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Full text of "Spongiaires des Açores"







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31 



RÉSULTATS 



CAMPAGNES SCIENTIFIQUES 



PRINCE DE MONACO 



Ce Fascicule a été publié et le dépôt fait au Gouvernement à Monaco 
le 14 février igo4 



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RÉSULTATS 



CAMPAGNES SCIENTIFIQUES 

ACCOMPLIES SUR SON YACHT 



ALBERT I- 

PRINCE SOUVERAIN DE MONACO 

PUBLIÉS SOUS SA DIRECTION 

AVEC LE CONCOURS DE 

M. JULES RICHARD 

Docteur ès-sciences, chargé des Travaux zoologiques à bord 



FASCICULE XXV 
Spongiaires des Açores 

Par Emile TOPSENT 



AVEC DIX-HUIT PLANCHES 





IMPRIMERIE DE MONACO 

1904 




SPONGIAIRES DES AÇORES 



Emile TOPSENT 



SPONGIAIRES DES AÇORES 



Emile TOPSENT 



INTRODUCTION 



Le présent mémoire est consacré à l'étude des Spongiaires recueillis par S. A. S. 
le Prince de Monaco dans cette partie de l'Atlantique qui, entourant l'archipel des 
Açores, est comprise entre 35° et 45° de latitude nord, d'une part, et, d'autre part, 
entre 25° et 35° de longitude ouest. 

J'ai dû, pour me tenir dans ce cadre, faire un choix parmi les riches matériaux 
de provenances diverses que Son Altesse m'a toujours fait l'honneur de me confier 
depuis ses premières campagnes scientifiques. Mais les limites que je me suis ainsi 
tracées sur la carte correspondent, sensiblement, à celles dans lesquelles le Prince a 
le plus souvent dirigé ses explorations sous-marines. 

A six reprises, en effet, des recherches zoologiques ont été poursuivies aux Açores 
par les yachts Hirondelle et Princesse- Alice. Quelques essais de dragages en 
eau réellement profonde marquèrent seuls, il est vrai, dans la région qui nous occupe, 
la campagne de 1887, mais ils furent si encourageants que, d'après la narration des 
voyages publiée par M. le D r Jules Richard (5©) 1 , l'étude des Açores devint soit 
exclusivement soit presque entièrement l'objet des campagnes de 1888, de i8g5 et de 
1896. En 1897 encore, et tout récemment, en 1902, les mêmes parages furent de 
nouveau le champ d'opérations nombreuses à l'aide d'engins perfectionnés. 



' Les chiffres imprimés en caractères gras entre parenthèses, renvoient aux numéros de l'Index 
bibliographique placé à la fin du Travail. 



Tant d'efforts concentrés sur l'un des points les plus intéressants de l'Atlantique 
ont fourni, comme on pouvait s'y attendre, des résultats précieux. Ceux d'ordre 
zoologique sont particulièrement importants. Les collections réunies permettent de 
prendre connaissance d'une faune très riche, sur laquelle de rares et rapides investi- 
gations antérieures n'avaient obtenu que des données insuffisantes. La série des 
Spongiaires, entre autres, constitue l'une des plus belles collections régionales que 
l'on possède. A ce titre, elle m'a paru mériter d'être présentée dans son ensemble. 

L'étude des Eponges recueillies aux Açores par la Princesse-Alice au cours 
de ses campagnes de 1895, 1896, 1897 et 1902, forme en réalité le fonds de mon tra- 
vail, puisque le deuxième fascicule de la grande publication entreprise par S. A. le 
Prince de Monaco, paru en 1892 (S4), a déjà traité de celles, de même provenance, 
que YHirondelle avait récoltées. Cependant, beaucoup de ces dernières se sont 
retrouvées dans les collections nouvelles, m'instruisant souvent sur l'étendue de leur 
distribution bathymétrique, parfois me permettant une plus juste appréciation de 
leurs caractères spécifiques. D'autres, une trentaine seulement, n'ont pa~s été de nou- 
veau rencontrées, mais, comme un tiers environ d'entre elles a été soumis à un exa- 
men critique dont j'exposerai les conclusions, il n'en reste qu'un petit nombre dont, 
pour être complet, je me bornerai à rappeler les noms à leur place naturelle. 

Des espèces que je fais rentrer dans mon sujet, quatre seulement n'appartiennent 
pas, que je sache, à la faune des Açores : Hymerhabdia typica Tops., dont j'ai dessiné 
les spicules d'après un spécimen de Roscoff (PI. xm, fig. 16) afin de mieux établir l'en- 
chaînement des genres Hymerhabdia, Rhabdoploca et Cerbaris; Latrunculia Loveni 
(Boc), dont j'ai fait figurer (PI. v, fig. 11) un bel individu de la côte portugaise 
(Stn. 475); Leptolabis arcuata nov. sp., que la Princesse-Alice a rapportée de 
Madère (Stn. 801) mais qui complète une sorte de monographie du nouveau genre 
Leptolabis; enfin, Chondrocladia Guiteli nov. sp., qui, confirmant mes idées person- 
nelles sur l'orientation des Crinorhi{a, se trouve d'ailleurs être, de la campagne de 
1896, l'unique espèce draguée dans l'Atlantique en dehors des limites convenues, à 
mi-distance environ entre les Açores et le Portugal (Stn. 753). 

Je dois faire remarquer que c'est à la connaissance de la faune profonde que les 
explorations du Prince ont surtout contribué. Des soixante-huit opérations qui ont 
fourni des Spongiaires, la plupart ont été effectuées entre 8oo m et 2000 m . Neuf ont 
atteint des profondeurs comprises entre 20oo m et 5oo5 m . Dans seulement neuf autres, 
l'engin, par contre, est descendu à moins de 5oo m , dont trois fois à moins de ioo m , 
avec le faible apport de 18 espèces sur lesquelles une seule n'a pas été revue ailleurs. 
Enfin, une excursion à marée basse sur la grève de la baie Pim, à Fayal, le i3 août 
1888, a simplement procuré trois Eponges banales. Il se peut, toutefois, que la Sty- 
lotella Jullieni Tops., dont M. de Guerne a ramassé à Fayal deux spécimens collés 
sur un quartier de chair de cachalot lancé par les vagues contre les rochers, soit 
aussi une Eponge de rivage. 

Les faunes littorale et sub-littorale entrant en ligne de compte pour une si faible 



part, j'ai préféré laisser de côté provisoirement le groupe des Calcarea, qui se trouve 
médiocrement représenté dans les collections. Pour les autres groupes, au contraire, 
tels que les Tétractinellides et les Monaxonides, dont il existe des représentants à 
tous les niveaux, j'ai utilisé tous les matériaux qui m'ont été communiqués. C'est 
ainsi que j'intercalerai dans l'énumération des Spongiaires du Prince les quelques 
espèces suivantes, que M. le capitaine Chaves a recueillies à la grève de Sâo Miguel 
et dont il a bien voulu me demander la détermination : 

Geodia cydonium (Miilh), Ery lus mammillaris (Schm.), Tethj a lyncurium (Linné), 
Reniera cinerea (Grant), Reniera fistulosa (Bow.), Acervochalina limbata (Bow.). 

Au total, mention de visu sera faite en ce mémoire, brève ou détaillée, de 243 
espèces de Spongiaires des Açores, dont 5 m'ont offert, en outre, chacune une variété 
digne d'être désignée d'un nom particulier {Farrea occa var. laminaris, Jaspis Johns- 
toni var. incrustans, Plocamiopsis signata var. mitis, Hymeraphia affinis var. anancora, 
Leptolabis forcipula var. brunnea). 

Sur le nombre, j'ai cru pouvoir distinguer (en comptant celles que j'ai décrites 
en 1892, SJL) 127 espèces nouvelles, soit un peu plus delà moitié. De plus, des 
variétés nouvelles se rattachent à cinq espèces connues par ailleurs : Thrombus abyssi 
var. niger, Hymedesmia unistellata var. aspera, Halicnemia constellata var. a\orica, 
Myxilla mariana var. poly sigma, Hamacantha implicans var. a\orica. 

J'attribue pour une bonne part la proportion remarquablement élevée des types 
nouveaux au soin minutieux avec lequel j'ai examiné les moindres incrustations des 
roches et des débris de Polypiers. Beaucoup de mes meilleures trouvailles, Heteroxya 
corticata, Monocrepidium vermiculatum, Rhabderemia Guernei, Plocamiopsis signata, 
Hymerhabdia oxytrunca, Cerbaris torquata, Hymetrochota rotula, Leptosastra cons- 
tellata, Dragmatyle lictor, Rhaphidotheca loricata, de nombreuses Hymeraphia, Lep- 
tosia, Leptolabis, Yvesia, Hamacantha, se sont, en effet, présentées sous forme de 
simples croûtes, d'étendue souvent fort restreinte. 

Des quatre campagnes de la Princesse- Au ce aux Açores, celles de i8q5 et de 
1897 ont été particulièrement fructueuses, à l'égal de la campagne de 1888 de 
Y Hirondelle; celle de 1896 leur fut sensiblement inférieure, mais non sans fournir 
un assez fort contingent de formes remarquables; celle enfin, très brève, de 1902 
compte surtout grâce au coup de chalut de la station 1349. Des listes établiront plus 
loin l'apport de chacune d'elles. 

Dans l'ensemble des collections réunies de 1887 à 1902, on constate que les Mo- 
naxonides représentent près des trois quarts de l'apport total (72,5 %)• Les Tétracti- 
nellides y entrent pour un peu plus du sixième (1 5,5 %). Les Hexactinellides y vien- 
nent en troisième ligne (9 %), constituant une série intéressante. Les Carnosa et les 
Hexaceratida ont, comme on pouvait s'y attendre, beaucoup moins d'importance. 
Seules, les Monoceratida restent d'une rareté surprenante. 

Quelques considérations au sujet de chacun de ces ordres permettront mieux 
d'apprécier les résultats obtenus. 



— 6 — 

Hexactinellida. — Des vingt et une espèces se rapportant à cet ordre, trois, dans 
lesquelles on devine précisément des nouveautés, sont par malheur indéterminables : 
une Farrea à larges tubes (PI. vi, fig. i) et un Eurete de grande taille (PI. xvm, fig. 6), 
représentés chacun par un seul spécimen décharné, et un Caulophacus (?), dont il n'a 
été obtenu que des pédicelles dénudés et brisés (PI. vi, fig. 8). 

Huit autres sont décrites comme nouvelles : 

Hyalonema infundibulum Aphrocallistes a\oricus 

Malacosaccus Jloricomatits Chonelasma Schul^ei 
Farrea Weltneri — Ijimai 

Eurete Alicei Hexactinella Grimaldii 

Presque toutes les familles s'enrichissent, de la sorte, d'une ou de plusieurs unités. 
Celle des Eurétides est la mieux partagée, puisqu'elle reçoit Eurete Alicei, Farrea 
Weltneri et une curieuse variété (var. laminaris) de Farrea occa et qu'il faut lui attri- 
buer, sans les dénommer encore, la Farrea et YEurete macérés auxquels il vient 
d'être fait allusion. 

Chonelasma Schul^eiet C. Ijimai sont, jusqu'à présent, les seules Coscinoporides 
connues de l'Atlantique. 

Hexactinella Grimaldii en est, après Fieldingia lagettoides S. Kent et Cyrtaulon 
Sigsbei (Schm.), la troisième Trétodictyide. 

La famille des Rossellides, si pauvre, d'ailleurs, dans cet océan, ne compte aucun 
membre parmi les collections. Il est douteux, pourtant, que Lanuginella pupa, dont 
on connaît la vaste dispersion (Portugal, Cap-Vert, Moluques), manque réellement 
aux Açores. En 1894, la Princesse- Alice en a recueilli quatre individus par o,24 m 
de profondeur, à 7 milles environ dans le N. N.-O. de Ceuta (Stn. 406). 

Les espèces surtout abondantes aux Açores sont Pheronema Grayi, dont le 
chalut a souvent ramené des individus en nombre considérable, Euplectella suberea, 
Regadrella phœnix, Asconema setubalense, Farrea occa, Aphrocallistes Bocagei et 
Chonelasma Schul\ei. 

Plusieurs, par contre, malgré la fréquence des opérations en eau profonde, n'y 
ont été rencontrées qu'une seule fois (Hyalonema infundibulum, Malacosaccus flori- 
comatus, Rhabdopectella tintinnus, Farrea Weltneri, Chonelasma Ijimai, Hexacti- 
nella Grimaldii). 

Il en est même, comme Rhabdopectella tintinnus, Hertwigia falcifera, dont la 
détermination a dû se faire sur de simples fragments dépourvus de spicules libres. 

Hexaceratida. — Le nombre s'en réduit à deux, Aplysilla sulfurea F. E. Sch. 
et Danpinella simplex Tops., l'une et l'autre connues antérieurement, l'une et l'autre, 
d'après ce que nous apprenons de la Danpinella, communes à la Méditerranée et à 
l'Océan. 



Tetractinellida. — Des Lithistides inscrites par Sollas au tableau des Tétracti- 
nellides de sa province lusitanienne (65, p. 384), une seule, Macandrewia a^orica, 
avait été signalée aux Açores. Deux de celles que l'on savait exister dans les eaux 
du Portugal (Corallistes nolitangere et Açorica Pfeifferœ) figurent aussi dans les 
collections de {"Hirondelle et de la Princesse-Alice. Comme ces collections 
renferment en outre deux espèces de la province caraïbe (Racodiscula clava et Sipho- 
nidium ramosumj et quatre espèces nouvelles, le sous-ordre des Lithistida compte à 
présent neuf représentants dans la région qui nous occupe : 



Famille Tetracladim: 
Discodermia ramifera Tops. 
Racodiscula clava (Schm.) 

Famille Corallistim: 
Corallistes nolitangere Schm. 
Macandrewia a\orica Gray 

— robusta n. sp. 

— ramosa n. sp. 



Famille Cladopeltule 
Siphonidium ramosum Schm. 

Famille Azoricidje 
Aiprica Pfeifferœ Cart. 
Petromica Grimaldii Tops. 



Les formes le plus souvent rencontrées sont Macandrewia a^orica, Siphonidium 
ramosum, Racodiscula clava, Petromica Grimaldii, cette dernière, type d'un genre 
nouveau. Celles qui descendent le plus bas, entre iooo m et i5oo m , semblent être A\o- 
rica Pfeifferœ et les Macandrewia. Les autres ont été recueillies entre 200 m et 8oo m , 
la plupart du temps par moins de 6oo m . Un spécimen de Discodermia ramifera a 
même été pris par 98 111 seulement. 

Les Choristida, au nombre de 29, se répartissent en 9 Geodiidœ, 7 Stellettidœ, 
9 Asterostreptidœ et 4 Tetillidœ. 

Je considère comme nouvelles les treize suivantes, dont plusieurs offrent un 
intérêt réel : 



Geodia echinastrella 

— spherastrella 
Erylus nummidifer 

— granularis 

— Chavesi 
Stelletta tuberosa 
Penares sclerobesa 



Pilochrota inermis 

— ventricosa 
Pœcillasira symbiotica 
Chrotella amphiacantha 
Tetilla longipilis 
Craniella disigma 



Des Choristides antérieurement connues que Sollas attribuait à la province lusi- 
tanienne, dix vivent dans les eaux des Açores : 



Geodia cydonium (Mùll.) 
Erylus mammillaris (Schm.) 
Corticella geodioides (Cart.) 
Pilochrota lactea (Cart.) 
Thenea Schmidti Soll. 



Sphinctrella ornata Soll. 
— gracilis Soll. 

Pachastrella monilifera Schm. 
Nethea amygdaloides (Cart.) 
Characella pachastrelloides (Cart.) 



La liste en est plus importante qu'elle ne le paraît au premier abord quand on la 
compare à celle de Sollas (G5, p. 383), car celle-ci, qui d'ailleurs comprend les Car- 
nosa et tient compte d'espèces méconnaissables, se grossit de nombreux synonymes. 
Pour nous en tenir aux espèces ci-dessus énumérées, remarquons que Calthropella 
simplex Soll. et Pachastrella abyssi Schm. tombent en synonymie de Corticella geo- 
dioides et de Pachastrella monilifera. 

Il nous reste à citer Geodia eosaster (Soll.), Isops pachydermata Soll., Stryphnus 
fortis (Vosm.), Sphinctrella horrida Schm., Pœcillastra compressa (Bow.) et Craniella 
cranium (Mùll.), qui, classées dans d'autres provinces naturelles, ont une dispersion 
plus étendue qu'on ne pouvait le supposer. 

De toutes ces formes, Thenea Schmidti, Sphinctrella horrida, Pachastrella moni- 
lifera, Nethea amygdaloides, Characella pachastrelloides, toutes Astérostreptides, 
sont extrêmement communes aux Açores. Erylus nummulifer, Geodia eosaster, 
Sphinctrella ornata occupent le second rang pour leur fréquence relative. Les autres 
semblent être clairsemées. 

Beaucoup jouissent d'une vaste distribution bathymétrique. C'est ainsi qu'on a 
obtenu Isops pachydermata par 454™ et i384 m et Pœcillastra compressa par 200 m et 
1 i43 m . Erylus nummulifer se rencontre par des profondeurs comprises entre 20o m et 
i022 m , Stelletta tuberosa entre 454™ et i6oo m , Thenea Schmidti entre 349 111 et 4020 m , 
Sphinctrella horrida entre 523 m et i36o m , S. ornata entre 523 ra et i6oo m , Pachastrella 
monilifera entre 3i8 m et i557 m , Nethea amygdaloides entre 3i8 m et i36o m . Characella 
pachastrelloides se montre surtout abondante entre 523 m et 845™. Corticella geodioides, 
Pilochrota lactea, Stryphnus fortis, et surtout Penares sclerobesa, Chrotella amphia- 
cantha et Tetilla longipilis n'ont été draguées qu'en eau profonde. 

Tetilla sandalina Soll., l'unique Tétillide des Açores et de toute la province 
lusitanienne à la connaissance de Sollas, manque à la collection, mais on sait qu'elle 
y est remplacée par quatre membres de la même famille, dont trois s'observent pour 
la première fois. 

Carnosa. — Une variété niger de Thrombus abyssi (Cart.), rendant vraisembla- 
ble l'inutilité de l'espèce Thrombus omatus Soll. ; une intéressante Placinastrella, que 
je nomme P. oxeata à cause de l'abondance remarquable et de la taille colossale de 
ses diacts; un spécimen d'une C hondr os i 'a dans laquelle je crois reconnaître C.plebeja 
Schm.; enfin, à deux reprises, des lambeaux noirs, inutilisables, d'une Eponge sans 
spicules, dont la consistance coriace rappelle celle des Chondrosia ; voilà, tout au plus, 
ce qui, dans la collection, appartient à l'ordre si restreint des Carnosa. 

Monaxonida. — L'ordre des Monaxonida se divise en deux sous-ordres partout 
inégalement riches et, par suite, inégalement représentés aux Açores. 

I. S.-O. Hadromerina. — La tribu des Clavulida comprend ici 5 Clionidœ, 
8 Spirastrellidœ , 6 Polymastidœ et 8 Suberitidœ, soit 27 Eponges dont 12 m'ont 
paru nouvelles et dont une se rattache à titre de variété (var. aspera) à Hymedesmia 



— 9 — 
unistellata. Trois de ces dernières servent de types à des genres nouveaux, Sceptrintus 
Richardi, Rhaphidorus setosus et Tylexocladus Joubini. Citons encore comme parti- 
culièrement intéressantes : Cliona levispira, dont la spiculation explique celle un peu 
énigmatique jusqu'à présent de Dotona pulchella; Spirastrella aculeata, caractérisée 
par ses mégasclères diactinaux; enfin, deux jolies Latrunculia, L. insignis et L. 
biannulata. 

La tribu des Aciculida reçoit, avec 5 Coppatiidœ , 2 Tethyidœ, 1 Stylocordylidœ, 
un apport numériquement plus faible, mais précieux quand même puisque la moitié 
de ses membres présents sont nouveaux et appartiennent à des genres créés pour eux, 
Topsentia glabra, T. pachastrelloides, Heteroxya corticata, Oxycordyla pellita, que 
deux autres, Jaspis Dendyi (Soll.) et Spongosorites placenta Tops, étaient connus 
d'après un spécimen unique, et qu'un autre, Jaspis Johnstoni (Schm.), offre une 
variété (var. incrustans) que j'ai pour la première fois remarquée dans cette collection. 
Tethya lyncurium (Linné), qui complète la liste, est seule une Eponge banale. 

II. S.-O. Halichondrina. — La famille des Axinellidœ compte 16 représen- 
tants. L'un d'eux peut, à la rigueur, passer pour une simple variété (var. a^orica) de 
Halicnemia constellata Tops., mais dix autres, qui constituent autant de nouveautés, 
possèdent, à titre d'espèces distinctes, une valeur indiscutable. La plupart attirent 
l'attention par leurs caractères extérieurs (Syringella falcifera, Axinella flustra, A. 
vasonuda, Sollasella hystrix, Bubaris Sosia, par exemple). Pourtant, c'est leur spicu- 
lation seule qui permet de reconnaître Higginsia Thielei et Monocrepidium vermi- 
culatum. 

Les subdivisions de la famille des Pœciloscleridœ se montrent toutes trois d'une 
richesse remarquable. 

Nous aurons affaire, en effet, à 27 Ectyoninœ, dont 16 nouvelles, à 36 Dendori- 
cinœ, dont 24 nouvelles et à 3o Esperellinœ, dont 19 nouvelles. Des coupures généri- 
ques nombreuses ont dû être pratiquées dans cette importante série où abondent des 
types extrêmement curieux. L'énumération vraiment trop longue de toutes les 
espèces obtenues n'est pas indispensable à cette place puisqu'elle sera présentée 
systématiquement dans le corps du mémoire. Celles qui ont provoqué la création de 
genres nouveaux méritent cependant d'être citées en cette qualité : 

Rhabderemia Guernei, Plocamiopsis signata, Cerbaris torquata, Hymetrochota 
rotula, Pytheas ater, Spanioplon fertile, Stylostichon Dendyi et S. repens, Stelodoryx 
procera, Leptolabis forcipula, Leptosastra constellata, Dragmatyle lictor, Yvesia Rid- 
leyi, Y. Alecto et plusieurs autres Yvesia, Phlyctœnopora bitorquis, Joyeuxia viridis 
et /. tubulosa. 

D'autres, intéressantes à divers titres, réclament aussi une mention spéciale : 

Suberotelites demonstrans, Hymerhabdia oxytrunca, Hymeraphia tuberosocapi- 
tata, H. spinispinosa, Dendoryx pectinata, Leplosia Pecqueryi, L. Schmidti, Desmaci- 
don abyssi, Guitarra pointa, Rhaphidotheca loricata, Esperiopsis prœdita, E . polymor- 
pha, E. glomeris, E. décora, Artemisina erecta, Hamacantha Carteri, H. Lundbecki, 



— 10 — 



H. implicans var. a^orica, H. intégra, H. clavisœpta, Stylotella Jullieni et Biemma 
Grimaldii, parmi celles qui n'ont encore été rencontrées qu'aux Açores. Puis, parmi 
les formes anciennement connues, Rhabderemia minuiula (Cart.), Rhabdoploca curvis- 
piculifera (Cart.), qui devient le type d'un genre à part, Acamus tortilisTops., Tedania 
commixta Rdl. et D., Trachyforcepia grœnlandica (Frist.), ici détachée du genre 
Forcepia, Leptolabis luciensis Tops., Leptosia Kœhleri Tops, et Biemma rosea (Frist.). 

La grande quantité des Hymeraphia, Leptosia, Yvesia n'a pas lieu de surpren- 
dre, étant donné, comme je le déclarais plus haut, le soin avec lequel j'ai cherché ces 
Eponges sur les pierres et les débris de Polypiers. 

Ce qui est plutôt digne de remarque, à mon avis, c'est l'abondance inattendue 
des espèces du genre Hamacantha dans les eaux des Açores; je n'en distingue pas 
moins de sept, en effet, qui, différant autant par la manière dont elles protègent leur 
surface que par les détails de leur spiculation, offrent un sujet d'étude des plus 
attrayants. 

A la famille des Haploscleridœ enfin, appartiennent une trentaine d'espèces, dont 
la moitié environ n'ont pas été, que je sache, vues ailleurs que dans cette partie de 
l'Atlantique. Parmi les nouveautés, Gelliodes bifacialis, (?) Gellius macrosigma, Rha- 
phisia spissa, Cladocroce fibrosa et C. spathiformis, Metschnikowia Filholi, Reniera 
utriculus, Halichondria leuconoides et plusieurs Phlœodictyon me paraissent surtout 
dignes d'attention. 

A noter encore l'existence dans ces parages de Gellius flagellifer Rdl. et D., Pe- 
trosia variabilis Rdl. et D., Reniera fistulosa Bow. et Halichondria fibrosa (Frist.). 

Les Monaxonides le plus souvent ramenées par les divers engins sont : Cliona 
labyrinthica, C. levispira, Latruncidia insignis, Trichostemma Sarsi, Tentorium 
semisuberites, Topsentia glabra, Heteroxya corticata, Higginsia Thielei, Plocamia 
ambigua, Suberotelites demonstrans, Hymeraphia pilosella, Dendoryx pectinata, Lep- 
tosia Kœhleri, L. Pecqueryi, Hamacantha Johnsoni, H. implicans a\orica, Gellius 
flagellifer, Rhaphisia spissa, Biemma Grimaldii, B. rosea, Phlœodictyon coriaceum, 
Metschnikowia Filholi, Halichondria leuconoides. 

Les Axinellides proviennent en majeure partie des opérations faites aux stations 
600, 702, 866 et 899 de la Princesse-Alice. Bubaris vermiculata, Sollasella hystrix, 
Higginsia Thielei, Axinella vasonuda sont les plus répandues d'entre elles. 

Par hasard, ou parce qu'il ne m'a été communiqué qu'un petit nombre d'objets 
perforés, les Clionidœ de la collection ont toutes été recueillies en eau profonde. 
Thoosa armata est représentée par un spécimen pris par 599™. Le reste fut dragué 
entre 793 m et 1424™ (Cliona labyrinthica). Cliona levispira n'a même été rencontrée 
qu'entre n65 ra et i36o m . 

A l'exception de Spirastrella aculeata, dont le spécimen type vivait par 736 m , les 
Spirastrellidœ se tenaient à des profondeurs sensiblement moindres, entre 200 m et 
6oo m . 

Des Polymastidœ, plusieurs paraissent confinées dans les grandes profondeurs : 



Trichostemma Sarsi (86i m -2i02 m ), Rhaphidorus setosus (i36o m -402o m ), Tylexocladus 
Joubini (i36o m ). Tentorium semisuberites se montre surtout fréquente entre iooo m et 
3ooo m , mais, s'étant trouvée à plusieurs reprises dans des opérations faites entre 200 m 
et 454™, elle jouit évidemment d'une distribution bathymétrique très large. Il en serait 
à peu près de même de Polymastia corticata, dont VHiRONDELLE avait ramené 
quatre spécimens du détroit de Pico-Fayal par seulement i3o m et que la Princesse- 
Alice a retrouvée par i385 m . Seule, Ridleya oviformis n'a été vue qu'à un niveau 
relativement élevé (200 m ), mais il convient de remarquer qu'il s'agit d'un spécimen 
unique. 

Des Suberitidœ, les unes, Suberites camosus, Terpios fugax, Prosuberites epiphy 
tum, Suberites caminatus, Rhi\axinella biseta, remontent assez haut, les trois pre- 
mières pouvant même devenir littorales; les autres, Suberites laticeps (845 m -i25o m ), 
S. gibbosiceps (i846 m -2252 m ), Rhi\axinella uniseta (i36o m ), semblent cantonnées plus 
profondément. 

Heteroxya corticata n'a jamais été obtenue par moins de iooo m (n65 m -i6oo m ). 
Les spécimens deJaspis Dendyi proviennent de fonds compris entre 845™ et 1022"". 
Les Topsentia peuvent descendre à d'assez grandes profondeurs (i36o m ) ou remonter, 
ainsi que les autres Aciculida, à un niveau beaucoup plus élevé. 

Aucune Axinellide n'a été trouvée au-delà de i36o m . Les formes qui ont été 
recueillies à ce niveau ou qui s'en rapprochent le plus sont : Syringella falcifera, 
Bubaris vertniculata, Halicnemia constellata a\orica et Higginsia Thielei. Pour le 
reste, nous comptons quatre espèces qui ne semblent pas devoir beaucoup dépasser 
6oo m et huit autres qui, d'après nos données, descendraient rarement à 400™. C'est 
par les fonds de g8 m à 349 111 que la récolte en Axinellides a été le plus abondante. 

Les Pœciloscleridœ proviennent en majeure partie des fonds compris entre 5oo m 
et i35o m , qui, seuls, ont été suffisamment explorés. Par de moindres profondeurs, 
elles n'ont été recueillies qu'en petite quantité. Toutes réserves faites au sujet de 
Stylotella Jullieni, découverte dans les circonstances particulières que l'on sait, 
aucune Eponge de la famille n'a été trouvée à la grève. Deux seulement, Tedania 
digitata et Leptolabis luciensîs, ont été prises par 27™ (Stn. 56g); trois, Acarnus tortilis, 
Dendoryx incrustans viscosa, Leptosia Dujardini, par 54 m (Stn. 594); et trois encore, 
Plocamia coriacea elegans, Tedania commixta, Esperella tunicata, par 98"* (Stn. 882). 
Entre i3o m et 5oo m , il n'en a été dragué que vingt-quatre. Comme cette pénurie dépend 
uniquement de la nature des opérations effectuées, il n'y a pas lieu d'insister. Les 
résultats obtenus en eau profonde offrent un intérêt plus réel : dix-sept Pœciloscleridœ 
ont été recueillies entre i35o m et 2000™; il n'en a plus été vu que sept au delà de 2ooo m . 
Voici la liste de ces dernières avec les indications des profondeurs par lesquelles 
elles se sont rencontrées : 

Leptosia occulta (Bow.), de 845™ à 2252 m 

— acerata n. sp., à 88o ra et à 2252 m 

— Kœhleri Tops., de 845 m à 2540™ 



Dendoryx pectinata Tops., de 845™ à 3oi8 m 
Trachjforcepia grœnlandica (Frist.), à 2252 m 
Esperiopsis villosa Cart., à 2252 m 
Desmacidon abyssi n. sp., à 402o m et à 5ooB m 

Des Haploscleridœ étudiées, aucune n'atteint i5oo m , mais les huit suivantes dé- 
passent quelque peu iooo m : Cladocroce fibrosa Tops. (i3oo m ) et C. spathiformis n. sp. 
(n65 m ), Reniera ntriculus n. sp. (1266™) et R. spongiosa n. sp. (i25o m ), Gelliodes sp. 
(i385 m ), Gellius flagellifer Rdl. et D. (de 845™ à i36o m ), Phlœodictyon cereitm n. sp. 
(i25o m ), et Metschnikowia spinispiculum Cart. (200™ et i25o m ). 

Quelques autres s'approchent de ce niveau : Petrosia friabilis Tops. (927™), 
P. crassa Cart. (88o m ), Metschnikowia Filholi Tops. (927™), Halichondria leuconoides 
Tops. (793 m ), mais, de même que Metschnikowia spinispiculum , elles commencent 
à se montrer par ioo m à 200™. Les autres, autant que la série d'opérations qui les a 
procurées permet d'en juger, vivraient par des fonds variant entre ioo m et même 
moins et 6oo m ou guère davantage. 

Monoceratida. — Si nous connaissions un peu mieux les zones littorale et sub- 
littorale des Açores, j'exprimerais sans réserve l'étonnement que m'inspire l'excessive 
pauvreté de cet ordre dans la collection, où, seule, en effet, Hircinia variabilis den- 
droides le représente avec trois fragments pris ensemble par 200 m (Stn. 899). Mais il 
n'est pas impossible qu'elles abritent en fait de Monocératides une faunule de quelque 
importance et le seul fait qui paraisse démontré est la grande rareté de ces Eponges 
dans toute la région, à partir d'une profondeur assez faible. 

Sur les 243 espèces que nous aurons à passer successivement en revue, une cen- 
taine (exactement 107) ne figurent que dans une seule station. Parmi elles, 69 ont 
même dû être décrites ou déterminées (à l'exception d'une Farrea, d'un Eurete et 
d'un Gelliodes, qui sont indéterminables) d'après un spécimen unique. C'est assez dire 
que l'étude de la faune des Açores reste à l'état de simple ébauche. 

Dans ces conditions, le hasard des dragages n'a pu nous donner, pour une partie 
des Spongiaires dont la collection se compose, qu'une idée fort incomplète de leur 
distribution bathymétrique. Il est probable, cependant, que bon nombre des indi- 
cations relevées dans les pages qui précèdent ne sont pas sans valeur. Des tableaux 
qui terminent ce travail les compléteront en nous montrant quelles formes se rencon- 
trent ensemble aux diverses profondeurs sur des fonds de même nature. 

En ce qui concerne la dispersion géographique des espèces, l'occasion nous four- 
nit aussi beaucoup de données intéressantes. 

Elle permet d'attribuer aux Açores une vingtaine d'Epongés qui n'avaient été 
vues que beaucoup plus près du nord sur le versant oriental de l'Atlantique : Stryph- 
nus fortis (Vosm.), Pilochrota lactea (Cart.), Craniella cranium (Mùll.), Thrombus 
abyssi (Cart.) par une variété niger, Alectona Millari Cart., Ridleya oviformis Dendy, 



— i3 — 

Phakellia robusta Bow., Bubaris permiculata (Bow.), Halicnemia constellata Tops, 
par une variété a\orica, Rhabderemia mimitula (Cart.), Plocamia ambigua (Bow.), 
Hymeraphia Peachi (Bow.), Myxilla paupertas (Bow.), Tedania suctoria Schm., Me- 
lonanchora elliptica Cart., Trachyforcepia grœnlandica (Frist.), Leptosia occulta 
(Bow.), Esperella lingua (Bow.), Esperiopsis villosa Cart., Hamacantha implicans 
Lundb. par une variété a^orica, Biemma rosea (Frist.), Oceanapia robusta (Bow.), 
Petrosia crassa (Cart.), Halichondria fibrosa (Frist.). 

Un certain nombre d'espèces du versant occidental de l'Atlantique se sont 
révélées dans les mêmes parages : Siphonidium ramosum Schm., Auletta sycinularia 
Schm., Hamacantha Schmidti (Cart.), de la Floride; Rhabdopectella tintinnus Schm., 
Regadrella phœnix Schm., Hertwigia falcifera Schm., Racodiscula clava (Schm.), 
Isops pachydermata Soll., Hymedesmia stelligera (Cart.), Hymeraphia affinis Tops., 
du golfe du Mexique et des Antilles; Polymastia corticata Rdl. et D., des côtes du 
Brésil. 

D'autres se rencontrent également aux Açores dont la dispersion est vraiment 
remarquable : Dotona pulchella Cart. et Rhabdoploca curvispiculifera (Cart.), dont les 
types provenaient du golfe de Manaar; Geodia eosaster (Soll.), décrite d'après des 
spécimens de Port-Jackson; Jaspis Dendyi, dont on ne connaissait qu'un seul indi- 
vidu, de la Nouvelle-Guinée occidentale; Tedania commixta Rdl. etD., découverte 
dans le détroit de Bass; Suberites caminatus Rdl. et D., Myxilla mariana Rdl. et D. 
et Gellius Jlagellifer Rdl. et D., obtenus par le Challenger aux îles Marion; Acar- 
nus tortilis Tops., présent dans la Méditerranée et à Amboine; Petrosia variabilis 
Rdl. et D., trouvée aux Philippines et sur la côte septentrionale d'Australie. 

Enfin, plusieurs ont été recueillies qui n'avaient encore été rencontrées que dans 
la Méditerranée : Darwinella simplex Tops., Hymedesmia tristellataTops., Leptosia 
baculifera Tops. 

Par contre, Tetilla sandalina Soll., Suberites elongatus Rdl. et D. et Polymastia 
agglutinans Rdl. et D., récoltés par le Challenger, en 1873, dans la traversée des 
Açores, manquent à la collection. Je regrette de n'y pas voir figurer non plus Hyalo- 
nema lusitanicum Boc, Fieldingia lageîtoides Kent, Leiodermatium lynceus Schm. 
(si A{orica Pfeifferœ Cart. n'en est pas synonyme), Triptolemus intextus (Cart.) et 
quelques formes encore dont les auteurs ont signalé l'existence dans les eaux du Por- 
tugal. 

Peu de Spongiaires sont reconnaissables sans hésitation au simple examen de 
leurs caractères extérieurs. Beaucoup, cependant, affectent une forme typique dont 
s'écartent peu les sujets normaux; mais, même alors, des confusions sont à craindre, 
sans parler de l'embarras que causent des malformations trop fréquentes. Souvent, 
en effet, des espèces d'un même genre se ressemblent de près. Souvent aussi, dans des 
groupes bien distincts des formes se rencontrent à ce point semblables entre elles, 
comme Bubaris Sosia (PI. ni, fig. 1 1) et Suberites spiralis Rdl. et D. (54, pi. xxv, fig. 1), 



— i4 — 
qu'on risque fort de se tromper en essayant de deviner à première vue la famille 
à laquelle chacune d'elles se rattache. Inversement, il est fréquent que des espèces 
d'un même genre cachent leur parenté sous des dehors complètement différents, ainsi 
Gelliodes fayalensis (S'A, pi. m, fig. i3) et Gelliodes bifacialis (PI. v, fig. 17) ou encore 
Yvesia Guemei (34, pi. m, fig. 7) et Yvesia peduncidata (S'A, pi. v, fig. 6). Mais 
surtout il existe, rendant peu séduisant l'abord des collections les plus belles, une 
quantité innombrable de types aux formes changeantes ou complètement amorphes. 
Là, tout devient sujet à variations, l'allure générale, la situation des orifices, l'état de 
la surface, la coloration et même la consistance. C'est ce que nous verrons chez Cor- 
ticella geodioides, Stelletta tuberosa, Petrosia crassa, Rhaphisia spissa et tant d'autres 
encore. Leur identité échapperait presque toujours sans le secours du microscope. 
C'est une notion classique, en effet, que la composition et l'agencement du squelette 
doivent par dessus tout guider les déterminations. 

Pourtant, quand on se trouve à même d'étudier, comme nous le faisons ici, une 
série assez importante d'espèces, représentées par des spécimens provenant de fonds 
variés ou rencontrées auparavant dans des régions un peu lointaines, on constate que 
la spiculation est loin d'avoir, chez toute Eponge, des caractères d'une fixité absolue. 
Mieux peut-être que partout ailleurs s'affirme chez ces êtres la plasticité de l'espèce. 

Des Hexactinellides communes, telles que Asconema setubalense, Farrea occa, 
etc., des Tétractinellides répandues, comme Erylus nummulifer, Stryphmis fortis, 
Corticella geodioides, Pachastrella monilifera, etc., des Monaxonides à spiculation 
variée, telles que Latrunculia insignis, Plocamia ambigua, Hymeraphia mutabilis, 
Leptosia Kœhleri, etc., accusent à chaque instant des variations plus ou moins im- 
portantes dans la composition de leur squelette. 

Nos classifications, trop souvent établies, au moins dans leurs subdivisions 
extrêmes, sur un détail de spiculation, se trouvent bien souvent en défaut. Les asters 
ne sont nullement spéciales aux Tétractinellides et aux Hadromérines; on en voit 
chez des Axinellides (Vibulinus, Adreus, Halicnemia) et chez des Dendoricines (Lep- 
tosastra, Yvesia). Résultant parfois d'une ramification de spicules diactinaux qui 
font ainsi retour à un état primitif (Yvesia AlectoJ, elles se modifient bien plus sou- 
vent en des spicules diactinaux (certaines Geodiidœ, Clionidœ, etc.) et deviennent 
méconnaissables. Les labis sont connus actuellement dans quatre genres de Pœcilo- 
sclérides (Forcepia, Trachyforcepia, Leptolabis et Cladorhi^aJ. Les Rhabderemia 
possèdent des sigmaspires pareilles à celles des Tetillidœ. Par dessus tout, nous exa- 
gérons sans doute l'importance des chèles et des sigmates. Les espèces des genres 
Hymeraphia, Leptosia, Yvesia, Joyeuxia, tantôt produisent des chèles et tantôt s'en 
passent. Les Plocamiopsis, Esperiopsis et Cladorhi\a diffèrent d'une manière pure- 
ment conventionnelle des Plocamia, Esperella et Chondrocladia par la forme de leurs 
chèles. Dans une espèce donnée, il y a des additions et des suppressions possibles. 
Ridley et Dendy ont décrit un Iophon sans bipocilles (I. àbnormalis, 54, p. 122). 
Nous ferons mention d'une Hymeraphia affinis sans isochèles (var. anancoraj. 



— i5 — 

Lissodendoryx spongiosa Rdl. et D. peut se montrer dépourvu de sigmates (var. asig- 
mata, 91, p. 18). Leptolabis luciensis, parfois riche en sigmates, peut en être pauvre 
ou n'en point posséder du tout. 

Les variations ne portent pas uniquement sur les microsclères; à l'occasion, elles 
intéressent aussi les mégasclères. On connaît des Spirastrellidœ à mégasclères diacti- 
naux (Spirastrella aculeata, par exemple), des Ciocalypta où s'observent exclusive- 
ment tantôt des styles et tantôt des oxes. Nous suivrons, sur les mégasclères basilaires 
des Plocamia, Hymerhabdia, Rhabdoploca, tous les termes de passage du type monac- 
tinal au type diactinal. Chez Pcecillastra compressa Bow., il n'est pas rare de voir les 
oxes, en proportion variable suivant les individus, se transformer en de véritables 
styles, ceux-ci finissant parfois par prédominer. Bien mieux, nous appellerons l'atten- 
tion sur certains spécimens de Topsentia glabra, où les oxes habituels se modifient 
tous en des strongyloxes. 

Les variations de taille et de forme des mégasclères, les additions et les suppres- 
sions de microsclères se produisent-elles seulement chez les Eponges à spiculation 
compliquée? Qui oserait formuler une telle hypothèse? Maintes objections basées sur 
des observations précises viendraient l'ébranler aussitôt. Faut-il rappeler les dimen- 
sions si inconstantes des oxes de Halichondria panicea ? Ne reconnaît-on pas dans les 
Isodictya varians Bow. des Chalinula Montagui à oxes occasionnellement tronqués? 
Les Reniera implexa de la Princesse-Alice ont des spicules plus robustes que ceux 
du Challenger. Phlœodictyon coriaceum, Petrosia crassa nous offrent, sous ce rap- 
port, des exemples très nets de variations individuelles. Gellius flagellifer se montre 
particulièrement intéressant, puisque, chez lui, nous le verrons, tout est capable de 
varier, la forme et les dimensions de ses spicules, et même, fait imprévu, la structure 
de sa charpente. 

On peut affirmer que l'ignorance de ces propriétés des Eponges a conduit certains 
auteurs à créer bien des espèces inutiles. Elles ne sont pas, convenons-en, pour faci- 
liter toujours la tâche des spongologistes; mais, à en tenir suffisamment compte, on 
aurait chance d'accomplir de meilleure besogne. 

Frappé dès le début de mes études par la variabilité de la spiculation des Clio- 
nides, j'ai cherché dans les cellules sphéruleuses un guide auxiliaire pour la détermi- 
nation. Répandus dans tous les ordres de Spongiaires, faciles à distinguer sur des 
préparations extemporanées dans les portions membraneuses du corps, différents 
d'une espèce à l'autre par leur taille, leur aspect, leur contenu, aussi fixes que possible 
dans une espèce donnée, parfois présents en deux ou trois catégories dans une même 
Eponge, au surplus doués souvent de la faculté de conserver leurs caractères propres 
après dessiccation, ces éléments permettent, dans bien des cas, de surmonter les diffi- 
cultés d'une spiculation marquée d'anomalies. Sans eux, les diagnoses d'Epongés sans 
spicules demeurent vagues et sans valeur. 

J'ai fréquemment eu recours à l'examen des cellules sphéruleuses. Elles me ser- 
viront ici à préciser les différences qui existent entre Biemma Grimaldii et B. rosea, 



— i6 — 

comme aussi entre les divers Phlœodictyon. Elles m'ont tiré d'embarras dans la dé- 
termination de certains Gellius flagellifer très mous, dont les sigmates flagellés sont 
en partie remplacés par des sigmates de forme simple. 

Il est généralement impossible d'établir les causes qui, dans une espèce donnée, 
provoquent les variations des spicules. Chez les Cliones, il m'a paru que le dévelop- 
pement relatif de ces organites dépend dans une certaine mesure de la nature de 
l'objet perforé et qu'il faut tenir compte en outre de l'âge des sujets. La vigueur de 
toute Eponge se ressent sans doute de l'état complexe du milieu ambiant. C'est à des 
influences locales, pour le moment incompréhensibles, qu'il faut attribuer ce fait, 
remarqué par Schmidt et confirmé par mes propres observations, que, sur les côtes 
d'Algérie, beaucoup d'Epongés siliceuses manifestent une tendance évidente à défor- 
mer leurs spicules (OS, p. 337, 346,347). D'autre part, j'ai constaté, sans m'en expliquer 
la raison, que beaucoup d'Epongés de la faune de France, communes à la Méditer- 
ranée et à l'Océan, ont, à Banyuls, une spiculation plus faible qu'à Roscoff. Aux 
Açores, la plupart des espèces que j'ai étudiées se sont fait remarquer par la constitu- 
tion robuste de leurs spicules et ne m'ont présenté que très peu de malformations. J'ai 
cherché à saisir sur plusieurs Monaxonides dont il a été pris des spécimens à des 
niveaux bien différents un rapport entre la profondeur et le développement de leur 
squelette. Chez Higginsia Thielei, Bubaris vermicidata, Hymeraphia mutabilis, 
Leptosia Pecqueryi, Stelodoryx procera, Gnitarra voluta, Esperiopsis villosa, la 
spiculation m'a paru augmenter de vigueur avec la profondeur. L'inverse s'est fait 
sentir chez Myxilla paupertas, Phlœodictyon coriaceum et Reniera implexa. On 
comprend qu'il ne puisse découler d'observations de cette sorte aucune conclusion 
générale : toutes les Eponges, ayant leurs limites bathymétriques propres, trouvent 
évidemment l'optimum de leurs conditions d'existence à un niveau qui varie pour 
chacune d'elles. Ce niveau, on le sait pour un certain nombre de types, change d'ail- 
leurs avec la latitude. 

Pour en finir avec la spiculation, j'appellerai l'attention sur le nombre relative- 
ment considérable des Eponges qui, aux Açores, possèdent des mégasclères polyty- 
lotes, c'est-à-dire marqués sur leur longueur d'un chapelet de renflements. Ailleurs, 
cette particularité peut passer pour assez rare. On ne la voit notée que de loin en loin 
dans les ouvrages et, d'habitude, sur des Espérellines. Ridley et Dendy l'ont signalée 
(54) chez Esperella mammœformis, Esperiopsis pidchella, Phelloderma radiatum. 
Lambe l'a remarquée chez Esperiopsis rigida (88). Nous la découvrons chez les 
douze espèces suivantes : 

Latruncidia insignis Leptosia Schmidti 

— bianmdata — umbellifera 

Plocamiopsis signata — obtusata 

Dendoryx dentata Yvesia carnosa 

Leptosia Pecqueryi Esperella fascifibula 

— Kœhleri Esperiopsis glomeris 



— 17 — 

Je ne saurais la considérer comme accidentelle, car je l'ai reconnue constante 
chez celles de ces espèces dont j'ai pu examiner plusieurs spécimens, si distantes les 
unes des autres que fussent leurs localités d'origine. 

Les influences locales se manifestent encore chez les Eponges par des change- 
ments de coloration. C'est ainsi que, dans le lot fourni par le coup de chalut de la 
station 1349, j'ai compté dix espèces absolument noires (Sphinctrella horrida, Dendo- 
ryxpectinata, Yvesia camosa, Leptosia Pecqueryi, L. Kœhleri, L. baculifera^ Hama- 
cantha Johnsoni, H. implicans a^orica^ Biemma rosea, Phlœodictyon œreumj qui, 
pour la plupart, se montrent, en d'autres localités, brunes, roses, jaunes, grises ou 
même blanches. Les Pheronema Grayi, d'un beau rouge orangé sur la côte portugaise, 
au dire de Saville Kent, sont généralement brun clair aux Açores. Grises, assez 
constamment, s'y rencontrent les abondantes Thenea Schmidti, qui, dans les collec- 
tions du Talisman ont souvent une teinte légèrement rosée. 

Comme en 1892, je constate que les Eponges qui se reproduisent en juillet-août 
dans les eaux profondes des Açores doivent être peu nombreuses. Je n'en pouvais 
alors citer qu'une seule, Esperiopsis prœdita (16 août 1888, par 736 m ). J'y ajoute 
Thoosa armata (2 août 1897, par 599"), dont il m'a été donné d'étudier les curieuses 
larves à différents stades de leur développement, et Pœcillastra symbiotica (11 juillet 
1895, par 55o m ), dont de tout jeunes individus venaient de se fixer sur un Spongoso- 
rites placenta. 

La classification que j'adopte diffère en quelques points de celle que j'ai suivie 
dans mon premier mémoire. 

Je juge inutile le maintien, parmi les Hexactinellida, de la famille des Hertm- 
giidœ, que j'avais proposée pour recevoir Hertjvigiafalcifera et Trachycaulus Gurlitti. 
F.-E. Schulze a reconnu la justesse de mes observations au sujet de la parenté proche 
de ces deux genres dCHexasterophora, mais je crois, avec lui, qu'on peut satisfaire 
toutes les exigences en les inscrivant côte à côte dans la vaste famille des Euplectellidœ. 

Sous les réserves exprimées par Minchin (4L», p. 1 53), je rattache provisoirement 
aux Triaxoniœ l'ordre des Hexaceratida de Lendenfeld. 

Le tableau que j'avais dressé des Carnosa (SJ=, p. 53) s'est trouvé plus tard 
modifié par mon étude monographique de cet ordre de Demospongiœ (81). 

Dans les Choristida astrophora de Sollas, je distingue maintenant trois familles, 
les Geodiidœ, les Stellettidœ et les Asterostreptidœ. Cette dernière, de création récente 
(94), correspond, dans son ensemble, au groupe des Sterrastrosa de Sollas, débarrassé 
de quelques éléments qui en troublaient l'homogénéité. Mais les genres qui restent 
pour la constituer s'y répartissent en deux sous-familles (Theneinœ et Pachastrellinœ) 
d'après des caractères qui n'avaient point été pris en considération. Les matériaux 
abondants que j'ai trouvés dans les collections de S. A. le Prince de Monaco m'ont 
permis de préciser les diagnoses de ces genres et m'ont même conduit à la révision 
des espèces qu'on leur attribue. 

3 



A deux reprises, j'ai apporté des remaniements à la classification des Monaxonida. 
Substituant à toute autre, comme plus naturelle, la division de cet ordre en Hali- 
chondrina et Hadromerina, j'ai d'abord discuté (S?) les principes de la subdivision 
du sous-ordre Halichondrina en quatre familles, proposée par Ridley et Dendy. J'ai 
protesté contre la séparation radicale des Gellius et des Reniera, des Oceanapia et des 
Phlœodictyon d'après l'absence ou la présence de sigmates chez ces Eponges qu'unis- 
sent de si évidentes affinités. Je me suis refusé à admettre que, malgré leur manque 
de chèles, les Tedania et les Hamacantha fussent plus étroitement apparentées aux 
Gellius et aux Toxochalina qu'aux Dendoryx et aux Esperella. S'il fallait soutenir 
ici mon opinion par de nouveaux arguments, j'aurais recours à cette remarque, déjà 
consignée plus haut, que les espèces des genres Hymeraphia, Leptosia, Yvesia, 
Joyeuxia sont loin de posséder toutes des chèles. Ces considérations m'ont décidé à 
supprimer la famille des Heterorrhaphidœ et à établir un groupement des Halichon- 
drina en trois familles : Haploscleridœ, Pœciloscleridœ, Axinellidœ. J'eus le tort 
d'introduire dans les Haploscleridœ les deux sous-familles des Gelliodinœ et des 
Phlœodictyinœ, qui se fondent tout naturellement dans celles des Renierinœ et des 
Gelliinœ. De même, j'ai fait un effort inutile pour organiser dans les Pœciloscleridœ 
une sous-famille des Bubarinœ, dont le morcellement s'impose aujourd'hui, et qui, 
comme je le dirai plus loin, ne devrait être représentée que par le seul genre Rhabde- 
remia, de position encore incertaine. Je n'étais pas entré dans le détail de la famille 
des Axinellidœ; l'étude des Spongiaires des Açores va me fournir l'occasion d'exposer 
l'idée que je me fais de sa composition. 

Un peu plus tard (88), je me suis occupé du sous-ordre Hadromerina pour en 
fixer l'étendue et en arrêter les subdivisions, d'après des principes dont je m'étais 
inspiré dès 1892 (S4, p. 57-61). 

Comme résultat de ces essais, je dresse des Monaxonides le tableau suivant : 



Ordre MONAXONIDA Ridley et Dendy 

I. Sous-Ordre Hadromerina Topsent 

1. Tribu CLAVULIDA Vosmaer (emend.J 

1. Famille Clionid^e Gray 

2. Famille Spirastrellid^e Ridley et Dendy 

3. Famille Polymastid^e Vosmaer 

4. Famille Suberitid^e Schmidt 



— i 9 — 

5. Famille Mesapims Topsent 

2. Tribu ACICULIDA Topsent 

i . Famille Coppatiid^ Topsent 

2. Famille Streptasterid/e Topsent 

3. Famille Tethyid^e Gray 

4. Famille Stylocordylid^e Topsent 

II. Sous-Ordre Halichondrina Vosmaer 

1. Famille Axinellid^e Ridley et Dendy 

2. Famille Pcecilosclerid^e Topsent 

Sous-Familles : a. Ectyoninœ, (3 Dendoricinœ, y Esperellince 

3. Famille Haplosclerid^e Topsent 

Sous-Familles : a. Gelliinœ, (3 Renierinœ, y Spongillinœ, l Chalininœ 



LISTES DES SPONGIAIRES 



RECUEILLIS AUX AÇORES EN .1895, 1896, 1897 et 1902 



Campagne de i8$5 l 



Hexactinellida 

1 Plier onema Grayi S. Kent 

2 Euplectella suberea Wyv. Th . 

3 Regadrella phœnix Schm. 

4 Rhabdopectella tintinnus Schm. 

5 Asconema setubalense S. Kent 

6 Sympagella nux Schm. 

7 ? Caulophacus sp. 

8 Farrea occa (Bow.) 

9 Eurete Alicei Tops. 

10 Aphrocallistes BocageiP. Wright 

1 1 — azoricus Tops. 

12 Chonelasma Schulqei Tops. 

1 3 — Ijimai Tops. 

Hexaceratida 

14 Aplysilla sulfurea F. E. Sch. 

Tetractinellida 

1 5 Racodiscula clava (Schm.) 

16 Macandreivia a\orica Gray 

17 — robusta n. sp. 

18 Siphonidium ramosum Schm. 

1 9 Petromica Grimaldii Tops. 

20 Isops pacliydermata Soll. 

21 Geodia eosaster (Soll.) 

22 Erylus nummulifer Tops. 

23 Corticella geodioides (Cart.) 

24 Pilochrota inermis n. sp. 

25 — ventricosa n. sp. 



26 Pilochrota lactea (Cart.) 

27 Penares sclerobesa n. sp. 

28 Stryphnus fortis (Vosm.) 

29 Thenea Schmidti Soll. 

30 Sphinctrella horrida Schm. 
3i — ornata Soll. 

32 Pœcillastra compressa (Bow.) 

33 — symbiotica Tops. 

34 Pachastrella monilifera Schm. 

35 Nethea amygdaloides (Cart.) 

36 Characella pachastrelloides (Cart.) 

37 Craniella disigma n. sp. 

Carnosa 

38 Placinastrella oxeata n. sp. 

39 î Chondrosia sp. 

Monaxonida 

40 Cliona labyrinthica Hanc. 

41 — levispira Tops. 

42 Latrunculia insignis Tops. 

43 Polymastia corticata Rdl. et D. 

44 Trichostemma Sarsi Rdl. et D. 

45 Rhaphidorus setosus Tops. 

46 Tentorium semisuberites (Schm.) 

47 Suberites laticeps n. sp. 

48 Jaspis Dendyi (Soll.) 

49 Spongosorites placenta Tops. 

50 Topsentia glabra (Tops). 

5i — pachastrelloides Tops. 



Le nom des espèces nouvelles est imprimé en caractères gras ; celui des formes recueillies déjà dans la 
région par Y HIRONDELLE l'est en caractères italiques. 



52 Heteroxya corticata Tops. 

53 Axinella vasonuda n. sp. 

54 Sollasella hystrix Tops. 

55 Auletta sycinularia Schm. 

56 Bubaris vermiculata (Bow.) 

57 — mastophora (Schm.) 

58 — Sosia n. sp. 

5g Higginsia Thielei Tops. 

60 Plocamia ambigua (Bow.) 

61 Suberotelites demonstrans Tops. 

62 Hymeraphia tuberosocapitata Tops. 

63 — spinispinosa n. sp. 

64 — afflnis Tops., var. anan- 
cora n. v. 

65 Hymeraphia pilosella n. sp. 

66 — Peachi (Bow.) 

67 — mutabilis n. sp. 

68 Myxilla paupertas (Bow.) 

69 — mariana Rdl. et D., var. poly- 
sigma n. v. 

70 Stylostichon repens n. sp. 

71 Acarnus tortilis Tops. 

72 Dendoryx incrustans (Johnst.), var. vis- 

cosa Tops. 

73 Dendoryx pectinata Tops. 

74 Stelodoryx procera n. sp. 

75 Tedania digitata Schm. 

76 Melonanchora elliptica Cart. 

77 Forcepia imperfecta n. sp. 

78 Leptolabis luciensis Tops. 

79 Leptosia Dujardini (Bow.) 

80 — occulta (Bow.) 

8 1 — Pecqueryi Tops. 

82 — Kœhleri Tops. 

83 — Schmidti Tops. 



84 Leptosia umbellifera n. sp. 

85 Leptosastra constellata n. sp. 

86 Yvesia pertusa Tops. 

87 — carnosa n. sp. 

88 Esperella lingna (Bow.) 

89 — fascifibula n. sp. 

90 Rhapiridotheca loricata Tops. 

91 Desmacidon funicatus Schm. 

92 — abyssi n. sp. 

93 Joyeuxia viridis Tops. 

94 Guitarra voluta n. sp. 

95 Esperiopsis polymorpha Tops. 

96 Artemisina erecta n. sp. 

97 Hamacantha Johnsoni (Bow.) 

98 — • Carteri n. sp. 

99 — implicans Lundb., var. 
azorica n. v. 

100 Hamacantha intégra n. sp. 

10 1 — clavisaepta Tops. 

102 • Desmacella inornata (Bow.) 
io3 Biemma rosea (Frist.) 

104 — Grimaldii Tops. 

io5 Gelliodes hifacialis n. sp. 

106 — sp. 

1 07 Gellius angulatus (Bow.) 

108 — flagellifer Rdl. et D. 

1 09 Rhaphisia spissa Tops. 

110 Phlœodictyon fistulosum (Bow.) 
ni — coriaceum n. sp. 

112 ■ — reticulatum n . sp. 

1 1 3 Petrosia crassa (Cart.) 

114 Cladocroce spathiformis n. sp. 

1 1 5 Metschnikowia Filholi Tops. 

1 1 6 Reniera implexa Schm. 

1 1 7 Halichondria leuconoides Tops. 



— 23 — 



Campagne de i8g6 x 



Hexactinellida 

i Pheronema Grayi S. Kent 

2 Hyalonema Thomsoni Marsh. 

3 Malacosaccus floricomatus Tops. 

4 Euplectella suberea Wyv. Th. 

5 Regadrella phœnix Schm. 

6 Asconema setubalense S. Kent 

7 Farrea occa (Bow.) 

8 — sp. 

9 Aphrocallistes Bocagei P. Wright 
ïo Chonelasma Schul^ei Tops. 

Hexaceratida 



Tetractinellida 

i i Macandreivia a\orka Gray 

12 — ramosa n. sp. 

1 3 Stelletta tuberosa Tops. 

14 Thenea Schmidti Soll. 

1 5 Sphinctrella horrida Schm. 

16 — ornata Soll. 

17 Pachastrella monilifera Schm. 

18 Nethea amygdaloides (Cart.) 

19 Chrotella amphiacantha n. sp. 
3.0 Tetilla longipilis n. sp. 

Carnosa 

2 1 Thrombus abyssi (Cart.), var. niger n. v. 

Monaxonida 

22 Cliona labyrinthica Hanc. 

23 — levispira Tops. 

24 Trichostemma Sarsi Rdl. et D. 



25 Rhaphidorus setosus Tops. 

26 Tylexocladus Joubini Tops. 

27 Tenlorium semisuberites (Schm.) 

28 Suberites gibbosiceps n. sp. 

29 Rhizaxinella uniseta n. sp. 

30 Topsentia glabra (Tops.) 
3i Heteroxya corticata Tops. 

32 Syringella falcifera Tops. 

33 Bubaris vermiadata (Bow.) 

34 Halicnemia constellata Tops., var. azo- 

rica n. v. 

35 Rhabderemia minutula (Cart.) 

36 Plocamia ambigua (Bow.) 

37 Plocamiopsis signata n. sp. 

38 Hymeraphia clavata Bow. 

39 — afEnis Tops. 

40 — pilosella n. sp. 

41 — mutabilis n. sp. 

42 Dendoryx pectinata Tops. 

43 Lissodendoryx fertilior n. sp. 

44 Melonancliora elliptica Cart. 

45 Trachyforcepia groenlandica (Frist.) 

46 Leptolabisforcipulan. sp. 

47 — — var. brunnea n. v. 

48 Leptosia occulta (Bow.) 

49 — Kœhleri Tops. 

50 — rhaphigena n. sp. 
5i — obtusata n. sp. 

52 — acerata n. sp. 

53 Dragmatyle lictor n. sp. 

54 Desmacidon abyssi n. sp. 

55 Esperiopsis villosa Cart. 

56 — décora n. sp. 

57 Hamacantha Jolmsoni (Bow.) 

58 — Carteri n. sp. 

59 — clavisœpta Tops. 

60 Gellius flagellifer Rdl. et D. 



1 Le nom des espèces nouvelles est imprimé en caractères gras; celui des formes recueillies déjà dans la 
région par VHiRONDELLE ou par la PRINCESSE-AUCE, dans la campagne précédente, l'est en caractères 
italiques. 



24 



Campagne de i8gj l 



Hexactinellida 

i Pheronema Grayi S. Kent 

2 Euplectella suberea Wyv. Th. 

3 Hertwigia falcifera Schm. 

4 Asconema setubalense S. Kent 

5 Farrea occa (Bow.) 

6 — Weltneri Tops. 

7 Aphrocallistes Bocagei P. Wright 

8 Chonelasma Schid\ei Tops. 

Hexaceratida 

9 Darwinella simplex Tops. 

io AplysUla sulfurea F.-E. Sch. 

Tetractinellida 

i i Discodermia ramifera Tops. 

12 Racodiscida clava (Schm.) 

i3 Macandreivia a\orica Gray 

14 Petromica Grimaldii Tops. 

i5 Geodia eosaster (Soll.) 

16 — spherastrella n. sp. 

1 7 Erylus nummidifer Tops. 

1 8 Corticella geodioides (Cart.) 

19 Pilochrota lactea (Cart.) 

20 Thenea Schmidti Soll. 

21 Sphinctrella horrida Schm. 

22 — ofnata Soll. 

23 — gracilis Soll. 

24 Pœcillastra compressa (Bow.) 
2 5 Pachastrella monilifera Schm. 

26 Nethea amygdaloides (Cart.) 

27 Characella pachastrelloides (Cart.) 

28 Craniella cranium (Mùll.) 

Carnosa 



MONAXONIDA 

29 Cliona labyrinthica Hanc. 

30 — levispira Tops. 
3i Dotona pulchella Cart. 

32 Thoosa armata Tops. 

33 Alectona Millari Cart. 

34 Hymedesmiaunistellata Tops., var. as- 

pera n. v. 

35 Hymedesmia tristellata Tops. 

36 — chondrilloides Tops. 

37 — stelligera (Cart.) 

38 Latrunculia biannulata Tops. 

39 — insignis Tops. 

40 Sceptrintus Ricnardi n. sp. 

41 Ridleya oviformis Dendy 

42 Tentorium semisuberites (Schm.) 

43 Suberites laticeps n. sp. 

44 Prosuberites epiphytum (Lamk.) 

45 Rhizaxinella hiseta n. sp. 

46 Jaspis Johnstoni (Schm.) 

47 — — var. incrustons Tops. 

48 Topsentia glabra (Tops.) 

49 Heteroxya corticata Tops. 

50 Oxycordyla pellita n. sp. 
5i Syringella humilis Tops. 

52 Axinella flustra Tops. 

53 — vasonuda n. sp. 

54 — vellerea n. sp. 

55 Sollasella hystrix Tops. 

56 Phakellia robusta Bow. 

57 Aidetta sycinularia Schm. 

58 — sessilis n. sp. 

59 Bubaris mastophora (Schm.) 

60 Monoerepidium vermiculatum Tops. 

61 Higginsia Thielei Tops. 

62 Plocamia ambigna (Bow.) 

63 — coriacea (Bow.), var. elegans 
Rdl. et D. 



1 Le nom des espèces nouvelles est imprimé en caractères gras; celui des formes recueillies déjà dans la 
région par V HIRONDELLE ou par la PRINCESSE-ALICE, dans les campagnes précédentes, l'est en caractères 
italiques. 



— 25 — 



6 4 


Suberotelites demonstrans Tops. 


96 


65 


Hymerhabdia oxytrunca n. sp. 


97 


66 


Cerbaris torquata Tops. 


98 


6 7 


Hymeraphia pilosella n. sp. 


99 


68 


— bispidula n. sp. 


100 


69 


— mucronata n. sp. 




70 


— Peachi (Bow.) 


IOI 


7i 


— mutabilis n. sp. 


102 


72 


Hymetrochota rotula n. sp. 


io3 


73 


Myxilla paupertas (Bow.) 


104 


74 


Stylostichon Dendyi Tops. 


io5 


7 5 


Dendoryx dentata n. sp. 


106 


76 


Lissodendoryx simplex n. sp. 


107 


77 


Stelodoryx procera n. sp. 


108 


78 


Tedania suctoria Schm. 


109 


79 


— commixta Rdl. et D. 


110 


80 


Melonanchora elliptica Cart. 


11 1 


81 


Forcepia bulbosa (Cart.) 


112 


82 


Leptolabis forcipula n. sp. 


n3 


83 


— — var. brunnea n. v. 


114 


84 


Leptosia Pécqueryi Tops. 


n5 


85 


— Kœhleri Tops. 


116 


86 


— Schmidti Tops. 


117 


87 


— acerata n. sp. 


118 


88 


Yvesia pertusa Tops. 


119 


89 


— Alecto Tops. 


120 


9o 


Phlyetaenopora bitorquis n. sp. 




9i 


Esperella tunicata (Schm.) 




92 


Desmacidon peltatus n. sp. 


121 


93 


Joyeuxia tubulosa n. sp. 




94 


Guitarra voluta n. sp. 




9 5 


Esperiopsis polymorpha Tops. 





Esperiopsis glomeris n. sp. 
Hamacantha Johnsoni (Bow.) 

— Schmidti (Cart.) 

— Lundbecki n. sp. 

— implicans Lundb., var. a\o- 
rica n. v. 

Desmacella inornata (Bow.) 
Biemma Grimaldii Tops. 
Oceanapia robusta (Bow.) 
Gelliodes fayalensis Tops. 

— bifacialis n. sp. 
Gellius angulatus (Bow.) 

— fibulatus Schm. 
Rhaphisia spissa Tops. 
Phlœodictyon fistulosum (Bow.) 

— coriaceum n. sp. 

— elongatum Tops. 
Petrosiafriabilis Tops. 

— crassa (Cart). 
Metschnikowia spinispiculum (Cart.) 

— Filholi Tops. 

Reniera implexa Schm. 

— foraminosa n. sp. 

— sp. 
Halichondria fibrosa (Frist.) 

— leuconoides Tops. 

MONOCERATIDA 

Hircinia variabilis (Schm.), var. den- 
droides (Schm.) 



— 26 — 



Campagne de igoz i 





Hexactinellida 




Monaxonida 


I 


Pheronema Graji S. Kent 


17 


Cliona labyrinthica Hanc. 


2 


Euplectella suberea Wyv. Th. 


18 


— levispira Tops. 


3 


Regadrella phœnix Schm. 


19 


Tentorium semisuberites (Schm.) 


4 


Farrea occa (Bow.) 


20 


Suberiies caminatus Rdl. et D. 


5 


— var. laminaris n. v. 


21 


— laticeps n. sp. 


6 


Eurete Alicei Tops. 


22 


Jaspis Dendji Soll. 


7 


— sp. 


23 


Higginsia ThieleiTops. 


8 


Aphrocallistes Bocagei P. Wright 


24 


Plocamia ambigua (Bow.) 


9 


Chonelasma Schul^ei Tops. 


25 


Hymeraphia pilosella n. sp. 






26 


Dendoryx pectinata Tops. 




Hexaceratida 


2 7 


Stelodoryx procera n. sp. 






28 


Tedania suctoria Schm. 
Forcepia imperfecta n. sp. 






29 






3o 


Leptosia Pecqueryi Tops. 




Tetractinellida 


3i 


— Kœhleri Tops. 


10 


Macandrewia a^orica Gray 


32 


— baculifera Tops. 


ï i 


Siphonidium ramosum Schm. 


33 


— biscutella n. sp. 


12 


A\orica Pfeifferce Cart. 


3 4 


Yvesia carnosa n. sp. 


i3 


Thenea Schmidti Soll. 


35 


Hamacantha Johnsoni (Bow.) 


H 


Sphinctrella horrida Schm. 


36 


— implicans Lundb., var. a\o- 


i5 


Pachastrella monilifera Schm. 




rica n. v. 


16 


Characella pachastrelloides (Cart.) 


3 7 
38 


Biemma rosea (Frist.) 
Gellius flagellifer Rdl. et D. 




Carnosa 


39 


Phlceodictyon sereum n. sp. 




40 


Metschnikowia spinispiculum (Cart.) 






. 41 


Reniera spongiosa n. sp. 



' Le nom des espèces nouvelles est imprimé en caractères gras; celui des formes recueillies déjà dans la 
région par Y HIRONDELLE ou par la Princesse-Alice, dans les campagnes précédentes, l'est en caractères 
italiques. 



— 2 7 — 

Les 3o Eponges suivantes, que YHirondelle avait recueillies aux Açores, ne 
se sont pas retrouvées dans les collections de la Princesse-Alice . 

Hyalonema infundibulum Tops. 
Hexactinella Grimaldii Tops. 
Corallistes nolitangere Schm. 
Geodia echinastrella n. sp. 
Erylus granularis n. sp. 

— Chavesi n. sp. 
Spirasirella aculeata Tops. 

Suberites carnosus (Johnst.),var. depressus Tops. 
Terpios fugax Duch. et Mich. 
Hymeniacidon caruncula Bow. 
Rhabderemia Guernei Tops. 
Rhabdoploca curvispkulifera (Gart.) 
Hymeraphia viridis Tops. 
Pytheas ater Tops. 
Spanioplon fertile Tops. 
Yvesiafallax Tops. 

— HanseniTops. 

— Richardi Tops. 

— Ridleyi Tops. 

— linguifera Tops. 
Desmacidon fruticosus (Johnst.) 
Esperiopsis prœdita Tops. 
Stylotella Jullieni Tops. 
Biemma corrugata (Bow.) 

? Geîlius macrosigma Tops. 
Petrosia variabilis Ridl. 
Cladocroce fibrosa Tops. 
Reniera indistincta Bow. 

— utricidus n. sp. 
Chalinala Montagui (Flem.) 



PARTIE DESCRIPTIVE 



Embranchement des Spongiaires 



Classe PORIFERA 



Sous-classe TRIAXONIjE, F.-E. Schulze 

I. Ordre HEXACTINELLWA, Schmidt 

I. Sous-Ordre Amphidiscophora, F.-E. Schulze 

Famille HYALONEMATID^E, J.-E. Gray 

Genre Pheronema, Leidy 

Pheronema Grayi, Saville Kent 
(PI. vu, fig. 4 ) 

Cette Eponge, que les pêcheurs de Sétubal appellent nid de mer, est très com- 
mune dans la région des Açores. L'Hirondelle et la Princesse-Alice l'y ont 
draguée en abondance. 

Elle se distingue assez bien de Pheronema Carpenteri W. Thomson par ses 
caractères extérieurs. Elle se montre, en effet, plus globuleuse, presque sphérique 
dans le jeune âge, puis équivalente à une sphère tronquée du côté de l'orifice cloacal. 
Celui-ci, d'abord relativement étroit, devient progressivement très large. Il est primi- 
tivement bordé d'une frange soyeuse, mais cette frange marginale tend à disparaître 
à la longue. Les individus âgés ne présentent plus qu'une couronne plus ou moins 
touffue de prostalia située à la limite d'une zone nue qui s'étend, sur i5 mm ou 20 mm 



— 3o — 

d'épaisseur, autour du bordcloacal. Les prostalia pleuralia, très longs, sont solitaires. 
On les voit surtout bien sur les individus encore jeunes, car, avec l'âge, ils se trou- 
vent, d'habitude, presque tous brisés. La touffe de soies fixatrices est généralement 
puissante. Le corps peut devenir très gros, puisque j'ai vu des spécimens dépasser 
i3 cm de diamètre; d'après les matériaux recueillis, on peut dire qu'il atteint, en 
moyenne, de 8 mm à io mm de hauteur et de largeur. La couleur est presque toujours 
brune dans l'alcool, mais quelquefois une teinte orangée assez vive s'étend tout 
autour de l'orifice du cloaque. D'après Saville Kent, les Pheronema Grayi de la côte 
portugaise seraient même d'habitude d'un beau rouge orangé. 

J'ai profité des matériaux nombreux qui me sont passés par les mains pour 
compléter nos connaissances au sujet de la spiculation. 

Sur les individus en bon état de conservation, la surface est couverte de pentacts 
autodermalia ayant quatre actines tangentielles pointues, partiellement épineuses, et 
une actine distale transformée en pinule. Les pentacts autogastralia s'en distinguent 
seulement parce que leur pinule atteint une plus grande longueur et se courbe plus 
ou moins dans le sens du courant exhalant (7 4L, pi. vu, fig. 9, e). 

La chair contient de nombreuses oxyhexactines à actines assez grêles, droites, 
de même longueur ou un peu plus longues que les actines tangentielles des pentacts 
à pinules, et ornées de petites épines peu serrées. 

Je n'ai pas trouvé de macramphidisques. Leur absence ne peut malheureusement 
pas servir de caractère différentiel entre Pheronema Grayi et P. Carpenteri, puisque 
Schulze n'a pas non plus réussi à les voir dans les spécimens de P. Carpenteri prove- 
nant du nord de l'Atlantique (G©, p. 243). Les ombrelles des amphidisques présents 
(94L, pi. vu, fig. 9, h) me paraissent sensiblement moins ouvertes que celles des 
microsclères correspondants de P. Carpenteri tels que Schulze les a figurés (©O, 
pi. xliii, fig. 6 et 8). 

Les micruncinètes (SA, pi. vu, fig. 9, d) mesurent de 180 \j. à 210p. de longueur. 
Ils sont un peu plus grands que ceux de P. Carpenteri. Schulze a noté en outre («O, 
p. 12) qu'ils portent des crans bien mieux accusés. 

La frange qui borde l'orifice cloacal se compose de marginalia de deux sortes : 
i° de grands uncinètes facilement reconnaissables à leurs crans répartis tout le long 
de la tige et prolongés en barbules qui se dirigent vers le bout proximal ; 2 des soies 
défensives (PI. vu, fig. 4b, 4b 1 ), lisses sur la plus grande partie de leur longueur, 
puis armées, du côté libre, de crochets recourbés, au contraire, vers le bout distal et 
terminées par un verticille de quelques crochets moins forts (généralement quatre) 
que surmonte enfin une pointe simple. 

Ces soies sont identiques à celles que Schulze a observées chez Pheronema Car- 
penteri (€»©, p. 244, pi. xliii, fig. 2) et comparables encore à celles de P. amadou (W. 
Thomson). Peut-être ont elles leurs homologues chez tous les Pheronema. Elles ne se 
localisent pas exclusivement dans la frange marginale. On les trouve éparses sur la 
surface générale de Pheronema Grayi, servant, comme chez P. Carpenteri, de 



— 3i — 

prostalia lateralia. Il est même possible que tous les grands prostalia lateralia appar- 
tiennent à cette catégorie de spicules; malheureusement, leur pointe est presque 
toujours brisée et les plus courts d'entre eux restent seuls parfois intacts. 

Quant aux soies fixatrices ou prostalia basalia, elles sont lisses aussi sur une très 
grande longueur, puis armées, vers leur extrémité, de forts crochets, recourbés, à 
l'inverse de ceux des soies défensives, du côte proximal; l'ancre qui les termine 
(PI. vu, fig. 4a et S4, pi. vu, fig. 9, b) est à deux dents, figurant par leur ensemble 
une ogive plutôt qu'un arc de cercle. Les plus grandes, rarement complètes, sont le 
plus souvent réduites à leur portion lisse; de sorte que, comme pour les lateralia, ce 
sont les basalia les plus courts qui se montrent le plus favorables à l'étude. 

Aux Açores, Pheronema Grayi a été recueilli entre 793™ et i557 m de profondeur. 



Genre Hyalonema, J.-E. Gray 

Hyalonema Th.om.soni, W. Marshall 

(PL vu, fig. 2) 

Campagne de 1896 : Stn. 663 (au sud de Sâo Miguel), profondeur 1732™. Deux 
spécimens incomplets. — Stn. 719, profondeur i6oo m . Un lambeau. 

Des spécimens de la station 663 la partie supérieure manque. L'un d'eux, muni 
d'une touffe de soies fixatrices longue de 4 om , mesure en totalité 7°™ de hauteur. Ce 
qui en reste affecte la forme allongée des Hyalonema Thomsonî typiques. L'autre 
n'a pas de touffe fixatrice mais présente à sa base amincie un trou béant nettement 
circonscrit par où cette touffe a dû être arrachée d'un seul coup. 

La spiculation est identique à celle de H. Thomsoni telle que Schulze l'a décrite 
(6©, p. 212, pi. xxxiv, fig. i-ii). 

Les microxyhexactines ont des actines droites et raboteuses. 

Les macramphidisques ont la tige parsemée d'épines et plus ou moins noueuse 
en son milieu; leurs ombrelles, largement ouvertes, se composent de 5 à 8 dents 
robustes, crochues et relativement brèves. Les mésamphidisques ont de longues 
ombrelles de 6 à 8 dents; leur tige se marque d'habitude, en son centre, d'une nodo- 
sité correspondant à quatre actines atrophiées. Sur l'un deux (PI. vu, fig. 2 b ), j'ai même 
vu deux de ces actines, rudimentaires, se terminer chacune par une minuscule 
ombrelle. 

Autour du point d'émergence de la touffe de soies fixatrices se trouvent les 
tétracts et les hexacts trapus et tuberculeux signalés par Schulze. Les soies fixatrices, 
en partie lisses, s'ornent peu à peu de crans armés de denticules dirigées vers le bout 
proximal (PI. vu, fig. 2 a); l'ancre elle-même, au bout d'un manche lisse, a quatre 
crochets aigus. 



— 32 — 



Hyalonema infundibulum, Topsent 

J'ai établi cette espèce (818, p. 277, pi. vin, fig. 3) pour deux Hyalonema, l'un 
dragué par Y HIRONDELLE aux Açores en 1888 (Stn. 211), près de Flores, par 1372™ 
de profondeur, l'autre recueilli par le Caudan en i8g5 dans le golfe de Gascogne, par 
1710™. Tous deux se font remarquer parce que leur partie supérieure, au lieu de se 
prolonger en un cône, s'enfonce en une sorte d'entonnoir largement évasé dont la 
paroi, tapissée d'une fine membrane criblée partout adhérente aux tissus sous-jacents, 
se perce de quatre grandes fentes allongées et irrégulières qui rayonnent autour d'un 
axe creux, et aussi d'un certain nombre d'orifices plus petits et inégaux, situés plus 
en dehors et dispersés. Ni l'un ni l'autre ne porte à sa base de soies fixatrices et rien 
ne permet d'affirmer qu'une touffe de ces soies en ait été arrachée. 

J'ai fait figurer (94k, pi. m, fig. 12) le spécimen provenant des Açores pour 
montrer combien par la conformation de sa région cloacale, où ne s'observe aucune 
lésion, il s'écarte des Hyalonema Thomsoni typiques. 

La spiculation de ces Eponges est, au contraire, pareille à celle de H. Thomsoni. 
Mes efforts pour découvrir entre elles une différence spécifique n'ont abouti à aucun 
résultat sérieux. Le fait que la tige des macramphidisques conserve dans certains cas 
et point dans d'autres une nodosité médiane n'a qu'une importance infime. Les 
pentacts à pinules observés de part et d'autre se ressemblent de très près. Il est vrai 
que Schulze n'a pas fait connaître chez H. Thomsoni de pentacts tels que celui que 
j'ai figuré d'après YHyalonema du Caudan (818, pi. vm, fig. 3 d), mais peut-être 
s'agit-il simplement d'une omission sur ce point. Il est encore vrai que je ne les ai pas 
revus chez les Hyalonema Thomsoni de la campagne de 1896, mais, ces spécimens 
étant incomplets par en haut, leur surface gastrique ne pouvait être explorée; 
d'ailleurs, en l'absence de leur partie supérieure, c'est surtout parce que leur région 
inférieure s'atténue et se continue en une touffe fixatrice que je les ai rapportés à H. 
Thomsoni plutôt qu'à H. infundibulum. 

Le souvenir de certains Hyalonema infundibuliformes, tels que H. Kenti 
Schmidt et H.poculum Schulze, me fait accorder beaucoup d'importance à la confi- 
guration de mes H. infundibulum. Seulement, l'identité à peu près parfaite de leur 
spiculation avec celle de H. Thomsoni me porte à penser qu'ils ne représentent peut- 
être qu'une variété de cette espèce. 



— SS- 
II. Sous- Ordre Hexasterophora, F.-E. Schulze 
Famille EUPLECTELLID^E, J.-E. Gray 
Genre Malacosaccus, F.-E. Schulze 

Malacosaccus floricomatus, Topsent 
(PI. i, fig. i ; PI. m, fig. 10 ; PL vn, fig. 3) 

F.-E. Schulze a fait connaître en 1887 (6©), de l'Atlantique, un Malacosaccus, 
M. unguiculatus, d'après un spécimen unique dragué par le Challenger dans le sud 
de la Sierra-Leone par 2450™ de profondeur, puis en a complété la description 
en i8g5 (68). 

Au cours de la campagne de 1896, le yacht Princesse-Alice a recueilli dans 
l'est des Açores (Stn. 749, 38° 54' lat. nord, 23° 39' long, ouest), par 5oo5 m , plusieurs 
Malacosaccus qui, à beaucoup d'égards, rappellent d'assez près M. unguiculatus . 
Toutefois, comme il est impossible de ne pas tenir compte de certaines différences, 
surprenantes dans l'état actuel de nos connaissances, que présentent, comparative- 
ment à cette espèce, et leur conformation et leur spiculation, j'ai cru nécessaire la 
création, d'après ces spécimens, d'une nouvelle espèce pour laquelle j'ai proposé le 
nom de Malacosaccus floricomatus (»©). 

Le spécimen type de M. unguiculatus Schulze est une Eponge haute de 3 cm , en 
forme de sac, à cavité spacieuse et profonde, assez bien conservé du côté supérieur 
pour montrer un vaste orifice cloacal nu, mais déchiré par en bas. Sa spiculation se 
compose : d'hexacts dermiques et gastriques à actine saillante renflée et couverte de 
dents échelonnées, les gastriques plus faibles que les dermiques; de fioricomes loca- 
lisés à la face externe du corps, au sommet des actines distales des hexacts dermiques ; 
d'onychasters nombreuses; enfin, d'oxyhexasters et de discohexasters à rayons termi- 
naux longs et fins. 

De M. floricomatus, il m'a été remis trois spécimens. L'un, qui mesure 25 mm de 
hauteur et 8 mm de diamètre maximum, est ovoïde, renflé vers le milieu, atténué par 
en haut, effilé par en bas, avec, sur une longueur de 5 mm , un commencement de 
pédicelle effiloché. Il ressemblerait beaucoup au M. unguiculatus du Challenger 
s'il n'était plein et si ses flancs n'étaient marqués d'orifices épars, relativement larges 
(de o mm 3 à o mm 6 de diamètre). Il n'a plus sa chair ni ses microsclères. Ses mégasclères 
sont cependant demeurés en place, retenant entre eux des parcelles vaseuses. A sa 
surface se dressent des hexacts à actine distale différenciée, qui se retrouvent dans les 
larges canaux visibles du dehors; et sous eux se placent de robustes hexacts fort épi- 
neux dont je parlerai plus loin. Le reste n'est que grands hexacts principalia dans le 

5 



-3 4 - 

parenchyme, et, vers le bas, de ces hexacts modifiés en pentacts, tétracts et triacts 
pour constituer les soies du pédicelle. J'ai fendu le corps pour m'assurer de l'absence 
sur toute sa longueur d'une cavité cloacale. Je n'ai pas non plus découvert d'orifice 
en son sommet, mais cette partie est, comme la base, effilochée et, par suite, peut-être 
incomplète. Cependant, je ne crois pas qu'il en manque beaucoup, à en juger par la 
forme générale de la masse et par la faiblesse du pédicelle à son origine. 

Un second spécimen (PI. m, fig. 10), mesurant io cm de hauteur, se compose d'un 
corps subcylindrique, très mou, épais de i4 mm , aminci vers le bas, et d'un pédicelle 
soyeux, assez souple, long de 45 mm , épais de 4 mm , effiloché au bout. A la partie supé- 
rieure du corps, un peu latéralement, existe une déchirure irrégulière, sans doute 
accidentelle, ne livrant nullement accès dans une cavité cloacale. Ici encore, par 
conséquent, le corps est plein. La surface a souffert des frottements multiples que 
l'Eponge a dû subir ; cependant, elle laisse voir quelques orifices assez larges et, par 
places, elle paraît finement hispide. Cette hispidation est produite par l'ensemble des 
actines distales des hexacts dermiques. La spiculation est bien conservée. 

Le troisième spécimen est aplati, d'une mollesse extrême, coupé court par en 
bas, très usé sur presque toute sa surface. Il mesure 70 mm de hauteur, 38 à 35 mm de 
largeur et io mm d'épaisseur. Sur ses deux faces, il présente, épars, des orifices de 
o mm 5 à i mm 5 de diamètre. A l'un des bouts, il est creusé d'une cavité à parois appliquées 
l'une contre l'autre, qui n'a guère plus de ^"""de profondeur, mais qui occupe toute 
sa largeur. S'agit-il là d'une cavité naturelle, correspondant à la cavité cloacale des 
autres Euplectellidce mais très peu profonde ? Je n'oserais l'affirmer parce que, dans 
ses parois, je n'ai pas réussi à voir d'hexacts différenciés propres aux surfaces mais 
seulement les hexacts principaux du parenchyme. Le corps est donc tout au moins 
plein sur une grande partie de sa hauteur. Je ne pense pas qu'on puisse le considérer 
comme un lambeau détaché d'un grand spécimen tubuleux, d'abord parce que ses 
bords, au lieu d'être tranchés net « tournent » et portent encore, par places, les hexacts 
superficiels dans leur position normale, puis, parce que, sur les deux faces planes, 
les hexacts à actine distale différenciée se ressemblent du tout au tout, au contraire de 
ce que Schulze a constaté à la fois chez Malacosaccus vastus et chez M. unguiculatas . 

Il m'a été remis en outre deux pédicelles de Malacosaccus séparés des Eponges 
auxquelles ils ont appartenu. L'un (PI. i, fig. i), en bon état, mesure, avec la base 
déchiquetée du spécimen qu'il fixait dans la vase, 14 e " 1 de longueur. Il est flexible, 
assez charnu entre les soies qui le composent, subcylindrique, épais de 8 mm en haut 
et de 6 mm en bas. Surtout, il est remarquable par un revêtement grisâtre lisse qui 
entoure sa base à son union avec le corps et qui possède une spiculation propre dont 
je parlerai bientôt. Un tel revêtement fait défaut à la naissance du pédicelle des deux 
premiers spécimens ci-dessus décrits. 

L'autre pédicelle, long de i2 cm , épais de 6 à 7"™, est rigide et se réduit à un 
faisceau de soies puissantes et raides, en partie dénudé, en partie revêtu de soies 
beaucoup plus grêles et flexibles. 



— 35 — 

Ces exemples suffisent à établir que Malacosaccus floricomatus vit fixé dans la 
vase par un long pédicelle. Il est d'ailleurs probable que M . unguiculatus se comporte 
de même : le spécimen unique, recueilli par le CHALLENGER, montre, en effet, par 
en bas une région amincie et effilochée qui paraît bien représenter, comme dans le 
plus petit spécimen de M. floricomatus précité, l'origine d'un pédicelle arraché. 

Les différences extérieures consisteraient plutôt, entre les deux espèces, en ce 
que M. unguiculatus affecte la forme d'un sac presque aussi profond que haut, à 
surface externe percée tout au plus d'orifices très fins, ses orifices larges se localisant 
sur la face cloacale de ses parois, tandis que M . floricomatus a le corps plein (ou peut- 
être creusé au sommet d'une cavité rudimentaire) et parsème sa surface d'orifices 
assez grands. 

Ainsi, par sa forme, M. floricomatus constitue une véritable exception parmi les 
Euplectellidœ. Nous allons constater chez lui une autre bizarrerie, au sujet de la 
situation de ses floricomes, en étudiant sa spiculation. 

La surface du corps et la paroi des canaux larges qui s'enfoncent dans le paren- 
chyme portent une assise d'hexacts à actines dissemblables, en glaives (PI. vu, fig. 3 a, 
3 b). Leur actine externe ou distale, lisse à sa base, se renfle progressivement en 
massue en même temps qu'elle se charge d'épines de plus en plus nombreuses et 
plus fortes, recourbées vers sa pointe, puis, diminuant rapidement d'épaisseur, se 
termine en une pointe obtuse ; elle mesure, en moyenne, 400 y. de longueur sur 17 ;/. 
d'épaisseur maximum. Les quatre actines tangentielles toujours plus courtes que la 
précédente, oscillent, d'un spicule à l'autre, entre 100 et 3oo p de longueur; elles sont 
droites et pointues, parfois presque lisses, le plus souvent ornées d'épines éparses, 
surtout au voisinage de leur extrémité. L'actine interne ou proximale, enfin, est de 
toutes la plus longue et peut atteindre i mm i5; elle aussi se montre lisse ou peu épi- 
neuse et s'amincit graduellement jusqu'à sa pointe. Parleurs actines distales saillantes 
au dehors, ces hexacts rendent finement hispide la surface générale du corps. Leurs 
dimensions et leur ornementation diffèrent à peine de celles des hexacts dermiques 
de M. unguiculatus. 

Au-dessous, se trouvent, dans toutes les préparations, mais en quantité variable, 
des hexacts (PI. vu, fig. 3 c) bien distincts à la fois de ceux de la surface et de ceux 
du parenchyme. Leurs actines, épaisses à la base, sont pointues au sommet; souvent 
courbées, elles sont rarement égales entre elles; entièrement épineuses, elles portent 
dans leur portion épaisse des épines fortes et éparses, tandis qu'elles se chargent dans 
leur portion effilée d'épines faibles et rapprochées. Toujours robustes, ces hexacts 
sont cependant inégaux entre eux, leurs actines, épaisses de 25 p. à la base, mesurant 
38o à 750 ij. de longueur. Rien de semblable n'a été signalé chez Malacosaccus ungui- 
culatus. Cela paraît plutôt correspondre aux « hexacts, of médian size, with tubercled 
rays » du parenchyme de M. vastus. Mais la localisation de ces hexacts chez M. flo- 
ricomatus reste digne de remarque. 

La charpente du parenchyme se compose uniquement d'hexacts parfaitement 



— 36 — 

lisses à actines très longues, à bouts ni renflés, ni ornés, simplement obtus. Ils res- 
semblent à ceux de M. unguiculatus et se disposent de la même manière qu'eux. 
Schulze a fait remarquer (G£, p. i3) que la finesse de leurs actines dans le type de 
M. unguiculatus pouvait se trouver en rapport avec la faible taille du sujet. Quoi 
qu'il en soit de la valeur de cette hypothèse en ce qui concerne M. unguiculatus, nous 
noterons que, dans les trois spécimens examinés de M. floricomatus, les hexacts 
principalia ont partout des actines aussi minces, ne mesurant, malgré leur longueur, 
que 9 [/. d'épaisseur à leur naissance et 3 (a à peine au voisinage de leur extrémité. 

Les microsclères que l'on rencontre à la périphérie du corps, parmi les hexacts 
en glaive et les hexacts tuberculeux, sont des onychasters et des floricomes. 

Des onychasters (PI. vu, fig. 3 g) existent là en quantité considérable, dont le 
diamètre ne dépasse guère 70 p.. Elles ont pour la plupart six rayons principaux 
courts portant chacun deux rayons terminaux raides et fortement divergents cou- 
ronnés d'un verticille de trois ou quatre petits crochets horizontaux ou légèrement 
recourbés en dehors. Rarement, leurs six rayons restent simples. Plus rarement 
encore, chacun de ces rayons se divise en trois rayons secondaires. Des intermédiaires 
s'observent d'ailleurs entre ces différentes conformations. Ces petites onychasters 
superficielles représentent une catégorie de microsclères qui paraît faire défaut chez 
Malacosaccus unguiculatus. Schulze laisse entendre, en effet, dans ses renseigne- 
ments complémentaires au sujet de cette Eponge, que les rayons de ses onychasters 
ont même taille et même allure que ceux des discohexasters véritables. Or, nous 
aurons à parler plus loin d'une autre catégorie d'onychasters de M. floricomatus 
correspondant précisément aux seules onychasters décrites de M . unguiculatus. 

Les floricomes des couches superficielles, bien moins nombreux que les ony- 
chasters précitées, sont remarquables parleur faiblesse relative, en contraste frappant 
avec les floricomes du parenchyme, dont il va être bientôt question. Il en est beau- 
coup, d'un diamètre de iiop. environ, qui demeurent assez fins pour que la flexion 
en dehors de leurs rayons permette seule de reconnaître leur véritable signification. 
Du reste, à côté d'eux, d'autres, moins grêles, ne prêtent à aucune équivoque. Et çà 
et là, quelques uns d'entre eux atteignent des dimensions qui peuvent être considérées 
comme normales. Je n'ai pas réussi à en voir un seul en rapport avec l'actine distale 
d'un hexact dermique. 

Dans le parenchyme, parmi les grands hexacts flexibles et lisses de la char- 
pente, abondent littéralement des floricomes grands et forts (PI. vu, fig. 3fJ. Leurs six 
rayons principaux portent chacun quatre rayons secondaires, recourbés en dehors et 
en bas, très élargis et finement raboteux vers leur extrémité, avec trois crochets termi- 
naux. Mesurant, dans l'un des spécimens, 1 60 p., et, dans l'autre, 200 p. de diamètre, ils 
ressemblent, en somme, assez bien, tant par leurs dimensions que par leur conforma- 
tion, aux floricomes de Malacosaccus unguiculatus. Seule, leur situation est vraiment 
extraordinaire. On est habitué à ne trouver les microsclères de cette nature qu'à la 
périphérie du corps des Euplectellidœ, où ils semblent jouer le rôle d'organites de 



-3 7 - 

défense. J'ai multiplié les préparations pour m'assurer que, dans mes M. floricomatus, 
les floricomes deviennent surtout nombreux et robustes à partir d'une certaine dis- 
tance au-dessous de la surface générale, au contraire de ceux de M. unguiculatus qui, 
d'après les dernières déclarations de Schulze, se localisent exclusivement du côté 
externe de l'Eponge, à la pointe des actines distales des hexacts en forme de glaives. 

J'ai découvert une seconde sorte de floricomes (PI. vu, fig. 3j) que Schulze n'a 
point rencontrée chez M. unguiculatus. Dans une préparation prélevée sur l'un de 
mes Malacosaccus dès le début de mes recherches à leur sujet, et en un point que j'ai 
malheureusement omis de noter, se trouvent, parmi des hexacts en glaives, des hexacts 
tuberculeux et de très nombreuses petites onychasters, quelques floricomes de 65 à 
90 [a de diamètre, intéressants parce que chacun de leurs rayons principaux porte, 
non plus trois ou quatre, mais neuf à douze rayons secondaires recourbés en S avec 
cinq à sept dents au bord de leur palette terminale. 

Ces floricomes correspondent sans doute aux floricomes plus petits que les autres 
et à rayons plus nombreux, signalés d'abord par Schulze (GO, p. 93) comme appar- 
tenant à la face interne de Malacosaccus vastus. Or, Schulze a nié plus tard que des 
floricomes occupassent véritablement cette situation dans son Eponge. Et comme, 
chez mes M. floricomatus, il n'existe pas de cavité cloacale; comme, d'autre part, 
j'ai retrouvé de ces floricomes particuliers à la naissance du pédicelle le plus grand, 
au-dessous de son encroûtement superficiel, je ne puis admettre non plus qu'il s'agisse 
en eux de floricomes gastriques. 

Outre les floricomes, le parenchyme renferme encore trois sortes de micros- 
clères : 

i° Des onychasters, de seconde catégorie (PI. vu, fig. 3 h), d'un diamètre de 
85 à 100 [i., à rayons secondaires très fins et flexueux, au nombre de quatre sur 
chaque rayon principal, et terminés par un verticille de cinq crochets légèrement 
recourbés en dessous, non insérés autour d'un disque ; 

2 Des discohexasters (PI. vu, fig. 3 z"), de 100 \j. de diamètre, à rayons principaux 
courts, à rayons terminaux au nombre de trois (quelquefois de quatre), très diver- 
gents, raides et forts, finement épineux, un peu renflés au bout et surmontés d'un 
disque assez large que couronnent sept ou huit crochets recourbés ; 

3° Des oxyhexasters (PI. vu, fig. 3 k), de 1 10 à 120 \>. de diamètre, à rayons termi- 
naux grêles, flexueux, pointus, au nombre de deux (quelquefois de trois) sur chaque 
rayon principal. 

Le pédicelle est surtout composé de soies, toutes souples et grêles dans certains 
cas, ou bien celles du centre fortes et raides, dans d'autres échantillons. Ces soies 
sont, en tout cas, de grands hexacts lisses modifiés et, pour la plupart, réduits à des 
triacts (PI. vu, fig. 3 d) dont le rayon impair et latéral, plus court que les autres et 
destiné à relier les soies en faisceau, se recourbe aune distance variable de son origine 
suivant le grand axe de l'organe. Les grosses soies rigides, seules faciles à isoler 
intactes, mesurent 7 ou 8 cm de longueur. Leur rayon latéral inséré beaucoup plus près 



— 38 — 

de l'une de leurs extrémités que de l'autre, est long de 8 à 28 mm . Leur épaisseur peut 
atteindre o mm 4. 

Outre les soies, le pédicelle présente, et cela dès sa base, des ancres (PL vu, 
fig. 3 e) qui peuvent atteindre 9 mm de longueur sur 20 y. d'épaisseur en leur milieu. 
Leur tige se compose de deux moitiés distinctes, l'une, proximale, lisse et effilée vers 
sa pointe; l'autre, distale, couverte de fortes épines récurvées disposées en spirales. 
A l'extrémité progressivement amincie de cette dernière, un renflement conique, 
épais de 3o [a environ, porte en dessous sept ou huit crochets fixateurs. 

Partout où il n'est pas endommagé, le pédicelle est recouvert des mêmes spicules 
que la surface générale du corps, hexacts dermiques en glaives, hexacts entièrement 
épineux hypodermiques, avec, en fait de microsclères, onychasters de la petite sorte 
et floricomes de faible constitution. 

Nous savons qu'autour de sa base, le plus grand des pédicelles recueillis présente 
un revêtement grisâtre particulier. C'est un feutrage épais et dense d'hexacts de 
dimensions fort inégales, dont les actines varient entre 80 et 5oo^. de longueur. Tous 
ceux de ces hexacts qui ne sont pas très grêles s'ornent d'épines raides mais plutôt 
clairsemées. Une telle agglomération de spicules a sans doute pour but de consolider 
la base du corps au point d'attache du pédicelle. Elle résulte peut-être d'une multi- 
plication locale, non sans une certaine modification de leur forme, de ces hexacts 
épineux dont nous avons constaté l'existence partout à la surface de l'Eponge. 

En résumé, sans tenir compte de détails secondaires, les Malacosaccus florico- 
matus de la Princesse-Alice me paraissent se distinguer de M. unguicidatus du 
Challenger parce que leur corps, pédicelle, est plein, parce que leurs hexacts en 
glaives se doublent d'hexacts épineux, parce que, dans leurs régions superficielles, 
des onychasters spéciales abondent et que les floricomes s'y montrent presque tous 
débiles, enfin, en ce que leur parenchyme renferme en quantité considérable de 
robustes floricomes. 

Genre Euplectella, Owen 

Euplectella suberea, Wyville Thomson 

L'Hirondelle avait dragué cette Eponge aux Aç.ores (341, p. 24). La Princesse- 
Alice l'y a également recueillie, à quatre reprises : Stn. 536, profondeur 2i78 m . — 
Stn. 698, profondeur i846 m . — Stn. 863, profondeur 1940 111 . — Stn. i334, profon- 
deur igoo ml . 

Après avoir fait remarquer que la plupart des Euplectella produisent des gra- 
phiocomes, Ijima (39, p. 53) admet que ces microsclères pourraient bien exister 
aussi chez quelques unes des espèces où ils n'ont pas été signalés. Sa prévision se 

1 Elle l'a encore obtenue sur la côte du Maroc (Stn. 778). 



-3 9 - 

réalise déjà en ce qui concerne E. suberea. Un spicule figuré dans la monographie 
des Hexactinellida (60, pi. v, fig. 9) paraît bien représenter un graphiocome. Schulze 
s'est, il est vrai, demandé s'il ne serait pas de provenance étrangère à l'Eponge, mais 
j'en ai retrouvé un certain nombre dans diverses Eupleclella suberea. On ne peut pas 
les confondre avec les floricomes brisés parce que leurs rayons terminaux sont relati- 
vement longs, grêles, égaux entre eux et à peine divergents, n'accusant, ni à leur base 
ni vers leur extrémité, la courbure habituelle des rayons terminaux des floricomes. Ces 
graphiocomes sont seulement plus petits ici que de coutume et ne dépassent guère 80 \i. 
de diamètre. En outre, dans des lambeaux de chair prélevés à la surface du corps, des- 
séchés puis éclaircis par les procédés ordinaires, j'ai vu, solitaires ou par groupes, ces 
sortes de rhaphides que Ijima considère comme des rayons de graphiocomes détachés 
de leurs disques puis transportés dans l'ectosome pour y servir d'organites défensifs. 

Euplectella suberea posséderait donc, en fait de microsclères, des floricomes, des 
graphiocomes et des oxyhexasters, ces dernières parfois transformées, comme je l'ai 
dit ailleurs Cî^), partiellement ou totalement en onychasters. 

Les profondeurs par lesquelles elle s'est rencontrée aux Açores varient entre 
927™ et 2870™. 

Genre Reg-adrella, Schmidt 

Regadrella phcenix, Schmidt 
(PI. xv, fig. 6 et PL vi, fig. 3) 

Campagne de i8g5 : Stn. 616, profondeur 1022™. Deux bases et plusieurs frag- 
ments macérés. L'une des bases (PI. iv, fig. 6) est intéressante en ce qu'elle ne 
présente pas moins de cinq générations emboîtées les unes dans les autres, cinq indi- 
vidus, dont les plus internes, de formation plus récente, possèdent seuls des parois 
molles et charnues. 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . Un fragment macéré. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Deux bases charnues., simples, 
fixées sur un même Polypier. 

L 'Hirondelle avait déjà recueilli aux Açores (1888, Stn. 242) un fragment 
solide et décharné de cette Eponge, que j'ai fait dessiner (S4, pi. v, fig. 1), le prenant 
alors pour un morceau de Rhabdodictyum delicatum Schmidt. 

Les portions charnues de la base ici figurée renferment la plupart des spicules 
décrits par Schulze (6© et ©8) et Ijima 0&?), notamment les hexacts dermiques, les 
pentacts gastriques, les floricomes et les graphiocomes, ces derniers avec leurs rayons 
terminaux souvent détachés sous forme de rhaphides de 80 à 90 p. de longueur. Mais 
je n'y trouve pas d'onychasters. 

J'ai fait photographier (PI. vi, fig. 3) la plaque criblée cloacale d'un spécimen 
dragué par le Caudan dans le golfe de Gascogne (8S, p. 275). A son pourtour 
persiste un rudiment de frange formée par les actines distales longuement saillantes 
de très grands hexacts. 



— 40 — 

Dans le spécimen en question, les onychasters abondent, telles que je les ai re- 
présentées ailleurs (83, pi. vin, fig. i). Elles mesurent, en moyenne, 70 à 80 [/. de 
diamètre, avec des rayons terminaux très grêles couronnés de crochets tout petits ; 
mais quelques unes, acquérant un développement plus considérable, atteignent un 
diamètre de 120 y. et possèdent des rayons terminaux épais de o mm oo27, au nombre 
de deux seulement sur chaque rayon principal et armés à leur extrémité de crochets 
robustes. Des intermédiaires s'observent entre les plus fortes et les plus faibles de 
ces asters. 

Regadrella phœnix a été obtenue aux Açores par des profondeurs de 861 ra à 1 36o m . 



Genre Hertwig-ia, Schmidt 

Hertwigia falcifera, Schmidt 

Campagne de 1897 : Stn. 869, profondeur i24o m . Près de Graciosa. Un fragment 
complètement décharné, de même aspect que le spécimen recueilli en 1888 par 
YHiRONDELLE auprès de Flores par i384 m (S4, p. 25, pi. v, fig. 10), mais beaucoup 
plus petit que lui car il est réduit à un cornet unique. 

Genre Rhabdopectella, Schmidt 

Rhabdopectella tintinnus, Schmidt 
(PI. v, fig. 6) 

Campagne de i8g5 : Stn. 616, profondeur io22 m . Un fragment. 

Je pense que c'est à cette Eponge de Schmidt qu'il faut rapporter le fragment 
unique recueilli aux Açores. Par malheur, il est décharné et tout à fait dégarni de 
spicules libres. Comparé au spécimen-type le plus grand (5», pi. vin, fig. 9), il sem- 
ble représenter une portion du corps assez éloignée de la base. 

Jusqu'ici, Rhabdopectella tintinnus n'avait été signalée qu'aux Antilles. 



Famille ASCONEMATID^, J.-E. Gray 
Genre Asconema, Saville Kent 

Asconema setubalense, Saville Kent 

Campagne de 1895 : Stn. 553, profondeur i385 m . 

Campagne de 1896 : Stn. 684, profondeur i55o m . — Stn. 719, profondeur i6oo m . 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599"". 



On voit que, comme Y Hirondelle (S Jt, p. 27), la Princesse-Alice a souvent 
rencontré cette Hexactinellide dans la région des Açores; mais elle n'en a obtenu que 
des fragments, de configuration variable, en plaques, en cornets ou en tubes, réduits, 
pour la plupart, à un feutrage de mégasclères. 

J'ai essayé d'en étudier la spiculation en choisissant deux de ces fragments qui 
me paraissaient en meilleur état que les autres, l'un surtout, qui avait encore en place 
ses gastralia (pentacts accompagnés d'hexacts, à actines fortement épineuses, toutes 
semblables entre elles), et je n'ai réussi à y trouver, en fait de microsclères, qu'une 
multitude d'oxyhexasters à rayons terminaux longs et grêles, entremêlées d'hémioxy- 
hexasters et d'oxyhexactines relativement peu nombreuses. 

Si un manque complet de discohexasters leur est chose naturelle, ces spécimens 
représentent une variété d'Asconema setubalense plus simple encore que la variété 
pauperata distinguée par Schulze (6S, p. 26) d'après des spécimens recueillis par 
VAlbatross sur la côte orientale de l'Amérique du Nord, et chez lesquels les grosses 
discohexasters faisaient seules défaut. 

Aux Açores, Asconema setubalense a été dragué entre 599™ et i6oo m de profondeur. 



Genre Sympagella, Schmidt 
Sympagella nux, Schmidt 

Campagne de i8g5 : Stn. 569, profondeur 27™ Baie de Capellas (S. Miguel). Un 
individu. — Stn. 597, profondeur 523 m . Pointe orientale de Pico. Un individu. 

On sait que Sympagella nux est, parmi les Hexactinellides, l'une de celles qui 
se tiennent le plus volontiers par de faibles profondeurs. Jamais pourtant on ne l'avait 
rencontrée à un niveau aussi élevé que dans la baie de Capellas. 

Par un hasard assez singulier, le spécimen de Pico semble, au contraire, provenir 
de la plus grande profondeur notée jusqu'ici pour cette Eponge. Elle a, en effet, été 
obtenue : à la Floride (Pourtalès), par 1 79™ à 225 m ; aux îles du Cap-Vert (Challenger), 
par i83 ra à 23 5 m ; sur la côte orientale de l'Amérique du Nord (AlbatrossJ, par i28 m 
à 41 o m ; enfin, dans l'Archipel ÇPola), par 4i4 m à 444 111 . 

Les deux spécimens recueillis par la Princesse-Alice possèdent simplement, 
en fait de microsclères, les discohexasters et les plumicomes figurés par Schulze (GS, 
pi. vi, fig. 6 et i5). 

? Cauloph.acus sp. 

(PL vi, fig. 8) 

Parmi les Hexactinellides recueillies par la Princesse-Alice en 1895, se 
trouvent trois tiges décharnées, rigides, pleines, longues (l'une d'elles mesure n5 mm , 
une autre ioo mm de longueur), grêles (i mm à i mm 5 de.diamètre), brisées aux deux bouts, 

6 



— 4 2 — 
mais présentant par en bas (deux d'entre elles tout au moins) un commencement de 
ramification correspondant sans doute à l'origine d'un système de racines. 

A l'état actuel, elles se composent uniquement de longs diacts à extrémités à peine 
renflées et chargées de tubercules, fréquemment reliés entre eux par des synapticules. 

Peut-être représentent-elles la partie inférieure de très longs pédicelles d'Epongés 
appartenant au genre Caulophacus ou à quelque genre voisin. 

Elles proviennent de la station 527, au large de la pointe orientale de Sâo Miguel, 
par 402o m de profondeur. 



III. Sous-Ordre Uncinatophora, n. n. 

(Uncinataria, F.-E. Schulze) 

Famille EURETID^E, Zittel 

Genre Farrea, Bowerbank 
Farrea occa, (Bowerbank) Carter 

Campagne de 1895 : Stn. 553, profondeur i385 m . — Stn. 568, profondeur 55o m . 

— Stn. 578, profondeur 1 i65 m . — Stn. 584, profondeur 845 m . — Stn. 587, profondeur 
793™. — Stn. 597, profondeur 523 m . — Stn. 602, profondeur i23o m . — Stn. 616, pro- 
fondeur I022 m . 

Campagne de 1896 : Stn. 683, profondeur i55o m . — Stn. 684, profondeur i55o m . 

— Stn. 702, profondeur i36o m . — Stn. 719, profondeur i6oo m . 

Campagne de 1897 '• Stn. 833, profondeur i23o m . — Stn. 837, profondeur 88o m . 

— Stn. 838, profondeur 88o m . 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Des nombreuses Farrea occa recueillies au cours de ces quatre campagnes, 
quelques unes seulement (Stn. 578, 702, 837, 1349) se trouvaient en assez bon état 
pour être déterminées avec certitude. Elles n'avaient pour microsclères que les oxy- 
hexasters figurées par Schulze (6®, pi. lxxi, fig. 7). Celles delà station 1349 avaient 
leurs pentacts dermiques armés, sur le bord convexe des rayons tangentiels et sur 
une partie du rayon proximal, d'épines d'une force extraordinaire, coniques, poin- 
tues, droites ou crochues, hautes souvent de 17 p.. 

Les autres étaient réduites à leur charpente dictyonale. Je les ai toutes rapportées 
à Farrea occa à cause de la fréquence de cette espèce dans les eaux des Açores. Il se 
peut cependant que quelques unes d'entre elles aient appartenu à une autre espèce, 
dont il va être question. 

Rappelons en passant que Farrea occa jouit d'une vaste distribution géographi- 
que. Son existence a été signalée dans l'Atlantique (Portugal, Açores, Antilles), dans 



- 4 3 - 
le Pacifique (Japon, Californie), dans l'Océan Indien (golfe du Bengale). Je l'ai signalée 
récemment (91, p. 38) dans l'Antarctique, d'après des fragments de spécimens dont 
les microsclères, de go à 120 [* de diamètre, différaient un peu de ce qu'ils sQnt d'ha- 
bitude : il y avait là surtout des oxyhexasters à rayons grêles, simples et droits 
(micro-oxyhexactines) ; d'autres, en assez grand nombre, présentaient de un à quatre 
rayons divisés vers le milieu de leur longueur en deux (plus rarement trois) rayons 
terminaux pointus et divergents. C'était, en réalité, les oxyhexasters habituelles, mais 
réduites à divers degrés, le plus souvent jusqu'à leur plus simple expression, et 
jamais complètes. 

Farrea occa a été obtenue aux Açores par des profondeurs variant entre 523 m et 
i6oo m . 

Farrea occa, (Bowerbank); var. laminaris, n. var. 

(PI. XVIII, fig. 9) 

Campagne de 1902 : Stn. i3i8, profondeur 3oi8 m . Un spécimen. 

D'habitude, Farrea occa se fixe par une base élargie au-dessus de laquelle elle se 
ramifie bientôt en un système de tubes anastomosés. 

Ici, la configuration du corps apparaît toute différente. Une tige pleine, à peine 
comprimée, noircie par des impuretés qui permettent de la supposer presque entière, 
s'aplatit progressivement en une lame simple, un peu arquée. Pas de tubes du tout. 
Les bords de la lame se plissent seulement en cornets dirigés alternativement en 
avant et en arrière, ceux qui se relèvent sur la face convexe s'allongeant un peu plus 
que ceux qui se replient sous la face concave. Affectant, en outre, une direction alter- 
nante d'un bord à l'autre, les plis se montrent, jusqu'au sommet du corps, disposés 
suivant deux spires croisées. 

Contre toute attente, la spiculation de cette curieuse Eponge ressemble par tous 
ses éléments à celle de Farrea occa le plus typique. Seulement, ses clavules semblent 
rester toutes de même sorte. Un peu de chair se trouvant encore en place, de ci, de là, 
j'en ai détaché de minces lambeaux, sur la face concave de la lame et sur les deux 
faces des cornets, sans obtenir autre chose que des clavules à dents courtes et très 
nombreuses, à tige raboteuse, légèrement renflée sous le disque, en un mot, des cla- 
vules dermiques de Farrea occa. 

Farrea Weltneri, Topsent 
(PL ix, fig. 2) 

Campagne de 1897 : Stn. 874, profondeur i26o m . 

Plusieurs amas de tubes anastomosés, provenant peut-être d'un spécimen unique 
très volumineux. La plupart des tubes étaient bien conservés. D'autres, macérés, se 
réduisaient à leur charpente dictyonale. 



- 44 — 

Les caractères extérieurs sont ceux de Farrea occa. 

Les clavules, relativement robustes, se répartissent en deux catégories distinctes. 
Les dermiques, longues de 400 (/., ont la tige raboteuse, pointue au bout interne, 
renflée au bout externe, que couronne un disque large de 27 p et orné de vingt dents 
courtes à son pourtour. 

Les gastriques, à peu près de même taille, ont une extrémité pointue et l'autre 
renflée, celle-ci couronnée de huit (rarement quatre) dents aiguës et recourbées, 
longues de 25 à 3o \>.. Leur tige reste ordinairement lisse; mais, assez souvent 
(PI. ix, fig. 2 a), elle porte au-dessous de son renflement, une, deux ou trois longues 
épines obliques ou courbées du côté de sa pointe, telles qu'on en voit sur les clavules 
de Farrea aculeata Schulze (63, pi. xv, fig. 4). 

Les microsclères caractérisent l'espèce. Ce sont, abondantes, des discohexasters, 
de 75 (/. de diamètre, assez semblables à celles de Farrea Vosmaeri Schulze (60, 
pi. lxxiv, fig. 9) mais s'en distinguant parce que leurs rayons principaux, plus courts 
(10 p.), portent sept ou six (rarement cinq) rayons terminaux faiblement divergents 
et surmontés d'un petit bouton finement denticulé (PI. ix, fig. 2b). 

La différence entre Farrea Vosmaeri et F. Weltneri s'accentue par l'absence 
complète d'oxyhexasters chez cette dernière. 

Farrea Sollasi Schulze ne possède, comme F. Weltneri, que des discohexasters, 
mais d'une autre forme (6©, pi. lxxiv, fig. 6), chacun de leurs rayons principaux se 
continuant par trois rayons terminaux seulement et très divergents. 

Schulze n'a pu se défendre d'une certaine hésitation au sujet de la valeur spéci- 
fique des deux Farrea du Japon qu'il a appelées F. Sollasi et F. Vosmaeri (GO, 
p. 281). Elles représentent peut-être de simples variétés de Farrea occa. Et tel 
pourrait bien être aussi le cas de F. Weltneri. 

Pour appuyer ces suppositions, il serait nécessaire de trouver dans une Farrea 
des intermédiaires entre les oxyhexasters et les discohexasters; or, nous n'avons 
encore eu l'occasion d'observer que le passage, chez des spécimens de l'Antarctique, 
des oxyhexasters à des micro-oxyhexactines, c'est-à-dire une simplification, au lieu 
d'une complication, des microsclères habituels de Farrea occa. 



Farrea sp. 

(PI. vi, fig. 1 et 2) 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . Un spécimen malheureusement 
macéré et partiellement encroûté. 

La charpente dictyonale, très mince, à mailles rectangulaires, est bien celle des 
Farrea, mais il est probable que l'Eponge représente une espèce nouvelle car les tubes 
anastomosés qui la composent ont un diamètre de 20 mm à 3o mm . 



- 4 5 



Genre Eurete, Semper 

Eurete Alicei, Topsent 

(PI. iv, fig. 8 et PI. vu, fig. 5) 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur n65 m . Un beau spécimen. — Stn. 602, 
profondeur i23o m . Des fragments. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Des fragments. 

Jusqu'à ces derniers temps, tous les représentants connus du genre Eurete prove- 
naient du Pacifique (sept espèces, dont quatre des Moluques, une des Philippines, 
une du Japon et une des Galapagos). 

J'ai fait connaître récemment, sous le nom de Eurete Gerlachei, un Eurete 
recueilli par la Belgica dans l'Antarctique (91). Voici maintenant la description 
d'une neuvième espèce de ce genre, qui s'ajoute à la liste remarquablement courte 
(quatre espèces jusqu'ici) des Euretidœ découvertes dans l'Atlantique. 

Eurete Alicei s'est rencontré à trois reprises dans les chaluts du yacht Princesse- 
Alice au cours de ses campagnes dans l'archipel des Açores : d'abord entre Sâo 
Miguel et Terceira, puis auprès de la côte méridionale de Sâo Jorge, enfin, entre 
Pico et Sâo Jorge. 

Dans la première localité (Stn. 578) fut obtenu un magnifique échantillon, haut 
de 8o mrn , large de 45 mm , fournissant une assez bonne idée des caractères extérieurs de 
l'Eponge (PI. iv, fig. 8). C'est, attaché d'un côté à un vieux Polypier rameux, un riche 
réseau de larges tubes fréquemment anastomosés. Le diamètre de ces tubes atteint 
en moyenne 8 mm et la longueur sur laquelle ils demeurent individualisés reste plus 
souvent inférieure à cette mesure. Les tubes s'entrecroisent dans toutes les directions, 
et, à la partie supérieure du spécimen, se disposent sur plusieurs plans. Là, l'Eponge 
atteint 3 cm d'épaisseur. Vers le bas, au contraire, il n'y a qu'une seule série de tubes. 
Du côté supérieur et sur l'un de ses bords, le corps paraît avoir été tranché net. Rien 
pourtant ne porte à penser que, dans son ensemble, il ait affecté une certaine symétrie. 
Les tubes, même les moins endommagés en apparence, présentent tous, comme 
dans les autres Eurete, un large orifice qui semble bien leur servir de terminaison 
naturelle. 

La coloration, dans l'alcool, est blanchâtre. 

La surface apparaît à la loupe très finement veloutée par les actines libres des 
hexacts périphériques de la charpente. Elle est percée sur toute son étendue d'orifices 
fins et nombreux, correspondant aux pores. 

Les parois mesurent o mm ,7 à o rarn ,9 d'épaisseur. 

Aux stations 602 et 1349, ce ne sont que des fragments que l'engin a rapportés. 
Ils étaient, d'ailleurs, comme le grand spécimen, vivants au moment de la capture. 



- 4 6- 
Les uns et les autres ont, en effet, toute leur chair, laquelle renferme, entre autres 
éléments, en abondance, de belles cellules sphéruleuses à trois, quatre ou cinq grosses 
sphérules réfringentes. Cette constatation a, comme on le verra bientôt, une réelle 
importance. 

La spiculation se compose d'une charpente d'hexacts soudés, non renflés en leur 
centre mais entièrement couverts d'épines coniques assez fortes. Sur la face externe 
des tubes, ils se montrent plus robustes, avec leurs actines épaisses de 3o \l, et cons- 
tituent un réseau serré, à mailles polygonales, sur lequel se dressent verticalement 
leurs actines libres. Les mailles de ce réseau (PL vu, fig. 5 c) sont de deux catégories; 
les unes, petites, se tendent d'une membrane où s'implantent debout les mégasclères 
dermiques, oxydiacts et scopules ; les autres, plus grandes et vides, d'un diamètre 
oscillant entre 200 et 400 p., représentent les pores ou orifices des canaux aquifères (cà). 
Sur la face interne, gastrique ou cloacale des tubes, les hexacts deviennent au con- 
traire plus grêles, leurs actines ne dépassant guère 18 p. d'épaisseur, dessinent des 
mailles rectangulaires étirées suivant le grand axe des tubes et allongent notablement 
leurs actines libres (PL vu, fig. 5 d). 

Avant d'énumérer les spicules libres, il faut d'abord noter l'absence complète sur 
les deux faces des tubes des pentacts signalés chez tous les autres Enrete. 

Ce défaut absolu de mégasclères autodermiques et autogastriques est vraiment 
surprenant. Je m'en suis pourtant assuré par de nombreuses préparations prélevées 
en des points divers du grand spécimen et des fragments obtenus. On ne peut songer 
à le considérer comme un effet de la macération, puisque nous savons que les échan- 
tillons ont été recueillis tous en excellent état. Certainement, si l'Eponge avait 
produit de ces mégasclères, il en serait resté au moins quelques-uns en place dans les 
points le plus à l'abri du frottement et dans l'intérieur des tubes. Malgré tous mes 
soins, je n'en ai point trouvé trace. 

Par contre, il existe ici des mégasclères qu'on n'a pas encore rencontrés chez les 
Eurete et qui rappellent, par leur position et leur groupement, les soies des Cyrtaulon 
et des Hexactinella. Ces oxydiacts abondent sur les deux faces des tubes et s'y dispo- 
sent, pour la plupart, verticalement, par faisceaux de trois à six. Ils mesurent, en 
moyenne, 5oo p. de longueur et 3 p. au plus d'épaisseur. Ils sont pointus aux deux 
bouts mais, cela, inégalement, leur moitié proximale étant toujours plus effilée que 
leur moitié distale. Sous ce rapport, ils ressemblent aux uncinètes de beaucoup d'ZTw- 
cinatophora. La ressemblance va d'ailleurs plus loin. Ces oxydiacts semblent lisses au 
premier abord, mais quand on les examine avec attention, on trouve la tige de beau- 
coup d'entre eux marquée à intervalles assez réguliers de crans à peine perceptibles. 
F.-E. Schulze a déjà signalé dans le parenchyme de Hexactinella ventilabrum des 
oxydiacts rugueux qui lui ont paru représenter des uncinètes. Je crois qu'on peut, 
sans hésitation, considérer, de même, les soies périphériques de Eurete Alicei comme 
une forme grêle et à peine ornée d'uncinètes. 

Par une sorte de compensation, les grands uncinètes bien caractérisés restent 



— 47 — 
rares chez notre Eurete. Ils ont aussi une extrémité proximale longue et effilée et une 
extrémité distale épaisse (i 8 [/.). Les barbules que portent leurs crans sont très fines et 
s'appliquent contre la tige. 

Les scopules sont de deux sortes, qui se rencontrent l'une et l'autre sur les deux 
faces des parois des tubes. Les unes (PL vu, fig. 5 b, 5 b'), plus grandes, longues de 8oo y. 
en moyenne, possèdent quatre (rarement trois) rayons, longs de 1 5o y. environ, un 
peu divergents, rugueux, doucement amincis et couronnés par un renflement qu'or- 
nent de petites épines dirigées vers le bas. Leur tige, droite, est lisse sur sa plus grande 
longueur, mais rugueuse, elle aussi, aux deux bouts. Épaisse de 7^. du côté distal, 
elle s'atténue tout doucement du côté proximal jusqu'à ne mesurer plus que 4^; enfin, 
elle se termine par un petit renflement ovoïde, épineux, de 7 y. de largeur. Ces sco- 
pules se montrent surtout nombreuses du côté interne. Les autres (PI. vu, fig. 5 a), 
plus petites et n'excédant pas 5oo y. de longueur, dont 75 pour les rayons, ont une 
tige entièrement lisse et pointue au bout proximal, et des rayons (presque toujours 
au nombre de quatre) à peine divergents, très finement épineux et surmontés d'un 
tout petit bouton. 

Enfin, Eurete Alicei possède deux sortes de microsclères : des onychasters et 
des discohexasters. 

Les onychasters sont très nombreuses. Elles se composent (PI. vu, fig. 5 e) de six 
rayons assez forts, droits et lisses, longs de 37 [/., qui portent, à angle droit autour de 
leur extrémité, quatre (quelquefois trois) crochets, fins, aigus et longs de i5 à 17 [/.. 

Dans le beau spécimen de la station 578, quelques onychasters se compliquent 
davantage (PL vu, fig. 5f). Leurs rayons, toujours droits et lisses, n'ont plus que 14 y. 
de longueur, mais ils se continuent chacun par quatre rayons secondaires, légèrement 
rugueux, courbés et divergents, à peu près aussi longs qu'eux et terminés par quatre 
crochets horizontaux. Ces onychasters à rayons ramifiés, plus ornées, par conséquent, 
ont, par compensation, un diamètre (55 \j) inférieur à celui des onychasters à rayons 
simples. 

Les discohexasters (PL vu, fig. 5 g) sont presque rares dans tous les spécimens. 
Elles ressemblent beaucoup aux onychasters à rayons divisés, mesurent sensiblement 
le même diamètre qu'elles et possèdent comme elles des rayons principaux droits et 
lisses, des rayons secondaires incurvés, divergents et raboteux. Elles s'en distinguent 
toutefois nettement parce que leurs rayons secondaires portent au lieu de crochets 
un petit bouton disciforme. 

En résumé, Eurete Alicei est caractérisé, en tant qu'espèce, par sa charpente 
entièrement et assez fortement épineuse, par l'absence complète de pentacts dermi- 
ques et gastriques, par la présence sur ses deux faces de soies fasciculées (ayant la 
signification d'uncinètes grêles et réduits à leur plus simple expression), par ses deux 
formes de scopules, et par ses microsclères. 

Seul de tous les Eurete, E. Boiperbanki Schulze, du Japon, possède des micros- 
clères assez semblables aux siens, des oxyhexasters qu'il conviendrait peut-être 



mieux de considérer aussi comme des onychasters. Mais, chez ces deux Eponges, tout 
diffère par ailleurs, tant la forme générale du corps que les moindres détails de la 
spiculation. 

Eurete sp. 

(PL xvm, fig. 6) 

Campagne de 1902 : Stn. i3i8, profondeur 3oi8 m . 

C'est, selon toute vraisemblance, d'un Eurete encore que la Princesse-Alice 
a obtenu un spécimen en 1902, entre Sâo Miguel et Terceira. Il est, par malheur, 
décharné, et cela depuis longtemps, à en juger par la rouille qui l'a totalement 
envahi. 

Dans sa base épaisse et large, il aurait une certaine ressemblance avec Eurete 
Alicei. Peut-être, cependant, représente-t-il une espèce différente. Rien ne permet de 
se prononcer sur ce point. 



Famille MELITTIONID^E, Zittel 

Genre Aphrocallistes, J.-E. Gray 

Aphrocallistes Bocagei, P. Wright 

Après Y Hirondelle, la Princesse-Alice a recueilli aux Açores cette Eponge 
dans de nombreuses stations, par des fonds compris entre 523 ra et i557 m . Par mal- 
heur, tous les spécimens obtenus sont complètement macérés. 

Aphrocallistes azoricus, Topsent 

(PI. v, fig. 7 et 8 et PI. vu, fig. 1) 

Campagne de 1887 : Stn. io5, au sud-est de Pico, profondeur 927™, fond de 
gravier et vase noirs, baguettes d'Oursins, Polypiers brisés. Un spécimen. * 

Campagne de 1895 : Stn. 568, au nord de Sâo Miguel, profondeur 55o m , fond de 
roche. Un spécimen. — Stn. 597, au nord-ouest de Pico, profondeur 523 m , fond de 
roche. Deux spécimens. 

Parmi les Hexactinellides recueillies aux Açores par S. A. le Prince de Monaco au 
cours des campagnes de Y Hirondelle, j'ai mentionné, en 1892 (74, p. 32), un 
Aphrocallistes, que j'ai fait figurer et dont j'ai dessiné quelques spicules. Je l'iden- 
tifiais avec beaucoup d'hésitation avec Aphrocallistes ramosus F.-E. Schulze, dont il 
me paraissait, en effet, se rapprocher le plus, en faisant remarquer que certains 



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détails de spiculation semblaient autoriser la création d'après lui d'une espèce 
nouvelle. L'échantillon était, d'ailleurs, presque entièrement macéré. 

Les dragages de la Princesse-Alice, en 1895, en ont heureusement fourni 
trois autres en bien meilleur état de conservation, et leur étude m'a prouvé qu'il 
s'agissait réellement d'un Aphrocallisies distinct des espèces précédemment connues. 
A cause de sa fréquence relative dans l'archipel des Açores, je lui donne le nom de 
Aphrocallisies aériens. 

C'est une Eponge tubuleuse, composée d'un axe qui semble conserver le même 
calibre sur toute sa hauteur, et d'où émanent, de distance en distance, à angle très 
ouvert, des branches d'un diamètre bien inférieur au sien. Par un hasard fâcheux, 
tous les rameaux des spécimens obtenus se trouvaient brisés assez près de leur origine 
ou même (Hirondelle) au ras du tube principal, de sorte qu'on ne saurait dire s'ils 
affectent à leur terminaison quelque ressemblance avec les rameaux de même ordre 
des Aphrocallistes Bocage i Wright et A. beatrix Gray. Mais il est maintenant certain 
que, par sa forme générale, Aphrocallistes avariais diffère profondément de A. 
ramosus, celui-ci se ramifiant suivant une sorte de dichotomie en branches de plus en 
plus épaisses vers le haut. Quant à A. vastus F.-E. Schulze, pour passer en revue 
tous les représentants du 'genre, il affecte une configuration défiant toute compa- 
raison. 

Le diamètre des tubes varie, naturellement, suivant les individus. Ainsi, le spé- 
cimen de la station io5 se réduisait à une colonne creuse, large de io mm à i2 mm , percée 
dans sa paroi de cinq ouvertures de 4 mm à 5 mm de diamètre correspondant à autant de 
rameaux disparus. Un autre, de la station 597, se compose d'un tube principal de 
gmm £ ^mm ^g di arne tre portant des tubes secondaires de 2 mm ,5 seulement. 

Les parois de ces tubes, remarquablement minces, ne mesurent guère que o mm ,3 
à o mm ,6 d'épaisseur. Elles sont encore intéressantes par ce fait que les orifices des 
canaux qui les traversent de part en part restent fort petits (o mm ,2 ào mm ,3), notablement 
inférieurs à ceux de A. ramosus même et n'offrant, en somme, qu'une ressemblance 
bien lointaine avec les logettes d'un gâteau d'abeilles. 

L'Eponge se fixe à des supports solides sur lesquels elle moule sa base, établissant 
à leur contact une plaque basilaire unie (PL vu, fig. 1 a) assez aisément détachable. 

A l'exception de leurs actines libres, qui se couvrent de tubercules arrondis, les 
grands hexacts {7 4L, pi. vu, fig. 10 a) dont la fusion constitue la charpente demeurent 
toujours lisses. L'épaisseur de leurs rayons soudés est, en moyenne, de 40 \j. vers le 
milieu de leur longueur. 

L'ectosome a pour spicules propres des hexacts (S'A, pi. vu, fig. 10 b) à rayon 
distal hérissé de barbules vers son extrémité et long de 100 [/.; les autres rayons sont 
finement épineux ; les tangentiels mesurent aussi 100 p.; le proximal, généralement 
un peu plus court, n'atteint que 80 ft de longueur. 

Gomme chez les autres Aphrocallistes, ces pinules ne se retrouvent pas sur la face 
cloacale des tubes. Ils y sont remplacés par des diacts tangentiels inégaux, variant 

7 



— 5o — 

entre 5oo et 800 [/., à tige armée d'épines médiocres, espacées sur toute sa longueur 
mais serrées aux deux extrémités, à bouts non renflés, à centrum généralement bien 
indiqué par quatre tubercules plus ou moins développés. 

Les scopules, tournées toutes vers la face externe de la paroi des tubes, affectent 
généralement la forme que j'ai figurée (?4, pi. vu, fig. 10 d). Elles mesurent, en 
moyenne, 41 5 à 440 ^ de longueur, dont 35o pour leur tige. Celle-ci porte, insérés sur 
une sorte de nodosité, trois (quelquefois deux) rayons presque droits, assez peu diver- 
gents, entièrement couverts de petites épines et couronnés par un disque large à bords 
denticulés. Légèrement raboteuse au-dessous de la nodosité, la tige devient bientôt 
lisse et se termine souvent par un léger renflement oblong. 

Mais, parmi ces scopules, il s'en trouve, chez tous les individus, d'autres qui 
méritent une mention spéciale (PI. vu, fig. 1 b-i g). Leur tige se prolonge au-delà de la 
nodosité en un rayon épineux tantôt pointu au bout et tantôt surmonté d'un disque 
denticulé. Au niveau de la nodosité, on peut retrouver, beaucoup plus divergents, 
toutefois., que d'habitude, un verticille de rayons terminés par un disque ; mais, le plus 
souvent, ce verticille avorte et la nodosité reste nue. Dans un cas comme dans l'autre, 
des rayons supplémentaires fortement coudés, au nombre de un à quatre, émanent 
du rayon qui continue la tige, soit isolément, à des hauteurs différentes et sans ordre 
apparent, soit par paire, l'un à droite et l'autre à gauche. 

Ces scopules étranges ont sensiblement les mêmes dimensions que les autres, 
auxquelles elles se mêlent en proportions variables, souvent assez faibles, à vrai dire, 
suivant les points examinés. Elles apparaissent moins comme une sorte de spicules à 
part que comme des variations encore inconnues de scopules ordinaires. Peut-être ne 
faudrait-il pas les considérer comme caractéristiques de Aphrocallistes a\oricus. Mais 
si leur existence doit n'être pas constante, elle servira, toutes les fois qu'on aura 
l'occasion de la constater, de guide à la détermination. 

Les uncinètes (14, pi. vu, fig. 10 é) sont grêles, avec une moitié graduel- 
lement plus mince que l'autre. Leurs barbules, appliquées, sont fines, parfois 
rudimentaires. Les dimensions de ces spicules varient de i mm de longueur sur 5 \j. à 
jmm 5 sur g ^ 

En fait de mégasclères libres, il existe encore, en abondance dans le parenchyme, 
des oxyhexacts (?4, pi. vu, fig. 10 c) à rayons pointus, très flexueux, entièrement et 
assez fortement épineux, longs de 170 {/., épais de 3 à 4 p.. 

Les microsclères sont de deux sortes. D'abord, des discohexasters, de 3o à 35 [/. 
de diamètre seulement, à rayons principaux ne mesurant que 3 à 4 p. de longueur et 
portant des rayons terminaux le plus souvent au nombre de deux, si grêles que le 
disque qui couronne leur extrémité est à peine distinct. Puis, plus rares, des oxy- 
hexasters à rayons principaux longs (20 p.), droits et grêles (moins de 1 p d'épaisseur), 
portant chacun deux rayons terminaux pointus, fins, courbés en dehors et divergents, 
de moitié moins longs qu'eux. 



— 5i — 

Famille COSCINOPORID^E, Zittel 
Genre Ghonelasma, F.-E. Schulze 

Chonelasma Schulzei, , Top sent 
(PI. vi, fig. 4-7) 

Campagne de i8g5 : Stn. 5y5, profondeur n65 m . — Stn. 578, profondeur n65 m . 

— Stn. 602, profondeur i23o m . 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . — Stn. 719, profondeur i6oo m . 

— Stn. 738, profondeur 1919™. 

Campagne de 1897 : Stn. 833, profondeur i23o m . — Stn. 838, profondeur 88o m . 

— Stn. 869, profondeur 1240™. 

Campagnede 1902 : Stn. 1 33 1, profondeur i8o5 m . — Stn. 1349, profondeur i25o m . 

J'ai créé cette espèce, en 1892 (54=, p. 33), d'après plusieurs fragments aplatis, 
criblés sur les deux faces d'orifices irréguliers, assez larges, à bords saillants. Dans le 
même mémoire, je décrivais (p. 3i) sous le nom de Periphragella lusitânica, un frag- 
ment de Dictyonine qui, composé d'un ensemble de tubes concrescents assez courts 
et n'ayant d'indépendance que vers leur extrémité, ne répondait, par sa forme géné- 
rale, qu'à la définition du genre Periphragella. A vrai dire, la spiculation de cette 
Eponge offrait une ressemblance frappante avec celle de Chonelasma Schulzei. Mais 
comment supposer que des fragments de conformation si différente, d'ailleurs dragués 
isolément, pouvaient représenter une seule et même espèce? Dans les Scopularia de 
Schulze, les genres avaient été établis d'après des caractères extérieurs. Et aucun des 
Chonelasma connus ne montrait d'élevures comparables aux petits tubes de ce que, 
pour ces motifs, je me crus autorisé à considérer comme une Periphragella. 

De nouveaux matériaux recueillis aux Açores à bord de la Princesse-Alice , 
me faisant mieux connaître Chonelasma Schul\ei, m'obligent à supprimer Periphra- 
gella lusitanica. 

A en juger par le nombre de spécimens qui en ont été obtenus dans diverses 
stations, Chonelasma Schulzei paraît être commun dans l'archipel. Ce sont, pour la 
plupart, des plaques brisées et macérées, plus ou moins usées, telles, par exemple, 
que les Chonelasma indéterminés du Challenger dont Schulze a donné des figures 
(GO, pi. xc). Pourtant, il s'en trouve de bien meilleurs. Le plus beau est une Eponge, 
(PI. vi, fig. 6 et 7) en forme de coupe comprimée, plus évasée d'un côté que de l'autre, 
à bords de hauteur très inégale, fixée par un pédicelle épais et court et aussi par le 
dessous de sa portion étroite qui se rejette vers le bas et, rapprochant ses lèvres, se 
transforme en une sorte de pilier plein. Elle atteint i3 cm de largeur, 7 e " 1 de hauteur, et 
ses parois, épaisses de 5 mm à 6 mm , se montrent criblées sur les deux faces d'orifices de 
contour irrégulier et d'un diamètre de o mm 6 à i mm 5. Les spicules libres y sont géné- 
ralement en place, et, en certains points, une membrane soutenue par un réseau de 



— 52 — 

pentacts revêt encore les orifices. Ceux-ci figurent de simples enfoncements à marge 
nullement en relief au-dessus de la surface générale. Cependant, en y regardant de 
bien près, on constate que, par en-dessous, au voisinage du gros pédicelle et surtout 
à la base du pilier latéral, un certain nombre d'entre eux s'ouvrent au sommet 
de petites éminences cylindro-coniques rappelant les courts tubes du fragment 
type de Periphragella lusitanica. Des élevures semblables et groupées se retrouvent 
sur une base macérée d'un autre spécimen, fragment composé d'un pédicelle et de 
la partie inférieure d'une coupe profonde à bords épais. D'autres, enfin, apparais- 
sent, nettement accusées et comme sériées, sur la face légèrement convexe et sans 
doute externe d'une plaque en deux fragments (PI. vi, fig. 4 et 5), en bon état de con- 
servation. 

Ces divers échantillons nous apprennent deux choses : d'abord que Chonelasma 
Schul{ei affecte fréquemment, sinon d'habitude, la forme d'une coupe pédiculée; 
puis, que, sur sa face externe et surtout au voisinage de sa base, il soulève parfois ses 
orifices aquifères au sommet de papilles plus ou moins marquées. Il n'est plus possible 
de voir dans ma Periphragella lusitanica autre chose qu'un fragment basilaire d'un 
Chonelasma Schul\ei. Les tubes qui la caractérisaient représentent une disposition 
simplement éventuelle, impossible à prévoir d'après les matériaux dont je disposais, 
des orifices aquifères externes de cette Eponge. 

Dans la chair des spécimens bien conservés existent de belles cellules sphéru- 
leuses à sphérules grosses, brillantes et peu nombreuses. 

J'ai peu de choses à reprendre dans la description de la spiculation de Chone- 
lasma Schul^ei, telle que je l'ai tracée (?4, pi. vu, fig. 2 et 3) d'après les premiers 
fragments qui en ont été obtenus comme aussi d'après la Periphragella supposée. 

Les grands hexacts qui constituent la charpente fondamentale restent presque 
absolument lisses dans l'épaisseur des parois du corps. Sur les deux faces, au con- 
traire, ils se couvrent de tubercules fins. Leurs actines libres, des deux côtés, sont 
obtuses et chargées de ces mêmes tubercules. 

Les pentacts superficiels, entièrement et finement épineux, sont remarquables 
par le renflement terminal de chacune de leurs actines; l'actine proximale est souvent 
à peine plus longue que les tangentielles; la distale se réduit à un fort mamelon. Sous 
ce rapport, Chonelasma Schiil^ei est intermédiaire entre C. lamella et C. Ijimai, dont 
les pentacts ont l'actine distale complètement atrophiée, et les C. calyx, C. tenerum 
et C. Dœderleini, dont les pentacts portent pinule. 

Les scopules ressemblent davantage, ainsi que je l'ai déjà noté, à celles des Eure- 
tidœ qu'à celles des Coscinoporidœ connues. Leur tige lisse, le plus souvent pointue, 
parfois un peu hastée, porte quatre rayons entièrement et finement épineux, sur- 
montés d'un renflement ovoïde très accusé. Comme chez Chonelasma calyx (de 
YAlbatrossJ, elles existent non seulement sur les deux faces de l'Eponge, mais 
aussi dans les parois des canaux qui traversent le corps de part en part. 

Les uncinètes sont nombreux, à moitié proximale longuement effilée. Ils mesu- 
rent 3 mm de longueur. 



— 53 — 

J'ai trouvé dans mes préparations quelques oxyhexacts à rayons droits, pointus, 
un peu raboteux, longs de 70 jju 

Les deux sortes de microsclères abondent, avec prédominance tantôt de l'une et 
tantôt de l'autre. En moyenne, les discohexasters mesurent 45 à 5o jx, et les oxy- 
hexasters 70 à 75 \l de diamètre. 

Les profondeurs par lesquelles Chonelasma Schul^ei a été rencontré aux Açores 
varient entre 86i m et 1919™. 



Chonelasma Ijimai, Topsent 
(PL ix, fig. 1) 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur n65 m . Un fragment. 

Le Challenger avait dragué à Saint-Thomas et aux Bermudes des fragments 
macérés de Chonelasma. Aux Açores, les yachts Hirondelle et Princesse-Alice 
ont recueilli beaucoup de plaques également décharnées d'Hexactinellides de ce genre. 
Les Chonelasma peuvent donc n'être pas rares dans l'Atlantique mais le hasard n'en 
a presque pas fourni de spécimens en état d'être étudiés et décrits. 

A ma première espèce, Chonelasma Schul%ei, de 1892, je me trouve à même d'en 
ajouter une seconde, découverte parmi les matériaux provenant d'une opération de 
la Princesse-Alice entre Sâo Miguel et Terceira, en 1895. 

Il s'agit d'un seul petit morceau, plat, presque carré, large de i2 mm , épais de 
(T 5 à i mm 5, macéré vers son bord le plus mince mais, fort heureusement, bien con- 
servé sur le reste de son étendue et ayant là tous ses spicules encore en place. Sa spi- 
culation, comparée à celle des Chonelasma déjà connus, permet de le considérer 
comme le type d'une espèce nouvelle à laquelle je me suis fait un plaisir d'attacher le 
nom de M. le Professeur I. Ijima, de Tokio, en souvenir de ses belles études sur les 
Hexactinellides du Japon. 

Les hexacts de la charpente de Chonelasma Ijimai, non renflés en leur centre, 
ont une ornementation variable : les uns sont lisses, ou peu s'en faut; d'autres pré- 
sentent des tubercules bas, plus ou moins serrés; d'autres, enfin, les plus minces, en 
général, se couvrent d'épines robustes. Leurs actines libres, de chaque côté, sont, 
comme d'habitude, particulièrement épineuses. 

Sur ses deux faces, l'Eponge s'entoure de pentacts (PI. ix, fig. 1 cj, respective- 
ment dermiques ou gastriques, semblables entre eux de part et d'autre. Leurs quatre 
actines tangentielles, pointues, s'incurvent assez fortement en dedans; elles sont 
remarquables en ce que leur ornementation se réduit à de faibles épines localisées le 
long de leur ligne dorsale ou externe, sauf toutefois vers leurs extrémités, qui devien- 
nent entièrement raboteuses. L'actine distale s'atrophie totalement. Quant à la 
proximale, elle est droite, pointue, pas beaucoup plus longue que les tangentielles, 
mais couverte sur toute sa longueur et tout autour d'épines courtes dont le nombre 
augmente au voisinage de sa pointe. Il règne une certaine inégalité dans les dimensions 



-5 4 - 
de ces spicules. Sur un pentact de moyenne taille, on relève les mesures suivantes : 
longueur d'une actine tangentielle, 400 y.; longueur de l'actine proximale, 490 (*; 
épaisseur de ces actines à leur base, 20 [t. 

Les scopules sont également présentes sur les deux faces et s'y rangent en deux 
catégories. Toutes ont une tige lisse et pointue. Mais les unes (PI. ix, fig. 1 a), longues 
de 36o fi, présentent du côté distal quatre, cinq ou six rayons remarquablement grêles, 
doucement courbés en dehors et terminés par un tout petit bouton presque imper- 
ceptible; ces rayons, avec le renflement peu épais d'où ils émanent, mesurent 5o à 
60 p. de longueur. Les autres (PI. ix, fig. 1 bj, un peu moins nombreuses, et longues 
de 125 p. seulement, portent, sur un renflement distal relativement plus accusé, six, 
sept ou huit rayons droits et à peine divergents, épais, coniques, avec un petit bouton 
terminal; leurs rayons, en comptant le tubercule d'où ils se détachent, ne mesurent 
que 23 p. de longueur environ. 

Les uncinètes, plutôt nombreux, sont longs et fins, puisque pour une longueur 
de 3 mm et4 mm , ils ont à peine 10 ou 12 y. d'épaisseur, leur moitié distale ne l'emportant 
pas, sous ce rapport, de beaucoup sur la proximale. Ils s'ornent de barbules longues, 
fines et peu écartées de la tige. 

Le parenchyme renferme d'assez nombreux oxyhexacts libres (PI. ix, fig. 1 dj, à 
actines droites, pointues, finement épineuses dans leur moitié terminale, longues de 
90 à 100 jj., épaisses d'environ 3 y. à leur base. 

Les microsclères sont seulement des discohexasters, d'ailleurs abondantes. La 
plupart se font remarquerpar une très grande simplicité (PI. ix, fig. 1 ej; leurs actines 
droites, assez fortes, finement raboteuses, longues de 20 à 25 p., portent à leur ex- 
trémité un petit bouton plan-convexe. Quelques unes, cependant, bifurquent une ou 
plusieurs de leurs actines, rarement toutes, à une distance de 5 y. de leur origine, en 
deux branches à peu près droites, divergentes, douées de la même ornementation 
que les actines simples, et longues de \6 y. (PI. ix, fig. if). 

En somme, par la forme de ses pentacts dermiques et gastriques, de ses scopules 
et de ses microsclères, Chonelasma Ijimai se distingue aisément de C. Schnl^ei, qui 
vit dans les mêmes parages. De tous les Chonelasma connus, c'est de C. lamella 
Schulze, du Pacifique (îles Kermadec), qu'il se rapproche le plus. Là, en effet, existent 
aussi des pentacts superficiels à actine distale entièrement atrophiée et à actines tan- 
gentielles pointues, couvertes d'épines sur leur face externe seulement, et des disco- 
hexasters pour la plupart à actines simples, passant à des discohexasters à actines 
ramifiées. Toutefois, entre les deux espèces les différences apparaissent nombreuses. 
C. Ijimai ne possède pas les oxyhexasters de C. lamella ; ses discohexasters, d'un 
diamètre de 5o y. tout au plus, sont de plus de moitié plus petites que celles de C. 
lamella (le diamètre de ces dernières, d'après les figures données par Schulze, 
mesurant environ 120 y.); celles de ses discohexasters qui viennent à se ramifier 
restent quand même bien plus simples que les discohexasters correspondantes de son 
congénère; au lieu d'égaler la taille des microsclères, ses oxyhexacts atteignent des 
dimensions bien plus grandes, de beaucoup supérieures même à celles des oxyhexacts 



— 55 — 

de C. lamella; enfin, ses scopules se montrent de deux sortes. Tout se borne, en 
définitive, entre les deux espèces en question, à une certaine ressemblance de leurs 
discohexasters et de leurs pentacts. Mais les discohexasters simples semblent fré- 
quentes chez les Chonelasma, puisque cette forme de microsclères prédomine aussi 
chez C. calyx et chez C. tenerum, et leur taille relative mérite d'être prise en consi- 
dération. Quant aux pentacts, ils diffèrent, de C. lamella à C. Ijimai, par les détails 
de leur ornementation. 



Famille TRETODICTYID^E, F.-E. Schulze 
Genre Hexactinella, Carter 

Hexactinella Grimaldii, Topsent 

Cette Eponge, décrite en 1892 (34, p. 34, pi. 11, fig. 1 et 2, et pi. vu, fig. 1) n'a pas 
été retrouvée par la Princesse- Alice. 

II. Ordre HEXACERATIDA, Lendenfeld 

Famille DARWINELLID^E, Lendenfeld 

Genre Darwinella, F. Mùller 

Darwinella simplex, Topsent 
(PL ix, fig. 3) 

Campagne de 1897 : Stn. 889, profondeur 200™. Un spécimen parmi des Bryo- 
zoaires. 

Darwinella simplex correspond dans la Méditerranée et aux Açores à la D. 
aastraliensis Carter, de Port-Phillip. Sa forme est plus simple et comparable à celle 
des Aplysilla rosea et sulfurea. Sa couleur, rouge carmin pendant la vie, passe, dans 
l'alcool, à la nuance incamaius de Saccardo. Tous ses éléments paraissent imprégnés 
d'un même pigment. 

Ses fibres, constituées comme celles de Darwinella australiensis, se ramifient 
moins et demeurent plus grêles; elles mesurent seulement 160 à 180 (/. à la base et 
3o p. au voisinage de leur extrémité. 

Ses spicules cornés sont presque tous des triacts purs à actines droites, pointues, 
presque égales, situées dans un même plan et comprenant entre elles des angles 
égaux. Ils atteignent une grande taille, leurs actines mesurant fréquemment de i mm ,i 
à i mm , 34 de longueur sur 40 à 5o (/. d'épaisseur à la base. Mais leur taille ne reste pas 



— 56 — 

uniforme comme chez Darwine lia anstraliensis . Depuis la publication de ma diagnose 
de D. simplex, j'ai pu constater que des triacts de toutes grandeurs (les plus petits 
avec des actines de i3o (/. seulement) se mêlent aux plus forts en proportion parfois 
considérable. La chair du spécimen recueilli aux Açores par la Princesse-Alice se 
montre ainsi pleine de triacts fort inégaux. La réunion des actines par leur base 
constitue un large plateau triangulaire au centre duquel les trois axes clairs des 
rayons opèrent leur jonction (PL ix, fig. 3 b). Jamais on n'observe en ce point ce 
petit tubercule, rudiment d'une quatrième actine que Carter (18, p. 202) signale 
comme généralement présent au centre des triacts de D. australiensis. Jamais non 
plus je n'ai rencontré de diacts ni de triacts ayant une actine très sensiblement plus 
courte que les deux autres. En revanche, j'ai trouvé, sans formes intermédiaires, 
dans la Darwinella des Açores des tétracts parfaitement conformés parmi les spicules 
de moyenne taille (PI. ix, fig. 3 a). Carter avait fait mention de tétracts complets dans 
son espèce; Lendenfeld, au contraire, nie leur existence (4©, p. 675 et 680). Sans 
doute faut-il admettre chez ces Eponges la possibilité de variations individuelles. A 
ma connaissance, Darjpinella simplex aurait pour spicules des triacts réguliers, iné- 
gaux, avec addition éventuelle de tétracts isoactinés. 

Cette espèce se distingue aisément de ses congénères de la Méditerranée {D. 
aurea Mûller et D. intermedia Topsent) ou de l'Atlantique (D. Joyeuxi Topsent). 



Famille APLYSILLID^E, Lendenfeld 
Genre Aplysilla, F.-E. Schulze 

Aplysilla sulfurea, F.-E. Schulze 

Campagne de 1895 : Stn. 568, profondeur 55o m . 
Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . 

L'alcool a, comme d'habitude, viré au violet la coloration naturelle jaune soufre 
de tous les spécimens recueillis. 

J'ai à plusieurs reprises observé sur des objets divers dragués aux Açores des 
Eponges encroûtantes, molles, rosées ou violacées dans l'alcool, à corbeilles vibra- 
tiles très grandes. Elles ressemblaient beaucoup à des Aplysilla, mais il m'a été impos- 
sible d'y trouver des fibres. C'est une de ces Eponges, une Aplysillide sans doute, 
qui recouvrait en partie ma Rhabderemia geniculata (34, p. 1 15, fig. 4 et 5); les cor- 
beilles figurées lui appartenaient en propre. 



^ 5 7 - 

Sous-Classe DEMOSPONGLE, Sollas 

I. Ordre TETRACTINELLIDA, Marshall 

I. Sous-Ordre Lithistida, Schmidt 

I. Tribu Trlenosa, Sollas 

Famille TETRA CLADID^, Zittel 

Genre Discodermia, du Bocage 

Discodermia ramifera, Topsent 
(PL vin, flg. 4) 

L'unique spécimen de cette Eponge obtenu par la Princesse-Alice au cours 
de ses campagnes dans la région des Açores (Stn. 882) forme, autour d'un débris de 
Polypier auquel adhèrent aussi des Bryozoaires et des Algues calcaires, une croûte 
peu épaisse et peu étendue, de coloration blanc jaunâtre. Sa surface est percée de 
pores visibles à la loupe, et, çà et là, d'oscules membraneux légèrement surélevés où 
convergent des canaux qui rampent sous l'ectosome. Il n'y a pas lieu de distinguer 
ici une face inhalante et une face exhalante, contrairement à ce qu'implique la 
diagnose donnée par Sollas du genre Discodermia. 

Le spécimen est encore intéressant en ce qu'il possède une consistance remar- 
quablement molle pour une Lithistide. La zygose entre ses desmas s'établit avec 
assez peu de solidité pour que l'ébullition sur une lame porte-objet la rompe aisément. 
Certains de ces mégasclères, en proportion assez élevée, affectent même l'aspect des 
desmas imparfaits de Theonella Swinhoei. L'état de la charpente squelettique rap- 
pelle, en un mot, celui qui a été décrit chez Discodermia dissoluta Schmidt, de la 
Barbade. Comme il n'est pas habituel chez Discodermia ramifera, on peut se deman- 
der s'il est constant ailleurs ou s'il ne dépend pas généralement d'aptitudes indivi- 
duelles. Quoiqu'il en soit à cet égard, la distinction entre Discodermia ramifera et 
D. dissoluta reste facile, grâce à l'existence, chez cette dernière, de discotriasnes cya- 
thiformes parmi les discotriœnes disciformes. 

En outre, de crainte que ce caractère ne parût pas à lui seul offrir toutes les 
garanties désirables, j'ai étudié avec soin les mégasclères diactinaux de Discodermia 
ramifera. Ce sont (PI. vin, fig. 4) des rhabdes longs, grêles (4^ de diamètre) et fragiles, 
à canal axial large et à extrémités renflées en une sorte de petite massue de contour 
irrégulier, souvent rejetée latéralement. Ceux de D. dissoluta, épais de 10 (/., sont, au 
contraire, déclarés par Sollas fréquemment raccourcis (frequently tornotate) et même 



— 58 — 

tronqués (or strongylate). Cela semble bien constituer une nouvelle différence entre 
les deux espèces. 

Quant aux microxes et aux microstrongyles, passant les uns aux autres, ils ne 
représentent en réalité qu'une catégorie unique de microsclères à peu près de mêmes 
dimensions et d'ornementation identique de part et d'autre. 

Discodermia ramifera a été draguée aux Açores par 3i8 m (1888, Stn. 247) et g8 m 
(1897, Stn. 882) de profondeur. 



Genre Racodiscula, Zittel 

Racodiscula clava, (Schmidt), Topsent 

Campagne de i8g5 : Stn. 597, profondeur 523 m . 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . — Stn. 899, profondeur 200 m . 

La présence en grande quantité de Thallophytes à leur surface communique 
parfois aux Racodiscula clava des colorations particulières. Ainsi, ceux des spécimens 
de la station 866 dont l'ectosome n'est pas détruit ont, dans l'alcool, une teinte brun 
noirâtre due à des Algues inférieures affectant la forme de courts chaînons d'articles 
cubiques ou presque arrondis, bourrés de chromoleucites brillants, et larges de 
o mm oo32. Ainsi encore, le spécimen de la station 899, complètement décoloré par 
l'alcool, attirait l'attention, au moment où il fut recueilli, par un riche coloris citrinus 
uniforme, noté par une aquarelle faite à bord sur le vif; et je le trouve recouvert de 
petites Algues, à thalle dissocié, rondes, claires, finement granuleuses, d'un dia- 
mètre de 5 p., souvent groupées par deux, c'est à dire sans doute en voie de segmen- 
tation. 

Les phyllotriœnes sont de grande taille, puisqu'ils mesurent 65o à 700 \j. de 
diamètre. Ces mégasclères ectosomiques empêchent toute confusion avec les autres 
Racodiscula. 

Les microxes épineux se montrent toujours, en proportion élevée, émoussés aux 
deux bouts, passant de la sorte à l'état de microstrongyles. 

Les spirasters semblent ne faire jamais défaut. 

En réunissant les données fournies par les dragages de 1' Hirondelle (Ï4, p. 49) 
et de la Princesse- Alice, on constate que l'espèce est commune dans la partie 
occidentale de l'archipel des Açores par des profondeurs variant entre 454™ et 8oo m 
et qu'elle existe même sur le Banc de la Princesse-Alice, par 200 m seulement. 



-5 9 - 

Famille CORALLISTID^E, Sollas 
Genre Gorallistes, Schmidt 

Corallistes noli tangere, Schmidt 

(PL ix, fig. il) 

Il n'existe dans toute la collection qu'un seul Corallistes, un magnifique spécimen 
acquis à Fayal par S. A. le Prince de Monaco. 

Je l'avais d'abord rapporté (34, p. 5 1) à l'espèce Corallistes Bowerbanki Johnson 
avec l'idée que le dichotriœne à clades tuberculeux observé par Sollas dans le spé- 
cimen du Challenger (65, p. 3og) indiquait chez cette Eponge une variabilité des 
triâmes. C'était, je crois, attribuer une importance exagérée à une rencontre peut-être 
fortuite. 

Les dichotriœnes offrent une particularité qui n'a encore été notée que chez 
Corallistes noli tangere Schmidt : leurs deutéroclades se terminent en un groupe 
ramifié de tubercules. 

A vrai dire, la description en trois lignes de C. noli tangere (53, p. 23) laisse ma 
nouvelle détermination un peu hésitante. Mais, à part C. Thomasi Sollas, (65, p. 307), 
du sud-ouest de la Nouvelle-Guinée, je ne connais pas d'autre Corallistes dont les 
dichotriœnes ornent de tubercules la face externe de leur cladome. Or, chez C. 
Thomasi, les clades des triâmes sont plus épais et plus coniques que dans l'Eponge de 
Fayal, leurs extrémités demeurent simples, leurs tubercules sont moins élevés; les 
spirasters, plus grandes, ont des actines lisses et pointues ; enfin, il y existe des stron- 
gylospires dont je n'ai pas trouvé trace. 

Corallistes noli tangere vit dans la région qui nous occupe : son existence a été 
signalée dans les eaux du Portugal et aux îles du Cap- Vert. C'est par erreur que 
Schmidt a déclaré que les tubercules se forment à la face inférieure du cladome de ses 
triasnes, puisque son dessin d'un dichotriœne vu de profil (5 3, pi. m, fig. 6) les montre 
situés du côté supérieur des clades. Il s'agit donc probablement de cette espèce. 

En tout cas, il y a lieu de décrire la spiculation du Corallistes de Fayal. 

Les dichotriœnes (PL ix, fig. 1 1 a, 1 1 £), tous de même conformation, ont un rhab- 
dome lisse, à extrémité presque toujours obtuse ou légèrement renflée, épais de 28 [/. 
à sa base, et de longueur variable, de 450 y. à i mm 2,le plus souvent de 700,1». à i mra . Leur 
cladome, horizontal, large en moyenne de 260 (/,, a des protoclades et des deutéro- 
clades d'épaisseur presque égale (18 à 20 p.). Les protoclades mesurent 45 à 5o p. de 
longueur et les deutéroclades 90 à 11 o [/.. Les uns et les autres portent sur leur face 
externe des tubercules épars, assez hauts (10 (/.), obtus, simples ou denticulés. Les 
extrémités des deutéroclades se divisent en un bouquet de tubercules. 



— 6o — 

Les desmas (PI. ix, fig. 1 1 c), à axe finement granuleux, ont des actines épaisses 
de 35 [x environ; ils se chargent de distance en distance de gros tubercules lisses le 
plus souvent composés. 

Les microsclères, de deux sortes, abondent. Des microxes linéaires, lisses, longs 
de 70 à 100 (a. Des spirasters petites (PI. ix, fig. 11 d), de ioài3|* de longueur, à 
actines épaisses, cylindriques ou légèrement tylotes, finement rugueuses; comme 
chez Corallistes Thomasi, leur forme varie beaucoup, se rapprochant tantôt du type 
amphiaster et tantôt du type métaster. 



Genre Macandrewia, J.-E. Gray 

Macandrewia azorica, J.-E Gray 
(PI. m, fig. 2 et PI. vin, fig. 1) 

V Hirondelle avait déjà retrouvé cette Eponge aux Açores dans deux de ses 
stations (94, p. Si). 

La Princesse-Alice l'y a de nouveau draguée à plusieurs reprises. Savoir : 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Entre Pico et Sâo Jorge. 

Campagne de 1896 : Stn. 654, profondeur 1495™. Près l'île Santa Maria. — 
Stn. 683, profondeur i55o m . Au sud de Pico. — Stn. 703, profondeur i36o m . Près de 
Flores. 

Campagne de 1897 : Stn. 909, profondeur i478 m . Au nord de Graciosa. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Entre Pico et Sâo Jorge. 

Elle y est donc très répandue et relativement commune. Les spécimens obtenus 
en bon état en sont cependant peu nombreux. 

Elle tend habituellement à se développer en une coupe pédonculée, mais tous 
les individus n'affectent pas cette forme typique. Certains, parmi les plus petits, se 
montrent claviformes, grossièrement lobés au sommet. D'autre part, la coupe, bien 
ouverte, peut se diviser par des entailles profondes (PL m, fig. 2) et ses lobes 
peuvent se replier en dessous ou s'enrouler en oublie. 

Les caractères de la spiculation empêchent toute méprise en présence de ces 
variations morphologiques. 

Les desmas opèrent leur zygose au moyen de tubercules coniques, souvent 
allongés (PI. vin, fig. 1 c, 1 d)). 

Les phyllotrieenes atteignent une grande taille et se font remarquer par leurs 
clades richement ramifiés à rameaux eux-mêmes très découpés (PI. vin, fig. 1 a, 1 bj. 
La longueur de leur rhabdome varie entre i5o et 170^., celle de leurs clades entre 
i3o et 180 ;x et plus. 

J'ai pu m 'assurer que les desmas, pour la plupart purement monocrépides, ont 
parfois, comme chez Macandrewia clavatella (65, p. 341), un axe à quatre rayons, 



— 61 — 

dont l'un toujours bien plus long que les autres. C'est un nouvel exemple de transi- 
tion du desma monocrépide au desma tétracrépide. 

Sur les spécimens morts et réduits à la charpente choanosomique, les pores 
apparaissent comme de petites perforations nombreuses mais solitaires de la face 
externe ; d'autres perforations, aussi étroites mais réunies en groupes étoiles, repré- 
sentent les oscules sur la face interne. 

Plusieurs beaux individus, les uns macérés, les autres encore revêtus de leur 
ectosome, m'ont offert une particularité intéressante : des galeries cylindriques à 
trajet sinueux, à parois unies autant que le permet la section d'une multitude de 
canaux aquifères, et d'un diamètre de 6 mm à 7"™, les minent suivant leur épaisseur. 
Je n'ai malheureusement pas trouvé en place l'être capable de se creuser de telles 
retraites. On sait que certains Nudibranches et certaines Annélides broutent sans 
peine des Eponges siliceuses relativement molles comme les Halichondria; il en peut 
exister d'assez puissants pour entamer et façonner de la sorte la charpente des Macan- 
drejpia. 

Les profondeurs par lesquelles Macandrejvia a\orica a été recueillie aux Açores 
varient entre 454™ et i55o m . 



Macandrewia rotrasta, n. sp. 
(PL m, fig. 8 et 9; PL iv, fig. 4; PL vm, fig. 2) 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur n65 m . 

Des quatre spécimens obtenus, deux étaient morts et presque entièrement 
dépouillés de leur squelette ectosomique; les deux autres, encore vivants, avaient 
une coloration jaunâtre qui fut sur le champ notée par des aquarelles. 

Ils ont été nettement détachés de leur support par l'engin. La base de l'un d'eux 
(PL iv, fig. 4) s'étend à son pourtour en une lame mince à contours irréguliers. La 
surface d'insertion des autres est, au contraire, fort restreinte. 

Ce sont des Eponges très dures, de forme toute simple, dressées, plus ou moins 
renflées vers le haut, comme pédicellées mais avec un pédicelle fort épais, très bref 
ou même à peine distinct. Le plateau supérieur est bombé ou, dans un cas (PI. m, 
fig. 8), légèrement déprimé. Il porte les proctions, légèrement surélevés, auxquels 
aboutissent par petits groupes les canaux exhalants (PI. iv, fig. 4). Il est en outre par- 
couru par des canaux superficiels dont l'empreinte se reconnaît à la surface des spéci- 
mens réduits au squelette choanosomique. Les stomions se localisent sur les flancs 
du corps. 

Des tubercules obtus, gros et courts (PI. vm, fig. 2 e) établissent entre les desmas 
une zygose extrêmement solide. L'épirhabde et les protoclades de ces mégasclères 
monocrépides sont lisses et robustes, avec un diamètre d'environ 40 |a, 

Les phyllotriaenes (PI. vm, fig. 2<2-2çJ, de grande taille, ont des clades peu 



— 62 — 

ramifiés mais à bords très découpés. Leur rhabdome, conique, épais de 28 à 33 (/. à 
la base, mesure 100 à 140 a de longueur. Leurs clades, bien développés, atteignent 
de i65 à 23o t u. 

Les oxes, fusiformes, doucement courbés, sont longs de 33o à 400 ja, épais de 8 
à 12 [a au centre. 

Les microxes, lisses, arqués aux deux bouts et renflés dans toute leur portion 
moyenne, varient entre 20 et 60 y. de longueur, entre 4 et jp. d'épaisseur. 

Macandrewia robusta se distingue aisément de M. a\orica par ses caractères 
extérieurs, par la forme des tubercules de ses desmas, par la moindre complication 
des clades de ses phyllotriaenes et par les dimensions de ses oxes. 

Elle se rapproche bien davantage sous tous ces rapports de Macandrewia clava- 
tella Schmidt; mais sa forme trapue, la puissance de ses desmas, les découpures de 
ses phyllotriaenes m'empêchent de l'identifier à elle. 

Macandrewia ramosa, n. sp. 

(PI. m, fig. i3 et PL vin, fig. 3) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Six spécimens en ont été 
recueillis, fixés sur des débris de divers Polypiers. 

De leur base, encroûtante et plus ou moins étendue, s'élèvent deux ou trois troncs 
assez grêles, subcylindriques, parfois tortueux, qui, supérieurement, se divisent en 
des rameaux courts et obtus. 

Au sommet des rameaux, un plateau ou bien une crête porte les proctions nom- 
breux et légèrement surélevés. Les stomions criblent, assez serrés, tout le reste du 
corps. 

Diamètre des proctions, o mm 5; des stomions, 140 [*. 

Ces orifices se tendent les uns et les autres, comme d'ordinaire chez les Macan- 
drewia, d'une membrane chargée de microxes qui s'orientent radialement. Dans le 
cas des stomions, elle se soulève et figure une sorte de cratère. 

Les phyllotriaenes (PI. vm, fig. 3a-3dJ qui, à eux seuls, suffiraient à caractériser 
l'espèce, sont notablement plus petits que ceux des Macandrewia connues et s'en 
distinguent par la configuration de leur cladome. Leurs clades, longs seulement de 
80 à 120 p., sont larges, foliacés, minces, assez grossièrement découpés, et, d'habitude, 
longuement concrescents entre eux. Leur- rhabdome, conique, n'atteint pas plus de 
75 [j. de longueur sur i3 p d'épaisseur à son origine. 

La zygose entre les desmas s'établit ici encore à l'aide de tubercules arrondis 
(PI. vm, fig. 3fJ. 

Les oxes, fusiformes, ne mesurent que 200 à 3oo\i. sur 5 à 6. 

Les microxes (PI. vm, fig. 3 g), pareils à ceux des Eponges du même genre, c'est- 
à-dire lisses, un peu arqués, peu acérés, renflés doucement dans toute leur portion 
moyenne, varient pour la plupart entre 5o et 65 [a sur 4 à 5. 



— 63 — 

II. Tribu Rhabdosa, Sollas 

Famille CLADOPELTID^E, Sollas 

Genre Siphonidium, Schmidt 

Siphonidium ramosum, Schmidt 
(PL iv, fig. 9 et PI. vm, fig. 5) 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 793™. — Stn. 597, profondeur 523 m . 
— Stn. 600, profondeur 349™. 

Campagne de 1902 : Stn. 1367, profondeur 563 m . 

Recueillie ainsi à diverses reprises dans la partie centrale de l'archipel des Açores 
(v. aussi 14, p. 52), cette Lithistide paraît y être commune, particulièrement autour 
de l'île Pico. 

J'en ai fait figurer (PI. iv, fig. 9) l'un des plus beaux spécimens obtenus, et, pour 
confirmer la distinction établie par Sollas («5, p. 3 18) entre elle et Siphonidium capi- 
tatum, j'en dessine par fragments des mégasclères monaxiaux (PI. vm, fig. 5). 

Les spicules de cette sorte, qui mesurent ici o mm 8 à i mm sur 4 à 6p. au centre, 
sont remarquables, en effet, par un renflement nodal de leur tige, situé assez loin de 
son milieu, et par la dilatation elliptique, très accusée et finement granuleuse, de leur 
extrémité distale. Leur portion proximale, toujours plus mince, est le plus souvent 
tronquée à sa terminaison mais parfois aussi s'y renfle quelque peu. 

Siphonidium ramosum a été dragué, aux Açores, par des profondeurs comprises 
entre 349 111 et 793 m . 

III. Tribu Anoplia, Sollas 

Famille AZORICID^E, Sollas 

Genre Azorica, Carter 

Azorica Pfeifferae, Carter 

(PL vm, fig. 7, et PL xvm, fig. i et' n) 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Dix spécimens ou fragments. 
Cette Eponge a été rencontrée sur la côte du Portugal, à Madère, aux îles du 
Cap-Vert, au large des Bermudes et jusqu'à Amboine (65, p. 320). 

J'ai fait figurer ailleurs (V4L, pi. 1, fig. 11) l'unique spécimen obtenu, à l'est de 



-6 4 - 

Graciosa, par Y Hirondelle en 1888. Il est entier et affecte la forme d'une plaque 
capricieusement plissée, sans autre support que deux ou trois petites pierres 
enchâssées dans ses bords par dessous. Sa face supérieure porte de très nombreux 
proctions marginés, de o mm , 6 à o mm , 8 de diamètre. L'inférieure se crible de stomions 
larges à peine de o mra , 25. 

La belle coloration bleue dont il jouissait au sortir de l'engin ne me paraît pas 
lui avoir appartenu en propre. Je l'attribue plus volontiers à des Thallophytes établis 
à sa surface, soit à des Bactériacées, soit plutôt à une Algue à cellules rondes qui s'y 
étend en nappe mince presque partout. 

Sa spiculation comprend des oxes, non pas localisés vers ses bords mais, contrai 
rement à ce que Carter a observé, présents sur toute l'étendue de ses deux faces et en 
rapport avec ses orifices aquifères, qu'ils semblent protéger. Ils peuvent acquérir 
une assez grande longueur (o mm , 7 et plus) mais demeurent tous d'une gracilité remar- 
quable (o mm , 001 5 à o mm , oo3 d'épaisseur) et, par suite, manquent de rigidité. 

Les spécimens recueillis par la Princesse-Alice entre Pico et Sâo Jorge sont 
bruns. Us ont été péchés déjà morts et plus ou moins roulés. Cela explique sans doute 
l'absence totale d'oxes constatée chez eux. Les dimensions, le nombre et la forme de 
leurs proctions peuvent varier beaucoup d'un spécimen à l'autre, comme en témoi- 
gnent, Planche xvm, les figures 1 et 1 1 . Ces variations se manifestent d'ailleurs sans 
qu'on puisse, malgré les efforts de Sollas, établir un rapport entre elles et l'épaisseur 
relative des plaques : le spécimen de la figure 1, par exemple, à proctions grands et 
marginés, est plus mince (3 mm , 5 à 4 mm ) que celui de la figure 11, qui mesure 4 mm , 5 à 
5 mm d'épaisseur et qui se perce de proctions petits, et il s'en trouve un autre, bien 
plus mince (2 mm , 5) avec des orifices presque aussi larges. Sur la face inhalante, les 
stomions se montrent toujours très fins et très nombreux. 

La figure 7, Planche vm, est destinée à montrer les tubercules caractéristiques 
des desmas et à compléter la description donnée par Carter de A\orica Pfeifferœ 
(9, p. 466). 

Genre Petromica, Topsent 

A^oricidœ massives, en forme de cônes dressés, à surface conuleuse, à pores 
dispersés, àoscules membraneux, à ectosome développé aspiculeux, à desmas peu 
ornés et faiblement reliés entre eux. 



Petromica Grimaldii, Topsent 
(PL v, fig. 2-4 et PI. vm, fig. 6) 

Cette intéressante Lithistide est commune dans la région des Açores. Le yacht 
Princesse-Alice en a recueilli près de cinquante spécimens dans diverses localités : 



— 65 — 

auprès de Terceira (Stn. 587, par 597™ et Stn. 866, par 5g9 m ), deux spécimens ; dans le 
détroit entre Pico et Sâo Jorge (Stn. 600, par 349 m ), une douzaine de spécimens; sur 
le Banc de la Princesse-Alice (Stn. 89g, par 200 m ), une trentaine de spécimens. 

En l'absence de microsclères comme de mégasclères propres à l'ectosome, on 
voit d'abord qu'on a affaire à une Anoplia. Ses desmas monocrépides et ses oxes 
marquent sa place dans la famille des Açoricidœ; mais elle se distingue de tous les 
genres d'Azoricides qu'admet Sollas à la fois par ses caractères extérieurs, par sa 
structure et par les détails de sa spiculation. 

Petromica Grimaldii est une Eponge massive, mais non point informe. De 
quelque lieu qu'ils proviennent, tous les spécimens ont même faciès : larges à la base, 
ils vont s'amincissant vers le haut; ce sont des cônes dressés tout droit sur le support, 
tantôt plus trapus, tantôt plus élancés. 

Leurs dimensions varient beaucoup. Les plus grands dépassent quatre centimè- 
tres de hauteur et trois centimètres de diamètre; les plus petits ont à peu près la 
grosseur d'une noisette. 

Plusieurs ont pour base un petit caillou roulé. La plupart ont été détachés de leur 
support par l'engin, mais la déchirure s'est faite franchement et leur partie inférieure 
se montre plane ou même un peu arrondie. 

La couleur, dans l'alcool, est toujours blanchâtre. 

La surface, lorsqu'elle est intacte, se hérisse de conules raides et pointus, hauts 
de o mm 5 à i mm , distants de i mm ,5 à 2 mm . 

Entre leurs bases, l'ectosome s'étend, sous forme d'une membrane aspiculeuse, 
translucide. Il recouvre ordinairement un seul pore, rarement deux ou trois, dans 
chaque maille du réseau conuleux. Ces orifices, assez grands, inégaux (o mm 5 à i mm de 
diamètre) et de contours irréguliers, se percent ainsi sur tout le pourtour du corps. 
Cependant, en plusieurs endroits, la surface se creuse aussi de vallées longitudinales 
profondes sur lesquelles passe, très mince, la membrane ectosomique. Cela constitue 
autant de larges canaux exhalants, superficiels. Naissant à une distance variable de 
la base, ils s'élèvent jusqu'au voisinage du sommet pour s'ouvrir, tantôt séparément, 
tantôt après s'être fusionnés, par des orifices à bords membraneux, qui représen- 
tent par conséquent les oscules. 

L'intérieur de l'Eponge est compact à partir d'une certaine profondeur et ne con- 
tient plus de ces grands canaux aquifères. 

Avant d'examiner ses spicules au microscope, il est impossible de prendre Petro- 
mica Grimaldii pour une Lithistide. Elle offre un aspect tout différent de celui que 
revêtent d'habitude les Eponges de ce groupe; elle possède en outre une consistance 
toute particulière. On dirait plutôt quelque Monaxonide. Elle se laisse tailler au 
scalpel, déchirer à la pince, tout à fait comme une Halichondria, une Dendoryx, un 
Desmacidon, par exemple. L'illusion est complète. L'examen de ses desmas et l'étude 
de leur mode d'union nous fournissent l'explication de sa fragilité; en même temps, 
ils nous permettent de déclarer P. Grimaldii un peu plus ferme quand même que 
plusieurs autres Lithistides également remarquables sous ce rapport, Neopelta 



— 66 — 

perfecta Schm., dont les desmas présentent des points de zygose moins différenciés, 
Discodermia dissoluta Schm., à desmas sans zygose du tout, enfin Kaliapsis permollis 
Tops., dont les desmas ne se touchent même pas entre eux. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Desmas monocrépides (PI. vm, fig. 6), de forme 
très irrégulière, généralement ramifiés dans tous les sens. Leurs branches sont lon- 
gues, épaisses (45 [* en moyenne) et lisses; elles ne produisent qu'un petit nombre de 
ramuscules, courts et grêles (1 5 à 18 [a d'épaisseur), dont la terminaison s'orne de petits 
tubercules coniques non pointus. Le canal axial du desma se montre dans l'une des 
branches principales comme un filet simple, assez court et plutôt mal marqué. La 
zygose s'établit seulement par l'extrémité d'un petit nombre de branches de chaque 
desma; ces extrémités zygiales tantôt s'aplatissent et tantôt s'incurvent en cuilleron; 
souvent lisses, elles portent fréquemment sur leurs bords des sortes de denticules, 
correspondant de toute évidence aux tubercules de ramuscules qui auraient dû se 
développer à leur place. La longueur et la simplicité des branches, le petit nombre 
des extrémités zygiales de chaque desma et la faiblesse de l'engrenage aux points de 
contact, tout contribue à ne donner à la charpente squelettique qu'un minimum de 
solidité. Aussi l'ébullition d'un fragment de Petromica dans l'acide azotique amène-t- 
elle une assez prompte dissociation de ses spicules. 

Les desmas ne prennent pas part à la constitution des conules; ils s'arrêtent, en 
général, au niveau des pores. 

2. Oxes lisses, fusiformes, légèrement courbés, à pointes graduellement effilées. 
De dimensions variables, ils atteignent i mm de longueur sur 25 jj. d'épaisseur au centre. 
On les trouve par tout le corps, dispersés dans les membranes. Ce sont eux qui for- 
ment l'axe des conules, mais, pour cette fonction spéciale, ils subissent une intéres- 
sante modification : l'une de leurs pointes s'atrophie et ils se transforment en styles 
purs ou fusiformes, c'est-à-dire complètement ou par à peu près. Ils se disposent 
dans ces éminences superficielles par faisceaux longitudinaux et tournent constam- 
ment vers le haut leur pointe acérée. Pas de microsclères. 



II. Sous-Ordre Choristida, Sollas 

I. Tribu Astrophora, Sollas 

Famille GEODIIDyE, Gray 

Genre Isops, Sollas 

Isops pacliydermata, Sollas 

(PL vm, fig. 8) 

Cette Eponge a été recueillie, pour la troisième fois aux Açores, parlaPRJNCESSE- 
ALiCEà l'est de Sâo Miguel (Stn. 553, profondeur i385 m ). 



-6 7 - 
Je donne (PI. vin, fig. 8) quelques dessins de ses microsclères en attirant l'atten- 
tion sur les différences de taille et d'ornementation que présentent les sterrasters de 
deux spécimens de provenance différente. 

Les profondeurs par lesquelles Isojps pachydermata a été obtenu dans les eaux 
des Açores varient entre 454™ et 1 385 m . 

Genre Geodia, Lamarck 

Geodia cydonium, (O.-F. Mùller) Lendenfeld 

Eponge communiquée par M. le commandant F.-A. Chaves, de Sâo Miguel. 

Geodia eosaster, (Sollas) Topsent 
(PI. iv, fig. 7 et PI. ix, fig. 5) 

La Géodiide que les dragages de S.A. le Prince de Monaco ont le plus souvent 
recueillie aux Açores est celle dont six spécimens ont été figurés en 1892 (34L, pi. v, 
fig. 9 a-fj sous le nom de Isops globus (Schmidt) et dont deux autres, de la campagne 
de 1897, sont lcl dessinés en grandeur naturelle (PI. iv, fig. 7). 

Les indications de provenance de tous les échantillons de cette Eponge obtenus 
dans la région qui nous occupe sont les suivantes : 

Campagne de 1888 : Stn. 198, profondeur 8oo m . Un individu. — Stn. 234, pro- 
fondeur 454 m . Dix-sept individus. 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845™. Deux individus. — Stn. 600, 
profondeur 349 m . Quatre individus. 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur 98 111 . Deux individus. — Stn. 899, 
profondeur 200 m . Sept individus. 

Cette Géodiide se présente ordinairement sous la forme sphérique, soit libre, soit 
attachée à de petites pierres ou à d'autres Eponges. Parfois, elle se revêt, à la façon 
de Geodia glariosa (Sollas), de corps étrangers les plus divers; mais le plus souvent 
elle reste nue. Sa surface est alors complètement lisse ou bien elle peut porter des 
excroissances verruqueuses très fermes telles que Sollas en a signalé chez sa Geodia 
eosaster. Ces verrues ont peut-être la signification de bourgeons caducs. Des conules 
qu'il n'est pas rare d'observer aussi de place en place sur certains individus Ç9&, 
pi. v, fig. gfj marqueraient autant de bourgeons détachés ou en préparation. 

L'écorce, épaisse et solide, se perce dans toute son étendue de chones inhalants 
visibles comme des points sombres à travers l'ectochrote. Les proctions, un peu plus 
larges et béants, se groupent vers la base ou sur les flancs du corps, dans une aire 
généralement protégée par des mégasclères saillants. La disposition et la structure 
des orifices aquifères sont, en somme, celles d'un Cydonium typique, au sens ou 
l'entendait Sollas. 



— 68 — 

Par sa forme habituelle, la Géodiide en question fait penser de suite à la Geodia 
globus (Schmidt) des côtes du Portugal, que Vosmaer a cru pouvoir rapporter au 
genre Isops. Je lui ai d'abord appliqué ce nom (7 4L, p. 48), mais, tout bien considéré, 
l'espèce de Schmidt est méconnaissable au peu qu'en a dit son auteur et ne mérite 
pas d'être retenue. 

L'espèce à laquelle notre Eponge me paraît se rapporter le mieux est celle que 
Sollas a décrite sous le nom de Cydonium eosaster (65, p. 225), et que, par suite de 
la suppression du genre Cydonium, il convient d'appeler désormais Geodia eosaster. 
Il est vrai que les deux spécimens d'après lesquels elle est connue provenaient d'une 
localité bien lointaine (Port-Jackson), mais il n'existe entre eux et les spécimens des 
Açores que des différences légères, à peine suffisantes pour caractériser deux variétés 
d'une même espèce. 

De part et d'autre, on trouve des oxes principaux, des oxes corticaux, des 
dichotriœnes, protriœnes et anatriœnes, des sterrasters à ornementation banale, des 
sphérochiasters de l'ectochrote, des sphérasters subcorticales et des oxyasters choa- 
nosomiques. 

Les différences consistent en ce que, chez nos individus, les dichotriœnes ont des 
protoclades plus longs que les deutéroclades (PL ix, fig. 5 a) et que les actines des 
oxyasters se montrent d'ordinaire finement épineuses. Il y a lieu aussi de tenir 
compte des variations individuelles, si fréquentes, comme on le sait, dans la spicula- 
tion des Geodiidœ. Ainsi, les oxes corticaux sont parfois absents ; les dichotriœnes se 
mélangent souvent d'orthotriœnes, en proportion faible mais qui pourrait, à l'occa- 
sion, augmenter d'importance; les sterrasters sont tantôt ellipsoïdes et tantôt subs- 
phériques; les sphérasters deviennent rares dans certains cas, et, dans d'autres, 
prédominent sur les sphérochiasters. 

Estimant que l'étude de ces variations est nécessaire à la connaissance de toute 
Géodiide, je note ici celles que j'ai relevées chez cinq individus de provenances 
diverses : 

Stn. 899. Le spécimen le plus gros (PI. iv, fig. 7). Quelques orthotriœnes accom- 
pagnent les dichotriœnes. Pas d'oxes corticaux. Sterrasters elliptiques de o,3 p. sur 75. 
Sphérochiasters abondantes et uniformes, mesurant 8 à 10 p.. Sphérasters nombreuses 
de 19 à 23p.de diamètre. Oxyasters choanosomiques à actines épineuses, longues de 
i5 à 17 p.. 

Stn. 899. Un spécimen de petite taille. Quelques orthotriœnes parmi les dicho- 
triœnes. Pas d'oxes corticaux. Sterrasters elliptiques de 80 p. sur 63. Sphérochiasters 
de l'ectochrote uniformes, d'un diamètre de 7 à 8 p.. Les sphérasters font défaut. 
Oxyasters choanosomiques à actines épineuses, longues de i5 à 17p.. 

Stn. 882. Un spécimen revêtu de corps étrangers. Quelques orthotriœnes parmi 
les dichotriœnes. Oxes corticaux de 25o p. de longueur. Sterrasters subsphériques, 
mesurant 68 p. sur 60, 63 p. sur 58 p.. Sphérochiasters de 8 à i3 p. de diamètre, de 
forme un peu variable, les plus grosses passant à des sphéroxyasters à actines 



-6 9 - 

coniques courtes comparables à la figure d'aster somale de Geodia echinastrella 
(PI. ix, fig. 4 bj. Sphérasters subcorticales assez peu nombreuses, de 20 p. de diamètre. 
Oxyasters choanosomiques à actines finement épineuses, longues de 12 à 14 p. 

Stn. 198. Un spécimen, pris d'abord pour une Geodia nodastrella Carter (SfJ=, 
p. 48). Oxes corticaux présents, longs de 25o \j.. Sterrasters elliptiques, de 1 16 \j. sur 87. 
Sphérochiasters de 4 à i3 p. de diamètre, de forme assez variable, les plus grosses 
devenant des sphéroxyasters à âctines coniques épaisses et courtes. Sphérasters 
nombreuses, de 20 p de diamètre. Oxyasters du choanosome à actines finement 
épineuses, longues de 10 à 12 \l. 

Stn. 882. Un spécimen à écorce plus mince que d'habitude et souple. Sterrasters 
remarquablement petites, souvent mal développées, mesurant 5o y. sur 45, 48 p. sur 
40. Sphérochiasters rares, très petites (5 p. de diamètre) et suppléées par les sphé- 
rasters, très abondantes mais bien plus petites que d'ordinaire (5 à 10 [*). Oxyasters 
du choanosome à actines plus nombreuses que dans les autres spécimens, plus grêles 
et lisses, longues de 1 1 p. seulement. Ce spécimen est évidemment monstrueux, 
débile à tous égards. Il ne peut malgré tout être pris pour une Geodia nodastrella 
puisqu'il possède, quoique rares, des sphérochiasters de l'ectochrote, puisque ses 
sphérasters ont des actines tronquées mais bien dégagées, enfin puisque ses oxyasters, 
de 22 p. de diamètre, atteignent une taille relativement élevée. 

On le voit, d'une manière générale, les dimensions des spicules de notre Géodiide 
correspondent assez bien avec celles des spécimens types de Geodia eosaster. Seules, 
les sterrasters sont le plus souvent un peu trop grandes; encore les trouve-t-on 
conformes à la description de Sollas dans le spécimen normal de la station 882. 

Il est une autre Géodiide d'habitat également lointain (le golfe de Manaar, d'après 
Carter, et la côte nord-est de l'Australie, d'après Ridley) à laquelle la nôtre ressemble 
beaucoup; je veux parler de Geodia globostellifera Carter, dont Sollas a, du reste, 
fait remarquer les affinités étroites avec sa Geodia eosaster. Les dimensions de ses 
microsclères concordent assez bien aussi avec celles des mêmes spicules des Geodia 
des Açores. Les dichotriaenes y sont remplacés par des orthotriames, mais cette 
différence n'est, d'après les observations précédentes, nullement capitale. Ce qui me 
porte à prendre de préférence pour des Geodia eosaster les Eponges delà collection, 
ce sont les détails que Sollas a fournis au sujet des sphérochiasters et des sphérasters 
des spécimens de Port-Jackson. Les premières sont décrites avec un centrum ordi- 
nairement bien marqué, avec des actines tronquées ou, à l'occasion, pointues, et les 
secondes avec un gros centrum couvert d'actines souvent épanouies à leur extrémité 
de manière à rappeler les actines des sterrasters. Ces détails, qui, à en juger d'après 
les dessins de Carter et de Ridley, ne paraissent pas s'appliquer aux microsclères 
correspondants de Geodia globostellifera conviennent, au contraire, absolument à 
ceux de nos Geodia. 

Les profondeurs, très variables, par lesquelles Geodia eosaster a été draguée aux 
Açores, sont comprises entre 98 et 845 m . 



— 7 o — 



Geodia echinastrella, n. sp. 

[PI. ix, fig. 4) 

Campagne de 1888 : Stn. 247, profondeur 3i8 m . Trois spécimens. 

Ecorce épaisse, solide, généralement lisse. 

Oxes. Orthotriœnes. 

Sterrasters sphériques, petites (47 a 5o \j. de diamètre), bien développées, à orne- 
mentation ordinaire. 

Sphéroxyasters ectosomiques, abondantes, uniformes, à actines nombreuses, 
coniques, épaisses; diamètre i5 à 18 y.. 

Oxyasters choanosomiques, à actines lisses, longues, grêles, pointues, assez 
nombreuses ; diamètre 22 à 26 (/.. 

Peut-être ces Eponges représentent-elles encore une variante de l'espèce précé- 
dente, remarquable, d'une part, par la suppression des sphérasters subcorticales et 
leur remplacement parles sphérochiasters de l'ectochrote complètement transformées 
en sphéroxyasters et grossies (variations^ observées partiellement chez des Geodia 
eosaster des stations 899 et 882), et, d'autre part, par la faiblesse des sterrasters et des 
oxyasters (faiblesse notée sur le spécimen monstrueux de la station 882). Cependant, 
toutes les sortes de spicules de l'espèce typique se trouveraient, chez elles, modifiées 
en même temps et nous ne connaissons pas assez d'exemples intermédiaires pour 
admettre dès maintenant une telle supposition. 



Geodia spherastrella, n. sp. 
(PI. ix, fig. 6) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5gg m . Un spécimen. 

Fragment d'Epongé blanche, irrégulière, encroûtée de petites pierres. Ecorce 
lisse, dure, sans orifices visibles. 

Oxes. Orthotriaenes. 

Sphérasters ellipsoïdes, grandes (1 10 [/. sur 90), à ornementation habituelle. 

Sphérochiasters de l'ectochrote, très nombreuses, de taille uniforme (diamètre, 
14 à 16 p.), à actines courtes, souvent élargies au bout comme les actines des ster- 
rasters. 

Sphéroxyasters du choanosome, uniformes, de 25 jx de diamètre, à actines nom- 
breuses, coniques, épineuses vers l'extrémité. 

Ici aussi, il existe dans l'ectochrote des asters d'une seule sorte, rappelant assez 
les sphérasters de Geodia eosaster mais moins grosses. Faut-il admettre que les deux 
sortes d'asters superficielles de cette dernière espèce sont, dans le cas présent, par 
suite d'une variation individuelle, remplacées par quelque chose de mixte? Le 



— 7 I — 

spécimen anormal de G. eosaster de la station 882 conduirait à le supposer, mais 
les oxyasters choanosomiques sont, cette fois, d'une forme bien spéciale. 

Il ne semble pas non plus qu'il s'agisse de Geodia nodastrella Carter; ni la confi- 
guration ni les dimensions des asters somale et choanosomale n'autorisent un rappro- 
chement de ce côté. 

Le mieux, pour la commodité même des comparaisons ultérieures, est, en défi- 
nitive, de désigner d'un nom particulier cette Géodiide à spiculation différente de ce 
que l'on connaît à présent. 



Genre Erylus, J.-E. Gray 

Erylus mnnmulifer, Topsent 

(PI. ix, fig. 7) 

Campagne de i8g5 : Stn. 616, profondeur 1022™. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5gg ra . — Stn. 899, profondeur 20o m . 

L'une des principales difficultés auxquelles on se heurte dans l'étude des Geodiidœ 
réside dans la fréquente variabilité de la spiculation de la plupart de ces Eponges. 
Chez elles, de même que chez les Sanidasterina CStryphnus, AncorinaJ, le type des 
triœnes peut être assez inconstant : ainsi, certaines Geodia conchilega possèdent 
seulement des orthotriaenes, d'autres seulement des dichotriasnes (S», p. 326). La 
taille moyenne des sterrasters présente parfois d'un individu à l'autre des différences 
assez sensibles, comme on en constate, par exemple, chez Geodia cydonium (99, 
p. 33o), chez Isops pachydermata (PI. vin, fig. 8). Enfin, les euasters présentes, 
auxquelles on attribue tant d'importance pour la détermination des espèces, manquent 
trop souvent de fixité. 

Ici, plus peut-être que dans certains autres groupes de Spongiaires, il est désirable 
pour faire connaître chaque espèce d'une manière satisfaisante, d'en avoir à sa 
disposition plusieurs spécimens de provenances diverses. 

Erylus nummulifer , rencontré aux Açores en des points assez éloignés les uns 
des autres et par des profondeurs inégales, nous offre précisément des exemples 
intéressants d'une spiculation changeante. 

Ordinairement, cette spiculation se compose des éléments suivants, qui, par 
chance, existaient dans le spécimen type (34, p. 47 et pi. vin, fig. 5) : des oxes 
robustes, fusiformes, à pointes obtuses; des dichotriaenes; des sterrasters grandes et 
aplaties, à actines libres très petites ; des oxyasters lisses à actines peu nombreuses et 
fortes; des oxyasters lisses à actines au contraire très nombreuses et grêles; enfin, des 
microstrongyles centrotylotes. 

Les dichotriœnes, parfois très rares., sont d'habitude clairsemés. Leur taille varie 
beaucoup, comme aussi la longueur relative de leurs protoclades et deutéroclades 
(PI. ix, fig. 7 aj. On les trouve assez souvent mal formés. 



— 7 2 — 

Les sterrasters, bien développées, sont couvertes d'ornements polygonaux très 
petits mais très nombreux, correspondant à autant d'actines libres (PI. ix, fig. 7 ij. 
Dans un état atrophique assez fréquent parmi le choanosome de certains individus, 
elles apparaissent sous forme de disques minces, transparents, laciniés au bord et 
marqués, du centre à la périphérie, de fines stries radiales (PL ix, fig. jjj. Leur confi- 
guration générale est souvent plus ovale que dans le spécimen type. Leurs dimensions, 
enfin, sont sujettes à des variations individuelles. 

J'ai retrouvé la spiculation complète dans le spécimen de la station 866. Toutefois, 
les sterrasters s'y font remarquer par l'irrégularité de leur contour (PL ix, fig. 7 dj. 

Les deux spécimens de la station 899 s'écartent du type en ce qu'ils possèdent 
des oxyasters d'une seule sorte, celles à actines faibles et nombreuses. Après de longs 
efforts, en effet, je n'ai réussi à y découvrir qu'une seule oxyaster à actines robustes. 

Quant au spécimen de la station 6 16, il est encore plus intéressant. Ses sterrasters 
sont plus grandes que de coutume (PL ix, fig. 7 ej; elles mesurent de 290^. de longueur 
sur 200 [x de largeur à 3 10 p. de longueur sur 175 [/. de largeur, et environ 5o ^ d'épais- 
seur au centre. Ses microstrongyles sont aussi plus longs (80 à 90 (/.) et moins nettement 
centrotylotes. Enfin, les oxyasters à actines faibles et nombreuses lui font absolument 
défaut, et celles à actines peu nombreuses et robustes s'y transforment toutes soit en 
des microxes centrotylotes longs de 180 à 23o (a (PL ix, fig. 7 gj, soit en des sortes de 
toxes (PL ix, fig. 7 h) pareils à ceux qui, chez Isops apiarium (Schmidt), représentent 
également des oxyasters réduites (65, pi. xliii, fig. 10). 

L'Eponge est massive, globuleuse. Son écorce, lisse, plutôt mince, souple, facile- 
ment déchirable, se perce partout de stomions visibles à l'œil nu, entourés d'un 
bourrelet blanchâtre, et porte, dans les points culminants, un assez grand nombre de 
proctions inégaux, marginés et surélevés. La chair est habituellement jaunâtre ou 
fauve clair. 

J'ai décrit, de la Méditerranée, sous le nom de Erylus stellifer (99, p. 3i5), une 
espèce, commune à Banyuls et à La Calle, qui se rapproche beaucoup de E. nummu- 
lifer mais qui s'en distingue absolument par ses microsclères : ses sterrasters sont 
toujours beaucoup plus petites et plus plates; ses deux sortes d'oxyasters atteignent 
constamment aussi des dimensions bien moindres et présentent des actines beaucoup 
plus minces dès leur base. 

Erylus nummulifer paraît être commun aux Açores. Il y a été dragué par des 
profondeurs comprises entre 200 m (Banc de la Princesse- Alice) et io22 m . 



Erylus granularis, n. sp. 
(PI. ix, fig. 8) 

La prudence que m'inspirent les variations observées chez Erylus nummulifer 
ne m'empêcheras de considérer comme représentant décidément une espèce parti- 
culière une Eponge que j'ai tenue d'abord CSA, p. 47) pour une simple variété de 



- 7 3 - 

Erylus transiens (Weltner). Tous les microsclères présentent, en effet, de part et 
d'autre, des différences de taille et d'ornementation, sans intermédiaires actuellement 
connus. 

Les mégasclères sont des oxes fusiformes robustes et des dichotrisenes à proto- 
clades (280 \j) presque égaux aux deutéroclades (3oo [/.). 

Les sterrasters (PI. ix, fig. 8 a), ovales, aplaties, longues en moyenne de 200 p., 
larges de 1 5o, épaisses de 20 p à peine, se font remarquer par la délicatesse de leur 
ornementation consistant en de très petits tubercules qui se disposent sur leurs deux 
faces en bandes radiales, suivant le relief des actines soudées superficielles (PI. ix, 
fig. 8 b, 8çJ. Elles se distinguent en cela très bien des sterrasters de Erylus transiens 
que Weltner (9») déclare pareilles à celles de E. euastrum (Schmidt). 

Les oxyasters, d'une seule sorte (PI. ix, fig. 8 ej, mesurent 3o à 65 p. de diamètre. 
Leurs dimensions dépassent, par conséquent, de beaucoup celles des oxyasters de 
E. transiens, qui n'ont que 16 p., et de E. euastrum, qui n'en atteignent que 10. En 
outre, leurs actines, coniques, robustes, se montrent rugueuses sur toute leur étendue. 

Les microstrongyles (PI. ix, fig. 8d), longs de 18 à 23 p., restent au contraire bien 
plus courts que ceux des autres espèces; ils s'en distinguent encore en ce qu'ils sont 
entièrement rugueux. 

En ce qui concerne les caractères extérieurs de Erylus granularis, je renvoie à 
la description et à la figure qui en ont été précédemment données (Sf-4, p. 47, pi. v, 
fig. i3). Je me borne à rappeler la provenance de l'unique spécimen obtenu : Stn. 2i3 
(1888), profondeur i384 m . 

Erylus mammillaris, (Schmidt) Gray 

(PI. IX, fig. 10) 

Marenzeller admet l'identité de Erylus discophorus (Schmidt) et E. mammillaris 
(Schmidt). Sollas et Lendenfeld tiennent au contraire ces deux espèces pour distinctes. 
N'ayant rien vu des spécimens originaux et n'ayant rien rencontré jusqu'ici qui s'en 
rapprochât de toute évidence, je n'ai pas encore réussi à fixer mon opinion dans un 
sens ou dans l'autre. Peut-être s'agit-il réellement de deux espèces, voisines l'une de 
l'autre, difficiles à distinguer par cela même et plus encore parce que chacune d'elles 
doit être, comme les Geodiidœ en général, sujette à des variations dans sa spiculation. 
Peut-être aussi cette variabilité donne-t-elle raison à Marenzeller. Cependant, si l'on 
a beaucoup parlé des dimensions relatives de leurs microsclères, il me semble qu'on 
n'a pas toujours insisté suffisamment sur l'ornementation de ces spicules et, en parti- 
culier, sur celle des sterrasters. Je crois comprendre aux figures de Schmidt (56) et 
aux descriptions de Sollas (65) que, chez Erylus discophorus, les sterrasters, plus ou 
moins allongées, auraient des actines assez longuement saillantes, cylindro-coniques 
et couvertes de fines épines, tandis que les sterrasters, proportionnellement plus 



— 74 — 
longues, de E. mammillaris, présenteraient des actines très légèrement en relief et 
ornées de petites perles rondes. L'importance de ces caractères reste à discuter. Déjà, 
chez un spécimen algérien de Erylus mammillaris, Schmidt a trouvé les actines des 
sterrasters plus dégagées que de coutume. 

Le mieux, pour mettre en évidence la caractéristique possible des deux préten- 
dues espèces, sera de détailler beaucoup la description des spicules de toute Eponge 
soupçonnée de se rapporter soit à l'une soit à l'autre. 

Dans cette intention, j'ai insisté récemment (»», p. 338) sur un Erylus de La 
Calle, dont les sterrasters, plus courtes que d'habitude, m'ont paru, par la forme et 
l'ornementation de leurs actines, rappeler surtout celles de E. discophorus. 

Voici, par comparaison, la spiculation d'un Erylus de Sâo Miguel que m'a com- 
muniqué M. le commandant Chaves et qui, lui, pourrait bien être unE. mammillaris. 

I. Mégasclères : i. Oxes doucement courbés, pointus aux deux bouts mais peu 
effilés, longs de 660 à 730 p, épais de 18 à 20 [/.. 2. Dichotricenes à cladome horizontal, 
à deutéroclades souvent plus longs que les protoclades (ainsi, les protoclades mesu- 
rant, sur les plus beaux triâmes, 120 y de longueur et 40^. d'épaisseur, les deutéro- 
clades atteignent 265 p.). 

II. Microsclères : 3. Sterrasters ovales très allongées (PI. ix, fig. 10 aj, assez 
inégales, mesurant, par exemple, 88 \l de longueur sur 48 de largeur, 88 (/. sur 57, 90 [/. 
sur 57, et rarement 100 j/. sur 5o. Elles sont très minces, leur épaisseur ne dépassant 
pas 23 j* pour une longueur de 90 et 97 p. De profil (PI. ix, fig. 10 bj, on les voit un 
peu concaves-convexes. Leurs actines ne sont pas du tout saillantes; de petites perles 
isolées, ou groupées en champs irrégulièrement polygonaux, marquent sans doute 
leur terminaison (PI. ix, fig. 10 çj. Quelques sterrasters mal conformées ont seules 
des actines dégagées, lisses, et ressemblent à la figure e de Schmidt (56, pi. v, fig. 1) 
ou encore se montrent hérissées et telles qu'on en rencontre chez toutes les Géodiides 
(voir, par exemple, 56, pi. iv, fig. jaj. 4. Oxyasters (PI. ix, fig. 10 ej à actines tou- 
jours nombreuses (dix ou douze), pointues, lisses ou (les plus grosses) finement 
épineuses; diamètre oscillant entre 16 et 25 [/.. 5. Microstrongyles (PI. ix, fig. \od) 
tronqués aux deux bouts, cylindriques, presque toujours centrotylotes, entièrement 
épineux, inégaux, mesurant de 1 3 à 40 [a de longueur sur 4 \l à 4 p. 5 d'épaisseur, la 
plupart longs de 25 y.. 

Comme dans Y Erylus de La Calle, les oxes ont ici des dimensions assez faibles. 
Les sterrasters sont vraiment bien plus longues que larges, et comme, au lieu 
d'épines, elles s'ornent de petites perles disposées en champs polygonaux, leur aspect 
général rappelle plutôt la figure de Schmidt consacrée aux sterrasters de Erylus 
mammillaris (56, pi. v, fig. 1 d) que celle qui représente une sterraster de E. disco- 
phorus (56, pi. iv, fig. 5/J. D'où ma détermination. 

Les microstrongyles sont plus courts, en moyenne, que dans Y Erylus de La Calle. 
Cela concorde assez avec cette remarque de Lendenfeld (4L±) que Erylus mammil- 
laris posséderait des microrhabdes plus courts que E. discophorus. Seulement, peut 
on compter sur la constance d'un tel caractère? 



-7.5- 
Quant aux oxyasters, elles ont des actines plus nombreuses et moins longues 
que celles décrites par Lendenfeld (41, p. 45), mais les dessins de Schmidt (65, 
pi. v, fig. if, g, h) concilient les deux observations, en figurant à la fois une oxyaster 
assez petite à actines nombreuses et deux oxyasters un peu plus grosses à actines en 
nombre plus restreint. 

Erylus Chavesi, n. sp. 

(PI. ix, fig. 9) 

Un Erylus, dragué par Y Hirondelle en 1888 à Test de Graciosa (Stn. 234), par 
454 m de profondeur, et rapporté d'abord à Erylus mammillaris (Schmidt), me paraît 
représenter en réalité une espèce nouvelle. 

Les caractères extérieurs et la spiculation de cette Eponge ont été décrits ailleurs 

(*4,p. 46). 

Remarquons que les sterrasters (PI. ix, fig. 9 a-ç çj sont moins aplaties que dans 
la plupart des Erylus connus : pour une longueur de 1 10 à i3o[/., elles atteignent 
couramment 90 \>. de largeur et mesurent 60 à 70 \j. d'épaisseur. Leur ornementation, 
banale, consiste en des actines assez grêles, peu saillantes, et, de face, polygonales à 
cause des épines dont elles se chargent. 

Les microstrongyles (PL ix, fig. 9 dj, entièrement épineux, un peu courbés, cylin- 
driques ou fusiformes, non centrotylotes, sont relativement forts puisqu'ils mesurent 
en moyenne 40 \l sur 4 à 5. 

Les oxyasters (PL ix, fig. 9 ej, à actines nombreuses, grêles, pointues, finement 
épineuses, restent, au contraire, fort petites, leur diamètre moyen étant de 10 f/. 
seulement. 

Les dichotricenes, robustes, étendent horizontalement leur cladome. 

Je dédie cette espèce à M. le commandant Chaves, à l'amabilité duquel je 
dois la connaissance de plusieurs Eponges littorales de l'île Sâo Miguel. 



Famille STELLETTID^E, Sollas 

Stellettidje Euasterina, Sollas 

Genre Stelletta, Schmidt 

Stelletta tuberosa, Topsent 
(PL x, fig. 2) 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . Un spécimen. — Stn. 719, 
profondeur i6oo m . Un spécimen. 



_ 7 6_ 

Six spécimens de cette Eponge avaient été recueillis par Y Hirondelle auprès 
de Graciosa, par 454™ de profondeur (Stn. 234). Les deux spécimens obtenus par la 
Princesse : Alice au voisinage de Flores me permettent de compléter la description 
que j'en ai donnée en 1892 (94, p. 44). 

Je la rapportais à cette époque au genre Astrella Sollas comme ne possédant 
qu'une seule sorte d'asters. Je reste convaincu qu'il n'existe chez elle qu'une catégorie 
unique de microsclères, mais, comme les asters de la couche externe de l'écorce 
diffèrent un peu de celles du reste de l'ectosome et plus encore de celles du choano- 
some, je prends le parti de l'inscrire dans le genre Stelletta Schmidt, à côté de Stelletta 
phrissens Sollas, à laquelle, d'ailleurs, elle ressemble assez pour n'en représenter 
peut-être qu'une variété. 

La plupart des Eponges que Sollas lui attribuait, Stelletta pumex Schmidt, S. 
dorsigera Schmidt, 5. anceps Schmidt (synonyme de S. Grubei Schmidt), ayant repris 
aussi leur place naturelle parmi les Stelletta, le genre Astrella se réduirait actuel- 
lement à l'espèce A. Vosmaeri Sollas. Sa fusion dans le genre Stelletta proposée par 
Lendenfeld ne rencontre guère que des partisans. 

Les nouveaux spécimens de Stelletta tuberosa sont massifs, presque sphériques, 
couverts d'une haute hispidation. 

Celui de la station 703, fixé sur un fragment macéré de Chonelasma, mesure 
3 cm 5 de diamètre. L'autre, de la station 719, entièrement libre, atteint i3 centimètres 
de diamètre. Tous deux n'ont qu'un oscule, apical, en partie fermé par une mem- 
brane noirâtre, et relativement large puisqu'il mesure dans le premier cas 2 mm 5 et 
dans le second 16"™ de diamètre, en comptant le sphincter qui assure leur occlusion. 

Ces caractères extérieurs s'accordent quand même avec ceux des spécimens de 
Graciosa, où nous avions aussi remarqué l'absence possible de support, l'existence 
de grands oscules contractiles et, par places, une forte hispidation. Seule, la forme 
générale, lobée, contrastait avec la configuration si simple conservée même par la plus 
volumineuse des Eponges de Flores. Si l'aspect diffère beaucoup de part et d'autre 
cela tient surtout à ce que les soies qui rendent la surface hispide sont capables de se 
détacher avec la plus grande facilité. Elles étaient presque partout arrachées dans 
les spécimens de VHirondelle, sauf à la base et dans les points à l'abri du frotte- 
ment ; on les trouve encore en place sur ceux de la Princesse-Alice. Le plus gros 
n'est glabre qu'en deux endroits de peu d'étendue; l'autre est hispide uniformément. 
Tout cela rappelle assez bien ce que l'on sait de Stelletta phrissens . 

Dans les points dénudés de la surface du corps, les pores apparaissent, petits, 
punctiformes, criblés, assez régulièrement distants les uns des autres de o mm 8 à i mm . 

L'écorce, épaisse de o mm 5 en moyenne, est blanche ou grisâtre. Le choanosome, 
blanc crème, est sarcenchymateux, assez sec à cause de l'abondance des microsclères 
qu'il contient. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes du choanosome, mesurant 4 mm 5 à 5 mm sur 
60 |x au centre. 2. Oxes superficiels, très nombreux, rendant la surface hirsute, blanche 



— 77 — 
et brillante quand elle subit un commencement de dissociation. Ces soies s'enlèvent 
très facilement par touffes à la pince. Elles mesurent 6 mm de longueur sur 5o à 60 p 
d'épaisseur dans le petit spécimen et 8 mm sur 5o ja dans le plus gros. 3. Dichotriœnes 
(PL x, fig. 2 a), longs de 2 à 6 mra ; rhabdome non renflé au-dessous du cladome, pointu, 
épais de i3o à 140 [>.; cladome horizontal, dépassant très rarement la surface, généra- 
lement situé dans la couche externe de l'écorce (9 4L, pi. vin, fig. 4), à protoclades 
courts (170 {* environ), à deutéroclades recourbés l'un vers l'autre, longs de 3oo à 55o[a, 
les dimensions moyennes du cladome variant avec les individus. 4. Il n'existe d'ana- 
trieenes chez aucun des spécimens recueillis aux Açores, mais celui de la station 71g, 
de taille si considérable, s'est organisé une protection spéciale : parmi ses soies péri- 
phériques, il en est, en assez faible proportion toutefois, qui ramifient leur pointe 
libre et se transforment ainsi en pseudoprotriœnes (PL x, fig. 2 bj. 

IL Microsclères : 5. Asters, semblables chez tous les spécimens observés. Dans 
la couche externe de l'écorce, existent, en nombre restreint, des chiasters (PL x, 
fig. 2 cj de i3 à 20 [i- de diamètre, à actines nombreuses, rugueuses, terminées par un 
petit bouton, ordinairement cylindriques, plus rarement coniques, formant presque 
toujours un centrum par leur réunion basilaire. Parmi elles déjà, puis au-dessous 
d'elles dans le reste de l'écorce, viennent des oxyasters (PL x, fig. 2 dj de 25 à 35 (/., à 
actines moins nombreuses, coniques, rugueuses également et tylotes au bout. Tous 
les passages peuvent être suivis entre ces deux sortes de microsclères ectosomiques. 
Le choanosome est riche en oxyasters (PL x, fig. 2 ej à actines coniques, rugueuses, 
tylotes, atteignant fréquemment 25 ja de longueur et jusquà 38 ja dans le plus gros 
spécimen de Flores. Mais comme ces oxyasters choanosomiques ne diffèrent de celles 
de l'ectosome que par la moyenne de leurs dimensions, on voit que l'Eponge mérite 
ainsi que je le déclarais au début, d'être considérée comme pourvue d'une catégorie 
unique de microsclères. 

Si Stelletta tuberosa doit être prise pour une simple variété de Stellettaphrissens, 
cette Eponge différerait aux Açores de ce qu'elle est dans les eaux de la Patagonie 
par l'isolement des oscules, par le type des dichotriaenes, par l'absence d'anatriœnes à 
sa surface. 

Genre Gorticella, Sollas 

Corticella geodioides, (Carter) Topsent 
(PI. iv, fig. 14 et PI. x, fig. 12) 

Campagne de 1895 : Stn. 584 (près de Terceira), profondeur 845™. Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 866 (près de Terceira), profondeur 599™. Un spécimen. 

Abstraction faite de Calthropella (?) exostotica (Schmidt), qui paraît bien être un 
Dercitus et peut-être même une variation de Dercitus plicatus (Schmidt), Sollas ins- 
crivait dans son genre Calthropella deux espèces représentées chacune par un seul 



échantillon : C. geodioides (Carter), provenant d'un dragage du Porcupine dans les 
parages du cap Saint- Vincent, et C. simplex Sollas, trouvaille du Challenger aux 
îles du Cap-Vert. 

Plusieurs « Calthropella » recueillies aux Açores par Y Hirondelle et par la 
Princesse-Alice me portent à fusionner ces deux espèces en une seule. Pour les 
séparer, Sollas invoquait la présence de dichocalthropes chez la première et leur 
absence chez la seconde de ces Eponges. Or, il en est de ces calthropes comme des 
triaenes des Stryphnus, Pilochrota, etc. : ils se montrent sujets à varier suivant les 
individus. J'ai vu un spécimen de C. geodioides où les dichocalthropes sont mieux 
développés que dans le type; j'en ai trouvé un autre qui n'en possède que de très 
rares parmi ses calthropes les plus petits. Cela suffirait à établir le passage d'une 
espèce à l'autre et inviterait à les réunir. La parfaite similitude des microsclères de 
part et d'autre achève d'enlever toute hésitation à ce sujet. 

L'espèce résultant de cette fusion n'appartient pas à un genre à part mais rentre 
(94) dans le genre Corticella Sollas, avec C. stelligera (Schmidt). On trouve, en effet, 
chez l'une comme chez l'autre, mêmes spicules disposés de la même manière : des 
oxes, des calthropes (triâmes modifiés) répandus par tout le corps, des chiasters 
accumulées à la surface, des oxyasters confinées dans le choanosome. Ces Corticella 
sont des Euasterina inférieures, ne donnant à leurs triaenes que de faibles dimensions, 
mais les multipliant, par compensation, et les distribuant sans ordre par toute leur 
masse. 

Le spécimen de Corticella geodioides de la station 866, que j'ai fait figurer (PI. iv, 
fig. informe une croûte grisâtre, unie, autour d'un fragment de Polypier. Indépen- 
damment de ses oxes assez faibles, profondément situés, il possède les spicules sui- 
vants : 

i° De gros calthropes (PI. x, fig. 12 c) rapprochés de la surface du corps et 
recouverts seulement par une accumulation des sphérochiasters. Ils affectent des 
formes variées; les plus nombreux ont des actines simples au nombre de quatre ou 
de trois, parfois même réduites à deux; d'autres, en proportion assez restreinte, qui 
n'ont pas été signalés dans le spécimen du Porcupine, deviennent des dichocal- 
thropes, tantôt avec trois rayons seulement étendus dans un plan tangentiel à la 
surface de l'Eponge, tantôt avec un quatrième rayon, perpendiculaire aux autres, 
qui reste indivis et rend à ces spicules l'apparence de dichotriaenes àrhabdome court. 

2 Beaucoup plus faibles, et placés parmi les précédents mais surtout au-dessous 
d'eux, des calthropes purs ou avec le rayon opposé aux trois autres plus ou moins 
atrophié, et, assez nombreux, des dichotriaenes à rhabdome plus court que les clades. 
Des calthropes de taille moyenne relient naturellement entre elles ces deux caté- 
gories de mégasclères (PI. x, fig. 12 cj. 

3° Des sphérochiasters (PI. x, fig. 12 a) excessivement abondantes surtout à la 
périphérie du corps, à centrum volumineux portant des actines nombreuses, cylin- 
driques, courtes et couronnées de quelques épines très fines; leur diamètre est 



— 79 — 
d'environ 20 p., mais il s'abaisse quelquefois jusqu'à n'en mesurer que 7. L'aspect 
particulier de ces asters, figuré par Carter (9, pi. xiv, fig. 23 m, n) et dû à ce que 
l'axe de leurs actines peut devenir apparent, ne se présente ici que fort rarement. 

4 Des sphéroxyasters (PI. x, fig. 12 bj à centrum peu développé, à actines 
nombreuses, grêles et pointues, d'un diamètre de 12 a i5 p., se rencontrent, enfin, en 
proportion notable, éparses dans la chair de l'Eponge. Ce sont elles que Sollas 
considérait comme l'état jeune des sphérochiasters. 

Le spécimen de la station 584 est une petite Eponge blanchâtre à surface parse- 
mée d'élevûres cratériformes. Sous le rapport de la spiculation, il ne diffère guère du 
précédent que parce que les dichotriœnes y sont rares, de petite taille, souvent 
imparfaits. 

Corticella geodioides faisait déjà partie des collections de S. A. le Prince de 
Monaco. Un spécimen, rapporté d'abord, en l'absence de dichotriœnes, à l'espèce 
C. simplex (741, p. 42), avait été dragué, en 1888, entre Graciosa et Sâo Jorge. Les 
profondeurs par lesquelles l'Eponge a été recueillie aux Açores varient entre 599™ 
et 86 i m . 

La variété durissima de cette Eponge, que j'ai décrite en 1892 (SA, p. 43, pi. v, 
fig. 14 et pi. vin, fig. 9), ne mérite peut-être pas une mention à part. La densité du 
squelette dépend sans doute du développement des individus, et il s'agissait préci- 
sément de spécimens volumineux obtenus au voisinage de Graciosa, par 454™ de 
profondeur. Je n'y ai point remarqué de dichotriœnes. 

De mes observations antérieures, je retiendrai celle qui m'a montré la possibilité 
pour les sphérochiasters de ces Corticella d'exagérer, chez certains individus, leur 
centrum au détriment de leurs actines (S4, pi. vin, fig. 9, en bas). 

Rappelons, enfin, que j'ai signalé l'existence à Amboine (8S, p. 434) d'une 
variété de Corticella geodioides. Elle est caractérisée par l'absence de triodes et par 
l'extrême rareté de ses microsclères, sphérochiasters de i3 [/. de diamètre. 



Stellettidje Homasterina, Sollas 
Genre Pilochrota, Sollas 

Pilochrota inermis, n. sp. 

(PL x, fig. 9) 

Campagne de 1895 : Stn. 56g, profondeur 27™. (Baie de Capellas). Un spécimen. 

M. le commandant Chaves, directeur de l'observatoire de Ponta Delgada, m'en 
a communiqué un autre spécimen dans un lot d'Epongés littorales de l'île Sâo Miguel. 

Les deux échantillons sont petits, informes, faiblement hispides, blancs en 
dehors, jaunes en dedans. 



— 8o — 



Spicules. — I. Mégasclères : i. Oxes (PI. x, fig. g a) fusiformes, courbés, longs 
de 700 à 760^., épais de 16 à 20 p. au centre. 2. Plagiotriœnes (PI. x, fig. gb, gç), 
assez peu nombreux, à rhabdome conique, ordinairement arqué à une petite distance 
du cladome et atteignant 53o à 600 (/. de longueur sur r5ft d'épaisseur; clades 
recourbés vers le haut, mesurant seulement 3o à 36 \j. de long sur 10 à 12 ^ d'épaisseur 
à la base. 

II. Microsclères : 3. Chiasters (PI. x, fig. gf) passant à des sphérochiasters, à 
actines cylindriques assez nombreuses; diamètre, 10 ;v.. 4. Trichodragmates (PI. x, 
fig. g g) abondants, longs de 22 y.. 

Ces mesures sont prises sur le spécimen recueilli par la Princesse-Alice. 

Celui de M. Chaves possède exactement les mêmes microsclères, mais ses mé- 
gasclères sont plus robustes (PI. x, fig. gd, gej, les oxes mesurant 800 (/. sur 28 et les 
plagiotriœnes, à cladome presque toujours atrophié partiellement, ayant un rhab- 
dome de 65o<j. sur 26. 

Pilochrota inermis est assez voisine de P. mediterranea Topsent (»», p. 343). 
Elle s'en distingue nettement par l'absence d'anatrieenes, par la faiblesse relative de 
ses mégasclères (au moins dans les spécimens étudiés) et par la courbure en dehors 
des clades de ses triaenes, qui rappellent ainsi les plagiotriœnes de Stelleta hispida; 
ses chiasters paraissent avoir généralement des actines moins larges et moins grêles. 



Pilochrota ventricosa, n. sp. 
(PL x, fig. 7) 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen. 

Un fragment bombé, long de i4 mm , large de 8 mm , épais de 7 mm , d'une Eponge 
massive, probablement globuleuse. Ecorce blanche, nacrée, épaisse de o mm , 8. 
Choanosome jaune. Surface hispide, sableuse, grise. Hispidation due aux triaenes qui 
traversent tous l'écorce et la dépassent de i mm . 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes fusiformes, un peu courbés, pointus aux 
deux bouts, longs de 3 mm , épais de 40 ;/. au centre. 2. Triœnes (PI. x, fig. 7), mélange 
d'orthotriaenes et de dichotriaenes d'une force remarquable, longs de 3 mm ; rhabdome 
très dilaté un peu au-dessous du cladome, au point d'acquérir l'épaisseur extraordi- 
naire de 280 à 32o [/., puis, sur les trois quarts de sa longueur, graduellement atténué 
en pointe ; cladome large de 5oo à 65o p., à clades gros et courts, d'abord dirigés en 
dehors, puis horizontaux. 

II. Microsclères : 3. Sphérochiasters de 10 à 12 \l de diamètre ; leurs actines, assez 
nombreuses, courtes, cylindriques, non tylotes au bout, constituent par leur réunion 
un centrum assez gros. Ces asters, abondantes dans l'écorce, font défaut dans le 
choanosome. 

Pas de trichodragmates. 



Par le renflement du rhabdome de ses trisenes, Pilochrota ventricosa rappelle un 
peu P. crassispicula Sollas. Mais la grosseur de ces mégasclères est ici de beaucoup 
supérieure à celle des mêmes spicules de l'Eponge de Bahia, et même, si je ne me 
trompe, à celle des triœnes de toutes les Stellettides connues. Saillants au dehors sur 
une bonne partie de leur longueur, implantés côte à côte, leurs cladomes situés tous 
au même niveau, ces robustes triasnes assurent au corps une protection efficace. On 
n'observe pas ici de longues soies défensives comparables à celles de P. crassispicula. 
Les chiasters, enfin, sont petites, avec un centrum relativement volumineux. 



Pilochrota lactea, (Carter) Sollas 
(PL x, fig. 8) 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 7g3 m . Un spécimen. — Stn. 616, 
profondeur io22 m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen. 

Ces Eponges ont un habitat assez semblable à celui que, dans la Manche, l'espèce 
avait déjà paru affectionner (99, p. 340); elles vivent enfoncées dans des rameaux 
creux de vieux Polypiers et ne conservent de surface libre qu'au niveau des anciens 
calices et des cassures de leur abri. En ces points, une touffe de longues soies protec- 
trices attire l'attention sur elles. Leur écorce, blanche, transparente, peut avoir 
jmm d'épaisseur. Leur chair est jaune, dense. 

Leur spiculation présente des variations utiles à consigner. 

Spécimen de la station 616. — Oxes du choanosome, 3 mm 5 sur 75 p. au centre. 
Oxes des touffes protectrices, 5 à 7 mm , sur 40 à 5o jj.. Dichotriœnes (PI. x, fig. 8 b), 
dépassant souvent la surface générale; rhabdome long de i mm 7, renflé sur un peu 
plus du quart de sa longueur au-dessous du cladome, puis graduellement aminci, 
épais de 100 (xau maximum; cladome à protoclades relevés, longs de 100 p., à deuté- 
roclades horizontaux, longs de 190 p.. Asters, d'un diamètre de 16 à 20 p., à actines 
nombreuses, tantôt relativement longues et grêles, tantôt, au contraire, courtes et 
épaisses, mais, dans tous les cas, coniques, pointues au bout et constituant par leur 
union basilaire un centrum distinct, de sorte que, à proprement parler, ces asters 
sont des sphéroxyasters et non des chiasters. Trichodragmates excessivement 
abondants dans le choanosome, longs de 28 \j.. 

Spécimen de la station 866. — Oxes du choanosome, 3 mm sur 35 [/.. Oxes des 
touffes protectrices, 4 à 5 mm sur 1 8 à 25 [/.. Dichotriœnes non saillants ; rhabdome renflé 
comme dans le cas précédent, long de 2 mm à 2 mm 5, épais de 120 à i35 p.; cladome à 
protoclades relevés et à deutéroclades horizontaux. Asters à actines grêles, assez 
longues, un peu pointues autour d'un centrum petit résultant de la concrescence de 
leurs bases; diamètre, 7 a 12 [/.. Trichodragmates abondants, longs de 27 [/.. 

Spécimen de la station 587. — Dichotriœnes (PI. x, fig. 8 aj non saillants; 



— 82 — 



rhabdome long de 2 mm , épais de i3o (/. sans renflement distinct du reste de la tige; cla- 
dome presque horizontal, large de 55o à 65o p. Asters à actines légèrement pointues, 
à centrum distinct; diamètre, 8 à 12 \l. Trichodragmates nombreux, longs de 17 |t. 

Par leurs soies superficielles, par leurs triâmes de dimensions assez élevées mais 
nullement exagérées et pourvus habituellement d'un long renflement au-dessous du 
cladome, ces Pilochrota rappellent aussi P. crassispicula. Elles s'en distinguent 
cependant par plusieurs caractères dont la simultanéité offre, dans l'état actuel de nos 
connaissances, une importance réelle : des dichotriœnes y remplacent les ortho- 
triœnes; des trichodragmates y sont présents ; leurs asters ont des actines pointues et 
non tylotes, concrescentes par un centrum. 

La ressemblance de leurs microsclères avec ceux des Pilochrota' àe la Manche est, 
au contraire, assez bien marquée. Une comparaison attentive atténue les différences 
d'abord considérables que l'on constate de part et d'autre au sujet de leurs mégas- 
clères. Les dimensions de ces spicules, variables chez les spécimens de la Manche, 
peuvent se montrer plus fortes chez ceux des Açores sans que cela constitue un 
caractère spécifique. Le mélange d'ortho- et de dichotriœnes dans les Pilochrota de 
Budleigh-Salterton et de Roscoff nous a préparés à l'observation d'individus où 
l'une des formes de triâmes se rencontrerait à l'exclusion de l'autre; l'existence de dicho- 
triames chez lés Pilochrota des Açores se trouve en rapport avec la vigueur de toute 
leur spiculation. Le renflement si curieux du rhabdome des triâmes n'est pas aussi 
caractéristique qu'on pourrait tendre à le supposer : nous l'avons vu manquer dans 
l'individu de la station 587, et d'autre part, je le retrouve, assez nettement indiqué, sur 
des triâmes, en proportion notable, de mon spécimen de Roscoff. Reste seule la 
question des soies protectrices ; or, il ne s'agit pas là d'une sorte additionnelle de 
spicules, mais plutôt d'une différenciation locale des oxes superficiels autour des 
orifices aquifères; peut-être ces soies avaient-elles jusqu'à présent passé inaperçues. 



Stellettid^: Rhabdasterina, Sollas 
Genre Penares, J.-E. Gray 

Penares sclero'besa, n. sp. 

(PL x, fig. i3) 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur n65 m . Un spécimen sur une pierre. 
— Stn. 616, profondeur io22 m . Un spécimen sur un Polypier. 

Les deux spécimens se présentent sous forme de croûtes jaunâtres, minces 
(o mm 5 ào mm 7), peu étendues, à contours irréguliers, à surface égale et glabre, et de 
consistance peu ferme. Leur structure ne diffère pas de celle des Penares Helleri et 
P. candidata, mais leur spiculation se fait remarquer par l'épaisseur de la plupart 



— 83 — 

des organites qui la composent. Je figure leurs spicules aux mêmes grossissements 
que ceux des deux espèces méditerranéennes (19, pi. xn, fig. 4 et 5) pour en faciliter 
la comparaison. Comme ils ont été recueillis à une grande distance l'un de l'autre 
et qu'ils se ressemblent dans leurs moindres détails, je les considère en toute con- 
fiance comme les représentants d'une espèce nouvelle. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes un peu courbés, inégaux, les mieux déve- 
loppés mesurant i mm 2 de longueur sur 3o\j. d'épaisseur. 2. Dichotriœnes (PI. x, 
fig. i3 c) à rhabdome conique court (200 à 23o[j.), à cladome plat, large de 450 à 900 [/. 
avec protoclades très courts et deutéroclades épais de 60 à 80 p. à leur origine. 

II. Microsclères : 3. Microxes (PI. x, fig. \3bJ fusiformes, lisses, centrotylotes, 
un peu courbés, longs en moyenne de 100 p., épais de I2,(t au centre. 4. Oxyasters 
(PI. x, fig. i3 a), souvent irrégulières, à actines généralement peu nombreuses,, 
coniques, lisses, confluentes par la base, longues de 20 [/., épaisses de 7;/, à leur 
origine. Les microxes s'entassent dans l'ectosome ; les oxyasters abondent dans le 
choanosome. 

Stellettidje Sanidasterina, Sollas 

Genre Stryphnus, Sollas 

Stryplmus fortis, (Vosmaer) Sollas 
(PI. X, %. I) 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 7g3 m . Trois spécimens. 

Quoique les dimensions de ses spicules n'aient pas été indiquées par des chiffres, 
il est aisé de se faire, d'après la description et les figures qui s'y rapportent (98), une 
idée assez nette de l'Eponge du nord de la Norvège appelée par Vosmaer Stelletta 
fortis et rangée depuis par Sollas dans le genre Stryphnus. C'est un fragment massif, 
irrégulier, brun rougeâtre, rendu très hispide par des mégasclères saillants dont la 
forte taille lui a valu son nom spécifique. Il possède pour triœnes des plagiotriaenes 
et, pour microsclères, de petites amphiasters et des oxyasters beaucoup plus grandes. 

L'unique spécimen de Stryphnus rudis Sollas (65, p. 194), delà Norvège (Kors 
Fjord), se montre, de même, massif, irrégulièrement lobé, de couleur sombre, 
fortement hispide, grâce à de robustes mégasclères superficiels. Ses oxyasters sont 
beaucoup plus grandes que ses amphiasters. La seule différence appréciable entre 
cette Eponge et la précédente porte sur ses triasnes, qui consistent en un mélange de 
plagio- et de dichotriœnes. Mais on connaît maintenant assez d'exemples de varia- 
tions de triœnes chez diverses Tétractinellides pour ne plus faire cas d'une espèce 
établie sur un tel caractère. 

Les Stryphnus des Açores ressembleraient trait pour trait à celui du Kors Fjord 
si leurs triasnes n'étaient tous des dichotriœnes. Il serait déraisonnable de créer pour 



eux d'après cela encore une espèce. En réalité, ils nous prouvent (ce que l'on pouvait 
prévoir, puisque Sollas avait observé chez son Stryphmis rudis des termes de passage 
entre les deux formes de trisenes) que Stryphnusfortis (Vosmaer) jouit delà faculté 
de produire, selon les individus, tantôt des plagiotriaenes, tantôt des dichotrisenes, 
tantôt enfin un mélange de ces spicules. 

Les Eponges en question sont assez volumineuses, grosses comme le poing, 
informes, irrégulièrement lobées, de teinte umbrinus, lisses par places, sur de faibles 
étendues, généralement couvertes d'une hispidation abondante due en partie à des 
oxes mesurant de 2 mm sur 5o [/. à j mm sur 70, 100 et 1 15 [/., en partie à des dichotriaenes 
saillants de presque toute la longueur de leur rhabdome et, par l'ensemble de leurs 
cladomes, rendant la surface comme crépue par endroits. L'une d'elles porte un 
groupe d'oscules larges tout à fait semblables à ceux de Stryphmis niger (65, pi. xix). 

Les dichotriaenes sont très forts; leur rhabdome, long de plus de i mm , épais de 
70 [i, produit assez fréquemment, à une petite distance de sa pointe, des ramifications 
latérales, solitaires ou groupées (PI. x, fig. 1 a-i c); leur cladome a des protoclades 
longs de i8o[/., arqués en dehors, de manière à imiter tous ensemble une sorte de 
cupule (PI. x, fig. 1 d), et des deutéroclades longs de 400 à 5oo(/.. Les oxyasters, sans 
centrum, à actines coniques en nombre variable, abondent et sont de grande taille, 
leurs actines mesurant couramment 3o à 40^. de longueur; un certain nombre d'entre 
elles se transforment par réduction en microxes centrotylotes. Les amphiasters ont 
de 12 à 14 ^ de longueur, avec des actines brèves. Ces deux sortes de microsclères 
sont bien reconnaissables aux figures que Vosmaer en a donné (98, pi. v, fig. 48 et4g). 

L'identité des Stryphmis mucronatus (Schmidt), S. carbonarius (Schmidt) et S. 
niger Sollas ayant été précédemment établie (S®, p. 370), celle des Stryphnusfortis 
(Vosmaer) et 5. rudis Sollas ne laissant plus de doute, le nombre des espèces connues 
du genre se réduit à présent à quatre : 

i° Stryphnus ponderosus (Bowerbank), de la Manche, de la mer d'Irlande (si 
Seiriola compacta Hanitsch se confond avec lui), de la côte océanique de France et de 
la côte septentrionale d'Espagne. Ses triaenes peuvent varier de forme, car, chez des 
spécimens de Belle-Ile et du Croisic que je rapportais pour cette raison à Stryphnus 
rudis Sollas (S», p. 368), il existe, en quantité presque égale, des plagiotriaenes et des 
dichotriaenes. Ses mégasclères sont généralement moins forts que ceux de S.fortis, 
quoique, sous ce rapport, s'observent encore des variations individuelles. Mais 
surtout, ses oxyasters restent de taille beaucoup plus faible : dans les individus les 
plus robustes de Budleigh-Salterton, de la côte des Asturies, du Croisic, leur dia- 
mètre n'excède pas 2 5 [/.. 

2 Stryphnusfortis (Vosmaer), du nord de la Norvège aux Açores. Mégasclères 
puissants. Triaenes variables de forme, très gros. Oxyasters de grande taille, leurs 
actines atteignant couramment 3o et 40 \>. de longueur. 

3° Stryphnus mucronatus (Schmidt), de la Méditerranée et de Port-Jacksorî. 
Couleur très foncée. Triaenes faibles (65, p. 171 et ig3 et 9», p. 371), variables de 



— 85 — 

forme quoique les dichotriasnes aient surtout été observés. Oxyasters de taille inter- 
médiaire entre celles des espèces précédentes, leurs actines mesurant de 1 5 à 20 (/. de 
longueur. 

4 Stryphnus unguiculatus Sollas, du sud de l'Afrique. Ressemble à Stryphnus 
mucronatus par sa coloration et par les dimensions de ses triâmes et de ses oxyasters; 
n'en diffère que parla courbure inusitée des deutéroclades de ses dichotriœnes. Reste 
à savoir si ce caractère a réellement la valeur qu'on lui accorde en présence d'un 
spécimen unique, peut-être monstrueux. 

Aux Açores, Stryphnus fortis a été recueilli par 793 111 (Stn. 58y)et i384 m (Stn.2i3) 
de profondeur. 

Famille ASTEROSTREPTID^E, Topsent 

Sous-Famille Thenein^e, Topsent 

Genre Thenea, J.-E. Gray 

Thenea Schmidti, Sollas 

Campagnes de i8g5, 1896, 1897 et 1902 : dans dix-neuf stations, par des 
profondeurs variant entre 349 et 4020 111 . 

Les Thenea recueillies aux Açores se montrent riches en plésiasters et, par 
conséquent, présentent le caractère le plus saisissable de la Thenea Schmidti de 
Sollas. De temps en temps, un individu se rencontre dont les plésiasters sont moins 
fortes ou moins nombreuses que de coutume. Il se peut donc que Thenea Schmidti 
soit une forme méridionale de Thenea muricata, mais, quand on examine compara- 
tivement, comme j'ai eu l'occasion de le faire, grâce aux collections de S. A. le Prince 
de Monaco, des Thenea des Açores et des Thenea du Spitzberg, on ne peut qu'être 
frappé des différences signalées par Sollas entre ces Eponges (65, p. 70). 

D'autre part, Sollas a considéré («5, p. 97) les Thenea de la Méditerranée comme 
représentant une espèce à part sous le nom de Thenea intermedia. Celle-ci aurait les 
mêmes caractères généraux et la même spiculation (des plésiasters faibles, par 
conséquent, et rares) que Thenea muricata mais s'en distinguerait par les dimensions 
supérieures des corbeilles vibratiles et par le développement restreint des portions 
collenchymateuses. Plusieurs petites Thenea provenant du large de Monaco et cou- 
vertes de Palythoa m'ont montré au contraire un collenchyme relativement abondant 
dans les canaux et des plésiasters aussi grandes que chez les Thenea des Açores et 
remarquablement nombreuses dans le choanosome. Les différences entre ces spé- 
cimens et ceux, de la Méditerranée également (Naples ?), que Vosmaer avait commu- 
niqués à Sollas sont précisément de nature à faire admettre l'identité, en tant 
qu'espèces, de Thenea muricata et Thenea Schmidti. 



— 86 — 
Genre Sphinctrella, Schmidt 

Sphinctrella horrida, Schmidt 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur u65 m . — Stn. 597, profondeur 523 m . 

— Stn. 602, profondeur i23o m . 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . — Stn. 866, profondeur 599™. 

— Stn. 869, profondeur 1240™. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Sphinctrella horrida est assez commune aux Açores par des profondeurs 
comprises entre 523 et i36o m . 

Elle se fixe surtout sur des corps anfractueux, Eponges, vieux Polypiers, -dans 
lesquels elle se cache le plus possible, de manière que souvent la longue frange soyeuse 
de ses larges orifices attire seule l'attention sur elle. Cependant, elle peut se présenter 
aussi sous forme de plaques épaisses et assez étendues, çà et là surmontées de ses 
cratères caractéristiques. 

Elle est tantôt grise et tantôt noire par toute sa masse. Une hispidation ni très 
haute ni très serrée couvre sa surface générale. Sa consistance n'est pas très dure. 

Sa spiculation se compose des éléments suivants : 

Des oxes principaux, longs et gros, lisses, pointus aux deux bouts, répandus sans 
ordre dans le choanosome, plus ou moins dressés dans l'ectosome, enfin, disposés 
verticalement autour des orifices cribreux. 

Des oxes plus longs mais plus grêles localisés autour de ces mêmes orifices et les 
dépassant beaucoup pour leur constituer une frange protectrice. 

Des triœnes assez nombreux et robustes, implantés à la surface du corps par leur 
rhabdome et accompagnant fréquemment les oxes marginaux des cratères. Ce sont, 
pour la plupart, des orthotriasnes, mais, chez certains individus, il s y mêle des 
dichotriœnes. D'habitude, le rhabdome en est court, pas assez cependant pour que 
les orthotriœnes ressemblent à des calthropes; il s'allonge souvent davantage sur 
les triœnes qui entourent les orifices. Le cladome est largement ouvert, parfois 
difforme. 

Des microxes très abondants, d'une seule sorte, non centrotylotes, faiblement 
courbés, de dimensions assez inégales sans approcher jamais de celles des mégasclères 
(de 1 10 p sur 3 à 400 p sur i3), et d'ornementation un peu variable selon les individus, 
tantôt fortement verruqueux, tantôt finement épineux à la façon de ceux de Pœcil- 
lastra compressa. 

Des asters nombreuses dans les parois des canaux, métasters assez fortes à épines 
coniques, passant à des spirasters plus grêles à plusieurs tours de spire. 



8 7 



Sphinctrella ornata, Sollas 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 7g3 m . — Stn. 597, profondeur 523 m . 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . — Stn. 719, profondeur i6oo m . 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. 

Comme de Sphinctrella horrida, YHirondelle n'avait recueilli de Sphinctrella 
ornata qu'un seul spécimen (*4, p. 3g). Les dragages de la Princesse-Alice ont 
montré que cette espèce n'est pas rare non plus aux Açores, par des profondeurs de 
523 m à i6oo m . 

Elle a le même habitat que sa congénère et elle en diffère assez peu par ses 
caractères extérieurs. Elle est plus molle, cependant, et s'est toujours rencontrée 
grise. 

Mais sa spiculation est très particulière. 

Elle comprend deux catégories d'oxes correspondant à celles de S. horrida et 
disposées de même. 

Elle me paraît, comme à Sollas, dépourvue de trisenes ou de calthropes lisses, 
tant autour de ses orifices que sur sa surface générale. 

Elle possède en abondance des microtriodes cerclés d'anneaux finement épineux, 
qui passent à des microcalthropes à quatre ou cinq actines ou, inversement, à des 
microxes plus ou moins centrotylotes ou coudés, également boudinés. Ces micros- 
clères ont des dimensions égales dans un même individu et aussi chez des individus 
différents. 

Ses asters ont été décrites en détail par Sollas (65, p. 90). J'y ai trouvé en outre, 
chez certains spécimens, une grande quantité de microxes lisses, linéaires, longs de 
1 10 p., assez comparables à des rhaphides mais un peu courbés. 

J'ai signalé la découverte à Amboine (85, p. 435) d'un spécimen de Sphinctrella 
ornata qui, par la taille qu'acquièrent ses plus grands triodes, rappelle Sphinctrella 
annulata (Carter), du golfe de Manaar. Toutefois, ses triodes demeurent de forme 
assez fixe; les plus grands se réduisent rarement en des microxes et, plus rarement 
encore, produisent une quatrième actine; les plus petits se transforment plus volon- 
tiers en microcalthropes à quatre ou cinq actines. D'autre part, ses asters sont des 
métasters de 3o \l de longueur à actines coniques, assez fortes, et des spirasters un 
peu plus petites dont les nombreuses actines cachent la spire. Or, Carter a indiqué 
chez son Eponge des calthropes au lieu de triodes et des spirasters d'une seule 
sorte, petites (12 ;x), à spire visible émettant des actines [rares. Tout en doutant un 
peu de leur valeur, on ne peut pas, actuellement, tenir ces différences pour négli- 
geables. 



Sphinctrella gracilis, Sollas 

(PL IV, fig. 2) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen. 

Cette Sphinctrella semble beaucoup plus rare aux Açores que les précédentes : 
il n'en a été obtenu qu'un seul spécimen. 

L'espèce avait été décrite (65, p. 89) d'après un spécimen également unique, 
encroûtant, recueilli par le Challenger aux îles du Cap- Vert, par 100 à 128 brasses 
(i82 m à 23 3 m ) de profondeur. 

Celui de la Princesse-Alice est massif, à peu près gros comme une noisette, 
incomplet seulement du côté inférieur, l'engin l'ayant arraché de son support inconnu. 
Il est de couleur grise uniforme. Il porte quatre orifices cratériformes tendus au fond 
d'une membrane lisse plus ou moins criblée, et entourés d'un rebord spiculeux 
mince; les soies qui leur constituaient une frange protectrice ont toutes été brisées 
sans doute pendant le dragage et leur portion proximale se trouve seule encore en 
place. La surface générale est rude. La consistance de la masse est plus ferme que 
celle de Sphinctrella horrida et, a fortiori, que celle de S. ornata. La chair, transpa- 
rente, collenchymateuse, contient d'assez belles cellules sphéruleuses claires à sphé- 
rules petites, distinctes, brillantes. 

Sollas s'est demandé si sa Sphinctrella gracilis se distinguait suffisamment de 
Sphinctrella horrida Schmidt. L'hésitation n'est plus permise car nous retrouvons, 
dans ses moindres détails, toute la spiculation du type. Etant massif, ce second 
spécimen permet même de saisir un caractère important propre à S. gracilis : de gros 
calthropes lisses existent ici par tout le corps, aussi bien dans la profondeur qu'à la 
surface. 

Voici, d'ailleurs, la composition de son squelette : 

Des oxes grands et forts, fusiformes, longs de 2 mm et plus, épais de 80 p., répandus 
par toute l'Eponge. 

Des oxes (très longs, sans doute), beaucoup plus grêles, localisés autour des 
orifices cratériformes. 

Des calthropes, isoactinés ou anisoactinés, parfois avec une actine assez déve- 
loppée pour révéler sa signification véritable de rhabdome d'orthotriaene court. 
Présents à la surface générale du corps jusque sur les flancs des cratères, ces trisenes 
abondent aussi dans l'intérieur. De taille inégale, ils sont pour la plupart très robustes 
et les plus grands ont des actines longues de 600 1* et davantage, épaisses de 5o à 60 (/. 
à la base. Ces actines, toujours simples, coniques, pointues, sont presque constam- 
ment lisses; j'ai cependant observé sur quelques rares spicules des petites tubérosités 
mousses, éparses ou irrégulièrement groupées. 

Les microxes sont de deux tailles. Les uns, assez forts, longs en moyenne de 



35o p., épais de 1 1 ft, un peu renflés en leur centre, couverts sur toute leur longueur 
de tubérosités disposées en cercle ou en spirale, sont nombreux dans les régions 
périphériques mais seulement épars dans la profondeur. Les autres, plus courts et 
plus grêles, mesurant i ioja sur 3, lisses ou finement épineux, se répandent en abon- 
dance dans le choanosome. Les premiers représentent ici les microxes de Sphinctrella 
horrida et les microtriodes et microcalthropes de S. ornata. Les seconds correspon- 
dent plutôt aux microxes linéaires de S. ornata. 

Les asters sont des métasters et des spirasters à actines grêles. 

Les trois Sphinctrella comparées entre elles diffèrent l'une de l'autre par la 
façon dont elles assurent leur solidité : S. horrida dispose à sa surface de véritables 
triasnes et remplit son choanosome d'un feutrage de gros microxes verruqueux; 5. 
gracilis acquiert plus de dureté en répandant partout des triasnes à aspect de cal- 
thropes, ce qui lui permet de réduire ses microxes à l'intérieur; S. ornata transforme 
par toute sa masse des microxes en microtriodes et en microcalthropes, et, de la 
'sorte, arrive à se passer de mégasclères tétractinaux. Le procédé employé par cette 
dernière espèce rappelle celui dont font usage les Microsclerophora. 



Genre Pœcillastra, Sollas 

Pœcillastra compressa, (Bowerbank) Sollas 
(PI. iv, fig. i et 3) 

Campagne de 1895 : Stn. 618, profondeur 1 i43 m . Plusieurs beaux spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo ra . Deux petits spécimens. 

Les trois Eponges que Bowerbank nomma (4, vol. 3) Ecionemia compressa, 
Hymeniacidon placentula et Normania crassa représentent, de l'avis de Carter et de 
Sollas, et du mien, une seule et même espèce {99, p. 384). 

Aucun caractère spécifique ne permet d'en détacher la Pœcillastra crassinscula 
Sollas, des îles du Cap-Vert (65, p. 83), ni la Pachastrella stylifera Lendenfeld, de 
Rockall Bank (44, p. 82). 

Presque toutes les Pœcillastra recueillies par Y Hirondelle et par la Princesse- 
Alice affectent la forme placentula de Pœcillastra compressa. En général, ce sont des 
plaques plus ou moins épaisses et étendues, offrant, comme le spécimen ici figuré 
de la station 618, une face inhalante (PI. iv, fig. 3) et une face exhalante (PI. iv, fig. 1). 
L'ectosome réticulé qui les recouvre aide à distinguer les pores des oscules, qui sont 
nus. La configuration du corps peut cependant présenter des variations individuelles 
assez grandes, telles que j'en ai déjà signalé dans la Méditerranée {99, p. 387). Les 
pores ne sont pas toujours ainsi apparents et quelquefois les oscules se soulèvent un 
peu. La couleur habituelle est blanche ou grise. 

La spiculation ne diffère en rien d'essentiel de celle des Pœcillastra delà Manche 



— go — 

et de la Méditerranée. .Tout se borne entre ces Eponges à des variations légères 
concernant les dimensions relatives des spicules. Les spécimens des Açores se 
montrent fort bien doués sous ce rapport. 

Les oxes, fusiformes, un peu courbés, ont généralement leurs deux bouts acérés; 
pourtant il n'est pas rare d'en voir quelques uns atrophier l'une de leurs extrémités 
et se transformer en de véritables styles. Le spécimen figuré contient de ces styles 
en petit nombre. Les deux spécimens de la station 899 se ressembleraient de tout 
point sans la prédominance chez l'un d'eux des styles sur les oxes alors que l'autre 
ne possède que des oxes bien conformés. La Pœcillastra stylifera (Lendenfeld), 
établie uniquement d'après l'existence de styles parmi ses oxes n'est donc pas une 
espèce acceptable. 

Les triaenes, passant aux calthropes et souvent difformes, sont clairsemés à la 
surface et dans la profondeur. 

Les microsclères abondent. Les microxes, couverts de fins tubercules, sont cen- 
trotylotes ou non d'un individu à l'autre et dans un même individu. Les asters 
consistent surtout en métasters se réduisant, suivant des proportions variables, en 
des plésiasters à trois ou quatre grandes actines, ou passant, parmi les plus grêles, à 
des spirasters. Dans certains spécimens (Stn. 21 3, Stn. 618), les métasters se font 
remarquer en ce qu'elles ont pour la plupart les actines tronquées, épaisses, rabo- 
teuses. 

Pœcillastra compressa a été draguée aux Açores par 200 à i384 m de profondeur. 



Pœcillastra symtiiotica, Topsent 

(PI. x, fig. 3-6) 

Campagne de 1895 : Stn. 568, profondeur 55o m . Nombreux spécimens sur 
Spongosorites placenta Topsent. 

C'est une petite Eponge différente de ses congénères connus par les détails de sa 
spiculation mais surtout intéressante par son mode de vie. 

Deux Spongosorites placenta ont été recueillis dans la même station, l'un étendu 
en une large plaque autour d'une assez grosse pierre, l'autre sans son support et 
morcelé. Une aquarelle prise à bord nous apprend que le premier était, à l'état frais, 
de couleur lilas; il est devenu bistre après un long séjour dans l'alcool. Le second, 
dont la teinte n'a point été notée sur le vif, est actuellement violet au-dehors et 
grisâtre dans la profondeur. Leur surface à tous deux, parfaitement lisse, se montre 
perforée (PI. x, fig. 6) de nombreux orifices de o mm 5 à i mm 3 de diamètre, présentant 
chacun dans leur intérieur une sorte de cratère, non saillant, à bords hispides, parfois 
muni d'un sphincter membraneux. 

L'idée que ces orifices correspondent aux oscules des Spongosorites serait toute 
naturelle si les cratères qui s'y engagent n'offraient une coloration noire intense 



— 9 i — 
tranchant sur la nuance sombre, il est vrai, mais bien moins foncée quand même de 
la surface générale des deux Eponges. Ce sont, en réalité, des solutions de continuité 
livrant passage aux oscules de notre Pœcillastra. 

On pourrait croire que chaque Spongosorites a, en croissant, recouvert une 
Pœcillastra déjà largement encroûtante et qui s'efforce à conserver à travers lui des 
communications avec l'extérieur. Les dissections prouvent bientôt qu'il s'agit de 
tout autre chose. Le corps des Pœcillastra ne pénètre pas jusqu'au support, et, au 
lieu d'un seul, chaque Spongosorites en contient de nombreux spécimens dans son 
épaisseur. 

Ce sont donc de petites Eponges coriaces, faciles à isoler intégralement, et qui 
affectent des configurations variables (PI. x, fig. 3), rappelant, par exemple, la forme 
des Sycon ou irrégulières, le plus souvent simples, parfois rameuses. Leur nombre 
peut s'évaluer approximativement puisqu'elles possèdent, pour la plupart, un orifice 
unique. Leur corps est fortement hispide de toutes parts; aussi, quand on a procédé 
à son extirpation, les parois internes de «a gangue spongieuse apparaissent-elles 
toujours hérissées despicules, oxes et trisenes, qui y demeurent implantés. Le meilleur 
moyen pour étudier les trisenes de la Pœcillastra consiste même à traiter par l'ébul- 
lition dans l'acide azotique des fragments de ces parois, le squelette des Spongosorites 
étant beaucoup plus facile à dissocier que celui de notre Astérostreptide. 

Dans le Spongosorites le mieux conservé, les Pœcillastra sont brunes avec leur 
cratère noir ; dans le spécimen morcelé, elles se montrent dans toutes leurs parties 
d'un noir intense qui, au microscope, se résout en un bleu profond teintant tous les 
tissus. Je pense que la coloration superficielle des deux Spongosorites ne leur appartient 
pas en propre mais résulte d'une sorte de diffusion du pigment des Pœcillastra qu'ils 
abritent. Cela expliquerait que le plus coloré, violet foncé dans l'alcool, soit préci- 
sément celui qui contient les spécimens d'un bleu noir, tandis que l'autre était 
seulement de nuance lilas pendant la vie. Les deux groupes de Pœcillastra différaient 
certainement par une richesse inégale en pigment. Le bleu intense des individus 
de l'un des groupes résiste à l'alcool et à l'acide azotique bouillant; il est un peu 
soluble dans l'eau douce. 

Les cratères béants, dont l'aspect a été décrit plus haut, donnent toujours accès 
dans une cavité centrale, profonde et spacieuse. Ils représentent évidemment les 
orifices exhalants du système aquifère. Les spécimens les plus minces et les moins 
colorés laissent par transparence apercevoir dans leurs flancs des perforations inégales 
qui, de leur côté, correspondent probablement aux orifices inhalants. Il ne semble 
pas que ces Pœcillastra puissent recevoir l'eau nécessaire à leur existence autrement 
que par l'intermédiaire du Spongosorites qui les entoure de toutes parts. Il s'établirait 
ainsi des rapports intimes entre les Eponges des deux sortes. 

D'ailleurs, il est inadmissible que le hasard seul les réunisse. Le nombre même 
des Pœcillastra qu'héberge chaque Spongosorites condamnerait cette hypothèse. Et 
j'ai eu la preuve que TAstérostreptide recherche réellement l'Aciculide. 

Une dizaine de taches noires toutes petites, parsemées à la surface du fragment 



— 92 — 
le plus large du Spongosorites morcelé, ayant attiré mon attention, je reconnus qu'il 
s'agissait de toutes jeunes Pœcillastra symbiotica récemment fixées sur ce support. 
Les unes étaient encore situées à fleur de peau, si je puis m'exprimer ainsi, et les 
autres engagées déjà plus profondément. Toutes possédaient la spiculation de l'adulte 
mais avec des éléments dont les faibles dimensions attestaient leur- jeune âge. 

La question serait maintenant de savoir si les Pœcillastra s'enfoncent d'elles- 
mêmes dans leur hôte, et suivant quel procédé, ou si le Spongosorites les englobe peu 
à peu en se développant. La dernière manière de voir paraît plus vraisemblable, 
mais, pour la soutenir, nous manquons de données concernant la rapidité relative de 
croissance des deux Eponges en présence. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Oxes légèrement courbés, souvent un peu aniso- 
actinés, atteignant i mm 4 sur 25 \>. et 2 mm sur 35 \j.. 2. Triâmes (PI. x, fig. 4 a, 4 b). Ce 
sont surtout des dichotrisenes à rhabdome pointu, long de i mm 2 à i mm 8, épais de 25 [x, 
à cladome fréquemment difforme, remarquable par la longueur des protoclades, 
égale ou supérieure à celle des deutéroclades (3go t u, par exemple, pour 33o \>). Des 
orthotriasnes existent aussi, mais en nombre restreint, et, à ce qu'il m'a semblé, plus 
profondément situés. Les dichotriaenes, au contraire, hérissent la surface en même 
temps que les oxes et implantent leur cladome dans la chair des Spongosorites. 

II. Microsclères : 3. Microxes (PI. x, fig. 4 cj excessivement abondants par tout 
le corps, un peu courbés, très finement rugueux, assez courts (70 à 1 10 \t) et très 
minces (o mm ooi5 à o mm oo2). 4. Métasters et spirasters (PI. x, fig. 4a, 4eJ, longues 
de i5 [a environ, à actines grêles, passant les unes aux autres, très nombreuses. 

Dans les tout jeunes individus récemment fixés, les microsclères diffèrent à 
peine de ce qu'ils sont chez les spécimens mieux développés, mais les triaenes et les 
oxes ont des dimensions bien moindres. Ainsi, les oxes, anisoactinés, (PI. x, fig. 5 bj 
varient entre 38o et 58o \l tout au plus de longueur; les dichotriaenes (PI. x, fig. 5aJ 
ont des protoclades et des deutéroclades longs seulement de 70 à 100 [/.. 

En résumé, sous le rapport de la spiculation, Pœcillastra symbiotica est carac- 
térisée par ses dichotriaenes à longs protoclades et par ses microxes fort grêles. 



Sous-Famille Pachastrellin^e, Topsent 
Genre Pachastrella, Schmidt 

Pacbastrella monilifera, Schmidt 

(PI. ii, fig. 2) 

Campagne de 1895 : Stn. 553, profondeur i385 m . Deux spécimens. — Stn. 616, 
profondeur io22 m . Un spécimen. 

Campagne de 1896 : Stn. 683, profondeur i55o m . Un spécimen. — Stn, 702, pro- 
fondeur i36o m . Un spécimen. 



- 9 3- 

Campagne de 1897 : Stn. 86g, profondeur i24o m . Un spécimen. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen. 

Sous le nom de Pachastrella monilifera, il faut comprendre d'abord, comme je 
l'ai montré en 1894 (?0, p. 38o), les deux espèces appelées par O. Schmidt Pachas- 
trella monilifera (1868) et Pachastrella abyssi (1870), puis la Pachastrella ovisternata 
de Lendenfeld (43). 

C'est une Eponge dont les caractères extérieurs varient considérablement : elle 
se montre tantôt encroûtante, en plaques parfois d'une certaine étendue, et tantôt 
massive, irrégulière, arrondie ou comprimée. Le spécimen de grande taille figuré par 
Sollas («5, pi. xi) et celui que j'ai fait ici représenter (PI. 11, fig. 2) comme de beaucoup 
le plus beau qu'on ait encore vu, affectent précisément cette dernière forme. La 
surface est le plus souvent hispide ou rude ; quelquefois, pourtant, elle reste lisse au 
moins par places ou sur tout un côté du corps. Notre gros spécimen est ainsi lisse sur 
sa face osculifère, rude et comme crépu sur la face opposée. La coloration, souvent 
grise, ou bien jaunâtre, violacée, brunâtre, noire ou verdâtre, me paraît dépendre 
surtout des cellules sphéruleuses. Les orifices demeurent indistincts dans la plupart 
des cas; les gros individus peuvent présenter des oscules apparents, nombreux, assez 
étroits, quelquefois surélevés (PI. 11, fig. 2), localisés sur l'une des faces du corps. La 
structure interne est toujours compacte, les triœnes abondant par toute la masse. 
L'Eponge serait capable de vivre sans support (65). Tel aurait été le cas de notre grand 
spécimen avant sa capture, mais les impressions profondes de ses deux extrémités 
sembleraient prouver quïl s'est longtemps trouvé en rapport avec des corps étrangers. 

La spiculation de Pachastrella monilifera est également sujette à des variations 
dont plusieurs me sont déjà connues grâce à l'abondance des matériaux de provenances 
diverses qui me sont passés par les mains. Elles m'ont paru indépendantes des 
caractères extérieurs. Les oxes demeurent généralement grêles pour leur longueur. 
Les triaenes, désignés sous le nom de calthropes à cause de l'effacement de leur 
rhabdome, fort inégaux dans tous les individus, varient de la même façon que ceux 
de Corticella geodioides : on voit des Pachastrella où ils conservent tous des actines 
simples; d'autres, chez lesquels ils se transforment, grands et petits, en proportion 
assez élevée, en des dichotriœnes ou encore, parmi ceux de petite taille, en des méso- 
dichotriaenes; d'autres, enfin, prouvant bien qu'il s'agit toujours de la même espèce, 
où les triaenes à actines bifurquées se rencontrent encore mais en nombre extrême- 
ment restreint. Les microstrongyles, lisses ou finement rudes, centrotylotes ou non, 
mesurent comme dimensions moyennes 1 5 (/. de longueur sur 5 \>. d'épaisseur, mais, 
à cet égard encore, on constate des variations individuelles : par exemple, dans un 
spécimen de Banyuls, ils n'atteignent que 12 \k sur 3 y. à peine au niveau du renflement 
médian très accusé. Les spirasters ont toujours des actines très grêles. Je n'ai jamais 
vu que ces deux sortes de microsclères. 

La forme ovoïde, assez spéciale, en effet, des microstrongyles de cette Tétracti- 
nellide a conduit Lendenfeld à nommer Pachastrella ovisternata une Pachastrella 



— 94 — 
de la côte du Portugal qu'il supposait nouvelle. La description détaillée et les figures 
qu'il en a données montrent assez qu'il s'agit simplement d'une Pachastrella moni- 
lifera dont les triaenes bifurquent fréquemment leurs actines, comme cela se produit 
le plus souvent chez les Pachastrella des Açores, comme Sollas l'avait remarqué 
aussi chez des spécimens de Tristan da Cunha. En posant en principe, au début de 
sa notice (419, p. 439), que chez toutes les Pachastrella connues les microrhabdes 
superficiels sont plus ou moins élancés, épineux ou lisses et le plus souvent pointus 
aux deux bouts, Lendenfeld ne s'est pas souvenu de ceux que Schmidt et Sollas 
avaient figurés à propos de Pachastrella abyssi. 

Aux Açores, Pachastrella monilifera a été recueillie entre 3i8 m et i557 m . 



Genre Nethea, Sollas 

Nethea amygdaloides, (Carter) Topsent 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur n65 m . — Stn. 584, profondeur 845™. 

— Stn. 597, profondeur 523 m . 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . 

Campagne de 1897 "• Stn. 837, profondeur 88o m . — Stn. 866, profondeur 599 m . 

— Stn. 869, profondeur i24o m . 

UHirondelle et surtout la Princesse-Alice ont souvent dragué cette 
Eponge aux Açores, par des profondeurs comprises entre 3i8 m et i36o m . 

Elle se fixe fréquemment sur les Polypiers et, quand ils sont vieux, s'enfonce 
dans leurs rameaux creux. Je l'ai aussi trouvée à Banyuls, encroûtante sur des 
pierres anfractueuses dont elle remplit les cavités. Mais, d'habitude, elle tend à 
devenir massive. C'est sous cette forme qu'elle a été découverte par le Porcupine 
au voisinage du cap Saint- Vincent. Cependant, ni le spécimen type figuré par Carter 
(9, pi. xiv, fig. 22), ni celui que j'ai fait dessiner (SI, pi. ni, fig. 8) sous le nom de 
Pachastrella debilis ne suffisent à donner une idée de la taille considérable qu'elle 
peut atteindre à l'occasion. Un échantillon massif et libre en a été recueilli à la 
station 866, qui mesure 20 centimètres de longueur, 14 centimètres de largeur et 9 
centimètres d'épaisseur. 

Pour le reste, ses caractères sont bien connus. Je me bornerai donc à renvoyer 
à la description originale de Carter (9, p. 406) ainsi qu'aux détails que j'ai fournis à 
deux reprises à son sujet (SI, p. 42 et 81, p. 585). 

Après l'avoir rapportée au genre Pachastrella (S 4L) sans soupçonner son identité 
avec l'Eponge de Carter, je me suis à tort astreint, en i8g5 (81), à suivre la correc- 
tion proposée par Sollas de son nom primitif en celui de Pœcillastra amygdaloides. 
En réalité, il s'agit d'une Nethea stricto sensu (94), puisque ses triaenes, répandus sans 
ordre dans toute sa masse, ont le cladome aplati et le rhabdome constamment atrophié. 



- 9 5- 



Genre Characella, Sollas 

Cliaracella pachastrelloid.es, (Carter) Sollas 
(PL x, fig. 10 et n) 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845 m . Un spécimen. — Stn. 587, 
profondeur 793™. Plusieurs spécimens. — Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 111 . Plusieurs spécimens. 

Campagne de 1902 : Stn. 1367, profondeur 563 m . Deux fragments. 

Deux préparations que je dois à l'amabilité de M. le Rév. A. -M. Norman et 
qui sont étiquetées : [Porcupine, Stelletta pachastrelloides Carter], m'ont prouvé 
l'identité de ma Characella Sollasi {% 4L, p. 40) avec cette espèce, car les anatriœnes et 
les oxyasters, signalés par Carter dans son Eponge, ne s'y rencontrent qu'à titre de 
corps étrangers, à l'égal de quelques tylostyles, acanthostyles, oxes de Réniérides, 
isochèles, etc., dont il n'a pas fait mention. Les spicules réellement présents de part 
et d'autre se ressemblent absolument par leurs formes, leurs dimensions et leur 
agencement. 

Les nouveaux spécimens recueillis par la Princesse-Alice complètent notre 
connaissance de cette Eponge, décidément commune aux Açores. Comme nous 
l'avions déjà constaté, elle revêt les formes les plus diverses. Elle est capable aussi 
d'acquérir des dimensions considérables. Je signalerai, par exemple, un spécimen de 
la station 587, qui figure une sorte de vase dressé, creux jusqu'au bas, haut de 24 
centimètres, à bord libre irrégulièrement découpé (PI. x, fig. 11). La consistance est 
ferme. La coloration, généralement grisâtre, devient quelquefois noirâtre au-dehors; 
certains spécimens se montrent même d'un noir absolu dans toute leur épaisseur. La 
surface est presque toujours hispide, fort désagréable au toucher. Par places, 
cependant, sur certains individus, elle demeure lisse et luisante, bosselée ou conu- 
leuse. Les orifices exhalants sont fréquemment indistincts; ou bien il existe de larges 
oscules, épars. 

Les oxes, isoactinés, atteignent 3 mm et 4 mm de longueur. Les triœnes (PL x, fig. 10 a, 
10 bj, toujours superficiels, parfois rares, deviennent à l'occasion relativement nom- 
breux. Ce sont, selon les individus, soit exclusivement des orthotriasnes, soit des 
dichotriasnes, soit enfin un mélange des uns et des autres. Les orthotriasnes ont des 
clades un peu recourbés en-dessous. Des dichotrisenes, le cladome s'étend presque 
horizontalement, avec les protoclades plus courts que les deutéroclades (110 p., par 
exemple, pour 23o à 280). Le rhabdome de ces spicules, habituellement bref, peut 
cependant atteindre 5oo à 800 (*. 

Les microxes, toujours chargés d'épines, si fines soient-elles, se répartissent 
constamment en deux catégories. Les plus grands, excessivement nombreux (3(41, 



- 9 6- 

pi. vin, fig. 6çj, constituent par tout le corps un feutrage serré. Les plus courts, qui 
se cantonnent dans les régions superficielles, n'excèdent guère 40 \>. de longueur; en 
outre, ils affectent, la plupart du temps, une forme particulière dont je donne ici des 
dessins (PL x, fig. 10 c). 

Quant aux asters, peu abondantes, localisées dans l'ectosome autour des pores 
et dans les parois des canaux aquifères, ce sont des spirasters à actines longues et 
grêles, affectant en majeure partie une allure d'amphiasters. 

La découverte de spécimens pourvus de dichotriasnes rapproche Characella 
pachastrelloides de C. aspera Sollas, de la côte du Brésil (65, p. 92). Entre les deux 
espèces on relève surtout les différences suivantes : les microxes de C. aspera sont 
d'une seule sorte et lisses. Mais, d'une part, les épines de ceux de C. pachastrelloides 
demeurent parfois presque imperceptibles; leur présence ne peut, d'ailleurs, passer 
pour un caractère spécifique. Et, d'autre part, les microxes superficiels peuvent avoir 
échappé à Sollas, car, par places, on les trouve peu abondants ou même rares. 



II. Tribu Sigmatophora, Sollas 

Famille TETILLID^E, Sollas 

Genre Ghrotella, Sollas 

Chrotella amphiacantlia, n. sp. 

(PL xi, fig. x) 

Campagne de 1896 : Stn. 719, profondeur i6oo m . Un spécimen. 

Petite Eponge grisâtre, assez molle, piriforme, renflée vers le haut, détachée de 
son support par déchirure de sa partie inférieure qui s'atténue en une sorte de 
pédicelle épais; hauteur i2 mm , largeur 9"™ au maximum. Surface couverte de toutes 
parts de conules pointus longs de o mm 5 à o mm 8 et distants les uns des autres de o mm 5 
à i mm . Un oscule béant, de près de i mm de diamètre, bordé de conules reliés par une 
membrane marginale en collerette, occupe le sommet du corps. Les pores sont 
visibles, dans les intervalles entre les conules, par transparence de l'ectosome ou 
directement, dans les points où celui-ci se trouve détruit, comme des trous larges 
de o mra 2 à o mm 3. 

L'ectosome tendu sur un vaste système de cavités préporales, est une membrane 
mince, facile à détacher sauf au niveau des conules, où elle prend insertion sur 
l'extrémité des lignes rayonnantes de la charpente squelettique. Sa couche externe se 
charge de sigmaspires, assez nombreuses pour se toucher toutes entre elles sans 
cependant chevaucher beaucoup les unes sur les autres. Sa couche interne est 
soutenue par des oxes tangentiels particuliers, entrecroisés sans ordre. 



— 97 — 

Le choanosome, à structure nettement radiée, est jaunâtre. 

Les faisceaux spiculeux qui le soutiennent sont longs et grêles. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Oxes choanosomiques, formant l'axe des ligne s 
radiales, longs de 2 mm 5 à 3 mm 5, épais de 40 (/., fusiformes, droits, à bouts tantôt 
semblables et tantôt dissemblables, l'interne alors plus effilé que l'autre. 2. Oxes 
ectosomiques (PI. xi, fig. 1 aj, longs de 825 à 880 [/., doucement renflés au centre où 
ils atteignent 25 à 3o jx, d'épaisseur, inégalement courbés de part et d'autre de ce 
renflement. 3. Protriœnes, longs, à clades égaux, de 3 00 [/. environ; des protrisenes 
trichodaires excessivement longs prennent également part à la constitution des lignes 
radiales du squelette. 4. Anatriœnes (PI. xi, fig. 1 bj, forts, à cladome mesurant 
fréquemment 3oo p. de corde. 

II. Microsclères : 5. Sigmaspires (PI. xi, fig. 1 c, 1 dj nombreuses, uniformes, 
grandes et robustes (3o [/. de grand axe, 3 \j. d'épaisseur), presque toutes simplement 
courbées en C, lisses dans toute leur portion médiane mais ornées aux deux bouts 
(d'où le nom spécifique choisi) de quelques épines implantées latéralement. 

La forme des oxes tangentiels de l'ectosome, sans passage aux oxes des piliers 
choanosomiques, les dimensions relativement élevées et l'ornementation sans pareille 
des sigmaspires concourent à caractériser Chrotella amphiacantha. 



Genre Tetilla, Schmidt 

Tetilla longipilis, n. sp. 
(PI. n, fig. 1; PI. iv, fig. 12 et i3; PI. xi, fig. 2) 

Campagne de 1896 : Stn. 698, profondeur 1846 111 . Douze spécimens. 

Eponge libre, globuleuse, subsphérique ou ovoïde, capable d'atteindre de grandes 
dimensions. Le plus petit spécimen obtenu entier mesure 38 mtn de hauteur et 3o mm 
d'épaisseur, mais les. autres sont plus volumineux et il s'en trouve un qui atteint 
120™ en tous sens; celui de la Planche n, fig. 1, dont on ne possède malheureusement 
que la moitié supérieure, mesure 14 cm de diamètre transversal. Un oscule unique, 
relativement étroit et pourvu d'un sphincter, occupe le sommet du corps. Les pores 
sont dispersés, petits, difficiles à voir à cause de l'hispidation de toute la surface. Des 
soies très longues forment toujours une touffe épaisse autour de l'oscule. D'autres 
constituent soit une touffe latérale située presque à mi-hauteur (PI. iv, fig. i3) ou 
plus bas sans jamais correspondre au pôle inférieur, soit une ceinture plus ou moins 
complète. Le plus souvent, ces longues soies sont rousses; elles doivent leur colo- 
ration particulière à un enduit ferrugineux qui revêt toute leur portion libre. Quatre 
spécimens sont de la sorte remarquables par une ceinture équatoriale, large de un à 
deux centimètres, tranchant par sa teinte foncée sur le reste du corps, qui est grisâtre. 

i3 



Entre les touffes périosculaire et annulaire, latérale ou subbasilaire, la surface offre 
une hispidation forte encore mais moins haute et toujours blanche. La base de 
l'Eponge est simplement convexe, souvent presque rase. 

En l'absence d'écorce à la limite du corps, la plupart des spécimens ont été 
endommagés par l'engin qui les a recueillis; plusieurs ont été coupés en deux; 
d'autres présentent des crevasses plus ou moins étendues. La section diamétrale 
montre les lignes squelettiques, longues et robustes, partant du centre, rayonnant 
vers la périphérie et s'épanouissant en pinceau vers leur terminaison. La chair, entre 
ces piliers spiculeux, est jaune paille dans l'alcool. Il n'existe pas de ligne de démar- 
cation apparente entre le choanosome et l'ectosome. Ce dernier se compose, de dehors 
en dedans : i° d'une couche fibreuse, assez tenace et d'aspect vitreux, épaisse de ioo à 
200 [i. tout au plus chez les plus gros individus, faite d'éléments étirés tangentiellement 
à la surface; 2 d'un collenchyme fort développé où abondent de belles cellules 
sphéruleuses opaques, de 28 à 33 \l de diamètre, qui se retrouvent, du reste, à pro- 
fusion dans les parois membraneuses des canaux aquifères. 

Les cellules sphéruleuses de Tetilla longipilis méritent une mention particulière 
parce que, à l'exemple de celles de Stylotella columella (Bowerbank), elles emmagasi- 
nent du carbonate de chaux sous forme de grains dans leurs sphérules. 

Le choanosome des gros individus contient, çà et là, des gemmules comparables 
à celles que les Craniella organisent à l'intérieur, seulement moins nombreuses et 
plus volumineuses. Ce sont des corps arrondis ou ovoïdes, jaunes et lisses, pouvant 
mesurer jusqu'à 3 mm 5 de long sur 2 mm 5 de large. Ils ont une enveloppe assez épaisse 
et coriace. Quant à leur contenu, il varie, peut-être suivant leur âge et leur degré de 
développement. Certaines gemmules se montrent inermes; leur chair molle, égrena- 
ble, est toute imprégnée de gouttelettes de graisse. D'autres renferment un petit 
nombre de spicules divers. D'autres, enfin, d'une consistance très ferme, possèdent 
toutes les sortes d'organites siliceux de l'Eponge, mais surtout, en quantité considé- 
rable, des protriœnes disposés radialement le rhabdome en dedans. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes constituant les lignes squelettiques, très 
longs, typiquement anisoactinés à en juger par ceux, beaucoup plus faibles, qu'on 
trouve dans les gemmules. Ceux d'entre eux qui, terminant ces lignes au dehors, 
doivent former de hautes touffes autour de l'oscule et sur les flancs du corps, 
acquièrent une longueur de 3 cm à 5 cm et mesurent vers le milieu 70 à 80 y. d'épaisseur. 
Des oxes se disséminent, en outre, entre les piliers rayonnants de la charpente 
et, par places, s'entrecroisent dans la couche collenchymateuse de l'ectosome; on les 
voit diminuer progressivement de taille en s'approchant de la surface jusqu'à ne 
mesurer plus, dans le collenchyme périphérique, que 25o à 400p., sur 10 à i5. Ces 
derniers sont fusiformes et isoactinés. 2. Protriœnes à clades toujours égaux entre 
eux, longs, pour les plus grands, d'environ 200 \j.. Partout à la surface de l'Eponge, 
les protriœnes se dressent fort nombreux et de toutes tailles, les plus courts restant 
inclus dans l'ectosome, les autres le dépassant plus ou moins selon leur longueur 



— 99 — 
relative, mais sans accompagner bien loin les soies diactinales. Les clades de ces 
triœnes divergent assez peu (PI. xi, fig. 2 a) et le cladome diffère beaucoup par sa 
configuration générale de celui des protriaenes des gemmules qui est, au contraire, 
très ouvert (PI. xi, fig. ibj. Pourtant, dans un individu, j'ai trouvé aux protriaenes 
superficiels les plus petits un cladome également très ouvert. 3. Anatriœnes presque 
rares, de dimensions inégales (PI. xi, fig. 2cJ, à clades ordinairement grêles,, les plus 
grands laissant entre leurs pointes un écartement de 220 [/.. 

II. Microsclères : 4. Sigmaspires diversement contournées (PI. xi, fig. 2 d), 
abondantes, de dimensions uniformes dans tous les spécimens, mesurant 20 [/. de 
corde, plutôt grêles, finement rugueuses. Assez souvent, un petit renflement s'observe 
quelque part sur leur longueur au voisinage de leur centre. Cela est surtout fréquent 
chez certains individus et, par contre, fait à peu près défaut chez d'autres. Ce renfle- 
ment médian conduit naturellement à comparer Tetilla longipilis avec T. geniculata 
Marenzeller (48, p. 5), caractérisée en partie par ses sigmaspires centrotylotes. Mais, 
de part et d'autre, la taille et l'ornementation des sigmaspires, la forme du cladome 
des anatriœnes et surtout des protriœnes diffèrent trop pour qu'on puisse admettre 
que le type de T. geniculata, de Jan Mayen, soit un fragment d'une petite T. longi- 
pilis. Peut-être, comme le fait remarquer Marenzeller, un tel renflement est-il sur les 
sigmaspires des Tetillidœ plus fréquent qu'on ne le suppose d'après des observations 
insuffisantes. 

Kirkpatrick a récemment proposé (38, p. 224) un genre nouveau, Spongocardium, 
pour une Tétillide du Cap chez laquelle le grand axe de la face supérieure du corps 
présente à l'un des bouts un vestibule d'inhalation et au bout opposé un vestibule 
d'exhalation. Le défaut probable de localisation des pores, l'absence, en tout cas, d'un 
vestibule d'inhalation chez Tetilla longipilis m'empêchent de rattacher cette Eponge 
au genre Spongocardium Kirkpatrick, ni même au genre Cinachyra Sollas. 



Genre Craniella, Schmidt 

Craniella cranium, (Miiller) Sollas 

Craniella \etlandica (Carter) ne peut être, contrairement à l'opinion de Sollas 
(65, p. 55), considérée comme une espèce à part. L'absence de microsclères est pour 
elle un caractère négatif sans valeur, car, en multipliant les préparations, on parvient 
quelquefois à découvrir de rares sigmaspires chez des individus qui en paraissaient 
d'abord totalement dépourvus '. Tout, à cet égard, se borne à des variations du plus 
au moins dépendant d'aptitudes individuelles. 

1 J'ai retrouvé de même des sigmaspires, rares et de petite taille (10 à 12 p.), dans ma Tetilla truncata de 
la côte des Asturies (94,, p. 36), où elles m'avaient complètement échappé. 



La production de sigmaspires s'observe à tous les degrés chez les Craniella 
cranium des Açores. Des spécimens obtenus en 1897 (Stn. 866, profondeur 5g9 mm et 
Stn. 899, profondeur 200 m ) représentent, dans cette région, la forme extrêmement 
pauvre en microsclères à laquelle s'attache le nom de {etlandica. 



Craniella disigma, n. sp. 
(PI. xi, fig. 3) 

Campagne de i8g5 : Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen. 

Eponge semblable à Craniella cranium, s'en distinguant, comme aussi de toutes 
les Craniella connues, par ses sigmaspires, de deux sortes, la plus grande de forme 
très particulière. 

Spicides. — I. Mégasclères : 1. Oxes choanosomiques droits, fusiformes, aniso- 
actinés, longs de i mm 2 à 2 mm 2, épais de 3o[x. 2. Oxes corticaux, fusiformes, trapus, 
simples, mesurant 23o à 465^ de longueur sur 18 à2opi d'épaisseur. 3. Protriœnes 
(PI. xi, fig. 3 a ) à cladome composé de trois clades un peu recourbés en dedans, assez 
grêles, égaux, longs de 170^. 4. Anatriœnes (PI. xi, fig. 3bJ à rhabdome renflé au 
voisinage du cladome, celui-ci à clades courts et gros; corde, 60 \j.. 

II. Microsclères : 5. Sigmaspires (PI. xi, fig. 3 cj en forme de C, de taille inusitée, 
atteinte seulement par les sigmaspires de Craniella atropurpurea (Carter), mesurant 
52 f/. de grand axe et 5\>. d'épaisseur, ornées de chaque côté de fortes dents attachées 
un peu dorsalement et recourbées en dessous; pas très abondantes. 6. Sigmaspires 
(PI. xi, fig. 3 dj plus ou moins contournées en spirale, assez petites et grêles (18 [x de 
grand axe); beaucoup plus nombreuses que les précédentes. Il n'existe pas le 
moindre terme de passage entre ces deux catégories de microsclères. La première 
semble se localiser dans l'écorce. 



IL Ordre CARNOSA, (Carter emend.) 

I. Sous-Ordre Microtriœnosa, Topsent 

Genre Thrombus, Sollas 

Thrombus abyssi, (Carter) Sollas; var. niger, n. var. 

(PI. 1, fig. 14 et PI. ix, fig. 12) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Quatre spécimens sur des 
fragments macérés de Chonelasma Schul^ei. 

Ils affectent la forme de larges plaques de contour irrégulier, attachées aux Cho- 
nelasma par des sortes de rhizines qui s'implantent dans les mailles de leur charpente, 



et, par places, reposant directement sur un lit de vase dont sont remplies certaines 
sinuosités de ces Hexactinellides. Toutefois, pour ne pas s'astreindre à les tapisser, 
ils passent au-dessus des dépressions un peu trop profondes à l'état de voile mince 
présentant des solutions de continuité arrondies au fond desquelles s'aperçoit le 
dépôt vaseux. Telle est la signification du large trou qui occupe le centre du spécimen 
figuré (PI. i, fig. 14). Leur épaisseur, fort inégale, ne paraît nulle part excéder 5 mm . 
Leur surface est unie et finement grenue, si bien que, dans leur ensemble, ils 
ressemblent assez à des lambeaux de cuir. Aucun de leurs orifices n'est visible. Dans 
leur chair, compacte, consistante, homogène, se pratiquent aisément des incisions 
nettes. Une mince couche périphérique se montre cependant plus coriace et plus 
résistante que le reste du corps. Toute la masse est teinte en noir intense par un 
pigment qui paraît imprégner uniformément tous les tissus. Des cellules sphéruleuses 
abondantes, arrondies ou ovoïdes, de 12 à 24 p de longueur, à sphérules petites et 
d'aspect granuleux, offrent surtout une coloration foncée. Ces cellules correspondent 
sans doute aux « ovoïd cells » signalées par Carter (*). 

Les Thrombus des Açores diffèrent, à première vue, de ceux découverts par le 
PORCUPINE à l'entrée de la Manche, par leur coloration. Ces derniers, en effet, étaient 
gris jaunâtre clair. Une telle différence n'a peut-être pas plus d'importance chez 
Thrombus abyssi que chez Characella pachastrelloides et Sphinctrella horrida, par 
exemple, que nous avons rencontrées tantôt grises et tantôt noires, et je me serais 
probablement cru en présence de l'espèce de Carter sans distinction de variété si je 
n'avais relevé une autre particularité dans la spiculation des quatre spécimens en 
question. 

Comme dans le type, les spicules sont de deux sortes : i° des amphiasters exces- 
sivement petites (5 (/. de longueur) ; 2 des trichotriœnes . 

Les trichotriœnes (PI. ix, fig. 12) sont très uniformes et ne présentent presque pas 
de malformations. Des épines couvrent leurs deutéroclades et leur rhabdome 
au-dessous de son renflement. Mais le rhabdome ne se prolonge jamais au-dessus 
du cladome. Le bouton apical longuement pédoncule, qui est constant sur les tricho- 
triœnes des Thrombus du PORCUPINE, fait ici complètement défaut. Ce qui revient à 
dire que, dans la variété niger de Thrombus abyssi, le cladome des trichotriœnes 
devient terminal comme chez les autres espèces du genre Thrombus. Ainsi s'atténue 
un caractère auquel Sollas croyait pouvoir attribuer une certaine importance pour la 
spécification et qu'il invoquait pour distinguer son Thrombus ornatus, des Seychelles, 
de Thrombus abyssi («5, p. 283). 

Les trichotriœnes des Thrombus des Açores sont un peu plus grands et surtout 
plus épais que ceux des Thrombus du PORCUPINE. Voici leurs dimensions : rhabdome, 
65 p. sur 10 au niveau de son renflement (au lieu de 55 (/. sur 7); corde du cladome, 
63 fi. (au lieu de 53); protoclades, 8 p, de longueur sur 10 p. d'épaisseur (au lieu de 8 [/. 
sur 5); deutéroclades, i5 à 20 p sur 6 à 8 (au lieu de 17 p sur 4). En l'absence d'un 
prolongement apical du rhabdome, leur cladome change un peu d'orientation; il ne 



102 — 



s'étend plus horizontalement mais relève un peu ses clades en dehors et en avant et 
les recourbe légèrement en arrière à leur extrémité. 

On voit que le Thrombus des Seychelles précité appartient probablement à l'espèce 
T. abyssi. Je le rattache provisoirement à sa variété niger car on n'en connaît malheu- 
reusement que les trichotriaenes, découverts dans une touffe fixatrice d' 'Euplectella 
cucumer. 



II. Sous-Ordre Microsclerophora, Sollas 

Famille PLACINID^, F.-E. Schulze 

Genre Placinastrella, F.-E. Schulze 

Placinastrella oxeata, n. sp. 
(PI. xi, fig. 4) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349™. Un spécimen sur un fragment 
macéré d'Aphrocal listes Bocagei. 

Il s'agit d'une toute petite Eponge revêtante, large de 7 mm sur 4, épaisse de 3 mm , 
de couleur blanche, de consistance ferme, sans orifices visibles, rude, lâchement 
hispide. 

Sa surface diffère de celle des Placinastrella copiosa Schulze et P. clathrata 
Kirkpatrick parce que de forts diacts la dépassent en grand nombre sur une longueur 
et suivant une direction variables. En outre, quoique des microxes de la plus faible 
taille s'y montrent abondants, ils ne s'y disposent pas verticalement en une sorte de 
palissade comme dans les espèces précédentes mais tangentiellement pour la plupart 
et sans ordre. La projection de grands diacts au dehors assure sans doute à l'Eponge 
une protection suffisante pour la dispenser de recourir au même moyen de défense. 
Ces grands diacts jouent d'ailleurs un rôle important dans toute son économie. Tandis 
que les diacts correspondants demeurent rares chez Placinastrella copiosa, ils 
deviennent ici extrêmement nombreux par tout le corps, et s'y croisent en tous sens. 
Inversement, il n'existe pas ici, dans l'ectosome ni au-dessous de lui, cette rangée de 
gros calthropes triœnoïdes et de gros triodes qui le soutiennent chez P. copiosa. La 
multiplication considérable des grands diacts semble s'être opérée au détriment des 
calthropes et triodes de même catégorie, car les triodes de grande taille sont tout à 
fait rares et disséminés dans le choanosome et les calthropes semblent faire absolument 
défaut. 

La charpente squelettique, constituée en majeure partie par les grands diacts, 
manque donc totalement de symétrie. Elle se complète dans les intervalles entre ces 
spicules et jusqu'à la limite du corps par une multitude de microxes, de microtriodes 



— io3 — 
et de microcalthropes qu'on peut assez facilement répartir en deux autres catégories. 
De sorte que Placinastrella oxeata possède aussi trois catégories de spicules, mais 
chacune avec des dimensions à peu près triples de celles delà catégorie correspondante 
de P. copiosa. 

Spicules. — Première catégorie. Ce sont surtout des oxes (PL xi, fig. 4a) mesu- 
rant pour la plupart de i mm 5 à i mm 8 de longueur sur 45 à 55 [x d'épaisseur, flexueux, 
à pointes diversement recourbées, et, d'habitude, sans renflement médian nettement 
accusé. Il s'y mêle de rares triodes (PL xi, fig. 4b) à actines longues de 625 [x, épaisses 
de 5o[a, parfois mal conformées. Je n'ai pas vu de calthropes de taille équivalente. 

Deuxième catégorie (PL xi, fig. 4c). Microxes très nombreux mesurant en 
moyenne 33op. sur 1 1 et présentant d'ordinaire en leur centre l'inflexion et le renfle- 
ment habituel des microxes des Placinidœ. Microtriodes assez nombreux à actines 
mesurant iiojj. sur 9, exceptionnellement 220 [/. sur i5. Microcalthropes rares, de 
même taille. Les termes de transition de cette catégorie de spicules à la précédente 
sont moins fréquents que vers la suivante ; cependant, le passage des microxes aux 
grands diacts s'effectue par une série assez complète d'intermédiaires. 

Troisième catégorie (PL xi, fig. \dj. Microxes variant entre 90p. sur 3 et 140p. 
sur 6 et davantage, à renflement central très accusé, souvent double, très nombreux, 
pas beaucoup plus abondants à la surface que par ailleurs. Microtriodes nombreux, 
à actines mesurant de 33 [a sur 2 à 5op sur 3 ou un peu plus longues encore. Micro- 
calthropes de même taille, un peu plus nombreux que dans la catégorie précédente, 
assez rares quand même. 

J'ai figuré tous ces spicules à un grossissement uniforme pour donner une idée 
plus exacte de leurs dimensions relatives. En choisissant pour la nouvelle espèce le 
nom de Placinastrella oxeata, j'ai voulu rappeler l'abondance remarquable et la taille 
colossale de ses diacts, qui semblent surtout la caractériser. 

Avec Placinastrella oxeata, le nombre des Placinidœ connues se trouve actuelle- 
ment porté à neuf, savoir : 

Placina monolopha Schulze, découverte dans la Méditerranée et retrouvée sur 
les côtes françaises de l'Atlantique et de la Manche (Topsent) et au Japon (Thiele) ; 
P. dilopha Schulze, de la Méditerranée; P. trilopha Schulze, de la Méditerranée et 
aussi de l'Antarctique (Topsent); Placortis simplex Schulze, découverte dans la 
Méditerranée, retrouvée sur la côte septentrionale d'Espagne (de Orueta et Topsent) 
et sur la côte occidentale de Norvège, dans le Trondhjem Fjord (collection A. -M. 
Norman, i8g3); Placinastrella copiosa Schulze, de la Méditerranée; P. clathrata 
Kirkpatrick, de Funafuti, et d'Amboine (Topsent); P. oxeata Topsent, desAçores; 
Placinolopha Bedoti Topsent, d'Amboine; P. spinosa Kirkpatrick, de Funafuti. Il 
conviendrait peut-être d'y ajouter Y Orthorachis problematica Sollas, du sud-ouest de 
la Nouvelle-Guinée, que Kirkpatrick considère comme une Placinolopha, mais dont 
on ne connaît encore que les lophodiactines. 



— 104 — 

III. Sous-Ordre Oligosilicina, Vosmaer 

Famille CHONDROSID^E, F.-E. Schulze 

Genre Chondrosia, Nardo 

Chondrosia plebeja, O. Schmidt 

Campagne de 1888 : Stn. 229, profondeur 736 m . Un spécimen («4L, p. 54). 

Chondrosia? 

Campagne de 1895 : Stn. 616, profondeur 1022™. 

Je retrouve sur un Polypier l'Eponge noire, à consistance de caoutchouc, de la 
station 229 (S4, p. 55), mais à l'état de lambeaux, impropres à toute étude sérieuse. 



— io5 — 

III. Ordre MONAXONIDA, Ridley et Dendy 

I. Sous-Ordre Hadromerina, Topsent 

I. Tribu Clavulida, Vosmaer (emend.) 

Famille CLIONIDyE, Gray 

Genre Gliona, Grant 

Cliona labyrinthica, Hancock 

Campagne de i8g5 : Stn. 587, profondeur 7g3 m . 

Campagne de 1896 : Stn. 712, profondeur 1424™. 

Campagne de 1897 : Stn. 837 et 838, profondeur 88o m . 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Dans des Polypiers. 

J'ai retracé récemment (§», p. 102) les caractères de cette Eponge en me guidant 
en partie sur les spécimens recueillis par la Princesse- Alice. Je rappelle que leurs 
oxes sont remarquablement robustes, car ils mesurent i5oà 170 [/. de longueur sur 
12 p. d'épaisseur, et que leur chair, complètement décolorée au niveau des cassures, 
là où l'action de l'alcool s'est continuellement renouvelée, reste d'un beau jaune 
verdâtre à l'intérieur des galeries intactes. 

J.-Y. Johnson a établi dans ces dernières années (38) le genre Acca pour des 
Clionidœ ne possédant que des oxes pour spicules. S'il était valable, Cliona labyrin- 
thica devrait se rapporter à ce genre, mais, à mon avis, il est parfaitement inutile et 
doit subir le même sort que les genres Pione, Myle, Sapline, Idomon et Pronax de 
Gray. Les trois Acca de Madère créées par Johnson ne sont peut-être pas toutes des 
Clionides. La description de Acca infesta, notamment, rappelle singulièrement les 
fistules des Réniérides cavicoles, telles que Reniera fistulosa, par exemple. 

Cliona levispira, Topsent 

(PI. XII, fig. 1) 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur 1 i65 m . 
Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . 
Campagne de 1897 : Stn. 869, profondeur 1240 111 . 
Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Cliona levispira paraît commune aux Açores par d'assez grandes profondeurs. 
Le yacht Princesse-Alice en a recueilli dans plusieurs localités éloignées les unes 



— io6 — 

des autres quelques spécimens perforant des Polypiers divers. Elle y creuse des 
galeries divisées en compartiments ou cellules de diamètre variable mais excédant 
rarement 3 millimètres. Elle communique avec l'extérieur par des papilles petites et 
peu nombreuses ne dépassant pas la surface du Polypier; les orifices dans lesquels 
elles s'engagent ne mesurent pour la plupart que o mm 5 et atteignent au plus i mm de 
diamètre. 

Blanche dans l'alcool, la chair est molle, opaque, granuleuse. Des oxes fusiformes 
assez grands et épais en constituent la charpente très lâche et sans ordre apparent. 
Des spirasters lisses, très sinueuses, s'y montrent partout abondantes; elles s'accu- 
mulent en grand nombre au niveau des étranglements interlobaires ménagés dans le 
calcaire. 

Les papilles sont dures et difficiles à dissocier par suite de la multitude de 
spicules qu'elles renferment. Il y a là d'abord, groupés parallèlement entre eux en 
un faisceau aussi large que la papille, des mégasclères spéciaux, grêles, diactinaux, 
mais à extrémités nettement dissemblables, oxes différenciés évidemment en vue du 
rôle qu'ils ont à jouer. De leurs extrémités, la plus effilée se tourne toujours vers le 
sommet de la papille, l'autre, obtuse, se place au niveau de sa base, et, comme ils se 
disposent sur un seul rang, leur longueur détermine la hauteur de l'organe. On 
observe quelquefois des papilles dont le squelette se compose d'un mélange, en 
proportions d'ailleurs inégales, d'oxes différenciés et d'oxes normaux, ces derniers 
seulement un peu plus courts que de coutume. Dans la règle, les papilles possèdent 
des mégasclères diactinaux spécialisés et n'en ont pas d'autres. Puis, les spirasters 
lisses s'y développent en quantité considérable, beaucoup d'entre elles y subissant 
une réduction de taille très sensible et ne décrivant plus qu'un tour de spire ou deux. 
Enfin, le sommet des papilles porte encore d'autres microsclères, des spirasters 
épineuses, très petites et droites, souvent difficiles à découvrir, d'autres fois abon- 
dantes et formant comme une poussière ténue entre les pointes libres des anisoxes. 
Malgré leur exiguïté, ces spirasters ainsi localisées offrent beaucoup d'intérêt, Cliona 
levispira nous apparaissant dès lors plus riche en microsclères que la plupart de ses 
congénères. Les spécimens dragués au nord-ouest de Sâo Miguel comme ceux 
recueillis auprès de Pico, de Graciosa ou de Flores s'en montrent pourvus. 

Cliona levispira est caractérisée à la fois par la possession de deux sortes de 
spirasters, par le manque de mégasclères autres que des oxes, et par la différenciation 
de ces oxes dans les papilles. 

En les étudiant avec un peu d'attention, on reconnaît bien vite des termes de 
passage entre les oxes de la chair et ceux des papilles. La différenciation marquée qui 
s'effectue ainsi rappelle celle qui se produit sur les tylostyles des Cliona ensifera et C. 
mucronata Sollas. Je ne vois pas qu'il en ait été signalé d'autres exemples chez les 
Cliones. 

Il n'est pas inutile de faire remarquer combien, par ses oxes normaux et par ses 
spirasters lisses, Cliona levispira offre de ressemblance avec C. abyssorum Carter. 



— 107 — 
Seulement, cette dernière est munie de tylostyles à tête ovale, bien accusée, longs de 
785 (*, localisés dans les papilles. Je les ai vainement cherchés partout dans toutes les 
C. levispira que j'ai eues à ma disposition; leur absence est constante et toujours les 
oxes grêles à pointes inégales en tiennent lieu. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes du choanosome (PI. xn, fig. 1 a), à tige lisse, 
épaisse, très faiblement courbée, à pointes semblables, acérées, pas très longues; ils 
mesurent 35o à 410 jx sur i5. 2. Oxes des papilles (PI. xn, fig. 1 bj, à tige lisse, grêle, 
très légèrement courbée, avec une pointe distale longue et acérée et une pointe proxi- 
male obtuse, plus ou moins tronquée ; ils ont environ 200 p. de longueur et 3 à 4 ^ de 
plus grande épaisseur. 

II. Microsclères : 3. Spirasters lisses (PI. xn, fig. vcj, épaisses, très contournées, 
décrivant jusqu'à cinq tours de spire, de dimensions fort variables, depuis i5'p- sur 4 
jusqu'à i3o et même i5o \>. sur 8; les plus grandes se trouvent surtout dans la chair, 
les plus petites dans les papilles. 4. Spirasters épineuses (PI. xn, fig. 1 dj, courts 
bâtonnets droits, longs seulement de 7 à 10 [/., épais de 2 y., présentant en leur milieu 
un verticille d'épines relativement fortes et aux deux bouts une petite couronne 
d'épines moins marquées; elles se confinent sur le plateau supérieur des papilles. 

Cliona levispira a une spiculation assez semblable à celle de Dotona pulchella 
Carter; cependant, comme elle possède des mégasclères choanosomiques, elle prend 
place dans le genre Cliona. Elle y fait partie du quatrième groupe, comprenant les 
Cliona pourvues d'oxes et de spirasters (&?, p. 236) et représenté, en outre, par les 
Cliona spiralis (J.-Y. Johnson 1899) et C. Pruvoti Topsent 1900(8®, p. 104). Le genre 
Scantilla J.-Y. Johnson (S8, p. 462) se trouve correspondre exactement à ce groupe. 
Mais je ne crois pas -naturelles les coupures pratiquées dans le genre Cliona, et c'est 
la raison pour laquelle, après avoir reconnu combien étaient mal établis les genres 
de Gray qui en opéraient le démembrement, je me suis abstenu de les reconstituer 
et d'y ajouter des genres nouveaux. 

Je me garderai, cependant, de repousser le genre Dyscliona de Kirkpatrick (81, 
p. 352), restreint aux seules D. purpurea (Hancock) et D. Davidi Kirkpatrick, c'est-à- 
dire aux Clionidœ possédant des strongyles ou des subtylotes pour mégasclères et 
des microsclères dérivés du type spiraster. En effet, on comprend aisément que, par 
suppression des tylostyles de la spiculation typique des Cliona, certaines espèces 
telles que C. labyrinthica, C. Pruvoti, etc., ne présentent plus que des oxes en fait 
de mégasclères, mais il est impossible pour le moment de dire par quelles transitions 
les Dyscliona ont acquis des mégasclères diactinaux de formes si spéciales. Tout ce 
que l'on peut affirmer, c'est que ces Eponges sont bien des Clionides. Les micros- 
clères de D. purpurea, microstrongyles à épines éparses, accompagnant des tylotes, 
m'avaient fait concevoir des doutes à ce sujet, mais en les rapprochant de ceux de 
D. Davidi (31, pi. xiv, fig. 1 d, e, g), qui sont des spirasters comparables à celles de 
Dotona pulchella, on se rend compte de leur signification véritable. 






— 10» — 



Genre Dotona, Carter 
Dotona pulcnella, Carter 

(PI. XII, fig. 2) 

Campagne de 1897 : Stn - 83 7i profondeur 88o m . Sur des Polypiers. 

Cette Eponge à chair blanche et molle, creuse dans les Polypiers des galeries 
profondes, irrégulières, composées de chambres fort petites (dépassant à peine o mm 5 
de diamètre), reliées entre elles par des canalicules longs et très étroits. Elle affecte 
donc avec la plus grande netteté la forme lobée habituelle aux Clionides à l'état 
perforant. Elle semble être peu dévastatrice. Les parois calcaires de ses galeries sont 
empreintes de fossettes contiguës n'ayant pas plus de 3o[a de diamètre moyen. Les 
papilles par lesquelles elle communique avec l'extérieur sont nombreuses mais fort 
petites. 

La spiculation comprend trois sortes d'éléments : 

I. Mégasclères : 1. Styles lisses (PI. xn, fig. 2 a), droits ou faiblement courbés, 
à pointe acérée, à tige légèrement fusiforme, à base sans renflement ni étranglement, 
longs de ioo[a, épais de 2>j. vers le centre. Rares dans les lobes, ils se groupent en 
faisceaux parallèles, la pointe en dehors, pour constituer le squelette des papilles. Ils 
correspondent aux oxes à pointe proximale émoussée des papilles de Cliona levispira. 

II. Microsclères : 2. Spirasters, rarement presque droites, quelquefois flexueuses, 
le plus souvent arquées, longues et épaisses (1 10 à 120 [j. sur 6), ornées de fins tuber- 
cules disposés suivant une ligne spirale sur toute leur longueur et accumulés sur leurs 
extrémités obtuses (PI. xu, fig. 2 bj. Elles se répandent lâchement et sans ordre par 
tout le corps, même dans les étroits canalicules interlobaires. Ces spicules, qu'on 
pouvait, en l'absence de mégasclères choanosomiques, considérer comme des mégas- 
clères diactinaux, représentent réellement des spirasters d'assez forte taille. Ce sont 
les homologues des spirasters lisses de Cliona levispira. Une Eponge des côtes 
méditerranéennes de France, Spiroxya heteroclita (S®, p. 280) nous en donne la 
preuve, car elle possède à la fois des spirasters lisses, onduleuses, et des spirasters 
arquées, ornées d'une bande spiralée de tubercules. Du reste, il arrive de trouver 
chez Dotona pulchella elle-même, des spicules monstrueux (PI. xn, fig. 2 b'J qui, 
perdant la régularité de leur ornementation et se tordant plus ou moins, prennent 
tout à fait l'aspect normal des spirasters. 

3. Spirasters (PI. xn, fig. 2 cj droites ou courbées, courtes mais plutôt robustes 
(6 à 8 p. de longueur sur 2 à 3 <j. d'épaisseur), composées d'une tige portant un verticille 
d'épines en son milieu et un bouquet d'épines, généralement plus faibles, à ses deux 
extrémités. Ces spirasters, identiques aux petites spirasters de Cliona levispira, se 
localisent comme elles à la surface des papilles aquifères. 



— iog — 

Dotona pulchella n'avait été signalée jusqu'ici que dans le golfe de Manaar (1®, 
p. 57). Les spicules du spécimen type ne diffèrent de ceux des spécimens des Açores 
que par leurs dimensions généralement plus faibles. D'après Carter, en effet, ses 
styles ne mesurent que 85 gt, de longueur et demeurent excessivement grêles; ses 
spirasters à tubercules en ligne spiralée sont surtout très remarquables sous ce rapport, 
car, avec la même épaisseur que celles ici décrites, elles atteignent à peine la moitié 
de leur longueur (5o p sur 6); seules, les petites spirasters des papilles ont les mêmes 
proportions de part et d'autre. 

Le genre Dotona ne compte pas actuellement d'autre représentant que D. pul- 
chella. Alectona Higgini Carter (IO, p. 58), que j'en ai quelque temps rapprochée 
(S3, p. 587), s'en écarte décidément par ses amphiasters. 

Genre Thoosa, Hancock 

Thoosa armata, Topsent 

(PI. xi, fig. 5-i 1) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5g9 m . Sur un Polypier. 

Le spécimen type de l'espèce, avait été découvert, desséché, dans une valve 
d'Huître du Gabon. 

Celui que nous retrouvons aux Açores dévaste un vieux Polypier, le creusant de 
galeries spacieuses que des étranglements assez étroits ménagés dans le calcaire 
décomposent en chambres successives larges de 4 à 6 mm . La surface de son abri est 
perforée sans ordre appréciable de nombreux trous circulaires dont le diamètre varie 
entre o mm 2 et i mm . Dans ces trous s'engageaient certainement les papilles delà Thoosa; 
malheureusement, ils sont tous vides à présent et je n'ai réussi à en extraire, de place 
en place, en grattant leurs parois, qu'une accumulation de pseudosterrasters et 
d'amphiasters noduleuses. La chair, au contraire, remplit encore la plupart des 
chambres. Elle est blanche et molle et se laisse aisément détacher des parois calcaires 
sur lesquelles elle est moulée. Par endroits, sur les parois des chambres et au niveau 
des communications interlobaires, s'étendent des plaques brunes, fermes mais 
cassantes, formées d'un entassement de pseudosterrasters et d'amphiasters noduleuses 
cimentées par de la spongine, et comparables aux vestiges de l'Eponge arrachés à 
l'intérieur des trous qui correspondent aux papilles. 

La spiculation comprend les éléments suivants : 

i° Des pseudosterrasters épineuses (PI. xi, fig. 5 dj, longues de 25 à 28 y., 

2 Des amphiasters noduleuses (PL xi, fig. 5 bj longues, en moyenne, de 28 à 3op, 
à axe épais, à actines courtes terminées par un renflement couvert d'épines. Ce sont, 
à ce qu'il semble, les microsclères caractéristiques des Thoosa. Quelques unes d'entre 
elles deviennent notablement plus grosses que les autres (PI. xi, fig. 5 b'J et ornent 
mieux l'extrémité de leurs actines; mais elles ne constituent pas une catégorie parti- 
culière de spicules. 



I 10 — 



3° Des amphiasters (PL xi, fig. 5 cj, à actines assez grêles, longues de 20j/., rugueuses 
et terminées par un petit bouton épineux. A vrai dire, ces asters figurent ici plutôt des 
chiasters tant leurs actines paraissent émaner d'un même point. Mais je les considère 
comme des amphiasters condensées parce que, dans le type de l'espèce, elles affectent 
nettement la forme amphiaster et parce que leurs homologues se retrouvent à cet 
état chez Thoosa Letellieri (SS, pi. xxn, fig. 17 cj. 

4 Enfin, des oxyasiers lisses (PL xi, fig. 5 a), réduites pour la plupart à deux 
actines longues de 70 à 80 [/., droites ou un peu courbées, partant d'un petit nodule. 
Plus fréquemment que dans le type, elles présentent des actines en nombre plus 
élevé : elles peuvent en avoir jusqu'à six et font ainsi franchement retour à leur 
forme initiale. 

La chair ne contient, en fait de mégasclères, que de très rares oxes, longs de 
mm g ^ jnim^ pj us g ranc j s q Ue ceux q U j abondaient dans certaines parties du spécimen 
type, et aussi quelques styles plus courts. Ces divers spicules doivent sans doute être 
considérés comme de provenance étrangère. 

Larves. — Recueillie le 2 août, l'Eponge était en pleine reproduction. De 
nombreux petits corps arrondis ou ovales, mesurant 33o \j. de diamètre ou 38o[/. de 
longueur sur 3oo (/. de largeur, parsèment la chair de tous ses lobes. Ce sont des 
larves à différents états de développement. 

Les plus jeunes consistent simplement en une masse opaque très segmentée que 
limite une mince pellicule transparente. A une certaine distance autour d'elles on 
constate le plus souvent une accumulation assez considérable d'amphiasters nodu- 
leuses. D'autres, assez avancées en organisation, très faciles à dégager des tissus 
ambiants, ont une constitution extrêmement curieuse et telle que n'en a encore 
présenté aucune larve de Spongiaire. Chacune d'elles se montre (PL xi, fig. 8) comme 
une petite masse globuleuse, blanc jaunâtre, de toutes parts entourée par un 
revêtement de spicules particuliers, disciformes, très minces, ovales ou un peu 
irréguliers, pourvus d'un court canal axial pareil à celui des desmas monocrépides 
des Lithistides, et ornés à leur surface de tubercules épars et mal marqués. En outre, 
des styles lisses et très effilés, fort longs, puisqu'ils atteignent i mm 2, mais très grêles, 
leur épaisseur n'excédant guère 4^., à base simple, à pointe souvent peu distincte et 
comme inachevée, la traversent à peu près en son centre et, la dépassant de 
beaucoup, rayonnent fort loin autour d'elle. Enfin, dans sa chair même s'observent, 
éparses, des amphiasters noduleuses très petites, oscillant entre 6 et 9^ de longueur. 

Il est surprenant de voir ces larves cuirassées posséder trois sortes de spicules 
dont deux, jouant un rôle éphémère, font absolument défaut à l'adulte. C'est une 
nouvelle preuve que les Clionidœ adultes sont loin de conserver toujours leur spicu- 
lation au complet. L'exemple est même beaucoup plus éloquent que celui que j'ai 
fourni autrefois à propos de Cliona celata et qui m'avait servi à établir la diagnose du 
genre Cliona (?3, p. 577). 

Les mégasclères de la larve nous confirment dans l'opinion que les Thoosa sont 
des Monaxonides et se rangent parmi les Clavulida. Ses disques protecteurs, malgré 



— III — 



leur forme, sont évidemment monaxiaux aussi. Il n'y a aucun rapprochement à 
établir entre ces derniers, qui mesurent en moyenne 80 <j. de longueur et les pseudo- 
sterrasters de la Thoosa perforante, qui atteignent à peine 3o;/. et affectent une confi- 
guration toute différente. 

Voici à grands traits, d'après ce que j'ai pu voir, comment les larves de Thoosa 
armata forgent leur armure, si je puis m'exprimer ainsi. Quand leur segmentation 
est suffisamment avancée, des cellules aplaties (PI. xi, fig. 1 1 a), ovales, transparentes, 
légèrement granuleuses, longues de 40^, larges de 10 à i5jx, pourvues d'un gros 
noyau sans nucléole et marquées d'une fine strie axiale, apparaissent à leur surface et 
s'isolent. Ce sont des silicoblastes, probablement d'origine ectodermique, qui, gran- 
dissant et servant de moule à une masse de silice de plus en plus dense et brillante, 
vont peu à peu former les disques (PI. xi, fig. 1 1 b et 1 1 c). Un peu après que ces 
cellules ont commencé à se solidifier, des styles sont sécrétés dans le corps de la 
larve et s'y disposent radialement en se croisant à peu près en son centre. D'abord 
courts et assez grêles (PI. xi, fig. 6), ils se trouvent alors complètement enfermés dans 
son intérieur, mais ils ne tardent pas à pointer au dehors et, progressivement, acquiè- 
rent toutes leurs dimensions; on peut sur une grande partie de leur longueur suivre 
une gaine cellulaire destinée sans doute à assurer leur achèvement (PI. xi, fig. 7). 
Enfin, lorsque les deux sortes précédentes de spicules sont assez développées, des 
amphiasters toutes petites prennent naissance à l'intérieur de la larve et s'y distri- 
buent sans ordre (PI. xi, fig. 9). 

Leurs styles radiaires ayant une longueur supérieure au diamètre des canaux 
les plus larges et même à celui des papilles de l'Eponge mère, les larves seraient 
incapables de cheminer vers l'extérieur si elles les maintenaient dans leur situation 
primitive. Mais j'ai trouvé deux larves (PI. xi, fig. 10) à spiculation bien complète, 
dont tous les styles étaient groupés en un faisceau, leur base incluse dans la masse, 
leur pointe, acérée, longuement saillante par l'un des pôles, et je pense que, plus 
mûres que les autres, elles avaient accompli de la sorte un important préparatif de 
départ. 

Il reste assez difficile de comprendre comment des larves ainsi blindées de toutes 
parts vont quitter leur mère et se mettre en quête d'un support de nature à être 
perforé. C'est un problème d'autant plus délicat que, par leur habitat connu, les 
Thoosa ne semblent guère accessibles aux recherches biologiques. 



Genre Alectona, Carter 

Alectona Millari, Carter 
(PI. xii, fig. 3) 

Campagne de 1897 : Stn. 838, profondeur 88o m . Un spécimen perforant un 
Polypier. 



J'ai exposé récemment (S», p. 24) l'histoire, les caractères et les affinités de cette 
Eponge avec assez de détails pour me dispenser de m'étendre ici à son sujet. 

Le spécimen recueilli aux Açores par la Princesse-Alice remplit un tout petit 
fragment de Polypier, mesurant 5 mm de hauteur et 3 mm de diamètre. Je suis parvenu 
à lui découvrir une papille et j'ai reconnu qu'elle était soutenue par un assez grand 
nombre de spicules diactinaux robustes (PI. xn, fig. 3 a) orientés suivant sa longueur 
et qu'elle chargeait son plateau externe d'une forte accumulation d'amphiasters 
(PI. xn, fig. 3bJ. 

La Clionide de Madère que J.-Y. Johnson a nommée Nisella verticillata («§, 
p. 462, pi. vi, fig. 6) pourrait bien être encore une espèce du genre Alectona. Johnson 
a lui-même remarqué la ressemblance de ses amphiasters fusiformes avec celles de 
A. Millari. Les spicules diactinaux à renflement médian qu'il a observés épars dans 
un cas et qu'il a soupçonnés d'être de provenance étrangère, font songer aux formes 
chétives des spicules diactinaux de la même Eponge. Enfin, ses amphiasters à actines 
longues se retrouvent, quoique plus grêles, chez A. Higgini. Pourvue d'amphiasters 
de deux sortes (en admettant qu'elles soient bien distinctes), Alectona verticillata 
relierait les Alectona aux Thoosa. 



Famille SPIRASTRELLID^E, Ridley et Dendy 
Genre Hymedesmia, Bowerbank 

Hymedesmia unistellata, Topsent; var. aspera, n. var. 

(PI. XII, fig. 7) 

Campagne de 1897 : Stn. 89g, profondeur 2oo m . Un spécimen, sur un caillou. 

L'Eponge consiste en une croûte mince (o mm 5 environ d'épaisseur), peu étendue 
(5 mm de largeur en tous sens), limitée de toutes parts par d'autres Eponges encroû- 
tantes ou revêtantes fHymeraphia mutabilis et Rhaphisia spissa), couverte d'une 
hispidation assez haute et assez serrée, de consistance coriace, grise à la surface mais 
jaune foncé dans la profondeur, sans orifices visibles. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Tylostyles (PI. xn, fig. j aj lisses, droits, dressés 
verticalement sur le support, à tête bien marquée, elliptique, épaisse de 12 à 20 fi, à 
pointe acérée graduellement effilée, longs de 660 <j. à i mm 4, épais de 5 à 12 p. au-dessus 
delà base. 

IL Microsclères : 2. Sphérasters (PL xn, fig. 7 bj à centrum épais résultant de 
l'union basilaire des actines, qui sont nombreuses (douze à quinze ou même davan- 
tage), coniques, robustes, peu pointues mais non tronquées, et ornées de fines épines 
sur leur moitié distale. Diamètre assez uniforme, oscillant entre 20 et 25 p.. C'est à 
l'abondance extrême de ces asters que l'Eponge doit sa consistance. 



— u3 — 

Je considère cette Hymedesmia comme une variété de mon H. unistellata (89, 
p. 123). Ses mégasclères sont exactement du même type que ceux des spécimens de 
Banyuls et du golfe de Gabès : ils sont droits, avec tête elliptique parcourue très loin 
par le canal axial non renflé en vésicule à sa terminaison ; seulement, ils deviennent 
très robustes et rendent la surface générale fortement hispide. Notons, cependant, 
que, dans la variété du golfede Gabès aussi, beaucoup de tylostyles atteignent et même 
dépassent i mm de longueur. Quant aux asters, elles ont le même diamètre que celles 
des H. unistellata précédemment rencontrées, et l'ornementation, constante ici, de 
leurs actines rappelle ce que nous avons observé déjà sur les sphérasters les plus 
grosses d'une H. unistellata de Banyuls fixée sur une Hircinia. 



Hymedesmia tristellata, Topsent 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen. 

C'est une petite croûte hispide, décolorée par l'alcool, sur un Polypier. Ses 
sphérasters triples, dont le diamètre ne dépasse pas i5 p., sont un peu plus petites que 
dans les spécimens de Banyuls (89, p. 129). 



Hymedesmia chondrilloides, Topsent 
(PL xii, fig. ga-gc) 

Campagne de 1897 : Stn. 866 (près de Terceira), profondeur 5g9 m . Un spécimen 
sur un Polypier. — Stn. 899 (Banc de la Princesse-Alice), profondeur 20o m . Un 
spécimen sur Sceptrintus Richardi. 

Chez les Hymedesmia unistellata de Banyuls, dans la variété de cette espèce 
provenant du golfe de Gabès, et dans sa variété aspera des Açores décrite ci-dessus, 
les mégasclères sont des tylostyles à tête bien renflée et elliptique. Les Hymedesmia qui 
nous occupent maintenant ont des mégasclères tout différents, des styles à base cons- 
tamment simple. Il est, par suite, probable qu'elles ne représentent pas, comme je l'ai 
d'abord supposé (89, p. 125), une variété de H. unistellata mais bien une espèce à part. 

Les deux spécimens recueillis de Hymedesmia chondrilloides sont des Eponges 
encroûtantes, un peu coriaces, gris jaunâtre, assez étendues, et épaisses, par places, 
d'environ 2 mm . Elles n'ont pas d'orifices distincts, mais leur surface, presque glabre 
et luisante, est marquée de lignes "plus ternes paraissant correspondre à des canaux 
aquifères peu profonds. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles (PI. xn, fig. gaj lisses, pouvant atteindre 
2 mm 5 de longueur et mesurant 9 à i2[/. d'épaisseur à la base; tige d'habitude assez 
fortement courbée; base très simple. Peu nombreux, rarement saillants à la surface 
du corps. 

II. Microsclères : 2. Sphérasters composées de dix à quatorze actines coniques, 
assez fortes, constituant par leur réunion basilaire un centrum généralement bien 

i5 



— ii4 — 
marqué (PI. xn, fig. gb). Dans le spécimen de la station 866, leur diamètre varie 
entre 27 et 42 p., avec prédominance entre 3o et 32 (a. Dans celui du Banc de la Prin- 
cesse-Alice, leur taille demeure un peu plus faible (17 à 33 (/.); en revanche, leurs 
actines portent souvent vers le bout quelques épines éparses (PL xn, fig. 9 c). 

Hymedesmia stelligera, (Carter) 
(PI. xn, fig. 8) 

Campagne de 1897: Stn. 866, profondeur 5g9 m . Un spécimen sur un Polypier. 
— Stn. 899, profondeur 200™. Un spécimen sur un caillou. 

Eponge encroûtante, mince, peu étendue, grise, hispide. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Tylostyles nombreux (PI. xn, fig. 8 a, 8 a'), assez 
faibles, inégaux, longs de 90 à 55o|jl, épais de 2à4p. au-dessus de la base, à tige 
souvent courbée à une petite distance de la base (surtout dans le spécimen de la 
station 866 et sur les plus petits tylostyles du spécimen de la station 899), à tête plus 
ou moins renflée, ovoïde ou marquée par un bourrelet annulaire de position variable. 
2. Tylostyles "(PL xn, fig. 8b) solitaires, épars, dressés verticalement sur le support, 
assez robustes, droits, lisses, atteignant \ mm q de longueur et mesurant 6 à 12 p. 
d'épaisseur au-dessus de la base, à tête conformée comme celle des tylostyles de la 
catégorie précédente. 

II. Microsclères : 3. Chiasters (PL xn, fig. 8cJ.de taille assez fixe (\2-\3\t. de 
diamètre) et d'ornementation uniforme. Leurs actines, au nombre de 6 à 10, sont 
cylindriques, épaisses et courtes, lisses mais terminées par un bouquet divergent 
d'épines assez fortes. La réunion de ces actines par leurs bases constitue généralement 
un centrum plus ou moins marqué. 

Il me paraît s'agir d'un spécimen encroûtant de Suberites stelligerus Carter (118, 
p. 124), espèce connue seulement d'après un individu massif du Honduras. 

Par leur forme, les asters de Hymedesmia stelligera rappellent un peu celles de 
H. trigonostellata Carter, du golfe de Manaar (tO, p. 52, pi. iv, fig. 14). Les dimen- 
sions de ces microsclères se trouvent être sensiblement égales de part et d'autre. 
Mais le nombre de leurs actines est bien différent. Du reste, les caractères des 
mégasclères ne permettent même pas de considérer les deux Eponges comme repré- 
sentant deux variétés d'une seule et même espèce. 



Genre Spirastrella, Schmidt 

Spirastrella aculeata, Topsent 

Cette intéressante Eponge, pourvue de tornotes et de spirasters à actines coniques 
et tylotes au bout, n'a été recueillie que par V Hirondelle, au sud de Pico (Stn. 229), 
par 736 m de profondeur (ÏJt, p. 127, pi. vin, fig. 10). 



— u5 



Genre Latrunculia, du Bocage 

Latrunculia biannulata, Topsent 
(PI. xn, fig. 6) 

Campagne de 1897 : Stn. 89g, profondeur 2oo m . Un spécimen sur une pierre. 

Les dimensions de ce second spécimen dépassent notablement celles du type 
(9 4L, p. 127). Il s'étend, en effet, en une plaque longue de 3 cm , large de i cm 5, épaisse 
de 3 mm vers le centre, mais très mince sur les bords. Sa surface, plane et lisse, se 
crible de plus d'une cinquantaine d'orifices cratériformes, inégaux mais toujours très 
petits (les plus grands d'entre eux atteignant à peine o ram 5 de diamètre), très légèrement 
saillants, semblables en un mot, à ceux de certaines Yvesia. La coloration générale 
est restée longtemps rosée dans l'alcool; sur la tranche, le choanosome conservait 
même une teinte incarnatus (de Saccardo). L'ectosome est coriace et se détache 
facilement du choanosome, qui est charnu, peu spiculeux, parcouru par des bandes 
de styles fascicules et parsemé de discasters. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles lisses mais (comme dans le type, d'ailleurs) 
polytylotes (PI. xn, fig. 6 aj, présentant sur les deux premiers tiers de leur longueur 
une série nombreuse de renflements assez doux; base ni dilatée ni simplement 
arrondie à son extrémité, un peu allongée; pointe brève et épaisse; longueur, 3oo à 
400 (/.; épaisseur, 5 ou 6 (/.. 

II. Microsclères : 2. Discasters (PI. xn, fig. 6b-6 d) longues de 80 p, à tige épaisse 
de 12 [a, terminée à chaque bout par un bouquet, également développé, de 10 à 12 
(spécimen de Pico) ou de 6 ou 7 (spécimen du Banc de la Princesse-Alice) épines 
divergentes, coniques et robustes, et entourée, à intervalles égaux, de deux verticilles 
de 7 ou 8 (Pico) ou de 10 (Banc de la Princesse-Alice) épines coniques, concrescentes 
par leurs bases en un anneau de 43 à 5o \j. de diamètre; toutes ces épines simples et 
lisses. 

Par l'égalité de leurs renflements terminaux, par le nombre constant et la position 
symétrique de leurs anneaux médians, enfin, par la simplicité de leurs épines, les 
discasters de Latrunculia biannulata se distinguent nettement de celles de toutes les 
autres Latrunculia connues. 

L'espèce a été recueillie aux Açores par 200 et 736 m . 



Latrunculia insignis, Topsent 

(PI. xn, fig. 5) 

Campagne de 1895 : Stn. 568, profondeur 55o m . Un spécimen. — Stn. 597, pro- 
fondeur 523 m . Un spécimen. 



— u6 — 

Campagne de 1897 : Stn. 869, profondeur i24o m . Un spécimen. — Stn. 899, 
profondeur 200™. Deux spécimens. 

Répandue dans toute la région des Açores, par des profondeurs comprises entre 
200 et i24o m , Latrunculia insignis se présente, sur les pierres ou les Polypiers, sous 
forme de plaques minces et plus ou moins étendues, grisâtres, un peu coriaces, lisses 
avec un certain nombre de papilles aquifères pointues et hautes de i mm à i mm 5. 

Sa spiculation est très caractéristique. Pour compléter les détails que j'ai fournis 
autrefois à son sujet (9 4L, p. 128), je vais la redécrire d'après le spécimen de la sta- 
tion 597. 

Spécules. — I. Mégasclères : 1 . Styles droits, lisses, polytylotes (dans le spécimen 
type, ils ne présentaient, d'habitude, qu'un seul renflement; ici, ils en portent le plus 
souvent deux ou trois, très espacés), à tête légèrement renflée, elliptique, à pointe 
courte et conique; dimensions variant entre 240 \j. sur 5 et 33o jjl sur 6. 2. Amphiclades 
conformés comme dans le type et disposés de même, mais moins nombreux; longs 
de 270 (i, épais de 6 (/.. 

II. Microsclères : 3. Discasters, longues de 60 [*, à tige épaisse de 8 (/., terminée à 
chaque bout par six épines relevées en forme de cupule et ornées en dessous de fines 
denticules, et entourée, à intervalles égaux, de deux verticilles de cinq ou six épines 
qui se divisent chacune en deux épines secondaires lesquelles se couvrent de denticules 
(PI. xii, fig. 5 a). Les cinq épines de chaque verticille sont concrescentes par leurs 
bases en un anneau de 35 à 37 \j. de diamètre. 

Dans le spécimen de la station 869, obtenu par la plus grande profondeur, la 
spiculation subit les variations suivantes. Les amphiclades semblent faire défaut, 
mais les deux autres sortes de spicules acquièrent un plus beau développement que 
de coutume. Les styles, polytylotes, droits, à base légèrement renflée, elliptique, sont 
un peu fusiformes; ils mesurent 45o [a de longueur, et leur épaisseur, qui varie de 
6 à 8 [a à la base, atteint 17 p. au niveau du renflement le plus central. Les discasters, 
longues de 70 [a-, ont une tige épaisse de 8 \j., portant à chaque extrémité une cupule de 
quatre ou cinq actines bifurquées, à divisions secondaires épineuses en dessous, et 
ornée de deux anneaux de 40 [/. de diamètre, composés de quatre épines, qui se divisent 
dichotomiquement d'abord en deux, puis en quatre, ces divisions ultimes étant seules 
denticulées (PI. xii, fig. 5 bj. Des termes de passage s'observent d'ailleurs entre ces 
discasters compliquées et les discasters plus simples du type (PL xii, fig. 5 cj. 

Latrunculia insignis est évidemment proche parente de L. biannulata. Elle s'en 
distingue cependant très bien par ses caractères extérieurs et par ses discasters, plus 
petites et douées d'une ornementation beaucoup plus riche. 

Dans les eaux du Portugal vit une autre Latrunculia décrite par du Bocage, en 
1869, sous le nom de Podospongia Loveni (S, p. 1 5g, pi. x, fig. 1). Les dragages de 
S. A. le Prince de Monaco ne l'ont pas encore obtenue aux Açores, mais seulement 
aussi sur la côte portugaise, à 18 milles environ du cap Sines, par 552 m de profondeur 



— iiy — 

(campagne de 1894, station 475). Des trois spécimens recueillis, j'ai fait ici figurer le 
plus beau (PI. v, fig. 11). 

Ridley et Dendy ont exprimé l'avis (54, p. 234) que l'existence d'un pédicelle 
chez cette Eponge autorise pleinement le maintien pour elle d'un genre à part. C'est 
une opinion soutenable puisqu'on sépare pour la même raison les Rhi^axinella des 
Suberites. Cependant, chez les Latrunculia et Podospongia, un caractère constant 
prime tous les autres, la présence de microsclères particuliers dont l'arrangement à 
la surface du corps constitue un tégument résistant. En outre, dans la tête de Podos- 
pongia Loveni, les mégasclères se bornent à conserver la disposition fasciculée qu'ils 
affectent dans le choanosome des Latrunculia. Pour ces motifs, la fusion des deux 
genres semble plus naturelle que leur scission. Le cas de Latrunculia Lovent est 
comparable à celui de Yvesia pedunculata parmi les Yvesia. 

Le fait que les discasters de Latrunculia Loveni (Bocage) ont les deux extrémités 
dissemblables n'a pas non plus grande importance puisque les microsclères corres- 
pondants de beaucoup de ses congénères (L. apicalis, L. brevis, L. Bocagei) se 
trouvent précisément dans le même cas. 



Genre Sceptrintus, Topsent 

Spirastrellidœ massives dont la spiculation comprend une faible quantité de 
styles un peu épineux, plus ou moins fascicules, ayant la signification de mégasclères, 
et se compose surtout de discasters gigantesques à nombreux verticilles d'épines, 
non dressées dans l'ectosome, répandues à profusion et sans ordre dans tout le 
choanosome. 

Sceptrintus Richardi, Topsent 
(PI. 1, fig. 11 et PI. xn, fig. 4) 

Cinq spécimens en ont été recueillis en 1897 sur le Banc de la Princesse-Alice, 
l'un par 2o8 m (Stn. 889), les autres par 20o m (Stn. 899). Une discaster à pointes vives, 
retrouvée dans une préparation de spicules de Halichondria leuconoides draguée par 
le yacht Y Hirondelle en 1888, par 3i8 m , au sud-est de Pico (Stn. 247), semble 
indiquer dès maintenant que l'Eponge ne se cantonne pas exclusivement sur ce banc. 

Il s'agit toujours d'Epongés assez volumineuses, massives, informes, sans support, 
mais pleines de petits débris de toutes sortes qu'elles doivent incorporer en croissant 
et en partie revêtues d'autres Spongiaires minces. Elles s'imprègnent dans toutes leurs 
parties d'une belle coloration jaune d'ocre. De structure compacte et de consistance 
ferme, elles sont quand même très friables. Nulle part on n'y découvre d'orifices 
aquifères. Leur surface, sans la moindre éminence papilliforme, se montre unie 
et glabre partout où l'on peut la trouver libre et intacte. Il n'y a pas d'ectosome 



— II» — 



détachable. Le corps se limite par une mince membrane où se reconnaissent des 
éléments cellulaires ; par endroits, cette membrane est remplacée par une délicate 
cuticule anhiste et jaunâtre. La chair du choanosome est granuleuse et jaune. 

La distribution des spicules paraît uniforme dans tout le corps : c'est partout un 
mélange de quelques styles fascicules et de très nombreuses discasters de toutes 
dimensions. 

Seulement, au niveau de la membrane limitante, les discasters restent de taille 
plus faible et les styles existent en proportion un peu plus élevée. Ils se couchent les 
uns et les autres dans cette membrane, en tous sens, sans s'y presser, ni sans nulle 
part la dépasser. L'état parfaitement lisse de la surface dépend de cette disposition 
qui ne rappelle en rien ce qu'on observe chez les Latrunculia. 

Dans la profondeur dominent les discasters les plus fortes; plus abondantes que 
la chair même, elles s'y entrecroisent sans ordre et ne se relient entre elles par aucun 
lien de spongine; ainsi s'explique la consistance à la fois ferme et friable de la masse. 

Il n'existe que deux sortes de spicules, des styles et des discasters. Il est à 
remarquer d'ailleurs que les styles ne sont ici autre chose que des discasters modifiées 
pour jouer le rôle de mégasclères. La transformation s'accomplit à la fois par élon- 
gation de la tige, par réduction du nombre des épines, par atténuation en pointe de 
l'une des extrémités. Tous les termes de passage se rencontrent à souhait. C'est à 
peine si l'on devrait parler ici de mégasclères et de microsclères, tant ces derniers sont 
robustes et prépondérants; mais, outre qu'ils varient beaucoup de forme et de 
dimensions, qu'ils ne constituent aucune charpente digne de ce nom et que pour 
servir de mégasclères ils doivent se transfigurer, leur comparaison avec les spicules 
de Spongiaires de groupes divers conduit à les considérer comme des microsclères 
véritables et à les assimiler aux discasters des Latrunculia. De tels organites, cylin- 
driques, ainsi régulièrement verticillés, à bouts semblables et différenciés en un 
bouquet d'épines, n'existent, en effet, nulle part ailleurs que chez ces Spirastrellidœ. 
Il est vrai de dire que les discasters des Latrunculia n'atteignent jamais de pareilles 
dimensions (pas même les amphiclades de L. insignisj ni ne comptent à beaucoup 
près autant de verticillés d'épines. Appliqué aux longs microsclères de Sceptrintus 
Richardi, le terme de discasters est forcément impropre. De tous les spicules signalés 
jusqu'à ce jour, c'est peut-être celui de la figure 68 du premier volume de la mono- 
graphie de Bowerbank (4) qui leur ressemble le plus; il provient malheureusement 
d'une Eponge marine inconnue. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Styles longs et grêles, plus ou moins courbés, avec 
un bout (la base) arrondi sans renflement, l'autre bout en pointe graduellement effilée, 
acérée ; jamais parfaitement lisses, ils portent au moins quelques faibles épines au 
voisinage de leur base ; d'habitude aussi, des épines se distribuent sur leur tige, mais 
de loin en loin, souvent à des intervalles égaux, comme pour rappeler les verticillés 
des discasters (PI. xn, fig. 4 c)\ elles ne se disposent réellement en verticillés que sur 
les styles les plus courts et, dans ce cas, il arrive quelquefois que la pointe du mégas- 






— iig — 
clère se trouve remplacée par un bouquet de deux ou trois épines; de la sorte, le 
passage des discasters grêles aux styles est réalisé (PI. xn, fig. 4 bj. Les dimensions des 
styles varient depuis 3oo (/. de longueur sur 5 (/. à peine d'épaisseur jusqu'à 700 [* et 
plus sur 7 à 10. Ces spicules se groupent généralement par petits faisceaux. On les 
rencontre surtout au voisinage de la surface; ils ne font pas saillie à l'extérieur. 

II. Microsclères : 2. Discasters (PI. xn, fig. \a). Ces spicules, auxquels ce nom 
ne convient guère, sont sensiblement cylindriques, plus ou moins courbés, davantage 
quand ils sont petits que lorsqu'ils grossissent beaucoup, à bouts semblables armés 
d'une couronne de fortes épines, à tige couverte de verticilles généralement équi- 
distants. Les épines des verticilles sont droites pour la plupart, ou bien recourbées 
mais sans orientation définie de leur pointe; les épines des deux bouts sont toujours 
en crochet. Le nombre des verticilles varie; il est de 6 à 9 sur les plus faibles discas- 
ters; il monte à 12, i5 et 18 sur les plus robustes. Les verticilles se composent le plus 
souvent de 6 épines; mais ils peuvent n'en comprendre que 5 ou même 4 seulement. 
Le canal axial se voit très bien, surtout sur les plus grosses discasters; il s'arrête de 
part et d'autre brusquement à peu de distance des extrémités. Les discasters les plus 
petites mesurent i5oj/. de longueur sur 7 (/. d'épaisseur, sans compter les épines; les 
plus grosses atteignent et dépassent 53o \j. sur 40. Il y a des formes grêles, à verticilles 
distants et à épines très petites, qui mesurent 3oo à 5oo \j. de longueur sur 5 à 10 f* 
d'épaisseur seulement. Les variations sont donc infiniment nombreuses. En règle 
générale, on ne trouve que des discasters faibles au voisinage de la surface; dans la 
profondeur, les discasters énormes s'y mêlent en forte proportion. Nulle part elles ne 
prennent une disposition régulière. 

La comparaison du genre Sceptrintus avec le genre Suberotelites écarte toute 
velléité de rapprocher ces Eponges. Chez les Suberotelites, les spicules épineux sont 
tous égaux entre eux, ont les deux bouts dissemblables, ne se couvrent pas de verti- 
cilles d'épines et, affectant une disposition régulière, constituent une charpente en 
réseau sur laquelle s'implantent des mégasclères lisses de projection; ces tylostron- 
gyles épineux ne peuvent donc pas, eux, passer pour des microsclères. 



Famille POLYMASTID^E, Vosmaer 
Genre Polymastia, Bowerbank 

Polymastia corticata, Ridley et Dendy 

(Pi. 1, fig. 7) 

Campagne de i8g5 : Stn. 553, profondeur i385 m . Un spécimen, fixé sur des petits 
cailloux. 

D'après Ridley et Dendy (54, p. 212), cette espèce se distingue de ses congénères 



— 120 — 



par sa teinte d'un blanc très pur et par les fortes dimensions et la forme aplatie de 
ses papilles les plus grandes. Il est exact que les spécimens se décolorent complète- 
ment dans l'alcool, mais une aquarelle exécutée à bord d'après celui que la 
Princesse-Alice a dragué dans les parages de Sâo Miguel prouve, qu'à l'état de 
vie, l'Eponge peut offrir un assez riche coloris. D'autre part, l'étude de Polymastia 
mammillaris (80, p. 137) nous a appris qu'on ne doit pas attacher beaucoup d'im- 
portance à la forme des papilles, qui varient selon les individus, selon l'âge, selon 
leur état d'extension, de contraction ou de rétraction. Pas plus, d'ailleurs, sur ce 
spécimen que sur ceux qui provenaient, en 1888, d'une opération de Y Hirondelle 
dans le détroit de Pico-Fayal (94, p. i32, vol. v, fig. i5), il n'est possible de recon- 
naître les deux sortes de papilles que présentait le type. 

Le véritable caractère de Polymastia corticata réside, comme l'indique heureu- 
sement son nom, dans la structure de son ectosome qui, très épais, constitue une 
écorce ferme à deux couches, l'externe n'ayant que la hauteur des petits tylostyles 
superficiels, l'interne, extrêmement développée et capable d'atteindre, suivant les 
points, i mm 5 à 2 mm d'épaisseur. 

Les styles fusiformes, à base amincie, du choanosome acquièrent de belles 
dimensions : oscillant, en moyenne, entre 770 p. et i mm de longueur sur 20 à 28 \>. de 
largeur, elles peuvent s'élever jusqu'à i mm 6 sur 40 [a au centre. 

Les profondeurs par lesquelles Polymastia corticata a été recueillie aux Açores 
sont: i3o m (Stn. 226) et i385 m (Stn. 553). 



Genre Trichostemma, Sars 

Trichostemma Sarsi, Ridley et Dendy 

C'est décidément une Eponge commune aux Açores. V Hirondelle et la 
Princesse-Alice l'y ont recueillie à sept reprises (Stn. 2o3, 211, 242, 553, 575, 624 
et 703), par des profondeurs comprises entre 86 i m et 2102™, sur des fonds vaseux et 
sablo-vaseux. 

Genre Rhaphidorus, Top sent 
Polymastidœ possédant des trichodragmates dans le choanosome. 

Rhaphidorus. setosus, Topsent 
(PI. r, fig. 6 et PL xii, fig. 12) 

Campagne de 1895 : Stn. 527, profondeur 4020 111 . Un spécimen. 
Campagne de 1896 : Stn. 683, profondeur i55o m . Un spécimen. — Stn. 702, 
profondeur i36o m . Deux spécimens. 



Cette espèce a été rencontrée par la Princesse- Alice dans toute l'étendue de 
l'archipel des Açores, dans l'est de Sâo Miguel, au sud de Pico, au voisinage de 
Flores, toujours par des profondeurs considérables. 

Je l'ai décrite ailleurs (8 S, p. 245) d'après le spécimen, malheureusement 
détérioré, fixé sur une pierre ponce, de la station 527. Les trois spécimens obtenus 
au cours de la campagne de 1896 nous en donnent une idée à la fois plus complète et 
plus large. Celui de la station 683, enroulé autour d'une coquille de Dentale (PI. 1, 
fig. 6), est intact et de tous le plus volumineux : il mesure 3o ram de longueur, 2o mm de 
largeur et 2o mm d'épaisseur. Des spécimens de la station 702, l'un est à l'état de 
fragment long de io mm , large de 5 mm au plus, épais de 2 mm à 3 mm ; l'autre, entier, établi 
sur un morceau de valve de Brachiopode, est disciforme, épais seulement de i mm 5 au 
centre et large de 8 mm . 

D'une façon générale, Rhaphidonis setosus se présente comme une petite Eponge 
massive, plus ou moins globuleuse ou déprimée, de consistance ferme, de couleur 
grise ou blanc sale à la surface et blanc-jaunâtre à l'intérieur. Elle se couvre partout 
d'une hispidation serrée, assez courte mais qui, d'habitude, devient beaucoup plus 
haute (i mm à i mm 5) au voisinage de ses points d'attache au support ou, ce qui revient 
au même, à son pourtour. Elle porte (dans les deux individus complets) en un point 
culminant un oscule surélevé. 

La structure est celle des Polymastidce . L'écorce, coriace, assez épaisse, est 
limitée du côté externe par une rangée compacte de petits tylostyles verticaux, mais, 
partout, de plus grands tylostyles la traversent et la dépassent sur une longueur 
variable et déterminent l'hispidation très apparente de la surface générale. Le 
choanosome a pour charpente des lignes polyspiculées rayonnant de la base du corps 
à la périphérie et composées de grands tylostyles qui orientent tous leur pointe vers 
l'extérieur. Dans la chair, entre les piliers squelettiques, s'entrecroisent de nombreux 
faisceaux de rhaphides très fins. Exceptionnellement longs dans le spécimen qui m'a 
d'abord servi de type, ces rhaphides pouvaient passer pour des oxes linéaires compa- 
rables à ceux qui s'observent fréquemment chez Cliona celata. Mais je les ai trouvés 
beaucoup plus courts dans les autres spécimens et ils m'apparaissent maintenant avec 
la signification de microsclères. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Tylostyles corticaux (PI. xu, fig. 12 a) courts et 
épais, à tête large, ovoïde, souvent submucronée, à tige droite, fusiforme; ils mesu- 
rent 200 à 3oo[/. de longueur environ avec une épaisseur de 10 à i3 \j.. 2. Tylostyles 
choanosomiques, à tête renflée mais allongée (PI. xu, fig. 12 bj montrant en son centre 
la terminaison un peu dilatée du canal axial, à tige droite, un peu fusiforme, acérée, 
longs de i mm à i mm 4 (ou de 2 mm à 2 mm 5, là où l'hispidation devient plus haute), épais 
de 20 à 25 [j.. A signaler, dans le choanosome du spécimen incomplet de la station 702, 
de nombreux tylostyles monstrueux (PI. xu, fig. 12 cj pareils à ceux des gemmules 
de Cliona vastifica. 

II. Microsclères : 3. Trichodragmates (PI. xn, fig. 12 dj formant des faisceaux de 
rhaphides linéaires de longueur variable selon les individus : 260^. dans le spécimen 

16 



— 122 — 

de la station 527, 100 jx dans le spécimen disciforme de la station 702, 70 p. dans les 
deux autres spécimens. 

Bien développé, Rhaphidorus setosus peut affecter (PI. 1, fig. 6) une certaine 
ressemblance avec Suberites caminatus Ridley et Dendy, qui se rencontre aussi aux 
Açores, mais il s'en distingue à la fois par son hispidation, par la conformation de 
ses tylostyles et par ses trichodragmates. 

Instruit de la véritable nature des oxes linéaires observés d'abord dans le spéci- 
men de la station 527, j'ai dû modifier ici la diagnose primitive (S 1 ?, p. 244) du genre 
Rhaphidorus. Il perd, à mes yeux, beaucoup de sa valeur, car j'ai récemment constaté 
chez Rhi\axine lia pyr ij 'era aussi l'existence de trichodragmates (89, p. 247). 



Genre Tylexocladus, Topsent 

Polymastidœ massives, sessiles, sans papilles. Mégasclères de trois sortes : 
tylostyles, de différentes tailles suivant leur position dans l'organisme; oxes centro- 
tylotes, dispersés sans ordre dans le choanosome; enfin, cladotylostyles, exotyles 
caractéristiques, dressés dans l'écorce, le cladome en dehors. Pas de microsclères. 



Tylexocladus JouMni, Topsent 

(PI. 1, fig. 9 et PL su, fig. 10 et 11) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Trois spécimens sur des Poly- 
piers. 

Le spécimen le plus beau est une Eponge grisâtre (gris rosé) sessile, massive, à 
contours arrondis, basée sur un Polypier dans toute son étendue et mesurant seule- 
ment 20 mm de longueur, i5 mm de largeur et 2 mm d'épaisseur. Il ne porte d'autre 
éminence qu'un oscule étroit (i mtn de diamètre), demi-clos, très légèrement surélevé. 
La surface, égale, se montre finement hispide et souillée d'impuretés, sauf au 
voisinage de l'oscule où elle devient parfaitement glabre. Les pores restent indistincts. 
L'ectosome se différencie en une écorce spiculeuse coriace; le choanosome est plutôt 
charnu. 

Dans le choanosome, la charpente se compose surtout de fibres primaires 
polyspiculées, sans spongine, s'élevant de la base jusqu'à l'écorce et faites de longs 
tylostyles à pointe dirigée vers la périphérie; puis, croisant ces fibres en tous sens, 
de tylostyles courts et épais, isolés ou groupés par deux ou par trois au plus; enfin, 
d'oxes centrotylotes de faibles dimensions, bien plus abondants que les tylostyles 
trapus, et dispersés sans ordre dans toute la chair. 

Dans l'ectosome, une couche compacte de tylostyles courts et épais, dressés 
verticalement côte à côte, la pointe en dehors, est traversée à des intervalles assez 
réguliers par des spicules solitaires, longs et gros, les cladotylostyles, qui, d'une part, 



— 123 — 

s'implantent par leur base assez profondément dans la chair au-dessous de l'écorce, 
et, de l'autre, font saillie hors de l'Eponge sur un bon tiers de leur longueur, leur 
cladome assurant ainsi une véritable protection à distance (PI. xn, fig. 10). 

Au voisinage de l'oscule, l'écorce est soutenue par des tylostyles qui s'allongent 
et se couchent presque tangentiellement à la surface; les cladotylostyles font défaut 
dans cette région, qui, par suite, paraît glabre et sans souillures. Enfin, les bords de 
l'oscule ont uniquement pour charpente des tylostyles grêles disposés verticalement 
la pointe en haut. 

Les deux autres spécimens, également fixés sur des Polypiers, sont de taille plus 
petite et ne possèdent pas d'oscule apparent. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Tylostyles. Ils ont tous une tête bien marquée et 
une pointe graduellement effilée; mais on peut les répartir en trois catégories. Ceux 
qui forment les lignes primaires, grands, forts et effilés, ont une tête allongée (PI. xn, 
fig. 1 1 <3, 1 1 a'J et mesurent i mm et davantage de longueur et i5 p. d'épaisseur maxima. 
Ceux qui bordent l'oscule, grêles et effilés, ont aussi une tête allongée, mais ne 
mesurent que 3^5 à 400 ^ de longueur et 5 (/. d'épaisseur. Ceux enfin qui se dressent 
côte à côte dans l'écorce et qui se disséminent dans la chair entre les lignes ascen- 
dantes polyspiculées, courts et épais, ont une tête globuleuse (PI. xu, fig. ne, nc'J 
et mesurent seulement 23o à 3oo jx de longueur tout en atteignant 10 à 1 2 \j. d'épaisseur. 
2. Cladotylostyles (PI. xu, fig. 1 1 &, nb'J. Ces curieux spicules de défense externe 
représentent une modification de tylostyles trapus de l'écorce; leur tête, en effet, 
ressemble plus à la leur qu'à celle des tylostyles des lignes squelettiques. Ils sont 
grands et gros, espacés à des intervalles assez égaux. Ils mesurent 58o à 640(7. de lon- 
gueur et 20 à 23 p. d'épaisseur. Leur tige, à son extrémité distale, se renfle un peu et 
se découpe en une dizaine de denticules pointues et brèves dans chacune desquelles 
se ramifie l'axe du spicule; souvent ces branches de l'axe deviennent confluentes et 
empêchent alors de compter les denticules. 3. Oxes centrotylotes (PI. xu, fig. 11 dj. 
L'existence de cette sorte de mégasclères n'avait encore été constatée chez aucun 
membre de la famille des Polymastidœ; mais elle n'est pas exceptionnelle chez les 
Clapulida, puisque beaucoup de Clionidce possèdent aussi des oxes. Confinés dans le 
choanosome de Tylexocladus Joubini, où ils abondent, ils sont de petite taille, ne 
mesurant que 70 à 120^ de longueur et 3 à 5 ^ d'épaisseur; leur tige, faiblement 
courbée, est lisse, présente constamment un renflement central plus ou moins accusé 
et se termine en pointe acérée à ses deux extrémités. 

Pas de microsclères. 

On ne connaît encore que trois Clavulides qui possèdent des exotyles : Sphœro- 
tylus capitatus (Vosmaer i885), où des tylostyles, pour jouer ce rôle, renflent leur 
extrémité distale en une boule rugueuse; Proteleia Sollasi Ridley et Dendy 1886, 
où des tylostyles arment leur pointe d'un grappin semblable au cladome d'un 
anatriasne; enfin, ce Tylexocladus Joubini Topsent 1898, où des tylostyles, épais et 
tronqués, se terminent par un groupe de forts muerons. 



— 124 — 



Genre Ridleya, Dendy 
Ridleya oviformis, Dendy 

(PI. v, fig.g et PI. xn, fig. 18) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Un spécimen sur un fragment 
de Polypier. 

C'est, si je ne me trompe, le second spécimen connu de Ridleya oviformis. Il ne 
diffère du type (1G) que par ses moindres dimensions. 



Genre Tentorium, Vosmaer 

Tentorium semisuberites, (O. Schmidt) Vosmaer 

Cette Eponge est commune aux Açores. Le yacht Princesse-Alice l'y a 
recueillie, de 1895 à 1902, dans onze de ses opérations, par des profondeurs comprises 
entre 200™ et 3oi8 m . 

Famille SUBERiTID,E, Schmidt 
Genre Suberites, Nardo 

Suberites caminatus, Ridley et Dendy 

Recueilli par V Hirondelle, en 1888, dans le détroit entre Pico et Fayal, par 
i3o m , et parla Princesse-Alice, en 1902, à 55 milles au N. N.-W. de Fayal 
(Stn. i334), par igoo m de profondeur. Un seul individu dans chaque station. 

Suberites carnosus, (Johnston) Gray; var. depressus, Topsent 

Campagne de 1888 : Stn. 247, profondeur 3i8 m . Un spécimen fixé sur un Bryo- 
zoaire communiqué par le D r Jullien. 

Suberites laticeps, n. sp. 

(PI. xii, fig. 19) 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845™. Quatre spécimens sur des 
Polypiers. — Stn. 616, profondeur i022 m . Un spécimen sur un Polypier. 



— 125 — 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . Un spécimen sur un Polypier. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen sur un Polypier. 

Par leurs caractères extérieurs, ces Eponges ressemblent beaucoup à de jeunes 
Suberites carnosus var. depressus. Elles se présentent toutes, en effet, comme de petits 
coussins de 5 mm à 9™" de diamètre, épais de i mm 5 à 2 mm au centre, d'un blanc sale 
dans l'alcool, lisses ou (à la loupe) très finement veloutés, pour la plupart pourvus 
d'un petit oscule légèrement saillant et piquetés sur toute leur étendue de points 
sombres inégaux qui correspondent aux pores. Mais leur consistance est plus ferme 
et leur spiculation plus robuste. Surtout, leurs tylostyles diffèrent de ceux des 
diverses variétés de Suberites carnosus (89, p. 233) par leur tête plus grosse et moins 
longue et par leur tige plus renflée et généralement droite. 

Des tylostyles (PI. xn, fig. 19 a, 19 a) enchevêtrés sans ordre et peu serrés, sans 
liens de spongine, composent la charpente du choanosome. Ils mesurent 450 à 680 [x 
de longueur (en moyenne 55o à 600 y.) et i5 à 20 {/. d'épaisseur à mi-distance de leurs 
extrémités. Leur tige, droite, fusiforme, est peu acérée. Leur tête, ovoïde mais aussi 
large ou même un peu plus large que longue, a 17 à 20 \>. de diamètre. 

A la périphérie, des tylostyles de dimensions plus faibles se disposent par 
bouquets compacts verticalement, la pointe en dehors; leur écartement au niveau 
des orifices inhalants permet d'apercevoir les pores comme autant de petites taches 
sombres. Ces tylostyles corticaux (PL xn, fig. igb, igb'J mesurent 200 à 350;;. de 
longueur et 6 à 10 [/. d'épaisseur au milieu. Ils ont aussi une tête ovoïde courte et 
grosse et une tige fusiforme peu acérée, souvent un peu courbée dans son tiers 
proximal. 

Suberites gibbosiceps, n. sp. 

(PL iv, fig. 11 et PI. xn, fig. i5) 

Campagne de 1896 : Stn. 673, profondeur 2252 m . Trois spécimens sur des 
pierres. — Stn. 698, profondeur 1846 111 . Deux spécimens sur des Flabellum. 

Eponge massive, non lobée, subbulbeuse ou en plaques étendues et assez épaisses. 
Contours arrondis; bords généralement obtus. Surface égale, couverte de petites 
villosités couchées. Couleur crème, ou grisepar addition fréquente d'un dépôt vaseux. 
Consistance assez souple. Pores invisibles. Oscules peu nombreux (un ou deux par 
spécimen) mais assez larges, surmontés d'un rebord spiculo-membraneux flexible et 
transparent, cylindrique, haut de i mra 5 à 2 mm . 

Ces caractères sont ceux de trois des spécimens recueillis. Deux autres spécimens, 
de la station 673, n'ont, en effet, ni oscules ni villosités : ils sont massifs, lisses, fermes 
et partiellement vitreux. Cette dernière particularité est même à ce point apparente 
chez l'un d'eux qu'il fut, sur le vif, le sujet d'une aquarelle qui le représente comme 
bleuté en majeure partie. Je les considère comme des individus lipostomiques. 

La charpente est irrégulière. A la surface, des tylostyles de dimensions plus 



126 

faibles que ceux de l'intérieur se dressent et constituent, suivant le cas, une couche 
dense ou des villosités. 

Les tylostyles du choanosome sont droits, légèrement fusiformes, acérés mais 
peu effilés. Ils mesurent o mm 9 à i mm 3 de longueur et 17 a 20 (a d'épaisseur au centre. 
Leur tête, large de 20 à 23 [/., affecte une forme caractéristique, qui se retrouve chez 
tous les individus : toujours bien renflée, elle se compose rarement d'une boule 
surmontée d'un prolongement cylindrique ou conique; d'habitude, elle est presque 
tronquée au bout, bosselée et irrégulière ou marquée, en outre, de deux constrictions 
en avant de la tige (PI. xn, fig. i5). 

Les tylostyles superficiels ont une tige fusiforme, peu acérée, légèrement courbée 
au niveau du cou et une tête quelquefois difforme aussi mais le plus souvent ovoïde, 
aussi large que longue ou submucronée; leur longueur est de 33o à 5ooj/. et leur 
épaisseur de 10p.au centre. 



Genre Terpios, Duchassaing et Michelotti 

Terpios fugax, Duchassaing et Michelotti 

Ce nom paraît être le plus ancien (89, p. ig3) qui ait été donné à l'Eponge des 
collections de V Hirondelle que j'ai d'abord désignée (34, p. i3i, pi. 1, fig. 2) sous 
le synonyme Suberites tenuiculus (Bowerbank). 

Genre Prosuberites, Topsent 

Prosuberites epipbytum, (Lamarck) Topsent 

Campagne de 1897: Stn. 899, profondeur 200 m . Sur une pierre, en compagnie 
de Latriinculia insignis. 

Genre Rhizaxinella, Keller 

Rhizaxinella biseta, n. sp. 
(PI. v, fig. 10 et PI. xh, fig. 14) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200™. Un spécimen sur une Hama- 
cantha. 

Ainsi qu'on peut en juger d'après la figure 10, Planche v, qui représente, en 
grandeur naturelle, l'unique spécimen recueilli, cette Rhizaxinella ressemble beau- 
coup à Rhiiaxinella gracilis (Lendenfeld), de l'Adriatique (43, p. i3o, pi. iv), et un 



— 127 — 
peu aussi à Bursalina muta Schmidt, varietas (a», p. 79, pi. x, fig. 4). Son pédicelle 
est ferme et lisse. Sa tête, spongieuse, grise, se couvre d'une hispidation serrée, pas 
très haute, et porte un petit oscule en son sommet. 

Elle se distingue surtout de ses congénères par la façon dont elle assure la pro- 
tection de sa surface. Elle possède, en effet, à la périphérie, une rangée très nette 
de petits tylostyles verticaux, mais ces spicules ne suffisent pas à déterminer son 
hispidation si apparente; ce rôle est dévolu à de grands tylostyles du choanosome 
qui, terminant les lignes rayonnantes du squelette, dépassent sur une grande partie 
de leur longueur la première zone de défense. Son nom de Rhi\axinella biseta 
rappellera que des spicules de deux catégories la hérissent de toutes parts. 

Tous ses spicules sont des tylostyles (PI. xn, fig. 14) à tête bien marquée, ovoïde, 
courte. 

Dans le choanosome, ils se disposent par faisceaux rayonnants paucispiculés qui 
vont se divisant, puis se dissociant à leur terminaison. Ils sont droits, non fusiformes, 
à pointe acérée. Les plus profondément situés mesurent i mm 5 à i mm 8 de longueur sur 
20 \j. d'épaisseur. Leur taille décroît à mesure qu'ils se rapprochent de la périphérie. 
Les derniers dépassent les pointes des tylostyles ectosomiques sur une longueur de 
o mm 5 à o mm 7. 

Les tylostyles du pédicelle, semblables de forme à ceux de la partie renflée du 
corps, sont seulement un peu plus courts et un peu moins gros. 

Quant aux petits tylostyles de la rangée superficielle, ils sonts droits, légèrement 
fusiformes, et mesurent 25o à 35o [x, de longueur sur 10 \j. d'épaisseur au centre. 



Rhizaxinella uniseta, n. sp. 
(PI. xn, fig. 16 et 17) 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . Deux spécimens dressés sur des 
fragments macérés de Chonelasma Schul\ei. 

Les deux spécimens observés sont de très petite taille. Ils ne mesurent guère 
plus de io mm de hauteur totale. Leur pédicelle, simple et relativement long (6 mm envi- 
ron), est grêle (o mm 4 d'épaisseur), raide, ferme et lisse. Leur attache se ramifie peu sur 
le support. Leur tête, enfin, allongée, étroite (i mm 5 de diamètre au plus), se couvre 
de toutes parts d'une hispidation haute (o mm 7) et serrée; elle ne laisse pas voir 
d'oscule en son sommet. Il s'agit peut-être d'individus jeunes d'une espèce susceptible 
d'acquérir de plus belles dimensions, mais on peut admettre qu'ils en présentent 
déjà les caractères principaux. Tels" qu'ils sont, ils ressemblent beaucoup à Bursalina 
muta Schmidt, varietas (a», p. 79, pi. x, fig. 4), sans confusion possible, toutefois, 
avec cette Eponge, dont ils ne possèdent ni les petits spicules superficiels ni les styles 
mêlés aux tylostyles choanosomiques. 

Ce qui frappe, en effet, chez Rhi\axinella uniseta, c'est l'uniformité de sa 
spiculation, composée uniquement de tylostyles, d'une seule catégorie (PI. xn, fig. 17). 



— 128 — 



Ces tylostyles ont une tête ovoïde, courte, large de i5 à 20^., marquée quelque- 
fois d'une constriction en son sommet et non pas au voisinage du cou, un peu 
granuleuse autour de la terminaison rectiligne du canal axial. Leur tige, ordinaire- 
ment droite, peu fusiforme, à pointe peu acérée, est longue de o ram 5 à i mm 3, épaisse 
de i3 à 17 [a. 

Dans la partie renflée du corps, ils se disposent en rayonnant vers la périphérie, 
les plus longs d'entre eux dépassant la surface générale de o mm 5 à i mm . Ils se placent, 
dans le pédicelle, parallèlement entre eux et constituent un faisceau compact. Enfin, 
ils s'entrecroisent sans ordre dans la plaque basilaire. 



II. Tribu Aciculida, Topsent 

Famille COPPATIID^E, Topsent 

Genre Jaspis, J.-E. Gray 

Jaspis Joîmstoni, (Schmidt) Topsent 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200 m . (Banc de la Princesse-Alice). Sur 
Sceptrintus Richardi. 

Pour tous détails concernant cette Eponge, je ne puis mieux faire que de ren- 
voyer à l'étude que j'en ai publiée récemment (89, p. 267, pi. vin, fig. 1), d'après des 
spécimens recueillis dans la Méditerranée, au cap l'Abeille, près de Banyuls, 
spécimens auxquels ressemble de tout point celui de la collection de S. A. le Prince 
de Monaco. 

L'idée de Thiele (©8) me paraît heureuse de réserver le genre Coppatias aux 
Coppatiidœ pourvues d'euasters, dont les oxes se disposent en faisceaux, et de 
reprendre le genre Jaspis Gray pour celles dont les oxes s'entrecroisent sans ordre. 
C'est attribuer au genre Coppatias le sens restreint que Sollas semble avoir voulu 
lui donner. 

Jaspis Jolmstoni, (Schmidt); var. incrustans, Topsent 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5g9 m . Sur des petites pierres. 

On trouvera également dans le mémoire ci-dessus indiqué (89, p. 276, pi. vin, 
fig. 2) l'histoire de cette variété de Jaspis Johnstoni, que j'ai fait connaître 
d'abord sous le nom de Dorypleres incrustans d'après les premiers spécimens que 
Y Hirondelle en avait rapporté des Açores (94, p. 126, pi. ix, fig. 21). 

Rappelons que ses oxes, affectant partout la même forme, ne mesurent pas 
invariablement les mêmes dimensions et ne présentent pas toujours la même 
ornementation. Les plus grands peuvent dépasser i mm 25 de longueur. Les plus petits 
ne chargent que dans certains individus leurs extrémités de petites épines. 



— 129 — 
Cette Eponge a été rencontrée aux Açores par les profondeurs de i3o m et 599 m . 
Le yacht Princesse-Alice l'a draguée, en 1894 (Stn. 406), à sept milles environ 
dans le N. N.-W. de Ceuta, par la profondeur plus considérable encore de 924 m . 



Jaspis Dendyi, (Sollas) Topsent 
(•PI. xn, fig. 20 et PI. xvni, fig. 10) 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845™. — Stn. 616, profondeur 1022™. 

Campagne de 1902 : Stn. i338, profondeur 95o ra . 

Un spécimen dans chaque station. 

L'espèce n'était encore connue que par un seul individu dragué par le 
Challenger à la pointe occidentale de la Nouvelle-Guinée par 140 brasses de 
profondeur (254 m ) (65, p. 426, pi. xlii, fig. 12-19). 

Celui que la Princesse-Alice a recueilli, en 1902, à 3 milles dans le nord de 
Fayal, affecte la forme d'un gâteau presque rond à bords côtelés, large de 6 cm , 
haut de 3 cm , déprimé en son centre (PI. xvm, fig. 10). Il est gris noirâtre et paraît 
devoir en grande partie sa nuance sombre à des cellules sphéruleuses assez petites 
mais nombreuses, dont les sphérules conservent dans l'alcool une coloration 
brunâtre. Sa surface est généralement un peu rude; elle demeure lisse, cependant, 
sur presque toute l'étendue de la face supérieure parce qu'une membrane glabre et 
luisante la limite de ce côté et tapisse les sillons périphériques et la grande dépression 
centrale. Par la face inférieure, l'Eponge est presque plate, toutefois un peu inégale, 
en tout cas sans déchirure indiquant qu'elle ait adhéré par une base un peu large à 
quelque support fixe. Le trou qui occupe presque exactement le milieu de sa face 
supérieure me paraît être accidentel. En ce point, l'épaisseur du corps est très faible, 
de sorte qu'il s'en faut de peu qu'une forme en couronne, assez semblable à celle du 
spécimen du CHALLENGER, n'ait été réalisée. Les seuls orifices naturels sont de très 
fines ponctuations. On aperçoit, par transparence de la membrane luisante, des 
systèmes ramifiés de canalicules superficiels avec lesquels elles se trouvent en rapport. 
La masse du corps, compacte et ferme, se déchire assez facilement mais ne donne 
pas de sections nettes. Les mégasclères s'y distribuent sans ordre, avec un peu de 
spongine aux points où ils viennent à se toucher. 

Les deux spécimens de la campagne de 1895 ne sont que des fragments informes, 
établis sur des Polypiers. 

En ce qui concerne la spiculation, les Jaspis Dendyi des Açores ne diffèrent du 
type que par l'uniformité plus grande de leurs sphérasters, qu'il devient, par suite, 
impossible de diviser en asters somiques et ectosomiques. Les dimensions de leurs 
spicules ne sont pas tout à fait égales aux siennes, mais il n'y a pas lieu de s'en 
étonner puisqu'elles varient de l'un de nos spécimens à l'autre. 

Le squelette se compose essentiellement d'oxes et de sphérasters. Les oxes, 
ordinairement courbés, souvent même brusquement coudés, ont un caractère qui 



— i3o — 

n'a point frappé Sollas et qui, d'ailleurs, n'est pas toujours nettement accusé; ils 
présentent, comme ceux de Jaspis Johnstoni, un renflement en leur milieu (PI. xn, 
fig. 2o£'J. Un certain nombre d'entre eux s'émoussent en strongyloxes ou en pseudo- 
tylostyles courbés (PI. xn, fig. ioc). Les sphérasters sont de grande taille, avec des 
actines nombreuses, inégales, longues mais peu épaisses et pointues; elles se répan- 
dent par tout le corps et forment une accumulation dense à sa surface. 

Dans le fragment de la station 584, les oxes se montrent fort inégaux entre eux 
et, somme toute, pas très robustes. Les plus grands atteignent i mm 8 de longueur et 
3o[>. d'épaisseur. Mais il s'en trouve de toutes tailles et les plus petits ne mesurent 
que 475 \>. sur 5. Ils ont tous ou presque tous, quelques uns des plus gros faisant 
seuls exception, le renflement médian signalé plus haut. Leur canal axial est même 
marqué en ce point d'une légère dilatation punctiforme. Les sphérasters, semblables 
entre elles dans l'ectosome et le choanosome, ont un diamètre de 53 à 67^; leurs 
actines ne sont épaisses que de 4 [x à la base. 

Le fragment de la station 616 possède une spiculation plus robuste. Ses oxes 
ne varient guère qu'entre i ram 5 sur 17^ et 2 mm sur 40 f/.. Il est moins fréquent de leur 
voir un renflement médian, mais cette particularité ne fait pas défaut aux plus grêles 
ni même à quelques uns des plus beaux d'entre eux. Les sphérasters ont 58 à 75 \x de 
diamètre et leurs actines mesurent 5 (/, d'épaisseur à la base. 

Enfin, le bel individu de la station i338 a des oxes grands et forts (2 mm sur 5o(x) 
et des asters égales à celles du spécimen précédent. 



Genre Spongosorites, Topsent 

Spongosorites placenta, Topsent 
(PI. x, fig. 6 et PI. xn, fig. 21) 

Campagne de i8g5 : Stn. 568, profondeur 55o m . Deux spécimens. 

L'un des deux spécimens (PI. x, fig. 6) s'étend en une plaque large et épaisse 
autour d'une assez grosse pierre. L'autre, sans support, est morcelé. Tous deux 
abritent dans leur épaisseur de nombreuses Pœcillastra symbiotica. Le mieux 
conservé laisse en outre pointer en ses bords quelques papilles d'une Polymastia 
indéterminable avec précision (P. mammillaris ou P. corticataj. A l'état frais, il était 
teinté de lilas, comme en fait foi une aquarelle prise à bord au dépouillement du 
dragage; il s'est décoloré dans l'alcool. L'autre possède encore une nuance violette 
dans ses régions superficielles ; il est grisâtre dans la profondeur. J'ai dit ailleurs 
(p. 91) que ces colorations me paraissent être toutes d'emprunt et provenir d'une 
sorte de diffusion du pigment des Pœcillastra qu'abritent les Spongosorites. Rappelons 
qu'un spécimen de cette Eponge recueilli par M. de Guerne au large de Concarneau, 
sans mélange d'aucun autre Spongiaire, était d'un blanc parfaitement pur (§9, p. 266). 

La surface des Spongosorites (PI. x, fig. 6, spj est unie et glabre, sans orifices 



— i3i — 

apparents. L'ectosome, spiculeux, compact, n'a pas de limite interne tranchée. La 
consistance de la masse est ferme mais friable. Le squelette est dense, absolument 
irrégulier. 

La spiculation se compose uniquement d'oxes (PL xn, fig. 21) lisses, inégaux, 
remarquables par un renflement médian, à peu près constant mais plus ou moins 
accusé, et par. une double courbure de leur tige, du même côté, les coudes se 
produisant à une bonne distance de part et d'autre du renflement. Ils mesurent, en 
moyenne, 3oo à 33op. de longueur sur 5 à 6 p. d'épaisseur; quelques uns, dans la 
profondeur, peuvent atteindre 470 [/.; mais, vers l'extérieur, leur taille diminue et 
l'ectosome en contient en abondance qui n'ont plus que 120 et même 70 p. de longueur. 



Genre Topsentia, Berg- 

Coppatiidœ revêtantes ou massives, sans microsclères, à ectosome spiculeux 
non différencié en écorce, à choanosome caverneux, de structure halichondrioïde, 
et possédant pour mégasclères des oxes de forme simple et de plusieurs tailles. 

J'avais donné à ce genre le nom de Anisoxya (§5, p. 234), mais comme il avait 
été déjà employé par Mulsant, en i856, pour désigner un Coléoptère, Berg (3, p. 77) 
a proposé de le remplacer par celui de Topsentia. 



Topsentia glabra, (Topsent) Berg 

(PI. XIII, fig. I) 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845 111 . Un spécimen sur L un Polypier. 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Trois spécimens. — Stn. 703, 
profondeur i36o m . Un spécimen sur Chonelasma. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200 m . Deux spécimens sur Sceptrintus 
Richardi. 

Tous les spécimens ont même aspect et même structure. 

Ce sont des Eponges étendues sur des supports variés sous forme de plaques plus 
ou moins larges, épaisses de 2 mm à 5 mm , remarquables par leur aspect luisant dû à 
l'état absolument glabre de leur surface. 

L'ectosome, aisément détachable par grands lambeaux, est une pellicule incolore, 
sèche, assez résistante. Il ne porte pas d'oscules et tous les efforts que j'ai tentés pour 
y découvrir au microscope des perforations représentant les stomions sont demeurés 
infructueux. Malgré la bonne conservation des échantillons, je ne puis donc décrire 
les orifices aquifères. 

La membrane ectosomique doit sa consistance à l'abondance des spicules qu'elle 
renferme. Ce sont de grands oxes (ou, chez certains individus, des strongyloxes) qui 



— i3a — 
se disposent parallèlement entre eux en de larges faisceaux se coupant sous divers 
angles et se couchant toujours tangentiellement à la surface. Il reste de la sorte fort 
peu de place entre eux, et les intervalles restreints qui persisteraient se trouvent 
comblés par des oxes de dimensions beaucoup plus faibles, disposés sans ordre et 
entrecroisés en tous sens. 

Le choanosome est jaune, maigre, caverneux, cassant, nullement friable. Sa 
structure rappelle beaucoup celle des portions basales de Ciocalypta penicillus , par 
exemple. Elle est halichondrioïde, c'est-à-dire qu'il y a là une charpente irrégulière, 
point serrée, assez solide, sans spongine. Pour la constituer, les grands mégasclères 
précités ne se disposent ni en fibres ni en lignes continues, mais simplement par 
paquets d'importance variable se croisant sans régularité. Autour de la charpente 
principale se répandent à profusion dans tout le corps des oxes de petite taille, 
semblables à ceux qu'on voyait déjà dans l'ectosome. 

Couleur ambrée dans l'alcool. 

La spiculation subit, suivant les individus, d'intéressantes variations. 

Dans le spécimen de la station 584 et chez l'un de ceux de la station 702, il existe 
des oxes de trois catégories : i°de grands oxes (PL xm, fig. laj lisses, fusiformes, 
acérés, courbés au centre, longs de o mm 5 à i mm , épais de i3 à 3o p., constituant le 
squelette principal de l'ectosome et du choanosome; 2 des oxes (PL xm, fig. 1 glisses, 
fusiformes, acérés, doucement courbés, longs de 200 à 35o[a, épais de 5 à 7^, assez 
peu nombreux; 3° des oxes (PL xm, fig. 1 cj toujours de même type mais longs seule- 
ment de 70 à 120 p., épais de 2,5 à 4^, très abondants. 

Ces trois catégories de spicules se retrouvent dans le spécimen de la station 899, 
à cette différence près que ceux de la troisième catégorie ont, pour la plupart, une 
taille plus faible, qui peut s'abaisser jusqu'à 40 p sur i,5 et même 1 ^ d'épaisseur. 

Enfin, deux des spécimens de la station 702 et celui de la station 703 les présen- 
tent encore, mais avec une curieuse modification de ceux de la première catégorie. 
Chez eux, en effet, il n'existe pas de grands oxes; des strongyles (PL xm, fig. 1 d) 
droits, fusiformes, longs de 55o p. à 825 p., épais de 10 à 20^ au centre, les remplacent 
par tout le corps. Les spicules des deux autres catégories sont quand même des oxes, 
pareils à ceux des autres individus : les uns, épars, longs de 25o à 38o [*, épais de 5 p.; 
les autres, abondants, mesurant 60 à 75 [/. de longueur sur 2,5 à 3 p. d'épaisseur. 

En résumé, Topsentia glabra possède des oxes d'une seule forme mais de trois 
tailles, les plus petits étant de beaucoup les plus nombreux, les moyens restant 
assez clairsemés, les plus grands, enfin, pouvant, à l'occasion, se transformer en 
strongyloxes. 

L'importance de cette dernière constatation n'échappera à personne. Elle m'a 
déjà servi d'argument pour établir dans la tribu des Aciculida la famille des 
Tethyidœ (80, p. 289). 

Topsentia glabra habite aussi la Méditerranée. J'en connais, de la Calle (S*, 
p. 347, pi. xiv, fig. 6), un spécimen noir, dont les grands oxes ont constamment des 
extrémités déformées. 



— i33 — 



Topsentia pachastrelloides, Topsent 

1892. Halichondria pachastrelloides, Topsent (9A), p. 66, pi. ix, fig. 43. 
1902. Halichondria colossea, Lundbeck (4©), p. 27. 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Une grande plaque blanchâtre, 
sans support, mince, rude en dessus. 

C'est également au voisinage de Pico que le spécimen type de cette Eponge avait 
été dragué par V Hirondelle (S4). 

Lundbeck (46, p. 3i) a remarqué les affinités de ses Halichondria colossea et 
H. ? difficilis entre elles et la proche parenté de la dernière avec Halichondria ? nigro- 
cutis (Carter) Dendy (17, p. 23g). Jugeant peu naturel d'introduire son H.? difficilis 
dans le genre Halichondria, il s'est rangé à l'avis de Dendy, d'après lequel H. ?nigro- 
cutis s'allierait intimement aux Stellettinopsis de Carter. Ces Eponges me paraissent 
aussi devoir prendre place parmi les Aciculida, à côté des Coppatias, des Jaspis, etc., 
et, à cause de leurs oxes de plusieurs tailles, je les considère comme des représentants 
du genre Topsentia. 

Famille TETHYID^E, J.-E. Gray 
Genre Tethya, Lamarck 
Eponge communiquée par M. le commandant Chaves, de Sâo Miguel. 

Genre Heteroxya, Topsent 

Tethyidœ revêtantes, sans microsclères, à choanosome à peu près aspiculeux, à 
ectosome en revanche différencié en une écorce solide armée d'oxes de deux sortes, 
disposés verticalement : les uns très nombreux et serrés; les autres, solitaires, déter- 
minant l'hispidation de la surface. 

Heteroxya corticata, Topsent 

(PL i, fig. i5 et PI. xii, fig. 22 et 23) 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur n65 m . Trois spécimens. 
Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Cinq spécimens. — Stn. 719, 
profondeur i6oo ra . Trois spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 869, profondeur i240 m . Deux spécimens. 



— 134 — 

Tous les spécimens recueillis forment sur des pierres ou des Polypiers des 
plaques grisâtres, hispides, peu étendues et ne dépassant guère 2 mm d'épaisseur. Le 
plus grand atteint à peu près les dimensions d'une pièce de cinq francs. La surface 
est généralement souillée de vase retenue entre les pointes des longs spicules externes. 
Les orifices aquifères sont partout indistincts. 

Le choanosome, jaune pâle et mou, se fait remarquer par l'absence presque 
complète de charpente squelettique ; on y rencontre seulement de loin en loin, sans 
ordre appréciable, quelques acanthoxes. Les tissus sont clairs, non sarcenchymateux. 

L'ectosome, très développé, mesure bien à lui seul la moitié de l'épaisseur totale 
du corps ; très spiculeux, il n'est pas fibreux, et, par suite, se montre solide mais non 
coriace. Sa charpente a une structure semblable à celle de Trachya pernucleata Cart. 
Elle se compose d'oxes de deux tailles. Les acanthoxes qu'on a vus épars dans le 
choanosome s'y pressent en multitude et se disposent côte à côte verticalement; ils 
constituent ainsi une véritable cuirasse dans laquelle s'implantent, solitaires mais peu 
espacés et, par suite, nombreux, de grands oxes qui jouent un rôle défensif à distance 
(PI. xii, fig. 22). Ces derniers, qui font complètement défaut dans le choanosome, se 
distinguent facilement des autres par leur taille bien supérieure et par leur état lisse ; 
ils dépassent la cuirasse en dedans et en dehors, mais tandis qu'ils pénètrent peu dans 
la chair sous-jacente, ils font saillie à l'extérieur sur les deux tiers au moins de leur 
longueur. 

Spiculation. — I. Mégasclères. Oxes de deux sortes : 1. Acanthoxes (PI. xii, 
fig. 23 a). Ce sont des oxes variant de 235 à 420 \l de longueur sur 12 à 23 [j. d'épaisseur, 
à pointes acérées assez courtes, à tige offrant en son milieu une courbure brusque 
plus ou moins accusée, quelquefois flexueuse ; ils s'ornent d'épines basses dont la 
disposition n'est d'ailleurs pas quelconque : rares et parfois même absentes vers le 
milieu de la tige, les épines manquent tout à fait aux deux extrémités après s'être 
surtout accumulées à peu de distance de là. Les acanthoxes n'existent qu'en nombre 
excessivement restreint et sans ordre dans le choanosome; ils forment le squelette 
compact de l'ectosome. 2. Oxes (PI. xii, fig. 23 b). Ces oxes sont lisses, grands et forts, 
à pointes acérées courtes, à tige brusquement courbée en son milieu, fréquemment 
flexueuses; ils mesurent i mm 6 à 2 mm de longueur et, en moyenne, 35 p. d'épaisseur. 
Ils se localisent dans l'ectosome et paraissent résulter d'une différenciation des 
acanthoxes dans un but de défense à distance; ils en ont, en effet, l'allure générale et 
parfois possèdent encore quelques petites épines au voisinage de leurs extrémités. 

Pas de microsclères. 

Heteroxya corticata se place, parmi les Aciculides, immédiatement à la suite des 
Trachya. Elle ne possède, comme elles, que des mégasclères diactinaux ; ces spicules 
y sont de deux tailles distinctes, et, en se serrant verticalement à sa surface, ils lui 
constituent une cuirasse ectosomique. La ressemblance ne va cependant pas jusqu'à 
permettre de la considérer simplement comme un représentant du genre Trachya. 
Seule, l'ornementation spéciale de ses spicules n'autoriserait sans doute pas la création 



— i35 — 

d'un genre nouveau ; mais une telle coupure s'impose du fait que son choanosome 
demeure presque aspicuieux et que les rares spicules qu'on y trouve épars ne sont 
justement pas l'équivalent des grands oxes qui forment la charpente interne des 
Trachya pemucleata et T. horrida. 



Famille STYLOCORDYLID^E, Topsent 

Genre Oxycordyla, n. g. 

Stylocordylidœ ne possédant que des oxes. Le choanosome de la tête a, comme 
d'habitude, une charpente rayonnante, mais l'ectosome forme sur toute l'Eponge 
une pellicule glabre et tenace où les spicules se serrent, sur plusieurs rangs d'épais- 
seur, suivant le grand axe du corps. 



Oxycordyla pellita, n. sp. 
(PI. v, fig. 12 et PL xn, fig. i3) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Un spécimen. 

Eponge pédicellée, haute de 36 mm dont 16 pour le pédicelle. Tête ovoïde, large 
de i3 mm , pourvue en son sommet d'un oscule contracté à bords plissés. Pédicelle 
épais, en haut, de 4 mm 5, effilé par en bas, rompu au voisinage de son insertion sur 
le support, qui n'a pas été recueilli. Surface glabre, un peu ridée du côté supérieur, 
luisante, tout le corps étant limité par une membrane spiculeuse, tenace, finement 
striée dans le sens de la hauteur. Pas de pores distincts. Même au microscope, il est 
impossible de reconnaître les orifices inhalants tant les oxes ectosomiques se serrent 
partout les uns contre les autres. Couleur cremeus en dehors et en dedans. Consis- 
tance ferme : le pédicelle non charnu, spiculeux; la tête charnue, mais contractée. 
Chair compacte, parcourue par des canaux étroits, au moins dans l'état actuel de 
contraction où l'animal est conservé. Pas de système visible de cavités préporales. 

Les seuls spicules présents sont des oxes longs (i mm 5 à 2 mm 5) mais assez fins (les 
plus grands n'ayant que 23 f/. d'épaisseur), à peine courbés (surtout dans l'ectosome), 
très acérés (un petit nombre d'entre eux seulement, parmi les plus grêles, ont leurs 
deux pointes un peu émoussées). 

Dans l'ectosome, ils se couchent côte à côte sur cinq ou six rangs d'épaisseur dans 
le sens de la hauteur de l'Eponge pour servir de squelette à la tunique externe. 

Ils remplissent le pédicelle, affectant dans son intérieur une disposition plutôt 
irrégulière., sauf en son centre où ils s'orientent longitudinalement et constituent un 
axe vitreux, épais, qui s'élève jusqu'au milieu de la tête. 

Dans la tête, ils forment des faisceaux grêles partant d'une sorte de noyau central 



— i36 — 

et rayonnant en tous sens vers la périphérie, sans traverser la tunique externe, ce qui 
permet d'enlever cette dernière par grands lambeaux sans déchirer les tissus sous- 
jacents. 

Il n'y a de spongine reliant les oxes entre eux que tout à fait au bas du pédicelle; 
encore s'y montre-t-elle assez peu développée. 



-i3 7 - 

II. Sous-Ordre Halichondrina, Vosmaer 
Famille AXINELLID^E, Ridley et Dendy 

La spiculation des Axinellides est généralement simple. Le style et l'oxe lisses 
y dominent. Les microsclères y sont rares. Des mégasclères propres à l'ectosome y 
font défaut; tout au plus peut-on voir, dans certains types à charpente faite de 
mégasclères diactinaux, les derniers spicules des lignes rayonnantes devenir monacti- 
naux et hérisser la surface du corps. Des tylostyles remplacent quelquefois les styles 
(Amorphinopsis Carter, Vosmaeria Fristedt, Halicnemia Bowerbank). Ou bien, les 
oxes, surtout quant ils sont longs et grêles, peuvent passer à l'état de strongyles. Des 
styles seuls sont présents dans les Hymeniacidon Bowerbank, Syringella Schmidt, 
Dictyonella Schmidt. On trouve indifféremment des styles ou des oxes dans les 
Ciocalypta Bowerbank, que caractérise avant tout leur structure. Les Phycopsis 
Carter, Axinyssa Lendenfeld, Dactylella Thiele ne possèdent que des oxes. Beaucoup 
de genres sont pourvus à la fois de mégasclères monactinaux et de mégasclères 
diactinaux; ces derniers, droits ou doucement courbés dans les Axinella Schmidt, 
Tragosia Vosmaer, Sollasella Lendenfeld, Vosmaeria Fristedt, Amorphinopsis Carter, 
se montrent, d'habitude, plus ou moins flexueux dans les Acanthella Schmidt, Pha- 
kellia Bowerbank, Auletta Schmidt, Bubaris Gray, Monocrepidium Topsent. Les 
microsclères, quand il en existe, ne sont jamais des chèles. On rencontre des asters 
dans les Adreus Gray et Vibulinus Gray, des asters ou des microxes épineux dans 
les Halicnemia Bowerbank, des microxes dans les Higginsia Higgins, des trichodrag- 
mates dans les Thrinacophora Ridley et Dendy, des sigmates, enfin, dans le genre 
Sigmaxinella Dendy. 

La charpente, parfois irrégulière, se dispose d'habitude en fibres plus ou moins 
nettes, souvent plumeuses, isolées ou (surtout à quelque distance de la surface) 
entrecroisées en un grossier réticulum. Il est fréquent dans les formes rameuses de 
voir ce réticulum se condenser au centre des rameaux pour constituer un axe plus 
ou moins renforcé par de la spongine. Pour la plupart rameuses, lamelleuses ou 
infundibuliformes, les Axinellides peuvent aussi se montrer massives ou même 
encroûtantes. 

La famille des Axinellidœ compte déjà, comme on en peut juger par ce qui 
précède, un nombre assez considérable de genres. Ces coupures sont loin d'être 
toutes satisfaisantes. Le genre Axinella, par exemple, est très hétérogène et attend 
son démembrement. Par contre, quelques genres ont été établis que je n'ai pas cru 
devoir mentionner plus haut, comme étant de valeur douteuse : Ptilocaulis Carter, 
probablement hétérogène et, en tout cas, non défini par son auteur; Dendropsis 
Ridley et Dendy et Ceratopsis Thiele, qui me paraissent se confondre avec Higginsia, 
Amorphilla Thiele, synonyme probable de Hymeniacidon. 18 



— i38 — 

Genre Hymeniacidon, Bowerbank 
Hymeniacidon caruncula, Bowerbank 
Eponge littorale. Grève de la baie Pim, à Fayal (54, p. 119). 



Genre Syringella, Schmidt 
Syringella humilis, Topsent 

Campagne de 1897 : Stn. 899? profondeur 20o m . (Banc de la Princesse- Alice). 
Trois spécimens. 

Les Syringella sont des Axinellides rameuses, à rameaux généralement grêles, 
pourvues seulement de mégasclères monactinaux lisses (tylostyles, subtylostyles ou 
styles), qui constituent leur axe, soutiennent leur chair et hérissent leur surface. 

Malgré la fréquente ressemblance de leurs caractères extérieurs, on ne peut 
continuer à écrire côte à côte les Syringella et les Raspailia ; ces dernières, armées 
d'acanthostyles, prennent place parmi les Ectyoninœ. 

Le genre Syringella, établi en principe par O. Schmidt en 1868, compte déjà un 
certain nombre de représentants, parmi lesquels 5. prima (nom ici proposé pour 
Raspailia syringella Schmidt afin d'éviter la dénomination Syringella syringella), 
S. australiensis Ridley, S. clathrata Ridley, S. mariana (Ridley et Dendy), S.flagelli- 
formis (Ridley et Dendy) et peut-être aussi S. profunda et S. rigida (Ridley et Dendy). 
Les collections de S. A. le Prince de Monaco en contiennent deux espèces que j'ai 
fait connaître en 1892 (5(4) sous les noms de Raspailia (Syringella) humilis et R. ÇS.) 
falcifera. 

Syringella prima n'est pas très bien connue. Il semble cependant que 5. humilis 
en soit réellement distincte, car elle ne montre pas d'oscule, elle possède des tylostyles 
plutôt épais, et sa surface, inégale, se couvre d'une hispidation haute et lâche. 

Syringella falcifera, Topsent 
(PL xvii, fig. 1) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, près de Flores, profondeur i36o m . 

Un second spécimen, haut de i8 cra , large de q5 mm . Il se compose, comme celui 
qui a servi à décrire l'espèce (34, p. 124), de rameaux anastomosés, disposés tous 
dans un même plan, assez grêles, les inférieurs subcylindriques, les supérieurs de 
plus en plus comprimés dans le sens du corps entier. Mais il est complet et fournit, 
par suite, des données complémentaires sur les caractères extérieurs de Syringella 



- i3 9 - 
falcifera. Pour servir à la fixation, son pédicelle se ramifie par en bas de la même 
façon que par en haut : ses rameaux radicaux, rigides, hispides, à peine charnus, 
souvent macérés, contractent des anastomoses entre eux et s'orientent tous dans le 
même plan que les rameaux supérieurs; toutefois, ils demeurent généralement plus 
courts et plus grêles que ces derniers. Les rameaux supérieurs se dichotomisent et 
leurs divisions ultimes sont obtuses, très plates, assez fragiles. 

De forme si particulière, l'Eponge a encore fixé l'attention au sortir de l'engin 
par sa coloration. Une aquarelle prise sur le vif rappelle, en effet, qu'elle avait une 
teinte vert clair uniforme. Je crois qu'elle la devait, au moins en partie, à des cellules 
sphéruleuses dont sa chair est pleine, cellules de taille assez faible (10 à 12 p.) à sphé- 
rules petites et très nombreuses, que l'alcool n'a pas complètement décolorées. 

L'hispidation assez haute de la surface est assurée par de grands styles lisses de 
même catégorie que ceux qui constituent l'axe des rameaux et remarquables par leur 
pointe très souvent recourbée en faulx (7&, pi. xi, fig. 19). Entre ces spicules, la 
surface est, en outre, comme veloutée par des bouquets de subtylostyles beaucoup 
plus faibles. J'ai constaté que la tête de ces mégasclères ectosomiques est, dans les 
deux spécimens, non pas lisse comme je l'ai cru d'abord, mais ornée de quelques 
épines très fines en son sommet. Syringel la Jalcifera possède donc deux sortes dis- 
tinctes de mégasclères monactinauxet, à cet égard, paraît différer beaucoup des autres 
Syringella énumérées plus haut. Ses subtylostyles à base épineuse sont intéressants 
à signaler parce que beaucoup d'Ophlitaspongia, Plocamia, Microciona, etc., en 
contiennent de semblables dans leur ectosome. Ils apparaissent comme un nouvel 
indice de transition entre les Axinellides et les Ectyonines. Rappelons que tous les 
mégasclères de Axinella profwida Ridley et Dendy (54, p. 181), qui est peut-être une 
Syringella, ont leur base ornée de la même façon. 



Genre Axinella, Schmidt 

Axinella flustra, Topsent 

(PL xvni, fig. 5) 

Campagne de 1897 '• Stn. 899, profondeur 200™. (Banc de la Princesse-Alice). 

Deux spécimens, hauts de 3y mm et 43 mm . Leur pédicelle, plus long et plus grêle 
que celui du type figuré (*4, pi. 11, fig. 5), s'épanouit en une lame foliacée triangu- 
laire, simple mais avec des échancrures légères sur son bord supérieur élargi. Ce 
sont évidemment déjeunes individus non encore ramifiés. 

Leur spiculation comprend des trichodragmates, longs de 40 ^, surtout abon- 
dants dans la chair du plus petit d'entre eux. Bien que présents aussi dans les 
premiers spécimens qui me furent communiqués, ces microsclères m'étaient passés 
inaperçus. Leur découverte me conduit à ne voir dans l'Axinelle foliacée du golfe du 
Lion que j'ai décrite, en 1896 (SS, p. i3i), sous le nom de Axinella padina autre 



— 140 — 

chose qu'une Axinella flustra. Ce spécimen méditerranéen se distingue seulement 
parce que ses mégasclères des deux sortes, et plus particulièrement ses oxes, sont 
plus grêles que ceux des spécimens océaniques. Mais cela ne saurait compter que 
comme une variation locale ou même individuelle. Ce n'est d'ailleurs pas la seule 
possible. Ainsi, la différence de taille que j'ai signalée en 1892 entre les oxes de l'axe 
et ceux de la chair n'est pas toujours sensible et ne doit pas, par conséquent, être 
prise pour un caractère spécifique. 

Axinella flustra n'est probablement pas rare dans la région de l'Atlantique qui 
nous occupe. \J Hirondelle en avait recueilli deux spécimens sur la côte septen- 
trionale d'Espagne, par 1 34™, puis deux autres à la pointe orientale de Pico, par 3i8 m 
de profondeur (7 4L, p. 122). Nous venons de constater en outre son existence dans la 
Méditerranée. 

Axinella vasormda, n. sp. 
(PL v, fig. 19; PL xin, fig. 17; PL xviii, fig. 8) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349™. Trois petits spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur g8 m . Cinq spécimens. — Stn. 899, 
profondeur 2oo m . Une trentaine de spécimens et fragments. 

Toutes ces Eponges se dressaient sur leur support et, comme elles n'y adhéraient 
que par une base étroite, l'engin les en a toutes facilement détachées sans déchirures. 
Quelques unes retiennent encore tout à fait en bas des matières terreuses ou de petits 
fragments de roche qui indiquent suffisamment quelle était, en général, la nature du 
support. Aucune d'elles n'a de pédicelle ; leur corps, dès la base, affecte la forme 
accidentée qu'il présentera jusqu'au sommet. Très peu d'entre elles restent simples; 
pour la plupart, elles se composent de lobes cylindro-coniques, longs de 3 cm à 6 om , 
épais de 1 5 mm à 20 mm , qui s'élèvent côte à côte ou se détachent les uns des autres à des 
hauteurs différentes. Chacun de ces lobes est creusé suivant sa longueur de trois ou 
quatre sillons profonds, droits ou sinueux, que limite extérieurement une peau trans- 
parente excessivement fragile; ce sont autant de canaux exhalants qui s'ouvrent 
isolément au sommet du lobe. Entre les canaux, la surface des lobes se montre très 
inégale, toute bosselée, à bosselures irrégulières, séparées par des sillons tortueux, 
plus ou moins profonds. Ces sillons communiquent latéralement avec les canaux 
adjacents et sont, comme eux, tendus d'une mince pellicule luisante. Le sommet 
des bosselures, seul à nu, a une hispidation assez haute mais peu serrée. Les pores, 
petits, irréguliers, occupent ces émergences. 

La couleur, dans l'alcool, est blanc jaunâtre. 

Les lobes sont rudes, tenaces, peu compressibles. 

Un enchevêtrement assez dense de spicules cimentés par de la spongine constitue 
à chaque lobe un axe épais mal délimité. La charpente est plus lâche et plus souple 
mais sans ordre dans les bosselures. 



— 141 — 

La spiculation se compose de mégasclères de deux sortes : 

i° Des oxes (PL xm, fig. 17 a) formant à eux seuls presque tout le squelette. Ils 
sont grands (i mm 5 ou davantage) et forts (ils mesurent souvent 5o [/. au centre), courbés 
capricieusement ou même flexueux. Leurs deux bouts sont généralement semblables, 
progressivement atténués en pointe un peu obtuse; cependant, dans les bosselures, 
au voisinage de la surface, il n'est pas rare, surtout chez certains spécimens, de les 
voir abréger l'une de leurs extrémités et tendre ainsi à se transformer en styles 
(PI. xm, fig. ijbj. 

2 Des styles (PI. xm, fig. 17 çj, localisés à la périphérie du corps, dont ils déter- 
minent l'hispidation. Ils sont droits ou faiblement courbés, plus longs mais sensible- 
ment plus grêles (20 [/.) que les oxes. Implantés verticalement, ils dépassent de i mm et 
plus la surface générale. 

Axinella vellerea, n. sp. 

(PI. xm, fig. 10 et 11) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5gç) m . Trois spécimens. 

L'un des spécimens, haut de 35 mm , épais de 5 mm en bas et de i2 mm en haut, est 
simple, claviforme, sans pédicelle. Le second, haut de 45 mm est comme pédicellé, 
large de i7 mm en haut et composé de deux rameaux entièrement concrescents épais 
seulement de 4 mm , dont le plus faible émane visiblement de l'autre à environ i8 mm 
au-dessus delà base. Le troisième, haut de g cm , est franchement rameux : de son 
pédicelle robuste se détachent successivement trois branches épaisses qui bientôt se 
relient deux à deux par des anastomoses, les deux plus grandes devenant même 
concrescentes entre elles jusqu'au sommet. 

Il paraît s'agir, en somme, d'une Eponge ordinairement pédicellée, rameuse, à 
rameaux tendant à s'unir entre eux. 

La couleur dans l'alcool est blanc jaunâtre. 

Les rameaux, un peu rudes au toucher, sont assez souples. Leur surface, irrégu- 
lière, villeuse et hispide, est parcourue suivant leur hauteur, par des sillons profonds, 
limités par une membrane transparente. Ces sillons correspondent aux canaux 
exhalants, dont la disposition est par conséquent la même que chez Axinella vasonuda. 
Les pores, larges, inégaux, s'ouvrent entre les villosités. 

Quoique composée uniquement de mégasclères monactinaux, la charpente affecte 
une structure bien différente de celle des Syringella. Elle ne constitue pas d'axe 
distinct, mais seulement des fibres grêles, plumeuses (PI. xm, fig. 1 1), qui se croisent 
assez confusément, sauf pourtant à la périphérie où elles prennent d'assez loin une 
direction radiale pour aboutir aux villosités. Ainsi s'explique la souplesse relative des 
rameaux. Le pédicelle a plus de rigidité parce qu'en son centre les fibres s'entre- 
croisent avec fréquence et forment un réseau consolidé par de forts liens de spongine. 
Ailleurs, la spongine fait plus ou moins défaut. Cette structure est, dans son ensemble, 



— 142 — 

assez semblable à celle des Axinella arborescens, A . balfourensis Ridley et Dendy, etc. ; 
elle est seulement plus lâche, surtout à la périphérie. 

Les spicules sont des styles (PI. xm, fig. 10), longs en moyenne de i ram , épais de 
3o à 40 ;/., robustes, par conséquent, à pointe acérée, à base ronde, souvent un peu 
renflée, mais remarquables avant tout par la brusque courbure qu'ils accusent cons- 
tamment au niveau de leur quart basilaire. Ceux qui, terminant les villosités, 
produisent l'hispidation du corps se différencient quelque peu; ils atteignent une 
longueur plus considérable (i mm 8), demeurent, en revanche, un peu plus minces, et 
atténuent beaucoup leur courbure. 



Genre Sollasella, Lendenfeld 

Sollasella hystrix, Topsent 

(PI. m, fig. 4) 

1892. Trachya hystrix, Topsent (74), p. 75, pi. 1, fig. 8-10 et pi. xi, fig. 12-14. 

Campagne de i8g5 : Stn. 600, profondeur 394 m . Plusieurs spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen sur un fragment de 
Polypier. 

Les spécimens de la station 600 sont remarquables en ce que, fixés sur des 
supports étroits, petites pierres ou débris de Polypiers, ils ont, en croissant, pris une 
forme digitée souvent fort longue et relativement grêle, simple ou un peu ramifiée. 
L'un d'eux, dont une aquarelle a noté la couleur, est ici figuré comme exemple. 

Le corps est toujours limité par une palissade très dense de petits oxes verticaux, 
traversée par de nombreux styles de très grande taille dont la base plonge dans la 
chair et dont la pointe, très longuement saillante, détermine une hispidation des plus 
hautes. Mais la structure du choanosome varie avec la forme qu'affecte l'Eponge. 
Dans les individus minces, c'est une pulpe mince où s'entrecroisent lâchement de 
petits oxes pareils à ceux de Lecorce (34, pi. xi, fig. 12). Chez d'autres, encore 
revêtants mais plus épais, le choanosome contient en outre des bandes polyspiculées 
de grands styles, couchées à la surface du support; j'ai remarqué que, souvent, les 
petits oxes s'y distribuent non pas isolément mais par faisceaux de deux à six. Enfin, 
dans les spécimens cylindriques, de grands styles disposés longitudinalement mais peu 
serrés les uns contre les autres, non cimentés par de la spongine et comprenant entre 
eux çà et là des faisceaux de petits oxes, constituent aux rameaux un axe fort épais; 
autour de cet axe, un manchon charnu soutenu par de petits oxes épars ou fascicules 
et par les bases des styles corticaux; à la périphérie, l'écorce hispide que l'on connaît. 

Cette structure n'est pas celle d'une Téthyide ni, en particulier, d'une Trachya 
au sens qu'il me semble falloir attribuer à ce genre (88, p. 1 1 1). Elle est plutôt d'une 



- i 4 3- 
Axinellide et se rapproche tant de celle de Sollasella digitata Lendenfeld (SB, p. 56) 
que j'hésite à peine à inscrire l'Eponge en question dans le genre Sollasella. 

Sollasella hystrix a été recueillie, dans le groupe central des Açores, par des 
profondeurs comprises entre 3i8 m et 5gg ra . 

Genre Phakellia, Bowerbank 

Phakellia rotmsta, Bowerbank 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200™. 

Deux beaux spécimens, mesurant, l'un, ii cm de hauteur et i2 cm de largeur, 
l'autre, f m 5 de hauteur et 8 cm de largeur. Ils sont fixés tous deux par un pédicelle 
court, assez gros. Leur portion élargie, épaisse de i mm seulement vers le bas, aussi 
mince que possible sur ses bords, est souple; elle s'enroule en oublie dans le plus 
petit spécimen; elle se déploie en éventail dans le plus grand, mais elle y porte, sur 
sa face concave, plusieurs lames secondaires capricieusement chiffonnées. Il n'existe 
de nervures apparentes qu'à la base du corps. La surface se montre des deux côtés 
très finement hispide et toute criblée d'orifices punctiformes. Les spicules de la 
charpente sont des oxes robustes, longs de o mm 8 à i mm , épais de 6 à 20p. (le plus sou- 
vent 18 à 20 jt), très fiexueux, à pointes acérées, pour la plupart subitement rétrécies. 
Les spicules superficiels, qui déterminent l'hispidation de l'Eponge, sont des oxes à 
peine moins épais que les précédents mais beaucoup plus courts, inégaux entre eux, 
plus ou moins courbés, et des styles trapus de taille aussi variable, à base ronde ou 
plus ou moins conique (passage aux oxes), rarement tout à fait droits. 

Les deux Phakellia portent quelques jeunes Craniella enchâssées dans de petites 
dépressions de leur surface. 



Genre Auletta, Schmidt 

Auletta sycinularia, Schmidt 
(PI. ni, fig. 7) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349™. Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn - 866 > profondeur 599™. Quatre spécimens. — Stn. 899, 
profondeur 20û m . Un spécimen. 

Ces Eponges se dressent sur des supports variés, pierres, Polypiers, Spongiaires. 
Elles sont plus ou moins ramifiées, à l'exception d'une seule, qui, haute de 6 cm , 
demeure pourtant simple. La plus belle à tous égards a été figurée (PI. in, fig. 7) avec 
la teinte légèrement rosée qu'elle conservait dans l'alcool. Tout le corps est creux 
jusqu'au voisinage de la base. Les rameaux ont chacun un oscule au sommet. La 



— i44 — 
surface, toujours un peu hispide, est souvent inégale, raboteuse ou villeuse. La char- 
pente consiste principalement en des piliers spiculeux ascendants, robustes, épais 
d'environ i5o(a, au nombre d'une quinzaine sur la coupe transversale d'un tube de 
moyenne grosseur, et composés de strongyles lisses flexueux, qui se pressent les uns 
contre les autres dans le sens longitudinal. De place en place, à des intervalles iné- 
gaux, des strongyles semblables, solitaires ou par petits paquets relient circulairement 
les piliers entre eux. Enfin, sur la face externe des piliers s'implantent verticalement 
des styles à pointe acérée, à base plus ou moins courbée, de longueur inégale, qui 
déterminent l'hispidation de la surface. Entre les colonnes de strongyles, la chair, 
molle, est richement canalisée. 

Les strongyles mesurent, en moyenne, 600 [/. de longueur sur 17 à 20^ d'épaisseur; 
les styles varient entre 220 et 800 1>.. 

Le type de Auletta sycinularia(&'S , p. 45) provenait de la Floride, par 1 10 brasses 
de profondeur (20o m ). 

Auletta sessilis, n. sp. 
(PI. xvm, fig. 3) 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur 98 111 . Trois spécimens fixés sur des 
conglomérats de Bryozoaires et d'Algues calcaires. 

Le plus petit spécimen, de forme simple, ressemble beaucoup à un Sycon courbé 
de taille médiocre, mais il a une base d'insertion assez étendue. Les autres sont 
rameux. A la différence de ceux à" Auletta sycinularia, les tubes qui les composent 
s'élèvent côte à côte sur une plaque basilaire commune. Us sont creux jusqu'en bas 
et se percent tous d'un oscule en leur sommet. 

Auletta sessilis est beaucoup plus souple et spongieuse que sa congénère. Cela 
tient à ce que ses parois sont plus épaisses (i mm ) alors que sa charpente, composée de 
spicules plus faibles, offre par sa structure beaucoup moins de solidité. Ses tubes sont 
relativement plus courts et plus gros, et d'allure plus capricieuse. 

Sa couleur est blanche dans l'alcool. 

Sa surface, partout finement hispide, est en même temps légèrement villeuse. 
Elle se perce entre les villosités de pores nombreux, irréguliers, inégaux, pour la 
plupart bien apparents. 

La cavité centrale des tubes est lisse, limitée par une membrane transparente 
aspiculeuse. La membrane dermique est également très mince et sans spicules 
propres. Elle se trouve soulevée au niveau des villosités par des bouquets de spicules 
qui s'élèvent de l'intérieur. 

La chair, très lacuneuse, ne contient pas d'éléments remarquables. Certains 
canaux traversent directement de dehors en dedans les parois des tubes; mais ils ont, 
pour la plupart, un trajet compliqué. 

Les mégasclères présents sont de deux sortes, des strongyles flexueux et des 



- i 4 5 - 

styles lisses. Les strongyles, longs, en moyenne, de 5oo p., épais seulement de 7 à g p., 
ont souvent leurs deux bouts brièvement amincis. Les styles, fréquemment courbés, 
avec la base un peu rétrécie, mesurent 63op. de longueur et 10 à i3p. d'épaisseur. 
Beaucoup plus nombreux que chez Auletta sycinularia, ces derniers prennent ici une 
part très importante à la constitution de la charpente. Les lignes principales, longi- 
tudinales, du squelette sont, en effet, des files paucispiculées de styles à pointe 
tournée vers le haut, escortés de quelques strongyles. Les strongyles n'existent seuls 
que dans les lignes secondaires, circulaires et radicales, qui sont unispiculées ou 
réduites à deux ou trois spicules de front. Les styles superficiels ne se dressent pas 
isolément mais par bouquets de quatre à six qui forment Taxe des villosités et, 
traversant l'ectosome, déterminent l'hispidation générale du corps. 



Genre Bubaris, J.-E. Gray 

Bubaris vermiculata, (Bowerbank) Gray 
(PI. xni, fig. 2 et 4) 

66. Hymeraphia vermiculata, Bowerbank (4), vol. n, p. 141. 

67. Bubaris vermicularis, Bowerbank, Gray (IBS), p. 522. 
76. Hymeraphia vermiculata, Bowerbank, var. erecta, Carter (9), p. 307. 
87. Axinella vermiculata, Bowerbank, var. erecta, Carter, Fristedt (S4), p. 461. 
87. Axinella erecta, Carter, sp., Ridley et Dendy (54), p. 182. 

91. Bubaris vermiculata, (Bowerbank Gray, Topsent (ÏS), p. it4„5. 

92. Axinella erecta, (Carter) Ridley et Dendy, Topsent (74), p. 121. 

Les Bubaris sont des Axinellides pleines possédant des mégasclères diactinaux 
flexueux et des styles. Les mégasclères diactinaux, enchevêtrés, constituent l'axe des 
formes rameuses ou la plaque basilaire des formes encroûtantes. Les styles, implantés 
sur cette charpente, déterminent l'hispidation du corps. 

Trois des espèces que je lui rapportais en 1894(^9', p. 22) appartenant, comme 
je l'ai établi depuis (S©), au genre Halicnemia, je crois pouvoir limiter ainsi, d'une 
façon qui me semble assez naturelle, l'acception du genre Bubaris. 

Sous cette définition, il renferme un certain nombre d'espèces qu'on ne saurait 
inscrire ou maintenir dans le genre Axinella pris dans un sens restreint. 

Bubaris vermiculata est la première en date. C'est une Eponge assez commune 
dans l'Atlantique nord, la Manche et la Méditerranée, où elle se présente ordinaire- 
ment sous la forme de croûtes hispides plus ou moins étendues. 

Plusieurs spécimens en ont été dragués aux Açores (Stn. 587, 600, 702), par 
des profondeurs comprises entre 34g m et i36o m . 

Ses styles sont robustes. Ses mégasclères diactinaux sont très flexueux mais de 
dimensions un peu variables suivant les individus : ils ont 7 p d'épaisseur dans un 
spécimen delà station 600, i3 (x dans un autre de la station 587, 4 a 10 p. dans un spé- 
cimen de Roscoff, 7 p. dans un autre de la Ciotat, etc. (PI. xm, fig. 2 et 4). 



— 146 — 

Puis viennent Bubaris mastophora (Schmidt 1870) et Bubaris Sosia, dont on 
trouvera ci-dessous la description. 

Les Bubaris sont étroitement alliées aux Auletta, qui s'en distinguent par leurs 
rameaux creux et par leur axe décomposé, en raison de leur forme tubuleuse, en des 
piliers longitudinaux disposés en cercle. 

Carter a décrit (9, p. 307), comme une variété erecta de Hymeraphia vermiculata 
Bowerbank, des Bubaris dressées, simples ou diversement lobées, qui faisaient partie 
des collections du Porcupine. J'en ai retrouvé de semblables parmi les Spongiaires 
de YHlRONDELLE (ï/6, p. 121), et ayant vu, par exemple, d'une plaque épaisse et 
large de Bubaris vermiculata s'élever une colonne cylindrique haute de i5 mm , je crois 
l'Eponge en question capable de se dresser et de se ramifier à l'occasion. Il se peut 
que certaines des Bubaris du Challenger représentent une espèce distincte, 
mais, en ce qui concerne celles de nos mers, l'opinion de Ridley et Dendy qui tend à 
les séparer spécifiquement de B. vermiculata sous le nom de Axinella erecta (Carter) 
me paraît des plus discutables. 



Bubaris mastophora, (Schmidt) Topsent 
(PI. v, fig. 23 et PI. xiii, fig. 3) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349 m . Deux spécimens, dont le plus 
beau est figuré dans la Planche v, fig. 23. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . (Banc de la Princesse-Alice). Un 
fragment. 

La charpente forme un axe assez dense, souvent jaunâtre, composé de styles et 
surtout de strongyles flexueux. Il en émane un peu obliquement de toutes parts des 
faisceaux de spicules qui gagnent la périphérie (PI. xm, fig. 3). Les strongyles, assez 
abondants à l'origine de ces faisceaux, deviennent rares peu à peu et font complè- 
tement défaut au voisinage de la surface. Les derniers styles traversent l'ectosome et 
déterminent l'hispidation du corps. Ainsi que Schmidt l'a reconnu, des régions entières 
de l'Eponge se montrent glabres, la membrane dermique, mince, aspiculeuse, criblée 
d'orifices microscopiques, s'y soulevant au-dessus de cavités préporales plus spa- 
cieuses que partout ailleurs. 

La couleur est blanche, dans l'alcool. Les rameaux, assez fermes, peu souples, 
non compressibles, se rompent assez facilement suivant leur épaisseur et présentent 
une cassure nette striée radialement. 

Les strongyles flexueux, inégaux (5oo à 800 \j. sur 20), s'amincissent aux deux 
bouts. Les styles, dont les superficiels dépassent i mm 5 de longueur, sont généralement 
droits, avec la base souvent un peu courbée. Ridley et Dendy ont fort justement 
remarqué en outre (54, p. 182) que la base de ces mégasclères monactinaux se 
rétrécit presque toujours d'une manière sensible. 



— i47 — 
Le type de Bubaris mastophora (53, p. 61) provenait de la Floride, par 1 1 1 brasses 
de profondeur (202™). 

Bubaris Sosia, n. sp. 
(PI. m, fîg. il et PI. xin, fig. 6-8) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349 m . 

Trois spécimens de même forme et de même taille, détachés de leur support 
mais entiers, représentent cette espèce. Ils sont blanchâtres, simples, flexueux, assez 
rigides, et se composent de deux parties fort inégales : un pédicelle grêle (i mm de 
diamètre), long seulement de 6 à io mm , solide; une portion charnue, plutôt ferme, 
cylindrique, épaisse de 2 mm à 2 mm 5, qui va s'effilant un peu vers son extrémité. 

Le pédicelle est compact et couvert d'une hispidation courte et serrée. Le corps 
est remarquable par de petits orifices ovales qu'il porte en nombre considérable sur 
toute son étendue et qui correspondent sans doute aux oscules, car, entre eux, 
l'ectosome se crible de stomions microscopiques. La surface générale est lâchement 
hispide. 

Par ses caractères extérieurs (PI. ni, fig. 1 1) Bubaris Sosia offre une ressemblance 
frappante avec Suberites spiralis Ridley et Dendy (54, p. 206, pi. xxv, fig. 1). Il en 
diffère absolument par sa spiculation, qui comprend des mégasclères de deux sortes : 

i° Des strongyles (PI. xm, fig. 8aJ lisses, très flexueux, à bouts brusquement 
arrondis; ils mesurent 55o à 85o[/. de longueur et i3 à 20p. d'épaisseur; ils se serrent 
et s'enchevêtrent en tous sens de manière à constituer le pédicelle et l'axe, relative- 
ment épais et très résistant, du corps. 

2 Des styles (PI. xm, fig. 8 £, 8cJ lisses, à pointe brève acérée, à base marquée 
presque toujours d'une constriction légère, droits ou un peu courbés, longs de 45o (/. 
à i mm 7, épais de 25 à 3o^; ils s'implantent sur l'axe, perpendiculairement à lui, et 
les plus longs d'entre eux, traversant l'ectosome, déterminent une hispidation qui est 
surtout visible au sommet du corps. 

La membrane ectosomique ne possède pas de spicules propres; elle se laisse 
aisément détacher par lambeaux. 



Genre Monocrepidium, Topsent 

Axinellidœ encroûtantes, voisines des Bubaris, dont elles possèdent la structure 
et la spiculation, à cette différence près que leurs mégasclères diactinaux flexueux se 
chargent de tubercules. 



Monocrepidium vermiculatum, Topsent 
(PI. iv, fig. 5 et PI. xm, fig. 9) 

Campagne de 1897 : Stn - 866, profondeur 599™. 

Trois spécimens formant sur des débris de Polypiers des croûtes assez étendues, 
minces (o mm 5), grises dans l'alcool, très hispides, sans orifices distincts. 

Spicules. — 1. Styles (PI. xm, fig. gcj lisses à pointe acérée, à base presque tou- 
jours courbée, simple ou surmontée d'un léger bourrelet annulaire. Très inégaux, les 
uns courts et gros, d'autres longs et grêles, d'autres enfin longs et forts, ils mesurent 
de 25o \>. à i mm de longueur et de 10 à 25 \j. d'épaisseur à quelque distance au-dessus de 
la base. Ils s'implantent, solitaires, mais assez rapprochés les uns des autres, vertica- 
lement sur la charpente basilaire et font longuement saillie au dehors; leur ensemble 
rend la surface du corps densément et inégalement hispide. 2. Oxes, très flexueux, 
couverts de tubercules obtus, assez hauts, le plus souvent comprimés, et disposés 
sans ordre ou suivant une spirale confuse (PL xm, fig. gaj; ils mesurent environ 
5oo;xde longueur sur 25 p d'épaisseur; quelques uns, de forme grêle, demeurent à 
peu près lisses avec des bouts très effilés (PL xm, fig. gbj. Ces spicules, enchevêtrés 
les uns dans les autres et solidement engrenés par leurs tubercules, constituent au 
contact du support une plaque dure et compacte, traversée cependant suivant son 
épaisseur par des canaux assez nombreux de 40 p environ de diamètre. 

En la décrivant pour la première fois (8 3, p. 229), j'avais inscrit cette Eponge 
parmi les Lithistides à cause de ses mégasclères diactinaux que leur ornementation et 
leur agencement me faisaient prendre pour des desmas monocrépides. Mais, au lieu 
de l'axe court qui se voit d'habitude dans les desmas de cette catégorie, les mégas- 
clères flexueux de Monocrepidium vermiculatum présentent un canal axial qui s'étend 
de l'une des extrémités jusqu'à l'autre et qui, bien visible surtout sur les spicules le 
moins ornés, rappelle exactement le canal des mégasclères homologues des Bubaris. 
Au genre Monocrepidium se rattache Hymeraphia eruca Carter, du golfe de 
Manaar (ÎO, p. 46, pi. iv, fig. 9) que, pour l'homogénéité du genre Hymeraphia 
Bowerbank, j'avais introduite dans le genre Rhabderemia (S S, p. 23). 

C'est peut-être encore à un Monocrepidium qu'appartenait le spicule découvert 
par Bowerbank parmi des produits de sondages dans l'Atlantique par 2070 brasses 
de profondeur (3767™) (4, vol. 1, pi. 1, fig. 14). 



— i49 — 



Genre Halicnemia, Bowerbank 

Halicnemia constellata, Topsent; var. azorica, n. var. 

(PL xin, fig. 12) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Deux spécimens. 

Ce sont, étendues sur un débris de Polypier, de petites Eponges brun foncé, 
noirâtres, mesurant, l'une, 8 mm de longueur, 4 mra de largeur et i mm d'épaisseur, et 
l'autre, io mm de longueur, 6 mm de largeur et 2 mm d'épaisseur. Leur surface, égale, se 
couvre d'une hispidation assez haute, mais très lâche. Très molles dans la profondeur, 
elles sont légèrement coriaces à la périphérie à cause de l'accumulation des spicules 
à ce niveau. Leur couleur sombre paraît due à leurs cellules sphéruleuses qui, 
abondantes, plutôt petites (10 ja de diamètre), à sphérules serrées, conservent dans 
l'alcool une teinte jaune foncé. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Subtylostyles (PI. xm, fig. 12 aj lisses, droits ou 
courbés, inégaux, variant à peu près entre i mm 5 de longueur sur 12 \j. d'épaisseur et 
3 mm 4 de longueur sur 33 \j. d'épaisseur; leur tête n'est jamais renflée à sa base et on 
reconnaît qu'il s'agit de tylostyles à un léger bourrelet annulaire situé un peu plus 
haut, bourrelet auquel correspond une faible dilatation sphériquedu canal axial; leur 
pointe n'est pas finement acérée. Ils représentent les éléments principaux du squelette 
et se dressent verticalement, la base appuyée contre le Polypier. En raison de leur 
longueur, ils dépassent presque tous la surface du corps et en déterminent l'hispi- 
dation; mais, comme ils existent en petit nombre, et qu'ils se tiennent isolés, cette 
hispidation demeure très lâche, ainsi qu'il a été dit plus haut. 2. Tornotes (PI. xiii, 
fig. 12 bj lisses, centrotylotes, droits ou légèrement coudés en leur centre, variant 
entre 5y5 p. de longueur sur 6 \i. d'épaisseur et 775 \j. sur 1 1 . Leur renflement médian 
est seulement indiqué par un bourrelet annulaire fort léger. En leur qualité de spicules 
propres de l'ectosome, ils se disposent verticalement à la périphérie de l'Eponge, 
traversant et dépassant un peu la croûte d'asters qui s'établit à ce niveau. 

II. Microsclères : 3. Sphérasters (PI. xm, fig. 12 c) de 45 à 5o[* de diamètre, à 
actines nombreuses, lisses, coniques. Abondantes par toute l'Eponge, elles forment à 
sa limite une accumulation qui la rend un peu coriace. 

La variété a^orica diffère du type de Halicnemia constellata (36, p. xxxin et 86, 
p. 245) par sa coloration, par la nature de ses cellules sphéruleuses, par ses mégas- 
clères principaux à base mal marquée, par ses tornotes à peine centrotylotes, par ses- 
asters plus grosses à actines beaucoup plus nombreuses, en un mot, par une foule de 
caractères secondaires. 



— i5o — 



Genre Higginsia, Higgins 

Higginsia Thielei, Topsent 

(PI. xin, fig. 5) 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen à l'état de frag- 
ments. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Deux spécimens, l'un sans 
support, l'autre fixé sur deux fistules parallèles d'une Oceanapia. 

Campagne de 1902: Stn. 1344, profondeur iog5 m . Un fragment, sans support, 
d'un spécimen tubuleux, haut de 22 mm , large de i5 mm , creusé sur toute sa longueur 
d'un canal de 5 mm de diamètre. — Stn. 1349, profondeur i25o m . Un fragment sur un 
Polypier. 

Ce sont de petites Eponges massives, généralement informes, de couleur jaune 
verdâtre pâle dans l'alcool, à surface irrégulière, entre les aspérités de laquelle se 
tend une membrane ectosomique très mince, transparente. Pas d'oscules visibles. 
Toucher rude; consistance ferme. 

Des styles lisses, disposés par deux ou par trois de front, forment souvent pour 
soutenir l'ectosome un réseau assez solide, à grandes mailles, perceptible à l'œil nu. 
Ces spicules sont les mêmes que ceux du choanosome; il s'en rencontre aussi, en 
faible proportion, dont la tige demeure assez grêle. Dans les mailles, la membrane se 
perce de larges stomions; elle se charge en outre de microxes finement épineux, assez 
abondants, distribués sans ordre, et de très nombreuses cellules sphéruleuses inco- 
lores, de i5 [j. de diamètre, composées de sphérules brillantes mesurant 2 à 3 p.. 

Le choanosome est ferme, non compact. Sa charpente consiste en un réseau 
irrégulier, très solide, de styles robustes disposés par paquets épais et reliés aux 
entrecroisements par un lien très faible de spongine incolore. Il contient des microxes 
en assez grande quantité. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles (PI. xin, fig. 5aJ robustes, lisses, fusi- 
formes, courbés vers leur tiers basilaire, à base à peine renflée, à pointe courte, 
acérée ; ils mesurent 600 à 700 p. de longueur sur 25 à 40 p. d'épaisseur en leur milieu. 
De place en place, dans l'ectosome surtout, on en trouve d'autres aussi longs, mais 
dont l'épaisseur n'est que de 8 à 12 p. 

II. Microsclères : 2. Microxes épineux, grêles dans les spécimens des stations 
597 et 899, paraissant plutôt finement rugueux tant leurs épines sont petites, courbés 
en leur milieu d'une façon plus ou moins brusque, acérés aux deux bouts, longs de 
90 à 100 [a, épais de 2 p. environ (PI. xm, fig. 5 bj; plus forts dans ceux des stations 1344 
et 1349, où, pour 60 à io5 \l de longueur, ils ont de 4 p. à 5 p 5 d'épaisseur, avec des 
épines raides et clairsemées (PL xm, fig. 5 cj. 



— i5i — 

Higginsia Thielei possède une spiculation des plus simples, puisque ses mégas- 
clères sont des styles purs, sans mélange d'oxes ni de strongyles, sans addition des 
« fine slender straight acerates » (tornotes) mentionnés par Higgins dans le type de H. 
coralloides (S©, p. 292) ni des paquets ectosomiques de tornotes de H. coralloides 
var. massalis (19, p. 243 et 85, p. 444) ou de H. bidentifera (54, pi. xlvi, fig. 8bJ. 

Elle a une charpente choanosomique grossièrement réticulée et un réseau de 
mégasclères peut soutenir sa membrane ectosomique. En raison peut-être des formes 
qu'elle affecte, elle ne s'organise pas d'axe spiculeux à la façon de Higginsia bidenti- 
fera et des Higginsia rameuses décrites par Thiele en 1898 (B 1 ?, p. 5j). 

Les Higginsia connues de l'Atlantique sont au nombre de quatre : le type de H. 
coralloides Higgins, des Antilles (Grenade); une Higginsia de la côte occidentale 
d'Afrique (cap Palmas), conservée au Muséum de Liverpool et décrite par Higgins 
comme une variété liberiensis de H. coralloides; une autre, draguée par Higgins au 
sud de l'Irlande (Bantry Bay), décrite encore par Higgins (SB) comme une variété 
arcuata de H. coralloides; enfin, H. Thielei, des Açores. Les trois premières ont pour 
mégasclères des spicules diactinaux. 



Famille PŒCILOSCLERIDvE, Topsent 

1. Sous-Famille Ectyonin^e, Ridley et Dendy 

Genre Rhabderemia, Topsent 

Eponges revêtantes ayant pour mégasclères des rhabdostyles lisses ou épineux, 
dressés, isolés, et pour microsclères des microstyles et des sigmaspires, avec addition 
possible de toxes ou de thraustoxes. 

Je n'affirmerais pas que le genre Rhabderemia occupe ici sa position naturelle, 
car sa spiculation très particulière ne révèle pas d'affinités certaines entre lui et les 
Eclyoninœ. Seuls, les rhabdostyles épineux de Rhabderemia spinosa rendent ce clas- 
sement assez logique. 

Je l'avais inscrit, en 1894 (S®, p. 20), dans une sous-famille de Pœciloscleridœ 
dont je tentais l'ébauche sous le nom de Bubarinœ. Ce fut là un essai infructueux. 
Des genres dont je composais cette sous-famille, l'un, Bubaris Gray, pris dans un sens 
restreint, car j'ai reconnu (86) que trois des Eponges que je lui rapportais alors sont 
réellement des Halicnemia, trouve, ainsi qu'on l'a vu plus haut, sa place naturelle 
parmi les Axinellidœ. Deux autres, Plocamia Schmidt et Suberotelites Schmidt sont 
des Ectyoninœ. Le genre Hymerhabdia semble se rattacher, par des intermédiaires 
dont il sera bientôt question, au genre Plocamia. Reste donc seulement le genre 
Rhabderemia, pour lequel il serait sans doute téméraire de conserver une sous- 
famille à part. 



— 152 — 

Si l'on en écarte ma Rhabderemia geniculataCS 7 , p. ig), qui paraît n'être, comme 
je l'expliquerai plus loin, qu'une variation de Rhabdoploca curvispiculifera (Carter) 
et Rhabderemia eruca (Carter), qui se range si bien dans le genre Monocrepidium 
(voir p. 148), le genre Rhabderemia compte encore six espèces. Pour quatre d'entre 
elles au moins, le doute n'est pas possible : 

Rhabderemia minutula (Carter, 9), qui possède des rhabdostyles lisses, des mi- 
crostyles et des sigmaspires. 

Rhabderemia Guernei Topsent (94), qui possède des rhabdostyles lisses, des 
thraustoxes, des microstyles et des sigmaspires. 

Rhabderemia toxigera Topsent (ÏÏ5), qui possède des rhabdostyles lisses, des 
toxes, des microstyles et des sigmaspires. 

Rhabderemia spinosa Topsent (83), qui possède des rhabdostyles épineux, des 
microstyles tout petits et des sigmaspires. 

Je pense avoir de bonnes raisons pour leur adjoindre la Microciona intexta de 
Carter (9, p. 238, fig. 43) : ses mégasclères, distribués comme ceux des Rhabderemia, 
ont les mêmes dimensions, la même forme et la même ornementation que les rhab- 
dostyles de R. spinosa; leur base est, comme la leur, généralement dépourvue des 
épines dont se charge plus ou moins leur tige. Il est vrai que Carter lui a attribué des 
sigmates, « simple bihamate », pour microsclères, mais il les dit « much curved, and 
more or lesstortuous ». Ne s'agissait-il pas, en réalité, de sigmaspires? Carter n'a-t-il 
pas, en effet, dans le même mémoire, qualifié également de « bihamate» les sigmas- 
pires de Craniella abyssorum et celles de Rhabderemia minutula? 

Par contre, c'est avec la plus grande hésitation que je rattache au genre Rhabde- 
remia Hymeraphia unispiculum Carter (î®, p. 45, fig. 8). On lui connaît seulement 
des mégasclères et ces spicules n'offrent avec les rhabdostyles qu'une ressemblance 
assez vague. 

Rhabderemia Guernei, Topsent 

Il n'en a été recueilli qu'un seul spécimen, en 1888, au sud de Pico, par 736 m 
de profondeur (Î4, p. 116, pi. xi, fig. 7). 



Rhabderemia minutula, (Carter) Topsent 
(PI. 1, fig. 10 et PL xiii, fig. i3) 

Campagne de 1896 : Stn. 703, profondeur i36o m . Plusieurs spécimens sur des 
débris de Polypiers et sur des fragments macérés de Chonelasma Schul\ei. 

En faisant connaître sa spiculation, Carter a donné à cette Eponge le nom de 
Microciona pusilla dans le texte (9, p. 23g) et celui de M. minutula dans l'explication 



— i53 — 

des figures (9, p. 479). Mais plus tard, faisant allusion à ses microstyles (1©, p. 44), 
il l'appela : Microciona minutula, mendose script. « pusilla » . 

Puisqu'il s'agit d'une Rhabderemia, elle doit porter définitivement le nom de 
Rhabderemia minutula. 

Carter supposait que le spécimen type, croissant sur Polytrema utriculare, 
devait provenir des tropiques. 

J'ai retrouvé l'espèce dans un lot de Spongiaires du banc de Campêche (91, 
p. 4i,fig. 7). 

Elle est représentée dans la collection de S. A. le Prince de Monaco par plusieurs 
spécimens de belle taille, l'un d'eux formant sur un Chonelasma une plaque qui 
mesure, quoique fort incomplète par rupture de son support, g5 mm de long sur 4o mm de 
large. 

Leur coloration varie. L'un deux, dont on fit une aquarelle, avait, au sortir de 
l'eau, une belle couleur verte (PI. 1, fig. 10) qui s'est en partie conservée dans l'alcool. 
Le plus étendu est maintenant fauve très clair. Les autres sont d'un noir profond. 

La surface, sans orifices visibles, et lisse, reste plane ou, par places, se soulève 
en de petites éminences charnues. Les plaques, généralement minces, peuvent 
atteindre par endroits plusieurs millimètres d'épaisseur. Leur consistance n'est pas 
très molle; à la périphérie surtout, elles jouissent d'une certaine ténacité. Leur chair, 
compacte, contient une quantité considérable de cellules sphéruleuses de petite 
taille. 

Les rhabdostyles (PI. xm, fig. i3aj,k tige droite et lisse, à pointe mal acérée, ont 
la base généralement moins contournée en crosse que dans le type et que dans les 
spécimens étudiés du golfe du Mexique ; quelques uns se montrent seulement un peu 
flexueux à ce niveau. De longueur inégale, ils mesurent pour la plupart 490 à 520(/. 
sur 8. 

Les microstyles (PI. xm, fig. i3#J, excessivement abondants par tout le corps et 
jouant, comme chez toutes les Rhabderemia, le rôle de microsclères, ressemblent 
surtout à ceux de Rhabderemia Guemei. Longs de 100 à i20(/., doucement courbés, 
ils ont une base relativement épaisse (2 (x 2) mais s'atténuent rapidement en une pointe 
très fine. 

Les sigmaspires (PI. xm, fig. i3 cj, enfin, excessivement grêles, se tordent capri- 
cieusement sur elles-mêmes. 

J'ai trouvé à Banyuls, au bas de l'île Grosse, une variété encroûtante de Rhabde- 
remia minutula, où les rhabdostyles lisses, à base très roulée en crosse, verticaux, 
épars sur le support, ne mesurent que 60 f/. de longueur sur 4 y. d'épaisseur, où les 
microstyles ne dépassent pas 57 f/., mais où les sigmaspires, beaucoup plus épaisses 
que d'habitude, atteignent presque 1 fi d'épaisseur. 



- i5 4 - 

Genre Plocamia, Schmidt 

Plocamia ambigua, (Bowerbank) Topsent 

866. Microciona ambigua, Bowerbank (4), vol. n, p. i36, vol. m, pi. xxv. 

874. Hymedesmia indistincta, Bowerbank (4), vol. ni, p. 304, pi. lxxxvii. 

877. Microciona ambigua, Bowerbank, Marenzeller (49), p. 14, pi. 1, fig. 3 et pi. 11, fig. 3. 

880. Amphilectus ambiguus, (Bowerbank), Vosmaer (98), p. 116. 

880. Myxilla indistincta, (Bowerbank), Vosmaer (SO), p. 129. 

885. Hastatus ambiguus, (Bowerbank), Fristedt (8©), p. 3i, pi. m, fig. 1. 

887. Hastatus ambiguus, (Bowerbank), Fristedt (81), p. 443. 

891. Plocamia microcionides, (Carter), Topsent (98), p. 544. 

892. Plocamia microcionides, (Carter), Topsent (94), p. 117. 

894. Stylostichon ambiguum, (Bowerbank), Hanitsch (84), p. 176 et ig5. 
894. Hymeraphia indistincta, (Bowerbank), Hanitsch (84), p. 181 et 196. 
894. Plocamia ambigua, (Bowerbank), Topsent (80), p. 8. 

Plocamia ambigua est certainement commune aux Açores. Elle y a été recueillie 
dans les stations 584, 597, 600, 702, 837, 838, 866, 899 et 1349, par des profondeurs 
comprises entre 200 et i36o m . 

Elle est répandue dans l'Atlantique nord et dans l'Océan arctique. C'est elle que 
j'ai prise à Roscoff pour Plocamia microcionides. L 'HIRONDELLE en avait dragué 
auprès du grand Banc de Terre-Neuve, en 1887, par 1267™, deux spécimens où j'ai 
fini par découvrir les tornotes qui m'avaient d'abord échappé. 

Je l'ai introduite, en 1894, dans le genre Plocamia, en faisant remarquer qu'elle 
semble avoir été décrite deux fois par Bowerbank, sous les noms de Microciona 
ambigua (1866) et Hymedesmia indistincta (1874). 

Plocamia ambigua est une Eponge encroûtante, hispide, ayant pour spicules : 
i° Des tylostrongyles épineux, courbés (dumbble-shaped, sausage-shaped), formant, 
comme l'ont bien figuré Marenzeller (4?) et Fristedt (18©), sa charpente basilaire. 
2 Des acanthostyles longs, à base seule épineuse. 3° Des acanthostyles entièrement 
épineux, plus courts que les précédents, mais, comme eux, de longueur variable; 
les acanthostyles des deux catégories, spicules choanosomiques, s'implantent debout 
sur la charpente basilaire et les plus grands d'entre eux déterminent l'hispidation du 
corps. 4 Des tornotes, propres à l'ectosome, couchés isolément ou par faisceaux. 
5° Des isochèles, de taille uniforme. 

Les mégasclères diactinaux basilaires sont loin d'avoir toujours les deux bouts 
également renflés ; leurs dimensions varient, en outre, d'une Eponge à l'autre (70^ 
sur 8, 160 \l sur 9). La base des grands acanthostyles est parfois amincie (Stn. 866), 
ainsi que Bowerbank l'avait remarqué dans le type de son Hymedesmia indistincta. Les 
tornotes, le plus souvent grêles (23o-3oo p. sur 3) et hastés, peuvent se montrer gros et 
légèrement fusiformes (dans un spécimen de la station 702, ils mesurent 370 [/. de 
longueur sur 14^ d'épaisseur); tantôt abondants et fascicules, ils n'existent d'autres 



— i55 — 

fois qu'en nombre fort restreint. Les isochèles, relativement grands (27 à 37 [/., selon 
les individus), et, d'habitude, assez nombreux, restent quelquefois rares. 

En somme, l'espèce se trouve fort bien caractérisée par ses tornotes ectosomiques 
et par ses isochèles, que n'accompagne aucune autre sorte de microclères. 

Je ne suis pas éloigné d'admettre que Plocamia microcionides (Carter) ait été 
décrite d'après une Plocamia ambigua à tornotes rares ou inobservés. 



Plocamia coriacea, (Bowerbank) ; var. elegans, Ridley et Dendy 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur 98™. Détroit de Pico-Fayal. Trois 
spécimens longs, grêles et rameux. 

C'est également dans le détroit de Pico-Fayal que VHirondelle en avait 
recueilli quatre spécimens (34, p. 117, pi. vu, fig. 11). 

Plocamia coriacea (Bow.), heureusement redécrite par Ridley (58, p. 481, 
pi. xxix, fig. 3-7), puis par Ridley et Dendy (54, p. i58), est caractérisée par ses 
grands styles lisses, à base marquée d'une constriction légère, par ses subtylostyles 
ectosomiques, enfin par ses microsclères de deux sortes (isochèles et toxes). 

Les subtylostyles grêles remplacent ici les tornotes de Plocamia ambigua. Ridley 
n'en avait d'abord pas fait mention (58). Ridley et Dendy ne leur ont pas accordé 
(54) l'attention qu'ils méritent, ne les considérant que comme une forme p des grands 
styles du choanosome. Leur base est surmontée d'un petit bouquet de fines épines. 

Les isochèles sont un peu plus grêles que dans l'espèce précédente. Je leur trouve 
16 à 18 [a de longueur. 

Genre Plocamiopsis, n. g. 

Les Plocamiopsis sont aux Plocamia ce que les Esperella sont aux Esperiopsis : 
au lieu d'isochèles, elles possèdent des anisochèles. Toutes les Plocamia décrites, où 
l'on a signalé des microsclères, sont, en effet, pourvues d'isochèles. Pour la première 
fois, des anisochèles s'observent dans les Eponges dont la description suit. 



Plocamiopsis signata, n. sp. 

(PI. XIV, fig. 1) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Un spécimen. 

C'est une croûte mince, grise, hispide, étendue sur un Polypier. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Tylotes (PI. xiv, fig. 1 dj courbés, épineux, à bouts 
renflés souvent inégaux mais toujours chargés d'épines plus serrées que celles de la 
tige; longueur moyenne (corde), 145 p.; épaisseur, i3 ;/.. Ils constituent, comme dans les 



— i56 — 

Plocamia, la charpente basilaire. 2. Acanthostyles (PI. xiv, fig. 1 bj longs de o mm 8, 
épais de 28 à 33 (/., ordinairement courbés dans leur tiers basilaire qui, seul, porte des 
épines; pointe peu acérée; base non renflée mais ornée d'épines obtuses plus grosses 
et plus serrées que celles de la tige. Debout solitairement sur la charpente basilaire, 
ils déterminent l'hispidation de la surface. 3. Acanthostyles (PI. xiv, fig. 1 cj plus 
faibles et entièrement épineux, longs de 25o à 3oo ps, épais de i3 à i5 \l, courbés au 
niveau de leur tiers inférieur ; base ornée d'épines obtuses plus grosses et plus serrées 
que celles de la tige. Beaucoup plus nombreux que les acanthostyles de la catégorie 
précédente, ils se dressent entre eux verticalement sur le réseau de tylotes courbés. 
4. Subtylostyles (PL xiv, fig. 1 a), droits, à tête à peine renflée, ornée seulement en son 
sommet de quelques épines qui la font paraître polymucronée, à tige lisse, faiblement 
polytylote, à pointe courte, mucronée; longueur 400^, épaisseur 6 à 8 [/.. Ce sont les 
spicules propres à l'ectosome; ils correspondent aux subtylostyles de la plupart des 
Plocamia (« small straight acuate » de P. clopetaria, « long, straight spinulate » de 
P. novi\elanica, « needle-spicules » de P. plena, subtylostyles de P. coriacea et de 
P. manaarensis). 

II. Microsclères : 5. Anisochèles (PI. xiv, fig. \f) nombreux, de petite taille 
(17 a 19tz.de longueur), dentés ou palmés, de forme particulière. 6. Toxes (PI. xiv, 
fig. 1 ej nombreux, lisses, inégaux mais atteignant couramment 140 p. d'envergure. 

Je considère comme représentant une variété mitis de Plocamiopsis signata une 
petite Eponge hispide, basée sur un fragment de Polypier (Stn. 719, profondeur 
i6oo m ), chez laquelle se retrouvent, mais lisses, tous les éléments de la spiculation du 
type. C'est là une variation extrêmement intéressante de la part d'une Ectyonine. 

Les tylotes courbés ont les mêmes dimensions que précédemment; quelques 
uns, excessivement rares, portent des épines éparses (PI. xiv, fig. in); les autres 
restent absolument lisses (PI. xiv, fig. 1 mj. Lisses également sont les grands acan- 
thostyles, de même taille et de même forme (base, pointe et courbure) que chez Plo- 
camiopsis signata. Lisses, les acanthostyles accessoires, qui, moins nombreux ou 
plus grands que dans le type, se distinguent toutefois ici moins aisément des acan- 
thostyles principaux. Les subtylostyles ectosomiques diffèrent eux-mêmes de ceux 
décrits plus haut en ce que les quelques épines qui doivent surmonter leur tête sont 
presque toujours frappées d'atrophie; en outre, leur tige est droite, non sensiblement 
polytylote. Quant aux microsclères, en tout pareils à ceux de Plocamiopsis signata, 
ce sont eux qui m'ont tout d'abord empêché de faire fausse route et de décrire cette 
curieuse Eponge comme une espèce à part. Mais il faut avouer que le hasard m'a bien 
servi en me procurant le type de l'espèce en même temps que sa variété. 

J'ai encore trouvé (Stn. 866, profondeur 5g9 m ) une petite Plocamia (?) encroû- 
tante qui pourrait bien représenter une autre variété de Plocamiopsis signata, car 
tous ses mégasclères ont les dimensions, la forme et l'ornementation de ceux du type, 
mais j'y ai vainement cherché des microsclères. 

L'absence de « peg-top shaped spicules » empêche tout rapprochement avec 



-j5 7 - 

Plocamia clopetaria. D'ailleurs, les détails fournis par Ridley (58, p. 479) au sujet 
des autres mégasclères de l'Eponge de Schmidt ne conviennent pas aux siens. 

Ses acanthostyles principaux, courbés, partiellement épineux, sans constriction 
à la base, prouvent qu'il ne s'agit pas non plus d'une Plocamia coriacea à mégasclères 
plus robustes que de coutume et sans microsclères. Et je ne vois pas., parmi les Plo- 
camia connues, d'autre espèce à laquelle on pourrait la comparer utilement. 

Genre Suberotelites, Schmidt 

Suberotelites demonstrans, Topsent 

J'ai revu de cette espèce quatre individus provenant des campagnes de 1895 et 
1897 du yacht Princesse-Alice (Stn. 568, 584, 866 et 899). Ce sont toujours des 
Eponges dressées, simples, claviformes, blanchâtres dans l'alcool, hispides, sans 
oscules apparents; la plus grande qui ait été obtenue mesure 3o mm de hauteur, 
2 mm j e di am ètre en bas et 6 mra en haut. Suberotelites demonstrans diffère donc de 
S. mercator Schmidt par sa forme générale. Nous savons qu'elle s'en distingue nette- 
ment par sa spiculation C3-4, p. 118). 

Les grands mégasclères lisses qui hérissent sa surface ont d'habitude la base 
moins simplequedans le type (9J=, pi. xi,fig. ijbj; je la trouve plus ou moins renflée 
suivant les individus, les styles se remplaçant alors par des subtylostyles ou même 
par des tylostyles. 

La chair renferme en abondance de belles cellules sphéruleuses à grosses sphé- 
rules brillantes. 

Suberotelites demonstrans est répandue dans tout l'archipel des Açores; elle y a 
été recueillie par des profondeurs comprises entre 200 m et845 m . Par contre, S. mercator 
ne s'y est pas encore rencontrée. Parmi les spicules des échantillons en mauvais état 
qui m'inspiraient des doutes à ce sujet (SA, p. 1 19), j'ai fini par découvrir, en place, 
quelques fragments de mégasclères lisses, ne différant des styles figurés que par leurs 
bases notablement renflées. 

Les Suberotelites se placent tout naturellement à côté des Plocamia et Ploca- 
miopsis, leurs tylostrongyles épineux, droits ou légèrement courbés, correspondant 
aux « dumb-bells » incurvés de ces dernières et leur constituant également une 
charpente basilaire sur laquelle s'implantent, au moins chez Suberotelites demonstrans, 
des mégasclères monactinaux de défense externe. On ne leur connaît pas de micros- 
clères. 

Genre Rhabdoploca, n. g. 

Microciona curvispiculifera Carter (1©, p. 43, pi. iv, fig. 6) produit au contact 
du support des spicules courbés en leur centre. Mais, au lieu d'avoir, comme ceux 



— i58 — 

des Plocamia et Plocamiopsis, leurs bouts plus ou moins inégaux (ce qui semble 
dénoncer une origine monactinale), ces spicules sont ici franchement diactinaux : ce 
sont des strongyles parfaits, à bouts strictement pareils. En outre, ils ne constituent 
pas un réseau basilaire mais se distribuent sans ordre, à la façon des spicules 
diactinaux des Bubaris. L'Eponge ne possède ni mégasclères propres à l'ectosome, 
ni microsçlères d'aucune sorte. Toutes ces particularités m'engagent à la considérer 
comme le représentant d'un genre à part parmi les Ectyoninœ. 



KhaMoploca curvispiculifera, (Carter) 

Sur un Bryozoaire rameux recueilli par V Hirondelle en 1888 (Stn. 247, pro- 
fondeur 3i8 m ), une Hexacératide, rose dans l'alcool, avait incorporé des spicules de 
provenances diverses et recouvrait plusieurs croûtes contiguës d'Epongés d'espèces 
différentes. Trompé par cet amalgame, je décrivis le tout, sauf réserves, sous le nom 
de Hymeraphia geniculata (94, p. 11 5). J'ai déjà éclairci ce chaos (99, p. 23). 
L'Eponge la plus intéressante du lot était celle que j'appelai dès lors Rhabderemia 
geniculata. Quelques lignes plus bas (99, p. 24), j'inscrivis dans le genre Hyme- 
rhabdia la Microciona curvispiculifera Carter, en faisant remarquer « qu'elle ne 
différait des Rhabderemia que par l'addition d'une seconde sorte de mégasclères 
dressés ». Or, un nouvel examen m'a conduit à découvrir parmi les spicules de 
Rhabderemia geniculata, dont je n'avais conservé qu'une petite préparation, heureu- 
sement non dissociée, plusieurs grands styles lisses, tous brisés et que j'avais d'abord 
tenus pour négligeables. Etant donnée leur situation, je ne doute plus qu'ils n'appar- 
tiennent réellement à l'Eponge. Celle-ci possède, par conséquent, les mêmes éléments 
de spiculation que Hymerhabdia curvispiculifera. 

Si l'on compare de plus près les deux Eponges, on constate que les toxostrongyles 
épineux, semblables de part et d'autre, mesurent 207 ^ sur 9, d'après Carter, dans 
celle du golfe de Manaar, et de i25(Jt. sur 6 à ig5 ^ sur 8 dans celle des Açores. 
Les petits styles dressés à base courbée, que j'ai, dans les deux cas, qualifiés de 
rhabdostyles (9 9), mesurent dans l'Eponge de Carter 207 p. sur i3, et, dans la mienne, 
90 p. sur 10 à 200 \l sur 12. Les grands styles lisses ont, chez M. curvispiculifera 
\ mxa 3 de longueur sur i3 \x. 7 d'épaisseur; je n'en ai pas un seul entier chez R. geni- 
culata, mais leur base mesure 12 [/. d'épaisseur. 

Ainsi, de part et d'autre, mêmes sortes de spicules acquérant les mêmes dimen- 
sions et se disposant de la même manière. Il s'agit évidemment d'une seule et même 
espèce, la Microciona curvispiculifera de Carter. 

Toutefois, tandis que dans le type, du golfe de Manaar, les petits styles dressés 
demeurent lisses, ils se montrent tous épineux dans le spécimen des Açores. J'ajoute 
avoir trouvé dans la Méditerranée, à Banyuls, un spécimen typique de cette Eponge. 
Celui des Açores peut en être considéré, décidément, comme une simple variation, 



- .i5 9 - 

individuelle ou locale. J'en ai figuré ailleurs les spicules intéressants (S 7, pi. xi, 
fig. 4 c, d). 

La Microciona curvispiculifera de Carter a certainement des affinités avec mon 
Hymerhàbdia typica, à côté de laquelle je l'ai d'abord rangée. Mais ce serait une 
faute, à mon avis, que la maintenir dans le genre Hymerhàbdia. Je connais maintenant 
deux Hymerhàbdia : elles ont des caractères communs qui permettent de concevoir 
dans un sens plus strict qu'autrefois le genre qu'elles représentent. Elles ne produisent 
que deux sortes de spicules, qui correspondent aux grands styles et aux toxostrongyles 
de Microciona curvispiculifera; mais surtout, elles sont remarquables en ce que leurs 
mégasclères basilaires, d'origine diactinale, tronquant constamment l'un de leurs 
bouts, se transforment en des spicules monactinaux. Il y a là une différence essentielle 
entre elles et le genre Rhabdoploca, dont M. curvispiculifera devient le type. 



Genre Hymerhàbdia, Topsent 

Ectyoninœ encroûtantes possédant : i" une charpente basilaire non réticulée, 
composée de petits mégasclères monactinaux, d'origine diactinale, qui se courbent 
en U, comme les tylostrongyles des Plocamia et les toxostrongyles des Rhabdoploca, 
et redressent dans la direction de la surface leur moitié acérée ; 2° de grands mégas- 
clères monactinaux, verticaux, solitaires, déterminant l'hispidation du corps. 



HymerliaMia oxytrunea, n. sp. 
(PI. xin, fig. i5) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 111 . 

Le type de cette espèce est une petite Eponge grisâtre, hispide, encroûtante, 
mince, grande au plus comme une pièce de deux francs. 

Spicules. — 1. Styles (PI. xni, fig. i5 a) lisses, droits ou un peu courbés au voisi- 
nage de la base, à tige épaisse et peu acérée, mesurant fréquemment près de ;i mm de 
longueur et 40 ^ d'épaisseur, mais inégaux entre eux et pouvant n'atteindre que 400 [i. 
de longueur et3opt. d'épaisseur à la base. 2. Styles (PI. xui, fig. i5 bj lisses, à base 
renflée d'une façon presque imperceptible, à pointe graduellement effilée, à tige 
présentant constamment une forte courbure au niveau de son tiers basilaire; de taille 
à peu près uniforme, ils mesurent 275 à 3oop. de longueur et i3 à iôjx d'épaisseur. 
On éprouve nettement cette impression qu'ils dérivent d'oxes qui se seraient tronqués 
par un bout et qui resteraient courbés en un point correspondant à leur centre. De 
fait, j'en ai trouvé deux ou trois à l'état d'oxes parfaits fortement courbés en leur 
milieu (PI. xm, fig. i5 cj. 

Les petits styles, nombreux, se dressent au contact du support, et les plus grands, 



— 160 — 

solitaires, s'implantent parmi eux et déterminent l'hispidation assez serrée et assez 
haute du corps. 

Chez Hymerhabdia typica, les grands mégasclères sont des tylostyles (PI. xm, 
fig. ï6aj; les petits mégasclères portent, eux aussi, un renflement très accentué, 
terminal ou non; ces derniers dérivent, en effet, d'oxes centrotylotes, que j'ai vus à 
titre d'exception dans un spécimen de Roscoff (PI. xm, fig. 16 bj. La courbure de ces 
spicules basilaires est plus accusée que chez H. oxytrunca; leur portion tronquée se 
recourbe véritablement en crosse (PI. xm, fig. 16 bj. Leur situation est d'ailleurs 
identique; ils se placent debout sur le support, leur pointe dirigée vers l'extérieur. 



Genre Cerbaris, Top sent 

Ectyoninœ encroûtantes, caractérisées par des mégasclères basilaires diactinaux 
de forme particulière, des céroxes, constituant, au contact du support, une croûte 
d'où s'élèvent de longs mégasclères monactinaux hérissant la surface libre. 



Cerbaris torquata, Topsent 

(PL xm, fig. 18) 

Un seul spécimen en a été recueilli, en 1897 (Stn. 866), près deTerceira, par 599 111 
de profondeur. 

C'est une curieuse petite Eponge en croûte mince, hispide, grisâtre, pas plus 
grande qu'une pièce de cinquante centimes. 

Tout l'intérêt qu'elle offre réside dans sa spiculation. 

Spicules. — 1 . Subtylostyles (PI. xm, fig. 18 a) lisses, effilés, à base ordinairement 
surmontée d'un léger renflement annulaire; ils mesurent i mm 5 à 2 mm de longueur 
sur 20 [j. d'épaisseur. 2. Céroxes (PI. xm, fig. 18b, 18 cj, spicules diactinaux épineux, 
composés de deux branches coniques, parallèles, reliées entre elles par une tige 
transversale spiralée quelquefois (rarement) centrotylote; leurs épines sont assez 
faibles, abondantes sur les branches parallèles, surtout à leur extrémité, et sur la 
partie médiane convexe de la tige transversale, rares au contraire sur les parties 
latérales déclives de cette tige. La longueur des branches droites est, en moyenne, de 
n5p.; leur écartement est d'environ 8o;x, ce qui, naturellement, ne donne pas, à 
beaucoup près, la longueur réelle de la tige spiralée. L'épaisseur de ces spicules 
atteint 18 \j.. De rares céroxes lisses s'observent çà et là, état atrophique sans doute de 
£ette sorte d'organites. Fréquemment le canal axial s'élargit et se laisse suivre sur 
toute la longueur du céroxe. 

Les céroxes se serrent les uns contre les autres au contact du support, mais 
généralement de façon à ce que leurs deux branches parallèles se dressent dans la 



— 161 — 

direction de la surface. Parmi eux s'implantent verticalement les subtylostyles soli- 
taires qui, longuement saillants au dehors, déterminent l'hispidation haute et lâche 
du corps. 

Les affinités de Cerbaris torquata avec les Rhabdoploca et Hymerhabdia sont 
évidentes. Ses céroxes correspondent aux mégasclères diactinaux basilaires de Rhab- 
doploca curvispiculifera; ils en représentent une forme compliquée, avantageuse pour 
la station debout. Carter a remarqué que les toxostrongyles de sa Microciona tendent 
aussi à rélever leurs branches parallèlement aux autres spicules. En plaçant vertica- 
lement leur moitié acérée, les mégasclères primitivement diactinaux des Hymerhabdia 
jouent également le rôle de spicules de défense interne; c'est peut-être pour obtenir 
une condition d'équilibre plus favorable qu'ils ont acquis l'habitude de tronquer leur 
autre moitié. 

Genre Hymeraphia, Bowerbank 

Pris dans un sens strict, ce genre peut être défini de la manière suivante : 
Ectyoninœ encroûtantes pourvues de deux catégories distinctes de mégasclères 
choanosomiques monactinaux, dressés directement au contact du support, les uns, 
solitaires, espacés, lisses ou plus ou moins épineux, généralement grands et rendant 
ordinairement hispide par leurs pointes la surface générale du corps, les autres, 
nombreux, plus petits et couverts d'épines sur toute ou sur presque toute leur 
longueur. Mégasclères ectosomiques rarement absents, d'habitude pas très nombreux, 
le plus souvent monactinaux et lisses. Microsclères ordinairement présents, isochèles, 
sigmates, toxes, trichodragmates, ensemble ou séparément. 



Hymerapïia clavata, Bowerbank 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . — Stn. 719, profondeur i6oo m . 

Les mégasclères choanosomiques sont de longs tylostyles ou subtylostyles lisses, 
très espacés; les mégasclères accessoires, hérissants, « echinating », sont des acan- 
thostyles à base renflée, souvent inégaux. 

L'ectosome a pour spicules propres des styles lisses, longs et relativement très 
grêles, en nombre variable, fascicules quand ils deviennent un peu abondants. 

Pas de microsclères. 

Je pense que l'espèce peut avoir pour synonymes : Hymeraphia simplex Bower- 
bank (4, vol. ni, p. 255), Microciona longispiculum Carter (», p. 237) et Hymeraphia 
Toureti Topsent (38, p. 3o). 

Hymeraphia clavata paraît jouir d'une vaste distribution géographique et bathy- 
métrique. 



— l62 



Hymeraphia viridis, Topsent 

Je connais mieux qu'en 1892 (S4, p. 114) cette Eponge, pour l'avoir retrouvée 
dans la Méditerranée, à Banyuls et à La Calle. Elle ne possède pas de mégasclères 
ectosomiques. Ses mégasclères choanosomiques principaux sont de longs tylostyles 
ou subtylostyles lisses, espacés; ses mégasclères accessoires, hérissants, sont des 
acanthostyles plus ou moins serrés, tantôt égaux et tantôt inégaux entre eux. Il 
n'existe qu'une seule sorte de microsclères, des trichodragmates, abondants, composés 
de rhaphides grêles en faisceaux compacts, et longs, suivant les individus, de 5o à 70 [a. 



Hym.eraph.ia tuberosocapitata, Topsent 

Campagne de i8g5 : Stn. 568, profondeur 55o m . 

Un second échantillon de cette espèce facilement reconnaissable puisque aucun 
des éléments de sa spiculation n'est de forme banale ( l 8'4, p. 1 13, pi. xi, fig. 6). 

Au sud de Pico (1888, Stn. 229), au nord de Sâo Miguel (1895), par 736™ et 55o m . 



Hymeraphia spinispinosa, n. sp. 
(PL xiv, fig. 9) 

Campagne de 1895 : Stn. 568, profondeur 55o m . 

L'espèce, caractérisée par la forme toute particulière des spicules hérissants, est 
représentée par un petit spécimen, mince, un peu hispide. 

Spicules. — 1. Acanthostyles principaux (PI. xiv, fig. 9 bj, solitaires, espacés, 
lisses en haut, puis rugueux, enfin ornés d'épines autour de leur base, qui ne se renfle 
pas mais se courbe généralement un peu; longueur 5ooji., épaisseur i8[a. 2. Acan- 
thostyles hérissants (PI. xiv, fig. 9 c, 9 d) à tige haute de i3o à i8o(a, armée d'épines 
faibles un peu récurvées, à base entourée de huit à dix rayons épais, longs de i5 à 
25 (x, représentant sans doute des épines particulièrement robustes, comme en portent, 
par exemple, les acanthostyles de Hymeraphia coronula Bowerbank, mais beaucoup 
plus développées encore et se couvrant à leur tour de petites épines secondaires. 
3. Subtylostyles (PI. xiv, fig. 9 aj, mégasclères ectosomiques, droits, lisses, sauf au 
niveau de leur base légèrement renflée, qui s'entoure d'épines très petites. 

Pas de microsclères. 

Hymeraphia affinis, Topsent 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Trois spécimens en croûtes 
grisâtres, peu étendues, minces, hispides, sur des débris de Polypiers. 



— i63 — 

J'ai créé cette espèce en 1889 (11, p. 43, fig. 8 A) d'après un spécimen provenant 
du banc de Campêche par une faible profondeur. 

Dans ceux que la Princesse- Alice a recueillis au voisinage de Flores, la 
spiculation, conforme à celle du type, acquiert un peu plus de vigueur. 

Les acanthostyles principaux, à base seule épineuse, à tige ordinairement un peu 
courbée, à pointe peu acérée, atteignent i mm 6 de longueur au lieu de 65o(/., tout en 
conservant à peu près la même épaisseur (18 à 20 (a). Les acanthostyles hérissants, 
entièrement épineux, légèrement courbés, sont moins égaux entre eux, et, au lieu de 
100 (/., mesurent 1 10 à 3oo \>. de longueur. 

Les mégasclères de l'ectosome sont des subtylostyles lisses, droits pour la plupart, 
à pointe assez courte, à base à peine renflée, ornée en son sommet d'un bouquet 
d'épines si fines qu'elles m'avaient d'abord échappé; ils ont 730 à 75o[a de longueur 
au lieu de 3oo à 385 (/., mais ils restent presque aussi grêles (5 \j. au lieu de 3). 

Les microsclères, de deux sortes, abondent. Ce sont d'abord des toxes lisses, 
pouvant atteindre 21 5 y. d'envergure (au lieu de i5o), mais très inégaux entre eux 
jusqu'à ne mesurer que 10 (a. Puis, de taille uniforme, des isochèles bidentés, parfois 
palmés tridentés, longs de 18 à 19^, au lieu de i5 [/.. 

Sur un Siphonidiam ramosum de la station 600, s'étend une Hymeraphia dont la 
spiculation, identique à celle qui vient d'être décrite, en ce qui concerne les mégas- 
clères, en diffère par l'absence absolue d'isochèles. Je la considère comme une variété 
anancora de Hymeraphia affinis. 

Par compensation, les toxes se développent chez elle en quantité considérable, 
de toutes tailles à partir de 10 jx, mais sans excéder 120 p d'envergure. 



Hymerapliia pilosella, n. sp. 
(PL 1, fig. 4 et PI. xiv, fig. 5) 

Campagne de i8g5 : Stn. 568, profondeur 55o ra . — Stn. 584, profondeur 845 m . 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Spécimens nombreux, sur des Polypiers. 

Eponge en croûtes plus ou moins étendues, minces, hispides, jaunâtres, à l'état 
frais (PI. 1, fig. 4), gris verdâtre dans l'alcool. 

La chair est riche en cellules sphéruleuses assez petites. 

Les mégasclères principaux du choanosome sont solitaires, espacés, des acan- 
thostyles (PI. xiv, fig. 5 b, 5 cj à base non renflée, ornés seulement dans leur portion 
basilaire d'épines très faibles, souvent à peine indiquées, droits ou légèrement courbés, 
atténués en pointe fine, longs de 2 mm à 3 mm , épais de 25 à 3o [/.. Les mégasclères 



hérissants sont des acanthostyles (PI. xiv, fig. 5 a) assez courts mais robustes, 
entièrement épineux, généralement un peu courbés, à base renflée ornée d'épines 
fortes, tronquées ou recourbées en crochet vers la tige, à tige portant des épines un 
peu plus faibles, récurvées vers la base; ils mesurent 170 à 3oo^ de longueur sur 
i5 à 25 [/. d'épaisseur, sans compter les épines. 

L'ectosome possède des spicules propres, assez abondants, fascicules. Ce sont 
des subtylostyles (PI. xiv, fig. 5 dj à base bien indiquée et couverte d'épines très faibles 
sur toute sa surface, à tige ordinairement droite, lisse ou présentant quelques rares 
épines très espacées, à pointe peu effilée ; ils mesurent, suivant les individus, 3oo à 
35o ou 430 à 480 '/. de longueur sur 5ou6ji au-dessus de la base. Dans les spécimens 
de la station 702, recueillis en eau plus profonde, ces spicules, particulièrement 
abondants, mesurent 570 à 600 \>. de longueur et 10 \j. au-dessus de la base. 

Il n'existe de microsclères d'aucune sorte. 

La Princesse-Alice a encore recueilli Hymeraphia pilosella, en 1894, à 
7 milles environ dans le N. N.-W. de Ceuta, par 924™ de profondeur. 



HymerapkLa hispidula, n. sp. 

(PI. XIV, fig. 2) 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . Trois spécimens sur des Poly- 
piers. — Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen sur un Polypier. 

Ce sont des croûtes grises, dans l'alcool, assez étendues mais très minces, cou- 
vertes d'une hispidation fine et serrée. Elles ne possèdent pas d'autres spicules que 
des mégasclères. 

Les acanthostyles principaux sont droits, de taille presque uniforme (5oo (* de 
longueur, 17^ d'épaisseur au-dessus de la base). Leur base un peu renflée s'entoure 
d'épines incurvées, pour la plupart tronquées et, dans ce cas, souvent denticulées au 
bout. Leur tige porte sur son tiers inférieur seulement des épines plus faibles, récur- 
vées, clairsemées, et se termine en une pointe brève et peu acérée. 

Les acanthostyles accessoires (PI. xiv, fig. 2 bj, droits, ne diffèrent des précédents 
que par leurs dimensions moindres (160 à 200 p de longueur, 10 à 12 [x d'épaisseur 
au-dessus de la base) et par la présence d'épines récurvées sur toute la moitié infé- 
rieure de leur tige. 

L'ectosome (PI. xiv, fig. ia) a des spicules propres, monactinaux, subtylostyles 
à base nettement renflée, ovoïde, finement épineuse, à tige droite et lisse, à pointe 
brève et peu acérée ; ils mesurent 325 à 365 p. de longueur et 4 [/. environ d'épaisseur. 

L'ornementation identique des divers acanthostyles rappelle ce qui se voit chez 
les Leptosia. Déjà, pourtant, dans les préparations de spicules dissociés, ils se laissent 
aisément répartir en deux catégories par leurs dimensions relatives. En les exami- 
nant en place sur des fragments d'Epongé obtenus en raclant le support et simplement 



— i65 — 

montés dans l'eau, on constate que tout ne se réduit pas entre eux à une différence 
de taille. Ils occupent des places déterminées dans le choanosome et jouent des rôles 
différents. Les plus grands, dressés de distance en distance, à des intervalles assez 
réguliers (à i35-i5o{/.les uns des autres), constituent réellement la charpente du corps 
et méritent qu'on les qualifie de mégasclères principaux. Ils se disposent de façon à 
former, par groupes de quatre à six, les montants d'une série de petites cages conti- 
guës à section polygonale. La chair s'attache à ces montants, puis devient lacuneuse 
et se perce en son centre d'un canal spacieux. Grâce à eux, le choanosome se trouve 
ainsi décomposé en une infinité de compartiments égaux et ressemble à un casier. 
Les acanthostyles de petite taille se dressent au fond de ces compartiments et jouent 
un rôle de défense interne. 

Sur le tout s'étend l'ectosome, soutenu par les grands acanthostyles, qui le tra- 
versent pour déterminer l'hispidation de la surface, et renforcé tangentiellement par 
ses mégasclères propres qui se distribuent sans ordre, isolément ou par petits paquets. 

En résumé, par tous ses caractères, l'Eponge est bien une Hymeraphia : elle a 
des acanthostyles choan'osomiques de deux catégories distinctes et des mégasclères 
monactinaux en nombre restreint dans un ectosome mince. 

Hymeraphia hispidula est proche parente de H. pilosella. Elle s'en distingue 
tant par ses caractères extérieurs que par les dimensions et l'ornementation de ses 
mégasclères. Je ne lui ai pas vu de cellules sphéruleuses. 



Hymeraphia mucronata, n. sp. 
(PL xiv, fig. 4) 

Campagne de 1897: Stn. 837, profondeur 88o m . Un spécimen en croûte grise, 
étendu, très mince, finement hispide, sur un Polypier. 

Les mégasclères de l'ectosome (PI. xiv, fig. 4aJ, en nombre assez restreint, sont 
monactinaux avec une fausse apparence diactinale; lisses et généralement droits, ils 
ont un bout un peu renflé, elliptique, surmonté d'un tout petit mucron, et l'autre 
bout subhasté, terminé en un mucron bien accentué; la différence est assez nette 
entre les deux extrémités pour qu'on puisse, sur les tronçons de spicules, reconnaître 
de suite laquelle on a devant les yeux. Ces spicules mesurent 36o à 375 y. de longueur 
et 4 jx d'épaisseur. 

Les acanthostyles principaux du choanosome, nombreux et déterminant par 
suite l'hispidation serrée de la surface, n'ont que 3oo à 5oo(a de longueur; les acan- 
thostyles accessoires restent, pour la plupart, inférieurs à 120 [/.. Entre ces deux 
catégories de mégasclères, il n'existe que des différences légères : la base, non renflée, 
des premiers se couvre d'épines tronquées ou incurvées, relativement moins fortes 
que celles des seconds; leur tige porte dans sa moitié basilaire quelques épines 
récurvées, éparses et très faibles. 

L'Eponge possède en abondance des isochèles et des sigmates. 



— i66 — 

Les isochèles sont de deux sortes : les uns. (PI. xiv, fig. 4 çj, supérieurs en nombre, 
tridentés palmés, faiblement courbés, longs de 26 (a; les autres (PI. xiv, fig. 4a), tri- 
dentés aussi et à peu près de même taille, mais à tige fortement arquée et à dents 
très écartées en avant et latéralement. 

Les sigmates (PI. xiv, fig. 4^), linéaires et diversement tordus, varient entre 25 
et 35 [j. d'envergure. 

Hymeraphia Peachi, (Bowerbank) Topsent 

82. Hymedesmia Peachii, Bowerbank (4), vol. iv, p. 64, pi. xin, fig. 5-i2. 

85. lEsperia Peachii, (Bowerbank), Fristkdt (®0), p. 38, pi. ni, fig. 7. 

91. Myxilla Peachi, (Bowerbank), Topsent (»*), p. 359. 

94. Myxilla Peachi, (Bowerbank), Hanitsch (*4), p. 182. 

94. Hymeraphia Peachi, (Bowerbank), Topsent (80), p. i3. 

Campagne de i8g5 : Stn. 616, profondeur i022 m . 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5g9 m . 

Hymeraphia Peachi est caractérisée par ses mégasclères ectosomiques, dont la 
description originale a, par malheur, manqué de précision. Ce sont des tornotes droits 
et grêles (ils atteignent rarement 3 (/. d'épaisseur), à bouts inégaux, l'un d'eux toujours 
un peu renflé, l'autre quelquefois aussi mais jamais autant, émoussés ou mucronés, 
légèrement variables, en un mot, selon les individus, un peu à la façon des mégasclères 
correspondants de Leptosia baculifera (O», p. 354). On comprend assez bien que 
Bowerbank ait considéré comme « acuate » ces anisotornotes. Fristedt les a appelés 
« biclavato-obtusa » mais en s'appliquant à figurer l'inégalité de leurs deux extrémités. 
Leur longueur peut varier aussi d'un individu à l'autre : je lui trouve 270 et 375 (/. 
dans les spécimens des Açores. De même, les isochèles tridentés, toujours de belle 
taille, mesurent, dans un cas 40 jjl, et 47 [j. dans un autre. Certains individus possèdent, 
comme le type, des isochèles beaucoup plus petits, de production sans doute toute 
récente. 

Les deux sortes d'acanthostyles se ressemblent beaucoup; toutefois, les prin- 
cipaux se distinguent toujours à leur taille supérieure, à leur ornementation (leur tige 
restant lisse), â leur distribution. Et, quoique les acanthostyles hérissants soient 
généralement de taille inégale, l'examen d'un nombre assez considérable de spécimens 
de provenances diverses (Manche, Méditerranée, Açores) m'empêche de prendre 
cette Eponge pour une Leptosia. 



Hymeraphia mutabilis, n. sp. 
(PI. xiv, fig. 3) 

Campagne de i8g5 : Stn. 597, profondeur 523 m . 
Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . 
Campagne de 1897 : Stn - §99i profondeur 200 m . 



— 167 — 

Trois spécimens en croûtes grises, finement hispides, étendues sur des pierres 
et sur une Lithistide. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1 . Acanthostyles principaux (PI. xiv, fig. 3 bj, dressés, 
solitaires, droits ou légèrement courbés, longs de 400 à 600 [x, à base un peu renflée, 
épaisse de 20 à 23 [/., épineux dans leur tiers inférieur, surtout au niveau de leur base. 
2. Acanthostyles hérissants (PI. xiv, fig. 3 cj, assez égaux entre eux, longs de i3o à 
i5ojA, à base renflée, épaisse de 12^, chargée d'épines droites ou incurvées, à tige 
ornée d'épines récurvées, peu serrées. 3. Tylotes (PI. xiv, fig. 3 a) lisses, propres à 
l'ectosome, peu nombreux, longs de 235 à 280 [/., à tige droite, grêle, épaisse seulement 
de 2 p. à 2(/. 5, à bouts renflés, elliptiques, presque aussi épais l'un que l'autre (3 p à 
3 p. 5) mais l'un d'eux ordinairement plus allongé que l'autre. 

II. Mégasclères : 4. Isochèles tridentés (PI. xiv, fig. 3 ej très nombreux, robustes, 
à tige fortement courbée, à dents larges mais courtes, doublées d'une palette diaphane; 
ils mesurent 43 à 46 pi de longueur et 10 p d'épaisseur de tige. 5. Sigmates en C, 
(PI. xiv, fig. 3 dj, nombreux, assez petits (20 p. de corde) et grêles (ils atteignent rarement 
1 p d'épaisseur). 

L'espèce a reçu son nom à cause des variations que j'ai relevées dans la spicu- 
lation des trois individus étudiés. 

Dans le spécimen de la station 702, qui vient de servir de type, il existe, en 
proportion assez élevée, parmi les isochèles normaux, des isochèles plus petits à 
tige courte, à dents très écartées, qui représentent peut-être un état atrophique de 
cette sorte de microsclères. 

Dans celui de la station 597, les acanthostyles principaux ne dépassent guère 
3oo p., ce qui pourrait faire prendre l'Eponge pour une Leptosia, d'autant plus que 
les acanthostyles accessoires ont ici leur tige constamment lisse sur son tiers apical; 
les tylotes, plus grêles encore, mais à bouts aussi bien renflés que dans le premier 
cas, ne sont longs que de 200 a 220 p.; les isochèles mesurent uniformément 35 p de 
longueur; les sigmates, très inégaux, varient entre i3 et 27 p. 

Enfin, dans le spécimen de la station 89g, les acanthostyles se répartissent par 
leurs dimensions en deux catégories aussi tranchées que dans le premier cas; les 
acanthostyles accessoires restent pourtant, comme dans le second cas, en partie lisses ; 
les microsclères sont identiques à ceux du spécimen de la station 597 ; mais on constate 
une nouvelle variation portant sur les mégasclères ectosomiques (PI. xiv, fig. 3 h), 
qui, longs de 270 jx, épais de près de 2 p., renflent à peine l'un de leurs bouts et amin- 
cissent l'autre et le terminent en un mucron. Ainsi deviennent franchement monac- 
tinaux des spicules qui, dans les deux autres individus, paraîtraient plutôt diactinaux. 
Cela rappelle ce que j'ai noté plus haut à propos de Hymeraphia Peachi et, plus exac- 
tement encore, ce que j'ai observé chez Leptosia baculifera (99, p. 354). 

L'existence simultanée d'isochèles et de sigmates constitue l'un des bons carac- 
tères de Hymeraphia mutabilis. C'est une Hymeraphia puisque ses mégasclères ecto- 
somiques existent en petite quantité et qu'ils sont monactinaux, malgré l'apparence 



— 168 — 

diactinale qu'ils présentent parfois au premier abord; du reste, les acanthostyles, 
dans deux cas sur trois, se répartissent nettement en deux catégories d'après leurs 
dimensions. 

Genre Hymetrochota, n. g. 

Ectyoninœ ayant, avec la structure des Hymeraphia, les microsclères caractéris- 
tiques des Iotrochota. 

Hymetrocliota rotula, n. sp. 
(PI. xiv, fig. 6) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200 m . Un spécimen. 

C'est une Eponge brunâtre dans l'alcool, étendue sur une fistule de Rhi^ochalina, 
en croûte mince et hispide. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles principaux, faiblement courbés, 
longs de o mm 9 à i mm , épais de i3 [/. au-dessus de la base; à base un peu renflée, cou- 
verte de fortes épines, tronquées, incurvées; à tige ornée, dans son tiers inférieur, 
d'épines plus faibles, espacées, récurvées; à pointe peu acérée. 2. Acanthostyles 
accessoires, droits, entièrement épineux, longs de 120 à i8o[a, de même type que les 
précédents. 3. Anisotornotes lisses de l'ectosome, assez peu nombreux, isolés ou 
subfasciculés, longs (35o à 38o ^) et grêles (3 [^), ayant un bout légèrement renflé, lon- 
guement elliptique, surmonté d'un tout petit mucron, et l'autre subhasté terminé par 
un mucron mieux marqué. 

IL Microsclères : 4. Amphidisques (PI. xiv, fig. 6) excessivement abondants par 
tout le corps, longs de 21 à 23 j/,, à tige droite, à disques larges de 7 jx, découpés sur 
leur pourtour en une vingtaine de dents très fines. 



Genre Myxilla, Schmidt 
Myxilla paupertas, (Bowerbank) Vosmaer; var. 

1866. Hymeniacidon paupertas, Bowerbank (4), vol. n, p. 223. 

1880. Myxilla paupertas, (Bowerbank), Vosmaer (96), p. 127. 

1887. Myxilla paupertas, (Bowerbank), Ridley et Dendy (54), p. 143. 

1894. Hymeraphia paupertas, (Bowerbank), Hanitsch (S4), p. 177. 

1894. Hymeraphia paupertas, (Bowerbank), Topsent (SO), p. 18. 

Campagne de i8g5 : Stn. 587, profondeur 7g3 m . Un petit spécimen sur un 
Polypier. 

Campagne de 1897 : Stn - 8 99> profondeur 2oo m . Un fragment sans support. 

Le spécimen de la station 587 est gris, mou, à surface irrégulière, fort endom- 
magée par le frottement. L'autre, gros comme une petite noix, est blanchâtre, à 



— 169 — 

surface irrégulière, revêtue par places d'une membrane lisse, aisément détachable. 
Tous deux possèdent, comme on en va juger, même spiculation. 

Spécimen de la station 587 : 1. Acanthostyles principaux, courbés comme dans 
le type (4, vol. ni, pi. xxxvn, fig. 6), longs de 65o à 715 [/., épais de i3 à i5 \j. au-dessus 
delà base qui est renflée, ornée d'épines assez fortes; leur tige porte souvent, en 
outre, quelques épines faibles au voisinage de la base seulement. 2. Acanthostyles 
hérissants, pas très nombreux, généralement droits, à base renflée, entièrement 
épineux, longs de 1 35 p., épais de 7 p. au-dessus delà base. 3. Strongyles ectosomiques, 
abondants, lisses, à bouts simples, non tronqués, souvent renflés légèrement (l'un 
d'eux tout au moins) mais jamais assez pour qu'on puisse considérer ces spicules 
comme des tylotes; longueur, 450 à 5oO(/.; épaisseur, 7 p.. 4. Isochèles tridentés, nom- 
breux et forts, courbés, semblables à ceux de Myxilla nobilis Ridley et Dendy (54, 
pi. xxvii, fig. i5cj, longs de 45 à 53 p.. 

Spécimen de la station 899 : 1 . Acanthostyles pareils à ceux du spécimen de la 
station 587 et mesurant, les principaux, 825 à 880 [/. sur i3 à i5, les accessoires 170 [j. 
sur 8. 2. Strongyles lisses, à bouts toujours simples, non tronqués, longs de 475 à 53o(/., 
épais de 7 p.. 3. Isochèles de même taille et de même forme que les précédents. 

Cette spiculation ne diffère de celle du type que par des détails : les acanthostyles 
principaux sont ici plus grands, les acanthostyles accessoires restent plus droits, et 
les strongyles, plus longs et plus épais, ont les bouts plus simples. Pourtant, à ce 
dernier point de vue, on constate une légère différence entre les strongyles de nos 
deux spécimens. 

L'Eponge appartient réellement au genre Myxilla stricto sensu (9 3f, p. i5). Des 
Myxilla citées par Ridley et Dendy (54), trois seulement se trouvent dans le même 
cas : M. nobilis, qui en est une proche parente, M. mariana et M. compressa. Les 
autres sont des Dendoryx, Stylostichon, etc. 



Myxilla mariana, Ridley et Dendy; var. poly sigma, n. var. 

(PI. XIV, fig. 10) 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845™. Un seul spécimen, revêtant, 
assez mince et peu étendu, sur un Polypier. Surface inégale. Consistance molle. 
Couleur jaunâtre. 

Réseau irrégulier de grands acanthostyles, hérissé de place en place d'acantho- 
styles plus petits. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles principaux (PI. xiv, fig. 10 aj, longs 
de 43o p., épais de 1 3, toujours un peu courbés, à base à peine renflée, épineuse, à 
tige ornée sur presque toute sa longueur d'épines éparses à peine marquées. 2. Acan- 
thostyles accessoires (PI. xiv, fig. 10 cj, longs de iiop., épais de 7, généralement 
droits, entièrement couverts d'épines relativement fortes. 3. Anisotornotes de 



— 170 — 

l'ectosome (PL xiv, fig. 10 bj, longs de 280 à 295 [*, épais de 4^ 5, droits, lisses, ayant 
un bout renflé, hasté, et l'autre bout mucroné, simple. 

II. Microsclères : 4. Isochèles tridentés (PI. xiv, fig. lodj nombreux, très courbés, 
inégaux, pouvant atteindre 47 [* de longueur mais variant jusqu'à n'en mesurer que 
10. 5. Sigmates (PI. xiv, fig. 10 ej excessivement abondants, presque toujours en C, 
mesurant pour la plupart 70 (/. de corde et 2ji d'épaisseur, mais inégaux, les plus 
faibles, linéaires, n'ayant pas plus de 20 [a de corde. 

Cette Eponge, dont l'unique spécimen recueilli ne permet guère d'apprécier les 
caractères extérieurs, paraît, par sa structure et par l'ensemble de sa spiculation, ne 
devoir être considérée que comme une variété de Myxilla mariana Ridley et Dendy 
(54L, p. 137). Elle se distingue du type par ses mégasclères ectosomiques, qui sont 
moins des tylotes que des tornotes, mais à bouts marqués de cette inégalité que 
Ridley et Dendy ont pris soin de noter, par la courbure plus forte de la tige de 
ses isochèles, par l'abondance excessive et la simplicité d'allure de ses sigmates. 

Genre Stylostichon, Topsent 

Stylostichon repens, n. sp. 
(PL xiv, fig. 7) 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur n65 m . Un seul spécimen, revêtant, 
mince, étendu, sur un Polypier. Surface inégale. Consistance molle. Coloration 
brunâtre. 

Pas d'ectosome nettement délimité. 

Charpente composée de colonnes courtes et grêles d'acanthostyles principaux 
divergents, hérissées de place en place d'acanthostyles plus petits. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles principaux (PI. xiv, fig. jbj, longs 
de 280 à 3o5 p., épais de 12 (/., légèrement courbés, entièrement épineux, à épines bien 
marquées, plus serrées au niveau de la base, qui ne se renfle pas. 2. Acanthostyles 
accessoires (PI. xiv, fig. jcj, semblables aux principaux mais plus faibles, longs de 
i5o à 170 [a, épais de 7 [/,. 3. Subtylotes ectosomiques (PI. xiv, fig. 7 a), peu nombreux, 
longs de 235 à 265 j^, épais de 2 ^7 à 3 (*, droits, lisses, à bouts très peu renflés, l'un 
d'eux cependant plus gros que l'autre, longuement elliptiques, submucronés. 

II. Microsclères : 4. Isochèles tridentés (PI. xiv, fig. 7 ^extrêmement nombreux, 
à tige très courbée, atteignant fréquemment 45 p. de longueur, mais restant souvent 
inférieurs à cette mesure (jusqu'à 3o[/.). 5. Sigmates (PI. xiv, fig. jdj nombreux, très 
contournés, linéaires mais assez grands car ils varient entre 3o et 5ojjl d'envergure. 

La spiculation de cette Eponge se rapproche beaucoup de celle de Myxilla 
compressa Ridley et Dendy (54, p. i3g). Elle ne s'en écarte guère que par la gracilité 
des mégasclères ectosomiques et par la courbure différente de la tige des isochèles. 
Mais sa charpente, plumeuse, et non pas réticulée, marque sa place dans le genre 
Stylostichon. 



— i7i — 

Stylo stichon Dendyi, Topsent 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200 m . 

La Princesse-Alice a obtenu de cette espèce deux nouveaux spécimens, l'un 
très rameux, comme le type Ç9 4, pi. 11, fig. 6), et basé sur une sorte de conglomérat, 
l'autre plus petit, sans support, à deux branches seulement. 

Genre Acarnus, J.-E. Gray 

Acarnus tortilis, Topsent 

(PI. xiv, fig. 8) 

Campagne de 1895 : Stn. 594, profondeur 54 m . Un spécimen revêtant, noirâtre. 

Je me bornerai à fournir ici des détails concernant la spiculation du spécimen en 
question, renvoyant, pour le reste, à ce que j'ai dit dans un précédent mémoire (85, 
p. 450) au sujet de cette Eponge cosmopolite. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Tylotes ectosomiques (PI. xiv, fig. 8 a) généra- 
lement un peu courbés, lisses, longs de 370 à 440 [/., épais de 4 à 5 \l, à bouts très peu 
renflés, surmontés d'un bouquet d'épines. 2. Styles constituant sans spongine les 
fibres choanosomiques (PI. xiv, fig. 8 b), longs de 400 à 450 (/,, épais de 8 à 10 p., à base 
légèrement renflée, ornée d'épines très fines, à tige lisse, courbée, à pointe mal acérée. 
3. Cladotylostyles hérissant la charpente choanosomique (PI. xiv, fig. ScJ, longs de 
125 à 170 (;., composés d'une poignée à quatre (rarement cinq) crochets redressés vers 
la tige, d'une tige épaisse de 4 à 5 (/., armée d'épines récurvées vers la poignée, et d'un 
crampon à quatre ou cinq longs crochets récurvés. 

II. Microsclères : 5. Toxes dissemblables, les uns (PI. xiv, fig. 8dJ très ouverts, 
longs et grêles (220 p. sur 1), les autres (PI. xiv, fig. 8 dj très arqués, courts et épais 
(100 (a sur 4). 6. Isochèles (PI. xiv, fig. 8 e) nombreux, petits et grêles, longs de i5 p.. 

Genre Pytheas, Topsent 

Pytheas ater, Topsent 

Le spécimen recueilli par VHirondelle (34, p. 110) reste unique quant à 
présent. 

Genre Spanioplon, Topsent 

Spanioplon fertile, Topsent 

Cette Eponge n'a pas été non plus retrouvée par la Princesse-Alice. 
A la description qui en a été donnée (84, p. 1 17), j'ajoute que ses oxes choano- 
somiques sont très fréquemment centrotylotes. 



172 



2. Sous-Famille Dendoricin^e, Topsent 
Genre Dendoryx, J.-E. Gray 

Dendoryx incrustans, (Johnston) Gray; var. viscosa, Topsent 

Campagne de 1895 : Stn. 594, profondeur 54™. 

'L'Hirondelle l'avait recueillie, par i3o m , dans le détroit entre Pico et Fayal 

(94, p. 98). 

"Dendoryx pectinata, Topsent 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur n65 m . — Stn. 584, profondeur 845™. 

Campagne de 1896 : Stn. 654, profondeur 1495 111 . — Stn. 702, profondeur i36o m . 

Campagne de 1902 : Stn. i3i8, profondeur 3oi8 m . — Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Répandue dans tout l'archipel des Açores, Dendoryx pedinata paraît y être assez 
commune dans les eaux profondes. C'est, d'habitude, une Eponge brun foncé ou 
noire, de taille fort modeste, aisément reconnaissable à ses isochèles de forme toute 
particulière CSA, p. 100, pi. x, fig. 6). 

Dendoryx dentata, n. sp. 

(PI. xiv, fig. 19) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200™. Deux fragments sans support. 

C'est aussi l'ornementation de ses isochèles qui caractérise surtout cette Den- 
doryx. 

L'Eponge est massive, lobée, blanchâtre, spongieuse, à surface irrégulière, 
crevassée, comme celle de la plupart de ses congénères. Plusieurs oscules assez 
larges, qui terminent des canaux exhalants droits et profonds, se groupent autour du 
sommet de ses lobes. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles (PI. xiv, fig. 19 bj courbés, longs de 
420 [a, épais de 17^, à base renflée, chargée d'épines, à pointe peu acérée, couverte 
également d'épines nombreuses, la tige ne portant au contraire que de rares épines 
éparses;pour former la charpente du choanosome, ces spicules se disposent en un 
réseau assez irrégulier, à lignes uni- ou bispiculées; la consistance du corps est de la 
sorte tendre et friable à l'état sec. 2. Tylotes (PI. xiv, fig. içci), longs de 23o à 240 p., 
épais de 5 p., à bouts bien renflés, égaux, à tige droite, lisse, polytylote; propres à 
l'ectosome, ils s'y disposent par faisceaux tangentiels qui s'entrecroisent capricieu- 
sement. 

II. Microsclères : 3. Isochèles (PI. xiv, fig. 19 c, 19 ç% abondants et grands, car 
ils mesurent 80 \*. de longueur, à tige longue, faiblement courbée, terminée à chaque 



- i 7 3- 

extrémité par cinq ou six dents pointues. L'ectosome en contient en outre un grand 
nombre qui ne mesurent que 3o à 35 p de longueur. 

Genre Lissodendoryx, Topsent 

Lissodendoryx simplex, n. sp. 

(PI. XIV, fig. 14) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . Un spécimen sur une pierre. 

Le spécimen est une Eponge brune, revêtante, mince et molle, endommagée à 
tel point qu'il n'en reste plus que des fragments, partiellement limités par un ectosome 
lisse et transparent. 

La charpente choanosomique se dispose en un réseau lâche à lignes uni- ou 
bispiculées, cimentées aux entrecroisements par de faibles liens de spongine. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles choanosomiques (PI. xiv, fig. 14b) entiè- 
rement lisses, longs de 5oo à 525 [/., épais de i5 (/., à base non renflée, à tige toujours 
un peu courbée, à pointe peu acérée. 2. Tylotes ectosomiques (PI. xiv, fig. 14a) 
fascicules, longs de 3go à 43o (/,, épais de 7 [/., droits, lisses, à bouts bien renflés et 
égaux. 

IL Microsclères : 3. Isochèles tridentés (PI. xiv, fig. 14c), nombreux, de taille très 
uniforme, longs de 43 [/., à tige un peu courbée, à dents fortes, les latérales reployées 
en avant et en dedans. 

Lissodendoryx fertHior, n. sp. 

(PI. xiv, fig. i3) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Un spécimen sur un Polypier. 

C'est une espèce voisine de la précédente mais qui s'en distingue aisément par 
ses microsclères de deux sortes et par ses mégasclères ectosomiques d'une forme 
particulière, non observée encore chez les Lissodendoryx. 

Le spécimen est malheureusement aussi en fort piteux état et tout ce qu'on en 
peut dire c'est qu'il est ambré (melleus) dans l'alcool, peu étendu, peu épais, mou, et 
que sa surface paraît irrégulière et (?) hispide par places. 

Le réseau choanosomique est également formé de lignes courtes, pour la plupart 
unispiculées, quelquefois bispiculées, avec des liens de spongine incolore aux points 
où elles se croisent. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles choanosomiques, pareils à ceux de Lisso- 
dendoryx simplex mais un peu plus grands ; ils mesurent 720 à 765 (/. de longueur sur 
16 [a d'épaisseur. 2. Strongyles ectosomiques (PI. xiv, fig. i3 aj : longs de 485 à 5oo p, 
épais de 7 (/., droits et lisses, à bouts très légèrement renflés puis amincis, tronqués 
et terminés par un groupe de muerons peu prononcés. 



- 174 — 
II. Microsclères : 3. Isochèles tridentés, "nombreux, pareils à ceux de L. simplex 
et à peu près de même taille qu'eux (43 à 52 p de longueur). 4. Sigmates droits, con- 
tournés (PI. xiv, fig. i3bj, extrêmement abondants, assez grands (42 p de corde) et 
pas très grêles. 

Genre Stelodoryx, n. g. 

Dendoricinœ stipitées, dont la charpente se compose, en continuation de l'axe du 
pédicelle, de fibres longitudinales ramifiées et progressivement amincies vers le haut, 
et, perpendiculairement à ces fibres, de spicules solitaires constituant des lignes 
secondaires brèves. 

Les mégasclères choanosomiques sont lisses comme chez les Lissodendoryx. 

L'ectosome possède en propre des mégasclères diactinaux tangentiels. Les 
microsclères, dans l'espèce qui sert de type, sont des isochèles à dents nombreuses. 



Stelodoryx procera, n. sp. 

(PI. m, fig. 5; PL xiv, fig. 17; PI. xvm, fig. 2) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349/". Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Un spécimen. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen sur un Polypier. 

Ce sont des Eponges dressées, hautes, l'une de 37 mm , l'autre, de i8 mm , la troi- 
sième de 62 mm , composées d'un pédicelle grêle et d'un corps claviforme sans limite 
inférieure tranchée. 

Le pédicelle est fibreux, flexible mais coriace. Incomplet dans le spécimen le 
plus petit, il s'attache au support dans ceux des stations 600 (PL m, fig. 5) et 1349 
(PL xvm, fig. 2) par une base aussi étroite que possible. 

Le corps est mou, spongieux, gris ou roux, à surface irrégulière, hispide, sans 
orifices distincts. 

Les fibres, serrées les unes contre les autres dans le pédicelle pour assurer la 
solidité de cet organe, s'écartent en pénétrant dans la masse spongieuse. Elles s'y 
ramifient beaucoup et leurs branches, plus grêles à mesure qu'elles approchent du 
sommet du corps, conservent toutes une direction longitudinale. Elles jouissent 
jusqu'en haut d'une résistance notable parce qu'une proportion assez forte de spon- 
gine cimente toujours leurs spicules. Sur elles, retenus également par des liens de 
spongine, s'implantent, à des intervalles fréquents et de toutes parts, des spicules 
solitaires à peu près perpendiculaires à leur grand axe. Ces mégasclères, qui repré- 
sentent les lignes secondaires de la charpente, sont des styles lisses à pointe acérée. 
Ceux d'entre eux qui occupent la périphérie du corps dépassent plus ou moins la 
surface générale et la rendent finement hispide. Le pédicelle se couvre aussi d'une 



- i 7 5- 

hispidation assez serrée due à des styles semblables implantés de la même façon sur 
les plus externes de ses fibres. Mais les mégasclères constitutifs des fibres émoussent 
plus ou moins leur pointe et se transforment en des strongyles plus ou moins parfaits. 
Ici donc, comme chez beaucoup d'Axinellides, les mégasclères de la charpente prin- 
cipale deviennent diactinaux par réduction : destinés à servir de soutien avant 
tout, ils suppriment une pointe inutile. Ils n'en doivent pas moins être considérés 
typiquement comme des spicules monactinaux. 

L'ectosome possède des mégasclères propres, de type diactinal, à bouts ornés, 
disposés tangentiellement, par petits paquets. C'est une membrane mince, fort 
endommagée sur la partie renflée de nos Eponges et dont il ne reste que des vestiges 
le long de leur pédicelle. 

Par la présence simultanée de mégasclères ectosomiques comparables à ceux des 
Dendoryxet de styles choanosomiques lisses, Stelodoryx procera tient de près aux 
Lissodendoryx. Elle en diffère par la structure de sa charpente, en rapport avec sa 
configuration particulière. 

Les microsclères sont, comme chez les Dendoryx et Lissodendoryx, des isochèles, 
n'ayant de remarquable que le nombre inaccoutumé de leurs dents. 

Le spécimen de la station 600 se trouvait en reproduction au moment de sa cap- 
ture mais ses larves n'étaient pas encore complètement organisées. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles des fibres choanosomiques (PI. xiv, 
fig. 17 b, îjb'J, lisses, plus ou moins courbés, à pointe émoussée ou tronquée, longs 
de 35o à 400 p, épais de 12^.. 2. Styles des lignes secondaires du squelette, lisses, 
courbés, à pointe graduellement acérée, longs de 620 à 700 y-, épais de 12 ^. Tous ces 
styles choanosomiques présentent, dans les deux spécimens des stations 600 et 899, 
une constriction légère surmontée d'une dilatation de diamètre inférieur à celui de 
la tige. 3. Tylotes ectosomiques (PI. xiv, fig. 17a, 17 a J, droits ou un peu courbés, à 
tige lisse, à bouts peu renflés, fréquemment inégaux, couverts d'épines faibles; ils 
mesurent 235 à 3oo [/. de longueur sur 5 1>. d'épaisseur. 

II. Microsclères : 4. Isochèles (PI. xiv, fig. 17c, 17 c'J à tige courbée, légèrement 
ailée aux deux bouts et munie à chaque extrémité de cinq dents crochues. Ils mesu- 
rent 45 p. de longueur, 18 à 20 \>. de largeur et 3 \j. d'épaisseur de tige en leur milieu. Il 
se rencontre, en outre, dans les deux spécimens en question, des isochèles (PI. xiv, 
fig. 17 dj à tige plus grêle et à dents plus brèves, mais des intermédiaires prouvent 
qu'ils ne représentent pas une seconde sorte de microsclères. 

Dans le spécimen de la station 1349, Ia spiculation est beaucoup plus vigoureuse. 
Les strongyles des fibres sont longs de 665 à 71 5 [a, épais de 23 (/.. Les styles qui for- 
ment les lignes secondaires et qui causent l'hispidation de la surface atteignent i mm 4 
de longueur sur 20 \j. d'épaisseur. La base de ces mégasclères ne présente pas de 
constriction bien nette. Les tylotes, à bouts épineux, ont 290 à 370 p de longueur et 
6 à 8 (a d'épaisseur. Enfin, les isochèles, en quantité prodigieuse, possèdent cinq et 
souvent six dents à chaque extrémité; ils mesurent 60 à 70 ;x de longueur, 20 [* de 
largeur et 5 ,u d'épaisseur de tige en leur milieu. 



— 176 — 

Il est à remarquer que ce spécimen provient, comme celui de la station 600, du 
détroit entre Pico et Sâo Jorge; seulement, il vivait par une profondeur plus consi- 
dérable. A plusieurs reprises, nous avons trouvé à des Eponges des grands fonds une 
spiculation plus robuste que celle d'Epongés de même espèce établies à des niveaux 
plus élevés. Cette influence bathymétrique n'est sans doute pas constante, mais elle 
paraît s'exercer fréquemment dans le même sens. 



Genre Tedania, J.-E. Gray 

Tedania digitata, Schmidt 

Campagne de 1895 : Stn. 569, profondeur 27™. Un petit spécimen verdâtre dans 
l'alcool. 

Tedania suctoria, Schmidt 

Campagne de 1897 : Stn - 86 6, profondeur 599 m . Deux fragments. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un tout petit fragment. 

Tedania suctoria a d'abord été découverte sur les côtes d'Islande (5 S, p. 43). Le 
Willem Barents l'a retrouvée dans la Mer de Barents (o?, p. 42 et »8, p. 22) par 
112, 128 et 180 brasses de profondeur (2o3 m , 232 m et 327 m ). L' 'Hirondelle en a 
recueilli près du grand Banc de Terre-Neuve, en 1887, par i55 m , dix individus dont 
j'avais fait inutilement une espèce nouvelle sous le nom de Tedania conuligera 
(3(41, p. 79, pi. 1, fig. 16). Nous constatons maintenant son existence aux Açores. 

L'un des fragments (Stn. 866) porte des papilles. 

Les tylotes ont les deux bouts renflés, elliptiques, sans épines. 

Ridley a donné les dimensions des spicules de Tedania suctoria Schmidt (51, 
p. 125). J'ai moi-même consigné celles des spicules des T. suctoria de Terre-Neuve 
(S4, p. 79). Voici, à titre de comparaison, celles des spicules des T. suctoria du 
voisinage de Terceira : 

Styles choanosomiques lisses, courbés, longs de 600 [x, épais de 12 p. Tylotes 
ectosomiques, longs de 450 à 480^., épais de 5 \l au milieu de la tige. Microxes, à 
surface raboteuse, un peu courbés, longs de 38o à 400 p., épais de 2, 5 à 3 y.. 



Tedania commixta, Ridley et Dendy 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur 98™. 

L'espèce a été décrite (54, p. 52) d'après un spécimen provenant du détroit de 
Bass, où elle semble n'être pas rare (lf>, p. 258). 

Malgré la distance qui les séparait de cette région du globe, je considère comme 
des Tedania commixta plusieurs spécimens et fragments, pour la plupart fixés 



— 177 — 
sur des Chama, que la Princesse-Alice a recueillis dans le détroit de Pico-Fayal. 

Ce sont des Eponges jaunâtres, massives, à surface froncée, incorporant dans 
leur masse une foule de corps étrangers de nature diverse, débris de coquilles, de 
Polypiers, d'Algues calcaires, de Bryozoaires. 

Indépendamment de ce caractère, qui n'a sans doute pas une grande valeur 
spécifique, ces Tedania se distinguent des deux espèces précédentes par la forme de 
leurs mégasclères ectosomiques. 

Il s'agit de tylotes sans épines du tout, ayant les deux bouts très légèrement 
renflés, allongés, à peine plus épais que la tige ou, plus souvent, ayant l'un des bouts 
ainsi constitué et l'autre bout simplement tronqué sans la moindre dilatation comme 
aussi sans amincissement en pointe. Leurs styles choanosomiques présentent, comme 
ceux du type, une pointe brève et une base sensiblement renflée. Enfin, d'une façon 
générale, les dimensions de leurs spicules s'écartent peu de celles consignées par 
Ridley et Dendy. 

Je trouve : aux styles, doucement courbés, 400 [j. de longueur sur 4 à 6 [/. d'épais- 
seur ; aux tylotes, généralement droits, 325 \j. sur 3 ; aux microxes, finement rugueux, 
2i5 (a sur 1. 

Genre Melonanchora, Carter 
Melonanchora elliptica, Carter 

(PI. IV, fig. 10) 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845 m . — Stn. 597, profondeur 523 ra . 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . 

Campagne de 1897 '• Stn - 866 > profondeur 5g9 m . 

On peut dire que Melonanchora elliptica n'est pas rare aux Açores, mais elle 
paraît s'y tenir par des profondeurs assez considérables. Il est difficile de l'obtenir en 
bon état. Il s'est cependant trouvé (de la station 702), un spécimen assez peu détérioré 
par l'engin pour que je l'aie jugé intéressant à figurer (PI. iv, fig. 10). 

Vosmaer (98, p. 32) déclare rares les isochèles tridentés. Ils sont certainement 
moins nombreux que les sphérancistres mais non pas rares, du moins à ce que j'en 
ai pu juger. Au contraire, j'ai observé en supplément dans plusieurs spécimens une 
abondance véritable d'isochèles de même type mais grêles et longs seulement de 18 
à 25 (x. 

Genre Forcepia, Carter 

Dendoricinœ à charpente réticulée, pourvues de mégasclères ectosomiques diac- 
tinaux, de mégasclères choanosomiques monactinaux lisses et de microsclères variés, 
parmi lesquels des labis ou forceps. 

23 



- i 7 8- 

Les chèles, quand il en existe, sont des isochèles. 

Cette diagnose apporte un correctif à celle que j'avais déjà proposée du genre 
Forcepia (3 9, p. 14) : elle supprime la mention « ou quelquefois d'anisochèles » qui 
concernait ma Forcepia versatilis (SI, p. 100), laquelle n'est décidément pas une 
Forcepia. 

Loin de caractériser le seul genre Forcepia, les labis, en effet, se rencontrent 
dans plusieurs genres de Pœcilosclérides, alliés respectivement aux genres Lissoden- 
doryx, Dendoryx, Leptosia, et chez certaines Cladorhi^a. 

D'après la définition qui paraît lui convenir, on voit que le genre Forcepia, 
ayant pour type F.forcipis (Bowerbank), correspond au genre Lissodendoryx. Les 
espèces qu'il compte actuellement sont les suivantes : 

Forcepia forcipis (Bowerbank, 1866), reconnaissable à ses tylotes beaucoup plus 
faibles que les styles du choanosome et surtout à ses labis étroits et très longs (environ 
400 ;/.), à branches pointues et inégales. Bowerbank a fait mention de sigmates que 
Carter n'a pas retrouvés dans le spécimen recueilli par le Porcupine entre le nord 
de l'Ecosse et les îles Far-Ôer (8, p. 17). Je constate aussi l'absence de ces microsclères 
dans une préparation que m'a offerte le Rév. A. -M. Norman et qui porte l'étiquette : 
« Forcepia forceps Bow., Lervig, Norway ». 

Forcepia bulbosa (Carter, 1876), considérée par Carter (», p. 3 12) comme une 
variété bulbosa de Halichondria forcipis Bow., puis élevée au rang d'espèce par 
Vosmaer (98, p. 26) sous le nom de Forcipina bulbosa (Carter). Il existe ici trois 
sortes de microsclères, labis, isochèles et sigmates; les labis, à branches égales, ter- 
minées par un bouton, sont assez petits (40 à 5o<j.) et de taille intermédiaire entre les 
isochèles et les sigmates. 

Forcepia crassanchorata Carter, 1884 (ta, p. m), à tylotes aussi longs que les 
styles du choanosome, à labis très grêles (longs de 78 j*), à isochèles courts et épais 
(25 [a sur 21), sans sigmates. 

Forcepia Carteri Dendy, 1895 (18, p. 25), dont les mégasclères choanosomiques 
semblent n'avoir pas été vus, à labis très grêles (longs de 80 [/.), à isochèles courts (12 y.) 
et épais, sans sigmates. Cette espèce, que son auteur déclare très voisine de la précé- 
dente, n'en est peut-être pas réellement distincte. 

Forcepia colonensis Carter, 1874 (8, p. 248, pi. xv, fig. 47) et 1884 (13, p. 1 10, 
pi. iv, fig. 2). Je l'inscris en dernier lieu à cause des réserves qui s'imposent à son sujet. 
De Forcepia colonensis 1874, les labis seuls sont connus; ils sont d'une taille inaccou- 
tumée, puisqu'ils atteignent 262^ de longueur avec des branches épaisses de ioj/.. 
Chez Forcepia colonensis 1884, ces microsclères ne mesurent que 92^ de longueur sur 
6;/. d'épaisseur. S'agit-il bien d'une seule et même espèce? Et puis, les mégasclères 
choanosomiques demeurant inconnus dans les deux cas, est-il certain qu'on ait affaire 
à des représentants du genre Forcepia stricto sensu ? 

Fristedt a fait connaître en 1887 (31, p. 452, pi. xxv, fig. 40-46), sous le 
nom de Forcepia grœnlandica, une Dendoricine à labis, qui, par ses mégasclères 



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choanosomiques épineux (des acanthostyles), correspond non plus au genre Lisso- 
dendoryx mais au genre Dendoryx. Je crois avantageux d'en faire le type d'un genre 
nouveau, Trachyforcepia. 

Les collections réunies aux Açores par le yacht Princesse-Alice contiennent 
un troisième genre de Dendoricines à labis, le genre nouveau Leptolabis, représenté 
par trois espèces dont les mégasclères du choanosome sont aussi des acanthostyles, 
non pas disposés en un réseau comme chez les Dendoryx, mais dressés sur un rang 
au contact du support, à la façon de ceux des Leptosia. 

Quant à Forcepia versatilis, l'uniformité de ses mégasclères à l'état adulte révèle 
en elle une Espérelline. Le long pédicelle qui sert à sa fixation et les anisochèles dont 
elle se montre pourvue permettent de la faire rentrer au nombre des Cladorhi\a. Elle 
s'y place, par ses labis, à côté de C. cupressiformis (Carter) 1874 (8, p. 21 5) ', de 
C. occidentalis (Lambe) i8g3 (34, p. 28) et surtout de C. infundibulum Levinsen 
1886 (45, p. 366), auxquelles il conviendrait peut-être d'ajouter le Desmacidon anceps 
Schmidt 1871, qui possède, paraît-il, aussi des labis et des anisochèles 2 . 



Forcepia bulbosa, (Carter) Vosmaer 
(PL 1, fig. i3) 

Campagne de 1897 : Stn. 833, profondeur i23o m . 

Un bel individu massif, figuré en grandeur naturelle. Il ne porte nulle part de 
papilles comparables à celles que Vosmaer a presque toujours observées au sommet 
de ses spécimens. 

Les styles du choanosome, ordinairement lisses, portent quelquefois un nombre 
excessivement restreint (1 à 5) d'épines éparses, ou groupées au voisinage de la base. 
Ils mesurent 710 p. sur 18. 

Les tylotes, à bouts renflés, allongés, oscillent entre 36o et 41 5 [/. sur 7. 

Les sigmates, nombreux, droits ou contournés, ont 1 10 à i20f/. de corde et 4n 7 
d'épaisseur. 

Les isochèles tridentés atteignent 33 (/. de longueur, souvent un peu moins. 

Quant aux labis, à branches égales, raboteuses, terminées par un bouton plan 
convexe, ils sont de dimensions un peu variables : les uns, à branches épaisses de 4(a 
et distantes de 21 p. à leurs extrémités, mesurent 5y [x. de longueur; d'autres, encore 
assez épais, ne dépassent pas 3j y.; beaucoup, avec des branches plus grêles, sont 
cependant longs de 43 [a. Des variations analogues semblent s'être présentées dans les 
spécimens étudiés par Vosmaer (98, pi. v, fig. 66-68). 

' On pourrait croire, d'après Fristedt (Si, p. 457), que C. cupressiformis manque parfois de labis, mais 
Lambe (36, p. 21) a montré que l'Eponge décrite par Fristedt appartient à une espèce nouvelle, Esperella 
Fristedti, plus exactement Cladorhi^a Fristedti, privée de labis, de même que Cladorhija minuta (Lambe). 

a II m'a été impossible de consulter le mémoire où Schmidt a décrit cette Eponge. 



Les dimensions relatives des microsclères de notre spécimen correspondent bien 
à celles des dessins de Vosmaer. Les mesures relevées ne s'écartent d'ailleurs sensi- 
blement de celles consignées par Carter (», p. 3 12) qu'en ce qui concerne les sigmates, 
de taille à peu près double, ici, de ceux du type. 

Le fragment qui servit à la description originale avait été recueilli à bord du 
Porcupine, par 292 à 374 brasses (53 i m à 68o m ), sur la côte nord du cap Saint-Vin- 
cent. L'espèce avait été retrouvée par le Willem Barents dans la Mer de Barents 
par 140 brasses (254™) de profondeur. 



Forcepia imperfecta, n. sp. 

(PI. xv, fig. i3) 

Campagne de i8g5 : Stn. 616, profondeur 1022™. Un fragment. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen. 

Le spécimen de la station 1349 forme, entre plusieurs branches d'un Polypier, 
une masse grise, molle, irrégulière, assez étendue, épaisse, par places, de 5 mm , à 
surface lisse, un peu bosselée par des protubérances du support. Son ectosome est 
riche en cellules sphéruleuses claires, de 10 [j. de diamètre. 

Celui de la station 616 est un lambeau blanchâtre, long de 2o mm , épais de 5 mm , un 
peu enroulé sur lui-même et sans support. 

Structure habituelle des Forcepia. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles du choanosome, parfaitement lisses, 
courbés assez brusquement à une petite distance de la base, à base non renflée, à 
pointe courte non acérée, longs de 880 à 950 (/., épais de 18 [/.. 2. Tylotes de l'ectosome, 
lisses, droits, à bouts pas très renflés, elliptiques, longs de 680 p, épais de 1 1 p. 

II. Microsclères : 3. Sigmates (PI. xv, fig. i3 autres abondants, toujours droits, 
mesurant pour la plupart 220 [a de corde et 8 p. d'épaisseur, rarement moins (io5 \j. 
sur 7 p.), un peu moins grands, en moyenne, dans le spécimen de 1902 que dans celui 
de i8g5. 4. Labis (PI. xv, fig. \2bJ courts et trapus, à branches égales, couvertes 
d'épines retroussées, et terminées par un bouton plan-convexe ; ils mesurent 3o à 33 (/. 
de longueur et leurs branches, épaisses de 4 jx,, s'écartent de 20 à 22 \>. à leur extrémité. 
Ces microsclères sont assez nombreux, mais il en existe de plus nombreux encore 
qui n'ont que i3 p. de longueur et dont les branches grêles restent parallèles (PI. xv, 
fig. i3cj. 

Tous les spicules présents ressemblent beaucoup à ceux de Forcepia bulbosa. 
Seulement, ici, les sigmates prennent un développement considérable et, par contre, 
les isochèles font complètement défaut. On se trouve donc en présence d'une espèce 
distincte ou, tout au moins, d'une variété bien caractérisée de F. bulbosa. 



Genre Trachyforcepia, n. g. 

Ce sont des Forcepia à mégasclères du choanosome épineux. 

Ridley et Dendy ont exprimé (54, p. 57) des doutes au sujet de la valeux réelle 
du genre Trachytedania Ridley, mais l'ont conservé. J'ai moi-même hésité avant 
d'élever (S8, p. 35) à la hauteur d'un genre mon sous-genre Lissodendoryx (S*, 
p. 97). Des réserves s'imposent également au sujet du genre Trachyforcepia, puisque 
nous venons de voir des épines éparses sur quelques styles d'une Forcepia bulbosa et 
que, inversement, nous allons trouver pauvres en épines les styles d'une Trachyfor- 
cepia grœnlandica. Ces coupures sont peut-être tout artificielles, mais leur commodité 
m'en semble justifier le maintien provisoire. 



Trachyforcepia grœnlandica, (Fristedt) 

(PI. XV, fig. 14) 

Campagne de 1896 : Stn. 673, profondeur 2252 m . 

Un fragment sans support, massif, grisâtre, à surface inégale, sans oscule 
apparent. 

Les styles du choanosome qui, dans le type, étaient entièrement épineux mais à 
épines assez clairsemées (81, p. 453) demeurent ici presque lisses; la plupart d'entre 
eux ne comptent en effet qu'un nombre d'épines extrêmement restreint (1 à 3); beau- 
coup n'en portent pas du tout. Ils sont fortement courbés à une faible distance de la 
base et peu acérés. Us mesurent 600 à 700 p. de longueur et 18 à 20 p. d'épaisseur. 

Les tylotes de l'ectosome sont longs de 5oo à 610 p., épais de 8 p.. 

Les sigmates, ici toujours droits, mesurent 120 p. de corde et 4 p. d'épaisseur. 

Les isochèles tridentés ont 27 à 33 p. de longueur. 

Les labis, caractéristiques (PI. xv, fig. 14), à branches inégales, l'une courte et 
droite, l'autre longue et arquée en dedans, toutes deux raboteuses et terminées par 
un petit bouton, mesurent, comme dans le type, 5op. de longueur. 

L'espèce n'était connue que par un seul spécimen, également informe, prove- 
nant de la côte orientale du Groenland, par 125 brasses (227 111 ) seulement de profon- 
deur. 

Genre Leptolabis, n. g. 

Dendoricinœ revêtantes, minces, possédant dans l'ectosome des mégasclères 
diactinaux lisses (habituellement des tylotes) plus ou moins fascicules, et, dans le 



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choanosome, des acanthostyles dressés sur le support. Les microsclères sont des 
labis, des isochèles et des sigmates. 

Les Leptolabis peuvent encore être définies des Leptosia pourvues de labis. 



Leptolabis forcipula n. sp. 

(PI. XV, fig. Il) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Deux spécimens. — Stn. 703, 
profondeur i36o m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . Un spécimen. 

L'Eponge forme sur des Polypiers morts des plaques assez étendues, grises, 
molles, lisses, à ectosome relativement épais, sans orifices distincts. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles du choanosome (PI. xv, fig. 11 bj 
droits ou courbés, à pointe acérée, à base un peu renflée, entièrement épineux, les 
épines de la base serrées, droites ou incurvées vers la tige, celles de la tige nom- 
breuses, récurvées vers la base; assez robustes, ces spicules se montrent inégaux 
entre eux; ils mesurent de 175 à 550^ de longueur sur 1 3 p d'épaisseur à la base, sans 
compter les épines; ils se dressent debout sur le support. 2. Tylotes de l'ectosome 
(PI. xv, fig. 1 1 a), droits et lisses, à bouts renflés, elliptiques, longs de 43of*, épais de 
7 (* au centre; ils se disposent par faisceaux tangentiels. 

II. Microsclères : 3. Labis (PI. xv, fig. 1 1 c) à branches égales, grêles, finement 
épineuses, terminées par un tout petit bouton, longues de 85 à 100 ft, écartées de 10 
à i3(x seulement à leurs extrémités. Ils sont nombreux, dans le choanosome. 4. Lso- 
chèles tridentés (PI. xv, fig. 1 1 d) à tige très courbée, longs de 40 à 5o (/. (plus rarement 
3o), abondants dans l'ectosome. 5. Sigmates (PI. xv, fig. \\e) généralement simples, 
très courbés, à courbe souvent irrégulière, mesurant 87 à 95^. de corde et 6 à 7 ^ 
d'épaisseur, abondants dans l'ectosome. 

Dans le spécimen de la station 866, la spiculation est plus faible. Les acanthos- 
tyles, aussi épais que précédemment, ne dépassent pas 3oo[a de longueur et restent 
en grand nombre inférieurs à i5o[/.. Les tylotes ne mesurent que 270 à 280 (/. sur 5,5 
à 6 [a. Les labis n'ont que 60 \j. et les isochèles n'ont que 23 à 27^ de longueur. Seuls, 
les sigmates, un peu plus fréquemment tordus, conservent de grandes dimensions 
et atteignent couramment 100 et 1 \o\j. de corde et jy. d'épaisseur de tige. 

Leptolabis forcipula, n. sp., var. brunnea n. var. 

(PI. XV, fig. 12) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Trois spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen. 

Cette variété se distingue de l'espèce typique, en compagnie de laquelle le hasard 



— i83 - 
l'a fait rencontrer par deux fois, par sa coloration et par la forme et les dimensions 
de ses labis. 

Elle s'étend aussi sur les Polypiers en plaques minces, lisses et molles, mais brun 
noirâtres et non plus grises. Elle contient des cellules sphéruleuses de 20p.de dia- 
mètre environ, à sphérules assez grosses (1 p. 5), brillantes et orangées malgré un long 
séjour dans l'alcool. S'il n'y avait à tenir compte que de sa teinte particulière, on 
pourrait la considérer comme une simple variation de Leptolabis forcipula, car on 
connaît beaucoup d'Epongés de coloration variable. Mais, avec cette teinte, elle m'a 
présenté constamment des labis différents, sans intermédiaires, de ceux que nous 
venons d'étudier. Le moins que l'on puisse faire, dans ces conditions, est donc de la 
prendre pour une variété fixe de L. forcipula. 

Les labis (PI. xv, fig. 12), nombreux dans le choanosome, ont deux branches 
égales, longues de 40 p seulement, mais épaisses de 4 p. 7, terminées par un bouton 
mal marqué et plus étroit qu'elles, entièrement épineuses, à épines fines et retrous- 
sées; leurs extrémités, se rejetant en dehors, s'écartent l'une de l'autre d'environ 20p. 

La chair contient, en outre, des labis courts (i3 p.) et très grêles, qui représentent 
soit la forme jeune soit un état atrophique de cette sorte de microsclères. 

Pour le reste, la spiculation ressemble de très près à celle de Leptolabis forcipula 
typique. Les acanthostyles, dressés sur le support, varient entre 200 et 475 p de lon- 
gueur; leur tête, renflée, épaisse de i5jx, se charge de fortes épines en crochet; leur 
tige, droite ou courbée, acérée, s'orne, jusqu'à une faible distance de sa pointe, 
d'épines récurvées. Les tylotes, fascicules, mesurent 36oà4oop. sur 5. Les isochèles 
tridentés, à tige courbée, n'ont pas plus de 33 p. de longueur.. Les sigmates, par contre, 
très nombreux et presque toujours droits, avec une courbure régulière ou non suivant 
les individus, atteignent 1 10 p de corde et 7p. d'épaisseur de tige. 



Leptolabis arcuata, n. sp. 

(PI. XV, fig. 18) 

Leptolabis arcuata n'a pas encore été rencontrée aux Açores. 

La Princesse-Alice en a recueilli, en 1897, cinq spécimens sur des valves de 
Gryphées, à Madère (Stn. 801), par ioo m de profondeur. Je n'en fais ici mention que 
pour compléter la série des Leptolabis qui me sont connues. 

L'Eponge forme des plaques étendues, minces et lisses, sans autre intérêt que 
leur spiculation. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles du choanosome (PI. xv, fig. 18 a) 
droits ou peu courbés, d'assez faibles dimensions, inégaux, entièrement épineux; ils 
mesurent de 65 à 108 p. de longueur sur 4 p. d'épaisseur à la base; ils se dressent isolé- 
ment au contact du support. 2. Tylotes de l'ectosome, droits ou un peu fïexueux, 
lisses, à bouts renflés très allongés; longueur, 25o à 265 p.; épaisseur, 3 p.; ils se grou- 
pent par faisceaux tangentiels. 



II. Microsclères : 3. Labis (PI. xv, fig. i8bj courts, épais et très ouverts, d'une 
forme toute particulière, en arceau, constante dans tous les spécimens; entièrement 
épineux, ils portent à chaque extrémité un bouton convexe; leur hauteur varie de 16 
à 20 (i (quelquefois moins encore) et leurs branches, épaisses de 2 pi 7 à 3 p, forment 
entre elles un écartement de 25 à 3o p. Ces labis sont assez nombreux dans le choano- 
some. On observe, en outre, en assez grande abondance, des labis excessivement 
grêles à branches parallèles peu écartées et longues de 10 p (PI. xv, fig. 18 çj. 4. Iso- 
chèles tridentés, à tige courbée, nombreux, pouvant atteindre 20 p de longueur, mais 
n'en mesurant le plus souvent que 12. 5. Sigmates abondants, ordinairement droits, 
assez forts; les plus grands mesurent 60 à 70 p de corde et 4 p d'épaisseur de tige ; les 
plus petits ne dépassent pas 3o p. 

L'espèce se fait remarquer par la faiblesse de ses acanthostyles, la minceur de 
ses tylotes et la configuration de ses labis. 



Leptolabis luciensis, Topsent 
(PI. xv, fig. 8) 

1888. Dendoryx luciensis, Topsent (90), p. xxxvn. 
1892. Leptosia exilis, Topsent (9A), p. xxn. 
1901. Leptosia luciensis, Topsent (OS), p. 353. 

Carter a signalé, chez Forcepia crassanchorata (13), et nous venons de noter, 
chez Forcepia imperfecta, Leptolabis forcipula var. brunnea et Leptolabis arcuata, 
l'existence de labis excessivement petits et grêles, qui, semblables aux microsclères 
caractéristiques, qualifiés ailleurs à'orthosigmates (94, p. 5), de ma Dendoryx 
luciensis, me paraissent révéler la nature, énigmatique jusqu'à présent, de ces 
derniers. Il s'agirait de labis minuscules, de microlabis, que n'accompagnent jamais 
ici des labis plus développés; et, comme elle a toujours la structure des Leptosia, 
l'Eponge qui les produit devrait se ranger, en définitive, dans le genre Leptolabis. 

J'ai vu de Leptolabis luciensis des spécimens de provenances diverses : le type, 
de Luc ; un spécimen, pourvu de papilles, dont Minchin m'a envoyé une préparation, 
de Portsmouth ; un spécimen recueilli aux Açores par la Princesse-Alice (Stn. 569, 
profondeur 27™); plusieurs spécimens, à papilles, de Banyuls et de Porquerolles, 
succinctement décrits à titre d'espèce nouvelle sous le nom de Leptosia exilis (35); 
enfin, un spécimen de La Calle (93). 

Les spécimens de la Méditerranée, possèdent tous des sigmates, mais tandis que 
ceux de Banyuls et de Porquerolles en sont riches, celui de La Calle s'en montre très 
pauvre. Cette sorte de microsclères fait défaut dans le type et dans le spécimen des 
Açores, mais elle se retrouve, quoique en proportion assez faible, dans celui de 
Portsmouth. Il ne reste aucun motif pour séparer spécifiquement L. exilis de 
L. luciensis. 



— i85 — 

Les acanthostyles du choanosome (PI. xv, fig. 8 b), dressés, solitaires, sont petits, 
peu nombreux; entièrement et fortement épineux, à base peu renflée, ils mesurent 
dans le spécimen des Açores, 65 à ioo (a de longueur et 4 p. 5 d'épaisseur. 

Les tylotes de l'ectosome (PI. xv, fig. 8 a), fascicules, très abondants, ont des 
bouts très renflés, lisses; ils mesurent, dans l'individu en question, 3ioji. de longueur 
et 4 p. 5 d'épaisseur de tige. 

Les isochèles (Pi. xv, fig. 8 c), tridentés, à tige assez courbée, assez nombreux, 
inégaux dans un même individu, varient ici entre i5 et 3o \i.. 

Les sigmates, quand ils sont présents, droits ou tordus, ont de 35 à 90 \j. de 
corde. 

Quant aux microlabis (PI. xv, fig. 8d, 81, 8m), ils se composent toujours de 
branches linéaires, tantôt parallèles et rapprochées (Banyuls; longueur 8 à ioja, écar- 
tement 2 p 7), tantôt un peu divergentes (Açores ; longueur 7 p., écartement 5 (i), tantôt 
ouvertes davantage (Luc, Portsmouth; longueur 5 p., écartement 7 (/.). Il leur arrive 
quelquefois de s'enrouler en spirale (PI. xv, fig. 8 s). On en rencontre quelques uns à 
cet état dans les spécimens de Luc, de Portsmouth et de Sâo Miguel; ils se compor- 
tent presque tous ainsi dans ceux de Porquerolles et de La Calle. Ils rappellent alors 
vaguement une sorte de microsclères que les Rhabderemia sont seules à posséder 
parmi les Pœciloscleridœ, la sigmaspire. 



Genre Leptosia, Topsent 

Dendoricinœ encroûtantes, fréquemment lisses, ayant l'ectosome pourvu, sou- 
vent en grande abondance, de mégasclères propres généralement diactinaux et lisses, 
et possédant, pour former la charpente choanosomique, des acanthostyles dressés 
verticalement sur le support, d'une seule sorte et plus ou moins égaux entre eux. 
Microsclères, ordinairement présents, variés : isochèles, sigmates, toxes, trichodrag- 
mates. 

Leptosia Dujardini, (Bowerbank) Topsent 
(PL i, fig. 5) 

Campagne de 1895 : Stn. 594, profondeur 54 m . Spécimens nombreux sur des 
Tubulaires. 

Des spécimens de cette Eponge recueillis par Y Hirondelle, en 1888, 
dans le détroit de Pico-Fayal, ont été confondus avec YHymedesmia radiata de 
Bowerbank (74, p. 109), qui, décidément, semble, conformément à l'opinion de 
Hanitsch (£4, p. 176), être plutôt une Hymeraphia qu'une Myxilla. Leur structure, 
décrite dans le dernier alinéa, est celle de toutes les Leptosia Dujardini de quelque 
épaisseur. 

24 



— 180 — 



Leptosia occulta, (Bowerbank) Topsent 
(PL xv, fig. i) 

1874. Hymedesmia occulta, Bowerbank (4), vol. ni, p. 25o, pi. lxxix, fig. 9-11. 
1894. Desmacidon occultum, (Bowerbank), Hanitsch (*4), p. 180. 
1894. Hymeraphia occulta, (Bowerbank), Topsent (80), p. 12. 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur u65 m . — Stn. 584, profondeur 845™. 

Campagne de 1896 : Stn. 673, profondeur 2252 m . — Stn. 712, profondeur i424 m . 

Six spécimens, s' étendant sur des pierres ou des Polypiers en plaques grises, 
minces et lisses, que limite une peau spiculeuse, translucide, détachable par grands 
lambeaux. Leur aspect rappelle assez celui de quelque Hamacantha encore encroû- 
tante. 

Leur ectosome est encore remarquable en ce qu'il possède en propre deux sortes 
de mégasclères : i° des tornotes lisses, droits, fusiformes (PI. xv, fig. 1 aj, longs de 
5oo à 55o[;., épais de 10 à i5 [jl, extrêmement nombreux et couchés tangentiellement 
par larges faisceaux qui s'entrecroisent; 2 des oxes (PI. xv, fig. \bj très robustes, 
fusiformes, faiblement courbés, à peu près de même longueur que les tornotes (525 à 
625 [i.) mais beaucoup plus épais qu'eux (3o \>)\ ils sont solitaires, peu nombreux, 
espacés dans l'ectosome dont ils renforcent de place en place la charpente. 

Les mégasclères du choanosome sont d'abord de grands acanthostyles (PI. xv, 
fig. 1 c) solitaires, longs de o mm 88 à i mm i5, épais de 20 à 3oja, à base à peine renflée et 
ornée d'épines médiocres, à tige lisse, sauf vers le bas où elle devient raboteuse; en 
raison du grand développement des cavités sous-dermiques, ils ne dépassent nulle 
part la surface du corps. Puis, des acanthostyles (PI. xv, fig. 1 d) entièrement épineux, 
droits pour la plupart, longs de 170 à 25ojx, épais de 10 à 12;/. sans les épines, à base 
entourée de fortes épines divergentes, à tige armée d'épines un peu plus faibles 
recourbées vers le bas. 

Il existe des microsclères. Ce sont des isochèles tridentés (PI. xv, fig. 1 e) d'assez 
grande taille, égaux entre eux dans un même individu, mais inégaux d'un individu à 
l'autre; on leur trouve, par exemple, 37 à 40;.;. de longueur dans un cas, 5o à 53 [x dans 
un autre. Ils abondent dans l'ectosome. 

Bowerbank avait créé l'espèce d'après un spécimen desséché provenant des 
Shetland, par 96 brasses (174™). 

Je crois pouvoir considérer comme appartenant à la même espèce et n'en repré- 
sentant qu'une variété à spiculation plus faible, d'autres Leptosia recueillies dans les 
stations 600 et 899, par 349™ et 2oo m seulement de profondeur. 

Chez elles, l'ectosome ne possède plus que des tornotes en fait de mégasclères. 
Tous les spicules présents affectent la plus grande ressemblance avec ceux décrits 
plus haut, mais avec des dimensions un peu moindres; ainsi, dans un spécimen de la 



- i8 7 - 

station 600, les tornotes ne mesurent que 400 à 425 p. sur 8, et les isochèles, à tige, il 
est vrai, un peu plus courbée que de coutume, n'ont que 3o à 33 p. de longueur. 

Quoique ses acanthostyles se laissent, par leurs dimensions, répartir en deux 
catégories, considérant qu'elles dérivent vraisemblablement l'une de l'autre, je 
préfère placer YHymedesmia occulta parmi les Leptosia plutôt que parmi les Hyme- 
raphia, à cause de son ectosome lisse absolument chargé de mégasclères du type 
diactinal le plus pur. 

Leptosia Pecqueryi, Topsent' 

1892. Myxilla Pecqueryi, Topsent [94,), p. no, pi. xi, fig. 8. 
1892. Hymeraphia minima, Topsent (94), p. 114, pi. xi, fig. 2 et 3. 

Campagne de i8g5 : Stn. 600, profondeur 34g m . Un spécimen sur une fistule 
iïOceanapia. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen sur un fragment de 
Polypier. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Trois spécimens sur des 
Polypiers. 

Cette Eponge, toujours très mince, est une Leptosia. Ses acanthostyles ne se 
disposent ni en réseau ni en colonnes plumeuses : ils se dressent tous, isolément, sur 
le support. 

Le spécimen que la Princesse-Alice a dragué en 1897, au nord-ouest de 
Terceira, a beaucoup moins de vigueur dans la spiculation que le type, qui provenait 
de Flores. Les acanthostyles, droits, épais, ornés d'épines qui, sur la tige, sont 
récurvées, se montrent encore d'une seule sorte et de deux tailles; mais les plus petits, 
de beaucoup les plus nombreux, entièrement épineux, n'ont que g5 p. de longueur, 
et les plus grands, lisses vers la pointe, ne dépassent guère 25o p.. Les strongyles, 
longs seulement de 200 p. et épais de 2 p. à 2 p. 5 tout au plus, ont un caractère qui était 
à peine marqué sur les strongyles du type : ils sont nettement polytylotes. Les 
isochèles, à quatre ou à cinq dents à chaque bout, mesurent assez uniformément 
3o \j. de longueur au lieu de 45. Enfin, les chiastosigmates, excessivement abondants, 
n'ont que 7 a 8 p. de corde au lieu de 12. 

Le spécimen de l'est de Pico, auquel j'avais donné le nom de Hymeraphia 
minima, est plus typique que les précédents en tant que Leptosia, par ce fait que ses 
acanthostyles restent de taille uniforme. Sa spiculation diminue encore de vigueur, 
ses acanthostyles ne mesurant que 1 10 p., ses strongyles, faiblement polytylotes, 140 p. 
et ses isochèles 18 p.. En la comparant soigneusement à celle du spécimen de Terceira, 
j'ai pu constater que quelques uns de ses isochèles ont cinq dents et y découvrir des 
chiastosigmates, si petits et si fins (ils n'ont pas plus de 6 p. de corde) que je ne les 
avais pas d'abord aperçus. 



— i88 — 



Le plus faible de tous est le spécimen de la station 600, au nord de Pico, dont les 
acanthostyles, de taille uniforme, ne mesurent pas plus de 83 f* de longueur et 4 j* 
d'épaisseur au-dessus de la base, et dont les isochèles, à quatre ou cinq dents, 
dépassent rarement 14 (/.. 

Les trois spécimens de la station 1349 se f° nt remarquer par leur coloration, 
d'un noir intense. Ils possèdent des mégasclères assez faibles (acanthostyles, égaux 
entre eux, longs de 100 à uop., et strongyles polytylotes, longs de 210 f/.), mais des 
microsclères relativement forts (isochèles, longs de 33 (/,, et chiastosigmates, longs 
de 10 p.). 

D'après ces sept spécimens, nous connaissons bien maintenant Leptosia Pec- 
queryi. Sa spiculation est, d'ailleurs, des plus caractéristiques. C'est une Eponge 
répandue dans toutes les Açores. Elle y a été recueillie par des profondeurs comprises 
entre 3i8 ra et i384 m . 

Leptosia Kœhleri, Topsent 

J'ai établi cette espèce, en 1896 (SS, p. 284, pi. vin, fig. 7-9), d'après quatre 
échantillons provenant, l'un du Golfe de Gascogne (campagne du CaudanJ, les autres 
du voisinage de Terceira (campagne de la Princesse-Alice, 1895). 

Elle est commune aux Açores, dans des eaux profondes. La Princesse-Alice 
Vy a recueillie plusieurs fois dans chacune de ses campagnes (Stn. 578, 584, 616, 673, 
696, 702, 719, 866 et [1349), par des profondeurs comprises entre 599™ et 254o m , 
presque toujours au delà de iooo m . 

Elle s'étend sur les pierres et les vieux Polypiers sous forme de plaques grises, 
quelquefois noirâtres, minces et presque toujours lisses. 

Sa spiculation est sujette à des variations individuelles dont j'avais, dès l'origine, 
consigné quelques exemples. Les dix-sept spécimens obtenus en divers points des 
Açores de i8g5à 1897 m'ont permis d'apprécier mieux encore sa grande variabilité. 
Il ne s'en est pas trouvé deux qui fussent parfaitement identiques dans le détail de 
leurs spicules, et, souvent, j'ai relevé entre eux des différences assez considérables. 

Il serait par trop long d'exposer pour chacun d'eux les différences observées sur 
leurs trois sortes de spicules. Qu'il me suffise d'indiquer les résultats des compa- 
raisons auxquelles je me suis livré à ce sujet. 

Les acanthostyles se montrent tantôt égaux ou presque égaux entre eux, mesu- 
rant alors i5o[a, 70 à 200^., i5o à 35ojj., et tantôt, au contraire, très inégaux, entre i5o 
et 900 [x, par exemple. Dans ces derniers cas, qui paraissent assez rares, ils commu- 
niquent à l'Eponge un faux air d'Hymeraphia, d'autant plus trompeur dans deux 
des spécimens où ils se comportent de la sorte, que, en même temps, amincissant 
l'une de leurs extrémités, les mégasclères ectosomiques y deviennent monactinaux. 
Mais les acanthostyles ; restent toujours d'une seule sorte, les plus grands étant très 
nombreux et reliés aux plus petits par trop d'intermédiaires pour que la confusion 



ne puisse être évitée. On conçoit qu'avec leur taille varie aussi leur ornementation. 
Leur base, toujours un peu renflée, se couvre ordinairement d'épines robustes, 
souvent épineuses elles-mêmes; leur tige porte jusqu'au bout ou, s'ils sont trop 
grands, sur une partie seulement de sa longueur, des épines récurvées assez fortes, 
rarement assez faibles mais alors plus serrées que d'habitude, quelquefois d'une force 
qui rappelle ce que l'on voit chez Microciona armata Bowerbank. 

Des mégasclères de l'ectosome un seul caractère m'est apparu constant : partout, 
je les ai vuspolytylotes. Rien de fixe par ailleurs, ni dans leurs dimensions, ni dans 
la forme de leurs extrémités. De taille assez uniforme dans un individu donné, ils 
varient beaucoup d'un individu à l'autre. On leur trouve, par exemple, 200 [/. sur 
3, 280 y. sur 5, 35o(/. sur 4,5, 5oo[/. sur 7. Leurs bouts étant le plus souvent obtus, 
égaux, ces spicules sont typiquement des strongyles. Mais, dans trois spécimens, on 
les voit s'amincir aux deux extrémités, et, dans deux autres, ils se transforment 
franchement en tornotes. Le spécimen du Caudan nous avait montré des strongyles 
à extrémités d'épaisseur inégale. C'était un acheminement vers les formes qu'affec- 
tent les mégasclères ectosomiques de deux des Leptosia Kœhleri des Açores (Stn. 866): 
obtus à un bout, amincis et comme mucronés à l'autre, dans l'un des individus; coni- 
ques épais, d'une part, atténués d'autre part en une pointe peu acérée, dans le 
second spécimen. 

Les isochèles, tridentés, seuls microsclères présents mais toujours abondants, 
uniformes dans un même individu, sont également susceptibles de varier dans une 
assez large mesure d'un spécimen à l'autre. Ils m'ont fourni, par exemple, les mesures 
suivantes : 6o(/. de longueur sur \o\l d'épaisseur, la tige se présentant de face, 5op. 
sur 7, 33 [x sur 4, 22 p. sur 3. En général, ils sont plutôt robustes et assez fortement 
courbés; leur courbure s'exagère dans le cas particulier d'un spécimen de la station 
584 dont j'ai donné ailleurs une figure (89, pi. vin, fig. 9) et d'un autre, de la station 
1349, où, mesurant 42^ de longueur, ils ont les dents d'une extrémité presque en 
contact par leur pointe avec celles de l'extrémité opposée, ce qui les rend très sem- 
blables aux isochèles dePhelloderma radiatum Ridley et Dendy (54, pi. xxm, fig. 8); 1 
elle s'atténue, par contre, beaucoup chez l'un de ceux de la station 702, qui possède 
des isochèles un peu plus longs (57 [/.) que la moyenne, mais à tige relativement mince 
(4 (/, seulement). 

Leptosia Schmidti, Topsent 

(PI. XV, fig. 9) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349 m . Un spécimen sur une fistule 
à'Oceanapia. 

1 Cette conformation des isochèles ne caractérise pas une variété distincte de Leptosia Kœhleri, car, dans 
un spécimen blanc, en croûte épaisse et dense de la station 1349, des isochèles ainsi très courbés et des iso- 
chèles à courbure normale existent simultanément, les premiers prédominant dans l'ectosome, les autres dans 
le choanosome. 



— 190 — 

Campagne de 1897 : Stn - 866, profondeur 599 m . Un spécimen, également sur une 
fistule d'Oceanapia. 

L'Eponge s'étend en croûtes blanchâtres, minces, lisses, irrégulières. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles choanosomiques (PL xv, fig. gbj 
d'une seule sorte, un peu inégaux, assez courts mais robustes, et mesurant de 1 12 ^ de 
longueur sur 7 y. d'épaisseur au-dessus de la base à 260 \l sur 1 5 ; ils se tiennent debout 
sur le support; leur base, renflée, s'orne d'épines fortes, rayonnantes; leur tige, 
généralement droite, s'arme d'épines récurvées, jusqu'à sa pointe ou sur la majeure 
partie de sa longueur. 2. Strongyles de l'ectosome (PI. xv, fig. yaj, droits, lisses, 
légèrement polytylotes, un peu plus épais à un bout qu'à l'autre, longs de 200 à 220^, 
épais de 3 p.. 

II. Microsclères : 3. Isochèles épineux, caractéristiques (PI. xv, fig. 9 cj. Leur tige, 
arquée en fer à cheval, porte des épines raides sur sa face convexe, reste lisse sur sa 
face concave et se termine à chaque bout par trois ou, plus généralement, par quatre 
épines composées, les latérales, plus brèves, écartées obliquement de la tige, les 
médianes longues et dressées dans le prolongement des branches; l'ouverture du fer 
à cheval est de 12 à 14 p.; la tige mesure environ 5 y. d'épaisseur, de face, et 7 p. de 
profil, abstraction faite de ses épines. 4. Chiastosigmates (PI. xv, fig. 9 dj, petits et 
grêles, n'ayant pas plus de 7 à 8 jx de corde. 

Au premier abord, les isochèles produisent l'impression de spirasters. La décou- 
verte de spirasters chez une Dendoricine serait de nature à provoquer quelque 
surprise, sans cependant que la chose tînt du prodige puisque nous verrons bientôt 
une Eponge du même groupe, Leptosastra constellata, produire des euasters tout 
aussi bien qu'une Hymedesmia. 

A les regarder de près, on constate qu'au lieu de s'entasser comme les spirasters 
des Spirastrellides, ces microsclères se distribuent dans l'ectosome à des intervalles 
faibles et presque égaux, à la façon des isochèles de Esperiopsis polymorpha (S4L, 
pi. x, fig. 2) et de la plupart des Pcecilosclérides le mieux pourvues sous ce rapport. 

En outre, ils se courbent d'une façon toute spéciale et disposent leurs épines 
avec symétrie, celles de leur bord convexe les rendant comparables aux isochèles de 
Leptosia crux (Schmidt, 58) ou de Pseudohalichondria clavilobata Carter, celles de 
leurs extrémités tenant la place de dents d'isochèles quadridentés. 

On ne connaît pas encore d'isochèles qui leur ressemblent chez les Eponges 
actuelles, mais Hinde, Jennings et Murton en ont décrit de tout pareils, qu'ils ont 
découverts dans des dépôts du tertiaire inférieur de la Nouvelle-Zélande (»G bis ). Les 
deux espèces fossiles établies, d'après ces microsclères isolés, sous les noms de 
Pseudohalichondria deformis et P. oamaruensis, étaient peut-être du même genre que 
Leptosia Schmidti; rien ne prouve leur parenté présumée avec la Pseudohalichondria 
de Carter. 

J'avais rencontré en grand nombre, dans des préparations du spécimen de 
Leptosia Schmidti de la station 600, des isochèles normaux, à quatre et à cinq 
dents, qui faisaient complètement défaut dans celui de la station 866. De nouvelles 



— igi — 
recherches m'ont montré qu'ils ne lui appartiennent pas en propre et qu'ils pro- 
viennent d'une petite Leptosia Pecqueryi qui se confondait avec lui par ses bords. 
J'ai retrouvé chez lui des chiastosigmates, ces microsclères singuliers qui 
semblaient être des productions spéciales de Leptosia Pecqueryi. L'idée m'est venue 
qu'ils pouvaient provenir aussi de cette L. Pecqueryi dont les isochèles m'avaient 
d'abord trompé. Mais j'ai constaté leur existence sur toute son étendue et je les ai 
revus chez le spécimen de la station 866, qui, lui, ne peut être soupçonné d'aucun 
mélange. 

Leptosia baculifera, Topsent 

(PI. XV, fig. 2) 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Un spécimen noir (ater de Saccardo), en croûte étendue, mince et lisse, sur un 
Polypier. 

Cette Eponge n'était encore connue que par les deux spécimens de La Calle qui 
m'ont servi de types (OS, p. 354). Celui que la Princesse- Alice a recueilli entre 
Pico et Sao Jorge possède pour mégasclères de l'ectosome des spicules droits à bouts 
elliptiques inégalement renflés, à tige épaissie dans sa portion moyenne (PI. xv, 
fig. 2ûJ, longs d'environ 200 [/,, épais de 3 p. à peine. Ses isochèles (PI. xv, fig. 2 çj, 
tridentés, peu courbés, à tige relativement longue, mesurent 23 (/. de longueur. Seuls, 
ses acanthostyles (PI. xv, fig. 2 bj, un peu inégaux entre eux, longs de 80 à 200 ft, se 
montrent un peu plus robustes que les mégasclères correspondants des spécimens de 
La Calle, leur base ayant de 7 à 10 ^ de largeur, sans compter ses épines. 

Leptosia biscutella, n. sp. 

(PI. xv, fig. 3) 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen. 

L'Eponge forme sur un Polypier un revêtement très mince, assez étendu, lisse, 
de teinte gris clair. Sa chair renferme des cellules sphéruleuses incolores à sphérules 
petites. Comme beaucoup de ses congénères, elle n'est intéressante que par sa spicu- 
lation. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles du choanosome dressés, solitaires, 
droits, armés d'épines sur toute ou sur presque toute leur longueur, selon leur taille, 
les épines de la base très développées, comme c'est l'habitude pour les acanthostyles 
qui s'implantent au contact d'un support, celles de la tige plus faibles etrécurvées; un 
peu inégaux entre eux, ces acanthostyles mesurent 120 à 210^ de longueur et 10 à 
14 [a d'épaisseur de base, abstraction faite des épines. 2. Tylotes de l'ectosome, 
groupés par faisceaux tangentiels assez peu nombreux, droits, lisses, à bouts 
elliptiques peu renflés, fréquemment inégaux, l'un d'eux pouvant même demeurer 
cylindrique; longueur, 200 à 220 [/f; épaisseur, 2 [x 7. 



— 192 — 

II. Microsclères : 3. Isochèles (PI. xv, fig. 3), assez nombreux, à tige très courbée, 
terminée à chaque extrémité par une sorte de cuilleron dont le bord se découpe en 
une dizaine de dents serrées, courtes et aiguës; d'une seule taille, ils mesurent 27 à 
3o p. de longueur. 

Les isochèles caractéristiques de Leptosia biscutella ont, en plus petit, une ressem- 
blance frappante avec ceux de Dendoryx pectinata. Ses mégasclères se trouvent 
appartenir aussi aux mêmes types que ceux de D. pectinata. Mais ces Eponges diffèrent 
l'une de l'autre par leur coloration, par les dimensions de leurs spicules, par l'orne- 
mentation de leurs acanthostyles et, mieux encore, par leur structure, d'après laquelle 
elles se rangent dans deux genres parfaitement distincts. 



Leptosia umbellifera, n. sp. 
(PI. xv, fig. 4) 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen. 

Eponge blanche, lisse, charnue, épaisse de o mm 5, encroûtant en grande partie un 
Siphonidium ramosum. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles du choanosome, dressés sur le 
support, droits, pointus, entièrement couverts d'épines faibles, celles de la base un 
peu plus robustes que les autres, médiocres quand même; ils mesurent pour la 
plupart i3op.de longueur et 7 p. d'épaisseur de base, mais il s'en trouve, de loin en 
loin, qui, avec la même forme, atteignent 450 p. de longueur et 12 p. d'épaisseur de 
base. 2. Strongyles de l'ectosome, extrêmement nombreux, tangentiels, droits, lisses, 
fortement polytylotes à la façon des strongyles de Leptosia Kœhleri, souvent un peu 
plus minces à un bout qu'à l'autre, longs de 345 p, épais de 4 p 5 entre les nœuds. 

II. Microsclères : 3. Isochèles (PI. xv, fig. 4), caractéristiques, très abondants dans 
l'ectosome, d'une seule taille, longs de 26 à 3o p.. Leur tige, longue et grêle, peu 
courbée, se termine à chaque bout par 7 à g dents grêles et acérées. Les cuillerons 
des isochèles de Leptosia biscutella n'existent pas ici, et les dents, plus longues et 
moins divergentes, émanent directement des extrémités à peine épaissies de la tige. 
Les isochèles de L. umbellifera se rapprochent par conséquent davantage de la 
forme habituelle des microsclères de cette catégorie et n'ont de remarquable, en 
somme, que le nombre de leurs dents. 



Leptosia rhaphigena, n. sp. 

(PI. xv, fig. 7) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Un spécimen. 
L'Eponge forme, sur un Polypier mort, une croûte jaunâtre, assez étendue, très 
mince et molle. Elle est caractérisée, en tant qu'espèce, par ses microsclères d'une 



- i 9 3- 

seule sorte et d'un type un peu moins répandu que l'isochèle. A cet égard, elle n'est 
comparable qu'à l'Ectyonine encroûtante que j'ai nommée Hymeraphia viridis. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Acanthostyles du choanosome (PI. xv, fig. jbj, 
droits, pointus, semblables à ceux des Leptosia précédentes, un peu plus forts que 
ceux dei. umbellifera, à peine plus minces que ceux de L. biscutella. Assez inégaux 
entre eux, ils mesurent no à 25of/. de longueur et 10 à i3 [/. d'épaisseur à la base, 
sans compter les épines. 2. Strongyles de l'ectosome (PI. xv, fig. ja) : abondants, 
droits et lisses, tendant vers le type tornote par leurs bouts qui s'amincissent en cônes 
obtus; ils sont longs de 3oo à 3y5 [>. et épais d'environ 5 [*.. 

IL Microsclères : 3. Rhaphides (PI. xv, fig. 7 c) nombreux, linéaires, longs de i65 
à i8oj/.. Pour la plupart solitaires dans l'unique spécimen étudié, il s'y disposent 
rarement par paquets, mais, d'après cela même, on peut s'attendre à les trouver plus 
fréquemment fascicules chez d'autres individus. 



Leptosia obtusata, n. sp. 

(PI. xv, fig. 6) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Un spécimen. 

Croûte noirâtre, lisse, mince, assez étendue, sur un Polypier. 

Spicules. — Mégasclères : 1. Acanthostyles du choanosome (PI. xv, fig. 6 b), 
dressés, solitaires, entièrement épineux, à base renflée, à tige courbée, à pointe 
constamment remplacée par une sorte de bouton épais de 7 [/, et couvert d'épines très 
fines et récurvées ; leurs dimensions ne varient qu'entre i3op. de longueur sur i3 [j. 
d'épaisseur à la base (sans compter les épines) et 23o p. sur 16. 2. Tylotes de l'ectosome 
(PI. xv, fig. 6aJ, abondants, fascicules, droits, lisses, polytylotes, longs de 28o[/., 
épais de 5 jx entre deux renflements de la tige. 

Pas de microsclères. 

Leptosia acerata, n. sp. 

(PI. xv, fig. 5) 

Campagne de 1896 : Stn. 673, profondeur 2252 m . Sur des pierres ponces. 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . Sur un fragment de Polypier. 

L'Eponge forme des plaques étendues, blanc jaunâtre ou jaune verdâtre pâle, 
pas très minces, charnues, assez molles et lisses. C'est encore une espèce dépourvue 
de microsclères, mais facile quand même à reconnaître. 

Spicules. — Mégasclères : 1. Acanthostyles du choanosome, de type banal, droits, 
pointus, inégaux, longs de 140 à 38of/., épais de 11 à 17^ à la base, ornés, entiè- 
rement ou partiellement, suivant leur taille, d'épines assez faibles. 2. Tornotes de 
l'ectosome extrêmement abondants, longs, droits, doucement polytylotes, à bouts 

25 



— 194 — 



très acérés (PI. xv, fig. 5), fréquemment subhastés; ils mesurent 460 à 480^ de 
longueur sur 6 à 7 (x d'épaisseur. 



Genre Leptosastra, n. g. 

Dendoricinœ encroûtantes, dont la spiculation se compose : i° d'acanthostyles 
d'une seule sorte, dressés sur le support; 2 de mégasclères ectosomiques lisses monac- 
tinaux (ou diactinaux) ; 3° d'euasters, en fait de microsclères. 



Leptosastra constellata, n. sp. 
(PL xv, fig. i5) 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur u65 m . Un spécimen. 

Il s'agit d'une Eponge blanchâtre et lisse, étendue sur une pierre plate en une 
plaque assez large mais très mince. Son choanosome est, comme celui des Leptosia, 
soutenu par des acanthostyles dressés un par un sur le support, la pointe en haut. 
Son ectosome renferme des rhabdes qui correspondent aux mégasclères ectosomiques 
des Leptosia; mais, trait caractéristique, il se charge en outre d'une quantité considé- 
rable de sphérasters formant une accumulation dense tout à fait semblable à la croûte 
d'asters des Hymedesmia. 

Chez une Eponge qui, par sa structure et par la nature de ses mégasclères, se 
place si naturellement parmi les Dendoricinœ, à côté des Leptosia, la découverte 
d'asters est assez inattendue. Je me suis assuré que ces microsclères lui appartiennent 
bien en propre. Par aucun côté, Leptosastra constellata ne se trouve en contact avec 
un autre Spongiaire. La croûte de sphérasters se répand sur toute sa surface, finit 
exactement avec elle et ne contient nulle part d'autres mégasclères que ses rhabdes 
ectosomiques. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Acanthostyles choanosomiques (PI. xv, fig. i5 bj, 
assez serrés, d'une seule sorte, droits, à base renflée, à tige pointue, entièrement 
épineux, longs de 80 à no;/., épais de 7 p. à la base, abstraction faite des épines. 
2. Rhabdes ectosomiques (PI. xv, fig. i5 aj de configuration un peu particulière, de 
nombre restreint, noyés par petits groupes dans la masse des asters. Ils sont droits, 
lisses, longs de i35 (/,, épais de 2 ^ seulement, à bouts rarement semblables et, dans ce 
cas, obtus, ordinairement inégaux, l'un d'eux obtus, l'autre plus ou moins aigu. Par 
analogie avec ce que nous avons observé chez certaines Leptosia Kœhleri, L. bacu- 
lifera, Hymeraphia mutabilis, etc., on pourrait peut-être les considérer comme 
dérivés du type strongyle. Ils sont surtout remarquables parce que leur tige présente, 
à une distance d'environ 3o\l de son bout le plus épais, un renflement brusque, à 
partir duquel elle s'atténue graduellement jusqu'à l'extrémité opposée. Ce renflement 



- i95 - 
m'a paru constant et de situation assez fixe. Exceptionnellement, j'en ai observé un 
second vers le milieu de la tige, comme si celle-ci tendait à devenir polytylote. 

II. Microsclères : 3. Sphérasters (PI. xv, fig. i5 cj à actines nombreuses, coniques, 
pointues, constituant par la réunion de leurs bases un centrum épais; diamètre total, 

20 à 23 [/.. 

Genre Dragmatyle, n. g. 

Dendoricinœ encroûtantes possédant comme mégasclères : i° de grands tylostyles 
choanosomiques lisses, dressés sur le support, isolés; 2° des spiculesdiactinaux lisses, 
abondants, formant feutrage dans l'ectosome. Dans le type, les microsclères présents 
sont des trichodragmates. 

Dragmatyle lictor, n. sp. 

(PI. xm, fig. 14) 

Campagne de 1896 : Stn. 719, profondeur i6oo m . Un spécimen, sur un Polypier. 

C'est une Eponge blanchâtre, plutôt molle, couverte d'une hispidation assez 
haute mais lâche, et mesurant seulement 8 mm de longueur, 5 mm de largeur et o ram 5 
d'épaisseur environ. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Tylostyles (PI. xm, fig. 14a) lisses, à tête bien 
renflée, ovoïde, à cou généralement tordu, à tige plus ou moins courbée, pointue au 
bout; épais de 23 [a au niveau du cou, ils atteignent 2 mm 5 de longueur. Ces spicules, 
solitaires, s'appuient par leur base sur le support à des intervalles assez considéra- 
bles; ils déterminent l'hispidation de la surface générale du corps. 2. Tornotes 
(PI. xm, fig. 14e, 14 c) longs et minces, à bouts égaux, acérés, à tige lisse, présentant 
souvent de légères ondulations, et mesurant de 575^ à i mm 1 de longueur sur 4 à 5\j. 
de diamètre. Très nombreux, ces spicules s'entrecroisent en tous sens, formant 
comme un feutrage mou de toute l'épaisseur du corps. 

II. Microsclères : 3. Trichodragmates (PI. xm, fig. 14^, composés de rhaphides 
excessivement fins, longs de 5op., larges de i3 à i5(/., nombreux mais localisés dans 
les parties profondes du corps, au voisinage du support. 

Sans parler de ses tornotes, dont l'agencement serait exceptionnel, l'Eponge en 
question, produisant des tylostyles ainsi lisses, longs et espacés, ne saurait passer 
pour une Leptosia. Ses tylostyles rappellent beaucoup, par leur taille et leur disposi- 
tion, les mégasclères choanosomiques principaux de Hymeraphia clavata, mais les 
mégasclères hérissants des Ectyonines lui font défaut. Elle me paraît donc représenter 
un genre à part parmi les Dendoricines à charpente choanosomique faite de mégas~ 
clères verticaux. 



— igb — 



Genre Yvesia, Topsent 

Yvesia fallax, Topsent 

Yvesia Hanseni, Topsent 

Yvesia Richardi, Topsent 

Yvesia Ridleyi, Topsent 

Yvesia linguifera, Topsent 

Ces cinq espèces, recueillies aux Açores par Y Hirondelle, en 1888 (94, p. 106- 
108), ne figurent pas dans les collections de la Princesse-Alice. 

Yvesia pertusa, Topsent 
(PL xv, fig. 20) 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Un spécimen. 

Le spécimen de la station 597 forme un manchon blanc autour d'une fistule de 
Phlœodictyon coriaceum. Il ressemble au type (94, p. 107) par ses caractères exté- 
rieurs; il est seulement plus long (3 cm ) et un peu plus épais. Son ectosome coriace 
porte, en plus grand nombre encore, les orifices marginés et les papilles perforées 
auxquels l'espèce doit son nom et qui la distinguent des Yvesia arctica et Y. dura de 
Hansen (S5, p. 12 et i3). 

Celui de la station 899 est globuleux, gros comme un pois, établi entre deux 
branches grêles d'un Phlœodictyon; il est aussi couvert de papilles. 

Il est à remarquer que, dans les deux cas, les acanthoxes, toujours courbés et 
assez forts (jusqu'à igojy. sur 10) et très épineux, ont constamment une de leurs pointes 
abrégée et remplacée par un bouquet de fines épines (PI. xv, fig. 20). Les mégasclères 
choanosomiques sont des tornotes droits, pointus, très doucement polytylotes, longs 
de 3oo à 38o[/., épais de 7^ à peine. Les isochèles, tridentés, ne dépassent pas 21 |* de 
longueur. 

Yvesia Alecto, Topsent 

(PI. xv, fig. 16) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5g9 m . Un spécimen. 

C'est certainement la plus curieuse des Yvesia connues, à cause de la forme 
bizarre de ses mégasclères de l'ectosome et de la transfiguration qu'ils subissent pour 
servir aussi de mégasclères accessoires du choanosome. 



— 197 — 

Pour le reste, elle présente bien tous les caractères des Yvesia. En effet, les 
mégasclères ectosomiques sont épineux, des acanthoxes; abondants et serrés, entre- 
croisés en tous sens dans la membrane dermique, ils s'y orientent tous tangentielle- 
ment à la surface du corps, rendant cette membrane lisse et facile à détacher. Les 
mégasclères propres du choanosome sont lisses, diactinaux, des strongyles disposés 
en faisceaux allongés qui constituent la charpente principale de l'Eponge. 

Il n'y a pas de microsclères, mais les spicules de l'ectosome se sèment dans la 
chair en assez grande abondance entre les piliers des strongyles et, pour ce rôle 
secondaire, se transforment en asters. 

Le spécimen type est une petite Eponge établie à l'aisselle de deux branches d'un 
Polypier. Elle consiste en une peau grise, mince, translucide, glabre, parcheminée, 
et en une chair brunâtre, caverneuse, assez molle, peu épaisse. Pas de papilles lingui- 
formes. Pas d'orifices visibles. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Strongyles (PI. xv, fig. 16b) lisses, droits, longs 
de 540f/., épais de 7^. Leurs deux extrémités ne sont pas absolument identiques : l'un 
des bouts est un peu plus gros que l'autre et présente presque toujours, à quelque 
distance de son sommet, un léger rendement annulaire; c'est un acheminement vers 
le type monactinal, qui s'accuse davantage sur les mégasclères choanosomiques, styles 
mucronés, de Yvesia Guemei. Ils se localisent dans le choanosome, s'y disposant en 
faisceaux pour constituer les lignes de la charpente principale. 2. Acanthoxes de 
Tectosome (PI. xv, fig. i6aj. Ce sont des oxes plus ou moins courbés, mesurant en 
moyenne i20[/. sur 6, remarquables parce que, au lieu de se couvrir simplement 
d'épines comme les mégasclères ectosomiques des autres Yvesia, ils se chargent sur 
presque toute leur longueur de forts tubercules coniques, droits, peu serrés, inégaux, 
et dont les plus grands, qui atteignent i5 à 18;./. de hauteur, occupent d'ordinaire le 
milieu de leur tige. Ces tubercules, eux, s'ornent à leur sommet de très faibles épines 
qui leur donnent l'aspect rugueux. Les deux pointes de l'acanthoxe, fréquemment 
incurvées, présentent la même ornementation. Les acanthoxes acquièrent de la sorte 
une certaine ressemblance avec les spicules les plus abondants de Alectona Millari. 
Ils remplissent l'ectosome, s'y croisant en toutes directions, sauf dans le sens de son 
épaisseur. 3. Asters par déformation d'acanthoxes. On observe çà et là dans l'ecto- 
some quelques acanthoxes dont les tubercules médians tendent à devenir presque 
égaux à la moitié de la tige qui les porte. Dans le choanosome, on en retrouve de tout 
pareils, mais, pour la plupart, les acanthoxes qui s'y sont formés se modifient 
davantage; leur tige se raccourcit, quatre de leurs tubercules s'allongent beaucoup 
et l'ensemble figure une aster à six actines pointues, longues de 27 à 3o|* et couvertes 
soit uniformément de très petites épines qui les rendent rugueuses, soit en même 
temps de quelques courts tubercules, sans qu'on puisse distinguer parmi elles à ce 
caractère celles qui représentent les deux moitiés de la tige primitive du spicule 
diactinal. Ces oxyasters abondent dans la chair autour des faisceaux de strongyles et 
surtout au voisinage du support. 



— io8 — 



Des exemples de réduction d'asters en spicules diactinaux s'observent assez fré- 
quemment chez les Eponges; l'exemple de transformation inverse offert par Yvesia 
Alecto constitue une véritable rareté. 



Yvesia carnosa, n. sp. 

(PI. XV, fig. 19) 

Campagne de 1895 : Stn. 616, profondeur 1022" 1 . Un spécimen. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Deux spécimens. 

Sur des Polypiers. 

L'Eponge forme des plaques qui peuvent devenir assez grandes, puisque les 
deux spécimens de la station 1349 mesurent 55 mm de longueur et 10 à 20 mm de largeur, 
sur une épaisseur de o mm 5 à i mm 5. 

Elle est lisse partout, sans orifices distincts. Grise à l'intérieur, elle devient 
noirâtre vers la surface, où s'accumulent de larges cellules sphéruleuses à sphérules 
dissociées, grosses, brillantes même après un long séjour dans l'alcool, et légèrement 
teintées iïumbrinus. 

Son ectosome diffère de celui des autres Yvesia par plusieurs caractères : c'est 
une membrane mince, appliquée sur le choanosome, moins facilement détachable 
que d'habitude, moins coriace aussi car des acanthoxes tangentiels ne s'y entrecroi- 
sent que lâchement. 

Son choanosome est charnu, soutenu à des intervalles assez larges par des piliers 
robustes (souvent épais de o mm 1) de tornotes fascicules, montant vers la surface sans 
jamais la dépasser. Entre ces lignes squelettiques, il se parsème sans ordre d'acan- 
thoxes assez nombreux, pareils à ceux de l'ectosome. 

Spicules. — Mégasclères : 1. Tornotes choanosomiques (PI. xv, fig. igbj droits, 
lisses mais constamment polytylotes, terminés par deux muerons assez courts et peu 
acérés; ils mesurent 6oo|j. sur 10 dans les spécimens de la station 1349, et 53o[a sur 7 
dans celui, plus petit, de la station 616. 2. Acanthoxes ectosomiques (PI. xv, fig. 19 aj, 
fusiformes, courbés, très pointus aux deux bouts, couverts d'épines raides, nom- 
breuses, assez faibles, plus longues pourtant vers le milieu; leurs dimensions, dans 
tous les spécimens, varient entre 160 [/. sur 5 et 180^ sur 6. 

Pas de microsclères. 



3. Sous-Famille Esperellin^e, Ridley et Dendy 

Genre Phlyctaenopora, n. g. 

Esperellince massives, sessiles, pourvues de papilles inhalantes et d'un grand 
oscule contractile auquel aboutissent des canaux exhalants qui rampent de loin sous 



— i 9 9 — 
l'ectosome. L'ectosome est épais, chargé de mégasclères couchés tangentiellement et 
enchevêtrés les uns dans les autres. Le choanosome a une structure compacte. Les 
mégasclères, diactinaux, lisses, sont de deux sortes, présentes simultanément dans 
l'ectosome et dans le choanosome. Les microsclères sont des anisochèles et des sig- 
mates. 

Ce genre prend place à côté du genre Histoderma Carter, augmenté des Sidero- 
derma Ridley et Dendy. Il s'en distingue principalement par la possession d'aniso- 
chèles au lieu d'isochèles. 

Phlycteenopora bitorquis, n. sp. 
(PI. v, fig. 24 et PI. xiv, fig. 18) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . Un spécimen. 

L'Eponge se présente sous forme d'une plaque convexe, arrachée de son support 
et, pour cela, incomplète par dessous, longue de 4o mm , large de 45 mm , épaisse déplus 
de 6 mm . Elle conserve dans toutes ses parties une teinte cremeus. Sa surface, lisse et 
luisante, est accidentée : elle porte une dizaine de papilles, inégales, hautes au plus 
de 5 mm , mais relativement grosses, creuses, pour la plupart comprimées et plus ou 
moins couchées; elle se perce (du côté gauche et vers le haut de la figure 24, PI. v) 
d'un vaste oscule surélevé, maintenant à l'état de contraction et plissé comme l'entrée 
d'une bourse dont on a tiré les cordons; elle se marque enfin de bourrelets qui se 
dirigent de loin vers l'oscule et qui représentent la voûte d'autant de canaux exhalants 
rampant sous l'ectosome. 

L'ectosome, épais de 25o à 3oop, coriace, abondamment spiculeux, est imper- 
foré. L'inhalation s'effectue donc au moyen des papilles. Avant d'apparaître en relief, 
les canaux exhalants s'aperçoivent déjà comme de vagues lignes sombres à travers 
l'ectosome qui, malgré son épaisseur, reste un peu vitreux. 

Le choanosome est opaque, compact, mais friable. 

Dans l'ectosome, les mégasclères se disposent horizontalement, sans s'aligner 
dans un sens déterminé ni sans former de couches distinctes. Ce sont, en grande 
majorité, des oxes. Des strongyles, qui s'y mêlent, se tiennent à mi-distance des deux 
faces de la membrane. Un feutrage d'oxes tangentiels limite, par conséquent, la 
surface générale; il devient plus lâche dans le plafond des cavités sous-dermiques et 
dans la voûte des canaux exhalants. 

Le choanosome possède aussi les deux sortes de mégasclères, les oxes entre- 
croisés dans toutes les directions et assez serrés, les strongyles épars, peu nombreux, 
solitaires ou par petits groupes, noyés parmi les oxes et sans orientation définissable. 

C'est seulement dans les parois des papilles que les strongyles affectent une dis- 
position appréciable; ils s'y groupent sur une certaine épaisseur parallèlement entre 
eux et suivant le grand axe de l'organe. Et, au contraire de ce qui s'observe sur tout 
le reste de l'ectosome, ce sont eux qu'ici l'on trouve du côté externe, additionnés, il 
est vrai, de quelques oxes clairsemés. A la face interne des parois, les oxes redevien- 



nent largement prédominants. Il semble, d'après cela, comme aussi d'après leur situ- 
ation dans l'ectosome, que les strongyles jouent comme spicules de soutien un rôle 
fondamental. Peut-être dessinent-ils dans le choanosome les grandes lignes, faibles et 
voilées, d'une charpente principale dont les oxes garnissent à profusion les intervalles. 

Les microsclères, de deux sortes, se rencontrent ensemble par endroits, mais, 
d'une façon générale, les anisochèles se montrent surtout sous l'ectosome, à l'intérieur 
des papilles, en un mot, dans toutes les parties canalisées du corps, tandis que les 
sigmates abondent dans les interstices de la charpente choanosomique. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Strongyles (PI. xiv, fig. i8aj lisses, légèrement 
courbés, un peu amincis et ronds aux deux bouts, longs de 36o;/., épais de \2\j. au 
centre. 2. Oxes (PI. xiv, fig. 18 bj lisses, acérés, doucement renflés dans leur partie 
médiane, et courbés brusquement de part et d'autre et à une assez grande distance de 
leur centre; ils mesurent couramment 3oo(/. de longueur et 10 à i2[a d'épaisseur. 

II. Microsclères : 3. Anisochèles (PI. xiv, fig. 18 dj longs de 20 à 27^., grêles et 
étroits (4,5 à 5 y. de largeur seulement), à extrémités franchement inégales et même 
dissemblables, la plus faible se prolongeant en un éperon. 4. Sigmates (PI. xiv, 
fig. iScJ assez grêles, presque toujours tordus, mesurant 38 |z de corde. 

Phlyctœnopora bitorquis est intéressante, en tant qu'espèce, par la dissemblance 
de ses orifices, papilles inhalantes mammiformes et cloaque cratériforme; par le 
trajet superficiel de ses canaux exhalants; par la compacité de sa chair dans toutes ses 
parties; par la forme de ses mégasclères, de ses oxes surtout, qui rappellent tant ceux 
de certaines Aciculides et qui lui méritent son nom spécifique. Sa structure ne diffère 
pas sensiblement de celle des Histoderma, toutes pourvues aussi d'une croûte ecto- 
somique plus ou moins épaisse et lisse et d'appendices verruqueux ou fistuleux. Le 
mélange si curieux de mégasclères de deux sortes la rend même assez comparable à 
Histoderma appendiculatum Carter (8, p. 220), en raison du silence de Carter sur la 
position relative des tylotes et des styles de cette Eponge. Seuls, ses anisochèles 
l'écartent génériquement des Histoderma. 



Genre Esperella, Vosmaer 

Esperella lingua, (Bowerbank) Vosmaer 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349 m . Un spécimen. 
Au sujet de cette Esperella, voir 34, p. 88. 



Esperella tunicata, (O. Schmidt) Vosmaer 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur 98 m . Quatre spécimens ou fragments, 
fixés sur des Bryozoaires. 

Subtylostyles, 435 [/. sur 9; anisochèles, exactement de la forme figurée par 



— 201 — 

Schmidt (5®, pi. v, fig. 4), nombreux, inégaux, ceux des rosettes mesurant 5o>x de 
longueur; sigmates, assez rares, longs de 28 [/.; trichodragmates, abondants, longs 
de 40 [x. 

D'après Carter (i®, p. 49), cette espèce méditerranéenne se retrouverait jusque 
dans le golfe de Manaar. 

Esperella fascifibula, n. sp. 

(PI. XVII, fig. 7) 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845 m . Un fragment entre deux bran- 
ches d'un Polypier. 

Le fragment est très petit, massif, blanc, charnu et mou, mélangé à sa base avec 
une Plocamia ambigua et, sur l'un de ses côtés, avec des vestiges d'un Gellins flagel- 
lifer. Sa charpente consiste en des lignes brèves, lâchement entrecroisées, composées 
de 6 à 8 mégasclères de front, sans spongine. Les caractères de son ectosome me sont 
inconnus. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles droits, longs de 410;/., épais de 7, constam- 
ment polytylotes (PI. xvu, fig. jaj, renflés ou non à la base, terminés en pointe brève. 

II. Microsclères : 2. Anisochèles palmés (PI. xvn, fig. jd), longs de 40 à 45^, 
larges de 17, disposés pour la plupart en rosettes par groupes de i5 à 20. Epars, en 
outre, des anisochèles de même forme, mais longs seulement de 25 ;x. 3. Sigmates 
(PI. xvu, fig. ybj nombreux, de très grande taille, mesurant 270^. de corde et seule- 
ment 10 (a d'épaisseur de tige, à crochets entièrement lisses, souvent dirigés dans deux 
plans différents. Beaucoup de ces microsclères se serrent parallèlement entre eux en 
des faisceaux de cinq à sept unités (PI. xvn, fig. je). Quelques sigmates plus petits, 
observés isolément çà et là, appartiennent peut-être au Gellius précité. 4. Rhaphides 
(PI. xvn, fig. qe) grêles et courts, variant de 25 à 40 p, un peu courbés au centre, fré- 
quemment par petits paquets et, en somme, peu abondants. 

Sous certains rapports, cette Esperella rappelle E. serratohamata Carter, notam- 
ment par ses rhaphides courbés, qui ont peut-être la signification de toxes faibles et 
par ses sigmates d'une taille inaccoutumée. Ces derniers, beaucoup plus forts que 
ceux du spécimen type, du golfe de Manaar (IO, p. 49), et que ceux des spécimens de 
l'île Vancouver étudiés par Lambe (SS, p. i3o), demeurent cependant inférieurs à 
ceux de VEsperella macrosigma Lindgren (38, p. 3oi), du détroit de Corée, que 
Lambe tend à considérer aussi comme une E. serratohamata (39, p. i56). 

A d'autres égards, elle diffère considérablement de sa congénère, par la forme 
de ses mégasclères, par exemple, par la simplicité de ses sigmates, constamment 
dépourvus, malgré leur beau développement, d'épines sur leur bord convexe, enfin, 
par le groupement très fréquent de ces mêmes sigmates en faisceaux. Par cette der- 
nière particularité, Esperella fascifibula ressemble à E. nuda Ridley et Dendy (54, 
p. 70), de Bahia, sans que ses autres caractères permettent de la confondre avec 
l'Eponge du Challenger. 26 



202 



Genre Rhaphidotheca, S. Kent 

Esperellinœ voisines des Esperella, mais différenciant leur ectosome en une cui- 
rasse d'exotyles dressés. 

Outre Rhaphidotheca Marshall-Halli S. Kent, qui en est le type (30), et R. affi- 
nis Carter (13 bîs ), ce genre comprend l'espèce suivante, pour laquelle j'ai proposé 
le genre Gomphostegia (84) avant d'avoir reconnu l'homologie de ses mégasclères 
capités superficiels avec ceux de ces Eponges. 



Rhaphidotlieca loricata, Topsent 
(PI. xiv, fig. i5) 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845 m . Un spécimen sur un Polypier. 

C'est une toute petite Eponge, une plaque grisâtre, longue de 5 mm , large de 4 mm , 
épaisse de i mm 2 tout au plus. Son ectosome offre une certaine consistance parce que 
des mégasclères spéciaux, les exotyles, à bout distal élargi en un disque épais, lui 
servent de soutien et, placés verticalement, forment par la réunion de leurs disques 
une croûte mince à sa limite externe. 

Son choanosome, mou, a pour charpente des lignes plurispiculées de subtylos- 
tyles. 

La structure est, en somme, celle des Esperella. 

Laspiculation se compose, d'ailleurs, des mêmes éléments que celle de beaucoup 
à 1 Esperella connues, telles que E. lingua, E. timicata, etc. Elle est seulement remar- 
quable par l'addition d'exotyles ectosomiques. Ces spicules, comme les exotyles de 
Tylexocladus Joubini (p. 122), de Sphœrotylus capitatus (Vosmaer) et de Proteleia 
Sollasi Ridley et Dendy, ne sont autre chose que des mégasclères du type de ceux du 
choanosome, partiellement modifiés dans un but de défense externe. Ici également, 
c'est leur pointe, dirigée vers l'extérieur, qui, seule, subit une modification. Avec 
raison, Carter considérait comme « appropriated » les tylostyles ectosomiques des 
anciennes Rhaphidotheca. Les Rhaphidotheca sont les premières Espérellines où se 
constate une telle adaptation, mais nous en retrouverons d'autres exemples chez cer- 
taines Hamacantha (H. implicans var. a{orica, H. intégra et H. clavisœptaj. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Subtylostyles choanosomiques (PI. xiv, fig. i5 a) 
droits, à base elliptique, à tige fusiforme, à pointe courte et peu acérée; longueur, 
340 à 480 [/. ; épaisseur au centre, 10 \j.. 2. Exotyles (PI. xiv, fig. i5&, i5 dj droits, longs 
de 3oo à 370 [/., à tige lisse, atténuée progressivement, puis légèrement renflée en une 
poignée elliptique au bout proximal, dilatée, au contraire, à l'extrémité distale en un 
disque large et épais, qu'ornent de très fins tubercules sur ses bords et sur son plateau; 
le diamètre du disque est de 60 à 70^; le plateau est ordinairement un peu concave; 
le canal axial de la tige s'arrête net au niveau du disque. 



— 203 — 

II. Microsclères : 3. Anisochèles palmés (PI. xiv, fig. i5e), longs de 70 à y5p., 
quelquefois en rosettes; on en trouve aussi, mais en nombre restreint et épars, de 
beaucoup plus petits, longs seulement de 25p.. 4. Trichodragmates (PI. xiv, fig. i5tj 
très abondants, même dans l'ectosome, parmi les exotyles, et composés de rhaphides 
assez fins, longs de 60 à go p.. 5. Sigmates (PI. xiv, fig. i5 sj, droits et contournés, assez 
rares, grêles, presque linéaires, longs de 18 p. 

Les exotyles à plateau de Rhaphidotheca loricata sont plus hautement différenciés 
que ceux, simplement capités, de R. Marshall-Halli et de R. affinis. Une forme 
intermédiaire a été décrite sans qu'on sache à quelle Eponge elle appartient. Je veux 
parler de ces exotyles que Sollas découvrit en petit nombre, à titre de corps étrangers, 
en dissociant par l'acide nitrique bouillant les spicules du spécimen type de Jaspis 
Dendyi, dragué par le CHALLENGER à la pointe occidentale de la Nouvelle-Guinée. 
Ils ne diffèrent guère par leur longueur de ceux de Rhaphidotheca loricata, mais leur 
renflement est moins disciforme et ne porte pas d'ornementation, et leur tige, à 
l'autre bout, s'atténue en pointe acérée (©5, pi. xlii, fig. 18 et 19). Sollas les appelait 
pour cela des tylotoxes; le terme plus général d? exotyles remplace cette désignation, 
applicable seulement dans un cas particulier. 



Genre Desmacidon, Bowerbank 
Desmacidon fruticosus, (Johnston) Bowerbank 

Voir 54, p. 93. 

Bowerbank écrivait : Desmacidon fruticosa et Desmacidon constrictus, Hyme- 
niacidon aurea et Hymeniacidon firmus . 

O. Schmidt, dans ses ouvrages, mettait constamment : Desmacidon fruticosum, 
D. tunicatum, etc. 

Ensemble ou séparément, Ridley et Dendy disent : Desmacidon rimosa, Desma- 
cidon conulosa, Hymeniacidon subacerata, etc. 

Enfin, Lendenfeld vient de décrire un Strongylacidon sansibarense. 

Les noms Desmacidon, Hymeniacidon et Strongylacidon devraient être tous et 
toujours du même genre et, de préférence, à ce qu'il me semble, d'après leur étymo- 
logie, du masculin. 

Norman a déjà pris au masculin les deux premiers d'entre eux dans sa liste des 
espèces décrites par Bowerbank (4, vol. iv, p. 244 et 246). 

Desmacidon tunicatus, O. Schmidt 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349 m . Au nord de Pico. Un grand 
lambeau d'ectosome portant plusieurs longues papilles. 



— 204 — 

L'espèce avait été recueillie par Y Hirondelle au sud de la même île, en 1888 
(*4, p. 9 3). 

Desmacidon peltatus, n. sp. 

(PI. XIV, fig. Il) 

Campagne de 1897 : Stn - 86 6, profondeur 5g9 m . Un fragment. 

Cette Eponge me semble appartenir à une espèce nouvelle et mérite d'être 
décrite à cause de sa spiculation. Je n'en ai malheureusement vu, sur un Polypier 
mort, qu'une plaque mince, large d'un centimètre à peine, qui me paraît représenter 
la base d'insertion d'un spécimen déchiré. Ses caractères extérieurs ne me sont donc 
pas connus. Il ne lui restait, prêt à tomber, qu'un lambeau d'ectosome, simple 
pellicule transparente, cassante, spiculeuse, riche surtout en microsclères. Sa chair, 
brunâtre et molle, ne contenait pas de fibres mais seulement des spicules solitaires 
entrecroisés dans tous les sens. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Strongyles lisses, droits ou un peu flexueux, à 
bouts très simples, longs de 5oo à 53oj/., épais de 1 1 à i3(/., semblables dans l'ecto- 
some et dans le choanosome. 

II. Microsclères : 2. Isochèles (PI. xiv, fig. 1 1), très abondants, un peu courbés et 
assez forts, longs de 5of/., larges de 17, à dents longues, pourvues toutes d'une palme 
à bords arrondis. 3. Trichodragmates, abondants, composés de rhaphides excessive- 
ment fins, longs de i3o(x. 

Par la possession de strongyles et de rhaphides, Desmacidon peltatus rappelle 
mon Desmacidon rhaphidifer du banc de Campêche (SI, p. 45 et 98, p. 34). H en 
diffère par les dimensions de tous ses spicules et surtout par la forme de ses isochèles 
(ceux de D. rhaphidifer ont des dents courtes et simples et ne mesurent que 20 à 23 u. 
de longueur sur 8 y. de largeur). Sa charpente sans ordre apparent s'écarte davantage 
encore de celle des Desmacidon typiques. 



Desmacidon abyssi, n. sp. 

(PL m, fig. 3 et PI. xiv, fig. 12) 

Campagne de 1895 : Stn. 527, profondeur 402o m . Un spécimen. 

Campagne de 1896 : Stn. 749, profondeur 5oo5 m . Trois spécimens. — Stn. 753, 
profondeur 436o ra . Cinq spécimens. 

Deux des spécimens, l'un de la station 749, l'autre de la station 753, ont pour 
support une petite pierre. Les autres sont brisés au niveau de leur point d'attache. 
Tous sont de petites Eponges massives, dressées, droites ou un peu courbées, hautes 
de i5 mm à 3o mm , larges de 8 mm à 1 i mm , sessiles ou rétrécies vers le bas en une sorte de 
pédicelle bref sans limites tranchées. Blancs ou grisâtres, ils renferment beaucoup de 
vase dans toutes leurs parties. Leur consistance est ferme. Leur surface, lisse se 



205 

limite par un ectosome criblé de stomions microscopiques; elle est, en outre, mar- 
quée d'un grand nombre de dépressions circulaires ou ovales, peu profondes, inégales, 
rappelant les aires inhalantes des Hamigera, Yvesia, etc. En leur sommet s'établit un 
oscule assez large, à bords souvent plissés. 

L'ectosome assez épais est soutenu par des faisceaux tangentiels de tornotes. Il 
est très riche en microsclères. 

Le choanosome, caverneux, aune structure fibrillaire. Les fibres, polyspiculées, 
composées d'oxes robustes, parallèles entre eux sans ciment de spongine, mesurent 
ioo à 275,1/. d'épaisseur. Elles prennent une direction générale ascendante, des oxes 
isolés ou par petits paquets les croisant en tous autres sens. 

Remarquable par son habitat en eau très profonde, Desmacidon abyssi l'est donc 
aussi par ses caractères extérieurs. Il l'est encore par sa spiculation puisque celle-ci 
comprend deux sortes de mégasclères diactinaux, propres, l'une à l'ectosome et 
l'autre au choanosome. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes du choanosome, déforme banale, fusi- 
formes, courbés, pointus aux deux bouts, longs de i mm à i mm 2, épais de 22 à 25 \>.. 
2. Tornotes de l'ectosome, droits ou très légèrement flexueux, à peine fusiformes, à 
pointes brèves; ils mesurent, suivant les individus, de 836 à 924p. de longueur sur 10 
d'épaisseur au centre, ou bien de 715 à 750^ sur 11 à 12. Abondants et fascicules 
dans l'ectosome, ils se rencontrent encore à l'intérieur du corps, solitaires dans les 
parois des canaux aquifères. 

II. Microsclères : 3. Isochèles (PI. xiv, fig. 12), excessivement abondants dans 
l'ectosome, parsemant en outre les parois des canaux profonds. Ils sont d'assez grande 
taille et de forme un peu particulière. Longs de 42 à 47p., larges de rof/. seulement, 
ils ont une tige relativement longue et grêle et des dents simples, plutôt courtes et fai- 
blement divergentes. 

Genre Joyeuxia, Topsent 

La diagnose de ce genre (941, p. g3) doit être modifiée de la manière suivante : 
Esperellinœ massives, sacciformes. Le choanosome est pulpeux, sans spicules du 
tout ou avec des faisceaux de spicules disséminés dans sa masse. L'ectosome forme 
une tunique mince, chargée de spicules tangentiels. Les mégasclères, dans les espèces 
connues, sont diactinaux. Les microsclères, quand il en existe, sont des isochèles. 



Joyeuxia viridis, Topsent 
(Pi. m, fig. 12) 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845™. 

Joyeuxia viridis est représentée dans les collections de la PRINCESSE-ALICE par 
un spécimen unique, fixé sur un Polypier. 



— 206 — 

Quoique de petite taille, comme il est entier, il nous fournit des renseignements 
utiles sur les caractères extérieurs de cette espèce dont ÏHlRONDELLE (94, p. 94) 
n'avait obtenu que des individus fort incomplets. 

C'est un sac cylindrique au bout d'un pédicelle relativement long, attaché au 
support par une base d'insertion fort étroite. 

Le pédicelle, composé de spicules serrés suivant son grand axe, et raide, présente 
vers le haut une sorte d'épine latérale, qui laisse supposer de sa part une tendance à 
se ramifier. 

Le sac, éminemment souple, se perce au voisinage du sommet mais un peu sur 
le côté, d'un oscule étroit, simple fente entourée d'une petite aire pâle. 

L'ectosome constitue la paroi du sac sous forme d'une pellicule mince et trans- 
parente, imperforée, que soutiennent des strongyles tangentiels, entrecroisés sans 
ordre et peu serrés. Tout l'intérieur est creux, la chair, pulpeuse et sans spicules, 
s'appliquant sur une très faible épaisseur contre la face interne de la paroi. 

Dans la pulpe se reconnaissent facilement les corbeilles vibratiles, de 35 [>. de 
diamètre et des cellules sphéruleuses de faible diamètre (8 \>.) à sphérules petites. 
Tous les éléments sont colorés en jaune vif. 

Les strongyles, droits ou un peu flexueux, ne diffèrent de ceux du type que par 
leur longueur un peu moindre (58o à 65o \j. sur 8 à 1 2 au lieu de 680 à 765 \j. sur 9 à 1 2). 

On a tort souvent de désigner les Eponges d'après leur coloration. Celle-ci, 
quoique d'un beau jaune d'or, est, à n'en pas douter, une Joyeuxia viridis. 

L'espèce a été recueillie dans les parages de Graciosa, de Pico et de Terceira, 
par des profondeurs comprises entre 454 m et 845™, sur des supports variés. 



Joyeuxia tuDulosa, n. sp. 
(PI. v, fig. 5 et PL xiv, fig. 16) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Quatre spécimens, tous sensi- 
blement de même taille, un peu déchirés du côté où ils ont dû s'attacher à leur 
support, qui n'a pas été obtenu. 

Deux des spécimens sont diaphanes, incolores, réduits à l'ectosome. Dans les 
deux autres, opaques, jaune d'ocre, la chair, partiellement conservée, se colle sur une 
faible épaisseur à la tunique ectosomique sous forme d'une pulpe réticulée. Le corps 
est donc partout occupé par une cavité très spacieuse. 

L'ectosome est mince, souple, parcheminé, abondamment pourvu de mégas- 
clères tangentiels qui s'y croisent sans ordre et sans se serrer de très près. Il se soulève 
en trois ou quatre fistules courtes, larges et béantes, qui rayonnent en divers sens. 

La chair est pleine de corbeilles vibratiles, ovales, longues de 40^., larges de 3o. 
Elle contient, en outre, des cellules sphéruleuses de taille moyenne à sphérules relati- 
vement grosses et réfringentes. Elle n'est pas dépourvue de tout squelette. Des mégas- 
clères y composent, par six ou sept, des faisceaux qui s'y entrecroisent lâchement. 



— 207 — 
Les seuls spicules présents sont des strongyles purs légèrement courbés en leur 
milieu (PL xiv, fig. 16); ils mesurent 3oo à 35o [/. de longueur et 10 à i3 d'épaisseur. 
D'habitude, dans chacun des faisceaux du choanosome, où tous se tiennent côte à 
côte et sans se dépasser, il s'en trouve un ou deux notablement plus grêles que les 
autres et épais seulement de 2 à 4 ja. 

Au genre Joyeuxia appartient une troisième espèce, le Cornulum ascidioides 
Fristedt (31, p. 445). Ici, les mégasclères, diactinaux, sont (d'après une préparation 
que je tiens de M. le Rév. A. -M. Norman) des tylotes flexueux à bouts un peu iné- 
gaux, confinés dans l'ectosome. Mais il existe, en outre, des isochèles nombreux. 



Genre Ghondrocladia, W. Thomson 

Chondrocladia Guiteli, n. sp. 

(PI. ni, fig. 14 et PI. xv, fig. 17) 

Campagne de 1896 : Stn. 757, profondeur 4900™. Un spécimen. 

Au retour de la campagne de 1896, un chalut de la Princesse-Alice a recueilli 
cette Ghondrocladia dans le nord-ouest du cap Finisterre, par 44 06' de latitude 
nord et io° 22' de longitude ouest, sur un fond de vase argileuse. 

Elle ne provient donc pas de la région açoréenne, mais j'élargis pour elle le cadre 
que je me suis tracé parce qu'elle est, avec un spécimen de Desmacidon abyssi 
(Stn. 753), la seule Eponge de la campagne qui ait été obtenue dans l'Atlantique en 
dehors des Açores. Les Ghondrocladia sont, du reste, rares et celle-ci présente un 
intérêt tout particulier. 

Elle affecte la forme dite Crinorhi^a et peut pour cela être comparée à Chondro- 
cladia crinita Ridley et Dendy, du nord de la Nouvelle-Guinée (54, p. 101), dont ses 
microsclères seuls la distinguent en tant qu'espèce. 

Elle me conduit à penser que Ridley et Dendy pourraient bien avoir donné au 
spécimen également unique de leur Ghondrocladia crinita une orientation inverse de 
celle qu'il avait dans la nature. Ces auteurs ont décrit une Chondrocladia clavata 
pourvue d'une tige fixatrice et entourée de prolongements grêles dirigés obliquement 
vers le haut (54, pi. xx, fig. 1). Partant de ce principe discutable que les prolon- 
gements des Crinorhi{a doivent servir d'arcs boutants destinés à empêcher le corps 
de s'enfoncer dans la vase, ils ont retourné leur G. crinita, sans se demander si ce 
qu'ils considèrent comme son prolongement apical ne correspondrait pas plutôt au 
pédicelle de C. clavata et pour la seule raison que ses prolongements grêles se 
disposent en couronne au lieu de se détacher du corps à des hauteurs différentes. 

J'ai récemment (9B) appelé l'attention sur une Cladorhiça des îles du Cap-Vert 
qui me paraît se fixer sur les fonds vaseux en sens inverse des Cladorhi^a longijpinna, 



— 208 — 



C. similis et C. inversa telles que Ridley et Dendy les ont figurées. J'ajoutais qu'une 
Chondrocladia de l'Atlantique contribuait aussi à me rendre douteuse la conception 
de ces savants au sujet des prolongements périphériques des Crinorhi\a. J'avais alors 
en vue Chondrocladia Guiteli. 

Ce que je considère comme le pédicelle de cette Eponge est une tige rigide, lisse 
et pleine, visiblement brisée net à une faible distance de son origine, très spiculeuse, 
riche en mégasclères orientés suivant son grand axe et serrés les uns contre les autres 
mais non tournés tous dans le même sens, relativement pauvre en microsclères, et 
dépourvue de sigmates comme aussi d'une catégorie particulièrement robuste 
d'isochèles qui abonde par tout le reste du corps. 

Cette tige, renflée à sa base, est limitée par une zone circulaire étroite dont la 
surface se montre finement hispide, les mégasclères périphériques y affectant pour la 
plupart une disposition radiale et où sigmates et grands isochèles font encore défaut. 

Puis naissent, à peu près au même niveau, en couronne, au nombre d'une 
dizaine, les prolongements caractéristiques de la forme Crinorhi\a. Ce sont des 
cordons vitreux, inégaux, parfois incomplets, appliqués sur la majeure partie de 
leur longueur contre le corps proprement dit, un peu flexibles dans leur portion libre 
en raison de leur gracilité, mais tendant à se grouper en une sorte de mèche à leur 
terminaison. Constitués par un faisceau de mégasclères parallèles, ils se chargent de 
microsclères variés et surtout d'isochèles de la plus grande taille. 

Enserré par eux et comprimé dans le sens de sa hauteur, le corps est une masse 
jaunâtre, large de 14"™ environ mais épaisse de 4 1 ™ 1 au plus. Sa surface, entre les 
cordons tangentiels, est lisse, sans orifices apparents. Une membrane mince la limite, 
qui ne contient que des microsclères et ne montre au microscope que des orifices 
rares et étroits. Le choanosome a une charpente irrégulière faite de mégasclères 
souvent fascicules, dirigés dans tous les sens. Il abonde en microsclères. 

Chez leur Chondrocladia crinita, vers le centre de sa couronne de prolongements 
grêles, Ridley et Dendy ont observé une courte papille dont ils n'indiquent malheu- 
reusement ni la forme ni la consistance. Rien de comparable n'existe ici, le corps 
s'amincissant graduellement entre les cordons périphériques. 

J'ai renoncé à figurer Chondrocladia Guiteli la pointe en haut pour les raisons 
suivantes : 

Apicale, cette pointe ne serait l'homologue d'aucun organe des Spongiaires 
connus. Il serait d'ailleurs extraordinaire que, dans cette position, elle devînt 
quantitativement et qualitativement moins riche en microsclères que tout le reste du 
corps. Basale, au contraire, elle aurait une ornementation et une solidité en rapport 
avec son rôle de pédicelle. Simple ou ramifiée à sa terminaison, elle correspondrait 
au pédicelle simple de Crinorhi\a amphactis Schmidt (5», pi. x, fig. 10) ou au 
pédicelle divisé en rhizines de Chondrocladia concrescens Schmidt (5®, pi. x, fig. 9). 

A voir la chair de Chondrocladia Guiteli s'engager si loin entre ses cordons 
périphériques, il est difficile d'admettre que ceux-ci soient destinés à s'enfoncer dans 



— 2og — 

la vase. Riches comme le corps en isochèles variés, ils semblent en être la conti- 
nuation naturelle avec mission de le protéger dans son milieu même. Ils apparaissent 
comme des appendices homologues des branches latérales des Chondrocladia pré- 
citées, de C. clavata et de Cladorhi\a nombreuses. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Styles (PL xv, fig. 17 a) droits, à base amincie, à 
pointe obtuse, variant entre i mtn de longueur sur 1 5 <x d'épaisseur et 2 mm 2 de longueur 
sur 35 (Jt. d'épaisseur. 

II. Microsclères : 2. Isochèles de première catégorie (PI. xv, fig. 17 fr-ij V) à tige 
courbée, épaisse de 6 à 7 p, ailée aux deux bouts et munie de dents longues, acérées, 
crochues, très divergentes, au nombre de trois à chaque extrémité, plus rarement de 
quatre, ou quelquefois de trois à une extrémité et de quatre à l'autre. Ils mesurent 
160 à i8o[/. de longueur. Extrêmement nombreux dans le corps, à la fois dans le 
choanosome et dans l'ectosome, et sur les prolongements périphériques, ils font 
complètement défaut sur le pédicelle. 3. Isochèles de deuxième catégorie (PI. xv, 
fig. 17 c-17 c"J plus courbés, ailés, épais de 4 à 6 (-/., portant à chaque bout cinq dents 
ou six. Leur longueur varie entre 40 et 100 y.. Ils existent dans toutes les parties de 
l'Eponge et se trouvent presque seuls sur le pédicelle, épars à sa surface. 4. Isochèles 
de troisième catégorie (PI. xv, fig. 17 d-ij d'J plus courbés encore, à six dents, longs 
de 17 à 3o p. seulement, épais de 1 à 2 \j.. On les rencontre également un peu partout, 
en assez grande abondance, sauf pourtant sur le pédicelle où ils se montrent clair- 
semés. 5. Sigmates (PI. xv, fig. 17 ej droits ou contournés, longs de 60 p., assez grêles 
(2 p.), peu nombreux, clairsemés dans l'ectosome et dans le choanosome, très rares 
sur les prolongements périphériques, absents sur le pédicelle. 

Je dédie cette espèce à mon collègue et ami, M. F. Guitel, professeur adjoint de 
zoologie à la Faculté des Sciences de Rennes. 



Genre Guitarra, Carter 

Guitarra voluta, n. sp. 

(PL v, fig. 1 3 et 14 et PL xvi, fig. 9) 

Campagne de i8g5 : Stn. 5 78,' profondeur n65 m . Plusieurs spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599". Un spécimen. 

Ces Eponges possèdent des isochèles d'une forme particulière, qu'on pourrait 
appeler des placochèles et qui, par leur ornementation, sont caractéristiques du genre 
Guitarra. Elles diffèrent du spécimen type de G. fimbriata Carter (8, p. 210) à tant 
d'égards, qu'il est bien difficile de n'en pas faire une espèce distincte. 

Ce sont des masses blanches, irrégulières, constamment enroulées sur elles-mêmes, 
d'une façon dont les figures 1 3 et 14 de la Planche v fournissent une excellente idée. 
L'engin a dû les arracher de quelque support solide, car elles présentent toutes des 



déchirures. Les deux spécimens choisis pour les dessins sont les moins endommagés 
mais non les plus volumineux. 

La surface est parfaitement lisse et non pas veloutée comme celle de Guitarra 
fimbriata, l'ectosome, assez épais, ayant ici pour soutien des mégasclères tous tangen- 
tiels, non fascicules, capricieusement entrecroisés et, en somme, pas très serrés. 

De place en place, des papilles assez longues, raides, comprimées et parfois 
cannelées (sans doute contractées), se dégagent de la surface générale mais restent 
couchées suivant le sens de l'enroulement. Il arrive qu'elles se placent en ligne sur 
une crête qui correspond au bord externe du rouleau. Elles sont creuses et représen- 
tent certainement autant d'oscules cratérij ormes . Dans leurs flancs, des mégasclères 
se serrent les uns contre les autres, orientés parallèlement au grand axe de l'organe. 
Leur orifice, étroit, ri a pas de frange marginale comme il en existe une au sommet 
de Guitarra fimbriata et les mégasclères qui s'entassent dans leurs parois ri atteignent 
pas une taille différente de ceux qui se rencontrent dans tout le reste du corps. 

Les pores s'aperçoivent à la loupe, à travers l'ectosome, comme de petites ponc- 
tuations sombres disséminées sur toute la surface. A leur niveau, le microscope 
montre l'ectosome plus mince et plus clair. 

Le choanosome offre généralement un aspect fibreux à cause de sa charpente 
composée de fibres polyspiculées, assez longues. Pourtant, dans certaines régions, il 
a une structure dense et ne contient que des lignes squelettiques brèves, fréquemment 
entrecoupées. 

La spiculation non plus n'est pas identique à celle de Guitarra fimbriata. Les 
mégasclères, d'une seule sorte et d'une seule taille, ne sont pas fusiformes avec les 
deux bouts graduellement acérés. Ce sont des bâtons droits ou, plus souvent, un peu 
flexueux, cylindriques, ayant toujours une extrémité obtuse et l'autre brusquement 
mucronée (PI. xvi, fig. gaj, celle-ci fréquemment un peu difforme (PI. xvi, fig. gbj. 
Ce sont, en un mot, des tornostrongyles . Deux fois plus forts que les tornotes fusi- 
formes de G. fimbriata, ils mesurent 690 à 735 y. de longueur sur i3 à i5 d'épaisseur. 

Les placochèles (PL xvi, fig. 9 c-9 ej, abondants par tout le corps, atteignent de 
grandes dimensions. Beaucoup d'entre eux mesurent 120 à 140 [/. de longueur, 3o;a de 
largeur au centre, quand on les examine de face, et 40 (/. de largeur au milieu de 
chacune de leurs moitiés. Les plus petits ne descendent guère au-dessous de 67 à 70 p 
de longueur et de i3 à 23 ^ de largeur. Il est facile dé reconnaître dans ces microsclères 
des isochèles dont la tige s'élargit beaucoup et ne porte à chaque extrémité qu'une 
dent médiane transformée en cuilleron. Comme dans les isochèles des Chondrocladia, 
c'est de part et d'autre de son milieu que la tige s'élargit le plus. Un canal axial la 
parcourt d'un bout à l'autre. Ses bords, légèrement relevés vers sa face antérieure, 
s'ornent de stries comparables à celles des sphérancistres de Melonanchora elliptica. 
Ses cuillerons, aussi larges qu'elle, forment sur elle un angle assez ouvert; comme 
ils sont un peu concaves en avant, les stries dont se charge leur bord libre deviennent, 
de profil, apparentes en dessous (PI. xvi, fig. 9 cj. 



Le spécimen de la station 866 ne diffère de ceux de la station 578 que par sa 
spiculation en toutes proportions plus faible. Ses strongyles ne mesurent que 540 p. sur 
9 et ses placochèles atteignent rarement 80 p. de longueur. 

O. Schmidt a vu, du golfe du Mexique (50, p. 84), un fragment d'une Guitarra 
qu'il identifia à G. fimbriata et dont il dit : « welches kaum etwas anderes sein kann 
als jene Cartersche Art ». Mais, comme il n'a donné à son sujet que des détails sur la 
conformation de ses placochèles, on ne peut plus savoir au juste de quelle espèce il 
s'agissait. 

Genre Esperiopsis, Carter 

Esperiopsis villosa, Carter 

(PI. XVII, fig. 2) 

Campagne de 1896 : Stn. 673, profondeur 2252™. 

L'Eponge qui représente cette espèce dans la collection est un individu très 
endommagé dressé sur une pierre ponce, haut de 52 mm , épais de i3 mm , un peu aminci 
et comme pédicellé vers le bas. Toute sa partie inférieure est décharnée, exhibant 
un système de fibres spiculeuses dont les ascendantes atteignent 200 p. de diamètre. 
Sa portion charnue est incomplète : une déchirure qui suit son grand axe paraît en 
avoir supprimé la moitié. Couleur grise. Consistance molle surtout vers le haut. 

Le spécimen a une spiculation plus robuste que celle du type, peut-être, comme 
nous l'avons vu ailleurs, chez Stelodoryx procera, par exemple, à cause de son 
habitat en eau plus profonde. 

Les mégasclères, longs de q35 à 980^, épais de i5, sont, ainsi que Carter l'a 
indiqué (8, pi. xv, fig. 36), des styles droits et lisses, de forme un peu spéciale, leur 
tige s'épaississant dans la moitié qui aboutit à la pointe. 

Les sigmates, toujours en C, se montrent inégaux; les plus grands, qui mesurent 
200p.de corde et iop- d'épaisseur, demeurent peu nombreux; les plus faibles n'ont 
plus que 75 p. de corde et 3 p. d'épaisseur. 

Les isochèles caractéristiques sont des placochèles (PI. xvn, fig. 20, 2a'J, rappe- 
lant, striationà part, ceux des Guitarra. Ils atteignent 128p.de longueur. Leur tige, 
droite, plate mais large (14p.), se rétrécit et, en revanche, s'épaissit un peu en son 
centre; elle porte à chaque extrémité une seule dent en palette diaphane. Pour 
réaliser leur forme, ces isochèles subissent une atrophie à peu près complète de leurs 
dents latérales. Cela devient évident quand on les compare à d'autres isochèles palmés 
qui existent dans l'Eponge en même temps qu'eux et en nombre beaucoup plus consi- 
dérable. Ceux-ci (PI. xvn, fig. 2b-2b"J ont des dents latérales plus ou moins déve- 
loppées. Inégaux, ils mesurent de 95 p. de longueur sur 22 de largeur à 45 p. sur 17. 
Enfin, notre spécimen possède une troisième sorte d'isochèles (PI. xvn, fig. 2cJ dont 



Carter n'a point fait mention et qui est pourtant abondante, des isochèles palmés, de 
taille presque uniforme, longs de 22 à 25;/., larges de 5p seulement. 

Le spécimen type de Esperiopsis villosa avait été dragué par le Porcupine 
entre le nord de l'Ecosse et les îles Far Ôer, par une profondeur que Carter suppose 
être de 440 brasses (8oo m ). Fristedt (SI, p. 451) a signalé l'espèce sur la côte orien- 
tale du Groenland par 140 brasses seulement (254 m ). 



Esperiopsis décora, n. sp. 
(PI. xvii, fig. 8) 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Un petit spécimen. 

L'Eponge, étendue sur une Macandrewia ramosa, se présente comme une croûte 
très mince, molle et brunâtre, mesurant seulement i2 mm sur g mm de largeur. Sa chair 
contient beaucoup de cellules sphéruleuses jaunâtres, d'un diamètre de i6p, à sphé- 
rules petites, qui lui donnent sans doute en grande partie sa coloration. Sa charpente 
assez lâche est faite de styles, fascicules sans spongine, par dix ou quinze de front, 
en des lignes longues mais fragiles. 

La structure fibreuse de sa charpente et la nature de ses divers spicules prouvent 
qu'il s'agit d'une Esperiopsis. Elle représente même une espèce nouvelle que sa 
spiculation compliquée rendra toujours reconnaissable. C'est une proche parente de 
Esperiopsis villosa. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Styles (PI. xvii, fig. 8aJ droits, cylindriques, ni 
renflés à la base ni effilés du côté de la pointe qui est acérée, brève; longueur 5oo à 
55op; épaisseur, 10 p.. 

IL Microsclères : 2. Sigmates géants (PI. xvii, fig. 8bJ, en C, à canal axial visible, 
mesurant 385 à 475 p. de corde et près de i5p d'épaisseur; isolés, disséminés, ils sont, 
pour leur taille, relativement nombreux. 3. Sigmates en U à bords rentrants (PI. xvii, 
fig. 8c, 8c'J, assez abondants, de taille inégale, depuis 120p.de corde sur 5 p. d'épaisseur 
jusqu'à 33 p sur 1 p 5, les plus petits étant les plus nombreux. 4. Isochèles palmés 
(PI. xvii, fig. 8d) à dents latérales bien développées, longs de 120 p, larges de 36, de 
nombre assez restreint. 5. Isochèles palmés (PI. xvii, fig. 8 <f)> en abondance extrême, 
longs de 57 à 64 p, larges de 20 à 23. 6. Isochèles palmés (PI. xvii, fig. 8d") de taille 
uniforme, longs de 22 p et très grêles, nombreux. 7. Trichodragmates (PI. xvii, 
fig. 8 e) très abondants par places, remarquablement courts (10 p. environ). 

Esperiopsis preedita, Topsent 

Cette Eponge, du sud de Pico, qui possède aussi de très gros sigmates, des iso- 
chèles caractéristiques et de petits isochèles palmés (34, p. 92), n'a pas été retrouvée 
par la Princesse-Alice. 



ai3 



Esperiopsis polymorpha, Topsent 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845 m . — Stn. 597, profondeur 523 m . 
Un fragment dans chaque station. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . Quatre ou cinq spécimens, 
blancs et massifs, pareils à ceux de Y Hirondelle dont l'un a été figuré en 1892 
(34, pi. vi, fig. 2) pour accompagner la description originale de cette espèce. 

Esperiopsis polymorpha a ainsi été recueillie à plusieurs reprises autour de Pico 
et de Terceira par des profondeurs comprises entre 523 m et 927™. 



Esperiopsis glomeris, n. sp. 
(PI. xvii, fig. 3) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . 

L'espèce est établie d'après un seul fragment, de forme allongée, sans support, 
long de 20 mm , épais de 4 mm , blanchâtre, assez mou, à surface glabre, égale et sans 
orifices distincts. 

Ses mégasclères, de longueur assez considérable, se répartissent, comme chez 
Esperiopsis polymorpha, en deux catégories, ceux de l'ectosome minces et polytylotes, 
ceux du choanosome épais et lisses. Les premiers se groupent en faisceaux tangentiels 
compacts, sans toutefois constituer une véritable écorce; les seconds se disposent en 
tractus plurispiculés coupés sous des angles variables par des lignes très simples, le 
tout sans spongine d'union. 

Ses microsclères, fort abondants, sont des isochèles robustes, de configuration 
particulière. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1 . Styles ectosomiques droits, doucement polyty- 
lotes, effilés, à base légèrement renflée, à pointe brève; ils mesurent o ram 9 à i mm de 
longueur et, uniformément, 7 à 8 p. d'épaisseur. 2. Styles choanosomiques, courbés 
dans leur tiers basilaire, lisses, non fusiformes, à base à peine renflée, à pointe brève ; 
de dimensions assez fixes, ils mesurent i mm 4 à i mra 5 de longueur sur 17 à 20 jx d'épais- 
seur. 

II. Microsclères : 3. Isochèles palmés d'une catégorie unique mais de forme 
changeante, les uns (PI. xvn, fig. 3 a, 3 a') modérément courbés, longs de 60 y. environ, 
à tige épaisse de 6 à 7 ^ au plus, les autres (PI. xvn, fig. 3 b, 3 V), bien plus nombreux, 
très enroulés sur eux-mêmes, à tige plus épaisse (10 jx), à dents plus développées se 
touchant et même se croisant par leurs extrémités, plus robustes en toutes proportions 
que les premiers, car ils atteignent encore, malgré leur courbure exagérée, 5o à 63 y. 
de corde et mesurent couramment 37 1>. de largeur. On trouve en outre, épars dans le 
choanosome, des isochèles rudimentaires (PI. xvn, fig. 3 cj à une seule dent, longs de 
40 à 60 ,u, épais de 1 à 2(i à peine. 



— 2I 4 — 

La spiculation de Esperiopsis glomeris offre une certaine ressemblance avec 
celle de E. pulchella Ridley et Dendy (54, p. 84), qui comprend aussi des styles 
polytylotes et de gros isochèles très courbés. Mais l'Eponge de la Nouvelle-Guinée 
paraît ne posséder d'autres mégasclères que des styles de longueur fort médiocre 
(o ram 3) ; par contre, à ses isochèles robustes elle en ajoute d'autres de dimensions plus 
faibles et de formes différentes, dont celle des Açores reste complètement dépourvue. 

Il existe aussi sans doute une parenté assez proche entre Esperiopsis glomeris et 
l'Espérelline de l'embouchure du Rio de la Plata dont Ridley et Dendy ont fait, pour 
son écorce différenciée, le type du genre Phelloderma, sous le nom de Phelloderma 
radiatum (54, p. u3). 



Genre Artemisina, Vosmaer 

Artemisina erecta, n. sp. 

(PI. v, fig. 18 et PI. xv, fig. 10) 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845™. Un spécimen sur un Polypier. 

Le type est une petite Eponge blanche, dressée, mesurant n mm de hauteur, 
5 mm de largeur et 3 mm d'épaisseur. Elle prend attache à son support par une base très 
étroite au-dessus de laquelle elle va s'élargissant progressivement. Sa surface, entiè- 
rement et finement hispide, ne se perce pas d'orifices distincts. L'ectosome consiste 
en une membrane mince soutenue par des faisceaux tangentiels de subtylostyles 
propres, chargée d'isochèles de taille exiguë et traversée par des bouquets divergents 
de styles choanosomiques dont les pointes déterminent son hispidation. Le choano- 
some, spongieux, assez souple et fragile, a pour charpente un réseau assez lâche et 
confus de grands styles lisses qui lui appartiennent en propre ; mais, vers la périphérie, 
ces styles se disposent en bouquets à la façon de ceux de Suberotelites demonstrans 
(34, pi. xi, fig. i5). 

Spicules. — l. Mégasclères : 1. Styles choanosomiques (PI. xv, fig. 10 a), entiè- 
rement lisses, un peu courbés, longs de 825 à 880 p., épais de 20. 2. Subtylostyles 
ectosomiques (PI. xv, fig. 10 bj, droits ou un peu courbés, légèrement fusiformes, à 
base à peine renflée mais toujours ornée de quelques petites épines qui se localisent 
en son sommet; ils mesurent, en moyenne, 3go[i. sur 7 à 8. 

II. Microsclères : 3. Isochèles palmés (PI. xv, fig. 10 çj excessivement abondants, 
de taille uniforme, longs seulement de i3 \j.. 4. Toxes (PI. xv, fig. 10 d) très robustes, 
assez nombreux; leurs branches, arquées, longues de plus de 25o(/., divergent sous 
un angle fort aigu; leurs extrémités se couvrent de petites épines et leur centre, le 
plus souvent, présente, en moins dense, la même ornementation. 5. Sigmates (PI. xv, 
fig. 10 e) droits ou contournés, de dimensions assez exceptionnelles, leur corde 
dépassant 25o[a; peu nombreux, épars. 



— 2l5 — 

Par sa structure et par l'ensemble de sa spiculation, Artemisina erecta est voisine 
de A. Apollinis Ridley et Dendy (54, p. 124), de Kerguelen. Elle s'en distingue 
extérieurement par son port et par l'état de sa surface. Il n'y aurait à noter dans la 
spiculation de ces deux Eponges que des différences sans importance (styles choano- 
somiques plus forts, isochèles plus grêles, toxes moins ouverts et souvent épineux au 
centre, dans celle des Açores), si Artemisina erecta ne semblait posséder, en outre, 
des sigmates énormes. A vrai dire, ces microsclères s'y trouvent assez rares pour 
que j'aie conçu des doutes au sujet de leur véritable origine. Mais, en cherchant çà 
et là, sans trop détériorer l'unique spécimen, j'en ai pu voir une dizaine, tous de 
mêmes dimensions, parmi les styles choanosomiques, et, n'ayant point rencontré 
d'autres spicules étrangers que des mégasclères libres d'Hexactinellides accrochés 
aux styles superficiels, je pense que ces sigmates peuvent réellement appartenir à 
notre Artemisina. 

La texture des Artemisina Apollinis et A. erecta diffère notablement de celle des 
A. suberitoides Vosmaer et A. transiens Topsent (35, p. g5). Elle rappelle au con- 
traire celle de beaucoup à'Esperiopsis. Peut-être conviendrait-il de restreindre le 
genre Artemisina aux seules espèces subéritoïdes ou même de le considérer, avec 
cette acception, comme une simple subdivision du genre Esperiopsis. 



Genre Hamacantha, J.-E. Gray 

Hamacantha Johnsoni, (Bowerbank) Gray 
(PL xvi, fig. 6) 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845 m . — Stn. 587, profondeur 793™. — 
Stn. 600, profondeur 349™. — Stn. 602, profondeur i23o m . 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o mm . 

Campagne de 1897 : Stn. 838, profondeur 88o m . — Stn. 899, profondeur 200™. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Intéressé surtout par les diancistres, Bowerbank n'a donné de son Hymedesmia 
Johnsoni qu'une description incomplète. Elle ne contient rien de précis au sujet des 
mégasclères présents, qui, dans une figure de la charpente de l'Eponge (4, vol. 1, 
fig. 2g3), apparaissent comme un mélange de styles et d'oxes droits. Gray, en établis- 
sant le genre Hamacantha («S, p. 538), a cité comme « needle-shaped » et non comme 
«fusiform», terme quïl réservait généralement aux oxes, les mégasclères du spéci- 
men de H. Johnsoni. D'autre part, Ridley et Dendy, après avoir remarqué la 
variabilité de ces spicules dans la figure en question, nous ont appris (54, p. 60) qu'il 
existe dans la collection de Bowerbank une préparation d'une espèce étiquetée par 
lui Hamacantha johnsoni, où tous les mégasclères sont pointus aux deux bouts. La 
forme de ces mégasclères n'a, du reste, pas une importance bien grande chez les 



— 2l6 — 

Hamacantha, car elle y est sujette à varier (nous en verrons un exemple à propos de 
H. SchmidtiJ et il se peut que l'Eponge de Madère ait réellement offert à Bowerbank 
le mélange qu'il a fait figurer. Même s'il n'est pas d'une exactitude rigoureuse, ce 
dessin fournit quand même une intéressante indication en révélant la présence dans 
la préparation originale d'une seconde catégorie de diancistres, sans sigmates. 

O. Schmidt a conçu dans un sens vague la Bcsmacella Johnsoni (5S, p. 53). 

En 1882 (II, p. 297, pi. xi, fig. 20 et 21), Carter a fait remarquer que Schmidt 
s'était trouvé, avec une Eponge de la Floride, en présence d'une espèce distincte de 
celle de Bowerbank par la possession de sigmates vrais en plus des diancistres. Et, 
pour éviter toute méprise par la suite, il a limité le sens de chacune de ces espèces. 
Pour lui, il faut considérer comme Hamacantha (HymedesmiaJ Johnsoni Bowerbank 
celle qui, avec des styles comme mégasclères, possède pour microsclères des dian- 
cistres et des toxes. Il a proposé le nom de H. Schmidti pour celle qui, ayant des 
oxes comme mégasclères, ne produit, avec les diancistres, que des sigmates comme 
microsclères. Ces deux espèces, illustrées de dessins de spicules, sont parfaitement 
reconnaissables. Elles sont répandues dans tout l'Atlantique, des Far Ôer à Madère 
pour la première, de la Floride aux Açores pour la seconde. 

Sans doute on peut objecter que Bowerbank n'a pas fait mention des toxes que 
Carter déclare caractéristiques de H. Johnsoni. Mais ces microsclères ont fort bien pu 
lui échapper, car ils demeurent parfois en nombre excessivement restreint et difficiles 
à découvrir même quand on pense devoir les rencontrer. Il arrive à chaque instant 
que l'on complète de la sorte la diagnose d'une espèce imparfaitement décrite à 
l'origine. 

Le seul défaut de la diagnose des deux espèces délimitées par Carter consiste 
dans un excès de l'importance attribuée à la forme de leurs mégasclères, car cette 
forme n'a pas la fixité supposée. 

Lundbeck a récemment décrit en détail (46, p. 99, pi. vu et xvm) une Hama- 
cantha qui semble être commune depuis les Far Ôer jusqu'au détroit de Davis. Elle a 
pour spicules des styles, des diancistres de trois catégories et des toxes. L'auteur la 
considère comme vraisemblablement identique à YHamacantha Johnsoni dont parle 
Carter. Elle n'en diffère, en effet, que par l'addition d'une troisième catégorie, plus 
petite, de diancistres que Carter a peut-être négligé d'indiquer. Lundbeck, malgré 
cela, rejette, à cause de l'imprécision de sa description primitive, l'espèce Hama- 
cantha Johnsoni et fait de son Eponge une espèce nouvelle sous le nom de Hama- 
cantha Bowerbanki. Je ne le suivrai pas dans cette voie parce qu'il y a toutes chances 
pour que V Hamacantha Johnsoni de Carter corresponde réellement à VH. Johnsoni 
de Bowerbank, qui n'a pas de sigmates, qui possède des diancistres de plusieurs 
catégories (deux ont été figurées) et dont les toxes ont pu passer d'abord inaperçus. 

Hamacantha Johnsoni est commune aux Açores, par des profondeurs comprises 
entre 20o m et i36o m , sur des supports variés. L 'Hirondelle l'avait déjà recueillie 
dans ces parages et c'est elle que j'avais désignée sous le nom de Hamacantha Johnsoni 
var. inelegans (34, p. 86, pi. 1, fig. 4). 



— 217 — 

Sa peau est mince, transparente et lisse. Elle a pour soutien dans la majeure 
partie de son étendue un réseau polygonal et plurispiculé de mégasclères dont toutes 
les mailles sont ordinairement perforées. Les dessins donnés par Lundbeck (4«, 
pi. vu, fig. 2 et 3) rendent, comme le mien, cet aspect cribro-réticulé. Il est rare de 
l'observer sur toute la surface du corps. Il correspond aux régions inhalantes de cette 
surface. Presque toujours on voit des plages plus ou moins vastes de l'ectosome qui 
demeurent imperforées et où les spicules affectent une disposition irrégulière. C'est 
d'elles que s'élèvent le plus souvent les papilles exhalantes. Quelquefois même, on 
peut reconnaître à l'Eponge deux faces distinctes. Ainsi, j'ai sous les yeux un spéci- 
men magnifique étendu sur un Polypier en une plaque qui mesure 14 e ™ 1 sur n cm . 
L'une de ses faces est entièrement criblée de trous subégaux et équidistants, occupant 
chacun une maille du réseau ectosomique; elle ne porte aucune papille; elle est uni- 
quement réservée à l'inhalation. L'autre est limitée par une peau mince mais pleine, 
sans réseau régulier, qui, de loin en loin, se soulève en une haute papille exhalante. 

La couleur de Hamacantha Johnsoni varie suivant les individus; je l'ai vue grise, 
jaunâtre et noire. L'ectosome reste toujours blanc, en raison de sa faible épaisseur. 

J'ai figuré de cette espèce, en 1892 (54, pi. vu, fig. 4), une portion de fibre du 
choanosome avec ses rosettes de diancistres et j'ai dessiné ses spicules (34, pi. vu, 
fig. 5 b, c, <?, g), à l'exception des diancistres de la troisième catégorie. Il me paraît 
convenable de représenter ici (PI. xvi, fig. 6) sa spiculation complète aux mêmes 
grossissements que celle des autres Hamacantha dont je vais avoir à parler. 

Rappelons que Hamacantha Johnsoni habite aussi la Méditerranée (B5 Ms , p. 21 3). 
La Princesse-Alice en a recueilli un spécimen au voisinage de la Sicile (Stn. 344). 
Les diancistres n'y dépassent pas i3o|z de longueur et les toxes 107 [a d'envergure. 



Hamacantha Sch.midti, (Carter) Lundbeck 
(PI. xvi, fig. 3 et PI. xviii, fig. 4) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Trois spécimens. — Stn. 899, 
profondeur 200 m . Neuf spécimens. 

Cette Eponge faisait déjà partie des collections de Y Hirondelle, et, la consi- 
dérant comme une simple variété de l'espèce précédente, je l'y désignais sous le nom 
de Hamacantha Johnsoni var. complanata (34, p. 86, pi. 11, fig. 9 et pi. vu, fig. 5f). 
Il s'agit réellement d'une espèce distincte, sommairement mais clairement caracté- 
risée par Carter en 1882 (il, p. 297, pi. xi, fig. 20 et 21), dont le type, au dire de 
cet auteur, aurait été rencontré par Schmidt parmi des Spongiaires des côtes de la 
Floride. 

C'est une Eponge jaunâtre, revêtante ou massive, informe, (PI. xviii, fig. 4) 
indifférente à la nature de son support. Les plus beaux échantillons obtenus par la 
Princesse-Alice s'étaient fixés sur des baguettes d'Oursins, des tubes de Vers, des 
Bryozoaires rameux, des colonies d'Hydraires et avaient atteint dans ces conditions 

28 



2, 3 et même 4 e " 1 d'épaisseur. Leur surface, très irrégulière, se limite par une peau 
mince, transparente et lisse, détachable par grands lambeaux. Cette peau, qui repré- 
sente l'ectosome, diffère d'aspect de celle de Hamacantha Johnsoni. Sur la plus grande 
partie du corps elle est pleine et ne se perce en réalité que de stomions microsco- 
piques, clairsemés. Mais, par places, sur des aires d'étendue variable, elle se crible 
d'orifices inhalants et devient comparable à du tulle. Les mégasclères qui la soutien- 
nent, tangentiels, se disposent dans ces points en un réseau irrégulier à trame poly- 
spiculée et à mailles souvent inégales. Partout ailleurs, ils se couchent par paquets 
peu serrés qui se croisent sous des angles divers, sans laisser de grands vides entre 
eux. Dans les régions où la peau demeure imperforée, des papilles exhalantes coniques 
s'observent fréquemment. 

Le choanosome est caverneux. Les fibres de sa charpente sont grêles et de peu 
de longueur. 

Spicules.' — I. Mégasclères : 1. Oxes (Pl.xvi, fig. 3 a) généralement un peu 
courbés, pointus aux deux bouts, pas très acérés, longs de 55o à 58o p., épais de 6 à 8|/. 
vers le centre. Dans les spécimens de la station 866, un certain nombre d'entre eux 
émoussent l'une de leurs extrémités au point de se transformer en des styles absolu- 
ment semblables à ceux de Hamacantha Johnsoni. 

II. Microsclères : 2. Diancistres de première catégorie (Pl.xvi, fig. 3 bj, grands 
et assez minces, longs de 140 à 145 p, épais de 1 1 seulement au niveau de leur échan- 
crure médiane. Ils sont droits ou légèrement coudés en leur milieu. Leur échancrure 
médiane est allongée, assez profonde. Leurs crochets, assez grands, bien séparés de 
la tige par une entaille ovale mais faiblement rejetés en dehors, se dirigent le plus 
souvent dans deux plans différents. 3. Diancistres de deuxième catégorie (PI. xvi, 
fig. 3 cj, grêles, longs seulement de 3o à 37^., brusquement courbés en leur milieu, à 
crochets souvent rejetés l'un à droite et l'autre à gauche. 4. Sigmates (PI. xvi, fig. 3dJ 
en C, souvent un peu tordus, mais rarement en S, sans passage aux diancistres grêles; 
ils ont, en général, 22 à 25 p. de corde, mais, dans certains spécimens, quelques uns 
d'entre eux atteignent par exception 3o et 35 p. 

Typiquement, l'ectosome ne contient pas de microsclères. Néanmoins, il n'est 
pas rare de le voir parsemé de diancistres des deux catégories. Au niveau des termi- 
naisons périphériques des lignes choanosomiques, la présence de ces spicules est 
particulièrement fréquente. Les sigmates se confinent dans le choanosome. Là, les 
trois sortes de microsclères abondent. Les grands diancistres, accrochés aux fibres 
squelettiques, ne m'ont paru se grouper que rarement en rosettes. 



Hamacantha Carteri, n. sp. 

(PI. xvi, fig. 2 et 8) 

Campagne de 1895 : Stn. 578, profondeur ii65 m . Un spécimen. 
Campagne de 1896 : Stn. 719, profondeur 1600" 1 . Un spécimen. 
Recueillis très loin l'un de l'autre, par des profondeurs assez considérables, les 



— 2ig — 
deux spécimens forment entre des grosses branches de vieux Polypiers des plaques 
irrégulières, lisses, assez épaisses. 

Leur peau, spiculeuse, mince et transparente, présente, de place en place, de 
petites aires cribreuses à perforations inégales. Nulle part elle ne se soulève en 
papilles. 

Leur choanosome, jaune clair, très caverneux, a pour squelette un réseau lâche 
de longues fibres polyspiculées. 

Leur spiculation comprend des mégasclères monactinaux, des diancistres de 
deux catégories et des sigmates. 

Spicules. — I. Mégasclères : i . Styles lisses, un peu courbés, longs de 700 à 800^., 
épais de i3, fusiformes, à base à peine renflée, à pointe acérée, assez courte. Pour 
soutenir Tectosome, ils se couchent tangentiellement en de forts faisceaux entre- 
croisés capricieusement; cependant, au niveau des aires cribreuses, ils dessinent un 
réseau très ouvert. 

IL Microsclères : 2. Diancistres principaux (PL xvi, fig. 2 a et8#J. De taille 
inégale dans les deux spécimens, ils mesurent i5oj/. de longueur et i5 d'épaisseur 
dans celui de la station 578, et nop seulement sur 9 à 11 d'épaisseur dans celui de 
la station 719. Leur configuration est d'ailleurs semblable dans les deux cas. Ils se 
montrent trapus, avec le dos un peu courbé, avec un bord tranchant, large et continu, 
à peine marqué d'une entaille légère en son milieu, avec des crochets robustes, 
séparés de la tige par une échancrure arrondie mais assez écartés de cette tige à leur 
extrémité. Les crochets se dirigent le plus souvent dans deux plans différents. Il est 
fréquent dans le spécimen de la station 719, assez rare dans l'autre, de trouver des 
diancistres monstrueux, pourvus d'un crochet supplémentaire (PL xvi, fig. 2bJ. Les 
diancistres principaux, clairsemés dans l'ectosome, accrochés en grand nombre aux 
fibres choanosomiques, ne paraissent jamais se grouper en rosettes. 3. Diancistres 
grêles (PI. xvi, fig. SbJ très courbés et souvent contournés, minces, longs de 37 p. 
4. Sigmates, en C ou en S (PI. xvi, fig. 8cJ, mesurant 20^ de corde. Ces deux der- 
nières sortes de microsclères abondent, mais les sigmates se confinent dans le choa- 
nosome. 

Sous bien des rapports, Hamacantha Carteri ressemble à H. Schmidti. Les aires 
cribreuses, bien conservées dans le spécimen de la station 578, diffèrent un peu de 
celles des H. Schmidti que j'ai eu l'occasion d'observer; elles sont moins vastes avec 
des trous plus arrondis. Mais cela peut être sujet à varier avec les individus. Le spé- 
cimen de la station 719 a son ectosome presque imperforé dans les portions qui en 
sont demeurées intactes. 

Ce qui me décide à établir une espèce à part d'après les Eponges en question, 
c'est la forme vraiment spéciale de leurs grands diancistres, pareille dans les deux cas 
malgré des différences de taille, et l'existence chez elles, en même temps que ces 
diancistres, de mégasclères constamment monactinaux et relativement robustes. 

Par ses styles, Hamacantha Carteri rappelle H. esperioides (Ridley et Dendy). 



220 

Elle s'en écarte aussi, pour s'en tenir à la spiculation, par la forme de ses grands 
diancistres et encore par la taille de ses sigmates, toujours un peu inférieure à celle de 
ses diancistres grêles. Lundbeck s'est demandé (J=G, p. 108) si YHamacantha du 
Challenger (54, p. 60) et Y Hamacantha Schmidti de Carter n'appartiendraient 
pas à une même espèce, pourvue de diancistres de deux catégories et de sigmates. 
Les Hamacantha Carteri ne rendent pas cette hypothèse très vraisemblable. 



Hamacantlia Lundbecki, n. sp. 

(PI. XVI, fig. 7) 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5gg m . Deux spécimens. 

L'Eponge forme sur des Polypiers des plaques ocracées, dont la plus grande 
atteint 6 cm de longueur et 3 cm environ de largeur. Elles sont partout très minces 
(o mm 5 à o mm 7) et lisses, sans papilles. Leurs orifices demeurent indistincts. Elles se 
composent d'un ectosome spiculeux, assez sec, transparent, collé sur un choanosome 
charnu. 

Dans l'ectosome, les mégasclères se couchent pour la plupart tangentiellement, 
assez serrés les uns contre les autres et orientés presque tous suivant la même direc- 
tion. D'autres, en faible proportion, se dressent isolément et traversent la membrane 
de part en part sous des angles variables; ils ne la dépassent pas en dehors d'une 
longueur suffisante pour couvrir la surface générale d'une hispidation visible à 
l'œil nu. 

Dans le choanosome, la charpente est diffuse et lâche; de courtes lignes pluri- 
spiculées y représentent, rudimentaires, des fibres squelettiques, si bien développées 
chez d'autres Hamacantha. 

Les microsclères des diverses sortes abondent et sont partout présents. 

Spicules. —I. Mégasclères : 1. Oxes (PL xvi, fig. yaj droits, fusiformes, pointus 
également aux deux bouts, longs seulement de 195 à 25o;j., épais de 5 \j. au centre. 

II. Microsclères : 2. Diancistres principaux (PI. xvi, fig. jb), droits, grands et 
épais, longs de 120 à 140^, larges de i5 au niveau de leur échancrure médiane. Ils ont 
une échancrure médiane courte et peu profonde, un bord interne droit, et des 
crochets robustes. Ils ne se disposent pas en rosettes et se montrent surtout nombreux 
à la face profonde de l'ectosome ou dans son épaisseur. 3. Diancistres de seconde 
catégorie (PI. xvi, fig. 7ÇJ, faibles, longs de i3 à 16 [*, très courbés, reconnaissables à 
ce que leur bord interne présente en son milieu deux légères saillies séparées par une 
petite échancrure. Ils se mêlent, en grande quantité, aux autres microsclères. 4. Sig- 
mates (PI. xvi, fig. 7 dj droits ou contournés, grêles, mesurant 24 à 27 p. de corde, 
répandus par tout le corps, plus nombreux encore que les petits diancistres. 

Hamacantha Lundbecki se distingue de H. Schmidti à la fois par ses caractères 
extérieurs, par sa structure et par sa spiculation. On remarque aisément que ses oxes, 



généralement droits, n'atteignent pas beaucoup plus du tiers de la longueur de ceux 
de l'espèce de Carter. Ses diancistres de première catégorie sont plus trapus, avec 
des crochets plus robustes. Ses diancistres de seconde catégorie, d'une forme parti- 
culière, restent, à l'inverse de ce qui s'observe chez H. Schmidti, de taille cons- 
tamment inférieure à celle des sigmates. 



Hamacantha implicans, Lundbeck; var. azorica, n. var. 

(PI. XVI, fig. i) 

Campagne de 1895 : Stn. 584, profondeur 845™. Un spécimen. — Stn. 587, pro- 
fondeur 7g3 m . Un spécimen. — Stn. 616, profondeur io22 m . Deux spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Six spécimens. — Stn. 899, 
profondeur 200 m . Un spécimen. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen. 

L'Hirondelle n'avait recueilli qu'un seul spécimen de cette Eponge, et, admet- 
tant une variabilité vraiment excessive de Hamacantha Johnsoni, je ne l'avais, à tort, 
considéré que comme une variation de ma variété complanata de cette espèce (SUL, 

P- 87). 

Elle est répandue dans. tout l'archipel des Açores, en compagnie des Hamacantha 
précitées. 

Elle se rapporte certainement à l'espèce Hamacantha implicans, récemment 
établie par Lundbeck (4©, p. 104, pi. v, fig. 6-9 et pi. xix). Cependant, elle s'en 
distingue par deux caractères qui n'ont point été notés chez les H. implicans typiques, 
provenant de la région comprise entre le détroit de Davis et le détroit de Danemark. 

Tous les spécimens des Açores possèdent des trichodragmates de deux sortes, 
sans intermédiaires : les uns, composés de rhaphides grêles (PI. xvi, fig. 1 dj droits, 
longs de 120 \i.; les autres, formant des paquets de mieroxes fusiformes (PI. xvi, 
fig. 1 e), longs de 45 [/., épais de 2. Ces faisceaux de mieroxes, parfois très nombreux, 
sont toujours assez abondants pour attirer l'attention. Il est invraisemblable qu'ils 
aient échappé à Lundbeck. Ils se mêlent, d'ailleurs, aux trichodragmates ordinaires. 

D'autre part, chez tous les spécimens des Açores, les mégasclères qui assurent 
l'hispidation de la surface générale du corps subissent une intéressante modification : 
ce sont, typiquement, des styles, comme le reste des mégasclères ectosomiques, mais 
ils émoussent complètement leur pointe saillante au dehors et se couvrent, du côté 
distal, de rugosités serrées, sur une étendue qui varie entre le dixième et les deux 
tiers de leur longueur totale (PI. xvi, fig. 1 a, 1 d). D'après la description et les dessins 
de Lundbeck, une telle différenciation des spicules d'hispidation ne se produirait pas 
chez les Hamacantha implicans septentrionales. 

La constance et la simultanéité de ces deux caractères chez les spécimens des 
Açores semblent indiquer qu'on se trouve en présence d'une variété qualifiable de 
H. implicans. 



— 222 — 

Pour le reste, on retrouve chez ces Hamacantha tout ce que Lundbeck a dit de 
H. implicans, une peau épaisse, feutrée, plus ou moins hispide suivant les individus, 
des papilles coniques, souvent foncées et même noires, selon la coloration, également 
variable, du choanosome, des styles forts mais très inégaux, des fibres squelettiques 
polyspiculées et longues, des diancistres de grande taille (200 [j. et plus) souvent 
groupés en rosettes, enfin des trichodragmates excessivement abondants. 

Les diancistres ressemblent assez à ceux de Hamacantha Johnsoni. Ils sont 
cependant courbés en leur milieu, ce qui se voit rarement ailleurs (je les ai trouvés 
tels chez une H. JohnsoniJ. Le bord tranchant de leur tige présente généralement 
une échancrure très nette (PI. xvi, fig. 1 b). Cette échancrure est à peine indiquée sur 
les diancistres d'un spécimen de la station 866 (PL xvi, fig. 1 c). 



Hamacantha intégra, n. sp. 

(PI. xvi, fig. 4) 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 793™. Dans le sud auprès de Terceira. 
Un spécimen. 

L'Eponge couvre le bout d'un fragment macéré de Macandrewia a\orica d'une 
plaque arrondie, large de i5 mm , épaisse de 5 mm à 6 mm en son centre. 

Sa surface, finement hispide, se soulève en trois ou quatre papilles exhalantes, 
coniques, contractées, noirâtres au sommet. Les orifices inhalants sont invisibles. 

L'ectosome, gris sale, constitue une peau relativement épaisse (o mm 2 environ), 
très spiculeuse, lâchement adhérente au choanosome. Celui-ci, très caverneux, con- 
tient dans ses parties profondes, au voisinage du support, une grande quantité de 
corps étrangers, particules vaseuses, spicules divers, squelettes de Radiolaires, etc. 

Des styles lisses, abondants, enchevêtrés sans ordre dans le sens tangentiel 
suivant toute son épaisseur, servent de soutien à l'ectosome. Des strongyles à bout 
distal rugueux, plus ou moins verticaux, le traversent, dépassent sa surface, le ren- 
dent hispide et jouent le rôle de spicules défensifs. 

La charpente choanosomique, composée de styles lisses, consiste en fibres poly- 
spiculées sans spongine, longues, çà et là anastomosées, supportant une chair 
noirâtre. 

Les microsclères, d'une seule sorte, parsèment la chair autour des fibres et 
occupent, en nombre restreint, la face interne de l'ectosome. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1 . Styles lisses (PI. xvi, fig. 4 bj, droits ou légèrement 
courbés, à base arrondie, parfois un peu renflée, à tige fusiforme, à pointe brève, 
de taille variable, oscillant entre 35o et 65o[/.. Ceux qui composent les fibres choano- 
somiques atteignent les plus grandes dimensions et mesurent i3 à i5ja d'épaisseur. 
2. Exotyles (PI. xvi, fig. \a) localisés dans l'ectosome, dressés, assez longuement 
saillants au dehors, lisses du côté proximal, par lequel ils s'implantent dans le feu- 
trage de styles, légèrement amincis dans leur portion distale et finement rugueux de 



— 223 

ce côté sur un quart ou sur un tiers environ de leur longueur totale, qui varie, en 
moyenne, entre 5oo et 53o p.. 

II. Microsclères : 3. Diancistres d'une seule sorte (PI. xvi, fig. 4CJ, gros et 
courts (75 à 90 fA seulement), de forme assez spéciale, courbés, avec leur bord tran- 
chant sans échancrure médiane (d'où le nom de l'espèce) et avec des crochets très 
robustes, écartés beaucoup de la tige. 

Un spécimen de Hamacantha intégra avait été recueilli aux Açores par Y Hiron- 
delle, pourvu seulement de styles et de diancistres, et non pas d'oxes comme il a 
été dit par erreur (34, p. 87). J'avais figuré un de ses diancistres à un faible grossisse- 
ment (•? 4, pi. vu, fig. 5dJ. Sa provenance exacte n'a pas été notée, mais il suffit de 
remarquer que toutes les stations où YHirondelle avait dragué des Hamacantha 
sont éloignées de celle où le second spécimen a été trouvé. 

Par ses caractères extérieurs et par sa structure, Hamacantha intégra affecte une 
ressemblance frappante avec H. implicans. Comme elle ou, plus exactement sans 
doute, comme la variété a\orica de cette espèce, elle défend sa surface au moyen de 
styles modifiés en des exotyles à bout distal rugueux. Mais elle s'en distingue par 
l'absence de rhaphides et de microxes, par la forme particulière et la taille très 
inférieure de ses diancistres, par ce fait encore que ses diancistres ne se disposent 
jamais en rosettes. 

Hamacantha clavissepta, Topsent 

(PI. xvi, fig. 5 et PI. xvin, fig. 7) 

1896. Potfiella clavisœpta, Topsent (84), p. 147. 

Campagne de i8g5 : Stn. 568, profondeur 55o m . Un spécimen. — Stn. 578, pro- 
fondeur 1 i65 m . Deux spécimens. Sur des pierres. 

Campagne de 1896: Stn. 702, profondeur i36o m . Trois spécimens sur des frag- 
ments de Polypiers. 

L'étude que nous venons de faire de Hamacantha implicans var. a\orica et de 
H. intégra nous a préparés à celle de H . clavisœpta. Il n'est plus possible de consi- 
dérer cette Eponge comme représentant à côté des Hamacantha un genre à part que 
caractériseraient ses exotyles ectosomiques. Le fait que, dans les H. implicans 
septentrionales, les mégasclères dressés à la surface de l'ectosome restent des styles 
non différenciés, empêche même de maintenir le genre Po\\iella comme un sous- 
genre réservé aux Hamacantha pourvues d'exotyles. 

Po\\iella clavisœpta nous apparaît dès lors comme une Hamacantha remarquable 
par ses exotyles hautement différenciés et par ses diancistres d'une forme et d'une 
taille inaccoutumées. 

C'est, extérieurement, une Eponge assez semblable à Hamacantha implicans. 
Elle s'étend en plaques grises ou noirâtres, d'épaisseur médiocre. Son choanosome, 
très caverneux, a pour charpente des fibres longues, polyspiculées, sur lesquelles 
s'attache la chair, blanche ou brune, suivant les cas. Son ectosome est une membrane 



224 — 

opaque, finement veloutée, aisément détachable par grands lambeaux; il est soutenu 
par un épais feutrage de styles tangentiels sur lequel les exotyles s'implantent en rang 
serré. Les orifices sont rares, sous forme de papilles surélevées (PI. xvm, fig. jpj. 

Spicules. — I. Mégasclères : i. Styles (PI. xvi, fig. 5aJ droits ou légèrement 
courbés, minces sur une bonne longueur dans leur partie basilaire, puis fusiformes et 
terminés en pointe brève. Inégaux, ils varient entre 275 \j. sur 8 à 10 et 56o \l sur i3 
à i5. Les plus robustes composent les fibres choanosomiques; ils se groupent en 
tournant tous leur pointe dans le même sens, vers le haut dans les fibres ascendantes. 
2. Exotyles ectosomiques (PI. xvi, fig. 5 bj, droits ou légèrement flexueux, longs de 
21 5 à 225 (j., à tige lisse, amincie du côté proximal, renflée du côté distal en une tête 
globuleuse, épaisse de i5 à 20 p. et couverte de petites verrucosités. Ce sont des styles 
modifiés; leur base amincie, qui s'implante dans le feutrage spiculeux de l'ectosome, 
n'a subi aucun changement; leur pointe s'est, au contraire, à la fois abrégée et dilatée, 
se transformant de la sorte en une masse qui correspond à la longue portion rugueuse 
des exotyles de Hamacantha intégra et de H. implicans a\orica. Par suite de cette 
condensation, les exotyles de H. clavisœpta sont, comparativement aux styles, beau- 
coup plus courts que ceux des autres espèces. 

II. Microsclères : 3. Diancistres (PI. xvi, fig. 5 c) de très grandes dimensions et 
tous sensiblement de même taille, longs de 450 p. environ, à crochets toujours bien 
marqués, à tige lisse, en C, épaisse de i5 à 17^, constamment dépourvue d'échan- 
crure en son centre et de lame tranchante sur son bord interne. Très nombreux, ils 
se disposent par paquets de trois à cinq et s'attachent à l'aide de leurs crochets le long 
des fibres choanosomiques. Leur forme met fin à toute discussion sur le point de 
savoir si les diancistres des Hamacantha dérivent du sigmate ou de l'isochèle : toutes 
les Hamacantha connues se montrent dépourvues de chèles. 4. Sigmates (PI. xvi, 
fig. 5dJ très arqués, en U, à pointes rentrantes, non dentées ; ils mesurent 90 à 100 p. 
de corde 'et 4 à 5p d'épaisseur; assez nombreux dans le choanosome. 5. Sigmates 
(PI. xvi, fig. 5 e) plus ouverts et plus grêles, longs de 25 à 35;/., épais de ip. seulement; 
assez nombreux dans l'ectosome. 

Hamacantha clavisœpta ne doit pas être rare aux Açores. Elle y a été recueillie 
par des profondeurs comprises entre 55o m et i36o m , dans des localités éloignées les 
unes des autres (au voisinage de Flores et de Sâo Miguel). 



Genre Stylotella, Lendenfeld 

Stylotella Jullieni, Topsent 

Cette Eponge, probablement littorale, n'a pas été retrouvée par la Princesse- 
Alice. Elle portait primitivement le nom de Stylinos Jullieni (Ï4, p. 137), mais, j'ai 
reconnu depuis (33, p. 10) que mon genre Stylinos tombe en synonymie devant le 
genre Stylotella Lendenfeld (3», p. i85). 



225 

Dendy (19, p. 23i) se refuse à admettre le genre Slylotella et le fond dans le 
genre Hymeniacidon. Je crois qu'il suffit de regarder le dessin de la charpente de 
Stylotella Jullieni (7 4L, pi. vu, fig. 1 1) pour rejeter une telle opinion. Il serait d'ailleurs 
extraordinaire que, sans nous être concertés, nous eussions pratiqué, Lendenfeld et 
moi, exactement dans le même sens une coupure générique, si elle eût été de nulle 
nécessité. 

D'après le groupement de leurs mégasclères, les Stylotella se rattachent à mon 
sens auxEsperellinœ. Il est vrai qu'elles ne possèdent pas de chèles, mais nous savons 
que les Joyeuxia (p. 2o5) n'en sont pas constamment pourvues. 



Genre Desmacella, Schmidt 
Desmacella inornata, (Bowerbank) 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 7g3 m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 20o m . Un spécimen. 

De ces deux spécimens, le premier, gris noirâtre, s'étend en plaque épaisse et 
large sur un Polypier ; le second, jaunâtre, détaché de tout support, est massif, haut 
de 28 mm , large de 28 mm , épais de i4 mm . 

Tous deux sont fort endommagés, dépouillés de leur ectosome sauf, pour le 
spécimen en plaque, en des points du corps particulièrement à l'abri du frottement. 

Chacun d'eux possède un oscule, apical dans le spécimen dressé, latéral dans 
l'autre. Il s'agit d'orifices larges à bords membraneux, irrégulièrement frangés. 

Leur masse, spongieuse, a une consistance assez molle. 

L'ectosome forme une membrane mince, transparente, spiculeuse, détachable 
par lambeaux, soutenue par des tylostyles tangentiels, solitaires, dessinant par leurs 
entrecroisements un réseau confus. 

La charpente du choanosome se compose de lignes ascendantes longues etpoly- 
spiculées et de lignes obliques paucispiculées et brèves. Elle prend, de la sorte, un 
aspect fibreux rappelant la comparaison de Bowerbank avec « a mass of tow wetted » 
(4, vol. 11, p. 272). 

Des cellules sphéruleuses assez grosses, à sphérules brillantes, jaunes, abondent 
par groupes dans les membranes. 

Les tylostyles, mesurant pour la plupart i mm environ sur i5 à 1 8 [x, d'ailleurs 
fort inégaux, sont fusiformes, courbés, avec une tête bien marquée, de forme 
variable. 

Les sigmates, nombreux, droits ou contournés, mesurent 20 à 3o;/. de corde. 

La forme et la taille des tylostyles, l'irrégularité du corps, la fasciculation du 
squelette sont les caractères auxquels je crois reconnaître en ces Eponges Y Halichon- 
dria inornata de Bowerbank. 



— 226 — 

J'avais déjà pensé trouver cette espèce dans les collections de S. A. le Prince de 
Monaco, mais la détermination des spécimens de VHirondelle (?4L, p. 80) me laisse 
des doutes sérieux. Celle des spécimens ici décrits est elle-même loin de me satisfaire 
complètement. Il s'agit, en tout cas, à cause de la fasciculation de leurs spicules, de 
représentants du genre Desmacella et l'hésitation ne me semble permise, parmi les 
espèces connues de ce genre, qu'entre YHalichondria inornata de Bowerbank et ma 
Desmacella vulgaris (95, p. xx), qu'il serait utile de comparer entre elles de très près. 



Genre Biemma, J.-E. Gray 
Biemma rosea, (Fristedt) Lundbeck 

(PI. XVII, fig. 10) 

1892. Biemma Daut^enbergi, Topsent (94), p. 83. 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur n65 m . 

Campagne de 1902 : Stn. i3ii, profondeur 1187™. — Stn. 1349, profondeur 
i25o m . 

C'est toujours par des profondeurs assez considérables (de u65 m à i384 m ) que 
cette Eponge a été recueillie aux Açores au cours des campagnes de S. A. le Prince 
de Monaco. On sait par Fristedt (Si, p. 440) et par Lundbeck (416, p. 85) qu'elle 
remonte à un niveau beaucoup plus élevé, jusqu'à 125 brasses seulement, dans les 
eaux du Groenland et de l'Islande. 

Lundbeck a bien voulu appeler mon attention sur la ressemblance de ma 
Biemma Daut^enbergi avec la Desmacella rosea de Fristedt. L'aspect du spécimen 
type de cette dernière (SI, pi. xxvm, fig. i3) paraît différer beaucoup de celui des 
spécimens de Y Hirondelle (S4, pi. ni, fig. 5), mais Lundbeck a eu l'avantage de 
voir un fragment de l'original et de se faire une idée sans doute exacte de l'espèce de 
Fristedt. Je n'éprouve aucune difficulté à reconnaître aux échantillons qu'il m'a 
communiqués que mes Biemma Daut^enbergi appartiennent à la même espèce que 
les Eponges de Y Ingolf Expédition par lui déterminées Biemma rosea (Fristedt). 

Des nouveaux spécimens recueillis aux Açores par la Princesse-Alice, ceux de 
la station 578, celui de la station 1 3 1 1 et une partie de ceux de la station 1349 affec- 
tent la forme déjà décrite de plaques libres, fragiles et par suite fragmentées, assez 
minces (2 mm à 5 mm ), légèrement concave-convexes. Leurs deux faces se percent 
d'orifices de faible diamètre, nombreux, presque équidistants, qui se correspondent 
directement à travers le corps, de telle sorte que, entre l'œil et une source lumineuse, 
ces plaques apparaissent criblées de part en part. Les orifices de la face concave, un 
peu plus petits que ceux de la face convexe, ne laissent passer qu'une eau tamisée 
par l'ectosome et jouent vraisemblablement le rôle de pores. Ceux de la face 



— 227 — 

convexe, nus, inégaux, représentent les oscules. Lundbeck fait mention d'un frag- 
ment (46, pi. vi, fig. 2), qui paraît correspondre à la partie centrale d'une de ces 
Eponges, où beaucoup d'orifices de la face convexe atteignent même un diamètre 
relativement considérable. Ces Biemma aplaties sont donc bifaciales. 

Les autres spécimens, de la station 1349, se moulent sur des Amphihelia en des 
plaques irrégulières de quelques millimètres d'épaisseur. Leur unique face libre, 
parfois sans orifices apparents, se perce ordinairement de plusieurs petits trous béants 
qui peuvent servir à l'exhalation. 

Le nom spécifique de Biemma rosea n'a pas été d'un choix heureux, car l'Eponge 
se montre de couleur fort variable. Fristedt l'a trouvée d'un beau rose dans l'alcool. 
Lundbeck l'a vue varier du jaune au brun dans les mêmes conditions. Les spécimens 
de Y Hirondelle et ceux en plaques libres des stations i3ii et 1349 ont une teinte 
voisine de Yolivaceus de Saccardo, avec un peu moins de jaune que le modèle de la 
Chromatoxie de cet auteur. D'autres, de même forme, de la station 578, sont brunâtres. 
Une plaque longue de plus de 8 cm et large de 4 cm à j cm , étendue sur une base d' Amphi- 
helia de la station 1349, présente uniformément la nuance ater. Plusieurs, enfin, de 
la même station, également fixées sur des Polypiers, sont d'un noir intense (nigerj 
dans toutes leurs parties. 

Lundbeck, indiquant, en note, que tous les fragments provenant d'une station 
de V Ingolf Expédition étaient presque complètement noirs, se demande si cette teinte 
appartient en propre à la Biemma. Pour moi, le doute n'est pas permis. J'ai cherché 
en quoi consistent toutes ces variations et j'ai constaté partout l'abondance dans les 
tissus, jusqu'à la surface, de petites cellules arrondies ou ovales, de 8 à 10 \l de dia- 
mètre seulement, chargées de fins granules qui, suivant les cas, apparaissent au 
microscope jaunes, orangés, gris ou noirs (PI. xvn, fig. 10 cj. La coloration générale 
du corps dépend certainement du pigment des cellules en question, pigment qui, 
tout au moins dans le cas des spécimens noirs, où cela est particulièrement facile 
à apprécier, diffuse, imprègne toutes les parties molles et leur communique, atténuée, 
une teinte identique à la sienne. 

Biemma rosea ne possède de belles cellules sphéruleuses qu'en nombre très 
restreint. Leur recherche exige souvent un peu de patience et ce n'est guère que dans 
les parties profondes du corps qu'on réussit à les découvrir. 



Biemma Grimaldii, Topsent 

(PL xvn, fig. 9) 

Campagne de 1895: Stn. 602, profondeur i23o m . Un fragment. — Stn. 616, 
profondeur 1022™. Deux plaques noirâtres, libres. 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . Une grande plaque blanche sur 
un Polypier. — Stn. 866, profondeur 5g9 m . Trois petites plaques libres, rosées, et 



— 228 — 

quatre plaques libres, noirâtres, dont l'une mesure 14™ de longueur, i3 cm de largeur 
et 5 mm à i5 mm d'épaisseur. 

Toutes ces Eponges, comme celles de Y Hirondelle (941, p. 81, pi. iv, fig. 1-4), 
affectent la forme de plaques bifaciales, assez fermes, légèrement concavo-convexes, 
avec les pores en groupes sur la face concave et les oscules larges et espacés sur la 
face convexe. 

Leur couleur, aussi peu fixe que celle de Biemma rosea, varie dans les mêmes 
tons. 

Elles sont riches dans toutes leurs parties, et cela jusqu'à la surface, en cellules 
sphéruleuses de grande taille, diversement étalées, larges, à l'état de contraction, de 
20 à 25 p. et composées de sphérules arrondies, brillantes, atteignant 3p.de diamètre 
(PI. xvii, fig. gcj. Blanches dans les spécimens incolores, ces sphérules offrent au 
microscope une teinte variable dans les autres cas, orangée dans les individus rosés, 
grise dans les plaques noirâtres. 

Les tylostyles ont, en général, la tête plus ronde que ceux de l'espèce précédente. 

Biemma corrugata, (Bowerbank) Gray 
Voir 94, p. 81, pi. ix, fig. 17. 



Famille HAPLOSCLERID^E, Topsent 

1. Sous-Famille Gelliin^e, Ridley et Dendy 

Genre Oceanapia, Norman 

Oceanapia robusta, (Bowerbank) Norman 
(PL v, fig. i5 et 16) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Plusieurs beaux fragments. 

Par communication réciproque de fragments d'échantillons, nous sommes 
tombés d'accord, Lundbeck et moi, sur ce fait que les Eponges de YHïrondelle 
par moi décrites en 1892 (941, p. 78), sous le nom de Gelliodes cavicornis, représentent 
simplement des fistules brisées d' Oceanapia robusta. A vrai dire, l'idée m'en était 
venue autrefois, mais je l'avais écartée à cause des dimensions (o mm o38 sur o mm oo32) 
que Ridley et Dendy assignaient aux sigmates de O. robusta (54, p. 37). Or, d'après 
tout ce que Lundbeck a pu voir, l'Eponge ainsi désignée par ces auteurs paraît être 
différente de celle qui nous occupe. 

La Princesse-Alice a recueilli de nouveau Oceanapia robusta aux Açores, 
sous forme de fistules isolées, longues de 5 cm à 9 cm . Le spécimen ici figuré (PI. v, 



— 22g — 
fig. i5) est le seul qui m'ait montré une portion du corps même de l'Eponge. Son 
ectosome s'était détaché en une large plaque qui a été dessinée à part (PI. v, fig. 16). 
Cette fois, les oxes mesurent 260 p. sur 11; les sigmates ont, comme d'habitude, 
environ i3[ide corde. 

L'étude très documentée de cette espèce ancienne, publiée l'an dernier par 
Lundbeck (46, p. 78) me dispense d'entrer dans des détails à son sujet. 



Genre Gelliodes, Ridley 

G-elliod.es fayalensis, Topsent 

Campagne de 1897 : Stn. 882, profondeur 98™. 

Cinq spécimens, fixés les uns sur des coquilles, les autres sur des conglomérats 
de Bryozoaires et de Mélobésies. Us sont conformes à la description de ceux des 
collections de YHirondelle (34, p. 78, pi. m, fig. i3 et pi. ix, fig. 11). Ils provien- 
nent encore du détroit entre Pico et Fayal. 



Gelliodes tiifacialis, n. sp. 

(PI. v, fig. 17 et PI. xvn, fig. 16) 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . (Pointe orientale de Pico). Un 
spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200™. (Banc de la Princesse-Alice). Un 
spécimen. 

Les deux spécimens ont entre eux une ressemblance parfaite et la forme qu'ils 
affectent est si particulière qu'on peut sans crainte les considérer comme représentant 
une espèce à caractères extérieurs nettement déterminés. Provenant de localités assez 
distantes l'une de l'autre, ils nous apprennent que cette espèce est répandue dans 
l'archipel des Açores et s'y tient à différents niveaux. 

Ce sont des Eponges dressées, simples, atténuées en bas en un pédicelle fibreux, 
puis graduellement élargies. Leur portion spongieuse figure une lame à bords 
arrondis, plan-convexe, ou mieux, légèrement concavo-convexe, épaisse de 2 mm 
environ sur toute sa hauteur. Des deux faces, l'une est porifère, l'autre osculifère. 
Ronds ou ovales, assez larges (près de i mm ), béants et à peine marginés, les oscules se 
percent de place en place sur la face convexe, tandis que des pores irréguliers, de 
mm 2 £ mm ^ ^e diamètre, visibles comme de petites taches sombres par transparence 
de l'ectosome, criblent la face opposée. 

La surface demeure partout lisse. La consistance est élastique, assez ferme. La 
couleur varie du gris jaunâtre au jaune ocracé. 



— 23o — 

Le spécimen de la station 899, celui qui a été figuré (PL v, fig. 17) mesure 5o mm 
de hauteur et j mm de largeur maxima ; son bord supérieur, un peu fruste, est seul 
endommagé. L'autre, un peu plus grand, haut de 6i mm , large de 9"™ 5, a souffert 
davantage ; il est presque déchiré en deux vers le milieu de sa longueur. Aucun d'eux 
n'a été obtenu avec son support, mais leur pédicelle, résistant, permet de supposer 
que leur base d'insertion devait être étroite. 

L'ectosome, sur la face exhalante, est constitué par une mince pellicule anhiste 
que supportent des oxes tangentiels assez serrés, entrecroisés un par un en un réseau 
à mailles étroites et tout à fait irrégulier. Ce revêtement se prolonge sur le pédicelle. 
Du côté inhalant, la membrane ectosomique n'a d'autre soutien que des bouquets de 
spicules qui terminent les lignes rayonnantes du squelette. 

Le choanosome est sur toute sa longueur parcouru par des fibres spiculeuses 
ascendantes qui, formant la continuation de celles du pédicelle, sont seulement plus 
grêles et plus écartées les unes des autres en haut qu'en bas et comptent encore au 
sommet du corps cinq à dix oxes de front. Sur ces lignes primaires s'appuie un sys- 
tème grossièrement réticulé de lignes unispiculées. 

Les corbeilles vibratiles n'ont que 20 a 2.3 |x de diamètre. Les cellules sphéru- 
leuses, jaunes, brillantes, sont aussi de faibles dimensions (6à8(*); elles n'existent 
qu'en petit nombre. 

Il s'établit des liens de spongine un peu partout, le long des fibres et aux entre- 
croisements des spicules, mais ces liens n'ont quelque consistance que dans les régions 
inférieures du corps, où ils deviennent jaunâtres. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes (PI. xvn, fig. 16 a), courbés, fusiformes, à 
bouts acérés, longs de 25o à 290^, épais de 9 à 12. 

II. Microsclères : 2. Sigmates en C (PI. xvu, fig. 16 bj, grêles (1 [/.), assez grands 
(37 à 45 \j. de corde), abondants. 

Gelliodes, sp. 

Campagne de 1895 : Stn. 553, profondeur i385 m . Une base. 

J'ai lieu de croire ce Gelliodes nouveau pour la science mais je m'abstiens de 
lui donner un nom spécifique parce que je n'en puis prendre qu'une connaissance 
très incomplète. Il n'est, en effet, représenté dans la collection que par un pédicelle 
gris jaunâtre, très ferme, subcylindrique, long de 5 cm , épais de 7 mm , arqué, sans 
support. 

Un ectosome spiculeux, réticulé, lisse, le revêt encore sur ses deux tiers infé- 
rieurs. Vers le haut, ses fibres, robustes (o mm 5 à o mm 7 de diamètre), brisées net, se 
trouvent à nu; d'abord tordues comme les torons d'un câble, elles se mettent à 
diverger et manifestent une tendance à se disposer sur un même plan, ce qui laisse 
supposer que le corps de l'Eponge devait être aplati, en lame ou en oublie. 

Les spicules sont des oxes un peu courbés, à pointes bien formées mais peu 



— 23l — 



acérées, longs de 3oo à 340^, épais de i3 à i5, et des sigmates en C à tige droite dans 
sa région moyenne, comme chez Gelliodes consimilis Lundbeck (46, p. 77, pi. xiv, 
fig. 6eJ, assez grêles et mesurant 24 à 35^ de corde. 



Genre Gellius, J.-E. Gray 

Gellius angulatus, (Bowerbank) Ridley et Dendy 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349™. Deux spécimens. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200 m . Six spécimens. 

Forme massive, variable. Ectosome lisse, réticulé. Squelette en réseau confus, 
unispiculé. 

Dans les spécimens de la station 899, les oxes, plus longs que d'habitude, mesu- 
rent 53o à 55o(J!. sur 9 à i3. Les dimensions des microsclères ne s'y écartent cependant 
pas de celles notées par Ridley et Dendy (54, p. 45). Les toxes, brusquement coudés 
au centre, à bouts récurvés, ont 73 (/. de corde, et les sigmates, grêles, en C, 17^.. 

V Hirondelle (S4, p. 76) et la Princesse-Alice n'ont recueilli Gellius angu- 
latus aux Açores que dans des eaux assez peu profondes (entre i3o m et 349 m ). Cepen- 
dant, d'après Ridley et Dendy, le Challenger l'aurait rencontré dans ces parages 
par 45o brasses de profondeur (8ig m ). 

Gellius fibulatus, (O. Schmidt) Ridley 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 200 m . Un spécimen. 
Les oxes mesurent 340^ sur 10 et les sigmates, grêles, en C, ont 3o à 33ja de 
corde. 

Gellius flagellifer, Ridley et Dendy 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur u65 m . Un fragment sur un Polypier. 
— Stn. 584, profondeur 845 m . Un tout petit fragment adhérent à Esperella fascifibula. 

Campagne de 1896 : Stn. 702, profondeur i36o m . Un fragment sur un Polypier. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i2 5o m . Un spécimen entre les branches 
d'un Polypier. 

Dans l'échantillon de la station 584, les sigmates, de deux sortes, sont, de 
nombre, de formes et de dimensions, conformes aux descriptions de Ridley et Dendy 
(54, p. 42) et de Lundbeck (4©, p. 72), mais les oxes demeurent plus faibles que de 
coutume (335 à 345 p. sur 8 à 10). Je n'ai pu me rendre compte de la façon dont ces 
derniers étaient agencés, tant le fragment était petit. 

Le spécimen de la station 1349 a pour charpente un réseau irrégulier, unispiculé. 



— 232 — 

Ses oxes mesurent 620p. sur 20. Ses sigmates flagellés ont 1 i8|t de corde. Ses sigmates 
simples, nombreux, varient entre 3o et (souvent) 80 p. Sa spiculation robuste con- 
traste donc avec la délicatesse relative de sa charpente. 

Ce contraste s'accentue encore dans les fragments des stations 578 et 702, qui 
sont très mous, à réseau uniformément unispiculé et dont les oxes mesurent 65o à 
680 (/. sur 18. Ici, les sigmates flagellés, à. corde longue de gop, sont assez peu 
nombreux et comme suppléés par de grands sigmates de la forme simple, dont la 
corde mesure i35(i environ. La taille des sigmates simples descend à 35 y.; elle est 
souvent de 55 à 60 [/.. 

La chair du Gellius flagellifer de la station 1349 m'a présenté en abondance deux 
sortes distinctes de cellules sphéruleuses : les unes, incolores, grosses (20 [/.), à sphé- 
rules brillantes de 2 à 3(* de diamètre; les autres, jaunes, plus petites (8 à iOf/.), à 
sphérules réfringentes mais ne dépassant guère i[*. Ces deux sortes de cellules existent 
avec les mêmes caractères dans les Gellius des stations 578 et 702, ce qui démontre 
que, malgré des différences notables dans leur spiculation, les spécimens précités 
appartiennent bien à une même espèce. 

Les comparaisons qui précèdent nous font voir en Gellius flagellifer Ridley et 
Dendy une Eponge dont le squelette est susceptible de variations assez grandes. Il est 
possible, par suite, que Gellius porosus Fristedt n'en soit pas spécifiquement distinct. 

De l'avis de Lundbeck (41®, p. 74), le Gellius du Caudan que j'ai déterminé 
G. flagellifer (88, p. 280) se rapporterait plutôt à G. porosus Fristedt. Cette critique 
paraît fondée, dans l'état actuel de nos connaissances, les sigmates simples étant, en 
effet, peu nombreux dans l'Eponge en question. Mais ils y existent, et cela doit nous 
tenir en garde. Ils y existent sans se confondre avec les sigmates flagellés dont les 
formes grêles se trouvent présentes dans ce même spécimen, linéaires, avec une corde 
de 22 [x seulement. Je ferai en outre observer que la charpente de Gellius flagellifer 
ne se compose pas d'une manière constante de fibres polyspiculées, ce qui diminue 
encore les différences admises entre les deux espèces. 



? Gellius macrosigma, Topsent 

S'agit-il vraiment d'un Gellius? J'en doute car sa structure et sa spiculation sont 
assez particulières. Ses tylotes sont polytylotes et se disposent par faisceaux polyspi- 
culés. La présence dans une préparation ancienne de quelques acanthostyles très 
simples, longs de ioo;/., m'ayant suggéré l'idée que l'Eponge pourrait bien être encore 
une Leptosia sans isochèles, j'ai soumis le spécimen type à un nouvel examen, mais 
sans y découvrir en place d'autres spicules que ceux que j'ai décrits (S4, p. 77, 
pi. ix, fig. i3). 



— 233 - 



Genre Rhaphisia, Topsent 

Rh.aph.isia spissa, Topsent 

(PI. i, fig. 8 et PI. xvn, fig. 18) 

1892. Thrinacophora? spissa, Topsent (94), p. 124, pi. vi, fig. 12 et pi. ix, fig. 9. 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . Un spécimen. — Stn. 600, pro- 
fondeur 349™. Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 20o m . Deux spécimens. 

Le spécimen type, recueilli, durant la campagne du yacht V Hirondelle aux 
Açores, en 1888, à la pointe orientale de Pico (Stn. 247, profondeur 3i8 m ), n'était 
qu'un fragment massif, brunâtre, impropre à fournir une connaissance complète tant 
des caractères extérieurs que de la spiculation de cette Eponge. 

A titre provisoire et avec les restrictions indispensables, j'en fis une Thrinaco- 
phora. 

De nouveaux spécimens obtenus aux Açores également par le yacht Princesse- 
Alice, me permettent de combler les lacunes et de rapporter cette curieuse espèce 
au genre Rhaphisia. Disons de suite qu'elle se distingue sans peine de ses congénères 
connues (R. laxa Tops, et R. anonyma (Carter) Dendy) par les détails de sa spicula- 
tion et principalement par la possession de toxes, qui m'étaient d'abord passés 
inaperçus à cause de l'inégalité de leur répartition. 

Le nom de spissa convient bien aux individus les mieux développés; mais on 
constate, au point de vue de la consistance de cette Rhaphisia, des variations indivi- 
duelles fort intéressantes. 

Un spécimen, pris en 1895 (Stn. 597), par 523 m de profondeur, près Prainha de 
Pico, forme sur une grosse branche de Polypier un revêtement étendu, assez épais, 
d'un blanc pur, remarquablement glaireux. Spicules à part, il ressemble beaucoup 
au type de Rhaphisia laxa, de Banyuls (cap l'Abeille). 

Un autre, le plus beau de tous ceux que j'ai vus (PI. 1; fig. 8), dragué au cours 
de la même campagne (Stn. 600) entre Pico et Sâo Jorge, par 349 m , est massif, irré- 
gulier, sans support, long de 48""", large de 28 mm , épais de 5 mm à20 mm ; de couleur 
gris jaunâtre; il aune structure compacte et une consistance assez ferme; on peut 
quand même en déchirer sans le moindre effort des fragments avec une pince fine; il 
n'est visqueux dans aucune de ses parties. 

Deux autres, provenant du banc de la Princesse-Alice, ont été recueillis en 1897 
(Stn. 899), par 200™ de profondeur. Ils s'étalent en plaques larges, assez minces, sur 
des pierres. L'un d'eux est jaunâtre, assez mou et gluant; l'autre est brunâtre, 
visqueux encore, mais de structure moins lâche et un peu plus solide. 

Je n'ai pas observé de cellules sphéruleuses comparables à celles de R. laxa, 



— 234 — 
mais partout j'ai trouvé, comme dans cette Eponge, une substance fondamentale 
claire parsemée d'une multitude de sphérules incolores réfringentes, assez grosses 
(3(a). C'est sans doute à l'abondance relative de cette matière semi-fluide que les spé- 
cimens doivent leur degré variable de viscosité. Elle existe en de telles proportions 
dans celui de Prainha de Pico qu'elle masque totalement la coloration jaunâtre des 
éléments pigmentés du choanosome. 

Quanta la consistance des individus, elle dépend de l'agencement des mégas- 
clères en un réseau irrégulier lâche ou plus ou moins serré, dont les nœuds, dans 
les cas de structure un peu compacte, se renforcent d'un faible lien de spongine 
incolore. 

Le spécimen de la Stn. 600 est le seul dont j'aie pu voir les orifices aquifères, la 
surface des autres se trouvant endommagée ou chargée d'impuretés qui nuisent à 
l'observation. Il a servi de support à plusieurs Eponges revêtantes qui l'ont en partie 
recouvert; mais dans les points où elle est demeurée libre, sa surface se montre lisse 
et tendue d'une pellicule délicate ayant pour tout soutien des trichodragmates extrê- 
mement nombreux qui mesurent en moyenne 70^ de longueur et 3o[x d'épaisseur. 

Cette pellicule représente sans doute l'ectosome, car, en la soulevant on met à 
nu les pores : ils apparaissent comme des ponctuations inégales de o mm 2 à o mm 5 de 
diamètre. 

Il n'existe qu'un seul oscule, orifice béant, large de i mm 5, divisé en deux par 
une cloison interne et situé au sommet d'une éminence conique plus large que haute. 

Le squelette se compose de mégasclères diactinaux, des oxes, et de deux sortes 
de microsclères, des trichodragmates et des toxes d'une forme assez spéciale. 

A ne considérer que le spécimen de Prainha de Pico, il semblerait y avoir uni- 
formité dans le développement des oxes; on n'y rencontre, en effet, dispersés sans 
nul ordre apparent au milieu des tissus clairs et glaireux, que des mégasclères diac- 
tinaux épais et assez grands, plus ou moins courbés, à pointes toujours plus ou moins 
émoussées, tels en un mot que ceux dont j'ai donné la figure en 1892. 

Mais ailleurs on découvre vite, en outre de ces oxes, qui sont de beaucoup les 
plus nombreux, des oxes très grands et très gros, fortement courbés, à pointes 
acérées, qui constituent dans le réseau spiculeux irrégulier quelque chose comme les 
grandes lignes de la charpente, et aussi, çà et là, sans situation définie, quelques oxes 
plus faibles, également à pointes acérées. 

Les trichodragmates sont répandus partout à profusion. Quant aux toxes, ils ont 
une distribution capricieuse, abondant dans certaines régions périphériques ou 
centrales, manquant tout à fait dans d'autres, au point que j'avais d'abord méconnu 
leur existence et que j'ai dû multiplier les préparations pour me convaincre de leur 
constance. 

Spicules. — I. Mégasclères : 1. Oxes. Dans les échantillons les plus favorables, 
ils se répartissent en trois catégories : de grands oxes à pointes acérées atteignant et 
dépassant i mm de longueur et 40 \l d'épaisseur; des oxes moyens, les plus nombreux, 



— 235 — 

à pointes émoussées, variant de 400 p sur i5 à 600 p. sur 25 ; enfin des oxes relative- 
ment grêles, longs de 3oo à 400 [/., épais seulement de 5 à 8. 

II. Microsclères : 2. Trichodragmates composés de rhaphides très fins en faisceaux 
compacts. Il y en a trois catégories : les uns, grands, extrêmement abondants et 
dispersés en tous sens dans le choanosome, mesurent 110 à 160 \l de longueur sur 
10 à 12 \j. d'épaisseur; les autres, moyens, soutenant en nombre considérable la pelli- 
cule ectosomique, mesurent 70 \j. de long sur 3o de large ; d'autres enfin, petits, épars 
un peu partout, n'ont que 20 à 3o(/., sur 7 à 8 [a. 3. Toxes (PI. xvu, fig. 18). Ce sont ici 
des spicules à tige épaisse, coudée une fois seulement, à branches droites et acérées, 
longues de 1 3o [/., larges de 7 ; ces branches sont le plus souvent écartées, à angle obtus, 
et l'envergure mesurée entre les deux pointes atteint jusqu'à 220 p., mais quelquefois 
elles se rapprochent bien davantage. La grosseur et la direction rectiligne de leurs 
branches donnent à ces toxes un aspect inusité. 

La découverte de toxes chez une Rhaphisia m'engage, malgré la critique de 
Dendy (IS, p. 256), à maintenir ce genre auprès des Gellius, où je l'ai placé lors de sa 
création; les Rhaphisia pourraient presque être considérées comme des Gellius à 
rhaphides et sans sigmates. 



2. Sous-Famille Renierin^e, Ridley et Dendy 
Genre Phlœodictyon, Carter 

Phlœoçlictyon fistulosum, (Bowerbank) 
(PI. m, fig. 6 et PL xvu, fig. 12) 

1873. Desmacidon fistulosa, Bowerbank (5), p. 19, pi. iv, fig. 7, 8. 

1882. Desmacidon fistulosa, Bowerbank, Carter (1£), p. 121. 

1884. Rhi^ochalina fistulosa, Bowerbank, var. infradensata, Ridley (53), p. 420. 

1887. Rhi^ochalina fistulosa, (Bowerbank) Ridley et Dendy (54), p. 32, pi. vm, fig. 2 et pi. ix, fig. 4. 

1892. Rhi^ochalina fistulosa, (Bowerbank) Ridley, Topsent (W4), p. 73, pi. 1, fig. 3. 

L'examen des types de Rhi^ochalina oleracea et R. carotta Schmidt, déposés dans 
le musée de Copenhague, lui ayant montré que ces Eponges appartiennent à la 
famille des Chalininœ, Lundbeck (4G, p. 56) a reconnu la nécessité de reprendre le 
genre Phlœodictyon de Carter et de lui rapporter plusieurs espèces qui, par Ridley 
ou d'après lui, avaient été inscrites à tort dans le genre Rhiçochalina. Les Desmacidon 
fistulosa Bowerbank et Rhi^ochalina putridosa Ridley et Dendy doivent être comprises 
dans cette réforme. 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349™. Fistules détachées. 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . Fistules détachées. 

Les spécimens de Phlœodictyon fistulosum recueillis par Y HIRONDELLE étaient 
de jeunes individus à fistules assez grêles et fragiles. La Princesse-Alice n'a 



— 236 — 

obtenu que des fistules détachées, mais plusieurs d'entre elles sont d'une taille 
qui permet de considérer l'Eponge comme capable d'atteindre un grand développe- 
ment : il s'en trouve qui, fort incomplètes, mesurent pourtant n cm de longueur; 
d'autres n'ont pas moins de i2 ram de diamètre; quelques unes demeurent simples; 
beaucoup se ramifient plus ou moins, à des hauteurs variables. 

La forme générale du corps est certainement très semblable à celle de Oceanapia 
robusta (Bowerbank) Norman. 

La couleur de tous les spécimens provenant des Açores est brun clair dans 
l'alcool. Chez tous, l'ectosome (et, par conséquent, la paroi des fistules) abonde en 
cellules sphéruleuses de grande taille (22 ;x de diamètre) à sphérules assez grosses, 
jaunes et réfringentes (PL xvn, fig. 12 cj. 

Sur toute son étendue, l'ectosome est limité par une membrane mince, lisse et 
luisante ayant pour charpente un réseau tangentiel, assez lâche et irrégulier, d'oxes 
pareils à ceux du reste du corps. Ce qui est remarquable, c'est que, constamment, 
sur le corps comme sur les fistules, un réseau secondaire d'oxes beaucoup plus petits, 
renforce les mailles du premier (PI. xvn, fig. 12 0). Un faible lien de spongine incolore 
unit ces deux sortes de spicules à leurs entrecroisements. Quoique cette structure 
s'observe sur tous les spécimens de YHirondelle et de la Princesse-Alice, je ne 
pense pas qu'elle caractérise une variété spéciale de Phlœodictyon fistulosum, car 
Ridley a noté (SS p. 420) quelque chose d'assez semblable chez l'un des spécimens 
australiens de sa Rhi\ochalina fistulosa var. infradensata. Il dit à ce sujet : « The 
dermal membrane of one of the spécimens contains a large number of smooth acerate 
spicules of about half the length and breadth of the proper spicules ; they do not occur 
below the membrane, nor, apparently, in the other spécimen ». Ici non plus, les 
petits oxes ne se retrouvent pas ailleurs que dans la membrane externe de l'ectosome. 
Seulement, leur taille demeure bien plus faible que dans l'Eponge de Ridley, puisque, 
les oxes du réseau principal atteignant couramment 3oo à 33opi. sur 10 à 12, ils ne 
mesurent, eux, que 80 à 100 p. sur 3 à 5. Sur les fistules anciennes, à parois épaisses, 
la membrane externe ainsi constituée se kératinise et se transforme en une cuticule. Il 
arrive alors souvent qu'elle se soulève et se desquame. Les spécimens de YHirondelle 
m'avaient déjà montré (84, p. 74) ce phénomène sur toute leur surface. 

Le reste de l'ectosome consiste en des fibres spiculeuses longitudinales dont le 
nombre et la grosseur varient de la base au sommet des fistules, et qui, par suite, 
donnent à ces organes une épaisseur et une solidité graduellement décroissantes vers 
le haut. 

Aux Açores, Phlœodictyon fistuloswn a été rencontré dans l'est de Graciosa, au 
nord de Pico et sur le banc de la Princesse-Alice, par des profondeurs comprises 
entre 200 m et 454™. 



— 237 — 



PMœodictyon eoriaceum, n. sp. 

(PL v, fig. 21 et 22 et PI. xvn, fig. i5) 

1892. ? Rhiqochalina putridosa, (Lamarck) Ridley et Dendy, Topsent ( i 8'4), p. 74, pi. in, fig. 6. 

Campagne de 1895 : Stn. 597, profondeur 523 m . — Stn. 600, profondeur 349 m . 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. — Stn. 899, profondeur 200™. 

Dans toutes ces stations, des fistules détachées. 

Quoique les oxes, par leur forme et par leurs dimensions, se ressemblent de 
part et d'autre, l'espèce qui nous occupe maintenant est décidément distincte de 
Phlœodictyon putridosum (Ridley et Dendy) (5<t, p. 33). 

Son corps nous est connu par l'unique spécimen que Y Hirondelle a dragué en 
1888, auprès de Graciosa, par 454 111 de profondeur. J'en ai donné, en son temps, la 
figure et la description {*94L). Nous savons que son écorce, épaisse, très dure et lisse, 
ne se décompose pas en une membrane dermique à spicules assez peu serrés et en 
un réseau profond de fibres, et que son choanosome, au lieu d'une réticulation assez 
dense de fibres solides, ne contient qu'une accumulation considérable d'oxes libres. 

A en juger par les fistules nombreuses recueillies depuis par la Princesse-Alice , 
le spécimen de Graciosa était un individu de taille médiocre. Beaucoup de ces fistules 
atteignent en effet 10 à 14™ de hauteur et 6 à io mra de diamètre à la base. Bon nom- 
bre d'entre elles se divisent en deux ou trois branches à quelque distance au-dessus 
de leur point d'émergence. Quelques unes se terminent en doigt de gant; les autres 
sont brisées par en haut. 

Par leur structure, ces fistules diffèrent complètement aussi de celles de Phlœo- 
dictyon putridosum (Ridley et Dendy). Ce sont des tubes rigides à parois épaisses de 
i mm et dures vers le bas, puis graduellement amincies et, par conséquent, plus 
souples. Des oxes étroitement entrelacés mais presque tous couchés tangentiellement 
à la surface, constituent leur charpente. Pas de membrane détachable au dehors. 
Pas de fibres isolables en dedans. Elles sont, en un mot, la continuation pure et 
simple de l'écorce du corps. Pourtant, dans leurs portions assez minces pour devenir 
translucides, elles paraissent striées en long (PI. v, fig. 21 et 22). Cela tient à ce que, 
du côté interne, elles sont parcourues par des bandes parallèles d'oxes qui s'orientent 
suivant leur grand axe, et à ce que, le long de ces bandes, elles se chargent de belles 
cellules sphéruleuses opaques. Ces bandes correspondent, à l'état rudimentaire, aux 
fibres profondes de l'ectosome de certains autres Phlœodictyon. 

Les cellules sphéruleuses, gris jaunâtre, se composent de sphérules petites, d'où 
leur opacité; leur diamètre, quand elles sont arrondies, est d'environ i5p.. 

Leurs oxes (PI. xvn, fig. i5), courbés, gros et courts, à pointes assez brèves, 
mesurent 2o5 à 21 5 p. sur 12 à 16 dans les spécimens de la station 597, et 235 [t. à 25o [/. 
sur 20 dans ceux de la station 899. 



— 238 — 



Phlœodictyon coriaceum a été recueilli dans toute la partie centrale de l'archipel 
des Açores, par des profondeurs de 2oo m à 6oo m . 



Phlœodictyon elongatum, (Topsent) Lundbeck 
1892. Rhi^ochalina elongata, Topsent (»4), p. y5, pi. iv, fig. 5 et 6 et pi. ix, fig. 1. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 5g9 m . 

Je n'ai revu de cette espèce qu'un seul individu parmi les collections de la 
Princesse- Alice . C'est encore une petite Eponge, longue de i5 mm , large de 4 mm , 
épaisse de 6 mm , fixée sur un débris de Polypier et enroulée autour de lui. Il ne porte 
que six fistules, dont trois brisées à leur origine et trois à l'état d'ébauche sous forme 
de mamelons imperforés. Il est de couleur ochroleucus, intus et extra. Sa surface, 
lisse et luisante, est irrégulièrement mamelonnée. Son ectosome, dur, intimement 
adhérent au choanosome, est sans structure ; des mégasclères s'y pressent, irrégu- 
lièrement entrecroisés tout en restant généralement tangentiels à la surface, les super- 
ficiels formant, suivant la remarque de Lundbeck, une sorte de guillochis. Le 
choanosome, compact, n'a d'autre charpente que des spicules sans ordre non reliés 
par de la spongine. De longs rameaux aboutissent aux fistules principales. 

Les mégasclères sont des oxes courbés, épais et courts, à pointes presque cons- 
tamment émoussées ; ils mesurent 175 à 190 ja sur 16 à 20. 

L'ectosome contient, en abondance médiocre, des cellules sphéruleuses jaunâtres, 
de dimensions assez faibles (11 à 1 3 |a de diamètre) à sphérules petites non réfringentes. 

Phlœodictyon elongatum est proche parent de P. coriaceum. Il s'en distingue 
surtout par la forme et les dimensions de ses oxes. La structure de ses fistules n'a 
pu être étudiée d'une façon satisfaisante, ces organes étant brisés trop court dans tous 
les individus recueillis. On n'en connaît encore que des spécimens de petite taille. 

Deux Phlœodictyon du sud du détroit de Danemark, décrits par Lundbeck (46, 
p. 59), semblent bien appartenir à cette espèce. Les oxes, cependant, y ont rarement 
les bouts arrondis. 

Les localités des Açores où P. elongatum a été rencontré sont situées dans l'est 
de Pico et dans le nord-ouest de Terceira, par 3i8 m et 599 111 de profondeur. 



Phlœodictyon reticulatum, n. sp. 

(PI. xvii, fig. 5, 11 et 14) 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349™. Quatorze spécimens. 

Bien distinctes des autres Phlœodictyon de la même station, ces Eponges 
ressemblent à s'y méprendre, par leur coloration, par leur spiculation et par la 
structure de leur ectosome, à celles que Ridley et Dendy ont décrites sous le nom 



— 23g — 
de Rhi\ochalina putridosa (54, p. 3i). Elles en diffèrent toutefois par un caractère 
important qui me paraît justifier rétablissement pour elles d'une espèce nouvelle : 
au lieu de se disposer en un réseau assez dense de fibres solides, leur squelette choa- 
nosomique consiste en spicules solitaires entrecroisés sans ordre et non cimentés par 
de la spongine. Sous ce rapport, la ressemblance de Phlœodictyon reticulatum est 
plutôt avec P. coriaceum et P. elongatum. 

Tous les spécimens sont de petite taille. Le corps, subsphérique, du plus gros 
d'entre eux atteint à peine 1 5 mm de diamètre. La forme arrondie est la plus fréquente. 
Pourtant, quelques individus s'allongent à la façon de P. elongatum. Il n'y a généra- 
lement pas de support du tout; parfois, de minuscules fragments de Polypiers 
semblent en avoir tenu lieu. 

Consistance ferme. Surface lisse. Couleur jaune pâle légèrement mêlée de 
verdâtre. 

L'ectosome se compose de deux couches : l'externe (la membrane dermique), 
mince, soutenue par des oxes tangentiels lâchement entrecroisés ; l'interne (la couche 
fibreuse), résistante, formée de fibres spiculeuses assez fortes qui dessinent un réseau 
très net, à mailles subégales, rondes ou ovales (PI. xvn, fig. 1 1). Sa structure se 
modifie un peu dans les parois des fistules où quelques unes des fibres prennent une 
direction parallèle au grand axe de ces organes. Etant donné que les oxes (PI. xvn, 
fig. 14) sont ici courbés, à pointes brèves, longs de 200 à 210 [/., épais de i3 jx, pareils, 
en un mot, par leur forme et par leurs dimensions, à ceux de Phlœodictyon putrido- 
sum (Ridley et Dendy), les fistules brisées du voisinage de Bahia recueillies par le 
Challenger peuvent avoir appartenu tout aussi bien à des P. reticulatum qu'à 
des représentants de l'espèce australienne. 

Chez certains individus, des canaux aquifères superficiels s'aperçoivent comme 
des traînées sombres par transparence de l'ectosome. 

Partout, l'ectosome contient en quantité assez grande des cellules sphéruleuses 
jaune verdâtre, de i5 à 20 f* de diamètre, à sphérules assez grosses, brillantes. 

Le choanosome est opaque, compact mais friable, un squelette pas très dense 
et dissociable au moindre effort y supportant une chair abondante, pâle et granuleuse. 
Ses oxes, dont la longueur oscille entre 175 et 210 t/., se montrent d'épaisseur fort 
variable, depuis 3 p. jusqu'à i3 p., les plus grêles d'entre eux et aussi ceux de grosseur 
moyenne ayant, on le conçoit, des pointes plutôt acérées. 



Phlœodictyon sereum, n. sp. 

(PI. xvn, fig. i3) 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . 

Sur des Polypiers de cette station se dressent isolément plusieurs petites fistules 
sessiles, hautes de 4 mm à 7 mm , épaisses de i mm 5, simples et terminées en doigt de gant. 



— 240 — 

Ce sont sans doute de jeunes spécimens d'un Phlœodictyon caractérisé à la fois par 
sa coloration, sa spiculation et la structure de son ectosome. 

Sa coloration est vert noirâtre. Elle paraît due en grande partie à des cellules 
sphéruleuses de 7 à 10 p seulement, composées de sphérules petites. 

Sa spiculation consiste en oxes plus ou moins courbés, courts (143 à i6o(t), pas 
très gros (ioji), à pointes acérées pas très brèves (PI. xvn, fig. i3). 

Son ectosome a trois couches : l'externe, mince, chargée de spicules tangentiels 
serrés les uns contre les autres perpendiculairement au grand axe de l'organe; la 
moyenne, épaisse, constituant un réseau polyspiculé à mailles polygonales, subégales; 
l'interne, mince, charnue, formée de cordons cellulaires longitudinaux où abondent 
les cellules sphéruleuses avec, pour soutien, des filets très simples de spicules. 



Genre Petrosia, Vosmaer 
Petrosia variabilis, Ridley 



Voir («4, p.( 



Petrosia friabilis, Topsent 



Campagne de 1897 : Stn - 883 î profondeur 98™. Six spécimens ou fragments. 
C'est de tout point la Petrosia friabilis de ['Hirondelle («4, p. 69, pi. vi, fig. 8 
et pi. ix, fig. 4). 

Petrosia crassa, (Carter) Lundbeck 
(PL v, fig. 20) 

1892 ? Petrosia clavata, (Balsamo-Crivelli) Vosmaer, Topsent (VA), p. 67, pi. m, fig. 11 et pi. ix, fig. 2. 

Campagne de 1895 : Stn. 568, profondeur 55o m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 837, profondeur 88o m . Un spécimen. — Stn. 882, pro- 
fondeur 98 m . Cinq spécimens. — Stn. 899, profondeur 2oo m . Un spécimen. 

Carter n'a pas signalé d'oxes acérés courts et fins chez sa Reniera crassa (», 
p. 3 12). Norman et Lundbeck ont quand même reconnu cette espèce dans des 
Eponges qui en possèdent. Je les trouve dans des préparations que m'a offertes le 
Rév. A. -M. Norman et qui sont étiquetées : Reniera crassa Carter, Trondhjem-Fiord, 
Norway, 1893. Lundbeck les a décrits et figurés (4G, p. 55, pi. xn, fig. 5 b). 

Je ne doute plus que les Petrosia de la station 234 des campagnes de VHiron- 
DELLEne. se rapportent à la même espèce, quoique, chez elles comme chez tous celles 
que la Princesse-Alice a. recueillies aux Açores, les microstrongyles épais existent 
en quantité beaucoup plus considérable que dans les Petrosia septentrionales étudiées 
par Norman et par Lundbeck. 



— 241 — 

Les Petrosia clavata de YHirondelle revêtaient une forme que ne présente 
aucune de celles de la Princesse-Alice. 

L'Eponge est certainement très polymorphe. Le type, du sud des Far Ôer, était 
irrégulier, massif, lobé. Mais nous savons d'après Carter (9) qu'il en existe au British 
Muséum un spécimen de grande taille qui est cratériforme au centre, semblable, par 
conséquent, à ceux de V HIRONDELLE. 

Le spécimen de la station 837, long de i i cm , épais de 7 cm , mais, malgré ces belles 
dimensions, fort incomplet, est, comme celui figuré par Lundbeck (4©, pi. iv, fig. 7), 
massif, un peu lobé. Celui de la station 568, fixé sur un Polypier, est petit, subsphé- 
rique (i5 mm sur i5 mm ), sans oscule. Celui de la station 899, bien différent, est dressé, 
rameux, sans support, et ses rameaux, déliés, renflés au bout, se percent chacun d'un 
oscule simple à leur extrémité (PI. v, fig. 20); c'est lui qui se rapproche le plus, sans 
l'atteindre, de la forme de Schmidtia clavata Balsamo-Crivelli (1, pi. iva, fig. 11). 
Quant aux spécimens de la station 882, basés sur des coquilles et sur des groupes 
d'Algues calcaires, ils sont massifs (le plus gros mesure 4 om 5 sur 4 cm ), à lobes distincts, 
épais et courts, terminés aussi chacun par un oscule simple et béant. 

A l'aide de ces indications et en se reportant aux trois figures données par 
Lundbeck et par moi, on est à même de se faire une idée approximative des varia- 
tions extérieures de Petrosia crassa. 

En ce qui concerne la couleur, le gros spécimen de la station 837 est blanc ; les 
autres sont jaune pâle dans l'alcool, à l'exception de celui de la station 568 qui s'est 
trouvé teint en violet foncé par des Pœcillastra symbiotica conservées dans le même 
tube que lui. 

Les oxes principaux m'ont fourni les mesures suivantes : 35op. sur 23 (Stn. 234, 
HirondelleJ; 38û[a sur 3o (Stn. 568, Princesse-AliceJ; 36o^sur 23 (Stn. 837); 
33o[a sur 18 (Stn. 882); 33o[/. sur 23 (Stn. 899). 

Dans les deux derniers cas, leurs pointes sont presque toujours très émoussées. 

Les petits oxes acérés, dont les dimensions varient entre 75 p. sur 3 et 170 j* sur 
7 environ, se dispersent par tout le corps. Ils s'accumulent dans l'ectosome pour 
former sur une faible épaisseur un réseau dense à sa surface. 

Les microstrongyles sont, malgré leur brièveté (certains ne mesurent que 35 p. de 
longueur sur 22 ps d'épaisseur), constamment courbés. Ils ont généralement les bouts 
tout à fait arrondis. Assez rarement, ils conservent, plus ou moins acérées, les pointes 
des oxes, dont ils dérivent, et se présentent alors comme des microxes épais. Sans être 
nombreux, les microstrongyles l'emportent aussi de beaucoup sur les microxes de 
même catégorie dans la Petrosia crassa du Trondhjem Fjord. 

Aux Açores, l'espèce a été recueillie par des profondeurs comprises entre g8 m et 
88o m . Ce sont là les limites actuellement connues de sa distribution bathymétrique. 
Les spécimens des autres collections provenaient de régions septentrionales de l'Atlan- 
tique (voisinage des Far Ôer et côte de Norvège), par les profondeurs indiquées de 
167 et i32 brasses (3o4 m et 240™) . 



— 242 — 
Genre Cladocroce, Topsent 

Cladocroce fibrosa, Topsent 

Cette belle Eponge de YHirondelle (*4, p. 72, pi. m, fig. 1 et 2) n'a pas été 
retrouvée par la Princesse-Alice. 



Cladocroce spathiformis, n. sp. 
(PI. m, fig. 1 et PL xvii, fig. 17) 

Campagne de i8g5 : Stn. 578, profondeur u65 m . Un spécimen. 

Le type est une élégante Eponge en forme de spathepédicellée, bombée, à bords, 
vers le bas, involutés. 

Elle paraît étrange au premier abord par son aspect vitreux et sa transparence. 
C'est que, bien conservée en apparence, elle est, en réalité, complètement macérée et 
réduite à sa charpente squelettique. Il n'y a de coloré en elle que son pédicelle et les 
fibres brunes qui s'en dégagent. 

La surface, finement hispide, se débarrasse difficilement des fils de l'ouate dont 
le spécimen a été enveloppé. 

Les deux faces sont dissemblables, l'externe unie, l'interne marquée de côtes très 
saillantes, anastomosées, dessinant un réseau irrégulier. 

Pas d'orifices visibles. 

Un peu comprimé dans le même sens que l'Eponge entière, le pédicelle jouit 
d'une grande fermeté. Les fibres qu'il émet sont très résistantes, une proportion con- 
sidérable de spongine jaune stratifiée entrant dans leur constitution et enveloppant 
complètement leurs spicules; mais elles se ramifient et s'effilent très vite, de sorte 
que, à mi-hauteur de la spathe, les lignes primaires deviennent, comme les secon- 
daires, unispiculées. Malgré la simplicité de son réseau, la charpente demeure dans 
la partie supérieure du corps assez solide pour que l'individu ait conservé sa forme 
après la mort et ait supporté sans dommage les incidents du dragage. Elle doit sa 
résistance à des liens solides de spongine qui s'établissent aux points où ses spicules 
s'entrecroisent. Mais elle reste souple quand même, d'abord parce que, comme il 
vient d'être dit, ses lignes sont unispiculées, puis, parce que, au contraire de ce qui 
se voit dans les fibres basilaires, ses spicules restent nus sauf en leurs extrémités, 
enfin, parce que ses mailles carrées sont très ouvertes (285 p). 

Spicules. — Les seuls spicules présents sont des oxes (PI. xvn, fig. 17) de configu- 
ration et de taille assez uniformes, longs de 375 jx, épais de 17p., peu courbés, assez 
acérés, souvent un peu plus minces en leur centre qu'au niveau des points où ils 
commencent à préparer leurs pointes. 



— 243 — 

Cladocroce spathiformis tient de près à Cladocroce parenchyma (Lundbeck), qui, 
inscrite par son auteur parmi les Reniera (4©, p. 37) trouve sa place naturelle dans le 
genre Cladocroce tel que je l'ai défini en 1892 (34, p. 72). Certes, les Cladocroce sont 
des Réniérines, mais on ne peut pas les confondre avec des Reniera de forme simple 
et de structure homogène telles que R. cinerea, par exemple. A mon avis, le genre 
Reniera, avec les innombrables représentants qu'on lui attribue, est actuellement un 
genre hétérogène, comme l'ont été et le sont encore en partie les genres Suberites, 
Axinella, Myxilla, etc. 



Genre Metschnikowia, Grimm 

Metschniko-wla spinispiculum, (Carter) Topsent 
(PI. v, fig. 1) 

Campagne de 1897 : Stn. 899, profondeur 2oo m . (Banc de la Princesse-Alice). 
Quatre spécimens. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Entre Pico et Sâo Jorge. Un 
petit fragment. 

Le spécimen type de Metschnikowia spinispiculum a été découvert par Carter (O, 
p. 3 10) parmi des Eponges draguées à bord du Porcupine à quelques milles dans 
le nord du cap Saint- Vincent, par une profondeur incertaine (entre 75 et 374 brasses, 
soit i36 m et 68o m ). 

Lundbeck a récemment redécrit l'espèce (4®, p. 52) d'après cinq spécimens sans 
support provenant les uns de l'est de l'Islande, par 168 brasses (3i5 m ), et les autres, 
du détroit de Danemark, par 3 10 brasses (564 m ). 

Les profondeurs par lesquelles la Princesse-Alice l'a recueillie prouvent 
qu'elle jouit dans la région des Açores d'une distribution bathymétrique assez étendue. 

L'Eponge, blanche dans l'alcool, assez ferme mais friable, devient massive, irré- 
gulière, sur des supports divers, pierres, Bryozoaires, fistules iïOceanapia. 

Je n'ai rien à ajouter aux détails que Carter et Lundbeck ont fournis au sujet de 
sa charpente et des spicules, d'une seule sorte, qui la composent. Ses acanthostron- 
gyles à bouts tordus la rendent aisément reconnaissable. 



Metsclinikowia Filholi, Topsent 
1892. Reniera Filholi, Topsent (74), p. 70, pi. iv, fig. 7 et pi. ix, fig. 6. 

Campagne de i8g5 : Stn. 584, profondeur 845™. Un fragment. 
Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Nombreux fragments sans 
support. — Stn. 899, profondeur 200™. Un fragment attaché à une Phakellia robusta. 



— 244 — 
Recueillie en divers points des Açores (au sud de Pico, autour de Terceira et sur 
le banc de la Princesse-Alice), par des profondeurs comprises entre 20o m et 927™, 
Metschnikoma Filholi se présente partout comme une petite Eponge jaunâtre ou 
grisâtre, massive, friable, à orifices relativement larges, à charpente réticulée sans 
spongine, caractérisée par des acanthostrongyles couverts de très fines épines. 



Genre Reniera, Nardo 

Reniera cinerea, (Grant) Schmidt 

A la grève de Sâo Miguel. 

Communiquée par M. le commandant Chaves. 

Reniera indistincta, (Bowerbank) Schmidt 
Recueillie par 1' Hirondelle (34, p. 69) dans le détroit de Pico-Fayal. 

Reniera fistulosa, (Bowerbank) Schmidt 
Parmi des Eponges recueillies à Sâo Miguel par M. le commandant Chaves. 

Reniera implexa, Schmidt 

Campagne de 1895 : Stn. 600, profondeur 349 m . Un spécimen. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. Un spécimen. — Stn. 899, pro- 
fondeur 2oo m . Une quinzaine de spécimens et beaucoup de fragments. 

Les échantillons se sont trouvés tous fort détériorés dans le chalut. Quelques uns 
(pouvant atteindre n cm de hauteur) étaient pourtant de belle taille, avec des tubes 
nombreux qui, s'élevant d'un pédicelle solide et ramifié, contractaient entre eux de 
fréquentes anastomoses. Mais ces tubes, très mous vers le haut, se déchirent avec 
une extrême facilité. 

Il s'agit de la variété rencontrée aux Açores par le Challenger, puis décrite et 
figurée par Ridley et Dendy (54, p. i5, pi. 1, fig. 4); les lignes primaires restent, en 
effet, jusqu'en haut du corps, bi- ou trispiculées. 

Les dimensions des oxes diffèrent un peu de celles notées par Ridley et Dendy; 
la longueur atteint le plus souvent 200 p. et l'épaisseur 7 à 8|/.. 

Les spécimens du Challenger provenaient d'une profondeur de 450 brasses 
(8i9 m ). L'espèce peut prospérer beaucoup plus haut, puisque la Princesse-Alice 
en a fait une belle récolte par 200™ seulement. 



— 245 ' — 

Une Eponge de Y Hirondelle, recueillie en 1888, par i3o m et que j'avais déter- 
minée Siphonochalina mollis Schmidt(34, p. 66), me paraît aujourd'hui se confondre 
avec Reniera implexa. 

Reniera foraminosa, n. sp. 
(PI. 1, fig. 12) 

Campagne de 1897 : Stn - 8 99i profondeur 2oo m . 

Il y a dans la collection deux spécimens de cette Eponge, l'un à l'état de large 
fragment sans support, l'autre, qui a été figuré, étendu en plaque épaisse sur une 
Halichondria leuconoidesK 

Couleur gris jaunâtre. Consistance assez ferme, friable. Surface assez plane mais 
toute creusée de dépressions larges et profondes, rondes ou allongées, simples ou 
compliquées, servant sans doute à l'exhalation, car leurs parois mitoyennes se cri- 
blent d'orifices très fins qui doivent représenter les pores. 

L'ectosome est une membrane très mince, appliquée sur le choanosome et 
tendue d'un réseau lâche, unispiculé. 

Le choanosome a pour charpente un réseau peu régulier, à lignes toutes unispi- 
culées, consolidées par de faibles liens de spongine en leurs entrecroisements. 

Les oxes, relativement robustes, un peu courbés, à peine fusiformes, à pointes 
assez brèves, acérées, mesurent 435 f* de longueur sur i6[/. d'épaisseur. Quelques-uns, 
plus grêles, n'ont, pour la même longueur ou peu s'en faut, que 3 à 5^ d'épaisseur. 



Reniera spongiosa, n. sp. 

Campagne de 1902 : Stn. 1349, profondeur i25o m . Un spécimen sur un Poly- 
pier. 

C'est une petite Eponge massive, gris brun, très molle et fragile, irrégulière, avec 
deux lobes dressés, creux, ouverts au sommet en oscules à bords minces. La surface 
finement hispide, rappelle celle de Acervochalina limbata (Bowerbank). L'ectosome 
n'est qu'une fine membrane, adhérente au choanosome. La charpente consiste en un 
réseau très ouvert à trame unispiculée avec des liens très faibles de spongine à ses 
nœuds. 

Les oxes, uniformes, sont un peu courbés, non fusiformes, à pointes brèves non 
acérées. Ils mesurent 33o à 340^. de longueur sur i3 ou 14^. d'épaisseur. 



* C'est à V Halichondria qu'appartiennent les lobes arrondis ou subcylindriques, percés chacun d ? un oscule 
en leur sommet, qui encadrent la figure 12, Planche 1. 



— 246 — 



Reniera utriculus, n. sp. 

(PL xvii, fig. 4) 

1892. Gellius calyx, Ridley et Dendy, Topsent (9 4L), p. 77. 

De rares sigmates, qui leur étaient décidément étrangers, m'ont fait prendre 
pour des Gellius calyx deux Eponges de la station 224 de VHirondelle, qui, par 
leur forme générale et par les dimensions de leurs oxes ressemblent, en effet, à 
G. calyx, mais qui représentent dans le genre Reniera une nouvelle espèce tubuleuse 
et pédicellée, voisine des R. implexa Schmidt et R. urceolus (Rathke et Vahl) (46 
p. 35). 

Ce sont deux tubes simples, hauts de 42""" et 58 mm , larges de io mm et i4 mm , gris, 
mous, creux jusqu'en bas, portés sur des pédicelles raides, malheureusement brisés, 
l'un d'eux mesurant quand même i2 mm de longueur et i mm 5 d'épaisseur. 

La surface est partout finement hispide et criblée de pores assez fins. 

Un large orifice (PI. xvn, fig. 4 0), au sommet, met le cloaque en libre commu- 
nication avec l'extérieur. 

La charpente est de même structure que celle de Reniera implexa : des lignes 
ascendantes plurispiculées (2-4 spiculées vers le haut) supportent un réseau de lignes 
secondaires unispiculées. La spongine est peu développée. 

La principale différence entre Reniera utriculus et les espèces auxquelles elle est 
comparable réside dans la longueur de ses spicules. Ceux-ci, oxes fusiformes, un 
peu courbés au centre, à bouts assez pointus, mesurent, en effet, 53o à 640^ sur 16 
à i8[a. 

Les spécimens types de Reniera utriculus ont été recueillis par i265 m de pro- 
fondeur. 

Reniera, sp. 

Campagne de 1897 : Stn - 883 > profondeur 98™. 

Fragments en plaques, très friables, blanchâtres, avec, sur une de leurs faces, 
quelques oscules non surélevés. Structure dense, quoique le réseau squelettique soit 
unispiculé. Peu de spongine d'union. Oxes courbés, acérés, longs de 285 (*, épais de 8. 

VHirondelle avait également recueilli des fragments indéterminables de 
Reniera diverses. 

Genre Ghalinula, Schmidt 

Chalimila Montagui, (Fleming) 

Détroit de Pico-Fayal (34, sous le synonyme Reniera elegans Bowerbank). 
A la grève de Sâo Miguel (M. le commandant Chaves). 



— 247 — 
Genre Halichondria, Fleming 

Halichondria fiorosa, (Fristedt) Lundbeck 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599™. 

Je crois pouvoir rapporter à cette espèce plusieurs petits fragments, massifs, 
informes, brun jaunâtre, sans support, à surface lisse, parsemée d'oscules inégaux, 
simples. 

L'ectosome, non détachable, est très spiculeux, comme feutré. 

Le choanosome, plus dense peut-être que dans les Eponges étudiées par Lund- 
beck, a une consistance assez ferme. 

Les oxes possèdent bien les caractères décrits et figurés par Lundbeck (416, p. 20, 
pi. ix, fig. 3). Ils se laissent répartir en deux catégories. Les plus grands, non fusi- 
formes, faiblement courbés, à pointes peu acérées, varient entre 33o et 6o5 p. de 
longueur sur 8 à i5 \i. (en moyenne 1 \\x d'épaisseur), les plus gros n'étant pas toujours 
les plus longs. Les plus petits, plus courbés, plus pointus, varient entre 100 et 3oo \j. 
de longueur sur 3 à 6 y. de largeur. Des oxes présentant un renflement médian s'ob- 
servent, mais en proportion assez restreinte. D'autres, exceptionnellement perdant 
une de leurs pointes ou même s'émoussant aux deux bouts, se transforment en styles 
ou en strongyles plus courts que les grands oxes parfaits, avec quelquefois un renfle- 
ment ou deux le long de leur tige. 

Halichondria fibrosa n'a été rencontrée précédemment que dans les régions arc- 
tiques (détroit de Behring, ouest du Groenland) et par des profondeurs de 25 et 3o 
brasses (45™ et 54™) seulement. 

Halichondria leuconoides, Topsent 

(PI. 1, fig. 2 et 3 et PI. xvii, fig. 19) 

Campagne de 1895 : Stn. 587, profondeur 793™. Un fragment. 

Campagne de 1897 : Stn. 866, profondeur 599 m . — Stn. 899, profondeur 2oo m . 
Nombreux spécimens et fragments. 

\J Hirondelle n'avait obtenu de cette espèce qu'un fragment de petite taille 
(VA, p. 67, pi. v, fig. 4). Grâce aux matériaux abondants que la Princesse-Alice 
a recueillis en 1897, je me trouve en état de la faire mieux connaître. 

C'est, en deux mots, une Eponge massive, à lobes allongés, fistuleux. Libre ou 
n'ayant pour support que des fragments de Polypiers, des Bryozoaires ou autres 
corps de faibles dimensions, elle prend une forme irrégulière et se ramifie en tous 
sens. Ses rameaux, toujours creux et terminés chacun par un oscule, demeurent 
rarement à l'état de lobes courts largement concrescents entre eux. D'ordinaire, ils 



— 248 — 

s'allongent beaucoup et, ce faisant, ils peuvent rester cylindriques, simples, offrant 
alors l'aspect du type, malgré une longueur qui peut dépasser 7™ ou bien ils devien- 
nent noueux et émettent à leur tour de distance en distance et sans ordre des rameaux 
secondaires plus grêles mais également fistuleux. 

Malgré sa structure dense, le corps est assez fragile. Aussi peu d'échantillons 
figurent-ils à peu près complets dans la collection. J'ai compté une quarantaine de 
fistules détachées, simples, pareilles à celle de YHlRONDELLE, plus courtes ou plus 
longues, autant de fistules ramifiées, dont l'une des moins compliquées a servi de 
modèle à la figure 2, Planche 1, enfin une vingtaine de spécimens dont l'un des plus 
beaux est représenté par la figure 3. 

La couleur est blanche ou blanc jaunâtre. La surface, lisse dans les portions 
âgées du corps, se montre ailleurs très finement hispide. De même, la consistance 
varie suivant les points considérés : ferme à la base et le long des rameaux noueux, 
elle présente une certaine souplesse dans les fistules simples. 

L'ectosome ne constitue pas une membrane détachable. Sur les coupes radiales, 
il ne se distingue que comme une zone plus claire souvent mal tranchée et d'épaisseur 
variable (o mm 3 à o mm 7). Les cavités qu'il revêt sont très petites et son squelette se 
compose de spicules orientés les uns tangentiellement, les autres radialement, ces 
derniers, dans la profondeur, continuant directement le squelette du choanosome. 
Entre les oxes verticaux, dont les externes déterminent l'hispidation de la surface, 
les autres, horizontaux ou plus ou moins obliques, dessinent un réseau confus que 
criblent de part en part des stomions fins mais partout visibles à l'œil nu ou à l'aide 
d'une faible loupe. Les parties âgées, fermes et lisses, apparaissent souvent imper- 
forées. 

La charpente choanosomique est absolument irrégulière, dense dans les régions 
épaisses, plus lâche ailleurs, surtout dans les parois des fistules jeunes. 

Le canal axial des lobes fistuleux, cylindrique et toujours spacieux, joue le rôle 
de cloaque. Il reçoit sur toute sa longueur les canaux exhalants par des orifices 
arrondis ou ovales de diamètre inégal, généralement assez larges, percés de place en 
place dans sa paroi. Sa lumière est limitée par une membrane pâle, lisse, plus molle 
que tout le reste et soutenue par des spicules tangentiels. 

Il n'y a nulle part trace de spongine. 

Spicules. — Ce sont des oxes (PI. xvn, fig. 19) inégaux, partout mélangés sans 
ordre. Leurs dimensions oscillent entre 340 p. sur 10 et i mm o6 à i mra 18 sur 42 p., mais 
avec tous les intermédiaires possibles de sorte qu'il ne saurait être question de les 
répartir d'après leur taille en deux ou trois catégories. Ils sont fusiformes, courbés, 
à pointes peu acérées. Dans tous les spécimens, mais en quantité variable suivant 
les individus, il s'en trouve de toute grandeur, qui, au lieu d'une flexion centrale, 
présentent, de part et d'autre de leur centre et à quelque distance de ce point, deux 
plis dans le même sens. Ces oxes deux fois coudés ressemblent à ceux qu'on rencontre 
fréquemment chez les Aciculida. En raison de la densité de sa charpente et de la 



— 249 — 
structure de son ectosome, l'Eponge ne devrait peut-être pas prendre place dans le 
genre Halichondria. Je l'y maintiens provisoirement, n'osant pas pratiquer d'après 
elle une coupure générique dont les limites seraient, somme toute, assez indécises. 



Genre Acervochalina, Ridley 
Acervochalina limbata (Bowerbank) Ridley 
A la grève de Sâo Miguel. Eponge communiquée par M. le commandant Chaves. 



IV. Ordre MONOCERATINA, Lendenfeld 

Famille SPONGID^E, F.-E. Schulze 

Sous-Famille Stelospongin^e, Lendenfeld 

Genre Hircinia, Nardo 
Hircinia variabilis var. dendroides, (Schmidt) Lendenfeld 
Campagne de 1897 : Stn - 899, profondeur 2oo m . Trois fragments. 



TABLEAUX PAR STATIONS 



ESPÈCES RECUEILLIES 

AUX AÇORES 

PAR LE YACHT PRINCESSE-ALICE 

(1895-1902) 



— 252 



NUMERO 

de 
STATION 



527 

536 
553 



568 



56g 

5 7 5 

5 7 8 



584 



58 7 



594 
597 



DATE 



14 juillet 



18 juillet 



22 juillet 

23 juillet 



25 juin \ 

27 juin 
3 juillet 



1 1 juillet 

1 1-12 juillet 
i3 juillet 



i 



16 juillet j 



LOCALITE 



LATITUDE 



38° 09' 
38° 08' 



N. 
N. 



3 7 o 5 4 ' N. 

370 42' 40" N. 



3 7 o 5 4 ' 



N. 



longitude (Greenwich) 



23° i5'45" W. 
23« 18' 45" W. 

240 4 3' i5" W. 

25o o5' i5" W. 



25o 35' 25" W. 



Baie de Gapellas 



38o 27' 
38o 27' 



N. 
N. 



38° 26' N. 



38» 3i' N. 

38° 3o' 3o" N. 



260 3o' i5" W. 

260 28' 45" W. 

260 3o' 45" W. 



260 49' i5" W. 
26° 5o' i5" W. 



38o 36' 40" N. 



270 17' i5" W. 



Près la pointe S. Antonio (Terceira) 

38° 27' N. | 28° o3' 25" W. 

(Entre Pico et Sâo Jorge 



profondeur 



en 



4020 

2178 

i385 



55o 



27 
11 65 

n65 



l 8 4 5 



793 



54 
523 



CAMPA( 



? 



NATURE DU FOND 



/ 



Sable vaseux et globigérines 
Sable vaseux 



Roche 



Sable vaseux 
Sable vaseux 



Roche 



Sable 



Roche 



— 253 — 



1 iS 9 S 




Chalut 

Chalut 
Chalut 



Chalut 

Trémail 
£ Chalut 

S Chalut 



arre à fauberts 



arre à fauberts 



me ancre ramenée du fond 
, arre à fauberts 



? Caulophacus sp., Thenea Schmidti Soll., Rhaphidorus setosus Tops., Desmacidon abyssi n. sp. 

Euplectella saberea W. Thomson. 

Pheronema Grayi S. Kent, Asconema setubalense S. Kent, Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. 
Wright, Isops pachydermata Soll., Thenea Schmidti Soll., Pachastrella monilifera Schm., Polymastia 
corticata Rdl. et D., Trichostemma Sarsi Rdl. et D., Gelliodes sp. 

Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Aphrocallistes a^oricus Tops., Aplysilla sulfurea 
F.-E. Sch., Pœcillastra symbiotica Tops., Latrunculia insignis Tops., Spongosorites placenta Tops., 
Suberotelites demonstrans Tops., Hymeraphia tuberosocapitata Tops., Hymeraphia spinispinosa n. sp., 
Hymeraphia pilosella n. sp., Hamacantha clavisœpta Tops., Petrosia crassa (Gart.). 

Sympagella nux Schm., Pilochrota inermis n. sp., Tedania digitata Schm., Leptolabis luciensis Tops. 

Pheronema Grayi S. Kent, Chonelasma Schulçei Tops., Thenea Schmidti Soll.., Trichostemma Sarsi Rdl. 
et D., Tentorium semisuberites (Schm.). 

Farrea occa (Bow.), Eurete Alicei Tops., Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Chonelasma Schul^ei Tops., 
Chonelasma Ijimai Tops., Macandrewia robusta n. sp., Penares sclerobesa n. sp., Sphinctrella horrida 
Schm., Nethea amygdaloides (Cart.), Cliona levispira Tops., Heteroxya corticata Tops., Stylostichon 
repens n. sp., Dendoryx pectinata Tops., Leptosia occulta (Bow.), Leptosia Kœhleri Tops., Leptosastra 
constellata n. sp., Guitarra voluta n. sp., Hamacantha Carteri n. sp., Hamacantha clavisœpta Tops., 
Biemma rosea (Frist.), Gellius flagellifer Rdl. et D., Cladocroce spathiformis n. sp. 

Pheronema Grayi S. Kent, Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Geodia eosaster (Soll.), 
Corticella geodioides (Cart.), Nethea amygdaloides (Cart.), Characella pachastrelloides (Cart.), Suberites 
laticeps n. sp., Jaspis Dendyi (Soll.), Topsentia glabra (Tops.), Plocamia ambigua (Bow.), Suberotelites 
demonstrans Tops., Hymeraphia pilosella n. sp., Myxilla mariana Rdl. et D., var. polysigma n. v., 
Dendoryx pectinata Tops., Melonanchora elliptica Cart., Leptosia occulta (Bow.), Leptosia Kœhleri 
Tops., Esperella fascifibula n. sp., Rhaphidotheca loricata Tops., Joyeuxia viridis Tops., Esperiopsis 
polymorpha Tops., Artemisina erecta n. sp., Hamacantha Johnsoni (Bow.), Hamacantha implicans 
Lundb., var. a^orica n. v., Gellius flagellifer Rdl. et D., Metschnikowia Filholi Tops. 

Pheronema Grayi S. Kent, Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Siphonidium ramosum 
Schm., Petromica Grimaldii Tops., Pilochrota lactea (Cart.), Stryphnus fortis (Vosm.), Thenea Schmidti 
Soll., Sphinctrella ornata Soll., Characella pachastrelloides (Cart.), Cliona labyrinthica Hanc, Bubaris 
vermiculata (Bow.), Myxilla paupertas (Bow.), Hamacantha Johnsoni (Bow.), Hamacantha implicans 
Lundb., var. açorica n. v., Hamacantha intégra n. sp., Desmacella inornata (Bow.), Halichondria 
leuconoides Tops. 

Acarnus tortilis Tops., Dendoryx incrustans (Johnst.), var. viscosa Tops., Leptosia Dujardini (Bow.). 

Sympagella nux Schm., Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Aphrocallistes açoricus Tops., 
Racodiscula clava (Schm)., Macandrewia aqorica Gray, Siphonidium ramosum Schm., Pilochrota ventri- 
cosa n. sp., Thenea Schmidti Soll., Sphinctrella horrida Schm., Sphinctrella ornata Soll., Nethea amyg- 
daloides (Cart.), Characella pachastrelloides (Cart.), Craniella disigma n. sp., Latrunculia insignis Tops., 



254 



NUMERO 

de 
STATION 



ÔOO 



602 

614 
6l6 



6l8 
624 



DATE 



24 juillet 



24 juillet 



3i juillet 



1er août 



ier août 



4 août 



LOCALITE 



LATITUDE 



longitude (Greenwich) 



38o 3o' 35" N. 280 16' 20" W. 

(Entre Pico et Sâo Jorge) 



38° 38' 3o" N. 
38o 3 7 ' 3o" N. 

38o 26' 40" N. 
38o 27' 12" N. 

38° 47' 40" N. 
38° 46' 35" N. 



38° 52' 4 5" N. 
38° 5i'45" N. 

38° 5g' N. 

38° 56' 3o" N. 



28° i3' o5" W. 
28° 09' 45" W. 

28° 40' o5" W. 
28° 39' i5" W. 

28° 17' o5" W. 
28° 17' 20" W. 



28° 06' W. 

28° 06' i5" W. 

28° 18' o5" W. 
28° 19' 45" W. 



PROFONDEUR 



METRES 



349 



1230 



778 



1022 



1143 



CAMPAGF 



NATURE DU FOND 



Roche 



Roche 

Sable vaseux gris noirâtre 
Roche 



Vase et sable gris 
Vase grise et sable fin 



255 



; 189 5 < Suite ) 




Chalut 



Chalut 

Chalut 



Topsentia pachastrelloides Tops., Higginsia Thielei Tops., Plocamia ambigua (Bow.), Hymeraphia 
mutabilis n. sp., Melonanchora eîliptica Cart., Leptosia umbellifera n. sp., Yvesia pertusa Tops., Espe- 
riopsis polymorpha Tops., Gelliodes bifacialis n. sp., Rhaphisia spissa Tops., Phlœodictyon coriaceum 
n. sp. 

Siphonidium ramosum Schm., Petromica Grimaldii Tops., Geodia eosaster (Soll.), Thenea Schmidti Soll., 
Placinastrella oxeata n. sp., Axinella vasonuda n. sp., Sollasella hystrix Tops., Auletta sycinularia 
Schm., Bubaris mastophora (Schm.), Bubaris vermiculata (Bow.), Bubaris Sosia n. sp., Plocamia 
ambigua (Bow.), Hymeraphia affinis Tops., var. anancora n. v., Stelodoryx procera n. sp., Leptosia 
Pecqueryi Tops., Leptosia Schmidti Tops., Esperella lingua (Bow.), Desmacidon tunicatus Schm., Ha- 
macantha Johnsoni (Bow.), Gellius angulatus (Bow.), Rhaphisia spissa Tops., Phlœodictyon Jistulosum 
(Bow.), Phlœodictyon coriaceum n. sp., Phlœodictyon reticulatum n. sp., Reniera implexa Schm. 

Pheronema Grayi S. Kent, Farrea occa (Bow.), Eurete Alicei Tops., Aphrocallistes Bocagei P. Wright, 
Chonelasma Schul\ei Tops., Sphinctrella horrida Schm., Hamacantha Johnsoni (Bow.), Biemma Gri- 
maldii Tops. 

Pheronema Grayi S. Kent. 

Pheronema Grayi S. Kent, Regadrella phœnix Schm., Rhabdopectella tintinnus Schm., Farrea occa (Bow.), 
Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Erylus nummulifer Tops., Pilochrota lactea (Cart.), Penares sclerobesa 
n. sp., Thenea Schmidti Soll., Pachastrella monilifera Schm.,? Chondrosia sp., Suberites laticeps n. sp., 
Jaspis Dendyi (Soll.), Hymeraphia Peachi (Bow.), Forcepia imperfecta n. sp., Leptosia Kœhleri Tops., 
Yvesia carnosa n. sp., Hamacantha implicans Lundb., var. a^orica n.v., Biemma Grimaldii Tops. 

Pœcillastra compressa (Bow.). 

Thenea Schmidti Soll., Trichostemma Sarsi Rdl. et D., Tentorium semisuberites (Schm.). 



256 



CAMPAGI 



NUMERO 

de 
STATION 



654 
663 

6 7 3 

683 

684 
696 
698 
702 



7o3 



712 
7*9 



7 38 
749 



DATE 



24 juin 
27 juin 

5 juillet 

7 juillet 

8 juillet 

17 juillet 

18 juillet 
19-20 juillet 



LOCALITE 



19 juillet 



24 juillet 
27 juillet 



7 août 
16-17 août 



LATITUDE 



36° 58' 3o" N. 

3 7 o 28' 3o" N. 

3 7 ° 5i' N. 

3 7 o 53' N. 

38° 20' N. 

38° 20' N. 

38° 23' N. 

39° ii' N. 

39° 21' 20" N. 



39° 21' 20" N. 



39° 39' 40" N. 
39° 11' N. 



37° 40' N. 

38° 54' N. 

38° 55' N. 



longitude (Greenwich) 



24° 58' i5" W. 

25° 3i'45" W. 

26° 53' 4 5" W. 
26° 5 9 ' 45" W. 

28° 04' 45" W. 

28° 04' 45" W. 
3o° i3'45" W. 
3o° 44' 40" W. 
3i° o5' 53" W. 



3i° o5'45" W. 



3i° 00' 55" W. 
3o° 24' i5" W. 



26° 26' i5" W. 

21° 06' 45" W. 
21° 18' 45" W. 



PROFONDEUR 

en 

MÈTRES 



1495 
1732 

2252 

i55o 

i55o 
2540 
1846 
i36o 



i36o 



1424 
1600 



1919 
5oo5 



NATURE DU FOND 



Roche 
Vase grise et sable noir 

Vase blanche à globigérines 



Vase blanche 
Vase grise sableuse 



Roche 



Sable vaseux 
Vase blanche à globigérines 



— 257 — 



PROCEDE 

de 
RÉCOLTE 



ESPECES RECUEILLIES 



Macandrewia a\orica Gray, Dendoryx pectinata Tops. 
Hyalonema Thomsoni Marsh., Thenea Schmidti Soll. 

Tentorium semisuberites (Schm.), Suberites gibbosiceps n. sp., Trachyforcepia grœnlandica (Fristd.), Leptosia 
occulta (Bow.), Leptosia Kœhleri Tops., Leptosia. acerata n. sp., Esperiopsis villosa Cart. 

Farrea occa (Bow.), Macandrewia aqorica Gray, Thenea Schmidti Soll., Pachastrella monilifera Schm., 
Rhaphidorus setosus Tops., Tentorium semisuberites (Schm.). 

Asconema setubalense S. Kent, Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. Wright. 

Chalut Thenea Schmidti Soll., Leptosia Kœhleri Tops. 

Chalut Euplectella suberea W. Thoms., Thenea Schmidti Soll., Tetilla longipilis n. sp., Suberites gibbosiceps n. sp. 

Trémail Pheronema Grayi S. Kent, Farrea occa (Bow.), Macandrewia ramosa n. sp.,, Sphinctrella horrida Schm., 

Pachastrella monilifera Schm., Nethea amygdaloides (Cart.), Thrombus abyssi (Cart.), var. niger n. v., 
Cliona levispira Tops., Rhaphidorus setosus Tops., Tylexocladus Joubini Tops., Tentorium semisuberites 
(Schm.), Topsentia glabra (Tops.), Heteroxya corticata Tops., Syringella falcifera Tops., Bubaris ver- 
miculata (Bow.), Halicnemia constellata Tops., var. a^orica n. v., Plocamia ambigua (Bow.), Plocamiopsis 
signata n. sp., Hymeraphia clavata (Bow.), Hymeraphia pilosella n. sp., Hymeraphia affinis Tops., 
Hymeraphia mutabilis n. sp., Dendoryx pectinata Tops., Lissodendoryx fertilior n. sp., Melonanchora 
elliptica Cart., Leptolabis forcipula n. sp., et var. brunnea n. v., Leptosia Kœhleri Tops., Leptosia rha- 
phigena n. sp., Leptosia obtusata n. sp., Esperiopsis décora n. sp., Hamacantha Johnsoni (Bow.), Hama- 
cantha clavisœpta Tops., Gellius flagellifer Rdl. et D. 

Regadrella phœnix Schm., Farrea sp., Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Chonelasma Schul^ei Tops., 
Macandrewia a^orica Gray, Stelletta tuberosa Tops., Thenea Schmidti Soll, Sphinctrella ornata Soll., 
Tentorium semisuberites (Schm.), Trichostemma Sarsi Rdl. et D., Rhi^axinella uniseta n. sp., Topsentia 
glabra (Tops.), Rhabderemia minutula (Cart.), Leptolabis forcipula n. sp. 

Chalut Cliona labyrinthica Hanc, Leptosia occulta (Bow.). 

Chalut Hyalonema Thomsoni Marsh., Asconema setubalense S. Kent., Farrea occa (Bow.), Chonelasma Schulçei 

Tops., Stelletta tuberosa Tops., Thenea Schmidti Soll., Sphinctrella ornata Soll., Chrotella amphiacantha 
n. sp., Heteroxya corticata Tops., Hymeraphia clavata (Bow.), Leptosia Kœhleri Tops., Dragmatyle 
lictor n. sp., Hamacantha Carteri n. sp. 

Chalut Chonelasma Schul^ei Tops., Thenea Schmidti Soll., Tentorium semisuberites (Schm.). 

Chalut Malacosaccus floricomatus Tops., Desmacidon abyssi n. sp. 



33 



— 258 — 



NUMERO 

de 
STATION 



832 
833 
83 7 



838 

858 

863 
866 



874 
882 



DATE 



21 juillet 

21 juillet 

22-24 juillet 



22 juillet 

3i juillet 

i e r août 
2 août 



3 août 

4-5 août 
7 août 

10 août 



LOCALITE 



LATITUDE 



370 39' N. 

3 7 ° 3 9 ' N. 

370 55' N. 



longitude (Greeiwich) 



25o 17' 45" W. 
25o 17' 4 5" W. 
25o 24' i5" W. 



3 7 o 55' 
370 55' 


N. 
N. 


25° 23' 45" W 
25° 22' 4 5" W 


38° 4^' 
38° 47' 


N. 
N. 


26° 35' 45" W 
26° 3/ 45" W. 


39° 22' 
3 9 ° 5i' 


N. 
N. 


260 55' 45" W 

26° 54' 45" W 


38° 52' 


5o" N. 27° 23' o5" W 
(Près de Terceira) 



3 9 ° o3' N. 

38° 3 7 ' 4 5" N. 
38° o3'4o" N. 

3 7 ° 5 7 ' 3o" N. 



27° 42' 4 5 "W. 

28° 14' 20" W. 
28° 3 4 ' 45" W. 

29° i5' 10" W. 



PROFONDEUR 



) 



1230 
I23o 

880 



j 1940 

599 



1240 
1260 

98 

208 



CAMPAG] 



NATURE DU FOND 



Roche 



Roche 



Vase grisâtre piquée de fin sable no 

: 1 

Vase grisâtre piquée de fin sable no" 
Sable à gros grains ■' 



Sable 



Sable noir vaseux 
Gravier, sable, coq. brisées 



Sable jaune 



— 2bg — 




Trémail 
arre à fauberts 

Nasse 



■jrre à fauberts 

utà larges mailles 

1 Chalut 
Chalut 



Chalut 

. Trémail 
, Chalut 

Sonde suiffée 



Pheronema Grayi S. Kent. 

Farrea occa (Bow.), Àphrocallistes Bocagei P. Wright, Chonelasma Schul^ei Tops., Forcepia bulbosa (Cart.). 

Farrea occa (Bow.), Sphinctrella horrida Schm., Nethea amygdaloid.es (Cart.), Cliona labyrinthica Hanc, 
Dotona pulchella Cart., Suberites laticeps n. sp., Plocamia ambigua (Bow.), Hymeraphia pilosella n. sp., 
Hymeraphia hispidula n. sp., Hymeraphia mucronata n. sp., Leptosia acerata n. sp., Biemma Grimaldii 
Tops., Petrosia crassa (Cart.). 

Farrea occa (Bow.), Aphrocallistes Bocagei P. Wright, Chonelasma Schulqei Tops., Cliona labyrinthica Hanc, 
Alectona Millari Cart., Plocamia ambigua (Bow.), Hamacaniha Johnsoni (Bow.). 

Thenea Schmidti Soll. 

Euplectella suberea W. Thoms., Thenea Schmidti Soll. 

Asconema setubalense S. Kent, Racodiscula clava (Schm.), Petromica Grimaldii Tops., Geodia spherastrella 
n. sp., Erylus nummulifer Tops., Corticella geodioides (Cart.), Pilochrota lactea (Cart.), Sphinctrella 
horrida Schm., Sphinctrella ornata Soll., Sphinctrella gracilis Soll., Nethea amygdaloides (Cart.), Chara- 
cella pachastrelloides (Cart.), Craniella cranium (Mùll.), Thoosa armata Tops., Hymedesmia tristellata 
Tops., Hymedesmia chondrilloides Tops., Hymedesmia stelligera (Cart.), Tentorium semisuberites (Schm.), 
Jaspis Johnstoni (Schm.), var. incrustans Tops., Axinella vellerea n. sp., Sollasella hystrix Tops., Auletta 
sycinularia Schm., Monocrepidium vermiculatum Tops., Plocamia ambigua (Bow.), Suberotelites démons- 
trans Tops., Hymerhabdia oxytrunca n. sp., Cerbaris torquata Tops., Hymeraphia hispidula n. sp., 
Hymeraphia Peachi (Bow.), Lissodendoryx simplex n. sp., Tedania suctoria Schm., Melonanchora ellip- 
tica Cart., Leptolabis forcipula n. sp., et var. brunnea n. v., Leptosia Pecqueryi Tops., Leptosia Kœhleri 
Tops., Leptosia Schmidti Tops., Yvesia Alecto Tops., Phlyctœnopora bitorquis n. sp., Desmacidon pel- 
tatus n. sp., Guitarra voluta n. sp., Esperiopsis polymorpha Tops., Esperiopsis glomeris n. sp., Hama- 
cantha Schmidti (Cart), Hamacantha Lundbecki n. sp., Hamacantha implicans Lundb., var. a^orica n. v., 
Biemma Grimaldii Tops., Phlœodictyon coriaceum n. sp., Phlœodictyon elongatum Tops., Metschnikowia 
Filholi Tops., Reniera implexa Schm., Halîchondria fibrosa (Frist.), Halichondria leuconoides Tops. 

Pheronema Grayi S. Kent, Hertwigia falcifera Schm., Chonelasma Schul^ei Tops., Sphinctrella horrida 
Schm., Pachastrella monilifera Schm., Nethea amygdaloides (Cart.), Cliona levispira Tops., Latrunculia 
insignis Tops., Tentorium semisuberites (Schm.), Heteroxya corticata Tops. 

Pheronema Grayi S. Kent, Farrea Weltneri Tops. 

Discodermia ramifera Tops., Geodia eosaster (Soll.) Axinella vasonuda n. sp., Auletta sessilis n. sp., Plocamia 
coriacea (Bow.), var. elegans Rdl. et D., Tedania commixta Rdl. et D., Esperella tunicata (Schm.), 
Gelliodes fayalensis Tops., Petrosia friabilis Tops., Petrosia crassa (Cart.), Reniera sp. 

Sceptrintus Richardi Tops. 



2Ô0 



CAMPAGf 



NUMÉRO 

de 
STATION 


DATE 


LOCALITÉ 


PROFONDEUR 

en 

MÈTRES 


NATURE DU FOND 


LATITUDE 


longitude (Greenwich) 


8 99 
909 


12 août 
18 août 


370 5f N. 

(Banc de la P 

3 9 o 16' 3o" N. 


290 14' 45" W. 
rincesse-Alice) 

270 47' 4 5" W. 


200 
1478 


Sable et coquilles 

1 

Vase sableuse 



26 1 — 



I 1897 



(Suite) 




Darwinella simplex Tops., Aplysilla sulfurea F.-E. Sch., Racodiscula clava (Schm.), Petromica Grimaldii 
Tops., Geodia eosaster (Soll.), Erylus nummulifer Tops., Pœcillastra compressa (Bow.), Craniella 
cranium (Miïll.), Hymedesmia unistellata Tops., var. aspera n. v., Hymedesmia chondrilloides Tops., 
Hymedesmia stelligera (Cart.), Latrunculia biannulata Tops., Latrunculia insignis Tops., Sceptrîntus 
Richardi Tops., Ridleya oviformis Dendy, Tentorium semisuberites (Schm.), Prosuberites epiphytum 
(Lamk.), Rhiçaxinella biseta n. sp., Jasp is Johnstoni (Schm.), Topsentia glabra (Tops.), Oxycordyla pellita 
n. sp., Syringella humilis Tops., Axinella flustra Tops., Axinella vasonuda n. sp., Phakellia robusta 
Bow., Auletta sycinularia Schm., Bubaris mastophora (Schm.), Higginsia Thielei Tops., Plocamia 
ambigua (Bow.), Suberotelites demonstrans Tops., Hymeraphia mutabilis n. sp., Hymetrochota rotula 
n. sp., Myxilla paupertas (Bow.), Stylostichon Dendyi Tops., Dendoryx dentata n. sp., Stelodoryx procera 
n. sp., Yvesia pertusa Tops., Joyeuxia tubulosa n. sp., Hamacantha Johnsoni (Bow.), Hamacantha 
Schmidti (Cart.), Hamacantha implicans Lundb., var. açorica n. v., Desmacella inornata (Bow.), Ocea- 
napia robusta (Bow.), Gelliodes bifacialis n. sp., Gellius angulatus (Bow.), Gellius fibulatus Schm., 
Rhaphisia spissa Tops., Phlœodictyon fistulosum (Bow.), Phlœodictyon coriaceum n. sp., Petrosia crassa 
(Cart.), Metschnikowia spinispiculum (Cart.), Metschnikowia Filholi Tops., Reniera implexa Schm., 
Reniera for aminosa n. sp., Halichondria leuconoides Tops., Hircinia variabilis (Schm.), var. dendroides 
(Schm.). 

Chalut Macandrema a\orica Gray. 



— 2Ô2 — i 



CAMPAG^ 



NUMÉRO 

de 
STATION 


DATE 


LOCALITÉ 


PROFONDEUR 

en 

MÈTRES 


NATURE DU FOND 


LATITUDE 


longitude (Greenwïch) 


i3 1 1 


3i juillet 


370 37' N. 


2 5° 20' 45" W. 


H87 




i3i8 


5 juillet 


38° 06' N. 


26° r3'45" W. 


3oi8 


Vase sableuse volcanique 


i33i 


9 août 


38o 4 o' M. 


26° 20' 45" W. 


i8o5 


Sable vaseux 


i33 4 


- *, ( 3 9 o 3o' N. 
i3 août S , -vt 
i 390 34' N. 


29° 02' i5" W. 
29° 01' 45" W. 


\ 1900 


Vase à globigérines et sable volcaniq 


i338 


14 août 


38° 41' 3o" N. 


28° 4 5' i,5" W. 


g5o 


Sable et gravier volcanique 


1344 


18 août 


38° 45' 3o" N. 


28° 07' 4 5" W. 


1095 


Sable volcanique 


1349 


19 août 


38° 35' 3o" N. 


28° o5' 45" W. 


1250 


Vase sableuse volcanique 


i36 7 


2 5 août 


37° 34' N. 


28° 56' 4 5" W. 


563 


Sable fin 



— 263 — 




Chalut 
Chalut 

Chalut 

Chalut 

Chalut 
Chalut 
Chalut 



Biemma rosea (Frist.). 

Farrea occa (Bow.), var. laminaris n. v., Eurete sp., Tentorium semisuberites (Schm.), Dendoryx pectinata 
Tops. 

Chonelasma Schul^ei Tops., Thenea Schmidti Soll. 

Euplectella suberea W. Thoms., Thenea Schmidti Soll., Suberites caminatas Rdl. et D. 

Jaspis Dendyi (Soll.). 

Pheronema Grayi S. Kent, Higginsia Thielei Tops. 

Regadrella phœnix Schm., Farrea occa (Bow.), Eurete Alicei Tops., Aphrocallistes Bocagei P. Wright, 
Chonelasma Schulqei Tops., Macandrewia a^orica Gray, A^orica Pfeifferœ Cart., Sphinctrella horrida 
Schm., Pachastrella monilifera Schm., Qliona labyrinthica Hanc, Cliona levispira Tops., Suberites 
laticeps n. sp., Higginsia Thielei Tops., Plocamia ambigua (Bow.), Hymeraphia pilosella n. sp., Den- 
doryx pectinata Tops., Stelodoryx procera n. sp., Tedania suctoria Schm., Forcepia imperfecta n. sp., 
Leptosia Pecqueryi Tops., Leptosia Kœhleri Tops., Leptosia baculifera n. sp., Leptosia biscutella n. sp., 
Yvesia carnosa n. sp., Hamacantha Johnsoni (Bow.), Hamacantha implicans Lundb., var. aqorica n. v., 
Biemma rosea (Frist.), Gellius flagellifer Rdl. et D., Phlœodictyon œreum n. sp., Metschnikowia spi- 
nispiculum (Cart.), Reniera spongiosa n. sp. 

Siphonidium ramosum Schm., Characella pachastrelloides (Cart.). 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



Balsamo-Crivelli (G.), Di alcuni Spongiarj del Golfo di Napoli, Atti Soc. Ital. Sci. 
Nat., vol. 5, p. 284-3o3, tav. iv-vi. Milano i863. 

Barboza du Bocage (J. V.), Eponges siliceuses nouvelles de Portugal et de Vile Saint- 
Iago (Archipel de Cap-Vert), Jornal de Sciencias Math. Phys. e Nat., publicado sob 
os auspicios de Academia Real das Sciencias de Lisboa, num. VI, p. 159-162, est. 
x-xi. Lisboa 1869. 

Berg (Carlos), Substitution de nombres genéricos, Comunic. Mus. Nac. Buenos Aires, 
t. 1, n° 3, p. 77-80. Buenos Aires 1899. 

Bowerbank (J. S.), A monograph of the British Spongiadœ, vol. 1-4. London, Ray- 
Society, 1864, 1866, 1874, 1882. 

Bowerbank (J. S.), Contributions to a gênerai history of the Spongiadœ, P. i-vi, 18 
pis., Proc. Zool. Soc. London 1872-1875. 

Carter (H. J.), A descriptive account of three pachytragous Sponges gromng on the 
rocks of the south coast of Devon, Ann. and Mag. of Nat. Hist. [IV], vol. 7, p. 1, 
pi. iv. London 187 1. 

Carter (H. J.), On tivo new species of Gummineee, with spécial and gênerai observa- 
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Carter (H. J.), Descriptions and figures of deep-sea Sponges and their spicules front 
the Atlantic Océan, dredged up on board H. M. S. Porcupine, chiefly in i86q; with 
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Colon, Panama, Ann. and Mag. of Nat. Hist. [IV], vol. 14, p. 207-221, 245-257, 
pi. xin-xv. London 1874. 

Carter (H. J.), Descriptions and figures of deep-sea Sponges and their spicules, from 
the Atlantic Océan, dredged up on board H. M. S. Porcupine, chiefly in i86q 
(concluded), Ann. and Mag. of Nat. Hist. [IV], vol. 18, p. 226-240, 307-324, 388-410, 
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B. 1882. 



TABLE DES MATIERES 



Les noms des espèces décrites dans ce Mémoire sont imprimés en caractère gras, ceux des synonymes en 
caractère italique et ceux des espèces citées dans les comparaisons ou dans les révisions de groupes en 
caractère romain. Les chiffres gras (ex. S04) renvoient pour chaque espèce à la page où commence sa 
description. Les noms des genres et des divisions d'ordre plus élevé sont imprimés en petites capitales. 



Pages 

abnormalis (Iophon) 14 

abyssi (Desmacidon) (pi. m, fig. 3 et pi. xiv, 

fig. 12) 9, 12, 22, 23, 804, 207 

abyssi (Pachastrella) 8, 93, 94 

abyssi (Thrombus) 101 

abyssorum (Cliona) 106 

abyssorum (Craniella) 1 52 

Acarnus 171 

Acca io5 

acerata (Leptosia) (pi. xv, fig. 5) 11, 23, 25, 193 

ACERVOCHALINA 249 

ACICULIDA 9, II, 19, 128, l32 

aculeata (Farrea) 44 

aculeata (Spirastrella) 9, 10, i5, 27, 114 

Adreus 14, 1I7 

sereum (Phlœodictyon) (pi. xvn, fig. 1 3). 12, 17 

26, S39 

affinis (Hymeraphia) 1 3, 23,168 

affinis (Rhaphidotheca) 202, 2o3 

agglutinans (Polymastia) 1 3 

Alecto (Yvesia) (pi. xv, fig. 16) 9, 14, 25, 196 

Alectona m 

Alicei (Eurete) (pi. iv, fig. 8 et pi. vu, fig. 5) 6 

21, 26, 45, 48 

amadou (Pheronema) 3o 

ambigua (Microciona) 1 54 

ambigua (Plocamia) 10, i3, 14, 22, 23, 24 

26, 154, i55 

ambiguum (Stylotichon) 1 54 

ambiguus (Amphilectus) 1 54 

ambiguus (Hastatus) 1 54 

Amorphilla 1 37 

Amorphinopsis 1 37 

amphactis (Crinorhiza) 208 

amphiacantha (Chrotella) (pi. xi, fig. 1) 7, 8 

23, 96 



Amphidiscophora 

amygdaloides (Nethea) 7, 8, 21, 23, 24, 

amygdaloides (Pachastrella) 

amygdaloides (Pœcillastra) 

anancora (Hymeraphia affinis var.) 5, 14, 22, 

anceps (Desmacidon) 

anceps (Stelletta) 

angulatus (Gellius) 22, 25, 

Anisoxya 

annulata (Sphinctrella) 

anonyma (Rhaphisia) 

Anoplia 

Aphrocallistes 

apiarium (Isops) 

apicalis (Latrunculia) 

Aplysilla 

APLYSILLIDjE 

Apollinis (Artemisina) 

appendiculatum (Histoderma) 

arborescens (Axinella) 

arctica (Yvesia) 

arcuata (Higginsia coralloides var.) 

arcuata (Leptolabis) (pi. xv, fig. 18) 4, 183, 

armata (Microciona) 

armata (Thoosa) (pi. xi, fig. 5-n). 10, 17, 24, 

Artemisina 

ascidioides (Cornulum) 

ascidioides (Joyeuxia) 

Asconema 

Asconematim: 

asigmata (Lissodendoryx spongiosa var.) 

aspera (Characella) 

aspera (Hymedesmia unistellata var.) (pi. xn, 

fig. 7) 5, 8, 24, 112, 

asterostreptid.e 7, 17, 

Astrella 



29 

94 

94 

94 
163 
179 
76 
S31 
i3i 

87 
233 
63 
48 
72 
117 
56 
56 

2l5 

200 
142 



109 

214 
207 
207 
40 
40 
i5 



u3 
85 
76 



— 272 — 



Pages 

ASTROPHORA 17, 66 

ater (Pytheas) 9, 27, 171 

atropurpurea (Craniella) 100 

Auletta 137, 143, 146 

aurea (Darwinella) 56 

australiensis (Darwinella) 55, 56 

australiensis (Syringella) i38 

Axinella 137, 1 3g, 145, 243 

AxiNELLID^E 9, l8, 19, l37, 1 5 1 

AxiNYSSA I 37 

Azorica 63 

azorica (Halicnemia constellata var.) (pi. xin, 

fig. 12) 5, 9, 11, i3, 23, 149 

azorica (Hamacantha implicans var.) (pi. xvi, 

fig. 1) 5, 10, i3, 17, 22, 25, 26, 202, 221 

223, 224 
azorica (Macandrewia) (pi. m, fig. 2 et pi. vm, 

fig. 1) 7, 21, 23, 24, 26, 60, 62 

AZORICID/E 5 

azoricus (Aphrocallistes) (pi. v, fig. 7 et 8 

et pi. vu, fig. 1) 6, 21, 48 

baculifera (Leptosia) (pi. xv, fig. 2) i3, 17, 26 

166, 167, 191, 194 

balfourensis (Axinella) 142 

beatrix (Aphrocallistes) 49 

Bedoti (Placinolopha) io3 

biannulata (Latrunculia) (pi. xm, fig. 6) 9, 16 

24, 115, 116 

bidentifera (Higginsia) 1 5 1 

BlEMMA 226 

bifacialis (Gelliod.es) (pi. v, fig. 17 et pi. xvn, 

fig. 16) 10, 14, 22, 25, 2S9 

biscutella (Leptosia) (pi. xv, fig. 3) 26, 191 

192, ig3 
biseta (Rhizaxinella) (pi. v, fig. 10 et pi. xn, 

fig. 14) 11, 24, 126 

bitorquis (Phlyctœnopora) (pi. v, fig. 24 et 

pi. xiv, fig. 18) 9, 25,199 

Bocagei (Aphrocallistes) . 6, 21, 23, 24, 26 

48, 49 

Bocagei (Latrunculia) 117 

Bowerbanki (Corallistes) 59 

Bowerbanki (Eurete) 47 

Bowerbanki (Hamacantha) 216 

brevis (Latrunculia) 117 

brunnea (Leptolabis forcipula var.) (pi. xv, 

fig. 12) 5, 23, 25, 182, 184 

BuBARIN/E l8, 5l 

Bubaris 137, 145, 146, 148, i5i, 1 58 

bulbosa (Forcepia) (pi. 1, fig. i3) . 25, 178, 179 

180, 181 

bulbosa (Forcipina) 178 

bulbosa (Halichondria forcipis var.) 178 



Calcarea 

Calthropella jj t 

calyx (Chonelasma) 52, 

calyx (Gellius) 

caminatus (Suberites) . . 11, i3, 26, 122, 

candidata (Penares) 

capitatum (Siphonidium) 

capitatus (Sphœrotylus) 123, 

carbonarius (Stryphnus) 

Carnosa 5 ; 8, 17, 

carnosa (Yvesia) (pi. xv, fig. 19)... 16, 17, 

26, 

carnosus (Suberites) n, 

carotta (Rhizochalina) 

Carpenteri (Pheronema) 29, 

Carteri (Forcepia) 

Carteri (Hamacantha) (pi. xvi, fig. 2 et 8 et 

pi. xvn, fig. 6)' 9, 22, 23, 

caruncula (Hymeniacidon) 27, 

Caulophacus 

? Caulophacus sp. (pi. vi, fig. 8) 21, 

cavicornis (Gelliodes) 

celata (Cliona) no, 

Ceratopsis 

Cerbaris 4, 

Chalinin^e ig, 

Chalinula 

Characella 

Chavesi (Erylus) (pi. rx, fig. 9) 7, 27, 

chondrilloides (Hymedesmia) (pi. xn, fig. 9) 

Chondrocladia 14, 207, 209, 

Chondrosia 

Chondrosia sp 21, 

Chondrosim: 

Chonelasma 

Choristida 7, 17, 

Chrotella 

ClNACHYRA 

cinerea (Reniera) 5, 243, 

ClOCALYPTA I 5, 

Cladocroce 242, 

Cladopeltid^e 7, 

Cladorhiza 14, 178, 207, 

clathrata (Placinastrella) 102, 

clathrata (Syringella) 

clava (Racodiscula) 7, i3, 21, 24, 

clavata (Chondrocladia) 207, 

clavata (Hymeraphia) 23, 161, 

clavata (? Petrosia) 240, 

clavata (Schmidtia) 

clavatella (Macandrewia) 60, 

clavilobata (Pseudohalichondria) 



5 
7 8 
55 
246 
124 
82 
63 



100 

22 

198 

125 

235 
3o 



218 
138 

42 

41 

228 

121 

i3 7 

160 

235 

246 

95 

75 

24 

113 

210 

104 

104 

104 

5i 

66 

96 

99 

244 

i3 7 

24 3 

63 

209 

io3 

i38 

58 

209 

i 9 5 

241 

241 

62 

190 



1 Le renvoi à la PI. xvn, fig. 6 a été oublié dans le texte, p. 218. 



- 2 7 3- 



clavisœpta (Hamacantha) (pi. xvi, fig. 5 et 

pi. xvin, fig. 7) 10, 22, 23, 202, 

clavisœpta (Potfiella) 

Clavulida 8> ïS, 

Cliona io5, 107, 

Clionid.e 8, 10, 14, 18, 

clopetaria (Plocamia) 1 56, 

colonensis (Forcepia) 

colossea (Halichondria) 

colossea (Topsentia) 

columella (Stylotella) 

commixta (Tedania) 10, 11, i3, 25, 

compacta (Seiriola) 

complanata (Hamacantha Johnsoni var.). 217, 

compressa (Ecionemia) 

compressa (Myxilla) 

compressa (Pcecillastra) (pi. iv, fig. 1 et 3) 
i5, 21, 24, 86, 

conchilega (Geodia) 

concrescens (Chondrocladia) 

consimilis (Gelliodes) 

constellata (Halicnemia) 

constellata (Leptosastra) (pi. xv, fig. i5) 5, 
22, 190, 

conuligera (Tedania) 

copiosa (Placinastrella) 102, 

COPPATIAS 

CoPPATIICE 9, I9> 

corallistes 

Corallistim: 7> 

coralloides (Higginsia) 

coriacea (Plocamia) i55, i56, 

coriaceum (Phlœodictyon) (pi. v,fig. 21 et 22 

et pi. xvii, fig. i5) 10, i5, 16, 22, 25, 337, 

coronula (Hymeraphia) 

corrugata (Biemma) 27, 

corticata (Heteroxya) (pi. 1, fig. i5 et pi. xn, 

fig. 22 et 23) 5, 9, 10, ii, 22, 23, 24, 

corticata (Polymastia) (pi. 1, fig. 7) m, i3, 

119, 

CORTICELLA 

CoSCINOPORID/E 

Graniella 98, 

cranium (Craniella) 8, 12, 24, 

crassa (Normania) 

crassa (Petrosia) (pi. v, fig. 20) i3, 14, i5, 

25, 

crassa (Reniera) 240, 

crassanchorata (Forcepia) 178, 

crassispicula (Pilochrota) 81, 

crassiuscula (Pcecillastra) 

crinita (Chondrocladia) 207, 

Crinorhiza 4> 

crux (Leptosia) 

cupressiformis (Cladorhiza) 

curvispiculifera (Hymerhabdia) 



233 

223 

io5 
110 
io5 
■5 7 
178 
i33 
i33 



69, 170 



7 1 
208 

23l 

149 

9 
194 

176 
io3 



59 

59 

i5i 

i5 7 

239 
162 
338 

133 



340 

241 



208 
207 
190 



Pages 
i5 9 
27 



curvispiculifera (Microciona) 1 57, 1 5 

curvispiculifera (RhaMoploca) .. . 10, i3, 

i52, 158, 101 

cydonium (Geodia) 5, 7, 67, 71 

Dactylella 1 3 7 

Darwinella 55 

Darwinellid/e 55 

Daut^enbergi (Biemma) 226 

Davidi (Dyscliona) 107 

debilis (Pachastrella) 94 

décora (Esperiopsis) (pi. xvii, fig. 8) 9, 23, 313 

deformis (Pseudohalichondria) 19° 

delicatum (Rhabdodictyum) 39 

demonstrans (Suberotelites).. . 9, 10, 22, 25 

157, 214 

Demospongle 1 7> ^7 

Dendoricin^e 9, 19» : 7 2 

Dendoryx 18, 169, 172, 175, 178, 179 

dendroides (Hircinia variahilislvar.) 12, 2 5, 350 

Dendropsis 1 37 

Dendyi (Jaspis) (pi. xn, fig. 20 et pi. xvm, 

fig. 10) 9, 11, i3, 21, 26, 139, 203 

Dendyi (Stylostichon) 9, 25, 171 

dentata (Dendoryx) (pi. xiv, fig. 19) 16, 25, 173 

depressus (Suberites carnosus var.) 27, 124 

Dercitus 17 

Desmacella 225, 226 

Desmacidon 203 

DlCTYONELLA ! 37 

difficilis (? Halichondria) 1 33 

difficilis (Topsentia) i33 

digitata (Sollasella) 143 

digitata (Tedania) 1 1 , 22, 176 

dilopha (Placina) io3 

DlSCODERMIA 57 

discophorus (Erylus) 73, 74 

disigma (Craniella) (pi. xi, fig. 3)... 7, 21, 100 

dissoluta (Discodermia) 57, 66 

Dœderleini (Chonelasma) 52 

dorsigera (Stelletta) 7 6 

Dotona IQ 8 

Dragmatyle !g5 

Dujardini (Leptosia) (pi. 1, fig. 5). 11, 22, 185 

dura (Yvesia) 19 6 

durissima (Corticella geodioides var.) 79 

Dyscliona 10 7 

echinastrella (Geodia) (pi. ix, fig. 4) 7, 27, 69, 70 

Ectyonin* 9, 19» lSl 

elegans (Plocamia coriacea var.).. 11, 24, 155 

elegans (Reniera) 2 46 

elliptica (Melonanchora) (pi. iv, fig. 10) i3, 
23, 25, 177, 

elongata (Rhiçochalina) 

elongatum (Phlœodictyon) 25, 338, 239 

elongatus (Suberites) 1 3 

ensifera (Cliona) 106 

35 



210 
238 



— 274 — 



Page: 



eosaster (Geodia) (pi. iv, fig. 7 et pi. ix, fig. 5) 
i3, 21, 24, 67, 

epiphytum (Prosuberites) ri, 24, 

erecta (Artemisina) (pi. v, fig. 18 et pi. xv, 

fig. 10) 9, 22, 314, 

erecta (Axinella) 145, 

erecta (Axinella vermiculata var.) 

eruca (Hymeraphia) 

eruca (Monocrepidium) 148, 

eruca (Rhabderemia) 

ESPERELLA 14, l8, 1 55, 200, 

ESPERELLIN.E 9, 19, I98, 

esperioides (Hamacantha) 

ESPERIOPSIS 14, l55, 211, 

EUASTERINA 

euastrum (Erylus) 

EUPLECTELLA 

EuPLECTELLID^E 1 7, 

EURETE 

Eurete sp. (pi. xvm, fig. 6) 6, 12, 26, 

Euretiwe 

exilis (Leptosia) 

exostotica (? Calthropella) 

falcifera (Hertwigia). 6, i3, 17, 23, 24, 
falcifera (Syringella) (pi. xvir, fig. 1) 9, 11, 

fallax (Yvesia) 27, 

Farrea 

Farrea sp. (pi. vi, fig. 1 et 2).. 6, 12, 23, 
fascifibula (Esperella) (pi. xvh, fig. 7) — 16, 

fayalensis (Gelliodes) 14, 25, 

fertile (Spanioplon) 9, 27, 

fertilior (Lissodendoryx) (pi. xiv, fig. i3) 2 3, 

fibrosa (Cladocroce) 10, 12, 27, 

fibrosa (Halichondria) 10, i3, 25, 

fibulatus (Gellius) 25, 

Filholi (Metschnikowia) 10, 22, 25, 

Filholi (Reniera) 

fimbriata (Guitarra) 209, 210, 

jistulosa (Desmacidon) 

fistulosa (Reniera), 5, 10, io5, 

jistulosa (Rhijochalina) 

fistulosum (Phloeodictyon) (pi. m, fig. 6 et 

pi. xvii, fig. 12) 22, 25, 

fiagellifer (Gellius) . 10, 12, i3, i5, 16, 
23, 26, 201, 

flagelliformis (Syringella) 

floricomatus (Malacosaccus) (pi. 1, fig. i,pl. m, 

fig. 10 et pi. vu, fig. 3) 6, 23, 

frustra (Axinella) (pi. xvm, fig. 5).. 9, 24, 

foraminosa (Reniera) (pi. 1, fig. 12) 25, 

Forcepia 10, 14, 177, 

'forceps (Forcepia) 

forcipis (Forcepia) 

forcipula (Leptolabis) (pi. xv, fig. 11) 9, 23, 

182, 



70 
1S6 

215 

146 
i 4 5 
148 
i5a 

152 

202 

225 

219 

215 

75 

73 

38 
33 
45 

48 
42 

184 

77 

40 

138 

196 

42 

44 

22 

201 

229 

171 

173 

242 

247 

231 

243 

2 4 3 

21 1 
235 
244 

235 



231 

i38 

33 
139 
245 

178 
178 
.78 



fortis (Stryphnus) (pi. x, fig. 1) 8, 12, 14, 

83, 

friabilis (Petrosia) 25, 

Fristedti (Cladorhiza) 

Fristedti (Esperella) 

fruticosus (Desmacidon) 27, 

fugax (Terpios) n, 27, 

GelliinjE 18, 19, 

Gelliodes 

Gelliodes sp 12, 22, 

Gelliodin^e 

Gellius 18, 23 1, 

geniculata (Hymeraphia) 

geniculata (Rhabderemia) 56, 1 52, 

geniculata (Tetilla) 

Geodia 

Geodiid*: 7, 14, 17, 

geodioides (Corticella) (pi. iv, fig. 14 et pi. x, 

fig. 12) 7, 8, 14, 21, 24, 77, 

Gerlachei (Eurete) 

gibbosiceps (Suberites) (pi. iv, fig. 11 et 

pi. vu, fig. i5) 11, 23, 

glabra (Topsentia) (pi. xm, fig. 1)... 9, 10, 
21, 23, 24, 

glariosa (Geodia) 

globostellifera (Geodia) 

globus (Isops) 67, 

glomeris (Esperiopsis) (pi. xvn, fig. 3) . . 9, 

25, 
GOMPHOSTEGIA 



gracilis (Rhizaxinella) 

gracilis (Sphinctrella) (pi. iv, fig. 2) 7, 24, 88 
granularis (Erylus) (pi. ix, fig. 8) 7, 27, 72, 
Grayi (Pheronema) (pi. vu, fig. 4).. 6, 17, 
23, 24, 26, 
Grimaldii (Biemma) (pi. xvn, fig. 9) 10, i5, 

25, 

Grimaldii (Hexactinella) 6, 27, 

Grimaldii (Petromica) (pi. v, fig. 2-4 et pi. vin, 

fig- 6) 7> 21, H, 

grœnlandica (Forcepia) 

grœnlandica (Trachyforcepia) (pi. xv, fig. 14) 
12, i3, 23, 

Grubei (Stelletta) 

Guernei (Rhabderemia).. 5, 9, 27, 152, 

Guernei (Yvesia) 14, 

Guitarra 209, 

Guiteli (Chondrocladia) (pi. m, fig. 14 et 

pi. xv, fig. 17) 4. 

Gurlitti (Trachycaulus) 

Hadromerina 8, 18, 

H alichondria 

Halichondrina 9, 18, 19, 

Halicnemia 14, i37, 145, 149, 

Hamacantha 5, 10, 18, 2i5, 223, 

Hanseni (Yvesia) 27, 



21 

84 

240 

179 

179 

203 

126 

228 

229 

230 

18 

235 

r.58 

i58 

99 
6 7 
66 

9 3 
45 

126 

i5 
131 

67 

69 

68 

16 

213 

202 

126 

89 

73 



227 
55 



64 

i 7 8 



i53 

'97 
21 1 

207 

17 
io5 
247 
i3 7 
i5i 
224 
196 



275 — 



Haploscleridje 10, 12, 18, 19, 

Helleri (Penares) 

Hertwigia 

Hertwigiim: 

heteroclita (Spiroxya) 

Heterorrhaphime 

Heteroxya 

Hexaceratida 5, 6, 17, 

Hexactinella 

Hexactinellida 6, 17, 

Hexasterophora 17, 

Higgini (Alectona) 109, 

Higginsia 137, i5o, 

Hircinia 

hispida (Stelletta) 

hispidula (Hyme raphia) (pi. xiv, fig. 2) 25, 

Histoderma 199, 

homasterina 

horrida (Sphinctrella). 8, 17, 21, 23, 24, 
86, 87, 

horrida (Trachya), 

humilis (Syringella) 24, 

Hyalonema 

Hyalonematid^e 

Hymedesmia 112, 190, 

Hymeniacidon 137, i38, 

Hymeraphia 5, 10, 14, 18, 148, 161, i65, 

Hymerhabdia 4, i5, i5i, 1 58, 159, 

Hymetrochota 

hystrix (Sollasella) (pi. m, fig. 4) . . 9, 10, 

24, 

hystrix (Trachya) 

Idomon 

Ijimai (Chonelasma) (pi. ix, fig. 1) 6, 21, 52, 
imperfecta (Forcepia) (pi. xiv, fig. i3).. 22, 

180, 
implexa (Reniera) i5, 16, 22, 2 5, 244, 

implicans (Hamacantha) 221, 222, 

incrustans (Dorypleres) 

incmstans (Jaspis Johnstoni var.) 5, 9, 24, 

indistincta (Hymedesmia) 

indistincta (Hymeraphia) 

indistincta (Myxilla) 

indistincta (Reniera) 27, 

inelegans (Hamacantha Johnsoni var.) 

inermis (Pilochrota) (pi. x, fig. 9).. 7, 21, 

infesta (Acca) 

infradensata (Rhi^ochalina fistulosa var.) 2 35, 

infundibulum (Cladorhiza) 

infundibulum (Hyalonema) 6, 27, 

inornata (Desmacella) 22, 25, 

inornata (Halichondria) 225, 

insignis (Latrunculia) (pi. xn, fig. 5)... 9, 

14, 16, 21, 24, 115, 

intégra (Hamacantha) (pi. xvi, fig. 4) . . 10, 

202, 222, 



228 
82 
40 
17 



i33 
55 
55 
29 
33 
1 12 
i5i 
25o 

80 

164 

200 



i35 

138 

3i 

29 

194 

225 



22 

142 

142 
io5 
53 
26 



246 

223 

128 

128 

i5 4 
i5 4 
i5 4 

244 
216 
79 
io5 
236 
179 
32 

225 
226 



intermedia (Darwinella) 56 

intermedia (Thenea) 85 

intexla (Microciona) 1 52 

intexta (Rhabderemia) i52 

intextus (Triptolemus) 1 3 

inversa (Cladorhiza) 208 

IOPHON 14 

iotrochota 168 

Isops 66 

Jaspis 128 

Johnsoni (Desmacella) 216 

Johnsoni (Hamacantha) (pi. xvi, fig. 6). 10, 17 

22, 23, 25, 26, 215, 218, 221, 22a 

Johnsoni (Hymedesmia) 2i5 

Johnstoni (Jaspis) 24, 128, i3o 

Joubini (Tylexocladus) (pi. 1, fig. 9 etpl.xn, 

fig. 10 et 11) 9, 11, 23, 122, 202 

Joyeuxi (Darwinella) 56 

JOYEUXIA 14, 18, 205, 207, 225 

Jullieni (Stylinos) 2 24 

Jullieni (Stylotella) 4, 10, n, 27,224 

Kenti (Hyalonema) 32 

Koehleri (Leptosia) . 10, n, 14, 16, 17, 22 

23, 25, 26, 188, 192, 194 

labyrinthica (Cliona) 10, 21, 23, 24, 29 

105, 107 

lactea (Pilochrota) (pi. x, fig. 8) 7, 8, 12, 21 

24, 81 

lagettoides (Fieldingia) 6, 1 3 

lamella (Chonelasma) 52, 54, 55 

laminaris (Farrea occa var.) (pi. xvm, fig. 9) 5 

6, 26, 43 

laticeps (Suberites) (pi. xn, fig. 19) n, 21, 24 

26, 124 

Latrunculia n5, 117, 118 

laxa (Rhaphisia) 2 33 

Leptolabis 4, 5, 14, 179, 181, i83 

Leptosastra 14, 

Leptosia. 5, 10, 14, 18, 164, 166, 167, 
179, 182, i85, 194, 195, 

Letellieri (Thoosa) 

leuconoides (Halichondria) (pi. 1, fig. 2 et 3 

et pi. xvii, fig. 19).... 10, 22, 25, 117, 

levispira (Cliona) (pi. xn, fig. 1) 9, 10, 21, 

24, 26, 105, 108 

liberiensis (Higginsia coralloides var.) i5i 

lictor (Dragmatyle) (pi. xm, fig. 14) 5, 9, 23, 195 

limbata (Acervochalina) 5, 245, 249 

lingua (Esperella) i3, 22, 200, 202 

linguifera (Yvesia) 27, 196 

LlSSODENDORYX. . 1/3, I74, ïjS, I78, 179, l8l 

Lithistida 7, 57 

longipilis (Tetilla) (pi. n, fig. i; pi. iv, fig. 12 

et i3; pi. xi, fig. 2) 7, 8, 23, 97 

longipinna (Cladorhiza) 207 

longispiculum (Microciona) 161 



194 
178 

232 



247 

23 



— 276 — 



Pages 
loricata (Rhaphidotheca) (pi. xiv, fig. i5) 5, 9 

22, S02 

Loveni (Latrunculia) (pi. v, fig. 11) 4, 116 

Loveni (Podospongia) 116 

luciensis (Dendoryx) 184 

luciensis (Leptolabis) (pi. xv, fig. 8) 10, n, i5 

22, 184 

luciensis (Leptosia) 184 

Lundbecki (Hamacantha) (pi. xvi, fig. 7) 9, 25, S20 

lusitanica (Periphragella) 5 1 

lusitanicum (Hyalonema) 1 3 

lynceus (Leiodermatium) 1 3 

lyncurium (Tethya) ' 5, 9, 133 

Macandrewia 60 

macrosigma (Esperella) 201 

macrosigma (? Gellius) 10, 27, S3S 

Mal acosaccus 33 

mammaeformis (Esperella) 16 

mammillaris (Erylus) (pi. ix, fig. 10) 5, 7, 73 

mammillaris (Polymastia) 120, i3o 

manaarensis (Plocamia) 1 56 

mariana (Myxilla) i3, 169, 170 

mariana (Syringella) i38 

Marshall-Halli (Rhaphidotheca) 202, 2o3 

massalis (Higginsia coralloides var.) i5i 

mastophora (Bubaris) (pi. v, fig. 23 et pi. xm, 

fig. 3) 22, 24, 146 

mediterranea (Pilochrota) 80 

Melittionid.e 48 

Melonanchora 177 

mercator (Suberotelites) 157 

Mesapid/E 19 

Metschnikowia 243 

Microciona i3g 

microcionides (Plocamia) 1 54, 1 5 5 

MlCROSCLEROPHORA 102 

MlCROTRLENOSA 100 

Millari (Alectona) (pi. xn, fig. 3).. 12, 24, 111 

197 

minima (Hymeraphia) 187 

minuta (Cladorhiza) 179 

minutula (Microciona) 1 52 

minutula ( Rhabderemia ) (pi. 1, fig. 10 et 

pi. xm, fig. i3) 10, i3, 23,152 

mitis (Plocamiopsis signata var.) (pi. xiv, 

fig. 1 m, m) 5, 156 

mollis (Siphonochalina) 245 

MONAXONIDA 8, l8, 105 

monilifera (Pachastrella) (pi. n, fig. 2) . 7, 8 

14, 21, 23, 24, 26, 92, 93 

Monoceratida; 5, 12, 2 5o 

MONOCREPIDIUM l37, I47 

Monocrepidium sp? 148 



monolopha (Placina) 

Montagui (Chalinula) 1 5, 27, 

mucronata (Cliona) 

mucronata (Hymeraphia) (pi. xiv, fig. 4) 25, 

mucronatus (Stryphnus) 

muricata (Thenea) 

muta (Bursalina) 

mutabilis (Hymeraphia) (pi. xiv, fig. 3) 14, 
22, 23, 25, 112, 166, 

M yle 

Myxilla 1 68, 1 69, 

Nethea 

niger (Stryphnus) 

niger (Thrombus abysai var.) (pi. 1, fig. 14 

et pi. ix, fig. 12) 5, 8, 12, 23, 

nigrocutis (? Halichondria) 

nigrocutis (Topsentia) 

nobilis (Myxilla) 

nodastrella (Geodia) 69, 

noli tangere (Corallistes) (pi. ix, fig. n). 7, 



io3 
246 

109 
165 

84 

85 
127 

16 
194 
io5 
2 4 3 

94 



novizelanica (Plocamia) 

nuda (Esperella) 

nummulifer (Erylus) (pi. rx, fig. 7).. 7, 8, 
ai, 24, 71, 

nux (Sympagella) 21, 

oamaruensis (Pseudohalichondria) 

obtusata (Leptosia) (pi. xv, fig. 6) . 16, a3, 
occa(Farrea) 6, 14, 21, 23, 24, 26, 42, 

occidentalis (Cladorhiza) 

occulta (Hymedesmia) 

occulta (Hymeraphia) 

occulta (Leptosia) (pi. xv, fig. 1)... 11, i3, 

23, 

occultum (Desmacidon) 

Oceanapia 18, 

oleracea (Rhizochalina) 

Oligosilicina 

Ophlitaspongia 

ornata (Sphinctrella) . 7, 8, 21, 23, 24, 87, 

ornatus ( Thrombus) 8, 

oviformis (Ridleya) (pi. v, fig. 9 et pi. xn, 

fig. 18) 11, 12, 24, 

ovistemata (Pachastrella) 

oxeata (Placinastrella) (pi. xi, fig. 4) 8, 21, 

OXYCORDYL A 

oxytrunca (Hymerhabdia) (pi. xm, fig. i5).. 

9, 25, 

Pachastrella 

Pachastrellin^e 17, 

pachastrelloides (Characella) (pi. x, fig. 10 
et 11) 7, 8, 21, 24, 26, 95, 



100 
i33 
133 

169 

71 
27 
59 

i56 
201 

H 

72 

41 

190 

193 

44 
179 
186 
186 

22 
186 
186 
228 
235 
104 
i3a 

89 
101 

124 

93 

102 

io3 

i35 

5 

159 

92 

92 

101 



L'impression du nom de cette espèce a été oubliée à la page 1 33 . 



— 2 77 — 



pacliastrelloid.es (Topsentia) 9, 21, 

pachydermata (Isops) (pi. vin, fig. 8) 8, i3, 

66, 

padina (Axinella) 

panicea (Halichondria) 

parenchyma (Cladocroce) 

pauperata (Asconema setubalense var.) 

paupertas (Hymeniacidon) 

paupertas (Hymeraphia) 

paupertas (Myxilla) i3, 16, 22, 25, 

Peachi (Hymeraphia).. i3, 22, 25, 166, 

Peachi (Myxilla) 

Peachii (? Esperia) 

Peachii (Hymedesmia) 

Pecqueryi (Leptosia), 9, 10, 16, 17, 22, 

26, 187, 

Pecqueryi (Myxilla) 

pectinata (Dendoryx) 9, 10, 12, 17, 22, 

26, 17S, 

pedunculata (Yvesia) 14. 

pellita (Oxycordyla) (pi. v, fig. 12 et pi. xra, 

fig. i3) 9. 24. 

peltatus (Desmacidon) (pi. xiv, fig. 11).. 25, 

Penares 

perfecta (Neopelta) 

Periphragella 

permollis (Kaliapsis) 

pernucleata (Trachya) 1 34, 

pertusa (Yvesia) (pi. xv, fig. 20) 22, 

Petromica 

Petrosia 

Pfeifferas (Azorica) (pi. vm, fig. 7 et pi. xvm, 

fig. 1 et n) 7, i3, 26, 

Phakellia 137, 

Phelloderma 

Pheronema 

PhLŒ0D1CTYIN/E 

Phlœodictyon 10, 16, 18, 235, 237, 

Phlyctvenopora 

plioenix (Regadrella) (pi. iv, fig. 6 et pi. vi, 

fig. 3) 6, i3, 21, 23, 26, 

phrissens (Stelletta) 76, 

Phycopsis 

PlLOCHROTA 

pilosella (Hymeraphia) (pi. 1, fig. 4 et pi. xrv, 
fig. 5) 10, 22, 23, 25, 26, 163, 

Pione 

placenta (Spongosorites) (pi. x, fig. 6 etpl. xn, 
fig. 21) 9, 17, 21, 90, 

placentula (Hymeniacidon) 

Placinastrella 

PlACINIDjE 102, 

plebeja (Chondrosia) 8, 

plena (Plocamia) 

plicatus (Dercitus) 



139 
i5 

2 4 3 
41 



168 

167 
166 
166 
166 

25 
IQI 
187 

23 

192 

117 

135 
S04 



5i 
66 
i35 

25 

196 



39 

77 
i3 7 

79 

i65 
io5 



102 
io3 
104 

i56 
77 





Pages 


i5 4 , 


i55, i56 


i5 7 , 


i58, i5 9 



Plocamia... 14, i5, 139, i5i, 



Plocamia sp '. 156 

Plocamiopsis 14, 1 55, 157, 1 58 

poculum (Hyalonema) 32 

Podospongia 117 

Pœcillastra 89 

PœciloscleridjE 9, 11, 18, 19, i5i, i85 

Polymastia 119 

POLYMASTICE 8, IO, l8, II9 

polymorpha (Esperiopsis) 9, 22, 25, 190, 213 
polysigma (Myxilla mariana, var.) (pi. xiv, 

fig. 10) 5, 22, 169 

ponderosus (Stryphnus) 84 

Porifera 29 

porosus (Gellius) 232 

POZZIELLA 223 

prœdita (Esperiopsis) 9, 17, 27, SIS 

prima (Syringella) 1 38 

problematica (Orthorachis) io3 

procera (Stelodoryx) (pi. ni, fig. 5; pi. xvi, 

fig. 17 et pi. xviii, fig. 2) . 9, 16, 22, 25, 26 

174, 211 

profunda (Axinella) 1 39 

profunda (Syringella) 1 38 

Pronax io5 

Prosuberites 126 

Pruvoti (Cliona) 107 

Ptilocaulis i37 

pulchella (Dotona) (pi. xn, fig. 2) . . . 9, 1 3, 24 

107, 108 

pulchella (Esperiopsis) 16, 214 

pumex (Stelletta) 76 

pupa (Lanuginella) 6 

purpurea (Dyscliona) 107 

pusilla (Microciona) 1 52 

putridosa (Rhijochalina) 235, 23g 

putridosum (Phlœodictyon) 237, 239 

pyrifera (Rhizaxinella) 122 

Pytheas 17 1 

Racodiscula 58 

radiata (Hymedesmia) i85 

radiata (Hymeraphia) i85 

radiatum (Phelloderma) 16, 189, 214 

ramifera (Discodermia) (pi. vm, fig. 4).. 7, 24 

57 



6S 



63 



ramosa (Macandrewia) (pi. ni, fig. i3; pi. vm, 

% 3) ' 7, 23, 

ramosum (Siphonidium) (pi. iv, fig. 9; pi. vin, 

fig. 5) 7, i3, 21, 26, 

ramosus (Aphrocallistes) 48, 49 

Raspailia i38 

Regadrella 39 

Reniera 18, 243, 244, 246 

Reniera sp 25, S46 

Renierinje 18, 19, 235 

36 



Pages 

repens (Stylostichon) (pi. xiv, fig. 7). 9, 22, 170 
reticulatum (Phloeodictyon) (pi. xvn, fig. 5, 

11 et 14) 22, S38 

Rhabdasterina 82 

Rhabderemia 14, 18, 148, 1 5 1 , i5s, 1 53, 1 58, 1 85 

Rhabdopectella 40 

Rhabdoploca 4, i5, 157, 159, 161 

Rhabdosa G 3 

rhaphidifer (Desmacidon) 204 

Rhaphidorus 120 

Rhaphidotheca 202 

rhaphigena (Leptosia) (pi. xv, fig. 7)... 23, 192 

Rhaphisia 233, 235 

Rhizaxinella 117, 126 

Rhizochalina 235 

Richardi (Sceptrintus) (pi. 1, fig. n et pi. xn, 

fig- 4) 9> 24,117 

Richardi (Yvesia) 27, 196 

Ridleya 124 

Ridleyi (Yvesia) 9, 27, 196 

rigida (Esperiopsis) 16 

rigida (Syringella) 1 38 

robusta (Macandrewia) (pi. m, fig. 8 et 9; pi. 

iv, fig. 4 et pi. vin, fig. 2) 7, 21, 61 

robusta (Oceanapia) (pi. v, fig. 1 5 et 16) i3, 25 

238, 236 

robusta (Phakellia) 1 3, 24, 143 

rosea (Aplysilla) 55 

rosea (Biemma) (pi. xvn, fig. 10).. 10, i3, i5 

17, 22, 26, S26 

rosea (Desmacella) 226, 228 

rotula (Hymetrochota) (pi. xiv, fig. 6) S, 9, 25 

168 

rudis (Strjrphnus) 83, 84 

sandalina (Tetilla) 8, 1 3 

Sanidasterina 71, 83 

Sarsi (Trichostemma) . . . 10, 11, 21, 23, 

Scantilla 

Sceptrintus 117, 

Schulzei (Chonelasma) (pi. vi, fig. 4-7) . . 6, 

23, 24, 26, 51, 

sclerobesa (Penares) (pi. x, fig. i3) 7, 8, 21, 

Schmidti (Hamacantha) (pi. xvi, fig. 3 et 

pi. xviii, fig. 4) i3, 25, 216, 217, 219, 220, 
Schmidti (Leptosia) (pi. xv, fig. 9) . . 9, 



Schmidti (Thenea) 

Scopularia 

semisuberites (Tentormm) . . . 



17, 21, 23, 24, 26, 



24, 26, 



serratohamata (Esperella) 

sessilis (Auletta) (pi. xviii, fig. 3) 

setosus (Rhaphidorus) (pi. 1, fig. 6 et pi. 

fig. 12) 9, 11, 21, 

setubalense (Asconema) . 6, 14, 21, 23, 
Sideroderma 



120 

107 
119 
21 
54 
82 

221 

22 

189 

85 

5i 

23 

124 

. . . 201 
24, 144 

23^ 120 

24, 40 
... 199 



Pages 
Sigm atophora 96 

SlGMAXINELLA I 37 

signata (Plocamiopsis) (pi. xiv, fig. i) 5, g, 16 

23, 155 

Sigsbei (Cyrtaulon) 6 

similis (Cladorhiza) 208 

simplex (Calthropella) 8, 78 

simplex (Darwinella) (pi. ix, fig. 3) 6, i3, 24, 55 

simplex (Hymeraphia) 161 

simplex (Lissodendoryx) (pi. xiv, fig. 14) 25, 173 

simplex (Placortis) io3 

Siphonidium 63 

sollasella i 37, 142, 143 

Sollasi (Characella) 9 5 

Sollasi (Farrea) 44 

Sollasi (Proteleia) 123, 202 

Sosia (Bubaris) (pi. m, fig. 11 et pi. xm, fig. 

6 et 8) 9, i3, 22, 146,147 

Spanioplon 171 

spathiformis (Cladocroce) (pi. in, fig. 1 et 

pi. XVII, fig. 17) 10, 12, 22,242 

spherastrella (Geodia) (pi. ix, fig. 6) 7, 24, 70 

Sphinctrella 86 

spinispiculum (Metschnikowia) (pi. v, fig. 1) 12 

25, 26, 243 

spinispinosa (Hymeraphia) (pi. xiv, fig. 9) 9, 22 

162 

spinosa (Placinolopha) io3 

spinosa (Rhabderemia) i5i, i52 

spiralis (Cliona) 107 

spiralis (Suberites)... i3, 147 

Spirastrella 114 

Spirastrellid.e 8, 10, i5, 18, 112 

spissa (Rhaphisia) (pi. 1, fig. 8 et pi. xvn, 

fig. 18) 10, 14, 22, 25, ii2,233 

spissa (? Thrinacophora) 233 

SP0NGID.E 25o 

Spongillin.e 19 

spongiosa (Reniera) 12, 26, 245 

Spongocardium 99 

Spongosorites 1 3o 

Stelletta 75 

StellettiDvê 7, 17, 75 

stellifer (Erylus) 72 

stelligera (Corticella) 78 

stelligera (Hymedesmia) (pi. xn, fig. 8) i3, 24 

114 

stelligerus (Suberites) 114 

Stelodoryx 1 74 

Stelospongin.e 2 5o 

Sterrastrosa 17 

Streptasterim: 19 

Stryphnos 83 

stylifera (Pachastrella) 89, 90 

Stylinos 224 

Stylocordylice 9, 19, i35 



— 2 79 



Stylostichon 16g, 170 

STYLOTELLA 224, 223 

suberea (Euplectella) 6, 21, 23, 24, 26, 38 

SUBERITES 117, 124, 243 

Suberitim: 8, 11, 18, 124 

suberitoides (Artemisina) 2 1 5 

Suberotelites iiq, i5i, 1S7 

suctoria (Tedania) i3, 25, 26,176 

sulfurea (Aplysilla) 6, 21, 24, 55, 56 

sycinularia (Auletta) (pi. m, fig. 7) i3, 22, 24 

143, 144, 145 

symbiotica (Pœcillastra) (pi. x, fig. 3-6) 7, 17 

90, i3o, 241 

Sympagella 4 1 

Syringella i37, i38, 141 

syringella (Raspailia) 1 38 

syringella (Syringella) 1 38 

Swinhoei (Theonella) 57 

Tedania 18, 176 

tenerum (Chonelasma) 52, 55 

Tentorium , 124 

tenuiculus (Suberites) 126 

Terpios ! 26 

Tethya 1 33 

Tethyid*: 9, i9> l3z ) l33 

Tetilla 97 

Tetillid^e 7î *4} 9 6 

Tetracladid^e 7, 57 

Tetractinellida 7. $7 

Thenea 85 

Thenein^e i7> 85 

Thielei (Higginsia) (pi. xm, fig. 5).. 9, 10, 11 

16, 22, 24, 26, 150 

Thomasi (Corallistes) 59 

Thomsoni (Hyalonema) (pi. vn, fig. 2) 23,31, 32 

Thoosa 109, 112 

Thrinacophora i37, 233 

Thrombus 100 

tintinnus (Rhabdopectella) (pi. v, fig. 6) 6, i3 

21, 40 

TOPSENTIA II) l3j 

torquata (Cerbaris) (pi. xm, fig. 18) . 5, 9, 25 

160 

tortilis (Acarnus) (pi. xiv, fig. 8) . . 10, 11, i3 

22, 171 

Toureti (Hymeraphia) 161 

toxigera (Rhabderemia) 1 52 

TOXOCHALINA 1 8 

Trachya i34> 142 

Trachyforcepia i4> I 79> lSl 

Trachytedania 181 

Tragosia. . l3 7 

transiens (Artemisina) 2 1 5 

transiens (Erylus) 7 3 

Tretodictyid^e 55 

Trlenosa 57 



Triaxonle 17, 29 

Trichostemma 120 

trigonostellata (Hymedesmia) 114 

trilopha (Placina) io3 

tristellata (Hymedesmia) i3, 24, 113 

truncata (Tetilla) 99 

tuberosa (Stelletta) (pi. x, fig. 2) 7, 8, 14, 23 

75 

tuberosocapitata (Hymeraphia) 9, 22,163 

tubulosa (Joyeuxia) (pi. v, fig. 5 et pi. xiv, 

fig. 16) 9, 25, 306 

tunicata (Esperella) 1 1 , 2 5, S00, 202 

tunicatus (Desmacidon) 22, S03 

Tylexocladus 122 

typica (Hymerhabdia) (pi. xm, fig. 16).. 4, 159 

160 
umbellifera (Leptosia) (pi. xv, fig. 4)... 16, 22 

19S, i 9 3 

Uncinataria 42 

Uncinatophora 42 

unguiculatus (Malacosaccus) 33, 34, 35, 36, 37 

38 

unguiculatus (Stryphnus) 85 

uniseta (Rhizaxinella) (pi. xn, fig. 16 et 17) 11 

23, 127 

unispiculum (Hymeraphia) 1 52 

unispiculum (Rhabderemia) 1 52 

unistellata (Hymedesmia) 1 1 3 

urceolus (Reniera) 246 

utriculus (Reniera) (pi. xvn, fig. 4) 10, 12, 27 

346 

variabilis (Petrosia) 10, 1 3, 27, 340 

varians (Isodictya) 1 5 

vasonuda (Axinella) (pi. v, fig. 19; pi. xm, 

fig. 17 et pi. xvm, fig. 8) 9, 10, 22, 24, 140 

vastifica (Cliona) 121 

vastus (Aphrocallistes) 49 

vastus (Malacosaccus) 34, 35, 37 

vellerea (Axinella) (pi. xm, fig. 10 et 11) 24, 141 

ventilabrum (Hexactinella) 46 

ventricosa (Pilochrota) (pi. x, fig. 7) 7, 21, 80 

vermicularis (Bubaris) 145 

vermiculata (Bubaris) (pi. xm, fig. 2 et 4).. 10 
11, i3, 16, 22, 23, 145 

vermiculata (Hymeraphia) 145, 146 

vermiculatum (Monocrepidium) (pi. iv, fig. 5 

et pi. xm, fig. 9) 5, 9, 24, 148 

versatilis (Cladorhiza) 179 

versatilis (Forcepia) 178, 1 79 

verticillata (Alectona) 112 

verticillata (Nisella) 112 

Vibulinus 14, 137 

villosa (Esperiopsis) (pi. xvn, fig. 2) . . . 12, i3 
16, 23, 311, 212 

viridis (Hymeraphia) 27, 163, 193 

viridis (Joyeuxia) (pi. m, fig. 12)... 9, 22, 205 



280 — 



viscosa (Dendoryx incrastans var.) n, 22, 17S 
voluta (G-uitarra) (pi. v, fig. i3 et 14 et pi. xvi, 

fig. 9) 9, 16, 22, 25,809 

Vosmaeri (Farrea) , 44 

Vosmaeri (Stelletta) 76 



Vosmaeria 137 

vulgaris (Desmacella) 226 

"Weltneri (Farrea) (pi. ix, fig. 2) 6, 24, 43 

Yvesia 5, 9, 10, 14, 18, 1 1 5, 196 

\etlandica (Craniella) 99 



LÉGENDE DE LA PLANCHE I 



(Toutes les figures de grandeur naturelle) 

Pages 

Fig. i . Malacosaccus floricomatus Topsent 33 

Un pédicelle. 

— 2,3. Halichondria leuconoides Topsent 247 

— 4. Hymeraphia pilosella n. sp i63 

— 5. Leptosia Dujardini (Bowerbank) , i85 

— 6. Rhaphidorus setosus Topsent 120 

— y. Polymastia corticata Ridley et Dendy 119 

— 8. Rhaphisia spissa Topsent 233 

— 9. Tylexocladus Joubini Topsent 1 22 

— 10. Rhabderemia minutula (Carter) 1 52 

— 11. Sceptrintus Richardi Topsent 117 

— 12. Reniera foraminosa n. sp 245 

Spécimen étendu sur une Halichondria leuconoides. 

— i3. Forcepia bulbosa (Carter) 179 

— 14. Thrombus abyssi (Carter), var. niger n. v 100 

— 1 5. Heteroxya corticata Topsent 1 33 



ALBERT I er PRINCE DE MONACO, CAMRSCIENT. 
2 



SPONGIAIRES PL.l. 







A 







M* 



MBjrrel, Pradier, Reynaud, Ch.Kicl". - .. :■ = . 




Liih Werner&'Wmter, Francfort a /M. 



SPONGIAIRES DESAÇORES. 



LEGENDE DE LA PLANCHE II 



(Figures de grandeur naturelle) 

Pages 

Fig . i . Tetilla longipilis n. sp 97 

— 2. Pachastrella monilifera Schmidt 92 



ALBERT 1 er PRINCE DE MONACO, CAMP. SCIENT. 



SPONGIAIRES PL. II. 




Reynaud et Ch. Richard del. 



Lith.Werner iWinter, Francfort S /M 



SPONGIAIRES DES ACORES. 



LEGENDE DE LA PLANCHE III 



(Toutes les figures de grandeur naturelle) 



Fig. i. 

— 2. 

— 3. 

— 4- 

— 5. 

— 6. 

— 7- 

— 8, 

— 10. 

— ii. 

— 12. 

— i3. 

— 14- 



Cladocroce spathiformis n. sp 242 

Macandrewia azorica Gray 60 

Desmacidon abyssi n. sp 204 

SOLLASELLA HYSTRIX Topseiît 142 

Stelodoryx procera n. sp 1 74 

Spécimen de la station 600. 

Phlœodictyon fistulosum (Bowerbank) 235 

Auletta sycinularia Schmidt 143 

Macandrewia robusta n. sp 61 

Malacosaccus floricomatus Topsent 33 

Bubaris Sosia n. sp 147 

Joyeuxia viridis Topsent 2o5 

Macandrewia ramosa n. sp 62 

Chondrocladia Guiteli n. sp 207 



ALBERT 1ER PRINCE DEMONACO, CAMP.SCIENT. 



SPONGIAIRES PL. III 




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LithWemeriVmîer, rrai,,:: - ". 



SPONGIAIRES DES AÇORES. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE IV 

(Toutes les figures de grandeur naturelle) 

Pages 

Fig. i . Pœcillastra compressa (Bowerbank) 89 

Spécimen vu par la face exhalante. 

— 2. Sphinctrella gracilis Sollas 88 

— 3. Pœcillastra compressa (Bowerbank) 89 

Spécimen vu par la face exhalante. 

— 4. Macandrewia robusta n. sp 61 

Individu partiellement dépouillé de sa croûte ectosomique. 

5. MONOCREPIDIUM VERMICULATUM Topseilt I48 

— 6. Regadrella phœnix Schmidt 39 

Echantillon formé de plusieurs bases emboîtées l'une dans l'autre de 
spécimens d'âges différents. 

Geodia eosaster (Sollas) 67 

Deux spécimens. 

Eurete Alicei Topsent 45 

Siphonidium ramosum Schmidt 63 

Melonanchora elliptica Carter 177 

SUBERITES GIBBOSICEPS n. Sp 125 

12. Tetilla longipilis n. sp 97 

Individu vu par le pôle osculifère. 

i3. Tetilla longipilis n. sp 97 

Le même individu vu de profil. 

14. Corticella GEODioiDEs (Carter) 77 



— 7- 

— 8. 

— 9- 

— 10. 

— 11. 



ALBERT RP PRINCE DE MONACO, CAMP.SCIENT. 



SPONGIAIRES PL. IV. 



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Litli WernerAWinter, fur: :fort s /M 



SPONGIAIRES DES AÇORPA 



LÉGENDE DE LA PLANCHE V 



(Toutes les figures de grandeur naturelle) 

Pages 

Metschnikowia spinispiculum (Carter) 243 

Petromica Grimaldii Topsent 64 

JOYEUXIA TUBULOSA n. Sp 2o6 

Deux spécimens. 

Rhabdopectella tintinnus Schmidt 40 

Aphrocallistes azoricus Topsent 48 

Ridleya oviformis Dendy 1 24 

Rhizaxinella biseta n. -sp 126 

Latrunculia Loveni (du Bocage) 116 

OXYCORDYLA PELLITA n. Sp 1 35 

GUITARRA VOLUTA n. Sp 209 

Oceanapia robusta (Bowerbank) 228 

Fragment d'un spécimen, avec trois fistules concrescentes. 

— 16. Oceanapia robusta (Bowerbank) 228 

Ectosome détaché en plaque de la partie inférieure du même spécimen. 

— 1 7. Gelliodes bifacialis n. sp 229 

— 18. Artemisina erecta n. sp 2I 4 

19. AXINELLA VASONUDA n. Sp 1 4° 

— 20. Petrosia crassa (Carter) 240 

— 21, 22. Phlœodictyon coriaceum n. sp 237 

Fistules détachées. 

— 23. Bubaris mastophora (Schmidt) M 6 

— 24. Phlyct^nopora bitorquis n. sp 199 



*lg- 


1. 




— 


2, 


3, 4. 


— 


5. 




— 


6. 




— 


7i 


8. 


— 


9- 




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10. 
1 1. 




— 


12. 




— 


i3, 

i5. 


14. 



ALBERT I er PRINCE DE MONACO, CAMP. SCIENT. 



SPONGIAIRES PL.V. 




Cli. Richard ei Reynaud del 



ith Verrier ^A'inter, Francfort 3 /M. 



SPONGIAIRES DES AÇORES. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE VI 



(Photographies de grandeur naturelle) 

Pages 

Fig. i . Farrea sp 44 

Spécimen macéré. 

— 2. Farrea sp 44 

Fragment du même. 

— 3. Regadrella phœnix Schmidt 39 

Crible cloacal d'un spécimen du Golfe de Gascogne (Caudan). 

— 4, 5 . Chonelasma Schulzei Topsent 5i 

Fragments de spécimens de petite taille. 

— 6. Chonelasma Schulzei 5 1 

Grand spécimen vu par la face externe. 

— 7. Chonelasma Schulzei 5 1 

Face interne du même. 

— 8. ? Caulophacus sp 41 

Pédicelles macérés. 



ALBERT I er PRINCE DE MONACO, CAME; SCIENT. 



SPONGIAIRES PLA'I. 




naut ; h 



SPONGIAIRES DES ACORES. 



LEGENDE DE LA PLANCHE VII 



Fig. i . Aphrocallistes azoricus Topsent 48 

a, fragment de la plaque basilaire X 180; b-g, scopules diversement 
branchues X 400. 

— 2. Hyalonema Thomsoni Marshall 3i 

a, portion d'une soie de la touffe fixatrice X 180; b, mésamphi- 
disque X 400. 

— 3. Malacosaccus floricomatus Topsent 33 

a, hexact dermique X 60; b, portion d'un hexact dermique X 180; 
c, hexact hypodermique X 60; d, triacts du pédicelle, gr. nat. ; e, portion 
de soie fixatrice X 180; /, fragment de floricome X 340; g, onychaster 
superficielle X 340; h, onychaster du parenchyme X 340; i, disco- 
hexaster X 340 ; j, floricome à rayons secondaires nombreux X 340 ; 
k, oxyhexaster X 340. 

— 4. Pheronema Grayi Kent 29 

a, portion de soie fixatrice X 180; b, b', pointes libres de soies défen- 
sives X 320. 

— 5. Eurete Alicei Topsent 45 

a, scopule de la petite sorte X 180; b, b\ portions de scopule de la 
grande sorte X 180; c, fragment de la charpente sur la face externe des 
tubes : ca, canaux inhalants X 60; d, fragment de la charpente sur la 
face interne des tubes X 60; e, onychaster à rayons simples X 400; 
/, onychaster à rayons ramifiés X 400; g, discohexaster X 400. 



ALBERT l EP PRINCE DE MONACO, CAMPSCIENT 



SPONGIAIRES PL .VII. 







] 






SPONGIAIRES DES AÇORES. 



LEGENDE DE LA PLANCHE VIII 



— 7- 



Pages 

Fig. i . Macandrewia azorica Gray 60 

a, b, phyllotriaenes X 180; c, d, fragments de desmas montrant les 
tubercules de zygose X 180. 

— 2. Macandrewia robusta n. sp 61 

a, b, phyllotriaenes X 180; c, rhabdome d'un phyllotriaene X 180; 

d, portion centrale d'un desma X 180; e, extrémité zygiale d'un desma 
X 180. 

— 3. Macandrewia ramosa n. sp 62 

a, b, c, phyllotriaenes X 180; d, rhabdome d'un phyllotriaene X 180; 

e, portion centrale d'un desma X 180; /, portion zygiale d'un desma 
X 180; g, microxes X 180. 

4. DlSCODERMIA RAMIFERA Topsent 5j 

Extrémités de mégasclères diactinaux X 4 00 - 

— 5. Siphonidium ramosum Schmidt 63 

a, b, têtes de mégasclères monaxiaux X 400; c, pointe d'un mégasclère 
monaxial X 400 ; d, portions médiane et terminales d'un même mégas- 
clère monaxial X 400. 

— 6. Petromica Grimaldii Topsent 64 

a, b, c, desmas X io5. 

Azorica Pfeiffer^e Carter 63 

Desmas enchevêtrés X 180. (Figure consacrée aux tubercules que 
portent ces spicules). 

ÏSOPS PACHYDERMATA SollaS 66 

a, sterraster, vue de face, d'un spécimen de la station 234, X io5; 
b, sterraster du même, vue par la tranche X io5; c, ornementation des 
sterrasters du même X 340; d, sterraster, vue de face, d'un spécimen de 
la station 553, X io5; e, sterraster du même, vue par la tranche X io5; 

f, ornementation des sterrasters du même X 340; g, deux sphérasters à 
actines tronquées X 400; h, sphéraster à actines coniques X4° i h tr °i s 
oxyasters du choanosome X 400. 



ALBERT H? PRINCE DE MONACO, CAMP. SCIENT. 



SPONGIAIRES PL .Vil 




E.Top. srv 



i 



SPONGIAIRES DES ACORES. 



LEGENDE DE LA PLANCHE IX 



Pages 

Fig. i . Chonelasma Ijimai Topsent 53 

a, scopule de la grande sorte X 400; b, scopule de la petite sorte 
X 400; c, pentact dermique X io5; d, oxyhexact, X 400; e, /, disco- 
hexasters X 400. 

— 2. Farrea Weltneri Topsent 43 

a, portion de clavule gastrique X 180; b, discohexaster X 340. 

— 3. Darwinella simplex Topsent 55 

a, tétract X 60; b, centre d'un triact X 180. 

— 4- Geodia echinastrella n. sp 70 

a, silhouettes de sterrasters X io5 ; b, sphéroxyaster ectosomique X 400 ; 
c, oxyaster choanosomique X 400. 

— 5. Geodia eosaster (Sollas) 67 

a, portion d'ectosome vue par la face interne : d, dichotriœne; s, ster- 
raster; ch, chone inhalant X 60; 

b, portion d'ectochrote : st, stomion ; sph, sphéraster ; ch, sphérochiaster 
X60; 

c, oxyaster choanosomique X 400 ; d, sphérasters X 400 ; e, sphérochias- 
ter X 400. 

— 6. Geodia spherastretla n. sp 70 

a, silhouettes de sterrasters X io5; b, sphérochiasters de l'ectochrote 
X 4°°; c > sphéroxyaster du choanosome X 400. 

— 7. Erylus nummtjlifer Topsent 71 

a, dichotria?nes X io5; b, c, silhouettes de sterrasters des spécimens de 
la station 899, X io5; d, silhouettes de sterrasters du spécimen de la 
station 866, X io5; e, silhouettes de sterrasters du spécimen de la station 
616, X io5 ; /, microstrongyles du même X 180; g, h, oxyasters réduites 
du même X 180; i, ornementation des sterrasters (fragment de spicule) 
X 340; j, moitié de sterraster à actines atrophiées X 180. 

— 8. Erylus granularis n. sp 72 

a, silhouettes de sterrasters X io5; b, sterraster avec son ornementation 
X io5; c, portion grossie d'une sterraster X 340; d, microstrongyles 
X 400; e, oxyasters X 400. 

— 9. Erylus Chavesi n. sp 75 

a, silhouettes de sterrasters vues de face X io5 ; b, ornementation des 
sterrasters X 3.40; c, silhouettes des sterrasters vues par la tranche X io5; 
d, microstrongyle X 340 ; e, oxyaster X 340. 



ALBERT l 1 ?? PRINCE DEMONACO, CAMP. SCIENT. 



SPONGIAIRES. PL. IX. 




- - 



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SPONGIAIRES DES 



LÉGENDE DE LA PLANCHE IX (Suite) 

Pages 

Fig. 10. Erylus mammillaris (Schmidt) 73 

a, silhouettes de sterrasters vues de face X io5 ; b, silhouettes de 
sterrasters vues par la tranche X io5; c, ornementation des sterrasters 
X 340 ; d, microstrongyles X 340 ; e, oxyasters X 340. 

II. CORALLISTES NOLI TANGERE Schmidt 5g 

a, dichotrisene vu de profil X 180; b, cladome de dichotriasne vu par 
sa face supérieure X 180; c, portion de desma X 180; d, spirasters 
X 3 4 o. 

— 12. Thrombus abyssi (Carter), var. niger n. v 100 

a, trichotrieene vu de profil X 340; b, cladome de trichotriaene vu par 
sa face inférieure X 340. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE X 



Fig. i . Stryphnus fortis (Vosmaer) 83 

a, b, c, pointes de rhabdomes de dichotriœnes avec ramifications 
latérales X io5 ; d, cladome de dichotriœne X 60. 

— 2. Stelletta tuberosa Topsent 75 

a, cladome de dichotriœne X 60; b, portions distales de pseudopro- 
triœnesX io5 ; c, chiasterX 340; d, oxyaster de l'écorce X 340; e, oxyaster 
du choanosome X 340. 

— 3. Pœcillastra symbiotica n. sp 90 

Six individus entiers et de grandeur naturelle. 

— 4. Pœcillastra symbiotica n. sp. Spicules de l'adulte 90 

a, dichotriœne X 60; b, orthotriœne X 60; c, microxe X 400; d, spi- 
rasters X 400; e, métasters X 400. 

— 5. Pœcillastra symbiotica n. sp. Mégasclères de la jeune 

Eponge 90 

a, dichotriœne X 60; b, oxe X 60. 

— 6. Pœcillastra symbiotica n. sp 90 

Individus nombreux enfoncés dans un Spongosorites placenta, gr. nat. 
Seuls, leurs cloaques sont visibles à la surface de leur hôte; 

sp, surface du Spongosorites; oc, orifices cloacaux des Pœcillastra; s, 
pierre servant de support au Spongosorites. 

7. PlLOCHROTA VENTRICOSA n. Sp 80 

a, orthotriœne X 3i ; b, dichotriœne X 3i. 

— 8. Pilochrota lactea (Carter) 81 

a, dichotriœne du spécimen de la station 587, X 3i; b, dichotriœne du 
spécimen de la station 616, X 3i. 

— 9. Pilochrota inermis n. sp 79 

a, oxe du spécimen de la baie de Capellas X 60 ; b, plagiotriœne du 
même X 60; c, portion de plagiotriœne du même X 180; d, oxe du 
spécimen de Sâo Miguel X 60 ; e, plagiotriœne du même X 60 ; /, chiasters 
du même X 340 ; g, trichodragmate du même X 340. 

— 10. Characella pachastrelloides (Carter) 95 

a, orthotriœne X 60 ; b, dichotriœne X 60; c, microxes de la surface 
du corps X 340. 

— 11. Characella pachastrelloides 95 

Esquisse, très réduite, du grand spécimen de la station 587. 



ALBERT l** PRINCE DE MONACO, CAMR SCIENT. 



SPONGIAIRES. PL.X. 




E .Topsent de] 



- 



SPONGIAIRES DES AÇORES. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE X (Suite) 



Fig. 12- Corticella geodioides (Carter) 77 

a, sphérochiasters X 340 ; b, sphéroxyasters X 340 ; c, calthropes de 
toutes formes et de tailles diverses X 60. 

— 1 3. Penares sclerobesa n. sp 82 

a, oxyasters X 340; b, microxes X 340; c, cladomes de dichotriaenes 
X 60. 



> 



LEGENDE DE LA PLANCHE XI 



Fig« i • Chrotella amphiacantha n. sp 

a, oxes ectosomiques X io5; b, cladomes d'anatriaenes X io5; c, sig- 
maspires entières, l'une droite, l'autre tordue X 400; d, extrémités de 
sigmaspires vues par les deux faces X 400. 

— 2. Tetilla longipilis n. sp qj 

a, cladomes de protriaenes de l'adulte X io5; b, cladome de protriaene 
de gemmule X io5; c, cladomes d'anatriœnes de l'adulte X io5; d, sig- 
maspires X 400. 

— 3. Craniella disigma n. sp 100 

a, cladome de protrisene X io5; b, cladome d'anatriaene X io5; c, sig- 
maspires dentées X 400; d, sigmaspires somiques X 400. 

— 4- Placinastrella oxeata n. sp 102 

a, spicules diactinaux (oxes) de première catégorie X 80; b, triode de 
première catégorie X 80 ; c, spicules divers de deuxième catégorie X 80 ; 
d, spicules divers de troisième catégorie X 80. 

— 5 . Thoosa armata Topsent 1 09 

Spicules de l'adulte X 340 : a, oxyasters lisses à actines en nombre 
variable; b, amphiaster noduleuse normale; b', grosse amphiaster de même 
type; c, amphiaster à actines grêles; d, pseudosterraster. 

— 6. Thoosa armata (développement larvaire) 109 

Larve montée au baume sans coloration préalable X io5. 

Les styles, qui viennent de faire leur apparition, sont fins et assez courts 
pour ne pas dépasser la surface du corps. Les disques entourent complè- 
tement la larve, mais ceux qui bordent la figure ont seuls été dessinés. Il 
n'y a pas d'amphiasters. 

— 7- Thoosa armata (développement larvaire) 109 

Larve un peu plus âgée X io5. — Les styles dépassent maintenant la 
surface du corps par leurs deux extrémités; des manchons cellulaires les 
enveloppent et assurent leur croissance. Les amphiasters font encore 
défaut. Les disques qui bordent la figure ont seuls été dessinés pour 
montrer la chair en état avancé de segmentation. 

— 8. Thoosa armata (développement larvaire) 109 

Larve plus âgée, ceinte d'une cuirasse de disques et armée de styles. 
Ceux-ci, à peu près achevés, traversent le corps en tous sens et en dépassent 
la surface très longuement par leur pointe. Les amphiasters, maintenant 
présentes, ne sont pas visibles à ce grossissement (X 60). 



ALB ERT R? PR 1 X CE DE MONACO, CAMP SCI ENT, 




E Tops, tit de] 



Lith.Wen i 1 : '- . ' 



SPONGIAIRES DES AÇORES. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XI (Suite) 



Fig. 9. Thoosa armata (développement larvaire) 109 

Portion grossie (X 340) d'une larve de même âge que la précédente, 
pour montrer l'ornementation des disques, la base et l'axe des styles et 
les amphiasters noduleuses. 

— 10.- Thoosa armata (développement larvaire) 109 

Larve très avancée dans son développement. Les styles sont maintenant 
orientés tous dans le même sens, leur base restant incluse, leur pointe 
faisant longuement saillie au pôle postérieur du corps. 

— 11. Thoosa armata (développement larvaire) 109 

Développement des disques X 340; a, silicoblastes entourant la larve 
avant l'apparition des styles dans son intérieur; b, disque examiné un peu 
après l'apparition des styles; c, disque presque achevé, encore enveloppé 
de sa cellule-mère. 



LEGENDE DE LA PLANCHE XII 



Pages 

Fig. i. Cliona levispira Topsent io5 

a, oxe du choanosome X 180; b, oxes des papilles X 180; c, spirasters 
lisses X 340; d, spirasters épineuses du plateau des papilles X 340. 

— 2. Dotona pulchella Carter 108 

a, styles des papilles X 180; b, spirasters à épines disposées en spirale 
X 340; b', spiraster monstrueuse de la catégorie précédente X 340; 
c, spiraster épineuse du plateau des papilles X 340. 

— 3. Alectona Millari Carter m 

a, spicule diactinal épineux X 180; b, amphiasters X 340. 

— 4. Sceptrintus Richardi Topsent 117 

a, quatre discasters de différentes tailles X 180; b, discaster passant à 
l'état de rhabde X 180; c, style et portions d'un style dérivés de discasters 
X 180. 

— 5. Latrunculia insignis Topsent 1 15 

a, sommet de discaster du type (station 597), X400; b, sommet de dis- 
caster du spécimen de la station 869, X 400 ; c, sommet de discaster 
intermédiaire entre les précédentes (station 597), X 400. 

— 6. Latrunculia biannulata Topsent 1 1 5 

a, style polytylote (spécimen du banc de la Princesse-Alice) X 180; 
b f b', discaster et discasters chétives du même X400; c, sommet de dis- 
caster X 400; d, sommet de discaster du spécimen de Pico X 400. 

— 7. Hymedesmia unistellata Topsent, var. aspera n. v 112 

a, bases de tylostyles X 400; b, sphérasters X 400. 

— 8. Hymedesmia stelligera (Carter) 114 

a, petit tylostyle X 180; a, base de petit tylostyle X 400; b, base de 
grand tylostyle X 400; c, chiasters X 400. 

— 9. Hymedesmia chondrilloides Topsent 1 13 

a, base de style X 400; b, sphérasters du spécimen de Terceira X 400; 
c, sphérasters du spécimen du banc de la Princesse-Alice X 400. 

— 10. Tylexocladus Joubini Topsent 122 

Disposition des spicules à la surface du corps : haie de tylostyles cor- 
ticaux traversée par des exotyles X 60. 

— 11. Tylexocladus Joubini Topsent. Spicules 122 

a, tylostyle choanosomique X 60; a', base de tylostyle choanosomique 
X 340; b, cladotylostyle X 180; b', extrémités d'un cladotylostyle X 340; 
c, tylostyle cortical X 180; c, base de tylostyle cortical X 340; d, oxes 
centrotylotes du choanosome X 340. 



ALBERT I e .? PRINCE DE MONACO, CAMP. SCIENT. 



SPONGIAIRES. PL. XII. 




E.Topsent del. 



Lith.Wernei r,Frai ." 



SPONGIAIRES DES . 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XII (Suite) 

Pages 

Fig. 12. Rhaphidorus setosus Topsent 120 

a, tylostyle cortical X 340; b, base de tylostyle choanosomique X 340; 
c, tylostyles monstrueux X 340; d, trichodragmates du spécimen de la 
station 683, X 340. 

l3. OXYCORDYLA PELLITA n. Sp 1 35 

Coupe sagittale du spécimen type, gr. nat. 

— 14. Rhizaxinella biseta n. sp 126 

a, bases de grands tylostyles X 340; b, base de tylostyle de la rangée 
superficielle X 340. 

1 5 . SUBERITES GIBBOSICEPS n. Sp 125 

Bases de tylostyles X 340. 

— 16. Rhizaxinella uniseta n. sp 127 

L'Eponge en grandeur naturelle. 

— 17. Rhizaxinella uniseta n. sp 1 27 

Bases de tylostyles X 340. 

— 18. Ridleya oviformis Dendy 124 

a, petit tylostyle des touffes superficielles X 1S0; b, base d'un grand 
tylostyle X 180. 

— ig. Suberites laticeps n. sp 124 

a, tylostyle choanosomique X io5; a', bases de tylostyles choanoso- 
miques X 340; b, tylostyle des bouquets superficiels X io5; b', bases de 
tylostyles des bouquets superficiels X 340. 

— 20. Jaspis Dendyi (Sollas) 12g 

a, sphérasters X 180; b, oxes de tailles différentes X 60; b', portion 
centrale d'un oxe centrotylote X 180; c, pseudotylostyle (oxe centrotylote 
tronqué) X 60. 

— 21 . Spongosorites placenta Topsent i3o 

Oxes de tailles diverses X 340. 

— 22. Heteroxya corticata Topsent i33 

Disposition des spicules à la surface du corps : haie d'acanthoxes 
traversée par de grands oxes généralement lisses X 33. 

— 23. Heteroxya corticata Topsent. Spicules 1 33 

a, acanthoxes X 180; b, pointes de grands oxes défensifs X 180. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XIII 



Pages 

Fig . i . Topsentia glabra (Topsent) 1 3 1 

a-c, trois catégories d'oxes du spécimen de la station 584, X 180; 
d, strongyloxe du spécimen de la station 703, X 180. 

— 2. Bubaris vermiculata (Bowerbank) 145 

Spicules d'un spécimen de la station 587, X 180. 

— 3. Bubaris mastophora (Schmidt) 146 

Section longitudinale d'un fragment de l'Eponge, gr. nat. 

— 4. Bubaris vermiculata (Bowerbank) 145 

Spicules d'un spécimen de la station 600, X 180. 

— 5 . Higginsia Thielei Topsent 1 5o 

a, styles X 180; b, microxes X 180; c, microxe d'un spécimen de la 
station 1344, X 180. 

— 6. Bubaris Sosia n. sp M7 

Groupe de stomions dans l'ectosome X 60. 

— • 7. Bubaris Sosia n. sp 147 

Un oscule X 60. 

— 8. Bubaris Sosia n. sp 147 

a, strongyle X >o5; b, c, styles X io5. 

g. MONOCREPIDIUM VERMICULATUM Topsent 148 

a, oxe tuberculeux de la base X 180; b, oxe grêle de même sorte X 180; 
c, bases de styles X 180. 

10. AXINELLA VELLEREA n. Sp M 1 

Style X 60. 

II. AXINELLA VELLEREA II. Sp M 1 

Portion de la charpente à quelque distance au-dessous de la surface 
X 33. 

— 12.' Halicnemia constellata Topsent, var. azorica n. v 149 

a, bases de subtylostyles X 180; b, tornote en deux fragments X 180; 
c, sphéraster X 180. 

— i3. Rhabderemia minutula (Carter) 1 52 

a, bases de rhabdostyles X 340; b, microstyle X 340; c, sigmaspires 
X 3 4 o. 



ALBERT m PRINCE DEMONACO. CAMP. SCIENT: 



SPONGIAIRES. PL. XIII. 




E.Topseï 



. _ . . .. 



SPONGIAIRES DES ACORES 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XIII (Suite) 



Fig. 14. Dragmatyle lictor n. sp 19^ 

a, base de tylostyle X 180; b, tornote X 60; c, pointe d'un tornote 
X 180; d, trichodragmate X 400. 

— i5. Hymerhabdia oxytrunca n. sp i5g 

a, grands styles hérissant la surface X io5 ; b, styles basilaires X io5; 
c, forme diactinale exceptionnelle des spicules basilaires X io5. 

— 16. Hymerhabdia typica Topsent 160 

a, bases de tylostyles d'un spécimen de la Manche (Roscoff) X 180; 
b, tylostyles basilaires du même et leur modification éventuelle en oxes 
centroty lotes X 180. 

— iy. AXINELLA VASONUDA n. Sp 14° 

a, oxes X 60 ; b, altération fréquente de la forme des oxes au voisinage 
de la surface X 60; c, base de style hérissant la surface X 60. 

— 18. Cerbaris torquata Topsent 160 

a, bases de subtylostyles X 180; b, céroxes vus de profil X 180; c, céroxe 
vu d'en haut X 180; 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XIV 



Pages 

Fig. i. Plocamiopsis signata n. sp 1 55 

a, subtylostyle ectosomique X 180; b, acanthostyle de première caté- 
gorie X 180; c, deux acanthostyles de seconde catégorie X 180; d, trois 
tylotes épineux de la charpente basilaire X 180; e, toxe X 400; /, aniso- 
. chèles X 400; m, deux tylotes de Plocamiopsis signata, var. mitis X 180; 
n, tylote exceptionnel de la même variété X 180. 

— 2. Hymeraphia hispidula n. sp 164 

a, subtylostyle ectosomique X 180; b, acanthostyle de défense interne 
X 3 4 o. 

— 3. Hymeraphia mutabilis n. sp 166 

a, tylote ectosomique du spécimen de la station 702, X 180; b, portion 
d'acanthostyle principal du même spécimen X 180; c, acanthostyle héris- 
sant du même X 180; d, sigmates du même X 340; e, isochèles du 
même X 340; h, subtylostyle ectosomique du. spécimen de la station 899 
X 180. 

— 4. Hymeraphia mucronata n. sp i65 

a, mégasclère de Pectosome X 340; b, sigmates X 340; c, isochèles peu 
arqués X 340 ; d, isochèles très arqués X 340. 

— 5. Hymeraphia pilosella n. sp i63 

a, acanthostyle hérissant X 180; b, ornementation habituelle des mégas- 
clères principaux du choanosome X 180; c, base d'un grand acanthostyle 
du spécimen de la station 702, X 180; d, subtylostyle ectosomique X 180. 

— 6. Hymetrochota rotula n. sp 168 

a, amphidisques X 400; b, disque de l'un de ces microsclères vu de 
face X 400. 

— 7. Stylostichon repens n. sp 170 

a, subtylote ectosomique X 180; b, acanthostyle principal X 180; 
c, acanthostyle accessoire X 180; d, sigmates X 340; e, isochèles X 340. 

— 8. Acarnus tortilis Topsent 171 

a, tylote ectosomique X 180; 6, style choanosomique X 180; c, clado- 
tylostyle X 180; d, d', toxes des deux catégories X 340; e, isochèles 
X 3 4 o. 

— 9. Hymeraphia spinispinosa n. sp 162 

a, subtylostyle ectosomique X 180; b, base d'un acanthostyle principal 
X 180; c, acanthostyle hérissant X 180; d, base d'un acanthostyle héris- 
sant vue de face X 180. 



ALBERT \ Ef< PRINCE DE MONACO, CAMP. SCIENT. 



SPONGIAIRES PL.XIY 




Ï.Topsent de]. 



Lith.Werr.ei i Winter, Francfort S /M 



SPONGIAIRES DES AÇORES 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XIV (Suite) 

Pages 

Fig. io. Myxilla mariana (Ridley et Dendy), var. polysigma n. var. 169 

a, acanthostyle principal 180; b, anisotornote de l'ectosome X 180; 
c, acanthostyle accessoire X 180; d, isochèle X 340; e, sigmate X 340. 

— 11. Desmacidon peltatus n. sp 204 

Isochèles X 400. 

— 12. Desmacidon abyssi n. sp 204 

Isochèles X 400. 

1 3. LlSSODENDORYX FERTILIOR n. Sp iy3 

a, extrémités de strongyles ectosomiques X 400; b, sigmates X 400. 

14. LlSSODENDORYX SIMPLEX n. Sp iy3 

a, tylote ectosomique X 180; b, style choanosomique X 180; c, iso- 
chèle X 400. 

— i5. Rhaphidotheca loricata Topsent 202 

a, subtylostyle choanosomique X 180; b, exotyles X 180; c, plateau 
d'un exotyle vu obliquement X 180; X d, plateau d'un exotyle vu par la 
face inférieure X 180; e, anisochèles X 180; s, sigmates X 180; /, tricho- 
dragmate X 180. 

l6. JOYEUXIA TUBULOSA n. Sp 206 

Faisceau de strongyles X 180. 

— 17. Stelodoryx procera n. sp 174 

a, tylote ectosomique X 180; a', extrémités d'un tylote ectosomique 
X 400; b, styles choanosomiques X 180; b', bases de styles choanoso- 
miques X 400; c, isochèle X 400; c\ isochèle de même sorte vu de face 
. X 400; d, isochèle grêle X 400. 

■ — 18. Phlyct^nopora bitorquis n. sp 199 

a, strongyle X 180; b, oxes X 180; c, sigmates X400; d, anisochèles 
X 400. 

— 19. Dendoryx dentata n. sp. 172 

a, tylote ectosomique X 180; b, acanthostyle choanosomique X 180; 
c; .isochèle X 400; c', base d'un isochèle vue de face X 400. 



LEGENDE DE LA PLANCHE XV 



Fig. i . Leptosia occulta (Bowerbank) 186 

a, tornote ectosomique X 180; b, oxe de l'ectosome X 180; c, base 
de grand acanthostyle choanosomique X 180; d, acanthostyle de faible 
taille X 180; e, isochèles X 400. 

— 2. Leptosia baculifera Topsent 191 

a, anisotylote ectosomique X 180; b, acanthostyle choanosomique 
X 180; c, isochèle X 400. 

— 3. Leptosia biscutella n. sp 191 

Isochèle X 400. 

— 4. Leptosia umbellifera n. sp 192 

Isochèles vus de profil et de face X 400. 

— 5. Leptosia acerata n. sp ig3 

Pointes de tornotes X 340. 

— 6. Leptosia obtusata n. sp 193 

a, tylote ectosomique X 180; b, acanthostyle choanosomique X 180. 

— 7. Leptosia rhaphigena n. sp 192 

a, strongyle ectosomique X 180; b, acanthostyle choanosomique X 180; 
c, rhaphides X 180. 

— 8. Leptolabis luciensis Topsent 184 

a, portion de tylote ectosomique d'un spécimen des Açores (station 569) 
X 400; b, acanthostyles choanosomiques du même X 400; c, isochèle du 
même X 400; d, microlabis du même X 400; /, microlabis du spécimen 
type, de Luc X 400; m, microlabis d'un spécimen de Banyuls X 4 00 ; 
s, microlabis enroulés d'un spécimen de Porquerolles X 400. 

— 9. Leptosia Schmidti Topsent 1 89 

a, strongyle ectosomique X 180; b, acanthostyle choanosomique X 180; 
c, isochèles épineux vus de profil et de face X 400 ; d, chiastosigmates 
X 4°°- 

— 10. Artemisina erecta n. sp 214 

a, style choanosomique X 180; b, subtylostyle ectosomique X 180; 
c, isochèles X 240; <f, toxe X 240; e, sigmate X 240. 

— 11. Leptolabis forcipula n. sp 1 82 

a, tylote ectosomique X 180; b, acanthostyles choanosomiques X 180; 
c, labis X 400; d, isochèle X 400; e, sigmate X 400. 



ALBERT \ ER PRINCE DEMONACO, CAMP SCIENT. 



SPONGIAIRES PL.- XV. 




. ' .. 



SPONGIAIRES DES AÇORES 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XV (Suite) 

Pages 

Fig. 12. Leptolabis forcipula var. brunnea 182 

Labis X 400. 

l3. FORCEPIA IMPERFECTA n. Sp 1 80 

a, sigmate X 400; b, labis X 400; c, microlabis X 4 00 - 

— 14. Trachyforcepia grœnlandica (Fristedt) 181 

Labis X 400. 

— 1 5 . Leptosastra constellata n. sp 1 94 

a, mégasclère ectosomique X 240; b, acanthostyle choaosomique X 340; 
c, sphérasters X 400. 

— 16. Yvesia Alecto Topsent '9^ 

a, acanthoxes et leurs passages à l'aster X 4°°; b > strongyle choano- 
somique X 180. 

— 17. Chondrocladia Guiteli n. sp 207 

a, style en deux tronçons X 60; b-b", isochèles de première catégorie 
X 400; c-c", isochèles de deuxième catégorie X 400; d-d'\ isochèles de 
troisième catégorie X 4°o; <?, sigmates X 4°°- 

— 18. Leptolabis arcuata n. sp i83 

a, acanthostyle choanosomique X 180; b, labis X 4°° J c > microlabis 
X 4 00 - 

— 19. Yvesia carnosa n. sp l 9° 

a, acanthoxe ectosomique X 180; b, portion de tornote choanosomique 
X 180. 

— 20. Yvesia pertusa Topsent 196 

Oxe abrégé X 180. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XVI 



Pages 

Fig. i. Hamacantha implicans Lundbeck, var. azorica n. v ' 221 

a, exotyle X 180; a', bout distal d'un exotyle X 400; b, diancistre de 
forme habituelle X 400; c, diancistre d'un spécimen de la station 866, 
X 400; d, rhaphides grêles X 400; e, microxe fusiforme X 400. 

— 2. Hamacantha Carteri n. sp 218 

a, diancistre normal du spécimen de la station 719, X 400; b, malfor- 
mation fréquente des diancistres dans ce spécimen X 400. 

— 3. Hamacantha Schmidti (Carter) 217 

a, oxe X 180; b, diancistres de première catégorie X 400; c, diancistres 
de seconde catégorie X 400; d, sigmates X 400. 

— 4. Hamacantha intégra n. sp 222 

a, exotyle X 180; b, style X 180; c, diancistres X 400. 

— 5. Hamacantha clavis^epta Topsent 223 

a, styles X 180; b, exotyles X 180; c, diancistre X 400; d, gros sig- 
màte en U X 400; e, sigmates grêles X 400. 

— 6. Hamacantha Johnsoni (Bowerbank) 21 5 

a, style X 180; b, diancistre de première catégorie X 400 ; c, diancistre 
de seconde catégorie X 400; d, diancistre de troisième catégorie X 400; 
e, toxe X 400. 

— 7. Hamacantha Lundbecki n. sp 220 

a, oxes X 180; b, diancistres de première catégorie X 400; c, dian- 
cistres de seconde catégorie X 400; d, sigmates X 400. 

— 8. Hamacantha Carteri n. sp 218 

a, diancistres de première catégorie du spécimen de la station 578, 
X 400; b, diancistres de seconde catégorie du même X 400; c, sigmates 
du même X 400. 

— 9. Guitarra voluta n. sp 209 

a, tornostrongyle X 180; b, bouts pointus des tornostrongyles X 400; 
c, placochèle, vu de profil X 400; d, placochèle, par la face ventrale 
X 400; e, placochèle, par la face dorsale X 400. 



ALBERTO PRINCE DE MONACO, CAMR SCIENT. 

1? 



SPONGIAIRES PL.XVI. 




E T ] p 



Li;h.Wen.ei .v'/Vimei Francfort =/M. 



SPONGIAIRES DES AÇORES 



LEGENDE DE LA PLANCHE XVII 



Pages 

Fig . i . Syringella falcifera Topsent 1 38 

Partie inférieure du spécimen de la station 702, gr. nat. ; p, pédicelle. 

— 2. Esperiopsis villosa Carter 211 

a, a', placochèles X 400 ; b-b", isochèles X400; c, isochèles de la petite 
sorte X 400. 

— 3. Esperiopsis glomeris n. sp 21 3 

a, a', isochèles peu courbés X 400; b, b', isochèles enroulés X 400; 

c, isochèle rudimentaire X 400. 

— 4. Reniera utriculus n. sp 246 

Un des spécimens de la station 224, gr. nat.; 0, orifice cloacal. 

— 5. Phlœodictyon reticulatum n. sp 238 

Trois spécimens, A, B, C, gr. nat. 

— 6. Hamacantha Carteri n. sp 218 

Spécimens (s) sur un Polypier, gr. nat. 

— 7. Esperella fascifibula n. sp 201 

a, style X 180; b, sigmate X400; c, faisceau de sigmates X io5; 

d, anisochèle X 400; e, rhaphides X 400. 

— 8. Esperiopsis décora n. sp 212 

a, style X i&o; b, sigmate géant X 240; c, c', sigmates en U X 240; 
d-d", isochèles des diverses catégories X 400; e, trichodragmates X 400. 

— g. Biemma Grimaldii Topsent 227 

Cellules sphéruleuses (c) X 400. 

— 10. Biemma rosea (Fristedt) 226 

Cellules à pigment (c) d'un spécimen noir X 400. 

— u. Phlœodictyon reticulatum n. sp 238 

L'ectosome vu par la face profonde X 3o. 

— 12. Phlœodictyon fistulosum (Bowerbank) 235 

Fragment de la membrane externe de l'ectosome X io5 ; c, cellules 
sphéruleuses ; 0, petits oxes du réseau secondaire. 

— i3. Phlœodictyon ^ereum n. sp/ 239 

Oxe X 180. 



I r I KN PRINCE DE MONACO, CAMP.SCIENT. 

?b» oc I 










SPONGIAIRES DES ACORES 



LEGENDE DE LA PLANCHE XVII (Suite) 

Pages 

Fig. 14. Phlceodictyon reticulatum n. sp 238 

Oxe X 180. 

— i5. Phlceodictyon coriaceum n. sp 237 

Oxe X 180. 

— 16. Gelliodes bifacialis n. sp 229 

a, oxe X 180; b, sigmates X 180. 

— 17. Cladocroce spathiformis n. sp 242 

Oxe X 180. 

— 18. Rhaphisia spissa Topsent 233 

Toxes X 180. 

— 19. Halichondria leuconoides Topsent 247 

Oxes divers X 60. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XVIII 



(Toutes les figures de grandeur naturelle) 
Les figures i, 4, 6, 9, 11, d'après des photographies 



Pages 

Fig . 1 . Azorica Pfeiffer^e Carter 63 

Face exhalante d'un spécimen de la station 1349, à oscules larges et 
marginés. 

— 2. Stelodoryx procera n. sp 174 

Spécimen de la station 1349. 

3. AULETTA SESSILIS n. Sp 144 

Un spécimen ramifié, de la station 882. 

— 4. Hamacantha Schmidti (Carter) 217 

Un spécimen desséché, de la station 899. 

— 5. Axinella flustra Topsent i3g 

Un spécimen simple, de la station 899. 

— 6. Eurete sp 48 

Grand spécimen macéré, de la station i3i8. 

— 7. Hamacantha clavis^epta Topsent 223 

Spécimen montrant une papille exhalante, p. 

— 8. Axinella vasonuda n. sp 140 

Deux spécimens montrant les sillons qui les découpent en lobes et, par 
places, la délicate membrane qui se tend comme un voile au-dessus de 
ces sillons. 

— g. Farrea occa (Bowerbank), var. laminaris n. v 43 

a, le spécimen vu par la face convexe; b, le spécimen vu par la face 
concave; c, le spécimen vu de profil. 

— 10. Jaspis Dendyi (Sollas) 129 

Le spécimen de la station 1 338. 

— 11. Azorica Pfeiffer^e Carter 63 

Face exhalante d'un spécimen de la station 1349, à oscules puncti- 
formes. 



ALB ERT W PR I N C E D E M N A C . CAM P S C I E NT. 



SPONGIAIRES PL.XV11 




Fenaui phol . Reynaud del, 



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SPONGIAIRES DES AÇORES 



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