/ samwinne aux deux djèdis, à la 

semaine aux deux jeudis, à une époque qui n'arrivera jamais. 

Chi samwînnes, six semaines, pommes de terre hâtives, 
san, n. m. Sang. Race, famille: c'est dins l'san. c'est dans le sang. 

Misanna fait quin tour, mon sang n'a fait qu'un tour, cela 

m'a mis en colère sur le champ. Fig. : S' fé ène pinte di bon .san, 

éprouver du plaisir, de la joie, de la satisfaction. 5' \ê don mirais 

san, se contrarier, s'impatienter. 
sankes, n, /. pi. Boue, limon, vase qui se trouve dans le lit d'un 

fleuve, d'une rivière, etc.; acrolè dins les sankes, marcher et 

enfoncer dans la vase. 
snânè, v. tut. Perdre du sang par suite de la rupture d'une artère ou 

d'une veine; sthtnè don m\ saigner du nez; ou par une blessure; 

sdnnè pa ène côpure, saigner par une coupure. 



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— 129 — 

s&nnè, v. int Sembler (lang. cPayi) (V. chon'*). 

sansûwe n. f. Sangsue. 

sflpré (V. sacré). 

sarlète, n. /. Salière. 

sarpète, n. f Serpette. 

sasse, n. /". Êcope, sorte de pelle creuse, en bois, pour enlever l'eau 
qui entre dans une barque ou un bateau ou encore pour ieter 
le blé d'un bout à l'autre d'une grange afin de le séparer de la 
poussière et des débris de paille. De quelqu'un qui est insatiable 
pour le boire et le manger, on dit qu'il ènn i faurèt ostant qui 
V pape è bènirèt avè ène sasse, qu'il lui en faudrait autant que le 
pape en bénirait avec une écope. 

sassi, v. tr. Envoyer, remuer avec la sasse. 

satch, n. m. Sac; in satch di tuèle, di sôdàr, un sac de toile, de 
soldat ; son contenu ; in satch di gàyes, un sac de noix. 
Fig. : Homme gourmand, son estomac. 

satcheu, n. m. Celui qui satche. 

satchi, v. tr. Tirer à soi, derrière soi, entraîner ; satche mu, tire-moi ; 
satchi ène fériye d'ansène. entraîner avec un râteau une certaine 
quantité de fumier hors de Pécurie. 

satchiye, n. /'. Contenu d'un sac, sachée. 

satcho, n. m. Sachet, petit sac en étoffe servant de bourse. 

satchotèye, n. f. Contenu d'un sachet. 

sau, n. m. Saule. Quand une personne est fort crédule, on dit quon 
li fret crère qui les pouyes ponont su les sans et qu' les ous 
tchèyont à M orne, qu'on lui ferait croire que les poules pondent 
sur les saules et que les œufs tombent dans la Meuse. 

sauci, v. tr. Tremper dans la sauce; mouiller par la pluie. 
Fig.: Corriger sévèrement. 

sauklâdje, n. m. Sarclage. 

sauklc, v. tr. Sarcler. 

sauklète, n. f Sarclette. 

saukleu, n. m. Sarcleur. 

saunî, n. m. Saunière, boite à sel. 

saur, n. m. Sort; tiré au saur, tirer au sort. 

sauriète, n. f. Sarriette, herbe aromatique qui entre dans certains 
assaisonnements. 

sauro, n. m. Blouse de toile bleue; court sauro, blouse qui ne dépasse 
pas la hanche. 

saurpia, n. m. Serpe. 

saurt, n. m. Sart, champ à défricher par l'écobuage; terrain boisé à 
essarter à feu courant. 

saurtâdje, n. m. Action d'essarter. 



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— 130 — 

saurtè, v. tr. Essarter. On saurte les champs en friche en enlevant le 
gazon à la houe et en le brûlant en ui'e en tas nommés 
fournias. Les coupes affouagères sont généralement essartées à 
feu courant (V. feu). Le môme jour, à la même heure, les habi- 
tants mêlent les feus el les brindilles, les feuilles et les herbes 
sèches sont brûlées sur place. Les cendres forment de Vaursin 
(V. ce mot). On sème ensuite du seigle sur le sol ainsi brûlé ; on 
recouvre la semence avec la terre qu'on enlève en creusant de 
petits sillons au moyen d'un hoyau et la plante pousse sur des 
plates-bandes parallèles, à peu près égales à la largeur de l'outil 
et à celle des sillons. 

saur te u, n. m. Ouvrier qui essarte ; mougni corne in saurteu, manger 
beaucoup. 

sautèlrîye, n. f. Sauterie, suite de sauts, danse très agitée. 

sautlâdje, n. m. Action <le sauler. 

sautlè, t). tr. Sauler (un obstacle) ; sautlè ène aye. sauter par dessus 
une haie. 

sautlè, r. tr. Saillir ; in robin (taureau) qui saulèle ènc vatche. 

sautleu, n. m. Sauteur, celui qui saute. 

sautroûle, n. /. Sauterelle, genre d'insectes orthoptères. 

sauvâdje, n. et adj. Sauvage. 

sauvlon, n. m. Sable fin pour récurer les objets en métal. 

sauye, n /. Paille de mauvaise qualité; chaume de certaines gra- 
minées. 

savate, n. f. Soulier usé, vieille pantoufle. Djeu d'savate, jeu dans 
lequel l'un des joueurs essaie de prendre une savate que les 
autres joueurs assis par terre, en cercle, font circuler sous leurs 
jambes repliées. De temps en temps, on donne au chercheur un 
coup de savate dans le dos en disant : « Savate qui trotte, qui 
trotte ■ 

savetè, ». tr. Exécuter maladroitement un travail. 

savetî, n. m. Savetier; mauvais ouvrier. 

savonâdje, n. m. Lavage au savon d'étoffes légères, de linge, de 
mouchoirs. 

sa von è, t?. tr. Frotter de savon pour nettoyer. Fig.: Réprimander. 

savonéye, n. /'. Eau rendue mousseuse à la suite d'un lavage au 
savon. 

sa vous, v. tr. Savoir au présent de l'indicatif conjugué in te négati- 
vement; implique une recommandation et signifie savez-vous, 
n'est-ce pas, entendez- vous. Vos vos dispètchrous, savons, vous 
vous hâterez (entendez- vous). 

savos, r. tr. Savoir (lang. d'ayi) (V. savons). 

sawè, v. tr. Savoir, avoir connaissance; sawc ène lèron, savoir une 
leron; pouvoir; sawè se rire, savoir écrire; nsawè route, ne 
pou soir marcher. 

saya, n. m. Seau en bois; in saya d'èwe, un seau d'eau. 



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- 131 — 

sayeléye, n. /'. Contenu d'un saya. 

sayème, n. /'. Seine, sorte de filet pour pêcher le poisson. 

sayètes, n. /'. pi. Sorte de croûtes sur la tête des tout jeunes enfants. 

saye, n. f. Essai ; fè /' saye, faire l'essai. 

sayi, r. tr. Essayer; sayi in (ijilèt, essayer un gilet; sayi ses fuaces, 
tâcher; sayï (f saut le ène basse, essayer de sauter aii-dessus d'une 
flaque d'eau. 

sayi, v. tr. Goûter ; sayi /' soupe, goûter la soupe. 

sa y in, n. m. Saindoux ; ène tartine di sayin, une tartine de graisse 
de porc. 

sayû(éne), lor. adv. Quelque part, dans un endroit qu'on ne veut 
pas nommer; yû vasse > — Ène sayu; où vas-tu ? — Quelque 
part. 

sbara(si), n. m. Épouvantai!, mannequin pour éloigner les oiseaux 
pillards; on dit : in sbara, voss' sibara, un épouvantail, votre 
épouvantail. Quand V s initiale précède une des consonnes b, rf, 
/, g, p, t. on la fait suivre d'un i si elle est placée après une 
syllabe muette ou une consonne qui se prononce. Cet allonge- 
ment s'indique par (si). 

sbarè(si), v. pron. Effrayer, faire peur; corne ti m 9 as sbarè ! Comme tu 
m'as effrayée ! — v. passif : Yèsse sibarè, nos avons sti sbarè. 
nous avons eu grand'peur. — V. pron. : S' sibarè ou si sbarè, 
s'effrayer, s'elï'aroucher; nos pouyes s'ont sbarè, nos poules se 
sont effarouchées. 

sbate(si), r. tr. Gauler: sbate des gâyes, gauler des noix; battre; 
sbate des ous, battre des œufs ; sbate des haufes, délayer de la 
farine avec du lait pour faire des gaufres. 

sblari (si), r. int. Devenir blafard, blêmir. 

sblari(si), arij. aual. Qui a la figure très pâle; /' pave petit! il est 
tout sblari dispos qu'il a yeu les rouvioûles, le pauvre enfant ! il 
est tout pâle depuis qu'il a eu la rougeole. 

sbouritchi (si), r. tr. Écraser un corps mou de manière à en p.ojeter 
la substance au dehors : on sbouritrhe une poire mûre en la 
serrant dans la main de façon que la pulpe sorte entre les 
doigts. Un homme peut être sbouritchi entre deux wagons. 

sboyelè (si), v. tr. Renverser brutalement sur le sol une personne 
debout; i m'a sboyele d'in co di spale, il m'a jeté rudement à 
terre d'un coup d'épaule; jeter par terre ce qui est debout sur 
le sol ; sboyelè des ywissèles, renverser des gerbes de seigle 
dressées l'une contre l'autre. — V. intr.: Quand une voiture est 
chargée de foin, de gerbes, de fagots et qu'une partie de celte 
charge glisse et tombe de la voiture, on dit : V tchèréye a sboyelè. 

sbwargni (si), r. tr. Éborgner, rendre borgne. 

scabouyau (si), n m. Petit caillou arrondi que les petites filles 
emploient dans une sorte de jeu de cachette. 

scadia (si). //. m. Cuvette large et peu profonde. 

scafiye (si), n. /'. Coquille de noix, de noisette. 



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- 132 - 

scaflote (si), n. f. Enveloppe de certains fruits : coque, brou de la 
noix; tes gâyes vont à scaflote, le brou se détache naturellement 
de la coque. 

scaflote (si), v. tr. Enlever la coque d'un marron, Fécale de la noix. 

scafyi (si), v. tr. Débarrasser l'amande d'une noix de sa coque ; 
écosser (pois, haricots): scafyi des gâyes, des fèves. Fig. Tuer, 
égorger ou dévorer ; in liyon'a vile scafyi ène bèrbi, un lion a 
vite dévoré une brebis. 

scafyon (si), n m. Débris d'écales, de gousses. 

scamotè (si), v. tr % Escamoter. 

scamoteu (si), n. m. Escamoteur. 

scaneçon (si) (V. caneçon). 

scapè (si), v. tr. Échapper, en parlant d'un point do tricot, d'aiguille; 
vos z avous scapè desmayes à m' tricot, vous avez fait échapper 
des points à mon tricot. — V. int. : Se dit de l'agrafe qui sort de 
l'œillet, d'un fil d'étoffe qui s'arrache le long d'une couture. 

scaugne (si), n. m Coque (de l'œuf); in scaugne d'où; coquille de 
noix) : in scaugne di gâye. 

scaurson (si), n. m. Échalas. 

scâye (si), n. f. Ardoise servant à couvrir une maison. 

scayète(si), n. /. Écaille (de poisson). Plaque mince qui se détache 
de la peau dans certaines éruptions ou encore d'une couche de 
peinture. 

scayeté (si), v. pron. Si scayetè, se détacher par plaques minces, 
s'exfolier. 

scayeteu (si), n. m. Couvreur en ardoises. 

scayourdi (si), v. tr. Assourdir par des éclats de voix. (Mot nouveau ^. 

schnik, n. m. Eau-de-vie commune. 

sclat (si), n. m. Fragment d'un corps brisé (verre, pierre, bois). 

sclaté (si), v. int. Voler en éclats, se briser avec violence et bruit. 

sclauchi (si), v. int. Tomber abondamment, en parlant d'un liquide 

lâché subitement, 
sclauchîve (si), n. f. Jet abondant de liquide qui tombe avec bruit 

sur le sol. 
sclayi (si), v. int. Se dit d'un tonneau, d'un cuvier dont les planches 

se séparent à cause de la sécheresse ; noss' tonia est sclayû 

i tchèt à okts, notre tonueau tombe en pièces par suite de la 

sécheresse. 
sclinbwagne (si), adj. quai Qui matique d'aplomb; eue tauve siclin- 

bivagne, une table plus haute d'un côté que de l'autre; mal 

conformé, qui a un côté du corps plus haut que l'autre : Djan 

est tout sclinbwagne. 
scole (si), n. /*. École ; aie à scole, aller en classe ; ène bêle sicote, une 

belle école. 
scoli (si), n. m. Écolier. 

(A suivre.) i. Waslkt. 



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— 150 — 



Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Givetois) 

(suite) 



S (suite) 



scorlye (si), n. f. Fouet, lanière ou corde fixée à un manche pour 
exciter ou frapper les animaux ; in cô di scoriye, un coup de fouet. 

scôraionôre (si), n. m. Salsifis. 

scotè(si), r. tr. Casser, en tirant dessus^: i ficelle, cordon, boutonnière 
tige d'herbe, etc.); scoté les cicardias d' ses soles, casser les lacets 
de sa chaussure ; seotè des paumes di swèle, arracher des épis de 
seigle. 

scoupérné (si), t>. tr. Ètéter, enlever la tête d'une plante avec une 
faux, un instrument tranchant; scoupemè des ognons àgrènes, 
couper les létes d'ognons laissées pour produire de la graine; 
enlever en la coupant ou en" la cassant la partie supérieure d'un 
objet debout ou planté. Un fanfaron prétendait avoir une faux 
tellement bien trempée qu'en fauchant de l'herbe il avait 
scouftèrnï une borne qu'il n'avait pas aperçue d'abord. 

scrablye (si), n. f. I\ésidu;de charbon de terre incomplètement brûlé 
\\\ craya\ 

serait (si) x \\ crame), 

scrandi (si), r. tr. Fatiguer, lasser; c'est ç Ivzogne là que Ta scrandi, 
c'est ce travaiWà qui Ta fatigué. — I\ pron.: ssicrandi, se 
fatiguer. 

scrandichant (si\ adj. quai. Fort fatigant. 

scrans(si), adj. quai, Las, fatigué; fém.: scranse: qui d? sus scranse / 
Que je suis lasse ! 

scrètyi(si> (*iK r. pron.: Sortir de l'enfance, devenir adolescent; 
ross* pent ralct C'.utuiHce à s stcrcfyù votre |«etil garçon commence 
à devenir jeune homme. 

scropo<M>, r. tr. Racler a\ec une lame tranchante la surface d'un 
corps; sert}* è*,r can»tf % racler, éplucher une carotte avec on 
couteau; \crè^ drs ^y^ »ac er des boyaux pour les utiliser 
dans la charcuterie; scy;^ < .< i>.i juste rfi con", racler une jeune 
nge de coudrier a\ec un couteau pour eniever Fêcoit* peu à 
pou 

scrvpc <>iK a î\ çw 5 7i\ i>aîïe, racV. • 

scrvpeui>:v % •«, w. le .: ; . q;«i craîïe. $u: rac'e. 

scivjmre i>i *, *. ^ R.v: :;.\\ 

«xvpw*\ * y. R.r.-S.n <ie ch'ne Kr.rj en qjair* parles égaies à 
î\::ïo oo m s ovi v. v.4ts ei d.-^: acux q^arî^ers c*:-»s^s ont ète 

ot>^:.;> .f>v>';:\.iî..;^-N ia: ^ra i>-$*t .;/ i-a Sait passer 



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-151 - 

scrèt (si), n. m. Secret. Prière désapprouvée par l'Eglise, mais 
employée par les rebouteurs pour guérir, d'après eux, soit une 
entorse, soit les coliques, le mal de dents, les brûlures, etc. 

scrijâdje (si), n. m. Écriture mal formée. 

scrire (si), v. tr. Écrire ; sawè lire et scrire, savoir lire et écrire. 

scrotè (si), v. tr. Décrotter, enlever la boue ; scrotè des soles, décrotter 
des souliers. Fig.: Dépouiller au jeu. 

scroteu (si), n. m. Décrotteur, celui qui décrotte. 

scroufyeu (si), n. m. Jeune garçon malingre et effronté. 

scultè (si), v. tr. Sculpter. 

scwarchi (si), v. tr. Écorcher, enlever, en frottant rudement, une 
partie de la peau : li coustère di ro' ootine m'a scwarchi /' talon, 
la couture de ma bottine m'a écorché le talon. 

scwarchi, adj. quai. Écorché par suite d'un frottement de longue 
durée ; awè F pi scwarchi, avoir le pied écorché. 

scwarfiè (si), v. tr. Briser, enlever une corne à un animal ; nosse 
vatche a scwarnè tvosse, notre vache a écorné la vôtre. Casser, 
abîmer aux angles. 

scwace (si), n. /. Écorce. PI.: Les scwaces, les fagots d'écorce de 
chêne d'une part affouagère. 

scwèchi, v.jr. Enlever les cwèjes ou branches d'un arbre. 

scwèle (si), n. f. Écuelle. 

scwèléye (si) n. f. Contenu d'une écuelle; ène sicwèléye di soupe, 

une écuellée de soupe. 
sdaugne (si), n. m. Étourdi, qui agit sans réfléchir; couri corne in 

sdaugne, courir sans prendre garde aux personnes ou aux choses 

que l'on rencontre en chemin, 
sdaugne (si), adj. quai Qui a le vertige ou un étourdissement; yèsse 

sidaugne, voir tout tourner autour desoi ; signifie aussi : irréfléchi, 
sdaurniyi, v. int. Avoir un étourdissement. 
sdaurniyon (si), n. m. Vertige, étourdissement. 
se, n. f. Soif; dfai se, jai soif. 

se, n. m. Sein, poitrine, mamelle; awè s? éfantàs'sè, donner à 

téter à un enfant, 
se, pron. pers. Se; s'emploie pour si devant le pronom personnel /'; 

èle se l'a dit, elle se Test dit ; t se l' dijont, ils se le disent, 
se, n. m. Sel de cuisine. 
Sédonîye, n. p. f. Sidonie. 
sègneur (Note), n. p. m. Jésus-Christ, 
sègni (s 1 ), v. pron. Faire le signe de la croix sur sa personne. 

sèkèle, n. f. Longue suite de gens. Terme de mépris pour désigner 

des gens peu respectables. 
sèkèlerîye, n. f. Gens que* Ton méprise à cause de leur manque 

d'honnêteté et de considération. Objets en désordre. Affaire 

embarrassante. 



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— 152 — 

sèmâdje, n. m. Action de semer. 

sème, v. tr. Semer, ensemencer. Fig. : Gaspiller. 

sèmedi, n. m. Samedi. 

sèmeu; n. m. Semeur. 

sèmwé, n. m. Semoir, sac où le semeur met le grain ; machine pour 
semer. 

sène (li), pron. poss. Le sien, la sienne; pi. des deux genres]: les sènes. 

sèr, adj. quai. Sur, aigre ; noss' lacia dvét sèr, note lait surit. 

sera, n. m. Amas de glaçons qui, lors d'une débâcle, arrêtent les eaux 
d'un fleuve ou d'une rivière. 

sèrâdje, n. m. Action de serrer, de fermer. 

sèran, n. m. Sorte de peigne formé de longues pointes d'acier fixées 
sur une planche et servant à diviser la filasse du chanvre et du 
lin. On dit également sera. (Vx). 

sèrci, v. tr. Peigner la filasse au séran. (Vx). 

sèrdjan, n. m. Sergent. 

sèrdjan, n. m. Sorte de jalon portant une poignée de foin, de paille à 
son extrémité supérieure et fixé en terre pour interdire aux 
troupeaux le parcours d'un champ et aux personnes un passage 
non reconnu. 

3èrè, v. tr. Presser fortement ; rendre plus étroit; rapprocher avec 
force. Fermer; sèrè ène uche, fermer une parte. Fig.: Punir 
sévèrement. — V. passif: yèsse sèrè, être gravement malade; être 
corrigé vertement; être fermée (porte). 

sèri, v. int. Surir, devenir aigre : doit bowjon qui sèrit, du bouillon 
qui surit. 

sèrieuzemint, adv. Sérieusement. 

sêrmint, n. m. Serment. 

sèrmonè, v. tr. Faire, à chaque instant, des remontrances ennuyeuses. 

sèrmoneu, n. m. Celui qui a l'habitude de sermonner. 

sèron, n. m. Poignée de filasse de chanvre ou de lin peignée, puis 
tressée. 

sèrpin, n. m. Serpent. Fig.: Personne méchante. 

sèrviabe, adj. quai. Qui rend volontiers service. 

sésse v. tr. Savoir, 2 e p., sing., ind. présent à la forme interrogative. 
(V. Sawus). 

sèt', adj. num. Sept. 

sétch, adj. quai. Sec ; dou puain sètch dou bwès sètch, du pain sec, 
du bois sec; fém.: sètche. Fig.: Xosse vatche est sètche, notre 
vache ne donne plus de lait. 

sètcha, n. m. Femme mince et maigre. 

sètchi, v. tr. Sécher, rendre sec ; Devenir sec; mète sètchi l]buwèye y 
étendre le linge lessivé pour le faire sécher. Fig.: Dépérir: ti 
m jais sètchi, tu me fais maigrir, en me contrariant trop. 



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— 153 — 

sdtchichAdje, n. m. Action de sécher le linge lavé ou lessivé. 

sètchrèsse, n. f. Sécheresse, manque d'humidité ; sètchrèsse n'amwinne 
jamais tchèrèsse, dit un proverbe; la sécheresse ne cause 
jamais la cherté des deurées. ~* 

sètchron, n. m. Homme ou femme fort maigre. 

sètenbe, n. m. Septembre, mois de l'année. 

sètînne, n. /. Collection de sept objets. 

sètyînme, adj. num. Septième. 

seu, adj. quai. Seul ; yèsse tout seu, être seul. (V. mérseu). 

seuimint, adv. Seulement. 

sève, n. f. Sève. Aie à sève, se dit des arbres dont l'écorce s'enlève 
facilement, au printemps, à cause de l'abondance de la sève. 

sêwe, n. f. Rigole pour l'écoulement des eaux (cave, champ). 

sêwè, v. tr. Débarrasser un terrain de l'eau qui lui est inutile. 
Laver à grande eau, le linge lessivé. — V. passif: yèsse sêwè, au 
figuré, être ruiné, dépouillé. 

sêwèye, n. /'. Grande quantité d'eau, de liquide écoulé; grand nom 
bre de personnes >ortiesd'un endroit. 

sèyance, n. f. Séance. 

sfait (si), adj. quai. Tel, si beau, si gros; in sjait bokè <i' ichau, un 
si beau morceau de viande; ène si faite djin, une femme si 
grande et si forte. 

sgoutè(si), v. tr. Égoutter; piude si lèçhive et V*fë sgoutè, pendre le 
linge lessivé et le faire égoutter. 

sgoutwè(si), n. m. Égouttoir. 

sgozyi (si), v. pron. Si sgozyi, s'égosiller. 

sguèdru, n. m. Jeune garçon éveillé et remuant. 

sgwardji, v. tr. Égorger. 

si, s', adj. poss Son, sa. Si s'emploie après une syllabe muette et 
devant une consonne; chûresipa, suivre son père; vinde si ma,u- 
jon, vendre sa maison. Quand la syllabe précédente est sonore, on 
se sert de s'; yukè s'pa, appeler son père: chauve s*maujon, 
balaver sa maison. Après une syllabe muette et devant une 
voyelle, on fait iisage de sit; chîire sW orne, suivre son mari ; 
piède siV ouvrâdje, perdre son ouvrage; mais si la syllabe pré- 
cédente étais sonore, on emploierait -s' t: sèrè s f t uche, fermer sa 
porte à clef; cassé s' t owiye, casser son aiguille. 

si, s', pron. prrs. Se; si se dit après une syilable muette devant 
une consonne; èle si crèt bêle, elle se croit belle. Devant une 
voyelle où emploie s'; èle s'arindje mau, elle s'arrange mal ; il en 
est de même après une syllabe sonore; i s aimant, ils s'aiment; 
t s'rabrèssont, ils s'embrassent. 

side, n. m. Cidre. 

siè, adv. d f affirmation. Si ; vos navous né co fini ? — Siè\ vous n'avez 
pas encore fini ? — Si. 



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— 154 — 

siéke, n. m. Siècle, durée de cent ans. Fig.: Long espace de temps, 
sièrveu, n. m. Enfant de chœur; celui qui sert à table. 

sièrvi, r. tr. Servir (un patron, un maître, un client). — Y. int.: 
Assiser un prêtre à la messe. Être domestique. Tenir lieu de. 
ùtre destiné à. — F. pron.: s'sièrvi, faire usage de; faire pour 
soi ce que ferait un domestique. 

sièrvu, part, passé. — Servi. — V. passif: yèsse sièrvu, être servi. 

Simèyon, n. pr. m. Siméon. 

simoule, n. f. Semoule, pâte réduite en grains. 

sina, n. m. Grenier à foin (lang. d'avi). 

sindje, n, m. Singe. Fig.: Individu grimacier ou leste et adroit. 

sindji, v. tr. Singer, contrefaire quelqu'un. 

sine, n. m. (V. sina). 

sine, v. tr. et int.: Signer, apposer sa signature. 

single, n. m. Sanglier; single (Virent). 

singni, v. tr. Saigner, tirer du sang en ouvrant une veine. 

singnîye,n. f. Saignée ; l'sîngniye dou hrès, pli entre le bras et Pavant- 
bras où Ton saigne habituellement; endroit où Ton tue un porc 
ou un autre animal au moyen d'un coup de couteau qui tranché 
la caro ide. 

Sinkè, v. int. Trinquer (Vx). 

sinpe, n. m. In sinpe d'esprit, un idiot. — Adj. quai.: Simple. 

sinplèmint, adv. Simplement; uniquement. 

sins, adv. Sans; il est vôye sins mi, il est parti sans moi. 

sins keûr, n. m. Individu dépourvue de sensibilité, d'humanité. 

sinte, v. tr. Sentir, toucher, palper; sins l'grosse make qui dï ai al 

tièsse, tàte la bosse que j'ai à la tête. Flairer; sins c' fleûr-fâ, 
- sens cette fleur-là. — V. ira.: Répandre une odeur, çà situ 

m a au, cela sent mauvais. — V. pron.: S' sinte, apprécier l'état 

dans lequel on se trouve. Ni pus pli s' sinte, ne pouvoir plus, 

se supporter; se haïr. — Part, passé : sintu, sùitûwe. 
sinti, v. tr. Sentir, éprouver; fé sinti s'fwace. faire sentir sa force; 

fé sinti à ène salciye qu'èle ginne, faire sentir à quelqu'un qu'il 

gêne, 
sentimint, n. m. Sentiment. 
sir, v. int. Seoir, convenir, être en harmonie; s'emploie rarement à 

l'infinitif; r' vètemint-là vos sît hé, ce vêtement-là vous va 

bien (Vx). 
sit 1 (V. si, adj. poss.). 

sitchèsswâre, n. /. Ficelle qui forme le bout d'un foueL 
sitchèsswâre. n. /. Machine qui, dans un moulin, décortique l'épeau- 

tre avant la mouture du grain. 
sitrîle, n f. Étrille. 
sitritche, n. f. Seringue. Soupe al silritche, soupe aux herbes, sans 

graisse. 



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— 155 — 

sitritche, n. /. Lame de bois pour affiner le -tranchant d'une faux 
aiguisé par la pierre. 

sivronde, *. f. Espace entre le haut d'un mur et le toit. 

sizanîye, n. /. Engeance, mauvaises gens. 

skcwè (9i), v. tr. Enlever, couper la queue à un animal ; skèwè in 
tchi (un chien) ; casser le manche d'un vase. 

skîre, w. m. Cancer, tumeur. 

skrandi (si) (V. scrandi). 

skrandichant (V. scrandichant). 

skrans (V. scrans). 

skwêre (si), n. /. Équerre. l)i skwêre, à angle droit. 

slon, prép. Selon ; c'est slon, cela dépend. 

smèle (si), n. /. Semelle. 

smince (si), n. f. Semence, grain ou graine pour semer. 

smince (si), n. f. Petits plombs de chasse. 

snè (à), (V. à snè). 

snè, n. m. Moutarde des champs, séné. 

sô, adj. quai Ivre ; yesse sô, être saoul. 

sô, n. m. Saoul ; mougni s sô, être rassasié. Fig. : Ènn awè s' sô, étie 
dégoûté, fatigué de quelqu'un ou de quelque chose. 

sôdftdje, n. m. Action de souder. 

sôdâr, n. m. Soldat; yèsse sôddr, être au régiment. 

sôdè, v. tr. Souder. 

sôdeu, n. m. Celui qui soude. 

sôdure, n. /". Soudure. 

scp, n. /". Soif. (Vireux). 

sogne, n. m. Soin, attention ; awè sogne, prendre grand soin. 

sogne, n. /. Travaux du ménage; fé s sogne, vaquer à des travaux 
domestiques. 

sogneu, n. m. Celui qui soigne. 

sogni, r. tr. Soigner, avoir soin de; traiter (un malade). Sogni les 
basses, donner à boire et à manger aux animaux domestiques. 

sokète, n. f. Vieille souche laissée dans le sol. Fig.: Dwarmi corne ène 
sokèle, dormir profondément. 

sokia, n! m. Petite sokète avec un reste de tige. 

sokyi, v. in t. Sommeiller par intervalle. 

sôlant, adj. quai. Qui enivre. 

sôlè, v. tr. Enivrer. — V pron : s' sàlè, se mettre en état d'ivresse. 

sole, n. m. Soulier ; mêle ses soles, mettre ses souliers. 

sôléye, n. /. Saoulard. 

solia, n. m. Soleil, li solia lût, le soleil luit; cô d' solia, effet produit 
sur le corps par un soleil trop ardent. 



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— 156 — 

solia, n. m. Plante composée à large fleurs dont les pétales sont 
jaunes (hélianthe). 

solidité, n. /'. Solidité. 

solidmint, adv. Solidement. 

soliète, n. f. Scie, instrument à lame dentée pour diviser Je bois, la 
pierre ; on peut dire soyelète. 

sologne, n. f. Chélidoine. 

sôlrîye, n. /*. Saoulographie. 

sômi, n. iw. Poutre qui soutient un plancher. 

som'yi, v. int. Sommeiller. 

sonayes, n. /. pi. Grelots attachés au cou des chevaux; in colié 
d'sonayes, un collier avec des grelots. 

sonbe, adj. quai Sombre. 

sondje, n. m. Rêve. 

sondjeu, ». m. Celui qui songe, qui rêvasse. 

sondji, v. int. Songer, penser; dji n i ai pus sondji, je n'y ai plus 
pensé. 

sonè, v. int. Annoncer à son de cloche ; on sone à vèpes, on sonne les 
vêpres; on sone à mwart, on sonne leglas. — V. tr. : sonè Pprèm\ 
co, faire la première sonnerie pour annoncer un office. 

sonè, adj. quai. Révolu; 'awè trente ans sonès, avoir trente ans 
révolus. 

soncte, n. f. Sonnette. 

sonéte, n. /. Ancolie, fleur nommée parfois clotche. 

soneriye, n. /. Sonnerie; appareil servant à produire des sons. 

soneu, n. m. Sonneur de cloche. Bware corne in soneu, boire beaucoup 
et souvent. 

sôr, ». m. Sortilège, maléfice; donè in sôr, ensorceler; c'est pis qu'in 
sôr, c'est pire qu'un sort. 

sôrcèlrîye, n. f. Agissement de sorcier. 

sôrci, n. m. Sorcier-. Celui que les superstitieux croient en relation 
avec le diable et qui partage son pouvoir de faire le mal. 
Homme adroit et malin. 

sorcière, w. f. Sorcière. Les ignorants croient que les sorcières se 
rendent au sabbat en chevauchant sur un balai et qu'à l'église 
le prêtre peut les reconnaître parce qu'il les voit le dos tourné à 
l'autel. 

sôrcire, n. f. Sorcière (lang. d'ayi). 

sorèt, n. m. Hareng saur. Yèsse maigue corne in sorèt, être fort 
maigre. 

sori, n. f. Souris, petit mammifère rongeur. 

sortant, adj. quai. Sortanl \nimèrau sortant, numéro qui gagne dans 
une loterie. 



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— 157 — 

sorti, i?. tr. Conduire de-dedans en dehors ; sorti in tchaur dtme 
grègne, sortir un chariot d'une grange. — V. int. Aller au 
dehors ; commencer k paraître en parlant des plantes qui 
germent. 

sôrtiye, n. f. Sortie; sortir; al sôrtiye di messe, au sortir de la messe. 

sossote, n. f. Niaise. 

sote, adj. quai. Atteinte de folie. 

sôte, n. /*. Sorte, espèce ène laide sàte di mau. une plaie de mauvaise 
nature. 

sou, n. m. Sou, pièce de monnaie valant cinq centimes actuellement 
et autrefois quatre doubes, c'est-à-dire la 20 e partie de la livre. 
Aurdè ses sous, conserver son argent; awè des sous, posséder de 
Pargent. N'awè ni sou ni maye, être fort pauvre; 

soû, n. m. Seuil ; /' sou d' V uche % le seuil de la porte. 

soucourant, n. m. Escourgeon. 

soudwaraant, n. m. Loir. 

souf, n. m. Soufre. 

soufré, v. tr. Soufrer. 

soufri, v. tr. et int. : Souffrir. — Part, passé : soufru. 

souglou, n. m. Râle d'un agonisant ; rinde li dêré souglou, mourir. 

souladji, t. tr. Soulager. 

souladjmint, n. m. Soulagement. 

soulèvmint, n. m. Soulèvement. 

soumatchi, r. int. Pleurer en silence, sangloter tout bas en soupirant' 
longuement. 

soumatchrîye,.n. f. Action de soumatchi. 

soupe, n. f. Tranche de pain qu'on imbibe de bouillon ; trinpè V soupe. 
Fig. Monté corne ène soupe au lacia, se fâcher subitement. Yèsse 
trinpè corne ène soupe, être fort mouillé. 

soupe, n. m Souper, repas du soir. 

soupe, v.int. Souper. Fig.: Dj' ènn ai soupe, je ne veux plus recom- 
mencer; je ne veux plus voir une telle personne. 

soupe zè, v. tr. Tenir dans la main ouverte un objet dont on veut 
apprécier le poids. Hésiter à donner l'argent que Ton a dans la 
main pour payer un écot ; paye et n'soupèze né tes sous corne çà, 
.paie sans lésiner si longtemps. 

sourdant, n. w. Source à sa sortie de terre, origine d'un ruisseau. 

sournwès, n. et adj. Sournois; fém.: soumwèsse. 

sournwèzmint, adv. Sournoisement. 

souspirè, v. int. Soupirer. Attendre avec impatience; i souspire après 
. /' djoû dèl dicausse, il aspire après le jour de la fêle patronale. 

soutni, v. tr. Soutenir, maintenir; encourager; nourrir.— V. pron.: 
s' sou t ni, se tenir debout, s'aider mutuellement. 

souvint, aâr. Souvent fréquemmon*. 



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-lié- 

fcôuvnance, n. f. Souvenir; n' pont awè d' soucnance, n'avoir aucuû 
souvenir (d'un fait ou de quelqu'un). 

souvni (s'), v. pron. Se souvenir ; dji m" souvêrê lontims d'çà; je me 
souviendrai longtemps de cela. 

soûyon, n. m. Femme malpropre, mal attifée habituellement. 

soyâdje, n. m. Action de scier. 

sôye, n. f. Soie ; ène robe di sôye, une robe de soie. 

sôye, n. f. Poil long et raide de certains animaux ; des sôy es di couche, 
des poils de cochon. 

soyeu, ni m. scieur, spécialement scieur de long. 

soyi, v. tr. Scier, trancher avec la scie ; soyi ène pièsse, ène bwèchç, 
scier une perche, une bûche. 

soylète, n. f. Scie (V. soliète). 

soyrîye, n. f. Action de scier; lieu où Ton scie. 

soywâre, n. f. Sciure (de bois). 

spale (si), n. /". Épaule ; pwartè en' ostèye su s' sipale, porter un outil 

sur 1 épaule; hossi les spales, hausser les épaules, 
spalè (si), v. tr. Épauler, mettre à l'épaule (un fusil). 

spani (si), v. tr. Sevrer (un enfant) ; noss y petit est malauji pace qu'on 
ï sipimit, notre petit garçon est difficile parce qu'on le sévre. 

spansyi (si), v. tr. Renverser quelqu'un en le bousculant violemment ; 
dj' ai waiti C place divant de ï sipansyi, j'ai regardé l'endroit où 
j'allais le terrasser. 

spatè (si), v. tr. Écraser. 

spaude (si), t\ tr. Répandre; spaude si café, répandre son café; 

épandre, éparpiller, spaude l'ansène, répandre du fumier sur un 

champ, 
spaugne (si), n. /. Épargne; awè des sous di spaugne; avoir des 

économies. 
spaumâdje (si), n. m. Action de rincer le linge. 
spaumô (si), v. tr. Rincer le linge lessivé. 
spaurdeu (si), n. m. Celui qui répand, qui éparpille, 
spaurgnant (si), adj. quai. Qui a de l'économie. 

spaurgni (si), v. tr. Épargner, ménager; spaurgnous vos sous, 

épargnez votre argent, 
spècheu (si), n. f. Épaisseur; li spècheu d f in mèr, l'épaisseur d'un 

mur. 
spèchi (si), v. tr. Épaissir, rendre épais; spèchi ène sauce, épaissir 

une sauce. 
spécyi (si), v. tr. Émonder un abrisseau, une branche d'arbre. 

spèli (si-, v. tr. Choisir les meilleurs fruits, les meilleurs objets d'un 

tas. 
spène (si), n. f. Épine, arbrisseau à longs piquants; in buchon, in 

fagot di spène, un buisson, un fagot d'épines ; un de ces piquants ; 

awè ène sipène dins l' dèt, avoir une épine dans le doigt. 



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gpèpyeu (si), n. m. Celui qui mange peu, mais qui choisit le meilleut 4 
de ce qu'on lui donne; mangeur méticuleux, difficile sur la 
nourriture. 

spèpyi (si), v. tr. Choisir ce qu'il y a de mieux dans son assiette; 
manger une grappe de raisin grain à grain en laissant les moins 
mûrs. 

spès (si), adj. quai Épais ; ène plantche sipèsse, une planche épaisse, 

spètin (si), n. m. Revenant, lutin (Vx). 

spiate (si), n. f. Épeautre (Vx)'. 

spinè (si), i». tr. Couper les épines, les ronces, les broussailles dans 
un bois, pour débarrasser le sol et les cépées. 

spineu (si), n. m. Ouvrier qui spine. 

•piyi (si), c. tr. Briser en miettes un corps fragile, du verre, de la 
vaisselle, etc. — V. int.: Se dit des céréales et d'autres plantes 
dont les graines et les grains mûrs tombent par suite de la 
sécheresse lorsqu'on les transporte. 

spiyure (si), n. /. Menu débris. 

spindje (si), n. f. Appareil servant à débarrasser la filasse des 
débris d'écorce qui y adhèrent après que les tiges de chanvre 
onl passé à la broyé. (V. ce mot). Il se compose d'une planche 
verticale munie d'un support; au milieu de cette planche se 
trouve une entaille transversale dans laquelle on maintient 
d'une main l'extrémité d'une poignée de longue filasse sur 
laquelle on frappe de l'autre main avec une sorte de sabre de 
bois fort large ; cette balte ou spindje a donné son nom à touf 
l'appareil. 

spindji (si), ,u. tr. Battre de la filasse avec une sipindje (Vx). 
Fig. : Administrer une correction à quelqu'un. 

spirou (si), n. m. Écureuil. 

•pita(si), n. m. Petit éclat enflammé qui s'échappe d'un corps en 
combustion, du bois, du charbon principalement. Éclaboussu.e 
d'eau, de boue, d'une substance liquide. 

spitè (si), c. tr. Éclabousser, salir ou maculer quelqu'un en lui 
lançant un iet liquide; tapé in co d* baston dins ene basse pou 
spitè ène sakiye, frapper avec un bâton l'eau d'une mare pour 
éclabousser quelqu'un. — V. int.: Sauter rapidement; vèye ène 
puce qui spite, voir une puce sauter; s'enfuir furtivement; 
spitè avant d*awè fait s* besogne, se sauver en cachette avant 
d'avoir terminé un travail. 

spitrole (si), n. /'. Petite seringue servant de jouet. 

spiture (si), n. f. Éclaboussure. 

spontyi (si), v. tr. Épointer, émousser une pointe. 

spotchi (si), ». tr. Écraser en frappant, en prenant, en appuyant; 
a pu te ht in del d'in co cl' mania, écraser un doigt d'un coup de 
marteau; spotchi des pomes, des pwares awè in mayèt, écraser 
des pommes, des poires avec un maillet. 



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— 160 - 

spoufernè (si), v. int. Tousser, fortement en gonflant d'abord les 
joues. 

spougnetè (si), *>. tr. Couper le poing. 

spougneté (si), n. m: Appellation familière donnée à un manchot. 

spouron (si), n. m. Éperon (cavalier). 

spouslè (si), v. tr. Épousseter. Fig. : Rosser, battre violemment. 

spousléye (si), n. f. Rossée. 

sprif (si), n. m. Sansonnet. 

spuria (si), n. m. Armoire (Inusité) (V. abure). 

spwè (si), n. m. Pivert ; on dit aussi : bètch bwès. \ 

stamonéye (si), n. f. Poteau auquel on attache une vache à Pécurie, 
près de la crèche. 

stanpè (si), t>. tr. Dresser, faire tenir debout. — V. passif: yèsse 
sitanpè, être debout et immobile. — V. pron.: si stanpê, se lever 
et rester debout sans se remuer ; on peut dire : s' sitanpè. 

Stanpète (si), n. f. Touffe fl'herbe qui sèche sur pied; branche de 
feuillage ou sorte de jalon fiché en terre pour interdire l'accès 
d'un champ aux gens et aux bestiaux. 

stanson (si), n. m. Perche grosse et longue. 

stantchi (si), v. tr. Étancher (soif) ; arrêter (sang). 

staplè (si)> v. pron. Si staplè, c'est tomber et s'étendre de tout son 
long ; tèrbutchi et si staplè (tins les broûs, trébucher et s'allonger 
dans la boue. 

staurè (si), v. tr. l'aire tomber, jeter quelqu'un par terre, le ren- 
verser. Répandre ce qui est en tas ; staurè d' l'amène, répandre 
du fumier. — V. pron.: si staurè, tomber brusquement par terre. 

stauve (si), n. f. Écurie, stauve des tchvaus.; étable, stauve des vatches. 

stauvlèye (si), n. /. Animaux domestiques qui occupent toute une 
étable ou une écurie. 

steule (si), n. f Chaume qui reste lixé au sol après la moisson. 

Stiène (si), n. p. m. Étienhe (Vx). 

stièrni (si), v. tr. Répandre de la litière dans une étable, dans une 
écurie ; stièrni les vatches, stièrni les tchtaus, mettre de la paille 
sous les vaches, sous les chevaux. 

stièrni (si), v int. Éternuer; li pwèce mi fait stièrni, le poivre me 
fait éternuer. 

stièrniture (si), n. f. Herbe, genêt, bruyère servant de litière; aie 
aux stièrnitures, aller chercher de la litière dans les bois. 

stin (si), n. m. Étain. 

stinnè (si), v. tr. Étamer. 

stinde (si), v. tr. Étendre; stinde li brès, étendre le bras; stinde des 
dras, étendre du linge pour le faire sécher. — V. pron. : si stinde, 
s'étendre, s'allonger. — Pnrt. pnssJ : stindu, s'ii::hur\ 



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— 161 — 

stitcha (si), n. m. Petit morceau de bois qu'on introduit dans un 
trou, dans une fente pour boucher ou soutenir. 

stitchi (si), v. tr. Introduire, fourrer ; donner en caehette. — V. pron.: 
si stitchi, se placer, se fourrer, se faufiler ; n' sawè yu s' sititchi, 
ne savoir où se mettre. 

sto (si), n. m. Souche et tige d'un jeune arbre coupées à une petite 

distance du sol. 
sto (à) (V. à-sto). 
stofe (si), n. /". Étoffe. x» 

stofè (si), w. m. Fromage blanc; on dit de quelqu'un qui est très pâle 
qu'il est blan corne in stofè, qu'il est blanc comme du fromage 
mou. 

stokfisse (si), n. m. Morue, merluche sèchée. 

stomak (si), n. m. Estomac ; in mau di stomak, une douleur d'estomac. 

stoufa (si), n. m. Étouffoir; plaque de tôle qui ferme li gueuye dou 
for, c'est-à-dire l'entrée d'un four de boulanger. 

stoufant, àdj. quai. Étouffant. 

stoufè (si), v. tr. Étouffer, faire perdre la vie en empêchant de respi- 
rer. Éteindre, empêcher de brûler par manque d'air. — V. int.: 
Ne pouvoir plus respirer. — V. pron.: si stoufè, s'étouffer; 
manger jusqu'à ne plus pouvoir respirer. 

stoupa, n. m. Dernier morceau que Ton mange et qui achève de 
rassasier. 

stoupè (si), v. tr. Boucher un trou, une fente avec de Pétoupe, un 
chiffon. 

stoupe (si), n. f. Étoupe, filasse-grossière. 

stourdi (si), v. tr. Étourdir par un coup à la tête. 

stourdi (si), n. m. Étourdi. 

strftde (la), n. f. La rue, les champs ; couri la slràde, vagabonder. 

stramè (si), v. tr. Éparpiller; stramè me achle'ye di trèfe, laisser 
tomber par inadvertance du trèfle que l'on porte sous le bras et 
l'éparpiller derrière soi. 

strfinnè (si), v. tr. Étrangler. — V. pron.: si strânhè, s'étrangler. 

strèt (si), adj. quai Étroit ; fém.: strète. 

strîlè (si), v. tr. Frotter entre les mains un vêtement maculé de 

boue sèche pour l'en débarrasser; émietter du pain bien sec. 
strimè,9. tr. Étrenner; souhaiter la bonne année à quelqu'un. Mettre 

un vêlement, des chaussures pour la première fois: sirimè in 

sauro, des soles. Faire à un marchand le premier achat de la 

journée. 
strin (si), n. m. Paille de céréales; in tchapia di strin, un chapeau 

de paille. 
strinde(si), v. tr. Étreindre. — V. passif : yèsse sitrindu, être fort 

malade, très effrayé, 
stritchi (si),v. int. Jaillir en parlant d'un liquide, d'une substance 

molle qui jaillit subitement et avec force. 



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- 162 - 

•trivion (si), ». m. Linge pour laver la faisselle et pour essuyer. 

Fig. : Femme malpropre, 
•triyi (si), v. tr. Étriller, frotter avec une étrille, 
■trœt (si), adj. quai. Étroit; fém.: strœte (Vireux). 

•tron (si), n. m. Excrément ; çà n vaut né in stron <T tchë, cela n'a 
aucune valeur. 

stropyi (si), v. tr. Estropier. 

stûfion (si), n. m. Ce qui reste d'une pomme mangée jusqu'aux 
pépins. 

•turdjon (si), n. m. Esturgeon. 

stwade (si), v. tr. Tordre une étoffe mouillée pour en exprimer l'eau 
ou un autre liquide. 

•twartchi (si) (si), v. pr. Si stwartchi /'pf, se faire une entorse. 

•twatche-cô (si) (V. twatche cô). 

stwèle (si), n. f. Étoile ; sitwèle à kèwe, comète. 

stwèlè (si), adj. quai. Étoile, dont la cassure rappelle la forme d'une 
étoile. 

stwèlà (si), v. tr. Heurter, frapper une vitre, un objet en faïence en 
y produisant des fentes affectant vaguement l'aspect d'une 
étoile. 

su, prép. Sur. 

suc, n. m. Sucre. 

suça, n. m. Ce qui sert à sucer. 

sucète, n. /. Tétine en caoutchouc ; mélange de sucre et de mie de 
pain mis en boulette dans un petit morceau de linge entouré 
d'un fil et que l'on donne à sucer à un tout jeune enfant. 

suci, v. tr. Sucer. 

sudjèt, n. m. Sujet, motif; awè des sudjèts d'yèsse trisse, avoir des 
motifs de chagrin. Personne dont on apprécie la capacité ou les 
mœurs : in bon, in mwais sudjèt. 

sudjèt, adj. quai. Disposé, habitué à : yèsse sudjèt au mau d'tièsse, al 
migrinne, être disposé au mal de tête, à la migraine. 

sukè, v. tr. Cosser, en parlant des chèvres, des vaches; heurter de 
la télé s'il s'agit des gens. 

sûnè, v. int. Suinter, suppurer, en parlant d'une blessure, d'un 
abcès. 

supliyi, v. tr. Supplier. 

supwartè, v. tr. Supporter. Fig. Endurer patiemment. 

surâle, n. f. Oseille (lang. d'ayi). 

surdjèt, n. m. Surjet, couture pour unir deux étoffes bord à bord. 

surlomè, v. tr. Surnommer, donner un sobriquet. 

sûrmint, adv. Sûrement, certainement. 

surprîje, n. f. Surprise. 

surprinde, v. tr. Surprendre. 



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— 163 — 

•urvèyi, v. tr. Surveiller. 

•urvikant, n. m. Survivant. 

sûrzia, n. m. Sureau; ène sipitrole di sûrzia, une petite seringue en 
sureau servant de jouet. 

suwè, v. int. Suer, transpirer; suive à grosses goûtes y transpirer 
beaucoup. 

•uwète, n. f. Maladie caractérisée par une sueur abondante. 

suweu, n. f. Sueur. 

suwéye, w. f. Peur, angoisse; dj' ènn ai yeu yène di suwéye, j'ai eu 
grand'peur. 

suwînne, n. /*. Petit chantier sur lequel on place les fagots d'écorce 
de chêne dans les coupes affouagères afin de.les isoler du sol. 

•wait (si), n. m. Souhait. Quand une personne éternue on lui dit: 
« A vote swait ! » (Vx). 

swaiti (si), v. tr. Souhaiter; swaiti ène bone anéye, présenter ses 
vœux de nouvel an. 

sware, adj. quai. Mûre, en parlant d'une noisette qui se détache 
naturellement de son écale (Vx). 

•wèle, n. m. Seigle ; n* tnougni qu' dou pwain <F swèle et des canadas, 
se nourrir pauvrement. 

swèssante, adj. num. Soixante. 

swèssantinne, n. f. Soixantaine. Dispassè r swèssantinne, avoir plus 
de soixante ans. 

swèt I adv. Soit ! 

•yince, n. /. Science. 



T 



t, n. m. Consonne, vingtième lettre de l'alphabet. Le t renforce ch 
dans les mots wallons pour former le groupe tch qui correspond 
au ch ou au c final de certains mots français, tchapia, chapeau ; 
atchi, hacher; bètch, bec; batch, bac, etc.; tch se prononce sans 
laisser entendre d't; on ne doit donc pas dire tiapia. 

t', adj. poss. Mis pour ti signifie ton, ta et s'emploie : 1° Après une 
voyelle devant les noms des deux genres, vola l'pa; voilà ton 
père; casse t'owlye, brise ton aiguille; 2° Devant une voyelle 
et après une syllabe muette ou une consonne qui se prononce; 
kèdje Vansène, charge ton fumier ; vins-m' t' ostèye, vends-moi 
ton outil. Entre deux consonnes ou entre une syllabe muette et 
une consonne, on fait usage de ti; yuke ti frère, appelle ton 
frère; vins-F ti coutia, vends-le ton couteau. 



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— 164 — 

t', pron. pers. Élision de ti : tu, te, toi, à toi ; Vas hcart, tu as tort ; 
Va-t-on chu? t'a-t-on suivi ; i fa cauzè, il t'a parlé. Sujet d'un 
verbe interrogatif, il se change parfois en se; yu vasse? Où vas- 
tu? Qui disse ? Que dis-tu? Qui faisse, que fais-tu? Après un 
verbe à l'impératif ou un verbe interrogatif terminé par une 
syllabe muette ou par une consonne qui se prononce, tu 
exprime le sujet ou le complément; coutche-tu là! Couche-toi là ! 
Coutches-tu là? Est-ce que tu 'te couches là? Toune-tu, tourne- 
toi. Devant le pronom /', le sujet ou le complément s'expriment 
par tè; tè Va dit; tu l'as dit; on tè l'print, on te le prend ; èle tè 
V done* elle te le donne. Quand il précède une consonne autre 
que V /, V sujet fait place à ti; ti vas, ti vé$, tu vas, tu viens. 
Tè est aussi complément; on tVwèt r/u'fi, on ne voit que toi; 
i rC cauzont qu'à ti, ils ne parlent qu'à toi ; mais if vaut mieux, 
dans ce cas, employer twè, qui est plus poli et dire : on n'icèt 
qu' twè, i n cauzont qu'à ticè. A Vireux, on emploie tè au lieu de 
ti comme sujet; tè ne Vivêrès pus, tu ne le verras plus. 

tabernake, n. m. Armoire dans laquelle on conserve les hosties 
consacrées et qui se trouve au milieu de l'autel. 

tachlète (al), loc. adv. Lancer une balle à jouer, une pierre, etc., 
al tachlète, c'est l'envoyer en avant avec la main, d'une certaine 
façon, de manière que Pavant-bras frôle la hanche. 

tafait, pron. ind. Tout, toute chose; ta fait va bé à vosse niaujon ? 
tout va bien chez vous? 

taire (s'), v. pron. Se taire; taijous-vous, taisez-vous, ne dites plus 
rien. Taissc-tu/ taijous-vous! Expressions exclamatives signi- 
fiant : pas possible! serait-ce vrai? Taissc-tu, va, taijous-vous 
aie, vous! il a battu s' fème coitie çà? Il n'est pas possible qu'il ait 
battu ainsi sa femme. 

taisse! adv. Certainement! C'est corne ça qui faut fé? — Taisse! 
C'est ainsi qu'il faut faire? — Certainement! S'emploie ironique- 
ment : « Pou z'atrapè in mouchon, i faut li méte in grain d' se 
sulkèice? — Taissel Pour attraper un oiseau il faut lui mettre 
un grain de sel sur la queue? — Certainement ! » 

take, n.f. Plaque de fonte qui garnit le bas de la cheminée, derrière 
l'àtre; qtV à des crinons qui ichantont dri V take, des grillons se 
font entendre derrière la taque. 

t-à-kèr (V. kèr (à). 

takinè, v. tr. Taquiner. 

taleure, adv. Tout à l'heure, dans un moment; à des enfants qui ne 
sont pas sages, on dit: « Âtindous, taleure: attendez, je vais 
vous corriger. » // irèt taleure, Jl ira dans un instant. 

talon, n. m. Cartes qui restent d'un jeu quand les joueurs sont 
servis. 

talu, n. 77*. Gros nuage allongé venant de l'horizon et annonçant la 
pluie. 

tameji, v. tr. Tamiser, cribler des poudres fines: tameji dèl farène, 
tamiser de la farine. 



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- 165 — 

tami, n. m. Tissu de crin tendu sur un cercle métallique reposant 
sur quatre pieds et sur lequel le livreu jette la balle, qui 
rebondit, et qu'il envoie ensuite dans le jeuétroiten la frappant 
avec la paume de la main (V. livreu). 

tanawète, adv. De temps en temps; aie tanawète ène sayû f aller de 
temps en temps dans un endroit ; vèye ène sakîye tanawète, voir 
quelqu'un de temps à autre. 

tanblète, n. /*. Réglisse noire. 

tanbourc, v. tr. Annoncer au public après un roulement de tambour. 

taneu, n. m. Tanneur. 

tanerîye, n. f. Tannerie. 

Tanislas, n. p. m. Stanislas. 

tant, adv. Quant à ; tant qu'à mi, dji ro'è vas, quant à moi, je m'en 
vais. 

tapâdje, n. m. Bruit et désordre. 

tapadjeu, n. m. Tapageur. 

tapadji, v. int. Causer du tapage. 

tapé, v. tr. Frapper ; tapé in cô d' martia, donner un coup de mar- 
teau; coudre; tapé in pont, mettre un point à un vêtement 
déchiré. Tapés les cautes ; au couyon, c'est jeter une carte à la 
fois devant chacun des huit joueurs jusqu'à ce que les quatre 
rois, par exemple, soient tombés; ceux à qui ils sont échus sont 
ensemble. Tapé in bègnon à eu, faire basculer un tombereau. 
Tapé dju, jeter en bas (Vx). 

tapecu, n. m. Trappe pratiquée dans un plancher et donnant accès 

dans l'escalier d'une cave. Strapontin, 
tapète, n. f. Femme bavarde, personne qui a bonne langue. 
tapeu, n. m. Celui qui jette, qui lance. 
tapinè, adj. quai Moucheté, marqué de taches. 
tapisserîye, n. f. Tapisserie. 
tarlouche, n. /. Gros morceau de pain, de viande. 

tarhvagne, n /. id. ici. id. On dit également 

tarlagne. 
tarote, n. /". Femme qui répète trop souvent les mômes observations, 

les mômes reproches. 
tarotè, v. int. Bougonner, réprimander sans cesse. 
taroteu, n. m. Celui qui tarote. 

tartarôye, n. f. Mot inusité aujourd'hui. On le trouve dans cette 
devinette : Dji vas pa ène viye voye\ dji trouve ène viye tartarôye 
qui m' done si c. à nauji et s'bajube à spèpyi, et dji sus co binauene 
assè; qu'est-ce qui c'est? — Ene mèspe. Je m'en vais par un 
vieux chemin, je trouve une vieille tartarôye qui me donne son 
c. à embrasser et sa barbe à éplucher et je suis bien content; 
qu'est-ce que c'est? — Une nèfle. (Avant de manger une nèfle,, 
on coupe le pédoncule avec les dents, puis on enlève les débris 
du calice adhérant au fruit.) 



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— 166 — 

tasselè, v. tr. Mettre de l'épeautre, du blé en tassias. 

tassèle, n. /. Bonde de tonneau. 

tassia, n. m. Petite meule de blé, d'épeautre surtout, équivalant à 
une douzaine de gerbes; tas de foin, de luzerne terminé en 
cène. 

ta s son, n. m. Blaireau ; on dit proverbialement: suive corne in tasson, 
suer comme un blaireau. 

tatche, n. f. Tache, marque qui salit, qui souille; marque sur la 
peau de l'homme, d'un animal, sur les plumes d'un oiseau. 

tatchi, v. tr. Faire des taches sur, tacher. 

tatchu, adj. quai. Celui qui a une ou plusieurs taches à la figure. 

tatouye, n. f. Femme qui répète trop souvent les mêmes racontars, 
les mêmes propos, sans motif apparent. 

tatouyi, v. tr. Tourner et retourner certaines choses avec les mains 
et leur êter leur fraîcheur, tatouyi in bokè d'bûre (un morceau 
de beurre) : 

tatouyi, v. tr. Bredouiller; babiller sans raison; parler pour raconter 
longuement des choses qui n'ont pas d'importance ou d'intérêt ; 
dji n'sés pus ç' qu'èle nos z a tant tatouyi, je ne sais plus tout 
ce qu'elle nous a rabâché. 

tau d'di Ion, loc. adv. Tout du long; piède dou four tau d'di Ion di 
s'voye, perdre du foin tout le long de son chemin. 

taurd, adv. Tard ; rintrê tro taurd, rentrer trop tard. 

taurdji, v. int. Tarder, attendre; taurdji ène miyète, attendre un 
peu. 

taurdu, adj. quai. Tardif; des fruts taurdus, des fruits tardifs; en 
retard ; yèsse taurdu, être, arriver en retard. 

taute, n. /. Tarte; taute aux prônes, tarte aux prunes; taute au 
c&rin, tarte au fromage. 

tautou, adv. Tout autour. 

tauve, n. f. Table ; s' mète à tauve, s'attabler. 

tauve, n. f. Liste ; yèsse sur r tauve des pôves, être inscrit sur la liste 
des indigents d'une localité. 

tauvlète, n. f. Petite table ; sorte de pavé en argile cuite. 

tauvlèye, n. f. Réunion de personnes à table. 

tavaur-ci, loc. adv. Dans cet endroit-ci, dans cette région-ci. 

tavaur-là, loc. adv. Dans cette région-là. 

tavlé, v. tr. Couvrir la peau de pustules, de boutons ; l'maladiye l'a 
tout tavlè, la maladie l'a couvert d'éruptions sur tout le corps. 

tavlé, adj. quai. Marqué de cicatrices de petite vérole ou couvert de 
pustules. 

tavlure, n. f. Trou, marque laissée sur la peau après certaines 
éruptions. 

taye, n. f. Action, manière de tailler ; pire di taye, pierre de taille. 



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— 167 — 

taye, n. /. Partie d'une forêt, d'un bois ; djône taye, jeune taillis , 
viye taye, arbres bons à abattre. Fig.: Yèsse al taye aux fréjes 
(être dans la taille où il y a des fraises), atteindre le but que l'on 
poursuit ou se trouver aux prises avec des difficultés peu 
ordinaires. 

tayes, n. f. pi. Contributions, impôts ; payi ses tayes, acquitter ses 
impôts. 

tayeu, n. m. Ouvrier qui taille ; in tayeu {Fpire, un tailleur de 
pierre; ou encore celui qui abat les arbres dans une forât; 
m tayeu au bwès, un bûcheron. 

tayi, v. tr. Abattre, couper; tayi des bôles, abattre des bouleaux; 
tayi l' soupe, couper dés tranches de pain pour la soupe. 

ta y on, n. m. Bisaïeul; fôm. : tayone. 

Taiiye, n. p. f. Anastasie. 

tchabo, n. m. Chabot, petit poisson d'eau douce, à grosse tète. 

tchabotè, v. in t. Pourrir, en parlant des oignons qui se gâtent sur 
pied à cause de l'humiaité prolongée du sol; i plout tro, nos 
ognons ichabotont ; il pleut trop, nos oignons se gâtent. 

tchafèrlak, n. m. Gàte-métier ; mauvais ouvrier. 

tchafor, n. m. Four à chaux. 

tchafournè, v. int. S'échauffer et moisir, en parlant du foin mis en 
tas et non remué. 

tchafouyeu, n. m. Celui qui tchafouye. 

tchafouyi, v. tr. Chiffonner une étoffe, un papier ; tchafouyi s 9 robe, 
chiffonner sa robe. 

tchafyeu, n. m. Celui qui tchafiye en mangeant. 

tchafyi, v. tr. Manger en faisant entendre un bruit de mâchoire, 
soit des légumes crus, carottes, etc., ou des fruits, pommes, 
poires, noix ; tchafyi des gâyes, manger des noix en faisant 
avec les mâchoires un bruit qu'indique le verbe cité. Quand on 
va à l'affût au sanglier, on entend, dans la nuit, ces animaux 
qui tchafiyent les pommes de terre qu'ils ont déterrées. 

tchakè, v. int. Battre le briquet; tchakè pou z alumè s'vupe, battre 
le briquet pour allumer sa pipe; appuyer sur la aétente d'un 
fusil pour faire partir le coup; dfai tchakè, maùi m' fizik a raté, 
j'ai pressé la détente de mon fusil, mais le coup n'est pas parti. 

tchakrîye, n. f. Briquet à l'usage des fumeurs. Batterie d'une arme 

à feu. 
tchalon, n. m. Pus durci dans un furoncle. 
Tch&le, n. p. m. Charles (Vx) (Vireux). 

tchamoussè, v. int. Moisir; noss' pwain tchamousse, notre pain 

moisit. 
tchamoussè, adj. quai. Moisir ; dèl taute tchamousséye, de la tarte 

moisie. 
tchamoussure, n. /. Moisissure, 
tcbanbe, n. f. Chambre. 



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— 168 — 

t chance, n. /. Chance. 

tchandèle, n. f. Chandelle, lumière; distinde li tchandèle, éteindre 
la lumière. 

tchandlè, n. m. Chandelier. 

tchandleuse, n. f. Chandeleur; le 2 février se nomme li djoû dêl 
tchandleuse. 

tchanp, n. m. Champ. 

tchanpyi, v. tr. Pâturer ; nos vatches tchanpyont dèl botte yèbe au prè 
nos vaches paissent de bonne herbe dans la prairie. 

tchanson, n. f. Chanson. 

Tchantche, n. p. m. François. 

tchantè, v. tr. Chanter. 

tchanteu, n. m. Chanteur. 

tchanwe, n. m. Chanvre, plante textile. 

tchape (V. chape). 

tchapia, n. m. Chapeau. 

tchaplè. n. m. Chapelet, objet de piété, sorte de collier dont les 
perles sont séparées dé dix en dix par une plus grosse.. Prière 
du soir ; aie au tchaplè, assister à l'office du soir. 

tchapotè, v. tr. Gaspiller ce qu'on mange. — V. int.: Barboter, 
chipoter dans un liquide. Se débattre dans l'eau. 

tchapoteu, n. m. Celui qui tchapotè. 

tchapotrîye, n. f. Action de gâcher ce qu'on mange ou de barboter 
dans un liquide. 

tchatcha, n. m. Petite fille gaie et babillarde. 

tchau, n» f. Viande, chair; mougni dèl tchau, manger de la viande. 

tchauborè, v. tr. Barbouiller la figure ; machurer ; peindre à la hâte. 

tchaufftdje, n. m. Combustible ; fé s 1 provision d' tchau fddie, s'appro- 
visionner en charbon, en bois, etc. Action de chauffer, de 
rendre chaud. 

tchaufè, v. tr. Rendre chaud. Fig. : Courtiser assidûment une jeune 
fille; presser vivement (une affaire). — V. pron.: s' tchaufè^ se 
chauffer ; vnous vos tchaufè, venez vous réchauffer. 

tchaufeu, ri. m. Chauffeur (machine à vapeur, automobile). 

tchaune, n. m. Charme, arbre forestier. 

tchaur, n. m. Chariot à quatre roues. Chariot d'enfant avec une 
coulisse qui glisse entre deux supports horizontaux. Tchaur 
pôcèt^la, grande Ourse, groupe composé de sept étoiles. 

tchaurli, n. m. Charron. 

tchausse, n. f. Bas, partie du vêtement qui couvre le bas de la 
jambe depuis le genou ; mes tchausses sont traioéyes y mes bas 
sont troués. 

tchausse, n. f. Chaux; in bègnon d' tchausse, un tombereau de 
chaux. 

(A suivre.) J. Waslbt. 



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Vocabulaire Wallon-Français 



(Dialecte Givetois) 

(su m?) 



T (suite) 

tchaussi, r. tr. Chausser, procurer des chaussures à quelqu'un. 

ichausse-pî, n. m. Instrument en corne ou en fer pour chausser le 
pied, qui se place derrière le talon pour faire entrer le pied 
dans la chaussure. 

tchaussiye, n. f. Chaussée, route nationale. 

tchausstreu, n. m. Chaufournier, ouvrier qui fait de la chaux. 

tchaussure, n. f. Chaussure. Fîp. : C'est eue (chaussure à s'pi. cela est 
tout à fait à sa convenance. 

tchawe-sori, n. f. Chauve-souris. 

tchawcte. n. f. Bavarde, en parlant d'une petite lille qui babille 
continuellement. 

tchawtè, v. int. Gazouiller (jeunes oiseaux). Babiller (enfants). 

tchawyi, r. int. Gazouiller en parlant des oiseaux. 

tché, n. m. Chien; an:è in bon tclié d'tchesse, avoir un bon chien de 
chasse. 

tchèna, n. m. Panier; contenant et contenu d'un panier; in tchèna 
d' canadas, un panier de pommes de terre; in tchèna àcouviètn, 
un panier en osier avec deux couvercles. 

tchène, w. /". Chêne. 

tchènisléye, n. f. Contenu d'un panier. 

tchèr, adj. quai. Cher, qui occasionne de grandes dépenses. — Adc : 
A prix élevé. 

tchérbon, n. m. Charbon, houille. Maladie caractérisée par une 
tumeur gangreneuse. 

tchèrbonè, r. tr. Réduire en charbon; brûler en partie. 

tchérbonéye, n. /. Morceau de viande et boudin que Ton offre à un 
parent, à un ami, lorsque l'on lue un porc. 



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- 186 — 

tchèrbonî, n. m. Charbonnier, marchand de charbon (V. faudreu). 

tchèrdon, n. m. Chardon, genre de plante à feuilles épineuses. 

tchèresse, n. f. Cherté, prix élevé des denrées. 

tchèrète, n. /. Charrette. 

tchèréye, n. /". Charge d'un chariot. 

tchèron, n. m. Voiturier. 

tchèrote, n. f. Sentier creux qui descend la pente d'une montagne 
de haut en bas et par lequel s'opère le schlittage des bûches. 

tchèrpètè, r. int. Faire le métier de charpentier. 

tchcrpètî, n. m. Charpentier. Yèbe di tchèrpèti, séneçon. 

tchèrpinte, n. f. Charpente. 

tchèrtè, v. tr. Charrier avec une charrette. 

tchèrtéye, n. f. Charretée. 

tchèrtî, n. m. Charretier. Fig : Individu mal élevé. 

tchèrûwe, n. /. Charrue. Fig. : Tchèrûwe di tché, organisation défec- 
tueuse. 

tchèrwè, v. tr. Labourer ; tchèrwè ène tare, labourer un champ. 

tchèrweu, n. m. Laboureur. 

tchèrwîye, n. f. Oiseau qui niche dans les tas depierresdes champs. 

tchèryàdje, n. m. Charriage, transport par chariot. 

tchèryeu, n. m. Celui qui charrie, qui transporte avec un chariot. 

tchèryi, v. tr. Charrier. Fig. : Waite di tchèryi drèt, tâche de bien te 
conduire. 

tchèsse, n. f. Chasse, poursuite du gibier ; partie de terrain réservée 
pour la chasse ; aie al tchèsse, aller à la chasse. 

tchèsse-mônnéye, n. m. Garçon meunier chargé de prendre, chez les 
Clients, le grain (ou mànnéye) destiné au moulin. 

tchèsseu, n. m. Chasseur, celui qui va à la chasse. 

tchéssi, r. inlr. Poursuivre le gibier pour le prendre ou le tuer ; 
tchèssi au sinytè, chasser le sanglier ; aie tchèssi, aller à la 
chasse. 

tchèssi, v. tr. Faire partir de force ; tchèssi ène sakiye, chasser 
quoiqu'un ; tchèssi 1rs hièsses aux ichamps, chasser devant soi le 
bétail au pâturage. Pousser en avant ; h cint tchèssr li fèmière. 
le vent chasse la fumée. 

tchèssi, r. int. Chercher ; ce mot se dit dans un jeu d'enfants : « dji 
tchèsse. dji tièssr après m'coutia, je cherche, je cherche après 
mon couteau. (V\). 

tchéssi, r. tr. Frapper sur une pointe, un piquet, etc., pour l'enfon- 
cer ; tchèssi ène tchimye, enfoncer une cheville. (Vx). 



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- 187 - 

tchestia, n. m. Demeure d'un seigneur féodal ; li tchèstia d'Ilitchc, 
le château féodal de Hierges. Habitation princière non fortifiée ; 
grande maison de plaisance à la campagne. 

tchèt, n. m. Chat, mammifère carnassier domestique. 

tchète, n. /. Chatte ; femelle du chat. 

tchéte, n. f. Sorte de jeu dVnfant assez dangereux. Les joueurs, 
réunis auprès d'une ligne tracée sur le sol, ont chacun un 
caillou à la main ; il s'agit d'abattre une pierre plate posée 
verticalement à quelques mètres d'eu*. Un des joueurs, désigné 
par le sort, est à côté de la pierre. Lorsque celle-ci est renversée, 
il doit la remettre en place et poursuivre ensuite celui qui Ta 
culbutée et qui est venu chercher son caillou. S'il peut le 
toucher à la main avant qu'il ait atteint la ligne tracée sur le 
sol, c'est lui le gagnant et l'autre vient prendre sa place près de 
la tchète. 

tchètia, n. m. Ligneul, fil poissé dont se servent les cordonniers et 
les bourreliers. 

tchètwàre, n. f. Huche, petite cabane où vivent les abeilles. 

tchèye, c. intr. Tomber ; ti tas tchèye. tu vas tomber ; il a tcheu au 
rvièr, il est tombé à la renversé — Fig. : Tchèye wivart, mourir 
instantanément. Tchèye malade, devenir malade. Tchèye à tère, 
tomber par terre ou a terre. / tchèt d'somèye. avoir un grand 
besoin de dormir. / m'a tcheu dins les brès, il est arrivé chez 
moi à l'improviste et m'a embrassé. Tchèye d'aacard, convenir, 
avouer, consentir. Li nul tchèt, la nuit arrive. Paukes tchèt 
toudi in dimèync, Pâques coïncide toujours avec un dimanche. 
— V. impers. I thèyèl dèl nire, il neigeait. // a tcheu, il a fait 
une chute ; èle est icheûte, elle est par terre. 

tchéyère, n. f. Chaise ; dans certaines localités on fait plutôt usage 
du mot chaîne. 

tchicoté, c. intr. Se livrer à de petites occupations futiles pour passer 
le temps ; c'est lindi, vos n fious tjn tchicutè, c'est lundi vous ne 
travaillez qu'à des bricoles. 

tchicoteu, n. m. Celui qui tchicoté. 

tchicotriyes, w. /'. pi. Travaux de peu de valeur. 

tchicrote (Marie), n. f. Femme nonchalante, dont la lenteur de 
mouvements est comparable à celle de la tortue. 

tchif-tchof, Onomatopée. Rruits de baisers. 

tchignole, n. /. Collier à l'usage des jeunes veaux dont il prévient la 
strangulation. Kl consiste en une branche flexible de longueur 
convenable ; à Tune des ext éinilés se trouve une ramification 
que l'on coupe pour en faire un crochet; l'autre est tordue de 
manière à constituer une sorte d'anneau dans lequel s'engage 
le crochet ; le tout forme un collier rigide sans danger pour les 
jeunes animaux que l'on veut attacher. 



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— 188 — 

tchikè, r. tr. Envoyer adroitement une bille avec le pouce et l'index. 
— lïg. r.- ini. Atteindre un but ; tomber juste par hazard ; 
arriver à propos ; voilà justèmint quarice, c'est hé tchikè, le 
voilà justement qui arrive, cela tombe bien. 

tchiknaude, w. f Chiquenaude. 

tchik-tchak, n. m. Petit oiseau qui niche à terre et qui doit son 
nom au cri qu'il fait. 

tchimayèt, n. m. Celui qui reste trop longtemps dans les cabinets 
d'aisance. 

tchimîje, n. f. Chemise, vêlement que Ton porte sur la peau. Après 
une syllabe sonore on dit tchmije, ti tchmije, des tchmijes. 

tchimin, n. m. Chemin. — Fig. : y ne y aie pa quatc tchimins, dire 
carrément ce que Ton pense. Après une syllabe sonore on 
emploie tchmin ; li tchmin (ï fier, le chemin "de fer ; li tchmin 
d'alddje, le chemin de halage ; on dit : in tchmin, des tchmins. 

tchiminèye, n. /'. Cheminée, petit réduit disposé pour faire du feu 
dans une chambre et d'où la fumée s'en va au dehors par un 
conduit qui dépasse le toit. Petit conduit en saillie sur lequel on 
met la capsule qui doit faire partir le coup d'un fusil à piston ; 
on dit : leu tchmineye, des tchminêyes. 

tchin, n. m. Chien, animal domestique. (Lanq. d'ayij. 

tchine, w. f. Chienne, femelle du chien ; aie al tchinc, se dit d'un 
chien qui poursuit une chienne en rut. 

tchinisse, n. /. Très petite pomme de terre ; s'emploie surtout au 
pluriel : ni v'zenbarassuns ne d' ces tchinisses-lâ ; laissez sur le 
soi ces trop petits tubercules de pommes de terre. 

tchinistriye, n. f. Collection de tchinissfs ; quand les pommes de 
terre recollées suit de médiocre grosseur, on dit: que tchinistriye ! 

tchînne, n. /. Chaîne, lien formé d'anneaux engagés les uns dans les 
uns dans les autres ; eue tchinne di monte, une chaîne de 
montre ; eue tchinne d'nraywè. chaîne qui sert à arrêter le 
mouvement tournant d'une roue de chariot en la maintenant 
sur une sorte de sabot de bois qui glisse sur le sol. 

tchipieu, n. m. Celui qui tehijnye. Que tchipieus qu' ces pièrots-là ! 
Quels piaulcurs que ces moineaux ! 

tchipîye, w. /. Femme méticuleuse et difficile à satisfaire en ce qui 
concerne le travail qu'on fait pour elle ou les marchandises 
qu'on lui fournit. 

tchipiyeriye, n. /". Suite de pépiements, de piaulements que font les 
petits oiseaux, les poussins, les poulets. 

tchipyi, r. ini. Piauler, pépier, en parlant des poulets, des petits 
oiseaux ; doué a mouynt à des pou y ans pou qui n' tchipionchent 
pus, donner à manger à des poussins pour faire cesser leurs 
piaulements. 

tchîr, adj. quai. Cher, d'un prix élevé ; assez rare. (Lang. d'ayi). 



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- 189 — 

tchir, v. tr. Expulser le bol, fécal hors de l'anus. 

tchirîye, n. f. Travail que Ton fail avec répugnance. Affaire embar- 
rassante et très désagréable. 

tchirlipète, n. f. Petite languette d'étoffe, de cuir qui pend à un 
objet et dont l'extrémité libre se recourbe un peu. 

tchirou, n. m. Nom donné à un petit garron mièvre, vif, aimable et 
caressant. 

tchitche, n. f. Pomme pelée et épluchée puis séchée au four. 

tchivlure, n. /'. Chevelure, ensemble des cheveux. 

tchiyant, part. prés. Verbe tchir ; il a tchiyant, il éprouve le besoin 
d'aller aux cabinets. (Foisches). 

tchiyeu, n. m. Celui qui tchit trop souvent. 

tchiyote, n. f. Lieux d'aisance. Aie al tcliiote, aller aux cabinets. 

tchîyure, n. /. Excrément étalé, longue traînée de malpiopreté sur 
un objet, sur un mur on un meuble. 

tchô, adj. quai. Chaud, qui possède ou qui communique de la 
chaleur ; dou pirain tout tcho, du pain sortant du four ; in fier 
*tcho. un fer chauiïé, Féminin, tchode ; li soupe est tchode, la 
soupe est chaude. 

tchô, n. m. Chaleur ; i tait tchô, il fait chaud ; passé don tchô au jrcd. 
passer brusquement d'une température élevée dans un lieu oii 
il fait froid. 

tchô-tchô, adj. quai. Se dit de celui qui est trop empressé à faire 
quelque chose, à effectuer un travail et qui, fort souvent, s'en 
acquitte mal ; yèxse trop tchô tcho, manquer de calme et de 
précaution en exécutant une tâche. 

tchôdèrnè, v. int. Transporter de l'eau, de la lessive d'un lieu dans 
un autre au moyen d'un chaudron. Faire bouillir de l'eau dans 
une chaudière bu y faire cuire des aliments liquides pour les 
porcs. 

tchôdèrnéye, n. f. Contenu d'un seau ; ène tchôdèrnéye di cabouléye, 
un seau de légumes bouillis pour les animaux. 

tchôdèrnî, n. m. Chaudronnier, celui qui fabrique et vend des 
chaudrons et d'autres ustensiles. 

tchôdière, n. f. Chaudière, grand vase de métal qu'on met sur le feu 
pour faire chauffer un liquide. 

tchôdiyerîye, n. /'. Action de tchôdyi. 

tchôdmint, adv. Chaudement. 

tchôdron, n. m. Seau en zinc ou en fer-blanc ; in tchôdron d'êice, un 
seau d'eau. 

tchôdronète, n. f. Petit ustensile en fer battu avec une anse et un 
couvercle dans lequel on met du lait, de la soupe. 

tchôdyeu, n. m. Animal en rut. 

tchôdyi, v. iut. Etre en rut en parlant des animaux terrestres. 



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— 190 — 

tchôké, v. tr. Mettre quelque chose en place en appuyant dessus ; 
tchokè dël (ouréye dins êne otte. entasser de l'herbage dans une 
hotte , tchokonx I' laton en /' mêlant dinx r sateh, appuyez votre 
main sur le son après l'avoir mis dans le sac. 

tchôké, v. tr. Faire accepter ou donner à quelqu'un des choses qu'il 
hésite a prendre; i H ont trhokê dinx s'tchêna toutes sot ex d'à [ères 
. pou ses êfants ; ils ont bourré le panier de celle femme de joueîs, 
de vêtements pour ses enfants. 

tchôké, r. tr. Accomplir l'acte de génération en parlant du coq. 

tchôkeu, n. m. Celui qui tchoke, qui presse, qui appuie avec la 
main pour faire entrer une chose dans un endroit restreint. 

tcholé, n. m. Chou que Ton fait cuire au gras et qui constitue la 
djouttr. 

tchoupéte, n. f. Sorte de huppe en plume ou en crin. 

tchvau, n. m. Cheval ; après une syllabe muette ou une consonne 
qui se prononce, on intercale un t'entre trh et vau ; tioss' tchivau % 
notre cheval. Tchcau d'pcleu. courte échelle dont se servent les 
ouvriers qui écoreent le chêne dans les forêts. 7 chvau-yodêt , 
corps de cheval en carton dans lequel un homme peut se placer 
de telle sorte qu'il parait chevaucher sur l'animal en le faisant 
avancer, reculer et se cabrer. — Pluriel : des tcheaus, des 
tchwaus d'pêleu, des tehtaus-yodèts. 

tchvalé, t?. m. Chevalet ; après une syllabe muette : tehiiralê. 

tchvali, n. m. Cavalier ; celui qui voyage à cheval ; tchicali. 

tchvia, n. m. Cheveu ; des bias tchvias. de beaux cheveux ; diseou- 
mêlè ses tchxias, se peigner les cheveux ; ichivia. 

tchviron, n. m. Chevron ; pièce de bois supportant les lattes d'un 
toit. 

tchvîye, n. /*. Cheville, morceau de bois ou de fer destiné à boucher 
un trou, à assembler des pièces de charpente, etc. ; dès tehviyes, 
des chevilles ; ène tchiciye. une cheville. Li tchnye dou pi, la 
cheville du pied. 

tchwé, n. m. Choix ; fé s îchicè, faire son choix. 

tchwèzi, c. tr. Choisir ; tchirêzichous, choisissez. 

té, adj. ind. Tel ; té djou Noyé, té dfou nouvel an, le jour de l'an 
tombe le même jour que Noël. 

té, pron. pers. (V. t'). 

tècheu, n. m. Celui qui tricote. 

tècheuse, n. f. Tricoteuse, femme qui tricote. 

téchi, r. tr. Tricoter ; tèchi des tchausses, tricoter des bas. 

tôchon, n. m. Petit ustensile de cuisine. 

tèchron, n. m. Tisserand, ouvrier qui tissse la toile. 

tel, n. m. Tel ; in tel, un tel ; fém. : ene tél>', une telle ; homme ou 
femme dont on parle, mais que l'on ne nomme pas. 



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- 191 - 

télmint, adv. Tellement, tant ; dj'ai cru tchèije (lamcc, tel mini 

!lri dj'astès scranse, j'ai cru que j'allais m'évànouir. tant j'étais 
àtigué. 

téne, adj. quai. Mince ; ène pluntche trop tène, une planche trop 
minoe ; dou café au lacia trop tène, du café au lait trop clair. 

tène (li), pron. poss. Le tien, la tienne ; s'emploit au singulier pour 
les deux genres après une syllabe muette ; qu'on prinde li tène, 
qu'on prenne le tien ou là tienne. Venant après une syllabe 
sonore, cette expression se dit Clène ; prins Ctène, prends le tien 
ou la tienne. Pluriel des deux genres : les tènes, les liens, les 
tiennes. 

tènêbes, n. pi. Ténèbres ; matines des mercredi, jeudi et vendredi 
saints. 

tèni, v. tr. Tenir, avoir à la main, dans les mains ; tènous m' tchapia, 
tenez mon chapeau. — Fig. : Soutenir ; tés-l' pa l' mwuin, tiens-le 
par la main. Contenir, remplir ; m djusse tel chilttes, ma cruche 
contient six litres. Diriger ; i tét scole f il fait la classe ; èle Ut 
boutike, elle tient un commerce. Accomplir ; tèni parole, tenir 
sa parole, une promesse. Résister ; tes bon, tiens bon, ne pas 
céder ; tni liesse à ène sakiife, tenir tète à quelqu'un. — 
V. int. Etre attaché à, fixé à ; ène planlche qui tel à in mère, une 
plante qui tient à un mur. — Fig. : Etre dégoûté de tout ; 
i rilét pus à ré, il ne tient plus à rien. Avoir la conformation, le 
caractère ; on tét souvint d ses grands-parinls. on tient souvent 
de ses aïeuls. Etre conligu ; s ntaujon tel à /' mène, sa maison 
louche à la mienne. — A l'impératif : tins, tiens, viens prendre 
cela. — Interjection. Tins ! Tiens ! marque la surprise. — 
V. pron. S' lèni. s'accrocher à ; s' tèni à ène ctvèche, se tenir à 
une branche. Se tenir dans une position, clans une attitude ; 
tènous-vous mia, tenez-vous mieux. — V. iwp. Dépendre ; i ri tel 
qrià nous, i ri tét qu'à djins, il ne tient qu'à nous, il ne tient 
qu'à eux. Après une syllabe sonore on fait usage de tni. 

ténuwe, n. /. Tenue, manière de se lenir. Tenue, uniforme ; ène 
tènûuc d'officier. Ses plus beaux habits ; voss' pa èsst' en grande 
tènûwe, votre père a mis ses plus beaux vêtements. 

tèrassi, t>. tr. Terrasser, jeter qu'elqu'un à terre ; nos avons toursi et 
djè l'ai tèrassi, nous avons lutté et je l'ai terrassé. 

térassemint, n. m. Terrassement. 

térauche, n. /*. Grosse vrille pour percer des trous dans la pierre, 
dans le bois. 

térbautchi, v. tr. Marcher à grands pas à travers champs, en dehors 
du chemin habituel ; térbautchi les tères, traverser des terrains 
cultivés ou non, la campagne. 

tèrbutchi, d. int. Trébucher. 

tèrdjivèrsi, v. int. Tergiverser. 

térére, n. /". Tarière, outil servant à forer des trous dans le bois. 

tèrifyi, v. tr. Terrifier. 



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— 192 — 

térlaci, t. tr. Entrelacer. 

térlardè, adj. quai. Composé de gras el de maigre ; li tchan don single 
est terlardéye, la viande du sanglier est formée de gras et de 
maigre. 

térmélé, v. tr. Entremêler, intercaler çâ et la. — Y. passif, yèsse 
tèrmèlè, être môle. 

térvudi, v. tr. Transvider d'un vase dans un autre et inversement 
ou faire passer un liquide, des denrées successivement dans 
plusieurs récipients. 

tèrtin (pou), loc. adv. Pour chacun et pour tous. 

tertous (pou). 

tertous, pron. ind. Tous, sans exception ; il y astrt tertous, ils v 
étaient tous, il n'en manquait pas un. 

tèstamin, n. m. Testament. 

tèt, n. iw. Toit ; in tèt di strin, un toit de paille. 

té ti, té mi. Locution peu Huileuse désignant des gens de même 
acabit; litt.: tel loi, tel moi ; c'est l'appréciation qu'ils paraissent 
s'attribuer. 

têtoû, *i. m. Celui qui a l'habitude de sucer son doigt, par exemple : 
enfant qui continue à prendre le sein bien qu'il ait dépassé 
depuis longtemps l'ùge d'être sevré. — Féminin : têt oui e. 

téyàte, n. m. Théâtre. 

téye, n. /.Terrine en terre cuite, à fond plat et à bords évasés dans 
laquelle on met le lait ; ètie tèye di laviu, une terrine de lait. 

ti, pron. pers. (V. t'). 

tibi méyi, loc. adc. A l'un et à l'autre ; nalons ne en dire rà d tibi 
mèyi, n'allez pas encore raconter cela à tout le monde. * 

tiédi, v. int. Devenir tiède ; fé tiédi dou café, dou lacia, faire tiédir 
du café, du lait. 

Tiéne, n. pr. m. Etienne. 

tiéne, n. m. Mont, montagne ; al coupète dou tiène, au sommet de la 
montagne. 

tiésse, n f. Tête, extrémité supérieure ou antérieure, plus ou moins 
arrondie du corps de l'homme ou des animaux ; d'jai mau 
m' tièsse. j'ai mal à la tête. Tièsse pèléye, crâne chauve. Tièsse di 
mwart, tête humaine dont il ne reste plus que les os. Tièsse di 
fou, individu dont le caractère est mal équilibré. Faute dins 
l' liesse, mettre dans la tête (une idée). IHède li tièsse, perdre le 
bon sens, la raison. Uji m f tanerès bé ï tièsse au mèr, je suis tout 
à fait désolé. Hg. : Yèsse al tièsse, être le premier; diriger. 
Tièsse d'aye, tète d'ail. 

tièstu, adj. quai Têtu ; tièstu corne in mulet, tôtu comme un mulet. 

tigne, n f. Teigne, maladie du cuir chevelu. 

tigneu, adj. qa-il. Qui a la leigne. — .V. ///. Celui qui est alleiiil de 
teigne ; terme injurieux adressé à quelqu'un qui u'a pas celle 
mula lie. Quand un individu de peu d'importance prend un air 



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- 193 - 

de dignité qui jure avec sa mise et son altitude, on dit qui 
s' ridrhe corne in pu sut' tièsse d'in figneu ; qu'il se redresse 
comme un pou sur la tôle d'un teigneux. 

tigni, v. Ir. Saisir brutalement quelqu'un par les cheveux et le 
secouer. 

tijneu, r?. m. Celui qui aime à remuer, à aller et venir, à s'occuper 
de choses et d'autres sans s'attacher à aucune. 

tijnè, v. tr Activer la combustion du bois d'un foyer en rapprochant 
les tisons ; tijnê l'feu. atliser le feu. — Kemuer. 

tijon, n. m. Tison. — Proverbe : A Noyé au pègnon, à Paukes nu 
tijon. 

tîke, n. f. Taie d'oreiller. 

tike, n. m. Orgelet, petit bouton qui survient aux paupières ; 
l'expression complète est : tike à ïouyv (à l'œil). 

tiké, n. m. Pou de bois qui s'attache fortement à la peau de l'homme 
et des animaux. 

tims, n. m. Temps, la durée des choses ; pièdc don lima, perdre du 
temps ; panse l'tims, se livrer à une occupation futile pour 
trouver le temps moins long, pour se distraire ; dins /' tims, 
autrefois ; dou tims passé, du temps passé, jadis. Durée limitée ; 
in sodar qu'a fait s' tims, un soldat qui a accompli son service 
militaire. — Loc adv. Tims in tims, de temps à autre. .4 tims, à 
temps, au moment propice. 

tims, n. m. Etat de l'atmosphère ; dou Itia tims, du beau temps; dou 
kandjmint d' tims, du changement dans le temps. 

tinde, t. tr. Teindre ; tinde dèl lainne, teindre de la laine. 

tinde, r. tr. Tendre, rendre raide en allongeant, en tirant; tinde ène 
vuade. tendre une corde. Tinde. H micain, faire le geste de 
donner une poignée de main à quelqu'un. Tinde aux grèves, 
disposer des lacs pour prendre des grives. Tinde m rcèpe, tendre 
un piège à ressort pour qu'un animal puisse y être pris. 

tindrîye, n. /. Endroit d'un bois où sont placés les lacs pour prendre 
les grives. 

tinkyi, v. tr. Tendre et raidir une corde, une ficelle. 

tinre, adj quai. Tendre, qui peut être aisément divisé, pressé ; ène 
pware meute est tinre, une poire mûre est tendre. 

tintére, n. /. Teinture. 

Tiofile, n. pr. m. Théophile. 

tirâdje, n. m. Tirage ; tirâdjeau sort, tirddje d'ène lotenye, tirage au 
sort, tirage d'une loterie. 

tirayeu, n. m. Celui qui tiraille ; fantassin isolé qui fait le coup de 
feu. 

tirayi, c. inlr. Tirer de nombreux coups de fusils au hasard, de 
côté et d'autre et à de très courts intervalles. 

tirayi, c. tr. Tirer à plusieurs reprises quelqu'un par ses vJtements. 

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- 194- 

tité, n. f. Sein d'une nourrice, dans le langage enfantin, 

tiyou, n. m. Tilleul. 

tôdyi, /•. intr. Aller et venir, ranger maladroitement les ustensiles, 
objets d'un ménage. 

tôdyon, n. m. Femme malpropre. 

tœt, n. m. Toit (Vireux). 

tokè, n. et adj. quai. Un peu fou. 

tokè, n. m. Individu court et gros, trapus. 

tone, n. m. Grand tonneau contenant au moins un hectolitre ; ène 

tone di bire, un tonneau de bière. 

toné, v. imp. Tonner, produire un bruit prolongé en parlant du 
tonnerre. 

tonflè, t\ int. Respirer difficilement comme une personne très 
essouffée ; se dit surtout d'un homme obèse ou d'un animal qui 
a trop mangé. 

tonia, n. m. Tonneau, grand récipient en bois, à peu près cylin- 
drique, formé de planches en douves courbées en leur milieu et 
maintenues, ajustées au moyens de cerceaux ; les deux extré- 
mités sont fermées par des planches assemblées formant fonds ; 
in tonia de vin, un tonneau de vin. 

ton'war, n. m. Tonnerre, bruit souvent prolongé, causé par l'éclair 
électrique qui jaillit en temps d'orage ; montons /' brut dou 
ton'war, écoutez le bruit du tonnerre. Foudre ; /' tonwara tcheu 
su en arbe, la foudre est tombée sur un arbre. 

toria, n. m. Taureau ; on dit plus souvent robin. (V. ce mot). 

tôrtiyi, v. tr. Tortiller, tordre à plusieurs tours une chose facile à 
plier ; tortiyi s' moustatche, tortiller sa moustache. — V. pron. : 
s' tôrtiyi, se tortiller ; s' tortiyi corne in mèr, se tortiller comme 
un ver ; marcher en avançant alternativement les deux 
hanches ; vcaite corne èle si tortiye ! regarde comme elle se 
tortille ! 

toryi, v. int. Etre en rut, en parlant des vaches ; nosse vatche toriye, 
nos /' micinnons au robin ; notre vache demande le taureau, 
nous la lui conduisons. 

toubac (V. tubac). 

toudi, adv. Toujours, continuellement : t sont toudi achone, ils sont 
toujours ensemble, Toudi, mon Dieu ! est une expression qui 
exprime une grande douleur ; toudi, mon Dieu! sènn alèt-èle en 
vèyant s' t'orne sipotchi ; toujours, mon Dieu ! disait-elle, en 
voyant son mari écrasé. 

tourlourète, adj. quai, qui est un peu pris de vin. 

tourmint, n. m. Tourment. 

tournante, r. tr. Tourmenter, causer des ennuis, des tracas ; ni 
tuuruiintons né xosse man ; ne tracassez pas votre mère. — 
T. passif. ïèsse tourmintè, être fort contrarié. — T. pron. 
5' tournante, être très inquiet, éprouver de grands ennuis. 



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— i95 — 

tourné, v. lr. Tourner ; loune li liesse, tourne la tète, tourne- 
toi. — Fig. : Tourné V liesse à ène sakiye, rendre quelqu'un 
fou ou passionna — V. inir. Se mouvoir en rond ; li solia tount, 
le soleil tourne au-dessus de nos têtes ; au fig. : le temps se 
passe, le jour décline. - Li liasse mi loune, j'éprouve des 
vertiges ; je ne sais quel parti prendre. — Fig. Li lacia est 
tourné, le lail est décomposé. Elc a mau tourné, elle est tombée 
dans le vice. Advina : Qu'est-ce qui loune C autou sins jamais inlré? 
— Cesl rsicwace (rêne arbe. Devinette : Qu'est ce qui tourne 
autour sans jamais entrer ? - C'est l'écorce d'un arbre. 

tourniyi, v. int. Tournoyer, tourner en faisant plusieurs tours ; tout 
lourniye autou d'nv, tout parait tourner autour de moi. Fréquen- 
ter assidûment, courtiser ; i lourniye bramin autou iV cosse ftye, il 
voudrait courtiser votre fille. 

tourn yen, n. m. Celui qui lourniye. 

tourniyo, ». m. Gâteau en forme de couronne. 

tournure, ». f. Moyen détourné de présenter les faits pour déguiser 
la vérité ; pouqirê pr'nde tant d' tournures ? Pourquoi chercher à 
dissimuler la vérité ? 

tourpèn?. n. f. Toupie, jouet d'enfant. 

tourtia, n. m. Pâtisserie grossière en forme de disque. 

toursi. v. int. Lutter, se prendre à bras-le-corps en essayant de se 
renverser. 

tout drèt, loc. adv. Tout droit, en lijjne droite. Véritablement ; c'eut 
vosse fi tout drèt ! C'est bien votre fils ! 

to'itè. v. tr. Jouer atout au jeu de cartes ; on z y a toute dou irèfe; on a 
joué du trèfle pour atout. 

toutouye. n. f. Correction administrée à un enfant ou au plus faible 
de deux individus qui se battent par un adversaire plus fort. 

toutrlye. ». f. Action de toute au jeu de cartes pour faire tomber les 
atouts et rester maitre du jeu. 

touyi. v. lr. Réunir pêle-mêle en un paquet des morceaux d'étoffe, 
du linge, etc. De quelqu'un dont on se désintéresse, on dit : quH 
touye, qu'i brouye, dji m' m'occupe pus (/' li ; qu'il agisse à sa 
guise, je ne m'occupe plus de lui. 

touyon. n m. Femme sans ordre dans son ménage et manquant de 
soins pour ^a personne et pour ses vêlements. 

traci. v. lr. Tracer, faire une ligne. Indiquer clairement l'ouvrage ù, 
faire, la conduite à tenir. 

trakeu. n. m. Traqueur, celui qui parcourt un bois pour en déranger 
le gibier ou le forcer à se tenir dans un endroit resserré. 

tramé, v. int. Trimer, marcher, travailler jusqu'à être fatigué. 

trânnÉ, v. int. Trembler ; dji trdnne di fréd, je tremble de froid ; 
trànné corne eue feye, trembler comme une feuille (de peur, 
d'angoisse). 

trânaeu, n. m. Trembleur, celui qui tremble. 



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— 196 — 

trapé. n. f Piège pour prendre les souris formé d'une planche 
épaisse maintenue obliquement par un « léger appui » qui 
tombeau moindre contact, entraînant avec lui la planche qui 
écrase la souris ; trape à son\ souricière. 

trau. n. m. Ouverture aussi longue que large faite de part en part 
dans un corps ; percé des traus dins ène planlche, percer des trous 
dans une planche ; li trau des povyes, ouverture semi-circulaire 
ménagée au bas d'une porte d'écurie pour le passage des poules. 
Creux dans le sol ou dans un mur ; in trau di rnaud. un terrier 
de renard ; lorsqu'une personne a grand'peur et ne sait quelle 
contenance avoir, on dit qu'elle serait cachée dinsin trau a" son, 
dans un trou de souris. 

traulè, v. ivtr. Errer çà et là pour se distraire, par oisiveté, 
trauleu, n. m. Celui qui va d'un lieu à l'autre pour passer le temps, 
traune, n. m. Tremble, arbre forestier. 

trava, n* m. Travail, sorte de grande cage en charpente dans 
laquelle on met les chevaux vicieux ou peureux pour les ferrer 
ou les panser. 

travayi. v. tr. Façonner; travayi dou fier, travailler du fer. Faire 
souffrir ; çà m' travaye dins f vinte ; je souffre du ventre. 

travayeu, n. m. Travailleur ; on dit plutôt ouvri, ouvrier. 

trawè, v. tr. Trouer ; faire un trou, un vide. — V\ passif. Yèsse 
trawè, élre troué ; mes tchausses sont trawéyes, mes bas sont 
troués. 

traweplre, n. f. Lézard ; litt 1 . : qui troue la pierre. 

trawéye, n. f. Trouée, ouverture faite dans une haie ; aie à maraude 
en passant pa /' trawéye, aller à la maraude en passant par une 
trouée faile à la haie d'un clos, d'un jardin. 

trèpl, m. m. Trépied, support en fer muni de trois pieds sur lequel 
on place une marmite près du feu ; ou en bois pour soutenir un 
cuvier. 

tresse, n. f. Quantité de lait donné en une fois par une ou plusieurs 

vaches, 
trèsson, n. m. Grosse tresse de filasse, de crins. 

trèya. n. m. Douzaine de gerbes placées horizontalement les unes 

sur les autres, 
trèyin, n. m. Train, bruit, tapage. (Vx). (V. trin). 
tnbouyi, v. tr. Bredouiller ; on n'a né conpris c' qu'il a tribouyi, on 

n'a pas compris ce qu'il a bredouillé. 
tricherîye, n. f. Tricherie, action de tricher. 
tricheu, n. m. Celui qui triche. 
trictai, v. int. Tricher ; trichi aux caules, tricher au jeu de cartes. 

tricwèches. n. f. pi Petites tenailles pour arracher des clous, des 
pointes ou pour ferrer et déferrer les chevaux, 

trifouyî, Vm w. S'exprimer d'une manière confuse et embarrassée ; 
dji n'ai né compris c qui nos a trifouyi ; je n'ai pas compris ce 
qu'il a bredouillé. 



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— 197 — 

trifouyi, v. int. Farfouiller, chercher, fureter. 

triléye, n.f. Soupe à la bière. A quelqu'un dont on est fort mécontent, 
on dit parfois : dji vôrès qu ti juches tourné a triléye et qui V diable 
li lape, je voudrais que tu fusses tourné en soupe à la bière et 
que le diable te lapât. 

trimèsse, n. m. Trimestre, durée de trois mois. 

trimouye, n. f. Trémie. 

trin, n. m. Tapage, bruit, désordre ; on z'è fait yinke di trin à voss 
maujon ; on fait beaucoup de tapage chez vous. Marche d'un 
travail ; dou trin qu* va y vas, nos n' plans mau d'awè fiini nosst* 
ouvrddje audjourdu ;' notre travail s'effectue si lentement que 
nous ne l'aurons pas fini aujourd'hui. Trin-Mazarin, expression 
que l'on ajoute à la lin d'une énumération d'objets ou d'occupa- 
tions se rapportant à un travail déterminé et désignant les 
choses secondaires ; les munuziés arioonl avè des plantches, des 
soliètes, des rabots, des tuai' lias et tout V trin-Mazarw et nossC uche 
n'est né co douvièt, les menuisiers arrivent avec des planches, 
des scies, des rabots, des marteaux et tout ce qui s'ensuit et 
notre porte n'est pas encore ouverte. 

trinnerîye, n. f. Mauvaise conduite. 

trinnéye, n. f. Traînée. 

trinneuse, n. f. Femme de mauvaise vie ou lente à travailler. 

trinpe, n. f. Trempe, opération qui consiste à refroidir brusquement 
l'acier rougi au feu en le plongeant dans un liquide pour le 
durcir. 

trinpè, v. tr. Tremper, plonger dans un liquide; trinpè r soupe, 
verser le bouillon sur les tranches de pain. Imbiber, mouiller 
du linge avant de le lessiver : trinpè V lechive. Durcir l'acier par 
la trempe : trinpè in ch% % tremper un soc. 

trinpète, n. f. Mouillette, petit morceau de pain long et mince qu'on 
plonge dans un œuf cuit à la coque. 

trintche, n. f. Tranche ; eue trintche di djambon, une tranche de 
jambon. 

trinte, adj. num. Trente, réunion de trois dizaines. (Vireux). 

tripe, n. f. Boyau d'un animal. Vomi tripes et boyas, vomir tout co 
que l'on a dans l'estomac, vomir beaucoup. 

tripète. n. f. Diminutif de tripe. Çà ne vaut né tripète ! Cela ne vaut 
rien du tout ! 

trisse, adj. quai. Triste, qui laisse paraître son chagrin. Incapable ; 
in trisse ouvri. 

triviè, n. m. Travers, biais ; ne s'emploie que dans les expressions 
suivantes : 1° Au triviè, au travers de, à travers, ; passe au triviè 
dès fèmière, passer à travers la fumée ; route au triviè des bûchons, 
marcher au travers des buissons ; 2° Di triviè, c'est-à-dire obli- 
quement, de biais ; il estsô, il va tout </' triviè , il est ivre, il va 



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— 198 — 

tout de travers ; côpè «T triviè, de biais, obliguement à la longueur 
(d'une pièce de bois, d'une étoffe). — Fig. : Waili me sakiye di 
triviè, regarder quelqu'un de travers, regarder quelqu'un avec 
colère, malveillance. 

troubole, n. m. Trombone, instrument de musique. 

troupe, n. f. Groupe de fruits fixés sur un support unique, noix, 
noisettes, marrons ; ène troupe di trwès yàyes, un groupe de trois 
noix. 

troupia, n. m. Troupe de personnes ; troupeau d'animaux. (Vx). 

trouplè, v. int. Courir, sauler en troupe dans une direction ; ène 
binde d'éjants tronplèt in dchindant t* tiène, une troupe d'enfants 
descendait la montagne en courant tous ensemble. (Vx). 

troupléye. n. f. Groupe de personnes marchant ensemble ; nos 
n' ralindès personne el tout (Pin cô i nos arive ène troupléye di 
parints ; nous n'attendions personne et tout d'un coup une 
troupe de parents arrivent chez nous. 

trousse, n. f. Lourde charge que l'on porte sur le dos ou les épaules, 
sur une hotte. A une femme qui porte une grosse botte d'herbage 
ou de litière sur sa hotte on dit : Vos n'avons yène di trousse ! 

trousse-cote, w. m. Ceureur de femmes. 

troussi, v. tr. Trousser, replier, relever le bas d'un vêtement ; 
troussons vos pan* a tons pou passé dins tes broûs, repliez le bas de 
vos pantalons pour marcher dans la boue ; troussi s' robe, replier 
le bas de sa robe en le maintenant assez haut pour éviter de le 
salir. — V. pron, S'troussi, se retrousser. 

trouye. n. /'. Truie, femelle du porc. Ce mot est d'un emploi fréquent 
et s'applique non seulement à une personne qui se conduit mal, 
mais aussi à celle qui commet une légère infraction à la biensé- 
ance ou môme une makidresse dans son travail. 

trouyerlye, n. f. Action déshonnéte ou honteuse. 

trouyète, n. f. Jeune truie. 

trûle. n. f. Filet en forme de poche pour pêcher le poisson. 

t.ûte, n f. Truite, poisson d'eau douce. 

truwèle, n. f. Truelle, outil de maçon, de plâtrier. 

trwès, adj. num. Trois. 

trwèzyînme, adj. num. Tioisième. 

tu, (V. 0. 

turturèle, n. f. Tourterelle, oiseau du genre pigeon. 

tuwant, adj. quai. Fatigant, très ennuyeux ou importun, 

t-wè. v. tr. Tuer, faire mourir en blessant ; tuwè in live, in singfè, 
tuer un lièvre, un sanglier. — Fig. : »\ pron. S' tuwè, se fatiguer; 

i s' tuwe au travail, il se tue à travailler ; dji in tutve à vos 
V répète, je me fatigue à vous le répéter. 

tuweu, n. m. Tueur, celui qui a l'habitude de tuer les animaux 
destinés à la consommation ; in tuweu d y couchés, un lueur de 
porcs. 



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— 199 — 

tuwrlye, n. f. Tuerie ; massacre. 

twade. v. tr. Tordre ; twade ène aur, tordre une hart de fagot ; twade 
U cô à in mouckon, tordre le cou à un oiseau. — Part, passé : 
twardu, twardûwe. 

twar, n. m. Ce qui est opposé à la justice, à la raison. 

twatche, n. f. Torche, faisceau de choses tordues ensemble ; ène 
îwatche di slrin, une torche de paille ou une tresse de pailler. 

twatche-cô, (V. stwatche-cô). 

twatchi v. tr. Façonner en forme de torche, 

twèle, n. /. Toile, étoffe tissée avec des fils de chanvre ou de lin. — 
Allé al twèle, se dit d'un jeune homme qui quitte la maison 
paternelle après une dispute avec ses parents ou pour tout autre 
motif et qui y revient au bout de quelque temps. On le plaisante 
alors en lui disant qu'il a sli al twèle. 

twèlète, n. f. Toilette, action de se parer, de se vêtir pour paraître 
en public ; fè s 1 twèlète, mettre ses plus beaux habits, se parer de 
ses plus beaux ornements. 

twèlète, n. f. Péritoine du porc. 

Twènète, n. pr. f. Antoinette. 

twèsse, n. f. Toise ; ancienne mesure de six pieds. Appareils servant 
à mesurer la taille de l'homme ; les conscrits passent al twèsse, 
les recrues passent à la toise. 

twèzè, v. tr. Toiser, mesurer avec une toise. — Fig. : Regarder 
uuelqu'un pour apprécier son mérite ou lui témoigner du 
dédain. — V. pron. S' twèzè,, s'examiner réciproquement avec 
dédain ou avec provocation. 

♦ 

XX 

H, n. m. Voyelle, vingt-et-unième lettre de l'alphabet. 

Ubèrt, n. pr. m. Hubert. Saint-Hubert est le patron des chasseurs. 

uche, n. m. Porte ; douviè ruche, ouvrir la porte ; sèrè ruche, fermer 
une porte à clé ; mète à l'uche, mettre hors de la maison qu'on 
habite, chasser. 

uchlè, v. int. Ouvrir et fermer plusieurs fois une porto. 

uchlèt, n. m. Petite porte. 

Ugène, n. pr. m. Eugène. 

umè." v. tr. Avaler par aspiration au moyen de la langue et des 
lèvres ; umè en* ou, humer uu œuf ; urne dou bouyon, humer du 
bouillon. 

umide, adj. quai. Humide, qui est imprégné d'un liquide. 

umiditè, n. f. Etat de ce qui est humide. 

uni, adj. quai Sans pli ; in mantia tout uni, un manteau sans orne- 
ment ; sans aspérités, in tèrin uni, un terrain aplani. 



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— 200 - 

unikmint, adv. Uniquement ; t vêt unikmint pour lèye, il ne vient 
que pour elle. 

unimint, adv. Simplement ; dfai dit non, tout uitimînt, j'ai t dit non, 
tout simplement. 

uréye, n. f. Talus en pente rapide sur le bord d'une route ; petite 
hauteur ; monticule ; n' sawè monté éne uréye avè ène bénvète, ne 
pouvoir monter une brouette en haut d'un pli de terrain. 

urlè, t?. inir. Hurler. — Fig. : Faire entendre de grands cris de 
douleurs, de rage ; chanter très haut et très fort. 

urlèmint, n. m. Hurlement, cri prolonge de colère, etc. 

urleu, n. m. Celui qui hurle. 

urlujyon, n. /. Gaspillage de ce que Ton doit manger. (Vx). 

urtau, n. m. Bourru, brutal. 

ussié, m. m. Huissier. 

uz& )je, n. m. Action d'user, d'employer ; des soles qui fionl in bon 
uzàdje, des souliers qui durent longtemps. 

uzadji. adj. quai. Qui a été porté ou mis un certain temps (vêtement, 
chaussures, etc ). 

uzance, «. f. Durée que met une chose pour s'user entièrement. 

uzé, v m ir. User, détériorer, faire usage de, employer. 

uzure. n. f. Détérioration par suite de l'usage qu'on fait d'une chose. 

•V" 

V, n. m. Consonne, vingt-deuxième lettre de l'alphabet. 

va, v. inl. 2 e personne du singulier de l'impératif du verbe aie ; 
s'emploie pour marquer l'étonnement; taissc-tu,va! pas possible! 
ou d'une manière emphatique ; bit va ! dj aime ostant ; eh bien ! 
j'aime autant, cela m'est égal. Parfois ce mot est doublé ; bé va 
va ! 6-' nesl ne éne si qrosse afère ; voilà bien de quoi ! ce n'est 
pas une si grande affaire. 

Valêrîye, n. pr. f. Valérie. 

valet, n. m. Jeune garçon ; les valets cl les fiyes, les jeunes garçons et 
les (illctles. Awé in ptit valet, mettre au monde un enfant Je sexe 
masculin ; nos z' avons yeu in ptit valet, il nous est né un petit 
garçon. 

valeur, n. f. Valeur, grosseur, quantité approximative ;. wrte /* 
valeur d'in kiye di vineyue dins éne sauce, mettre environ une 
cuillerée de vinaigre dans une sauce. 

valéye, n f. Vallée ; les pays dél Valéye, les pays de la Vallée de la 
Meuse, en aval du lieu où l'on se trou\e. — Loc. adv. Al valéye, 



(A suivre.) 1, Waslet. 



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- 201 - 



V (suite) 

en bas ; al valéye. dou vilâdje, en bas du village ; tchèye al valéye 
d'eue chaule, tomber en bas d'une échelle ; saultè al valéye dou 
/<7, sauter ed bas du lit. Su valéye, vers l'horizon ; F tchaur 
pocit (la Grande Ourse) va su valéye, quand cette constellation 
est dirigée dans le sens de sa longueur perpendiculairement à 
l'horizon. 

vali, v. int. Valoir, avoir un certain prix ; çâ pèt vali dix francs, 
cela peut valoir dix francs ; çà n'oaut ré, cela ne vaut rien ou 
cela est mauvais. — V. ir. Procurer, produire, rapporter ; 
s' mnaije liesse è H a valu hé des ratournéyrs, sa mauvaise tôle 
lui a valu bien des correclions, bien des coups. — V. pron. : 
y vali, avoir la même valeur, le même mérite ou les mômes 
défauts. — Pàrèt vali I Cela serait à souhaiter ! plût à Dieu ! 

valichance, w. /*. Valeur ; aϏ f valichance dHn soti, avoir la valeur 
d'un sou. 

vanè, v. ir. Vanner, séparer des grains en les secouant dans un van. 
Fig. : Yèssfi cane, être excédé de fatigue. 

vandwése, n. f. Vandoise, poisson de rivière. 

vanté, v, tr. Vanter. — V. pron. : s' vanté, exagérer son propre 
mérite. 

van'ware, n. f. Tablier de cuir que portent certains ouvriers. 

vase, n. m. Récipient en porcelaine pour servir d'ornement ou pour 
mettre des Heurs (signification unique). 

vatche, n. / Vache, femelle du taureau. Fig. : Femme de mauvaise 
mœurs. 

vatchi, n. m Vacher, gardeur d'un petit nombre de vaches (v. yèrdi) 

vatchéte, n. f. Fruit du colchique. 

vatcho, n. m. (V. le précédent). 

vauré, n. m. Vaurien. 

vaurin, n. m. idem. (lang. d'ayi). 

vayaul, ad. quai. Valide, robuste ; n' pus yèsse vayaul, être affaibli 
par l'âge ou la maladie. (Vx). 

vei (les), toc. ado. Les voici ; les vlà, les voilà. 

Vèci, ado. Ici (lang. d'ayi). 

védje, n. f. Verge, baguette pour fustiger ; awè dèl vèdje, être battu 
avec une verge. 

vèdje, n. f. Mesure agraire d'environ vingt-cinq mètres carrés, 
d'après la coutume de Liège ; l'are vaut quate vèdjes, quatre 
verges, 

vèjin, n. m. Voisin (lang. d'ayi). 

vèjéne, v. f. Voisine (lang. d'ayi). 

vèf, n. m. et adj. Veuf ; fém. tète. 

vêla, adc. La-bas (lang. d'ayi). 

vêlâdje, n. m. Action de vêler, de donner un veau. 



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— 202 - 

vêlé, v. int. Voler, mettre bas en parlant de la vache ; nos» ratche 
va rêlê, notre vache va donner un veau. 

vène, w. f. Sorlo de cloison maintenue par des pieux formait l un 
angle dans laquelle on prend le poisson au moyen de nasses. 

vèni, v. int. Venir, se rapprocher, arriver ; croître, pousser ; prove- 
nir ; i faut qu* djê /' tèye rêtti. il faut que je le vois venir; ttosst 
aniline vêt vite, notre avoine croit, pousse vite ; çà têt di s' pa % 
cela provient de son père. 

venin, n. m. Venin, poison animal. Fig. : Personne haineuse, fiéleuse ; 
que rênin qui ç' djin-là, quelle femme haineuse ! 

vénûwe, n. f. Etat de développement ; cèsxt in nia d'eue bêle cènùire. 
c'est un veau bien développé 

vèpes, n. /. pL Vêpres ; aie à vèpes, assister aux vêpres. 

vèr, adj. quai. Vert ; fém. vête ; des fruts vers, des fruits verts. 
Adcina : Ver conte prè, amer corne snve, bon corne sue, qn est-ce 
qui c'esl ? — Ene gaye qui n'est né discaflotêye ; vert comme un 
pré, amer comme dé la suie, bon comme du sucre, qu'est-ce? — 
Une noix dans son brou. 

vèra, n. ni. Verrou ; mêle li vêra. fermer une porte au verrou. 

véra, n. m. Verrai, mille de la truie. 

vèrau, n. m. id. 

vèrdasse, adj. quai. Verdàtre. 

vérdeu, n. f. Verdure, herbes et feuilles nou elles ; plantes potagères 
servant à l'alimentation. 

verdi, v. tr. Peindre, colorier en vert. — l\ intr. Devenir vert. 

verdi, n. m. Vendredi (Vireux). 

vèrdjon, n. m. Jonc flexible servant de canne, de manche de fouet. 

vèrdègri. n. m. Vert-de-gris, sous carbonate de cuivre. 

vèrè, r». m. Verre ; va?e à boire, son contenu ; birare in rère di 
goûte, boire un verre d'eau-de-vie. I'ap\ d' rèrr, papier enduit 
de poudre do verre et .servant à polir, à récurer les objets en 
métal. 

véreu, adj. quai. Qui contient un ou plusieurs vers ; eue neujête 
véreuse, une noisette véreuse. — Fig. : n. m. Individu à qui on 
reproche un acte indélicat. 

vérin, n, m. Robinet en bois ou en cuivre servant à tirer la boisson 
d'un tonneau. 

vèritabe, adj. quai. Véritable, digne de foi, authentique. 

vèritablèmint, adv. Véritablement. 

vérité, n. f. Vérité. Dire les vérités à eue sa Ici ye, reprocher à quelqu'un 

les fautes dont on l'accuse. Chaire di vérité, chaire à prêcher. 

vèrlinét, n. /'. Espèce de linot. 

vèrmicél, n. m. Vermicelle. 

vérmiyi (s 1 ), v. pron. Se dit du blé, du seigle, etc., qui a levé et qui 
disparait peu à peu. 



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- 203 — 

▼èrrîye, n. f. Verrerie. 

vérzin, 77. m. Caprice, id >e bizarre el subite ; è vlà yinke di verzin ! 
Quel singulier caprice ! 

▼èspréye, n. /. Vers la (in du jour ; arrivé al vèspréye, arriver sur le 
soir ; al vèspréye toute basse, à la nuit tombante. 

vèsse, n. /. Vesse Fig. : awè /' vèsse, avoir peur. Amer corne dèl vèsse 
di trouyr, très sûr. 

vèsse di leu. (V. leu). 

véssi, v. int. Faire des vents, sans bruit, par le fondement. 

vèssîye, n. f. Vessie. 

vèssou, n. w. Individu qui fait des vesses trop souvent. 

vèssu, adj. quai. Maigre, pâlot, qui parait transi de froid. S'emploie 
aussi comme nom avec la même signification. 

▼ète, adj. quai. Verte ; eue fèye vête. Fig. N. f. pi. E vèye des vêtes, 
en voir de toutes les sortes, être fort maltraité, malmené. 

véye, v. tr. Voir ; dfirè vos veye, j'irai vous voir. Aie vèye les fiyes, 
aller faire la cour aux demoiselles. — V. pron. : S f vèye, avoir 
des relations d'ainilié. S' vèye èci, se détester mutuellement ; 
t s' rrynttt evi et pourtant i faut qu'i tikonchent achone : ils se 
détestent et pourtant il faut qu'ils vivent ensemble. 

vèyi, v. tr. Garder et soigner durant la nuit ; vèyi in malade, veiller 
un malade. — V. int. Passer sans dormir une partie de la soirée 
ou de la nuit. 

vivî, n. m. Vi lier, pièce d'eau ou l'on conserve le poisson vivant. 

vi, adj. quai. Vieux, t\gé, ancien ; il est fiuarl vi, il est très âgé ; in 
vi tchèstia, un ancien château. // pus vi, l'ainé. Fém. : vîye, les 
viyès djins, les vieilles gens. 

via, n. m. Veau, petit de la vache. — Fig. : Dadais, niais. 

via d' mârse, n. m. Giboulée 1 , pluie accompagnée de neige ou de 
grésil. 

vie (à), loc. ado Vers ; approchant ; aviè midi, vers midi. 

viène, n. f. longue pièce de bois placée sur le haut d'un mur et qui 
supporte l'une des extrémités des chevrons. 

vièr, n. m. Lombric, ver de terre ; larve qui se développe dans 
un fruit. 

Vierge (la), n. p. f. La mère du Christ. m 

vièrlujant, n. m. Ver luisant ou lampyre. 

vièrna, n. m. Gouvernail ; /' vierna dou batia, le gouvernail du 
bateau. 

vièrnè, v int. Manœuvrer le gouvernail. 

vièrneu, n. m. Celui qui meut le gouvernail ; ti fais in bia vièrneu, 
tu diriges mal le bateau avec le gouvernail. 



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— 204 - 

viérsînne, »\ /. Terre qu'on laisse reposer, jachère. 

vîèrsi, v. tr. Retourner avec la charrue une jachère. 

viérsi, v. intr. Tomber sur le côté en parlant d'un véhicule, chargé 
ou non, traversant un terrain en pente. 

vijéne, n. /. Voisine ; awh êne méchante vigène, avoir une mauvaise 
voisine. 

vijin, n. m. Voisin ; dji va yhse leu vijin, je serai bientôt leur 
voisin. 

vijin, adj. quai. Voisin ; nos z astons di deux pays vijins, nous 
sommes de deux villages voisins. 

vijnâdje, n. tu. Voisinage, les voisins, les lieux voisins. 

vijnè, v. intr. Voisiner. 

vikâdje, n. m. Manière de vivre, de se nourrir. 

vikance, n. [. Vie, existence ; t n'i a né sti di s* vikamv., il n'y est 
jamais allé (Vx). 

vikant, n. m. Vivant ; in bon vikant, un bon vivant ; di s' vikant, de 
son vivant. 

vikant, adj. quai. Vivant ; awà des i'jants vikants. avoir des enfants 
vivants. Ai pus vèue eue sakiyc di s 9 vh/c cikanie, ne plus voir 
quelqu'un tant qu'on vivra. 

vikè, v. intr. Vivre ; rikè ri. vivre longtemps. On u r-ikr jamais 
d* l'air dou tims, on ne vit jamais à ne rien faire. — l'an, passé : 
vikè.; il ont vikè tranquilmint, ils ont vécu tranquillement. 

vikotô, v. intr. Vivoter. 

vilàdje, n. m. Village, 

vilénîye, n. f. Action basse et vile. 

vilin, adj. quai. Vilain. — A 7 , m. Personnage désagréable ; fém. : 
vilînne. 

vinêgue, n. m. Vinaigre. 

vinde, v. tr. Vendre ; vinde à bu are, tenir un débit de boissons. 

vindeu, n. m. Vendeur. 

vindji, v. tr. Venger. — l\ pron. S' vindji, se venger. 

vinrdi, n. m. Vendredi, jour de la semaine. 

vint, n. m. Vent, air mis en mouvement ; /' vint est tcheu, le vent 
est tombé. 

vinte, n. m. Ventre, abdomen ; aicè mau s' vinte, avoir mal au 
ventre, avoir la colique. — Fig. : Envier, regretter vivement. 

vinte, adj. num. Vingt. 

vintînne, n. /. Vingtaine. 

vintyinme, adj. num. Vingtième. 

vinvol (al), Loc. adc. Au passage ; ratrapè eue saktvè al rinool, 
rattraper quelque chose au passage ; au hasard, tapé al vinvol, 
lancer au hasard ; à la légère, dire ènc parole al vinvol, dire une 
chose sans réfléchir. 



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- 205 - 

violi, n. m. Plante dont la fleur est la violette. 

vîreux, adj. quai. Hargneux, haineux ; s'emploie aussi comme nom. 

vitemint, adv. Vilement, rapidement. 

vitolèt, tï. m. Boulette de viande hachée, assaisonnée et cuite en 
vase clos hermétiquement ; les ritolèts et V djoute. sont les mets 
favoris des gens du pays givetois ; on les sert sur toutes les 
tables le jour de la fête locale. 

vivemint, adv. Vivement, vite. 

vivrou, n. m. Verveux, petit filet de poche qui se place au fond de 
Peau. 

viye, w. /*. Vie, existence. Jamais de la viye, nullement ; « C'est vous 
qu'à /ait va ? —Jamais de la viye » ; en aucun moment : jamais 
d' la viye on n'a viu rà : jamais d' ma viye est plus fort que 
jamais : dji iCirè pu jamais W ma viye. 

viyèsse, n. /'. Vieillesse ; mon d' viyêsse, mourir de vieillesse. 

vîyi, v. intr. Vieillir ; /' micart di s' [hue Ca bramint xiyi. la mort 
de sa femme Ta beaucoup vieilli. 

vizâdje, n. m. Visage. 

vizant, adj. quai. Chiche ; n 9 ne yèsse vizant, ne pas regarder de 
ttop près à la dépense. 

vizé, r. tr. Viser, mettre en joue, avoir en vue. — V. intr. Regarder 
à la dépense. 

vizion, n. f. Lubie, idée bizarre qui passe par la tête ; que tizion 
qu'il a co yen M / Quelle lubie il a eue ! 

vizitè, r. tr. En parlant des douaniers, fouiller des personnes qui 
viennent de l'étranger pour s'assurer qu'elles ne font pas la 
fraude. 

viziteu, n. m. Celui qui visite. 

viziteuse, w. f. Dame qu», dans les bureaux de la douane, visite 
les femmes qui viennent de l'étranger. 

vîzrîye, n. f. Vieillerie, vieux habits, vieux objets. 

vli, v. tr. Vouloir ; dji vès, dji tws/lang. d'avi) ; dji tœs (Vîreux) ; 
dji vous (Fofcches) je veux. E vli à ène sakiye, en vouloir à 
quelqu'un. — l'art, passé : vlu ; i n'a pus r/ii, il n'a pus voulu. 

vni ( V. vèni). 

vnûwe, n. j. Action de venir ; fè des alêyes et. des vnûires, aller et 
venir à différentes reprises. 

voci, prép. Voici. Indique ce qui est proche ; prend parfois la forme 

v'ci ; è r'ci, en voici. 

vol (al), toc adv. Au vol, au passage. 

vola, prép. Voilà. Désigne ce qui est éloigné ; s'emploie souvent pour 
uni ; rolà v' qui faut je, voici ce qu'il faut faire -, ?e dit plus 
communément v'iâ. 

vol' ci, loe. adv. Le voici ou la voici ; varia, le voici ou la voilà. 



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- 206 - 

volète, n. f. Sorte de claie circulaire sur laquelle on sert et on 
découpe la tarte ; discôpè /' taute su l' volète, découper la tarte 
sur la volète. 

voléye, n. f. Gifle, coups donné à la figure avec la main ; coups de 
bâton ; foute ène voléye, battre quelqu'un à coups de trique. 

voléye, n. /. Bande d oiseaux qui volent ensemble ; ène voléye di 

Îiètris (peidrix). Son d'une cloche : sonè à grande voléye. — 
oc. adv. Al voléye, au vol, au passage. 

voltiye, adv. Volontiers ; vèye voltiye, aimer à voir ; t vos wèt Koltiy, 
il vous voit volontiers,' il vous aime bien. 

vom' ci, loc. adv. Me voici ; vonf là, même signification. 

vomi, i?. tr. Vomir. 

vomichmint, n. m. Vomissement. 

vormint, adv. Vraiment, en effet. Vos rounyons au' ros z' avous fait 
ce travaye-là èrcè ? — Oyi, vormint. Vous ouuliez que vous avez 
fait ce travail-là hier ? — Oui, en effet. 

vos, pron. pers. Vous ; s'écrit parfois v'z ; s'emploie comme sujet et 
comme complément : vos f z astous ou v z astous scrans, vous 
êtes fatigués ; on vos z a véyus ou onv r za vyus, on vous a vus. 

voss 1 , adj. poss. Votre, pour le masculin ; vosse pour le féminin. 

voss 1 (li), pron. poss. Le vôtre, la vôtre ; fém. : li vosse ; on dit 
suivant le cas : /' voss\ F vosse ; au pluriel : les vosscs. 

vost 1 , adj. poss. Votre, devant une voyelle et pour les deux genres : 
vost ouvri, votre ouvrier ; c'est vost' afère, c'est votre affaire. 

vôssè, v. tr. Couvrir un endroit au moyen d'une voûte. — l\ pron. : 
s' vôssè, se courber, se voûter par suite de l'âge. 

vôssmre, n. f. Voûte. 

vot' ci, loc. adv. Te voici ; rot' là, le voilà. 

vote, n. f. Galette non levée formée de lait, d'œufs et de farine que 
l'on fait cuire avec du lard ou de la graisse dans une poêle à 
frire. 

vole, n. m. Vole. 

vôtè, v. tr. Décider par voix de suffrage. 

vov' ci, loc. adv. Vous voici ; vov là, vous voilà. 

voyâdje, n. m. Voyage. 

voyadjeu, n. m. Voyageur. 

vôye, n. /'. Chemin. Les vètès voyes, les chemins veris ou herbus ; on 
dit également voye. f V. pèl'èrinâdje). 



vôye, n. f. Voie, ancienne mesure pour l'eau valant environ 30 litres ; 
ène vôye d'êwe, deux seaux d'eau ; se dit aussi voye. 

vôye, Même signification et même emploi que è voye ou è-voye. (V. 
cette locution). 

voyelète, n. f. Chemin très étroit, sentier. 

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— 207 — 

voyi, c. tr. Envoyer, voyi les e'fants à scole, envoyer les enfants éû 
classe ; voyi ène lètê, des sous, envoyer une lellre, de l'argent. 

vrai, adj. quai. Vrai, véritable ; in vrai sàdâr, un vrai soldat. — 
A\ m. C'est pou dou vrai, c'est pour de bon. — Interjection : 
Vrai ? Vraiment ? 

vraimint, ado. Vraiment, réellement. 

vûde, adj. quai. Vide, qui ne contient que de Pair; mi chope est vâde, 
ma cliope est vide. — Loc. ado. A vûde. à vide, sans rien conte- 
nir ; rvèni à vûde, ramener une voiture^ un véhicule sans 
charge. 

vûdi, v. tr. Vider, rendre vide ; rûdi s' rè/r, vider son verre ; enle- 
ver les entrailles : cûdi hte pouyr. 

vûwe, n. j. Vue. A piède di vince, à perte de vue. 

vwèx, n. /. Voix. 

vwèle, n. m. Voile, pièce d'étoffe dont les femmes se couvrent la 
tête. Sorte de membrane qui coiffe certains enfants à leur 
naissance et qui, dit-on, leur porte bonheur ; vni au inonde 
vndlê, naître coiffé. 

vwèle, n. f. Pièce de toile fixée au màt d'un navire, d'une barque, 
pour recevoir le vent qui doit les faire avancer. 

vwélè, p. tr. Mettre un voile ; dérober à la vue ; amoindrir l'éclat. 

vwèture, n. f. Voiture de luxe ; autrefois, ce mot désignait une 
diligence ou voilure publique qui transportait les voyageurs. 

W,f?.fw. Semi-voyelle, vingt-troisième lettre de Palphabet; se prononce 
ou 9 ; rautia. roitelet; patrène. gaucher; les Wallons l'emploient 
fréquemment pour éviter l'hiatus ; Lutris, Louis ; çà putee, cela 
sent mauvais, tuwè. tuer. • 

wacha, n. iw. Cercueil«(Vx). 

wache, n. f. Flaque d'eau. 

wachoté, v. tr. Agiter, en parlant d.'un liquide qui se trouve dans 
un récipient. 

wachoteu, n. w. Celui qui secoue le liquide enfermé dans une 
bouteille, une cruche, etc. 

wadje, n. ni. Orge. 

wadrouyi fs 1 ), v. frron. Se rouler dans Pherbe, la poussière ou dans 
un endroit malpropre. 

wais ! in ter j. Regarde ! ; vol' là irais ! regarde, le voilà ! ; irais, 
irai* / 1*05 vlà d' djà ! tiens, tiens ! vous voilà déjà ! 

waiteu, n. m. Celui qui regarde, regardant. 

waiti, p. M. Regarder, observer, examiner attentivement; traitotis-l\ 
regardez-le; traite H finis, observe le temps. — Y. intr. : prendre 
garde ; traite à //, prends garde à loi. 



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- 208 - 

Walon, n. pr. m. Habitant de la Wallonie. 

walon, n. m. Langage des walons. 

want, n. m. Gant ; ène paire di wanls, une paire de gants. 

warabia, n. m. Grosse larme qui se loge sous la peau des bœufs et 
des vaches et provenant d'une sorte d'œstre. 

warmaye, n. /'. Ephémère, genre de névroptère qui vit dans l'eau 
sous forme de ver, se transforme en insecte parfait et meurt le 
môme jour. La Meuse en produit une quantité énorme. 

wate, n. /*. Ouate. 

waurdè, v. tr. Garder (V. aurdè). 

wayin, n. m. Regain ; foin de seconde coupe. 

wayins (les), n. m. pi Semailles de mars. 

wazon, n. m. Gazon. 

wé, n. m. Gué ; passé au ?n\ traverser un cours d'eau sans nager et 
sans bateau, en marchand sur le lit peu profond. 

wèche, n. /. Œuf sans coque. 

wème, adj. quai. Tendre, en parlant surtout du pain. 

wêre, adv. Guère, en petite quantité ; gn ènn à uâre, il n'y en a pas 
beaucoup. 

wèspe, n. /. Guêpe. — Fig. : Femme méchante. 

wèspiant, adj. quai. Remuant. 

wigmi, v. inlr. Grincer d'une façon désagréable comme les bottines 
neuves sur un plancher. 

winkyi, v. inlr. Se séparer, en parlant de deux planches mal jointes 
sur lesquelles on appuie. 

wînne, n. /". Veine, vaisseau qui ramène au cœur le sang distribué 
aux organes par les artères ; n' pont aivè d' san dins Us uinnes, 
manquer de courage, d'énergie: 

wînne, n. f. End roi l d'une mine où se trouve le métal que l'on 
cherche. 

wô, n. m. Le haut, la partie la plus élevée ; dins /' wô dèl liesse, au 
sommet de la tête ; su les wos, dans la partie supérieure des 
monts boisés.— Loc. adr. La iro, là-haut, aux étages supérieurs 
d'une maison. An irô, en haut, en l'air ; waiti au irô, regarder 
en l'air; ichèye li eu au wô, tomber à la renverse ; di wô. Loc. 
adc. De hauteur ; chi mêles di wô, six mètres de hauteur. 

wô, adj. quai Haut, élevé. — Adv. Cauzè tout wô, parler à haute 
voix. 

wô pwàri (fé), loc. adv. Fi V wô pwari, faire le haut poirier, c'est se 
mettre debout sur les mains, les jambes en l'air et écartées. On 
commence généralement par se dresser contre un mur avant 
d'arriver à se tenir verticalement sa us aide. 

wôteu, n. f. Hauteur, élévation au-dessus du sol ; tchhje s'êne grande 
wolvUy tomber d'une grande hauteur. 



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209 — 



Cette consonne est fort peu employée dans l'ortographe du présent 
Vocabulaire et on ne la trouve jamais au commencement d'un mot. 



Y, n. m. Semi-voyelle ; vingt-quatrième lettre de l'alphabet ; on 
l'emploie fréquemment en wallon, surtout pour éviter l'hiatus. 
(V. introduction, pp. 3, 5 (n°8) et 6). On peut, sans inconvénient 
remplacer Vy par un t simple au commencement des mots et 
écrire yauke ou iauke ; yèbe ou ièbc, etc. 

yauke, n. m. Quelque chose. Infiltration des patois français voisins 
qui n'est guère usitée comme nom. Elle est davantage comme 
adntrbe ; on l'emploie alors par ironie avec la signification de 
guère ou de fort peu ; vos z avous sti au bwès ? Vos z è rapwar- 
tous yauke ; vous êtes allés chercher du bois ? Vous n'en 
rapportez guère. 

yèbe, n. f. Herbe. 

yède, n. f. Troupeau communal ; mète ène mtche al yède ; mettre 
une vache au nombre de celles qui forment le troupeau commu- 
nal. Chaque animal porte au cou une clochette qui facilite sa 
recherche lorsqu'il s'est égaré dans la forêt. 

yène, adj. num. Une ; on compte ainsi les personnes ou les choses 
du féminin ; yène, deux, truès, etc. — Pron. ind. Une ; dj' ènn 
ai yène, j'en ai une ; yène, Vàte % l'une, l'autre. — Loc. adv. : yène 
à yène, une à une, une après l'autre ; ni \c ni yène m deux, ne 
faire ni unCj ni deux, ne pas hésiter du tout. 

yèrbéye, n. f. Petites herbes pour la cuisine. 

yèrdau, n. m. Chemin où passe habituellement la yède, au sortir 
d'un village, pour aller paître dans les terrains ou dans les bois 
communaux. 

yèrdèlète, n. /. Petit groupe d'animaux au pâturage sous la surveil- 
lance d'un gardien particulier. 

yèrdi, n. m. Pâtre, celui qui fait paître les troupeaux ; là Vyirdi qui 
cwane, lachous les vatches ; voilà le pâtre qui corne ; lâchez les 
vaches. 

yersi, t>. tr. Herser, faire passer la herse dans un champ. 

yèrtchi, v. tr. Traîner ou hisser avec neine un lourd fardeau. — 
V. pron. : s' yèrtchi, marcher lourdement, par suite de faligue 
ou de faiblesse ; dji n' ses pus* m' yèrtchi, je ne puis plus me 
traîner. 

yèsse, n. /'. Herse. 

yèsse, v. tr. Etre ; yèsse malade, être malade. — Part, passé. : sti, 
été, toujours invariable ; nos z arons sti awarès, nous avons été 



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— 210 — 

très étonnés. Sti remplace parfois le participe passé du verbe 
aie, aller ; il ont sli al fitete, i's sont allés à la foire. 

yeu, part, passé. Eu. (V. awè, avoir) ; èle a yeu peu, elle a eu peur. 

yeubyon, ( V. eubyon). 

yink, Adj. num. Un ; on compte : yinlc, devx, truès, etc. ; on dit 
pourtant ; vint' et ytn, vingt et un ; trenC et yin, trente et un, 
etc. — Pron. ind. : L'un ; yink vèt ci, l'ote vèt çâ. l'un veut ceci, 
l'autre veut cela. Yink à yink, un à un, au fur et à mesure. 

yœ, n. m. Œuf. (Vireux). 

yû ? adt. Où ? En quel endroit ? Yû rassc ? Où vas-tu ? Ayù ? Èy« ? 
même signification ; di yù astous ? d'où ôtes-vous ? pà yû (aut-i 
passé ? par où faut il passer ? } 'tî c qui va ? où va-t-il ? 

yue I interj. Hue ! Mot employé par les conducteurs d'attelage pour 
faire avancer leurs chevaux. 

yuhau ! interj. Sert à faire tourner les chevaux à droilc. 

yukè, v. tr. Appeler ; yukè en passant, appeler en passant ; djè l'ai 
yukè, je l'ai appelé ; yukous-ï, appelez-le. 

z 

Z, n. m. Consonne ; vingt-cinquième lettre de l'alphabet, s'emploie 

très souvent comme lettre euphonique. 

Zabèle, n. pr. f. Isabelle. 

Zabine, n. pr. /. Sabine (Vx). 

Zaliye, n. pr. f. Rosalie. 

Zante, n. pr. m. Alexandre. 

Zavier, n. pr. m. Xavier. 

zias, Pron. pers. Eux (Vx). 

zèls, pron. pers. Eux ; féminin : zèles, elles. 

Zidore, n. pr. m. Isidore. 

zikè, v. intr. Hausser brusquement la main en lançant une bille au 
jeu ou en faisant un travail manuel. 

zing et zôr, n. m. Marteau tout en acier attaché à une charrue avec 
une chaîne et dont le manche sert à retenir les traits attachés 
aux chevaux. 

zinguè, v. tr. Recouvrir un métal d'une couche de zinc. 

zinè, v. intr. Hésiter. 

zizine, n. /. Cousine, dans le langage enfantin. 

zouplè, v. intr. Se dit d'un animal, d'une personne qui bondit, qui 

saute, 
zozo, n. ni. Dadais. 



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— an 



SUPPLÉMENT 



acassi. v. tr. Envoyer vers celui qui parle, soit une balle à jouer, 
soit une pomme ou un petit objet arrondi en le frappant de la 
paume de la main ou avec une tousse ; (v. ce mot). Acassous m' ène 
pome dji vos V ravoyerè, envoyez-moi une pomme en la livrant, 
je vous la renverrai de môme. 

achouvè, v. tr. Balayer, pousser avec un balai vers celui qui parle, 
des ordures, du grain, de la paille ; achouve les ordèves par ci, 
balaie les ordures de mon côté. 

acouplure, n. f. Attache d'un muscle, endroit où les tendons se 
fixent aux os. (V. djontère). 

à frote, loc. adv. En frôlant, en passant tout près, tout contre ; 
s*cayau a passe à frotedinC tièsse,\a pierre qu'il a lancée m'a frôlé. 

agacia,n. m. Acacia. 

agalopè, v. intr. Venir en galopant, en sautant vers celui qui parle • 
vlà les tchvaus qu'agalopont • d' noss costè, voilà les chevaux qui 
viennent vers nous en galopant ; tenons, vlà voss' fi qu'agalope, 
tenez, voilà votre (ils qui arrive vers nous en sautant. 

aidi, v. tr. Aider ; nos vêrons vos z aidi à fènè, nous viendrons vous 
aider à faner. 

al vinvol. (V. vinvol). 

à l'esconte, loc. adv. Tout contre, joignant ; leu lèyni astèt à Vesconte 
dou noss\ leur tas de bûches se trouvait joignant le nôtre. 

amandt, n. m. Framboisier, espèce de ronce à fruits succulents et 
parfumés. 

amaye, adj. quai. Inquiet ; nos z osions amayes, qn*a lontims qui noss' 
fi nos z a scril ; nous sommes inquiets, il y a longtemps que 
notre fils ne nous a écrit. 

aousse, n. m. Août, l'un des mois de l'année. 

apotikè, v. tr. Infecter ; noss' vigin a atrapè Vgale et il a apotikè toute 
si famile ; notre voisin a été atteint de la gale et il Ta donnée à 
toute sa famille. 

arlan, n. m. Individu qui inspire peu de confiance ; ouvrier qui ne. 
s'astreint à aucun travail régulier. 

asgayi, v. tr. Mettre en état d'ébriété ; c'est rhwèsson que Vasgayit^ 
c'est la boisson qui l'égaie. 

aviè. (T. vie) (à). 

aviyi, v. tr. Vieillir ; li mwart d\ s y finie l'a branv'nt aviyi^ la mort de 
sa femme l'a beaucoup vieilli. 



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— 212 — 

awe à dints. n. f. Hoyau dans lequel la lame plate est remplacée 
par deux dents ; on dawe les canadas avè ene awe à dints. on 
donne un premier labour à la pomme de terre avec une houe à 
deux dents. 



banète, n. f. Réservoir à poissons qui se trouve au milieu d'une 
barque de pécheur. 

bâràdje, «. m. Barrage ; obstacle fixe à aiguilles construit en travers 
d'un cours d'eau pour élever ou abaisser le niveau de l'eau 
dans un canal et permettre le remplissage de son écluse. 

bftrftdjisse, n. m. Employé chargé de la surveillance d'un barrage. 

bâti, v tr. Créer, engendrer ; ne s'emploie que dans des phrases 
comme celle-ci servant à blâmer la conduite ou les actes de 
quelqu'un ; qu'est-ce qui trCa bâti en entêté pareil ! quel entêté 
vous êtes ! Des enfants sont trop bruyants, causent du désordre, 
on leur imposera silence et on ajoutera : qu'est-ce qui ma bâti 
des lapadjeus comme çà ! Quels tapageurs vous faites ! 

bayu. n. m. Tige de pomme de terre, de pois. (\. rancha). 

bègne, n. /". Soufflet retentissant appliqué sur la figure. (V. bafe). 

bosse, v. l\\ Bossuer, bosse ène gamèle, faire, par accident, des bosses 
à une gamelle. 

boukè tout fait. n. m. Plante d'ornement dont les fleurs roses, 
violettes ou blanches sont réunies en ombelle et nommée commu- 
nément œillet de poète, bouquet parfait, etc. 

brizac, n. m. Enfant turbulent qui met tout en désordre dans une 
maison et parfois casse les objets fragiles dont il se sert. 

bronziére, n. /. Sorbier dont les fruits connus sous le nom de boulons 
d' grève (v. ce dernier mol), servent d'appât dans les tenderies 
aux grives. 

brouzè. w. tr. Machurer, maculer la figure de noir ou d'une autre 
couleur ; it a brouzè s' masœur avè dou ciràdje y il a barbouillé sa 
sœur avec du cirage. — V. passif : yèsse brouzè, être maculé de 
noir à la figure. — V. pron. : si brouzè, se machurer ; en vudanl 
noss' pwèle, dji m f ai toute brouzè, en # neltoyant notre poêle, je me 
suis barbouillé la figure de suie. 

bougnèt, n.m. Beignet. 

bouvî, n. m. Bouvier, conducteur d'un attelage de bœufs. 

bwèsléye, n. f. Contenu d'une boîte. 

o 

cabuzète, n. /". Laitue d'hiver. 

canard, n. m. Ricochet ; fé des canards, faire <!es ricochets sur l'eau 
en lançant horizontalement une pierre mince et aplatie. 

casse, n. f. Sorte de pelote formée de fleurs de primevères placées à 



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— 213 — 

califourchon sur une ficelle dont les extrémités sont ensuite liées 
ensemble de manière à réunir les Heurs en boule ; eue casse di 
brauyes di tchèt, une pelote de primevères. 

cékonte, adj num. Cinquante. (Vireux). 

cekontinme, n. f. Cinquantaine, (id.) 

cékontyînme, adj. num. Cinquantième. (Vireux). 

chineu, w. m. Celui qui chine. (V. ce mot). 

chike, n. f. Petite boule avec laquelle jouent les enfants : djowè aux 
chikes, jouer aux billes. 

chouflè, v. intr. Produire un son aigu avec les lèvres, le gosier 
(oiseaux) ; choûte li mauvièr chouflè, écoute siffler le merle. Faire 
entendre un bruit aigu ; li locomotive choufèle, la locomotive 
siffle. — V. ir. Chanter en sifflant ; chouflè lair d'eue tchanson, 
siffler Pair d'une chanson. 

clavia, n. m. Terrain argileux rendu compact par une trop grande 
humidité. — Fig. : Gros rhume accompagnée d'expectorations 
abondantes 

consine, n. f. Tisonnier pour poêle et autres appareils de chauffage. 

coubèzaci, v. Ir. Augmentatif de bèzaci. (V. ce mol). 

cougne, tï. f. Forme, moule ; gn' ènn a d' louics les cougnes, il y en a 
de toutes les formes. 

cougnou, n. f Pâtisserie que le petit Jésus apporte aux enfants sages 

à Noél. 
coûte. (V. court). 
cou van (V. couviri). Couvan est plu*s usité que couvin. 

cro, n. m. Sorte de boyau à deux dents un peu recourbées et à 
manche fort long ; on s'en sert pour jeter en tas sur le sol le 
fumier transporté dans un champ avec un tombereau. 



dint d Pouye, n. m. Canine de la mâchoire supérieure chez Phomrae. 
dironpe, v. ir. Blesser en causant une hernie ; il a fait en' èfôr et çà 

Va dironpu, il a fait un efl'orl et il s'est fait une hernie. — V. 

passif: yèsse dironpu, avoir une hernie. — V. pi-onom. : s' dironpe, 

se faire une hernie, 
discandji. v. ir. Echanger. 

disguindjoîè. v. ir. Accoutrer une femme en mettant le désordre 
dans sa chevelure et ses vêlements ; un travail qui exige de 
grands mouvements des bras, charger des gerbes sur une voi- 
lure, au moyeu d'une* fourche, par exemple, peut disguindjoîè 
une femme ;" une danse prolongée, un jeu très animé disguin- 
djoleni une jeune li 1 le en dérangeant le bon ordre de sa tenue : 
cheveux en désordre ou tombant sur les épaules, tablier de 
travers parce que les cordons en sont dénoués, etc. — V. passif: 
yèsse disguindjoléye, avoir les vêtements en désordre. (Mot 
nouveau . 



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— 214 — 

disguintchi, v. ir. Exprime les mêmes actions tjue le précédent, mais 
s'appliquent aux choses, vêlements, ornements et non aux 
personnes ; in vwèle, ène vtcèlète disyuinlchis, un voile, une 
voilette dérangés ; des rideaux (V Ut ou d' fiynèsse dùyuinlchis, des 
rideaux de lit ou de fenêtre disposés d'une manière irrégulière. 

dismaumonè, v. ir. EcheYelcr ; délier et mettre en désordre une 
gerbe de blé, une botte de foin. 

dispa se, v. tr. Oler un (il du chas d'une aiguille, un lacet de son 
œillet ; dispassè in file, in lacé, enlever le fil d'une aiguille ou 
un lacet ù un vêlement, à une chaussure en le faisant repasser, 
en le tirant en sens inverse, par les œillets dans lesquels il a 
déjà passé. 

disvèrgougni, adj. quai. Qui a l'esprit troublé par une petite contra- 
riété. 

djabotè, v. intr. Parler à tort et à travers en parlant de plusieurs 
personnes qui conversent ensemble. 

djabotriye, n. /*. Verbiage, racontar. 

djidjrîye, n. f. Légumineuse abondante dans certains endroits et 
dont la lige s'entortille autour du chaume des céréales. 

dvièrsi v. intr. Faire la culbute ; ène urêyc a faU dvièrsi nosse tchèrtéye 
di wayin, un talus a fait culbuter notre charretée de regain. 

B 

ènn, pron. pers. En, de cela, de lui, d'eux, d'elle, d'elles ; df ènn at\ 
j'en ai ; vos z ènn avous cauze, vous avez parlé de lui, d'eux, 
d'elles. 

èritance, n. m. Héritage. 

èvi (vèye) (V. vèye). 



facbéne, n. /*. On appelle ainsi un fort \ong fourgna . (V. ce mol). 
féclye, w. f. Quantité de fumier qu'on relire chaque fois d'une 

écurie, d'une étable. 
fètchîre, n. f. Fougère (lang. d'ayi). 
fia (au), adj. quai. Au beau, en plein ; au fin milan dèl basse, en plein 

milieu de la llaque d c eau. 
finci (lang. d'ayi). (V. féci). 
finctye, id. (V. féciye). 
fœme. n. f. Femme mariée. (Vireux). 
fœmière, n. /. Fumée. id. 

foodemint, n. m. Kégion de l'anus, 
froye, n. f. Action de froyi. 

froyi, v. intr. Se reproduire, en parlant des poissons, 
fumîre (lang. d'ayi). (V. fèmière). 
fitchtre, id. (y.fètchire). 



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— 215 — 

G 

gadjure. n. f. Pari, gageure ; djf frès b't F gadjure qu'i n' pcdrel pont 
d' pcch.ms, je ferais bien le pari qu'il ne prendra pas de poissons. 

garni, v. tr. Harnacher (un cheval) ; dfai garni m' Ichivau, dj'atcle et 
df me vas ; j'ai harnaché mon cheval, j'attèle et m'en vais. 

gfttè, v. tr. Gâter, détruire ; gâté in nid cP maziniche, détruire un 
nid de mésange. 

gwissèîe, n. f. Gerbes de blé ou de seigle placées debout et en rond, 
écartées du bas mais se touchant par le haut et généralement 
garanties de la pluie par une autre gerbe dont les chaumes sont 
écartés jusqu'au lien et qui forme chapeau ; on met souvint dix 
djaubes di swèle par gwisselc ; une gwmèlc renferme généralement 
dix gerbes de seigle. 



jatléye, n. f. Contenu d'une /«/e ou bol ; eue jatlhjè di frèjes, un bol 
de fraises. 

justumint (lang. d'ayi) (y.justètnini). 

kœwe, n. /". Queue (animal, ustensile). (Vireux). 

krèpe, n. m. Crèche, mangeoire des bestiaux ; mêle dèl fourtye al 
krèpe ; mettre de l'herbage dans la crèche. 



leuve, m. m. Maladie de la bouche des vaches et des bœufs qui 
empêche ces animaux de manger et a souvent pour cause le 
manque cl l'hygiène ; on dit awè V leuve, nos vaiches ont V leuve. 
Pour combattre celte maladie, on fait une incision à la queue 
de la vache, on introduit du sel ei du poivre dans la blessure 
dont on rapproche ensuite les deux lèvres, puis on entoure le 
tout d'une bande toile bien serrée. Ce remède énergique suffit, 
parait-il, pour remettre l'animal eu bonne santé. — Awè V leuve, 
en parlant d'un homme, c'est être impuissant. 

maisse di scole. n. m. Colchique d'automne, qui apparaît à l'époque 
de la rentrée des classes. (V. plaissi' i noss* maisse). 

mète (à dos), v. inir. Commencer à labourer un champ au milieu. 
(V. au laudye). 

Miœse, n. pr. /. La Meuse. (Vireux . 

mouchou d'tèt, n. m. Moineau, oiseau vulgairement appelé pierrot. 



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— 216 — 

mouflasse, n. m. Homme qui manque d'énergie et d'ardeur ; cessCin 
gros mouflasse, c'est un individu indolent, sans volonté et peu 
actif au travail. 



peu, n. f ; Peur ; n'euche ou n'oye né peu., n'aie pas peur ; on peut 
exprimer la môme idée en disant : li n'as né dandji d'awè peu, 
tu n'as pas besoin d'avoir peur. * 

pincemauy-:, n. m. Individu désagréable à cause de sa dissimulation 
et de son égoisme. 

poutène, n. f. Fiente de poule. 

:r 

racwin, «. ?w. Recoin ; waili dins les cwins cl les racwinv, chercher 
dans les coins et les recoins. 

ragadlè, v. tr. Répéter fréquemment les mémos faits, les mêmes 
récriminations. (V. gale et gadlè). 

rétch. n. m. Grand crible en bois suspendu au plafond d'une grange 
pour séparer le grain dus débris de pailles des glumelles. 

i issannè (r'), v inlr. Saigner de nouveau, soit du nez, soit en parlant 
d'une blessure ; vlà qu dji rsànne dou né, je saigne de nouveau 
du nez. 

rissânnè (r'). (Lang. d'ayi). (V. richonè). . 

S 

signe. n. m. Signe, geste ; ni pus fé ni signc y ni mine, ne plus faire 
aucun geste, ne plus donner signe de vie. 



N. 13 . — Au cours de la publication du Vocabulaire, 3oo mots 
environ ont été ajoutés aux 6.3oo annoncés dans I'Introduction, soit 
6.600 mots en chiffres ronds ; quant aux exemples, le nombre en a été 
doublé et s'élève à plus de 2.400. 



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— 217 — 



ETUDE SUR LES VERBES WALLONS 

(Dialecte Qlvetois) 



Le Givetois est parlé non seulement dans le canton de Givet, 
mais aussi dans plusieurs localités belges voisines de notre frontière ; 
il se divise en deux sous-dialectes : ceux d'oyi et d'ayt, qui tirent 
leur nom de la manière dont Fad verbe d'affirmation oui est prononcé 
par les habitants. Ces deux parlers diffèrent non seulement dans 
certains noms, mais surtout dans les verbes. Ceux-ci se terminent 
en è, é, i, ou e ; la finale é s'emploie surtout à Vireux. On peut 
diviser ces verbes en deux classes : la conjugaison faible qui 
comprend les verbes en è, é, t, dont le radical est stable ; et la 
conjugaison forte, renfermant les verbes terminés en e, parfois en t, 
qui subissent des modifications de radical. 

Comme tous les verbes ont les mômes terminaisons à tous les 
temps simples, un seul exemple de conjugaison suffira pour les deux 
catégories (V. verbe route). 

Mais auparavant il convient de donner les principales formes 
des verbes auxiliaires awè, avoir, et yèsse, être. 



Sous-dialecte d'oyi 



Sous-dialecte d'ayi 



Verbe awè 



Indicatif présent 

S. dj'ai, Tas, il a, 
P. nos avons, vos avous, 
il ont ; j'ai, tu as, etc. 

Imparfait 

S. Dj'avès, t'avès, il avèt, 
P. Nos avés, vos avés, il avél ; 
j'avais, tu avais, etc. 

A Vireux, on dit : 
dj'avœs, t'avœs, il avœt. 
œ se prononçant comme le groupe 
œu dans le mot français œuf. 



S. (Comme ci-contre) 
P. Nos avans, vos avos, 
il ont. 



S. (Comme ci-contre). 

/\ Nos avins, vos avis, il avint. 



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- 218 - 

Pas de passé défini ni de passé antérieur ; ils sont remplacés 
par le suivant : 

Passé indéfini 

S..dj'ai yeu, l'as yeu, etc ; j'eus, 

j'ai eu, ou j'eus eu, etc. 
P. Nos avons yeu, etc. nous eûmes, 

nous avons'eu, etc. 



Plus-que-parfait 

S. Dj'avès yeu, t'avès yeu, il 

avèt yeu (1). 
P. Nos avés yeu, vos avés yeu, 

il avét yeu J'avais eu, etc. 

A Vieeux : 

dj'arœs yeu, l'avœs yeu, etc. 

Futur simple 

S. Dj'auré, l'aurès, il aurèt. 
P. Nos aurons, vos aurous, il 
auront ; j'aurai, tu auras, etc. 

Futur antérieur 

S. Dj'auré yeu, j'aurais eu. 
P. Nos aurons yeu, etc. 

Conditionnel présent 

S. Dj'aurès, t'aurès, il aurôt (I). 
P. Nos aurés, vos aurés, il aurèt, 
j'aurais, tu aurais, etc. 

Conditionnel passé 

Il suffit d'ajouter le participe 
passé yeu au temps précédent ; 
dj'aurès yeu, j'aurais ou j'eusse 
eu, etc. 

Impératif 

S. Euche, aie, etc. 
P. Euchons, euchous. 

Subjonctif présent ou futur 

S. Qui dj'euche ou qui dj'oye, 
que j'aie ; qui t'euches ou qui 
l'oyes ; qu'il euclie ou qu'il oye. 

P. Qui nos euchonches, 
Qui vos euchouches, 
Qu'il euchonchent. 



S. (Comme ci-contre). 

P. Nos avans yeu, vos avos yeu, 
il ont yeu. 

S, (Comme ci-contre). 

P. Nosavins yeu, vos avis yeu, 
il avint veu. 



Dj'auré, t'auras, il aura. 
Nos aurans, vos auros, il 
auront. 



S. 



Dj'auré yeu, j'aurai eu, 
Nos aurans yeu, etc. 



Dj'aurès, l'aurès, il aurèt, 
Nos aurins, vos au ris, il aurint. 



S 
P. 



Euche ou oye. 
Euchons, eïichos. 



S. (Comme ci-contre). 



P. Qui nos euchanches ou oyan- 
ches, qui vos euchoch s ou 
ovoches, qu'il euchonchent ou 
oyonchent. 



;1) A Vireux : dj' avœs yeu, etc. ; dj'aurœs, etc. 



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— 219 - 

Imparfait 

S. (Comme le précédent). S. (Comme le pr. du Subj.) 

I\ Qui nos euchéches, P. Qui nous euchinches ou oyin- 

Que nous eussions. ches, qui vos euchîches, qu'il 

Qui vos euchéches, euchinchent. 

Qu'il euchéchent. 

Passé et Plus-que-Parfait sont formés, le premier du présent 
du subjonctif, le second de l'imparfait du même mode, auxquels on 
ajoute le participe passé yeu ; qui dj'euche yeu, que j'aie eu, etc. 

Infinitif prisent : awè, avoir ; 
Infinitif passé: awè yeu, avoir eu ; 
Participe présent : euchant ou oyant, ayant ; 
Participe passé: yeu, eu. 



Verbe Yèsse, être 



Sous-dialecte d'oyi 

Indicatif présent 

S. Djisùs, t'es, il est, je suis, etc. 
P. Nos astons, vos astous, i sont. 

Imparfait 

S. Dj'astès, j'étais, etc. 

t'astès, il astèt. 
P. Nos astés, vos astés, il astét. 
A Vireux ; dj'aslœs, etc. 

(Voir le v. awè). 

Futur simple 

S. Dji srô, ti srès, i srèt, 

je serai, etc. 
P. Nos srons, vos srous, i sront. 

Passé indéfini 



S. Dj'ai 

t'as 

il a 
P. Nos avos 

vos avous 

il ont 



sti, 
j'ai été 



sti 



Passé antérieur (surcomposé) 
sti 



S. Dj'ai yeu ) 
t'as yeu [ 
il a yeu ) 
j'ai eu été, etc 



Sous-dialtcte d'ayi 



S. (Comme çi-contre). 

P. Nos astans, vos astos, i sont. 



S. (Comme ci-contre). 

P. Nos aslins, vos astis, il astint. 



5. Dji srô, ti sras, i sra. 

P. Nos srans, vos sros, i sront 

S. (Comme ci-contre). 



P. Nos avans 
vos avos 
il ont 



sti 



S. (Comme ci-contre). 



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— 220 



Nos avons yeu j 
vos a vous yeu [ 
il ont yeu " ) 



stî 



Plus-que-parfait 

S. Dj'avès sti, etc., j'avais été. 
P. Nos avés ) 

vos avés [ stî 

il avét ) 

Plus-que-parfait (surcomposé) 

S. Dj'avès yeu sti, etc. 

J'avais eu été. 
P. Nos avés yeu sti, etc. 
A Vireux : dj'avœs stî et dj'avœs 

yeu stî. 

Futur antérieur 

S. Dj'aurô sti, j'aurai été. 
(Voir le futur simple) 

Futur antérieur (surcomposé) 

(peu usité) 

S. Dj'aurô yeu sti, j'aurai eu été, etc. 
P. Nos aurons yeu sti, etc. 

Conditionnel présent 

S. Dji srès, ti srès, i srèt;je 

serais, etc. 
P. Nos srés, vos srés, i srét. 
A Vireux : dji srœs, etc. 

Conditionnel passé 

S. Dj'aurès ) 

l'aurès sti 

il aurél ) 

j'aurais ou j'eusse été 

P. Nos aurés \ 

vos aurés j stî 

il aurét ) 

A Vireux : dj'aurœs sti, etc. 
Le même (surcomposé) 



P. Nos avans yeu i 
vos a vos yeu ' 
il ont yeu 



\ 



sti 



S. (Comme ci-contre) 
P. Nos a vins 

vos avis 

il avint 






stî 



S. (Comme ci-contre). 
P. Nos a vins yeu sti, etc. 



(Voir le futur simple). 



S. Dj'aurô yeu stî, etc. 
P. Nos auràns yeu sti, etc. 



(Comme ci-contre). 
P Nos srins, vos srîs, i siïnt. 



(Comme ci-contre). 



P. Nos aurins 
vos au ris 
il aurint 



sti 



S. Dj'aurès yeu stî, j'aurais eu 

été, etc. 
P. Nos aurés yeu sti, etc. 



S. (Comme ci-contre». 
P. Nos aurins yeu stî, etc. 

Impératif. Inusité ; on le remplace par certaines tournures de 
phrases comme : waite di yèsse, tâche d'être ; euchos sogne di, ayez 
soin de, etc. 



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— 2*1 — 



Subjonctif présent ou futur 

S. Qui dji fuche ou soye, que je 

sois, elc. 

qui te fuches ou soyes 

qu'i fuche ou soye." 
P. Qui nos fuchonches ou soy- 

onches, qui vos fuchouches ou 

soyouches. qu'i fuchonchent 

ou soyonchent. 

Imparfait 

S. (Gomme le précédent). 

P. Qui nos fuchèches, que nous 

fussions, 

qui vos fuchîches, 

qu'i fuchéchent. 



S. Comme ci-contre) 



P. Qui nos fuchanches ou soy- 
anches, 

qui vos fuchoches ousoyoches, 
qu'i fuchonchenUo soyonchent. 



S. (Comme le précédent). 

P. qui nos fuchinches ou soyin- 
ches, 

qui vos fucbiches, 
qu'i fuchinchent. 

Passé. Est formé du présent du subjonctif de l'auxiliaire awé et 
du participe passé sitî. 

Qui dj'euche ou oye sitî, que j'aie été. 

Ptus-que-parfait. Se conjugue avec l'imparfait du subjonctif du 
même auxiliaire auquel on ajoute le participe passé sitî: qui nos 
fuchonches sitî, que nous eussions été. 

Infinitif présent : yèsse, être. 

Infinitif passé : awé stî, avoir été. 

Participe présent. Inusité ; est remplacé par demeurant, se tenant\ 
étant tranquille se dit : en dmérant tranquille. 

Participe passé. Stî, ou sitî (après une syllabe muette), été. 

Verbe route, marcher 

Infinitif passé : awé routé, avoir marché ; 

Participe présent : routant, marchant; participe passé : roulé (i) 
marché. 



Sous-dialecte d'oyi 


Sous-dialecte d'ayi 


Indicatif présent 




S. rout 
P. rout 


!• e 

> es 
) e 
j ons 
j ous 
) onl 


S. (Comme ci-contre). 

P. rout ) ans 
> os 
) ont 


■;i) A Vireux 


roulé. 





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- 222 



Imparfait 



S. rout 



rout ) 

es 
) et 

Futur simple 



es, ces (2) 
es, œs, (2) 
et, œt (2) 
es 



S. (Comme ci-contre) 



S. routr 



P. routi 



es 

es 

et 

oos 

ous 

ont 



P. rout 



S. routr 



P. routr 



ins 

îs 

int 



ô 

as 

a 

ans 

os 

ont 



Les temps composés sont formés de l'auxiliaire avoir et du par. 
tîcipe passé routé. 



Conditionnel présent 
S. routr 



P. routr 



es, œs (2) 
es, œs (2) 
et, œt (2) 
es 



rout 



et 
Impératif 

e 

ons 
ous 



S. routr 



P. routr 



rout 



es 

es 

et 

ins 

îs 

int 



e 
ans 

os 



Subjonctif présen t 
S. rout 



P. roui 



i 



6 

es 

e 

onches 

onches 

onchent 



S. (Comme ci-contre). 



P. rout 



anches 

oches 

onchent 



S. (Comme le précédent) 

P. rout \ inches 
îches 
inchent 



Imparfait 

S. (Comme le précédent) 

P. rout ) éches 
[ iches 
) échent 

Remarque. -- 1. Le subjonctif est parfois remplacé par d'autres 
formes ; ainsi cette phrase : ils auraient voulu que nous partissions, 
sp dit : il nnrét vin nos vèye paurti, c'est-à-dire : nous voir partir. 

s 2) Terminaisons usilées dans lu môme localité. 



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— 2^3 — 

II. Le soufr-dialecte d'ayi emploie le pronom personnel dji (je), 
pour le pluriel nos (nous) : i faut qu 1 dfenn alanchcs dimuain aux 
noces, il faut que nous allions demain à la noce. 

4° La plupart des verbes en è (1) ou en é (2) se conjuguent 
comme route ; ainsi qu'on Ta vu, le participe passé masculin est 
semblable à l'infinitif: roulé, excepté à Vireux où Ton prononce t. aux 
deux temps ; quant au participe passé féminin, il se termine partout 
en éye : ex. : chape (l), chape (2) sauvée ; chape (1), chape (2) ; cha- 
pèye, sauvée (1) i2). 

Certains verbes comme couviè, couvrir, et ses composés, discouviè, 
découvrir; ascouviè, couvrir avec soin; rascoutiè, recouvrir; adouvié, 
entr'ouvrir, douviè, ouvrir, perdent l't du radical au singulier du 
présent de l'indicatif : dji couve, dji douve ; au futur simple : dji 
douvrê ; au conditionnel présent : df adouvrès, ainsi qu'à la 2* per- 
sonne du singulier de l'impératif : adouve, et aux trois personnes du 
singulier du présent du subjonctif: qui dj'adouve, qui l'adouves, qu'il 
adouve. 

2° Les verbes suivants, terminés à l'infinitif présent et au parti- 
cipe passé masculin en t, ont le participe passé féminin en îye\ agni, 
mordre, agniye, mordue. 

Les autres temps se conjuguent comme route .dj'agne, je mords ; 
dj'agnerê, je mordrai. 

Voici les verbes en question : 

Abachi, abaisser ; abiyi, habiller ; abrèssi, serrer dans ses bras ; 
acoutchi, accoucher ; acrotchi, accrocher ; adièrsi, atteindre le but 
visé: aflidji, affliger; afrvyi, frayer (un chemin) ; agadgi, engager ; 
ajmnlcAt, accoutrer ;a/t<7m, aligner; amantchi t emmancher; anonci, 
annoncer ; apauji, apaiser ; aployi, employer ; apougni, empoigner ; 
aradji, enrager ; aspêlchi, empêcher ; aspoyi, appuyer ; assatchi, 
tirer à soi avec les mains ; astaurdji, attarder ; astèrbutchi, trébu- 
cher ; atauchi, apostropher ; auspouyi, houspiller ; avanci, avancer; 
avoyi, envoyer ; boudji, bouger ; cabouchi, frapper avec bruit ; 
cabouyi, bossuer ; camoussi, se faufiler ; candji, changer ; caossi, 
cahoter ; carèssi, caresser ; cassi, renvoyer (une balle au jeu) ; cat- 
chi, cacher ; chwarchi, écorcher ; clinsi, incliner , coutayi, dépecer ; 
disbiji, hàler (bise) ; disbiyi, déshabiller; disbrouyi, débrouiller ; 
discandji, changer (de vêtements) ; disrindgi, déranger ; distouyi, 
démêler (fils, cordes) ; disiôrtiyi. dôtortiller ; dislougi, faire perdre 
la tête ; firgoui/i, tisonner ; /Wou finci, enlever le fumier d'une 
écurie,d'une étable(i ; fiyi (V),se fier ; /royt, frayer (poissons) ; gamjin, 

\\) Lim$U£C tl'oyi cL d\»\i. [It Vires. x. 



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— 224 - 

gagner ; godayi, godailler ; gouyni, cogner, heurter ; grabouyi, 
fouiller avec l'extrémité des doigts ; gritchi, grimper ; grûgi, écraser 
(du sel) ; fèrayi, gratter du pied (cheval) ; lachi, lâcher ; laissi, lais- 
ser ; lètchi, lécher; lodji, loger; londji, longer; /oyt, lier; margouyi, 
maltraiter ; mèsbridji, écraser ; mindji et mougni, manger ; moussi, 
introduire ; nauchi, farfouiller ; nèyi, noyer, payi, payer ; pici, pin- 
cer ; pougni, poigner dans ; pryi y prier ; ragaiji, rengager ; ragvji, 
aiguiser ; rapauji. apaiser ; rapticki, rapetisser ; rarindji, arranger 
de nouveau ; rassatchi, attirer de nouveau à soi ; rauyi, arracher 
du sol ; ravèyi, réveiller ; rèdji, cribler (blé, etc.) ; satcki, tirer quel- 
qu'un ou quelque chose ; sayi, essayer, goûter ; sclauchi, tomber en 
jets abondants ; sondji, songer ; soyi, scier; spiyi, briser en miettes ; 
stitchi, insérer, introduire ; strilcki, jaillir.; vindji, venger. 

3° Verbes en é, é, t, qui perdent IV qui précède la syllabe finale 
de l'infinitif au singulier du présent de l'indicatif et du subjonctif, 
ainsi qu'au futur simple et au conditionnel présent. 

Ex. : apwartè, apporter. 



ÏHDICAT1F PRÉSENT 



FUTUR SIMPLE 



apwat 


/-es 
r* 


t' apwat 


il apwat 


n. 
apwart 


j-US (3) 


V. 

apwart 


j-o»s(M(») 


il 
apwart 


)-0Dt 



dr h* 

apwat >(')(*) ( 3 ) 
)-rès (*) 

f apwat -ris ( 2 ) 
)-ras (*; 

)-rèt (M 
il apwat -ra (3) 

J-rœt (*) 



n. 
apwatr 

V. 

apwatr 

il 
apwatr 



HDS t 1 ) 
H"S (3) 

-ous ( ! ) 

-OS (3) 
l-ODt 



SUBJONCTIF 

PRÉSERT OD FUTUR 




q.ï. 
apwart 

q. i vos 
apwart 



-oncles 
-ODchent 

< 4 XW) 



PARTICIPE PASSE 



apwarte, 
apwartéya (W) 



(t) Langage il'oyi. (î) Vireux. ;3) Langage d'ayi. 



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— 225 — 



Ainsi se conjuguent 



1° Verbes en è, é, : abivardè, aborder ; acwardè, accorder ; 
acwarnè, encorner ; cuarnè, corner ; disbuardè, déborder; rapwartè, 
rapporter ; scwarnè, écorner ; supwartè, supporter. 

2 U Verbes en i : adwarmi, endormir ; ajourtchi, enfourcher; 
afivarci, rendre le plus fort; astaurdji, retarder; fwardji, forger; 
paurti, partir ; paurti, partager ; radwarmi, rendormir; richourbi, 
essuyer ; rifwardji, forger de nouveau ; sièrvi, servir ; sorti, sortir ; 
spaurgni, épargner ; stwartchi, tordre. 

3° Verbes en è et en é qui intercalent un e muet devant la syl- 
labe finale quand celle-ci est muette. 

Ex : cûjnè, cuisiner. 



INDICATIF PRÉSENT 



djicûjènj-e 
ti oûjèn /-es 
icûjèn U 

V)(*h 3 ) 



cûjn 



ioûjn 



-os (3) 
-ont 

«W*W3 



FUTUR SIMPLE 



S-*rë 
(')(*) ( 3 ) 

)-«4i(«) 
ti oûjèn -eris( 3 } 



■erèt (*) 
Icûjèn }-tris( 3 ) 
Mrat (*) 



-eroDs 



n.cûjèn; (*)(*) 
,-«ran$( 3 ) 

)-eron5 
v. cûjèn («)(«, 
)-eros (3) 

lieront 



icûjèn 



(W) 



SUBJONCTIF 

PRÉSENT OD FUTUR 



q.dji 
cûjèn 

q ti 
cûjèn 

q. i 
cûjnèn 

q. nos 
cûjn 

q. vos 
cûjn 

q. i eûjn 



r 

c 

(W) 

)-oncbcs 

OX*) 
J-ancbesC 3 ) 

)-oochfS 

)-oebes ( 3 ) 
(-oneheot 
k'XWD 



PARTICIPE PASSÉ 



cûjnè 



Verbes qui se conjuguent sur ce modèle : 

Abèrtaklé, entasser, arranger bizarrement ; ablouknè, boucler ; 
aboutnè, boutonner un vêtement ; abrauylè, accoutrer ; acouplè, 
accoupler ; adoglè, enduire ; alvè, s'envoler (oiseau) ; amaurlè, faire 

\\) Langage cToyi. (2) Vireux. ^3) Langage d'ayi. 



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- 226 — 

du givre ; arauwlè, tirer à soi avec les bras, légumes, fruits en tas (4) ; 
atd'janblè, enjamber ; atijné, rassembler les tisons ; boutnè, produire 
des boutons (plantes) ; kalctè, caqueter ; cèfc/è, cercler ; mèchnè^ 
glaner ; rachtè, racheter ; sautlè, sauter ; sautlè, saillir ; spouslè, 
épousseter. 

5° Verbes terminés en yi à l'infinitif et intercalant un t devant 
Yy suivi d'une syllabe muette. 

Ex : manuyi, miauler. 



INDICATIF PRÉSERT 



d|1 «• 
ntanw * ' 

ti manw >-i; 

imanw Viye 



/r 



n.manw 



v. manw 



(*)(*)( 3 ) 
-yons 

m 

-yans (3) 



I manw iiûi^ik 



-yons 

< (MO 
fw( 
root 

)(*)( 3 



H 2 ) 

-yo« ( 3 ) 



FDTDR SIMPLE 



dji |4j«rt 

manw }(*)(*) ( 3 ) 
HyerèsO) 
/-iyeras 
ti manw [ ( 3 ) 
Viyeyœs 
) (*) 

(-jyen (3) 



i manw 



n. manw 



•ijerœt 



Hjerois 

( (' (*) 

(-ijerans 

1 l 3 ) 



-ijerans 
l 3 ) 

fiyeroos 
m 
ijeros 
( 3 ) 

S m. HM . H ï er0nt 

i manw 1(1)^(3) 



v. manw 



SUBJONCTIF 
PRÉSENT 00 FUTUR 



qui dji 
manw 

q.ti 
manw 

q. i 
manw 

q. n. 
manw 



q. v. 
manw 

q i 
manw 



rW 



-iy«s 






•lye 

(<)!*) i 3 ) 
Kjtidies 

f <w> 

l-judus 
' C 3 ) 
.-jonches 
' W) 

\-jirChes 

( 3 ) 
]• ynneheirt 



PARTICIPE PASSÉ 



manwyi 



Se conjuguent de la môme manière: atortiyi, envelopper; aupj/t, 
avaler difficilement ; capôtyi, malaxer, ôter la fraîcheur ; caukyi, 
crèteler (poule); dèfuyi, défier ; distinkyi, détendre ; djambyi, agiter 
les jambes ; fèmyi, produire de la fumée ; foryù tourner un corps 
pointu dans un trou ; froumyi, produire un fourmillement ; grawyi, 

[ Langage d'oyi. V, Yiretix. v 3) Lanyaj;c cTavi. 



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- 227 — 

gratter dans un trou, une cavité ; mèfyi (s 1 ), se méfier ; nètyi, net- 
toyer ; nêvyi, nager entre deux eaux ; pansyi, avaler goulûment ; 
pitriyi, piétiner de colère, de douleur ; pàcyi, serrer entre le pouce 
et l'index; rasconpyi, recroqueviller; ratôrtyi, envelopper soigneu- 
sement; ravàrtiyij rouler sur elle-même une étoffe ; rawyi, réveiller; 
reupyi, roter ; ricopyi, recopier ; ràkyi, râler ; ràtyi, dessécher 
(pomme); scafyi, écosser ; scrêfyi («'), sortir de l'enfance ; sokyi, som- 
meiller, spèpyi, éplucher, choisir ; tinlcyi. tendre (une corde, ; 
tchôdyi, être en rut ; tàdyi, travailler lentement, sans goût. 

6° Verbes en i dont le participe présent est ichant. 

La syllabe ieh se retrouve aux personnes plurielles du présent 
de l'indicatif, à toutes les personnes de l'imparfait du même mode, 
au pluriel de l'impératif et au présent du subjonctif tout entier. 

Ex : prusti, pétrir (le pain). 



IHDIMTIF PRÉSENT 



djiprust -is 
ti prust f-is 
i prust \-it 

1(1,(2,(3, 

-ich-oDs 
». pr..l / .'!» t 8 > 

) (3) 

.-ich-ons 

•••""•US? 

J (3) 



i prust 



■ifh-oit 
i( l )( , )J») 



IMPARFAIT 
ET PASSÉ DÉF1HI 



-ieh-ès 

1 ( s, 

fiches 
MW3) 
iehV 
( 2 ) 



i prust 



n. prust) 



v. prust' 



i prust 



SUBJOHCTIF 

PRÉSERT OU FUTUR 



qui dji 
prust 

quiti 
prust 

qu'i 
prust 



q nos 
prust 



q. v 
prust 



qu'i 
prust 



lick-e 



,-ich-es 

w« 

-ieh 
oDches 

( ( 4 )( a ) 
\-ich 

anchcsC 3 ) 

ich 
-ooches 

-icb oehes 
I CD' 
rieh 
-oDcbeot 

WX 3 ) 



i 



t 



PARTICIPE 



1° Présent : 
prust-ich-ant 

2» Passé : 
prusti 



(l) Langue d'oyi. (2) Vircux. (3) Langue d'ayi. 



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— 228 - 

Sur ce modèle se conjuguent : 

Adèri, endurcir ; adouci, adoucir ; agrandi, agrandir ; alaurdji, 
élargir ; anêdi, toucher les petits ou les œufs d'un nid ; arondi % 
arrondir; blanki, blanchir ; disdjèri, digérer ; dischandi, refroidir ; 
disimpliy désemplir ; disgrochï, dégrossir ; djèmi, gémir ; flani, 
flétrir; flori, fleurir ; fourni, fournir ; frèchi, humecter, mouiller ; 
grandi^ grandir ; grochi, grossir ; garni, garnir ; impli, emplir ; 
mdnni, salir ; meurt, mûrir ; wourfrt, meurtrir ; nwari, noircir ; 
pâli, pâlir ; pouri, pourrir ; racourci, raccourcir ; radjôni, rajeunir ; 
ragrandi, agrandir ; rasserci, repriser (une étoffe) ; rimpli, remplir; 
rondji, ronger ; roudji, rougir ; rwédi, ou rèdi, raidir ; saizi, saisir ; 
soufri, souffrir (participe passé : soufru). 

7° Verbes en e qui ont s, s, t pour terminaisons du singulier du 
présent de l'indicatif et dont le participe passé finit généralement en u, 

Ex : djonde, toucher. 



INDICATIF PRÉSEHT 



djidjon -s 
tidjon U 
i djon U 

(*)( 2 )i 3 ) 

>-ws(M( 2 ) 

l-MS (3) 

!-oos(M( 2 ) 

i-n (3) 

)-ont 
)(M( 2 )( 3 ) 



n. djend 
v. djond 
i djond 



IMPARFAIT 
ET PASSÉ DÉFINI 



•«-ET 



ti djond 
i djond 
n. djond 
v. djond 
i djond 



■*<*) 

4W) 

H* 6 

-fcCX 1 ) 

rtDS (3) 
,-és 0)(2) 
j-fs ( 3 ) 

-et (OC 2 ) 
-int (3) 



SUBJONCTIF 
PRÉSEHT 00 FDTDR 



q.dji 
djond 

q. « 



djond 

q nos 
djond 

q. vos 
djond 

q. i 
djond 



-e 



}-es 



-, -onehcs 

CX 2 ) 
J -uchcs( 3 ) 

-oickes 

(0( 2 ) 

-ockes ( 3 ) 

|-odie»t 
JOXtt» 



PARTICIPE PASSÉ 



djendu 



Ainsi se conjuguent ; 

Abaîe, abattre ; atinde, entendre; bâte, battre ; coude, cueillir, 
(lang. d'ayi); cwède (id.) (lang. d'oyi) ; dischinde, descendre ; disdjonde, 

,1) Langue d'oyi. (2) Vireux (3; Langue d'ayi. 



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{ 



— 229 — 

disjoindre; disfindt, défendre ; distinde, éteindre; distrure, détruire ; 
djonde, joindre ; /inde, fendre ; keude, coudre ; pinde, pendre ; 
plainde, plaindre ; prétinde, prétendre ; rascuède, recueillir ; ras- 
treinde, rétrécir ; rèsponde, répondre ; rislinde, repasser (du linge ); 
stinde, étendre. 

8° Verbes divers. 

(Se reporter au verbe tchantè, p. 12, et aux exemples précédents 
pour les terminaisons des verbes des trois sous-dialectes). 

Advèni, advenir. Ind. présent : iladoêl ; Imp. et passé défini : 

il adoènèt ; Futur simple : il advèrèt ; Gond, présent : il advèrèt ; 

Subj. présent ou futur : qu'il advègne ; Part, présent : advenant ; 
Part, passé : advenu. 

Aie, aller. Ind. présent: dji vas, ti vas, i va, nos alons, etc.; Imp. 
et passé défini : dj'alès, l'aies, etc. ; Futur simp'e : dj'irê, t'irès, etc ; 
Cond. présent: dj'iws, etc. (1); Subj. présent ou fulur : qui dji vaye, 
qui li vayes, qu\ raye, qui nos alonches, etc.; Part, présent : alant \ 
Part, passé : inusité, il est remplacé par voye et èvôye. 

Assir(s'), asseoir (s'). Ind. présent: dji m f assis, ti t'assis, i s'assit, 
nos nos assyons, vos vos assyous, i s'assyont ; Imp. et passé défini : 
dji m'axsyès, ti l'assyès, nos nos assyès, etc. ; Futur simple : dji m'as- 
s\rê, noe nos attirons, etc. Cond. présent ; dji m'assirès, nos nos 
anshés : Impératif : assites-tu. assyons-nous, assyous-vous, qui s'as- 
syonchent ; Subj. présent ou futur : qui dji m'assite, qui ti Vassites, 
qu't s'assite, qui nos nos assyonches, etc. ; Part, présent : s'assyant ; 
Participe passé remplacé par l'infinitif passé : s'awè assi. 

Astchèye, tomber, échoir. Ind. présent : çà astchêt ; Imp. et 
passé défini : çà aslchèyèt; fulur simple : çà aslchêrêt; cond. présent: 
id. : Subj. présent ou futur : qui çà astchèye ; part, passé : astcheu. 

Atèrtènù entretenir. Ind présent: dj'atèrtés, t'atèrtès y il atèrtét, 
nos atèrtènions, vos atèrtènous, il atèrtènont ; Imp. et passé défini : 
dj'atèriènh, etc. ; futur simple : dfatèrièrê, Catèrièrès, etc. ; Cond. 
présent : dj'atèrlirês, t'atèrtérès, etc. ; Impératif: atèrtés, etc. ; Subj. 
présent ou futur : qw dj'atèrtfgne, qui Catèrtègne, qu il atèrtègne, 
qui nos alerténonches, etc ; Part, présent : atèrtènant ; part, passé : 
alèrtènu, atèrtènûwe. 



(1) Le conditionnel présent a les mêmes terminaisons que l'imparfait de 
l'indicatif. 



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— 230 — 

Bour, bouillir. Indicatif présent : dji bous, ti bous, tibous, etc., 
nos boulons, etc. ; Imp. et passé simple : dji boules, ti boules, ti boules, 
etc. ; Futur simple : dji bourê, ti bourès, etc. ; Cond. présent : dji 
bourès, etc. ; Impératif : bous, boulons, boulous ; Subj. présent ou 
futur : qui dji boule, qui ti boules, etc. ; Infinitif passé : awè boulu ; 
Part, présent : boulant ; Part, passé : boulu ; boulûwe. 

Cabour (v. bout). 

Chûre, suivre. Ind. présent : dji chus, ti chus, nos chuyons, etc. 
Imp. et passé défini ; dji chuyès, ti chuyès, etc. ; futur simple ; dji 
chûrê, ti chûres, etc. ; Cond. présent : dji chûrès, ti chûrés, etc. ; 
Impératif : chus, chuyons, chuynus ; Subj. présent ou futur : qu 
chuye, qui ti chuyès, etc. Inf. passé : awèdjichà ; Part, présent : chuy- 
ant ; Part, passé : chû, astan tchû ou chûwe 

Conèche, connaître. Ind. présent : dji conès, ti conès, i cônèt, 
nos conechons, etc. ; Imp. et passé défini : dji conechès, ti conechès, 
nos conechès, etc. ; Futur simple : dji conirt, ti conirès, etc. ; Cond. 
présent : dji conirès, ti conirès, etc. ; Impératif : conès, conechons. 
conechous ; Subj. présent ou futur : qui dji conèche, qui ti conechès, 
qui nos conechonches, etc. ; Infinitif passé ; awè conu ; paiticipe 
présent : conechant ; part, passé : conu, conûwe. 

Conuche, connaître (lang. d'ayi). Indicatif présent : dji conus, 
nos conuchons, cas conuchos, etc. Imp. et passé défini ; dli conuchès, 
etc. ; Futur simple : dji conurê, etc. ; Cond. présent : dji conurès, 
etc : Impératif: conus, conuchons, conuchos; Subj. présent ou futur : 
qui dji conuche, etc. ; Infinitif passé : awè conu ; part, présent : 
conuchant \ part, passé : conu, conûwe. 

Coudûre, conduire. lad. présent : dji coudus, nos coudûjons, 
etc. ; Imp. et passé simple : dji coudàjès, etc. ; Futur simple : dji 
coudûrê, etc. ; Cond. présent : dji coudurès, etc. ; Impératif : coudûs, 
coudûjons, coudûjous : Subj. présent ou futur : qui dji coudûje, qui 
nos coudûjonchcs, etc. : Part, présent : coudûjant ; Part, passé : 
coudû (Ce verbe est déjà vieux ; on le remplace aujourd'hui par le 
verbe niwinnè, mener). 

Coutwade, tortiller. Ind. présent : dji coutwars, ti coutwars, nos 
coutwardons, etc ; Imp. et passé défiai : dji coutwardès, etc; Futur: 
dji coutwadvè, li coût ivadrès, etc. Cond. présent : dji coutwadrès, etc. 
Impératif: coutwars, coutwardons, coulwardous ; Subj. présent ou 
futur : qui dji coutwade, qui nos coulwar douches, etc. Part, présent : 
coutwardant ; Part, passé : coutwardu. 



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- 231 - 

Crèche, croître. Ind. présent : dji cria, ticrés, icrét, nos crèchons, 
t?o<? crèchous, i crèchont ; Imp. et passé simple : (régulier) ; Futur 
simple : dji crérè, ti crérès, i crérèt, nos crérons, vos crérous, i cré- 
ront ; Cond. présent : dji crérès, ti nrérès, etc. ; Impératif : crés, 
crèchons, crèchous ; Subj. présent ou futur : qui dji crèche, qui ti 
crèches, etc. ; Part, présent : crèchant ; Part, passé : crèchu. 

Crére, croître. Se conjugue comme le précédent. 

Crère, croire. Ind. présent : dji crès, ti crès, i crèt, nos croyons, 
etc. (Langue d'oyi) ; dji crwès, ti crwès, i crwèt, nos crwèyons, etc. 
(langue d'ayi) ; dji crœs, ti crœs, i crœt, nos crœyons, etc. (Vireux). 
Imp. et passé défini : dji crèyès, etc., dji crwèyès, etc., dji crèyœs, etc. ; 
Futur simple : dji cHrè, etc. (régulier) ; Cond. présent : dji crèrès, 
etc. ("régulier) ; Impératif : crès, crèyons, crèyous (lang. d'oyi) ; crwès, 
crwèyons, crwèyous (lang. d'ayi) ; crœs, crœyons, crœyous (Vireux) \ 
Subj. présent ou futur : qui dji crèye, qui dji crwèye, qui dji croye, 
etc. ; Part, présent : crèyant,crwhjant, crœyant ;,Part. passé : cru. 

Cure, cuire. Ind. présent : dji eus, ti eus, i eût, nos câjons, vos 
cûjous, i cûjont ; Imp. et passé défini : dji cûjès, etc. ; Futur simple : 
dji cûrê, etc. ; Cond. présent : dji cûrès, etc. ; Impératif: eus, cûjons, 
cûjous ; Subj. présent ou futur : qui dji cûje, qui ti cûjes, etc. ; Part, 
présent : câjant ; Part, passé : eût, cûte. 

Dire, dire. Ind. présent : dji dis, ti dis, i dit, nos djons, vos 
djous, i djont ; Imp. et passé défini : dji djès, ti djès, etc. ; Futur 
simple ; dji dire, ti dires, etc. ; Impératif : dis, djons, ou dijons, 
djous ou dijous ; Subj. présent ou futur : qui dji dije, qui ti dijes, 
etc. ; Part, présent : djant ou dijant ; Part, passé : dit. 

Distrûre, détruire. (Se conjugue comme cure). 

Fè ou fé, faire. Ind. présent : dji fais, ti lais, i fait, nos fyona, 
vos fyous, i fyont ; Imp. et passé défini : dji fyès, ti fyès, etc. ; 
Futur simple : dji frê, ti frès, etc. ; Cond. présent : dji frès, ti frès-t 
etc. ; Impératif: fais, fyons, fyous ; Subj. présent ou futur : qui 
dji fèye, qui ti fèyes, quH fèye, qui nos fyonches, qui vos fyouches, 
qui fyonchent. 

Mète, mettre, régulier, fait, au part. passé féminin: mîje; métu, 
metuwe, sont vieux. 

Minii, mentir. Ind. présent : dji mins, ti mins, i mint, i mint, 
nos mintons, etc. ; Imp. et passé défini : dji minlès, ti mintès, etc. ; 
Futur simple : dji mintirê, etc. ; Cond. présent : dji mintirès, etc. ; 



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— 232 — 

Impératif : mins, mintons, mintous ; Subj. présent ou futur : qui dji 
minte, etc. ; Part, présent : mintant ; Part, passé : minli. 

Afori, mourir. Ind. présent : dji mors, ti mors, i mort, nos mo~ 
rons, vos morous, i moront; Imp. et passé défini : dji morès, li morès, 
etc. ; Futur simple : dji morrê ou môrrê, ti morrès, etc. ; Cond. 
présent : dji morrès ou môrrès, etc. ; Impératif : mors, morons, mo- 
rous ; Subj. présent ou futur : qui dji more, etc. ; Part, présent : 
morant ; Part, passé : mwart, mwate {mate, k Vireux). 

Oyi, entendre. Ind. présent : dfôs, Vos, il ôt, nos oyons, etc. ; 
Imp. et passé défini : rfj'oyè*, t'oyès, etc. ; Futur simple : d\'ôrê, 
t'ôrès, etc. Cond. présent : d'yôrès, t'ôrès, etc. ; Subj. présent ou 
futur : qui d'foye, qui Voyes, etc. ; Part, présent : oyant ; part, pas- 
sé : oyu. 

Parvèni, parvenir. Ind. présent ; dji partes, ti parvés (lang. 
d'oyi) ; dji parvins, ti parvins, etc. (lang. d'ayi) nos parvenons, etc. ; 
Imp et passé défini : dji parvènès, etc. ; Futur simple : dji parvM, 
etc. ; Cond. présent : dji parvêrès, etc ; Impératif ; partes ou par- 
vins, parvenons, parvenons ; Subj. présent ou futur : qui djy parvè- 
gne, qui li parvègnes, qu y i parvègne, qui nos parvènonches, etc. ; 
Pari, présent : parvenant ; Part, passé : parvenu, parvènûwe. 

Maire, plaire. Ind. présent : dji plais, ti plais, i plait, nos plai- 
dons, vos plaijous,i plaijont ; Imp. et passé défini : dji plaijès, ti 
plaijès, etc, Futur simple: dji plaire, etc. ; Cond. présent: dji plairès, 
etc. ; Impératif : plais^ plaijons, plaijous ; Subj. présent ou futur : 
qui dji plaije, qui nos plaijonches, etc. ; Part, présent : plaijant : 
Part, passé : plai. 

Pli, pouvoir. Ind. présent : dji pès (1), dji pœs (2) dji pus (3), 
dji pous (A) ; ti pès (1) ti pœs (2), ti pus (3), ti pous (4) ; i pèt (1), 
i pœl (2), i put (3), i pont (4) ; nos pions, vos plous, i plont ; Imp. et 
passé défini : dji plès, ti plès, etc. ; Futur simple : dji pore, ti pores, 
etc ; Cond. présent: dji pores, ti pôrès, etc. ; Subj. présent ou futur: 
inusité au singulier ; qui nos plonches, qui vos plouchcs, qu r i plan- 
chent ; pas de part, présent ; part, passé : plu ou pu. 

Plour, pleuvoir. Ind. présent : i plout ; Imp. et passé défini ; 
i plouvèt, etc. ; Futur simple et conditionnel présent : (régulier) ; 
Subj. présent ou futur : qui plouve ; pas de participe présent ; par- 
ticipe passé : pieu. 

(1) Langue d'oyi. (2) Vireux (3) Langue d'ayi (4) Foisches. 



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- 233 - 

Potin, pondre. Ind. présent : dji pons, nos portons, vos ponous, 
elles ponont ; Imp. et passé défini : dji ponès, ti ponès, etc. Futur 
simple : dji ponri, etc. ; Cond. présent dji ponrès, etc. ; Impératif : 
pons, po nons, ponous ; Subj. présent ou futur : qui dji pone, qui ti 
pones, qui nos pononehes, etc. ^. Part, présent : ponant ; Part, passé : 
pont*. 

Ratni, retenir (V. tèni). 

Rieonèche, reconnaître. (V. conèché). 

Rieonuehe, id (V. eonuehe). 

Riscrire, écrire de nouveau (V. scrire). 

Rispaude, répondre une seconde fois (V. spaude). 

Rissinte, sentir derechef (V. Sinte). 

Ritchèye, retomber (V. tchèyt). 

Sawi, savoir. Ind. présent : dji ses, ti ses, i sèt, nos savons, 
etc. ; imp. et passé défini : dji savès, ti savès, etc. ; fut. simple : dji 
sauri, ti saurès, etc. ; cond. présent : dji saurès, ti taures, etc. ; 
impératif : seucke, seuchons, seuchons ; subj. présent ou futur : qui 
dji scuche, qui ti seuehes, etc. ; participe présent : seuehant ; part, 
passé : seu. 

Scrire, écrire. Ind. présent : dji seris, ti scris, iscrit, nosscrijons, 
etc. (V. cure) ; pari, présent : scrtjant ; part, passé : scrit, scrlte. 

Sinte, sentir, palper. Ind. présent : dji sins, ti sins, i sint, nos 
sintons, etc. ; imp. et passé défini : dji sintès, ti sintès, etc. ; futur 
simple : dji sintri, ti sintrès, etc. ; cond. présent : dji sintrès, ti 
sintrès, etc. ; impératif : sins, sintons, sintous ; subj. présent ou 
futur : qui dji sinte, qui ti sintès, etc. ; part, présent : sintant; part, 
passé : sintu, sintûwe. 

Spaude, répandre. Ind. présent : dji spaurs, ti spaurs, i spaurt, 
nos spaudons, vos spaudous, i spaurdont, etc. (V. eoutwade). 

Stwade, tordre. Ind. présent: dji stwars, ti stwars,i stirart, nos 
stwardons, etc. (Y. eoutwade). 

Taire (s'), se taire. Ind. présent : dji m'tais, ti t'tais, i s'tait, 
nos nos taijons, vos vos taijous, i s'taijont ; imparfait et passé défini : 
d)i m'taijès, ti t'taijès, etc. (Y. cure) ; part, passé : tai. 



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— 234 - 

Tchéye, tomber. Ind. présent: dji tchês, titchès,... nostchèyons, 
etc. ; imp. et passé défini : dji tchèyès, ti tchèyès, etc. ; futur simple : 
dji tchêrê, ti tchêrès, etc. ; conditionnel présent : dji tchêrès, ti 
tchêrès, etc. ; impératif : tchês, tchèyons, tchèyous ; subj. présent ou 
futur : qui dji tchèye, qui ti tchèyès,... qui nos tchèyonchts, etc. ; 
part, présent : tchèyant ; participe passé : tcheu, tcheute. 

Téni ou tni, tenir. Ind. présent : dji tés ou tins (3), ti tés ou ti 
tins, i tét ou tint (3), nos tnons, vos tnous, i tnont ; imp. et passé 
défini : djx tnès, ti tnès, t tnèt, nos tnis, vos tnis, i tnét ; futur simple : 
dji têrè ou tinrê (3), ti têrès ou tinrès (3), i têrèt ou tinrèt (3), etc. ; 
conditionnel présent : dji têrès, ti têrès, i têrèt, etc. ; impératif : tes 
ou tins (3), tènons 9 tènous ; subj. présent ou futur : qui dji tègne, qui 
ti tègnes, quH tègne, qui nos tnonches, etc. ; part, présent : tenant ; 
part, passé : tnu, tnûwe. 

Vali, valoir. Ind. présent : dji vau, ti mus, i vaut, nos valons, 
etc. ; imp. et passé défini : dji valès, ti valès, etc. ; fut. simple : dji 
vaurê, ti taures, i vaurèt, elc. ; conditionnel présent : dji vaurès, ti 
vaurès, etc. ; pas d'impératif ; subj. présent ou futur : qui dji vaye, 
qui ti vayes, qu*i vaye, qui nos valonches, qui vos valouches, etc. ; 
part, présent : valant ; part, passé : valu. 

Vlï, vouloir. Ind. présent : dji vès (1), vœs (2), vus (3), vous (t), 
ti vis (1), va&s (2), vus (3), vous (4) ; t vèt (1), vœt (2), vut (3J, 
vout (4) ; nos vlons, vos vlous, ijolont ; imp. et passé défini : dji vlès, 
ti vlès, etc. ; futur simple : dji vôrê, ti vôrès, etc. ; conditionnel 
présent : dji vôrès, ti vôrès, etc. ; impératif ; vès (1), vœs (2), vus (3), 
vous (4) ; vlons, vlous ; subj. présent ou futur : qui dji vèye, qui ti 
vèye, qui vèye, qui nos vlonches, qui vos vlouches, etc. ; par*, présent : 
vlant ; part, passé : vlu. 

Vni, ou vèni, venir. Ind. présent : dji vès ou vins (3), ti vis ou 
vins (3), i vêt ou vint (3), nos vnons, vos cnous ou vnos (3), i vnont ; 
imparfait : dji vnès (1) (3) ou vnœs (2), etc. ; futur simple : dji vêrê, 
ti vêrès ou vêras (3), etc. ; cond. prés. : dji vêrès (t) (3) ou vêrœs (2), 
etc. ; Imp. : vis ou vins (3), vènous ou vnos (3) ; subj. présent ou futur : 
qui dji vègne, qui ti vègnes, etc. ; part, présent : vnanl ; part, passé : 
vnu, féminin : vnûice. 



FIN 



3) Lang. d'ayi ; (1) Lang. d'oyi ; (2) Vireux ; (4) Foîsches. 



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— 235 



ERRATA 



Page 





LIRE : 






V 


ligne 8 : assir 


au Heu de a$*tr« ; 


9, 


— 


13 : enlèv'minl 


— 


enlèv'minl ; 


10, 


— 


14 : c'èsst 


— 


c'essl ; 


10, 


— 


17 : sb,sc,sd,sp,st 


— 


sb, se, sp, st ; 


10, 


— 


27 : dji vas 


— 


dji va ; 


11, 


— 


32 : bèzace 


— 


besace ; 


11, 


— 


36 : s'coulapè 


— 


s'coulapè ; 


12, 


— 


3, 4, 5 : atèr, ter 


— 


ater, ter ; 


12, 


' — 


8 : méye nul 


— 


mèye nul ; 


12, 


— 


12 : scwarchi 


— 


scwarchi ; 


12, 


— 


14, 15 : 1er, tèrvudi 
lèrbutchi 


— 


ter, tervudi ; 
terbutchi ; 


12, 


— 


35 : èssl' 


— 


esst' ; 


14, 


— 


12 : dijènè 


— 


dijènè ; 


14, 


— 


29 : ces, œs, cet 


— 


œ, aw, cet ; 


15, 


— 


10 : d'jai Ichantè 


— 


chanté ; 


15, 


— 


12 : y eu l'chantè 


— 


chanté ; - 


15, 


— 


32 : ènn' alanches 


— 


enn' alanches ; 


15, 


— 


36 : nos perdes 


— 


perdes ; 


", 


— 


18 : Yèbe 


-— 


Hièbe ; 


18, 


— 


11 : qu'i seuye 


— 


qui seuye ; 


18, 


— 


23 : mwèja 


— 


mwéjà ; 


22, 


— 


20 : obère 


— 


aèbrè ; 


22, 


— 


20 : abituwè 


— 


abituwè ; 


23, 


— 


7 : ablouknè 


— 


ablouknè ; 


24, 


— 


4 : Colau 


— 


Calau ; 


24, 


— 


9 : grandmére 


— 


gramTmère ; 


25, 


— 


14 : acouplèminl 


— 


acouplèminl ; 


27, 


— 


3 : lafssi adiré 


— 


laissé adiré ; 


27, 


— 


28 ; continue 


— " 


continte ; 


31, 


— 


4 : s' sicape 


— 


s' cape ; 


42, 


— 


8 : aton' wè 


-r 


alouwè ; 


43, 


— 


28 : (aurDiyi),t>.înf. 


— 


v. trans. ; 


44, 


— 


10 : avalwar 


— 


avaloir ; 


56, 


— 


32 : bioke 


— 


bioke ; 


59, 


— 


5 : tchvaus 


— 


Ichfau ; 


101, 


— 


15 : (d\) après 


— 


devant une syllabe muette ; 


101, 


— 


20 : après 


— 


devant une syllabe sonore ; 


101, 


— 


38: Zta> 


— 


diè; 


103, 


— 


35 : disbwade 


— 


disbwarde ; 


107, 




28 : dismeublé 




dismeublè ; 

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— 236 — 



Page 110, ligoe 4 : ainumt — aiment ; 




- m, 


— 


6 : dizivè — dixivè ; 




— 113, 


— 


21 : ajouter à une Bohémienne ; 




- 116, 


— 


7 : on a ouvert au lieu de en a ; 




— 116, 


— 


35 : prêp. au lieu de prop. ; 




- 117, 


— 


5 : personne âgée — âgé ; 




- 124, 


— 


6 : Flamin — flamin ; 




— 129, 


— 


10 : flans — cwasses ; 




— 138, 


— 


1 : li rwè — li riwi ; 




— 167, 


— 


40 : matnè — matné ; 




— 169, 


— 


11 : mèchon — mèchnon ; 




- 170, 


— 


: (messe) basse messe, ajouter messe devant dont ; 


— 200, 


— 


16 : Jeu de cartes au lieu de Jeux ; 




— 200, 


— 


18 : pikète — pikèté ; 




— 207, 


— 


35 : au lieu de Loc. adv. lire : 


n. m. 


— 216, 


— 


6 : radoublè — radoublé ; 




— 216, 


— 


18 : raflalè — raflaté ; 




— 228, 


— 


17 : qu'i vègne — qu' vigne ; 




— 234, 


— 


10 : laissons —> laissez. 




— 270, 


— - 


tché — tehèsse — 


tchesse. 


- 270, 


— 


tchène — n.m. — 


n. f. 


— 271, 


— 


tchèye — tchèyet — 


tchèyèt 


— 273, 


— 


tchiyote — tchiyote — 


tchiote 


— 275, 


— 


tène — mince — 


minœ 


— 275, 


— 


tène (li) — s'emploie — 


s'emploit 


— 278, 


— 


ton'war — choàtous — 


choulous 


— 279, 


— 


tournyeu — tourniyeu — 


tournyeu 


- 282, 


— 


troubole — tronbole 




- 284, 


— 


uzàje — uzâdje 




- 285 




Aviyi, lire : li grande maladit 


• qu'il a fait, 






au lieu de li mwart di s'fème 






et la longue maladie qu'il a 






faite; au lieu de 


: la mort de 






sa femme. 




- 286, 


— 


vèrlinèt — n. m. — 


n.f. 


— 289 




Viyi, après -vieillir, ajouter : — verbe 


transitif. 


— 298, 


— 


dispasé, — dupasse 




- 298, 


— 


fûtchire — v. fetchire. — 


v. fètchère. 


— 299, 


— 


gadjure, — gadjure — 


gadjure 


- 291), 


— 


krèpe, — krépe — 


krèpe. 


— 299, 




moudchou d'tèt, — mouchon — 


mouchou 



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