NO I" .
BULLETIN DES STANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli par 111. E. HKS.MAREST, Secretaire.
Paraissant deux fois par mots.
Sur une proposition qui lui a e"te faite par M. Henry de Bonvouloir, la
Socie"t6, apres avoir entendu la lecture d un rapport de sa Commission
administrative, a decidS dans les stances des 13 et 27 mars 1873 :
1 Que le Bulletin des stances, auquel sera joint le Bulletin bibliogra-
phique qui s y rapporte, sera public" en dehors des Annales ;
2 Que cette publication aura lieu deux fois par mois, et avant Tado;)-
tion du proces-verbal qu elle relate ;
3 Que ce Bulletin sera envoye" gratuitement : 1 a tous les membres
francais qui auront solde" le montant de leur cotisation de 1 annge courante
ou tout au moins celui de Tann6e precedente, et 2 aux diverses Socie"te"s
avec lesquelles nous sommes en rapport d echange de publications ;
li QuMl sera tenu a la disposition des membres etrangers qui le feront
prendre chez le Tre"sorier adjoint ou qui adresseront une somme corres-
pondant au prix du transport ;
5 Que ce.m6me Bulletin sera reproduit dans les cahiers trimeslriels
des Annales, avec les modifications qu il pourrait paraitre ne"cessaire d y
faire ;
6 Que cette mesure sera mise a execution a partir de la stance du
9 avril 1873.
Toutes les reclamations relatives au Bulletin, ainsi que les demandes
d envoi & l e"tranger (contre remboursement des frais de transport) doivent
etre adress^es au Tr^sorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de Buffon, 27.
Seance du O Avrll 1873.
Presidence de M. CH. BR1SOUT DE BARNEV1LLE
35 membres presents.
MM. Albert Fauvel, de Caen, et Fe lissis-Rollin, de Nevers, assistent a
la stance.
Proposition et decisions. M. L. Buquel donne lecture de la proposition
suivante :
Messieurs, ainsi que 1 avail annonce 1 honorable M. Reiche, dans noire
pre"ce"denle stance, M. Jean Dollfus, en vue de perpe"luer parmi nous le
souvenir de son ills Ernest, notre regrell6 collegue, a fait de"poser, le 3 de
ce mois, entreles mains de votre Tre"sorier, un litre de 300 francs de rente
5 0/0 au porleur, porlanl le n A2,80/i, avec les arre" rages a partir du
16 fevrier dernier, le 1" coupon de 75 francs e"che"anl par consequenl le
16 mai prochain..
Ce don, a litre gracieux, d une rente perpeluelle deslinee a etre donnee
en prix aux auleurs de me" moires enlomologiques qui se seront le plus
distingues par leurs travaux (1), est assurement de tres-bon augure pour
notre Socie" te" ; el pour en consacrer davantage, s il se peut, le souvenir,
j ai riionneur de soumetlre a votre approbalion la proposilion sui-
vanle :
A parlir de 1872, anne e de la reception de M. Ernest Dollfus, enleve* a
ses collegues le 27 mars de la meme anne e, M. Jean Dollfus, son pere,
recevra exceplionnellement, en sa qualite de donateur et a litre gratuit,
(t) La Societe, dans sa seance du 27 mars dernier, apres avoir entendu la lec
ture d un rapport d une Commission speciale, dont M. L. Reiche etait le president et
M. J. Grouvelle le secretaire, considerant que le moyen le plus efficace de faciliter
aux jeunes entomologistes 1 etude de la science est d encourager la publication d ou-
vrages elemenlaires sur les diverses parties de Tentomologie, a decide que le revenu
du don de M. Jean Dollfus serait employe a la fondation de prix annuels, qui seront
appeles Prix Dollfus, et seront decernes aux auteurs des meilleurs travaux ento-
mologiques imprimes, redigcs en fran^ais, et concernant specialement les Insectes
des divers ordres.
a perpetuity (c est-a-dire sa vie durant), les Annales de la Socie te ento-
mologique de France. Le but que je me propose est d exprimer a M. Doll-
fus, autant qu il depend de nous, notre reconnaissance pour le sacrifice
qu il s est impose, comme aussi de le tenir exactement au courant, par la.
lecture de nos publications, non-seulement des dispositions prises tou-
chant Temploi des fonds qu il a mis si genereusement a notre disposition,
mais encore de lui signaler le nom des auteurs de 1 ouvrage couronne
chaque anne e.
La Socie te, a rutianimite, adopte la proposition de M. L. Buquet, et
decide : 1 que le nom de M. Jean Dollfus sera joint a celui de nos mem-
bres ; 2 qu une lettre de remerciment, signee par son Bureau, lui sera
adresse"e comme donateur et lui fera connaitre en m6me temps la decision
qui vient d etre prise.
Sur la demande de M. L. Reiche, la Socie te decide e"galement qu elle
nommera, dans sa prochaine seance, la Commission du prix Dollfus pour
1873. Cette commission, de cinq membres, sera chargee : 1 de re"gler les
details du concours ; 2 de fixer 1 epoque ou les prix seront decerne s ;
3 d examiner et juger les travaux pre sente s, et Zi de proposer les lau-
re"ats qui seront, en dernier ressort, choisis par la Societe".
Lectures. M. 1 abbe de Marseul presente un memoire sur les especes
d Histerides du Japon decouverts par M. George Lewis, qui a sejourne"
plusieurs annees dans ces lies loiritaines de Textreme Orient, dont la faune
enlomologique est pour ainsi dire encore inconnue. Sur vingt especes,
dont il donne la liste, sept sont nouvelles, savoir : PLatysoma Lewisi et
Ihmcolle, Hister Pirithous et depistor, Paromcdus musculus, Dendrophi-
lus Xavieri et Abrseus bonzius.
Charge" ^galement de 1 etude des Heteromeres, sur sept especes de la
tribu des Canlharides qu il a revues dans un premier envoi, il a reconnu
deux especes nouvelles : Epicauta Gorhami et Zonitis cothurnata, dont
il donne une description succincte. 11 se propose de continuer 1 examen de
nombreux et interessants materiaux qui viennent de lui arriver et de com-
muniquer a la Societe" le resultat de ses etudes.
Tous ces insectes sont de Nagasaki (ile de Kiu-Siu), Hiogo (Niplion)
et Hakodate (Yesso).
M. Al. Fauvel, au sujet du travail que vient de faire connaitre M. de
Marseul, engage vivement les auleurs de catalogues locaux ou de faunes
locales & donner pour chaque espece son extension ge*ographique d une
maniere complete, comme il le fait dans la partie descriptive de sa Faune
gallo-rhtnane.
M. Charles Piochard de la Brulerie de pose deux notices intitulees :
1 Revision des especes du genre Acinopus ;
2 Description d une espece nouvelle de Leistus, le L. Koziorowiezi, de
Tile de Corse.
Communications. M. S. Scudder, de Boston, communique la note sui-
vante par 1 intermediaire de M. Maurice Girard :
II est Men connu probablement que le Pieris rapse (Le pidoptere) est
une espece devenue commune dans I Amerique du Nord. Elle a e"te" intro-
duite a Quebec en 1856 ou 1857, el plus tard a New- York. Elle se trouve
maintenant partout dans le Bas-Canada et les tats du nord-est de 1 Union,
et s e"tend rapidement vers le sud et 1 ouest. Peut-6tre ignore-t-on que,
depuis dix ans, une varie le de cet insecte a e" te" produite dans le Nouveau-
Monde, qui differe du type en ce qu elle est complement jaune au lieu
d etre blanche ; la teinte est semblable a celle des especes de Terias.
II y a trois ans, ces individus jaunes, qu on trouve des deux sexes et dans
toutes les saisons, etaient assez rares, mais depuis ce temps ils sont
devenus plus abondants quoique cependant peu communs.
Cette variete", a laquelle j ai donne" le nom de Novanglise, supplantera-
t-elle plus tard entierement le type ? II y a des indications que le Pieris
rapae a commence" a faire une chose semblable a 1 ^gard de 1 espece locale,
P. oleracea.
Il n arrive pas souvent que 1 occasion s offre aux naturalistes de voir,
de leurs propres yeux, 1 origine d une varie"te" ; mais le progres de celle-ci,
par sa nature, peut 6tre observe" avec une entiere facilite et les entomo-
logistes doivent s y appliquer attentivement.
M. Bowles, de Quebec, qui, le premier, a decouvert cette espece en
Amerique, a attir6 mon attention sur un passage du Farm Insects
de Curtis, qui dit qu un individu de cette espece fut pris pres de Oldham,
Lancashire, en Angleterre, dans lequel toutes les ailes Etaient d un jaune
vif ; mais je ne puis de"couvrir un autre exemple en Europe, et cette va
rie te est comple"tement inconnue de M. Stainton, de Londres, auquel je
1 ai montr^e, et de M. Boisduval, a qui j en ai donne" un exemplaire.
M. Maurice Girard, qui a engage" M. Scudder a faire cette communica-
5
lion, fait remarquer a la Societe, au point de vue des principes, tout 1 in-
ter6t qu il y a a observer la creation d une race, peut-e"fre d une espece,
d origine certaine. 11 rappelle que, ca et la, nous trouvons en France
des sujets de P. rapae un peu jaunatres, raais la race ne persiste pas.
C est comme un essai infructueux. Au reste, il n a jamais vu ces sujets
atteindre un ton d un jaune soufre aussi prononce" que ceux que lui a
months M. Scudder.
M. Ch. Piochard de la Brulerie lit la note suivante sur Yespece en
entomologie :
Le mot espece revient sans cesse sur nos levres et sous notre plume,
nous passons noire vie a de"crire et a determiner des especes, et pourtant
il faut avouer que, si Ton nous demandait a tous ce que nous entendons
par celte expression, les definitions que chacun de nous donnerait ne se
ressembleraient guere. De ce defaut d entente sur la signification que les
naturalistes attribuent au mot espece resultent en partie les divergences
d opinion sur les formes qu on doit ou qu on ne doit pas considerer
comme especes distinctes.
Pour mon compte, voici comment je comprends 1 espece. C est I ensemble
des etres capables de reproduire indefiniment d autres etres semblables a
eux-memes. Le mode de reproduction le plus ordinaire est la generation
sexuelle, c est le seul que nous ayons a considerer dans 1 etude des
insectes; mais il en estd autres encore, puisque la reproduction par bour-
geonnement ou par generation alternante qu on observe chez les ani-
maux inferieurs ne doit pas etre exclue du nombre des moyens de perpe
tuation de la vie et de la forme chez les etres vivants.
Ma definition n est pas neuve, m objectera-t-on, il y a longtemps qu elle
a cours dans la science, et ce n est pas pour Tavoir ignoree que nous
sommes si peu d accord aujourd hui sur le nombre et sur les limites des
especes en entomologie. Rien n est plus vrai, et je m empresse de recon-
nailre qu il ne suffit pas d avoir d6fini theoriquement 1 espece pour avoir
atteint le but que nous nous proposons : constater et de"crire les especes
existantes.
Resoudre le probleme par rexpe"rimentation est au-dessus de nos moyens ;
nous ne pouvons pas, pour savoir si deux Harpalus ou deux Timarcha
de formes voisines sont deux especes dislincles, essayer de les accoupler
et nous assurer si le produit obtenu est ou n est pas capable de se perpe"-
tuer pendant un nombre indefini de gdndrations. Mais, s il faut renoncer
6
a connaltre la filiation des animaux que nous rencontrons dans la nature,
leur observation seule ne peut-elle pas nous conduire a la ve"rite" ?
Examinons d abord le cas le plus simple. Deux formes appartenant a
un m6me genre, se ressemblant entre elles au point qu il faut, pour les
distinguer Tune de 1 autre, un O3il de"jii exerce, vivent ensemble dans une
meme contree ; ces deux formes sont-elles deux especes ou seulement
deux varie te s d une seule espece?0ui, ce sont deux especes si avec elles,
dans les lieux qu elles habitent toutes deux, ou elles sont en contact journa-
lier. on ne trouve pas d inlermediaire qui les unisse. Si nos recherches ont e"te
assez prolonged, si nous avons observe", a plusieurs reprises, bon nombre
d individus appartenant aux deux formes, et que nous n ayons pas trouv6
1 intermediaire chercbe , il ne nous est plus permis de conserver un doute,
nous avons reconnu 1 existence de deux especes, nous sommes en posses
sion d un fait defmitivement acquis a la science (1).
(Test ainsi que la grande majorite des especes de Cole"opteres qu on
trouve aux environs de Paris sont constate"es defmitivement, Faccord est
fait entre tous les observateurs, Tidentite desresultats obtenus par chacun
d eux eludiant de son cote prouve que la ve"rite s est laisse conquerir.
Nous pouvons affirmer hardiment que lesannees et les sieclesse passeront
et que les naturalistes qui viendront apres nous admettront comme nous
que VAmara trivialis et VAmara communis, YHarpalus seneus et YHar-
palus distinguendus sont autant d especes distinctes, quoique, si Ton com
pare ensemble les deux Amares ou les deux Harpales, les differences
qu on observe soient assez pen frappantes pour qu il faille avoir dej& 1 ceil
d un entomologiste pour les appre"cier.
Mais void une Amare ou un Harpale qui viennent d Alge"rie ou de
Sibe"rie, ni 1 un ni 1 autre ne sont parfaitement identiques a lelle Amare
ou ^ tel Harpale vivant aux environs de Paris, ils en different par quelques
legeres particulariles dans leur forme, dans la ponctuation de leur tegu-
(1) Une cause d erreur pent resulter de la naissance d hybrides provenant des
accouplemenls adulterins qu on observe quelquefois entre des especes parfailement
distinctes. Mais ces hyb rides s accouplent avec des representants de 1 une ou de 1 autre
des especes dont ils precedent, et s ils ne sont pas steriles, leur produit ne tarde pas
a revenir a 1 un des deux types originaires. La production d hybrides est un accident
qui arrive quelquefois dans la nature, mais ce n est qu un accident, pouvant induire
le naturaliste en erreur, n ayant aucune influence sur la vie normale des especes, ne
pouvant en aucun cas devenir 1 origine de formes nouvelles capables de se perpetuer.
Quant aux erreurs que de pareils accidents peuvent causer, elles sout toujours faciles
a rectifier par des observations ulte"rieures.
ments ; ces particulariles nous paraissent d importance a peu pres e"gale a
celle des caracteres qui separent YAmara trivicdis de VAmara communis
ou VHarpatus seneus de VHarpalusdistinguendus. Avons-nous affaire a des
especes veritables ou a des races locales rentrant dans les especes que
nous avons observees aux environs de Paris?
Dansce cas, pour re"pondre oui ou non, sans courir risque de se trom-
per, il ne suffit pas d examiner 1 insecte en litige, il faut savoir quelle est
1 extension geographique de 1 espece observee a Paris, avec laquelle> la
forme algerienne ou siberienne a de 1 analogie, si elle habile les contre"es
intermediaires, si sa forme s y modifie. Mille exemples irrecusables nous
prouvent, en effet, que la forme des especes n est pas immuable : il y a
d abord des variations individuelles et inconstantes s observant chez les
re.pre"sentants d une meme espece vivant dans une meme locality, il y en a
d autres, souvent beaucoup plus etendues que les premieres, aflectant les
individus d une meme espece suivant les contre"es qu ils habitent. Le cri-
terium qui nous permettra de juger si ces dernieres variations constituent
de veritables especes ou seulement des races geographiques n est pas le
plus ou moins d importance qu elles nous paraitront avoir, le cachet plus
ou moins particulier qu elles impriraeront a la forme des individus qui en
sont affected, mais Men 1 absence ou 1 existence de transition entre
elles. Si, en suivant une forme a travers la France et 1 Espagne jusqu au
detroit de Gibraltar et jusqu a la cote d Afrique, nous observons des gra
dations insensibles unissant ses modifications, quand bien meme les deux
extremes de la chaine non discontinue que forment ces passages nous
paraitraient assez dissemblables, nous sommes obliges de reconnaitre que
1 un et 1 autre appartiennent h une seule et meme espece. C est seulement
dans le cas ou, en un point donne, nous rencontrerions une solution de
continuite", ou nous trouverions en presence deux formes distinctes se
reliant, Tune a la forme parisienne, 1 autre a la forme africaine, que nous
devrions considerer 1 une et 1 autre comme especes distincles.
Sans doute, dans la pratique, et meme en supposant que nos collections
fussent toujours assez completes pour que les intermediaires existant dans
la nature ne nous fissent jamais defaut, ce qui est loin d etre la ve"rite", des
cas difficiles doivent se presenter. Une m6me espece peut exister en plu-
sieurs endroits de la terre, et ses diverses stations peuvent se trouver
actuellement isol&s par des obstacles materiels ou, en 1 absence de tout
obstacle, elle peut avoir te detruite en certains cas et par des causes qui
nous echappent. C est ainsi que les formes qui constituent la faune des
iles ont avec celles des continents voisins des analogies et des dissem-
_ 8 -
blances ; certaines formes insulaires ne different en rien de celles du con
tinent ; d autres, tout en .s en rapprochant, paraissent en 6tre distinctes,
et il est impossible, dans ce cas particulier, de savoir si Tile ayant autre-
fois e"te" unie ail continent, les intermediaires qui manquent aujourd hui
existaient alors. L observation des formes continentales qui existent dans
Tile et de celles qui, propres a Tile, peuvent e"tre considerees comme
representation d autres formes continentales, qu elles excluent et semblent
remplacer, peut nous fournir des indications pre"cieuses, mais ici la preuve
absblue, irrecusable de Tidentite" ou de la non-identite des especes insu
laires avec les especes continentales voisines est impossible a donner. Nous ne
pouvons plus juger & coup sur, et la conquete de la verite, dans un pareil
cas, sera le resultat deductions dans lesquelles la sagacite" de 1 observa-
teur et ses connaissances acquises supple" eront d une maniere plus ou moins
heureuses aux lacunes des fails observes. Mais ce sont presis^ment ces
difficulle s qui rendent plus attrayante 1 etude de la faune des lies,
comme aussi celle des sommets neigeux des hautes montagnes, ve*ri-
tables lies au milieu de la terre ferme ou vivent confines des formes,
restes de la faune de 1 epoque glaciere, qu on ne trouve plus aujourd hui
que dans le voisinage du pole ou pres des neiges eternelles, sur les hauls
sommets, au milieu de contr^es dont le climat est devenu trop chaud
pour leur permettre de continuer a vivre dans les terres basses. La faune
des cavernes est peut-&tre plus int6ressante encore; la, en effet, nous
trouvons autant de petits mondes absolumenl isole"s les uns des autres,
vivant et mullipliant au milieu des tnebres, et toutes les especes qu on y
rencontre sont merveilleusement adapters par leur organisation a leur genre
de vie special.
L e"tude des variations des especes dans Tespace, en relation avec le
changement des conditions exterieures., celle des eflets de Tisolement sur
les especes confinees dans les lies, sur les sommets des montagnes ou
dans les cavernes, pourra seule nous donner la clef de la variabilite des
especes dans le temps, et nous permettra d e"claircir ce grand mystere :
Torigine des especes.
Mais ici je m arr^te ; je ne veux pas entrer dans 1 examen de la doctrine
de Darwin. II suffit que j aie indique* toute 1 utilite qu on peut retirer de
nos etudes pour la solution de la question de haute philosophic naturelle
que notre Lamarck a pose"e et que le grand naturaliste anglais a approfondie
avec tant de science, et pour la solution de laquelle il a recueilli tant
d observations importantes, sans pourtant, a mon avis, 1 avoir encore
re"solue.
9
Marchons done sans hesiter dans la voie qui s ouvre devant nous ; uti-
lisons, en les e"tudiant avec un veritable esprit scientifique, les tremors
accumule s dans nos collections, nous montrerons ainsi que la science
entomologique, a laquelle nous nous sommes voues, peut marcher de pair
avec n importe quelle des connaissances humaines, et qu elle n est infe-
rieure en dignite a aucune d elles, par 1 importance des problemes auxquels
elle est appelee a toucher.
Plusieurs membres prennent la parole au sujet de cette communi
cation :
M. Albert Fauvel, apres cette lecture, dit qu il ne partage pas les id6es
de M. Piochard de la Brulerie sur ce que Ton doit entendre par le mot
espece. ll repond spe"cialement que la formule donnee par notre collegue
pour la distinction de Yespece et de la vari&tt lui paralt bien absolue ;
et rappelant a ce sujet les de"veloppements qu il a donne"s a cette question
encore obscure dans un des chapitres de la Faune gallo-rhmam, il exprime
1 opinion qu entre Yespece et la variete il y a des formes caracte"risees et
que ces formes ne peuvent etre que des races. Il donne enfin a Tappui
de sa these un certain nombre d exemples.
M. P. Mabille, au sujet de la demande que lui adresse M. Alb. Fauvel,
pour savoir si les races, chez les Lepidopteres, n ont pas des couleurs
differentes, et si ces couleurs fournissent des caracteres, cite la Calli-
morpha dominula, qui a les ailes inferieures rouges et quelquefois jaunes
a Paris, noires en Italie : ce qui a fait e"tablir aux Allemands la donna ;
puis la Nemeophila plantaginis, chez qui on trouve des races a ailes
blanches, jaune orange, rouges, etc.
Il ajoute que le criterium de Tespece chez les Lepidopteres est re"tude
des parties genitales du male, puis [ education des pontes. 11 y a souvent
des races entre lesquelles on ne trouve jamais d intermediaires, et qui ne
peuvent fetre des especes. En Bretagne, cent oeufs de Callimorpha hero.
donnent dix exemplaires a ailes infe rieures jaunes ; a Paris, raillc n en
donneraient pas un. Aupres de Sienne, une ponte de donna ne produit
absolument que des donna; plus au nord, on a un tiers des individus oil
le rouge reparait par laches. Il y a a la fois dans ce cas un interme diaire
et une race conslante : partanl, un argument pour les deux theses qu on
a soutenues. Mais les piec s genitales de"montrent que la donna d ltalie
n est autre que la dominula de France.
Du reste, notre collegue ne veut parler ni pour ni centre les theses
10 -
defendues par MM. de la Brulerie et Fauvel. II se borne a citer des fails,
sans en tirer les consequences qu on pourra en de"duire.
M. de Marseul lit la note suivante sur le genre Leucolaephus Lucas :
Dans le Bulletin de la Societe", notre laborieux et savant collegue
M. H. Lucas a fait connaitre un petit genre (Leucolaephus} avec trois
especes (Perrisi , nigropunctatus et liliputanus} , du Sahara algerien,
remarquables par leur vestiture de squamules blanches, piquetee de noir,
ou mieux a espaces ronds denudes, creuse"s d un point a bord e"leve, du
fond duquel sort un poil jaunatre. On dirait une petite Pimelie ou une
Pterolasia.
Ces especes ont 616 de"crites sur un seul individu et d une maniere si
rapide et si incomplete, qu il est fort difficile de les reconnailre ; en outre,
M. H. Lucas ne les a vues que 1 une apres 1 autre et a de longues dis
tances ; de sorte qu il me permettra de faire part de mes appreciations
sur ses especes.
En 1857, Bulletin des Annales, p. LVI, il signale ainsi la premiere espece,
la seule qu il possede (liliputanus} : Longue de 7 mill, au plus. La tete
et le thorax, revetus de squamules blanches, sont fmement ponctues de
brun, et les e"lytres sont entierement couvertes cle squamules blanches,
serrees, fmement raye"es de brun longitudinalement avec les intervalles
lachement ponctues de cette couleur. Il Tappelle la plus petite espece du
genre Pimelia. Il 1 a recue du docteur Mares.
En 1858, p. CLXXVIH, il de"crit une autre espece, qu il a recue en com
munication de M. Doue (nigropunctata}, en disant qu elle ressemble
beaucoup a la liliputana, avec laquelle elle ne pourra etre confondue a
cause de ses elytres plus allonge"es, plus etroites et non strides ; les tibias
des pattes de la premiere paire pre~sentent chez la liliputana cinq epines
a leur cote" externe, tandis qu elles n en ont que quatre dans la nigro
punctata. De Tuggurt.
Enfin, en 1859, p. xxm, il decrit une troisieme espece du Sahara alge
rien (Perrisi}. Long. 9 mill., larg. 5 1/2 mill. Beaucoup plus
grande et surtout plus large que la nigropunctatus, aupres de laquelle
elle se place, elle ne peut se confondre avec elle a cause de la tete et du
thorax bien plus fmement ponctues. Les elytres sont plus allonge"es et sur
tout bien plus larges, parcourues par des cotes legerement marquees, re"gu-
lierement ponctuees, avec les intervalles converts de points irregulierement
disposes et moins serr^s. Les pattes sont greles, et les tibias anterieurs
11
au lieu de quatre epines, comme clans la liliputana, ou de cinq, comme
dans le nigropunctatus, en offrent six, la derniere faiblement marquee.
II reunit les trois especes en un genre Leucolsephus, et les 6numere
sans donner ni diagnose, ni description.
D abord, il faut savoir que tons les individus appartenant a ces trois
especes ont eHe" pris dans un meme lieu el en une seule fois. Les individus
du nigropunctatus que j ai sous les yeux varient quant au nombre des
dents tibiales, la plupart ont quatre epines, d autres cinq, quelques-unes
six, comme le Perrisi a la seule jambe qui lui reste. Mais, en outre, le
nombre varie d une jambe a 1 autre (soil 4-5, 5-6, Zi-6 et 6-7). Ce carac-
tere, que M. H. Lucas presente comme le principal sinon 1 unique, est
done sans valeur. La grosse femelle du Perrisi pr^sente une forme plus
large, mais non allongee, les epaules un peu plus saillantes, le dos plus
convexe, mais ne sont-ce pas des caracteres sexuels? On apercoit quelques
faibles vestiges de lignes elevees, mais si le geres, que c est & peine appre
ciable ; on en trouve aussi quelques traces dans certains individus du
nigropunctatus, et peut-6tre ces lignes plus prononcees, accompagne es
d une serie de taches noires, existent-elles dans des femelles de la forme
du Perrisi ? et alors la seule note qui separe le Liliputanus de ce dernier
venant ft perdre sa valeur, faudrait-il reunir ces trois especes?
Comme conclusion, je pense qu il faut reunir des maintenant le Perrisi
au nigropunctatus, dont il n est qu une femelle, re"servant la question
quant au liliputanus, jusqu a ce que de nouveaux materiaux permettent de
la trancher. Malheureusement, depuis Henri de la Perraudiere, celle
espece n a pas 6t6 retrouve e, non plus que YHeteracantha dcpressa et
V Apatophysis toxotoides.
M. H. Lucas, au sujet de cette communication, presente les remarques
qui suivent :
Je ne crois pas que les Leucolssphus que j ai decrits dans nos Annales
sous les noms de liliputanus, nigropunctatus et Perrisi, ne doivent for
mer qu une ou deux especes, comme le pense M. de Marseul. Les indi
vidus que notre honorable collegue a bien voulu me communiquer sont
tellement uses, frottes, qu il est difficile de dire a laquelle de ces trois
especes ils doivent etre rapportes.
Quand on e"tudie ces Melasomes liliputiens qui habitent rextrfime sud
de 1 Algerie, on remarque, chez les individus qui n ont subi aucun frotte-
ment, que les e lytres sont couverles de squamules entre lesquelles on
apercoit des lignes, dcs points, qui varient suivant les especes et qui
aflectent une disposition toute particuliere. Les Leucolssphus que possede
M. de Marseul sont tellement frustes que les e"lytres sont dpourvues de
ces squamules et que les lignes et les points, qui fournissent de bons
caracteres spe"cifiques, sont oblitere"s.
En attendant, je maintiens les trois especes que j ai de"crites ; j ai m&me
1 intention de les repre"senter afin de faire connaitre les caracteres qui les
difTe rencient et d e"lucider cette question, devenue aujourd hui assez
obscure.
M. Ch. Brisout de Barneville pre"sente une nouvelle espece pari-
sienne de Coteoptere phytophage (Phyllotrela Foudrasi), dont la descrip
tion sera donne"e dans le prochain Bulletin.
- Le meme incmbre fait les communications qui suivent :
1 Dans le remarquable travail que viennent de faire paraitre MM. Mul-
sant el Key sur la famille des Ateochariens, il s est glisse quelques erreurs
qu il est important de rectifier.
Page 231, ligne 12, au lieu de : Pyre ne es-Orientales, il faut meltre :
Hautes-Pyrenees.
Page 257, ligne 21, ajoutez : Pyre"n6es-0rientales, pres de Mont-Louis.
Page, 258, ligne 21, au lieu de : Pyrenees-Orientales, mettez : Hautes-
Pyrne"es (L Heris).
Page 267, supprimez les lignes Zi, 5, 6 et 7.
Page 269, supprimez les lignes 16 a 21 ; et lignes 13 et IZi, au lieu de :
Hautes-Pyrenees, etc., mettez : Pyrenees-Orientales, au pied du Cambre-
daze, pres de Mont-Louis ; sous des mousses d une forel de pins.
2 La Leptusa nigra de Baudi est identique avec les individus obscurs
de ma Leptusa Lapidicola, d apres le type de 1 auleur.
La Leptusa curtipennis Aube, d apres les types des auteurs, est distincle
de la Leptusa simplex de Baudi ; ses Slytres sont un peu moins courtes,
son corselet et son abdomen sont plus distinctement ponctu6s, et, chez le
male, le pe"nultieme segment abdominal presente deux petites carenes
longitudinales, qui, en arriere, se terminent en deux petites dents sail-
lantes. Ces carenes sont tres-fmes et ont e"chappe a notre regrette" col-
legue.
3 J ai pris vers la fin de mars, dans du bois de vieux helre, dans la
foret de Marly, trois exemplaires du Megapenthes lugens, en compagnie
du tibialis. Je ne crois pas que cette rare espece ait 6t6 signaled encore
des environs de Paris.
J ai retrouv6 aussi, dans une mare de la meme localite", et en abondance,
le Parnus striatellus et YEvesthetus Ixviusculus.
J ai repris aussi, plus pres de Saint-Germain, au pied des noyers, le
Stichoglossa semi-rufa Er.
M. H. Lucas communique la rectification synonymique suivante :
Dans la seance du 12 de"cembre 1855, j ai communique" a la Soci6l6
plusieurs Hym6nopteres vivants que j ai rapporte"s, mais avec doute, au
genre Myrmica, et qui habitent, depuis un certain nombre d ann6es, les
serres-chaudes du Museum d Histoire nalurelle de Paris. Ne connaissant
ni le male, ni la femelle de cette espece, et ne voulant pas surcharger la
synonymic, je me suis abstenu de lui donner un nom sp6cifique dans
la crainte qu elle ne soit d6j& decrite.
Quelques mois plus tard, c est-a-dire dans la seance du 12 mars 1850,
notre collegue M. L. Fairmaire, ne connaissant pas ou ne se rappelant pas
la communication que j avais deja faite a la Societe relativement a eel
Hymenoptere, presenta, au nom de M. Nylander, une note sur la men
espece, a laquelle cet entomologiste donna le nom de Formica gracilescens.
Cette note de M. Nylander, etranger a notre association scientifique, fut
imprimee dans le Bulletin de nos Annales par decision de la Soci6te.
Esp6rant d6couvrir le male et la femelle de celte interessante especo,
introduite dans les serres du Museum et dont on ne connait encore que
le neutre, j observai de nouveau les allies et venues de ces Hymenopteres
sociaux ; mais je dois avouer que, jusqu a present, mes recherches ont et<;
vaines.
Dernierement M. Aug. Forel, a qui Ton doit la publication de plusieurs
notes sur les Fourmis qui se trouvent en Suisse, me fit remarquer que
la Formica gracilescens de M. Nylander e"tait une espece deja ancienne-
ment connue, et que Latreille Tavait rnenlionne e dans son Histoire nalu
relle des Fourmis. Je consultai cet ouvrage, et, en eflet, je m apercus
que cette espece, qui habile 1 Ancien et le Nouveau Monde, avail 616
decrite par Latreille sous le nom de Formica longicornis.
D autres auteurs ont 6tudi6 aussi cette Formicide, et, parmi eux, je
citerai Roger, qui range cette espece, in Verzeich. der Formicid. Gattung.
und Arten, p. 10, 1863, dans le genre Prenolepis de M. Mayr, et dont les
- ill
caracteres ge"ne"riques onl e"le" exposes par cet auteur dans un travail ayant
pour litre : Die Europk ischen Formiciden (Ameisen), p. 52, 1861.
Voici quelle doit elre la synonymic de cette espece :
Prenolepts (Formica] longicornis Latr., Hist. nat. des Fourmis, p. 113
(an X, 1802). Roger, Verzeich. der Formicid. Gattung. und Arten,
p. 10, 1863.
Formica gracilesccns Nylander, Ann. Soc. ent. de Fr., Bullet., p. xxvni,
1856.
M. Lartigue pre"sente les remarques suivantes :
On vient de publier, sous le nom de Flore obsidionale, la lisle des
planles nouvelles pour la flore francaise, et spe"cialement pour celle des
environs de Paris, qui ont 6te" importers & la suite de Tinvasion allemande.
Plusieurs de nos collegues ont trouv6 des insectes nouveaux pour notre
faune dont ils attribuent aussi Timportation a Tinvasion. II semble qu il
y aurait ulilite a signaler ces especes et a indiquer la relation qui existe
entre la faune cl la flore nouvelle. Un appel & ce sujet a nos collegues
est done utile.
M. Paul Mabille fait observer que si plusieurs plantes ont pu etre
importers aux environs de Paris des regions du nord de I Europe, d autres,
en beaucoup plus grande quantite, sont propres aux bords de la M6di-
terrane e et meme ft TAlgerie, et doivent provenir d approvisionuements
de fuurrage fails a Parmee francaise apres 1 armistice et le depart des Alle-
mands de la rive gauche de la Seine. Lui et son frere ont pu observer,
notammenl ;\ la garenne de Sevres, de curieuses especes ; par exemple :
Cerintlie gymnandra, Ccntaurea buUata, especes d Afrique ; Bcllis annua,
un Tclragonotobus, plusieurs Mcdicago, Vutpia Ligustica, etc. 11 ne serait
pas etonne que ces plantes aient donne lieu & un developpement d ln-
secles meridionaux importes avec elles; et, comme rindique M. Larligue,
il serait inleressant de publier des recherches a ce sujet.
- 15 -
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Archiviste adjoint,
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES (1).
Bulletin de la Societe des Sciences historiques et natureltes de t Yonne,
ann^e 1872, 26 e volume. Auxerre, 1873.
GOUREAU, p. 3, Les Insectes utiles a 1 homme. BAZIN, p. 165,
Note sur le Bibion de Saint-Marc.
Comptes rendus de I Academic des Sciences, tome LXXVI, n 13.
* Entomologists Monthly Magazine, n 107, avril 1873.
VERRALL, p. 253, Additions and corrections to the list of British
SyrphidaB (suite). GORHAM, p. 257, New Coleoplera from Japan,
Endomychidae (Rhabduchus, n. g., denticornis, n. sp.) and Cucu-
jidse (Ino quadrinotata, n. sp.). BATES, p. 259, Notes on Hete-
romera, and descriptions of new genera and species (n 7).
COSMO MELVILL, p. 263, Lyccena Arthurus (espece nouvelle de
Suisse). CHAPMAN, p. 263, Euplcca Lorraini (L6pidopt. nouv. de
Java). J. SCOTT, p. 264, British Homoplera (Revision of the
genus Acocephalus). BARRETT, p. 266, Notes on British Tor-
trices (suite).
Notes. Tribolium confusnm ; Plinus testaceus. Locality for
Homalium Allardi. Clylus erythrocephalus in England. Elater
Pomonae. Otiorhynchus lenebricosus. Winter captures of
Coleoptera. Rare Coleoplera from the Manchester district.
Apatura Iris and A. Ilia. Lepidoptera discovered in Britain by
M. Dale. Ch(erocampa celerio at Cronier. Larva of Anisopte-
ryx asscularia. Ualonota grandaavana in Britain. Dragon-flies
at sea. On mounting small insects for microscopic observation.
(1) Les ouvrages marques d un asterisque (*) sont ceux offerts soil par lesauteurs,
soit par diverses personnes ; ceux marques de deux asterisques (** ) out &e acquis sur
les fonds Pierret ; et ceux n ayant aucun signe ont etc echanges conlre les Aunales.
16
The Zoological Record. Proceedings of the entomological Society
of London.
Societe entomologique de Betgique, compte rendu n 84, mars 1873.
DE BORRE, p. Zt, Note sur deux monstruosite s observes chez
des Coteopteres (figures). LEBRUN, p. 6, Cole"opteres pris en
hiver en Champagne. DE SELYS-LONGCHAMPS et ROELOFS, p. 8,
Sur les limites de la faune europ^enne.
The Transactions of the entomological Society of London for 1872,
parties IV et V, une planche noire.
Rev. MARSHALL, p. 259, Notes on part III of the Catalogue of
British Insects (Hymenopteres). B. BATES, p. 265, Descriptions
of new genera and species of Tenebrionida? (especes oce"aniennes).
DUNNING, p. 281, Supplementary note on the genus Acentropus.
ALB. MULLER, p. 283, On the manner in which the ravages of
the larvae of a Nematus, on Salix cinerea, are checked by Picro-
merus bidens. SAUNDERS, p. 287, Addenda, delenda and corri
genda to Monograph of the Stylopidas (pi. n.).
OUVRAGES DIVERS.
BLANCHARD (Emile). Discours prononcc" a la reunion annuelle des de"-
legues des Societe"s savantes a la Sorbonne. Paris, 1872, broch.
in -8.
CHARVAT. Rapport sur la maladie de la Vigne. (Broch. publie"e par la
d Agriculture de la Drome.)
Ordre du jour de la stance du 23 avril 1873 :
Nomination de la Commission du Prix Dotlfus pour Tanne"e 1873.
Rapport de MM. A. Le"veill6 et J. Grouvelle sur M. Nadar fils, pre"senle
par M. A. Chevrolat pour faire partie de la Socie"te".
PARIS. - Typog. FfiLIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Porles-St-Sauveur, 22.
NO 2.
^; i . BULLETIN DES SEANCES ; : " :
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par !M. E. llESAIAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du *:* 1%-ril
Prudence de M. LEPRIEUR, Vice-President.
33 membres presents,
M. Albert Fauvel, de Caen, assiste a la Seance.
Correspondence. M. Jean Dolifus, en re"ponse a la lettre qui lui a e"te
adresse"e par le Bureau pour le remercier du don qu il a fait a la Socie"te
et pour lui faire savoir que son nom serait joint a ceux de nos confreres,
e"crit la lettre suivanle, dont 1 impression est de"cidee dans le Bulletin :
Veuillez, Monsieur le President, exprimer toute ma reconnaissance aux
membres de la Socie te entomologique de France pour la bienveillance
avec laquelle ils ont consent! a recevoir le titre de 300 fr. de rente 5 0/0
que j ai offert a la Societe, et dont les arre rages seront attribues en prix
aux meilleurs ouvrages imprimes sur 1 entomologie, ouvrages utiles aux
debutants, d apres le rapport que 1 honorable M. L. Reiche a bien voulu
me communiquer.
G est avec la plus vive gratitude que j accepte un exemplaire des publi
cations de la Societe entomologique de France a partir de 1872. Un tel
hommage rendu a la memoire de mon fils me touche profondement et me
rappellera loujours que la Societe entomologique, tout en s occupant de
2
savants travaux, sail aussi appre"cier et comprendre avec la plus grande
de"licatesse les sentiments du cceur.
Veuillez agre"er, Monsieur le President, avec tout mon respect, 1 assu-
rance de ma haute consideration. J. DOLLFUS.
Nominations. La Socie te , au scrutin secret et a la majorite" des suffrages,
nomme membres de la Commission du Prix Dollfus pour 1873 : MM. Aug.
Ghevrolat, Jules Fallou, docteur Giraud, H. Lucas et L. Reiche, auxquels
sont joints les membres titulaires du Bureau.
Lecture. M. le docteur Boisduval adresse, par 1 entremise de M. fim.
Deyrolle, une notice ne"crologique sur Lorquin. La Socie te decide que ce
travail sera inse re dans le premier num&o des Annales de 1873.
Communications. M. L. Reiche annonce que notre ancien confrere
M. Mulsant a ete" re"cemment nomine" correspondant de I Acade mie des
Sciences de llnstitut de France. II fait aussi savoir que M. Berce vient
d obtenir un prix de la Society zoologique d Acclimatation, pour ses tra
vaux relatifs a Teducation du Bombyx yama-ma i; et que M. Albert
Fauvel, nomme officier d Acad^mie par le Ministre de Instruction
publique, a galement oblenu un prix & la reunion des delegue s des
Societes savantes tenue a la Sorbonne en avril 1873 x pour sa Faune
gallo-rhenane.
M. Piochard de la Brulerie, revenanl sur la discussion qu il a sou-
leve"e dans la precSdente seance (1), lit la nole suivante :
M. A. Fauvel a bien voulu discuter les ide"es que j ai sonmises a la
Socie te , en sa derniere seance, sur ce qu on doit entendre par le mot
espece. La maniere de voir de notre savant confrere n est pas, je crois,
inconciliable avec la mienne, et je vais essayer de me mettre d accord
avec lui.
Dans rinte ressant chapitre de la Faune gallo-rhtnane, que nous avons
lous lu, traitant de Yespece et de ses variations. 1 auteur se place a un
poinl de vue tout pratique. Le but de sou livre est de decrire les formes
des insectes pour les faire reconnaitre ; il ne se propose pas de pene" trer
(t) Erratum. Page 7 du Bulletin n 1, ligne 37, au lieu de : cas, lisez : lieux.
Page 8, ligne 7, au lieu de : representations, lisez : represen
tatives.
1 essence de 1 espece et n a pas la prevention que toates les especes qu il
admettra comme telles seront toujours fidelement de"limite"es selon la
nature : Nos especes, dit-il, differentes, selon toute vraiserablance, de
eelles du Cre"ateur, sont seulement un artifice de classification, une cate-
gorie logique, une fiction, ou du moins, si elles sont une re alite , nous n en
avons pas la preuve. Partant de la, il cherche dans la forme ou ressem-
blance les caracteres qui lui permettront d etablir ses especes, et laisse
dans 1 ombre ceux de la filiation et de la fecondite continue. Tout en indi-
quant que, pour lui comme pour tous les naturalistes, aussi bien ceux de
l e"cole classique que ceux de re"cole darwinienne, ces deux caracteres sont
re"ellement ce qui constitue 1 espece, il ne veut pas s en occnper dans la
pratique, parce qu ilslui paraissent presque toujours impossibles a constater.
Ce que j ai voulu e"tablir dans la note imprime e an Bulletin de notre
derniere seance, c est precisement que, dans la pratique, il n est pas si
difficile qu on le croirait de prime abord de constater si deux formes voi-
sines sont ou ne sont pas capables de reproduire entre elles et de trans-
mettre la meme propriete" a leurs descendants. Quand deux formes, ai-je
dit, coexistent dans un m6me lieu sans s y confondre, bien qu elles aient
mille occasions de s y rencontrer et de s y accoupler, si elles ne s ac-
couplent pas et ne reproduisent pas ensemble en melant leurs caracteres,
c est qu une loi ineluctable les en empeche ou au moins condamne & dis-
paraltre promptement, en rentrant dans 1 une des deux formes meres, le
produit qui aurait pu accidenlellement re"sulter d un adultere; c est que
les deux formes sont deux especes, non pas selon nos classifications, mais
selon la nature. Je n ai pas besom d autres preuves pour me convaincre
et je ne saurais en demander de plus concfuantes a 1 experimentation en
tentant d accoupler les deux formes et d elever pendant plusieurs genera
tions le produit obtenu.
M. Fauvel insiste sur les variations de forme qu on observe souvent
chez les divers individus d une meme espece ; ces variations, lorsqu elles
sont pen constantes et que des interme diaires irrecusables se Irouvent
frequemment entre les exemplaires qui en sont aflecle s et ceux qui rea-
lisent d une facon plus exacte le type habituel, il les appelle variett;
quand, au contraire, elles ont une tendance accentuee a affecter d une
maniere a peu pres 6gale un grand nombre d indiviclus d une meme
espece et que les passages sont plus ou moins difficiles a rencontrer, il
dit qu elles constituent une race. Sur ces deux points nous sommes abso-
lument d accord.
Mais voici ou notre maniere de voir commence a diverger. M. Fauvel
admet 1 existence de races fixes coexistant dans un meme lieu sans passer
de Tune a 1 autre et ne formant cependant qu une seule espece. Pour moi,
de telles races seraient des especes vritables.
Je pourrais citer bien des exemples d especes dont les individus sont
modifies d une maniere differente suivant les stations qu ils habitent, de
sorte que dans chacune d elles ils constituent une race reconnaissable. Les
caracteres de ces races sont souvent assez fixes dans une mme contree,
pour qu on puisse avec quelque habitude deviner a la simple vue, sans
trop de chances d erreur, la provenance de 1 insecte qu on examine.
Cependant, pourquoi sommes-nous en droit d affirmer que plusieurs races
locales rentrent dans une me" me espece, si ce n est parce que nous avons
vu les passages entre elles en suivant cette espece d une localite & 1 autre ?
La forme, qui est ici simple variete" cohabitant avec tous les passages qui
1 unissent au type specifique dont elle est une modification, peut la-bas
exister toule seule et m6riter alors le titre de race. M. Mabille a cite un
excellent exemple de ce fait, celui de la Callimorpha dominula, dont les
ailes inferieures rouges , mouchetees de noir aux environs de Paris, sont
entierement noires par suite de la coalescence des taches de cette couleur
aux environs de Sienne, et qui, dans certaines localites intermediaires,
presente tous les degre"s de transition entre ces deux extremes.
Au contraire, je ne connais aucun exemple tout a fait irrecusable d une
race fixe coexislant dans un meme lieu avec une autre race renlrant dans
la m6me espece sans qu on puisse trouver entre elles les interme diaires
qui les unissent. Comment expliquer le fait de Tabsence des passages
dans rhypothese oil les deux formes ne seraient pas deux especes ? Si ces
formes avaient la faculte" de reproduire ensemble, puisqu elles vivent cote
a cote et se rencontrent tous les jours, qui les empScherait d user de
cette faculte et de cre"er ainsi les passages que nous ne pouvons pas
trouver ?
Je crois done que Vespece est une re*alite dans la nature. Je crois que
nous pouvons, par 1 observation seule et sans recourir aux experiences,
constater avec certitude, parmi les formes qui existent dans un m6me
lieu, celles qui me"ritent d etre qualifies especes. J ai dit comment on
pouvait arriver a reconnaltre si deux formes voisines provenant de loca-
lite s diflerentes e"taient deux especes le"gi times ou bien deux races locales
d une mSme espece. Les races, pour moi, ne sont pas autre chose que
des varietes ayant en certain lieu une fixite" relative, mais jointes aux
especes dans lesquelles elles rentrent par des intermediaires. Race et
variete sont deux categories rentrant dans V espece et ne pouvant se distin-
5
guer 1 une de 1 autre d une maniere tout a fait absolue ; cependant je
voudrais reserver le nom de race, ou mieux de race geographique, aux
variations de 1 espece ayant un certain degr6 de fixile dans une meme
station, laissant celui de variete a celles qui afleclent seulement quelques
individus et pr&sentant re"unis dans un meme lieu tous les passages qui
les unissent a la forme specifique a laquelle elles se rattachent.
M. Gh. Brisout de Barneville adresse la description d une nouvelle
espece de Coleoptere phytophage qu il a montree a la precMente seance :
PHYLLOTRETA FOUDRASI Ch. Bris. Long. 11/2 mill.
Qblongo-ovata, leviter convcxa, aterrima. Elytris subseriatim punctu-
Latis ; caput dense punctulatum ; antennarum articulis tribus primis
ferrugimis, primo saepe infuscato. Pedibus nigris, tarsis piceis.
<$. Antennarum articulo tertio triangulari, subtus dentato.
D un noir fonce" brill ant ; tete couverte d une ponctuation fiae et serre"e
sur toute sa surface; la carene est line"aire, unpeu elargie au sommet; les
festons sont contigus au front et scare s entre eux par un trait court plus
ou moins distinct. Le premier article des antennes est tres-allonge", les
deuxieme, troisieme et quatrieme sont subegaux et deux fois plus courts,
le cinquieme est un peu plus long que les precedents. Le corselet est
presque deux fois plus large que long, forme comme chez la punctulala,
mais a ponctuation un peu plus serre"e ; les elytres sont un peu plus
e"troites que chez la punctulata et moins obluses a leur extremite, elles
sont couvertes de points assez forts et subseries, le plus souvent, sur le
disque. Pattes noires, avec les articulations et les tarses plus clairs.
Chez le male, le dernier segment abdominal est assez fortement echan-
cre et deprime a son extremite; de plus, il est legerement sillonn6 dans sa
longueur; le troisieme article des antennes est triangulaire, avec Tangle
anterieur interne prolonge en forme de dent.
Cette espece a e"te confondue avec les petils individus de Yatra ; elle
s en distingue par sa ponctuation moins forte et plus serree et par ses
antennes plus courtes ; elle s eloigne de la punctulata par sa forme moins
ovale, sa ponctuation un peu plus forte et subseriee sur les elytres et un
peu plus serree sur la lete et le corselet. Elle se separe nettement de ces
deux especes par la forme du troisieme article des antennes chez le
male.
Paris, Gollioures, Hyeres. Probablement tres-re"pandue.
_ 6
M. L. Bedel signale plusieurs Coleopteres interessants pour la faune
parisienne :
Je les ai recueillis a Paris me"me, dit notre confrere, sur la partie du
quai de la Seine qui longe 1 esplanade des Invalides. Vers le 15 avril der
nier, par un temps orageux, les insectes volaient en quantite et se posaient
frequemment sur le parapet du quai ; cet endroit de chasse, bien connu.
rnais trop ne glige des entomologistes, m a donne en peu d instants le
L&mophlaeus muticus, espece toujours rare , et le Phlaotribus oteas, Xylo-
phage meridional, accompagne du Kissopkagus hederse, du Phcelosinus
Aubei et d un grand nombre (THylesinus vittatus et fraxini. Je puis citer
egalement quelques especes que je m attendais fort peu a rencontrer
ainsi : Amara anthobia, Philonthus discoideus, Nitidula quadripustulata,
Anthrenus scrophularids, Megatoma undata, Megapenthes tibialis, Sitoncs
melitoti, Coryssomerus capucinus, Amaius scortillum, Tropideres albi-
rostris, etc.
M. 1 abbe* Glair indique quelques Goleopteres egalement interessanls
pour la faune parisienne, trouve"s pai- lui a Chennevieres-sur-Marne c-l
clans les environs :
Dans les bois Notre-Dame : Staphylinus erythropterus, Silpha carinata,
parfois assez commune en automne, sous les mousses; Corymbites hsema-
todes, Agapanthia violacea et Oreina iuctuosa, ce dernier insecte commun
au mois de juin ;
Dans les sablieres de Sucy-en-Brie : Saprinus detersus ;
A Chennevieres m^me : Ditomus fulvipes, Velieius dilatatus, Dermestes
bicoLor, Rhizotrogus ruficornis, Telephorus discoideus, celui-ci en juin,
sur les sapins ; Rhinosimus viridipennis, sous des ecorces de hetre, en
automne ; Nemonyx lepturoides, trouv6 le soir dans un champ de luzerne,
fin juin ; Lignyodes enuclealor, sur des buis en fleur, le ill avril dernier.
Uembre recu. M. Paul Nadar, h Paris, qui s occupe de 1 etude des
Cole opteres et des Le"pidopteres indigenes et exotiques , present^ par
M. Aug. Gheviolat (commissaires-rapporteurs MM. J. Grouvelle et Alb.
Leveille-).
Membres dtmtssionnaires. MM. Fridrici pere, a Metz (Lorraine), et le
baron Rene" de Mathan, & Alby (Tarn).
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Archiviste adjoint,
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES
SAVANTES.
Comptes rendus des seances de I Acadtmie des Sciences, tome LXXVI,
n 08 ill et 15, avril 1873.
DUMAS, p. 947, Note sur le Phylloxera.
* Nouvelles Archives du Museum d Histoire naturelle de Paris, tome VII,
fasc. ft, 10 pi. n. et col.; tome VIII, fasc. l-/t, 20 pi. n. et col.
Tome VII (Bulletin). L abbe" DAVID, p. 74, Rapport sur un
voyage au Thibet.
Tome VIII (Bulletin). I/abbe" DAVID, p. 3, Journal d un
voyage dans le centre de la Chine et dans le Thibet oriental.
Mtmoires. A. MILNE-EDWARDS, p. 229, Recherches sur la
faune carcinologique de la Nouvelle-Cale donie (5 pi. n. et col.).
(Ouvrage offert par le Ministere de Instruction publique.)
Proceedings of the Zoological Society of London, 1872, part. II, A5 pi.
Index 1861-1870 Q (1).
Tijdschrift voor Entomologie (Societe entomologique neerlandaise ) ,
anne e 1870, n 08 2 et 3; anne e 1872, n os 1-6; pi. noires et colo-
rie"es.
SNELLEN, p. 1, Bijdrage tot de Vlinder-Fauna van Neder-Guinea.
SNELLEN VON VOLLENHOVEN, p. Ill, Bladvalling. VAN HAS-
SELT, p. 113, Over den Eresus annulatus. HEYLAERTS fils,
p. 118, Les Macrolepidopteres de Br^da, 2 e lisle supple"mentaire.
ID., p. 120, Kleine entomologische opmerkingen. SNELLEN
(1) Le signe Q indiquera a 1 avenir que 1 ouvrage re?u par la Sotiete ne renferme
rien qui se rattache a 1 entomologie.
_ 8 -
VON VOLLENHOVEN, p. 125, Opmerking omtrent een miskenden
Sumatraanschen kever. VAN DER WULP, p. 129, Asiliden van
den Oost-Indischen archipel. VON HEINEMANN en SNELLEN,
p. 280, Eene nieuwe soort van Butalis. W. MINK, p. 285, Sprin-
gende Hymenopteren Puppen.
Transactions of the Zoological Society of London, vol. VIII, 1872,
3 e partie. Q
* Zapiski Noworossitskago Obsczestwa Estestwoispitatelei (Memoires de
la Societe des Naturalistes de la Nouvelle-Russie, en russe), 2 fasc.,
1872 et 1873. Q
OUVRAGES DIVERS.
* COTTY. Description du Muse"e d Histoire naturelle de Tours. Amiens,
1872, broch. in-8.
* HEWITSON. Exotic Butterflies, partie 86 (Heliconides, firycinides, Nym-
phalides). 3 pi. col.
* MARESCHAL. Congres des Socie te s savantes. Rapport fait a la Socie te
acade"mique des Hautes-Pyre ne es. Broch. comp. Paris, 1873. Q
* SCUDDER. Canons of systematic nomenclature for the higher groups.
(Broch. extr. de 1 Amer. Journal of Science and Arts, 1872.)
Ordre du jour de la seance du 14 mai 1873 :
Rapport de la Commission de 1873 du Prix Dollfus.
Rapport sur MM. Couture, de Bordeaux, pre sente par M. m. Deyrolle
pour faire partie de la Societe; Fridrici fils, de Metz, presente* par
M. Felicien de Saulcy ; J.-P. Guede, de Paris, pre sente" par M. Jules
Grouvelle ; et Marc de Mathan, du Havre, presente par M. E. Desmarest.
PARIS. - Typog. FELIX MALTESTE et O, rue des Deux-Porles-St-Sauveur, 22.
NO 5.
BULLETIN DES SEANCES ,
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par M. E. BES1MAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du 14 Mai ISS. t.
Presidence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
37 membres presents.
M. Duchamp, d Autun, assiste a la stance.
Rapport et Decisions. M. le Secretaire donne lecture d un rapport de
la Commission du Prix Dollfus pour 1873 (commissaires : MM. Aug.
Chevrolat, Jules Fallou, le docleur Giraud, H. Lucas, L. Reiclie et les
membres titulaires du Bureau).
La Commission du Prix Dollfus, reunie le 30 avril et constitute par la
nomination de son President, M. le docteur Giraud, et de son Secretaire,
M. E. Desmarest, aptes discussion approfondie sur la maniere dont elle
doit agir pour remplir le but que Ton vent atteindre, propose a la Societe"
1 acceptation des decisions suivantes :
1 Le prix sera de cerne & tout travail nouveau ou partie nouvelle de
travail en cours de publication, ayant paru dans Tannee, a partir de
IMpoque de la donation Dollfus, et remplissant les conditions exprime"es
dans le paragraphs deuxieme du rapport adopte" dans la seance de la
Socie"te, en date du 26 mars 1873, portanl :
Que le Prix sera decerne a Cauteur cCun travai entomologiqm
imprime, conccrnanl sptciatemcnt les divers ordres d lnsecies^ redige en
francais, et qu il s 1 appliqucra a Couvrage qui, par sa valcur scientifique
et son prix de vente, conviendra le mieux aux debutants.
2 Tous les travaux de cette nature pourront etre presenles par les
auleurs on signales a la Commission par un de ses membrcs.
3 Le laure*at aura la faculte de clioisir entre la somme de trois cents
francs en especes ou une medaille en or de la meme valeur.
A Le prix pouvant etre partage*, les laureats jouiront de la faculte
accordee dans 1 article precedent : c est-a-dire de recevoir leurs prix en
especes ou en une medaille d or proportionnelle.
5 La Commission 6met le voeu que les auteurs dont les ouvrages seront
couronne"s en offrent deux exemplaires a la Socieie" entomologique de
France, dont un exemplaire destine an donataire.
6 Le concours sera clos .au l cr Janvier de chaque annee. Le prix sera
de cerne , s il y a lieu, a la seance la plus rapprochee de Tanniversaire de
la donation Dollfus (16 fevrier).
Les conclusions de ce rapport, apres avoir ete disculees par la Societe",
sont adoptees h 1 unanimite des voix.
Communications. M. le Tresorier" annonce la mort de Tun de nos
confreres, M. Albert Cabarrus, de Bordeaux, qui avait ^te" recu en 1863.
- M. Lichtenstein, dans une lettre adressee au Secretaire, presente a
la Societ6 la reclamation suivante :
J ai re^u les Annales du quatrieme trimestre de 1872. Je tiendrais
beaucoup a relever 1 erreur commise par notre collegue et ami M. H.
Lucas, qui, dans la seance du 23 oclobre, m acctise d avoir donne & la
Society un travail deja publie par M. Mulsant le 31 Janvier 1872, et par
M. Maurice Girard, en fevrier 1873. Je n avais pas eu connaissance de ce
fait, et je ne voudrais pas passer pour aller sur les brisees d un autre. Je
veux done faire constater que c est le treize decembre 1871, nos collegues
MM. H. Lucas et Maurice Girard etant presents , que j ai fait passer sous
leurs yeux la larve et 1 insecte vivant du Vesperus Xatarti (Bulletin,
page LXXIX, 1871). C est de ce jour-la que date la decouverle : M. Mul
sant m a cite" et m a m6me donne" moitie de son travail ; j ignore si
M. Maurice Girard 1 a fait aussi en domiant le dessin de la larve, car,
s il 1 a recue de notre ami commun M. Naudin, il n a pas pu deviner que
ce fut celle du Vesperus Xatarli sans Pelever comme je Pai fait, et je suis
presque certain que M. Naudin , qui est botanisle, ne s est pas occupS
de cet elevage. C est la date de cette communication a nos seances qui
fixe Pe"poque d une de"couverte et non pas la publication des details expli-
catifs qui paraissent quand il y a place dans nos Annales. Avec les Bulle
tins publics stance par seance on ne sera pas re"duit, en province, a
demander, comme cette fois, des rectifications apres sept mois ; aussi je
remercie la Societe d avoir pris la mesure aujourd hui en voie d exe"-
culion.
M. le docteur V. Sign&ret lit une note sur le Phylloxera, et Pim-
pression dans le Bulletin en est decidee :
Messieurs, depuis longtemps je ne vous ai entretenu du Phylloxera,
permettez-moi aujourd hui de vous en dire un mot, dans lequel je resu-
merai Petal actuel de la question.
II y a quelque temps deja on a annonce la presence du male de cette
espece et en France et en Amerique. Il me restait a etudier ces individus,
ce qui me fut assez difficile, leur decouverte en France n etant signaled
que pour un seul individu et aux fitats-Unis par 1 envoi e"galement d un
seul exemplaire.
Je vous parlerai en premier lieu de celui de France, qui m a ete" com
munique cPabord par M. Liclitenstein et ensuite par la Commission minis-
terielle, a laquelle il avait e"te" soumis. Par Pexamen an microscope il
m a ete permis de reconnaltre une femelle : 1 individu manque des organes
propres a un male, et sa legere difference de forme 6tait due a 1 absence
des 03ufs, a la vacuite de Pabdomen bien probablement, quoique M. Licli
tenstein ait cru reconnaltre des caracteres dans la nymphe meme. Quant
h moi , je n ai pu les voir et n ai observe ni la plus grande constriction
de 1 abdomen, ni la nervation diff^rente de 1 elytre, ni rien surtout de ce
qui constitue les organes males.
Je n ai pas 616 beaucoup plus heureux avec le seul exemplaire envoye
par M. Riley ; examine tout d abord avec M. Balbiani, nous n avons rien
pu discerner, tant Pabdomen de Pindividu e"tait rabougri, raccourci ; tous
les anneaux etant rente s les uns dans les autres, il nous a 6te" tout h
fait impossible de decider la question ; nous ne pouvions voir ni pe"nis ,
ni testicules. J ai du, pour plus ample examen, faire chauffer Pexem-
plaire dans de Peau alcoolis^e et legerement polassique ; je Pai fait
revenir entierement & sa forme normale, en dormant a 1 insecle toute la
transparence desirable, et j avoue qu apres un examen attentif j ai cru
pouvoir decider que j avais sous les yeux une femelle ne different en rien
de celles de France. Seulement 1 abdomen aussi, comme dans 1 individu
de M. Lichtenstein,.ne contenait pas d reufs. Quant a la nervation de
1 elytre, elle ne differait pas de celle que j ai figuree dans la planche de
nos Annales et que je considere comme l^tat normal, malgre 1 opinion
contraire exprimee par M. Lichtenstein.
Je puis done dire que le male est toujours a trouver et qu il ne suffit
pas que les femelles aile"es aient pondu les trois 03ufs qu elles possedent
pour en faire des males. Je viens de parler des trois ceufs des femelles
ail^es, nous nesavons pas encore a quel type.ils donnent naissance, mais
comme dans la nature tout a sa raison d etre, il doit y avoir une raison a
de"couvrir : seraient-ce ces oeufs qui fournissent le type-mere, celui dont
sort la generation hibernale ?
Il y a toujours un assez grand nombre de questions a etudier. Ainsi,
celle des mues n a pas encore 6te aborde"e ; je ne la trouve indique"e nulle
part. Pour moi , voici ce que je vois pour le moment : apres 1 ceuf arrive
la jeune larve que je nommerai embryonnaire et qui cependant parait plus
de"veloppee que la forme suivante, si Ton compare les antennes, les pattes
et les poils, ainsi que les articulations, les excavations bien tranchees :
c est le premier etat tel qu on peut le voir au moment de la sortie de
1 ceuf et meme quand la larve y est encore. Apres la mue, la premiere,
nous avons un individu dont les antennes sont comme empatees, avec les
articulations moins senties, la cicatrice moins grande, les poils plus courts,
les pattes moins accentuees, les crochets plus petits, ainsi que les digitules
et les poils, et un seul article aux tarses comme dans le precedent, quoi-
que la peau de la mue laisse voir un faible trait transparent indiquant les
deux articles. Apres la mue, la seconde, nous avons des individus pareils,
mais a antennes plus longues, a cicatrice peut-etre encore plus petite
ainsi que les poils,; seulement ici nous avons franchement deux articles
aux tarses. Apres la mue de ces individus, qui sont les troisiemes, nous
arrivons a ceux qui sont tuberculeux ; nous n avons pas vu la mue, mais
elle est e"vidente, elle doit exister : ce serait done la troisieme. Ges memes
individus forment une se"rie qui reste telle, du moins nous le pensons ;
ils pondent toujours, jusqu a ce qu ils meurent. Voil& ce dont il faut
encore s assurer. Mais d autres individus se metamorphosent , se trans-
forment en nymphes , e"prouvent une mue qui devient la quatrieme et
apparaissent a 1 etat aile" ; ceux-ci ne renferment que trois ou quatre 03ufs,
5
tandis que les autres en pondent un bien plus grand nombre. De plus, les
individus ailes , d apres M. Balbiani, n auraient plus qu une chambre ovi-
gere , tandis que dans les apteres il y en aurait deux , c est-a-dire la
chambre germinatrice et une premiere loge ovigere : c est cette loge qui
disparait dans la generation ailee ; mais, avant de passer a Petal aile,
dont je crois avoir reconnu deux formes, a 1 etat aptere, les insectes
avaient deja pondu.
Nous nous trouvons done pour le moment en presence de six individus
diflerents; mais a cela nous avons encore a ajouter le type-mere, qui
n arrive pas d un coup a cette forme et en e tat de pondre, et qui provient
sans doute d une forme anterieure. Nous avons figure ce type dans le
Journal, d Agriculture en 1872, 17 fevrier, page 268. Il a passe par
plusieurs mues, a moins que ce ne soit notre n 2 ou notre n 3 qui,
ayant subi un temps d arret, se soit change avant la transformation en
individu tuberculeux : ceci est a etudier, ainsi que la provenance du
type-mere des galles.
Si du point de vue entomologique nous passons a celui de 1 agriculture,
nous voyons que le probleme n a pas fait un pas. Toujours les memes
discussions, les memes conseils, les me"mes esperances, les memes desap-
pointements ; enfm il en est de cette question comme du male, cependant
si facile a distinguer, d apres M. Lichtenstein (le Phylloxere, fails acquis,
1872, page 7), et qui n a pas e"te trouve.
A cette occasion, puisque je cite cet ouvrage, je demanderai a ces mes
sieurs comment ils ont pu s assurer que la premiere attaque du ccp se
faisait par les radicelles du chevelu, qui presente dans ce cas les nodosites
caracterisliques ; ces radicelles une fois detruiUs, des nouvelles generations
tfinsectes se portent sur les racines principals, puis sur la base enticre
du cep, etc.
Voyez-vous celte jeune generation venant de naitre dans les, galles des
feuilles, par exemple, et descendant de feuille en feuille, de branche en
branche, puis les sarments, arrivant au col de la racine, arpentant les
fortes racines, pour aller se nourrir de ce qu il y a de plus lendre aux
radicelles ! Eh bien, et les spongioles, qu en faites-vous ? elles ont done
disparu ? et cependant elles sont si nombreuses ici que je crains bien que
ce ne soit elles que vous ayez dessinees sous forme de nodosite s. Mais
comment font les insectes pour faire cette route a travers tous les obsta
cles ? Comment arrivent-ils aux radicelles, sans s arr&ter en route, sans se
rafraichir un peu, et alors s ils le font, comment retirent-ils leurs filets
6
rostraux implantes dans la vigne pour y pomper tout le liquide qu elle
contient ? Groycz bien qu une fois fixes ils ne bougent pas facilement.
J appelle 1 atlention des viticulteurs du Midi sur ce fait.
Au point de vue pratique il n y a qu un fait certain et authentique :
c est la submersion totale des vignes, comme M. Faucon, du Mas-de-Fabre,
1 a pratiquee ; en dehors de cela la question n a pas fait un pas, elle a plu-
t6t recule. Comment appeler autrement le fait de 1 arrachage des vignes ?
Eh bien, M. Faucon regenere ses vignes au moyen de 1 eau; ces messieurs
disent : tm Le Phylloxera. II faut bien qu ils soient logiques avec ce qu ils
ont tant de fois avance". Quant aux autres tentatives, comme dit M. Gaston
Basile dans sa Re"ponse a M. Signoret (Journal d Agriculture , 1872,
page 335), faudra-t-il les abandonner parce qu elles ont donne des
rsultats incomplets et dire : Attendez la pluie ? Oui, je le re"peterai, il
faut les abandonner, car elles sont nuisibles, nulles, inutiles, dispen-
dieuses et decourageantes. Conseillez la pluie artificielle si celle du ciel
ne suffit pas, et vous regenererez vos vignes.
Malgre" tout ce que j ai entendu cet hiver dans mon voyage a travers la
France, je reste dans mon opinion que le Phylloxera n est ni cause , ni
effet meme de la maladie de la vigne ; que c est cette derniere qui est
malade, que cela depend d une action physiologique encore inconnue et a
chercher, que Ton trouverait si on ne s entetait pas sur ce pauvre Phyl-
loxere. Mais, mon Dieu, pourquoi ne me dites-vous pas que c est lui qui
est la cause de YO idium Trukeri, comme la Morphee, dont le nom scien-
tifique ne me revient pas pour le moment, est causee par les divers Coc-
cides du Midi sur 1 oranger, 1 olivier, etc.?
Quant aux ce"pages americains dont on parle tant, j en demande pardon
a MM. Laliman, Lichtenstein, Planchon, Gaston Basile, je ne puis pas
trop me prononcer, je ne suis pas viticulteur , mais je lis ce que Ton
m envoie et je me fais le simple raisonnement suivant : avant que d etre
racine charpentiere dure, la racine est radicelle ; avant que d etre radi-
celle, elle est spongiole (spongieuse); eh bien, comment M. Lichtenstein
empechera-t-il le Phylloxera (Taller a cette derniere et d arreter la source
n^cessaire a toute la planle, en tumefiant tous les canaux, d ou les nodo-
sites ? Et du reste, comme tant d autres, je dirai : comment ! le Phylloxere
vient d Amerique, vous-meme indiquez qu il se trouve sur tous les
cepages americains, et vous proposez d en faire venir ! J avoue que je n y
comprends plus rien. G est bien vous qui le dites, c est M. Riley, vous le
repe"tez dans votre note de decembre 1871 (Du Phylloxera, son action
sur divers cepages). Vous n avez pas assez de Phylloxeres, vous proposez
7
d alter en chercher ! c est parfait. J avais raison, je crois, en disanl en
commencant que la question agriculturalc n avait pas fait un pas et qu elle
tend ait a reculer.
Mais enfm, dira-t-on, pourquoi la vigne est-elle malade ? A vous, mes
sieurs des localites envahies, a chercher, et pour cela abandonnez 1 idee
du Phylloxera comme cause, et voyez si cela ne dependrait pas d une trop
grande affluence de seve arrete e subitement par une influence almosphe-
rique, due aux changements climateriques que lout le rnonde remarque et
observe depuis plusicnrs amices, et qui sont surlout si frequents, si ter-
ribles dans la vallee du Rhone, pays qui a subi plus de desastres que lous
les autres.
La seve, par suite d une chaleur tres-precoce, arrive avec abondance,
les vaisseaux en sont gorges ; tout d un coup le thermometre descend de
15 a 20 degres, comme fin avril, commencement de mai 1873, et cela
.arrive depuis plusieurs annees, un peu plus, un peu moins. Que voulez-
vous que deviennent les vaisseaux ainsi gorges? Us crevent par le retrait
de la plante, ils se de"sorganisent ; ceux qui restent sont engorges, la seve
s epaissit, se coagule, si jc peux parler ainsi (tout le monde a pu voir ce
que devient cette seve qui s epaissit et devient gommeuse, lorsque Ton
coupe un troncon de racine de vigne), la vegetation est arrtee, toute la
plante est deja malade, et lorsque la seve revient par les racines, comme
elle ne peut plus circuler, les parties tendres de la plante pourrissent, et
vous avez la maladie actuelle.
Mais, direz-vous, il n y a pas que le Midi sujet a ces changements dc
temperature. G est vrai, mais ces changements sont plus frequents, plus
grands dans la vallee du Rhone que partout ailleurs; cela est du a sa
position topographique ; c est surtout la que la maladie a s6vi, et ailleurs,
si la maladie existe, il faut avouer aussi qu elle esl bien moins prejudiciable ;
car, a part un clos ou deux vers Montpellier, un ou deux vers Bordeaux,
on peut dire qu elle passe inapercue, malgre la grande quantite de Phyl
loxera. Mais de tout temps il y a eu des localites moins favorisees que les
autres, et, du reste, le Midi en dehors de la valle"e du Rhone n a pas eu,
que je sache, a se plaindre de la re"colte de 1872, que je lui souhaite pour
1873, et c est par ce souhait que je finis cette note deja trop longue.
M. le docteur Girand, au sujet des idees emises par notre collegue
M. le docteur Signoret sur 1 arret de la circulation de la seve, fait observer
qu elles semblent Irouver une confirmation dans cette maladie de la vigne
que feu le docteur Desmartis regardait comme nouvelle, et dans laquelle
il voyait une production de galles. J ai montre" a la Soci6te, dans sa seance
du 13 septembre 1871, ajoute M. le docteur Giraud, des echantillons de
vigne malade envoyes par cot observateur et provenant des environs de
Bordeaux. Mon avis a ete que les alterations n etaient pas dues a Faction
d un insecte gallicole quelconque, mais a 1 accumulation insolite de la
seve qui forcait les fibres de 1 aubier a s e"carter pour faire place a un
de"pot pulpeux resultant -de 1 afllux exagere des sues. La presence du
Phylloxera vastatrix n elait pas annonce"e, mais si elle avait ete reconnue,
on n aurait pas manque de lui attribuer un effet auquel elle pouvait rester
etrangere. Cependant, pour demontrer que la maladie precede 1 appari-
tion du .Phylloxera, il serait indispensable d etudier 1 etat des vignes qui
sont exposees a 1 irruption de 1 insecte si redoute.
M. le docteur Al. Laboulbene adresse des remarques sur un nid
d Arane"ide et sur des chenilles d Hyponomeutes :
Pendant un court se"jour que je viens de faire en Anjou, j ai, au com
mencement de ce mois, recueilli les nids d une Araneidc, VAgelena brun-
nea, et j ai ete assez heureux pour prendre un de ces nids a peine forme,
non reconvert de terre. Dans une prochaine seance je le montrerai a la
Societe, et je ne doute pas qu il interesse vivement les arachnophiles.
De plus, j ai revu la plupart des pommiers qui, 1 annee derniere, avaient
eu leur recolte de fruits perdue par une Hyponomeuta dont les chenilles
avaient de"vore les fleurs et souvent les feuilles. J ai remis a notre excel
lent collegue M. Jules Fallou cette Hyponomeuta pour la determiner.
Ges pommiers ne fleurissent pas ou a peine, et la recolte du cidre sera
presque nulle. Il serait fort a desirer qu on put trouver un moyen pour
s opposer aux ravages des petites chenilles devastatrices.
M. Ragonot fait connaitre une note sur VOEcophora luctuosella :
Depuis longtemps il y a eu confusion relativement a deux especes voi-
sines du genre OEcophora : les CE. Augustella et luctuosella.
UAuffustella est commune a peu pres partout; mais en France elle ne
m est encore signale"e que de Colmar, et je ne 1 ai jamais rencontree.aux
environs de Paris, ou elle est remplacee par la luctuosella Dup., espece
tres-voisine, mais qui paraitrait moins re"pandue, n ayant et6 prise hors du
de"partement de la Seine qu a Chateaudun et a Chartres; cependant, sui-
vant le professeur Ghiliani, elle se prendrait en Savoie.
La luctuosella se trouve etre a peu pres a l 6tat legendaire, car elle ne
9
se voit dans aucune des collections de nos grands microlepidopteristes ;
ne"anmoins il est possible qu elle existe dans les collections sous le nom
d Auffustella ou Angustella, var. albimaculea Haw. Je pensc done qu il
serait iitile d indiquer les caracteres qui la separent de YAugustella Hub.:
1" Dans la luctuosctta les bandes pales qui traversenl les ailes supe-
rieures sont un pen plus larges, plus distinctes et moins teintees de jaune
que dans YAugustella ; la frange de cette derniere espece est toule noire,
tandis que dans la luctuoselia elle est pale aux extre"mites.
2 La t&te de la luctuoselia est enticement (Tun blanc jaunatrc, tandis
que 1 autre espece a des polls d un gris fonce sur le derriere de la lete.
3 Enfm les palpes de la luctuoselia sont blanchdtres, avec le dernier
article noir, excepte le bout extreme, qui est pale. Dans VAugusteUa, au
contraire, les palpes sont noirs, avec seulement un petit anneau pale a
I extre mite du deuxieme article.
Duponchel avait d abord de"crit (XI, p. 328, pi. 298, fig. 12) celte
espece sous le nom de Llta funestella, pensant que c etait la funestella de
Hubner ; mais plus loin (p. 622, pi. 312, fig. 9) il donne la description et
la figure de la veritable funestella Hub. (ce nom est niaintenant remplace
par le nom plus ancien de fessella du meme auteur), qui est une Gdechia,
mais il ne dit pas pourquoi il a decrit et figure sous le meme nom deux
insectes si diflerents.
La luctuoselia^ comme sa congenere, so prend en mai et juin sur le
tronc des arbres. Je la trouve mme au Jardin des Pantes sur les tilleuls.
Tavais place cette Tineite dans ma collection sous le nom YAugustella;
mais depuis longtemps j avais des doutes a son egard, et notre savant
collegue M. Stainton vient de me tirer de mon inceilitude en m annonfant
que c est bien la luctuoselia Dup., espece qu il avait a tort conside ree
comme e tant une variete de VAugustella. J aurai done, je 1 esperc, le
plaisir de repandre cette espece dans les collections ou elle est encore
inconnue.
M. Henri Brisout de Barneville annonce qu il a trouve a Saint-
Oermain-en-Laye, sur une buche de cliene, le Tomicus capronatus Ferris,
signale jusqu a present seulement des Landes.
M. Charles Brisout de Barneville dit qu il a pris dans les environs de
Marly, sur le bord d uoe mare, les ti ois especes suivantes, qui n ont pas
10
encore ete signalers aux environs de Paris : le Limnichus auro-sericeus
Jacquelin Duval, et les Lesteva punctata Er. et pubescens Mann.
M. Henri Brisout de Barneville communique la description d une
nouvelle espece clu genre Nanophycs :
NANOPHYES DORI^;.
Ovatus , sat dense albido-pubescens , roslro, capite thoraceque nigris ;
etytris rufo-ferrugineis tenuitcrpunctato-striatis, inter stit Us plants, versus
medium macula magna, obtongiuscula, subrotunda suturaque ex parte,
nigris ; femoribus muticis, pedibus obscure testaccis ; antennis testaceis,
clava fusca, funiculo k-articulato ; corpore subtus nigro. Long. 5 mill.
Cette espece se range dans la section du Nanophycs pallidulus, dont elle
differe sous tous les rapports; elle se rapproche plutot du maculatus, que
je n ai plus en main, mais dont les cuisses sont armees de petiles epines;
le Dorix a les cuisses mutiques.
Ovale, convert d une pubescence blanchatre fine, assez serree, plus
longue que chez le pallidulus, couchee, visible a line loupe ordinaire. La
tete, le rostre et le prothorax sont noirs; le rostre est mince, fin, presque
d egale longueur dans les deux sexes. Les antennes sont teslacees, la
massue noire, le funicule compose seulemenl de quatre articles. Le pro-
thorax est conique, ponctue finement, pen serre, les intervalles un peu
ruguleux : ces caracteres peu visibies sous la pubescence. Les elytres sont
rouge-ferrugineux. finement ponctuees-striees; intervalles plans; orne"es
d une grande tache noire, un peu oblongue, un pen arrondie vers le
milieu, s etendant du premier au cinquieme intervalle, se rejoignant cha-
cune par la suture, qui est rembrunie. En dessous, le corps est entiere-
menl noir. Les cuisses sont mutiques, les pieds testaces ou testace"-
obscur. Genes.
Cette espece, bien distincle, a ete envoyee a M. L. Reiche par M. le
marquis Dona.
- M. L. Bedel communique les notes synonymiques suivantes sur
divers Col^opteres de la faune europeenne :
Ccrylon forlicorne Muls. et Key (Ann. Soc. Linn, de Lyon, XVIII, p. 95).
Cette espeoe, que les auteurs comparent seulement aux C. histeroides
11
elimpressum, est e"videmment identique au C. fagi Bris., retrouvc
par M. Jules Grouvelle a la Grande-Chartreuse, precisement Tune des
localiles que citent MM. Mulsant et Key pour leur C. forticorne.
Cerylon attenuatum Fairm. (Ann. Soc. ent. Fr., 1866, p. 21) = Gmjlon
semistriatum Ferris. Je dois ce renseignement a Al. Leprieur, qui a
recueilli lui-meme cette espece alge"rienne.
Tropinota Lethierryi JtekhQ (Ann. Soc. ent. Fr., 1871, p. 85)= Squalida
Lin., var. Des denx seules differences signalees dans la description :
elytres glabres et prolhorax orne cle six faisceaux de polls fauvcs,
la premiere tient certainement, d apres Texamen du type, a un frotte-
ment accidental , et la seconde se retrouve frequemment, a un degrg
plus ou moins prononce, chez les iadividus meridionaux de la squa-
lida. Quant a la taille, elle est des plus variables (de 8 a 14 milliin.)
et n a pas de valeur specifique.
Oxythyrea niveopicta Fairm. (Ann. Soc. ent. Fr., p. 639) = Tropinota
Fatima Goq. (Ann. Soc. ent. Fr., 1860, p. 446). Gettc reunion est
j aite d apres les types memes des auteurs, conserves dans les collec
tions de MM. Reiche et Sedillot.
Je ne puis m expliquer par suite de quelle confusion M. de Marseul
a pu reunir la niveopicta, qui est une Tropinota, a tarses posterieurs
normaux, et YEnoplotarsus costatus Luc., dont les tarses poste"rieurs
sont fortement epineux an cote externe, et dont le prothorax est sil-
lonne sur la ligne mediane.
M. de Marseul, en reunissant, a tort, la niveopicta a la Cetonia cos-
tata, ajoute (Abeille, VI, p. 154) : Peut-etre est-ce aussi la dcserti-
colaLuc., si Ton peut en juger d apres son insignifiant signalement.
Gette phrase ne peut s appliquer a la niveopicla; mais il serai t
possible en effet que YEnoplotarsus costatus ne fut quo Tun des sexes
de VEnopLotarsus deserticola.
Elater cocdnatus Rye (Entom. monthl. Mag., Ill, 1867, p. 249). - Je
crois etre certain que cet Elater est une variete a 61ytres entierement
rouges de VE. prseustus Fabr. , auquel 1 auteur ne lo compare pas, a
cause de sa coloration meme. La tache apicale noire des flytres du
prseustus, parfois assez developpee, decroit insensiblement chez cer
tains individtis et finit meme par disparaitre tout a fait ; dans ce cas,
et, a Paris, c est le plus frequent, la description de YE. cocdnatus
s applique parfaitement.
12 -
Hypophlaus Ratzeburgi Wism. (Stett. Zeit., 1848, p. 77) (/V^z Ralz.).
La reunion cle cet insecte au Tribolium bifoveolatum Duft. a peut-
6tre e"te prematuree. D apres une note public" e a Breslau (Ent. Section
der schlesischen Gesellschaft, im Jahre 1870), 1 espece en question
serait, non pas un Tribolium, mais un Palorus, voisin du P. melmus
Herbst. (depresses F.)
Siioncs punctiger Thorns. (Skand. Col., X, 1868, p. 167) = 5. puncticoliis
Steph. La description tres-detaille e de M. Thomson ne laisse aucun
doute a cet egard.
Sitones pumtiger Woll. (Ann. nat. Hist., XI, 1863, p. 220). Cette
espece n est autre que le curieux Sitones bituberculatus Mots. , dont
le centre d habitat paralt tre dans les Atlantides, mais qui remonte
plus au nord et se pi-end en Espagne, en Corse et jusque dans le midi
de la France.
Callidium pilicolle Thorns. (Skand. Col., VIII, p. 29). M. Thomson ne
compare cette espece qu au clavipes et ne parle pas du Callidium
macropus Kryn., dont elle ne parait pas diflerer.
Clytus Auboueri Desbr. (Ann. Soc. ent. Fr., 1872, p. 429) =-. C. Sternii
Kraatz (Berliner ent. Zeit., 1870, p. 219).
Ge beau Clytus, intermediaire entre les C. plebejus et massiliensis,
est sans doute conibndu avec eux dans la plupart des collections. Sa
decouverte en France est fort interessante pour noire faune.
Cassida filaginis Perr. La description de la C. seladonia donnee par
Gyllenhal et Thomson se rapporte tellement bien a cet insecte,
qu il est probable que 1 espece francaise et celle de Suede sont iden-
tiques ; les angles posterieurs du prothorax arrondis et la marge
basilaire des elytres fortement crenelee sont les caracteres les plus
saillants de cette Cassida dont 1 aire geographique parait tres-
etendue.
Membrcs recus. 1 Mi Georges Couture, negotiant a Bordeaux (Goleop-
teres, Apiculture), present^ par M. Em. Deyrolle (commissaires-rapporteurs
MM. L. Reiche et Salle");
2 M. Edmond Fridrici, ancien employe a 1 Ecole industrielle de Metz,
attache" a Tetablissement agricole de Wargnies-le-Grand, par Jenlain (Nord)
(Entomologie ge ne rale et appliquee), pr6sente par M. Felicien de Saulcy
(commissaires-rapporteurs MM. Bedel et L. Reiche);
- 13 -
3 M. J.-P. Guede, ingenieur de l re classe des constructions navales,
officier <lc la Legion d honneur, a Paris (Goleopleres de France), presente
par M. J. Grouvelle (commissaires-rapporleurs MM. Just Bigot et A.
Leveille ;
Zi Et M. Marc de Mathan , negotiant au Havre (Seine-Inferieure)
(Coteopteres d Europe), presente par M. E. Desmarest (commissaires-
rapporteurs MM. Berce et L. Reiche).
Membre demissionnaire. M. Philippe Lauzun, a Paris, qui avail et(j recu
en 1862.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Archivislc adjoint.
OUVRAGES PRIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
* Bulletin de la Societe d etudes scientifif/ues d Angers, 2 e annee, 1872.
GALLOIS, p. 7Zi, Materiaux pour une faune entomologique du
departement de Maine-et-Loire (Col6opteres) : 1 Additions, p. 76;
2 Rectifications, p. 83. ID., p. 86, Le Phylloxera vastatrix,
cause on effet de la maladie de la vigne. CHAUVEAU, p. 98, Sur
PApus cancriforme. LELIEVRE, p. 103, Le froid fait-il perir les
Insectes et en particulier les Lepidopteres ?
Eulletino delta Societa entomoloyica italiana, V, 1573, l cr semeslre.
RONDANI, p. 3, Degl Insetti nocivi e dei loro parassiti. RAGUSA,
p. 31, Notizie sulla Fauna lepidotterologica della Sicilia. BAR-
GAGLI, p. 34, Material* per la Fauna entomologica dell isola di
Sardegna (suite). RAGUSA, p. 50, Rhodocera Cleopatra ermafro-
dita. KALCHBERG, p. 51, Lepidotteri nuovi per la Sicilia o per
- ill .
I Europa. PICCIOLI, p. 52, Microcoleotleri dei dintorno di Fi-
renze. STEFANELLJ, p. 53, Conservazione delle collezioni ento-
mologiche.
Renscignemcnts entomologiques. P. 57, Lo splendore degli
occhi delle farfalle. Actinestesia degli insetti. Fecondazione del
baco da seta. Resistenza degl insetti agli estremi della temperatura
ed alia sommersione. P. 59, Coleotteri della Sicilia. Specie
nuove deli Abissinia et di Borneo. Coleotteri nuovi della Fauna
mediterranea. Monographia dei Cryptochilidi. Critica sinonimica.
Arnia Ridolfi. Phylloxera vastatrix. Ditteri parassiti dell uomo.
Catalogue des Coleopteres d ltalie, p. 45-60 (Staphylinides).
Comptes rendus de C Academic des Sciences, t. LXXVI, n os 16-18, avril-
mai 1873.
CORNU, p. 1002, Observations relatives au Phylloxera vastatrix.
BARRAL, p. 1007, Composition d une poudre destined a la des
truction dti Phylloxera. NOURRIGAT, p. 1007, Note sur des ceps
de vigne pris sur un sujet tue" par le Phylloxera. FAUCON,
p. 1070, Observations sur le reveil du Phylloxera au mois d avril
1873. LETELLIER, p. 1133, Formule d un liquide destine a de*-
truire le Phylloxera.
* Entomologist s monthly Magazine, n 108, mai 1873. Table du
volume IX.
WATERHOUSE, p. 277, On the Pectinicorn Coleoptera of Japan
(/Egus et Figulus nouveaux). WOLLASTON , p. 278, On a new
Coleopterous genus (Aphanocephalus, Corylophide ?) from Japan.
VERRALL, p. 281, Additions and corrections to Ihe list of Bri
tish Syrphidae (fin). BUCKLER, p. 286, On the larva of Sphinx
convolvuli and its habits.
Notes. On Xylotrupes dichotomus. On Trachyphloeus alter-
nans. On Otiorhynchus monticola. Lycoena Arthurus = Ly-
ccena Arion var. Vanessa Antiopa hibernated at Folkestone.
Natural history of Polia chi. On the capture of Pentatoma juni-
perina. Proceedings of the entomological Society of London.
Orbituary : Thomas Parry.
Horse Societatis entomologies rossicse, t. IX, n 3, 1873.
TACZANOWSKI, p. 113 et 261, Les Araneides de la Guyane fran-
15
caise (2 pi. noires). D r MORAWITZ, p. 151, Nachtrag zur Bie-
nenfauna des gouvernements von S -Pelersburg. ERSCHOFF,
p. 160, Notice lepidopterologique. BLESSIG et SOLSKY, p. 193,
Kaferfauna Stid-Ost-Sibiriens. Longicornia. PORTSCHINSKY, p.
287, Descriptions de quelques Dipteres nouveaux de la Siberie
orientale.
Mittheilungen der Schweizerischen entomologischen Gescllschaft, t. IV,
n 1, 1873.
FREY-GESSNER, p. 7 et 20, Orthopterologisclies und Hemipterolo-
gisches (une pi. noire). SCHOCH, p. 25, Aphorismen uber die
entomologische Systematik. D r HUGUENIN, p. 30, Beitrag zur
Kenntniss des Genus Lasiocampa. WULLSCHLEGEL, p. 32, Noc-
tuinen-Fauna der Schweiz.
* Nature (La], Revue des sciences et de leurs applications aux arts et a
Industrie, journal hebdomadaire illustre. Redacleur en chef, C.
Tissandier.
Prospectus (Rendra compte des travaux des Societies savantes.
La partie entomologique sera principalement confiee u notrc con
frere M. Maurice Girard).
OUVRAGES DIVERS.
* FRAUENFELD (G. VON). Der Vogelsclmtz. Brocli. in-8. Q
ID. Die Grundlagen des Vogelschutzgesetzes. Brocli. in-8. Q
ID. Die Pflege der Jungen bei Thieren. Brocli. in-12.
GRIFFITH. Histoire naturelle du Morbihan : Catalogue raisonne des
Lepidopteres observes dans le departement. Brocli. in-8". Vannes,
1873.
* KUNSTLER. Die unseren Kullurpflanzen schadlichen Insekten. Brocli.
in-8. Vienne, 1871.
* LICHTENSTEIN. Lettre sur le Phylloxera. Broch. in-8. Montpellier,
1873. (Extr. du Messager agricole.)
- 16
* LOPEZ LEZCANO (DON Francisco). Resumen de los trabajos del Aleneo
propagador de las Ciencias naturales (1871-72). Broch. in-8.
Madrid, 1872. Q
* NOWICKI (D r Max). Ueber die Weizenverwuslerin Chlorops t^niopus
Meig. Broch. in-8. Vienne, 1871.
Ordre du jour de la stance du 28 mai 1873 :
Proposition de M. L. Reiche relativement a 1 Excursion entomologique
aux environs de Paris, qui doit avoir lieu au commencement du mois de
juin.
Rapport de la Commission de publication re"glant la composition du
deuxieme nume ro trimestriel des Annales pour 1873.
Rapport de MM. Chevrolat et L. Reiche sur M. Manuel-Antonio Angui-
lera, de Cuba, presente" par MM. Poey et L. Buquet, pour faire partie de
la Socle" te.
INous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la lin du 4 e tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapportees, d en
informer immediatement les Tre"soriers ou le Secretaire, comme aussi de
les avertir de tout changement apporte ultgrieurement a leur adresse.
Toutes les reclamations relatives au Rulleiin, ainsi que les demandes
d envoi a 1 etranger (contre remboursement des frais de transport] doivent
6tre adressees au Tre"sorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de Buffbn, 27,
qui est charge" de rexpe"dition du Bulletin des seances.
Paris, 25 mai 1873.
PARIS. Typog. FtiLIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
NO 4.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par M. E. BESitf 1REST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du 28 Mai 1873.
Pr6sidence de M, LEPRIEUR, Vice-Pr6sident.
32 membres presents.
M. Ernest Olivier, de Moulin (Allier), assiste a la stance.
Decisions. La Societe, conforme inent a ce qui a lieu dans la plupart
des Academies et 80016163 scientifiques, decide, qu 1 a partir de la pro-
chaine stance, chaque communication inse re e dans le Bulletin des seances
ne pourra depasser en etendue une page d impression.
La Socie te decide que son Excursion entomologique annuelle aux
environs de Paris aura lieu le dimanche 15 juin dans la fore" t de Fontai-
nebleau.
Lecture. M. E. Simon offre a la Socie te plusieurs notices re unies sous
le litre tf&tudes arachnologiques. Ces notices sont :
1 Descriptions de quelques especes nouvelles appartenarit a la i aune
europe"enne ;
2 Note sur la famille des Eresidee; r*A :
3 Revision des especes franchises des genres Theridium W. et Neot-
tiura Menge.
Ces notices sont accompagnees d une planche representant les especes
nouvelles.
Communications. On annonce la mort de notre confrere M. Follias,
recu en 1863, decide" a Reims (Marne) le 12 mai dernier.
M. Ernest Olivier offre a la Soci6te" le buste de son grand-pere,
illustre entomologiste Olivier.
La Socie te remercie vivement notre confrere, et decide que le buste
d Olivier sera place" dans la salle de sa bibliotheque, a cote de celui de
Latreille.
M. Ernest Olivier annonce e*galement que, possedant aujourd hui les
dessins originaux des divers ouvrages entomologiques d Olivier, il sera
heureux de les communiquer a la SociSte et a ceux de ses membres qui
voudraient les consul ter.
M. H. Lucas communique la note suivante, relative & la larve du
Vesperus Xatarti :
Quand MM. Lichtenstein et Valery Mayet ont adresse" a la Socie te leur
inte"ressant memoire sur les metamorphoses du Vesperus Xatarti, 11 sep-
tembre 1872, j ai fait remarquer qu un travail semblable avait de"j e"te
publi6 par MM. Mulsant et Lichtenstein dans les Ann. de la Soc. Linn, de
Lyon, t. XVIII, p. 316, 1870 a 1871. Ensuite, comme renseignement, j ai
ajoute" que notre confrere M. Maurice Girard avait fait repre"senter cette
larve dans 1 atlas qui accompagne son Traite ele"mentaire d Entomologie,
t. I, p. 374, pi. 55, fig. 1 0, et qui a paru en fe"vrier 1873. Je ferai done
observer que notre confrere et ami M. Lichtenstein n est alle" sur les
brisees de personne, pensee que je n ai jamais eue ; seulement cette larve,
qui n avait e"te" que signaled le 13 decembre 1871, a e"te de"crite fort au
long par MM. Mulsant et Lichtenstein dans les Annales de la Socie te"
Linne emie de Lyon, t. XVIII, p. 316, 1870 a 1871. Je dirai aussi que le
volume dans lequel ce travail a e"te insure a paru en Janvier 1872, c est-a-
dire sept mois avant le memoire que MM. Lichtenstein et Vale"ry Mayet onl
adresse" & la Socie te (11 septembre 1872), travail dans lequel ces entomo-
logistes observateurs donnent une description et une tres-bonne figure de
la iarve du Vesperus Xatarti.
3
Le m6me inembre lit la note qui suit, au sujet des especes qui
composent le genre Leucolsephus :
M. Leprieur ayant eu la bonte de me communiquer dans un etat parfait
de conservation et pourvus de leurs squamules plusieurs individus du Leu
colsephus Perrisi, et M. Sedillot ayant bien voulu me confier le type du
Leucolsephus nigropunctatus, il m a ete possible d examiner ces M61asomes
et d en faire une etude comparative. Je dois dire que cet examen m a con
duit a considerer le Leucolsephus nigropunctatus comme 6tant le male du
Leucolsephus Perrisi, a re"unir par consequent ces deux especes et a etablir
la synonymic suivante :
Leucolsephus nigropunctatus $ Luc., Ann. Soc. ent. Fr., Bull., p. CLXXVIII
(1855); Leucolssphus Perrisi $ Luc., loc. cit., p. xxm (1859).
Quant a la seconde espece que j ai de"crite sous le nom de Leucolsephus
liliputanus, Ann. Soc. ent. Fr., p. LVI (1857), elle est bien distincte du
L. nigropunctatus, avec lequel elle ne pourra 6tre confondue a cause de
ses elytres qui sont parcourues longitudinalement par des lignes brunes
nettement accusees, et de la ponctuation existant dans les intervalles de
ces lignes, qui est plus disseminee et plus irregulierement disposee.
Du reste, comme je Tai deja dit dans la stance du 9 avril 1873, Bulletin
N 1, p. 12, j ai 1 inlention de repre"senter ces deux especes, afin de
rendre plus appre"ciables les caracteres qui les difierencient.
Enfin, je ne terminerai pas cette communication sans adresser des
remerciements a mes obligeanls confreres MM. Leprieur et Sedillot, qui
ont bien voulu me confier ces Melasomes extremement rares, peu r^pandus
dans les collections et sans lesquels il m aurait ete difficile de faire cette
rectification.
M. Leprieur ajoute a ce que vient de dire notre collegue M. H. Lucas,
que le Leucolsephus liliputanus lui ayant e"te" communique en 1857, il ne
peut provenir des chasses faites par MM. Laperraudiere et Letourneux
lors du voyage entrepris en 1858 dans le sud de l Alg6ne.
Le L. nigropunctatus provient bien evidemment de ce voyage, puisque
M. H. Lucas, en le de"crivant, citait la prise de Vtlcteracantha deprcssa,
qu on n a vu qu une seule fois et en nombre excessif, volant le soir
autour des feux d un bivouac. Le L. Perrisi, pour n avoir ele communi
que qu un an plus tard, vient du merne voyage et faisait partie du produit
des chasses de M. Letourneux, procureur imperial a Bone, qui m a 616
offert par lui. C est moi qui, aulant que jc me lo rappelle, avais envoye a
M. fid. Ferris 1 espece qui lui a ele dedie>.
L etude comparative des types et des individus que je possede encore
fait cormaitre ce que les remarques de M. de Marseul pouvaient avoir de
fonde.
M. Elz. Abeille de Perrin communique la note suivante, par 1 inter-
me"diaire de M. Piochard de la Brulerie :
En publiant le journal de 1 excursion dans les grottes de 1 Ariege, a
laquelle j ai pris part avec MM. de Bonvouloir et Ehlers, nous nous
sommes propose d etre utiles aux futurs explorateurs tie ces cavites sou-
terraines dont la faune promet encore a i entomologie de si interessantes
decouvertes. J ai done appris avec un vif sentiment de plaisir que notre
zele collegue M. de la Brulerie avail fait apres nous, dans les memes
cavernes, des chasses fructueuses dont il a donne le recit dans les Petites-
Nouvelles de M. Em. Deyrolle et dont il a expose les resultats scientifiques
dans nos Annales. Mais je suis oblige de repondre quelques mots a cer-
taincs observations que M. de la Brulerie a presentees dans ce dernier
travail (Annales de 1872, pages kk 3 a 472) :
Que F Anophthalmus Orpheus pre"sente des variations notables selon les
diverses localit^s qu il habile , c est chose tres-admissible , quand on
remarque que cette espece a la propriete de vivre sous les pierres des
uiontagnes plutot que dans les grottes. Elle doit done parcourir, pour
ainsi dire par infiltration , des espaces relativement considerables et se
modifier un peu, suivant les nouvelles conditions d existence qu elle est
obligee d adopler. C est cependant la premiere fois qu elle est rencontree
loin de la lumiere.
VAdelops iapidicota a des mo3urs analogues; c est peut-etre ce qui
explique les differences de taille qu il presente.
M. de la Brulerie a trouv6 a Olot un Adelops qu il considere comme
une autre espece que VAbeiUei. Je partage comp!6tement celte maniere de
voir, et j en ai fait part, des le priucipe, a JVJ. de Bonvouloir. G est done
par erreur que j ai signale VAbeiUei comme habitant cette caverne.
Mais est-ce la le veritable stygius? M. de Saulcy seul peut resoudrece
probleme, puisqu il possede le type du stygius. Je suis persuade n6an-
moins que c est bien lui : au moins doit-on le designer sous ce nom
jusqu a preuve du contraire. 11 serait trop extraordinaire que nous n ayons
5
pris nulle part cette espece dcconverte par M. Dieck, qui a visile les grottes
de 1 Aridge bien moins minutieusement que nous.
M. de la Brulerie me felicite d avoir consider^ mon Anophthalmus
insequalis comme une simple race du Cerberus, et me blame en meme
temps de lui avoir impose un nom. Je pense, comme lui, qu il fcmt eviter
de surcharger la nomenclature en b.iptisant de simples varietes ou de
legeres modifications de races, ainsi que 1 a fait M. Dieck pour son Charon.
Mais ici le cas etait tout autre. Plusieurs entomologistes, consulted au
sujet de Vinsequalis, m ont declare qu ils le consideraient comme une espece
differente; et j ai pense que le designer par un seul mot, au lieu de 1 ap-
peler La race du Cerberus propre au Mas-cCAzil, c etait simplifier plutot
qu embrouiller le debat que Ton ne pouvait manquer de soulever.
G etait aussi un moyen de ne pas presenter ma maniere de voir, qui, apres
tout, pouvait etre erronee, d une facon trop tranchante.
J ai cru en outre comprendre que M. de la Brulerie considerait le
nombre des pores setigeres comme un caractere absolu,tandis que la posi
tion de ces memes organes ne lui parait pas aussi invariable. Je ne puis
nullement me rallier a cette maniere de voir. Je pense en principe que,
chez les Garabiques, le nombre etla position des pores setigeres sont deux
excellents caracteres, ainsi que 1 ont jug6 MM. Thomson, Pandelle,
Bedel, etc. Mais il est des exceptions a celte regie, et le genre Anophthal
mus en presente certainement. En voici la preuve : VAn. crypticola fut
decouvert primitivement dans la grotte d Espugue, qui depuis quelques
anne"es est devenue trop seche pour renfermer des Coleoptere aveugles.
Get Anophtalme presentait sur le troisieme interstrie des elytres trois
pores setigeres. D autre part, on avait capture dans la grotte dlsault,
pres d Encausse, une espece tres-semblable au cnjpticola, mais en difle-
rant par le nombre des memes pores, qui etait de quatre bien marques.
M. de Saulcy, se basant sur ce caractere etsur d autres legeres differences,
avait le projet de le decrire sous le nom de Theseus. II desirait seulement
en voir un plus grand nombre d exemplaires. Cette prudence etait tres-
sage. Nous sommes, en effet, alles chercher le soi-disant Theseus, et sur
les vingt-trois individus que nous avons rapportes, nous avons pu cons-
tater tousles passages entre les deux types. Certains de ces individus
presentaient meme trois pores sur une elytre et quatre sur 1 autre. J en ai
done conclu qu il ne fallait pas se fier a ce caractere, et c est ce qui m a
decide a ne voir dans Vinsequalis qu une race et non une espece. J ajoute
que M. de la Brulerie, n ayant entre les mains qu un exemplaire de ce
dernier, peut-etre mal conforme, n a pu etre frappe comme moi, qui eu
6
ai eu sept on huit, de la disposition des pores qui lui cut paru bien plus
singuliere que la longueur un peu diffe rente des antennes.
L exemplaire de V Anophthalmus Trophonius, snr lequel j ai fait ma des
cription, a e te trouve" par M. Pabbe" Delherm de Larcenne et portait Mi-
quette : Mas-d Azil ; mais M. Bauduer m a affirmS, si mes souvenirs sont
exacts, qu il avail e te pris dans une petite grotte voisine de celle-ci.
Serait-ce celle de Peyrounard ? Avis aux chasseurs.
J ajoute anssi en passant que, d apres ce que j ai entendu dire, le pre
mier exemplaire connu de V Anophthalmus Minos aurait e te pris, non
dans la caverne de Lombrive, mais dans une autre cavite" qui en est voi
sine, celle de Fontanet. II serait done desirable que Ton visitat toutes les
grottes que Ton signale dans ces parages, ce que nous n avons pas eu le
temps de faire.
M. de la Brulerie de"crit sous le nom ftoviformis un Adelops du Queire.
II croit que cette espece ne petit etre le wphosinus, parce que ce dernier
est signale" comme habitant une grotte des environs de Prat. Je lui ferai
remarquer que M. dc Saulcy e"tait jusqu ici le seul possesseur de cet
insecte, qui ne peut provenir que de ses propes chasses ou de celles du
guide Manaud. Or, tons deux out explore la grotte du Queire. II n y aurait
done rien d impossible a ce que ce fut bien la 1 habitat du wphosinus,
6gare ou melange depuis dans un flacon avec d autres especes provenant
du meme de"partement.
Les Adelops de Montesquieu, de la Bastide et de 1 Herm different sen-
siblement entre eux. Si je n ai pas ose" les de"crire, c est que, signalant deja
dans ma notice douze Adelops nouveaux, j ai eu peur que le chiffre de
nos de"couvertes ne parut par trop exorbitant. Cependant, puisque je suis
en conformite d opinion avec M. de la Brulerie, je saisis avec empresse-
ment Poccasion qu il m offre de lui dedier une espece appartenant a un
genre qu il a si bien etudie. Je donne done a la suite de ces reflexions les
deux diagnoses d especes nouvelles.
M. de la Brulerie elucide defmitivement la question des Pristonychus
pyreneens. G est un vrai service rendu a la science. La supposition que
toutes ces pretendues especes n en formaient qu une, e"tait, comme 1 a dit
avec raison notre collegue, trop radicale. Aussi Pavais-je e mise avec beau-
coup de precautions. Je n aurais pu me faire une opinion definitive d abord,
parce que je n avais pas de types entre les mains, mais surtout parce que
je n ai pu examiner chez moi le produit de mes chasses. En effet, mon lot
de Pristonychus s est perdu en route, et j ai du seulement formuler Pirn-
i 7 .
pression que nous avions ressentie en les regardant superficiellement pen
dant notre excursion. Je suis cependant heureux que I e"tranget6 de ma
supposition ait provoque des Etudes et amen6 des conclusions que Ton
peut considerer comme terminant les de"bats. J 6tais, du reste, plus pres
de la v6rit6 qwe M. Schaufuss, puisqu au lieu de onze especes pyre"nennes
e nume rees par cet auteur, je pensais qu il n y en avait qu une. Or, M. de
la Brulerie, apres avoir e"limin6 Vangustatus, qui est propre aux Alpes, et
qui se rattache peut-etre encore a Voblongus, n en reconnalt que deux :
Vincequalis (ancien subcyaneus) et Voblongus.
Une derniere reponse a la critique de M. de la Brulerie. Mon collegue
conteste mon assertion que la temperature et la nature du sol sont le plus
souvent les memes dans les grottes. II a e"videmment mal compris ma pen-
see. Je n ai pas dit que le sol et la temperature soient identiques dans des
grottes differentes. J ai voulu dire que, dans la meme grotte, les milieux
variaient peu. G est pourquoi j ajoutai : Et cependant nous trouvons
cote a cote des especes distinctes, dont chacune est fidele a son genre de
vie originel. Je ne donne pas mon argument pour plus qu il ne vaut. II
s e"taie, cependant, sur un fait qu il est impossible de contester : a Aubert,
les Anophthalmus Cerberus et Pluto, les Adelops clavatus et Diecki sont
meles ; a Belharram, trois Anophthalmus ettrois Adelops ; a Castel-Mouly,
quatre Anophthalmus, etc. Comment done expliquerait-on qu on ne saislt
pas de transitions entre ces especes cohabitantes, si elles provenaient d un
meme type? Et pourtant elles se perpetuent dans un milieu toujours
identique, sans qu on puisse sentir dans leurs formes la moindre tendance
a s unifier I
Voici les diagnoses de deux Adelops nouveaux :
ADELOPS PIOCHARDI Ab. Long. 2 5/6 mill. Brunneo-tcstaceus,
ovatus, parum convexus, postice parum attenuatus, stria suturali parum
conspicua ; sutura ipsa depressa ; elytris transversim striolatis, pcdibus
antennisque elongatis, his ad apicem sat crassis, articulis antennarum 7,
9, 10 in feminu, 5, 6, 7, 9, 10 in mare modice inflatis ; tarsis antcrio-
ribus in mare fortiter dilatatis, patellam formantibus.
Cette espece, de"diee a M. Piochard de la Brulerie, est tres-voisine de
mon Saulcyi. Elle s en distingue par sa taille plus avantageuse, son cor
selet plus visiblement sinue" a la base, les tarses anterieurs du male pro-
portionnellement plus allonges, les articles des antennes de ce m&me sexe
plus massifs, mais proportionnellement moins elargis; enfln les tibias
anterieurs du male sont moins elargis a 1 extremite, moins courbes et
garnis sur leur tranche externe d e"pines plus nombreuses et plus appa-
rentes.
Grotte de la Bastide de S6rou (Arie"ge).
ADELOPS HERMENSIS Ab. Long. 2 A/ 5 mill. Rufo-testaceus, satis
convexus, postice attenuatus, stria suturali parum conspicua, sutura ipsa
depressa, elytris transversim striolatis, pedibus antennisque parum elon-
gatiSj harum articulis 7, 9, .1 in femina inflatis. Mas tatet.
Je n ai vu que des femelles de cette espece, qui se distingue des deux
pre"cite"es par son corps plus convexe et moins large et la forme tres-tran-
che"e des antennes, sensiblement plus courtes , leurs articles plus dilates ,
ceux de la massue plus courts, le huitieme surtout plus court et plus
large que dans le meme sexe de ses deux conge"neres.
Grotte de THerm (Arie ge).
M. Piochard de la Brulerie, au sujet de cette communication, dit qu en
critiquant le parti qu avait pris M. Abeille de Perrin d imposer un nom a
une varied locale de V Anophthalmus Cerberus, il n avait pas me"connu les
raisons, plus plausibles dans ce cas particulier que dans beaucoup d autres,
qui peuvent justifier cette maniere d agir; il voulait seulement exprimer
qu a son avis on devrait clonner des noms aux especes seulement et renon-
cer d une maniere absolue a 1 usage de nommer des varieUs on des races.
M. A. Fauvel, dans Introduction de sa Fame Gallo-Rhenane, avait deja
emis cette opinion.
L influence des milieux sur la formation des especes, dans les grottes et
horsdesgrottes, pourrait donner lieu a de tres-longues discussions. M. de
la Brulerie reviendra peut-etre un jour sur ce sujet ; aujourd hui il se con-
tente de dire qu il est absolument d accord avec M. Abeille de Perrin, au
moins sur ce point : que la coexistence actuelle dans un meme milieu de
plusieurs especes tegitimes d un meme genre n est pas une raison pour
que ces especes tendent a se fondre en une seule, ni pour qu elles
adoptent un genre de vie tout a fait identique.
M. Eugene Simon pre"sente des observations synonymiques sur les
Nemesia :
Au moment ou la Socie"t6 royale des Sciences de Liege imprimait mon
travail intitule" : Araneides nouveaux ou pen connus du midi de I Europe,
2 e memoire, renfermant plusieurs descriptions de Nemesia, M. Moggridge,
observateur habile et original , faisait paraitre im joii volume intitule :
Harvestings-hants and trapp-door Spiders, dont la seconde partie est
consacre e aux Nemesia et Gteniza des environs de Menton.
Les fails de moeurs sont dus a M. Moggridge, mais les descriptions des
especes observers, qui sont au mombre de quatre : Nemesia cxmentaria,
meridionalis, Eleanora et Gteniza Sauvagei, ont eHe" confines au R6v. O.-P.
Cambridge, arachnologue bien connu.
M. le professeur Waga, qui s est renconlre* a Menton avec M. Moggridge
et qui 1 a aide dans ses recherches, a bien voulu me montrer les types
des trois Nemesia qu il tient de 1 auteur lui-meme, et j ai pu les comparer
avec soin aux especes que j ai decrites sous les mcmes noms. Leur syno-
nymie donne lieu aux remarques suivantes :
1 NEMESIA C.EMENTARIA O.-P. Cambridge in Moggridge. C est I es-
pece si commune en Corse, que j ai de"crite sous le nom de N. meridio
nalis (Lie"ge, 1873). Elle est bien differente de la cxmentaria de Latreille,
qui parait habiter les environs de Montpellicr, les Pyrenees-Orientales et
le nord de 1 Espagne, mais non la Provence el ritalie. Est-ce Ja Mygcdc
meridionalis de M. Costa, comme je Tai cru? c est une question difficile
ft resoudre , peut-etre m6me insoluble, car la description de M. Costa
s applique aussi bien & celtc espece qu aux deux suivantes. Je crois done
qu il vaut mieux 1 appeler Nemesia meridionalis, comme je 1 ai propose,
que de creer un nom nouveau.
2 NEMESIA MERIDIONALIS O.-P. Cambridge. Cette espece m etail
tout a fait inconnue ; comme M. O.-P. Cambridge en fait la remarque, il
est Ires-probable que celle Nemesia est la femellc de la Nemesia Mandcrst
jernss Ausserer, de Nice, dont le male seul etait connu jusqu ici. Ce der
nier nom peut lui e"tre conserve".
3 NEMESIA ELEANORA O.-P. Cambridge. Cette Nemesia est commune
en Provence ; elle se trouve dans les Alpes jusqu a Briancon ; je la consi-
d^rais aussi comme espece nouvelle avant de connaitre 1 ouvrage de
M. Moggridge.
En resume, je crois que la synonymie des trois Nemesia qui ont fait
Fobjet des observations de M. Moggridge peut etre etablie comme suit :
1 NEMESIA MERIDIONALIS Costa.
? Uygale meridionalis Costa.
10 -
Nemesia badia Ausserer.
cxmentaria O.-P. Cambridge.
meridionalis E* Simon.
2 NEMESIA MANDERSTJERN^ Ausserer.
Nemcsia meridionalis O.-P. Cambridge.
3 NEMESIA ELEANORA O.-P. Cambridge.
M. Maillefer annonce que depuis plusieurs anne"es il a entrepris un
ouvrage devant comprendre la description de tous les Col6opteres connus.
II compte transcrire les descriptions originales des especes indique"es dans
le Catalogue de MM. le docteur Gemminger et le baron de Harold, y
joindre les descriptions des especes publiees posterieurement et donner
une figure pour chacune d elles.
Depuis cinq ans qu il s occupe de ce travail, qui devra former un grand
nombre de volumes, il n a pu encore terminer presque complement que
la familli des Gicinde lides et preparer en partie celle des Staphylinides,
dont il fait passer le texte et les dessins sous les yeux de la Societe.
Comme ce travail exigera encore un certain nombre d annees pour etre
termine, et afm de pouvoir le publier plus tot, il demande si quelques-
uns de nos confreres ne voudraient pas lui accorder leur collaboration.
Membre recu. M. Manuel-Antonio Aguilera, docteur en me"decine et
chirurgie (Entomologie generate), a la Havane (Cuba), presente par M. L.
Buquet, au nom de M. Poey (commissaires-rapporteurs MM. Chevrolat et
L, Reiche).
Nous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fin du 4 C tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapportees, d en
informer immediatement les Tr6soriers ou le Secretaire, comme aussi de
les avertir de tout changement apporte" ulte^ieurement a leur adresse.
11
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par N. Louis BEDEL, Archivistc adjoint.
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
* Bulletin of the Buffalo Society of Natural Sciences, t. I, n 1. Brocli.
Buffalo, 1873. Une pi. lithogr.
AUG. GROTE, p. 1, Description of New North American Moths.
ID., p. 17, Catalogue of the Sphingicte of North America.
ID., p. 29, Catalogue of the Zygaenida3 of North America. ID.,
p. 37, Conclusions drawn from a study of the Genera Hypena and
Herminia.
Comptes rendus de I Academic des Sciences, t. LXXVI, l cr semestre
1873, n" s 12 (en retard), 19 et 20, et Tables du 2 e semestre 1872.
FAUCON, p. 766, Le Phylloxera vastatrix, ce qu il devient en
hiver. E. ROBERT, p. 785, Sur les moyens employe s par les
Lombrics pour defendre I entre e de leurs galeries souterraines.
GOUBAREFF, p. 795, Sur les phenomenes d hibernation offerts par
des Mouches soumises a des alternatives de chaud et de froid
excessif, en Russie.
Comptes rendus des seances de La Societe cntomologique de Belgique,
n ot 85 et 86, avril et mai 1873.
N 85. F. PLATEAU, p. 5, Analyse du Traite e"Iementaire d En-
tomologie de M. Maurice Girard. P. BAUDUER, p. 9, Chasses
dans les Landes pendant 1 hiver. D r CANDEZE, p. 12, Note sur le
Pantodinus Klugi, considere" comme Cetonide. QU^DVLIEG, p. 13,
Trois Le"pidopteres nouveaux pour la Belgique. DE BORRE, p. 14,
Y a-t-il des faunes naturelles dislinctes a la surface du globe et
quelle me thode doit-on employer pour arriver a les definir et les
limiter ?
12 -
N 86. WEINMANN, p. 8, Note sur 1 education du Syntomis
Phegea.
Memoirs of the Boston Society of Natural Sciences, t. II, part I, n 08 1
et 2, part II, n 1 (5 pi. noires). 1871-72.
Part II. D r PACKARD, p. 1, On the development of Limulus
Polyphemus (3 planches noires).
Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia.,
parts I-III. 1871.
TH. MEEHAN, p. 51, Observations on Reduvins novenarius.
D r LEIDY, p. 53, On Taenia mediocanellata. Lieut. DUTTON,
p. 112, On Silurian and Devonian Brachiopoda. ELLIOTT COTJES,
p. 120, Notes on the Natural History of Fort Macon and vicinity
(Crustacea decapoda). Prof. THOMAS, p. 149, Contributions to
Orthopterology. EDW. COPE, p. 295, On a Species of Galeodes.
ID., p. 297, On the Fauna of the Wyandotte Gave (Crus-
taces, Arachnides, Insectes). MEEK, p. 308, Descriptions of New
Western Paleozoic Fossils (Crustace s, p. 331).
Proceedings of the Boston Society of Natural History, t. Xllf, 1869-
1871 (1870, p. 369-435, fin; 1870-71, p. 1-224).
1870. D r PACKARD, p. 381, Catalogue of the Phalaanidse of
California. - ID., p. 405, New or Rare American Neuropta, Thy-
sanura and Myriapoda.
1870-71. D r PACKARD, p. 13, Embryology of Isotoma, a Ge
nus of Podudda3 (figures). MINOT, p. 55, Notes on the Flight
of Butterflies. D r PACKARD, p. 60, On Limulus Polyphemus.
P. UHLER, p. 93, Notices of some Heteroptera in the Collection of
D r Harris. DALL, p. 123, On the Relations of the Class Brachio
poda. HYATT, p. 136 (meme sujet). SPRAGUE, p. 206 (note
sur les Scolytides).
* Revue et Magasin de Zoologie, 1871-1872, n 4-12, pi. n. et col.
DE CHAUDOIR, p. 101, 138, 168, 212 et 241, Especes nouvelles
de Carabiques troncatipennes et remarques synonymiques. CHE-
VROLAT, p. 16 et 107, Revision des Gle"onides (Catalogue). TH.
DEYROLLE, p. 18, 64 et 275, Etudes sur les Lgpidoptferes du genre
13
Pavonia (pi. col). DOURS, p. 293, 349, 396 et 419, Hyme no-
pleres nouveaux du bassin mediterraneen. G. D EMICH, p. 63,
Lepidopteres de Transcaucasie. FAIRMAIRE, p. 60, Cole"opteres
nouveaux du Maroc (Garabus et Neomarius, n. gen.). GINTRAC,
p. 237, Non-contagion de la maladie des Vers a soie. GILNICKI,
p. 466, Catalogue des Cicindelides et Carabiques recueillis en Asie-
Mineure par M. Th. Deyrolle. GUERIN-MENEVILLE, p. 458, Ma
ladie de la Vigne. ID., p. 27, 123, 189, 363, Se"riciculture.
JEKEL, p. 405, Note sur le genre Caccobius. LUCAS, p. 143,
164, 207, Note sur le Theridium tepidariorum. MABILLE, p. 61,
Le"pidopteres nouveaux de France. OBERTHUR, p. 480, Catalogue
des Lepidopteres rapporte"s d Asie-Mineure par M. Th. Deyrolle
(pi. COl.). PlOCHARD DE LA BRULERIE, p. 173 et 221, ESpCCe et
varied geographique. POUCHET, p. 110, 129, 183, 225, 261 et
312, Influence de la lumiere sur les larves de Dipteres privces
d organes exterieurs de vision. ROUSSANE, p. 237, Non-conta
gion de la maladie des Vers a soie. SCUDDER, p. 66, Le~pido-
ptere fossile (Satyrites) d Aix en Provence. - E. DE SELYS-LONG-
CHAMPS, p. 175, Note sur plusieurs Odonates de Madagascar et des
lies Mascareignes. SIMON, p. 51 et 97, Etudes sur les Scorpions.
TOURNIER, p. 250, Coleopteres nouveaux (Clavicornes et Magda-
linus) d Europe. ID., p. 257, Catalogue des Longicornes recoltes
en Asie-Mineure par M. Th. Deyrolle, et description des especes
nouvelles.
(Get ouvrage a ete donnS par le Ministere de 1 Instruction pu-
blique.)
* Revue medicate de Toulouse, T ann^e, n 5. Toulouse, 1873. Q
Transactions of the New-York State Agricultural Society, 1869 et
1870, 2 vol.
Annee 1869. ASA FITCH, p. 494, Thirteenth Report on the
noxious, beneficial and other Insects of the State of New-York.
Annee 1870. ASA FITCH, p. 355, Fourteenth Report on the
noxious, beneficial and other Insects of the State of New-York.
Verhandlungen der k. k. zoologisch-botanischcn Gesellschaft in Wien,
t. XX (16 pi.), 1870, et t. XXI (14 pL), 1871.
Tome XX. WiNNERiz, p. 3, Heteropeza und Miastor. ID.,
14
p. 9, Die gruppe der Lestreminae. V. BERGENSTAMM, p. 37,
Ueber die Metamorphose von Platypeza holosericea. MANN,
p. 37, Beitrag zur Lepidopteren-Fauna von Raibl in Ober-Karnten.
Baron NOLKEN, p. 59, Cidaria tristata und funerata. GREDLER,
p. 69, Rhynchota tyrolensia. TSCHEK, p. 109 et 403, Beitrage
zur Kenntniss der b slerr. Cryptoiden. D r KRIECHBAUMER, p. 157,
Vier neue Hummelarlen (Bombus, etc.). MILLER, p. 219, Zwei
neue Otiorhynchus-Arten. VON FRAUENFELD, p. 235, Ueber Ver-
tilgung des Rapskiifers. D r FIEBER, p. 243, Dodecas neuer Gat-
tungen und neuer Arten europaischer Hemiptera. ROGENHOFER,
p. 869, Ueber die synonymic und die fruheren Stande von Earias
insulana und Beschreibung einer neuen Art. D r MAYR, p, 939,
Neue Formiciden.
Tome XXL TSCHEK, p. 37, Ichneumonologische Fragmente.
MANN, p. 69, Beilrag zur Kenntniss der Lepidopteren-Fauna des
Glockner-Gebietes nebst Beschreibung drei neuer (Microlepidopt.)
Arten. BRAUER, p. 103, Ueher zwei neue in Mexico entdeckte
Insekten (Phryganide et Agrionide). ID., p. 107, Beitrage zur
Kenntniss der Lebenweise und Verwandlung der Neuropteren (Mi-
cromus, Panorpa et Bittacus). AUSSEREU, p. 117, Beitrage zur
Kenntniss der Arachniden-Familie der TerritelariaB (Mygalidae au-
tor.). D r MAYR, p. 399, Die Belostomiden. TSCHEK, p. 797,
Neue 6 sterreichische Gynipiden und deren Gallen. ADSSERER,
p. 815, Neue Radspinnen (Aran&des). Low, p. 841, Zoolo-
gische Notizen : I. Beobachtungen iiber das Eierlegen und Spinnen
der After- oder Bucherskorpione (Pseudoscorpiones, V. Obisida) ;
II. Ueber die Metamorphose und Lebenweise von Trioza flavipen-
nis. WINNERTZ, p. 847, 14 neue Arten der Gattung Sciara.
D r FORSTER, p. 873, Monographic der Gattung Hyteus. KOLAZY,
p. 1085, Ueber die Nahrung der Gattung Gryllotalpa vulgaris.
D r GRABER, p. 1091, Ueber Polygamie und anderweitige Gesch-
lechtsverhaltnisse bei Orthopteren. ID., p. 1097, Ueber die
Ursprung und Bau der Ton-Apparate bei den Akridiern.
WEYENBERGH, p. 1201, Ueber Fliegenschwarme. HOFFMANN,
p. 1261, Ueber Aufbewahrung mikroskopischer Praparate.
15
OUVRAGES DIVERS.
* CANESTRINI (Prof. G.). Nuove specie italiane di Aracnidi. Padoue,
1873 (broch. in-8 extr. des Atti della Societa Veneto-Trentina).
* QILEDVLIEG. Les Papillons diurnes de Belgique. Broch. in-12, avec
carte teinte"e. Bruxelles, 1873. Offert par M. Preudhomme de
Borre au nom de 1 auteur.
Avis
L Excursion entomologique annuelle anx environs de Paris aura lieu
dans la foret de Fontainebleau, le dimanche 15 juin prochain.
Prendre des billets d aller et retour (valables du samedi matin au Iwidi
soir) au chemin de fer de Lyon, boulevard Mazas.
Departs de Paris, le matin, a 7 h. 55 m. et 8 h. 40 m.
de Fontainebleau, le soir, a 8 h. 18 m. et 9 h. 30 m.
Rendez-vous a Fontainebleau, a 10 heures 1/2 precises, a I h&tel du
Gygne, Grande-Rue.
Par decision prise dans la stance du 28 mai 1873, chaque note insdree
dans le Bullelin des stances nedevrapas comprendre a Tavenir plus d une
page d impression.
Nous prions nos confreres de se conformer h cette decision s ils ne
veulent pas que la Societe soit contrainte ou de reduire l e"tendue des
travaux qu ils lui adresseront, ou de les publier dans les Annales et non
dans le Bulletin.
Toutes les reclamations relatives au Bulletin, ainsi que les demandes
d envoi a 1 etranger (contre remboursement des frais de transport] doivent
fetre adress6es au Tresorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de Button, 27,
qui est charge" de 1 exp^dition du Bulletin des seances.
Paris, 7 juin 1873.
EXTRAIT DU REGLEMENT
DE LA
SOClfiTE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Amice f 873. IS - dc sa fonclallon.
Le montant de la cotisation, pour les Membres de la Socie^e", est
par an, de :
24 fr. pour les Membres residant a Paris;
26 fr. pour les Membres habitant tant en France qu a 1 gtranger.
Les Membres residant a Paris paient leur cotisation d avance et par
trimestre.
Les Membres non residanl a Paris doivent faire parvenir la leur au
Tresorier de la Society sans frais, immediatement apres Cannonce de
leur nomination, et, pour les a:nn6es suivantes, dans le courant du rnois
de Janvier.
Les Membres de la Socie"t ne recoivent leurs Annales que par la So-
ciete. Les numeros auxquels ils ont droit sont envoyes francs de port,
jusqu a residence, aux Membres non residants (hors Paris et a 1 etranger),
apres reception de leur cotisation de l anne"e courante.
La Societ^ correspond par I entremise de son Secretaire, de son Treso
rier et de ses Archivistes-Bibliothecaires. Le premier a dans ses attribu
tions la correspondance scientifique ; le second, celle qui concerne le
recouvrement des cotisations et Tenvoi des numeros des Annales, el les
derniers, ce qui regarde la Bibliotheque. Les lettres et paquels doivent
etre adresses, francs de port, & M. E. DESMAREST, Secretaire, rue Linne", 3 ;
a M. L. BUQUET, Tresorier, rue Saint-Placide, 52 ; et a M. J. FALLOU,
Archiviste-Bibliotliecaire, rue Hautefeuille, 30, & Paris.
Pour tout ce qui a rapport au Bulletin bi-mensuel, s adresser au Tre
sorier adjoint, M. fimile RAGONOT, rue de Buffon, 27.
NOTA. Pour ne pas eprouver de retard dans Tenvoi de leurs Annales, il
est essentiel que MM. les Membres francais et etrangers adressent, dans
le courant de Janvier de chaque annee, le montant de leur cotisation au
Tresorier de la Societe, soit par un mandat sur la paste aux lettres } soit
par la voie du commerce.
Tout Membre doit la cotisation de I ann^e dans laquelle il a e"t6 recu,
quelle qu en soit la date, et recoit, en consequence, les Annales de ladite
ann6e.
Chaque auteur d un memoire insure dans les Annales (a Texception du
Bulletin] a droit a un tirage a part de 20 exemplaires (texte et planches
noires}. Au dela de ce nombre il doit en faire la demaude. Le prix des
tirages a part supplementaires est de 5 centimes par feuille d impression,
de 10 centimes par planche noire et de 30 centimes par planche colorize.
L auteur doit informer le Secretaire ou le Tresorier de ses intentions a
cet egard en meme temps qrfil envoie son travail, et solder les dits tirages
aussitot apres Timpression de son m^moire.
PARIS, Typog. FfiLIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22,
N S.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli par III. E. nESitf AREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
La prochaine seance de la Societe (25 juin 1873) aura lieu dans
le nouveau local qui vient de nous etre accorde par M. le Prefet
de la Seine, a la Mairie du VI e arrondiesement (place Saint-
Sulpice). Reunion a 7 heures 1/2 du soir.
Seance du 11 Juin 1S73.
Prudence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
S3 mcmbres presents.
M. Achille Raffray, de Boghari (Algerie), assiste a la stance.
Communications. M. L. Buquet donne lecture de la notice nScrologiquO
suivante sur M. A.-R. Follias :
Notre 8001616", dej k si cruellement frapp^e depuis quelques mois, dans
la personne de plusieurs de ses membres , doit enregistrer encore une
perte re"cente, celle de M. Alexis-Rupert Follias, ne" k Avize (Marnc), en
octobre 1813.
A def aut de renseignements precis, que je n ai pu me procurer, sur ses
premieres anne"es, je me bornenii a dire que, fils de notaire, M. Follias
avail fait de bonnes Etudes et recu une excellente Education : de la les
rapports agre"ables et pleins de courtoisie que n ont cess6 d avoir avec
notre regrelte confrere les entomologisles qui, comme moi, e"toient en
relations avec lui.
Bon observatenr, chasseur experiment^, notre collegue s est borne a
former avec methode et un soin tout particulier une inte"ressante collection
de Coleopteres; mais, soit exces de modestie, soit faute de loisirs suffi-
sants, rien n a et6 publte de ses interessantes remarques.
M. Follias fit tout re"cemment un voyage a Paris, et, bien quMl sc plai-
gnit de palpitations, causees sans mil doute par les emotions qu il a res-
senlies lors des derniers ev&iements, rien ne faisait pressentir cependant
une fin aussi soudaine.
Ancien negociant, vice-president de la Socie"te de Saint-Vincent-de-Paul,
a Abbeville, agree pres le Tribunal de Commerce de Reims, M. Fotlias, en-
toure" de sa famille, est decede dans cette derniere ville, le 12 mai 1873,
dans sa soixantieme annee. II comptait parmi nous depuis 1863 (1).
M. H. Lucas communique la note suivante, relative a un Cionide
appartenant au genre Nanophyes de Schonherr :
J ai la satisfaction de faire passer sous les yeux de la Societe plusieurs
individus vivants du Nanophyes burisei, que j ai de"crit et figur6 dans mon
ouvrage sur les Animaux article s de TAlge^ie, t. If, p. 460, pi. 38, fig. 10
(1849), et qui ont ete observes dans des conditions assez particulieres.
M. le docteur Cordier ayant passe Thiver en Alg^rie, m a rapport^ a son
retour plusieurs galles qu il a renconlr^es sur V Umbilicus pendulinus de
Candolle. En examinant ces excroissances, qui fixent 1 attention par leur
forme irre"guliere, j ai remarqu6 qu elles presentaient a leur surface des
ouvertures plus on moins arrondies, a bords fletris, et paraissant d^ja
anciennes. J ouvns plusienrs de ces excroissances, et dans chacune d elles
j ai eu le plaisir de rencontrer cinq a six individus du Nanophyes Durisei.
Gette julie petite espece, qui est assez agile, dont les antennes sont sans
cesse en mouvement, se nourrit de la seve tres-abondante que contiennent
ces galles, dans lesquelles elle ^tablit des galeries sinueuses et pro-
(t) La Collection de M. Follias est en vente. S adresser a M rae Follias, sa veuve,
rue Colbert, 22, a Reims (Marne).
fondes. Lorsque Ton examine ces excroissances, tres-dures au toucher, on
remarque qu elles ont unc teinte carmine e tres-foncee; elles sont isolees*,
quelquefois reunies cependant et affectent une forme arrondie ou ova-
laire. Ces excroissances ou hypertrophies, qui acquierent un certain de>e-
loppement, ont ete trouvees en juin, aux environs d Alger, el, suivant
M. le docleur Cordier, ces galles ne seraient pas rares sur Y Umbilicus
pcndulinus.
M. Al. Laboulbene, a la suite de la communication de M. II. Lucas, dit
que Leon Dufour a decrit et figure une larve gallicole du Nanodcs hemi-
sphaericus OLIVIER et sa nymphe (voyez nos Annales de 185/j, p. 651,
pi. 19, n III), qui vivent sur le Lythrum hyssopifotium, aux environs de
Saint-Sever.
M. Charles Brisout de Barneville presente quelques observations sur
les genres Heterocerus et Parnus :
En etudianl les Heterocerus et les Parnus avec le dernier travail que
viennent de faire parailre MM. Mulsant et Rev, j ai (He, amen6 & faire
quelques observations nouvelles qui ne seront pas sans interet.
IS Heterocerus murinus Kies., qui me paralt n avoir que dix articles aux
antennes, presente une massue petite, compacte et ovalaire.
Toutes les autres especes ont les antennes composees de dix a onze
articles, avec une massue oblongue dentee en scie interieurement.
Les Heterocerus hispidulus Kies., curtulus Fairm., marmota Kies. et
minutus Kies. n ont que dix articles aux antennes, les troisieme et qua-
trieme 6lant tres-petits, la massue est composee de six articles. Chez ces
especes les plaques abdominales sont entierement fermees.
Je rapporte au curtulus Fairm. une petite espece- d Alg^rie voisine
du marmota, mais un peu plus petite.
Les autres especes presentent onze articles aux antennes, la massue
etant de sept articles.
Six de ces especes ont les plaques abdominales completement fermees.
Ce sont les Heterocerus maritimus Guerin, pruinosus Kies., intermcdius
Kies., crinitus Kies., curtus Rosenh., senescens Kies. (punclatus Ch.
Bris.).
MM. Mulsant et Rey n ont pas connu plusieurs de ces especes, qni se
trouvent en France.
Le maritimus Gue"rin est tres-voisin du marmola, mais bien distinct
par ses antennes de onze articles ; il se prend sur les bords de la Manche
et aussi en Andalousie et en Algerie.
Le pruinosus Kies. est tres-repanclu dans toute la partie meridionale de
la France; il est tres-commun dans la vallee de la Soudon, pres de Geneve.
II se distingue de Vhispididus, auquel il ressemble beaucoup, par sa
ponctuation un peu plus forte, son corselet tache" de rouge au milieu et
ses antennes de onze articles.
Je rapporte avec quelque doule a \inlermedius une espece re"colte"e par
Delarouze"e aux environs de Pau, mais qui parait corresponds a la des
cription.
Le curtus a e"te pris dans le departement du Var par feu de Baran.
Le sencscens Kies., qui est idenlique a mon punctatus, a ete capture" a
Arcachon par le docteur Marmoltan.
Toutes les autres especes ont les antennes de onze articles, avec les
plaques abdominales non ferme es au cote" interne.
Chez les Parnus, les articles des antennes sont tres-difficiles a coinpter,
aussi je n ai pu constater la presence du troisieme article, que Jacquelin
Daval assure avoir vu; MM. Mulsant et Rey, comme ce dernier, admettent
onze articles aux antennes. J accepte done le troisieme article comme bien
constate".
Gependant, en e"tudiant les differentes especes du genre, je me suis
apercu que trois de ces especes avaient un article de moins a la massue :
ce sont les Parnus strialo-punctatus Heer, pilosellus Er. et striatdlus
Fairm. et Ch. Bris. Les antennes ne sont ici que de dix articles, la massue
en presentant sept.
Cette observation etablit done d une maniere tres-nette la separation
du striatellus et du prolifericornis.
Toutes les autres especes ont la massue des antennes composed de huit
articles.
M. le docteur Al. Laboulbene pre"sente quelques observations a la suite
de cette communication; il dit que deja Le"on Dufour avait signale la
grande difficulle de re"tude des antennes du Parnus et conseille" de faire
macerer un peu cette antenne pour en de boiter et mettre en Evidence les
articles (Annates des Sciences naturelles, 2 e serie, 183Zi, et pi. 2, fig. 12).
M. Charles Brisout de Barneville annonce qu il a trouv6 dans la for6t
de Marly VHarpalus pygmxus Dej., espece meridionale; le Bledius femo-
5
ratis Er. (sus Aube) en quantity et un Stenus, probablement le trivialis Kr.,
indique du Tyrol.
M. E. Ragonot lit la note qui suit, dont Fimpression in extenso cst
decidee :
J ai eu occasion de parler dans les Petites-Nouvclles des mceurs et des
fourreaux des chenilles du genre Coleophora; dans le but d encourager les
microlepidopteristes debutants a rechercher par eux-memes ces chenilles,
j ai 1 honneur de presenter a la Socie"te une lisle des especes que j ai
observers aux environs de Paris en une huitaine de jours, a la fin de mai
et au commencement de juin.
La plupart de ces especes n ayant pas encore e"te sigoale es comme
appartenant a la faune francaise, je pense que cette liste ne sera pas sans
inte"ret pour les microlepidopteristes.
Notre estim6 collegue M. Jourdheuille ayant clonne tous les details an
sujet des planles nourricieres de ces Le"pidopteres, je pense qu il serait
inutile d en reparler ici pour toutes les especes.
Voici les chenilles que j ai pu observer un peu parlout, plus ou moins
abondamment :
Badiipennella. Pyrrhulipenmlla.
Limosipennella. Vibicella.
Ochripennella. Conspicuella.
Lutipcnnella. Discordella.
Fuscedinella. Onosmelia.
VimineteMa. Ccespititiella.
Nigricclla. Solitariella.
Alcyonipcnnella. Grypliipennella.
Hemerobiella. Troglodytdla.
PaUiatelia. AnatipenneUa.
SereneUa.
Chatcogrammelta. Observe" des mines sur le Cerastium arvensc, a Sucy-
en-Brie ; mais je n ai pu trouver les fourreaux.
Auriceila. Commune a Lardy sur le Stachys recta; plus rare sur la
Eetonica oflicinalis, a Bouray, Senart et Fonlainebleau.
Conyzds (?). J ai trouve sur rinula conyza un fourreau ressemblant un
peu a celui de I 1 Auriceila, mais plus e"lroit et plus fonce"; il est
possible que ce soit le fourreau dc la Conyzse,
Coronillae (?). Trouvd des fourreaux sur la Coronitla varia, a Lardy.
Le fourreau ressemblo tellement celui dc la Sereneila qui vit
sur I 1 Astragalus, le Golutea et VHippocrepis comosa, que, pour
etre fix6, je dois altendre l^closion du papillon, qui est bien
different de la Scrcmlla. II est possible que cela ne soil que la
Screnclta, car M. Stainton m ecrit que le fourreau de la Coro-
nillse se trouve sur les graines et qu il est droit et cylindrique ;
rnais nion type de la Coronillse est accompagne" d un fourreau
semblable & celui de la Sercnella.
Ditclla. Trouvee communement sur Y Artemisia campestris, a Lardy el
dans la foret de Fontainebleau (vallee de Jauberton).
Csslibipennella. Plusieurs sur V Artemisia campestris et YA. vulgaris,
a Bouray.
Ochrea. Plusieurs a La Varenne, sur YHelmnthemurn vulgare. Ce four
reau, malgr6 sa grande taille et sa couleur jaunatre, est tres-cliffi-
cile a trouver, parce que la plante croit en touffes si conside
rables, que les taches que fait la chenille arretent a peine rceil.
11 faut beaucoup de patience pour la irouver. La chenille vit aussi
sur les boutons des fleurs, et lorsque le fourreau y est attache
on Tapercoit facilement.
Wockeella. Je n ai obtenu qu un seul fourreau sur \diBetonicaofficmalts,
malgre toutes mes recherches; mais si c est bien lameme espece
qui vit sur la Pulmonaria saccharata dans les clairieres herbues
et ombrage es des bois, elle est assez commune et je 1 ai ren-
contr^e a Senart el au bois de Notre-Dame.
Saponariclla. En cherchant avec soin, a Bouray, au pied des plantes
de Saponaire et sur les brindilles d herbes avoisinantes, j ai trouve
une quaranlaine de fourreaux et je pris plusieurs papillons. Les
chenilles ne se Iransforment pas toutes a la meme epoque; j en
ai qui sont encore actives.
ChamaedryeUa. J ai recolte une vingtaine de fourreaux sur le Teucrium
chamsedrys, dans la foret de Fontainebleau (valle"e de Jauberton),
sur des talus ombrages exposes au midi.
Lineolea (?). J ai trouve un certain nombre de fourreaux a Bouray surle
Marrubiwn vulgare. Gomme cetle espece n a jamais ete trouvee
sur cette plante, je ne suis pas encore bien sur que c est la
Lineotea ; mais ce n est pas VOchripennella.
A d autres e"poques j ai trouve les especes suivantes :
Juncicolella. ParipenneLla.
Sicci folia. Atbitarsella.
Annulate lla.
et j ai pris au vol t
Leucoapennella. Deauratella.
Murinipennella. Fuscocuprella.
Frischella. Currucipennella.
Albicans.
Ce qui fait un total de quarante-quatre especes, et il est probable que
je pourrai augmenter conside rablement cette liste en continuant mes
recherches. J ajouterai que beaucoup de ces especes peuvent encore se
rencontrer ce mois-ci.
M. Lichtenslein adresse une longue note en reponse au travail de
M. V. Signoret sur le Phylloxera vastatrix, insure dans le nuraero 3 du
Bulletin des seances de la Sociele.
Gette notice depassant considerablement la limite assignee a chaque
communication (decision du 28 mai 1873), la Socie~te decide qu elle sera
renvoyee a I auleur, afm d en reduirc 1 etendue.
M. H. Lucas communique la note rectificative suivante :
J ai fait connaitre dans le Bulletin de nos Annales, Zi e serie, t. X, p. L
(1870), un cocon remarquable par sa forme et que j ai considere comrae
e"lant construit par VAtlus Doumerci Walck. Notre confrere M. E. Simon,
dans son Hist. nat. des Aran., p. 322, fig. 150, 1864, a repr&ente cette
singuliere habitation et a forme avec TAraneide qui en est en meme temps
et le constructeur et Tarcliitecle, un sous-genre auquel il a donn6 le nom
de Lagenicola. D autres auteurs, parmi lesquels je citerai M. E. Simon
lui-meme, ont depuis e"tudie ce cocon et out reconnu que celle habitation
n elait pas construile par une Araneide de la famille des Attides, mais
bien par VAgrseca (Agalemi) brunnea de Black wal, Hist, of Spid. of Great
Brit., part I, p. 159, pi. xn, fig. 102 (1861). Ce qui a cause cette erreur,
c est que 1 on trouve assez souvent le cocon de cette Aran6ide entierement
nu, c est-a-dire non acheve et non entoure" d une toile recouverte a Tex-
te"rieur de fines parcelles de sable et de terre dispos6es de maniere a
cacher aux yeux de 1 observateur le tissti blanc argent mat, soyeux, qui
compose 1 enveloppe, C est dans ces conditions que j ai e tudie derniere-
_ 8 -
ment, avec noire confrere M. J. Kunckel, un cocon de celte Aran6ide,
con tenant des oeufs fecond6s, dont j ai obtenu plusieurs 6closions. En exa-
minant les jeunes Araneides qui en sont sorties, j ai remarque" qu elles
sont enlierement d un blanc teslace" et que les organes de la vision sont
disposes comme chez les especes du genre Agrseca. Quand, au contraire,
apres avoir 6tudie ce meme cocon ainsi protege, on 1 ispole ensuite de son
enveloppe, on relrouve cette habitation lelle qu elle a 616 decrite et
figuree, alfectant la forme d une petite bouteille. Ce cocon, extremement
curieux par sa forme et sa contexture, que j ai trouv6 assez abondamment
en Normandie, parliculierement aux environs de Honfleur, est ordinaire-
ment fixe" aux ramuscules d une petite bruyere designed sous le nom
d 1 Erica ou de Calluna vulgaris. J ai rencontre aussi cette singuliere
habitation en Bretagne , particulierement dans les environs de Brest , de
Roscoff et du Portrieuc.
M. le docteur Al. Laboulbene, apres la communication de M. H. Lucas,
dit qu il avail justement prepare dans une boite les coques de YAgelena
brunnea pour les montrer a la Soci^te". II fait passer sous les yeux de ses
collegues le cocon non fini, simplement tisse, el a cot6 un autre cocon
tapiss6 de terre en parlie, mais dont rexlr6mil6 est tronquee comme sur
le cocon de soie; enfin plusieurs autres monlrenl le dernier degr6 de
revetement de terre fait par l Aran6ide.
Notre collogue ajoute qu il a recueilli ces cocons, comme il 1 avait
annonc6 deja (voyez Bulletin des stances, n 3, p. 8), a Saint-Denis-d Anjou
(Mayenne) et qu il a obtenu un Hemiteles parasite. Mais il n a vu que la
femelle aile"e ; il a, cette anne"e, 1 espoir d avoir le male de cette espece,
qui est grande, Ires-belle, et qui est inconnue a M. le docteur Giraud.
M. Al. Laboulbene montre, comme objel de souvenir, une lettre
recue en 1850 et renfermant, colles sur papier, des insectes recueillis et
envoycs par M. Pandell6. Ces insecles, resits dans un volume d entomo-
logie aux trois quarts consume" par 1 incendie de sa maison pendant la
Commune de Paris, sont encore intacls. Beaucoup d entre eux etant inte-
ressanls par leur provenance pyrene"enne , notre collegue les oflre a
M. Ch. Brisout de Barneville, President de la Soci6l6.
Paris, 20 juin 1873.
PARIS. - Typog. FELIX MALTESTE et Cie, rue des Deux-Porles-St-Sauveur, 22.
N 6.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par 1U. i:. DESMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
La procbaine seance (9 juillet 1873) ainsi que les suivantes
auront lieu a la Mairie du Vie arrondissement (place Saint-
Sulpice).
Seance du 5 Juin 1873.
Presidence de Ci. BRISOUT DE BARNEVILLE.
2/i membres presents.
M. Raffray, de Boghari (Alg^rie), assiste a la seance.
La Soci6t6 tient sa seance dans le nouveau local qui vient d etre mis a
sa disposition par M. le Prefet de la Seine, a la Mairie du VI e arrondis-
sement (place Saint-Sulpice).
Communications. M. Desbrochers des Loges adresse la description de
trois especes nouvelles de Coleopteres d Europe :
CORYMBITES PUTONIS.
, nigro-virescens, griseo-pubescens ; antennis subfilifonnibus in
2 ~
medio vix incrassatis, articulis omnibus Latitudine evidenter longioribus;
prothoracc subdepresso, insequali, a tatere imprcsso ac sinuate, tarsorum
anticorwn articulis simplicibus, gracilibus.
Long. 6 1/2-7 mill.; lat. 1 7/10 mill.
Le Lioran (Cantal). Plusieurs males, capture s en battant des sapins pres
de la station du chemin de fer, par MM. le D r A. Puton et L. Lethierry.
Tres-voisin du C. nivicola, dont 11 se distingue par le prothorax bien
moins convexe, presque rectilineairement atte nue sur les cote s, avec une
sinuosite late"rale limitee en dedans par une depression longitudinale ; par
les articles des anlennes quatrieme a septieme a peine plus longs que
larges, etc.
CORYMBITES PAULINOl.
Cuprxus, parce griseo-sequatiter pubescens; antennis articulo ultimo
prsecedente longiori; prothorace medio longitudinaliter , profunde sulcato;
elytris postice non ampliatis, interstitiis exterioribus convexis.
Long. 15-17 mill. ; lat. A-5 mill.
Coiimbra (Portugal). Je Pai recu de M. Paulino d Oliveira.
Ressemble beaucoup au C. tesselatus, variete assimilis, pres duquel il
doit prendre place ; mais chez cette espece les deux derniers articles des
antennes sont egaux en longueur, le menton est moins avance en ogive,
le prothorax est obsole tement sillonne" seulement a la base ou sans sillon,
et les elytres sont plus ou moins 61argies en arriere.
DlCHOTRACHELUS KOZIOROWICZI.
Long. 3 1/2 mill.; lat. 1 1/2 mill.
Get insecte, que M. koziorowicz a decouvert en Corse, se rapproche
beaucoup du D. Rudcni. Il en diflere par le prothorax bien plus e"troit,
a sillon moins profond ; par le scape des antennes mince dans ses deux
tiers basilaires, mediocrement renfle ensuite, depourvu de soies clavi-
formes; par la massue allongee, bien plus etroite; par les tibias minces et
peine garnis de quelques soies e carte es le long de leur tranche externe,
obsolelement pubescents en dedans; par les elytres, re gulierement con-
vexes, n ayant pas la suture et Textremite des cotes rendues plus elevens
posterieurement par des faisceaux de soies claviformes.
Rostre distinctement sillonne", ainsi que le prothorax. Antennes greles,
3
& premier article du funicule obconique-allonge, !es autres successivement
plus courts, les derniers transversaux. Prothorax aussi long que large, a
peine arque late"ralement, profonde"ment impressionne" transversalement a
son bord ante"rieur. tilytres allongees, convexes, en pointe tres-obtuse au
sommet, a troisieme et cinquieme intervalle Sieve s, non costiformes ; des
soies tres-claviformes nombreuses en arriere, bien plus rares ante"rieure-
ment, e"galement deve es, ne rendant pas les cotes des elytres plus sail-
lantes a la base ; stries assez distinctes, mais a ponctuation obsolete.
Cuisses marquees , avant le sommet, d une tache de squamules blan-
cha" tres ; tibias avec une se"rie de soies epaisses en dehors et quelques poils
en dedans : les anterieurs legerement courbe"s en dedans, seulement au
sommet; troisieme article des tarses beaucoup plus large que les pre"c6-
dents.
M. de Marseul envoie une nouvelle note sur les Leucolxphus :
Plus heureux que moi, M. H. Lucas a pu obtenir en communication le
type du Leucotaephus nigropunctatus, et, en le comparant avec des Perrisi
que possede M. Leprieur, il a conclu que ce ne sont que le male et la
femelle d une meme espece, corroborant ainsi mes conclusions, qu il avail
combattues d abord (voir stance du 9 avril, Bulletin n 1, pages 11 et 12).
Toutefois, je ferai remarquer a notre savant collegue que je possede plu-
sieurs exemplaires du nigropunctatus en parfait etat de conservation et
que j avais pu les comparer avec le vrai type, le seul type du Perrisi.
Quant a son liliputanus, represents" par un seul individu , qui me
semble une femelle, la disposition des points noirs denudes et des lignes
de meme nature sur ses elytres, semble au premier coup d*oeil en faire
une espece diflerente du Perrisi, et il me parait utile d en faire ressorlir
les caracteres differentiels; mais pour 6tre cornple tement fixe" sur la ques
tion, il serait prudent d attendre des materiaux plus nombreux : jusque-to
je maintiens mon doute.
M. Raffray, a la suite de cette lecture, pre"sente e"galement quelques
remarques :
M. Gaston Allard, d Angers, a recu dernierement quelques insectes fort
curieux venant de Ouargla et de 1 Oued-Souf, dans le Sahara alge"rien, et,
entre autres, un nombre relativement considerable de Leucolsephus que
j ai pu examiner dans sa collection. Us appartiennent tous au nigropunc
Luc., et Perrisi Luc., et sont dans un 6tat parfait de conservation.
J ai pu constaler combien sont inconstantes les differences invoquees
pour elablir ces deux especes. Le nombre des epines aux tibias antelieurs
varie jusque chez un mme individu. La taille et la forme, plus ou moins
grande et trapue, sont sans nul doute un caraclere sexuel, et j ai remarque
que le nombre des individus de grande taille et de forme plus trapue etait
de beaucoup le moins considerable. La ponctuation est aussi tres-variable
comme intensity ou comme disposition ; mais dans aucun des Leucolsephus
de M. G. Allard je n ai vu de traces des lignes elevees et de"nudees qui
ornent les elylres du lilipuianus Luc., dont M. H. Lucas a bien voulu
me montrer un individu, ni rien qui fit pressentir une transition entre
les elytres simplement ponctuees de noir des nigropunctatus et Perrisi
et les elytres a cotes denudees si tranchees du liliputanus Luc.
Je crois done que cette derniere espece devra etre conserved comme bien
distincte et les deux autres re"unies en une seule.
M. Desbrochers des Loges e"crit qu il a capture" a Gaunat, sur des
bouleaux, au mois d avril dernier, VOrchestes 5-maculatus Chevr. L exa-
men de cet insecte et d un assez grand nombre d individus qui lui viennent
de Laval Fa convaincu que cette espece, ainsi que Favait observe" M. H.
Brisout de Barneville, n est autre que le semirufus Gyll. Les caracteres
indiques par M. de Marseul (Bulletin 1868, p. LXXVI) n ont rien de cons
tant : la pubescence est tantot grisatre sans e"clat, tant6t a reflet dore ; les
taches de nude es, sans disparaitre completement, sont sou vent peu mar-
que"es, et il n est pas rare de trouver des exemplaires chez lesquels les
places de nude es ne sont pas plus fonce"es que le reste de Fe"lytre. Quant a
la forme du prothorax, les differences signalees par M. de Marseul sont
purement sexuelles et se retrouvent a tous les degr^s chez les individus
qu il a sous les yeux.
M. de Marseul annonce, au contraire , par Fentremise du Secretaire,
qu il a retrouve" aupres de Fougerolles (Mayenne) VOrchestes 5-punctatus,
toujours orne de ses cinq taches bien marquees, et que jamais il n a pris
dans la meme localite un seul individu de Fespece a laquelle on pretend
le rapporter.
M. Marmottan fail savoir qu il a obtenu a Paris la Sijmpiezocera
Laurasi, provenant d eclosion de larves contenues dans des souches de
gen^vriers qu il avail rapportees de Fonlainebleau il y a deux ans.
_ 5 ~
M. Lichtenstein e*crit qu ignorant la decision prise par la Socie te
relative a 1 etendue des communications du Bulletin, il avail envoye" au
Secretaire nne note detaillee qui devait re"pondre a celle de M. V. Signoret
au sujet du Phylloxera vastatrix.
Gontrairement a Topinion de notre collegue, il soutient que le Phyl
loxera est la seule et unique cause de la maladie qui ravage nos
vignobles.
II croit que le genre Phylloxera offre des individus males aile"s, des
femelles aile"es et apteres, et peut-etre une forme qui s e"teint sans acque"rir
des ailes.
Une lettre adressee a un viticulteur de Bordeaux, qui a cru devoir la
publier dans plusieurs journaux de Paris, nontenant des expressions telle-
ment e loigne es de celles qu il a toujours ete heureux de trouver dans nos
courtoises et amicales discussions, il ne re"pondra plus a nos collegues,
et il retire la note qui a e"te mentionne e dans la seance du 11 juin
dernier.
Le meme membre donne aussi la note suivante sur les moeurs du
Tachytes pompiliformis Panzer, T. nigra Latr. :
J ai trouve", dit-il, cet Hyme"noptere creusant dans le sable et y prati-
quant des galeries de 10 a 12 centimetres de long, au fond desquelles il
e"tablit une petite loge spherique dans laquelle il apporte quatre petiles
Sauterelles au plus, d un centimetre de long, qui me paraissent etre des
larves du genre Chortipus (probablement le C. variabilis ou C. prato-
rum). Une de ces larves de Sauterelles porte Toeuf du Tachytes colle enlre
les deux premieres pattes sur la poitrine. J ai mis soigneusement trois
niche"es ainsi composers dans des tubes en verre pour suivre les m6la-
morphoses de cet insecte.
M. E. Simon adresse la note qui suit :
Dans mon dernier travail, public par la Soci6te" royale des Sciences de
Liege, et intitue : Araneidcs nouveaux du midi de CEurope, 2 e memoire,
j ai dit, a propos des Avicularia andalusiaca et maroccana (p. 15) : Ces
especes rentrent dans le nouveau genre Jschnocolns de M. Ausserer ; il
serait meme bon de les comparer aux S. triangulifer As. et holoscriceus
L. K.
Depuis que ces lignes ont ete imprimees, M. le professeur Waga m a
soumis plusieurs Aran&des de Sidle, parmi lesquels j ai reconnu Ylschno-
tolus triangulifer ; cette espece est voisine, mais bien distincte de celles
que j ai de"crites; elle differs surtout de V andalusiacus par ses yeux late"-
raux posterieurs presque arrondis (non anguleux) et peu se pare s des ante-
rieurs ; elle se distingue du maroccanus par les tibias de la premiere paire
de pattes et ceux de sa patte-machoire plus longs et un peu plus greles
relativement h la patella.
J ai vu aussi une femelle adulte de VAciinopus algerianus Lucas, venant
de la province de Constantine ; comme je 1 ai deja dit, cette espece ne
peut rentrer dans le genre Actinopus de Perty, qui est exclusivement
americain ; elle a entierement le fades de la Cteniza Sauvagei Rossi, dont
elle differe par ses yeux late"raux formant un rectangle et non un trapeze,
les supe"rieurs n etant pas plus ^cartes que les anterieurs, comme cela a
lieu chez G. Sauvagei. M. Ausserer s est servi de ce caractere pour separer
ses deux genres Cteniza et Cystocarenum ; mais je dois avouer qu il me
parail bien faible pour avoir une valeur gene"rique; cependant, en compa-
rant les autres parties du corps chez les deux especes, j ai trouve que la
forme du plastron est toute diffe rente : en effet, chez C. Sauvagei le plas
tron est plus long que large, graduellement retre"ci en avant, ou il est
tronque, tandis que chez C. algeriana il est aussi large que long et
presque arrondi j j en ai conclu que le genre Cystocarenum pouvait e" tre
conserve, mais avec des caracteres tout autres que ceux dont M. Ausserer
s est servi.
M. H. Lucas communique la note suivante :
M. Thorell, professeur de zoologie a 1 Universite d Upsal, vient de ter-
miner un travail considerable ayant pour tit re : Remarks on synonyms of
European Spiders. Get ouvrage, public" en anglais, formant un volume in-8
de plus de 600 pages, sera utile et meme indispensable aux naturalistes
qui se livrent exclusivement a 1 ^tude des Araignees. En consultant ce tra
vail, dans lequel presque toutes les Araneides d Europe sont signale"es, ils
auront un apercu synonymique complet des genres et des especes que
renferme cet ordre interessant En effet, M. Thorell a porte" un soin tout
particulier a la synonymie, sans laquelle il est impossible de s entendre
en histoire naturelle ; elle esl chronologiquement 6tablie et accompagnee
de notes et de remarques extr&mement curieuses.
Ce meme naturaliste avail deja public, anterieurement a ce travail, un
autre ouvrage in-Zi", ayant plus de 200 pages, qui a pour litre : On
European Spiders, et qui, re"uni au premier, dont il est le Genera, forme
un traite" complet dans lequel 1 auteur a expose", en faisant connaltre les
caracleres qui les difierencient, les genres, les families et les sous-ordres
qui composent actuellement 1 ordre des Araneides.
Les zoologistes doivent etre reconnaissants a M. le professeur Thorell
d une semblable publication faite avec talent et conscience, destined a faci-
liter et a re"pandre l e"tude des Araneides, trop negligee de nos jours par
les naturalistes, malgre les mceurs pleines d interet et 1 organisalion reel-
lement merveilleuse de leurs repre"sentants.
M. Al. Laboubene (stance du 11 juin 1873) parle des Yponomeutcs
qui ont e"t6 si nuisibles aux pommiers, et il dit qu il a recu de M. Guene e
une lettre et une brochure a ce sujet. M. Guenee, avec grande raison, fait
remarquer qu il faut e"crire Yponomeuta avec un Y, et que le genre a 6te"
fonde" par Latreille et orthographic de la sorte. Dut-il ne rien signifier,
il faut respecter ce nom et ne pas suivre 1 exemple des auteurs alle-
mands qui ont de tourne , pour ne pas dire plus, la priorite, en e crivant
Hyponomeuta Zeller.
L espece est la matmella Zell., Frey et Guene e (Gat. Microl., p. 106).
M. Laboulbene ajoute que M. Guenee, dans son travail, propose d en-
lever les toiles ou les chrysalides se sont renfenne es et de bruler ces
toiles avant 1 eclosion des papillons.
M. Berce dit qu il approuverait cette pratique, suivant lui, tres-ration-
nelle.
M. Goossens, revenant sur les moeurs du genre, pense qu en faisant la
guerre aux nids des chenilles ecloses et placets dans une toile, pres de
1 aisselle des branches, on detruirait beaucoup de ces insectes.
M. Fallou croit aussi qu on pourrait de la sorte arreter en parlie leurs
ravages. Il est d avis que Tetude des premiers e"tats de ces chenilles est
indispensable pour connaitre les especes, opinion a laquelle se rallient
M. Laboulbene et les personnes qui ont pris part & la discussion.
M. Ragonot, & propos de la note de M. le docteur Al. Laboulbene,
dit que la question de la nomenclature, en ce qui concerne cerlaines
especes ft Yponomeuta, est encore loin d etre resolue d une maniere satis-
faisante et qu il est en train, ainsi que M. Fallou, de faire des Educations
de chenilles pour tacher d arriver a la re"soudre.
Ce qui a cause* beaucoup de confusion, ce sont les noms imposes par
Linne" a deux especes : ainsi son Evonymella (Padi Z.) vit sur le Prunus
padits et non sur le fusain (Evonymus Europxus), et la Padella L. mange
lupine, le prunellier, etc., et non le P. padus. Cependant il n y a que les
Padella L. et sa var.? Malivorella Gn., Malinella L., CagnageUa Hb. et
Uahalebella Gn., dont la determination soil difficile, VEvonymella L. lant
remarquable par ses cinq rangecs de petits points.
La Padella ne peut etre confondue avec ses congeneres, parce que le
dessous de ses ailes est entierement d un gris brunatre et les franges d un
gris fonce". Cette espece varie beaucoup : il y a des individus d une cou-
leur gris de plomb, d autres sont blancs, et il y a des varie tes interme*-
diaires. On eleve surtout la varieie" blanche sur le pommier, et M. Guene"e
Fa nomme e Padella, var. Malivorella ; c est peut-e" Ire une espece dis-
tincte, et M. Ragonot en a recu des exemplaires d Angleterre ou, jusqu a
present, on n a pu trouver la Malinella. Ce qui pourrait permettre de
conside"rer la Malivorella comme une espece valable, c est que M. Stainton
dit qu il a mis des chenilles de la Padella de l aube"pine sur le pommier
et qu elles se sont laisse es mourir pluttit que d y toucher.
La Malinella Z., qui vit sur le pommier, se distingue par ses ailes tou
jours blanches, avec les franges blanches ou seulement tegerement teinte es
de gris ; mais ce qui surtout la caracterise, a c6t6 de la Padella, c est que
les ailes supe rieures ont la cote en dessous fmement. mais distinctement
borde e de blanc et la f range est presque blanche.
Le fusain nourrit la Gagnagella Hb. (Cognatella Fr., Evomjmella Sc.),
qui ressemble beaucoup a la Malinella t mais qui est plus grande ; les
franges des ailes supe rieures, tant en dessus qu en dessous, sont toujours
d un blanc pur, et ge ne ralement les franges des ailes infe rieures sont de
la me 1 me couleur ; mais comme certains specimens les ont teinte es de gris,
il ne faut pas trop s appuyer sur ce caractere.
On trouve la chenille de la Mahalebella en masses sur le bois de Sainte-
Lucie (Prunus Mahaleb), mais il est tout a fait impossible de distinguer
1 insecte parfait de la CagnageUa; cependant il se pourrait que cela soil
une bonne espece, les plantes nonrricieres ayant si peu de rapports entre
elles. M. Ragonot pense que, pour arriver a une solution , il faudrait
essayer d e"lever la chenille de Tune de ces especes sur la plante de
1 autre ; et il essayera de le faire.
.. g __
Enfin toutes ces especes sont sujettes a une certaine e"tendue de varia
tion, et ce n est que par I exp^rience qu on peut les reconnaltre.
M. Ragonot (stance du 25 juin) ajoute aux communications pre ce -
dentes les remarques qui suivent :
Je n ai pu mettre a execution qu une partie des experiences sur les che
nilles dCYponomtuta, que je proposals a notre derniere stance, le temps
m ayant manque pour me procurer les chenilles propres au pommier et a
Tepine ; mais j ai fait 1 essai de transposer les plantes nourricieres des
chenilles de VEvonymella, Cagnagella et Mahalebella, et j ai constate"
qu aucune de ces chenilles n ont voulu toucher aux plantes, autres que les
leurs, que je leur donnais. Je pense done que nous avons effectivement
deux especes distinctes dans la Gagnagella et la Mahalebella, malgre leur
ressemblance a l e"tat parfait.
Les chenilles se ressemblent aussi beaucoup, mais j ai remarque que la
chenille adulte de la Cagnagella est entierement jaunatre, et les points
verruqueux sont tres-pelits, presque invisibles, tandis que la chenille de
la Mahalebella est d un blanc grisatre, avec les segments ante"rieurs seu-
lement jaunatres et les points verruqueux plus grands et bien distincts,
principalement sur les cote s.
Quant a la chenille de YEvonymella, il est impossible de la confondre
avec les aulres, car chacune de ses grandes taches ordinaires est suivie
d une plus petite sur la mSme ligne, et les points verruqueux sont comme
dans la Mahalebella.
J ajouterai que la Mahalebella Gn. n est connue ni en Angleterre, ni en
Allemagne ; M. Wocke, dans son catalogue, lui donne comme patrie unique
la Dalmatic, mais c est sans doute par erreur, car il cite M. Guene"e comme
1 auteur du nom, et, dans son Index Microlepidopterorum, notre collegue
dit positivement qu il a trouve" la chenille a Enghien sur le Prunus
Malaheb ; je 1 ai moi-meme observed sur cette plante dans plusieurs autres
localite"s, mais je ne sais si elle a ete" prise ailleurs qu aux environs de
Paris.
M. de Marseul, dans une lettre adresse e de Fougerolles, rapporle que
les chenilles KYponomcuta qui, depuis plusieurs anne"es, devaslent les
e"pines blanches, sont encore fort nombreuses cette anne"e. Elles ont com
mence a paraitre vers le 20 mai, et notre collegue peut suivre a son aise
leur de"veloppement ; elles sont environ de 15 a 20 par nid ; mais aucune
ne se trouve ici sur les pommiers.
10
M. Charles Brisout de Barneville fait la communication suivante :
Depuis deux ans j avais une larve d tilate ride , que j avais conserved
dans un vase en verre, avec les debris dans lesquels je 1 avais trouve"e.
J ai maintenu I humidile" dans ces de"bris pendant pres de deux annees,
en mettant une eponge completement imbibe e d eau dans le vase, pose"e
sur les de"bris ; le vase 6tait ferine" par une feuille de papier ficelee autour
deson embouchure, et cependant it ne s est jamais forme" aucune moisis-
sure.
M. Raflray annonce qu il va partir prochainement pour la c6le" orien-
tale de TAfrique. II compte s^journer plusieurs annees a Zanzibar, ou il
se livrera a des recherches entomologiques.
Membre recu. M. Ferdinand Reiber (Gole"opteres et Hemipteres d Eu-
rope), negociant a Strasbourg , pr6sente par MM. L. Bedel et Goubert
(commissaires-rapporteurs MM. Berce et Ghevrolat).
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Archiviste adjoint.
(Seance du iljuin 1873.)
OUTRAGES P^RIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAV ANTES.
Comptcs rendus des seances de I Acadtmie des Sciences, tome LXXVI,
n* 21 et 22 (mai-juin 1873).
GUERIN-M^NEVILLE, p. 1307, Note concernant une importation
de graines de Vers a soie de UAme rique du Sud.
11
* Entomologist s monthly Magazine, n 109, Juin 1873.
D. SHARP, p. 1, Typhlodes italicus (gen. nov. Xantholinorum)
from Italy. C. BARRETT, p. 2, Notes on British Tortrices (suite).
VERNON WOLLASTON, p. 9, On two new genera of Colydiids
from New Zealand. HERBERT DRUCE, p. 13, Cliaraxes nobilia
(nov. sp.) from Africa. .7. BATES, p. 14, Notes on Heteromers
(n 8) : Descriptions of Diaperis and Apsida. J. SCOTT, p. 22,
On certain British Hemiptera-Homoptera.
Notes. P. 17, On the Carabideous genus Maraga. P. 18,
On certain British Orchestes and Ceutorhynchus. P. 19, Cleonus
nebulosus near London, Pediacus dermestoides near London,
Thalpochares paula in Britain. P. 20, Vanessa Antiopa in Hol
land, Perception of Gonepteryx rhamni at fault. P. 21, Black
variety of Dianthcecia conspersa in Morayshire, Larva of Nema-
tus ribesii, Proceedings of the ent. Soc. of London.
* Fcuille des Jeunes Naturalises (1), t. I (n os 1-12), t. II (n" 13-24),
t. Ill (n 25-32), 1870-1873.
Tome I. A. K., p. 5, Papillons. LES REDACTEURS, p. 10,
Le mois de Juin (Entomologie). - M. H., p. 12, Araigne"es. DE
PRINSAC, E. DOLLFUS, REGIMBART, p. 18, 32, 49, La Charite en-
seignee par les Insectes. LES REDACTEURS, p. 22, Le mois de
Juillet (Entomologie). L. MEYER, p. 30, 42, 9, 56, 64, Une
course entomologique dans le Valais. J. BETOUS, p. 32, Les
Courtillieres ; leur chasse. REGIMBART, p. 46, Observation sur
la ponte du Dytiscus marginalis. M. H., p. 55, L Argyronete.
LES REDACTEURS, p. 57, Le mois d Avril (Entomologie). A.
CLAUDON, p. 65, Reflexions sur I utilit6 de 1 entomologie. LES
REDACTEURS, p. 67, Le mois de Mai (Entomologie). E. D., p. 72
La faune des profondeurs dans les Grands-Lacs. E..., p. 74,
78, 86, 9/i, 104, Conseils aux debutants en entomologie. D HERS,
p. 83, Ravages des chenilles sur les pommiers. REGIMBART,
p. 85, Les Ilybius des environs d Evreux. LANCELEVEE, p. 103,
Note sur la chasse du Serica brunnea. P. 108, Preparation des
Le"pidopteres. C..., p. 109, Quelques mots sur le vol des In
sectes.
(1) Offert par M. Jean Dollfus.
12 -
Tome II. LES RDACTEDRS, p. 1, L Histoire naturelle. E.,.,
p. 5, IZj, 36, Conseils aux debutants en entomologie (suite).
J. S., Du cri du Sphinx Atropos. E. CHAUVEAU, p. 22, L Apus
cancriformis. J. BARRIERS, p. 53, L lJyle"sine du pin maritime.
M. REGIMBART, p. 69, 77, Ge ne ralite s sur les Hydrocanthares.
E. LELIEVRE, p. 71, L Araigne e rouge ou la gobeuse d oeufs.
M. H., p. 81, Notes sur la Lycosa saccata. H..., p. 83, Ghasse
des Hyme nopteres. LES REDACTEURS, p. 95, Conservation des
Chenilles. H..,, p. 110, Le Ver luisant. M. H., p. 113,
Quelques mots sur les Psyllides. J. DE G., p. 121, Le Bibio
Marci. G. BONAT, p. 127, Observations sur un des parasites du
Chat.
Tome III. P. 23, Insectes e lectriques (traduction). R. H.,
p. 53, Le Dytisque horde". E. LELIEVRE, p. 56, 77, Entomologie
pratique : L echenillage. G. MINGAUD, p. 90, Le Scorpion rous-
satre.
* Journal d agriculture et d horticulture de la Gironde, n 261 (25 mai
1873).
TRIMOULET, Lettre sur le Phylloxera vastatrix. DE VITTON,
M&me sujet.
* Societe des Sciences naturelles et historiques de Cannes, t. Ill, 1873,
n 2 (Proces-verbaux). Q
OUVRAGES DIVERS.
* COLLETT (Robert). Lycodes Sarsii, n. sp., ex ordine Anacanthinorum
Gadoideorum. Broch. in-8 avec pi. n. (Extr. des Acta Soc.
scient. Christianensis, anni MDCCCLXXI.) Q
* FAUDEL (D r ). Notice sur le Musee d histoire naturelle de Colmar (Ar-
ticule"s, p. A3). Broch. iu-8. Colmar, 1872.
* MOE. Cantate ved det. K. Norske Frederiks Universitets Mindefest for
H. M. Kong Carl. Christiania. Q
* MULLER (Alb.). Contributions to Entomological Bibliography up to
1862. Broch. in-8. (Extr. des Trans, of Ent. Soc., 1873.)
- 13 -
* SARS (G.-O.). Carcinologiske Bidrag til Norges Fauna : I. Monograph i
de ved Norges Kyster forekommende Mysider. Broch. comp. avec
3 pi. n. Christiania, 1872. (Extr. des public, de 1 Universite
royale de Norve"ge.)
* ID. Diagnoser af nye Annelider fra Christianiafjorden. Broch. in-8.
* ID. Nye Echinodermer fra den Norske Kyst. Broch. in-8. Q
* ID. On some remarkable Forms of Animal Life from the great
deeps of the Norwegian Coast., I. Broch. comp. avec 6 pi. n.
Christiania, 1872. Q
* ID. Undersgelser over Hardangerfjordens Fauna : I. Crustacea. Broch.
in-8.
* SIEBKE. Bidrag til Norges Insecktfauna. Broch. in-8. Christiania,
1872.
* SIMON (Eugene). Araneides nouveaux ou peu connus du midi de 1 Eu-
rope (2 e memoire). Broch. in-8 avec 3 pi. n. Bruxelles, 1873.
(Extr. des Memoires de la Societe" royale des Sciences de Lie"ge).
* THOMSON (James). Physis (suite). Q
(Stance du 25 juin 1873.)
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de C Academic des Sciences,
t. LXXVI, n 23 et 24, juin 1873.
DUMAS, p. 145/i, Rapport sur les etudes relatives au Phylloxera
presentees a 1 Academic. FAUCON, p. 1464, Observation des
migrations du Phylloxera en juin. MARES, p. 1465, Etat actuel
des Vignes dans le Midi de la France. THKNARD, p. 1465, Meme
sujet.
- 14 -
Comptes rcndus des Seances de la Societe entomologique de Belgique,
n 87 (7 juin 1873).
GAPRONNIER, p. 6, Note sur les Syntomis Phegea.
* Gazette medicate de Bordeaux, 2 e annge, 1873, n 12.
P. 286, Les Cantharides ne renferment pas de Cantharidine pen
dant leur jeune age.
Memoires de CAcademie imperiale des Sciences de Saint-PStersbourg,
VIP se>ie, t. XVII, n 05 11-12, t. XVIII, n 1-10, et t. XIX, n oi 1-5
(pi. n. et col.). Bulletins, t. XVII, n 1-36, et t. XVIII,
n 08 1-15.
Tome XVII, n 12. 0. GRIMM, Beilrage zur Lehre von der
Fortpflanzung und Entwickelung der Arthropoden (une planche
noire).
Bulletins. EL. METCHNIKOF, p. 231, Quelques remarques con-
cernant 1 embryologie des Myriapodes. ID., p. 233, Quelques
observations concernant 1 embryologie des Polydesmides.
OUVRAGES DIVERS.
TRIMOULET. Memoire sur la maladie nouvelle de la Vigne. Broch. in-8".
Bordeaux, 1873. (Extr. des public, de la Soc. Linneenne de
Bordeaux.)
Avis
M. le Tre"sorier (rue Saint-Placide, 52) rappelle a ses collegues qui n ont
pas encore solde" le montant de leur cotisation pour Fann6e 1873, qu ils
doivent, aux termes du Reglement, la lui faire parvenir aussitot que pos
sible, sans intermediaire*
15 -
Nous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fin du A e tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapporte"es, d en
informer de suite les Tresoriers ou le Secretaire, comme aussi de les
avertir de tout changement apporte" ulte"neurement a leur adresse.
Toutes les reclamations relatives au Bulletin bi-mensuel, ainsi que les
demandes d envoi a Mranger (contre remboarsement des frais de trans
port), doivent etre adresse"es au Tre"sorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de
Button, 27, qui est charge" de 1 expedition du Bulletin des seances.
Par decision prise dans la seance du 28 mai 1873, chaque note inseree
dans le Bulletin des seances, sauf decision de la Societe, ne devra pas
comprendre a 1 avenir plus d une page d impression.
Nous prions nos confreres de se conformer a cette decision s ils ne
veulent pas que la Socie"te soit contrainte ou de reduire I &endue des
travaux qu ils lui adresseront, ou de les publier dans les Annales et non
dans le Bulletin.
Collections a vcndre :
1 Collection de Cole"opteres d Europe recueillie par M. Follias. --
S adresser a sa veuve, rue Colbert, 22, a Reims (Marne).
2 Collections entomologiques recueillies par M. Cabarrus : Coleopleres
europeens et exotiques : 4,666 especes et 10,739 individus ; autres ordres
d Insectes : 858 especes et 2,233 individus. S adresser a M me veuve
Cabarrus, rue Thiac, 27, a Bordeaux (Gironde).
Paris, 3 juillet 1873.
AIEMBRES III BUREAU pour 1 annec 1873
President.., .... MM
Vice-President.
Secretaire
Secretaire adjoint.
CH. BRISOUT DE BARNEVILLE, rue de Vaugirard, 55,
et a Saint-Germain-en-Laye, rue de Pontoise, 15.
LEPRIEUR, rue Linne, 3, et a I hopital militaire de
Vincennes.
K. DESMAREST, rue Linne, 3.
H. LUCAS, an Museum, rue Cuvier, 57, et rue
Monsieur-le-Prince, 10.
L. BUQUET, rue St-Placide, 52 (faub. S^Germain).
Em. RAGONOT, rue de Buffon, 27.
J. FALLOU, rue Hautefeuille, 30.
Louis BEDEL, rue Garanciere, 5.
Tresorier
Tresorier adjoint
Archiviste-Biblioth. . .
Archiviste adjoint ,.
COMMISSION
La Commission se compose du Secretaire, du Tresorier, de I Arcliiviste et de :
MM. BERCE, boulevard de Vaugirard, 132.
le docteur ALEXANDRE LABOULBENE, rue de Lille, 11.
ALBERT LEVEILLE, boulevard Magenta, 152.
MAURICE SEDILLOT, rue de 1 Odeon, 20.
COMMISSION DE PUBLICATION *
La Commmission se compose des Membres tilulaires du Bureau et de :
MM. THEODORE GOOSSENS, rue du Faubourg-Saint-Martin, 99.
JULES KUNCKEL, boulevard Saint-Michel, 133.
le Df ALEXANDRE LABOULBENE, rue de Lille, 11.
Louis REICHE, rue du 29-Juillet, 10.
EUGENE SIMON, rue Cassette, 24.
COMMISSION Ii; i,A
La Commission se compose des Membres titulaires du Bureau et de :
MM. Louis BEDEL, rue Garanciere, 5.
EMILE RAGONOT, rue de Buffon, 27.
Louis REICHE, rue du 29-Juillet, 10.
SEANCES PENDANT L ANNEE 1873
Quarante-deuxieme de sa fondation
/ 8
/ 22
12
26
12
LES
26
MERCREDIS
9
23
14
28
11
25
Janvier.
Fevrier.
Mars.
Avril.
Mai.
Juin.
LES
MERCREDIS
23
13
27
10
24
8
22
12
26
10
24
Juillel.
Aout.
Septcmbre,
Octobre.
Novembre.
Decembre.
LES SEANCES ONT LIEU A 7 HEURES l/ TRES-PRECISES DU SOIR,
Mairie du VP arrondissement, place Saint-Sutpice.
BIBLIOTHEQUE DE LA SociETE : rue Hautefeuille, 30.
PARIS. Typog. FELIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
N 7.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par HI. i-:. DESIUAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mots.
Seance du 9 Juillet
Prfeidence de M. On. BRISOUT DE BARNEVILLE.
30 membres presents.
* M. Le"on Goubert, de Saint-Die" (Vosges), assiste & la stance.
Communications. M. Leprieur fait connaitre la note suivante :
1 MM. L. Reiche et de Saulcy ont de"crit dans nos Annales deux Bero-
sus a e"lytres epineuses, sous les noms de B. dispar et bispina :
Le premier, sMl faut s en rapporter a la description (Ann. Soc. ent. Fr.,
1856, p. 355), n aurait qu une seule e"pine suturale, et les deux sexes ne
cliffe"reraient que par les dimensions plus grande de la femelle.
Le bispina a deux epines, 1 une suturale, 1 autre externe, et nos col-
legues n indiquent pas si les deux sexes offrent a ce point de vue quelque
diffe"rence.
Je montre aujourd hui a la Socie te deux individus, m&le et femelle, pris
dans les environs de Bone. Le male offre bien deux epines terminates
tres-longues ; mais, cliez la femelle, il n exisle pas d epine suturale bien
marque"e, seulement Textr^mite" suturale est en angle presque droit et assez
aigu. Serait-ce le bispina ou une espece nouvelle ?
Dans Pespece de Bone les cinquieme et sixieme stries ainsi que la neu-
vieme et la dixieme sont r^unies.
2 Je prtsente aussi un Dineutes, qui m a 616 donne par M. F61icien de
Saulcy et provient des chasses de M. ch. de la Brulerie en Syrie et en
Palestine. Sa dimension ne permet de le rapporter ni an grandis Kl. , ni
a Vsereus R. Etudie" avec le travail d Aube", je n ai pu y reconnaitre Yaus-
tralis signale dans le Catalogue de M. de Marseul, et il me semble qu il
faut le rapporter au D. subspinosus Klug, qui a comme lui rextremite"
des elytres ovalaires legerement denlee en scie, caractere non signale"
par Aub6 dans sa description de Vaustralis, qui est indique comme se
trouvant dans la Nouvelle-Hollande.
M. Henri Brisout de Barneville adresse la note qui suit :
.J appuie 1 opinion de M. Desbrochers des Loges, indique"e dans la der-
niere stance et deja emise par moi, au sujet de YOrchestes 5-maculatus.
Je considere cet insecte comme e"tant YOrchestes semirufus. Je ferai
remarquer, comme exemple de variation, que YOrchestes pubescens a sou-
vent de meme, d apres Gyllenhal, cinq taches nues et que j ai regards ,
comme cet auteur, cette forme comme constituant la forme normale ; et
cependant il cite des varie"tes sans tache, n en diffe"rant que par cette
particularite. VOrchestes scuteltaris presente souvent aussi des taches
de"nude"es, plus ou moins nettes.
MM. Charles et Henri Brisont de Barneville annoncent qu ils ont
repris, aux environs de Marly-le-Roi, Ylliobates Bonnairii Fauvel.
M. H. Lucas communique une note relative a un nid construit par
un Hyme"noptere fouisseur :
N ayant pu assister a la stance du 14 mai, notre confrere M. L. Reiche
m a envoye un nid d insecte qui a ete" trouve" aux environs de Melbourne
(Nouvelle-Hollande). En examinant ce nid, qui est construit avec une terre
tres-fine et extremement friable, j ai remarqu6 qu il avait une tres-grande
analogic avec ceux des Pelopseus, Hym6nopteres abondamment r^pandus
dans 1 Ancien et le Nouveau-Monde. J ai e"tudie" les loges ainsi que les
coques papyrace"es qu elles contiennenl ; les unes et les autres rappellent
aussi, comme disposition et comme forme, celles construites par ces
Hymenopteres fouisseurs. Malheureusement , n ayant rencontre" dans ces
loges, dont les coques e"taient toutes ^closes, aucun d^bri de 1 insecte
parfait, il est impossible de dire si cette construction remarquable, que je
fais passer sous les yeux de la Socieie", est re"ellement due a des Hym6-
nopteres appartenant a cette coupe g6ne"rique.
M. L. Reiche montre a ses confreres un Cryptocephatus d espece
nouvelle, ainsi que deux Fourmis aveugles, qui ont e"te" recueillis a la
Saint-Beaume par M, Abeille de Perrin.
M. le docteur Alex. Laboulbene, au sujet des observations de M. Ch.
Brisout de Barneville (Bulletin N" 5), indique diverges remarques qu il a
e"te a me"me de faire relativement au nombre des articles des antennes
d une espece de Parnus, et il dit qu il inserera une note a ce sujet dans
un de nos prochains Bulletins.
Le m&ne membre pre"sente quelques reflexions au sujet du Phyl
loxera, d apres une elude qu il a faite sur des racines de vignes attaque"es
par cet insecte ; racines recueillies dans le midi de la France et qui lui
ont e"te communiquees par M. L. Reiche. II compte donner a la SocfeW
une note a ce sujet,
M. Henry Delamain, de Jarnac, dans une lettre adresse"e a M. E.-L.
Ragonot, fait savoir que YYponomeuta Mahalcbella, qui n a encore 616
signalee qu aux environs de Paris, est tres-commune dans le departement
de la Charente. L annee derniere, les chenilles de ce Lepidoplere etaient
tellement abondantes, que toutes les liaies de Prunus Mahaleb elaienl
litteralement devore"es, et lenrs branches denudes etaient couverles de
toiles blanches, brillantes comrae de la soie. M. Delamain ajoute : Cetle
espece est bien certainement distincte de Cagnagella, car sa chenille meurt
plutot que de toucher au fusain (1).
* La MalineUa est un veritable fleau cette annec ; tous les pommiers en
sont devores.
M. Maurice Girard fait connaitre les fails suivants :
Une vingtaine de cocons de YAttacus aurota (L6pid. He te roc.), prove-
nant de Bahia (Bresil), m ont ete remis par la Societe d acclimatation pour
essayer un grainage de cette belle espece a cocon devidable. Trois cocons
seulement etaient pleins et n ont pas encore produit leur papillon. Tous les
autres, bien plus legers, ont donne naissance a une multitude de petites
Entomobies (Dipteres Brachoceres, Muscides), toutes de la meme espece,
a ailes grisatres, semi-hyalines. II faudra une etude approfondie pour
reconnaitre , dans ce groupe si difficile a caracteriser, si 1 espece a ete
decrite ou si elle est nouvelle.
Des exemplaires piques et d autres vivants de TEntomobie sont montre s
a la Societe, ainsi que des pupes et leurs debris, les restes des chenilles
vides de leurs parasites et les cocons (TAttacus aurota.
(1) II est probable que la Mahalebella se trouvera partont ou crolt le bois de
Sainte-Lucie. M. le docteur Cartereau, de Bar-sur-Seine, m a adresse des chenilles,
et M. de Peyerimhoff dit qu il trouve cette espece en Alsace. E.-L. R.
MM. J. Fallou et Maurice Girard remettent la note suivante sur une
observation qu ils ont faite en commun :
Dans une excursion ft Champigny, pres Paris, le 27 mars de cette anne"e,
nous avons rencontrg en grand nombre la chenille de Chelonia Hebe, le
plus souvent apres la quatrieme mue. Plusieurs chenilles e"taient mortes,
altache es a des tiges de gramen, et pr6sentaient la consistance dure et
1 aspect des Vers a soie muscardines et devenus dragees, corame disent
les magnaniers. Presque toutes les chenilles recueillies e"taient attaquees
et prirent la me"me apparence apres etre mortes sans donner de chrysa
lides.
Les faits de chenilles attaquees par des Cryptogames sont frequents, et
Tun de nous a publie" autrefois une note sur diverses especes muscardi-
nees, ou du moins atteintes d affection analogue (Ann^ Soc. ent. Fr.,
ft c serie, 1863, III, 90). Plusieurs especes de champignons, de genres
differents, peuvent produire ces effets, et parmi eux la vraie muscardine
des Vers a soie, Botrytis bassiana Bals., susceptible d etre communiquee
& des insectes tres-varies, Chenilles, Sauterelles, Longicornes, etc., comme
Tont fait voir les experiences d Audouin et de M. Guerin-Meneville.
Un habile botaniste, un des membres de la Commission du Phylloxera,
M. Maxime Cornu, a bien voulu examiner ces chenilles. II a reconnu sur
les Chelonia Hebe, espece meridionale et locale pres de Paris, un Crypto-
game d un autre genre que les Botrytis, et, au contraire, sur une chenille
de Bombyx rubi, espece tout & fait indigene, trouvee par nous a Meudon
au commencement de mars, qui mourut aussi en drage"e et couverte d une
efflorescence blanche, un vrai Botrytis, peut-etre le bassiana du Ver a
soie, ce qu avait de"jft reconnu autrefois M. L.-R. Tulasne. M. Guerin-
Meneville cite cette m6me chenille comme ayant ete muscardinee par lui
apres inoculation des sporules du Ver & soie.
Nous reproduisons , avec I autorisation de la Socie te , la lettre adresse e
a M. Maurice Girard par M. Maxime Cornn :
Ainsi que vous Taviez reconnu, les deux especes ne sont pas attaquees
par le meme champignon : Tune, le Bombyx rubi (chenille noire), qui
pre"sente a sa surface un feutrage blanc tres-ras, offre des filaments tres-
te"nus, non sporiferes, qu on peut vraisemblablement rapporter a la mus
cardine des Vers a soie (Botrytis bassiana) non comple"tement de"ve-
loppe"e.
Quant aux autres chenilles (Chelonia Hebe), le parasite qui les a tuees
est fort different : il rentre pleinement dans le genre Empusa (Cohn : Nova
acta curiosorum naturae, A. L. C., t. XXV, p. 299, pi. ix-xi) ou Ento-
mophtora Fre senius (1). II est assez voisin du parasite qui tue les Mouches
vers 1 aulomne. Tout le monde a vu les Mouches fixees sur les vitres el
enlourees d une aureole de spores. Le champignon occupe 1 abdomen de
1 animal vivant; quand cet abdomen est pique il en sorl un liquide blan-
chalre qui renferme un nombre considerable de corps ovoiides, premier
etat du champignon. Ces corps ovoiides s allongent et font saillie au dehors
en perforant mecaniquemenl la peau de 1 animal ; la Mouche est morte,
du reste, peu de temps avant; r abdomen presente un aspect lout special
de gras fige". Les filaments forment ft leur extremite un petit sperange
spherique acumine", dans rinte"rieur duquel se trouve une spore unique
en forme de toupie d Allemagne. A la maturite ces sporanges sont pro-
jetes au loin, comme cela a lieu dans un certain nombre de champignons
(notamment les Pilobolus, qui paraissent assez voisins de cclui-ci); telle
est 1 origine de l aure"ole qu on observe autour des Mouches fixe es sur les
vitres.
Le parasite du Chclonia Hebe est un Enlomophthora ; peut-etre cst-ce
la meme espece ; il parait assez difficile de decider la chose sur le sec ;
sur le vivant meme il serait temeraire de se prononcer ; des experiences
seules pourraient trancher la question.
J ai pu examiner un Entomophthora sur le Puceron du sureau, a Mont-
pellier, au mois d avril dernier : il a paru dans les Comptes rendus de
Tlnstitut du meme mois urie courle note a ce sujet : mon attention avail
ete 6veillee par une observation de M. J.-E. Planchon, correspondant de
1 Institut, professeur ft la Faculte des Sciences et directeur de 1 ficole de
Pharmacie de Monlpcllier, faite sur le Puceron de la vesce, qui mourait,
disait-il , tue par une Muscardine , et qui etait tue" en realile" par un
Entomophthora. J ai 6ludie compietemenl le parasite dc ce Puceron, et
1 un des fails les plus singnliers est le suivant : un Puceron, conlenant
dans son interieur 52 jeunes & divers elats de developpement, fitait rempli
par les corpuscules CC Entomophthora (il y en avail jusque dans les
antennes !) tandis que les jeunes etaient tous parfaitement sains et ne
contenaient aucun corpuscule. Cela semble demontrer qu il faut que le
champignon trouve, pour pouvoir penetrer dans 1 animal, une ouverture
naturelle, une lesion, etc.. el qu il est incapable de peribrer les enve-
loppes el les teguments des insectes. Je laisse, du reste, cette conclusion
pour ce qu elle vaut.
La question de la penetration est encore pleine d obscurite ; 1 epoque &
(1) Ce nom doit prevaloir : le mot Empusa ayant ete applique tres-anterieure-
ment ^ un genre de Mantiens. M. G.
6
laquelle elle a lieu, les conditions dans lesquelles elle s effectue ne sont
pas connues.
Le fait remarquable du cas present, c est 1 existence de YEntomophthora
sur une tarve; je crois que c est la premiere fois que cela a e"te signale.
Permettez-moi de vous citer d autres cas : Bail Ta vu sur le Noctua
piniperda (Congres des Naturalistes allemands, tenu a Dresde, 1868).
C est aussi ce parasite que je crois avoir rencontre au Puy-de-D6me
sur un insecte identique a celui que je vous envoie et qui fut malheureu-
ment perdu. C est une Tenthrede qui se monlrait en grand nombre sur
les Alchimilia vulgaris et alpina, remarquablement abondantes sur ces
hauteurs.
II est possible que sur ces divers insectes il n y ait qu un seulTH unique
parasite, YEntomophthora muscae; on ne peut en ce moment ni 1 affirmer,
ni affirmer non plus le contraire.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redigc par II. Louis BEDEL, Archiviste adjoint,
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Annales de la Societe d agriculture de Lyon, 4 C se>ie, t. I, II, III,
1868-1870.
Annee 1868. MULSANT, p, 179, Tribu des Gibbicoles (Ptinides),
l/i pi. n.
Annee 1869. EYMARD, p. 5, Rapport de la Commission des
soies sur les operations de 1 annee 1869. MULSANT, p. 2&1,
Tribu des Lamellicornes.
Annee 1870. EYMARD, p. 89, Rapport de la Commission des
soies sur ses operations de 1 annee 1870. MULSANT, p. 155,
Tribu des Lamellicornes (suite et fin).
Les proces-verbaux des stances renfermant un grand nombre
de notes relatives a 1 entomologie applique"e et particulierement a
la se"riciculture.
Annales de la Sbciete Linneenne de Lijon, t. XIX, 1872.
MILLIERE, p. 1, Iconographie et description des Chenilles et L6-
pidopteres ine dits (pi. coloriees). MULSANT et KEY, p. 91, Tribu
des Bre"vipennes (Bolitocharaires) (pi. noires). ID., p. 427, Des
cription de la larve de FAnobium denticolle. ID., p, 430, Oniti-
cellus Revelierei, nov. sp. de Corse. ID., p. 433, Heterocerus
pictus, nov. sp. de Sicile.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de I Acadtmie des Sciences,
t. LXXVI, n 08 25 et 26 (juin 1873). Q
* Entomologist s monthly Magazine, n 110 (juillet 1873).
J. SCOTT, p. 25, On certain British Homoptera (Bythoscopidae)
(suite). D. SHARP, p. 29, New genera and species of Anthri-
bidse from New Zealand. VERNON WOLLASTON, p. 33, On a
genus of the NosodendridaB from Japan. BARRETT, p. 34, Notes
on British Tortrices. F. BATES, p. 45, Notes on Heteromera
(n 9).
Notes. P. 39, Coleoptera observed this season. Galls of
Andricus near Aberdeen. Galls of Gecidomyia salicis on Salix
purpurea. Captures of British Lepidoptera. P. 40, Thalpo-
chares parva. Vanessa Antiopa. P. 42, On Aventia flexula.
P. 43, On Lyca3na Alsus. P. 44, Erroneus food-plant assi
gned to a larva.
* Societe Linneenne du nord de la France, Bulletins mensuels n 09 10-12
(avril-juin 1873).
P. 151, Liste d Insectes nuisibles a Fagriculture. P. 183, Les
desiderata de FEntomologie. P. 187, Exposition insectologique.
Transactions of the Zoological Society of London : Transactions,
t. VIII, parts 4-5 ; Proceedings for 1872, part III.
Proceedings. CAMBRIDGE, p. 747, New species of Erigone
(2 pi. noires). J. LE CONTE, p. 799, On Platypsyllida? a new
family of Coleoptera (pi. n,).
Verhandlungen der k. k. zoologisch-botanischen Gesellschaft in Wien,
t. XXII, 1872, 7 planches.
RUPERTSBERGER, p. 7, Beitrage zur Lebensgeschichte der Kafer.
D r FIBBER, p. 27, Berichtigungen zu Kirschbaum s Gicadinen und
uber einige Cicadinem in der Germar schen Sammlung. J. MANN,
p. 35, Beschreibung 7 neuer Arten Microlepidopteren. SCHINER,
p. 41, R. Felder. BELING, p. 51, 3 neue Arten der G. Sciara.
SCHINER, p. 61, Miscellen. L. FISCHER, p. 77, eber Ges-
chlechtorgane bei Orthopteren. - G. KOCH, p. 79, 2 neue Asili-
den. TSCHEK, p. 231, Ueber einige Cryptoiden. F. Low,
p. 273, Ueber Diaspis visci (Goccide). D r MORAWITZ, p. 355,
Beitrag zur Bienenfauna Deutschlands. R. VON FRAUENFELD,
p. 389, Zoologische Miscellen (XVI, 2 e partie : Metamorphoses,
etc.). P. ZELLER, p. Zi/i7, Zur Kenntniss der nordamerikanis-
chen Nachfalter, besonders der Microlepidopteren. R. VON
FRAUENFELD, p. 567, Phylloxera vastatrix. RUPERTSBERGER,
p. 573, 2 neue Garabiden-Larven (Pterostichus vulgaris, Aniso-
dactylus binotatus). STROBL, p. 577, Aus der Fruhlings-Fauna
Illyriens. BELING, p. 617, Beitrag zur Naturgeschichte der G.
Bibio und Dilophus. FERRARI, p. 655, Ueber Vorkommen von
Scorpionen im Erzherzogthume Oesterreich. D r MAYR, p. 669,
Eichen-Gallen. NICKERL, p. 727, Beschreibung einiger Zwitter-
bildungen bei Lepidopteren. STAUDINGER, p. 733, 3 neue
osterreichische Lepidopteren.
OUVRAGES DIVERS.
* FRACENFELD (G. RITTER VON). Die Frage des Vogelschutzes. Broch.
in-12. Vienne, 1872. Q
* ID. Phylloxera vastatrix. Broch. in-8. Vienne, 1872.
* ID. Zoologische Miscellen, XVI et XVII. 2 broch. in-8. 1872-1873.
* MULSANT. Notice sur Dupasquier, architecte. Broch. grand in-8. Lyon,
1873. Q
Paris, 16 juillet 1873.
PARIS. ~~ Typog. FELIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
N 8.
, BULLETIN BES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
nccucilli par Jl. E. UESltf AREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du 3 Juillet 1S73.
Presidence de M. Cn. BRISOUT DE BARNEVILLE.
27 membres presents.
MM. le docteur Boisduval, membre honoraire, Valery Mayet, de Mont-
pellier, et le general Radoschkovski, de Saint-Petersbourg, assistent a la
seance.
Communications. M. Desbro<fchers des Loges adresse les deux notices
suivantes :
1 L une sur quelques caracteres distinclifs de diverses especes du genre
Apion :
En etudiaut a plusieurs reprises le genre Apion, je me suis apercu qu un
grand nombre de caracteres dont on aurait pu tirer parti pour distinguer
entre elles des especes tres-voisines, avaient ete negliges. Je me bornerai
a citer plusieurs d entre eux :
Dessous du rostrc. Chez PA. pmnonx et ses cong^neres, la deuxieme
moilie basilaire presente une profonde cavite", occupant la largeur du seg
ment, se prolongeant sur la tete jusqu au niveau posterieur des yeux, et
au milieu de laquelle s avance ante"rieurement, en une pointe arrondie au
sommet, la partie limitee par les scrobes. Chez PA. curvirostre, la
portion ante rieure presente un large sillon ferme a la hauteur des scrobes
et rempli, chez 1 insecte frais, d une pubescence fauve scmblable a Pama-
dou ; a ia base, une large fossette dont les bords atleignent les scrobes,
et divise c longitudinalement par une carene tranchante. Chez PA. stria-
turn, le rostre est absolument strie au dela des scrobes ; en jleca, il pre-
seute deux sillons me diocres separe"s par une carene obsolete. Chez
YA. violaceum, de gros points assez nombreux anterieurement ; la base,
un large et profond sillon traverse" longitudinalement par une carene
obsolete (le male de cette espece a, comme quelques especes du groupe
du carduorum, une petite dent plantee sur le bord interne du premier
article des tarses posterieurs). Chez les Apion miniatum, frumenta-
rium, etc., le canal basilaire est peu profond, sans carene mediane, et les
fines carenes qui le limilent lateralement s etendent, en restant paralleles,
jusqu au bord posterieur des yeux. Chez J A. pisi on reinarque une
carene sur presque toute sa longueur, interrompue a la hauteur des
scrobes, tranchante au milieu de la cavite" basilaire, qui est profonde; le
sommet est grossierement ponctue". Chez PA. gracilicolle, la partie
me diane se prolonge en pointe aigue sur une certaine e"tendue de la cavite
basilaire, qui n est pas carne au milieu ; ce lobe est iui-meme surmonte*
d une petite carene prolonged jusqu a Pextremite du rostre et flanquee de
chaque cote" d une strie profonde. Chez PA. vorax, la fossette basilaire
est reduite a deux fortes stries a peine plus larges que la carene qui les
divise; cette carene est remplacee en avant par une strie qui ne de"passe
guere le niveau des scrobes; le reste est poli et luisant, etc.
ticusson. Cette piece, le plus souvent ponctiforme, carree ou oblongue,
offre, chez quelques especes, une structure particuliere : chez PA. validum
elle est en forme de lance; sa base, munie de deux petits tubercules
tres-prononce s, fait saillie, ainsi que sa pointe extreme au-dessus du
niveau des elytres, de telle sorte que cette partie, vue de cote, presenle
Papparence d une e"chancrure limitee anterieurement par deux petites
dents avancees. Le meme caractere existe chez PA. radiolum, mais moins
prononce. 11 fait defaut chez PA. sencum : ce dernier presente, au-dessous
cle la tete, au niveau posterieur des yeux, une saillie transversale tran
chante.
La poncluation des parlies inferieures, la forme et surlout Pelevation
dcs segments abdominaux, qui tantol occupent le memo plan, tantot
forment un angle rentrant prononce" a partir du troisieme arceau, peuvent
aussi fournir d excellents caracteres.
2 L autre comprenant la description d une nouvelle espece de Coleo-
pteres de la famille des Longicornes :
CALLIDIUM (Rhopatopus) CAUCASICUM. Nov. sp.
Ater, griseo-pubescens, tarsis rufescenlibus, depressus; antennis brcvibus
sat vatidis, minus dense ciliatis, articulis omnibus apice intus acute brc-
viter dcntatis ; protlwrace brevissimo, intequali, in disco utrinque obsolete,
tuberculato; scuteUo apice subtruncato; etytris basi profunde versus api-
cem obsolete punctatis, sccundmn suturam distincte marginalis; fcmoribus
parum incrassatis ; abdominis marginibus brunneis. Long. 11 mill.,
lat. 4 mill.
Caucase.
La brievete" des antennes et le peu d epaisseur des cuisses eloignent
cette espece du C. clavipes ; la couleur noire des pattes et la brievete du
prothoras, des C. femoratum et spinicorne (ou Varini)\ de macropus,
beaucoup plus etroit et ayant les antennes hien plus longues et bien plus
minces.
M. G. Tappes fait savoir, par Tentremise de M. L. Ileiche, que le
Cryptocephalus trouve a la Sainte-Baume par M. Abeille dc Perrin , et
iiidique" dans le dernier Bulletin (N 7, p. 2} comme d espece nouvelle,
doit etre rapporte au tres-rare C. stragula Rossi. Les deux individus e"tu-
di6s par notre collegue, ainsi que celui que possede M. L. Keiclie, sont
des femelles, et Ton ne connait pas encore le male de celte espece, si mal
figurec par Rossi que le dessin qui la represente conviendrait aussi bien
au palliatus, au concinnus et m6me au marginatus.
Le m^me membre ajoute que le Cryptocephalus Pcrricri Fairmaire,
dont il vient de faire le dessin d une femelle (seul sexe qu il connaisse),
est bien une espece distincte, malgre raffirmation contraire de M. Suffrian
et Tacquiescement de M. L. Fairmaire.
M. le docteur Boisduval montre h la Socie te* des larves, des nymphes
et des insectes parfails du Gryptorhynchus lapathi Linne, qui produisent
d assez grands de"gats au peuplier (Populus alba Linne"). En efl et, les
larves de cet insecte , rongeant 1 interieur des branches de cct arbre,
celles-ci ainsi minees ne tardent pas a 6tre brise"es par 1 action da vent et
a tomber sur le sol.
Notre confrere fait remarquer que c est par suite d une erreur relative
aux habitudes de ce Curculionite, que les anciens naturalistes, regardant
le Cryptorhynchus dont il est question comme vivant sur les oseilles ou
Rwncx Linne" (Lapathum Tournefort), lui avaient applique la de nomina-
tion de lapathi; et que c est a juste raison que Le"on Dufour et d autres
entomologistes ont montre" que ce Coleoptere se nourrissaii aux depens
du peuplier et du saule.
Le mme membre indique aussi que dans ce moment les poiriers
des environs d fitampes sont ravage s par la larve d un Ayrilus qui se rap-
porte probablement au viridis Linne*.
M. Henri Jekel communique, par 1 interme diaire de M. Maillefer,
une note sur divers Curculionites :
Aussitot que j eus connaissance du travail de M. Kraatz sur le genre
Auchmeresthes (Berl. Zeitschr., 1862, t. II, p. 119, fig. 2), bien que
n ayant jamais vu 1 insecte, je soupconnai qu il ne pouvait appartenir au
groupe des Br achy derides, ni se placer, consequemment, pres des Metal-
Lites et Polydrosus. Apres dix anne"es ^coulees depuis cette publication,
je viens de recevoir cet inte"ressant genre de notre zel6 et savant collegue
M. Kirsch. Alors se confimia ma supposition, a savoir que ce Gurculionide
est un Phanerognathe qui, dans la methode de Lacordaire, doit prendre
place pres des Eugnomus, type d un groupe de la tribu des Erirhinides.
Je ne puis jusqu ici donner mon opinion sur un autre genre de M. Kraatz,
de"crit et figure a la m^me place (Metaeinops, p. 117, fig. 1), mais je soup-
conne egalement qu il n appartient pas au groupe ou cet auteur et les
catalogues 1 ont place", a savoir les Otiorhync hides ;\\ doit ctre e galement
Phanerognathe et ne pas devoir s eloigner des Eugnomidcs : 1 ensemble de
ses formes, si analogues au precedent, Tallongement de la t^te, celle du
rostre au dela de 1 insertion antennaire me poussent a cette conclusion.
Quant aux scrobes, on sail tres-bien que parmi les Phanero gnat lies meco-
rhynches, les cas ne sont pas rares ou elles affectent une forme peu allon-
ge"e, e"largie et e"vaaescente en avant des yeux. Mais tant que je n aurai
pas vu 1 insecte, je ne pourrai decider sur sa place naturelle dans la
methode.
Ajoutons que le genre Eutecheus Sch., que Lacordaire n a pas connu,
appartient aussi aux Eugnomides, ainsi que le genre Macropoda Montr.,
dont le rostre, quoique tres-court chez le male, est un peu allonge" chez la
femelle au dela de 1 insertion antennaire, ce qui en fait un Heterorhine.
Le dernier de ces deux genres de Phanerognathes est bien place dans le
catalogue Gemminger et Harold, mais le premier doit etre ramene" pres
des Rhopalomerus*
Je profile de cette occasion pour ajouter que le genre Cypfwmetopus
Blanch., qui est nn Adelognathe oxyophthalme a lobes suboculaires du
thorax tres-de"veloppes, appartient sans contredit au groupe des Stranga-
iiodides.
M. Charles Brisout de Barneville dit que, pendant un court se"jour
qu il vient de faire aux environs de Ghantilly, il a recolte des especes
de Coleopteres inte"ressantes pour la faune parisienne : le Ceutorhynckus
Schanneri Ch. Br., qu il n avait pas encore pris dans nos environs; la
Donacia spar garni, en nombre, sur les feuilles et dans les fleurs du ne"nu-
phar, en compagnie de la Galleruca nymphess.
Il a aussi capture, dans le pare d Ermenonville, sous les mousses trem-
p6es d une cascade, un grand nombre de Dianous cserulesccns , espece rare
aux environs de Paris.
M. Valery Mayet montre a ses confreres une larve de Vesperus
Xatarti qu il conserve vivante dans de la terre depuis plus de deux ans.
Le meme membre fait passer sous les yeux de la Soeiete la nouvelle
espece de Sitaris (S. collctis) qu il a de"couverte au commencement de
cette annee. Il annonce qu il donnera prochainement une diagnose de
cette espece pour le Bulletin, et qu il prepare pour les Annales un memoire
sur les moeurs de cet interessant Cole"optere.
M. V. Signoret lit une note qu il ne desire pas voir impimer dans
les Annales, mais simplement deposee aux archives, et dans laquelle il
indique 1 evolution complete de la vie du Phylloxera, laquelle a lieu
pendant la periode d une annee, contrairement a 1 opinion emise par
M. Lichlenstein dans une conference a Gette. Notre confrere de Montpellier
indiquant une dizaine de jours pour le temps necessaire au Phylloxera
pour pouvoir se reproduire, pondre des oeufs a nonveau ; il y a, par con
sequent, une grande difference d opinion enlre lui et M. Lichtenstein.
6 -
Le meme membre fait passer sous les yeux de la Socie"te deux echan-
tilions de vigne malade, provenant de Libourne, qui lui ont etc remis par
M. L. lleiche.
L aspecl de ces vignes est tout different de ce que Ton voit d ordinaire :
ce n est plus la pourriture noire que Ton apercoit en dessous de la pre
miere ecorce de la racine, mais un depot blanchAtre affectant, dans cer-
taines radicellcs, que notre confrere fait examiner, une forme cristalline
comme amylacee. Dans d autres , ce depot prend un aspect calcaire ,
comme on pourrait le produire en passant dessus les mains prealablement
blancliies avec du platre ou de la chaux, et comme c est en dessous de
1 ecorce, il est impossible d admeltre que ce soil artificiel. Du reste, on
peut examiner le fort troncon de racine mis sous les yeux de la Societe
par M. V. Signoret.
De plus, notre collegue indique que c est avec la plus grande peine que,
sur un kilogramme de racine, il a pu Irouver cinq ou six Phylloxera.
II ajoute encore que, depuis quelque temps, soil d envois de M. Faucon,
de Graveson (Bouches-du-Rhon"), soil de M. Trimoulet, de Bordeaux, ou
venant d autres localites, c est a peine s il y a quelques Phylloxera, et
cependant, dans d autres pays, I Herault, par exemple, les radicelles en
sont encore couvertes.
Sans vouloir de nouveau rentrer dans des details sur lesquels il s est
plusieurs fois explique devant la Societe, ainsi qu il 1 a rapporte aussi dans
plusienrs recueils scientifiques et agricoles relativement au Phylloxera,
notre confrere dit qu il est lonjours persuade que c est la vigne qui est
maladc, sans que le Puceron y soit pour rien.
A la suite de quelques observations de M. Mayet sur I habHat particulier
du Phy looser a aux radicelles du collet de la racine, M. V. Signoret fait
remarquer que c est la premiere fois qu il entend parler de ce fait, et qu il
desirerait que nos collegues du Midi s assurassent de 1 exactitucle de cetle
preference des Phylloxera, car il pensait qu ils se repandaient partoul,
aussi bien au collet de la racine qu a Textremile de toutes les racines,
radicelles, etc.
M. Maurice Girard, au sujet des ceps de vigne malades et revetus
d une efflorescence blanche que M. V. Signoret regarde comme une matiere
amylacee, demande si 1 on s est assure, au moyen du bleuissement par
1 eau iodee, de la nature reellement amylacee de cette production.
M. V. Signoret dit qu il n a pas fait cette verificalion.
M. Vatery Mayet presente, a la suite de ces communications, quelqucs
remarques sur le Phylloxera :
II y a beaucoup a repondre, dit-il, a ce que noire honorable collegue
M. V. Signoret vient de nous dire sur le Phylloxera, et surtout a ce qu il
a ecrit sur le meme sujet.
Selon lui, d un cole , cet Hemiplcre n attaquerait la vigne que parce
qu elle est malade (1), et, d un aulre cole, depuis douze.ans qu il a fait
son apparition dans les vignobles du Midi, ses ravages, dont on parle tant,
n auraient diminue que bien faiblemcnt la production vinicole.
Je veux repondre au double point de vue entomologique et commercial.
Je vous dirai que j arrive des vignobles infestes et que j ai vu les Phyl
loxera atlaquer les vignes vieilles et les vignes jeunes, les jcunes surtout,
parce que les racines sont plus tendres. J ai vu des vignes de trois ans,
plantees dans des terrains deTriches pour elles, sur les coteaux pierreux
comme dans les bas fonds, perir avant de vieilles vignes, lours voisines,
allaquees comme elles et qui, dans des terrains qu on pourrait dire epuises,
resistenl mieux parce que leurs racines soril plus robustes. Jc ne deman-
derai a mon collegue qu une demi-heure de visile avec moi dans nos
vignes de Montpellier pour le convaincre de ce que j avance.
D ailleurs je ne comprends pas que le debal puisse exisler. S il est
acquis a la science que tout insecte xylophage dans la plus grande accep-
tion du mot, sauf quelques exceplions dans les Coleopteres et les Lepi-
dopleres (exceptions encore conleslees), s il esl acquis, dis-je, que tout
xylophage altaque le vegetal parce qu il est malade ou qu il est a la fin
de sa carriere, il est acquis egalement que tout insecte phytophage, suceur
ou broyeur, s altaque a tous les vegetaux qu il rencontre, malacles ou bien
porlants.
A-l-on jamais songe a declarer malades les clienes ou les peupliers
depouilles de leurs feuilles par le Melolontha vulgaris ? Sa larve n at-
taque-t-elle pas les racines de vege"taux pleins de vigueur ? A-t-on jamais
pu dire que les cere" ales et les vignes de nos colons algeriens devaient a
un e"tat morbide les affreux ravages que les Criquets exercent sur elles?
Qui a jamais songe a dire que le sureau, la i eve ou le rosier, presque
loujours converts de Pucerons, n en n etaient attaque s que parce qu ils
n ^taient pas bien portanls ? Les Pucerons altaquent le ve ge tal malade ou
(1) M. V. Signoret fait observer que jamais il n a avance ce fait, qui a etc indique
par plusieurs entomologistes.
non : pourquoi celui de la vigne ferait-il exception ? Moi qui suis sur les
lieux, je vois au contraire qu il confirme la regie.
Au point de vue commercial, je repondrai a M. V. Signoret qu il se
trompe granclement en disant que la production de la vigne n a pas ete"
sensiblement diminue"e par le Phylloxera (1). J ai visite les departements
de Vaucluse, de la Drome, de 1 Ardeche, du Card et de 1 Herault, et je
puis affirmer que dans Vaucluse la vigne n est plus qu un souvenir. Dans
1 Ardeche et la Drome, ou le mal n a apparu que depuis cinq ans, il reste
encore les deux tiers des vignes ; mais ces deux tiers sont tellement
infested que d ici a quatre ou cinq ans ces deux departements auront subi
le sort de Vaucluse. Le Card est a moitie" perdu. L He"rault, ce de"parte-
mement qui, a lui seul, fournit le dixieme de la production totale de la
France, a 616 attaqu6 il y a trois ans seulement, et aujourd hui les envi
rons de Lunel et ceux de Montpellier sont envahis de tous cote s. Parlout
on apercoit des ilots de vignes perdues. Le Puceron met trois ans pour
tuer la vigne vieille, deux ans seulement pour les jeunes plantiers. D ici a
quatre ou cinq ans Timmense vignoble de Montpellier aura disparu, et 1 an
passe on comptait les points attaques. Je suis en contact incessant avec
les proprietaries ruranx de cette contre"e si riche, et je vois leur ruine
totale arriver a grands pas; elle sera d autant plus complete que, dans ce
pays oil il ne pleut un peu qu en hiver, les deux tiers du terrain ne
peuvent recevoir que de la vigne.
Quoi qu en dise notre savant collegue, le Phylloxera est une question
sociale. Si les 25 millions d hectolitres de vin que prodnit le Midi viennent
a faire de"faut aux contributions indirectes, il faudra demander aux autres
impots les AOO ou 500 millions qui manqueront de ce c6te-la.
Plusieurs membres prennent la parole a la suite de ces diverses
communications :
M. le docteur Boisduval dit que, selon lui, le Phylloxera n est pas la
cause de la maladie de la vigne, mais qu il en est seulement la conse
quence. G est parce que la vigne est malade par suite de diverses circons-
(1) Notre collegue M. Signoret renvoie a ce sujet M. Valery Mayet et ses autres
contradicteurs a une note de M. Gaston Basile (Messager du Midi du 18 juillet),
ou il s exprime en ces termes : Nous devons cependant le dire, pour cette annee
encore, la recolte de vin ne sera pas, dans son ensemble, diminuee d une ma
tt niere trop sensible. Quand le maitre a parle ainsi, il n y a plus qu a s in-
cliner. V. SIGNORET.
9
tances que le Phylloxere se developpe en nombre plus ou moins conside"-
rable.
M. Leprieur cite im fait relatif a 1 invasion accidentelle de la vigne par
un destructeur autre que le Phylloxera. Pendant deux anne"es de suite,
les vignes des environs de Colmar furent, il y a quelque temps, conside-
rableraent ravagees par le Ehynchitcs bctuleti Fabricius. Apres avoir etudie"
les causes qui avaient pu produire le raal, on reconnut que les chemins
qui entouraient les vignes elaient, avant 1 invasion du Rhynchite, horde s
de broussailles telles que des ronces, des rosiers sauvages , des prunel-
liers, etc., et que c etait seulement depuis 1 epoque ou Ton avail coupe"
ces ve getaux que les vignes avaient etc attaquees par ce Curculionite ;
aussi, des que les broussailles furent repoussees les^ vignes reprirent-elles
leur e"tat habituel.
M. Berce pense que le Phylloxera disparaitra quelque jour de lui-meme,
comme cela a eu lieu pour la Pyrale (OEnophthira Pilleriana Hubner).
On sail qu il y a une trenlaine d annees ce Lepidoplere e"lait tellement
abonclant que Ton avail predit que sa propagation causerait bientot la
destruction complete de nos vignes, et il n en a rien e"te cependant.
M. V. Signoret dit, enfin, que M. Planchon, charge par le Ministre de
1 Agriculture d aller en Amerique eludier le Phylloxera, ainsi que le
moyen de le detruire, pourra nous renseigner sur les habitudes de cet
insecte dans le pays qu un grand nombre d observateurs regardent comme
sa palrie originaire, et surtout constater s il y a identity complete entre
Tinsecte americain et 1 insecte d Europe.
M. Maurice Girard communique la note, suivante :
Un fait interessant s est pre sente cette anne"e a la magnanerie exp^ri-
mentale du Jardin d Acclimalalion au bois de Boulogne, et M. Berce, qui
s occupe avec moi des observations, 1 a constate ggalement. La flacherie a
decime" nos Vers a soie du murier. Sur une dizaine de races, des Vers ne"s
a Varsovie ont seuls resiste au fleau. Les Vers a soie du chene (Attacus
ya-ma-ma i Guer.-Men.), qui survivaient a un accidenl, les attaques des
oiseaux , ont succombe" & la me" me affection. Elle s est de" veloppee a la
meme place sur les chenilles de 1 ailante (Attacus Cynthia Drury, vera
Guer.-Men.) qui re"sistaient a la maladie pendant les autres annees. Enfin,
les chenilles du Grand-Paon de nuil el du Petit-Paon (Attacus pyri Linn,
et carpini Linn.), elevees a cote des prece dentes, sonl alteintes du meme
10
mal. II y a la une confirmation e"clatante des ide es de M. L. Pasteur, qui
a affirm^ la contagion de la flacherie, puisque cinq especes diffe rentes de
Lepidopteres, elevees a cote les unes des autres, en magnanerie ou a 1 air
libre, sont atteintes, dont une espece dbmestique, le Scricaria mori, une
espece parfaitement acclimatee, le Ver de 1 ailante, et des especes indi
genes, nos deux Paons de nuit. La flacherie, affection du tube digestif,
parait generate cette arinee en France chez les Lepidopteres. Les nouvelles
des educations de Ver a soie sont de"sastreuses sous ce rapport.
M. fierce a e te" informe par divers e"ducateurs de chenilles que celte
affection leur a fait perdre beaucoup de snjets, et il a eu 1 occasion de
constater chez lui la maladie sur les Vers du ch6ne, qu il e levait avec
succes depuis plusieurs anriees.
M. J. Fallou m apprend qu il a perdu par la flacherie toutes les chenilles
de VAcronycta myricse Guenee, apres la quatrieme mue, et provenant des
oeufs qui lui avaient ete donna s par M. . Ragonot.
M. le docleur Boisduval dit, a la suite de cetle communication, que la
maladie signaled par M. Maurice Girard est connue depuis tres-longtemps,
et qu un nom nouveau, celui de flacherie, lui a ete seulement applique.
On trouve sou vent dans les champs et dans les bois des chenilles tres-
molles, perissant ordinairement avant de se transformer, et parfois les
papillons qui peuvent en provenir se detruisent facilement au moindre
contact.
M. Maurice Girard re pond qu il ne conteste nullement I anciennete" de
la flacherie, mais qu il s occupe en ce moment de sa contagion.
M. fierce montre a la Societe la chenille souffle e de VAcronycta
myricae, espece d Ecosse, jusqu a present inconnue en France. II a obtenu
cette chenille d oeufs qui lui ont ete donne s par notre collegue M. E.
Ragonot. Ces oeufs sont eclos le 16 juin dernier, et les chenilles se sont
chrysalide es le 10 juillet, apres avoir change cinq fois de peau. Elles ont
ete nourries avec du prunellier (Prunus spinosa), quoique elles vivent
aussi, dit-on, sur le Myrica gale et le Salix caprsea.
De 1 examen comparatif fait par lui et par notre confrere M. Goossens,
de cette chenille avec celle de YAcronycta euphrasise, espece bien connue
et commune en France, il resulte qu elle ne parait diffe rer en rien de
cette derniere, et que les Acronycta euphorbias, euphrasise, abscondita et
11
myricae pourraient bien n 6tre qu une seule et m6me espece modifie e par
le cliraat.
M. Berce pense neanmoins que de nouvelles observations sont neces-
saires pour formuler nne opinion definitive sur la reunion de ces diverses
especes. M. Goossens et lui se proposent de conlinuer leurs recherchcs a
cet egard.
M. Maurice Girard rappelle qu il y a de ja longtemps la Socie"te s est
occupee des Mouches dcmestiques envahies par ce Gryptogame qu on rap-
porte maintenant au genre Entomopkthora (voir le precedent Bulletin), et
qui envoie des trainees de sporules divergentes sur les vitres, aulour de
1 abdomen dislendu et blanc de la Mouche collee au carreau et mourante.
Aube cilait ces faits dans notre Bulletin de 1837 (p. LXXXII), et Audouin
transportait ces sporules par inoculation a des Mouches saines. Seulement
a cetle epoque on confondait celte affection avec la muscardine des Vers a
soie (genre Botrytis). Audouin communiquait un Cryptogame aux larves
de Sapcrda carcharias, et observait dans la nature les larves de la Galle-
ruque de 1 orme atteintes d un parasite analogue. II est a desirer que ce
genre d observations soit centralise et qu une classification nette des
Cryptogames des insectes vivants puisse s e" tablir.
M. E, Ragonot lit la note suivante :
J ai Phonneur de faire passer sous les yeux de la Societe 1 des coques
d Yponomeutes que j ai recues de notre collegue de Bar-sur-Seine, M. le
docteur Cartereau. Ce sont des coques de la Malimlla, et ce qui est
reraarquable c est qu aucune n a donne le papillon, les larves d une espece
de Diptere ayant pe netre dans chacune d elles et devoid les chrysalides
elont elles servaient de protection, ne laissant absolument que Penveloppe
chitinense de la chrysalide. Ce sont probablement les larves de VEuri-
g aster pomariorum Goureau.
M. le docteur Cartereau ra avait egalement envoye des cocons de 1 Ypo-
nomeute du prunier, et au lieu de papillons il eri est sorti une quantite
d lchneumons (GampopLcx sordidus Grav.).
Ces faits isoles n auraient peut-fetre que pen de valeur ; mais j ai observe,
dimanche dernier, a Lardy, des pommiers tres-de 1 figures par des toiles
d Yponomeutes, et, contrairement a ce que dit M. Guenee, les cocons sur
ces arbres ne se trouvaient pas tous agglome re s en un seul nid, mais
eparpilles par petits groupes sur presque toutes les branches, et je remar-
quai qne presque toutes les chrysalides avaient ete devorees par la larve
de Diptere dont je viens de parler. II est possible que ces larves aient
eu quelque influence sur les chenilles en les empechant de suivre leur
instinct d association.
Ces larves de Dipteres doivent done compter parmi les meilleurs auxi-
liaires de Fagriculteur, puisque elles detruisent les chrysalides & temps
pour empecher 1 eclosion du papillon.
J ai pu juger, d apres les reflexions du proprietaire de ces pommiers, de
la curieuse ide"e que se font les agriculteurs snr Pentomologie : ils croient
souvent que la science peut et doit leur indiquer une panache infaillible
contre les fleaux qui ravagent leurs recoltes , quand au contraire ils n ont
souvent qu ft s en prendre a eux-m&mes pour les degats qu ils laissent se
produire. L echenillage, si utile, n est pas assez pratique"; par contre on
fait tout son possible pour detruire les petits oiseaux, surtout dans le
Midi.
N ai-je pas vu des agriculteurs semant au printemps des pois qui etaient
attaque s par la Bruche : presque chaque pois en contenait une ! Et com-
bien y a-t-il encore de paysans qui tuent les Araignees, croyant que ce
sont leurs fils qui empechent les grappes de raisin de se developper, au
lieu de s en prendre a la chenille de la Teigne de la vigne (Conchy Us ambi-
guella], le fleau veritable. Ge sont des erreurs pareilles que la science doit
combaltre, en indiquant aux agriculteurs les ve"rilables auteurs des de"gats
et les empecher de confondre les animaux ou insectes utiles avec ceux qui
sont nuisibles. Les entomologistes en parliculier peuvent, raisonnant par
experience acquise ou par analogic, dire comment vivent les insectes pre"-
judiciables a Tagriculteur, et celui-ci, profitant de ces indications, peut
alors delruire les insectes nuisibles a une e"poque de leur existence ou il
est plus facile de les atteindre d une maniere effective.
Le Comite de la Societe entomologique suisse nous prie d annoncer
que sa stance generate aura lieu le 7 septembre prochain, a 8 heures 1/2
du matin, a Olten (Hotel de la Gare}.
M. Maillefer, en offrant a la Socie te , au nom de M. Jekel, le N 1
d Un nouveau recueil entomologique intitule" : Coleoptera Jekeliana, donne
lecture d un passage de ce travail (pages 6 et 7) qui interesse au plus
haut point la question de priorite de publication, lorsque certains auteurs
- 13 -
ne craignent pas d antidater leurs ouvrages d une ou meme de deux
annees. Dans cet article, 1 auteur insisle pour que les SocieHes, dont c est
le devoir, selon lui, prennent des mesures en consequence.
M. Lichtenstein nous prie de rectifier ainsi qu il suit le li e alinda de
la page 5 du Bulletin n 6 :
Une lettre adresse"e par un de nos confreres a un viticulteur de Bor
deaux, qui a cru devoir la faire publier dans plusieurs journaux de Paris,
nontenant des expressions tellement e"loigne"es de celles qu il a toujours
e"te heureux de trouver dans nos courtoises et amicales discussions, il ne
repondra plus desormais a notre collegue, et il retire la note qui a 616
mentionne"e dans la seance du 11 juin dernier.
MM. Ed. Fridrici, W.-J. Griffith et Reiber adressent, pour 1 album de
la Socie"te, leurs portraits photographies,
Nous saisissons cette occasion pour rappeler a nos confreres qui ne
nous ont pas encore envoye leurs photographies, que nous serions heureux
de les posse der.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE ( ).
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de I Academic des Sconces,
t. LXXVII, n 05 1 et 2 (juillet 1873).
GDEYRAUD, p. Ill, Experiences relatives a Taction de 1 ammo-
niaque et a Taction prolong^e de 1 eau sur le Phylloxera. ME-
(1) M. Maurice Sedillot a bien voulu, en 1 absence de M. Louis Bedel, se charger
de la redaction de ce Bulletin.
GNIN, p. 129, Sur la position zoologique et le role dcs Acariens
parasites connus sous les noms d Hypopus, Homopus et Trichodac-
tylus.
Comptes rendus des seances de la Societe entomologique de Belgiquc,
n 88 Quillet 1873).
SE"LYS-LONGCHAMPS et QtLEDWLiEG, p. 4-7, Observations sur
divers Leptdopteres Diurnes de la Belgique. DE BORRE, p. 7, Sur
des Gole"opteres beiges.
* Colcoptera Jckeliana, adjecta Elcuthcratorum Bibliothcca. Enumera
tion syste"matique et synonymique des Cole"opteres europ6ens et
exotiques composant la collection de Henri Jekel, observations cri
tiques, description d especes nouvelles, reproduction et traduction
de genres et especes public s dans des ouvrages rares francais et
Grangers de maniere a former insensiblement la Bibliotheque du
Coleopte riste, par Henri JEKEL. l re livraison. Broch. in-8 auto
graphic" e de 96 pages. Paris, 1873. Offert par Tauteur.
P. 1-17, Plan de 1 ouvrage. P. 9-18, Coleoptera Jekeliana;
catalogue des Staphylinides Aleocharini. P. 19-50, Observations
diverses sur les Staphylinides en ge ne ral et plus particulierement
sur les Aleocharini, et description de onze especes nouvelles des
genres Autalia, Falagria, Thiasophila, Aleochara, Tachyusa, Oxy-
poda, Homalota et Gyrophsena par M. Henri Jekel. P. 51-96,
Catalogue des Goleopteres recueillis en Syrie par Theodore Kotschy
(Voyage de Russeyer en Europe, Asie et Afrique), enume"res ou
decrits par Redtenbacher, avec quelques descriptions de Kollar
(traduction francaise).
* Bulletin de la Societe geologique de Normandic, t. 1", fascicule l er . Q
* Ulnvestigateur, journal de la Societe des eludes historiqu.es, XXXIX"
anne"e (janvier-avril 1873). O
OUVRAGES DIVERS.
** LALANNE (I abb6). Augustule et Belloni ou Entretiens sur 1 Entomo-
logie. In-8 relie. Paris, sans date.
15
* MAC LACHLAN. Catalogue of Neuropterous Insects of New Zealand.
Broch. in-8. (From the Annals and Magazine of natural history,
juillet 1873.)
* PACKARD. The Ancestry of Insects. Chapter XIII : of Our common
Insects. Broch. in-8. Salem, 1873.
* SELYS-LONGCHAMPS. Troisieme addition au Synopsis des Caloptery-
gines. Broch. in-8. (Extr. des Bulletins de P Academic royale de
Belgique.)
Ordre du jour de la stance du 13 aout 1873 :
Note de M. H. Lucas sur les metamorphoses du Xylorhina venosa, avec
une planche.
Le l cr numero des Annales pour 1873 sera distribue dans cette seance.
Avis
M. le Tr^sorier (rue Saint-Placide, 52) rappelle a ses collegues qui n ont
pas encore solde le montant de leur cotisation pour Panned 1873, qu ils
doivent, aux termes du Reglement, la lui faire parvenir aussitot que pos
sible, sans intermediate.
Nous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fin du b* tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapport^es, (Ten
informer de suite les Tresoriers ou le Secretaire, comme aussi de les
avertir de tout changement apporte ulterieurement a leur adresse.
- 16
Toutes les reclamations relatives au Bulletin bi-mensuel, ainsi que les
demandes d envoi a 1 etranger (contre remboursement des frais de trans
port}, doivent 6tre adresse"es au Tr^sorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de
Buffon, 27, qui est charge de 1 expedition du Bulletin des seances.
Par decision prise dans la seance du 28 mai 1873, chaque note ins^ree
dans le Bulletin des seances, sauf decision de la Societe, ne devra pas
comprendre a 1 avenir plus d une page d impression.
Nous prions nos confreres de se conformer a cette decision s ils ne
veulent pas que la Societe soit contrainle ou de reduire 1 etendue des
travaux qu ils lui adresseront, ou de les publier dans les Annales et non
dans le Bulletin.
Collections a vemlre :
1 Collection de Coleopteres d Europe recueillie par M. Follias.
S adresser a sa veuve, rue Colbert, 22, a Reims (Marne).
2 Collections entomologiques recueillies par M. Cabarrus : Coleopleres
europeens et exotiques : 4,666 especes et 10,739 individus ; autres ordres
d Insectes : 858 especes et 2,233 individus. S adresser a M me veuve
Cabarrus, rue Thiac, 27, a Bordeaux (Gironde).
On peut se procurer chez M. L. Buquet, Tresorier, rue S l -Placide, 52 :
Monographic des Clytrides d Europe et du bassin de la Mediterranee,
avec 4 planches (Extrait des Annales de la Societe entomologique de France
de 1872), par M. ED. LEFEVRE. Prix : 8 fr.
Paris, 5 aout 1873.
PARIS. Typog. FELIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
NO 9.
BULLETIN DES SEANCES "^
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recucilli par M. E. il sutcti HI Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance <lu 13 Aout
de M. Ca. BRISOUT DE BARNEVILLE.
25 membrcs presents.
Correspondancc. V Association francaise pour I avancement des sciences
fait savoir qu elle tiendra sa deuxieme session a Lyon du 21 au 28 aout,
et qu elle serait heureuse d y voir la Societe" entomologique represented
par plusieurs de ses membres.
Communications. M. le Tre"sorier annonce la mort de M. Nuraa Bordes,
de Bordeaux, qui appartenait a la Soci^le depuis 1869.
M. J. Grouvelle, a propos de la communication de M. le docteur
Boisduval, ins6ree dans le dernier Bulletin, au sujet de I habilat du Cryp-
torhynchus lapathi, annonce a la Societe" que son frere, M. A. Grouvelle,
a recueilli cet insecte dans son parapluie, dans les montagnes de la Grave
([sere), a line altitude comprise entre 1,500 el 1,800 metres.
M. le Secretaire rappelle egalement que, dans les Annales de 1867
(Bull., p. LXXXIV et LXXXV), plusieurs remarques sur le meme insecte ont te"
pr6sente"es. M. le colonel Goureau a montre que cc Curculionile e"tait tres-
dangereux pour les pe"pinieres de peupliers, surtout pour les jeunes sujets
plants a demeure; et il a donn6 d int^ressants details sur la larve du
Cryplorhynclms lapathi, qui vit et so de"veloppe dans k s tiges du peu-
plier. M. Guerin-Meneville a indique que le meme Coleoptere se trouvait
sur 1 aune. M. le docteur Laboulbene a dit qu il en avail pris des femelles
dans le midi de la France, au pied des saules.
Au sujet des observations sur la flacherie, presenters dans la pre"-
ce"dente seance par M. Maurice Girard, quelques remarques sont faites par
divers raembres :
M. Goossens dit que la flacherie peut 6tre produite par la nature de la
nourriture donne"e aux chenilles, et que lorsqu on voit qu un ve ge tal
semble ne pas convenir a une chenille, il faut lui en offrir un autre. II
attribue cette maladie a un de veloppement exagere de la secretion biliaire
chez les chenilles.
M. le docteur Alex. Laboulbene ne suit pas noire confrere dans celle
voie et demande que des e"tudes scientifiques soient failes.
M. Berce ne peut affirmer que la flacherie que Ton constale aussi bien
dans la nature que dans les magnaneries soil contagieuse de chenille a
chenille, et il se demande si ce n est pas la nature du lieu qu habite les
chenilles qui influe sur sa propagalion. En ce qui concerne l e"ducation
dont il a parle" de V Acromjcta myricse, il est certain que la maladie ne
provenait pas de l (&uf, car des ceufs d une mme ponle, donnes par
M. Ragonot, les uns ont produit chez M. Fallou des chenilles flasques,
tandis que d autres, chez lui, ont donne" des chenilles d ou il a eu des
chrysalides.
M. Baron montre a la Socie te plusieurs individus vivants d une
grande espece d lal6ride, provenant de Tile de Cuba, ou elle porte vul-
gairement le nom de Cocuyo. II fait voir expe"rimentalement que dans
Tobscurite, et surtout dans un milieu humide, eel insecle produit une
lumiere phosphorescente brillanle, a reffels verdalres, beaucoup plus vive
et d un volume plus considerable que celle de nos Lampyres.
Les Cocuyos pre"senle"s par noire confrere lui ont 616 donne s par M. Des
Cloizeaux, qui les tenait de M. le marquis de Dos Harmanas. Ge dernier
a adresse recemment , au sujet des mceurs de ces curieux Cole opteres,
une nole a 1 Academic des sciences (Comples rendus, 2 e semestre de 1873,
n 5, page 133); et nous croyons que la Soci^te" verra avec plaisir dans
son Bulletin un extrait de ce travail interessant.
Les Cocuyos, dit M. de Harmanas, paraissent dans Tile de Cuba vers
la fin d avril, a la suite des premieres pluies, et ils abondent surtout dans
les lieux boise"s et dans les champs de Cannes a sucre. Ils sortent au ere*
puscule et cessent de voler tres-promptement, de sorte qu on peut dire
que leurs promenades nocturnes ne durent que deux a trois heures. 11s
se cachent dans les creux des arhres, dans !es troncs pourris, sous les
herbes des pres et dans les parties fraiches des plantations de Cannes. Us
se nourrissent de feuilles tendres, de malieres molles qu ils trouvent dans
les troncs d arbres et d autres substances analogues. II paratt done Evi
dent que I humidite" est la condition la plus essentielle & leur existence.
Get insecte cesse ordinairement de paraitre vers la fin de juillet ou le
commencement d aout ; mais il se conserve bien si on 1 emprisonne dans
des paniers a jour ou dans des cages, et il vit jusqu en septembre et
octobre, et meme jusqu en novembre, ainsi que 1 auleur a pu le constate*
a la Havane el a New- York , donnant constamment le soir sa lumiere
phosphorescente.
La lumiere la plus forte du Cocuyo se lait voir a la region du ventre et
se montre avec loute sa splendeur qaand il vole ou qu il est baigne" dans
1 eau.
En captivil6, ces insectes se combattent souvent entre eux : les patles
constituent leur principale arme offensive. En effet, c est avec ses pattes
qu on voit chaque individu p^nelrer dans les parties molles du cou de son
adversaire, et cela assez complement pour s^parer le thorax de 1 abdo-
men : aussi, dans les cages ou Ton conserve les Cocuyos trouve-t-on com-
mune"ment des thorax se pare s du reste du corps ; on y voit aussi souvent
des debris de leurs tarses.
On croit avoir remarque" que 1 approche de la mort de ces insectes esl
annonce"e par le noircissement des yeux , qui, dans l 6tat de sante" ,
paraissent, au jour, d un blanc jaunatre.
Les individus pre senle s a 1 Academic des sciences, ainsi que ceux que
possede M. Baron, e"taient le reste d une collection de plus de quinze cents
individus rapportes par M. de Harmanas, de la Havane, au mois de mai
dernier.
A la suite de ces communications :
M. le docteur Alex. Laboulbene annonce que, grace a la g6ne"rosit6 de
M. Baron, il se propose d 6tudier anatomiquement le Cocuyo.
M. Aug. Salte dit que 1 insecte qui vient d etre montrS est le Pyrophorus
noctilucus Linne", que Ton trouve dans toute l Ame>ique intertropicale. II
rappelle a ce sujet ce qu en a dit Lacordaire dans plusieurs de se>
ouvrages et principalement dans son Introduction a 1 Entomologie.
- ft
M. H. Lucas communique, par 1 interme diaire du Secretaire, la note
suivante , relative an Xylorhiza venosa, Longicorne de la tribu des La-
miides :
Le dessin que j ai 1 honneur de faire passer sous les yeux de la Sociele,
et qui a 16" exe"cute par M. Poujade, repre"senle les metamorphoses du
Xylorhiza venosa. C est une Lamiide de ja anciennement connue et que
Latreille a fait figurer dans le Regne animal de Cuvier, t. Ill, l re e"dit.,
pi. 18, fig. 7 (1829). L arbre altaque" par cette espece est le Mesptlus ou
Eryobotriajaponica, auquel elle cause des de"gats reellement considerables.
En effet, si on considere les tiges que je fais passer sous les yeux de mes
collegues, on remarquera combien sont grands les degats que leur a causes
cette larve Jignivore; ils sont m&me assez graves pour les faire presque
toujours pe"rir, et cela a ordinairement lieu apres la sortie de 1 insecte
parfait, c est-a-dire lorsque cette larve a pre"alablement subi toules les
phases de sa vie evolutive. Quand on etudie ces tiges ainsi atlaque"es, on
remarque que celte larve creuse dans 1 aubier des galeries longiludinales
exlre mement profondes et qui souvent les parcourent dans toute leur lon
gueur.
Posse dant la larve, la nymphe et Tinsecte parfait de cette curieuse
Lamiide, que je dois a 1 obligeance de noire confrere le docteur Auzoux,
il m a etc facile de reconnaitre cette espece qui habile les environs de
Whampoa, de Canton, de Hong-Kong, el qui est tres-nuisible a VEryobotria
japonica, cultive dans ces diverses locality.
Je ne crois pas devoir m etendre davantage sur les degats causes a cet
arbre par la larve de ce Longicorne, mon intenlion etanl de les faire con-
nailre in extenso dans un memoire que je dois presenter tres-prochaine-
ment a la Societe et que je destine a nos Annales.
M. Gh. Brisout de Barneville dit que, contrairement a 1 assertion de
M. Fauvel rapporl^e dans la Faune gallo-rhenane, il a Irouve commune-
ment au bord de la Seine, dans les environs de Paris, le Bledius paliipes
Grav., en compagnie des B. subterreanus Erich, et opacus Block.
M. L. Reiche annonce qu il vient de recevoir de Saint-Emilion des
racines de vignes conlenant un tres-grand nombre de Phylloxera, et quMl
se propose de les remettre a M. V. Signoret.
5
BULLETIN B1BLIOGRAPHIQUE
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAV ANTES.
Annales de la Societe entomoLogique de France, 5 e serie, tome troisieme,
1873, 1" Irimestre. 1 vol. in-8 avec 5 planches ; texle : page 1 a
1M (9 feuilles), bulletin : p. i a XLVIII (3 feuilles). Paris, 10 aout
1873 (deux exemplaires).
D r BOISDUVAL, p. 5, ISote necrologique sur Lorquin. D f A.
PUTON, p. 11, Notes pour servir a 1 histoire des Hemipleres, avec
pi. SIGNORET, p. 27, Essai sur les Cochenilles (Homopteres-
Coccides), 10 e partie, genres Lichtensia et Pulvinaria, avec pi.
D* AL. LABOULBENE, p. 49, Metamorphoses du Systenus adpropin-
quans, avec pi. ID., p. 57, Sur la nidification de 1 IIeriades
truncorum et sur FAnlhrax aathiops, parasite de cet Hymenoplere,
avec pi. FERRIS, p. 61, Resultats de quelques promenades ento-
mologiques. H. LUCAS, p. 99, Genre nouveau d Orthopteres Lo-
custiens (Idioderus grandis), avec pi. ID., p. 106, Note sur le
Polistes canadensis Linne, avec pi. SIMON, p. 109, Note sur
trois especes francaises du genre Atypus Lalreille, avec pi.
LICHTENSTEIN et MATE!, p. 117, Metamorphoses du Vesperus
Xatarti, avec pi. GOOSSENS, p. 123, De la corne des Sphingids.
KUKCKEL, p. 129, Sur les Puces, et en particulier sur les Pulex
felis et fascialus. L. FAIRMAIRE et E. ALLARD, p. 143, Revision
du genre Timarcha (commencement de ce travail). DESMAREST
et BEDEL, p. i a XLVIII, Bulletin des seances et Bulletin bibliogra-
phique (janvier-mars).
* Association francaise pour Cavancement des sciences, n 5. Documents
divers et informations. Broch. in-8. Paris, 1873.
* Atti delta Societa Veneto-Trentina di Scienze naturali residente in
Padova, t. II, fasc. 1, Luglio 1873. Broch. in-8. Padoue, 1873.
CARLO NOB-TACCHETTJ, p. 19, Maleriali per una fauna entomo-
gica del Padovano, parie I, Lepidotteri, capo H, Eteroceri, fam. II,
Hepialidae (conlinuazione). Prof. G. CANESTRINI, p. Zi4, JNuove
specie italiane di Aracnidi (Metanophora latipes et sarda , Liny-
phia furcigera, Dictyna scalaris, Altus longipes, Xyslicus cor,
Ischyropsalis Adami, Nemostoma denligerum).
Bulletin de la Societe des Sciences historiques et naturellcs de I Yonne,
anne"es 1873, t. XXVII (VIP de la 2 e se"rie). 1 vol. in-8. Auxerre,
1873. O
Bullet ino della Societa entomotogica italiana, 5 e an ne e, 1873, avril a
juin. Broch. in-8. Florence, 1873.
VITTORE GHILIANI, p. 69, Influenza del calore asciutto sullo
svilcippo di alcune crisalidi. GIOVANI GRIBODO, p. 73, Contribu-
zioni alia Fauna Imenotterologica italiana (especes nouvelles : An-
ihophora segusina et mucida, Eucera concinna, Spex Sellae).
P. BARGAGLI, p. 88, Materiali per la Fauna entomologica dell isola
di Sardegna, Coleotteri (MordelidaB, Vesicanles, Rhyncophori et
Curculionidi). FLAMINIO BAUDI, p. 98, Rassegna entomologica
(Descriptions de Coleopteres reproduites d apres divers recueils;
renseignements divers. DOHRN, p. 127, Diagnosi di Coleotteri
nuovi italiani (Dascillus parallelus, Byrrhus tuscanus, et Dennii
tuscanus). ADOLFO TARGIONI-TOZZETTI, p. 130, Sopra una nuova
specie di Lepidotteri dannosa alia coltivazione del cotone in Egitto
(Earias Gossypii Frauenfeld ; derails d apres Joanovich-Bey, et indi
cations des Insectes nuisibles a la culture du coton.
P. 61 a 76 du Catalogue des Coleopteres d llalie (Staphylinidae
et Clavigeridae).
* Canadian Ornithologist, t. I, n I. Broch. in-8. Toronto-Ontario,
July 1873. Offert par Tauteur, notre collegue M, A. Milton Ross.
Comptcs rendus hebdomadaires des seances de C Academic des Sciences,
t. LXXVII, 2 e semestre 1873, n 08 3, A et 5 (juillet-aout 1873).
Broch. in-A. Paris, 1873.
MAXIME CORND, p. 190, Note sur ridentite" du Phylloxera des
feuilles et de celui des racines. PETIT, p. 193, Sur quelques ma-
lieres propres a la des truction du Phylloxera. ERB, p. 269, Sur
le Phylloxera (de"pot d une note). YOF, p. 269, Precede" de des
truction des Insectes (de"pot d une note). DE Dos HERMANAS,
p. 333, Sur les Cocuyos de Cuba. EM. BLANCHARD, p. 335,
Reraarques au sujet de la pre ce dente communication. JULES
LICHTENSTEIN, p. 342, Sui 1 Fetal actuel de la question du Phyl
loxera. - V. SIGNORET, p. 343, Du Phylloxera et de son Evolution.
AYRAL, COULOMB, DELEUIL, GAUTHIER, PEYRAUD, LALIMAN et
L. DE MARTIN, p. 346, Notes sur le Phylloxera.
Compte rcndu des seances de la Society entomoloyique de Belgique ,
n 89 (stance da 2 aout 1873). Broch. in-8. Bruxelles, 1873.
Observations sur divers insectes propres a la Belgique.
* Entomologist s monthly Magazine, n 110 (aout 1873). Broch. in-8.
Londres, 1873.
F. BATES, p. 49, Notes on Heteromera (description de nouvelles
especes ; gen. nov. : ^Elhalides) (suite). SHARP, p. 53, Descrip
tions of three new species of water-beetles from central America
(Laccophilus, Copelatus et Dineutes). GEORGE LEWIS, p. 54,
Notes on Japanese Cocci nellidae. A.-G. BUTLER, p. 56, Brahmaa
japonica, sp. nov. W.-C. HEWITSON, p. 57, Tree new species of
Rhopalocera from Angola (gen. Charaxes, Acraea et Apatura).
CH. WARD, p. 59, New species of African Lepidoptera (gen. Ero-
nia, Acrsea, Euryphene et Mycalesis). BUCHANAN WHITE, p. 60,
Notes on Corixa. JOHN SCOTT, p. 63, British Hemiplera ; an
additional genus and species. C.-G. BARRETT, p. 65, Notes of
British Tortrices.
Notes. P. 68, Harpalus d Angleterre ; mceurs du Drilus
femelle. P. 69, Insectes du Northumberland ; Pacilosoma pul-
verata ; Lithosia stramineola. P. 70, Ophiodes lunaris; larve
du Limacodes asellus. P. 71, Larve de 1 Ephyra pendularia.
P. 71-72, Stances de la Socie te entomologique de Londres.
* Gazette medicate de Bordeaux, 2 e annee, n 15 (5 aout 1873. In-4. O
* Jahreshefte des Vereins vaterldndische Naturkunde in Wurttemberg,
XXIX e ann6e, 1873, n oi I et II. 1 vol. in-8, avec pi. Stuttgard,
1873. Echange dema nd6 contre les Annales.
D r G. JAEGER, p. 92, Antherea Pernyi Gue"r.-Men. D r ERNST
HOFMANN, p. 255, Die Isoporien der europaischen Tagfalter.
D r E. BERING, p. 305, Beitriige zur Entwicklungsgeschichte einiger
Eingeweide-Wurmer.
OUVRAGES DIVERS.
** BORKAUSEN et SCHEIDER. Nalurgeschiclite der europiiischen Schmet-
terlinge, etc. (Le"pidopteres d Europe). 5 vol. in-8. avec pi. col.
Stutlgard, 1788-1794.
** EVERSMANN. Fauna Lepidopterologica Volgo-Uralensis. 1 vol. in-8.
Casan,
* JEKEL (Henri). Catalogues divers de Coleopteres, et listes d ouvrages
d entomologie. Broch. in-8. Paris, 1873.
** LEWIN (W.) The Insects of Great Britain : Lepidoptera. 1 vol. in-A%
avec pi. col. Londres, 1795.
** LINNE. Museum Ludovica? Ulricae Regise. 1 vol. in-8. Holmiae, 1764.
* PLANCHON et LICHTENSTEIN. Le Phylloxera (de 1856 a 1873). Broch.
in-8. Montpellier, 1873.
E. DESMAREST.
Ordre du jour de la stance du 27 aout 1873 :
Rapports : 1 de MM. Desmarest et Reiche sur M. Tardy, de Dijon
(Cote-d Or), pre senle par MM. Gueneau d Aumont et H. Lucas ; 2 de
MM. A. Alexandre et Al. Laboulbene sur M. Roger, de Langres (Haute-
Marne), pre"sente" par MM. Goubert et Ed. Perris.
Communications : 1 Note de M. Lichtenstein sur la reproduction du
Phylloxera vastatrix ; 2 Monographic des Ce-brionites par M. Aug.
Chevrolat.
Paris, 23 aout 1873-
PARIS. - Typog. EL\\ MAI.TESTE et Ce, HIP des Deux-Portes-St-Saiiveup, 22.
N 10.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli par M. E. i>l-:*>MRE$T , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du *1 tout
Presidence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
29 membre presents.
Lectures. M. Leprieur depose sur le bureau la premiere partie des
oeuvres enlomologiques posthumes de Capiomont, qu il a bien voulu se
charger de re"diger, d apres les manuscrits laisse s par notre regrette col-
legue. Ce travail comprend le groupe des Rhinocyllides Capiomont, ren-
fermant les deux genres Gcelostethus Cap. et Rhinocyllus Germ.
Six especes entrent dans le genre Ccetostethus : ce sont les planifrons
(Rhinocyiius] Dej., viLlosus, sp. nov.; sicutiis, sp. nov.; Dickii, sp. nov.;
oricntalis, sp. nov., et provinciates (Rhmocylhis) Fairm. Cinq especes
seulement forment le genre Rhinocyllus: ce sont les Schcenhcrri, sp. nov.;
oblongus, sp. nov.; antiodontalgicus (Curculio) Gerbi (comprenant deux
varie*tes : latirostris Latr. et OLivieri Gyll.); inquilinus Gyll., et depressi-
rostris Bohm.
M. Aug. Chevrolat (lonne un me"moire, accompagne d une planche
coloriee et ayant pour litre : Revision des C^brionites. Cette famille de
Coleopteres renfermerait 127 especes, dont un grand nombre sont nou-
velles, et qui sont re"parties dans plusieurs genres, dont deux nouveaux.
M. Jekel lit une note sur le genre PUrygomus, nouvelle coupe de
Curculionides Cryptorhynchides du groupe des Sophrorhinides Lacordaire
(P. sellatus, de Cayenne).
M. Poujade fait connaitre une note sur le vol de quelques Coleopteres;
travail accompagne d une planche.
M. V. Signoret depose sur le bureau la ll e partie de son grand
memoire sur les Cochenilles. Ce travail, accompagne de deux planches,
comprend la description des especes du genre Lecanium.
M. le docteur Alex. Laboulbene adresse les dessins de deux planches
qui doivent accompagner : 1 ses notices sur la Cecidomyia buxi et sur
VHylemyia ulmicola, et 2 le memoire de M. Bar, sur les divers e"tats d un
Lepidoptere (Palustra) dont la chenille vit dans 1 eau.
Communications. M. E. Desmarest annonce la mort de notre ancien
collegue M. Dupont, et demande Finsertion dans le Bulletin de la courte
notice qui suit :
Richard-Henry Puech, plus connu sous le nom de Dupont, qu il a
constamment porte dans ses relations scientifiques et commerciales, est
ne a Bayeux (Calvados), le l cr novembre 1798 ; il est mort a Bellevue
(Seine-et-Oise, le 2 juillet 1873, a Page de pres de 75 ans.
Des sa jeunesse il fut familiaris6 avec les objets d histoire nalurelle,
car sa mere s occupait exclusivement de Conchyologie et a repandu, pen
dant de longues anne"es, dans un grand nombre de collections, beaucoup
de coquilles alors nouvelles ou du moins tres-rares. Son frere a!n6,
Leonard, mort en 1828, avail, Tun des premiers en France, sinon le pre
mier, execute en cire avec un grand talent des pieces anatomiques dont
la belle collection , acquise en 1847 par le Ministere de llnstruc iion
publique , fait actuellement partie de Fun des Musees du Gouverne-
ment.
Henry Dupont s occupa pendant pres de trente ans du commerce des
Insectes, et il le fit d une maniere scientifique. Aussi s etail-il reserve une
~~ 3
collection de Coleopteres qu il augmentait chaque jour, surtout riche en
especes exotiques, et qu il <Hait lieureux de mettre a la disposition des
enlomologisles qui venaient la consulter.
Recu membre de notre Socie"te peu de temps apres sa fondation, le
18 avril 1832, il en fit partie pendant plus de dix-sept ans, et donna sa
demission le 28 mars 1849. II a public plusieurs travaux, parmi lesquels
nous ne citerons que la description du genre Heterosternus (II. buprcstoides)
et sa Monographic des Trachyderides, donnees, la premiere en 1832 et la
seconde en 1839, dans le Magasin de Zoologie de M. Gue"rin-Meneville,
ainsi que deux remarques inse re es dans nos Annales : 1 Rectification du
nom de Lamiaradiata Gory, qui n est autre que la L. lactator Fab. (Ann.
1835, p. 665); 2 Scarabaus difforme (Bull. 1846, p. xciv).
Retir6 des affaires en 1848, il ceda sa raagnifique collection a notre
collegue M. le comte de Mnizech ; mais il ne cessa pas entierement de
s occuper d histoire naturelle, car il recueillit principalement unc collec
tion de plus de 350 sternums d oiseaux, que son fils a recemment oflerte
an Museum d Histoire nalurelle.
Les tristes tenements de 1870 et de 1871 le chasserent de la retraite
qu il avait choisie ; rentre a Paris, et malgre les preoccupations qui
venaient sans cesse 1 assaillir, nous le vimes bien des fois encore aux
cours du Museum. Une fois la paix retablie, il retourna a Bellevue; mais
devant les devastations que ses proprietes avaient subies, devant la perte
d une partie d un avoir laborieusement acquis, le decouragement le prit
et les ressorts de sa forte organisation furent brisks : aussi, pendant deux
ans, ses amis purent-ils remarquer chez lui un aflaiblissement graduel
qui ne presageait que trop sa fin prochaine.
M. L. Reiche fait savoir la mort de notre ancien collegue M. 1 abbtf
Blondeau, qui avait appartenu a la Socie"te" depuis le 4 aout 1841 jusqirau
commencement de Tannee 1845. M. 1 abbe Blondeau etait cure de la
paroisse de Plaisance-Paris (XlV e arrrondissement). Pendant la Commune
il fut Tun des pretres arret^s et devait etre mis au n ombre des otages
lorsque 1 insurrection fut terminee.
M. J. Fallou annonce que notre collegue \\. Ernest Olivier vient de
lui envoyer le buste de son grand-pere Olivier, qu il a oflert a la Soci^te.
Celle-ci charge son Archivisle d adresser 1 expression de res remerciements
empresses & notre devoue" confrere.
~ Le meme membre dil egalement que M. le docteur Alex. Laboulbene
lui a envoye pour noire bibliotheque le portrait lithographic du docteur
Ch. Aube.
M. de Marseul donne lecture des observations suivantes :
Dans le dernier numero des Annales, M. Ferris nous a donne" un char-
mant article sur ses promenades entomologiques. L interet que j ai pris a
la lecture de ces intelligentes recherches, reproduites avec une grace et
un abandon iniimtables, m a fait de"couvrir une petite digression a mon
adresse, que peut-etre aucun de nos collegues n a apercue. II s agit d une
legere question de glossologie, et je serais heureux que, au moment de
publier un catalogue synonymique des Coleopteres du nord de 1 Ancien-
Monde, chacun voulut bien me faire part de ses observations, au lieu de
critiquer apres le travail imprime; tout le monde y Irouverait profit. Mon
ami M. Ferris m a fait deux reproches : d avoir fait un barbarisme en
changeant le nom de tamariscis en tamarisci (Berginus, Apion, etc.),
ficus en fici, et d adopter pour les noms des personnes auxquelles les
insectes sont dedies, la simple addition d un i au nom tel quel.
Le Tamarix se dit en latin Tamarix comme Tamariscus, et leurs ge"ni-
lifs sont tamaricis et tamarisci. Wollaston a le premier, en 1857, employe"
le dernier et j ai suivi son orthographe ; c est M. Ferris qui a change et a
meme fait le barbare tamariscis.
Dejean avait ecrit fid, Erichson a pris ficus; j ai suivi ce dernier, mais
1 un et 1 autre sont parfaitement latins , et le choix n a pas d impor-
tance.
Quant a la formation reguliere des noms de"dicateurs par I addition
d un i, Chevrolati, Aubei, etc., j en reporte I mvention au docteur Dohrn;
je la prefere a Taddition de deux i, Chcvrolatii, Aubcii ou Aubii, et
surtout a cette latinisation ridicule qui d&forme le nom et le rend me"con-
naissable, tels que GuiUebeUi Guillebaux, Dulce Ledoux.
Pour la variation de 1 adjeclif avec le nom de genre, sans doute il vaut
mieux donner la terminaison feminine lorsque le genre est en a, et le
masculin lorsqu il est en us; et cependant bien des substanlifs latins sont
f6minins quoique en us, Poputus, etc., et masculin quoique en , comme
agricola, advena, etc. Mais il faudrait pr^alablement s entendre sur le
genre du nom generique forme de deux mots grecs, car il ne peut avoir de
genre fixe. Aussi chacun en fait a sa guise. On pourrait tous les faire mas-
culins aussi bien que feminins, comme on dit le Cetoine ou le Mylabre.
Pourrait-on condamner un catalogue oil on trouverait les noms tantot au
masculin, tantot au feminin, lorsque Tusage a adopts Tun ou Tautre ?
Mais une si futile discussion ne merite pas d occuper si longtemps volre
attention. La vraie question que je voudrais vous voir poser et resoudre
serait celle-ci :
Lorsqu un nom specifique est depuis vingt ans en usage dans les prin-
cipaux ouvrages, dans les collections, partout , ne vaut-il pas mieux le
conserver que de lui substituer, comme le fait M. de Harold dans son
e"norme Catalogue, quelque nom plus ancien qu il a exhume de quelque
poudreux bouquin et dont le rapprochement est toujours aventure" ? Les
noms d especes ne seront done plus soumis a la loi commune des mots de
la langue !
M. L. Reiche lit des notes synonymiques sur divers Coleopteres :
1 Dans le cahier n XI du Coleopteralogische Hefle (1873), Tediteur,
M. le baron de Harold, met en synonymic de YAphodius limbatus Germar
YA. barbarus Fairmaire.
II est Evident que M. de Harold n a pas vu 1 espece de M. Fairmaire et
qu il a e"te induit en erreur par quelque amateur moins verse que lui dans
la connaissance des Coprophages. Je crois meme que M. de Harold n a pas
lu la description de 1 auteur francais qui signale trois tubercules sur la
lete de YA. barbarus. Ge caractere et quelques autres rangent cette espece
dans le groupe L d Erichson, dont YA. inquinutus est le type, tandis que
YA. limbatus Germar fait partie du groupe P d Erichson, dont M. Mulsant
a fait son genre MELINOPTERUS, type A. prodromus.
A ce propos, je deplore la facilite avec laquelle on adopte des synony
mies signalees a la le gere par des auteurs, consciencieux sans doute, mais
qui n ont pas v^rifie la justesse de leur assertion par Texamen des lypes
des deux cspeces qu ils confondent; et ne serait-ce pas ici le lieu d appli-
quer 1 adage : Tcstis unus, testis nullus ?
2 M. Desbrochers des Loges (Annales de la Soci^te entomologique de
France, Bull. 1873, p. XLI) decrit une espece nouvelle du genre Anoxia,
provcnant de I Alg^rie, sous le nom de A. derelicta. La description en est
Ires-bien faite et comparativement avec cello de 1 A. oricntatls; eile com
plete celle de feu Coquerel, qui a decrit celte meme espece dans les
Annales 1860, p. A2/i, sous le nom de A. cmaralnata que lui avail donne
6 ~
Dejean dans sa collection, et qui figure dans tous les catalogues oil Tau-
teur ne Pa pas cherche .
Je possede dans ma collection une fcmelle CC Anoxia de crite par feu
Coquerel sous le nom d A/t. Lucasii, loc. cit., p. 423, que je crois appar-
tenir a 1 espece prece"denle, malgre son chaperon fortement rcborde, mais
non releve et a peine sinue", et les ecailles piliformes qui recouvrent ses
elylres unit onne ment.
- M. Leprietir presente quelques remarques au sujet des Leucolxphus :
(Test dans la seance du 13 mai 1857 que M. H. Lucas annonce a la
Socie te le resultat des excursions de M. Mares dans le Sahara.
II signale Oxythyrea deserticola, Clconus Marcsii, Pimelia lilliputana et
Ctrta slricdicollis.
A la stance du 8 septembre 1858, il signale llclcracaniha depressa,
Pimelia nigropunctata, etc.
Toutes ces especes lui sont communiquees par M. Doue, qui venait de
les recevoir du sud de TAlge rie.
De mon cote", faisant part a mon ami Pern s du produit des chasses
faites par M. Lelourneux, je lui envoyais, le 31 octobre 1858, une Pimdia
sous le nom de lilliputana ? et le Julodis qui a e te decrit sous le nom
(TAristidis.
Ces m^mes insectes elaient a leur tour expedies a notre ami H. Lucas,
qui reunissait, sous le nom generique de Lcucolxphus, les P. lilliputana,
nigropunctata et Perrisii, et en donnait communication a la Societe dans
la seance du 9 fevrier 1859.
II est reconnu maintenant que les L. Perrisii et nigropunctatus doivent
fitre re"unis; mais M. de Marseul a commis une erreur en supposant que
tous les individus appartenant a ces trois especes ont e te pris en un
meme lieu et en une seule Ibis. En effet, le voyage entrepris par M. Cosson,
d ou proviennent les deux dernieres especes, n a commence qu a une date
posterieure an 2 avril 1858, comme me le prouve une leltre de M. Le-
tonrneux e crile de Biskra a cette date, et dans laquelle il me parlait de
leur itine"raire futur.
La P. lilliputana prise par M. Mares dans le Sahara, signalee le 13 mai
1857 par M. H. Lucas a la Socie te, ne peut done pas avoir e te comprise
dans les decouvertes faites par MM. Letourneux et Laperraudiere, puisque
7 -
leurs chasses n ont pu commencer que dans les premiers jours d avril
1858.
M. G. Tappes adresse, par 1 entrcmise de M. L, Reiche, les remarques
suivantes :
1 M. Rouget, de Dijon, avail trouve une coque qui lui semblait appar-
tenir, soil a un Cryptoccphalus, soil a une Clytra (1). II est sorti de cette
coque une C. aurita. M. Rouget pense que cette coque n a pas encore 616
signalee ; il n en est pas fait mention dans la Monographic de M. Lefevre.
2 La Saperda plwca vient d etre prise dans les environs de Beaune
(Cote-d Or), dans le tronc carie d un saule marceau. G est bien la qu onl
ve"cu les larves. Le saule est isole, peu e"leve et cependant assez gros pres
de terre; il se ramifie bientot et ne parait pas encore trop souffrir. II est
situe" sur une montagne assez aride, a la limite superieure de la culture
des vignes, touchant des friches incultes. D apres les renseignements com
munique s, c est a la surface inferieure des leuilles que se trouve Tinsecie
parfait, au mois de juin.
M. Henri Brisout de Barneville communique la note qui suit :
J ai lu avec intere"t les observations curieuses de M. Ferris, consignees
dans le l cr cahier des Annales pour 1873; elles m ont rapped des
remarques que j ai faites jadis.
Comme dans les Landes, le Gcuthorkynchus ruyulosus habite, a Saint-
Germain-en-Laye, la Matricaria camomilia; mon frere et moi nous le
trouvons sur cette plante assez abondamment. Nous y trouvons aussi
YErirhinus pillumus, mais plus rarement, fait deja constate par Walton,
et le Ceutliorhynchus putvinatus. J y trouve aussi le Gymnetron rostellum,
mais il est devenu rare, ce que j atlribue a certaines conditions d humi-
dite qui lui fait de"faut.
Le Ceuthorhynchus campestris se prend abondamment an filet au prin-
.temps dans les prairies plantees de grandes marguerites, Chrysanthemum
leucanthemum ; j ai pris une fois directement sur la fleur de cette plante
le chrysanthemi.
(1) Les coques de Cryptocephales sont rugtieuses, mais n offrent pas de traces de
stries, tandis que gen^ralement celles des Clytra out des cotes qui forme;it coaime
des aretes sur la partie dorsale. G. T.
Le Coryssemus ardea se relrouve sur la matricaire et la grande mar
guerite.
Le Ceuthorhynckus melanosiictus habile la menthe aquatique et le Ly co-
pus europseus, comme chacun sail; ce que Ton ignore peut-tre, c est que
Varcuatus y vit aussi, car je Fai trouve" jadis a Bondy avec le mela-
nostictus.
J ai toujours pris le Mecinus collaris au printemps en fauchant le Plan-
tago major dans les prairies de Chatou; il n est done pas 6tonnant qu on
puisse rencontrer la larve du circuLatus au collet du plantain.
M. Charles Brisout de Barneville annonce qu il a pris dans la foret
de Saint-Germain-en-Laye, dans un endroit plante" de chenes, le Clytus
cinereus Lap. et Gory (Duponti Muls.). Cette espece n avait pas 616 reprise
depuis un grand nombre d annees.
Le meme membre montre a la Societe un Corsebus auquel il manque la
tete et le corselet, et qu il a trouve" entre les deux for&ts de Saint-Germain
et de Marly, en cherchant sous des plantes basses. Ce Corsebus semble se
rapporter a Yelatus; il differe cependant un pen par la maniere dont est
impressionn6 le dernier segment abdominal. Notre collegue pense que cet
insecte pourrait provenir de quelques pommiers, qui sont les seuls arbres
se trouvant a proximite du lieu ou il Fa rencontre.
M. Lichtenstein adresse la note suivante :
Comme notre collegue M. V. Signoret m a e"crit pour retirer les expres
sions qui m avaient blesse" dans un article sur le Phylloxera male, et que
cette fois-ci il se borne & me dire que j ai trop d imagination, parce que
j ai annonce" que le Phylloxere avait une generation chaque dix ou douze
jours, je desire reprendre nos discussions courtoises, esperant qu il en
jaillira la lumiere.
Dans ma conference de Cette, je me suis borne" & lire un passage de nos
Annales (1869, p. 575) : Les Aphidiens produisent des petits sans aucun
accouplement, ce fait se produit au moms pendant neuf generations,
lesquelles ont lieu pendant Cespace de trois mois. C est dans un travail
sur le Phylloxera de la Vigne signe Signoret. Ce travail commence m&me
par ces mots : Les vignobles du Midi sont attaqu6s par un nouveau
fl^au qui semblerait du k la multiplication extraordinaire d un insecle
de Tordre des He mipteres.
t)
Aujourd hui notre collegue pretend qu il n y a qu une generation par
an, avec neuf mues de 20 a 25 jours chacime. Sur ce dernier point il est
en contradiction avec MM. Balbiani et Cornu, qui ont vu deux mues en
quatre jours. Quant au premier point, comment explique-t-il la presence
simullanee et constante de meres pondeuses d oeufs et de Phylloxeres
de toutes grosseurs, depuis mars jusqu en novembre, avec sa generation
unique ?
Voici ma derniere observation :
Le l er aout j ai place dans un bocal en verre rempli de terre humide
un troncon de racine appliquee contre les parois du vase et qui m a per-
mis d observer ce qui se passait sous la terre : le meme jour, un Phyl
loxera de laille moyenne s esl fixe" sur la racine.
Le li aout cet insecte avait considerablement grossi et a commence a
pondre.
Le 8 il y avait quatorze reufs, tres-clairs d abord, puis ils sont devenus
peu a peu fence s, assez bruns.
Le 12 il edot deux ou trois petits et la mere pond toujours; elle a 6vi-
demment pivote sur son bee et depose ses ceufs en demi-cercle.
Du 12 e au 16 e jour de naissance la terre se desseche. J y jette quelques
gouttes d eau qui font un peu glisser la masse d ceufs sur les parois du
vase.
Le 17 lous les ceufs humectes eclosent a la fois, sauf quatre ou cinq des
derniers pondus.
Parmi les petits eclos le 12, deux se sont fixes a cote de la mere et ont
atleint une grosseur qui me fait esperer de les voir pondre d ici a qua-
rante-huit heures.
La mere, qui a pondu 30 (Bufs environ, n a pas pondu depuis deux
jours; elle a pourtant encore la couleur claire et luisante de la vie.
Ainsi done, le Phylloxere passe six a huit jours sous la forme d ceuf ;
six a huit jours lui sont necessaires pour passer de 1 etat de larve, sortant
de I oBuf, a celui de mere pondeuse. Ceci, bien entendu, au mois d aout
et avec un peu d humidite pour favoriser les eclosions et les mues.
Je ne veux pas dire pour cela que M. V. Signoret ait trop d irnaginalion,
mais s il a suivi bien attentivement un seul insecte, et s il est arrive a voir
neuf mues dans un an et le changement de son insecte en nymphe et en
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insecle aile", je crois que, parallelement a Tinsecte aile", qui ne parait, lui,
bien certainement qu une fois par an, il y a 1 insecte aptere dont la repro
duction est constante et rapide de mars a novembre.
Je pense que nous ne voulons pas joucr sur les mots generation et
reproduction parthenogene sique , car ii s agit ici de la rapidite aveo
laquelle Finsecte se reproduit et non du cycle de la ge ne ration d insecte
aile" a insecte aile qui est unique.
J espere que mes collegues ne trouveront pas cette note trop longue, et
qu ils voudront bien en decider 1 impression dans le Bulletin.
M. V. Signorel, present a la lecture de cette lettre, repond quMl main-
tient son opinion et que, pour le moment, il n a rien a changer a ce qu il
a avarice" dans ses notes sur le Phylloxera, publiees dans les Annaies ou
dans d autres recueils, et qu il ne veut pas repondre immediatement a la
communication de M. Lichtenstein. Seulement il fait observer : 1 que
I expe rience que notre collegue indique n est pas concluante, car elle
n est pas terminee : set pretendue mere devant peut-etre pondre sous qua-
rante-huit heures ; 2 que rien ne prouve que ce ne soit pas la m6me
mere qui ait toujours pondu, puisqu il ne 1 a pas retire e, et 3 qu en
somme il n est pas assez precis sur les divers degres de son Education.
Ainsi, il ne dit rien des mues ni de Fe"tat ou se trouvent ses larves.
M. V. Signoret se reserve de repondre plus completement plus tard, lors-
qu il aura quelques faits nouveaux a communiquer a la Societe.
Le meme membre dit que M. L. Reiche lui a soumis la boite conte-
nant des racines de vigne dont il a parle dans la derniere seance, et il
doit avouer qu il a e te effraye de la quantite innombrable de Phylloxera
a divers e tats qu il a vus sur ces racines, qui ont e te ramasse es a Saint-
fimilion, partie sur des vignes maladives, partie sur des vignes saines.
M. Beylot, qui a fait cet envoi, est dans la plus vive crainte pour Tave-
nir des vignes de la contree qu il habite, et combat, dans une lettre qu il
a adressee en meme temps que les racines, ride"e emise par moi de Tin-
fluence du froid, de la getee, etc. : Car, dit-il, comment expliquer que
cette influence commencerait toujours par un centre, que la maladie
v parte d un centre pour se rendre a la circonfe rence, que cette circonfe"-
rence soit encore bien portante lorsque le centre est mort ? Comment,
si c est le froid, tout le champ n est-il pas pris a la fois partont? et
11
enfm, remarque-t-il comme tons les phylloxeristes, il en est toujours
ainsi.
II faut avouer que nous ne savons que re.pondre, mais on en peut penser
ou dire aulant du Phylloxera : comment se fail-il le raisonnement de se
rendre toujours au centre de la place, pour de la, comme le feu, comme
une tache d huile, pour se servir de 1 expression consacree, pour se
repandre tout autour, pour rayonner ? Je r.rains que ce ne soit plus spe"-
cieux que r6el. Et comment expliquer la rapidile avec laquelle la vigne de
la region du Rhone a tHe" frappe"e, tandis que dans d aulres regions la
vigne, quoique atlaqu6e depuis plusiours annees, resiste ? Comment expli
quer que le Phylloxera tue ici et ne fasse rien en Ame rique ou presque
rien? Gar, connu depuis longtemps, et decrit pour la premiere fois en 1854
par Asa Fitch, on parlait bien du mal qu il pouvait faire, mais jamais on
ne 1 avait accuse de tuer la plantc. II est vrai que depuis qu on en parle
tant en France, les Americains, jaloux, veulent qu il en soit de mfime chez
eux. Espe"rons pour eux que leurs vignes supporteront mieux les attaques
du Phylloxera.
M. firaile Ragonot lit une note sur la vie evolutive de la Coriscium
cuculipennellum (1) :
II y a longtemps que je chercliais la chenille de la Coriscium cuculi
pennellum Hb. (alaudella Dup.) qui, depuis Huhner, est bicn connue
comme vivant et formant des cones sur le troene, mais jusqu a present je
n avais rencontre que la chenille de ce fleau de nos jardins, la Gracillaria
syringella, qui vit e"galement sur le lilas et le frSne, dont elle roussit les
feuilles d une maniere affreuse.
Le 17 de ce mois (aout) j eus enfin le plaisir de faire sa connaissance,
et j ai e"tudie" des details de mceurs Ires-interessants , qui paraissent tout a
fait ine dits.
II paraitrait qu il n y a qu une seule generation par an de cetfe espece.
Les papillons, e"clos a 1 automne, hivernent, et la femelle, vers le mois de
juillet, depose un seul oeuf a la surface supe rieure de la feuille, a cote" de
la nervure mediane, pres du bout. Au mois de juillet la chenille sort de
(1) Cette note etait destinee par son auteur a etre inseree dans les Annales pro-
pretucnt dites ; une necessite typograpliique nous oblige a la placer dans le
Bulletin. E. D.
12 -
Tceuf et s inlroduit sous 1 epiderme, et, se dirigeant vers le petiole, elle
mine une longue et e"troite galerie le long de la nervure. La pellicule
qu elle d6lache est extremement fine, luisante, argentic, ressemblant a la
trace d une limace, comme dans les mines de sa congenere la C. Brognar-
dcllum sur le chene, et les Phyllocnistis suffuse lla et P. saligna sur les
peupliers et les osiers. Les excrements, d un brim rougeatre pale, sont
repandus dans la mine, forraant un sentier continu au centre.
Arrived au petiole elle remonte pres du bord et elargit soudainement sa
mine en forme de plaque (plutot longue que large) comme celle d une
Lithocolletide, et le bord de la feuille se courbe en haut, se roule. Bienlot
elle ne se contenle plus de ronger la feuille comme elle 1 a fait jusqu alors,
elle 1 attaque directement, d6vorant une portion considerable dc son habi
tation au bord de la feuille, comme le font les chenilles d Or-wiVr.
Au mois d aout elle quitte ce logement devenu trop 6troit pour la con-
tenir, et, allant sur une autre feuille, elle roule obliquement le bout et
1 attache solidement avec des fils de soie, formant ainsi un cornet ou cone
sous la feuille, comme une Gracillaria. II est alors facile de decouvrir les
feuilles attaquees, car elles paraissent tronque"es. Elle ronge rdpiderme et
le parenchyme de la feuille a rintdrieur du cone, et les endroils attaques
brunissent.
Vers le milieu ou la fin du mois d aoftl la chenille arrrive a toute sa
taille : elle a alors 8 millimetres de longueur. Elle est cylindrique, d un
blanc jaunatre pale, avec la region dorsale verdatre, plus foncee aux inci
sions segmentaires. La tete est un peu plus fonce"e que les segments ante"-
rieurs, et la bouche est brunatre. Ses quatorze pattes sont pales.
A cette e"poque elle fait ses preparatifs pour se transformer, et c est
alors qu on peut admirer sa prevoyance et son adresse. Sans quitter son
habitation elle perce un petit trou rond dans la portion de la feuille qui
forme la partie supe"rieure du cone, en ayant soin de manager l^piderme
exterieur, pellicule transparente comme une vitre, qui empeche ses enne-
mis de penetrer dans sa demeure.
Ensuite elle file son cocon, qui a 10 millimetres de longueur, mince,
fusiforme, construit de soie blanchatre, semi-transparent et de peu de
consistance. II est canned un peu, comme ceux du genre Eucculatrix ;
mais les cannelures, plus grandes et moins nombreuses, sont moins bien
marquees. Un des bouts du cocon est attache en face de Touverture
vitre"e, et la chenille se change en chrysalide, avec la tete dans la meme
direction.
13
Lorsque, au mois de septembre, le papillon est forme, la chrysalidc
s avance liors de son cocon, perce la pellicule protectrice au moyen d une
espece de bee ou crochet dont sa tete est armee, et sort a moitie du trou ;
bientot apres a lieu I gclosioii du papillon.
II est bon de remarquer que, contrairement a celui de sa conge"nere la
Brognardellum et des Gracillaria et Ornix, le cocon de la .cuculipennd-
lum est inde"pendant, n e"tant pas forme" et attache dans un repli de feuille
comme celui des families precite"es.
II est facile de distinguer les feuilles attaque"es par la chenille de la
cuculipennellum de celles mangles par les chenilles de la Gracillaria
syringclla, car, d abord, conlrairement a la cuculipennellum, la chenille
de la syringella, dans son jeune age, vit en petits groupes formant des
plaques et non des galeries ; ensuite elle enroule les feuilles plutot que de
faire un cone parfait (generalement aussi on trouve plusieurs chenilles
dans la feuille roulee ou minee), et enfm le cocon est entierement diffe
rent, etant aplati et forme de soie melangee de matiere gomraeuse qui le
rend resistant et luisanl, et il est intimement attache a la feuille qui forme
sa base.
Le papillon de la C. cuculipennellum n est pas Ires-commun ; on le
prend, comme la Brognardellum et la sulphurellum, en battant les buis-
sons, ou bien, au repos, contre des palissades, et plutot au prin temps
qu en automne. Ten ai trouve" plusieurs dans la forfet de Fontainebleau,
pres de Bourron, et j ai pris la chenille dans line pe"piniere pres de la forfet
de MoRtmorency.
Membres rccus. La Socie te admet au nombre de ses membres :
1 M. Charles Royer (Goleopteres et Le pidopteres d Europe), a Langres
(Haute-Marne), present^ par MM. fimile Goberl el Edouard Pern s (com-
missaires-rapporleurs : MM. Aug. Alexandre et le docleur Alex. Laboul-
bene);
2 M. Pierre-Nicolas-Ernest Tardy (Entomologie generate francaise,
principalement Araneides et Myriapodes), a Dijon (Cote-d Or), present^
par MM. Gueneau d Aumont et H. Lucas (commissaires-rapporteurs :
MM. E. Desmarest et L. Ileiche).
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de CAcademie des Sciences,
t. LXXVII, n 6 et 7 (aout 1873).
H. PEYRAUD, p.. Zi31, Note relative Faction toxique des infusions
d absintlie et de tanaisie sur le Phylloxera. FAUCONNET, p. 432,
Note relative a divers proce"de"s de destruction sur le Phylloxera.
CH. DENIS, p. 433, Note concernant les causes probables de la
maladie des Vers & soie. PLANCHON et LICHTENSTEIN, p. Zi61,
De la marche de proche en proche du Phylloxera. MEGNIN,
p. 492, Deuxieme note sur la position zoologique et le role des
Acariens parasites nommes Hypopus.
MitthciLungen der Schweizerische entomologischen Geseilschaft (Societ6
entomologique suisse), t. IV, n 2, avril 1873.
J. WULLSCHLEGEL, Nocturnen-fauna der Schweiz (suite).
OUVRAGES DIVERS.
* SiaL (Carolo). Recherches sur le systeme des Mantides. Broch. in-8.
Stockholm, 1873.
* ID. Descriptions nouvelles d Orthopteres. Broch. in-8.
* ID. Enumeratio Hemipterorum, n 01 2 et 3. 2 vol. in-/i. Stockholm,
1872 et 1873.
* ID. Notice sur Ch.-H. Boheman. Broch. in-8.
MAURICE SEDILLOT.
15
Ordre du jour de La seance du 10 septembre 1873 :
Rapport de la Commission de publication reglant la composition du
troisieme numero des Annales pour 1873.
Avis
M. le Tre"sorier (rue Saint-Placide, 52) rappelle a ses collegues qui n ont
pas encore solde" le montant de leur cotisation pour 1 annee 1873, quMls
doivent, aux termes du Reglement, la lui faire parvenir aussitot que pos
sible, sans intermediate.
]\ous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fin du I? tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres. indications ne sont pas exactement rapporte"es, d en
informer de suite les Tresoriers ou le Secretaire, comme aussi de les
avertir de tout changement apporte ulterieurement a leur adresse.
Par decision prise dans la stance du 28 mai 1873, chaque note inse"ree
dans le Bulletin des seances, sauf decision de la Societe, ne devra pas
comprendre a Tavenir plus d une page d impression.
Nous prions nos confreres de se conformer a cette decision s ils ne
veulent pas que la Societe soit contrainte ou de reduire 1 etendue des
travaux qu ils lui adresseront, ou de les publier plus tard dans les Annales
et non pas immediatement dans le Bulletin.
Toutes les reclamations relatives au Bulletin bi-mensuel, ainsi que les
demandes d envoi & T^tranger (contre rtmbourscmcnt des frais dc trans
port), doivent etre adressees au Tre sorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de
Budon, 27, qui est charge" de Texp6dition du Bulletin des seances.
Paris, 6 septembre 1873.
EXTRAIT DD REGLEMENT
DE LA
SOCIETE EJNTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Anuee 1893. 4 c de sa fondation.
Le montant de la cotisation, pour les Membres de la Societe, est
par an, de :
24 fr. pour les Membres residant a Paris;
26 fr. pour les Membres habitant tant en France qu a Petranger.
Les Membres residant a Paris paient leur cotisation d avance et par
trimestre.
Les Membres non residant a Paris doivent faire parvenir la leur au
Tresorier de la Societe, sans frais, immediatement apres Cannonce de
leur nomination, et, pour les arnn^es suivantes, dans le courant du mois
de Janvier.
Les Membres de la Societe ne recoivent leurs Annal.es que par la So
ciete. Les numeros auxquels ils ont droit sont envoyes francs de port,
jusqua residence, aux Membres non r6sidants (hors Paris et a Petranger),
apres reception de leur cotisation de Pannee courante.
La Societe correspond par Pentremise de son Secretaire, de son Treso
rier et de ses Archivistes-Bibliothecaires. Le premier a dans ses attribu
tions la correspondance scientifique ; le second, celle qui concerne le
recouvrement des cotisations et Penvoi des numeros des Annales, et les
derniers, ce qui regarde la Bibliotheque. Les lettres et paquets doivent
etre adresses, francs de port, a M. E. DESMAREST, Secretaire, rue Linne", 3;
a M. L. BCQUET, Tresorier, rue Saint-Placide, 52 ; et a M. J. FALLOU,
Archiviste-Bibliothecaire, rue Hautefeuille, 30, Paris.
Pour tout ce qui a rapport au Bulletin bi-mensuel, s adresser au Tre
sorier adjoint, M. Emile PIAGONOT, rue de Buffon, 27.
NOTA. Pour ne pas eprouver de retard dans Penvoi de leurs Annales, il
est essentiel que MM. les Membres francais et etrangers adressent, dans
le courant de Janvier de chaque annec, le montant de leur cotisation au
Tresorier de la Societe, soit par un mandat sur la poste aux lettres, soit
par la voie du commerce.
Tout Membre doit la cotisation de Pannee dans laquelle il a ete recu,
quelle qtfen soit la date, et recoit, en consequence, les Annales de ladite
annee.
Chaque auteur d un memoire insere dans les Annales (a Pexception du
Bulletin) a droit a un tirage a part de 20 exemplaires (texte et planches
noircs}. Au dela de ce nombre il doit en faire la demande. Le prix des
tirages a part supplementaires est de 5 cent, par feuille d impression (1),
de 10 centimes par planche noire et de 30 centimes par planche coloriee.
L auteur doit informer le Secretaire ou le Tresorier de ses intentions a
cet egard en meme temps quil envoie son travail, et solder les dits tirages
aussitot apres Pimpression de son memoire.
(1) Au prix de 5 cent, par feuille, ou partie de feuille, rimpriineur ne pent fournir
que 75 exemplaires a part, y compris les 20 donnes par la Societe, au maximum.
Au dela de ce non.bre, il sera traite de gre a gre avec les auteurs.
PARIS. - Typog. FELIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Porles-St-Sauveur, 22.
N U.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOGIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Reeucilli par M. E. DESMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
M. le Tre"sorier (rue Saint-Placide, 52) rappelle a ses collogues qui n ont
pas encore solde le montant de leur cotisation pour l anne"e 1873, qu ils
doivent, aux termes du Reglement, la lui faire parvenir aussitdt que pos
sible, sans intermediate.
Seance du flO Septembre 1873.
Prudence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
22 membres presents.
M. E. Mulsant, de Lyon, assiste a la stance.
Rapport et decision. La Societe, apres avoir enlendu un rapport de sa
Commission de publication, decide que le troisieme numero des Annales
pour 1 annee 1873 se composera des travaux dont les litres suivent :
1 LABOULBENE. Sur les metamorphoses de la Ccddomyia buxi ; avec
planche ;
2 LE MEME. Sur YHylemyia ulmicola ; avec planche.
3 BAR. Lepidoptere dont la chenille vit dans 1 eau h Cayenne (genre
Palustra); avec planche. Travail accompagne d une notice analomique
par M. LABOULBENE.
k SIMON, fitudes arachnologiques (2 e m^moire) ; avec planches.
5 LUCAS. Metamorphoses du Xylorhiza venosa ; avec planche.
6 GAPIOMONT. Monographic des Rhinocy Hides, travail posthume mis
en ordre par M. LEPRIEUR, d apres les manuscrits de 1 auteur.
7 JEKEL. Sur le genre Pterygomus (g. n.), de la division des Curcu-
lionites Cryptorhynchites.
8. SIGNORET. Essai sur les Cochenilles : genre Lecanium. Commence
ment de la monographie de ce genre.
9 Bulletin des seances et Bulletin bibliographique pour le troisieme
trimestre de 1873.
Communications. M. le Tresorier annonce la mort de deux de nos
confreres : 1 M. Fe"lix Quinquarlet, de Troyes (Aube), qui avait e"t6 re?u
membre Tanne"e derniere; et 2 M. Jean Schlumberger-Dollfus, de Gueb-
willer (Alsace), qui faisait partie de la Socie"te depuis 1869.
M. de Marseul, au sujet de la note lue par M. Leprieur, dans la der
niere stance, sur le genre Leucolsepkus , presente les remarques sui-
vantes :
Deux voyages ont eu lieu dans le Sahara algerien, Tun en 1856, par
MM. Cosson, Kralik et Paul Mares, qui ont explore les plateaux de la pro
vince d Oran de la frontiere du Maroc Laghouat ; c est dans ce voyage
qu a ete trouve le Leucotsephus lilliputanus ;
L autre en 1858, par les memes bolanistes, auxquels s e"taient joints
MM. Letourneux et Henri de la Perraudiere, dans le Sahara de Tuggourt
a Ouargla, et c est vers le l er mai qu ont e"te trouv6s les deux aulres Leu-
colsephus, ^ Ngoussa, pres d Ouargla.
M. Ponson fait savoir, par Tentremise de M. L. Buquet, qu il vient
de capturer dans les Alpes franchises deux individus du Dichotrachelus
Manucli, espece r^cemment d^crite , ainsi qu une assez grande quantity
du D. sulcipennis et quelques exemplaires du D. Stierlini. II a trouv6
egalernent dans les memes localites, el en assez grand nombre, YOtio-
rhynchus montivagus, le Nebria nivalis et le Pterostichus rutitans.
M. L. Bedel e"crit de Villers-sur-Mer (Calvados) :
A la fin de juillet, j ai pu observer ici une nombreuse colonie du Syntd-
miwn seneum Mull. Ces curieux Staphylinides habitaient un petit bois som-
-~ 3
bre situe" sur des falaises fort pres de la mer et se trouvaient a 1 entour de
divers arbres, sur la pente tres-rapide d un talus eleve. Us praliquent des
galeries dans les parlies friables de ce sol fre"quemment de"trempe par la
pluie et les disposent generalement au-dessous de racines dechausse es qui
les protpgent. Dans ces conditions, les parois du talus sont, en certains
endroits, criblees des terriers du Syntomium, et, dirigeant vers leur ori
fice de la fumee de tabac, on fait immediatement sortir le Staphylinide
qui s y Irouve. J ai recueilli de cette maniere jusqu a 300 Syntomium sur
un espace presque vertical d un pied carre.
Dans les premiers jours d aout, le nombre des insectes a brusquement
diminue ; leur saison paraissait fmie.
MM. A. Grouvelle et L. Bedel annoncent qu ils viennent de retrouver
a Dieppe le Sitones Water housei Walton, et de constater que ce Curculio-
nide vit au pied du Lotus corniculatus.
La rare 16 de cet insecte. signale seulement en France des bords de la
M6diterranee et des cotes du Calvados, tenait a son mode d habitat
special : il faut, en effet, chercher le S. Water housei au pied m6me de la
planle dans les terrains sablonneux et inclines. De telles conditions d exis-
tence rendent necessairement impossible 1 emploi du filet-fauchoir pour
se procurer cette espece.
JNos confreres ajoutent que le Tychius hsematocephalus se prend ^gale-
men t au pied du meme Lotus.
M. Vale"ry Mayet adresse la note qui suit :
Dans le compte rendu de la seance du 23 juillet, a laquelle j assistais,
notre collegue M. V. Signoret , repondant a ce que je disais sur la ruine
prochaine de notre grand vignoble, a ajoute" en note que M. Gaston Basile,
president de la Societe d Agriculture de THeraull, avait e crit dans un
numero du Messager du Midi que la recolte, cette ann^e, ne serait pas
sensiblement diminuee par le Phylloxera.
Le maitre ayant parle, disait notre collegue, il faut s incliner.
M. Basile, voyant les vignes non attaquees tres-belles, a tres-bien pu
6crire cela. II pre"voyait ainsi que le deficit cause 1 par le Puceron serait
compens6 par la grosse production des vignes encore bien portantes. Le
Phylloxera a tu6 a peu pres un sixieme des souches du Languedoc. 11 est
encore possible que la perte d un sixieme disparaisse momentane ment
devant la belle production des cinq autres sixiemes; mais M. Basile n a
Il
jamais voulu dire que le Phylloxera n e"tait pas appele a de"truire le plus
grand vignoble de France, et la preuve est dans le passage suivant d une
lettre 6crite par lui le 11 juillet a un de mes amis :
Malgre tons nos efforts, nous sommes debordes par ce terrible Phylloxera,
et dans trots ou quatre ans noire beau vignoble si florisssant aura le sort
de ceux de Vaucluse ou dcs Bouches-du-Blwne.
II va sans dire que je tiens la lettre en question a la disposition de
notre ami M. V. Signoret; il la trouvera aux archives de la Societe, oul a
depose" notre collegue M. E. Desmarest, & qui je 1 avais envoye"e.
Je me propose bien de ne plus aborder ce terrain autrement que quand
j y serai amene par la force des choses; mais je re"p6terai encore a nos
collegues incre"dules : Venez en Languedoc, vous verrez et vous repartirez
convertis.
M. H. Lucas communique la note suivante, relative a des Arachnides
qui ont ete" rencontres en Syrie :
Notre confrere M. L. Reiche m a communique", il y a dej quelque
temps, un flacon contenant des Arachnides recueillis en Syrie, particu-
lierement dans les environs de Nazareth. Je les ai etudies, et, en les com-
parant aux types que M. E. Simon possede, j ai trouve parmi eux deux
especes appartenant au genre Buthus et dont une a e"te decrite derniere-
ment dans nos Annales. Ges especes, encore fort peu repandues dans les
collections, et que je me fais un plaisir de faire passer sous les yeux de
la Societe, sont le Buthus Judaicus Simon, Ann. Soc. ent. Fr., 5 e serie
t. II, p. 252 (1872), etle Buthus leptochelis Hempr. et Ehrenb., Symb.
Phys., n 3. Ges deux especes ont ele" rencontrees dans les environs de
Nazareth et se tiennent sous les pierres exposees au soleil. Elles ne sont
pas tres-rares, surtout le Buthus Judaicus, dont je possede un assez grand
nombre d individus appartenant a des ages difierents.
Suivant M. E. Simon, ces especes se plaisent aussi dans la vallee du
Jourdain et se trouvent meme jusque sur les bords de la mer Morte.
Dans ce meme flacon j ai rencontre" plusieurs Arane"ides que je crois
devoir mentionner aussi dans cette note : ce sont les Palpimanus gib-
bulus $ Duf.; Caltictherus histrionicus $ Ch. Koch; Cercidia prominens.
Westr.; Epeira dromedaria $ Clerck, et Thomisus Diana $ Hahn. Enfin,
parmi les Holetres, je signalerai encore VObisium validum L. Koch. Toutes
ces especes ont et6 trouv6es, comme les Scorpionides, dans les environs de.
Nazareth.
5
M. Maurice Girard envoie la note suivante :
Je lis dans le Bulletin des seances (n 9, 13 aout 1873) que des obser
vations ont et6 presentees au snjet des exemples de contagion de la
flacherie cites par moi. Je dois dire qu il me parait probable que la conta
gion s est propagee par les chenilles memes. Elles n ont pas et6 en contact
cutane, si je puis dire, comme dans les experiences ou M. Pasteur donne
la contagion a des Vers a soie sains en les melant a des Vers en flacherie,
mais elles se trouvaient a tres-petite distance. Les rameaux d aubepine et
de cerisier, ou vivaient les chenilles des Petit et Grand-Paon de nuit,
etaient tout contre les rameaux de chene couverts des chenilles du
Ya-ma-mdi, espece qui prit la premiere la flacherie dans notre education
du Jardin d Acclimatation. Rien de plus facile done que Pinfection par
miasmes ou sporules. De meme on prend la contagion en stationnant pres
du lit d un varioleux, sans avoir besoin d entrer dans le lit.
M. E. Mulsant entretient la Societe d experiences qu il tente en ce mo
ment sur la maladie des Vers a soie; il espere pouvoir donner un moyen
de guerir cette maladie, sinon dans des educations faites sur un grand
nombre de chenilles, au moins dans des educations restreintes. 11 ne peut,
quant a present, entrer dans des details circonstancies sur ses expe"-
riences ; et il se borne a dire que c est en donnant plus de vitality aux
chenilles qu il pense parvenir au but qu il se propose d alteindre.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
OUTRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de L Academie des Sciences,
t. LXXV1I, n os 8 et 9 (aout-seplembre 1873).
GH. ROBIN et AL. LABODLBENE, p. 511, Sur les organes phospho-
rescents thoraciqnes et abdominal du Cocuyo de Cuba. DUMAS,
p. 520, Observations sur la reproduction du Phylloxera; proce"de
de M. MONESTIER pour la destruction de 1 insecte au moyen du
sulfure de carbone. LICHTENSTEIN, p. 522, Sur la rapidile" de la
reproduction du Phylloxera. DE SAINT-CYR, p. 536, Experiences
sur le Scolex du Taenia mediocanellata. A. SARRAND, p. 561,
Note relative a deux remedes qu il propose centre le Phylloxera.
LECOQ DE BOISBAUDRAN, p. 561, Note relative aux ravages pro-
duits par le Phylloxera.
* Entomologist s monthly Magazine, n 112 (septembre 1873).
E. RYE, p. 73, Description of a new species of Dromius from
England (D. veclensis). C. WATERHOUSE, p. 73, Description of a
new species of the Coleopterous genus Anoplognathus (A. parvulus).
BUCHANAN WHITE, p. 75, Note on Coryxa. JOHN SCOTT, p. 80,
On certain brilish Hemiptera-Homoptera.
Notes. P. 83, Note on Cymindis lineata Dej. Note on cap-
lure of Lymexylon navale. Magdalinus carbonarius in Northum
berland. An Australian beetle near London. Captures of Co-
leoptera in North Kent. P. 84, Note on Camponiscus Heatei
Newman. P. 85, Occurrence of Co3noneura Dahlbomi Thorns.
Occurrence of the galls of Cynips ferruginea IJartig. Oak galls
at Ballates, in June, including Andricus amenti Giraud. Occur
rence of galls of Spathegaster vesicatrix, Sclechtendal, at Banchory.
P. 86, Description of the larva and pupa of Hesperia Action.
P. 88, Paclmobia alpina Bred. Description of the larva of Miana
literosa. P. 89, Note on the larva of Polia nigrocincta. Des
cription of the larva of Phycis (?) Davisellus. P. 90, Asychna
profngella Bred. Note concerning the metamorphose of Batra-
chedra praBangustata. Occurrence of Megalomus hirtus near
Aberdeen. P. 91, Neuroptera at Weybridge. Notes on a bri-
tish bug. P. 92, Note on capture and habits of Loxops cocci-
neus. Note on Idiocerus H-album Fieb. P. 93, The Entomo
logy of our novel writers.
Bulletin de la Sociele imperiale des Naturalistes de Moscou, n os 1 et 2
de 1871, n os 1 a Zt de 1872 (13 planches).
1871. DE CHAUDOIR, p. 1, Monographic des Lebiides (suite).
7 -
E. BALLION, p. 147, Catalogus Coleopterorum von D r Gemminger
und B. von Harold, Bemerkungen und Berichtigungen. C. LIN-
DEMANN, p. 171, Zwei neue Curculioniden aus Mitlelrussland.
J.-H. HOCHHUTH, p. 176, Enumeration der in den Rnssichen Gou-
vernemenls Kiew und Volhynien bisher aufgefundenen Kafer.
A. BECKER, p. 290, Reise nach Temir-Chan-Schora und Derbent
mit Erganzungen zur fauna von Astrachan und Sarepta. N.
ERSCHOFF, p. 303, Beitrag zur Lepidopteren-fauna Russlands.
C. LINDEMANN, p. 306, Das Skelet der Hymenopteren.
1872. 0. DE BURMEISTER et RAoozsKOWSKY, p. 1, Supplement
indispensable a Particle public par M. Gerstaker en 1869 sur
quelques genres d Hymenopteres. DE CHAUDOIR, p. 382, Obser
vations sur quelques genres de Carabiques avec la description
d especes nouvelles.
V. MOTSCHDLSKY, p. 23, Enumeration des nouvelles especes de
Coleopteres rapporte"s de ses voyages. A. BECKER, p. 102, Reise
nach Salzseen Baskuntschakskoje und Elton, nach Schilling, Anton,
Astrachan nebst Mittheilungen uber das Vorkommen mehrerer
Kafer und Fliegen in jenen Gegenden. R. MAC LACHLAN, p. 187,
Note sur quelques especes de Phryganides et sur une Chrysopa.
J.-H. HOCHHUTH, p. 195 et 283, Enumeration der in den Russi-
chen Gouvernements Kiew und Volhynien bisher aufgefundenen
Kafer.
* Feuille des Jeunes Naturalistes, t. Ill, 1873, n 08 32, 33 et 34. Donne"
par M. Jean Dollfus.
G. COLIN, p. 93, Generality s sur les Tachinaires. E. LELIEVRE,
p. 102, Ce que renferme une coque de Saturnia pyri. L. REY-
NAUD, p. 107 et 121, Note sur Temploi du patchouly pour la con
servation des collections entomologiques. - G. RODAST, p. 113,
Des Lepiclopteres.
OUVRAGES DIVERS.
* BRAINE (A.) et GIRARD (Maurice). L Attacus Atlas, son introduction
en France. Broch. in-8. (Extr. du Bulletin de la Soci&e d accli-
matalion.)
* BALDASSORE ROMANO. Coleotteri della Sicilia. Broch. in-8. Palerme,
18/|9. Donne" par M. H. Ragusa.
* FaRiLEus (Ol.-Im.). Coleoptera Caffrarise (He te romeres et Curculio-
nides). 2 vol. in-8 broches. Holmiae, 1870 et 1871.
* MULSANT (E.) et VERREAUX (E.). Histoire naturelle des Oiseaux-Mouches
(Introduction). Broch. in-4, avec planche. Lyon, 1873. Q
* PELLET (Petri). Faune entomologique du departement des Pyrenees-
Orien tales. Fasc. in-8. (Extr. du Bulletin de la Socie"te agricole,
scientifique et litteraire des Pyre" nees-Orien tales.)
* PREUDHOMME DE BORRE. Note sur deux monstruosites observees chez
des Coleopleres (avec des figures dans le texte).
* ID. Y a-t-il des faunes entomologiques naturelles distinctes h. la sur
face du globe et quelle methode doit-on employer pour arriver
a les definir et les limiter ?
2 fasc. in-8. (Extr. des Annales de la Societe" entomologique
de Belgique.)
MAURICE SEDILLOT.
INous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fm du Zi e tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapporte"es, d en
informer de suite les Tresoriers ou le Secretaire, comme aussi de les
avertir de tout changement apporte ulterieurement a leur adresse.
Toutes les reclamations relatives an Bulletin bi-mensuel, ainsi que les
demandes d envoi a Tetranger (contre rembourscmcnt des frais de trans
port], doivent 6tre adressees au Tresorier adjoint, M. E. RAGONOT, rue de
Buffon, 27, qui est charge de 1 expedilion du Bulletin des seances.
Paris, 20 septembre 1873.
PARIS. - Typog. FELIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Porles-St-Sauveur, 22.
iST" 12.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par M. E. DESAIAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
M. le Tre"sorier (rue Saint-Placide, 52) rappelle a ses collegues qui n ont
pas encore solde" le montant de leur cotisation pour Panned 1873, qu ils
doivent, aux termes du Reglement, la lui faire parvenir aussitdt que pos
sible el sans interme"diaire.
Seance du SB Septcmhre
residence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
18 membrcs presents.
M. le docteur Auzoux, de Marseille, assiste a la stance.
Correspondancc. M. le docteur Giraud e"crit que l 6tat de sa sant^ ne
lui permettant pas de sortir de chez lui, le force, a son grand regret, de
prier la Societ6 de vouloir bien le remplacer comme president et comme
membre de la Commission du Prix Dollfus pour Tanned 1873 (1).
(1) Nous croyons devoir rappeler aux entomologistes que, dans sa stance dii
14 mai dernier, la Sodete, sur le rapport d une Commission no ^me e par elle, a
decide que le Prix pour 1873 sera decerne a 1 auteur d un tra^il entomologique
-_ 2
Cette demission est acceptee par la Society qui decide qu il sera pro-
ee de , dans la prochaine stance (8 octobre), au remplacement de M. le
docteur Giraud comme membre de la Commission du Prix Dollfus.
Lectures. M. Leprieur depose sur le bureau la Monographic des Larinides
de feu M. Capiomont, qu il a redigee d apres les manuscrits de notre
collogue.
Ce travail, remis & M. de Marseul, qui se charge de revoir la synonymic
spe"cifique, comprcnd la description de soixante-dix-neuf especes, don t
vingt-deux nouvelles et quinze que Fauteur n a pu voir en nature.
M. Henri Tournier envoie, par 1 entremise de M. L. Buquet, un
mgmoire ayant pour titre : Observations sur les especes europe"ennes et
circum-europe ennes de la tribu des Tychiides, faisant partie de la famille
des Gurculionides.
La tribu des Tychiides, que 1 auteur passe en revue en ne de"crivant
que les especes nouvelles, est divisee en deux groupes : 1 ELLESCHIIDES :
genres Lignyodes Schonh. (k especes); Ellesc/ms Steph. (2 especes);
Pachylychius Jekel (22 especes, dont 5 nouvelles); Jekelia Tournier
(2 especes, dont 1 nouvelle), et Barytycliius Jekel (h. especes, dont
1 nouvelle), et 2 TYCHIIDES PROPREMENT DITS : genres Tychius Schonh.,
sous-genres Ectatotyclnus Tourn., Tychius et Miccotrogus Schonh. (87
especes, dont 38 nouvelles et en plus une trentaine que 1 auteur n a pas
vues), et Sibinia Germ.
Communications. M. Desbrochers des Loges adresse la note suivante,
en response a des observations qui ont e"te presenters par M. de Marseul
dans la stance du 12 fe"vrier 1873 (Bulletin, pages xix et xx) :
Je n ai rien a dire relativement a la reunion des Hister Berardi, com-
pressus, etc., publics dans un recueil reste inconnu a M. de Marseul, mais
dont les descriptions ont ete reproduiles dans le repertoire de son Abeille
imprim6 concernant specialement les divers ordres d insectes, r^dige en frangais,
publL^ dans 1 annee, et qu il s appliquera a 1 ouvragc qui, par sa valeur scientifique
et son prix de vente, conviendra le mieux aux dcbulants. Le concours pour cette
annee sera clos le l er Janvier 1874 ; etle prix sera decerne a la seance la plus rap-
procheede ranniversaire de la donation Dollfus (16 fevrier). E. D.
~ 3
(p. 81 et suiv.). Ges especes n etant signalecs que du Senegal, je n avais
pas songe" a les chercher parmi celles de la faune algerienne et je les ai
considerees.a -tort comme.nouvelles.
Quant aux Tychius diagnoses "dans le Bulletin de la Societe" entomolo-
gique de Belgique, leur. nombre ne s eUeve pas a plus de cinquante, comme
1 a avance M. de Marseul, mais a vingt-cinq seulement. Doit-on supposer
^implement que mon memoire a ele" mal lu ? Le chiffre de 5 Tychius
nouveaux d Europe et d Algerie ne pent paraitre exagere, ce genre e"tant
compose" de tres-petits insectes n ayant ete" 1 objet d aucune revision, sauf
le tableau du,a notre savant confrere M. Ch. Brisout de Barneville, tableau
limite aux seules especes de France et qui ne renferme pas moins d une
quinzame de noms nouveaux. Esperons que notre collegue se calmera et
qu il en sera de mes 25 Tychius (non 50) comme il en a ete des Otio-
rliynchus de 3\1. Stierlin. Ces infortunes insectes, fort maltraites au debut,
el qui n existaient, suivant le dire de M. de Marseul, que dans le cerveau
de leur auteur, ont germe depuis dans celui de notre honorable contra-
dicteur et se sont r^pandus de la, tout au long, dans sa re"cente mono-
graphie" de YAbeille.
Au lieu de ces attaques inoffensives, mais superflues, dirigees centre
les faiseurs d especes, grands ou pctits, je crois que notre collegue con-
tribuerait plus utilement, pour sa part, a [ amelioration de notre nomen
clature, soit en apportant plus de soin et surtout plus de clarte a la partie
synonymique de ses diflerents ouvrages ; soit en s abstenant de maintenir
nombre d especes decrites (?) d une facon incomplete (1) ou qui, de son
aveu meme, n ont aucune valeur (2), soit en privant nos catalogues d une
foule de noms nouveaux, comme il 1 a fait pour ses Otiorkijnchidcs, sur
tout quand il nous declare a chaque instant que les noms en usage
doivent etre prefe"res; soit enfm, et puisqu il considere les descriplions
isol^es comme nuisibles aux progres de 1 entomologie, en evitant, suivant
(1) Dapsa caucasica Motsch. (Endomychides, p. Ill) deux fois plus petite
que Dapsa denticollis, d un testace unicolore. Saprinus flexuoso-fasciatus
Mot., Fv. 57, p. 167, etc.
(2) Saprinus turcomanicus, Fv. 62, 568, uralensis, 507, niger, 450,
sparsi-punctatus, 458. M. de Marseul declare qu il lui est impossible de dis-
tinguer ce dernier insecte du nitidulus, ce qui ne 1 empeche pas de consacrer une
page de texte a sa description et de lui faire les honneurs de sa Monographic et de
ses Catalogues.
ses propres expressions (1), de se hater de publier des especes avant
que la monographic puisse paraitre.
M. de Marseul , a la suite de cette lecture, prend la parole en ces
termes :
M. Desbrochers s est reconnu dans ma note du 12 fe"vrier dernier, quoi-
qu il n y soit pas nomme. La forme de sa lettre ne permet pas de re"ponse,
et le fond n inte"resse en rien la science. J ajouterai a ma note que le
nombre des Tychius est bien de 25 et non de 50 comme on Fa imprime,
je ne sais par quel hasard ; seulement c est au moment meme ou M. Tour-
nier terminait une monographic du genre destinee au meme recueil, que
M. Desbrochers a cru devoir publier ses diagnoses, comme il Fa fait pour
les Brachycerus, a Foccasion du travail annonce" par M. L. Bedel.
M. Ch. Brisout de Barneville dit qu il a trouve" dans des friches, a
Aigremont, pres de Marly, et uniquement sur des bruyeres, les Grapto-
dera oleracea Linne", pusilla Duft. et eriseti Allard ; cette derniere espece
doit surtout etre signale e comme propre aux environs de Paris, car, jus-
qu ici, elle n est indique e que comme provenant des landes du midi de la
France. En outre, Fhabitat de ces trois Graptodera dans un meme lieu et
sur une mme plante tend a prouver qu elles forment bien des especes
distinctes, et non une seule et unique espece, comme le pensent plusieurs
entomologistes.
Le m6me membre annonce qu il a capture" aux environs de Saint-
Germain-en-Laye une grande quantity (TApion pavidum Germ., et avec
lui deux individus males d une espece qui en est tres-voisine et qui n avait
pas encore e"te signale e comme de nos environs, YApion lanuginosum Win
ker. II a observe" un caractere qui pent servir a differencier facilement les
males de ces deux especes ; en effet, chez le pavidum on voit un tubercule
aigu entre les handles posterieures, et celaalieu egalement dans le flavo-
femoratwn Herbst, tandis qu on ne retrouve rien de semblable ni dans le
lanuginosum, ni dans les males d un grand nombre d especes du genre
Apion qu il a pu 6tudier.
(1) Voy. Afyeille&e 1866, ixxvn, apropos de la Cassida K&chlini, qui, soit dit
en passant, se distingue entre toutes par son fades exotique. . . . tout en etant
tres-vpisine de la C. tunisiensis. . . . dont elle ne differe guere q^u.e par le dessous
qui est pale au lieu d etre noir.
. Q .
M. Gabriel Tappes indique im moyen de trouver facilement, au prin-
temps, dans les environs de Paris, VApion simum Germ.; il a pris plu-
sieurs fois ce Curculionite en nombre considerable sur les pousses seches
de 1 annee pr6cedente du Millepertuis comraun (Ilyperium perforatum
Linne").
Le m6me merabre communique a la Societe une note de M. F. de
Froideau, ex-garde general a Louhans (Saone-et-Loire), maintenant a
Tours, sur les ravages d une larve qui attaque la plupart des hautes
branches des chenes :
Cette larve, qui est d un blanc rose", apode et d une longueur de 9 a
10 millimetres, entre par 1 extremite de la branche, suit le canal medul-
laire et descend quelquefois jusqu a un metre cinquante centimetres pour
sortir par un trou rond, de sorte que presque toutes les pousses nouvelles
se cassent au moindre effort du vent.
M. de Froideau a promis d envoyer des branches altaque es; on jugera
alors plus facilement de 1 espece a laquelle on doit ces degats, auxquels
on pourra peut-etre indiquer un remede. Quant a present, MM. J. Fallou
et Tappes pensent qu il doit s agir ici des Corxbus undatus ou fasciatus,
qui affectent ces habitudes. C est aussi 1 opinion de M. de Froideau.
M. Henry d Orbigny dit a cette occasion qu il a observe dans la ibrfet de
Fontainebleau, sur des branches terminales de jeunes chenes, des larves
du Corssbus undatus Fabr. qui semblent analogues a celles indiquSes et
dont le genre de vie est semblable; il a vu e"galement des larves du meme
genre dans la foret de Chantilly, mais la probablement il s agirait de
larves du Goraebus bifasdatus Oliv.
M. Gabriel Tappes fait remarquer qu il reviendra sur ce sujet lorsqu il
aura recu les larves qui lui sont promises et qu il aura pu les e tudier.
M. H. Lucas communique la note sulvante, relative aux Atta barbara
et stuctor, Hymenopteres de la Iribu des Formicides :
La plupart des naturalistes qui ont ecrit sur les Formicides ont toujours
hesite a considerer comme etant 1 expression de la ve"rit6 le langage
qu Esope et La Fontaine font tenir a la Gigale relativement au de"nument
dans lequel elle se trouve apres 1 e te et de Temprunt de quelques graines
qu elle veut faire a la Fourmi pour subsister pendant la saison d hiver.
Qn avail cru en effet, jusqu a present, que les Fourmis ne faisaient pas
6
de provisions el que les graines qu elles amassaient n etaieut pas destinecs
a leur nourriture.
On e"tait dans une erreur tres-grande, car il est bien de montre actuelle-
ment que les graines amassees et emmagasinees ensuite par ces indus-
trieux insecles servent re"ellement a leur nourriture.
Un -ail leur anglais, plus connu des botanistes que des zoologistes, a
public a ce sujet, en 1873, un travail plein d interet, relatif aux provisions
faites pur ces Hymenopteres. Ge travail, public en anglais, quia. pour
titre : Harvesting ants, accompagne" de six planches, sans compter les
figures intercalees dans le texte, est du a M.. Traherme Moggridge..
Ce naturalisle, qui a fait une etude toute particuliere et tres-conscien-
cieuse de ces insectes, designe sous le ridm de Fourmis moissonneuses
(Harvesting ants] les especes qui ont pour habitude d amasser des graines,
et il dgmonlre que ces provisions, plac^es dans des magasins particuliers
conslruits a cet effet, pratiques a une assez grande profondeur dans la
terre, servent ensuite de nourriture a. ces prevoyants insectes.
M. Traherme Moggridge a ete conduit, par suite d observations souvent
renouvelees, a demontrer que les graines ainsi amassees et emmagasinees,
apres etre resides pendant un certain temps dans la terre,, finissent par
se ramollir, entrer ensuite en germination, et que, dans cet etat, elles
contiennent en assez grande quantite un liquide ou une substance sucree
dont les fourmis sont tres-friandes.
Cette observation rationnelle explique quel doit etre 1 emploi des pro
visions de graines amasse"es par ces Hym6nopteres; elle fait voir aussi
qu Esope et La Fontaine avaient raison, et que le langage attribue" par ces
fabulistes a la Gigale, au sujet de I emprurit qu elle veut faire a la Fourmi
sa voisine, est conforme a la v^rite.
C est aux environs de Menton que ces remarques extremement curieuses
ont ete faites et sur lesquelles je ne m etendrai pas davantage, notre con
frere M. Kunckel devant prochainement analyser d une maniere tres-
detaillee cet inte>essant travail.
Les Fourmis observees aux environs de Menton par M. Traherme Mog
gridge, et qui lui ont fourni les remarques int^ressantes que je viens de
signaler a la Socie"te, sont les Atta barbara el structor, especes tres-abon-
damment repandues dans cette par tie sud de la France.
M. le docleur Auzoux indique un nouveau precede pour tuer rapide-
ment et .conserver, pendant un. laps de temps assez considerable les
insectes que Ton recueille dans les cha sses entomologiques, precede" qui
lui semble de beaucoup preferable a ceux signals jusqu ici, et surtout a
1 emploi des feuilles de laurier-cerise.:Ce moyen consisle a.mettre simple-
ment quelques gouttes d essence d amandes ameres dans: de la sciure
de bois, placee elle-meme dans un .flacon hermetiquement ferme. II
montre a ce sujet un flacon ainsi prepare contenant des insecles encore
assez mous pour pouvoir etre prepares, et qui cependant ont ete recueillis
il y a plus de deux mois a la Pointe-de-Galle, dans Tile de Ceylan.
Aucune moisissure ne se remarque dans le flacon, et la sciure de bois est
parfaitement seche.-
M. Leprieur, tout en recommandant 1 essai tente heureusement par
M. le docteur Auzoux, fait remarquer que plusieurs autres essences vege-
tales doivent produire le meme effet que 1 essence d amandes ameres.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
OUVRAGES PtiRIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Comptes rcndus hebdomadaires des seances de I* Academic des Sciences,
tome LXXVII, n os 10 et 11 (septembre 1873).
MILINE-EDWARDS, p. 572, Note sur les observations de M. Lecoq
de Boisbaudan relatives a Tapparition du Phylloxera dans les
vignobles de la Charente. E. DE LAVAL, p. 601, Reclamation de
priorite a propos de Temploi du sulfure de carbone contre le Phyl
loxera. CAZAUBAN, LEBON et VICAT, p. 603, Moyens a employer
contre le Phylloxera.
_ 8
Comptes rendus de la Societe entomologique de Belgique, n 90, Stance
du 6 septembre 1873.
H. TOURNIER, Diagnose de cinq especes nouvelles du genre Me-
cinus : Mecinus leviceps (Sarepta), Reichei (Alge"rie), nasutus (Ca-
labre), humeralis (Sicile), Fairmairei (Tanger).
Memoircs de la Societe de Physique et d Histoire naturelle de Geneve,
t. XVIII, l re partie (1865); t. XIX, l re et 2 C partie (1867-1868);
t. XXII (1873); t. XXIII, l re partie (1873).
Tome XVIII. ALOIS HUMBERT, p. 1, Essai sur les Myriapodes
de Ceylan.
Tome XIX. E. CLAPAREDE, p. 313, Les Annelides Che"topodes
du golfe de Naples (avec 16 planches noires).
Tome XXII. HENRI DE SAUSSURE, Biographic d Edouard-Ren6
Claparede (avec un portrait). E. CLAPAREDE, p. 1, Recherches
sur la structure des Annelides sedentaires (15 planches colorizes).
OUVRAGES DIVERS.
* CHEVROLAT (A.). Memoire sur les Cteonides. Broch. in-8. (Extr. des
Me"moires de la Societe" royale des Sciences de Lie"ge.)
* HEWITSON (W.-C.). Exotic Butterflies, part. 87, avec 3 planches colo-
ri^es. Broch. petit in-A . London, juillet 1873.
* STAINTON (H.-T.). The natural history of the Tineina, t. XIII. Vol.
rel. gr. in-8, avec 8 planches. London, 1873.
MAURICE SEDILLOT.
Paris, 2 octobre 1873.
PARIS. Typog. FELIX MALTESTE et C ; e ; rue des Deux-Portcs-St-Sauveur, 22.
NO i5.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Uccueilli par M. E. DES1H AREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du 8 Octobre
Presidence <le Mt C.-E. LEPRIEUR, Vice-Pr6sident,
28 membres presents.
M. E. Mulsant, de Lyon, assiste a la stance.
Nomination. II est precede a la nomination d un inembre de la Com
mission du Prix Dollfus poiir 1873, en remplacement de M. le docteur
J. Giraud, de"missionnaire. M. Maurice Girard est elu a I unanimitg des
voix.
Lectures. M. d. Ferris adresse, par I enlremise de M. le docleur La-
boulbene, un supplement a son me"moire inseTe" dans le l cr numero des
Annales de 1873 et intitule : Requitals de quelques promenades entomc-
logiques. L impression immediate en est d^ciclee.
M. le docteur Al. Laboulbene lit deux notices, accompagne es de
figures, ayant pour litres :
1 Note sur une nymphe d Insecte CoI6optere incluse dans la peau
durcie et pupiforme de la larve, trouv^e a Cannes an mois de mars 1870;
2 Etudes anatomiques et physiologiques sur le cri du Sphinx (Ache"
rontia] Atropos male ; et sur un organe singulier, en forme de coussiiiet,
place" a Tangle interne de reunion de la jambe et du femur aux pattes
ante rieures de Finsecte male.
Communications. M, le docteur Al. Laboulbene annonce la mort du
savant entomologique le docteur R. Schiner, de Vienne, qui s occupail
surtout des Insectes de 1 ordre des Dipteres.
M. de Marseul, a 1 occasion de la discussion qui s est e leve e entre
lui et M. Desjjrocbers desLoges (Bulletin 1873, pages xix et xx, et N 12,
pages 2 a A), donne lecture de la note suivante :
Je n ai jamais dit que les especes ROtiorhynchus publics par M. Stierlin
riexistaient que dans son cervcau; mais il y a dix ans, en re"ponse a
M. Schaum, qui m accusait d inse"rer dans mon Catalogue des especes
decrites d une facon incomplete, a la fagon de 1 auteur des fabricats berli-
nois, j ai soutenu qn il valait mieux ne pas exclure ces especes douteuses
que d adniettre, comme lui, dans son Catalogue, des noms d especes ine"-
dites (et a cette date les especes ftOtiorhynchus Maient encore). J ai
toujours fait grand cas des travaux du docteur Stierlin, et j ai le bonheur
de donner de sa main, a la fin de mes Otiorhynchus, un synopsis complet
des especes du genre. C est pour que ce savant ne doute pas de mes sen
timents que j ai du relever les insinuations de M. Desbrochers.
M. Desbrochers des Loges adresse la note qui suit sur le me"me
sujet :
Je laisse a mes collegues le soin d appre*cier si la note pre sente e par
M. de Marseul le 12 fevrier dernier est beaucoup plus convenable quant
a la forme et plus inte"ressante au point de vue scientifique que la mienne.
Je tiens seulement a repondre en quelqnes mots a la nouvelle accusation
dirige"e contre moi.
VAbeille entomologique de 186/1 ou 1865 fait mention d un projet de
revision des Brachycerus, sans indiquer le nom de 1 auteur qui doit s oc-
cuper de ce travail. J avais cru que ce projet avail e"l6 abandonne comme
tant d aulres, ce qui, du reste, m avait ete affirme, et cinq ans plus tard
j ai publie" mes descriptions. Nous altendons toujours avec impatience la
monographic annonce"e.
Quant aux Tychius, je n ai trouve", dans les recueils p^riodiques que je
refois, aucun avis faisant connaitre 1 intention de M. Tournier de traiter
ce genre dont je m etais occupe deja depuis quelqne temps. Je ne connais
qu une note des Petites-Nouv files qui suivit de pres la publication de mes
diagnoses. Je ferai remarquer, au surplus, que les Observations de
M. Tournier ne constituent pas une monographie proprement dite, puis-
qu un grand nombre d especes sont reslees inconnues a TaiUeur et que
les especes nouvelles seules sont decrites par lui (d apres le comple rendu
du Bulletin du 2Zi septembre 1873). Mon memoire etant egalement une
suite de descriptions el d observalions, je n avais aucune raison parlicu-
culiere pour en arreter Timpression, et je declare que je n eprouve pas le
moindre scrupule a cet egard.
:., . ^5 >Jiii*^i9fi Jlfen!ff-g^qj&*l ^Ii no
La Societe, apres avoir entendu la lecture de ces deux notes, en decide
Timpression dans son Bulletin , d apres le desir manifesto" par leurs
auteurs; mais elle ppnse en meme temps que la discussion a laquelle se
sont livre s MM. de Marseul et Desbrochers des Loges doit 6tre aclueller
ment close.
: J"-Jt ) ib fH (tfi iQf
M. A. Ponson fils, au sujet d une note imprime e re"cemment dans le
Bulletin relativement a la Saperda Phoca, presente, par Tentremise de
M. L. Buquet, les details suivants sur ce Longicorne :
II est positif que cette jolie Saperde vit dans le saule marceau. Elle
choisit generalement les arbres isole s, de preference a ceux places pres des
ruisseaux, mais toujours dans des lieux escarpes et a une Ires-faible alii-
tude - [JlsiiibB 3U9q ea nO
Dans nos alpes grenobloises, ou je la prends, elle paralt vers la fin de
juin et s accouple du 1" au 15 juillet, selon que la saison est plus ou moins
precoce. Jusqu a deux ou trois heures de Tapres-midi elle se tient cache e
sous les feuilles ou bien encore a la naissance des branches. A partir de
ce moment elle sort de son repos, voltige autourde Tarbre ou se promene
le long des branches, soil pour s accoupler, soil que la femelle, une fois
feconde"e, puisse travailler a fendre 1 ecorce pour y de"poser ses ceufs. La
femelle esl toujours beaucoup plus rare que le male.
J ai essaye d elever la larve, mais sans sucees. Je n attrttme cet e chec
qu a la mauvaise condition hygienique ou elle se trouvait a Lyon.
, cfj b no 3iiqcfio c l 01^93 ub jSiuoi &nifi)i93
M. Maurice Girard communique la note suivant&iftoqcaa siol 210918
cilo/ II .339Jlqyi 89JJtq eel J9 ainsv 9! iuq
Dans un sejour de deux mois, en aout et septembre l^^c>^$9nj^
(Manche), j ai observe quelques fails entomologiques sur divers Articules :
1 Les Cicindeles ne se rencontrent pas a Granville memo, oil le flot,
dans leshautes marges, vient battre contre le rbcher, niaV^TOavenf Se
chaque c6te de cette ville, le long des dunes de sable de Douville et de
Saint-Pair, plus abondantes sur cette derniere plage, exposed au couchant,
que sur 1 autre, tourne"e au nord. La, en eflet, la mer n envahit jamais les
trous d affut ou vivent les larves sur le talus de la dune et sur le sominet
de celle-ci. Au commencement du mois d aout existait seule le C. litto-
ralis Fabr., de la petite race nemoralis Oliv., la m6me race que je trou-
vais ranne"e pre"cedente pres de Saint-Malo, de 1 autre c6te" de la baie.
Cette Cicindele apparait depuis dix heures du matin jusqu a trois heures
environ de 1 apres-midi, remontant sur la dune et se cachant dans les
grandes herbes des que le soleil est trop incline. Elle doit se nourrir de
nombreux Dipteres sortis des amas putreTies de varech et de zostere, et
peut-6tre de ces nombreux Talitres (Crustaces) qui saulillent sur le
sable.
Je fus te"moin, le 13 aout, d un fait assez singulier. A partir de deux
heures apres midi environ, 1 espece prece"dente fut remplace"e subitement
par C. hybrida Linne, d un vol plus rapide que celui de C. nemoralis , se
laissant moins aisement approcher, plus farouche et fuyant sur la dune.
Cette espece venait d e"clore, et j en vis sortir de trous dans le sable. Elle
persista, sans aucun melange de 1 autre, sur les deux plages sablonneuses
citees, en diminuant peu a peu en quantite jusqu aux derniers jours de
septembre. J ai constate" ce fait nombre de fois.
On ne peut admettre que tous les sujets de 1 espece pre"ce"dente, que je
trouvais Tan dernier pres de Saint-Malo jusqu a la fin d aout, aient 616"
frappe"s de mort subite le 13 aout. II me parait probable que C. hybrida,
plus robuste, ex pulse imme diatement Taulre espece de ses territoires de
chasse. A Compiegne, j ai toujours remarque que dans les lieux tres-
sablonneux ou vole exclusivement C. hybrida, comme au Rond-Royal,
aux Beaux-Monts, on trouve tout aupres C. campestris Linn6, espece non
localisee, mais jamais cote a cote et m^lee a V hybrida.
%
2 9 Les mfcmes talus des dunes etaient crime s de petits trous, nids d un
Hymenoptere fouisseur de faible laille, noir, a ailes enfume"es, tres-commun
certains jours, du genre Pompile ou d un genre voisin, que j ai pris plu-
sieurs fois emportant au vol de petites Araignees errantes anesthe sie es
par le venin et les pattes replies. 11 vole peu et en rasant le sol, mais
court beaucoup et sautille sur le sable.
3 Parmi les Orthopteres, VGEdipoda ccerulescens Linne" etait beaucoup
moins abondant sur les falaises que 1 annee derniere dans les regions
analogues de Saint-Malo, et je n ai jamais trouve" la variete germanica a
ailes rouges ; le Libcllula vulgata (N6vroplere) e"tait, au conlraire, des
plus comrauns en septembre.
4 Les Lepidopteres du mois d aout consistaient en Pirns daphlidice et
plusieurs Satyres sans inler&t des environs de Paris a la me 1 me epoque; le
Callimorpha hera n etait pas abondant, et je n ai vu voler que le type
rouge, sans la variete" jaune assez fre"quenle sur les cotes de Bretagne,
notamment au Mont-Saint-Michel, tres-voisin de Granville. En septembre,
les Inzernes des falaises offraient les Colias hyale et edusa en faible quan-
tite", surtout la derniere espece.
5 Je termine par un renseignement plus interessant se rapportant a
1 ordre des Crustaces De"capodes et tout special a cette localite". Depuis
environ quatre ans, m a-t-on rapporte", un pecheur de Granville a confie
ou s est laisse" surprendre un secret de metier tres-importanl. On captu-
rait d ordinaire quelques Squales de temps a autre dans les filets; actuel-
lement c est, par anne*e, de soixante a sixanle-dix mille de ces poissons
qui sont peche"s a Granville, du mois d avril au mois de novembre;
j en ai vu environ de six a huit especes dislinctes. On les expe die dans
les villages du Bocage et dn nord de la Bretagne, ou leur chair ferine et
azotee est une precieuse ressource alimentaire, 6tant vendue a bas prix.
Ce re"sultat tout nouveau est du a Tamorce. On garnit les hamefons de
longues et tres-solides lignes de fond, chacun avec un gros Pagure, le
Pagurus Bernardus, cachant bien dans son corps charnu le crocret
meurtrier. Les femmes et les enfants vont a mare"e basse chercher dans
les rochers les Buccins qui renferment dans leurs grand.es coquilles les
Pagures les plus de veloppe s, et on les brise au maillet pour en extraire
le Crustace".
Au sujet de ces communications, plusieurs remarques sont presentees :
M. le docteur Al. Laboulbene dit qu il a constate un fait different de
celui observe par M. Maurice Girard relativement aux Cicindcla hybrida
et nemeralis. II se souvient que jadis il a pris les Cidndela hybrida et
sytvatica dans une m6me localite" de la for6t de Fontainebleau, et que
ce deux especes se trouvaient ensemble.
M. H. Lucas se rappelle qu en 1868 il a vu aupres de Roscoff les
p^cheurs amorcer leurs lignes avec des Pagurus Bernardus lorsqu ils vou-
laient s emparer de Squales. Du reste, les p^cheurs bretons ne semblaient
6
pas faire un secret du moyen qu ils employaient pour rendre leur pche
plus fructueuse.
* M. Gabriel Tappes montre des branches de Chines, provenant de
fore"ts de la Nievre, qui lui ont e"te" envoye es par M. F. de Froideau, et
qui contiennent des larves et des nymphes de Pinsecte destructeur signale
dans la derniere seance (Bulletin N 12, p. 5). Les trous de sortie du
Coleoptere, qu on peut y remarquer, semblent bien indiquer le travail
d un Buprestide.
Le meme membre presents les dessins de plusieurs especes interes-
santes de Cryptocephalides; il donne a ce sujet des details qui seront
reproduits dans un me moire qu il doit bientot soumetlre a la Socieie".
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES
SAV ANTES.
Bulletino delta Societa entomoloyica itatiana, 5 e annee, 3" trimestre
1873.
Camillo RONDANI, p. 133, Degli insetti nocivi e dei loro parasiti
(suite). Alessandro SPAGNOLINI, p. 166, Goramunicazione pre-
ventiva sopra i Neurotteri del Modenese. Henrico RAGUSA, p. 170,
Escursioni fatte sul monte Pellegrino presso Palermo. Giacomo
PINCITORE MAROTT, p. 180, Escursioni entomologiche al Bosco
della Ficuzza e nei prossimi ex-feudi Marraccia, Gatagnano e Rao
(Sicilia). Piero BARGAGLI, p. 197, Material! per la fauna ento-
mologica dell isola di Sardegna : Coleotteri (suite).
Comptes rendus hebdomadaires des seances de CAcademie des Sciences,
t. LXXVII, n oi 12 et 13 (septembre 1873).
Max. CORNU, p. 656, Sur quelques particularite"s relatives h la
forme aile"e du Phylloxera au point de vue de la propagation de
Tespece. L. FA u CON, p. 663, Sur 1 e poque a laquelle il convient
7
d appliquer la submersion aux vignes atteintes par le Phylloxera.
R. REJOU, p. 666, Note concernant 1 emploi des feuilles de tabac
pour combaltre le Phylloxera. A. HAY, p. 666, Note relative a
1 emploi, contre le Phylloxera, d une decoction de tabac melangee
avec de la chaux, L abbe" MAGNAT, p. 666, prie l Acade"mie de
lui adresser quelques documents relalifs a 1 histoire naturelle du
Phylloxera. Max. CORNU, p. 710, Comparaison du Phylloxera
vastalrix des galles avec celui des racines. GAUBAN DU MONT,
p. 715, Note relative & I influence que pourrait avoir la culture du
chanvre pour eloigner des vignobles le Phylloxera. E. DE LAVAL,
p. 715, Note relative a 1 emploi du sulfure de carbone melange"
avec une huile ve"getale contre le Phylloxera. PEYRAT, p. 715,
Documents relatifs a 1 efficacite des produits qu il a indique s contre
le Phylloxera.
* Feui lie des Jeunes Naturalistes, t. Ill, n 36 (octobre 1873).
Jules DE GAULLE, p. 125, Les insectes comestibles. M. DES
Gozis, p. 128, Tableau synoptique des LebiidaB de France.
Fourth annual report of the trustees of the Peabody Academy of Science,
ann6e 1871.
Memoirs of the Peabody of Academy Science, t. I, n 2 et 3. Sa
lem.
A.-S. PACKARD, Embryological studies on Diplax, Perithemis,
and the Thysanurous genus Isotoma (3 planches). ID., Embryo-
logical studies on Hexapodous insects.
* Monthly reports of the department of Agriculture for the year 1871
et 1872. Broch. in-8. Washington.
* Ohio Ackerban Behorde von Ohio. Vol. gr. in-8. 1872.
The American Naturalist, t. V, n 2-12; t. VI, n 09 1-11.
Tome V. S.-A. PACKARD, p. 91, Bristle-tails and spring-tails
(avec figures). Henry SHIMER, p. 217, Additional notes on the
Striped Squash beetle (avec figures). D r E. MULLER, p. 271,
Fertilization of flovers by insects. A.-S. RITCHIE, p. 329, The
toad as an entomologist. -B. SILLIMAN, p. 683, The Chinese Wite
Wax insect. P. 739, The mammoth cave and its inhabitants.
Tome VI. B. PICKMANN MANN, p. 332 et 596, The white coffee-
leaf miner. H. HAGEN, p. 388, Mimicry in the colors of insects.
Rev. Samuel LOCKWOOD, p. M9, A new Entozoon from the eel.
C. RILEY, p. 532, Of the cause of deterioration in some of our
native-grape-vines. Samuel SCUDDER, p. 665, Fossil insects from
the Rocky Mountains.
OUVRAGES DIVERS.
* DESBROCHERS DES LOGES. Description de quelques Tychiides nou-
veaux. (Extr. des Annales de la Socie"te entomologique de Bel-
gique pour 1873.)
* PACKARD (A.-S.). Record of American Entomology for the year 1870.
Broch. in-8. Salem.
* TOWNEND GLOVER. Illustrations of North American Entomology : Or-
thoptera. Broch. in-4 avec 13 planches colorizes. Washington.
MAURICE SJEDILLOT.
Ordre du jour de la stance du 22 octobre 1873 :
Rapports sur MM. i Baudi (Luigi-Verdiani), a Sierra (Italic); 2 Joly
(Emile), medecin-major militaire a Ajaccio ; et 3 Tarrissau (Jean), pro-
fesseur au college Louis-le-Grand, a Paris, presentes pour faire partie de
la Socie"te". II sera ensuite proce"de", s il y a lieu, a la nomination de ces
candidats.
H S era donne" lecture de notes de MM. Mayet et Simon.
Paris, 17 octobre 1873.
PARIS. Typog. FEUX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
N 14.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Hecueilli par >l. E. I>*:*:H.%III:ST , (Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du - Octobrc 1873.
Prudence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
31 membres presents.
MM. Guerin-Me neville, membre honoraire, et le ge"ne"ral de Valdan, de
I lsle-Adam (Seine-et-Oise), assistent a la stance.
Decision. Sur 1 observation du Secretaire, la Soci^te", conside"rant que
M. J. Fallou fait partie de droit de la Commission du Prix Dollfus comme
Archiviste, decide qu il sera precede", dans la prochaine stance, a son
remplacement comme membre special de ladite Commission.
Lecture. M. Louis B( iel depose un me moire ayant pour litre : Revision
des Brachycerides du t ssin de la Mediterrane"e :
Les Brachycerides sont divis^s en deux genres : 1 Brachycerus Oliv.
(24 especes, dont 5 nouvelles) ; 2 Herpes Bedel (1 espece).
M. Ed. Ferris a bien voulu joindre a ce travail la description des meta
morphoses du Brachycerus undatus Fabr., dont M. Damry, de Bonifacio,
a de"couvert les premiers 6tals en 1870.
Communications. M. le Secretaire annonce la mort, qui remonle deJJi 4
une e"poque assez ancienne (septembre 1872), de notre ancien confrere
M. Nicolet, de cede a 1 ficole ve te rinaire d Alfort (Seine). On sail que,
outre les nombreux dessins relatifs a 1 entomologie dus a 1 habile crayon
de M. Nicolet, il a public des travaux tres-appre cie s sur clivers points de
Tentomologie et principalement un Essai sur la classification des Insectes
Apleres de 1 ordre des Thysanoures (Ann. Soc ent. Fr., 18/i7, p. 335).
M. Nicolet a appartenu a la Soci^te" de 18A5 a 1856.
M. le Tre"sorier dit que, par suite d une erreur due a Tadministration
des posies, on avait annonce" (Bulletin des stances n 11, p. 2) la mort de
notre collegue M. Quinquarlet, de Troyes ; il est heureux de faire savoir
que cette nouvelle est completement errone"e.
M. L. Buquet annonce que notre collegue M. Pabbe Glair va prochai-
nement partir pour Constantinople, ou il corapte se fixer pendant plu-
sieurs annexes et se livrer activement a des recherches enlomologiques.
M. Maurice Girard fait hommage a la Socie te d un exemplaire de son
Traitl elementaire d Entomologie theorique et appliquee (I er volume) :
La parlie publie"e forme un ensemble complet. En eflet, elle contient
une Introduction a TEntomologie, plus courte que celle de MM. Lacor-
daire et Westwood, a laquelle est annexe un guide du chasseur d Insectes,
et la description des precedes de conservation des Insecles, avec les indi
cations ne"cessaires aux debutants pour le premier classement d une col
lection. Ensuite vient une e"tude sur la geographic entomologique et un
excellent chapitre sur les Insectes fossiles du a la collaboration speciale
de noire collegue M. Oustalet. Le resle du volume esl consacre" a Tordre
des Coteopteres, avec les principaux genres indigenes el exotiques.
Les debutants y trouveront Tindication et une rapide diagnose des
especes les plus communes en France, les premieres par lesquelles com
mence loule colleclion, et des notions sur les Coleopleres cavernicoles.
Les meilleurs moyens de s opposer aux ravages des Hannetons, des Sco-
lytiens, des Bruches, de la Galandre des grains, des Altises et autres
Ghrysome liens, etc., sont exposes a la place didactique des genres en
question.
De nombreuses descriptions de me tamorphoses de Gole opteres sont
rassembl^es dans cet ouvrage : ainsi les Hydrophiles, les M^loi des, les
Hfemonies, IPS Glytrides, etc.; des citations exactes renvoient le lecteur
3
aux travaux originaux, principalernent aux me"moires et monographies
publics par les membres de la Soci6t6 entoraologique de France.
L auleur s occupe actuellement de la redaction relative aux Orthopteres
et aux Nevropteres.
La plupart des planches de 1 ouvfage sont tiroes de 1 Iconographie de
M. Gue"rin-Me"neville, avec additions d insecles nouveaux et d anatoraie.
Le meme membre, au sujet du proces-verbal de la prece"denle
stance, dit que le cri produit par le male du Sphinx (Acherontia) Atropos,
dont s est occupe* M. le docteur Al. Laboulbene, est produit probablement
par les deux sexes.
MM. Berce et G. Tappes confirment cette observation, qui, du reste, a
" <He publiee.
M. Pellet fait savoir, par 1 entremise de M. Gh. Brisout de Barne-
ville, que le Cardiomera Gemi, jadis signale" comme propre a la faune
francaise par Jacquelin Duval, et qui depuis n y avail ete trouve" qu une
seule fois, vient d etre pris de nouveau a Rix (Pyre"nees-0rientales) par
noire confrere M. Xambeu.
M. Gabriel Tappes montre a la Socie te de jeunes branches de chenes
provenant des parties infe rieures des arbres et qui pre"sentent de nom-
breux trous produits par la Mesosa nubila; il montre, dans Tinlerieur
de ces branches, des larves de ce Longicorne, dont le travail permet faci-
lement la fracture du boiF. Ces branches ont e"te recueillies en grand
nombre dans la for6t de Fontainebleau.
Le meme membre ajoute, relativement a ce qui a 6te" dit pre"ce"dem-
ment sur les Cortebus, que le C. undatus vit habittiellement ^ la partie
infe"rieure du tronc des chines, tandis que le C. bifasdatus se trouve plus
souvent dans les branches superieures.
M. Chevrolat confirme les remarques qui viennent d etre pre sente es.
M. J. Fallou fait voir des branches de jeunes trembles qui oflrenl de
nombreuses nodosiles produiles par les larves de la Saperda populnea, qui
s y de"veloppenl el en sortenl au printemps a Mat d insecte parfail. Dans
une region assez 6lendue de la forel de Senart un Ires-grand nombre de
trembles ont en ce moment presque toutes leurs branches attaquees de
la m&me maniere ; et il est certain que les de"gats produits par la Saperda
populnea causera beau coup de mal a leur v6" gelation.
M. L. Bedel donne les renseignements suivants sur quelques especes
recueillies par lui a Villers-sur-Mer (Calvados) :
A la fin de juillet et au mois d aout, j ai recherche" avec beaucoup de
soin les parasites d une plante du genre Anthemis, alors en pleine florai-
son, et j y ai trouve" : Oiibrus seneus Illig., d une abondance extreme;
Apion conflucns Kirby et Hookeri Kirby, le premier en petit nombre, le
second en quantite" ; Cassida rufovirens (2 exemplaires), et trois autres
especes du meme genre encore inde"lermine"es.
Je signale tout particulierement la capture de I 1 ] Apion confluens Kirby
(stolidum Gyl.) sur une espece d Anthemis ; Wencker (Abeille, I, p. 1AO)
rindique comme vivant sur le Chrysanthemum leucanthemum, de meme
que V Apion stolidum Germ, (confluens Gyl.); mais je crains bien que la
confusion dans la nomenclature des insectes n ait entraine ici la confusion
des plantes, car j ai trouve", dans la meme region, 1M. stolidum Germ,
sur le Chrysanthemum et le confluens Kirby sur I 1 Anthemis, chacun ex-
clusivement sur les plantes que je viens de nommer.
Quant au genre Cassida, dont je viens de parler, j ajouterai seulement
que, en ge"ne"ral, ses especes vivent sur les corymbiferes des genres An
themis, Achillsea, Inula, Filago, et sur les Carduace"es, mais qu il y a des
exceptions, entre autres pour la C. margaritacea Fabr., dont la larve,
d apres M. de Frauenfeld, mange le parenchyme des feuilles de Saponaria
officinalis.
Pour en revenir au Calvados, j ai de"ja parle" (Bulletin N 11) des moaurs
du Syntomium seneum ; j ajouterai seulement que je 1 ai retrouve" abon-
damment a Dieppe, au mois de septembre, en cbassant, avec mon ami
A. Grouvelle, dans un chemin creux offrant beaucoup d analogie avec la
locality ou je 1 avais rencontre" a Villers.
Dans ce dernier pays, j ai observe", au mois d aout, un fait qui m a
beaucoup e tonne" : Me promenant un jour au bord de la mer, le hasard
me fit examiner quelques debris de plantes marines formant a la limite
de la derniere mare"e une ligne infiniment e"troite, mais prolonge e d une
maniere presque continue sur toule i &endue de la plage. La premiere
chose que j y trouvai fut un individu de la Chrysomela graminis, que je
n avais jamais rencontr^e dans ces parages ; je crus d abord que le hasard
avait amene" la cet insecte, mais en suivant la ligne tracee par les debris
j en ramassai continuellement d autres exemplaires, ge"neralement vivants,
mais parfois un peu maltraites par la mer ; en une seule chasse j en re-
cueillis plus de 100 individus ; avec eux je ne rencontrai guere que des
Cercyon hasmorrhoidale et quelques insectes vulgaires, en petit nombre,
notamment des Cassida. Cela dura une journee environ, puis tout dis-
parut.
D ou venait cette Chrysomela graminis, espece qui est loin d etre
repandue comme la C. menthastri ? Quelques jours auparavant il soufilait
un vent violent qui sans doute Tavait amenee, mais son lieu d origine me
reste inconnu.
D ailleurs ces invasions aeriennes de Coleopteres paraissent fre"quentes
sur les bords de la Manche. Quand j arrivai a Villers, an mois de juillet,
je trouvai sur la plage, sous les detritus de plantes marines, une norme
quanlitg de Cytiius varius et quelques Byrrhus, tous morts depuis
un certain temps, et accompagnes seulement de rares debris d autres
insectes. Lei encore le vent avait probablement servi a transporter ces
insectes comme les masses de Mdolontha vulgaris et d autres especea
dont j ai deja parle (Ann. de 1871, Bulletin, p. xxxvin). Cependant si le
vent doit jouer un certain role dans ces migrations accidentelles, et pro
bablement sans resultats, puisque les insectes meurent en arrivant, elles
peuvent avoir une autre cause dont il faut tenir compte : je veux parler
de 1 extreme chaleur qui chasse souvent de leur habitat une foule d in-
secles divers et leur fait prendre leur vol par essaims nombreux.
A la fin de septembre, par exemple, et dans les premiers jours d oc-
tobre, j ai e"te temoin du fait suivant : Les jours ou le temps etait chaud
et 1 air parfaitement calme , dans 1 apres-midi, les Sitones gcmellatus
venaient conslamment se poser sur les murs de Villers, d Houlgate et
sans doute tout le long de la cote, mais uniquement sur les parties a
I ombre, exposees au nord et construiles en briques, jamais sur les palis-
sades en bois; ils semblaient arriver de fort loin, dans la direction de la
mer, et n e"taient accompagnes, en dehors d une certaine quantity de
Simplocaria semi sir i ata , que d un petit nombre d insectes paraissant
provenir de localites marecageuses. Je n avais qu a attendre le long des
murs bien exposes pour voir le Sitones s y abattre & chaque instant : j en
ai pris de la sorte une centaine, toujours quand il faisait beau ; si le
temps se gatait, I arriv^e de ce Curculionide restait suspeudue, et, le vent
tombe et le ciel eclairci, il reparaissait comme auparavant. D oii pouvait-il
arriver? Je ne saurais resoudre le probleme; il me semble probable
6
cependant qu il ne venait pas des environs de Villers, oil je n ai jamais
pris de cette facon que lui seul, a Texclusion des Sitones cambricus, Wa-
terhousei, ononidis, suturalis, abondants au meme endroit sur les diverses
Le"gumineuses qu ils affectionnent.
M. fid. Lefevre communique la note suivante :
La plupart de mes honorables collegues savent que depuis qnelques
temps de"ja je m occupe activement de 1 etude des Eumolpides. Or, en
rassemblant tout ce qui a ete public jusqu ici sur cette famille, j ai eu
connaissance que le nom gene"rique de Bromius Redt. devait etre raye
de nos catalogues europeens et y elre remplac^ par celui RAdoxus, pu-
blie des 1837 par Kirby dans son grand travail sur les Insectes de TAm6-
rique bor&ile. Bien que signaled des 1865 par M. Baly, dans un memoire
intitule : An attempt on the classification of the Eumolpidds et insert dans
le tome II du Journal of Entomology (1), cette rectification m a paru
encore peu connue en France, et, en raison de son importance, j ai cru
devoir en entretenir la Society.
Le genre Bromius fut cree nominativement en 1837 par M. Chevrolat,
dans la 3 e Edition du Catalogue Dejean, pour les Eumolpus obscurus Lin.
et vitis Fabr., et Tauteur y fit rentrer toutes les especes exotiques con-
nues (entre autres YEumolpus hirtus Fabr.) qui u avaient avec les types
europeens qu une ressemblance exterieure de forme.
La meme annee, le R6v. W, Kirby trouvait, dans TAm^rique du Nord,
VEumolpus vitis et cr6ait pour lui le genre Adoxus, qui bien que decrit
netternent dans le vol. IV de sa Fauna Boreali-Americana, resta ignore
de tout le monde.
Ce ne fat que onze ans apres 1 apparition du Catalogue Dejean, c est-a-
dire en 1848, que le genre Bromius fut enfin caracterise par M. Redten-
bacher dans la l re Edition de sa Fauna austriaca, et plus recemment, en
1868, par M. Fairmaire, dans le IV e volume du Genera de Jacquelin Duval,
mais en ce qui concerne seulement les deux especes europ^ennes obscurus
et vitis.
II appartenait a M. Baly de retablir les faits, et dans le remarquable
memoire dont j ai parle plus haul, public au mois de novembre 1865, ce
savant descripteur des Phytophages, reconnaissant combien le genre Bro-
(1) Cet ouvrage est assez rare , et c est grace a 1 obligeance de notre collegue
M. Jekel que j ai pu le consulter.
, tel qu il avait ete cree" par M. Chevrolat, avail peu d homogeneite,
retablit le genre Adoxus de Kirhy pour les deux especes europeennnes
obscurus et vitis, et reunit toutes les especes exoliques connues dans UD
second genre bien distinct, auquel il conserva le nom de Bromius, en lui
donnant pour type YEumolpus hirtus de Fabricius.
En presence de ces fails si precis, il est incontestable, a mon sens,
que nous devons, des maintenant, adopter cette classification et que le
nom d 1 Adoxus devra desormais remplacer dans nos catalogues celui de
Bromius, en 1 inscrivant ainsi qu il suit :
Genre ADOXUS Kirby, Fauna Boreali-Americana, IV, p. 209 (1837).
Bromius Chevr. (pro parte). Redlenb., Fauna Austr., l re ed. (1848).
Fairm., Genera Col. d Eur., IV (1868).
En terminant cette communication, je dirai quelques mots au sujet du
genre Colaspidema Laporte (Golaphus Redt. et auct.), plac6 a tort, jus-
qu a present, dans nos catalogues parmi les Eumolpides. La forme du
proslernum, le troisieme article des tarses bilobe et les ongles des tarses
simples, le font bien certainement rentrer parmi les Chrysomelides, el
c est avec juste raison que M. L. Fairmaire, dans le IV" volume du Genera
de Jacquelin Duval, 1 a place a la fin de ce dernier groupe, comme fai-
sanl le passage aux Gattrucides, dont il se rapproche par le developpe-
ment, parfois enorme, que prend Tabdomen des femelles.
Voici le tableau des especes connues jusqu ici :
1. C. rufifrons (Oliv., Ent., V, 91, p. 532, pi. 6,
fig. 93, sub Chrysomela) Espagne, Algerie.
2. C. Dufouri (Perez Areas, Ins. nuev. Esp. [1865],
p. 22, n 15) Espagne merid.
3. C. signatipennis (Lucas, Expl. scienl. d Algerie.
p. 517, n 1368, pi. Zi6, fig. 5) Algerie.
4. C. pulcheUa (Lucas, Loc. cit., n 1367, pi. 46,
fig. 4) Algerie.
5. C. Hseftt (Fald., Fauna Iranscauc., II, p. 365,
lab. xm, fig. 4) Caucase.
6. C, Sophia (SchalL, Acta Halens., I, p. 272 [1783],
sub Chrysomela) Allemagne.
7. C. tibialis (Redtenb., in Acad. der Wissensch. in
Wien [4850], Band 1) Syrie.
8. C. air a (Oliv., Enc. melh., V, p. 719, n 133
[1791], sub Chrysomela] France, Algerie.
Chrysomela barbara (Fab., Ent. Syst., I, p. 323,
n 95 [1792]).
A ces especes j en ajouterai une nouvelle, originaire de Barbarie, et
que j ai trouve"e dans la collection de M. Chevrolat ; en voici la diagnose :
COLASPIDEMA MACULICOLLIS.
Ereviter ovata, valde convexa, omnino rubro-testacea ; capite rugoso ;
prothorace elytrisque subtilius punctatis, his postice attemtatis, subacumi-
natis, illo macula brunnea in medio disci transversim notato ; antennis
apice nigris ; femoribus in media parte, tibiisque postice nonnihil brun-
neis. Long, k mill., lat. 2 3/4 mill.
Barbaria (in mus. Chevrolat).
M. Valery Mayet adresse au Secretaire les deux notes qui suivent :
1 Les observations sur les metamorphoses de ma nouvelle espece de
Sitaris demandant encore quelques mois pour etre comple"tees, je tiens a
donner dores et dej une diagnose sommaire de 1 insecte.
Je recevrai avec plaisir les observations de mes collegues qui doute-
raient encore de la nouveaute de Tespece.
Je lui ai donne le nom de Sitaris colletis parce qu elle vit aux environs
de Montpellier dans les nids d un Hyme"noptere Mellifere du genre Col-
Letes. Get Hym^noptere, d apres noire collegue M. le docteur Dours, est
nouveau ^galement et sa description fera partie de mon me"moire sur le
Sitaris.
Voici la diagnose de ce dernier :
SITARIS COLLETIS Vale"ry Mayet.
Long. 7 a 9 mill.; larg. 2 1/5 a 3 1/2 mill.
Tele, prothorax, antennes, poitrine et pieds noirs. Tous les anneaux de
Pabdomen d un jaune orange, filytres a bords suturaux sinueux, jaunes
avec rextre"mite noire. Mandibules coude"es presque a angles droits. An-
tennes atteignant la longueur des Slytres chez les males et la moitie" chez
les femelles. ficusson rugueux, creuse dans son milieu d une depression
lisse. Ailes transparentes, mais legerement enfumees, depassant les e"lytres
d un quart un tiers de leur longueur.
Variations. Parfois la couleur noire envahit toute Mylre et le milieu
des trois premiers anneaux de Pabdomen.
Au premier abord, ces individus anormaux sembleraient appartenir a
une autre espece ; mais, sur les 260 Sitaris que j ai recueillis ou Sieves,
j ai trouve toutes les transitions entre les elytres extre mite noire et les
elytres entierement noires. Ces specimens a teinte sombre sont dans la
proportion de li sur 100.
2 Dans un voyage que j ai fait a la fin de juillet dernier dans les mon-
tagnes des Vosges, j ai eu 1 occasion d abattre au vol, dans une fort
e"levee, une vulgaire Aromia moschata. Ce fut en vain que je cherchai des
saules autour de moi, je ne vis que des sapins, des litres et des syco-
mores. Je me souvins alors que j avais, a plusieurs reprises, rencontre" ce
Longicorne sur des ombelles au milieu des bois de la Grande-Chartreuse
(Isere). Les foists qui entourent ce monastere ce"lebre sont egalement
compose" es de sapins, de hetres et de sycomores. A mon passage a Remi-
remont, je fis part de ma rencontre mon excellent ami M. le docteur
Puton ainsi qu a M. Cuny, amateur ze16 de Gerardmer.
Ces deux collegues me dirent que, bien souvent deja, ils avaient cons
tate" que, dans les parties montagnenses de leur departement, les Aromia
se trouvaient non seulement sur le saule, mais sur le sycomore. Elles
vivent la cote a cote avec le beau Callidium hungartcwn et comme ce
dernier est cr6"pusculaire et m6me nocturne, 11 est souvent arrive" a nos
amis, qui croyaient saisir un Callidium, de s apercevoir a 1 odeur qu ils
avail mis la main sur une Aromia.
Les vieux erables sycomores abondent dans les haules forSts de la
Grande-Chartreuse, la presence de mes Aromia y est done explique e. La,
comme dans les Vosges, elles ont pour compagnons les Callidium hungari-
cum ; mais comme sans doute la seve du sycomore ne leur convient pas
autant comme nourriture que celle du saule, elles vont butiner sur les
grandes ombelles des clairieres.
M. The venet, a la suite de cette communication, et sans vouloir en
rien contester les observations signalees par M. Vale"ry Mayet, fait remar-
10
quer que Ton trouve des saules non loin du couvent de la Grande-Char
treuse ; il pense e"galement que le me me arbre doit se rencontrer aussi
dans les Vosges.
M. R. Mac Lachlan envoie au Secretaire la note suivante :
M. Oustalet vient de publier dans les Annales des Sciences geologiques,
tome II, n 2, un travail remarquable sur les Insectes fossiles du terrain
tertiaire de la France. D apres la nature des travaux dont je m occupe
plus specialement, j ai surtout cberche dans cet ouvrage la parlie qui
traite de 1 etude des Nevropteres. J ai trouve des details relalifs a 1 im-
pression d une aile figuree et decrite sous le nom A Ascataphus Edwarsii ;
mais je ne crois pas qu ii puisse reellement s agir, dans le cas present,
d un Ascalaphe, car les reticulations alaires presentees par ce de"bris d ln-
secle ne se rapportent nullement a celles des especes de ce genre, et
ofTrent an contraire des differences tres-conside" rabies, Je ne pense meme
pas qu on doive rapporter ce fossile a un Nevroptere Planipenne ; et, sans
crainte aucune d avancer une opinion erronee, il me parait que 1 en-
semble des caracteres indique plutot un insecte de la division des fiphe -
merides.
Tout en reconnaissant la grande valeur scienlifique du memoire de
notre honorable confrere, je me permettrai cependant de faire observer,
d une maniere generate, que le systeme qui engage les entomologistes a
appliquer des denominations speciales a des portions dlnsectes fossiles
me semble plus nuisible qu utile ; mais je reconnais en mfeme temps la
ne"cessite qu il y a de decrire avec soin et surtout de figurer les portions
d insectes fossiles que Ton decouvre. Pour les Nevropteres et aulres in-
sectes a ailes tres-reticulees, il arrivera bien souvent que les divers frag
ments d une aile seront d6sign6s sous plusieurs noms diffe"rents. Il est
m^me presque certain que des fragments de plantes fossiles ont deja e"te
decrits, par certains observateurs trop ze le s, comme appartenant a des
insectes.
M. Maurice Girard communique la note qui suit :
On sail qu une des grandes difficulte s qui retardent 1 introduction en
Europe de la pre^cieuse espece s6ricigene VAttacus yama-ma i Gu6r.-Men.,
c est Tabsence de feuilles de chfcnes lors de 1 eclosion des oeufs. Gelte
ann^e, j ai expos6 la glaciere des oeufs de cette espece, de maniere a
retarder la naissance des jeunes Vers jusqu au developpement complet
11
des feuilles de chene. Get essai me causait de grandes craintes, bien quc
la m6thode du glacage soil reconnue excellente pour le Ver a sole du
murier. En effet, la petite chenille du Bombycien japonais est formee sous
la coque quinze jours apres la ponte de Fceuf, ce qui n arrive pas pour les
autres especes produclrices de soie. Les jeunes Vers glacis ont fourni
une Education qui a echoue a Paris au bois de Boulogne et aussi chex
M. Berce. La flaclierie n a pas permis aux chenilles cTarriver au cocon.
Celte affection redoutable a sevi a Paris plus intense que jamais ; ainsi,
le 20 de ce mois, je trouvais a Se~nart, avec notre collegue M. J. Fallou,
une chenille de Bombyx rubi morte en flacherie, flasque et sanieuse, et
1 espece est des plus rustiques. Heureusement qu il n en a pas ete" parlout
de meme. Des 03iifs de yama-mai, retarded d environ un mois par la
glace, avaient 6te" remis par moi a M. Le Doux, afm d etre eleves, par
600 m. d altilude environ, a Ferussac (Haute-Loire). II y a eu un succes,
autant qu on peut 1 atlendre avec une espece difficile a acclimater. Les
cocons fi!6s ont atteint la proportion de 53 pour 100, ce qui est a pen
pres le rapport obtenu a Metz en 1872, avec des (cufs non glaces, par
notre collegue M. de Saulcy. Des papillons sains el vigoureux sont sortis
de ces cocons. Ce re"sultat m encourage a continuer le glacage en 187/j,
dans 1 esperance de donner une impulsion considerable aux educations de
YAttacus yama-mai, si j arrive a resoudre d une maniere bien complete
un aussi important probleme industriel.
En presumant que d autres personnes mettront a profit cette indica-
cation, et afm aussi d etre utile aux amateurs voulant relarder 1 eclosion
des pontes d especes meridionales jusqu a 1 apparition des feuilles pro-
pices, je crols devoir decrire la petite glaciere artificielle dont je me sers,
et qui est employee pour divers usages dans le sous-sol du laboratoire
de M. Pasteur, a Tficole normale. Elle se compose d une fontaine de
cuisine en gres, placed au milieu d un tonneau et entouree de coton
carde, corps tres-mauvais conducteur de la chaleur, dont on forme aussi
le tampon 6pais servant de couvercle. Une grande caisse de fer blanc, per-
cee de petits trous, si Ton veut, et ou Ton place les ceufs a glacer, occupe
le centre de la fontaine. On jette entre elle et les parois des morceaux de
glace. Un kilogramme de glace, depense insignifiante, suffit pour main-
tenir la temperature de ze>o pendant trois a quatre jours, tant est lenle,
avec cette disposition, la fusion de la glace, dont 1 eau s e"coule ensuite
par le robinet de la fontaine, qu on fait sorlir hors du tonneau. Chacun
peut installer dans sa cave un appareil aussi simple et aussi peu cou-
teux.
12
M. Eugene Simon adresse, de Troyes, la note suivante :
En passant a Turin, au mois de septembre dernier, M. Ghiliani, qui est
conservateur du Musee zoologique de cette ville, m a montre plusieurs
Arachnides lres-inte"ressants, surtout pour un entomologiste francais, car
ils out ete achetes par M. de Breme a la vente de notre ce"lebre Latreille.
Parmi ces pre"cieux types se trouve un Eresus Walckenaerius Brull6 (1),
de More"e, dont 1 authenticite" n esl pas douteuse. Cette belle espece, qui
n a pas ete vue en France depuis Brull6, est la meme que Y Eresus siculus
indique dans nos Annales 1864, Bull., p. xxvm, par notre confrere M. H.
Lucas. 11 faut dire que la brievet6 de la description de Brulle (qui ne parle
pas de la coloration de Fabdomen) et rimperfeclion de la figure qui 1 ac-
compagne rendaient cette synonymie tres-difficile a etablir.
D un autre cote", YEresus mccrens Ch. Koch, que presque tous les
auteurs ont voulu assimiler au Walckenaerius, se trouve 6tre une espece
distincte, appartenant meme a un autre groupe du genre Eresus.
M. H. Lucas communique la note suivante, relative au Cluiracan-
thium nutrix, Araneide de la famille des Drassiformes :
Sur les bords de la route qui conduit de Chambourcy a Aigremont,
canton de Saint-Germain-en-Laye, croissent un assez grand nombre de
Gramine es , particulierement des Holcus lanatus et Air a flexuosa. En
explorant, a la fin de juin et au commencement de juillet 1873, celte
localite tres-accidenl^e, la forme toute particuliere presentee par la som-
mite" des Holcus lanatus et Air a flexuosa, dont les epillets etaient r^unis
el maintenus par une toile fine, a tissu serr, attira mes regards. En exa-
minant attentivement ces 4pillets relenus captifs, je ne tardai pas a
m apercevoir que ce travail etait du a la presence d une Araneide. En
effet, ayant 16gerement presse cette habitation soyeuse, je fis sortir une
Araneide d un beau vert, avec le ce"phalothorax rougeatre et les antennes-
pinces de cette meme couleur, a Texception de leur extre"mite et des cro
chets, qui sont d un brun fonce".
(1) VEresus Walckenaerius a ete decrit dans la parlie entomologique de 1 ou
vrage de la Commission scientifique de Moree en 1832, c est-a-dire une annee avant
la mort de Latreille. II est probable que Brulle possedait cet Eresus et d autres
Insectes de Moree depuis plusieurs annees, comme le prouve son memoire intitule :
Coup d oeil sur 1 Entomologie de la Moree (Ann. Sc. nat., t. XXIII, 1831).
13
Quand on e"tudie cette habitation, qui est construite par le Cheiracan
thium nutria Walck., on remarque que les fils de sole qui retiennent les
e"pillets out une ceriaine consistance, et que la sommite de ces Gramine"es,
ainsi maintenue, ne peut plus smearier, malgre" la tendance des e"pillets a
reprendre leur position primitive. Ce travail etant fait, l Arane"ide lisse
ensuite une toile a mailles fines, serrees, de maniere a enlever toute trans
parence et empecher de voir ce qui se passe dans I interieur de cette
habitation soyeuse. J ai etudie un assez grand nombre de ces construc
tions, que j ai rencontre" es aussi dans le Calvados, particulierement aux
environs de Honfleur, et j ai toujours remarqu qu elles etaient sans
ouverture ; c est dans cette habitation tres-elevee au-dessus du sol, sans
cesse agit6e par le vent, que la femelle pond ses ceufs et que ceux-ci
e"closent, car j en ai rencontre" qui etaient dans ces conditions. Les jeunes
Arane"ides sont d un vert testace" et au nombre d une soixantaine d indi-
vidus environ.
En e"tudiant cette singuliere Aran6ide, j ai observe que le male vivait en
bonne intelligence avec sa femelle; il est probable que c est au moment
de la f^condation, car je n ai trouv6 que cinq ou six fois cette espece dans
de semblables conditions. Toutes les autres femelles que j ai prises Etaient
toujours isole"es. Quant a celle que j ai surprise ayant ses jeunes sortis de
1 ceuf, j ai remarqu6 qu elle e"tait tres-amaigrie et qu elle pouvait a peine
se soutenir sur ses organes locomoteurs. II est a supposer que quand la
femelle vient a mourir les jeunes ont deja acquis un certain age et assez
de force pour pouvoir se passer des soins de leur mere et aller a la
recherche de leur nourriture.
Les quelques fails que je viens d exposer relatifs a la maniere de vivre
de cetle Araneide n ayant pas t mentionnes par les auleurs qui ont fait
connailre le Cheiracanthium nutrioc Walch., j ai pens6 qu ils pr^sentaient
assez d int^ret pour etre communiques a la Soci^te et etre enregistres
dans le Bulletin de nos Annales.
M. Maurice Girard confirme comp!6tement les indications de M. H. Lucas
sur le Cheiracanthium nutria:. Avec M. Poujade, il a rencontre, au mois
de juillet, cette Araneide en grand nombre sur des Gramine"es des landes
arides de Champigny et de la Varenne. Il a trouv6 aussi ensemble, sous
1 abri nuptial de toile soyeuse, le male de cette espece se tenant a cote
de sa femelle, ce qui est peu frequent dans cette classe ou les males
semblent destines par la nature a expier leur redoutable predominance
chez d autres groupes du regne animal.
Membres recus. La Soci6te", & la majorite" des suffrages, admet au nombre
de ses membres :
i* M. Bandi (Luigi-Verdiani), h Siena per Rocca-d Orcia (Italic) (Coleo-
teres d Europe), pre"senle" par M. m. Deyrolle. Commissaires-rappor-
teurs : MM. Giinicki et Poujade ;
2 M. Joly (fimile), medecin major au 7 e bataillon de chasseurs & pied,
actuellernent Ajaccio (Corse) (Orthopteres et ^phe me riens), presentepar
MM. Charles Brisout de Barneville et Koziorowicz. Commissaires-rap-
porteurs : MM. Berce et Buquet ;
Et 3 M. Tarissan (Jean-Marie), maitre re"petiteur au lycee Louis-le-
Grand, & Paris (Coleopteres d Europe), pr6sente par M. le doctenr Grenier.
Commissaires-rapporteurs : MM. Maurice Girard et V. Signoret.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Archiviste adjoint.
OUVRAGES PfiRIODIQUES ET PUBLICATIONS BES
SAVANTES-
Annales de la Societe cntomologique de France, 5 e serie, tome troisieme,
1873, 2 e trimestre. 1 vol. in-8 avec 2 planches; texte : page 145
a 256 (7 feuilles) ; Bulletin : page XLIX a cxxvin (5 feuilles).
Paris, 20 octobre 1873 (deux exemplaires).
L. FAIRMAIRE et E. ALLARD, p. 145, Revision du genre Timar-
cha (suite et fin). A. CHEVROLAT, p. 203, Especes nouvelles de
Coleopteres de Syrie. ID., p. 207, Rhysodides nouveaux.
S.-A. DE MARSEUL, p. 219, Coleopteres du Japon recueillis par
M. G. Lewis : Enumeration des Hist rides et des H6teromeres,
avec la description des especes nouvelles. II. LUCAS, p. 231,
15
Remarques sur la vie Evolutive du Sagra splendida, avec pi.
fid. FERRIS, p. 249, Re"sultats de quelques promenades entomolo-
giques (supplement). Ch. PIOCHARD DE LA BRULERIE, p. 253,
Nouvelle espece de Leistus (L. Kosiorowiczi) de l!ile de Corse. -
ID., p. 255, Revision des especes du genre Acinopus (commence
ment). KUNCKEL, Planche relative aux larves des Puces du Chat
et du Loir. E. DESMAREST et L. BEDEL, p. XLIX a cxxvin, Bul
letin des stances et Bulletin bibliographique (mars a juillet 1873).
Comptes rendus hebdomadaires des seances de I Academic des Sciences,
t. LXXVII, n os 14 et 15 (octobre 1873).
Max. CORNU, p. 766 et 825, Etudes sur le Phylloxera. LECOQ
DE BOISBAUDHAN et A. RoussiLLE, p. 771-772, Emploi du sulfure
de carbone centre le Phylloxera. BALBIANI, p. 830, Sur la re
production du Phylloxera du chene.
Entomologist s monthly Magazine, t. X, n 113 (octobre 1873).
W. BUCKLER and the Rev. J. HELLINS, p. 100, Natural history
of British species of Deltoid Lepidoptera of the genus Herminia.
John SCOTT, p. 104, Description of three new continental and one.
British species of Liburnia. l\ev. MURRAY, p. 107, Descriptions
of new species of exotic Rhopalocera. R. MAC LACHLAN, p. 108,
Oniscigaster Wakefieldi, a new genus and species of Ephemeridse
fronl New Zealand. 0. WATERHOUSE, p. 110, Description of a
new spe;ioe of Lucanidae (Chiasognathus pubescens).
Notes. P. Ill, Is cerambyx heros entillecl to a place in the
British list ? P. 112, Stray captures of Coleoptera. P. 113,
Three species of Tenthredinida3 new to Britain. Blennocampa
pusilla Hartig. Hoplocampa rutilicornis Klug. Taxonus coxa-
lis Hartig. Notes on the larva, etc., of Charaxes Jasius.
P. 116, Note on the larva of Zygaena meliloti. P. J17, Lithosia
griseola and stramineola. P. 118, Leucania albipuncta at Fol
kestone. Eupithecia expallidata and succenturiala bred. Ba-
trachedra prseangusta. Captures near Glanville s Wootton.
P. 119, Answer to the Notes on a British bug.
Philosophical Transactions of the royal Society of London, t. 162,
part II, 1872 (19 pi. noires).
- 16
Proceedings of the royal Society of London, t. XX, n* 138 ; t. XXI,
n" 139-145.
Tome XXL R. VON WILLEMOES-SDHM, p. 206, On a new Ge
nus of Amphipod Crustaceans (Thaumops pellucida). John MAC-
DONALD, p. 218, Distribution of the Inverlebrata in relation to the
Theory of Evolution. ALLEYNE NICHOLSON, p. 288, Errant An-
nelides of the Older Palaeozoic Rocks.
The Journal of the Linnean Society : Botany, t. XIII, n 68-72 ; Zoo
logy, t. XI, n 55-56 ; Proceedings, session 1872-73.
Zoology. Alb. MULLER, p. #28, Note on a Chinese Artichoke-
Gall. W. KIRBY, p. 431, Geographical distribution of the Diur
nal Lepidoptera as compared with that of the Birds. J. PASCOE,
p. 440, Contributions towards a Knowledge of the Curculionidae,
part III (4 pi. noires). E. SAUNDERS, p. 509, Buprestida3 from
Japan. Rev. CAMBRIDGE, p. 530, New species of European Spi
ders (2 pi. noires).
The Transactions of the Linnean Society of London, t. XXVIII, part III ;
t. XXIX, part. II.
Tome XXVIII. Rev. CAMBRIDGE, p. 433, On British Spiders
(3 pi. noires). OWEN, p. 459, On the Anatomy of Limulus Poly
phemus (4 pi. noires).
OuVRAGES
GIRARD (Maurice). Les Insectes, traite* e le mentaire d Entomologie (In
troduction. Coleopteres). 1 vol. grand in-8 avec atlas de
60 planches noires.
Paris, 31 octobre 1873.
PARIS. - Typog. FELIX MALTESTE et C>, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
N 15.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Recueilli par M. 1:. nESMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du 12 Hovembre 1873.
residence de M. CH. BRISOUT DE BARNEVILLE.
32 membres presents.
MM. Gh. Buquet, Adjoint au Maire du VI e arrondissement, Gu^rin-
Menevillle, membre honoraire, et Le Brun, de Troyes, assistent a la
stance.
Correspondence. M. R. Mac Lachlan demande a la Socie"te" si elle vou-
drait inserer dans ses Annales un Synopsis generique et specifique des
Phryganides d Europe ; travail qui serait accompagne de nombreuses
planches dont il serait dispose" a faire une partie des frais. La proposi
tion de notre savant confrere est accueillie tres-favorablement par la
Societe\
Nomination. Il est proc^de a la nomination d un membre de la Com
mission du Prix Dollfus pour 1873, en remplacement de M. Jules Fallou,
qui en fait partie de droit comme Archiviste. M. le professeur Paul
Gervais est eUu a I unanimite des voix.
Au sujet de cette nomination :
Nous croyons devoir rappeler aux Entomologistes que, dans sa stance
du 14 mai dernier, la Soci^te, sur le rapport d une Commission nomm^e
par elle, a decide que le Prix Dollfus pour 1873 serait de"cerne a 1 auteur
d un travail entomologique imprime concernant sp^cialement les divers
ordres d Insectes, redige en francais, public dans I annee, et qu il s appli-
querait a 1 ouvrage qui, par sa valeur scientifique et son prix de vente,
conviendrait le mieux aux debutants. Le concours pour cette annee sera
clos le 1" Janvier 1874; et le prix sera d6cerne, s il y a lieu, a la seance
la plus rapproch^e de Tanniversaire de la donation Dollfus (16 fevrier).
Lecture. M. C.-E. Leprieur depose sur le bureau la deuxieme partie
des oauvres entomologiques posthumes de G. Gapiomont, qu il a redig^e
d apres les manuscrits Iaiss6s par notre regrett6 confrere. Ce travail com-
prend la monographic du genre Larinus.
Commumcatwris. M. Maurice Girard, au sujet d une communication
qu il a presentee rcemment, adresse la note suivante :
En rendant compte de mes chasses dans les dunes des environs de
Granville (Manche), je mentionne comme tres-abondant en septembre un
Hym6noptere fouisseur noir, approvisionnant son nid de jeunes Lycoses
(voir Bulletin des seances n13, page 4, stance du 8 octobre 1873).
L espece, d^terminee au moyen de la collection Sichel, est le Pompilus
plumbeus Dahlbom.
A la fin de septembre, les talus de ces dunes offraient aussi, assez abon-
damment, un Crabronien, le Mellinus arvensis Dahlbom, espece variant
beaucoup pour la taille, et aussi la largeur respective des bandes jaunes
et noires.
M. Oustalet communique la note suivante :
Dans une lettre adressee a M. le Secretaire, et inse>ee dans le n 14 du
Bulletin de nos seances , mon honorable collegue M. R. Mac Lachlan
affirme que 1 aile de Nevroptere trouvee h Saint-Ge"rand-le-Puy, et que
j avais cru pouvoir rapporter a un Ascalaphe, provient plutol d un insecte
de la famille des Ephemerides. J attache beaucoup d importance a 1 opi-
nion de M. Mac Lachlan, qui est assure"ment 1 une des personnes les plus
competentes dans Tetude des ]\e"vropteres, et je conviens volontiers que
j.c puis m etre trompe, non-seulement au sujet de ce specimen, mais au
3
sujet de plusieurs autres, la determination des insectes fossiles etant sou-
vent environnee de grandes difficultes, par suite de 1 etat d imperfection
dans lequel se trouvent les ediantillons. INeanmoins, dans ce cas particu-
lier, j avoue que je ne suis pas encore pleinement convaincu de mon
erreur, car si, comme je L avais deja remarque, le specimen en question
presente dans la nervation des differences avec les ailes des Ascalaphes,
elle en offre aussi, et de tres-sensibles, avec les ailes des fiphemeres de
1 epoque actuelle et meme avec les ailes des representants de cetle famille
trouves dans les schistes lithographiques de la Baviere et figures par
M. Hagen sous les noms de Eph. mortua, Eph. procera, Eph. cellulosa
{Paleeontographica, 1. X, 1862). Je m estimerai, du reste, tres-heureux
toutes les fois que des savants dont les etudes ont porte plus sp6ciale-
ment sur tel ou tel groupe d insectes voudront bien m eclairer de leurs
lumieres, et je liendrai grand compte de leurs critiques.
Mais je ne saurais laisser passer sans protestation une autre observation
contenue dans la m6me lettre, et qui etonnera, je crois, toutes les per-
sonnes qui s occupent de paieontologie :
Je me permettrai cependant de faire observer, d une maniere g^ne"-
rale, dit M. Mac Lachlan, que le systeme qui engage les entomologistes
apph quer des denominations spe"ciales a des portions d insectes fos-
a siles me semble plus nuisible qu utile; mais je reconnais en mme
temps la necessite" qu il y a de decrire el surlout de figurer les portions
d insectes fossiles que Ton decouvre.
Ainsi, d apres M. R. Mac Lachlan, il faudrait se contenter de dessiner
exactement, de photographier meme les fragments d insectes, sans essayer
d indiquer par un nom g6n6rique quelles sont les aflinites probables de
ces debris, sans marquer par un nom specifique les differences qui les
separent des insectes dej& figures ? Mais si un eniomologisle n a pas le
droit de chercher a donner, par un nom special, une idee d un Diptere,
d un Orthoptere, d un Nevroptere ou d un Hymenoplere dont il possede
une aile, d un Curculionide dont il a la tete et les elytres, c est-a-dire les
parties qui fournissent des caracteres de classification, un paleontologiste
n est pas autorise davantage ^ nommer un Mammifere fossile d apres une
machoire, un Oiseau d apres un tarse, une Tortue d apres un fragment de
carapace. Cela me parait impossible & admettre, et si les idees de M. Mac
Lachlan etaient adoptees, je crois qu il faudrait desesperer de la pa!6onto-
logie comme science, puisque jamais on ne rencontrera un animal fossile
parfaitement complet.
Pour les Nevropteres et autres insecles a ailes tres-r6ticuiees, dit
encore M. Mac Lachlan, il arrivera bien souvent que les divers frag-
ments (Tune aile seront d^signes sous plusieurs noms differents.
C est un inconvenient, j en conviens, mais un inconvenient beaucoup
moins grand que la confusion qui resullerait de 1 absence de tout nom
specifique. D ailleurs, au fur et a mesure que Ton decouvre des specimens
plus complets, la synonymie s etablit et les doubles emplois disparaissent.
M. Mac Lachlan croit savoir aussi que des fragments de plantes fossiles
ont deja ete decrits par des observateurs trop zeles comme appartenant a
des insectes. J espere que ce malheur ne m est pas encore arrive, et je
crois pouvoir affirmer a M. Mac Lachlan que des savants tels que MM. Heer,
Germar, Hagen, Curtis, Hope, Berendt, etc., ne sont pas tombes dans de
semblables erreurs. Je ne sais done pas a qui le reproche s adresse.
M. Eld. Lefevre fait la communication suivante :
J ai Mionneur de faire passer sous les yeux de la Societe un dessin
representant les deux sexes d une nouvelle espece de Clytra, trouve"e par
M. Warion aux environs d Oran (Algerie), et qui m a ete communique e
par M. Leprieur. Ce dessin sera reproduit, avec celui d autres especes
interessantes, sur la planche qui accompagnera le premier supplement &
ma Monographic des Clytrides d Europe ; j en prepare les elements et
j espere pouvoir 1 offrir prochainement a la Societe.
Cette jolie espece rentre dans le genre Otiocephala et doit se placer a la
suite de TO. forcipifera Lucas. En voici la description :
OTIOCEPHALA WARIONI.
0. forcipiferam approximans ; saturate nigro-cyanea , magis minusve
nitidula, subtus pube brevi albida obsolete vestita; capite subquadrato,
fortiter undique rugoso-punctato, antice prsesertim rude scrobiculato, ver-
tice convexiusculo, fronte modice deplanata, postice sulco brevi parum
profunde instructa; epistomate mx arcuatim emarginato; Labro nigro ;
antennis nigris, prothoracis basin vix ailing entibus, articulis 1-3 basa-
libus fulvis, 1 macula nigra superne notato ; prothorace transvcrso,
grosse profundeque rugoso-punctato, infra apicem vix evidenter impresso,
lateribus nonnihii margmato, angulis posticis rotundato, basi breviter
bisinuato ; scutetlo triangular!, rude punctato, intra basin impresso, dein
convexiusculo, in media disci longitudinaliter carinato, apice subacuto ;
elylris lateribus evidenter late sinuatis, fortiter concinneque punctatis,
saturate testaceis, Lineis Longitudinaiibus nonnullis, vix elevatis instructis,
fascia communi lata pone medium, extus antice valde arcuata et ad sutu-
ram breviter angulatim ascendcnte, lateribus non attingente, singuLoque
duabus maculis basalibus (prima humerali elongata, altera fere orbiculari
suturam non attingente) saturate cyaneis, ornatis ; sutura postice magis
minusve late nigra ; pcdibus nigris.
<f. Ob long o-e long atus, parallelus, opacus ; mandibulis exsertis, validis,
latis, basi fortiter abrupte angulatis, ibique superne canaliculatis, intus
unidentatis, nigris, apice acutis et obscure rufescentibus ; pedibus anticis
etongatis ; tibiis anticis modice arcuatis,
Long. 6 mill.; lat. 2 3/4 mill.
$. Minor, breviter oblongo-parallela, magis nitidula, mandibulis bre-
vissimis; elytris minus profunde punctatis pedibus anticis brevioribus.
Long, li mill.; lat. 2 mill.
Varied maculis in singulo elylro anticis coadunatis, et maculam trans-
versam nee later a nee suturam atlingentem formantibus.
Algeria (prov. Oran.)
M. L. Bedel pre"sente des remarques relativement aux ve"ge"taux sur
lesquels se trouve la Cassida margaritacea ainsi que divers Sitones.
Cette communication, qui lui a e"te" sugg^r^e par M. Bauduer, et qui donne
lieu a des observations de MM. Lefevre et Leprieur, sera imprime e dans
le prochain Bulletin.
M. Ch. Brisout de Barneville dit que la Chrysomela cxrulescens Suffr.
n est positivement qu une variety -de la C. carnifex Fab., comme le sup-
posait dejk M. L. Fairmaire. Cette espece, que Ton trouve aupres de Paris
dans les endroits sees, est tres-repandue clans une parlie de TEurope : a
mesure que Ton s avance vers le Nord elle presenle sur les dytres une
bande laterale rouge jaunatre qui disparait dans les individus habitant le
Midi, ainsi que Ton peut s en assurer en etudiant ceux que Ton trouve
aux bords de la Me"diterranee.
- g
Le meme membre ajoute qu il a constat6 aux environs de Saint-
Germain-en-Laye que la Ptectroscelis chlorophana vit sur le Calamagrostis
epigeios Roth.
M. J. Fallou montre de jeunes branches de tilleul, provenant de
buissons de la foret de Se"nart, qui presentent de nombreuses nodosite"s
dans lesquelles se trouvent des larves vivantes qu il se propose d elever.
M. Maurice Girard envoie la note suivante :
II n est pas inutile, je crois, de signaler par intervalles certains faits
qui n inleressent qu indireclement Pentomologie, raais qui rentrent dans
ses plus tegitimes applications. Je viens de recevoir des indications assez
curieuses concernant Tapiculture, et qui m ont e"te fournies par un ama
teur tres-inlelligent, M. Lance, derneurant a Chevry-Cossigny, pres Brie-
Comte-Robert (Seine-et-Marne).
Je suis avec beaucoup de curiosite ses travaux depuis plusieurs annees.
Un rucher considerable est 6tabli au milieu d une vaste prairie arros^e
par un cours d eau, et ou le proprietaire des ruches fait des semis de
plantes diverses destinies aux essais. On ne saurait croire, si on ne 1 avait
constat^ de visu comme moi, a quel point un apiculteur habile peut
transformer les Abeilles en servantes dociles, et les plier a tons ses
caprices, pourrait-on dire, si Ton a soin de mettre a profit leurs instincts.
Les ruches d observation de M. Lance me paraissent la derniere limite du
possible en ce genre.
On sait que ces Hymenopteres construisenl toujours leurs gateaux dans
la partie la plus elev^e de la ruche. (Test ce qui a ete utilise.. On inter-
cale, dans le haut, des boites rectangulaires vitre"es, et on les retire a
volont6 pour 1 etude, apres que les insectes y ont construit leurs gateaux
dans le sens longitudinal. De la sorte on peut suivre comme il plait le
couvain, les cellules de diverses especes, le depot de propolis, etc. En
metlant ces boites au moment ou s ouvrent certaines fleurs dans le voisi-
nage du rucher, on obtient des gateaux a miel d une espece speciale a la
fleur. M. Lance peut ainsi livrer sur commande du miel avec un parfum
et un gout determines. Ges boites, enjolivees d ornements, sont destinees
a paraitre sur les tables comme friandises. J ai recu une de ces boites au
miel de sainfoin et de luzerne, le meilleur de la Brie.
M. Lance s est amuse" & intriguer tous les paysans apiculteurs de la
locality et mfime des personnes instruites, des m6decins, etc., en leur
presentant un miel forl blanc et de bel aspect, mais de mauvais gout. II
leur a montre ensuite qu il e"tait 1 auteur de ce miel etrange ; il coincidait
avec la floraison d un petit champ de Camomilles, semees pres des ruches
a litre experimental.
Je suis persuade qu on pourra faire preparer par ce moyen, et par les
Abeilles memes, des miels the"rapeutiques, en choisissant des planles con-
venables, et y apporlant des ruches a boites mobiles.
Les curieuses recherches de M. Lance ont 616 re"compense"es, au mois
de septembre 1873, par une me"daille de vermeil accorded par la Socie te
dliorticulture des arrondissements de Melun et de Fontainebleau, a la
suite de sa 23 e exposition, qui a eu lieu cette annee a Brie-Comte-
Robert.
M. Lance e"tait en instance pour obtenir rautorisation d etablir dans la
forfet de Fontainebleau un rucher, ou seront experiment s ses proc6d6s, a
la satisfaction des touristes. J apprends qu il a reussi dans sa demande.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Lonis BEDEL, Archivisle adjoint.
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAV ANTES.
* FeuiUe des Jeunes Naturalistes, k* ann^e, n 37, l er novembre 1873.
E. LELifevRE, p. 6, L ^chenillage, suite.
Societe entomologique de Belgique, compte rendu n 91, octobre 1873.
Constant BAR, p, 3, Note controversive sur le sens de Touie et
sur Forgane de la voix chez les Insectes. P. 26, Note sur une
aberration du Satyrus Semele. P. 27, Notes sur des Cole"opteres
d ficosse et de Belgique.
SocieU Linnienne du Nord de la France, Bulletins mensuels n oi 13-16.
]V 15. p. 239, Liste de Cole"opteres trouve"s dans les dunes
de Saint-Quentin (Somme).
]Y 16. P. 215, La fertilisation des plantes par les Insectes
(traduit de 1 English Mecanic).
OUVRAGES DIVERS.
* JOLY (D r fimile). Contributions pour servir a 1 histoire naturelle des
fiphe merines : Me"moires I-III. 3 broch. in-8, pi. noires.
* JOLY (D r N.). Contributions a 1 histoire naturelle et a I anatomie du
Phyllium crurifolium, des lies Seychelles. Broch. in-8, l\ pi.
dont une colorize.
* ID. Sur rhyperm^tamorphose de la Palingenia virgo a l e"tat de larve.
Broch. in-8, une pi, noire.
* LEFEVRE (fidouard). Monographic des Clytrides d Europe et du bassin
de la Me"diterranee. In-8 broch6, k pi. n. et col.
* MARTINEZ Y SAEZ (DON Francisco). Datos sobre algunos Coleopteros
de los alrededores de Cuenca. Broch. in-8, une pi. col. Ma
drid, 1873.
* MULLER (Albert). Contributions to Entomological Bibliography up to
1862, n 2. (Le l er nume>o a paru dans les Trans, of the Entom.
Soc. of London, 1873, part IE, p. 207.)
Paris, 20 novembre 1873.
PARIS. - Typog. FELIX MALTESTE et Cie, rue des Deux-Portes-St-Sauveur, 22.
N" 16.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOG1QUE DE FRANCE
Rccucilli par HI. !:. DESMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du G Novembre 1873.
Presidence de M. Cn. BRISOUT D BARNEVILLE.
**- < t
31 membres presents.
MM. le dooteur Boisduval et Guerin-M6neville, membres honoraires, et
Ernest Olivier, de Moulins (Allier), assistent a la stance.
Lectures. M. A. Chevrolat donne lecture d une note intitulee : Sur
quelques Rhyzodides, comprenant la description du R/iyzodes canalicu-
latus Gastelnau et celles de deux nouvelles especes propres a la Nouvelle-
Grenade : les GlinidiUm cavicolle et simplex.
Cette note ainsi que la suivante seront inserts dans les Annales propre-
ment dites comme compliant un me moire precedemmenl imprime.
M. L. Fairmaire adresse une note sur les Rhyzodes. 11 rappelle qu il
a donne" (Annales de 1868, p. 782) les descriptions de deux especes de
Madagascar (tubericeps et parumcostatus) non signalees par M. Chevrolat ;
et demerit des especes nouvelles de ce groupe : les Rkyzodes Taprobanx,
de Ceylan, et Clmidium latesulcatum, du Bresil.
Le m6me membre donne des descriptions de nouvelles especes de
Gole"opteres, comprenant : 1 Un nouveau genre de la famille des Ten<^-
brionides : Proderops (P. foraminosus, de 1 Ameriquc me ridionale) ; 2 Des
especes algeriennes de"couvertes par noire collegue M. Gaston Allard,
savoir : Flatipalpus (gen. nov.) albo-lanosus, Bradn/rslhcs approximans ct
Gastonis, Arhinus calliwnalus et Pseudocolaspis seneo-nigra.
Communications. M. L. Buquel donne Ics renseignements suivants :
M. Depuiset vient de m affirmer, comrae le tenant cle M. de Beaulieu,
que M. Jean Schlumberger-Dollfus n est pas decide, comrae 1 a annonce" la
Feuille des Jeuncs Naturalistes, et ainsi que nous Favons reproduit dans
le Bulletin de la seance du 10 septembre dernier.
Le nom de M. J. Schlumberger est done a conserver sur la liste des
membres ; la Societe ne peut que s en Mciler.
M. L. Bedel lit la note qui suit :
En parlant, dans le l/i e Bulletin, des moeurs generates des Cassida et
de leur predilection pour les Compose" es (corymbiferes ou cynaroce"phales),
j ai releve line exception que semblerait faire la C. margaritaeea, s il faut
en croire line note publiee dans les Actes de la Societe" zoologique et bota-
nique de Vienne, t. XVIir, 1868.
Cette remarque m a valu une leltre fort interessante de noire collegue
M. Bauduer, et j en cite le passage suivant :
Vous dites que, d apres M. de Frauenfeld, la Cassida margaritaeea
vivrait a Tetat de larve sur la Saponaria oflicinalis. J ai souvent cherche"
sur cetle plante, qui est Ires-commune a Sos, et je n y ai jamais trouve"
cette Casside, tanclis que je la prends abondamment sur rimmorlelle jaune
(Gnaphalium stadias). Je ne dis pas que M. de Frauenfeld se soil trompe,
je crois seulement que son observation me" rite d etre renouvele e.
Je suis en ceci parfaitement de 1 avis de M. Bauduer, et je pense,
comme lui, qu un genre de Goleopteres infeode a une famille de plantes
ne s"ecarte que bien rarement de son instinct botanique. Je trouve qu il
y aurait inler^t a rcchercher quelle plante choisit la C. margaritaeea
dans nos environs, ou le Gnaphalium stadias lui fait defaut ; s attache-t-
elle a un Gnaphalium different ou a quelque genre voisin ? Je le suppose,
et il sera facile de le verifier dans les plaines de La Varenne-Saint-Hilaire
ou cette Gasside est tres-commune.
M. Ed. Lefevre, a la suite de cette communication, dit qu une espece
de Gnaphalium est en effet tres-abondante a La Varenne et qu elle nour-
rit probablement la Casside dont parlent MM. Bauduer et Bedel.
M. Leprieur ajoule qn a Bone il a trouve egalement sur une Composee,
YErigcron viscosum, une Gassida, qui doit etre la disticta Bohem.
M. Desbrochers des Loges adressc une notice dans laquelle il clierche
& demontrer, dans des tableaux comparatifs, que les Anoxia Lucasi, derc-
Licta et emarginala forment trois especes clistinctes et ne doivent pas etre
reunies en une seule corame M. Reiche Ta propose" dans la seance du
27 aout 1873 (Bulletin n 10, page 5).
Gelte note de"passant considerablement les limites assignees aux com
munications du Bulletin, est renvoyee par la Socie"te a la Commission
de publication pour en decider 1 impression dans les Annales proprement
dites.
M. L. Reiche repondra plus tard a notre collogue ; il se borne a dire,
quant a present, qu il mainlient la reunion de ces especes & Anoxia, con
firmee pour lui par 1 examen recent des trois types.
M. Desbrochers des Loges envoie egalement les deux notes sui-
vanles :
1 M. L. Fairmaire, dans le l cr trimestre des Annales de 1872, p. 48,
dit a propos de mon Thy ladies congener que cet insecte lui parait etre le
meme que son T. persulcatus, et M. de Marseul a re"cemment indique
dans 1 Abeille cette synonymic comme certaine.
Le T. congener est une espece -tres-voisine de T. varicgatus, a stries
presque snperficielles, sans etre obsoletes comme chez ce dernier, aforn c
allongee, peu convexe, a longue pubescence dresse"e surtout sur les parties
anterieures; caracteres tout a fait en opposition avec ceux que M. Fair
maire indique pour le T. persulcatus. La confrontation des types decidcra
si cette derniere espece est on non distincte du T. argentatus, qui a les
elytres tantot unies, lanlot avec des stries assez marquees et les inter-
valles convexes. Je tiens, d ailleurs, 6. la disposition de M. Fairmaire un
exemplaire compare avec le type meme de M. Ferris.
2 M. L. Bedel (Bulletin de la stance du 14 mai 1873) indique enlrc
autres synonymies : Clytus Auboueri = Cl. Stcrnii Kraatz, et ajoute :
Ge beau Ciytus, intermediaire cntre les C. plcbcjus et massilicnsis, est
sans doute confondu avec eux dans la plupart des collections.
Autant que me pcrmet d en juger la diagnose du Sternii, que M. Bccu 1
a eu 1 obligeance de me transcrire, cette iclentite est tres-conlestable. Jl
me parait impossible que le C. Auboueri ait etc confondu avec les deux
especes pre"cilees. La granulation si remarquable du prothorax n est pas le
seul caractere qui eloigne cette espece des G. plebejus et massiliensis ,
la forme de ce segment est tres-diffe" rente chez le C. Auboueri : au lieu
d etre globuleux, tres-arrondi vers le milieu, il s elargit rectilineairement
d avant en arriere, pour s arrondir aux angles posterieurs oil se trouve la
plus grande largeur. Or, la diagnose de M. Kraatz ne dit rien de ce carac
tere, que cet eminent entomologiste n eut pas manque", ce me semble, de
signaler comme un des plus importants.
Je reviendrai sur cette question quand j aurai pn voir la description de
M. Kraatz in extenso et la planche qui 1 accompagne. Jusque-la, la reu
nion indiquee me semble premature^.
Notre collegue M. Ernest Olivier possede un second exemplaire plus
petit du C. Auboueri, trouv6 par lui a Ghemilly (Allier).
M. L. Bedel, en ce qui le concerne dans la note pre"cedente, re"-
pond :
Je maintiens absolument la reunion du Clijlus Auboueri Desbr. au C.
Stcrnii Kr. Si M. Desbrochers des Loges avail consult^ le Berliner Zeit-
schrift, 1870, p. 220, au lieu de s en tenir a la diagnose qu il m a seule
demandee, il eul trouv6 dans la description de M. Kraalz la phrase sui-
vante, qui, je 1 espere, levera tous ses scrupules : Le prothorax, chez le
Clytus Sternii, presente sa plus grande largeur evidemment apres le mi
lieu et parait graduellement re"treci en avant, tandis qu il est resserre
presque ^galement en avant et en arriere chez le C. massiliensis et plus
brusquement en avant chez le C. plebejus.
L examen du type de M. Ernest Olivier, que fai vu tout recemment,
confirme entierement la reunion que j ai publiee.
M. Gabriel Tappes lit une note synonymique sur une espece du
genre Cry ptoccp halm :
En traduisant les notes de M. de Harold sur la nomenclature des Gryp-
loce"phalides (Berliner ent. Zeitschrift, 1873), j ai lu ce qui suit :
M. Suffrian, Linn, ent., II, p. Ill, adopte le nom de collection
ypsilon de Parreyss par la raison qu il est connu depuis longtemps dans
les collections allemandes, et, pour ce simple motif, il lui donne le pas
sur celui de maculipes de Zubkoff, public anterieurement (en 1833), et
sur celui de sesquistriatus Krynicki, encore plus ancien (1832).
Que nous restera-t-il done a re"pondre aux Francais s ils veulent main-
tenir les noms du Catalogue Dejean, connus dans leurs collections depuis
aussi longtemps an moins, si ce n est davantage, et cela en face de des
criptions qu ils pouvaient ne pas parfaitement connaitre? Dja, en 1837,
lorsque Dejean e"crivit la preface de la 3 e Edition de son Catalogue, unc
telle opinion, qui, meme a cette epoque, isolait considerablement son
representant, 6tait comple" lenient insoutenable. II est e"tonnant qu aujour-
d hui un auteur, qui en prend assez a son aise avec les noms de catalogues
et surtout avec ceux de Dejean, veuille decerner le droit de priorite a un
nom de collection de Parreyss.
Cette espece doit etre enregistre"e sous le nom le plus ancien, c esl-a-
dire celui de sesquistriatus de Krynicki.
Je regrette que M. de Harold, dont les recherches sont si conscien-
cieuses, n ait pas pousse ses investigations jusqu au VII[ C volume des
Linneea, n 108, p. 38, il anrait vu que M. Suflrian aclopte parfaitement
sa maniere de voir, en laissant le nom de Parreyss, adopts peut-etre un
peu trop legerement d abord, pour reprendre celui de Krinicki ; seule-
ment il s e"loigue de son contradicteur en donnant Steven comme auteur
de Tespece ; c est ce que fait Krynicki lui-meme dans le Bulletin de
MOSCOLI, t. V, p. 179, et t. VII, pi. 5, fig. 7 (dessine"e par Steven).
Du reste, je ne vois pas pourquoi, puisque nous sommes engages dans
cette voie, nous ne donnerions pas a cet insecte le nom de G. gamma,
que lui a impose en le figurant Herricli-Schiiffer (Coleopt. qiue sunt public,
in fasciculis Faunas Germanic, p. 130, tab. 1, 1829). Je suis tres- parti
san de la maniere de voir de M. de Harold, mais je pense que la pousscr
jusqu a ses extremes limiles, comme il le propose, aurait bien quelques
inconvenients.
M. Charles Brisout de Barneville communique la nole suivante :
M. Foudras a decrit sous le nom de Longitarsus atricitlus une espece
voisine, mais bien distincte du L. pidceps Steph. Celte espece, qui n a pas
ele connue de M. Kiitschera, se trouve frequemment aux environs de Paris ;
elle se prend, comme sa congenere, sur les plantes du genre Senecio.
Evidemment, cette Altise, quoique tres-bien etudiee par M. Foudras,
est confondue dans les collections avec la pidceps. M. E. Allard a regarde
a tort VatridUus Foudras comme identique i Vatriceps Kiitschera. Elle
s en distingue nettement par la forme du premier article de ses larses an-
tdrieurs, qui est long et etroil dans les deux sexes. Chez Vatriceps, le
premier article des tarses anterieurs est court et tres-dilate chez le male-
Uatricillus Foudras se distingue du piciccps Steph. par sa forme moins
allongee, son corselet plus court, ses elytres a ponclualion plus serree et
par la forme de Fimpression du dernier segment abdominal du male, qui
presenle une impression semi-circulaire, entourant a ses extremites une
saillie tuberculiforme ; tandis que, chez le male du piciceps, ce segment
presente un profond sillon longitudinal.
Comme il y a de"ja un Longitarsus atricilLus Gyll., je propose de chan
ger le nom de Foudras en Longitarsus senecionis (== alricillus Foudr.).
M. V. Signoret donne lecture de la note suivante :
Dans deux des stances d octobre de 1 Academic des Sciences, notre
collegue M. Balbiani a fait d imporlantes communications sur le Phyl
loxera quercus, qui vit sur les feuilles du chene, et dont Fetude lui etait
plus facile que celle du Phylloxera vastatrix. II pensait, avec raison, qu il
devait y avoir une grancle analogic entre les mo3urs de Tun et dc Fautre,
et il a constale, chose tres-remarquable, qu il y avail chez cet insecte une
generation sexue"e.
Vous vous souvenez bien probablement des nombreuses communications
faitcs, tant ici qu a F Academic, sur la presence ou 1 absence du male du
Phylloxera vastatrix et surtout de la persistance que je mettais a nier la
de"couverte du male, les individus presented comme tels n e"tant en re"alite
que des femelles. Les observations de M. Balbiani semblent demontrer
que j avais raison.
G est vers Farriere-saison , a Fepoque de 1 apparition des iudividus
adultes, soit apteres, soit ailes, que la generation sexuee se presente.
Je parle, bien entendu, du Phylloxera quercus, qui offre beaucoup d ana-
logie avec le Phylloxere de la Vigne. Ce sont les ceufs pondus par certains
de ces individus qui donnent la generation sexuee, dont la forme et les
mceurs sont toutes particulieres et ne permettent pas de la confondre avec
celle du type. Les individus de cette generation, sans aucune espece de
mue, sont aptes a perpetuer Fespece ; un male peut suffire a plusieurs
femelles, mais Faccouplement est de peu de dure"e. An bout de trois a
quatre jours, la femelle pond un ceuf, Vunique qu elle ait a pondre ; c est
lui qui passe Phiver et donne naissance, Fanned suivante, a la generation
des especes que tout le moncle connait. Cet ceuf ne ressemble pas a ceux
de provenance parthenogenesique et pondus pendant Pete". M. Balbiani
lui donne le nom d tewf d hiver, par opposition aux autres qu il riomme
.ffufs d ete.
O esl surtout dans les caracteres anatomiques que la generation dioique
differe le plus des aulrcs : d abord par 1 abscncc do rostre et de sucoir et
par le manque d organes digestifs complets dans les deux sexes, ce qui
differencie ce type des Coccides, oil il n y a que le male chez qui ils
fassent defaut. La femelle ne presente qu un seul tube ovarique placde
sur la ligne mediane, le second etant avorte. Le male, comme organc
exterieur, n offre qu un petit mamelon conique, garni de pointes chili-
neuses, qui joue le role de penis.
Depuis la publication des notes de M. Balbiani et la connaissance des
fails extraordinaires dont il rend compte, M. Max. Cornu a cru trouver,
lui aussi, sur les racines de la vigne, un individu sexue", qiTil a reconnu
justement par 1 absence du roslre.
Tels sont les faits que j ai cru devoir porter d une facon toute particu-
liere a la connaissance de la Societe ; ils viennent computer rhistorique
du Phylloxera sans venir infirmer mon opinion quant a ses generations
plus on moins nombreuses. Ceci serait, pour ainsi dire, un anneau de
plus de la meme generation. Du reste, je n ai jamais eu la prevention de
fixer le nombre des generations ou types diflerents dont se compose le
cycle de revolution complete des Phylloxeres aeriens. Je fais toujours mes
reserves & regard de ces derniers.
M. le docleur Boisduval donne lecture d une note non encore public" e
de Sganzin, datee cependant de 1831, et contenant des remarques, ine"-
dites jusqu ici, relativement aux metamorphoses de Y Urania Ripheus,
d apres une education qu il a ete a meme de faire a Madagascar :
La femelle de V Urania Ripheus pond un grand nombre d osufs, agglo-
meres ensemble, sur les feuilles du Manguier, qui servent de nourriture
aux chenilles qui eclosent une douzaine de jours apres. Gelles-ci sont
lisses, verdalres dans le jeune age ; elles deviennent ensuite noiratrcs, et
presentent tres-distinctement des epines jaunatres et deux pelites comes
tres-retractiles. En grossissant, ces chenilles s elargissent vers le milieu
du corps et s amincissent aux extremites ; on apercoit sur les cotes un
feston a dents*de loup, composes de plusieurs bandes regulicres de points
blanc verdatre et jaunes ; les comes prennent une coloration rose fonce
tirant sur le carmiu. Ces chenilles ont environ huit centimetres de lon
gueur ; dans leur marche, elles ont quelque rapport avec les Arpenteuses,
et dans la position du repos elles forment entierement la boucle, mais il
n y a pas d interruption de pattes comme chez les Arpenleuses.
Quand les chenilles von I faire leur chrysalide, elles se suspendent au
moyen d un fil passe au milieu du corps. La chrysalide est verte avec des
bandes dories, placets horizontalement depuis le prolhorax jusqu a la der-
niere articulation ; 1 extre mite , qui est tres-pointuc, est d un vert beau-
coup plus fonc6 et parsemee de nombreux points dore"s.
Les papillons restent vingt et un jours en chrysalide ; ils metlent, au
soleil, quatre a cinq heures pour se de"ployer entierement et, a Tombre,
une journee entiere ; ils presentent, dans ce dernier cas, des nuances
beaucoup plus ternes.
M. Maurice Girard adresse la note qui suit :
J ai parle prece"demment, avec quelque doute (Bulletin n l/i, stance du
22 octobre 1873), de 1 existence du cri dans les deux sexes du Sphinx a
tete de mort, ne pouvant pas me fier a ma memoire seule pour le cas de
la femelle. Je suis tout a fait affirmatif aujourd hui. En consultant mon
travail : fitude sur la chaleur libre des Invertebres (Paris, 1869), j y trouve,
dans Enumeration des sujets mis en experience (p. 101), la mention sui-
vanle : 21 octobre 1865, Acherontia Atropos, femelle recemment e"close,
criant beaucoup, etc.
Le Bulletin bibliograplnque de la seance du 26 novembre paraitra dans
le Bulletin des seances N 17.
Avis
L Archiviste (M. J. Fallou, rue Hautefeuille, 30) rappelle a ses collegues
les termes du troisieme paragraphe de 1 article 36 du Reglement, portant
que :
Tous les ouvrages prfit6s doivent etre re"inl6gres a la Bibliotheque
dans la derniere quinzaine de de"cembre, afm que TArchiviste en constate
Tetat et fasse, s il y a lieu, son rapport & la Soci<He dans la premiere
quinzaine de Janvier.
Paris, 5 deccmbiC 1873.
PARIS. - Typog. FEUX MALTESTE fil Cie, rue des Deux-Porlcs-Sl-Sauveur, 22.
N 17.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli par IU. E. UEMMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Avis tres-iinportants.
1 Dans sa prochaine seance (24 dccembre 1873), la Soeiete, aux lermes
des articles 14, 15, 28, 29, 33 et 34 de son Reglement, procedera au
renouvellement annuel des membres de son Bureau el de ses Commissions
administrative, de publication et de la bibliotheque. Tout membre resi-
dants ou non a droit de prendre part aux deliberations (art. 9). La stance,
qui aura lieu a la Mairie du Vl e arrondissement de Paris (plajce Saint-
Sulpice), commencera a 7 heurcs 1/2 du soir. Nous esperons que,
comme lous les ans, un grand nombre de nos confreres pourjonl venir
assister i celte reunion.
2 Nous croyons devoir rappeler un des articles du reglement rclatif an
Bulletin des stances :
Art. 3. Ce Bulletin sera envoy e graluitcmcnt ii tous les membres fran-
cais qui auront soldi le montant de leur cotisation de Cannec courante ou
tout au moms celui de Cqnnee precedcntc, etc. (Voir Bulletin n 1, page 1.)
En consequence, cenx de nos confreres qui n ont pas encore adresse
au Tre"sorier le montant de leur colisalion pour 1873 sont pries de le faire
d ici a la fin de Fannee s ils desirent rccevoir, des leur publication, les
Bulletins des stances de 1874.
Seance du 1O Decembre
Presidence de M. CH. BRISOUT DE BARNEYILLE.
31 membres presents.
MM. Felissis-Rollin, de Nevers (Nievre), actuellement fixe" a Paris, et
Emmanuel Martin, de Creil (Oise), assistent a la stance.
Rapport ct decisions. Le Secretaire de la Commission du Prix Dollfus
pour 1873 (composee de MM. A. Chevrolat, Paul Gervais, Maurice Girard,
H. Lucas et L. Reiche, ainsi que des membres titulaires du Bureau) pre-
sente le proces-verbal de sa seance du 3 decembre, qui porte :
1* Qu elle s est constitute en nommant president M. le professeur Paul
Gervais et secretaire M. E. Desmarest ;
2 Qu elle engage de nouveau les entomologistes qui voudraient con-
courir pour le Prix a lui adresser leur demande avant la fin de Cannee ;
3 Et qu elle prie tous nos confreres de lui designer les ouvrages qui
pourraient etre mis au concours.
La Societe" approuve les decisions de sa Commission et pour la der-
niere fois elle rappelle a tous les Entomologistes que, dans sa stance
du 1A mai dernier, la Societ6, sur le rapport d une Commission nomme e
par elle, a decide que le Prix Dollfus pour 1873 serait de"cerne a 1 auteur
(Tun travail entomologique imprint conccrnant spe"cialement Tun des
divers ordres d Insectes, re"dige en francais, public dans 1 annee, et qu il
s appliquerait a 1 ouvrage qui, par sa valeur scientifique et son prix de
vente, conviendrait le mieux aux debutants. Le concours pour celte
annee sera clos le l er Janvier 1874 ; et le prix sera de"cerne", s il y a lieu,
a la seance la plus rapproche e de 1 anniversaire de la donation Dollfus
(16 fevrier).
Lectures. M. Desbrochers des Loges adresse un me" moire ayant pour
litre : Monographic du genre Anisorhynchus.
Apres avoir indique les ge"neralites dc ce groupe ge"nerique, 1 auteur
donne un tableau synoptique des especes avant de passer a leurs descrip
tions spe"ciales. Les especes ft Anisorhynchus, au nombre de neuf, sont
les suivantes : procerus Chevr., d Oran; ferus Erich., d Algerie; costatus
Boh., de Corse et de Sardaigne; Sturmii Boh.; barbarus Boh., d Espagne
et d Algerie, a laquelle 1 auteur rattache comme varie te le carinicoUis Fair-
make, du Maroc; aratus Boh., d Espagne et du Portugal; bajulus Olivier ;
marocanus, sp. nov., du Maroc, et siculus Boh., de Sicile.
M. Victor Pyot envoie, par Tentremise de M. Just Bigot, la descrip
tion d une nouvelle espece de Staphylinide , a laquelle il assigne le nom
de Thinobius Ligeris, et qu il a trouvee au mois de mai dans les debris
laisses par les inondations de la Loire, aupres de Gien.
Cette note est envoyee a la Commission de publication ; mais la Socie te
de"sirerait, avant la publication de cette description, qu elle soit completee
par 1 indication des caracteres qui diff^rencient cette espece de ses conge-
neres.
M. Tournier adresse la derniere partie de ses Observations sur les
especes de Tychiides europe ennes et circa-mediterranSennes, compre-
nant le genre Sibinia (vingt-neuf especes, dont onze nouvelles et, en
outre onze inconnues a 1 auteur), et la table des genres et especes dont
il est parle.
M. Eugene Simon lit la troisieme partie de ses memoires intitules :
Eludes arachnologiques.
Dans ce travail, notre confrere donne : 1 la revision des especes euro-
primes des genres Sparassus, dix especes ; Gebrenis (g. n.), deux especes;
Ethilla (g. n.), une espece, et Micrommata, quatre especes ; 2 la descrip
tion d une espece nouvelle de Scorpion appartenant au genre Buthus
Linne" : le B. nigro-carinatus, de Saint-Louis du Senegal.
Communications. M. le President annonce que notre confrere M. le
docteur Alexandre Laboulbene vient d etre nomine* membre titulaire de
1 Academic nationale de Me"decine.
M. L. Reiche fait connaitre la mort de notre ancien confrere M. le
marquis de Jousselin, recu en 1832, peu de temps apres la fondation de
la Societe", et qui a fait partie de nos membres jusqu en 1837.
Depuis cette e"poque , le marquis de Jousselin avait cesse" de s occuper
d entomologie. II conserva ne"anmoins jusqu a ces dernieres anne"es une
grande partie de la collection d Olivier, qu il avait partag6e avec M. Che-
vrolat. Les types, recemment acquis par le petit-fils du cdebre entomolo-
giste, proviennent de la collection de notre ancien collegue.
M. de Jousselin, ancien capitaine de cavalerie, membre de la Legion
d honneur, est mort a Versailles le mois dernier.
M. Desbrochers des Loges, en redemandant a la Socie te, pour y
faire des changements, sa note sur les Anoxia derelicta, emarginata et
Lucasi, e"crit qu il s occupe d une monographic des Cassides d Europe et
des confms europeens, et qu il serait heureux de recevoir en communica
tion les especes interessantes de ce groupe.
M. Ernest Olivier communique, par 1 entremise de M. L. Bedel, une
note synonymique sur un Longicorne presente" par lui a la derniere stance
et decrit par M. Desbrochers des Loges sous le nom de Ctytus Auboueri
(Ann. Soc. ent. Fr. 1872, p. 29) :
Ce Glytus, dit notre collegue, a ele reconnu pour tre identique au
Clytus Sterni de M. Kraatz, de"crit et figure dans le Berl. ent. Zeitschrift
pour 1870. Depuis ce moment, M. Desbrochers des Loges ayant bien voulu
me confier son type, je Tai compare avec les Clytus de la collection de
M. Ch. Brisout de Barneville, et, grace a 1 obligeance de notre collegue,
j ai pu me convaincre que c etait bien celui que Gory a decrit et figure"
sous le nom de C. dnereus et que M. Mulsant a public* sous le nom de
5 -
C. Duponti (Dej.). Le nom de Clytus dnereus Gory, qui a la priority doit
done <Hre seul adopte et les denominations impose"es successivement par
MM. Mulsant, Kraatz et Desbrochers, venir en synonymic.
Le Clytus dnereus est rare dans les collections et parait peu commun
en France. M. Chevrolat Ta capture anciennement sous des fagots dans la
foret de Saint-Germain, ou M. Ch. Brisout de Barneville en a retrouve cet
6te, au filet, un seul individu. M. Mulsant Tindique de Fontainebleau.
Celui qui a servi de type a la description de M. Desbrochers des Loges
provient de Saint-Pourcain (Allier), et j ai pris moi-meme dans les envi
rons de Moulins, sur les fleurs du Spiraea sorbifolia, 1 exemplaire que je
possede.
M. Chevrolat ajoute que cet insecte a e"te" relrouve* aux fitats-Unis
d Ame"rique, ou il a probablement etc" importe" d Europe.
M. le docteur Puton adresse la note qui suit :
Les Cassida ne me paraissent pas aussi exclusivement attachees aux
Composees que semble le croire notre honore" collegue M. Bedel; je puis
citer la C. equestris qui vit sur le Galeopsis tetrahit, et la C. azurea sur le
Silene mflata. Les C. azurea et margaritacca e"!ant Ires-voisines, il n y a
rien d etonnant qu elles se trouvent sur des plantes de la meme famille,
Je dois ajouter que la C. azurea est de couleur differente en automne et
au printemps, et c est peut-elre sur cette difference que sont e"tablies les
C. azurea et lucida, que je n ai jamais pu distinguer.
Enfm on cite C. austriaca sur Salvia pratensls; C. thoracica sur Hype-
ricum pulchrum; C. nobiiis et nebulosa sur les Ghenopodium; C. obsolcta
surlesStellaria; C. oblonga sur les Salsolees (Perris), sur VArcnaria
maritima (de Norguet); C. filaginis sur Filago gallica (Perris); C. hemi-
sphserica sur la Serpula arvcnsis (de Norguet).
M. Leprieur, a la suite de celte lecture, fait remarquer qu il ne s agit
pas senlcmcnt de trouver un insecte phytophage sur une plante deter-
min^e pour elre sur qivil est en rapport constant avec elle, et que (oule
observation doit conslaler qu il s en nourrit au moins c l Petal parfait. Les
observations citees par 1\1. le docteur Pulon sont-elles toutes de cette
nature ?
6
M. L. Bedel ajoute que c est apres avoir a plusieur reprises etudie les
larves de di verses Cassides vivant sur des plantes de la famille des Gom-
posees et avoir retrouve les insectes parfaits sur les memes vegetaux, qu il
a cm pouvoir publier quelques remarques a ce sujet.
M. L. Bedel communique de nouveaux renseignements au sujet du
genre Sitoncs :
1 Synonymies. Le Catalogue de MM. Gemminger et de Harold men-
tionne le Sitoncs occtlatus Kust. comme synonyme du S. gemellatus Gylh.
C est une erreur : Yocellatus en est absolument distinct et se rapporte au
S. bitubcrculatus Mots. Ges deux derniers ont ete" decrits la meme annee
d apres des types rapportes par Handschuch de Carthagene, ou 1 espece
paratt tres-commune sous les genets. La synonymic doit done s etablir
comme suit : S. bitubcrculatus Mots., Bull. Mosc., 1849, t. XXIII, III,
p. l/i2 (= ocellalus Kust. = punctiger Woll.).
M. Desbrochers des Loges a publie dans nos Annales pour 1872, p. 420,
des observations sur les Sitoncs auxquelles je m associe en tres-grande
parlie. Le S. biseriatus All. est bien, somme il le suppose, une variete" du
S. discoidcus, et je retire ce que j avais dit (Bulletin 1873, p. LI) en faveur
du S. geniculatus, qui reste une simple variete du Imeatus. Quant aux
S. nigcr All. et ellipticus All., je ne saurais partager 1 opinion de notre
collegue qui pense reconnaitre le niger dans des individus froltes de
V ellipticus. D apres les types, que j ai vus et que M. Desbrochers parait
ne pas connaitre, ces deux especes me semblent bien distinctes. Le
S. niger, espece couverte en dessus d une fine pubescence couche"e,
n oflre jamais de squamules a 1 elat frais ; il a ete retrouve a Algesiras par
M. Dieck et doit tre inscrit au catalogue des Cole opteres d Europe.
11 subsiste encore bien des especes douteuses ou nominales dans le
genre qui m occupe, Parmi celles que Ton pent eliminer des a present
avec certitude, je ne citerai que le S. cincrascens Fabr., petite variete* du
6 . cambricus Stepli., a pubascence d un gris uniforme et que j ai princi-
palement observee chez les males de cette espece,
2 Mceurs et metamorphoses. Au mois d octobre dernier, j ai trouve", en
Normandie, dans de vieilles racines de Lotus corniculalus, conslamment
frequentees au moment de Taccouplement par des S. cambricus et Water-
houseij des larves blanchatres que j ai cru pouvoir attribuer a ces Curcu-
- 7 -
lionides. Je me suis empresse" de les envoyer h M. Ferris, qui m a confirme"
dans cette opinion, et je puis esperer que , grace a sa haute experience,
nous pourrons bienl6t suivre dans leur evolution complete les me"tamor-
phoses encore inconnues du genre Si tones.
D apres mes dernieres observations, les S. regensteinensis Herbst et
tibialis Herbst vivent indifieremment sur les Genista scoparia et Ulex
europseus; le S. cambricus frequcnte aussi bien le Lotus uliginosus que le
corniculatus. Enfin, d apres un renseigncment qu a bien voulu me trans-
mettre M. Bauducr, dans les Landes le S. griseus se prend sur le Genista
scoparia, et le S. grcssorius sur le G. anglica. Divers faits bien constates
me portent cependant a croire qu en general les especes les plus repandues
et les plus variables en meme temps, griseus, tineatus, etc., s accom-
modent parfaitement, au moins a Tetat parfait, de diverses Legumineuses
appartcnant aux genres les plus eloigns.
M. E. Simon donne lecture de la note suivante :
J ai I honneur de presenter a la Societe le re"sultat de quelques observa
tions sur la duree de la vie et les changements de peau des Araneides du
genre Tcgenaria.
Ces observations ont ete" faites par M. J. Leprevost, jeune entomologiste
qui ne fait point partie de la Society ; je puis en garantir Inexactitude, les
ayant suivies de pres et ayant vu les epidemics des Araigne"es qui ont ete
conserves avec soin.
Pour suivre les Araignees pendant toute la duree de leur existence,
M. J. Leprevost les prend a la sortie du cocon et les depose dans de grands
bocaux bien aeres ; il les visile tous les jours et tient un registre exact et
date de tous les changements qui se produisent.
II resulte de ces observations, dont je rendrai compte plus tard a la
Societe, que le male de la Tegenaria atrica met deux ans h se d^velopper
et qu il meurt peu de temps apres avoir subi son dernier changement de
peau ; dans la premiere anne"e ces changements sont de quatre ou cinq :
le premier a toujours lieu huit jours apres la sortie du cocon, les suivants
sont assez irregulierement espaces , un jour de chaleur ou de froid, une
abondance subite de nourriture on une abstinence prolongee pouvant les
hater ou les retarder souvent de plusieurs semaines; pendant 1 hiver il n y
a point de mues ; elles ne reparaissent qu au prinlemps suivant et se sue-
cedent jusqu a 1 automne, qui est le terme de la croissance et presque de
la vie de la Tegenaria male.
Le renflement du palpe, qui est Tattribut du sexe male, ne se montre
distinctement qu a Tavant-derniere mue.
La duree de la vie de la femelle parait beaucoup pins longue ; elle est
en effet loin d etre adultea la fin de la seconde anne"e; sa croissance est
aussi plus lente, car a la fin de la premiere anne e elle est d un tiers plus
petite que le male du meme age ; ses changements de peau sont aussi
beaucoup inoins nombreux, du moins pour les deux premieres annees, les
observations n ayant pas e"te poussees plus loin.
Ces observations sont encore tres-incompletes ; elles m ont paru cepen-
dant dignes d etre mentionnees dans le Bulletin de la Societ6 entoraolo-
gique, car elles sont de nature a 6claircir certains points encore myste-
rieux de la vie Evolutive et de la physiologie des Araignees qui habitent
nos maisons.
Membres recus. La Societe" admet an nornbre de ses membres :
1 M. George de Maschell, major de I armee russe, Koutno, gouver-
nernenl de Varsovie, qui s occupe specialement de r&ude des Coleopteres
d Europe et des possessions de la Russie. Presentation de M. L. Bedel ;
commissaires-rapporteurs : MM. Ch. Brisout de Barneville et L. Reiche;
2 M. Angel Gouralo y Goya, professeur d histoire naturelle a 1 Institut
de Zapia & Oviedo (Espagne), qui s occupe d entomologie ge"nerale.
Presentation de MM. Bolivar et L. Buquet ; commissaires-rapporteurs :
MM, L. Bedel et fid. Lefevre ;
3 M. Maurice des Gozis, de Montlucon, e"tudiant en droit a Paris, qui
s occupe de 1 etucle des Goleopteres de France. Presentation de M. Des-
brochers des Loges; commissaires-rapporteurs : MM. L. Bedel et E. Des-
marest.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Arcbiviste adjoint.
(Stance du 26 novembre 1873.)
OUYRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Berliner entomologische Zeitschrift, 17 annde, 1873, 1" et 2 C tri-
mestre.
VON KIESENWETTER, p. 9, Revision der Genus Podonta. ID.,
p. 23, Die Luperus-Arten in der Monographic von Joannis.
ID., p. 31, Zwei neue Aphyctus-Arten (Dasy tides). Low, p. 33,
Diptera nova e Pannonia et confinibus Daria3 regionibus. DE
CHAUDOIR, p. 53, Essai monographique sur le genre Cymindis.
KIRSCH, p. 121, Zur Kenntniss der Peruanischen Kaferfauna.
HENSEL, p. 153, Anwendung der Darwin schen Lehre auf Bienen
von H. Muller. PFUTZXER, p. 159, Melitaea Melicerta (var. nova)
Bastard von Alhalia und Diclynna. VON HAROLD, p. 161, Zur
Noraenclatur der Cryplocephalidffl. KRAATZ, p. 181 , Ueber
einigen von Beck beschriebenen Kaferarten. ID., p. 189, Revi
sion der Europiiischen Exochomus-Arten. ID., p. 195, Exocho-
mus minutus, eine neue deutsche Art. ID., p. 196, Uloma
cypraa, vonCypern. ID., p. 197, Ophonus planiusculus, nov.
sp. aus Thuringen. ID., p. 198-201, Ueber Adimonia fontinalis,
A. pallida, Cyphon nigriceps, XyloUemus fasciculosus. ID.,
p. 202, Ueber Xylosteus gracilis, nov. sp. VON ROTTENBERG,
p. 203, LathrimaBum prolongatum und Gyranetron Schwarzi, nov.
sp. aus Schlesien. KOLTZE, p. 206, Entomologische Excursion
nacli Glalz und in das Riesengebirge. P. 211, Chasses.
10
KRAATZ, KIRSCH, KELLNER, VON ROTTENBERG, p. 213, Synony
mies. P. 218, Bibliographic. KRAATZ, p. 225, Ueber Hyda-
ticus piciventris Thorns. VON KIESENWETTER, p. 227, Entomo-
gische Beitriige zur Beurtheilung der Darwin schen Lehre von der
Entstehung der Arten. KRAATZ, p. 239, Trichodes subfasciatus,
nov. sp. von Nazareth und synonymische Bemerkungen.
Bulletin de la Societe imperiale des Naturalistes de Moscou, annee
1873, n 1 (6 pi. noires).
C. BERG, p. 96, Acclimatisation von Antherea Yama-Mayu Guerin-
Men. in den Ostseeprovinzen. HOCHHUTH, p. 124, Enumeration
der in den Gouv. Kiew und Volhynien bisher aufgefundenen Kitfer
(Onilis H, Agrilus Sperkii, Ceutorhynchus Maschcllii nov. sp.).
Comptes rcndus hebdomadaires des seances de I Academic des Sciences,
t. LXXVII, n* s 16-20 (octobre-novembre 1873).
Max. CORNU, p. 879, Production des galles dans les vignes atta-
quees par le Phylloxera. BALBIANI, p. 884, Reproduction du
Phylloxera du chene (suite). IVERSEN, Education de Vers a soie
a Saint-Petersbourg. GUERIN-MENEVILLE, p, 929, Le Phylloxera
est nne consequence de la maladie de la vigne. Max. CORNU,
p. 930, 1009, 1088 et 1161, Renflements produils par ie Phylloxera
sur les radicelles de la vigne. BAZILLE, p. 934, Experiences sur
la destruction du Phylloxera par le sulfure de carbone. Max.
CORNU, p. 1015, D6couverte d un individu sexue" du Phylloxera
vastatrix. DE MELEGNANE, p. 1015, Observations relatives a
1 opinion de M. Guerin-Meneville sur le Phylloxera. DERBES,
p. 1109, Sur les Pemphigus du Pistacia terebinlhus compares au
Phylloxera quercus. MILNE-EDWARDS, p. 1110, et BALBIANI,
p. 1164, Meme sujet. FAUCON, p. 1175, R^sultat des etudes sur
le Phylloxera. L. PETIT, p. 1176, Re"sultats de Temploi, contre
le Phylloxera, des goudrons de houille. P. 1177, Notes sur le
meme sujet.
* Entomologist s monthly Magazine, n 114 (novembre 1873).
WEYENBERGH, p, 121, On the Lepidopierous Fauna of S 1 -
11
Vincente and description of Gelechia Benedenii, nov. sp. HE-
WITSON, p. 122, 9 new species of Lycaenidae from the West Coast
of Africa. Rev. MURRAY, p. 126, Lycaena Pryeri, nov. sp. from
Japan and change of name of L. cassiodes (= pseudocassius).
J. SCOTT, p. 127, British Homoptera (Revision of the Bythoscc-
pidae), suite. RYE, p. 131, Notes on Anisotomidas, with des
cription of A. multipunctata and circinipes from Japan, and A. ma-
cropus from England. ID., p. 136, Liosomus troglodytes, nov.
sp. from Great Britain. C. BARRETT, p. 143, Notes on British
Tortrices, suite.
Notes. P. 137, On Bembiclium, Calathus, Agabus, Homalota,
Actocharis, Scopaeus, Olibrus, Meligethes, Elater, Trachyphlceus,
Liosomus (synonymies). P. 139, Vanessa Antiopa. Sphinx
convolvuli. Notes on Phytometra aenea. P. 140, Batrachedra
praeangusta. Captures at Glanvilles Wootton P. 141, Abun
dance of Halesus auricollis in Wharfedale.
* liesumen de los Trabajos del Atcnco propagador de las Ciencias natu-
rales, ano 1872-73.
BOLIVAR, p. 6, Notes sur des Orthopteres. SANZ, p. 8, Sur les
Vesperus. BOLIVAR, p. 11, Synopsis des Gryllus d Espagne.
OUVRAGES DIVERS.
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tridae), 13 pi. coloriees. In-12 cartonne. Paris, 1873.
* CHAUDOIR (baron DE). Memoires sur quelques genres et especes de
Carabiques. Broch. petit in-8. (Extr. du Bulletin de la Societe"
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Gaulle.
* EMICH (Gustav VON). Beitrag zur Lepidopteren-Fauna Transkaukasicns.
Broch, in-8, avec une planche colorize. 1873.
12 -
* HORN (George). Revision of the genera and species of Hybrobiinu
* ID. Revision of the species of several genera of Meloidae of the
United States. Broch. in-8.
* ID. Synopsis of the Histeridas of the United States. Broch. in-8.
* LABOULBENE (D r Alex.). Du To3nia, sur une maniere simple et com
mode de le faire rendre. Broch. in-8. Q
* LESSONA (Michele). Calendario zoologico in Piemonte. Broch. grand
in-8. Turin, 1873.
* NORGUET (DE). Deuxieme supplement au Catalogue des Coteopteres du
departement du Nord. Broch. in-8. Lille, 1873.
* PRUNNER (Leonard DE). Lepidoptera pedemontana. 1 vol. in-8* relic".
Turin, 1798. Offert par noire collegue M. de Gaulle.
* RILEY (Charles). Annual Report on the noxious, beneficial and other
Insects of Missouri : III, IV et V. 3 broch. in-8. Jefferson-City,
1871-1873.
* ID. Controlling sex in Butterflies. Broch. in-8. 1873.
* ID. Economic Entomology. Broch. in-8, avec figures dans le texte.
Jefferson-City, 1873.
* ID. Einige unserer schadlicheren Insekten. Broch. in-8, avec figures
dans le texte. Saint-Louis, 1872.
* ID. On a new genus (Pronuba) of Tineidas with Remarks on the Fer
tilization of Yucca. Broch. in-8% avec figures dans le texte.
1873.
* ID. On the Oviposition of the Yucca Moth. Broch. in-8. 1873.
* ROBIN (Gh.) et LABOULBENE (Alex.). Sur les organes phosphorescents
thoraciques et abdominal du Pyrophorus noctilucus de Cuba.
Broch. in-4. 1873.
- 13 -
* THORELL. Remarks on Synonyms of european Spiders, n It. Broch.
in-8 . Upsal, 1873.
* WALSH. Descriptions of North American Hymenoptera. Broch. in-8.
Sainl-Louis de Missouri, 1873.
(Seance du 10 decembre 1873.)
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAV ANTES.
Comptes rendus des stances de la Societe entomologique de Belgique,
n" 92 (novembre 1873).
QU^EDVLIEG, p. A, De I influence de 1 isolement dans la formation
des especes, par le docteur Weismann (analyse). PLATEAU,
p. 13, Excursion de la Societe" a Newport. DE BORRE, p. 16,
Capture des nids de Vespides renfermant des Rhipiphorides.
ID., p. 17, Remarques sur Tancien genre Feronia. ID., p. 19,
Sur des de"bris de Coleopteres supposes fossiles.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de I Academie des Sciences,
tome LXXVII, n 21 et 22 (novembre-decembre 1873).
Max. CORNU, p. 1276, Note sur les moeurs du Phylloxera.
DUMONT, p. 1287, Efficacite de la submersion des vignes employee
centre le Phylloxera.
Entomologist s Monthly Magazine, n 115 (de"cembre 1873).
BARRETT, p. 1&5, Notes on British Tortrices (suite). HEWIT-
SON, p. !Zi9, Six new species of Epitola from the West Coast of
Africa. WORD, p. 151, New species of African Diurnal Lepido-
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WATE.RHOUSE, p. 157, Silis apicalis, nov. sp. from Angola. RYE,
p. 167, Aphanocephalus WoIIastoni, nov. sp. from Japan. WOL-
LASTON, p. 167, New Coleoptera from Japan (Gorylophidrc).
Notes. P. 157, On Tychius haematocephalus. P. 158, On
Coleoptera at Braemar. P. 159, On Coleoptera at Esher, Holy
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On Agrion. On the Trichoptera of Zettersledt and Wallengren.
P. 165, On a British bug. P. 166, On preserving Insects in
collections.
* Fcuillc des Jeunes Naturalistes, 4 e anne"e, n 38 (de"cembre 1873), une
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Memoires de I Academie de Stanislas, CXXKI 6 anne"e, 1872. Nancy,
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ERNE, p. 135, Entomologische Beobachtungen und Notizen
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The Transactions of the Entomological Society of London, annee 1873,
parts I-IV, 5 pi. noires et color.
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didse, from Japan. ID., p. 2, CossonidaB of Japan. SHARP,
p. Zi5, Dytiscidffi, Gyrinida3 and Hydrophilidae of Japan. BALY,
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descriptions of the new species. TRIMEN, p. 101, Butterflies dis
covered in Extra-Tropical Southern Africa. Rev. EATON, p. 125,
On the Hydroptilidae (Trichoptera). BUTLER, p. 153, A mono-
nographic List of Gasteracantha, with descriptions of new spe
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up to 1862. BATES, p. 219, Cicindelidae and Carabidae from
Japan. ID., p. 323, New genera and species of Cicindelidaj and
Carabidae from China. Major PARRY, p. 335, On Lucanoid Co-
leoptera (7 esp. nouv.). H. DEYROLLE, p. 3AA, On the affinities
of the genus Nicagus. BATES, p. 3Zi7, New genera and species
of Tenebrionidee from Australia, New Caledonia and Norfolk Island.
Rev. EATON, p. 381, Notes on the EphemeridaB by D r Hagen.
SIDNEY SMITH SAUNDERS, p. 407, On Hymenopterous Insects which
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WOLLASTON, p. 427, Genera of the Cossonidse. Proceedings.
Zapiski Noworossiiskago Obsczestwa Estestwoispitatdei (Me"moires de
la Societe des Naturalistes de la Nouvelle-Russie), annee 1873 (en
russe). O
OUVRAGES DIVERS.
* HEWITSON. Exotic Butterflies, part 88 : Salyridac, llesperida?, Lycoe-
nida3. 3 pi. color.
* MILLIERE. Catalogue des Le"pidopteres des Alpes-Maritimee, 2 e partie :
Phalenites. Cannes, 1873.
* ROUGET. Sur les Col^opteres parasites des Vespides. Broch. in-8.
Dijon, 1873.
Ordre du jour de la seance du 2U d^cembre 1873 :
Nomination des membres du Bureau et des Commissions spe"ciales pour
Tannee 187/1.
Distribution du 3" numero trimestriel des Annales pour 1873.
- 16
Avis divers.
M. le Tre"sorier (rue Saint-Placide, 52) rappelle a ses collogues qui n ont
pas encore solde" le montant de leur cotisation pour Tanned 1873, qu ils
doivent, aux termes du Reglement, la lui faire parvenir aussitot gue pos
sible et sans interme diaire.
Par decision prise dans la stance du 28 mai 1873, chaque note inse^e
dans le Bulletin des stances, sauf decision de la Societe, ne devra pas
comprendre a 1 avenir plus d une page d impression.
Nous prions nos confreres de se conformer & celle decision sMls ne
veulent pas que la Sociele soil contrainte ou de reduirc 1 etendue des
travaux qu ils lui adresseront, ou de les publier plus tard dans les Annales
et non pas immediatement dans le Bulletin.
Nous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fin du A e tri-
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapportees, d en
informer de suite les Tresoriers ou le Secretaire, comme aussi de les
avertir de tout changement apporte" ullerieurement a leur adresse.
L Archiviste (M. J. Fallou, rue Hautefeuille, 30) rappelle a ses collegues
les termes du troisieme paragraphe de Particle 36 du Reglement, portant
que :
Tous les ouvrages pretes doivent etre re integre s a la Bibliotheque
dans la derniere quinzaine de decembre, afin que rArchivisle en constale
I &at et fasse, s il y a lieu, son rapport h la Societe dans la premiere
quinzaine de Janvier.
Toutes les reclamations relatives a I envoi du Bulletin bi-mensnel, ainsi
que les demandes pour Tetranger (contre remboiirscment des frais de
transport), doivent etre adressees au Tresorier adjoint, M. E. RAGONOT,
rue de Buffon, 27, qui est charge^ de Texpedilion du Bulletin des seances.
Paris, 18 decembre 1873.
PARIS. Typog. FELIX MALTESTE el Ce, rue des Dcux-Porlcs-St-Sauveur, 22.
N" 18.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Reciieilli par HI. E. DESM AREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
tvi* tres-importants.
1 Nous croyons devoir rappeler un des articles du reglement relalif an
Bulletin des stances :
ART. 3. Cc Bulletin sera envoye gratuitement a tous les membrcs
francais gui auront soldi le montant dc leur cotisation de Cannce coumnle
ou tout au moins celui de Cannee precedente, etc. (Voir Bulletin n 1,
pagel.)
En consequence, ceux de nos confreres qui n ont pas encore adresse
au Tre sorier le montant de leur cotisation pour 1873 sont prie s de le faire
d ici a la fin de 1 annee, s ils de"sirent recevoir, des leur publication, les
Bulletins des stances de 187Zj.
2 Indiquons egalement des extraits des articles 1/t et 15 du Reglement
general de la Socie"te :
ART. 1A. Tout membre s engage a payer une cotisation annuelle de
24 francs. Les membres domicilies dans les departemeuts ou a 1 etran-
ger ajoutent c\ leur colisation la somme de 2 francs pour 1 envoi franco
des Annales. Chaque membre r6sidant peut payer sa cotisation par
trimestre, mats d avance. Les membres non residants doivent faire par-
venir leur cotisation directement et sans frais au Tre sorier (M. L. Buquet,
rue Saint-Placide, 52) dans le mois de Janvier de chaque annee.
a ART. 15. Tout societaire peut se libe"rer de sa cotisation annueile
au moyen du versement, une fois fait, de la somme de trois cents francs.
Passe le 1" trimestre, la cotisation de Tanned est due.
- 2 -
Seance <lu 24 Deceinbre 1S73.
Pr&idence dc M. Cn. BRISOUT DE BARNEVILLE.
t\l\ membres presents.
MM. le docteur Grenier, de retour de Bagneres-de-Bigorre, et G. Power,
de Saint-Ouen-de-Thomberville, assistent a la stance.
Rapports. La Soci^te" adopte les conclusions d un rapport de la Com
mission de publication re"glant ainsi qu il suit la composition dn quatrieme
nume ro des Annales pour 1873 :
1 SIGNORET. Essai sur les Coccides ; genre Lecanium ; avec deux
planches ;
2 TOURNIER. Observations sur les Tychiides ;
3 POUJADE. Sur le vol de quelques Coleopteres ; avec une planche ;
U LABOULBENE. Une l re note : Sur le cri du Sphynx Atropos ; et une
2 e note : Sur 1 anatomie du Gocuyo de Cuba ;
5 Bulletin des seances : octobre-de cembre 1873 ;
6 Liste des membres de la Socie te pour 1873 ;
7 Tables du volume.
II re sulte d un rapport de FArchiviste que chaque annee, depuis
1869, le nombre des livres empruntes & la bibliotheque a e"te constam-
ment en augmentant. Ainsi, en 1869, 50 ouvrages ont e"te" empruntes par
22 membres; en 1870, 63 ouvrages, par 20 membres; en 1871, 69 ou
vrages, par 27 membres ; en 1872, 89 ouvrages, par 26 membres ; et, en
1873, 122 ouvrages, par 38 membres.
Lectures. M. Ernest Cotty adresse une piece de vers iutitulee : L Ento-
mologie , ode sur les Coleopteres. II en est donne lecture a la Societe .
M. L. Fairmaire transmet , par Tentremise du Secretaire , deux
notices :
1 Notes rectificatives comple mentaires sur les Timarcha ;
2 Description d un nouveau genre de la famille des Chrysome lides ;
genre Cyrtonastes ; C. seneomicans et ph#donoides, de Syrie.
Communications. Sur la demande du Secretaire, la Sociele decide
qu elle fixera dans sa prochaine seance la date du banquet annuel qui aura
lieu en 1876.
M. L. Buquet indique, comme il le fait chaque annee, les noms des
entomologistes qui, en 1873, nous ont adresse leurs portraits photogra
phic^, et il prie de nouvean tons nos collegues de completer autant que
possible cette inte"ressante collection (1).
M. Victor Pyot envoie une note compliant la description de son
Thinobius Ligeris description qui a 616 lue a la derniere stance.
M. J. Kunckel annonce que I administration du Museum d histoire
naturelle vient d acquerir la magnifique collection de Cicindelides de notre
collegue M. de Chaudoir.
M. Le"on Fairmaire communique une note relative a la synonymic de
diverses especes de GoMopteres :
Dans le Berliner entomologische Zeitschrift pour 1872, p. 168, M. Reitter
a decrit un nouveau genre, Diochares, fonde" sur le D. dcpressus, insecle
trouve" a Oran et qui n est autre que mon Pediacus costipennis (voir Ann.
Soc. ent. Fr., 1852, p. 78), comme M. Kraatz le reconnait (fieri. Zeits.,
meme annee, p. 186). Mais ce dernier propose de retenir le nom ge"ne-
rique de Diochares ; les caracteres sont en eflet tres-suffisants pour
motiver cette coupe. Seulement je crois que le genre Xenoscelis Woll.
(Trans. Ent. Soc. Lond., 1862, p. 152, pi. 7, fig. 3, Pristoscelis) a ele
fonde sur le meme insecte et aurait par consequent la priorite. Son nom
serait done : Xenoscelis costipennis Fairm. = deplanatus Woll. *
dcpressus Reitt.
A cote de ce genre se trouve place le Cryptomorpha musx Woll. , Ins.
Mad., p. 157, tab. A, fig. 1. Get insecte est identique avec le Psammsecus
(1) Les portraits parvenus jusqu ici a la Societe sont an nombrc de deux cent
soixante-six ; ce sont, outre les deux cent soixante dont les noms des enlomo-
logistes qu ils represented sont indiques aux pages xi, xvm, L et ti du Bulletin
de 1863, LV du Bulletin de 1864, LXXI du Bulletin de 1865, LXVH du Bulletin
de 1866, xcv du Bulletin de 1867, cxvi du Bulletin de 1868, LXXXH du Bulletin
de 1869, LXXXVII du Bulletin de 1871, et xcv du Bulletin de 1872, ceux de MM. :
261. W-J. Griffith. 264. J.-M. Tarrissan.
262. Ed. Fridrici. 265. Ottocar Nickerl.
263. Ferd. Reiber. 266. Dr Stierlin.
Desjardinsi Guer. Le P. trimaculatus Motsch, pourrait bien en etre une
variete.
Enfin je crois que le genre Derotoma Reitler, loc. cit., p. 170, x est le
meme que le genre Astitpnus Ferris (Ann. Son. ent. Fr., 1866, p^ 165),
malgre la difference du nombre d articles des tarses ; mais ce rapproche
ment aurait besoin d etre continue", et je livre ce point, qui n est pas un
monde, disputationibus corwn
M. Lichtenstein adresse la note suivante :
Dans la seance du 26 novembre, notre collegue M. V. Signoret a fait
part de la remarquable decouverte faite par M. Balbiani au sujet des sexes
du Phylloxera quercus. D apres ce savant, les deux sexes seraient apteres
et prives de rostre.
Or, dans son etude sur le meme insecte, qui cst ins^ree dans nos
Annales de 1867, M. Signoret nous dit au contraire : Parmi les ailes
on en rencontre de plus gros les uns que les autres ; les plus petils sont
les males. (Ann. Soc. ent. Fr., 1867, p. 301.)
Ce sexe serait-il tantot aile", tantot aptere chez le Phylloxera quercus ?
Ce qu il y a de certain, c est que nous trouvons, tant chez le Phyl
loxera quercus que chez le Phylloxera vastatrix, de petits individus ailes,
prives d ceufs et ayant une nervation d ailes differente des autres, en ce
sens que les nervures sont plus robustes et mieux marquees. Quels sont
ces individus? Quel est leur role ?
II m a ete jusqu a ce jour impossible de decouvrir, malgre toutes mes
reclierches, un seul individu prive de rostre chez le Phylloxera vastatrix.
Je trouve seulement par ci par la quelques gros oeufs isoles, qui pourraient
etre ce que M. Balbiani appelle 1 ceuf d hiver. Je compte suivre leur trans
formation.
En attendant, je crois qu il y a toujours des lacunes a combler pour
arriver a Fhistoire complete du Phylloxere.
M. V. Signoret, apres la lecture de cette note, fait remarquer combien
est pen scientifique la maniere de repondre a un fait positif par les con
tradictions qu on peut trouver dans les travaux d un auleur. II y a du
reste tres-loin de 1867 a la fin de 1873, et on peut devenir, avec I e tude
de fails nouveaux, plus habile qu on ne 1 etait d abord.
Du reste, la lettre de M. Lichlenstein ne repond nullement aux travaux
remarquables de M. Balbiani, mais a la confirmation que ces travaux
5
memes donnent a mes negations sur la presence des organes sexuels
males dans les types presented comme tels.
M. Maurice Girard communique la note suivante :
J ai de"ja appele 1 attention de la Societe (voir Bulletin n 15, page 6,
seance du 12 novembre 1873) sur le talent avec lequel certains apicul-
teurs savent, a toute epoque de la vie des Abeilles dans la ruche, les
obliger a confectionner des gateaux dans des recipients determines, qu on
place a un moment voulu, et qu on enleve ensuite pour I elude ou pour
la vente.
Habituellement on se sert de boites rectangulaires disposes verticale-
ment, suivant la forme normale des gateaux fails naturellement et sans
obstacle, et qui sont toujours plus ou moins oblongs. Gependant on doit
reconnailre qu on peut obliger ces insectes a oublier les prescriptions de
1 instinct. On dirait qu ils se civilisent, comme notre regreUe confrere
Lespes le pretendait pour les Fourmis.
Je viens d avoir connaissance de gateaux entierement circulaires, c est-
a-dire de forme anormale, qu on fait construire aux Abeilles en interca-
lant dans la ruche des rondelles creuses en bois, pareilles a cellcs du
pourtour des boites a fruits confits, et probablement en collant comme
amorce un petit gateau commence". Le fait important est qu on observe
tout autour de la circonference du disque des piliers d attaclie en cire,
prouvant qu on a affaire an travail meme des Abeilles. Ces gateaux circu
laires sont ensuite entoure"s d un boite en ferblanc pour la conservation
et la vente.
Je presente a la Societe* un de ces gateaux, qui ne sont pas encore
connus a Paris; il est rempli de miel et a cellules operculees, et provient
de M. G. Dumas, apiculteur a Aigueperse (Puy-de-D6me).
M. Jules Kiinckel rappelle que le fait de la construction par les Abeilles
de gateaux de formes variees, suivant les moules mis a leur disposition,
est extrememenl general. Pour ne citer qu im exemple, chacuu a pu voir
a 1 Exposition universelle de 1867 les inscriptions pleines d originalile
tracees par les Abeilles de M. 1 abbe" Sagot.
Membre demissionnaire. M. Paul Lambert, a Saumur.
Membre recu. M. Edouard Killias, docteur en medecine, a Coire (Suisse),
presente par M. le docteur Stierlin. Commissaires-rapportcurs : MM. L.
Bedel et Javet.
Nominations annuelles. La Societe", aux termes de son Reglement, et
pour la quarante-troisieme fois depuis sa fondation, procede au renou-
vellement des membres de son Bureau et de ses Commissions speciales.
Ont ete nomines pour 1874 :
MEMBRES DU BUREAU.
President MM. C.-E. LEPRIEUR, O efc.
Vice-President Eugene SIMON.
Secretaire Eugene DESMAREST.
Secretaire adjoint Hippolyte LUCAS, $s.
Tresoricr Lucien BUQUET, ^s.
Tresoricr adjoint fimile RAGONOT.
Archiviste-Bibliothecaire Jules FALLOU.
Archivistc-Bibliothecaire adjoint . Louis BEDEL.
COMMISSION ADMINISTRATIVE.
MM. Louis BEDEL.
Jules GROUVELLE.
Louis REICHE.
THEVENET.
Et, en outre, les Secretaire, Tr^sorier et Arcliiviste, qui en font partie
de droit.
COMMISSION DE PUBLICATION.
MM. BERCE.
Charles BRISOUT DE BARNEVILLE.
le professeur Paul GERVAIS, tfe.
Maurice GIRARD.
Albert LEVEILLE.
El, en outre, les fonctionnaires titulaires du Bureau.
COMMISSION DE LA Bl BLIOTH EQUE.
MM. Paul GERVAIS, efc.
Louis REICHE.
Auguste SALLE.
Et, en outre, les President, Secretaire, Tresorier et Arcliiviste.
7 -
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par 11. Louis BEDEL, Archiviste adjoint,
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAV ANTES.
Annettes de la Societe cntomologiqw de France, 5 C s6rie, tome troisieme,
1873, 3 e trimestre. 1 vol. in-8 avec la planches noires et coloriees ;
texte : page 257 a AOO (9 feuilles : 17 a 25) ; Bulletin : page cxxix
a cxcii (A feuilles : ix a xn). Paris, 2A decembre 1873 (deux
exemplaires pour la bibliolheque).
PIOCHARD DE LA BRULERiE, p. 257, Genre Acinopus (suite et
fin). JEKEL, p. 267, Genre Pterygonus. GAPIOMONT et LE-
PRIEUR, p. 273, Monographic des Rhinocyllides. BAR, p. 297,
Genre Palustra : P. Laboulbeni, dont la chenille est aquatique,
avec pi. col. LABOULBENE, p. 303, Note anatomique sur le P.
Laboulbeni, avec pi. col. ID., p. 307, Spilogaster ulmicola,
nouveau Diptere, avec pi. col. ID., p. 313, Metamorphoses de
la Ce cidomyia buxi, avec pi. col. SIMON, p. 327, ihudes arach-
nologiques (suite) : II. Nouvelles especes europe"ennes ; III. fire
side ; IV. Genre Theridium ; avec pi. LUCAS, p. 375, Metamor
phoses du Xylorhiza venosa, avec pi. GHEVROLAT, p. 387, Rhy-
zodides nouveaux (suite). FAIRMAIRE, p. 389, Rhyzodides.
ID., p. 391, Cole"opteres alge"riens nouveaux. ID., p. 393, Pro-
derops (P. foraminosus) , genre nouveau de Tene"brionides.
SIGNORET, p. 395, Goccides : genre Lecanium (commencement).
DESMAREST et BEDEL, p. cxxix a cxcii, Bulletin des stances et
Bulletin bibliographique (juillet a octobre).
Atti delta reale Academia delle Scienze di Torino, t. VIII, n 01 1-G,
1873.
SALVADORI, p. 82, Nephrops japonicus, Tapparone-Canefri ,
nov. sp.
Comptes rendus des stances de la SocieU entomologiqm de Belgique,
n 93 (de"cembre 1873).
TOURNIER, p. 4, Note sur le genre Sharpia, de la faune mediter-
raneenne. DE BORRE, p. 5, Comparaison entre la distribution
geographique des Le"pidopteres diurnes et celle des Oiseaux, d apres
Kirby. CANDEZE, p. 11, Diphydactylus Thorns. = Hoplia et
Brachymys Thorns. = Gamenta Er. (genres de Me"lolonthides).
DESGUIN, p. 11, Monstruosite" par exces d un palpe d Hydrophilus.
VAN SEGVELT, p. 12, Curculionides nouveaux ou rares pour la
faune beige. VON KIESENWETTER, D r BREYER et DE BORRE, p. 13,
Questions de nomenclature entomologique et de priori te.
Comptes rendus hebdomadaires de t Academie des Sciences, t. LXXVI,
tables du l er semestre 1873 ; t. LXXVII, n 08 23 et 26 (decembre
1873).
T. LXXVII. Max. CORND, p. 1330, Note sur les mceurs du
Phylloxera (suite). MARES, p. 1&08, De la propagation du Phyl
loxera. Max. CORND, p. 1423, Hibernation du Phylloxera des
racines et des feuilles.
OUVRAGES DIVERS.
* BAUDI (Flaminio). Catalogo del Dascillidi, Malacodermi et Teredili
della Fauna europea e circummediterranea del Museo di Geneva.
Broch. in-8. Genes, 1873.
* BRULERIE (Ch. DE LA). Monographic des Ditomides. Broch. in-12.
(Extr. de VAbeille, Recueil d Entomologie).
* MARSEUL (S.-A. DE). Monographie des Otiorhynchides, d apres les tra-
vaux du D r Seidlitz, 2 e partie. 1 vol. in-12 relic".
* Ross. Canadian ferns and wild flowers. Broch. in-12. Toronto,
1873. O
Paris, 31 decembre 1873.
PARIS. Typog. FfiLIX MALTESTE et O, rue des Deux-Porles-St-Sauveur, 22.
N 19.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli par III. E. DESMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Avis important.
Le banquet annuel comme moratif de la t ondation de ia Socie"te en 1832
aura lieu le samedi 28 fevrier 187/i, au Palais-Royal (cafe Gorazza).
La Socie"te, comptant sur le concours de tons ses membres, tant
etrangers que provinciaux et residants, leur fait un instant appel afin
qu un grand nombre d entre eux assistent a cette reunion fraternelle.
M. L. Reiche (rue du Vingt-Neuf-Juillet, n" 10) a bien voulu, comme
en 1873, se charger des demarches a faire pour Forganisation de ce
banquet. 11 prie ceux de nos collegues qui comptent y assister, de lui
adresser DES A PRESENT la somme de dix francs, prix de la souscription
fixee pour chacun des membres.
(187/i, 2 C annte.}
2
Seance du 14 Janvier
Presidence de M. C.-E. LEPRIEUR.
29 membrcs presents*
M. Power, de Thomberville, assiste a la stance.
Apres 1 adoption.du proces-verbal de la precedence seance lu par le
Secretaire, M. Charles Brisout de Barneville, President de 1873, avant de
ceder le fauteuil au President de 1874, prononce les paroles suivantes :
En quittant ce fauteuil, je liens a remercier la Societe de la bienveil-
lance qu elle m a toujours temoignee ; elle a ainsi singulierement facilite
ma tache, et je la prie d agreer 1 expression de ma vive gratitude.
Avant de terminer, je ne puis m empecher de rappeler avec satisfaction
que c est sous ma presidence que la Societe aura decide d une maniere
definitive la publication du Bulletin de nos seances ; cette publication etait
demande e depuis longtemps par tous les membres de la Societe, et sur-
tout par nos collegues de province, et je crois que la science entomolo-
gique n aura qu a y gagner.
Je m aplaudis aussi d avoir vu la Societe resoudre d une maniere satis-
faisante 1 importante question du prix fonde" par M. Dollfus ; pour la pre
miere fois, cette annee ce prix sera de cerne.
M. C.-E. Leprieur, avant de reprendre 1 ordre du jour de la stance,
lit le discours qui suit :
Messieurs etchers Collegues, le premier, je pourrais dire le seul senti
ment que j 6prouve au moment de prendre place a ce fauteuil est celui du
peu de .droits que j avais a recevoir de vos suffrages un honneur si grand,
le plus grand presque que vous puissiez accorder, et je dois me feliciter
aujourd hui de la sage prevoyance de notre reglement qui, en interdisanl
la reelection des presidents, permet a tous 1 acces successif a cette haute
position.
Si, comme il me faut bien le reconnaltre, Tinsuffisance de mon bagage
3
scientifique ne me permettait pas d y aspirer, j ose me flatter du moins
que vous avez voulu dans cette circonstance recompenser en ma personne
autant mon amour pour notre chere science que mon anciennete" dans votre
compagnie.
Je craindrais cependanl de ne pouvoir etre a la hauteur des fonctions
que vous m avez confiees, si je n etais persuade" d avance que votre bien-
veillant concours ne me manquera pas et viendra rendre ma tache plus
facile.
A une epoque deja bien eloignee de nous, dans la stance du 21 de"ccmbre
1836, M. de Castelnau, cornparant notre Societe entomologique naissante
aUx associations de meme nature essayees sans succes en Angleterre,
s ecriait : Quelle ne serait pas la joie de Latreille, si le Ciel lui cut
permis de voir notre assemblee si nombreuse et pouvant deja presenter
cinq tomes d Annaies qui la placent a la tete des entreprises de ce
genre !
Si, apres un espace de cinq ans seulement, notre collegue caracte risait
ainsi la Societe entomologique, combien doivent s enorgueillir davantage
les rares survivants de cette epoque, en presence de ses 42 volumes
d Annaies et du nombre presque double de ses membres.
J aurais desir6 jeter un coup d ceil rapicle sur les divers travaux publics
dans les derniers volumes de nos Annales, mais je craiadrais d abuser
de volre indulgence, et je vous demanderai seulement la permission
d examiner avec vous quelques questions plutot administratives que scien-
tifiques.
En decidant, le 12 mars dernier, que le Bulletin des seances serait
dorenavant public a part et distribue bimensuellement aux membres de
la Societe, vous avez pris Une mesure qui, je Tespere, aura pour resultat
runiGcalion plus complete de la Societe" et probablement aussi 1 augmen-
talion du nombre de ses membres. Notre Tre sorier pourra, je pense, nous
dire plus tard si la depense amenee par la distribution des Bulletins
n aura pas trouve" line compensation dans les recettes ; mais il est bien
certain que lous ceux qui, comrne moi, out pendant de longues anne es
et6 e loigne s de Paris par leurs fonctions, onl pu appre"cier alors, souvent
a leurs depens, combien e"taient faibles les liens qui unissaient a la Societe
les membres non residents. R6duits a connaltre les decisions prises en
seance seulemenl lors de la distribution du trimestre des Annales, c est-a-
dire trois ou qualre mois et souvent plus apres les fails accomplis, ils ne
li
pouvaient y porter qu un interei retrospectif bien faible et presque plato-
nique.
Aujourd hui, quelque eloigne qu on soit du centre de la Socie te, on
assiste en quelque sorte a ses seances ; on peut meme y prendre une cer-
taine part par des communications ou des rectifications arrivant en temps
utile, et vous avez d6ja pu appre"cier plus d une fois que si vous n aviez
pas eu la precaution de limiter 1 espace accorde a cliaque membre pour
ses remarques, cette mte"ressante partie de nos Annales n eut pas larde a
depasser celle destinee plus specialement aux travaux scientifiques de
longue haleine.
Notre reunion periodique dans im banquet conlraternel, a Tepoque de
1 anniversaire de la fondation officielle de la Societe entomologique, est
encore une de ces excellentes mesures, destinee qu elle est a resserrer les
liens entre nos collegues, et je souhaite vivement que, plus heureuse que
les excursions provinciales , cette f6te de lamille puisse prendre d annee
en annee un de"veloppement plus considerable.
II me reste maintenant a vous signaler une question que je pourrais
presque qualifier de rappel au reglement.
D apres 1 article 7, la Societ6 devrait compter dans son sein douze
membres honoraires, dont deux tiers francais et un tiers etrangers, et ce
nombre est en ce moment diminue" de moitie. Depuis 1866, oil Ton a fait
quatre nominations, il n y en a plus eu une seule (car je ne puis compter
comme re"elle celle de notre regrette collegue Aube", a son lit de mort), et
pourtant il y a eu des extinctions. Je comprends bien que les annees qui
viennent de s ecouler depuis la funeste guerre de 1870 n ont pas ete
favorables au calme necessaire a la Societe pour examiner a loisir les
litres des candidats a cette dignite. Nous vivions en quelque sorte sous
Fempire d un reve, et les preoccupations de toute espece ne nous permet-
taient pas de songer a de semblables details; mais il me semble que le
moment est venu de rentrer dans la legalite" et de voir si, en presence
de six vacances, il ne serait pas juste d accorder a quelques-uns de nos
collegues cette flatteuse et enviee distinction. Je croirais vous faire injure
et manquer a la reserve qui m est d ailleurs imposee ici, en vous citant
un seul nom ; mais il suffit de feuilleter la liste des membres de notre
Societe pour y trouver des individualites qui s imposent en quelque sorte
a vos suffrages.
J ose done esperer, Messieurs et chers Gollegues, que, dans le courant
de cette annee, j aurai le bonhenr et le plaisir de vous voir prendre en
serieuse consideration les remarques que je soumets aujourd hui a vos
reflexions, et que la Societe", apres un Irop long intervalle, voudra bien
remplir un certain nombre des vides qui existent parmi nos membres
honoraires.
Si malheureusement, mais je ne puis le supposer un seul instant, ma
voix ne trouvait pas d e"cho dans vos coeurs, il serait plus simple el sur-
tout plus digne, permettez-moi de vous le dire avec franchise, de provo-
quer une revision de notre reglement et d en eflacer cet article 7, devenu
depuis si longtemps une lettre morte.
Mais il faut m arr6ter ici : d autres devoirs nous reclament d ailleurs, et
je veux fmir en vous proposant de voter des remerciements a mon hono
rable predecesseur, ainsi qu a MM. les membres du Bureau, pour le zele
et le devouement qu ils ne cessent de montrer dans 1 interet de notre
Society.
Ce discours est accueilli par les applaudissemants de la Societe", qui en
decide Timpression dans son Bulletin, et qui vote des remerciements a
son ancien President ainsi qu a tons les autres membres du Bureau et des
Commissions speciales pour Tanne e 1873.
Rapport. M. Lucien Buquet, tresorier, presente un rapport de"taille,
avec pieces a 1 appui, sur les recettes et les depenses de la Societe" pendant
1 exercice 1873. Il expose que, malgre les depenses considerables occa-
sionne es tant par la publication des Annales que par celle du Bulletin des
seances et autres, relatives surtout a 1 achat d ouvrages pour la Bibliotheque,
laSocie le a pu, non-seulement faire face aux depenses courantes del annee.
derniere, mais encore que, sur une recette totale de 14,496 fr. 93 c.,
defalcation faite des defenses (13,188 fr. 87 c.), elle possede, au l er Jan
vier 187/j, un encaisse de 1,308 fr. 06 c.
Une Commission speciale, composee de MM. Berce, le docteur Grenier
et L. Reiche, est chargee par le President, aux termes du reglement, de
presenter a la prochaine seance un rapport sur les comptes que le Tre"so-
rier vient de deposer sur le bureau.
Decision. La Societe", a Tunanimite, decide que le banquet de 1874,
destine a feter 1 anniversaire de sa fondation en 1832, aura lieu le somedl
6
28 ftvrter prachain. Comme Tannee derniere, M. L. Reiche est charge de
rorganisation de ce banquet.
Lectures. M. Desbrochers des Loges enyoie une notice ayant pour litre :
Remarques sur les Anoxia emarginata, Lucasi et derelicta, et description
de deux especes nouvelles de ce genre (A. luteo pilosa, de Philippeville, et
hungarica, de Hongrie).
M. V. Signoret depose sur le bureau la 13 e partie de son ouvrage
sur les Coccides ; travail accompagne d une planche et tenninant I histoire
des Le"canides.
Dans ce m&noire Fauteur donne la description de six genres qui ne ren-
ferment chacun qu une seule espece. Ce sont les genres : i Physakermes
Targioni, pour le C. hcmicryphus Dalman ; 2 Ericerus Guerin, pour le
Coccus Pela Westwood, qui produit la cire de Chine bonne a Teclairage ;
3 Lecanopsis Targioni, pour une espece nouvelle, le L. rhyzephyla Tar
gioni ; k Aclerda, pour une espece nouvelle vivant a la racine de certains
gramens, 1 A. subterranea Signoret ; 5 Fairmairia, pour une espece nou
velle, la F. bipartita Signoret, qui vit sur le chaume de YAgropyrum
campestre et probablement aussi de la Fcstuca ovina ; et 6 Carteria (nom
qui rend hommage a 1 auteur qui , jusqu a ce jour, a le mieux fait con-
nailre 1 histoire naturelle de ce Coccide), pour l especeC. lacca, produi-
sant la resine laque, si connue depuis longtemps dans les arts et dans
rindustrie.
M. V. Signoret, dans le memoire qui suivra, commencera la serie des
Coccites, en s occupant d abord de ceux qui se rapprochent le plus des
Lecanites, et qui meme jusqu a present avaient etc confondus avec eux.
Ce sont particulierement les especes du genre Kermes, telles que les
K. Bauhinii, vcrmilleo, quercus, gibbifcra, etc., qui sont de veritables
Coccites.
M. Jacques Bigot adresse un memoire intitule : Descriptions de nou
velles especes exotiques de Dipteres des genres Formosm et Ruttlia ; tra
vail accompagne de figures coloriees.
Apres avoir donn des considerations generales sur le groupe auquel ces
deux genres apparliennent , et avoir indiqu6 les especes anciennement
connues qui y cntrent, M. Jacques Bigot decrit les especes nouvelles clont
les noms suivent : Formosia variegata, d Australie; smaragdifera, de
7 -
Batchian, et villosula, de Van Diemen; nut-ilia argcntifcra, de Sydney ;
fulviventris, de Van Diemen , et echmomoulcs, d Auslralie.
Communications. M. Angel Gonzalo adresse, pour F album de la Societe",
son portrait photographic,
M. Ernest Olivier annonce, par I intermediaire de M. L. Reiche, que,
dans les papiers laisses par son grand-pere, il a trouve beaucoup de tra-
vaux entomologiques inedits et meme non acheve s, entre autres les figures
et les descriptions d un grand nombre d Hymenopteres et de Ne"vropteres,
destinees ft faire suite a VEntomologie ou Histoire naturclte des Inscctes,
qu il se proposait de continues
M. E. Olivier demande a la Socie"te" si elle ne croirait pas utile de
publier dans les Annales les figures et les descriptions des especes qu on
reconnaitrait inedites.
La Sociel6 decide que M. E. Olivier sera prie d envoyer ces documents,
qui seront soumis a la Commission de publication.
M. le docteur Al. Laboulbene dit a la Societe que notre collegue
M. Kiinckel lui a signale Tindication d une Cecidomyia observes par
V. Audouin sur une espece de buis (An Introduction to the modern clas
sification of Insects, etc., by J.-O. Westwood , t. II, p. 520, 1840). II.
n y a, ajoute M. Laboulbene, que deux lignes; cependant, Audouin ayant
6te un des grands entomologistes francais, il lui parait ne"cessaire de men-
tionner le fait de ces Cccidomyies vues probablement au jardin des
Plantes, la peut-6tre ou Geoffroy les avait observees et ou, mis a meme,
avec 1 aide de MM. V. Signoret et J. Fallou, M. Laboulbene en a recueilli
lui-meme.
Le meme membre ajoute qu il a trouve" dans la marmelade de 1 orme
une larve de Coleoptere qui n y avait pas encore ete observ6e : celle d une
espece de Soronia, peut-etre la grisea, dont il se propose d e"tudier les
metamorphoses.
M. Aug, Puton adresse les observations suivantes :
La note que j ai envoye*e a la stance du 10 de"cembre sur V habitat de
quelques Cassides est suivie d une observation de M. Lnprienr qui me
donne le droit de re"pondre.
Je n ai pas & de"fendre des observateurs tels que MM. Ferris et de
Norguel, que j ai cites ponr les Cassida filaginis, oblonga et hemisphderica,
Bach et Redtenbacher a qui appartiennent les observations pour les Cas
sida austriaca, thoracica, nobilis, nebulosa, obsoleta.
Mes observations personnelles se bornent done a deux : j ai dit que la
Cassida equestris vit sur le Galeopsis tetrahit, parce que je Fai mainte et
mainte fois trouvee sur celte plante, non pas d une maniere accidentelle,
mais d une maniere constante. Quant a la Cassida azurca, je trouve quand
je veux 1 insecte parfait, la larve et les oeufs sur le Silene mflata. Est-ce
suffisant pour etablir Fhabitat ? Nos collegues MM. Al. Laboulbene et
V. Signoret doivent meme se rappeler que je les ai consul tes sur la nature
des plaques d oaufs de cet insecte, plaques recouvertes d un enduit ge"la-
tineux en forme de carapace qui simule une Gochenille. Cet insecte est
tres-commun dans toute la chaine des Vosges ; il est aussi commtm dans
le Jura, ou, lors de I excursion de la Societe, je 1 ai fait prendre a nos
collegues qui ne connaissaient pas son habitat.
M. Maurice Girard adresse la note suivante :
Dans la prece"dente seance, a la suite d une note d apiculture que je
faisais connaitre, notre confrere M. J. Kunckel a fait une juste observation,
qui me laisse voir que ma communication n etait pas assez explicite. Je sais,
comme tout le monde, que Finstinct des Abeilles les porte a remplir de
cellules tous les vides, de forme quelconque, qui se trouvent dans le
haul de la ruche. De la une foule de petites curiosites d apiculteurs, amu
sement des expositions. Je connais parfaitement ce qu a fait en ce genre
M. Fabbe Sagot, et j ai cite* son nom (Maurice Girard, les Insectes utiles
et les Insectes miisibles h FExposition universelle, p. 26, Paris, 1867,
librairie de la Maison rustique) lorsque je rappelais que cet apiculteur
avait trouve moyen d exposer a la fois ses sentiments et ses beaux pro-
dnits dans une inscription en gateaux de miel, qui serait bien plus origi-
nale aujourd lmi qu en 1867. Cet apiculteur avait a cet effet dispose, dans
les coins de sa ruche a grenier, contre les parois et non a Finterieur, des
moules ou les dociles insectes remplirent de cellules et d un seul cote" les
letlres creuses qu on leur offrait. C est la une fantaisie d amateur, sans
application industrielle ; et, dans ce genre, la derniere Exposition des
Insectes montrait un tour de force encore plus habile : une spirale com-
plique"e en rayons de miel.
9
Le gateau que j ai pre sente dernierement a la Societe est, au contraire,
le re"sultat d un precede" industriel, et 1 auteur en a fabrique cette anne e
quatre cents exemplaires. La ruche tout entiere est transformed a cet
eflet. Des cadres carres, dans lesquels sont inscrites des rondelles circu-
laires, obligent les Abeilles a construire tous leurs rayons en cercles, et
des deux cote s, sur un modele inusite et hors de leur instinct habituel,
le bas de la ruche restant reserve au couvain. Ce n est plus une curiosite
futile, mais une me"thode nouvelle destined a la vente commerciale.
Le meme membre communique une note d une autre nature que la
precedente :
Les details de mceurs sont souvent negliges et a tort par les entomolo-
gistes ; il me parait utile de signaler tous ceux qui viennent a ma con-
naissance, quand ils sont nouveaux ou fort pen connus.
M. de Milly eleve sur une tres-grande echelle, pres de Mont-de-Marsan,
le Ver a soie de 1 ailante (Attacus cynthia Drury, vera Guer.-Me n.) et a
du se preoccuper des ennemis de cette utile cspece. Outre les Guepes,
fle"au connu depuis longtemps, il vient de signaler la Sauterelle a k SocietS
d Acclimatation. Je me suis empresse" de Finterroger a cet egard, et j al
vu, par sa description, qu il s agissait de la grande Sauterelle verte
(Locusta viridissima Linne), surtout quand M. de Milly m a dit que Tin-
secte etait la pre tendue Cigale des environs de Paris, figure e dans les edi
tions anciennes des fables de La Fontaine. Get insecte de"vore les chenilles
sur les feuilles des ailantes , ce qui n avait pas encore, je crois, 416
observe. On sait deja que certains Orthopteres mangent a la fois des
v^getaux et des insectes, et meme avec une predilection pour ces derniers,
ainsi la Gourtiliere et le Grillon champetre. II me semble qu Audinet-
Serville a emis une opinion trop absolue, quand il dit que les Locustaires
ont un regime exclusivement vegetal (Histoire naturelle des Orthopleres,
p. 375). La salive brune et acre des Locustes et des Decliques, surlout
du Decticus verrucivorus, est un caractere de carnassier, partag6, je dois
le dire, par certains Acridiens. La grande Sauterelle verte, quoique tres-
commune, n a jamais ^te cite"e comme devastant les yegetaux ; elle se
presente toujours en individus isoles, comme les insectes carnassiers ;
jamais on ne la fait lever sous ses pas en grandes troupes, comme VOEdi-
poda ccerulescens , le Calliptamus italicus , certains Stenobothrus des
prairies. Enfin elle supporte un long jeune.
M. Fischer, de Fribourg (Orthoptera europsea), rapporte que le Meconema
varhtm passe, aux environs de Vienne, pour vivre d insectes sur les taillis
.-lo
de ehene, et qu on a e"lev6 cette espece, toujours assez rare et isolee, avec
des galles de chene, productions qni renferment des larves. Enfm De Geer
(M6"m. sur les Insectes, III, p. 23) dit qu ayant renferme" des Dectiques
vcrrucivores ensemble, Tun d eux fut d6vore par les autres. II est vrai
que sur des insectes captifs on ne peut rien conclure. Le fait que j ai cite
concerne la Sauterelle a 1 etat libre.
Je compte ve"rifier le regime de cet insecte, comme j ai ope"r6 autrefois
pour le Grillon champetre, en mettant 1 animal en presence simultanee de
vegtaux bien frais et de chenilles.
Membre recu. M. fidouard Killias, docteur en me"decine, a Coire (Suisse)
(Entomologie ge"ne"rale, principalement Coleopteres d Europe), pr^sente
par M. le docteur Stierlin. Commissaires-rapporteurs : MM. L. Bedel et
Ch. Javet.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE (0.
Redige par M. Louis BEDEL, Arclriviste adjoint,
OUVRAGES PfiRIODIQUES ET PUBLICATIONS DES
SAVANTES.
Annual report of the board of regents of the Smitsonian Institution.
1 vol. in-8 cartonne. Washington, 1873.
D r KORNHUBER, p. 235, Alternate generation and parthenogenesis
in the animal Kingdom.
(1) Les ouvrages marques d un asterisque (*) sont ceux offerts soit par lesauteurs,
soit par diverses personnes ou Societes savantes; ceux marques de deux aste-
risques (**) ont etc acquis sur les fonds Pierret ; et ceux n en n ayant pas ont e"te
echanges centre les Annales. Les publications qui ne renferment pas d entomologie
sont accompagnes du signe ()
11
Annual report of the chief signal-officer to the secretary of war,
for 1872. 1 vol. in-8 cartonne, Washington, 1873. Q
Bulletin de la SocieU imperiale dcs Naturalistcs de Moscou, annee 1873,
n Q 2 (2 pi, noires).
Alex. BECKER, p. 229, Reise nach Baku, Lencoran, Derbent,
Madschalis, Kasum Kent, Atchy (liste des Coleopteres et Lepido-
pteres, p. 255). V. MOTSCHULSKY, p. Zi66, Diapericles nouveaux
(d Europe, d Asie, d Afrique, d Ame"rique et d Oceanie).
Bulletin of the Buffalo Society of Natural Sciences, t. I, n 2, 1873.
GROTE, p. 95, A study of North American Noctuidae (2 pi.
lithogr.).
Comptes rendus des seances de la SocieU entomologique de Eelgique,
n 94 (Janvier 1874).
* Entomologist^ monthly Magazine, n 116 (Janvier 187/i).
WOLLASTON, p. 169, On new Coleoptera from Japan (Clavicornes),
suite. G. LEWIS, p. 172, Coleoptera common to Europe and
Japan. WATERHOUSE, p. 175, Three new species of Scarabscidai
from Australia and Japan (genres Temnoplectron. et Menthophilus).
RYE, p. 176, Gathormiocerus maritimus, sp. n., from Great Bri
tain. P. 185, The local Entomological Society in London.
J. DOUGLAS, p, 187, Remarks on Hemiptera enumerated by Thom
son (Opusc. Entom., fasc. /). J, SCOTT, p, 187, Revision of
BythoscopidaB (suite).
Notes. P. 178, Cetonia aurata in October. Lepidoptera at
Forres. P. 179, Lepidoptera in North Wales, P. 180, Noto-
donta bicolora. Additions to the captures of Lepidoptera in the
isle of Sheppy. P. 181, On Sesia apiformis. Variety of Noctua
glareosa. P. 182, Natural History of Mimaeseoptilus aridus.
P. 183, Some entomological errors in Cryptogamic Botany.
Rejoinder to the Notes on a British bug. Entomological So
ciety of London.
* Feuilte dcs Jeunes Naturalistes, k e annee, n 39 (Janvier 1874).
LANCELEVEE, p. 25, Chasse aux Insectes des fourmilieres.
12 -
DE MARSEUL, p, 29, Tableau synoptique des Cassides de France.
ROUAST, p. 33, Nemeophila plantaginis. ID., p. 33, Les
Psyche".
Memoirs of the Boston Society of Natural, History, t. II, part II, n* 2
et 3, 1872-73.
N* 3. S. SCUDDER, On the carboniferous Myriapods of Nova
Scotia.
Proceedings of the Boston Society of Natural History, t. XIV, 1860-71
(p. 225-426) , t. XV, part MI, 1872-73.
Tome XIV. EMERTON, p. 393, Observations on the Develop
ment of Pholcus (une pi. noire).
Tome XV. D r HAGEN, p. 243, On the Larvas of the Hemero-
bina.
The Transactions of the Academy of Science of Saint-Louis, t. Ill,
n 1, 1873.
RILEY, p. 55, A new genus of Tineidee, with Remarks on the
Fertilization of Yucca. WALSH, p. 65, Descriptions of North
American Hymenoptera, with notes by E. Cresson. RILEY, p. 178,
Supplementary Notes on Pronuba yuccasella.
United States geological survey of the Territories, by E. Hayden
(Rapports annuels, 1867-63 et 1872). 2 vol. in-8 cartonne s. Wa
shington, 1873 (pi. noires). -,.:ir:-
Eapport pour 1872. G. HORN, p. 717. Coleoptera. C. THO
MAS, p. 719, Notes on Orthoptera. H. HAGEN, p.. 727, Odonata
from the Yellowstone. A. PACKARD, p. 731, Descriptions of new
species of Mallophaga. ID., p. 735, Descriptions of new parasitic
worms. ID., p. 739, Dipterous larva found in the gizzard of
Picoides arcticus (fig. dans le texte). ID., p. 740, Arachnida
(Ixodes bovis et Argas americana, sp. n., fig. dans le texte).
ID., p. 742, Insects inhabiting Great Salt Lake and other saline
or alkaline lakes in the West (Goleopteres, He"mipteres, Crustace"s).
13
OUVRAGES DIVERS.
GANNETT. List of elevations in West of the Mississipi river. Broch.
in-8. Washington, 1873. Q
Meteorological observations. Broch. in-8. Washington, 1873. Q
HAYDEN. Geological reports. 2 vol. in-8 cartonnes. Washington,
1873. Q
LEIDY. Extinct vertebrate Fauna of the Western Territories. 1 vol.
in-A". Washington, 1873. Q (U. S. geological survey of Terri
tories, by Hayden, t. I.)
THOMAS (Cyrus). Acridida? of North America. 1 vol. in-A". Washington,
1873. (U. S. geological survey of territories, by Hayden, 1. V.)
Ordre du jour de la stance du 28 Janvier 1874 :
Rapports : 1 de MM. L. Bedel et Simon sur M. timile Lecouflet, ban-
quier, a Dieppe, presents par M. J. Grouvelle ; 2 de MM. fid. Lefevre
et L. Reiche sur M. Louis Villard, a Lyon, pre"sente par M. Gilnicki ;
3 de MM. Berce et J. Fallou sur M. Georges Viret, de Rouen, present
par M. Gilnicki.
Apres la lecture de ces rapports, il sera, s il y a lieu, proce"d6 a la
nomination de ces trois candidats.
Rapport de la Commission du Prix Dollfus, indiquant 1 entomolo-
giste auquel elle propose de donner le Prix pour 1873.
Paris 22 Janvier 1874.
Avis divers.
1 Nous croyons devoir rappeler un des articles du reglement relatif au
Bulletin des seances :
ART. 3. Ce Bulletin sera cnvoye gratuitement a tons les membres
francais qui auront soldi le montant de leur cotisation de Canute courantc
ou tout au moins celui de Canute precedcnle, etc, (Voir Bulletin n 1,
pagel.)
En consequence, ceux de nos confreres qui n ont pas encore adresse
au Tresorier le montant de leur cotisation pour 1873 sont pries de le faire
d ici a la fin de Tann^e, s ils de sirent recevoir, des leur publication, les
Bulletins des stances de 1874.
2 Indiquons egalement des extraits des articles l/i et 15 du Reglement
general de la Societe :
ART. lli. Tout membre s engage a payer une cotisation annuelle de
2A francs. Les membres domicilies dans les departements ou a 1 etran-
ger ajoutent a leur cotisation la somme de 2 francs pour 1 envoi franco
des Annales. Chaque membre re"sidant peut payer sa cotisation par
trimestre, mats d avance. Les membres non residants doivent faire par-
venir leur cotisation directement et sans frais au Tresorier (M. L. Buquet,
rue Saint-Placide, 52) dans le mois de Janvier de chaque anne"e.
ART. 15. Tout societaire peut se libe"rer de sa cotisation annuelle
au moyen du versement, une fois fait, de la somme de trois cents francs.
Passe le l w trimestre, la cotisation de Tanned est due.
Nous prions de nouveau nos confreres de verifier, a la fin du 4 e tri
mestre des Annales de 1872, la Liste des Membres, et si leur adresse
ainsi que les autres indications ne sont pas exactement rapportees, d en
informer de suite les TresOriers OU le Secretaire, comme aussi de les
avertir de tout changement apporte ulterieurement a leur adresse.
Toutes les reclamations relatives a Tenvoi du Bulletin bi-mensuel, ainsi
que les demandes pour 1 etranger (contre remboursement des frais de
transport] , doivent fetre adressees au Tresorier adjoint, M. E. RAGONOT,
rue de Buffon, 27, qui est charge de Texpedition du Bulletin des seances.
- 15
EXTRAIT DD REGLEMENT
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Annee 1894. 43 e do sa foudation.
Le montant de la cessation, pour les Membres de la Soci&e, est
par an, de :
24 fr. pour les Membres r^sidant a Paris;
26 fr. pour les Membres habitant tant en France qu a 1 ^tranger.
Les Membres residant a Paris paient leur cotisation d avance et par
trimestre.
Les Membres non residant a Paris doivent faire parvenir la leur au
Tresorier de la Societ^, sans frais, immediatement apres Cannonce de
leur nomination, et, pour les annees suivantes, dans le courant du mots
de Janvier.
Les Membres de la Societe ne recoivent leurs Annal.es que par la So
ciete. Les numeros auxquels ils ont droit sont envoye"s francs de port,
jusqua residence, aux Membres non residants (hors Paris et a Te"tranger),
apres reception de leur cotisation de Tannee courante.
La Societe correspond par 1 entremise de son Secretaire, de son Treso
rier et de ses Archivistes-Bibliothecaires. Le premier a dans ses attribu
tions la correspondance scientifique ; le second, celle qui concerne le
recouvrement des cotisations et 1 envoi des numeros des Annales, et les
derniers, ce qui regarde la Bibliotheque. Les lettres et paquets doivent
etre adresses, francs de port, a M. E. DESMAREST, Secretaire, rue Linne", 3;
a M. L. BUQUET, Tresorier, rue Saint-Placide, 52 ; et a M. J. FALLOU,
Archiviste-Bibliothecaire, rue Hautefeuille, 30, a Paris.
Pour tout ce qui a rapport a 1 expedition du Bulletin bi-mensuel,
s adresser au Tresorier adjoint, M. Emile RAGONOT, rue de Buffon, 27.
NOTA. Pour ne pas e"prouver de retard dans Tenvoi de leurs Annales, il
est essentiel que MM. les Membres francais et Grangers adressent, dans
le courant de Janvier de chaque annee, le montant de leur cotisation au
Tresorier de la Societe, soit par un mandat sur la poste aux lettres, soit
par la voie du commerce.
Tout Membre doit la cotisation de Tannee dans laquelle il a e"t recu/
c/uelle qu en soit la date, et rec.oit, en consequence, les Annales. de ladite
annee.
Chaque auteur d un memoire insure dans les Annales (a Texception du
Bulletin) a droit a un tirage a part de 20 exemplaires (texte et planches
noires). Au dela de ce nombre il doit en faire la demande. Le prix des
tirages a part supplementaires est de 5 cent, par feuille d impression (1),
de 10 centimes par planche noire et de 30 centimes par planche coloriee.
L f auteur doit informer le Secretaire ou le Tresorier de ses intentions a
cet egard en meme temps qu ti cnvoie son travail, et solder les dits tirages
aussitot apres 1 impression de son memoire.
(i) Au prix de 5 cent, par feuille, ou partie de feuille, I imprimeur ne peut fournir
que 75 exemplaires a part, y compris les 20 donnes par la Soci^t^, au maximum.
Au dela de ce nombre, il sera traite de gre a gre avec les auteurs.
16
IIEIIBRES DU BUREAU
President MM
Vice-President
Secretaire
Secretaire adjoint.
pour 1 annee
C.-E. LEPRIEUR, rue Linne, 3, et a I hopital mili-
taire de Vincennes.
EUGENE SIMON, rue Cassette, 24.
E. DESMAREST, rue Linne, 3.
H. LUCAS, an Museum, rue Cuvier, 57, et rue
Monsieur-le-Prince, 10.
L. BUQUET, rue St-Placide, 52 (faub. St-Germain).
EM. RAGONOT, rue de Buffon, 27.
J. FALLOU, rue Hautefeuille, 30,
Louis BEDEL, rue Garanciere, 5.
Tresorier
Tresorier adjoint
Archiviste-Bibliothre . . .
Archiviste adjoint .
COlttltllSSIOM
La Commission se compose du Secretaire, du Tresorier, de I Archiviste et de :
MM. Louis BEDEL, rue Garanciere, 5.
JULES GROUVELLE, rue des Ecoles, 26.
Louis REICHE, rue du Vingt-Neuf-Juillet, 10.
J. THEVENET, rue de Douai, 61.
La Commmission se compose des Membres titulaires du Bureau et de :
MM. BERCE, boulevard de Vaugirard, 132.
CH. BRISOUT DE BARNEVILLE, a St-Germain-en-Laye, ruede Pontoise, 15.
PAUL GERVAIS, rue Rollin, 11.
MAURICE GIRARD, rue Thenard, 9.
ALBERT LEVEILLE, rue Saint-Placide, 42.
COMMISSION JOK I,A nfifll.IOTIIKOUE I
La Commission se compose des Membres titulaires du Bureau et de :
MM. PAUL GERVAIS, rue Rollin, 11.
Louis REicHE,^rue du Vingt-Neuf-Juillet, 10.
AUGUSTE SALLE, rue Guy-de-Labrosse, 13.
SEANCES PENDANT L ANJ^EE 1874
Quarante-troisieme de sa fondation
8
22
12
26
14
/ 28
11
25
11
LES
25
MERCREDIS
8
22
13
27
> ,
10
.
24
Janvier.
Fevrier.
Mars.
Avril.
Mai.
Jinn.
LES
MERCREDIS
Juillet.
Aout.
23
14
28
11
25
9
23
Septembre.
Octobre.
Novembre.
Decembre.
LES SEANCES ONT LIEU A 7 HEURES l/^ TRES-PRECISES DU
Maine du VP arrondissement, place Saint-Sulpice.
BlBLIOTHEQUE DE LA SoCIETEl : FUG Hautefeuille, 30.
SOIR,
PARIS. Typog. FELIX MALTESTE et Cie, rue des Deux-Portcs-St-Sauveur, 22.
N 20.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOGIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccucilli par M. E. DESMAREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Seance du 8 Janvier
Prcsidence de M. C.-E. LEPRIEUR
34 membrcs presents.
MM. Lichtenstein, de Monlpellier, el Charles Oberthur, de Rennes,
assistent a la seance.
Avant la leclure du proces-verbal de la prec6denle stance, M. C.-E.
Leprieur annonce la perte douloureuse que la Societe" vient de faire en la
personne de M. Edouard Gurin-Meneville, raembre honoraire, de ce de a
Paris dans la nuit du 25 au 26 Janvier 1874. M. le President dit que la
ceremonie funebre a eu lieu le matin meme a l^glise Saint-Sulpice et au
cimetiere de Montparnasse.
Au milieu d un grand nombre de naturalisles el d agriculleurs, vingt-
sept de nos membres out pu assister aux obseques de M. Guerin-Me ne-
viile, et, sur la tombe, apres la lecture d un discours de M. Barral, par-
(1874, 2 e annte.) 2
18
lant comme membre de la Society centrale d agriculture, M. Leprieur
a prononce", au nom de la Socie te enlomologique de France, le discours
suivant :
Messieurs , quand, il y a quelques jours a peine, la Socie te entomolo-
gique de France m appelait a 1 honneur de la presider, j e tais loin de sup-
poser que j aurais si tot le triste devoir de prendre la parole en son nom,
pour adresser un dernier et supreme adieu Tun de ses membres les plus
instruits et les plus devours a la science.
Cette mort inattendue, qui vient de frapper si brusquement une famille
e"plore"e, enleve a notre Socie te bien plus qu un membre honoraire, car
notre collegue e"tait un des rares survivants de ces savants modestes qui,
sous Timpulsion et les auspices de 1 illustre Latreille, contribuerent a la
fonder en 1832.
Tout d abord notre ami, avant de s attacher plus specialement a Mude
de I entomologie, s etait occupe" de zoologie ge"nerale, et c est son admi
rable talent de dessinateur, aussi bien que la part qu il prit a la publica
tion de Ticonographie du Regne animal de Cuvier, qui 1 amena plus tard
a vouer sa vie a ces e"tudes de moeurs si difficiles, mais si attrayantes par
re"tendue et Timportance des problemes a resoudre.
Toutefois, son esprit eminemment pratique, que ne pouvaient satisfaire
pleinement les recherches de pure theorie, s ingenia a trouver un but plus
eleve ses investigations, je veux dire 1 utilite avant tout, et cette ten
dance 1 amena ces etudes auxquelles il donna le nom tres-juste, selon
moi, d entomologie appliquee. Aussi fut-il 1 apolre convaincu de toutes les
recherches de ce genre, principalement de la sericiculture dans son
acception la plus large, et il consacra cette partie de la science le meil-
leur de son temps et de son intelligence.
finumerer les travaux qu il entreprit dans cette voie m entrainerait beau-
coup trop loin, et pourtant je ne saurais passer sous silence les diverses
missions qui lui furent confiees par le Gouvernement dans le but d etudier
sur place et dans les plus grands details les causes multiples des maladies
de notre Ver a soie du murier et les moyens pratiques d y remedier.
L introduction d autres especes sericigenes, telles que les Vers a soie du
ricin, du ch^ne, de Tailante, trouverent en lui un promoteur ardent et
passionne", et si le succes complet n a pas encore couroune ses efforts, on
pent dire qu il a, pour sa part, contribue a faire avancer la question, et
19
que 1 acclimatation en France de ces pre"cieuses especes n est plus qu une
affaire de temps et de patience.
L un des membres fondateurs de la Societe entoraologique, dont il a 616
president en 18/i6, il avail 6le nomui6 membre honoraire en 1866, et nos
Annales offrent ft chaque page pour ainsi dire des preuves conlinuelles de
son infatigable amour de 1 etude.
11 e"tait ne avec le siecle, et 1 age n avait encore ni diminue ses forces,
ni effleure son ardeur au travail. Tout nous faisait done supposer, avec
quelque apparence de raison, que pendant longtemps encore nous le con-
serverions parmi nous, et la nouvelle inopine e de sa mort a e"te pour tous
ses collegues et amis un coup d autant plus sensible qu il 6tait plus
imprevu.
Tous ceux qui 1 ont connu, qui ont pu 1 apprecier, garderont de lui un
fidele souvenir, et sa memoire ne saurait pe"rir, aussi longtemps qu exislera
la Societe entomologique.
G est en son nom, cher et regrette collegue, que je viens vous apporter
aujourd hui 1 expression de notre douleur et vous dire ici, non pas adieu,
mais au revoir !
A la suite de cette lecture, la Societe", a I unanimitiS des voix, vote
Timpression dans le Bulletin du discours de M. Leprieur, et decide que
M. Auguste Chevrolat sera charge de donner pour les Annales une notice
sur la vie et les travaux entomologiques de Guerin-Meneville.
M. le President fait ensuite savoir que notre confrere M. le proles-
seur Paul Gervais vient d etre e"lu membre de 1 Academie des Sciences.
II remplace, dans la section d Anatomie et de Zoologie, M. Coste, qui,
lui-meme, avait succe"de a de Blainville.
Rapports. M. Berce, rapporteur de la Commission composee, conjointe-
ment avec lui, de MM. le docleur Grenier et Ueiche , chargee d examiner
les comples du Tr^sorier pendant 1 annee 1873, donne lecture du rapport
suivant, dont 1 impression in cxtenso est decid^e dans le Bulletin :
Messieurs, ainsi que le rapport present^ 1 annee derniere par votre
Commission vous le faisait pressentir, la situation financiere de la Societ^
s est encore amelioree d une maniere sensible pendant 1 annee qui vient
de s ecouler, ainsi que vous allez pouvoir en juger par les chiflies sui-
vants :
- 20
RECETTES.
Encaisse au 31 de"cembre 1873 2,090 fr. 12 c.
Cotisations arrie rees 1,044
D de 1 annee 1873 7,776
Sommes percues pour tirages a part 147 75
D pour affranchissement d Annales. . . 413 50
Arrerages de 16/i coupons d obligations du chemin de
fer de 1 Ouest 1,145 56
Donation pour le Prix Dollfus (trois trimestres) 225
Vente de num^ros d Annales 1,653
D du Catalogue de la bibliotheque 2
Total des recettes 14,496 fr. 93 c.
DEFENSES.
Impression de quatre trimestres d Annales et tirages a
part (53 feuilles 1/2) et couvertures 5,840 fr. c.
Gravure, papier, tirage et coloriage de 14 planches. . 2,200
Achat, reliure et port d ouvrages pour la bibliotheque. 795
Affranchissement des Annales 485 27
Achat de quatre obligations 30/0 des chemins de fer
del Ouest 1,213
Frais de bureau alloues au Tre"sorier et au Secretaire
et appointements du gardien de la salle des seances. 1,784 40
Affranchissement du Bulletin et des circulates 299 35
Loyer et mobilier du logement de la bibliotheque. . . 571 85
Total des depenses 13,188 fr. 87 c.
RESUME.
Recettes 14,496 fr. 93 c.
Depenses, accompagne"es par 65 pieces a 1 appui. . . . 13,188 87
Encaisse au 31 decembre 1873 1,308 fr. 06 c.
II reste a recouvrer la sornme de 2,428 fr. sur les
cotisations ante"rieures, sur une partie de laquelle nous
devons pouvoir compler.
- 21
Vons voyez, Messieurs, que notre situation financiere est des plus satis-
faisante, quoique Pencaisse au l er Janvier de cette annee soil inferieur
a celui de Tannee derniere, ce qu il faut attribuer, tant a raugmentation
de defenses occasionne e par la publication du Bulletin bi-mensuel,
Pacha t d un assez grand nombre d ouvrages entomologiques et d unc
armoire pour la bibliotheque , qu a 1 absence de la subvention ministe -
rielle.
Au sujet de la somme de 1,308 fr. disponible au l er Janvier, votre
Commission emel le voeu que, cette an ne e, il ne soil pas fait d achat
d obligations de chemin de fer, et que cette somme reste a la disposition
de M. le Tre"sorier pour faciliter ses premiers pavements et lui permettre
d atlendre de nouvelles rentre"es. 11 ne faut pas oublier que le Tresorier
va avoir a payer, independamment du k e trimestre des Annales de 1873,
le /i e cahier des Eucnemides et quelques aulres depenses accessoires,
le tout devant s e lever a 3,500 fr. environ.
Nous pensons aussi qu il serait peut-e~tre bon de proce"der a un nouvel
inventaire des numeros des Annales en magasin, afin de pouvoir decider
s il n y a pas quelques annees dont il serait urgent d interdire la vente
a prix rgduit.
Notre tache est terminee ; elle nous a ete" rendue tres-facilc par Tordre
et la parfaite re"gularite des pieces qui nous ont 616" soumises.
Nous avons done 1 honneur de vous proposer :
1 D approuver les comptes de votre Tre"sorier pour t annee 1873 et de
lui en donner de"charge;
3 De voter des remerciements a M. L. Buquet, a MM. E. Desmarest et
II. Lucas et a votre Archiviste-Bibliothecaire, M. J. Fallou, ainsi qu aux
Tresorier et Archiviste adjoints, MM. Em. Ragonot et L. Bedel, pour Ie
zele et 1 intelligence qu ils n ont cesse de deployer dans leurs delicales
fonctions.
Les conclusions de ce rapport sont adoptees a 1 unanimite des voix, et
la Soci6t6 decide egalement qu un nouvel inventaire des Annales en magasin
sera immediatement dresse.
M. Maurice Girard, rapporteur de la Commission de la fondation
Dollfus pour le prix a de"cerner en 1873 (commissaires : MM. Chevrolat,
22 -
P. Gervais (president), Girard, Lucas, Reiche et les membres litulaires du
Bureau de 1873), adresse le rapport suivant. dont M. Reiche donne
lecture :
Votre Commission, Messieurs, appele"e pour la premiere fois a proposer
un candidat pour le prix Dollfus, a cru devoir, avant tout, au moment ou
commence 1 emploi de cette gene reuse fondation, se rapprocher le plus
possible du pieux souvenir qui 1 a inspiree. C est un debutant dans Ten-
lomologie que nous avons eu la douleur de perdre : ce sont les travaux
les mieux appropries au de"but dans re"lude des Insectes que nous avons
cru devoir encourager. Votre Commission a, du reste, reconnu que cette
opinion ne saurait 6tre une entrave absolue pour Favenir, mais seulement
un guide assez habituel, une certaine latitude devant exister a cet egard
dans rint6rt de la science.
Les travaux pre"sentes au concours pour 1873 etaient soumis a cetle
condition d avoir etc" publics ou en entier ou en partie en 1873 , mais le
point reglementaire etail toujours un travail special a cette anne e. Trois
Candida Is se sont pre sente s, dont les ceuvres rentraient dans ces prescrip
tions : MM. Berce, de Marseul, Albert Fauvel.
Votre Commission a reconnu, a I unanimiU des membres presents, que
le travail de M. Berce devait etre propose pour le prix de 1873, d apres
les considerations suivantes :
M. Berce est un veteran de Fentomologie, et son tiistoire des Lepi-
dopteres de France est comme le couronnement d une vie consacree tout
entiere a 1 etude de cet ordre d Insectes.
La famille des Geome"trides, qui forme le volume public en 1873, est
un travail tres-soigne", rempli de bonnes descriptions ou Ton peut recon-
naitre parfaitement les especes, avec tous les details de metamorphoses,
de mOBurs et d habitat de nature a inte resser ceux qui commencent les
Etudes entomologiques.
Ce volume a eHe precede de quatre autres, de maniere a completer une
ceuvre importante et qui rendra de grands services.
Nous devons ajouter que 1 ouvrage de M. Berce est accompagne d un
grand nombre de planches coloriees, la plupart d une execution satisfai-
sante. Les planches sont importantes dans les ouvrages d entomologie ou
doivent s instruire les debutants. Us n ont pas, comme les entomologistes
exerces, Thabitude des descriptions arides, ni la communication de
23
riches collections : les yeux aident puissamment le debutant a reconnaitre
les especes.
L ouvrage de M. Berce ne termine pas, il est vrai, 1 histoire des Lepi-
dopteres de France ; mais la portion qui reste a traiter, les Microlepi-
dopteres, n est pas celle que 1 on e"tudie au debut, de sorte que la Socie te
recompensera en M. Berce, si elle adopte les conclusions de sa Commis
sion, un travail d une grande etendue, comprenant les Papillons Rliopalo-
ceres, et, parmi les He teroceres, les Sphingides, les Bombycides et leurs
annexes, les Noctue lides et les Ge ome trides.
M. A. Fauvel a publie en 1873 la seconde partie du deuxieme volume
de sa Faune Gallo-Rhenane. Get ouvrage, qui demandera une longue vie
humaine pour son achevement, est encore, on peut le dire, a peine com
mence. A la suite d une bonne et interessante Introduction (premier
volume), ou Ton doit surtout louer Mude sur la distribution geogra-
phique des Insectes, 1 auteur a inaugure" 1 ordre des Coleopteres par la
famille des Staphylinides, qui n est pas encore terminee et n offre que deux
planches noires. Les descriptions sont Ires-precises, accompagne"es suffi-
samment de ces details de moeurs et de ces considerations ge"ographiques
qui donnent tant d inte re t a 1 entomologie.
M. A. Fauvel est un commencant aupres de M. Berce ; il doit ce"der
aujourd hui le pas aux anciens, surtout dans les conditions actuelles de
son oeuvre. La Socie te le retrouvera plus tard, avec un travail plus etendu,
et, par suite plus utile aux entomologistes, auxquels ne peut suffire 1 etude,
m6me tres-bien faite, d une seule famille.
Bien qu il n y ait pas a cet egard de prescription formelle, la Commis
sion a regret le que M. A. Fauvel n ait pas cru devoir offrir la Socie te un
exemplaire de Touvrage qu il soumettait son appreciation, en se presen-
tant a un concours ouvert par elle.
M. de Marseul a pubh 6 en 1873 un supplement a la Monographic des
Otiorhynchides, qui ne forment re"ellement qu une sous-famille, d apres
les travaux du docteur Seidlitz.
Cet ouvrage n est pas pre"ce"de d une longue introduction entomologique,
utile aux debutants, comme la Monographic des Staphylinides de M. A.
Fauvel ; nous ne pouvons que re"peter ce que nous avons dit precedem-
ment pour cet auteur. L etude d une seule famille offre difficilement le
meme inte ret qu un travail general sur un ou plusieurs ordres, ou au
moins une grande parlie (Tun ordre, et nc pourrait e"tre pre fe re e qu autant
que cctte famille offrirait un inleret exceplionnel au point de vue des
mows on des formes des Insectes qu elle renferme, comme le serait, par
exemple, la de couverte d une famille exclusivernent cavernicole ou parasite
des nids. En outre, dans 1 ouvrage de M. de Marseul se trouve un colla-
borateur granger, ce qui sort des conditions de la fondation Dollfus.
Votre Commission, Messieurs, vous propose done M. Berce comme seul
Candida! au Prix Dollfus en 1873, en raison de sa Faune des Lepidopteres
de France.
Apres celte lecture, la Sociele", sur la proposition de son President,
decide que les conclusions de la Commission du Prix Dollfus ne seront
soumises au vole de la Societe que dans sa prochaine seance, alors que
Ton aura pu prendre connaissance du rapport qui precede.
Decision. Sur la demande du Tresorier, et coriforme ment a 1 arlicle UU
du reglement, la Sodele decide la radiation de sept de nos confreres qui,
rnalgre les nombreuses reclamations qui leur onl ele" adressees, n ont pas
depuis plusieurs annees sohle le monlant de leur cotisation. Cetle decision
leur sera communique et leurs noms ne seront indique s qu a la fin de
la liste des membres pour 187/u
Proposition administrative. M. Cli. Brisout de Barneville et plusieurs
de nos confreres proposent a la Societe" de nommer celte annee des
membres honoraires pour combler les vacances qui se sont produiles
depuis plusieurs annees.
La Societe, aux termes de Particle 8 de son reglement, renvoie cette
demande a 1 examen de la Commission administrative, qui; dans la pro
chaine stance, fera un rapport sur son opport unite.
Lectures. M. d. Lefevre fait connaitre un travail ayant pour titre :
Monographic du genre Colaspidema Castelnau, de la famille des Chryso-
melines.
M. Jacques Bigot adresse, par renlremise de M. L. Buquet, un
deuxieme me"moire sur de nouvelles especes de Dipteres exoliques.
I/auleur s occupe specialement du genre Diopsis ; et, apres avoir indi-
qu6 les especes qui doivenl entrer dans ce groupe, il de"crit six types sp6-
25
cifiques nouveaux sous les noms de: D. dubia, de Natal ; fallax, Bdzcbut,
villosa, toutes trois de Borneo ; argcniifera et cothurnata, de Celebes,
cetle derniere espece paraissant devoir rentrer dans le genre Sphryra-
cephala Say.
Communications. La Societe" entomologique des Pays-Bas nous adresse,
pour elre deposee aux archives, une medaille en bronze frappee en Tlion-
neur de M. le docteur P.-G. Snellen von Vollenhoven, qui a ete son pre
sident pendant plus de vingt ans.
La Society charge son Archiviste de presenter tous ses remerciements a
la Societe entomologique des Pays-Bas.
M. Maurice Girard fait hommage h la Societe de la ft c edition de ses
Metamorphoses des Insectes, ouvrage traduit en plusieurs langues etran-
geres :
Cette nouvelle edition offre des additions plus nombreuses que les pre"-
cedentes : ainsi les metamorphoses des Hasmonia, Donacia et Clytra; celles
des Mantispes, dont M. le docteur Giraud a dit un mot dans notre Bulletin ;
la larve de la Megace"pliale de rEuplmte, d apres notre regrette" confrere
Coquerel; les Cecidomyes du froment et leur parasite, avec la reproduction
des excellentes figures de M. C. Bazin ; enfin les principaux faits decou-
verts par M. Balbiani sur les larves des Puces et leur corne frontale, avec
les dessins inedits que 1 auteur Fa autorise a faire figurer.
Mon hommage a la Socie"te, dit en terminant M. Maurice Girard, esi
un acte de la plus vulgaire justice, puisque les travaux de ses membres
ont eu la plus grande part dans le succes accordc pnr le public a ce petit
livre.
M. Charles Oberthur dit que notre confrere M. Raflray Ini a fait un
premier envoi d insectes recuillis aux environs de Zanzibar. 11 presenle a
ce sujet des remarques int^ressantes sur les Le"pidopleres de la c6te orien-
tale dc 1 Afrique, principalement sur leur distribution geographique, et
promet une note pour le prochain Bulletin.
M. Lichtenstein pre"sente la note qui suit :
Je n ai que pen de choses a dire de nouveau sur le Phylloxera, que je
continue a observer sans avoir pu encore combler les lacunes qui existent
dans son histoire complete; mais il peut etre inle"ressant pour la Socie"te
26
de connaltre un des principaux re"sultats du voyage dc M. Planchon en
Amerique.
Ce savant a observe qu une des especes americaines du genre Vitis, le
Vitis vuipina de Linne ou V. rotundi folia de Midland n est jamais attaquee
par le Phylloxera et n est par consequent pas malade, ce qui est encore
une preuve a 1 appui de la these que nous avons soutenue que Hnsecte est
la seule cause du mal.
Sur cette communication, nos viticulleurs ont tout naturellement de-
mand6 en Amerique des plants du Vitis vuipina, qui s appelle en langue
du pays le Scuppcrnong, noni indien de la riviere sur les bords de
laquelle cetle vigne sauvage fut decouverte, et tous se mettent avec ardeur
a remplacer nos cepages europeens, si exposes aux insectes, par les
c6pages resistants du Nouveau-Monde.
C est la question actuellement a 1 ordre du jour dans le Midi, et un
riche proprietaire d Augusta, en Georgie, M. Le Hardy de Beaulieu, a eu
tout dernierement un grand succes aupres de la Societe centrale d Agri
culture de 1 Herault, en venant lire un rapport sur les excellents resultats
de la culture du Scuppernong et en soumettant a son auditoire des
vins produits par ces cepages.
M. Lichtenstein entre dans quelques details circonstanci^s sur cette
espece de vigne, sa culture et ses produits.
Le meme membre demande si ses collegues ont recu quelques nou-
veaux renseignements sur le mal cause dans le Roussillon par le Vesperus
Xatarti. Une lettre publiee par le Moniteur vinicole indiquant cet insecte
comme deposant sous terre des ceufs de differentes grosseurslui fait craindre
qu il n y ait la quelque observation erronee , car il a toujours trouve ces
03iifs tres-uniformes et arlistement disposes a cote Tun de 1 autre dans les
tiges seches hors de terre.
M. Guenee adresse la lettre suivante au Secretaire :
Je lis dans le dernier numero de nos Annales deux memoires d un haut
interet pour ceux qui s occupent des mceurs et des metamorphoses des
L^pidopteres.
Seulement, le premier de ces me"moires reste pour moi une veritable
enigme : que son auteur ne m en veuille pas si je cherche a 1 eclaircir.
Je vois bien que quelques-uns de nos collegues ont cherche a 1 expliquer
27
en supposant que la chenille decrite et dissequee n est pas celle de I in-
secte figure sur la raeme planche.
Je ne partage pas leur opinion. La chenille et le papillon me paraissent
tres-concordants, tous deux appartiennent sans doute au genre Cnctho-
campa ou a un genre bien voisin. Les caracteres assignes par M. Bar a
son genre Palustra, les details si precis que nous donne noire savant
collegue M. Al. Laboulbene, confirment pleineraent cette supposition. Une
aulre preuve nous est fournie par la description que font les deux auteurs
des coques de la Palustra, qui sont bien analogues a celles de nos Pro-
cessionnaires. II ne faut point songer ft un rapprochement avec celle de
YE. lanestris, qui a une consistance, une impermeabilite et, pour tout dire
en un mot, une individuality si prononcee.
L insecte parfait ne me parait pas avoir plus de rapports avec les Erio-
gaster, dont les antennes, 1 abdomen, la nervulation, etc., different tant
des Cnethocampa. La comparaison avec le Eombyx qucrcus est encore bien
moins admissible, et, pour que M. liar y ait songe, il faut qu il n ait con
sent ni dans sa collection ni dans ses souvenirs notre Bombyx europ^en.
La P. Laboulbeni est done une Cnethocampa ou a peu pres. Or, les che
nilles de nos Procession naires ne sauraient vivre sous 1 eau. Les larves
destinees a ce genre de vie ont recu des organes tout differents de ceux
des especes aeriennes et ne peuvent resler immergees que dans deux
conditions : celle de decomposer 1 eau a 1 aide d un appareil special, ou
celle de se munir d une provision d air atmospherique renfermee soil dans
des sacs ou fourreaux, soit sous des cloches dont la nature leur a appris
la construction.
Or, la chenille dont on nous fait 1 histoire vit a nu, nous dit-on, sur une
plante entierement submerges. Et en effet, ses coulenrs foncees nous
de"montrent qu elle n est pas soustraite au contact de la lumiere, ses
poils si fournis, qu elle n est pas destined a vivre dans un fourreau, ses
pattcs membraneuses, longues et pourvues de crochets prehensiles, que
son mode de locomotion est normal. La presence des stigmates n est pas
une objection peremptoire, car beaucoup de larves aquatiques et les Para-
ponyx elles-memes en sont egalement pourvues : elle s expliquerait d ail-
leurs par 1 habitude qu on prete a la chenille de remonter de temps en
temps a la surface de 1 eau. Toujours est-il que, quand elle est entouree
de ce liquide, ces stigmates lui deviennent inutiles et qu elle se trouve
meme dans ce cas obligee de les fermer. Il lui faut done alors un autre
mode de respiration. Les bulles d air que M. Bar signale sur les parties
28 -
latcrales proviennent sans doule d une expiration, tandis que celles qu il
a observers sur les parties velues demontrent a mon sens que 1 animal
vient du dehors, d ou il a rapport^ entre ses poils de 1 air puis6 dans Tat-
mosphere, comme cela arrive & tons les corps veins, mais il e"tait difficile
de supposer que cet air puisse etre directement transmis anx sligmates.
J ai presque lionte d insister si longtemps. Pourtant M. Bar, qui a
observ6 ce curieux amphibie des 186/i et qui a e"te" a meme de Fe"tudier
depuis a loisir, est tcllernent affirmatif, que je me trouve serieusement
intrigue. Je n ose supposer qu il y a, au bord des canaux de navigation,
des arbres d ou les chenillles ont pu 6 Ire secouees dans 1 eau par le vent,
et pourtant ces coques surnageantcs viendraient encore aider a cette sup
position. Mais au moins puis-je faire sur la construction de ces coques
quelques questions que justifie le peu de precision de M. Bar a leur
sujet :
Ou sont-elles habituelleraent etablies?
M. Bar les a-t-il vues filer sous 1 eau, puis remonter a la surface ?
Si elles restent parfois completement et toujours submergees, ou emma-
gasinent-t-elles la provision d air, si petite qu elle soil, necessaire a la
respiration des chrysalides qui certainement sont pourvues de stigmates
comrae les chenilles ?
M. Bar a du elever celles-ci dans des bocaux-ou, comme on disait du
temps de De Ge"er, dans des poudriers remplis d eau : a-t-il vu le papillon
sortir de sa chrysalide et s elever a la surface du liquide ? Et s il en est
ainsi, pourquoi ne nous fait-il pas jouir des details, bien curieux sans
doute, de cette operation ?
J aurais encore bien des pourquoi a ajoutcr, mais cette lettre doit avoir
une fin. Je me borne done a proposer a la Societe qu il soil demande" a
M. Bar un memoire supplementaire sur le cas si interessant qu il nous
signale. Jusque-la je serai excuse, je Fespere, de conserver un reste d in-
credulite, et la Societe" pensera comme moi qu im supplement d instruc-
tion est necessaire avant que M. Bar soit autorise" a nous faire la reponse
de Sosie :
Cela cheque le sens commun,
Mais cela ne laisse pas d etre.
Membres recus. La Societe admet au nombre dc ses membres :
1 M. Emile L^couflet, banquier, a Dieppe (Seine-Inferieure) (Goleo-
29
pteres d Europe), present^ par M. J. Grouvelle. Commissaires-rappor-
teurs : MM. L. Bedel et E. Simon ;
2 M. Louis Villard, a Lyon (Rhone) (Cole"opteres d Europe), pre"sente
par M. Gilnicki. Gommissaires-rapporteurs : MM. Ed. Lefevre et L.
Reiche ;
3 M. Georges Viret, archivisle de la Socie"te des Amis des Sciences de
Rouen (Seine-Inferieure) (Lepidopteres d Europe), presente par M. Gilnicki.
Commissaires-rapporteurs : MM. E. fierce et J. Fallou.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Redige par H. Louis BEDEL, ArcMviste adjoin!.
OUTRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOGIETES
SAV ANTES.
Comptes rcndus hebdomadaircs des stances dc C Academic des Sciences,
[. LXXV1I, n os 25 et 26 (decembre 1873) ; t. LXXVIII, n 1 et 3
(Janvier 187 A).
Tome LXXVlf. MARES, p. !Zi55, Re"sultats d expe"riences sur
la maladie de la vigne dans 1 ilerault. CORNU, p. l/i78, Etudes
des formes du Phylloxera. ID., p. 1534, Notes sur les Phyl
loxeras hibernants.
Sitzungsberichte der K. Academia der Wissenschaften in Wien,
t. LXI, n 01 2-5; 1. LXII a LXVII, 1870-73.
Tome LXI. MAYR, p. 370, Formicidae novogradenses (une
30
pi. noire). GRABER, p. 597, Die Aehnlichkeit im Baue der iiusse-
ren Geschlechlsorgane (?) bei den Locustiden und Akridiern dar-
gestellt auf Grund ihrer Enlwicklungsgeschichte (une pi. noire).
VERSON, p. 013, Anatomic des Bombyx Yama-ma i (3 pi. noires).
Tome LX1II. VON REUSS, p. 325, Phymatocarcinus speciosus,
fossile Krabbe aus dem Leitliakalke des Wiener Beckens (une pi.
noire).
Tome LXIV. GRABER, p. 9, Ueber die Blutkorperchen [der
Insekten (une pi. n.). PEYRITSCH, p. ZiZil, Ueber einige Pilze
aus der Familie der Laboulbenien (2 pi. col.).
Tome LXV. GRABER, p. 189, Bericht uber den propulsator-
ischen Apparat der Insekten (une pi. n.). BRAUER, p. 279,
Beitrage zur Kenntniss der Phyllopoden (une pi. n.).
Tome LXV I. GRABER, p. 205, Ueber [die Gehor- und Stirn-
morgane der Heuschrecken und Cikaden (fig. n.).
Tome LXV II. GRABER, p. 61, Ueber die Haul einiger Stern-
wurmer (Gephyrei) (3 pi. n.). ID., p. 201, Die Gewebe und
Drusen des Anneliden-OEsophagus (2 pi. n.).
Tijdschrift voor Entomologie (Socie"te entomologique ne"erlandaise),
2 e serie, t. \ II, pi. 1-8; t. VIII, n os 1-6, pi. 1-10, 1872-73.
SNELLEN VON VOLLENHOVEN, p. 1, De inlandsche Bladwespen.
RITSEMA, p. 16, Aanvulsel tot het geschiedkundig overzigt van
het geslacht Acentropus. DE GRAAF et SNELLEN, p. 26 et 231,
Microlepidoptera nieuw voor de Fauna van Nederland. SNELLEN,
p. 36, Op Catalog der Lepidopleren von Staudinger en Wocke.
VAN HASSELT, p. 61, Waarneming der copulatie bij Micryphantes
S. Erigone rupestris. SNELLEN VON VOLLENHOVEN, p. 67, Trois
especes nouvelles du genre Rhyssa. SNELLEN, p. 71, Lepido-
ptera van Het Prinsen-Eiland. SNELLEN VON VOLLENHOVEN,
p. 75, De inlandsche Hemipteren. SNELLEN, p. 123, Over Cali-
naga Buddha. Over de Lepidoptera van Neder-Guinea. HEY-
LAERTS et SNELLEN, p. 126, Een lepidopterologisch uitstapje naar
de Peel. WEYENBERGH, p. 131, Nederlandsche Diptera (Antlio-
myia floralis). VAN HASSELT, p. 136, Over sexueel verschil in
31
grootte bij de Arthrozoen in t bijzonder bij het Arachnide n-
Geslacht Nephila. - SNELLEN VON VOLLENHOVEN, p, 147, Nieuwe
naamlijst von nederlandsche Hymenoptera (description des especes
nouvelles, p. 209). RITSEMA, p. 221, Description d un male pres-
que inconnu du genre Xylocopa. ID., p. 224, Steganomus, n. g.,
javanus, n. sp. (Andrenide). SNELLEN VON VOLLENHOVEN,
p. 229, Description d un Bombus nouveau de Sumatra. VAN
HASSELT, p. 236, Araneae exotics. SNELLEN VON VOLLENHOVEN,
p. 2Zi5, Trois Lepidopteres nouveaux des Indes-Orientales. J.
RITZEMA, p. 2Zi9, Tot de Kennis van de Entomologische Fauna der
Nordzee-Eilanden.
(Les Bulletins des seances de la Socie te neerlandaise renferment
un grand nombre de notes et catalogues entomologiques.)
OlJVRAGES DIVERS.
GIRARD (Maurice). Les metamorphoses des Insecte, U e Edition. Paris,
MULSANT et REY. Brevipennes (Ateochariens). Brocli. in-8% pi. noires.
Paris, 1873.
Ordre du jour de la stance du 10 fevrier 1874 :
Decision a prendre sur les conclusions du rapport de la Commission
du Prix Dollfus indiquant le laureat pour 1873.
Rapport de la Commission administrative sur une proposition de
sept de nos collegues relative a la nomination de plusieurs membres hono-
raires; et nomination, s il y a lieu, d une commission speciale qui indi-
quera des candidats.
32 -
Rapports : 1 de MM. J. Kunckel et G.-A. Poujade sur M. Dela-
planche, au chateau Delaplanche, par Luzy (Nievre), pre"sent6 par M. J.
Fallou, au nom de M. Constant; 2 de MM. L. Bedel et Maurice des
Gozis sur M. Louis Demaison, a Paris, presente" par M. J. de Gaulle ;
et 3 de MM. E. Berce et H. Larligue sur M. Gustave Leroi, a Lille
(Nord), present^ par M. Th. Goossens.
Apres la lecture de ces rapports, il sera, s il y a lieu, precede successi-
vement a la nomination de ces trois candidats.
Avis important.
Le banquet annuel commemoratif de la fondation de la Socie"t6 en 1832
aura lien le samedi 28 f6vrier 1874, au Palais-Royal (cafe Corazza).
La Societe, comptant sur le concours de tous ses membres, tant
etrangers que provinciaux et residants, leur fait un instant appel afin
qu un grand nombre d entre eux assistent a cette reunion fraternelle.
M. L. Reiche (rue du Vingt-Neuf-Juillet, n 10) a bien voulu, comme
en 1873, se charger des demarches a faire pour 1 organisation de ce
banquet. Il prie ceux de nos collegues qni comptent y assister, de lui
adresser DES A PRESENT la somme de dix francs, prix de la souscription
fixee pour chacun des membres.
Trente membres ont deja souscrit.
Paris, 6 fevrier 1874.
PARIS. - Typog. FELIX MAI/TESTE el O. rue des Detix-Porlcs-St-Saiiveur, 22.
N" 21.
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli pur M. E. BESIWAREST, Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
du DS Fevrier 1S74.
:u<n\m \\} -Mibyuon .giJuzjp );io!> ; -y^, w& <-.ij ^o-mscn ; i in
Pr6sidence de M. C.-E. LEPRIEUR.
3/i membres presents.
MM. Pyot, de Gien, membre de la Socie"te; Champenois, de Boulogne-
sur-Mer, et Roelofs, dc Bruxelles, assislent a la stance.
Correspondancc. MM. Andre, de Gray; Gehiu ct Pulon, de Remiremont;
Lclhierry, et de Norguet, de Lille, adressent unc deraande tendant a ce
que la Societe nomrne deux membres lionoraires. Celle dcmande est
erivoyee a la commission qui s occupera de ce sujet.
Decision. La Socie te , conformement aux conclusions de sa commission
de la fondation Dollfus, decide que le Prix pour Tann6e 1874 sera de"cerne
in M. Berce, pour le 5 e volume (Gcomelrides) de sa Faune des Le"pidopteres
de France.
M. Bercc remercie vivement scs collegues de Thonneur quMls veulcnt
bien lui fairc et s efforcera autant qu il le pourra de le indriter : il re"unit
dus a present les mate riaux ne"cessaires pour former le G e volume de sa
Faunc (Tineitcs, etc.).
(187/1, 2 annte.) 3
llapport et decision. M. L. Bedel, membre de la Commission adminis
trative, lit un rapport de cette commission concluant a ce que Topportu-
nite" de la nomination de membres honoraires soil declared.
Les conclusions de ce rapport sent adoptees par la Socie le , qui, aux
termes de 1 arlicle 8 du reglement, nomme, au scrutin secret et par bul
letin de lisle* une commission composed de MM. Berce, Jules Grouvelle,
Kunckel, Lefevre et Simon, qui, dans la prochaine stance, pre senlera un
rapport relativement au nombre des membres honoraires a e"lire imme -
diatement, et indiquera les noms de candidats.
Lectures. M. le Secretaire depose sur le bureau un me"moire de M. Des-
brochers des Loges intitule" : Monographic du genre Anisorhynchus.
Ce travail, de"j& pre"sente" dans la s&mce du 10 decembre 1873, a ete" revu
et modiHe" par Tauteur.
M. L. Fairmaire envoie un me"moire porlant pour litre : Revision des
He te romeres du Chili, comprenant sp^cialement le genre Heliophygus,
qui se compose de douze especes dont quatre nouvelles (tt. sulcipennis,
cribriccps, punctato-sulcatus el brevipennis] .
M. le docteur A. Puton adresse une notice ayant pour litre : Notes
pour servir a l 6tude des Hemipteres (2 e partie) ; travail accompagne de
huit figures dessine"es d apres nature par Fieber.
L auteur de"crit des especes nouvelles ou peu connues sous les noms de :
Megalonotus nitidicoUis Puton, de Corse ; Lasiocoris wassicornis Lucas,
d Oran ; Uonanthia (Platychila) trichonola Puton, d Avignon ; Orthocc-
phcdus cor acinus Fieb., ined., de Saint-Tropez, et alutaceus Fieb., in^d.,
de Madrid; Attocotus (g. n.) rubidus Fieb., ine"d., de Metz; Hadrophyes
(g. n.) sulphuretla Fieb., in6d., de Rognac; Psaltus punctutatus Fieb.,
in6d., de la Sainte-Baume ; Macrocoleus Paykulti Fall., var. nigripes
Puton, de Grenoble; Macrocoleus gracilis Puton, de Balaruc-les-Bains,
et tepidus Fieb., ined., de Balaruc; il donne ensuite des notes de syno-
nymie et de geographic entomologiques.
Communications. M. A. Grouvelle signale plusieurs especes nouvelles
de CUCUJIPES Lac. :
PASSANDRA ELONGATULA Chevr., indd. Elongata, nitida, totanigra;
protkorace transverso, utrinque unistriato, basin versus angustato ; elylro
singulo trisulcato, sulco laterali et suturali conjunctis, sulco media ultra
35 -
medium abbreviate ; stria yracillima inter sulcos donates et marginalts t
Long, ill a 20 mill.
Neuf exemplaires provenarit de Malacca. Collections Chevrolat, E. Dey-
rolle, de Mniszech, Javet, Grouvelle.
HECTARTHRUM LATUM. Elongatum, latum, subdepressum; nitidum,
nigrum ; articulis ultimis antennarwn compressis, intus dilatatis ; pro-
thorace transverse, utrinque unistriato, basin versus anguslato, margine
posteriore in media incrassata; etytro singulo quadri-sulcato ; sulco late-
rali et suturati conjunctis, 2-3 approximatis . Long. 15 a 20 mill.
Quatre exemplaires provenant des Moluques. Collections Ghevrolat,
E. Deyrolle, Grouvelle.
Get insecte prfisente presque le fades d une Passandra ; ses antennes a
articles courts et serres le rangent parmi les Hectarthrum.
CATOGENUS LONGICORNIS. Elongatus, nitidus ; capite, prothorace pe-
dibusque rufis ; capite convexo, punctato, hand canaliculate, sulcis duobus
brevibus frontalibus insculptis ; antennis rufo-piccis, elongatis ; thora<e
punctato, vix transverse, postice anguslato ; elyiris nigris ad apicem rufis,
disco sexstriatis, striis exterioribus fere obliterates. Long. 15 mill.
Trois exemplaires provenant du Mexique et du Texas. Collections E.
Deyrolle et de Mniszech.
GUCUJUS MNISZECHI. Elongatus, depressus, niger ; antennis pedibus-
que satis elongalis ; elytris obscure cyaneis. Long. 20 mill.
Un exemplaire provenant du Japon. Collection de Mniszech.
Ce magnifique Cucujus se distingue imm^diatement de ses congdneres
par sa taille plus grande, ses antennes et ses pattes plus allonge es, et
principalement par la couleur d un bleu sombre de ses elytres.
Le meme membre signale egalement quelques synonymies qui inle"-
ressent sp6cialement la faune circa-me diterraneenne :
Lxmophlceus rufipcs Luc. = L. ater Oliv.
suberis Luc. = L. testaceus Fab.
Dufouri Laboulb. = L. fractipcnnis Molsch.
La description du L. fractipcnnis : C est une espece tres-remar-
quable par la forme des.elytres chez le.male; ces dernieres se dilatent
36
assez brusquement vers 1 extre mite , qui esl tronque e, de sorte que les
elytres paraissent casse"es, etc., ne pent laisser aucun doute surcelte
derniere synonymie, qui a d ailleurs e^te" signaled par Motschulsky dans
ses fitudes entomologiques, 1853, page 22.
M. Aug. Chevrolat donne la diagnose d une nouvelle espece de Co-
leoptere :
ORCHESTES MONTANUS. 0. irrorato statura, rufus , capile supra
parvo, oculis nigris, fere contiguis tuberculo angusto et oblongo sejunctis,
rostra longo arcuata rufo in medlo pectoris protenso, antenms rufis ; pro-
thoracc rufo, subtriangulari , lateribus medio rotundalis, postice elcvato,
ante scutclliim profunde foveato ; scutcllo punctiformi albido ; elytris
rufis, albido pilosulis, punctato-striatis, striis albo villosulis, maculis
laleralibus tribus notulaque scutcUari denudatis rufis, corpore infra pedt-
busque rufis; fctnoribus posticis crassis, ihermibus. Long. U mill.,
lat. 2 mill.
Mons-Rosa.
M. Lichtenstein adresse de Montpellier la note suivante :
En septembre 1872, me trouvant en Snisse et manquant d e pinglos,
j avais mis les insectes que je re"collais dans une boite entre deux couches
de colon. Mallieureusement mes occupations me fircnt oublicr ces in
sectes. II y a hurt jours, en les rencontrant an fond d une armoire, je
trouvai tout devore" par les larvos du Ptinus fur, qui, moins dangercuses
que celles des Anthrenes pour les insectes piques, parce qu elles ne
pouvent pas grimper aux e"pingles, est aussi redoutablc pour les insectes
non pique s, qu elles delruisent rapidement.
Tout en regrettant mes insecles de Chamounix, j ^tudiais les coques el
les larves des PLinus ; et , a Tonverture de quelques coques , je fus
agre"ablement surpris de trouver, au lieu de la nymphe du Ptinus, cinq
ou six pelits cocons blancs el d en extraire un petit insecte aptere ressem-
blant un peu a une petite Fourmi d un fauve clair. L habitat m indiquait
pourtant que je devais 6tre en presence d un Hyme noptere parasite voisin
des Chalcidien , et, Taiguillon e"tant terminal, je pensais aux Mulilles.
Apres avoir ouvert une vingtaine de coques, j eus le lionheur de trouver
un male aile et de constater des ailes exemptes de nervures. Ne sachant
oil classer mon insecte, je Taclressai a M. Dours, qui vient de me re"pondre
que eel insecle esl un Proctotrupicn du groupe des Dryinoidx de Forster
37
et probablement du genre Gonntopus. La description du male serait nou-
velle dans ce genre, car M. le docteur Giraud aurait appliqu6 a celte
femelle un male du genre Betkylus avec des nervures aux ailes.
Si M. Dours veut bien m aider de ses lumiercs, nous ferons pour la
Society une note sur cet insecte, que je nommerai Gonatopus Ptinorwn.
M. Maurice Girard pre"sente a laSoci^t^ deux sujets, male et femelle,
d un Lepidoplere du groupe des Processionnaires, venant d Auslralie,
mais malheureusement on mauvais 6tat :
Ce sont des Bombyciens d un gris nniforme, a ton fauve chez le male,
brunatre chcz la femelle, qui est plus grande, avec une tache blanche
mate et arronclie an milieu de 1 aile superieure des deux sexes.
II y a ggalement la clienille, les debris de chrysalide, les 03ufs entourcs
d un tampon de poils roux de 1 extremile de 1 abdomen de la femelle, a la
facon de ceux du Liparis dispar.
Enfin, le plus curieux objet est un grand morceau de 1 enveloppe com
mune du nid soyeux des chenilles, en feutrage lisse d un roux clair, assez
serre pour qu on y puisse facilement 6crire.
Ces objets ont ete" envoyes par M. Thozet, bolaniste inslruit, (Mabli a
Rockhampton, colonie anglaise sur la cote N. E. de 1 Australie, dans la
province de Queensland, a 1 embouchure de la riviere Fitzroy, a une asscz
grande distance au nord de Brisbane.
Cette Processiondaire vit sur les Eucalyptus corymbosa Smith, robusta
Smith, syn. rostrata Cavendish et tercticornis Smith.
La femelle seule de cetle espece existe dans la collection de M. le doc
teur Boisduval, sous le nom de collection de Bombyx hystrix Boisd., du
sous-genre Zastonia Boisd. Le nom specifique vient de ce que la chenille
est tres-velue et a poils raides, ce qu on voit tres-bien sur la chenille
sechee presentee a la Soci6t6.
Cette espece est voisine du B. Radama, de Madagascar, dont le nid
social est e"galement entoure" d une grande poche papyracce.
D apres M. Boisduval, 1 espece existe dans les collections du British
Museum et du Mus6e de Bruxelles. L insecle n est pas figurd dans les
nombreux Lepidopteres australiens du Voyage de la Novara de"crils par
M. Felder.
II est probable que cetle Processionnaire des Eucalyptus est commune
en Australie ; elle doit avoir 6 te" de"crile par les entomologistes anglais on
australiens.
38
De petites chenilles sont sorties des oeufs a Paris m6me ; M. Poujade
a cherche a les nourrir au Museum avec des feuilles ft 1 Eucalyptus, mais
elles n ont pas mange et sont mortes.
Membre readmis. M. J.-A. Levoilurier, a Elbeuf (Seine-Inferieure), qui a
fait partie de la Societe de 1845 a 1853, et que des circonstances parti-
culieres avail force de donner sa demission, est, sur sa demande et par
decision de la Societe, .retabli sur la lisle de DOS membres a partir de
1 annee 1874.
Membres recus. La Societe admet au nombre de ses membres :
1 Louis Demaison, de Reims, licencie en droit, a Paris (Coleopteres et
Lepklopteres d Europe), presente par M. J. de Gaulle, Commissaires-
rapporteurs : MM. Maurice des Gozis el L. Bedel.
2 M. Maurice de Laplanche, au chateau de Laplanche, par Luzy (Nievre)
(Coleopteres d Europe), presente par M. J. Fallou, au nom de M. Constant.
Commissaires-rapporteurs : MM. J. Kunckel et G.-A. Poujade.
Et 3 M. Gustave Le Roi, a Lille (Nord) (Lepidopteres d Europe), pre
sente par M. Th. Goossens. Commissaires-rapporteurs : MM. E. Berce
et H. Larligue.
BULLETIN BIBL10GRAPHIQUE
Redige par M. Louis BEDEL, Archiviste adjoint.
OUVRAGES PERIODIQUES ET PUBLICATIONS DES SOCIETES
SAVANTES.
Comptes rendus des seances de la Societe entomologique de Bclgique,
n 95 (fevrier 187Zi).
DONCKIER-HUART, p. 5, Lepidopteres beiges. .GROTE, p. 6,
Synonymies de Lepidopteres americains. ROUGET, p. 7, Note sur
- 39 -
la capture du Metcecus paradoxus. DE HAROLD, p. 7, Lettre sur
la nomenclature entomologique. DE BORRE, p. 9, et DE SELYS-
LONGCHAMPS, p. 13, Reponse a celte lettre. D r BREYER, p. 14,
Sur les Coleopleres de"crits par Beck et le travail de M. Kraatz a ce
sujet. -MELISE, p. 18, Garabiques rares deBelgique. DE BORRB,
p. 18, Question au sujet d une Faune beige.
Comptes rendus hebdomadaires des seances de I Academie des Sciences,
tome LXXVIIf, n 08 2 (en retard) et 4-5 (janvier-fevrier 1874),
GUERIN-MENEVILLE, p. 138, Note sur le Phylloxera. MINGAUD,
p. 138, M6me sujet. BAZILLE, p. 268, Experiences sur Peffica-
cite de la submersion contre le Phylloxera.
* Feuille des Jeunes Naturalises, t. Ill, n 40 (fevrier 1874). Une pi.
l^ithogr.
P. 37, Du cri chez les Insectes. P. 38, Le Sphex spirifex.
DE MARSEUL, p. 40, Tableau des Cassides de France (suite)*
Mtmoires de I Academic des sciences, agriculture, arts et belles-lettres
d Aix, t. X, 1873. Q Seances publiques de 1872 et 1873. Q
* Societe Linneenne du nord de la France, Bulletins n 08 17-19 (novem-
bre 1873 a Janvier 1874). O
OUVKAGES DIVERS.
* D 1 N. JOLY el D r E. JOLY. fetudes sur le prelendu Crustac6 an sujel
duquel Latreille a cre"e le genre Prosopistoma. Broch. in-8, une
pi. noire. (Exlr. des Annales des Sciences nalurclles).
>,
* FAUVEL (Albert). Annuaires entomologiques pour 1873 et 1874. Deux
broch. in-12.
* ID. Faune Gallo-Rhe"nane, Coleopteres, t. I, 2 cartes et 2 pi. noires ;
t. Ill (1" partie), 2 pi. noires. Caen, 1868-1873.
- ZiO -
Ordre du jour de la stance du 25 fevrier 187/1 :
Rapport de la Commission speciale chargee par la Societe de lui pre*-
senter un rapport sur le nombre des membres honoraires qu il lui semble
utile de nommer immedialernent et sur 1 indicalion de candidals pour les
places qui seront decides vacantes.
Rapport de la Commission de publication sur les memoires dont elle
propose de former le l er numero trimestriel des Annales de 187A.
Rapports : 1 de MM. 1 abbe Courage et L. Reiche sur M. Tabb6
Lizambard, de Paris, prescnte par M. de Marseul ; 2 de MM. Jules
Grouvelle et le docteur Al. Laboulbene sur M. Henry Munier, mtfdecin-
eleve au Val-de-Grace, presente par M. L. Bedel.
La Societe aura a prendre des decisions sur ces divers rapports,
Avis important.
Le banquet annuel comme moratif de la fondation de la Societe" en 1832
aura lieu le samedi 28 fevrier 187/t, au Palais-Royal (cafe Corazza).
La Societe, comptant sur le concours de tons ses membres, lant
Grangers que provinciaux et re"sidants, leur fait un instant appel afm
qu un grand nombre d entre eux assistent a cette reunion fraternelle.
M. L. Reiche (rue du Vingt-Neuf-Juiliet, n 10) a bien voulu, comme
en 1873, se charger des demarches a faire pour 1 organisation de ce
banquet. II prie, POUR LA DERNIERE FOIS, ceux de nos collegues qui
comptent y assister, de lui adresser IMMEDIATEMENT la somme de dix
francs, prix de la souscription fixee pour chacun des membres.
Trente-cinq membres ont deja souscrit.
Paris, 20 fcvricr 1874.
PARIS. Typog. FEMX MALTESTE <;l C 1 *--, rue des Dcux-Porl(s-St-Saiivour, 22.
N 22.
BULLETIN DBS SEANCES
DE LA
SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
Rccueilli par 1U. E. DESHf AREST , Secretaire.
Paraissant deux fois par mois.
Stance du 5 Fevrier
Prudence de Mi C.-E. LEPRIEUR. 5
43 membres presents.
MM. A. Grouvelle et Le"couflet, de Dieppe, et Ren6 Oberthur, de Rennes,
assistent a la stance.
Rcupports. La 8001616" adopte les conclusions d un rapport de sa Com-
missjjprt de publication reglant ainsi qu il suit la composition du l er nu-
m^ro dfes Annales pour l anne"e 1874 :
1 CHEVROLET. Revision des Gebrionites (l re partie), avec planche co-
lori^e;
2 CAPIOMONT et LEPRIEUR. Monographic des Larinus (l re partie);
3 PYOT (Victor). Nouvelle espece de Thinobius, avec figure;
fi LABOCLBENE. Nymphe de Coleoptere incluse dans la peau pupiforme
de la la rve, avec planche ;
5 SIGNORET (Victor). Coccides, 12 C partie : genres Physakermes, Eri-
cerus, Lccanopsis, Aclerda, Fairmairia et Carteria, avec planche ;
(1874, 2 e annee.) 4
42 -
6 BIGOT (Jacques). Revision du genre Dwpsis et descriptions de nou-
velles especes de ce groupe ;
7 BEDEL (Louis). Monographic des Brachyceridcs (commencement de
ce travail), avec planche ;
8 DESMAREST (E.) et BEDEL (L.). Bulletin des stances et Bulletin bi-
bliographique du 1" trimestre 187Zu
M. E. Simon, rapporteur de la Commission charge e d e"tudier les
questions relatives a la nomination de membres honoraires, donne lecture
du rapport qui suit :
Dans la stance du 11 fe*vrier 1874, la Socie te a enlendu lecture d un
rapport de sa Commission administrative concluant a 1 opportunite" de
combler les vides nombrenx qui se sont produits parmi ses membres ho
noraires. Apres avoir approuve" les conclusions de ce rapport, la Socie te ,
conforme ment a 1 article 8 de son reglement, a e"lu une commission de
cinq membres pour lui presenter une liste de candidals, apres avoir exa
mine leurs litres divers a la distinction de membre honoraire, la plus
haute que la Socie te puisse de cerner.
Cette Commission, compose e de MM. Berce (president), J. Grouvelle,
Kunckel, Lefevre, et Simon (rapporteur), s est re"unie une premiere fois,
le vendredi 13 fe"vrier, pour d61ibe"rer sur les graves questions qui lui
6 taient soumises ; une seconde reunion a eu lieu le vendredi suivant,
20 fevrier.
Aux termes de Particle 7 du reglement, le n ombre des membres hono
raires peut etre au maximum de 12, dont les deux tiers francais ; or, la
Socie te a laisse descendre ce nombre a 5, dont 3 membres franc.ais et
2 Grangers, sans pourvoir a aucun remplacement depuis 1866.
Le nombre des membres a elire a done tout d abord donne" lieu a une
discussion dans laquelle plusieurs systemes ont e te successivement exa-
mine s ; des precedents ont 616 rappeles : en 1866, quatre membres hono
raires ont 6 te e"lus en presence de sept vacances ; mais les deux seules
raisons qui, a cette epoque, ont sans doute de termine la 8001616"