\
A gift of
Associated
Medical Services Inc.
and the
Hannah Institute
for the
History of Medicine
DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE
DBS
SCIENCES MEDICALES
- IMPP.IMERIF DE ",. MARTINET, RUE MICNON, 2
DICTIOMAIRE EMYCLOPEDIQUE
DES
SCIENCES MEDICALES
COLLABORATEl RS : MM. LES DOCTLURS
ARCHAMBAULT, AXENFELD, DAILLARGER, BAILLON, BALBIANI, BALL, EARTH, BAZIN, BEAUCRAND, BECLARD,
BEHIER, VAN BENEDEN, BERGER, BERXEIM, BERTILLON, BERTIN, ERXEST BESXIER, B1.ACHE, BLACHEZ, BOINET, BOISSEAU,
BORDIER, BOUCHACOURT, CH. BOUCHARD, BOUISSON, BOL LAXD, BOULEY (H.), BOUVIER, BOYER, BRASSAC, BROCA,
BROCHIN, BROUARDEL, BROWN-SEQUARD, CALMEIL, CAMPANA, CARLET (G.), CERISE, CHARCOT, CHASSAIGNAC,
CHAVVE \V, CHEREAU, COLIM (L.), CORNIL, COULIER, COURTY, DALLY, DAMASCH1NO, DAVAINE, DECHAMBRE (A.), DELENS,
DEL10UX DE SAVIGNAC, DELPECH, DEXONVILLIERS, DEPAVJL, DIDAY, DOLBEAU, DUGUET, DUPLAY (S.), DUTROULAU,
ELY, FALRET (j.), FARABEl P, FERRAND, FOLLIN, FONSSAGRIVES,
GALTIKI .-BOISSIERE, GARIEL, GAVARRET, GERVAIS (P.), GILLETTE, GIRAUD-TEl LON, GOBLEY, GODELIER, GREEMHLL,
GRISOLLE, GUBLER, GUENIOT, GUERARD, GUILLARD, GUILLAUME, GUILLEMIN, GUYON <F ),
HAMELIN, HAYEM, HECHT, HENOCQUE, ISAMBERT, JACQUEMIER, KRISHABER, LABBE iLEON), LABBEE, LABORDE,
LABOULBENE, LAl;NEAU If..), I.A-NCEREAUX, LARCHER (0.), LAVERAN, LECLERC (L.), LEFORT (LEON),
LEGOUEST, LEGROS, LEGROUX, LEREBOL LET, LE ROY DE Mt RICOURT, LETOURNEAU, LEVEN, LEVY (MICHEL),
LIEGEOIS, LIETARD, LINAS, LIOUVILLE, LITTRE, LUTZ, HAGITOT IE.), MAI, NAN, 5IALAGUTI, 3IARCHAND, MAHEY, MARTINS,
MICHEL (DE NANCY), MILLAHD. DANIEL MOLLIERE, MdNdli. MoNTANIER, MORACHE, MOREL (B.-A.), NICAI-I
OLLIER, ONIJIUS, ORFILA (L.), PAJOT, PARCHAPPE, PARROT, PASTEUR, PAULET, PERIUN (MAURICE), PETER (M.),
PLANCHON, POLAILLON, POTAIN, POZZI, REGNARD, REGNAl LT, REYXAL, ROBIN (CH.), DE ROCHAS, ROGER (H.),
ROLLET, ROTUREAU, ROL GET, SAINT E-CLAIRE DEViULE (H.), SCHUTZENBERGER (CH.), SCHliTZENBERGER (P.), SEDILLOT,
SEE (MARC), SERVIER, DE SEYNES, SOUBEIR.\N (L.). E. SPILLMANN, TARTIVEL, TERRIER, TESTELIN,
TILLAVX (P.), TOURDES, TRELAT (U.), TRIPIER (LEON), VALLIN, VELPEAU, VERNEUIL, VIDAL (EM.), VILLEMIN,
V01LLEM1ER, VULPIAN, WARLOMONT, WORMS (].), WURTZ.
DIRECTEUR : A. DECHAMBRE
"*
PREMIERE SERIE
TOME DIXIEME
BLE BRO
BIW.IOTH&50ES
PAKIS
G. MASSON
I.IBRAIRE DE L ACADEMIE DE MEDECINE
P. ASSELIN
LIBRAIRE DE LA FACULTE DE MEDECIXE
PLACE DE L ECOLE-DE-MEDECINE
MDCCCLXX.VI
DICTIONNAIRE
ENCYCLOPEDIQUE
DES
SCIENCES MEDICALES
BLEU DE PRUSSE (HYGIENE PCBLIQCE). Cette couleur, si usitee dans les
arts, est un produit de la calcination de matieres animates azotees avec de la po-
tasse, auquel on ajoute un sel de fer peroxyde. La fabrication du bleu de Pnisse
presente plus ou moins d inconvenients, suivant le precede employe.
Dans le procede ancien, on melange a divers detritus anim;iux, sang desseclie,
comes, dechels de cuir, etc., un liuitieme environ de polasse et unpeu de limaille
de fer ; on introduit peu a peu le melange dans clcs creusets en 1 onte, et on fait
chauffer jusqu a ce que tout soil convert! en une pate, qui est enlevee avec une
cuiller de fer, et projetee dans de I eau chaude. La liqueur est msuite filtree, le
residu est lessive de nouveau, et, traitant les liqueurs par une solution d un sul-
fate de fer et d alun, on obtieut un precipite qui est le bleu de Pnisse.
Ces operations ne sont pas sans danger. (Juand on projetle la pate dans 1 ean
chaude, il se produit des detonations violentes quipourraient lancer des fragments
a distance et blesser les ouvriers ; pour y obvier, on prend la precaution d operer
dans une chaudiere en fonte, recouverte d uu dome en tole qui presente une ou-
verture capable seulement de donner passage a la cuiller. D un autre cole, quand
la lessive du sang est en contact avec la dissolution de sulfate de fer et d alun, il
se degage unegrande quantite de gaz acide sulfhydriquc, dont on connait 1 ac-
tion deletere sur ceux qui sont exposes a le respiier. Darcet a imagine un sysleme
tres-ingenieux pour s opposer aux consequences de ce degagement. C est un tonneau
ferme parun couvercle et muni d un entonnoir pour permettre 1 introduction des
liqueurs. Un agitateur penetrant par une ouverture laterale est attache au moyen
d unc peau ou d une vessie qui ferme cette ouverture; en fin un tuyau conduit le
gaz nuisiblc dans le cendrier d un fourneau qui Tattire a mesure qu il se forme, et
le brule complelemcnt.
Aujourd liui, on a prevenu 1 inconvenient de ce developpement de gaz toxique
en traitant les lessives par le ferrocyanure de potassium, qui ne contcnant pas de
soufre ne saurait, pur consequent, donner lieu a ce degagement. D autres emploient
un precede mixte; alors les produits gazeux qui s echappent de la cornue sont
DICT. EKC. X. 1
2 BLEUS.
diriges par un conduit sous le foyer, ou ils se brulent en favorisant la combustion,
Les gaz ammoniacaux felides sonttransformes en acide carbonique, azote et hydro-
gene carbonequi sortent par une cheminee tres-elevee, sans determiner d incon-
venients.
Gette fabrication, lorsqu elle a lieu par la calcination directe des matieres ani-
males avec la potasse, est rangee dans la premiere cate gorie des etablissements in-
salubres ; elle est placee dans la seconde quand on emploie les matieres prealable-
ment carbonisees en vase clos.
Au total, les conseils d hygiene doivent exiger que les emanations des chau-
dieres soient brulees par un foyer repondant a une cheminee de 25 a 30 metres de
hauteur, qui disperse les gaz et les vapeurs dans 1 atmosphere ; que les eaux de
lessive ne sejournent ni dans des rigoles, ni sur la voie publique, et soient en-
trainees dans un egout ou un cours d eau assez considerable pour que la presence
de ces lessives ne nuise pas aux riverains d aval ; les puisards ne seront pas tole-
res. Aux conditions concernant 1 ecoulement des eaux il convient d ajouter les
suivantes : bitumer le sol des ateliers et 1 entretenir en bon etat, surelever les
tuyaux des fourneaux ; s abstenir, sans une autorisation speciale, de preparer les
matieres premieres, telles que le prussiate de potasse ou le cyanure jaune, dont
la fabrication est fort incommode pour le voisinage. (Trebuchet, Rapp. sur les
trav. du cons, d hyg.publ. Paris, 1861,in-4, p. 421). (Voy. BLEUS.)
E. BEAUGRAMD.
BIBLIOGRAPHIE. Geoffroy (Et. Fr.). Obs. sur la preparation du bleudePrusse ou de Berlin.
In Mem. deVAcad. des sc. 1725, p. 153, 220. DARCET. Description d un appareil salubre
pour fabriquer le bleu de Prusse. In Ann. de chimie, l r * s6rie, t. LXXXII, p. 165, fig. ;
1812. GAULTIER DE CLAUBRY (H.). Art. BLEU DE PRUSSE. In Diet, de I industrie manufact.,
t. II, 1834. LABOULAYE. Diet . des arts et manufactures. E. BGD.
BLEUET, ou a tort Bluet. Le B. des ble s est le Centaurea Cyanus L. (Voy.
CENTAUREE.) Le B. ou Barbeau du Levant est le C. moschata L.
Parmi les differents bleus qui peuvent interesser la medecine, comme
susceptibles de donner lieu a des empoisonnements, il faut mentionner :
1 Les bleus d aniline. (Voy. ANILINE.)
2 Le bleu de Campeche. La fixite de cette couleur sur les etoffes est obtenue
en versant dans le bain des sels alumineux ou feireux, s il s agit du coton ; et du
sulfate de cuivre, s il s agit de la laine. On avive la couleur a 1 aide du chlorure
d etain.
3 Le bleu celeste est une dissolution de 1 hydrate de deutoxyde de cuivre dans
rammoiiiaque.
4 Le bleu de France. Probablement identique avec le bleu de Prusse. (Voy. plus
haut.) Se forme en faisant chauffer les tissus de lin, de coton, etc., dans une solu
tion de cyanoferride de potassium contenant de 1 acide acetique.
5 Le bleu d indic/o. (Voy. INDIGO.)
6 Le bleu de Lyon. Se prepare en faisant chauffer au bain d huile, dans une
cornue de fonte, 4 kilogrammes d aniline et 2 kilogrammes de fuchsine ; versant la
matiere dans 1 eau chaude; la pulverisant apres refroidissement, etenlevantl exces
d aniline par 1 acide chlorhydrique etendu et charge desel marin. La matiere bleue
se depose sous forme pulverulente.
7 Le bleu de montagne (cuivre azure) . C est le carbonate de cuivre basique. On
en obtient, par divers precedes, des cendres bleues employees dans la fabrication
du papier.
BLEVILLE (EAU MINERALS DE). 3
8 Le bleu de Paris. Matiere colorante obtenue par la reaction du biclilorure
d etain anhydre snr 1 aniline en exces.
9 Le bleu pourpre d indigo. (Voy. INDIGO.)
iO Le bleu de Prusse. (Voy. ce mot.)
1 1 Le bleu de quinole ine. On fait bouillir pendant dix minutes 1 partie de quino-
leine avec une \ partie et demie d ether amyliodhydrique. Le melange, solidilie par
le refroidissement, est traite par 6 fois son poids d eau. Onfiltre. Le liquide tiltre
est additionne d ammoniaque et porte a I ebullitioii. Par le refroidissement, se de
pose une matiere colorante soluble dans 1 alcool. Dans une autre preparation,
destinee a obtenir une plus belle nuance de bleu, on remplace 1 ammoniaque par
une solution de potasse caustique.
12 Le bleudeSaxe. Apour basel acidesulfindigotique. (Voy. INDIGO.)
15 Le bleu Thenard. On 1 obtient en calcinant un melange d alumine pure et
de phosphate de cobalt. A. D.
BLEVILLE (EAU MINERALE DE), athermale, sulfate e ferrugineuse faible, car-
bonique faible. Dans le departement de la Seine-Inferieure, dans 1 arrondissement
du Havre, au pied d une falaise et assez pres de la mer pour etre submergee aux
fortes mavees, emerge du calcaire marneux qui supporte les sables micaces, les
lignites, les pyrites et les poudingues de formation \vealdienne, la source de Ble
ville, dont le debit est evalue a 3000 litres en vingt-quatre heures. Celte source,
captee en 1859, a une eau claire et limpide, mais elle laisse deposer sur les parois
de son bassin une couche notable de rouille; elle n a aucune odeur, son gout est
franchement ferrugineux et legerement piquant; des bulles gazeuses la traversent
a intervalles assez rapproches et presque reguliers ; sa temperature et tie i 1,1 cen
tigrade. MM. Marchand et Leudet, qui en ont fait 1 analyse en 1860, out tiouve,
dans 1000 grammes, les principes suivants :
Suli ate de fer 0,2179
manganese 0,0178
alumine 0,0031
et aramoniaque 0,0151
potasse 0,0145
magnesie 0,5133
chaux 0,9i81
Bicarbonate de chaux 0,0190
Phosphate d alumine 0,0022
Silicate de chaux et d alumine 0,0493
lodure de sodium (approiimativement) 0,0008
Chlorure de magnesium 0,1021
lithium 0,0007
sodium 0,0432
Matiere bitumineuse 0,0104
Perte 0,0056
Crenate alcalin ou terreux traces.
Chlorure de calcium, sel de cuivre, principe arsenical. . . indices.
TOTAL DBS UATIERES FIXES 1,7631
I Acide carbonique en volume litre 159
Gaz < en poids gramme 2427
( Azote indetermine.
Les eaux de Bleville sont exclusivement employees en boisson par les anemiques
et les chlorotiques du voisinage. Les preparations officinales et la plus grande partie
des eaux ferrugineuses naturelles constipent ; 1 eau de Bleville, en raison proba-
blement des sulfates qu elle renferme, en raison surtout peut-etre de son chlo-
rure de magnesium (0,1020), a une action laxative marquee chez ceux meme
* BLONDEL (LES).
qui habituellernent ne peuvent avoir d exoneration intestinale que par des moyens
;u tificiels. A. ROTDREAU.
BIBLIOGP.APHIE . MARCIJAND et LEBDET. Notivelle analyse des eaux de Bleville, 1866.
A. R.
BLIGniA (Kcenig). Genre de plantes, de la famille des Sapindacees, dont les ca-
racteres sontapeu pres ceux des Cupania, etqui n en differentque par la longueur
de leurs etamines exsertes et par la presence au dedans des petales d ecailles plus
longues qu eux. Aussi a-t-on propose de reunir les Blighia aux Cupania, comme
simple section du genre.
Le B. sapida \{(EN . est \Akee d Afrique (Akesia africana Tuss.). C est une
plante de Guinee, introduite et cultivee aux Antilles. Elle a un fruit dont la
graine est entouree d une pulpe arillaire rouge, mamelonnee, aynnt, dit-on, 1 aspect
d un riz de veau. On la meleausucre, aiacannelle, au citron, et on I eniploiecoutre
la diarrhee, la dysenteric. Quite, elleentre dans 1 alimentation jonrnaliere et sert a
preparer des ragouts. Dans 1 Inde, les fruits s emploient topiquemeut pour obtenir
la maturation des abces a developpement lent ; on les fait d abord cuire sous la
cendre. Les feuilles servent a preparer une eau distillee qui passe pour torrefier et
rafraicbir la peau et qu on emploie aux Antilles et dans 1 lnde comme cosrae-
lique.
H. BN.
K(ENIG. in Ann. Bot., II, 571, 1. 16, 17. LINDL., Veg. Kingd., 383, 384. ENDL., Enchi-
rid., 502. MEB. et DEL., Diet., I, 134. TUSSAC, Fl. des Antilles, I, 66, t. 3. ROSE.VTU.,
Sijnop. plant, diap/ior., 780.
BLIZARD (SiR WILLIAM). Chirnrgien anglais tres-distingue de la fin du siecle
dernier et du commencement de celui-ci, sur la vie duquel nous n avons pas de
renseignements precis. Nous savons seulement qu il fut professeur honoraire du
college royal de chirurgie, cbirurgien de 1 hopital de Londres ou il donnaitdeslecons
cliniques, chirurgien consultant de 1 institut des Sourds-Muets, membre de la com
mission des examens, etc. Le musee du college des chirurgiens lui doit une col
lection de belles pieces pathologiques sur Ic systeme osseux. II avait imagine un
moyen assez singulier pour le traitement des fistules lacrymales ; il injectait dans
les conduits lacrymaux du mercure qui, par son poids, devait desobstruer le
canal.
Void la liste de ses ecrits.
I. A New Method of treating the Fistula lacrymalis. Lond., 1780, in-4. II. A Lecture
on the Situation of the Large Blood-Vessels of the Extremities, and the Method of making
Effectual Pressure on the Arteries in Cases of Dangerous Effusions of Blood from Wounds.
Lond., 1798, in-12. III. Experiments and Observations on the Danger of Copper and
Bell Metal in Pharmaceutical and Chemical Preparations. Ibid., 1789, in-S. IV. Sug
gestions for th" Improvement of Hospitals and other Charitable Institutions. Ibid., 1799,
in-8 . E. Bon.
BLOXDEL (Les) . Durant de longues annees, les docteurs regents de la Faculte
de medecine de Paris, pour habituer les eleves a la connaissance des herbes
medicinales, n eurent que la ressource des promenades dans les champs et dans
les bois; et on les voit, par exemple, le 3 avril 1503, conduire les bacbeliers dans
lesplaines de Gentilly ; et 1 apres-midi, pour reparer leurs forces, s attabler dans
une auberge de Saint-Germain des Pres, a 1 enseigne de Saint-Martin, et festoyer
aux frais de la jeuuesse.
(LES). 5
Mais, plus tard, vers 1 annee 1568, nos a ieux eurent le bonheur de secreer, rue
de la Bucberie, au coin de la rue des Rats, un petit jardin des herbes, et des
1 annee 1601, le jardinier en chef, Jean Robin, faisait imprimer le catalogue des
plantes qui y croissaient.
Par une mesure tres-sage, les bacheliers etaient tenusde dresser ce catalogue.
L existence d un jardin botanique demandait un professeur. Simon Bazin f ut le
premier, et son installation, en cette qualite, date du 5 novembre 1601.
Le second professeur fut :
Blondel (FRANgois), natif de Paris, bachelieren 1 annee 1629, docteur le 3 aovL
1632, professeur de botaniqiie le 8 juin 16-47, trois fois doyen 1658, 1659 el
1660 ; mort a Paris le 5 septembre 1682, et enterre a Saint-Eiistache ; c etait un
homme d une grande et proibnde erudition, mais pedant, orgueilleux, chicaneur.
Le- ecoles de la rue de la Bucheiie ont retenti plusieurs annees d un proces qu il
leur intenta. Blondel s est montre deplusennemi implacable de lasectechimique,
qui commencait de son temps a s elever sur les mines du galenisme, et il s est pro-
nonce, avec une sorte de fureur contre 1 introduction de 1 antimoine en medecine.
Outre les trois derniers volumes des Commentaires de Chartier sur Hippocrate,
dont il fut 1 editeur, on lui doit :
1. Ergo jejuno vomitiis. Paris, 1631, in-4 II. Ergo prinii partus vivaciores. P;iris,
1032, m-4. III. Non ergo partium typus est vjSoTTtnds. Paris, 1639, in-4. IV. Non ergo
vena secanda plcu/ itico crucnta spuenti. Paris, 1642, in-4. V. Statuta Facultatis medi-
cince Parisicnsis . Paris, I860, in-12. VI. EpistolaadAlliotwm.de euro carcinomatis
absque ferro et igne . Paris, 1666,in-4 VII. Non ergo monstra formalricis peccata . Paris,
1669, in-4. VIII. Elogium Litilovici Savot. Paris, 1675, in-4".
II ne serait pas juste d oublier cinq autres medccins du nom de Blondel, qui
ontjoue un certain role dans le monde scientifique :
Blondel (FRANQOIS), ne a Liege en 1 61 3, eleve de Cologne, medecin de 1 electeur
archeveque de Treves, praticien a Aix-la-Cbapelle, medecin pensionne de cette
derniere ville, el. surintendant de ses bains, mort le 9 mai 170", a passe a pcu
pres toute sa vie a faire tout ce qui depcudait de lui pour mettre en vogue les
eaux minerales sulfureuses d Aix. Temoins, les deux ouvrages suivants qu on lui
doit :
I. Lettre a Jacques Didier touchant les eaux minerales chaudcs d Aix etdeBorsct, et
a Jean Gaen, sur les premices de la boisson publiquc des memes eaux et les cures qui so
sont faites par son usage. Bruxelles, 1662, in-12 c . II. 1 limnarum Aquis-Granensiinn ct
Porcetanarum descriptio, congruorum quoque ac salubrium usuum balneationis et pola-
tionis elucidatio. Aix-la-Chapellc, 1671, in-16.
Blondel (JACQCES), chirurgien de Lille, a public une traduclion du Trails de
chiruryie militaire de Nicolas Godin, sous le litre suivant : la Chintrgie mili-
taire, tres-ulile a ceux qui veulent suivre un camp en temps de guerre,
pareillement a tons autres en condition pestilente ou dysenterique. Anvers,
1558, in-8.
Blondel (jACQUES-AuGusxE). Anglais de naissance, mais Frangais d origine, fut
agrege au college des medecins de Londres, et mourut dans cette ville en 1754,
laissant :
I. Dissertatio de crisibus. Leyde, 1692, in-4. II. The Strength of the Imagination o
pregnant Women examined, and the Opinion that Marks and Deformities are from them
demonstrated to be a Vulgar Error. Lond., 1727, in-8.
Blondel (PiERRE-MAiuN), ne a Calais, pratiqua la medecine dans cette ville, et
6 BLUMKJNBACH.
publia un commentaire sur les pronostics d Hippocrate, dont Scevole de Sainte-
Marthe parle d une maniere assez avantageuse. Ce commentaire a pour titre :
Divi Hippocratis Coi prognosticorum latina ecphrasis ex mente Galeni . Paris, 1575, in-4
Blontlel (ALMERIC) , medecin a Loudun, en Languedoc, a mis au jour un :
Liber de venae sectione adversus Botallistas. Paris, 1620, in-4. A. C.
(JOHANN FRIEDREICH). Un des plus grands naturalistes des
temps modernes, on pent le regarder comme le createur de 1 anthropologie. II
naquit, en 1752, a Gotha ou son pere etait professeur, etdes son enfance il annonca
la vocation la plus decidee pour les sciences naturelles dans lesquelles il devait se
i airc un noni illustre. G est a lena qu il commence ses premieres etudes en
compngnie de Soemmerring; il passa de la a Gcettingue, et le sujet de sa disserta
tion inaugnrale De generis humani varietate nativa, montra des lors quel devait
etrcl objet constant de ses recherches. C esta partir de cette epoque que Blumen-
bach se init a rassembler les documents et les pieces anatomiques qui devaient
servir de base a ses importantes publications sur les races humaines. Onconnait ses
belles etudes sur les animaux a sangchaud eta sangfroid qui constituent, comme 1 a
ditM.FIourens, une veritable physiologic comparee a une epoque ou le nomde cette
science n existait pas encore. Ses reflexions sur la formation des etres le conduisirenta
admcttrc une force particuliere, le nisus formativus, qui n explique pas plus le
grand phenomena physiologique dont il est la simple expression, que la virtus dor-
mitivade Moliere n explique les proprietcs narcotiques de 1 opium. G est Blumen
bach qui, le premier, reunit une collection de cranes bumains, dont iletudia nonpas
seulement Tangle facial comme Camper, mais aussi la forme generate et la capa-
cite, et dont il fait avec raison le caractere le plus important pour distinguer les
differentes races d hommes. Tout en proclamant 1 unite du genre humain, Blu-
menbach admettait cinq varietes ou races qui sont les suivantes : la caucasienne,
la mongole , 1 americaine, la malaise et I ethiopique ou negre. Mais il insista
particulierement surcette particularite qu entre 1 homme et les especes superieures
des mammiferes, il y a des differences qui creusent un abime iufranchissable
entre les varietes humaines les plus degradees et 1 espece la plus parfaite desautres
animaux.
A part quelques voyages en Allemagne, en Angleterre et eu France ouil re^ut
de tousles savants 1 accueil le plus empresse, Blumenbach passa sa vie dans la
ville de Goettingue, laquelle honorait en lui le savant qui faisait sa gloire et sa pro-
sperite par le nombre immense d etudiants qu il y attirait. C est la, qu apres plus
d un demi-siecle de professoiat, il s eteignit a 1 age de quatre-vingt-huit ans, le
18 Janvier 1840, comble d honneurs, membre de la plupart des societes savantes
de 1 Europe, dignitaired nne foule d ordre nationaux et etrangers.
Voici la liste des ouvrages les plus importants publies par Blumenbach.
I. De generis humani varietate nativa (diss. inaug.). Goettingffi, 1775, in-4", plus, edit.,
et en allernand : Ueber die naturliche Verschiedenheit im Memchengesclilechte. Leipzig,
1798, in-8, pi.; trad, frang. : De f unite du genre humain , de ses varietes, traduitparChardel.
Paris, 1804, in-8, pi. II. Prolatio anatomica de sinibus frontalibus. Goettingse, 1779,
in-4, pi. 1. III. Handbuch der Naturgeschic/ite . Goetting., 1779-80, 2 part. in-8;
15" edit., 1832, 2 vol. in-S", Irad. frang. IV. Ueber den Bildungstrieb und das Zeu-
gunrjugeschaft. Goetling., 1781,in-8, plus, edit.; trad. boll.. Arasterd., 1790, in-8 ; trad.
angl., Lond., n93, in-8. V. Geschichte und Beschi-eibung des Knochcns des menschlichen
Korpers. Goetting., 1786, in-8 ; 2 e edit., ibid., 1807, in-8% pi. VI. Introductio in histo-
riain medicam litterariam. Goettingfe, 1786, in-8. VII. Instttutionesphysiologicce. Ibid.,
1787, plus. edit, successives avec additions et corrections; trad, allem., holland., angl.,
tc. ; trad. fr. par Pugnet, Lyon et Paris, 1797, in-12, pi. VIII. Specimen physiologice
comparatce inter animantia calidi et frigidi sanguinis. Ga?tting?e, 1784, in-4. -- IX.
Synopsis systematica scriptorum quibus incle, etc. Ibid., 1788, in-4. X. De nisu formcilivo
et generation^ negotio nuperioris observ. Ibid., 1788, in-4", pi. XI. Zwei Abhandlun-
gen fiber die Nutritionskraft, welche, etc. Saint-Petersbourg, 1789, in-8". XII. Bei-
trdge sur Naturgeschichte. Goetting., 1790-1811, 2 part. iti-8, fig. XIII. Collections suce
craniorum diversarum gentium illiistmhe decades. Goettingse, I-VI, 1790-1 8 28,in-4, pi. 65
XIV. De vi vitali sanguini neganda, Gi>ttiiig;e, 1795, in-4. XV. Handb. der verglei-
chenden Anatomic. Goett., 1805, in-8, pi.; 2 e edil., ibid., 1815, in-8 ; 5 e edit., ibid., 1824,
in-8; trad.angl., Lond.,1809, in-8. XVI. Kleine Scliriften zur vergleichenden Physio-
logie und Anatomic, und zur, etc. Leipzig:, 1800, in-8" (trad allein. de diverses publicat.
latines). XVII. Editeur de la Medicinische Bibliothek, Goetting., 1783-95, 3 vol. in-8, et
un tres-grand nombre d articles de matiere mudicale publics dans divers recueils. E. BCD.
BOA. Nom donne par les anciens a un Serpent de grand e taille et designant
aujourd hui un genre de reptiles Ophidiens de la division des Colubrides aglyphes,
c est-a-dire n ayant aucune dent maxillaire cannelee. Ges Ophidiens ne sonl done
pas des serpents venimeux, mais ils sont redoutables pour les grands animaux et
meme pour 1 homme, car ils atteignent la plus grande taille et sont doues d une
force considerable. De Blainville a fait remarquer que ces serpents ont les vertebres
bien plus nombreuses que celles des autres genres d Ophidiens, ce qui explique
leur force de compression et la facilite avec laquelle ils grimpent aux arbres.
Les Boas, tels que les ont caracterises les erpetologistes modernes, different des
Pithons (voij. ce mot) et des autres Colubrides, parce qu ils ont la queue prenante,
ou facile a enrouler autour d un appui ; cette queue est courte, avec une seule
rangee de plaques ; la tete a des plaques cephaliques rarement distinctes, les ecailles
du corps petites, rhombo idales, imbriquees, lisses, rarement carenees.
Les Boas sont repandus dans 1 Amerique du Sud et 1 archipel Indien.
Le Boa contricteur (Boa constrictor, Boa devin, royal ou empereur), long de
20 a 25 pieds et de 6 pouces de diametre dans la partie la plus renflee, habile les
parties les plus humides des forets de 1 Amerique du Sud et surtout de la Guyane.
Les voyageurs ont beaucoup exagereses dimensions et sa force. Gette espece attaque
les agoutis, les pacas, leschevres, et plus rarement les cerfs et les bosufs.
Les Boas vivent enroules au pied des arbres, caches sous des amas de feuilles
ou des troncs pourris, ou bien suspendus Vix branches des arbres ; ils lancent leur
corps comme un lasso vigoureux autour de leur proie qu ils enlacent ; les anneaux
du corps se resserrant progressivement, 1 animal est etouffe, ses os se brisent et il
streduit en une masse informe que le Boa engloutit peu a peu.
Les Boas sont ovipares et pondent dans le sable des oeufs, a enveloppe mem-
braneuse, que la clialeur fait eclore. La chair des Boas est comestible et elle est
mangee par les indigenes qui Ini trouvent le gout du poisson. Lagraisse est employee
centre lesmeurtrissures. La peau serait un remede souverain dans les affections
abdominales, lorsqu elle est appliquee sur le ventre apres avoir ete detachee; ce
qui est sur, c est que cette peau taunee sert a faire des selles et des chaussures.
(Voy. SERPENTS.) A. LABOULBENE.
BOCCONE (PAULA), designe habituellement, mais a tort, sous le nom de Boc-
cini, fut un grand naturalists du dix-septieme siecle. Ne a Palerme Ie2i avril 1635,
mort le 22 decembre 1704, il s attacha surtout a 1 etude de la botanique qu il
poursuivit avec cette passion que 1 aimable science fait naitre dans les coeurs a la
libre sensible. Gette passion le conduisait tour a tour en Italie, en France, en Hol-
lande, en Allemagne, en Angleterre, ou il se mit en rapport avec des savants
BOOKLET (EAUX MINERALES DE).
comme Sherarts, Mori son, Hasten, Barrelier. Apres :\voir enseigne la botanique
a Ferdinand 11 due de Toscane, apres avoir ete professeur a Padoue; il finit par
entrer, sons le pseudonyme de Silvio, dans 1 ordre de Citeaux, et mourut dans un
convent a Palco, pres de Palerme. Voici la liste de ses ouvrages :
I. Manifeslum botanicum de plantis Sicuhs, cum observationibus physins nonnullis.
Catane, 1668, in-fol. li. Elcgantissimarum plantarum semina botanicis honesto pretio
oblata. Catane, 1668, in-fol. III. Delia pietra Belzoar, minerale siciliana, lettera fami-
liarc. Monteleone, 1069, in-4. IV. Novitiato alia segretario. Genes, 1670, in-12.
V. Reclierclies et observations nouvelles touchant le corail, la pierre ctoilee, I embrasement
du mont Etna. Paris, 1672, in-12. -- VI. Epistola lotanlca. Naples, 1673, in-12.
VII. Iconcx ct descriptiones variorum plantarum Sicilice, Melitce, Gallice, ct Italia;, quorum
unaquwque propria charactcre sif/nata ab aids ejusdem classis facile distinguitur. Lyon,
1674, in-4 . VIII. Leltre ecrile a I auleur du Journal des savants, touchant tine gomme
oil espcce de bauine qui est souverain pour leu blessures (journal des savants, 20 janv. 1676).
IX. Osservazioni naturali, ove si contcngono tnaterie-medica-fisiche e di botanica, pra-
dtizimii iinliirali, fox/bri ilircrxi, fnochi sotteranei d ltalia, e altre curiosila, disposile in
tratlali fainiliari. Bologne, 1C84, in-i. X. Museo di fisica e di esperianza vmiato e
decorato di observation! naturali, note mcdicinali e raggionamenti, etc. Venise, 1697, in-4".
XI. Museo di plante rare della Sicilia, Malta, Corsica, Italia, Piemonte, Germania.
Venise, 1097, in-4, avec 153 planches contenant 309 tigures. A. G
it44 4 4Mi: (Bocconia PLUM.) Genre de plantes, de la famille des Papaveia-
cees, dont les fleurs sont construitessurle typebinaire et sont apetales. Leurs deux
sepales sont imbriques et caducs. Leur androcee est forme d un nombre ir.defmi
d etamincs hypogyues, libres, a antheres basifixes, biloculaires. Leur gynecee est
compose d un ovaire uniloculaire, avec deux placentas parietaux, dont un seul est
ordinairement fertile et porte un ovule presque basilaire, ascendant, et d un style
a deux divisions stigmatiferes. Le fruit est une silique, dont les deux placentas
subsistent sons forme de cadre elliptique, apres la chute des deux valves qui re
pondcnt aux louilles carpellaires. Une seule graine, ascendante, arillee a sa base,
renfermant un embryon albumine, se trouve inseree pres de la base du cadre
placentaire. Les Bocconies sont des plantes herbacees ou frutescentes de 1 Ame-
rique tropicale, a feuilles alternes, lobees, a fleurs nombreuses, reunies en grandes
panicules terminales. Un sue jaune ou rougeatre, analogue a celui des Chelidoines
et des Sanguinaires, remplit les vaisseaux laticiferes dont presque tous les or-
ganes de la plante sont parsemes, et ce latex, qu il serait utile d analyser, donne
des proprietes particulieres au Bocconia frutescens L. (Spec., 634), espece ori-
ginaire du Mexique, mais repandue et cultivee sur un grand nombre de points de
1 Amerique. Toules les parties de cette plante ont des proprietes causliques
dues au sue acre qu elles contiennent. Ce sue repand une odeur particuliere et se
desseche rapidement. II jouit de vertus anthelminthiques et drastiques. Suivant
Descourlils (Flor. me d. des Antilles^ 257), la dose du sue est d un gros, admi-
nistre dons du bouillon de poulet, et celle de la racine en decoction, de 2 a 5 gros.
H. BN.
PLUM., Gen. am., 35, t. 25. L., Gen., n. 591. G.EBTN., Fruct., I, 204. LAMK,
Diet., III., t. 394. DC., Syst., II, 90; Prodr., I, 121. MER. et DEL., Diet. . I, 618.
ENDL., Gen., n. 4816. ROSEXTII., Sijn. pi. diaph., 623. BENTH. et HOOK., Gen. plant.,
I, 55, n. 11 .
BOCBIIS3I.&N. VoiJ. HOTTEKTOT.
BOCKLET (EAUX MINERALES DE), atliermales , bicarbonate es ferrugineuses
faibles, carboniques fortes on sulfureuses faibles. En Baviere, en Baa;-Franco-
nie, dans la vallee de la Saale, a 8 kilometres au nord de Kissi-.igen, emergent les
BOGKLET (EACX MINERALES DE). 9
sources de Booklet. Elles sortent d un terrain qui preseute, au-dessous de roches
heterogencs et d une couche d argile grise, un melange de basalte, de sable et de
silex. Booklet est a 181 metres au-dessus du niveau de la mer; son climat est
tres-doux ct son se.jour tres-agreable. Les elrangers ne manqnent pas de visiter,
dans ses environs : Klosterliausen, les chateaux de Waldaschachet et d Aschach.
On a converti ce dernier en une fabrique d objets de gres.
Les sources de Booklet, dccouvertes en 1725, sont au nombre de quatre. On les
nomme : Ludwigsquelle (source de Louis), Kaiisqiielle (source de Charles), Fried-
; richsquelle (source de Frederic), et Schwefelquelle (source sulfureuse). L etude
des sources de Charles et de Frederic ne presente aucun interet ; nous aliens done
nous occuper seulement de Ludwigsquelle et de Schwefelquelle.
\ Ludwigsquelle oder Sthalquclle (source de Louis ou ferrugineuse) a pour
caracteres particuliers d etre tres-gazeuse au moment ou on la puise, cc qui la fait
paraitre trouble, a cause des bulles d acide carbonique qui s eu degagent. Lorsque
ce gaz est mele a ratmosphere ou fixe sur les parois des vases, cette eau est d une
grande limpidite; son gout est frais, piquant, agreable, quoique ferrugineux; elle
rougit instanlanement les preparations de tourncsol, si on les met en contact avec
1 eau recemment puisee. Sa temperature est de 10, 1 centigrade, sa densilc de
1,0117, son debit de 472,000 litres en vingt-quatre heures. Nous donnons 1 aua-
lyse cbimique, faite par Katsner, de 1 eau de la source Ferrugineuse avec celle de
la source Sulfureuse.
2 Schwefelquelle (source sulfnreuse) . L eau de la source Sulfureuse est lim-
pide, de couleur bleuatre, agreable au gout d abord; apres le premier moment,
elle a une saveur martiale et lixivielle ; sou odeur est francljcment liepatique ; sa
temperature est de 15 centigrade. Vogel a trouve les principes suivauts dans
1000 grammes de 1 eau de la source Sulfureuse :
KATSXEB. VOGEL.
Source Ferrugineuse. Source Sulfureuse.
Carbonate de chaux 0,3255 0,85221
soude 0,0ti2:; i>
magnesie 0,0651 0,43750
oxyde de fer 0,0520 0,07951
manganese . . 0,00013
Sulfate de soude 0,0325 0,?3231
magnesie 0,12057
Chlorure de sodium 0,0325 0,85312
potassium 0,00.5 0,01091
magnesium 0,57708
Bromure de magnesium j 0,00002
Alumine 0,001)29
Silice 0,0130 0,02877
Exti-actif. 0,00261
TOTAL DES MATCHES FIXES. . . 0,0/156 3,59503
Gaz I Acide carbonic l ue 1 litre 012. ... litre 540
sulfhydnque .... .... 005
TOTAL DES GAZ . . 1 litre 012. ... litre 515
L etablissement mineral, construit aux frais de 1 Etat, est exploite en regie par
les administrateurs de celui de Kissingen. Aussi esl-ilprincipalement frequente, le
jeudi et le dimanche, par les baigneurs de Kissingen, qui ont 1 habitude d aller s v
promener et d y roster diner ces jours-la.
MODE D ADMINI^TRATION ET DOSES. L eau de la source Ferrugineuse e?t employee
en boisson, en bains et en douches. On peul aussi prendre, a Booklet, des bains
generaux et locaux du gaz acide carbonique recueilli sur le bassin de la source
BUHIi KALES
Ferrugineuse. L eau de la source Ferrugineuse, a 1 interieur, est conseillee a la dose
de quatre a six verres, qui sont pris le matin a jeun et a un quart d heure d inter-
valle. Plusieurs personnes doivent aussi en faire usage aux repas en la melant avec
leurs boissons. L eau de la source Sulfureuse est exclusivement employee a 1 inte-
rieur ; elle est ordonnee en general a la dose de deux a quatre verres par jour.
Les bains avec 1 eau ferrugineuse de Booklet se prennent simples ou additionnees
des bones cblorurees ou de 1 eau mere des salines de Kissingen. La duree des bains
d eau minerale pure est d une heure ; celle des bains aclditionnes varie d un quart
d heure a une heure. Les bains generaux de gaz acide carbonique sont de vingt
minutes, Ics bains locaux sont en general de dix minutes. Les douches gazeuses
ne sont pas appliquees pendant un temps toujoms le meme ; on les proportionne
aux organes qui les recoivent et aux maladies que Ton traite.
EMPLOI THERAPEUTIQUE. Les sources Ferrugineuse et Sulfureuse de Booklet con-
tiennent du bicarbonate de protoxyde de fer en quantite relativement considerable ;
la source Sulfureuse surtout, qui en a en dissolution 7 centigrammes par litre,
tandis que la source Ferrugineuse n en renferme que 5 centigrammes dans
1000 grammes d eau. L element chalybe est done la caracteristique veritable
des sources de cette station ; ce qui differencie les sources Ferrugineuse et Sulfu
reuse, c est la qualite de leurs gaz. L acide carbonique libre a un volume su-
perieur a celui de 1 eau dans la source Ferrugineuse, 1 acide sulfhydrique est
en proportion notable dans la source Sulfureuse. La presence de ces gaz fait
les indications speciales de chacune des deux sources de Bocklet. Ainsi, la source
Ferrugineuse convient aux anemiques et aux chlorotiques dont 1 aglobulie san
guine ne presente aucune complication reclamant 1 usage des sulfureux; a ceux
qui ont besoin d employer 1 eau martiale, non-seulement aux sources et aux repas,
mais encore en bains et en douches alimentes par une eau a la fois ferrugineuse
et carbonique forte. L eau de la source Sulfureuse en boisson est conseillee de pre
ference aux personnes qui ont besoin d etre reconstitutes et aussi d etre traitees
d une affection herpetique preexistante, ou occasionnee par un etat chloro-anemique
tres-avance.
II est facheux alors de ne pas trouver a 1 etablissement de Bocklet une ou deux
baignoires remplies par 1 eau de la source Sulfureuse qui conserverait apres un
chaiil fage en vase clos, ou mieux apres un coupage a 1 eau bouillante, les proprie-
tes therapeutiques des eaux naturelles faiblement sulfureuses. Nous renvoyons a
1 article KISSINGEN pour faire connaitre les effels de 1 eau mere et des bains de gaz
acide carbonique. Ces deux moyens de traitement, suivis aussi a Bocklet, sont
principalement employes a Kissingen, ou ils font une partie importante de la me
dication thermale. La station de Bocklet rec,oit des malades qui y sont expressement
envoyes ; les medecins qui veulent obtenir, apres la cure a Kissingen, un effet
analeptique plus prononce que celui du Rakoczy et du Pandur adressent a la Stahi-
brunnen ; s ils desirent 1 action curative des derives du soufre, comme dans les
catarrhes des voies respiratoires ou urinaires, ils conseillent d aller passer quelque
temiis anpres de la source Sulfureuse de Bocklet.
Duree de la cure, de vingt a trente jours.
On exports assez peu les eaux de Bocklet; elles ne seraient pas inferieures pour-
tant aux eaux de Schwalbach, de Spa, de Pyrmont, d Orezza et de toutes les au-
tres qui rendent des services aux malades eloignes des sources. A. BOTUREAU.
BIBLIOGRAPHIE. SCHNEIDER. Die Heilquellen von Bocklet. Munchen, 1840, p. 19 et62.
PFEUFEP (Ch . ) . Die Minemlquellen von Kissingen wid Hire Bezieltung zu denen von Brii-
BOE. M
cfcenau itnd Booklet , etc. Bamberg, 1842, in-8<-, p. 227-244. ERHARD. Kissingen, Booklet
und Erilckenau. 1864. A. R.
BQE (FRANgoisDE IE). Ce nom de le Boe n est qu une modification de Dubois,
ce que prouve bien 1 appellation de SYLVIUS que s appliqua a lui-meme le celebre
fondateur de 1 ecole chimiatrique dont nous aliens parler. 11 descendait d une
noble famille du Cambresis, dont le chef, appartenant a la religion reformee, alia
vers le milieu du seizieme siecle, chercher un asile dans les pays protestanLs de
rAllemagne. Son petit-fils Francois de le Boe naquit a Hanau pres deFrancfort-sur-
le-Mein en 1614. II commenca ses etudes medicales a Sedan et alia les achever a
Bale ou il prit le bonnet de docteur en 1637. Apres quelques voyages en France,
en Allemagne, et en Holland e, il resida d abord a Hanau puis a Leyde, et ensuite
a Amsterdam ; sa reputation y grandit tellement qu en 1658, a la mortde Kyper,
il fut appele a Leyde pour y occuper la chaire de medecine pratique.
Tout rempli de la lecture de Van Helmont, imbu de la philosophic physique de
Descartes, il promulgua dans ses cours le systeme chimiatrique qui 1 a rendu si
celebre, en meme temps qu il lui attira les attaques les plus violentes et les plus
passionnees. Enfin il eut le merite, bien plus grand a nos yeux, de soutenir et de
propager dans son enseignement, laplusgrandedecouvertequi aitetefaiteenphysio-
logie, la circulation. C est encore lui qui, 1 un des premiers, donna desleconsau lit
des malades, et contribua arepandre 1 usage des cliniques, cette veritable source de
1 instruction medicale. Ajoutons encore a son eloge qu il ouvrit devant ses dis
ciples un grand nombre de cadavres, et fit en anatomic plusieurs decouvei les
importantes. C est a lui qu on doit la distinction des glamles en conglomerees,
munies d un canal, en lymphatiques ou conglobees, et en simples ou muqueuses ;
ila mieuxconnu que ses predecesseurs la structure du cerveau, etc.
Sylvius Deleboe etait doue d une grande douceur et d un heureux caractere, que
peint suffisamment sa devise : Bene agere et Isetari. Mais les chagrins que lui
causerent non-seulement les attaques de ses ennemis, mais surtout la mort suc
cessive de deux epouses tendrement aimees et de ses enfants, minerent sa robtiste
constitution autant et plus peut-etre que ses travaux excessifs, et il succomba a
1 agede cinquante-huit ans le 14 novembre 1672.
Comme tous les systematiques, Sylvius assurait, et il etait certainement de
bonne foi, qu il prenait 1 observation seule pour base de ses doctrines. [Voy. ME
DECINE (histoire. )] Adoptant les idees de Van Helmont, il regarde la digestion comme
un eft et de la fermentation de la salive, du sue pancreatique et de la bile. Le
contact de ces differentes humeurs determine dans le sang une effervescence, a
laquelle il fait jouer un grand role dans sa physiologic. Ce n est pas tout, il re-
garde le cerveau comme fabricant les esprits animaux, aux depens de la partie
spiritueuse du sang qui, arrivant dans le cerveau par des canaux ramifies, eprouve
la une veritable distillation. Ces esprits animaux sont en partie distributes dans
les parties contenantes (les solides), par I intermedia! re des nerfs pour servir aux
sensations et aux mouvements divers, et, en partie emmagasines dans 1 encephale
et utilises pour les sensations internes, 1 imagination, le raisonnement, etc. Dans
la respiration, 1 air appele dans les poumons par la dilatation dela poitrine, sous
1 influence des puissances musculaires, vient rafraicbir 1 ardeur du feu vital qui
siege dans lecoeur. Ce feu, aliment de la vie, est allume dans les cavites droites du
. cceur par / effervescence que produit la rencontre de la lymphe acide amenee
par les veines descendantes avec labile alcaline dont est impregne lesang desveines
iscendantes. Si la chimie joue un grand role dans la physiologic de Sylvius, elle
12
n en a pas un moins important dans sa pathologie. Les tvois humeurs principals*
(bile, sue pancreatique, lymphe), qui sont on ;icides ou nlcalines, determinant les
maladies quand elles viennent a s allerer. Cette alteration consiste dans leur
acrete ; on sail combien longtemps a regnc dans la science cette idee de Tacrete
des humeurs, qui a cours encore aujouru hni clans le vulgaire. Neutraliser les
acretes acides ou alcaliucs et les evacuer, tels sont, cela va sans dire.les Ibndemenls
de la therapeutique de Sylvius.
Ces principes se trouvent developpes dans les ecrits suivants :
I. De motu animali ejusque Icesione. I.ugd. Batav., 1637, in-4. II. Diclata aclC.
Ttartltolini institutiones anatomicas. Ibid., 1641, in-t. -- III. De variis tabis specicbus.
Ibid., 1661, in-8. -- IV. DC febribus . Ibid., 1661, in-4". V. Collect, disputationum
medicarum. Amslelod., 1663, in-10; ibid., 1670, in-16, etc. VI. Opuscula varia (Institut.
anatomica. Do hominis cognitione. De medicamentis chimicis. Epistola apolo-
getica adversus A. Deusingii calumnias) . Lugd. Batav., 1064, in-12 ; Amstelod., 1668, in-12.
VII. Collegium medico-practicum, anno 16(50 dictatum. Francof, 1664, in-1 2. VIII.
Oratio de affectus cpidcmici Leydensis causis naturalibus. Lugd. Batav., 1670, in-12.
IX. De cor dis palpitations. Ibid., 1C67 , in-i. X. Praxcos medicce idea nova, lib. IV;
cum appendice, lib. I. Ibid., 1C67, in-12, plusieurs editions. XI. De dolore inlestinorum
a flatu. Ibid., 1668, in-4. XII. De opio ejusque usu medico. Ibid., 1670, in-4. XIII.
De inflammatione. Ibid., 1671, in-4. XIV. De iscliuria. 1671, in-4. XV. Collection des
ceuvres de Sylvius sous ce titre : Opera medica, tarn hactenus inedita, quam variis formis et
locis edita, nunc vcro certo ordine disposita et in unum volumcn reducta. Amstelod., 1679,
in-4 ; Geneva;, 1680, in-fol. ; Traject., 1691, in-4; Amstelod., 1695, in-4", etc., etc. Ces
differentes editions ne contiennent pas exactement les inemes ecrits. XVI. Un assez
grand nombre d observations avec autopsies dans les Ephemerides des Curieux de la nature.
E. BCD.
ic<! < iti i (JEAN), ne a Anvers le 1" novembre 1555, movt a Hambouvg, le
21 mars 1605. Ce medecin eslimable passa toute sa vie a travailler et a professer
dans I Universite d Helmstacdt, qu il inaugura presque, car elle venait d etre insti-
tuee. Plusieurs biographes le disent docteur de Bourges ; nous n avons pu veri
fier si celte assertion est vraie. On a de Boeckel :
I. De peste quce Hamburgum civitatem, anno 1563, gravissime afflixit. Mrasbourg, 1563,
in-8". - II. Synopsis novi morbi qucin plcrique catarrhum febrilem, vel febrem catarrlw-
sam vacant, qui non solwii Germanium, sed penc universam Europem gravissime afflicit.
Helmstadt, 1580, in-8. III. Anatome, sive descriplio partium corporis kumani. Helm-
sta5dt, 1585, in-8. IV. De generica differentia partium corporis humani : ad ix caput
Artis panes Galeni. Wittemberg, 159 2, in-4". V. De phillris, utrum animi hominum his
commoveanlur, necne? Hambourg, 1599, in-4. A. C.
BOECLER (Les). On coniuiit quatre medecins de ce noin, tous de la meme
famille, tous originaires de Strasbourg; tous, enlin, compUint parmi leurs ancetres
le fameux Jean-Henri Boeder, 1 un des historiograpbes les plus savants que 1 AI-
lemagne ait produits jusqu alors dans la litteniture grecque, latrine, hebiai que,
dans 1 bistoire et dans la theorie de la politique et du droit public.
Boeder (JEAN), docteur en 1675, professeur de medecine a Slrasbourg, comie
palatin et chanoine de SaiiH-Tbomas, n a guere laisse que sa these inaugurale :
De Vomitu; Strasbourg, 1673 ; in-8.
Boeder (JEAN), fils du precedent, ne en 1681, mort en 1753, professeur de
medecine (1708), puis de chimie et de botanique (1 719), aecrit:
I. Disscrtatio de potu frigido. Strasbourg, 1700, in-i. II. Dissertatio instrumenlorum
deglutitioni prceprimis verce chylificationi inservientium. Strasbourg, 1705, in-4 .
III. Spiritus vini atque aceti exaincn. Stiasb., 1709, in-4. IV. Qucesliones p/ujtsicce.
Strasb., 1709, in-4", etc. V. Disscrlalio dc poris corporum, effluviis et odorum historia.
Strasb., 1711, in-4". VI. Dissertatio de calaracta. Strasb., 1711, in-4. VII. Disser-
oOEHMER. 13
tatw de vino. Strasb., 1716, in-4". VIII. Disscrtatio de morbillis. Strasb., 1120, in-4. -
IX. Disscrtatio de vera vitce et xanitatis moderatione. Strasb., 1721, in-4. X. Recueil des
observations qui ont ete reconnues les plus efficaces dans le traitement dcs maladies, en
Provence, par les plus habiles medecins de. Montpellier. Strasb., 1721, in-8. --XI. Theses
medicines miscellanea;. Strasb., 1726, in-4 -- XII. Dissertatio de variis dietce etiam nimis
strictce noxiis. Strasb., 1728, in-4. XIII. Dissertatio de venenvs. Strasb., 1729, in-4. -
XIV. Dissertatio de fonticulo. Strasb., 173 2, m-4. XV. Rendition, avec augmentation, de
la Cijnosura materice medicce, de Paul Hermann. Strasb., 1720-1751, in-4% 3 vol.
Boeder (JEAN-PHILIPPE), lie a Strasbourg, le 21 septembre 1710, mort le
19 mai 1759, professeur debotanique et do matiere medicale a la place de Jean
Salmann, s est fait connaitre par les ouvrages suivants :
I. Dissertatio de neglecto remediorum vegctabilium circa Argentinam nascentium usu.
Strasb., 1732-1733, in-4. -- II. Oratio de prcestantia physicce. Strasb., 1734, in-i. -
III. Dissertatio de coriandro. Strasb., 1739, in-4. IV. An nitrum sanguinem resolvct out
coagulate Strasb., 1741, in-4. V. Qiuestiones medicce. Strasb., 1745, in-4". VI. Dis
sertatio de cinnabari factitia vulgari cinnabari nativce et antimonii non solum ceque pa-
randi, sed et prcefvrandi. Strasb., 1749, in-4.
Boeder (JEAN-HENRI) , ne le 15 decembie 1718, maitre es arts le 8 novembre
1736, docteur en medecine le 19 avril 1742, mort le 7 juin 1759, s est particu-
lierement distingue dans la pratique, des accoucbements. Nous counaissons de lui :
I. Disscrtatio sistens decades thesium medicarum controvcrsarum. Strasb., 17 il, in-4 .
II. Dissertatio de somnimeridiani salubritate. Strasb., 1742, in-4. III. Dissertatio de
medicina Virgilii JEn. XH, 397, mutce artis titulo insignUce. Strasb., 1742, m-4. IV. Dis
sertatio de glandularum thyro idece, thijmi, et suprarenalium natura et functionibus .
Strasb., 1755, in-4. V. Dissertatio de statu animarum hominum ferorum. Strasb., 1755,
i n _4- VI. Qratio extollens procerum et medicorum Argentoratensium in analoincn merita
Strasb., 1756, in-4. A. C.
BOEH9I (Les trois) , medecins de Strasbourg, mais que nous croyons dc
families differentes.
Boebm (MARTirj) a ecrit cet ouvrage :
Neues Buck von bewaehrten Rossarzneyen. Berlin, 1655, in-8.
Boehm (jE\N-MicirEL) a preconise la salivation comme le seul vrai moyen de
guerir les maladies veneriennes. On ne lit que par curiosite son livre qui porte
ce tilre :
Schediasma medico-practicum de morbo dicto Neapolitano. Strasb., 1738, in-4.
Boehm (MICHEL-FREDERIC), ne le 4 deeembre !749,s estaussi occupe speciale-
ment de la syphilis. II a deploye une grande erudition dans ses :
Varice syphilidis tlierapice. Strasb., 1772, in-4. Ouvrage traduit en frangais par Lefe-
bure de Saint-Ildefonse. Paris, 1775, in-8.
(Les trois). Occupoiis-nous d abord, du plus ancien, Philippe-
Adolpbe, qui u tst pasde In famille iles deux autres.
Boebmer (PHiLippE-ADOLPHE), ne a Halle, en 1717, mort lei "novembre 1789,
etait fils de Just-Henning Boebmer, 1 un des jurisconsultes les plus celebres de
1 Allemagne, chancelier de la principaute de Magdebourg. Apres avoir passe six
annees dans legymnase de Glaucha, faubourg de Halle, il se fit inscrire, en 1752,
sur les registres de 1 Universite, suivit, avec assiduite, pendant six autres annees,
les lecons de HofCmann, de Schultze, etde Cassebolm, obtint le bonnet de docteur,
le 29 Janvier 1758, se perfectionna a Strasbourg dans 1 anatomie et dans 1 art des
accoucbemeiits, et devint successivement uiedecin d Eissleben, premier medecindu
14 BOEHMERIE.
due de Saxe-Weimar, professeur d anatomie, doyen de la Faeulte de medecine,
conseiller du roi de Prusse, doyen de I Unrversite.
Jourdan a donne le catalogue de soixante-dix-huit ouvrages ou dissertations
de cut iiifatigable medecin. On pent cousulter pour cela, la Biographie m&dicale
qui fait suite au Dictionnaire de rne decine en 60 volumes ; nous en detacbons
seulement les references bibliographiques qui suivent :
I. Richardi Manningham artis obstetricarice compendium, etc. Halle, 1746, in-4.
II. Institutiones osteologice in usum pnelectionum academicarum, cum iconibus anatomicis.
Unite, 1751, in-8. III. Observationum anatomicarum rariorum fasciculus notabilia
circa uterum humanum continens, cum figuris ad vivitm expressis. Halle, 1752, in-fol.
IV. Observationum anatomicarum rariorum fasciculus alter, etc. Halle, 1756, in-fol.
V. Disscrlatio de nimis scrupulosa humani corporis ab acre frigido defensione, ejusque
noxa. Leipzig-, 1758, in-4. VI. Dissertatio de fluoris albi benigni in malignum trans-
itu, sine prcevio contagio. Leipzig, 1761, in-4. VII. Programma de urac/io humano.
Leipzig, 1762, in-4. VIII. Etc., etc.
(JEAN-BENJAMIN) , ne a Liegnitz , le 14 mars 1719, mort le 11 mars
1754, eleve a Leipzig, de Walther, Plainer, Hebenstreit, Quelmalz, Hartranft,
Ludwig et Krahmer; docteur le 3 septembre 1745, il fut professeur d anatomie
et de chirurgie, premier medecin de 1 electeur-roi (1750), a la place de Gimtz,
a publie :
I. Dissertatio de Psyllorum, Marsorum et Ophiogenum adversus serpentes eorumque ictus
virtute. Leipzig, 1745, in-4. II. Dissertatio de hydrocele. Leipzig, 1745, in-4.
III. Programma de oasium callo. Leipzig, 1748, in 4. IV. Panegyricus memories J. Z.
Plaineri dictus. Leipzig, 1748, in-4. V. Prolitsio anatomica, qua callum ossium e rubice
tinctorum radicis pastu infectorum descnbitur . Leipzig, 1751, in-4. VI. Dissertatio de
virlutibus fructuum borraeorum medicis. Leipzig, 1755, in-4. VII. Bibliotlieca medico-
philosophica. Leipzig, 1755, in-8".
Boehmer (GtORGEs-RoDOLPHE). Frere cadet du precedent qu il a surpasse
en travaux et en talents. L etude de la botanique, surtout, lui doit beaucoup par
les nombreuses observations de detail dont il 1 a enrichie. Les curieux recherchent
encore aujourd hui avec avidite un repertoire bibliographique (malheureusement
imprime en allemand) de tous les livres qui ont paru sur I histoire naturelle.
Ce savant homme naquit en Silesie, dans la ville de Leignitz, le 1" octobre 1723,
et mourut le 4 avril 1803. Plus de cent ouvrages ont etc publics et signes de lui;
on reconnaitra la 1 ardeur infatigable des Allemands au travail. Les naturalistes,
les botanistes consultent tous les jours les ouvrages suivants de Georges-Rodolphe
Boebmer :
I. Flora Lipsice indigena. Leipzig, 1750, in-8". II. Programma de plantis fasciatis
AViltemb., 1750, in-4. III. Dissertatio de vegetabilium celluloso contextu. Wittenib.,
1755, in-4". IV. Spermatologia vegetalis. Wiltemb., 1777-1784, in-4 (sept parties pu-
Lliees separement) . V. Systematisch-literarisches Handbuch der NaturyeschicMe, OEko-
noinia und anderer damit verwandten Wissenscliaften und Kiinste. Leipzig, 1785-1789,
in-8, neuf volumes. VI. Tec/misc/ie Gescliickte der Pflanzen, welche bey Handwerken,
Kiiimten undManufakturen imGebrauche sind, oder noch gebrauckt werden keemieii. Leipzig,
1794, in-8, 2 volumes. VII. Commentatio botanico-litteraria de planlis in memoriam
cultorum nominatis, incepta anno 1770, nunc ad recentissima tempora continuata. Leipzig,
1799, in-8. VIII. Lexicon rei herbaria tripartitum. Leipzig, 180^, in-8", etc. A. CH.
i (Boehmeria JACQ.). Genre de plantes,de la famille des Urticees,
dont les fleurs sont analogues a celles des Parietaires et n en different que par
1 absenced une involucreautourdeleurs fleurs. Celles-cisontmonoiquesou dioiques,
ordmairement tetrameres, et ressemblent Leaucoup a celles des Orties. Les
Boehmeries sont des arbustes ou des sous-arbrisseaux des regions tropicales des
BOERIIAAVE. 15
deux mondes, a feuilles opposees ou alternes, dentees, parsemees de cystolillies,
accompagnees de stipules axillaires, et a fleurs disposees en glomerules axillaires
ou reunis en epis simples ou composes. Ce genre renferme quelques especes
utiles.
1. B. neigeuse (Boehmerianivea HOOK, et ARK., Beech. Voy. Bot., 214. -
B. utilis BL. Procris nivea GAUDICH. Urtica nivea L. U. candicans BURM ?
V. tenacissima ROXB. - - Ramium majus RHMPH.). Gette plante fournit une
substance textile importanle, qui joue un grand role dans 1 hygiene des vetements
dans plusieurs parties de 1 Asie ; c est le Ma ou Tchou-ma des Ghinois, ou Rheadu
Bengale, connu des Anglais sous le nom des China-Grass. On a admis que le
fiamie des Moluques etait la meme plante que le Tchou-ma ; mais M. Decaisne
eonsidere les deux plantes comme difterentes 1 une de 1 autre. Royle a examine
cette question avecsoin, dans son Traite sur les plantes textiles de I lnde; et son
opinion est tout a fait opposee a celle de M. Decaisne. Le Ma et le Ramie sont pro-
duits, suivant lui, par une espece unique. Tous les tissus fabriques chez nous avec
le lin et le chanvre peuvent etre tisses avec le Boeluneria nivea ; on en fait des
vetements, du Huge de corps, a la foisfrais, leger,absorbant facilement lesliquides
transpires par la peau. Les habitants de I archipel Indien preferent le Ramie a
toutes les autres substances textiles pour lasolidite et la resistance a I huinidite ;
aussi en fabriquent-ils leurs filets, leurs cordages et un grand nombre d etoffes. Or
le B. nivea est une plante d un grand produit et d une culture facile dans les pays
chauds et temperes : Roxburgh rapporte qu il se multiplie de boutures aussi faci-
lement que le saule.
2. B. a queue (Boehmeria caudata Sw. B. ampullacea H. B. K. -- B. pe-
tiolaris H. B. K. B. flag elli for mis LIEBM. B. arborescensGiRm. B. aryuta
MART.). Cette espece, a fleurs dioiques, qui croit dans presque toute 1 Amerique
tropicale et exquinoxiale, notamment aux Antilles, au Bresil, en Bolivie, au Perou
etauMexique,est employee au Bresil comme antihemorrhoi dale. On applique, sous
l&nom& Asapeixe, avecsucces, dit-on, ses feuilles sur les tumeurs variqueuses.
3. Le B. cochinchinensis est un Pouzohia. H. BN.
JACQ., Stirpes americance, 216. Juss., Gen. plant., 403. ENDL., Gen., 284, n. 1884.
WEDDELL, Monogr. de la fam. des Urtictes, 343, t. XI. SWARTZ, Prodr. fl. Ind. occid.,
34 ; FL, 279. MIQ., in Mart . Fl. brasil., Urtic., 185, t. 44, 45. L., Hort. Cliffort., 46J .
ROXB., Fl. ind., Ill, 590. RUMPH., Herb. amboin.,\, 214, t, 79. DECNE, in Rev. hortic.,
ser. 4 (1855), n. 9. ROSENTH. , Syn. plant, diaphor., 201, 1109.
BOERDAAVE (HERMANN). Un des plus grands medecins, un des savants les
plus illustres qui aient existe ; son immense reputation avait, chose bien remar-
quable pour le temps, franchi les limites de 1 Europe pour s etendre dans les deux
mondes. Get homme eminent, naquit, le lodecembrelGGS, aWoorhoutpresdeLeyde.
A peine age de quatorze ans, et possedaut deja les langues grecque et latine, il se
rendit a Leyde pour completer ses etudes. La mort de son pere, pauvre pasteur
protestant, 1 eut laisse sans ressources, si la genereuse intervention de Van Alphen,
bourguemestrc de Leyde, ii y eut pourvu. Hebreu, chaldeen, histoire, pliilosophie,
mathematiques, lejeune Boerhaaveeut bientot embrasse toutes ces connaissances,
les mathematiques surtout, dont 1 enseignement lui devint une pi ecieuse ressource
dans sa detresse ; en meme temps il attirait sur lui 1 attention du monde savant
par quelques actes academiques. C est seulement vers 1 age de vingt-deux ans que
laissant les etudes ecclesiastiques qu il suivaitd apresles intentions de son pere, ilse
livra exclusive ment a lamedecine. Hint, dansl ordre chronologique, les ecritslesplus
16 BOERHAAVE.
importants relatifs a cette science, suivit les dissections de Ruisch, et apprit en bo-
tanique et en chimie, tontce que 1 onpouvait savoir a cette epoque.
Apres s etre faitrecevoir docteur a 1 uiiiversile de Harderwick (1693), il revint
a Leyde et, an bout de quelques annees, il futappelu a suppleer le professeur de
medecine Drelincourt, sonancien maitre. C est alors qu il commenca ces famense,
legons qni dcvaient attircr a Leyde la jeunessestudieusc de tousles pays. En 1709s
il devint prolessenr en titre, et, apres la mort de Helton, il fut charge de 1 ensei-
gnementdc la bolanique et du jardiu des plantes auquel il consacra une partie de
ses solas. A ces deux chaires, dont une seule eut suffi a 1 activile d un savant
ordinaire, il joignit en 1718 celle de cliimie, science qu il enseignait d ailleurs
comme suppleant depnis quinze ans. Enfin, continuant les traditions tie Sylvius,
il avail fait ouvrir aux etudiants un hopital ou, deux fois par semaine, illeur fai-
sait une veritable clinique, interrogeanl les malades sous leurs yeux, leur faisant
remarquer les symptomes etles consequences qu il en fallait tirer pour led i.ignostic,
le pronostic et le traitement.
Malgre le regime hygienique qu il suivait, les distractions quotidiennes, prome
nades a cheval, musique, etc., qui le delassaient de ses travaux, Boerhaave avuit
eprouve en 1712, une attaque de goutte compliquee de paralysie. Sa rentree dans
1 enseignement fut saluee comme un bonbeur public, et le soir toute la ville fut sponta-
nement illuminee. De nouvelles attaques repetees en 1727 et 1729robligerent en
1730 de se demettre des positions qu il occupait, et il succomba au progres d une
affection ongajiique du coeur le 23 scptembre 1738, dans la soixante-dixieme an
nee de son age, laissant, dit-on, a sa fille une fortune de 2 millions de florins, frui
des consultations qu il avail donnees aux plus grands personnages de 1 Europe.
Le systeme de Boerhaave, dont il nous reste a dire quelques mots, a regne plus
longtemps dans la science que ceux de ses deux rivaux de gloire, F. Hoffmann et
Staid, et si le professeur de Leyde dut, en partie, cette snperiorite a laseduisante
harmonie de sa doctrine, a 1 eloquence de ses lemons, il le dut aussi aux illustres
disciples sortis de son ecole aux Haller, aux De Haen, aux Van Swieten, qui rempli-
rent le dix-huitieme siecle de la gloire de son nom.
Boerbaave est generalement regarde comme un iatro-mecanicien ; le fait est que
si, par suite de ses connaissances speciales, il a fait une large part aux mathema-
tiques.queBorellietPitcairn avaient mises a la mode, il fut en realiteun veritable
ecleclique.
Boerhaave admet des maladies des solides ou organiques, et des maladies des
liquid es ou humorales.
A. Relativement aux premieres, descendant par 1 analysea la fibre elementaire,
partie simple ou similaire, il reconnaitque cette fibre, suivant ledegre de cobesion
des particules qui la constituent, pent etre trop forte, trop faiblc, trop reJ.iclice,
trop tendue ; des lors les organes formes de iibres elementaires, les grands vais-
seaux, les visceres, peuvent etre egalement faibles et laches, ou forts et durs.
B. Les maladies des humeuis dependent de 1 acidite, de 1 alcaJinite et de la vis-
cositeou etat glutineux. Ces etats sont surtout irnputables aJanaturedes aliments.
C.I1 ya encore des maladies engendrees : lpar Texces deJa circulation; c est ainsi
que la fievre est produite par 1 acceleration des mouveraents du coeur (principe
des motivements vitaux), ce qui a lieu quand I encsphale y envoie une plus grande
quantite d esprits, ou que le sang veineux y arrive avec trop d impetuosite ou
charrie des raatieres acres, salines, acides, etc. ; 2 par le defaut de la circulation
ou plethore. D. Enfin, il y a des maladies composees dont la plus simple est
BOERHAAVE. 17
f obstruction causee par un defaut de proportion entre la masse des liquides el
le diametre des vaisseaux que ce liquide doit traverser. Or, un vaisseau se retre-cit
quandilest comprime de 1 exterieur, par ses propres contractions, ou parl e; aissis-
semenlde ses membranes. La masse des molecules liquides s augmente par la vis-
cosite plus grande du fluide, ou par 1 erreur de lieu, c est-a-dire quand les glo
bules sanguins s engagent dans un vaisseau trop etroit vers son extremite pour
que le lluide puisse y circular.
Tout cela, comme on le voit, est entierement du domaine de 1 hypothese et em-
prunte aux idees des methodistes combinees avec celles des systematiques plus re-
cents, cbemiatres et mathematiciens.
Haller a retrace dans les quelques mots qui suivent le caractere de Boerliaave
son maitre bien-aime... Cujus eruditionem aliqui, pauciquidem, attingunt, ani-
mum vixquisquamdiviitum, omnium amantem, in invidos et adversaries benefi-
cuin, nemini detrahentem eumque ipsum a quo quotidie refutabatur maximis
sibi beneficiis obstringentem. (Bibl. med. pract. IV, 142.)
Voici la liste des ecrits de Boerhaave ; nous ne donnons que les ouvrages authen-
tiques et entieremenl sortis de sa plume
I. De utilitate inspiciendorum in cegris excrementorum ut signorum. Harderwick, 1693,
in-4* (these inaug. reimprimee plusieurs fois). II. Oratio de commcndando studio
Hippocratico, etc. Lugd. Batav., 1701, in-4"; ibid., 1721, in-4", et in Opusc., etc.
III. Oratio de usu ratiocinii mechanid inmedicina. Lugd. Batav., 1703, in-i", etibid.,
1709, in-8"; IV. Oratio qua rcpwgatce medicines facilis adseritur simplicitas. Ibid.,
1721, in- ; i, et collect. V. Institutiones rei medico? in usus annuce exercitationis doma-
sticce. Ibid., 1708, in-8. Nombreuses editions en Hollande, a Paris, a Londres , elc. Com
ment, de Haller. In Prcelectiones academ. ; trad. fr. par de la Mettrie, Paris, 1740, 2 vol.
in-12, etibid., 1745, avec comment, du meme, 6 vol. in-12. VI. Aphorisini de cogno-
scendis et curandis morbis, in usum doctrince mediae. Lugd. Batav., 1709, in-8", tres.
nombreuses editions; trad. fr. parde la Mettrie, Rennes, 1738, in-S; Paris, 1750, in-12,
etc. VII. Index plantarum quce in horto acadendco Lugduno-Batavo reperiuntur. Lugd.
Batav., 1710, in-8, et ibid., avec fig. et histoiredu directeur du jardin; [ibid., 1720, in-4%
et ibid., 1727, 2vol. in-4. VIII. Oratio de compamndo certo in physicis. Ibid., 1715,
in-4. IX. Oratio de chemia suos errores expurgante. Ibid., 1018, in-4. - - X.
Libellus de materia medica et remediorum formulis quo serviunt aphorismis. Lending
1718, in-8 ; Lug. Batav., 1719, in-8, etc.; trad. fr. par de la Mettrie. Paris, 1739,
in-12, et ibid., 1756, in-12. XI. Oratio de vita et obitu Bernhardi Albini. Lugd. Batav.,
1721, in-4". XII. Epistola de fabrica glandularum in corpore humano ad Ruyschium.
Ibid., 1722, in-4", plus edit. XIII. Atrocis nee descripti prius moibi kistoria, secundum
medica artis regulas descripta. Lugd. Batav., 1724, in-8", plus. edit. XIV. Atrocis raris-
simique morbi liisloria altera. Lugd. Batav., 1728, in-8, etc. XV. Elementa chemice quce
anniversario labore docuit, in publicis privatis que scholis. Paris, 1724, 2 vol. in-8, plus,
edit.; trad. fr. dela prem. part., parAllaman. Amsterd., 1752, 6vol. in-12, et Paris, 1755,
avec un extrait de la chimie de Cartheuser. .., abreg6 par de la Mettrie, sous ce titre : Abregr,
de la tMorie chimique tiree des Merits de Boerhaave, et le Traite du vertige, Paris, 1741,
in-12. XVI. Tractatus medicus de lue aphrodisiaca (preface de 1 edit. donnee par Boer
haave de 1 Aphrodisiacus, de Luisinus. Leyde, 1728-31), reimprimee plusieurs fois a part, en
differents formats ; trad. fr. par de la Mettrie, sous ce litre: Systeme de Boerhaave sur les
maladies veneriennes. Paris, 1735, in-12, et ibid., 1755, in-12. ->- XVII. Oratio cum cathe
drae chemice el botanices valediceret. Lugd. Batav., 1729, in-4. XVIII. Sermo acade
mic us de honor e medici servitute, dictus anno 1731. Lugd. Batav., 1731, in-4. XIX. Un
tres-grand nombre d ouvrages 1 ediges d apres ses cours, et revus ou repousses par Jui ; on en
trouvera la liste dans la Biographic medicate, dans le Dictionnaire historique de la mede-
cine, mais surtout dans la Bibliotkeca medicince practical [t. IV, p. 143-160) de Haller, qui a
lui-meme edit6 quelques-uns de ces ouvrages, tels que les Prajleclioncs academicce, les
Prcelectiones de morbis oculorum, etc. XX. Enlin Boerhaave a encore surveille les
editions de differents ouvrages tels que 1 Aphrodisiacus de Luisinus (Leyde, 1728-51), les
Opuscula anatomica d Eustachi (Leyde, 1716, in-8), les ceuvres de Yesale; une excellente
edition d Aretee de Cappadoce avec le texte grec, la traduct. latine de P. Crasso, les
remarques de Wigan, de Triller, etc. Leyde, 1735, in-fol..., etc., etc. E. BCD.
DICT. ENC. X. 2
18 BOERHA.AV1E.
(KAAW). Voy. KAAW.
(Boerhaavia L.). Genre de plantes, de la famille des Nycta-
gynees, dont les fleurs sont reuniesen grand nombre dans un involucre comniuu,
polyphylle, a bractees ecailleuses, caduques. Leur perianthe unique est colore,
allonge en tube, retreci vers le milieu de sa hauleur; et son limbe, peu profonde-
ment divise, plisse dans le bouton, est caduc. Les etamines sont en nombre
variable, depuis une seule jusqu a cinq. Leurs filets sorit unis inferieurement en
un tube court, puis libres, et leurs antheres sont presque exsertes. L ovaire estsu-
pere, avec une seule loge, a ovule basilaire, anatrope. Le fruit est un achaine a
graine dressee, a embryon albumiue, conduplique, enveloppant le perisperme fe
culent. La base du perianthe forme une enveloppe dure au fruit. Les Boerhaavies
sont des plantes herbacees et frutescentes, qui croissent dans toutes les regions
intertropicales du globe. Leurs feuilles sont opposees, et leurs inilorescences om-
belliformes sont, ou solitaires, ou reunies en sortes de panicnles. On emploie dans
la therapeutique des pays chauds un certain nombre d especes de ce genre ; ce sont
les suivantes :
I. Boerhaavia hirsuta W., Phyt., I, n. 3 (B. polymorpha RICH.). Cette
herbe, qui se trouve dans 1 Amerique tropicale, a ete considered comme douee de
proprietes therapeutiques tres-variees. Au Bresil, on 1 emploie, d apres M. de
Martius (Jowra. chim. medic., Ill, 501), sous le nom d Erva Toustaou centre
diflerentes affections du foie, 1 induration de cet organe, 1 ictere. G est le sue de
ses fenilles comprimees qu on administre. Plukenet (Almag. , 381) considerait cette
plante comme une Valeriane.
II. B. tuberosa L^v..,Dict., III. 1, 10 (B. peruviana H. p., nee auctt.). C est,
suivant le P. Feuillee, I Herba purgationis florae violaceo, du Perou et du Chili.
Ses proprietes cathartiques disparaissent par le fait de la cuisson, car ses racines
se mangent comme legumes.
III. B. diffusa L., Spec., 4 (B. procumbens ROXB. B. insular is BOJ.).
Cette espece, qui se retrouve en abondance dans les regions chaudes des deux
mondes, a aussi des proprietes purgatives. Dans 1 Inde, d apres Ainslie (Mat.
med. ind. , II, 205), on emploie ses feuilles comme laxatif. Jacquin indique ces
memes feuilles comme potageres, dans 1 Amerique equinoxiale.
IV. B. peruviana H. par. Espece peruvienne, usitee dans son pays natal
centre les affections veneriennes. On a cor.fondu cette plante avec le B. tuberosa
LAHIK, originaire du meme pays, et qui est emetique et cathartique.
V. B. scandens L., Spec., 4 (B. sarmentosa P. BR., Jamaic., 123). Suivant
Ainslie (loc. cit.), cette espece indiennesert a preparer des infusions antigonor-
rheiques.
VI. B. diandra Bvrat. (Fl. ind., t. 3, f. 1, 5). Peut-etrefaut-il regarder comme
une forme diandre du B. diffusa, cette plante qui se trouve a la fois dans 1 ar-
chipel Indien et TAmerique tropicale. Horsfield dit qu on Ja substitue, a Java
aux veritables Ipecacuanhas. A Cayenne, elle en porte le nom, et Aublet (PL de la
dwjane, 4) dit que ses racines sont en effet vomitives et purgatives. C est proba-
blement a cette espece que doit se rapporter le B. decumbens VAHL (B. laxa,
PERS. B. paniculata RICH, ou Hogmeat de 1 Amerique tropicale). Schomburgk
rapporte quel on en prepare des decoctions qui guerissent les dysenteries, et il en
conclut que cette plante est astringente; mais elle agit peut-etre dans ce cas de la
meme maniere que le Cephcehs Ipecacuanha, don elle a les proprietes. H. BN.
B(ERNER (LES). 19
L ..GcM.,n. 38. Juss., Gen. ,91. GJSBTN., Fruct., II, 208, t. 127. VAIIL, Emun.,
T, 284. JACQ., Hort. mndobon.. I, t. 4, 7. HER. etDEL., Diet., I, 620. ENDL., Gen,,
n. 2000. LIKDL., Flor. med., 565. ROSENTH., Syn. plant, diaph., 226. CHOISY , in
DC. Prodr., XIII, p. 11,449.
ltd ICM:K (Les). Plusieurs medecins allemands, dont deux freres, out ho-
nore lenom de Boerner par leur savoir et leurs ecrits.
Boer ii er (NICOLAS) naquit a Schmierits, pres de Neustadt, en Tliuringe, le
27 Janvier 1695. Son peu de fortune ne lui permettant pas des etudes longues et
dispendieuses, il etudia et pratiqua la pharmacie pendant pltisieurs annees. Mais,
a la mort de sa mere, ayant recueilli un petit heritage, il put se Jivrer au
gout qui rentrainait vers la medecine et prit le bonnet de docteur a lena en 1725.
S etant fixe a Neustadt, il acquit, par ses ecrits et par sa pratique, une reputation
assez grande pour que I Academie des curieux de la nature 1 ait admis au nombre
de ses membres, sous le nom d Aterion II. II mourut a Neustadt, en 1770.
On a de lui :
I. Dissert, inaug . exhibens rorem marinum. lenre, 1725, in-4. II. I /ujs/c, oder
grundliche tind vermin f tmassige Abltandlung naturlicher Wissenscliaften, worinncn, etc.
Leipzig , 1755, in-8", etibid., 1741, in-8. III. Medicus sui ipsius, oder scin Sclbst-Arzt,
in welchem, etc., ibid., 1744, in-8 ; ibid., 1747-48, 2 vol. in-8. IV. Kinderarzt, oder
Vnterricht von Kinderkrankheiten, wie selbige zu ver/iiiten, zuerkenncn, etc. Ibid, 1752,
2 vol. in-8.
Viennent ensuite les deux freres Boerner.
Boerner (FiuEDR.) naquit a Leipzig, le 17 juin 1725. Son pere, theologien ce.
lebre, voulait lui faire suivre la meme carriere; mais, comme taut d aulres, Boer
ner se laissa seduire par 1 attrait des sciences naturelles et se rendit a Wittenberg,
ou il suivit les lecons de maitres distingues, tels que Vater, Langgutb, Bose et
Stenzel. Regu docteur en 1748, a Helmstsedt, il fut admis en 1750 a I Academie
des curieux de la nature sous le nom de Cineas II. Boerner, apres sa reception au
doctoral, s etait etabli a Wolfenbiittel, qu il delaissa en 1754 pour aller remplir a
Wittenberg la chaire extraordinaire de medecine qui lui avait ete offerte. Mais les
rigueurs de la guerre qui desolait alors I Allemagne le forcerent de se refugier a
Leipzig, ou il mourut prematurement le 30 juin 1761, laissant surtout la reputa
tion d erudit, et avec le regret de n avoir pu terminer plusieurs ouvrages de litte-
rature medicale dont ilse proposait de doter la science. Au total, il a fait paraitre
les ouvrages suivants, qui lui donnent un rang tres-honorable parmi les medecins
qui se sont occupes de bibliographic.
I. Oratio de adoranda Dei majestate ex mirabili nar mm structura. Brunswick, 1747,
in-4. II. De arte gymnastica nova. Helmstfedt, 1748, in-4". III. Untersuchung der
Frage, ob den Frauenzimmern erlaubt sey die Arzncikunst auszuiiben. Leipzig, 1750, in-4".
IV. De Alexandra Benedicto-Veroncnsi medicines post litteras renatas restauratore
comment. Brunsw., 1751, in-4. V. Devita, tnoribus et scriptis Hieronymi Mercurialis
Foroloviensis comment. Ibid., 1751, in-4. VI. De Cosmo et Damiano, artis medicos diis
dim et adliuc hodiehinc illincque tutelaribus, comment. Helmstadii , 1751, in-4. VII. De
vita et meritis Martini Pollichii Mellerstadii primi in Academia Vitembergensi rector is, etc.
Wolfenbiittel, 1751. in-4. VIII. Bibliothecce librorum variorum physico-medicorum
historico-crilicce. Specimen I. Helmst., 1751, in-4; Specimen II, ibid., 1752, iri-4. IX.
Super locum Hippocratis in jurejurando maxime vexatum meditationes. Lipsife, 1754, in-4. ^
X. De JKmilio Macro ejnsque rariore hodie opnscnlo de virlidibus herbarum diatribe.
Ibid., 1754, in-4. XI. Die geba/irende Frau sammt Hirer Leibesfrucht , in Lebensgrosse
abgcbildct. Wolfenbiittel, 1753, in-4. (Jourdan attribue cet ouvrage a Mohr; Fr. Boerner
n en aurait ete que 1 editeur.) XII. De tube sicca lethali, a prceternaturali plane, etc.
Ibid., 1753, in-4". XIII. Dissert, epistolaris de medico, reipublicce conservalore legumque
20 BCEUF.
custode. Lipsife, 1756, in-4. -- XIV. Programma de vera medicince origine potioribusquc
cjus ad Hippocralis usque tempore incrementis. Vitemb., 1754, in-4. XV. Memoriae pro-
fcssorum medicince in Academia Vitembergensi, inde a primis, etc. Specimen I, ibid.,
1755, in-4, Specimen II, Lipsiee, 1756, in-4. -- XVI. Nodes Guelphicce, sive opuscula
argumenli medico-litter arii, etc. (contenant la plupart des opuscules bio-bibliographiques
enonce s ci-dessus). Rostokii, Lipsife, 1755, in-4. XVII. Dissert, de statu medicince apud
veteres Ebrceos (Resp. S. A. Wagner). Yitemb., 1756, in-4. XVIII. Relationes de libris
physico-ntedicis , partial antiguis, partiam raris. Fasc. I, Vitemb., 1756, in-8. XIX.
Antiquitates medicince JEgyptiacce (Resp. P. Fabri). Ibid., 1756, in-4. XX. Institutiones
medicince legalis in usus auditorum. Ibid., 1756, in-8. XXI. Nacfirichten von den
vornehmsten Lebensumstanden und Schriften jetztlebender JErzte und Naturforscher in und
urn Deulschland. Wolfenb., 1748-56, 3 vol. in-8.
Boerner (CHRIST. -FRIED.), frere du precedent, naquit egalement a Leipzig, le
16 fevrier 1736, y prit le bonnet de docteur en philosophic en 1756 et celui de
docteuren medecineen 1760. II fut employe comme medecin militaire, et mourut
en 1800.
II a public Ics outrages Miivants :
I. Diss. denisu et renisu ut causa vitce sance. Lipsiee, 1756, in-4". II. De nisu et
reninu adversce valetudinis. Ibid., 1760, in-4. III. Der in deniiblen Folgen der Selbstbe-
fleckung sicker rathende Arxt. Ibid., 1769, in-S; 2" edit, intitulee : Prahtisches Werk von
der Onanie. ibid., 1775, in-8, plus. edit, en 2 vol. E. BCD.
BffiTTICIIER i !,<-s quatre), niroiv nommes BfETTGER.
Le premier, ANDRE-JULES Bocttichcr, ne a Wolfenbiittel le 7 juillet 1672, mort
proi esseur de palliologie etde semeiotique a Helmstsedt, le 26 jnillet 1719, s est
laitconnaitre par sept ou huit dissertations sur les organes de la voix (1697,in-4) >
sur les os (1698, in-4 u ), sur la respiration du foetus intra-uterin (1702, in-4), sur
lapeste (1712, in4),surles os du crane (1718, in-8).
Le second, JEAN-THEOPHILE Boetticher, qui jouit a Hambourg d une grande
reputation entre les annees 1714 et 1730, a publie :
I. Dissertatio de pestilentia. Copenh., 1705, in-4. II. Dissertatio de vcra fluidi nerve
existentia, etc. Berlin, 1721, in-4". III. Dissertatio de morborum malignorum, etc.
Hambourg, 1713, in-4". IV. Scrutinium medicum. Copenh., 1729, in-8. V. Besclirei-
bung fiber die in den Dcenischen und Deutschen Provinzen grassierende Pest, Hornvieh-
seuc/ie. Francf., 1743, in-8. A. C.
Le tioisieme, CHRISTOPHE-HENRI Boetticher, ne a Cassel, le 12 juin 1737 ?
mort professeur d accouchements le 5 septembre 1781, a laisse :
I. Disputatio inauguralis de inflammatione uteri. Rinteln, 1761, in-4. II. Beschreibung
der Gesundbrunnen und Bxder bey Hofgeissmar. Cassel, 1772, in-8. III. Beschreibung
des Botanischen Gartens zu Cassel, als ein Beitrag zur Geschichte der Botanik. Cassel,
1777, in-4. IV. Verzeichniss der freniden, und einheimischen Baume und Stanclen welche
in den enghschen Parks und Gcerlen des Lustschlosses Weissenstein dermalen befincllich
sind. Cassel, 1777, in-8. V. Fortsetzung dieses Verzeichnisses. Cassel, 1777, in-8.
Le quatrieme enlin, JEAN-FREDERIC Boetticher, qui vivait a Berlin a la fin dn
siecle dernier, a signe les ouvrages suivants, qui ont joui de son temps d une no
table reputation :
I. Abhandlung von den Krankheiten der Knochen, Knorpel, und Sehnen. Dessau et Koe-
nigsberg , 1782-1792, in-8, 3 volumes. II. Vermichte medicinisch-chirurgisclie Schriften.
Koenigsb., 1791,in-8. - III. Auswahl des chirurgischen Verbandes fur angehende Wund-
cerzte. Berlin, 1795, in-8-, avec un atlas de 15 planches. - IV. , Bemerkungen tiber Medici-
nalvcrfassung, Hospitaler und Kurarten. Kcfini^sb., 1800, in
(eu grec 6oO s , en latin bos), mammifSre ruminant, doraestique et des
plus utiles! Le male entier porte le uom de taureau, ,1 prend specialement
21
celui de icett/ 1 apres la castration ; la femelle est designee sous le nom de vache, et
les jcunes ont, suivant le sexe, les noms de veau, velle, bouvillon, taurillon,
taure, genisse.
An point de vue zoologique le Bosuf fait partie du genre Bos et de la famille des
Bovides ou Ceratophores, la seule parmi les Mammiferes qui presente des pro-
longements osseux de 1 os frontal recouverts d un etui corne. Le systeme denlaire
a 32 dents ainsi reparties : incisives, f canine et f molaires de chaque cote des
maxillaires ; les canines inferieures ont la forme d incisives et les molaires sont a
doubles croissants et herbivores. Les Bovides se partagent du reste en qiiatre
tribus: les Bovins, les Caprins, les Ovins et les Antilopins; arissi cette famille qui
renferme les difterentes especes de Bceufs, de Chevres et de Moutons est-elle I line
des plus utiles pour 1 homme, en meme temps que 1 une des plus remarquables
parmi les Mammiferes. Les especes du genre Bceuf sont nombreuses, elles forment
quatregroupes principaux : lles Taurcaux, caracterises par la langue rude, munie
de papilles cornees, la base des rornes arrondie, les trayons disposes en carre
(Bceuf commun, Gour, Gayal, Bentiger de Java) ; 2 les Buffles, a langue douce,
nonrugueuse, a base des cornes triangulaire, a trayons disposes en trapeze (Bufile,
Ami a cornes, Ami cbinois, Ami geant, Bulfle de Cafrerie, Brachyceros de Gray).
Les Taureaux et les Buffles ont treize paires de cotes ; 3 les Bonases, caracterises
par des bosses dorsales (Aurochs, Bison) ; 4 les Yacks ou Yaks, depourvns de
bosses, ayant la queue semblable a celle du cheval (Vache grognante de Tartarie,
Bufile a queue de cheval). Les Bonases et les Yacks ontquatorze a quinze paires
de cotes.
Le Boeuf commun ou domestique (Bos taunts) est, depuis 1 antiquite la plus
reculee, un animal employe au tirage ou au labour ; sa conformation le rend im-
propre au bat, ou a porter, a cause de la longueur des reins formant le quart de
la longueur totale de la colonne vertebrale, tandis qu elle n en represente que Li
sixieme partie dans le cheval. Le bosuf est a la foisun instrument de travail, etmi
animal alimentaire par excellence. Dans le centre et surlout le micli de la France,
il est le principal et presque le seul instrument de culture ; dans le Nord, au con-
traire, on 1 eleve comme bete de vente et le travail des fermes est fait par le
cheval.
La viande du boeuf est celle qui a le plus sonvent ete analysee; elle offre des
differences de gout et de bonte suivant les dilferentes parties du corps, 1 age, le
sexe, et surtout le regime alimentaire et 1 eleve des animaux. (Voy. YIANDE.) Tout
est utiliseapres la mort du boeuf, c est ainsi que sa chair, sa graisse, la moelle des os,
labile, le sang, le cerveau, les thymus ou riz de veau, etc., etc., ont des usages
alimentaires ou industriels qu il suffitde rappeler ; la peau est tres-bonne pour etre
tannee ; les poils, les cornes, les onglons, les os servent dans la bourrellerie, la
tabletterie, la fabrication de la gelatine, etc.
Le lait de la vache est le plus employe pour la fabrication du beurre et du fro-
mage. (Voy. LAiT.)Enfm le sue produit dans le quatrieme estomac du veau a la
propriete de coaguler ou de faire cailler le lait; la pre sure, melange du sue gas-
trique du veau et d un peu de lait, est employee dans 1 economie. domeslique;
cette substance est riche en pepsine. (Voy. PEPSINE.)
Le Bceuf commun vit de 18 a 20 ans, sa plus grand force est de 5 a 10 ans ;
le taureau peut etre employe comme etalon des 24 a 30 mois ; la vache porte en
inoyenne 9 mois (275 a 280 jours), elle peut concevoir des 1 age de2 ans et porter
jusqu a JO a 12 ans. (Voy. MAMMIFERES, BUMIINAKTS et VIANDE.) A. L.VBODLBENE.
22 BOHEME ET MORAVIE.
BOGDAN (MARTIN). En latin BOGDAKUS ; medecin danois, eleve de Bartholin
(voy. ce nom), docteur de 1 universite de Bale (1680), s est stirtout fait connaitre
p-,r la defense acerbe etquelque pen injurieuse qu il prit contre Rudbeck, a pro-
pos de la decouverte des vaisseaux lymphatiqueS. Pour avoir une idee de la vio
lence avec laquelle des medecins du dix-septieme siecle ecrivaient contre certains
de leurs confreres, il faut lire de Bogdanus son Apologia pro vasis lymphalicis
Bartholini adversus insidias secundo slructas ab Olao Rudbeck (Copenh.,
1754, in-12), ainsi quecette autre diatribe : Rudbeckii insidix structx vasis lym-
phaticis Thoma? Bartholini (Copenh. 1654, in-12).
Bogdanus eut mieux fait de s en tenir a ses observations medico;, que Michel
Lyser (voy. ce nom), a cru dignes de figurer dans son Cutter anatomicns,
(Copenh. 1651, in-8), et qui renferment en effet des details assez curieux, sur-
tout en fait de chirurgie. A. C.
BOGHEAD. Sous cenom, on designe un schiste bitumineux exploite surtout
en Ecosse, et employe avec avantage pour la fabrication du gaz, ce qui s explique par
la forte proportion de matiere bitumineuse qu il renferme. Voici, d apres M. Payen^
la composition du boghead :
Matiere bitumineuse et traces de matiere azotee 77,00
Silicate d alumine , , . . 20,50
Chaus, magnesie et traces de sull ure de fer 1,67
Eau 0,83
TOTAL 100,00
Ce schiste soumis a la distillation lente fournit 40 a 60 pour 100 environ de pro-
duits volatils, de la benzine, du goudron, de la paraffine, et il laisse un residu argi-
leux et chai bonneux noir ou coke, qui est un excellent absorbant ou desinfectant. Ce
coke est employe en medecine comme desinfectant, et, dans 1 industrie, al absorp-
tion du sang des abattoirs pour sa conversion en engrais phosphates et azotes. (Voy.
DISINFECTANTS.) T. GoBLET.
BOGROS (JEAN-ERJNEST), ne a Bogros, Auvergne, le 14 juin 1786, commenca
ses etudes medicales a Clermont et vint les achever a Paris. La, son ardeur pour
le travail et ses connaissances anatomicjues, lefirent remarquerdel illustreBeclard
qui se 1 attacha comme prosecteur et 1 associa a ses recherches. Bogros, re?u doc
teur en 1825, survecut de quelques mois a peine a son maitre et succomba a une
violente hemoptysie dans le courant de septembre 1825. Bogros a peu ecrit. On
lui doit des precedes pour la conservation des pieces anatomiques, et celles dont ill
a enrichi le musee de la faculte prouvent sa grande habilete comme preparateur.
A i aide d injections tres-delicates, il avait cm reconnaitre 1 existence de canaux
permeables dans les filets nerveux. Mais il paiait que son injection avait seulement
rempli le nevrilemme.
Bogros a laisse les ouvrages suivants :
I. Precede pour conserve)- les pieces d anatomie seches et flexibles. In Bullet, de la
Faculte et de la Soc. de med., t. VI, p. 420 ; 1819. II. Essai sur I anatomie chirurcji-
cale de la region iliaque, et description d un nouveau procede pour faire la ligature des
arteres epigaslriques etiliaques externes. Th. de Paris, 1825, in-4% pi. III. Mem. sur
la structure des nerfs (lu a 1 Acad. des EC.), In Repert. d anat., e!c. de Breschet, t. IV,
i re part., p. 63; 1827. E - BGD -
BOHEME et MORAVIE. I. Geograpbie. I. SCHEME, en latin Boiohemum,
en allemand Bcehm, Bcehmen, ou Bohmen : elle doit son nom aux Boii, nation.
BOHEME ET MORAVIE. 23
gauloise qui vint s y fixer sous Sigovese, en 589 avant Jesus-Christ, mais qui en
fut chassee sous Auguste, par les Marcomans, lesquels eux-memes furent expulses
ou subjugues au septieme siecle par les Tchekhes, people slave conduit par Samo
et dont les descendants occupent aujourd hui la Boheme et la Moravie.
Le royaume de Boheme est situe a Tangle nord-ouest de 1 empire d Autriche,
et se trouve encaisse d une maniere remarquable dans ses frontieres qui sont, en
general, de longues chaines de montagnes : au nord-estla montagne des Ge ants
(Riesengebirge), au nord-ouest les montagnes des mines (Erzgebivge ou Erzwald),
au sud-ouest et au sud les monts de Boheme ou Foret de Boheme (Bohmerwald),
au sud-est les montagnes Mceriques ou Moraves (mahrische Gebirge) qui la
separent de laSilesie, de la Saxe, de la Baviere, de l Autriche et de la Moravie.
L etendue du territoire est de 943,71 milles carres geographiques alJemand 8
(15 au degre) ou 51,789 kilometres carres dont 86 centiemes (compris 25,6 cen
tiemes en forets) sont cultives, entre 4855 55" et 513 27" latitude nord de Paris
et 945 35" et 1431 22" longitude est.
Le climat de la Boheme est tempeie et tout a fait propre a la vegetation.
Le sol est, en general, tres-fertile : c est un des plus riches en eaux minerales ;
il renferme en meme temps un tres-grand nombre de mines fort riches et de
fossiles precieux.
OROGRAPHIE et GEOLOGIE. Nous avons cru devoir reunir sous ces deux titres
un seul article pour eviter des repetitions et des longueurs inutiles.
Toutes les montagnes qui entourent la Boheme, comme de vrais remparts, des-
cendent doucement vers le centre de ce royaume et forment le bassin de 1 Elbe :
elles peuvent etre divisees en quatre systemes.
Les premieres, de formation primitive, sont composees de granit, de gneiss,
de micachiste, de gravulith et d amphibolite. Les principales chaines de ce sys-
teme sont :
Les monts de Moravie, dont le haut plateau fait oublier son manque de ferti-
lite par la richesse de ses mines. 11s s etendent au sud-est de la Boheme.
Les monts ou forets de Boheme, qui courent du sud-est au nord-ouest. Les
points culminants sont : le Heidelberg, 1409 metres ; le Rachel, 1390 metres ;
le Kabani, 1370 metres; le Dreisesselberg, 1292 metres.
Au nord-ouest le- Fichtelgebirge et VErzgebirge : un des plus hauls sommets
de cette derniere chaine est le Glatzeryebirge. De celebres sources d eau chaude
sortent, pres de Karlsbad, du fond de granit qui leur sert de base.
Au nord, les Sudetes, dont la partie principale ou la plus haute porte le nom de
Riesengebirge. Cette chaine, qui s etend du nord-ouest au sud-est, commence en
Saxe avec le Lausitzergebirge, puis elle se continue par Ylsergebirge, par le
Riesengebirge proprement dit, et rejoint le Glatzergebirge. Parmi ses principales
ramifications, on remarque YEulengebirge, le Zobtengebirge et la Heuscheuer-
gebirge. Les Sudetes se composent principalement de schiste, de gneiss, de gra
nit, de porphyre, de basalte et de terrains houillers. On y trouve du fer, du plomb,
du cuivre et du zinc.
Eufin, pour terminer 1 enumerat.ion des principales montagnes primitives de la
Boheme, nous trouvons, au nord-est, I Adlergebirge, dont le plus haut sommet
atteint 1450 metres, et porte le nom de Schneeberg. 11 forme le point de par-
tage des eaux entre la mer Noire et la Baltique : son plateau n a pas moins de
122,000 metres carres.
Le deuxieme systeme comprend les montagnes qui renfermentun grand nombre
24 BOHEME ET MORAVIE.
de coquillages, de crustaces, de cephalopodes et plusieurs especes de pytholites
et de zoolithes maritime?, restes de la vie animale remontant a une epoque fort
reculeeet connus sous le nom de formation silurienne (voy. Systeme silurien du
centre de la Boheme, 1852, par Joachim Barrand). On trouve sur les collines de
formation silurienne des couches de gres, de charbon, de schiste d une grande
valeur.
Tel est le Brdygebirge qui s etend au sud-ouest de Prague.
Au troisieme systeme apparliennent les collines qui contiennent des couches de
charbon de terre, des veines de fer, des formations cretacees et des couches de
charbon de la formation tertiaire. C est la qu on rencontre le gres et 1 argile.
Ge systeme s appelle Waade et se trouve au nord-est, sur la frontiere pres de
Braunnu.
Dans le dernier systeme se trouvent classees les collines, eruptives et plutoni-
ques, qui se composent de basalte et de melaphyre. Au nombre des plus hauls
sommets nous placcrons au premier rang le Radelstein, le Mileschauer, les
Bosiy, le Georgsberg situes au nord du royaume, au pied du Lausitzergebirge.
HYDROLOGIE. Comme nous 1 avons dit plus haul, la Boheme est qccupee en-
tierement par le bassin de YElbe, qui prend sa source dans les Sudetes, et recoil
toutes les eaux du plateau de la Boheme : I Adler, la Moldau, YEger sur sa rive
gauche, et riser ^ sur sa rive droile.
L Or/er et la Neiss prcnnent egalement leur source dans le Riesengebirge,
mais ils n arrosent qu une faible partie du territoire.
Les lacs el lus marais sont peu nombreux, mais, en revanche les e tattgs oc
cupant plus des 7/10 de tout le pays.
Eaux minerales. Elles sont nombreuses et puissantes en Boheme. (Voy. ALLE-
MACXE, p. 294 et suivantes,et les articles speciaux du doc tear Rotureau.) Nous
nous contenfons ici de donner la liste des principales stations balneaires et des
sources les plus renommees.
Bilin, sur la Bila, possede quatre sources dont une seule, Josephsquelle (source
de Joseph) est employee cornme agent therapeutique. Karlsbad (le bain de Char
les), dans la partie nord-ouest de la Boheme sur les deux rives de la Tepel, pos
sede douze sources principales : le Spnulel, Hygieensquelle, Miihlbrunnen, JVeu-
brunnen, Bernhardsbrunneii, Theresiensbrnnnen, Schlossbrunnen, Marktbrunnen,
Spitalbrunnen, Fulsenquelle, Kaiserbrunnen, et russische Krone. Franzensbad,
village situe sur un plateau marecageux, entre les chaines du Boehmerwald cL du
Fichtelgebirge , n a plus que six sources : Franzensquelle , Luisenquelle, Kalte
Sprudel, Saltzquelle, Wiesenquelle et Neuquelle. La septieme, appelee Polter-
brunnen, a etc comblee. Franzensbad est egalement renomme par ses boues.
Liebwerda est situe dans la vallee du Riesengebirge, a la base septentrionaJe de
la Tafelfichte. On y compte quatre sources : Christiansquelle , on Trinkquelle,
Josephinenquelle , Stahlbrnnnen et Wilhelmsbrunnen. Marienbad est un des
bains les plus frequentes de la Bolieme, et possede huit sources : Kreuzbrunnen,
Ferdinaiidsbrunnen, Carolinen ou Neubrunnen, Marienbrunnen ou Badequelle,
Ambrosiusbrunnen, Waldquelle, Wiesenquelle et Moorlagerbrunnen. Piillna,
miserable village situe pres de Briix. II n y a pas d etabJissement, les eaux ne se
boivent jamais a la source. Les sources y sont au nombre de sept, consistant en
autant de puits pen profonds. Sedlitz est dans la meme region que Piillna et dans
les memes conditions. On y compte dix sources. Saidschiltz est situe a quelques
kilometres de Sedlitz. Les eaux ne s y boivent pas non plus a la source.
BOHEME ET MORAVIE. . 25
Enfin, Teplitz. Celte ville est situee dans la partie septentrionale de la Bo
heme, sur un petit ruisseau appele le Sanbach, dans une vallee entre 1 Erzge-
birge et le Mittelgebirge. Ses bains sont frequentes tous les ans par plus de 5000
etrangers. Treize sources, dont plusieurs sont multiples, fournissent 1 eau mi-
iierale aux etablissements de Teplitz meme et du vill;ige voisin de Schoenau.
A Karlsbad et a Teplitz seulement les eaux sont thenuales ; dans les autres cn-
droits que nous venons de citer elles sont froides; elles sont toutes sulfattes, a
1 exception de celles de Teplitz, de Bilin et de Liebwerda qui sont carbonatees.
Parmi les sulfatees, celles de Karlsbad, Saidschiitz, Marienbad, Piillna sont a
base de soude ; celle de Sedlitz, a base de magnesie. Celles de Karlsbad, Bilin,
Liebwerda, et Piillna sont gazeuses. Les sources de Franzensbad, de Liebwerda et
de Marienbad sont ferrugineuses. Celle de Franzensbad est en meme temps sul-
i atee et chloruree sodique.
CLIMAT. Le climat de la Boheme est assez varie. Au Centre et au Midi, la
temperature moyenne est de 7,9, descendant en hiver a 1,4, pour remonter en
ete a +20.
C est dans les Sudetes, a cause des vents, que se trouve la zone la plus froide.
Le climat y est tres-variable : la neige commence a tomber des la fin de sep-
tembre ; s eleve, pendant 1 hiver, a des hauteurs considerables, et ne fond entitle
ment qu au milieu de juin. Les avalanches sont frequentes au printemps ; les
brouillards, tres-epais, couvrent souvent les cimes de celte chaine de montagnes.
Le thermometre, qui ne depasse jamais 24, descend jusqu a 54 : la tempe
rature moyenne de cette region est de 6,4.
Une region qui ofi re un caractere tout exceplionnel pour 1 Europe, est celle de
la Foret de Boheme (Bohmerwald) : les pluies y tombent presque avec une aiissi
grande abondance qu aux Iropiques; la grele et les tempetes sont Join d y etre
rares. On compte, par annee, de quinze a vingt tempetes. Cependant le climal est
a pen pres le meme que celui du Biesengebirge, temperature minima 50,
maxima 33,5, et moyenne 5, 4.
FLORE et FAUKE. La flore de la Boheme, qui peut compter environ 1400 es
peces, est Ires-variee, et offre des representants de la vegetation meridionale, de
celle de 1 Orient et de celle des Alpes.
La repartition de ces especes sur les different? points de la Boheme presente,
au premier abord, quelques anomalies apparentes. Ainsi, telles especes meridio-
nales se rencontreront non pas au midi de la contree, mais dans sa partie septen
trionale ; tandis que quelques plantes alpeslres que Ton s attendrait a voir habiter
les plus hauls sommets du nord de la Boheme, se plaisent dans la plaine et dans
les regions les plus temperees.
Les conditions orographiques et climatologiques de cette contree donnent en
partie raison de ces fails.
Parmi les vegetaux cultives, nous cilerons, outre le froment, la vigne, le mu-
rier, le houblon, le pommier, le cerisier, le lin, 1 avoine et les pommes de terre
cultives dans les parties les plus froides.
La vegetation spontanee offre, en fait d arbres et de buissons, chene, charmes
erable, orme, tilleul, noisetier, aubepine, prunier, Betula pubescens, diflerente,
especes de Salix alpestres, YAlnus viridis, le Spirea salicifolia, les Rosa cinna-
momea et pimpinellifolia, les Pinus Pumilio et fuliginosa.
Parmi les vegetaux herbaces les especes les plus caracteristiques de la vegetation
sont Andropogon Ischcemum, Melica ciliata, Atyssum saxatile, Seseli glaiicum,
26 BOHEME ET MORAVIE.
Cytisus Ratisbonensis, Salvia verticillata, Dorycnium herbaceum, Xeranthe-
mum annmim, Erythronium dens cam s, Allium rotundum.
Parmi les representants de la tlore alpestre, citons, Aster alpinus, Anemone
Halleri, Woodsia ilnensis, Saxifraga Aizoon, Anemone alpina et narcissiflora,
Potentilla aurea, Crepis grandiflora, Hypochceris Helvetica, Bartsia alpina,
Hieracium alpinum, Primula minima, Gnaphalium supinum, Sedum alra-
tum , Poa laxa , Agrostis rupestris , Phleum alpinum , Cardamine resedi-
folia, etc.
Le gui est remplace par le Loranthus Europceus.
Certaines especes sont propres a la Boheme, ou, du moins, y out d abord ete
reconnues, et n ont que longtemps apres ete observees ailleurs. G est ainsi qu un
Iris, un Geranium, un Gagea ont emprunte leur nora specifique a la Boheme.
On a longtemps cru que le Coleanthus subtilis, recemment decouvert dans 1 ouest
de la France, etait propre aux etangs de la Boheme. Le Nasturtium armora-
cioides, qui possede a un haut degre les qualites antiscorbuti q es de la famille
des Cruciferes, est aussi une plante presque exclusivement bohemienne.
La faune de la Boheme est celle de 1 Europe centrale. (Voy. EUROPE.) On y re-
trouve la chauve-souris, la souris, le herisson, la taupe, le lievre, le blaireau, le
renard, la loutre et la martre. D autres mammiferes y sont plus rares, tels que
les cerfs, les chevreuils, etc.
Les amphibies n y sont pas nombreux.
L apiculture joue un role important en Boheme.
II. MORAVIE, en allemand Mahren, en langue tcheque, Morava.
La Moravie est situee entre 4841 26" et 5025 latitude nord, et 3248 50" et
o644 longitude est.
Elle est bernee a Test par la Boheme, au nord-est par la Silesie, a Test et au
sud-est par la Hongrie, et au sud par 1 Autriche.
L etendue du territoire est de 403,77 milles carres geographiqnes alemands
ou 22148 kilometres carres dont 0,964 (compris 0,26 en forets) sont cultves.
Ge pays est en grande partie montagneux : nous y retrouvons les monts de
Moravie, qui le separent de la Boheme, et qui en occupent la partie occiclentale,
en envoyant des embranchements jusqu a Briinn et jusqu a Znaim.
On rencontre au nord, de nouveau egalement, les Sudetes qui ferment la fron-
tiere enlre la Moravie et la Silesie : YAltvater et le Sclmeeberg en sont les points
culminants. Nous savons que cette chaine de montagnes est de formation primi
tive.
Les monts Beskid forment la continuation des Sudetes : leurs plus hauls
sommets sont le Javornik et le Radoscht. Ges montagnes se rattachent en meme
temps au deuxieme et au troisieme systeme que nous avons decrits pour la Bo
heme.
Au sud-est, les Moraves-Carpathes, au pied desquels coule la March, qui, en
quittant la Moravie, forme les limites de 1 Autriche et de la Hongrie, et commence
a etre navigable a Coding.
Au sud, le Pollauergebirge, remarquable par ses cavernes creusees par 1 eau.
On y trouve beaucoup de fossiles.
Les principals rivieres sont la March et 1 Oder. La March ou Morava, qui a
donne son nom a la contree. Elle prend sa source dans les Sudetes, et se jette
dans le Danube apres avoir passe en Autricbe. En traversant la Moravie, du nord
au sud, elle recoit, sur sa rive gauche, la Bectwa et YOlsawa, et, sur sa rive
BOHEME ET MORAVIE. 27
droite la Thaya, qui est elle-meme grossie par la Schwarza et I Iglaiva. L Oder,
qui prend egalement sa source dans les Sudetes, mais coule sur 1 aufcre versant,
pour entrer promptemeut en Silesie.
Comme en Boheme, le nombre des elangs est beaucoup phis considerable que
celui des lacs.
On trouve, en Moravie, beaucoup de sources minerales, dont les eaux sont
ferrugineuses, ou carbonatees, ou sulfureuses : la plus celebre est celle de Luhat-
schowitz.
Le climat est froid dans les montagnes, doux dans le Midi.
Rien de particulier pour la flore et la faune : au nombre des cereales, le lin
est considere comme le meilleur de 1 Autriche. ERNEST LE BARRIER.
g II. Demographie. G est au mot AuTRicHE que le lecteur trouvera compara-
tivement avec les autres Etats constituant 1 agglomeration autrichienne, les notions
demographiques chiffrees, resultant des donnees de la statistique officielle de 1 Au-
triche. Resumons-en succinctement les conclusions en ce qui concerne la Boheme
et en y ajoutant les documents nouveaux que nous avons pu nous procurer. La
Boheme, et presque a sa suite la Moravie, sont les pays de 1 agglomeration autri
chienne dont la population specifique est le plus dense : en Boheme, 93 habitants
par kilometre carre et 86 en Moravie, tandis que la France n en a que 70, et
pourtant pres du tiers de la terre susceptible de culture (30 p. 100) est occupe
par de vastes forets, reste de celles qui, autrefois, couvraient entierement le pays.
Aussi, dans leurs insignes nationaux, les Tcheques portent une hache, souvenir
de la lutte des ancetres centre les forets pour la possession de la terre arable.
On remarquera dans les tableaux que nous avons donnes a 1 article AUTRICHE,
combien les populations de la Boheme et de la Moravie se ressemblent par la pro
portion des naissances, des manages, des deces : coincidence en rapport avec
1 identite de race. L une et 1 aulre population tcheque s est laisse peuetrer forte-
ment par les Allemands, puisque pres de 37 pour 100 en Boheme, et presque
26 en Moravie sont Allemands.
La natalite (39,* par 1000 P) qui est considerable si on la compare a la France
(6,3) est cependant une des moins fortes de 1 Autriche (43, a en moyenne).
Mais, apres les pays purement catholiques allemands, .les catholiques tcheques se
rangent parmi les plus producteurs de batardise (environ 15 par 100 naissances
vivantes, centre lOa ll dans tout 1 empire), et, par une consequence naturelle,
on s y marie un peu moins que dans les pays ou la natalite illegitime est plus
rare.
C est surtout, je crois, dans la distribution des professions dites liberales que
1 ondecouvre les tendances, le caractere d une nation, et sous ce rapport, la na
tion tcheque presente des traits remarquables : les professions liberales y sont
evideinment recherchees, et, relativement aux autres Etats de 1 agglomeration autri
chienne, occupees par un tres-grand nombre : ainsi par 100,000 habitants de tout
sexe et de tout age, la Boheme compte HO individus exerc,ant en propre une
profession litteraire ou artistique, et 1 empire entier 9O ; la Boheme a 1OO per-
sonnes adonnees a la pratique d une brancbe medicale et 1 empire 94. Pourtant
Ja Boheme compte environ le quart de sa population en manoeuvriers et journa- "
liers, sans propriete et vivant du salariat, 1 empire en compte seulement un peu plus
du cinquieme (22 p. 100). On remarquera que dans tons ces rapports ne sont
pas compris les femmes et les enfants qui, sans travailler eux-memes, sont nourris
28 BUI1EME ET MORA.VIE.
par le travail du chef de famille, tandis qu ils entrent (et pour moitie environ)
dans la population totale qui sert de denominateur a ces rapports.
Ouoiquc la Boheme et la Moravie soient catholiques, la legion clericale est rela-
tivement restreinte, les convents n ont que 31 personhes des deux sexes par
100,000 habitants, on en compte 41,5 dans tout 1 empire d Autriche; mais en
Belgique, pays de moinerie, il y en a 33! et en France, patrie de Rabelais et de
Voltaire, mais jouissant du regime imperial (1861) 336!!
Lespretres desservant les paroisses nesont pas non plus en grand nombre cliez
les Tcheques : 73, en Boheme ; 93, eh Moravie ; mais en France, 119. II resulte
dela que, en tout, et par 100,000 habitants, il y en a en Boheme 1O4, en Mo
ravie 121, et en France (restauration imperiale) 453 religieux et religieuses de
toute categorie.
Et de plus, un trait qui separela France de la Boheme, c est que, en France,
c est surtout la femme qui deserte la famille pour le cloilre ; en Boheme, la femme
prefere le foyer domestique! En France, nous avons 597 religieuses (je dis bien*
cinq cent septante-sept) par 100,000 femmes; en Boheme, 13 (je dis treize) ! et
par 100,000 hommes, nous avons 95 religieux (non compris 119 desservants
attaches aux paroisses) et la Boheme so (non compris les 73 desservants). Ainsi
le rapport des sexes des cloitres qui est, en Boheme, 13 femmes centre so
hommes, est en France 577 femmes centre 95 hommes! Mais si la Boheme
fournit peu an cloitre, elle fournit beaucoup a 1 ecole : sur 100 enfants en age de
suivre les ecoles, 97 environ y sont presents, et de plus, les ecoles du soir et des
jours feries pour les adultes et les jeunes gens, dites ecoles de repetition, sont
plus frequentees en Boheme que partout ailleurs en Europe. Voila, certes, d ex-
cellents signes qui recommandent la population tclieque.
Mortalite. Par ses conditions de vitalite, la nationalite tcheque nous offre aussi
des traits remarquables.
La mortalite de 1 enfance est assez considerable ; mais elle est grossie comme
indument par la grande mortalite des enfants hors mariage.
En effet, il y a des pays, comme le Tyrol, la Bukowine, la Baviere, ou cette dif
ference entre la mortalite des enfants selon leur etat civil est peu prononcee. Mais
dans d autres, en Boheme, et encore plus en France, cette difference est enorme.
Ainsi, en Boheme, sur 1000 naissances vivantes, des la fin du premier mois, il y
a 1O5 deces chez les legitimes, et 2O9 pour les illegitimes; mais en France, le
rapport depasse de beaucoup le double, car tandis que nous ri avons que 4 deces
legitimes, on en releve 154 pour les infortuues innocents survenus hors mariage !!
C est un trait cruel, j ai envie de dire infamant, et qui accuse terriblement et
1 hypocrisie des niosurs et la moralite des hommes qui abandonnent a la misere
et a la mort le Iruit de leurs amours. C est aussi tin fait accusateur de la loi bar-
bare etinique qui, sans doute en Bolieme comme en France, interdit larecherche
de la paternite. Comme, en meme temps, la Boheme a un tres-gros coefficient de
natilites illegitimes, il en resulte que sa mortalite enfantine generate, qui pourrait
etre moderee et moindre que celle de 1 empire pris dans son ensemble, la de
passe au contraire tres-notablcment. line autre particularite singuhere se ren
contre en Boheme dans la distribution mensuelle des deces des nouveau-nes. En
effet, dans tons les pays de 1 Europe qui ont public des documents, le maximum
des deces se rencontre dans les quatre mois les plus froids; en Boheme, au con
traire, il se trouve dans les quatre mois les plus chauds. Mais une circonstance
non moins singuliere rend cette exception moins etrange; c est que tandis que les
BOHN. 29
naissances sont ordinairement beaucoup plus nombreuses dans les quatre mois les
plus-froids que dans les quatre niois les plus chauds (rapport 100 : 84 en Bel-
gique), ce qui explique en partie, mais presque jamais entierement, 1 exces babi-
tuel des deces enfantins dans ces memes mois ; en Boheme, au contraire, cette
difference dans la natalite est peine a marquee (100 : 99) ; mais elle n est pas in
verse, et 1 exces des deces enfantins dans les quatre mois chauds reste inexplique.
(Voy. MORTAMTE. )
Cependant,une fois soustraite aux effets des mauvaises mceurs et des mauvaises
lois, la vitalite tcheque, ou tout au moins celle du milieu bohemien, se prononce
avec une energie extreme: aussi, par 1000 habitants de 6 a 14 ans, la Boheme ne
perd que 6 enfants chaque annee ; 1 empire d Autriche 9; et la France 7 a 8. De
meme, de 14 a 24 ans, la Boheme a 5 deces; 1 Autriche a 8, et la France 8 a
9. De 24 a 40 ans, la Boheme a 8 a 9 deces; 1 Autriche 11 a l (1 Autriche
. propre, 14), et la France 1O. De 40 a 60 ans, la Boheme de 18 a 19 deces
annuels, 1 empire 84 a 25, et la France 16; enfin, au dela de 60 ans, la Boheme
perd toujours, pour 1000, 95 de ses vieillards; 1 empire 1O6, mais la France,
enfin mieux partagee, seulement 71.
En resume, je ne connais nul autre pays qui conserve aussi bien ses adultes aux
ages de fecondite que la Boheme. Les investigations locales, et surtout le releve
des causes de deces quand on nous en fournira, nous apprendront a quoi tient cet
heureux privilege. BERTII.LON.
BlBLIOGBAPHIE. - Voy . AuTRICHE.
BOHEMIENSou ffSIGAXES. Peuple errant et dissemine, d origine orientale,
ne paraissant etre arrive en France que vers le commencement du quinzieme siecle.
(Voy. ANTHROPOLOGIE, FRANCE.)
BOHN (JEAN). L un des plus illustres medecinsde I AHemagne dont les travaux
en patbogenie, en anatomie etenmedecine legale, sont empreints d une rare sa-
gacite et d une graude hauteur philosophique. Yivant a une epoque ou le systeme
iatro-chimique etait encore en pleine vigueur, il en combattit vaillamment les
exageralions et les errements, refusant a la bile son pretendu alcali libre, au sue
pancreatique son acide suppose, niant que les fonctions 1 ussent, commeon le pre-
tendait, un simple travail de reactions chimiques. Ses recherches sur divers sujets
de medecine legale ont surtout puissamment contribue a sa reputation ; elles le
placent au rang desmedecins legistes les plusdistingues, et ses ouvragessur cette
matiere sont restes classiques au dela du Rhin.
Ne a Leipzig le 20 juillet 1640, mort le 19 decembre 1718, apres avoir ete
docLetir (1666), professeur d anatomie (1668), medecin pensionne de la ville
(1690), professeur de therapeutique (1691), doyen de la Faculte (1700), Bohn a
laisse un grand nombre d ouvrages, dont voici les principaux, ceux qui ont parti-
culierement assis sa reputation :
I. Exercitationes physiologicce xxvi. Leipzig, 1668-1677, in-4. II. Xrculus anatomico-
plajsiologicus, seu aeconomia corporis ammalis. Leipzig, 1680, in-4, etc. HI. Disserlatio
de alcali et acidi insufftcientia pro principiorum seu elementorum corporum naturalium
munere gerendo. Leipzig, 1681, in-8*. IV. Observations qucedam anatomical circa stru-
cturam vasorum biliosorum et motum bills spectantes. Leipzig, 1682-1683, in-4. Y. Dis-
aertaliones clujmico-physicce , chymice finem, instntmenta et operationes frequcntiores,
explicanles. Leipzig, 1685, in-4, etc. VI. De renunciatione vuinerum, seu vulnerum
Ict/ialium examen. Leipzig, 1689, in-8", etc. VII. Disserlatio de duiimviratu hypochon-
50 BOIS (BOTANIQUE).
driarum. Leipzig:, 1689, in-4. VIII. Dissertatio de officw medici duplici, clinico ninurum
et forensi. Leipzig, 1704, in-4". IX. Dissertatio de medicamentorum chymicorum et gale-
nicorum prcepollentia dubia. Leipzig, 1706, in-4, etc . A. C.
BOIES, Boii, nom porte par plusieurs peuplades de la Gaule, de 1 Italie sep-
tentrionale, de la Germanic, etc., generalement rattachees aux races celtiques.
{Voy. CELTES et FRANCE, Anthropologie .) LAGNEAU.
BOIGUE. Arbre aromatique, tonique, excitant, usite au Chili. Son ecorce a
1 odeur de la cannelle. Le P. Feuillee n a pas assez bien figure ce Boigue, pour
qu on 1 attribue avec certitude a un Drimys; toutefois c est peut-etre le D. chi-
lensis. (Voy. DRIMYS et ECORCE DE WINTER.) H. BN.
IS. I. Botaniqne. Outre qu on emploie en medecine et pour les usages
economiques et industriels, le bois de beaucoup d arbres, dans les pays chauds,
et surtout dans nos colonies, on designe sous le nom de Bois, une foule de produits
d origine.vegetale, ou meme de plantes qui ne sont pas ligneuses. Frequemment
encore, Bois est pris dans le meme sens qu Arbre, et suivi d une denomination
qui indique, on des proprietes reelles, ou des ressemblances exterieures. II est in
dispensable, pour la lecture des oiwrages de medecine et de therapeutique, de sa-
voir la valeur deces expressions. Ainsi Ton appelle :
1 . Bois d Absinthe, une Apocynee, \eCarissaXylopicron Dup.-Tn., de la Reu
nion; d ou encore le nomde B. amer de Bourbon.
2. B. d Acacia, le Vachellia Farnesiana ARN., du grcape des Mimosees.
(Voy. CASSIE.)
5. B. d Acajou. (Voy. ACAJOU.)
4. B. d Acossois, un Millepertuis de la Guyane, I Hypericum guianense AUBL.
5. B. d Acouma, les Sideroxylon Acouma et pallidum, d apres Guibourt
(Drog. simpl., ed. 4, II, 545).
6. B. d Ayalloche ou Faux B. d Aigle. (Voy. AGALLOCHE.)
7. B. d Agara, boi tres-odorant qui vient de la Chine, mais qui est procluit
par une plante indeterminee.
8. B. d Aguilla, bois aromatique d une plante indeterminee, originaire de
TAfrique tropicale.
9. B. d Aigle. (Voy. AGALLOCHE, ALOEXYLON, AQUILARIA, EXC^CARIA , GARO,
STILLINGIE.)
10. B. d Ajawa, ou A Agawa, le Ligusticum Ajawa ROXB.
11. B. d Aloes. (Voy. B. d Aigle, n. 9.)
12. B. d Amarante, un Nissolia du Bresil et de la Guyane. (Guib., Drog.
simpl, ed.4, III, 522.)
15. B. d Amboine, un Flindersia (?) des Moluques.
14. B. amer de Surinam, ou simplement B. amer, le Quassia amara, et
encore, a Bourboa, le B. d Absinthe (n. 1.)
15. B. d Amourette. (Yoy. B. de lettres, n. 124.)
16. B. d Angelin. (Voy. ANGELIN.)
17. B. d Anyico. (Voy. AKGICO, ACACIA.)
18. B. d Anis, les plantes qui fournissent des Badianes ou Anis etoiles, c est-a-
dire les Illicium anisatum L. (religiosum SIEB. et Zncc.), p arviflorum MICHX,
floridanum ELL., et 17. Sanaki PERR., de Manilla. (Voy. BADIANE.) Plusieurs bois
BOIS (BOTANIQUE). 51
a odeur d anis out aussi recu ce nom : 1 Avocatier, le Limonia madagascarien-
sis, les Piper aduncum et anisatum, YAmyris anisata, le Diosma hirsuta.
19. B. des Antilles, la meme chose que les B. de Bre sil (n. 36).
20. B. d Arc, le Faux-Ebenier, ou Cytisus Laburnum L. et le C. alpinusL.
21. B. d Argan, I Argania Sideroxylon (Sapotacees).
22. B. d Aspalath. (Voy. ASPALATH et B. de Rhodes, n. 177.)
25. B. Bacha, les Bauhinia. (Voy. B. a calecons, n. 39.)
24. B. Bagasse, le Bagassa guianensis AUBL.
25. B. Bagot, peut-etre le Jacaranda tarn. (GuiB., op. cit., 324.)
26. B. de Balata, le Mimusops Balata. (Voy. GUTTA-PERCHA.)
27. B. Balle, le Trichilia Guam L.
28. B. Baptists, un Millepertuis de la Guyane, YHypericum guianense AUBL.
29. B. a barrique, une Burseracee des Antilles, YHedwigia balsamifera Sw.
30. B. de Baumier, le Xylobalsamum. (Voy. BALSAMODENDRUM.)
31. B. de Betterave, un bois de Cayenne qui colore en rouge comme le
Campeche.
32. B. bitumineux, des bois fossiles impregnes de bitume ou Malthe.
35. B. blancs, les bois des Salicinees, Peupliers et Saules.
34. B. de Boco, le Bocoa provacensis AUBL., de Cayenne.
35. B. bracelet, le Jacquinia armillarisL., des Antilles.
56. B. de Bre sil, le Bresillet (Ccesalpinia echinata LAMK), et les Ccesalpinia
tinctoria DOME., Coulteria tinctoria K. (Ccesalpinia) , Poinciana insignis K. Le
vrai Bresillet ou Brasiletto est pour beaucoup d auteurs le Ccesalpinia brasi-
liensis L.
57. B. caca, les Coprosmaet le boisfetide de plusieurs Capriers. (Voy.n. 159.)
58. B. Cachiman, le Magnolia ou Talauma Plumieri, des Antilles, espece dont
1 odeur rappelle celle de plusieurs Anones ou Cachimans.
59. B. a calecons, les Bauhinia americams, a cause, dit-on, de la forme bilo-
bee de leurs feuilles.
40. 6. de Calambac. (Voy. AIGLE, ALOES, CALAMBAC.)
41. B. de Caliatour, une sorte de Santal produit par le Pterocarpus san-
talinus L.
42. B. Calumet, les Mabea Piriri et Taquari AUBL. (Euphorbiacees.)
45 B. de Cam, de Cham, une Legumineuse-Sophoree, de 1 Afrique tropicale
occidentale, le Baphia nitida Afz.
44. B. de Campeche, Y Hcematoxylon campechianum, du groupe des Legumi-
neuses-Csesalpiniees, et a tort quelques plantes, voisines ou non, qui ont un bois
colorant en rouge.
45. B. Cannelle, 1 ecorce de Winter vraie (Drimys Winteri], et, a Maurice,
quelques Lauracees plus ou moins analogues au CannelJier, plus un Elceo-
carpus.
46. B. Canic, le Chicot (Guilandina ou Ccesalpinia Bonauc .
47. B. Canon, une Artocarpee americaine, le Cecropiapeltata.
48. B. canots, B. a canots, plusieurs arbres dont le bois sert en effet a la
construction des embarcations, des Badamiers, le Calophyllum inophyUwn, etc.
49. B. Capitaine, le Malpighia urens.
50. B. Carabacci, un bois que Baglivi a preconise centre les affections scorbu-
tiques; il est aromatique et vient de 1 Inde ; mais la plante qui le fournit est incon-
nue.
32 BOIS (BOTANIQUE),
51. B. de Carapat, le Ricin on Palma Christi (Ricinus communis) , et
quelques Mediciniciers a feuilles palminerves.
52. B. Caratas (et non Karatas, qui se rapporte a une Bromeliacee), uae
Amaryllidee, \ Agave vivipara.
53. B. Cayan, le Simarouba officinal (Simaruba officinalis).
54. B. de Cedre blanc, un des Idea de la Guyane.
55. B. de Cerisier, le Malpighia glabra. Les fruits ressemblent a des cerises.
56. B. de chair, le Mimusops Balata (Sapotacees).
57. B. Chandelle, B. de Chandelier, des plantes resineuses employees pour
1 eclairage, les Amyris elemifera, Agave fcetida, Erythalis fruticosa, etc.
58. B. deChat. (Voy. n. 108.)
59. B. Chatousieux, ou Moutouchi, le Pterocarpus suberosus, de la Guyane.
60. B. de Chene, le Bignonia longissima, des Antilles.
61. B. de cheval, arbre indetermine de Saint-Domingue, ou Nicholson le dit
employe en hippiatrique, d apres Merat et Delens (Diet. I, 623).
62. B. de Chik, le Sebestier. (Cordia sebestena), sans doute par corruption du
nom suivant.
63. B. de Chine, 1 Arbre aux Sebestes (Cordia sebeslena), oule C. Myxa.
64. B. de Chypre (ou d Aspalath, voy. n. 22,177).
65. B. Choiseul, une Legumineuse, I Agati (voy. ce mot) ou jEschinomene
yrandiflora. (Le genre Agati n a pas ete conserve par M. Bentham.)
66. B. Citron, YErythalis fruticosa L. Pour Guibourt, le B. de citron ou
B. de cedre blanc, de Cayenne, est peut-etrel -Arafea guianensis d Aublet.
67. JB. de clou, a clou, les arbres qui, comme le Giroflier, donnent des bou.
tons en forme de clou. Plusieurs Myrtacees sont dans ce cas, notamment la Toute-
epice, le Myrtus caryophyllata. L Agatophyllum aromaticum, ou Baventsara,
de la famille des Lauracees, a regu le meme nom.
68. B. Cochon,\e Gomart des Antilles (Bursera gummifera L.).
69. B. de Colophane, le Colophonia mauritiana DC. (Bursera paniculata LAME.)
70. B. Corail, les Erythrines, notamment YErythrina corallodendron .
71 . B. de come, une Guttifere, le Garcinia cornea L.
72. B. de Coromandel, ou de Calamander, un Diospyros (?), de 1 Inde.
73. B. Cossais, meme nom que B. d Acossois (n. 4).
74. jB. Costiere, un Nerprun, le Bhamnus ellipticus AIT.
75. B. de Couleuvre, plusieurs plantes alexipharmaques, les Ophiorhiza
et Ophioxylon, quelques Aristoloches, les Strychnos et Rhamnus colubrina.
76. B. de Coult, un des Bois ne phretiques autrefois employes.
77. B. de Coumarou, le Dipterix (Coumarouna) odorata W.
78. B. de Courbaril, YHymencea courbaril L.
79. B. de Crabe, un des B. de clou, le Myrtus caryophyllata (n. 67).
80. B. a dard, le Possira arborescens d Aublet.
81. B. a dartres, des plantes qui passent pour gueYir ces maladies : le B. cos-
sais ou A Acossois (n. 4,73), et le Danais Chassalia Pom.
82. B. de demoiselles, une Euphorbiacee, de Maurice et de Bourbon, I Aniso-
nema ou Kirganelia phyllantlwides.
83. B. Dentelle, le Laghetta lintearia ou Daphne Lagetta.
84. B. Diababul ou A Arariba, un bois aromatique, colore, attribue a un
Pterocarpus ?
85. B. doux, les Reglisses, notamment le Glycyrrhiza glabra.
BOIS (BOTANIQUE). 55
86. B. dijscnterique, le Malpighia sjiicata L.
87. B. d Ebene, le Diospyros Ebenum, et beancoup d autres arbres a coour
moiralre. Le B. d Ebene vert est le Biynonia leucoxylon des Aulilles, ou
Poirier.
S8. B. d e caille, un faux B. de Gayac. (Guib., Z)ro<y. simpl., ed. 4, III, 505.)
89. B. saws e corce, une Flacourtiee, le Ludia heteropliylla LAMK.
90. B. d Encens, les Burseracees americaines, notammcut le Goinart et plu-
sieurs Jct ca de la Guyane.
91. B. a enivrer, bois employes a tuer le poisson : \ePhyllanthus Conami, la
Coque du Levant (voy. ANAMIRTE), le Piscidia carthagenensis, le Galega cinc-
rea, etc.
92. B. d e pi de Ble, un bois A Andira.(GuiB., loc. cit., 552.)
93. B. epineux, le Clavelier Massue d Hercule (Lanthoxylum Clava Her-
culisL.).
94. B. de Fer, les Mesucea ferrea, Mgiphila martinicensis, Baryxylum
rufumLovR. (Cassia), Robinia Panacoco AUBL. (de la Guyane), Fayara Pterola
L. (Zanthoxylori) , Stadmannia oppositifolia, Coccoloba grandifolia, etc.
95. B. de Fernambouc (voy. B. de Bre sil.)
96. B. de Fe roles, le Ferolia guianensis AUBL. (GuiB., loc. cit., 490, note 1 .)
97. B. a la fievre, les Quinquinas.
98. B. de fleche. (Voy. B. a Dard, n. 80.)
99. B. deflot, le Paritium tiliaceum ou Hibiscus tiliaceus.
100. B. fossile, nom donnequelquefoisaux lignites, pour rappeler leur origine
vegetale.
101. B. de Fresne, le Quassia amara, le Tecoma radicans.
102. B. rfe Gaulette, le Melicocca diversifolia et quelques Phyllanthus.
105. B. de Gayac, le Guaiacum sanctum ou officinale.
104. B. gentil, le Daphne Mezereum L.
105. B. rfe Ge rofle, on de Girofle, le Myrtus caryopltyllata L.
106. B. de Gommier blanc, le Gomart des Antilles (Bursera gummifera).
107. B. de Gommier bleu, V Eucalyptus Globitlus d Auslralie.
108. B. de Gonzalo-Alves, YAstronium fr ax ini folium, ou B. de c/;a, ou
109. B. de Grenadille, le Brz/a Ebenus et un faux Gayac (GuiB., /oc.
cii., 505).
110. B. Guillaume, les Baccharis frutescens, visqueux, de Bourbon et de
Maurice.
111. B. Guitare, le Citharexylon quadrangulare (Verbenacees) .
112. B. Hinselin, le Malpighia urens (n. 49).
115. B. d Hispanille, attribue a I Erithalis fruticosa. (GuiB., loc. cit., 490.)
114. B. d huile, Y Erythroxylon hyper id folium, des iles Mascareignes.
115. B. immortel, \Erythrina inermis MILL.
116. B. d lnde, les Myrtus acris et Pimenta, quelquefois aussi le B. de Cam-
peche (n. 44).
117. B. Isabelle, leLaurus Borbonia, le Myrtus Greggii Sw., et autres bois
qui presentent a peu pres la teinte Isabelle.
118. B. ivrant. (Voy. B. a enivrer.}
119. B. de la Jamalque, le B. de Campeche (n.44).
120. B. jaune, plusieurs Ambavilles de Bourbon, surtout celui qu on prescrit
DICT. EKC. X. 5
54 BOIS ( IIOTA.MQL E).
aux iinurnces (voy. Adaiisonia, IX, 54), le Tulipier, le Madura tinctoria, \ Ile;c
crocea.
\-l\. /. . y u/i, le B. yentil (Daphne Mezereum, n. 104).
1-J-J. I. , i/e /ait, les Euphorbiacees et Apocynees laiteuses, notammeut le
Frangipaniers.
!^~. B. luiteux, le Taberncemontana alba MILL.
124. J5. de leltres, plusieurs Brosimum de la Guyane, et le B. d Amourette,
du memo pays.
125. B. de Licari, le Licaria gidanensis ACBL.
126. B. de liege, des bois legers, spongieux, tels que le Paritium tiliaceum f
le Pterocarpus suberosus, les JEschynomene, le Bombay Gossypium L.
127. B. f/e Lie i 1 re, le Cytise faux-ebeuier, et quelquelbis, aux Antilles, la 1 J _i^
dc lievre \0chroma Layopus Sw.).
128. B. de Lostean, de Lousteau, 1 Antirrhee de Bourbon. (Voy. ce mot.)
129. B. de Sainte-Lucie, le Prunus Mahaleb. Le FauxB. de Sainte-Lucie ess
un autre Pruintx, le P. Padus.
150. B. </f iinniere. (Voy. B. Chandelle, n. 57.)
151. B. rfe Mabouia, quelques Capparis, coninie le C. Breynia (n. 159), et
une plante voisine, de la raeme famille, le Morisonia americana L.
152. B. Macaque, le Melastoma Tococo LAMK.
153. B. de Maclure, le Madura aurantiaca, on Granger d Osages.
154. B. de Mai, 1 Anbepine commune (Cratcegus Oxyacantha) et quelques
autres Alisiers.
1 55. B. de Mapon, \eScclanthus Malacodendron DDP.-!H. (Ampelidees).
156. B. Marie, le CalopJii/Uum inuphyllum (n. 48).
i 57. B. de Sainte-Marthe, le Bre sillet (n. 56).
158. B. de meche (Voy. B. Chandelle.)
159. B. (7e inerde, plusieurs Capriers fetides des pays chauds, notamment le
uris Breynia et le C. ferruginea.
140. B. de merle, nne plante indeterminee dont 1 ecorce sert a prepare r une
infusion antigonorrheique, d apres Ferrein (Mat. me d., Ill, 558), et qui vientde
Maurice.
lil. B. des Mohtfjues, le Croton Ti /Uum, encore appele quelquefois C. des
Mi luqnes. LeC. moluccanum W. est un ALEURITES (voy. ce mot), ou Bancoulier.
142. B. de Montbrun, une Apocynee de Maurice, employee dans le traitement
des ecoulemeuts urethraux.
145. B. de muse, un Crotozdes Antilles, le C. Eluteria (Cluytia Eluteria L.).
(Voy. CASCARILLE.)
144. B. Musqiie, le Calambac blanc de plusieurs auteurs.
145. B. Xaghas. (Voy. B. defer, n. 94.)
146. B. de Natte, les Imbncaria et Labour donaisia, des lies Mascareignes
(Sapotacees).
147. B. nephretique, attribue tour a tour au Ben (Moringa), au Gayac, a
I lnya unyuis-cati (Mimosee), a plusieurs Biynonia. Le B. nephretique noir est,
dit-on, le Jacaranda briisilinna LAMK? (Voy. CARTHEUS, Deligno nephretico, etc.
Francf., 1749. MUKK., Ai>pn>: medic., 11, 522. MER. etDEL., Diet., I, 625.)
148. B. Nicaragua, le B. de Campeche (n. 44).
149. B. noir, une Mimosee, YAlbizzia Lebbek (Acacia Lebbek W.). Voy.
A.LBIZZIE.
BOIS (BOTA.NIQUE).
150. B. d Olive, peut-etre YElceodendron glaucum PERS., d apres Merat et
Delens(fljc., I, 626).
151. J5. d Olivier d Amerique, le Faux Bois de Sanlal citrin.
152. B. d oreille, le Bois joli ou geiitil, qui s appliquait en vesicutoires der-
riere les oreilles dans les affections des yeux. (Voij. DAPHNE.) Le B. d oreille de
lievre est I Ochroma Lagopus Sw.
153. B. dePagaye blanc, le Swartria tomentosa DC.
154. B. Pulmiste, une Legumineuse, le Geoffroya spinosa.
155. B. de Palo, le Malambo. (Voy- ce mot.)
156. B. de Panacocco, le Robinda Panacoco AUBL.
157. B. de patte de lievre , YOchroma lagopus Sw., des Antilles.
158. B. de Pavane, de Pavana, le petit Pignon d Inde ou Croton TigUum.
159. B. de Perdrix, le Boco et le Panacoco? (Voy. GDIB., op. cit., 550.
160. B. a Pian, le Moms tinctor ia (Arlocarpees).
161 . B. Pin, le Magnolia ou Talauma Plumieri des Antilles,
162. B. de Pintade, plusieurs Ardisiacees des iles Masareignes.
163. B. Pissenlit, le Bignonia ou Tecoma stans.
164. B. de Poirier, le Bignonia leucoxylon des Antilles (n. 87).
165. B. de Poivre, le Licari (n. 125), dont la poussiere est acre et pi-
quante.
166. B. poivrier, plusieurs Zanthoxylon du groupeFagara (voy. CLAVELIER),
et YErytroxylon laurifolium LAMK.
167. B. de Polixandre, le Jacaranda oblusifolia H.B. K.
168. B. puant, plusieurs Capparis des pays cliauds, les Cassia fcetida et
alata L.,le Pirigaratetrapetala, de la Guyaue (Gustavia), I Olax Zeylanica L.
169. B. punais, le Cornouiller sanguin (Cornus sanguined L. ).
170. B. purgatif, le petit Pignon d lade, ou Bois de Pavane ou de Pavana
(Croton TigUum, n. 158).
171. B. de Quinquin, le Securinega nitida W.
172. B. de Quinquina, un Malpighia de la Guyane.
175. B. Ramon, le Savonnier commun (Sapindus SaponariaL.), le Micocou-
lier (Celtis occidentalis L.).
174. B. de Rape, des plantes a ecorce ou a feuillage rude, telles que les Te-
tracera, le Delima sarmentosa, les Cordia.
175. B. de Pieinette, le Dodonea angustifolia L.
176. B. de Re solu, le B. jaune du Para, attribue a une Artocarpee.
177. B. de Rhodes, YAspalath. On 1 attribue aussi au Convolvulus scoparius
L.f. Guibourt est de cet avis, quant au Lignum Rhodium des Canaries, qui ne
vient pas le moins dumonde, d apres lui, dc File deChypre ou de Rhodes. Lignum
Rhodium ne signifierait que : Bois a odeur de rose.
178. B. de Roses de Cayenne, le Licaria guianensis. Ce nom s applique aussi
g plusieurs Cordia, a une Euphorbiacee du Chili, leColliguaja odorifera de Mo
lina, ct SiYAmyris balsamifera L.
179. B. rouge, leCampeche. On appelle encore ainsi : le Copa ifera officinalis,
les Humiria et Vantanea de la Guyane, et le Guarea trichilioides (Meliacee).
180. B. Roze phir, YArariba rosa de Marcgraff (Pterocarpws?).
181. B. sain ou Sam Bois, le Daphne Gnidium L. (Voy. DAPHJNE et GAROU.)
182. B. saint , le Guaiacum sanctum (n. 105).
185. B. de Saint-Francois, un bois analogue aTAugelin et au Vouacapou.
30 bOlS (MATIERE MEDICALE).
184. B. Ae Saint-Martin, voisin du precedent.
185. B. de Sainte-Lucie, le Primus (Cerasus) Mahaleb L.
186. B. de Sainte-Marthe, un Bre sillet, de qualite inferieure, qui vient de
Tile de ce nom.
187. B. de Sang, le Copaifera officinalis (voy. GopAHu),etleB. deCampeche.
188. B. sanglant, YHypericum guianense AUBL. (n. 4,73).
189. B. de Santal, plusieurs Santalum et Pterocarpus. Le S. blanc vient des
Santalum album et mijrtifolium; le S. citrin, du S. Freycinetianum GAUD. (?);
le S. rouge, du Pterocarpus santalinus L. f. (Voy. SANTAL.)
1 90. B. de Sappan, le Ccesalpinia Sappan, ou quelquefois une espece voisine,
le C. sepiaria ROXB.
191. B. de Sassafras, le Laurus Sassafras (Sassafras officinalis).
192. B. satine , le Ferolia yuianensis AUBL., et quelques autres bois ana
logues.
195. B. de SaiKje, les Lantana des Antilles et du Bresil, qui ont le feuillage,
1 odeur et les proprietes aromatiques des Sauces.
194. B. desavane, le Cornutia pyramidata.
195. B. de Savonette, le Savonnier comniun (Sapindus Saponaria).
1 9(5. B. de senteur, plusieurs bois odorauts, employes surtout clans la pnrfu-
nicrie. Tel est le Ouennam de Chine, espece indeterminee. L Assonia populifolia
de Cavanilles en esl un autre, au dire de cet autetir.
197. B. de serinyue, les Siphonia ou Hevea a caoutcbouc, du Para et de la
Giiyaue, notamment I H. guianensis, a cause des instruments fabriques depuis
longtemps avec le caoutcbouc.
198. B. de serpents. (Voy. B. de Coideuvre.)
199. B. de source, \esLeea, notamment le L. sambucina (Aquilicia}.
200. B. de Surinam, le Quassia amara (n 14).
201. B. deTam. (Voy. jB. dysente rique.)
202. B. Tamboul, Tambour, les Tambourissa (Ambora).
203. B. detan, B. tan, le Byrsonyma spicata DC.
204. B. de Teck, le Tectona grandis L.
205. B. de Tilly, B. de Tigli, le CrotonTiglium (n. 158).
206. B. trompette, le Cecropia peltata (n. 47).
207. B. violet, ou King-wood, un Dalbergia (?).
208. B. de Zebre, le Gateado d Amerique (n. 108). H. BAILLOH.
II. Matiere nu-iiicale. On donne vulgairement le nom de bois a la substance
compacte, dure et solide qui compose la racine, la tige et les brandies des arbres
et des arbrisseaux ; mais les botanistes reservent plus particulierement ce nom
a la partie du tronc des vegetaux dicotyledones qni est ligneuse et placee sous 1 an-
bier. Au centre du bois so trouve la moelle.
Les bois des vegetaux qui sont recueillis pour servir a la tberapeutique
doivent. etre coupes avant le developpement des bourgeons ou apres la chute
des feuilles; ils doivent etre cboisis sains et entiers, et etre separes de 1 ecorce,
du liber et de Taubier. Les principaux bois employes en medecine sont les sui-
vants :
Bois d aloes. Les bois quo Ton connait sous le nom de bois d aloes n ont
aucun rapport avec le sue d aloes ni avec la plante liliacee qui le produit. Ils sont
originaires des contrees les plus lointaines de 1 Asie, comme de la Cochincbine,
BOIS (NATIERE MEDICALE). 57
de la presqu ile de Malacca, et il regne encore sur leur origine une obscuriti
d autant plus grande que plusieui s arbres de ces pays produisent des bois odorants
et resineux qui sont egalement vendus comme bois d aloes. Les principaux sont
surtoul le bois d aloes et le bois de Garo ou bois d Aigle. Le bois d aloes proprenient
dit, est fourni, d apres Loureiro, par un Ayalloche. (Voyez ce mot et AQIIILAKIA.)
II est nomme par les Chinois Kilam ou Ho-Kilam, et par les Malais Calainbac,
Agalloche. II est pesant, resineux, d nn brun obscur el cendre, strie par de
longues veines noires, on, quand il a etc pris an tour des nceuds, vergette tie veinules
semblables. Lorsqu il est recent, il offre des parties tellement molles et grasses,
que 1 ongle peut y penetrer, mais il dnrcit et devient plus dense avec le temps.
On rencontre aussi une sorte d Agalloche d un brun pins cendre, a fibres plus
grosses, tonjours strie longitudinalement par des veines noirutres, et marque d en-
foncements ou de trous dans lesquels on Irouve souvent nn restant de lerre. Ce
bois, qui est plusleger que le precedent, a probablement etc enfouidans lesmarais
afin de detruire les parties les plus ligneuses, et d angmenter la proportion de
resine odorante. Ces deux boisont une odeur agreable, analogue a celle desecorces
seches de citron; ils se ramollissent sous la dent en developpant une legere amer-
tume accompagnee d acrete, et la bouche s en Irouve parfumee; ils se ramollis
sent egalement par le frottement sur une pierre polie, et leur rapnre y prend la
forme de vermisseaux.
La seconde espece de bois d aloes est le bois de Garo ou d Aigle. Rumphius en
distingue deux soites principales, une de Coinam, et 1 antre de Malacca, dont il
decrit 1 arbre sous le nom& Agallochum secundarmm malaccense qui n cst autro
chose que YAquilaria secundaria de de Candolle, i jmille des Aquilarinees; il
differe pen de YAquilaria ayallocha de Roxburgli et de YAquilaria malaccensis
de Lamarck, qui fournissent probablement les antics varietes de bois de Garo
mentionnees par Rumphius. Ge bois est jaunatre, marbre de veines courtes et
brnnes ou d un gris cendre, avec des veinules noires et ressemblant presque an
calambac, mais toujours plusdur et plus pesant. Les grands morceaux offrent ca
et la des laches noires et resineuses; il s enflamme moins I acilement ([ue le 1 ois
d aloes proprement dit, et degage une odeur irritante qui tient quelquefois du
benjoin. Le bois de Garo est nomme par les Chinois Tltim ou Tim-Hio et Sook
ou Soo. Les Portugais 1 appellent Pao de Aguila, qui a ete tradnit par Lignum
Aguila ou bois d Aigle.
Le hois d aloes, que Ton trouve le plus souvent dans le commerce, est d une
couleur grisatre devenant noire avec le temps. Sa saveur est amere, son odeur ;\
peu pres celle de la resine animee. Lorsqu on le coupe traneversalement, la surface
est lisse et resineuse, mais parsemee d une infinite de points blancs qui doivcnt
resulter de la dechirure de parois d autant de tubes donj la direction suit celle du
bois. M. Guibourt croit que ce bois est le Garo de Rumphius, le bois d Aigle des
Portugais et de Sonnorat, qu il doit etre prodnit par YAquilaria secundaria ou
malaccensis.
Le bois d aloes est peu employe anjourd hui. On fait quelquefois avec ce bois, en
le projetant sur un fer chaud, des fumigations qu on regarde comme toniques.
Bois amer. (Voy. QUASSIA.)
Bois de Bre sil ou de Fernambouc. Ce bois est dur, compacte, d un rouge | ale
et jaunatre a 1 interieur, devenant d un brun rouge a 1 air. II est inodore et
presque insipide ; il colore ii peine 1 eau froide, donne un decode rougeutre, pen
fonce, et forme avec 1 alcool une teinture rouge jaunatre beaucoup plus foncee
58 BOIS (MATIERE MEDICARE).
qu avec 1 eau. Ce bois est regarde comme astringent, mais il est surtout employe
pour la teinture en rouge jjourpre.
Bois de Campeche ou bois d Inde. Ce bois, qui croit a Campeche, en Ame-
rique, a Tile Sainte-Croix, a la Jamaique, a la Martinique et a Saint-Domingue,
est naturellement d un rouge brunatre tres-pale a 1 interieur, mais devient d un
rouge vif lorsqu il est conserve poli a 1 air, ou passe au noir quand il est expose
brut a riiumidile. Aussi, dansle commerce, les buches ont-elles toujours a 1 exte-
; rieur une couleur noire qui les distingue a simple vue du bois du Bresil. Le bois de
Campeche est a texture fine et compacte. II exhale une odeur d iris tres-marquee,
presente une saveur sucree etparfumee. M. Chevreula obtenu le principe colorant
tie ce bois a 1 etat de purete, et 1 a nomme He matine.
La decoction ducampeche (bois concasse, 32 grammes, danseau 500 grammes,
que Ton reduit d un tiers) est employee comme astringente.
Bois de Citron. Dans le commerce, on donne le nom de bois de Citron a plu-
sieurs hois de couleur jaune etd odeur analogue a celle du citron, mais qui n out
aucun rapport avec le bois de citronnier, lequel est blanc et modore. Celui que
Ton rencontre dans quelques officines vient de Cayenne et il est connu sous le nom
ile bois de Citron de Cayenne. On le nomme, a Cayenne, bois de .Rose femelle,
bois de Cedre blanc. II est tendre et tres-leger, d un blanc un peu verdatre lors
qu il est recent, devenant jaunatre a 1 air. II possede une odeur forte qui est celle
du citron ou de la bergamole. Ce bois arrive en troncs entiers d un volume
considerable. On a vu plus haul qu il regne quelque incertitude sur son ori-
gine.
Bois de Couleuvre. Ce bois est ainsi appele parce qu il passe dans le pays ou il
croit (en Asie) comme un specifique coutrela morsure des serpents.
Le bois de Couleuvre le plus ordinaire du commerce provient d une racine qui
parait avoir dans son entier 25 centimetres de diametre; il ne presente pas d au-
bier et 1 ecorce n a pas plus de 1 millimetre d epaisseur. Elle est tres-compacte,
dure, d un brun fonce avec des laches superficielles d une couche jaune orangee,
qui a du la recouvrir entierement ; elle possede une tres-grande amertume. Lebois
a la couleur et presque 1 apparence du bois de chene ; mais on Ten distingue faci-
lement par des fibres blanches et soyeuses, qui sont, en tres-grandnombre, melees
aux fibres ligneuses ; il est moins amer que 1 ecorce. Cebois a ete preconise comme
anthelminthique. Dansl Inde, on 1 emploie comme antidote de la morsure des ser
pents venimeux, et aussi comme febrifuge; administre a dose trop elevee, il occa-
sionne des vertiges, des secousses tetaniques, et peut meme doimer la mort, ce
qu il faut attribuer a la strychnine et a la brucine qu il contient.
Bois genlil. (Voy. GAROB.)
Bois des Moluques, bois purgatifou bois de Pavane. L arbrisseau qui le pro-
duit croit dans les iles Moluques, et son bois est leger. Ce bois est emetique et pur-
gatif, mais surtout purgatif.
Bois ne phre tique. Ce bois, qui nous vient du Mexique, a ete altribue, comme
il a ete dit, au Guilandina moringa L. et a I Inga unguis Cati W. Mais ces deux
opinions ne sont guere probables, et on peut dire qu on ne connait pas encore le
vegetal qui le produit. II est sous la forme d un tronc de 10 a 11 centimetres de
diametre, ou de rameaux d un moindre volume. II est pesant, inodore, couvert
d une ecorce gris jaunatre, tres-mince, legere, fibreuse et s enlevant par lames,
Dessous cette ecorce se trouve un aubier blanchatre, pen epais, dur et compacte,
et au centre un bois d un gris rougeatre et un peu rose, d une texture fibreuse, et
BOISSEAU. 39
cependant fort dur, et prenant un beau poli. Les fibres du bois sont tres-fines et
regulierement paralleles; mais elles presenlenl une torsion sensible, ainsi que la
tige, ce qui semble faire croire que 1 arbrisseau est un peu \olubile. II presente une
saveur faiblernent astringente ; mis a macerer dans 1 eau; il la colore en jaune
d or, qui devient tres-fonce en peu de temps. Le bois nephretique doit son nom a
1 usage qu on en faisait anciennement au Mexique, et qu on en a f;iit ensuite en
Europe pour gueiir 1 irritation des reins et de la vessie. II a toujours ete tres-rare,
ct on lui a souvent substitue, dans le commerce, plusieurs bois de forme et de cou-
Icura peu pres semblables, entreautres, divers bois de grenadille, du bois de boco,
vulgairement bois de coco et bois de fer.
Bois de Rhodes ou de rose des Canaries. Ce bois ne vient pas, comme I hi-
dique son nom, de 1 ile de Rhodes, ni de 1 ile Chypre qu on avail dit egalement le
produire, mais bien des Canaries. Ce bois est designe le plus souvent sous le nom
de bois de Rhodes des parfumeurs, et il ne faut pas le conibndre avec le bois de
rose des e benistes, qui est apporte en partie d Amerique, et qui ne doit pas nous
occuper.
Le bois de Pdiodes est produit par un liseron arborescent et non volubile appele Con
volvulus scoparius L. Le boisdu commerce se compose de racines ou de souches
ligneuses de Sail centimetres de diamelre, toutes contournees, tantot couvertes
d une ecorce griseunpeu fongueuse et tres-crevassee, tantot denudees; quelquefois
le bois est a 1 interieur d une seule teinte jaune uniforme; mais le plus ordinaire-
ment il est blancliatre a la circonference, jaune orange et comme impregne d lriile
au centre. Ce bois doit, en effet, son odeur de rose tres-prononcee a une buile peu
volatile, onctueuse, jaunatre, d une odeur de rose, d une saveuramere, etun peu
plus legere que 1 eau. Les tiges qui accompaguent presque toujours la soucbe ou la
racine sont cylindriques, grosses comme le pouce, couvertes d une ecorce gnse ;
elles sont formees d un bois blancliatre lorsqu elles sont jeunes, devenant pen a
peu jaune et buileux au centre, a mesure qu elles deviennent plus iigees ; elles sont
d autant plus aromatiques qu elles sont plus grosses et qu elles se rapprochent da-
vantage dela soucbe. II est employe dans les poudres sternutatoires et les parl ums.
Bois Saint. (Voy. GAIAC.)
Bois Sudorifiqties ou especes sudorifiques . On donne ce nom a un melange
a parties egales en poids de salsepareille, de squine, de sassafras et de gaiac.
(Voy. SALSEPAREILLE.) T. GOBLEY.
Bois de Surinam. Voy. QOASSIA.
(JACQUES DU). Voy. IICBOIS.
BOIS (PIERRE DU). Voy. DUBOIS.
BOISSEAU (FRANCOIS-GABRIEL), un des ecrivains les plus distingues de la me-
decine militaire contemporaine, naquit a Brest, le 12 octobre 1791, et servit en
qualite de sous-aide dans 1 armee d Espagne de 1810 a 1812, puis en Allemagne ,
il reprit ensuite, au Val-de-Grace, ses etudes si longtemps interrompues. Recu
docteur en 1817, il se distingua bientot, par 1 elegance de son style et la force de
ses raisonnements, dans les luttes ardentes qu il soutinten faveur des doctrines de
Broussais, dont il n adoptait cependant pas aveuglement toutes les ide.es. II iut
pendant plus dedouze ans (1817-1829) le principal redacteur du Journal uni-
versel des sciences me dicales, et il cut une grande part a 1 excellente biographie
40 BOISSONS.
medicale en sept volumes auquel il fournit plusieurs articles tres-remarques. 14
fut avec Begin et Jourdan un des auteurs du Dictionnaire abre ge des sciences
me dicaks. Mais ces travaux de tous les instants n absorbaient pas tellemeut sa
laborieuse activite qu il ne troiwat encore le temps de faire des traductions eS.
de composer des ouvrages de tongue lialeine, a la tete desquels nous citerons sa
Pyretoloyie physiologique dans laquelle se trouve exposee et discutee la nouvelle
doctrine de Broussais snr les fievres. Get ouvrage repondait a un besoin attests
par le rapide ecoulement de quatre editions en moins de dix ans. L application
de la doctrine pbysiologique a une partie speciale de la palbologie fut completee
plus lard par son traite de Nosographie organique, oul ensemble de la medecine est
remanic au meme point de vue comme le litre 1 indique claireraent. Tant de tra
vaux, qui sufflsaienta peineale faire vivre, attirerent enfin 1 attentionde 1 autorite,
et il fut appele comme professeur a 1 Ecole militaire de Metz. Mais sa constitution
etait deslors epuisee, et bientot eclaterent les premiers symptomes d une affection
ceiebrale qui 1 emporta le 2 Janvier 1856al age de quarante-trois ans, laissant
une veuve ettrois enfants dans la plus profonde detresse. C est a une souscription
enlreprise sous les auspices de son ami Begin, que ses enfants durentune education
qui leur aura permis de marcher sur les traces de leur pere.
Voici la liste de ses principales publications :
I. Notice sur les ecritsdej. Feyjoo Montenegro, moine espagnol du dix-huitieme siecle*
In Journ. univ. des sc. med., t. VI, 1817. II. Reflexions sur la nouvelle doctrine medi
cale. Ibid., t. VII, VIII, X ct XI, 1817. III. Considerations generates sur les classifica
tions en medecine. Th. de Paris, 1817, 11 53. IV. Inductions physiologiques et patholo-
giqucs sur differentes especes d excitabilite et d excitement, etc., par L. Rolando (trad.de
I italien avec Jourdan) . Paris, 1822, in-8. tabl. V. Pyretologie physiologique , ou traite
des fievres considcrees, etc. Paris, 1825, in-8", et 4 edit. Paris, 1831, in-8. VI. Sur la
nature ct le trailemcvt de la goutte. Paris, 1823, in-8. VII. Nosographie organique ou
traite complet de medecine pratique. Paris, 1828-30, 4 vol. in-8. VIII. Traite mcdico-
c/iirargical de I inflammation, de Thomson (trad, de 1 anglais avec Jourdan). Paris, 1827,
in-8 . -- IX. Notice sur le professeur Chaussier. Paris, 1828, in-4. X. Traite. du
clwlcra-morbus, consider^, etc. Paris, 1831, in-8. XI. La plupart des articles de mede
cine du Dictionnaire abrege des sciences medicates, mais sui tout les articles Fievre (tire a
part. Paris, 1822, in-8), Inflammation (ibid., 1824, in-8), etc. XII. Edition des OEuvres de
medecine pratique de Poujol, avec notice et additions. Paris, 1825, 4vol. in-8". XIII.
Edition de I Anatomiepathologiqiie, dernier cours de X. Bichat. Paris, 1825, in-8. XIV.
Edit, de la Sante des gens de letlres de Tissot. Paris, 1825, in-18. XV. Un tres-grand
noinbre de notices dans la Biographic medicale (Bichat, Bordeu , Bouvart , Broussais,,
Chirac, Cullen, Fernel, Fr. Hoffmann, Jlorgagni , Pinel , Sauvages, Sydenham).
E. BGD.
(BAKTHELEMI-CAMILLE DE). Ce mcdecin, mort a trenle-six ans, victime
de son devouement a la cause publique et de son ardeur au travail, alaissepeu
d ecrits ; on ne lui connait que deux dissertations, 1 unesMr lesantiseptiques (1769,
n-8), 1 ^autre sur les me thodcs ra/ mic/iJssa?iteei/zw/eetate(1772,in-8 > ).Maisila
euun merite qui en vaut bien un autre : celui d avoir fait plus que son devoir dans
une epidemic qui ravagea Maconen 1762, et dans le cas d une autre affection uon
moins meurtriere qui de<ola le village de Chazellc (Saone-et-Loire) en 1769. Une
pleuresie enleva en 1770 cet honorable medecih, qui etait neaLyonle6aout 1754,
avaitetedocteurdeT\Iontpellier(1755), agregean college de medecine deLyon (17 56)
el qui eiit 1 honneur d etre appele mon ami par 1 illustre Sauvages. A. G.
HvGiESEFRivEKET I UKi.iQUE. La transpiration, les secretions diverses
eiilruiiieut, a chaque instant, hors de I economie, une masse considerable de liquides
BOISSONS. 41
qui doivent etre remplaces. Le besoin de cette reparation est traduit par une sensa
tion particuliere, la soif, qui est calmee par les boissons ; de meme que le. besoin de
reparation des materiaux solides, exprime par lafaim, est satisfait par 1 ingestion des
aliments proprement dits. A ce point de vue, purement physiologique, 1 eau serait
laseuleboissonreellementnecessaire ; de JA, les declamations de tan tde medecinset
de philosopbes qui s en vont repetant sur tons les tons, que 1 eau est laseuleboisson
naturelle a 1 liomme. Si naturelle, en effet, qu a peine an sortir de la barbarie la
plus profonde, et pour ainsi dire de 1 etat d animalite, son premier soin est de
chercher d autres liquides pour apaiser sa soif : sues de fruits et de plantes, ma
cerations diverses, fermentation de lait, de graines, de racines, il lui iaut a tout
prix des breuvagesdoritla sapidite satisfasse a un autre besoin qui, bien quemoins
urgent que celui de la soif, n en est pas moins, lui aussi, Ires-naturel, celui de la
stimulation. L eau pure n est done guere plus naturelle que ne le sont les viandes,
les fruits et les legumes cms.
L histoire particuliere des boissons etde leurs effets devant elre donnee a 1 oc-
casion de chacune d elles, nousn avons a presenter ici quequelques generalites sur
leur composition, qui sert de base aux divisions adoptees par les hygieuistes, et sur
la quantite etla temperature auxquelles elles sont prises.
COMPOSITION. On range generalement les boissons dans les quatre classes-
suivantes :
1 Boissons aqueuses, c est 1 eau pure, il en sera longuement traite a ce mot,
(Voy. EAU.)
2 Boissons fermente es. A. Ellessontsimplement fermentees, telles que le vin,
le cidre, cornie ou poire, labiere. (Voy. cesmots.) Acelte classe appartiennent cer-
taines boissons speciales des peuples sauvages, le kava, le koumiss, I hydromel, etc.
B. Fermentees etdistillees,l alcool, 1 eau-de-vie, lerhurn, le kirscb, le rack, legc-
nievre, etc. (Voy. cesmots.) Les alcoolsmeles a des solutions sucreesdiversement
aromatisees constituent les liqueurs de table, anisette, cassis, curacao, elixir dc
Garus, etc., etc.
3 Boissons acides. Ce sont des sues expnmes de fruits acidules, tels que la ce
rise, le citron (limonade), lagroseille, 1 orange, etc., purs ou etendus d eau et su-
cres. A ces breuvages on peuten ajouter un aulre dont 1 usnge s est generalise de-
puis plusieurs annees, je veux parler de 1 eau artiticielle de Seltz, qui n est autre
cliose qu uue solution aqueuse d acide carbonique.
4 Boissons aromaliques. Ce sont, par-dessus toutes celles que Ton pourrait pre-
parer avec des plantes aromatiques diverses, et qui constituent plutot des tisanes
que des boissons usuelles, le the, lecafe et le chocolat.
QoA?iTiTE. Lesefl ets de ces boissjns different suivant la quantite qui en est ab-
sorbee.
Prises a doses moderes les boissons aqueuses exercent une action differente
suivantleur temperature, commenous aliens le direbientot. En quantite insuffisante,
les aliments ne sont pas convenablement delayes, d oii uneexageration de secretion
des sues gastriqueset une excitation de 1 organe qui se maniieste, sur le pliarynx
desseche, par une soif nrdente ; cet etat determine une excitation generale tres-pe-
nible. En quantite trop grande, c est un effet inverse ; le sue gastrique trop delayc
perd son action, les digeslions languissent, la diarrhee accuse 1 etat de faiblesse des
puissances digestives. Suivant les recbei clies recentes de M. Dancel qui, alaverite,
portent plus particulierement sur les animaux, I abonda.ice excessive des Lois-
sous aqueuses auruit surtout pour resultat de provoquer 1 engraissement, et, dans
42 BOISSONS.
1 etatde lactation, de favoriserla secretion du lait. On connait leseffetsdes liqueurs
fermentees sur 1 economie, qu elles soient prises en trop grande abondance, d une
maniere passagere (voy. IVRESSE),OU habituellement(iw/. AI.COOLISME) . D uu autre
coteM. Perrin, notre savant collaborateur, a fait voir que, prises a doses mode-
rees, les boissonsalcooliques exercentune action tres-puissante, quoique indirecte,
sur la nutrition, non en augmentant la recette, mais en dimiimant la depense.
Cela explique comment leur usage permet de manger moins et surtout moins sou-
vent. Agreables pendant les chaleurs de 1 ete, les boissons acides prises fraiches
finissent, si Ton en abuse, par fatiguer 1 estomac ettroubler les digestions. Leseaux
gazeuses de Seltz ne sont pas non plus sans inconvenients quand elles sont trop
chargees de gaz, ouque, mal preparees, elles contieunent un peu del acide sulfu-
rique qui a servi a isoler le gaz carbonique de la chaux avec laqizelle il etait com
bine. On connait I heureuse stimulation que produisent les boissons aromatiques,
the et cafe, et les avantages qu elles procurent pour faciliter la digestion, activer la
circulation, favoriser la calorification surtout dans les temps et les pays froids.
Mais leur abus, cbez les personnes tres-irritables surtout, occasionne des pheno-
menes nerveux plusou moins penibles. (Voy. CAFE, THE, etc.)
TEMPERATURE. Prises fraiches, les boissons usuelles excitent doucpmentl estomac.
M. Guerard a rassemble, dans un tres-remarquable memoire, une serie d observa
tions pour dcmontrcr les dangers des boissons froides. Les accidents observes
portaient quelquefois sur le systeme nerveux, gastralgies, anxiete extreme, op
pression; ailleurs sur les voies digestives, vomissements, entente, dysenteric, acci
dents choleriformes ; dans d autres cas, ce sont les voies respiraloires qui sont af-
fectees, hemoptysie, pleuresie, pneumonie, etc. La mort peut etre la consequence
de ces accidents ; enfm, dans certaines circonstances qui ne sont pas excessivement
rares, on a vu la mort suivre de tres-pres 1 ingestion rapide d une certaine quantite
de Loisson froide. La temperature a laquelle se trouvaient les liquides divers (eau,
biere, vin, etc.) qui out donne lieu a ces desordres etait aux environs de -+- 12.
Au-dessous, il est rare qu ils se produisent, par cette raison qu il est impossible de
lesavaler a longs traits. Les glaces prises pendant des cbaleurs tres -grandes ont
quelquefois occasionne des phenomenes choleriformes. (Voy. GLACES).
En resume, dit M. Guerard, les accidents les plus varies et les plus serieux
peuvent- reeulter de 1 ingestion des boissons froides, quelle quen soil la nature,
lorsque le corps est echauffe, particulierement pendant la saisonchaude.
La gravite de? accidents est liee aux quatre conditions suivantes : 1 echauf-
fement prealabledu corps ; 2 vacuite actuelle de 1 estomac; 3 grande quanlite de
la boisson ingeree dans un temps donne; 4 basse temperature de cette boisson.
Les boissons tiedes agissent comme debilitantes, elles amenent un veritable
delabrement des facultes digestives, elles determinent des nausees, quelquefois des
vomissements, de la diarrhee un etat dyspeptique.
Les boissons chaudes sont stimulantes surlout lorsqu elles sont animees par un
principe aromatiquetel que le the ou le cafe ou par une liqueur alcoolique (punch) ;
elles activent la circulation, provoquent la transpiration et favorisent la prompte
digestion des aliments dans 1 estomac. M. Guerard les regarde comme tres-bonnes
pour calmer la soif quand le corps est fortement echauffe, et necessairement moins
dangereuses que les boissons tres-froides. Cependant leur usage prolongs tinit,
dit-on, par produire un affaiblissement de 1 appareil digestif, analogue a celui que
provoquent les boisson^ tiedes.
Enfm, nous avons a noter pour memoire les accidents tres-graves observes en An-
BOIVIN. 43
gleterre par le docteur Jameson chez de tres-jeunes enfants qui avaient essaye de
Loire du the bouillant par le tube de la theiere ; il en resultait un cedeme fort
grave de la glotte qui a plusieurs fois necessite la trachcotomie. [Voy. LARYNX
(maladies du).]
BIBLIOGBAPHIE. Des boissons en general. Auteur inconnu. De I usage des liquides. In
CEuvres d Hippocrate. GALIEN, RUFUS, PHILAGRIUS, etc. In ORIBASE, Collect, med., lib. V.
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buch, etc. Dresden, 1803, in-8. STAAB (0.). Potographie , oder die Beschreibuny der
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rend, de I Acad. des sc., t. LVIII, p. 1149 ; 186i. Do JIEME. De I influence de I eau dans
la production du lait. Ibid., t. LXI, p. 243; 1865. Voir les differentes sortes de boissons
auxquelles on a reiwoye dans le courant de 1 article.
Temperature des boissons. Un nombre tres-considerable d opuscules et de dissertations
parmi lesquelles : BACCIUS (Andr.). Del Tevere , 1. Ill, ne quali si traita... del bevcrin
fresco con nevi, etc. Roma, 1567. MASSINI (Nic.). De gelidi potus abusu, lib. III. Cesena,
1578, in-4". GERAUATI. De potu frigido tractatus. Neapoli, 1618, in-4. PORRAS (M. de) .
Breves animadversiones de nivis in potu usu. Limse, 1621, in-8. CARDOSO (Fern.)- Ulili-
dades del agua, i de a nieve, del bever frio i caliente. Madrid, 1637, in-8. PERRAULT
(Cl). An diebus cestate ferventissimis vinum glade diluere innoxium (resp. affirm.). Th. de
Paris, 1639. in-fol., in piano. BARRA (P.). L usage de la glace, de la neige et du froid.
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De potu calido ejusque utilitate. In Miscell. Acad. N. C., Dec. II, ann. 1686, p. 223.-
MEHIOM. Diss. de aquce calidce potu. Helmstadii, 1689, in-4. -- GERBER (M.). De frigido
potujejunis funesto. In Misc. Acad. N. C., Dec. Ill, ann. 1694, p. 253. -- LANZONI (J.).
Be morte a frigido potu. Ibid., Dec. Ill, ann. 7, 8, 1699, 1700, p. 118. MEYER. De noxa
potus frigidi. Hate, 1721, in-4". GEBAUKR (G. Chr.). De caldce et caldi apud veteres
potu, lib. I. Lipsiffi, 1721, pet. in-8, pi. SCHLICHTING (J. D.). De noxa potulentorum cali-
dorum. In Acta Acad. N. C., t. VII, p. 100; 1744. HEIN (J. A.). De noxis ex abusu
calidce. Lipsiae, 1747, in-4. LEROY prop, et BERCHER prses. An nostris in regionibus a potu
glaciali abstinendum? (resp. affirm.). Th. de Paris, 1751, in-i RUSH (Benj.). Account of
the Disorders occasioned by Drinking Cold Water, in Warm Weather, etc. In Med. Obs.
and Inquiries, t. I, 1789. GUERARD (A.). Mem. sur les accidents qui peuvent succcdcr a
Vingestion des boissons froides lorsque le corps est echauffe. In Ann. d /tyg., l re ser.,
t. XXVII, p. 43; 1842. JAMES (W.). Observ. on OEdema of the Glottis occasioned by the
Attempt to Swallow Boiling Water. In the Dublin Quart. Journ., t. V, p. 59 ; 1848.
E. BCD.
BorwiN (MARIE-ANNE-VICTOIRE, veuve), non moins illustre par sesrares talents
et 1 elevation de son esprit, que par les grandes qualites de son cceur. Elle etait nee
a Monlreuil pres de Versailles, le 9 avril 1775, et fut placee chez les religieuses
de la Visitation de Marie-Leczinska,quidevelopperent les heureuses facultesqu elle
avait recues de la nature pour les sciences et les arts. Rei ugiee pendant la Revolu
tion aupres d une parente superieure des hospitalieres d Etampes, elle profita de
quelques lecons d anatomic et d accouchements qui lui furent donnees par le chi-
rurgien de 1 Hotel-Dieu de cette ville. Revenue aupres de ses parents en 1797,
elle epousa Louis Roivin, sous-chef aux Rureaux des domaines nationaux, qui la
laissa bientot veuve avecune fille. Voulant utiliser les connaissances qu elle avait
acquises a Etampes, elle entra a la Maternite comme eleve sage-femme, et une
singuliere conformite dans la destinee 1 unit bientot d amitie avec madame La
Chapelle (voy. ce nom) qui lui fit prolonger son sejour dans retablissement. Enfin
madame Boivin avait regu son diplome en 1800, et s etait fixeea Versailles pour y
44 BOLBITE.
exercer son art, quand la mort de sa fille lui fit prendre ce sejour en horreur, et elle
sedecida aretourner a la Maternite (1801), ou elle remplit pendant onze annees
la place de surveillante en chef. Mais la reputation dont elle jonissait, le succes du
Memorial des accouchements , amenerent plus que du refroidissement entre elle
et madame La Chapelle. La consequence tut la suppression de la place de surveil-
lanle en chef, et madame Boivin fut congediee sans qu on lui accordat la retraite
a laquelle les reglements lui donnaient droit. Apres avoir dirige pendant quelques
annees 1 hopital general de Poissy, cet etabhssement ayant ete transforme en
maisonde detention, madame Boivin entra en 1819 a la maison de saute comme
surveillante en chef. Elle pratiquait les accouchements, aux miserables appointe-
* " ments de 350 francs par an, gages d une servante !... Et pourtant madame Boivin
relusa les offres brillantes de I imperatrice de Russie, ne voulant pas quitter la
France, comme elle refusa la place de sage-femme en chef de la Maternite a la
mort de madame La Chapelle a qui elle avail jure qu elle n accepterait jamais sa
place !... Enfin, epuisee par 1 age et le mauvais etat de sa sante, madame Boivin
obtint a grand peine, apres trente-cinqans de service, une pension de 600 francs qui
chaque annee etait remise en question. G est a cette munificence de 1 administra-
tion, et a un supplement de 500 francs chacun que lui firent les ministeres de
I interieur ct de 1 instruction publique, qu elle dut de ne pas mourir de faim etde-
misere. Nous avons tenu a donner ces details pour montrer combieu la science et
les savants sont encourages dans notre patrie. Madame Boivin mourut )e 16 moi
1841 . Elle etait membre de la Societe medicale d emulation, de la Societe de me-
decine pratique, et de 1 Athenee des sciences et des arts, correspondant de la
Societe de medecine de Bordeaux, de 1 Academie de medecine de Berlin, des Socie-
tes de medecine et des sciences naturelles de Bruxelles et de Bruges, docteur de
I Universite de Marbonrg.
Voici la liste des publications de cette femme eminente :
I. Memorial de I art. des accouchements, ou Principes , etc., avec pi. (Chaussier qui
s etait fait conlier cet ouvrage manuscrit, eut la delicate attention de le rendre avec les
figures gravees a ses frais). Paris, 1812, in-8; 2 e edit., 1819; 3 e edit., 1824 ; 4 e edit. augm..
1830, in-8. II. Nouveau traitt sur les hemorrliagies de interns, par td. Rigby et
Stewart Duncan, traduitde 1 anglais, avec notes. Paris, 1818, in-8. III. Mem. sur les heinor-
rhagics internes de I uterus (mem. cour. par la Soc. de med. de Paris). Paris , 1819. in-8_
IV. Mem. sur les affect, tuberc. et cancer euses chex les femmes et sur le foetus. Paris,.
1825, in-8. V. Recherche* obs. et exper. sur le developpement naturel et artificiel des.
maladies tuber culeuscs, suivies, etc., par le docteur sir J. Baron, trad, de 1 anglais. Paris,
1825, in-8, pi. -- VI. Nouvellex recherches sur la mdle vesiculaire ou grossesse hijda-
tique. Paris, 1827, in-8. VII. Recherches sur une des causes les plus frequentes et les
mains comities de I avortement, suivies, etc. Paris, 1828, in- 8. VIII. Observ. et reflex. sia~
un cas d absorption du placenta. Paris, 1829, in-8. IX. Iraite pratique des maladies de
I utcrus et de ses annexes, fonde, etc. (avec Duges). Paris, 1852-33, 2 vol. in-8 , avec atlas
de 41 pi. X. Divers mfimoires dans le Journal complementaitre des sciences medicales, le-
Journal hebdomadaire, etc.
BOL. Sous le nom de BOL, on designeun medicament qui ne differe de la pilule
que par son volume plus considerable. Souvent on lui donne la forme d une olive,
afin que le malade puisse 1 avaler plus faeilemeut. La preparation des bols est assn-
jetlie aux memes regies que oelle des pilules, seulement on les fail plus mous.
(Voy. PILULES et BOLS.) T. GOBLEY.
BOL AX. Voy. AZORELLE.
BOLRITE FR. Petit genre de champignons cree par Frie, de la famille de&
AGAKICINESS et qui sert de trait d union entre le genre COPRIN et le genre CORTI-
BOLET. 45
NAIRE. Les BOLBITE sont en effet la vegetation ties COPRINS : I hymenophore n est
pas continu avec le stipe grele et fisluleux ; eomnie eux encore ils poussent rapide-
ment sur le fumier, ils sont greles, peu ou pas charnus et durent pen do jours,
puis ils se ramollissent et tombent en deliquescence, niais ils ne sont pas diffluents.
Us s en distinguent par leurs spores qui ne sont pas noires ni , selon Frie, qua-
terneessur labaside.(Fo?/. Hymeniura a 1 arlicle CHAMPIGNON.) D ailleurs, par leur
fructification, ils se rapprochent des CORTINAIRES : leurs lames sont terncs, plus ou
moins luteolees et bientot pulverulentes par la chute des spores.
Ce sont des champignons du printemps ou de 1 ete. On n en connait que cinq
a six especes; une des plus communes est B. titubans de Bull., pi. 425, f. I,
que caraclerisent ses lames d un incarnat terne un peu sombre; taille, 8 centi
metres de hauteur, et chapeau 5 centimetres de diametre. On ne connait pas
leur action sur 1 economie. BERTILLON.
nom d un cliampignon qui apparemment ressemblait a une
petite motte de terre ((S&Ao;) .
Caracteres ge ne riques. Ce genre BOLETS, nomme ou mieux dclerniim pur
Linnee, fait partiede la famille des POLYPOREES de Frie (voij. POLYPOREES), et com-
prend aujourd hui ceux des Polyporees dont la couche tubulouse ou hymeniale se
de tache facilement dn cbapeau charnu qui la porte a sa face infericure, c est-a-
dire dont le plancher ou I hymenophore pent etre separe des tubes sans ruiiltire
manifeste, restant le plus souvent lisse apres cette separation.
Non-seulement la masse tubuleuse se separe facilement de I hymenophore,
niais les tubes se separent facilement entre eux.
Les BOLETS sont des Champignons charnus, putrescibles , portes par un stipe,
central, absolument terrestres (d oulcur nom, assure Frie).
Ce genre, ainsi limite, esttres-naturel, impossible a confondre avec aucunautre.
Son etude est tres-importante pour le medecin; car, a pail un petit nombre d es-
peces generalement regardees comme veneneuses (et peut-etre sans preuves suffi-
santes), non-seulement les autres sont comestibles, et, par leur volume et leur abon-
dance dans certaines localites, ils peuvent entrer pour une part importante dans
1 alimentation , mais encore le parfum, la sapidite et la dclicatesse de plusienrs
d entre eux, en font un aliment des plus recherches, et ponvant etre conserve
soil par la dessiccation, soil immerge dans la graisse, clans 1 eau salee, etc. 11
serait done bien important, meme au seul point de vue pratique, de connaitre
au moins toutes les especes qui croissent sur le sol de notre France; or, il est bien
certain que beaucoup ne sont encore ni decrites, ni nommees. Nous decrirons
celles qui ont deja ete suffisamment determinees; malheurensement nous sommes
oblige d en ometlre plusieurs deja signalees, mais avec une diagnose tout a fait
insuffisante. Dans nos hcrborisations, nous en avons trouve aussi unbon nombre
d especes non encore decrites; mais peu d entre elles ayant ete retrouvees plusieurs
fois, nous craindrions de donner des formes accidentelles (si frequentes dans le
monde des champignons) pour des types specifiques.
Traits carftclerisliques a observer pour la determination des especes. Pour
que les personnes qui s essayent a cette etude puissent plus facilement arriver a la
determination des especes, nous resumerons de suite les caracleres les plus im-
portanfs a observer. Ces traits caracteristiques setirent :
i Des tubes et des spores. On recueillera ces spores en posant quelques heures
le Bolet sur une feuillc de papier blanc ; on notera leur nuance et on les conservera
46 BOLET.
dans nn ph de papier. Quant aux tubes, ils seront examines a trois ages : chcz le
jeuiio, I adulte, le vieux; ilssont concolores clans toute leur hauteur, ouleur orifice
revet une couleur speciale (rouge cliez les LURIDI); cet orifice est nu, raremenf
garni de pelites granulations (B. GRANULATUS) ; il est d abord ouverl, ou bien ferme
dans leur jeunesse (les EDULES). On prendra note (environ au niveau du milieu du
rayon du cbapeau) de la hauteur maximum des tubes; a ce meme niveau (a egale
distance dc 1 axe central du Cham) ignon et dc son bord) on prendra 1 epaisseur de
la chair du chapeau, afin de pouvoir comparer cette epaisseur a celle de la couche
des tubes; on observe la grosseur de ces tubes et la forme arrondie ou poly-
gonale alveolee plus ou moins reguliere de leur orifice; quand le tube est volumi-
neux ct polyedrique, il est souvent cloisonne (lubes composes) ou demi-cloisonne
a 1 interieur, ou divise en deux (didyme). On dira, chez I adulte, si la paroi des
tubes est mince ou cpaisse. Enfin la maniere dont la couche des tubes se termine :
A. a la circonference du chapeau qu ils debordent (B. SUBTOMENTOSUS, B.FEUEUS)
ouqui les debordent (B. VERSIPELLES) ou vers laquelle ils se termineut en se raccour-
cissant peu a pen ou tout a coup ; B. auteur du stipe auquel ils s accolent et sont
dits adne s ou adnexes ; ou libres, si presque toul d un coup ils se raccourcis-
sent et s arretent sans le toucher ou en 1 effleurant seulement ; mais souvent ils
sont seulement plus ou moins de prime s tout autour du stipe; adne s, ils peuvent
se continuer sur ce stipe; ils sont alors de currents; ou seulement, par une decur-
vence avortee, ils dessinent sur ce stipe des cotes (stipes coste s) ou des reticu
lations.
a Apres les spores et les tubes, le stipe est le plus important a bien etudier :
dans sa forme qui d abord, chez les tres-jeunes, peut etre grele et exigue, d un
volume egale ou moindre que le cbapeau, ou an contraire d abord ovee , surmontee
d un tout petit chapeau (les CALOPODES, LURIDES, EDULES) ; dans ces dernieres
sections le stipe, d abord ventru, reste le plus souvent gros et trapu, ferme et
charnu; dans d autres, il devient elance et assez mince, charnu, fibreux et plus
ou moins fragile. Nous avons vu que sa surface costee ou reliculee ou squameuse a
squame opprimee ou herissee, ponctuee ou tomenteuse ou lisse, doit etre etudiee
avec soin dans sa facture et dans la distribution des villosites et des nuances qui
peuvent former plusieurs zones marquees. On trouvera quelques stipes vetus
des restes d un velum. (Voy. les n os 1 a 5 ; 41 a 45.)
Enfin, sur I extremite inferieure du stipe ou pied, on remarquera quelquefois
les fibrilles du mycelium, distinctes par une coloration, une consistance speciale.
3 La surface du cbapeau, ou mate, ou tomenteuse, ou visqueuse par un temps
humide, et vernissee avec adherence de fetus par un temps sec, est seche ou molle
et ademateuse; elle sera soigneusement etudiee, ainsiquelescouleurs dont elle se
revet; enfin la coloration primitive de la chair blanche legerement teintee de
jaune luteole (jaune chamois, ocre, etc.), ou decidement jaime (jaune citron);
on remarquera les teintes souvent differentes surtout sous 1 epiderme et sous les
tubes.
4 Changement de couleur de la chair. C est un des phenomenes les plus cu-
rieux qu offrentun grand nombrede Bolets surtout dans la section des Luridi. Si
1 onfroisse ou si Ton rompt un point quelconque de leur tissu, ilssecolorentpromp-
tement en bleu plus ou moins intense, quelquefois en rose, etc. ; on notera avec
soin ces changements de teintes, et Ton observera ce que deviennent ces nuances au
bout de quelques heures, etc. , ou enfin si la teinte primitive persiste. Ce caractere de
coloration cliangeante oufixe, se rapportant a la composition chimique des hu-
BOLUT. 4/
meurs, est excellent. Mais 1 intensite avec laquelle il se manifesto est fort variable
avec 1 age et 1 etat hygromelrique duBolet; trop secou vieux, a peine s il se ma-
nifeste. Les causes de ces changements de couleur sont encore inconnues; Berkelay
rapporte cette coloration a 1 action de 1 air ozone ; mais cliez le B. LURIDUS nous
I avons vu se manifester aussi intense en le coupant dans 1 eau ayant longtemps
bouilli et non encore refroidie; il ne pouvait guere y avoir la d oxygene ozone,
et Letellier dit qu elle se montre aussi bien dans Fhydrogene ou 1 acide carboniquc.
Enfin on ne negligera pas de noter 1 odeur et la saveur, le lieu : plaine ou bois
(et quelle essence de bois), et 1 epoque ou 1 espece a eterecoltec.
Une esquisse ou un caique de la coupe selon I axe, une tranche mince de cette
coupe saupoudree d un cote de gomme arabiquc en poudre appliquce sur un |iapier
blanc et rapidement dessechee dans 1 herbier, ainsi que des lambeaux de la sur
face du chapeau et du stipe, colles par la face profonde ; enfin, la prise rapide
des quelques nuances principales avec les crayons colores de Faber, et la conser
vation des spores dans un pli de papier, faciliteront singulierement les rechercbes
ulterieures.
Nous diviserons les Bolets en quatre sections fort inegales : la premiere, beau-
coup plus nombreuse, a les spores ocrace es et les tubes jaune verddtre ou ferru-
gineux. La seconde, la troisienie etla quatrieinc ont les tubes d abord blancs
ou blanchdtres ; mais cette nuance primitive change ensuite par la coloration des
spores arrivant a maturite ; dans la seconde section, ces tubes et ces spores tour-
nent au ferruyineux sombre ouauyris; dans la troisienie, au rose incarnat;
dans la quatrieme, les spores restent blanches ou tournent comme les tubes au
jaune flave clair.
Pour donner une idee approchee de la taille generale du Champignon, mais
surtout du rapport des parties, nous en indiquerons soit en centimetres (c.) soit en
millimetres (mm.) les principales dimensions prises sur un individu a peu pres
moyen et adulte ; nous nous servirons des abreviations suivantes : (D), le diametre
du chapeau ; (Ep. ch. 00 ; et t. 00.) 1 epaisseur de la chair, puiscelledes tubes;
(1.) la longueur totale du stipe ; (d.) son diametre moyen; il faudrait ajoutera ces
mesures le diametre moyen approche de 1 orifice des tubes (d. t.) ; mais nous nous
sommes apergu trop tard del utilite de cette delicate mesure, omission que nousre-
grettons d autant plus que ni le texte ni les dessins des auteurs ne nous permet-
tent de la reparer.
II est entendu que ces dimensions doivent surtout servir a apprecier les rap
ports de grandeur de chacune des parties, car la taille absolue de chaque espece
varie extremement surtout chcz les Bolets; et il n est pas rare de voir ces diffe
rences s elever au double ou plus encore.
I. Section. Les OCHROSPOREES. Bolets a tubesjVmnafres ou luteoles, oufer-
rugineux, spores ocrace es, mais tantot plus pales, tantot plus obscures, teintees
de verdatre ou de ferrugineux ; dans la section des EDULES (p. 52) 1 orifice du tube
est d abord souvent obstrue par un petit bouchon blanc ; dans la section des
LURIDI (p. 51 j 1 orifice est d abord rouge ou rougeatre. On les divise en 5 tribus
A, B, C, D, E.
A. -viscn-EttEs. Chapeau recouvevt d une pellicule visqueuse, mais a peine
marquee chez les deux ou les trois derniersnumeros ; stipe solicle,ni reticule, ni bul-
beux. Chair changeant a peine par le contact de 1 air. Tubes adne s ou de cur
rents, unicolores ; dans les boisde pins (le dernier excepte). Frie donne les sept
premieres especes, sans corapter le 5 e ou B. LARTCINUS, par consequentde 1 a 8 inclus.
48 BULfil.
comme comestibles, malgre les scrupules de quelques auteurs ; mais bien que co
mestibles et nutritives, ces especes sans parfum sonl de mediocre qualite.
1 Stipe munid une collerette l .
1. B. LDTEUS, Lin. chapeau pulvine, puis uh peu gibbeux, enduit d une matiere glu-
iineuse et d une pellicule brune, finement marquee de fibrilles inne es, brunes, pellicule
separable, mais presque opaque ou a peine translucide (D. 12 c; Ep. ch. 20 et t. 10 mm.).
stipe egal, ferme, souvent trapu, plutot court etbrun, mais au-dessus du collier blanchatre
jaune citron clair, piqued de granulations a tele brune (1. 5 a 1 c.; d. 2 c.) ; tubes adne s,
fins, polygones, luteoles, longs, reposant sur un hymenophore a chair bien distincte, plus
teinte de jaune, tandis que le reste de la chair epaisse est blanchdlre Le velum est epais,
drape, blanc, cedcmateux, et d abord applique sur les tubes. La couleur du chapeau est
plutot chocolat que luteus. C. dans les bois de pins. Comestible.
2. B. ELEGANS, Frie. Couleur jaune d or clair. chapeau plan-convexe et subgibbeux, visqueux
par une pellicule mince, separable, translucide, jaune clair quelquefois teinteederougeatre
ferrugineux (D. 9 c.; Ep. ch. 16 m. et t. 8 mm.). su P e ordinairement un peu allonge, illegal,
attenue en haul, presentant au-dcssus de 1 insertion souvent oblique du collier sec, mince
et fugace, une surface plus claire, striee, sillonnfe ou reliculee par les tubes decurrents
(1. 5 a 7 c.; d. 2 c.). Tubes petils, fins, moins longs que chez le precedent, decurrents. Le
veium jaune, plutot mince, cesse bientot d etre applique et est tendu avant la de hiscence.
chair molle jaune flave vif se ternissant. Sous les coniferes, les melezes, A. R. comestible.
5. B. FLAVUS, Frie decrit sous la denomination facheuse de B. FLAVUS une variete de
B. ELEGANS qui, par les nuances un peu plus brunes (mais flaves) de son chapeau et des
tube, plus grands et anguleux (mais decurrents), tient un peu du B. luteus et du suivant.
4. B. FLAVIDUS, Frie. Se distingue par la nuance d un jaune pale de son chapeau (D. 5 c.),
par ses tube* encore decurrents mais plus larges, anguleux; un stipe plus petit (1. 6 c.
d. 1 c.), mais comme le precedent plutot sillonne ou reticule au-dessus de 1 anneau, membra-
neux et enduit d une viscosite due a des glandules lugaces. Chair blanchatre tournantau gris
teinte de rouge, surlout sous re piderme.
5. B. LAIIICINCS, Berkeley. II se distingue par sa couleur gene rale, blanchatre, sale, tache,
de jaunatre sur le chapeau. Ses tubes adnes, subdecurrents et composes d un blanc sale.
Sous les melezes, en Angleterre.
2 Bolets viscipelles de pourvus de vJlum et d anneau.
6. B. COLLIMTUS, Sch. et Fr. Espece ayant le port, la taille et 1 aspect du B. LUTEUS, mais
depourvue de collier et ayant des tubes longs et composes, souvent didymes. R .
7. B. GBANULATDS, Lin. cbapeau convexe, cliarnu, enduit d un glutineux brun ferrugineux,
fongant la couleur lutescente clair de la pellicule separable (D. 9 a 11; Ep. chap. 16 et tub.
9 mm ). stipe jaune flave dont le haul d abord tres-c.air, blanchatre, est seme de granu
lations, d abord jaune flave, puis brunes (1. 4 a 6 et d. 18 mm.). Tubes adnes, sinues, courts,
plutot simples, fins, irregulierement oblongs ou arrondis, a bouchc pale dans leur jeunesse
oii, par un temps humide, ils laissent spontanement degoutter une humeur opaline qui,
par un temps sec se concrete sur le pourtour des orifices des tubes ou settlement sur le
haul du stipe, en granulations gommeuses d abord jaunatres, puis brunes. La chair, d abord
blanche, se teinte de jaune citron, surtout si on la froisse, et particulierement dans le stipe
fissile ; la couche qui porte les tubes ou hymenophore est bien distincte, surtout par un temps
humide. Odeur et saveur faibles. Aspect de B. ELEGANTES, mais sans velum. C. sous les bois
de pin souvent en troupe. Comestible.
8. B. EoviMus, Lin. chapeau convexe, souvent oblique, puis plan, subvisqueux ou lustre,
orange ocrace cuivre (D. 7 a 9 c.; Ep. ch. 10 et t. 4 a 5 mm.), stipe egal ou un peu tume Ce
en bas, a peu pres concolore ou ocrace clair, teinte de rougeatre vers le pied allonge ou
court (1. 3 a 1 c.; d. 10 a 12 mm.). Tubes subdecurrents, adherents au plancner, courts,
larges, anguleux, mais composes inte rieurement, jaunalres, verdatres, ferrugineux. chair
d abord blanchatre, puis luteolee, se teinte faiblement de roux chez les tres-jeunes et de
bleu verdatre chez les vieux ; en le faisant sejourner quelque temps dans 1 eau, le stipe se
teinte faiblement de pourpre violet. Aspect de B. FLAVIDUS, mais sans velum. Sous les pins,
en troupe. Comestible.
9. B. urns, Kromb, et Frie. cuapeau compacte, convexe, enfin deprime, un peu visqueux
et alors d un jaune alutace incarnat, mais roux ferrugineux elant sec (U. G c.; Ep. ch. 8 et
tub. 5 mm.). su p e ferme, court, lisse et concolore, attenue en bas (1. 4 c.; d. 15 mm.). Tubes
plutot courts, composes, olivaccs, puis jaune d or, orifices anguleux, lace res, inegaux. Chair
1 On trouvera quelques autres especes demi-voilees, chez les FAVOSI, n os 41-45.
BO LET. 49
d un jauue pale et grisatre. Voisin dc B. BOVINUS, comme lui saveur douce, mais plus petit
et plus ferme. R. dans les bois.
10. B. BADIUS, Fr. chateau mou, pulv me, visqueux, ou lustre par un temps sec, lustre,
brun fauve. stipe plein, ferme, a peu pres egal, un peu attenue par en haul et par en bas,
lisse, nuance du chapeau ptilie par un pntin grisatre. Tubes adnes mais sinnes, anguleux,
simples d abord, jaunatre t aible, puis jaune verdatre terne. chair bleuissant pres des tubes.
Frequent dans les bois de pins.
NOTA. Les deux suivants et meme le precedent sont a peine visqueux et settle
ment par la pluie, et etudies par un temps sec pourraient etre cherches dans la
classe qui suit.
11. B. SANGuiNEus, With, chapeau convexe, puis plan, glabre, lisse, subvisqueux rose
(D. 7 a 8 c.; Ep. chair 10 et tubes 5 mm.), sanguin, cramoisi clair ou carmin sale, stipe egal,
lisse, luteole, chine de cramoisi, courbe et renfle au pied radicant, chair blancliatrc, rou-
geatre en bas. Tubes adnes, amplcs, inegaux, simples, labyrinthes, jaune orange vif. Rare
sous bois. Comparez avec B. RUBELLUS, n 54. Chair blanche, luteolee, rougissant sous
1 epiderme.
12. B. PIPERATUS, Bull., pi. 451, f. 2. chapeau d abord souvent hemispherique, puis convexe
plan, glabre, couleur luteole ocrace, subvisqueux par la pluie ; par un temps sec, il estcouvert
d unleger glacis, puisbientotmatet drape, enfin un peu briquete (D.7c.; Ep.ch.10et t. 6mm.),
stipe lisse, bientot egal et d un beau jaune luteole en dedans comme en dehors, et donnant,
par la compression, une humeur de meme couleur, plutot fragile, souvent recourbe au
pied et chausse par un mycelium d un bel orange luteole clair, concolore a la chair, en
haul un peu strie par les tubes decurrents. Tubes lai gcs, anguleux, mais simples, rouge
ferrugineux vif, ou cannelle, snrtout a leur orifice, tres-adherents a 1 hyme nophore, rouge
irun. chair fixe, luteolee, sulfuree, ferme. teintee de rouge pres des tubes, odeur nulle,
saveur poivree. R. sous bois, surtout de pins.
On n a pas encore clairement demontre qu il soil veneneux ou comestible. En tout cas
devrait-il etre cuit .
B. SUBTOMENTOSI. Chapeau sans pellicule visqueuse , mais a cutis d abord
lomenteux, devenant quelquefois enfin glabre ga et la. I,e slipe, qui des le prin-
cipe a sa forme normale, n est ni bulbeux ni reticule, mais quelquefois strie ou
silloiuie. La clinir entamee change legerement de couleur; les lubes sont uuico-
lores et adnes. Frie decritdeux especes de ce groupe munies d un velum; mais
person tie n a signale leur existence en France.
13. B. PARASITICUS, Bull., pi. 451, f . 1. <i- ; , ,,,-.,. d abord hemispherique, enfin plan depriml.
d abord peut-etreun peu visqueux par un temps humide, mais bientot presque drape, sec, et
enfin souvent fendille ou meme tesselle (D. 4 a 6 c.; ep. ch. 8 a 10 t. 2 a 3 mm.), grisatre,
jaunatre, ou couleur de peau tannee, cutis depassant les tubes, stipe rigide, souvent fendu,
recourbe, a la fin evase en chapeau, attenue en bas pour s inserer a la base d un SCLERO-
DERMA vEiinucosA aux depens duquel il vit, orange jaune, plus ou moins rabattu en dehors et
en dedans [1. 4 a 5 c; d. 10 a 20 mm.). Tubes jauncs, d abord clairs, puis sales; ensuite
taclies de rouge lie de vin; courts, a la tin tres-larges, anguleux, irreguliers, alveoles,
arrondis, simples, decui-rents jusqu a la ligrie circulaire. Dans les echantillons de tout age
que j ai irouves, les tubes ne pouvaient etre separes sans rupture de 1 hymenopbore, mais
Bull, a observe le conlraire. chair teintee de jaune orange clair fixe, cellulaire. R. Je 1 ai
trouve dans le bois de Boulogne, en octobre.
14. B. VARIGATUS, Fr. Chapeau coavexe, plan ofetus, orange mat, seme de petites squasmes
on Iioupcs pileuses, marge aigue, d abord un peu floconneuse. D. 8 a 10 c; Ep. 12 et t. 6
mm. stipo ferme, egal, un peu renfle au pied, lisse, luteole, chine riole de rouge, de jaune
(1. 4 a 5 c. ; d. 18 a 30 mm.). Tubes adnes, inegaux, arrondis, etroits (t. h. 5 a 6 mm.l;
d abord brun canelle, ils palissent; la chair jaunatre, surtout celle du stipe, qui bleuit lee-
rement. Odeur agreable. C. C. Bois de pins.
Je trouve en abondance sous les pins (environs de Lyon) un bolet fort voisin de B VARI
GATUS; mais chapeau plutot ocracii terne; tubes adnes, sinues, d un jaune sordide clair; stipe
jaunatre terne, sans rayures rougeatres, mais chair interieure d un blanc jaunatre fixe, teinte
d un rouge brun intense vers 1 extremite myceliale. Odeur desagreable.
15. B. Livimis, Bull., pi. 490, f. 11. chapeau convexe plan et meme deprime; cutis
humide et drape, puis presque soyeux, bistre, olivdtre a jaunatre, livide fnlifjineux, souvent
riole par un che.velu purpurin (D. 7 a 9 c.; Ep. 10 et t, 2 a 3 mm.), stipe allant en s eva-
I>ICT. ENC. X. - . _ - ._ 4
50 BOLET.
sant en haut, lisse, mais souvent de deux couleurs assez tranchees, luteole rougcafre en
liaut, et dans le has. grisatre teinte d olivatre, puis de rougeatre, surtout etant froissu (h.
6 c.; d. 12 mm.)- Tubes ires-courts (a peine le tiers de 1 epaisseur de la chair); evidemment
decitrrenls sur le stipe, plutot lorges, irreguliers; les phis grands plisse s ou labyrinthe s
dans leur interieur, a cloisons epaisses, a intersections ea pointe; d al ord d un beau jaune,
verdissent etant froisses, et, avec le temps, deviennent d un vert fauve. chair molle, spon-
gieuse, d abord jaunatre, passe vite au bleu verdatre et ensuite au rougeatre; mycelium
d I un blanchatre olivace. Solitaire, plus rarement gemmine. Odeur plutot agreable. Sur
les tranchees des fosses argileux, humides et ombrages. R.
16. B. GVBOSDS, Pers., ou SISTOTREMA de Fr. Est une espece voisine deLividus. chapeau d un
roux brim, tubes aussi courts et adnes larges et enfin plisses, labyrinthes, mais non decur~
rents, stipe egal, lisse, mince, mais d un roux pale; chair blanche fixe. II. Sous les pins,
entre les Vaccinums (Fr.).
Nota. Les especes suivantes, fort difflciles a distinguer, ont ete souvent confondues les
unes avec les autres, et notamment on a applique a chacune le nom de tornentosus ou de
subtomentosus. On se reservera cette confusion en examinant finement :
1 La structure de la surface du chapeau qui est recouverte de pulve rulences sombres
chez pRuiNATus, tandis qu elle a d abord une apparence lomenteuse manifeste chez les autres;
mais cet aspect s e vanouit souvent en vieillissant ou par la pluie ;
2 Le stipe, qui est lisse el presque glabre chez les uns (VARBIEGATCS, LIVIDUS, GYROSUS et
PRUINATUS) est coste et sillonne chez SUBTOMENTOSUS, plutot fibreux strie chez CHRTSANTHER, tan
dis qu il est tomenteux floconneux chez SPADICEUS et BADICANS;
3 Les tubes qui sont fins, et d un flave pale chez PRUINATDS, plus grands chez CHP.YSANTHER
et SPADICEUS, mais arrondis et plutot jaunes chez celui-ci, anguleux, irreguliers, plutot ver-
datres chez celui-la; enfin plus grands encore chez SUBTOMENTOSDS et UADICANS;
4 La chair est d un blanc fixe dans le chapeau de SPADICEUS, mais rougeatre abattu sous le
cutis de SPADICEDS et de PRDINATUS; presque rouge carmin sous le cutis de CHRYSAKTHER; unicc
lore sous celui de TOMENTOSUS.
17. B. PRUINATUS, Fr. chapeau convexe puis plan, ferme, sec, glabre, rouge bai plus ou
moiris terni par un pruine sombre, rarement fendille ou tresselle ; marge e paisse (D. 7 c; Ep
cli. 10 et t. 8 mm.) stipe ferme, un peu ventru et ponctue vers le pied, lisse, glabre, jaune
varie de rougeatre. et verdissant un peu etant froisse (1. 5 c.; d. variable). Tubes adnes
pelits, d un jaune pale, chair blanchai re enfin se teintant de bleuatre verdatre. Dans les pres,
sous les hetres.
18. B. ciinYSANTiiER, Bui. 490, f. 3. chapeau pulvine, mou ; cutis d abord drape, squamu-
leux, brun jaunatre ou bistre fonce, s eclaircissant en devenant glabre, souvent tresselle,
facette par des fissres purpurines ou rosees (D. 5 a 6 c.; Ep. ch. 15 et t. mm.). spe un peu
evase en haut, el le pied souvent presque egal, rigide, tibreux strie, varie de jaune en haul
et au-dessous riole de carmin (1. 6 c.; d. 1 c.). Tubes plutot adnes, mais quelquefois deprimes,
oules extreinite s libres ecartees du stipe; assez grands, anguleux, inegaux, d un jaune
t.ournant au vert, plutot longs et jusque sous la marge, bleuissant par froissement et deve
nant verts, chair jaune ou laiblement bleuissante, mais purpurine sous le cutis. Dans les
presmoussus et boises, etdans les clairieres des bois.
19. B. STRIAPEDES. Secretan decrit cette espece voisine du precedent : chapeau olivace et
drape, a chair blanche, devenant terrugineuse sous le cutis et jaune sous les tubes verddtres
a orifices jaunes, et dont le stipe, jaune au sommet et au pied, a le corps strie de raies
noiratres sur un fond rougeatre; chair blanche, jaune ;iu pied. Sous les pins.
20. B. SUBTOMEXTOSUS, L. et F. chapeau pulvine aplani, mou, cutis tomenteux, couleur
cuir olivdtre (ou rougeatre ?), s eclaircit quand les villosite s tomenteuses disparaissent; chair
du cliapeau blanche, teinte de jaune, mais unicolore sous les tubes comme sous la cuticule
(D. 7 a 12 c.; Ep. ch. 20 et t. 16 a 20 mm.), stipe robuste, inegal, souvent attenue en
haut, courbe, etc.; irregulierement coste et sillonne, diversement teinte de vergetures
rjitgcdlres sur les aretes; mat, et sous la loupe ponctue rugueux (1. 9 a 11 c.; d. 15 a
-ll mm). Tubes adnes, amples, anguleux, difformes, a orifice jaune et tubes jaune ver
datre, longs ; leur surface convexe deborde souvent le bord du chapeau par suite cle I in-
clinaison en dehors et en has des tubes qui, souvent des le centre, ecartent leurs extremite s
libres du stipe sur lequel les insertions descendent plus ou moins. chair blanche avec teinte
j;mne clair, presque fixe, puis revetant ennn vaguement, meme sous le cutis fendille ou
non, des teintes vineuses (Secretan) . Dans les bois etun peu partout. Odeur i aible. Comestible,
mais de mediocre qualite.
21. B. SPADICEDS, Schreff. II ale port et 1 aspect de B. UADIDS; mais au lieu d une pellicule
visqueuse, le cuiis du ch P eaa tomenteux, il se distingue des precedents par le cutis d un
rouge brun mat; enfin vaguement fendille, un stipe ferme, claviforme, lisse, mais vetu d un
floconneux fur furace, d un jaune enfume (pas de rouge), des tubes adnes, plutot grands,
BOLET. 51
presque arrondis, orifices jaunes ; chair brim rouge clair sous !e cutis, Wane fixe ailleurs,
mais un pen jaunatre dans le stipe. Dans les bois coupes, a la base des troncs.
22. B. RADICANS, P. chapean pulvine, sec, subtomeiiteux, olivatre, puis gris cendre, souveut
fendille ; sa marge mince, d abord enroulee (D. jusqu a 2b et 30 c.?). su p e cornpacte, mais
attenuc et radicant, lisse (ou subre ticule??), jaune, recouvert d un pmin6 floconncux,
rougeatre, qui, par les attouchements, devient gris sordide. be adnes, amples, iuegaiix,
citrins. ci>au- jaune flave, bleuit de suite, mais i aiblement. II se rapproche fort des
Calopodes.
C. cAtopouEs. Us different des Snbmentose s par leur stipe plus fort, d abord
contracts en un bulbe, par de vraies reticulations. Us se separent des Lurides par
leurs tubes tout d abord unicolores a leur orifice jaune et jamais rouge, et des
Edides par la couche des tubes qui n est pas arrondie autour du stipe (excepte
peut-etre chez le nume ro 26, ou elle est plutot deprimee qu arrondie), et par leur
chair un pen bleuissante, sporidies pales.
23. B. APPENDICULATUS, Schseff. chapean compacte, pulvine, puis etendu ; bord aigu, brun
rougeatre, subtomenteux ou vetu d un grenetis labyrinthe (D. 10 a 15 c.; Ep. 45 a 20; et
t. 10 a 15 mm.) . supe obese, ventru, au milieu termine par une extremite en pointe souvent
inclinee et munie de racines, et le haut re treci en un col bientot evase; il est jaune et
finement subreticule en brun (1. 5 a 6 c.; d. 25 a 50 mm.); le lias rougeatre, non reticule.
suite* adnes, plutot courts, a orifice tres-fin et cloisons epaisses, jaunes. chair jaunatre
bleuissante, surtout pres des tubes ou la teinte jaune est aussi plus prononcee ; la chair du
stipe jaune devient verdatre et faiblement rougeatre au pied. Odeur (speciale d amadou)?
.Sous les pins.
line sous-espece de Secretan se distingue par les nuances purpurines de son chapeau et
de la chair.
24. B. CM.OPUS, Fr. chapean non enroule, mais d abord connivent et par suite hemisphe-
rique et deprime au centre, puis puVvine, subtomenteux, non poli, quelquefois fendille.
bistre ou brun olivatre (D. 10 a 14 c.; Ep. ch., 20 a 25, et t. 8 mm ). stipe d abord conique
puis enfin allonge et presque egal, mais restant epaissi vers le pied, d un beau rouge pourpre
depuis les tubes adnes et lormant des reticulations qui se prolongent en longues stries noires
sur le corps rouge, souvent varie, chine de brun olivaire (1. 10 a 14 c ; d. 18 a 25mm.).
Tubes adnes fins, jaunes, un peu anguleux et plutot longs, mous et bleuissant au moindre
froissement. chair du chapeau blanc jaunatre, bleuissant vite surtout pres des tubes, ainsi
que celle du stipe, plutot grisatre, ferme et fibreuse. Sous les pins.
25. B. OLIVACEUS, Schseff. Tres-voisin du precedent et du suivant, s en distingue par son
chapeau lisse, (jlabre mat, olive brun ou livide (D. 6 c.; Ep. ch., 10 a 16, et t. 4 a 5 mm.).
stipe ferme, bulbeux ou clave en has, souvent etrangle pres des tubes ou vers le milieu, le
pied pointu et incline; surface jaune sous les tubes et au-dessous vivement carmince, et
olivatre au pied ; elle est r6ticul, Ji e ou pointillee (de la deux especes pour Secretan) (1. 4 a
5 c.;d.20 a 25 mm.). Tubes jauuatres ou olivatres fins, courts, inegaux, adnes, se terminant
en re seau. ciiar jaunatre, bleuit chez le reticule, ensuite blanchit; blanche, elle devient rose
chez le pointille. Sous les sapins (Secretan), dans les forets melees Fr. R.
26. B. PACUVPUS, Fr. chapeau convexe bossele, puis pulvine, sec, subtomenteux, d abord
jaune brun, puis alutace, ou ocrace p&le, quelquefois legerement fendille, pointille (D. jusqu a
12 a 24 c.; Ep. ch. 25 a 30, et t. 10 a 14 mm.), stipe, d abord court, obese, ferme. reticule,
teinte de jaune, au moins sous les tubes, et au-dessous plus ou moins rouge, le plus souvent
carmine tres-vif ; et jaunatre, brunissant vers le pied, il s allonge, souvent se courbe, et
s amincit vers le pied radicant (I. 15 a 16 c.; d. 55 mm.). Tube, fins, plutot longs, se
raccourcissant autour du stipe presque libre, Jaime flave, a orifice d abord obstrue, mais
toujours concolore (jamais teintes de rouge, a moins qu ils ne soient envahis par une muce-
dinee rouge, arrondis, a la fin verdissant, et d abord bleuissant s ils sont froisse s. ctia> r ,
celle du chapeau blanchatre, passant vite au bleuatre, enfin au rose ; celle du stipe, d abord
jaune flave (soufre) et bleuissant devient blanchatre chez les vieux, grisatre, variee de
teintes purpurines legeres. Odeur penetrante, et saveur amere? Selon F J ers, qui 1 a appelc
B. AMARUS. Dans les bois meles, sous les pins, les hetres. Regarde comme veneneux.
D. tuRiDi. Les orifices des tubes sont des le principe obstrues et rouges, ou
au moins discolores. La coucbe des tubes est arrondie sur le stipe, et libre d adhe.
rence, et pourtant, le stipe est d abord solide et bulbiforme, ensuite allonge et
presque egal, reticule ou squameux, et enfin lisse; le chapeau, d abord compacte,
52 BOLET.
enfm mou et pulvine. La chair est penetree de sue qui, chez les individus vahdes
et suffisamment humides, bleuit en general promptement et energiquement. Ce
groupe se rencontre plutot dans les forets toulfties. Ces champignons sont signales
comme etant tons veneneux et pouvant amener rapidement la mort. Mais les expe
riences positives manquent absolument. Nous nous proposons d en instituer : on
trouvera nos resultats au mot VENENEUX.
27. B. SATANAS, Lenz. ciiapeau pulvine, subtomenteux, ou glabre visqueux par un temps
humide, d un jaune pcrace, sordide, s eclaircissant jusqu au blanc grisatre, un peu cedema-
teux (D. 10 a 18 c.; Ep. ch. 20 a 50, et t. 7 a 12 mm.), stipe obese, ovo ide, ferine, en haul
reticule et rouge sang ou rose orange (1. 8 a 12 c.; d. 5 a 7 c. ). Tubes libres, fins, jaunatres,
verdatres, a bouclie tout d abord rouge pourpre, ensuite d un jaune orange; les spores d un
iaune brun (??). !.;, biancjaunatre, plus ferme dans le stipe, se teintantde blanc, surtout
pres des tubes, ensuite d un rouge violace (?). Odeur, suivant moi, marquee et desagreable;
saveur douce et fade. I.enz, qui est le parrain de cette espece, a eprouve au peril de sa vie
ses proprietes veneneuses. (Voy. p. 56.) C. dans les bois.
28. B. LUPINUS, L. semble n etre qu une variete du precedent et s en separe par sa grande
taille (jusqu a 53 c. de D.), mais surtout par son ci, ,,,-;,,. teinte de verdatre, et les orifices
des tubes rouge orange. Sous les pins et les sapins. R. Sans doute veneneux ?
29. B. LUBIDCS, Schsef. ci>a P eu pulvine, tomenteux, drape, d un brim jaune olivace ou
fuligineux, souvent rougeatre sur la marge et entin subvisqueux (D. jusqu a 20 et 25 c.;
Ep. 20 a 50, et t. 10 a 15 mm.), stipe solide, d un rouge e clatant, rose ou fonce, reticule
ou marque de points plus fonces, enfin evanouis, quelquefois pres des tubes une zone
orange vif ; vers le pied, souvent epaissi et bulbeux, les teintes brunissent (1. 7 a 14 c.
d. 5 c.). Tubes libres, tins, arrondis, jaune tournant au vert, avec un orifice d un rouge
d abord intense, devenant orange rouge sale, cimir jaune, revetant successivement des
teintes roses, bleues, jaune verdatre. Odeur assez forte et plutot desagreable; saveur douce,
Champignon regarde tres-generalement comme veneneux, mais sans preuves scientiflquement
etablies. (Voij. p. 55.) C. toute 1 annee dans les bois.
Nota. On peut, avec Secretan, separer cette espece en deux sous-especes : B. LURIDUS RU-
SEOLAIUE, ordinairement plus grand, ayant le plancher des tubes ou hymenophore d : un
rouge tres-vif chez les plus jeunes, devenant plus tard, orange rose, et des teintes plus
rouges que lesuivant; et B. LUHIUUS flavescent, donl 1 hymenophore est jaune flave.
50. B. ERYTUOPUS, P. parait n etre qu une variete des deux LURIDI, ayant uu stipe plus
grele sans reticule, seulement squamuleux ou ponctue et ordinairement de moindre taille.
On la rencontre dans les annees seches.
51. B. PDRPUBEUS, Fr. fort voisin des precedents, s en distingue par la couleur de son
.ciiapeau bien drape ou meme veloute et de rouge pourpre a orange fonce, surtout vers la
marge (D. 10 a 12 c.; Ep. 20 a 25, et 1. 10 a 15 mm.), stipe epais, ferme, reticule ou ponctue
de pourpre brun sur un fond orange^ varie de pourpre. et brun vers le pied (1. 9 a 11 c.,
d. 20 a 50 mm.). Tubes libres, petits, irreguliers; orifice pourpre orange, a intersections
pointues, et tubes d un jaune tournant au vert, chair jaune, surtout sous les tubes, se teinte
vite de bleu verdatre, puis d orange sordide, et au centre de chinures de pourpre, surtout
dans le stipe, a la base. Odeur prononcee. Dans les bois. A. R-
Par analogic avec les precedents, qui ne sont pas demontrees mais soupgonnees ve neneuses,
on estime cette espece veneneuse !
52.B.soRDARius, Sr. et Fr.cbapean pulvine, g labre, sec, cendre fuligineux (D. 10 c. Ep. 12 mm.).
stipe, solide, bulbeux, au milieu jaune paille, convert de reticulations brunes a base luligineuse
en haut, d un rouge cendre (1. 8 c. et d. 50 a 40 mm.). Tubes presque libres, fins, verts, a
orifice d un rouge cendre. eimir jaune paille pale, rarement bleuissante. Sous les pins. R.
Kola. II y aurait lieu de placer a la fin des Luridi les especes a stipe obese et bulbeux,
qui pourraient etre rencontrees ayant les orifices des tubes notablement plus colores que
les lubes.
E. EMJI.ES. La conche des tubes a orifice concolore chez les jeunes, ni rouge
ni plus fonce que les tubes, mais ordinairement obslrue de blanc; celte couche
ast arrondie etdeprimee autour du stipe, et presqne libre. Le slipe a les formes
obeses, solides et bulbeuses des Luridi, mais (les trois premieres especes excep-
tees) il n est ni reticule ni ponctue squameux, ni rouge. Chair apeine changeante.
Saveur agreable. Toutes especes comestibles de preference a toutes les autres.
BOLET. 55
35. B. REGIUS, KromLI. chapeau pulvine, glabre, sec, rose sanguin, a pourpre olivace
(D. 12 c. et plus; chair epaisse, et tub. 8 a 10 mm.J.supe epris, jaune d or, Abase pour
pree reticule e (1. 8 a 10 c.; d. 5 a 7 c.). Tubes reguliers, tins, courts, jaune d or. chair
jaune fixe, tres-sapide. Tres-belle espece souvent agregee. R. R. Comestible.
34. B. EDULIS, Bull., pi. tOet 494. <!,.,,.... pulvine, glabre, jaundtre, brundlre, plus ou
moins fonce, plus ou moins teinte de matron (D. 10 a 20 c. et plus; Ep. ch. 2 a 5 c., et
t. 14 a 25 mm.), stipe epais, d abord bulbeux, quelquefois enfin allonge, egal et radicant,
jaune ocrace, diversement nuance de brun ; a reticules blanchatres, grisatres (1. 8 a 12 c.
et d. 6 a 4 c.). Tubes demi-libres, fins, ronds et longs, d abord blanchatres, ensuile d urs
jaune verdatre. cbair blanche sous la cuticule, quelquefois jaunatre vers le pied, compacte,
puis molle, vineuse, hlanc fixe, ailleurs ou presque fixe, se teintant quelquefois legerement
de rose, quelquefois d un brun leger. C. C. dans les bois meles. Comestible excellent.
55. B. EaEus, Bull., pi. 585. i, ,.,.<-,. pulvine, glabre, soit rougeatre, soit olivatre ; cutis
d un brun fonce et qui tend au noir ^D. 8 a 12 c.; Ep. ch., 12 a 18, et t. 5 a 10 mm.) . stipe,
solide, un peu ponctu6, reticule, grisatre ocrace, prenant des teintes brunes ou rousses vers
le pied (\. 6 a 10 c.; d. 15 a 50 mm ) . Tubes fins, demi-libres, quelquefois subdecurrents,
grisalres, puis jaune clair, surtout les orifices, plutot courts, chair ferme, tres-blanche,,
quelquefois vineuse sous le cutis, et quelquefois jaunissant a 1 air.
Votu. Suivant les teintes vineuses ou jaunatres de la chair, rougeatres ou olivatres du
cutis, etc., la couleur des tubes, il y a, sans doute, a 1 exemple de Secretan, plusieurs especes
voisines a distinguer; la planche 385 de Bull, se rapporte a un type plus petit. A. R. Dans-
les bois du midi de la France, surtout ceux de hetres. Odeur agreable. Comestible.
36. B. VACCINUS, Fr. <!,..,> pulvine, puis etendu, subvilleux, matron, bord epais (D. 12 c.f
Ep. ch. 22 et t. 7 mm.), stipe bulbeux ou clave, en haul lisse etconcolore, brunissant a la
base (1. 8. d. 2 a 4). Tube, libres, petits, arrondis; d abord bourres de blanc, puis Have,,
belle espece, souvent groupee; chair blanche, fixe, rougissant sous le cutis. R. sous les.
hetres. Comestible, mais je ne sais pas si on la trouve en France.
57. B. FRAGRANS, Vitlad . chapeau pulvine, puis aplani, a marge flechie, subtomcnteux ou
drape", brun fonce, quelquefois varie de rougeatre pourpre (D. Sjusqu a 16 c.; Ep. ch. 15 a
30 et t. 7 a 16 mm. 1. Stipe, d abord ove et bulbeux, a pied souvent f usiforme, epais, solide,
lisse, jaune, varie de rouge (1. 10 a 12 c. ; d. 20 a 40 mm.). Tubes semi-libres, petits, arron
dis, d un jaune devenant verdatre. chair tantut fixe, tant6t tournant au verdatre ou au.
bleuatre, enfin au rougeatre. Dans les bois. Comestible.
38. B. OBSOMOM, Paul, et Fr, cbapeau pulvine, regulier, lisse et legerement soyeux, co\i-
leur cannelle claire, marge aigue (D. 7 a 12 c.). stipe solide, plein, tres-lisse, egal, ou
fusiforme a la base, d un jaune pale (1. 6 c.; d. 2 a 3 c.). Tubes demi-libres, petits, arron
dis, jaune brunissant, a orifice concolore; au milieu du rayon ils sont aussi et meme plus
longs que 1 epaisseur de la chair, mais ils devienuent tres-courts a ses extremites. Chair
jaune pale, a peine changeante. Dans les bois. Tres-bon comestible.
59. B. IJIPOLITUS, Fr. cnapeau pulvine floconneux, d un jaune sordide pale; enfin fendille:
plus ou moins profondement ; inarge epaisse (D. 10 a 52 c.; Ep. 26 a 30 mm.), stipe con
colore ou plus pale, ferme, compacte, court, presque egal, lisse, jamais reticule (1. 4 a 5 c.;
d. 25 a 35 mm.). Tubes demi-libres, jaunatres, un peu grands, longs (cependant dans la
figure de Schsel f, t. 108, cite par Fries, ils sont moins hauls que la chair), chair epaii-se
jaunissant sous la peau (jamais rouge); dans le stipe bleuissant. Odeur etsaveur agreables
feous les chenes en ete.
4 ! J. B. ESTIVALIS, Paulet. chapeau pulvine, mou, soyeux, ensuite granuleux, d un jaune
pale ocrace (D. 15 c., Ep. 18 mm.,, stipe gros, ferine, plein, glabre, renfle vers la base,
pied tcrmine en pointe de c6ne, attenue en haul (1. 9 c ; d. maxim. 6 c .). Tubes libres, enfin
allonges, minces, egaux, blanc grisatre; odeur et saveur agreables. Comestible. Dans les
bois en juin et juillet.
Je trouve dans Huss., tome II, pi. XXV, une belle fig. d un B. dit ESTIVALIS de 24 c. de
diam. Leci.apeau en estgris, avec un stipe concolore, varie de rouge vineux et des Tube*
et orifices jaunes. (Ne connaissant pas la couleur des spores, alors on peut se demander si
c est un Edule ou un Versipelles.)
II e Section. DEK5HMUS. Tubes blancs tournant au gris . Spores brunes dans
Je premier groupe A; et ferrugineuses sombres, dans le second B.
A. FAVOSI (favus, gateau de miel). Tubes amples, anguleux, inegaux, adfixes
souvent plus courts autour du stipe, mais ni arrondis ni libres ; les trois pre
miers munis d un velum.
41. B. STROBIUCEUS, Scop, brim marron noiratre. ci, opeail pulvine, couvert desquasmes
54 BOLET.
epaisses floconneuses, imbnquees, qui lui donnent 1 aspect de HYDNUM IMRRICATUM (D. 7 a 8 c.,
Ep.ch.7,ett 9mm.). stipe, Frieledit egaletla fig. de Kromb..attenue de hautenbas, mum
des debris du voile, en haul sillonne (1. 5 a 6 c.; d. moy. 16 mm.). T..b M adnes, grands,
anguleux, blanc. enfume (dans la fig. de Kromb. la surface des orifices et blanchatre ocrace,
et le corps des tubes brun chocolat), formant une couche plus epaisse que la chair. R. dans
les forets montagneuses depins. Odeur?
42. B. FLOCCOPCS, Wabl. cendre, grisalre, enfin noircissant. ei.apeau pulvine, non tomen-
leux, herisse de squames composees, fasciculees, rayonnantes, portant les restes du voile mem-
braneux, soyeux, epais (D. 10 a 11. Ep. 15 et 14 mm. . stipe solide, tomenteux, fuligineux
et epaissi dans le has, vacuole en haul, semi-annule (1. 5 a 9 c.; d. moy. 27 mm.). *
longs, mais courts vers le stipe, egaux, grands, difformes, d un blanc grisatre, colores enfin
par les spores ferrugineuses. ci,air ferine, se teinte d azur leger. Odeur et saveur peu agrea-
bles. R. Dans les forels epaisses.
43. B. VISCIDUS, L. ci-.apeau enfin pulvine, mou, glabre, visqueux, d un jaune sordide,
souvent sur le disque teinte de verdatre, muni d un velum blanc, dechire, semi-appendu,
semi-annule (D. 8 a 10 c.; Ep. 8 a 10 et 8mm.). stipe blanchatre, enfin jaunatre et reticule
de noiratre au-dessus du collier; enfin enduit dans la vieillesse de viscosites epaisses;
au-dessous vergete de rougeatre et de verdatre et vacciole(l. 6 a 10 c.; d. 16 a 20 mm.).
Tuiis adnes, grands, inegaux, blanchatres, puis rougedtres livides violaccs. Spores d un
brun noiratre. Odeur penetrante. R-. en troupe dans les bois et dans les herbages exposes
au nord.
44. B. POP.PHYROSPORUS, Pr. Chapeau convexe, puis aplani, grand, sec et mat, veloute,
gi is livide ou violace, aucun voile (10 a 15 c.; Ep. ch. 14, et t. 8 mm.), stipe egal, lisse,
brun rougeatre, noiratre en haul, poudreux et pointille en noir, souvent varie de raies
noires entrelacees qui dominent en bas, attenue en haul, renfle au pied (1. 12 c . ; d. 14 mm.) .
rube* semi-libres, amples, pentagonuux, d abord grisatres, brunissant par contact et par
les spores d un brun pourpre. ciiair ep;\isse, blanche, bleuit vers les tubes. Odeur pene
trante. R. Sur Je bord des chemins sablonneux des bois de pins, sous les sapins. (Secret.) Je
ne sais si cette espece de Frie, identicme au B. SPEUDO-SCAEEP. de Secretan (sauf les tubes),
existe en France.
45. B. ASPRELLUS, Batt. cnapeau plan coiivexe, presque lisse, subfloconneux par des squa-
mules, blanc sale, mat, sec, sans velum (D. 7 c.;Ep.ch. 12, et 1. 15 mm.), stipe court, aminci
en haul, et renfle en bas sqitamuleux, blanchatre (1. 5c.;d. 15mm.). Tubes semi-libres,
convexes, assez grands, blanchatres, a orifice illegal et allonge. R. sous les hetres.
B. VKKSIPEC.LES. Tubes fins, arrondis, egaux, en une couche convexe ; extre-
mement variable quant a la coiileur et au revetement du chapeau et du stipe.
46. B. VERSIPELLES, Fi*. chapeau sub-conique, puis pulvine, sec, d abord compacts et
tomenteux, ensuite squameux, le voile general represente par un petit bord appendu. libre
de tubes, plus tard inflechi autour d eux. La couleur du chapeau est le plus souvent orange
inoyeti un peu bruni ; de la le nom d aurantiacus donne par plusieurs ; mais cette couleur
serait tres-variable selon Frie et constituerait une fort mauvaise diagnose, car il serait aussi
d un roux hrun, brun fuligineux : ce qui le ferait confondre avec B. SCABER (D. 16 c.; Ep.
ch. 20, et t. 18). stipe ferme, attenue en haul, rugueux, squameux, sillonne par des squames
redressees et a tSte concolore au chapeau, sur un fond blanchatre. (Ces squames ou meches
relevees sont ici manifestement les representants du voile general; 1. 12 a 15 c., et moyen
15 a 20 mm.). Tubes libres, fins, d un blanc sordide, a orifice gris, les spores filiformes
comme le suivant et la ptupart des Bolets. chair blanche, se teinte de rouge vineux violace
puis de brun. Odeur notable. Comestible, mais de mediocre qualite. A. C. Sous les bois.
47. B. SCABER, Bull. pi. 489, f. 2. Fr. chapeau pulvine. glabre, un peu visqueux etant
humide, enfin mou et ride, trace de cortine (velum fibrilleux sur le bord (Fr.), car pour
moi je n ai pas observe cette cortine) ; couleur variable, jaune sordide, fuligineux olivace,
brun marronne, orange ombre et sale (D. 8 a 14 c.; Ep. ch. 8,.et t. 20mm.). stipe d abord
ferme, puis fragile, attenue en haul, blanchatre sordide, herisse de s quames fibrilleuses
a tete brune (1. 8 a 12 c.; d. moy. 20mm.). Tube* formant une couche convexe, longs,
libres, fins, blancs, puis sordides. chair blanchatre se teintant de violace sordide et de
gris. CC. Dans les bois. Comestible, mais fade.
48. B. RUGOSUS, Fr. chateau pulvine, lisse, sec, glabre, marge nue (couleur?) blanchatre?
brun ou marron ; stipe un peu excave, surface sillonnee de cdtes rugueuses, allongees.
Tubes libres, tins, arrondis, Wanes, port de Scaber, mais s T eu distingue par son stipe ecail-
leux, son chapeau bai ou brun, et aucune trace de velum.
ill 6 Section. EO PESRHISJS. Tubes annexes, blanchatres, ensuite d un
blanc incarnat, a cause des spores roses, pas de velum, stipe ferme.
BOLET. 55
49. B. ALUTAIUUS, Fr. Chapeau pulvine, aplani, mou, veloute, ensuite glabre, alutace,
brunissant (D. 11 c.). stipe epais, solide, bulbeux, demi-lisse, rugueux en haul, a peu pres
concolore au chapeau (1. 8 c.; d. 3 c. et au bulbe 5 c.). Tubes courts, blancs, puis ternes, for-
mant une couche plane, arrondie autour du stipe, chair blanche, presque fixe et saveur
aqueuse et douce. R. Dans les prairies des forets.
50. B. FELLEUS, Bull. pi. 579. cuapeau pulvine, mou, glabre, lisse, d un bruti gris ocrace,
ou fauve ou niarron, quelquefois squamule ponctue (D. 6 a 15 c.; Ep. ch. 7 a 15 ; 7 a 18 mm.) .
stipe solide, reticule, attenue en haul, a peu pres concolore ; quelquefois olivace (1. 5 a
7 c.; d. moy. 15 a 25 mm.). Tubes adnes formant une couche convexe, longs, anguleux,
d abord blancs, puis rose incarnat. La chair rompue reste d abord blanche, et prend a la
fin une teinte rosee. Saveur amere. A. R. En ete, sous bois, sous les pins (Fr.) ; passe pour
veneneux sans aucune preuve.
iv e Section. LEUCOSPORES. Tubes libres, d abord blancs, ensuite legere-
ment jaunissant, spores blanches. Stipe jamais reticule, rigide, interieurement
bourre d un tissu medulleux, enfin excave. Us s eloignent beaucoup de tousles
precedents ; mais quoique leurs formes soient assez constantes, ils ont entre eux
tant d affinite que Vaillant et Frie les regardent la plupart comme des sous-types
d un petit nombre d especes, surtout quand on rencontre ces clivers types dans
une meme region.
51. B. CYANESCENS, Bull., pi 569. chapeau comiivent, puis convexe, aplani, tomenteux ou
squamuleux floconneux, mat, d un brun ocrace (D. 10 c.; Ep. ch. 17 et t. 8 mm.). stipe sensi-
blement fusiforme, remarquable par deux zones : 1 une, au-clessus de V oppression circulaire
du jeune chapeau encore connivent, est blanchdtre, lisse; 1 autre, au-dessous, est vetue de
mllosites et concolore au chapeau qu elle continuait avant 1 e panouissement ; inte rieurement
ilest spongieux et medulleux, enfin creux (1. 7 a 8 c.; d. au milieu ou maxim. 3 a 4 c.).
xnbe libres, fins, arrondis, blancs; enfin avec les spores passant dublancauflave. chair im-
mediatement bien blanche, devient en un instant et partout du plus beau bleu fonce, surtout
I hymenophore. Odeur et saveur nullement desagreables. On ignore absolument ses qualites
alibiles, et c est tout a fait gratuitement qu il est suppose veneneux. A. C. En etc, dans les
bois et clairieres.
52. B. CASTANEUS, Bull., pi. 528. ei, ap eou convexe, plan et meme deprime, ferme, marron
lisse, mat, veloute (D. 9 c.; Ep. ch. 10, et t. 5 mm.), stipe bourre, puis creux, chantourne
aupied par le chapeau d abord ferme, a base sub-bulbeuse, souvent attenue en haul ; surface
lisse concolore (1. 5 c.; d. 14 a 10 mm.). Tubes libres, plutot courts, ronds, blancs et ensuite
d un jaune clair sordide. chair Mane fixe. A. C. Sous les bois ; fin, de i e te. Comestible
mediocre.
55. B. FLOVIDUS, Sous-espece de B. CASTANEUS, qui se distingue par son chapeau et son stipe
lisses, glabres, lustres, fauves, et son stine egal.
54, B. RUBELLUS. Fr. cbapeau convexe plan, puis deprime, glabre, mat, rouge (D. environ
3 a 5 c.) . stipe bourre, rouge et lisse en haut, attenue a sa base jaunissante (1. environ
3a4c., d. 10mm.)? Tube, libres, courts, fins, egaux, flaves. chair molle, ftave, fixe;
il ressemble un peu au CASTANEUS, avec lequel on le rencontre quelquefois, mais de moindre
dimension. Comparez avec B. SANGUINEUS, n 11.
Proprie te s alimentaires et toxiques des Bolets. Les plus grands prejuges
regnent sur ce sivjet: puree que la section des Luridi parait composee de plusieurs
Bolets veneneux, et que la chair de h plupart d entre eux, froissee ou rompue, se
colore stibitement ea bleu ou verdatre, tandis que les especes de la section des
Edules, toutes comestibles, ont uoe chair dont les teintes sont moius chan-
geantes , on s est empresse de faire de ce phenomene une caracteristique des
Bolets veneneux ct des Bolets comestibles ; d aucuns meme ont etendu a tous les
Champignons ce caractere saisi chez quelques Bolets, bieaque beaucoup de Cham
pignons qui changent extremement de couleur, tel que le LACTARIUS DELICIOSUS,
soient d excellents aliments.
II n y avraiment aucune raison pour admettre, meme pour les Bolets, une teile
generalisation. Plusieurs de ceux qui changent de couleur (B. FRAGRANS et B. VER-
SIPELLES, etc.) sont certainement comestibles ; etd autre part, il serait bien impru-
56 BOLET.
dent d admettre comme alimentaires, et sans experiences prealables, les especes
dont la chair blanche ne change pas de couleur (B. FELLEUS, B. VISCIDOS,
B. SORDARIUS, etc.).
Le Bolet bleuissant par excellence, B. CYANESCEJNS, n est nullement demontre
veneneux. On 1 a suppose tel, par suite de la generalisation que nous critiquons ;
mais en verite, aucunc experience, aucune observation, n autorise a le regarder
comme veneneux.
Nous croyons done que, jusqu a preuve contraire, il est non-seulement anti-
scientifique, mais dangereux en pratique, de mainteiur, meme restreinte aux
Bolets, la pretendue caracteiistique tiree du changement cles teintes de la chair
rompue, puisque, non-seulement il y a des champignons comestibles qui eprouvent
ces changemenls, mais, ce qui est plus grave, il y a des Bolets que Ton soupconne
d etre toxiques, et qui n offrent pas ces changements. Ce qu il fautau medecin,
c est connailre de visu, et aussi d apres les principaux caracleres botaniques, les
principales especes comestibles et veneneuses. C est pour cela que nous avons
classeet decrit avec soin les especes sulfisammentsignaleeset determinees, soil en
France, soil dans plusieurs pays circumvoisins (ce qui rend probable leur presence
chez nous).
II me resterait maintenant a dire les symptomes de Tempoisonnement par les
Bolets veneneux, si toutefois celte symptomatologie est susceptible d une descrip
tion generale, ce qui supposerait chez les diverses especes toxiques un meme prin-
cipe veneneux.
Or rien de tout cela n est demontre. A peine si Ton peut affirmer qu il y ait des
bolets veneneux ! B. SATANAS, d apres 1 imparfaite experience de Linx sur lui-meme,
est celui dont il est le moins permis de mettre en doute les qualites toxiques. A
tres-pelile dose (environ 5 grammes), il a amene de vives douleurs d estomac, des
etourdissements, puis des coliques suivies de vomissements et de diarrhee avec
grande faiblesse et soif ardente, etc.; d on Ton peut presumer qu il a surtout agi
comrne un purgatif violent. Le second Bolet sur lequel pese le plus le soupcon est
B. LURIDUS Schseff. ; mais si d un cote les auteurs, se copiant les uns les autres,
repetent a 1 envi que c est un champignon tres-dangereux, on ne trouve, en
remontant aux sources de cetteunrverselleclameur, presque aucune experience, et
surtout aucune probante, ou encore des observations ahsolumenl insuffisantes
comme celle de Boques, celle de Viviani dans lesquelles les champignons qui pa-
raissent avoir cause les accidents n ont ete ni specifies ni vus par aucun mycolo-
giste.
D un autre cote, Vittadini affirme avec une grande autorite que B. LURIBUS est
ramasse et mange indistinctement avec d autres Bolets par les paysans de la Lorn-
bardie ; et de son cote Kromblotz rapporte egalement qu on le vend sous des noms
supposes sur les marches de Prague et de Vienne, car il est interdit sous son vrai
nom ! Enfin uu mycologiste aussi modeste que distingue, Letellier, a fait vainement
manger a une chatte 200 grammes de B. SATANAS, B. LURIDUS hache avec de la
viande (et ici 1 experience parait avoir ete faite avec les champignons crus) la chatte
n a eprouve aucune indisposition ! tandis qu elle a ete empoisonnee plus tard par
45 grammes d A. MUSCARIA !
11 nous parait resulter de ces etonnantes contradictions, ou que 1 on a souven
confondu sous le nom de B. LURIDUS plusieurs especes dont les unes seraient co
mestibles et les autres veneneuses (notamment B. SATANAS), ou que ces contradic
tious sont dues a ce que Ton n a pas assez tenu compte des effets de la cuisson,
BOLOGNINI. 57
(et peut-etre ausssi du mode et de la duree de cette cuisson) ; il est fort possible
que B. LUP.IDUS cm soil toxique et que biencml,i\ devietme comestible, ainsi que
nous 1 avons demontre pour certains Amanites. (Foy. CHAMPIGNONS.) Peut-etre enfin
que tous ces Bolets pretendus veneneux ne sont-ils qu indigestes, et que 1 effrayante
perspective d un empoisomiement a assombri assez les symptomes chez le malade
et la perspective pour le medecin, qu une simple indigestion ait paru un redouta-
table empoisonnement. En fait, on ne cite pas un seul cas de mort a !a suile de ces
pretendus empoisonnemenls. Le docteur Letellier, dontonavul experience negative,
accuse de ces proprietes indigestes I enorme quantite de mucilage (15 pour 100),
tellement abondant que ces Bolets dits veneneux absorbent par la trituration cinq
fois leur poids d eau, et se changent en nn magma epais, filant, d ou la presse
ne peut extraire une goutte d eau 1 ; les Bolets, dits comestibles, ne renferment
au contraire que 2 a 4 pour 1 UO de mucilage (1 Edulis, seulement 1,6). Aussi, Letel
lier estime que les premiers formeraient d excellents cataplasmes emollients; mais
par la dessiccation, leur mucilage perd ses proprietes et leur action indigeste
serait sans doute annulee.
Traitement. Les critiques precedentes des opinions que les auteurs se sont
passe de main en main sur les Bolets regardes comme veneneux ne permettcnt
guere de poser des indications rationnelles pour le traitement, et la medecine des
symptomes sera encore le meilleur guide du medecin (voy. AMANITES et LACTAIRES).
Cependant la these de 1 estimable mycologiste Letellier, qui iait des Bolets dits ve
neneux (B. satanas, B. luridus) de simples aliments indigestes, nous parait
tres-plausible, c est d ailleurs la seule qui s appuie sur quelques experiences qui
paraissent bien observees quoiqn elles ne soient ni assez nombreuses ni assez
variees; pour le traitement cette opinion fournit des indications qui ont 1 avan-
tage de rester utiles lors meme que quelques principes toxiques seraient mele >
a ce mucilage. Ainsi le medecin devra se hater de provoquer le vomissement,
mais plutot par des moyens mecaniques, et en tous cas en ingerant lemoins d eau
possible pour ne pas augmenter le gonflement du mucilage, puis faire boire des.
alcooliques qui precipitent ce qui pourrait en resler dans 1 estomac. En resume,
ce qui importe aujourd hui, c est de savoir qu en ce qui concerne les qualites toxi
ques des Bolets, nous ne savons rien, et, sur cette table rase, d elever la science par
des experiences methodiquement conduites. C est ce que nous nous efforcerons de
faire dans la mesurede nos forces, et nous exposerons nos resultatsa veniretceux
des autres aux mots CHAMPIGNONS et VENENEUX. BERTILLON.
BlBLlOGRAPHIE. Voy. CHAMPIGNONS.
(ANGELO), chirurgien qui vivait a la fin du quinzieme et au com
mencement dn seizieme siecle. Sa vie est pen connue. Les uns disent qu il etait
de Bologne, d aulres des environs de Padoueet qu il professa lachirurgiea Bologne.
Voici ce qu il nous dit, lui-meme, a cet egard : Cum in florentissimo Bononiensi
studio a senatu Bononiensium stipendio adductus fuerim, ut chirurgiceprincipis
lectiones non paucce scholasticorum multitudini publice profiterer, etc... (de
Unguentis, prsefat.). On a note dans son traite des ulceies, parmi plusieurs obser
vations judicieuses, cette remarque eminemment pratique, que les ulceresfistuleux
1 Letellier estime ce mucilage voisin de celui de la guimauve et non de 1 arabine, car il
precipite par 1 acetate neutre de plomb, mais aussi par le phosphomolybdate de soude, ce
qui le distingue du mucilag-e frais de guimauve.
58 BOMBACEES.
ne peuvent guerir qu apres avoir ete ouverts en totalite ou en partie, suivant les
cas, avec 1 instrument tranchant ou avec le cautere (de Cwra nlcerum exteriorum,
cap. n). Malgre ces velleites chirurgicales, Bologninin en fut pas moins fidele a la
routine du temps dans 1 emploi exagere des onguents. II parait avoir ecrit quel-
ques ouvrages qui ne sont point arrives jusqu a nous. Voici le litre des deux opu
scules qui nous restent de lui.
I. De cura ulcermn exteriorum lib. units. II. De unguentis qu(B communis habet usus
practicantium kodtermis in solutce continuitatis medelce lib. unus. Bonou., 1514, in-fol.;
Papia, 1516, in-lbl. ; Bonon. , 1525, in-4; Lugd., 1536 (avec quelques syphiliographes),
in-8% etc. Trad, franchise intitulee: Le livre d Ange Bologninus de la curation des ulceres
exterieurs. Paris, 1542, pet. in-S".
(de fBwios, glebe, molte de terre). On appelait terresbolaires,des terres
argileuses, se dissolvant plus ou moins dans la Louche, et auxquelles on attribuait
diverses proprietes medicinales. On les adminislrait a la dose de un gros a une
once ; les blanches, comme adoucissantes ; les rouges, comme toniques, resolu-
tives, astringentes, etc. On les regardait a peu pres toutes comme absorbantes et
antiputrides. Ces terres n etaient pas seulement usitees a 1 interieur; on en for-
mait aussi des sortes de gateaux qu on appliquait sur les engorgements et sur les
plaies; on en melait a diverses preparations pour 1 usage externe.
II a ete traite a 1 article ARGILE de la composition et des proprietes du hot d Ar-
me nie. La terre de Lemnos, qui a ete gratifies de proprietes analogues, parait
etre un melange d argile et de la pulpe qui entoure les graines de YAdansonia
diuitata (Baobab de Prosper Alpin). On employait egalement la terre de Chio,
la terre de Malte (qui, Ibrmee en tablettes avec empreintes, portait le nom de
terre sigillee blanche), la terre de Samos (qui entrait dans les colly res comme
astringent), la terre de Selinuse, la terre sigillee de Strigonie et la terre de
Sinope. La terre de Smyrne, on Natron, etait employee pour rembaumement.
Nous avons dit a 1 article ARGILE que les diverses terres bolaires sont remplaeees,
en France, pour 1 usage medicinal, par une argile des environs de Blois et de Saumur
(Bolus nostras ou Bol de France) .
On a appele Bolus ad quartanam une preparation febrifuge dans laquelle on
faisait entrer du quinquina, de I emetique et du carbonate de potasse, et qui pas-
sail pour souveraine dans la fievre quarte. (Voy. TERRES BOLAIRES.) A. D.
BOJIKACEES. Famille de plantes dicotyleclones, etablie par Kunth, en 1822,
et qui, avecla plupart des caracteres des Malvacees proprement dites, presentent
un calice epais et coriace, sou vent dechire irregulierement hors de 1 anthese, un an-
droceeacolonue commune, dressee, diviseeaune hauteur variable en cinq branches,
ou plus, qui chacune portent deux ou plusieurs antheres. Gelles-ci sont defmiti-
vement uniloculaires, libres et reniformes, ou adnees, globuleuses, oblongues, li-
neaires, oucontournees.anfractueuses. L ovaireest surmonte d un style entier ou
partage en autant de branches stigmatiferescourtes qu il y a de loges a 1 ovaire. Le
Iruit est une capsule loculicide, ou plus rarement indehiscente. Presque toutes les
Bombacees sont arborescentes et habitent les pays chauds. Leurs feuilles sont simples
ou digitees. Ces caracteres n ont passuffi a la plupart des auteurs pour conserver
les Bombacees comme famille distincte. Les uns les out rattachees aux Stercu-
lijcees, et les|autres,- aux Malvacees proprement dites, comme tribu ou comme
sous-famille. Leurs proprietes ne sont pas toutefois celles de la plupart des Mal
vacees. LesFromagers(Bomfeo#), Eriodendron, et Chorisia produisent,ilest vrai,
un duvet analogue au colon. Mais plusieurs genres fournissent des medicaments
BOMBYX. 59
<vacnants. Les Baobabs (Adansonia) sont employes a plusieurs usages medicaux
tres-difierents les uns des autres. Les Durio out des fruits comestibles ; et le s
Ochroma ont une ecorceusiteecommeantisyphilitique,tandis quelatige fournitde
lagomme, comme les Adansonia, et que plusieurs Bombax out une ecorce eme-
tique. (Voy. cesmots.) II- BK.
KUNTH, Dissert. Malvac., 5. DC., Prodr., I, 475. AUG. SAIXT-HILAIRE, Fl. Brazil moid.,
I. 275. ENDL., Gen., 988; Enchirid., i517. LINDL., Veg . Kingd., 360. BENTII. et
HOOK., Gen., I, 198.
BO31BAX. F0. FliOMAGER.
L un des noms que, d apres Merat et Delens (DicL , I,
657), Dioscoride donne a la Mandragore. H. BN,
BOMBYX (/3dp6v5, ver a soie). Les anciens auteurs ont compris sous ce nom
la majeure partie des Lepidopteres nocturnes divises par eux en deux grandes
parties : les Sphinx et les Phalenes on Bombyx. Puis on a donne plus speciale-
ment le nom de Bombycites, ou Bombycides, a une famille des memes insectes, re"
duits a la premiere division des Phalenes de Linne, les Attacus et les Bombyx.
Gerniar, dans sa dissertation inaugurale (Systematis glossatorum prodromub
sistens Bombycum species in nova genera distributas, Lipsiae, 1810) crea
plusieurs genres dans ce groupe hombreux, et aujourd hui la iamille des Bomby
cides, divisee en plusieurs tribus, ne renferme plus dans son genre Bombyx
que les especes franchises suivantes : Bombyx quercus LINN. ; rubi LINN. ; tri-
folii GODA.RT; catax L.; rimicola, s. v. catax ESP.; lanestris L.; castrensis
L. : neustria L. ; Dorycnii MILLIERE; Franconica GOD. ; populi L. ; cratcegi GOD.
(E. Berce, Faune entomologique frangaise, Lepidopteres, 2 e volume, p. 180
et suiv. ; 1868). Les males du genre Bombyx volent en plein jour avec une
extreme rapidite, les femelles sontlourdes et sedentaires.
En laissant au mot Bombyx son ancienne comprehension, on trouve dans cette
division des Lepidopteres un grand nombre d especes provenant de chenilles
fileuses et produisant, pour les coques ou cocons dans lesquelles elles se trans-
ferment, une soie plus ou moins belle et forte. La pSupart de ces chenilles vivent
solitaires, mais d autres se reunissent en societe sous une toils iilee en commun;
la plus curieuse de ces col lections de cocons a la forme d une longue bobine et est
produite par le B. Rhadama, de Madagascar, CH. GOQUEREL. Quelques chenilles
de Bombycides devastent les arbres et sont un fleau pour les cultivateurs.
Les especes les plus remarquables de Bombycides sont : les grands Attacus ou
Saturnia, parmi lesquels on trouve le grand paon denuit de nos climats, qui est le
plus grand Lepidoptere d Europe; les Attacus Atlas de la Chine, les B. mylitta-
ricini, ou cynthia, Yama-mai, qui produisent de la soie utilisee par 1 indus-
trie. LeB. (Lasiocampa) quercifolia, connu sous lenomde B. feuille-morte, a une
chenille qui vit sur les aruresfruitiers, poiriers, pommiers, pechers, pruaiers, etc.
Mais parmi les especes devastatrices il faut compter surtout le B. neustria dont
les chenilles devorent tous les arbres des vergers; ainsi que les B. chrysorrhcea,
auriflua, solids, dispar, cceruleo-cephala, antiqua, etc., etc., qui sont aussi
tres-nuisibles aux forets. Les chenilles des B. processionea et pityocampa ou
chenilles processionnaires du Chene et du Pin, sont munies de polls caduques, cau-
sant les plus vives douleurs quand ils penetrent duns la peau.
Enfin, c est 1 insecte qui a donne le nom a la famille des Bombycides, le Lepi
doptere provenant du Ver a soie ou Bombyx du raurier, qui est le plus im-
60 BOiNBONS.
portant de tous. II fait partie aujourd hni du genre Sencaria, etabli par Latreille
et la matiere soyeuse dont est formee son cocon n est autre que la soie du com
merce, si employee par 1 industrie. (Voy. LEPIDOPTERES et VER A SOIE.)
A. LABOULBENE.
BON. Voy. CAFEIER.
BON (J. LE). Voy. LEBON.
BONA (GIOVANNI DELLA) naquit a Penacolo dansle Veronais en 1712 ; il etait
destine a 1 etat ecclesiastique, mais, a la mort de son pere, devenu libre de se
choisir un etat, il etudia la medecine et se fit recevoir dotteur en 1735. Fixe a
Verone, sa reputation devint assez grande pour que la Republique de Venise lui
donnat une cliaire de medecine a 1 Universite de Padoue, ou il proiessa avec beau-
coup de succes, jusqu a 1 epoque de sa mort. Delia Bona succomba aux suites
d uue attaque d apoplexie, le 28 decembre 1788.
Voici la liste de ses ecrits :
I. L uso e I abuso del caffe , dissertazione storico-fisico-mcdica. Verona, 1751, in-8*.
Ibid, (con aggiunte massime intorno la cioccolata, etc.), 1760, in-4. II. Dissertazione
teorico-pratica dell utilita del salasso nel vajuolo. Ibid., 1754, in-S. III. Historia
aliquot curationum mercurlo sublimato corrodenti perfectarum. Ibid., 1757,in-8. IV.
Traclatus de scorbuto , Ibid., 1761, in-4. V. Observations medical proemissa oratione
prima in gymnasia habita, etc. Padova, 1766, in-4. E. BSD.
BONAltlUOU (Louis), en latin, BON ACIOLUS, naquit a Ferrare, ou il
mourut non loin de 1 annee 1540, professeur de philosophie et de medecine. On ne
lit plus guere aujourd hui les ouvrages de ce medecin sur 1 anatomie des organes
gemtaux de la femne, et stir les maladies du sexe. En voici les titres :
I. De uteri partiuinqne ejus conformatione, quonam usu eliam in absentibus Venus citetur.
Quid, quale, undique prolificum semen, uncle menstrua. Strasb., 1537, in-8. If. De
conceptionis indicts, necnon maris fcemineique partus significatione. Qiife utero gravidi
accedunt, et eorum medicina. Prognostica causasque efflitxionum ct abort uum. Proceritatis,
improceritatisque partition causes. Strasb., 1538, in-8, etc. III. De fcetus formations.
Leyde, 1659, in-12, avec le Traite De virginitatis notis, qraviditate et partu, de Severin.
Piiieau. A. C.
. Nom donnepar certains auteurs a la Cardcaque ou Agripaume (Lea-
nurus Cardiaca). H. BN.
BOXATl.Arbre d Amboine, donttoutes les par ties sont tres-ameres et que Rum,
phius (Herb. Amboin.) cite comme souverain conlreles fievres.
H. BN.
BONBONS. POLICE MEDICALE. La preparation de ces petites sucreries connues
sousle nom de bonbons a, depuis longtemps deja, attire 1 attention de 1 autorite,
en raison des substances nuisibles dont les fabricants se sontquelquelois servi pour
les eolorier. Ainsi, une ordonnance de police en date du 10 octobre 1742 interdit
(( aux confiseurs, aux patissiers-traiteurs, et meme aux ofiiciers de maisons et a
tous autres, d employer, pour la confection des bonbons et patisseries, la gomme-
gutte, les cendres bleues, ettoutes les preparations decuivre; le bleu d azur, les
cendres ou les cbaux de plomb, comme le minium, le massicot, 1 orpiment et toutes
matieres nuisibles a la sante ; le tout a peine de deux cents livres d amende pour
chaque contravention . Ces ordonnances, probablement mal executees, durent etre
renouvelees en 1777 et 1781.
61
D un autre cot6, en 1822, il fallut prendre des precautions contreuneindnstrie
qui consistait a garnir interieurement de fils de fer, pour leur donner de la soli-
dile, de petites figures en sucre, d assez mauvaise qualite d ailleurs, et qui se ven-
daienta bas prix dans les rues. On comprend que ces fils de fer pouvaient etrc
avales par les enfants et causer de graves accidents (in Moleon, Rapp. gen. sur les
trav. du cons, de salubr., t. I, p. 246. Paris, 1828, in-8).
Les dispositions relatives aux couleurs toxiques que nous venons de rappeler
semblaient perimees, et, en tout cas, paraissaient completement oubliees, quand
1 existence d accidents graves ayantete signalt-e vers 1827 et 1828, une enquete
cut lieu et un excellent rapport de M. Andral, adresse au prefet de police en 1829,
servit de base a une ordonnance publiee a la fin de 1 annee suivante (10 de-
cembre 1830) et qui donnait quelques instructions sur le pastillage et les subt
stances colorantes qui ne devaient. pas etre employees. Cetle ordonnance fut renou
velee au bout de deux ans, le 11 aout 1852. De nouvelles prescriptions furen
edictees, le 15 novembre 1838 et le 22 septembre 1841. Enfin, a la suite de vi-
sites pour surveiller 1 execution des mesnres prescrites, il paruttiecessaire de regler
cette importante question par une ordonnance tres-complete et tres-dctaillee ijni
parut le 28 fevrier 1853. Sans nous arreter anx idees singulieres de quelques
personnes qui, sons pretexte de liberte du commerce, voudraierit laisser aux niar-
chands et fabricants la liberte d empoisonner le public, quitte a eu subir les con
sequences quand le mal serait fait, nous aliens donner 1 ordonnance dont il s agit
et 1 instruction du conseil d hygiene qui 1 accompagne. Regrettons seulement, en
finissant, que ces dispositions ne soient pas applicables a toute la France, on que,
du moins, les prelets des differents departements ne s entendent pas pour Jes
rendre obligatoires dans leurs circonscriptions respectives.
REGLEMENTATION. Ordonnance de police du 28 fevrier 1853 concernant les
sucreries coloriees, etc.
Nous, prefet de police; Vu, etc., etc.
Ordonnons ce qui suit :
TITRE I. Sucreries, liqueurs et pastillages. ART. 1 . II est expresse ment deferidu de se
servir d aucune substance mine rale, le bleu de Prusse, 1 outremer, la craie (carbonate de
chaux) et les ocres exceptes, | our colorier les liqueurs, bonbons, dragees, pastillag-es et
toute espece de sucreries et patisseries. II est egalement defendu d employer pour colorier
les liqueurs, bonbons, etc., des substances vegetales nuisibles a la sante, notamment la
gomrae-gutte et 1 aconit napel. I.es memes defenses s appliquent aux substances employees
a la clarification des sirops et liqueurs.
ART. 2. 11 est defendu d envelopper et de couler les sucreries dans des papiers blancs
lisses ou colories avec des substances minerales, le bleu de Prusse, 1 outremer, les ocres et
la craie exceptes. II est defendu de placer des bonbons dans des boites garnies a 1 intc-
rieur de papiers colories avec des substances prohibees, et de les recouvrir avec des decou-
pures de ces papiers.
ART. 3. II est defendu de faire entrer aucune preparation fulminante dans la composition
des enveloppes de bonbons. II est egalement defendu de se servir de fils metalliques
comme supports de fleurs, de fruits et autres objels en sucre et en pastillage.
ART. 4. Les bonbons enveloppes porteront le nom et 1 adresse du fabricant ou marchand ;
il en sera de meme des sacs dans lesquels les bonbons ou sucreries seront livres au public.
Les flacons contenant des liqueurs coloriees devront porter les memes indications.
ART. 5. II est interdit d introduire dans 1 interieur des bonbons et pastillages, des
objets de metal ou d alliage metallique, capables, par leur alteration, de former des com
poses nuisibles a la sante. II ne pourra etre employe que des feuilles d or et d argent fins
pour la decoration des bonbons et pastillages. II en sera de mfime pour les liqueurs
dans lesquelles on introduit des feuilles metalliques.
INSTRDCTION DU CONSEIL D HYGIEXE ET DE SALDBRITE on DKPARTE.iir.Nr DE IA SEINE. Des sub
stances colorantes que peuvent employer les confiseurs et distillateiirs pour les bonbons,
pastillages, dragtes ou liqueurs. Pour faciliter aux confiseurs et liquoristes les inoyeus
62
de reconnaitre les substances colorantes qu il est permis d employer et celles qui son
defendues par la presente ordonnance, il est convenable de les designer ici sous les divers
noms qu on leur donne dans le commerce, et de t aire suivre cette nomenclature de Tindi-
cation.de quelques precedes simples et faciles.
Couleurs blcucs. L indigo, le bleu de Prusse ou de Berlin, 1 outremer pur : ces conleurs
se melent facilement avec toutes les autres et peuvent donner toutes les teintes composees
dont le bleu est Fun des elements.
Couleurs rouges. La cochenille, le carmin, la laque carminee, la laque du Bresil, 1 or-
seille .
Couleurs jaunes. Le safran, la graine d Avignon, la graine de Perse, le quercitron, le
curcuma, le fustet, les laques alumineuses de ces substances. Les jaunes que Ton obtient
avec plusieurs des matieres designes, et surtout avec les graines d Avignon et de Perse sont
plus brillants et moins mats que ceux que donne le jaune de chrome, dont 1 usage estdan-
gereux et prohibe.
Couleurs composees. Vert. On pent produire cette couleur avec le melange du bleu et
de diverses couleurs jaunes ; mais 1 un des plus beaux est celui que Ton obtient avec le bleu
de Prnsse ou de Berlin et la graine de Perse ; il ne le cede en rien par le brillant au vert
de Schweinfurt, qui est un violent poison.
Violet. Le bois d Inde, le bleu de Berlin ou de Prusse. Par des melanges convenables on
obtient, toutes les teintes desirables.
Pensee. Le carmin, le bleu de Prusse ou de Berlin ; ce melange donne des teintes tres-
brillantes. Toutes les autres couleurs composees peuvent etre pre parees par les melanges
des diverses matieres colorantes qui viennent d etre indiquees. et que le confiseur ou le
distillateur sauronl approprier a leurs besoins.
Le liquoriste peut faire usage de toutes les couleurs precedentes ; mais quelques autres
sont necessaires. I] peut preparer avec les substances suivantes, diverses couleurs par-
ticulieres : pour le curac,ao de Hollande, le bois de campeche; pour les liqueurs bleues,
1 indigo dissous dans 1 alcool ; pour 1 absinthe, le safran mele avec le bleu indigo soluble.
Substances dont il est defendu de faire usage pour colorier les bonbons, pastillages
draf/ecs et liqueurs. Les substances minerales en general, et notamment : les oxydes de
cuivre, les cendres bleues, les oxydes de plomb, le massicot, le minium, le sulfate de mer-
cure ou vermilion, le jaune de chrome ou chromate de plomb, le vert, de Schweinfurt, le
vert de Scheele et le vert metis, le Wane de plomb, connu sous les noms de ceruse ou blanc
d argent. (Voy. pour les substances minerales permises, celles qui ont ete designees plus
haul.)
Les confiseurs et liquoristes ne doivent employer pour mettre dans leurs liqueurs e
decorer les bonbons, que des feuilles d or et d argent fins. On bat maintenant du chryso-
chalque presque au meme degre de tenuite que 1 or ; cette substance contenant du cuivre
et du zinc doit etre prohibee.
On ne devra jamais employer 1 acetate de plomb ou sucre de saturne dans la preparation
des liqueurs, cette matiere etant veneneuse.
Papiers servant a envelopper les bonbons. II faut apporter beaucoup de soin dans le
choix du papier colorie et du papier blanc qui servent a envelopper les bonbons. Les papiers
lisses blancs ou colories sont souvent prepares avec des substances minerales tres-dange-
reuses. 11s ne doivent pas servir a envelopper les bonbons, sucreries, fruits confits ou
candis, qui pourraient, en s humectant, s attacber au papier et donner lieu a des accidents
si on les portait a la bouche. -- Le papier colorie avec des laques vegetales peut etre
employe sans inconvenients.
Pour plus de details, et surtout pour 1 histoire generate des accidents occasionnes
dans diverses circonstances par des substances alimentaires coloriees avec des sub
stances nuisibles, pour les papiers, etc., voy. COULEURS NUISIBLES. Nous donnerons
en meme temps 1 histoire de ce qui s est fait a 1 etranger et surtout en Allemagne
sur cette question. E. BEAUGRAND.
BIBLIOGBAPHIE. AwDRAt (G.). Rapport sur le danger qui peut resulter de 1 usage des
bonbons colories . In Ann. d hijg., l re ser., t. IV, p. 48; 1830. Ordonnance de police
concernant le pastillaye, les liqueurs et sucreries coloriees. Ibid., t. V, p. 258 ; 1830.
GAULTIER DE CLAUBRY. Ram), sur les visiles failes chez les confiseurs, distillaleurs et debi-
(EAU MINERALE DE). 63
etc. Ibid., t. XXVIII, p. 55; 1842. TARDIEU. Art. BONBONS. In Diet, d liyg. pull. Paris,
1852, et 2 e edit., Paris, 1862. PAPPENHEIM (L.). Art. CONDITOR-WAAREN. In Haiulbnc/t dcr
Sanitats-Polizei, t. I, p. 485, Berlin, 1858. CHEVALI.IEB. De la vente des sucreries coloriees
et de diverses autres substances, etc. In Ann. d hyg., 2 e se r., t. XXVII, p. 544; 1867.
Pour 1 Allemagne, voir des ordonnances de police edictees dans le royaume de Prusse. In
Casper s Vierteljahrsschr., etc., t. IV, p. 154 ; 1855, ; t. XI, p. 185; 1857 ; t. XVII, p. 174;
4860, etc. E. BGD.
. Voy. ERYTHROPHL^UM. H. BN.
(EAU MINERALE DE), athermale, ferrugineuse faible, carboni-
que et sulfureuse faible. Dans le departement de la Drome, dans 1 arrondissement
de Montelimar et a 5 kilometres au sud de la ville de ce nom (chemin de fer de
Paris a Marseille), a 6 kilometres du Rhone, a 140 metres au-dessus du nivuau
de la mer, stir un assez vaste plateau d ou Ton decouvre au nord-ouest la belle et
fertile vallee du Rhone, Bondonneau est un hameau qui se compose de quelques
fermes agglomerees et qui n a que 40 habitants. Ses environs sont tres-pitto-
resques etcurieux a visiter; les baigneurs se rendent surtouta la chapelle de Man-
bee, aux mines du chateau d Allan, a Montchamp et au chateau de Belle-Eau, au
monastere d Aignebelle, a Grignan que madame de Sevigne a rcndu celebre, a
Rochemaure au vieux manoir de basalte et au volcan eteint. L air de Bondonneau
esttres-pur et le climat tres-sain ; les grandes chaleurs de 1 ete sont toujonrs tem-
perees par une brise qui s eleve vers dix heures du matin et continue jusque
vers cinq heures du soir. Trois griffons, sortant d un terrain tertiaire et sous un
bane de marne, composent la source de Bondonneau, connue deja des Remains
ainsi que 1 attestent des fouilles qui ont fait decouvrir une partie de piscine
construite en ciment, des vestiges de mosa iques etune grande quanlite de briques
de 1 epoque romaine. Cette source, d un debit naturel de 340,000 litres en vinnt-
quatre heures, avait completement disparu ; le hasard 1 a fait retronver en 1 854.
L eau de Bondonneau est limpide, elle a une odeur sulfureuse legere qui disparait
promptement au contact de 1 air, son gout est agreable et piquant ; elle est traversee
par des bulles gazeuses qui produisent un bouillonnement continuel a sa surface
sa temperature estde 15 centigrade. M. Ossian Henry aiait son analyse en 1855
ce chimiste a trouve les principes suivants dans 1000 grammes de 1 eau de Bon
donneau :
Bicarbonate de chaux .................. j
magnesia ................ . 0,390
soude
Sulfate suppose anhydre de chaux.
magnesie
soude. .
Chlorure de sodium.
0,043
0,030
lodure et bromure alcalins 0,008
Sesquiosyde de fer avec manganese 0,002
Silice et alumine 0,128
Sel de potasse sensible.
Principe arsenical arseniate, phosphate terreux indique.
Matiere organique azotee indetermine.
Gaz
TOTAL DES MATIEIIES FIXES 0,601
Acide carbonique libre litre 66
sulfhydrique sensible.
TOTAL DBS GAZ litre fiG
L etablissement mineral se compose d une buvette, de vingt-cinq cabinets af-
fectes aux bains, et aux douches d eau et de vapeur, et aux inhalations gazeusas.
64
MODE D ADMISISTRATION ET DOSES. L eau de la source de Bondonneau se prend en
boisson a la dose de quatre a huit verres chaque jour, le matin a jeun et a un quart
d heure on a une demi-heure d intervalle. Certains malades en font usage aussi
pendant les repas, pure oti coupee de vin. Les bains d eau sont d une heure en
eneral, les douches liquides devingt minutes, les bains de vapeur ont une duree
de vingt a trente minutes, les douches de vapeur d un quart d heure. Le sejour
dans la salled inhalationest ordinairement d une demi-heure et quelquefois d unc
heure.
EMPLOI THERAPEUTIQUE. Les proprietes physiologiques de 1 eau de Bondonneau
sont peu marquees a I exception de leur action digestive, reconstituante, diuretique
et excitante de la circulation sanguine. Cette eau rend promptement les urines
alcalines, mais 1 eau ordinaire produit cet effet, lorsqu elle est prise a jeun ; nous
ne pouvons dire si 1 eau de Bondonneau donne a cet egard des resultats plus pro-
nonces et plus durables que 1 eau de source ou de riviere.
Les medecins qui pratiquent a Bondonneau vantent I emploi de ces eaux dans
les affections herpetiques, scrofuleuses, tuberculeuses, rhumatismales, syphili-
tiqueset goitreuses, dans la dyspepsie, la chlorose et I anenrie.
Nous ne nions pas assurement 1 efn cacitedes eaux carboniques, legerement sul-
fureuses, brojno-iodurees et un peu arsenicales de Bondonneau ; mais nous sommes
loin d admettre sans reserves leurs effets favorables dans la longue enumeration
des maladies qui precede. Ainsi nous ne pouvons croire a la guerison des tuber-
culeux, de la plupartdes dartreux, des scrofuleux, des syphilitiques et des goitreux.
Les affections rhumatismales doivent se bien trouver des bains hyperthermaux,
des douches avec 1 eau arlificiellement chauffee de Bondonneau, des bains et des
douches de vapeur, comme elles guerissent avec les memes moyens employes aux
etablissements de bains ordinaires. Les convalescences difficiles, la chlorose, 1 ane-
mie et les dyspepsies stomacales sont tres-utilement Iraitees par 1 eau en boisson
et par les bains hypothermaux avec 1 eau legerement ferrugineuse et assez forte-
ment carbonique de Bondonneau.
Duree de la cure, un mois en general.
On exporte sur un assez large echelle 1 eau carbonique de Bondonneau qui
n est plus du tout sulfureuse apres le transport.
BIBLIOGRAPHIE. GRASSET. Etude sur les eaux de Bondonneau . 1857. BILLOUT. Rapport
sur ce travail. In Annales de la Societe d hydrologie medicate de Paris, 1857-1858 t. IV,
p. 474-480. - - FERRET (Michel). Etudes cliniques sur 1 eau minerale f?e Bondonneau
(Drome). Lyon, 1858, brochure in-8 de 16 pag-es. -- ESPANEL. Etudes medicates sur I em
ploi des eaux mincrales iodo-bromurees de Bondonneau dans quelques maladies chro-
ni(jues. TREUILLE. Rapport sur ce travail. In Annales de la Societe d lnjdrologie mcdicalc
de Paris, t. V, 1858-1859, p. 436-472. A. R.
BONDUC (PLUM). Nom d une plante qui etait pour Linne le type d un genre
special du groupe des Legumineuses-CaBsalpiniees, genre qu il avail appele Giii-
landina. On recevait, a cetlc upoqne, des pays chauds, deux especes de Bonduc,
le grand, que Linne appsla Guilandina Bonduc, et le petit, qu il nomma G. Bon-
ducella. L un avail des grninesjaunatres, et 1 autre des graines grises. Cesgraines,
globuleuses ou ovo ides, lisses, tres-dures, renfermant sous leurs teguments pier-
reux un embryon charnu, epais, se trouvaient au nombre d une ou deux dans des
gousses ventrues, toutes reconvenes d aiguillons rigides. Elles etaient produites
par des arbres ou arbustes des regions tropicales, a feuilles bipennees, a tiges,
rameaux et petioles tout charges d aiguillons arques tres-piquants. Le Bonduc
BONET. 65
avail ces aiguillons solitaires ; le Bonducella les avait sou vent gemines. Ce dernier
caractere n est pas constant. De Candolle a reuni dans une seule espece, le G. Bon-
(fatcArr., les deux plantes comme deux varietes, 1 une majus, 1 autre minus.
Plus tard on reconnut que les fleurs n etaient pas distinctes de celles du genre Cce-
salpinia, lequel peut avoir aussi des fruits epineux, comme les Guilandina;
ceux-ci ne sont done plus considered que comme formant une section du genre
Ccesalpinia. Le C. Bonduc se trouve sur le littoral de tous les pays chauds, en
Asie, enAfrique, en Amerique. C est le Ouaoua ou Ouaoid des negres des An
tilles, le Niker-tree des Anglais, le Cniqider des colons francais. Dans 1 Inde, on
emploie les graines, dites OEil-de-chat, comme uu tonique puissant; elles gueris-
sent, dit-on, les fievres d acces. Elles forment la base d une preparation febrifuge
ou entrent aussi de 1 huile de Ricin, des epices pilees. Employees topiquement,
elles passent dans I Inde pour arreter les hydroceles au debut, et a Cayenne pour
guerir les gonorrhees. On applique les feuilles en cataplasmes sur les lun:eurs du
scrotum; et les racines servent dans le traitement des morsures des serpents ve-
nimeux. II. BN.
PLUM., Gen. amer., 25. L., Gen., 517; Sjtec., 545. RIWPH., Herb, amboin., V,
t. 48, 49. RHEEDE, Hort. malab., II, t. 22. AINSL., Mat. med. ind., II, 156. FLEM.,
inAsiat.Res , II, 159. ROXB., Fl. ind., II, 357. DC., Prodi: , II, 480. HER. et
DEL., Diet., Ill, 438. LINDL., Fl. med., 263. BENTH. ct HOOK., Gen., I, 566.
ROSENTIT., Synops, plant, diaphor., 1052.
ISOM:I (Les deux frt-res), fds d AndrS Bonet, egalement medecin.
Glissons bien vite sur 1 aine, JEAN Bonet qui, ne a Geneve en 1615, mourut en
1688, ami de Guy Patin, de Boudin, de Vallot, de Daquin, et n a laisse qu un
mediocre traitecartesien sur la Circulationdesespritsanimauxfiaris, 1682, in- 12).
Mais son frere cadet, THEOPHILE Bonet, tient un des premiers rangs dans cett e
longue et noble serie d bommes de genie qui ont fait, par leurs (ravaux, marcher
la science a grands pas. II peut elre, eneffet, considere comme le fondateur de 1 a-
natomie pathologiquc, et le precurseur de Morgagni; le premier il devina tout le
parti que Ton pouvait lirer de 1 examen attentif et microscopique des organes ma-
lades ; il y a bien dans quelques auteurs qui 1 ont precede des essais en ce genre,
mais informes et sans portee, et Theophile Bonet sentit assez 1 importance du but
qu il voulait attcindre, pour que, dcvenu sourd vers 1 age de cinquante ans, il em-
ployat le reste de sa vie a compulser les auteurs, tout en utilisant ses propres
observations et a clever ce superbe monument qu on appelle : Sepulchretum ana-
tomicum (Geneve, 1679, in-fol.).
Ne a Geneve le 5 mars 1620, ce grand homme mourut d une hydropisie, le
29 mars 1689. Voici la liste de ses ouvrages :
I. Pharos medicorum, id est, cautelce, animadversiones et observationes practical ex ope-
ribus G. Ballonii. Geneve, 1668, in-12; trad, en angl., Lond., 1684, in-fol. On 1 a aussi reim-
prime en latin, mais avec un litre different : Labyrinthi medici extricati, seu methodus
vitandorum errorum qui in praxi occurrunt, monstrantibus G. Ballonio el C. Septalio.
Geneve, 1687, in-4" ; Geneve, 1687, in-4". II. Observations et histoires chirurgiques tines
des ceuvres latines des plus renomme s praticiens, par un docteur en medecin e Geneve,
1670, 4 vol. in-4. Haller mentionne cet ouvrage sous le litre suivant : Cours de medecine
et de chirurgie; Geneve, 1679, in-4. III. Prodromus anatomice practice, seu de abditis
morborum causis ex cadaverum dissectione revelatis; Geneve, 1675, in-8. IV. Sepulchre-
turn anatomicum, seu anatome practica ex cadaveribus morbo denatis proponens hislorias
et observationes. Quce pathologies genuince, turn nosologice orthodoxce fundatrix did me-
ritur. Geneve, 1679, in-fol. V. Mercurius compilatitius, seu index medico -practicus, per
DICT. ENC. X. 5
66 BONHOMME.
decisiones, cauliones, animadversiones, castigationcs, et observations in singuus affectibus
prater naturam, et prcesidis medicis, diceteticis, c/iirurgicis. et pharmaceuticis, veram et
lutam medendiviam ostendens. Geneve, 1682, in-lbl VI. Medicina septentrionalis collec-
titia, etc. Geneve, 1U8G, in-i ol. (Voir Journal dcs savants, annee 1684, p. 264.) VII. Polyal-
thes, sive thesaurus medico-practicus ex quibuslibet rei medico; scriptoribus congestus,
pat/wlogiam veterem el novam exhibens, una cum rcmcdiis usu et experientia compertis.
In quo viri excellentissimi Johannis Jonstonii syntagma explicatur. Geneve, 16b5, in-fol.,
3 vol. Portraits de Bonet. VIII. Theod. Turqueti de Mayerne, Tract atum de arthritide
una cum ejusdem aliquot consiliis medlcinalibus e gallico in latinum translatum. Geneve,
1671,in-12, etc. IX. Jacobi Rohaultii Tractatum physicum ex gallico in latinum trans
latum. Geneve, 1674, in-8. X. Zodiacus medico-gallicus, sive miscellaneorum medico-
physicorum gallicorum, titulorecens in re medico, et naturaliexploratorum, una cum mense
Parisiis gallice prodeuntium annus secundus, scilicet 1680; auctore Nicolao de Blegny.
Geneve, 1682, in-4. (C est la traductioa en latin du i ameux journal de Nicolas de Blegny.)
A. C.
BONG&. Palmier indien, qui n est autre que 1 Arequier a cachou (Areca Gate*
chu I.). H. BN.
BO\GARIA (G. A. MET.) Genre de plantes, de la iamille des Berberidees,
dont tous les caracteres essentiels sont ceux des Leontice (voy. ce mot), mais dont
les fleurs different uniquement en ce point : que les petales, au lieu d etre bien plus
courts que les sepales, epais, concaves, glanduleux, nectariformes, sont aplatis,
membraneux, plus grands que les sepales et analogues a eux pour la consistance et
la coloration. On ne connait qu une espece de ce genre, et c est une herbe a souche
tubereuse, conime les Leontice, qui est originaire de 1 Asie moyenne. Ses feuilles
sont pinnatisequees, et ses fleurs disposees en grappes ramifiees, aphylles. Ses
ovaires renlerment de quatre a huit ovules dresses. Elle doit porter le nom de
B. Chrysogonum,c,3it Linne 1 appelait Leontice Chrysogonum ; et ce nom a pour sy-
nonymes: Chrysogonum DioscoridisRA.cv/.,BongardiaRauwolfii C. A. MEY. et.6.
Olivieri C. A. MEY. La portion souterraine et tuberculeuse de cette plante estmnci-
lagineuse, savonneuse. Elle est employee en Orient dans le traitement de la gale. On
ne sail si le Leontice de Dioscoride, plante preconisee de son. temps contre les dou
leurs, la sciatique, les morsures de serpents, etc., n est pas plutot cette espece que
le L. Leontopetalum de Linne. (Voy. LEONTICE.) Ce qu il y a de certain, c est que
les feuilles de Bongardia sont comestibles (Journ. depharm., IX, 209 et 210), et
que les Arabes s en servent comme de legumes. H. BN.
C. A. MEYEB, Enum. pi. caucas., 174. L., Hort. Cliffort., 122. DC., Prodr., I, 109.
RAUWOLF, Itin., 119. TOCRNEF., Coroll., 49. LEDEB., Fl. ross., I, 80. JAM. et
SPACH, Illustr. pi. orient., IV, t. 596. MER. et DEL., Diet., IV, 87. BENTH. et HOOK., Gen.
plant., I, 45, n. 9. UOSENTH., Synops. pi. diaphor., 621.
S!\-aa 1:^:111. Voy. AGATOPHYTUM.
BO^UOMME. Voy. MOLEISE.
EOI%HOMME (JEAN). En 1 annee 1748, paraissaita Avignon, chez Francois Gi-
rard, imprimeur libraire, un volume in-4 de 448 pages, avec epitre dedicatoire et
preface, et portant ce litre : Traite de la ce phalotomie, on description anatomique
des parties que la tete renferme, ouvraye enrichi de figures en taiile-douce,
dessinees et grave es d apres nature; parj. B. chirurgien jure d Avignon. Le
volume fit assez de bruit pour que le Journal des savants (annee 1749, p. 618)
le fit connaitre a ses lecteurs, et lui consacrat quatre pages de critique. L auteur
anonyme de cet article a la main lourde pour ce pauvre Jean Bonhomme, que Ton
a la cruaute de mettre en parallele avec 1 illustre Winslow. Le traite de la ce pha
lotomie n est pas cependant a declaigner comme elude anatomique des parties qui
BONN. 67
eomposent la tele humaine ; il y a de bonnes descriptions des sens, du cerveau.
Malheureusement, Jean Bonhomme veut expliquer le jeu des nerfs, de 1 encephale,
et alors il tombe clans un delire incroyable de langage. Je u ai pas compris pour
mon compte ce passage : L usage des ventricules est si different, selon les di-
verses opinions, qu on peut se passer d eclaircissement sur ce point, puisque les
uns en font le reservoir des esprits, et les autres, avec moins de fondements, n eu
font que le receptacle des excrements, qu ils disent passer de la par rentonnoir dans
la glande pituitaire, pour etre ensuite transmis dans lesangpar les sinus sphenoidaux,
qui setrouvent places aux cotes de cette glande. En suivant ces deux opinions, on
adelapeine a placer le jugement, la memoire et 1 imagination. Aussi, est-ce la
1 ecueil ou la plupart des physiciens vont se perdre. Qu ils commencent aconvenir
des parties que ces trois facultes de 1 arae doivent occuper, on leur trouvera bien-
tot une place... Mais Jean Bonhorame ayant en I excellente idee de couper ses
descriptions anatomiques et ses elucubrations physiologiques, d applications chirur-
gicales, devoile veritablenaent, sur ce champ qui est lesien, un hommedu metier.
Je releve cette remarque : Les jeunes chirurgiens doivent prendre garde, dans les
differentes operations, de ne couper jamais en dedolant, ou obliquement, parce
qu alors les eminences de la peau (les houppes nerveuses) etant coupees en plus
grand nombre, 1 incision devient plus douloureuse, au lieu que I incision etant
perpendiculaire, il n ya que les papilles qui se trouvent au-dessous de 1 instrument
qui causent de ladouleur. Et celle-ci relative aux loupes : Si dans 1 extirpa-
tion on n enleve pas entierement tout le kyste, la tumeur reviendra, et Ton retom-
bera infailliblement dans le cas.
Nous ne savonsl epoque de la mort de Jean Bonhomme. A. G.
BOMFACIA. Voy. FRAGON.
BONN (ANDRE), celebre chirurgien hollandais, ne a Amsterdam, en 1758, com-
menc.a ses etudes medicales sous Camper, puis il se rendit a la grande ecole de
Leyde ou se trouvaient encore des hommes du premier merite, Muschenbroeck,
Albinus, Gaubius, etc., et se fit recevoir docteur en 1763. Apres avoir passe une
anneeaParis, et s etre mis la en relations avec les chirurgiens eminents de 1 epo-
que, il retourna dans sa ville natale et pratiqua la chirurgie avec beaucoupd eclat.
Son merite rec.ut, en 1771, la recompense qui lui etait due, il fut nomme profes-
seur d anatomie et de chirnrgie a la place de Tolcard Snip. Ses legons attiraient
beaucoup d eleves, et la Hollande lui dut bon nombre de chirurgiens habiles.
Bonn mourut en 1818 ou 1819 a 1 age de quatre-vingts ans, laissant les ouvrages
suivants :
I. De contimiationibus membranarum. Lugd. Batav., 1765; pi., in-4 (reimpriraee dans la
Thesaurus de Sandifort). II. De simplicitate naturae, anatomicorum admiratwne, clnrur-
gorum imitations dignissima (disc, d ouvert. de soncours). Amstelod., 1772, in-4. III
Commentatio de liumero luxalo. Lugd, Batav., 1782, in-4, fig. IV. Descriptio Thesauri
ossium morbosorum Hoviani, adnexa est dissertatio de callo. Amstelod., 1783, in-4"
V. Tabulce ossium morbosorum prcecipue Thesauri Hoviani. Fasc. I, tab. i-vn- fasc II
tab. -VIH-XIV; fasc. Ill, tab. xv-xxn. Ce bel ouvrage, edite aux i rais de Bonn, et dans lequel
se trouvaient reproduites les pieces osseuses donnees par Hovius au college de chiruro-ie
d Amsterdam, n a malheureusement pas ete termine. VI. Un ouvrage en hollandais surla
retention d urine et la ponction sus-pubienne, traduit en allemand, sous le litre : Anato-
mische und chirurgische Bemerkungen tiber die Harnveraltung und dem Blasenstich ins-
besondere, etc. Leipzig, 1794, in-S. VII. Un autre egalement truduit du hollandais
(luxations de la cuisse) , intitule: Beobachtungen einer untmdirts gehenden Verrenhunq
des linken Schenkelbeins, nebst, etc. Roder, 1800, in- 8% pi. 6. VIII. Tabulce anatomico-
68 BONNET.
chirurgicce doctrinam herniorum illustrantcs, sditse a Ger. Sandifort. Lugd. Batav., 1828.
in-fol., pi. 20. E. BGD.
BONNE-DAME ou EELLE-DASJE. Nom vulgaire de 1 Arroche des jardins
(Atriplex hortensis). H. BN.
BONNEFOY (JEAN-BAPTISTE). Cbirurgien de Lyon qui donuait de brillantes
esperances, et que la mort enleva a la fleur de 1 age. II s etait beaucoup occupe
d electricite appliquee a la therapeutique. Ne en 1756, il mourut en 1790. On a
de lui :
I. De I application de I electricite a I art de guerir. Lyon et Paris, 1783, in-8-. II.
Mem. sur I influence des passions de I dine dans les maladies chirwrgicales (mem. cour.
par 1 Acad. de chirurgie). In Prix de I Acad. de chir., t. V, p. 803, in-4. III. Analyse
raisonnec du rapp. des commissaires charges de I examen du marjnctisinc animal. Lyon et
Paris, 1184, in- 4 E. BGD.
BOXJSES (EABX-). Voy. EAUX- BONNES (Eaux mine rales de).
BONNET (CHARLES). Dans le courant de 1 annee 1758, un jeune homme de
Geneve, ills unique d un riche negotiant, enflamme par la lecture du Spectacle
de la nature de Pluche, de la Bible de la nature par Swammerdam, et des rnagni-
tiques rechcrches de Reaumur sur les insectes, se mil a observer les chenilles dans
leuvs etonnantes transformations et decouvrit un fait des plus curieux, a savoir :
que les pucerons sont feconds pendant plusieurs generations sans accouplement.
Trois annees plus tard, le meme jeune enthousiaste, ayant lu, d apres Trembley,
son compatriote, que le polype d eau douce avail la singuliere propriete de rege-
nerer les parties qu on lui a coupees, repetait ses experiences, les multipliait a
rinfini, les variait de mille manieres difl erentes, et les etendait a beaucoup de vers
et d insectcs, chez lesqucls il constatait aussi 1 existence de cetle propriete niiT-
veilleuse. Uno annee encore ecoulee, il reconnaissait que les stigmates des insectes
sont les orifices de leurs organes respiratoires; il etudiait avec soin le tenia, en
donnait une bonne description anatomique. Enfin, il recueillait bientot tons ces
faits cpars dans ses notes, et en composait un Traite d Insectoloyie, qu il enri-
chissait encore de Tune des plus belles prefaces que jamais livre eut eue. Ce jeune
homme etait CHARLES BONNET qu une juste renommee attendait, et qui devait
s illustrer par d imperissables ecrits.
Mais, voyez a quoi peuvent tenir les destinees d un homme !... Admettez que
Bonnet ait ete dote par la nature de ces excellentes vues, de ces bons organes
optiques qui defient 1 usage, meme prolonge, des lentilles grossissantes. II esttres-
probable qu il s en serait tenu a la melhode d examen et d observation, etque tout
on laissant un certain essor a son genie d induction et de generalisation, il n au-
rait adopte que ce que ses sens voyaient et observaient. Mais, non! Charles Bonnet
avait de mauvais yeux; il sentit de bonne beure la necessite d abandonner 1 usage
du microscope qui 1 eut probablement rendu aveugle de bonne heure; et alors, il
laissa son esprit actif voyager dans une autre direction, et s enfonca pen a peu
duns la philosophic generale, maniant tour a tour 1 ame des betes, 1 ame des
homines, 1 element spirituel, batissant des hypotheses, langant des assertions ha-
sardees, affrontant les dedales de la psychologic, fondant une regie de morale et
de religion, atteslant la necessite d une autre vie plus parfaite que celle d ici-bas,
confessant sa foi dans la revelation, imaginantnne theorie, devenue celebre, celle
de Vemboitement et de la reformation des germes, par lequelle le germe d une
BUlMNUl. 69
espece, une fois cree, contiendrait les germes de tous les itidividiis qui formenf,
le developpement successif de 1 espece. Ainsi, selon Bonnet, non-seulement le
Createur a place, des le commencement, dans cbaque germe, tons ceux par les-
quelles 1 espece doit se multiplier indefiniment, mais chaque espece elle-meme
est perfectible, et renferme aussi en germe les elements et les conditions de son
perfectionnement. Ce perfectionnement s accomplira par degres, et senlement
lorsque le globe sur lequel doivent babiter les especes sera approprie au nouveau
developpement de ses boles. Notre globe a deja subi des revolutions successives,
a mesure que Its especes qui y sont placees ont subi elles-memes leur metamor
phose, ou plutot leur developpement progressif, qui consiste dans un plus grand
nombre de sens et de facultes; car Dieu a preforms originairement les etres dans
un rapport determine aux di verses revolutions que chaque monde est appele a
subir. II regne entre tons les etres vivants une gradation merveillense, depuis Ja
mousse jusqu au cedre, depuis le polype jusqu a 1 homme. La meme gradation
existera sans doute dans 1 etat futur de notre globe; mais elle n existera plus
entre les memes especes. L homme transporte dans un autre sejour plus appro
prie a 1 eminence de ses facultes, laissera au singe et a 1 elephant cette precaire
place qu il occupait parmi les animanx de notre planete. Dans ce progres universel
des animaux, il pourra done se trouver des Newton et des Leibnitz cliez les singes
et les elephants, des Perrault et des Vauban chez les castors. Les especes les
plus inferieures, telles que les huitres, les polypes, seront aux especes les plus
elevees de cette nouvelle hierarchic, comme les oiseaux et quadrupedes sont a
1 homme dans la hierarchic actuelle. Tel est, en resume, le sens de la palinge-
nesie de Bonnet, systeme plus poetique , plus hypothetirjue qne solide , qni a
pu trouver des enthousiastes et des admirateurs au milieu du dix-huitieme
siecle, mais dont les vues modernes demontrent la fragilite. Tel etait, du reste,
le gout de cet admirable reveur pour les hypotheses, que dans un autre ouvrage,
I Essai analytique des facultes de lame , il imagina de determiner , par le
raisonnement, ce qui arriverait a un etre construit sur le modele de 1 honmie,
ayant la meme charpente, les memes visceres, les memes muscles, Jes memes cen
tres nerveux, mais qui ne serait anitne que par degres, et chez lequel les facultes
dont nous sommes doues n entreraient en action que Tune apres 1 autre. Et de la
des conclusions a perte de vue, des deductions, tenues pour rigoureuses, a 1 egard
desmoyens d apprecier et de distinguer les diverses facultes de 1 homme.. .
Tout cela developpe dans un style admirable d elegance et de simplicite ; car si
Charles Bonnet fut un grand esprit, il fut aussi un grand ecrivain, et la forme
qu il a donnee a ses productions n a pas ete pour peu de chose dans Tenthousiasme
qu elles out provoque de toutes parts.
Mais pourquoi Charles Bonnet n est-il pas ne avec de bonsyeux?...
11 mourn t a Geneve le 20 mai 1793, age de soivante-treize ans, etant ne ie
15 mars 17 20.
Voici ia liste de ses ouvrages :
I. An Abstract of Some New Observations upon Insects In. Philos. [rang. o[ Lond.;i. XLII,
n 472, p. 458. If. Traite d insectoloyie, ou observations sur les pucerons. Paris, 1745,
in-S, 2 vol. avec 4 pi., trad, en allem. par Goze. Halle, 1775, in-8, 17 pi. III. Obser
vations sur une nouvelle partic propre a plusieurs chenilles. In Mem. de math, et de phys .
des savants etranyers a I Acad. de Paris, t. II, p. 44-52. IV. Sur la qrande chenille
a queue fourchuc du saulc Ibid., t. II, p. 27B-282. V. Recherchcs sur la respi
ration des chenilles Ibid., t. Y, p. 276-303, et Philos. Tr-am. of London, 1748,
p. 300. - - VI. Observations sur les stigmates des papillons, Mum. de I Acad. des sc..
70 BONNET CARRE.
t. V, p. 294. VII. Sur le moyen de conserver diverses espcces d imectes dans les
cabinets d histoire natuvelle. In Jonrn. de phys. de Rosier, t. I"V (annee 1774), p. 216-501.
VIII. Lelti-c et memoirs sur les abeilles. Ibid., t. V, p. 327-544 et p. 418-428; t. VI,
p. 25-32. IX. Recherches sur I usage dcs feuillef, dans les plantes, et sur quelques
aulres sujets relatifs a I histoire des vcgclaux. Grettingue, 1754, in-4 ; trad, en allem. par
J. C. Arnold, INuremb., 1762, in-K X. Essai de psychologic. Londres, 1754, in-12.
XI. Essai analijtigiie sur les f /iculles de I ame. Copenh., 1760, in-4. Xll. Contemplation
de la nature. Amsterd., 1764-1765, in-S, etc. XIII. Considerations sur les corps orga
nises. Amsterd., 1762, in-8, etc. XIV. Palingenesie philosopliique. Geneve, 1769-1770,
in-%". XV. Eecherches philosophiques sur les preuves du christianisme. Geneve, 1769-
1770, in-8. On a les ceuvres de Bonnet sous ce litre : OEuvres d histoire naturelle et de
philosophic. Neufchatel, 1779-1785, in-4, 8 vol., et in-8, 18vol. A. C
BONNET (AWEDEE). Ne, en 1802, a Amberieux (dep. del Ain), fit a Paris
ses etudes medicales qu il termina par un brillant internal, pendant leqnel il con-
quit la medaille d or. A peine recu docteur, 1 8 aout 1 852, il courut a Lyon, dispnter
la place de chirurgien de THotel-Dieu de cette ville ; un concours, dans lequel
il fitprenve des plus solides connaissances, lui meritale suffrage de ses juges et la
place qn il a illustree par ses travaux. Pendant les onze annees qu il remplit les
fonctions de chirurgien aide-major, puis de chirurgien en chef, Bonnet ne cessa
d observer et de recueillir les cas inteiessants qui s ofiraient a son observation. Ses
cours a rilotel-Dieu , puis a 1 Ecole de Lyon corame professeur cle patliologie,
attirerent un grand nombre d eleves et mirent le sceau a la reputation dont il
jouissait deja. Parmi les travaux de Bonnet, il en est un qui lui assure une des
premieres places dans la chirurgie contemporaine , son Traite des mala
dies articulaires . C est au milieu des succes de son enseignement et de sa
pratique que Bonnet fut enleve apres quelques jours de maladie le 1 er de-
cembre 1858.
Nous ne donnons ici que les principales publicntions de Bonnet, laissant de cote
un grand nombre de notes eparses dans divers recueils.
I. Eecherches sur quelques points de plnjsiologie et de pathologic , tels que la surdite, les
luxations, le mouvement des cdtes, etc. Th. de Paris, 1832, n 181. II. De la methode a
suivre pour ar river a la connaissance et au perfectionnement de la chirurgie. Lyon, 1858,
in-8. III. Mem. sur le traitcment des varices dcs membrcs infcricurs ; 1 par les
ipingles ; 1 par la potasse caustique ; 5 par Vemploi combine de ces deux moyens. In
Arc/i. gen. de med., 5 ser., t. V, p. 50, 172; 1839. IV. Mrm. sur le traitement des
pierres arrctces dans le canal de Vurethre, a la suite de V operation de la litholritie . Lynn.
1842, in-8. V. Traite des sections tendineujses et musculaires dans le slrabismc. Paris,
1642, in-8. VI. Mem. sur la cauterisation consideree comme moyen de pre venir .
gue rir la phlebite et I infection purulente. In Gas. med., 1845, p. 251, 252 . VII. Coi/ijitc-
rendu du service chirurgical de l H6tel-Dieu de Lyon, pendant les annees 1838-1843. Lyon,
1844. in-8. VIII. Traite medico-chirurgical des maladies des articulations. Lyon, l^i-V
2vol. in-S, pi. IX. Me moire sur la lit/totritie. Lyon, 184!J, in-8. X. Des services rendus
par la medecine aux sciences naturelles. Lyon, 1848, in-8. XI. Mem. sur la cauterisa
tion consideree comme inoyen de combattre les accidents qui survienncnt a la suite des
operations. In Bullet, de therap., t. XXXIV, p. 119, 194; 1848. XII. Traite de tltera-
peutique des maladies articulaires. Pans, 1853, in-8, pi. XIII. De I influence des lettres
et dcs sciences sur I education. Lyon, 1855, in-8. XIV. Traite pratique dt la cauterisa
tion d apres V enseignement clinique de M. Bonnet (de Lyon}, par le docteur R. Philipeaux.
Paris, 1855, in-8. XV. Des moyens de prevenir la recidive du cancer du sein, apres son
extirpation. Lyon, 1857, in-8". XVI. Du soulevement et de la cauterisation profonde du
cul-de-sac rctro-utcrin dans la retroversion de la matrice. In Gaz. med. de Lyon, 1858,
p. 50, 54. XVII. Methodes nouvelles de traitement des maladies articulaires. Paris
1859, in-8. E. BGD.
BONNET CARRE. Nora donne au Barringtonia speciosa, a cause de la forme
de son fruit. H. BN.
DUniimni/. 71
BONNET E PRETRE. Nom vulgaire dc plusieurs Evonymus, et principale-
nient de \ E. europceus L. (Voy. FUSAIN.) H. BN.
BONNET (SAINT-) (AU MINERALS DE), mesothermale, ametallite, sulfure e cal-
cique faible, carbonique faible. Dans le departement des Hautes-Alpes, dans 1 ar-
rondissement de Gap, a 200 metres du bourg de Saint-Bonnet, emerge des rocbes
calcaires voisines du gypse et de la dolomie, une source dont le debit est evalue
a 100,000 litres en vingt-quatre benres. Son eau claire el limpide a une legere
odeur sulfureuse, une saveurunpeu fade, mais nullement desagreable ; sa tempe
rature est de 33 centigrade. M. Niepce a trouve dans 1000 grammes de cette
eau les principes suivants :
Carbonate de chaux 0,527
magnesie 0,031
Sulfure de calcium 0,043
Sulfate de cliaux 0,207
soude 0,052
Chlorure de sodium 0,207
cnlcium 0,002
magnesium traces.
Azotate de potasse 0,023
chaux 0,0-il
lode , traces.
Glairine et matiere organique quant. indt.
TOTAL DES MATIERES FIXES 0,933
- I Acide carbonique 0,08913 litre.
IZ ( Azote 0,00837
TOTAL DBS GAZ 0,09750 litre.
Les habitants du pays emploient exclusivement en boisson, a la dose de quatre
a huit verres par jour et meme davantage, 1 eau de la source de Saint-Bonnet
pour se debarrasser de toutes leurs affections cutanees. A. R.
BONNET D HIPPOCRATE. C est le bandage qu on appelle aussi capeline.
(Voy. BANDAGES.)
BONPLAND (AIME), celebre naturaliste, naquit a la Rocbclle, Ie22 aout 1773.
Etant encore eleve, il fit, comme cliirnrgien, une croisiere sur 1 Ocean. A sou
retour, il vint a Paris achever ses etudes et fut admis dans 1 intiniite de Corvisart.
C est la qu il fit connaissance d Alexandre de Humboldt, que 1 amour de la science
avait amene a Paris. Cette liaison eut pour resultat 1 assoc iation conclue entre les
deux jeunes savants pour ce celebre voyage d exploration dans I Amerique equi-
noxiale, qui amena de si brillants resultats. Revenu en France au bout de cinq
ans, il devint intendant de la Malmaison, et, apres les desastres de 1814 et de
1815, il retourna en Amerique. 11 s etait d abord etabli dans le Bresil, mais vou-
lant s avancer jusqu en Bolivie a travers les Pampas, il fut arrete dans Je Para
guay par le dictateur Francia qui, le croyant un espion, le retint pendant plus de
dix ans. Relacbe enfin en 1 850, il revint au Bresil et se tixa dans la petite ville de
San-Borja, sur les frontieresde 1 empire, consacrant a destravaux scienl.ifiques et
a la bienfaisance les dernieres annees de sa vie; c est la qu il monrut en J858, a
1 age de quatre-vingt-cinq ans. On a de lui :
I. Plantes iqu moxiales recueillies au Mexique, etc. Paris, 1805 et suiv., 2 vol. in-fol.,
pi. 140. II. Monographic des melaslomces. Paris, 1806 et suiv., 2 vol. in-fol., pi. 120.
III. Description des planles rarcs de Navarre et de la Malmaison. Paris, 1815, in-fol.,
pi. 64. IV. A participu ii la publication dn grand ouvrage intitule : Voyage dans I inte-
rieur de V Amerique dans les annees 110$ a 1804 (voy. HUMDOI.DT, Alex.) . E. BGD.
72 BONTIUS (LES).
BO\PI,A\I>IE. Voy. ANGUSTURE (vraie). H. BN.
Ainslie designe sous ce nom (Mat. med. ind., II, 42) une racine
tres-astringente, importee de Siam a la cote de Coromandel etqui, en Cochinchine
et a Siam, est employee comme un tonique energique. H. BN.
BOM I KOI; (CORNEILLE DE). Voila un nom, quoique d emprunt, qui fit un
grand bruit dans son temps, et qui, Dieu merci, est parfaitement oublie aujour-
jourd liui.
BONTEKOE n etait pas, en effet, le veritable nom de ce medecin ;
BONTEKOE vent dire, en hollandais, vache de plusieurs couleurs; et comme le
pere de cet enfant batard d Esculape, brave bourgeois d Alcmaer, et qui se nommait
Decker, avait pris pour enseigne une Bontekoe, le jcune Decker se fit appeler Cor-
neille de la vacbe de plusieurs couleurs.
BONTEKOE, qui a ecrit beaucoup, on peut voir la liste de ses ouvrages, tous
ecrils eu allemand, dans le Dictionnaire deme decine en 60 volumes, paitie bio-
grapbique, naquit en \ 647, et mourut le 5 Janvier 1685, d uue cbute quilui frac-
tura le crane, et sans qu il ait permis qu on le saignat pour combattre la congestion
et meme 1 epanchement sanguiu. C est que Bontekoe etait un grand apotre de la
doctrine iatro-chimique de Francois de le Boe, c est-a-dire de la theorie de 1 alca-
lescence etde 1 acidite des bumeurs, et que, comme cela arrive presque toujours,
il outre-passa le maitre. Les amateurs de the, de cafe, de chocolat et de la pipe
devraient lui clever un monument ; car il poussa jujqu a la demence sa devotion
pour ses quatre choses. II represeuta le the comme une panacee universelle,
comme le meilleur remede pour neutralise! I acide de 1 estomac et combattre les
fievres. II alia memejusqu a dire qu il est excellent pour perfectionner I education
physique et morale, parce que le the abonde en esprits subtils qui se rapprochent
beaucoup des esprits animaux. Aussi, voulait-il qu on en but jusqu a cent et deux
cents tasses jour. Dans sa theorie pathogenique de 1 epaississement, de la viscosite,
du peccantisme du sang, il faisait jouer un grand role a la circulation nouvelle-
ment decouverte, et il inondait cette circulation de quantites enormes de liquides,
qui lavaient, balayaient, entrainaient bs matieres peccantes.
J oubliais de dire que Corueille de Bontekoe declarait dans ses conferences, dans
ses consultations, dans ses ecrits , que pour se bien porter, on ne doit pas quitter
un seul instant la pipe. A. C.
uo.vri. Voy. SQUINE.
novrirs (Les). On connait trois medecins de ce nom, et appartenant tous a
la meme famille.
Bontius (GERARD), savant erudit et helleniste, ne dans le pays des Gueldres,
prolesseur a 1 Universite de Leyde, ou il mourut le 19 septembre 1599. C est lui
qui estl inventeur des pilules hydragogues, dites de Bontius, composees d aloes,
de gomme-gutte, de gomme ammoniaque et de vinaigre.
Bontius (REGMER), fils aine du precedent, ne a Leyde en 1576, devint pro-
fesseur de medecine dans 1 Uuivcrsite de cette ville, et medecin du prince de Nassau.
11 mourut en 1615, sans avoir rien ecrit.
Bontins (JACQUES), frere cadet de Regnier, naquit pareillcment a Leyde, p;irtit
(1627) pour les Grandes-Indes, et habita un grand nombre d annees Java, en qua-
BUK. 75
lite de premier chirurgien, du gouvernement de Batavia etde la Compagnie Hol
land aise des Indes. On a de lui :
I. De medicina Iiidorum libri quatuor. Lugd. Batav., 1642, in-12 , et plusieurs autres
editions. II. Opuscula varia. Amstelod., 1658, in-fol.
BOO>I-UPAS. Voy. ANTIAR.
BOOT (Les); on compte trois medecins distingues de ce nom.
Boot (GERARD), etait de Gorcum, ville forte de la Hollande, a 13 lieues
d Amstcrdam, ou il naquit en 1604; mais il passa vers 1630 a Londres, ou il de-
vint medecin de Charles I er . [/execution de ce roi (1649) lui fit quitter les iles
Britanniques, et il alia mourir a Berlin 1 annee suivante. Gerard Boot a droit au
souvenir de la posterite par le bel ouvrage qu il a ecrit sur I lrlande, et qui a etc
public apres sa mort. Get ouvrage, le premier qui ait etc public sur 1 histoire na-
turelle de I lrlande, et que Ton consulte encore aujourd hui avec fruit, porte
ce tilre :
Ireland s Natural History, being a True and Ample Description of its Situation, Greatness,
S/taj>e, and Nature of its Hills, Woods, etc. Lond., 1652, in-8, etc. P. Biot 1 a donne" en
frangais. Paris, 1600, in-12, 2 vol. A. C.
II n est pas inutile de dire qu en arrivaut en Angleterre, et pour mettre 1 ortho-
graphe de son nom en harmonic avec la langue du pays, Gerard Boot se lit appeler
Gerard Boat, et que c estsous ce nom qu ou le trouvedans toutes les biographies
anglaises.
Boot (ARNAUD), frere du precedent, naquit aussi a Gorcum, en 1606, et s expa-
tria pareillement en Angleterre. Les evenements politiques Ten chasserent, et i]
se refugia en France. C est, je crois, a Paris, qu il termina sa carriere en 1650.
Jean-Noel Paquot, professeur a 1 universite de Louvain, a donne dans ses Me-
moires, etc., publics en 1755-1770, la liste complete des nombreux ouvrages de
ce savant homme. Nous nous contenterons de mentionner le suivant :
Observations medicce de affectibus omissis. Lond., 1649, in-12, etc.
Boot (CIIRISTOPHE). Celui-la etait de Breme, dans le royaurae fie Hanovre, et
il y mourut le 25 mai 1725. Je ne connais.de lui que sa these doctorale :
Dissertalio de privilegiis medicorum. Duisbourg, 1697, in- i. A. C.
BOPADEVA. Ce nom est celui de 1 auteur d un ouvrage Sanscrit relatif a la
pharmacopee, et intitule Bopadevacataka, la centurie de Bopadeva; il en a cte
public Vine edition a Bombay, accompagnee d un commentaire en langue mahratte.
On attribue au meme auteur une oeuvre restee manuscrite jusqu ici, intitulee
Cendrakala, mais, qui ne nous est connue que par le litre donnee par Ainslie.
BICI.IOGRAPIME. Bopadevacataka , with a Commentary in Mahratti. On Medicaments,
80 p. in-8 lithog. Bombay, 1860. Chendrakala. A Medical Work, by Bopadeva. (Ainslie,
Maler. Indica, t. II, p. 495.) LIETARD.
BOQUETTIEB. VoiJ. PoMMIER.
Boa, BORI. (Voy. JUJUBIER.) Au Senegal, il y a un arbuste appelc de cenom
par les negres du Fouta-Dbialloii (MOLLIEN, Voyacj., II, 57, ex MER. et DEL.,
Diet , I, 645), et dont on retire un sel qui sert a preparer les aliments. Le Bori
des Malais est le Croton Tiglium L. H. BN.
BORASSUS L. Genre de planter, de la famille des Paimiers, qui a donne son
nom a !a tribn des Borassinees, formee de genres a fleurs diclines, enfouies dans
BUttAOJMJO.
des cavites que portent les divisions de 1 axe de 1 inflorescence. Le gynecee est forme
decarpelles nnis entre euxenun seul ovaire uniloculaire ; les ovules sont solitaires,
ascendants ou resupines, dans chaque loge. Le fruit est une drupe, indivise outri-
lobee. Outre ces caracteres generaux du groupe, les Borassus se distinguent par
des fleurs dio iques, et un spadice enveloppe de plusieurs spathes incompletes.
Les fleurs males sont disposers en chatons cylindriques, charges d un grand nombre
de braetees rapprochees. Leurs fleurs sont nombreuses, groupees dans les fossettes
du racbis, formant deux series distiques, et elles s epanouissent de haul en bas.
Leur perianthe a six divisions, et leur androcee, six etamines unies a la base. Les
fleurs femelles forment des epis moins nombreux et moins charges de bractees. Elles
sont solitaires au-dessus de chaque bractee, et accompagnees de deux ou plusieurs
bracteoles qui les enveloppent dans leur jeune age. Leur perianthe et leur androcee
sont les memes que dans les fleurs males ; mais les anUieres sont steiiles. L ovaire a
ordinairement trois loges, rarement deux ou quatre, et le fruit est une drupe a
pareil numbre de noyaux monospermes. Les graines ont 1 albumen eartilagineux,
et 1 embryon vertical. Les tiges des Borassus sont cylindriques, dressees, abois dur
et noiratre au dehors.Les feuilles sont groupees au sommet en un bouquet terminal.
Leur petiole est epineux sur les bords, et leur limbe est arrondi, flabellilbrme, a
divisions bifides seulement au sommet. Les spadices sortent du milieu des bou
quets de feuilles. Les especes qui nous offrent de 1 importance sont les suivantes.
I. Borassus flabelliformis L. (Mus Cliff., 13; Fl. zeylan., 395). Cette
belle espece est 1 arbre indien que Rheede a decrit sous les noms de Carim-
pana et A Ampana. C est encore le Palma coccifera malabar de Mentzel, le
Palma indica Tal d Hermann, le Palma javanensis longissimo folio Lontar de
C. Bauhin, et le Lontarus domestica de Rumphius. On le trouve, non-seulement
dans la presqu ile indienne et a Ceylan, mais encore a Java, dans lesiles de la Sonde,
lesMoluques, etc. Sa tige noiratre s elevejusqu a 30,50, oumeme lOOpieds; elleest
cylindrique ou plutot longuement attenuee en cone, terminee par uu bouquet de
feuilles, chacune de 8 a 10 pieds de long. Ses produits utiles sont nombreux :
Arbor summce utilitatis, dit M. de Martius. On a dit encore que le Cocotier est
le seul arbre de la famille des Palmiers qui rende plus de services que celui-ci. On
mange a Ceylan comme legumes les jeunes planles et les jeunes pousses, soil
fraiches, soil dessechees. Elles servent a prcparer le Caol, le gruau des Cingalais,
ainsi que la farine de Ralinga qui entre dans la composition des mets les plus va
ries. C est des spathes non ouvertes qu on retire le Toddy, liqueur eminemment fer-
mentescible, qui sert de levure a Ceylan et qui se boit, soit fraiche, soit transformee
par la fermentation enbreuvage vineux tres-recherche. On fabriqued ailleursavec
ce vin du vinaigre analogue au notre. Le sue est riche en matiere sucree et sert
aux memes usages que celui de 1 Areng. Ce sucre est le Jaggery ou Jagre , exporte
en quantite considerable de 1 Inde orientale, et bien meilleur, dit-on, que le sucre
de canne. Les fruits sont riches en matiere feculente, puis sucree. On les mange
crus, ou torrefies, ou bien on en prepare une sorte de confiture dite Panatao, qui
autrefois s exportait en assez grande quantite et etait consommee dans les colonies
hollandaises et en Hollande meme. Le jagre de Borassus a servi a certaines epoques
a nourrir des milliers d Indiens. Non-seulement les tranches du pericarpe grillees
constituaient pour eux un aliment journalier, mais encore ils buvaient comme ra-
fraichissant le liquide des graines non mures ; et en faisant cuire dans 1 eau le sue
exprime de ces fruits, puis en laissant la preparation s epaissir, ils obtenaie.nt le
Punata, sortc de pate qui se moule en pains carres dont on fait des provisions pour
BOKASSUS. 75
1 liiver. Le sue de la racine n est pas aussi sucre ; il est employe comme astringent et
constitue, au dire des Indiens, un remede efficace centre les diarrhees et les dysente
ries . Le bois lui-meme est utile; celui des pieds femelles est noir , pesant et dur comme
la pierreoula corne ; il sert a la fabrication d un grand nombre d ustensiles. L e-
corce est aussi de couleur foncee ; on 1 a souvent importee en Europe pour la fabri-
cation de divers ouvrages de tour. Les feuilles servent a couvrir lesmaisons, a fabri-
quer des paniers, des sacs, de bonnes nattes qui conduisent mal la chaleur et
peuvent servir de literie, et enlin un papier particulier souvent employe dans
1 Inde.
II. B. JEtliiopum MART. (Palm., 220). Cctte espece que M. de Martius n a
rapportee qu avec doute a ce genre, est le B. flabelliformis do Thonning et Schu
macher, mais non celui deLinne. G est elle qu Adansoa designe, dans son Voyage
au Senegal, sous le nom de Bondice ou Latanier. Elle a ete observee dans 1 A-
frique tropicale, sur les plages niaritimes. C cst un bel arbre de 60 a 70 pieds de
hauteur, dont la tige se renfle au-dessus du milieu de la hauteur et devient a ce
nivenu deux fois aussi epaisse qu elle etait asabase. Ses feuilles, longues de 5 a 12
pieds, ferment une large tete en eventail. On 1 appelle dans son pays natal Bonn et
Viye-Tjo. C est peut-etre la meme espece qui se retrotive sur la cole orientale de
1 Afrique etque Loureiro a indiquee comme croissant a Mozambique, ou on 1 appelle
Murume. Earth 1 a retrouvee dans 1 Alrique centrale, ou, dit-il, ses produits la
rendent aussi importante qu est le Dattier chez les Arabes. Les fruits sont de
grandes dimensions (8 a 9 pouces de long sur 6 a 7 pouces de large). Us pesen! de
4 a 5 livres et sont comestibles, quoiqu un peu amers ; on les mange crusou cuits.
Us out un gout de Mammcea, d abricots ou d ananas, et sont recherches par les
negres qui en font leur priucipale nourriture. Leur saveur est acidule et, lorsqu ils
sont grilles, elle devient analogue a celle des coings. L albumen est liquide, laiteux,
comme celui des Cocos, avant sa maturite ; il sert de boisson et passe parmi les
negres pour aplirodisiaque. On mange aussi les jeunes pousses cuites comme le
gumes, et Barter a vu prcparer une espece de farine avec les racines. Les feuilles
servent a fabriquer des coiffures, des nattes, des eventails, etc.
III. On cite comme produisant du sagou par sa moelle le B. Tunira, dont les
fruits servent, dit-on, aux memes usages queceux du Cocotier. Sans doute cette plante
est la meme que le B. lliur GIESECK., Prcel. , 87, n. 3, dont M. de Martius donne
la diagnose suivante : Caudice procero Icevigato ; petiolismarginespinisrobu-
stis sur sum longioribus, spadice laxe ramoso ; drupis oviformibus ; corticeru-
goso in tesseias diremto. Rumpbius a seul vu cette plante qu il appelle Lonta-
rus Ihur, dans son Herbarium amboinense (I, 56, t. 12). Blume en a fait une
espece de Pholidocarpus , genre auquel il rapporte egalementle B. tunicataLom.
Le B. Ihur est un arbre aussi grand que le Cocotier ; sa farine est, dit-on, infe-
rieure au veritable Sagou ; on le trouve dans les iles Bourou, a Timor, et, plus
rarement, a Amboine. Son nom malaisest^Fw/va-fJfrm.
Le B. Gomutus LOUR, est un ARENG. (Voy. ce mot.) H. BN.
L., Gen., ed. 1764, 571, n. 1220. NECK., Elem., Ill, n. 1705. LAMK, Diet., VI, 257;
Illustr., 89. -- ROXB., PI. coromand. , I, 50, t. 71, 72. MER. et DEL., Diet., I,
612. RUUPH., Herbar. amboin., I, 45, t. 10. ADANS., Fam. des pi., II, 25. G/ERTN.,
Fruct., I, 21, t, 8. Juss., Ge.,59. DE MABTIUS, Hist. nal. Palmar., 218, t. 108, J21t-
162, Z. V, Z. XV. ROSENTH., Synops. plant, diaphor., 155.
L acide borique, en se coml)inant avec les oxydes metalliques,
forme les borates ; ceux-ci sont pour la plupart insolubles dans 1 eau, ii iVy a
76 BORAX (CHIMIE).
de solubles que les borates de potasse, de soude et d ammoniaque; par consequent
tous les aulres borates peuvent etre prepares par la double decomposition d un
sel metallique quelconque soluble, par un borate alcalin. Les borates alcalins
ont une reaction alcaline, plus foible cependant que les carbonates correspondents.
Exposes a 1 action de la chaleur, les borates eprouvent la fusion ignee ; dans cet
etat ils sont susceptibles de dissoudre differents oxydes metalliques, et de former
ainsi, par le refroidissement, des verres colores ou incolores suivant la nature de
1 oxyde dissout (essais au chalumeau). Par la voie hu mide, tous les borates sont
decomposes par presque tous les acides. A la temperature rouge, au contraire,
1 acide borique decompose presque tous les sels metalliques.
Pour reconnaitre un borate soluble ou insoluble, on le traite, a 1 ebullition, par
de 1 acide azotique dilue jnsqu a dissolution dii sel. Par le refroidissement, 1 acide
borique cristallise ; on le reconnaitra facilement a Ja propriete qu il possede de
colorer la flamme de 1 alcool en vert. LUTZ.
lioit A\ BORAX, BIBORATE DE SOUDE. I. Chimie. Le borax existe, tout forme,
en dissolution dans quelques lacs sales de 1 Inde. Autrefois, tout le borax employe
etait tire de la. On 1 obtenait par 1 evaporation des eaux de ces lacs ; le produit de
cette evaporation etait expedie en Europe, sous le nom de Tinkal, et soumis au
raffinage. Aujourd hui la presque totalite du borax employe en France se prepare
au moyen de 1 acide borique de Toscane et de la soude artificielle.
On le trouve dans le commerce, sous deux formes diflerentes : le borax ordi
naire, ou pristnatique , et le borax octaedrique. Ces deux sels ne different que par
la proportion d eau de cristallisation. Le borax ordinaire a pourformule NaO,2Bo0 5
-4-1 OHO. 100 parties de ce sel renferment -47,2 parties d eau. Le borax ordinaire
ne renferme que 5 equivalents d eau de cristallisation ou 50,8 pour 100.
Le borax ordinaire a la forme de prismes hexaedres, termines par des pyra-
mides triedres. II a une saveur urineuse et une reaction alcaline ; il est soluble
dans 2 parties d eau bouillante et dans 12 parties d eau froide; il est insoluble
dans 1 alcool. II se conserve transparent dans unair charge d humidite. Mais a Tan-
sec il est efflorescent. Ciiauffe, il fond d abord dans son eau de cristallisation, puis
ilse boursoufle, se desseche, et eprouve, apres avoir perdu toute son eau, la fusion
ignee; il se presente alors sous la forme d un liquide visqueux, qui ne cristallise
pas par le relroidissement, la matiere solidifiee, presente un aspect vitreux. Lavis-
cosite du borax fondu est telle, qu on peut le tirer en longs fils tres-tenus. Le borax
fondii a la propriete de dissoudre les oxydes metalliques, et prend alors des colo
rations particulieres, qui permettent dans les essais au chalumeau, de distinguer
les differents metaux les uns des autres. Ainsi, le manganese lui donnera uneteinte
violette, le cobalt, un bleu intense ; le fer proloxvde, une nuance vert bouteille; le
peroxyde de icr une teinte jaune ; le chrome,, le vert emeraude; etc., etc. Cette
propriete de dissoudre les oxydes metalliques, le fait en outre employer dans les arts
pour la soudure des metaux. Cette soudurene peut avoir lieu qu a la condition que
les deux surfaces a reunir soient parfaitement propres, qu elles soient kien deca-
pees, afin que la soudure 1 fondue se trouve en contact immediat avec le metal.
Au moyen du borax, on obtient facilement ce resultat, car, outre que ce sel dissout
les oxydes deja formes, en subissant la fusion ignee, il forme un vernis qui pre
serve les metaux d une oxydation ulterieure.
1 On donne ce nom a un metal ou a un alliage metallique plus fusible que les deux par
ties a reunir et qu ou interpose entre ces parties.
BORAX (PHARMACOLOGIE). 77
Les proprietes du borax octaedrique, a la forme et au degre d hydratation pres,
sont les raemes que celles du borax ordinaire. Ses cristaux restent h ansparents
dans un air sec, etdeviennent opaques dans 1 air humide, on observe juste le con-
traire pour les cristaux prismatiques.
Preparation. On tait dissoudre dans 20 parties d eau bouillante 12 parties de
carbonate de soude; a cette dissolution on ajoute 10 parties d acide borique, en
ayant soin de n ojouter cet acide que par petitcsquantites a la fois, afln que 1 effer-
\escence produite par le degagement de 1 acide carbonique ne fasse pas deborder le
liquide. Quand la saturation est terminee, on evapore jusqu a ce que la liqueur
marque 21, 2; on laisse reposer. Un depot de matieres insolubles se forme. On
soutire la liqueur claire par le refroidissement; le borax cristallise. On lui fait subir
une seconde cristallisation pour le purifier completement.
Le borax octaedrique s obtient de la meme maniere, seulement il faut operer
i sur des dissolutions plus concentrees, de maniere que la liqueur marque 30, a
/ 1 areometre Baume, a la temperature de 100. La cristallisation du borax octae
drique commence quand la temperature de la liqueur est a 79, elle continue jus
qu a ce qu elle se soil abaissee a 56. A ce moment, il faut se hater de soutirer les
eaux meres, car c cst maintenant au tour du borax prismatique a se former, 1 eau
mere soutiree en laisse deposer une grande quantite.
Les borax sont titres au moycn de 1 alcalimetrie. (Voy. ce mot.)
En ei fet, 1 acide borique a, comme 1 acide carbonique la propriete de ne commu-
niquer a la teinture de tournesol que la couleur rouge vineuse; il sera done facile
de saisir le moment de la decomposition totale du borax par la solution anormtle
d acide sulfurique, par la teinte rouge pelure d oignon qu un exces de cet acidc
communique au tournesol.
11 faut operer sur 10 gr ,282 de borax, que Ton dissout dans 50 centimetres
cubes d eau. Si le borax est pur et anbydre, il cxige 100 divisions d acide normal.
Si le borax est de la variete prismatique pure, la decomposition exige 50,2 divi.
50 2
sions, et le sel renferme -r -r- de borax reel. LUTZ.
100
II. Pharmacologie. Des deux borax indiques plus haul, celui que Ton
emploie en medecine est le borax prismatique. II est fourni par le commerce,
mais on doit s assurer de sa purete. Les substances qui servent quelquefois a ]e
falsifier sont 1 alun, le sulfate de soude, le cblorure de sodium. II peut coutenir en
outre du borate de chaux, du borate de magnesie, ou du borate double de chaux
et de magnesie, resultant, soit d une purificalion incomplete de 1 acide borique
employe dans la fabrication du borax artificiel, soit d un raffinage imparfait du
tinckal ou borax naturel, si, ce qui est rare aujourd bui, le produit commercial
en provenait. Ges borates terreux, en diminuant les proprietes actives du borax,
nuisent aussi a sa solubilite.
Poudre de borate de soude (Codex) : borate de soude cristallise, Q. V. Pilez
dans un mortier de marbre. et passez au tamis de soie.
Cette poudre s emploie en nature , ou sert aux direrses preparations de
borax.
En formulant ou en preparant les solutions de borax, qui sont tres-employees
et appliquees a divers usages, il est bou de se rappeler que le degre de solubilite
de ce sel n est pas tres-considerable ; le Codex porte que 1 parlie se dissout dans
8 d eau froide; mais encore faut-il que 1 eau soit distillee, a la temperature de 20,
78 BORAX (ACTION PHYSIOLOGIQUE ).
et que le borax soil pur. L addition au solute d une certaine quantite d alcool,
dans lequel le borax est insoluble, iorcera a diminuer la quantite de borax que
Ton voudra dissoudre. Au contraire, le miel et la glycerine, dans lesquels il est
tres-soluble, permettront d en employer une proportion plus considerable que dans
1 eau simple, surtout si Ton dissout au prealable le borax dans le raiel et surtout
dans la glycerine, pour n ajouter 1 eau qu ulterieurement.
Gargarisme borate. Borax, 8 grammes; infusion de feuilles de ronces, 250;
miel rosat, 52. (Soubeiran.)
Garyarisme contre le mucjuet. Borax, 8 grammes ; eau distillee, 200 ; hy-
drolat de mentbe, 50.
CoUijre borate. Borax, 1 ou 2 grammes; eau distillee, 100. Filtrez. On em-
ploie souvent pour vebicule lout ou partie d eau distillee de roses. Mais il ne faut
pas accepter une formule de Soubeiran, reproduite pard autres auteurs, qui porte
moitie <3 1 eau de laurier- cerise; celle-ci, surtout dans cette proportion, pourrait
determiner une irritation facheuse de la conjonctive. Foucher ajoute aux collyres
borates unpeu de glycerine.
Lotions au borax. Borax, 8 grammes; eau distillee, 100. Borax, 10, glyce
rine, 20 ; eau distillee, 80. Gontre le prurit, les ephelides, le pityriasis et autres
manifestations herpeliques.
Collutoires. 1 Miel borate : mielet borax pulverise, de chaque, quantite va
riable, selon 1 effet que 1 ou veut produire ; Trousseau mettait parties egales. 2 Mel-
lite de borax : borax, 4 a 8; mellite simple (eau et miel, parties egales), 50.
5 Glycere de borax : glycerine et borax dans les proportions diverses indiquees
pour les deux, precedentes preparations. Le borax se dissout dans la glycerine, dans
la proportion de 60 du premier pour 100 de la seconde. (Dorvault.)
P<.mmade de borax. Borax en poudre, 1 ; axonge, 8. Melez surun porphyre.
Mauvaise preparation, a remplacer par un glycere.
Sirop de borax. (Soubeiran.) Borax en poudre et sirop simple, aa parties egales.
Melez. Barbouillez la bouche des enfants qui ontle muguet.
Sirop borate. (Trousseau.) Borax pulverise, 5 grammes; sirop de sucre, 100.
Une cuilleree a cafe, 7,8 et 10 Ibis par jour, en ayant soin de ne pas laire boire
immediatement. Employe contre le catarrbe larynge.
Substances incompatible -s. Les acides, qui decomposent le borax, en elimi-
nant 1 acide borique ; les sels terreux et metalliques, qui, par double decomposi
tion, donnent lieu a des borates insolubles.
111. Action physiologique. L action pbysiologique du borax a ete, jusqu eu
cesderniers temps, apprecieedela manierela plus erronee. On trouve, dans les au-
teui s, ce medicament considere indifleremment comme astringent et comme detersif,
parfoismeme comme possedant ce double caractere; cequi implique contradiction,
II est vrai que, autrefois, on ne se rendait pas bien compte de 1 action detersive;
c est a M. Mialhe que Ton doit d en avoir precise la nature et montre qu ellese lie
toujours a une action chimique fluidifiante ; c est egalemcnt lui qui, le, premier, a
fait reniarquer que le borate de soude est flnidifiant et non astiingent (Traite de
!\!rt de formuler et Chimie pliysiologique) . Dans les premieres editions de leur
Traite de matiere me dicale, MM. Trousseau et Pidoux avaient classe le borax dans
les irritants ; et le premier de ces auteurs 1 avait, apres.Bretonneau, considere
comme un irritant substitutif, erreur theorique et toute contraire aux faits, qui ne
s estque trop reproduite dans d autres eerits. Enfin, dans laderniere edition dece
traite, le borax est place parmi les astringents ; et un medecin beige, qui recem-
BORAX (THERAI EUTIQUE). 79
ment s est occupe du borax, M. Davreux, attribue a une action astringente seseffets
therapeuliques, mais il en est tout autrement.
Si, en effet, dans du serum de sang on verse une dissolution de boratc de soude,
il ne se produit aucune coagulation.
Si meme, apres avoir determine dans le serum un coagulum, soit par 1 alun,
soit par 1 alcool, on fait intervenir une dissolution de borate de soude, ce coagulum
se dissout completement.
Ainsi, non-seulement le borax n est pas un coagulant comme le sont tous les
vrais astringents, mais i I est meme un fluidifiant.
Nos experiences, a cet egard, confirment pleinement celles de Miallie. Gubler
(Commentaires the rapeutiques du Codex) constate egalement que le borax dissout
les composes proteiques.
II suffit, au reste, d examiner atfentivement la maniere dont se comporte ce
medicament centre les affections locales auxquelles on 1 oppose, pour reconnaitre
qu il deterge les muqueuses par 1 attenuation et la fluidification des produits pul-
taces ou membraniformes qui les recouvrent, ou tout au moins en favorisant
Icur expulsion, ce qui n aurait pas lieu au meme degre s il agissait comme astrin
gent.
De meme, 1 action topique du borax n est nullement irritante, ou elle ne Test
qu exceptionnellement sur dessurfacestres-sensiblesousur des tissustres-enflammes;
souvent meme elle est franchement calmante, comme le prouve son influence sur
le prurit de certaines parties. C est done pure illusion d en attendre des effets d ir-
ritation substitutive ou aslrictive ; le borax est le plus doux des alcidins et ne pro
duit, localement, que des effets detersifs, resolutifs, et sedatifs, ceux-ci dus
probablement a 1 action propre de son acide, repute jadis antispasmodique et cal-
mant, sous le nom de sel sedatif de Homberg. (Voy. BORE, ACIDE BORIQUE.)
Pris a 1 interieur, le borax, jusqu a la dose de 2 a 4 grammes, ne donne lieu a
aucune sensation appreciable ; a plus fortes doses, il peut exciter des nausees, des
vomissements, et, par un usage prolonge, amener la cachexie alcaline comme
toutes les preparations de ce genre. II stimule la secretion urinaire, favorise la
dissolution de 1 acide urique ; il s elimine sans alteration par 1 urine. (Wohler,
Steliberger.) Binswanger 1 aretrouve dans le sang de la veine porte, dans la bile,
dans la salive, et pretend qu il determine, pendant son passage a travers la peau,
une eruption impetigineuse (Gubler, loco cit.). On lui a aussi attribue, particulie-
rement en Allemagne, une action excitaute sur 1 uterus et sur le sens genital; en
France, ce mode d action a ete peu etudie, ou conteste. (Duchateau, Trousseau,
Gubler.) Toutefois, taut sous ce rapport que comme antispasmodique et, sedatif in
terne, il ne serait pas sans quelque interet d experimenter de nouveau ce medi
cament.
IV. Th^rapeutique. A I exterieur, le borax s emploie frequemment et me-
rite, en effet, d etre employe dans des cas assez nombreux de therapeutique
externe :
1 Sur les muqueuses. Les diverses inflammations de la muqueuse oculaire
sont souvent heureusement modifiees par les dissolutions etendues de ce sel. Les
collyres borates conviennent aux ophthalmies catarrbales, avec secretion pun forme-
ils agissent favorablement contre les engorgements chroniques de la conjouctive et
des paupieres; mais ils peuvent aussi n etre pas moins efticaces contre la conjoncti-
vite aigue, dont ils amenent souvent la resolution mieux que les collyres astringents
plus vulgairement employes. Les taies de la corneecedentparfois a 1 influence pro;
80 BORAX (TIIERAPEUTIQUE).
longee de leur action dissolvante. Us detcrminent, en general, peu ou point d irri-
tation, celle-ci, du reste, pouvant ctre prevcnue par 1 adjonction de quelque prepa
ration opiacee ouatropique; et ils contribuent meme a combative la photophobia
qui accompagne ccrtaines ophthalmies. On pent done considerer le borax, trop ne
glige sous ce rapport par quelques praticiens, comme 1 un des moyens les plus
ulilesde la therapeutique oculaire.
On en fait un plus frequent usage contre les lesions de la muqueuse buccale.
Utile contre la stomatite erythemateuse, la palato-pharyngite granuleuse, 1 angine
tonsillairc dont il favorise la resolution, il s adapte plus particulierement aux cas
ou existent des exsudations pultacees ou membraniformes ; telles sont les angines
pultacee et herpetique, lastomalite aphtheuse ; mais ilsemontre insuffisant contre
la diphtheric, la stomatite mercurielle,la stomatite ulcero-membraneuse, cas dans
lesquels il cede la place au chlorate de potasse qui lui est alors tres-superieur. En
revanche, il reprend 1 avantage dans le muguet; nul aulre moyen topique ne 1 e-
gale pour la promptitude avec laquelle il fait disparaitre le pointille ou les plaques
membraniformes constitues par Ydidinm albicans; et il reussit de meme par tout
oil se developpe cette mucedinee, au prepuce chez 1 liomme, au mamelon ou a la
vulve chez la femme. II agit, dans cette circonstance, tant par ses proprietes dis-
solvantes et detersives, que par son caraclerealcalin,en corrigeant le milieu acide
qui cst la condition de developpement de \ oulium albicans. (Cli. Robin, Gubler.)
Aussi est-il bon alors de n employer, dans les gargarismes ou collutoires, ni le miel
ni le sucre, facilement transformables en produits acides au contact de la muce
dinee du muguet, et de nerecourir qu a depurcs solutions aqueuses (voy. PHAR-
MACOLOGIE, notre formule),ou tout simplement a la poudre de borax.
Recommande contre la leucorrhee, le borax convient specialement a celles qui
se lient a un etat d herpetisme general ou local, qui sont entretenues par des ero
sions ou des granulations du col uteriu. On pent, en pareil cas, augmenter I effi-
cacite du borax en le dissolvant dans une infusion de camomille, et surtout en
ajoutant, soit a cette intusion, soit meme a la simple dissolution dans 1 eau pure,
quelques grammes d une teinture balsamique teinture de benjoin, de myrrhe
ou de styrax. Le bien que nous avons retire de ces injections vaginales nous a
porte a essayer le meme moyen contre la blennorrhee, chez 1 homme, degeneree
en catarrhe opiniatre et se liant aussi a une constitution herpetique, et il nous a
parfois reussi.
2 Sur la peau. Diverses affections de la peau sont amendees ou gueries par le
borax.
Nous citerons d abord les eruptions prurigineuses, et de meme les prurits sans
eruption, tel que le prurit vulvaire, lesquels peuvent disparaitre sous 1 influence
des lotions boratees. II est necessaire d employer ici des solutions le plus concentrees
possible, 8 grammes de sel pour 100 d eau ; et encore est-il bon d augmenter son
action sedative en faisant entrer dans le vehicule dissolvant plus ou moins d eau
distillee de laurier-cerise. Malgre cette precaution, le borax se montre souvent,
comme antiprurigineux, inferieur au carbonate de potasse et au sublime corrosif.
Apres avoir ete recommande par plusieurs auteurs contre les affections herpe-
tiquesdela peau (Starke, Hufeland, Reinhardt, Dewees, Recamier), ilaete examine
par Biett etCazenave, qui 1 ont employe avec avantage dans beaucoup de cas, et le
recommandent particulierement contre les formes secbes, 1 eczema chronique et
le lichen. Nous avons applique avec succes une solution legere de borax (2 a 4
grammes pour 100 d eau) au traitement de quelques eczemas aigus, avec suinte-
BORAX. 81
meat plus on moins abondant, en alternant cette solution avec une poudre coin-
posee d amidon, 7 parties, et sous-nitrate de bismuth, 1 partie. Nous consoillons ce
traitement contre 1 intertrigo. Si le suintement est considerable, on peutauginenter
la dose de bismuth, ou lui substituer 1 oxyde de zinc.
De toutes les affections herpetiques, il n en est peut-etre aucune qui cede mienx
au borax que le pytiriasis capitis ; il y agit, non-senlement en nettoyant parfaite-
ment le cuir chevelu, mais encore en prevenant le retour de la desquamation
epidermique. Mialhe a inslitue a cet effet une excellente formule, et dont nous
avons eu constamment a nous louer : borax, 10 grammes; alcool et eau de roses,
de chaque 125 grammes.
Le borate de sonde, en solution concentree dans 1 eau de roses ou de fleurs
d oranger, a ete conseille par Hufeland contre les laches de rousseur et les rougeurs
du visage. En insistant sur ce moyen, on obtient effectivement paribis la dispari-
lion des ephelides et des rougeurs cutanees due a I m-theme cbronique ou a la
couperose. 11 faut moins y compter contre les novi o laches de naissance, nieme
lorsque celles-ci sont superficielles, malgre 1 affirmation favorable de Starke. Hufe
land 1 a aussi recommande, en pommade, contre les engelures ; mais la il est
moins efficace que 1 alun (Bouchardat), et surtout que les hypochlorites alcaiins.
(D. de Savignac.)
Enfm des liqueurs boratees out servi parfois a modifier avantageusement les
ulceres scorbutiques, scrofuleux et canceieux (Biblioth. medic., LX1V, 156;
Merat et de Lens). L action douce, detersive et resolutive du borax sur la peau,
lui donne une certaine valeur cosmetique ; il la depouille des pellicules epidermi-
quesetdes produitssebaces, sans 1 irriter ; et sous ce rapport, il convienta la piv-
paration des bains alcalins, mieux que les carbonates de soude ou de potasse, pour
les personnes qui out la peau irritable et delicate; il peut d ailleurs etre tres-utile
sous cette forme pour combattre les diverses lesions cutanees dont il a ete question
plus haut, et notamment le lichen et le prurigo.
A I interieur, le borax a recu beaucoup moins d applications a la therapeu-
tique interne.
II a ete d abord, au meme titre que 1 acide borique, employe comme sedatif et
temperant. Recamier lui attribuait ces proprietes, etle jugeait en outre susceptible
de fa\oriser la diaphorese.
Wetzler lui ayant reconnu la propriete de dissoudre 1 acide urique, il fut propose
contre la gravelle.
Suppose, a tort, astringent, il a aussi ete conseille contre la diarrhee.
Mais c est surtout comme medicament emmenagogue et obstetrical qu il a joui
d une certaine reputation en Allemagne et en Hollande. On le disait propre a
exciter 1 eruption des menstrues, le travail de 1 accouchement, 1 ecoulement des
lochies. (Starke, Loefler, Mynsicht, Gren, Burdach, Loesecke, Lobstein, Van Kra-
nendonk.) S il etait souvent associe a des substances qui pouvaient revendiquer
une part de 1 action produite, parfois aussi on 1 employait seul, et son influence sur
les contractions uterines ne s en serait pas moins manifestee. Ce mode d action,
peu experimente d ailleurs en France, y a ete constate ou nie. (Duchateau, Trous
seau, Cazenave.) Plus recemment, le docteur Spengler (d Ems), reprenant 1 etude
du borax comme agent obstetrical, a cru reconnaitre qu il trouve son opportunite
dans les cas ou la 1 emme est en proie a une exaltation de la sensibilite, a un etat
spasmodique, avec crampes et douleurs, mettant obstacle a la parturition. II en
resulterait que le borax serait indique dans les conditions inverses a celles qui
DICT. ENC. X. 6
82 BORBOiNIE.
reclament 1 usnge du seigle ergote. (Trousseau et Pidoux, Traite de therapeiilique
et de matiere medicale, 8 e edit., 1868.)
Vu la difficulte de faire se gargariser les jeunes enfants, Trousseau leur admi-
nistrait, dans le catarrhe larynge, un sirop borate (voy. PHARMACOLOGIE) qui agis-
sait topiquement a 1 entree des voies aeriennes.
Pour parer a cette meme difficulte, M. Davreux conseille des pastilles chacune
du poids de 2 grammes et contenant 15 centigrammes de borax.
L emploi d un pinceau, trempe dans un collutoire borate ou charge de poudre
de borax, et promene a la surface de la muqueuse buccale, nous parait preferable
a ces deux dernieres sortes de moyens.
Les principaux modes d administration du borax ont etc suffisamment indi-
ques dans la partie pharmacologique de cet article. Quant aux doses., elles sont,
pour 1 emploi interne, de 50 centigrammes a 1 gramme, le borax etant present
comme tcmperant; s il Test en vue de favoriser le travail de 1 accouchement, de
2 a 4 grammes, par fractions ; 2, 4, 8 grammes, comme lithontriptique.
A I exterieur, il peut etre employe a toutes doses, depuis les solutions le-
geres pour collyres, jusqu aux solutions saturees pour gargarismes, collutoires,
lotions, etc.
Pour bains, 100 a 250 grammes.
E. LEMERY. Sur le borax. In Acacl. roy. des sciences, 1703, hist., p. 63;
memoires (1 et 2). Experiences et reflexions sur le borax, d oii I on pourra tirer qiielgues
linnicrcs sur la nature ct les proprietes de ce sel, et sur la manicre dont il agit, non-
seulcment sur nos liqueurs, mais encore sur les metaux dans la fusion. In Acad. roy. des
sc., 1728, mem., p. 387 et 1729, mem., p. 400. MELZER (C. D.j. Diss. de borace.
KcEnigsberg, 1728. GEOFFROY. Sur le borax el sur des experiences nouvclles de ce sel. In
Acad. des sciences, 1752, hist., p. 73; mem., p. 549. ALEERTI (Michel). Diss. de borace.
Halle, 1745. MODEL (J. G.). De borace nativa, a Persis Borech dicta. Londres, 1747.
KAAS (J.).Zhss. de borace, in primis de ejits sale narcotico. Utrecht, 1749. BDCHXER
(Andr. El.). Diss. de sale sedativo Hombergii. Halle, 1759. VOGEL (Rud. Aug.). Diss. de
sale sedativo Hombergii. Gcettingue, 1759. CARTHEUSEB. De modo agendi et virtutibus
medicis sails sedativi. In Yermischte Schriften aus der Naturwissenschaft, Chymie wid
Arzneygelalirtheil. Francfort, 1759, part. Ill, p. 163-182. REICHARD (Chr.). Progr. de sale
sedativo ejusque virtute. Erfurt, 1765. OBERMAYER (Fr. Ant.). Diss. de sale sedativo
Hombergii. Vienne, 1766. BOSEN (E.). Diss. de sale sedativo Hombergii. Lund., 1773.
STORR (Theoph.-Con.-Chr.). Diss. de sale sedativo Hombergii. Tiibingue, 1778. BOHR (J.
Matth.) . Diss. de boracis et salis sedalivi origins et usu. Groningue, 1778. HARTMANN
(J. I .). Diss. de borace ammoniacali. Francfort, 1779. GRUXER (Ch. God.). Iiss. devirtute
boracis medicinali dubia. lena, 1784. FUCHS (G. F. C.). Essai d une histoire naturelle du
borax et de ses parties constituantes , avec I exposition de ses usages en medecine et en
chimie (Versuch einer natilrlichen Geschichte des Boraxes, etc.). lena, 1784. HCMBORG
(Fr.). FOOT nutzlichen Gebrauch des Boraxes in der Geburtshiilfe und einigen andern Krank-
heiten des weiblichen Geschlechts. In Stark s Archiv, t. VI, p. 394; 1794. MOJOM (G.).
Memoria sulla natura del borace brulto o tinkal, etc. Genes, 1811 ; analyse inBibliot. med.,
I, IX, 131. DAVREUX. Du borax en pastilles. In Ann. de la Soc. mfd.-chir.de Liege,
juillet 1866. D. DE SAVIGNAC.
BORBONIE (Borbonia L.). Genre de Legumineuses-Papilionacees, de .la
tribii des Genistees. Leurs fleurs sont celles des Genets ; mais leurs dix etamines
monadelphes sont unies en un tube qui est fendu superieurement dans sa lon
gueur. Les feuilles sont particulieres, simples, entieres, rigides, parcourues par
un grand nombre de nervures longitudinales. Les Borbonia sont des arbustes du
Cap deBonne-Esperance.LeB. cordate L. (B. cordifolia LAMK) est le The du Cap.
Ses feuilles cordiformes et ses sommites fleuries, especes d epis courts ou de ca-
pitules, servent en effet a preparer une infusion digestive, stomachique, stimu-
BORBORYGMES. S3
lante. On les present encore dans les cas d affeetions del appareil respiratoire, sur-
tout dans celles qui sont accompagnees de dyspnee.
Le B. perfoliata DC., du Cap, est un Vascoaou Rafnia. H. BN.
L., Gen., n. 857; Spec., 994. LAMK, Diet., II, 436.; III., t. 619. DC., Prodr., II,
120. HER. etDEL., flicf., I, 642. HARV. etSoND., Fl. cap., II, 27. BENTH. etHoou.,
Gen., 475, n. 38. ROSENTH., Synops. plant, diaphor., 982.
(de /SopSopiryps;, murmure). On appelle ainsi le bruit pro-
duit par le mouvement des gaz contenus dans le lube digestif. Ce bruit est d or-
dinaire sec, et c est a celui-la specialement que s applique la denomination de
borborygme ; il consiste en un grondement, quelquelbis en un sifflement plus ou
moins aigu, ou bien encore en une sorte de detonation. S y mele-t-il un bruit de
liquide, on entend alors un glouglou ou un gargouillement. Le bruit pent etre
assez leger pour que le sujet 1 entende seul, en meme temps qu il percoit dans les
entrailles un sentiment de contraction ou une petite secousse. Mais souvent aussi le
bruit est assez fort pour etre entondu a distance. Si Ton veut avoir une idee
exacte de cette petite tempele, il faut I etudier au moyen de 1 atiscultation.
La production des bruits dans le tube digestif est liee a 1 etat du contenu ou
aux dispositions du contenant.
Toutes les causes susceptibles d augmenter la quantite normale des gaz et des
liquides intestinaux preparent ce genre d indisposition. Ainsi, certaines nevroses,
(hysteric, bypochondrie, etc.) ; 1 usage d aliments farineux oud aliments indigestes
quelconqucs ; 1 existence d une dyspepsie flatulente, quelle qu en soit du reste 1 ori-
gine; 1 atonie du tube digestif, qui permet a celui-ci d emmagasiner une grande
quantite de gaz, dont il a peine a se debanasser; la constipation, qui agit de
meme; la diarrhee, qui, tout en determinant une augmentation de liquides, pre-
cipite vers le ca?cum et le colon une grande quantite de gaz a la fois.
Mais 1 accumulation de fluides gazeux dans le conduit gastro-intestinal n amene
pas necessairement la production de borborygmes. Certains iudividus a ventre ha-
l)ituellement ballonne n y sont pas sujets, et Ton n en observe pas dans la tympa-
nite, qui immobilise pour ainsi dire 1 intestin en le distendant. II esl au contraire
des sujets tourmentes de borborygmes, dont le ventre est plat et mediocrementso-
nore. C est que le bruit nepeut avoir lieu que par le mouvement, el cclui-ci, par
la contraction intestinale d abord, puis par les differences de pesanteur specifique
qui amenent le brusque deplacemenl des gaz a travers les liquides. Et la contrac
tion de 1 intestin elle-meme produit surtout le borborygme quand elle a quelque
chose de cette energie et de ce desordre qui n existe pas dans la digestion normale,
et qu on observe seulemenl chez les animaux dont on a ouvert le ventre et mis
le paquet intestinal a 1 air libre. Or ces mouvements tumultueux ont lieu dans
des circonslances tres-diverses. Us sont un des symptomes de la diarrhee, de
1 enterite, de la dysenterie, de la presence d entozoaires ; ils accompagnent cer
taines affections organiques ou certaines nevroses uterines. Une emotion brusque,
un acces d hysterie ou d epilepsie les determinent, et Ton en trouve alors la raison
plausible dans 1 irritation du grand sympathique par 1 inlermediaire du centre
c&rebro-spinal. On sail, en effel, que 1 excitation galvanique du grand sympathique
amene la contraction des muscles intestinaux, et qu on arrete cetle contraction en
rompant les rapports du sympathique avec le centre nerveux. Le froid aux pieds
provoque aisement chez certaines personnes des borborygmes, comme il provoque
che/d autres la diarrhee. Un obstacle au passage des matieres fecales, abstraction
faite de la quantity des gaz concomitants, amene la production de bruits intesti-
84 BORBORYGMES.
naux, en obligeant le viscere a des efforts violents et repetes qui brassent les gaz
avec les liquides. C est ce qui arrive dans le cas de hemie etranglee et dans 1 ob-
struction du tube digestif. Je donne, depuis deux ans, des soins a une dame tour-
mentee par un tumulte d cntraiiles incessant, une malite fixe, sur le trajet du colon
descendant indique une retention des ieces. Le meme effet pent resulter du de-
placement on de la compression partielle des organes digestifs par une tumeur
abdomhui.le, par I literus en gestation, etc.
J appellerai ici 1 attention sur deux particular! tes cliniques relatives a la part que
prennent le crecum et le rectum dans la production des bruits anormaux du tube
digestif.
Beauconp de personnes, vers 1 age de quarante a cinquante ans, surtout parrai
les sedentaires, deviennent sujettes an ballonnement du ventre, en meme temps
qu a la constipation. Ce ballonnement, lie au mauvais etat de la digestion intesti-
nale, seproduitou atteint son maximum quatre, cinq ousix heures apres le repas.
11 est plus marque apres le diner qu apres le dejeuner, et il en resulte que les
sujets sont souvent reveilles a une heure plus on moins avancee de la nuit par un
malaise abdominal, avec borborygmes ou gargouillements. Or, frequemment ce
malaise s acceatue principalement dans la region crccale, oil il peut meme se tra-
duire par unedouleur obscure, profonde et fixe, avec sentiment de tension. Qnand
cette doulcur ne s clablit pas spontanement, on l;i provoque par des pressions
brusques. Une pression continue avec la main, ainsiqne le decubitussur le ventre,
apportent au contraire du soulagement, et ameuent la sortie de gaz qui, le plus-
sonvent, ne sont pas odorants. Cette decbarge gazeuse est surtont facilitee par
le massage et les refoulements repetes de lu region csecale. II est des malades qui
sortent de leur lit pour execuler des mouvements allernatifs de flexion ou
d extension du tronc, ou pour appuyer fortement 1 abdomen centre le bord du
matelas ou conlre un meuble. Un d eux a pris 1 habitude de prendre un lavement
cbaque nuit, vers trois ou quatre heures. Les gaz evacues par un moyen ou parua
autre, la region du caacum devient souple, indolente ; les bruits anormaux dispa-
raissent ; avec eux, le malaise, et les malades se rendorment.
Dans d autres cas, les bruits partent du fond du bassin, et on les sent courir le
long du sacrum, affectant habituellement alors le caractere de glouglou. Ceux-la
s observent chez les individus affectes d hemorrhoides, d inflammation, de cancer,
de retrecissement du rectum. Les gaz pousses par les contractions du colon jusque
vers 1 anus, et ne pouvant le francbir, remontent a travers les liquides contenus.
Le glouglou semble envahir tout 1 abdomen : mais la preuve qu il est beaucoup
plus limite, c est qu il cesse apres la sortie d une faible quantite de gaz.
II n y aurait pas lieu de s arreter au diagnostic des bovborygmes si le caractere
sibilant qu ils affectent parfois, la possibilite de les entendre a la br.se de la poi-
trine par 1 auscultation, et enfin rinfluence au moins momentanee que les mouve
ments respiratoircs peuvent avoir surlenr production, n etaient denature acauser
quelques meprises. Mais ce point a ete indique dans 1 article consacre a 1 auscul
tation. (Voy. AUSCULTATION, t. VII, page 291.)
II va sans dire que les bruits intestinaux n ont par eux-memes aucune gravite.
Cependant ils constituent parfois une incommodite desagreable, el inquietent cer
tains sujets. Pouvant naHre de I liypocliondrie, ainsi quenousl avons vu, ils IV-
gravent en appelant 1 attention du malade el offrant un pretexte a ses craintes
imaginaires. Lesalienes et meme des gens grossiers qui passent pour soins d esprit
les attribuent a des animaux vivants, grenouilles, serpents, enfermes dons 1 abdo-
BORCETTK (EAUX MINERALES DE). 85
men. A differents points de vue done, il n est pas indifferent de leur opposer un
traitement capable de les faire cesser. Ce traitement, on le conceit, doit varier
a^ec les circonstances etiologiques. Mais en negligeant les indications tirees des
causes eloignees : par exemple, de 1 existence de 1 hysterie, de 1 epilepsie, du
cancer rectal, de la dysenteric, et en ne tenant compte que du symptome borbo
rygmes, il en reste encore trois a remplir, a savoir : diminuer laquantite des gaz
libres, faciliter leur circulation et leur sortie, apaiser les contractions des tuniques
intestinales.
Pour satisfaire a la premiere indication, on a recours aux absorbants, principa-
lement a la poudre de charbon de peuplier, de bouleau on de saule (2 ou 5 cuille-
rees a soupe par jour) ; on a calcule que cetle poudre absorbe approximativement
en volume, 1,75 de gaz hydrogene et 90 de gaz ammoniac; elle fixe egalement
1 hydrogene sulfure et les substances vokitiles odorantes que renferment les ma-
tieres fecales. L ammoniaque (6 a 15 et meme 20 gouttes par jour), 1 eau de chaux
(1 a 3 cuillerees a soupe), la magnesie decarbonatee (une cuilleree a cafe, deux
ou trois fois par jour), le peroxyde de fer hydrate (2,4, 8, 10 grammes), out les
memes avantages. L ammoniaque et 1 eau de chaux sont surtout indiquees contre
1 excesd acide carbonique; la poudre de charbon et leperoxxde defer, contre 1 ex-
ces de gaz sulfliydrique. L existence ou I absence de mauvaise odeur dans les garde-
robes determine le choix entre ces divers neutrulisants. Quand les borborygmes
paraissent lies a une affection du rectum et du colon, ou quand les gaz, qu elle
qu en soit 1 origme, paraissent accumules dans cette partie del ititcstin, on aclmi-
nistre les absorbants en lavement. La poudre de charbon convient specialeme.nl
pour cet usage. On facilitera en outre la circulation des gaz par le massage du
ventre, par Vusage des carminatifs, et par 1 administration des laxatifs. On s aclres-
sera alors de preference a la magnesie, qui agit a la fois comme poudre absorbante
el comme laxatif. Enfin, dans les cas ou les borborygmes paraissent tenir a des
mouvements desordonnes des intestins, sans obstacle au passage des matieres, on
calmera ces mouvements par 1 administration de 1 elixir paregorique americain
a la dose de 15 a 20 gouttes dans une potion.
A. DECHAMBRE.
BORCETTE, BURDSCIIE1T (allemand), Porcetum (EAUX MINERALS DE)
Jiyperthermales ou protothermales, chlomre es sodiques moyennes ou ferrugi-
neuses faibles, carboniques moyennes, sulfureuses faibles, est un bourg mdus-
trielde5,000 habitants, situe an sud d Aix-la-Chapelle, derriere le grand et beau
viaduc du chemin de fer de Cologne. Borcelte est a proprement parler un des fau
bourgs d Aachen, une longue rue parcourant le revers d une colline rapide, parnie
de maisons jusqu au has d unvallon se dingeantde Test a 1 ouest, et arrosepar le
Warmbach, y conduit en dix minutes. Borcette est a 173 metres au-dessus du
niveau de la mer.
Douze sources divisees en Sources snperieures non sulfureuses, et en sourc a s
Inferieures ou sulfureuses, emergent a Borcette d un terrain oil domine le caicaire
de transition, le schiste argileux etle gres micace dans lequel se trouveaussi du
Grauwacke, du Muschelkalk et de la houille pyriteuse ; elles sont beaucoup moins
anciennement connues que celles d Aix-la-Chapelle et ont ete decouvertes dans le
dix-neuvieme siecle. Nous nous contentons de donner les noms des six sources priti -
cipales qui sont le Kochbnmnen (source Bouillante, 60 centigrade) et laHe
Brunnen (source la plus Chaudc,77,5 centigrade), elles sontsitueessurle plan s
86 BORCETTE (EAUX MINERALES DE).
rieur, aussi ces sources nesont-elles pas sulfureuses ; la Trinkquelle (source de la
Buvette, 57, 5 centigrade) et hPockenbrunnen (source des Eruptions, 4a,5 centi
grade) sont inferieures et par consequent sulfureuses. Deux sources ferrugineuses
qui s appellent Wilhelmsbrunnen (sources de Guillaume, 16, 3 centigrade) alimen-
tent la fontaine de Guillaume et le Johannisbad. L eau des sources sulfureuses est
limpide avec une odeur hepatique et un gout lixiviel qui rappelle beaucoup celui
des sources d Aachen. Les sources non sulfureuses ont une eau limpide, inodore,
d une saveur salee a peu pres pareille a celle de 1 eau de Baden-Baden. La tempera
ture des eaux sulfureuses est entre 43, 8 centigrade et 5 7, 5 centigrade; celle des
sources qui ne sont pas hepatiques est aussi de 43,8 centigrade, mais certaines
elevent la colonne du thermometre jusqu a 77, 5 centigrade. La temperature des
deux sources ferrugineuses est de 16, 3 centigrade. La densite des sources qui con-
tiennent du soufreest de 1,003; la densite de celles qui n en renferment pas est
de 1,004 ; celle des sources ferrugineuses est de 1,005, comme celle des sources
sulfureuses. L analyse chimique des principales sources de Burdscheit a etc faite
en 1829 par Monheim qui a trouve dans 1,000 grammes de 1 eau des sources du
Kochbrunnen, du Pockenbrunnen, de la Trinkquelle et de Heisseste-Biunnen les
princijjes suivants :
Chlo
Sulf
Sulf
Pho
Silic
Fluo
Carl
Mali
Gaz
rure de sodium. . .
KOCHBRUNNEN.
. . . 2,70110. . .
POCKENBRUNNEN.
. . 1,98795. . .
TRINKQDELLE.
. . 2,85620. . .
. . 0,03420. . .
. . 0,35424. . .
. . 0,01860. . .
. . 0,00050. . .
07^110
HEISSESTE-
BKUNNEN.
. . . 2,653
! ! ! 0,401
. ! . 0,080
arede sodium. . . .
lie de soude ....
>phate de soudi . .
. . . 0,10474. .
. n uonn
. . o,:
. . 0,(
15100. . .
)003
soude etlithine. . 0,00060. .
e . . . n unnfi"
te de chaux. . . .
. . 50020
0,63150 . .
onate de soude . . .
chaux . . .
. . . 0,33550. .
. . . 0,51 SOU .
. . 0,66800. . .
. . 0,01800. . .
. . 0,01520. . .
. . 0,53841. . .
. . 0,03138
. . . 0,822
, Oil
magnesie. .
. . 0,01600
. . 0,01458. . .
. . 0,00516. . .
. . . 0,015
strontiane .
. . . 0,0-i7CO. . .
. . 02710
.
TOTAL DES MATIERES
Acide carbonique .
sulfhydrique
Azote
. . . 4.014T
p. cub. c. cub,
. 7,600 = 273,5
! 19,000 = 648,0
FIXES. 4,14971. . .
p. cub. c. cub.
. 0,450 = 16,20.
. 0,550 = 19,80.
. . 3,02047. . .
p. cub. c. cub.
. 7,680 = 276,3.
. 0,026 = 000,9.
. 18,960 = 682,5.
. . 4,36417. . .
p. cub. c. cub.
. 7,712 = 277,5.
. 0,055 = 1,9.
. 18,860 = 678,9.
."26,625 = 958,3]
TOTAL DBS GAZ.
. 1,000 = 3,60.
. 2(5,6G6
= 959,7.
. 26,600 = 921,6
On prend a Borcette les bains et les douches dans les hotels ou on loge, au
Carlsbad (bain de Charles), au Rosenbad (bain de la Rose), au Schwerlbad (bain
de 1 Epee) et au Johannisbad (bain de Jean).
EMPI,OI THERAPEUTIQUE. Les eaux de Borcette s administrent en boisson, en
bains et en douches d eau et de vapeur. Les sources sulfureuses ont exactement les
menies applications que celles d Aix-LA-CHApELLE (voy. ce mot) ; les sources chlo-
rurees et les sources ferrugineuses attirent des buveurs et des baigneurs qui trouvent
a Borcette une medication speciale manquant a Aachen, et qui est un complement
souvent utile a la cure de cette derniere station. Les sources chlorurees sont les
plus chaudes ; elles conviennent dans les accidents rhumatismaux ou un traitement
hyperthermal est necessaire. Les sources ferrugineuses sont seulement protother-
males et leur fonlaine est surtout visitee par les personnes auxquelles une eau
minerale tonique et reconstituante a ete conseillee. Les anemiques et les chloro-
tiques se trouvent, en effet, promptement soulages ou gueris a la suite de 1 inges-
tion de quatre a six verres par jour de 1 eau des sources de Guillaume.
BORDENAVE. 87
Dure e de la cure, de vingt jours a un mois.
On n exporte pas les eaux de Borcette. A. ROTUREAU.
BIBLIOGRAPHIE. Amusement des eaux d Aix-la-Chapelle, ouvrage ulile a ceux^qui vout
y prendre les bains, ou qui sont dans 1 usage de ses eaux, etc. Amsterdam, 1736, in-12,
t. I, DORSET, p. 238-263. WETZLAR. A Description of the Mineral Springs of Aix-la-Cha-
pellc and Borcette; with some Account of the Curiosities of bath Places and the Environs.
London, 1842, 88 pages. Aix-la-Chapelle, Borcette et Spa, manuel a 1 usage des bai-
geurs. Leipzig, 1845. A - R-
BORi ii. Voy. BORRICHIUS.
B0R3JE on BOARDE (ANDREW) et, comme il se nomme lui-meme en latin,
Andreas Perforatus. II etait ne a Peveuley, dans le comte de Sussex , a la fin dn
quinzieme siecle. II fut d abord cliartreux, puis, ayant jete le fi oc anx ortie>, il
voyagea pendant quelque temps, se fit recevoir docteura Moutpcllier, vers 1542, et
revint pratiquer la medecine dans sa ville nutale. Ses moeurs elaient tres-rela-
chees, et, comme plus tard Nic. Blegny, il fut accuse d avoir institue une maison
de prostitution, a 1 usage de ses confreres. Le fait est qu il mourut, en avril 1549,
dans une prison pour dettes. On lui doit, outre un traite d hygiene assez interes-
sant et quelques ouvrages litteraires, le premier traite de medecine qui ait ete
ecrit dans sa langue mater nelle.
I. The Breviarie of Health for all Manner, etc. Lond.,- 1547, in-4. II. Compendious
Regiments, or Dietary of Health Made. In Mount Piller (ouvr. posthume) . Oxford, 1552, iu-8
^Mackenzie cite une edition de 1543.) E. BCD.
(ETABLISSEMENT HYDROTHERAPIQUE DE). Dans le departement de
la Gironde, cet etablissement fonde en 1859, situe rue des Noyers, n 1, en facedu
jardin public, au milieu d un pare anglais, est connu sous le nom ^Etablissement
hydr other apique de Longchamps. On y trouve une installation complete; des
etuves seches et humides, dont les vapeurs aromatiques, terebenthinees ou sullu-
reuses sont quelquefois utilisees concurremment avec le traitement par 1 eau
froide ; des bains russes ; des bains a 1 hydrofere ; des appareils electriques a cou-
rant continu de Remak; un gymnase medical, etc., font de Longchamps plulot
une maison de sante qu un etablissement hydrotherapique special. La source de
Longcbamps a un debit de 2,000,000 de litres en vingt-quatre heures, son eau
est d une limpidite remarquable et d une grande fraicheur. Nous n avons rien de
particulier a dire des affections qui sont traitees dans cet etablissement ; il faut
signaler seulement le climat de Bordeaux qui permet aux malades redoutant de
se soumettre en hiver a la medication parl eau Iroide, d obtenir une reaction plus
facile et plus promple qu aux stations d nord de la France. A. R.
BOR.DEVIVE (TOOSSAINT), un des membres les plus distingues de la celebre
Academic de chirurgie. 11 etait ne le 10 avril 1728, a Paris, oil son pere exergait la
chirurgie. Apres des etudes premieres plus solides que ne les faisaient alors ceux
qui se destiuaient a la pratique chirurgicale, Bordenave se livra avec ardeur a
1 etude del anatomic et de la physiologic et fut recu maitre en chirurgie en 1750.
Ses connaissances etendues, son erudition bien constatee, lui meriterent 1 honneur
d etre nomme, quoique bien jeune encore, demonstrateur de chirurgie aux ecoles
de Saint-Come. Bientot apres il publiait un Traite de Physiologie dans lequel il
resumait avec beaucoup de discernement ce que cette science presentait alors de
posilif ; c est dire assez que le livre n etait pas voluraineux. Cet ouvrage est pre-
cieux encore aujourd hui pour montrer Fetal de la physiologic au moment ou
88 BORDEU.
Haller, qu il prit cTailleurs pour guide, faisait paraitre son grand ouvrage. II
contribua beaucoup, par ses rccherches et ses experiences, a soutenir la doctrine
du grand physiologiste sur 1 irritabilite, et a demontrer 1 insensibilite des tendons
et dcs membranes fibrenses. II fut moins benreux quand il se rangea du parti de
Huller pour combaltre les idees de Dubamel sur le role que joue le perioste dans
la formation du tissu osseux; maison lit toujours avec fruit son beau Memoirs sur
les maladies du sinus maxillaire, sujet alors nouveau et qu il a traite en prati-
cien consomme, Bordenave recut un temoignage deconfiance dont aucun cbirurgien
n avait joui avant lui, il fut nonime echevin de la ville de Paris, et il s attacba
surtout, dans 1 excrcice de ses fonctions, aux questions qui pouvaient interesser la
sante publique; il etait, eu outre, membrede 1 Academie des sciences, decore de
1 ordrcde Saint-Michel, etc. Get homme eminent succomba le 12 mars 1782 aux
suites d une attaque violente d apoplexie.
Voici la liste de ses principales publications :
I. DC vulneribus sclopetariis positioncs anat. et chir. Th. du coll. de chir. (t. I, n G)
2 .juill. 1750. II. Esaai sur la physiologic ou physique du corps humain. Paris, 1156, in-12 ;
ibid.. 1764, in-12; ibid., 1778, 2 vol. in-12 ; ibid., 1787, 2 vol. in-12. 111. Remarques
sur V insensibility de guelques parties. In Merc, de France, 1757 ; Paris, 1757, in-12, et dans
le Kecueil dc Haller, Lausanne, 1758. IV. Essai sur le mccanisme de la nature dans la
formation des os, et rcclierches, etc. (lu a 1 Acad. des sc.). In Mem. sur les os de Fougeroux.
Paris, 1700, in-8. V. Dissert, sur les antiseptiqucs (accessit a 1 Acad. de Dijon). Dijon ct
Paris, 1769, in-8. VI. Dans les Mem. de 1 Acad. de chir., Obs. sur une vessie double,
t. II, p. 35; Examen des reflexions critiques de M. Molinelli, contre le mem. de M. Petit,
sur la fislulc lacnjmale. Ibid., p. 101; Precis de plusicurs observations sur les plates
d annes a feu, elc., ibid., p. 501 ; Obs. sur I ctat des os de la jambe apres la gue risoit
d une blessure par arme a feu,, etc., ibid., t. IV, p. 100 ; Precis d obs. sur les maladies du
sinus maxillaire, ibid., p. 529; Mem. dans Icquel on propose un nouveau procedd pour
trailer le renversement des paupieres , ibid., t. V, p. 97 ; Suite d obs. sur les maladies du
sinus maxillaire . Ibid., p. 225; Observation sur un corps etranger dans ce sinus, ibid.,
p. 255; Mem. sur quelques exostoses de la maclwire inferieure, ibid., p. 538; Mem. sur le
danger dcs caustiqucx pour la cure radicale des hernies, ibid., p. 651. VII. Quelques
mem. d analomic patholopique dans les Mem. de 1 Acad. des sciences. VIII. Trad* des
Primce Unece de Haller, sur la 3 e edit. Paris, 1769, in-12. E. BOD.
BOK5&EKJ (THEOPHILEDE), est.de 1 aveu de Broussais lui-meme, le principalfon-
datenr de. la physiologic palbologique en France. Fils aine d Antoine de Bordeu,
medecin distingue, il naquit le 22 fevrier 1722 alserte, dans la vallee d Ossau en
Beam. Ses etudes terminees, voulant continuer les traditions d une lamille dnns
laqnelle le savoir et 1 babilete medicales scmblaient hereditaires, il se rendit a
Montpellier, et la, ses rapides progres, et ses premieres recherches etomierent ses
professeurs, et lui meriterent 1 exemption de certains actes. Admis au doctoral en
1744, il vint bientot apres a Paris pour perfectionner ses connaissances, suivitavec
ardeur les visites de la Charite, et rempla^a pendant queljue temps Medalun, son
parent, medecin de I lnfirmerie royale de Versailles. Pendant son sejour a Paris
(1746 49), il fit connaitre, dans une serie de lettres, les verlus des eaux minerales
dc 1 Aquitaine, dontil fut nomme intendanta Tepoque (1749) ou il retournadans
son pays. Mais, malgre le succes qui 1 y avait accucilli et la reputation dont jonis-
saient les lecons d anatomie et d accoucbements qu il faisait aux etudiants et aux
sages- femmes, il quilta Pau en 1752 pour revenir a Paris ou 1 attendaient tant de
gloire et tant de chagrins. A peine install^, il fait paraitre son Traite des glandes
(1752), ou il jette com me en passant ce principe fondamental de la physiologic
pathologique, la comparaison de 1 etat sain avec 1 etat morbide des tissus, les relations
des phenomenes de la maladie avec la structure des organes. Get ouvrage rempli
BORDEU. 89
(Tidees originates dont beaucoup ont ete exploiters par les ecoles de Bichat et de
Broussais,atliraiortementrattention des medecins, et s illuicrea des aclmirateurs
il ne lui fit pas moins d envieux, corame il ne tarda pas a 1 eprouver. Les freres de
la Charite, qui le connaissaient depuis son premier sejour a Paris, le nommerent
substitut de Yerdhelen, medecin de cet hopital. G est i la memeepoque que, dans des
reunions chez Lacaze, son parent et son ami, et auxquelles assistait Venel, quc
furent elabores , sous le nom du premier (voy. LACAZE) divers travaux qui n etaient
que la reproduction desidees de Bordeu. Cornme il falluit a celui-ci, pour avoir le
<lroit d exercer a Paris, le litre de docteur de la faculte de cette ville, il presents
successivement les trois theses de rigueur dans lesquelles il monlra I originalile et
la prolbndeur de vues qui le distinguaient si emiuemment(1754). Bientot parurent
ses recherches sur le pouls dans lesquelles, malgre des distinctions beaucoup trop
subtiles, se montre le praticien consomme. G est ici que se placent les attaques
odieuses que Bordeu eut a endurer de la part de ses ennemis et surtout de Bou-
vait qui ne craignit pas de se faire 1 echo de calomnies inventees par des laquais
et d accuser Bordeu d un vol. Ses confreres de la Faculte eurent la lachete de ceder
a lascendant de Bouvart et peut-etre a leurs propres passions, et Bordeu fut raye
du tableau des medecins de Paris. II ne tallnt pas moins de deux arrets du parle-
ment pour le decharger de ces miserables accusations et pour le reintegrer dans ses
droits (1764). Ges emotions si penibles n interrompirent cependant point ses tra-
vaux, et, dans le temps meme ou ses ennemis cherchaient a 1 accabler, il faisait
paraitre ces admirables recherches sur I histoire de la medecine, pleines d erudi-
tion et de solidite, dans lesquelles il eut 1 art de bafouer ses ennemis par les plus
piquantes allusions. Mais ces luttes, ces travaux sans relache avaient porte uni;
atteinle profonde a sa sante, et apres deux voyages dans son pays, qui n eurent
pas les resultats qu il en esperait, il fut eulevesubitement le 23 novembre 1776
par une attaque d apoplexie.
Profondement imbu des principes d Hippocrate et de Stahl, bien qu il n ad-
mette pas, comme ce dernier, 1 intervention directe de Tame, Bordeu rejette les
forces chimiques et physiques auxquelles on faisait alorsjouerun si grand role, et
cherche les lois de la vie dans 1 observation attentive des etres vivants, en meme
temps qu il emprunte quelque chose au systeme hierarchique des archees de Van
Helmont. Voici d apres son disciple et abreviateur Minvielle un resume de sa doc
trine. L homme est un compose de divers organes qui ont, dans le vivant, un
mouvement, une action etune vie particuliere, et qui agissent et sentent plus on
moins dans certains temps et se reposent dans d autres. La vie generale n est que
le resultat ou la somme des vies particulieres a chaque organe ; elle depend du
concours et de 1 ordre determine et modere des mouvements, selon lequel s exer-
cent toutes les fonctions ou les vies particulieres. Les organes du corps sont lies
les unsavecles autres ; ils ont cbacun Jeur district et leur action, les rapports de
ces actions, 1 harmonie qui en resulte, font la sante ; si cette harmonic se derange,
soil qu une partie se relache, soit qu une autre 1 emporte sur celle qui lui sert
d antagoniste ; si les actions sont renversees, si elles ne suivent pas 1 ordre naturel,
ces changements constituent des maladies plus ou moins graves. Bordeu ne prend
pas comme les iatro-mathematiciens le coeur seul pour agent principal de la vie>
il reconnait comme soutiens et appuis de celle-ci : le coeur qui envoie le sang jus
qu aux plus petits vaisseaux, et fournit la nourriture a toutes les parties ; 1 estomac
qui prepare le sue nourricier et communique son action a tous les organes; enfm
les nerfs qui sont Jes instruments de la sensibilite et se reunissant au cerveau et a
90 BORDEU.
la moelle allongee, se distribuent dans toute 1 economie et vont porter partout la
sensibilite et le mouvement qni font 1 essence de la vie animale. Ainsi il regarde
le cerveau, le coeur et 1 estomac corame le triumvirat de la machine humaine-
Le cerveau, suivant lui, est dans un etat continuel d ebranlement qu il commu
nique aux nerfs. Ce qu il dit de la sensibilite particuliere aux organes, aux glandes,
par exemple, auxquelles il accorde une sorte de tact et de gout pour savoir ce
qu elles doivent secreter, a certainement inspire les idees analogues de Bichatsur
la contractilite organique insensible. C est encore, on peutle dire, a Bordeu, qu est
due la premiere idee de V anatomic generate dont il a donne un remarquable
specimen dans son Traite des ylandes.
En pathologic, Bordeu rattachaplus etroitement qu on ne 1 avaitfait jusqu a lui
les maladies chroniques aux maladies aigues ; il reconnut qu elles sont souvent la
suite des dernieres, surtout quand celles-ci out ete mal traitees. II avait admis pour
les maladies aigues les trois temps suivants : 1 une periode de trouble existant
surtout dans les organes epigastriques (voy. BROUSSAIS) , ou periode ^irritation;
2 cette partie ainsi irritee, produit une irritation proportionate a 1 importance
de son action dans 1 economie animale (temps ou periode de malurite); 3 un
effort energique par lequel la partie affectee rentre dans son etat naturel, mais
presque toujours avec une evacuation sensible (periode A evacuation) . Or ces trois
periodes se rencontrent tres-manifestement dans les maladies chroniqu.es, mais
elles sont plus ou mains prolongees et plus ou moins eloignees entre elles, selon
la nature de la partie affectee, 1 age et le temperament du malade, etc. Sa tliera-
peutique etait en rapport avec ces idees ; dans les maladies aigues, calmer la pe
riode d irritation a 1 aide des saignees, des delayants, des adoucissants, de legers
laxatifs ; puis, pour favoriser la crise, stimulants divers, revulsifs. Dans les maladies
chroniques, c est, en general, la seconde indication, celle qui consiste a exciter
1 economie pour hater la crise, a transformer en quelque sorte 1 etat cbronique en
etataigu. De la le succes des eaux thermales, et, en particulier, des snlfureuses,
sur lesquelles reposait en grande partie sa therapeutique. [Pour plus de details,
voy. MEDECINE (histoire).J
I. Dissert, physiologica de sensu generice considerate. Montpell., 1742, in-4, et Paris,
1751, in-12, avec les Recherches sur les glandes. II. Chijlificationis historia. Ibid , 1712,
in-4% et Paris, 1751, in-12, avec les Reck, sur les gl. III. Lettres sur les eaux miner ales
du Beam et de quelgues-unes des provinces voisines. Amsterd., 1146-48, in-12. IV.
Rech. anatomic/ues sur les articulations des os de la face. In Mem. des savants etr. (de
I Acad. des sc.}, t. II. V. Rech. anat. sur les differentes positions des glandes et sur leur
action. Paris, 1752, in-12; ibid., an VIII, avec notes de Halle. VI. Dhsert. sur les
ecrouelles (cour. par I Acad. de chir.;. In Prix de I Acad., elc., t. Ill, in-4. VII. An
omnes oryanicce corporis paries digestioni opitulentur. Th. de Paris, 1755, in-i. VIII. An
venatio cceteris exercitationibus salubrior (resp. atflrm.). Th. de Paris, 1755, in-4. IX.
Ulrum Aquitanice minerales aquce morbis clironicis? (resp. affirm.). Th. de Paris, 17-15,
in-4. X. Rech. sur les crises. In Encyclopedic de Diderot (1755). XI. Rech. sur le
pouls par rapport aux crises . Paris, 1756, in-12; ibid., 1768 et 1772, 5 to.ncs en 4 vol.
in-12. XII. Rech. sur le traitement de la colique metallique a I hdpital de la Charite,
pour servir, etc. In Journ. de med., t. XVI, XVII, 1762; XVIII, XIX.. 1705; XXIII, 1705.
XIII. Recherches sur quelques points d histoire de la me decine, concernanl Vinoculation,
etc. Paris, 1104, in-12. XIV. Rech. sur le tissu muqueux et I organe ccllulaire et sur
quelques maladies de la poitrine. Paris, 1767, in-12. XV. Recherches sur les maladies
chroniques, leurs rapports avec les maladies aigues, leurs periodes, leur nature, et sur la
maniere dont on les traile aux eaux minerales de Bareges, etc. Paris, 1775, in-S". Les oeuvres
de Bordeu, moms les trois dissertations soutenues a Paris et les leitres sur les eaux minerales,
ont ete rassemblees par Richerand avec une notice, etc., sous ce litre: OEuvres completes
de Bordeu. Paris, 1818, 2 vol. in-8. E. BCD
BORE (CHIMIB). . 9!
BORDING (JACQUES). Ne a Anvers, le 11 juillet 1511, mort a Gopenhague, le
I 8 septembre 1560. La vie de ce medecin fut assez aventureuse, car sa qualite de
protestant ne cessait de le faire chasser la oil il comptait s installer et fmir paisi-
blemeut ses jours. On le voit tour a tour regent du college de Lisieux, ou il donne
pendant deux ans des lecons de grec et d hebreu; medecin a Montpellier, sous la
protection de 1 eveque de Mende; principal du college de Carpentras (1530) ; doc-
teur de Bologne (1 540) ; praticien et professeur a Anvers ; retire ensuite a Rostoch ;
professeur de medecine dans cette ville ; attache au due de Mecklembourg ; enfin,
professeur a Copenhague.
Bording a ecrit deux ouvrages mediocres et oublies aujourd hui :
I. <tuTt?}oyia, "T /ieivvj, TlaQoioyicc, tres medicines paries Rostochii et Hafnice publice
enarratce, et junctum edictce a Levino Batto. Rost., 1591, in-8. II. Enarrationes in sex
libros Galeni de tuenda valeludine. Accessit auctoris consilia qucedam illustrissimis prin-
cipibits prcescripta. Rost., 1595, in-4. A. C.
BORE. Chlmie. Le bore, radical de 1 acide borique, est un metalloide dont
1 amlogie avec le carbone et le silicium est aujourd hui evidente. Cette analogic
est surtout remarquable, quand on considere ces trois corps dans leur etat ele-
mentaire. En effet, MM. H. Deville et Wochler ont montre que le bore, ainsi que
le carbone, se presente sous trois etats physiques bien distinctes : 1 etat amorpbe,
1 etat graphitoide et 1 etat cristallise.
Bore amorphe. Pour extraire le bore de 1 acide borique, on commence par
fondre cet acide, a une chaleur rouge, dans un creuset de platine, pour le debar-
rasser de 1 eau qu il renferme, on le reduit en poudre fine et on le place par
couches alternatives avec du potassium ou du sodium dans un creuset de platine
que Ton porte ensuite au rouge. Une reaction vive a lieu. Le potassium s empare
de 1 oxygene d une partie de 1 acide borique, la potasse ainsi formee se combine
avec 1 acide borique non decompose et forme du borate de potasse.
4Bo0 3 H- 3K = 3 (Bo0 5 .KO) -+ Bo
Acide Polas- liorate de Bore,
bori-rie. sium. potasse.
On traite le residu par 1 eau qui dissout le borate de potasse, et le bore nage
dans la liqueur sous la forme d une poudre brune, tres-fine. On recueille cette
poudre sur un fillre et on la lave a 1 eau alcoolisee, et on la seche a une douce
chaleur. (Gay-Lussac et Thenard.)
MM. H. Deville et Woechler out modifie ce precede de la maniere suivante :
On introduit dans un creuset de fonte un melange de 100 grammes d acide
borique fondu et de 60 grammes de sodium, et on recouvre ce melange de 50
grammes de sel marin fondu. On chauffe au rouge ; quand la reaction est terminee,
on agite la masse fondue avec une tige de fer, et on la verse, encore incandescente,
dans de 1 eau acidulee par 1 acide clilorhydrique. Les sels solubles se dissolvent,
etil ne reste plus qu a recueillir le bore sur un filtre, a le laver avec de 1 eau aci
dulee d abord, avec de 1 eau pure ensuite. On le seche sur des briques poreuses,
a la temperature ordinaire.
Propriete s du bore amorphe. A 1 etat amorphe, le bore se presente sous la
forme d une poudre brune foncee, infusible a la chaleur rouge lorsqu on la chauffe
duns une atmosphere inerte. Chaulfe au contact de 1 air ou de 1 oxygene, le bore
s enflamme et se change en acide borique ; mais, 1 acide borique, a mesure qu il
se forme, entre en fusion et produit un espece de verms qui preserve du contact
92 BORE (CHIMIE).
de I oxygene lebore non encore altere. Un filtre impregne de bore amorplie, cbauffe
legerement, prend feu et brule avec un vif eclat.
A la temperature rouge, le bore decompose la vapeur d eau et les acides chlor.
hydrique, bromhydrique, sulfhydrique, avec degagement d hydrogene et formation
d acide borique, de chlorure, bromure ou sulfure de bore.
Bore cristallise. Pour obtenir le bore cristallise, on decompose 1 acide bo
rique par un grand exces d aluminium. Le bore mis en liberte par 1 aluminiura
sedissot,a la temperature rouge, dans Texces dece metal, et s en separc, par le
refroidissement, sous forme de cristaux. On dispose un creuset brasque dans un
creuset de plombagine, on remplit 1 intervalle de poudre de Charbon. Dans ie
creuset interieur, on introduit 100 grammes d acide borique fondu, et 80 gram
mes d aluminium en gros morceaux; on couvre soigneusement le creuset, et on
Ie soumet pendant cinq heures a une chaleur blanche dans un fourneau a vent.
Apres le refroidissement, on casse le creuset et on y trouve deux couches distinc-
tes ; la superieure, vitreuse, composee de borate d alumine ; 1 inferieure, metal-
lique, caverneuse, gris de fer, herissee de cristaux de bore. Cette derniere est
traitee par une lessive de soude caustique moyennement concentree et bouil ante,
qui clissout l aluniinium et laisse le bore.
Propriete s du bore cristallise. La forme cristalline du bore est 1 octaedre.
Les cristaux sont limpides et transparents, presentant quelquefois une coloration
rouge ou jaune de miel, coloration due a la presence de quelque matiere etran-
gere ; leur densite est egale a 2,68. La refrangibilite du bore cristallise ne pent
etre comparee qu a celle du diamant ; il en possede egalement la durete ;
comme lui, il raye le corindon, et sa poussiere polit et rode le diamant lui-
meme.
De tous les corps simples, le bore cristallise est le plus inalterable, il n est at-
taque ni par les acides purs ou melanges, ni par les lessives alcalines froides ou
bouillantes ; senlement au rouge, la potasse monohydratee 1 attaque et le dissout
lentement ; au rouge, 1 azotate de potasse est sans action sur lui.
Au rouge il s enflamme dans 1 oxygene, mais cette action est limitee par le ver-
nis d acide borique qui garantit le reslant du bore de 1 oxydation. Dans le chlore,
au contraire, le bore brule completement a la chaleur rouge, il se forme du chlo-
rure de bore gazeux.
Bore graphitoide. La preparation de cette variete s effectue comme celle du
bore cristallise, avec cette difference que c est du fluoborate de potassium, et non
de I acide borique, que Ton decompose par un exces d aluminium. Apres refroi
dissement, cet exces d aluminium est eiimine a 1 aide de I acide chlorhydrique,
et le bore reste sous forme de paillettes brillantes, opaques, souvent hexugonales,
ct possedant 1 eclat du graphite.
Le bore se combine avec divers metallo ides tels que 1 azote, le chlore, le fluor,
1 oxygene, le soufre, etc., et forme des combinaisons dont nous allons passer les
principales en revue.
Azoture de bore- Le bore a la propriete de se combiner directement avec
1 azote, quand ou le chauffe au rouge dans un courant de ce gaz ; il se forme
ainsi une azoture blanc, infusible. Ce compose est tres-stable, il resisle a 1 action
des acides et des alcalis, meme a la temperature de I ebullition. Fondu avec de
1 hydrate de potasse, il se decompose ; il se forme de rammouiaque et du borate
de potasse. Chauffe au rouge sombre dans un courant de bioxyde d azote, le
bore s empare des deux elements de ce gaz, il se forme de 1 azoture de bore et de
BOREL. 93
1 acide borique ; cette reaction a lieu avec production de chaleur, et d une vive
lumiere.
5Bo + 3Az0 2 = 2Bo0 3 -h 3BoAz
Bore Bioxyde Acide Azoture
d azolate. borique. de bore.
Chlorure de bore. BoGI 5 . On obtientce compose enchauffant du bore amorphe
dans mi courant de chlore. On recoil les vapeurs de chlorurede bore, forme dans
un recipient bien sec et refroidi au moyen d un melange de glace et de sel, uu, plus
simplement, en faisant passer un courant de chlore a travers un tube de porce-
laine chauffe au rouge, et renfermant un melange d acide borique tbndu, et de
cliarbon en poudre.
Le chlorure de bore est un liqnide transparent et mobile ; sa densite est egale a
1,35. 11 entre en ebullition a 17, sa vapeur repand des fumees epaisses a 1 air
humide. Au contact de 1 eau, il se decompose en acide borique et cbloihydrique.
BoCl 5 -l- 3HO = BoO s -h 3HC1
Chlorure Eau. Acide Acide
de bore. borique. chlorh.
Fluorure de bore. BoFl s . Pour le preparer, on cbauffe legerement dans un
billion muni d un tube de degagement, un melange forme de 1 partie d acide
borique fondu, 2 parties de spath fluor (fluorure de calcium), et 12 parties d a
cide sulfurique monohydrate. Le fluorure de bore qni est gazeux se degage, on
le recoil sur le mercure. La reaction suivante rend compte de sa formation.
BoO 3 -+- SCaFl -+- 3S0 3 HO = BoFl s -+- 3CaO,So 5 +- 3HO
Ac. borique. Fluorure Ac. sul- Fluorure Sulfate Eau.
de calcium. t urique. de bore. de chaux.
Le fluorure de bore est un gaz incolore, ayant une odeur suffocante et une
saveur forlement acide ; sa densite est egale a 2,32. II est extremement soluble
dans 1 eau, et tellement avide de ce liquide, qu il charbonne instantanement
les matieres organiques, en leur enlevant les elements de 1 eau. C est a cause
de cette grande affinite pour 1 eau qu il repand d epaisses fumees au contact de
Fair humide. L eati en dissout pres de huit cents fois son volume. Si a cette
solution on ajoute une grande quantite d eau, il y a decomposition mutuelle,
il se forme de 1 acide borique et de 1 acide hydrofluo-boriqite qui reste en dis
solution.
4BoFl 5 4- 3HO = 3Bo0 5 -I- BoFl s .3H.Fl
Fluorure Eau. Ac. bo- Ac. hydro-fluo-
de bore. rique. borique.
Sulfure de bore. BoS 3 . Quand on fait passer un courant de vapeurs de sul.
fure de carbone, dans un tube de porcelaine chauffe au rouge, et renfermant un
melange d acide borique fondu et de. poudre de cbarbon, il se forme de 1 oxyde
de carbone et du sulfure de bore qui, entraine par le courant gazeux, cristallise en
houppes soyeuses jaunatres. En presence de 1 eau, ce produit est immedialemeiit
decompose en acide borique et acide sullhydrique. LUTZ.
BOKEL (PIERRE); ne a Castres en 1620, mort a Paris en 1689. Ge medecin
a fait beaucoup parler de lui dans son temps ; c etait un esprit vif, plein d erudi-
tion, mais embrassant avec trop de legerete une foule de parties de la science.
111,1,1,1.
On en jugera par la liste de ses ouvrages, assez mediocres, disons-le tout de suite,
et qui ne denotent pas de grandes vues. Pourtant, on les consulte encore o cause
de la variete des fails qu ils font connaitre.
I. Catalogue des raretes de Pierre Borel, de Castres, 1645, in-4. II. Les antiquites,
raretes, plantes, mineraux, et autres chases considerables de la ville et du comte de Castres,
d Aibigeois, et des lieux qui sent a ses environs, avec I histoire de ses comtes, eveques, etc.,
et un Recueil d inscriptions romaines, et autres antiquites du Languedoc et Provence, avec
le rdle des principaux cabinets et autres raretes de I Europe, etc. Castres, 1649, m-4.
III. Historiarum et observationum incdico-physicarum centurice IV, rarce, stupcndce, et
inauditce. Accessit Isaaci Cattien observations rarce, cum vita Renati Cartesii. Castres,
1653, in-12; Parisiis, 1656, in-8 ; Francof., 1670, in-8", etc. IV. Bibliotheca chimica, sen
Catalogus librorum pliilosophicorum Hermeticorum. In quo quatuor millia circiter au-
thorum chimicorum vel de transmutatione metallorum, re minerali et arcanis, tain manu-
scriptorum, quam in lucem editorum, cum eorum editionibus, usque ad annum 1653.
Parisiis, 165i, in-12 ; Heidelb., 1856, in-12. V. Hortus seu Armamentarium ximplicium
plantarum et animalium ; cum brevi eorum etymologia, descriptione, loco, tempore, et
viribus. Castris, 1687, in-8; Parisiis, 1667, in-8. VI. De vero telescopii inventore, cum
brevi omnium conspiciliorum historia. Ibi de eorum confectione, ac usu, etc. La Haye, 1655,
in-4. __ VII. Tresor des rechercfies et antiquites gauloises, reduites en ordre alpliabetique,
et enrichies de beaucoup d origines, epitaphes, et autres chases rares et curieuses, etc.
Paris, 1655, in-4. Vllf. Auctarium ad vitain Peirescii. La Haye, 1655,. in-4". IX. Dis-
cours prouvant la pluralite des mondes. Geneve, 1657, in-8. A. C.
BORELLI (Giov. -ALFONSO), fondateur de la grande ecole iatro-mathematique
du dix-septieme siecle, naquit a Naples le 28 Janvier 1608, et se livra surtout a
1 etude des mathematiques a Pise, sous Caslelli. II professa pendant plusicurs
annees aMessine et, dela, ilrevint avec le memetitre a Pise, en 1656. En 1657,
plusieurs disciples de 1 illustre Galilee fonderent une societe devenue celebre
sous le nom de 1 Academie del Cimento. Borelli y fut agrege, et c est la qu il com-
menQa ses premieres recherches pour appliquer les sciences mathematiques et la
physique experimentale a la physiologic. Vers 1667, Borelli etail retourne a Mes-
sine, mais apres lerentree des Espagnols qui avaient ete expulses de la Sicile, en
\ 674, il fut accuse d avoir excite au soulevement, et banni de tous les Etats son-
mis a TEspagne; il se refugiaalors a Rome aupres de lareine Christine de Suede
et, realisant les idees qu il avait emises autrefois, il composa son magnifique ou-
vrage A&Motu animalium. Compietement ruine par un vol, Borelli fut oblige de
se retirer chez les clercs reguliers des ecoles pienses; il y enseignait les mathema
tiques, quand il fut enleve, le 31 decembre 1679, par une pleuresie aigue.
Le grand service rendu a la science par Borelli est d avoir, le premier, cherche
a expliquer les mouvements par les lois de la statique et des mathematiques. II fit
voir que les os se meuvent a la maniere des leviers dont les muscles represented
exactement les puissances ; il montra que du mode d insertion tres-oblique de ces
puissances etplus pres du centre de mouvement que ne Test la resistance, resulte
une enorme deperdition de forces ; enfin il s efforca de calculer et de chiffrer ces
diverses actions. Bien que Ton puisse contester 1 exactitude de ces calculs, il n en
est pas moins vraique toute cette partie de 1 ouvrage de Borelli sur les mouvements
des animaux est un chef-d oeuvre d analyse, et, qu aujourd hui encore, ce livre doit
^tre consulte et medite par les physiologistes. L auteur est moins heureux dans les
theories qu il imagine pour expliquer la contraction des muscles ; suivant lui : la^
cause prochaine du mouvement d un muscle, c est un gonflement, determine par 1 !
une effervescence qui a lieu par le contact du sang avec le fluide nerveux, doc-f
trine toute chimiatrique i C est encore Borelli qui eut 1 idee d expliquer les phe-
nomenes de la circulation par les principes de 1 hydraulique. Reconnaissant avec
buiuuut, (CHIMIE). 95
Stenon la structure musculeuse du coeur, il cherche a evaluer la puissance d ac-
tion de ce muscle en raison de la resistance qu opposent les petits vaisseaux a
1 impulsion du sang, et admet que cette force est egale a 180,000 livres. Enfin }
c est encore lui qui donne la premiere explication des mouvements de la poitrine
dans la respiration, fait connaitre 1 action des muscles intercostaux, et les mouve
ments de torsion des cotes et d elevation du sternum. Borelli a fait jouer, dans
sa pathologic, un grand role aux alterations du fluide nerveux, rejetant ainsi les
alterations du sang ; pour lui, la fievre est produite par une acrete du fluide ner
veux qui irrite le coeur au dela du degre normal et accelere ses battements. [Voy.
MEDECINE (liistoire).]
Borelli a compose les ouvrages suivants (nous ne donnons que ceux qui sont
relatifs aux sciences medicales) :
I. Le cagioni delle febri maligne di Sicilia. Neapoli, 1647, in-12; ibid, 1648, in-12 ;
Cosenza, 1649, in-12 , etc. II. De renum usu judicium, avec letraiteDe structura renum
de Bellini. Argentorati, 1664, in-8. III. De vi percussionis liber. Bonon., 1667, in-4.
IV. Osservazione intorno alle virtu ineguali degli occhi. In Giornale de Litterati. Roma,
1669, p. 11 (trad. fr. in Mem. de VAcad. des sc., t. X). V. De motionibus naturalibits a
gravitate pendentibus liber. Reggio , 1670, in-4, etc. VI . De motu animalium, pars
prima , in qua copiose disceptatur de motionibus conspicuis animalium, nempe de exter-
narum et arluum flexionibus, etc. Roma, 1680, in-4. Pars altera in qua de causis motus
musculorum et motionibus internis alque humorum qui per vasa et viscera animalium
fiunt. Ibid., 1681, in-i", pliisieurs editions. VII. Tractatus duplex de vi percussionis et
de motionibus naturalibus a gravitate pendentibus ; ad intelligenliam operis de motu ani
malium, etc. Lugd. Batav., 1686, in-4. VIII. Rclazione sopra lo stagno di Pisa e supple-
mento da aggiugnersi alia proposizione II del lib. II del P. D. Benedetto Castelli intorno
alia misura doll acque correnti, e alia laguna di Venezia. In Raccolta d autori die trat-
tado del moto dell acqua, t. I, p. 273-311. Firenze, 1723, in-4. E. BCD.
(Pr.ospERo), cliirurgicn italien du milieu du seizieme siecle,
etait ne a Canziano en Ombrie ; il fut nomme professeur d anatomie a Padone en
1564. Dans un voyage qu il fit en France, en 1567, appele, dit-on, par le roi
Henri II, qui lui donna Je titre de son medecin, il trouvaaParis le manuscrit de la
grande chirurgie de Vesale, son maitre, et, etant retourne a Padouel annee suivante,
il le fit imprimer et paraitre en 1669.
Voici la liste de ses ouvrages :
I. Delia, contemplatione anatomica sopra tutte le parti del corpo umano. Venezia, 1564,
in-8. Oiwrage traduit en latin par Borgarucci !ui-meme , pour le vulgariser dans les
ecoles. II. Trattato di peste, dove ciascuno potra apprendere il vero modo, etc. Vene
zia, 15B5, in-8 . III. De morbo rjallico metliodus. dans la collect. , t. II. Venetiis, 1566,
in-fol. IV. La fabrica degli spetiah -partita in 12 distintioni dove s insegna di comporre
tutte le sorti di mcdicamenti, etc. Venezia, 1566, in-4. E. Bon.
.;; (ACIDE). g I. chimie. On ne connait qu une seule combinaison
du bore avec 1 oxygene : 1 acide borique. Get acide existe dans la nature, soil a
1 etat de liberte, soit combine a la chaux ou, plus souvent, a la soude, et formant
un sel qui est employe sous le nom de borax.
L acide borique libre existe en dissolution dans les Lagoni de Monte Rotondo
en Toscane. Ce sont de petites mares d eau. Des jets de gaz et de vapeurs (suf-
fioni), renfermant des petites qnantites d acide borique, sortent constamment des
fissures du sol, et, s echappant au milieu de ces mares, font bouillonner 1 eau, et
se degagent ensuite dans Fair en tourbillons blanchatres, en abondonnant a 1 eau
tout 1 acide borique qu ils renferment.
Pour extraire cet acide borique economiquement, on a construit autour de ces
centres d eruption des bassins glaises ou viennent aboutir deux ou plusieurs suf-
JC BOR1QUE (CHLMIE).
fioni. Dans les plus eleves de cesLagoni,on dirige 1 eau des sources environnantes.
Apres vingt-qiiatre heures, pendant lesquelles ces eaux ont etc agitees continuel-
lemeut par des jels de vapeurs et de gaz, et se sont echauffees a pres de 100%
on fait couler le liqtiide du bassin superieur dans Jin second bassin A, ou il se-
journe le meme temps et se charge d une nouvelle quantite d acide borique. On
continue ainsi a faire passer successivement la dissolution dans les bassins C et D,
ou elle se concentre de plus en plus. Quand le liquide marque 1,5 a 1 areo-
metre de Baume, on le fait passer successivement dans une serie dc chaudieres
en plomb, etagees les unes au-dessus des autres, au-dessous desquelles on a con-
stnnt un canal en maconnerie,constamment traverse parlavapeurd unsuffione,ek
] evapora(ions operepromptement.Parlerefroidissement,l acideboriquecrisla]lise.
L acide borique ainsi obtenu est loin d etre pur, il renfernie pres de 25 pour
100 de matieres etrangeres. On le purifie en le dissolvant dans 1 eau bouillante,
et en le faisant cristalliser a plusieurs reprises.
Dans les laboratoires, on retire 1 acide borique du borax (biborate de soude).
On fait dissoudre 1 partie de borax dans 4 parties d eau bouillante, et on ajoute
a la solution filtree de 1 acide sulfurique dilue par petites portions, jusqu a
ce que la liqueur produise avec la teinture de tournesol la coloration rouge pe-
lure d oignon, indice de la complete decomposition du borate de soude (1 acide
borique ne pvoduit que le rouge viueux). Apres le refroidissement, la majeure
partie dc 1 acide borique cristallise ; on le lave a 1 eau froide, et on le purifie par
une ou deux cristallisations dans 1 eau bouillante.
PROPRIETES. L acide borique cristallise en 6cailles a six pans, blanches, dia-
phanes et nacrees, un peu grasses au toucher ; il est inodore, a peiue acidule an
gout ; ainsi que 1 acide carbonique, il ne produit avec la teinture de tournesol
que le rouge vineux. II renferme 43, 6 p. 100 d eau de cristallisation. Soumis a
1 actionde la chaleur, il fond d abord dans son eau de cristallisation, et en perd (a
moitiea 100; au ronge, il devient anhydre. Comme tous les corps vitreux, 1 acide
borique, en fondant, passe par tous les etats intermediaries pateux, compris entre
la solidite et la liquidite parfaite, et repasse, en se refroidissant, par les meraes
ctats, sans presenter aucun indice de cristallisation, de sorte qu il conserve une
transparence parfaite apres sa solidification. Gependant, on ne pent pas le con-
server indefiniment sous cette forme ; car enl erme meme dans des tubes berme-
tiquement scelles, il perd peu a peu sa transparence par suite d un travail iute-
lieur, qui fait prendre aux molecules la forme cristalline. Dans 1 air humide, sa
surface absorbe 1 eau, elle s hydrate et devient pulverulente.
L acide boriqne, expose a une tres-haute temperature longtemps soutenue, tout
en n entrant pas en ebullition, possede neanmoins une tension de vapeur assez
considerable pour qu il s evapore complelement. Comme en meme temps cet acide
jouit de la propriete de dissoudre la plupart des oxydes metalliques, on comprend
que, pouvant ainsi concentrer peu a peu ces oxydes, en vaporisant 1 acide borique,
il arrive un moment ou ces oxydes se cristallisent. Ebelmen a pu ainsi obtenir le
corindon, et d autres pierres precieuses cristallisees.
A la temperature de 10, 100 parties d eau dissolvent 2 parties d acide borique,
ct a 100, 100 parties d eau, en dissolvent 8 parties ; il est assez soluble dans
.1 alcool ; la solution alcoolique brunit le papier de curcuma, comrae le ferait un
alcali, cette solution brule avec une flamme verte. Par I ebullition, 1 eau et 1 al
cool entrainent 1 acide mecaniquement borique, qui passe ainsi a la distillation.
LOTZ.
BORIQUE (TOXICOLOGIE). 97
it. Pharmacologic. L acide borique est un acide tres-faible. On le pres
ent ea gargarismes a la dose de 4 a 8 grammes pour 120 grammes d eau
rniellee dans les affections gangreneuses des amygdales et du larynx. II etait em
ploye autrefois comme calmant et rafraichissant sous le nom de sel sedatif de
Homberg.
Ghaussier 1 a employe sous la forme de potion dans les affections cerebrales :
acide borique, 4 grammes; infusion de tilleul, 125 grammes; sirop de sucre,
50 grammes. On fait dissoudre I acide borique dans 1 infusion de tilleul, et on
ajoute le sirop. Aujourd hui I acide borique est pen employe ; on s en sert surtout
en pbarmacie pour rendre soluble la creme de tartre. (Voy. GKEME DE TARTRE.)
T. GORLEV.
111. Emploi medical. II s administre pour 1 interieur, en poudre, en pilules,
en potion ; pour 1 exterieur, en collutoires et gargarismes.
A la fin du dernier siecle, pen apres sa decouverte par F. Hoefer, en 1777,
1 acide borique prit une certaine vogue sous rimpulsion du cbimiste Homberg,
dont le nom est reste attache a ce produit a cote du caractere dominant qu il lui
attribuait (sel se datif de Hombery). II fut done repute medicament sedatif et
calmant, nervin, antispasmodique, et ce fut surtout coutrc les desordres et les
exaltations du systeme nerveux que 1 on proclama son efficacite. On le prescrivait
en consequence dans les maladies delirantes et convnlsives, dans les nevroses. On
1 emplojait en outre dans les fievres avec violent erethisme circulatoire, a litre de
temperant, tantot seul, tantot uni an nitre on a d autres calmants. II est dillicile
d estimeraujourd bui a leur juste yaleurces opinions sur un medicament que 1 on
a depuis lonstemps cesse d employer a Finterieur; mais il n en semble pas moins
permis de faire une part a Fexageration ainsi qu a une elude incomplete de
Faction reelle de Facide borique.
Comme medicament topique, son usage s est un peu plus longtemps maiulenu;
et, en vertu, soil des proprietes antiseptiques qu on lui attribuait encore, soit de
simples proprietes detersives dont il parait reellement done, on 1 administrait en
solutions, sous forme de collutoires et de gargarismes, conlreles apbthes, les sto-
matites et les angines, depuis les plus simples jusqn aux plus graves. 11 parait
d aulant mieux agir que ces lesions buccales ou gutlurales s accompagnent d exsu-
dats, muguet, produits pultaces, dipbtheriques; memo mode d action, d ailleurs,
que le biborale de soude qui dans ces divers cas lui est actuellement a bon droit
prefere.
On peut done etablir que de nos jours 1 acide borique, isole, n a plus d emploi;
mais nous le retrouvons comme element : 1 du biborate sodique ou Borax dont
il est question a ce mot; 2de la creme de tartre soluble ou tar Irate borico-potas-
sique, dans laquelle il modifie avantageusement, pour 1 emploi medical, le bilar-
tratede potasse. (Voy. POTASSE.)
Doses: 25 centigrammes a 4 grammes, a I interieur; en gargarismes, 2 a
15 grammes, selon la proportion du vehicule.
IV. Toxicologie. Vu 1 heterogeneite de 1 element bore, il est presumable
que 1 introduction dans 1 organisme, ea proportions excessives, de ses composes
determinerait des accidents. 11 faut done une certaine reserve dans Fadministra-
tion interne de I acide borique et des borates alcalins.
Quant aux composes de bore dont Fautre element serait toxique, tel que le
borate de mercare, ou dont Faction topique serait irritaute, causdque meme, tels
DICT. E^c. X. 7
98 BORMIO (EAUX MINERALS s ET BOUES DE).
qne le chlorure et le fluorure de bore, il est evident que leurs proprietes cnergi-
ques devraient commander plus de reserve encore dans leur emploi. Mais, faute
d occasion de constater ces proprietes, In toxicologie du bore n est nulle part indi
quee et reste entitlement a faire. D. DE SAVIGNAC.
BORIQUE (ETHER). (Voy. ETHERS.)
BOR3HO (EAUX MINERALES ET BOUES DE) , mesothermales ou protothermales,
ame tallites, carboniques faibles, en Italic, dans la Valteline (chemin de Pa ris a
Mulliouse, Bale, Aarau, Zurich et Goire; une malle-poste conduit en quarante-huit
heures de Coire a Bormio par Saint-Moriz et 1 Engadine), est un bourg de 1800
habitants, a 1540 metres au-dessus du niveau de la mer, dont la temperature
moyennea ete, d apresles observations de M. le docteur Bruni, pour 1 annee 1865,
de 14 centigrade dans le mois ce juillet, et de 15 centigrade pendant le mois
d aout. La saison thermale commence le 1 5 juin et finit le 30 septembre ; 1 e-
poque la plus favorable est le mois d aout et le mois de septembre. L etablisse-
ment est entoure de hautes montagnes, de glaciers et de pics converts de neige ;
la temperature quoique relativement douce est variable, et rend les vetements
chauds de premiere necessite, surtout pour les malades.
Sept sources emergent a Bormio : 1 la sorgente di San Martino (la source de
Saint-Martin); 2 la sorgente de I Archiduquessa (la source de 1 Archiducbesse);
3 la sorgente dello zampillo dei Bambini (la source du jet d eau des enfants) ;
4" la sorgente Pliniana (la source de Pline) ; 5 la sorgente Cassiodora (la
source de Cassiodore) ; 6 et 7 le sorgenti degli Ostrogoti e di San Carlo (les
sources des Ostrogoths et de Saint-Charles).
1 Sorgente di San Martino. Cette source emerge d une fente du roc, a 1 ex-
tremite d un souterrain qui s ouvre a 15 metres du vieil etablissement, dans le-
quel les eaux sont conduites par un ruisseau a ciel ouvert. Aucun depot ne se
forme dans la partie dece ruisseau qui coule dans les souterrains; ce n est qu a sa
sortie qu une substance d une couleur gris noiratre, d un aspect gelatineux, d une
odeur tres-prononcee d hydrogene sulfure, se precipite au fond de 1 eau. On ne re-
marque aucune conferve dans le lit du ruisseau, mais des plantes thermales de 20
centimetres de longueur tapissent les canaux et les tuyaux qui conduisent 1 eau a
1 etablissement. L eau de la source de Saint-Martin est d une limpidite parfaite,.
inodore; son gout est un pen fade et legerement sale, aucune bulle gazeuse ne
s en degage,sa reaction est franchement alcaline et sa temperature estde40 J centi
grade au griffon, 1 atmosphere de la galerie souterraine etant de 56 centigrade;
sa densite est de 1,001. La derniere analyse chimique qui en a ete faite en 1859,
par M. le docteur Ad. von Planta Reichenau, a donne pour 1001 grammes d eau
les principes suivants :
Chlorure de sodium 0,01120
Sulfate de soude 0,06040
potasse 0,03810
- magnesie 0,25200
chaux 0,48630
Carbonate i!e chaux 0,17350
oxydede fer 0,00250
manganese 0,00140
Phosphate d alumine 0,00004
Acide silicique J),0207Q
TOTAL DES MATIERES FIXES 1,02614
Gw acide carbonique libre ...... 0,0474 gramme.
BORMIO (EAUX MINERALES ET BOUES DE). 99
L Etablissement ancien, qui recoil les eaux de la source Saint-Martin, renferme
une piscine commune et une piscine de famille. Dans une des salles est une
baignoire separee par une planche en deux compartiments, dont 1 un est destine
aux applications de boues, et dont 1 autre contient 1 eau minerale ou le malade
vient se nettoyer.
2 Sorgente de I Archiduquessa. Cette source sort du roc a 100 metres du grif
fon de la source precedente. Deux baignoires servent a des bains de boues. Les
caracteres physiques et chimiques de cette eau sont exactement les memes que
ceux de la source Saint-Martin. Elle n en differe que par sa temperature, 1 eau d
1 Arcbiducbesse eleve la colonne du thermometre a 39 centigrade. On n a pas fa i
son analyse. L eau de cette source est emportee par des tuyaux de bois a 1 etablisse-
ment nouveau.
3 Sorgente dello zampillo del Bambini. Son eau a exactement les memes
proprietes et la meme temperature que celle de la source de 1 Archiduchesse, avec
laquelle elle se mele d ailleurs pour alimenter 1 Etablissement nouveau. On ne
connait pas sa composition exacte.
4 Sorgente di Cassiodora. Cetle source est formee par deux filets qui sortent
directement du roc, tombent en cascades de 100 metres de hauteur, en deposant
sur les flaucs du rocher un enduit jaunatre ; la temperature de 1 eau, prise a la
partie inferieure de la chute, est de 16 centigrade. Cette eau n a point encore
d usage therapeutique, elle va se perdre dans le torrent qui coule au fond de la
vallee, on n a pas fait son analyse chimique.
5 La sorgente Pliniana forme aussi une petite cascade; elle tombe du meme
rocber que la source de Cassiodore, les conferves dont elle le recouvre sont d une
couleur vert jaunatre. Son eau a les memes caracteres que celle des autres sources
de Bormio, seulement son gout n est nullement sale; sa temperature est de 37, 4
centigrade celle de 1 air etant de 17, 8 centigrade. Son analyse exacte n est pas
connue. L eau de la source ^de Pline est exclusivement employee en boisson.
6 et 7 Sorgenti degli Ostrogoti et di San Carlo. Les eaux deces deux sources
n ont presque aucun usage balneaire. L eau de la source Saint-Charles laisse depo-
ser un peu de rouille, quoique son gout ne soit nullement ferrugineux. Son ana
lyse n a point ete faite, sa temperature est de 16 centigrade; cette source emerge
d un rocher entre 1 etablissement Saint-Martin et 1 Etablissement nouveau. L eau
de la source Saint-Charles a une grande reputation parmi les gens du pays, qui
viennent la boire de preference a toutes les autres, et surtout s en bassinent les
yeux et les paupieres dans toutes les maladies de 1 organe de la vision et de ses
appendices.
La temperature des eaux des sources de Bormio est plus elevee en hiver qu en
ete, ce qui tient a leur captage defectueux et a ce qu elles se melent tres-probable-
ment a 1 eau des glaciers qui fondent pendant les chaleurs.
L Etablissement nouveau a une architecture elegante et une installation tres-
convenable qui contrastent avec 1 aspect sauvage de la vallee. Ses moyens bal-
neaires se composent d un refroidissoir, d une buvette (un robinet de cuivre verse
a volonte 1 eau melee des sources de 1 Archiduchesse et du jet d eau des enfants) ;
de vingt cabinets ou les bains se prennent a 1 eau courante ; de quatre piscines de
famille, de deux piscines avec appaieils de gymnastique et de douches en jet, en
lame, en pluie. Des appareils de douches se trouvent aussi dans Tune des salles
des petites piscines.
EMPLOI THERAPEUTIQUE. Naguere encore la routine ou le caprice presidaient seuk
100 BORM10 (EAUX MINEP.ALES ET BOUES BE).
a 1 administration des eaux. de Bormio ; il n etait pas rare alors do trouver des
buveurs qui ingeraient chaquejour de quinze a vingtverres d eau minerale; quel-
ques-uns meme se faisaient honneur de depasser ces doses exagerees. Un ordre a
peu pres invariable est suivi maintenant : les malades f requentent la buvelte et les
bains dans les premieres heures de la journee, et des indications particulieres
peuvent seules s opposer aux regies ordinaires. L experience a demontre que les
eaux de Bormio ne doivent point etre bues le soir, car il arrive assez souvent
qu elles occosionnent une indigestion precedee de pesanteurs d estomac, de grand
malaise et surtout de diarrhee; ces eaux sont au contraire facilement assimilees
lorsqu elles sont prises le matin a jeun. Les bains de baignoire et de piscine sont
d unc heure en general, la dnree des douches est de quinze a vingl minutes.
L usage interne et externe des eaux de Bormio determine presque constamment
un sentiment de lassitude generale, d endolorissement de tout le corps, de deman-
geaison sans eruption de la surface cutanee, d irritation nerveuse pendant la nuit
avec inquietudes qui portent aux idees tristes, de vertiges memes qui se dissipent
au moment ou on se leve. II est habituel aussi que le traitement liydrothermal
amenc un aniaigrissement assez prononce pour inquieter certains buveurs. A la
periodc d excitation qui persiste pendant les cinq ou six premiers jours, suceedent
le calme et le bien-etre : le sommeil est plus long et plus tranquille qu il ne
1 etait avant la cure. L eau de Bormio en boisson empeche 1 etat saburral des pre
mieres voies : les selles sont plus faciles et plus molles; mais elle determine des
palpitations de coeur qui se produisent pendant le jour et pendant la nuit cbez des
personnes qui n y elaient aucunemcnt sujettes. L emploi interne de ces eaux de
termine le plus souvent des douleurs articulaires generates, plus vives dans les
grandes jointures; il fait rendre une proportion notable de sable rouge dans les
urines de beaucoup de sujets cbez lesquels cet effet ne s etait jamais produit. Tous
les buveurs qui ingerenten sante dequatre a six verres de 1 eau d unedes sources
de Bormio, eprouvent de la diurese ; mais les malades en traitement sont refrac-
taires acette action, qui ne commence a se faire sentir qu apres un temps suf-
fisant pour qu ils soient revenus a un etat presque physiologique.
La specialisation des eaux. de Bormio dans les accidents nombreux et varies qui
reconnaissent pour cause un vice rhumatismal, a frappe tons ceux qui out observe
a cetle station thermale, et M. le docteur Bruni a plusieurs fois constate qu il
suffit de deux a trois bains pour enlever des douleurs violentes et inveterees. Les
paralysies, les nevralgies, les analgesies, les anesthesies rhumatismales doivent
etre comprises dans la sphere d action des eaux de Bormio appliquees a 1 exte-
rieur. C est a 1 interieur qu il faut les administrer surtout chez les goutleux, cliez
les graveleux, chez tons ceux qui ont de 1 acide urique en exces. Le meme traite
ment est encore applique aux dyspepsies, aux gastro-enteralgies, aux congestions
du foie avec ou sans ictere, avec ou sans coliques hepatiques. L application inte-
rieure et exterieure de ces eaux agit comme sedatif dans I hysterie et dans 1 hypo-
cbondrie. Leur emploi, en douclies ascendantes principalement, convient dans les
engorgements et les catarrhes du col uterin. L analyse chimique de 1 eau de la
sorgente di San Martino pratiquee par un chimiste habile ne pent expliquer \
i action favorable des eaux de Bormio a l exterieur, surtout dans les maladies
de la peau, qu elles combattent quelquefois avec plus de succes que les eaux
sulfurees, sulfureuses et arsenicales les plus justement renommees. II est reinar-
quable encore que les affections cutanees seclies soient celles qui ont le plus de
chance d etre gueries; nous appelons 1 attention sur cette vertu particuliere et
BORRAGINEES. 101
tres-rare dans tons les autres etablissements thevmaux, dont les eaux out plus dc
prise sur les dermatoses avec secretion humide. Nous avons dit a 1 Academie de
medecine le succes obtenu sur quatre pellagreux qui out pris seulenient les eaux
de Bormio en boisson et en bains.
Les bains et les applications de boues ne se faisaient pas ou sc faisaient pen a
Bormio avant ces dernieres annees ; le depot des sources est acluellement tres-
utilement administre en topiqnes dans toutes les affections gout tenses avec nodosi-
tes, dans les rhumatismes localises sur les articulations, avec ou sansepanchement
de synovie, dans toutes les suites de blessures, d entorses, de luxations et de fractures.
Duree de la cure, de quinze a vingt jours.
On nexporte pasles eaux de Bormio. A. ROTUREAU.
(Boraginece). Famille de plantes dicotyiedones , mouope-
petaU-s, appelees par Linne Asperifolice ; ce qui indique que presque toutes leurs
parties sont recouvertes de polls rudes, plus ou moins saillants. Leurs fleurssout gi -
neralement construites sur le type quinaire, avec un receptacle conique, dessepales
libres ou unis entre eux , valvaires ou imbriques dans le bouton. La corolle, de
forme tres-variable, tubuleuse, hypocraterimorphe, urceolee, campanulee ou rota-
cee, est presque toujours reguliere, rarement irreguliere, comme dans les Vipe"
rines. Ses lobes sont disposes en pretloraison tordue ou imbriquee. Sonvent ils
sont garnis a leur base d une saillie, de forme tres-variable, qui leur est superpo-
see, et qui est due a une rentree de la membrane des petales. Plus rarement cet
appendice saillant manque ou est remplace par un bouquet ou une collerette de
poils. Les etamines, inserees sur la corolle et lombant avec elle, sont en meme
nombre que ses divisions, alternes avec elles, formees d tin filet quelquelois court,
et d une anthere introrse, biloculaire, dehiscente ordinairement par deux ientes
longitudiriales. Ledosdu tllet porte, en dehors de 1 antl ere, dans quelques genres*
une saillie de forme et de taille tres-variables. Le gynueee est supere, forme de
deux carpelles, anlerieur et posterieur. Les deux loges de 1 ovaire sont partagees
a une certaine epoque en deux demi-loges uniovulees. L ovule est incompletement
anatrope, borizontal ou descendant, avec son micropyle clirige en haut et en dehors.
Le style est presque toujours gynobasique et se deg;ige de 1 intervalle de la base
des ovaires; plus rarement il est apical. Son extremite stigmatilere est variable de
forme, entiere ou bilobee. Le fruit est forme de quatre acbaines , ordiuairement
entoures du calice persistant, et se detachant generalement a leur base du recep
tacle commun. Chacun d eux renferme une graine a embryon cbarnu, avec la radi-
cule supere, entoure d un albumen peu abondant ou nul. Les Borraginees sont des
plantes souvent herbacees, a sue mucilagineuxouaqueux,plus rarement ligneuses,
avec des feuilles allernes, sans stipules. Leurs fleurs sont reunies en cymes tres-
souvent unipares et scorpio ides. Al exemple de plusienrs auteurs, nous avons rein-
tegre dans cette famille le groupe des Cordiacees que d autres en avaient separe, c
qui lui-meme doit renfermer, a notre avis, les Eliretiees ouElireliacees. Tandisque
les Borraginees proprement dites ont le style gynobasique, 1 insertion de cet organe
se fait au sommet de 1 ovaire dans les Cordiacees, qui se subdivisent elles-memes,
de la facon suivante, en trois groupes secondaires, suivant la conformation de
1 embryon et la maniere d etre de 1 albumen :
COKDIACEES. A. Cor Jtces. Embryon replie sur lui-meme, sans albumen.
B. He liotropie es. Embryon non plisse, sans albumen.
C. Tournefortie es. Embryon entoure d un albumen.
102 RORRERIE.
Tontes ces plantes ont d ailleurs le fruit plus ou moins drupace, tandis qu il est
definitivement sec dans les Borraginees proprement dites.
Les Borraginees sont toutes mucilagineuses, emollientes, adoucissantes. Quel-
ques-unes contieiment du nitrate de potasse, et sont employees comme diure-
tiques. D aulres sont considerees comme alexipharmaques. Ces proprietes seront
specialement etudiees dans les principaux genres de cette famille , notamment
dans les Bourraches, les Consoudes, les Buglosses, les Pulmonaires, les Gremils,
les Cynoglosses, les Yiperines et les Cordia. (Voy. ces mots.) Plusieurs Borraginees
fournissent des matieres colorantes, plus ou moins analogues a 1 Orcanette ; ce
sont des especes des genres Alkanna, Anchusa, Onosma, Echium et Lithosper-
mum. (Voy. ces mots.) H. BN.
Jnss., Gen., 145. BARTL., Orel, natur., 196. -- EKDL., Enchir., 379; Gen., 644.
LINDL., Veget. Kingd., 655. A. P. DE CANDOLIE, Essai siir lespropr. mid. des pi. (1804),
84. H. BAILLON, in Adansonia, III, 1.
(Borreria MEY). Genre de plantes, de la famille des Rubiacees
et de la Iribn des Coffeees, sous-tribu des Spermacocees. Leurs fleurs sont tetra-
meres, avec un calice a 2-4 divisions, une corolle infundibulilbrme ou hypocrate-
riraorphe, aquatre lobes, quatre etamines, exsertes ou incluses, a antheres dressees.
L ovaire infcre a deux loges uniovulees, avec un ovule pelte, ascendant, et un
style simple, indivis ou bificle a son extremite stigmatifere. Le fruit, couronne du
calice persistant, est une capsule biloculaire, septicide, qui s ouvre de liaut en bas.
Les graines sont oblongues, convexes sur le dos, plates et parcourues par un sillon
longitudinal en dedans. Les Borreries sont des plantes berbacees ou suffrutescen
tes, communes dans les portions chaudes de I Amerique, rares dans 1 Asie etl Afri-
que tropicales. Leurs feuilles sont opposees ou pseudo-verticillees, a stipules for-
mant gaine, plus ou moins connees avec le petiole, multifides, frangees et decou-
pees en soies elroites, a fleurs disposees dans 1 aisselle des feuilles en glomerules
annulaires simulant un verticille, analogue a celui des Labiees, ou en glomerules
terminaux simulant un capitule. Quand les fleurs, au lieu d etre sessiles, sont pe-
dicellees, 1 inflorescence devint une cyme terminate et corymbiforme, ou axillaire.
Les Borreries employees en medecine sont les suivantes :
I. Borrerie verticille e (Borreria verticillata MEY., Prim. fl. esseq., 83.
Spermacoceverticillata, var . americana L., Spec., 148. S. mucronata NEES.
- S. stellata W.). Suffrutescente, glabre, a rameaux subtetragones, a feuilles
lineaires-lanceolees, acuminees, opposees ou pseudo-verticillees, a stipules pour-
vues de soies egales en longueur a la gaine, a fleurs axillaires et terminales reunies
en faux capitules globuleux, a fruit capsulaire, glabre, ovate, couronne du calice
bidente. Cette espece croit dans presque toute I Amerique equinoxiale, au
Bresil, a Caracas, a la Guyane, aux Antilles. On lui a souvent donne le nom d Ipe
cacuanha des Antilles, et c est, en effet, sa racine qui est ainsi designee dans le
commerce qui 1 a plus d une fois importee en Europe. Elle s administre a dose deux
ou trois fois plus forte que 17. annele, dont elle possede les proprietes evacuantes.
Elle est de plus amere, tonique a petite dose. On 1 emploie surtout dans les parties
de 1 Amerique equinoxiale dont elle est originaire.
II. B. ferrugineuse (B. ferruginea DC., Prod., n. 47. Spermacoce ferru-
ginea A. S.-H., PI. us. des Brasil., n. 13, t. XIII. S. ylobosa POHL). Cette
espece est une herbe, a tige dressee, dure, rameuse, tetragone, a rameaux hirsutes, a
feuilles oblongues-aigues, parcourues par 3-4 nervures obliques, scabres en dessus,
105
pales en dessous, avec les nenures scabres, des stipules a soies egales en longueur
a la gaine, et des flenrs en faux-verticilles axillaires et terminaux. Le fruit est pube-
rulent, couronne de quatre sepales persistants, subules. La corolle est blanche on ro-
see, poilue au sommet. La plante croit au Bresil, dans les paturagcs de la province
des Mines et de Saint-Paul. On 1 appelle clans le pays Poaya do Praia. A. de Sainl-
Hilaire la dit commune surtout sur le bord des chemins qui traversent les patura-
ges eleves des Provinces des Mines et de Saint-Paul. Une variete a tiges courtes
croit au cap Frio, dans les sables. C est dans ce dernier endroit seul qu on en fait
usage. On 1 y substitue comme emetique a I lonidium Ipecacuanha, et Ton en
vante les bons effets. Avec le Spermacoce Poaya et les Richardsonia scabra et
rosea, elle corifirme la propriete emetique des Rubiacees dispermes.
III. B. Poaya DC. (Prodr.,n. 61. Spermacoce Poaya A. S.-H., PL us. des
Brasil., n. 12, t. 12). Plante tres-glabre, a tige tetragone, herbacee, simple,
a feuilles sessiles, oblongues-elliptiques, aigues, parcourues par six grandes ner-
vures obliques, a stipules fendues en longues soies, a fleurs capitees, sessiles, axil
laires, pseudo-verticillees, a groupe floral terminal un peu plus developpe que les
axillaires. Calicea quatre lobes lineaires-lanceoles, aigus, plus longs que 1 ovaire;
corolle glabre, bleuatre ; antheres exsertes. Cette espece, a feuillage d un vert jau-
natre, croit en abondance dans les plaines de la province de Minas Geraes, au Bresil.
C est le Poaya do campo des Bresiliens. A. de Saint-Hilaire rapporte 1 avoir trouvee
encore dans la province de Saint-Paul, pres de Morongava, et dans celle des Mis
sions, autour de la Serra de Saint-Xavier. La, sa racine pilee est substitute avec
succes au veritable Ipecacuanha. Les feuilles sont fort remarquables par leur
saveur d abord tres-douce, et ensuite acide ; on les emploie en decoction dans les
coliques etles autres douleurs internes.
IV. J5. ? gracillima DC. (Prodr., n. 16). Espece herbacee, que Pohl a re-
cueillie au Bresil. Ses tiges sont greles, et ses rameaux subquadrangulaires. Les
feuilles sont lineaires-subulees, avec des stipules lineaires, indivises ou parta-
gees en trois soies. Les fleurs sont disposees en faux-capitules terminaux, longue-
ment pedoncules, avec deux bractees ou feuilles formant involucre. La racine est
employee comme ipecacuanha au Perou et dans le Bresil occidental.
V. B. ? alata DC. (Prodr., n. 25). Plante de la Guyane, qu Aublet a nommee
(Guian., I, 60, t. 22, fig. 7) Spermacoce alata, etqu il a trouvee pres du fleuve
Aroura. C est une espece herbacee, radicante, diffuse, a rameaux glabres, tetragones,
avec les angles ailes. Les feuilles sont ovales-acuminees, lisses. Les stipules out
des soies plus longues que la game, et les fleurs sont groupees en faux-capitules
terminaux, entoures de quatre feuilles ou bractees. Memes usages que 1 espece
suivante.
VI. B. Perroltetiil)&. (Prodr., n. 56. Spermacoce aspera A mL., Guian., I,
59, t. 22, fig. 6) . Tige herbacee, tetragone, a angles peu saillants, a feuilles oblongues-
lanceolees, acuminees aux deux extremites, scabres en dessus, puberulentes en
dessous, avec des stipules ordinairement decoupees en neuf soies hispides, plus
longues que la gaine. Les fleurs sont axillaires, subsessiles, en faux-verticilles (de
glomerules) . Le calice est a quatre dents, et le fruit est sec, ovale-comprime. Cette
plante croit dans la Guyane francaise. Cette espece, comme la precedente, est, au
dire d Aublet (op. cit., 61), employee par les negres, en tisane centre la
gonorrhee.
VII. B. emetica MART. (PI. med. ined., t. 46, ex A. RICH., Ele m., ed. 4, II,
111, 2). Cette espece, qui nous est inconnue, porte au Bresil le nom vuJgaire de
104
Poaija de liasta comprida. Elle est employee comme emetique et s adminrstre en
outre dans les affections intestinales, centre les coliques , diarrhees , dysente
ries, etc. H. BN.
MEY., Fl. essequib., 79. CHAMISSO et SCHLECHTEND., in Linncea, 1829, 310. SPREXG.,
IV. Ent., \\, 44. DC., Prodr., IV, 540. RICH. (A.). Elem., ed. 4, II, 110. DE SAIXT-
Hir.AinE (PL.} , Plantcs tisuelles des Brasiliens, n. 12, 15. MER. et DEL., Diet., VI, 498.-
I.IMDL., Fl. medic., 443. ROSENTH., Syn. plant, diaphor., 323.
BORRICIIIUS (OLA us). Celebre medecin dauois, ne a Borchen, le 7 avril 1626,
mortle 3 octobre 1690, apres vingt, jours de souffrances a la suite d une cystoto-
mie qu il avail subie le 3 septembre precedent. Borricbius s est surtout occupe de
la cbimie, ou plutot de 1 alchimie, car la science de Lavoisier n existait pas a pro-
prement parler a cette epoque. 11 a fait beaucoirp de bruit dans le monde par la
dispute qu il a eue avec fionring sur les connaissances des Egyptiens en fait de
cbimie, ainsi que sur les inventeurs et les auteurs de cette science. II a soutenu
avec energie que c est en Egypte qu on trouve les traces les plus anciennes de la
cbimie, que les habitants de ce pays ont etc profondement instruits, et qu ilsn ont
pas moins excelle dans cet art que dans tons les autres qu on fait remonter jusqu a
eux. II defend sa these avec beaucoup d erudition, mais il y manque tant de soli-
dite dans les moyens dont il 1 etaye, qu il n a pu reussir a porter la conviction dans
les esprits. II est en effet inadmissible de croirc, avec Paracelse, que les Egyptiens
out etc les depositaires de toutes les sciences, et que les Grecs n ont ete que des
copistes. Voici les litres des principaux ouvrages de Borricbius que Christine de
Suede enloura de sa protection, et qui ulluma plus d une fois ses fourneaux de-
vanl celte reine trop celebre :
I. Dodmastice mclallica. Hafniee, 1660, in-8" , lena, 1677-1680, in-4. (Reproduit aussi
dans le TheAtre pharmaceutigue de Mangel, t. III). II. De ortu et progressu chemice
dissert atio . Hafn., 1668, in-4. - - III. Lingua pharmacopocarum sive de accurata
vocabulorum in pliarmacopolis usitatorum pronunciations. Hafn., 1670, in -4".
IV. Hermetis, /Egyptiorum et ckemicorum sapienlia ab Hcrmanni Conringii animad-
versionibus vindicata. Hafn., 1674, in-4. V. Cogitatioties de variis linguae latince
(clatibus. llafn, 1675, in -8". VI. De somno et somniferis manme papavereis.
lliifn., 1680, in-i. Yll.Analecta ad cogitationcs do lingua latino, cum appendicede lexicis
lalinis el greeds. Hafn., 1682, in-i". V1I1. Disscrtationes de poetis. Francof., 1683, in-4.
IX. De usu plantarum indigenarum. Hafn., 1688, in-8% etc. A. C.
BOKSBERB DE lt\\ll i;u> (jEAN-BAPTisiE). On a eu bien raison dedire que
les obstacles sonl, pour les hommes d elite, plutot une des causes de leur elevation
qu un empechement; on dirail que la lutte esl un excitanl salutaire du genie, et
que 1 homme qui aspire a la celebrite y arrive d autant plus suremenl qu il a
plus de combats a soutenir et de luttes a supporter. Borsieri en est im nouvel exem-
ple. A six ans, il perdait un oail a la suite dune longue maladie ; a dix-sept ans, il
perdait son peie, c est-a-dire son educateur naturel; ses freres, qui etaient ses
aines, no s occuperent guere de lui ; son patrimoine fut reduita peu pres a neant
par suite de la mauvaise direction des interets materiels de la famille. N importe,
Korsieri surmonta tous ces impediments. A quatorze ans, il commencait 1 etude dvi
latin sous la direction du pcre Somasco; a dix-sept ans, il se rendait a Padoue
pour s y livrer a des travaux plus serieux ; puis, il passait a Bologne et y suivait
les cours du celebre Beccari ; a vingt ans, on le chargeait d aller a Faenza, alors
ravagce par unelievre epidemique : c etait pour s y illustrer par le genie qu il de-
j .loya a combaltrc le fleau. Les recompenses ne se firent pas altendre; Borsieri de-
viiit bientot (1769) professeur de cbimie et de pharmacie a Pavie, premier mede-
BOSE (LES QUATRE). 105
cin de la cour archiducaie de Milan. II mourut le 21 decembre -1785, age dc
soixante ans, etant ne a Trente lei 8 fevrier 1725. On a de lui une dissertation
sur les verlus anthelminthiques du mercure (1 753, in-4) ; une autre sur les eaux
de Sa mt-Christoplie (1761, in-8) ; unetroisieme sur les moyens de perfectionner
la medecine (1769, in-4) ; mais ce qui a fait vraiment la gloire de ce medecin ita-
lien, c est la publication de ses Institutiones medicince practicce (Milan, 1785-
1789, 8 vol. in-8, et plus, autres edit.) ; qui out ete traduites, partiellement an
moins, enallemand, parG.-C. Hinderer, en italien, par V.-L. Brera(1820, in-8),
en francais, par Chauffard (Paris, 1865, 2 vol. in-8"). A. C.
BORY DE SAINT -VINCENT (jEAN-BAPTisTE-GEORGE-MARiE). Merite d etre
mentionne dans ce dictionnaire pour ses travaux sur la geographic, la zoologie, et
I anthropologie. II etait ne a Agen en 1780, et s etait d abord livre avec ardeur a
1 etutle des sciences naturelles, quand les exigences de 1 epoque le forcerent d em-
brasser 1 etat militaire. En 1800, il fut embarque comme naturaliste lors de
1 expedition du capitaine Baudin autour du monde. Revenu en France, il rentra
dans les cadres, et fit partie de Fetal-major du general Davoust, ce qui ne 1 em-
pecha pas de publier les resullats de ses explorations. Apres avoir fait les princi-
pales campagnes de 1 Empire, il fut attacbe en qualite de colonel au depot de la
guerre, mais s etant mele activement a la politique, il se vit proscrit comme bona-
partiste par la Restauration et force de se ret ugier en Allemagne, puis en Belgiqne,
ou il reprit ses etudes favorites. II revint en France en 1819, et fit porlie comme
savant de 1 expeditiondeMoree. Reintegre dans son grade apres 1850, il presida la
commission scientifique chargee d explorer 1 Algerie, et mourut le 25 decembre
1 846 avec le grade de general dans le corps du genie, le litre de correspondant de
1 Academic des sciences, etc.
Nous ne citerons de Jui que les ouvrages suivants :
I. Essfii sur les lies Fortunees de I antique Atlantide, ou Precis de I ltistoire ge ndrale de
I arcltipel des Canaries . Paris, 1802, in-4, pi. II. Voyage dans les quatrc principals
iles des mers d Afrique. etc. Paris, 1803, 3 vol. in-8", atl. III. Voyage souterrain . ou
Description du plateau de Saint-Pierre, de Maestricfit. et de ses vastes cryptes, etc. Paris,
1821, in-* , pi. IV. Guide duvoyageur en Espagne. Paris, 1825, in-8, pi. V. L homme.
Essfii zoologique sur le genre hiimain, 2 e edit. Paris, 1827, li vol. in-18 (laprem. edit, elait
vm tirage a part de 1 art. Hommedu Diet, classique d ldst. nat.}. VI. Delamatiere sous les
rapports de I histoire naturellc. Paris, 1824, in-8". II a de plus publie une foule d articles
dans les dictionnaires, les recueils scientifiques, etc. E. BGD.
itosc it (JEAN) en latin BOSCHll S, ne dans la province de Liege au
commencement du seizieme siecle el professeur de medecine a Ingolstadt, a
laisse :
I. De peste liber. Ingolstadii, 1562, in-4. II. Concordia ptiilosophorum ac medicorum
de humano conceptu, atque foetus corporatura, incremento, animatione mira in utero ac
nativitate de centauris, satyris et monstris. Ingolstadii, 1576, in-4. III. Oratio de optima
medico et medicines autoribus (Dans les Oraisons d Ingolstadt, t. I.). A. C.
BOSE (Les quatre) .
Bose (GORGES-MATHIEU), fils d un riche marchand de Leipzig, ne le 22 sep-
tembre 1710, mort a Magdebourg le 17 septembre 1761, apres avoir ete profes
seur a Witlemberg, a ecril un grand nombre d ouvrages el de dissertations, parmi
lesquelles nous distinguons :
I. Schediasma litterarium, quo contenta Elementorum Eitclidis enuntiat, et simul de
106 BUSUUILLUiN.
variis editionibus post Fabncium nonnulla disserit. Leipzig-, 1758, in-4. II. Die Elec-
tridtat nach Hirer Entdechiing und Fortgmig, mil poetisc/ter Feder entworfcn. Witt., 1144,
in-8; trad, en franc, par 1 auteur, Leipzig, -1754, in-12. III, Eecherches sur la cause et
sur In veritable thcorie de I electricite. Wittemb., 1745, in-4. IV. Discours sur la lumicre
des diamants et dr /ilimii itrs entires corps, etc. Goettinpue, 1745, in-4. -- \". Tentamina
electrica, tandem aliquando hydraulicce, clnjmice et vegetabilitati utilia. Witlemberg,
1747, in-i.
Bose (ADOLPHE-JULIEN) , fils du precedent, ne a Wittemberg, en 1742, mort
le \ cr septembre 1772, a ecrit :
I. Oralio metrica in memoriam G. Peurbachii, et J. Rcgiomontani, die 9 sept. 1757 habila.
Wilt., 1757, in-4. -- II. Gedachtnissrede auf Phil. Melanchthon, bey dem 200 jaehrigen
Gedcichtnisstage seines Todes, den Sten May 1760. III. Commentatio de motu liumonnn
in plantis vmxili tempore ririiliorc. Leipzig, 1764, in-i. IV. Dissertatio p/iilosophica
de characlere plantarum essentiali singulari. Leipzig, 1765, in-K V. Dissertatio medico
de morbis corncce ex fabrica ejus declaratis. Leipzig, 1767, in-4.
Bose (Er,NEST-GoTTLOB), ne a Leipzig, le 30 avtil 1763, mort le 22 sep
tembre 1788, professeur de physiologie et d anatomie, a ecrit plus de soixante-dix
dissertations, roulant sur diverses parties de la science, et dont on trouvera la
liste dans 1 article que Jourdan a consacre a ce medecin (Diet, des sc. me d. en
60 volumes; partie biograpbique.)
Bose (GASPA.RD), professeur de botanique a Leipzig, a publie ces deux opus
cules :
I. Dissertatio de motu plantarum, sensus cemulo. Leipzig, 1728, in-4. II. Dissertatio
de calyce Turnefortii. Leipzig, 1733, in-4". A. C.
BOSQUIIXON (EDOuARD-FRANgois-MiRiE). Celebre surtout comme erudit, na-
quit a Montdidier le 20 mars 1744. Apres d excellentes etudes au college des je-
suites de Paris, ou il se distingua surtout par ses progres dans la langue grecque,
il commenca en 1752 ses cours de medecine, et, apres deux concours, obtint la
reception gratuite. Sa reputation d helleniste le fitappeler, en 1774, a la chaire de
langue grecque au College de France. De la datent ses savantes recherches sur
Hippocrate et les medecins grecs. Ces etudes sur les auteurs de 1 antiquite ne lui
faisaient pas negliger les contemporains, et on lui doit la traduction de plusieurs ou-
vrages anglais fort importants, et notamment ceux de Cullen et de Benj. Bellqu il
enrichit de notes tres-nombreuses. Bosquillon etait medecin de 1 Hotel-Dieu, etil
ne se fit guere remarquer, comme praticien, que par certaines opinions etrangeset
paradoxales, comme, par exemple, quand il niait 1 existence du virus rabique, et
par 1 abus qu il faisait de la saignee. II mourut le 23 novembre 1816.
On lui doit les ouvrages suivants ; nous ne citons que les principaux.
I. Hippocratis aphorismi et prcenotionum liber. Paris, 1784, 2 vol. in-24 ; le t. II est
intitule: Notce et emendationes in Hippocratis aphor ismos et prcenot. librum. II. Physiologie
de Cullen, trad, de 1 anglais sur la 3= et dern. edit. Paris, 1785, in-8. III. Elements de
medecine pratique de M. Cullen, etc. Paris, 1785-87, 2 vol. in-8". Nouv. edit, revue par
A. J. de Lens. Paris, 1819, 3 vol. in-8. IV. Traite thiorique et pratique des ulceres, par
B. Bell. Paris, 1788, in-8; 2 Mil., traduite sur la 7" edit, anglaise, avec de Nouvelles
recherches sur la. teigne et Observations sur les tumeurs blanches des articulations. Ibid.,
1803, in-8. V. Traite de la maticre medicale , par Cullen, Paris 1789-90, 2 vol. in-8.
VI. Cours complet de chirurgie, etc.. par B. Bell. Paris, 1796, 6 vol. in-8% fig-. VII.
Traite de, la gonorrhee virulente et de la maladie venerienne de B. Bell, avec de nombreuses
additions. Paris, an X, 2 vol. in-8". VIII. Mem. sur les causes de I hydrophobie vulgai-
rement connue sous le nom de rage, etc. In Mem. de la Soc. med. d emulat., t. V, an XI.
IX. Observ. sur une affection particuliere des testicttles, accompagnee , etc., par W. Law
rence, trad, in Journ. gen. de m6d,, t. XXX VI, p. 447. E. BCD.
. 107
BOSSCHE (GUILLAUME VAN DEN) , ne k Liege vers 1 annee 1600; s est oc-
cupe surtout de 1 liistoire naturelle. On a de lui un livre interessant : Historia
medica, in qua libris IV, animalium natura, et eorum medico, utilitas exacte
et luculenter tractantur. Cum iconibus eorum ad vivum delineatis. Bruxellae,
1659, in-4. Dans cet ouvrage de 422 pages, Bossche traite des oiseaux, des
qnadrupedes, des animaux aquatiques, des insectes. La description en est assez
bonne pour le temps ; mais on ne saurait emettre la meme opinion relativement a
ce que dit 1 auteur de leur emploi en medecine ; alors il manque de critique, en-
registre toutes les opinions et les avance avec la confiance qn on accorderait anx
choses les mieux demontrees. C est ainsi qu il pretend qu une femme en travail
accouchera de suite si elle met sous ses pieds une aile d aigle. Les planches sont
fort pen ressemblantes. A. C.
BOSWEIXIE (Boswellia ROXB.). Genre de plantes, de la famille des Burse-
racees, dont les fleurs sont hermaphrodites, pentameres. Surleur receptacle convexe
s inserent un calice gamosepale , a cinq dents imbriquees , cinq petales alternes,
retrecis a la base, etales dans 1 anthese , imbriques dans la prefloraison, et dix
etamines hypogynes, dont cinq plus courtes, opposilipetales. Leurs filets sont
inseres sous un disque annulaire, crenele; et leurs antheres, biloculaires, intror-
ses, s ouvrent par deux fentes longitudinales. L ovaire sessile a deux ou trois
loges, avec deux ovules collateraux , descendants , inseres dans Tangle interne de
chaque loge, avec le micropyle superienr et exterieur. Le fruit est une drupe a
deux ou trois noyaux monospermes, qui, a 1 epoque de la maturite, se detachent de
la columelle centrale, persistante et ailee. La graine renferme sous ses teguments
un embryon charnu , sans albumen , a radicule supere , a cotyledons multifides,
contorlupliques. Les Boswellies sont des arbres de 1 Inde et des regions chaudes de
1 Afrique orientale; leurs feuilles sont alternes, imparipennees, et leurs fleurs sont
disposees en grappes ramifiees de cymes, axillaires ou terminales. En dehors du
B. papyrifera HOCHST. (Plcesslea floribundaEmt.), espece abyssinienne qui est
remarquable par la facon dont son ecorce s exfolie en larges plaques comme celle
de nos Bouleaux, il n y a qu une espece a signaler comme utile dans ce genre :
Boswellia serrata STACKH. (Extr. bruc., 19, t. III). Gette plante estprobable-
ment la meme queleB. thurifera COLEB. (Roxs., Cat. hort. calcutt., 56). G est
1 arbre qui produit le veritable Encens ou Oliban. (Voy. ces mots.) Elle croit dans
les montagnes de 1 lnde, et se distingue par des feuilles pennees, a folioles ovales,
acuminees, dentees en scie, pubescentes, et par des inflorescences axillaires, peu
ramifiees , a cymes pauciflores. On attribue encore avec doute a cette espece la
production des substances resineuses que les Anglais nomment Morh Madow et
Luban Maitie. Quant a Yencens fourni par le B. serrata, on est certain que
c est le plus beau de celui qui est exporte du Bengale; et il reste a savoir seule-
ment si c est le meme Boswellia, ou quelque autre espece du meme genre ou de
la meme famille, qui produit les encens que nous tirons des autres pays.
H. BH.
ROXB., PI. coromand., 111,4, t. 207. KUNTH, in Ann. sc. nat., ser. 1, II, 348. NEES,
Plant, officin., t. 5S5. DC., Prodrom., II, 76. WIGHT et ARN., Prodr. fl. penins. ind.,
I, 174. COLEBR., in Asial. Research., IX, 377, icon. ENDL., Gen. plant., 1135,
n. 5928. BENTII. et HOOK., Gen. plant., I, 322, n. 1. LINDL., Fl. medic., 171, 634.
ROSENTH., Syn. plant, diaphor., 859. MARCH., in Adansonia, YIH, 52, 62.
BOSSY. Voy. ICAQUIER.
108 BOTALLI.
BOTAL (TROU DE). (Voy. CCEUR et NOUVEAU-NE.)
Btt t ALLi (LEONARD). Plus connu sous le nom francise de Botal. Medecin de
1 universite de Pavie, originaire d Asti, en Piemont, il vint en France vers 1 annee
1561, protege par le due d Alencon qui 1 honorait d une amitie toute specials, et
qui le fit entrer a la cour. On le voit, en effet, des 1 annee 1571, medecin ordi-
naire d Elisabeth d Antriche, femme de Charles IX (Bibl. Sainte-Genevieve; Mss.:
liasse L. 61. F.), occuper le meme emploi aupres de ce dernier roi, qui, wen
.consideration de ses bons et agreables services, lui fait donner par le tresorier de
1 Epargiie, Claude Garrault, 1,250 livres de gratification (Arch, gen., reg. K. K.
154). A la mort de Charles IX, Botal sut conserve! 1 son credit sous le regne *ui-
vant, et, s il n obtint jainais la confiance de Henri III, il cnmula les emplois de
medecin ordinaire de la reine Louise de Lorraine (annees!575-1588), de Francois
ou Hercule due d Alencon, cinquieme fils de Henri II (annees 1576-1585), et de
Catherine de Medicis, laqnelle, ne se contentant pas des six medecins qu elle avait
aupres de sa personne, enajoula un septieme le l er Janvier 1586, et choisit Leonard
Botal. La place en valait la peme : elle rapportait deux cents livres de gages
fixes.
Leonard Botal a ecritplusieurs ouvrages qui lui marquent une place distinguee
dans la profession. Son nom parait etre eternellement attache a la circulation du
sang, quoique, au bout du compte, il n ait ajoute rien de nouveau aux connais-
sances qu on avait de son temps sur cette magnifique fonction. Le trou de Botal
qui dans la vie uterine etablit une communication directe entre les deux oreillettes
du coenr, et qui dispense par la les poumons de remplir le role que la nature leur
a impose une Ibis le foetus mis en contact avec 1 air atmospherique, le trou de
Bolal , disons-nous, n a pas ete decouvert par Botal, puisque Galieri en p;irle
d une maniere Ires-precise; mais Botal a precise d une maniere claire et correcte
Jes fonctions de cette ouverture, et sous ce rapport il a servi incontestablement
la science physiologique.
Le premier livre qui soil sorti de la plume de notre medecin de la cour de
France est intitule : De curandis vulneribus sclopetornm ; Lugd., 1560; m-8.
C est le meilleur ouvrage de Botal. II y refute solidement 1 opinion qui imagine
un caractere veneneux aux plaies par armes a feu; il y park de plusieurs instru
ments de cbirurgie (dessins dans le texte) egalement simples et commodes; il y
vante beaucoup le trepan dont on faisait peu usage de son temps; ily condarane
la methode de ceux qui employaient de longues et grosses tentes dans les plaies.
Vinrent ensuite :
I. De venerce curandce ratio. Parisiis, 1563, in-S. (Dedie a Jean Chapelain, l" r medecin
du roi . )
II. De catarrho commentarius . Parisiis, 1564, in-8". (Dedie a Honore Castellan, medecin
du roi.)
III. De via sanguinis a dextro insinistrum cordis ventriculum, Leonardi Botalli, Aslemis,
medici regu, sententia. Venetis, 1640, in-4.
IV. De curatione per sanguinis missionem de incidendce vence, cutis scarificandce , et
Irirudinum amplicandarum modo. Lugd., 1580, in-8" ; Antuerpice, 1585, in-8.
Get ouvrage est dedie a Rene de Birague, chancelier de France, celui-la meme
qui pesa de toute son influence dans 1 execution des massacres de la Saint-Bai the-
leiny, etque 1 liistoire represente comme un hornme profondement politique, mais
n ayant rion de sacre, et i aisant volontiers appel au poison pour se debarrasser de
BOTANIQUE M^DICALE. 109
ses ennemis. Si ce livre n esl pas le meilleur ecrit de Botal, c est au moins celui
qui servit le plus a asseoir sa reputation. Le ton decide qu il y met, 1 aprete de sa
diction, les observations nombreuses qu il rapporte, et qui presque tontes out pour
sujets des homines haut places dans la societe et a la cour, durent assurer a cet
ouvrage, encore bon a lire, un grand succes. II en eut an d autant plus immense
que Botal, tres-hardi medecin et fraichement debarque a Paris, se mil de suite en
opposition flagrante avec la Faculte, saignant sans pitie ses malades, tandis qne
1 antique Gompagnie de la rue de la Bucherie purgeait les siens a outrance. Aussi,
d une part, les pamphletaires se rue rent sur I auteur qui avail emis des idees aussi
arretees et aussi magistrales; et d une autre part, les enthousiastes prirent-ils a
pleines mains la defense de 1 innovateur. Jean-Baptiste Donat lanca en France et
en Ila ie une brochure qui avail pour but de briser la plume et la lancette dn me
decin de la cour. Marc Procere enlra en champ clos contre Donat (Discussio ineptie
(lefensioniscujusdamJoannis-BaptistceDonati, Lucensis editce adversus D.Leon.
Botallum; Paris, 1567, in-8) ; et il resulte de la lecture de ces deux I actums que
Botal ayant assigne le pamphletaire devanl le senechal de Lyon, maitre Donat
se vit condamne (arret du 21 sepl. 1566) a voir les exemplaires de sa brochure
laceres et detruits par la main du bourreau, et condamne a payer, au profit du
roi, une amende de cinqnante livres. L imprimeur, Claude Lescuyer, en Cut quittu
pour dix livres d amende.
Nous ne savons pas en quelle annee mourut Botal. Ce qui n est pas doulenx,
c est que ce medecin fmit ses jours entre les bras de Dieu, et qu il obtinl en
mai 1 585, le titre et les benefices d abbe de Sainte-Marie de Chage, dans le diocese
de Meaux. (Gall, christ., t. VIII, p. 1720.) Etienne Pasquier, que sa profession
d avocat mil souvent en rapport avec Botal, demanda un jour a notre medecin in-
novateur des explications sur sa methode des emissions sanguines : Plus on tire
de 1 eau croupie d un pnits, repondit Botal, plus il en revient de bonne, et plus la
nourrice est tetee par son enfant, plus elle a de lait. Le semblable est du sang et
de la saignee. (E. Pasquier, Lettres, liv. XIX, lettre 16). A. C.
MEUICALE. La Botanique (Bolanica, de fto-caw, plante) est la
partie des sciences naturelles qui a pour objel la comiaissance des vegetanx (Res
herbaria}. Elle etudie leur organisation, leur structure, leurs fonctions, lenrs
caracteres distinctifs, leur mode de groupement, le developpement de leurs par
ties, les anomalies et les maladies qu ils peuvent presenter, leur distribution sur la
surface du globe, dans les differentes regions et aux divers ages de la terre. C est
de la Botanique, consideree comme science, qu on a dit qu elle est sanscontre-
ditla partie de 1 Histoire naturelle la plus avancee vers la perfection.
La Botanique appliquee, outre les services inconlestes qu elle rend a I cigricul-
ture et a 1 horticulture, aux arts et a 1 industrie, a 1 economie rurale, domestique,
et a la bromatologie, rentre pour une certaine part dans 1 ensemble des sciences
medicates; elle ne saurait demeurer etrangere au medecin, quoique personne ne
puisse admettre pour celui-ci la necessite absolue d etie un botaniste consomme.
^lais, comme 1 a dit A. de Saint-Hilaire, ce n est point a 1 epoque ou nous
sommes parvenus, qu un medecin peutordonner un remede sans savoir auqnel des
trois Regnes il doit le rapporter ; et il aura, ce me sernble, un moyen de plus
pour bien comprendre 1 organisation animate, s il cherche un objet de comparaison
dans celledes vegetaux. Qu on attribue a une plante quelque propiiete ignoree pen
dant longleraps, il nc reconnaitra la verite, sans faire de dangereuses experiences,
110 BOTAN1QUE MEDICALE.
que s il aetudie les vegetaux, s il sait les comparer entre eux, et saisir leurs rap
ports avec sagacite.
On comprend mieux 1 utilite de la Botanique medicale, quand on cherche a la
subdiviser, et a etablir dans 1 etude de cette science, appliquee des coupes fondees
sur la nature meme de ses differentes adaptations a 1 art de guerir. II y a d abord
des plantes qui sont employees comme medicaments, etil ya meme eu un temps,
dans 1 histoire de tous lespeuples, ou tous les medicaments etaient tires du Regne
vegetal. D autres plantes, etant alimentaires, doiventetre assezbien connues pour
qu on les puisse distinguer d especes plusou moins analogues qui font, aucontraire,
partie des plantes dangereuses, toxiques, nuisibles a 1 homme et aux animaux. Les
vegetaux veneneux doivent etre parfaitement connus du medecin. II est appele,
dit A. Richard, aupres d un individu enproie a tous les symptomes de 1 emj jison-
nement. Get individu vomit, et Ton trouve aupres de lui quelques fragments de
vegetaux; il fautque le medecin prononce sices vegetaux ont determine les symp
tomes que ce malade presente, ou s ils ont ete occasionnes par une autre cause.
Pour porter un jugement sur dans une pareille circonstance, ne faut-il pas neces-
sairement que le medecin soit en etat de reconnaitre les caracteres dece vegetal?
ce qu il ne pent faire sans avoir etudie la botanique. 11 en serait absolument de
memo si, dans un cas analogue, le medecin etait appele aupres des magistrals pour
prononcer sur la nature des substances que Ton soupgonnerait avoir ete employees
pour determiner un empoisonnement.
Si nous ajoutons a ce qui precede, que la pbysiologie vegetale eclaire frequera-
ment la pbysiologie animale dont elle recoit a son tour de vives lumieres, attendu
qu il n y a pas deux physiologies, 1 une animale et 1 autre vegetale ; que la science
de la vie est une ; et que les hygienistes de nos jours commencent a demander a
1 etude des fonctions des. plantes, des donnees positives sur la salubrite ou 1 insa-
lubrite desforets, des prairies, desmarais, rizieres, routoirs, etc., et qu ils recher-
chent, dans 1 examen histologique de leurs bois, de leurs ecorces et de leurs feuilles,
les causes de la valeur hygienique des especes textiles, nous verrons qu en somme
il y a plusieurs parties importantes de 1 art de guerir qui trouvent un appui neces-
saire dans les connaissunces bolaniques, savoir : 1 hygiene, la medecine legale, la
toxicologie, la physiologic et la therapeutique.
Pure ou appliquee, la Botanique se divise en un certain nombre de branches
qu il est necessaire d enumerer pour qu on puisse se faire une idee exacte des
limites de cette science. On en a admis jusqu a dix, qui sont les suivantes :
I. ORGAMOGRAPHIE. Les plantes naissent, se developpent, se reproduisent.
Pour remplir ces diff^rents actes de leur vie, elles ont des instruments ou des or-
ganes. Etudier cesorganes, c est faire de Y Organographie vegetale. Outre 1 im-
portance de cette etude pour la determination ulterieure des fonctions, la connais-
sance des caracteres exterieurs est plus tard indispensable pour distinguer les ve
getaux entre eux, pour diiferencier les families, genres, especes. Cette etude est
ordinairement la plus facile de toutes, parce que les organes composes que pos-
sedent les plantes sont ordinairement d assez grandes dimensions. Leurs caracteres
exterieurs de forme, de taille, de duree, de consistance, de coloration, de position
relative, de symetrie, se constatent ou a Toei! nu, ou au plus, presque toujours, avec
un grossissement de quelques diametres, comme celui que peut donner une loupe
au microscope simple. C est ainsi que, dans une plante elevee en organisation,
comme ctlles que Von appelle Phanerogames, on determine aisement les appa-
rences exterieurs de la tige, de la racine, des feuilles, des fleurs et de leurs princi-
BOTANIQUE MEDICALE. Ill
pales parties, des fruits et desgraines. C est la seule botaniquequ aient pu faire les
anciens, et 1 on s etonne cependant du degre de progres jusqu auquel plusieurs
d eutve eux out pousse cette parlie de la science, malgre 1 imperfectioa et le peu de
puissance des instruments auxquels ils pouvaient avoir recours. Onne saurait trop
recommander aux medecins, comme a tous ceux qui nefont de 1 etude de la Bota-
nk[ue qu un objet secondaire et accessoire, de ne point s aventurer dans les autres
parties de la science, avant d avoir autant que possible approfondi celle-ci. Si plus
turd, ils veulent aller plus avant dans 1 etude de la Botanique, ils le feront facile
ment, avec du loisir et un travail regulier. Mais il est important qu ils ne perdent
point de temps et qu ils ne s exposent a un profond devout de la science, en s ega-
rant au debut dans les details dilficiles de 1 observation nricroscopique ou dans le
dedale inextricable des nomenclatures et des classifications. Etudier les organes
de grandes dimensions, a 1 oeil nu, puis s aider d un faible grossissement pour en
examiner de plus petits, et se preparer de la sorte, de proche en proche, a la re
cherche minutieuse des details qui ne se voient bieu qu a 1 aide des forts grossis-
sements du microscope compose, aller ainsi du connu a 1 inconnu, comme le veut
toute saine methode, voila le seul moyen de faire, sans grand peine, beaucoup
de progres en peu de temps, et d eviter ces deboires dont Payer, dans la remar-
quable Introduction de ses Elements, a si bien fait voir le danger. Les bota-
nistes modernes, dit-il, commenceut tous, dans leurs lec.ous ou dans leurs livres,
par 1 Anatomie vegetale. Ils parlent d abord des tissus, de leur forme, de lenr tex
ture, de leur mode de formation et de developpement, des nombreuses substances
qu ils contienneiu, et ce n est qu apres une etude complete de leurs caracteres
qu ils passent a 1 etude des organes composes qu ils constituent par leurs combi-
naisons diverses, tels que les racines, les tiges, les branches, les feuilles, etc. Cette
marche m a toujours paru extremement defectueuse, et etre une des principules
causes pour lesquelles la Botanique, qui etait etudiee presque par tout le monde a
la fin du dernier siecle, est de nos jours si completement delaissee. En effet, com-
mencer I elude d une science si agreable par des choses dont la plupart n ont
jamais entendu parler, qu on ne peut pas montrer facilement, et sur la nature
desquelles les botanistes sont loin d etre d accord, n est-ce pas vouloir rebuter les
personnes les mieux disposees, et leur faire penser que cette science qu ils croyaient
si facile, est pleine de mysteres et d incertitudes ? Apres avoir ainsi signale le
mal, le celebre auteur montre, a notre grand profit, comment il a su y remedier.
Si, ajoute-t-il, j ai reussi a inspirer le gout de la Botanique a mes eleves, je puis
dire avec Bacon que je le dois a ma methode, qui consiste tout simplement a aller
du couuu a 1 inconnu, en commengant par les organes que tout le monde connait
deja en partie, comme les racines, les tiges, les branches, les feuilles, les fleurs,
les definissant et les caracterisant par des signes precis et scientifiques. Par suite,
j ai ce triple avantage de parler d abord de choses avec lesquelles mon auditoire est
deja familier, que je puis lui montrer facilement, et sur lesquelles les botanistes
sont tous d accord. Cette marche, c est d ailleurs celle qu a suivie 1 esprit humain
depuis Theophraste jusqu a nos jours. On ne peut pas mieux dire, sans doute, et
Ton ne saurait mieux faire, lorsqu on est medecin, et qu on ne peut s attarder a
1 etude d une seule des parties des sciences medicales, que de suivre ces sa^es pre-
ceptes. Tel est le vrai moyen de faire avec profit de I Organograpnie vegetale, de
bien savoir le peu qu on sail, d acquerir une base solide pour des connaissances
botaniques plus etendues. Et tel qui, en suivant cette marche, avail cru ne faire
de la Botanique medicale qu une portion tres-accessoire de ses etudes, s est vu un
112 BOTANIQUE MEDIGALE.
jour tellement seduit par la logique entrainante de celte methode, el par le charme
d une science qui satisfait si bien et des le commencement laraison, 1 intelligence
et 1 imag ination, que le reste des etudes medicales s est vu par lui neglige, et que
1 accessoire du debut est bientot devenu pour lui le principal.
II. ANATOMIE. Ce que nous venons d appeler Organographie dans les plantes,
estce qu on desine en Zoologie sous le nom d Anatomie descriptive. L usage veut
qn on n appelle Anatomic, lorsqu il s agit de vegetaux, que ce qui se nom me Ana
tomic de tissus, on Ilistologie, dans les animaux. II est inutile de faire remarquer
a ce propos combien ces distinctions d Anatomie d organes et d Anatomie de tissus
sont arbitraires. II n y a qu une anatomie, laquelle etudie et decrit des objets plus
ou moins volumineux ; de sorte que 1 anatomie de structure est pratiquement,
pour beaucoup de personnes, celle qui ne se peut faire qu a 1 aide des forts gros-
sisscments du microscope compose, tandis qne 1 anatomie des organes ou des regions
ne demande que 1 nsage de la vue simple ou d une loupe a faible grossissement.
On admet en Bolanique cettc meme distinction entre \ Organographie et V Ana
tomie. Cette derniere partie de la science est nouvelle, relativement a la premiere;
elle nc dateguere qne du siecle dernier. Jusque-la, presque tous les organes elaient
simplement etudies dans leurs caracleres exterieurs. On ne s etait pas attache a ce
fait que leur substance n est pas toujouvs bomogene, que souvent la texture,
la consislance ne sont pas Us memes dans les differents points de leur masse.
Grew et Malpighi furent a peu pres les premiers qui distinguerent, dans une
tige , une racine , une feuille, des parties molles , parenchymateuses ; puis
d autres fractions, epaisses, dures, incrnstees de materiaux solides, comme est le
bois; puis enfiu des portions aplaties, etalees, membraneuses, d apparence epider-
mique. Toutes ces parties, suffisamment grossies sous le microscope compose, leur
apparurent forniees d elemenls differents qu ils appelerent tissus. L Analomie
vegetale est done en somme 1 etude de cette trame intime , de ces tissus des
organes. Peu pratiquee jusqu ici, en dehors des recherches des botanistes de pro
fession, cette partie de la science est sans doute une de celles qui sont appelees a
rendre, dans un avenir peu eloigne, les plus grands services a la medecine, no-
tanmient a la pliysiologie, a la medecine legale, a la therapeutique, a la pharnia-
cologie. II sera etabli ailleurs que les divers tissus etudies par 1 Anatomie vege
tale derivent tous d un seul et meme tissu fondamental, que 1 ou appelle le Tissu
cellulaire, et que ce dernier est, dans sa periode de vitalite complete, le foyer de
production de tout ce que les plantes peuvent fabriquer de matieres actives.
Cliaque cellule est, comme on 1 a dit, une sorte de laboratoire ou se fabriquunt
les substances alimentaires, medicamenteuses, les matieres colorantes, odorantes,
sapides, etc. , pour lesquelles telle ou lelle plante est recbercbee dans la pratique.
Du la, la connaissance possible des elements vegetaux qui, a 1 exclusionde tous les
autres, renlerment ces produit*, la possibilite de recbercber comment ils s y deve-
loppent, comment le travail qui les engendre peut etre active ou relarde dans des
circonstances donnees. De la encore toute une pliysiologie cellulaire a etablir,
analogue a celle qui a deja ete taut etudiee dans les etres organises animaux, et qui
comprend a elle seule tout ce qu il y a de plus considerable dans 1 accomplissement
des differentes fonclions de la vie. De la aussi des caracteres bistologiques propres
a cbacune des fractions des organes, caracteres qui permettront au medecin-legiste
de reconnaitre et de poursuivre partout les moindres traces des vegetaux, si divises
qu ils puissentetre. On peut prevoir, des a present, le role immense qui, dans les
sciences medicales, est reserve a 1 Iiislologie vegetale.
BOTANIQUE MEDICA.LE. 113
III. ORGANOGENIE. Cette branche de la science consiste dans J elude du develop
pement des differentes parties. Les divers organes des plantes, dit Payer, comme
les divers tissus qui entrent dans leur composition, ne sont pas nes de toutes
pieces ; petits a 1 origine, ils sont devenus grands; simples, ils se sont compliques.
Or, les suivre dans leurs mollifications successives depuis leur apparition jusqu a
leur entier developpement, decrire toutes les phases par lesquellcs ils passent,
recherclier les lois en vertu desquelles tons ces changements s accomplisscnt, c est
faire de I Organogenic vegetale. M. Mirbel est le premier qui, au commencement
de ce siecle, ait etudie les organes et les tissus sous ce point de vue, et il doit etre
considere comme le fondateur de cette branche de la Botanique. Ses travnux out
une telle importance que, bien que cette partie de la science ait fait d enormes
progres dans ces dernieres annees, ils en sont encore la base. Payer qui a si bien
expose ce qu est I Organogenie vegelale, a lui-meme etendu a loutes les parties de
la fleur la methode d exploratiou dont il parle ; il en a etudie le developpement
dans un grand ouvrage inlilule : Traite d Organogenic comparee de la fleur.
Apres lui, on a si bien senti 1 utilite de cette portion de la science, on a si bien vu
qu on ne peut comprendre clairement la valeur des organes qu alors qu on a suivi
pas a pas leur evolution, que la phrase de Turpin, si souvent repetee : Voir
venir les choses, est h meilleure maniere de les expliqtter, >> est devenue une sorte
d axiome admis sans contestation. Presque tons les bolanistes qui etudient specia-
lement uu point de la science, un organe, un tissu, s attachenl dans leurs travaux
a observer toutes les phases du developpement. Est-il necessaire d ajouter, qu en
ce qui concerne specialement le medecin, celui-ci ne pourra avoir une connais-
sance exacte de la maniere dont les vegetaux parasites s implanteut dans nos tissas,
nos organes, et les envahissent graduellement, que s il observe organogeniqucment
les debuts et tousles etats successifs deces plantes? Faut-il dire aussi que les ina-
tieres utiles, medicamenteuses, dont 1 anatomie et la physiologie aurout montre
1 existence dans les divers tissus, notamment dans le tissu utriculaire, ne seront
bien connues qu alors qu on aura assiste a 1 origine de leur depot au sein nieme
de leurs foyers naturels de produclion ? La therapeutique et la pathologic parasi-
taire ont done beaucoup a attendre des etudes organogeniques.
IV. PHYSIOLOGIE. Les organes (c est- a-dire les instruments), soit elementaires,
soit complexes, une fois connus, ils ont un role a remplir dans la vie de la plante.
On etudie ce cole, son importance, ses resultats, les principes en vertu desquels il
s accomplit, les moyens employes pour arriver a le remplir. Telle est la Physio
logie vegetale, quirenferme, par consequent, 1 etude des conditions du developpe
ment et de 1 existence des plantes, leurs inoeurs ou habitudes, le jeu de toutes
leurs parties, la coanaissance de leurs fonctions de nutrition, de reproduction, de
Seurs mouvements, etc. C est la partie la moius avancee de la Botanique; elle
exige des connaissances multiples, physiques, chimiques, physiologiques ; elle est
difficile a pratiquer, elle a ete longtemps presque totalement abandonnee. Elle ne
se fera, ne progressera que par 1 experimentation, comme s est foudee et perfec-
tionnee si activement depuis deux siecles la physiologie vegetale. Puisque, comme
on 1 a dit avec tant de justesse. II n y a pas deux physiologies, 1 uae anim&le et
1 autre vegetale ; la science de la vie est une, les methodes et les precedes qui
sont appliques avec succes a la counaissance de la vie anirnale, doivent 1 etre a la
science de la vie vegetale; il faut absolument mettre les plantes et leurs oranes
en experience, pour arriver a en determiner les fouctions. C est ce qu on a fait
priucipalement dans ces dernieres annees, pour les organismes vegetaux les plus
DIGT. ESC. X.
BOTANIQUE MEDICALE.
simples, notamment pour ceux qui jouent un si grand role dans les phenomenes
de fermentations ; et malgre les exagerations auxquelles ces recherches ont donne
lien, il s est trouve qu elles ont rendu un egal service a la physiologic speciale
des etres peu compliques sur lesquels elles ont porte, et a la physiologic la plus
generate des etres organises, tant animaux que vegetaux. Dans les fermentations
oii Ton ne faisait intervenir autreibis que des forces mysteiieuses ou mal defmies,
1 experimentatiou a montre qu il n y a autre chose que des phenomenes biologi-
ques, caracteristiques de 1 evolution normale des microphytes ou des migrozoaires,
avec les consequences chimico-physiques de ces phenomenes. Tout nous porlea
croire que la medecine, notamment I hygiene et la pathogenic, tireront de la les
plus grands progres qu elles soient destinees a realiser de notre temps, et que la
plupart des questions relatives a 1 etiologie et au mode de propagation, a la pro-
phylaxie et a la therapeutique des contagions, des virus, des miasmes, des affec-
tions paludeennes, pestilentielles, epidemiques, etc., dependent precisement de
nos connaissances sur une simple question de Physiologie vegetale.
V. TERATOLOGIE. Celte partie de la science, sans presenter des applications
immediates a la medecine, a ete consideree jusqu a nos jours comme etant d une
grande importance pour la determination de la valeur des organes. Lorsque le
developpement de ceux-ci, ou des tissus en voie de formation, se trouve derange
par suite de quelque deviation de la marche ordinairement suivie par la nature, il
peut arriver un arret plus ou moinscomplet, plus ou moins brusque, dans 1 evolu-
tion de ces parties; et un etat qui ne serait que transitoire dans les circonstances
noi males de 1 evolution, se trouve devenir un etat permanent. L observateur qui a
sous les yeux cet arret de developpement se trouve dans la meme situation que
celni qui etudierait a un moment donne 1 evolution des parties. II en resulte que
si les fails teratologiques exprimaient toujours ainsi une phase, un etat plus ou
moins avance de la serie des developpements, la Teratologie pourrait etre substitute
a I Organogenie, et un grand nombre de fails monstrueux, rapproches les uns des
autres et convenablement disposes en serie pourraient arriver a representer 1 en-
semble de 1 evolution normale. Malheureusement, il n en est pas toujours ainsi ;
au lieu de s arreter dans un etat transitoire, sans autre deviation de sa ligne nor
male de developpement, I organe peut se developper anormalement en dehors, a
cote de celte ligne ; il peut, a partir d un certain moment, s accroitre dans un autre
sens ou suivant d autres lois que celles auxquelles il avail ete soumis jusque-la ; il
peut, comme taille, comme forme, comme consistance, comme nature, comme
composition chimique, devenir tout different de ce qu il aurait du etre. II y a alors
hyper trophie, ou deformation, ou division, ou union anormale; il existe une
anomalie ou une momtruosite absolue, qui n indique en rien un etat transitoire
Ce que Tobservateur a sous les yeux n a jamais ete et ne devait jamais etre 1 etat
normal, a quelque moment que ce soit; et qui 1 interpreterait comme tel s expo-
serait aux plus grossieres et aux phis dangereuses meprises. Or rien ne peut, en
dehors de 1* observation directe, nous avertir a priori que la monstrtiosite que
nous avons sous les yeux est un simple arret de developpement qui revele une
phase de 1 evolution reguliere. Nous ne le savons qu a posteriori, alors que, les
developpements normaux ayant eteetudies, il est constant qu il y a identite entre
une phase quelconque de 1 evolution et 1 etat monstrueux permanent, definitif.
II en resulte que 1 etude des anomalies, si ancienne qu elle puisse etre, si inte-
ressante qu elle soit sotivent, ne pent que nous induirc en erreur dans 1 expli-
cation de la nature des parties, si nous nous laissons aller a 1 essor de notre
BOTANIQUE MEDICALE. 115
imagination, et si nous n avons pas la certitude que les monstriiosit.es obscr-
vees traduisent reellement un etat transitoire de 1 evolution normale; ojiinion
que, dans noire Eloge de Moquin-Tandon (Seance de rentr. de la Fac., 1854,
p. 29), nous avons exprimee d une facon particuliere, en rapport avec le genre de
cet ecrit : v Les fails (teratologiques) existent; la science devait les constater et
les enregistrer. Quelques-uns d entre eux, comme ceux qui tomberent sous la main
de Goethe, out pu servir a expliquer quelques traits de 1 organisation normale.
Mais, outre qu il faut etre un Goethe pour ne s y point tromper, outre aussi que
beaucoup de i aits monstrueux n expliquent a peu pres rien, il y en a assurement
d autres qui, pour ainsi dire, expliquent trop de choses. II n y a guere de theorie
sur 1 organisation vegetale qui n ait a sa disposition quelque anomalie a invoquer
comme un argument sans replique; et bien plus, on a vu et on verra les doctrines
les plus opposees s autoriser avec un egal avantage d un meme fait monstrueux,.
pour s adjuger gain de cause. On celebre, en un mot, la victoire dans les deux
camps ; et le fait teratologique devient la maitresse position qui se trouve entre
les deux armees, et dont chacune d elles s empare a son tour, pour de la foudroyer
ses adversaires. Rien n empeche, il est vrai, que la monslruosite observee ne re-
suite, parexemple, d un arret de developpement, laissant alors subsister jusqu au
bout une structure passagere ou une organe de transition. Elle pourra bien alors
expliquer le mode de formation et revolution de cet organe, tout comme pourrait
le iaire 1 etude directe des phases completes de celte evolution. Mais, si cette mons-
trnosite etait en quelque sorte absolue, ne representant rien de vrai a aucun age,
elle deviendrait un piege d autantplus dangereux. Celui-la saura seul 1 eviter, qui
recourra directement a 1 observation successive des developpements. C est done
par cette etude qu il faut commencer, et c est d elle qu il faut nous relever, non
des caprices de la nature. Chercher avant tout et toujours dans les anomalies vege-
tales 1 explication de 1 organisation normale, c est demander une interpretation de
la loi aux malfaiteurs et aux criminels, qui sont des monstruosites dans nos societes
organisees. Us s empresseront de donner du Code une interpretation favorable a
leursmefaits. 11 se pourrait a la rigueur que, sur quelques points, Us ne fusseut
pas en opposition avec le bon sens et la justice; c est qu ils n auront pas prevu
qu un jour ou 1 autre, cette saine interpretation doit les condamner, ou qu il s agit
d un genre de delits qui ne leur est pas habituel. Oui, le malfaiteur cherchera a faire
passer pour normale et legale 1 action qui perturbe en realite 1 ordre moral. Et de
meme, il y a c,a et la des anomalies vegetales qui ne sont qu une exageration de
1 etat normal, et qui rendent ce dernier plus saisissable. Mais n est-il pas evident
qu il faut connaitre d abord cet etat normal pour etre assure que les anomalies ne
font que 1 accentuer davantage, sans 1 alterer et le devier? Et ne vaut-il pas mieux
alors etudier cet etat normal a priori, comme il est preferable d aller demander
d abord 1 interpretation de la loi a des juristes eclaires et impartiaux?
VI. PATHOLOGIE. II y a une Pathologie vegetale , c est-a-dire une etude des
maladies des plantes, considerees dans leurs causes, leurs signes, leur anatomic
pathologique, leur diagnostic, leur pronostic, et le traitement qu il convient de
leur appliquer. Si peu avancee qu elle soil encore actuellement , cette partie de la
science est une des plus anciennement connues; elle a du exister du jour ou
1 homme s est apercu que certaines plantes, utiles a son alimentation ou a son
Industrie, cessaient, sous 1 influence de conditions morbides , de lui donner une
quantite ou unequalite sulfisante de produits exploitables. C est pour cette raison
sans doute, que les cereales , les arbres fruitiers, les plantes a tubercules comes-
110 BOTANIQUE MEDICALE.
tibles, out a pen pres scules unc pathologic etudiec, sinon completement connue.
On a dit que la Patliologie vegetale est a la physiologic vegetale ce que la terato-
logie est a la physiologic normale. Eu eifet, suivant les expressions de Payer, la
patliologie, c est 1 histoire des irregulaiites qui se produiscnt dans les fonctions
des organes, irregularites qui entrainent des anomalies duns ces fonctions, c est-a-
dire des maladies. Qu un organe, par exemple, par suite de telle ou lelle circon-
stance, elabore des substances tout autres que celles qu il elabore ordinairement, il
en resultera nn grand trouble dans 1 economie de la plantc, et parfois la mort.
Cette definition, on pltitot ce cadre, dans lequel on renferrne ainsi d habitude la
Patliologie vegetale , nous parait de beaucoup quelque cbose de trop etroit et de
trop borne. Sans doute, on pent supposer que partout ou il y a elaboration de
produits anormaux par les plantes, le jeu de leur t onction est plus ou moins
trouble. Mais , d une part , il pent y avoir maladie dans nn vegetal , sans que la
nature des produits elabores soit alteree. La quantite en pent etre seule modifiee,
tit la sanle de la plante en souffrir. C est ce qni arrive dans les differenls cas d af-
faiblisscmcnt ct de deperissement des plantes, alors que les produits qu elles ela-
borcnt sont en quantite insuffisante, sans que leur nature soit changee ; et dans
certains cas d bypcrtrophie plus ou nioins etendue, quand il se forme des tumeurs
dont la composition chimique n est pas difference de celle des tissus normaux de
J;i planle, el qui constituent encore des maladies, aussi bien que les tumeurs,
d origine analogue, qui s observent cliez I homme et cbez les animaux. La nature
des I roduils elabores par la plante pent encore n avoir pas change le moins du
monde, et cepcndant la maladie et la mort meme du vegetal peuvent survenir,
quand il y aun deJ aut d equilibre entredeux fonctions telles que 1 absorption etla
transpiration oul evaporation, et que la plante souffre, ou d une trop grande quan-
titu, ou d une penurie de liquides. Un vegetal peut encore etre sevre des aliments
qui sont necessaires a sa constitution, et ses tissus, quoique normaux, peuvent etre
incomplelement formes, amoindris dans leurs dimensions, atrophies en partie, ce
qui coustitue un etat morbide , sans que leur substance soit differente, comme
qualites, de cc qu elle etait dans la plante saine. Des desordres anatomiques peu
vent encore exister dans les organes, les tissus, comme dans les cas de plaies, de
blessures, de delbrmations, de tumeurs, sans que les fonctions cessent de s exer-
cer physiologiquement ; et il y a meme des cas de parasitisme ou , pendant une
certaine periode, la plante fournit des aliments au parasite qui, non-seulement vit
a ses depens, mais encore la deforme ct 1 altere anatomiquement, sans qu on puisse
soupQonner en elle aucun trouble physiologique. La Pathologic vegetale est done
de tons points comparable a la Pathologic animale ; elle comporte, comme elle, des
troubles anatomiques et pbysiologiques, separes ou simultanes ; et, si peu qu elle
soit connue, on sait deja qu elle est .susceptible d etre renfermee dans un cadre
nosologique analogue. On ne saurait dire encore, a 1 heure qu il est, si une etude
plus avancee de la Pathologic vegetale pourra fburnir des donnees precieuses a h
Patliologie animale, comme fait cette derniere a la Pathologic huniaine ; on ne
peut logiquement que le presumer. Mais ce qui n est pas douteux, des a present,
c est qu il y a des questions de pathologic comparee qui ont recu autant de lu-
mieres des maladies des plantes que de celles des animaux ; il sulfitde citer celle
du parasitisme, dont les lois aujourd hui acceptees ont ete empruntees autant et
meme plus au Regne vegetal qu au Regne animal. Mais il est un autre point de
histoire de la Patliologie vegetale qui a, pour la medecine, et en particular pour
I liygiene, une importance incontestable ; c est la consequence pour I homme et
BOTANIQUE MED1CALE. 117
pour sa sante des aflections parasitaires dont certaines plantes sont le siege,
comme les cereales, la pomme de terre, la vigne, etc. 11 est sans doute d un inte-
ret presque exclusivement scientifique de rechercher si la presence du Botrytis
infestans est la cause on 1 effet de la maladie de la Pommc de, terre, on si I exis-
tence de YO idium Titckeri precede on suit la maladie de la Yigne. Mais outre qu il
n est pas d un mince secours, pour 1 etude des affections parasitaires de la pean, d ob-
server les relations de ces vegetaux cryptogames avec les parties malades des plantes
sur lesqiiellcs ils se developpent, il devient important pour la sante et 1 alimenta-
tion publiques que les aliments ou les boissons prodnits par les plantes attaquees,.
on que le pain que nous donnent les cereales si sou vent, atteintes de la rouille ou
du cbarbon , subissent , dans la qualite ou la quantite de leur rendement, des
modifications considerables. II n est sans doute pas indifferent non plus au
medecin que le seigle ou le ble soient attaques par 1 ergot, et qu au lieu d une
recolte normale d aliments sains, ils nous donnent, ou un medicament puissant, ou
un pain dont 1 usage amene des accidents morbides parfaitement determines.
VII. PHYTOGRAPHIE et TAXONOMIE. Le nombre des planles qui croissent sur la
terre, et en particulier le nombre de celles qui sont employees par I liomme, deve-
nant chaque jour plus considerable, on a tente a presque toutes les epoques de les.
distinguer nettement les unes des antres, delesdeciire exactemcnt, de tronver dans
leurs differents organes des caracteres qui pusscnt empecher de les confondre
entre elles dans la pratique, d autres qui permissent de les classer metbodiquemcnt,,
de rapprocher et de comparer enlre elles celles qui se ressemblent le plus, d eloi-
gner autant que possible les nnes des autres celles qui different le plus entre elles.
Tel a ete le but de la Botanique descriptive, pliytograpbique, taxonomique ; portion
de la science dont on ne pent comprendre la portee, les duvcloppements et la veri
table ntilile, qu en remontant dans 1 bistoire de la Botanique elle-mcme, et en
jetant un coup d ceil rapide sur 1 evolution d une science qui, du temps de Tbeo-
phraste, ctndiait environ six cents plantes alors connues, et qui de nos jours em-
brasse la connaissance de plus de cent mille especes, d apres les recensements
les plus dignes de foi. II ne s agit pas, bien entendu, d exposer ici une histoire
chronologique et ininterrompue de la botanique. Ce travail a ete entrepris et
execute avec beaucoup d eclat dans le dix-septieme siecle, par Tournefort, dans
I lsagoge de ses Institutiones Kei herbarice, au siecle suivant, par Adanson, dans
son Histoire de la Botanique, et depuis lors, par un assez grand nombre d auteurs
de differents pays. Nous voulons senlement suivre, dans 1 hisloire de la science,
les perfectionnements successifs qui ont conduit a la constitution des Muthodes
aujourd hui generalement adoptees.
Les premiers liommes que la tradition nous montre s efforgant de traduirc les
vertus des plantes par des caracteres exterieurs, sont des medecins ou des prelres
guerisseurs, dans des siecles on la therapeutique entiere n etait guere empruntee
qu a la Bolanique, et ou cette derniere conslituait la majeure partie des etudes
medicales. II nous importe peu en somme qu Orpbee, Hesiode ou Pytbagore aient
possede quelques notions d Histoire naturelleet de Botanique, et que plusieurs per-
sonnages bibliques, comme Moise ou Salomon, aient, fait preuve de connaissances
hygieniques ou tberapeutiques, relatives aux vegetaux usites chez les Hebreux ou
chez les infideles. Mais il est moins indifferent deia de voir qu Hippocrate invoquait
1 opinion d un certain Crateias, cite par lui comme le premier bolaniste de son
temps. Aristote cultivait la Botanique, anssi bien que les autres parties des sciences
naturelles; mais nous ne possedons que qnelques fragments denatures de deux
118 BOTANIQUE MfiDICALE.
livres composes par lui sur les plantes, livres auxquels il fait lui-meme allusion dans
plusicurs passages de ses ecrits. Ce qui est certain, c est qu il existait de veritables
traites de Matiere medicale vegetale, du temps de Cratsevas, de Denis et de Me-
trodore qui, au dire de Pline (Hist, natur., lib. XXV, cap. 2), publiaient des
figures de plantes, an-dessous desquelles ils decrivaient leurs vertus. 11 est vrai
que Pline ajoule a ce fait ces reflexions qu Adanson transcrit, sans s en etonner :
Mais lapuinture est trompeuse et sujette a changer I intensite et 1 expression des
coulenrs naturelles; c est encore peu de peindre chaque planle dans tous ses ages,
puisqu elles changent de face a cliaqne saison de 1 annee. Ces difficultes ont oblige
les auteurs qui ont suivi ceux-ci d ribanilonner les figures, et de s en tenira des
descriplions. Aujourd hui nous devons dire qu on est revenu de cette opinion, et
que 1 iconographie vegetale a retrouve loute la faveur dont il parait qu elle jouis-
sait aux premiers ages de la science. Pour le medecin surtout, dont le temps est
sonvent compte et qui ne peut s astreindre & de longues ct minutieuses recherches
dans les traites specuiux, ilest evident qa une figure exactedes plantes par lui em
ployees, en dit plus, en quelques secondes, que des descriptions detaillees auxquelles
il est frequemment difficile de donner toute la precision et la clarte desirables, et qiu
sont souvent faites a une epoque ou on connaissait imparfaitement les plantes rares et
exotiques qui en font 1 objet ; or ces plantes sont en general les plus actives et les plus
utiles a la therapeutique . II parait d ailleurs que les anciens auteurs avaient les memes
idees sur 1 utilite des etudes botaniques, car ils sebornaient a celles des especes qu on
employait dans la medecine, 1 economiedomestiqueou les arts, et decrivaient surtout
les usages et les verlus des vegetaux. Deja, dans ces etudes, ils avaient une classifi
cation, et cbacun proposait la sienne. II y a eu de tout temps, dit Adanson, des
methodes en Botaniqne, et les auteurs qui ont paru en avoir le moins, Theopbraste
lui-meme, disciple d Aristote, en avail une. Dans son Histoire des plantes, en
neuf livres, il les divise, des le troisieme livre, en sept classes, en ayant egard a
leurs qraliles. Remarquons que de ces sept classes, trois en effet comprennent
les plantes considerees par rapport : a leur usage comme herbes potageres ; a Jeurs
graines comestibles (Fromentacees); a celles qui donnent des sues. Dioscoride va
plus loin encore dans cette application des proprietes des plantes a la taxonomie;
car elles sont, dans les cinq livres de ses Descripliones plantarum, rangees suivant
leurs qualites : 1 les Aromatiques ; 2 les Alimentaires ; 3 et 4 les Medicinales;
5 les Vineuses. Ses descriptions etaient d ailleurs, comme nous 1 avons vu,
accompagnees de figures; ce que confirme Saumaise, affirmant avoir vu un
cahier grec de Dioscoride, fait depuis plus de mille ans; dans lequel les plantes
etaient figurees avec beaucoup d elegance, mais avec peu d exactitude et de verite.
Dioscoride s etait encore attache a citer les plantes usitees sous tous les noms qu on
leur attribuaiten Grece de son temps, ce qui n est pas sans grand avantage pratique
lorsqu il s agit de vegetaux utilises en medecine. II y a ici un fait important a
signaler dans 1 histoire de la Botanique medicale, c est que, depuis Theophraste et
Dioscoride jusqu a la fin du quinzieme siecle, et meme jusqu au milieu du siecle
dernier, dans certains pays, les plantes n ont etc classees par les medecinsque selon
leurs proprietes therapeutiques. Depuis Pline, le dernier des auteurs remains
celebres, ajoute encore Adanson, c est-a-dire depuis les fondements de la religion
chretienne, jusqu a Cuba, dans un espace de quatorze cents ans, la Botanique n a
ete traitee que relativement a la medecine, et confondue avec elle. Cuba a com
mence en 1486 a publier cinq cent neuf figures de plantes, et autant de descrip
tions, a la verite fort mauvaises et sans aucun ordre. Tel est I Hortus sanilatis
BOTANIQUE M^DICALE. 119
de cet auteur (in-fol., Moyuntice, 1486), dont le litre, analogue a celui de tant
d autres ouvrages de Botanique du meme temps, prouve assez que ces traites n e-
taient consacres qu a la description des plantes employees en medecine. Tels etaient
ie De virtutibus plantarum, de Villanova (in-4 ", Venetiis, 1509), 1 Interpretatia
inMmil. A/acr.,de Gueroult ou Gueroaldus (in-12, Parisiis, 1517), les Commen-
tarii in Dioscoridem, de Ruelle ou Ruellius (in-fol. , Parisiis, 1 536) et I Erbolario,
de De Dondis (in-8, Vinagice, 1556), etc. Le meme ordre etait suivi dans tousles
ouvrages et dans la plantation de la plupart des jardins botaniqucs destines a 1 in-
struction des medecins. Les plantes y etaient groupees, non d apres leur organisa
tion naturelle, mais d apres leurs vertus, en emollientes, purgatives, aromatiques,
resolutives, febrifuges, sudorifiques, alexiteres, narcotiques, astringentes, rela-
chantes, assoupissantes, incrassantes, sternutatoires, cordiales, becliiques, carmi
natives, refrigeratives. Plus tard, en 1551, Adam Lonicer, dans son Botanicon
historice naturalis, suivait une autre metbode ; il partageait toutes les plantes
connues en deux grandes classes, Tune contenant les plantes medicinales, et 1 autre
les arbrisseaux et arbres qui n etaient point employes en medecine. II est vrai
qu une semblable classification ne peut rendre de grands services dans la pratique
et qu elle equivaut a peu pres au manque absolu de classification. Toutefois les
medecins savaient, par ce moyen, qu ils n avaient a chercher les plantes dont ils
faisaient usage, que dans 1 une des deux grandes classes de Lonicer. Dodoens (Do-
donceus] ful plus precis dans ses divisions. 11 est vrai que son livre, intitule :
Stirpium Pemptades sex sen libri triyinta (in-4, Antuerpice, 1644), est deja
bien superieur aux precedents quant a la taxonomie. La troisieme PemptaJe ren-
ferme deux livres speciaux, pour les racines medicinales et les plantes purgatives,
un troisieme pour les plantes venimeuses. Les Ombelli feres sont decrites a par,
dans un des livres de la seconde Pemptade, et il y a aussi un livre particulier,
dans la cinquieme Pemptade, pour les Assaisonnements et epices des aliments.
Le celebre Lecluse (Clusius) a suivi une marche analogue, dans ses magnifiques
ouvrnges, connus sous les noms de Rariores et Exoticce plantce (2 vol. in-fol.,
Antuerpice, 1611). Parmi les six classes des Rariores, il y en quatre qui sont
coiisacrees, les deux premieres aux Fleurs odoriferantes, sansodeuroupuantes,
la seconde aux Plantes venimeuses, narcotiques et acres, la troisieme aux
Plantes laiteuses, Ombellileres, Fougeres, etc. Dalecbamp qui decrivait, en
1587, dans son Historia generalis plantarum, deux mille sept cent trente et une
plantes, divisees en dix-huit classes, Ibratait ses deux classes 16 et 17 des especes
purgatives et venimeuses. On voit done 1 idee tberapeutique et 1 element medical
se conserver ainsi dans toules les classifications, alors meme que les auteurs etu-
dient d ailleurs 1 ensemble du Regne vegetal. Le temps approche ou se publieront,
d une part des traites de Botanique medicale, plus specialemeut reserves aux pra-
ticiens et dont nous parlerons pins loin, a propos des applications de la Botanique
a la tlierapeutique ; et d autre part des livres de Botanique generale, destines aux
savants quietudient les questions general es, independamment des applications. Ce
sont ceux-la desormais qui seuls s occuperont de classer scientifiquement les plan
tes; c est dans leurs travaux que nous devons rechercher les principes et les
developpements de la taxonomie, sans laquelleil n y a point pour le medecin de
determination pratique possible.
Dans un article de la nature de celui-ci, nous pouvons passer rapidement sur les
classifications telles que celles de Cassalpiu (1583), fondee en grande partie sur
les caracteres des fruits; de J. Bauhiu (1650), qui repose, et sur ces caracteres
120 BOTANIQUE MEDICALE.
des fruits, et sur 1 inflorescence, la disposition des feuilles; de Morison (1680),
etablie,etsur les fruits, et en meme temps sur les feuilles, fleurs, petales, etc.; de
Ray (1682), qui invoque un bien plus grand nombre de caracteres, savoir : le
norabre des cotyledons, des petales, des capsules et des graines, 1 inflorescence,
la presence ou 1 absence du calice et de la corolle, la disposition des feuilles, des
etamines, en un mot tousles traits auxquels ont recours de nos jours les Methodes
dites naturelles. Cela sul lit a montrer la grande valeur d une classification telle
que celle de Ray, au point de vue scientifique. Beaucoup d auleurs de merile 1 ont
suivie a cette epoque, entre autres Dillen, Sloane et Petiver ; mais on pent dire
qu en France cctte Methode remarquable fnt eclipsee par celles de Magnol et de
Tournefort auxquellcs nous avons hate d arriver; d une part, parce que le nom de
"Magnol se raltacbe etroitement a 1 bistoire de la celebre EcoLe de medecine de
Montpellier et a son Jardin botanique, dont le nom est inseparable de cclui de
Magnol; d autre part, parce que la Methode de Tournelbit cst essentiellement
jrancaise, qu elle a ete longtemps suivie dans notre pays et dans tous ceux du
monde, qu elle etait employee dans certaines collections et dans certains jardins,
il y a quelques annees encore, et parce qu il n y a rien de plus vrai que cette jus
tice rendne a Tournefort par Adanson, en ces termes : De 1 aveu de tons les bo-
tanistes,Tournefort, en!694,a introduit dans la Botanique l ordre,lapurete et la
precision, en donnaut les principes les plus sages et les plus certains pour 1 etablis-
sement des genres et des especes, et en fondant sur ces principes la Methode la
plus facile et la plus e.xacte qui ait paru jusqu a ce jour. Son objet, comme il le
dit, page 59 de son Isayoge (1694), ouvrage rempli de la plus profonde erudition
et qui n cst cite presque nulle part, n est pas de faire une Methode universelle,
chose qu il regardait avec raison comme impossible a tout ce qui s appelle me-
thode syste matique, mais de tracer celle qui lui avail paru la plus commode, en
se pretant, autanl que possible, a la marche de la nature.
Magnol, dans son Familiceplantarumpertabulasdispositce (in- 8, Montpellier),
declare, qu on le remarque bien, qu il a cm apercevoir dans les plantes : lune
alfmite, suivant lesdegres de laquelle on pourrait les ranger en diverses families,
comme on clause les animaux : ces families ont des signes distinctifs certains : telles
sont les Bulbiferes, les Culmiferes, les plantes a fleur monopetale ; 2 chaque
famille de plantes a des especes subalternes qui se peuvent sous-di\ iser encore :
par exemple, la famille des Cidmiferes pent se distinguer en Froments et en
Gramens ; celle des Papilionacees peut etre divisee : ou relativement au nombre
des feuilles ou par egard a la figure du fruit II y a aussi des plantes qui
sont voisines de certaines families ; telles sont celles qui ont de ( affinite avec les
Bulbeuses et quelques autres. On voit done ici apparaitre les divisions en families
et en tribus, la comparaison des families entre elles, c est-a-dire leurs affmites et
leurs dissemblances, et les premiers nidiments de ce qu on appela plus tard la
subordination des caracteres. Magnol insis-te surtout, ct a plusieurs reprises, surce
point que la classification des plantes doit reposer sur les memes principes que
celle des animaux ; consideration qui, on peut le diie, fut bien negligee paries
botanistes qui lui ont succede. Pour lui, il n y saurait, a ce qu il semble, trop
souvent revenir : De meme done qu on reconnait des families dans les animaux,
de meme aussi nous en proposons dans les plantes ; nous pensons qu on pourrait
en etablir davantage que nous n avons fait ; et si nous avons reuni nombre de
plantes qui auraient pu a jubte litre former de nouvelles families, ce n a ete que
pour diminuer le nombre.de ces iamilles.... Celte relation entre les animaux et
BOTANIQUE MEDICALE. 121
les vegetaux m a donne occasion de reduire les plantes en cerfaiues families, par
comparaison aux families ties liommes; et comme il m a paru impossible de tirer
les caracteres de ces families de la seule fructification , j ai clioisi les parties des
plantes oil se rencontrent les principals notes caracteristiques , lelles que les ra-
cines, les tiges, les fleurs et les graines. II y a meme dans nombre de plantes une
certaine similitude, une alfinite qui ne consiste pas dans les parties considerees
separement, mais en total ; affinite sensible, mais qui ne peut s exprimer, comme
on voit dans les families des Aigreinoines et des Qnintefeuilles, que tout bota-
nisle jugera congeneres , quoiqu elles different par les racines, les i cuilles , les
fleurs et les graines; et je ne doute pas que les caracteres des families ne puissent
etie I ires au?si des premieres femlles du germe au sortir de lagraine Nous
pensons que toutes les parties qui ne servent* pas a la fructification ne sontpas
plus accidentelles que les bras et les jambes ne sent des parties nccidentelles dans
les animaux.... Nous ne nions cependant pas que* Ton peut tirer les principal es
differences des plantes, de leur fleiir el de leurs graines, puisque ces parties consti
tuent le plus grand nombre des families ; mais sans negliger les autres parties qui
nous out donne une grande facilite pour tracer cet oiwrage. II est done bien
evident queMagnol n admet pas qu on se borne a employer , pour classerles vege
taux, un pelit nombre de caracteres auxquels on accordei a forcement le pas sur
tons les autres, muis qu il les veut prendre tous en consideration, et qu il est en
cela comme le precurseur d Adanson qui, nous le verrons, tient compte pour la
classification de tons les caracteres observes dans les plantes, et de ceux-la meme
auxquels 1 interpretation de certains auteurs n accordait avant lui, et n a attribne
apres lui, aucune espece de valeur.
Touruel ort n a pas seulement cree une Methode et classe toutes les plantes
connues de son temps , mais il a nettement distingue avec precision et rigueur
tous les genres , les especes et les varietes. Ne en 1656 a Aix en Provence, pro-
fesseur de Botanique au Jardin du Roi de Paris , charge en 1700 d une mission
scientifique en Orient, il publia, cette meme annee, son Institutiones Rei herbaria;,
comprenant 698 genres et 10,1 46 especes, Tun des plus celebres monuments de la
botanique francaise et europeenne. Le seul reprocbe qu on ait fait a sa classifica
tion , c est, qu a 1 exemple de la plupart de ses predecesseurs, il ait place dans
deux grands groupes bien distincts les lierbes et les vegetaux ligneux. Mais c est la
un bien mediocre inconvenient, puisqu il est facile de I ondre ensemble les deux
series , eu reunissant aux groupes secdndaires de plantes berbacees cellcs des
plantes ligneuses dont les aulres caracteres , notamment ceux qui se lirent des
fleurs, sont identiques. C est ce qu on a fait dans certaines collections et dans
certains jardins botaniques ou la Metbode de Tournelort a cte longtemps suivie.
Peu importe qu on lui ait donne le nom de Systeme , en lui refusant le titre de
Metbode naturelle ; ce n est guere lii, nous le verrons bienlot, qu une question de
mols. La classification de Tournelort a eu une telle vogue qu elle a reussi a pas-
sionner jusqu aux desceuvres de la cour de Louis XIV. Les medecins francais Tout
seule adoptee pendant plus d un siecle ; les botanistes etrangers 1 ont employee,
modifiec, perfectionnee ; et i( y a encore en France des praticiens qui se rappellent
avoir eludie la Botanique medicale dans des ecoles plantees selon le Systeme de
Tournefort.
II est compose de vingt-deux classes, dont nous donnerons d abord le tableau.
122
BOTANIQUE MEDICALE.
TABLEAU OU CLEF DU SFSTEME DE TOURNEFORT.
A. HERGES.
Fleurs . . .
B. AIIBBES.
Fleurs .
petalees.
simples .
monopetales..
polypetales.
1. Campaniformes.
2 inftmdibulilbrmes.
3 p ers onees.
regulieres.. .
irreguheres. .
5. Cruciforraes.
g. Rosacees
7. Ombelliferes.
8. Caryophyllees.
9. Liliacees.
( 10. Papilionacees.
irregulieres. .( H Anoma | es .
I 2. Flosculeuses.
SI . oscueuses.
13. Semi-flosculeuses.
14. Radices.
apetalees
apetalees
petalees.
15. A etamines.
16. Sans fleurs.
17. Sans fleurs ni fruits.
18. Apetales vraies.
19. Amenlacees.
monopetales 20. Monopetales.
( regulieres. . . 21. Kosacees.
polypetales. .| irr ^ gul ^ res . . 22. Papilionacees.
I
On voit par ce tableau que les caracteres sont tires d abord, comme nous 1 avons
dit, de la taille et de la consistance de la tige. En second lieu , les plantes sont
classees d apres la presence ou 1 absence de la corolle. Puis on examine si les
fleurs sont isolees, simples, ou si elles sont reunies en un certain nonibre dans
line enveloppe commune ou involucre. Elles sont , dans ce cas, des fleurs compo
sees. En quatrieme lieu, on recherche si la corolle est polypetale ou gamopetale
(monopetale) ; et cinquiemement, si elle estreguliere ou irreguliere.
\. Quant a la taille et a la consistance des tiges, les plantes sont, ou arbores-
cenles (arbres et arbrisseaux), ou herbacees et suffrutescentes (herbes et sous-
arbrisseaux) . Dix-sept classes sont dans le premier cas, et les cinq dernieres dans
le second.
2. Quant a la presence ou a 1 ahsence d une corolle. Dans le premier cas, les
plantes herbacees sont petalees (ce sont celles des quatorze premieres classes).
Dans le second, elles sont apetalees (celles des trois dernieres classes).
3. Quant a 1 isolement ou a la reunion des fleurs dans un involucre. Les plantes
a fleurs simples, isolees ou distinctes, se renoontrent dans onze classes. Celles
a fleurs composees appartiennent aux trois dernieres classes.
4. Quant a 1 independance ou a 1 union des pieces de la corolle. Les plantes a
fleurs pourvues d une corolle monopetale, tombant d une seule masse, sans se se-
parer en folioles distinctes, ne forment que quatre classes, tandis que les cinq der
nieres classes de ce groupe ont des pelales libres, en nombre variable, se detachant
chacun de son cote du receptacle floral, sans entrainer les autres ; ce sont les Poly
petales.
5. Quant a la regularite ou a i irregularite de la corolle. II y a des corolles mo
nopetales irregulieres et regulieres, des corolles polypetales regulieres et irregu
lieres. De la quatorze groupes distincts qui sont les veritables classes de fleurs
petalees du systeme de Tournefort.
Les herbes a fleurs apetalees forment trois classes. Quant aux arbres ou arbris
seaux, divises d apres les memes considerations que les plantes herbacees ou suffru-
BOTANIQUE MEDICALE. 123
tescentes, ils forment cinq classes, suivant que leurs fleurs sont petalees ou ape-
talees, leur corolle monopetale ou polypetale et reguliere ou irreguliere.
Quant aux formes secondaires qu affectent les corolles monopetales ou polype-
tales, elles sont tirees de certains objets auxquels on. compare ces corolles et dont
les noms sont, nous allons le voir, iissez significatifs.
Herbes. I. FLEURS SIMPLES. A. Corolle monopetale reguliere. Deux classes .
1. Campani forme, iniitant plus ou moins une cloche ou un grelot (Jalap, Rai-
ponce, Muguet, etc.); 2. Infundibuliforme , en entomioir (Tabacs) ou en coupe a
pied, en patere (Troene, Phlox), ou en roue (Bourrache).
B. Corolle monopetale irreguliere. Deux classes : 3. Persone e, en forme de
masque de theatre (persona) ou de lete, de rnufle d animal (Antirrhinum), ou
avec un limbe a ouverture plus ou moins large et irreguliere, deehiquetee (Gratioles,
Digitales, Mufliers, Linaires); 4. Labie e, a limbe partage en levres, ordinairement
au nombre de deux, bien developpees, etalees, ouvertes (Sauges, Menthes, La-
miers). Le fruit est forme d ailleurs de quatre achaines (considered a cette epoque
comme des graines), ce qui n arrive pas dans les Personees.
C. Corolle polypetale reguliere. Cinq classes : 5. Cruciforme, a quatre petales
libres, disposes en croix, avec fruit en silique ou silicule (Choux, Cochlearias,
Velars); 6. Rosace e, a petales souvent au nombre de cinq (ou de trois a dix), dis
poses circulairement en rose (Benoites, Potentilles, Fraisiers,Cistes, Helianthemes);
7. Ombelliferes , a petales libres, egaux ou inegaux, avec fleurs reunies en otn-
belles (Ferules, Angeliques, Coriandres, Anis, Doreme); 8. Caryophylle es, a pe
tales libres, ordinairement au nombre de cinq, avec un long onglet basilaire et un
limbe dilate, enfermes inferieurement dans un calice formant etui ((Billets, S;ipo-
naires, Silenes); 9. Liliacees, a petales (aujourd hui regardes comme des sepales)
libresen general, aunombrede trois ou six, rareinentaperiantbed uneseule piece, d\
vise superieurement en six dents (Aloes, Lis, Ornithogales, Iris, Colchiques, Safrans).
D. Corolle polypetale irreguliere. Deux classes : 10. Papilionace es (ou Le gu-
mineuses), a corolle ea forme de papillon, avec un etendard, deux ailes et une
carene formee de deux petales libres ou unis, et uu fruit en gousse (Pois, Indigos,
Haricots, Physostigma, etc.); 11. Anomales, a petales libres, irreguliers, dissem-
blables, mais non papilionaces, sans etendard et sans ailes analogues a celles des
Legumineuses (Gapucines, Violettes, Ratanhia, Poly gala).
II. FLEURS COMPOSEES. E. Flosculeuse.s . Glasse 12, formee de plantes dont les
fleurs out une petite corolle monopetale, reguliere, ordinairement en entonnoir,
avec un limbe a cinq divisions, et sont reunies en grand nombre dans un involucre
commun. Ges fleurs sont des fleurons (Centaurees, Garthame, Bardane, Chardons).
Semi-flosculeuses. Classe 15, plantes a fleurs reunies, comme dans la classe
precedente, dans un involucre commun, mais ayant pour corolle des demi-fleurons
irreguliers, a limbe fendu etdejete d un seul cote (Laitues, Chicorees, Laitrons).
Radiees. Classe 14, plantes dont les fleurs, reunies dans un meme involucre,
sont des fleurons vers le centre et des demi-fleurons a la circonference (Pyrethres,
Gamomilles, Soucis, Arnica).
HI. PLANTES APETALES. Apetales a e tamines. Classe 15, plantes dont la fleur
n a point de corolle, mais des organes sexuels semblables a ceux des vegetaux les
plus eleves en organisation, c est-a-dire des etamines ou un pistil, autour desquels
il y a meme souvent un calice qui peut s accroitre autour du fruit (Bles, Riz,
Orges, Rhubarbes, Patiences, Renouees, Chenopodes).
Apetales sans fleurs. Classe 16, renfermant une partie des Cryptogames des
124 BOTANIQUE MEDICALE.
auteursconlemporains, plantes sans flcurs et a organes sexuels tout a fait diffe-
renls des etamiues et des pistils (Fougeres, Capillaire, Polypode, Osmonde, etc.).
Ape tales sans fleurs ni fruits apparents. Classe 17, comprenant le rcste des
Cryptogames (Mousses, Licliens, Champignons, etc.).
Ai-bres. IV. FLEURS APETALES. Apetales proprement elites. Classe 18,renfer-
mant tons les arbres et arbrisseaux dont la lleur n a pas de corolle, que cette lleur
soit hermaphrodite ou unisexuee (Coniferes, Pistachiers, Ailauthes, Buis, etc.).
Apetales amentacees. Glasse 19, dont tous les representants sont des arbres
ou arbiisscaux a fleurs diclines, disposees en cliatons ou epis unisexues, caducs
(Chenes, Bouleaux, Aunes, Noyers, Saules, Peupliers, etc.).
Monopetales. Classe 19, vegetaux ligneux a fleurs pourvues d une corolle mo-
nopetale, regnliere ou irreguliere (Oliviers, Bureaux, Rhododendrons, Frenesa
manne, etc.).
Polype tales reyuliers. Classe 20, comprenant la plupart de nos arbres frui-
tiers, dont la corolle est formee de petales independants, mais egaux enlre eux
(Grangers, Poiriers, Pruniers, Laurier-Cerise, etc.).
Polypetales irreguliers. Classe 21, renfermant les arbres a corolle papiliona-
cee on analogue a celle des Anomales de la classe 11 (Tamarin, Myroxylon, Ro-
binia, Cytises, Gainier, Bois de Campeche, de Bresil, etc.).
On a remarque, nou sans raison, que ce Systeme, en general commode a appli-
quer, presenle cependant dans la pralique quelques dilficulles, lorsque, par exemple,
on vent determiner la forme exacte d une corolle et savoir si elle est campanufee
plulot qu en enlonnoir on en coupe a pied; il est juste de dire qu il y a des transi
tions sans nombre de Tune a 1 autre de ces formes, et qu il en est de meme toutes
les fois qu il s agit uniquement de la configuration exterieure des organes. 11 y a
des plantes, en un mot, qu on ne sait a quelle classe tout d abord rapporter, daiis
le systeme de Tournefort; et c est la sans doute ce qui fit promptement preferer a
la classification de Tournefort celle de Linne, dont nous devons nous occuper avec
quelque detail, parce que d une part son apparition a produit dans les etudes
botaniques une veritable revolution, et que d un autre cote il y a au moins la
moitie des ouvrages importants de Botanique medicale consultes aujourd hui qui
sont classes d apres les preceptes de Linne.
Et cependant, la classificalion Linneenne est un Systeme, et se trouve presque
constannnent citee, comnie type du Sysleme, par les botanistes qui veulent op-
poser cette expression a celle dc Me thode. Nous pouvons done profiler de la cir-
constance, pour voir ce qui se cache en realile sous ces deux mots qu on place
sans cesse en face 1 un de 1 autre, et sur la valeur desquels on se fait ordinaire-
ment, a notre sens, de singulieres illusions. Ad;mson les employait a peu pres
comme synonymes, car il intitule la premiere partie de son Histoire de la Bota
nique : Les Me thodes ou Systemes, ou plan et comparaison des ouvrayes Ae
Botanique. Actuellement, on considere les Systemes comme n employant que des
caracleres tires exclusivement d un s:eul organe ou d un petit nombre d organes,
et les Mcthodes comme se servant de plusieurs organes a la fois et de tons les
caracteres importants. Mais, a ce compte, il n y aurait pas une seule Methods
veritable employee de nos jours; car les plus usitees ont toujours fait passer avant
les autres un ou quelques caracteres qu elles consideraient comme d une valeur
supeiieure, et elles ont subordonne les autres a ceux-la, c est-a-dire qu elles les
ont ne-liges ou qu elles n ont eu recours a eux que pour etablir des divisions
moins iiupoi tantes parmi les plantes. Et d autre part, il n y a pas un seul des
DU
125
Systemes dont on se sert encore de nos jours, qui ne prenne en consideration
qu un seul caractere, et qui u en fasse servir plusieurs, de degres difierents, pour
classerles vegetaux connus. Jja Methode naturelle, c est, on pent le dire, 1 ideal;
c est elle qui voudrait qu on put classer les etres de telle facon que ceux qui seraieut
le phis rapproches les uns des autres, seraient aussi les plus semblables les uns
aux autres par tons leurs caracteres, landis que les plus dissemblables seraient aussi
eloignes les uns des autres que possible. Mais avec les expositions en series lineai-
res, les classements tels que les comporteut nos livres, nos jardins et nos herbiers,
notre ideal lie saurait etre atteint. Le Systeme plus on moins perfectionue, mais
toujours imparfait, est la seule chose a laquelle la science puisse arriver dans les
classifications pratiques.
Ainsi lorsque le Systeme de Linne parut, en 1754, on le trouva plus naturel
que ceux qui I avaient precede, et 1 eniploi de la nomenclature binaire (nom gene-
rique exprime par un substantif, et nom specifique, par uu adjectif), lit regarder
cette classification comme la plus commode, la meilleure et la phis belle qui put
etre proposes. Linne lui-meme declarait qifelle conservait autant et plus de classes
naturellcs qu aucune autre classification. C est en vain qu Adanson et Siegcsbcck
en firent remarquer les imperfections. La plupart en fircut uu elogc exagere. Vac.
Roycii ecrivit meme de son autcur : Alter a Tournefortii qui in f/eueribiis
aliquid prccstitit fnit Linnceus : hie prior accedens, sed doctior. Mais bientol
on ne considera plus 1 ceuvre do Linne qne comme uu Systeme, nom auquel on
ajoutait celui de sexuel, attendu que Linne accordait une valeur preponderant
aux organes sexuels males. Mais ceux-la qui, sans doute, ne lisaient que le litre
de ses Classes, ignoraient qu apres 1 organe male, Linne faisait intervenir 1 organc
iemelle, puis les relations entre eux des organes des deux sexes, pin s la separation
des sexes, puis memo 1 insertion des examines et la forme du receptacle ; de sorte
qu il employait en realite la plupart des caracteres auxquels out eu recours les
methodes qui plus tard se sont considerees comme naturelles, et qu il a mis en
oeuvre la subordination a tons les degres de ces memes caracteres.
Voici d abord un tableau general ou clef de la classification de Linne :
1. MonanArie.
2. Diandrie.
5. Triandrie.
4. Tetrandrie.
5. Pentandrie.
nomljrc
6. Hexandrie.
~. llcptandrie.
8. Oftandrie.
en propor
9. Enneandrie.
libres.
tion
indeterminee
nombre
10. Decandrie.
11. Dodecandrie.
12. icosandrie.
a examines
et insertion. .
13. Polyandrie.
a fleurs
et a
organes
fleurs
herma
phro
dites.. .
non
unies au
pistil . .
unies
en proportion determinee. . .
{par les filets . .
14. Diflynamie.
15. Tetradynamie.
1C. Monadelphie.
17. Diiidclphie.
IX. Polundflnhif..
Plantes.
bicn cle-
veloppes
a pfaminp ; nnips
par les antheres. 19. Syngenesie.
visibles.
21. Mon&cie.
23. Polyyiunie.
-
sans fleurs et a organes sexuels caches, peu appar
mts
24. Cryptogamie.
126 F^..,
On voit que toutes les plantesconnues du temps cle Limie sont d abord divisees
en deux grands EmLranchenients : les Phane royames dont les fleurs sont Lien
developpees, apparentes, et les Cryptoyames qui n ont pas de veritables fleurs et
dont les organes sexueis sont peu visibles, de petite taille. Les premieres sont
partagees en vingt-trois classes, et les dernieres ne ferment qu une seule classe,
la vingt-quatrieme.
Ne nous occupant plus queries Phanerogames, nous remarquons que leurs organes
sexueis sont souvent reunis dans les memes fleurs, mais que, plus rarement, ils
sont separes. On peut, pour cette raison, distinguer les Phanerogames en Mono
clines el Di dines.
Les Monoclines ont des etamines qui peuvent etre unies au pistil ou organe fe-
melle. C est le cas le plus rare, et il y a alors Gynandrie. Dans tons les autres cas,
les etamines sont independantes du pistil. Dans ces dernieres, il y a des etamines
libres dans le plus grand noinbre de cas, et, plus rarement, des etamines unies
entre elles, ou Syngeneses, ouAdelphes, suivant que 1 union a lieu par les antheres
ou par les filets staminaux.
Quand les etamines sont libres, il peut arriver qu elles soient en nombre defini
(4 et 6) et inegales entre elles, deux etant plus grandes que les deux ou quatre
autres. Dans ces cas, il y a Didynamie ou Te tradynamie . Ailleurs, les etamines
sont egales entre elles (au moins dans cliaque verticille, en general).
Avec de semblables etamines, le nombre des organes males, dans une fleur
donm e, peut etre tres-variable, determine (depuis I jusqu a 20), ou indetermine
(depnis 20 jusqu a 100 et plus). Sur ces nombres sont fondees les treize premieres
classes du Systeme de Linne.
Passons maintenaut en revue avec rapidite les vingt-quatre classes du Systeme :
A. Etamines egales en nombre determine (10 classes).
1. Monandrie. Fleurs hermaphrodites a une etamine (Valeriane rouge, Bali-
siers, Amones, Gingembres, Zedoaires, Peisses, etc.).
2. Diandrie. Fleurs a deux etamines (Lilas, Romarin, Sauge, Veroniques, Jas
mins , Frenes a manne, Oliviers) .
5. Triandrie. Trois etamines (Safrans, Iris, Ratanhia, Bles, Seigles, Orges).
4. Tetrandrie. Quatre etamines (Gratlerons, Garance, Herbe a l esquinancie >
Scabieuses).
5. Penlandrie. Cinq etamines (Morelles, Belladone, Tabacs, Bourrache, Gyno-
glosse, Buglosses, Consoudes, Pulmonaires, Ipecacuanha annele, Coriandre, Anis,
Ferules, Thapsia, Quinquinas, Cafe).
6. Hexandrie. Six etamines (Aloes, Asperge, Riz, Muguet, Dragonnier, Agave,
Colchiques, Varaires, Scilles).
7. Heptandrie. Sept etamines, nombre fort rare (Marronniers d Inde, Sau-
rures) .
8. Octandrie. Huit etamines, nombre assez rare (Renoees , Sarrazin, Bruyeres
a fleurs telrameres).
9. Enneandrie. Neuf etamines (Jonc-fleuri, Rhubavbes, Camphriers, Cannel-
liers, Sassafras).
10. Decandrie. Dix etamines ((Eillets, Rues et Diosma a fleurs pentameres).
B. Etamines en nombre indetermine :
11. Dodecandrie. De onze a vingt etamines , inserees d une facon variable
(Resedas, Cabarets, Joubarbes, Aigremoines, Kousso).
12. Icosandrie. Etamines en nombre plus considerable que vingt, inserees
BOTANIQUE WEIJILALE. 127
sur le calico . C est-a-dire que cette insertion se fait sur les bords d un recep
tacle plus on moins creux, et qu il y a, dans ces plantes , ce que nous verrons Jus-
sieu appeler plus tard perigynie et epigynie. On tient done compte ici , dans un
Systeme appele a tort sexuel , d lin caractere ailleurs juge comme de premiere
valeur, 1 insertion (Rosiers , Myrtes, Grenadiers, Goyaves, Girofliers, Pruniers,
Fraisiers, etc.).
13. Polyandne. Etamines au nombre de vingt a cent. Ce nombre peut done
etre exactement le meme que dans la classe precedente. Mais on distingue cellc-ci
par un autre caractere, qui est encore 1 insertion. Les etamiues sont ici implantees
sous 1 ovaire. Leiir insertion se fait done sur le receptacle floral, au-dessous du
jgynecee, qui est supere, relativement a 1 androcee. En d autres termes , il y a hy-
pogynie, caractere d insertion qui est aussi, dans la Methode d A.-L. de Jussieu,
d une valeur considerable (Renoncules, Ancolies, Aconits, Hellebores, Anemones,
Pavots, Chelidoines, Argemones, etc.).
G. Etamines en nombre defini, dontdeux plus grandes que les autres.
14. Didynamie. Quatre etamines, dont deux grandes et deux petites, inserts
sur une corolle monopetale (Digitale, Scrofulaires, Mufliers , Menthes, Lavandes,
Lamiers, Betoine, Melisse).
15. Tetradynamie. Six Etamines, dont deux grandes et quatre petites, non
inserees sur la corolle, qui est polypetale. Fruit en siliqueou silicule (Crucileres)
D. Etamines unies entre elles par leurs filets.
16. Monadelphie. Filets en nombre variable, ne formant, dans leur portion
inferieure au moins, qu un tube d une seule piece (Guimauve, Mauves, Azederach,
Gotonnier, Coca).
17. Diadelphie. Filets en nombre variable, unis en deux laisceaux, soil on
meme nombre (Diadelphie egale), soit en nombre different (D. inegale) dans
les deux faisceaux (Pois, Haricots, Feve de Calabar, Reglisses, Melilots, Faux-
Acacia, Polygalas).
18. Polyadelphie. Etamines unies par les filets en un nombre da laisceaux
egaux ouinegaux, plus considerable que deux, et tres-variable (Orangers, Mille-
pertuis, Cajeputs, etc.).
E. Etamines unies par les antheres.
19. Synge ne sie. Union des antheres dans les flenrs rarement isolees, plus
souvent composees et enveloppees dans un involucre commun (Violeltes, Lobelies
Laitues, Carthame, Bardanes, Arnica, Camomille, Absinthe, Armoises , Tanaisie,
Pyrethres, etc.).
F. Union du gynecee et de 1 androcee.
20. Gynandrie. Les organes males ne forment plus qu une seule masse com-
\ mune avec les organes femelles (Vanille, Orchis, Phaam, Saleps, Aristoloches,
i Serpentaire de Virginie, etc.).
G. Fleurs unisexuees.
21. Moncecie. Fleurs males (sans pistil) et fleurs femelles (sans etamines)
portees sur un seul et meme pied (Ricin, Croton , Bin s, Lniches, Chenes, Sa^it-
t.ire, Mais).
22. Dioecie. Fleurs males sur un pied; fleurs femelles sur un autre (Dattior,
Sanies, Pistachiers, Chanvre, Mercuriale, Gui).
25. Polygamie. Fleurs, les lines unisexuees, les autres hermaphrodites,
ramies sur un meme pied (Parietaire, Frenes, Celtis, certains Palmiers).
H. Organes sexuels pen visibles, caches.
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24. Cryptoyamie. Pas de fleurs veritables. Reproduction par spores. Ni eta-
mines, ni pistils. Corps reproducteurs de petiles dimensions (Champignons,
Truffes , Lichens , Orseilles , Mousses , Conferves , Mousse de Corse, Preles, Po-
lypodes Fougere male et femelle, Osmonde, Ophioglosse, Botnjchium).
Ces classes une fois etablies, et nous avons vu que les etamines n ctaient pas les
seuls organes employes a les distinguer, puisqu on recherchait dans certaines
d entre elles le mode d insertion, c est-a-dire, nous le saurons plus tard, la forme
du receptacle ou axe floral, si nous passons a 1 examen des Ordres , subdivisions
des Classes, nous verrons invoques des caracteres tires d autres organes dont la
maniere d etre est, sans mil doute, subordonne e a celle des organes males ou eta-
mines. Les carpelles, ou plutot les styles, sont en eflet les premiers organes qu on
considere maintenant, quant a leur nombre et a leur union ou leur independunce.
On peut former ainsi, dans une Classe donnee, neul Ordres dont les noms sont les
suivants:
1. Monogynie. Gynecee ayant un seul style ou un seul stigmate sessile.
2. Diyynie. Deux styles.
5. Triyynie. Trois styles.
4. Tetragynie. Quatre styles.
5. Pentayynie. Cinq styles.
6. Hexagynie. Six styles.
7. Eeptagynie. Sept styles.
8. Decagynie. Dix styles.
9. Polygamie. Un grand nombre de styles.
Mais toutes les classes ne contiennent pas ces neuf ordres, et il y en a qui n en
comporlent que deux ou trois, parce qu elles ne renferment que des genres a deux,
trois ou quatre styles, par exemple, sans qu : on y observe des nombres plus eleves
de carpelles.
Une autre preuve de la multiplicite des caracteres adoptes par Linne et de la
subordination de ces caracteres par lui prise en consideration, c est que les plantes
didynames, celles qui ont quatre grandes et qualre petites etamines et tlont 1 en-
semble represente les Labiees et les Personees de Tournefort, sont en second lieu
distinguees en Angiospermes et en Gymnospermes . Les premieres sont nos Scio-
1 ulariees actuelles, qui ont un ovaire et un fruit a deux loges, avec des ovules,
puis des graines en nombre variable dans chacuue de ces loges. Les dernieres sout
au contraire les Labiees, dont les quntre achaines etaient consideres a tort a cette
epoque comme des graines nues. Mais il n en est pas moins vrai que Linne a tenu
grand compte et a employe comme caractere de seconde valeur, ce fait que les
deux loges a placenta axile et pluriovule des Scrofulariees est tres-distinct des
quatre demi-loges independantes et uniovulces des Labiees. On voit encore invo-
quee comme caractere du second degre 1 organisation du gynecee dans la quin-
zieme classe de Linne (Tetradynatine), uv il subdivise les plantes qui y sont
reunies en deux groupes, suiv.uit que leur ovair, 1 , court ou allonge, doit devenir
une silicule ou une silique (Tetradynantes siliculeuses et siliqueuses) .
Les pLmtes a etamines monadelphes, diadelphes et polyadelphes sont encore
subdivisees en ordres d apves le nombre d etamines que renferment leurs fleurs il
y a par consequent des plantes monadelphes , monandres, driandres, triandres
polyandres, et ainsi de suite.
C est par un autre caractere encore que la grande classe des Syngeneses a ete
decomposee par Linne. Elle represente un groupe tres-naturel puisqu elle repond,
BOTANIQUE MEDICALS. 12
\ tres-peu de chose pres, a ce que nous appelous aujourd hui la ftmilfe des Com-
posees et des Synantherees ; mais comme elle est extremement nombreuse en es-
peces et en genres, il a etc necessaire de la subdiviser en Ordres. Ceux-ci sont
fondes sur le mode de Polygamie qui s y observe, on, en d autres tennes, sur la
repartition dans les fleuis d une inflorescence donnee, des fleurs unisexuees on
hermaphrodites qui peuvent se rencontrer. C est un fait tres-anciennement connu,
en effet, que les Composees sont polygames. Or Linne vemarqua que cctte Poly-
gamie presente des varietes et qu elle est, suivant ses expressions, tanlot e gale et
tantot superfine, ailleurs frustane e, necessaire ou se paree. Quelle est la veritable
valeur de ces epithetes?
POLYGAMIE. 1. Egale. Danscet ordre, iln ya pas reellement polygamie ; mais
toutes les fleurs sont hermaphrodites, toutes fecondes (Chardon-Marie, Salsilis,
Scorzoneres, etc.).
2. Superfine. II a veritablement polygamie, car les fleurs du ponrtour de
1 inflorescence (ou rayons) sont femelles, et celles du centre (ou du disque) sont
hermaphrodites. Mais les unes et les auties donnent des graines (Semen contra,
Absinthe, Armoises).
5. Frustane e. Les fleurs du centre sont femelles ; elles ne peuvent etre fecon-
dees, grace a la structure de leur stigmate, et elles ne donnent pas de gvaines. Les
fleurs de la circonference qui font hermaphrodites sont seules fecondes (Bluets,
Grande-Centauree, Soleil). "
4. Necessaire. Les fleurs de la circonference sont femelles et elles ne peuvent
se feconder clles-memes. Ce role est rempli par les etamines des fleurs du centre,
dont la presence est, pour cette raison, necessaire. Car, quoique ces dernieres
soient hermaphrodites et aient des ovaires, Linne pensait que la conformation de
leur stigmate les empeche elles-memes de devenir fecondes (Souci des vignes et
ofticinal).
5. Se paree. II n y a, comme dans le premier ordre, que des fleurs herma
phrodites, et par consequent la polygamie n existe pas en realite dans cet ordre.
Mais chaque fleur est entouree par un petit involucre special qui la separe des fleurs
voisines (Echinops Ritro, etc.).
II y a, en sixieme lieu, des plantes appartenant a la Synge ne sie, qui ne sont pas
des Composees; elles sont isolees et non en capitule, quoique leurs antheres se
tiennent par les bords. Toutes out d aillcurs des fleurs hermaphrodites ; d ou le
peu de rigueur du lerme de Polygamie monogamie que Linne attribuait a cet
ordre. II estd ailleurs peu homogene, puisqu ou y rencontre a la fois les Balsamines,
les Lobelia wrens, syphilitica, la Pensee sauvage, la Violette odorante, etc.
Pour subdiviser la Gynandrie (classe 20), on revient au nombre des etamines,
et 1 on yadmet : un ordre de la Monandrie (Vanille, Salep), un second de la Dian-
drie (Cypripedes), un troisieme de I Hexandrie (Aristoloches, Serpentaire), uu
quatrieme : Polyandrie (Pied-de-veau, Colocases, Arisars, etc.). II faut done Lieu
noter ici que c est un caractere de premier ordre, de premiere valeur, servant a
distinguer les classes entre elles, qui s emploie egalement comme caractcre du
second degre, utile pour separer les ordres les uns des autres. Ce caractere est, on
peut le dire, de la sorte subordonne a lui-meme ; ce qui pent paraitre irrationnel
dans une classification.
D une maniere generate, tout ce qui est variable dans les classes a fleurs herma
phrodites, devient egalement variable dans les classes 21 a 23, celles de la Monoe-
cie, la Diffide et la Polygamie. Ainsi, il y a des plantes monoiques mouandres,
DICT. ENC. X. 9
130 BOTANIQUE MED1CALE.
diandres, polyandres, gynandres, et de meme pour les plantes dioiques. Les plautfs
polygames sont divisees en ordres par un autre caractere, tire aussi de la situation
des fleurs de tel ou tel sexe sur un individu donne. Ainsi il y a trois ordres de Poly-
gamie : la P. moncecie, la P. dicecie et la P. trioecie, snivant que le meme indi
vidu porte des fleurs diclines et des fleurs monoclines ; que Ton trouve des fleurs
hermaphrodites sur un individu et des fleurs unisexuees sur un autre; on enfin
qu il y ait, dans une espece donnee, des pieds a fleurs hermaphrodites, d autres a
fleurs males, d autres encore a fleurs femelles.
La classe 24 (Cryptogamie) est simplement separee en ordres portant les noms
bien connus de Fougeres, Mousses, Algues, Champignons.
Tel que nousvenons de 1 exposer sommairement, le Systeme de Linne a joue un
grand role vers le milieu et dans la seconde moitie du siccle dernier. Pendant
oette periode, la plupart des ouvrages importants pour la medecine ont ete classes
suivant ce systeme : ceux de Linne d abord, notamment son Genera et son Species
plantarum, ses Flora lapponica (1737), suecica (1745) et seylanica (1747),
son Materia medica (1749) et ses Hortus Clifforlianus (1757) et upsaliensis
(1748) ; puis ceux d un grand nomhre d autres botanistes, tels que P. Browne,
Gronovius, 0. F. Muller, Weigel, Dalibard, Jacquin, ct Gouan , dans son Hortus
regius monspeliensis (1762). 11 parait neanmoins qne Linne n etait pas comple-
tement satist ait de son classement, puisqu il fit un Method us calycina (classifica
tion fondee sur les caracteres da perianthe, notamment du calico, et qu il donna
en 1758, clans ses Classes plantarum, des Fragmenta Method i naturalis. Puis,
et c estla, pour la question qui nous occupe, le point veritablement interessant, il
cut 1 idee de partager le Regne vegetal en veritables families naturelles ou or
dres, comparables a ceux que nons admettons efc I ondes, il taut bien le remarquer
sur la consideration de la fructification entiere, fleur et truit. n C est en 1751
que ces soixante hnit ordres furent etablis, dans le Philosophia botanica. Leurs
litres seuls vont nous montrer combien nos classifications actuelles sont analogues
a cellc-la. On y voit les Piperitce, Palmce, Scitamince, Orchids, Ensatce (Iri-
dees, Xyridees, Eriocaulinees) , Tripetalodce (Butomees et Alismacees), Liliacece,
Bromeliacees (Muricatce), Gramina, Coni ferae, Amentacece, Composite, Umbel-
... (La
biees), Personates, Filices, Musci, Algce, Fungi, etc., plus un certain norabre
de plantes vagce et etiam mine incertce sedis.
Cette idee d une division du Regne vegetal en Families nous amene directe-
ment a parler des classifications des Jnssieu, anxquelles on a presque exclusive-
ment reserve de nos jours le titre tie Me thodes, et qui sont "employees dans la
plupart des ouvrnges de Botanique medicale aujourd hui consuhes. On en trouve
le rudiment dans la liste des families de plantes du Jardin de Trianon qne Ber
nard de Jussieua\ait dressee, et dont A.-L. de Ju sieu a donne le tableau dans la
preface de son Genera plantarum. Xous reviendrons sur ce travail de B. de
Jussieu, a propos i!es families d Adanson ; et, pour le moment, nous ne nons occu-
pons que de la classification telle que 1 a donnee avec tons ses perfectionnements
Antoine-Laurent de Jussieu, en 1789. C.omme pour les methodes precedemment
exposees, nous donnons d abord dans un tableau le resume et la clef de la Mttliode
de Jussieu.
BOTANIQUE MED1CALE.
TABLEAU RESUME ET CLEF DE LA METH6DE DE JUSSIEO.
Plantes.
sans cotyledons.
a un cotyledon; Qeurs a et.amines..
bypogynes. .
perigynes. ,
epigynes . .
sans corolle ,
& etamincs.
a deux
cotyle
dons;
fleurs .
8
1 co-
rolle. .
epigynes. .
peiigynes .
hypogynes.
jhypogyne.
mono- periayne. .
petale.
epigyne. . .
(epicorollie) .
Antheres
separees
(epigynes. .
polypetale; a etamines. Jhypogynes.
(perigynes .
non-hermaphrodites (diclines)
1. Acotyledonie .
2. Monohypogynie
3. Monoperigynie.
4. Monoepigynie.
b. Epistaminie .
6. Peristaminie.
7. Hypostaminie
8. Hypocorollie.
9. Pencorollie.
10. Synantherie.
H. Corysantherie
12. Epipetalie .
13. Hypopetalie.
14. Peripetalie.
15. Diclinie. .
(1" embranchement.)
2 embranchement.)
(Monocotyle donie.)
(3 embrancliement.)
(Dicotyledonie.)
On voit dans ce tableau que A.-L. de Jussieu choisit d abord, parmi tousle^
caracteres connus des vegetaux, un caractere plus important que tous les autres,
qui les comraande et les entraine tous, qui soit, par rapport a tous , de pre
mier ordre ou de premiere valeur. Lorsqu il divise , en premier lieu , toutes les
plantes connues en Acotyledones, Monocolyledones et Dicotyledones , il est par la
suffisamment prouve que la presence ou 1 absence , le nombre des colyledons sont
des traits qui entrainent pour lui une serie d autres Iraits subonlonnes a ceux-la,
d importance ou de valeur secondaire, par rapport a eux. Pour lui, le caractere
est d autant plus important qu il est plus general, plus invariable. Son poids etant
de la sorte des plus considerables, il suffit d apprecier cette valeur d ordre supe-
rieur, sans s occuper du nombre qui cede ici le pas a la quantite. II faut peser
jes caracleres et non les compter, suivant une expression souvent repetee ; ce
qu on a traduit avec plus de precision encore, au point de vue pratique, avec trop
de precision peut-elre, quand on a dit: Un caractere invariable du premier
degre doit en quelque sortc equivaloir a deux caracteres du second degre, et ainsi
successivement. Qnel sera maintenant, suivant ces idees, le criterium de 1 inva-
riabilite plus ou moins assuree des caracteres? On a dit qu elle est en raison de
1 importance plus ou moins grande de 1 organe dont on les tire. A une certaine
epoque de la vie d une plante, toute cette plante se trouve resumee dans I em-
bryon, c est-a-dire dans lajeune plante elle-meme. Sa constitution, sa formation,
tel est le but defmitif auquel, pendant toute 1 evolution du vegetal, concourent
tous les organes, quels qu ils soient. II arrive un moment ou tous ces organes dont
1 existence est passagere, auront disparu tour a tour. Us ont donnne a Tembryon
le produit de tout le travail physiologique par eux accompli; puis ils sont morts
epuises, et la conservation de 1 espece ne depend plus que de I embryon qui re
sume en lui-meme tout le travail de ces instruments disparus. Aussi est-il alors
tout 1 avenir de la plante ; il renferme virtuellement tous les organes du futur
vegetal, organes qui se developpent pendant une periode de vegetation de duree
variable, mais qui n existeraient jamais si cet emhryon n exislait pas lui-meme et
ne devait pas plus tard leur servir a tous de point de depart et de support. Gela
suffit pour montrer qu on a agi logiquement tontes les fois que, cherchant dans les
plantes un caractere de premiere valeur , et auquel on avail 1 intention de sou-
ettre, dans une coordination raisonnee, tous les autres caracteres, on a ete 1 era-
1?2 BOTANIQUE MEDICALE.
prunter a 1 embryon, but et moyen de tous les developpements du vegetal. C est
ce qu afaitla methode d A.-L. de Jussicu, avec cette particularity utile a noter,
qu eilen a pas accorde uue egale valeur a toutes les parties de 1 embryon. Pour
cclui des plaules Phanerogames, les plus elevees de toutes en organisation, on a
remarque qu il se decompose en une jeune racine (ou radicule), une jeune tige
(ou tigelle), un petit bourgeon terminal (on gemmule) et un ou plusieurs appen
dices lateiaux, dits cotyledons. On n a tire aucun caractere pour la classification
des trois premiers de ces organes, puisque leur existence pent etre considered
comme constante dans tous les embryons phancrogames. Mais il n en estpas de
memedes cotyledons. Outre qu ils ne sauraient exister dans des plantes sans axe
pour les supporter, comme les Cryptogames de Tournefort et de Linne , et que,
par consequent , leur absence est ici d un grand poids, ils entrainent, quand ils
existent, de grandes differences d organisalion dans les tiges, les feuilles, etc.,
suivant qu ils sont au nombre d un ou de plusieurs (ordinairement de deux dans
ce dernier cas), etc est sur ces points que repose la division primordiale du Regne
vegetal en trois grands embrachements dits : des Acolyledonie, Monocotyledonie et
Dicotyledonie.
Le caractere de premier degre ne variant pas dans un de ces embranchements,
celui du second degre peut changer, car il est plus variable que le caractere auquel
il est subordonne. Ici, ce second caractere invoque est tire de la corolle qui manque
dans les Apetales, qui existe dans les Monopetales et les Polypetales, formee d une
seule piece dans les unes, et de plusieurs pieces independantes dans les autres.
G est done la le caractere employe en premiere ligne par Tournefort pour diviser
les herbes et les arbres.
Le troisieme caractere employe ne variait pas, suivant 1 opinion de A. L. de
Jussieu, dans un des groupes constitues par la Constance du caractere considere
comme etant de deuxieme degre. 11 est tire de 1 insertion, consequence elle-meme
de la forme du receptacle floral. Lorsque ce dernier a la forme d un cone plus ou
moins eleve, c est du cote de sa base que s inserent, de bas en haul, le calice, la
corolle et 1 androcee, tandis que le gynecee est porte sur une partie du receptacle
plus ou moins rapprochee de son sommet. Alors le gynecee est superieur, ou
supere par rapport aux autres verticilles de la ileur, et ceux-ci sont inferieurs, ou
inferes, par rapport au gynecee, ce qu on a traduit par 1 expression grecque
d Hypogynes. Dans YHypogynie, par consequent, les etamines sont inserees sous
le pistil (aussi bien que les autres vei ticilles de la (leur ; mais on ne considere que
1 insertion de 1 androcee). Et ce mode d insertion pouvant se rencontrer aussi bien
dans les Apetales que dans les Polypelales et les Monocotyledones, on a fonde sur
ce trait d organisation les classes 7, 15 et 2 de la methode de Jussieu : Hypo-
staminie, Hypopetalie et Monohypoyynie. Le mot Hypopetalie indique que Ton
tient compte en jealite, dans la classe 13, du mode d insertion des petales, etnon
de celui de la corolle ; cela tient a ce que cette insertion est, dans la plupart des
cas, la meme ; les petales s attachent seulement un peu au-dessous des etamines;
mais les uns comme les autres sont implantes sur le receptacle plus bas que le
pistil. Dans les cas de monopetalie, il y a une autre raison qui oblige a ne tenir
compte que de 1 insertion de la corolle et non de celle des etamines : c est que les
etamines ne se degagent pas nettement du receptacle lui-meme a 1 age adulte.
A part quelques exceptions, elles sont portees assez haut sur la corolle. L organo-
genie florale a demontre rnaintenant qu ici encore, telle est au debut 1 insertion de
1 androcee, et telle est a peu pres aussi celle de la corolle. On recherche ici seule-
153
aient, par consequent, si la corolle est hypogyne, et dans ce cas, les plantes mono-
petales appartiennent a YHypocorollie (classe 8).
Mais le caractere le plus remarquable des organes floraux, qu ils soient des
appendices ou des axes, c est une extreme variabilite de formes, et 1 on accorde
depuis longtemps, pour les organes appendiculaires, que ce polymorphisme n a
pas une grande valeur. 11 n en est pas de meme, d apres la methode de Jussieu,
des organes axiles, tels que le receptacle floral, puisque les dispositions qu il a
appelees Perigynie eiEpigynie, tiennent uniquement en sommea ce que le recep
tacle floral, au lieu de presenter la forme d un cone, pent prendre celle d une
coupe plus ou moins profonde ou meme celle d uu sac tres-eleve, n ayant plus ii son
sommet qu une ouverture etroite, et assez analogue a une bourse a un seul ori
fice. Si, dans un cone receptaculaire, tel que celui d une plante a insertion hypo
gyne, on suppose que le sommet du receptacle, sur lequel s inserent les elements
du pistil, se developpe moins vite, i parlir d une ccrtaine epotjue, que la portion
basilaire au niveau de laquelle s altachent les etamines etle perianthe, cette portion
basilaire va tendre a s elever en un bourrelet qui encadrera a -une certaine distance
la portion conique apicale qui porte les organes femelles. Ce fait se produit tres-
nettement dans les Fraisiers et les Ronces, par exemple, ou le sommet du /ecep-
tacle a conserve la forme d un cone central supportant les pistils, mais ou la base
est devenue un rebord circulaire hypertrophie qui porte le calice, la corolie et les
etamines, et se trouve separe du cone central par une sorte de fosse circulaire. La
consequence de ce relevement du bourrelet basilaire, c est que les etamines (commc
le perianthe) sont attacliees a pen pres sur un meme plan horizontal q;ie les car-
pelles ; elles forment a 1 organe femelle une sorte de ceinture peripherique ; elles
sont done exactement Perigynes, de facon que la Perigynie, dont les degres sont
tres-nombreux , et qui , tres-manifesle dans les plantes prises ci-dessus comine
exemple, peut a peiue differer de VHypogynie, dans les fleurs a base receptacu
laire apeine hypertrophiee etelevee, laPerigynie, disons-nous, est la consequence
directe de la forme concave du receptacle. Le sommet organique de celui-ci est
alors situe vers son fond, en son point le plus declive, etsa base organique consti-
tue en apparence sa portion la plus elevee. Comme il y a des receptacles concaves
et des insertions perigynes des etamines (ou de la corolle), aussi bien duns les
Monocotyledones que dans JesApetales, les Monopelales on les Polypetales, quatre
classes distinctes (3,6, 9, 14) out du elre etablies : Monoperigynie, Peristaminie,
Pericorollie et Peripetalie.
De meme que, nous venous de le voir, il y a des cas ou la perigynie, a peine
indiquee, difiere fort peu de 1 hypogynie, de meme aussi il y a des plantes dontle
receptacle floral devient assez concave pour qu on ne sache plus au juste s il y a
encore perigynie. Ce sont celles ou le rebord de la coupe receptaculaire, base orga
nique de 1 axe floral, s eleve assez pour ne plus former un cadre autour de 1 organe
femelle, mais constitue une sorte de goulot ou d embouchure plus ou moins etrnite
au-dessus de ce meme pistil qui se trouve totalement enferme dans la bourse
prenant ici la place d une cupule largement ouverte. Le fait est tres-marque
dans les Grenades, les Myrtes, les Cigue s, les Myrtilles, et dans un grand iiombre
d autres plantes medicinales. Le sommet organique du receptacle est tout au fond
de la poclie ; la base organique rtpond a son orifice. Le pistil est done inferieur
ou infere, par rapport a 1 insertion des etamines (et du perianthe). Ces derniers
sont au contraiie superieurs on superes. A.-L. de Jussieu admettait alors que les
etamines et. le perianthe s inseraient, non pas sur le receptacle tres-ileforrae, mais
BOTANIQUE MEDICALE.
sur le somniet meme du pistil ; et c est ce qn il a traduit par les mots d etammes et
de perianthe epigynes. Quoiqu on sache bien aujourd hui que ce mode d insertion
est reellement impossible, sans accepter le mot dans toute sa rigueur, on 1 a con
serve pour designer ces circonstances ou 1 insertion se fait plus haul que le gyne-
cee ou au moins que sa portion essentielle, 1 ovaire ; et Ton voit qu il y a ce
qu on appelle e pigynie toutes les fois que la forme concave du receptacle
est exageree a ce point qu il represente un sac, une bourse ou une gourde a orifice
etroit. Le faitpouvant se presenter dans tous les groupes distingues par un carac
tere des premier et second degres, ily a anssi quatre classes (4, 5, 12, 10 et H
reunies) fondees sur ce caractere : Monoe pigynie , Epistaminie , Epipetalie et
Epicorollie. Comme le dernier de ces groupes est lui-meme tres-considerable,
Jussieu a fait intervenir pour le subdiviser un autre caractere, emprunte encore
aux systemes de Linne et de ses successeurs, et suivant que les antheres sont nnies
ou independantes dans lEpicorollie, il a fait une classe 10, dite Synantherie,
etune classe 11, elite Corysanthe rie. Primitivement A.-L. de Jussieu n avait pus
donne ces noms particuliers a chacurie de ses classes , et ce n est que plus tard
qn il a cru necessaire de les designer ainsi par un mot qui en exprirmat le princi
pal caractere. Alors, dit Ach. Richard, toutes les families conmies ont ete ran-
gees dans cbacune de ces classes, mais elles n y ont pas ete placees au hasard.
Commencsnt les Acotyledones par lal amille des Champignons ou 1 organisation est
la plus simple, et la famille des Champignons par le genre Mucor, qui ne consiste
qu en de pelits filaments, 1 auteur du Genera, suivant comme pas a pas la marche
meme de la creation, s est graduellement eleve dn plus simple au plus compose ;
et chaque genre, chaque iamille ont ete places de maniere qu ils soient precedes
ou suivis de ceux avec iesquels ils avaient le plus de rapports. C est en suivant
cette marche que Ton a cherche a conserver Tordre des aflinites entre les genres
et les families, autant que le permet la disposition en serie lineaire. C est du
reste avec 1 ouvrage celebre de Jussieu que nous aliens actuellement , par une
analyse rapide, monirer comment il a toncu le plan general de la classification du
Regne vegetal.
II commence par donner (p. LXXI) un Index Methodi, ordines naturales com-
plectens, semblable au tableau qne nous avons reproduit ci-dessus, sinon que ks
denominations des classes n avaient pas encore ete creees