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Full text of "Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 8"




Ml 

Kl 
















A gift of 

Associated 

Medical Services Inc. 

and the 
Hannah Institute 

for the 
History of Medicine 




T 





DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE 



DBf 



SCIENCES MEDICALES 



PARIS. IMVRIMER1E DE E. MARlISfcT, h = K K 1 G X X , - 



DIGTIOMAIRE ENCYCLOPEDIQUE mo. 



DCS 



SCIENCES MEDICALES 



COLLABORATEUr.S : JIM. LES DOCTKURS 

AXENFELD, BAULARGER, BATLI.OX, BAI.IilAM, UAI.L, BART1I, BAZIX, BEAUGRANB, oECLAnn, 
BK1IIER, BERTILLON, ERNEST BESMER, BLAGUE, BLACIIET, B01SET, BOUC1IACOUBT, BOUCHARD, BOUISSON, 

BOULEV (H.), BOUVIER, BROCA, BROCIUN, BUOWJi-SEQUABD, CALMEIL, 
CAUPANA, CERISE, CIIARCOT, CUAsSAIGNAC, CIIAUVEAU, CIIlinEAU, COliNII,, COULIEII, COURTV, DALLT, 

DAREMBERG, DAVAINE, DECUAMBP.E (A.), DELIOUX DE SAVICNAC, 

DELrECH, DENONV1LLIEP.S, DEPAUL, DIDAV, DOLBEAU, DUPLAY (S.), DUTHOULAU, FAf.RET (}.\ 

FOI.MN, FONSSAGRIVES, GALTIER DOISblERE, GAVARRET, C1RAUD-TEULO.V, GOIK.EV, CODELIER, GREEMIII.r., 

niSOI.I.E, GCBLER, GUERAKB, GUILLARD, Gl IU.AUME, GUVON (F.), IIECHT, ISAHUEIIT, JAClJUEMIILR, I.ABUt (1.1 ON), 

LABOULUKXE, LAGNEAD (Q.), LANCEREAUX, LAVERAN, LEFOl .r (II.ON), 
LEGOOEsT, LEREBOCLET, LE ROV DE MKRICOURT, LEW (MICIIEI.), I.IKGEOIs, Lllil ARD, I.INAS, LITTIIE, LUTZ 

MAGITOT (E.), HALAGUTI, HAREV, MARTINS, HILLARH, MOIIEL (B. A.), OI.I.ITR, 
ORFILA (L.), PAJOT, PARCHAI I E, PARROT, PASTEUR, PAOLET, PERRIN (MAURICE), PETER (M.), POLAlLI.O.V , 

POTAI.V, REGNAUI.T, IIEVEIL (0.1, REYNAt, ROBIN (CB.)i ROGER (II. )> ROI.LIiT 

ROTIREAB, ROL GET, SA1NTE-CLMRE DEV1LLE (U.), SCIIUTZENBF.RGER (CH.), SCHUTZENBERGER (P.), SEDII.LOT, 
SEE(IIARC), bOUUElRAX (t.), TAUTIVEL, TEsTEUN, T1LI.AUX (P.), 

TOL RUES, TREL.1T (0.), VEI.PEAC, 
fCH.NEUIL, VIDAL (EM.), VOII.LEMItR, VBLPIAN, WARLOMONT, WORMS (j.), WURTI. 

D1RECTEUR : A. DECIIAMDRE 



TOME HDITIEME 

BAA BEI 




PARIS 

VICTOR MASSON ET FILS | P. ASSELIN, S" DE LABE 
PLA.CE DE L ECOLE-DE-MEUECIN B 

MDCCCLXXVI 










/(./ 



DICTIONNAIIIE 

ENCYCLOPED1QUE 

DES 

SCIENCES MEDICALES 



BAAMER (LCS). Bander (Jo.sEpn-FiuNgois-DE-Pu u } Medecin tres-instrui , 

philaiilhrope, boil prahurii ; in ;"i Kali-luuinc Ic I ,"> M |i!cml iv I ""> ; mm I a Mu 
nich, le 16 mars 1794, apn\- ;i\i>ir rlr nvn doi-lnir a In^oM nil , H aimr suci 
siveinenl rcmpli avec honneur les charges do iiiedenii <1<- la \ illc (I Amii.T^, mni. 
du due Clement; medocin, eiifin, de 1 electeur Maxim ilien- Joseph III. (in a ddui : 

I. Dissertatio de natura corporis Inininiii rircniix. Inp>!si;nli IT. iT. in-l. II. An) 
(/ting eines balsainimiifn Sri/funi/ruiix /.v I m I finnht \i W///.7 in Sfltlcini 

Obstruklionskrankheiten. A.ugsb., n%5,in-&. 111. / /////, //-/.r i; rp // A ,- /,- 

Munich, I iSS, in-8. Ces deux ouvrages out Ot!- Iraduits en fr;in.,.^ par I autfiir lui- 
miime. 



Bander (FEr.Di.NAKD-MARiE), ne a Ingolstadt le 10 ICVITT 17 i", niort a Augs- 
bourg, le 4 mars 17 J7, iMn|ilil, di.nement et noblemeiit unc vie, relativt ment 
courte, de cinquante ans, Regu docteur en 1771, il devint medecin de la ville et 
de la commune d Erding, membre de I Ai-ademie des sciences de Munich, directcur 
dans cette academic, de la classc de physique et de philosophic, puis censcur, me 
decin de 1 clecteur, et de Marianne Wittib, veuve de ce prince. Ses ouvrages, tous 
ecrits en allemand, portent les litres suivants : 

I. lledeuber die Naturkunde und OEkonomie, worin z-ugleicli die Frat/e abgehandelt wird: 
was hat sich das Vaterland von diesem Lehrstuhle zu versprechen? Munich, 1770, in-4. 
II. Der palriolische Landbader, oder l;ur:e Abhandliing ion den verdcrbliclien Fritclitcn 
der Wo/lust und Geiiheit, sammt der besten Kurort der venerischen Krankhciti-n run dem 
Landvoike. Munich, 1777, in-4. III. Akademische Rede von dem Glucke der Yblkcr unler 
gulen Begenten. Munich, 1777, in-4. IV. Yerlraute Briefe iiber einc (/an; uturlwrtc und 
naclitheilige Pockenkur. Munich, 1778, in-8. V. Akademische Rede : was hat die St/f- 
tung der Akademie zur Aufklarung des Vaterlandes beygetragen. Munich, 1785, in-4. 

Baader (FRAKgois-JosuE-LAMBERi), professeur de botanique a Fribourg, en 
Brisgaw, mort le 10 novembre 1775, est auteur de 1 ouvrage suivant : 
Observations medicse incisionibus cadaverum illustrate. Aug.-Vindelicorum , 1765, 



Baader (FfiANgois-XAViER) , savant mineralogiste, mais enclin au mysticism e au 
quel 1 avaient predispose des altaques de somnambulisme qu il avail cues dans sa 

LICI. EKC. VIII. 1 



2 BABLABS ou BARLAH. 

jeunesse. II naquita Munich le 27 mars 1765, et mourut le 25 mail841. II occupa 
presque totite celte Jongue carriere a voyager dans I interct de la science qu il che- 
rissait, et parcourut ainsi la Baviere, la Save, les montagnes de la oasse Allemagne, 
1 Angleterre, 1 Ecosse, la France. On lui doit, enlreautres oiivrages: 

I. Beijird r /e zur Elementar-Physiologie. Hambourg, 1797, in-8. II. Ueber das. Pytha- 
Qoraeische Quadrat inderNalur, oiler die vier \YeUgeyenden. Tubingen, 1798, in-8. III. 
Ueber das sogenannte Freyheits- oder das passive Staatswirtschafts-Syslem. Munich, 1802, 
in-4. IV. Des Elements de physique dijnamique, ecrits aussi en allemand, muisquenous 
n avonspas vus. Berlin, 1809, in -8". 



(JOSEPH), frere du precedent, et comme lui, passionne pour la mine- 
ralogie ; ne a Munich le 50 septembre 17C5 ; recu docteur a Vienne en 1785, par 
le celebre SI oil. Apres avoir sejourne trois ans en Angleterre, occupe aux grands 
travaux metallurgiques de cette contree, il visita 1 Allemagne, le Harz, laBoheme, 
les Pays-Bas, la I russe, et alia finir ses jours a Munich, sa ville natale, ou il devint 
directeur des machines de la Monnaie et de 1 ecole des Mines. 11 a beaucoup ecrit 
snr la metallurgie, la meeanique, 1 hydraulique. Tous sesouvrages sont enlangue 
allemande. Voici la Induction fraucai?e des litres des trois principaux : 

I. Kotireau r projels et decoiwertes pour V amelioration des machines hydrauliqites. appli- 
nbles a I exploitation des mines et sources sa/e es. Bayreulh, 1800, in-4 J . II. The orie 
coi/iijltle des jioiiipcti iispiruntes et foulanles. Uayrcuth, 1797, in-i". III. Projet d une 
nouvelle machine lujdraulique pour remplacer iaiicienne machine de Marly. Tans, 1806, 
in-4. A. C. 



IMB54. Voy. BIlJIOSA. 

. Voy. POIVRE. 



ou BABLAH. Nom indicii applique dans le commerce europeen 
aux fruits de divers Acacia (voy. ce mot). On les distingue en general, dans la 
la pratique, en trois soi tes : 

1 B. d Egypte. Ce &ont les fruits de \ A. arabica, var. nilotica ou vera, 
ilsout ete decrits dans le vol. I (p. 258) de ce Dictionnaire. Us sont (res-riches en 
tannin, et out ete employes de toute antiquite a la mise en oeuvre des peaux. 

2 B. de I lnde. Fruits de \ A. arabica type de Willdenow (tomentoaa), diffe- 
rents des precedents en ce qu ils sont charges d un court duvet blanchatre, et que 
leurs i ausses-loges sont separees par des eti anglements bien plus larges et plus courts. 
Leur surface est noiratre la ou le duvet blanchatre de la surface a ete enleve. Us 
sont apportes en Europe pour la preparation des pelleteries et s appellent dans 
I lnde Babul OVL Babula (voy. vol. 1, p. 257, 1). 

5 B. du Senegal. Fruits de YA. Seijal DEL. (voy. vol. I, p. 261). Plus epais 
encore que les precedents, i alciformes, tres-faiblementetrangles entreles graines et 
plus ou moins rugueux a la surface, ils sont bien moins employes dans 1 industrie 
que les deux autres. 

Les fruits de YA. Farnesiana sont aussi importes en Europe, sous le nom de 
Balibuluh (voy. VACHELLIE). Tous les peuples au milieu desquels croissent des 
Acacia a bablabs, ont reconnu clepuis longtemps la richesse de ces fruits en ma- 
tiere astringente. Aussi en extraient-ils le Site d Acacia, eten font-its ua grand 
usage, en infusion et en decoction, pour trailer les phlegmasies des muqueuses, 
telles que angines , stomatites, conjonctivites, urethrites, etc. La medecine euro- 
peenne pourrait en tirer un tres-bon parti. H. BN. 



BAGCI. 3 

BABLOT (LOUIS-NICOLAS-BENJAMIN). Medecin, poele, litterateur, homme 
polilique, ne a Vadenay, en Cham|)agne, Ie9 septembre 1754 ; mort;lGbalons-sur- 
Marne le 24 novembre 1802. II avail tie doeteur de 1 ecole de Reims ( 17 Jan 
vier 1780), inlroduisit la vaccine dans sa pairie, et s esL i ait connaitre par un 
grand nombrc d ouvrages, de memoires, de poesies, qui indiqnent cliez lui un 
esprit fin, delie, tel que raiment les Muses. (Juoique beaucoup de ces ouvrages ne 
se referent pas a la medecine, nous croyons devoir en donner la liste, car ils font 
grand honneur a la profession. 

I Adieux de mademoiselle Noel it la ville dcCh&lont-s.-Marne; 1782, in-8. II. Letlre 
au doct. Grunivald sur les vertus de la poudre de crupaud i/aiis I /ii/ilmp/fie. In Ga;.. xiilnt. 
-1785. n 32. -- HI. Letlre sur un moyen sini/ul/cr de se de"barrasser des glaires </< /H-.VD- 
vhaqe et de I estowac. In Gazette de sanM, 1*385, n i -i et 25. IV. Observation sur /u/r 
colique tie miserere. In Journal de nu decine, t. LXIX, octobre 1786. -- V. Qtilil, s cssen- 
tielles qu exige la profession d apolhicaire, traduit du dispensaire latin de Valeria I .ordus. 
In t. HI des Nouvelles instructires de Retz, 1780. ~ VI. Me moire d consuller sur itne ini}<uis- 
sance provenant d ltne cause morale. In Gazette salulaire, 1786, n50; ct Gazette tic santi, 
n 45. _ vi. Lettres sur les presages tires des songes. In Gaz. de sante, 1787, n 5.j. 
VIII. Prospectus d une edition des osuires de Voltaire; 178S, in-8. IX. Dissertation sur 
le pouvoir de t imagination des femmes enceintes. Paris, 1788, in-8. -- X. K.I mncn <le 
Vouvrage de M. ieveque d Autun (Talleyrand), inliiulc : Des Loterics. 1789, in-8". . 
XI. L abi lition des cloilres (epitre en vers). In Mcrcinr inurcrseL t. VII, 1790. XII. Le 
Caducc e, ou organisation du department de la Marne. 1790, in-8. XIII. Rapport sur la 
contagion des ciineiieres. 1795, in-4. XIV. D m< tnirs xur les mauxqu enfante I ignorance 
deslois 1793, in-i". XV. Moi.ens I/ UX^IIYI ii c/inc/nt dt .i iitilii ti/im de In rc pii/i /titti . xur 
la re colte actuelle, son approvisionnement en grains jnsqu d la recolte xniritnic. In .Vtr<-ure 
universel. 179J, t. LIII. XVI. II flexions sur les dangers des bains, pour certaines per- 
sonnes, a lean couranle des rivieres et moi/ens de purer h la crainle de se noger. 179G, 
in-go XVII. Fragments d un poem e sur /a inrcxx/tc il itne, religion, la religion nati.relle; 
1797, in-8. XVIII. Dialogue enlre Cidabot-Meblen et Bernardin de Saint-Pierre, sur 
quelques nperfits du grand tableau polilique de la France aprts It is fruclidor. 17 .i7. in-8 
XlX. Observations sur une rage spontanee, ayant sa cause dans la seule peur de I eau 
courante. 1799, in-8 A. C. 



Capitules d une Composee, qui se vendent au Caire, pour preparer 
des infusions digestives journellement employees. On les nomme encore Zeysoum. 
Gesont des inflorescences du Santolina fragrantissima FORSR. (Voy. SAKTOL^E.) 

H.BN. 



!VRLA^s>lt.t;. Les fruits designes sous ce nom dans quelques for- 
mulaires, sont, d apres Merat et Delens (Diet., I, 510], ceux du Rubus arcticus 
L. (Voy. RoNCE.) H. BN. 

BACCHARIS. Genre de plantes, de la famille des Gomposees, et du groupe 
des Asteroidees, auquel on a rapporte un certain nombre de plantes raeridionales 
qui appartiennent en realite a d auties genres. Tels sout : 

1 Le B. brasilensis L., ou Treniate de Marcgraf, qui appartient au genre 
Vernonie (voy. ce mot). 

2 Le B. indica L., qui est un Pluchea (voy. ce mot). 
. 3 Le B. ivxfolia L., qu on doit rapporter au genre Conyze (voy. ce mot). 

4 Le B. viscosa LAMR a ete considere comme etant \eBaumedes lies Maurice 
st Bourbon, maiscelui-ci se rapporte, suivant Merat et Delens (Diet., I, 519, not.) 
au Psiadia glutinosa JACQ. H. BN. 

BACCIOUBACCIO (ANDRE), en latin Baccius. Philosophe, bistorien, naturaliste, 
aatiquaire, ce tres-savant medecin, nea Milan aucommeucementdu seizieme siecle, 



4 BAC1IER (LES). 

mort a Rome, le 24 octobre 1 567, prefera 1 etude qui conduit souvent a la misere, a 
la pratique qui mene habituellement a la fortune. Aussi, ne fallut-il rien mains que 
la bourse du cardinal Ascagne Colonna, et la protection du pape Sixte V, qui le 
choisit pour sou premier medecin, pour le tirer des mains dc ses nombreux creau- 
ciers. Ses ouvrages, dont void la liste a peu pres complete, et qui sont encore 
rccbercbes aujourd lmi, placent Bacci parrni les membres les plus erudits de la 
profession. 

I. Del Tevere,dellanaturaetonta dell acque, edett inondazioni, Lib. II. Rome. 1558, in-8; 
Venise, 1576, in-4; Rome. 1599, in-l. II. Discorso dell acque Allmle, Bagni di Cesare 
Augusta a Tivoli, dell acque aceloso presso a Roma, e dell acque a Anticoli. Rome, 1564, 
in-4 - 1507, in-4. HI. Discorso dell alicorno, clella not nra dell alicorno e delle *. 
eccellentissime virtu. Florence, 1573, in-4; 1582, in-S. IV. De tliermis, lacttbus, Flu- 
minibus . balneis totiusorbis, lib. VII. Vend, 1571, 158S, in-fol. ; Rome, 1622, in-fol. ; Pa- 
tavii, 1711, in-fol. V. 1 abulu simpUciitm medicamerUorum. Rome, 1577, in-4. -VI. 
Tabula in qua onto universi et humanarum scientiarum prime monument a continent ur. Rome. 
1581, iu-4. Vll. Delle 12 pietre preziose die risplendevano nella veste sacra del somnw 
sace rdote. Rome, 1581, in-4". VIII. De nnlurali v nwrum historia, devinis Italic, et de 
conviuiis antiqiiontm lib. VII; accessit de factitiis ac cerevisiis deque Mieni, Gallix, His- 
panix, et de tolius Europx vinis. Rome, 15 J6, in-fol. IX. Delia gran bestia delta dagli 
antichi alee e delle sue propriela. Rome, 1587, in-4 ; en latin, 1508, in-8. - X. Trattato 
delle gemme-e pietre preziose, nella sacra Scritiira riferite. Rome, 1585, in-4; enlatin, 
Francof., 1605, in-8. XI. Devenenis et antidotis prolegomena. Rome, 1580, in-4. -XII. 
L origine dell antica cilia Cluana, die ogcji e la nobil terra di sant Elpidio. Ouvrage pos- 
thume, 1716, in-4. XIII. De Balneis Oppidi Eergomatis. Bergame., 1585, in-4. -XIV. 
Epistola ad Marctim Oddum de dignilale Tlieriacx; altera ad Antonium Port urn, quxnam ratio 
sit viperinse carnis in theriaca? In De componendis medicamentis de Marc Oddus. Padoue, 
1585, in-4. A. C. 

BACHE. Voy. MABRITU. 



(Les deux) pere et fds, ont en quelque sorte incruste leur nomdans 
I histoire de 1 liydropisie, pour la guerison de laquelle ils ont invente des pilules 
li base d ellebore, qui sont encore nommees dans les formulaires pilules de Backer . 
Mais disons bien vite que ces deux tres-bonorables et tres-savants medecins n ont 
pas fait de leur remede un sujet de charlatanisms, et qu ils meritent les eloges 
pour 1 avoir rendu de suite public, et pour avoir provoque des recberches tendant 
;\ demoiitrer le degre d efficacite de ces pilules. 

Backer (GEORGE-FREDERIC), le pere, ne a Blotzheim (Haut-Rbin), le 26 oc 
tobre 1709, docteur de 1 universitc de Besancon ( 1755), mort a Paris on ne sait 
en quelle anuee, est celui qui a signe les ouvrages ayant pour sujet 1 b) dropisie et 
les pilules d ellebore. Ces ouvrages sont : 

I. Precis de la mcthode d aJministrer les pilules toniques dans les hijdropisies. Paris, 
1765, in-12. II. Exposition des different.? moyens nsite s dans le traitement dts hijdro 
pisies. Paris, 1705, in-12. III. Observations fa/tes par ordre de la cour sur les lujdropisies 
et sur les effels des pilules toniques. Paris, 1709, in-12. A. C. 

Backer (ALEXASDRE-ANDr.E-PHiuppE) , le fils, ne a Thann (Haut-Rbin) le 6 avril 
1740, mort a Paris le 19 octobre 1807, egalement docteur de BesaiiQon (1764), 
et de Paris (12 septembre 1772), a continue de repandre et de \anter les jiilules 
toniques; uiais,de plus, il s est fait honorablement connaitre en redigeantle Journal 
de medecine, d abord avec Dumangin depuis le mois d oclobre 1776 jusqu a 
1790, puis seul depuis 1791 jusqu en juillet 1795. Je cor.rum de lui les opuscules 
suivants : 

I. Reponse a M Carricre ausujel de la bibliothcque littt raire de medecine. Paris, 1777. 



BACIISTROM (JEAN-FREDEIUC). o 

in-12. \\.LeltrebM. fiouvard sitr la mnladie de Varclieveqite de Pans. Paris, 1782, 

m _go ni. Mf moire sur un moijcn de perfectionner Vart de gue rir. Paris, 1789, in-8". - 

IV. Des secrets en me decine. Paris, 1780, in-8*. A. C. 

BACKER ACHT (Henri), ne a Saint-Petersbourg le 27 decembre 1725, doc- 
teur de 1 universite de Leyde (20 fcvrier 1750) ; ce mc denn distingue deviut suc- 
cessivement cliirurgien de la marine russe, medccin du corps de 1 artillerie et du 
^enie. II a laisse un grand nombre de memoircs cents malbeivreusementla plupart 
en lan"ue russe ou en languc allemande. Nous citerons : 



I. Dissertatio inauguralis de ligamentorum morbis. Leydc, 1750, in-4*. II. Praclisc/te 
Abhandlung uber den Scharbock, zum Gebrauche der \Viiii//iirz-le bei der rusxixr/i-k/iiser- 
lichen Armee und Flotte. Saint-Petersb., 1185, in-8. Traduit en francais i>;\r HoLout 
Reval, 1787,in-8. III. Pharmacopcea navalis Russica. Saint-Petersb., -1784, in-8, etc 

A. C. 

BACHOT (Les). Deux medecins de ce nom doivent prendre place dans ce Dic- 
lionnaire. 

Bachot (GAsrAr.D), ne dans le Bourbonnais vers 1550, doctcur de je ne sais 
quelle faculte, alia s elablir a Tliicrs, ct s y fit bientot une immense rcpulalion par 
la publication dc scs Errenrs populaires touch ant la mrdtrinc ct le rrij nnc <!< 
sante (Lyon, 1626, in-8").Ce livre, destine a complete! 1 ccltii de Lanivnl .loiibrrt qui 
porte le mcnif litre, cst tres-remarquable par les renseignements utilrs qui y sont 
consignes, par rendition, la IVaiii liise, la bonne foi qui y dehonlrnt, et par des 
sonnets semes ca et la, et que I anteiir adresse a Dieu, a son pere, a ses maitres, a 
sesamis, a sa lille, aux enfantsdesafille, etc. Gaspard Bacbot mourut vers Tannee 
1650, medeciu du roi. 

Bachot (ETIENNE), ne a Sens, ouaumoins dansle diocese de Sens, vers 1608, 
doctetir de la Faculte de Paris (15 sept. 1648), medecin et ami de Menage, de 
Gomberville, Benserade, Charpentier, elc., poete tres-distingue, moui ut le ISmai 
J688, aije de plus de 80 ans, et fut enterre a Paris dans 1 eglise Saint-Gervais. 

I. Le tableaudu mare c/ial de Schombcrg presents an due d llulwin, son flh. Paris, 1635, 
in-8. II. Apo/ngie pour la saigne c contre ses calomnialeurs. Paris, 16ili, in-8 ; 1018 
in-8". III. Est-ne medicus pliilosophus i^6d-:i^ 10 iO. Tliese soutenue pour le bac- 
calaureat, sous la presidence de Jacques Duval , et repondant aMinnat. IV. An in 
febribus continuis pulridis tennis victtis? These pour le baccalaurcat, sous la prcsidence 
d L rbain Bodineau, 1047, et concluant par 1 aflirinative. V. An pueris acute luborantibits 
venx seclio. These soutenue sous la presidence d Anioine Murand., aff. , 1048. VI. Qux- 
siiones medicx Paris, 1048, in-12. VII. Panegyricus gratulatorius ad Ludovicum XIV post 
civicos tumult us Lu/et/am reversum. Paris, 105^, in-fol. et in-4. Vlij. L<tc..arisiiciim pro 
pace ad card. Muzar/num. Pails, 1000, in-8. -- IX. Vesj)erlina et pileus doctoralis, turn 
quxslionibus inedicis. Paris, 1075, in-l _ , 148 p. X. Parerga sen horse sitbcet>iv,y, quibus 
confine atnr poemata latina et ijallica. Paris, 1080, in-1 2, 172 p. p. A. C. 



(Jcan-Freiic-ric). Telle fut la vie errante et singulere de ce 
medecin silesien, qu on a pen de details biographiques sur lui. On sait seulement 
qu il naquit a la fin du dix-septieme siecle ; qne son pere etait perruquier ; qu il fit de 
solides etudes en theologie; t|u en 1717 il etait professeur de gymnase a Thorn, de 
1720 a 1728, aumonier d un regiment saxon a Varsovie ; qu en 1729 il Ibnda une 
imprimerie a Constantinople, fit circuler cbez les Turcs des livres de piete, et en- 
treprit une induction de la Bible en turc ; qu jl etait eniiu docteur en niedecine, 
et membre de la Societe royale des sciences de Londres. On lui doit . 
I. De plica Polonica. Copenh., 1723, in-4. II. Exercitatio sive specimen gravilatis, cui 



6 BACON (ROGER). 

adjecta stint nonntiUa de originibus rerum tanqnam fundamenta physicx novx antatheisticx. 
Drrsde, 1728, in-4. 111. Observaliones circa scorbutum ejusque itidolem, causas, signa 
etc/train. Leyde. 1734, in-8. IV. Nova xslus marini theoria ex principiis physico-matlie- 
maticis detecta et clilucidata. V. Deutlichkeit mid Klarhcit als das wichtige Kennz-eichen 
der golllichen Wahrheit. Francof , 1755, in-8. VI Art de nager ou invention a Vaide de 
laquelle on pent toujours se sauver du naufrage. Amsterd., 1741, in-8. VII. Tractatus 
delueaphrodisiaca. Venise, 1755, in-8. A. G. 

BACILE. Voy. PERCE-PIERRE. 

BACK (Jacques ie). Mi decinde Rotterdam qui florissait au milieu du dix- 
septiume siecle. II cut le Lion esprit d applaudir un des premiers a la circulation 
harveyenne, et de ne point se ranger du cote des imprudents detracteurs de cette 
immoi tclle decouverte. 

I. Renes calculosormn cur debit o majores? Color calcnlormn et arteriarum unde? Vesicx 
cor it us lal/iKi/m Mum lapide occupation. (In de Calculo de Jean Beverovicii, Ludg.-Bat., 
1058, in-12.) II. Dissertatio de corde, in qua ogiturde nullitate spirituiim, de hxmatose, 
de viventium calorc. Notcrod., 1618, in-12; Ludg.-Batav., 1654, in-12. On trouve encore 
cette dissertation dans les Exercilationes anatomical, de Guillaume Harvey. Edition de Rotter 
dam, 1660, in-12, et 1671, in-12. A. C. 



(George). Ce medecin anglais du dernier siecle, attache a la per- 
sonne du roi George III, s est fait connailre par d excellents ecrits dont voici les 
litres : 

I. De catarrho et de dyscnteria iMndinensi epidemkis nlrisque anno 1760. Lend. 17G4, 
in-8. II. Inquiry into the Merits of Inoculation. Lond., 1706, in-8. III. An Essay 
concerning lite Cause of the Endemical Colic of Devonshire wliich ivas in the Theatre of the 
College of I lujsicians in London, on the twenty-nine Day of June 1767. Lond., 1767, in-8. 
IV. OjJiiiCiila medica iteritm edita. Lond., 1771, in-8. A. C. 



(Les lex) pere et fils. Ces deux savants medecins mecklem- 
bourgeois descendaient du fameux theologien Luc Bacmeister. 



(MATTHiEu), ne a Rostock le 28 septembre 1580, mort le 7 Janvier 
i6 l 2(i, a luisse, non-seulement un Traile general de medecine pratique en vingt- 
huit dissertations qui avaient ete imprimees chacune a part, mais encore une bro 
chure de 100 pages, in-4, portant ce litre : De sanitatis conservations et pre- 
servatione. A. C. 

Bacmcister (JEAN), fils du precedent, ne a Rostock en 1605, mort le 5 no- 
vembrelGol, a pu dans cette com te vie, ecrire les dissertations suivantes qui 
sont toutes poslhumes : 

1. De apoplexia. Rostock, 16il, in-4 II. De quartana. Rostock, 1641, in-4. m 
De cachixia. Rostock, 16ri8, in-4. IV. De casu laborantis podagra. Rostock, 1658, in-4. 
V. Problemala physiologico-medica. Hostock, 166i, in-4. VI. De hydrope ascile. 
Rostock. 1694. in-i. VII. De imbecillitate ventriculi. Rostock, 1664, in-4". A. C. 



(ROGER). Les progres intellectnels des peuples sont loinde suivrcune 
ma i die regulierement ascensionnelle. 11 y a des moments d arret, desommeil, pen 
dant le?que Is 1 humanite resle slationnaire, ou meme retrograde de plnsieurs siecles. 
II y u aus-i des moments qui sont marques comme par des revokes centre cet 
alietissement, par un reveil d autant plus energique que 1 assoupissement a ete de 
longue duree. Le douzieme siecle et la premiere moitie du treizieme ferment sous 
ce dernier rapport une periode des plus remarquables : epoque la plus curieuseet 
la plus leconde dans 1 histoire des lettres et des sciences, epoque qui coincide avec 



BACON (ROGER). 7 

la formation de la bourgeoisie, el qui va suivre le mouvement ascendant cle a 
rovaute, epoque enfm de seconde Renaissance, ou eelle-ci n a plus li<\soin d etre 
suscitee et pcrsounifice par un grand liomme comme Charlemagne, ma is qui nait 
spoiitaucineiit, qui est partout, toule nalionale, et qui est moins une renaissance 
du passe que la renaissance meme de I esprit humain. 

Ce serait un catalogue curieux quecelui qui presenterait la liste dos grands me- 
decins, des prolonds penseurs, qui, non-sculomeut ont suivi ce grand mouvement 
inteJlecluel, mais, de plus, 1 ont soutenu, pousse et provoquc dans les limites de 
leur etude i avorite. Pour n cn citer que quelqnes-uns, on verrait a I oenvre, Pierre 
Lombard, chanoine de Cliurtres; Pierre Molandin, nourri a 1 ecole de Salerne ; 
Jean de Saint Amand, chanoine de Touruay ; Pierre d Ks|>airne, ( love a la papaute 
sous le iiom de Jean XXI, pliilosophe, nu decin, auteur d une foule d ouvrages ; 
Pierre d Appoue; Richard 1 Anglais, auquel Ton doit au moins htiit livres de 
medecine; liigord, historiographe de Philippe Auguste; Gilles de Corlieil; Roger de 
Provins ; Jean de Milan ; Albert le Grand ; Geiaut de Berry ; Roger de Baron, etc. 
On y verrait encore, et par-dessus tous, \\ogcr Racon. 

Get hommu extraordinaire, ce moine anglais de I ordre de Saint-Francois, doit 
etre pour nous, qui le voyons a travers plus de cinq siecles, un sujrl. d admiration et 
d etounement, par la puissance avec laqucliY i! s rlrva au-dessus des counaissances 
comme des erreurs de son sieclr, el par les decouvertes de premier ordre qu il lit. 
Jans plusicurs sciences. G est le genie le plus vaslc qui se soil, produit an moyen 
age, en Europe. Mais nul n a plus crnellement expie la gloire d avoir t te superieur 
aux hommes de son temps, et d avoir devance de plusieurs siecles la marche de 
I esprit humain. 

Ne en 1^14, a Ilchester, dans le comte de Sommerset, eleve de 1 universite 
d Oxfordetdecelle de Paris, forlifie aux grands cnseignementsd Adam deMarisco, 
de Robert Grosse-Tcte, et d Edmond Rich, la solitude du cloitre dans lequel il s en- 
ferma volontairement lui permit d etudier avcc 1 ruit la physique, qui semble avoir 
etc le but principal de ses meditations, et de iaire des experiences destinees a 
appuyer les theoiie> qu il s etait formees. II raconte lui-meme que dans le coursde 
vingt ainu es, il employa a cet usage 2000 livres de France, qui representent 
aujourd hui une grosse somme, et auxquelles contribucrcnt de geuereux amis de 
la science. Tels liirent les resultats qu il oblint, en scrutant les secrets de la nature, 
et en decouvrant certaines proprietes, certaines combinaisons des corps, que s il 
fut admire par les hommes un peu eclaires, il devint de la part des ignorants le 
point de mired abominables accusations de magie et de sorcellerie. Ajoutez a cela 
que lioger liacon, temoiudesdereglenients et desmauvaises moeurs des ecclesiasti- 
ques, et surtout des moines, osa les denoncer au pape Innocent IV, et \ous ne serez 
pas surpris des tribulations qui vinrent assaillirle pliilosophe, et qui non-seulemeut 
ie chasserent de 1 Universite, mais encore le iireut incarcerer deux Ibis. La seconde 
fois il resta qualorze ans dans les prisons de France, selon M. Emile Charles, ou 
dans eel Irs de Rome, suivant des biographes anterieurs, et n en sortit qu a la fin 
du pontifical de Nicolas IV, c est-a-dire eu 1292. 

Deux ans apres, Roger mouraita Oxford on il s etait retire, et etait enterre dans 
1 eglise cle son couvent, ou 1 on a conserve longtemps une cellule, qu on appelait 
la cellule de frere Roger, lieu de retraile ou il allait se refugier pour mediter en 
repos, et ou il oubliait les infamies du imnde et les calomnies de ses ennemis. 

On dit que pres d expirei, se souveniut des horribles persecutions qu il avait 
essuyees pendant sa vie, Roger Bacon laissa lomber de ses levres defaillantes ces 



8 BACON (ROGER). 

paroles ameres : Je me repens de m etre donne tant de peines dans I iiituret de 
la science et des iiommes. Le noble mourant aurait pu aussi, dans ce moment 
supreme, maudire 1 ordre des franciscains qu il avail clioisi croyanl y Irouver la 
solitude, les encouragements, et ou il ne renconlra que des coleres eL des haines. 
Car, ainsi que le I ait liicn justement remarquer M. Figuier, de tous les ordres re- 
li^ieux de cette epoque, aucuu n elait plus oppose a 1 etude des sciences et au de- 
veloppement de 1 esprit humain, que celui de Saint Francois. La regie de cetordre 
recommandait avant tout, 1 humilite, la pauvrete, la priere, le jeune et les travaux 
manuels. Si elle tolerait les travaux de 1 esprit, ce n etait qu avec de nombreuses 
restrictions. On comprend des lors de quel ceil pouvaient elre considerees dans cet 
ordre austere et soupconneux, les tendances d esprit ct les travaux de leur l iere 
en Jesus-Christ. Combien la destinee de Roger eut ele differente s il etait entre 
comme Albert le Grand et Thomas d Aquin, dans 1 ordre de Saint-Dominique ou 
des Freres precheurs, congregation cclebre, dans laquelle on s efl orgait d acquerir 
dans 1 enseignement les plus hautes influences, tout en attirant des hommes qui," 
montrant du gout pour la vie monastique, joignaient a cette inclination naturelle 
une elocution facile, 1 amour de 1 etude, et des connaissances variees ! 

Voltaire a dcpeint en deux mots Roger Bacon, en disant de lui qu il fut de I or 
encroutede toutes les ordures de son siecle. Si brutal que soit ce jugement porte 
par 1 illustre ricaneur, il 1 aut avouer qu il a du vrai, car les ecrits du franciscain 
oflrent un singulier melange de profonde observation, de lumineuses experiences, 
d une methode essentiellement analytique, et de reveries alcbimiques. On sent que 
celui qui Jes a traces a de la peine a briser les liens qui 1 attachent a son siecle. La 
science, la vraie science d observation, il I enlrevoit, il la saisit, mais elle est cn- 
croutee de tant d ordnres , que ce n est que ca et la qu il en i ait ressortir la blan- 
cheur par la force de son genie. Pour juger sainement Roger, il ne taut pas oublier 
qu il vivait a une epoque ou la science manquait de base, et n etait qu une 
sorte de tradition, ou n etudiant pas, mais croyant, on n avait aucune idee de la 
critique, de 1 examen, de 1 observation, ou Ton prenait les faits tels qu ils etaient, 
ou lafoi, 1 obeissance servile tenaienl la place de la discussion, ou, enfin, 1 existence 
n etait qu une grandelegende. L on est alors profondement surprisde ce quele moine 
d Oxford a mis en lumiere. 

II est certain, en effet, que, muridans la science aride mais feconde enresultats 
des mathematiques et de la geometrie, i amilier avec les ecrits d Euclide, de Pto- 
lemee et d Albazen, il a eu la connaissance des telescopes et des lunettes a longue 
vue. Pour s en convaincre, il suffit de s arreter un instant a la page 557 de [ Opus 
majus, etau cbapitre Vision rompue de son Traitede perspective. Bacon y exa 
mine les effets de la refraction des rayons de lumiere tombant sur une seule surface 
spherique, et il pronve fort bien que si la surface du milieu le plus dense est con- 
vexe vers 1 oeil, cet objet paraitra plus grand, et que 1 interposition d un milieu 
dense, figure spberiquement, grossirait les objets qui seraient au dula. [1 parle en 
core de la refraction astronomique, de la grandeur apparente des objels, de la gros- 
seur extraordinaire du soleil et de la lune observes a 1 horizon, des proprietes des 
verres plans, convexes, concaves, de la vitesse de transmission de la lumiere, dela 
necessite de reformer. le calendrier Julien. II designe nettement le possibilite de 
construire une machine pour naviguer dans I atmosphere, il imagine un moyende 
se promener sans danger au fond de la mer et dans les fleuves, des pouts suspen- 
dus qui ne seraient soulenus d une rive a 1 autre, ni par des colonnes, ni par des 
piles, ni par aucune sorte d apparcil. 11 nienlionne une pelite machine pouvant 



BACON (FRAPiQOls). 9 

jervir soit a elever soil a abaisscr cles poids enormcs, presque infmis. II nest pas 
jusqu a la lanterne magique An P. lurcher dont, on ne jiourrait trouver 1 idce 
dans les ecrits du genie extraordinaire du treizieme siccle. La pomlre a canon ne 
Ini fut pas non phis inconnue. II serait trop long de discuter ici la question de savoir 
si Bacon est veritablement 1 invenleur de cet engiu de destruction. 11 snffit de con- 
stater, par le passage suivant, qu il savait au moins composer un melange suscep 
tible de bruler avec detonation : 

.< II est des substances dont la detonation frappe 1 ame a tel point, snrlont pen 
dant la nuit, quand tout a ete convenablemeiit dispose pour cela, et quand la deto 
nation est subite, inattendue, qtie, ni les ivrmees, in los villes in- peuvent en souffrir 
les eiTels. Aucun eclat du tonnerre ne peut elre compare an bruit dc ces detona 
tions Les lon"s eclairs qui sillonnent la nue Mint incomparablementmoindres, el a 
leur vue nous n eprouvons pas la moindre terreur. On croit que Gedeon (versle 
huitieme siecle avant notie ere), produisit des effets a pen pres scmblubles dans le 
camp des Madianites, en employant cette meme substance. D ailleurs, on repete 
1 experience en petit dans tons les pays du monde oil on emploie dans les jen\ des 
petards et des fusees, et Ton sail que renfcrmee d.ins un instrument qui n ot pas 
plus gros que le pouce d un bomme, cclle snbshmoe qu ou appelle sai|rlrr (sal- 
petra) detone avec un bruit horrible, mutant les eclairs el I tVlal dn lonnerre. 
(Opus majus, edit, dc Londres, 1755 , p. 474.) Euliii, pour nc oiler i[iie les fails 
principaux par Icsquels Bacon devoile la profondeur de ses counaissances, reiiiar- 
quons la sagacite avec laquelle il decouvrit et demonlra, sans antre secours <|iie ses 
propres observations, 1 erreur considerable qui existait dans le calcnl de 1 annee 
solaire et qui avail augmenle beaucoup depuis la reformation de Jules Cesar, 
ainsi que la melhode |>ropre a la rectifier, et qui ne devait elre appliquce que trois 
siecles apreslui, sous le poutificat de Gregoire XIII. 

Ouvrages de Roger Bacon : 

I. Epistola de secrelis operibus arti* et naturx nc nullitale magix. Hamb., 1598, in-8* 
Trad, en 1 rancais par Jacques Gerard de Tonriius. Paris. 1G 29, in-S. II. De arie chimix 
scripla, cum Ofiuscalis ejusdem aullwris. J^rancof., 1003, in-1 2. III. >><( iilitin ulilmnise, 
seplem capilibits. Norimb., 1014, in-i. IV. De relardandis senecluiis accidfinibusg 
sensibus Conner vandis. Oxford., 1502, in-8". V. Perspectiva inquaqnx ab aliis fuse tra- 
diinlur, succincte, nervose, etilapertractitnlttr, u! omnin inlellectu facile pateant. Krancof 
1614, in-4. VI. Opus majus ad Cleinentem Quartuin. I,OIK!., ll~t <, in lol. do 477 p. 
VII. Opus minus. VIII. Opus tertium, leiiud n a jamais ute iui[irinie, et nui sc trouve, 
mais nianuscrit (15 chapitres), au must e Britannique de Londres, i-t a la liil.iliolliei|in 
Douai. A ceux de nos lecteurs qui voudraient avoir s~ur Roger Bacon des renseignements plus 
etendus, nous leur recommandons la lecture des deux ouvrages suivants : HHI/IT Hi/con, 
savie, ses ouvrages, ses doctrines, d apres des textes inedils, par M. Emile Charles, pro- 
. fesseurau lycec de Bordeaux, Paris, 1861, 1 vol. in-8. Vies des savants Ulin/i-t x ,/u 
moijen dge, avec I appreciation sommaire de lews travaux, par Louis Fiyuier. Paris, 18U7, 
grand in-8, p. 175-214, A. CIIKUEAD. 



(FRANQOIS). Le plus grand des philosophes des siecles modernes; le 
reformateur des sciences; le foiidateur de la melhode experimentale. II naquit a 
Londres, le 22 Janvier 1561, de Nicolas Bacon, celebrejurisconsulle anglais, garde 
du grand sccau de la reine Elisabeth. Eleve de 1 universile de Cambridge, il com- 
posait, a dix-neul ans, un ecrit intitule de I Elat de I Europe, danslequelon 
trouve deja les marques frappantcs de la maturite de son jugement. A vingt-huit 
ans, il etait conseiller extraordinaire de la nine dans les affaires de jurisprudence. 
Sous Jacques I cr , il remplitles memes fonclions, qui Ini rapportent cetle fois environ 
160,000 fr. par an. En 1607, la fortune, ne cessant de lui souiire, lui mettait 



10 BACOIN (FRANCOIS). 

entre les mams les fonctions desotticitor, ct, dans les bras, Alix de Barnham, fille 
d un riche alderman de la Cite; I annee 1617 le Irouve garde des sceam ; 1 annee 
1619, grand chancelier d Angleterre, baron de Verulam, \icomte de Saint-Alban. 
Le 9 avril 1626, une fluxion de poitrine le tuait dans la maison du comte d Aron- 
del, a High-Gate, ou il avail demande asile, pris d une indisposition subite. 

Reformer loutes les sciences; les passer en rtviie; les doter d une classification 
complete et methodique ; engager une guerre sans merci centre les idees scholas- 
tiques et aristoteliques ; substituer a la methode syliogistique, qui part de proposi 
tions generales souvent abstraites, la methode d indnction, qni consiste a s elever 
gradiiellement et patiemment des effets aux causes, des fails particuliers aux fails 
generaux et aux lois de la nature ; abandouner les vaines et steriles speculations 
pour viser, au contraire, aux applications utiles qui augmentent la puissance de 
1 homme ; embrasser dans nne vue generate le cercle de toutes les connaissances 
humaines ; observer les rapports qui unissetit entrc elles ces connaissances , et les 
grouper suivant les diverses facultes dc 1 esprit hnmain auxquelles cbacune des 
sciences appartient; demontrer qne le seul moycn de parvenir a quelques verites, 
c est celui d observer la nature, non-si ulement dans les phenomenes i|u elle pre- 
sente a nos regards, mais encore dans ceux qu on peut decouvrir par la voie de 
1 experience... telle est, en pen de mots, 1 immeufe programme que s est impose 
Francois Bacon, qu il a pareonrn avec une pui?sance extraordinaire de genie, et 
qu il a impose aux generations futures. Ses deux principaux ouvrages , le Novum 
orgamim, qu il opposa au fameux Organon d Aristote, et le De dignitate et aug- 
mentis scientiarum, sont immortels et iiu vieilliront pas, parce que les principes 
qui y sont professes sont puises dans la raison meme, et qu ils tracent la seule 
voie capable de conduirc a la verite. Les premiers apborismes que le grand refor- 
inateur y a traces sont devenus dans les ecoles des oracles aussi sacres que 1 etait 
autrefois la parole d Arislote : 

1 L bomme, ministre et interprete de la nature ne peut agir ou s instruire 
qu en proportion de ce qu il aura decouvert de 1 ordre de la nature, par 1 observa- 
tion des fails ou par les reflexions de son esprit. II ne fait et ne pent rien de plus ; 
2 Ni la main seule, ni 1 entendement livre a ses propres forces u ont grand 
pouvoir : c est par des instruments et par divers auxiliaires que tout se fait ; mais 
on n en a pas moins besoin pour 1 espnt que pour la main ; et, de meme que les 
instruments de la main excitent ou reglent son mouvement, les instruments de 
1 esprit 1 aident a trouver la verite ou a e viler 1 erreur; 

5 La science et la puissance bumaine se correspondent exactement, parce que 
J ignorance de la cause empeche de produire les effets; car on ne peut vaincre la 
iialure qu en lui obeissaut, et ce qui dans la speculation est cause , devient regie 
pour 1 action. 

Bacon, (jui reconnait dans les prejuges (idola), les plus puissants obstacles 
qu on rencontre sur le chemin de la verite, en distingue quatre sortes : les prejuges 
de triliu ou d espece (id<>la tribns), qui decoulent de la nature meme de l bomme; 
les prejuges domestiques (idola specux), qui proviennent de 1 eclucation particu- 
liere et des habitudes individuelles ; les prejuges qui naissent du commerce des 
homines (idola fori); enfin, les prejuges ptnlosophiques ou d ecole (idola theatri). 
Celui-la seul esperera voir s ouvrir le temple de la verite , qui se debari assera de 
tous ces prejuges. II y a deux cbemins pour y parvenir : le syllogisme et I induction. 
Cettc dernien 1 methode, qui s ap|>uie sur 1 experience, qui s elJve de 1 observation 
des fails aux generalites, est seule capable de donner des notions svidentes, fixes, 



BACON (FKANQOIS) It 

et de s appliquer henreusement aux usages de la vie. La methode syllogistique, au 
contraire, qui a rednit la philosophic a de values subfiles, qui s est fatiguee ilii- 
rant tant de siecles a 1 etude des causes finales, doit etre completement bannie 
comme methode d investigation. 

Bacon a voulu planter, en quelquc sorle, 1 arbre genealogique des connaissanccs 
humaines, qu il partage d abord en trois branches principals, suivant cclle des 
facultes de 1 esprit a laqnelle elles se rapporlent. A la nu moire il raltarhe 1 his- 
toirejarimaginalion, lapoesie; a [ intelligence, la philosophic. Chacunedc ccs trois 
branches est pour lui le sujet d admirables commentanes dans Irsquds il passe en 
revue la marcbe vicicuse qu oii avail snivie jusqn a Ini, dans eelle . lude, les 
moyens d y remedier, les parties negligees on tout a fail nomellrs qu il nrom- 
mande a 1 attention des savants, les accroissements que la science doit prendie ne- 
cessairement, les decouvertes que son genie lui fait entrevoir dans 1 avenir, ct que 
la posterile a confirmees. 

Voila le peu que nous savons, s ecrie le philosopbe ; voila ce qu il noasrcste a 

chercher. 

Comme bien on pense, Bacon n a pas oublie la inodecine dans son immense 
programme; mais s il acmisde grandes vues MIV cclte science qu il rangeait parmi 
les plus conjecturales, il est tonilir dans des erreurs uio^iercs lors<|n il a voulu 
entrer dans les details pratiques. Ses chapitres intitules : Narrationes medicse, 
Anatomia comparata, Euthanasia, Filum mediciualc, et d autres, sont relati- 
vement tres-faiMes, empreinls d un dc scspcrant scepticisme, et n ap[iiviinent rien 
aux disciples d Esculapc. On sent cbcz celni qui les a traces, non pas le medecin , 
mais le jnrisconsulte, le garde des sceaux. 

Comme physician, ila eu des apercns tres-ingenieux, eta prosque touclie a. des 
decouvertcs du premier ordre. 11 avait imagine une espcce de machine pncuma- 
tique au moyen de laquelle il parait avoir soiipgonne 1 elasticite et la [lesantenr de 
1 air, quo Galilee ct Torricelli out eu la gloire de decouvrir apres lui. L attraction 
newtonienne ne lui a pas echappe, et s il ne 1 a pas prouvee, et si, par consequent, 
I honneur de 1 admirable loi universelle n t-i-bappe pas a Newton, elle est assez 
nettement esquissee dans le passage suivant : 

11 faut, ou qae les corps graves soient pousses vers le centre de la terre, ou 
qu ils en soient mutuellement attires ; et, dans ce dernier ens, il est evident que 
plus les corps en tombant s approclieront de la terre, plus fortement ils seront atti 
res... II fuudrait experimenter si la meme horloge a poids ira jtlus vile snr le haul 
d une montagne qu au fond d une mine ; si la force des poiils diminue sur la mon- 
tagneetaugmenledansla mine,ilyaapparenceque la terre a une vraie attraction. 

On raconte que la simple vue d nne pomme tombant de 1 arbre condmsit .N ewton 
a la decouverte de la loi qui porte justement son nom. La lecture et la meditation 
du passage de Bacon, que nous venous de citer, n ont pas du etre pour rien dans 
la sanction de cette grande loi par 1 illustre physicicn anglais. 

Francois Bacon a fait aussi servir son immense genie a 1 etude de Tbistoire na- 
.turelle, de la metaphysique, de la morale et de 1 histoire, montrant partout un 
esprit superieur, egalement etendu, flexible, et original ; moraliste prolbnd, anti- 
quaire erudit, ecrivain souvent elegant, toujours energiqueet brillant. Ses Essays 
or Counsels Civil and Moral, se font sui tout remarqner par la finesse des observa 
tions, la connaissance approfondie de 1 bomme, les vives couleurs d une brillante 
imagination, I eclat, la precision, 1 animation du style. C est un chef-d oeuvre. 

Pourquoi iaut-il que riiomme qui a ecrit d aussi belles choses, le profond pen- 



12 BACOPA. 

seur, le pere de la methode qui gouverne aujourd hui, et pour toujours sans doute, 
1 etude des sciences, ait macule son magnifique blason de laches ineffacables ! On 
se sent navre lorsqu en parcourant la vie de ce grand liomme, on est oblige de re- 
connaitre que son coeur n a pas etc a la hauteur de son cerveau ; qu il a eu la la- 
chele de plaider, sans y etre oblige, contre Robert, comte d Essex, son ami, son 
bienfaiteur, et d avoir ainsi contribue a la fin tragiquede ce favoride la reine Eli 
sabeth. L amertume (ait place aumepris, lorsqu on acquiert la certitude que pour 
satisfaire son avidite, son amour du luxe, ses prodigalites, Bacon est devcmi, sous 
la robe pourpi ee de grand chancelier, concussionnaire et vendeur de places et de 
privileges qu il avait expedies sous le grand-sceau ; qu il confessa lui-meme son 
deshonueur dans un memoire qui a ete rendu public, et qu il fut condamne a 
payer une amende de 40,000 livres sterling, a etre emprisonne a la Tour de Lon- 
dres pendant le bon plaisir du roi, et declare incapable d occuper aucun emploi ou 
un office public, de sieger au parlement, et d approcher meme du lieu ou residait 
Jacour...! 

11 nous a semble inutile de donner ici la liste des nombrcuses editions des ou- 
vrages de Bacon, qu il a lui-meme ecrits soil en anglais, soil en latin. Comme tous 
ses ouvrages out ete traduits dans notre langue, ce sont surtout ces traductions 
qu il importe de laire connaitre, ainsi que les interpretations et les commentaires 
dont ils ont eteTobjet. 

I. Le progrls et avancement aux sciences divines el humaines, trad, par Maugars. Paris, 
1624, in-12. II. De la dignite et de I accroissemcnt des sciences, trad, par le sieur de Go- 
lefer. Paris, 1652, in~i. III. Hisloire du regnede Henri Vll, trad, par Latour Hotrnan. 
Paris, 1C27, in-8; Bruxelles (s. d.), in-12. IV. Hisloire naturelle (avec la nie de Bacon] r 
trad, par Pierre Amboise, sieur de la Madeleine Paris, 1631, in-8. V. Considerations 
politigues pour entreprendre la guerre contre I Espagne, trad, par Maugars. Paris, 1634, 
in-4. VI. Les cctivres morales et politiques de F. Bacon, trad, par J. Baudoin. Paris, 
1626, 1630, in-S; 1636, in-12. VII. Partisan de la fortune, les antitheses des chases, les 
sophismes et les caractfres de I esprit ; trad, par J. Baudoin. Paris, 1640, in-12. VII!. Essais 
sur divers sujets de politigueet de morale publics par l ;iblie Goujet. Paris, 1734, in-12. IX. 
Politiquedu chevalier Bacon. Londres (Paris), 17iO, in-12. X. Histoire de la vie et de la 
mart, trad, par J. Baudoin. Paris. 1647, in-8. XI. Histoire des vents, oil il est Iraiie de 
leur cause et de /ears effets, trad, par J. Baudoin. Paris, 1650, in-S. XII. La nouvelle 
Atlantide,\,ra&.par\ abi)e Raguet. Paris, 1702, in-12. XIII. DELEYHE. Analyse de laphi- 
losophie de Bacon, 1755, in-12 (avec la Vie de Bacon}. XIV. EYMEUY. Le Christianisme de 
Bacon. Paris, 1799, in-12, 2 vol. XV. OEuvres completes, trad, par Ant. Lasalle, avec des 
notes critiques et litte raires. Dijon, 1799-1802, in-8, 15 vol. XVI. DE Luc. Bacon lei qu il 
est,ou denoncialion d uue Induction francaise des ceuvres de ce philosophe. 1800, in-8 
XVII. Essai sur la justice universelle.ou les sources dudroit. Paris, 1806, in-S. XVIII. 
DEMAISTRE (Joseph). Examen de la philosophic de Bacon. Paris, 1837, in-8, 2 vol. XIX. 
Novum organum Fr. Baconi, trad, par Lorquet. Paris, 1840, in-12. XX. Precis de la 
philosophic de Bac.n, 2 vol. in-8 A. CHEREAU. 

BACOPA. Aublet (Plantes de la Giiyane, I, 128) a fait connaitre le premier, 
sous le uom A Herbe aux coupures, le B. uquatica, petite plante singubere cnce 
que, qnoiqu elle appaitienne aux Scrofulariees et qu elle soit a peine distincte des 
Herpestes par tous ses caracteres (BENTH., Prodr., X, 401), elle a ccpendant des 
Hours a cinq etamines ferliles et presque egales. G est line berbe qui \it dans les 
marais. Son port et son I euillage sont ceux du Deccabunga. Elle doit a sa station 
d etre epaisse, cliarnue, ricbe en liquide, et il est probable que c est uniquement 
a cela que tient la reputation dont elle jouit parmi nos colons, d etre emolliente, 
cicatrisante, de guerir les crevasses, gercures, plaies, brulures, etc. ; elle n agit sans 
doute que par 1 eau qu elle conlient en abondance. H. Ba. 



BACTERIE i5 

On appelle ainsi, et plus souvent encore Vaquoisou Vacquois, 
plusieurs arbres des pays cbauds qni ont des fruits et des bourgeons comestibles, 
dont les r,iines fournissent de la malierc sucree, et dont les feuilles servcnt a la 
fabrication de vetements, cordages, nattes, couvcrtures de toits, etc. Lc cafe arrive 
sou-vent de nos colonies de la mer des hides, enveloppe de sacs tresses avec ces 
feuilles. Ce sont des especes du genre Pandanus (voij. ce mot). II. BN. 

BACTERBE. BACTE31IBHE. On a donne le nom de Bacteries a des infusoires 
filiformes, dont le corps n est point flexueuxet dont les mouvements ne sont point 

ondtilatoires. 

Les Bacteries sont les premiers etres qui apparaissent dans les matieres organi- 
ques en voie de decomposition. La petitesse extreme de lours dimensions et la 
simplicite apparenle de leur organisation non-seulcment ne permellent point de 
distin"uer d une maniere certaine les unes des aulres leurs diverges especes, 
mais ens conditions jettent souvent aussi de 1 incertitude sur la distinction dc ces 
petits etres d avec des especes apparlenant a d autres genres voisins par leur orga 
nisation. Les Bacteries sont classees parmi les Vibrioniens; elles sc prodiiisent 
dans les memes circonstances et sons les memes influences (|tie ces infusoires lili- 
formes; leur existence suit les memes lois; leurs proprietes \ilales, leurs Hfels 

sur les milieux dans lesquels elles se devcloppent ou 1 action des cbange nls de 

ces milieux sur elles-mcmes, celle des read ils, fulin lout ce quo nous \M\, \on- 
cons later lelativement a ces etres est analogue ou identique avec ce que nous cou- 
naissons des aulres etres de la memo I amille. 

Ainsi lii separation des Bacteries d avec les antres Yibrmniens ne pent ctre nel- 
tement tracee, et 1 histoire naturelle, pbysiologique ou patliologique du ^eme 
Bacterium n est point distinele de celle de la famille dunt ce genre lail |i;u lie. 

Nous donnerons done ici 1 bistoire gdnerale des \ ibrioniens, nous re>ei \ant de 
la complete:- a 1 article VIBRION, s il surgit des fails inleressanls touchant ces infu 
soires. 

VIBRIONIENS. I. Histoire naturelle. Les ViBBioNiENs, suivanl la de 
finition classique, sont des animaux filiformes, extrememi iit minces, sans 
organisation appreciable, sans organes locomoteurs visible*, et s<- -nwiivant 
par i effet de leur contractility ijenerule. Ce sont, de lous les inlusoires, ceux 
qui apparaissent les premiers dans les malieres organiques privees de vie. Us 
sont toujours simples, c est-a-dire non rameux, A lihres, c est-a-dire non fixes a 
quelque corps solide; ils s oflrent ci noire ceil, aide du plus puissant microscope, 
comme des lignes tres-minces, droites ou sinueuses, arliculees ou nou. 

Malgre leur extreme minceur, les Vibrioniens ont ete vus par les [ibis aneiens 
micrographes ; Leeuwenboek reconnut leur presence dans les matieres intestinales 
et dans le tartre dentaire. Mais des etres si simples et si unilormes ne pouvaieut 
offrir beaucoup d attraits a la curiosite des obsei vateurs, aussi les travaux relatifs 
a ces infusoires ne concernenl-ils guere que leur classification. Depuis longtemps 
1 etude des Vibrioniens etait complelement delaissee, lorsque, dans ses recbercbes 
sur les fermentations, M. Pasteur deconvrit que ces petits etres apportent des mo 
difications proi ondes dans la constitution chimique des milieux oa ils se develop- 
penl. La connaissance deces infusoires acquit done des lors une importance reelle. 

Classifications, rapports. Fr. Miiller, le premier, chcrchu a determiner les ca- 
racleres generiques ou specifiques des Vibrioniens et a les classer (1775). II crea le 
genre Vibrio, dans lequel ilreunit de vrais Vibrioniens avec des eires apparlenant 



14 BACTEME. 

a d autres classes des regnes vegetal et animal, et, d un autre cote, il reports 
des Vibrioniens aux Monadicns. 

Bory de Saint-Vincent (1 824-1 830) cntreprit de reformer cetle classification : il 
crea Ja famille des Vibrionides dans laquelle il reunit des etres tres-diiferents par 
leur organisation et rapprocha , dans un genre qu il designa sous le noni de 
Melandla, des Vibrioniens fort dissemblables et que les observateurs modernes 
out rapportcs a deux genres (Bacterium, Spirillum). 

Enlin, M. Ehrenberg (1838) elablit, sur des caracteres homogenes, la famille 
des Vibrioniens, a laquelle Dujardin n apporta que de legeres modifications. Elle 
fut divisee en trois genres : 

Les filaments rigides et a mouvement vacillant formerent le genre Bacterium, 
Les filaments flexibles eta mouvement ondulatoire formerent le genre Vibrio; 
Les filaments en helice et a mouvement rotatoire formerent le genre Spirillum. 
Dans cetle classification, le mouvement est pris comme caractere principal ; 
d unc part il fait ranger les Vibrioniens parmi les animaux, de 1 autre il sert 
a la distinction des genres. Quant a des Vibrioniens immobiles, il- ne paraitrait 
pas qu il en existe, car la classification ne leur donne aucune place. Toutefois 
cela pent s expliqner par le fait que les inlusoires animaux out eu, presque seuls, 
le privilege d attirer 1 attention des observateurs an microscope, et que le carac 
tere de 1 animalite n etant point apparent chez les filaments immobiles, ces obser 
vateurs ne les consideraient point comme de leur domaine. 

Or, si Ton examine les infusions artilicielles ou les liquides organiques dans 
lesquels se developpent ordinairement les Vibrioniens, on deeouvre parfois, soil 
meles avec ces infusoires actifs et mouvants, soit sans melange, des myriades 
de filaments tres-minces, droits ou flexueux, arlicules ou non, toujours simples 
et libres, identiques, en un mot, par tons leurs caracleres avec les Vibrioniens, 
sauf par un seul : ils n ont point de mouvement. Ces infusoires immobiles appar- 
liennent done, avec evidence, a la meme categoric que ceux qui sont doues de 
mou\ement; cependant ceux-ci ctant consideres comme des animaux, la moti- 
lite des uns, 1 immobilitedes autres devraient les rejeter necessairement dans deux 
families appartenant a des regnes differents. 

Mais la motilite n est pas un caractere absolu d animalite, comme on le croyait 
autrel ois. Les Vibrioniens, malgre leurs mouvements, sont des vegetaux, anssi 
bien qne les filaments immobiles , ct tons ces etres appartiennent a la meme 
famille. Cette opinion, que j ai eniise des 1859, est basee sur les considerations 
suivantes : Les Vibrioniens n onl point d organes de digestion ni d organes de 
locomotion ; ils sont homogenes dans toute leur etendue ; les deux extremites, 
generalement semblables, n ont aucun caraclere parti culier qui puisse y faire 
distinguer la tete ou la queue, et leur progression, qui se fait aussi bien et indif- 
feremment par Tune ou par 1 autre de ces extremites, prouve qn il n y a point 
entre elles de distinction. En cela meme, les Vibrioniens se separent nettement des 
animaux chez lesquels des segments isoles, des troncons experimentalement de 
taches, suivent toujours, dans leur progression, Ja direction que leur eut donnee 
la tete. Par ces differents caracteres, les Vibrioniens se rapprochent des conferves 
filamenteuses ; ils s en rapprochent encore par leur constitution chimique... Rtste 
done, comme caractere distinctif des Vibrioniens, la faculte de locomotion ; mais 
cette laculte se retrouve cbez beaucoup de conferves : des diatomees possedent, 
comme les Bacteries, un mouvement oscillant ; des Oscillaires, et en particulier 
des Sulfurairei-, out, comme les Vibrions, un mouvement ondulatoire; et le mou- 



BACTERIE. i[> 

vement circulaire si remarquable des Spirillum se retrouvc dans des conferves 
du genre Spirulina (Kiitzing) qui constituent de longues helices. Enfin, Hie/ 
toutes ces Conferves, comme chez les Vibrioniens, la progression a lieu indiffc- 
rcm-ment et souvent alternativement par 1 une ou par 1 autre des extremites. 
(Davaine, Comptes rendus de I Academic des sciences, 10 octobre 1864.) 

Cette maniere de voir n a point rencontre de contradicteurs ; elle est partagee 
par un savant botaniste, M. Kabenhorst, qni, dans sa Flora Europxa algarum 
en cours de publication, classe les Vibrioniens parmi les Oscillariees (1865). 

Par leur pelitesse et leur simplicite, les Vibrioniens commencent la serie 
des vegetaux; les genres Bacterium et Vibrio sont voisius des Le)>ti)thrix anx- 
quels ils ressemblent par leur forme et leur organisation ; ils en different rn ce 
que les Leptothrix sont fixes pur 1 iine de lenrs e\tremiles c-t qn ils aeijuiernil 
ordinairement une plus granile longueur. Le genre Spirillum est tres-voisin des 
Oscillariees en helice qui Ibrment le genre Spirulina (KiU/.mi:) , ear les Spiro- 
chxtes, regardes par les uns comme Spin^uwet par lesaulres emnme S/i/ ni//;///, 
forment, en quelque sorte, un Irait d union eulre les deu\ genres. II existe enlui 
des Vibrioniens qui ne peuvent etre facilement distingues de certaiiies (Hosieries 
ou de certaiiies Navicules dont les dimensions no snrpussent point celles de ces 
iufusoires filiformes. 

Organisation. Les Vibrioniens les plus petits echappent, sans doute, a tous 
nos nioyens d observation ; ceux qui ne |ieuvent etre apercus qu aux plus 1 orts 
grossissements du microscope, nous apparaisseut conimc des points mouvants ou 
immobiles. Les plus longs atteignent jusqu a 0" >in ,20. 

L organisalion des Vibrioniens, vu 1 insuffisance de nos moyens d observation, 
parait ties-simple : un filament reduit a une paroi sans conteuu, tel est I aspect 
des Vibiions les plus minces; chez les plus volumiiieux, dont 1 epaisseur va jusqu a 
O mm ,001, une substance uniformement repartie, analogue sans doute a 1 endo- 
chrome des Algues tubuleuses, pent etre plus ou moins distinctement reconnue. 
Dans certaines ( speces, cette substance est assez visiblement disposee en anias re- 
guliers, rappelant la disposition de 1 endochrome nucleaire des algues tubuleuses, 
et ce caractere doit sans doute faire considerer les filamenls ou les articles qui 
le possedent comme des conferves se rapprocbant soil des hygrocrocis, soit des 
closteiies, etc. Apres la mort des Vibrioniens, la substance cuiiteuue s altere et 
occupe des espaces variables, laissant des inlervalles vides, qui permetlent de la 
reconnaitre facilement. Ces Vibrioniens en voie de decomposition, meles a d autres 
encore vivants, pourraient donner lieu a une meprise et iaire croire a deux 
especes distinctes. 

De I aspect qu ils prennenten sedessecbant sur une plaque de verre, M. Ebren- 
berg a conclu que chaque filament est forme d une serie d animalcules a peine 
plus longs que larges et relenus par une division spontanee imparfaite. La maniere 
dont ces filaments se desagregent apres leur mort montre, en effet, que la seg 
mentation se prepare longtemps avant qu ellc ne devienne apparente chez I indi- 
vidu vivant. Toutefois, d apres mes observations, je ne puis admettre que la 
plupart des Vibrions et des Spirillum soient formes d un certain nombre de 
corpuscules subglobuleux. Les caracteres specifiques donnes par M. Ehrenberg, 
d apres cette constitution des filaments, me paraissent tout a fait fictifs. G etait 
aussi 1 opinion de Dujardin. 

Motilite. Les Vibrioniens sont plus ou moins agiles et leurs mouvements peu 
vent etre tres-vavies. Les Bacteries avancent, reculent, oscillent, ou pivouettent 



Ifi BACTEIUK. 

antour de leur centre ou tie Icurs extremites, comme dcs tiges rigides; les 
Yibrioniens se redressont ou s inflechissent en ondulant comme leserpenl; les 
Spirillum von I en lonrnant antour de leur grand axe et leur progression dans un 
sens, pnis dons I autre, se fait par une rotation inverse, comme nne heliee qui 
avance ou recule suivant le sens de la rotation. 

La locomotion des Yibrioniens rigides (Bacterium ou Spirillum) ne pent s ex- 
jiliquer. M. Ehrcnberg a cru voir un cil vibratil a son Bacterium triloculare. 
Dujardin reste a ce sujet dans le doute ; il faut attendre de nouveaux moyens 
d observation pour resoudre cette question. 

Les mouvemenls cbez les Yibroniens nesont pas constants :il est facile de rccon- 
naitre que ces infusoires sont generalement immobiles dans la premiere periode 
de leur developpement etque cette periode d imrnobilite dnre quelquefois plusieurs 
jours. Dans une infusion artificielle , on peut alors desagreger la pellicule ou ils 
sont eulcrmes sans les voir acquerir de mouvemenls spontanes, tandis que plus 
tard ils se desagregent d eux-memes et fourmillent dans le liquide ambiant. Alors 
meme, leurs mouvemenls ne sont pas constants et Ton en voitqni entrent en repos 
ji.tr intervalles. Les Vibrioniens cessent enfin de se mouvoir ; ils tombent dans un 
ctat d inertie qui n est pas toujours leur mort; je m en suis assure experimenta- 
lemcnt ; ils reslent en eliet plusieurs jours danscet etat de repos, sans qu aucune 
alteration sc manifesto dans leur constitution ; c est done a tort que des obser. 
valours parlent des Yibrions morts sur le seul caractere de 1 absence de leurs mou 
vemenls. Bien plus, tout un genre de Yibrioniens, ainsi que je 1 ai dit dcja, est 
constamment depourvu de la molilite. 

Respiration. Les Yibrioniens, certaines especes au moins, respirent le gaz 
<i\ygene libro, comme les etres organises en general; mais il en est d autres qu". 
si i-iupareiil do 1 oxyfione qui entre dans des combinaisons peu stables, telles que 
le Micro, I antle t;n Inque, etc. Nou-seulement ces derniers ne respirent point 
roxygf iic libre, mais encore ils nepeuvent se developper en presence de ce gaz. La 
facult6 des approprierl oxygene qui entre dans certaines combinaisons, n appartient 
pointenpropreaux Vibrioniens : M. Pasteur, qui 1 a decouverte, a propose de designer 
les etrcs qui ivspirent ro\\ijenc libre sous le nom de Aerobies, et ceux qui res 
pirent 1 oxygene combine sons celui d Anaerobies . D apres les recherches de cet 
illustre observateur, la plupart des Vibrioniens seraient anaerobies ; toutefois on 
ne sait pus encore si plusieurs de leurs especes ne pourraient etre, suivant les 
circonstances, tanlot aerobics, tantot anaerobies. Nous verrons dans la suite de 
cct article [ importance qnc peut avoir cette question. 

ttu]i]ii t ai ec le milieu. Les Vilirionieus, pas plus que les autres etres orga 
nises, u ont la lacultr de se developper dans des milieux differents et dans des 
conditions diverses. J ai mis ce fait en evidence par des experiences tres-simples : 
il suffit, en effet, de changer 1 une des conditions du milieu pour voirperir aussitot 
ou en tres-peu de temps les Vibrioniens qui s y trouvent. Un abaissement dans la 
temperature d un liquide organique, la substitution d une eau pure a une eau 
corrompue, d eau de mer a de 1 eau douce ou reciproquement font disparaitre 
promptement les infusoires filiformes qui s etaient developpes dans ces divers 
liquides. 

La subordination de tel Vibrioniena (el milieu est quelquefois plus etroitequ on 
nepeut le presumer d apres ces fails : ainsi lesBacteridies qui determinent la maladie 
charbonneuse se developpent dansle sang cbez 1 bomme, cbez lemonlon, le lapin, 
le cobaje, le rat, etc. ; mais elles ne se developpent point dans ce liquide cbez les 



BACTERIE. 17 

oiscaux ni meme cbez Je cliien, quoique I analyse chimique et 1 inspcction mi- 
croscopique ne puissent faire reconnailre de difference essenticlle entre le sang de 
ce dernier animal et celui des autres Mammileres. 

Le choix que seniblent faire certains elres organises, en se developpant dans 
tclle condition et non d;mstelle aulre qui nousparait identique, se montre sur une 
"rande echelle dans le parasitisme. Cetle question inexplicable n est pas moins 
interessante au point de vuede la palhologie qu a celni de la physiologic. Un exempl c 
pris dans le sujct qui nous occupe peut nous Cairo peiietrer plus avant dans ce 
mystere, en nous montrant que des differences prcsque insaisissables pour nous, 
sont ni anmoins sensibles pour certains etres vivanls. 

Cetexemple nous estolfert par le ferment de 1 acide tartriquc ordinaire qui est 
un Vibrionien. 

On sait que cetacide a la propriete de devier a droite la lumiere polarisee, c est 
pourquoi onl a designe sons le nom d acide tartrique droit. Or, il existe un autre 
acide tartnque, 1 acide tartriqiie gauche, qui ne diflere du precedent que par 
1 impossibilite de superposer leurs formes d ailleurs idenliques, et par le pouvoir 
rotatoire sur le rayon de lumiere polarisee qui, s cxercant a droite dans le pre 
mier, s exerce a gauche dans celui-ci, exactfmcnt dc la meme quantite rn v.dcur 
absolue. Du reste il y a entre les proprietes chimiques de ces deux acides une 
identite telle qu il est materiellement impossible dc les distinguer. Ges differences 
sont done exactement de meme ordre que cellos qui disliuguent la main droite de 
la main gauche. Eli bien ! le Vibrion-ferment quidutruit 1 acide tartriqiie droit n a 
aucune action sur 1 acide lartrique gauche ; c est-a-dire qu il ne sc devcloppe point 
dans un milieu ouce dernier acide existe a 1 exclusion dc 1 autre. L . ride ract-mi- 
que offre la combinaison singuliere d une molecule d acide tartrique droit avec 
une molecule d acide tartriqiie gauche; or, si le race-mate d ammnniaque, par 
exemple, est soumis a la fermentation du Vibrion tartriquc droit, la fermentation 
se continue jusqu a ce que le premier de ces aci des ait completement disparu, 
mais 1 aciue tartrique gauche reste tout entier iulact. 

Je n ai point a signaler 1 interet philosophique ou physiologique du fait que 
M. Pasteur a mis en lumiere ; ce fait ne doit figurer ici que comme un exemple de 
1 etroite union de certains Vibrioniens avec une condition determinee des milieux 
ou vivent ces infusoires. 

Proprietes vitales. Les Vibrioniens ontdes proprietes vitales variables suivant 
leurs especes ; ces proprietes varient peut-etre aussi suivant que les Vibrioniens 
sorit developpes ou a 1 etatde germe; mais quelle est 1 organisation de cesgermes ? 
C est ce que nous ignorons. (Voy. ci-apres Bact. de la pourrilure.) 

Parmi les Vibrioniens, il en est qui snbissent une dessiccation complete sans 
perdre leur \ilalite : lels sont ceux de la malaclie charbonneuse. 11s pouvent meme 
dans cet etat conserver leur vitalite pendant un an ; d un autre cole ces memes 
infusoires perdent la faculte de s inoculer, c est-a-dire qu ils perissent des qu ils 
sont places dans une certaine quantite d eau. Je me suis assure par plusieurs expe 
riences que d autres Vibrioniens ne peuvent nullement supporter la desiccation. 

Les Vibrioniens ou leurs germcs supportent des temperatures plus ou moins 
elevees suivant leurs especes, mais cette faculte peut etre influencee par la nature 
ou par la qualite du milieu dans lequel se trouvent ces petits etrcs. Les Bacteri- 
dies charbonneuses supportent sans perir lorsqu elles sontdessechees une tempera 
ture de -)- 100, temperature qui les tue constamment lorsqu elles sont humides. 
Les Bacteries qui delerminent la pourriture de certains vegetaux perissent a 
DICT. ENC. VIII. 2 



18 BACTEIUE. 

-+- 52 (flavaine). Les Vibrioniens qui sc developpent dans le vin (vin tournc) et 
qui 1 iillercnt sont lues par une temperature de K0 a 70 (Pasleur). Ceux qui se de- 
veloppcnl dans le bit et dans 1 urine supportentune temperature voisine de-M 00 ; 
loulefois il y a sous ce rapport quelques differences, suivant que le liquide est 
acide on alcalin : dins le bit acide il suffit pour tuer tons les Vibrionieiis ou lenrs 
germc s d une temperature de -+- 100; s ii est neutre ou alcalin il faut porter la 
temperature jusqu a -f- 110 (Pasteur). II en est de meme pour ceux qui se deve- 
loppcnl dans de I eau sucree albumiaeuse ; ils sont lues a-4-100 , lorsqne ce liquide 
acqniert de 1 acidite, mais en presence de la craie qui enleve cetteacidite ils ne le 
sont qu a -+- HO" (Pasteur). 

Ces faits sont importants a connaitre, si Ton veut rechercher les conditions du 
devcloppi iucnt ou de la transmission d<>s Vibrioniens dans certains cas. 

Generation. On ne connait aux Vibrioniens qu un seul mode degeneration, 
c est la (isMparile. Ellc se montrc avant qur cos infnsoires aien atteint une lon 
gueur determinee et, pour ainsi dire, des lenr apparition, ce qui augmente singu- 
lierement lenr facultt <!< propagation. Lorsqne le milieu Hans lequel les Vibrioniens 
se forment est liquide, ils sc developpent en plus grand nombre dans une coucbe 
plus ou moins epaisse qui surnage; lorsque ce milieu et d une certaine consis- 
lance comme le lait, ils se developpent aussi bien dans la profondeur qu a la su 
nn ficie; rnais, a vrai dire, ces variations me paraissent en rapport plutot avec 
1 espece des Vibrioniens qu avcc la consistance du liquide. Souvent ces infusoires se 
produisi iit par gronpcs dissemines et dans une substance visqueuse ou mucilagi- 
neuse. Cette substance est-elle le produit d une fermentation (fermentation vis- 
quense) determinee par les Vibrioniens ou bien une sorte d atmosphere organique 
inherente a lenr constitution comme ou le voit a certaines Algues, Coccochlorees, 
Nostocs, etc.? Quoiqu ilen soil, cette substance mucilagineuse paraitetre correlative 
a la formation des Vibrioniens et ne precede point leur apparition. Le plus souvent 
sans forme determinee, elle revet parfois celle d arborisations ou celle des Epon- 
ges, et les Vilirioniens s y trouvent ranges dans un certain ordre. La potasse 
dissout le mucilage et laisse libres les corpuscules contenus. Ces diflerents aspects 
des groupes de Vibrioniens que j ai vus dans des infusions vegelales, dans de 
1 urine albumineuse et dans du jaune d oeuf tres-etendu d eau, repondent proljable- 
ment a des especes particulieres. 

Dans la nature comme dans les infusions artificielles faites en vue de I etu le, il 
se passe un certain temps avant que les Vibrioniens se montrent ; mais des lors 
qu ils le font, leur multiplication a lieu avec une prodigieuse rapid ite ; il y a la une 
sorte ([ incubation, pour employer le langage medical, incubation qui est souvent, 
sans doute, plus apparente que reelle. Elle peut tenir a des conditions de milieu, 
mais elle tient souvent aussi probablement a [ imperfection de notre examen. Bans 
un milieu qui est apte au developpement des Vibrioniens, ce developpement s ac- 
complit immediatement. Si Ton place le Vibrion-ferment de 1 acide larlrique droil 
dans une solution aqueuse de tartrate d ammoniaque, apres quelques beures de 
contact, on peut prouver qn il y a du tartrate transforme (Pasteur). Ici nous ne 
voyons pas d incubation, parce que nous possedons un precede pour reconnaitre 
immediatement le developpement duVibrion tartrique; mais pour beaucoupd autres 
Vibrioniens nous n avons pas de precede analogue Dans ces cas, la periode d incu- 
batiou n est aussi sans doute qu apparente et la generation par fissipante peut nous 
en donner la raison, comme elle peut rendre compte ensuite de I apparition rapide 
et presque soudaine des Vibrioniens. 



BACTERIE. 19 

Examinons ce qui se passerait pour 1 un de ccs infusoires qui se developperait 
dansle san- d un animal, et prenons pour excmplc les Bacteridies charbonneuses. 
On salt qu apres 1 inoculation, il se passe un certain temps, variable avec le volume 
de 1 animal inoctile, avant que les Bacteridies deviennent apparenles et que les 
phenoinenes morbides se declarent; or un animal qui meurt sous leur influence 
offre ordinairement dans son sang un nonibrc de ccs filaments qui surpasse de 
toeaucoup celui des corpnscules sanguins. Supposons qu il y ait egalite cbez un 
homme qui meurt ducharbon;c est,d apreslenombi eapproximativementconnudes 
corpuscules du sangdt, I lionime, unnombrede soixanle milliards (60,000,000,000) 
de Bacteridies produites dans un temps donne. Ce temps est variable, sans doute, 
mais on pourra rester dans les limites du vrai en disant trois jours (72 heures). 
Une Bacteridie cbarbonneuse a de 4 a 12 milliemes de millimetre de longueur en 
moyenne ; il sulfit done, pour qu elle reproduise par scission une autre baderidie 
semblable, qu elle s accroisse an plus de 12 milliemes de millimetre. Admettons 
qu elle le fasse en deux heures; cette supposition n a rien d exagcrc, car j ai \u des 
GhmentsdeMucormucedo s accroitrede 25 mi Iliemesde millimetre par lieurect des 
filements de i Oidium fnictigenum s accroHre de 14 centiemesde millimetre dans le 
nieme temps. D apres cette supposition, une Bacteridie intmlmle d;u^ c sang se 
niultipliera dans la progression suivante : apres deux beures, 2 Bacteridies; - 
apres quatre beures, 4 Bacteridies; apres six beures, 8 Bacteridies; apres viugl- 
quatre heures, leurnombre sera de4096, nombre tout a la it insignifiant relative- 
ment a celui des corpusculos du sang ; apres quarante-huit heures, il sera de 
16 777 216, une Bacteridie environ sur o 500 corpuscules sanguins. A cette 
epoque, les rechercbes les plus minutieuses ne pourraient faire reconnaitre d une 
maniere certaine 1 existence de ces Vibriouiens, et Ton pent croire qu il n y aurait 
encore aucun pbenomene rnorbide apparent. Cette periode de quarante-huit heures 
recevra done lenom de periode d incubation. Mais bientot la progression marchera 
d une maniere prodigieusement rapide : entre la soixantieme et la soixante-douzicme 
heure lesBacleridies monteront de 1 milliard a 71 milliards, c est-a-dire, qu etant 
avec les corpuscules sanguins d;ms le rapport de 1 a 60, elles arriveront en douze 
heures a depas.-;er le nombre de ces corpuscules ; a la soixante-qualorzieme heure, 
elles 1 auront plus que double. 

Ainsi que le montre ce calcul base sur le mode de generation des Vibrioniens, 
la periode que nous regardons comme une incubation, ne nous offre ce caracterc 
que par 1 insulfisance de notre examen, et 1 upparition rapide, soudaine, de ces 
petits elres qui conslituerait la periode d activite, n est que le resultat de leur mul 
tiplication reguliere et normale. 

Dans un liqnide naturel, dans une infusion arlificielle aptes a la reproduction des 
Vibrioniens, il semble aussi qu il y ait une periode d incubation suivie d une gene 
ration presque instantanee ; mais, si Ton examine au microscope a de courts inter- 
valles la surface de ces liquides, on reconnait que les Vibrioniens s y produisent 
longtemps avant que la simple vue puisse en i aii e soupconner 1 existence. Les 
Vibrioniens primitifs, les gernies, si 1 ou veut, sont repartis irregnlierement a la 
turface et isoles les uns des autres. Chacun d eux devenant un centre de propaga 
tion, les grouses s etendent, se rejoignent bientot et recouvrent uniformement 
toute la surface. Lorsque la pellicule qu ils constituent devient appreciable aux 
yeux, leur nombre est deja prodigieux et la fissiparite les multiplie alors pour ainsi 
dire a vue d oail. 

L universalite des Vibrioniens et la rapidile avec laqnelle ils apparaissent dans 



20 BACTERIE. 

une 1 oulede milieux divers a pu faire croive a leur generation spontanee. Quelques 
experiences ont meme ete faites rccemmental p.ppiiidecelte maniere de voir. Telles 
sont celles de M. Donne avec 1 oeuf de la poule et celles de M. Onimus avec du sang 
renfcrme dans des sacs de bandruche. Quant a 1 oeuf de la poule, ses elements 
viennent du sang; mais en outre, on sail que des parasites, remontant de 1 inteslin 
dans 1 oviducte, peuvent se trouver renfermes dans la coquille; ou bien, ce qui est 
beaucoup plus commun, du sang verse par les vaisseaux du calice, au moment de 
sa rupture, se trouve a la surface du vitellus (Davaine, Memoire sur les anomalies 
de I oeuf, Paris, I860). La question pour les experiences de M. Donne, comme 
pour celles de M. Onimus, en supposant des precedes operatoires irreprochables, 
se reduit done a savoir si dts germes de Vibrioniens peuvent se trouver dans le 
>atig. Or, dans les vaisseaux d animaux morts depuis fort peu de temps et dont le 
corps est ouvert au moment de 1 examen, il n est pas rare de trouver des Vibrioniens 
doues de mouvements tres-actifs. J en ai vu dans le sang des veines mesaraiques 
dvi lapin moins de douze heures apres la mort. 

Ajoutonsque les Bacteridies charbonneuses, introduites dans les voies digestives, 
pafsent assez rapidement dans le sang chez certains animaux et determinent le 
cliarbon. Les Vibrioniens de la putrefaction peuvent evidemment penetrer dans ce 
liquide de la meme maniere ; s ils ne s y developpent pas, c est qu ils ne trouvens 
pas pendant la vie les conditions favorables a leur developpement. Les modifica 
tions du sang apres la mort font naitre ces conditions. L apparition des Vibrionient 
dans les experiences de M. Donne et de HI. Onimus ne peut-elle s expliquer de 
cette maniere? 

Caracteres distinctifs. Les Vibrioniens , etant de simples filaments, assez 
souvent immobiles ou quelquelbis doues seulement de mouvements browniens, il 
iniporte de ne pas les conlbndre avec d autres corps filamenteux et notamment 
avec des cristaux en aiguilles. 11 suffit, pour eviter cette erreur, de les soumettre a 
1 action de quelques reaclifs ou de les examiner dans certaines conditions : 1 acide 
sulfurique et la potasse caustique ne detruisent point immediatement les Vibrio 
niens ; ces filaments palissent, mais ils resistent longtemps, quelquefois indefini- 
ment, a leur action. L iode les jaunit et les rend plus apparents. Leur mort, de- 
terminee par un changement de milieu, par une temperature elevee, etc., anrene 
en peu de temps leur destruction, sans qu il en reste de traces. Des especes qui 
se developpent dans des liquides naturels disparaissent par la putrefaction. 

Caracteies generiques ou specifiques. Une question importaiite a resoudre 
est celle de la determination specifique des Vibrioniens. A quels caracteres re- 
connait-on qu un Vibrionien coaslilue une espece particuliere? Jusqu ici Ton a 
pris, pour base de cette determination, la iorme du corps et le mouvement ; 
mais le plus simple examen monlre souvent, d une espece ainsi delerminee a une 
autre et meme d un genre a 1 autre, des transitions tellement graduees et insen- 
sibles que 1 insuffisance de ces caracteres ne peut etre un instant douteuse. Ces 
transitions ont ete remarquees par les classificateurs eux-memes, qui out hesite 
quelquefois a rapporter des individus a telle ou telle espece ou qui n ont pu s ac- 
corder sur la caracterislique de ces especes. 

Pour apprecier 1 importance des caracteres exterieurs dans cette determination, 
il cut fallu posseder des especes bien delerminees. On se trouvait done ia dans un 
cercle vicieux. 

11 est d ailleurs facile de prouver experimentalement que 1 apparence exterieure 
de ces infusoires est loinde sufiire pour les caracteriser et que, sous la meme forme, 



rRIE. 21 

se cachent des elres differents. Cette preuve, nous Favons deja donnee en mon- 
trant que des Vibrioniens de tout point semblables eutre eux, mais vivant dans des 
milieux differents, perissentpar leur transposition d un milieu dansl autre. D apiv- 
cela nous devons admettre que le Vibrio rugula, qui, suivant Dujardin, se trouve 
dans les matieres intestinales de 1 bomme et dans des infusions de cbenevis, ne 
constilue point une espece unique, et qu il en est de meme pour le Vibrio bacillus 
et pour le Spirillum volutans, lesqucls, suivant le meme observateur, se develop- 
pent dans des infusions d eau douce et d eau dc mer. 

Les conditions apparentes, qui, dans ces simples filaments, pourraient offrirdes 
differences caracterisliques, sont la longueur, 1 epaisseur, les formes droitc ou re- 
courbee, la conlinuite ou [ interruption en articles uislincls, c esi, enlin la \aiiete 
des mouvements. Or, les decouvertes niodcnies nous a\an( fail roimailiv quelques 
especes bien determinees par les conditions sptYialos dans lesquclles elles se dcvc- 
loppent, nous avoiis des donnees pour apprccier la valour de ces caracteres: quant 
a la longueur eta 1 epaisseur, ou voit qnelquefois, cliezles aiiimaux mm Is du i liar- 
bon, des Bacteridies tres-courtes et Ires-minces dans les gros vaisseaux, tres-lon- 
gues et epaisses dans la rate, variations qui se moiitrcnt aus-i d uu animal a 1111 
autre ; les Bacteries de la pourriture nous olfrent des differences non moius 
grandes. Quant a la forme et a la constitution, on voil le Vibrion de 1 acide laeiique 
constitue par des filaments souvent de un ou deuv articles, et d aulrcs Ibis de buit 
et dix filaments droils ou diverseiucnl rccourbrs. Dans d anlres Yibrioniens dont 
on suit le developpement, on remarque 1 abscnce de nimnement ou des moine- 
ments varies suivant les circonstances. Toutes ces differences de longueur, de 
constitution, de mouvemenls sont souvent en rapport avec I age des individusd une 
meme espece. 

Les caracteres exterieurs des Vibrioniens nc sont poinl inuliles, sans tloule, 
dans la classification, car on pent admettre rationnellement qn uu Vibrionien droit 
et un Vibrionien roule en heliec ne sont point s-pecifiquement les inemes; mais, 
considered seuls, ils sont insuffisants pour determiner les especes. Celles qui soul 
decrites aujourd bui paries classificateurs doivent etre considerees comme i expres- 
siou de types sous lesquels se cacbcnt un certain nombre d especes distincles. Le 
vrai caractere specifique.est le milieu special dans lequel se developpe le Vibrionien, 
ou mieux sa fonction pbysiologique ; mais on conceit que plus le milieu est com- 
plexe, plus la determination devient iiicertaine ; de la la necessile de prendre en 
consideration tous les caracteres. 

Classification. Nous conserverons clone les especes decrites jusqu aujourd hui 
comme des types auxquels peuvent etre rapporles un certain nombre d especes 
reelles, tout en donnant, pour leur determination, une, valeur beaucoup plus 
grande a la condition dans laquelle vivent les Vibrioniens. Nous nous borne-runs 
a ajouter a la classification d Ehrenberg et de Dujardin un genre nouveau, celui 
des Vibrioniens sans mouvement que nous nommerons Bacttiridies, a cause de 
leur ressemblance avec les Bacteries, et, dans les genres, nous ajouterons quel 
ques especes nouvellement acquises a la science. 
Nous classerons les Vibrioniens dans 1 ordre suivant : 



Se mouvant spontanement. 



Riindes. . BACTERIUM. 



J - 



Flexueux. 



Filaments droits ou 
inflechis, mais non 
tournes en he lice. 

Filaments tournes en helice. . . SPIRILLUM. 



Immobiles ... BACTEIUDICH. 



22 BACTfiRIE. 

I. GENRE Bact<-rie. Bacterium (Ehrenberg, Dujardin). Corps fitiforme r 
roide, devenant plus ou moins distinctement articule par suite d une division 
spontaneeimparfaite ; mouvement vadllant, non ondulatoire (Dujardin). 

1. BACTERIUM TERMO (Dujardin). Corps filiformes, cylindriques, un peu renfles 
au milieu, deux a cinq (ois aussi longs quo larges ; quelquefbis assembles deux a 
deux par 1 effet de la division spontanee, animes d un mouvement vacillant ; lon 
gueur, O mm ,005 a O mm ,002; epifseur, O ram ,0018 a O mu ,0006 (Dujardin). 

Dans la variole chez 1 homme et dans cette maladie communiquee au lapin, se 
trouve un Bacterium termo, epais de O mm ,0008 a O mm ,001 ; long deO mm ,007 a 
O mra ,01 (L. CozeetV. Feltz). 

Le B. termo est le plus petit des elres organises visibles ; il apparait au bout de 
tres-peu de temps, meme de quelques heures, dans les matieres vegetales? ou 
animales qui se decomposent. 11 commence par elre immobile et bientot il se mul- 
tiplie par myriades. II se monlre d abord seul , c est-a-dire a 1 exclusion de tout 
autre inlusoire, toutefois il est si facile de conibmlre le premier age des autres 
Vibrioniens avec le Bacterium termo qu on ne peut afiiimer qu il en soit tou- 
jours ainsi. 

D apres Dujardin, il disparait des infusions animales ou vegetales, a mesure 
que d autres especes amquelles il sert de nourriture viennent a se multiplier ; et 
lorsque I mmi-ion deviuiit plus concentree par suite de I evaporation ou devient 
troj) fulide pour que les autres especes y puissent vivre, le Bacterium termo s y 
rnonlrede nouveau aussi abondamment. 

II est facile de reconnaitre que le Bacterium termo disparait en general, non 
parue qu il est a vale par d autres infusoires, mais par suite des changements qui 
s opercnt dans les liquides de 1 infii^iou; il disparait souvent aussi, sans doute, 
parce que, conlbndu avec le premier age d une autre espece, il en revet les carac- 
teres en se developpant. Quant a sa reapparition dans le meme liqnide devenu plus 
fetide, il se pourrait que les Bacteries nouvelles ne fussent point toujours de la 
meme espece que le Bacterium primitif. Sous le nom de Bacterium termo (?) nous 
confondons plusieurs especes di verses. Dans les infusions tres-letides, j en ai vu 
d uue telle petitesse queleurs essaims se perdaient aux limites de la vision comme 
des tourbillons d une Ires-fine poussiere. Malgre 1 imporfectiou de DOS moyens 
d observation, 1 ceil suflit quelquefois a reconnaitre a ces Bacleries une pliysio- 
nomie particuliere, mais qui n est susceptible d aucune description. 

D apres M. Pasteur ce Bacterium respire le gaz oxygene libre; dans les liquides 
qui contiennent des matieres organiques-, il s emparc de tout ce gaz et perit 
ensuite, ou hien il continue de vivre a la surface, formant une pt-llicule qui protege 
le Ikjuide contre 1 action de 1 air atmospherique. II possede aussi la faculte de fixer 
1 ox \ficnc de 1 air sur certains produits organiques et de contribuer ainsi a leur 
destruction complete. 

2. BACTERIUM CIIAIINETTE, Bacterium catenula (Dujardin). Corps iiliformes, 
cylindi iijues, souvent assembles par 3, 4 ou 5, par suite de la division spontanee; 
articles longs de O mm ,005 a O mui ,004; epais de O mm ,0004i a O mm ,0005; longueur 
totale, 0,02. (Dujardin.) Dans la fievre typhoide chez 1 homme et dans cette ma- 
ladio communiquee au lapin se trouve un Bacterium catenula epais de O moi ,0004 
a O um ,0008; long de O mui ,004 a O m ,001 (L. Coze et V. Feltz). 

Ce Bacterium a un grand rapport de forme avec le Vibrion-ferment de 1 acide 
lacti.|iie ; et on effet, Dujardin le confondant avec le Bacterium termo, 1 indique 
comme s elant developpe dans une infusion de sucre etde phosphate d ammoniaque. 



BACTfiRIE. 25 

Suivant cet observateur, ce Bacterium serait peut-etre le premier degre du deve- 
loppcment du Vibrio bacillus. 11 se trouve dans des infusions fetides. 

3. BACTERIUM POINT, Bacterium punctum (Ebrcnberg). Corps de forme 
ovo ide, allonge, incolore, a inouvement lent, vacillant, souvent assembles par 
deux, long de O ima ,0052; epais de 0" m ,0017 (Dujardin). 

II se dcveloppe dans diverses infusions de substances animates. Dans les animaux 
morts a la suite, de 1 inoculation de substances pntrcfiees se trouve un Bact. pun- 
clum large de O mm ,0016; long de G m ",<j04 a 0""",02 (L. Coze et Feltz). 

4. BACTERIUM TIJILOCULAHE on ARTICULATCM (Ehrenberg). Corps forme d un cer 
tain nombre d articles, pourvu a la parlie antci ieure d une trompe vibratile ayant 
le tiers dela longueur du corps, long de 0" m ,01 12 a 0"" n ,00.j(i; epais de O mm ,002 
a 0" m ,0025. Ce Bacterium est regarde comme douleux par Dujardin; c est undes 
premiers etres qui apparaissent dans les infusions. 

5. BACTERIUM DE LA pour.RiTURE. Bacterium putredinis (Davaine). Ce Vibrio- 
nien parait diflerer specifiijuement des bacteries qui se produisent dans les ma- 
tieres animates en decomposition. II se presente sous Irois (ormes : 1 en corpu- 
scules amorplies, infinimcnt petils et innombrables, consLiluant un tourbdlon 
monvant dont la plupart des indhidns se perdent aux limiles de la vi.Him; 2 en 
filaments minces, courts, droits, qni lqiuTois di vises en deux, alternant an [plus 
O irm ,005 de longueur, doues de mouvements semblaLles a ceux du Bacterium 
termo; 5 en filaments gdneralemenl ]>lus longs et dont ([uelijucs uns atteignent 
jusqu a O mm ,05 de longueur, semblables pour le resle aux precedents qui Jes ac- 
compagnent toujonrs plus ou rnoins. 

Les Bacteries de la pourriture peuvent 3tre dessecliees sans perir ; dies ^ardent 
alors leur vitalite pendant plnsienrs niois. Cbaulfees a 50 C , dies perdent leurs 
mouvements ; elles meurenta 5 2C. Les filaments longs perissenl a\ant les courts ; 
ces derniers jouissent, a 1 egard de divers agents, d une vitalite plus grande que 
Je.s premiers. 

Ces Bacteries determinant dans les plantes line pourrilure ordinairement plus 
humide que celle qui est causee par le mycelium des champignons; quelquefois 
ce sont des ulcerations seches. La pourriture debute gencralement par la racine et 
envahit ensuite toute la plante. Je 1 ai observee dans des vegetaux a juireiu liyme 
tres-tendre, comme la balsamine et dans des plantes grasses trop fortement arro- 
sees. Elle peut se lrari;metlre par inoculation aux tiges et aux I euilles d un grand 
nombre de ces plantes. Cette pourriture est arretee par 1 exposilion du vegetal 
envahia une temperature de 52" C. a 55 C. (beaucoup de planles grasses suppor- 
tcnt cette clialenr sans en etre dleiees). 

L inoculation nous donne le moycn d rtiulier les proprietes du Bacterium de 
la pourriture et de reconnoitre la variabilite de ses formes qui changeiit suivant 
diverses conditions , parmi lesquelles il faut eompler 1 espece du vegetal qu il 
envabit : on observe generalement la premiere forme a la surface des uli ora 
tions seches, et dans le St-ipeiia yrundiflora, \ Aloe spiralis, la scconde dans 
le Stapelia europxa, I Echinopsis crisiuta, YOpuntia cylindrica, etc., la troi- 
sieme dans I Aloe variegata, etc. Ainsi, 1 elnde de cette Bacterie, outre 1 in- 
teret |)bysiolo:jique et palhologique , nous lait apprecier la valeur de plusieurs 
caracteres que Ton a regardes jusqu aujourd hui comme specifiques cbez les \ ibrio- 
niens. 

II est remarquable que les corpuscules les plus petits qui ecbappent presque 
a noire vne et qui n ont point de iorme caracterislique, aient uue vilalite supe- 



24 BACTERIE. 

rieure a celle des Bacleries bien developpi es. Ce sont, sans doute, ces corpns- 
cules qui doivent etre considered comme des germes. 

6. BACTERIUM CAPITATUM (Davaine). Corps filiforme, rigide, termine par une ex- 
tremite renflee, a mouvemenls vifs, non oiidulatoires ; long de O mm ,01 a O min ,015. 
11s perdent leurs mouvemi nls a vine temperature de 55 G. 

J ai observe ces filaments en nombre considerable dans de 1 eau ou macerait de- 
puis quatre jours une tumeur fibroplastique. 11s elaient tous immobiles ; Irois 
jours apres ils avaient des mouvements varies de balancement ou de giration et 
s avancaient par 1 une ou 1 autre de leurs extrcmites indifferemment. La tete, 
demi-transparente, blenalre, avail la forme de celle des zoospermes de I domiue. 
J en ai vu de tout semblables dans des inl usions de janibon et de fromage. 

J ai observe encore dans 1 intestin de la courliliere, et plusiems fois dans 1 eau 
de vases ou poussaient des jacinthes, des filaments Ires-analogues, mais dont le 
renflemcnt paraissait dii a une sorte d endoclirome nucleaire el Ton pouvait, 
dans une serie d individus, reconnaitre jusqu a un certain point le passage d un 
Vibrionien a une Closterie. 

11. GENUE vihrion. Vibrio {MiilW et Ebrenberg). Corps filiforme, plus ou 
mains distinctement articule, par suite A 1 une division spontanee imparfaite, 
susceptible d un mouvement ondulatoire comme un serpent (Dujardin). 

1. YIBRION LINEOLE. Vibrio lineolo, (Miiller). Corps diaphanes, cylindriques, 
un pen renflesau milieu, deux ou Irois Ibis plus longs que larges, assembles par 
deux ou trois en une ligne tres-mince, un peu fli-xueuse et presenlant seulement 
deux ou trois inflexions, articles longs de O mm ,0035; epais de 11ID ,0015 a 
O n "",0005; longueur totale de O " m ,007 a O nim ,001. (Uujardin.) 

Ce Vibrion ressemble beaucoup au Bacterium termo. On le trouve souvent avec 
ce Bacterium dans la meme infusion. II est alors diiiicile de savoir si 1 uii n est pas 
le premier &ge de 1 autre. II existedans des infusions diverses vegetalesou animates 
d eau douce ou d eau de mer. M. Donne 1 indique comme se trouvant dans le pus 
virulent des chancres du gland et de la vulve. 

2. Lc VIBRIO TBEMULAMS d Ehrenberg dii lere Irop pen du Vibrio lineula pour 
qu on pnisse le rcgarder comme formant un autre type specifique. 

3. YIBRIOH RUGULE, Vibrio rugulu (Miiller). Corjis diaphane, en fils alterna- 
tivement droils ou flexueux,de cinq a huit inflexions, se mouvanl avec vivacile en 
ondnlant ou en serpentant; longueur (non deploye), O nm ,008 a O mm ,0l3; epais- 
seur, O mui ,0007 a O mm ,008 (Dnjardin) ; longueur, O mm ,0468 ; epaisseur, 
O nm ,00225 (Elirenberg). 

Ce Vibrion a une maniere d etre toute particuliere qui le caraclerise : tantot 
il s allonge, se redresse et se meut lenlement; (antot il se raccourcit, s enroale en 
helice et part avec une extreme rapidile. La laculle qu il possede de s allongrr et 
Je rester dioitle distingue des Spirillum, qui sont toujours plus ou raoins en- 
roules. Ces Vibrioniens vivent souvent par groupes qui se reforment incessamment 
oomme des essaims d abeilles. 11s se trouvent aussi quelquefois dans les malieres 
intestinales de Thomme (Leeuwenlioek), et dans les dejections des choleri([ucs 
(Pouchet). J en aivu dans 1 intestin des cobayes el dans 1 appendice coecal deplusieurs 
perdrix et de phisieurs poulels ; leurs mouvernents se conservaient plusieurs heures 
apres la mort de ces animaux. 

4. Le VIBRION PROLIFER d Ehrenberg serait plus epais, a articulations plus vis.i- 
bles, a mouvements plus lents. 

5. YIBKION SERPENT, Vibrio serpens (Miiller, Dujardin). Corps tres-allonge, 



BACTERIE. 25 

filiforme, ondule, snivont une direction le plus souvent rectiligne, 10 a 15 in 
flexions a angles obliis; longueur, O mm ,025 ; epaisseur, O mm ,00()7. (Dujardin.) 
II ressemble a une ligne tres-longue relativement a son epaisseur, serpentante, 
a inflexions egales et laches. II se trouve dans de 1 eau de riviere (.Miillcr), dans 
des infusions animates (Dujardin). 

6. VIBRION BAGUETTE, Vibrio bacillus (Mullcr) . Corps transparent, filiforme. 
rectiligne, egal, a articulations fort longnes, n ayant que des mouvemcnts d in- 
flexion pen sensibles pendant qu il s avancc lentement dans le liqnide, et indil- 
leremmcnt en avant on en arricre, paraissml souvrnt, hrisc a chaque articulation ; 
longueur d un soul article, 0""",OU:> a <) : "",OMS ; longueur lotale, jusqu aO ram , 053; 
epaisseur, O mm ,0007 a O mm ; OUl (Uujardm); longueur tolalr, 0""",0.j; cpaisseur, 
O mm ,0016(Ebrenberg). 

II se reconnait facilemeut a ses longs articles, formant des angles nets qni lui 
donnent 1 aspect d une ligne brisee. II sc developpe ilans des infusions diverges 
d eau de rner on d can douce, dans la malic-re Ijlanclie qni s amnsse antour des 
dents (Leeuwenhoek), dans I intrt,iin des courtilieres ct de plusieurs inainniilrrcs 
(Davaine). 

7. Le VIBRIO SUBTILIS d Ehrenberg et ASIBIGUUS de Dujardin sont probablemenl 
des Conferves. 

8. Ymr.ioN LACTIQUE (Pasteur). Articles presque globuleux, tivs- mii-ls, un 
peu renlles aux extremites ; longueur d un senl article, O " m ,0010; d une serie, 
O mra ,05 environ. 

Le Vibrion lactique pourrail etre rapproclie fiour la forme du Bacterium tei ino 
ou du Bacterium catenu a. Ses mouvcmenls ressemblent aux moiiveinculs I row- 
niens; je les ai vus continuer apres le contact d une solution aqncusc d indo, cc 
qui indiquerait qn ils ne sont point spontam s. 

Le Vibrion lactique se forme dans des liqnides sncres, delerminant la formal inn 
de 1 acide lactique, et dans le lait dont il coagnle le ca-eum. II apparail d alioul 
par amas disperses dans ton le la lianteur du liqnide; son apparition precede la 
coagulation. Du lait porte vingt jours de suite pendant une minute a uue lcni]n ia- 
ture voisiue de -f- 10l) centigr. avail conserve ses ipialitos physiques ordinaires; 
le Vibrion lactique ne s y etait point developpe. L ayant laisse cinq jours sans le 
cliauffer, j y vis apparaitre des amas de ce Vibrion, et le lendemain le casenin fut 
coagule. 

9. VIBRIO SYNXANTHUS (Ehrenberg). Corps cylindiiqno, pen llcxuenx, forme de 
corpuscules depassant rarcment lenombre de cinq; longueur de chaque corpuscnle 
O mm ; 00075aO mm ,00109. 

Dans le lait de vache altere, auquel il donne une coloration jaune (aureum) ; ob 
serve par Fnschs. 

10. VIBRIO SVNCVAKUS (Ehrenberg). Corps cvlindrique, peu flexueux, forme de 
corpuscules depassant rarement le nombrede cinq; longueur de chaque corpuscule, 
O mm ,0007oaO mm ,00109. 

Dans le lait de vache aigri, auquel il donne une coloration bleue; observe par 
Fuscbs. 

Le Vibrion synxanthus, comme le Vibrion syncyanus, a les caracteres du Vibrion 
lactique ; il se pourrait que 1 un et 1 antre ne tnssent que ce Vibrionien et qu ils ne 
fusscnt pour rien dans la coloration du lait. Le lait bleu, dit M. Robin (Lccons sur 
les humeurs normales et morbides du corps de I lwmme, p. 415, Paris, 1867), 
est une alteration de ce liquide qui se produit a sa surface et dans sa prolondeur 



26 BAGTERIE. 

sous forme de taclies d un bleu fonce ou violace, a contours diffus, se reunissant 
bientot les unes aux aulres. Elle se montre avec pcrsistancc dans les memes 
vases oil elk: cst apparue line fois. Un peu de ce hit place dans une laiteric saine 
y propage cette alteration. 11 exisle dans ce lait, i[ui estacide, des Vibiioiis courts, 
tres-nombreux, incolores; mais en memo (omps dcs filaments ou des spores d une 
Algue voisine des Leptomitus, Algue colorce en bleu violet, a laquelle M. Robin 
attiibue, avec toute apparence de raison, la coloration anormale du Jait. 

II. ViRinoN BUTYIIIQUE (Pasteur) . Baguettes cylindriques,arrondies a leursextre- 
miles, ordinairement droites, isolees ou reunies par cbaines de deux, de trois, de 
qualre articles, et quelquefois mcme davantage. Leur epaisseur est de 0" m ,002 
en moyenne; la longueur des articles isoles varie de O min ,002 jnsqu a Qim ,015 
ou O mm ,02. 

Ces iufusoires s avancent en glissant. Pendant ce mouvement, leur corps reste 
rigide ou qirouve de legeres ondulalions. Us pirouettent, se balancent ou lout 
tifihliler vivenieut la parlir aiiU rieure et poMcrieure de leur corps. Les ondula- 
lionsde lours mouvcmenls dcviniiieiit tres-eridentes des que leur longueur atteint 
O rain ,015; souvcnt ils sont recombes a une de leurs extremites, quelquefois 
Louies deux. Cette- particularity est rare au commencement de leur vie. Us se re- 
produisenl par liss-iparile. C cst evidemment a ce mode de generation qu est due la 
disposition en cliaine^ d urliclcs qu alfecte le corps de quelques-uns. L arlicle qui 
eu Liaine d autres apres lui s ayite quelquefois vivement comme pour s en detacher 
(Pasteur). 

\ 2. VIBIIION TARTUIQUE DuoiT (Pasteur). Tiges en granulations semblables au Vi- 
brion laclKpie, ninnies en ainas ou en lambeaux iiTeiiuliers ; longueur d un seul ar 
ticle, I")""", 00 1 , d une serie,0 mm , 05 environ. Lcdiametre dcs petites granulations ou 
duliiilo est sensiblcment le n erne que dans la levurc lactique, et 1 aspeet gvncral, 
an niii-niscnpe, de ees de\i\ productions, oft re de grandes analogies. Dans la fer 
mentation, le tartrate fait place a un depot qui est sensiblement compose de cada- 
vicsdr vibrions... 11s se reproduisent par fissiparite, et, pendant ladureede la 
leimentalioii, la plnspeiite ijuantile du depot en offreune foulea mouvements plus 
ou moins rapides et flexueux (Pasteur). 

III. GE.NRE Bacic l ridie. Bacteridium (Davaine). Corps fili forme, droit ouin- 
//, r/(,/, plus ou moms distinctetnenl articule, par suite d une division vpontanee 
inijiarfuile, toiijours immobile. 

1. DACTEUIDIE CHARI;O.\NECISE (Davaine). Filaments droits, roidcs, cylindri- 
(jiies, quelciuelbis composes de deux, trois et tres-rarement qnatre segments, 
ol liaiit alois ilcs inflexions a angle obtus en rapport avec les articles; ires-mince 
relativement a la longueur, qui va jusqu a O mm , 01, ouO mm ,012pour un seul article, 
et jusqu a 0" m ,05 pourun filament compose. 

Dans la pustule maligne, les filaments simples ont jusqu a O mm ,01 de longueur; 
dans le sang des gros vaisseaux, ils sont ordinairement comts ; ils alteignent leurs 
plus grandes dimensions dans la rale. Lenr longueur est en rapport avec leur age, 
comme on peut s en assurer en suivant leur develoiipement dans le sang ; mais elle 
est sonmise encore a d autres influences, car cbez certains individus, toutes les 
Bacleridies sont excessivement courtes relativement aux dimensions qu elles 
atteignent cbez d autres animaux. 

On pent dislinguer les Bacleridies des cristaux en aiguilles par leur resistance a 
1 acliou de la polasse causlique el de 1 acide sulfurique; on les distingue des 
Vibnoniens qui se fovmeii dans le sang pulnfie a ce que ceux-ci sont doues de 



27 

mouvements spontanes; en outre les Bacleridies charLonneuses sedetruisentpar la 

putrefaction. 

Les Bacteridies eharbonneuses se developpent chez 1 liommc, le mouton, le boeuf, 
le cheval, lelapin, le cobaye, le rat, la souris, etc. Elles ne se developpent |joint 
chez lechien, le cbat, chcz les oiseaux ni chez Irs animaux a sang (Void. Les Bacte- 
ridies existent principalement dans les vaisscaux capillaires, surlout dans ceux du 
Ibie et de la rate. Elles semblent quelquefois rares dans lesang du coeur, mais on 
les trouve alors en grande qnantil.6 dans des concretions fibi incuses, blanchatres 
oudemi-transparentes placees le plus souvent entre lescolonnes tharnues ou dans 
les oreilletles. Elles se developpent aussi dans le coips muqueux de la peuu de 
1 homme, constituant la pustule maligne. 

2. BACTEHIPIES INTESTINALES (Davaine). Filaments gneralement droits, epais, 
offrant souvent au milieu un. espace clair, indice d une segmentation binaire, quel- 
quelois coudes en ce point. 

Ces filaments existent ordinairement dans 1 intestin des canards, des faisans, 
perdrix, cailles, poulcts et pigeons. Chez tous ces oiseaux, ils ofirent le memeaspect 
et ne different que par la longueur. Voici les dimensions des filaments les plus 
longs : canards, O mm ,02, rarement O rara , 05; perdrix, O mm ,02, raivmnit I)""",(M ; 
-faisan, Q mm , 015 rarement, 0""",025; poulct, U""",OI, rarement U""",Ul-">, 
generalement minces; caille 0""",01 ; pigeon, 0" lm ,01. Je n en ai point vu 
chez des moineaux, des pinsuns el des verdiers. 

Ces filaments se trouvent dans toute 1 etendue de 1 inlest in; mais, ties rares, 
minces et courts dans le duodenum, ils deviennent plus communs et pins longs en 
avamjant vers le gros intestin. Ils existent par myriades et quelquefois reunis pui 
amas dans les appendices ccecaux. Ils n ont point de monvemenls, meme chez 
1 animal vivant; le regime n a pas d influence marquee sur leur production, 
comme je m ensuis assure sur des canards nourris exclusivement avec des vegetaux 
ou avec de la viande. 

3. BACTERIDIE DU LEVAIN. D. fennenti (Davaine). Filaments ordinairement 
minces et courts, atteignant au plus O mm ,01 de longueur, quelquefois divises en 
deux ai tides, droits ou coudes, immobiles ou doues d un leger mouvement brow- 
nien (qu ils coiiservent dans une solution aqueuse d iode). Dans certains cas, les 
filaments atteignent jusqu a O mm ,02 ; ils sont alors divises en deux, trois ou quatre 
articles foimmt des angles plus ou moins obtus. 

Ces Vibrioniens existent en grand nombre dans le levain de fromcnt et d orge. 
On les trouve aussi dans la colle de farine aigrie. Ils se developpent souvent par 
groupes dissemines. La longueur des filaments parait dependre de leur situation 
superlicielle on profonde et du plus ou moins d humidite de la pate. 

Ces Bacteridies sont ideniiques par leurs caracteres physiques avec celles du 
charbon ; rapprochees de ces dernieres, elles olfrent un exemple interessant de la 
diversitede 1 especedans 1 identite des formes. 

4. BACTERIDIE GLAIREUSE (Davaine). Filaments d une minceur extreme, droils 
ou condes, hyalins, atteignant O mm ,01 de longueur. 

J ai observe deux fois ces filaments d une minceur telle qu ils etaient a peine visi- 
bles aux pins forts grossissements. Ils se trouvaient dans une substance visqueuse, 
ressemblant a une glaire d oenfs qui s etait formee dans de 1 eau ordinaire sucree et 
coi^ervee depuis plusieurs mois. On pent attribuer la formation de la substance vis 
queuse a une fermentation determinee par ces Vibrioniens, mais cette propriete ne 
leur appartieut pas exclusivement; beaucoup de vegetaux sans doute en jouissent. 



28 BACTERIE. 

5. BACTERIDIE DU VIN TOURNE (Pasteur). Je crois pouvoir rapporler aux Bacte- 
ridies les filaments qui occasionncnt la rnaladie du vin tourne : ce sont, dit 
M. Pasteur, des filaments d une extreme tenuitequi ont souvent moins de -j^de 
millimetre, et des longueurs tres-variables; ils sont cylindriques, flexibles, sans 
articulations ou etranglernents bien apparents ; ils se trouvent enchevetres les uns 
dans les autres enamas glntineux. 

Peut etre le ferment qui occasionne dans le vin la maladie de la graisse doit-il 
etre rapporte aussi aux Vibrioniens. 

6. BACTERIDIES DES INFUSIONS (Davaine). On observe frequemment des Vibrio 
niens immobiles dans les infusions artificielles ; pour qu on les rapportat aux Bacteri- 
dies, ilfaxidrait quc leurimmobilitefut constanle. J ennivu avec ce caractere dans 
des infusions de varech, d ulve, etc., et d eau de mer qui etaient remarquables par 
I uniformite de tons les filaments; i!s constituaient unecoucbe epaisse, quelquefois 
d un beau blanc a la surface de 1 infusion. Tons ces filaments epais etdroits, portant 
au milieu 1 indice d une segmentation biiwire avaient de longueur O mm ,01 5 avec le 
Varech vesiculeux ; O mm ,01 , avcc VUlva lacluca ; 0""",02, avec la farine de ble. 

IV. GENRE Spirillum (Ehrenberg). Corps filiforme contourne en lielice, 
non extensible, quoique contractile (Dujardin). 

\. SPIRILLUM ONDULE, Spirillum undula (Ehrenberg). Corps filiforme, con 
tourne en belice l;icbe a un tour et demi ou deux, tours, deprime dans le sens de 
1 axe de 1 heii ce et pins mince vers le contour ; longueur tolale, de O n " n ,008 a 
0""",01, ou memeO""",01 2;largcur ) 0""",005; epaisseur du filament, O nm , 0011 a 
O mm ,00l 3 (Dujardin). 

Ce Spii ilium ne s ctend , pmais en ligne droite ; il se distingue par la du Vibrio 
ritgula. En repos, il represente un V majuscule; en mouvcment la lettre M. 11 
sc meut avcc une rapidite telle que 1 oeil peut a peine le suivre. 11 se developpe 
dans les ruisseaux (Miiller), et tres-cotnmunement dans les infusions vegetales et 
animales felides. 

2. Le SPIRILLUM TEMJE d Ehrenberg ne differe du preceden! quc par son fila 
ment plus epais, O mm ,0022, moins lortement contourne ct moins distinctement 
articule. 

5. Le SPIRILLUM RUFUM de Petty ne differe du Sp. undula que par sa couleur 
roueeatre. 11 a ele observe dans 1 eau d un marais a Berne. 

O 

4. SPIRILLUM TOURNOYANT, Spirillum vohitans (Ehrenberg). Corps filiforme, 
contourne en lielice a trois, quatre ou plusieurs lours serres; paraissant noiratre , 
longueur tolale, O mm ,01 a O um ,0 i; largeur, O mm ,007 ; cpaisseur du filament, 
O mm ,OOI4 (Dnjardin). 

Ou le voit alternativement en mouvement et en repos, conservant toujours sa 
forme en tire-bouchon, sans qu on puisse reconnaitre quels sont ses moyens de 
locomotion. 11 se developpe dans des infusions vegetales ou animales d eau de mer 
ou d eau donee (Duj.). Dans 1 intestin de la courtiliere (Davaine). 

5. SPIRILLUM LEUCOJIOSENUM (Petty). Articles larges, noiratres, a deux ou trois 
tours; mouvemcnts tres-rapides. 

Observe dans des infusions , dans les eaux marccageuses parmi des Algues alte- 
rees; tres-commun. 

6. SPIRILLUM PLICATILE, Spirillum plicatile (Dujardin). Corps filiforme, non 
extensible, contourne en une lielice tres-longue, flexible et susceptible de se con- 
tourner sur elle-meme et de se mouvoir en ondulant; longueur totale, O mm ,15 a 
O mm ,20 (Dujardin). 



BACTERIE. 29 

II existc dans des infusions animales, dans dcs infusions diverses d eau de mer 
et dans 1 intestin des cobayes (Davaine). 

8 U. Bltysiologie et pathologic. 1 . VlBP.IONIENS DANS LA. FERMENTATION. La 

vie s entretient par 1 acte de la respiration et parl acte de la nutrition. L un con- 
siste dans 1 assimilation de 1 oxygene libre, 1 autre dans 1 assimilation d un certain 
nombre de piincipes fournis par le milieu ambiant (on par les aliments). Ces 
conditions que 1 on croyait generates pour tous les corps doues de vie, cffrent une 
remarquable exception que M. Pasteur a fait connaitre. 11 existe, en eifet, un grand 
nombre d etres qui, vivant sous certains rapports comme les precedents, assimilent 
comme eux, lecarbone,l azote, les phosphates, mais qui pour rerpirer s empareiit, a 
defaut de gaz oxygene libre, deceluiqui se trouve duns cerUvines combinaisons peu 
stables, d ou resulle pour celles-ci une decomposition progressive. Ces corps, prives 
de leur oxygene, forment de nouvelles combinaisons qui modifient profondement la 
nature du milieu ambiant. Les organismes doues de ces proprietes sout des ferments. 
Ces organismesquine constituent point une famille distincteont,suivantleursespeces, 
une action particuliere sur telle ou telle substance et determinent une combinaison 
chimique speciale. Les ferments organises ne se produisent done point indillerem- 
ment dans des milieux divers ; a chaqiie espece probablement correspond son 
terrain et sa fonetiou. 

La famille des Yibrioniens fournit un grand nombre de ferments ; peut-ehv 
memo tous les Yibrioniens peuvent-ils vivre dans cette condition. Ce soul des 
Yibrioniens qui occasionnent les fermentations lactique, butyrique et cellc <le 
I acide tartrique droit. Ces fermentations out lieu correlativement it la production 
du Vibrion-ferment. Elles apparaissent avec lui et aussi longtemps que dure la 
vie clecet infusoire, aussi longtemps dure la transformation de la matiere fermen- 
tescible. 

2. VIBRIOMESS DANS LA PUTREFACTION. Les fermentations provoquees par le 
developpemeiit des Vibrioiiiens sont loin d etre bornees aux corps que nous ve- 
nons de mentionner. Les matieres animales et vegelales qui out cesse de vivre 
disparaissent a la suite de transformations auxquelles president la combustion 
direcle et la putrefaction. Le premier de ces phenomenes n agit qu avec une cer- 
taine lenteur; c est a la putrefaction qu est due principalement In destruction des 
substances organiques. Or, les recherches de M. Pasteur nous ont encore appris 
que la putrefaction u est autre chose qu un acte ou une serie d actes succes- 
sifs de 1 ordre des fermentations accompli par des etres de la famille des Vibno- 
nicns. 

Les vibrio lineola, tremulans, subtilis, ruyula, prolifer et bacillus decrits 
par lesauteurs, sont tous des ferments de la putrefaction. Les conditions d action 
de ces Vibrions-ferments peuvent varier suivant que la substance putrescible est 
liquide ousolide, soumise ou soustraite au contact de Fair atmo-pherique; mais, 
quoi qu il en soil, la disparation du gaz oxygene libre cst due d abord au develop 
pemeiit du bacterium termo et de quelques autres infusoires. Lorsque tout 1 oxy- 
genc libre a etc absorbe, ces premiers infusoires perissent, ou bien ils continuent 
de Vivre a la surface de la matiere pulrescible, preservant la masse du contact de i 
1 oxygene atmospberique. Alors se montrent les Yibrioniens qui n ont pas besoin , 
dc ce gaz pour respirer et la putrefaction se declare. Ces Vibrioiiiens, comme des 
ferments, s emparent de 1 oxygene combine et transformed les matieres azotees 
en produits plus simples, mais encore complexes. Hors du contact de 1 air, ces 
produits se conservent inalleres, mais au contact de 1 air apparais:ent de nouveau 



:3C BAGTERIE. 

le bacterium termo et d aiitrcs cspeces d infusoires qui comburent ces produils, 
achevent do les detruire ct les remlent a ( atmosphere ct. au regne mineral. 

L aclion des Vibrioniens sur les milieux clans lesquels ils se developpent n est 
pas toujours aussi profoade, soil que les corps sur lesquols ils agissenl comme 
fcrmenls n existent dans ces milieux qu en petite qnantile, soit que leur role se 
borne a I empnuit d un aliment. 

3. VIKRIONIEMS DA?S L ORGANISME DES ANIMAUX. Les transformations profondes 
on legeres que provoque U- developpement des Vibrioniens dans les substances or- 
ganiqnes inertes ne peu\ent-elles etre prodniles dans celles qui sont encore sou- 
mises a 1 empire de la vie? On ne peut douter que de telles transformations ne se 
produiseut partout ou les infnsoires se developpent et que 1 importanee de leurs 
effets sur I economie animate ne soit en rapport avec 1 importance de 1 alteration 
et avec cclle du milieu. La question se reduit done a savoir si des Vibrioniens 
peuvent se developper dans les liqnides ou les solides de I economie vivante. Or, 
les liquides et les solides qui constituent le corps des animaux ne sont point telle- 
ment 9 1 abri du contact exterieur que les Vibrioniens ne puissent les envabir; 
ils sont incessamment en rapport avec I oxygenc de I atmosphere qui les penelre 
plus profondement qu il ne le ferait dans un vase inerte ; ils sont soumis eiifm 
souvent a une temperature elevee, constante, et la plus favorable aux actes fer- 
mentatifs. 

Outre les substances qui constituent 1 organisme des animaux, il en est qui lui 
sont ctmngeres et qui sont rejelees : telles son ties maticres intestinales, le mucus, 
le pus, etc. Les matieres intestinales contiennent normalement, cbez bean coup 
d animaux et chez 1 homme meme, des Vibrioniens de diverses especes; mais on 
concoit que les charigements produits dans la constitution de ces matieres puissent 
n avoir sur I economie aucune action, au moins dans les conditions ordinaires. 
11 n en saurait etre tout a fait de meme des changements qui surviennent dans des 
liqi.ides qui, sortis deja de Torganisme, ont encore cependnnt un contact immcdiat 
avec des surfaces dont 1 absorption est ti es-active : tels sont les cas ou les Vibrio 
niens sc developpent dans le pus de certaines ulcerations, de plaies fistnleuses ou 
dans des liquides renfermes dans une cavite nalurelle comme la vessie, 1 ute- 
rus, etc Toutefois si 1 induction fait presumer que ces pelits etres n y sont point 
completement inol fensifs, la science n a rien determine de positif a leur egai-d. 

Passons maintenant aux fails : 

Matieres intestinales. Dans les matieres de 1 intestin chez 1 homme, il existe 
des Vibrioniens; mais a 1 etat normal iis j sont generalement peu nombreux. Ils 
augmentent au contraire considerablement de nombre dans la diarrhee ; Leeu- 
\venboek, le premier, en signala 1 existence dans cette maladie. 

M. Lebcrt lesobserva dans la dysenteric (1845) et neleur attribua aucune im 
portance au point de vue etiologique et symptomatique (Lebert, Anat. Path., 1845, 
1. 1, p. 2.0.) 

J en Irouvai moi-meme en nombre prodigieux et pendant plusieurs se- 
mainesde suite, dans les selles diarrheiques d un phthisiqne. 

J ai deja appele 1 attention sur ce fait, que ces petits ctres perdent lenrs mouve- 
ments peu de temps apres que les matieres qui les contiennent se sont refroidies, 
et qu ils different par consequent specifiquement de ceux qui reapparaissent quel- 
qu.s jours plus tard dans ces memes matie;es, bien que leurs caracteres soient 
idenliquesa nos yeux. (Traite des entowa ires, p. 65, 1859). 

Dejections clioleriques . Le vibrio rugula a etc signale par M. Pouchet (1849) 



BACTERIE. 31 

et ensuite par MM. Rainey et Hassall (185i) comme existant tres-communement 
dans les dejections alvuies des choleiiques. M. Rainey trouva ces inf usoircs dans les 
matieres aussitot apres leur evacuation, ou dans celles des diverses parties de I in- 
testin jnsqu au duodenum, pen de temps apres la niort ; mais ayant examine 
eiisuiteles matieres intestinaleschez des imlividn:- (jni avaient succombe a d autivs 
maladies, il y trouva egalement des Vibrioniens, d ou il conclut que ces infusoires 
ne sont point en relation avec le cholera. 

Le doi teur Hassall fit des recherches semblables dans les selles des choleriques 
et dans les matieres contenues dans 1 intestin, doi ize hcures apres lamort.ll en lira la 
conclusion que les Vibrions sefovment pendant la vie et qu ils existent constam- 
ment en grand nombre dans les matieres ayant 1 apparenced eaude riz. 11 distillaces 
matieres et reconnut que les Vibrioniens ne se dispersent point dans 1 atmosphere 
avec les vapours. D ajires cette observation et d apres la consideration quo ces in- 
fusoires sont extremement repandus dans la nature, il pensa que ces petits etres 
ne sont point la cause du cholera, mais que toutefois leur nombre considerabledans 
les matieres intestinales pouriait bien avoir une influence sur 1 apparition et 1 ag- 
gravation des symptomes. 

Aucun fait posilif ne nous permet d attribuer a ces Vihrioniens la propagation 
du cholera ; ce[iendant nous ferons observer que les Vibrioniens des matieres rizi- 
formes sont probablement d nne autre espece que ceux qui sont r< p;mdus p;u tout 
dans la nature, quoiqu ils aient la mcme Ibrme ; que, s ils ne se trouvent point 
dans l atmos|>here enleves par la vapeur d eau, ils pen vent s y trouver a 1 ctat de 
poussiere, etqne des recbercbes recentes tendent a etablirque le virus du choleia 
existedans les matieres intcstinales. 

Urine. DesVibriouienspeuvent se former dans 1 urine encore contennedansla 
vessie. Ayant trouve, pendant plu-ieurs jours de suite, un grand nombre dc ces 
intusoires dans 1 urine d un homme atteint de cystite cbronique, je fis sonder cct 
homme et 1 examen immcdiat de 1 urine me montra des Vibrioniens en grand 
nombre. (Traite des enlowaires, p. 289.) M. Ordonez a constate aussi la pre 
sence de bacteries dans 1 urine, au moment de remission, cbez trois malades at- 
teints d un catarrbe vesical consecutif a un retrecisscment. (Robin, ouv, cit.,p. 745.) 

Matieres pundentes. Plu^ieurs observateurs, qui out reconnu la presence de 
ces petits elres dans, des matieres punilentes , ont pu croire qn ils y jovient un cer 
tain role on qu ils sont la cause de maladies contagieuses. 

M. F. A. Poucliet a vudes Bacteries ou des Vibrions d especes indeterminees 
dans les cracbats d un homme affecte d un catarrhe pulmonaire, dans les nmcosites 
d un autre attaint de coryza, enfin dans le pus d une otite chroniquc. Cbez les 
trois individus, des demangeaisons, un sentiment de formication ont paru coin- 
cider avec la presence de ces infusoires. 

M. Tigri a signale la presence de Bacteries dans 1 inflammation du sac lacrymal 
et du conduit nasal. 

M. Lebert dit a propos de 1 action patbologique dos infusoires : II m a 
semble que dans les ulceres putrides et dans la pourriture d hopital surtout, leur 
quanlite etait ordinairement tres-considerable ; j ai vu de plus dans mes expe 
riences sur les grenouilles, qu un certain nombre d entre elles perissaient, n offrant 
d autre alteration qu un mauvais etat des plaies pratiqnees pour les experiences, 
et qui elaient couvertes d une innombrable quantite d infusoires , soil de tres- 
grands vibrions, soil d amibes. (Traite d anatomie pathologique generate el 
spcciale, in-fol. Paris 1857, t. I, p. 396.) 



52 CA.CTER1E. 

Enfin, M. Oiiiinus, ayant f;iit des experiences sur la generation spontanee des 
leucocytes, a vn que, dans le liquide mis en experimentation, 1 apparilion des 
Vibrioniens empechait le developpen.ent de ces corpuscules : Ce fait, ajoute 
I auleur, explique liirn pourquoi dans les suppurations de mauvaisc nature on 
Irouve tort pen de leucocytes. Cette consequence n est point bien rigoureuse; le 
tail nous parait ncamnoins digue d allirer 1 atlenlion des observateurs. 

Pus ,s ///i///7///./c. La virulence de certains liquides patbologiqucs a ete attri 
bute quelquefois a la pr&ence des Yibrioniens. M. Donne communiqua, en 1856 
el .11 |S.">7, a I liistitnt, des recherches qui semblaient venir a 1 appui de cutte 
(ipiniiin : Le pus secrete antour du inland aU ecte de chancres ou de simples bala- 
niles, dil ce savant, e-l le -enl ijni m ait presente an microscope des animalcules 
vivanis; ces animalcules ne sout anlres quo le vibrio lineola de Muller, qui se 
prnilml dins beau onp (I lnl i isinus. Le pus secrete en lout autre point du corps, 
ijiiel |iie ill I ere ipi il li il, ne m ajaiinis 1 ieii oll ert de semblable jusqu a present. 

M Du piis piis sur un chancre du gland et qui contenait des vibrions, ayant ete 
niiicnle, pitidnisii. line pustule; celle pillule 1 ut onverte et le liquide qui s en 
eeli;ippa liil reeueilli avanl d avoir subi rinlluence de Fair; examine au micro- 
M ni e, il pies: iila line ^rande i|ii;inlile de ces memes vibrions. Le pus des bubons 
v\plnliiiipie-, celui dis ih.ini-ies secondaires situes ailleurs que sur le gland, ne 
I linlii iineiil pas d animalciiles, celni de la lilennorrliagie n en renlerme pas non 
pin-. || n en e\is|e pas chex la leiiiiiie dans le mucus vaginal a 1 e tat normal ; 
mais (Luis Ics vaginites, la maiiere de 1 ecoulement presente non-seulement des 
Mbriiuis, mais des animalcules pai-iiculiers (trichomonas). 

Dans nne setunde comimmicalion, M. Donne ajoute : Le pus des chancres du 
i^laiui ,:! de l.i \iiUe e-l le soul dans lequel on trouve des vibrions; c est aussi leseul 
capable de pHiiluire d une manieie certaiue par inoculation la pustule caracte- 

j-j.slique. 

Snivaiii le ineni2 observateur, le pus de la blennorrhagie urethrale ne contient 
jamais d anini.-dciilcs d aucnne espece; mais M. Tigii (de Sienne), dans une com- 
iiiimicalion a TAcaileii -ie des sciences (I860) dont nous n avons qu un resume 
sommaire dit avoir siguaJe la presence des Bacteries avec modifications mor- 
phologiqucset vilales dans la gonorrbee virulente.j) 

I, e-peratu - de M. Ittini.e d avoir decouvert 1 agent virulent des chancres syphi- 
liliiiues n a point etc confirmee par de nouvelles recherches ; et quant a la dccou- 
verte de M. Tigi i, nous ne sonimes pas a meme de la juger aujourd hni. 

4 ViDiiio.Mi^s DA.NS LE SAXfi. MatiiTes putrides ; experimentation. Si 1 action 
nuisihlc- des Vibrioniens qui se developpcnt dans des liquides rejctes par 1 economie 
est encore incertaine, il u en est pas de meme pour ceux qui se developpent dans 
les or n anes ou dans les liquides necessaiivs a la vie. Mais les Vibrioniens qui se 
trouvent dans un organisme vivant (je parle des animaux a sang cbaud) ne sont 
pas ceux qui se produisent dans des infusions quelconques de substances vegetales 
on animales. Us forment des especes speciales, comme 1 histoire naturelle de ces 
ve"etaux peut le faire prevoir. C est pour avoir oublie cette loi que des experien 
ces dont le but etait de determiner 1 action des inl usoires introduits dans 1 eco- 
none aes animaux, out donne des resultats en apparence contradictoires. Les ex 
periences faites avec des Vibrioniens developpes dans des substances animales 
putrehees exposent a uae autre cause d erreur, c est 1 introduction de matieres 
putrides ou septiques qui occasionnent par elles-memes des alterations indepen- 
dantes des Vibrioniens qu elles contiennent. Aussi voyons-nous, dans des recher- 



BAGTERIE. 5 

ches deMM. Leplat et Jaillard, huit experiences faites avec desliquides provenant 
d infusions diverses n etre suivies d aucun accident, tandis que la neuvieme faite 
avec du sang altere occasionne la moi t de 1 animal. Ces experimentateurs ont re 
sume les resultats de tears recherches dans les propositions suivantes: 

lLes vibrioniens provenant d un milieu quelconque ne produisent aucun 
accident chez les animaux dans le sang desquels on les a inlroduits, a moins tou- 
tefois qu ils ne soient accompagnes d agents virulents qui, eux seuls, sent res- 
ponsables des effets facheux qui peuvent survenir ; 

2 Si le vehicule injecte qui les contient est putride et en trop grande 
quantite il y a empoisonncment scepticemique, mais il ne se developpe pas de 
maladie virulente puisque les memes plienomenes ne se reprodnisent pas par 1 in 
jection du sangcontamine. (l er aout 1864.) 

Des experiences assez nombrenses que j ai faites dans le but de rechercher quels 
rapports pourraient exister entre les vibrioniens de la maladie charbonneuse et 
ceux de la putrefaction, m ont donne des resultats conformes a ces conclusions. 11s 
sont resumes dans la proposition suivante : Les effets des substances putrefiees 
ne vont pas au delii de ranimal chez lequel on ingere ces substances ; 1 agent to- 
xique des matieres putrides ne se regenere pas comme celui du sang tharbonneux; 
en un mot, la putrefaction agit sur Teconoime animalc comme un poison, le char- 
bon agit comme un virus. (22 aout 1864.) 

Deux professeurs a la Facnlte de medecine de Strasbourg , MM. L. Coze et 
V. Fellz, ont fait sur les vibrions de la putrefaction des experiences qui paraissent 
contradictoires a ces conclusions ( 1866). La mort etant la consequence ordinaire 
de 1 itttrodudion des liqnides putrides dans 1 economie, des vibrioniens appaiais- 
saient dans le sang pendnut la vie, ct 1 inoculation de ce sang a d autres animaux 
(lapins) re[iroduisait des vibrioniens et determinait la mort encore plus surement 
et plus rapidernent que par la premiere inoculation. En creant ainsi quelques 
generations ini ectieuses, disent ces experimentateurs, on arrive a se convaincre 
que les elements infectieux des dernieres sont plus actifs que les matieres putrides 
elles-memes. 

Avant d aller plus loin, voyons quels sont les caracteres de ces generations infec- 
tieuses : Quel que soit le mode d introduction des liquides putrides, toutes les 
fois que ces \icpi\desdeterminent la fievre et une alteration du sang, on constate 
dans le sang la presence d elements etrangers que Ton ne rebrouve point dans le 
sang normal. Ces elements se montrent sous la forme de corpuscules simples, 
doubles ou multiples, c est-a-dire qu a un fort grossissement et observes avec la plus 
grande attention, ils ont la forme d une chainette, tout en conservant 1 apparence 
de petits vers. Tantot c est un element complet, dont la longueur est notable et 
I aspect d un gris transparent et brillante, trancbant avec la couleur legerement 
jaunatre de la masse liquide observee ; tantot c est un point pale ou noiratre, selon 
1 eclairage, paraissant et disparaissant dans le liquide. Ce point est ou un element 
simple ou I extremite d un element complet vu de champ; ce qui le prouve, c est 
que ce point s etend, s allonge et presente a 1 oeil un corpuscule d une certaine 
longueur dont I extremite opposee apparait aussi sous forme de point, lorsque la 
partie vue d abord plonge a son tour dans le liquide. D autres fois ce sont deux 
elements simples accoles l im a 1 autre ; c est dans le sang du foie que nous avons 
rencontre les plus longs deces elements. .. Ces infusoircs, eu egard a leur peud ao 
tivite, nous paraissent appartenirplutot au genre Bacterium, qu au genre Vibrio. 

Ces resultats ne repondent point a la question du developpement dans le sir.g 

D1CT. EM. Vill. 5 



BKTERIE. 

vivant des iniusoiros spedaux de la putrefaction. Quelles especes de vibrioniens 
renfermaient les liquides pntrides inoculfe et quels etaient ces liquides? L est ce 
quc les aoteurs ne discnt pas. Sans attacher une importance absolue aux formes 
dc< vibrioniens d;uis la determination des especes, il est permis de croire que les 
bacterium jmnctnm ilu smg dn lupin n etaient point les descendants des vibi-io 
liiteoln, rugula, bacillus ou des spirillum qui existaient probablement dans les 
li(|unl( S iiioeules. Ces liquides putiides, independamment des vibrions, out pu 
produire des alterations du sang, alterations qui ont fait apparaitre le bacterium 
punctum on catenula, d : autant que les bacleries se forment, suivaut la remarque 
des experimentateurs, toules les fois que ces liquides determinant la fievre et 
une alteration du sang. 

!\l:iis si ces experiences ne resolvent pos la question que nous examinons ici, 
elles ont vin grand intriel a un antre point de vue : elles nous font assister a 
la i;t iu se d une alteration putride et infeclieuse ; elles nous montrcnt des ele 
ments de nonvelle foiniation, vraisemblablement doues de vie et agents probables 
de la transmission de la maladie. 

(Juant a la contradiction qui existe entre les resultats de ces experiences et des 
nulrcs, contradictions relatives a un virus putride transmissible, elle tient sans 
doute aux voies d introduction des matieres putrefiees qui, dans le plus grand 
uombre de cas, n ont point ete les nieines et surtout a la dose de la substance 

111^ iV r. 

Maladies charbonnenses. La plus haute expression de la maladie charbon- 
neuse est celle qui se voit chez le inoulon et que Ton connait sous le nom de 
sang de rate. Le sang des moutons attaints du sang de rate offre toujours au 
microscope un grand nombre de corpuscules filamenteux sans mouvements, cor- 
puscules que j ai designes sous le nom de bacteridies et dont les caracteres ont 
etc decrils ci-dessus. Ces lilaments se trouveut constamment aussi chez les 
animaux qni deviennent malades a la suite de 1 inoculation du sang de rate, et 
dans le sang de 1 homme qui succombe a la pustule maligne ou bien a I oademe 
malin, affections dont les relations avec le charbon sont depuis longtemps bien 
etablies. 

Quel role jouent les bacteridies chez les individus atteints du charbon? Leur 
presence constante dans le sang ou dans les organes montre qu elles ont avec cette 
affection une relation tres-etroite et, ce qui acheve la demonstration, c est que 
chez les animaux relractaires a la transmission du charbon, chez le chien et les 
oiseaux, le sang inocule, quoique renfermant des bacteridies, n en reproduit 
jamais dans leur sang. 

Les bacteridies ne sont point autre chose que des vibrioniens, et personne ne 
nie aujonrd hui les transformations que ces petits etres font subir aux milieux dans 
lesquels ils se developpent. L analogie nous porte done a admettre que les bacteridies 
sont la cause de I alteration du sang qu elles envahissent et de la maladie char- 
bonneuse consecutive. Mais cette maniere simple et claire de concevoir la transmis 
sion et le developpement du charbon n a point ete adoptee par tout le monde : on 
aime mieux croire qu il existe, a cote des baeteridies, un agent de la contagion, 
mjsterieux, insaisissable, qui determine I alteration du sang et consecutivement le 
developpement des vibrioniens. II importe done de donner ici les raisons qui nous 
font admettre que les bacteridies seules sont les agents de la transmission et du 
developpement de la maladie charbonneuse : 

l e Les bacteridies ne se produisent point apres 1 apparition des phenomenes de 



BACTfiRIE. 35 

la maladie; elles les precedent au contraire. Des recherches faitcs a de courts 
mtervalles chez dos animaux inocules, en dissolvant les globules du sang sous le 
microscope soit parde 1 eau, soit par une solulion dc polasse, m ont mis plusieurs 
fois a nienie de constater 1 existence des bacteridies lorsque les animaux paraissaient 
encore tres-bien portants. Des animaux tues longtemps avant 1 epoque probable 
de 1 apparition des phenomenes morbidos, m ont ollert dans la rate et le foie des 
bacteridies nombreuses et paiiaitement caracterisees. 

2 Si le cbarbon a pour element essentiel les bactcridies, ces infusoires doivent 
etre aussi un element constitulil de hi pustule maligne. Leur absence dans cette 
pustule serait la negation du role qui leur cst attribue dans la production du 
cbarbon, commeleur presence en serait la confirmation. Or, six pustules maltgiies, 
que j ai examinees, m ont ollert des bacteridies par myriades. 

5 Le sang charbonneux est apte a transniettre la maladie tant qu il contient 
des bacteridies; il perd cette faculte lorsque, par suite de la putrefaction, cescor- 
puscules en ont disparu. 

4 Enfm, il est une condition naturelle qui oppose un obstacle a la transmis 
sion des bacteridies, maisqui n en opposerait pas a celle d un virus Mibt.il el iusai- 
sissable. Chez des animaux en gestation, j ai vu, en effel, que les bacteridies ne 
passent point de la mere au foetus. Si done les bacteridies sont 1 agent de la trans 
mission du charbon, le sang du fetus doit etre incapable de propager cette maladie. 
[/experience suivante a doune un resultat conforme a ces previsions : 

Le 29 juin 1865, un cobaye en ctat de gestation tres-avancee fat inocule avec 
du sang provenant d un cobaye inocule lui-meme avec le sang d un bomme mort 
de pustule maligne. Le cobaye en gestation mourut deux jours apres 1 inoculalion. 
La matrice renfermait un seul fetus. Le sang des organes de la mere et celui du 
placenta contenaient des myriades de bacteridies, mais le sang des organes du 
fcetus n en contenait point. 

Immediatement apres 1 examen, un cobaye fut inocule avec le sang du placenta, 
puis trois autres cobayes furent inocules avecle sang du cceur, de la rate et du foie 
du fcetus. 

Le cobaye inocule avec le sang du placenta (qni contenait des bacteridies) mou 
rut avec de nombieuses bacteridies. Les trois autres cobayes inocules avec le sang 
du fcetus (qui ne contenait pas de bacteridies) n ont olfert aucun phenomene mor- 
bide et vivaient encore pluslurs mois apres. 

L bistoire des bacteridies chavbonneuses, au point de \ue de la pathologie, etant 
etroitement liee a celle du charbon, c est a Farticle de cette maladie que Ton 
trouvera les developpements que nous ne pouvons donuer ici. 

Variole. Les docteurs Coze et Feltz ont constate 1 existence de bacleries dans la 
variole soit directement chez 1 homme, soit chez des animaux inocules. 

Chez I homme, ces observateurs ont vu des bacteries : 

1 Dans le sang d un jeune homme non vaccine, au debut de la periode de la 
pustulation et dansle liqnide transparent d tmepustule an debut de son develop- 
pement ; 2 Dans le foie d uu enfant de deux semaines qui avail succombe a la 
variole et dans les pustules de la peau de cet enfant. (Cliez deux autres individus 
qui ont servi a leurs experiences, les auteurs ne font point mention de la recherche 
ou de 1 existence de ces vibrioniens) . 

Suivant ces experimentateurs, chez le lapin inocule avec le sang de I homme 
par introduction de ce liquide dans les veines, sous la peau, dans le rectum, 1 es- 
tomac ou les bronches, la mort arrive ordinairement en peu de temps et le sang de 



36 BACTERIE. 

cet animal, dcvcnu infectieux, tue les lapins anxquels onl inocule, dans un espace 
de temps encore plus court. Chez tons ces animaux, on tronve des bacteries sem- 
blables a celles de la variole dc I homme. 

Les b;icleries se presentent en grand nonibre, disent ces observateurs, et c est 
la un caraclere special a 1 infection variolique. Le serum du sang nous montre un 
n ombre incalculable de balonnels qui, par leur aspect, rappellent le bacterium 
bacillus de Pasteur et le bacterium termo de Miiller. Tantot ce sont des elements 
isoles, non stries, ni disposes en chainettes, parfaitement lisses, plus ou moms 
fins, ressemblant a de petits rectangles, d une epaisseur de O mm ,007 ; ces elements 
ne sont pas completement rigides, ils penvent se courber par un monvement ver- 
miculaire et glissont avec lentenr sur le champ de 1 instrument ; tantot ils sont 
accoles et comme articules deux a deux. 

Le plus grand nombre tie ces bacteries se rencontre dans la rate; on en trouve 
en grand nombre dans le scrum des pelites vesicules de la peripherie. 

Apres 1 inoculation du sang de 1 bomme aux lapins, le premier phenomcne 
appreciable est I augmentation de la temperature. Plus la temperature s eleve 
rapirlement, plus, dans un moment donne, on retrouve de bacteries dans le 



sang. 



L analyse cbimique demontre dans le sang arteriel et veineux une perte gra- 
duelle de 1 oxygene libre. II nous semble, disent a ce propos MM. les docteurs 
Coze et Fritz, que les bacteries qui sont dans le sang varioleux en nombre incom 
mensurable et qui n y sont pas facilement detruites, recoltent dans le poumon 
I oxjgene de 1 air, ne se comburent pas dans cet organe, et, jouant le role des 
globules, vont porter partout cet oxygene et produire ainsi dans 1 organisme ces 
actes d oxydation exageree. 

Fievre typhoids. Un medecin de Sienne qui s est occupe de 1 etude des inlu- 
soires clans les maladies, M. le docteur Tigri, a fait a 1 Academie des sciences plu- 
sieurs communications sur ce sujet. Dans 1 une, il annonce que dans le sang de 
I homme et dans des conditions speciales de maladie, peuvent se develo[iper 
durant la vie des infusoires du genre bacterium. Dans une autre, il donne 
I observation d un nouveau cas de bacteries dans le sang d un homme mort d une 
fie\re typlioide. Enfin, il signale une forme particuliere de bacteries dans le sang 
humain, pnis dans les intestins cbez des malades atteints d affections a type 
typlioide. 

Ces observations, dont le litre seul se trouve aux Comptes rendus de 1 Academie 
des sciences, n ayant point ete publiees, au moins en France, nous ne pouvons en 
donner que 1 indicalion. 

MM. Coze et Fellz out aussi recherche les vibrioniens dans la fievre typlioide chez 
I homme et sur des lapins inocules avec le sang de I homme atteint de cette 
maladie (1866). Nous ne pouvons entrer ici dans tons les details de leurs expe 
riences ; nous devons nous bonier a ce qui concerne particulierement les vibrio 
niens. Ces observatenrs n etablissent pas bien clairement qu ils aient toujours 
observe des bacteries dans le sang .chez 1 homme. C est chez les lapins inocules 
que les resultats qui suivent ont ete obtenus : 1 Le sang humain typlioide, non 
putretie, pris sur le vivant, determine sur 1 organisme du lapiu des eflets tres- 
appreciables ; 2 Le sang du lapin inl e.te de cette maniere peut infecter a son 
tour le sang d animaux de meme espece; on reproduit ainsi des generations suc- 
cessives de bacteries et plus ces generations sont repetees, plus ces baderies sont 
actives et les accidents rapides ; 3 La zone immobile observee permet de diagnos- 



BACTERIE. 37 

tiquerun sang malade ; 4 L cspece de bactcrie spcciale au sang typhoide rappclle 
le bacterium catenula; scs dimensions en largcuret en longueur sont tres-petites: 
5 De 1 eau distillee, raise en contact avec le sang typhoide desseche et conserve, 
revivifie les bacteries et reproduit 1 irifection. 

Ces recbercbes tendcnt done a prouver que la variole et la fievre typhoide sont 
deterniinees par des \ibrioniens du genre bacterium. Ces petits etres developpes 
dans le sang expliqueraient la contagion de 1 une dcs maladies ct affirmeraient celle 
de 1 autre; leur role serait analogue a cclui des ferments. Mais si 1 on considere 




typbo ide surtout, avec une certaine reserve et d attendre qu ils soient continues 
par de nouveaux travaux. 

Fievre typlwide du cheval. La presence des bacteridics a ete reconnue dans 
certains cas de maladie chez le cheval. Des foils de ce genre out ete signales par 
MM. Signol et Megnin. J ai eu 1 occasion d en observer aussi un cas. 

C est d;ms la maladie designce sous le nom de fievre typhoide que les baHcnilic- 
out ete observers. Cette maladie est mal delmie, aussi porlc-t-dl.- des minis divers 
et entre aulrescelui de maladie encore peuconnuc. I u s--ia\r mi InVK gere, elle 
est tantot de longue duree, tanlot clle est rapidement mm tclle. 

M. Signol, dans une communication a 1 Acjdemie des sciences (1863), dit avoir 
rencontre maintes fois des batteries dans la maladie du cbe.val </iHi///icV <!< dia- 
thesK typhoide, influenza, et dont les modes de manifestation sont tren-differents, 
et aussi dans un cas de gangrene traumatiqne. Cea^observations microscopiques 
ont ete iaites apres la mort. Une seule Ibis la presence desinfusoires a ete consiatee 
pendant la vie; dans deux cas la maladie a pu etre inoculee au niouton Ces iaits 
sont exposes d une maniere un peu confuse ; mais ils ne peuvent laisser de doute 
sur 1 existence des bacteridies dans certains cas de maladie chez le cheval et sur 
leur inoculabilite. 

Un autie veterinaire fort instruit, M. Megnin, a fait recemment a 1 Academic des 
sciences, une communication sur \a fievre typhoide du cheval (1866). l>a presence 
des bacteridies a ete reconnue dans les cas graves de cette maladie, i inoculalion du 
sang aux lapins et auxcobayesa determine lenr mort avec des bacleridies. On pent 
regretter aussi dans la communication de M. Megnin 1 abscnce de precision. 11 eiit etc 
important de savoir si lesbacteridi"S no se trouvent jamais dans les cas lexers ; a quelle 
epoque de la maladie elles se montrent ; quelle est la proportion de ces c;is, etc. 

Je dois a 1 obligeance d un veterinaire distingue, M. Dupuis, qui a b.eu voulu 
s associer a moi pour quelques recbercbes sur les maladies du cbevai, d avoir 
observe trois cas de maladie quipouvaicnt serapporter a la tievre typboide, un cas 
leger et deux cas mortels. Dans le cas leger et dans 1 un des cas mortels, le sang 
ne contenait point de bacteridies ; inocule a des cobayes, il n a arnciie aiicun re- 
sultat. Dans 1 autre cas qui fut suivi de mort, le sang contenait des bacleridies ; 
ce sang fut inocule a un cobaye qui mourut le lendemain avec des bacteridies 
semblables a celles du charbon. 

1 Les auteurs da memoire ont donne le nom de zone immobile a une couche de baton- 
nets et de points silues dans un meme plan et qui apparaissent a 1 oeil de 1 obseivateur 
lorsqui 1 le liquide examine n est pas exactement au point. Ils penseni qu elle est forme e 
par des vibrioniens devenus inaetils. Tour moi, je pense que ce sont desubrionieiisaffglu- 
tines a la lame de \erre. Certains especes sont teaucoup plus susceptible* que d autres de 
s aggluliiier ainsi. 



38 BACTERIE (BIBLIOGRAPHIE). 

Je noterai ici en passant que, cliez le cheval, les globules sanguins sont naturel- 
lemcnt agglutinatiis et que cette propriete ne constitue point, chez cet animal, le 
caraclere d une maladie charbonneuse. 

D apies tons ces faits, on pent juger que la maladie appelee fievre typlio ide du 
clieval est tanlot inoculable, et tantot ne Test pas. Doit-on admettre que, dans ces 
deux conditions, la nature de la maladie soit la meme? Les cas inoculables contien- 
nenl des bacteridies, ceux qui ne le sont pas n en contiennent pas. Les bacteridies 
sont semblables par tous leurs caracteres a celles qui se trouvent dans les maladies 
charbomii uses, et les animaux inocules meurent dans le meme espuce de temps 
que ceux qui out ete inocules avec le sang de rate. 11 me pa rait done presumable 
que les cas graves de fievre typlio ide du cheval dans lesquels existent des bacteridies, 
ne sont poinlde la meme nature que les autres cas et que 1 on confond sous la meme 
denomination plusieurs maladies, dont Tune est le charbon. Ainsi les bacteridies de la 
fievre typbo ide du cheval ne seraient autres que celles du charbon. C. DA.VAINE. 

BlBLIOGRArHIE. Hi-loir.- nnturelle. AlITONII A LEEUWENHOEK. Op. Olimia, t. I . Artttt . 6t 

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vivant sans gaz- o.ri/r/ene libre et determinant des fermentations (ferment buturique). Ibid.. 
t. Lll, p. 334 ; 25 fevr. 1861. Do HEME. Nouvel exemple de fermentation determine e par 
des animalcules infusoires no/want vivre sans gaz oxyg&ne libre et en delws de tout contact 
avec I air atmosplie rique. Ibid., t. LVI, p. 410 ; 9 mars 1803. Do MEME. Examen du role 
attribue au gaz oxygene atmosph. dans la destruction des mat. anim. et vege t. apres la mart. 
Ibid., t. LVI, p. 734; SOavnl 1803. Du SI^IE. Bec/ierches sur la putrefaction. Ibid., t LVf, 
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BADE (GKAND-DUCHE DE). 5S) 

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mucus et des divers e coulemenls prod/iils par les orfianes ge"nito-urinaires de I homme et de 
la femme. In Comples rendus Acad. des sciences, t. IV, p. 464; 1837. DAVAINE (G.). Recher- 
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Camples rendus de V Academic des sciences, t. LV1I p. 220, 351, 386; Paris, 1803. Comp cs 
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186 1. Du MEME Sur la presence des Bact r idles dans la pustule mt/ligne c/iez- I ho/iinu (;iv> c 
M. RAIUBERT). In Comptes rendus de I Acade inie des sciences, t. LIX, p 429. I , iris, ixoi. - 
DUMEME. Sur I existenceet la recherche des Bacte ridies dans la pustule maligne. In Comi>l<x 
rendus de la Socie le de biologic, i e serio, t. I, p. 93, Paris, 186i. Du MEME. Heche n //,.-, 
sur la nature et la constitution anatomique de la pustule maligne. In i:<ni>t<x ri inlus de 
l Acad< ! mie des sciences, t. LX, p. 129(5, Paris, 180"). Du MEME. Snr la presence conslante 
des KactMdies dans les animatix affecte s de la maladie charbonneuse. Ibid., t. LXI, p. 534. 

DUMEME. Recherches sur une maladie septique de lavache regardce connne de nature iltar- 
bonneuse. Ibid., t, LXI, p. 308. Do MEME. Note en re ponse a line communication de 
MM. Leplat et Jaillnrd sur la maladie charbonneuse. Ibid., t. LXI, p 523. SIGNOL. 
Presence des Bacte ries dans le sang. In Comptes rendm de I Acad. des sciences, 10 aout 
1865; t. LVII, p. 548. MLGNIN (J. B.). Sur I affection typholde du cheval. In C. r. Acad. 
des sciences, t. LXII, p. 1005 ; 3D avril 1866. LEPLAT et JAII.LABD. Note sur la nan- exis 
tence des Bactt ridies chez les lapins marls & la suite de I inoculation du charbon avec les 
phgnomcnes du sang de rate. In Comptes rendus de / Acad. dex sciences, t. LXI, p. 298 ; 
1865. Du MEMK. Nouvelles experiences pour i/e moulrer que les Barti ridies ne sont pus l/t 
cause du sang de rate. In Cumpl. rend. Acad. des so., t. LXI, p. 456 ; 1805. TIGUI iJI.) (de 
Sienne). Sur la presence d infusoires du genre Bacti riwn dans le sang Ituiiiain. In C. r. 
Acad. des sc , 12 octobre, 1803. t. LVII, p. 635. Du MEME. Note sur un nouveau cas de 
Bacte ries dans le sangd un homme mart d une fievre typhoide. In C. r. Acad. des sc., 16nov. 
1803, t. LVII, p. 855. Du MEME. Considerations sur les infusoires du genre Bacterium pre 
sent ies a I occasion des observations de MM. Leplat et Jaillard. In C. r. Acad. dcs sc., 
t. LIX, p. 525 ; 19 sept. 180i. - TIGRI. Nouvelles recherches stir les maladies caraote ri- 
sees par la presence des Bacte ridies. In C. r. Acad. des sc , t. I XII, p. 294; 5 fevr. I860. 
LEPLAT et JAILLARD. De laction des bactMes sur I economie an/male. In C. r. Acad. des sc., 

"aout 1804; t. LIX, p. 250. COZE (L.) et FELTZ (V.). Recherches expMm. sur la presence 
des infusoires et I itatdu sang dans les maladies infect ieuses. In-8. Strasbourg. 1866. C. D. 

BACTTRILOBIUM. Willdenow a doiuie le nom de B. Fistula au Cane- 
ficier ou Cathartocarpus Fistula PERS. II est preferable de laisser cette plante dans 
Je genre CASSE (voy. ce mot). H. Bw. 

BADAMIER. Voy. MYROBOLANS et TERMINALIA. 

BADE (Grand-duche de) l . (Bad, Baden, bains.) Cette province ne sera etudiee 
ici qu au seul point de vue demographique ; tout ce qui coiicerne la geographic, 
la meteorologie, 1 histoire naturelle et la gOologie a etc dit au mot ALLEMAGNE. 

Nous prions aussi le lecteur, en attendant que les mots DEMOGHAPHIE, MORTALITE, 
POPULATION, etc. aienl ete traites, de se reporter au mot AUTRICHE (premier article 
im peu considerable de demograpliie paru dans cet ouvrage) . II y trouvera une 
indication succincte des principals notions et generalites utiles pour 1 intelligence 
d uu article de cet ordre, et par exemple : les trois points de vue sous lesquels 
nous etudions toute population, et par suite nos trois divisions principals de tout 
article demographique: 

1 Etude statique ayant pour olijet de determiner \ etat actuel et les etats 
passes de la population consideree dans les differents elements qui la constituent. 

Les signes et abreviations relatifs h la statistique, ne pouvant etre expliques a chaque 
article, le scront a 1 article DEMOGRAPIIIE. A D 



BADE (CKAND-DUCH DE). 

Crs rlemenls ?ont foiirnis par les census. 

1 Etude dynamiqiteou des movements par lesquels une population se re- 
nouvelle sans cesse (naissance, manage, dei-es, migration). 

:." Kind,- pathologique portant sur la population infirme, malade, et sur les 
causes di iniirl aeluellcs et lessees. 

I. IYITDE STATIQUE. 1 Population. Eii 1864, le grand-dudie de Bade 
reiifeime 1 429 000 habitants repandus sur une superiicie de 15077 kilometres 
carres (sails nimpierle lac de Constance qui a 179 kilometres carres);soit 94,8 ha 
bitants par kilometre carrc. Si on en excepte quelques Vaudois, auciens emigres 
1 raiicais, cc fertile tcrritoire est exclusivement halite par des Allemands, etce sont 
iiieme, a proprement parler, les vrais et senls Allemands, car c est le terriloire 
de la confederation des Aleniaimi, dont, par une licence de langage due plulot a 
noire paresse ou a noire ignorance qu a la rhe"torique, nous avons applique lenom a 
idiite l.i nalidiiahle Druisc he. Nous n avons aucun renseignement sur leurs qualites 
physiques in anthropologiques (taille, forme du crane, etc., etc.); c est pourquoi 
nohv etude sera purement demographique. Mais les documents ofliciels et notam- 
meiit les census, public s d ailleursavec beaucoup de soin etd intelli^ence, sontextre- 
memeut. pain res en renseignernentsstatiques; pourtant comme ces renseiguements 
Mint Ires-liequemmenl rclevesavec uniformile etdepuis 20 u50 ans,on pentsnivre 
a-se/ bien les modifications dans les temps successifs. Le tableau suivant resume 
tout cc que nous avons pu conuaitre, snr ce point, dans le passe jusqn en 1864. 

On voit comliieu les census publics par le grand-duche de Bade sont incomplets, 
et comliieu 1 aualyse demographique en est rudimentaire. 

2 Etat civil. Le nombre des families yrcpresente 1 etat civil. Dans le dernier 
census ou il en est fail mention (1861), oa compte done 275 880 families. Qn est- 
ce qu une famille? Les veufs et veuves sans enfant font-ils cbacun une I amille? La 
demographic doit bannir ces mots elustiques apres lesquels le lecteur doit placer 
un point d interrogation. 

5 Population par ages. L analyse suivant les ages, qui se borne a grouper les 
vivants scion qu ils sont au-dcssus et au-dessous de 14 ans, n esi pas moins rudi- 
menlaire; c est la une division bien insuffisante, et pourtant encore il faut regret- 
terqu elle ne soit pas donnee pour les diverges categories de population, et no- 
tamment pour les Israelites. Quoi qu il en soil, on voit par le dernier census (1864) 
qu il y a 214 509 garcoi^ et 211 576 filles, en lout 425 685 (soit 298 enfants 
pour 1000 P) au-dessous de cet age; et 486 244 hommes, 516 161 femmes, 
en lout 1 002 405 adultes ou a peu pres (soit 702 par 1000 P) au-dessus de 
14 ans. Or, en France, par 1000 P il n y a que 260 de ces euianls, et 740 
addles; mais, les rapports de la population francaise sont exceplionnels par le 
grand uomlirede ses adulles; 1 Autriche, en effet, ne compte par 1000 que 679 
au-dessus de 14 ans et la Prusse seulement 652. Bade se trouve clone place, sous 
ce rapport, entre la France et les deux grands Etats d Allemagne. 

7> Population par professions. L analyse par professions, que je irouve publiee 
dans les census, n est pas plus complete, pnisque nous avons seu einenl une cate- 
gorie dite desdomesticjues et commis(Ge>icha[lsgehulfenund Dirnstboten) ; ainsi 
en 1861, on a 89 525 hommes et 69 504 iemmes, en tout 158 829 commis 
et servants (soit 116 sur 1000 P de tout age, et 159 sur lOOiiO habitants au- 
dessus de 14 ans). Mais tons les gens a gage, depuis le valet de ferine jusqu au 
conlre-maitre, jiii-qu nu plus haul employe, jusqu au grand-clue, sonl-ils compris 
dans ce groupe qu aucun autre groupe ne determine ni ne limile? On ne sail ! 



BADE (GRAND-DUCllli DE). 



41 



TABLEAU. - DES ETATS SUGCESSIFS DE LA POPULATION DU GRAND-DUGIlE 

SELON JLES CENSUS. 



DATE 

DES 

RECENSEMENTS. 


i OPULATIOS 
ABSOLVE. 


ACCROISSEMENT OU DIMINUTION 
AXNUEL 
1 I AR 1,000 POPULATION. 


N H U n E n E S F A M 1 L L E S 
PAR 1.000 POPULATION. 


POUR 1,000 


5 2 SEXES 

0)1 MES. 


II M M E S 
CO Mill EX DE F EM MES 


POPULATION GENERALE 


c 

AU 

P.E 

les 

2 
sexes 

u-w 


OSI11IE 
-DES 
14 A 

~-^- 

horn. 
U-w 


N 

sus 

ss. 



fern. 
U-w 


C M y I E y 


POPULATION HE 
COMI.lt.N D l 


~w 


CO 

SERV 



horn. 


IIMIS 
ET 
TEURS. 

_- 

fern. 




1 200 471 

1 220 037 
12:0 791 
1244 171 
1 277 403 
1 512457 
1 319884 
1 367 486 
1 362 774 
1 357 208 
1 314 837 
1 335 952 
1 369 291 
1 429 199 


W 

+ 5,5 
4- 3,0 
4- 4,0 
-H 8,5 
H- 9,0 
-+ 9,0 
-1-13,0 
- 1,1 
- M 
-10, 4 
+ 5,4 
+ 8,3 
+14,5 


W 

9 


W 


W 

A 


(a) 


W 


( 8 ) 


I 10 ) 


n 

n 
b 

49,63 

40.05 
41,00 
44,80 
47,75 
50,60 


1S35 


> 














.lQ-i 


1856 .... 


> 





> 








JO-Q 




M 

19S.2 
199,0 
197,1 
200,0 
2UO.O 


489,0 
487,0 
187,0 
485,0 
487,0 
488,5 
490,0 


1 041 
1 052 
1 053 
1 002 
1 054 
1 047 
1 040 


634 

062 
06 i 
683 

695 
700 
702 


U 

606 
062 
663 
672 
682 
090 
094 


682 
682 
6S6 
698 
708 
710 
711) 


17,36 

17,27 
17,40 

17,70 

17,62 
17,60 

17,60 


49,00 
4i,05 
48,20 
5-2,9,) 
58,60 
65,40 


1815 


1846 
1849 


1852 




185S 


1861 


1864 




LES QUATRE C 
Cerclu du Lac 


ERG LES D 

198 160 
345 913 
469 782 
355 436 


u GRAJ 

Conbieu 
de 
miiecins 
et dc cbi- 
rnrgieus 
de 
\ * class* 
par 10 000 
haliU.nus . 

3,38 
3,33 
3,11 
2,81 


ID-DU 

194,3 
199,5 
197,8 
205,6 


CHE, 

41-6,5 
486,5 
488,0 
492,0 


SEL( 

1 055 
1 056 
1 048 
I 052 


IN L 

717 
713 
685 
092 


E CI 

707 
701 
679 
083 


:KSO 

720 
723 
699 
701 


S DE 

8,42 
12,63 
13,80 
30,60 


1861 

81,70 
81,40 
55,00 
52,70 


59. CO 
5(5,50 
46,50 
46,10 


du Haut-Rhin. . 
du Rhin moyun. 
du Bas-Rhiu . . 


1 Le census de 1864 explique et Von se convainc, par Vetude des mouvements, que 1 accroissrment 
no dcvait elre que de 42, UOO habitants en 186i, et que si 1 on a trouvepres de 60,0.10, c est que 18,000 
avaicnl e chappp aux census precedents moins soignes, ce qui reduit le dernier accrobsemenl annuel 
a 10,2 par 1000. 



BADE (GRAND-DUCHE DE). 

Etats successifs de la population. Voila les graves imperfections qui s oppo- 
sent a toute comparaison de 1 etat des populations badoises avec d autres. An 
moins peut-on la comparer a elle-meme, aux epoques successives, grace a la 
bonne et reguliere publication des recensements. 

On y voit qnela population y angmente assez regulierement, de 5 a 10 par 1000 
et par an ; mais de 1846 a 1855, il y a eu une diminution notable de la popu 
lation , attribute aux mauvaises recoltes et aux perturbations que les evene- 
ments politiques ont amenees dans le travail ; on le conceit dans nn pays ou le 
sixieme de la population adnlte est a gage. On voit en nienie temps par les colonnes 
4 et 5 que c est surtout la population male qui a diminue (nous le verrons, notam- 
ment par les emigrations). Mais quand la population generate unmoment retrograde 
s accroit de nouveau.de 1855al864, c est surtout pur la population male quiseres- 
taure, puisqu en 1 855 il y a un exces de 62 femmes par 1 000 homines, et que cette 
difference eutre les deux sexes descend successivement a 40 en 1864. On constate 
egalement de 1846 a 1864 un accroissement proportionnel et regulier des adultes 
pour chaque sexe. On remarquera encore que non-seulement il y a plus de femrnes 
qued hommes, mais que cette difference devient plus manifeste quancl on ne consi- 
dere que la seule population adulte ; ainsi, d apres le dernier census, il y a encore 
I 040 femmescontre 1 000 homines de tout age; mais au-dessus de 14 ans, oncompte 
1 061 femmes centre 1 000 bommes. Nous croyons, il est vrai, que 1 armee, 
tres-petile d aillenrs, mais dont nous ne trouvons nulle part la mention , n est 
comprise dans aucnn de ces rapports. Ainsi : accroissement de la population, res- 
tauration de la population male, et dela population adulte, voila certainement une 
marcbc favorable : mais le dernier croit que nous avons a notcr, celui de la 
donif-sticite des deux sexes, qui, par une mon tee reguliere , s estelevee de90 en 1846 
a 116 en 1861 par 1 000 habitants, est bien loin d etre aussi louable, et fait soup- 
Conner une iiicgalitc croissante des fortunes etun affaissement du caractere civique, 
car les vei tus de 1 homme a gage ne seront jamais celles du citoyen. 

Profession meduale. A ces renseignements sur 1 etat de la population badoise, 
un document oFficiel me met a meme de donner le personnel medical en 1855. On 
comptait 427 medecins, 120 diirurgiens (soil 4,16 praticiens par 10 000 habi 
tants), ces deux nombres se divisant chacun en quatre categories de capacite : il y 
avail 540 medecins de premiere classe, les autres accoucheurs ou chinugiens me 
decins. Les chirnrgiens, egalement divises en quatre clegres, ont evideivm nt une 
position inferieure. Je remarque que, sur ces 427 medecins et ces 86 chirurgiens 
de premiere classe, 207 des premiers et 46 des seconds recoivent un traitement de 
I Etat. II y a en outre 169 veterinaires , dont 59 remuneres el pensionnes; enfiu 
153 pharmaciens, plus 54 officines et herboristeries. Commela distribution de ces 
medecins pent jeter quelque jour sur le liien-etre des populations, nous avons 
donne dans nos I" r el VI L tableaux, leur distribution relative en chaque cercle par 
10 000 hab. On voit que c est le cerele du Lac qui a le plus de medecins, et celui 
du Bas-Rhin le moins. 

I!. Etude dynamique de la population. Pour cette etude les documents Badois 
sout nombrenx et paraissent de bonne qualite. Nous joindrons souvent ici a 1 ex- 
pression litteraire la formule toujours plus precise et dont les notations, emprun- 
tees aux initiales, sont faciles a retenir ; ainsi N se prend pour les Naissances en 
general, mais IV pour les naissances avec les mort-nes, et S pour les Survivants 
a 1 accouchement, c est-a-direles naissances sans les mort-nes; dn est la notation 
de ces mort-nes, etc. \Voye% pour les autres notations les noles p. 44 et 48.) 



BADE (GRAND-DUCHE DE). 43 

1* Natalite, on rapport des naissances a la population : soil IV ou S /P (nais- 
sances mort-nes inclus N ; moit-nes exclus S ); mais suivant nous la vraic natalite 
Semitic rappoi teles naissances a la seule population aux ages de fecondite, soit 
de 1 4 a 60 ans ( N/Pu..6o ) limite d age plus generalement donnee, mais qui manque 
pour le grand-duche de Bade. (Voy. AUTIUCHE, p. 441.) 

Mort-nes (dn). Remarquons d abord que les mort-nes viennent changer les 
rappoi ts, suivant qu on les admet ou qu on les rejette des naissances. Que doit 
faiie le statisticien, les admettre ou non? II vaiit mieux, sans doute, faire comme 
1 excellente publication administrative du grand-duche, publier triple colonne ; 
1 une naissance avcc mort-nes (w), 1 autre sans mort-nes (S ) ct nne troisieme 
des seuls mort-nes (dm). Nous ferons de meme, le Icetenr pourra ainsi apprccier 
les differences qui en resultent. La moyennc generale du coefficient des inorL-nes 
(dn/N) estdonc 0,0534, soit (en nuillipliant ce rapport par I 000, suivant 1 usage 
que nous avons adopte dauscet ouvrage) de 53,4 par 1 000 naissances; mais cette 
moyenne est celle de toute la periode 1839-65, et pour ce qui se rapporte aux 
mort-nes dont 1 inscription a part, d abord negligee (avant 1839), a acquis de 
plus en plus de precision, nous estimons qu il vant mieux s en rapporter aux 
chiffres de la seconde periode 1852-65. D apres cela la proportion des mort-nes 
du grand-duche estdonc de 35,7 morl-nes par I 000 naissances gen^rales IM. 

Ce rapport parait moindre que celui de France et de Belgique qui est environ 
de 44. Mais nous savons, par les documents helves, (juc environ 11 de ceux-ci ne 
sont pas de vrais mort-nes, qu ils ont respire, et out seulement succombe avant 
leur inscription sur les registres de Fetal civil ; de la ils sont reputes morl-nes par 
1 adminislration. Quelle est la part de cette erreur dansle grand-duche? Elle est 
plus ou moins grosse, suivant le temps donne pour 1 inscription civile, c est mi 
eclaircissement que 1 administralion ne devrait jamais omettre; ce temps est de 
trois jours en France ct en Belgique, on nous ecrit a 1 inslant qu il est de trois 
jours aussi dans le grand-duche, mais que les dn releves se rapportetit exclusive- 
men t aux vrais mort-nes, clans le sens medico-legal. Notre Il e tableau montrera com 
ment le nombre des mort-nes ln varie scion les sexes, et selon 1 t tat civil ; ce sont 
des mouvements tres-constants qu on retrouve paitout. Les accoucheurs ne doivent 
pas attribuer exclusivement 1 exces dn masculins aux dilficuHes plus grandes de la 
parturition resultant du volume generalemenl plus gros des gargons, puisque une 
mortalite beaucoup plus grande poursuit le sexe male plusieurs annees apres sa 
naissance. 

la natalite suivant les sexes presente ici a pen pres les rapports (ju elle offre 
partont : pour 1 000 Naissances feminines, vine moyenne genei ale de 1 062 a 1 054 
naissances masculines, suivant que 1 ou comple ou non les mort-nes. II est clair 
d ailleurs qu il est preferable : de les compter, si on vent decouvrir les influences 
physiologiques du rapport des sexes ; de les exclure au contraire, si on opere dans 
une vue sociologique, car ces mort-nes sont alors comme un caput mortuum sans 
objet. Quoi qu il en soit, les oscillations annuelles de ce rapport sont Ires-notables, 
et comme la statistiquebadoise les a donnees d annee enanneedepuisvingt-ueuf ans, 
nous pouvons, ne lut-ce qu a litre d exemple, soumettre ces nioyennes ammelles a une 
seriation qui permet, d un seul coup d oail , d en connaitre lous les details. II est 
malheureiisement assez rare en demographie de pouvoir meltre en osuvre cette me- 
thode d investigation, base de loute connaissance precise d un clement demographi- 
que, et nous nevoulonspaslaisser echapper la bonne fortune qui nous est olferte ici. 
Si done on range les rapports annuels de la nalalite des deux sexes w /fl" (mort- 



BADE (CHAND-DUCHE DE). 

nes compris) 1 par groupes en reunissant ceux qni ne s eloignent pas de plus de 
.". milliemes m p<mrra prendre un intervalle plus ressene quand on aura un plus 
grand nombre d observalions), on aura le tableau suivant : 

1 aimi c il y a eu 1 05^ a 1 040 W males centre 1 000 IT 
1 1 04!) a 1 04j _ 

1 1 045 a 1 050 

5 - 1 050 a 1 05S 

4 1 055 a 1 060 
7 1 060 a 1 065 . 

5 - 1 OGj a 1 070 
3 - 1 070 a 1 075 

2 1 076 a 1 080 

2 1 OSO a 1 085 



29 ans ct 30 812 pour la sonime des moyennes annuelles, 
soil 1062,5 pour la moyenne genrrali-. 

Or on ivmarqniTa que cette moyenne tombe precisement au milieu du plus grand 
groupe qui ivnfenne 7 cas ou 7 amices, ct que ce groupe occupe precisement le 
milieu de la serie. On voit de plus que pres du quart de tons les cas observes 
(7 amices sur 29) viennent se ranger tout pres du rapport moyen, et un peu plus 
de la moitie (16 sur 29) konl compris enlre 1 055 et 1 070 ; la grandeur de ce 
groupe , qui renferme la moitie des cas observes, est dit la valeur probable 
(voij. le mot MOYKKNE) du rapport 9i /x" l , el 1 intervalle qui separe Jo premier 
et Ir (Irmior ti rme de ce grouse est dit I e cart probable. Le plus grand ecart 
observe ou Y ecart possible est compris entre 1,057 le plus petit rapport rencontre, 
H 1 ,0821e plus grand. On doit encore se demandcr si ce rapport de natalite des 
ilmx srxcs est soumis a de simples oscillations ou s il se meut avec le temps. Or on 
cherclierait vainement a le reconnaitre en consultant la succession des rapports an- 
nucls, leurs oscillations etant trop elendues pour permeltre d y demeler 1 influence 
sans doute legere du temps; mais divisant la periode 1855-64 en trois periodes de 
dix ans, on a successivement les trois rapports 1 057, 1 001, 1 071 , qui ne peuvent 
guere laisser en donte quo la predominance du sexe male ne s accroisse dans la na 
talite badoise. Mon Il e tableau (ci-contre), dans lequel 1 epoque etudiee esl divisee 
en deux periodes, confnme ce mouvement , et montre qn il est sin tout accuse 
pour la natalite illegitime. 

Naissances multiples. De 1857-65 on a trouve par 1 000 IV, 11,5 acconche- 
ments multiples, dont 11,54 grossesses et naissances doubles (soit 22,68 jumeaux) 
et 0,16 accouchements triples, en tout 25,16 nouveau-nes issus de ces grossesses. 
Parmi les naissances jumelles il y a eu par 100, 85,7 naissances legilimes et 
16,5 illegilimes, rapport presque identique a celui des naibsances generales 
(85,4 : 16,6). Dans les naissances jnmelles legitimes, le rapport des deux sexes 
s est rencontre (6 694 obsurv.) comme 108 : 100 (rapport qui devient 107 : 100 
pour les naissances simples), etdans les jumelles illegilimes (1 268 observ.) comme 
100,95 : 100 (rapport qui devient 104,5 : 100 pour les naissances illegilimes 
ordinaires). On voit que les naissances jumelles paraissent attenuer encore plus la 
dilt erence dans la proportion des sexes, attenuation qui resulte constamment de 
1 iliegitimite. 

1 On remarqnera une fois pour toutes, que les notations en caractere grns (Eli, M] indiquent 
que les mort-nes sont inclus ; que les notations une fois soulignees (T*l, S ) ne se rapportent 
qu aux illegitimes; deux fois soulignees (S,,, etc.) qu aux leg i times. Toyez en outre p. 42 
et la note, tableau III. 



BADE (CRAND-DUCHE DE). 45 

II* TABLEAU. ELEMENTS DE LA NATAL1TE PENDANT L ANNEE MOYENNE. 



1. NOMBRES ABSOLUS. 


PEIilODES OBSERVEES. 


1830-63 


1839-51 


1852-65 


24632 

23568 
955 

706 

37 
35,7 

185 
34,6 

io.i,6 
55,4 

38,75 
1062 
37,3 
29,3 
1353 

183,4 
33,7 
184,25 
32,6 
1068 
1595 

1037,8 
40,3 
35,9 
37,8 
1164 


26043 
24782 
962 
696 

39,3 
58 

150,6 
3"2,6 
151 
31,6 

1052 
36,9 
1058 
35,6 
27,3 
1382 

1774 
32 
177,8 
30,97 
1064 
1446 

1092 
57 
35,5 
b4,6 
1140 


25103 
21867 
947 
718 

54,5 
55,25 

160,2 
57 
161,1 

55,7 

io:;c 
41 
1066 
39,4 
31,8 
1320 

1907 
35,9 
192 
34,05 
1070 
1350 

1043 
44,2 
58,7 
41,5 
1192 








II. NOMBRES RELATIFS. 

A. Suit 1000 HABITANTS (P) COMDIEXI 




B. SUR 1000 NAISSANCES (sans distinction d etat civil): 
a. Des deux sexes re iinis, combien : 


CKCHJS(SO).| De mort _ n es des deux sexes (dn/S.) 


INCLUS (HT).j De mort _ n( ; s des deux sexes (dn/M) 


b. Avec distinction des sexes : 
jiont-sEs ( De filles, combien de naissances en males (S ./S".). . . . 

EXGLUS I 








De filles, mort-nees, combien de garcons morl-nes <ln/dit". 

C. SDR 1000 HAISSANCES (avec distinction d etat civil) : 
a. Le gilimes ( S ou rV), 
MORT-NES 1 ^ es ^ eux sexes > combien d illegitimes (S /S. ) 


Des deux sexes, combien d illegilimes (N/M) . . . . 


MOP.T-NES Des deux sexes, combien de mort-nes (dn/KI) . . 


INCLDS (IS) De lilies, combien denaissanceslegitimes males (]*" /Ii") . . 
De filles mort-nees combien de garcons mort-nes (dn / d n"). 

b. llUgitimes ( S u N ), 

De lilies, combien de naissances illegitimes males (IS /W) . 
De garcons, combien demort-nes mules (dn /W) 


HOT.T-NES 

De filles, combien de mort-nees lilies (dn" /Hi") . . 


INCIUS (M) 
Des deux sexes, combien de mort-nes (dn/ IS).. . 


De filles mort-nees, comb, de garc.illegit. mort-nes (dn /dn") 



46 BADE (GRAND-DLCIlli DE). 

2 Matrimonialite. La statistique badoise est extremement laconique sur le 
mouvement des manages. Leur nombre moyen annuel qui est de 72,5 sur 1 000 P 
pour la periode 1859-51 , n est que de 69 pour 1859-63, et que de 65,4 pour 
1852-3, Le manage, elant de tous les mouvements de la population, le plus mo 
bile avec les evenemenls, fournit un indice precieux des influences lieureuscs ou 
nefasles qui pesent sur les populations dont il traduit en chitires les esperances ou 
les apprehensions, comme le cours de la Bourse traduit celles des speculateurs 
Ainsi nous voyons le chil fre des mariages descendu a 51 ,5 dans la periode 1852-54, 
se relever a 76 en 1862 et a 92,5 en 1863. 

Quclles crainles, quels malheurs sont survenus ou ont menace la population 
dans la periode 1852-54? Je ne sais. Je vois seulement qu en 1848 et 49 les 
recoltes sont fort insuffisantes , les pommes de terre manquent, les mariages, qui 
oseillent de 81 a 75 dans les quinze annees precedentes, s abaissent a 67, puis 
a 66, a 65 en 1849, remontent a 69 en 1850, pour s abaisser de nouveau d annee 
en annee jusqu a 48 en 1854. 

Fecondite des mariages. Les mariages badois sont feconds : dans la periode 
1859-65, cetle fecondite est 4,55 N (mort-nes inclus) ou de 4,58 S (mort-nes 

exclus) ou enfanls par manage; dans la periode defavorable de 1847-55, pendant 
laquelle 1 emigration angmentesi notablement (voy. ci-ttjOJ"es),tandisque la popu 
lation et les mariages diminuent, la fecondite de ceux-ci parait augmenter; car 
de 4,2 S par mariage en 1835-44, elle s eleve a pres de 5 (4,9) en 1848-55; 
mais elle redescend a 4 (4,04) S ou 4,14 K en 1856-65, de telle sorte que la 
fecondite moyenne de 1848 a 1865 estde 4,5 X ou 4,4 S,, par mariage. 

Nous verrons au mot NATALITE que la method e des statisticiens pour apprecier la 
fecondite des mariages, dont faute de mieux nous nous servons ici, mais sous 
toule reserve, enleve presque toute leur signification aux oscillations de la fecondite 
que nous constatons ici. En ei fet, ils apprecient cette natalite legitime en divisant 
les naissances legitimes (HI ou S ) de 1 annee moyenne par le nombre moyen 

annuel des mariages. Si ces moyennes sont calculees sur une longue periode, ou 
si les nombres annuels des mariages et des naissances legi times sont a peu pres 
constants, cette methode sera fort bonne, car bien que les naissances annuelles ne 
soient pas necessairement toutes issues des mariages celebres dans lememe temps, 
comme ils se repetent les uns et les autres cbaque annee en meme nombre, on 
pent sans erreur faire abstraction des personnes, et atlribuer aux mariages de 
1 annee les naissances de 1 annee. Mais on concoit que si, dans une conrte periode 
comme 1852-54, pendant laquelle lenombredes mariages est descendn de 70 a 51, 
on attribue exclnsivement a ces 51 couples les naissances legitimes de 1 annee aux- 
quelles out contribue aussi ceux plus nombreux des annees precedentes, on el eve 
tout a fait artificiellement la natalite legitime par mariage. Tel est cependant 
1 usage ordinaire des statisticiens , lant ils ont peu 1 habitude de soumettre leurs 
precedes a une critique severe et mathematique. 

3 Migration. Ge mouvement etranger de la population se compose de sor 
ties et d entrees. L entree constatee des etrangers dans le Grand-Duche, est de 
200 a 540 individus, soit environ 280 en moyenne annuelle. Mais 1 emigration 
est beaucoup plus considerable et plus irreguliere. Depuis 1840, on a conslate la 
sortie de 100 856 personnes, soit 4 200 en moyenne annuelle; mais il yaeu 7 913 
emigrants en 1851; 14 366 en 1852 ; 12 952 en 1853, et 21 561 en 1854; le 
minimum a ete en 1862 et 1863 ou 1 emigration s est abaissee a 958 et 913. 



BADE (GRAND-DUCHE DE). ^ / 

Quels evenements ont determine la fuite de 57 000 Allemands, de 1851 a 1854? 
Pourquoi cette emigration est-elle tombee a 925 dans Jes deux dernieres amices 
relevees? Nous ne savons. 

4- Deces et Mortalite. Noire III* tableau (p. 48) donne avec les nombres absolns 
des morts, leurs rapports avec les autres elements demographiques. Ou voit quela 
mortaHle generate D/P est de 26 deces (25, 8) annuels par 1 000 populations, 
(elle n estque de 25 en France), et, comme nousavons vu, la natalite" badoise est 
de 35 ; il en resulte un excedant annuel de 7 a 8 vivants par 1 000 qui (migration 
mise a part) est le coelficient d accroissement annuel. Nous donnons aussi les rap 
ports des deces entre eux, suivant les sexes, et le rapport des deces gcneraux aux 
deces des premiers ages de 1 existence; mais peut-etre s etonnera-t-on de ne pas 
rencontrer ici de mortuaires gcnerales, on liste complete des rapports des deces 
entre eux a chaque age. En attendant que nous nous expliquions a ce sujet au 
mots MORTUAIBE et MORTALITE, disons seiiloment qne nous estimons ces rapports 
des deces entre eux sans signification, quand on ne peut en meme temps connailre 
la force respective des gronpes de vivanls de chaque age qui les ont Iburnis ; et 
quand on n a pas de denombrement par ages on ne le pent que pour les pi emigres 
annees de la vie. En eflet, quelle instruction pent on tirerdu savoir, par excniple, 
que par 1 000 deces generaux masculins il y en a en France 152 de 40 a 60 ans, 
elseulemeut 137,5 en Autriche. En conclnerai-je, comme plusieurs, et en offen- 
sant en meme temps la langue et rarithmuli juts, quo la mortalite de 40 a 60 ans 
est plus Ibrte en Fiance qu en Autriche? tandis qu en verite, si on rapportc les 
deces aux vivants qui les ont fournis (voy. ACTRICHE, page 451), on tiouve que 
1 000 liommes de 40 a 60 ans donnent 24 a 25 deces annuels en Autriche, et seu- 
lement 16 en France. Si le nombre des deces annuels de 40 a 60 est plus grand en 
France, celu resulte simplemcnt de ce que nous avons beaucoup plus d .idultes a 
cet age (222 au lieu de 173 ; voy. AUTRICHE, p. 457). Ainsi les rapports des deces 
entre eux, quand on ne peut donner une signification a ces rapports par la rel ition 
des groupes vivants qui les out fournis, sont une donnee plutot fallacieuse ; c est 
pourquoi il nous parait inutile de rapportcr les excellenles mortuaires badoises, 
car, toutes fidelement relevees et publiees qu elles soient, elles sont malheureuse- 
ment sans signification, au dela de 15 ou 20 ans. 

Deux groupes seulement sont utiles, parce qu ils peuvent etre rapproches de la 
population : ceux qui comprennent les deces de a 14 et de 14 a la fin de la vie, 
puisque nous avons vu les census diviser egalement les vivants seulement sous ces 
deux chefs; c est pourquoi nous avons donne les rapports de ces groupes. 11 euest 
un aulre que nous avons aussi rapporte ; c est celui des deces masculins de 20 a 25 
compares aux deces femiuins de meme age. En elfet, il resulte des tables do survie 
donnees plus loin (tabl. VII), qu a cet age de la vie, il parait y avoir, dans le 
Grand-Duche, a peu pres autint de jeunes gens de chaque sexe et plutot un peu 
plus de fenimes ; il devrait done y avoir a peu pres autant de deces de chaque cote ; 
en fait, pour 1 000 deces feminins, ilya 1 062 deces masculins. Gependant eu France 
ou les rapports des sexes des vivauts dilferent plutot par un plus grand exces du 
sexe feminin, la difference des deux nombres devrait etre moindre ou meme in 
verse ; on trouve pourlant, et contrairement a toute attente, 1 450 deces masculins 
contre 1000 deces femiuins. Nous verrons dans la suite la triste conclusion a en 
tii er pour notre pays. 

Mortalite par ages. Les elements statistiques du Grand-Duche sur lesquels 
s appuient ces calculs, census et releves d etat civil, nous paraissent tres-reguliers 



BARE (GRAND-DUCHIS DE). 
Ill TABLEAU. -- tLV.IiNTS DE MORTAUTE (MORT-NES EXCLUS) . 



MOYENNE ANNUELLE. 




1859-63 


1839-51 


185263 


1856-63 


IN i v M T> R v Q A n Q n I n ^ 










, ii U 31 IS n L o A L> o U L U o . 


18553 


18 969 


17686 


17 348 




17748 


18244 


17220 


168b2 




h 


U 


6543 


53048 










5197 


43448 


II. _ NOW DUES RELATIFS. 










A. SUB t 000 POPULATION. 












26,9 


27,8 


25,8 


9 




28 


29.1 


26,9 







25,8 


26.7 


24,9 


J 


4 Accroissement par execs annuel cles naissances sur les deces. 


8,8 


11 


7,43 


>t 


D. IMR l 000 DECES. 










yt iii/raux, combien de naissances generales (S<, "/D "). . . . 


1350 


1 3Go 


1287 





ma^culin-, combien denaissances masculines (So" /D ) .... 


1 343 


1514 


1306 





fomiuins, coibien de naissances feminines (So "/D ) .... 


1316 


1339 


1270 


n 




1034 


1041 


1027 


1) 




des 2 sexes, combien de deces de i 1 mots (d" o..i/D ") . . . 


)) 


X 


136,5 





masculins, combien de deces masculinsde Oa 1 mois (d o..i/D ). 








156,3 


1} 


feminins, combien de d^ces feminins de a 1 mois ( d"o..l/D") . 








116,1 







it 


y 


oo"7 


t 


masculins, combien de deces males deO a i an (D o..l/D ) . . . 





a 


370 


o 


feminins, combien de deces feminins de a i an (D"o..i/D") . . 








:o2 





feminins de 20 a 25 ans, combien de deces masculins aus 












V 





1 062 












514 


S50 








486 


470 








450 


462 








-;sft 


i^S 


des deux sexes, combien de a 14 ans (D "o..H/I> ") .... 



* 



a 


oou 

483 


-JO 

497 


des deux sexes, combien deH a u (D "i4..w/D "j 








517 


503 


1 NOT A. On remarquera, ici, comme partout, que D represente les Deces; P la Population; Sn les 


Survivants a 1 age n ; que D I 1 S , etc., concernent les males; D" P" S" les femmes; et D " P " S" les deux 


sexes detignes au^si et plus simplement, mais moins expressement, par DPS. Vojez les notations 


dcju indiquees, p. 42 et 44. 



BADE (GRAND-DUCHE DE). 49 

et t.rcs-dignesde contiance; et comme ce n est pas une eirconstancebien commune, 
nous fouillerons davantnge ces documents pour en tirer tout ce qu ils peuvent nous 
apprendre. 

a. Mortalite de 0-14 ans et de 14 ans a la fin de la vie obtenue directement 
par les census qui fournissent P ..u ct PH..W. ct P ;11 h S rcgistres mortuaires qui 
u onnent D .. u et D u .. u pour deux puriodcs 1852-65 et 1856-1865. 

IV TABLEAU. -- PAP, 1 000 POPULATION 



PERIODS OBSERVEK 



A. DE A 14 ANS (I o.n). 

V Pour les garfons.combien dedec&annuels (D o..U/P o..u) 

2 Pour les filles (D"o..l4/P"o..ll) 

5 Pour les deux sexes (Do..n, PO..U) 



I 8 12-63 



B. DE 14 ANS A LA DEtlNIEHE V I ! 1 1, l.ESSE (Pu.c,)). 

! Pour les hommes (D i*..u/P ..w) 



42,83 
37,30 
40,15 



l J/10 

2 Pour les femmes (D"u,.w/D"u..w) 19,50 

5 Pour les deux sexes (Du..w/Pn..&)) ; UI.17 



1856-G"> 



45,00 
37,90 
41,00 



17,86 
18,40 
18,15 



On voit par ce tableau que la mortalite des enfants s est accrue, et que cello des 
adultes a diminue. C est un double mouvement assez exceptionnel. Si nous com- 
parons cette mortalite a la mortalite franchise (1840 59), nous trouvons une mor 
talite enlantine bien superieure a la notre, puisque nous n avons que 50,57 pour 
les garc,ons et27,54 pour les filles, de a 14 ans ; mais nous verrons p. 54 qu il 
n y a pas lieu de nous feliciter autant qu on le croirait de ce resultat brut. Ce- 
pendant, pour les puberes, notre mortalite semble plus grande puisque Ton trouve 
20,65 pour les hommes et 21,58 pour les femmes ; mais ce resultat est vraisem- 
blablement fallacieux, et resulte de ce que nous avons beaucoup plus de vieillards 
que la population badoise. II est vrai que pour prouver numeriquement notre pre- 
somption, il faudrait pouvoir subdiviser ce grand groupe (14.. co) qui confond !OLIS 
les ages ; or les documents badois ne nous le permettent pas, et notre ignorance 
est irremediable quant a present. 

Cependant dans le V e tableau ci-apres nous rapprocbons la mortalite badoise 
de celles de plusieurs autres contrees voisines, afin que, par la comparaison, on 
puisse mieux apprecier ce qu est celle du Grand-Ducbe : on pourra remarquer,par 
exemple, que lamortalile au-dessus de 14 ans dans 1 empive d Autriche est assez 
voisine de celle du grand-duche de Bade, et que toutes deux sont un peu inferieures 
a la mortalite franchise. Que le lecteur cependant se reporte a la table de mortalite 
de 1 Autricbe et de la France que nous avons dounee au mot ATJTRICHE, p. 451 ; il 
verra combien il s en faul que nos adultes aient une mortalite superieure a 1 Au- 
tricbe. Il comprendra que, si le groupe trop grand de 14 a u simule ce resultat, 
c est seulement parce que nous avons parmi nos puberes un plus grand nombre 
de vieillards que 1 Autriche ; par exemple, on deduira facilement de la table de 
population donnee aoi meme article, p. 437, que, sur 1 000 femmes au-dessus 
de 1 4 ans, I Aiitriche en a 74 au-dessus de 60 ans, et la France 146 ; on comprend 
mci. EMC. VIII. 4 



50 BAD !] (GK AMD-DUG D n".). 

des lors pourquoi sur le groupc entier au-dcssusde 14 ans, nous devons avoir plus 
de deces puisque nous avons plus de vieillards ; on en conclura avec raison la 
nccessite de subdiviser cegroupe ; et, si on ne le pent pus, on devra tenir ensuspii inn 
des conclusions purement mnnmqucs etqui n ont pas subi 1 epreuvede la critique. 



V TABLEAU. MORTALITE COMPAREE. 





SUR 1 000 V1VAKTS A CHAQDE GROITE D AGE ET DE CHAQUE SEXE 




COMB1E.N DE 1 ECES AXNl ELS 


NOMS 






BE A 14 AXS (DO..U/PO..U) 


DE 14 AXS A LA FIX DE LA VIE 
(Du W/PU a] 


DBS PROVINCES. 








Carbons. 


Filles. 


2 sexes. 


Hommes. 


Femmes. 


2 sexes. 


Grand-duche dc Bade .... 


42,85 


57,3 


40,15 


19,1 


19,5 


19,17 




35,8 


52,5 


53,15 


15,44 


15,47 


15 




30,57 


27,34 


29 


20,65 


21,58 


21,1 


Cukovinc 


44,4 


40,3 


42,3 


16,57 


16,7 


16,04 




45,1 


59 2 


41 2 


20 6 


"0 


90 j 




55,1 


44,2 


49,25 


17,65 


1826 


17 97 


L einpire d Auti ichc . . . . 


56,7 


48,8 


52,8 


19 15 


20 15 


1167 


Lestroisprovmccsalk mandes. 


70,4 


SS,9 


64,5 


25,8 


24,3 


25 


La Hongrie 


C3,2 


84,50 


58,82 


21,6 


20,75 


21,2 





b. Dime mortitaire et mortalite de lenfance ( D n .. n +i / S n ). Nous avons 
exceptede la critique que nous venons de formuler centre les mortuaires la listedes 
deces par ages des premieres annees de la vie , car il est ordinairement possible 
de rapporter les deces soitaux naissances, soil a leurs survivants des ages suivants, 
survivants facilcs a determiner, car, a ces ages, tous ceux qui sont nes, on sont 
niorts et alors relevcs et accuses par les registres, ou vivants et encore dans le 
pays; il est done facile d en calculcr le nonibre si les registres sont bien tenus, si 
les publications en sont regiilierenient et fidelement excculees, conditions qui nous 
paraissent bien remplies dans le Grand-Duche. C est sur ces considerations que 
nous donnons les paragraphes snivants qui nous paraissent etablir avec beaucoup 
de precision la mortalite de 1 eni ance et meme de 1 adolescence. 

Dime mortuaire dans les premiers mois et la premiere anne e (d n ., n+1 / S,, 
Do .. i / S t ,). Les releves des deces de a } an sont donnes par mois, mais uue 
particularite de la langue allemande, qui pent e\ primer en un seul mot qu un 
nouveau-ne a 1/4, 1/2, 3/4 d annee, fait quelesgroupes, surtoutde 6 etde 9 mois, 
ont ete surcharges par 1 attraction qu exercent les nombresronds. Ainsia partirdu 
4 e mois (4 a 5), les nombres des deces des deux sexes, issus de 10 000 naissances 
vivantes, offrent la succession suivante, dont 1 alteration est manifesto : 1 542; 
1 121 ; 1 611 ; 824 ; 691 ; 1 322 ; 546 ; 515. Nous avons du supposer que la serie 
naturelle de mois en mois ne devait pas s eloigner notablement d une progression 
(voy. AGE, p. 145), etnous avons du, avec la meme somme des deces survenus dans 
chaquegroupe de troismois,retablir une succession qui serapprocbe beaiicoupplus 
du fait. Nous avons ainsi construit les tables suivantcs de la mortalite mensuelie. 



BADE (OR AND-DUCH& DE). 

VI* TABLEAU. 

TABLE DONNANT, POUR LA PEIIODE 1852-63, LE NOMBRE DES SURVIVAMS, DES DECEDES ET DE LEI 
RAPPORT : dn..n+1/Sn, OU DIJIE MORTUA1RE, MOIS PAR MOIS, DANS LA PREMIERE ANKEE BE LA VIE, 

POUR 10 000 NAISSANCES VIVANTES DE C1UQUE CATEGORIE. 



^"" " 


LES 


DEUX i 


>EXES 


( 


lAHgONS 






FILLES 




AGE 

EN HOIS. 


S " \ 

OU *05IBHE TIES SURVl- | 
VANTS 
A CIIAIJUE MOIS. 


d " 

KOMUFlE DES DECEUES. 


S <5 a? 

_r 

o 


S 

ou ^OMDnE 

DE^ GAIlQON.s iUUVIVANTS 
A CIlAfjUE JIOIS. 


d 

KOM11RE DCS DECEDES 


+ 

a = ^ = 

~ <*> 

^ 




S" 

OU KOHIinE 
M> FII.LES StnVIVANTES 
LE CIIAQUE MOIS. 


a- 

NOMliRF, DES DECEDEE5. 


+ 
- a 
^ ~ t 

~. = A 


D 

O 




10 oTO 




0,0337 


10 409 




0,0395 


10 5-28 




0,0, ) 17 






370 






109 






328 
























So 


10 ono 




KlC 


ID 1:1111 




120 


10 000 




0/)9i. J 


mois. 
i-l n 




1 060 






1 lOT 






91S 




<Jo- -i\ ( - . 
Ol niDib 

dn 


8 940 


506 


0,0"ii-J 


8 803 




0,0577 


9 085 


278 


0.05UG 


-Ao 


8 631 




0,0-2.j6 


8 471 




0,0-279 


8 808 




0,0251- 


rl ft 




o-i--> 






236 






2ot> 




d s . 5 g . - . 


8 412 




0,024 


.S "231 




0,0205 


s <;oi 




0,02-28 


-1 C1 




208 






218 






196 




3 " 4 Si : 


S 2113 




0,01*8 


8 016 




0,0 20i 


8 40 :; 




0,0172 


H ci 




154 






163 






11", 




4 " J So . 


8 5M) 




0,0170 


7 833 






8 201 










112 








d b..8 






,] . 
a .-s 


d5 " 6 86: : : 

d/. ,n . 


7 914 


1C1 


0,01., n 




382 


S 5 

00487 




341 


S"s 
o Oil.">d 


ds " 7 S:. . . 

d Ci 


7 79G 


8 ") 


0,0138 














m . . 


7 688 




0,0125 


7 -170 






7 !U9 






d oO 




69 








dr 






,v , 


9 i\Q 






0011*-} 












Q (5. .12 


da- nO 




132 








S s 






b"8 


i0 Sio . . 


7 506 




0,009 




305 


0,0405 




-299 


= 0,037Sj 


d tn . ,,0 . . . 




55 
















on . - 
dn. n>O 


7 439 


52 


0,0069 














12 >Sl2 . 


7 587 






7 1C8 






7 g^o 




























suppose 
vine 
popula 
tion 
de 8 06S 

. de 
Oil an . 


" (,..) an 
2 852 


D Vi 3 " , s" u 
0,2613 


suppose 
une popu 
lation 
male 
de 7 808 
dc 
a 1 an 


D O.-I 

"2 832 


D o.^an/S . 
0,2852 


suppose 
une popu 
lation 
feminine 
de 8 193 
de 
Oa 1 an. 


D" ..i an 
2 5SO 


i "ij.-i>/s"o 
0.23SO 



Influence des mort-ne s sur les coefficients de mortalite. Les mort-nes ne sont 
pas compris dans ces coefficienls de la dime mortuaire du premier mois ni dans 
ceux de la premiere annee. Si. a 1 instar de quelques statisticicns, on negligeait c!e 



52 BADE (oiAKn-DucHE DE). 

les de falquer , il est clair quc Ton grossirait ces coefficients de telle sorte, par 
exemple, que pour le premier mois la dime mortuaire d .. , /S = 0,106 devicnt 
d cl / iv = 0,158 pour les deux sexes; 0,154pourlesgarconset de 0, 1 20 pour 
les filles ; et que pour la premiere annee D .. i/S = 0,261 ello deviendrait 
Do ..i/N = 0,288; 0,511 pour les garc,ons et 0,262 pour les filles. 

Influence de le tat civil. Notre tableau est calcule pour toule la population 
sans distinction d etat civil ; et, bicn que cette influence ne soit pas aussi marquee 
dans le Grand-Ducbe qu ailleurs, ou elle double souvent la morlalite, elle est pour- 
taut encore tres-notable. 

Ainsi, pour la premiere annee de la vie, notre tableau donne sur 1 000 nais- 
sances mantes males 283 deces; mais il n y en a que 271 pour les garcons 
legitimes et 546 pour les illegitimes. De meme pour les filles : on y \oit 258 deces 
sur 1 000 naissances feminities generates, mais il n y en a que 225 pour les lilies 
legitimes, et 505 pour les illcgitimes ; et en reunissant les deux sexes, 249 deces 
dans les menages et 525 pour les enfants nes iiors mariage. 

e. Mortalite a chaque age dans I enfance et I adolescence (D n! .. n + 1 / P n .. n + 1) 
Nous avons dit que les regislres de 1 etat civil du Grand-Duche portent 1 empreinte 
de 1 exactitude; ajoulons que les releves en sent fidelement publics depuis plus de 
trente ans sur un modele uniforme et tres-satisfaisant ; en outre cetEtat est petit et 
peut etre facilement et regulierement administre dans toutes ses parties. D un 
autre cote les mouvements migraloires ne commencent guere a troubler la succes 
sion naturelle des vivants et des morts que vers la vingtieme annee. Nous croyons 
done que c est avec raison que la statistique officielle a pu se flatter (par une me- 
tbode de calcul que nous expliquerons au mot MORTALITE) de pouvoir construire 
les tables ci-apres (mais jusqu a 15 ou 20 ans au plus) en suivant sur un groupe 
mobile de 10 annees, les naissances et les decedes correspondants, ou mieux en 
reportant cbaque groupe de decedes de la mortuaire decennale actnelle aux nais 
sances supposees encore vivantes dont ils sont respectivement issus dans le passe. 
Mais celte metbode de calcul ne peut s etendre Ijien loin, non-seulemenl (comme 
1 admettent les auteursde la statistique ofticielle) a cause des perturbations appor- 
tees par les migrations , mais aussi (ce qu ils n observent pas) a cause des attenua 
tions notables survenues depuis 30 a 40 ans dans la mortalite de la premiere 
enfance et de quelques-uns des ages suivants ; car tel groupe de vivants ayant au- 
lourd hui 60 ans n a pas ete eclairci seulement par 1 emigration, mais encore par 
une mortalite enfantine qui a pese autrefois sur lui dans une tout autre proportion 
que celle accusee aujourd hui par la table dont la mortalite des premiers ages repre- 
sente 1 etat actuel ; d ou un faible contingent de vivants de 60 ans, qui necessaire- 
ment donne un chiffre plus faible de deces de 60 a 61, que celui que donnerait la 
population senile, beaucoup plus touffue, que suppose la vie moins decimee dans les 
premieres anneessurlaquelleon se base. Voila pourquoi (nousledemontrerons plus 
au long au mot MORTALITE ) cette methode quoique plus applicable que celle dite 
de Halley, parce qu elle ne suppose pas 1 egalite des naissances et des deces, ne peut 
pas encore etre etendue bien au dela des temps contemporains, parce qu elle sup 
pose qu iln y a pas eude changement dans la mortalite des ages anterieurs. 

Ces reserves faites, ces tables nous paraissent se rapprocher estremement de la 

verite jusqu a 15 ou 20 ans. Une verification facile se presente, eneffet : nous avons 

vu par la comparaison dela population de Oa 14 ans denonceeparles census, avec 

les deces du meme groupe d ages, que la mortalite de a 14 ans pour la periode 

1852-65 se trouve de 42,85 pour les gar^ons, de 57,3 pour les filles, et de 40,15 



BADE (GRAND-DUCHE DE). 
VII- TABLEAU. 



53 



TABLES DONNANT POUR CUAQUE AGE, POUR CIIAQUE SEXE ET JUSQU A 20 ASS, AVEC LA MORTAUTE, LE 
JJOMBRE DBS DECES, DES SURYIVANTS ET CELUI DE LA POPULATION, QUI RESULTENT DE 10000 NAIS- 
SAHCES V1VANTES POUR CHAQUE SEXE, SURVENDS DANS LE GRAND-DUC11E DE DADE (l84Mo). 



AGE 

i 


^ 


MORTUAIRE 


SURV1VANTS 


POPULATION 


MORTALITY 

A CUAQUE AGE , OU DANGER 
BE MOURIR 








A CIIAQUE AGE 


A CHAQUE ARE 


DANS L ANSEE, D UN AGE 












A I. AUTRE 


UES 


ya 


OD COMBIEN DE DECES 


ou COMIIIEN ART, VE.XT 


OU 
















DLCES D 


















A CIlAQliE ACE 


COMBIEN BE VIVA NTS 














OU COMlilEN 


ET 




A CIIAQUK AGE. 


PltECIS ET REVOU . 


D UN AGE A L AUTRE. 


DE DECKS DAKS l/AXNEE 
PAIS 1 000 \IVAN IS 


DE LA 










DE CHAQl E Ai;ii. 


COl ULA- 
TIOX P. 


a 


, - 

n..n+l 
horn. 


D"n .n+1 
fern. 


6" n. .n-t-1 
2 sexes. 


S n 

horn. 


S"n 

fem. 


S" u 
2 sexes 


lioin. 


I V.n-t-l 
fem. 


P" n..iH-t 
2 sexes. 


horn. 


fem. 


2 sexes. 













10 000 


10 000 


10 000 














0.. 1 




2,8 ,2 


2.580 


2,613 








7 858 


8 193 


8 OG5 


501 


290 


52,4 




i 








7 1GS 


7 G-20 


7 5S7 














1.. 2 




382 


412 


507 








G 950 


7 385 


7 I7U 


55 


53,7 


55,5 




2 








6 786 


7 208 


<i t>! 














2.. 3 




175 


191 


185 








li I :!I J 


7 115 


G s;i;i 


23,1 


26,9 


26,3 




5 








6 618 


7 017 


6 807 














5.. 4 




119 


126 


122 








6 552 


6 954 


G 747 


18,2 


18 


18,1 




4 








G4 J2 


6 8J1 


6 685 














4.. 5 




88 


90 


CO 








G 418 


6 S4G 


G G41 


13,6 


13,2 


13,5 




5 








6 401 


6 801 


G 5^ i 














5.. G 




64 


66 


65 








G 572 


6 768 


G 523 


10 


9,7 


9,9 




6 








6 oil 


G 755 


G 550 














6.. 7 




51 


51 


51 








G 315 


6 710 


G 505 


8 


7,6 


7,80 




7 








6289 


6 684 


G 479 














7. . J 




59 


41 


40 








G 270 


G CG5 


6 459 


6,2 


6,1 


6,2 




8 








6250 


6 644 


6 459 














8.. 9 




55 


57 


56 








6252 


6 624 


6 4iO 


5,G 


5,G 


5,6 




9 








6 215 


6 606 


6 405 














9. .10 




29 


50 


29 








6 200 


G 531 


6 587 


4,7 


4,5 


4,6 




10 








6 18G 


G 5TG 


G 574 














10. .11 




27 


28 


27 








6 175 


6 5G2 


G 359 


4,5 


4,2 


4,2 




11 








6 160 


6 548 


6 347 














11.. 12 




23 


23 


21 








G 148 


G 535 


G "4 


3,8 


5.8 


3,8 




12 








6 156 


6 523 


G 5^5 














12.. 13 




24 


24 


24 








G 124 


(i 51(1 


6 310 


3,9 


5,7 


3,8 




15 








G 112 


G 49S 


G 299 














13 .14 




21 


24 


S3 








G 101 


6 4Sfi 


6 287 


5,5 


5,7 


5,6 




14 








6 091 


G 475 


6 27G 














14.. 15 




19 


22 


20 








6 081 


6 464 


G 265 


^ o 

L>,~ 


5,5 


3,2 




15 








6 072 


6 453 


6 250 














13.. 16 




20 


23 


21 








G 062 


6 Ml 


6 244 


5,5 


5,6 


3,45 




16 








G 052 


G430 


G 255 














16.. 17 




25 


28 


25 








G 015 


G 416 


6 222 


3,7 


4,5 


4,1 




17 








6 0-29 


6 402 


G 210 














17, ,18 




25 


50 


28 








6 016 


6 387 


6 ICG 


4,1 


4,7 


4,4 




18 








6 004 


6 572 


6 182 














18.. 19 




29 


29 


50 








5 989 


G 557 


6 167 


4,8 


4,6 


4,7 




19 








5 974 


6 345 


6 152 














19. .20 




51 


51 


31 








5 959 


6 527 


6 136 


5,1 


4,-S 


5,.. 




20 








3 944 


G 512 


G 121 














0. .8 




360 


5 2G5 


5 470 








40 879 


43 259 


42 045 


89,5 


75,5 


82,4 


0..14 




5 COO 


5 525 


3 724 








90 4iO 


95 9i9 


93 106 


43 


37 


40 


0..15 




5 928 


3 547 


3 74i 








96 521 


102 404 


99 371 


40,5 


54,7 


37,7 


15.. 20 




6-1S 


141 


135 








30 071 


31 9:8 


50 f 65 


4,24 


4,12 


4,56 


0..20 




4 05C 


5 688 


5879 








126 59-2 


154 552 


ICO 55G 


20,9 


24,9 


25,80 



54 BADE (cr.AND-DL cuE DE). 

pour les deux sexes minis ; or sur ces tables qui permettent de calculer la population 
de a 14, on trouve lamortalite des gargons de 45,2, celle des Giles de 56,76 et 
cello des deux sexes de 59,95. On ne saurait certainement, en pareille matiere, 
e-[ierer nne concordance plus manifesto ; elle est la preuve incontestable de 1 exac- 
titude des documents. 

II y aurait des pages a ecrire pour dire les principales indications de ce VII* 
tableau. Nous sommes obliges de nous abstenir et de laisser ce soin au lecteur* 
Kelevons seulement un [ait que nous retrouverons assez rarement, c est que, a 
part la l re annee dela vie, la mortalite des deux sexes n est pas sensiblement dif- 
Irrente, et jusqti a 13 ans les legeres oscillations se com; ensent d une annee a la 
suivante, de smle que Ton doit les regai der comme accidentelles : et, en el fet, si 
on (irend d un seul bloc la mortalite ou le rapport Dj .. i 3 /Pi .. 13, on le trouve 
pnVix nient pour eha<|iie sexe de 0,0158; soit 15,8 deces annuels pour 
1000 vivauts de 1 a 15 ans de 1 un on de 1 aulre sexe ; mais de 15 a 18 ans, age 
de puberte pour les lilies, lu danger de niorl est constanmient un peu plus grand 
[ion i- dies , et, en effet, de 15 a 18 lamortalite des jeunes gens est de 0,00556 et 
celle des lilies de 0,0059"). Mais an dela de 18 ans la mortalite des hommes 1 em- 
por. c pour plusiour> amices. En compurant avec le \I e tableau, on verra combien 
l,i ilhui iiiorlittiiri de la premiere annee (0,2615 pour les deux sexes, soit 
2i>l deees de II a 1 aii snr 1 OCMI naissances) dil.eiv de la murtalite de cette pre 
miere aimec (0,525, soil 5-4 ilcce> amiuels sur \ 000 population de a i an), et 
combien on se troiiq> qiuml on coufond ces deux valeurs. 

II est encore utile de remari|iier t]ue les tables de survivants par sexe des ta 
bleaux VI et VII, partent de I hypothcse de 10 000 naissances vivantes (S ) pour 
cliaque sexe; mais coimue en fait il n y a pas egalile dans le nombre des naissances 
de cbaque sexe; il en resulte que les nombres respeclil s des survivants de cbaque 
age, d un sexe a 1 antie, ne sont pas dans des rapports coniormes a ce qui se ren 
contre dans la population ordinaire, et que pour relablir leur relation vraie a cbaque 
age, il iaut, se rapportant au tableau II, conslaler que sur 10 Ot)0 naissances ferai- 
nines, il y a 10 60 naissances masculines; il en resullera alors que aulieu de 5 944 
S 20 , il y en aura 6 280, et que le rapport des vivants des deux sexes a cet age, sera 
comme 998: i 000 ;c esl-a-direpresqueegalite, comme nous 1 avons an nonce p. 47. 

Comparaison de la mortality badoise avec quelques auires. Pour rendre cette 
comparaison plus facile avec celle des provinces d Autricbe, deja citee, nous avons 
rapporle la morfalite de a 6 ans, mauvaise coupnre autiichienne. Nous allous y 
ajouter les dimes mortuaires des premiers ages aux memes periodes que celles de 
notre V1I C tableau aulricbien, p. 449, moins la dime du premier mois et de la pre 
miere annee deja donnee, tabl. VI. 

1 Rapport Di..4 /S , soit, sur 1 000 naissances vivantes, combien de deces dans 
les trois ans qui suivent la premiere annee, c est-a-dire de 1 a 4 (comparez Yll e ta 
bleau de Particle AuTnicHE, col. 6 et 8). Ce rapport se trouve dans le Grand-Duche 
de 67,6 cbez les garcons, de 72, *5 chez les filles, et de 79,21 pour les deux sexes. 

2 Rapport DL.S/S, (comp. AUTRICHE Vll e tabl., col. 9 etlO)etc., sur i 000 survi 
vants a 1 an revolu, combien de deces dans les quatre annees qui suivent, soit de 1 a 
5 ans. Chez les garcons on trouve 106,5 deces ; cbez les lilies 107,5; et pour les 
deux sexes 107,2. 

On verra que, apart laDalmatie, le Grand-Duche de Bade est Ires-generalement 
mieux partage, surtout si on compare le rapport Di.. 3 /S t qli ecarte 1 influence des 
duces de la premiere annee, dont 1 inscription me parait souvent infidele en Au- 



BADE (cRAND-DUCHli DE). 55 

triclie. Mais ce qui est surtout inattendu , c est que ce rapport est bien plus favo 
rable ici qu en France ou 1 000 survhauts a 1 an out perdu 132 des leurs quand 
Us sont arrives a 5 ans. En ell et, quand on compare annee par aunee la morlalile 
badoise et francaise, on s apercoit de ce fait singulier, que, pour la premiere amiee 
de la vie, leur mortalite est presque double de la noire (524 par 1 000 P ..i, ct cbez 
nous 189) ; mais des 1 annte suivanle, de 1 a 2, nous pcrdons DOS avanlayes : ils 
ont 55,5 deces par 1 000 Pi.. 2 , et nous 65,4 ; de 2 a 5 ans ils out 26,5 deces, 
et nous 56,2 ; de 5 a 4 ils out 1 8 deces, et nous 24,5 ; en fin de 4 a 5 1 5,5 
et nous 17,6. Et au dela leur superiorite continue: de 5 a 10 ans nous perdons 
encore annuellement 102, et les Hadois seulement 68,5; enfin de 10 a 15 ans 58,7 
et a Bade 57,2. On voit done que nous ne dcvons qu a la f aible mortalite de la 
premiere annee de la vie cbez nous, 1 apparente superiorite constalee quand on 
compare, comme dans notre V e tableau , la mortalite du groupe de a 14 ans. Ce 
fait iiiatteudu prouve suffisamment 1 indispensable utilile des analyses age par age; 
car, aufoud, notre apparente superiorite, dont j ai ele uioi-meuie longteraps dupe, 
est fort coutestable. Si en effet nous perdons moius d cufauts que les Badois, nous 
les perdons a des ages bien plus precieux. 

Le VlII e tableau n a pas besoin de long commentaire : s m etude fera nettement 
connaitrela qualite des quatrc cercles administratifs qui nuuposent le Grand-Ducbe. 
Nous rauarquerons que les cercles du Lac et du Ilaut-Rbin, qui ont le plus de do- 

VIII" TABLEAU. -- LES QUATRE CERCLES COMPARES. (Vov. TAISLEAU I.) 

1856-63. 





A A IV E E M Y E N .\ E 


O 













t: )C" 




CERCLE 


g^S 






7^ 










^ 7- ** 

B ^00 






DU 


DU 


DU 


s -^ 

? 




DU LAC. 








o 






HA UT- RUIN. 


IIIIIN WOVEN HAS- RUM. 


c. 


A. sun 1 000 POPULATION, COMBIE.V : 










1 De naissances vivanles (S /P) 


35,3 


31,5 


56,6 


oc> G 


22,8 


2 De manages (Ma/P) 


6,8 




7 35 


7 ft. 




3- De deces (mort-nes exclus) (D/P) . . . 


28,7 


22,3 


26,1 


. |Di> 

23,5 


20 




144 


.- 


101 


QQ 




!i De medecins et chirurgiens del" classe. 


0,538 


0,333 


i vl 

0,311 


<- l7 

0,281 




n. SUFI 1 000 XAISSANCES GENERALES 












a. (Mort-nes exclu*} combien : 












DC deces de i 1 an (D ..i/S ) 


549 


2C2 


271 


258 


220 


b. (Mort-nes inclus) combien : 














201 


205 


158 


152 




de morl-nei (tln/IS) .... . . 


29 


36 


55 


40 


42 


C. SUIl 1000 DliCES (dn EXCLDS), KOMBIEN: 












Ont repu les soins du medccin 


530 


608 


534 


559 




Dedecedcs dits pauvres el sccouru.s. . . . 


49 


55 


46 


59 





56 BADE (CRAND-DUCIIE DE). 

mesticite etde medecins de l re classe (indice certain d un plus grand nombre de 
grosses fortunes) sont aussi les cercles qui offreut le moins de mariages et le plus 
de natalile illegitime. 

Le lX e tableau, suivant les cultes, offre un interet special a cause des Israelites 
qui ne different pas seulement par le culte, mais anthropologiquement par leur 
originesemitique; aussi quelle profonde dilference eu tout. Leur natalite et leur 
malrimonialile sont notablemeut inferieures ; leur fecondite legitime superieure, 
i illegitime , extrememeut redtiite, puisqu ils out seulement 159 naissances hors 
mariage quand les chretiens en comptent \ C65 ! Que les leclenrs remarquent aussi 
combien la dime mortuaire de leur premiere annce est inferieure a celle des popu 
lations au milieu desquelles ilsvivent. II cst vrai que la derniere ligne du tableau, 
en montrant qu ils out bien plus souvent recours aux soins medicaux, indique aussi 
sansdoute un degre de culture et d aisance superieure, qui explique en partie les 
traits qui caracterisent ce groupe, sauf la lecondite des mariages ; car ce n est pas 
par le nombre de leurs heri tiers que se dislinguent nos families fortunees, mais 
bien plutot par leur parcimonieuse lecondite. 

IX- TABLEAU. POPULATION ET SES MOU YEMENIS SUIVANT LES CULTES. 

1857-65. 





PKUTESTANTs. 


CATHOLIQCES. 


ISRAELITES. 




445 740 


802 63 > 


24 016 


A. tUR 1000 POPULATION GENEIUIE, COMII1EX : 










29 


11,4 


23,8 






55,2 


34.5 


28,5 




7,74 


7,14 


5,85 


4- De deces (D/P) . 


2:, 6 


26 


18,03 




1 "8 


0,1-20 


0,2-25 


B. Par maringe combien d enfants (K/Ma). . . . 


5,82 


4 


4,81 


C. SDR 1 000 NA1SSANCES 








a. (3/ori-nes inclus) cambien : 










157 


174 6 


15 9 




44,1 


31,2 


44 5 


1,. (Morl-nes e.i clu^) comlnen : 










25 US 


27 85 


17 5 


. StR 1000 DECillES (JIORT-NES E\U1.L S) 








e 1 . . j u medecin 


613 


529 


807 





Demagraphiepathologique. Commepresquepurtout, les documents surce point, 
sans mangier absolument pour le Grand-Ducbe, sont bien incomplets. Pourtantun 
renseignement digne d attentionabien des litres, est celui du nombre des habitants 
qui ont rec,u les soins medicaux dans leur derniere maladie. II est regrettable que ce 
renseignement, si facile a relever partout, ne soit pas plus souvent 1 objet des enquetes. 



BADE (GRAND -D tic HE DE) 57 

Ville de Karlsruhe. Dans la ville de K;irlsruhe, don! nous avons domic, tab). VI, 
avec la population absolne 25000, k-s elements demographiques, on releve les 
causes de deces depnis 1850. Nous ne savons pas quel degre de precision prescn- 
tent les releves, qui paraissent fails avec soin. Nous indiquerons sculement de 1 8 46-55 
les causes de mort les plus actives, dont le diagnostic estle plus facile, et par 1 000 
deces generaux (dn exclus). 

Tubercule pulmonaire, 183; typluis, 68,5 jbronchite ctpleuresiedesadultes, 67 ; 
scrofule et atonie enfantine, 60 ; pneumonic dos enfant? avant \\ ans, 55 ; apo- 
plexie sanguine ousereuse enceplialique, 51 ; hydrocephalie aigue enfantine, 41 ; 
eclampsie enfantine, 41; marasme senile, 40; mortssnbites oupresque subites, 55; 
cancers, 55,6 ; diarrhee enfantine, 27 ; croup, 21 ; maladies du cceur, 20 ; debilite 
congeniale, 20; hydropisie et ascile, 20; diarrhee on dysenterie 15,8 ; meningite 
ou encephalite des adulles, 15 ; accidents pueiperaux, 9 ; carreau, 7 ; hcrnie etran- 
glee, 5,5; variole, 0,8; cholera epidcmique, 0. 

Maisons d aliencs. En vingt ans ccsmaisonsont recu 2286 bommes et 2091 
femmes, en tout 4377 receptions, dont 764 sont des entrees reiterees, soit 15,6 
entrees par 100 000 habitants, 14.5 pourles homines et I2,8pour lesfemmcs; niais 
si on ne tient compte que des premieres receptions, il y en a seulement 11,1 et le 
rapport par sexes devient: 11,2 honimcs et 10,9 femmes. On compte encore 1 7, 5 en 
trees pourles villes, et 10,5 pourlercste du pays, toujoms par 100 000 habitants, 
de chaque groupe.Ces receptions se categoriscnl dans les rapports suivanls 

I.ES DEUX SEXES. 110MMES. FKSfMES. 

1* Deliro furicux 2"i 526 "in 

1 Melancolie 251 174 006 

5 Monomunie ti anquilh;. ...... li- ,8 212 161 

4 Demence 138 % 184 

S- Idiots. . 149 192 W2 



TOTAL 1 UDO 1 DUO i 000 



Parmi les sortants: 1 de la premiere categoric : 75 pour 100 apres un sejour 
de 8 a 9mois sortent gueris, 9 ameliores; 9,5 succombent, dont 4 des le premier 
trimestre et 6 dans 1 annee de I entree; 6,5 sortent sans amelioration. De la 
deuxiemecategone, 58, 5, apres un sejour de 8 a 9 mois snrtent gueris ; 2 1 ,7 ame 
liores; 14 succombent, dont pres de 4 (5,8) dans le premier trimestre et 7,5 dans 
1 annee ; 5,5 dans le memo elat. Pour la troisieme categoric on a 53 gueris apres 
un an ; 52 ameliores; 17 succorabent, dont un peu plnsdu tiers dans 1 annee d en- 
tree; et 18 ^orient dans le meme etat. On note encore 7 a 8 guerisons de chacune 
des deux dernieres categories (?) 

Noussignalons auxalienistes cette enquete sur lesmaisonsd alienesbadoises ;elle 
estricheen documents, mais trop speciaux pour trouver place ici. Au point de vue 
antliropologique, nous relevons seulement un fait que non? retrouverons ail!eurs ; 
c est 1 aptilude des Israelites a 1 alimalion, aptitude exliemement prononcee et 
que leur residence, plus habitnelle dans les villes, ne peut suflire a expli.jurr. Ainsi 
dans In Gr.ind-Duche, sui- 100 000 de chaque confession, on trouve 22,50 entrees 
d lsiaelileset seulement 12,8 evan-eli.tes et 12,6 calboliques. Plus on etudie ces 
enianlsd Isruel, plus on les trouve douesd aptitudespsjchologiquesetpathologiques 
propres et prolbndement distinctes des populations au milieu desquelles ils vivent et 
dont en apparence ils dilferent si peu. C est un accord imprevu cnlre la demogra- 
phie ut la linguistique, qui arrivent ainsi loutesdeux , par de. routes dissemblubles, 
a coiiclure que des differences bien plus profondes qu on ne le supposait separen 



58 BADEN (EAUX MINERALES DE). 

\es Semites et les Indo-europcens, differences quo 1 aspect exterieur ne pouvait 
faive soupconner. Cette apparence a egare la legende et longtemps trompe 1 histoire. 

BERTILLOH. 

BIBUOGRAPHIE. lieilrdge znr Slatistik der inneren Verwaltung des Grossherzogthumx 
Baden (Documents officiels de la slatistiqtie du grand-duche de Bade] cahiers renfermant 
les denombremenls, et les mouvements de la population, Immigration, 1 enquete sur les 
maisons d alienes; 1852-1864 Bade, par MM. HEUMSCH et BADER, ouvrage allemand dont 
j ignore la date et que je n ai pu consulter. 



(Argo-&-ie) (EAUX MiNERALKs DE) hyperthcrmales , chlorurees sodiques 
et sidfatees calciques nwyennes, sulfureuses, awtees et carboniques faibles. On 
se rend de Paris a Baden en dix-huit heures par les lignes dr Mulhouse, Bale, 
Olteu et Aarau. Baden est une pelite ville de 2,750 habitants, a 547 metres au- 
dessus du niveau de la mer, en Suisse o.l dans Ic canton d Argovie. Sa tempera 
ture est reimrquable par sa douceur et sou egalile ; les montagnes qui environ- 
nent Baden sontcouvertes d arbres verts de leur base a leur sommct. La temperature 
moyenne des mois de la saison thermale, qui commence le l er mai et finit le 15 
octobre, est de 1 7 centigrades. 

Baden n a point d etablissenient principal ; on boit et Ton se baigne dans les 
hotels situes sur les deux rives de la Limmat, 1 un des alfluents du lac de Zurich. 
Le nombre des sources de Baden ne peut etre indique d une maniere precise, car 
on trouvc de 1 eau presque parlout ou Ton creuse le sol a une certaine profondeur. 
Ces sources vienncnt toutes d une nappe commune, aussi leur debit diminue-t-il 
en raison de la quantite d eau fournie par le giiflbn que Ton a decouvert. II y 
a aujourd hui a Baden une vingtaine de sources ulilisees. Les plus suivies et les 
seules imporlantes a connaitre, se nomment : la source de la Limmat, la source 
de la tieiserstein, la source Sainte-Vercne. 

Les eaux du groupe Ennelbaden (Bains d au dela), qui alimentent les etablis- 
sements du cote droit de la Limmat ou les Petits Bains servent aux usages bal- 
neaiies des gens du pays settlement. 

1 La SOUKCR DE IA LIMMAT est encliambree dans le lit meme du torrent et un 
peu a gauche de sou cours. Une tour de pierre a dome ferme, a 1 interieur de la- 
quelle abontissent des canaux de bois, lui sert de caplage. 

Les caracteres physiques et chimiques des sources de Baden sont presque sem- 
blables; elles ne different les unes des aulres que par leur odeur, leur reaction et 
leur temperature qui nepeut se preudrequ aux etablissements ou elles sereudent, 
en raison de leur captage bermetique. Les eaux de Baden sont limpides et trans- 
parentes ; elles n ont point de couleur marquee, si ce n est a 1 approche des orages 
ou elles devienneut blanc bleuatre ; leur gout est sale et cependant un peu fade ; 
elles ont une odeur hepatique tres-prononcee, et pourtant les reactifs les plus sensibles 
n y trouveut pas meme des traces de gaz hydrogene sulfure. Lorsque Ton decouvre 
leurs bassins de caplage, uuecouche epaissede soufre se depose sur la paroi inte- 
rieure des pierres qui ne sont pas eu contact avec 1 eau. De la baregine d ua 
blanc grisaire, ou d une belle couleur rouge, devenant violette au contact de la 
lumiere de 1 air, est tenue en dissolution, tandis qu nne autre partie se precipite 
en mucilage diaphane, sans filaments, bientot incruste de petites parcelles de soufre. 

L eaudela source de la Limmat a une odeur sulfureuse; elle ternit promptement 
les vases qui la contiennent, etelle incruste d un depot blanc jaunatre ondule, mais 
tres-uni a sa surface, les canaux par lesquels elle s ccoule. Elle laisse precipiter 



BADEN (EAUX MINERALES DE). 59 

une certaine quantite de baregine d unc couleur grise; elle contient des bulles 
<T azeuses qui secomportent de deux facons : les unes assez grosses s attachent aux 
parois du verre, les autres sont beaucoup plus fines et mettent cinquante secondes 
a monter a la surface de 1 eau. Les premieres sont evidemment formees par 1 acide 
carbon ique, les secondes doivent etre de 1 azote. La reaction del eau de la Limmat 
estfrancheraentacide ; sa temperature au griffon esl de 50 centigrades (docteur Min- 
nich pere); elle est a 47, 1 centigrades lorsqu clle est arrivee au Limmathof, 1 air de 
lagalerie de 1 hotel etant a26 cenligrades ; son poids specifique est de 1 ,0042. Cette 
eau a ele analysee en 1837 par M. le professeur Lb wig, qui a trouve sa compo 
sition elementaire a pen pres identiquc a celle de la source Sainte-Verene. Les 
eaux de la source de la Limmat sc reuilcnt au Limmathof, au bain des I auvres, au 
Freihof, au Scbii fbof et a une partie de la maison du Stadlhof. 

2 U Source de la Heisserstein (source de la Pierre-Chaude). L eau de cette 
source a une odeur un peu plus sulfureuse que celle de la source de la Limmat; 
ses bulles gazeuses sont d uu tres-pelit volume et mettent soixante-cinq secondes 
a monter a la surface d uu verrc. Sa. reaction est tres-legerement acide; sa tem 
perature est, au griffon, de 49", 2 centigrades ; son poids specifique est de 1 ,0045. 
Elle n ajamaisete analysee. Soneaualimente une desbuvettes publiques, lesetablis- 
sements du Schweizerhof, du Stadthofet une partie des baignoires du Limmathof 
et du Bain des pauvres. 

3 Verenaquelle (source Sainte-Verene) est captee dans un puits de ciment 
dont la margelle est recouverte par une vitre qui permet de se rendre compte des 
proprieties physiques de la source! Des bulles gazeuses dc moyenne grosseur viennent 
s epanouir sans cessea sa surface avecun bruit tel qu on lepercoitaisementmalgre 
lecaptage parfaitement clos de la source. Untuyau de ciistul verse a volonte son eau 
dans le verre des buveurs ou dans une vasque de pierre. L eau de la Verenaquelle 
ne diflere des sources de la Limmat et de la Heisserstein que par ses bulles dont, les 
plus nombreuses mettent quarante-cinq secondes a monter a la surperficie du 
d un verre; les autres se fixent aux parois. Son odcur est unjieu moins sulfureuse 
et son gout un peu plus sale. Le bassin qui est sous le robinet est reconvert de 
begine au point ou 1 eau tombe, tandis que des conferves jaune verdatre naissent 
dans la partie de la vasque qui n est que peu mouillee par 1 eau minerale. Cette 
eau ternit promptement 1 interieur des vases qui la contienncnt et elle laisse de- 
poser un enduit tres-adherent, tres-dur et legerement colore en bruu sur les objets 
avec lesquels elle est longtemps en contact. Sa reaction est acide; sa temperature 
de 47, 5 centigrades au griffon, de 46, 8 centigrades au robinet des baignoires de 
Verenabof; sa densite est de 1,0045. 

L analyse de 1 eau de la source Sainte-Verene a ete faiteen 1837 par M. le pro- 
fesseur Lowig qui a trouve dans 1000 grammes d eau : 

Clilorure de sodium 1,69820 

potassium 0,09262 

calcium 0,09362 

magnesium 0,07375 

Sulfale de chaux 1,41418 

soude 0,29800 

magnesie 0,31800 

Carbonate de chaux 0,53854 

alumiiiL- 0*01992 

strontiane 0,01)066 

Fluate de chaux. 0,OU209 

A Reporter 4,5oOSS 



60 BADEN (EAUX MINEP.ALES DE). 

Report 4,33058 

Phosphate d alumine 0,00086 

Silicc 0,(J0098 

Bromure de magnesium \ 

lotlure de maenebium. 

Lithium traces - 

JIatiere organique ) 



TOTAL DES MATIEBF.S FIXES 4,55140 

Azoto 63,64 

Gai. . . j Afidn carhoniquc 18,00 

Oxygene 2,16 

TOTAL DES GAZ 8i,oO cont. cubes. 

Les autres sources de Baden se nomment : la source du Stadthof, la petite 
source du Stadthof, la source, du Hinterliof, la source duWolderliut qui serend 
aux hotels de 1 Ours etdu Soleil, la source du Bassin de I Ours, la nouvelle source 
de I Ours, les quatre sources du Boeuf, la source nouvelle du Lion d or, Ics 
sources de Ennetbaden et la source de I Ange. Deux burettes out etc etablies en 
deliors des etablis*emenls particuliers; I une s appelle la buvette de la Place, 
1 autre la buvette de la Trinkhalle. La buvette de la Place, abritee par un dome 
circulaire supporte par huit colonnes, estentre les hotels du Stadthofet du Sclnvei- 
zerhof. Quatre marches coiiduisent a son prctoire ou un tuyau de cuivre toujours 
ouvert verse 1 eau qui incrustc la pierre sur laquelle elle tonibe d une matiere 
hlanc grisatre, douce au toucher et qui u est autre chose que de la glairine. Des 
conferves vert fonce se developpent aux endroits du bassin que 1 eau ne mouille 
qu accidentellement. Cette eau fait monter la colonne thermomelrique a 47,8 
ccntigradcs, lorsqu clle est arrivee au canal de sortie. 

La buvette de la Trinkhalle est frequentee surtout pendant les jours froids et 
pluvieux. Un escalier de trois marches descend a son tuyau toujours ouvert, scelle 
dans line coquiile, qui aiimente la buvette voisine de 1 hotel de la Limmat. L eau 
qui n est pas employee est regue dans un bassin dont 1 intericur ne contient pas 
de baregine, mais est tapisse de plantes thermales vertes dans tons les points (ou 
ches par 1 eau. La source de la Heisserslein aiimente la buvctte de la Trinkhalle; 
son cau n a plus alors que 45, 5 centigrades. Du pretoire de cette derniere buvellc 
on monte a la Trinkhalle de Baden. 

On se souvient qu il n y a point d etablissement thermal propremcnt dit et la 
plupart des hotels de la ville out une de leur partie affectee aux bains et aux dou 
ches. Ainsi Jer Barenhof (I holel de 1 Ours), der Blumenhof (1 hotel de la Fleur), 
der Freihof ([ hotel de la Liberte), der Hinterhof (1 hotel de Derriere), der Lim- 
mathof (1 hotel de la Limmat), der Ochsenhof (I hotel du Bceuf), der Babenhof 
(1 hotel du Corbeau), der Schiffhof (I hotel du Vaissenu), der Sonnenhof (I hotel 
du Soleil), der Schweizerlwf (I hotel de Suisse), der Stadthof (I holel de la Ville), 
der Verenalwf (I hotel de Veiene), constituent les GRANDS BAISS. Les PETITS BAIKS 
ou ENNETBADEN sur la rive gauche de la Limmat comprennent les hotels de Adler- 
hof (hotel de 1 Aigle), Engelkof (hotel de 1 Ange), Hirschenhof (hotel du Cerf), 
Kebstockhof (hotel duCep), Sternentiof (h6:el de 1 Etoile). II suffit d indiquer 
les resources balneaires des maisons principales .qui sont : le Verenahof, le Slatlt- 
hof, le Schweizerhof, le Limmathoi , le Bain des pauvres, le Shiffliof, et le Freiliof. 

1 Verenahof est le premier hotel que Ton rencontre en descendant la place; 
c est dans sa cour que se trouve le bassin de la source qui aiimente seule ses 
trente salles de bains, ses qualre appareils de douches etson cabinet de bains de 
r. Chacune des pieces est grande, mais elle n est pas preceJee d un vestiahe. 



BADEN (EAUX MINEKALES DE). 01 

Les baignoires de bois ou de pierre, en contre-bas du sol,et auxquelles on descend par 
deux marches, sontalimentees par 1 eaumineralequi marque 53, 1 centigrades.Trois 
des cabinets de bains out des ajutages de douches en jet, en lame, en pluie, etc. ; 
un appareil de douches ascendantes se trouve dans un seul cabinet. Les bains de 
vapeur humide s administrent dans une salle speeiale. 

2 Stadthof. Le rez-de-cbaussee et le sous-sol de cet hotel sont occupes par vingt- 
dcux salles de bains ou de douches; quatorze sont cle plain-pied avec la place, huit 
se trouvent dans 1 etage inferieur, unede celles-ci est reservee pour les douches, et 
1 autre pour les bains de vapeur. 

Les cabinets de bains sent voutes et n ont pas d anticliambre ; leurs baignoires 
sont de petites piscines carrees, doublees de Lois qu alimente 1 eau de sources par ti- 
culieres. Ces sources emergent dansle bassin intcrieurde cette maison de bains 
qu alimente aussi uu filet de la source de Limmalhof. La piece ou se donnent les 
bains de vapeur est precedee d un vestiaire et garnie d un bane de bois perce 
de trous sur lequel s assoient les personnes qui doivent sejourner dans la vapeur ; 
1 atmosphere de cette piece a 27,7 centigrades. 

5 Schweizerhof est aussi sur lu place des Bains; son installation est la moins 
confortable des hotels de Baden. II se compose de vingt-sept cabinets bieneYlaires 
quoiqu ils occupent le sous-sol ; ils sont assez grands pour pouvoir ctre divises en 
deux et avoir des vestiaires. Vingf-trois de ces cabinets ont des piscines carries 
alimentees par 1 eau du Heisserstein qui marque 58, 4 centigrades. Les cabinets n 2 
et n o servent a 1 administration des grandes douches en jet de diverses formes et de 
differents diametres, en pluie, etc. Le douche se tient assis ou debout au milieu 
d un pretoire qui a la forme d une piscine ; les douches asoendantes se trouvent 
dans une piece speciale. 

4 Limmathof. Sa buvette est dans le corridor qui conduit auxcinquanle cabinets 
de bains, donl quarante-six servent a 1 administration des bains d eau mineralc 
seule; deux ont, outre leurs baignoires, des ajutages de douches. Un appareil de 
douche ascendante se trouve dans un de ces cabinets et le dernier est reserve a 
I application de la vapeur humide en bainsgeneraux. Tous ces cabinets occupent le 
sous-sol de deux corps de bailments separes par la rue et relies par une galerie 
souterraine ; aucun d eux n a de vestiaire ; mais leurs dimensions pemettraient aise- 
ment dereparer cet oubli. Les baignoires du Limmathof sont des piscines de fa- 
mille a parois de pierre et dallees de carreaux de ciment noii- et blanc. Elles re- 
coivent leur eau des deux sources de la Limmat et de la Heisserstein que versent 
deux robinets de bois douze heures avant 1 administration des bains pour que 1 eau 
puisse descemlre a une temperature convenable. Les cabinets 26 et 14, en face 
1 un del aulre, sont reserves aux douches, dont la force n est pas suffisante parce 
que leur bassin, qui n est eleve que de o metres, laisse couler 1 eau parun trajet 
oblique. Les bains de vapeur se prennent dans une piece precedee d une anti- 
chambre, maiselle n est pas eclairee et ressemble a un cachot. La vapeur vient du 
resei-voir de la source du Heisserstein dont on ouvre les deux portes. Le thermo- 
metre laisse un temps sufiisant pour donner la temperature exacte de 1 etuve 
marque 37, 5 centigrades. Lachaleur est telle que Ton croirait trouver un degre 
beaucoupplus eleve qu elle n a reellement. Les baigneurs sont assis sur unbanc de 
bois pendant leur sejour dans la vapeur. 

5 Le Bain des Pauvres, situe entre le Limmathof et la promenade, a deux 
divisions, celle des bains proprementdits etcelle des ventouses. La division des bains 
estalimentee par les eauxdes memes sources. Les quatre cinquiemes de 1 eau sont 



62 BADEN (EAUX MIMJBALES DE). 

fournis par les sources de lleisserstein et de la Verenaquelle, 1 autre cinquieme 
venant de la source de la Limmat. La premiere division des bains est eomposee de 
quatrc piscines, de deux cabinets de douches, d une salle de douche ascendante et 
d une piece ou se prcnnent les bains de vapeur. La seconde division ou bain des 
ventouses renferme deux piscines dans lesquelles se fait ^application des ventouses 
scarilices pendant que les malades sont dans 1 eau. Ce traitement est en grand 
homu iir a Baden d Argovie ou se retrouve la pratique suivie aussi a Loeche, et a 
plusieurs etablissements thermaux d Autriche et de Hongrie. Les malades croient 
que c est pendant le printt-mps et Fautomne qu il est le plus utile de se faire ven- 
touser. 

C Le Schiffhof n est qu a 50 metres de distance du bain des Ventouses et 
presqu en lace de la promenade ; c est 1 hotel le mieux term et le plus luxueux de 
Baden. La parlie at fectce aux bains se compose d une burette et de quarante-trois 
cabinets; trente-neuf servent aux bains sculement, quatre aux grandes douches, 
un aux douches ascendantes et deux aux baius de vapour. 

7" Le Freikof doune sur la promenade et se compose d une buvette, de vingt- 
tpiatre cahinels, dont vingt servent a { administration des bains et des douches; 
un a la douche ascendante et 1 autre aux bains de vapeur. L eau du Freihof vieiit 
de la source du Limmathof ; elle n a aucune odeur sullureuse, et cependant elle 
ne semble pas avoir unc saveur differente de cclle qu clle a au griffon ; elle a mie 
reaction legerement acide et une temperature de 45, 1 centigrades. Les bains se 
pri-micnl a 1 eau couiante, et les cabinets sont en face du logement des malades, 
de sorte qu ils sont conslainnirnl duns une atmosphere chargee des gaz et des va- 
peurs qui se degagent de 1 eau des baignoires. Les hotels du Freihol sont done 
dans de meilloures conditions que ceux des autres ctablissements de Baden. 

MODE D ADMINISTRATION ET DOSES. Les eaux de Baden s administrent en Lois- 
son, de quart d heure en quart d heure, le matin a jcun ou le soir avant de se 
meltre au lit. On ne doit pas commencer par une qumlite plus elevee qu un 
verrede 125 grammes ; on angmenle ensuite chaque jour jusqu a la dose que Ton 
doit ingvrer et qui est de six ou sept verres au plus. Un exercice modere lavorise 
la digestion des eaux ; il est plus necessaire a Baden que dans beaucoup d au- 
tres stations minerales. La duree des bains est d une heure le plus souvent; mais 
elle est de deux a trois hen res le matin, et d une heure a deux heures le soir, 
lorsqu on veut obtcnir la poussee. La duree des douches est d lin quart d heure a 
vingt minutes, et le temps que Ton reste dans le bain de vapeur est de cinq a 
quinze minutes. 

EFFETS THERAPEUTIQUES. L action physiologique la plus constante de 1 eau en 
boisson est la diurese ; il n est pas indispensable pour 1 obtenir de i aire usage de plu- 
sieurs verres, un seul produit deju un el l et sensible. Lorsque les buveurs sont arrives 
a cinq ou a six verres par jour, il est rare que la transpiration ne soit pas de beau- 
coup augmentee ; il est rare aussi qu ils n aient pas deux ou trois garde-robes li- 
quides.La constipation survient souvent dans les premiers temps de la cure, lors- 
que les eaux sont prises en petite quantite, elles agissent comme les eaux chlorurees 
a doses refractees. Le medecin doit conseiller de laisser refroidir 1 eau avant 
de vider le verre, a moins qu il n ait conseille 1 eau du Stadthof dont la tempera 
ture s abaisse beaucoup avant qu elle ne soit arrivee a cet etablissement. 11 est re- 
marquable que les eaux de Baden, comme celles de Balaruc, et contrairement a 
presque tontes les eaux chlorurees sodiques, sont d autant plus purgatives qu elles 
sont plus chaudes. Les effets phvsiologiques des bains et des douches d eau n ont 



BADEN (EAUX MISERA.LES DE). 65 

rien de particulier ; mais les bains do vapeur produisent une cbaleur generate et 
une transpiration plus considerables que leur temperature ne scmblciait le faire pre- 
voir. M. le docteur Lowig a analyse avec beaucoup de soin 1 air contenu dans les 
cabinets de bains de vapeur, etila trouve que 100 parties decetair contiennent : 
gaz acide carbonique, 13,76; oxygene, 11,40; azote, 74,84; ou air atmosphe- 
rique, 54,20 ; acide carbonique, 13,76, et azote, 52,4 ; il s est assure de plus que 
100 parties de 1 air des etuves marquant 55 centigrades renferment 5,55 parties 
de vapeur d eau. La vapeur des cabinets a une saveur legerement aigrelette ; la 
premiere sensation que Ton eprouve en y entrant est une oppression assez mar 
quee, mais hes-fugace ; la respiration se fait bientot comme a 1 air libre. La cha- 
leur scmble d abord excessive; mais on s y habitue aisemcnt, et le baigneur ne 
perijoit plus qu un leger picotemcnt a la peau et une moiteur qui ne tarde pas a de- 
venir une sueur profuse. Le pouls est plein et plus fort ; mais il conserve sa regula- 
rite et son vhythnic normal. Tout le rnonde saitque la chaleur d une etuve est plus 
forte dans les couches superienres que dans les couches inferieures de son atmo 
sphere, et il est digne de remarque qu a Baden les pieds et les jambes soient les 
parties qui les premieres serecouvrent de sueur ; tout le corps ruisselle bientot et la 
transpiration estordinairementaccompagnee d un grand bien-etre. Lorsque le bain 
de vapeur est fini, le baigneur est essuye avec soin, entoure de laine etse couvre de 
vetements epais avant de regagner son lit ou il doit continuer de sncr pendant le 
temps qui lui a ete present. Un sejour trop prolonge dans la vapeur ne tarde pas 
a occasionner du malaise, do la congestion, de la constriction pharyngienne, des 
nausees et meme des vomissements. Une cephalalgie determinee par un trop grand 
afflux de sang au cerveau, une syncope ou une hemoptysie peuvent survenir et 
faire trop laid repentir d une imprudence que rien ne juslifie. Un phenomene 
physiologico - pathologique extraordinaire et parliculier aux etnves de Baden 
est le froid qu eprouvent lespcrsonnes affectees de rhumatismcs ou de nevralgies 
dans la par tie du corps ou siege 1 affection : non-seulement le malade a conscience 
de cet abai-sement de caloricite, mais le toucher du medecin constate aisement 
que la peau n a pas la meme temperature que dans les autres endroits. Cette pro 
duction de froid est si marquee que le thermometre descend quelqueibis de 5 
cenligrades lorsqu on le laisso applique pendant nn certain temps sur les parties 
du corps occupees par la tlouleur. Ces points refroidis ne sont pas ordinairement 
couverts de sueur ; dans les premiers temps aumoins, et lorsque la transpiration 
commence a apparaitre sur ccs parties, les rhumatisants et les nevralgiques la 
trouvent froideet \isqueusecommeellene Test pas sur tontlerestede 1 enveloppe 
exterieure. Des qu elle est aussi abondante et qu elle prend les qualites de celle des 
autres parties de 1 economie, le medecin peut conclure a pen pres certainement 
que la guerison est prochaine et sera definitive. Jepuis assurer, dit M. le doc 
teur Minniuh pere, que ce phenomi ne, loin d etre une rarete, a lieu tres-sonvent 
dans les bains de vapeur le plus soigneusement prepares et d une temperature 
tres-elevee. Cette difference de developpemcnl de chaleur s egalise pea a peu lors 
que les malades sont sortis du bain ; il se fait une reaction, mais la sueur active 
qui suit lebain de vapeur esttoujours moindre a ces parties. Je ne deciderai point 
si ce developpement de froid provient uniquement d une inaction des parties ner- 
veuses ou d un manque total d electricite, ou encore d une affection locale dans 
la production de ce fluide qui, en general, des que le corps est expose a 1 actrion, 
des gaz, se donne a connaitre par des picotements caracteristiques aux autres en 
droits de la peau. 11 est un fait certain, c est que la sueur n est pas seulement la 



64 BADEN (EAUX MINERALES DE). 

vapour du bain, mais une veritable secretion de la peau, aulrement elle se mani- 
festerait de preference et en plus grande quantile sur les parties refroidies qui sont 
pourtant a peine liumides ! (Les Eaux ihermales de Baden en Suisse, par 
Aloys Minnich, p. 72. Baden et Zurich, 1846.) 

LVau en boisson, les bains de longue duree, surtout les douches et le sejour 
dans les bains de vapeur, determineut souvent une eruption connue sous le nora 
de poussee (voy. ce mot), et qui a des manifestations tout autres cT Baden que dans 
les stations thcrmales de Loeche, de Scliinznach et de Pfaffers, comme nous le 
dirons en traitnnt de ces stations Ihermales de la Suisse. La forme de I exantlieme 
et la nianitTe dout il se declare sont particulieres a Baden ou la poussee n est 
pas si intense et ne s accompagne pas d nne intumescence aussi considerable 
qn aux trois stations voisines dont nous venous de parler. Amsi, elle est plus con- 
stante dans sa forme, plus reguliere dans son coin s ; elle ressemble presque tou- 
jours a la miliaire, ou elle se caracterise pur des papules et n est pas d un rouge 
anssi vif ; les elevures de la peau out aussi a B .iden une areole moins marquee et 
moins profonde. Elle coex^te souvent avec les rougeurs produites par les sueurs 
dont elle se distingue aisement : les baigneurs qui out des afl ectious clironiquesde 
In peau en soul presque toujours exempts. Lorsqu on veut provoquerla poussee, on 
doil conseiller d abord des bains d eau d une lieure le matin et d une denii-lieure 
le soil 1 , jusqu a ce qu on soil parvenu a trois lieures de bain le matin et a deux 
heiires le soir. On augmente aussi la temperature depuis 52 centigrades jusqu a 
35 cenligradcs; on doit sc mettre au lit en sortant du bain. C est ordinairement 
M IS Ic vingtieme bain que la poussee se manifesto; elle est souvent accompagnee 
de fievre; elle a trois periodes, lorsqu elle est complete : les prodromes, 1 erup- 
tion et la desquamation. Elle ne se montre presque jamais que lorsque les bains 
out etc | rolonges et que le medecin a interet a sou apparition, et cependant il ar- 
ri\c quelquefois que le traitement hydrothermal de Baden, dirige avec une grande 
moderation, amene la poussee avec des phenomenes d une tres-violente intensite. 
11 est beaucoup plus habituel cependant qu aucune eruption n apparaisse dans ces 
circonstances ou qu elle soil limitee a la peau la plus fine de la partie interne des 
mem ores, par exemple. [/experience a appris que la poussee, a Baden, a tous ses 
degres et avec toules ses formes, ne siege jamais au cou, surtout a sa paitiean- 
terienre. 11 faut noter aussi qu une seconde eruption pent apparaitre apres que la 
premiere a complelemeiit disparu, mais elle nc met guere plus d un septenairea 
parcourir toutesses phases. Cette seconde manifestation s appelle poussee volante 
a Baden, ou Ton nomme poussee locale les eruptions miliaires qu ont presque 
toujours les gens de service aux parties de leur corps ordinairement en contact 
avec 1 eau minerale. La poussee modifice est celle qui a de la peine a se produire 
distinctement a la peau et qui a besoin d un ceil exerce pour etre reconnue; elle 
se montre sur les malades affectes d hemprrhoides, de goutte ou d uue dermatose 
chronique qui a profondement modifie 1 elasticite et la finesse de la peau. L erup- 
tion ne s observe alors que sur les extremites inferieures ; ses boutons sont isoles 
ou en petits groupes circonscrits, distincts, tranches et entouies d une areole assez 
etendue et d une rougeur assez intense. La poussee modifiee apparait aiusi a la fin 
du premier septenaire, mais elle se termine plus vite, ordinairement versle qua- 
lorzieme ou le quinzieme jour. La poussee du Baden peut etre conlbndue avec les 
poussees sudorales ou syplulitiques; mais 1 aspect des elevures de la poussee thermale, 
dont la base a cinq divisions bien tranchees, simplide beaucoup le diagnostic difleren- 
tiel. Les malades doivent avoir la patience d atlendre la terminaison complete de 



BADEN (EAOX MINERALES DE). 65 

la poussee avant de retourner chez eux, car autrement il peut arrivcr que 1 erup 
tion amen" des accidents tres-graves on, an moins, qu elle devienne clironique 
et Ires-difficile a modifier. La poussee doit etre guerie a Baden comme a Loeche 
par des bains d une dtiree progressivement decroissante, par des ventouses Fca- 
rifiees, par dos \esicat,oires volants, par des purgatifs prescrits et appliques 
avec persistence, lorsque les baigneurs qiiittent la station thermale ou retour- 
nent dans leurs families avant la cessation definitive de I exantheme accidentel. 

L aclion curative des eaux de Baden est constatee princii>alement dans les affec 
tions rhumatisuiales. M. le professeur Schonbein a demontre qu il se developpe 
de I eleetricite positive dans certaincs maladies, et surtout dans les exanthemes 
aigus, et de 1 elcch icite negative dans le plus grand nombre des elats palliologi- 
ques, et, en particulier, dans le rhumatisme. Les eaux de Baden out une electri- 
cite positive constatee plusieurs fois par M. le docteur Minnicb, qui se combine 
avec Feleciri cite negative de hi peau des rhumatisants. Les eaux doivent etre em 
ployees en bains prolonges pendant plusieurs heures cbaque jour, de lacon a 
ubtenir la poussee; mais le sejour dans les cabinets de bains de vapeur est le trai- 
tement hydromineral le plus usite et cclui qui donne les meilleurs resullnts. Le 
medecin ne doit pas negliger de surveiller la sensation defroid des parties malades 
et se guiiler, pour arreter ou continuer la cure, sur sa persistance ou sa dispari- 
tion. 

Les eaux de Baden sont d un emploi tres-frequent et tres-ulile dans la goutte, 
mais leur moile d administration ne doit plus etre le meme et leur ingestion doit 
jouer un role important. 1 our nous, comme pour M. le docteur Minnich, le rhuma 
tisme et la goutte sont deux maladies distinctes ; dans la premiere, les voies urinai- 
res et les urines ne sont pas ousont a peine modiliees dans leurs fonctionsou alterees 
dans leur composition, tiindis que, dans la goutte, les reins sont anatomiquement 
alteres a la suite de 1 elaboration d un sang qui n a plus sa composition normale. 
Les urines renferment en proportion notable des sables, des graviers ou de petits 
calculs dont les uratcs et les phosphates font presque toujours la base. M. Min 
nich va plus loin, et pretend que les hemorrhoidaires et ceux qui out une ple- 
thore abdominale ne sont autre chose que des goutteux au debut ; nous ne le sui- 
vrons pas sur ce terrain, car nous sommes convaincus qu un bon nomhre d hemor- 
rhoidaires et de malades chez lesquels la circulation de la veine porte est entravee 
ne presenlent jamais aucun des symptomes d une goutte reguliere telle que nous la 
comprenons en France. Toujours est-il que chez les goutleux, chez les hemorrhoi 
daires et chez ceux qui souffrent de plethore abdominale ou d hypertrophie con 
gestive du foie, les eaux de Baden en boisson determinent, lorsqu elles ont les 
effets les plus favorables, des evacuations alvmes vers le septieme, le qualorzieme 
ou le vingl-huitieme jour, qui semblent etre critiques. Les buveurs remplissent 
alors des bassins de feces melees de mucosites oude matieres albumino ides qui ont 
une forme plate et allongee. L usage interne des eaux doit faire alors l,i base de la 
medication ; mais des bains d eau et de vapeur, des douches administrees sur les 
hypochondres et la partie anterieure de 1 abdomen doivent etre prescrits comme 
adjuvants des eaux en boisson. 

11 faut se garder d em ploy ei crop tot les eaux de Baden intus et extra dans les 
paralysies qui se sont developpees a la suite de la formation de foyers apoplecti- 
ques dans la substance du cerveau ou de la moelle ; mais lorsque la perte du 
mouvement ou de la sensibihte date d une prriode assez eloignee pour qu il n y ait 
plus a redouter de voir reapparaitre les memes accidents, les eaux de Baden, coupees 

Dili!. ENC. VIII. 5 



(JO BADEN (EAUX MINEKALES DE ). 

d une certaine quantite d eau deWildegg o\i de Birmeustorf, sutvant les effets que 
Ton \eut ohtenir, favorisent la resorption des caillols par leur action fondante et la 




eipienttres-convenablepour les eaux bromo-iodurees pui 

lutives dc Wildegg et pour les eaux magnesiennes et sodiques de Birmenstorf qui 
agissent comme un purgatif naturel pouvant etre, par consequent, accepte beau- 
coup plus longtemps par le tube digestif. 

Ilestuu point qui, dans I etude des vertus curatives des eaux de Baden, doit 
fixer 1 attention des medecins, des chirurgiens surtout; c estleur action puissante 
dans les engorgements glandulaires, quel que soit leur siege. Cbomel disait dans 
les dernieres annees de sa -vie qu il avail vu un si grand nombre de tumeurs du 
--cin loudues a Baden qu il conseillait aux lenmies de ne se laisser operer que lors- 
t|u il etait convaiiuu qu clles offraient les signes d une maladie evidemment can- 
c6reuse, on qn il savait que leur position ne leur permettait pas de laire le voyage 
ile Baden. MM. Andral et Gendrin out aussi plusieurs ibis adresse a Baden des 
i naiades qui sont revenus completement debarrasses d engorgements glandulaires 
lienins, inais tres-developp6s, que ces babiles praticiens n avaient pu gueriravecles 
rcssources de la therapeutique officinalc. 

Lc> e.mx dc l!;iden en boisson, on bains, en douches d eau el de vapeur, en in 
halation dans les eluu s, dans les corridors et dans les salles de bains, ontsouvent 
donne. ilcs rcsullats lavorables dans 1 asthme, la phthisie torpide, les catarrhes 
bronchiques et la coqueluche. La pratique qui reussit tres-bien a Engbien dans cette 
dcrnicre, alloction dcvrait elreessayee a Baden : nous voulons parlerde 1 adminis- 
Li alion des doucbes d eau sur les pai oi> tlioraciques, et particulierement entre les 
duux epaules des enfants qui out des quintes de coqueluche et des astlunatiques 
pendant leur acces. 

Des piques speciaux appliquent a Baden les ventouses scarifiees pendant que 
les malades sont dans le bain ; dies donnent les inemes resultats qu aux autres 
stations de la Suisse, de 1 Autriche et de la Hongrie, ou cette medication est tres- 
souvent associee au traitement par les eaux minerales. 11 faut ranger au norabre 
des indications sccondaires des eaux de Baden les nevralgies non rhumatiques, les 
nevroses, les dysjiepsies, les scrofules, le rachitis, les maladies de la peau et les 
affections uterines. 

L usage des eaux de Baden est contre-indique dans toutes les maladies inflam- 
matoires, dans le rhumatisme aigu et subaigu et dans les acces de goutte, dans la 
plethore, dans les congestions et les hemorrhagies, dans la phthisie floride ou a sa 
periode colliquative, dans les plaies et dans les ulceres avec suppuration a! ondante, 
dans les caries el les necroses profondes, dans les elats pathologiques trop avauces 
pour qu il y ait chance de remonter Torganisme; les eaux meneraieut prompte- 
ment dans ce dernier cas a line issue funeste. 

Duree de la cure. On fait a Baden deux cures d inegale duree ; la grande 
jure consiste a prendre les eaux pendant quarante-cinq jours ; la petite pendant 
;irigt et un jours. 

On exporte peu les eaux de Baden d Argovie. A. ROTOREAC. 

BIBLIOGRAPHIC. MORELL (C. F.). Chemisclie Untersuchungen einiger bekannlen undbe- 

suchten Gesundbninnen unii EeilbMer der Schweiz. 1788, p. 206-224. DOBER (F. F.). 

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BADEN-BADEN (EAUX MINERALES DE). 67 

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Suisse, leur analyse chimique et leurs vertus the rapeutiques constatees par I experience. 
Zurich et Baden, 1846, in-i>. A. R. 



BASEN-BAEN (EAUX MhNERALES, BOUES ET CURE DE PETIT-LAIT DE) 

males, dilornrees sodiques moyennes, carboniques fortes, flans le grand duche de 
Bade ; c est I etablissement thermal allcmand le plus rapproche de la France, il n est 
qu a 56 kilometres de Strasbourg. On s y rend par les chemins de fer de 1 Est et badois 
iusqu a la station d Oos d ou un embranchement special conduit a Baden-Baden. La 
ville compte 6,000 habitants, le grand-due y a sa residence d ete. L aspect de Bade 
est elegant, vaiie, pittoresque et les plaines qui 1 entourenl sont remarquables par 
la richesse de leurs moissons, par 1 eclat de leur verdure et par la beaute de leurs 
arbres. Tout y respire 1 aisance; et la bonne tenue des maisons, la proprete des rues 
foutde Baden-Baden un sejour privilegie. Rien n est plus cbarmant que les envi 
rons de cette station minerale voisine de la ibret Noire ; ils offrent de tous coles et 
a quelques kilometres de la ville de ravissantes excursions aux touristes et aux 
baigneurs. Les mines du vieux chateau, le couvent dc Lichtenlhal, 1 allee des 
Soupirs, la cbaire du Diable, la vallcedela Murg, le chateau d Ebcrstcin, ci lui de la 
Favorite, la cascade de Gerolsau, la liaison de chassc, tc.,dontles noms cveillent 
les plus doux souvenirs, forment un ensemble de delicieubes promenades et de 
sites enchanteurs dont les pays les plus favorises de la nature peuvent etre jaloux. 
Construite dans une vallee que baigne la petite riviere d Oos, Bade se troiive pro 
tege de tous cotes par des montagnes qui la defendent centre la rigueur des vents 
de Test et dunord. L elevation de la villc estde 205 metres au-dessus du niveau 
de la mer ; les transitions de temperature n y sont janiais brusques et le cliniatest 
tres-doux. Le thermometre se s eleve guere u plus de 50 centigrades pendant les 
plus chaudes journees de 1 ete, et il s abaissc rarement au dela de 3 centigrades 

zero par les fioids des hivers les plus rigoureux. La temperature moyenne 
est done de 9 a 10 centigrades au-dessus du zero. 

Baden-Baden est plusun sejour de luxe et de plaisirs qu une veritable station 
thermale, et les malades y sont beaucoup plus rares que les promeneurs,les elegants, 
les desosuvres et les joueurs. 

Si Ton s attachait aux noms divers que Ton a donnes aux sources de Baden- 
Baden, on pourrait croire qu elles sont differentes et par leur composition el par 
leurs effets. II n en est pas ainsi cepeudant et toutes empruntent leurs eaux a la 
source principale nommee la Hauptquelle ou I Ursprung. Nous allons done nous 
occuperpresqueexclusivementde cctte source; nousne parlous que pour memoire 
de celles qui ont ete designees sous les noms de Kuhlerbrunnen, Biltte ou Metzg- 
quellen, Ktosterquellen, Judenqnellen, Mauerquelle, Feldquelte, et Ungemach. 

Hauptquelle (principale source) ou Ursprung (origine) est renfermee dans un 
pavilion appele Dampfbad (bain de vapeur) construit a 50 metres de la terrasse 
Schneckengarten (Jardindes escargots), sur la petite place de Ilolle (Enfer) dont 
le sol est toujours assez chaud pour que la neige y fonde aussitot qu elle le louche. 
L eau sourd des deux cotes a la fois et en tres-grande abondance. Elle est regue 
dans un bassin de marbre blanc d une profondeur de 6 metres, d une longueur de 
5 metres et demi et d une largeur de 4 m ,35 ; cette capacite indiqiie le 
debit considerable de la Hauptquelle. La vapeur qui s en degage est si epaisse 



CS BADEN-BADEN (EAUX MIWERALES DE). 

qu au moment ou Ton ouvre la porte de fer qui fcrme la voiile de I Ursprung 
on pent dislinguer a peine la surface de Feau; on est meme force de s eloigner 
pour ne pjs avoir les mains ou le visage brules ; ce n est que lorsque 1 air a pene- 
tre depuis unceitain temps et que Trail s est accommode al obscurite quel onaper- 
goit le volume et la limpidite de 1 eau du bassin de 1 Ursprung. Un robinet de 
cuivre place a une petite distance, verse 1 eau qui, malgre sa chaleur, peut etre 
ingeree sans trop de difficulte. C est la Hauptquelle qui iburnit les eaux que des 
luyaux souterrains transported a la nouvelle Trinkhalle et aux bains etablis dans les 
hotels publics de la ville. L eau de cette source a une saveur tres-legerement salee 
n ayant ri^n dedesagreable. Elle est sans odeuret ne paiaitpasgazeuse; sa tempera 
ture est de 67, 5 centigrade, celle de 1 air exterieur etant de 25 centigrades. Elle a 
une reaction sensiblement alcaline, e!!e ramene au bleu les preparations de tourne- 
sol prealablement rougies par un acide; mais le papier bleui par uu contact prolouge 
avec 1 eau ou avec la vapeur de I Ursprung devient legerement rouge lorsqu on 
1 expose a 1 air pendant un certain temps. Le poids specifique de la source principale 
est de \ ,0045. La dei mere analyse chimique des eaux de la Hauptquelle a ete 
faite par Kolreuter. 1000 grammes d eau ont donne les resultats suivanls : 

Clilorure de sodium 1,6000 

calcium 0,17. iO 

magnesium 0,0250 

Sulfate dc chaux 0,3000 

Carbonate de chaux 0,1660 

fur 0,0100 

Silice 0,03oO 

Matieres extractives O.OOoO 



TOTAL BBS MATIEHES FIXES 2,3140 

Gaz acide carbonique lo cc ,o = 1/2 pouce cube. 

Les buvettes alimenlees par les eaux de la Hauptquelle sont etablies : celle de 
la vieille Trinkhalle (trinken boire, Halle salle) pres de la principale porte de ] e- 
glise. Une galerie soutenue par un double rang de colonnes doriques forme cette 
Trinkhalle, aujourd huitres-peufrequenlee, quoiqu elle domine la ville tout entiere 
et les belles campagnes qui 1 environnent. La seconde buvette se trouve dans la 
nouvelle Trinkhalle qui est un bel edifice supporte par 16 colonnes de style 
torinlhien, divise en deux salles distinctes. La premiere forme un portique 
dont les murs sont ornes de peinlures a fresques; la seconde piece ou Trinkhalle 
proprement dite, possede aussi de Ires-belles peintures et sa voute est supportee 
par une seule colonne de marbre dans laquelle sont fixes deux tuyaux qui versent 
conlinuellernent 1 eau minerale. 

Outre I Ursprung, il emerge a Baden-Baden les autres sources que nous avons 
nommees el dont nous voulons dire seulement quelques mots : 

Kilhterbrunnen (fontaine iraiche) est formee par la reunion de deux sources 

dont 1 une a son origine sous la salle dile des Autiquites et marque 44 cenli^rades, 

tandis que I autre, dont la temperature esl de 49 cenligrades, vient du voisinage de 

Ursprung. Les proprietes physiques et chimiques de toutes les sources secondaries 

de Baden-Baden sont les memes que celles de la Hauptquelle. 

Butte (cuve) et Melzgquelle (source de la boucherie) sont deux sources dont le 
confluent se trouve sous un tunnel creuse dans une montagne. Chacune des sources 
a elle-meme deux origines. La Butte a 45 centigrades, la Metzgquelle a une tem 
perature de 62 cenligrades 

Klosterquellen (sources du couvent) emergent dans 1 interieur du convent; 



BADEN-BADEN (EAUX MINERALES DE). 69 

elles ont un debit plus abondant que les autres sources de Baden-Baden, a 1 excep- 
tion de la H.uiptquelle. Leur temperature est de 56 centigrades. Le dodeur Gu- 
gert a decouvertque leurs eaux renl erment non-seulement du gaz ucide carboni- 
que, mais encore une notable proportion d azole. 

ludrnqueden (sources des Juil s) sontsituees aupres de Klosterquellen; leur eau 
a 60 rentigrades. 

Mauerquelle (source du mur) eleve la coloune du thermometre centigrade a 56. 
Feldqnclle (source du champ) et Ungemach (peine) n ont aiicunp ini|io i;mce. 

Bade possede encore deux autres sources qui onl un caracterc dillncut; c est le 
Stahlbad (bain ferrugineux) eile S(e^/iaws&fld(baind Etienne). L eau de Stahibad 
n a pas ele analysee; la source d Elienne cmergeant de 1 autrc cote <le la riviere 
de I Oos, pres de 1 allee de Lichtenthal, n a ps encore elu ulilisee. 

MODE D ADJIINISTRATION ET DOSKS. II n y a d etablisscment publ ca Baden-Baden 
que les deux Trinkhalle que nous avons decrites. Les malades qui veulent se bai- 
gner pcuvent avoir reoours a ce moyen de traiteiuent dans pivsqn tou^ les hotels 
ou Ton trouve les appareils balneaires necsaires a la cure, bai^n iivs el douches 
de tonte sorteetde toute dimension; on pent y prendre des bains ordinaires, dcs 
bains russes, des bains composes, etc. Comnie dans pivsqnelous les eiabliss ments 
de I Allemagne, les baignoires sont crcusee> dans le sol, lenrs parois sunl j l vetucs de 
marbre, destras, de porcelaine, de faience on de Imis, et I on y descend a I uide d un 
escalier de trois ou quatre marches. Deux robmets places a lapoileede la main du 
baigneur, laissent couler: le premier, 1 eana la temperature de la s-omci , et le se 
cond, 1 eau minerale ramenee an degre de temperature de 1 air exlei ieur. Cliaque 
hotel possede un refroidissoir ; il fant au nioins vinyt-quatre heui-es en i lr pour 
que 1 eau minerale ait perdu toute sa clialeur primitive. Les bains composes se font 
ordinairement en ajoutant a I emi du bain mineral une decoction phis ou moins 
concentiee de bourgeons de sapin. Des douches en pluic, ascendanlcs laterales, 
superieures etc., peuvent s administrer dans chaque cabinet de bain; un cabinet 
special est reserve aux personnes qui doivent foire usage de douches d un gros cali 
bre et fournissant une plus grande quantite d eau Le seul etablisscnicnt de bains 
qui existe a Baden-Baden est le Bain des panvres qui est, ainsi qne t<>\ites les 
sources, la propriete de 1 Etat. II coutienl, 46 baignoires creuseesdans le sol. tres- 
simples et tres-propres, qui sont exlusivement reserves aux pauvres dn grand-duche. 
La munificence de I Etat badois fournit nieme aux indigents anxqnels un medecin 
a conseille un curethermale, le logement, la nournture, tous lessoin>, en nn mot, 
qui leur sont necessaires. Lovsque ies malades du grand-duclie laissem inoccu- 
pees un certain noinbre de baignoires, les pauvres des pays voism obtiennent 
aisement 1 autorisation de veuir prendre gratuitement des bains; nuiis les indigents 
elrangers au pays nerecoivent ni le logement, ni la nourriture. 

Enfin et pour etreconi|ilet, il iaut ajouler qn iine grande piscine y ele creusee 
pour que les animaux malades puissent se baigner ou etre douche> d .pres les avis 
d un veterinaire charge de la direction da la cure hydrominerale. 

C e.st clans le bailment le Uampfbad, que se prennent les bains de \apeur, les 
douches et les inhalations. Les trois etages de 1 i tablissement on! la nieme distri 
bution : une premiere piece dans laquelle on a place un lit et les nn-ulili-s neces 
saires a un vestiaireet a une chambre de repos. La seconde est la j-ahe de bam ou 
sonl les appireils convenables pour appliquer la vapeur de la Hanptquelle soil 
sur tout 1 corps, soit seulement sur uue de scs parties Pour prendre un bain 
general, le malade s assied dans une boite ou la vapeur arrive par dcs tuyaux qui 



70 BADEN-BADEN (EAUX MINERALES DE). 

la mettent en communication avec la source, et les memes precautions que dans 
tous les autres etablissemenls sont prises pour isoler la tete et la laisscr a 1 air 
libre. La duree des bains gcncraux de vapeur \arie entre dix minutes et une demi- 
heure. Lorsque Ton ne doit recevoir la vapeur de 1 eau minerale que sur les deux 
membres inferieurs ou sur 1 un de ces membres, on se sert d appareils speciaux 
ayant la forme de boites a deuxcompardments. On emploie des especes de vases en 
bois qui ressemblent a des barattes longues, lorsque ce sont les bras qui doivent 
etre soumis a 1 action de la vapeur. Les bains de vapeur locaux pour les diverses 
parties du corps exigent des instruments speciaux que Ton trouve aussi auDampf- 
bad. Ce sont, par exemple, un tube qui se termine par une seule ouverturc et 
porte la vapeur soit dans la bouche, soil sur une portion limitee de la peau ; un 
tuyau a deux ouvertures concaves etecartees lorsqu on vent doucher les yeux, enfin 
un tube termine en olive, lorsque la vapeur est destinee au conduit de 1 oreille. 

Pour ne passer sous silence aucun des moyens de traitement exterieurs minis 
a 1 etablissement de Baden-Baden, il faut mentionner les fumigations de pommes 
de pin recokces dans la foiet Noire, et la cure de petit-lait de chevres venues du 
canton d Appenzell et que soigne a Bade meme, pendant la saison thermale, un 
habitant de cette partie de la Suisse. 

L eau de Baden-Baden se present en boisson a la dose d un a six verres ordirm- 
rement. Les malades sont obliges d attcndre, a cause de sa chaleur, environ dix 
minutes avant de la boire. 

EMPI.OI THERAPEUTIQUE. Le premier effet de 1 eau de 1 Ursprung en boisson est 
d exciter 1 appetit; elle augmente aussi la transpiration, bien qu elle soit incon- 
testablement diuretique. Prise a haute dose, de quatre a six verres, elle a une 
action purgative ou au moins laxative. Elle excite la secretion des membranes 
muqueuses qui tapissent les voies aeriennes et elle favorise 1 expcctoration, surtnut 
lorsqu on la boit aussi chaude que possible. Les bains et les douches d eau n agissent 
gucre autrement a Baden-Baden que les bains et les douches d eau ordinaircs ehauf- 
fees au meme degre. Les bains et les douches de vapeur produisent les memes elfets 
que les bains et les douches non mineralises, a 1 exception que les bains gcnennix et 
les douches completes de vapeur ibnt a Bade eprouver une impression tactile qui les 
dilferencie des bains et des douches de vapeur d eau simple. L odeur de la vapeur de 
Baden-Baden est legerement sulfureuse, quoique 1 analyse chimique n ait jamais 
revele la presence de 1 acide sulfureux dans ces eaux minerales Cette odeur est- 
elle due a la decomposition des sulfates qu elles contiennent en ires-petite pro 
portion? 

Les bains de vapeur de Bade penetrent la peau d unefacon a la fois plus douce et 
plusprofondeque ne scmblentle faire les bains de vapeur ordinaire. Les douches sur 
les yeux activent sensiblement la secretion des larmes. Les douches dans lesoreilles 
font eprouver une sensation de chaleur assez vive et une sorte de bourdonnement 
auquel il est assez difficile de s habituer. Les inhalations de vapeur augmented 
d une maniere tres-sensible la secretion de la muqueuse qui lopisse les voies 
aeriennes; cet effet est surtout marque chez les personnes malades. Les membra 
nes pituitaire, buccale, pharyngienne, laryngienne et bronchique, produisent des 
mucosites plus claircs, plus filantes, qui se detachent plus facilement; on reconnait 
aisemenl que 1 effet emollient des vapeurs de Bade est superieur a celui des vapeurs 
de la decoction de plantes les plus mucilagineuses. Enfin, on pei coit dans les salles 
d inhalationunesaveurpeut-etre plus marquee que lorsque 1 on boit 1 eau elle-meme. 

Les eaux de Bade ont une action favorable dans les maladies de la membrane 



BADEN-BADEN (EAUX MINERALES DE). 71 

niuqueuse de 1 estomac- on de 1 intestin. Ces eaux en boissons excitent vivement 
] appctit; par cet effet meme, elles moclifient hcureusement lesembarrasgaslriques 
qui tiennent a un (Hat saburral des premieres voies et tons les troubles resultant 
d une dvspepsie stomacale. Elles out aussi une vert .i reconnuedans les dyspepsies 
intestinales que tiennent au defoul ou a 1 altcration des secretions de \;> membrane 
interne del intestin. Elles augmententet elles regularised ces secretions necessai- 
res a une bonne digestion. Elles sent aussi tres-vantees dans les accidents que les 
medecins allemands designent sons le nom de plethore abdominale et d hemorrhoi- 
des internes. Ces eaux combattent avcc cfficacile les constipations babituelles ; il 
faut alors les donner a la dose de cinq a six verres. Leur vertn diuretique les a fait 
conseiller avec succes dans les calan lies des voies urinaires et surlout dans ceux 
de la \essie. On emploie ces eaux avec succes pour ramencr les forces dans les 
convalescences des maladies aigues; lenr influence est particulierement favorable 
lorsque les sujets sont jeimes, lyrapathiqUes ou meme deja scrofuleux. II faut 
noter cependant que ces resultats sont bien plus surement atteints a d autres 
sources chlorurees plus fortes que ne le sont celles de Baden-Baden. La cure 
interne de ces eaux, aidee des inhalations de vapour, de 1 usage du petit-lait clc 
chevre, des bains additionnes d une decoction concentree de bourgeons de sapin, 
et quelquefois des inspirations de ces bourgeons en ignition, a ete preconisee 
depuis long temps dans toutes les inflammations chroniques de la membrane mu- 
queuse qui tapisse 1 arbre aerien tout enticr et meme dans la tuberculisation pul- 
monaire ou laryngienne. Nous croyons a 1 efficacite des eaux deBade a 1 interieur et 
en inhalations dans les inflammations chroniques, maisnon specifiques du larynx, 
dela trachee-artere, desbronches, ou du tissu du poumon. Sous 1 influence de ces 
moyens combines, 1 expectoration est plus abondante et plus facile des les premiers 
jours; bien tot les cracliats, d epais et de purulents qu ils etaient, deviennent glai- 
reux et presque incolores: leur quantite diminue en meme temps qu ils changent de 
nature et ils iinissent par disparaitr tout a fait. Ces resultats ont pu tromper quel 
quefois et faire croire que les eaux de Baden-Baden avaient gueri de veritables phthi- 
siques ; nous avons dit ailleurs (voy. Annales de la societe d hydrologie medicale 
de Parts, t. Ill, p. 517, ett. IV, p. 251) combien nous avons peu defoi a lavertu 
des eaux chlorurees, de toutes les eaux minerales meme, contre 1 element tubercule. 
Dans les affections rhumatismales anciennes, les bains et les douches d eau de 
iBade peuvent suffire pour arriver a la gnerison ; mais il est bien rare qu il ne 
faille pas avoir recours en meme temps aux bains et auv douches de vapeur 
rainerale soit sur tout le corps, soil settlement sur 1 un de ses points. La 
cure interne, augmentant alors la transpiration cutanee et la secretion uri- 
naire, est un adjuvant tres-utile des bains et des douches d eau et de vapeur. 
II faut rappeler ici que les bains generaux de vapeur ne doivent pas durer nioins 
de dix minutes etqn ils nc doivent pasexceder une demi-heure; ils sont prescrits 
de 51 a 58 centigrades. II convient apres le bain d envelopper le malade dans une 
couverture delaine etd exciter la transpiration par la chaleur du lit. Quelquefois et 
pour obtenir une reaction plus forte, on donne au malade sortant du bain une dou 
che en pluie a 1 eau froide. Onpeut avoir recours utilemenl, independamment des 
bains et des douches, a 1 application locale de boue formee par le depot des sour 
ces, lorsque Ton a affaire a certains engorgements articulaires ou lorsque les dou- 
leurs rhumatismales sont concentrees sur un seul point. Les douleurs aigues des 
nerfs de la face (nevralgies faciales), du tronc (nevralgies intercostales) ou des mem- 
bres infericurs (sciatiques) sont tres-favorablement traitees par 1 usage externe de 



72 BADEN BEI \VJEN (EAUX MINEKAIES DE). 

1 eau et de la vapeur de nirsprunjj;. Les merries remarques s app iquent aux para- 
lysie* s^mptomalujues d accidcnts rhunialismaux. Les maladies de la peau liees 
a un temperament lymphatique ou scrofideux, Jes scrofulide> de M I .aziii, sont 
celles qui se tronvent le mieux du traitcment interne et externe de Baden Baden. 
Les eaux soul imployees en douclies asrerulantes dans les affection- uterines ou il 
est besoin d agir avec une eau tbermale emolliente, resolutive et legeienient toni- 
quc; niais il i aut surveiller avec une grande attention 1 effet de ces douches locales 
lorsque les femmes sont sujettes a des regies trop abondantes ou a des [jertes san 
guines. 

Tons les medecins savent par experience combien les hypochondriaques, arrives a 
uncertain degre demaladie, sont difiicilesa diriger et a distraire de leurs idees. 
L usagc des eaux de Bade et sin tout la beaute du pays, les magnifiqncs excur 
sions qui entourent la ville, les distractions variees qui attiirnt les oisils de 
toutes les parties du monde, out souvent conlribue et quelquefois sufli a retablir 
1 equilibre des fonctions cerelirales de melancoliques que rien n avait pu detour- 
ner de leurs conceptions cbimeriques. Si, dans ce cas, les divertissements mon- 
dains de Bade out pu etre rcellement uliles, il est important que le medecin 
n expose qu a bon escient les malades de cette nature aux entramements du jeu 
et au\ basards d une \ie trop iacile. 

Duri e de la cure, de vingt a vingt-cinq jours. 

On expurte tres-peu les eaux de Baden-Baden. A. ROTOREAD. 



Disciirsus curiofo-physicus de Ihermis Marchio-Badensibus. Rastadt. 
(J ). De thermis March o-Budens/l/us Spire, IIOG. KiFFtr,. Beschreibung der 
markgrafliclten wannen Bader, in Batlen-tiaiJen. Amsbourg, 1156. BLLLON (G. 31.). Ten- 
tainen pliysico cheinico-mecticum de i-rigine tliermarum Badensium. Piasladt, l"G(j. GLVCK- 
HERR (J. F.). Observation s medicxdelliennia Hatlaisibus. Strasbourg, 1780 UAUG (C. F. D.). 
De thermis Marcido-Badensibus. Strasbourg, 17*0 KRAPF (Fr. J.). Beschietiiung der war- 
men tiatler zu Baden in dem markgralUcltt-n Baden. Tubingue, 1794, in-8", 9)J pages. 
SCHREIEEII (Al ). Baden mil seinen Badern umi Vnnji bungen. Karlsruhe, 1805. OTTEXDORP. 
Abliandliutg uber den Gebrauch der Quel en Tubingue, 1812; in-8, fig.; ii,id., 1819. 
KLtBEK (J. C.). Lteschreibuny von B:iden. Tubingue, 1810. KRAMER. Ueber die Eirjeuschaflen, 
\\irl;uiigen vnd dentli-brauclider wm men Mineralqutllen, sowie der naturlic lenStahlbader 
zu Baden. Nebst Anhang uber die dortige Zieyenmolke. Carlsrulie et Bade, 1850. 
SCHIIEICKR (II. Al.) Neuer Fiilirer in u.d um LSaden. Carlsruhe, 1831. JAGEKSCHMIDT. Baden 
vnd der t,n,ere Scliwar:uald. Karlsruhe, 1840. Konx. Badenetses environs Uad. ii, 1M5 2. 
RoiihiiT (A.). Guiile du me tiecin et du tourinle aux bains de la valh e du Rhiu. Strasbourg 
et I ails, 18u7 Du ME.ME. LSaliieologisclie Zeitung, t. VI, p. 71. A. R. 

BADEN BEI WIEN, B.4IMi)\ PKES DE V1EKKE (EAUX SIINERALES ET CUKE 

DE PEHT-LA.IT DEJ, mesothennulrs, ameiallites, carboniques moyennes, sulfu- 
reuse* faibles. De Vienne a Baden, il y a 24 kilometres que le cliemin de fer 
du Snd de I Autridie parcourt en 58 minutes avec des departs a lonles les beures. 
Baden est a 224 nieties au dess-us du nivuau de la mer, sa temperature moyenne 
pour toute 1 annee esl de 11 centigrades, niais la temperature moyenne des mois 
de la saii-on tberniale,qni commence lei 5 maietfmitle ISoctobre, est del 8 cen 
tigrades. Baden bei \Vien est une cbarmaiite ville de 10,000 habitants environ, 
batie snr le pencliant oriental, de la moutagne Wienerwald. Les niaisous au 
nombredeGOO, sont tres-bien baties, grandes, tcnues avec une propielerecherchee; 
Ton y rencontre quelquefois bcaui onp d eli gance. Les sources primipales, situees 
dans des etablis-ements qui avoisinent toutes les promenades, appartiennent en 
general a la ville qui les a affermees a une compagnie. Quelques-unes ccpendant 
sont des proprieles purticnlieres. Des treize sources, une seule est employee en 



BADEN BEI WIEN (EAUX MINERALES DE). 73 

boisson, toutes les autres servent a 1 usage externe. Les etablissements de bains 
auraient a Baden une installation et une organisation parfaitement convenables 
s ils avaient des appareils plus complets et plus nombreux pour 1 emploi des dou 
ches. Ainsi il y a a Herzogsbad settlement un appareil de douches en pluie ; cette 
lacune nepeut tarderde disparuitre. 

II existe a Baden bei Wien treize sources dont voici les noms : 1 der Vr sprung oder 
Romerquelle (1 Origine on source Roimine) ; 2 Theresienquelle (source de Therese) ; 
3 Antonsqnelle (source d Antoitte); 4 Herzogsquelle (source du Grand -Due); 
5 Peregrinusquelle (source del Etranger); 6 Leopoldsqnelle (source de Leopold); 
7 Franzensqudle (source de Francois) ; 8 Johanesquelle (source de Jean) ; 
9 Engelsquelle (source de I Ange) ; 10 Josefsqudle (source de Joseph) ; 11 Ca- 
rolinenqudle (source de Caroline) ; 12 Frauenquelle (sources des Dames) ; 15 
Militarqitelle (source des Militain-s). 

1 Ursprung ou Romerquelle emerge au milieu de la Trinkhalle que Ton a fait 
batir en 1846 dans le pare de 1 etablissement. C est cette source quo Ton boil ct la 
petite maison de bains batie pres d elle ne possede que deux baignoires, L eau de 
cette source qui emerge d un terrain compose de calcaircs stratifies, de schistes, de 
gypse, de pyrites et de houillcs, est en general tres-limpide et ce n est que par les 
temps d oiage qu elle laisse preci| Her un sulfure jaune qui allere momentanement 
sa transparence et que Ton nomme sel de Baden. Son gout est a la fois lu patique et 
sale; elle a une odeur sulfureuse qui se recommit a plus de 50 metres de distance. 
Ellerougitla teinture de touruesol et sa temperature est de 54 centi-zrades. Le poids 
specilique moyen de toutes les sources de Baden bei Wicn est de 1,00195; celui de 
I Ursprung est 1,004. L analyse chimique de cette deniiere source, faite en 1848 
par le docteur Keller a donue, sur 1000 grammes d eau, les resultats suivants : 



Carbonate de chaux 0,3387 

soucle 0,01)64 

Sulfate de chaux 0,oi58 

soude 0,1882 

potasse 0,01140 

Chlorure de sodium O.ueiO 

magnesium. .... 0,0500 

Silicp 0,0tl"20 

Sulfure de magnesium 0,OtH6 

Matieres organiijues 0,0015 

TOTAL DES MATIERES FIXES. 1,0650 

Acide carbonique libre. . . 1,8"8 pouces cubes = 51cc 706 

Azote 0,620 = I6cc 740 

Oxygene 0.065 = Ice 75S 

Hydrogene sulfure 119 = 2cc 943 

TOTAL HES GAZ. . . . 2,682 pouces cubes = 7occ 144 

2 Theresienquelle. Toutes les sources de Baden pres Vienne employees en 
bains, ayant les memes proprietes physiques et a peu pres la meme composition 
chimique, sauf la Leopoldsquelle et la Peregrinusquelle, nous nous bornerons a 
indiquer le degre de leur temperature et a dire combien elles alimentent de pis 
cines ou de baignoires. La Theresienquelle a 55 centigrade* et alimente six bai 
gnoires isolees. 

5 Antonsquelle a 35 centigrades, et une piscine ou vingt personnes peuvent 
sebaigner a la fois est etablie sur cette source. 

4 Henogsqudle fait montcr le thermometi-ea34 centigrades, et une piscine de 



74 BADEN BEI WIEN (EAUX MINEKALES DE). 

la meme dimension que la precedents lui sert de captage. Toutes ces sources 
apparticnnent a la commune. 

5 Peregrirmsquelle appartient a un particulier qui a fait creuser aupres de 
son point d emergence un lac dans lequel cinquante a soixante personnes peuvent 
nager en meme temps. L eau n a pas plus, dans cette grande piscine, de 28 centi- 
grades. M. Bauer, pharmacien a Baden pres deVienne a fait en 1856 I examen decelte 
source. Ce chimiste a trouve dans 1000 grammes d eau les principes qui sui- 
vent : 

Carbonate de chaux . 0,1384 

magnesie 0,0040 

Sulfate de cliuux , . . 0,2612 

potasse 0,0860 

Chlorure dc sodium 0,0950 

magnesium 0,0800 

Silice 0,0010 

Sull uro de magnesium 0,0017 

Alumine et oxyde de fer 0,0003 



Gaz 



TOTAL DES MATIEHES FIXES. 0,6108 

Acide carljonique libre. . . 3,355 pouces cubes = SScc 605 

Azote 96,526 = 185occ 662 

Oxygene 1,414 = 58cc 988 

TOTAL DES GAZ. . . . 10I,1"25 pouces cubes = 1963cc 255 



6 Leopoldsquelle ;limente trois piscines dont 1 une peut contenir six baigneurs 
a la ibis et chacune des deux autres deux sculement. La temperature de cette eau 
estde 31, 1 centigrades. Elle est la propriete d un particulier. L analyse chimique 
de 1000 grammes de cette eau a donne a M. le docteur Keller, en 1848, les 
resul tats que voici : 

Carbonate de chaux 0,0800 

soude 0,0065 

Sulfate de chaux 0,3467 

soutle O.HSO 

potasse 0,0610 

Chloruve de sodium 0,1705 

magnesium 0,0700 

Silice 0,0030 

Sulfui-e de magnesium 0,0013 

TOTAL DES MAIIEKES FIXES. 0,9170 

Acide carbonique libre. . . 4,9648 pouces cubes = 134cc 0196 

G az Azote 10,5041 = 283cc 6097 

Oxygene 1,2044 = 53cc 5188 

Hydrogenc sulfure 0,8990 = 23cc 2730 

TOTAL IIES GAZ. . . . 17,5723 pouces cubes = -i74cc 4201 

7 Franzensquelle alimente la piscine des pauvres ou \ingt personnes peuvent se 
baigner ensemble. Sa temperature est de 54, 2 centigrades. 

8 Johanesquelle. Une piscine pour trente baigneurs est etablie sur la source 
meme dout I eau marque 52, 8 centigrades. Cette source est la propriete d un par 
ticulier. 

9 Engelsquelle fburnit I eau d une piscine pour dix personnes et de quatre bai 
gnoires separees. Elle appartient aussi a un particulier. Sa temperature est de 54,5 
centigrades. 

10 Josefsquelle. Une piscine pour trente baigneurs est construite sur le griffon 
qui cleve le tliennotnetre a 56, 5 centigrades. 



BADEN BEI W1EN (EAOX MIINERALES DE). 75 

H Carolinenquelle. Quarantc-cinq porsonnes pcuvcnt se baigncr en meme 
temps dans la piscine de cette souce dont 1 eau a 56 centigrades. 

12 Frauenquelle donne 1 eau a deux baignoires isolees et a une piscine pour 
vingt personnes. Sa temperature est de 56,2 centigrades. 

15 Enfin, MilitarquetteaMmenteh piscine ou vingtsoldats peuvent se baigner 
a la fois. Sa temperature est de 34 centigrades. 

MODE D ADMINISTRATION, DOSES, EMPLOI THERAPEUTIQUE. LeS effets deS eaUX de 

Baden en Autriche ne sontpas lesmemessur les buveursousur lesbtugneurs. Nous 
aliens done les etudier separement, quoiqu il arrive bien rarement que Ton em- 
ploie ces eaux a 1 interieur seulement ou seulcment a 1 exterieur. Les eaux de 
Baden prises en boisson et a la dose de deux a qualre verres, un verre de quart 
d heure en quart d heure chaque matin et a jeun, out, en general une action pur 
gative. Elles donnent une ou deux garde-robes; elles ont en meme temps un effet 
diuretique. Une particularity digue de remarque s observe dans 1 urine de ceux 
qui prennent 1 eau de Romerquelle a 1 inlericur, c est qu elle contient une quantite 
plus considerables d acide uiique. Les fonctions de la peau sont aussi sensiblement 
augmentees sous 1 influence des eaux, et une transpiration quelquefois abondante suit 
1 ingestion de chacun desvcrres de 1 eau de 1 Ursprung. On verra que les e.uix sulfu- 
reusesde Baden presde Vienne en bains diminucnt les pulsations artericlles; les eaux 
n boisson les augmcntent au contraire. II est infmiment plus frequent que la poussce 
soit produite par leur administration en bains, mais on 1 a obsevvee cependant 
quelquefois a la suite d un traitement ou il etait besoiu de faire prendre les eaux 
de cette station a 1 interieur seulement. La cure externe engendre plus sou vent 
aussi 1 agitation nocturne et 1 insomnie, mais 1 usage ea boisson a plus d une fois 
suffi pour allumcr de la chaleur, de la fievre meme, cbez des personnes qui per- 
daieut tout repos apres avoir employe cette medication hydrothermale sulfureuse a 
1 interieur exclusivement. L Ursprung en boisson facilile l e\pectoration et rend la 
secretion salivaire plus abondante. 

L homme en saute qui prend les bains de Baden pves de Vienne eprouve des le 
debut un sentiment de bieu-etre marque; sa peau devient plus souple, la circula 
tion y est sensiblement activee, elle rougit et bientot elle se convre de sueur. Le 
pouls selaisse facilement deprimer, et, quoiqu il soit plein, il se ralentit. La respi 
ration devient plus profonde, moins frequente et la secretion urinaire est augmen- 
tee. Si le bain se prolonge, il survient, un frisson et il semMe au baigneur que 1 eau 
s est tout a coup refi oidie. Des faiblesses et des tiraillements d cslomac, des nau- 
sees, des gargouillements, descoliques quelquefois tres-douloureuses, apparaissent, 
forcent de quitter la baignoire, et la nuit qui suit hi production de ces [ bcnomenes 
se passe dans une grande agitation et dans une insomnie complete. Les personnes 
sujetles a des congestions actives oil a des inflammations Tranches, qui ont aisement 
la fievre et chez lesquelles la constipation est habituelle, peuvent voir survenir un 
sentiment d anxiele, du resserrement de la poitrine, de la dyspnee, de la rougeur 
de la face, des etourdissemenls, de la cephalalgie, des tintements ou des bourdon- 
nements d oreilles. Leur pouls presente de fYe([ueutesintennittences,et si, malgre 
ces avertissements, elles persistent a rester plus longtemps dans leur bain, tous les 
phenomenes que nous venonsde noter vont en augmentant et on doit craindre une 
hemoi rhagie cerebrale qui peut amener instantanement la mort. Les sujets ner- 
veux ou predisposes a des congestions passives eprouvent aussi de 1 angoisse, de 
1 oppression, des etourdissements, de la douleur de tete et des tintements d oreilles; 
mais, au bout de quelques bains ces accidents diminuent d iutensite et fmissent 



76 BADKiN 1!!: ! W1KN (EAUX MIMSP.ALES n E ). 

par disparaitre tout a fait. Les bains de Baden out pour effet, a un degre plus pro- 
nonce peut-etre que ceux dc Unites les sources de, la nieme famille, d engendrer tres- 
facilement les phcnomencs de l;i poussce. Aussi esl-il de regie generale de tie pas 
prendre plus de qualre a cinq bains sans sereposei pendant quelques jours. L eau 
des bains a un elfet d autant plus excitant rju elle est plus chaude et d autaut plus 
calmant qu elle est a une temperature native moins elevee. 

La proximite de Vienne, le petit noml>re de sources thermales sulfnreuses que 
Ton trouve en Allemagne, donne line importance considerable a celte station. 
Aussi le nombre des malades qui s y rendent chaqne annee est-il tres-eleve et les 
resultats des eaux de Baden ont-ils ete parfailement etudies par les medecins de 
cette ville. L action therapeutiqne principalede ces sources se revele dans les aflec- 
tions des organes respiratoiies, telles que les catarrhes bronchiques chroiiiques 
accompagnes ou non accompagnes d emphyseme du poumon on de dilatation des 
bronclies, et les laryngites chroniques simples. C est de 1 usage interns a peu pres 
sen! qu il faut attcndre la guerisou de ces maladies; il fait diminuer la toux, il 
rend plus abondants et plus laciles a expeclorer lescrachats qui rlevieiment moins 
nombieux, transparents et decolores, d epais et de jaunes verdatres qu ils etaient. 
Ladyspnee, s il en existait, disparait, et les maladesreprennent leur embonpoint et 
leurs forces, perdus quelquelbis depuis longues annees. Mais toutes les Ibis que la 
presence des tubercules n cst pas douteuse, qu ils soient dans le larynx ou dans le 
poumon, 1 application des eaux de Baden a. I interieur non-seulement ne rend plus 
aucun service, mais elle est encore tres-dangereuse, qnelleque soit la periode de la 
phtbisie. Lcs poitrinaires qui ont de la tendance aux crachements de sang doivcnt 
surtout en redouter 1 emploi. Tons les medecins de Baden bei Wien sont unanimes 
a cet egard ; mais ils considerent qne I Ursprung en boisson et 1 eau des sources 
fraiches en bains, sont efiicaces dans les cas ou la diathese tuberculeuse est immi- 
nente, c est-a-dire dans la prophylaxiede la pbtbisie pulmonaire. 

Les eaux sullnreuses de Baden pies de Vienne ne sont employees a I interieur 
avec avantage centre les affections du canal digestif, ijue dans les cas ou Ton ne 
craint pas de reveiller ou de produire un etat de pbl^gose. II en est ainsi dans les 
atonies inlestinales ou le delaut de vitalite tient a une diminution de la secrelion 
de la membrane muqueuse. Mais I usage de ces thermes est surlout indiqne lors- 
que les digestions ont ete troublees par suite de la dispariti n subite d une aifec- 
tion cutanee Dans cette circonstance, il est utile d associer a 1 usage interne les 
bains des sources les plus cbaudes. 

Dan^ les allcctions du lb;e telles que 1 hypertrophie venue a la suite d une fievre 
intei mittente, d une suppression beniori boidale ou menstruelle, d une cirrhose a son 
debut, de certains loies gras, les eaux thermales sulfureuses de Baden pres de 
Vienne out seinble donner de bons resullats; mais il est inutile d iusister pour 
elablir qne ccrtaines eaux minerales agissent plus aclivement alors et doivent 
etre prderces, lorsque cela est possible. Les remarques que nous \enons de 
faire en parlant des affections liepaliques sont applicables a 1 action de ces eanx a 
I interieur dans les maladies de la rate. Les effels physiologiques de 1 eau de Baden 
bei Wien qui revelent une augmentation de la secretion urinaire et de la qu.mtite 
d acide urique coutenu liabituellement dans 1 urine, ont guide les medecins dans 
application inlerieure de ces thermes contre les maladies dans lesquelles il con- 
vientdepioduireun effet diuretiqueetou ilimporte de soustrairedel economie une 
certaine proportion d acide urique en exces, comme lorsqu il existe dans les reins 
des calculs ou seulement des graviers. Dans les catarrhes de la vessie, ces eaux en 



BADEN BEI WIEN (EAUX MINERALES DE). 77 

boissonsurtout.mais aussi en bains, rendent de grands services; ellesfont diminuer 
pro^n ssivement la quantite du mucus secrete par la membrane qni tapisse inte- 
riemementla vessieetparviennent presque toujours a la ramenera sonetat normal. 
11 faul avoir soin de commencer le traitement hydrolhermal seulement lorsque 
loutcs les manifestations inflammatoires out completement disparu et il convient 
de surveiller atlentivement les malades, dans les premiers jours an moins, afin de 
ne pas produire une cyslile aigne. Nous croyons les eaux de Baden pres de 
Vienne a 1 interieur on en bains, parlaiteraent inutiles dans la goutte confirmee 
avec deformations articulaires, mais les malades an debut de cette affection dont 
le san" contient un exces d acide urique peuvent et doivent etre ad reuses a ce 
poste mineral, puisqu il est parfaitemeiU elabli que ces eaux augmentent sensible- 
mentla quantite d acide urique dans les urines. Ces sources en boissons rendent 
encore des services dans les manifestations variecs de la scrofule; mais, comme 
toutes les sidfureuses, elles doivent etre rangees en seconde ligne, les eaux chloro- 
iodurees et bromurees etant les plus promptement et les plus surement efficaces 
dans celte diathese. 

Les affections de la peau ou il est utile de favoriser la circulation capillaire et 
d atlirer a la surface du corps une excitation et une sur-activite des vaisseaux san- 
guins, sontcelles dans lesquclles les eaux de Baden d Autriche doivent elre con- 
seillees. La facilitesi giande qn ont les malades a contraeter la poussee est la preuve 
la plus convaincante de 1 indication de ces eaux conlro les affections essentiellc- 
mentclironiqueset torpides de 1 enveloppe exterieure. G est a la medication par les 
bains qu il faut avoir recours exclusivement et, loisqu on vuut obtenir la rougeur 
et la turgescence de la peau, il faut adresstr les malades non-seulemenl aux sources 
dont la temperature est la plus elevce, mais encore a celles qui sont le plus char- 
gees de principes sulfureux . Ce que nous venons dedire sufiit pour montivr com- 
bien les thermes de Baden bei Wien ^ont contre-indiquees dans toutes les affections 
aigues de la peau, dans celles qui viennent de I elre ou qui out une grande ten 
dance a le devenir. Ainsi il faut se garder de les prescrire dans le pemphygus, 
dans 1 herpes et dans 1 impeligo inflammatoires, car elles ne font qu aggraver les 
douleurs qui accompagnent ces dermatoses. Les maladies cutanees dans lesquelles 
]es eaux de Baden reussissent le mieux sont le pityriasis, quelleque soit sa lorme, 
le psoriasis, le lichen, le prurigo, 1 acne, le lupus, I elephantiasis et 1 eczema. 
Presque toutes ces affections peuvent etre gueries aux diverses stations minerales, 
surlout lors ju elles sont sulfureures, mais le p-oriasis, le lupus et 1 acne sont sou- 
vent relractaires aux traitements les plus varies et les plus rationnels. Les eaux 
de Baden pres de Yienne paraissent avoir une efficacite que Ton ne trouve nulle 
part et, s il faut, pres de ces sources, un traitement continue pendant plus long- 
temps que pour les autres affections chroniques de la peau, il arrive cependant 
que des malades porlant des psoriasis, des acnes ou des lupus dont on n avait 
jamais pu parvenir a les debarrasser, quittent Baden bei Wien completement 



guens. 



Les eaux sulfureuses de cette station a 1 exterieur, sont employees avec succes 
centre les leucorrhees qui tiennent a une affection berpetique de la muqueuse 
vaginale. C esten bains generoux et en injections qu il faut les prescrire alors. Dans 
les paralysies purement nerveuses, dans celles qui reconnaissent pour cause un 
rhumatisme ou un empoisonnement metallique et surtout une intoxication satur 
nine, les eaux de Baden, en grands bains, sont parlaitement indiquees et elles 
reussissent presque toujours : elles reussissent tres-bien aussi dans les rhumatismes 



78 BADEN BEI WIEN (EAUX MINERALES DE). 

musculaires ou arliculaires chroniques et ce sontles sources marquant le degre de 
cbaleur le plus eleve qu il faut choisir de preference. Les eaux de Baden pres de 
Vienne sont tres-fructueusement administrees en bains dans les suites de blessures 
par armes de guerre, ainsi que dans les douleurs et les roideurs articulaires et 
musculaires qui sont si souvent consecutives a des luxations on a des fractures an- 
cieunes. 

Nous traduisons ainsi les centre-indications des eauxde Baden d Autriche d apres 
un medecin tres-distingue qui a pratique pendant plus de trente ans aupres de ces 
sources thermal es. 

Nos eaux ne conviennent pas, dit-il : 

I A ceux qui souffrent d une maladie aigue et meme a ceux chez lesquels Tetat 
inflammatoire n a disparu que depuis peu ; 

2" Aux affections organiques du cceur et des gros vaisseaux ; 

3 Aux personnes qui ont une constitution plelhorique ; a celles qui sont 
atleintes d une paralysie de la sensibilite ou du mouvcment consecutive a une he- 
morrhagie cei ebrale, meme ancienne ; enfm aux femmes qui ont des regies abon- 
dantes ou qui ont eu des pertes ; 

4 Aux femmes enceintes, si Ton ne veut pas s exposer a provoquer 1 avorte- 
ment ; 

5 Aux maladies diathesiques : scorbut, syphilis et ses suites, cancer, etc. 

C Aux hidropysies en general; 

7 Aux anemies avec lesquelles il est a craindre que les forces ne puissent 
revenir ; aux convalescences des maladies ou les emissions sanguines et la diete 
ont etc le traitement oblige ; les sources de temperature elevee sont surtout con- 
tre-indiquees alors; 

8 Aux personnes dont 1 irritabilile est si grande qu il faut se garder de pro 
voquer une reaction trop \iolente. Ainsi les eaux sont contraires a toutes les nevral- 
gies et a toutes les nevroses qu elles rendent plus douloureuses encore. (Franz 
Habel, Baden bei Wien. Skisse, i852, p. 36.) 
Duree de la cure, un moisen general. 
On n exporte que tres-peu les eaux de Baden bei Wien. 

BIBUOGRAPHIE. MoxQi ETm (P. L. de}. Beschrcibung des Badewassers zu Baden. Vienne, 
1680, 1155. PISAM (A.), Dissertatio de Balneis Badensibus. 1731. DIETMANN. Dissertalio 
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SCHENK. (C.)- Abhaniilting von den Badern der Stadt Baden, etc. \ ienne, 1791, in -8% 262 p. 
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diti in Niederosterreich in topograflsch-statislischer, geschichtlicher,nalurhistorischer, medi- 
z-inischer, mid pitloresker Beziehung. 1822. SCHE.XK (C.). Anweisung zum Zweckmassigen 
innern Gebrauch des badener Schwefelwassers. Vienne, 1825. BARZELOTTI [Gasp.). Lettra 
intorno al bagni di Baden in Austria. Pise, 1829. HABEL (Franz). Baden und seine tieil- 
quellen. Wien, 1852. ROLLET (Karl). Baden in Oesterreich. Wien, 1855. 

Cure de petit-laii. On employait autrefois a Baden pres de Vienne le petit- 



BADEN BEI WIEN (EAUX MINEBALES DE). 7tf 

lait do vache, de brebis, cle chevre et de buffle ; on ne se sert plus depuis 
longtemps du petit-lait de baffle a cause de son odeur et de sa saveur 
desagreables. Les petits-laits de vache, de brebis et de clievre sont seuls en usage 
auiourd hui etle premier est de beaucoup le plus suivi. Dans les premiers temps, 
on se servait a Baden pour la preparation des petits-laits de presure secbe faite 
avec la membrane interne de 1 estomac du veau exposee a 1 air ou a un feu doux 
pendant un certain temps ; on fait maintenant tourner le lait avec de la presure 
fraiche coupee en petits morceaux et maceree dans une petite quanlite d eau salee. 
Cette maniere de faire ne vaut pourtant pas la premiere, qui donne unlait moins 

aigre est moins sale. 

L etablissement ou se prend le petit-lait de Baden bei Wien se compose d un corps 
de lo^is et d une Trinkhalle a 1 une des extremites dc laquelle est une piece garnie 
de banes etde chaises pour les buveurs pendant les mauvais jours. Le petit-lait se 
distribue dans la cour interieure pendant les beaux temps, et les promenades ont 
lieu dans une partie du pare d un chateau voisin mise a la disposition des malades 
soumis au traitement par le petit-lail. Un metayer hongrois afi erme cet etablisse- 
mentet entretient les vachesqui donnentle lait convert! en petit-lait. Ces vaches, 
au lieu d aller chercber leur nourriture dans les paturages de la vallee ou sur les 
versants de la montagne, comme cela se fait partout ou sont suivies les cures de 
petit-lait, ne quittent jamais les etables ; elles mangent des morceaux de bctteraves 
pendant 1 hiver, du trefle et du ma is pendant le printemps; on les nourrit pres- 
que exclusivement avec du foin pendant 1 ete, afin de rendre leur lait plus 

agreable. 

Le petit-lait est ordinairement present aladose d un, dedeuxoude trois verres le 
matin a jeun et a un quart d beure ou a une demi-heure de distance. II est rare 
quele medecin conseille dans un jour 1 emploi de plusde cinq verres de 120 gram 
mes chacun. Le petit-lait se boit pur ou mele a une cerlaine quaiUite d eau mine- 
rale d une composition en rapport avec la maladie que Ton veut guerir ; il se donne 
chaud ou froid suivant les indications. Le dejeuner ne doit avoir lieu qu une beure 
apres 1 ingestion de la derniere dose. Le petit-lait de vache est laxatif et tonique. 
Les affections dans lesquelles il convient le mieux sont la chlorose, 1 anemie, la 
scrofule, 1 hypochondrie et 1 hysterie arrivee au plus haul degre. Le petit-lait de 
brebis, beaucoup moins usite depuis que le fermier s est aperc^u que la secretion 
abondante du lait nuisait a la beaute des toisons de son troupeau, se present ce- 
pendant encore aux malades qui souffrent des voies aeriennes, aux tuberculeux 
meme, et aux homines protondement affaiblis par de longs etats moibides ou par 
des saignees abondantes . Le petit-lait de brebis ne se prend pas toujours pur dans 
ce dernier cas; on le coupe assez souvent d eaux chlorurees ou ferrugineuses. Ce 
petit-lait convient aussi aux femmes qui ont vu leurs forces diminuer a la suite de 
pertes apres un accouchement, ou coincidant avec la menopause, et aux enfants 
qui se developpent trop tardivement et avec difficulte. On fait prendre alors le 
petit-lait de brebis, a haute dose, dans les stations des Garpalhes ; on le conseille en 
petite quantite a Baden d Autriche et on 1 associe souvent a des eaux minerales 
toniques oureconslituantes. La cure interne de petit-lait est souvent accompagnee 
a Baden de 1 administration des bains d eau minerale ou de 1 application d un trai 
tement hydrotherapique. Nous ne pouvons indiquer d une maniere generate les 
cas ou ces medications auxiliaires sont utiles; le medecin qui dirige la cure est seul 
habile a saisir des nuances souvent delicates en face d accidents compliques. 

Les cures de petit-lait en bains sont rarement suivies a Baden bei Wien, on les 



80 BADENWEILER (EACX MISERALES DE). 

emploie cepcndant, comme a beaucoup d autres stations, dans certaines maladies 
organiquesdu coeur ou il importe extrememenl de moderer 1 impulsion de 1 organe 
central de la circulation; dans certaines affections nerveuses ou il fautoblenir une 
sedation energii|ue. Nous dironsa 1 article PETIT-LAIT combienles Lains composes 
de cette substance diminuent les pulsations arterielles et 1 excitation nerveuse. On 
coupe quelquelois le petit-lait des bains d une certaine quantite d oau minerale. 

M. l^docteur Roubaud resume ainsi 1 opinion de M. le docteur Mul einer, mede- 
cin prepose depuis un grand nombre d annees a la direction des cures de petit-lait 
faites a Baden, qui employait tons les jours jusqu a ces dernieres annees lespetits- 
laits de brebis, de cbevre etdevache. 

M. Miilleiner ditque : 

1 Le petit-lait dc chevre et de brebis se valent dans le traitement des affec 
tions des voies respiratoires (tubercules, bronchite, laryngite, etc.) ; 

2 Le petit-lait de vache est de beaucoup pn fi Table Jans les affections abdo- 
minales (entente ou enteralgie, engorgements du foie, de la rate, de 1 uterus, 
catarrhe vesical, etc., etc.) , 

3 Enfin, les trois especes de petit-lait conviennent egalement dans les mala 
dies generates (cblorose, anemie, scrofule), et dans celles du sysleme nerveux 
(nevralgies et nevroses). A. ROTTREAU. 

BIBLIOGRAPHIE. Moj sisovics (D r ). Ueber die Bereitiintj der Kuh- und ScJiafmolke und ihren 
medicinisclien Gebrauch, Vien, 1852. CARRIERS. Les cures de )jelit-Iait etde raisin en 
Allemagne et en Suisse dans les maladies chroniques. Paris. ROI-BAOD (Felix). Les cures de 
pelil-lait en Suisse, en Allemagne, dans le Tyrol et la Stijrie. Paris, 1867, pages 46 et sui- 
vantes. A. R. 



BADEXWEILER (EAU MiSERALE ET CURE BE rETiT-L\iT DE), hypothermcile, 
carbonatee calciqve faible, non gazeuse, village de 550 habitants, situe dans le 
grand-duclie ck Bade, au voisinage de la foret Noire, au pied de la monfagne le 
Blauen, a 20 kilometres S.-O. tie Freiburg. Badenweiler est sur la ligne du chemin 
de fer de Paris a Bale, a peu de distance de la station de Miilheim. 

Une seule source emerge a Badenweiler ; sa temperature est de 25, 5 centigrades; 
son analyse chimique, faite par Kolreuter, constate que 1000 grammes de cette eau 
continent : 

Carbonate de chaux .................. 0,091 

Sulate de chaux ................... 0,0i9 

Chlorure de magnesium ................ 0,044 

du calcium .................. 0,010 

Matieres extractives .................. 0,002 



TOTAL DES MATIERES FIXES 0,196 

On a decouvert a Badenweiler, en 1784, unetablissementromainbien conserve, 
ayant une longueur de 75 metres et une largeur de 26 metres. Une inscription, 
trouvee dans une des pieces de cette maison de bains d une tres-bonne distribution, 
indique que Diane Abnoba la protegeait. Un etablissement nouveau, pourvu d une 
Trinkhatte, de salles de bains, de douches et de logements pour les baigneurs, est 
maintenant assez suivi. 

On pent faii-e aussi a Badenweiler une cure de petit-lait de .vache, de brebis ou 
le chevre; mais le petit-lait de vache est surtout employe. Nous n a\ons rien de 
particulier a dire des vertus du petit-lait de cette station thermominerale 

A. ROTUKEAO, 



BADIANE (BOTANIQUE) 81 

. I. Bo*ani<iue. Fruit ties plantes du genre Badianier (IHicium L. ), 
quiappartienta la famille des Magnoliacees, et qui a donne son nom a une tribu de 
cette famille, celledes llliciees. Ses caracteres sont les suivants. Les fleurs, regiilieres 
et hermaphrodites, ont un receptacle convexe sur lequel s insercnt, de haul en b is, 
le perianthe, Fandrocee e-t le gynecee, tons formes de pieces independanles lesunes 
desautres. Le pmanthe est constitue par un nombre ties-variable de foliolrs inse- 
rees suivanl une ligne spirale continue; on en compte jusqu a une trenlaine. 
Quelquefoisles plus exlerieures sont verdatres, comroe des sepales; et les interieures, 
colorees en jaune ou en rouse, comme des petales. Mais parfois aussi il est impos 
sible de separer par de semblables caractercs ce qui, dans ces fleurs, pounait 
appartenir a la corolle on au calice ; il y a de 1 une a 1 autre toutes les transitions 
possibles. Toutes ces folioles sont imbriquees dans la prefloraison. Les etaniines 
sont aussi en nombre indefini et forment un faux verticille. Elles se component 
d un filet liypogyne, tantot plat et tantot renfle, vers la partie supericuie, en une 
sorte de massue irreguliere et convexe en deliors, et d une anthere introrse a deux 
loges dehiscentes par une fente longitudinale. Les carpelles sont reunis eu cou- 
roane un pen au-dessous du sommet du receptacle qui demeure libre an centre 
du gynecee. Chacun d eux est lorme d un ovaire uniloculaire, attenue superieure- 
ment en un style qui a la forme d une corne, et dont le bord interne est parconru 
par un sillon longitudinal a levres chargees vers le sommet de papilles stigma- 
tiques. Dans la loge ovarienne se tronve un placenta qui occupe la base de Tangle 
interne, et qui suppnrte un seul ovule, ascendant et anatrope, avec le micropyle 
dirige en bas et en dehors. Le fruit est multiple, forme d un nombre variable de 
carpelles sees et monospermes, reunis, a la facon des branches d une etoile, aulour 
du receptacle commun. De la le nom A Anis etoile s donne ordinoirement aux 
Badianes. Gliaque carpelle s ouvre a sa maturite, suivant la longueur de son angle 
interne, pour laisser s echapper une graine. Celle-ci renferme, sous ses teguments 
epais et lisses, un albumen charnu ti es-ahoiidant, vers le sommet duquel se trouve 
place un tres-petit embryon dicotyledone a radicule supere. Les Illicium sont de 
petitsarbresoudesarbustes, qui croissent dans le sud de 1 Amerique septentrionale 
et dans 1 Asie orientale, principalement vers lenordde 1 Indeetdela Cliine. Tous 
leurs organes sont doues d une odeur aromatique plus ou moins prononcee, et 
glabres. Leurs feuillcs sont persistantes, parsemeesdeponctuationspellucides, ou 
reservoirs d huileessentielleodorante, alternes, simples, sans stipules . Leurs fleurs 
sont, ou termiuales et, dans ce cas, presque toujours solitaires, ou situeesa 1 aisselle 
des feuilles qui occupent levoisinage du sommet des branches. On en connait actuel- 
lement quatre especes, dont deux sont jtsiatiques. Une seule de ces dernieres, tres- 
peu aromatique, n a pas etc jusqu ici employee par 1 homme. Les trois autrcs sont : 
I I. PARVIFLORUM Michx. Ce Badianier a petites fleurs est originaire de 
la Floride ; il a ete introduit dans un grand nombre de pays ; on le cultive dans nos 
serres a Paris, etil peut supporter la pleineterre dansle Midi de la France etdans 
1 Anjon. C est lui qu on cultive au Bresil sousle nom A Anis etoile, etnousavons 
deniontre (Adansonia, VIII, 3) quec est lui, et non 1 J. anisatum, que Guillemin 
a rapporte des cultures de cepays. M. Spach a propose d en faire, sous le nom de 
Cymbostemon, le type d un genre particulier. C est en effet la seule espece qui 
presentedesetamines a filet renfle en massue vers le sommet et legerement concave 
en dedans ; ce qui leur donne une forme scapho ide assez prononcee. De plus ses 
fleurs sont rcellement terminales, comme nous Fa prouve Fetude de leur develop- 
pement (Adansonia, VII, 361). C est un arbuite.tres-aromatique dans toutes ses 
DICT. ENC. VIII. 6 



82 BAD1ANE (BOTANIQCE). 

parties, atteignant jusqu a 5 ou 4 metres de hauteur. Sa tige dressee et ses 
rameaux, tres-glabres, sont charges de feuilles allernes, lanceolees ou clliptiques- 
lanccolees, ou oblongues-lanceolees, attenuees a la base, plus ou moins obtusesou 
aigues au sommet, d un vert gai et luisant en dessus , plus pales et plus ternes en 
dessous. Les fleurs sont caracterisees par le petit nombre et la taille minime des 
folioles du perianthe, qui sont en meme temps courtes et arrondies, au lieu d etre 
allongees comme dans les autres especes du genre. Les carpelles sont nombreux 
dans cette espece ; il y en a jusqu a une vingtaine , et tous persistent dans le fruit 
mur, quoiqu ils puissent ne pas etre tous lertiles et ne contenir qu une graine 
avortee. lln enest pas moins vrai qu on ne peut conlondre le fruit de cette espece 
avec I Anis etoile de la Chine, parce que celui-ci n a guere que huit carpelles au 
fruit, et rarement nn on deux de plus ou de moins. Le fruit de 17. pam/Zorwmrepre- 
sente done loujours une etoile a branches plus nombreuses. Voila pourquoi il serait 
facile de le reconnaitre dans le commerce, s il y etait debite, comme Ton dit dans 
beaucoup d ouvrages classiques, sous le nom A Anis etoile de la Chine. Je nel ai 
jamais rencontre a Paris ; et si, ainsi qu on 1 assure, il s emploie comme tel, ce ne 
peut etre que dans son pays natal. II n y a rien d etonnant a cela, d ailleurs, caril 
est tres-aromatique, tres-sapide, et il est vraisemblable que toutes ses proprietes 
doiventetre cellesde 17. anisatum. 

II. 1. FLOIUDANUM Ell. L. Cette espece, egalement americaine, decouverte 
aussi dans la Floride, se distingue de tous les autres lllicium connus, par la 
couleur dc ses fleurs. Celles-ci sont d un pourpre noiratre, au lieu d etre d un 
jaune plus ou moins verdatre ou orange, comme celles de toutes les aulres especes. 
C est la un des caracteres de la section Euillicium deM. Spach, ou, de plus, les 
folioles exlerieures du peiianthe sont bien plus distinctes des interieures. Ces 
folioles, qui meritent bien mteux ici lenom de sepales, sont plus pales que les in- 
terieures ; 1 une d elles peut etre totalement blanchatre. Elles sont d ailleurs 
courtes, larges et membraneuses, les interieures ayant la couleur intense que nous 
venous d indiquer. Les etamines, au nombre d une trentaine, sont faites comme 
cellos de 17. anisatum, et non cymbiformes. Les carpelles sont aussi nombreux 
que ceux de 17. parviflorum, et meme davantage. Aussi cet Anis etoile americain 
ne pounait-il etre meconnu , s il etait substitue chez nous a celui de la Chine; ce 
qui ue s est certainement pas procluita Paris depuis plusieurs annees. C est proba- 
blement done encore dans son pays qu il est entiereineut consomme. Son arome 
est tout a fait celui de 17. anisatum; ses feuilles sont aussi extremement odorantes, 
et 1 on conceit qu on puisse avec avantage les employer en infusions aromatiques. 
Leur forme tst oblongue-lanceolee ; elles sont tres-glabres, lisses et luisantes et 
sont dispersees dansTordreaUerne surles branches glabreset presque dichotomes 
d un tres-bel arbrisseau , haut de 2 a 12 pieds, et cultive dans notre pays 
comme plante d ornement d orangerie ou de serre froide. 

III. I. ANISATUM L. Cette espece est la seule qui se trouve constamment dans 
le commerce de la droguerie europeenne , et c est toujours elle dont le fruit 
s emploie en France dans la therapeutique. On peut 1 appeler indifferemment Anis 
etoile ou. Badianier de la Chine, du Japan, de I Inde (Anasipu en tamoul), de 
Java, et des Philippines, car il parait qu il existe dans ces diffcrents pays, et que 
tous, sauf le Japon, exportent ses fruits pour les usages industrials, economiques 
et medicaux de 1 Europe. Mais nous croyons qu ii a ete tres-probablement 
introduit dans presque toutes ces contrees, ou qu il y est seulemeut cultive 
ct qu il ne croit vraisemblablement, d une fagou spontanee, que dans uue poition 



BADIANE (EOTANIQOE). 83 

tie la Chine, dansles provinces du nord-ouest de cet empire. C est un petit arbre, 
ou un arbusle, dont la taille varie d un demi-metre a une dizaine de metres. Soi 
ecorceestgrisatre, etson bois, dur, fragile. Ses rameaux, alternes, souvent presque 
verticilles, sont charges de feuilles persistantes, tres-aromatiques, comparers par 
presque tous lesvoyageurs a cellesd un laurier, oblongues-lanceolees ou elliptiques- 
lanceolees, egalement ou plus souvent inegalement altenuees vers la base et le 
sonimet, ce dernier etant aigu ou legerement obtus; tres-plabres, lisses, d un beau 
vert, assez epaisses et un peu coriaces. Ses fleurs sont, non pas terminales, mais 
situecs dans 1 aisselle des feuilles superieures des rameaux, ou de bractees qui 
tiennent la place de ces feuilles. Leurs boutons sont scmblables a des bourgeons 
converts d ecailles imbriquees. Ces bractees sont les unes destinees a entourer la 
base du pedoncule floral, les autres a jouer le role de folioles exterieures 
dans le perianthe. II est impossible ici de distinguer un calice et une corolle 
parmi les appendices, au nombre de quinze a trente, qui entourent les organes 
sexuels. Les plus exterieurs sont plus courts, plus larges, plus verdatres, plus 
epais, comme sont d ordinaire les sepales ; les plus interieurs, au contraire, sont, 
comme des petales, plus minces, plus elroits, plus longs, d un tissu bien plus 
delicat, et d une couleur jnuae pale, tirant plus ou moins su\- le vert blanchatre. 
Mais, entre les uns et les autres, il y a tous les intermediaires possibles ; de facon 
qu on ne saurait dire avec certitude ou finit le calice et ou commence la corolle. 
Les etamines, inserees en apparencc suivant un verticille, se composent d un filet 
aplati, non renfle dans la partie superieure, ct d une an I here introrse, a deux loges 
dehiscentes par un feute longitudinale. On en comptea peu pres une vingtaine. Les 
carpelles ne sont ordinairement qu au nombre de huit, aussi bien dans la fleur que 
dans le fruit ; car il arrive tres-souvent qu ils deviennent tous fertiles ; et quand 
ce nombre de huit fait defaut, il ne s agit jamais que d un nombre tres-peu consi 
derable de carpelles en plus ou en moins. Dans la fleur, ils se terminent par une 
corne stigniatiiere, et leur ovaire renferme un ovule ascendant. Dans le fruit , ils 
deviennent comprimes, anguleux , a surface plus ou moins rugueuse , a sommet 
plus ou moins aigu et presque droit ou un peu recourbe en haul. Leur couleur est 
brune et leur odeur tres-aromatique et tres-agreable, lorsqu on les juge propres a 
etre livres au commerce pour les usages medical et industriel. Ils s ouvrent sui 
vant la longueur de leur huil branches, sur le bord interne ou superieur, et lais- 
sent entrevoir chacun uue graine qui est ovale, uu peu aplatie, tres-lisse, luisante, 
d un brim plus ou moins grisatre a la surface. Son albumen charnu, hmleux, 
abondant et son embryon presque apicil et tres-peu developpe, sont, comme les 
teguments, doucs d une odeur tres-aromatique. Les fruits sont portes par des 
pedoncules plus ou moins longs, greles et cylindriqucs. II en est de meme des fleurs 
quand elles sont tout a fait epauouies. Mais elles sont tout a fait sessiles dans leur 
jeune age, et elles peuvent 1 etre presque encore alors qu elles commencent a s ouvrir . 
Nous rattachons a cette espece, comme simple forme produite dans des circon- 
stances tout a fait particulieres, un autre Badianier, 17. religiosum de Siebold et 
Zuccarini, qu on a considere dans ces derniers temps comme une espece distiucte 
et qui presente plusieurs applications therapeutiquesinteressantes. On les trouvera 
exposees pour la premiere fois dans le celebre ouvrage de Ksempfer intitule 
Amcenitates exoticx, et elles ont ete reproduces en partie par Siebold et Zuccarini, 
dans leur Flora japonica. Mais les fruits de cette plante ne peuvent etre employes 
comme condiment, car ils n ont que peu de parfam , ou seulement une odeur peu 
prononcee, peu agreable. Quelquefois meme ils sont doues, dit-on, de proprietes 



84 BADIGEOMAGES. 

plus on moins nnisibles. Toutefoisnousavons, dans un travail special sxnl Origine 
bolanique des Badianes ou Anis etoiles, clont la publication est toute recente 
(Adansonla, Vlll, \), et auquel nous renvoyons les lecteurs que peuvent interesser 
ces questions, etabli un certain nombre de 1 aits qui semblentprouver que 17. reli- 
giosum n est qu une forme, modih ee par la culture ou le changementde sol et de 
climat, de 17. anisatum de Linne. H. BN. 

CLUSIUS, Hist., II, 202. BAUHIS, Pinax, 159. -- KJJMFFER (E.). Amcenitat exot., 880, 
t.881. L . Gen.. 611 ; Spec., 6(31- ; Mat. med., 510. APASS., Fain, des plant., II, 564. 
THUNDERS. Voyag., IV, 77. Jnss., Gen. plant., 1 280. G-EHTXER, De fruct. et sem. ear., 1,538, 
t. 69, fig. fi. KLLIS, in Act. Angl. (1770), 524, t. 12. REGXAULT, Bot. tab., 596. LOCREIIIO, 
Florl coehinch., ed. Uly??ip. (1790), 355. LAMK, Diet., I, 5M ; lUustr., t. 495, fig:. 2. 
Pom., Suppl ., I, 558. BUCB , PI now. deer (1779), 50, t. XXVIII. YENTF.XAT, Jard. de 
Cels t. 22. MICHADX, Flor. bor.-amer., I, 326. MER. et DEL., Diet., I, 592. L C.. Syst. 
veget., I, 411. DDCH., Rc pert., 176. -- NEES D KSESBECK, Plant, medic.. Ill, t. 571 
ENDL., Gc. p?<mf.,n. 4743. MIERS, Contrib. to lot., I, 142. SIEEOLD et ZDCCARINI. F/ora 
japon.,1,5, t. 1. SPACH, Si(/r. Buff.,\\\, 439. A. RICH., Ete m., ed. 4, H, 45ii; DiVr. f50 
DO/. ,1V,. 29; GUIBOCRT, Drag, simpl., ed. 4, 111,649, fig. 430. PEREir,A,E/em. MaZ.7?;<?d.,ed.4, 
II, p. II. LIXULEV, F/or. med.. 14~>. MOQ., Bot. nu dic., 2(iT. REV., in Ft. med. du jtix 
siecte, (, 143. BEXTH. et HOOK., Gen plan!., 1, 18, n. 2. MIQUEL, in Ann. Mus. l.ugd.- 
Bat.,\\\, 91. H. BAiLLos.in Adansonia, VII, 8, 67, 361; VIII, 1; Hist, des plantes. Ma- 
gnoliace es. Paris, 1868, in-8" 

II. Emploi medical. C est, comme il a ete dit plus haut, le fruit de 17/Z/- 
chtin anisdtiim qu ou i iupl<iic, en Europe, sous lenom de badiane ou anis etoile. 
Mcisuer y a Irouve line huile volatile el vine buile grasse, de couleur verte, de 
saveur acre et bnilante, en lesquelles resident les proprietes speciales de la ba- 
diaiu 1 ; il y a constate egalement la presence du tannin (qui est associe, comrae 
on suit, a 1 liuile essenlielle dansun certain nombre de plantes aromatiques, telles 
que la cannelle, le girofle, le piment, etc.), d une rt sine insipide, d uue matiere 
extractive, de la gomme, de 1 acide benzoique et de quelques sels. 

On administre la badiane 1 en poudre (1 a 2 grammes) : 2 en infusion chaude 
(5 grammes pur 5CO grammes d eau); 3 en maceration froide (de 5 a 10 gram. 
pour la nicme quantite d eau) ; 4 sous forme d eau distillee (10 a 30 grammes) ; 
5 sous forme d alcoolat ou d esprit de badiane (5 a 20 grammes) C est elle qui 
forme la base de certaines anisettes renommees. 

L anis rtoile jouit a un plus haut degre que 1 anis vert de proprietes stimulantes 
et carminatives. II convient dans les atonies gastro-intestinales, la dyspepsie flatu- 
lente, les catarrhes bronchiques qui tournent a la chronicite. J ai rencontre quel- 
quelois ces deux genres d anisunis au fenouil dans des melanges de plantes destines 
a guerir le catarrhe, et faisant partie de pharmacies domestiques. Du reste au 
point de vue des preparations phamaceutiques comme a celui de 1 action pliysiolo- 
gique et therapeutique, la badiane et 1 anis ordinaire out de si etroites analogies 
qu on peut, pour de plus amples notions, se rapporter a ce qui a ete dit a 1 aiticle 
AKIS. A. DECHAMBRE. 



Chirnrgie et medecine pratiques. En medecine 
comme en cbirurgie, on comprend sous le titre de badigeonnage, la metbode qui 
consiste a peindre, a barbouiller ou a enduire une partie quelconque du corps, 
qu elle soit saine ou malade, avec une substance medicameuteuse liquide ou semi- 
liqnide. Les badigeonnages remplissent plusieurs buts : le premier est d ubord 
d agir, en preservant les parties badigeonuees du contact de 1 air ; le second, suivant 
la nature dnbadigeon, de modifier ces parties plus ou moins profondement et tres- 
promptement; letroisieme, dans certain cas, d agir par absorptiozi; le quatrieme, 



BADIGEONNAGES. 85 

mais dans quelques circonstances seulement, d exercer une compression douce, 
uniforme et favorable ; le cinquieme, enfin, d agir comme resolutifs el revulsifs. 
Les medicaments qu on a le pins souvent employes pour pratiquer les badigeon 
nages sont tous les corps gras, liuileux, les pommades, les onguents de toute 
espece, les solutions gommeuses, la dextrine, la glycerine, le collodion, pnis les 
solutions astringentes, caustiques, comme celles de sulfate et de chlorure de zinc, 
de sullate et de perchlorure de fer , de nitrate d argent, de sublime conosil , d acide 
pbemque, puis toutes les teintnres alcooliques, celle d iode en parliculier, en un 
mot toules les matieres qui, sous la forme liquide ou serai-liquide, defendant les 
parties badigeonnSes du contact de 1 air, resserreiit les extremites beantes des vais- 
seaux divises et coagukntle sang, la serosite et la matiere purnlente, et forment une 
espece de vevnis, de tegument artiliciel, soil en se combinant avec les tissus, comme 
1 iode, le nitrate d argent.le perchlorure de fer, etc., soit en les recouvrant tout 
simpleraent, mais d une maniere complete, sous la forme d une pellicule mince, 
solide et impermeable, comme le collodion, la gomme, la dextrine, etc. 

Les b;idigeonnages produisent des ellets variables et diflerents, suivantla nature 
du medicament qui les compose, suivant sa concentration plus ou rnoins lorte, 
suivant le mode d application, et enfin suivant 1 etat partitulier des tissus badi- 
geonnes. Les avantages des badigeonnages fails avec des preparations liquides ou 
semi-liquides sont, en meme temps qu ils preser vent les parties du contact de 1 air, 
depouvoir penetrer, s insinuer dans toutes les anfractuosites, dans tons les recoins, 
dans tous les plis et replis d uu tissu, d une plaie, d une cavite, et d avoir la pro- 
priete, ainsi appliques, de faire avorter, de diminuer et d arreler toute irritation 
et toute inflammation ; enfin, en resserrant les boucbes ouvertes des vaisseaux 
capillaires, en coagulant les liquides qui s en ecoulent, de modifier toules les 
secretions, de quelque nature qu elles soient, el de s opposer ainsi aux accidents 
de 1 infection putride et de la resorption purulenle ; en agissant ainsi, ils servent 
done a accelerer la guerison des parlies badigeonnees. 

Pour se rendre bien comple de la maniere d agir de cbaque subslance employee 
en badigeonnages, il est necessaire de decrire les phenomenes qui out lieu apres 
chaque application, soit sur la peau, les muqucuses et les plaies ; mais comme les 
effets produits par cbaque espece de badiyeon, sont a peu pres les memes, 
suivant In classe a laquelle il appartient, nous nuus bornerous a ne purler que des 
pbenomenes dus aux substances dont la pratique a fait usage le plus irequem- 
ment, c est-a-dire a ceux observes a la suite des badigeonnages avec la teinture 
alcoolique d iode et le collodion ; tout ce que les badigeonnages faits avec ces deux 
medicaments, qui representent les deux principal s classes des substances em 
ployees, olire de particulier et d mteressant, peut s appliquer aux badigeonnages 
fails avec toutes les autres substances medic;imenteuses. 

Bisons d abord comment doivent se pratiquer les badigeonnages, soit qu on 
opere sur la peau, sur une muqueuseou sur une plate, etc. A 1 aide d un pinceau 
fait avec des poils de blaireau, du linge ou de la charpie, et trempe dans le solute 
du medicament ou la preparation, (|u on veut mettre en usage, on applique coup 
sur coup deux, trois ou qua tre couches, qu on Jaisse secher ensuite, b;m- recouvrir 
les parties. Ces badigeonnages peuvent etre et doivent elre, le plus souvent, re- 
petes pendant plusieurs jours, deux ou trois fois par vinfrt-qnatre heiires, et a plu- 
sieurs heures de distance; ils doivent etre faits de maniere que tontes les parties 
qu on veut soumettre au badigeonnage soiant completement recouverles ut pine- 
trees de la substance employee pour le badigeonnage, aulrement on n obliendrait 



86 BADIGEONNAGES. 

pas les effels qu on se propose, c esl-a-dire de priver completement les parties du 
contact de 1 air, et, par suite, de faire avorter 1 inflammation, de la diminuer, de 
1 arreter ; on ne mo;lifierait ni les plaies, ni les secretions qu elles fournissent. 
Dans quelques cas, en raison de la nature du medicament qui les compose, ces ba- 
digeonnages produisent de la cuisson, une douleur plus ou moins vive. Ces der- 
niers phenomenes peuvent aussi dependre de la repetition trop prolongee du badi- 
geonnage et de 1 etat particulier dans leqnel sont les parties sur lesquelles on les 
applique : ainsi ils sont parfois tres-douloureux sur les plaies recentes, sur la peau 
et les muqueuses depourvues d epiderme. Dans ces cas, on les laisse momentane- 
ment, pour y revenir, lorsqu un nouvel epiderme s est reforme, et les continuer 
ensuite aussi longtemps qu il est necessaire, pour arriver a une guerison complete* 

On badigeonne ainsi toutes les parties lesees, divisees, irritees, enflammees, 
ulcerees de la peau ct des muqueuses, et toutes les plaies de quelque nature qu elles 
soient; si Ton veut modifier promptement et energiquement certaines parties, 
comme des pbies de mauvais aspect, le col de 1 uterus ulcere, fongueux, par 
exemple, il faut recourir a une solution plus concentree, a une solution caustique 
du medicament qu on emploie, et meme laisser a demeure un tampon de charpie 
imbibe de la solution qu on a clioisie. 

Examinons maintenant les eiTets produits paries badigeonnages, enprenant sur- 
tout pour exemples, ceux qui sont i aits avec 1 iode ou le collodion. 

La peau badigeonnee avec une ou plusieurs couches de teinture alcoolique, prend 
differentes couleurs, suivant la nature de la teinture employee ; apres plusieurs 
badigeonnages, elle devient seche, chagrinee, reche ; elle se racornit et semble 
eprouver un resserrement, une astriction particuliere qui la fait ressembler a du 
parcbemin ; avecsa combinaison avec la peau, les teintures leur Torment une espece 
de vernis, qui la met a 1 abri du contact de 1 air; les premiers badigeonnages, 
fails matin et soir pendant deux ou trois jours, trois ou quatre jours, ne sont pas 
douloureux, ce n est que plus tard, et apres sept huit ou dix badigeonnages, et 
quelquefois plus encore, que les malades commencent a eprouver une certaine 
tension, de la cuisson et une douleur plus ou moins vive, surtout si Ton a 
affaire a des sujets dontla peau soil fine et delicate ; qu on examine alors les parties 
kidigeonnees, on remarque que I epiderme s exfolie, se detaehe et tombe par par- 
celles, qu une transpiration locale ou plutot qu une espece de suintement a lieu ; 
si alors on continue les badigeonnages, la chaleur, la cuisson, la douleur, devien- 
nent beaucoup plus vives, intolerables quelquefois, et aussi fortes que lorsqu on 
applique de la teinture d iode pure sur des plaies recentes. Lorsqu on est arrive a 
{ exfoliation de I epiderme, on cesse momentanement les badigeonnages pendant 
deux ou trois jours, pour y revenir des que la peau aura repris son etat normal. 
^A. chaque nouvelle serie de badigeonnages, il se fait une nouvelle exfoliation, un 
nouveau suintement de serosite, et Ton continue ainsi jusqu a ce que 1 on ait 
obtenu 1 effet qu on se propose. II arrive quelquefois que ces badigeonnages, lors- 
qu ils sont repetes trop souvent ou faits avec des teintures caustiques, determinant 
une certaine vesication ; mais jamais ce phenomena ne degenere en suppuration, 
et c est la un des phenomenes importants de 1 iode de ne pas produire de la sup 
puration, car ces badigeonnages n agissent jamais assez profondement pour amener 
ime veritable inflammation de la peau ; bien mieux, c est quelorsqu ils sont prati 
ques suivant les regies que nous venons d indiquer,ils font avorter rinflammation, 
la font cesser si elle existe, comme dans 1 erysipele, 1 angioleucite, la phlebite des 
veinei superficielles, I cedeme, lephlegmondiffus, etc. Employes ainsi, ces badigeon- 



BADIGEONNAGES. 87 

nages sont de puissants revulsifs, des resolutifs qu on pent continuer pendant long- 
temps ,pendantdessemaines,des mois.sans inconvenient aucun, en prenant toutesles 
precautions que nous venous d indiquer; on les emploie ainsi, surtout la leinture 
d iode, centre toutes les affections aigues ou chroniques de la poitrine, du larynx, de la 
croreet du ventre, en badigeonnant dans une large etendue les parois de ces diffe- 
rentes regions. Ces badigeonnages sont egalement tres-elficaces conlre toutes les 
collections sereuses oupurnlentes, contre les engorgements de toute nature, dans 
les infiltrations da tissu cellulaive,lesarthrites, les hydarthroses, contre les inflam 
mations de la plevre, du peritoine et des ovaires, contre les ganglions engorges, 
les bubons, les abces, les furoncles, les anthrax, le goitre, 1 orchile chronique, le 
carreau, etc. ; contre les nevralgies, sciatique, intercostale, etc.; enfm contre les 
inflammations aigues et chroniques de la peau, comme 1 erytheme, les pustules 
de la variole pour les faire avorter, les engelures, le zona, la teigne, 1 acne, le 
psoriasis, les syphilides, les ephelides, les naavus, etc., etc. 

Lateinture d iode, comme beaucoup d autres teintures alcooliques, comme tous 
les solutes caustiques prepares avec le nitrate d argent, le sublime corrosif, le 
chlorure dezinc, le perchlorure de fer, etc., penetre les tissus et contracte avec 
eux une veritable union cbimique, qui les moditie d une maniere prompte et avan- 
tageuse. L action des bndigeomiages fails avec les substances actives, est eminem- 
ment resolutive et modificatrice. D ailleurs, que cette action soit resolutive ou 
substitutive, ou qu elle agisse en resserrant les tissus ou en coagulant les liquides, 
elle est speciale, particuliere. 

Sur les muqueuses ces badigeonnages agissent absolument comme sur la peau, 
et les premieres applications ne sont nullement doulouivuses, et laissent moins de 
traces de coloration ; les effets qu ils pvoduisent sont un resserrement, une seche- 
resse des parties touchees; les secretions des muqueuses, qu elles soient sereuses, 
purulentes, sanguinolentes, muqueuses, diphtheritiques, de bonne ou de mauvaise 
nature, se coagulent et se durcissent ; I extremite des vaisseaux capillaires se 
contracte, se resserre, se desseche, s agglutine et s oblitere ; il se forme, comme 
sur la peau, un veritable vernis, une couche peu epaisse, une espece de pellicule 
ou couverclequi arrete tout d abord 1 exhalation et les secretions, en meme temps 
qu il defend les parties du contact de 1 air, tout en les modifiant tres-utilement ; 
puis, bientot apres, ce contact de la substance medicamenteuse sur la muqueuse 
provoqueune reaction, suscite un stimulus plus ou moins vif, mais non doulou 
reux; la secretion devient momentanement plus abondante, mais elle est deja sen- 
siblement modifiee et de meilleure nature. Si, dans ces circonstances, on repete 
trop souvent ces badigeonnages, on peut irriter la muqueuse jusqu a provoquer un 
suintement sanguinolent, qui d ailleurs n a rien de grave ; seulement c est une 
indication pour discontinuer momentanement les badigeonnages. Les phenomenes 
qu ils produisent sont toujours locaux, et n occasionnent aiicune reaction generale ; 
il n y a douleur que si la muqueuse est ulceree ou depouillee de son epithelium. 

Ces badigeonnages fournissent de beaux resultats dans les ophthalmies scrofu- 
leuses, purulentes, contre les granulations oculaires et palpebrales, les ulcerations, 
les epaississements et les laches de la cornee ; ils sont tres-avantageux conlre loules 
les inflammations de la gorge, qu elles soient simples, diphtheritiques ou couen- 
neuses ; ils sont tres-eftlcaces dans les engorgemenls et les ulcerations des amyg- 
dales, le ramollissement des gencives, les inflammations de 1 urethre et du vagin, 
qu elles soient aigues ou chroniques, simples ou virulentes; contre les chancres, 
les engorgements et les ulceralions kmgueuses ou non du col de 1 uterus, etc. 



BADIGEOMAGES. 

Dans les plaies recentes ou anciennes, ces badigeonnages, surtout ceux avec la 
tcinhire alcoolique d iocle on toute autre teinture alcoolique, ont 1 immense avan- 
tage de modifier rapidemenl les secretions, quelle que soit leur nature ; ils agis- 
sent coninie aiitiseptiques, en meme temps que la substance employee se combine 
avcc les tissus et les secretions, et forme une couche impermeable qui, en meme 
temps (|u elle oblitere les vaisseaux capillaires, les met a 1 abri du contact de Fair. 
Sur les surfaces divisees, enflammees ou non, ou suppurantes, 1 iode forme, comme 
sur la peau et les muqueuses, uae espece de couche de vernis au-dessous de la- 
quelle les proprietes vitales se developpent, et bientot une suppuration plus abon- 
dante detache cette eschare snperficielle ou plutot cette couche impermeable a 
1 air, qui n est que le produit de la combinaison de 1 iode, soit avec les tissus, 
soil avec les liqmdes qu ils secretent. En employant ainsi, dans une plaie recente, 
un badigeonnage, son premier el let est de resserrer.de lermer, d obKterer les vais- 
seanx ou verts, d empecher I ecoulement du sang, soil en les faisant se contracter, 
soit en coagulant le liquide qui remplit leurextremitedivisee; et dans les plaies an 
ciennes, il active ensuiteles proprietes vitales des parties, d ouresulteun autre mode 
de vitalite, qui read les parties malades propres a se debarrasser des impuretes et 
de tontes les entraves qui s opposent a leur retour, au mode naturel qu ellcs ailec- 
tent dans I etat sain. L usage de ces b:idigeonn;iges a done le precieux avantage, tout 
en detergeant les plaies et les ulceres de tonle espece, de les desinfecter, de detruire 
et d annihiler les virus et les venins, d empecher 1 infection putrideet la resorption 
purulente, et enfin d aidera la cicatrisation. Par ces badigconnages, dans les plaies 
receiuYs, le sang est arrete dans les vaisse.mx capillaires, qni se retractent et se bou- 
chent ; dans les plaies anciennes, les mauvaises quaiites du pus ou des secretions 
sont changees, les vaisseaux sont degorges, les surfaces suppurantes sont modihees, 
et en peu de temps les secretions deviennent louables, par suite des changements 
snrvenus dans 1 etat des suitaces enflammees; c est alors que les plaies acquierent 
cette vie, cette fermelequ elles ont toujours lorsqu elles tendent a la guerison. Sou- 
vent, dans ces cas, 1 absorption du medicament employe vient aider a la guerison. 

C est done comme moyens resolutifs, comme substitntifs et comme agents modi- 
ficateurs des si.rlaces diviseesou euttanimees, comme preservateuis du contact de 
1 air, qu agisscnt les badigeonnages fails avec les temlures alcooliques ou les solutes 
caustiques ou astringents. 

II est d autres substances employees en badigeonnages qui n agissent que meca- 
niqnement et nnllement chimiquement, en se bornant seulement a mettre les 
parties a 1 abri du contact de 1 air et a exercer seulement une compression legere 
sur les points sur lesquels on les applique. De ce nombre est, an premier rang, le 
collodion, puis viennent ensuite les solutions gommeuses, la dextrine, laglycerine, 
les corps gras. etc. Les services qne les badigeonnages faits avec ces substances 
rendent tons les jours a la medecine et a la chirurgie ne sont pas moins precienx, 
dans certains cas particuliers, qua ceux que nous venons de passer en revue pour 
les substances snbstitutives, astringentes ou caustiques. Et comme les phenomenes 
produits par les differents medicaments que nous avons ranges dans cette seconde 
categorie sont presque les memes que ceux produits par le collodion, nous ne nous 
occuperons que du badigeonnage avec le collodion. 

Les services rendus par cette preparation sont de date assez recente. Us ont ete 
signales, des son apparition, en 1846, par MM. Meynard et Bigelow, et le BULLETIN 
DE THERAPEUTIQUE (p. 180 et 228, t. XXXV) a appele 1 altention des praticiens 
sur les badigeonnages faits avec le collodion. Simpson les a employes avec succes 



BAFFOS. 89 

centre les gercures du sein ; Wilson, centre les maladies de la peau, centre I ery- 
theme chronique, 1 intertrigo, 1 lierpes labialis, praputialis, 1 erysipele, le zona, 
le lupus, le lichen agrius, el centre plusieurs .iffeciions des follicules sebaces; 
M Cabarellol a mis en usage coatre les tumeursaevrysmales;M.Valette, chirurgien 
de I lloiel-Dieu de Lyon, centre les brulures, etc., et depuis le collodion a ele 
employe en badigeonnages, par presque tous les praliciens, centre les pluies snper- 
ficielles, pour la reunion p:ir premiere intention des pctites plaies, centre 1 entro- 
pion (llairion), le nsevus maternus (Bromard), les engorgements du sein et antres 
or^anes (Evans) et centre 1 erysipele principalement et toutes les inflammations 
superflcielles de la peau, les douleuis nevralgiques rhumatismales. M. Robert- 
Latoiir aessaye de donner unegrande extension a IVmploi du collodion ricine en 
badi^eonnage, qu il dit etre tres-el licace dans les cas de peritonite, d arlhrite, de 
suppurations phlegmoneuses, etc. Mais comme ces pretentious se lieut a des vues 
paiticuheres, il sera temps de s en occuper quand viendra 1 examen des usages 
medicaux du collodion. (Voy. COLLODION). BOINET. 

BAECK (ABRAHAM). L Helsingie est un des nombreux lans, ou gouverne- 
mentsde la Suede, baigue a Test par le golfe de Bollmie, et qui a pour capitate 
Huddikswall. C est dans cette derniere ville que naquit, en 1713, ce medecin dis 
tingue, ami de Linne, et qui a merile les honneurs qni sent venus le trouver. 
Voici ses principaux litres : assesseur au college royal de Stockholm (1745), pro- 
fesseur d anatomie (1747), medecin de la cour(1748), medecin ordinaire du roi 
(1749), president du college (1752), chevalier de 1 Etoile polaire (1775). Les 
Epliemerides des curieux de la nature parlent souvent de lui. Le genre Baeckea de 
la famille des Salicaires a ete cree par Linne en son honneur. Baeek est mort en 
1795, laissant la reputation d un savant homme, au caractere doux, prudent, phi- 
lanthropique. Ses ouvrages sont : 

I. Tal om nyttal som tilflytar Loekare Konsten af en woel irceltad Lazarelh i Stockholm. 
Stockh., 174ti, i n-8". II. De aere ejusque effectibus in corf/us humanum. Upsal. 1734, 
in-4. III. De phlliisi imminent e dignosceitda et curanda. Upsal, 1759, in-4. IV. De 
medicamentis domesticis, eorumque nsu in dysenleria. L psal, 1741, in-4. V. Plusieurs 
raemoires inseres dans les Memoir es de I Academic des sc. de Stockholm, sur la couleur 
du negre. 1748; sur une plante du Bresil appelce picliurim, suf le spartium scoparium, 
1765. VI. Une traduction suedoise du livre de Dimsdalu sur 1 inoculation, 17B9. 
VII. Une notice sur le Narwal. VIII. Un traite sur les insectes nuisibles a 1 agriculture 
(Reskrifnlng omgrasmatkeri\, insere dans les Anale eta Transalpine!, 1. 1, p. 201-204. A. C. 

BAERSDO9P (CoRNEiLLE DE). Natif de Baersdorp, dans la Zelande, archiatre 
etchamb-llan de Charles-Quint, ce medecin, quimourut a Bruges le 24 novembre 
1565, a laisse deux, ouvrages pleins d erudition, ce qui ne les a pas empeches de 
tomber dans un oubli complet. Envoici les litres : 

I. MethofJus universx artis medicx, formulis expressa ex Galeni Iraditionibus. Burgis 
153S, m-t ol. II. Consilhim de arthritide; disseriation dont Henri Caret a enrichi son De 
art n-iiidis prxservatione el curatione clarorum docltssimorumque nostrse xtalis medicorum 
concilia. Francofurti, 1592, in-8 A. C. 



(ALEXIS-REIVE), ne a Montflanqnin (Lol-et-Garonne), en 1777, vint a 
Paris pour eludier la medecine sous les auspices de son parent, le celebre Ant. Da- 
bois. II Itit pendant longtemps chirnrgien de t Hopital des enfants, puis de 1 hopital 
de La Rochrfoucault. Entin il eut 1 honneur de faire partie de 1 Academie de mede- 
cinr des la fondation de cette souiete. Baffos etait aveugle depuis sept annees, quand 
il s eteignit le 16 avril 1866, a 1 age de quatre-vingt-neuf ans. 



90 BAGLIVI. 

Baffos avail peu ecrit ; on a de lui : 

J. Dissert, sur les fistules it I anus. Th. de Paris, 1803, in-8. II. Amputation de la 
euisse dans I articulation ile o-fe morale pratique e avec succes. In Bullet, de la faculte de 
me d., t. Ill, p. 71,112; 1812. 

BAGARD (CHARLES). Voila un nom cher a la Lorraine, et surtout a la ville de 
Nancy. C est a ce medecin, en effet, que Nancy doit son jardin botanique, son col 
lege et son universite , naguere tronant a Pont-a-Mousson. Bagard n eut qu a 
parler pour obtenir toutcela en faveur de sa chere ville natale, car il fut medecin 
de la duchesse de Lorraine, et plus tard de Stanislas, roi de Pologne. Ne, le 2 Jan 
vier 1C96, d Antoine Bagard, egalement medecin ducal, docteur de Montpellier, 
president du college de la capitale de la Lorraine, decore de 1 ordre de Saint-Mi 
chel, Charles mourut le 7 decembre 1772, au grand regret de ses confreres et de 
ses concitoyens. On cite de lui les ouvrages suivaiits : 

I. An vomilus fueculentus in passione iliaca ab antiperintaltico intestinorum motu? 
Montpel., 1715, in-8. II. Histoire de la rhe torique avec le poeme d Andromaque sur la 
thi riaque. Nancy, 1723, in-4. III. De utero duplici in fcemina visa cum vestigiis fcecun- 
ditatis in utroque utero. Nancy, 1753, in-4. IV Recherches et observations sur la 
duree de la vie de I homme. Nancy, -1754, in-8. V. Discours sur I Mstoire de la tfte- 
riaque. Nancy, 1755, in-8. VI. Explication d un passage d Hippocrate sur les Scythes qui 
deviennent eunuques. Nancy, 1761, in-8. \II UJmoire sur les eaux de Contrexeville 
en Lorraine. Nancy, 1760, in-4. VIII. Sur les eaux minerales de Nancy. Nancy, 1763, 
in-8. IX. Dispensatorium pharmaceutico-chymicum. Nancy, 1770, in-f ol. X. Pinax 
tnateriei medicinalis. Paris, 1771, in-8. A. C. 

it K.I: r On cite deux membres de la profession portant ce nom, et qui sont 
sans doute de la meme famille. 

Baget (JEAN), maitre chimrgien de Paris, s est fait connaitre par un Traite 
d osteologie, public en 1731 , in-12, et par un memoire sur les maladies de 1 u- 
rethre (1750; in-12). 

Baget (JEAN-HENRI) fut un medecin distingue de 1 ecole de Paris, ou il fut recu 
licencie le 6 septembre 1772. Je ne sais 1 epoque de sa mort, mais je sais qu il na- 
quit a Paris, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, en 1 annee 1740. A. C. 

BAGIEL (JACQUES), chirurgien distingue, longtemps a la lete du service de 
sante dans la compagnie de gendarmes de la garde du roi, a ecrit sur plusieurs 
sujets, mais particulierement sur les amputations;. On cite encore son travail pu- 
blie dans les Memoires de VAcademie de chirurgie (t. II, p. 274), dans lequel 
il soutient que, lorsque 1 os devient saillant, il vaut mieux recourir a une nou- 
velle amputation sans attendre que la portion d os necrosee tombe d elle-meme. 
On peut consulter encore de ce praticien : 

I. Deux lettres, I une sur plusieurs chapitres du Traile" de Quesnay sur la gangrene, 
I autre sur le Traite" ties plaies d armes a feu de M. Desports. Paris, 1750, in-12. 
II. Nouvelle letlre sur le mime sujet 1730, in-12. III. Examen de plusieurs parlies de 
la chirurgie d apres les fails qui peuvent y avoir rapport. Paris, 1756-1757, 2 vol. in-12. 

A. C. 



(GEORGE), le chef du solidisme moderne. Ce medeciu justement ce- 
lebre, ne a Raguse, en 1669, mort a trente-huit ans, le 12 juiu 1707, professeur 
de chirurgie et d anatomie dans le college de la Sapience a Rome, avait resolu, 
une fois reu docteur de 1 universite de Padoue, de combattre sans merci 1 assem- 
blage monstrueux des opinions ridicules qui regnaient en son temps et qui etaient 
entretenues par 1 apathie ou defendues par la vanite. Ses visiles aux principales 
Academies de 1 Italie, les nombreuses observations qu il fit dans les hopitaux, ses 



BAGLIVI. Ul 

relations avec Malpighi, Pacchioni, etc., ses meditations sur les livres d Harvey , 
de Bellini, de Borelli, de Lower, de Willis, de Cole, le convainquirent que le seul 
systeme veritable ment bon en medecine etait celtii de 1 experience et del analyse, 
qu il etait urgent de bannSr les theories galeniques fondees exclusivement sur la 
bile, sur 1 alcalescence et les autres alterations des humeurs, qu en un mot il 
fallait revenir a lu medecine hippocratique, la seule capable de diriger surement 
au lit du malade. <i J ai explore, ecrit Baglivi, toutes les routes, je n en ai trouve 
qu une qui puisse mener a une methode sure dans le traitement des maladies; 
c est la doctrine de Cos, que ma propre experience m a habitue a regarder comme 
le produit d un oracle. Aussi ai-je abandonne tons les autres livres pour ne lire 
que ceux d Hippocrate. Le medecin qui aura garde dans sa memoire tous les prin- 
cipes qu ils contiennent, qui aura saisi les rapports qui les lient, et qui en saura 
faire 1 application lorsqu il sera appele au lit du malade, se trompera rarement 
dans 1 exercice de sa profession... Plusieurs obstacles ont retarde les progres de 
1 ecole hippocratique ; savoir : le mepris qu on professe generalement pour les 
medecins de 1 antiquite, les fausses opinions et les prejuges auxquels on s est attache 1 
comme a des idoles, les fausses comparaisons, Tabus des indications, les lectures 
faites sans choix et sans discernement, une interpretation mal entendue des auteurs, 
la manie de creer des systemes, la desuetude enfin du langage aphoristique. 

Les ouvrages de Baglivi respirent partout cctle obeissance, cette foi religieuse 
aux preceptes du medecin de Cos. Dans les aphorismes, qu il prefere a tout autre 
mode d exprimer sa pensee, et qui servent a buriner, en quelque sorte, les pre 
ceptes, il trace des regies sur le pronostic et le traitement des maladies, ou rien 
n est hypothetique. S il parle des vomitifs, c est pour dire qu ils sont tantot utiles et 
tantot nuisibles, selon les regions et selon les climats ; s il recommande les purga- 
tifs dans certains cas, il a le soin d ajouter qu il faut s en defier, ainsi que des sti 
mulants, au commencement des fievres aigues, parce que la matiere morbifique 
etant encore dans un etat de erudite, on ne peut 1 evacuer sans exposer le malade 
aux chances les plus funestes. II blame les medecins qui, dans ces memes affec 
tions aigues, abusent des medicaments ou les donnent sans discernement ou d une 
maniere intempestive a des intervalles trop rapproches. Si la maladie est cura 
ble, s ecrie le medeciu hippocratique, il n est pas besoin de beaucoup de remedes ; 
si elle est incurable, vos remedes ne feront que 1 aggraver... Observez la direction 
que la nature donne aux. efforts du principe morbide, et, au lieu de contrecarrer 
cette bienveillanle nature, secondez-la, au contraire. i>ar une therapeutique basee 
sur 1 observation journaliere du malade... 

Chose singuliere ! malgre ce gout decide pour 1 observation pure, malgre ses 
efforts constants pour cimenter une judicieuse alliance de la physiologic avec la 
medecine pratique, Baglivi n a pas echappe a la manie des hypotheses, en imagi- 
nant une force systaltique dans la dure-mere et en considerant cette force comme 
la cause premiere des mouvements des meninges et des membranes en general. 
C est dans le Traite de la force motrice que se trouve developpee cette tbeorie 
bizarre qui douait les meninges d une grand e puissance d action sur les solides et 
sur les liquides de tout le corps, et qui leur rapportait des oscillations commu- 
niquant le mouvement et la vie a toutes les parties placees au-dessous de la tete. 
C est dans ce livre quo 1 auteur s efforce de demontrer que toutes les membranes du 
corps scat des productions des meninges ; qu elles forment le tissu des visceres, 
des vaisseaux et des glandes ; que les fibres membraneuses pnt des relations con- 
slantes, une connexite absolueavec lecerveau et les meninges, d ou elles recevraient 



09 

BAGNE. 

I impulsion qui les meut; que 1 analogie de structure des unes et des autres s e- 
tend a Icurs usages. 

Gette theorie a ete, comme bien on le pense, vite combattue des sa naissance. 

II n ( tail pas difficile de deviner qu on renverserait ce role que Baglivi (ait jouer a 
un sysleme secondaire dans la manifestation des phenomenes de 1 economie ani- 
male, ;ui lieu de chercher ce role dans des systemes d un ordre superieur Hoff 
mann fut bien micux inspire lorsque, tout en adoptant les idees solidistes de Ba 
glivi, il met Jes nerfs a la place des mcninges et des autres membranes, et pro- 
fesse que tontes les maladies internes doivent etre rapportees a des ai fections 
centre nature du systeme nerveux. 

Tontes les ceuvres de Baglivi out ete imprimees sous ce litre : 

Opera omnia medico-practica et analomica. Lyon,1704, in-4, 1110, in-4; 1715, in-4; 
1745, in-i Paris, 1711, in-4 ; Anvers, 1715, in-4; 1734, in-4; Bassano, 1757,in-4; 
Leyde. l744,in-4; Nuremberg-, 1751,in-4; Venise, 1754, in-i. Pinel en a ctynne en 1788 
(2 vol. in-8) une edition qu il a accompagnee de notes. J. Boucher a traduit un des princi- 
paux onvrages de Baglivi sous ce litre : De i accroissement de la medecine pratique. I aris, 
1851,in-8. A. C. 

B.H;\K (malt. Bagnu; port. Banho; esp. Bano) de 1 italien Bagno, bain. 
On dcsigne ainsi le lieu de reclusion dans lequi l lescriminelscondamnes aux tra- 
vaux forces subissent leur peine. Les bains qui etaient dans le bagne de Constanti 
nople Ini lircnt, dit-on, donnrr ce nom par les Ualiens, et, dans la suite, cette 
denomination fut attribute a tons les etablissements de ce genre. 

Anterieureinent a 1 iustilulion des bagnes en France, les forcals formaient, avec 
les prisonniers fails sur les Turcs ou les Maures, les equipages ou chiourmes des 
batiments de guerre a rames appeles galeres, reunis dans le port de Marseille. De 
la vint [ expression de galeriens dont on s est servi longtemps et dont on se sert 
parfois encore aujourd hui pour designer les condamnes aux travaux forces. 

A la suite des transformations amenees par le temps dans le materiel des diffe- 
rentes marines de I Europe, on congut la pensee d employer ces coudamnes aux 
travaux des ports. An mois de septembre 1748, une ordonnance decida que la 
chiourme de Marseille, alors de 4,000 homines environ, serait repartie enlre les 
trois arsenaux maritimes de Toulon, Brest et Rocbefort, dans la proportion de 
2,000 homines pour le premier, 1,500 pour le aeuxieme et 500 pour le troisieme. 
A Toulon, le climat permit d ajourner la construction d un bagne a terre et de 
laisser, comme ils etaient a Marseille, les forcats sur les galeres. On se borna a 
disposer d anciens magasins pour leur servir d hopital. En 1749, on expedia des 
forcats de Toulon a Brest pour y construire un vaste edifice pouvant loger 3 a 
4,000 condamnes; ce bagne ne fut acbeve et occupe qu en 1752. En attendant, 
on logea les premiers convois dans la corderie basse, au lieu de les placer, comme 
on 1 avait d aboi d decide, sur des vaisseaux desarmes. 

A Rochetort, 1 envoi de la fraction de chiourme de Marseille destinee a ce port 
fut ajonrne. Ce ne fut qu en 1 766 que le bagne fut etabli, et il le fut d abord sur 
des prames stationnant dans le chenal de 1 avant-garde, au grand detriment de la 
sante des forcats. 

Del79 2 a 1815, outre ces trois bagnes principaux, on comptait encore celui de 
Nice (suppiime en 1811), de Lorient (ouvert le 1" fructidor de 1 an IV, ferme en 
1850), du Havre (ouvert le l er vendemiaire an VII, supprime en 1 an IX), de Cher- 
Lour"- (ouvert en Fan XI, ferme le 16 septembre 1808, et definitivement supprime 
en 1815), d Anvers (ouvert le 15 pluviose an XJI, evacue en 1814), de Genes 



BAGNE. 95 

(de 1805 a 1814), de la Spezzia (de 1808-1814), de Civita-Vecchia (de 1810- 
1814). De 1815 a 1830, le nombre des hagnes etait de quatre ; a purtir del^oO, 
il se reduisit a trois. Au mois de fevrier 1852, sur un rapport du ministiv de la 
marine, le gotivernement offrit la transportation a la Guyane comme une favour 
aux forcats en cours de peine, et plus de 3,000 d entre eux I accepterent sponta- 
nement. Le decret du 27 mars 1852 fit soilir des l.iagnes ceux qui avaient opte 
pour cette modification apportee dans la maniere de subir leur condamuation. 
A la suite de cette mesure, le bagne de Rochefort fut le premier supprime 
(juillet 1852), les condamnes furent diriges : les uns, sur les colonies peniten- 
tiaires ; les autves, sur Brest. 

Laloidu 30 mai 1854 vint completer les conditions de la reforme peniten- 
tiaire dans laquellele gouvernement etait entre. A Favenir, la peine des travaux 
forces devait etre subie dam des etablissements crees par detrets, sur le ter- 
ritoire d une ou de plusieurs possessions francaises autres que VAlgerie. Elle 
supprima, en meme temps, la peine des travaux forces pour les individus ages de 
60 ans qui subisseiit leur peine dans les maisons de inclusion. Des ce moment, les 
bagnes etaient destines a disparaitre de France, dans un temps plus ou molns rap- 
proche. De nombreux convois diriges vers Cayenne vinrent rapidement diminuer la 
population du bagne de Brest, qui Cut defmitivement I vucue pendant 1 annee 1856. 
Les forcats qui n avaient pas etc transporters a la Guyane furent diriges sur le 
bagne de Toulon, le seul qui existe aujourd hui. 
Depuis 1772, la population des bagnes a eu de grandes oscillations. 
Le 1" Janvier 1772, elle etait de 5,599 ; le 22 septembre 1793, de 4,030 ; le 
1" Janvier 1806, de 10.579; en Janvier 1812, de 14,978; en Janvier 1814, de 
16,305; en Janvier 1815, de 8,881. 

Depuis 1815 jusqu en 1848, la population moyenne des bagnes en France a ete 
de 8,294. A partir de 1 evacuation des bagnes de Rochefort et de Brest (1856) ct 
de 1 elablissement des penitentiers de la Guyane, cette moyenne, jusqu au 
51 decembre 1863, n a plus ete que de 3,700 environ. Pnis I eflectif annuel des 
forcats, au bagne de Toulon, est descendu a 2,218, a 1,872, enfin, a 1 beure qu il 
est, il n est plus que de 1,016. 

Pendant trop longtemps, les conditions hygieriiques deplorables dans lesquelles 
les condamnes aux travaux forces subissaient lent 1 peine aggravaient singuliere- 
ment le chatiment que la loi leur infligeait. C est avec raison que Villerme a pu 
dire, en parlant du bagne de Rochefort en particulier, que la peine equivalait, 
pour beaucoup, a la condamnation a mort. En effet, sur une population de 1,689 
hommes, dont I age moyen etait de 34 ans et demi, la mortalite a ete : de 1776 a 
1778, de 1 sur 4,89 ; del779 a!790, 1 sur 3,57 ; de 1791 a 1812, 1 sur 3,86. 
En tracant 1 histoire du service de sante de la marine, pendant la pei iode de 
1769-1779, et en parlant specialement des epidemics desastreuses qui frappaient 
la population de Rochefort, il y a cent ans,M. A. Lelevre explique, en partie, les 
causes qui amenaient une si forte mortalite sur la chiourme de ce port. En trans- 
portant 1 institution du bagne dans les ports de 1 Ocean, on n avait rien change aux 
reglements qui regissaient ces etablissements chez les peuples de 1 Orient auxquels 
on les avail empruntes. Les coutumes etablies dans les bagnes de Marseille etaient 
observees a Rochefort et a Brest ; ainsi, on continuait de couper les cheveux des 
forcats a 1 epoque de Noel, operation qui se renouvelait tous les trois mois ; ces 
malheureux, au moment des froids, n avaient pour se couvrir la tete qu une ca 
lotte en laine promptement salie. On ne leur delivrait, chaque annee, que deux 



94 BAGNE. 

calegons et deux chemises de loile qu ils ne pouvaiont ni laver ni raccommoder, le 
travail force auquel ils etaient sournis tons les jours s y opposant. Pour chaus- 
sure, ils ne recevaient que des sabots bientot brises et uses, de sorte que, ne por- 
tant pas de bas, ils avaient presque toujours les pieds nus. Le seul vetement qui put 
les garantir du froid et de 1 humidite, quand il etait neuf, etait une casaque ou 
robe d etolfe gi ossiere appelee moui qui devait durer deux ans. Le regime alimen- 
taire des forcats sans travail se composait d une ration de pain grossier, de teves 
seches et d eau. On accordait a ceux qui etaient employes aux travaux de 1 arse- 
nal une iaible ration de vin. Sous 1 action d un climat insalubre et d influences hy- 
gieniques aussi mauvaises, ces hommes resistaient peu. Depuis I etablissement du 
bagne de Rocliefort, sur 1,658 detenus admis, 872 etaient morts. Dans cet eta- 
blissement, d apres un releve general que nous regrettons de n avoir pu nous pro 
curer pour les bagues de Brest etde Toulon, du 9 octobre 1766, epoque de son in 
stallation, jusqu au l er juillet 1852, jour de son evacuation, sur un total de 25,964 
forcats, 13,252 ontsuccombe. 

A mesure que les progres de la civilisation ont adouci lesmoeurs, des ameliora 
tions notables ont ete apportees dans le regime des bagnes, comme on pourra en 
juger en comparant les dispositions qui sont en vigueur depuis ces trente der- 
nieres annees avec le sombre tableau qu a trace M. Lefevre. Nous empruntons la 
plus grande partie des details qui suivent a 1 excellente these de M. le docteur 
E. Mongrand, chirurgien de 1" classe da la maiine, intitulee : le Bagne de Brest, 
considers au point de vue hygiiinique et medical et a YHistoire medicale des 
epidemics de typhus observeesau bagne de Toulon, du professeur Barrallier. 

Depuis longtemps, on le sait, les hideux convois de condamnes accouples qui 
portaient le nom de chaines et qui traversaient a pied periodiquement la France 
pour se rendre dans les bagnes, n impressionnent plus peniblement les populations. 
De grandes voitures cellulaires, et main tenant les voies ferrees, transportent les 
forcats provenant des maisons centrales de depot. Des leur arrivee au bagne, ils 
sont depouilles de leurs anciens vetements ; ils sont laves a 1 eau tiede et au sa- 
von ; leurs cheveux sont coupes ras, aux ciseaux ; on leur donne les vetements de 
la criiourme et les leurs sont brules immediatement. Ces vetements, d apres le re- 
glement du l r avril 1843, consistent en : 

Une casaque de moui rouge dont laduree est fixee a 20 mois ; un gilet de moui 
rouge, sans manches, pour 18 mois; trois chemises de grosse toile, chacun, pour 9 
mois ; un bonnet de laine de couleurs variables, pour 14 mois ; un pantalon de moui 
jaune fonce, pour 12 mois ; trois pantalons de grosse toile, chacun, pour 7 mois; une 
vareuse de grosse toile accordee aux travailleurs en plein air, qui doit servir 2 ans; 
une paire de souliers, dont la duree doit etre de 9 mois. Ces vetements sont suffisants 
quand leur duree reglementaire n est pas prolonged ; mais malheureusement les 
pieces principales n ont pas de rechange, et lorsque les condamnes rentrent mouil- 
les,ils sont obliges de se deshabiller et de s envelopper de leurs couvevtures delaine. 
Les vetements mouilles sechent suspendus dans les salles ou les hommes sejournent. 
Chaque condamne porte a la jambe un anneau de fer appele manille : cet an- 
neau est ierme par un boulon, a Textremite duquel se trouve une clavette que 
Ton rive sur une enclume. A cette manille est attachee une chaine de neuf mail- 
Ions, servant a 1 accouplement des formats. Les condamnes a vie, ceux a long 
terme et les suspects, portent en oulre trois organeaux au milieu de leur chaine 
pour y passer le cordon qui sert a les conduire avec plus de surete sur les travaux 
ce cordon est surtout indispensable pour le service de nuit. 



BAGNE. 95 

Pour tous les condamnes employes en couple a la fatigue, la manille est du 
poids de 1,000 a 1,100 grammes; la chaine d accouplement est de 1,350 : les 
organeaux ajoutes a la chaine des condamnes a vie et des suspects pesent 245 
grammes. II en resulte que chaque condamne accouple traine apres lui un poids 
de 2,600 grammes. (E. Mongrand.) 

Les forcats condamnes au minimum de la peine et ceux d une conduite 
eprouvee peuvent etre mis en chaine libre, c est-a-dire qu ils ne sont pas 
accouples; alors ils portent seulement la manille et trois maillons de chaine, qui 
servent a les attacher a leur bane pendant la nuit. Le soir, a 1 heure du ramas, 
une loni^ue chaine, fixee au sol par un lort anneau, reunit tous les formats qui 
occupent un meme bane. 

Pour couchage les condamnes ont un lit de camp, qu ils appellent tollard ; un 
plan incline que Ton abat lesoir sert d oreiller, chaque homme n ayant pourobjct 
de literie qu une couverture de laine grise en bure ou herbage; ceux qui sont a 
la salle d epreuve ont seuls droit a un petit matelas d etoupe blanche (strapontin) 
de O m ,48 de largeur; il est expressement defendu de laisser les autres con 
damnes s en pourvoir a leurs frais. 

La nourriture des forests a ete reglementee, en dernier lieu, par 1 arrete du 14 
octobre 1848 ; les rations sont divisees en trois categories et fixees ainsi que le 
montre le tableau ci-dessous. 



NATURE DES DENREES. 


QUANTITES 

A ALLOUER PAR JOUR A CHAQUE FORCAT. 


OBSERVATIONS. 


AB TRAVAIL. 


SANS TR4VAIL. 


INCOBABLE. 




917C.OO 

7GOG ,00 
30" ,00 
0" ,48 
0" ,96 



w 

120S ,00 
4S ,90 
SE ,82 
IOS ,00 


91 ,00 

700 ,00 

J> 



9 


120 S ,00 
4E ,90 
8 ,82 
tQt ,00 


75Q6 ,00 




,24 



250",00 
0",023 
120e ,<JO 
4S ,90 
8 ,82 
10 ,00 


Les eprouves re- 
?oivent la ration du 
format au travail ou 
sans travail, suivant 
leur destination. 
Les fi teset les cli- 
manchesleslegumes 
sees sont remplaces 
par la viande (ra 
tion des incurables). 
Lc cidre ou la 
biere n etait delivre 
que dans les bagnes 
de Brest et de Ro- 
chefort seulement. 


ou 


et 
Fromage avec ration de biscuit . 


ou 
cidre ou biere 




avec 




avec 


ou 


Sel . . . , 





Ces aliments sont distribues ainsi qu il suit : 

Le tiers du pain et 24 centilitres de vin, le matin avant d aller au travail ; 
a midi le second tiers du pain et la soupe aux legumes sees, et le fromage 1 ete; 
le soir le dernier tiers de pain et 24 centilitres de vin ; 1 hiver la soupe se distri- 
bue le soir apres le travail. 



96 BAGNE. 

On a lonjonrs reproche a cetle ration, strictement suffisante, d etre trop nm 
forme ct de pas contcnir de vegetaux frais. En temps d epidemie, dans chaque 
port, des ameliorations momentanees out etc introduites. Une commission me- 
dicale superieure, apres examen attentif de la part du chirurgien-major du bagne 
et sur sa proposition, accorde des supplements de pain aux condamnes fameliques. 

L administration du b;>gne tolere une cantine ouun entrepreneur ne pent vendre 
qne les vivres supplemental! es designes dans les conditions de son marche: toute 
introduction de boisson est severement interdite. 

Les travaux auxquels sont astreints les condamnes sont divises en travaux pe- 
nibles ou grande fatigue, et en travaux legers on petite fatigue. La premiere 
ruli ^orie comprend le transport des fardeaux pesants, le service des chaloupes, le 
bulagc des bailments dans le port, 1 embarquement du charbon, les travaux d ex- 
cavalions, 1 epuisement des bassins, etc., etc. Les travanx legers comprennent la 
proprele des arsenaux, le service interieur, etc. Pendant bien des annees, les 
infirmiers des hopitaux maritimes, les servants d administration furent pris parmi 
les condamnes du la salle d epreuve, et meme parmi les condamnes a temps 
qni sY taient fails remarquer pur une conduite exemplaire. Ces posies etairnt ex- 
cessivement recberches : les bommes qui en jouissaient recevaient dix centimes 
par jour de salaire, une nourritnre saine et abondante, et avaient le meme 
ccucbage que les malades. Mais le 19 mars 1855, le ministre de la marine, qui 
avail rcpresenle a 1 Empcreur combicn la presence des for cats an chevel des 
malades, dans les cuisiitcx, dans les laboratories, soulevaientd objections d une 
nature grave, combien il important de mettre fin a un ordre choses qui confiait 
a des condamnes, que la societe avait repousses de son sein, une mission toute 
de picie, qui primitivement etait remplie par des corporations religienses, 
sonmit a sa signature un decret qui constituait defmitivement un corps d infir- 
miers maritimes. 

Les punitions consistent dans le retrancbement temporaire du vin, la perte de 
la chaine brisee et la mise en couple, la double chaine, le cachot, la cellule et 
la bastonnade. Cette derniere punition n est infligee que pour les evasions, les cas 
d insubordination et les voies de fait envers d autres forcals. Les delits ou les crimes 
sont juges par un tribunal ma ri lime special qui prononce sans appel et dont les 
arrets sont executables dans les v.ingt-quatre beures 

Diverses recompenses sont accordees aux condamnes pour les encourager au 
bien. Elles consistent dans : 1 allegement des fers, soil qu on remplace 1 accoiiple- 
menl par la cbaine brisee, soil qu on reduise a trois le nombre desmaillons; 
1 admission a la salle d epreuve. G est en faveur des condamnes de la salle d e 
preuve que se font les propositions en grace et commutations de peine. Les travaux 
les moins fatigants sont reserves aux Ibrcats de cette categoric. Us peuvent etre 
designes par la commissaiie des cbiourmes, soit pour 1 emploi d infirmier ou de 
servant a 1 hopital du bagne, ou pour diflerents posies dans les directions on details 
de 1 arsenal. 

Le service de sante del interieur du bagne est confie a un medecin del re classe 
de la marine , et nous en avons ete nous-memes charge, pendant quelqne temps, 
a Brest. Ce medecin visite chaque jour les salles, soigne a leur bane les forcats 
atteints d indisposilions legeres et dirige sur 1 hopital ceux qui sont atleints Je 
maladies; il s entend avec le commissaire des chiourmes sur toutes les mesnres 
hygieniijues. L hopital du b;igne est un edifice distinct de celui de la marine. Une 
fois a 1 hopital, les condamnes rec^ivent, en tout, les memessoins que les malades de 



BAGNE. 97 

i hopital maritime. Les mutilus et les incurables sont admis dans la categorie des 

invalides. 

Tout condamne qui avaitatteint soixante-dix ans etait extrait du bagne sur 1 ordre 
du ministre de la marine, et mis a la disposition du minislre de 1 interieur pour etre 
transfere dans une prison departementale, jusqu a 1 cxpiration de sa peine. Les 
ulienfe sont diriges sur 1 asile public du departement. 

Le bane de Toulon, subsistant seul comme lieu de depot ou Ton reunit tous 
les forgats en attendant le depart des convois pour les colonies penilenliaires, 
nous en donnerons une description succincte, que nous empruntons an livre de 
M. Barrallier. Dans ce port, les condamnes sont loges diins denx ordrcs de bati- 
ments : le bagne propiement dit, edifice situe a 1 interieur de 1 aisenal, etles 
bagnes flottants , vieux pontons, vaisseaux ou fregates hors de service, mouilles 
dans divers points du poi t. A bord de ces pontons, les forgats sont loges dans les 
batteries et le faux-pont ; celui-ci a etc saborde et presents, des deux cotes, des OLI- 
vertures assez grandes, closes de fortes grilles de fer. Les hommes sont couches sur 
le pout, sur deux rangs, tribord et babord, u bord des vaisseaux; sur un seul rani; , 
a bord des fregates. L humidite qui regne sur ces pontons, leur encombrement 
et les exhalaisons nauseabondes qui s exhalent des cales expliquent la gravite rela- 
tivement plusgrande des maladies qui sevissent sur la population de ces prisons 
flottantes. II n existe plus aujourd lvui qu un seul bagne flottant an lieu de quatre. 

L edifice compris dans 1 arsenal est construiten maconnerie, il n a iju im etage; 
les fenetres sont ouvertes sur la facade qui regarde le port, tandis que des sou- 
piraux de 30 centimetres seulement de diametre sout perces sur la facade opposee. 
II est divise en cinq salles de eapacites diiferentes, pouvant loger 1,500 
hommes. Avec ses quatre annexes, le bagne de Toulon devait recevoir regle- 
mentairement 5,970 formats et parfois ce chiffre a ete depasse. La population 
du bagne de Brest, entierement renferme dans un vaste monument, etait, en 
moyenne, de 5,000 homines. 

Telles sont les conditions dans lesquelles se trouvent places les condamnes en 
core actuellement soumis au regime des bagnes. Sans doute, le sort de ces mal- 
heureux a ete notahlement ameliore, comparativement a ce qu il etait il y a cent 
ans; cependant une foule de causes morbides concourent a ruiner les constitutions 
les plus robustes. La tres-grande majorite des formats est dans 1 age moyen de la 
vie (vingt-cinq a quarante-cinq ans), mais ces hommes appartenant, presquetous, 
aux classes les plus infimes de la societe, ont ete deja debilites, avant leur entree au 
bagne, par la misere, la debauche, et le sejour plus ou moins prolonge dans les prisons. 

Dans les trois bagnes de France, on renconlrait des causes morbides communes 
inherentes au regime de ces etablissements ; mais, en outre, le climat tres-diffe- 
rent de chacune des localites ou ilsetaient situes, en faisaut predominer certaines 
influences, donnait une physionomie particnliere a la constitution medicale de 
cliacun d eux. Ainsi, a Brest, 1 humidite constante favorisait le developpement 
du scorbut, des affections des voies respiratoires et de la scrofule ; a Rocheibrt, 
1 intoxication palustre faisait de nombreuses victimes et agissait comme complica 
tion permanerite de toutes les autres affections ; le typhus s est manifesto particu- 
lierement au bagne de Toulon. 

En temps ordinaire, la maladie qui domine dans les bagnes et qui peut etre 
eonsideree comme y sevissant d une maniere endtmique, c est la phthisic pulmo- 
naire; c est celle qui fait perir le plus de condamnes. Au bagne de Brest, de 1846 
a 1852, 199 forcats sont morts de tuberculisation pulraonaire, soitO,92p.lOOde la 

DICT. ENG. VIII. 7 



98 BAGNE. 

population. A Rochefort, le sixieme environ des deces appartenait a la phthisie, 
fait entierement en opposition avec la pretendue loi d antagonismeenlrela cachexie 
palnstre et la tuberculisalion. Nous n avons pas de donnees qui nous penneltent 
de fixer les ravages quecette affection exerce au bagne de Toulon ; mais nous savons 
de source certaine qne les phthisiques sont en majorite dans les salles de fievreux. 
On a signale depuis longtcmps combien la tuberculisation pulmonaire est fre- 
quente cliez les individus de race coloree transportes dans les climats tomperes. 
Le regime des bagnes ag^rave singulierement, comme on peut le prevoir, cette 
imminence morbide cbez ces malheureux. A Brest, de 1841 a 1853, sur 45 
forcats negres decedes, 26 etaient morts de pblbisie. En sept annees senlement, 
sur un effectif de 149 condamnes de cette categorie, 34 avaient succombe a cette 
affection. Au bagne de Toulon, c est egaleiuent la phthisie qui fait monter la 
moyenne de la mortalite annnelle des Arabes au chiffre effrayant de 24,90 sur 100 
malades traites. Aussi, 1 administration, conciliant en meme temps les interets 
de 1 Etat et ceux d une louable philanthropic, dirige-t-elle promptement sur la 
colonie penitentiaire de Cayenne les condamnes de race coloree. 

Apres la phthisic pnlmonaire la fievre typboide est la maladie qui fait perir le plus 
de formats: sur 1000 deces, plus dti huitiemc appartienta cette affection. Ordinai- 
rernent, la forme adynamiquedomine. Dans les bagnes de 1 Ocean, pendant la saison 
froide, les complications thoraciques etaient tres-frequentes. Bien qu au bagne de 
Brest on ait IVeqiie-ininent note, dans les autopsies, 1 absence absolue dela lesion 
caracteiistique des glandes de Peyer, il n y a pas eu, a noire connaissance, dans 
cet elablissemcnt, d epidemic de typhus proprement dit, depuis celle de 1768. A 
divcrscs reprises, le typhus a sevi sur les condamnes du bagne de Toulon. Cinq 
epidemics piincipales ont etc observees, en 1820, 1829, 1850, 1832, 1855-1856. 
La derniere a tie etudiee avec le plus grand soin par le docteur Barrallier, medecin 
en chef de la marine, charge de 1 hopital du liagne. L encombrement a toujours 
etc considere comme la cause principale et determinante de la maladie, dit notrc 
savant colU gue, et son influence s est constamment montree tres-puissante, prin- 
cipalement sur les forcats loges dans les bagnes flottants. En 1855, sur une po 
pulation moyenne de 5, 865 forcats, 1,058 ont eteatteints du typhus, 560 ont suc 
combe. En 1856, 1 effectif du bagne etait de 5,000 homines, il y eut 244 cas de 
typhus et 74 deces (soit 51,14 p. 100). 

Sousle rapport de la frequence et de la gravite nous signalerons immediatement 
aprcs ces alfections, la pneumonie. A Brest, pendant la periode de sept ans, etu 
diee par notre confrere Mongrand, la mortalite par suite de pneumonie a ete 
de J;6 p. 100 relativement a la population, et de 57 p. 100 des entrants. 11 est 
vrai que cette maladie est tres-frequente dans cette locahte, pendant 1 hiver et le 
priutomps. Chez les forgats elle acquerait une gravite insoh te. C est pour moi une 
conviction, dit le docteur Mongrand, que chez les ibrcals qui ontatteint 1 agedecin- 
quante ans, la pneumonie est une affection presque toujours mortelle, des qu elle 
a envahi un lobe entier du poumon. Dans les salles de 1 hopital du bagne, en 
1851 , la mortalite due a cette cause fut six fois plus grande que dans les salles 
de 1 hopital de la marine. 

La pleuresie est egalement frequente, elle revet souvent une marche insidieuse, 
en raison surtout de la complication scorbutique. Elle est particulierement fatale 
chez les condamnes qui ont depasse 1 age de quarante ans et qui ont vecu plusieurs 
annees au bagne. 

Au bagne de Brest, 1 apoplexie, sous le rapport de la moitalile, dans uue periode 



BAGNE. 99 

de sept ans, oocupaitle cinquieme rang . Rclativement a la population elle etait, au 
point devuede la frequence, de5 p. 100, etdeO,15p. 100 sous celui de la mortalite. 
Nous signalerons encore comme maladies communes dans les bagnes, les affections 
organiquesdu cceur et surtout le cancer affectant particulierementl estomacetlefoie. 

Le cholera a sevi plusieurs fois dans les bagnes ; 1 epidemic de 1849 qui a eclate 
dans celui de Brest et qui a enleve 115 condamnes, a ete 1 objet de travaux ira- 
portants de la part de MM. Barrallier, Marccllin Duval et Lepetit. 

Pendant de longues annees le scorbut regnait en permanence dans les bagnes, 
surtout dans ceux des ports del Ocean et pendant les mois pluvieux. Cette altera 
tion du sang ouvrait la porte a toutes les autres maladies et les aggravait singuliere- 
ment. Pour dormer une idee de sa frequence, meme a une epoque rapprochee de 
nous, il nous suffira de dire qu a 1 hopital du bagne de Brest, du l er Janvier 1846 
au l er Janvier 1853, il etait entre \ ,507 scorbutiques. Le scorbut s est montreassez 
frequent dans le bagne de Rochefort, de 1849 a 1852 ; a Toulon, de 1848 a 1852, 
il y avait en moyenne 75 cas par an, sur une population de 4,000 forcats. Grace 
aux soins qui leur etaient prodigues, la mortalite par le fait du scorbut seul etait 
fort restreinte. Les causes de cette affection parmi les condamnes resident dans 
1 encombrement, I humidite des logements, le manque de rechange de vetements, 
les passions tristes , mais surtout dans la monotonie de i alimentation, 1 ab- 
sence des legumes frais et rinsuffisancc de la ration de viande fraiche. II a suffi, 
en effet, de delivrer temporairement a toute la cbiourme, chaque dimancbe, un 
repas de viande de 250 grammes par homme, pour faire cesser le scorbut (de- 
peche du 15 octobre 1853). 

Signalons, en terminant cet expose, la frequence des manifestations scrofuleuses 
surtout du cote du systeme osseux. La moitie des salles des blesses est presque 
constamment occupee par des malades atteints de carie, d osteite, d abces symp- 
tomatiques, de tumeurs blanches, de necroses, de tubercules des os, etc. Les 
Arabes surtout payentun largetributa ce genre d affection. Notre collegue M. Ar- 
laud a eu occasion de rencontrer frequemment, chez eux, la carie des vertebres 
cervicales superieures. 

Les travaux dits de grande fatigue, exposent les condamnes a des accidents 
frequents et d une extreme gravite. Le creusement des nouveaux bassins du port 
de Brest a amene la mort de bien des forgats. 

L infeclion purulente, la pourriture d bopital, la phlebite, Tangeioleudte, 
1 erysipele phlegmoneux sont des complications freqaentes des plaies qui, chez les 
forcats, ne se cicatrisent, presque toujours, qu avec une lenteur desesperante. A la 
suite de contusions, meme legeres, il se forme des eschares qui ne se detachent que 
tres-tardivement, ou bien, il se produit de vastes epanchements sanguins qui de- 
collent la peau dans une grande etendue. La consolidation des fractures, la gue- 
rison des entorses exigent habituellement un temps fort long. 

Nous avonsditeucommencantcombien autrefois la mortalite avait ete effrayante 
Jans les bagnes, a Rochefort particulierement, ou, en 1779 par exemple, sur 
1,032 formats, 535 avaient succombe aux fievres de marais et a leurs suites, 
Grace aux mesures prises par 1 adniinistration, le chiflre des deces a singuliere- 
ment diminue. Ainsi, au bagne de Brest, de 1846 a 1852, 1 effectif moyen etait 
de 2,939 condamnes; la moyenne des morts, par an, a ete de 145,52, soit 4,95 
p. 100. M. Mongrand, a qui nous empruntons ces chiffres, fait remarquer que si 
celte mortalite parait faible, il faut toutefois tcnir compte de ce qu il n y a dans 
la population des bagnes ni femmes, ni enfants, ni sujets ayant depasse soixante- 



100 



BAGNE. 



dix ans. Pendant lameme periode, la moyenne de la mortalite pour la population 
civile de la ville de Brest avait ete de 5,74 p. 100. A Toulon, de 1859 a 1867, 
la mortalite des forcats offre les chiffres suivants : 



ANSEES. 


BFFECTIF. 


KOMUIlE 
DE DECKS. 


FI1ASCAI5 
IT 
KTRANCEPS. 


AP.ABES. 


1859, 1" junvicr 


5, -20 ; 


117 


151 


16 


lgf,0 


3,340 


181 


145 


58 


18G1 




102 


84 


18 


IM;-.J 


5,010 


155 


81 


S2 


18Gp, 

ISlil 


5,149 
5,088 


L30 
125 


78 


52 


ISI . i 


>> -MS 


116 






isi;i; . . 


1 S7:> 


86 






1867 


i ;;:i! 



















Kn 1805, la inoycnne gene-rale de la mortalite en France, pour les condamnes 
a despeincs graves, a etc, savoir: 

ConJamnes nux travaux forces. (B,igne. ) 4. 6 1 ./ 

Comlainnrs aux travaux forces. (MaUons ccntrales de depot.). . . . J>,59 

Reclusionnaires 6,62 

Condamnes aux fers 8,69 

FOOT, 1804, CUTTE MOYENNE A ETE , SAV01II . 

Pour les condamnes aux. travaux forces dans le Lagne 8,40 

Pour les condamnes aux travaux forces dans les maisons centrales 

ou de depot S,4S 

Pour les reclusionnaires o,o9 

Pour les condamnes aux fers 7,40 

Nous pensons que 1 hygieniste ne pent tirer aucune induction legitime de ces 
chiffres, attendu que les elements etiologiques des maladies, et, par suite, les causes 
de morlalite sont trop dissemblables dans ces diverses categories de prisonaiers. II 
laudrait faire surtout la part des sexes etdes ageset celle des epidemics; ainsi, aa 
bagne de Toulon, il n entre plus d individus ages de soixante ans, tandis que les 
vieillards sont diriges sur les maisons de reclusion. D autre part, il flmt remarquer 
que les con\oisde forcats expedies sur Cayenne et la Nouvelle-Caledonie sont de plus 
en plus frequents et n empoitent que des hommes valides, tandis que les malades 
et les valeludinaires restent au bagne et contribuent ainsi a elever le chiffre de la 
mortalite de cet etablissement. On comprendia, par suite, comment la moyenne de 
mortalite des forcats, qui n etait, en 1863, que de 4,61, a pu raonter, en 1864, 
a 8,40. Nous ne saurions trop nous elever contre les abus que Ton fait deces statis- 
tiques qui, sous uue apparente rigueur, ne sont que des illusions et peuvent servir 
d arguments aux theses les plus opposees, suivant les besoins de la cause. 

La loi du 30 mai 1854 a enleve presque tout interet a oette etude hygienique et 
medicale. Cependant les documents que nous avons analyses etcoordonnes dans cet 
article sont indispensables pour apprecier les avantages du nouveau systeme peni- 
tentiaire qui n est pas encore sorti de la periode d epreuve. Mais, des maiutenant, 
on pent prevoir que la colonie penitentiaire de la Nouvelle-Caledonie est appelee 
a remplacer heureusement, a tous les points de vue, cette barbare institution des 



BAGNERES-DE-BIGORRE (EACJX MINERALES DE). 101 

bagnes qui chatiait le crimincl sans lui offrir ulterieurement les moyens de re- 
tour vers le bien (Voy. PENITENCIERS.) 

A. LE ROY DE MERICOURT. 

BIBLIOGRAPHIE. VILLTME. Note stir la morlalitd des foryats du. bagne de Roche fort. In 
Ann. d liugiene el de mfdedne legate, 1831, t. VI, p. 113. -.- LAUVERGNE. Les forca/s consi 
dered sous le rapport physiologique, moral et inteUectuel, 1840. GLEIZES (V.). Memuire sur 
I c tat actuel des I/agues en France. In Ann. marilimes et coloniules, 18iO. CHATEAU (H.) 
Esqitisse medicate flu bagne de Rocliefort. These de Montpellier, 1833. CHASSINAT (P,.j. 
Elude sur la mortalilA dans les bagnes et dans les maisons centrales depuis 1822 jusqu b 
1^57. Paris, 184i. Statistiqne des bagnes, publiec par le ministere de la marine et des 
colonies, 1857-1867. MOSGBASD (E.). Le bagne de Brest consider^ ait point de vue liygie- 
nique et me dical. Theses de Paris, 1856. BAHKALLIEU. Du typhus e pidi miqtie et hisloire 
medicate desepide mies du typhus observes ait l/af/ne de Toulon en 1855 ^ISJO. Paris, 1801. 

LEFEVRE (A.), llistoire de service de sante de la marine militaire et des ecolesde medecine 
navale en France depuis le regne de Louis XIV jusqu anos jours. Paris, 18G7. MARCELLIX 
DUVAL. Memoire sur le cholera-morbus asiatique observe, au bagne de, Brest en 1849. Paris, 
1855. TARDIEO (A.). Dictionnaire ff hygiene publique et de sal brite 2" edit., Pans, 1802. 

Notice sur la transportation it la Gtiyane francaise et a. la Nouvelle-Cale donie, publiee 
par les soins de S. Exc. M. 1 amiral Uiguult de Genouilly, ministre de la marine et des co 
lonies, 1807. JAL (A.). Glossaire naulique. Paris 1848. A. L. DE M. 

BA&ft^KES-DE-BIGORRE on BA.GNERES-S&jR-8, ADftUR [Exux JUNERA- 
tES DE (Station d hiver)] hypolhermales ou hyperthermales, sulfate es calciques 
moyennes, non gazeuses ou cnrboniqiies faibles ou sulfureuses faibles. Che- 
min de fer de Paris a Tarbes, 21 kilometres de Tarbes a Bagneres-de-Bigorre qui 
est une jolie petite villede 6,654 habitants, a 579 metres an-dessus du niveau de 
lamer, situee sur 1 Adour a 1 entree de la vallee de ce nom, dans le departement 
des Hautes-Pyrenees. Batie sur le revers des moutagnes, abritee par des collines qui 
ne lalaissent a decouvcrt que du cote du nord, cette station therrao-miiierale, ijuoi- 
que sous une latitude cbaude,possedeunclimataussi sain que tempere. Leslroids de 
1 hiver nese font jamais bien rigoureusementsentir, et, pendantl ete, les no iibreux 
ruisseaux qui sillonnent la vallee y entretiennent toujours une agreable fraicheur. 
Cette position avantageuse fait de Bagneres-de-Bigorre un sejour d liiver et d ete , 
mais c estsurtout pendant les mois de mai, de juin, la fin d aout, le mois de sep- 
tembre et le commencement d octobre que les eaux attirent le plus grand concours 
de malades. Toute la contree est pour ainsi dire placee sur une nappe d eau mi- 
nerale qui emerge ca et la dans la plaine et pres des arcbes du pont etabli surle 
gave, au travers d un bane de sable ou de gravier. II sulfit pour obtenir une 
source de creuser le sol et d y faire passer un tuyau pour que 1 eau monte ^ sa sur- 
i ace. Le rocher sur lequel est assis 1 etablissenient laisse ecbapper de nombreux 
griffons ; et sur la place meine des Tliermes, devant la i acade princi[>ale de la mai- 
son des bains, des fouilles ont fait decouvrir sur plusieurs points des travaux d ori- 
gine romaine ; des pierres en saillie indiquent au dehors le point qu occupeiit ccs 
anciens puits de captiige et la direction des passages souterrains qui y conduisent. 

L etablissement principal de Bagneres-de-Bigorre est la propriete de la commune 
qui 1 exploite en regie ; les autres appartiennent a des particuliers et se trouvent 
dissemines dans la ville ou dans ses environs. 

ETABLISSEMENT THERMAL PE LA VILLE. Outre les cinq sources de Tangle nord- 
ouest de la place, recemment decouvertes et non encore toutes utilisees, les bains 
et les douches d eau et de vapeur sont alimentes au grand etablissement par sept 
sources connues sous les noms de : 

1 Source du Dauphin, 2 source de la Heine, 5 source Roc de-Lanne, 4 source 
de Saint-Rock, 5 source le Foulon, 6 source du Platane, 7 source des Yeux. 



102 BAGNERES-DE-BIGORRE (EAUX MIMEBALES DE) 

1, 2, 5 U . Les griffons des trois premieres sources sortent directement du roc, 
on lestrouve sousun incme tunnel au nord-ouest de la cour de la inaison des bains 
ou out ete etablis les reservoirs decouverts servant a abaisser la temperature de 
1 eau minerale au degre des bains et des douches. II faut nionter pour s y rendre 
un escalier de trente marches et traverser les Irottoirs asphaltes qui bordent le& 
refroidissoirs L eau des sources du Dauphin et de la Reine est couduite par des 
caniveaux converts et places aux fleux cotes du t\umel commun aux trois sources, et 
par des ruisseaux a ciel ouvert jusqu aux bassinsde refroidissement et aux caiumx 
de maconnerie reconverts de pierre cimeiHee qui 1 emportent comme eau chaucle 
aux roliinels des salles alimentees par ces sources. Plus a Test et dans la meme 
galcrir, ( incident la source de la Reine et la source Roc-de-Lanne qui envoie son 
filet d eau dans le canal ou il se niele avec 1 eau de la source du Dauphin. L eau 
de cette derniere source s ecoule par un cauiveau longeant le cote droit du tunnel; 
ellea les menu s piopvu lrs physiqurs et chimiques principals quecelles des autres 
sources de cette station. Nous iinliquerons en decrivantles eaux des divers griffons 
les differences qui meritent d etre signalees. L eau de la source du Dauphin est 
limpide, claire et transparente, quoiqu elle laisse deposer une couche assez epaisse 
d un enduit ocreux snr les parois interieures des conduits; cette couche diminue 
a mesure que 1 eau sV loi^ue de son point ([ emergence et recouvre surtont le fond 
des canivaux, land is que des conserves d un vert jaunatre ne tapissent 1 iute- 
rieur des rigoles et surtout leurs parois lalerales qu a un metre environ du point 
ou 1 eau sort du tunnel, et ne deviennent plus epaisses et plus abondantes qu au 
moment oil elle arrive dans les refroidissoirs. Cette eau incolore et completement 
inodore n a aucun gout marque, et pourtant le palais ne pent la confondre avec de 
1 eau ordinaire chauiVe a son degre; elle semble plus legere, plus agreable a 
boire, moins nauscrusc et plus facile a digerer; elle n a aucunement la saveur fade 
d un bouillon depoulet, comme plusieurs auteurs 1 ont repete ; sa reaction estnota- 
blement alcaline; la temperature de 1 eau de la source du Dauphin estde49,l 
centigrades, celle dela galerie indiquant 25,2centigrades. Les eaux melangeesdes- 
sources du Dauphin et de Roc-de-Lanne out 47, 9 centigrades. 

La source de la Reine fait entendre par intermittences, dans son puits cle cap- 
tage, des bouillonnements bruyants qui ne sont observes ni a la source du Dauphin 
ni a la source Roc-de-Lann\ Du bassin de la source de la Reine, situe plus loin 
que celui de la source du Dauphin, des tuyaux de terre reconverts emportent 
1 eau de la Reine a 1 etablissement de la ville et a 1 etablissement Theas. Sa tem 
perature est de 48, 6 centigrades. D apres un travail public en 1841 par M. Gande- 
rax fits, 1,000 grammes de 1 eau des trois sources ont donne a MM. Ganderax pero 
et Roziere pharmacien a Tarbes, les resultats suivants : 



I 


SOURCE 50DRCE SOURCE 
IU DAUI UIN. BE LA HEINE. ROC-DE-LASNE. 

1,900 1,680 1,942 
0,400 0,596 
* ... n via 






Carbonate de cliaux 
magiiusio . . . 
fei- 
Chlorure de magnesium . . . 


0,1.12 

0,1 iy 

0,114. 
0,10-i 
0,040 
0,011 
0,009 
0,008 
0,020 


0,266. 
0,044. 

0,080. 
0,150. 


0,156 
0,017 
0,014 
222 


0,06-2. 
0,056. 
0,006. 


0,010 
0,051 
... 006 


Acide silicique - 
Kubslance grasse re>inense. . . 
extractive vegetale. . 
Tct-te 


J 

0,054. 


0,008 
0,036 



TOTAL DES aunEiiEs FIXES. 2,900 2,754 2,760 



BAGNKRES-DE-BIGORRE (EAUX JIIKERALES DE). iOo 

100 parties du gaz de ces sources donnent : 

Acide carbonique oS 38 i 

Azote 54 54 a 

Oxygene OS. ...... CS 



100 100 

4 Source Saint-Roch. Uae chapelle dediue a ce saint s elevait autrcfois sur 
cette source, au point d emergence du laquelleonse rend aujourd hui par le corri 
dor separant 1 etablissement de la pompe aspirante et foulantc, rnanceuvree par des 
hommes, qui fait monter an reservoir superieur 1 eau froide ordinaire destinee a 
mitiger les kunset les douches. Untuyau adapte aurochcr verse 1 eau dans unbassin 
recouvertd une plaque de zinc mobile servant aalimenterles robinets des baignoires. 
La partie inferijure du tuyau toujours ouvert par lequel s ecoule 1 eau de la source 
Saint-Roch tst cncroutee d une couclie epaisse et tres-adherente de cristaux Llauc 
jaunatre et 1 inlerieur du bassin estenduit d un sediment janne ocrace. La reaction 
de cette eau est moins sensiblement alcaliue que celle des sources precedentes. La 
temperature de 1 air exterieur etant de 25, 5 centigrades, celle de 1 cau de la source 
Saint-Roch estde 42, 1 centigrades. Son bassin se \ide lorsqu on emplitles buL noi- 
res; maisordinairement 1 eaus ecoule parun luyau detrop-plein qui la conduit dans 
un reservoir situe sous la cage de 1 escalier servant de inoyen de communication 
avec les refroidissoirs et les tunnels des sources du Dauphin, de la Reine et de Roc- 
de-Lanne. 

L analyse de cette eau est indiquec plus loin avec celle des sources le Foulon et 
du Platane. 

5 L enchambrement de la source le Foulon est a 5 metres de la porte du 
corridor de droite en venant de la place des Theories par 1 entree norcl du sous-sol 
de 1 etablissement de la ville. II occupe le milieu de la profoiideur de ce corridor et 
se trouve centre le mur exterieur des cabinets de bains, aux baignoires desquels 
elle est amenee par un conduit place au fond d un bassin de distribution. Quatre 
ouvertures ont etc pratiquees dans laparoi inferieure de ce bassin et quatre tiges 
de fera poiguees, s elevant et s abaissaut a volonte, ouvreut ou ferment 1 orilice des 
twyaux charges de conduire les eaux de celte source aux quatre salles dout elles ali- 
mentent les baignoires. La reaction de 1 eau de la source le Foulon eft alcaline 
et sa temperature est de 55, 5 centigrades, ccllede 1 air du corridor etunt de 25, 1 cen 
tigrades. Son analyse chimique est indiquee a la source du Plataue. 

6 Le griffon de la source du Platane est a Tangle sud de la place des Thermes 
ou de 1 etablissement, pres d un beau platane et de la source d eau douce alimen- 
tant la fontame publique. Des tuyau x traversal! I 1 etablissement tout entier ame- 
neut 1 eau de cette source a deux dalles faisant partie dc la meroe galerie du sous- 
sol que les quatre cabinets recevant leur eau de la source le Foulon et que deux 
autres dont 1 eau vient de la source des Yeux. La reaction de 1 eau de la source du 
Plalane est alcaline a son arrivee dans les baignoires, et sa temperature prise en ce 
point, puisqu on ne peut la thermometrer a son emergence, est de 32, 2 centigrades. 

MM. Gauderax et Roziere ont trouve dans 1,000 grammes de 1 eau des sources 
Saint-Roch, le Foulon et du Platane, lesmatieres suivantes: 

SOURCE SOURCE SODBCE 

SAINT-ROCH. LE FOULON. BU PLATAKE. 

Sulfate de chaux 1,995 0,158 0,800 

mjignesie 0/257 0,127 

soude 0,508 



A reporter .... 2,252 0,285 1,108 



104 BAGNERES-DE-BIGORRE (EAUX MINERALES DE). 

Report 2.2-J2 0,283 1,108 

Carbonate de cliaux 0,124 0,240 

magnesia 0,0 li 0,072 0,018 

let 0,078 0, 22 

Clilorure de magnesium. . . . 0,224 0,142 0,1)72 

sodium 0,109 0,5S6 0,508 

Acidesilicique 0.040 0,040 0,0 >S 

Sulj.,t;mce grasse resineuse. . . 0,006 0,012 0,009 

extractive vegetale. . O.OOo 0,005 W.018 

Pevte 9,024 0,034 0,011 

TOTAL DES JUTIERES USES. 2,792 1,040 1,834 

7 La source des Yeux emerge an milieu du vestibule de 1 entree principale 
de I l laMi-semenl de la \ille et son eau qui, en applications topiques sur les yeux, 
a vine granite, reputation, sert encore a alimenter un cabinet du sous-sol garni de 
deux baignoires. La reaction de cette eau est franchement alcaline ; sa tempera 
ture, rsl (I :!S ,7 eenli.^rades ;"i son anivee aux robinets des baignoires. Son ana- 
I\M chimique sc trouve avec celle de la source de Salies. 

Les sources nouvelles et femtgineuses qui appartiennent encore a la com 
mune soi it inutilisces. On pourrait en dire autant de la source de Salies qui 
emerge a I angle nord dc la place des Thermos a quelques metres de la povte 
dc I etablissement, si elle ue rendait quelques services aux maisons du voisinage 
pour les ii-aiu-s domestiques, si quelques malades ne 1 employaient a 1 inte- 
rieur, nialgni sou gout legerenicnL aiuer et si d aulres ne s en bassinaient 
les yeux. Son pretoire en contre has du sol est entoure d une balustrade de bois 
point, et on descend a son aire par tin escalier de sept marches. Les boulangers 
ernploient 1 cau de cetle source dont le surplus se perd dans les rnisseaux 
des rues adjacentes ou les menagcres viennunt laver leur linge. Sa reaction 
est alcaline; la temperature de 1 air etant de "27 centigrades, celle de 1 eau est 
de 50, 5 centigrades. 

\ ,000 grammes de 1 eaudes sources des Yeux et de Salies ont donnea MM. Gail- 
derax et lioziere : 

SOURCE SOURCE 

11ES YEUX. DE SALIES. 

Sulfale de chaux I,8o6 1,821 

maunc^ie 0,WO 0,"62 

Carbonate de chaux 5,512 0,-:92 

magnesie 0,012 0,030 

fcr 0,044 

Chlorure de magnesium 0, 1 1>:1 0.23S 

Sodium 0, iGO 0,086 

Acide siliciqne O.Oio 0,0">2 

Substance giasse resineuse 0,0 0,004 

rxti active veyetale. . . . 0,012 0,0"2 

Pcrte 0,002 0,018 



TOTAL DES MATIEHES FIXES. . 5,067 2,953 

Moyens bnlneotlierapiqnes de I etablissement de la ville. Le bel etablisse- 
ment appai tenant a la ville de B;igneres-de-Bigorre se compose d un sous-sol, d un 
rcz-de-cliaussee et d un premier etage. Les galeries du sous-sol conduisentaquatre 
salles dont les baignoires recoivent I eau de la source le Foulon, au cabinet a deux 
baignoires ou se rend I eau de la source des Yeux et a deux cabinets de bains et 
de douches alimentes par I eau de la source du Dauphin. Le rez-de-chaussee se 
compose d un magnifique vestibule, de deux galeries laterales et de deux galeries 



BAGNfcRES-DE-BIGORRE (EAUX MINERALES DE). i05 

parallcles au vestibule. G est an fond et a clroite de 1 escalier conduisant au pre 
mier etage que Ton a installe la seule buvette de 1 etablissement thermal de la 
ville dont le robinet toujours ouvert verse 1 eau dc la source de la Reine. Les ma- 
lades auxqnels il est prescrit de boire 1 eau des sources doivent aller rcmplir eux- 
memes leurs verres aux robinets des baignoires. A gauche de 1 escalier, et syme- 
triquement, urie installation semblable a la buvette de la Reine a etc etablie ;mais 
on n a pas juge utile d y faire aniver 1 eau d une des sources de 1 etablissement. 
La buvette de la Reine est constitute par un tuyau toujours ouvert laissant torn- 
her 1 eau dans une vasque de marbre dont 1 interieur est cnduit d un sediment 
adherent, jaunatre, et de points saillants qui rendent rugueuses les parois polies 
de la vasque amquellcs elies ont donne une couleur brune ;issez foncee. L eau de 
cette buvette a une limpidite et une transparence paifailes; elle est incolore et 
inodore, son gout est agreable et sa digestion facile. Elle a moins d influence qu a 
sa source sur lepapier de tournesol prealablement rougi, et il faut le laisser assez 
longtemps expose sous son jet pour le voir reprendre sa couleur bleue. L air du 
vestibule elevant le thermometre a 25 8 ,5centigrades, la temperature de 1 eau de la 
buvette dela Reine est de42,2 centigrades. De chaque cote du vestibule sont les 
deux gaieties du rez-de-chaussee conduisanf a droiteaux salles de bains alimentees 
par les eaux melangeesdes sources du Dauphin ct deRoc-de Lannc. Dans la galerie 
de gauche se trouvent six cabinets de bains sans appareils de douches, dontunatre 
recoivent 1 eau de la source de la Reine et deux 1 eau de la source de Saint-Roch. 
Cette galerie contient encore deux salles avec baignoires et appareils de douches, 
deux pieces ou s administrent les grandcs douches et un cabinet de douches pour 
les pieds et pour les mains. II y a done 18 cabinets dans les galeries du rez-de- 
chaussee perpendiculaires au vestibule. Elles sont perpendiculaires encore a 
deux galeries occupant Tune la partie nord et J autre la partie sud de 1 etablisse 
ment. La galerie du nord a laquelle on se rend par la galerie de droile ou du 
Dauphin et de Roc-de-Lanne, conduit aux cabinets de bains de vapeur et aux 
qnatorze chambres de repos. En y allant, on entre d abord dans un corridor dit 
Tepidarium, sur la gauche duquel sont les deux salles du vaporarium, auquelles 
onmontepav unescalier de trois marches. Au milieu deces deux salles est construit 
un pints en saillie d un metre, ayanL un metre de diametre. Ces deux pieces sont 
separees par une cloison de marbre et une rampe de zinc, qui fait le tour des 
salles, aide a monter les trois marches conduisant aux gradins. Gliacnne des pieces 
est eclairee et ventilee par une fenctre a vasistas, aux angles ont etc places des 
benitiers remplis d eau froide destinee a ceux qui ne peuventque diificilcment sup 
porter une temperature de 55, 5 ceutigrades. Dans la galerie du sud se trouvent 
trois auhes salles ; deux d entre elles renferment les appareils de douches de va 
peur fore e et la troisieme contient la boite ou s administrent les bains de vapeur 
par eiuaisscment. Les cabinets de douches de la galerie du sud sont precedes de 
vestiaires. Leurs appareils sont complets, et la pressiou dela colonne d eau est de 
11 meire*; aussi les preposes aux douches sont-ils obliges souvent d en moderer 
1 intensiie. Toutcs les douches de 1 etablissement de la ville sout alimenlees par la 
source de la Reine. 

Douze cabinets de bains alimentes par 1 eau de la source de la Reine sont au 
premier etage, tous soiit precedes de vestiaires et ont leur paroi interieure revetue 
jusqu a la hauteur d un metre de plaques de marbre ; ils sont bien eclaires, con- 
venablement ventiles etpossedent chacun deux portes, 1 une conduisant a la piece 
d entree et 1 autre au cabinet voi^in. Leurs baignoires sont encaissees dans 1 aire 



10f> BAGNERES-DE-BIGORRE (EAUX MINERALES DE). 

dallee des cabinets et leurs bords libres out une saillie de 20 centimetres seule- 
menl. L eau arrive par deux ouveitures pratiquees dans leurs parois lateraies 
et qui s ouvrent et se ferment par un mecanisme special laisse a la disposition 
des baigneurs. Des conferves vertes se developpent le long des jointures des 
plaques du marbreblanc des baignoires, dont 1 interieur est pourtant nettoye avec 
yn tres-grand soin. II ne manque aux baignoires pour etre commodes et bien m- 
stallees qu un peu d inclinaison a leur partie evasee. 

Les etablissements particuliers de la ville de Bagneres-de-Bigorre et des environs 
sont connus sous les noms : 1 A etablissement Theas ; 2 A etablissement Ca- 
zeaux; 5 A etablissement Parade on Mora; 4 d etablissement Laserre; 5 d e- 
tablissement du Salut; 6" d etablissement Frascati; 7 d etablissement de Bel- 
levue; 8 A etablissement Pinac; 9 d etablissement Lias; 10 d etablissement 
de Versailles ; 11 A etablissement de la Sante ; 12 d etablissement du Grand- 
Pre; \7> d etablissement Carrere-Lannes ; 14 d etablissement dn Petit-Ba 
reges; 15 enfm A etablissement du Petit-Prieur. Nous ferons connaitre seule- 
ment 1 analyse des sources et Installation des six premiers etablissements, les 
autres ne presentant aucun interct special. 

1 ETABLISSEMENT THEAS. C est le plus rapprocbe de I elablissement de la ville : 
II merite suiioul d altirer 1 attention, car c est dans sa cour qu est etablie labu- 
vette de Veau sulfureuse de Labassere (voy. ce mot). L etablissenient Theas 
peut donner des bains et des douches dans quatre cabinets. L un a une baignoire 
et nn appareil de douche descendante ; deux ont des baignoires dans les parois 
desquelles est pratiqueeune ouverture ou s adaptent les tuyaux mobiles des douches 
locales; le quatrieme renferme seulement un appareil de douches. C est IV Mii 
de la source de la Reine qui est amenee par des conduits speciaux au bassin 
refrigerant alimentant les baignoires et les douches de retablissement Theas. 
Les cabinets, eclaires et ventiles par une fenetre, sont poiirvus de baignoires de 
marbre du pays encaissees dans les dalles ; elles sont en saillie de 55 centimetres 
environ. 

On apporte tous les matins a Bngneres-de-Bigorre 1 eau de Labassere, dont nous 
dirons plus loin 1 amenagement, les proprietes physiques et cbimiques. Dix barils 
contenant vingt lili es chacun et n ayant (ju uue seule ouverture de 5 centimetres 
de diametre, par laqnelle on les remplit a la source emergeant a 8 kilometres de 
Bagneres-de-Bigorre, sont anssitot fei mes par un cone de caoutchouc vulcanise. 
Une armature de fer comprime le bouchon, et 1 eau est aussi peu exposee que pos 
sible an contact de 1 air. A son arrivee, on eleve sa temperature par un procc-de 
ingenieux dti a MM. Filliol et Francois. On plonge les barils dans une petite bai 
gnoire de Lois remplie de 1 eau tbermale de la source de la Reine ; on les debouche, 
et les syphons amorces conduisent 1 eau sulfureuse dans quatre jarres deporcelaine 
percees a lenr partie superieure seulement. Ces jarres sont supportees par une cuve 
a compartiments, et a leur partie inferieure viennent aboutir des tnyaux qui les font 
communique! 1 avec les robinets de la bnvette de 1 etablissement Theas. II estneces- 
saire de dire pourqnoi 1 eau sulfureuse de Labassere n est pas a la meme tempera 
ture a tons les robinets, quoiqu elle soit cbaulfee par 1 eau thermale contenue 
dans les compartimenls dela meme cuve. L eau de la Reine, qui a4S",6 centigrades 
a la source, arrive autour de la jarre du milieu a 59 centigrades, passe de la dans 
le conipartiment de gauche, ou elle marque 56 centigrades, puis dans le compar- 
timent de droite, ou elle n a plus qne 28 centrigrades, pour se rendre enfm dans 
celuid cxtrcme gauche, ou le thermomelre descend a 26 centigrades. Lorsque les 



BAGISERES-DE-BIGORRE (EAUX MINERALES DE). 107 

jarres sont envidange, pour quel cau nese decompose pas an contact de 1 air, oa 
fait arriver dans chacune un courant de gaz azote prepare artificiellement et con- 
tenu dans un gazometre voisin. 

2 ETABLISSEMENT CAZEAUX. Les moyens balneotherapiques de cette maison de 
bains sont renfermes danshuit salles, six cabinets de b;iins sans douches et deux cabi 
nets ayant des appareilsde douches descendantesau-dessus de leurs baignoires. Ces 
cabinets sont mal eclaireset mal ventiles. Troisgran.ls refroidissoirs ont leurs parois- 
interieuves incrustees d unc couche ocreusequi y adhere forternent. Lcs liaignoires 
de marbre du pays, encaissees dans les dalles, sont en saillie de 15 centimetres 
seulement. L analyse chimique de la source de 1 etablissement Cazeaux se trouve 
reunie a celle des sources des etablissements Mora et Lasserre. 

5 L ETABLISSEMENT PARADE ou MORA se compose de trois cabinets senlement, 
eclaires et ventiles cbacun par line fenctre ; leurs baignoires de marbre blanc d lta- 
lie, sans appareils de douches, sont encaissees duns le sol et n out que 3 centime 
tres de saillie au-dessus de 1 aire de.s salles de bains. L eau de deux sources, dont 
j une a recu le nom de source Celine, 1 autre etant sans designation speciale, les 
alimente. La source Celine a son point d cmergence dans la cour de 1 etablisse- 
ment, sous un pavilion a claire-voie, abrilant la buvette Parade, alimentee par un 
un robinet de cuivre versant 1 eau dans un bassin dont la p.iroi inferieure, au point 
ou tombe le jet, est recouverte d une coucbe de 1 millimetre d cpaisseur de ma- 
tiere pultacee ressemblant a de la baregine. Cette eau n est pas completemnit in- 
colore; elle a un reflet sensiblement jaunatre ; sa limpidite et sa transparence ne 
sont pas absolues, car des ilocons blanchalres nagent dans le bassin ; son odeur et 
sa saveur sont sensiblement sulfureuses, sans etre desagreables pourtant, ellcs rap- 
pellent celles du blanc d oeuf durci; sa reaction est tres-sensiblement alcalinc. La 
temperature de 1 aiv etant de 23, 5 centigrad.es, celle de 1 eau est de 25, 5 centi- 
grades. Le surplus de cette eau se rend aux baignoires et surtout a celle du n 1 de 
1 etablissement Mora. Son analyse chimique se trouve avec celle de 1 etablissement 
suivant. 

La source innommee de 1 etablissement Parade se rend aux baignoires des trois 
cabinets, dans lesquels son eau se melange avec celle de la source Celine. La tem 
perature de la source innomee est de 48,1 centigrades ; elle n a jamais ete aua- 
lysee,_ 

4 U ETABLISSEMENT LASSEKRE. Quatre salles de bains sans appareils de douches et 
une buvette constituent 1 etablissement Lasserre. Deux des cabinets de bains sont a 
Fentree dc la maison, les deux autres sont dans la cour. Les premiers reQonvnt 
leur eau de la source Lapeyre, dont la reaction est neutre et la temperature de 
24, 4 centigrades; les derniers celle de la source Lasserre, emergcant sous un bu- 
timent silue au Ibnd de la cour et dans une salle a laquelle on descend par une 
petite echelle. Elle a une reaction alcaline, une temperature de 48", 3 centigrade ; 
elle alimente aussi la buvette. Une autre petite source sans nom sert a lemperer la 
chaleur de la source Lasserre a laquelle elle se mele. La buvette est dans un pre- 
toire en contre-bas du sol, auquel il faut descendrepar un escalier. Un robinet de 
cuivre verse celte eau dans un bassin a deux compartiments ; elle est limpide, com- 
pletement inodore, incolore ; elle a la saveur de 1 eau chaude; elle n est nulle- 
ment amere, comme celle des autres sources de Bagneres-de-Bigorre ; sa tempera 
ture est de 38,4 centigrades. Un autre robinet de cuivre verse 1 eau d une source 
venant du jardin dans le second compartiment du bassin; sa temperature est de 
21 , 7 centigrades. 



108 BAGNERES-DE-BIGORRE (EAOX MINERALES DE). 

L analyse chimique de 1,000 grammes des sources Cazeaux, Celine, Lapeyre et 
Lasserre ont donne a MM. Ganderax et Roziere les resultats suivants : 



SOUBCE SODRCE 
CAZEAUX. CELINE. 

Sulfate dcchaiiK > TIB 1 SfiS 


SOURCE 
tAPEVRE. 

0,188 


SOURCE 
USE11KE. 

1,832 
0,408 
0,-JSO 
0,062 
0,018 
0,172 
0,046 
0,040 
0,004 
0,007 
0,021 




0,478 
0,100 
0,650 
098 


0,284 
0,580 
0,036 
O a 8 .... 


0,256 
0,248 
068 


Carbonate de cliuux 
magnesie. . . . 
fer 




Clilorure de magnesium . . . 
sodium 
Acide siliciquc 
Subjtaiice gra^se rosinou-i . . 
extractive vegc -Uili 1 . 
Porto 


0,250 
0,112 
0,052 
6,006 
012 


0,218 
0,082 
0,052 
(106 


0,132 
0,103 
0,018 


0,004 


0007 


(1,007 
0016. 


0,044 


0,041 





TorAL DES MATURES FIXES. o.XiS 2,897 1,620 2,840 

5 L ETABLISSEMKKT DU SALUT se trouve a 1 kilometre des dernicrcs maisons de 
Bagneres-de-Bigorre, et tine voiturc qui fait a chaque instant le service en Ire ces 
deux points, franc-hit en quelques minutes une route que Ton parcourt en un quart 
d heure a pied, par de belles ct fraiches avenues. Les moyens balneotherapiques 
de celte maison regoivent 1 eau des trois sources designers sous les noms de source 
de la Mont/i gne, source de I Interieur et de source de la Pompe. La premiere 
emerge au fond et au milieu de la largeur d un tunnel qui se trouve a 1 ouest, 
ilciTKTc I elablissement des bains du Salut. Le bassin de captage de la source 
de la Montague cst creuse dans le rocber et reconvert d une dalle de pierre qui 
empeclie de voir son eau. Des canaux viennent aboutir a ce bassin et empor- 
tent 1 cau a six baignoires et au pavilion de la buvelte de 1 etablissement du Salut. 
La tempera lure dc 1 air exterieur elant de 25, 5 centigrades, celle de 1 eau de la 
Source de la Montague cst de 5-4, 6 centigrades. 

La source de I Interieur a son griffon aussi derriere I etablissement du Salut, 
mais son point veritable d emergence se trouve sous le pavilion de la buvette. Les 
caracteres physiques ct chimiques de cette eau sont les memes que ceux de la 
source de la Montague, mais son arriere-gout est moins amer, sa reaction est plus 
sensiblement alcaline et sa temperature n est que de 52,1 centigrades. Elle se 
rend a six cabinets de bains speciaux et a une piscine. Ces cabinets sont precedes 
de vestiaires, eclaires et ventiles par des porles vitrees s ouvrant sous le vestibule, 
d ou ils lirent tin jour sulfisaut. Les baignoires de marbre occupent la profondeur 
des salles etsont munies de robinets a clef. La piscine est dansle cabinet n 12, et 
quatre personnes peuvent s y trouver reunies. 

La source de la Pompe est recue dans une caisse de bois, au fond et au milieu 
du vestibule de 1 etablissement du Salut, en face de sa porte d entree principale. 
Des tuyaux aboulissant au point d emergence de cette source amenent son eau par 
refoulement jusque dans la caisse dont nous venons de parler, d ou elle est distri- 
buee a quatre robinets. Cette eau n a jamais etc analysee. L examen de \ ,000 gram 
mes des eaux des deux sources de la Montague et de I Interieur ont donne a MM. Gan 
derax et Roziere les resultats suivauts : 





SOURCE 
DE LA 1IONTAGNE. 
.... 0,800 


souncE 
DE L INTEIIIEUB. 

. . . 960 




.... O.GOS 






.... 0,240 


. 158 








A reporter . 


.... 1,548 


. . . 1,098 



BAGNERES-DE-BIGORRE (EAUX MINERALES DE). 109 

Ri-port 1,348 1,098 

Cirbonate niagn&ie 0,018 0,010 

fer 0,022 0,040 

Chlorure de magnesium 0,0~2 0,145 

sodium 0,508 0,430 

Acide silicique 0,028 0,034 

Subslance grasse resineiisc. . . . 0,022 0,008 

extractive vegelalc. . . 0,009 0,010 

Perte 0,011 0,023 



TOTAL DES MAIIERES FIXES. . 1,538 1,800 

L etablissement du Salut se compose de seize salles a baignoires, dont quelques- 
unes out des tuyaux de douches vaginales ; mais il n y a pas de systeme de grandes 
douches, et une seule baignoire est pourvue d un nppareil de douche ascendante. 

6 L ETABLISSEMENT FRASCATI est alimente par 1 eau des deux sources dela Gutiere. 
II se compose de dix cabinels, dont deux seuleinent ont des appareils de douche 
descendante, et d une buvette etablie au nord de la galerie sur laquelle s ouvrent 
les cabinets de bains. La source de la Gutiere n 1 jaillit sous les paves au milieu de 
la galerie des bains. Son bassiu de captage est recouvcrt d une dalle dans laquelle 
on a pratique plusieurs ouvertures ; lorsqu on 1 enleve, on distingue aisement le 
filet de la source, dont la temperature est de 45, 5 centigrades ; elle se rend aux 
baignoires de cinq cabinets. La bnvetle et les cinq aulivs salles de bains recoivent 
1 eau de la source de la Gutiere i\ 2, nominee encore Source du Reservoir ; sa 
temperature est de 59 centigrades. L analyse de 1,000 grammes de 1 eau des 
sources de la Gulierea doime a MM. Gaiulerax et Pioziere les resultats suivants : 

Sulfate de chaux 1,876 

magnesie, 0,036 

Carbonate de chaux 0,160 

magnesie 0,036 

fer traces. 

Chlorure de magnesium 0,330 

sodium 0,062 

AciJe silicifjue 0,048 

Substance grasse resineuse 0,005 

extractive vegtHale 0,007 

Perte 0,032 



TOTAL DBS MAIIERES FIXES 2,b92 

MODE D ADMIMSTRATIOIS ET DOSES. Les eaux des sources de Bagneres-de-Bigorre 
s administrent en boisson, en bains et en douches d eau, en bains et en douches 
de vapeur. Elles sont prescrites a 1 interieur de deux aimit verres par jour, le ma 
tin a jeun etde quart d heure en quart d heure. Laduree des bains d eau varie de 
45 minutes a une heure, celle des douches d eau de 5 a i5 minutes. On present 
ordinairement les bains de vapeur pendant un temps qui oscillc entre 10 et 20 
minutes. 

EiirLoi THERAPEUTIQUE. L action pliysiologique et 1 actiou therapeutique des 
eaux dc Bagneres-de-1 Adour n est pas la meme aux sources de la ville et des eta- 
blissements particuliers. Nous ne pourrons dans 1 etude qui va suivreentrer dans 
tous les details necessaires pour edifier completement les medecins eloignes sur 
les effets relatifs des nombreuses sources de cette station thermale; nous allons 
nous contenter d exposer ce que les ecrits de MM. les docteurs Ganderax pere et 
fils, de M. le professeur Filhol, et ce que les renseignemenls verbaux de M. le doc- 
teur Subervie, medecin inspecteur de ces sources, nous ont appris sur les effets 
physiologiques etcur^tifs des eaux de ce poste mineral. 

Une remarque generale faite par tous les observateurs trouve ici sa place, elle 



110 BA.GNERES-DE-BIGORRE (EAUX WINERALES DE). 

apprend que toutes les eaux de Bagneres-de-Bigorre sortant du roclier sont plus 
excitantes et plus difficiles a supporter que celles qui emergent du sol. Anssi 
les premieres sont-elles appelees sources chaudes, sources fortes ou extitantes, 
tandis qu on designe les autres sous le nom de sources temperees, sources 
donees, hyposthenisantes ou antispasmodiques.fovites ces eaux en boisson sont 
laxatives et diuretiques ; seulement elles n agissent pas sur le tube digestif et sur 
les voies urinaires des les premiers temps de leur emploi ; leurs effets n appa- 
raissent guere avant le quatrieme ou le cinquieme jour ; les secretions mu- 
queuses de 1 intestin augmentent presque toujours de quantite, meme chez les 
personncs les plus difficiles a purger. M. Ganderax s etonne avec raison que les 
eaux sulfatees cakiques legerement magnesiennes de Bagneres-de-Bigorre reussis- 
scnt quelquefois, alors que les drastiques les plus energiques ne produisent plus de 
ivsultat : ce sont les eaux de la source de la Reine etsurtout celles de la source Las- 
serre qui sont les plus actives alors. Les eanx des sources de 1 etablissement du Salut 
sont le plus efficacement diuretiques. L usage interne, 1 usage externe meme des 
sources de temperature elevee, dit M. Gauderax, est tres-sensiblement excitant, 
et, usitees en bains, elles out cela de particulier que pendant les 8 ou 10 pre 
mieres minutes du bain, elles produisent une astriction marquee sur la peau qui 
se trouve comme durcie ; il s opere ensuite une reaction proportionnee au degre 
d activitu de la source; les fonctions de la peau sont exaltees, quoique cependant 
il soit rare que la sueur devienne abondante. Les eaux a temperature peu elevee, 
commo celle du Salut et du Foulon, exercent une action hyposthenisante bien 
marquee sur la plupart des malades : leurs effets ont la plus grande analogic avec 
ceux de certains medicaments antispasmodiques, 

II n est peut-etre pas hors de propos de dire, dit de son cote M. le professeur Filhol 
(Eaux minerales des Pyrenees, p. 492. Toulouse, 1853), que les sources que 
M. Ganderax a signalees comme les plus sedatives sont depourvues de fer, et que 
la source de la Reine qui est signalee comme excitante et comme produisant a un 
haul degre une astriction marquee, est Tune des plus ferrugineuses : peut-etre 1 ac- 
tion du fer n est-elle pas etrangere aux effets qu on observe. 

Bordeu avait deja observe que les eaux des sources de la Gutiere supprimaient 
les sueurs ; M. Ganderax pere a fait la meme remarque qui a etc confirmee par 
tous les observateurs. Bordeu disait encore que les eaux des sources Frascati re- 
veillent 1 appelit, irritent les entrailles, relachent le ventre, excitent des secousses 
dans tout le corps et produisent quelquefois la fievre. Ces effets ne tenaient-ils 
pas a la temperature elevee a laquelle elles etaient employees au temps de Bordeu? 
On n observe plus de phenomenes aussi tranches maintenant qu elles sont adnii- 
nistrees aun degre dc clialeur moins considerable; mais elles determinent encore, 
dans quelques cas, des eruptions de diverse nature et provoquent le flux bemor- 
ilioidal ou menstruel. 

G est dans le rhumatisme clironique sous toutes ses formes et toutes ses mani 
festations, paralysies de la sensibilite et meme du mouvement, nevralgies faciales, 
sci;:liques, etc., que la vertu des eaux hyperthermales de Bagneres-de-Bigorre a 
surtout merite d etre remarquee. Leur haute temperature, leur action sur le tube 
digestif et sur les reins, expliquent les guerisons que Ton a maintes fois obienues 
cliez des rhumatisants qui souffraient depuis plusieurs annees et qu aucun mojen 
n etait parvenu a soulager. On prescrit presque toujours alors les eaux des sour 
ces de la Reine, du Dauphin, dela Gutiere en bains et en douches d eau, ou 
lefe bains d etuves de I etablisssement de la ville et les eaux de la source Lasserre 



BAGNERES-DE-BIGORRE (EAUX MINEUALES E). Ill 

en boisson. Mais lorsque Ton a affaire a cles arthrites rhumatismales, lors memo 
-a elles sont recentes encore, et par consequent subaigues, ce sont les eaux tie la 
source Sainl-Roch qui donnent les meilleurs resultats. 

Les nevroses, et particulierement les troubles proteiques del hysterie, sont tres- 
heureusement traites par les bains des eaux hypothermales des sources du Salut 
etdu Foulonquiagissenl comme antispasmodiques ; mais il est convenable de faire 
prenclre a I mterieur les eaux des memes sources, celles de Lapeyre, du Petit-Prieur 
ou du Petit-Bareges. Des nevralgies externes ou internes qui avaient resiste aux 
moyens les plus energiques, ont cede aussi sous 1 inflnence des memes eaux. Leur 
composition chimique assez simple ne pent pas sans donte ilonner 1 explication des 
euerisons oblenues dans ces maladies parfois si douloureuses et si difficiles a dera- 
ciner mais les observations qui ont ete recueillies par MM. les inspecteurs Gande- 
rax et Subervie sont si nombreuses que la realite de leur vertu ne peut pas etre 
un moment contestee. 

Dans les affections uterines, c est encore aux eaux sedatives des sources du Salul, 
duFoulon,du Petit-Prieur et du Petit-Bareges qu il convient d avoir recours. L ac- 
tion speciale de la source le Foulon dans les dermatoses caracterisees par des pa 
pules, des squames ou des vesicules, rend souvent aussi des services signales. Le 
lichen, le psoriasis, 1 eczema ayant resiste aux eaux siiH ureuses les plus fortes de 
Bareges on de Bagneres-de-Luchon, parexemple, ont cede qnelquefois, apivs un 
temps assez court meme, a 1 usage interne et externe des eaux de la source le 

Foulon. 

L effet diuretique prononce des eaux de plusieurs sources de Bagneres-de-Bi- 
gorre a tout naturellement conduit aux applications de ces eaux dans les affections 
des voies nrinaires, ou il importe d obtenir une diurese abondante. L experience 
ademontre qu aucune ne doimait d aussi bons resultats que la source Lasserre et 
que nulle affection siegeant dans les conduits uropoietiques ne retire autant 
de profit de son emploi que la gravelle rouge et les petits calculs composes d acide 
uriqiie ou d urates. 

Les eaux carbonatees ferrugineuses et sulfatees calciques et magnesiennes de 
B;igneres-de-Bigorre conviennent a 1 interieur, surtout dans les etats pathologiques 
oil il taut agir sur la composition elementaire du sang pour le ramener a 1 etat phy- 
siologique : ainsi, dans les convalescences longues et difficiles, dans toutcs les 
anemies consecutives soil a une alteration da sang, comme la cblorose, soit a une 
intoxication miasmatique, comme 1 empoisonnement paludeen et la fievre inter- 
mitterite de longue duree. Ces eaux ont 1 avantage de convenir pour combattre 
1 inertie intestinale debeaucoup de malades qui ont une tres-grande tendance a la 
constipation ; on les emploie aussi pour obtenir leretour d hemorrho ides disparues, 
on pour diminuer, au contraire, le flux hemorrbo idal dans certains cas d anemie 
tres-marquee. 

Les eaux de la buvette de 1 etablissement Theas alimentee par la source de La- 
bassere dont le transport et 1 elevation de la temperature se font en prenant les 
precautions que nous avons indiquees, sont conseillees avec un grand succes dans 
les catarrhes des voies aeriennes, surtout dans ceux qui se prodniseiit apres la 
dispavition d une maladie de peau, dans les laryngites et dans les brouchites 
cbrcniques simples. 

Les habitants de Bagneres-de-Bigorre ont 1 habitude de venir boire a la source 
de Salies au commencement de leurs rhumes ou de leurs catarrhes bronchiques, 
et ils assurent se bien trouver de cet usage aujourd hui populaire. 



112 BAGNERES-DE-LUCHON (EA.OX MINERALES DE). 

La Duree de la cure vane de 25 a 50 jours. 

On exporte tres-peu les eaux do Bagneres-de-Bigorre, nous en exceptons, bien 
entendu, la source voisine de Labassere dont nous parlerons en particulier. 

STATION D HIVER. Bagneres-de-Bigorre est devenu depuisune dixaine d annees 
surlout, un sejour d hiver frequente principalement par les Anglais. Sa position 
sur 1 Adotir a 1 entrce de la valleo, a la base tlu vcrsant occidental de la premiere 
chaine des Pyrenees, explique le climat tempere de Bagneres-de-Bigorre ou les 
transitions subites sont presque inconnues. M. Charles Ganderax a publie dans sa 
these inaugurate un releve comprenant dix annees (de 1825 a 1855) quiindique 
les moyennes de la temperature de cliaque mois. 11 a trouve en Janvier 4centi- 
gracles, en fevrier 6,23 centigrades, en mars 9, 22 centigrades, en avril 11, 61 cen 
tigrade?, en mai 14, en juin 16, 55 ceutigrades, enjuillet 18, 61 centigrades, en 
aout 18 centigrades, en septembrelG centigrades, en octobre 13 centigrades, en 
novembre 7, 72 centigrades, en decembre 5, 72 centigrades. Le minimum de la 
temperature de 1 annce d apres le tableau ci-dessus est de 11,50 centigrades, le 
maximum n utant que de 12, 802 centigrades, la moyenne generale estde 11,68 
centigrades. Ladifferenceentreles deux extremes est apeinede 1,30 centigrades. 

A. ROTUREAU. 



E. DESC,MI.\KTS (P.). Traite" tie la proprie te et effet des eaux, bains dottx et 
chattels de Bagneres et de Bareges. Toulouse, 1729. in-12; ibid., 1745, in-1 2. HORDED (Theo- 
phile). Lettres contenunt desessais sur les eaux minerales du Beam. Amsterdam (Avignon), 
174G, in-12. (Les 17 et 18 e leitves.) LE BAIG. Memoires sur la nature et les propriete s des 
eaiu: miner/lies de Bagneres. Pau, 1750, in-8, 83 pages. DESEGONDAT. Observations de 
plii/si/ine et d histoire naturelle sur les eaux miue rales de Dax, de Bagneres et de Bareges. I aris, 
1730, in-12. SALAIGN-AC (Xavier). Eaux miue rales c/e Bagneres, analyse des sources de Salut 
et d Artiyiit longue. Paris, 1752, in-12; Sarlat, in-12. CASTELEERD (Raimond-Frangois). 
Traite des eaux mmerates de Bagneres, Bareges et autres petites sources de la Guienne et du 
Be arn, avec 1 analyse des eaux minerales de la rue de la Rousselle, a Bordeaux. Bordeaux, 
17(12, in-12. THIERRY. Lettre a M. ", conlenant la relation d un voyage fait it Bareges, it 
Cauterets et a Bagneres. In Journal de medecine, mai, 1700, p. 587. D ARQUIER. Observa 
tions gene rales des (, egre s de chaleur des iliffi renles sources de Bagurres pris avec un llier- 
mometrede mcrcure, i/irige auivant la methods deM. de Reaumur. In Bull. delAcad. des sc., 
savants etrangers, t. VI, p. 14. MUICORELI.E (DE). Observations sur la pesanteur et la cha 
leur relatives des differeutes sources des eaux de Bagneres. In Bull, de I Acad. dessc.. savants 
c lrany"rs, t. VI, p. 159. LEQUIERE. Notice sur les eaux minerales de Bagneres-de-Bigorre. 
In Journal complm., t. VIII, p. 57, 119, 217.-- DELPH-. Notice sur I article de Lequiere. 
Ibid., t. IX, p. 85. Replique de Lequiere. Ibid., t. X, p. 283. GANDERAX (pere). Kecher- 
ches sur les propricte-i des eaux minerales de Bagneres-de-Bigorre, 1827. GAKDERAX (fils). 
Theses de Paris, 1841. -- LEMONXH.R (C.). Bitgn&res-de-Bigorre, sous le rapport medical et 
lopograpliiqite. Paris, 1841, in-12. Do MEME. Cinq annees d etudes pratiques sur les eaux 
ihiiivrulisde Bagneres-de-Bigorre, 1845. AUTIGALA (P.). Notice sur les causes du discredit 
des eaux t/iermales de Bagnires-de-Bigorre. Tarbes, 1845, in-8. PAMBRUX [A. . Manuel du 
taigneur a Bagneres-de-Bigorre. Bagneres, 1857, in-12. FJLHOL (E.). Analyse des eaux de 
Latjneres-de-Bigorre, 1861. FERRAKD. Quelques observations sur les eaux minerales de Rayni- 
res-de-Bigorre. In An/tales de la ^octetc d lnjdroloijiemedicalede Par is, t. VI, 1859. A. R. 



[(L AUX MINERALES DE) hypei tliei males ou hypother- 
males, sulfurees sodiques, awlees. On s y rendde Paris par les lignes de Bordeaux 
et de Toulouse ens arretant a la station de Montrejeau, mais bientot on ira en wa 
gon jusqu a Luchon meme. Bagneres-de-Luchon,dansle departement de la IJaute- 
Garonne, dansrarrondissementdeSaint-Gaudens, est unejolie petite ville, chef-lien 
de canton, ayant 2,770 habitants, a 62 9 metres au-dessus duniveau de la mer. Lu- 
cbon se trouve dans une belle et fertile vallee des Pyrenees qui va dunordau suil : 
de hautes montagnes en partie cultivees et couronnees d arbres verts proteo-ent la 
ville a Test et a 1 ouest centre les vents qui soufflent de ces deux points, excej tu 



BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 113 

de ce dernier cote ou dcboncbela vallee de Larboust ; et la montaguc de Cazaril 
1 abrite completement au nord. La vallee de Luclion est arrosee par deux micros, 
la Pique et 1 One, qui, a 500 metres au-dessous de Bagneres-de-Luchon, 
forment un seul gave se jetant dans la Garonne a 1 kilometre apres le petit 
village de Cierp. Un large boulevard, nomme le cours d Etigny, plante de quadv 
ranges de tilleuls magnifiques qui entretiennent 1 ombre et la fraicbeur au 
milieu meme des journees les plus cliaudes de 1 ete, relientla ville a 1 etablis- 
sement thermal. Aucune station n est entouree de promenades et d excursions 
plus nombreuses, plus ititeresvantes ct plus variees; aussi les baigneurs pen- 
vent-ils occuper facilement, trop facilement meme quelquefois, les loisirs dcs 
journees de lenr saisoa thermale. Us ont le choix, en eflet, entre des points 
rapprochesoudejaeloigneV, ils pcuvent visiter les vallees, les lacs, ou les pics dc 
la partie la plus accidentce de la chame des Pyrenees franoaises ou espagnoles. - 
Leclimat de Bagneres-de-Luchon estassez tcmpere, cette station etant moins i lo- 
vee que lesauties postes thermaux des Pyrenees, a 1 exception d Amelie-les-Bains 
et de Bagneres-de-Bigorre. Les malades doivent etre prevenus cependant quc 
les variations de temperature sont assez sensibles pour qn il faille le matin et 
le soir se couvrir avec grand soin. Le vent d ouest souflle le plus souveiit ; i l!a- 
gneres-de-Lucbon, maisil est tonjours assez faible ; les ondula lions de la vallee do 
Larboust et la montngne de Super-Bagneres snrtont protegcnt la ville et contri- 
buent pnissamment a amortir I intensitedu vent. Les temperatures moyenncs mi 
nima et maxima, prises avec la plus grande exactitude, par M. le docteur L;nn- 
bron, medecin inspecteur de Eagneres-de-Lnchon, ont cloiine pour les six annecs 
cornorises entre 1855 et 1858, les resultats suivants dans les mois de la saison tlicr- 
male: 1853. Juin : temperature moyenne, 16,8 cenligrades; minima, 11 centi- 
gracles; muxima, 26 centigrades. Juillet : moyenne, 15, 4 centigrades ; minima, 
il centigrades, maxima, 52 centigrades. Aoiit: moyenne, 19,2 centigrades; mi 
nima, 15 centigrades; maxima 54 centigrades. Septembre : moyenne, 14,2 
centigrades; minima, 8 centigrades; maxima, 22 centigrades. -- 1854. him: 
moyenne, 16 centigrades; minima, 11 centigrades; maxima, 26 centigrades. 
Juillet : moyenne, 17,4 centigrades; minima, 1 1 centigrades ; maxima, 52 cen 
tigrades. Aoiit: moyenne 1 7, 1 centigrades; minima, 12 centigrades; maxima, 29 
centigrades. Septembre : moyenne, 17, 4 centigrades; minima, 7 centigrades; 
maxima, 50 centigrades. 1855. Juin : moyenne, 1 4 centigrades ; minima, 8 
centigrades; maxima, 50 centigrades. Juillet: moyenne, 18, 6 centigrades; mini 
ma, 15 centigrades; maxima, 28 cenligrades. Aoiit : moyenne, 17 centigrades; 
minima, 15 centigrades; maxima, 32 centigrades. Septembre: moyenne, 17 cen 
tigrades; minima, 40 centigrades; maxima, 24 centigrades. 1856. Juin : 
moyenne, 19, 5 centigrades; minima, 1 1 centigrades ; maxima, 53 centigrades. 
hdilet: moyenne, 19 centigrades; minima, 15 centigrades; maxima, 54 cenli 
grades. Aoiit : moyenne, 21 cenligrades; minima, 13 centigrades; maxima 54 
centigrades. Septembre: moyenne, 14, 7 centigrades; minima, 6, 6 centigrades; 
maxima, 28 centigrades. 1857. Juin : moyenne, 19, 1 centigrades; minima, 
12 centigrades; maxima, 33ceiitigradas. Juillet : moyenne, 21, 2 cenligrades; 
minima, 1 2 centigrades ; maxima, 34 centigrades. Aoiit : moyenne, 19, 5 centi 
grades ; minima, 11 centigrades ; maxima, 35 centigrades. Septembre : moyenne, 
17, 8 centigrades; minima, 11 centigrades; maxima, 28 centigrades. 1858. 
Juin : moyenne, 19, 8 centigrades; minima, 12 centigrades; maxima, 52 cen 
tigrades. Juillet : moyenne, 17, 8 centigrades; minima, 11 centigrades; maxima, 
OICT. Exr.. Vltl. 8 



114 BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 

55 centigfades. Aout : moyennc, 19, 5 centigrades; minima, 9 centigrades; 
maxima, 55 centigrades. Septembre : moyenne, 17, 9 centigrades; minima, 8 
centigrades; maxima, 28 centigrades. La commune de Bagneres-de-Luchon s est 
imposee de grands sacrifices pour faire construire I etablissement thermal que nous 
decrirons plus loin; mais elle profile, maintenanl que cette station estune desplus 
frequentees de la France, de ses premiers frais d installalion. La saison commence 
le l er juin et finit le 15 du mois d octobre. 

On trouve a Bagneres-de-Luchon cinquante griffons sulfureux qui pourraient 
a larigueur etre enumeres separement ; mais plusieurs d entre eux ayantetecap- 
tes ensemble et de maniere a reunir leurs eaux, il sulfitde citer les plus importants 
qui, toussitues derriere Fetablissemeut thermal, sont aunombrede dix-neuf. Ilsse 
distinguent par Icur position inferieure ou superieure. Les sources INFEKIEORES 
sont, du novd au sud : 1 les sources Richard inferieures, 2 la source de la 
Grotte inferieure, 3 h source des Remains, 4 les sources Terras inferieures. 
Les sources SUPERIEURES ou DES GALERIES portent les noixis de : 1 source Ri 
chard superieure ou nouvelle et source Azemar, 2 source de la Reine, 5 source 
Bayen, 4 source de la Grotte superieure, 5 source Blanche, 6 source de 
I Enceinte, 7 sources Ferrras anciennes et nouvelles, 8 source d Etigny, 
9 sources Froides, 10 source la Chapelle, 11 sources Bosquet, 12 sources 
Sengez, 15 sources Bordeu, 14 sources du Pre, 15 sources innomees de la 
Galerie nouvelle Bordeu ou Francois. Outre ses eaux sullureuses, Bagneres-de- 
Luclion possede encore plusieurs sources ferrugineuses, mais elles ontune impor 
tance trop secondaire a cette station pour qu il soil necessaire d entrer dans de 
plus grands details. 

SOURCES UXFERIECRES. 1 Sources Richard inferieures. Elles emergent par 
neuf griffons qui ont des denominations particulieres; deux sont connues sousle 
nom de sources Richard inferienres tempe.rees; cinq sous celui de sources Richard 
inferieures chaudes, et deux sont designers ainsi : sources Richard inferieures 
du Nord. La temperature de 1 eau des griffons temperes est de 31 centigrades. 
Us sont recueillis dans un reservoir de maconnerie, forme par la galerie meme 
et mis en communication avec les reservoirs des sources suivantes. Les sept autres 
griffons des sources Richard inferieures emergent dans le? fondations des anciens 
thermes. La temperature de 1 eau des cinq griffons chauds reunis est de 46, 4 cen 
tigrades. Us sont recus dans deux reservoirs et forment avec le precedent le bassin 
des sources Richard inferieures temperees, qui ont alors 08 centigrades et alimentent 
les salles de cette division de I etablissement thermal 1 . Les deux griffons des sour 
ces du Nord n ont pas une temperature idenlique : le premier marque 29,8 cen 
tigrades, ledeuxieme 51 centigrades : ils vont 1 un et 1 autre aux piscines. L analyse 
chimique des eaux des divers griffons des sources Richard inferieures n a pas encore 
etc f aite. 

2, 5et 4. Les sources de la Grotte inferieure, des Remains, et de Ferras 
inferieures completent le groupe des sources inferieures. 

La source de la Grotte inferieure a son point d emergence sous le grand reser 
voir du nord, a 20 metres des sources Richard inferieures ; sa temperature est 



1 Les sources Richard inferieures ne sont point melangees dans les reservoirs avec les sour 
ces Richard superieures. On peut les administrer seules : lorsqu on les coupe avec les Ri 
chard superieures, c est dans la baignoire et sur la demande du malade ou la prescription du 
medecin. 



BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MIKERALES DE). 115 

dc 52, 2 centigrades. Elle alimenteles bains 1 , mais elle ne pcut servir a I adminis- 
tration des douches, en raison du point trop peu eleve d ou elle sort du sol. 

M. r ilhol, directeur de 1 Ecole de mcdecine de Toulouse, a fait 1 analyse de 
presque toutes les sources de Bagneres-de-Luchon en 1851 et 1852; cet habile 
chimiste a trouve dans 1,000 grammes de 1 eau de la source de la Grotte infe- 
ricure les priucipes suivants : 

Sulfure de sodium 0.0589 

- fer 0,0021 

manganese traces. 

cuivre traces. 

Chlorure de sodium 0,0736 

Sulfate de potasse 0,0113 

soude 0,0265 

chaux 0,0200 

Silicate de soude 



chaux . . . 
manganese 
alunnne . . 



traces. 



0,0-141 



Silice libre 0,0499 

Matiere organique non dosee. 

Carbonate de soude I 

lojure dc sodium I 

Hyposulfile de soude / ll 

Phosphates I 

TOTAL DBS MiTiibnEs FIXES 0,2564 

* zote . Uon doses. 

Gaz. Oxygene j 

Acide sulfhydrique traces. 

La source des Remains emerge entre les fondations de 1 etablissement et 
le grand reservoir du sud, a 25 metres de la source precedente ; son eau 
a 49,2 centigrades et alimente les piscines. On n en connait pas 1 analyse exacte. 
Les deux sources Ferras inferieures ont le meme point de sortie, et leur griffon 
est sur le meme plan que celui de la source des Remains dont il n est qu a 4 
metres. Le griffon Ferras inferieur n 1 a une temperature de 34, 8 centigrades 
et le n 2, de 37,8 centigrades. L eau des sources Ferras, dont la composition 
n est pas exactement connue, alimente aussi les piscines. 

Les sources Richard inferieures sont recues dans trois reservoirs ; la Grotte 
inferieure dans le sien propre, les sources des Remains et Ferras, n en ont pas ; 
apres avoir servi aux buvettes, elles se rendent aux petites piscines. 

SOURCES SUPERIEURES ou DES GALERIES. Les galeries pratiquees pour capter les 
sources a leur griffon, ont toutes leurs ouvertures sur le meme rang, et leurs noms 
sont inscrits au-dessus de chacune d elles. En allant du nord au sud et en par- 
tant de la premiere galerie, celle des Richard superieures, on rencontre la galerie 
Azemar, 1 etuve ou bain de vapeur et les entrees des galeries de la Reine, de la 
Grotte, de 1 Enceinte, de la Froide, d Etigny, de la Chapelle, de Sengez, de Bor- 
de\i, duPre et du Saule pleureur. En penetrant par la porte Azemar dans ces ga 
leries qui communiquent entre elles, quoiqu elles aient une entree distincte, ou 
trouve successivement, et dans 1 ordre ou nous allons les decrire, les griffons des 
sources superieures. 

1 Sources Richard superieure ou Nouvelle, et Azemar. Les griffons des 
sources Richard superieures a droite et Azemar a gauche, sont a 19 metres 

1 La source de la Grotte inferieure n alimente pas les piscines, elle est trop peu abondante 
(75 a 80 bains par 24 heures seulement). 



BAGiN ERES-DE-LUCliON (EAOX MIHEBALES BE). 

de I ouverture de la galcrie Azemar en face l un de I aulre et a 10 centi 
metres de distance, a 1 intersection des galeries Richard et Azemar. Ces deux 
sources ont un captage circulaire pareil, de 50 centimetres de diametre et de 
25 centimetres de profondeur ; ils sont recouverts d une pierre regue dans I e- 
paisseur des dalles. Les eaux de ces deux sources limpides et transparentcs ont 
une odeur et une saveur hepatiques, celles de la source Azemar surtout. La tem 
perature de 1 air de la galerie etant de 32, 1 centigrades, celle de 1 eau de la source 
Richard supmeure ou Nouvelle estde50,4 centigrades, et celle de la source Azemar 
de53,l centigrades. 

Les eaux des deux sources Richard superieure et Azemar out donne pour 1 ,000 
grammes, aM. Filhol, les elements qui suivent : 

I: I MlllI) StrEniEURE. AZEIUR. 

Sulfure de sodium 0,0393 0,0480 

- for 0,0028 0,0022 

maiigunr r 0,0018 0,0024 

cuivrc traces ..... ... traces. 

Chlorure de .sodium 0,0659 0,0620 

Sullate de potasse O.OU88 0,0072 

soude 0,0101 0,0462 

chaux 0,0-iOO 0,0118 

Silicate de soude > 0,005^ 

magnesif j traces 0,0147 

alumme 0,0292 0,0231 

_ chaux. 0,0432 

Silicelibre 0,0528 0..0076 

Mature organique 



Carbonate de soude. 
loduie de sodium. . 
hyposullite de soude 
Phosphates 



traces. . 



traces. 



TOTAL DES UATIERES FIXES. 0,2bG~ 0,2"oo 

Azote j mm doses. 

non doses J 



Gaz. < Oxygene 



Acide sulfiiydrique. 



traces. 



Dans un des prolongements et le long des galeries Richard superieures et Aze 
mar, naissent les deux sources Richard temperees superieures, distautes del metre 
seulement 1 une de 1 autre et a 4 metres du point d emergence de la source Ri 
chard superieure. Les deux sources Richard temperees superieures, dont 1 une a 
une temperature de 58 centigrades et I aulre de 52 centigrades, vont se rendre 
dans le reservoir des sources Richard superieures specialement alfecte au service 
des hains. 

2 Source de la Pieine. Les sept griffons de cette source sont all metres de la 
poi te d entree de la galerie de ce nom et a 10 metres du mur de 1 etuve souter- 
raine. Ils sont cnptes dans unbassinde pierre, de forme ovalaire. L eaude la source 
Bayen vient emerger dans son conduit d ecoulement dans lequel elle forme pendant 
(inelques instants un courant distinct. L eau de la source de la Reine a 1 odeur, mais 
vuvtout le gout, tres-sensiblement sulfureux ; la temperature de la galerie etant de 
36, 8 centigrades, celle de 1 eau de la Reine thermometree avec soin dans son jet 
special est de 55, 8 centigrades. 

Nous donnons son analyse chimique avec celle de la Grotte superieure. 

3 Source Baijen. Son point de sortie est dans une niche situee du cote de 

ja "alerie de la Reine. Cette eau est parfaitement claire et parfaitement limpide ; 

-on odenr et sa saveur sont moins sensiblement hepatiques que celles de la source 

d" la Reine, probablemeiit en raison de sa thcimalilc plu^ elevee; et pourtant son 






BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 117 

re de sulfuration est plus considerable au sulfbydrometre. Ellc est ectimeiise et 
dc oelites bulles de gaz viennent crever avec bruit a sa surface. Sa temperature est 
de 65 a 66 centigrades, cells de la galerie etant de 56, 8 centigrades. Le melange 
des sources Bayen et de la Reine fait monter la colonne mercurielle du thermometre 
a 56,5 centigrades. 

4" Source de la Grotte superieure. Le petit bassin ovale au milieu duquel 
cctte source a son point d emergence est au bout de la galerie dite de la Grotte, a 
8 metres de son entree. Cette eau n a point les memes proprieles physiques quo 
celle des sources de Bagneres-de-Lucbon que nous venous d eludicr; ainsi clle 
thnrrie une quantite considerable debaregine et de sulfuraire qui altere sa trans 
parence et salimpidite, elle laissedeposer sur les parois du couvercle de son bassiti 
une couche epaisse de soulre tres-divise. De la baregine et de la sulfnraiie, offrant 
une teinte completement noire, surlout a leurs couches les plus profondes, occu- 
pent les points declives du bassiu ou elles se sont precipitees par flocons. L odeur 
de 1 eau de la source de la Grotte superieure est tres-sensiblement hepatique et 
son "out assez desagreable. La temperature del air de la galerie etant do ol,5 cen 
tigrades, celle de 1 eau est de 57 centigrades. 

M. Filhol a trouve dans 1 ,000 grammes de 1 eau des sources de la Reine, de 
Bayen et de la Grolte superieure les principes suivants : 



SOIT.CE SOUI1CE BiYEN. SOURCE HE LA OROTtl 

DE l, v l:U.\K. .-UPKRIEl RE. 

Sulfure de sodium 0,i IV.lK 0,0477 O.IKU 

fer 0,002-2 (1,0027 

manganese 0,0028 ...... traces ...... 0,0015 

cuivre. ....... trncc.s ......... tr;iccs. 

Chlorure de sodium 0,( >>4 0,0828 0,i>"23 

SuK ate de poUsse 0,( 0. J2 j 0,00 .9 

soude 0,0312 I 0,0682 

chauv 0,0312 / traces 

Silicate de soude trac.^ ) 0.0094 

chaux 0,11102 0,0220 0,(l376 

magnesie 0,0018 ) 0,0057 

alumine ....... 0,02. i. i | traces 0,0019 

Carbonate de soude tr.in>s ) truces. 

Silice libre 0,0209 0,0414 0.0103 

Matiere organique non dosee non ilosee non do.6e. 

Jodure de sodium j 

Hyposullite de soude > traces 

Phosphates ) 



traces , traces. 



TOTAL BES MATIEBES rurs. . . 0,2 J12 
i Azote ^ . . 


0,1970. ..... 
17 ce ,o7 


0,2467 

15" 

4 
traces. 


Gaz. 


Osygfine 

[ Acide sulfhydrique. . . . 




QfiO 






TOTAL BES CAZ. . . . r 






ion doses 


19" ,37 


17 * 



M. Filhol a Irouve de plus par 1,000 grammes d eau : 

B aSinc 0.0313. ..... 0.0317. ..... OB 

5 Source Blanche. Le premier et le second griffon de cette source se trouvent 
derriere 1 ilot des sources de 1 Enceinte et Ferras, le regard du premier griffon 
s ouvre dans la galerie de la Grotte a 8 metres de sa porte d enlree, en face du 
bassin de la source de la Grotte superieure, dont il n est distant que de 5 a 
4 metres seulement. Sa temperature est de 59, I centigrades; mais au second 
griffon, qui a une temperature de 47,2 centigrades, on ajoute un filet d eau 
IVoide de \ centimetre de diamctre, amene par un tube de piomb. Ce melange a 



118 BAGiNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 

une couleur blanc laiteux et des proprietes precieuses sur lesquelles nous insiste- 
rons en traitant des effets physiologiques et curatifs des eaux de Bagneres-de- 
Luchon. Celte eau conlient de la baregine en suspension, mais moins que la source 
de lu Grotte superieure ; et ses couches profondes, noires aussi, le sont pouiiant 
beaucoup moins que celles de la baregine et de la sulfuraire de la source de la 
Grotte supeiieure. L eau de la source Blanche a une odeur et unc savour plus 
hepatiques que toutes les autres ; ce qui tient assurement au contact de Fair et nu 
melange auquel elleest soumise. Nous renvoyons, pour son analyse chimique, au 
tableau qui suit la source Froide. 

6 Source de I Enceinte. Son enchambrement circulaire, de 15 centimetres 
de diamclre et de 30 centimetres de profondeur, est au centre de la salle voutee 
ditede I Kncciiile, a 2 metres de son entree. Cette eau est limpide et transparente; 
son otleur et sa saveur sont assez peu sulfureuses: mais son arriere-gout est tres- 
sensiblement hepatiquc. Sa temperature est de 49, 2 centigrades, celle de la salle 
de la galerie de 1 Enceinte etant de 24,5 centigrades. L analyse de 1 eau de cette 
source n a point etc faile. 

7 Sources Ferras superieures, nouvelles et anciennes. Leur eau alimente 
deux buvctles dislinctes, puis elle se mele avec celle de la source de 1 Enceinte; 
lours grilfons sont a 5 metres seulcment de I embranchement de la source de 



c, fi IViitire de la galetie Ferras, qui va rejoindre la galeriede la source 
Froidc, ou emerge le filet principal de la source Blanche. L ouverture circulaire de 
son basMii de captage a environ 25 centimetres dediametre; sa profondeur est 
aussi de 25 centimetres. Cette eau est ecumeuse comme celle de la source Bayen; 
de petites bulles gazeuses viennent crever avec bruit a sa surface ; son gout, ties- 
desagreable, quoique peu sulfureux, ressemble a celui de 1 eau croupie. Elle tient 
en suspension des llocons tres-minces de baregine et de sulfuraire, n ayant aucu- 
nement I aspect de filaments allonges, comme cela s observe souvent; ils sont en 
fragments petits ct courts ressemblaut beaucoup a du papier maehe. Sa tempe 
rature est de 34 centigrades, celle de la galerie etunt de 24" centigrades. Le tableau 
de son analyse est annexe a celui de la source Froide. 

8 Source d Etigny. Lcs deux griffons de cette source doivent etrementionnes 
en cet endroit parce qu ils sont superienrs par leur position topographique ; ils 
sont situes entre les galeries et les reservoirs sujierieurs. La temperature du pre 
mier est de -48", 3 centigrades, et celle du second de 30 centigrades. L eau des sources 
d Etigny" se rend au reservoir de ce nom, ou elle se mele avec une portion de 1 eau 
des sources chaudes du Pre. Leur analyse exacte n cst pas encore connue ; M. Fil hol 
a settlement constate la presence des gaz suivants dans 1 eau du griffon n 2 : 
azote, 16 CC ,80; oxygene , 5 CC ,20; acide sullhuliique , traces. M. Filhol se 
propose de multiplier et de repreudre ces experiences en suivant la methode de 
M. Peligot. 

9 Source Froide. Son griffon est dans la galerie etanche, son eau sort du 
schiste et s ecoule le long du caniveau a ciel ouvert qui la conduit au reservoif 
d eau froide. Son odeur et sa saveur sont legerement sulfureuses. La temperaturJ 
del air de la galerie etant de 22,5 ceniigrades, celle de 1 eau est de 17,1 cenli- 
grades. Son analyse chimique a ete publiee dans le travail de M. Lambron. M. Filhol 
a prevenu cetauteur que 1 analyse de la source Froide n a ete faite qu unefois 
et ne presente pas le caractei e de certitude de ses autres recherches. 

Voicile resultat obtenu par M. Filhol avec 1,000 grammes d eau des sources 
Blanche, Ferras ancienne et Froide : 



BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MIMERALES DE). 119 

b,v. v.CE BLANCHE. ^ 8 SOURCE J I\01DE . 



Sulfure de sodium ........ Q,Q">S ...... 0,0055 

fer .......... 0,0011 ...... 0,0009 



...... | traces ...... j traces . 

cuivi e ........ ! 

Chlorure de sodium ....... 0,0500 ...... 0,0160 ...... 0,009 

potassium ...... ...... ...... traces. 

Sulfate de potasse ........ 0,0038 ...... 0,0119 ...... 

soude ........ (1,11(110 ...... 0,0580 ...... O.iiVJ 

cliaux ........ traces ...... 0,0212 ...... ii.ii. in 

magnesie ...... ...... >, ...... 0,006 

Silicate de soude ........ traces ...... traces ...... 

chaux ........ 0,0759 ...... 0,0506 ...... 

magnesie. ...... 0,0067 ...... , 

alumine ....... 0,0101. ..... \ traces ...... 

Carbonate de soude ....... traces ...... ) 

cliaux ....... ...... > ....... 0,008 

Silice lihre ........... 0,0105 ...... 0,0597 ...... 0,032 

Matiere organique ........ non dosee .... non dosee .... 0,015 

lodure de sodium ........ \ I 

Ily;iosulfitede soude ....... > traces ...... ( traces ...... traces. 

Phosphates ........... 

Oiyde de fer .......... ...... ...... traces. 

lode .............. ...... ...... ti .nvs. 



TOTAL DES JUTIERES FIVES . . . 0,2529 0,2117 0,152 

* zotc . 1 non doses . . . . i ll ." ^ 

(kygene ) i . Is 

Acide suli hydrique. . . . traces traces 



TOTAL DES GAZ 16",00. 

Baregine 0,0275 



i, 000 grammes de la source Perms nouvclle ont donne a M. Filhol les gaz 
suivants : 



Gaz. 



Azote 27", 71 

Oxygene 4, 79 

Acide sulfliydrique traces. 

TOTAL DES GAZ. . / "i2",50 



10 Source la Chapelle. La source la Cliapelle fait partie du groupe Bosquet, 
et son griffon se trouve a peu pres au milieu de la galerie d Etigny. Sa temperature 
est de 38, 7 centigrades. Son eau n a point encore ete analysee. 

11 Source Bosquet. Les trois griffons de celte source se trouvent au fond 
et a gauche de la galerie Bosquet, qui, n ayant point d ouverture exterieure, com 
munique avec la galerie Froide, la galerie la Chapelle et la galerie Sengez. Les 
deux premiers griffons de la source Bosquet sortent du granit pur, le troisieme du 
passage du granit au schiste. Ce dernier griffon emerge dans un bassin circulaire. 
La surface de 1 eau est recouverte d une couche assez epaisse de baregine jaune 
en dessus, grisatre a 1 interieur et noire en dessous. Le filet du griffon n 3 coule 
avec bruit et charrie des flocons de baregine qu il tient en suspension. Cette eau 
n est ni limpide, ni transparente, et de larges et nombreux flocons grisatres nagent 
dans le verre qui la contient. Son odeur et sa saveur sont desagreables et rap- 
pellent celles de la source Blanche, quoiqu elles soient peut-etre un peu moins 
sulfureuses. La temperature de 1 air de la galerie etant de 27 centigrades, celle de 
1 eau du griffon n 3 de la source Bosquet est de 36, 8 centigrades. Le griffon n 2 
emerge a 4 metres du n 3, a 1 intersection des galeries la Chapelle et Sengez. 
La surface de son eau est recouverte d une couche de baregine exactement sem- 
blable a celle du griffon n 3, mais elle n est point noire a sa partie inferieure. 
La temperature de 1 eau du griffon n 2 de la source Bosquet est de 45 centi- 



BAGNERES-DE-LUC1ION (EMJX JMNERALES DE). 

grades. Son gout est infiniment moms desagreablc que celui du griffon n 3. Le 
n 1 se trouvc a 80 centimetres de la reunion des galeries la Chapelle et Sengez. 
L eau de ce grillbn est recouverte aussi de baregine et de snlfuraire qui n ont pas 
le meme aspect que celles des deux autres. Ainsi, leur couch e a plus de consis- 
tance, se laisse inoius facilement decliirer, ressemble beaucoup a la pellicule se 
fonnant au-dessus du lait qui cliauffe, et ne s etend pas, comme an griffon n 5, 
sur toute la surface de 1 eau de son bassin. Cette eau, puisee dans un vevre, est 
plus limpide que celle des deux autres filets avec lesquels elle se melange en 
memo temps qu avecles sources tempcrees de Bordeu. Son odeur et sa saveur sent 
assez faiblemcnt hepaliques. La temperature de 1 eau du grilfon n ] de la source 
Bosquet est de 44 centigrades. L eau des trois points d ou emerge la source Bosquet 
n a point ete anlaysce. 

12 Sources Sengez. Elles sortent par quatre griffons differents, maisun seul 
doit altirer 1 atteution, celui de la galerie Sengez, qui emerge dans une niche un 
pen plus grande que celle de la source Bay en. Le regard de-ce griffon a une fermeture 
aiiloi lave qui permet de reconnaitre que cette eau limpide et transparenle a une 
nil iir tres-l6geremerit hepatique ; sa saveur, nullement desagreable, laisse un ar- 
ricrc-gout tres-sensiblenicnt Milfureux. La temperature de 1 can de ce grilfon de la 
Sengez, est de 42 cmli-rades, celle de la galeiie elunt de 27, 5 centi- 
. [/analyse de 1 eau des sources Sengez n est pas connue. Ces sources blan- 
< lussant au contact de 1 air, comme 1 eau de la source Blanche, sont conduites 
dans sou reservoir. 

13 Source Bordeu. Le groupe Cordeu se compose de trois griffons distincts. 
Nous ne nous occuperons que dn griffon n 3, se trouvant au point d intersection 
des galeries Bordeu et d Etigny prolongees, a droite de cette derniere, dans un en- 
ioncement semi-circulaire. Son eau est rec.ue dans un bassin a ouverture ronde 
<|ue Ton tient tonjours tres-exactement ferme. Cette eau, d une limpidite et 
d une transparence parfaites, ne sernble contenir aucune trace de baregine. Son 
odeur et son gout sont plus tranche/Kent sulfureux que ceux des autres sources de 
Bagneres-de-Luchon, et sa temperature, plus elevee que celle des deux autres grif 
fons, est de 55,6 centigrades, celle de 1 air de la galerie indiquanl 29 centigrades. 

L eau du griffon 11 1 de la source Bordeu, a ete analysee par M. Filhol, qui a 
trouve daiis 1,000 grammes les principes suivants : 

Sulfure de sodium 0,0i>90 

fer O.OLI03 

manganese O.OU03 

cuivrc trai-es. 

Clilorure de sodium 0,0s58 

bull ale de potasse \ 

soude I (races. 

cliuux J 

Silicate de soude 0,0233 

cliaux 0,0162 

magnnsie 0,0025 

aluinine 0,01)73 

Silice libre 0,0262 

Aluminc 

Magnesie 

Jlatiere organique non dosefc, 

Carbonate de soude 

lodure de sodium ".. 

Hyposuliite de soude 



I hosphates . 



traces. 



DES JfATIERES FIXES 0,2309 



BAGNERES-DE-LUCH(h\ (EAUX MIHERALES DE). 121 

I * zote . I nondoses. 

Gaz. { Oxygene ) 

I Acide sullhvdrique traces. 

TOTAL DES GAZ 

Baregine 0.0350 

Le regard des griffons Bordeu se trouve \is-a-vis de la galcrie Sengcz, a 2 me 
tres du griffon n 2 des sources Sengcz. La reunion des sources Sengez avec Jes 
sources Nouvelles est contenue dans le meme bassin. Ces deux eaux u ont pas la 
meme temperature; celles de Bordeu marquent 48, 5 centigrade.-;, et cellos de 
Sengcz out 45 centigrades. Giles sont recues dans deux rainures dc bois qui les 
conduisent a 1 etablissement. 

14 Sources du Pre. Les cinq griffons de ces sources se trouvent an bout de 
la galerie de ce nom, sur le cote droit de la galerie d Etigny prolongce. L eau du 
griffon n 1, a un peu moins de 50 metres de la porte de la buvette du Pre, est 
rccue dans un bassin a fermeture autoclave. Gette eau est limpide ct transparente ; 
sonodeur etsurtout son arriere-gout sont tres-hepatiques. La temperature de 1 air de 
la g?lerie elant de 55 centigrades, celle du griffon n 1 de la source du Pre est de 
62, 9 centigrades. Le griffon n 1 bis, a cielouvert, qui selrouve sons le roc de la 
meme galerie, est capte depuis quelqtie temps. La temperature de son eau est de 
54 centigrades; ses autres caracleres physiques et cbimiques sont les memes que 
ceux dn griffon n 1 . Les griffons n os 2 et 3 out le meme captage et le meme ame- 
nagement que le griffon n 1 . L eau du n 4 est recue dans une caisse carree ; la 
surface de 1 eau est recouverte d une couche debaregine ressemblant a de la creme 
de lait ; le goutde cette eau est tres-sensibletnent hepalique, mais nondesagreable. 
Les eaux des cinq griffons des sources du Pre laissent une impression liuileuse sur 
le papier. La temperature de 1 eau du griffon n4 du Pre est de 52, 2 centigrades. 
L analyse cbimique de 1 eau de la source du griffon n 1 de la source du Pre a 
ete commencee par M. Filhol, qui a trouve par \ ,000 grammes : 

Sulfure de sodium 0,0 SS 

Baregine 0,0o30 

TOTAL 0,1118 

15 Sources innomees de la galerie, nonvelle Bordeu ou Francois. Les 
quatre griffons de ces sources sont situes dans la galerie qui poite leur nom et 
recusdans trois caniveaux distincts quicontiennent, le premier, les eaux cliaudes, 
et le deuxieme, celles qui arrivent tiedes, le dernier etant destine aux eaux d une 
temperature plus basse. Les sources innomees chaudes se melent avec les eaux des 
griffons des sources Bordeu ; les tiedes se rendent immediatement a la piscine de 
natation; et les froides se joignent a celles des griffons 2et 5 des sources Sengez. 
Une coucbe epaisse et blanche de soufre non crisbllise, recouvre les parois des 
rigoles contenant 1 eau des sources innomees de la nouvelle galerie Bordeu. L eau 
deputes ces sources est limpide, et son gout, quoique sulfureux, est moins desa- 
greable que celui de toutes les sources de Bagneres-de-Lucbon. La temperature de 
la galerie elant de 5o,5 centigrades, celle de 1 eau des sources innomees cbaudes 
est de 47,1 centigrades ; celle des tiedes, de 45,8 centigrades : et celle des froides, 
de 51,8 centigrades. Ces dernieres ne sont pas encore captees et sortent directe- 
ment du schiste. 

Les reservoirs superieurs sont an nombre de quatorze. Le premier regoit 1 eau 
des sources Richard tempereeset superieures pour bains; ledeuxi erne, les eaux des 
sources Richai d supmeure et Azemar pour douches; le troisieme, celles dc la 



BAGNERES-DE-LUCHON (EACX MINERALES DB). 

source de la Grotte superieure ; le quatrieme, les eaux de la source de la Reine et 
de la source Bayen; le cinquieme, 1 eau de la source Blanche reunie aux sources 
oengez et aux eaux tiedes du sud ; le sixierne, les eaux des sources Ferras supe- 
neures et cellesdela source de 1 Enceinte; leseptieme, 1 eau de la source d Etigny; 
le liuitieme, celle de la source Bosquet ; le neuvieme, 1 eau de la source Bordeu ; et 
le dixieme, les eaux des sources Froides. Les griffons des sources Sengez sont par- 
tages, suivant leurs degres de temperature, entre les reservoirs qui resolvent les 
eaux des sources Ferras superieures et celles de la source Blanche. Les eaux des 
sources Seugez ont une grande analogic avec relies de la source Blanche, puis- 
qu elles blanchiisent aussi au contact de 1 air. Le groupe du Pre (eaux chaudes) 
cst partage entre les reservoirs d Etigny et de Bordeu, les sources tiedes vont a la 
piscine de natation. Celle des sources chaudes du Pre est recue dans un autre re 
servoir alimente par 1 eau de la source Bordeu. Les eaux chaudes de la nouvelle 
galerie Bordeu on Francois alimentent aussi le reservoir Bordeu ; les eaux tem- 
perees des memes sources vont directement a la piscine de natation. Les deux 
reservoirs speciaux des douches rec,oivent les eaux des sources de la Reine et de 
la Grotte superieure seulement. 



COTE 
DU MM: 11. 



1 Reservoir tres-vaste, Blanche reu- 

nie aux Sengez ct aux tiedes du 
Sud. 

2 Richard, tcmperees et chaudes 

Mipcrieures pour bains. 

3 Richard el Azemar, pour douches. 

4 Heine, pour bains. 

5 Reine el Grotte, superieures pour 

douches. 

6 I au froide. 



COTS 
" sno. 



7 Eau froide (de 1 autre cote de 1 es- 

calier). 

8 Blanche reunie aux Sengez etaux 

tiedes du Sud. 

9 Reine pour bains. 

10 Reine et Grotte superieure, pour 

bains. 

11 Enceinte et Ferras 

12 Bosquet. 
15 Bordeu. 
14 Etigny. 



ETABLISSEHENT THERMAL DE BAGNERES-DE-LUCHON. Les moyens balneotherapi- 
ques t-t les buvettes des sources inferieures se trouvent dans 1 etablissement, mais 
les buvettes des sources superieures et la salle d etuve occupent la terrasse des re 
servoirs siiperieui s situes entre les deux premieres galeries du nord. 11 est conve- 
nable, nous le croyons au moins, avant de decrire retablissement proprement 
dit, de luire connaitre la topographie, l installation et 1 organisation des buvettes 
eiterieures et de 1 etuve. 

Les buvettes exterieures sont disposees sur le plateau dil promenoir des bu 
vettes exterieures, et aubout de la galerie du Saule. Les trois robinets des buvettes 
Richard ont ele depuis longtemps supprimes. La premiere buvette du promenoir, 
en commencant pur le nord, est etablie a droite de 1 entree des galeries Richard 
nouvelle et Azemar. Elle cst alimentee par 1 eau de la source ferrugineuse dunord 
(crenatee), la seconde par 1 eau de la source Richard temperee superieure, et la 
troisieme par 1 eau de la source Nouvelle superieure. Quatre robinets constituent 
la deuxieme buvetle du promenoir : le premier donne 1 eau de la source de la 
Grotte superieure; le second, 1 eau de la source de la Reine; le troisieme, celle 
de la source Blanche ; et le quatrieme, celle des sources Froides. Ces buvettes 
reunies sont itistallees a gauche de 1 entree de la galerie des sources de la Grolte 
supevieuve et Blanche. La troisieme buvette est a gauche de 1 entree conduisant 
a la salle de 1 Enceinte. On y boit les eaux des sources Ferras ancienne, de 1 En 
ceinte et de Ferras nouvelle. Le robinet de la qualrieme buvette, situe a gauche 
de 1 entree de la galerie Sengez et dans Tallee des buvettes exterieures, verse 1 eau 
de la source Sengez. La cinquieme se trouve dans la meme allee, a gauche de la 
calerie Bordeu, et donue 1 eau dc la source Bordeu. La buvette du Pre ou buvelte 



BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 123 

du midi, la sixieme buvette exterieure, placee au bout de 1 allee des Buveltcs, 
est la plus eloignee de 1 etablissement. Elle se compose de quatre robinets, dont le 
premier verse 1 eau du griffon n 1; le deuxieme, les eaux des griffons 2 et 3; 
Ic troisieme, 1 eau du griffon n 4 ; et le quatrieme, 1 eau refroidie du griffon n 1 
de la source du Pre. Enfin, la septieme buvette exterieure donne 1 eau de la source 
ferrugincuse du sud (sulfatee). 

L etuve est divisee en deux par une cloison qui passe sur le milieu du puits; le 
cote gauche sert aux. homines et 1 autre aux femmes. Les galeries de 1 eluve, a 
droite, et de la Reine, a gauche, servent de vesliaire a ces deux etuves. 

La salle de VEluve soutcrraine, precedes d un vestiaire, a ete conslruite entre 
les galeries Richard superieure et Azemar ct la galerie de la Reine. Celte piece est 
eclairee et ventilce par une I enefre, en face de laquelle on a etabli deux gradins 
de pierre. Sa vapeur est produite par 1 eau airivant dans un bassin sur lequel on a 
eleve, a 1 metre de hauteur, un puits de pierre de i metre de diametre, dont la 
margelle est recouverte par un morceau de marbie qui presente quatre ouvertures, 
s ouvrant et se fermant a volonte au moyen d une roue dentee. 

Etablissement proprement dit. Le bel etablissement thermal de Bagncres- 
de-Luchon, precede d un vestibule et d un peristjle, s appuyant de chaque cote 
sur quatorze colonnes de marbre blanc, est partage en deux parties egales par une 
galerie principals dite galerie du Milieu ou des Pas-Perdus, qui fait suite au vesti 
bule. Cette galerie perpendiculaire est coupee par deux galeries longitudinales et 
paralleles : 1 une anterieure, pour le service des salles de bain ; 1 autre, profonde, 
pour le service des cabinets de douches. Le batiment des bains et des douches se 
compose de dix salles de bains portant chaeune leur numero d ordre, d une piscine 
des homines, d une piscine des femmes, d une piscine de natation, de cabinets de 
douches et enfin de burettes interieures alimentees par les sources inferieures. 
On se rend a la salle n 1 par la galerie du milieu et par la partie gauche de la 
galerie anterieure. Cette salle occupe le sud-ouest de 1 etablissement thermal et se 
compose de cinq cabinets de chaque cote ; un seul a deux baignoires. Les cabinets 
de la salle n I resolvent leur eau des sources Bordeu, Bosquet et Froide. Leurs 
parois interieures sont recouvertes de plaques de marbres veinees de bleu ; ils sout 
eclaires par une imposte vitree donnaiit sur la galerie et par une hollanclaise qui 
prend son jour dumeme cote. Les baignoires, aussi de marbre, en face de la porte 
d entree, sont encaissees dans le sol de 10 centimetres seulement. L eau thermale 
y arrive par leur paroi inferieure et 1 eau froide par une de leurs parois lalerales. 
Ces dix baignoires possedent un appareil de douches locales. On n accedea la salle 
n 2 que par la galerie de la Reine qui aboutit au peristyle de gauche avcc lequel 
elle ne communique pas. Les cabinets sont semblables a ceux de la salle 
n i, a 1 exception de leurs parois exterieures et de leurs baignoires qui sont de 
marbre blanc. Les hommes et les femmes n ont de cole distinct ni a la salle n 1, 
m a la salle n2. Les cabinets de droite de la salle n 2 regoivent 1 eau des sources 
Bordeu et Bosquet ; ceux de gauche, lesu des sources Ferras, d Etigny et Froide. 
La salle n 3 est enlre la galerie anterieure ou de la Reine et la galerie du fond ou 
des douches; elle est separee de la salle n 1 par la piscine des hommes. Ces cabi 
nets a une seule baignoire et aussi au nombre de dix, cinq de chaque cote, ne dif 
ferent de ceux deja decrits que par leurs baignoires munies d appareils de douches 
descendantes et de douches locales; ces cabinets sont alimentes a droite et a gau 
che par 1 eau des sources d Etigny, de Ferras, de la Grotte inferieure, de la Reine, 
de la source Blanche et de la source Froide. La salle n 4 est symetrique avec la 



124 BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 

salle 11 2, comme la salle n 3 Test avec la salle n 1. La piscine des femmes se 
trouve entre les salles de bains n 2 et n 4. La distribution et les dimensions de la 
salle n 4 sont exactement les memes que celles de la salle n 2 ; mais la salle n J 4 
a deux cabinets a double baignoire. Des appareils pour les douches locales ont ete 
places dans cette division ou arrivent les eaux des sources d Etigny, de Ferras, de la 
Reine, de la source Blanche et des sources Froides. Les salles des deux anciens 
chauffoirs sont convcrties en salles de bains et forment les salles 5 et 7. Les chanf- 
foirs ont ete portes dans la galerie des douches de chaque cote de 1 escalier qui 
conduit au terre-plein des buvettes. Deux chauHbirs ou la temperature du linge 
est elevee au moyen du charbon, et deux salles de repos pour les employes, se 
trouvent a gauche et a droite de la galerie du Milieu ou des Pas-Perdus. La salle 
n 6 est la repetition exacte de la salle n 4, elle recoit les eaux des sources 
Reine, Blanche et Froide. La salle n 7 contient douze baignoires alimentees par 
I eau des sources Reine, Blanche ct des sources Froides. Les dimensions et la dis 
position des cabinets de la salle n 7 rappellent completement celles de la salle 
11 4. La salle n 8 fait suite a la salle Richard et ofl re le meme aspect que colui 
des salles n os 6 et 7 et contient de chaque cote six cabinets avec baignoires de 
marbre blanc. Les eaux des sources Richard anciemie, Richard nouvelle, Heine, 
Rlanche et des sources Froides alimentent ses cabinets. La salle n 9 recoit a 
droite et a gauche les eaux des sources Blanche, Reine, Grotte infeiieure et Froi 
des. Les sources Richard infeiieure, Richard snperieure et Froides alimentent a 
droite et a gauche les salles n os 11 et 12. Voici le tableau synoptique de la distri 
bution des sources de Bagneres-de-Luchon : 

( Bordeu. 
SALLE 1 a droite et a gauche j Bo^nuet 

I Bordeu. 
SALLE 2 a droite (sud) j B osquet> 

SALLE 2 a gauche i,- e , ,. as 

SALLE 3 a gauche (sud) I Ferras 

( Reine. 

SALLE 3 a droite .... ......< Blanche. 

( Grotte inferieura 

S^LLE 4 a droite (sud). . ... ....... ..!,, c 

t terras. 

{ Reine. 
SALLE 4 a droite . . i 



SALLE 5 a gauche (sud) . , 



SALLE 5 adroite j R . eine - 

| Blanche. 



Reine. 

Blanche. 

Groite infeiieure. 

Reine. 

Blanche 

Heine. 



SALLE 6 a droite et a gauche 

Blanche. 

SALLE 7 des deux cotes j p. eine 

Blanche. 



SALLE 8 a droite (sud) I nf 1116 , 

( Blanche. 

SALLE 8 a gauche.. I I! ic ! la ^ - 

I Richard supeneui e. 

j Blanche. 
SALLE 9 a droite et a gauche. . . . .-.-....< Heine. 

( Grotte infericure. 

SALLE 11 a droite et a gauche. ... . ! ^ . d i re i . ra - 

( Richard supeneuro. 

..,.. ( Richard infeiieure. 

SALLE 12 a droite et a gauche. ! 

( Iiichard supencure. 

11 grandcs douches alimentees par 3 vastes reservoirs qui j Reine. 
sont en communication etremplis par IRS sources . . . . ! Groite iuferieure. 



BAGKERES-DE-LUCHON (EAUX MINEHM.ES DE). 12r> 

L elablissement thermal contient encore : 123 baignoires qui ont 120 douches 
locales alimentees par leurs eaux respect! ves; 

Une petite douche locale fixe alimentee par la source d^ Etigny ; 
Deux douches anales alimentees aussi par la source d Etigny; 
Trois piscines, deux petites et u ue graude dite de Natation contenant 74,000 
litres ou 74 metres cubes d eau: 

La source froide est portee sur tous les points de 1 etablissement. 
La sallede la piscine des homines, a double voute, occupant a gauche 1 espace 
compris entre la galerie des douches, la galerie anterieure, la salle n 1 et la salle 
n 5 des bains isoles, est eclairee et veiitilee par sa partie superieure. Un trottoir 
conduit aux marches qui descendent a la piscine de marbre blanc quadrangulaire, 
a pans arronclis, alimentee par 1 eau des sources Innomees, par 1 eau de la source la 
Heine et par celle des sources Froides, suivunt les prescriptions medicates. Lasalle 
de la piscine des homines, precedes par une piece servant de chambre de repos, 
par un reservoir ierme contenant 1 eau thermale necessaire a 1 entretien de ce 
bain en comimm, est entouree de sept cabinets servant de vestiaires. La salle de 
la piscine des lemmes occupe a gauche 1 espace compris entre le peristyle de gau 
che, la galerie anterieure, les salles n os 2 et 4 ; elle a les memes dimensions et la 
meme installation que la salle de la piscine des homines, a 1 exceplion de son 
dallagequi est de marbre blanc comme la piscine, el de ses vestiaires qui sout ler- 
mes. Lasalle de la piscine de natation est apres la galerie de la Reine, en face 
de la salle de bain n 7. Gette belle piscine est entouree de rideaux de toile qui 
isolent ceux qui s y baignent. 

Les portes des cabinets de douches s ouvrent sur la galerie du Fond ou galerie 
des douches ; ces cabinets, au nombre de dix, sout ainsi repartis : trois renlerment 
les app.ireils de douches ascendantes et sout alimentes : deux, par 1 eau de la 
source d Etigny, et, le troisieme, par 1 eau de la source la Reine ; un cabinet con 
tient 1 appareil de la petite douche locale a bequille ; quatre cabinets de grande 
douche, precedes de deux vestiaires, dans l un desquels les malades quittent leurs 
habits qu ils reprennent dans Tautre ; tous les cabinets ont a leurs angles des be- 
nitiers pour ceux qui veulent se faire a la face ou sur toute autre partie du corps des 
aspersions a 1 eau froide. Ces cabinets sont en outre munis des appareils de douches 
descendant s, de douches ecossaises a bachottes, de douches Tivoli, etc. Le siege 
sur lequel se place le douche est de 40 centimetres en contre-bas de 1 aire dallee 
de marbre blanc des cabinets. A cote de ces grands cabinets, on en a installs un 
plus petit dans lequel on donne egalcment des douches descendantes ay ant 5 me 
tres de pression. On designe sous le nom de douche Richard une salle alimentee 
pourtant par 1 eau de la source de la Reine. Cette piece dallee de marbre est en 
touree de deux vestiaires dans lesquels on entre par le cabinet de la douche Ri 
chard et par la galerie des douches. 

Les buvettes, etablies a I interieur de 1 etablissement thermal de Ragneres-de- 
Luchon, se trouvent encore dans la galerie du Fond ou galerie des douches; elles 
sont au nombre de six. Les trois de gauche, en allant du nord au sud, le long de 
la galerie du Fond, sont alimentees : la premiere, par 1 eau de la source des Ro- 
mains ; la seconde, par 1 eau du griffon n 1 de la source Ferras inferieure, et la 
troisieme, par 1 eau du griffon n 2 de la meme source Ferras. Les trois buvettes 
de droite ne servent pas encore. Une salle, situee au premier etage, du cote meri 
dional de 1 etablissement, a etc disposee pour les inhalations ; on a installe aussi 
un appareil de humage sur les reservoirs dont nous avons parle. Deux salles dis- 



i 26 BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 

posees pour inhalations et surtout pour douclies pulverisees, douches pharyn- 
giennes, etc. C est a Luchon que cette espece de douche a ete etablie pour la pre 
miere fois par M. Limbron. (M. Francois en a installe ensuile a Caulerets et a 
Marlioz, en perfeutionnant ces appareils.) Une salle sevt aux liommes et 1 autre 
aux femmes, chacune est pourvue de trois appareils. Deux salles de humage ou 
d aspiration de vapeur sulfureuse spontanee, degagee nuturellement des sources, 
out ete creusees sous la montagne, au sud de 1 etuve; 1 une est pour les hommes 
et Tautre pour les femmes, chacuiie est pourvue de trois appareils. 

MODE c 1 ADMINISTRATION ET DOSES. Le mode d administration et les doses de 
1 eau des sources de Bagneres-de-Luchon sont a peu pres les memes que ceux 
des eaux sulfureuses ou sulfurees en general. On doit commencer leur emploi 
en boisson par de faibles quantites ct habituer les malades a supporter progressi- 
vement des doses plus elevees. Ainsi, on debute ordiuairement par un demi-verre 
pris le matin a jcun, pour arriver a quatre verres de 1 50 grammes au plus, ingeres 
a viugt minutes ou a une demi-heure d intervalle et separes autant que possible par 
mi exercice modere. Le medecin prescrit, ordinairementune heure avant le repas, 
1 eau sulfureuse de 1 urie des buvettes de Luchon. L odeur et la saveur hepatiques 
de ces eaux no plaisent pas a tous les buveurs ; quelques-uns meme les ingercnt 
avcc une grande repugnance et se plaignent des douleurs ou des pesanteurs epi- 
gastriques, des nausees ou des eructations nidoreuses, etc., qu elles leur causent : 
c est Tiiidice que les eaux sont prises en trop grande abondance, qu il faut en 
dimimirr la quantile, interrompre la cure ou meme la suspendre tout a fait. Les 
eaux de Luchon sont encore employees en bains et en douches d eau, en bains 
d eluve et en inspirations lorsqu elles sont pulverisees ou au moyen du humage. 
Lorsqu on cntrc dans une salle de bains et surtout dans un cabinet de douches, 
on s apergoit de suite que Ton esl, dans un etablissement sulfureux ; mais 1 odeur, 
tres-moderee, impressionne boaucoup moins desagreablement que celle d un bain 
de baivgcs artificicl. Pendant le sejour dans 1 eau thermale composant un 
bain, on constate qu elle est omtueuse, douce au toucher, qu elle assouplitet 
surioutadoucit la peau. Cela tient-il a la quantite notable de baregiue qu elle ren- 
i eiiiic ou tout sim[ilement a 1 effet de son alcalinite faisant avec les secrelions 
culanees une sorte de savon? 

I Jii LOi THEIIAPEUTIQUE. L etablissemeut de Bagneres-de-Luchon resume pour 
ainsi dire, par la variete de ses sources, toutes les autres stations thermales SIL- 
i urees de la chaine des Pyrenees. Aussi est-il tres-important d etudier avec detail 
1 action physiologique et curative de chacun des griffons principaux. II fautfairela 
part, sans doule, dans cette etude, de 1 idiosyncrasie des buveurs et s attendre 
a ce que certaines individualites rcnveiseront quelquefois les regies communes : 
ainsi, tel malade sera stimule par 1 eau d une source peu excitante ; il faudra 1 a- 
dresser aux autres buvettes cependant, parce qu il pourra se bien trouver d une eau 
qui agite en general etqui conviendra pourtant a son temperament et passera sans 
secousse. Nous avons cru devoir prevenirde ces exceptions sans nous yarreter; car 
la regie gunerale est seule imporiante a connaitre. Quelles sont les eaux de Bagne 
res-de-Luchon qui sout hypostlienisantes, sedatives, stimulantes etenfinexcitantes? 
Voici, d apres leur ordre d action, les eaux calmantes : Bosquet, Bordeu, Eti- 
gny et Ferras superieures. Les sources qui produisent un resultat tanlot calmaut, 
tantot excitant, sont : Richard superieure et Blanche. Enfm, les eaux toujours ex- 
citantes sont celles des sources de la Reine et de la Grotte superieure. II est curieux 
de noter qu avant les beaux travaux entrepris par M. Francois pour suivre jusqu a 



BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 127 

leur griffon les nouvelles sources, toutes les eaux sulfurees de Bagneres-de-Luchon 
etaient tres-sensiblement excitantes, ce qui tient tres-probablement, ainsi que 1 in- 
dique M. 1 inspecteur Lambron, a ce que ces sources nouvelles emergent directe- 
nient du granit, tandis que les anciennes sortaient, et sortent encore, du schiste, 
ou elles se chargent de principes qui les rendent excitantes. Quant aux efl ets dus a 
la tbermalite plus ou moins elevee des bains et des douches, ils n ont rien de spe 
cial a Luchon. L eau employee a 1 interieur, et suftout a 1 exterieur, produit une 
rougeur et une demangeaison a la peau, des picolements, des elancements qui ne 
doi vent point surprendre s ils arrivent dans les premiers jours de la cure ; mais 
s ils s observent a la fin du traitement, ils indiquent que la poussee peut se pro- 
duire et que la saturation est imminente. 

Les bains et les douches n agissent pas seulement par 1 eau sulfuree avec laquello 
ils sont administres, les malades sont soumis encore a une sorte d inhalation de 
principes volatils et gazeux se degageant des eaux et des vapeurs qui les compo- 
sent. M. le professeur Filhol a entreprissur ce sujet des travaux interessants, etil 
a soumis a une analyse aussi exacte que severe I atmosphere des salles des pis 
cines, des salles des douches et des etuves humides. \ 00 parties de 1 air des pisci 
nes de Bagneres-de-Luchon lui ont donne : oxygene, 19,50 ; azote, 80,50. Les 
volumes ont ete rapportes a la temperature de zero et a la pression de 76 centi- 
grades. Le meme chimiste a trouveque la temperature de 1 air des salles de douches 
etant de 21, 6 centigrades, celle de 1 air exterieur etant a 16, 5 centigrades, 100 
parties de leur air lui ont donne : oxygene, 19,20 ; azote, 80,80. La temperature 
de 1 air des etuves humides etant de 55,8 centigrades, et celle de 1 air ambiant de 
17, 6 centigrades, 100 parties del air des etuves ont donne : oxygene, 19,45; azote, 
80,55. L oxygenede 1 air est done tres-sensiblement diminue de quantite dans 1 at- 
mosphere des diverses salles de 1 etablissement de Bagneres-de-Luchon. Je conclus 
de ces analyses, ajoute M. Filhol, que 1 action de 1 air charge de vapeurs suHU- 
reuses sur les organes respiratoires, constitue un moyen puissant dont les mode- 
cms pourront tirer un excellent parti. On serait pourtant dans 1 erreur si Ton 
pensait que toutes les eaux sulfureuses des Pyrenees sont propres a fournir une 
atmosphere de la nature dont je viens de donner les resultats. Les eaux tres-alte- 
rables qui emettent continuellement de 1 acide sulfhydrique dans 1 air sont les 
seules dans ce cas. Sans doute, toutes les sources sulfureuses absorbent 1 oxygene 
de 1 air, mais il est incontestable que quelques-unes d entre elles jouissent d une 
stabilile qu on ne trouve pas cbez les autres, et agissent, par consequent, sur I at 
mosphere avec plus de lenteur. On ne s expliquerait pas sans cela pourquoi les 
eaux de Bagneres-de-Luchon et d Ax donnent des depots de soufre sur la voute de 
leurs reservoirs ou de leurs conduits, tandis que celles de Bareges, de Gauterets, 
des Eaux-Bonnes n en donnent pas. (Filhol, Eaux minerales des Pyrenees, 
pages 505 et 506; Toulouse, 1855.) La derniere assertion de M. le professeur Fi 
lhol n est pas completement exacte. En decrivant les galeries et en parlant de 1 a- 
menagement de quelques-unes des sources des stations dont il vient d etre ques 
tion, nous avons dit et nous dirons que, comme celles de Luchon, elles laissent 
deposer une certaine quantite de soufre sur les parois de leur bassin de captage 
ou des tuyaux qui les conduisent aux baignoires, aux appareils de douches ou aux 
buvettes exterieures. 

Les maladies de la peau sont celles qui doivent etre en placees premiere ligne 
lopsqu il s agit de trailer des effets therapeutiques des eaux de Bagneres-de-Luchon ; 
mais si toutes a peu pres sont heureusementrnodifiees par uneou plusieurs cures, il 



128 BAG1XERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 

en estpourtant qui doiventy etre adresseesde preference et sur lesquelles ceseaux 
out uue action speciale. Toutes les dermatoses secretantes, toutes les dartres hu- 
mides, sent principalement du ressort des eaux de Bagneres-de-Luchon : les affec 
tions pustuleuses d abord, les bulleuses et les vesiculeuses ensuite, pour suivre la 
classification de Willan modifiee par Bictt. Les maladies pustuleuses de la peau, 
1 ecthyma, Timpetigo, 1 acne, lameiitagre et le porrigo,retirent le plus grand profit 
d une saison passee a Luchon. On doit en excepter peut-elre la teigne (porrigo fa- 
VOsa). L instrument invente par le commandant du genie, M. Lacroix, quiconsiste 
en deux roseaux creux accoles, dont 1 un est muni d une soupape de caoutchouc, 
permettant aux baigneurs d etre immerges et de respirer sans difficulte, bien 
qu ils aient la tete sous 1 eau, fera sans cloufe appliquer a Luclion le traitement 
hydrosulfure d une maniere plus suivie et plus directe, et attcindre a 1 avenir des 
resultats plus favorables. Lorsqu il s agit d une affection pustuleuse qui, comme 
1 acne rosacea, occupe un point limite de la peau, le visage par excmple, il faut aux 
moyens quo nous indiquerons bientot, associcr les applications locales de bareine 
de sulfuraire et rneme de soufi e tres-divise qui se deposent sur les parois des bas- 
sins ou dans 1 inlerieur des conduits. Los affections bulleuses, le pemphygus et le 
rupia, ccdent anssi a un traitement sulliire par les eaux de Bngneres-de-Liichon 
alors surlout que les malades sont doues d un temperament lymphatique ou scro- 
fuleux, comme cela arrive le plus souvcnt d ailleurs, et que toutes ces affections 
sont deja eloignees de leur debut et sont passees a 1 elat cbronique. Tellessont 
les dartres hnmides coiitrc lesquelles les eaux de Luchon ont la reputation la plus 
justcmcnt acquisc. Les autres formes des maladies cutanees sont plus rarement 
gui rii s, mais elles sont hcureusement modifiees par la medication hydro minerale 
de B;\gueres-de-Luchon. Les affections papuleuses, le lichen et le prurigo resistent 
assez rarement a 1 application perseverante des eaux de Luchon pourvu que ces 
maladies soient passecs a I etat indolent. Les eaux de Luchon produisent encore des 
rt>ultats satisfaisants dans les dermatoses squameuses, le pityriasis, la lepre, le pso 
riasis, 1 iclithyose, la pellagre meme. Le pityriasis du cuir chevelu est le plus diffi 
cile a combattre et il resiste assez souvent a une medication hydrosnlfuree parfai- 
tementconduite. Ceserait lecas encore d essayerde rimmersionprolongeedansl eau 
thermominerale eu se servant do 1 appareil a plongeur deM. le commandant Lacroix. 
Les diverses iormes de psoriasis sont souvent modifiees favorablement et dispa- 
raissent quelquelois, quoiqueleur guerison complete soit difficile a obtenir. L ex- 
perience a appris, dit M. 1 inspecteur Lambron, que 1 ichthyose partielle et recente 
peut etre arretee par les eaux de Bagneres-de-Liichon, tandis que 1 ichthyose 
generale et ancienne n en retire que des ameliorations d une plus ou moins longue 
duree. Parmi les affections tulierculeuses de la peau, [ elephantiasis des Arabes 
cede qnelqnefoisau traitement thermal et plusieurs exemples de guerison de cette 
maladie si rebelle ont ete cites par les aiiteurs traitant des eaux de Bagneres-de- 
Luchon. 

Rien n a encore ete publie sur 1 action des eaux de Bagneres-de-Luchon dans 
les maladies herpetiques caracterisees par des macules avec coloration ou decolo 
ration de la peau ; la teinte bronzee, aujourd hui connue sous le nom de mal d A- 
disson qui a decouvert son origine, venant d une alteration des capsules surre- 
nales, les noevi, 1 albinisme morbide, le vitiligo ne sont pas modifies par 1 usage 
des eaux de Luchon. Les ejihelides disparaissent au contraire ordinairement avec la 
plusgrande facilite. Les lupus ne sont par absolument refractaires a cette medication, 
alors meme qu ils sont rongcants et qu ils s observent sur des sujets essentielle- 



BA.GNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 1-29 

merit lymphatiques ou scrofuleux. Dansles syphilides larvees, les eaux deBagneres- 
de-Luchon font apparaitre sur la peau des phenomenes precieux pour mettre sur 
la voie de la nature de la maladie qu elles sont impuissantes a guerir , mais elles favo- 
risent singulierement 1 action curative des medicaments specifiques dont elles sont 
d utiles adjuvants, parce qu elles en neutralised quelques facheux effets, la saliva 
tion mercurielle, par exemple. Nous avons prevenu deja qu il ne fallait pas en- 
voyer a Bagneres-de-Luchon les maladies offrant des phenomenes d acuite ; nous 
devons ajouter qu il est important toujours de savoir prescrire la source conve- 
nablea 1 affectionherpetique quel on aasoigner. Ainsi, la source de la Reine, moins 
sulfuree que la source Bordeu, est beaucoup plus stimulante et doit etre preferee 
toutesles fois quel on n a pas a craindre, que Ton doit rechercher meme, un etat 
aigu sans lequel on ne peut arriver a la curation d une maladie de peau ayant, 
pour ainsi dire, conquis son droit de cite. Dans toutes les affections cutanees, ces 
eaux doivent etre a la fois ordonnees en boisson , en bains d eau, en bains d etuve 
et en douches, afin que la medication interne detruise la diathese herpetique dans 
son principe, tandis que 1 usage exterieur des eauxagit localement sur Lout le tegu 
ment externe, sans que 1 on craigne les repercussions, toujours beaucoup plus 
graves que le mal lui-meme. Lorsque d ailleurs les affections culam es on autres 
s accompagnent de certaines cachexies, et, en particulier, d une cachexie syphili- 
tique evidente, les eaux thermales sullurees de Bagneres-de-Luchoa remonteht 
tres-promptement les forces des malades. 

Le traitement inter! eur, exterieur surtout, convientaux rhumatisants auxquels 
les eaux de Bagneres-de-Luchon doivent etre prescrites, lorsque les eaux hyper- 
thermales sulfurees s approprient le mieux a un temperament lymphatiquu ou 
sujet aux manifestations herpetiques. II faut, a propos de 1 elficacite des eaux 
de Bagneres-de-Luchon, dire que lorsque le rhumatisme occasionne une douleur 
assez \ive, accompagnee d un gonflement encore sensible a la pression, on doit, 
a Lnchon comme a Aix-la-Chapelle, faire commencer 1 usage des eaux avec une 
grande prudence, prescrire souvent aux malades les bains d eau des sources les 
moins excitantes, donner meme la preference aux bains de 1 etuve soutenaine et 
ne pas conseiller 1 application des douches. Si, la maladie existant depuis long- 
temps, le gonflement est devenu completement indolore, si la douleur se fait 
sentir sous 1 iiifluence des changements de temperature, ou lorsqu on execute cer 
tains mouvements des membres malades, on doit cboisir les eaux les plus stimu- 
lantes, et surtout celles de la source de la Reine, administrees en bains genera ux, 
en douches generates ou locales, concurremment avec le sejour dans 1 etuve 
construite entre les galeries de la Reine et de Richard superieure. En disant que 
les eaux de Bagneres-de-Luchon doivent elre indiquees centre les rhumatismes, il 
est entendu qu elles sont opposees avec le meme succes contre ses diverses mani 
festations externes ou internes, et qu elles conviennent dans les paralysies, les 
nevralgies, Tatrophie musculaire localisee, les contractures, lorsque ces affections 
reconnaissent une cause rhumatismale. 

Les eaux hyperthermales de Bagneres-de-Luchon, employees a 1 exterieur, com- . 
battent avec succes la gene des mouvements consecutive aux fractures, aux luxa 
tions, ou a certaines cicatrices \icieuses, les ulceres atoniques et les fistules entre- 
tenues par la presence d un corps etranger ou d une esquille. 

L emploi simultane des eaux de Bagneres-de-Luchon en boisson, en bains et en 
douches, remedie aux accidents occasionnes par les intoxications metalliques, 
arsenicales, plombiques ou mercurielles. En traitant de leur action sur 1 homme 

D1CT. ENC. VIII. 9 



130 BAGNERES-DE-LUCHON (EAUX MINERALES DE). 

sain, nous devons atlirerl alt^ntion, a 1 exemple d Astrie, surl oction dissolvante 
des sulfites et des hyposullites contenus dans les eaux minerales sulfurees d Ax 
et de Bagneres-de-Luchon. On obtient encore de 1 emploi combine des eaux de 
Luchon de tres-bons effets dans les affections qui reconnaissent pour cause le vice 
sciofuleux; mais, a part des exceptions tres-rares, ou les eaux sulfurees sodiques 
pures peuvent convenir, les eaux chlorurees, bromo-iodurees et les eaux chlorurees 
sulfureuses sont alors toujours preferables. 

Dans les affections de la membrane muqueuse qui tapisse les voies respiratoires, 
les eaux de Bngneres-de-Luchon, et particnlierement le griffon n \ de la source 
du Pre, donnent des resultats si favorables, que les laryngites et les bionchites 
simples, a la condition expresse qu elles ne soient pas trop rapprochees de leur 
debut, insistent rarement a une s;iison de vingl-cinq ou de trente jours. 
Mais lorsque ces maladies sont produites par la formation d un tissu nouveau, 
par la presence de tubercules, les eaux de Luchon sont-elles utiles encore? Les 
eaux du griffon n 1 de la source du Pre guerissent-elles la phthisic pulmonaire? 
II faut distinguer les periodes de 1 affection et dire tout d abord que les eaux de 
Luchon, pas plus que toutesles autres, ne combattent point directement le tuber- 
cule, mais olles agissent utilement sur le premier degre de la maladie, en dimi- 
nuant ou en faisant disparaitre la congestion qui existe dans le tissu pertubercu- 
leux du poumon. Les caux du griffon n 1 de la source du Pre doivent etre admi- 
nistrees en boisson alors, de preference a toutes les aulres. C est dans les complica 
tions du deuxieme degre de la phthisie, lorsqu il existe un catarrhe bronchique et 
une expectoration abondanle, que les e;mx de la source du Pre donnent de bons 
resultats, en rendant de jour en jour moinsepais et moins abondants descrachats 
qu elles parviennent quelquefois a tarir. On ne doit jamais adresser aux eaux 
de Bagneres-de-Luchon les phthisiqnes au Iroisieme degre ; non-seulement ces 
eaux ne peuvent arreter la fievre hectique, la diarrhee et tous les accidents colli- 
quatifs, mais elles avanceraient les jours des rmlades. II faut bien se garder encore 
d y envoyer ceux qui, a tous les degres de 1 evolution tuberculeuse, sont predis 
poses aux hemoptysies, ceux dont la phtbisie suivrait facilement une marche 
aigue. 

Dans 1 asthme de nature nerveuse, les Lains de jambes, 1 eau en boisson, le 
humnge, la respiration d eau pulverisee et surtout les douches d eau administrces 
sur les bras, les lombes, les membres pelviens, dans 1 arriere bouche et autour 
du col, pendant la duree desquelles le malade respire les principes volatils et 
gazeux des sources, out procure des guerisons radicalcs et durables. Dans les maladies 
de la membrane muqueuse des voies respiratoires, c est, comme nous venous dele 
dire, 1 eau du griffon n 1 de la source du Pre en boisson, qui constitue la base de 
la cure ; cependant les demi-bains et les douches sur les membres inferieurs doi 
vent etre quelquefois presents. 

Les eaux de Bagneres-de-Luchon, a 1 interieur, en gargarismes, en douches pha- 
ryngiennes, en douches sur la nuque et a la partie anteneure du cou, amenent 
encore la resolution des engorgements chroniques des amygdales, surtout chez les 
enfants, et la guerison de 1 inflammation granulcuse chronique des glandules de 
1 arriere-gorge, souvent liee, comme 1 indiquaitleprofesseur Chomel, a une mani 
festation herpetique dont elle partage la nature. Ces eaux sont utiles a 1 interieur et a 
rexterieurdanscertaines affections des membranes muqueuses stomacale ou intesti- 
nale qui coincident avec la disparationd une maladie dartreuse dela peau. Elle doi 
vent etre prescrites de la meme fa^on dans les catari lies des voies urinaires : elles 



BAGNI DI LUCCA (EAUX MINERALES DE). 131 

combattent avecsucces 1 cconlementde mucus ou de pus habituel dans cet etalmor- 
bide. L emploi des bains generaux et des douches locales donne d excellents 
effets dans les maladies de la muqueuse qui tapisse les organes sexuels de la 
lemme; ces effets sont principalement remarqu;ibles lorsque les personnes at- 
teintes sont sujettes a des affections herpetiques ou a un temperament lympha- 
lique ou scrofuleux. Les eaux de Luchou sont administrees avec un grand profit 
chez tous ceux qui, a la suite de maladies longues, d hemorrhagies ou de saignees, 
d abstinence, d exces de tout genre, de pertes seminales volontaires ou involon- 
taires, d empoisonnements metalliques ou miasmatiques, de privation de lumiere, 
d alteration du sang, etc., sont tombes dans une anemie profonde. 

Les eaux de Luchon ne conviennent pas, outre les affections signalees deju : 

1 A ceux qui out des maladies du cosur ou des gros vaisseaux, a moins que les 
affections ne soient recentes et de nature rhumatismale ; 

2 Anx personnes qui souffrent d une maladie aigue et meme a celles chez les- 
quelles 1 etat iuflammatoire n a disparu que depuis peu de temps ; 

3 Aux affections cancereuses; 

4 Au rhumatisme goutteux et a la goutte ; 

5 Aux malades qui, ayant une constitution plethorique, sont menaces de 
congestion ou d hemorrhagie cerebrales ; 

6 A ceux dont 1 irritabilite est si grande, qu il faut se garder de provoquer la 
moindre excitation. 

Dureede la cure : varie le plus souvent de vingt-cinq a trente jours. 

Les eaux de Bagneres-de- Luchon, comme toutes les sulfurees sodiqust, s al- 
terent tres-promptement, aussi sont-elles exportees en tres-petite quanlite 

A. ROTUREAU. 

BJBLIOGRAPHIE. CAHPARDOX DE MASSEUSE. Trots Me moires sur les eaux minirales et stir lea 
bains de Bagnfres-de-Luchon, appuye s sur des observations qui constatent leurs vertus me"- 
dicinales par nombre de guirisons qu elles ont ope re es. In Journal de me decine, juin, 1"63 
p. 520; juillet, aout, septembre, octobre, novembre et decembre 17C3, p. 48, 160, 240, 
315, 4 25, 520. RICHAHO et BAYEN. Analyse des eaux de Bagneres-de-Luchon. In Recueil 
d observations de me decine des hopitaux militaires de Richard de Hautesierk, t. II, p. 642 ; 
1787. BUCIIOZ. Article Bagneres-de-Luchon du Dictionuuire miue ralogique et hydrologiqite 
de la France. BARRIE (Jean Andre). Rapports et correapondance, 1789-1827. SPONT. 
Essai sur les maladies avanlageusement traities par les eaux s/ilfureuses de Bagneres-de- 
Luclton, 1852. FILUOI.. Eaux minerales des Pi/re iie es, Bagneres-de-Luchon. Toulouse, 
1853, in-12. FONTAN D IZAODRT (Jean-I ierre-Ampdee) . Recherclies snr les eaux minerales des 
Pyrenees, de I AUemaqne, de la Bel/jique, de la Suisse et de la Savoie. Bugneres-de-Luchon, 
3" partie. In Mimoire sur les eaux ther males de Bagneres-de-Luchon, 1837, p. 283, Paris, 

1853. BARRIE (Andre). Theses de Paris, 1855. PEGOT. Essai dinique sur les eaux de 
Bagneres-de-Luchon dans le traitement des accidents consecutifa de la syphilis. Toulouse, 

1854, in-8. LAMBRON (Ernest), LEZAT (Toussaint). Notice historique et medicate sur Ba- 
gneres-de-Liichon. Paris, 1856, in-12. LAMBRON. Les Pyrenees et les eaux tliermales sul- 
fureuses de Bagneres-de-Luchon. Paris, 1864, in-12. CAZAC. Considerations sur les eaux 
de Bagneres-de-Luchon. In Journal de ni( decine de Toulouse, 1857. A. R. 



BAGNI DI UCCCA, BAIKS-DE-LVCQIJES (ExTix JiiNERALEs DE) hyperther- 
males, mesothermales ou athermales, snlfatees calciques moyennes, ferrugi- 
neuses faiblex , carboniques, faibles. On se renal de Paris a Bagni di Lucca par 
Marseille, Livourne, Pise et Lucques qui est la deuxieme station de Pise a Flo 
rence. On croit en lisant les auteurs qui ont parle de Lucques que les etablis- 
sements thermaux se trouventdans Tinterieur ou aux alentotirs de la ville. II n en 
est rien cependant et i Bagni di Lucca sont a 20 kilometres de la cite Lucquoise. 
Une ties-belle et tres-bonne route qui commence au milieu d une plaine fertile 



132 BAGM DI LUCCA (EAUX MINERALES DE). 

pour arriver bientot a la cliaine de Apennins et au torrent le Serchio, dont elle 
suit les sinuosites, y conduit en trois heures. Le voyageur qui se rend de Lucques 
a Bagni di Lucca a toujours les monlagnes a droite et le torrent a gauche ; la 
vallee n a janiais plus de 150 metres de largeur. 3 kilometres avant d arriver 
aux bains de Lucques, on passe le Pont du Diable, remarquable par son eleva 
tion et la portee de son arche unique. Bagni di Lucca, dans la Toscane, 5 11& 
metres au-dessus du niveau de la mer, est un bourg de 650 habitants. Son climat 
est agreable et sain. La temperature moyenne des mois de la saison thermale est 
de 24, 8 centigrades. Les baigneurs arrivent des le 1" mai et s envont le 30 sep- 
*cmbre au plus lard. 

Le nombrc total des sources de Bagni di Lucca est dedix-huit; mais dix seule- 
ment ont importantes a counaitre ; etles se nomment : \ la sorgenle Bernaba, 
2 la sorgente di San Giovanni, 3 la sorgente Maritata, 4 la sorgente Coro- 
nale, 5 la sorgente Trnstullhia, 6 la sorgente Disperata, 1 (a sorgente 
Rossa, 8 la sorgente dci Hngni Caldi, 9 la sorgente di Santa Lucia, 10 la 
sorgente di Bagni alia Villa. 

1 Sorgente Bernaba (source Barnabe).Son origineest a 200 metres de 1 agglo- 
meration de population ; line allee en pente douce conduit a la plate-forme ou elle 
se trouve et d oii 1 on a une Ires-belle vue sur la montagne situee en (ace. Son 
I lirliamlpivinent a sa sortie du roeber ne permet de constater ses qualites phy- 
siques et chimiques qu aux robinels des baignoires. Elle est claire, limpide et 
transparente, sans odeur ni savour; elle n a aucune influence sur les prepara 
tions de tonrnesol, et sa temperature est de 36, 1 centigrades; sa densite est de 
1,00010. 

L analyse de 1,000 grammes de 1 eau de la sorgente Bernaba, faiteparMos- 
cheni, en 1792, a donne lesresultats suivants: 

Sulfute de chaui 1 ,06 

tnagnesie ( V27 

alumine et potasse 0,07 

Chlorure de sodium 0,47 

magnesium 0,06 

Carbonate de chaui 0,04 

maiinesie 0,03 

Silice et mallei e extractive 0,08 

Aliiujine 0,03 

Per. 0,06 



TOTAL DES MATIEKES FIXES 2,17 

Gaz acide carbonique libre litre 185 

L etablissement Bernaba est le plus elegant et le plus frequente de Bagni di 
Lucca. 11 se compose de huit cabinets de bain isoles, dont deux ont une double 
baignoire; de deux cabinets de douches ascendantes et d une piscine de famille. Les 
salles de bains ne sont pas precedees de vestiaires; les baignoires de marbre recoi- 
vent leurs eaux de la source Bemaba et dela source de Saint-Jean. Les appareilsdes 
deux cabinets de douches ascendantes n offrent rien de particulier. La piscine de 
Bernaba est alimentee par trois robinets de cuivre ; le plus gros verse 1 eau de la 
sorgenle Bernaba, les deux autres iournissent 1 eaude la sorgente di San Giovanni. 
Cinq personnes peuvent aisement se baigner dans cette piscine pavee de carreaux 
de marbre blanc et bleu. Deux autres tuyaux installes, au-dessous de 1 aire de la 
piscine, apportent 1 eau des sources Bernaba et de San Giovanni destinee a 1 adnii- 
nistration des douches en jet ; on ne s en sert plus aujourd hui. 



BAGNI DI LUCCA (EA.UX HINERALES DE). 153 

2 Sorgente di San Giovanni (source de Saint-Jean). Son griffon est a droite ciu 
torrent nomme la Lima, stir la pente de la montague, dans un point plus eleve 
que la sor^ente Bernaba. L cau de la source de Saint-Jean a les memes caracteres 
quo ceux de la source Barnabe, elle n en differe que par sa temperature qui est de 
28 centigrades. Son analyse chirnique faite par Mosclieni a donnc par 1,000 gram 
mes d eau : 

Sulfate de cliaux .................... 0,84 

magnetic .................. 0,37 

alumine el potasse .............. 0,05 

Chlorure de sodium .................. 0,25 

magnesium ................ 0,03 

Carbonate de cliaux .................. 0,02 

maifiiesie ................. 0,01 

Si lice et maticre extractive ............... 0,03 

Alumine ........................ 0,02 

Per .......................... 6,0* 

TOTAL DES MATIKUES FIXES .......... 1 ,C8 

L eau de la source de Saint-Jean sert a temperer 1 eau de la source Bernaba a 
1 etablissement de ce nom et elle alimente la maison des bains Saint-Jean qui se 
compose de cinq cabinets conlenant cbacun une baignoire; d un cabinet de 
grancle douche ; d un cabinet de douche ascendante et de deux piscines de 
lamille. 

5, 4, 5 Sorgenti Maritata (source de la Mariee), Coronale (Coronale), Tras- 
tullina (Amnsante). Le point d emergence de ces trois sources est a 50 metres 
du griffon de la source Saint-Jean, sur le meme plan que la source Barnabe ; leur 
eau sort directement du rocher derriere 1 etablissement de DOCCE BASSE, qu elles 
alimenlent exclusivement. Ellessontdansrallee exlerieure dans laquelle s onvrent 
les nwgasins de celte maison. Des portes de tolc sur lesquelles soul writs les 
noms de ces sources, ferment les griffons d ou une vapeur epaisse s echappe aussi- 
tot qu elles ont ete ouveiies. La sorgente Maritata est la plus elevee; la Coronale 
est au milieu et la Trastullina a deux origines garnies de deux portes qui sont sur 
unplan inferieur a celle de la source Maritata. Les eaux. de ces sources ont les 
meincs projirietes physiques et cbimiques que celles de San Bernaba et de San 
Giovanni ; elles n en different que par leur temperature qui est de 55, 2 centigrailes 
pour 1 cau de la source Maritata, de42,2 centigrades pour celle de la source Coro 
nale et de 39, 8 centigrades pour celle dela source Trastullina. L analyse chimique 
de 1 eau de ces trois sources a dotine pour 1,000 grammes a Mosclieni, les 
matieres suivantes : 



B soncENTE SOIIGENTE 

MAB1TAIA. COHONALE. TBASTULLIH*. 

Sulfate de chaui ....... 0,74 ...... -1,22 ...... 0,xr, 

magnesie ..... 0,^5 ...... 0,30 ..... 0, ">S 

a.umine et potasse. 0,08 ...... o.Oii ...... 0,09 

Chlorure de sodium ..... 0,25 ...... 0,31 ...... 0,23 

magnesium.. . . 0,08 ...... 0,01 ...... 0,03 

Carbonate de chaux. ..... 0,13 ...... i,0i ...... 0,(J5 

magncsie. . . . 0,08 ...... ",04 ...... 0,02 

Silice et maliere extractive. . 0,10 ...... 0,03 ...... 0,05 

Alumine ........... 0,10 ...... 0,01 ...... 0.03 

Fer ............. 0,10 ...... 0,06 ...... 0,07 

TOTAL DES MATIEOES FIIES. . . 2,01 ...... 2,16 ...... 1,80 

Gazacide carbonique libre. litre 146. ... litre 151. ... litre 146 

G et 7 Sorgenti della Disperata e Rossa (sources de la Desesperee et Rouge). 
Ces sources ont leurs griffons a 1 interieur de l etablissement de Docce Basse. Dans 



134 BAGNI DI LUCCA (EAUX MINERALES DE). 

un corridor parallele a la galerie des magasins ; on a scelle une plaque de marbre 
blanc sur laquelle on lit le nom des sources ecrit an-dessus des tuyaux qiii les 
conduisent aux diflerents moyens balneaires de la maison. L eau de la Disperata 
et de la Rossa a les memes caracteres que ceux des autres sources de Ba^ni di 
Lucca, seulement la temperature de la source Disperata est de 36 centigrades et 
celle de la source Rossa de 28 centigrades. L analyse chimique de Moscheni i 
tlonne pour 1,000 grammes d eau les resultats suivants : 



Sulfale de chaux 1,16 1,40 

mapnesie 0,37 0,50 

alumine el potasse. . . 0,06 0,03 

Chlorure de sodium 0,20 0,47 

mugnesium 0,07 0,02 

Carbonate de clia ix 0,03 0,02 

mitfvesie 0,03 0,02 

Silice et malierc extractive 0,08 0,05 

Alumine 0,03 0,03 

Fer 6,10 0,08 

TOTAL DES HATIERES FIXES. . . 2,13 2,68 

Gaz acide carbonique libre litre 130 litre US 

L elablissement de Docce Basse se compose d un sous-sol et d un rez-de-chaus- 
sec. Les moyens balni othera|>iques de 1 elage inferieur sont une piscine et un 
cabinet de douches. Dix personnes peuvent aisement se baigner dans la piscine ; 
un escalier de quatre marches, a rampe de fer, descend a 1 interieur de cette 
piscine dont les parois sont de marbre blanc. Trois robinets y versent les eaux des 
sources Coronale et Rossa. En lace de la porte d entree de la piece de la piscine <iu 
sous-sol est I ouverture du cabinet ile douches, auquel on descend par un escalier 
de quatre marches. Six robinets de cuivre, scelles a la partie superieure du mur, 
versent 1 eau de la source Coronale sur le point du corps qui doit etre douche. 
Onze cabinets occupent le rez-de-chaussee ; le plus grand sert pour [ administra 
tion des douches ascendantes et vaginales ; six autres plus petits, s ouvranl deux 
par deux sur un vestiaire, contlennent une baignoire de marbre blanc. Us sont 
tons alimentes par deux robinels dont 1 un verse 1 eau de la source llaritata et 
1 autrel eaude la source Rossa. Tous contiennent a leur milieu chacun une pis 
cine de famille a laquelle on descend par un escalier de trois marches ; leur paroi 
inteiieure est de marbre blanc. Le onzieme est un cabinet de douches ascen 
dantes. 

8 9 Sorgenti dei Bagni caldi e di Santa Lucia (sources des Bains chauds et 
de Sainte-Lucie). Les eaux de ces deux sources alimentent 1 etablissement de 
Bagni Caldi. Ce sont elles qui ont le debit le plus abondant de toutes celles de Bagni 
di Lucca. Le griffon de la source de Bagni Caldi est au fond de la grotte qui 
occupe un des angles d une piece sombre du rez-de-chaussee; une rainure a del 
ouvert d un metre de longueur, amene cetle eau sortie goutte a goutte du rocher 
dans un grand reservoir. L origine de la source de Santa Lucia est dans le rocher 
qu elle tuche d une couche epaisse derouilledans tousles points ou elleesten con 
tact avec lui. Les eaux de ces sources sont limpides, sans odeur ni saveur pronon- 
cees, sans reaction tranchee ; la temperature de la sorgente dei Bagni Caldi est 
de 51,3 centigrades; celle de 1 eau de la sorgente di Santa Lucia est de 28,8 cen 
tigrades. L analyse chimique de Moscheni a demontre que i,000 grammes de 
ces eaux contiennent les principes suivants : 



BAGNI DI LUCCA (EAUX MINERALES DE). 135 

SORGENTE DEI BAGNI CALDI. S. 1 SANTA LUCIA. 

iullate de chaux 1,46 1,16 

magnesie 0,3S 0,35 

alumine et polasse. . . 0,03 0,03 

Chlorure desoilium 0,36 0,21 

magnesium 0,13 0,06 

Carbonate de chaux 0,07 0,04 

magnesie 0,05 0,03 

Silice et maliere extractive .... 0,02 0,01 

Alumine 0,0i 0,03 

Fcr 0,09 0,09 

TOTAL DES MATIERES FIXES. . . 2,63 " ,02 

Gaz acide carbonique libre. ... litre 031 litre 137 

L etablissement de Bagni Caldi renferme une piscine de famille, six cabinets 
de bains d eau, deux cabinets de bains de vapeur par encaissement, deux salles 
de douches generates et deux cabinets de douches ascendantes. Cinq personnes 
peuvent se baigner a la ibis dans la piscine qui occupe le rez-de-chaussee. Les six 
cabinets de bains isoles et les quatre salles de douches sont aussi au rez-de- 
chaussee ; le bain de vapeur par encaissement est au premier etage, immediate- 
ment au-dessus du griffon de la source de Bagni Caldi, c est la vapeur qui se de- 
gage de cette eau qui enloure le corps du malade dont la tete seule est a 1 air 
libre. 

Les neuf sources et les quatre etablissements dont nous venons de parler sont 
les sources etles etablissements dits d enbas. L eau thermo-minerale et la maison 
do Bagni alia Villa sont sur un plan plus eleve et a 3 kilometres plus loin. 
L eau de la sorgente alia Villa a les memes caracteres exterieurs que les autres 
sources de Bugni di Lucca ; elle ne differe que par sa temperature qui est de 
4 1,5 centigrades 1 ,000 grammes de cette eaux ont donne a Moscheni : 

Sull ate de chaux . 1,00 

magnesie 0,20 

alumine et potasse 0,02 

Chlorure de sodium 0,17 

magnesium 0,01 

Carbonate de chaux 0,05 

magnesie 0,04 

Silice et matiere extractive. 0,14 

Alumine 0,03 

Fer 0,U 

TOTAL DBS IIATIERES FIXES 1,80 

Gaz acide carbonique libre litre 162 

L etablissement dei Bagni alia Villa se compose de cinq cabinets de bains isoles ,. 
d une salle avec piscine et d un cabinet de douches ascendantes. Son installation 
se rapproche beaucoup de celle de la maison delle Docce Basse. 

MODE D ADMINISTRATION ET DOSES. Les eaux de Bagni di Lucca s emploient en 
boisson, en bains de baignoires et de piscines, en douches et en bains de vapeur. 
Les eau\ de toutes les sources s administrent a 1 interieur, maiscelles de la sorgente 
di San Giovani sont les plus suivies. Elles se prennent a la dose de deux a qu;itre 
verres par jour, le mutin a jeun et a un quart d beure d intervalle. La duree des 
bains d eau varie d un quart d heure a une heure, suivant leur degre de tempera 
ture et les effets que Ton veut obteuir. Les douches sont de vingt a trente minutes 
et les bains de vapeur de dix a quarante-cinq minutes, suivaut les indications, 
le temperament et la force des baigneurs. 



1C6 BAGiM 1)1 LUCCA (EAUX MINERALES DE). 

EMPLOI THERAPEUTIQUE. Les eaux deBagni di Lucca, et specialement celles de 
la source de San Giovani, sont legerement purgatives, fondantes et dmretiqnes; 
elles augmentent les baltements du coeur et les pulsations des arteres ; elles de- 
tcrniinent de la congestion et de la rougeur de la peau ; elles excitent le systeme 
nerveux quelquefois a un assez haul degre; elles ont ete administrees alors en 
bains et en douches d uneehaleur unpeu trop elevee; car 1 administration interne 
et extcrnc des eau\ de Bagni di Lucca doit etre calmante et antispasmodique ; 
c est d ailleurs 1 action physiologique qui leur est la plus habituelle. Enfin les eaux 
de Bagni di Lucca sont toniques et reconstituantes, lorsqu elles sont administrees 
depuis quelque temps en bains et en douches avcc les eaux. des sources les moins 
thermales, et surtoat lorsque leur usage interieur est continue avec perseverance 
et metliode. I.es elements ferrugineux dissous dans 1 eau de ces sources expliquent 
aisement d ailleurs leurs effets aualeptiques et reconfortants. 

Les eaux de toutes les sources de Bagni di Lucca sont employees avec succes, 
en boisson surtout, centre lesdyspepsies, conlre les congestions dui oie, centre les 
engorgements chroniques de la rate consecutils a des fievres intermittentes, centre 
la plethore abdominale; centre les engorgements du col et du corps de la matrice, 
et aussi contre les affections catarrhales des voies urinaires. Ce sont les eaux de 
la source Trastullina qu il faut conseiller de preference alors. Dans les affections 
rhumalismales et particulierement dans les paralysies, dans les nevralgies et 
surtout dans la scialiquc, les eaux de Bagni di Lucca, entre lesquelles on doit 
souvont accorder la preference a 1 eau des sources de Bagni Galdi et de laCoronale, 
donnentdes resultats tres-remarquables. Plusieurs malades portant des atrophies 
musculaires considerables, mais iocalisties, retircnt aussi un grand profit de ces 
eaux employees en bains, mais surtout en douches sur les points afl ectes. 11 est 
encore une indication Ibrmclle des eaux de Bagni di Lucca qu il est tres-utile de 
ne pas passer sous silence, nous voulons parler de 1 actioa energique de ces 
thermes contre les affections cutanees chroniques. Nous avons note, en parlant de 
leur action pliysiologique, leur eftet congestif de la peau, qu un bain de courte 
durec et relativement peu chaud, exalte assez pour produire un piurit intense et 
une rougeur sensible. Ces phenomenes sur I liomme en sante expliquent les verlus 
de ces eaux dans les eczemas, Jes erythemes et surtout dans 1 acne rosacea, dont 
la tenacite fait le desespoir des medecins et des malades. Enfiu, les eaux de Bagni 
di Lucca rendent de tres-ntiles services dans les desordres occasioiines par une 
diathese uriqne marquee, qu ellese tradnise par de la goulte ou de la gravelle. 

11 n cst pas necessahe de consacrer un long article aux contre-indications des 
eaux de Bagni di Lucca; elles n ontpas une action physioiogiqueassez tranchee pour 
etre tres nuisibles. II est une affection tout a fait speciale cependant sur laquclle il 
convient d appeler Taltention d line facon particulieie. La miliaire est tres-1 re- 
qiicnte en Tos< anc : cette maladie n existe point a 1 etat epidemique , a 1 etat cn- 
denii([ue meme a Bagni di Lucca et aux environs ; mais plusieurs malades conva 
lescents de > ette affection ont ete adresses par les medecins du pays, pour etre 
traitc s a cette station thermale des accidents consecutifs a cet exantlieme aigu. 
L expeiicnce a demon tre aux medecins des Bains de Lucques et a M. le docteur 
Marchi, de qui nous tenons ce fait, que 1 administration tant interne qu externe 
des eaux, au lieu de guerir la miliaire et ses suites, augments les accidents et 
coni|jromet puur longtemps la sante des malades. 

Duree de la cure : de vingt-cinq a trente jours. 

On exporte trcs-pen les eauxde Bagni di Lucca. A. ROICBEAU. 



BAGNOLES-DE-L ORNE (EAUI MINERALES DE). 157 

BIBLIOGRAPHIE. MoscHEM. Dei Bogm di Lucca trattato. Lucca, 1192, in-8. FBANCESCHI, 
Igea de, Bagnipiu particolarmeittedi quelh ui Lucca. Lucca, 1820, in-8. CONSTANTS JAMES. 
In Union mcdicale, avril 1800. CARINA (A.). Delle Condition! flsiche meteorologiche, e igie- 
niche del tenilorio del Bagni di Lucca. Firenze, 1803, in-8. A. R. 

BAGNOLES-DE-L ORNE (EAux MINERALES DE) ,protothermales ou athermales, 
ametallitesouferrugineuses faibles, carboniquesfaibles etawtees ou non gazenses. 
Chemin de fer de 1 Ouest jusqu a la station de Briouze dont Bagnoles-de-1 Orne 
n est scpare que par 12 kilometres. Baguoles, dans le departement de 1 Orne, a 165 
metres au-dessus du niveau de la mer, dans 1 arrondissement de Domfront et dans 
les communes de Couterne et de Tesse-la-Madeleine, se compose presque exclusive- 
ment des bailments de I etablissement thermal, place au centre d une charmante 
vallee de 150 metres de largeur qu arrose la Vee, affluent de la Mayenne, dont le 
cours separe les logements d habitation de la chapelle et des batiments ou s aclmi- 
nistrent les bains et les douches. Cette position topographique est d autant plus 
interessante qu elle diiiere davantage de celle des contrees environnantes. L inle- 
rieur de la Normandie, pays de plaines et de bocages, n ol fre que peu d accidents de 
terrain et Ton y rencontre rarement des rochers abrupts. A Bagnoles tomme a 
Domfront et a Morlain, villes du voisinage que les touristes ue manquent pas de 
visiter pendant leur sejour a Dagnoles, d enormes blocs de granit, des morceaux 
de quartz, des stratifications siliceuses pulverulenlesou fragmentees, du feldspath, 
du porphyre, du mica, des basaltes, du ininerai defer, dugres.des silex, indiquent 
que ces points extremes des departements de la Manche et de 1 Orne out etc tour- 
mentes par des secousses volcaniques. Les deux chaines de rochers qui, de 1 ouesta 
Test, se prolongent parallelemeut, la partie du vallon qu occupe 1 etablissement 
et son beau jardin anglais forment un paysage aussi agreable qu imprevu. L eta- 
blissement thermal ofl re quelques particnlatites qui, n etant pas familieres aux 
habitues des autres stations minerales, doivent etre signalees ici. Les sources, les 
batiments des bains, des douches et de la piscine, les hotels ou logent les baigneurs, 
le restaurant et, en un mot, tout ce qui est necessaire aux holes de Bagnoles-de- 
1 Orne, sont exploites par les proprietaires qui recoivent les baigneurs, leur Ibur- 
mssent la table, le logcment et mettent a leur disposition tous les moyens balneo- 
tberapiques diriges par un medecin residant. De cette lacon, la vie des baigneurs 
csttrys-intime et les excursions dans la foret d Andaine, aux gorges deVilliers, a 
la chapelle de Lignou, aux chateaux feodaux de Couterne, de Monceaux, d Haute- 
ville, de Lassay, d Ambriere, de Chanlepie, de Flers, de Ranes, de Saint-Mau- 
nee, etc. , etc. , et a la Bermondiere ou mourut Reaumur, se font presque toujours 
en commun. La saison commence le 15 mai etfinit le l er novemhre. Pendant 
cette periode de 1 annee, la temperature du milieu du jour cst chaude et agreable ; 
mais les malades doivent se premunir contre la fraicheur et 1 humidite des mati 
nees et surtout des soirees. 

Les sources de Bagnoles-de-1 Orne, au nombre de deux, se nomment : la source 
Sulfureuse et la source Ferrugineuse. Plusieurs autres sans destination out leur 
griffon dans le lit meme de la Vee et se meleiit a ses eaux. La source Sulfureuse 
alimente la buvette et les moyens balneaires de 1 etablissement : La Source Ferru 
gineuse est employee en boisson seulement. 

Source Sulfureuse. Elle emerge dans un bassin occupant la moitie environ 
du rez-de-chaussee, d un pavilion special auquel on arrive par un escalier interieur 
conduisant au premier etage ou sont installes le fourneau, la chaudiere de cuivre 
servant a elever la temperature del eau destinee aux bains et aux douches; le bras 



138 BAGINOLES-DE-L ORNE (EAUX MINERALES DE). 

de levier de la pompe aspirante et foulante y fait monter 1 eau de la source. Quatre 
cuves, deux cyljndriques et deux rectangulaires surmontant les premieres, sent 
alimenlees par la ch.iudiere chauffee au bois, et completent le materiel de 
cette piece. Une echelle dont la partie inferieure plonge dans 1 eau, coiuluit du 
premier etage au rez-de-chaussee ou Ton a etabli un plancher sur la moitie du 
bassin de captage de la source Sulfureuse. Les deux tuyaux des corps de pompe 
faisant monter 1 eau a la chaudiere et au reservoir qui fournit 1 eau minerale a la 
temperature de la source, aux robinets des baignoires et a la grande piscine de 
natation, sout fixes le long du mur meridional de la piece de la source. Deux autres 
tuyaux de cuivre.communiquant avec les corps de pompes traversent, a la hauteur 
du plafond, 1 epaisseur du mur du nord, et emportent 1 eau pour les douches. La 
source Sulfureuse sort du rocher par plusieurs fissures; elle n a pas encore ete 
suivie jusqu a son griffon principal, ou elle possederait une plus haute thermalite et 
une plus grande quantite de gaz. Le Ibnd de 1 eau est reconvert d une couche de 
drpol et d impuretes qni se detachent du plafond ou tombent du premier etage et 
Ton distingue paifaiU ment Its points souleves par les filets de la source et les 
bulles de gaz tres-nombreuses et tres-abondantes qui viennent s epanouir a sa 
surface. Cette eau estclaire, limpide, transparente, incolore, d urie odeur et d une 
saveur qui nejustifient en rien le nom qu elle porte; son gout meme est agreable. 
Ellelaisse deposer un sediment jaune rougeatre et une matiere glaireuse le long des 
tuyaux de conduite et dans les vases dont elle altere la substance, s ils sont de 
plomb, de cuivre ou d argent. Les gaz qu elle contient eteignent les corps en com 
bustion et donnent lieu a un precipite notable qnand on verse une cerlaine quantite 
d eau de chaux dans 1 eprpuvette ou ils sont regus. La reaction de 1 eau est fran- 
chcment acide et sa temperature est de 25, 1 centigrades, celle de 1 air du rez-de- 
chaussec du pavilion etant de 16, 5 centigrades. Son debit en 24 henres est de 
152,496 litres. L analyse cbimique de 1 eau de cette source n a point ete faite 
depuis 1815, epoque du passage a Bagnoles-de-1 Orne de 1 illustre Vauquelin, 
accompagne de Thierry, doyen de lafacultede Caen. On a grave la date en lettres 
d or sur une table de maibre. Cette analyse est qualitative seulement. Elle se 
trouve dans le t. VI, page 71, du Bulletin depharmacie. Enattendantque JaSociete 
medicale d hydrologie de Paris charge un des membres dela section de chimie 
d aller rccliercher sur place les principes fixes et gazeux contenus dans 1 eau de la 
source Sulfureuse, il faut s en tenir aux resultats de Vauquelin et de Thierry, qui y 
ont trouve : 

Sulfnte de chaux. . . . ) 

Muriate de chaux. . . . > quantitesminimes. 

magnesie. . 

soude. . . . forle proportion. 

Vauquelin, en annoncant ces resultats le 20 avril 1813, promettait, pour le prin- 
temps suivant, un travail plus complet qui n a janiais ete publie. 

2 Source Ferrugineuse. A 100 metres au nord-ouest de 1 etablissement ther 
mal, dans la partie du jardin anglais qui longe 1 avenue conduisant a la Ferte- 
Mace, un pavilion rustique carre construit avec des branches de chene 
juxtaposees et couvert de bruyeres, abrite le bassin de captage de cette 
source. Une ardoise reue dans une rainure de fonte pratiquee dans 1 aire de bri- 
ques du pavilion ferme 1 ouverlure carree du bassin de la source ferrugineuse. 
Vue en masse, cette eau est trouble; elle parait a peu pres claire si on 1 examine 
dans un verre dont elle ne tarde pas a alterer la transparence. Elle est inodore. 



BAGINOLES-DE-L ORNE (EAUX MINERALES DE). 159 

d un gout styplique et ferrugineux ; des bulles de gaz la traversent et viennent 
agiter sa surface. Elle est d une reaction complelement neutre, sa temperature est 
de 12, o centigrades. Son analyse chimique n a jamais etc faite. II existe encore 
a Bagnoles-de-1 Orne, une autre source ferrugineuse, mais elle est a peu pres 
inulilisee et trop peu importante pour qu il y ait lieu de s y arreter. 

ETABLISSEMEHT DE BA.GKOLES. Les moyens balneaires qu on y trouve reunis se 
composent d une buvette, de salles de bains et de douches d eau et de vapeur,. 
d une piscine de natation a eau courante, d une piece contenant trois piscines an- 
ciennes avec appareils de douches descendantes et deux baignoires. Depuis que le 
ministere de la guerre ne compte plus B ignoles-de-1 Orne au nomhre des etablis- 
sements militaires, les deux, dernieres baignoires et les trois anciennes piscines, sur 
les parois interieures desquelles on voit encore 1 enduit ocreuxqu y a depose 1 eau, 
sont abandonnees. La piece de la buvette, dallee de briques, eclairee par une porte 
vitree et une fenetre, se trouve dans le meme corps de bailment que la source 
sulfureuse, en face de la porte d entree principale de 1 etablissement. A droite on 
a creuse dans le sol un pretoire enloure de bois peint auquel on arrive par deux 
marches condoisant au bassin de la source dont le surplus alimente la piscine de 
natation. A present qu on ne fait plus refouler 1 eau de la source sulfureuse pour en 
elever le niveau au-dessus de 1 aire de la salle, une femme plonge un appareil a 
hampe au milieu de la fontaine et distribue les verres aux buveurs. Les cabinets 
de bains sont au nombre de dix-sept; deux seulement ont des baignoires doubles. 
Les cabinets simples sont precedes d une petite anticharnbre et communiquent 
avec un cabinet de toilette. Six d entre eux sont munis d appareils de douches 
places au-dessus des baignoires. La salle n 12, du cote des hommes, contient un 
systemedes douches ascendantes, ain