DICTIOMAIRE ENCYCLOPEDIQUE
DES
SCIENCES MEDICALES
1 MIIS. TYPOGRAPHIC LAHURE
Rue de Flcurus, 0.
DES
SCIENCES MEDICALES
COLI.ABORATEURS : MM. LES DOCTEURS
ARCHAMBAELT, ARNOULD (j.), AXENFELD, BAILLARGER, BAILLON, BALBIANI, BALL. BARTU, BAZ1N, BEADGRAND ,
BECLARD, BEHIER, VAN BENEDEN, BERGER, BET1M1E1M, BERTILLON, BERTIN, ERNEST BESMER, III. ACHE, BLACIIEZ, BOINET,
B01SSEAU, BORD1ER, BOBCHACOBRT, CH. BOUCHARD, BOUlSsON, BOBLAND (p.), BOULEY (H.), BOUREL-BONCIERE,
BOBV1ER, BOYER, BROCA, BHOCHIN, BROBARDEL, BROWN-SEQBARD, CALME1L, CAMI ANA, CARLET <G.)i CERISE, CUARCOT,
CHASSAIGNAC, CHAEVEAU, CHEIIEAE, CHRETIEN, COLIN (L.), CORN1L, COTARU, COULIER, COURTY, COYNE,
DALLY, DAVAINE, DECHAMIIPE (A.), DELENS, DEL10UX DE SAVIGNAC, DELOIIE, DELPECH, DENONVILL1ERS, DEPAUL,
D1DAY, DOLI1EAU, DBCLABX, DEGBET, DUPLAY (s.l, DBREAB, DU1HOULAU, ELY, FALRET (j.), FARABEUF,
FELIZET, FE1IHAND, FOLL1N, FOiNSSAGRl VES, FRANCOIS FBANCK, GALTIEH-BOlSSlEIIE, GAHIEL, GAYET, GAVARIIET,
GERVAIS (P.), GILLETTE, 61RAUD-TEULON, GOBLEY, GODEL1ER, GREEMIILL, GRlsOLI.E, GUI1LER, GUENIOT, GUERARD,
GUILLARD, GU1LLADME, GD1LLEM1N, GUYON (F.), "AIIN (L.), IIAMEL1N, UAYEM, HECHT, HENOCQUE, ISAMBERT,
JACQUEM1ER, KELSCII, KR1SHAUER, LABBE (LEON), LABBEE, LABORDE, LAltOULBENE, LACASSAGNE,
LAGNEAD (G.), LANCEREAUX, LAUGHER (0.), LAVERAN, LAVERAN (A.), LAYET, LECLERC (L.), LECORCUE, LEFORT (LEON),
LEGOBEST, LEGI105, LEGF.OL X, LEREBOULT.ET, LE ROY HE MERICOL UT, LETOBRNEAB, LEVEN, LEVY (MICHEL),
LIEGE01S, L1ETARD, LINAS, LIOBVILLE, LITTRE, LUTZ, MAG1IOT (E.), MAUE, MALAGBTI, MARCUAND, MAREY, MARTINS,
MICHEL (DE NANCY), UILLARD, DANIEL MOLUERE, MONOD (cu.), HONTAMER, IIORACIIE, MOREL (u. A.), NICAISE,
OLLIER, OMMDS, OIIF1LA (l..l, PAJOT, TAIICIIAPPE, PARROT, PASTEUR, PABLET, PERI1IN (MABRICE), PETER (M.),
PINARD, PINGAUD, PLANCHON, POLAILLON, POTA1.N, POZZI, RAYMOND, REGNARD, REGNABLT, RENAUD (j.), RENDD,
REYNAL, ROBIN (ALBERT), ROBIN (CH.), DE ROCHAS, ROGER (H.), ROLLET, HOTBREAB, ROBGET,
SAINTE-CLAIRE DEVILLE (H.), SANNE, SCHUTZENBERGER (CU.), sCIIUTZE.NBEHGEH (P.), SEUILLOT, SEE (MARC), SERVIER,
DE SEYNES, SOBBE1RAN (L.), E. SPILLMANN, TART1V6L, TlibTELIN, TILLAUS (P.), TOURUliS, TRELAT (l).),
TRIPIER (LEON), TIIOISIEII, VALLIN, VELPEAB, VERNEUIL, VIDAL (EM.),
V1LLEMIN, V01LLES1IEH, VBLPIAN, WARL01IONT, WIDAL, WILLM, WORMS (j.)iWUHTZ, ZU1JER.
DIUEGTEUR : A. DECHAMBRE
TROISIEME SERIE
TOME SIX I EM E
SAA SAR
IfBLIOTHfQUES
PARIS
G. MASSON
LIBRAIRE DE L ACADEMIE I)E MEDECINE
BouleTard Saint-Germain, en Face de I Ecole de
P. ASSELIN
LIBRAIRE DE LA FACBLTE DE MEDEC1NE
Place de l Ecole-de-Medecine
MDCCCLXXVJII.
v .
y /
DICTIONNAIRE
ENCYCLOPEDIQtJK
DES
SCIENCES MEDICALES
S ILI&QLE. Voy. COLON.
s \ tin: On donne ce nom, en Perse, a une graminec doiit l es[M\v cst i,i-
connue. Elle forme, d apres Olivier, un excellent fourrage.
Journal de Pliarmacie, IX, 21. ME RAT et DE LENS. Dictioinuiin- i/c malicre medicate,
VI, 114. * PL.
(FRAXZ-RABAN). Ne a Riithen, en Westphalie, le 22 Janvier \ 732 ;
exerca la medecine dans cette ville, devint successivement medeein pensionne,
conseiller a la Cour et medeein dc 1 electeur. II est mort en 1792, laissant un
grand nombre de memoires sur les fievres, les affections des voies respiratoires,
le rhumatisme, etc. II a publie aussi divers opuscules en collaboration avec
Werlhof. Nous citerons de lui :
I. Dissertatio inauguralis de paragomphosi capltis fu-tus in partu. Harderwyck, 1752,
in-4. II. Gommercium inter illustrem majestatis Brilannicce arcliialrum Werlilnfet Fer-
dinandum Saalmann, medicines practices, de dysentevia annillQl, adeo immiti Monasle-
rieitsi, ejusque facto, cura propositce, etc. Munster, 1761, in-4. III. Commerciinn sccitn-
dum. DC phtkisi et hcemoptysi, ejusque hactenus prolonyata cura. Munster, 1762, in-4.
IV. Commercium tertium.... quos quondam in tnei ipttius ulilitatemac cegrorum commoda,
dehinc speranda, venerari in pretio duxeram mayni momenti morbum in viro juniore 32 an-
nonun hie narravi cognomine passionis hypochondriacce confirmatce, et ex hoc fonte dein
secuta hydrope universali cum sua tentata, et kic posteris rclicta, curata a me. Munster,
1762, in-4". V. Commercium quarlum De febre paraphreniticd ejusque faciatdcurd.
Munster, 1763, in-4. -- VI. Descriptio phrenitidis et paraphrenitidis in Westphalia circa
medium mensis Martii grassari incipientium vere contagiosarum earumque factce curationis.
Munster, 1788, in-4. VII. Descriptio pleuritidis, peripneumoniw , earumque curalionis.
Munster, 1789, in-4. VIII. Descriptio rheumatism! acuti, et dilucidatio ducentorum et
f/idnqufiginta aphorismorum Hippocratis, ad rkeumatismum tune acutitm, tune chronicum,
item ad. phrenitidem, et paraphrenitidem, ad pleuritidem, peripneumoniam et anginam.
pertinentium. Munster, 1789, in-4. IX. Descriptio febrium acutarum ordinarianim et
febrium catarrhalium et dilucidatio centum et triginta aphorismorum Hippocratis ad
DICT. ENC. o e S. VI.
2 SABADILL1NE.
febrcs acutas ordinarias pertinentium. Munster, 1 790, in-i. X. Descriptio febris urlicatce,
scarlatina et puerperce. Munster, 1790, in-4. XI. Descriptio variolarum, morbillorum,
febris erysipelatosce et calicce acuta . Munster, 1790, in-4". XII. Descriptio febrium mali-
gnarum in genere el specie sic dictarum el exanlhematicarum, item petecldarum veraruni,
delude pestis sive pestilenticc verce et denique rabid canince. Munster, 1791, in-4.
XIII. Descriplio febrium intermittent lum in genere et speciatim febris intertnittentis quoti-
diance et quartance ; descriptio item febrium vulncriarum, acutaruin et longarum ; porro
febrium continuar um, longarum; delude febris hecticce in specie, et denique febris phthi-
sicce. Munster, 1791, in-4. A. D.
st \HHA%. Norn donne, d apres Pison, a un grand arbre epineux, a
feuilles palmees et a cinq folioles, portant des gousses a semences rouges. On
emplou contrc les ophthalmies et pour fortifier la vue, le sue qu on obtient de
ses epines.
PISON. Brttxil. PL.
s 1 11 i:iic % (JUAN DE). Celebre medecin espagiiol du commencement du
dix-septieme sieclc, premier professeur a I liiiiversite de Seville, medecin de la
ville, fut, selon Morejon, un homme d un grand savoir et d une grande reputa
tion. II est surtout connu par ses ouvrages sur la peste et la rougeole, sur la
contagiosite et le traitement de ces maladies; dans plusieurs opuscules, il s e-
lr\c centre 1 abus de la saignee dans la rougeole et eut a ce sujet de violentes con-
troverses avec differents medecins de son temps. II prit part a la reunion des
professeurs et des medecins qui eut lieu a Seville en 1599, reunion composee
des docteurs Francisco Sanchez de Oropesa, Pedro Peramato, Fernando Gomez
Guillen et Andres de Valdivia, et convoquee dans le but de trouver un remede
a 1 epidemic pestilentielle qui devastait a cette epoque les plus belles provinces
dr 1 Espagne. Morejon cite de lui :
I. Un tralado de peste, 1599. II. El doctor Juan de Saavedra, respucsta al doctor
Alonso de Nunez. Sevilla, 1617, in-4. III. El doctor Juan de Saavedra, etc., a los insi-
gnrs mc/lios, etc. Malaga, 1625, in-4. IV. Discurso en el que se prueb a quc nose debe
sangrar en el sarampion despues de haber salido. Granada, 1626, in-i. V. Adicion al
discurso que hizo, probando que no se debe sangrar en el sarampion, etc. Granada, 1626,
in-4. VI. Segunda adicion sobre el mismo asunto. Gran., 1626, in-4. VII. Segunda
respuesta satisfactoria y apcrcibimiento , que se sangre en el sarampion antes de salir, y
despues dc haber salido algunas voces (sans lieu ni date). VIII. Contendlt satlsfacere
apoloyice, quam edidit doctissimus doctor L. P. Ramirez, etc. Id. > IX. Colloquium de
vetice sect/one in morbillis, inter duos medicos hispalenses. Interlocutores : Allamiranus,
Spinosa. Id. X. Proponitur duplex disputanda qucestio, altera utrum in principio
lelhargi conveniat expurgare, altera utrum convcniat in declinationc . Id. (Saavadra se pro
pose de demontrer, dans cet ouvrage, contre le D r Juan de LDXA, et en s appuyant sur 1 au-
torite d Hippocrate, que les purgatifs ne conviennent pas dans le debut de la letliargie.)
L. Hx.
s \i; %IMB,I,% Nom donne a la Cevadille (voy. ce mot).
s \ie\nii.UM; (C 41 H 6G Az 2 13 ). C est a Couerbe qu on doit la decouverte de
la sabadilline, qu il a retiree de la cevadille et qui y a ete retrouvee d ailleurs
par plusieurs chimistes. Cet alcaloide est soluble dans 1 eau, dans Falcool, et
tres-peu dans Tether ; il a ete obtenu cristallise dans la benzine. II forme
certains sels acides : un chlorhydrate, un chloraurate amorphe, un sulfate.
L ammoniaque ne le precipite pas de sa solution, tandis qu il en est precipite
par la benzine et par Falcool amylique, que ces solutions soient acides ou alca-
lines. II verdit le sirop de violettes.
La sabatnne, retiree egalement dela cevadille. a pour forinule : C 31 H 86 Az 2 17 ;
SABATIER (LES DEUX).
rile offre les memes reactions chimiques que la sabadilline. Son chlorhydrate
1 orme avec le chlorure d or deux sels solubles, dont 1 un cristallise et dont
I autre est amorphe.
Dans 1 etat actuel de la science, 1 action propre de la sabadilline et cle la saba-
Irine demanderait a etre etudice specialement. La premiere substance, qui est
mieux connue sous ce rapport que la seconde, parait douce de proprietes ana
logues a celles de 1 aconitine, de la veratrine, dela colchicine; et, suivanl Gublcr.
la veratrine, la delphine, I aneinonine, la sabadilline et la colchicine forme-
raient, au point de vue de 1 aclion physiologique et therapeutique, une serif
comparable a celle de la strychnine, de la brucine, de rigazurine et de la picro-
toxine (voy. CEVADILLE et VERATUINE). D.
SARAH. Ce nom arabe sert d ordinaire a designer le gros chiendent (Cyno-
don Dactylon Rich.). D apres Delile, le meme nom a ete applique a tin Cassia
dont les graines servent a teindre les peaux, du cote de Meroe. C est le Casein
Sabath Delile.
DELILE. Notes sur le voyayc ilr ( .nil land a Mcroe. PL.
s \itvi i r, ic (LES DEUX).
Sabatier (RAPHAEL-JJiENVENu). Professeur a la Kaculle de mi divine de
Paris, cliirurgien consultant de reinpcreiir Napoleon I r , chirnrgien en chef de
1 hotel des Invalides, membre de 1 Institut, etc. Ce chirurgien, justement celebre,
naquit a Paris, le 11 octobre 1732, de Pierre Sabatier, membre estime du collet
de Saint-Come et de Louise-Anne Beuselin. Maitre es-arls a 1 age de seize ans,
elevea 1 hopital de la Charite, il fit sous les deux habiles maitres, Petit et Yerdier,
des progres rapidcs, et le 30 mai 1752 il etait recu cliirurgien apres avoir bril-
lamment defendu une these sur la broncbotomie. Des cours publics d anatomie
qu il commenga peu apres fonderent sa reputation, et a vingt-quatre ans il suc-
cedait a Balluet dans la chaire, d anatomie a Saint-Come (1752) ; puis, quatre
ans apres, le fameux Morand, chirurgien en chef des Invalides, lui accordait,
non-seulement la survivance dans cette derniere charge, mais encore la main
de sa fille. Nous trouvons ensuite Sabatier a 1 Academie des sciences (1773);
a 1 armee du Nord, comme medecin consultant (1792), secretaire perpetuel
de I 1 Academic de chirurgie, en remplacement de Louis, inspecteur general
du service de saute des armees, professeur de medecine operatoire a 1 Ecole de
sante, etc. La vie de cet homme laborieux, de cet homme de bien, etait simple
et uniquement consacree aux labeurs ; fort erudit, connaissant a fond les lan-
gues grecque, latine, italienne, anglaise et allemande, la physique, le dessin,
ilexcellait encore dans le chant italien ; il a fait quelques jolis couplets et n a
pas craint, ainsi, de meler aux ronces, dont le champ de 1 art est herisse, quel-
ques roses cueilhes sur un sol plus riant, puisant ses plus nobles delassements
et les jours heureux de la vie, dans le sein des lettres et des beaux-arts. II mou-
rut dans sa maison de campagne le 18 juillet 1811 ; (juatre mois apres (25 de-
centre), son corps etait transport^ aux Invalides pour y etre inhume.
Marie deux fois : 1 a Louise-Francoise Morand, fille du celebre chirur<nen
de ce nom; 2 a Madeleine-Genevieve Yillette, Sabatier eut de sa premiere
union cinq enfants, dont il ne lui resta qu une fille et un fils : ce dernier devint
sous-inspecteur aux revues avec rang de colonel.
Le frere cadet de notre chirurgien fat attache, comme directeur general, au
4 SABBATIA.
service de la marine de Brest, el fut, au commencement tie la Revolution, ap-
pele a Paris pour faire partie du comite de Sante. C etait un homme de beau-
coup d esprit et d une instruction tres-variee et tres-etendue. 11 est mort plu-
sieurs annees avaut son frere ; eimemi du nonvel etat de choses, il n en parlail
({u avec un scepticisme et nne franchise qui plus d une fois firent trembler
pour lui sa fatuille ct ses amis.
Outre un grand nombre de memoires qu il a fournis aux recueils de 1 Acade-
mie des sciences, de 1 Academie de chirurgie et qui tous portent 1 empreinte
d un esprit exact, severe, habitue aux precedes melhodiques de la geometric,
Raphael-Bienvenu Sabatier a encore laisse les ouvrages suivants, qui sont restes
longtemps classiques :
I. Trailc cotnptet d anatomic. Paris, 1775, 2 vol. in-8; 1791, 5 vol. in-8, 3 e edition.
II. Discows pour I ouvcrture du cours, cji / an X, in-4. III. Traite complet de chirurgie
par (J. MU QUEST DE LA MOTTE. Paris, 1771, 2 vol. in-8. -- IV. De la medecine operatoire,
2 edit. Paris, 1810, 3 vol. in-8" ; autre edition par SANSON et BEGIN, 1822, 4 vol. in-8. -
V. DC In medecine operatoire ou dcs operations de durunjie. Paris, 1796, 3 vol. in-8.
VI. DC vuliicrii/ii li/nnorrhnt/iix. Tliuses anntomiques et chirurgicales, 15 novembre 1755.
VII. DC partti positioner iinntoni.cl c/iirttrg., 50 inai 1752. A. C.
(J.-C.), qui se faisait nomnier Sahatier <1 Orleans, parce qu il
etait natif du departement du Loire!. C est Tautcur des Recherches historiques
xitr la Faculte <le medecine de Paris (1857, in-8"), ouvrage interessant, con-
sciencieusemcnt ecrit, mais qui a laisse presque dans 1 ombre 1 ancienne Facu lte
de la me de la Bucherie pour ne s occuper que de 1 ecole moderne. J.-C. Saba
tier, qui est mort vers 1 anuce 1840, avait ete interne des hopitaux (service de
Biett, a 1 hopilal Saint-Louis), eleve de 1 ecole pratique, docteur le 19 aout
183L II avait meme concouru pour 1 agivgation en ISo^, section de medecine;
Minis il cchoua, ct les six places vacantes 1 urent donnees a Dubois (d Amiens),
Hourinanu, Vidal (de Cassis), Meniere, Xatalis Guillot et Forget. Yoici la liste
des ouvrages et opuscules de ce medecin distingue :
I. Lex loifi <lr /a revulsion, c ttidiees sons le rapport phijslologique et pathologiqite. Paris.
1832, in-8. II. Note sur quelques accidents produits par le gaz d eclair age cl la vapeur
du charbon de terre, dans line dcs salles de I kdpilal Sitint-Louis. In Journal universel cl
liebdotnadaire de medecine et de chirurgie, t. II, 1851, p. 25, 26. III. Douleitr fixe et
sujetle d de frequents paroxysmes, ayant son siege en arriere et en Itaut de I Injpochondre
droit, ezistant denuis deux ans, et succedant d des vomissemenls qui duraient depitis huil
annees. Erysipele a la face. Mori. In Journal universel et hebdomadaire de medecine et dc
chirurgie, t. IV, 1851, p. 76-84. IV. Observation d mic maladie offrant plusieurs symp-
tdmes analogues a ceux du cholera spasmodique. In Journal universel et hebdomadaire de
medecine el de chirurgie, t. VII, 1832, p. 413-425. -- V. Observation d une fracture du
troisieine os melacarpien. In Journal de chirurgie et de medecine pratique, t. Ill, 1832,
p. 225-225. VI. Propositions sur I erijsipele, considere prlncipalemenl comme moyen
curatif dans les affections cutanees chroniques; precedees de quelques generalites sur la
pathologic cutanee et I influence souvent avanlageuse des maladies intercur rentes. These
doctorale; 19 aout 1831, n 209, m-4, de 20 pp. VII. Y a-t-il des metastases puru-
lenles? Concours pour 1 agre gation, 1832, in-4 de 54 pp. A. C.
s\it\ i ISIM: Voy. SABADILLINE.
SABBATI.%. Adanson. Genre de plantes dicotyledones, appartenant a la
famille des Gentianees. Ce groupeaete etabli par Adanson pour un certain nom
bre d especes que Linne avait fait cntrer dans les Chlora et les Chironia. Les
caracteres essentiels sont les suivants : calice gamoscpale, ayant de cinq a douze
divisions; corolle rotacee gamopetale, a linibe divise en cinq ou douzc parties;
SABINE (EMPLOI MEDICAL). 5
cinq a douze etamines, inserees a la gorge de la corollc; anlheres a loges reu-
nies par un conncctif bien marque, s ouvrant par des fentes, d abord droites,
puis recourbces ; ovaire uniloculaire, a sutures ovuli feres peu saillantcs dans
I interieur de la loge; style divise an sommet en deux branches stigmatifcres,
qui se tordent en spirale. Capsule bivalve, septicide, sub uniloculaire, a pla
centa spongieux.
Les Sabbatia sont des planles herbacees, bisannuelles, en general grelrs, ;i
lleurs pedicellees, le plus souvent roses. Us habitent I Amerique du Nord. On en
compte une dizaine d especes, qui out toutes plus ou moins une saveur amere
et sont comme telles employees au meme litre que Test chez nous la petite
centaure e. La plus connue de toutes, celle qui est le plus cmplmee aux Etats-
Unis est le Sabbatia angularis Pursh (Chironia angularis L.). Uu la design*.-
sous le nom de Centaure e.
C est une plante de un a deux pieds de baut, dont les tiges droites et glabres
sont marquees de quatre angles, et portent des feuilles scssiles, connees, ovales,
cordees. Les fleurs sont en cymes formant un corymbe par leur ensemble, lon-
guement pedonculees, d un beau rose.
On trouve celtc espece dans les cndroits Immidcs depuis le Cannda jiisquVi la
Caroline. C est un tonique qui a ete (res-employe pendant IVpidemie de la
lit-vre jaune de 1795 a Pbiladelpbie, et est resle un remede populaiiv.
ADANSON. Famille des planles, II, p. 505. ENDLICIIER. Genera planlarum, n 354G. Pur.sir.
Flora Americ. , I, 137. MICHAUX. Flora boreal., I, 146. ELLIOTT. Flora Carol., I, 285. -
BIGELOW. American Medical Botany, 111,141, pi. LVII. PL.
SABELLES. Ce sont des annelides marines de la classe des Chetopodes et du
groupe des Cephalobranches. On en trouve a 1 erabouchure de plusieurs de no>
fleuves, dans des amas de sable qu elles preparent, ayant soin de donner a 1 ou-
verture des tubes qui leur servent d habilation, la forme d alveoles.
P. GERV.
S%I:IM;. I. Botanique. i\om d une espece de Genevrier (Juniperus
Sabina) (voy. GENEVRIER).
II. Emploi medical. I. PaARMACoioGiE. Plusieurs auteurs semblent si
gnaler comme espece officinale, par leur description, la sabine a feuilles decypres,
improprementappelee sabine male, de preference a la sabine a feuilles de tamaris
(sabine commune, sabine sterile), aussi improprement appelee sabine femelle,
et a d autres varietes moins communes; mais le Codex se borne a mentionner
1 emploi de la sabine, sans etablir de distinction entre les varietes du Juniperus
Sabina. Les parties usitees de la sabine, ou savinier, sont les sommites, c est-
a-dire les jeunes rameaux recouverts de leurs feuilles. Celles-ci, a 1 etat frais,
sont vertes et out une odeur forte, penetrante, a la Ibis aromatique et fetide,
terebinthacee, plus marquee quand on les froisse; leur saveur est resineuse,
acre et amere ; a 1 etat sec, elles sont d un vert jaunatre et sont bien moius
odorantes.
D apres une analyse de Gardes (Journal de Chimie me dicale, t. Ill, p. 551 ,
2 e se rie, 1857), les feuilles de sabine renfermeraient une buile volatile analogue
a 1 essence de terebenthine, de la resine, de 1 acide gallique, du ligneux, des
matieres extractives, des sels calcaires et de la chlorophylle.
L huile volatile, ou essence de sabine, qui en est le principe le mieux connu,
C SABINE (EMPLOI MEDICAL).
est fort abondante dans la plante, qui en fournit, en moyenne, le cinquieme de
son poids (Moquin-Tandon, dans ses Elements de botanique me dicale, dit meme
qu on en obtient jusqu a la moitie de son poids, landis que les annotateurs de
la 4 e edition de Pereira ne donnent que la proportion de trois pour cent). C est
un liquide limpide, de couleur jaune clair, ayant 1 odeur dcsagreable de la plante
et un gout acre et amer, peut-etre plus marque quelques instants apres son
ingestion.
Sa composition elementaire est identique a celle de 1 essence de terebenthine
(C 20 H 16 ), dont elle a le point d ebullition (vers 155) et dont elle partage la solu-
bilite dans Tether (ce qui permet de 1 extraire assez facilement des solutions
nqueuses qui peuvent la contenir) ; mais elle s en distingue, entre autres carac-
teres, par son odeur, par sa densite (0,910 a 0,915 au lieu de 0,865 a 0,870), sa
moindre solubilite dans 1 alcool, avec lequel elle forme une mixture trouble, et
surtout par 1 action dextrogyre qu elle exerce sur la lumiere polarisee, tandis
que les essences *de liTrlirnlhine de France sont levogyrcs, comme 1 essence
degenievre (d ailleurs, d apres Pereira, Tesscnce de terebenthine anglaise serait
dextrogyre aussi) ; enfin, melangee avec partie egale d acide sulfurique et distillee
sur un lait de chaux, pour eliminer 1 acide, elle fournirait une huile volatile
qu on ne pourrait distinguer de la partie liquide de 1 essence de thym (Winckler),
tandis que 1 cssence de terebenthine, traitee pur un vingtieme du meme acide,
cede a la distillation un autre isomere inactif, le tere bene. L addition de 1 acide
sulfurique fait prendre aux deux liquides une coloration rouge brun et les
rend visqueux ; en e tendant d eau la solution, on determine la formation d un
abondant precipite blanc, pour 1 essence dc sabine.
Modes d administration et doses. On emploie les sommitcs de sabine en
|)oudre, en infusion, en decoction, sous forme dc conserve et de cataplasmes;
on en fait un hydrolat, une teinture, une huile par digestion, un cerat et un
onguent; on en retire un sue, un extrait aqueux et un extrait alcoolique, et une
huile essentielle aussi usitee que la plante elle-meme. Nous. nous bornerons
a donner quelques details sur les preparations les plus usitees, renvoyant pour
les autres a 1 art. RUE de ce Dictionnaire (t. V, 5 serie), car les proportions sont
les memes pour 1 hydrolat, la teinture, etc., des deux substances.
La poudre se donne, a 1 interieur, a la dose de r ,25 a ls r ,50, en trois
prises, en pilules et en bols, ou suspendue dans un liquide gommeux ou muci-
lagineux, ou bien sous forme de conserve, avec du sucre ou du miel (1 partie de
poudre pour 2 d intermede) , pour en attenuer les effets topiques irritants ; on en
a cependant prescrit jusqu a 2 grammes, et meme jusqu a 4 et 5 grammes par
jour, a doses fractionnees, sans accidents; mais il faut se rappeler que la poudre,
bien que pouvant etre obtenue en tout temps de feuilles fraichement cueillies
(rendement, 66 pour -100), n en perd pas moins par la dessiccation une partie
plus ou moins considerable de son huile essentielle, suivant que cette operation
est faite avec soin ou non, et aussi que la richesse de la plante en huile essentielle
varie avec les epoques de recolte et avec les pays. La poudre est done une pre
paration defectueuse ; elle est souvent associe e a Texte rieur avec la poudre de
rue, 1 ergot de seigle, les preparations ferrugineuses, et a 1 interieur avec la rue
encore, 1 alun calcine, 1 acetate de cuivre, etc. ; dans ce dernier cas, la quantite
employee n a de limites que celles des besoins.
L infusion pour 1 usage interne se prepare avec 1 a 5 grammes de feuilles
fraiches pour un litre d eau, a prendre, edulcoree avec 50 grammes d un sirop
SABINE (EMPLOI MEDICAL). 7
convcnable, par lasses, dans la journee. On peut aussi faire une inl iisioii [ilns
concentree (4 grammes de feuilles pour 250 grammes d eau), dont on ordonnc
1 a 2 cuillerees a bouche par jour. En vue d en attenuer 1 action locale, quelques
praticiens font faire 1 infusion avec du lait. En lavements, on prescrit la mcmc
proportion de sabine (1 a 5 grammes pour un litre d eau), pour 4 lavements ; pour
des lotions, la quantite de sabine peutetre portce a 20 grammes par litre d eau.
Avec des feuilles seclies, on recommande de n employer que la moitie des quan-
tites ci-dessus ; mais il nous parait que la deperdition de poids par evaporation
des parties aqueuses de la plante est presque compensee par la deperdition
d huile essentielle que la dessiccation entraine. On oblient une ini usion plus
active, en laissant macerer pendant une a plusieurs heures, soil avant, soil plutot
apres 1 ebullition, les sommites de sabine dans 1 eau qui doit servir ou qui a
servi pour faire 1 infusion.
La decoction se fait avec les memes proportions de sabine que rinfusiuii
pour usage externe (20 pour 100) ; mais c esl une moins bonne preparation, a
ause de 1 influence de la duree de 1 e bullition sur la quanlitd d buile volatile
qu elle retient ; comme compensation, elle fournit une solution beaucoup plus
<:hargee de matieres extractives.
C est avec la decoction on 1 infusion, niehuigee ;mv du son, que I mi Iliil des
cataplasmes employes parfois comme vermifuge cbez les ( nLmts.
L onguent ou ceratde sabine se fait avec sommites Irak-lies de saliiue 1 partie,
axonge 4 parties, cire 2 parties ; on fait bouillir le tout ensemble et on passe ;
mieux vaut faire fondre a 1 avance le melange d axonge et de cire, et y ajouter
ensuite la poudre de sabine, pour eviter autant que possible la volatilisation de
1 huile essentielle, ct passer a travers un linge. La pbarmacopee de Dublin se
contente de faire incorporer par trituration la sabine en poudre tres-line dans
Tonguent ci-dessus. Tres-employe en Angleterre pour 1 entretien des vesicatoires
(perpetual blister) et pour accroitre la suppuration des setons. M. Jeannel
(Formulaire) indiquc des proportions assez differentes : sabine fraiche, 8^1.;
cire jaune, o gr. ; axonge, 16 gr., avec un modus faciendi different aussi : ce
n est qu apres incorporation de la sabine dans 1 axonge et filtration par expres
sion, qu il conseille de melanger avec la cire et de fondre le tout au bain-marie.
L huile essentielle ou volatile, ou essence de sabine, s obtient par distillation
au bain-marie des feuilles fraichcs en contact avec de 1 eau (1000 grammes de
sommites pour 3000 grammes d eau bouillante ; recueillir le produit dans un reci
pient florentin, et filtrer s il est trouble) ; elle reprcsente la partie la plus active
de la plante, sans pouvoir la remplacer comple tement, et est administree a la
dose de 2 a 10 et meme 20-gouttes, sur du sucre, en pilule, ou dans une potion
appropriee ; elle est habituellcment associee, a doses moitie moindres alors, avec
1 huile essentielle de rue; et Ton masque le gout de 1 une et de 1 autre, dans les
potions, par I addition de 1 a 2 gouttes d essence de menthe ou d anis. G est la
preparation la plus usitee.
La sabine entre dans Yeau hysterique, les trochisqnes de mcme nom, le sirop
d armoise compose, Yonyuent martial, le remede vermifuge de Ratier, le lini
ment de Hecker centre les polypes, la pommade phage denique de Baumes, la
poudre escharotique de Hunter (avec le verdet), etc.
II. THERAPEUTIQUE. Historique. L emploi medical de la sabine est de date
relativement recente ; Hippocrate ne parait pas 1 avoir connue, et il est aujourd hui
generalement admis que ce n est pas a cette plante que se rapporte ceque Tln ; n-
8 SABINE (EMPLOI MEDICAL).
phraste dit du Ihya, auquel certains auteurs 1 avaient rattachee. C est dans
Dioscoride et dans Pline que Ton trouve la premiere mention des proprietes de
la sabine; cependanl les details dans lesquels entrent ces deux auteurs, la dis
tinction qn ils etablissent entre la sabine a feuilles de cypres ct celle a feuilles de
tamarin, indiquent un usage vulgaire et deja ancien. Dioscoride la decrit sous
les nomsde (tyaQug, (3pa9u ou{3apa9pov, etc., qui lui seraient donnes parce qu elle
emit lentement en hauteur, et lui reconnait le pouvoir, bue avec du vin, ou
meme en simples applications sur le ventre ou en fumigations, de faire pisser
le sang et de provoquer { expulsion du foetus mort, d arreter et de reprimer les
ulceres corrosifs, de nettoyer et enlever les taches de la peau, et de detruire les
charbons, etc.; enfin, il en signale 1 cmploi en fumigations, comme parfum.
(Pedac. Dioscorides, ex nova interpretations J. Ant. Saracenii. Lyon, 1598,
de Sabina, cap. cmi). Pline, apres avoir parle d un bralum semblable au cypres
(Hist, nat., lib. XII, cap. xvn), decrit la sabine dans le liv. XXIV, ch. n, enindi-
quant que c est le bratby des Grecs, et que la variete a feuilles de cypres est le
cypres de Crete pour quelques auteurs. 11 reconnait d ailleurs a la sabine des
proprietes semblables a celles que lui attribue Dioscoride, et alfirme qu elle
produit les memes effets que le cinnamome, a condition d en prendre un poids
double. Le nom donne au brathy par les Romains proviendrait de 1 abondance
de cet arbrisseau dans le pays des Sabins.
Les poetes confinuent 1 auciennete de 1 emploidela sabine comme encens; elle
est mentionnee a ce litre par Virgile, ecrivant dans son Culex (vers. 405) : Her-
baque thuris opes priscis imitate Sabinis; par Properce, disant : Et crepat ad
veteres lierba sabina focos; par Ovide repetant, dans ses Pastes : Ara dabat
fumos herbis contenta Sabinis (lib. I, vers. 545) ; etplus loin : lire mares oleas,
tcedamque, herbasque Sabinis (lib. IV, vers. 741). Ce dernier toutefois ne la
cite pas, lorsqu il constate avec indignation 1 extension des avortements provo-
ques; il ne fait aucune allusion, il est vrai, aux agents mis en usage dans ce
I ut :
litre neque in Armeniis ligris fecerc latebris,
Perdere nee foetus ausa letena suos,
At tcmerd faciunt, sed non impune puellce :
S(epd suos utero qua; necat ipsa peril.
(Amorum lib. II, eleg. XIV, vers 55.)
Ganen (de Simplicium medicament, temperam. ac facultat., lib. V, cap. xxn,
et lib. VI) reproduit a peu pres les memes indications que Dioscoride et Pline.
en ajoutant qu elle est fortement dessechante, ctiaude et secbe au troisieme
degre. Bien plus tard, Matlbiole, le commentateur de Dioscoride, ne donne
d autres nolions nouvelles sur la sabine que la distinction des deux varietes a
feuilles de cypres et a feuilles de tamarin en sterile et baccifere, et leur emploi,
melees avec du mielet du beurre, centre les difficultes de la respiration. Dodoens,
Lobel, C. Baubin ne contiennent egalement que la reproduction a peu pres tex-
tuelle des assertions des auteurs deja cites, avec des discussions sur 1 identite
des varietes signalees dans Dioscoride, Pline, etc.
Simon Paulli, dans son Botanicum quadripartitum (in-4, p. 465, Argento-
rati, MDCLVII), tout en suivant les memes errements, fournit neanmoins quel
ques renseignements interessants sur 1 usage vulgaire de la sabine, comme
abortif, dans I Allemagne du Nord, tout au moins, et les Pays-Bas ; il cite entre
SABINE (EMPLOI MEDICAL). 9
autres preuves un disliquc populaire, en un vieux dialecte allemand, et dont
son fils Christian donnc la iraduction latine suivante :
ScepS Thais folio clematis, folioque sabince,
Servat in amissa virginitate dccus.
C. Hoffmann, quelques annees auparavant (de Medicamentis officinalibus,
cap. cci, p. 556, Parisiis, MDCXLVI), avail de ja affirme le meme fait, en ecri-
vant : Pcene infamis facta est apud nos, quod nobile oro/iov sit apud vulgus.
Cependant, au commencement et dans le cours du siecle suivant, les pro-
priete s abortives de la sabine, et meme, en partie son action emmenagogue,
furent contestees par Zittmann, Wedelius (these d lona, 1707), Mich. Alberti
(Jitrisprud. medic., t. Y, p. 705, in-4. Leipzig, 1740), llaller (Hislor. stirp.
indiy. Helvet., t. II, p. 521, in-f u . Berne, MDCCLXYIIl; ou Mat. medic., abre-
gee (en francais) ; t. II, p. 285), et d aulres medecins, qui mirent en doute
1 influence de la sabine sur le retonr des regies, et firent ressortir les dangers de
1 emploi de cette plante, d apres leur propre experience ou d apres des faits em-
prunte s a diffe rents auleurs, notamment a S torch (Hebammenb . , p. 220-52 !):
tandis que d autres ecrivains, Murray (Apparat. medicam., I. I, p. 58); La-
mure (Nouv. ele m. de mat. me d., p. 199), Desbois (de Ilochefort) (Cours
ele m. demat. me d., t. I, p. 471) la placaient au premier rang parmi les em-
menagogues, tout en reconnaissant les inconvenients de son emploi, et conti-
nuaient pour la plupart a la considerer comme abortive. Ce dissentiment a
persiste jusqu a nos jours, et s est meme accentue, puisque, toujours regardee
par les uns comme emme nagoguc, sinon comme abortive, la sabine a cte preco-
nisee par d autres medecins contre la metrorrhagie ct meme contre la dispo
sition aux avortements, ainsi que nous le verrons en etudiant les indications
therapeutiques de cette planle.
Action physiologique. Les effets physiologiques de la sabine sont tres-
variables suivant les doses et le lieu d application, et peut-etre aussi suivant la
preparation employee ; il importe d autant plus de rappelcr ces distinctions,
qu elles sont generalement oublie es par les auteurs, qui, puisant les elements
de leurs descriptions dans des faits d empoisonnement chez la femme ou les ani-
maux, donnent des effets de la sabine un tableau singulierement charge et par
suite inexact, si on 1 applique aux effets de cette substance prise a doses thera
peutiques.
Appliquee a 1 exterieur sur la peau saine, la poudre de sabine donne a peine
lieu a une legere rougeur, par un contact prolonge meme pendant plusieurs
jours ; il y a loin de ce leger erytheme a la vesication et meme a 1 ulceration
que lui attribuent les auteurs. Sur les muqueuses externes, comme celle qui
recouvre les levres, le gland, Faction de la poudre de sabine est egalement peu
marquee ; celle de 1 huile essentielle est presque nulle et se borne a procurer
une sensation de fraicheur plus ou moins persistante, ce qui ferait penser que
1 effet irritant est du plutot a la resine qu a 1 essence; mais il n en est pas de
meme pour les productions vasculaires, comme les vegetations veneriennes, que
la poudre fle trit, ratatine et fait tomber consecutivement en detritus, par une
application suffisamment re ileree, et pour les surfaces denudees, plaies, ulceres,
qu elle irrite et peut enflammer si sa quantite est tres-grande, comme dans
1 observation III d Orfila, ouelle s eleva a 8 grammes, qui furent introduits dans
une plaie faite a la patte posterieure d un chien.
10 SABINE (EMPLOI MEDICAL).
Admmistrees a 1 inteVieur a doses mc-dicales (10 a 20 centigrammes pour hi
poudre, ou la quantite d infusion quiles represente, 5 a 10 gouttes pour 1 huile
essentielle), 1 infusion ou 1 huile essentielle donnent lieu dans la bout-be a une
saveur poivree et acre avec sensation persistante de fraicheur sur les levres (<r
qui tient probablement a 1 evaporation de la petite quantite d huile essentielle
qui reste adherente aux levres), et dans 1 estomac a une sensation de placement
peu douloureuse, mais pouvant se renouveler a plusieurs reprises pendant une
heure ou deux, et suivie de sensation de chaleur au bout de ce temps ou plus tot,
suivant que 1 eslomac est plein ou vide au moment de 1 ingestion.
Ce n est que tres-exceptionnellement que Ton rencontrera des sujets aussi sus-
ceptiblesque la femme dont parle Tardieu (Etude medico-leg, sur Tavortement,
observ. XIII, p. 117-118 de la 5 e edit. Paris, 18G8), et qui eprouvait cbaque
ibis, par suite de i ingestion, n petee pendant huit jours il est vrai, d une potion
contenant 10 goultcs d huile essentielle desabine et autant d huile essentielle di
me, descoliques, des vomissements, des maux de lete, des elourdissements, dos
convulsions, eniin des souffrances insupportables. Nous avons pris nous-meme, en
une fois, 10 gouttes d huile essentielle de sabinc iiicarc<TeVs dans un morceau de
sucre et emulsionnees ainsi dans un demi-verre d eau, sans eprouver d autres effets
que ceuxque nous venous dcdeerire, et qui sont d ailleursconformes a ce que nous
avons observe chez plusieurs femmes a qui nous avions ordonne de la sabine (poudre
et huile essentielle en pilules) dans un but therapeutique. Nous n avons jamais
constate de fievre, ni meme d acceleration du pouls, ni modifications des secre
tions, rien en un mot de ce que les auteurs repetent si complaisamment, les uns
apres les autres, sur les effets stimulants de la sabine. Dans 1 experience qui
nous est personnelle, notre pouls n a pas augmente d une pulsation dans la mi
nute, et la temperature axilhure est restee egalement stationnaire, car nous nc
pensons pas qu il faille tenir compte d une elevation de 0,1 (de 57, 3 a 57, i)
qui s est produite dix minutes apres I ingestion de 1 essence de sabine, mais ren-
tre dans les variations possibles de la temperature normale. Nous n avons jamais
ete assez heureux non plus pour observer les effets emmenagogues que lui ac-
cordent des medecins autorises.
Ingerees a hantes doses, les preparations de sabine donnent lieu aux sympto-
mes d une inflammation gastro-intestiifcde plusou moins violente, quise traduit
par de vives douleurs abdominules, des vomissements bilieux frequents, surve-
nant brusquement, et des dejections alvines, nombreuses parfois, sanguinolentes
fre quemment; il y a en meme temps un accroissement de divcrses secre tions,
notamment de la salive, de la bile et de l nrine. II peut y avoir, en outre, tie la
fievre avec des congestions viscerales, et meme des hemorrhagies par divers orga-
nes (hemoptysie, epistaxis : fails de Lamure, in Nouv. elem. de mat. med., t. II,
p. 199; de Albert!, i\\Jurispr. med., t. V, cap. 7, p. 521 ; hematurie : fait clc
Hillefield, chez un chat, cite par Pereira, d apres "Wibmer, in Materia medico,
vol. II, p. I, p. 551 ; et surtout metrorrhagie) ; mais le plus souvent la mort.
quand elle arrive (et c est presque la regie dans les empoisonnements par la sa
bine), se realise, apres un temps variable de quelques heuresa cinq et six jours,
et meme huit jours, au milieu d un collapsus profond, avec anxiete intense et
acceleration remarquable du pouls, qui atteignait 150 dans un fait rapporte par
Taylor (Principles and Practice ofMed.Jurisprud., t. II, p. 187; 2 e edit., Lon
don, 1875), ou dans un etat d insensibilite complete, avec respiration sterto-
reuse, face vultueuse, convulsions, etc. (Id.) Dans ces cas, 1 action du poison paralt
SABINE (EMPLOI MEDICAL). 11
<Hre, suivaut la re marque de cet eminent im decin legiste, d abord celle d mi
irritant, et ensuite, peu avant la mort, celle d un narcolique. Dans quelques fails
exceptionnels, la mort se produit au milieu de convulsions tetaniques qui out
pu faire penser a un empoisonnement par la strychnine (Taylor, loc. citat.,
p. 188). S il s agit d une femme enceinte (cas habituel), il pent y avoir expul
sion du foetus, mort-ne le plus souvent, et qui survit raremeiit, ([iiand il nail
vivant, meme lorsque la grossesse a atteint le septieme ou le huilieme mois;
c est d ordinaire pendant la periode agonique que debute le travail, preeede mi
non de metrorrhagie ; mais il n est pas rare de voir les 1 eiiinies, a\anl pris des
doses elevees de sabine, succomber sans etre delivrees.
A 1 autopsie, on trouve la inuqueuse digestive plus ou nioius I orlemeul vascu-
larisee, et 1 injection peut aller jusqu a la production de taches ecchymotiques ;
ces lesions sont plus marquees du cote de la grande courbure de 1 estomac, vers
le pylore, au niveau du duodenum, de la premiere moitie de 1 intestin grele, el
vers le rectum, mais rcmontent parfois du cote de 1 oesophage. Cbez la femme,
on n a pas rencontre les erosions ou ulcerations qu Orlila a constatecs chez
des chiens. Dans un seul cas, Taylor dit que la muqueuse de 1 estomac ctait plus
pale qu a 1 etat normal, saufdansun ou deux points qui pre sentaient unc inlil-
tration sanguine de la muqueuse. Le pcriloiue participe assez souvent a la phleg-
masicde la muqueuse, notamment au pourtour de 1 intestin, dc 1 epiploon et au
niveau des organes genitaux internes. Les autres organes sont generalemcnl
sains; on a note cependant 1 etat fluide du sang, la congestion dc 1 encephale et
d autres visceres ; mais cette congestion peut etre le fait de 1 agonie. Les reins
out ete vus enllammes, et Murray a cite, d apres Mohrenheim (Versuche, etc.),
un cas de rupture de la vesicule du ficl.
Les experiences que nous avons faites sur des femelles d auimaux pleines, en
vue de determiner la valeur reelle des proprieles abortives de la sabine, nous
ont donne des resultals analogues a ceux que nous venous de decrire. Voici,
d ailleurs, le resume de ces experiences, qui ont porle sur deux lapines et une
chienne, et qui ont ete faites dans le laboratoire dont nous avons la direc
tion, a I hotel-Dieu Saint-Eloi, de -Montpellier (service de la clinique medi-
cale) :
OBSERVATION I. Lapine blanche, de 2 kil ,500, dans la troisieme semaine de ges
tation; avortement apres cinq ingestions d infusion dc sabine en six jours. (L in-
fusion de sabine etait au quart et preparee avec de 1 eau dans laquelle avail macere
le residu d une operation precedente ; les feuilles des trois premieres infusions, en
partie desseche es, absorbaient pres de la moitie de 1 eau dans laquelle on les met-
tait infuser; celles des deux dernieres etaient fraiches.)
L animal, que Ton soumit pendant trois jours de suile, a partir du 28 avril
1877, a 1 ingestion de 12 a 15 centimetres cubes d infusion dc sabine, addition-
lie s de 1 a 4 goultes d huile essentielle, supportabieu ces ingestions, qui n eurent
d autre effet que de faire elever sa temperature vaginale, au bout d une heure,
de 0,3 a 0,5 (de 58,6 38,4 a 38, 9), apres un abaissement momentane
de quelques dixiemes du a 1 immobilite, et d amener un peu de diarrhee apres
la deuxieme et surtout apres la troisieme ingestion. La circulation et la respi
ration ne presentment que des variations insignifiantes, en plus ou en moins. II
faut faire exception pourtantpour la deuxieme ingestion, celle du 29 avril, dans
laquelle \ goutles d huile essenlielle furent ajoutees aux 12 centigrammes cu
bes d infusion, et a la suite de laquelle I animal resta nn instant immobile, la
12 SABINE (EMPLOI MEDICAL).
respiration suspcndue, et s etira ensuite et allongea le museau en baillant a
plusieurs reprises, comme s il asphyxiait ; quelques goultes de liquide revinrenl
par les narines; la respiration de 44-48 tomba a 20 a la minute; le pouls etail
tres-difficile a compler ; les pupilles tres-dilatees. Apres cinq minutes, 1 an-
goisse disparut, le pouls etait alors a 196 en moyenne, et la respiration a 40 par
minute. Une heure apres, le pouls revenait a 164-168, tandis que la respiration
remontait a 54-56. Dans la soiree et le lendemain, 1 animal rendit des crottes
luiiuides, moins consistantes, el parut soufl rir de coliques.
Le 2 mai soir, apres trente-six heures de repos, les selles elant redevenues
normales, une nouvelle ingestion de 25 centimetres cubes d inl usion de sabine
(avec des feu i I les fraiches cetle fois), additionnes de 2 goutles d huile essen-
tielle, produisit seulement une elevation de temperature vaginale de 0,7 (dc
38, 2 a 58, 9) , la temperature axillaire etant de 38, 5, avec legere dilatation
de la pupillc et le lendemain dejections plus molles, verdatres, recouvcrtes de
mucus, mais consistantes encore, sans trouble des autres fonctions. Le 3 mai, a
9 licures 50 minutes du matin, 20 centimetres cubes de 1 infnsion de feuilles
IVaiehes , addilionnes de 10 goutles d huile essentielle et de 3 grammes d alcool
(pour facilitcr la dissolution de 1 cssence), furent ingeres, et, comme le 29avril,
celte adjonction d lmile essentielle donna lieu a quelques troubles respiratoires :
allongemcnl du museau el baillements, rcspiral ions moins frequentes et plus pix>-
i ondes, el aussi a mi abaissement de temperature de 0,5 (de 58", 7 a 58, 4) dans
le vagin, et a 58, 15 dans 1 aisselle; les pupilles demeurerent egalement plus
dilalees ; la circulation resla plus acceleree (de 160-164 elle monta a 176 puls.),
de meme que la respiration (64-72 a la minute) ; enfin, tandis que, dans les ex
periences precedentes, 1 animal avail conserve savivacite, ccltefois il resla affaisse
dans un coin, se mouvanlavec peine par suite de la demi-paralysie de scs pal-
les, plus marquee dans le train postcrieur. 11 n etait pas somnolent, et pourtanl
ne poussait aucun cri, nc relirail pas les pattes quand on pincail celles-ci,
meme quand on pincait les pattes anterieures, sur lesquelles il se tenait beau-
coup mieux que sur les autres; il relirait vivcment la tele quand on pincait les
oreilles, mais rcstait immobile quand on tjrait les poils des babines. Dans 1 a-
pres-midi, a 1 hcure 15 minutes, debut du part, termine vers 2 beures 30 mi
nutes. Expulsion de huit foetus vivants, mais non encore a lerme ; 1 un d eux,
enveloppe encore de 1 amnios, avec le placenta, meurt bientot; les autres s agi-
tent, cherchent les mamelles. Le mort a 9 C ,5 de longueur, du podex au museau.
La lapine avail eu une hemorrhagie uterine assez abondanle ; a 2 heures
55 minules, sa temperature axillaire etait de 38, 5, et a 5 heures sa tempera
ture vaginale de 38, 7 ; le pouls etait a 168-180, la respiration a 64-68. Elle
etait toujours faible sur ses pattes, mais moins que le matin, et moins engour-
die; ses pupilles etaient toujours dilate es, la vulve etait pale. Elle ne s occupait
guere de ses pelits, dont la plupart moururenl dans la soire e ou dans la nuit ;
dans la soiree pourtant elle ebaucha un nid. Le lendemain, elle etait a peu pres
revenue a 1 etal normal ct avail repris bon appelit.
Dans celle observalion, on constate done seulement une legere excitation
vasculaire et thcrmique, ainsi qu un peu de diarrhee apres l administration de
1 infusion de sabine, et quelques troubles spasmodiques, et meme une action
narcotique assez marquee, quand la dose d huile essentielle ajoutee a 1 infusion
esl un peu elevee. L avortement se produit avec une metrorrhagie peu de jours
avant le terme normal de la gestation, et la bete revient promptement a la
SABINE (EJIPLOI MEDICAL). 15
sante. Dans 1 observalion II, la tenninaison est diftercnte, par suite d une com
plication.
OBS. II. Lapine rouge et blanche sur le dos, grise sur le ventre, de 2 k ,950 gr ,
vers la fin dc la troisieme semaine de la gestation ; une scule ingestion d infu-
sion de sabine; pneumonie, mort sans avortement.
Apres 1 adniinistration, a 3 heures -40 soir, le 14 avril 1877, de 20 centime
tres cubes environ d infusion defeuilles de sabine an quart, abaissement moinen-
lane de la temperature vaginale (de 38, 7 a 38, 5), qui a 5 heures 30 minutes
s eleve a 40, 1, tandis que la respiration s accroit de 36 a 60-68, la circulation
se maintenant a 156-160. Aucun autre phenomene anormal, sauf quelques bor-
borygmes. Dans la journee du lendeuiain, 1 animal continue a manger; ses
dejections sont normales; mais la temperature reste elcvee a 40, 7, la respira
tion devient ronflante, s embarrasse, se ralentit (de 60-64 a 46-40) ; le pouls est
toujours a 150-160. A dix heures du soir, 1 animal est encore vivant et mange;
il est trouve mortle 16 avril, a cinq heures du matin, trente-six heures apres le
debut des accidents.
L autopsie est faite a dix heures du matin et pcrmct de conslalcr Ics plie-
nomenes suivants : Habitus: Uigidite cadaveriquc, la patle droile repliee sous le
ventre; yeux chassieux, crolte a 1 anus. Abdomen : Un pen de serosite dans le
peritoine, injecte tres-torlemcnt, viohvce meme dans certains points, au niveau
dcs trompes surtout; la trompc gauche, de 5 4 centimetres de longueur, contient
8 embryons, dc 7 a 8 centimetres de long; la trompe droite, de 31 centimetres
seulemerit, ne renferme que 2 embryons de meme dimension. Les vaisseaux du
mesocarium sont gorges de sang noir; les ovaires participent a la congestion, le
droit plus que le gauche; la vascularisation est interne et exlerne; mais al ex-
tericur, c cst plutot le bulbc qui est injecte que la glande clle-mcme. Uterus
normal, \agin rose; vulve violacee. Eslomac plein d aliments; aucune injection
de la muqueuse, mais les aliments sont revetus d une couche de mucus adhe
rent, membraniforme (apparence de structure au microscope : elements cellu-
laires, la plupart multinucleaires, tous granuleux, sur un fond amorphc, legere-
ment granuleux). Inlestin grele fortement injecte (le premier decimetre un peu
moins), surtout au niveau des plaques de Peyer, avec mucus jaunatre (corpus-
cules muqueux et quelques cellules a cils vibratils) remplissant 1 intestin ; ce
mucus devient verdatre et se melange de parcelles d aliments dans une etendue
de 25 a 30 centimetres avant d arriver au caBcum. Ccecum plein d une bouillie
verdatre, a parois brunes, assez vascularisees, surtout au niveau de sailiies
transversalcs qui, a I osil nu, ressemblent a des plaques allongees. Colon a peu
pres vide, non injecte, mais contenant vers la fin une matiere blanchatre, trans-
parente, gelatiniforme (au microscope, mucus), et quelques crottes en vironnees de
cette matiere muqueuse. Dans 1 S iliaque et le rectum, pas d injection ; quel
ques crottes scenes sans mucus. Foie, reins, rate, normaux ; sang noir, coagule,
dans la veine cave inferieure. Poitrine. Po unions : Hepatisation rouge brun du
lobe superieur et d un demi-centimetre en hauteur du lobe inferieur du poumon
droit; restant des poumons, sain. Coeur en diastole ; oreillettes (la droite sur
tout) gorgees de sang; cavites I emplies dc caillots noirs bruns. Encephale et
moelle, rien d anormal.
Bien que 1 animal ait succombe, selon toute apparence, a la pneumonie dont
il a ete atteint, plutot qu aux autres lesions qui out ete constatees, celles-ci n en
fournissentpas moins des indications interessantes sur le mode d action de la
14 SABINE (EMPLOI MEDICAL).
sabine, en tant qu emmenagogue et abortive ; parmi ces lesions, nous releverons
surtout la phlogose du peritoine visceral au niveau des Irompes et des ovaires
et 1 exsudation sereuse qui en avail ete la consequence. Cette congestion, qui a
du exister, a un moindre degre sans doute, chez la lapine de 1 observation I.
explique suffisamment la metrorrhagie qui a accompagne I avortement chezcette
derniere. Ces manifestations ne sont pas constantes neanmoins et peuvent etre
i cmplacees par d autres, meme chez les animaux, ainsi qu on le verra par
1 observation suivante.
OBS. III. Chienne de poil fauve, metis epagneul levrette, de quatre a cinq
ans, pesant 7 kil ,500, ayant deja mis bas, et parvcnue a la quatrieme semaine de
la gestation ; en trois semaines, six ingestions d infusion au quart de feuilles
srches de sabine, avec on sans huilc essentielle ; diarrhee dysenterique, cholir-
Hit e et diurese (?) ; part a terme.
Apres deux ingestions de 20 centimetres cubes d infusion de sabine pratiquees le
22 mars 1877 (le nialin cl le soir), et one troisieme ingestion le 25 au soir de
55 centimetres cubes d infusion ct de 40 centimetres cubes d une maceration
obtenue avet; la sabine ayaut deja servi a 1 infusion, la chienne qui s etait vi-
\rincnl drbatlue pendant 1 operation n a prescnte qu une elevation de tempera
ture de 0,2 (de 58, 7 a 58,9 et de 58, 5 a 58,7) et une legere acceleration
|iarallrk du pmils (de 80 a 92 puls.) et de k respiration (de 12 a 14 et ICresp.);
cetlc I lrvalimi dc Icmpera! uir, sc produisant dix minutes apres 1 ingestion, n a
dure quo dix et quinze minutes, cl avail completement cesse vingt a vingt-cinq
minutes apres; encore a-t-elle fait defaut apres la deuxiemc ingestion. De plus,
il y a eu quelques borborygmes, et un leger suintemeut muqueux par la
vulve, plus pale d ailleurs.
Le lendemain, 24 mars, 1 animal est somnolent, mais se reveille facilement ;
il n yapas de paralysie; rappelil esl conserve, mais la soif est vive. Lcs selles
commencent a etre plus frequentes, molles, et finissent par devenir loul a fail
diarrlieiques, spumeuses et meme sanguinolentes les jours suivants ; tantot
elles sont brun verdatre, tantot jaune brun ; demi-molles au debut et fmissan!
par des malieres liijuides. La soif reste Ires-vive; aussi 1 emission des urines
a-t-elle lieu frequemment et abondamment ; mais 1 appetit se perd et 1 animal est
toujours somnolent. La temperature, la circulation et la respiration n offrent
rien a noter. Gel etal durc 15 jours. Au bout de ce temps, la bete etant a peu pres
revenue a 1 elat normal, deux nouvelles ingestions de 25 et de 50 centimetres
cubes d infusion de sabine, avec 10 a 15 gouttes d buile cssenlielle, sont pra
tiquees le 7 et le 8 avril et n amenent qu un peu d exorbitisme et de dilata-
lion de la pupille (pendant que 1 animal se debat), un accroissement de la soil
et de la diurese, et des coliques sans diarrbee, pendant les deux jours sui
vants ; il y a de plus de la leucorrbee vaginale. Un peu de diarrhee survient
le 10 el le 11, mais ne se reproduil pas. Le 14, apres midi, on adminislre c\
1 animal 50 centimetres cubes d infusion au quart et 20 gouttes d huile
essentielle. Les phenomenes qui out suivi la troisieme ingestion se renouvel-
lent : il y a des selles jaunalres ou brunes , liquides , tres-fetides , parfois
spumeuses et sanguinoleutes a la fin ; la soif est vive (moiiis qu autrefois pour-
tant) et 1 animal reste assoupi la plus grande partie de la journee, sans anes-
thesie ni paralysie motrice neanmoins; la moyenne de lemperature esl de plus
en plus basse (57, 8-58) et celle du rbythme circulatoire et respiratoire plus
elevee au contraire (90-112 puls., 18-28 respirat.) ; 1 appetit est diminue.
SABINE (EMPLOI MEDICAL). 15
Get etat persiste, lout en s attcnuant, jusqu au 30 avril, jour ou la chicnnc met
bas cinq petils bien portants. Ce jour-la, la temperature vaginale n etait que
de 37, 5. Des le lendemain, la diarrhee a ccsse et n a plus reparu ; la diurese
a encore continue un jour.
On peut conclure de cette observation, d une part, que chez la chienne 1 avor-
tenient est plus difficile a provoquer que chez la lapine ; d autre part, que
cc sont les symptomes d irritation gastro-intestinale qui ont domine, et encore
a-t-il fallu, pour les determiner, plusieurs ingestions successives d infusion de
sabine.
Si notre premiere observation constate la possibility, jusqu ici conteslee, d un
avortement sans suites facheuses pour la mere (cbez les lapines) a la suite de
1 ingestion de preparations de sabine,. nos deux dernieres sont en accord avec cc
qui est raconte dans les ouvrages de medecine legale ou de toxicologie, ou Ton
voit, a cote dc nombreux cxemples d empoisonnement mortel par la sabine,
avec ou sans expulsion du foetus, des cas d ingestion reiteree de preparations
de sabine n ayant determine aucun accident. L un des plus connus est celui que
Ton trouve dans Fodere, d une femme qui accoucba a terme, d un enfant vi-
vant, apres avoir pris quotidiennement, pendant vingt jours, une eeniaine de
gouttes d buile essentiellc dc sabine, disent les auteurs (qui se sont copies, pom-
la plupart, sans remonter aux sources), tandis que Fodere parle d buile esscn-
tielle de genievre, ce qui rend le fait moins probant; il n en est pas de meme
d un autre cas observe par ce medccin legiste, dans le duclie d Aoste, chez une
jcnne fille a demi imbecile, enceinte de sept mois, qui, malgre des accidents
graves occasionnes par 1 ingestion d une ecuclle de vin contcnant une grande
quantite de poudre de sabine, n en mena pas moins sa grossesse a terme (Fodere,
Traite de med. leg., t. IV, p. 430451 ; Paris, 1815). Le professeur Tanlien
a vu 1 usage de dix a quaranle gout les d buile essentielle de sabine, fait pen
dant plusieurs jours de suite, par une femme enceinte de deux mois et demi,
n amener que quelques tranchees et quelques nausees, non suivies de vomisse-
ment (Etude med. -leg. sur r avortement, 3 e edit., p. 53; 1868).
En essayant de resumer les traits principaux qui caracte risent Faction de la
sabine, on voit qu elle agit, a 1 exterieur ainsi qu a 1 interieur, surtout comme
un irritant (non chirnique) ; a 1 interieur elle agit d abord sur le tube di-estil
et secondairernent sur les reins, en s eliminant. Nous inclinons pourtant a croire
que ses effets diuretiques dependent moins d une action speciale sur les reins
que de la grande quantite de boissons prise pour satisfaire la soif qui re sulte de
1 irritation gastro-intestinale ; c est a cette derniere egalement plutot qu a une
stimulation directe de la glande que nous sommes dispose a attribuer la cholir-
rliee parfois observee; la salivation, encore plus rarement constatee, dependrait
plutot d une irritation locale.
Nousn ignorons pas qu Orfila a cru pouvoir conclure dc la troisieme de ses
experiences (Toxicologie, p. 57, t. II, 2 edit.; Paris, 1818), que la sabine ao-is-
sait surtout par absorption ; mais il nous parait plus plausible de rattacher les
lesions trouvees dans 1 estomac et le duodenum, cbez un chien dont on avail
bourre une plaie avec de la poudre de sabine, a une action locale exercee par les
portions de sabine que le cbien avail ingerees en lechant sa plaie, comme il
esl dans les habitudes de ces animaux de le faire.
En outre de ses effets locaux, la sabine absorbee exerce evidemment une
action stupefiante, parfois convulsivante sur le systeme nerveux. et peut-etre
10 SABINE (EMTLOI MEDICAL).
est-ce autant par 1 intermediaire de celui-ci que par propagation de 1 inflamma-
tion inteslinale, qu elle produit la congestion de differents organes, specialement
des organes genitaux. Quoi qu il en soit, 1 inflammation peritoneale, la conges
tion des trompes et des ovair.es qui ont ete signalees dans certaines autopsies el
line nous avons retrouvees chez Tune de nos lapines, temoignent de la nature
fluxionnaire de 1 action produile par la sabine sur les organes genitaux ct qui
expliquerait son efiicacite comme emmenagogue dans certains cas. La sabine,
que Ton met habituellement a cote de la rue, a qui nous avons attribue une
action surtout excito-motrice sur I literus, diffcrerait done completement de
cette derniere; nous devons toutelois dire que pour plusieurs auteurs la sabine
est un convulsivant uterin.
Action tlie rapeutique. C est surloul comme emmenagogue et comme aborlil
que la sabine est employee dejiuis une c poque recule e; mais ces propriety s,
encore admises de nos jours par Pereira, Trousseau et Pidoux, Bouchardat, Gu-
bler, Courty, etc., ont rencontre depuis le siecle dernier des contradicteurs, an
nombre desquels seplacent, parmi les modernes, Gendrin, Aran,Beau, qui 1 ont
meme considi ivc comme un excellent antimetrorrhagique. Tout en n ayant
jamais obtenu personnellement aucun avantage de I usage de la sabine comme
emmenagogue, et en reconnaissant que 1 action abortive de cette plante a pu
01 re pour une graiule part dans sa reputation d emmenagogue , il n est pas
possible de ne pus tenir compte dc 1 opmion des hommes considerables qui
1 ont preconisee centre 1 amenorrhee ; tons ont d ailleurs fait remarquer que
c est seulement dans Tamenorrhee idiopathique avec atonic generale et locale
qu elle convient, tandis qu elle est contrc-indiquee toutes les fois qu il y a
un certain degre de congestion ou d erethisme vasculaire de 1 uterus; a plus
forte raison 1 est-elle quand il y a phlegmasie des organes genitaux. Malgiv une
difference d action considerable, c est done dans les memes circonstances que la
rue, que la sabine aurait son indication : aussi ne doit-on pas etre etonne de
voir ces deux substances habituellement associees; seulement, tandis que 1 une
exciterait la contractilite de 1 appareil utero-ovarien, 1 autre agirait plutot sur
sa vascularisation. Une des meilleures preparations serait celle que recom-
mande M. le professeur Courty, qui associe la rue, la sabine, 1 ergot de seigle et
1 aloes (Traite pratique des maladies deT uterus, p. 562). Nous renvoyons a 1 ar
ticle RUE de ce Dictionnaire (5 e scrie, t. V, p. 575-576), pour les details prati
ques d administration de la sabine, qui sc domic d ailleurs dans ces cas aux mO-
mes doses et de la meme facon que la rue, quelques jours avant I epoque pre su-
mee dc 1 arrivee des regies.
Non-seulement on a nie les proprietes emmenagogues de la sabine, mais on
1 a preconisee contre les metrorrbagies, meme pendant le cours de la grossesse.
Wedekind (Hufeland s Journal, 1. X, 1799) est le premier qui, a notre connais-
sanee, ait employe avec avantage la sabine dans un cas de metrorrhagie par
atonic uterine et affaiblissement general, avec flux fetide ; il avail ete conduit a
cette prescription par la consideration des proprietes antiseptiques de la sa
bine, et en employait les feuilles fraiches en poudre, sous forme d opiat, a la
dose de 2 grammes environ, en quatre fois, pendant deux jours; il les con-
seillait egalement contre la leucorrhee atonique. Vingt-sept ans plus tard, en
1826, Gunther (de Cologne) rapporta dans le meme recueil (cite dans la Revue
medic., 1827, t. I, p. 136) un cas de metrorrhagie guerie par la sabine, dans
des conditions analogues a cellos du full dc Wedekind, ct oontribua ainsi a tirer
SABINE (EMPLOI MEDICAL). 17
de 1 oubli cette application nouvellcdcla sabinc ; il ordonnait l 8 Y-"> dc poudre
dc sabinc, repele quatre fois par jour. Apres lui, Sautcr (Melanges de chinirgie
e trangere, t. I, p. 281) la vanta non-seulement contre les metrorrhagies, en
dehors de la grossesse, mais aussi chez les femmes qui avaient deja avorle, pour
prevenir les fausses couches qui pouvaient reseller de la mollesse, de la laxite
du tissu ute rin ; il la faisait prendre dans ces cas pendant qualre a cinq mois, a
la dose deO,60 a 0,75 (ter).A. son exemple, Melscli, attribuaiil a la sabine une
action sliraulanle sur les fibres de 1 uterus, fit de cette plantc la base du traitement
de la disposition aux avortcments, dans la pensee que cette disposition de pendail
frequemment de 1 atonie uterine, qui favoriscrait la congestion de rorganc d en-
trainerait ainsi la mort du foetus par apoplcxie, etc.;il commencait ce traitement,
applicable d ailleurs, d apres lui, toutes les Ibis qu il n y avail de plelhore ni lo
cale, ni generale, dans 1 intervalle des grossesses, a la fin d une periode mensuelle,
et le continuait pendant un mois, rarement plus. Une seulc fois il y soumit aver
succes une femme enceinte de deux mois. II se servait d une maceration dc
sabine fraiche (4 grammes, 8 grammes el 15 grammes pour 100 grammes d eau)
a la dose de 1 cuilleree a bouche matin et soir. Dans le cas ou il exislait un
certain degre d irritabilite de 1 uterus, ce medecin joignail 1 ergot de sriglc a l;i
sabine, etc. II cut ainsi de nombreux succes (Neue ZeitschriftfurGeburtskunde,
analyse in Gazette me d. uov. 1851). Dans 1 intervalle, Aran, Icinoin desivsul-
lats avantageux obtenus par Gcudrin dans les me*trorrbagies, publia plusieurs
succes dus a la sabine, seule a la dose de l gr ,20 a l er ,75 en 5 fois, on associec
au sulfate de fer, dnns des metrorrhagies suites de coucbes, ct un fait d amelio-
ration dans une hemorrliagie lice a un carcinome uterin (Gazette me d. de Paris,
1844, p. 270). II professait qu il n y avail aiicun fait probant dc metrorrhauic
[troduite par la sabine en dehors de la grossesse; mais il n allait pas ccpendaiii
jusqu a la conseiller, comme Sauter, pendant la gestation. Beau revint qiielqiic^
annees apres sur cette pratique, et joignait frequemment la rue a la sabine,
depuis un insucces que cetle substance employee seule lui avail procure (Revue
de the rap. me dico-chirurg., 1857, p. 578). Nous n avons eu 1 occasion d em-
ployer la sabinc contre des metrorrhagies que dans deux cas d hemorrhagie ule-
rine dependant de corps fibreux et n avons obtcnu aucun resultat satisfai-
sant. Si 1 on se decidait a la prescrire dans des cas analogues, il faudrait se rap-
|jeler que les agents hemostaliques de cet ordre ne doivent etre administre s,
suivant la remarque judicieuse du professeur Courly (voy. art. RUE, p. 577),
qu apres 1 epoque des regies ; on s exposerail a augmenler le flux sanguin en les
ordonnant aux approches de cette periode.
Nous mentionnerons pour memoire 1 action resolutive que Bayler atlribue a
la sabine, unie au quinquina, dans un cas de tumeurs volumineuses de 1 ulerus
survenues chez une femme cinq semaines apres 1 accouchement el qui disparu-
rent apres quelques jours de traitement (Hufeland s Journal, vol. IX, l re partie,
cite in Biblioth. germ., VI, p. 456, germinal an IX). Les heureux et prompts
effets que Rau (de Schlitz) obtint de 1 emploi de la sabiue, associee a 1 opium ou
a la valeriane, suivant les circonslances, dans 1 ischurie des femmes en couches,
resultant de 1 atonie de la vessie ou d une inflammation astheuique, sout reslt s
egalement des fails isoles (cites in Hist, de la Soc. de me d. prat, de Monlpellier,
suite des Annales, etc., 1806, t. III). Nous sommes plus dispose a admettre
1 efficacile de la sabine preconisee par Wedekind el Hufeland, contre la leucor-
rhee par faiblesse locale; surtout quand on joint les injections a 1 usage interne
D1CT. EiSC. y S. VI.
jj$ SABINE (EMPLOI MEDICAL).
de la plante. Le trailemcnt du prolapsus ulerin par Ics memes moyens, com-
porte unc appreciation semblable, car ici c est 1 effet topique, astringent, substi-
tutif, qui nous parait jouer le plus grand role.On peut rapprocher de 1 usage de
la sa binc dans la leucorrbee 1 emploi de ce medicament dans la blennorrhagie
et la blennorrliee sans douleur.
Lcs indications de la sabine, dans les divers etats palhologiques de la matrice,
sont done singulieremcnt pins restreintes que celles de la rue, et nous ne nous
expliquons la preeminence accordee a la sabine par la plupart dcs auteurs que
par la oravite des accidents qui accompagnent si souvent 1 emploi de celle-ci et
qui a pu faire cmiiv ;i nne plus grande encrgie therapeutique, tandis qu il no
s agissait que d un degre plus considerable de toxicite.
Hulclaiid a preconise la sabine conlre la goutte, dont il n est pas loin de la
considercr cominc le specifique, snrlonl dans la goutte chroniqiie ; il donnail
de O gr ,GO a le -,20 de poudre de fcuilles, dans les vingt-quatre lieures, ou le
double en decoction, ou 1 goutlc settlement d huile essentielle, surdu sucre, en
deux I ois, dose ( vidcin nt Imp ininime (HufelaniTs Journal, 1808; exlrait in
Biblioth. me d., I- \\M, p. 151). Le meme journal, en octobre 1826, contient
une note de Guimpert, sur les bons ei fets des frictions dc 1 huile de sabine,
associtV, il esl \rai, a la leinliire de colchique a 1 interieur, centre la goutte.
(Idle, pratique a < : lt 1 depuis recominander par Rave (Bulletin general de the ra-
peutifine, I. XUI, p. 276), qui s est bien trouve de 1 usage de la sabine, intns
, I c\lra, en bains, frictions, potions, etc., dans des cas de goutte cbronique ayant
deiii produit des contractures ou des nodosiles articulaires. Dans ces cas, Koppe
(Medicinisch-chirurgische Wochenschrift, et Gaz. des hopit., levrier 1862) a
oblenu des ei fets favorables de 1 application topique d un melange de baume
de copabn, baume du Perou, aa 7 > grammes, essence de sabine, 4 grammes.
Enfin, a 1 excmple d Huftland, Brera (de Pavie) s est servi avec avantage,
paraU-il, de 1 extrait de sabine dans le rbumatisme (Bullet, des scienc. me d. de
I I M ussac, Mil, p. 272). Faut-il attribuer le sueces a 1 action stimulante, su-
dorifique et diuretique de la sabine, ou faut-il, avec Ratier (Diet, de me d. et
chirurg. prat., t. XVI), rapporter le result at anx proprietes purgatives du re-
mede? Cette action de la sabine dans la goutle et le rbumatisme serait peut-
etre une question a remettrc a 1 elude. 11 est prcsque inutile de rappeler qu on
a vante la sabine contre la rage, 1 epilepsie, les fievres intermittcntcs et autres
maladies incurables on tres-tenaces.
Les anciens faisaient grand cas de la sabine pour le traitement des verrues,
porreaux et autres excroissances de la peau, ainsi que pour la guerison des ul-
crres atoniques, a bords fongueux, etc. ^ous avons retire les meilleurs resultats
de Tusage de la poudre de sabine, associee a celle de rue, contre les vegetations
veneriennes du gland, cbez 1 homme ; nous n avons pas ete aussi satisfait de son
emploi chez la femme, peut-etre a cause de la diftlculte de maintenir la poudre
en contact avec les nympbes. Ce traitement etait depuis longtemps usuel an
Depot de police, a I bopital General de Montpellier. On peut d ailleurs melanger
a la poudre de sabine, pour en accroitre 1 activite, de 1 alun, du sulfate de cui-
vre, etc. Nous avons obtenu des effets encore moins avantageux des applications
de sabine sur les verrues de la main et du poignet, meme en prolongeant le con
tact de la poudre pendant plusieurs jours. Des essais tentes avec le sue obtenu
par contusion des feuilles de sabine prealablement bumecte esont ete plus encou-
rageants, toutefois. C est probablement a la moindre vascularisation de ces pro-
SABINE (EJIPLOI JIEDIC!L). 19
duciions qu il faut attribuer le pcu d cfiicacile do la sabiuc contrc elles, alors que
ce medicament est si utile pourtant centre les papillomes ou condylomes de la
verge. On peut sans doute expliquer par la meme raisou les succes realises par
les preparations de sahine (lotions avec la decoction, liniment, pommade, etc.),
dans le traitement des polypes uterins, traitement populaire en Ilongric, et sur
lequel est revenn, il y a quelques annees, Eiseinnann (de Wiirtzbourg) (Archie
fiir patholocj. Anat. de Virchow, et Gaz. tr <L, 1861, p. -425). La nature rrsi-
neusede la sabine, le cas qu en faisaient Dioscoride, Galien, etc., comnie anti-
septiquc, justifieraient 1 usage de ce medicament comme detersif dans les ulnVrs
atoniques, fongueux, scorbuliques, gangreneux, si Ton se Irouvait privr de
moyens plus cnergiques. JIufeland dit d ailleurs avoir obtenu des efl els extraor-
dinaires des fomentations ou des bains locaux avec la teinture de sdtinc, dans
les ulceres scorbutiques meme avec carie, et des bains de sabine etdecafowtts
aromaticus dans les affections scrofuleuses, les arthrocaces, etc. Lamure deja
avait signale les proprietes resolutives de la sabine en application sur les tumem s
froides, les loupes, etc. On pourrait egalement essayer 1 huile essentielle en dic
tions contre les nevralgies; 1 analogie de sa composition et de celle de lY^niro
de terebenthine legitimeraient cette application.
Une application negligee de nos jours est celle de la sabine conime \cnni-
fuge. Lainurc en ordonnait le sue, melange avec du lait, par enilliTcc a rale,
d heure en heure, chez les enfants, et le considerail comme le meillcnr des an-
thelminthiques ; 1 infusion, en lavement, pourrait rernplacer 1 ingestion par la
bouche. II serait plus prudent, neanmoins, si Ton etait depmirvu d aulivs medi
caments, d avoir d abord recours aux cataplasmes deson etde sabine qui, appli
ques sur 1 abdomen, auraient suffi a Cazin pour la ire expulser ijninxc luin-
brics en trois jours, chez un enfant de trois ans. Enlin, les lotions dc sabine
gueriraient la gale ct meme la teigne. Terminons celte enumeration en rappe-
lant 1 usage commun, en Angleterre, de la pommade ou du cerat de sabine pour
entretenir les vesicatoires.
III. ToxicoLor.iE. La plupart des medecins legistcs refusent a la sabine une
action abortive, etceux qui la lui reconnaissent, dans une certaine limite, comme
le professeur Tardieu, ne voient guere dans 1 avortement provoque par cettc
plante que la consequence extreme d un desordre general qui est porle jusqu a
la mort. Les fails rapportes par les auteurs confirmeiit cette manierc dc penser,
nous 1 avons deja vu en etudiant les effets physiologiques de cetle plante ; nous
avons signale alors, et nous devons insister encore sur 1 inconstance de cettc
action abortive et sur les dangers auxquels 1 usage criminel de la sabine ex
pose les femmes qui y out recours, sans leur ofi rir comme compensation la
certitude de 1 expulsion de leur fruit, puisque dans les faits connus la mort de
la femme a toujours ete la suite de 1 avortement et s est meme souvent produile
sans que le travail eut commence. Nous devons ioutefois rappeler que nous avons
obtenu 1 avortement, chez une lapine, il est vrai, par 1 administration de la sabine,
sans que la bete ait notablement soul fert, alors qu une autre lapine traitee de
la meme facon a succombe a une inflammation du poumon et des visceres abdo-
minaux sans avorter, et qu une chienne a conduit a terme sa porte e, malgre
des troubles gastro-intestinaux produits par plusieurs ingestions d infusion de
sabine. Ces observations out assez d analogie avec ce que Ton a constate chez la
femme pour que, sans vouloir elablir un rapprochement trop etroit entre
rhomme et les animaux, on admelte que dans certains cas la femme pent.
20 SABINE (EMPLOI MEDICAL).
apres avoir pris de la sabine, accoucher avanl tenne et m: pas succomber. Mau-
riceau en avail observe un exemple, douteux loutefois. (Observ. sur la grossesse
et laccouch. des fern., obs. 675, p. 549. Paris, MDCGXXXYIII.) 11 est d ailleurs
trop frequent que des 1 emmes et surtout des filles-mcres cherchent a se debar-
rasser d uu produit illcgitime par I emploi des preparations de sabine. G est
memo dans ces cireonstances seulement qu on a observe des empoisonnements
par cetle plaute, ce qui limite le champ des investigations medicales. Nous avons
vu, a propos de Faction physiologique, quels etaient les symptomes produits par
des doses elevees de sabine; il nous rcsle a etudier le point de vue medico-legal
de cet empoisonnement.
La question medico-legale. pour la sabine comme pour la rue, comprend
presque constammenl le i ail de rempoisonnement et celui de la provocation a
1 avortement : les phenomenes toxiques sont encore plus marques ici que pour la
rue, parce qu a 1 ignorance tics doses necessaires, a la crainte dc rester en deca
de la quanlite voulue, qui font in-rici des ijuaiililes parfois enormes de sub
stance toxiquc, se joint l arli<m locale bien plus irritante de la sabine. Ces pbe
nomenes neanmoius n ont rien de pathognomonique et peuvent tout au plus
appcler 1 attcntion sur la possibilite d uu empoisonnement. On ne saurait dune
ijppurler I rop d al lenlion dans la recherche de la nature dc cette intoxication ;
el pour eeia II I auL tenir coni|ile, non-seulement de 1 ensemble symptomatique,
des ir-Mniis anatomiques, de rcxamcn des malieres vomies, etc., mais encore de
toutes les cireonstances exlericures du fait qu il s agit de caracteriser, qui out
MTU a le preparcr ou coneourenl a le determiner.
I .inni les cireonslanccs e\leriemv> se trouvent le sexe de la personne em-
poisonnee et son elat de ^rnssesse ou d accouchement plus ou moins recent,
puisque c est seulement en vue de provoquer un avortement que jusqu a pre-
seiil la sabine a etc ingeree a doses toxiques. De plus, comme preparatii s preli-
minaires, on pent constater les applications de feuilles de sabine sur 1 abdo-
men, a la plaulc dcspieds; ces applications, tout en etant sans aucune efticacite
pour le but que les malheureuses qui les font se proposent, sont susceptibles
de IU ISMT des traces sur la peau. G est un point de depart.
Nous ne reviendrons pas avec detail sur la description deja faitc des sym
ptomes de I empoisonnemenl par la sabine: des douleurs violentes dans 1 abdo-
men, des nausees, des vomissements souvent continuels, survenant brusque-
men t, des dcjerlions diarrheiques reiti ; rees, quelquefois sanguinolentes, parfois
des hemorrhagies par divers organes, de la diurese, etc., nn abattement pro-
fond, inteiToiupu par des convulsions, en sont les trails les plus babituels. Ge
sont ceux d une gastro-enterite, sauf pour les hemorrhagies; ils n ont done
qu unc valeur restreinte. Cependant la frequence de la diarrbee, 1 acceleration
du pouls, pourront aider a distinguer 1 intoxication par la sabine de rempoison
nement par la rue, par exemple, dans lequel la diarrbee fait le plus souvent
delUut et qui s accompagne ordinairement de ralentissement du pouls, conuue
1 empoisonnement par la digitale, le nitre, etc. (voir les aiticles consacres a
ces substances).
Les lesions anatomiques n ont rien de special non plus et ne fourniront que
peu de renseignements utiles; il n en sera pas de meme de 1 examen des ma-
Lieres vomies ou de celles que Ton rencontrcra dans le tube digestif, quand on
pourra retrouver en nature la substance toxique : c est habituellement la poudre
ou 1 infusion de sommites de sabine, plus rarement 1 huile essentielle, que Ton
SABLAIROLLES. 21
aura a rechercher. Pour determiner la nature de ces substances, on aura recours
a 1 examen microscopiqne et a 1 analyse chimique.
L examen microscopique permet de reconnaitrc, sur les fragments de bois qui
peuvent etre meles a la poudre de sommites de sabine, les pores caractcrisli-
ques des gymnospermes, et la forme plus aigue dcs extremites des feuilles, a
fibres subulees, qui les distingue des aulres gymnospermes, comme I if. Les
grains de poudre de sabine trouves dans le lube digestif peuvent, a cause dc
leur couleur verte, etre pris pour de la bile ; mais, si on etend la masse d eau,
on s apercoit que le liquide surnageant est incolorc, a moins que de la bile n y
soit melangee ; dessechee, cette poudre conserve une odour caracteristique ;
elle fournit en outre a 1 alcool une couleur verte (chlorophylle) et son infusion
aqueuse prend egalement une teinte verte par I addition du perchlorure de fer.
Enfin, lorsque la poudre on 1 infusion sont en quantitc assez considerable, on
peut retirer par la distillation une quantite d buile essentielle suffisante pour la
earacteriser ; enfin celle-ci, quand elle a ete employee en nature, pent etre se-
paree des liquides avec lesquels elle est melangee par I aiiilalion de ces liquides
avec 1 ether, qui dissout I liuile essentielle. Ces caracteres, relates par IVreira,
(Materia medica, t. II, I ro p., p. 350), ont permis dans deux cas an professeur
Taylor et dans un autre an docteur Letbeby (d apres Tardieu) de determiner la
cause de 1 empoisonnement. On ne saurail louleibis esperer d etre loujours assez
heurcux pour arriver a un resultat probanl.
Les circonstances de 1 avortement lui-meme n apporteront pas grande lumiere
a Tesprit ; toutefois la gravite de 1 intoxication anterieurement a 1 avortement,
qui ne survient le plus souvent que dans la periode agonique, certains acci
dents, tels que les hemorrhagies par diverses voies, Iburniront quelqucs indices.
On a, en outre, moins a craindre pour la sabine que pour la rue dc se trouver
en presence d un avortement accompli sans laisser de traces bien neltes.
II n existe pas d antidote centre 1 empoisonnement par la sabine; le traile-
ment en sera done celui de tous les empoisonnements. Seulement, il y aura ra-
rement lieu d employer les evacuants, car, lorsque Ton est appele aupres de la
patiente, les vomissements spontanes ont dcja elimine la plus grande parlie du
poison : cependant, dans un fait rapporte par Taylor (loc. cit., t. II, p. 188), la
quantite de substance toxique conservee dans 1 estomac, apres cinq jours de vo
missements, a ete evaluee a l= r ,60 ou 2 grammes, et nous avons dit qu on
avail pu en retrouver assez, dans plusieurs cas, pour en faire 1 analyse chimique.
Quoi qu il en soit, on se trouve en presence d une maladie provoquee, qui doit
etre traitee suivant les indications qu elle presente ; or ces indications va-
rient avec la periode de 1 empoisonnement, les conditions individuelles, la pre
dominance de tel ou tel element morbide, gastro-enterite, metrorrhagie, col-
lapsus, etc. II esl inutile d enlrer dans le detail des moyens qui salisfont a ces
diverses indications : nous nous hornerons a rappeler que, comme dans toule
intoxication, il faut etre tres-reserve dans 1 emploi des antiphlogistiques pro-
prement dils, a cause de la depression des forces, de 1 atteinte portee au systeme
nerveux, et que les excitants, quand ils sont de raise, doivent de preference
etre appliques a 1 exterieur, a cause de la susceptibilite du tube digestif, beau-
coup plus compromis ici que dans 1 empoisonnement par la rue, par exemple.
E. HAMELIK.
SABLAIROLLES (J.). Medecin de la Faculte de Montpellier, agrege a la
22 SAC.
meme facultc, excrca d abord la mcdecine dans cette ville et plus lard, vers
1834, a Carcassonne. II etait membre de plusieurs Societes savantes franchises et
i. lraiigLTcs. II cst connu par qndques bons travaux :
I. Considerations generates sur les sympathies ct particulierement sur celles de I ettomac.
Montpellier, 1822, in-8. II. Mernoirc et observations stir le traitcmcnt clr I erysipele
phlegmoneiix. Montpellier, 1823, in-8. III. Eecherches d anatomie ct de physiologie
patholagiques relatives a la predominance et a. I influence des organes digestifs des enfants
sur le ccrveau. Memoire qui a obtenu une medaille a la Societe Royale de medecine, etc.,
de Toulouse, )e 11 mai 1826. Paris et Monlpellier, 1826, in-8". -- IV. Observations sur
rin iu-rn.r nuploi de I iode dans le traitement des scrofules, de la leucorrhee et de I amt-
norr/iee. In Journ. gen. de m6d., t. XCVII, p. 5 et in Dayle. Bibl. de therapeut., t. I,
p. 93, 1828. -- V. Inflexions aiifiti/lit/iii s ct critiques sur le cholera-morbus, contenant
I c.i /lost d un nouveau mot/en therapeutique contre cette maladic. Paris et Montpellier, 1833,
in-8. VI. Reflexions sur un projet d amelioration pour le service de sante de I Hdtel-
de Carcassonne, etc. Carcassonne, 1834, in-8. L. HN.
s titi.i it (GUIU.AUME-THOMAS). Medecin russe, ne a Revel en Esthionie, le 28
,-iofil 1797, d un me dccin, fit ses premieres etudes a Saint-Petersbourg et a Mos-
i-ini. lc> nmlinua en 1812 au gymnase de Dorpat, puis commenca ses e tudes
im ilicalrs a 1 universite de cette derniere ville en 1819. II prit le bonnet de doc-
Inn a Dorpat en 1824; la meme anncc il devint deuxieme me decin a 1 hopital
qn on elevait alors sur le Sperlingsberg a Moscou, et en 1826 remplit les memes
lonclions a 1 hopital Sainte-Gatherine, dans la meme ville. Sablcr jouit d une
granilc reputation comme praticien. L epoque de sa mort nous est inconnue.
.Nuns nc connaissons de lui que sa these inaugurale : Specimen inaug. med.-
i-ltir. sist. observationes et animadversiones de coxalgia (Dorpati Livonorum,
1824, gr. in-8.), travail qui se trouve analyse par Struve dans Rust und Casper s
krit. Repertor. fiir Heilk, Bd. VII, II. I, p. 108, 1824. L. UN.
SABLES D OLOXXE (LES) (STATION MARINE). VoiJ. LES SABLES D
s vi:i si i: ELASTIQL E. Nom vulgiire du fruit de YHura crepitans L.
(Voy. HURA).
s\iu < i s. Nom donne quelquefois au Sureau (Sambucus nigra L.).
PL.
SABLRRE (de Saburm, lest). On a appele Saburre un depot de matieres
d apparence muqueuse, de couleur variable, blanche, grise, verdatre ou jau-
uatre, tapissant la muqueuse de 1 estomac, celle de la bouche et offrant, dans
cette derniere region, ses caracteres les plus tranches a la surface de la langue.
On distinguait differentes especes de sabtnre, soit d apres certaines qualite s
cxterieures (couleur, consistance), soit d apres les qualites intrinseques (acidite*,
etat nidoreux) ; soit encore d apres la composition presumee (bile, sue gastrique
\icii , dt l I ilus d aliments mal digeres). Le propre de la vieille doctrine de la saburre
etail d elever celle-ci au rang de cause morbilique, en la supposant capable non-
seulement d offenser la muqueuse des premieres voies, mais aussi de penetrer par
les vaisseaux dans tout 1 orgam sme et d y produire de nombreux de sordres. Le
mot a ete conserve dans la langue me dicale ; mais son interpretation a conside-
rableinent change. Nous nous bornerons a renvoyer, pour ce qui concerne la
saburre buccale, a cequi en a ete dit par le professeur Gubler a 1 article BOUCHE.
et, pour la saburre gastrique, a ce qui sera dit de 1 embarras gastrique au trai
tement des maladies de I ESTOMAC. D.
SAC.
On a donne, en anatomic, le nom de sac a des poches membraneuses
SACCIIARIDES. 23
oumembrano-musculaires, destinees a contenir oua emmagasiner provisoiremenl
des parties solides ou des parlies liquides (sac herniaire, sac lacfymal, sac
pulmonaire on oreilletie gauche, sac veineux ou oreillette droile). D.
SACATAPEQtJES (LE). Voy. CfiJNTRE (AjIKRIQUE).
SACCHAR AMIDE. C 12 H 12 Az 2 12 . Ce corps est du saccharate neulre d am-
raoniaque moins 4 eq. d eau.
CH 10 1B . (AzIP) 2 = C 12 IFAz 2 12 + 4110
Saccharate neutre Saccharamide. Eau.
d ammoniaque.
On 1 obtient en traitant 1 ether saccharique par du gaz ammoniac. On fait dis-
soudre cet ether dans une petite quantite d alcool absolu, on ajoute a cette solu
tion huit fois son volume d ether, et on y fait passer un courant de gaz ammoniac
sec. II se depose un corps visqueux, jaune, que Ton fait secher a Fair. On traile
la poudre seche, qui forme le residu de la dessiccation, par de 1 eau froide, qui
lui enleve la matiere colorante jaune et laisse une poudre blanche, qui constitue
la saccharamide.
C 12 U 8 (C 4 H 5 ) 2 16 -4- 2AzlP C l9 II 12 Az 2 12 -+- 2C 4 H 6 2
Ether saccharique. Ammo- Saccharamide. Alrool.
niaque.
L eau tiede dissoutla saccharamide sans alteration ; par le refroidissement, elle
se depose en petites tablettes hexagonales allongees. L eau bouillante lui fait ab
sorber 4 eq. d eau et la transforme en saccharate (T ammoniaque ; en faisant
bouillir la solution, la moitie de 1 ammoniaque se degage et il reste du saccha
rate acide d ammoniaque. La saccharamide est un peu soluble dans 1 alcool ab
solu bouillant; 1 ether froid ou bouillant ne la dissout pas. Les acides mineraux
etendus la decomposent en acide saccharique avec formation du sel ammoniacal
de 1 acide employe, et avec absorption de 4 eq. d eau. LCTZ.
Les saccharides formenl une classe de composes analogues
aux corps gras ; ils resultent de 1 action, a une temperature plus ou moins elevee,
des acides organiques surles differentes especes de sucres.
La combinaison des acides organiques avec les sucres se fait toujours avec
elimination d eau; la quantite d eau eliminee est generalement en rapport avec
les proportions de 1 acide fixe.
2C*H*0* -f- C 12 H 12 12 = 4110 -+- G 20 H 16 1G
Acide Glycose. Eau. Di-aceto-
acetique. glycose.
Quelquefois cependant la quantite d eau eliminee est plus grande que la quan
tite d acide fixe ; exemple :
2C 8 H 8 4 + C 12 H 12 12 = 6HO -f- C 28 H 22 14
Acide Glycose. Eau. Di-butyro-
butyrique. glycose.
Pour que la combinaison des acides organiques avec les differents sucres se
1 asse, il laut un contact, a une temperature de 100 a 150, quelquefois tres-
]rolonge, et alors meme une partie du sucre n entre pas en combinaison. Les
saccharides se decomposent dans les memes circonstances que les graisses ; chauf-
fes en presence de 1 eau, avec un alcali, il se forme un sel alcalin avec 1 acide
organique, et le sucre est reconstitue ; cette decomposition a toujours lieu avec
2i SACCHARIQUE.
absorption delaquantite d eau primitivement eliminee; bouillis pendant quelque
temps avec des acides dilues, les saccharides sc decomposent egalement en acide
et en sucrc. Les saccharides sont solubles ou insolubles dans 1 eau suivant que
1 acide organique qui entre dans leur constitution est volalil ou fixe. Los saccha
rides solubles possedent une saveur tres-afnere ; ils possedent le meme pouvoir
rotatoire que les sucres d ou il derivenl.
Comme le nombre des sucres et celui des acides organiques est tres-conside-
rable, que les sucres, jouant le role d alcools polyatomiques, peuvent se com
biner avec un nombre variable d equivalents d acide organique, et que de plus,
2, 3 ou 4 molecules de sucn- peuvent se combiner pour former des di, tri ou
tetrasaccharides, on conceit que le nombre des saccbarides soit, pourainsi dire,
illimile. LUTZ.
SACCIIARUMKTRF. Yoy. PoLAKIMETRE.
s titicim i-: (ACIDK) on OXALIIYDRIQCE. C 12 H 10 16 . L acide saccha-
rique est le produit de 1 acide azotique sur le sucre de canne, la glycose ou la
mannile; on I oblieut de la maniere suivantc : on fait dissoudre dans une grande
capsule en porcelaine, eta une Ires-douce temperature, l k ,500 de sucre de canne
dans l k ,r>00 d acide azotique d une dnisilr dc 1,25, a 1,50, on eleve ensuitt-
tres-lenlement la temperature jusqu a ceque Ton voie apparaitre quelques bulles
de vapeurs nitreuses; on retire la capsule du feu; la reaction continue et devient
tres-tumultueuse. Des que la temperature est redeseendue a 50, on cbauffe tres-
doucement, de maniere a ne pas depasser cette temperature, et on agile, pour
faciliter le degagement des vapeurs nitreuses; quandla reaction est terminee, on
laisse refroidir et on etend le liquide de la moitie de son volume d eau ; on sa-
ture par du carbonate de potasso et on ajoute un exces d acide acetique. Le tout
est abandonne au repos dans un endroit t rais; au bout de quelques jours, il se
depose en abondance des cristaux de saccharate acide de potasse, que Ton
purifie par plusieurs cristallisatioris. Pour en rctirer 1 acide sacchariquc, on de
compose le saccharate de potasse par [ acetate de plomb; le saccharate insoluble
de plomb qui se depose est lave et decompose par un courant d hydrogene sul-
1 ure ; on filtre pour separer le sulfure de jdomb forme, et on evapore le liquide
filtredans levide. On obtient ainsi une masse cassante qui, exposee a 1 air, tombe
rapidement en deliquium; on n est pas encore parvenu a I obtenir cristallise.
L acide saccbarique est isomere de 1 acide mucique ; il est tres-soluble dans
1 eau et 1 alcool, mais peu soluble dans Tether, il rougit fortement le tournesol
et se combine facilement avec les bases; il forme avec 1 eau de chaux et debaryte
un precipite blanc soluble dans un exces d acide. Si 1 on fait, chauffer sa solution
avec du nitrate d argent additionne de quelques gouttes d ammoniaque, les parois
du vase dans lequel on fait bouillir le melange sc recouvrent d un miroir d ar
gent metallique. II dissout le zinc et le fer avec degagement d hydrogene. L a cide
azotique le convertit a chaud en acide oxalique et en acide carbonique. Si on le
fait fondre a la temperature de 250 avec de la potasse caustique, il se de double
en oxalate et en acetate.
L acide saccharique est un acide bibasique, el forme, par consequent, deux
series de sels : des sels neutres et des sels acides.
Saccharates alcalins. On obtient les sels neutres en saturant exactement 1 acide
saccharique par la potasse, la soude ou l ammoniaque, etles sels acides en ajou-
SA.CCHAROMYCES. 25
taut aux premiers autant d acide saccharique qu ils en renfermenl deja. Les sels
acides sont moins solubles dans 1 eau que les sels neutrcs, et eristallisent plus
facilement que les sels neutres qui sont deliquescents.
Les saccharates des autres bases sont, en general, insolubles ou peu solubles;
on les obtient par double decomposition avec du saccharate alcalin, et le sel so
luble metallique, que Ton veut transformer en saccharate. Ltm.
s t H t KOM :S. Les medicaments dits saccharoles sont ceux dans la pre
paration desquels le Sucre joue un role important ou predominant. On les
divise d ordinaire en liquules, mous et solides. Par exemple, les sirops, les mel-
lites appartiennent a la premiere categoric; les electuaires ou confections a la
seconde; les pastilles, les tablettes, les poudres a la Iroisieme. Les saccharole?
pulverulents prcnnent communement le nom de saccharures. (Voy. CONSERVES,
ELECTUAIRES, MELLITES, SACCHARURES, PASTILLES, etc.).
On appelle Saccharo-alcooles, les liqueurs alcooliques sucrees telles que les
ratafias. D.
x*< ii \KMIK i:s. Nom sous Icquel on designe les organismes veget;ni\
dontse composent les levures. Les Saccharomyces, autrefois conl ondus avec les
Algues sous le nom de Cryptococcus ou avec des Champignons dc groupes eloi-
gnes reunis sous les noms d Hormiscium et de Torula, ferment aujourd hui uu
genre de Champignons bien delimile, qui comprend six on sept especes, suivant
que Ton adopte, ou non, le genre qui en a etc demembre par M. Engel sous IP
nom de Carpozyma. Leur caractere commun est de se presenter sous forme de
cellules isolces, sans mycelium. Chacune de ccs cellules produit par gemmation
des cellules semblables ; dans les liquides fermentescibles, le bourgconncmenl
se produit tres-rapi dement et les cellules developpees en un point dc la surface
d une premiere cellule produisent elles-memes, et de la meme maniere, de nou-
velles cellules, quand elles sont encore attachecs a la cellule-mere; les Saccha
romyces presentent ainsi 1 apparence de chaines de cellules ramiliees quelque-
fois dichotomes, mais les cellules en contact ne tardcnt pas a s isoler ati moindiv
ebranlement, et cette association momentanee se detruit. La relation entre les
phenomenes vegetatifs de ces Champignons et les phenomenes chimiques pre-
sentes par le milieu dans Icquel ils vivent et sc multiplient, est etudiee aux
articles FERMENT, FERMENTATION ; nous n avons a nous occuper ici que de 1 his-
toire des Saccharomyces.
Depuis les observations de Lcuwenhoek sur la nature vegetale des globules,
dont la levure de biere est formee, Cagniard Latour et Turpin en France,
Schwann et Kulzing en Allemagne, sont consideres comme les auteurs auquels
on doit les premieres notions fondamen tales a leur sujet. Depuis lors, et surtoul
dans ces dernieres annees, un grand nombre d observateurs s en sont occupes,
mais des le principe leur histoire fut obscurcie par des vues theoriques sur
1 origine de ce vegetal, attribuee tantot a la generation spontanee, tantot a des
plantes a developpemcnt aerien, dont les utricules de la levure auraient ete des
organes de reproduction ou des formes derivees incompletes. II y a des Champi
gnons dont le mode de developpement a beaucoup d analogie avec la gemmation
des cellules de la levure (Dematium pullu/ans) ; on sail que certains Mucor four-
nissent des conidies, qui placees dans un liquide fermentescible s y comportent
comme les utricules de la levure ; il n y a done rien d etonnant a. ce qu on se
26 SACCHAROMYCES.
soit demande si la levure etait un vegetal autonome - les decouvertes du poly
morphisme des Champignons rcndaient ce doute encore plus legitime ; mais les
observations, dirigees en vue de rechercher a quel vegetal les cellules de levure
devaient leur origine, ont ete entreprises avant qu on eut compris quels soins,
quelles conditions speciales exigent de semblables recherclies ; de la, les erreurs
sans nombre qui encombrent aujourd hui la science sur ce sujet. Les levures
sont naturellement mclangees avec les spores ou les conidics de moisissures
abondantcs partout et dont les procedes de fabrication du vin ou de la biere ne
sauraient empeclier 1 acces. Si Ton veut poursuivre la culture de la levure de
biere en dchors de son milieu naturel, le mout, en la placanl sur un substratum
quelconque, sous une cloche bumide, il est rare qu on ne voie pas, au bout de
tres-peu de temps, sc developper des Mucor, dcs Penicillium, des moisissures
les plus varitVs. L idee d un lien genetique entre ces diverses formes s est pre
sentee a 1 esprit des premiers observateurs ; les travaux de MM. Bail, Hoffmann,
llallier et de leur ccole lui ont donne un corps, et le polymorphisme de la le
vure n a bientot plus connu de bornes. Les observations incompletes qui ser-
vairnl de base a ce systeme n ont pas resiste a leurs prop res contradictions et
aux experiences de controle qui ont explique un grand nombre de causes d er-
ivur. Depuis lors, la question a ete de temps en temps reprise. M. Trecul a de
nouvcau drl riidii la parent e de la levure et du Penicillium glaitctim. D apres ce
sa\ant, les spores de Penicillium introduces dans du mout grossissent et, au
lieu de gcrmer, bourgeonnent en donnant naissance, par ce precede, a des cel
lules de levure. Le fait en lui-meme est insuffisant a demontrer que les corps
bourgeonnants sont identiques a la levure; il faudrait, en poursuivanl la culture,
s assurer s il ne se passe pas ici quelque chose d analogue a ce que presentent
les conidies de Mucor; mais il est bien difficile de ne pas croire que 1 auteur a
introduit involontairement dans le liquide fermentescible autre chose que des
spores de Penicillium, la verification n ayant pu etre faite par d autres observa-
teurs.J ai essaye cette experience en la variant; ne reussissant pas avec des
spores, je me suis demande si le mycelium ne donnerait pas plus facilement nais
sance a des cellules de levure ; la submersion du mycelium dans des liquides
sucres m a donne des resultats curieux, mais pas la moindre production de
levure.
Plus recemment (1874), M. Duval cherchant si 1 air atmospherique contenait
des cellules dc levure et n en trouvant pas, sans s arreter aux autres vehicules,
fruits, instruments, etc., ou elle peut se rencontrer, et n acceptant pas non
plus I liypothese d une generation spontanee, a suppose qu il etait impossible de
se rendre compte de I apparition des cellules de la levure dans les liquides fer-
mentescibles sans avoir recours a 1 hypothese d une transformation de produits
vegetaux en levures qui s adapteraient suivant les milieux a toutes les fermenta
tions. L observation a repondu affirmativement a cette preoccupation theorique,
trop affirmativement peut-etre ; 1 auteur est arrive a des resultats qui rappellent
les fantaisies du docteur Hallier, et dont le seul enonce, dans 1 etat de nos con-
naissances sur le polymorphisme des Champignons, ne peut rencontrer que I in-
credulite la plus obstinee et la plus legitime. II s est, il est vrai, entoure de pre
cautions inconnues au docteur Hallier, mais ses observations microscopiques ne
paraissent pas avoir toute la surete desirable ; c est ainsi qu il prend la gelitica-
tion si commune de la paroi des Algues pour un fait d exosmose : il assiste chez
des Algues a la formation endogene de corps, dont il donne la figure, et qu on
SACCH1ROMYCES. 27
sera it tente de prcndre pour dcs zoospores dont les cils auraicnt ele meconnus;
ces corps devicnnent une levure h&eromorphe ; eel etre ambigu qui fournil 1111
des anncaux a la mutabilitc des organismes de la levure, n est pas sans laisser
quelque inquietude sur I ensemble des observations. La tentative de M. Duval
no pent gnere apparaitre que comme un dernier echo dc theories de plus en
plus abandonnees en presence d observations, qui etendent et circonscrivent
tout a la fois le polymorphisms des moisissures dans des limites, qui sont en
rapport avec ce qui se passe chez des Champignons appartcnaut a des families
voisines.
La liste des vegetaux auxquels on a rapporte 1 originc de la levure, ou, si
Ton veut, des Saccharomyces, donnera uue idee de la confusion a laquelle
cette question etait arrivee dans ces derniers temps.
Cryptogames acrogenes : - - Lycopoilium clavatum, Polypodium nth/are,
Nephrodium filix mas, Equisetum arvense. - - Amphigcnes ; Algues, Sdiizocfo-
nium, Palmella cruenta (viridis), Arthrococcus, Protococcus viridis, Hfcma-
tococcus pluvialis, Cylindrospermum, Ulothri.v, Paltnoglcea, Zooglcea, Lepto-
thrix, Bacterium termo, Micrococcus prodigiosus et aulres I ueleriarees.
Champignons : Achlya prolifera , Eiiipiisn Muxcce, Saprolegnia mono ica,
Mucor mucedo, M. racemosns, Rhizopus nigricans, Puccinia coronata, Til-
letia caries, Uredu segetum , U. Rosce et autros I slih^ines ; Cladospo-
rium, Pleospora herbarum, Claviceps purpurea, Penicilliuin glaucum, P.
viride, et autres especes ; Aspergillus glaucus, A. polymorphus (?), Erysiphe,
Acrostalagmus cinnabarinus, Verticilliiim ruberrimum, Polyactix rulgurix.
Isaria farinosa, Botrytis bassiana, Cephalosporium, Acremonium, Sporocybe,
Periconia hyalina, Stachylidium pulchrum, Stemphylium, Collar him, O idium
albicans, 0. lactis, Chalara Mycoderma, et autres especes ; Achorion, Tricho-
phyton, Torula fructigena, Monilia; Coprinusstercorarius, Lycoperdon verni-
cosum.
Quelques auteurs out pense simplement que les liquides fermentaient au
contact des spores, des conidies ou meme des myceliums de plusieurs de ces vege-
taux, comme cela arrivcrait pour les vrais Saccharomyces, c est ce qu indiquent
plusieurs experiences de M. Hoffmann, et les plus receutes que M. Pasteur ait
publiees (Etudes sur la biere, 1876). Nous sommes contraints d admettre,
dit ce savant, p. 115, que la production de 1 alcool et de 1 acide carbonique a
1 aide du sucre, en un mot la fermentation alcoolique, sont des actes chimiques
lies a la vie vegetale de cellules de natures tres-diverses Les vegetaux,
dont j ai donne la liste certainement incomplete, ont etc soupgonnes, non pas
seulement de produire la fermentation, mais de donner naissance a des formes
de levures (levures hy brides, he te rogenes) plus ou moins eloignees des Saccha
romyces et y conduisant par un transformisme manifeste.
La connaissance anatomique et physiologique des Saccharomyces a fait beau-
coup de progres grace aux travaux de MM. de Bary, Reess, Engel; leur etude,
continuee sans parti pris, et sans autre but que la connaissance precise de ces
petits vegetaux, suffira a faire tomber les echafaudages plus ou moins hardis
dont ils ont ete le pretexte. Nous prendrons pour type le Saccharomyces cere-
visice Meyen, quiconstitue la levure de biere, non pas celle du commerce, mais
la levure de biere purifiee par des precedes analogues a ceux que decrit M. Pas
teur, page 214 de ses Etudes sur la biere. Ce Saccharomyces consiste en cel
lules isolees, spheriques ou ovalaires de O mm ,008 a O mm ,009, munies d une
28 SACCIIAROMYCES.
enveloppe cellulosique, mais non susceptible de bleuir par 1 iode, incolore au
(U liut, pvenant en vieillissant une teinte jaunatre puis brune. Le protoplasma
contenu dans cette enveloppe est le plus souvent granuleux avec ou sans va-
cuoles; il prcsente des gouttelettes huileuses ivfringentes, dont une, deux ou
trois, sont souvent plus apparenles, sans qne rien puisse faire supposer qu elles
jouent le role de nucleus. Avec 1 age, la cellule de ce Saccharomyces se forme
une seconde enveloppe, la derniere formee est la plus interne et c est la seule
qui se colore.
On distingue deux varietes de Saccharomyces cerevisice, 1 une qui se muitiplie
submergee ct s accumule au fond du vase qui conticnt le mout mis en fermen
tation, c est celui de la levure infcre, qui vient d etre decrit; 1 autre se tient a
sa surface et forme la levure supere; ses elements sont plus grands, plus ovales,
plus frequemment unis les uns aux aulres.
Les autres especes sont le S. ellipsoideus R. qui forme la majeure partie de
la levure vinique; il s y trouve associe aux S. exiguus, R. S. conylomeratus, R.
S. Reessii.
Le S. minor se rencontre dans la fermentation panaire et peut etre etudie
dans la pate IrviV soumise a un courant d eau, qui 1 entraine avec des grains
d amidon; on Ten dislinguc faciloment par la reaction de 1 iode. Les cellules
.idultes sont sphcriques et les plus grandes mesurent 0""",006.
M. Engel a fait, sous le nom de Carpozyma, un genre particulier du S. api-
culatus R. qui se rencontre sur tous les fruits et dans la fermentation de lenr
mout. II est trcs-reconnaissable aux petites saillies qu il presente a ses deux
extremites et qui lui donnent une frappante ressemblance avec un citron.
Tous ces petits champignons monocellules se multiplient dans les liquides
lermentescibles par un bourgeonnement tres-facile a verifier sous le microscope,
bien qu il ait etc nie par M. Pouchet dans 1 inte ret de ses theories heteroge-
nistcs. On a reconnu plus recemment un second mode de reproduction, different
suivant qu on I etudie chez les vrais Saccharomyces, chez les Carpozyma et
chez les Mycoderma, compris dans les Saccharomyces par la plupart des au-
teurs contemporains. Les Mycoderma bien connus sous le nom de fleurs du vin
(voy. MVCODERMES) ont la plus grande analogic avec les Saccharomyces, ils sont
aussi monocellules, mais leurs cellules ont une tendance a s allonger beaucoup
plus ; elles peuvent atleindre jusqu a O mm ,01 ou O min ,02 et meme plus ; on dirait
qu elles ont une tendance a prendre la forme des hypha ou filaments du myce
lium, ce qui les a fait considerer comme une forme interme diaire entre la le
vure et les moisissuies a mycelium filamenteux. Les Mycodermes se rencontrent
et se multiplient par bourgeonnement a la surface des liquides qui ont subi une
fermentation. C est sur eux qu a ete reconnue pour la premiere fois la formation
de corps reproducteurs endogenes. En 1868,j ai montre comment en appauvris-
sant le liquide sur lequel vegele le Mycoderma vini, on voit se former a 1 inte-
rieur de ses cellules de petites agglomerations protoplasmiques qui s enlourent
d une membrane ; en se developpant elles se soudent avec la paroi de la cellule
mere, celle-ci s amincit et se detruit dans 1 intervalle reste libre entre chaque
cellules fdles, ou endospores, et c est ainsi que celles-ci se trouvent mises en
liberte. Le precede d appauvrissement soit du milieu nutritif liquide, soit du
milieu oxygene, a depuis lors ete etendu avec succes a 1 etude de beaucoup de
champignons. M. Reess obtint chez le Saccharomyces cerevisice la formation
d endospores, elle a ete reconnue depuis, soit par lui, soit par d autres, chez
SACC11AROMYCES. 29
lous les Saccharomyces, mais ici les endospoi es soul libres dans la cellule
mere qui peut etre comparee a une theque,aussi M. Reess range-t-il ces Cham
pignons parmi les Thecaspores.
En 1872, M. Engel renouvelant ces experiences par tin precede Ires-simple
et tres-efficace, qui consiste a faire couler une tres-mince couche de levure
fraiche sur un disque de platre tenu humide, vit fructifier le Saccharomyces
apicnlatus ou Carpozyma. Dans chaque cellule de cette levure, il ne se forme
jamais qu une cellule fdle au centre, de forme spherique ; cclle-ci s a"randil
la cellule mere perd alors sa forme particuliere, les deux petites eminences
qui lui donnaient 1 aspect d un citron, s effacent; en memo temps sa nieni-
Itrane devient double sans se souder a la cellule fille, de sorle qu au bout d un
certain temps on a une cellule spherique, remplie de protoplasma nmuie ( | ( .
son enveloppe propre, et renfermee dans une double enveloppe; elle se main-
tient ainsi pendant plusieurs mois, comme les spores dites bibernanles ou som-
meillantes ; quand la cellule interne est mise en liberle par la rupture des deux
enveloppes, elle presente a son interieur des amas protoplasmiques arnuidis,
ijui sont pour M. Engel les vrais cndosporcs. Tel csl le rar.iriere <|iii, , M dehors
de la forme exterieure, a permis a M. Engel dYlablir son genre C<ir/i/>:.//ni<r
Quant aux Mycodenna, si Ton se base sur des considerations de cet ordre ils
ne pourraient non plus elre reunis an genre Saccharomyces, a mums IIIMIU ne
les considere comme une forme de reproduction de ceux-ci el iju ils ne iienlenl
ainsi leur autonomie. Mes observalions personnelles tendraienl a ne voir dans
les Mycodermes qu un etat des Saccharomyces, M. Pasteur avail primitivemenl
admis cette filiation, il la combat aujourd hui en se fondanl sur 1 impossibilile
de reconnaitre le passage de 1 etat de Mycoderme a IVial de levure; jj serail
bien possible qu il fut plus facile d obtenir des Mycodermes par une culture
speciale des Saccharomyces, que de trouver les conditions necessaires pour
faire produire la levure aux Mycodermes, et je ne puis considerer la question
comme videe; il y a de plus ici un element de confusion, c est 1 existence d un
Saccharomyces capable de se developper dans les liquides fermentescibles et
d activer la fermentation alcoolique, le S. pastorianus qui a tons les caracteres
des Mycoderma et que M. Cienkowski, suppose etre identique aux ^17. vini II
y a done la un point obscur, sur lequel il serail hors de propos d insister itlns
longuement; alors meme qu il serail elucide dans le sens du polymorphisme
de la levure, ce polymorphisme serail fort restreint et Ires-loin de celui donl
il a ele queslion plus haul. Voici quels en seraient les differents stades. Le Sac
charomyces se multiplie par un simple acte vegetatif, un bourgeonnement, qui
constitue une sorte de reproduction scissipare; chaque cellule est apte a de-
venir dans certaines circonstances une theque produisant des endospores libres
Dans d aulres cas, ces cellules donneraienl naissance a des cellules plus pe-
tites, oblongues ou allongees, les Mycodermes, capables de former des endos
pores soudees, c est-a-dire de vraies conidies, se formaut exaclement dans les
memes conditions oil elles se devcloppent chez les moisissures aerienues (On
peut le verifier en ralentissant leur production chez celles-ci, voy. Comptes
rendus de I Associat. franc, pour iavanc. des sciences, t. I, 1872, p. 499)
On serait ainsi en presence d un Champignon ayant son appareil thecaspore et
son appareil conidien, comme les Erysiphe, les Penicillium ou les fLspergillus
seulement ici le developpement en est plus simple, comme il arrive aux or-
ganes des vegetaux vivant dans les milieux liquides. C est dans ce cvcle etroit
50 SACCIIARUM (BOTANIQUE).
et precis que se renfermera 1 histoire des Saccharomyces ivslue si longtemps
ohscure ct si souvcnt embrouillee par 1 esprit do systeme.
Vovez comme complement les articles FERMENT, FERMENTATION, LEVURE, MUCOR,
MYCODERMES. J. DE SEYMES.
-:. LEUVVRNHOEK. DC fermcnlo cereiisice, ai can. not. del., 1723. -- Tinpix.
Sur In fermentation alcoulique. In Memoire de V Academic, des sciences, 1828. BAIL.
JJeber He/c-Flora, 18">7. POUCIIET. Camples rendus de V academic des sciences, t. LI, LIT,
1800, 1861. HOFFMANN. Etudes mycologiqucs sur la fermentation. In Annul es des science*
naliD dles, 4 a serie, t. XIII, 1860. DE SEYNES. Sur le Mycod. vini. In Comples rendus
de V academic des sciences, t. LXV1I, 1868. Rapport des Mycod. et des lev. In Dull. soc.
hot., t. XV, 1868. Expdr. p/ujsinl. sur le P. glaucum. Ibid., t. XIX, 1872. CIENKOWSKI.
Les Muc. de la fleur du vin. In Bull. Acad. sc. de Saint-Petersbourg, t. XVII, p. 514, 1872.
MAX REESS. Bot. Unters. ueber die Alkoolsg. Leipzig, 1870- E.NGEL. Des fermentations
alcooU<jiicx. I.S72. TUECUL. Camples rendusde I Academic des sciences, t. LXXllI, p. 1454,
1871 ; t. LXXV, p. 116 J, 1872. -- DUVAL. Mem. sur la mulab. des gennes. In Journ. anat.
li/i/is. de ROBIN, t. IX, 1873 et X, 1874. GUILLAUD. Les ferments figures. These de con-
cours. Paris, 1876. -- I ASTEUR. Eludes sur la biere. Paris, 1876. J. DE S.
SACIU AROSE. Voy. SUCRE.
SACCIIARU2II. I. Botanique. Genres de plantes monocotvledones ap-
jiai Irnanl a la lainille des Graminees, donl le type le plus connu est la Canne a
sucre. Les esprt vs <le ce groupe, tel qu il est limitc par les botanistes modernes,
sont de grandes [ilantcs a chaume eleve, dont les ileurs, en panicules rameuses,
sont groujiees eu rpillets tons J ertilcs, rapproches deux a deux, 1 un sessile et
1 autre pedicelle. Ces epillets munis de deux glumes membraneuses, sont com
poses de deux fleurs, dont rinlerieure est neutre ct pourvue d une seule glu-
melle, la superieure hermaphrodite et bipaleacee. Les glumelles sont hyalines,
mutiques, tres-petites, inegales dans la fleur hermaphrodite. Les etamines sont
au nombre de trois. L ovaire est sessile, glabre, surmonte de deux styles tcrmi-
naiix, a sligmates gamis de poils simples denticules.
Les Saccharum interessants, qui sont cultives pour le sue que renferment
leurs tiges, sont au nombre de trois, tres-rapproches par leurs caracteres, et
que tous les auteurs n admettent meme pas comme des especes distinctes, mais
bien comme de simples variotes d un meme type specifique. Ce sont les Sac
charum offtcinarum L., S. violaceum Tussac et S. sinense Roxb.
Le Saccharum officinarum L. ou Canne a sucre est une belle plante, dont la
tige atteint trois a quatre metres de hauteur. Ce chaume, noueux de distance
en distance, est plein et charnu dans les intervalles des nceuds ; il est rempli
du sue doux, qui contient le sucre de canne. Les feuilles sont engainantes a
la base, planes, aigues au sommet, longues de O ",60 a 1 metre, larges de 5
centimetres. L inflorescence est une panicule ramcuse, pyramidale, large a la
base, etalee. Les glumes sont obscurement marquees d une seule nervure et
couvertes de longs poils sur la face dorsale.
Le Saccharum violaceum Tussac, ne differe du S. offtcinarum que par la cou-
leur violacee de ses feuilles et de sa tige et par ses glumelles marquees de
quatre nerrures. On lui donne le nom de Canne de Batavia.
Le Saccharum sinense, qui est 1 espece recue de Chine au jardin de Calcutta
par Roxburgh en 1796, a des feuilles planes, hispidcs sur les bords, des fleurs a
glumelles dejetees du meme cote.
Toutes ces plantes sont originates de 1 Asie meridionale. Le Saccharum
sinenfse etait cultive tres-anciennement en Chine : le Saccharum violaceum et
SACCHERO. 31
le Saccharum officinarum, dans les Indes Orientales et a Java. La plante est
restee assez longtemps releguee dans les regions de 1 exlrcme Orient; les livrrs
hebreux n en font pas mention, ce quisemble indiquer qu elle n etait pas connue
tres-anciennement dans la Mesopotamie, ou les Juifs avaient ele emmenes en c;i|i-
tivite. II parait certain que les Grecs et les Remains la connaissaient des les pre
miers temps de 1 ere chretienne, et que le nom de 2a/.^jsov, employe par
Dioscoride, et celui dc Saccharum par Pline indiquent le sucre de canne. Les
Arabes introduisirent la plante en Egypte, puis en Sicile et dans le sud de 1 Es-
pagne. En 1420, don Henri, de Portugal, fit planter la canne a sucre a Maderc,
de la elle passa aux Canaries en 1563. Elleetait deja apporhV ;\ Saint-Domingue
en 1494, et y prosperait si bien, qu en 1518 il y avail deja dix-buit sucrciics
dans cette ile. On la trouve cultivee au Brcsil, au commencement du seiziemc
siecle; au Mexique, en 1520; a la Guyane, en 1600; a la Guadeloupe, en Ili i 1 ;
a la Martinique, en 1560; a Maurice, vers 1750 ; a Bourbon, des 1 origine de la
colonie; a Natal et dans la Nouvelle Galles du Sud, en 1852. Ouant a Tai ti el
aux iles de 1 Ocean Pacifique elles avaient probablement rcgu dcpuis tres-long-
temps la plante par I intermediaire de 1 archipel Indien.
Le Saccharum officinarum presente plusicurs varieU s cullmvs. La Canne
ordinaire ou type de 1 espece, a tige jaiine; la Canne a nibans a tige inan|ii<V
de bandes longitudinales alternativemenl jauncs et pourpres: eniin la Canne dc
Talli, variete remarquable , tres-grande, tres-robuste et tirs-produclne. La
Canne de Sumatra est, ainsi que nous 1 avons vu, le Saccharum violaceum,
Tussac.
LINNE. Species, 79, TUSSAC. Flore des Antilles, I, 160, tab. 23-25. HUMBOLDT, BONPLAND
et KDNTH. Nova Genera et Species, I, 181. ROXBURGH. Flora Indica, I, 244. KUNTII. Enu-
meratio Plantarum, I. ALPH. DE CANDOLI.E. Geographic botanique, 836. GUIBOUUT. Drogues
simples, 1" edit., II, 101. FLUKIGER et HANBURY. Pharmacographia, 649. PL.
g It. Emploi medical. Voy. CAKiXE et SUCRE.
SACCHARl RES (PnARMACiE). Ces medicaments, dont la preparation est
aussi simple quel application en est facile, remplissent utilement un grand nom-
bre d indications medicales. On retrouve en eux les principes actifs des teintures,
alcooliques ou etherees, moinsle vehicule dont 1 action particuliere contrarie sou-
vent 1 effet du medicament; entre autres avantages, ils out celui de permetlre un
dosage exact des substances les plus actives et en quantiles les plus minimes ;
enfin, leur entiere solubilite dans 1 eau les rendra souvent preferables aux poudres
composees ordinaires.
Les saccharures sont done des medicaments granules ou pulverulents, prove-
nant de 1 union du sucre avec des principes medicamenteux prives de leur dis-
solvant par 1 evaporation. On les prepare en imbibant du sucre en morceaux avec
une solution alcoolique ou etheree de la substance medicamenteuse, laissant le
dissolvant s evaporer a 1 air ou dans une etuve moderement chauffee, et redui-
sant en poudre plus ou moins fine le sucre intimement uni a la partie medica
menteuse des solutions. LUTZ.
SACCIIFRO (CARLO-GIACINTO). Eminent clinicienitalien,naquitvers 1780. II
lit ses etudes medicales a 1 universite de Turin et eut entre autres pour maitre
le celebre Gardini, dont il adopta et perfectionna la the orie du pouls ou plutot
des pouls. II prit le bonnet de docteur en medecine a la meme universite en
52 SACCIII.
1808 et quelques annees apres 1 ul nomme professeur de medecine pratique, de
clinique interne et de physiologic a 1 universite de Sassari en Sardaigne. En
1835, il quitta la Sardaigne pour se rendre a Turin oil il etait appele pour
occuper la chaire de clinique medicalc a la faculte de medecine. Sacchero ne
tarda pas a se 1 aire un nom et une position elevee dans la science: la Societe
medico-chirurgicale de Turin el un grand nombre d autres Societes savantes le
recurent dans leur sein ; plus tard, il devinl president de. 1 academie royale de
medecine de Turin. Obscrvateur distingue, il a laisse un grand nombre d ou-
vrages et de memoires importants sur divers sujets relatifs a la medecine, sur
la semeiotique du ]>ouls, la pleuro-pneumonie, la meningite cerebro-spinale, les
alterations organiques du coetir, la phlebite uterine, etc., mais surtout uu
grand nombre d observations cliniques; excellent professeur, il forma nombre
d eleves et sut se faire aimer d eux; 1 un de ses ouvrages de clinique fut meme
public aux frais de ses rlrvrs, par souscription ; praticien hors ligne, il acquit
une gramlr dinilele et sut justifier la conlianrr qu avaient en lui ses compa-
Iriolcs. Sacclicro moiiriil dcs suites d une pleuro-pncnmonie le 22 Janvier 1855,
vivciiicnl rc-irlli de ses confrere-, ilc ses malades et de ses rlf-ves. Nous cite-
K ms de lui :
I. Diss. inaitg. de digilali. Augusts Taurinorum, 1808, in-4. IF. Depulsibus organicis,
dia/jnoslicis et prognostics, nee non de corum insiyni utililate iu morborum thcrapeia
dirigi iidit s/ifi ii/ii-//, i inn iconibus. Avigustffi Taurinorum, 1823, in-8. HI. Descrizione
d un nconato moslrnoso. In Omodei Annnli univers. di medicina, t. LV, p. 95, 1830 et
Archives gen. de med., t. XXIV, \\. 117, 1830. IV. Avec BERRUTI et CXNTU : Manuele />rac-
! del Cholera-morbo. Torino, 1835, in-8". V. Tratteninienti clinici. Fuse. 1-9. Torino,
1830, in-8. VI. llendiconto clinico per gli anni accademici, 1835-36, 1836-37. Torino,
1X38, in-8. VII. Avec M. REVIULIO : Conferma della virtu antiflogistica del china-cliina .
Torino, 1840, in-8. - - VIII. Sulle acquc minerali acidulo-satine di San Vincenzo nella
vallc d Aosta. In Giornale delle science mediclie. Marzo 1840, et Annali univ. di Med.,
t. XCVII, p. 2 26, 1841. IX. Delia flebite uterina diffusa delle puerpere ; In Omodei An
nali univ. di med., t. XCV1II, p. 241, 1841 ; t. CI, p. 241, 1842. X. Intorno al persolfaio
di cliimna. In Giorn. della Soc. med.-chir. di Torino. Giugno, 1812. XI. Storia di una
pleuro-polmonite, con reflessioni. In Giornale delle Science med. di Torino. Agosto, 1842
el Annul, univ. dimed., t. CIV, p. 224, 1842. XII. Storia di meningite cerebro-spinale,
seguita da improvisa apoplessia capillare, con epicrisi. In II Severino, giornale med.-clii-
rurgico, febbrajo, 1842 et Annal. unit , di med., t. GVI, p. 244, 1843. XIII. Intorno alia
porpora emorragica. In Annal. univ. di med., t. CVII, p. 34, 1843. XIV. ftendiconto
clinico per yli anni accademici 1837-5S, 1838-39, 1839-40, 1840-41, 1841-42, 1842-45. Torino,
184i, in-8". Ext. in Annal. univ. di med., t. CXV, p. 173, 1845. -- XV. Sulle alteration/
organiche del cuore e dei grossi vast. Memoria giudicata degna di premio nel nono con-
gresso degli Scienzati Italiani tenutosi in Venezia nel sett. 1847. In Annali univ. di med.,
t. CXXVI, p. 246, 478, 1848 ; t. CXXYII, p. 5, 225, 1848. XVI. Applicable dell 1 etere
solforico nella cura delle neuralgic estenie. In Giorn. della R. Acad. med.-chir. di Torino.
Maggio, 1849 el Annali univ. dinted., t. CXXIX, p. 440, 1849. XVII. Ire casi di tuber-
colite o tissi polmonare osservati e curati con buon esito, etc. In Giorn. dell Accad. med.-
chir. di Torino, 31 maggio, 1850 et Annali univ. di mcd., t. CXXX1II, p. 611, 1850. -
\VUI. Articles in Repert. med. del Pienunite. L. llx.
s\< in (CARLO). Chirurgien italien de merite, naquit a San Martino Sicca-
mario, dans les Etats Sardes, en 1800. Apres d excellentes etudes lilteraires et
medicales a Pa vie, il prit le bonnet de docteur dans cette ville, en 1825. Doue
d un esprit tres-juste et d un discernement remarquable, il avait fait de rapides
progres en chirurgie, son art de predilection. En 1826, il se rendit a Yenise et
obtint une charge de chirurgien a 1 hdpital civil de cette ville; la il ne negligea
rien pour se perfectionner; il amassa une foule d observations, tenant toujours
compte des progres de 1 anatomie pathologique et enrichissant cette science de
SACCO (LES). 33
ses propres decouvertes. Riche deja en notions cliniques, mais desireux de les
(itendrc davantage, il alia a Milan, et entra a I Hopital-Majeur en quulih d<- chi-
rurgieii. Mais sc trouvant la dans nne position d inferiorite, il cspera par un tra
vail incessant arriver au premier rang. La fortune Ini fut contraire, et il se vit
oblige de se retirer a la campagne ; il devint successivcment chirurgien titulaire
a Fhopital de Desio et a Thopital deTrcviglio. Son amour pour la science n avait
pas diminue, et n etait egale que par son devouement pour les malades de son
service hospitaller et pour ceux dc sa proprc clientele. Surmene et fatigue, at-
teint d une maladie organique du coeur avec complication pulmonairc, il se vit
bienlot force de renoncer a sa carriere active. II ne se croyait pas morlellement
atteint, et confiant cnl avenir, se fit inscrire parmi les collaborateurs du nouveau
Journal de medecine pratique, que 1 illustrc Namias vcnait de fonder a Yenise.
Sentant le besoin de respirer 1 air natal, il se retira dans sa famillc et succomba
peu apres, le 29 novembre 1834, a peine age de 54 ans.
II a public d excellents memoires dans les Annales d Omodei:
I. Memoria sull idrocelc delle donne. In Omodei Annall univ. di mrd., 1. LVIF, p. 437,
1831 ; trad, francj. par OLLIVIER DANGERS. In Arch. gen. de mcd., t. XXVI, p. 574, 1851.
II. Considerazioni patologico-cliniche sulla gangrena dci jio/n/nni. Ibid., t. LX, p. 225,
1831. 111. Memoria null idrope cil i:\lir/>ii:i(>nc dcllc ovajr. Ibid., t LXlIf, p. 257, 1832.
IV. Safjgio di osservazioni soj>ra il 90:50. Ibid., t. LXIV, p. 408, 1832. V. Storia di
un voluminoso tumors alia mica felicemente estirpalo. Ibid., t. LXV1I, p. 517, 1833. -
VI. lielazione dell e/ndemia vajuolosa eke domino in Treviylio necjli anni 1852-33. Ibid.,
t. LXVIII, p. ,493, 1835. L. H N .
SACCO (JOSEPH-POMPEE). Ce medecin celebre naquit a Parme, le 14 mai
1654, et mourut le 22 fevrier 1718. Recu docteur en medecine et en pbiloso-
phie le 19 aout 1652, il parvint rapidement aux plus hauls emplois ; le due de
Parme le nomma a la chaire de theoric, le 5 novembre 1661 ; en 1694, 1 uni-
versite de Padoue lui confiait successivement les chaires de pratique et de theorie ;
Sacco retournait plus tard dans sa patrie et y devenait premier professeur, charge
dans 1 exercice de laquelle il succomba. Ses ouvrages sont assez nombreux, mais
revelent un esprit trop enclin aux fantaisies systematiques ; c est ainsi qu ardont
defenseur de la doctrine de 1 acide et de 1 alcali, theorie qui du reste etait en
grande vigueur de son temps, il elablit les fondements de la medecine sur ces
deux principes, comme si la nature se complaisait a satisfaire les elucubrations
des hommes.
I. Iris febrilis, foedus inter antiquorum et recentiorum opiniones de febribus promittens.
Genevae, 1684, in-8 ; Venet., 1702, in-8. II. Nova inetliodus febres citrandi, funda-
mentis acidi et hlcali superstnicta. Genevae, 1684, in-8, etc. III. Medicina theorico-nrac-
tica. Parmse, 1687, l(J9li, 1707, in-fol. IV. Novutn systcma medicum ex unilate doc-
trince antiquorum et recent ium. Parmse, 1793, in-4. V. Medicina rationales praclica
Hippocratis. Parmse, 1693, ia-4. VI. Opera omnia medica. Venetiis, 1740, in-fol.
A. C.
Sacco (LuiGi). Medecin ilalien distingue du commencement de ce siecle,
1 emule de Jenner, fit ses etudes a 1 universite do Turin et y prit le bonnet de
docteur vers 1795. II s etablit ensuite, suivant Callisen, a Ghambery pour y
exercer la medecine et se trouva pendant quelque temps a la tete de 1 hopital
civil de cette ville. Plus tard, il se rendit a Milan, ou il ne tarda pas a acquerir
une grande celebrite; il devint successivement directeur general de la vaccina
tion (1800), medecin consultant au service central de sante, premier medecin
et doyen du grand hopital de Milan.
Nomme en 1835 chevalier de 1 ordre imperial autrichien de la Couronne
D1CT. ENC. 5 e S. VI. 3
54 SACEDON (EAUX MINERALES DE).
de For, il niourut le 25 decembre i856, laissant ties ic-ivb anaiiimes el
Je souvenir d unc vie consacree exclusivement au soulagement de ses sem-
blables.
Sacco s esl particulierement occupe dc vaccine et de vaccination et a publie
lies ouvrages eslimes sur la matierc ; il a eu le me rile de propager la pratique
de 1 inoculation vaccinale dans lout le royaume d llalie, a une epoque ou elle
etait a peine connue dans la plupart des autres pays de I Europe, en t-xcrplaiif
toutefois 1 Angletcrre. II eut 1 insigne honneur de vacciner ks enfants du prince
Eugene de Beauharnais, alors vicc-roi d ltalie et prince de Yenise, tjui accorda
Ic.s plus grands enriHiragriin iils an\ dlorls dc Sacco. II aniena ainsi la dispari-
lion dYpidnnii s Ires-graves de variole a Bolognr el dans d autres villes de
I ltalic ; une soriele de Bologne, pour le recompense! des services qu il avail
rend i is dans ceite yuie a la science el a rimmanile, lui dccerna une medaille
d honneur; k niiinicipe de la meme ville lui decerna une aulre medaille, sur
1 une des laces d (; hiquclk on voit un genie offrant une couronne devant un
msle, sur le piedeslal diiqnol es| representee une vache. Celte medaille presente
roiimie inscription : sic MOIUMIS MOKIUI en; m n. vm CALEND. MAJI A>NO i.
IIEIP. MDCCCII. Nous connaissons de lui :
I. Observation/ />rn/i<-/u- null nx<> del cujnolo vaccino como preservative del vajuolo
Hinanti. Mil;inn, ;ui IX ^1800), in-8", 1 pi. II. Memoria sulla vaccina, unico mezzo per
,-ilii iinri- i-dtln-iilni/ iilo il rtijitoto umann. Mihino. 1803, in-S. HI. Trattalo di vaccina-
zione, con osserivtzio/// sul giavardo e vajuolo pecorino. Milano, 1809, in-4, ay. 4 pi.; trad,
franc;. : Traile d< vacrinalion, avec des observations sur le javart et la variole dcs betes a
comes. Trad, de 1 ital. par J. DAQDIN. Chambery, 1811, in-8 ; 2 e edit. Paris, 1813, in-8 ;
nouv. ed. Paris, 1818, in-8; trad, allern. par K. SI-RESGEL. Leipzig, 1812, gr. in-8.
IV. Schreiben an Mnlfalti iiber die Identitiit dc/- Grease und dcr Vaccine. In Htifeland s
hum. dei- Ih ilk., I d. XVII, St. 4, p. 187, 1804. -- V. De vaccinationis necessitate pei
tulum orbein rite iiisliliu-ndu . Diss. habiln in tertio concessu universali congregatiotiis Sov.
\<>t. Cur. et Medicor. German/a- in aula Ccesarre Univers. Vindobon. d. 26 sept. Mediolani,
1832, in-4. L. llv.
SACCULE. \orj. OREILLE MUVEANE. D.
s*< i:oo\ (EAUX MIXERALES DE), hypotltermales, ame tallites, carboniques
ntoyennes, sulfureuses faibles. En Espagne, a 40 50 jle latitude, et a 1 de
longitude orientale dc .Madrid, a 5 kilometres de la ville de Sacedon qui leur a
donne son nom et qui est le chef-lieu du district ; dans une valle e arrosee par
les eaux du Guadiela, a la limite des provinces de Guadalajara et de Cuenca.
Les thermes de Sacedon sont batis sur 1 ancieune cite de Contrevia. nommee
ensuite Tiberia, a cause de la conquete que fit 1 etnpereur TibSre de toute la
contree, ainsi que 1 indiquent plusieurs fragments et inscriptions trouves a
diverses epoques. Les Arabes avaient ces eaux en telle estime qifils les nom-
maient falam-bir (puits de la sante). Us batirent dans cette ville, important^
en 971, des temples dont on retrouve encore les ruines. Un manuscrit du
celebre medecin Achmet Ben-Abdallah, date de 1051, traduit en 1761, par
Mariano Piri, medecin de Valencia, racontc que les baigneurs etaient nombreux
alors et qu il fallut rebatir un nouvel etablissement sur 1 emplacemeut des
bains remains. Ce fut sous Alphonse VI, a 1 epoque de la destruction des bain^
Ibermaux de 1 Espagne, que les constructions arabes dispanirent et qe la sta
tion de Sacedon fut de nouveau abandonnee. Ce n est qu en 1816 que ces bains
fnrent tires de 1 oubli ; la guerison de Ferdinand VII en fut la cause. La reine
Isabelle de Bragance, sa femme, fit construire la maison de plaisance de Sace-
SACEDON (EAUX MISSEUALUS DE).
don et la fortune de .la station commenca. (Vest aujourd hui une des plus fre-
quentees de 1 Espagne. Trois routes conduisent aux bains de Sacedon : celle de
Madrid et d Acala, celle de Toledo et d Ocana et celle de Cuenca qui suit le
Tage. La vie y est facile et la nourriture a bon marche. Chaque hotel, chaque
maison a son jardin. Les distractions des soirees sont les jeux, les bals et le-^
spectacles. Sacedon est pourvu d un hopital civil et d un hopilal militaire. L;i
saison s ouvre le 15 du mois de juin et finit le 21 septembre.
Deux sources emergent a Sacedon et aux environs. Nous nous contenteron>
de parler de la principale, Fautre ne servant qu en boisson. Elle se trouve a
droite de la route qui conduit au bourg de Sacedon. La source principale sort
d un terrain terliaire compose d argile calcaire, et est regue dans un bassin
carre qui se trouve au milieu du rez-de-chaussee de 1 etablissement. Son de-bit
est, d apres don Pedro Bermudez, de huit cent soixante-douze mille litres en
vingt-quatre heures. Cette eau est claire, limpide et transparente ; elle n ;i
aucune odeur, si ce n est que pendant les temps orageux elle sent les 03ufs couves :
elle n a, a peu pres, aucune saveur au griffon, ce n est qu au contact pvolonge
de 1 air qu elle prend un gout legerement amer. Elle est onctueuse au toucher;
des bulles gazeuses assez grosses et assez nombrcuses \iriiiirnl s epanouir a sa
surface ou sur les parois interieures de son bassin de captage. Sa temperature
est de 29, 4 centigrade, celle de 1 air etant de 25 centigrade. Sa dcnsite est la
meme que celle de Feau distillc e. MM. Mancio, directeur de 1 etablissement,
aide de don Rafael Saez y Palacios, pharmacien en chef de I hopifal general dc
Madrid, out trouve, en 1844, dans 1000 grammes de 1 eau de la source princi
pale de Sacedon les principes suivants :
Snlfate de chaux 0,355
magnetic 0,188
Carbonate de chaux 0,045
Clilorure de sodium 0,080
magnesium 0,020
calcium 0,001
Silice, matiere organique et maliere resi-
neuse traces.
Perte 0,053
TOTAL DES MATIERES FIXES 0,742
,, ( acide cai-bonique 21 cc. it
1 \ hydrogene jull uru traces.
L etablissement de Sacedon se compose d une buvette, de dix-sept cabinet ,
de bains situes sur le griffon meme de la source dontles baignoires ou piscines
de famille sont taillees dans la pierre ou decorees de carreaux de faience. On v
descend par des escaliers de deux ou trois marches. Les cabinets sont grands,
bien aeres et bien ventiles, deux sout pourvus de chambres de repos ou les
malades peuvent se coucher en sortant de leur bain.
EMPLOI THERA.PEUTIQKE. Les eaux de Sacedon sont employees en boisson et
en bains. A 1 interieur, elles sont conseillees a la dose de trois a six A r erres par
jour, le matin a jeun et le soir avant le diner ; leur action physiologique la plu-
marquee est une diurese parfaitement caracterisee. La duree des bains est d une
demi-heure, en general ; ils s administrent depuis la temperature de la source
jusqu a 55 centigrade. Les affections ou ces eaux mine rales sont le plus utile-
ment employees sont les rhumatismes articulaires ou musculaires chroniques
certaines nevroses et les affections cutanees secretantes qui n ont pas besoin.
pour etre favorablement moditlees ou gueries, d etre ramenees a un etat ami.
.jlj SACHS (LLS).
On doit associer, pour lc Iraitcment de ces entites morbidcs, la cure interne et
la cure externe, en faisant attention de ne pas prescrire a tons les malades des
bains a un memc degre de chaleur. Ainsi la balneation hyperthermale convient
aux rhumatisants, la mesothermale aux herpetiques et 1 hypothermale aux per-
sonnes dont les neri s doivent etre calmes par un sejour dans une eau relativc-
meut peu chaude.
La dure e de la cure cst de neuf a quinze jours.
On exporte les eaux de Sacedon a Madrid, a Tolede, a Cuenca et dans toutes
les villes voisines. A. ROTUREAU.
BLBLIOGHAIMIIE. -- I i i-nro (Pedro-Maria). Tratado complete de las fuentes minerales de
Espana. Madrid, 1855. A. R.
SACHET. Sac ordinairement fait de mousseline, contenant des substances
medicamenteuses, el destiu< ; a rtre applique sur les parties malades. On lui
donne la formr qui s adaptc le mieux a la jiartie qu il doit recoil vrir; aussi
porte-t-il qurlqinTnis le nom dc CEINTURE, de COLLIER ou de CRAVATE. Dans tons;
les cas les sachets doivent rtre piques pour assurer la repartition uniforme de la
substance employee, qui esl presque toujours en poudre. L oreiller ou le matelas
sont transformes en sachet, si Ton \ introduit, coinmc ou l a deja fait, des medi
caments annnatiques dont les emanations soient susceptibles d etre absorbees.
Les anciens cucitpln-x ( laient des bonnets remplis de poudres dites cephaliques
qu on appliquait sur la ttMe.
Yoici qti< li|iir- evemples. qu on pourrait beaucoup multiplier.
Collier de Morand (con Ire le goitre). Sel ammoniac, sel conimun, eponge
i .ilc iiK c, parties egales.
Ceinlure antirhumatismale de Marjolin. Camphre, 8 ; benjoin, 10; eu-
phorbe, 10; sel ammoniac, !20.
Sachet iodare (Ureslau). lodure de potassium, 10 grammes; sel ammoniac,
XII grammes.
Sachet re solutif ammoniacal. Sel ammoniac, chaux eteinte, parties egales.
Sachet stomachique. Giroflee, 7; marjolaine, 15; romarin, 50. D.
(LES). Un grand nombre de medecins allemands ont porte ce nom;
nous citerons entre autres :
Sachs von Leivenheimb (PniLipp-jAROB). Naquit a Breslau le 26 aout 1627;
il tit ses etudes danssa ville natale et a Leipzig, oiiil 1 ut recu maitre es arts apres
son cours de philosophic, en 1648. Mais desireux d etudier la medecine, il visita
successivement les universites les plus celebres, voyagea en Hollande et dans les
Pays-Bas, s arreta quelque temps a Strasbourg, puis fit un court sejour a Paris
et a Montpellier, et cnfm alia terminer ses etudes medicales a Padoue, ou il ob-
tint le grade de docteur. II revint ensuite dans sa patrie, et se distingua bientot
dans la pratique ; en recompense de ses nombrcux services, il tut nonime en 1 670
medecin pensionne de Breslau. Mais il ne put jouir longtemps de cette charge,
car la mort 1 enleva le 7 Janvier de 1 annee suivante. II faisait partie, sous le nom
de Phosphorus, de 1 Academie desCurieux de la Nature; en 1666, il fut charge
par elle de la redaction du recueil de ses ephemerides. Sachs etait un homme
des pluserudits, mais il ne brillait pas par le jugement; cependant ses ouvrages
ont une valeur reclle. On a de lui :
I. Ampelographia, sive vitis viniferce ejusque partium consideratio phys.-phil.-hist.-
SACHS (LES).
mcd.-chymica. Lipsiffi, 1661, in-8. II. Responsoria dissertatio de miranda leqridum
nalura. lense, 1664, in-8" (avec la dissert, de J.-D. MAYOR. De cancris et serpent ilms petre-
factis]. III. Oceanus macro-microcosmicus, sen dissertatio epistolica de analogo mot it
aquarum ex el ad Oceanum, sanyuinis ex el ad cor. Vratislav, 1664, in-8. IV. Gammaro-
logia, id est, yammarorum sive cancrorum consider atio. Lipsise, 1665, in-8".
(GEORG-TOBIAS-LUDWIG) , ne en Cariathic en 1794, sc fit recevoir
docteur a Erlangue en 1812, ct la nirino annc e obtint le litre de professeur
particulier a 1 Universite. II mourut a 1 age de vingt-huit ans, le 6 mai 1814.
On le cite pour sa dissertation inaugurate qui est tres-bonno ; alliino, ainsi quo
1 une de ses sceurs, il y donna 1 liistoire physiologique de cette drnnnv ct \\\
sienne.
Diss. inattg. histories naturalis duorum leuccelhiopmn auctoris ipsius el sororis ejus.
Erlang, 1810, in-8. L. UN.
(ALBERT), ne a Berlin le 29 aout 1805, commenca ses etudes nn ili-
cales dans sa ville natale en 1820 et y prit le bonnet de docteur en 1825; il
exerca son art a partir dc 1826 et se distingua surtout coninic chirurgien. II
succomba prematurement de phthisic le 11 novcmbre 1855. Sachs rhiil. membrc
de la Societe chirurgicale de Berlin et a
I. Diss. inaug. de aquce communis applicutione cxlerna. Berolini, 1825, gr. in-8. -
II. Griindliche Darstellung der gebrduchlichsten aussern ll<ntsmillcl in lliernpeiil. Bezuge,
etc. Berlin, 1827, iri-8. -- III. Tagebuch ilbcr das Yerluitlcu der twsfirligen Cholera in
Berlin, sett 1S51. 1 Nachlrag. Berlin, lSr.2, in-4. IV. line trad. : LARHEV. Cltirurgische
Klinik., etc. Berlin, 1830-31, gr. in-8. V. Beschreibumj dues einfachcn Rctlgeslellex /"/
Hospitaler. In Grdfe u. Walthers Journ. der Chir., Bd. IX, p. 556, 1820, lig. VI. AVr.s
Ophthalmophantom, etc. In Hufeland s Journ. d. Heilk., Bd. LXV, p. 113, 1827; lirage a
part : Berlin, 1827, in-8. VII. Das Chinabier, cm nenes Chinaprilparat. Ibid., P>il. I \\.
p. 120, 1S30. VIII. Bemerkungen i tber die Zulassigkcit clui-urgim-hi-i- Operational in
zweifc-lha/ tcn Fallen. Ibid., Bd. LXXI, Suppl. II., p. 1J3, 1830. IX. Aderkropfoperation
Cirsotomie. In Berlin, encyclop. Worf.erb. d. ined. \Yiss., Bd. I, p, 366, 1828. X- Das
elastiche Liyaturwerkeug. In Horn s Archiv f. med. Erfahr., Bd. I, p. 273, 1829, fig.
XI. Einige Bemerkungen iibcr die Form und Behandlungsart der Brenneisen, etc. Ibid.,
p. 500, fig. XII. Beschreibung des elastisclien Ligaturwerkzeuges und der birnformigen
Brenneisen. Berlin, 1829, in-8, fig. XIII. Die Acupiinclur gegen die Prosopalgie mil
Gliick angewendet. In Froriep s Nolizen aus der Natur- und Heilk., Bd. XXXIV, p. 336,
1832. XIV. Die Verschwarung des Nagelbelles, etc. In Grdfe u. ]] alther s Journ. der
Chir., Bd. XXII, p. 108, 1855. XV. Vorschlage zur Verbessening in der Construction
der Augen-lnstrumente. In Berl. Med. Centraheit., 1836, n 1 J. XVI. Augenentmndung
>>ei Erschutterungen des Schadels und Verletzungen der Hirnhaute. etc. In Sac/is medic.
Denkwurdigk., Bd. II, St. 1, 1836. L. Hx.
(LuDwio-WiLHELM) . Ne a Gross-Glogau, en Silesie, le 29 decembre
1787, fut destine par sa famille au commerce; mais son gout pour 1 etude de-
termina sa vocation, et il etudia la medecine d abord a Konigsberg, puis a
Berlin et a Gottingue, et prit le bonnet de docteur dans cette derniere ville en
1812. La meme annee, il devint me decin en chef a I liopital militaire de Ko
nigsberg; il pratiqua 1 art de guerir dans cette ville a partir de 1814, et y de
vint successivement privat-docent en 1816, professeur extraordinaire a la
Faculte de medecine en 1818, et professeur ordinaire de medecine pratique
en 1826; en 1852, il fut nomme directeur de la policlinique; en 1855, doyen
de la Faculte de medecine de Konigsberg. Sachs avail obtenu en 1852 la grande
medaille du merite civil en or, decernee par le gouvernement autrichien, et en
1840 la charge de conseiller medical secret. II etaitdeplus chevalier de 1 ordre
de Saint-Vladimir et membre correspondant de la Societe medico-chirurgicale
de Berlin.
o8 SACHS (LES).
Sachs a laisse un grand nombre d ouvrages estimes, parmi lesquels nous si-
gnalerons surtout deux ouvrages relalil s u un Systeme naturel (dynamique) de
medecine pratique, et un dictionnaire de therapeutique liiil par lui en collabo
ration avec Bulk, et dont les articles les plus importants, nitre autres Quinquina
et Ojrium, furent publies a part. 11 etait de plus 1 un des redacteurs des
Schmidt s Jahrbucher der Medicin. Voici du reste remuneration des princi-
paux Iravaux de ce savant medecin :
I. Diss. inaug. pltysiol. de humorum corporis animalis vi vitali. Gottingrc, 1812, in-8.
II. Gruncllinicn i einem naliirlich dynamischen Systeme der pract. Medicin. Thl. I.
Berlin, 1821, gr. iu-8. III. Analecla ad variularum originrs spectanlia. Diss. med.
Hegiomonli, ISJTi, gr. in-8 (egalement sous le litre : DC originibus variolarum liber.
Ibid., 1824). IV. Ueber Wissen und Gewissen. liedcn an Acrzle. Berlin, 1826, gr. in-8.
V. Versuchc zu emcin Sc/tlussworte iiber S. lldhneinann s homdopathisches System ;
nebst einigen Conjecturen. Leipzig, 182ii, gr. in-8. - VI. De accuratiori rheumatismi et
arthritidis diagnosi prodromus. Regiomonti, 1820, gr. in-S; Lipsia;, 1827, gr. in-8.
VII. Handlnicli dot nri/tir/ir/ieii ,S,/.sVcwx <ler practischeri Medicin. Leipzig, 1828-29, gr.
jn-8. Y11I. En collab. avec F.-l . Dulk : Eanduoorterbuch der j>rticti*c//en Anneimittel-
l.ln-,-, ;iiiu l ,i hi-(incli fiir iiiitjr/ti-ittlr ,\rr;/e und Physici. Konigsberg, 1850-32, gr. in-8,
2 parlies. IX. Die China u/i/I die Krciiikhfilen, U elche sie heilt. Konigsberg, 1851,
gr. in-8. X. Offenes Hcnd^-lurihrn die Cholera betref/ cnd. Konigsberg, 1S51, pet.
in-8. XI. Die Cholera nacli eigenen Erfaltrungen in di i r./i/i/cuiic ; Konigsberg im
.lulii c 1851. Konigsberg, 1852, in-8. Ml. Si/mbola ad ctiratimn in ji/it/<i.<ei_ n emendan-
dam (en I homieur de llufeland). Regiomonli, 1855, in4. XIII. Das Quecksilber. K6-
nigsb., 1854 (1835), gr. in-8. XIV. Die Hom.oeopalh.ie utnl der Hen- K"]>/>. Einc Ki i-
tik, etc. Leipzig, 18, ii, gr. iu-8. XV. Das U/>/iim. Konigsb., 1850, gr. i,n-8. XVI. Der
Spiessglanz. Ibid., 1836, gr. in-8. XVII. A>i//ir<>/>iin<i>ni< . In P/ erer anat.-physiol.
Reala ort .-rb., Bd. 1, p. 50J, 1816. XVIII. Einige ISann hi/ntjen fiber Bereitintg, Bewe-
gung und Gerinnung des Dlitls, oder iiber IriitnlnliliU. In Heitftingrr s Zeilsclir. fur orga-
nische Plnjsik., Bd. Ill, II. 2, p. 157, 1828. XIX. Acrzlliches Gutachten iiber die anzu-
ircndende Behandlung des Kranken tin Xorbr. Hr/ t 1827; nebs! Bemerkungen iiber
Nervenkrankheiten. In Hnfeland s Journal d. Heilk., Bd. LXVII, p. 7, 1828. XX. Ueber
das Wesen der Wechsel/ieber o/s Nervenkrankheit bctraclitet. Ibid., Bd. LXXIII, p. 126,
1831. XXI. Einige Bemerkungen iiber die Krtinkhcit, irrl<-he den Tod des D Ernst r.
Grossi in Munchen reranlasst hat. In Mcd. Conversalivnsbl., H. 5, p. 228, 1850.
XXII. Acupunclnr gegcn Prosopalgie. In Froriep s Nolizen aus der Natur- u. Heilk.,
n 747, 1852. L. Hx.
Sachs (JOHANN-JACOB), cclebre medecin allemand, naquit a Markiscli Fried-
land le 26 juillet 1805, de parents Israelites. II fit ses humanites et ses etudes
medicates a Konigsberg, et apres s elre 1 ait recevoir docteur a 1 universite de
Giessen, alia exercer la medecine a Berlin en 1828. II ne tarda pas a acquerir
une grande reputation tant comme praticien que comme auteur. Recu docteur
n philosophie ad honorem a 1 universile d Erlangue en 1832, il fonda la meme
annee le Berliner medicinische Cenlralzeitung, qui prit en 1842 le titre de
Allyemeine medicinische Centralzeitung,cren en IS 5 6 I Almanack medical de
Berlin, qui parait encore actuellement, et redigea de 1858 a 1841 le Reperto-
risches Jahrbuch fiir die Leistimgen der gesammten Heilkunde, f onde en 1832
par Bluff. Les deux premieres de ces publications sont actuellement redigees
par CarlRosentbal.
Nomme en 1 842 conseiller medical du grand-duche de Mecklembourg-Schwerin.
Sachs mourut a Nordhausen, pelite ville de la province de Saxe, le 11 Janvier
1846, apres une vie extremement active, mais trop tot terminee. 11 etait membre
d un grand nombre de societes savantes. Nous citerons de lui :
I. Die Versammlung der Deutschen Naturforschcr und Aerzle im Jahre 1828, kritisch
beleuchtet. Leipzig, 1826, in-16. II. Grundriss der Didlctik belm Gebrauch aller Mineral-
wasser und besonders der in den Slruveschen Trinkanstalten. Berlin, 1830, in-8.
III. Die vielfachen Fchler und Uebcl in der jetzigen hauslichen und offentlichcn Enie-
SACHSE. 59
hung, etc. Berlin, 1850, in-8 a . IV. Aei-zlliches llenu ildc des weiblichen Li-bens im i/es
den und krankhaften Znslande, etc. Berlin, 1830 (1829), in-S. - - V. Allgeineine lehren
von den epidemischen und ansteckenden Kraukheiten, insbesondere dcr Cholera, etc. Ber
lin, 1831,in-8. VI. Ueber die Cholera auf deutschem Bodcn, etc. (Supplement au pre
cedent). Berlin, 1851, in-8. VII. Berirht iibcr die Yersammlung dcr Deutschen Nalurf. u.
Aerzte in Hamburg. Hamburg, 1831, in-1 2. V1H. Chrixlinn \\ilhelm lluf eland. Ein
Riickblick auf sein 10 jdhriges Lcben und \\ irkrn, etc. Berlin, 1852, gr. in-8. IX. ,!///-
theilungen fiber Wien in naturwissenschaftlicher iuul iir-Jliclier Jte-Je/mni/, etc. Berlin,
1832, gr. in-8. X. Ueber die schwankende Actiologie der Cholera. In Deri. med. Zei-
luna. Jahrg. I, n 4, p. 53; n 5, p. 65; 1832. XL Die In/ltinr.a, etc. I oisd.-im, 1832,
in-8. XII. Zur Wurdigung der zeitherigen lite.rarischen L nilriebe gegen inich, etc. Ber
lin, 1842, gr. in-8. XIII. Nm-htrag :r \Viirdignng, etc. Berlin, 1843, gr. in-8-.
XIV. Nombreux articles dans Med. Almanack, Ihifeland K Dibliolli. d. lleill,, llerl. med.
Central^-ii. . A/lgem. med. Ccnlraln-ii., Radius s Mitlheilungenuber die C/ndcrn,
med. Zeilung, etc. L. UN.
(JOHANN-DAVID-WILHELM). Savant juc dcciii allcmand ; naquit a Uelzm,
dans le Lunebourg, vers 1775. II fit ses etudes medicales a Gottingue, et y pril
le bonnet de doctcur en 1795. II s etablil tout d abord a Uelzen, puis .MI 1795 a
Parchim, ou il epousa la fille du c( ; liM)iv nuMlirin L.-F.-B. Lentin. Nous Ic rc-
trouvons en 1806 a Schwerin, en qualili dr nieilccin <lc la cour ; plus lard il I ul
f leve a la charge de medecin parliculici- du ^rand-din- lc Mecklembourg-Schwerin,
et en 1822, nommr dicvalierde 5" classe de I onliv dr 1 Aigle-Rouge. II liabilaii
alors Ludwigslust. Enrecoiupcnsc dcs soius iju il donna a la grande-duchesse In ri-
tiere Alexandrine dans unc maladie grave, il obliul de crllo-ci un anneau garni
de brillanls. et du grand-due la grande medaille d or du nn rite; a la nu ine oc
casion. le roi de Prussele gratifia d une tabatierc orm e dc brillanls el dc la Nigna-
lure royale. Sachse se retira dans la vie privee en 1857. II ctait membre d un
grand nombre de societes savantes. II a beaucoup ecrit, particulieremenl sur \< <
maladies des eni ants, la vaccine, la plitbisie, etc. Nous citerons de lui :
I, Diss. inaug. de tympanitide. Gottingae, 1793. in-8. II. Beobachlungen und Bemei -
kungen iilxr Kutipocken, etc. Berlin u. Sleltin, 1802, pet. in-8; nouv. ed. 18n4, in-8.
III. Das Wissenswurdige tiber die liaulige Rrdune. Liibeck und Hannover, 1810-12, gr. in-8.
IV. Beitragc zur genauen Kenntniss der Ke/ilkopf- und Luftrohrenschwindsur.ht (ou encore
sous le litre de J.-E. Wichmann. Ideen zur Diagnostik, Bd. IV). Hannover, 1821, gr. in-8,
-3 Kpfr. V. Leben A.-G.-L. Lent/us. Leipzig, 1808, gr. iu-8. VI. Bemcrkungen ilbei
Leberwassersucht. InJourn. der Erfind., Bd. Ill, p. 88, 1795. VII. Krankheilsgeschichte
der Tagelohnerin Haasen, welche viele Frbsclie ansbrach. lliid.. p. 134. VIII. Erdbceren
zur Ausforschung der Gegenwart des Bandwurnix. Ibid., p. 139. IX. Darstellnng iuul L ril-
fung der neuern Mehmngen fiber das Zahngeschdft der Kinder. Ibid., Bd. VIII, p. 3, 1799.
X. Beilrdge inr Geschichte und nahern Kenntniss der Nalur des Gesichtsschmerzes
(aus G.-C. Siebold s Scliriften). Ibid., lid. IX, p. 3, 1800. -- XI. Vom Scharlach-Friesel,
welcher in Parcliirn im Mecklenburgischen 17l>j herssc/ite. In Huf eland s Journ. dcr He/Ik..
Bd. Ill, p. 508, 1797. XII. Beobacht. u. Bemerk. iibi > die liulipocken, etc. Ibid.,
Bd. XI, St. 1, p. 154, 1800. XIII. Beobachtung eines Beinbruchs im Multerlcibe. Ibid.,
Bd. XI, St. 3, p. 107, 1801. XIV. Ueber Kulipocken-lmpftmg. Ibid., Bd. XII, St. 4, p. 104,
1801, et Bd, XIII, St. 1, p. 106, 1801. XV. Bruclmtucke aus finer Monographic iiber den
Croup. Ibid., Bd. XXVIII, Juni, p. 1, 1809; Bd. XXXI, Nov., p. 35, 1810 ; Bd. XXXII, Jan.,
p. 68, April, p. 34, 1811. XVI. Einige Beobaclitungen iiber den Typhus. Ibid., Bd. XLI ;
Dec., p. 128, 1815. XVII Eade-Chronik vom Jahre 1821, von den Eisen-und Schwefel-
quellen ~u Doberan. Ibid., Bd. L1V, Apr., p. 119, 1822. XVIII. Zwei Miitel gegen zwei
schwere Krankheiten : die acute Hirnwassersucht der Kinder, und gegen die hdutigc
Braune. Ibid., Bd. LX, Mai, p. 75, 1825. XIX. Nosologisdi-atiologische Abhandhing iiber
den Pemphigus. Ibid., Bd. LXI, Octob., p. 5 ; Nov. p. 28, 1825; et in Journ. complem. du
Diet, des Sci. med., t. XXIII, p. 228, 326, 1825, et t. XXIV, p. 44, 1826. XX. Wirkungen
der Erdbeeren auf den Bandwurm. In Bonier s Anna 1. der Arzne/m/ttellehre. Bd. I, St. 5,
p. 166, 1798. XXI. Zwei Erfahrungen iiber die gule Wirk. der Electricitat. In Allgeni.
medic. Annalen, Corresp.-BL, Aug., p. 127, 1802. XXII. Einige Bemerk. iiber die Litf-
trohrenschwindsucht, etc. In Rust s Mayas, f. lleilk. Bd. XIX, p. 551, 1S25. XXHJ. t cbci-
40 SACKLEN.
die Belohnungcn der Aerzte. In Hecker s Hit. Annul, d. Ilcilk. lid. II, 1825. XXIV. Zur Bio
graphic Lenlins. Ibid., Bd. XVI, p. 599, 1830. XXV. Ueb. die Wirk. der Melalle in der
Calalcps/s. In Horn s Arch. f. med. Erfalir. Bd. I, p. 249, 1829. XXVI. Vertheidigung der
Ontsee-Bader, elc. Scliwerin u. Berlin, 1837, in-8. XXVII. Articles : Angina, Aphonia,
Arthritis, Coeliacus flcxus. In Berlin, encyclop. Worlerb. der med. Wiss. XXVIII. Nom-
breux articles dans : Berlin. Cho/erazeit., Schmidt s Jahrb. d. Mod., Casper s Wochenschr ,
Preitss. med. Vereinszeil., Pierefs med. Zeit., Pabst s med. Zeit., etc. L. Hs.
s% HI i I:KI,\ (DiETERicH-WiLHELM), ne en 1765, recu docteur a Franclorl.
l>ratiqua la medecine et 1 obstetrique a Lippstadt, et mourut dans cette ville lc
19 octobre 1795, dans sa trentieme annee. Ses contemporains le conside raient
t-omme un medccin laborieux, ploin d avenir, appele a laisser un nom dans
1 histoire de son art, si la mort n clait venu lc IVa|per au debut de sa carriere.
II a laisse :
I. Dissertatio inauguralis sixlens animadversiones nonnullas circa nxutn forcipis Levre-
tiance in partu dif/icili. Emendatio qucedam forcipis Levretiance in tabula adjecta pro-
ponilur. Francl ort, 1785, in-J. --II. Bemerkungen itbcr die Natitr und Hriluny der
Brustcnziindungen, fitr anyehende Aerzte. Gotlingne, 1790, in-8. III. Yersuch einer
Medic ma clinica odcr praklische Pathologic und Therapie der auszehrcnden Krankheiten,
fur tnii/r/tcnde Aerate. Dantzip, 1792, in-8. IV. Kriti/t der vorziiylischen Hypolhese/i,
die Nalur, Ursache und llciluni/ des Kindbelt/iebers betre/ fend nebsl cinem ncuen prak-
tischen System der vcrschiedenen Arlrn desselben, :( lleriihif/uni/ aiigrheiider I raktiker.
Leijizig, 1793, in-S. V. Klinik der W/issersucht in ihrer ganzen Sippschafl ; ein Yrrsuch,
I iir Ain/ehcnder I raktiker //cxchi-iehi-n. Dantzig, 1795, in-8. VI. Beantwortung dcr
I i iii/i : mill limn i/as Austossen der Nachgebitrt der Xalur iiberlasscn ? odcr verdicnt cine
kilnstliche Entbindung den Vor^u/j? In Star k s Archiv fiir die Geburtskunde, t. I, 2 e cahier,
p. 5i. VII. Ili-iiicr/iiiiii/cn inn! Beobachtungen tiber die Natur und Heilungder Milchver-
srlzttttgcti. lliitl.,t. II, 2" cahier, p. 1. A. D.
s\< iiiM.i,\ (EAUX MiM .i .\i,r.s DE), Injpotliermales, amclallites, carboniques
moyennes. En Allcmagne, dans le grand-duche de Baden-Baden, dans le
cercle de Treisam, sur le bord de la Foret-Noire, emergent trois sources decou-
vertes en 1453. L eau de ces sources a, a pen pres, les memes proprietes phy
siques et chimiques. Ainsi elle est claire et limpide, legerement gazeuse,
inodore, d une temperature de 26, 8 centigrade. Son analyse a ete faite par
Keller, en 1829. Ce chimiste a trouve dans 1000 grammes d eau les principes
suivants :
Chlorure de sodium ........... 0,025
calcium ........... 0,002
magnesium ......... 0,006
Carbonate de chaux ........... 0,002
TOTAL DES MATIEHES FIXES. ..... 0,055
Nous ne donnons cette analyse qu a titre de renseignement tres-incomplet,
car elle ne peut nullement fixer sur les princijies elementaires que renferme
1 eau des sources de Sackingen.
EMPLOI THERAPEUTIQUE. Ccs eaux sont employees on boisson, en bains et en
douches dans un petit etablissement frequente aujourd hui sculement par les
personnes du voisinage qui viennent y cherchor la guerison d alTections rhuma-
tismales et surtout nerveuses. A. R.
BIBLIOGRAPHIE. OsANN (E.). Phijsikalisch-medicinische Darstellung der bekannten Heil-
(jiiellen. Berlin, 1832, t. II, p. 650. A. R.
SAIIM:\ (JOHAA-FREDRIC). Medecin suedois fort distingue, que Ton esl
etonne de ne voir figurer dans aucune biographic generate me dicale recente. 11
est ne a Bjomborg, en Finlande, le 19 septembre 1765. Fils d un bourgmestre,
SACRAMALOU. 41
il commenca ses etudes a Abo, puis sc rcndil a I universite d Upsal ou il pril
son grade de candidat en 1785; il partit ens.ui.te pour Stockholm, ou il fut
attache au grand hopital des Seraphins. 11 passa ses examens de licencie en 1786
et fut recu docteur en medecine a Upsal en 1788. Sacklen, qui avail etudie la
chirurgie, devint medecin militaire, fit a ce litre diverses campagnes avec son
regiment, et occupa successivement plusieurs postes importants dans les hopitaux
et conseils de sante de l armee. 11 est I autcur d une Histoire des medecins
sue dois, Ires-estimee, dans laquelle on trouve les renseigncments biographiques
les plus precieux; il mourut a Nikoping, le 12 mars 1851. Nous citerons dc
lui :
I. Disserlatio de calla. Abo, 1782, in-4. JI. Dissertation inauguralis dc usii inustio-
num vario et prceclpue in gangrccna metastatica. Upsal, 1787, in-4". III. Sveriyes-
Lakare Historia, ifran Homing Gustaf / er , till Nawarande Tid Nykoping, 3 vol. in-8,
1822-1824. A. D.
SAt OMBE (JEAN-FRANQOIS). Membre de 1 Ecole de Chirurgie, medecin ac
coucheur, ne a Carcassonne, vers 1760, mort en 1822. On pourrait hardiment
graver sur le tombeau de Sacombe celte epilaphe : Ci-cjit nn Itomme de talent.
noye dans la fange dn charlatanisms. Get homme, doue d une vivc imagination
et d une intelligence hors ligne, ne sut faire servir ces dons envies qu au profit
de sa cupidile. Sur 1 un de ses livres on lit pour epigraphe : Yerax et audax.
Biffez le premier mot et vous aurez. le personnage tout cntier. Et pourtant,
nous le repetons, Sacombe avail du talent. Son premier ouvrage poetique, la
Lucinade, est une oeuvre remarquable comme versification. Dans I exemplaire
que nous avons sous les yeux (exemplaire foii rare, puisqu il conlienl une pre
face que 1 auteur fit enlever dans les autres), Sacombe porle aux nues Pel ion.
maire de Paris. II est vrai que plus lard, en 18 16, le memo homme muselail son
cher Jacobinisme, et faisait relentir sur sa lyre les verlus de Louis XVI, de
son roi, qui,
Pour un Malesherbe, un Dcseze,
Avail trois cent trois vingts Lourreaux !
La Lucinade est un compose des plus bizarres de tout ce qui se rapporte,
directement ou indirectement, a 1 obstetrique ; le serieux y cotoie le grotesque,
la raison marche de front avec le delire. Voir, du reste, pour plus de details.
notre farnasse medical francais, p. 486.
Sacombe, qui eut a soutenir conlre I liomiete Baudelocque un proces dans le-
quel il fut declare calomniateur, el qui le forca a prendre la fuite, a signe les
ouvrages suivants :
I. Le me decin accoucheur. Paris, 1791, in-8. Tracluiten allemand. Manheim, 1791, in-1 2.
II. Avis aux sages-fcmmes. Paris, 1792, in-8. III. La iMcinade, ou I art des accouche-
ments, poeme didactique. Paris, 1792, in-8, etc. IV. Plus d operations cesariciiues, ou
le V03u de I liumanite. Paris, 1798, in-8. V. Resurrection du docteur Sacombe, 1818,
in-8. -- VI. Elements de la science des accouchemrnls. Paris, an X, in-8. Portrait.
VII. Venus et Adonis. Poeme sur I origine, la cause, les sijmptomes ct le traitement de la
Venusalgie ou maladie de Venus. Paris, 1810, in-8. A. C.
SACOPODIUM. Norn donne par Pline au Sayapemnn.
PLINE. Histoire naturclle. PL.
Nom donne aux Anlilles a une planle herbacee, probable-
menl un Phytolacca, dont les feuilles soul mangees comme legume.
LABAT. Nouveau voyage, 1,392. p L .
i2 SACRE.
s% iti, (PLEXUS)- Designe aussi sous le noni de Plexus sciatique, il esl
forme par la reunion du ncrf lombo-sacre aux branches anterieures des trois
premiers ncrfs sacrcs [voy. SACRES (Nerfs)] et a une partie de celle du qua-
trieme. Par la branche lombo-sacree (union de la cinquieme puire lombaire a la
moitie de la quatneme), il est en rapport en haul avec le plexus lombaire. En
has, il est en rapport a\cc le plexus hypogaslrique qui apjiartient an systeme
nerveux du sympalbique. Lcs divers trones nervcux qui coucourent a former le
plexus sacre convergent vers I eehancrure sciatique. Le nerf lombo-sacre descen
dant preMpie vei liealement le long de la paroi lalerale du bassin, pendant que le
i|nalrieme nrrf saciv aiileneur est dirige transversalement de dedans en dehors,
I enscniblc du plexus of Ire la forme d nn triangle donl la hase, placee en dedans,
s etend de la premiere \erielire lomhairc an ipialneine trou sacre anterieur, donl
le somnn l Irompie correspond a la partie inlerirure de la grande echancrure
M ialique, au-dessns de ) epine scialiipie, an-dcssuiis dn pyramidal. Situe sur
les parlies lalcrale el posleriemv de ( excavation pelvienne, il repond en arriere
HI muscle pyramidal, sur la lace anlei ieure diiquel il est applique; en avant,
aux vaisseaux li\pi>-asli i(]iics. doul il esl sepaiv par un fcnillct aponevrotique,
I mrtlialrmciil aux organcs conleniis dans Ic ]ietit bassin et au peritoine.
l.cs iirancbes fournies par le plexus sacre so divisent en collaterales et en ter-
niinalc. La bi anchc lerininalc, unique, est le grand nerf seiatique, qui doit etre
indii - dans mi article special [rot/. SCIATIQUE (Nerf)]. Les brandies collaterales
-mil iKiinlireiises, ct leur preparation nVsl pas sans difllcultes.
I rc/Ktration. Elle doit etre commencee par 1 excavation pelvienne. Ayant
-i ie la colonne verlebrale dans la region lombaire snperienre pour detacher le
Ironc dn bassin et des mcmbres abdominanx, on si ; paiv ensuite ces membres
1 nn de 1 autrc en divisant le corps de Tun des pnbis a un pouce dc la sym-
pbyse pour menager les organes genitaux externes, et coupant la sym-
pbyse sacro-iliaque du meme cote, le reclum et les organes genitaux internes
mis avec soin a 1 abri. La piece est plongee quelque temps dans 1 eau, et Ton
vide les grosses veines du bassin. llivisant alors avec precaution les rcplis du pe
ritoine et decbirant le tissu cellulaire, on met a decouvert la face anterieure du
plexus sacre, et Ton peut etudier les dermers nerfs sacres.
Les brandies collaterales que le plexus sacre fonrnit a 1 interieur dn bassin
pen vent etre preparees dans cette position. Les branches qui sortcnt du Jjassin
se degagent soit au-dessus, soit au-dessous du muscle pyramidal qni sert de
guide pour les mettre a jour a leur origine. Pour la preparation des nerfs fes-
siers, la piece doit etre retournee. Menageant avec soin les nerfs cutanes , on
disseque le grand fcssier, et le separant de ses attaches an lemur et a la partie
posterieure du grand ligament sacro-sciatiqne, on le renverse en bant et en ar
riere, en epargnant les brandies qui le penetrent par sa face profonde. On dis
seque alors, on detache et on releve avec les memes precautions le muscle
moyen fessier. Le tissu cellulaire enleve, on decouvre et Ton disseque les bran
dies nerveuses posterieures depuis leur sortie du bassin jusqu a leur termi-
naison.
Nous donnerons plus loin les indications speciales que necessite la prepara
tion toujours delicate du nerf honteux interne.
BRANCHES COLLATERALES. On les divise en deux groupes; le groupe anterieur
comprenant : 1) les branches viscerales; 2) les branches du releveur de 1 anus;
5) le nerf du muscle obturateur interne ; 4) le nei-f hemorrhoidal ou anal cu-
SAC RE. -4o
e ; 5) le nerf honteux interne; el le Croupe posterieur 1 ornie par : 1) le nerf
t essier superieur; 2) le nerf fessier inierieur ou petit scialique; 5) le nerf du
pyramidal ; 4) le nerl des jumeaux, et 5) le nerf du muscle carre crural.
A. BRANCHES ANTERIEURES. 1 BRANCHES VISCICRALES. Variables dans leur
nombre de qualre a huit, elles viennent du cinquieme, du qualrieme et memo
lu troisieme nerf sacre. Dirigees d arriere ea avant le long des faces lalerales du
rectum et de la vessic chez 1 homme ; du rectum, de la vessie et du vagin chez
la femme, elles fournissent direclement quelques filets a ces organes, mais se
jettent pour la plupart dans le plexus bypogastrique, centre d inncrvation pour
les visceres contenus dans le petit bassiu.
2 BRANCHES DU RELEVEUH DE I/AKUS. Elles viennent soit du plexus hypogas-
Irique, soit directement du quatrieme nerf sacre. llirschfeld ne signale qu uu
seul rameau, long et grele, qui, passant obliquetnent au-devant du muscle isehio-
coccygien, arrive au releveur de 1 anus par sa face anterieure. Cruveilliier decrit
deux rameaux provenant directement de la quatrieme paire saeive, le plus volu-
mineux pour la parlie moyenne du releveur, le plus petit se rendant a la parlie
anterieure dc ce muscle en cheminant sur les parlies laterales de la prostate ou
du vagin.
5 NERF DE L OBTURATEUR INTERNE. Ne de la partie anterieure du plexus et plus
specialement de la brancbe lombo-sacree et du premier nerf sacre, ce ramraii
sort du bassin par la partie inferieure de la grande eebaiiei uiv M-i.ilique, piiis
contournant 1 epine sciatique, il rentre dans la cavile pelvienne par la petite
echancrure, et aborde par sa face anterieure le muscle oblurateur interne. II se
divise alors en plusieurs filets qui s epuisent dans le muscle. Pour le preparer,
il est neccssaire de sectionner le petit ligament sacro-sciatique.
4 NERF HEMORRHOIDAL ou ANAL cuiANE. Ne dc la parlie anterieure et infe
rieure du plexus sacre, en dedans du nerf honleux interne, il provient surtoul
des troisieme et quatrieme nerfs sacres. II sort du bassin au-dessousdu pyramidal,
par la partie inferieure de la grande echancrure scialique, traverse quelquefois
le petit ligament sacro-sciatique, contourne 1 epine sciatique, puis s anastomo-
sant avec le honteux interne, il penetre dans 1 excavation iscliio-rectale et se di
vise au-dessus du sphincter en un grand nombre de rameaux divergents qui four
nissent au sphincter anal et a la peau de la region. Se distribuant quelquefois
exclusivement dans les teguments, il merite bien alors le nom de nerf anal
cutane.
5 NERF HONTEUX INTERNE. Apres avoir prepare 1 origine de cette branche
importante a 1 inte rieur du bassin, il faut la mettre a decouvert depuis sa sortie
par la grande echancrure sciatique jusqu a sa rentree par la petite echancrure,
en divisant le grand ligament sacro-sciatique qui la masque. Le sujet etant alors
place dans la position de la taille, on disscque avec management la peau. et les
muscles du perinee, en preparant les filets du nerf qui se distribucnl a la region
perineale et aux organes ge nitaux externes.
D un volume assez considerable, le nerf honteux interne nait de la partie infe
rieure du plexus sacre, principalement des deuxiemc, troisieme et quatrieme nerfs
Caere s. 11 sort du bassin par la grande echancrure sciatique, au-dessous du pyra
midal, contourne 1 epine sciatique, et s engageant entre les deux ligaments sacro-
sciatiques, il rentre dans la cavite pelvienne. Applique comme 1 artere honteuse
interne centre la face interne de la lube rosite de 1 ischion, il s engage entre Le
muscle obturateur interne et son aponevrose, et se divise en deux branches, 1 une
44 SACUE.
inferieure ou perineale, et 1 autre supericure, penienne, dorsale de la verge chez
1 homme, cliloridienne chez la femme.
I. Branche inferieure ou super ficielle. Plus volumineuse que la brandir
profonde, elle scmble la continuation directe du nerf honteux interne, dont elle
emane souventsurun point plus cleve que celui que nous avons indique plus haut.
Appliquee sur le muscle transverse perineal, elle se porte en haut et en avant, et
se divise presque immediatement en deux rameaux terminaux, 1 un superieur ou
bulbo-urethral, et le second inferieur ou rameau superficiel du pcrinee.
Dans son court trajet, la branche superficielle du nerf honteux interne fournil
ua rimieaii collateral assez variable dans sa distribution, designe d habitude sous
le nom de rameau perineal externe. Traversant le grand ligament sacro-sciatique,
d ;i|t|)liqiu: eunlre la face interne de la tuberosite sciatique, il se jetle dans le
darlns die/ I lioi e, dans la grande levre chez la feinine. II s anastomose avec
Je rameau superficiel du periuee, i ournit ([uelquefois au muscle ischio-caverneux
et au sphinrliT de 1 amis, et reniil tics filets dc renforcement du nerf petit scia
tique ou lessier inferieur.
a) H/niH i/ii fin/tt i licicl du pe rine e. II se porte en avant, dans la gouttiere
I ormee |iar I adossement du bulbo-cavcrncux et de 1 ischio-caverncux, et se di
vise en r.mieaux loiii;s cl givles qui vont se perdre dans le scrotum, le dartos,
la |ieaii <le la lace inlcriciire de la verge chez I liomme, dans la grande levre
die/ la rciiinic, et s anastomosent avec le rameau perineal externe et les filets
genilaiix e\i rues emaiies du pelil nerf sciatique ou fessier inferieur.
b) Rameau profond, bulbo-ure tkral . Designe par Hirschfeld sous le nom
de musculo-bulbaire, il est place au-dessus du muscle transverse du perinee,
(ju il pcrfore quelquefois. II fournit des lilets au releveur et au sphincter de 1 anus.
au transverse perineal, au bulho et a 1 ischio-caverneux, et s epuise dans le bulbc
de 1 urethre chez 1 homme, dans le bulbe du vagin chez la femme, en se divisant
en rameaux excessivement delies.
If. Branche supe rieure, profonde, dorsale de la verge. Seconde branche de
terminaison du nerf honteux interne, elle se porte en avant et en haut, appliquee
centre la lace interne de la branche ischio-pubienne, entre cette branche et la
racine du corps caverneux. Arrivee sous 1 arcade pubienne, elle traverse d arriere
en avant le tissu libreux, sur les cotes du ligament suspenseur de la verge, et
arrive ainsi sur la face dorsale de cet organe. Elle se divise bicntot en deux
rameaux.
a) Rameau interne. 11 chemiiie sur la face dorsale dc la verge, tres-rap-
proche de la ligne mediane, et se porte en devenant peu a peu plus profond jus-
qu a la couronne du gland, auquel il sc distribue tout enticr en se divisant en
lilets cxtremcment tenus et qu on peut suivre jusqu aux papilles. Aussi merite-
t-il le nom de rameau du gland.
b) Rameau externe. Decrit aussi par Cruveilhier sous la designation de ra
meau pe nien cutane, il se porte tres-obliqucment en avant et un peu en has sur
les parties laterales de la verge, ct donne des filets multiples, longs et greles qui
se distribuent au corps caverneux eta la peau. Us ne descendent guere au-dessous
du tiers moyen de la face laterale de la verge, la peau de la par tie inferieure
etant innervee, comme nous 1 avons vu, par des rameaux emanes de la branche
perineale du honteux interne.
Chez la femme, la branche superieurc ou clitoridienne presente la meme dis
position et se distribue au clitoris et a la peau de la partie anterieure de la grande
SACRE. 45
levre. En raisou de la disposition anatomique des parties, le nerf hontcux interne
est forcement bcaucoup plus petit chez la femmc que chez 1 liomrac. Cruveilhier
dit avoir vu dans un cas le nerf honleux interne dc la femme exclusivement con-
stitue par la branche clitoridiennc, la branche superficielle etait enticrement
formee par le nerf fessier inferieur.
B. BRANCHES POSTERIEDRES. 1 NERF FESSIER SUPERIEUR. Satellite de 1 artere
fessiere qu il accompagne dans sa distribution, ce nerf nait de la partie poste-
rieurc de la branche lombo-sacree, avant son union a la premiere paire sacree.
Rarement il recoit line racine emauee directement du plexus sacre. Contournanl
le bord superieur dc la grandc echancrure sciatiquc, il sort du bassiu au-dessus
du muscle pyramidal, et place eutre Ics muscles petit ct moycn fessier, il se di-
vise en deux rameaux.
a) Rameau superieur. II sc porte en haul et en avant, suivant dans sou trajet
les insertions du petit fessier et la ligne courbe inferieure de la fosse iliaque
externe et s epuisc dans ce muscle et dans le moyen fessier.
b) Rameau inferienr. Presque transversal, il se porte de dedans en dehors
entre le petit et le moyen fessier, fournit de nombreux filets a ces deux muscles
et se termine dans le tensenr du fascia lata.
2 NERF FESSIER INFERIEUR. Plus connu sons le nom dc petit nerf sciatique, il
est la branche collaterale la plus volumineuse du plexus sacre. Ne de la partie
inferieure et posterieure du plexus sacre, tantot par une, taiilot par deux racines
provenant dcs deuxieme et troisieme paires sacrees, il sort du bassin par la partie
inferieure de la grande echancrure sciatique, sous le bord inferieur du muscle
pyramidal et en avant du muscle grand fessier. Applique sur la face posterieure
du grand nerf sciatique, il se divise presque immediatement en deux branches,
une branche musculairc ct line branche cutanee.
a) Branche musculaire. Accolee a la face anterieure du muscle grand fessier,
elle s y epuise par dc nombreux rameaux, les uns ascendants et externes pour la
partie superieure, les autres descendants et externes pour la partie inferieure du
muscle.
b) Branche cutanee. Continuation directe du tronc nerveux, elle descend
verticalement derriere le grand nerf sciatique, cachee d abord par le muscle grand
fessier. En avant, elle croise la tuberosite de 1 ischion. ct les insertions supe-
rieures du biceps et du demi-teudineux. Toujours sous-aponevrotique, elle des
cend de haul en has, le long de la face posterieure de la cuisse, fournissant aux
teguments de nombreux rameaux. Les rameaux externes sont tres-petits ; les ra
meaux internes, plus nombreux et plus volumineux, se recourbent d arriere en
avant, et, decrivant des anses a concavite superieure, remontent pour se distribuer
a la peau de la partie posterieure et interne du mcmbre.
Arrivee au creux du jarret, ct deja considerablcment diminuee de volume, la
branche cutanee se divise en deux filets terminaux. Le premier, sous-cutane, sc
perd dans la peau du mollet. Le second, sous-aponevrotique. s accole a la veine
saphene externe et se jette dans le nerf saphene externe au tiers moyen ou au
tiers inferieur de la jambe.
Au niveau du bord inferieur du muscle grand fessier, la branche cutanee du
petit nerf sciatique fournit un ramcau collateral recurrent, tres-volumineux, et
que Ton peut appeler rameau genital externe.
Decrivant une anse a concavite superieure, ce rameau contourne d arriere en
avant la tuberosite de 1 ischion et les insertions superieures du biceps et du
46 SACREK.
demi-leudmeux, embnis-aiit la i acc interne de la ciiissc a sa purtie superieure.
11 remonle alors le long de la branche ascendantc de 1 ischion, entre la peau el
I aponevrose superficielle dn perinee, aborde les bourses par la partie superieure
externe, et se divise en nombreux rameaux qui s epuisent dans le scrotum
et le dartos, en s anastomosant avec les filets du nerf honteux interne.
Chez la femme, ce rameau collateral s epuise dans la peau de la grande
levre.
5 NERF DU MUSCLE PYRAMIDAL. Ne de la face posterieure du plexus sacre,
et plus specialement de la troisieme paire sacree, il aborde le muscle pyra
midal par sa face anterieure, et lui fournit hahilnellement deux filets distincts.
i NERFS DBS MUSCLES JUMEAUX. Le muscle jumeau inferieur est innerve par
une branche emanee du nerf du muscle carre crural. Le jumeau superieur recoit
u n filet special, fotirni direclement par le plexus sacre, on un filet du nerf do
I obturateur interne.
5 NERF DU MUSCLE CARRI ; CRURAL. Ne de la partie anterieure et inferieure du
plexus sacre, il se porte en bas, directement applique centre 1 os iliaque, en
dcliors dc la tuberosite soiaiique, el n -convert par les muscles jumeaux et oblu-
rateur externe, qui le separent du grand nerf sciatique. Dans son trajet il domic
des filets pour la capsule de 1 articulalion dc la hanche, un rameau pour It
muscle jumeau inferieur, el setermine dans le muscle carre crural qu il aborde
par sa face anterieure.
liitANciiG TF.RMIJNALE. La hranclie terminate, unique, du plexus sacre, est le
grand nerf sciatique dont la description, nous 1 avons deja dit, doit faire 1 objet
d un arcticle special [voy. SCIATIQUE (Nerf)].
Les nombreuses branches collaterales du plexus sacre, ne pretent a aucune
consideration physiologique generate. Les filets qu elles emettent vont se distri-
buer soil aux muscles formant laparoi charnue du bassin, soit aux teguments de
la fesse et de la cuisse, du perinee et des organes genitaux externes. Ceux-ci
presenlent, au point de vuc de leur distribution et de leur lerminaison ultime,
des partieularites qui trouveront leur place dans la description anatomique de
la verge, du gland, etc. Quant aux rameaux fournis au plexus hypogas-
trique, ils rentrent naturellement dans 1 elude du grand sympathique pelvien.
De meme que tous les nerfs de la vie de relation, les branches collaterales
du plexus sacre qui conticnnent des filets sensitifs peuvent etre le siege de
douleurs nevralgiques. Aucune etude speciale ne parait avoir ete faite jusqu ici
des nevralgies des branches fessieres, ischiatique, honteuse interne. Cependant
un certain nombre des points douloureux indiqucs par Valleix, comme signes
diagnostiques de la nevralgie scialique, correspondent evidemmeat aux nert s
fessier superieur et petit sciatique. II semble egalement que les herpes du pre
puce et les douleurs qui les accompagnent, que les nevralgies si frequenteset si
rebelles des organes genitaux externes de 1 hommeet de la femme, sont leresul-
tat d alterations des branches ou rameaux du nerf honteux interne. Mauriac.
chirurgien de I hopital du Midi, a public sur ces herpes nevralgiques des or
ganes genitaux des lecons fort interessantes. Nous n avons pas a entrer ici dans-
de plus longs details sur ces affections, qui interessent les parties innerve es par
les branches du plexus sacre. Elles seront plus convenal.ilement etudiees a propos
des parties qui en sont le siege. J. CIIAUVEL.
SACREE (REGION). Voy. SACRO-COCCYGIFNNE (region).
SACREES. 47
SACREES (ARTERES ET VEINES). A. ARTERES SACREES. Les arteres sacree-
se divisent en : artere sacree moyenne ou anterieure, el arteres sacrees
laterales.
I. ARTERE SACREE MOYENNE. Continuation directe de 1 aorte abdominale chez
les animaux pourvus d une queue, 1 artere sacree moyenne ne presente clie/
1 homme qu un calibre pen considerable. Designee parfois sous le nom d arlerc
sacree anterieure, elle nait de la partie inferieure et posterieure de 1 aorte abdo
minale, un peu au-dessus de sa terminaison, e est-a-dire au niveau du corps de
la quatrieme vertebre lombaire ou un peu plus bas. Elle descend verticalement
presque sur la ligne mediane, le long des faces anterieures de la cinquieme
vertebre lombaire, du sacrum et du coccyx, accolee aux os, et se termine au
sommet du coccyx, par deux rameaux qui se relevent pour s anastomoser en
arcade avec les arteres sacrees laterales. Au lieu de suivre exactement la
ligne mediane, le vaisseau peut etre devie lateralement, ou decrire de legeres
sinuosites.
Anomalies d origine. L artere sacree moyenne nait quelquefois d une de-
iliaques primitives, de la derniere lombaire, ou d un tronc commun avcc le-
deux dernieres lombaires. Cruveilhier 1 a vue prendre online d une artere
renale , qui de son cote naissait anormalement de Fannie de bifurcation de
1 aorte.
Calibre. Le volume de 1 artere sacree anterieure est en raison inverse du
developpement des dernieres arteres lombaires. Si 1 aorte abdominale sr
divise prematurement, 1 artere sacree moyenne fournit la derniere lombaire.
Distribution. Au niveau du corps de la derniere vertebre lombaire, au
niveau de cliacune des vertebres sacrees, 1 artere sacree moyenne Iburnil deux
brandies laterales, qui se portent transversalcment de dedans en debors,
accolees contre 1 os auquel elles donnent, ainsi qu au perioste, de nombreux
rameaux. Au voisinage des trous sacres anterieurs, ces branches s anastomo-
sent avec les sacrees laterales qu elles remplacent quelquefois pour se distribuei
dans le canal sacre et jusqu aux muscles des gouttieres sacrees.
Dans certains cas de tumeurs parasitaires de la region sacree, Mayer et Olli-
vier d Angers ont YU la masse parasitaire presque exclusivernent alimentee
par 1 artere sacree moyennne de 1 autosite qui presentait un calibre consi
derable.
II. ARTERES SACREES LATERALES. Ouelquefois uniques, les arteres sacm-
laterales sont habituellement, d apres Cruveilhier, au nombre de deux de chaque
cote. On les distingue alors en superieure et en inferieure. L origine de ces vai*-
seaux est fort pen regulierc. Elles naissent parfois directement de 1 hypogastrique
dont elles sont une des branches posterieures, mais on les voit aussi venir, soil
de la fessiere, soit de 1 ileo-lombaire ou de 1 ischiatique.
1. Artere sacree laterals superieure. D un calibre assez considerable, elle
se porte en dedans, fournissant quelques rameaux anastomotiques a la sacree
moyenne, penetre dans le premier trou sacre anterieur et se divise en deux
branches : unc branche anterieure qui gagne la face anterieure du canal sacre
et s epuise dans les nerfs sacres et leur enveloppe ; une branche posterieure qui
sort par le trou sacre posterieur correspondant, pour se jeter dans la masse
musculaire des gouttieres sacrees.
2. Artere sacree laterale inferieure. D abord placee sous le muscle pyra
midal, puis au-devant de lui, elle descend sur la face anterieure du sacrum.
A8 SACRES.
appliquee centre I os, en dedans des trous saeres anterieurs, puis le long des
bords du coccyx et se termine en s anastomosant par arcade avec I arterc sacree
moycnne. Comme la precedente, cllc fournit deux ordres de brandies; a.) Au-
devant dc chaquc vertebre sacree, un rameau transversal, qui se porte directe-
ment en dedans pour s anastomoser avec la sacree moyenne ; b.) Une branche
postericure ou spinale qui penetre dans le canal sacre par le trou sacre" ante-
rieur,et se divise en rameau anterieur qui se distribuc dans le canal, et rameau
posterieur qui sort par le trou sacre posterieur correspondant et s epuise dans
los parties molles qui comblent les gouttieres sacrees.
B. VEI>ES SACREES. Comme les arteres, auxquelleselles ne correspondent pas
cependanl d unefacon bicn reguliere, on les divise en sacree moyenne et sacrees
lateYales.
I. Veine sacree moyenne. Elle nait au niveau du sommet du coccyx on
dans son voisina^c |>;irlmis branches, dont une mediane s unit au plexus vesical
clicz riiomme, pendant quo les deux autres, laterales, communiquent avec les
veincs hemorrhoidales, joignant ainsi le systeme de la veine porte au systeme
\cincii\ gt iieral. Nee de la fusion de ces trois branches, la veine sacree moyenne
se porte verticalement en bant, le long de la face anterieure du coccyx et du
sacrum, plus ou moins rapprocliee de la ligne medians, et se jette dans la veine
iliaquc primitive gauche, plus ou moins pres de la veine cave inferieure. Cru-
yrilbiiT a \u la vcinc sacree moyenne se bifurquer superieurement, et cbaque
hraiiche se porter a une des veines iliaques primitives.
Dans son trajet, la veine sacree anterieure est renforcee au niveau de cbaque
\ ertebre sacree par des branches a direction transversale , formees par les
veines cmanecs du corps des vertebres sacrees dont la face anterieure est percee
de nombreux trous vasculaires. L ensemble de ces branches forme au-devant du
sacrum un veritable plexus, qui communique largement avec les veines sacrees
laterales et par elles avec les veines du canal rachidien.
II. Veines sacrees laterales. Comme les arteres, elles sont habituellement
au nombre de deux de chaque cote, et font suite aux veines dorso-rachi-
diennes.
a.) La veine sacree laterale superieure se jette dans la veine iliaque primitive
correspondante.
b.) La veine sacree laterale inferieure monte le long des bords du coccyx et
sur la face anterieure du sacrum, communiquant par les trous sacres anterieurs
avec les veines intra-rachidiennes, et par des branches internes avec la sacree
moyenne. Elle se jette soit directement dans la veine hypogastrique, soit dans
les veines fessiere ou ischiatique, formant alors un reseau plexiforme au niveau
de la grande echancrure sciatique. J. CHAUVEL.
SACRES (NERFS). Au nombre de six, ils naissent du renflement inferieur
de la moelle epiniere, par deux racines, Tune anterieure, 1 autre posterieure
plus volumineuse. Leur point d origine correspond a 1 espace qui separe 1 apo-
physe epineuse de la derniere vertebre dorsale, de 1 apophyse epineuse de la pre
miere vertebre lombaire. Une section de la moelle au-dessous de la premiere
lombaire interesse tous les nerfs sacres et paralyse les parties auxquclles ils se
distribuent.
Les racines posterienres, comme celles de lous les nerfs rachidiens, presentent
un renflement ganglion nai re, mais ce ganglion reste renferme dans le canal ra-
SACRES. 49
chidien. Heunies aux racines anlerieures correspondantes, elles forment les nerfs
sacres qui, accoles, descendent verticalement dans le canal vertebral, puis dans
le canal sacre, constituant par leur reunion la queue de cheval. Leur volume
diminue rapidement depuis la seconde paire sacree, jusqu a la sixieme, assez
petite pour avoir etc nice par un certain nombre d anatomistes. 11s se divisent
presque immediatement en deux brandies , 1 une anterieure, 1 autre poste-
rieure.
A. Branches posterieures. Leur disposition est simple et leur distribution
uniforme. Decroissant de volume, de la plus elevee a la plus inferieure, elles
sortent par les trous sacres posterieurs, et pour les deux dernieres en Ire le
sommel du sacrum et le coccyx. Anastomosees les unes avec les autres, elles
fournissent des rameaux qui s e puisent dans la masse commune du sacro-lom-
bairc et du long dorsal, dans le muscle grand fessier et dans la peau de la re
gion. Parmi les filets cutanes qui parteut de 1 arcade anastomotique des bran
ches posterieures des deux premiers nerfs sacres, Cruveilhier signale un rameau
qui passe sous 1 epine iliaque posterieure et inferieure, se dirige verticalement
en bas entre le muscle grand fessier et le petit ligament sacro-sciatique, et tra
verse le grand fessier pour se renverser de dedans en debors et s accoler a la
peau.
B. Branches anterieures. Beaucoup plus volumineuses et plus importantes
que les posterieures, comme elles au nombre dc six, elles sortent du canal sacre
paries trous sacres an tericurs correspondants pour les quatre prnnirivs ; la cin-
quieme passe entrc le sacrum et le coccyx, ct enfm la sixieme se degage par
une echancrure laterale de la premiere piece du coccyx. Elles fournissent |nv>-
que immediatement des rameaux de communication aux ganglions sacivs du
grand sympathique ct concourent ainsi a la formation du plexus hypogastrique.
La branche anlerieure de la premiere paire sacree, tres-volumineuse, sc dirige
presque verticalement en bas, et un peu en debors, le long du bord superieur
du muscle pyramidal, s unit par un angle tres-aigu au ncrf lombo-sacre, et con-
court avec lui a la formation du plexus sacre.
La branche anterieure du second ncrf sacre presente un volume au moins
aussi considerable que la precedente. Appliquee sur la face anterieure du pyra
midal, clle se dirige obliquement en bas et en debors, et sc jette tout entiere
dans le plexus sacre, apres avoir fourni unc branche anastomotique au nerf sui-
vant.
Unie a la precedente, la branche anterieure du troisieme ncrf sacre est deja
beaucoup moins volumineuse. Elle se porte presque transversalement de dedans
en dehors pour concourir a la formation du plexus sacre. La premiere et la se
conde branches, la deuxieme et la troisieme, sont separees par un cspace trian-
gulaire a base interne oil se voit la face anterieure du muscle pyramidal.
La branche anterieure du quatrieme nerf sacre est a peine en volume la moi-
tie de la precedente. Elle se divise presque a sa sortie du trou sacre correspon-
dant et fournit : 1 une branche legerement ascendante qui se joint au troi
sieme nerf sacre pour se Jeter dans le plexus du meme nom; 2 une branche
descendante qui s anastomose avec le cinquieme nerf sacre; 5 des rameaux
pour le plexus hypogastrique ; 4 un ou deux filets pour le muscle ischio-coc-
cygieri; 5 enfin un rameau coccygien qui longe le bord du sacrum, s eno-a^e
dans 1 epaisseur du grand ligament sacro-sciatique, traverse les insertions du
grand fessier au coccyx et s epuise dans ce muscle et dans la peau.
DICT. ENC. 3" S. VI. 4
50 SACRO-COCCYGIENNE (ANATOMIE).
La branche anlerieure tin cinquiemc nerf sacre, plus grele encore que la
precedente, se divise presque immediatcmcnt en deux rameaux. 1 un ascendant
pour la quatrieme branche, 1 autre descendant pour la sixieme. Elle ne concourt
done aucunemcnt a la formation du plexus sciatique.
La branche antericure du sixieme nerf sacre est de si petit volume qu elle a
pu echapper aux recberches. Malgre sa lenuite, elle fournit plusieurs rameaux :
1 un rameau ascendant anastomotique pour la cinquieme branche; 2 un ra-
meau moyen qui se jette dans le plexus hypogastrique ; 5 des filets descendants
ou coccygiens inlerieurs qui se portent directement en bas pour s epuiser dans
les teguments de la region ano-coccygicnne et les muscles ischio-coccygien, re-
leveur et sphincter de 1 anus, ou Iraversant le ligament sacro-sciatique, vont se
perdre dans le muscle grand fessier. J. CHAUVEL.
SACRO-COCC YGIENNE (REGION). I. Anatomic. Considered comme la
parlie iiilerieure de l;i grandc region rachidienne , dont le squelette est con-
si i I m - par Ionic rclendue de la coloune verlebrale, la region sacro-coccygienne
esl eludiee dans les Irailes d anatomie chirurgicale ou topographique, en meme
letups que le tacltis. En se placant a un point de vue different, plutot patholo-
gique et obstetrical qu anatomo-physiologique, d aulres auteurs se sont trouves
conduils aeludicr la region sacro-coccygienne comme une dependarice du bassin,
et a I aire rcnlrcr sa description dans celle du pelvis, dont elle contribue a former
la paioi posierieurc. Cependant, de meme que Ton decril a part la region cer-
vicale (voy. Cou), en raison de 1 interet qu elle presente pour le chirurgien
comme pour 1 anatomiste, il n est pas sans utilite de Jeter un coup d oeil d en-
semble sur la region sacro-coccygienne, les affections morbides de cette partie
du corps offrant des particularites <jui les distinguent des lesions de la region
dorso-lombaire du racbis: La description anatomique du sacrum et du coccyx,
des articulations de ces os entre eux et avecla colonne lombaire et les os iliaques,
se trouvera tres-detaillee aux articles BASSIN (l re serie, t. Ill) et RACHIS (3 serie,
t. I) de ce Dictionnaire.
Limites. La region sacro-coccygienne, impaire et symetrique, est limitee :
en baut par la region dorso-lombaire, et sur les cotes par les regions fessieres.
De forme triangulaire, a base superieure, elle louche par son sommet a la partie
posterieure de la region perineale, constituant, en partie, la paroi posterieure
du bassin. Ses limites, appreciables au toucher chez un grand nombre de per-
sonnes, sont formees : en haul, par la base du sacrum; sur les parties laterales,
par les epines iliaques postero-superieures , les articulations ilio-sacrees , les
bords lateraux du sacrum et du coccyx ; en bas, par la pointe de ce dernier os.
Sa face posterieure ou superfieielle est seule accessible a la vue. Par sa face
anlerieure ou profonde, la region sacro-coccygienne repond a la cavite pelvienne,
dont elle forme une des parois, et plus particulierement a un certain nombre
des organes contenus dans le petit bassin.
Formes exte rieures . Elles varient suivant 1 etat de sante du sujet, suivant
1 abondance du tissu adipeux sous-cutane. Chez les sujets gras, la partie infe-
rieure de la region est completement cache e dans la gouttiere profonde que lais-
sent entre elles les deux fesses. D apres nos mensurations, a peu pres les deux
tiers de la hauteur du sacrum et du coccyx sont ensevelis dans le sillon inter-
fessier, el le doigt doit etre conduit Ires-loin d arriere en avanl pour arriver a
atleindre le sommet du coccyx. Gonvexe de haul en bas, dans le sens vertical, la
SACRO-COCCYGIENNE (ANATOMIE). 51
region sacro-coccygienne offre egalemenl, dans ces cas, une convexite transvcr-
sale qui se continue en haul sans interruption avec les parties molles de la
Hesse. La saillie mediane formee par la crete sacree ne se traduit pas a la vue,
et les epines iliaques posterieures ne sont appreciates qu au toucher.
Chez les sujets maigres, la gouttiere mediane, qui correspond dans les regions
dorsale et lombaire a la crete epineuse tin rachis, se continue le long de la
crete sacree et se perd dans le sillon interfessier, moins prolbnd que chez les
personnes obeses. De chaque cote de cette gouttiere, on trouve a la partie supe-
rieure du sacrum une saillie formee par la termjnaison de la masse musculaire
des gouttieres rachidiennes, et en deliors de ces snillies un leger meplat dont le
bord interne correspond aux jointures sacro-iliaques, I lus has, la re-ion devient
sensiblement convexe transversalement. Les saillies osseuses correspondant aux
epines iliaques postero-superieures sont tres-marquees, et la crete mediane
sacree est aisement appreciable a la vue comme au toucher. Lorsque le coccyx
est dirige presque directement en avant, la convexite verticale est beaucoup
plus accentuee au niveau de 1 articulation sacro-coccygienne, qui forme alors le
sommet de la courbe.
La gouttiere interfessiere se prolonge beaucoup plus en avant quand le sujet
est debout que lorsqu il plie fortement le corps en avant. Dans cclte derniere
position, une plus grande partie de la region sacro-coccygienne esl appreciable
a la vue, et la crete sacree, les rpiurs iliaques postero-superieures, lout en arriere
une saillie beaucoup plus marquee sous la peau.
Cette forme exterieure peut etre alteree soit par des productions morbides,
soil par le deplacement des os de la region. Une palpation attentive, surtout si
le gonflement est considerable, permet seule au diirurgien de se rendre un
compte exact de ces changements de forme.
Superposition des plans. 1. La peau est epaisse, d une sensibilite obtuse,
adherente sur la ligne mediane a la crete sacree, asscz mobile sur les parties
lateralcs. Le pannicule adipeux qui la double oil re, avons-nous dit, une epais-
seur variable.
Chez les sujets emacies, la peau mince, ridee, depourvue de doublure cellu-
leuse, est pour ainsi dire collee sur le squelette dont elle permet d apprecier
exactement la configuration. Mais chez les personnes adultes et bien portantes,
meme lorsqu elles sont maigres, 1 epaisseur du tegument reste telle que le tou
cher est indispensable pour determiner exactement la position des saillies
osseuses.
En raison de son enfoncement dans le sillon iiiterfessier, la peau de la moitie
et meme des deux tiers inierieurs de la region est souvent, pendant Jes cha-
leurs, a la suite de sueurs abondantes, le siege de 1 intertrigo qui se developpe
par le contact de surfaces humides et par les frottements.
Chez les personnes obligees par leur profession de rester longtemps assises,
la peau devient, a la fin de la journee, d une sensibili _ ..osez grande pour les
obliger a changer souvent de position. Ce fait se produit plus rapidement avec
des sie ges tres-durs, tels que les banes de hois ou de metal, les teguments se
trouvant comprimes entre ce corps resistant et les saillies osseuses, par 1 action
du poids du corps.
Bon nombre de ceux qui sont forces de monter a cheval sont eprouvcs, a leurs
debuts dans 1 equitation, par des ecorchures de la peau a la region sacree. Ici.
ce n est plus seulement la pression resultant du poids du corps que Ton peut
52 SACRO-COCCYGIENNE (ANATOMIE).
incriminer. Les frottements sur la sclle, les chocs repetes chez les animaux a
allures saccadees, qui Iroltent dur, suiv;mt 1 expression consacree, sont la cause
principal de ces excoriations, plus fivqucnles chez les sujets gras ou lympha-
timics. Les premiers comme les seconds out, en general, la peau fine et molle,
sensible, et chez eux les lesions sont a la 1 ois plus profondes et plus graves par
leur retentissement sur le systeme lymphatique. Tantot 1 epiderme se reproduit
f;ici lenient; le derme, mis a nu, secrete a peine ; le moindre revctement protec-
teur et quelques jours de rcpos suffisent pour amener la guerison. Sous 1 in-
fluenee de I habilude, et partie aussi sous 1 intluence d unc position plus aisee
(|iii ainoindrit les chocs et les I rottcments, ces legers accidents cessent de se
reproduire, et les plus longues courses determincnt a peine une legere sensibi-
lile dii legument. Tantot, le derme denude ct eonlus secrete abondamment une
serosite louche, se rapprochant du pus. Les topiques les plus varies, corps gras,
poudres absorbanles, vernis isolants, sont prcsque sans eiTel. Les croutes
epaisses, formecs a la surface des plaies, persistent pendant une ou deux
semaines et laisscnt, en toinbant, une cicatrice rosee, fine et sensible. Le
niuiiidre exercice devient insupportable par les douleurs qu il-provoquc, la posi-
lidii a^sise est difficile; et souvent le linge, adheranl aux croutes en voie de for
mal ion, cst la cause de liraillements et d arrachcments suivis de I ecoulement
de ipielipies gouttes dc sang. Dans ces cas, si 1 equitation est reprise de tiop
bonne lieiire, on voit ces excoriations s irriter, s enflammer, et les ganglions
ingiiiiiaiix s engorger, se tumefier, et quelqueibis meme suppurer. Puis survien-
ueiil iles eruptions furonculeuses, des poussees il ecthyma, qui se perpetuent
pendant des mois entiers. Sans vouloir rejeter rinlluence de la malproprele ou
du inqihitisme de la vie en comimm, invoquee par nos collegues Czerniki et
Arnould pour expliqiier la production dc ces affections cutanees, nous avons
constate dans un bon nombre de cas, que le debut des eruptions furonculeuses
et ecthymateuses succedait a des excoriations de longue duree, irritees par la
continuation de 1 exercice du cheval.
Nous devons enfin signaler, quoique malheureusement elles ne soicnt pas tou-
jours limitees a la peau, les eschares de la region sacree qui succedent au decu-
bitus dorsal prolonge. Debutant par une rougeur erylhemateuse des te guments,
ces mortilications, i requentes dans les iievres graves, ne paraissent pas seule-
ment dues a 1 action locale dc la compression prolongee. Dans certains etats
morbides, on les voit se produire avec rapidite, presque sans phenomenes pre-
curseurs, envahir, en meme temps que les parlies comprimees, des regions ou
Ton ne peut invoquer la meme origine, et Ton se trouve porte a les attribuer a
une influence vaso-motrice. Ce n est guere que chez les blesses, jeunes, robustes,
bien portants, contraints, pour la guerison d une fracture, d une arthrite, etc.,
a subir un decubitus dorsal prolonge, que 1 action de la compression des tissus
est tout a fait seule en cause. A peine est-il permis d y joindre le defaut des
soins de proprete necessaires. L origine de ces mortifications doit etre etudie e
d une i acon generate a 1 article GANGREKE, sous le chef de gangrene par compres
sion. Nous aurons seulement a examiner tout a 1 heure les symptomes speciaux
qui appartiennent aux eschares de la region sacree, les dangers qu elles entrai-
nent lorsqu elles sont tres-profondes, et les moyens de les prevenir ou d en
attenuer les effets.
2. Au-dessous de la peau et du fascia superficialis lamelleux, on rencontre
les fibres aponcvrotiqucs du grand dorsal qui, parlant des apophyses epineuses
SACRO-COCCYGIENNE (ANATOMIE). 55
sacrees, se portent obliquement en haut, en avant et en dehors. Cctte apone-
vrose est eu quelque sorte commune aux muscles grand dorsal, petit dentele
posterieur et inferieur, transverse abdominal et au grand i cssicr, les fibres ten-
dineuses, suivant Cruveilhier, se croisaat en sautoir, de facon que 1 apoiievrose
du grand fessier d un cote, se continue avec celles des muscles susnommes du
cote oppose.
7). Un feuillet aponevrotique epais, resistant, a fibres entre-croisees, qui
constitue avec les goultieres sacrees posterieures nne loge fibro-osseuse, large-
meat ouverte en haut, fermee sur les cotes et en bas ou elle se termine en
pointe.
4. Cette loge est remplie par 1 extremite inferieure de la masse musculaife
commune an long dorsal, an sacro-lorabaire et aux transversaires epineux, qui
prend insertion d un cote sur la face profonde de I aponevrose et de 1 autre sur
les os. Cettc masse musculaire diminue d epaisseur de haut en bas, se retrecit
progressivement, dc sorte qu au niveau du coccyx, le squelette n est plus re
convert que par les teguments.
5. La face posterieurc du sacrum et du coccyx et les bords de ces os sont
revetus par des bandelettes fibreuses appartenant aux ligaments |><is|i ; rieurs
des symphyses sacro-iliaques, aux ligaments sacro-coccygiens posterieurs qui
ferment le canal sacre, et surtout aux ligaments sacro-sciatiques qui y pren-
iK iit de nombreuses insertions. On comprend la difficulte avec laquelle les
collections puruleutes dependant d une alteration des os peuvent traverser ces
couches fibreuses, pour se porter an dehors.
6. Le sacrum et le coccyx forment le squeletle de la region. Resultant de
la soudure de verlebres, d aulant plus modifiees qu on les considere dans une
partie plus basse, ces deux os sont reunis par une articulation symphysaire ou
mieux par une arlhrodie qui permet au coccyx quelques legers inouvements
sur le sacrum, d avant en arriere et d arriere en avant. Plus marques chez la
fenmie que chez I homme, plus etendus chez la premiere a 1 epoque de la par
turition, ces mouvements disparaissent dans un age avance, par suite de la
soudure des deux os.
La face posterieure du sacrum est convexe de haut en bas et donne a la
region sa conformation exterieure. Sur la ligne mediane, la serie des apophyses
epineuscs forme la crete sacree qui diminue progressivement de hauteur, dr
la partie superieure a I inferieure, et se bifurque en bas, pour former une ou-
verture irregulierement ovalaire, terminaison du canal sacre. Cette ouverture
est fermee par de puissants trousseaux fibreux qui vont se fixer a la base du
coccyx et continuent le ligament sur-epineux.
En dehors de lacrele mediune sont des gouttieres a peine marquees, limitees
en dehors par une crete laterale repoudant aux apophyses transverses et articu-
laires. Les huit trous sacres posterieurs qui donncnt passage aux branches pos
terieures des nerfs sacres et des arteres sacrees laterales, vont en diminuant
d etendue de la base au sommet du sacrum.
Quant au coccyx, maintcnu en place par les insertions des ligaments
sacro-sciatiques, et des muscles qui se fixent a sa face posterieurc, a ses bords
et a son sommet, il ne presente plus ni crete mediane, ni saillies laterales,
mais une surface convexe transversalement et de haut en bas, avec des sillons
transversaux, habituellemcnt au nombre de trois, indiquant les points d union
des pieces osseuses qui le constituent.
54 SACRO-COCCYG1ENNE (ANATOMIE).
Le sacrum est creuse dans loute sa longeur par un canal qui se termine a
son sommet, ainsi que nous 1 avons dit, se retrecissant graduellement de haut
en has, et fernie inferieurement par une paroi tibreuse. Ce canal est occupe,
non par la moelle, qui se termine beaucoup plus haul, niais par les nerfs
sacres, constituant la terminaison de la queue de cheval. Les enveloppes de la
moelle se continuent, au contraire, jusqu a 1 extremite inferieure du canal sacre,
fait qui rend compte de certains e tats pathologiques de la region. Les bandelettes
tibreuses qui constituent enl>;is la paroi poste rieure du canal sacre laissent entre
elles une lente lineaire mediane, qui permet de suivre le (Hum terminals de la
dure-mere, jusqu a sou insertion a la base du coccyx. L arachnoi de, au con
traire, forme autour des nert s de la queue de cheval une poche unique, de
dimensions notables, ou s accumule le liquide cephalo-rachidien. Des details
plus complets seront trouves aux articles : MEJJINGES, MOELLE EPIMERE et RACHIS,
nous ne parlons ici que de la disposition generale. Comme dans toute la hau
teur du canal vertebral, ou trouve dans le canal sacre des veines volumineuses
communiquant largement avec les veines sacre es. Elles constituent 1 origine
inferieure des plexus rachidiens.
La paroi anterieure du canal sacre est formee par la partie posterieure du
corps des vertebres sacrees, sur laquelle se continue le grand ligament vertebral
commun posterieur. De memo que la paroi posterieure est percee de huit trous
[>our le passage des nerl s et des vaisseaux (jui se portent dans les muscles
et les teguments de la re gion, la paroi anterieure, osseuse, du canal sacre est
percee de huit trous, quatre de chaque cote de la ligne mediane. Ces orifices,
plus larges que ceux de la paroi opposee, donnent passage aux quatre premieres
branches anterieures des paires sacrees, aiusi qu a des rameaux arteriels et
veineux. L epaisseur de cette paroi est plus considerable que celle des lames
posterieures ; elle est en effet formee par la superposition des corps des ver
tebres sacrees.
La face anterieure du sacrum ne presente pas de reliefs bien saillants, sauf
a 1 union du corps de la premiere vertebre avec la deuxieme, et quelquefois a
I union de la deuxieme avec la troisieme. Ces reliefs sont diriges transversale-
ment. Le second est regarde comme constant et comme habituellement tres-
prononce, par certains auteurs, au dire desquels il indique la separation entre la
partie superieure du sacrum qui sert de voie de transmission au poids du corps
et la partie inferieure de cet os, exclusivement destinee a des insertions fibreuses
et musculaires. En outre du grand ligament vertebral commun anterieur, de-
crit et figure par quelques anatomistes comme se prolongeant jusqu au coccyx,
on rencontre encore sur la face pelvienne du sacrum, en haut et en dehors, les
fibres du ligament sacro-iliaque anterieur, et vers son sommet les ligaments
sacro-coccygiens anterieurs.
7. Le muscle pyramidal s insere sur les parties laterales de la face anterieure
du sacrum par des digitations placees entre les trous sacres et se prolongeant
en dedans de ces orifices. Signalons entin les vaisseaux et les branches ante
rieures des nerfs sacres, qui ont ete 1 objet d une description speciale. Quant
aux organes contenus dans le petit bassin, ils sont separes de la face anterieure
du sacrum par un tissu cellulaire lache, par le feuillet parietal du peritoine et
1 aponevrose pelvienne.
Pour ce qui est du coccyx, sa face anterieure, depouillee du tissu fibre ux qui
I unifie, presenterait des depressions transversales legeres, au point d union de
SACRO-COCCYGIENNE (ANATOMIE). 55
ces pieces constituantes. Elle coiilinue la concavite verticalc du sacrum, cii
1 accentuant d babitude, par la projection du sommot do 1 os en avant.
Au-dessous des sympliyses sacro-iliaques, les bords lateraux du sacrum de-
vienneut librcs, et vout en s ainiucissant do haul en bas, pour so coiitiimer
avec les bords du coccyx. Les deux ligaments sacro-sciatiques s inserent d;ms
toute 1 etcndue de ces bords, pendant que le coccyx donnc attache plus specia-
lement aux muscles ischio-coccygien et relevenr anal.
Conime structure le sacrum cst forme de tissu presque oxelusivomcnt spon-
gieux recouvert par une mince lamclle de IJSMI mmpacie. II esl, peiTure par un
grand nombre de trous par ou penetrent et sortenl des vaisseaux. Le coccyx
offre uue structure analogue.
8. Vaisseaux et nerfs. Les arteres et les veines sacrees anlericures et lale-
rales fournissent a la region. Les uerfs viennent des branches posterieures des
paires sacrees, ils out ele decrits plus haut.
9. Lymphatiqmes. Les lymphatiques emaues des parties molles posterieures
de la region se reudent dans les ganglions inguinaux exlcnics.
Dans un excellent travail, base sur I exanicn de plus de deux cculs sujets,
Bacarisse fait une etude speciale du sacrum suivanl le sexe el sni\anl les races.
Comme particularity importante, il signale la frequence des saern us a six ver
tebres au lieu de cinq, nombre admis comme normal. Celle anoinalie se ren
contre dans un tiers ties cas. La vertebre supplementaire ou de fransz ft on est
placee entre la cinquieme vertebre lomliaire el la premiere sacn e, niais elle ap-
partient toujours au sacrum, puisque toujours les vertebres coccygienues, ainsi
que les vertebres vraies, sont en nombre normal. Plus frequenle ( he/ I homme
(57 : 79), cette disposition seinble plus rare dans ie sexe ic niinin (18 : 55),
sans que 1 auteur puisse en soupconner la cause.
La vertebre supplementaire n offre pas toujours le meme developpement, et
les memes rapports avec le sacrum. A uu premier degre elle n exislc que d un
seul cole, il n y a qu une moitie de vertebre interposee entre la cinquieme
lombaire et la premiere sacree. Au deuxieme degre, la masse apophysaire sup-
plementaire s articule avec 1 os iliaque. Au troisieme degre, la vertebre de
transition existe des deux cotes, mais son developpement n est pas egal. Deja
Ton compte cinq trous sacres superposes, mais le corps vertebral surajoute
n est pas soude au sacrum, il eii cst separe par uu fibro-cartilage. Au quatrieme
degre, la masse apophysaire nouvelle se soude d un cote avec le resle du sa
crum, puis 1 union se fait des deux cotes. Au cinquieme degre, le corps de la
vertebre de transition se soude a son tour, mais rarement completement, et
fmalement on a le sacrum complet et regulier de six vertebres.
Dans les quatre premiers degres, 1 angle sacro- vertebral ou promontoire vrai
est place a la reunion du corps de la vertebre de transition avec la vertebre
sacree sous-jacente. Entre la cinquieme lombaire et la vertebre supplementaire,
on rencontre bien aussi dans ces cas un angle saillant en avant, mais c est
un promontoire faux; il ne devient vrai que lorsque les six vertebres sont
completes, parce qu alors seulement, la courbure anterieure du sacrum com
mence en ce point, et 1 arete saillante fait partie du detroit superieur du bassin.
De meme que le corps de la vertebre de transition, ses apophyses articulaires,
ses lames et son apophyse epineuse d abord libres, se soudent au sacrum dans
les derniers degres de 1 anomalie.
Les etudes de Bacarisse sur la conformation du sacrum suivant les races
50 SACRO-COGCYGIENNE (ANATOMIE).
sont encore plus inleressantes, car elles tendent a infirmer les conclusions dc
Joulin, qui dit n avoir pas constate de differences entre les bassins de la race
jaune el de la race negre, ct n admet que deux classes principales dans la confor
mation de la cavile pelvienne sous le rapport des races humaines.
Pour eomprendre les conclusions de Bacarisse, il est indispensable de definir
quelques-unes des mesures de comparaison employees par ret auleur. La lar-
geur a la base est la largeur maxima mesuree stir la face superieure du sacrum.
La largeur en arriere, la distance qui separe le sommet des deux apophyses
transverse* dc l;i premiere vertebre sacree. La largeur en has est prise en avant,
transversalement, an point le plus iuferieur dela facet le auriculaire du sacrum.
Enlin, la lanjeitr an detroit siipe rieiir est mesuree sur la portion du sacrum qui
fait parlic du delrml supcrieur.
An point dc \uc des races, sont successivciiicul passces en revue les trois
^ramies races; blanches: Europecns, Arabcs, Egypliens ; j az/nes : Americains,
Illinois, Turcs, Esquimaux, Polynesiens, Lapons, Sdiomlis; ct negres : Melaiic-
sicus, Auslralicns, Mcgrcs oriciilaux, Negres occidentaux, Boschimans ct Alula-
Ircs. I.cs conclusions generates de 1 auleur sont les suivantes.
Premiere serie. \. Dans toutes les races en ^cneral, excepte quelques races
negres, lontes ios dimensions du sacrum de 1 bomme, moins une, sont plus gran-
des (pic (lie/ la I ciuinc. (/exception a hail a la largeur au detroit superieur, plus
grandc dans le sexc feiuinin.
2. La difference en Ire la largeur a la base <lu sacrum el la bauteur est
pins grande chcz la fcmme que cbez riiomme. C est le contraire, pour la
difference entre la largeur a la base et la largeur au detroit superieur.
5. La largeur en arriere est plus grande cbez 1 homme que la largeur en
bas ; c est le contraire cbez la femme. De plus, les apophyses transverses de la
premiere vertebre soul plus rapprochees chez la femme que chez rhommc.
4. D une maniere genera le, dans toules les races, le sacrum de 1 honime est
plus I orlenienl coin-he que celui tie la femme.
Denxieine serie. \ . D uue maniere generale, la largeur du sacrum a la base
atteint son maximum cbez les races blanches, en part iculier cbez les Europeans;
puis viennent les races jaunes el enfin les races negres.
2. La bauteur de 1 os offre de grandes variations. Les races negres etenparti-
culier les Negres orientaux et occidentaux, 1 emportent dans les sacrums de six
vertebres; les Kuropeens dans les sacrums decinq vertebres.
5. La difference entre la largeur a la base et la hauteur est tres-grande dans
les races blanches, moindre dans les races jaunes, moindre encore et Ires-
petite cbez les Negres, ou Ton voit quelquefois la hauteur 1 emporter sur la
largeur.
4. La largeur au detroit superieur a son maximum dans les sacrums des races
blanches; elle est plus petile dans les races jaunes, plus faible encore chez les
Negres el en part iculier chez les Negres orientaux,
5. La courbure du sacrum a son maximum dans les races blanches el eu
parliculier cbez les Europeans. Elle esl moindre dans les races jaunes. Enfin,
chez les Negres on voil les sacrnms les plus aplalis, sauf chez les Melanesiens et
les Australiens qui se rapprochenl des races jaunes.
Puisque les sacrums sonl si differents dans les Irois grandes races, il semble
evidenl que les bassins pris en enlier doivenl e galemenl differer.
De ces recherches nous pouvons rapprocher les etudes de Fehling sur la
SACRO-GOCCYGIENNE (ANATOMIE). 57
forme du bassin chez le foetus et le nouveau-ne, eludes basees, comme les
precedentes, sur de nombreuses mensurations. Les courbures de la colonne ver-
tebrale et du sacrum ue sout assez accusees pour offrir des differences appnVi.i-
bles suivaut les sexes, qu au cinquieme mois, mais ellcs vont en s accentuant de
plus en plus. Chez le fcelus, les vertebres sacrees superieures, au lieu d offrirune
concavite en avant, contmuent la convexile des dernieres vertebres lombaircs.
Cbez le nouveau-ne, au conlraire, le sacrum prescnte une surface concave ante-
rieurement, et le promontoire se prononce par le redressement de la colonne
lombaire.
Glande coccyyienne. Le role important quo quelqucs chirurgiens out vouln
faire jouer a la glande coccygienne, comme point de depart des lumeurs de la
region, nous oblige a eiitrer dans quelques details sur les rapports el la struc
ture de cet organe, indique seulement dans le tome XVIII de la premiere
serie de ce Dictionnaire, article COCCYGIENISE. Decrite pour la premiere fois par
Luschka, cette glande, du volume d un petit pois, constante, est impaire et,
piacee dans la profondeur du petit bassin. Ovalaire, de couleur jaune rougcativ,
a surface ine gale, elle est situee immediatement au-devaiit du smiimei du coc
cyx, dans une espece de gouttiere mediane, comprise entre les deux insertions
tendineuses du releveur de 1 anus, a la quatrieme piece du coccyx. En avant, elle
est recouverte par le faisceau du retracteur de 1 anus, parlie du relcvrur anal,
et son aponevrose; en arriere,elle repond aux insertions coccygiennesdu sounder
anal. Plongee dans un tissu graisseux abondant, elle est plus facile a decouvrir
cbez les personnes maigres que chez les gens obeses.
Au lieu de former une masse unique, elle est quclquefois composee de cinq a
six granulations separees, du volume d un grain de millet, suspendues en grappe
a des branches tres-deliees dc 1 artere sacree moyennc ul ivunics cnlrc dies pur
du tissu cellulaire. Son parenchyme est tres-consistant. Le stroma de la glande
est forme par du tissu connectif condense, riche en noyaux, contenant dans ses
alveoles des vesicules et des culs-de-sac. Les vesicules, disseminees, ont des dia-
metres qui varient de quatre a treize centiemes de millimetre. Les culs-de-sac,
de forme et de disposition tres-invguliere, sont plus ou moins tordus, coutour-
nes, et presentent ca et la des etranglements tres-marques. Simples ou munis
d appendices de forme variee, ils ne sont jamais reunis dans un conduit excre-
teur comnmn.
Les culs-de-sac et les vesicules sont formes par une membrane hyaline,
anhiste, plus ou moins confondue avec le stroma fibreux, et par des elements
cellulaires tres-varies. Ils sont ordinairement tapisses par un epithelium a cel
lules arrondiesoupolygonales. Chez les nouveau-nes, on rencontre assez souvent,
dans quelques vesicules, des cellules epitheliales cylindriques,parfoismunies de
cilsvibratils.
Les arteres de la glande viennent de la sacree moyenne. Les nerfs, tres-nom-
breux, viennent du ganglion coccygien, ou de 1 anse de reunion des deux sym-
pathiques. Ils forment dans le tissn glandulaire un plexus a mailles tres serrees,
ou Ton voit assez souvent des cylindres primitifs termines par une extremite libre,
renflee en massue et portant une cellule ganglionnaire. Kolliker a signale cette
disposition terminale comme presque constante pour les branches du dernier
nerfsacre.
Les recherches de E. Pen-in, tout en confirmant les donnees de Luscbka sur
1 existence de la glande coccygienne, son aspect microscopique et ses rapports,
58 SACRO-COCCYG.IENNE (PATIIOLOGIE).
Font conduit a unc appreciation di fie rente de la structure intime de cet organe.
En examinant les grains glandulaires, il a constate 1 existence de loges ovo ides a
contenu transparent, honiu-nir diez I enfant, mais renfermant cliez 1 adulte deux
ou trois grandes cellules. Chacun des grains est limite par une membrane epaisse,
dure el ivsislante. Pour E. Perrin, les vesicules decrites par Luschka ne sont
que des sections de tubes, et le tissu gland ulaire est exclusivement constituepar
dcs tubes formes d une membrane hyaline et d un contenu cellulaire. Ces cellules
sont polyedriques, transparentes chez les nouveau-nes, granuleuses cliez les adul-
tes. II est done impossible de rcgarder la glande coccygienne comme ayant une
structure vesiculaire, et de 1 assimiler au corps pituitaire. G est une glande en
tubes.
II. Pathologic. Non> eludierons successivement les affections organiques
dc la region sacro-coccygienne, les lesions traumatiques dc cette partie et les ope
rations qu on y pent pratiqucr.
A. AFFECTIONS OUGAMOUES. Elles sc developpent dans les parlies molles ou
dans les os. Les tumeurs eongenitales, en raison de leur importance, meritent
une description spcciale.
a. Parties molles. Les affections organiques limilees aux parties molles
de la region sacro-coccygienne ne preseutent que peu de particularites.
L inlerlrigo, Fee/ema, le furoncle peuvent s y rencontrer; les abces sous-
eniaiies y sont rares, en deliors des lesions traumatiques ct des alterations
des os.
L affection si douloureuse, designee sous les noms de coecygodynie, coccyal-
gie, etc., et dont les causes reelles sont encore a cbercher, a fait 1 objet d un
arlicle special (voy. COCCYGODYNIE, I re seiie, t. XVIII).
b. Os et articulations. [/articulation sacro-coccygienne peut-elle etre
atteinte d une tumeur blancbe? La chose est possible, mais nous n enconnaissons
pas d exemple.
Les deformations que le rachitisme et 1 osteomalacie determinent dans les os
du bassin ne sontjamais limilees au sacrum, qui devientplus convexe et estporte
en avant. II en est de meme dti cancer de cet os, qui se montre d liabitude comme
tumeur secondaire, au moment oil la cachexie est deja tres-avancee. La paralysie
plus ou moins complete des membres inferieurs, des douleurs violentes, des
fourmillements sur le trajet du scialique ou des branches collaterals du plexus
sacre, indiquent que les nerfs sacres sont comprimes par la tumeur carcinoma-
tense ou envahis par le neoplasme. Ces signes doivent cveiller 1 attention du
chirurgien, car ils sont une contre-indication ibrmelle de toute intervention
opera toi re.
Les deformations du sacrum, soit par une hyperostose ou exostose de nature
syphilitique, soit par un cal difforme, sont iuteressantes au point de vue des
symptomes qui resultent de la compression des organes contenus dans la cavite
pelvienne. Malheureusement, ces faits sont extremement rares. le diagnostic reste
incertain, le traitement difficile ou impossible, et les lesions ne sont trop souvent
constatees qu apres la mort. II en fut ainsi dans le cas de kyste hydatique du
sacrum rapporte par Pean (Patkologiechirurgicalede Nelaton, 2 e edit., t. II, 1868).
En raison de la structure spongieuse du sacrum, les exostoses developpees sur
cet os, et habituellement sur sa face anterieure, sont globuleuses, a surface ine-
gale, et comme mamelonnee. Broca a rapporte un cas d exostoses multiples du
SACRO-COCCYGIEiNNE (PATHOLOGIE). 59
coccyx. Ges iumeurs etaient pediculees et s ctaient developpees sur la face ante-
rieure et sur la face posterieure de 1 os.
Osteite, carie. Gomme lous les os spongieux, plals ou courts, le sacrum, sous
1 influence de cetle cause generale que Ton nomrae la dialhese scrofuleuse, est
souvent atteint de carie. C est presque toujourssurla face pelvienne ou antericure
de 1 os que siege la carie scrofuleuse ou spontanee. A la suite de douleurs pro-
i ondes, perse verantes, dans la region sacree, se developpent des collections puru-
lentes, qui decollent les visceres pelviens et produisent dans le bassin dcs dela-
brcments plus ou moins considerables. Le pus, fusant le long de la lace anle-
rieuredu sacrum, vient habituellement sefaire jour an deliors, dans le voisinage
de 1 orifice anal. D autres tbis, le rectum est perfore, le pus est irndu par 1 anus,
et dans les deux cas persistent des listules intarissables s ouvrant soit a 1 exte-
rieur, soit dans 1 inteslin, soit des deux cotes a la fois. G est la la mairlie ordi-
naire de ces abces ossifluents, et Ton doit considerer comme tout a fait excep-
tionnel le fait de Lisfranc, ou le pus se faisant jour dans le canal sacre et le
canal vertebral, aurait fuse jusque dans les ventricules cerebraux.
L osteite et la carie sont superficielles ou profondes. Gette derniere, plus rare,
est souvent la consequence du developpemcnt de lubci-eiiles dans 1 epaisscur du
sacrum.
Le diagnostic delacariedu sacrum est toujours fort difficile au debut de I af-
fection, alors que les douleurs sonrdes et profondes de la region sacive sont
1 unique symptome present/! par les malades. I eut-elre le toucher rectal ferait-il
reconnaitre 1 existence d unc collection liijuide en arriere de 1 intestin, si le
doigt pouvait arriver assez haut, si le pus etait reuni en quanlile asse/ conside
rable sous le perioste decolle de la face anlerieure du sacrum. Mais d hahilude
aucune gene de la defecation n atlire rallentioii de re cole. Sous 1 influence
de la pesanteur, le pus descend entre le sacrum et la face posleriemv de I in-
testin, et 1 abces s ouvre spontanement, souvent a la marge de 1 anus, soit au
peiinee, soit dans les environs de la fesse, en laissant a sa suite une fistule
persistante.
Boyer insistait deja sur 1 importance du diagnostic de ces fistules ossifluentes,
qn il est parfois bien difficile de distinguer des simples listules a 1 anus. Les dou
leurs anterieures, 1 etat de santg generale du sujet doivent elre jiris en consi(ii ; ra-
tion. L absence de symptomes aigus, la marclie lente et sourde de 1 affection,
sont egalement a noter. Les fistules sont d habitude peu nombreuses, nne oudeux
au plus, le plus souvent borgnes externes, mais pas toujours, I l i-oul ini iit est
tres-abondaut, sereux, le plus souvent melange de ga/ ou nmieuaiil de petites
particules ossenses. Lapression exercee sur la paroi posterieure du rectum donne
lieu a 1 ecoulement d une notable quantite de pus, pendant que ledoi.;!, si liaut
qu il remonte, ne constate pas habituellement d orifice intestinal. La sonde ou le
stylet penetrant dans 1 orifice de la listule, ne peuvent d habitude etre conduits
jusqu au contact de 1 os malade, car le trajet fistuleux est tres-contourne ; mais
la pointe de 1 instrument ne se porte pas vers le rectum, et par le toucher on se
rend facilement compte que le stylet est separe du doigt par une epaisseur de
tissus assez grande.
Tels sont les signesqui permcttent de reconnaitre si Ton adevant soi une carie
osseuse. Dans ces cas, 1 affection est grave ; d autaut plus grave que 1 alteration
est plus etendueetla sante generale plus affaiblie.
Le traitement doit surtout consister en injections antiseptiques ou modifica-
00 SACRO-COCCYGIEiNNE (PATHOLOGIE).
trices, mais toute intervention operatoire serait evidemment sans resultat et
entrainerait tics dangers.
Quant a la carie, dite de cause externe, dont le siege habituel serait la face
posterieure de 1 os, il nous paralt que dans ces cas la lesion n est pas une caric,
mais une necrose.
II en est de meme pour le coccyx, dont les alterations sont liabituellcment la
consequence de lesions trauma tiques.
c. Tumeurs conge nitales. Les tumeurs congenitales de la region sacro-eoc-
cygienne ou de 1 extremite infericure du Ironc meritent une etude speciale.
Elles sont assez frequentes, pn senlent de nombreuses varietes, et necessitent
souvent 1 intervention du cliirnrgien.
Pendant longtemps ellesont ete con fondues sous In designation commune d in-
clusions foetales ou dc monstruosites parasitaires. Meckel (Patholog. Anatomie,
1818) et Himly (Gesclnclite des Foetus in Foetu] ne font outre elles aucune dis
tinction. Amnion (Die angebornen cliirun/ixchen Krankheiten, Berlin, 1842)
divisaces productions morbides m qiialrr classes : hernies, hydrorachis, inclu
sions et neoplasmes ; mais 1 origiue, la structure, les caracteres cliniques de ces
varietes restent encore mal delinis.
Wcrnlicr (Die angebornen Cysten-IIygroma, Giessen, 1843) etudie plus spe -
cialement les Ingronu s lv\>-liqurs congenitaux, en s appuyant sur quinze obser
vations. C esl i : galcmriil. ctile variete de tumours sacrees qui fait 1 objet de la
these du docteur Veling (Essai sur les tumeurs enkyste es de 1 extremite infe-
rieuredu tronc foetal, Strasbourg, 1846). Un fait de kyste congenital, opere
avec succes par le professeur Stoltz, est le point dc depart de ce travail. A celte
epoque, les tumeurs enkystees de la region sacro-coccygienne etaient g( ; iu i ele
ment considerees en France comme les restes d un spina bifida gueri par obli
teration, devenus independants de la cavile raciiicnne.
En 1858, Lotzbeck a publie sur ces tumeurs (Die angebornen Geschwiilste der
Hinternkreuzbeingegend, Miinchcn) uu ouvrage important par le grand nom-
bre d observations qu il contienl. Le premiei 1 , il propose une classification bisto-
logique, et divise ces tumeurs en graisseuses, cartilagineuses, osseuses, vascu-
laires, cystiques, tibreuses et epitheliales ; mais il laisse presque de cote le
point de depart de ces productions.
La decouverte de la glande coccygienne par Lusclika (Der Hirnanhang mid
dle Streissdriise, Berlin, 1860) semble un instant eclairer 1 origine de ces
tumeurs. E. Perrin (Tliese de Strasbourg, 186H) n liesite pas a les considerer
comme le resultat d alterations de celte glande ; mais cette opinion, trop exclu
sive, ne pent resister a 1 examen des fails. Ni les tumeurs congenitales, ni les
tumeurs des adultes, ne peuvent, toutes sans exception, se ranger dans les dege-
nerescences de la glande de Lusclika.
W. Braune, dans son excellente monographic (Die Doppelbildungen und
angebornen Geschwiilste des Kreuzbeingegend. In Prager Viertaljaltrsclirift,
1850, t. XXV), divisait ces tumeurs en trois categories : les tumeurs coccygeales
ou cystiques composees et autres tumeurs plus ou moins solides de la region ; les
simples kystes, siegeant a la face posterieure du sacrum ; et enfin les appendices
caudaux et lipomateux. Cette classification est adoptee par Bernard et Brodhurst
dans leur cliapitre sur les Maladies chirurgicales des enfants, in Holmes s Sur-
genj, t. VI, l re edition.
En 1862, Constantin Paul (Archives gene rales de me decine, 5 e serie, t. XIX
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE). Gl
et, XX) ctudie spccialement les monslruosites parasitaires ou les inclusions fceta
les de la region sacro-perineale. On Irouve egalement un chapitre interessant
sur ces productions clans 1 ouvrage special de Holmes (The Surgical Treatment of
the Diseases of Infancy and Childhood. London, 1860). Gependant, le memoire
le plus interessant est la remarquable these de Molk (Strasbourg, 1868), qui
reunit dans une elude commune les nombreuses vancles des tumeurs congeni-
tales de 1 extremite inferieure du tronc, et rapporle toutes les observations pu-
bliees. Ce travail est la base pvincipale de 1 excellente revue critique que Duplay,
dans la meme annee 1868, consacre a 1 etude de ces productions morbides.
C est a ces deux auteurs que nous empruntons la plus grande partie dcs laits
contenus dans cet article. Depuis -1868, un assez grand nombre d observations
nouvelles out ete publiees dans les divers journaux et recueils de medecine, mais
aucun travail d ensemble n a ete fait sur ce sujet dans notre pays. On trouvera
dans la bibliographic Indication de ces i aits recents, qui n ont en rien modifie
1 elat de la question.
Classification. Molk divise ces productions morbides en six classes : 1. cys-
to-sarcomes et sarcomes ; i 2. tumeurs enkystees; 3. tumeurs par degcnerescence
de la glande coccygienne ; 4. lipomes et tumeurs caudales; 5. inclusions footales ;
6. tumeurs de nature tres-complexe, et [tar consequent mal definie.
En adoplant la meme division, Duplay suit dans son rlude unc marcbe un
peu difierenle et qui nous parait plus ralionnelle. II forme de ces tumeurs trois
grandes classes : la premiere comprend les inclusions fcetales; la scconde, les
spina-bifida de la region sacree; la troisieme, tonics les autres tumeurs ne pre-
sentant aucune communication avec le canal rachidien. Dans cette derniere
classe se rangent les kysles, cystomes ou hygromas sacres, les sarcomes et cyslo-
sarcomes, les lipomes, les tumeurs caudales, et enfin les tumeurs complexes,
mal decrites, qu il est impossible de laire rentrer dans un des groupes pre
cedents.
I. Inclusions fcetales. Les tumeurs parasitaires de la region sacro-coccy-
gienne sont assez frequentes, soit qu on y trouve a 1 examen des elements or-ra-
nises qui permettent d ai firmer leur nature, soit que 1 origine en restc plus
douteuse. Nous pensons, comme Duplay, que bon nombre des productions mor
bides de cette region, designees sous le nom de cystomes, cysto-sarcomes et lipo
mes, doivent etre rangees dans les inclusions foelales. 11 nous semble done im
possible d admettre la distinction faite par Depaul entre les inclusions fbetales et
les tumeurs embryoplastiques, celles-ci renfermaiH les ( lemcnts isoles du foetus,
pendant que les premieres contiennent des elements agences et constituant par-
fois tout un organe. Les unes aussi bien que les autres doivent etre classees dans
les monstres autositaires endocymiens on par inclusion.
Au point de vue anatomo-patliologique, elles sont constituees par des mem
branes d enveloppe et par un contenu plus variable dans son aspect.
Les membranes d enveloppe sont formees : 1 par la peau, allon^ee, mince
violace e, munie de vaisseaux veineux dilates, quelquefois perfore e de trous par
lesquels des parties fetales viennent faire issue au deliors. Dans une inte res-
sante observation de Depaul, la tumeur presenlait sur une de ses faces des che-
veux assez longs et nombreux, un rudiment d oreille, etc. ; les teguments
etaient enflammes et couverts delarges pblyctenes (Bulletin de la Socie te de chi-
rurgie, 1869, 2 e serie, t. X, p. 207) ; 2 sous la peau, une membrane fibreuse
plus ou moins epaisse et resistante, tres-forte si le kyste communique avec la
62 SACRO-COGCYG1ENNE (PATHOLOGIE).
cavite rachidienne, circonstance heureusenienl I urt rare; 5 une membrane
sereuse ou muqueuse, lisse, unie, revctne d un epithelium pavimenteux, et
reliee au parasite par des brides fibro-celluleuses plus ou moins epaisses.
Les parties contcnues sont liquides et solides. La tumeur ouverte laisse echap-
per une serosite limpidc et trouble, variable ea quantile, et qui met a jour la
masse solide, le foetus. C est un amas de graissc cl dc kystes, de forme irregu-
liere, bosselee, de consistance inegale ; ici, souple et elastique ; la, mollc et pa-
teuse; plus loin, dure et resistante comme de 1 os ou du cartilage. Les parties
icetales conlemics dans le kyste sont excessivement variables. L appareil de
locomotion cst habituellement, par sa forme, le plus facile a distinguer dans
cette masse. II s y trouve le plus souvent represenle, mais a tous les degres dc
develnppe nl, di puis le sladc le moins avanee, ou le microscope permet seul
de reconnailre les elements des lissns (libres musculaires strides), jusqu auxcas
ou Ton rencontre des parlies du corps pre.>que completes : piedsavec les orleils,
iiiiiiiis aver les doigls, column serlcliralc, lele ou crane. L appareil digestif est
reprcM-ule dans ces tumeurs par des anses inteslinales pourvues ou non de me-
scniere el miiU ii;ml. parfois du meeonium. Sur 25 observations qu il a
rennies, Molk ivlcvc 1"J cas ou la lumeur contenait des extreiniles ; 5 cas oil
elle renfermait des anses -intestinales, el 5 fails seulement ou J un constata la
presence, dans la masse, d o^ dc la tele ou du I rone. A cole de honours avec des
nerfs, ou rencontre quelquefois des masses plus ou moins semblables au cerveau
on an ecru-Id cl dc iiieine struclurc. O soul ces luinciirs ijn il regarde comme
forniees par une hypergenese de la substance grise de la moelle, que Depaul
range dans les lumcuis a m\clor\ lc>.
L apparcil eiimialoiie cst represenle par 1 artcrt sacn e niovenne, tres-yolu-
mineuse, sortant du bassin entre le coccyx et 1 anus, pour se distribuer dans les
parlies solides dc la tumeur, en traversant son pedicule. La production morbide
ne possede jamais que de rares vaisseaux particuliers, et le plus souvent ils
nianquent completement.
Vient enlin la [>eau avec des poils, des glandes, tous ses caracteres propres;
mais jamais, suivant G. Paul, on ne trouve meme les rudiments des orgaaes
urinaires ou des appareils de reproduction. Dans nombre de i aits. la masse ne
semble ibrmee quo par des amas de matiere grasse et des kystes seicuv multi
ples; etsi 1 examen bistologique ne permet pas d y decouvrir des elements des
tissus, il devient souvent impossible d en certifier la natureparasitaire.
Les kystes sont babituelleaieut tres-nombreux et renl crmont nne serositelim-
pide ou coloree par du sang. 11 est le plus souvent impossible de roconnaitre les
ineinbranesde I oeuf, mais le liqnide ou nage le foelns parasilaire ot toujours
distinct du liqnide encephalo-rachidien. Au lieu de serosite plus ou moins
claire, on peut rencontrcr dans la poche du pus ou un liqnide sanieux, s il y a
eu inflammation. Le liquide contient des cellules epitheliales, des globules rou
ges et blancs plus ou moins alteres. L analyse y fait constater la preseiu-r 1 ;ie 1 al-
bumine et de quelques sels, et sa composition cliimique se rapproclie beaucoup
de ceile du liquide amniotiqne.
Suivant C. Paul, le siege de 1 inclusion peut varier dans la profondeur des
tissus. La lumeur est placee clans le tissu cellulaire sous-cutane, ou bien elle est
au-dessous de 1 aponevrose ; dans quelques cas elle communique avec la cavile
rachidienne. Cette condition serait tres-rare d apres Duplay, qui n a pu reunir
que 3 faits, dans lesqucls une inclusion foetale existait en meme temps qu im
SACRO-COCCYG1ENNE (PATUOLOGIE). 63
spina-bifida du sacrum. Parfois, la tumeur parasitaire penetre dans la cavite
abdominale, ou so trouvc en connexion avec une secondc Uiineur foetale incluse
dans 1 abdomen.
Ces tumeurs ne se signalent en general, pendant la grossesse de la mere, par
aucun symptome. Au moment de I accouchement, ellcs peuvent devenir par leur
volume une cause de dystocie, mais elles jouent clans ces conditions le meme
role que les autres tumeurs congenitales de la region sacro-coccygienne dont
nous nous occuperons tout a 1 heurc.
Apres la naissance, les tumeurs parasitaires offrent les caracteres suivanls.
Leur forme est hemispherique, spherique ou ovoide et allongce, suivant leur
developpement. Leur volume variable atleint, en general, au moins les dimen
sions de la tete de 1 cnfant. Souvent enormes, elles descendcnt jusqu aux jarrcts,
et meme jusqu aux talons du nouveau-ne. Habituellement simples, elles sont
quelquefois bilobees, et aiigmentent rapidement apres la naissance. La peau qui
les recouvre, en general peu alteree, se montre d autres fois violacce, amincie,
excoriee, declriree, percce de Irous par ou sortent des parties foetales ; quelque
fois rouge, enflammee et douloureuse au toucher. Nous avons signale le fait dc
Depaul ou le tegument, convert de larges phlyctenes, offrail des poils, un rudi
ment d oreillc, un anuset des vestiges du cordon ombilieal. Leur suri ace lisse
et unie est parfois irregulierc et pourvue d appendices liguraut des membn s
suspendus a la production morbide. La minceur des enveloppes permct quel
quefois de constater la transparence dans les parties liquides, vers I extremilc
inferieure de la tumeur.
Au toucher, la grosseur offre une consistance molle, elastique, renitente par
places, avec une fluctuation le plus souvent evidentc, qui permct de reconnaitie
s il s agit d nn kyste simple, unique, ou de kystes mulli|ilrs. Ailleurs, on trouve
des parties plus dures et dont la consistance va par degres jusqu a la resistance
de 1 os ou du cartilage. Ces parties solides occupent toujours les points du kyste
les plus rapproches du sacrum et du coccyx ; elles descendent plus ou moins has
dans la poche, dont la partie declive est occupee par le liquide.
Ces tumeurs sont rarement bien pediculees ; le plus souvent elles adherent
par une large base a la partie anterieure du sacrum et du coccyx, et font sailllie
au perinee, en arriere de Tanus, qu elles repoussent en avant. Parfois aussi
elles se detacbeut de la face posterieure du sacrum ou du sommet du coccyx.
Jamais elles ne sont reductibles, et sauf dans les cas d inflammation des mem
branes, elles ne sont pas douloureuses, meme au toucher et a la pression.
Pour eviter des redites, nous etudierons d une facon generalc le pronostic et
le traitement des inclusions fcetales, en meme temps que les autres lumeurs de
la region sacro-coccygiennc.
II. Spina-bifida. Le second groupe des tumeurs de Textremite inferieure
du tronc est forme par les spina-bifida de la region sacro-coccygienne. L exis-
tence de 1 hydro-rachis dans cette region, rejetee par Trelat, Depaul et Verneuil,
est admise au contraire par Giraldes et Tarnier. Nous pensons avec Duplay
que le spina-bifida coccygien est impossible, ou du moins que de telles tumeurs
n ont pas ete demontrees jusqu a ce jour. On doit done consiclerer comme inde-
pendantes du canal rachidien toutes les productions morbides qui sont fixees
au coccyx.
II u cn est pas ainsi du spina-bifida de la region sacree, dont Hone pn senta
un exonple il y a quelques annees a la Societe de chirurgie de Paris. Celui ci
64 SACRO-COCGYGIENNE (PATHOLOGIE).
ne peut etre mis en doute, quoique souvent confondu avec la hernie des enve-
loppes de la moelle ou de la moelle elle-ineme, au travers de 1 ouverture qui
lermine en bas le canal sacre. Le memoire de Braune contient six ou sept ob
servations de cette lesion. Les tumeurs, de volume souvent enorme, sont siluees
a la partie posterieure du sacrum, dont 1 extremile inferieure se confond avec
la masse morbide. Souvent le coccyx a completement disparu, ou ne presente
plus que quelqucs pieces atrophiees. Par leur developpement, ces grosseurs re-
poussent fortement en avant les organes genitaux et 1 anus, qui vient se cacher
sous la symphyse pubienne.
La struct urc de ces tumeurs est fort variable, et d babilude elles sont con-
slituees par un melange de parties solides el liqnides. Duplay siguale, d apres
l.raune, un cas de tuineur papilluire, affection propre aux meninges, et consis-
tant dans la production de papilles on de villosites a la surface interne de la
(lure-mere spinale, se continuant, jusqu aii milieu du canal sacre, et separant
les mis des aiilies les ueiis de la queue de cheval.
Les luiueiirs de ce groiipc se pivsenient sous deux varietes qu il importe de
dislingner. Si le kjste est extra-rachidien, si toute communication avec le canal
vertebral est interrompue, la tumeur est irreductible, la pression ne donne lieu
a aucun signe special de paralysie, de convulsions, et Faffection ne peut etre
que difficilement distinguce des cyslo-sarcomes dont nous parlerons tout a
I lieure. Si au contraire le kyste communique avec la cavile racliidienne par un
canal suftisant, la tumeur s affaisse et se reduit par la compression, et cette re
duction s accompagne d engourdissement, de douleur, de convulsions, de para-
i\sie, en uu mot, des signes babituels du spina-bifida racliidien. Lorsque Jes
eiiveloppes sont minces et que la reduction est complete, on peut quelquefois
ciinslaler par le toucher 1 ouverture anormale du canal sacre (voy. SPINA-BIFIDA).
III. Tumeurs ne communujuanl pas avec le canal racliidien. Autant les
deux premiers groupes des tumeurs de la region saci-o-coccygienne sonl nette-
ment defmis, autant celui-ci n offre que des limites mal tracees. II est consti-
lue par des productions morbides variees dont 1 origine et la nature sont egale-
ment discutees.
lies tumeurs, generalement de forme ovoide, allongee, presentent un volume
variable, depuis les dimensions d un osuf de poule, jusqu a celles d une tete
d enfant et meme davantage. On les voit ainsi descendre jusqu aux mollets,
jusqu aux talons, et le nouveau-ne semble assis sur cette masse. Elles sont ha-
bituellement situees en avant du sacrum et du coccyx, quelquefois cependant
en arriere de ces os. Dans le premier cas, le sacrum parfois, le coccyx toujours,
sont refoules en arriere, celui-ci luxe sur 1 os sacre a angle plus ou moins aigu,
et parfois se portant directement en arriere avec sa pointe saillante sous la
peau. Dans les conditions opposees, le coccyx est repousse en avant, mais son
deplacement est alors bien moins prononce.
Ces tumeurs presentent d habitude un pedicule fort et resistant qui s attache
au coccyx, il semble meme que le perioste de cet os, se prolongeant sur toute
la grosseur, forme a la Ibis et son enveloppe fibreuse et le lien qui la fixe. Dans
les cas ou le coccyx est rudimentaire , cartilagineux , englobe dans la masse
morbide; dans les cas assez frequents oil cet os manque completement, le point
d attache est transporte a 1 extremite du sacrum.
Les limites de ces tumeurs sont formees : en haul et en arriere par le bord
inlerieur des muscles fessiers, qu elles ne depassent jamais lateralement, si
SACRO-COCCYGIENNE (PATIIOLOGIE). 65
enorme que soil leuv volume; en avant, 1 anus cst refoiile cu meme temps que
les organes genitaux externes jusque sous la symphyse pubienne. Generalemeut
I orilice anal est entr ouvert, scs plis rayonnes sont effaces et le sphincter ex-
terne est plus ou moins atrophie. Du cote du bassin, les limitcs sont plus varia
bles. La tumeur est arretee par la resistance du releveur de 1 anus, ou relbulant
cet obslacle, atrophiant, ecarlant les tibres musculaires, la masse penetre dans
la cavite pelvienne. Placee cnlre la face anterieure du sacrum et le rectum
qu elle distend et repousse en avant, elle nc produit pas de gene dans la defe
cation et dans la miction, si son volume reste pen considerable. Mais quand elle
se developpe davantage, elle envahit le petit et le grand bassin, comprime 1 u-
retbre et la vessie qu elle refoule en hunt et en avant, et s elcvant dans la cavite
ahdominale, elle peut arriver jusqu a 1 ombilic. On comprend quels troubles
elle peut amener dans la defecation et dans la miction lorsqu elle a acquis un
aussi enorme developpernenl.
Quoiquela nature de ces tumours ne soit pas toujoursbiendeterminee, quoique
1 examen laisse souvent a desircr, il est possible de les diviscr en cinq classes :
1 Kystes ou Cystomes (hygromas sacres). Celte variete serai t assez fre-
quenle, d apres Molk qui rapporte dix-neuf observations de tumeurs enkystees.
D un volume considerable, ces kysles sont habituellement pnlicules et lixes a la
pointe du coccyx ou plus rarcmcnt a I ouverture inferieure du canal sacre, ou-
verture hermetiquement fermee. La pcau <|iii les revet est mince, transparente,
sillonnee par de grosses veines. Au-dessousdn tegument, on rencontre une mem
brane fibreuse assez resistante, puis une couche epitheliale mince et transpa
rente. Lekyste est rarement unique, bien plus souvent la masse esl formee par
des cavites multiples, contenant un liquide jaunatre, poisseux, gelatiniforme,
ou une serosite citrine semblable a celle de 1 hydrocele vaginale. La presence
d hydatides n a pas ete demontree. L analyse chimique du liquide y fait consta-
ter la presence de 1 albuminc ct du chlorure de sodium, des traces de phosphate
et de sulfate de chaux, jamais de sucre ni d uree. Gloeser a rencontre deux fois
dans la cavite kystique des caillots sanguins, et Coulon y a vu des cellules epi-
theliales et des globules sanguins donnant au liquide 1 aspect d une hematocele.
Molk assigne aux tumeurs enkystees les caracteres suivants : elles sont molles,
iluctuantes, transparentes, comme 1 hydrocele de la tunique vaginale, appendues
a la pointe du coccyx ou a 1 extremite du sacrum par un pedicule fort et resis
tant. Elles se laissent comprimer sans doulcur, et si elles s aplatissent un pen
dans tous les sens par la pression, elles ne diminuent pas de volume et ne pre-
sentent a la palpation aucune masse dure et solide.
2 Sarcomesel cysto-sarcomes. Leur frequence est tres-grande, etMolk en a
reuni seize observations. Malheureusement leur structure n estpas bien connue.
Comme les autres tumeurs de la region, ils varient dans leur forme et dans
leur volume, habituellement cependant assez considerable. Leur siege ordinaire
est a la face anterieure du sacrum et du coccyx qu ils repoussent en arriere,
pendant que les parties genitales et 1 anus sont refoules en avant. Leur forme
est spherique ou ovo ide, et la palpation y montre des masses dures et re sistan-
tes, se parees par des parties molles et flucluantes. La pean qui revet la tumeur
est saine, quelquefois amincie et perforce de trousqui donnent issue a du liquide
mais se Deferment bientot apres son evacuation. La surface est rarement unie,
plus souvent bosselee ; une ponction exploralrice en evacuant les kystes les plus
volumineux permet de constater plus facilement les nodosites.
PICT. KNC. 5 a s. VI. 5
66 SACRO-COCCYGIEKISE (I-ATHOLOGIE).
Au-dessous de la pcau, une couche cclluleuse, puis une membrane fibreuse
plus ou moins epaisse, envoyanl des cloisonnements dans I interieur dc la masse
qu elle fixeau sacrum et au coccyx. Sur qnatre on cinq cas de sarcomes propre-
nicnt dits, re\amen histologique n a pas etc pratique. Quant aux cysto-sarcomes,
ils prescntent la struclure ordinaire de ce genre de tumeurs. 11s sont constitues
par la reunion de parties solides et de kysles plus ou moins volumineux, con-
tenant un liquide sereux ou sanguinolent. Les kystes sont habituellement tres-
nombreux, petits, sans communication entreeux, et pourvus de minces parois,
tapissees par une couche d epithelium pavimenteux. La masse solide est formee
par de petites cellules, plus on moms regulierement disposees et par un stroma
!i!ireu\. Kile est abondamment pourvue de vaisseanx provenant de 1 artere sa-
rr<V iiioyenne tres-developpee, on dc liranelirs lournies par les arleres ischiati-
que d I evsiiVe. Ses nnis vienneiil de la lerminaison du grand sympathique,
ou emanent dn ganglion roiv\gien habituellement accole a la face anlerieure
dc la liiiiirnr. Ils nianipieiil le plus souvent.
!)npla\ I ail. ivnli 1 . 1 ! dans cc -roupe les quelques cas de fibromes et de cysto-
iilinniies, donl Molk rapj)orte trois observations, 1 ort incompletes an point de
vue de I exanien histologique.
.1 Lipomes. Cette variate de tumeur sacro-coccygienne est fort rare ; Molk
n en a pu reunir qne cinq observations. (Imninc partout ailleurs, ces lipomes
Mini con^liliii s par nn lent rage de tissu coniieelil renl erinant dans ses inaillo
des vi >icnle> graisseuses. Appendus a 1 extremite du coccyx ou places en avanl
dc cet os, ils presenlent un volume quelquefois considerable. On les a vus des-
cendre jnsipi aux mollets et occupur tonte la cavile du petit bassin. Ces tu-
mcurs sont spheriques on uvoi des Miivant lenr grossenr, rarement pediculees,
non adherentes au bassin. Lenr sin lace est lisse, nnie, on legerement bosselee; la
jH an ijni les revel ol lVe ses caracteres normaux. Insensibles au toucher el a la
pression, non reductibles, de consistance niolle ou faussement fluctuantes, elles
ne causent de gene quo par leur poids et par I aclion mecanique qu elles exer-
cenl snr les parlies voisines; anssi ne [iresentent-elles que peu de gravite.
i" Tnineiirf! i-amlales. Plus frequentes que les lipomes, elles se divisent
en deux classes hien dislincles :
a. Les tumeui S caudales propremeiit dites, osseuses, formees par des ver-
lebres coccygiennes supplementaires, el repn : >enlaut une queue veritable. Elles
sont rares, etMolk n enciteque deux observations. L existence dans la tribu des
Niains-Niams, au centre de rAI rique, d individus pourvus d nne veritable queue
comnie les animaux, admise par Geoffroy-Saint-Hilaire, snr la foi de quelques
voyageurs, n a pas ele, cro\oiis-nous, contirmee par les explorateurs modernes.
b. Les appendices candilui ines, sans base osseuse, sans vertebres, mous,
do volume variahle, a [ien pres cylindriques, pouvant presenter une longueur
de pres d un pied. Molk en rapporte quatre observations. Gosselin (Clinique
chirurgicale, t. II, p. G6oj relate longuement un fait de meme nature, et nous
avons eu 1 occasion d examiner un cas analogue au conseil de revision de la
Seine en 1875. L observation de Gosselin presente assez d interet pour que nous
croyions devoir la donner ici en entier.
Appendice caudiforme cutane sur nn nouveau-ne. Je mets sous vos yeux
une petite tumeur allongee qui, par sa structure, me parait appartenir aux ver-
rues, mais qui, par sa situation et sa conformation exlerieure, meriterait le
nom d appendice caudal et mieux caudiforme.
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE). 67
Le petit garcon, age tie ciuq mois, a qui je viens d enlever cette tunieur m a
ete amene dela campagne ce matin meme, 30 avril 1869. 11 portait a la parlie in-
ferieure du tronc, vers le milieu de la rainure interfessiere, un appendice long
d environ cinq centimetres, un peu plus gros qu une plume d oie, et plus efiile a
son extremite libre qu a sa parlie adherente ; je vous en monlre d ailleurs le
dessin, qui en a ete fait immediatement par M. Crosnier, externe du service.
Get appendice, qui elail de coulem rosee et tout a fait depourvu de poils,
avail 1 apparence d une verge, un pen longue, d enfant de cet age. Abandonne
a lui-meme, il restait cache au fond de la rainure interfessiere, ct venait re-
couvrir 1 orifice anal, au niveau duquel il s impregnait de miiieres li vales a
chaque defecation.
Les parents, en me presenlanl 1 enfant, me demandaient si cet appendice ne
devait pas etre un jour 1 occasion d une grande gene on meme d accidents parti-
culiers, ets il n etait pas convenable d en faire immedialement 1 ablation. Avant
de repondre a ces questions, je chercliai a determiner quelles pouvaient etre la
structure et les connexions de cette singuliere tumenr. Je pensai d abord a un
prolongement du coccyx et du canal saero-coccygien. Mais en palpanl le pro-
longement avec une grande attention, je le tronvai mollasse; je ne sentis dans
sa profondeur aucun corps dur pouvant faire croire a IVxislence de parties os-
seuses analogues aux pieces du coccyx. De plus, en cxplorant le point d inserlion,
je le tronvai parfaitemenl mobile, snperfieiel, adherent a la puan exelusivement,
et tout a fait independant du squelette, a une certaine distance duquel il se trou-
vait evidemment place. En un mot, je demeurai convaincu, et cette opinion fut
partagee par tous ceux d entre vous qui ont examine le petit malade, qu i] s a-
gissait d un appendice cutane, ayant la forme et la situation de la queue des
animaux, mais n en ayant ni la structure ni les connexions.
Je pouvais des lorsenlever latumeur sans ouvrir un jirolongement anormal
du canal racln dien et sans depasser le tissu conjonctif sous-cutane. Je declarai
done aux parents que 1 operation etait sans danger; que la tumeur, si on 1 aban-
donnait a elle-meme, pourrait atigmenter, et que les suites de 1 ablation seraient
d autant plus simples que le sujet etait plus jeune.
Les parents m ayant des lors prie de debarrasser immediatement leur enfant,
j ai precede a 1 operation, qui, ainsi que vous avez pu le voir, a ete des plus
simples. J ai circonscrit la tumeur au voisinage de son implantation, par deux
incisions semi-elliptiques. Puis je 1 ai dissequee, en rasant le lissu graisseux sous-
cutane. J ai du Her une artere assez grosse qui donnait du sang, et j ai reuniles
bords de la plaie par deux points de suture metallique.
Vous pouvez voir que 1 appendice est constitue a 1 exterieur par un etui mince
et qu a 1 interieur il renferme du tissu conjonctif, ca et la un peu fibreux el
abondamment pourvu de graisse. Cette structure est analogue a celle de la varie te
de verrucs qu on designe aujourd hui sous le nom de molluscum pendulum
Seulement la .umeur ici differe du molluscum pendulum ordinaire par sa lar-
geur qui est plus grande, par sa situation, et par cette circonstance surtout
qu elle etait congenitale. Sous lous ces rapports elle avail une certaine ressem-
blance avec la queue des animaux, et c est pourquoi je 1 ai appelee appendice
caudiforme.
L enfant ne m a pas ete ramene, mais j ai eu de ses nouvelles par le medecin
qui me 1 avait adresse. L operation n a eu aucune suite laclieuse, et la euerison
s est faite promptement.
OS SACKO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIC).
Dans le cas que nous avons observe, la lumeur etait egalement congenitale.
Lon<me de 4 a 5 centimetres, conique, de la grosseur du petit doigt, elle etait
molle, souple ct adlieivnte a I extremite du coccyx, mais asscz laclicment. Sa
coulcur etait foncee, comme la peau du scrotum cliez les sujets bruns, et sa
base entouree d une touffe de poils noirs longs de 2 centimetres environ. Com-
plelenieiit insensible a la pression, elle ne genait en rien les i onctions du
sujct.
5 Tumeurs de nature mal decrite. Ce groupe, dans la these de Molk. compte
vingt-cinq observations, auxquelles il faut joindre cinq cas de degene rescence
supposec de la glande coccygienne. II est plus que probable qu un exaraen his-
lologique complet eul permis de t aire rentrer la plupart de ces fails dans un des
groupcs precedents.
Ces tumeurs, de structure complexe, sont constitutes par un melange de par-
lies liquidcs H solides, dans le(juel on retrouve tons les elements des varietes
anlei iciiivincni derriles. An milieu d une trame connective plus ou moins serree,
on rencontre des masses plus ou moins volumincuses de tissu adipenx, fibrcux,
r.irhlauiiieiix ; des amas de substance steatomateuse et calcaire, des fragments
osscux ( pars el invgiiliers, des fibres muscnlaires lisses et strides, des masses
carcinomateuses. Dans res productions, on voit a cole des parties solides, des
kyslrs ^eiieraleinent pelits et multiples, contenant INI li(|iiide SLTCUX ou gelali-
niforme. Celles de ces tumeurs qui proviennenl d nm- degenerescence dela glande
coccygieiine devraienl presenter les elements plus ou moins altcres de cette
glande, mais raremeut ils y sont reconnaissables. Qnelques-unes de ces produc
tions se distingucnt cependant par la presence d elements glandulaires, par une
struct nrc vt siculaire. An milieu d une trame de tissu fibreux et conjonctif, on
rencontre des cellules fusiform.es, riches en noyaux, ou des cellules dout 1 aspect
se rapproclie beaucoup de celui des elements reliniens. Dans uu cas d Hyvert,
IVxaincn histologique lit recomiailre dans une trame conjonctive de nombreuses
cellules et des globes arrondis analogues a ceux du corps thyroide.
Au point de vue de leur forme, de leiu- volume, de leur deveioppement et des
symplomes qui les caracterisent, ces tumeurs ne presentent rien de particulier.
Toujours elles sont independautes du canal rachidien, et si elles proviennent
d une degeuerescence de la glande de Luschka, elles siegeut 1 orcement en avaul
du coccyx qu ellcs refoulent en arriere en se developpant.
Qrirjine. L origine de ces tumeurs est des plus obscures. Dans 1 opinion des
anciens, toutes etaient la consequence d une hernie de la moelle ou des meninges,
soit an travers dc la fente d uu spina-bilida sacro-coccygien, soil au travers de
1 hiatus normal de 1 extremite du canal sacre. Nous avons vu que le spina-bifida
coccygien n existe pas, que la meme affection est rare au sacrum, que la non-
lermeture de 1 ouvcrture inferieure du canal sacre est egalement tout a fait ex-
ceptionnelle. Si nous ajoutonsque le plus grand nombre de ces tumeurs naissent
a la face anterieure du coccyx, on comprendra que leur origiue rachidienne n est
pas frequente, comme on 1 avait suppose. L existence d un spina-bifida anterieur
produit par la disjonction des corps des vertebres sacrees, hypollie.se raise en
avant par Kiihn, ne s appuie sur aucun fait. Le meme auteur signale chez un
tiers des enfants une depression infundibnliforme, espece de cicatrice en cul de
poule, quelqueibis tres-prolbude, toujours intimement adhereute an tissu fibreux
du rachis et se continuant avec la membrane qui revet 1 orifice inferieur du canal
vertebral. Cette depression siege toujours sur la ligne mediane, vers le nivcau
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIK). 69
do rarticulation sacro-coceygienne. Kiihn la regarde comme la trace d une an-
cienne hydrorachis peripherique des premiers temps de la vie embryonnaire,
ouverte accidentellement puis cicatrisee. Despres (Bull.de la Soc. anat., 1874,
p. 502) considere celte depression comme constante, tandis que Molk dit ne
1 avoir jamais rencontree.
En somme, il nous semble qu avec Duplay, on doit admetlrc qu une infime mi-
noritc des tumeurs sacro-coccygiennes, nees en arriere de ces os, sont la suite
d un spina-bitida du sacrum peu a peu referme, de maniere a interrompre toute
communication entre le canal rachidien el la tumeiir. Cellc-ci, rednite a 1 etat de
kyste, peul se transformer par 1 epaississement et la degenerescenee de ses parois
en cysto-sarcome, cyslo-fibrome. etc. Une hernie de la dare-mere et de la moeJlr
a travers 1 hiatus reste ouvert du canal sacre, peut I galenient, mais rniv-
ment, dcvenir le point de depart de tumeurs siegeant en arriere et au bas du
sacrum. Dans ces cas le coccyx n est jamais completement developpe. Souvent
il manque, on n est represente que par line petite masse cartilagineuse ou
libreuse, appendue a la pointe du sacrum et. qui semble avoir rontribue a la
fermeture du canal sacre apies la hernie produite. Si le coccyx est normalc-
ment developpe et occupe le centre de la masse, celle-ci ne vient ni de la
moelle ni des meninges.
Faut-il admettre, avec E. Pen-in, qne le plus grand nombrc des tumeurs com
plexes, independantes du canal rachidien, et nees en avanl du coccyx, sont des
de generescences de laglande de Luschka? Braune admet cetle ori-inc ; Molk s en
montre bien moins convaincu, etdoute meme des quelques fails qu il range sous
cette denomination. 11 serait a desirer, en eflel, que la structure histologique de
ces tumeurs se rapprochat davantage decelledu tissu glandulaire, et qu enniemr
lemps on cut constate par 1 examen 1 abscuce de la glande nonnale. Duplay
hesile egalement, en presence de la complexite des tumeurs. Sont-elles la suite
d une degenerescence de la glande, ou bien, an contraire, celle-ci a-t-elle ete en-
vahie par un neoplasme developpe dans son voisinage? Le doute est permis, et
de nouvelles etudes sont necessaires. La question en est encore an meme point,
et les fails de Wagstaffe, de Bumann, d Hyvert, elc., ne sonl aucunement pro-
bants sous ce rapport, malgre 1 examen histologique de la production. A propos
d une tumeur de la region coccygienne, de nature sarcomateuse, presentee tout
recemment (50 mai 1877) par 31. Panas a la Societe de chirurgie, 1 origine de
ces productions morbides a ete de nouveau discutee. L examen histologique le
])lus complet ne permet pas toujours de resoudre la question. MM. Uepaul et
llouel, insistant sur la variete des grosseurs congenitales de la region, pensent
qu il faut separer avec soin les tumeurs perineales des tumeurs sacro-coc
cygiennes.
Henri Miiller rapporte 1 origine des tumeurs gelatineuses de la region du coc
cyx a la persistance de la corde dorsale a ce niveau.
L origine des tumeurs caudales , osseuses ou non , resulte d une hyper-
plasie du coccyx ou des parties molles qui le recouvrent. Quanl aux lipomes,
ils n offreiit ici rien de special, mais on peut diflicilement expliquer pourquoi
ils se dt3veloppenl uniquemenl par en bas, au lieu de le faire egalement dans
tous les sens.
Parmi les cysto-sarcomes, cysto-libromes et enchondromes, beaucoup rentrent
dans les tumeurs parasitaires ou inclusions foetales, qui forment une classe bien
distincte et hors de toute discussion.
70 SACRO-COCCYGIENNE (PATIIOLOGIE).
L heredile peut-elle elrc inisc eu cause? Le fait n est aucunenient demon Ire.
Les tumeurs sacro-coccygiennes sont plus communes dan- le sexe feminin, car
siir , cas, Molk indique \\ lilies cl settlement 14 garcous.
Parlii-iilnrili x. Nous avons deerit plus haul la forme, raspcrl, le sie ge, le
volume lialiiiiirl de ccs lumeurs. Lc plus souvent pirilbrmes, elles sont quel-
quefois spheriques, hilobees, en massue, en boyau. Somcnl elles presentent un
sillou median on -emldoiil lormee- par deux tiiineurs aiTondic-. greflees 1 une
sur 1 autrc. Tanlot developpees en longueur, dies peiivciit aussi s etendiv en
largeur par recariemeni de- tulierositcs sciaii<pie-.
La peau ipii les iv\ci, an lieu de conserver son aspect normal, csl qaelquefois
rouge, violarec, aniilicic. Iran-parentc par places cl I orleiuciil di-lendiie. Des
ciie\cn\ on dcs poils pcnvcnl s \ dc\ cloppcr. ( In l;i \ni! an--i S6 CrCUSer d ulce-
raliniis ijiii lais-eni ( collier uu liipiiile sereux, limpitlc, saiiiiuinoleiil ; plus rare-
nieiil ilu |Mis de l> ic iialure. Dans Ics iiicliisidiis I u lalcs, CCS uinei luies lais-
-eul pasM r de- mciuliivs c(iiii|i!i ; lciiienl di ; \ C|U|I|M ; - mi rnd iiiieuljiiivs ; dans 1 ob-
MT\;I|IOII de NVagslafle. inie masse cliariiue clu \olimie d une imix, de couleur
inline IDIICI -, laisail saillic an di linrs par line de ce> ulceratioilS. Ala palpation,
ces productions si ml laulni dines, [( sj-iaiiies, entierementsolides; tantot jnolles.
remleiilcs cl llucliiaiile^. l.cur cmiM-laiice e-l rarement uiiilorine ; a cote de
| iK dui - nil reiicunlrc dcs parlies lluel uaiiles. Lc coccyx, nioiile ell arricre,
Mcul la i re saillie a la parlic pnsli ; rieure de la masse, nil il lonue line eminence
pninluc cl d uiic diirele curacli risl iipie, plaei ; e i iniiii dialeiuciil Mius la peau. Ici
pi diciili e-,, ces lumeurs presentenl ailleurs une lar^e lia-e cl soul tres-difficiles
a limiler.
(ii iKMaleineiii iudoleiiles par elles-memes, cllcs >uni egalement insensibles a
la prcssinn. Mile- ne s accompagnenl ui dc eou\ulsioiis, ni de paralysie des mem-
bres inft i-icur-, ni de coulraclurcs. llroadlmr-l rappmle cepeiidaiil un cas ou la
grosseur, qui semblait tout siniploment graisseuse, avail cause des convulsions
I -e Irouvail en rapport a\ec le canal spinal. Apres son extirpation, on vit dis-
dincii inciil la saillie et les pulsations des niemliraues medullaires ; 1 enfanl uuerit.
Dans quelques cas i \icptionnels, reiilaut s cu-oiudit un peu sous 1 influence de
la compression, et soluble rproiner ipielijues douleurs. S il s agite ou poussedes
cris, la tumeur jiari ois se lend et devicnt violacee, mais cette coloration dispa-
rait rapidement el ne perup l pas de prejuger des rapports de la masse avec le
canal rachidien. La pression n amene aucune diminution dans le volume de la
tumeur, qui reste irreductible.
Quand la masse gagne le petit et le grand bassin, les troubles de la defecation
et de la miclioii deuennent considerables, par ie relbulement et la compression
du rectum, de la vessie et de 1 urethre. Elle peut dans ces cas arriver jusqu a
former au-de--us du jiubis une saillie anormale, le plus souvent molle, fluc-
tuante, et dout la compression amene un jet d urine. La peau et les parties voi-
sines sont plus ou moins tendues. L anus entr ouvert est habituellement rejete
a gauche, ses plis sont effaces. En pratiquantle toucher rectal, le doiyt arrive sur
la face anterieure de la- tumeur, et au travers de 1 intestin il constate la presence
de saillies resistantes et de points fluctuants.
Marche. De ces tumeurs, les unes, comme les appendices caudaux ou cau-
diformes, restent stationnaires, ne causent que peu de gene et ne nuisent pas a
la sante. Mais la plupart se de veloppent rapidement et compromellent la vie des
enfants, et dans le sein de la mere et apres la naissance. Jlolk constate que ces
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGJE). 71
onl ants naissent habituellement bien conformes par ailleurs, mais chetifs, et vien-
nent souvcnt au monde avant Icrme. Beaucoup succombenl dans le marasme,
sont atteints de convulsions qncbpie. temps avant la inort, et I autopsie niontrc
les lesions de la meningile spinale. D autres succombent a 1 inflammation, a
1 ulceration, a la suppuration, qui no (ardent pas a ciivaliii- ITS prodiirlions sous
1 influence des chocs, ou pai 1 [ irritation qu amene lc roniaet inccssanl de I nrine
et des liVos. Oncl(|iies-ims uuenv,en( par IIMC operation, mais sans intervention
chirurgicale )l est rare (ie les voir paivenir a 1 age adultc.
Diagnostic differentiel. Le diagnostic des tumeurs de la region sacro-coccv-
o-ienne pent elre necessaire a deux ( poi|i!cs dillc renles : an moment de I acfou-
chcmenl, auquel il pent porter obstacle; et apivs la nais>ance, pour deci<!<
la conduite a tenir.
Pendanl la grossesse, aucun signe ne pent faire soupconner chez 1 enl anl
1 existence d une de ces tumeurs. Au moment de 1 accouchement, elles peuvent
devenir mecaniquement une cause tie tlyslocie.
Influence sur hi parturition. Les lipomes et les tumeurs caudales ne pen-
vent occasionner que peu ou pas de gone pendant 1 accouchement ; nous ne
possedons du reste aucun detail a oel egard. Les autres tumeurs, quoiqne p|n>
volumineuses, ne sont egalemenl i[iie des causes rares de d\slocie. Sur 107 ob
servations reunies par Molk, on ne trouve que 18 accoucbeinents dilliciles, donl
2 se terminereut spontanement et 16 necessiterent les >e<-<uirs de I art. Sur ces
18 accouchements penibles, il s agit 8 fois de tumeurs enkystees. Dans ton-
cas, 1 enfant se presenta par la tete et jamais par les fesses. Dans I observation
communiquee par Depaul a la Societe de chirurgie en 18(39, il y eut presenta
tion du siege, et la version fut neeessaire. Ajoutons que la tumcur fill recon-
nue par le toucher. En general, -la tete sort facilement . ; parfois les epanles d
une partie du tronc sont degagees et font saillie hors de la vulve, mais 1 enfant
est retenu par la tumeur au detroit superieur. Le diagnostic est toujours diffi
cile; cependant, il a pu etre pose. Si la vie est en danger, il taut agir et ponc-
tionner ou incisor la linnenr. Si Ton ne reussit pas ainsi, Molk conseille-d cxer-
cer de fortes tractions. Le resultat cependant ne pa rait pas favorable. Sur
18 cas dans lesquels des tractions energiques furent exercees, Molk releve en
effet 15 morts, dont 2 par rupture de la tumeur. Dans un cas oil la ponction ful
j>ratique e, la tumeur s affaissa et 1 enfant fut sanve.
Diagnostic apres la naissance. Apivs la naissance de 1 cnfant, le diaguostir
a pour huts principaux : 1 de reconnaitre la nature de la tumeur; 2 de
constater ses rapports avec le canal rachidien.
Les tumeurs caudales se distinguent facilement par leur siege, leur forme c\-
lindrique et allongee, leur situation a la pointe du coccyx et leurs petites di
mensions. Rarement elles deplacent en avant 1 anus et les parties genitales.
Graisseuses, elles sont completement molles; osseuses, elles presentent une
durete caracteristique.
Les lipomes out pour caracteres leur mobilite sur les parties profondes et
leur consistancc. Rappelons que Broadhurst a vu une de ces tumeurs graisseuses
en communication avec le canal vertebral.
Les kystes simples, ou tumeurs enkystees, forment une masse molle, fluc-
tuante, transparente, suspendue a la pointe du coccyx.
Si un foetus en veuant au monde porte dans la region sacro-coccygienne une
tumeur assez \olnmineuse, arrondie, a peau peu alteree, fluctuante, et meme
7-2 SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE).
transparenle dans sa partie inferieure; si par la palpation on reconnait dans la
masse une partie dure, solide, adherente a la base et sans mobilite, il est infinimenl
probable, dit C. Paul, qu il s agit d un fetus pai -asilaiiv enkysle. Le diagnostic
devient tout a fait certain, si par le travail d elimination des portions iioetales
sont expulsees au dehors. Ges signes n ont pas la valour qu on leur a voulu at-
tribuer, surtout quand la production morbide ne renferme quo des rudiments
d organes. Dans ces cas, 1 examen ne permet pas de la differencier d un cysto-
sarcome. Ici nous trouvons, en effet, a la palpation, des bosselures et des 110-
dusiles scparces ]>ar des parties fluctuantes. Si des ulcerations se forment, on
vnit. snrlir dii li(|iiide, et les ouvertures ne tardent ]ias a se rel ermer; mais ces
cas sonl relativement assez rares. Onaud il y a doute, une ponction exploratrice,
en cvacuant les parlies liquidcs, pcniiel quflqiidois de constaler la presence de
masses ossenscs on carlila^iucuses.
Mais les indications Ics plus precises sonl founiios par la marche de 1 affection.
Les linnciirs 1 irlalcs s nlccrcul lialulnellenient apirs un cerlain temps, et
par ces uiiNcrlurcs des parlies solides et souvcnl reconnaissables vienuenl faire
saillie au dehors. An conirairc, Ics cysto-sarcomes ne s ulcerent que rarement,
cl jamais par Ics onverlurcs (in ne voit snrtir de parties solides. La timieur pent
diniiniHT nioincnlaucmciil par Tissue du litpiide de quclques-uns do ses kystes,
mais I ulccrc sc rd crine liienlol, cl la production continue de s accroilir.
An puinl dc \nc dc la \iialitc, on rcmarqnc quc Ics cnlanls alleints de cysto-
s, ii ( nines siiccomlienl d haliil iide des les premiers j ours, tandis que les tumeurs
parasilaircs smii plus souvenl compatibles avec la persistance de la vie.
IN ous ne (limns ricn du diagnostic dil ferentiel des sarcomes, des iibromes, des
cysto-tibronies et des cysto-carcinomes. II est toujours tros-dilficile et le plus
souvenl impossible.
Un second point qu il importe de determiner, ce sont les limites superieures
dc la liiiuciir et ses rapports avec le canal rachidien. Le toucher rectal, com
bine avec le palper abdominal, permet souvent de preciser exactement les li
mites superieures de la production morbide. Les relations avec 1 interieur du
canal sacre sont snrlont possililcs (piand il s agit de kystes on de tumeurs en-
kystees, de cysto-sarcomes fi\i ; s a la pointe du sacrum ou a la face posterieure
de cet os. II 1 aut s assurer si le coccyx csl alropliie on fait completement de faut,
il I aut preciser exactement le point d implantation de la tumeur et chercher
s il n y a pas d ecartement des vcrlehivs sacrees. La compression permettra de
conslater la reductibilite ou I irreductibilite dc la luiueur, les modifications de
volume qu elle subit sous cette influence. L absence de douleurs, de contrac-
tures, dc paralysies, de gonflement des fontanelles par 1 effet d une pression
energique, plaide en iavcur dc la non-communication.
Un examen incomplet peut conduire a des erreurs de diagnostic d une extreme
gravite, et entrainer a une intervention cbiriirgicale forcement mortelle. On a
vu ponctionner et meme enlever des portions de 1 intestin ou de la vessie fai-
sant hernie au perinee et prises pour des inclusions foetales. II taut constater si
la tumeur ne presente ni sonorite, ni gargouillement, pratiquer le toucher rec
tal et le catheterisme vesical. II est necessaire de voir si la grosseur s affaisse
ou se gonfle par 1 expulsion ou la retention de 1 urine et des feces, constater si
la compression de la masse ne provoque ni tenesme vesical, ni tenesme rectal,
avant de decider la conduite a tenir.
Pronostic. Les enfants atteints de tumeurs congenitales de la region sacree
SACRO-COCCYGIENNE (TATIIOLOGIE). 73
sont d habitude chetifs, mais bien conformed par ailleurs. Ce n est que rarement,
s ils sont atteints dc pieds bots, de contractures ou de paralysies des membres
inferieurs. Us naissent souvent avant termc, ou succombent avant 1 acconchc-
ment. Sur 81 cas, Molk releve 29 niorts-ncs, dont 10 avant termc. Sur 70 en-
t ants nes vivants, il note 61 morts, la plupart pen de leraps apres la naissamv.
On cite bien quelques cas ou la vie s est prolonged jusqu a vingt, vingt-cinq,
trente-six, quarante ct meme cinquanle-cinq ans ; mais il reste a se demander
si dans ces fails la tumeur etait reellement congenitale.
Le pronostic, du reste, vane singulierement avec la nature de la production.
Les tumeurs candales sont parfaitement compatibles avec la persislam-e de la
vie. Les lipomes sont egalement sans gravite relative ; sur 5 enl anls, Molk si-
gnale 1 morl-ne ct 4 extirpations suivies de guerison.
Les inclusions fbetales, au nombre de 25, nous donnent 12 morts dont 9
morts-nes, et 8 operes avec 7 succes; mais peut-etre le diagnostic etait-il discu-
table clans quelques observations.
Les tumeurs enkyslees sont d un pronostic plus severe. Sur 18 cas reunis
par Molk, on tromc I." morts et 5 guerisons; \ morl-in , \ murls dans les pre
miers jours apres I accouchement, 5 dans les premiers quatre mois, et 1 a un an
et demi.
Enlin, les cyslo-sarcomes sont encore bien plus graves, r;ir 12 cas nous don
nent 11 morts, dont 2 avant terme. 1 avant I accouchement, les autres nc depas-
serent pas quatre mois. Sur deux operes, 1 seul guerit.
Traitement. 11 ne comporte pas de regie generale, mais Ton peut dire a\iv
Duplay : Toutes les fois que Ton aura acquis la certitude quc la tuiiicur ne
communique pas avec la cavile rachidienne, ni avec un orgaue interne, et qu elle
ne s etend pas assez loin du cote du bassin pour que Ton ait a craindre de ne
pouvoir arriver jusqu a ses limites su|i( ; i iciin s. il y a tout a\aiilagc a en tenter
I ablation, si toutefois il n existe pas de contre-indication particuliere dependant
de 1 etat de sante de 1 eniant.
Dans le cas de lipomes ou de tumeurs caudales qui ne mettent pas la vie en
danger, mais constituent toujours une difformite cboquante. la guerison est de
regie (7 gueris sur 7 operes), et 1 extirpation la seule mcthode applicable.
12 extirpations de tumeurs parasitaires donnent 11 gue iis et 1 mort; encore
chez ce dernier y avait-il complication de spina-bifida. L opcration doit done
etre pratiquee, car si Ton cite quelques guerisons spontanees par inflammation,
suppuration de la pocbe et elimination de son contenu, ce proccssus n est pas
sans danger.
Sur 10 extirpations de tumeurs enkystees, nous trouvons 7 gueris, 1 mort et
2 resultats douteux. Enfin, sur 20 ablations de tumeurs des autres varietes, Du
play releve 15 guerisons, 5 morts et 2 cas indetermines.
L examen des fails engage done le cbirurgien a intervenir activement et de
bonne beure. Les fails aussi nous indiquenl la melhode la plus favorable. La
ponction el 1 incision simple donnent 9 morls sur 9 operes; la ligature, 5 morts
sur 5 operes. L injection iodee apres la ponction n a ete employee qu une seule
fois et avec succes. Cette methode est conseillee par Strassmann, si la tumeur
est un kyste simple, uniloculaire, qui croit rapidement ou presente un volume
considerable ; mais, avec Molk, nous croyons qu ici encore 1 extirpation est pre
ferable pour eviter la persistance d une tumeur formee par les parois de la
pocbc kystique.
74 SACRO-COCCYG1BNNE (PATIIOLOGIE).
L exlirpation elanl la mclliode adoptee, convicnt-il de la pratiqucr en deux
ou en un seiil lemps? (]. Paul conseille d opcrcr en deux temps pour les inclu
sions i oelales. Bruadlmrsl , pen dispose a line intervention chirurgicale , la
considerant loujours comnie tres-dangereuse, prescrit de ne pas cliereber a en-
lever toute la lunieur, saul : il s agil dc simple* k\sles. Qu il s agisse d un
cysto-sarcorae ou d unc lunieur parasitaire, il veul qu on n cnlc\c quc la portion
saillanlc, cause dc gene jiour Ic palicnl. I ne disseclion trop. profonde, dit-il,
I ait courir de graves dangers a 1 enfant ; des un mlnvs surnuraeraires ampules
ne croissenl pas de leur base, et pour les productions qui peuvent croilre de
nouvcau, le risque d nnc seconde operation csl Ic moindre mal. iNous ne saurions
parlager rdlc opinion, saiif dans les qiiclqucs cas ou la tumeur peuetre dans
ralidoiiu ii assr/ profondemen) pour (ju il dcnrnm: impossible dc 1 y puursuivre
sans tcmerile. Laisscr HIM; portion dc la masse, c c-l e\|iiiser reni aiit aux dan
gers d une suppuralioii aliondaiilc el a des fislulcs [icr-islaule
Lc manucl operalnire varie suivaul les cireoiislaiiccs. Une incision unique,
longitudinale ; dcu\ incisions semi-elliptiques circonscrivant un lambeau, met-
tenl a nu la masse. On dissci|iic alms la pcaii de bas en baut, en menageant
les I essiers el leur bord iuli i iciir, el I on rcinonle rapidement jusqu au point
d implantation. Si I mi cra mi unc I orlc hemorrhagie ou une communication
a see. li canal r.icliidi -n, mi jellc unc li^aliu c >nr le |>cilicule et I on delache le
ceste. Mais il csl |)n |V raltle dc scclimmcr Ic pedicule au ras du coccyx, en se
scrvanl dc r ( ; cia>cni on du gaUauo-caiilere, el an besoin, comme le conseille
Buniann, en praliijiiaul le morcellement dc la masse, si elle est volumineuse en
meme temps quc pen vasculaiie.
Si la tumeur s enl mice dans Ic bassin, on cvitcra avec le plus grand soin la
lesion des organes pelvicus. Lc doigl place dans le recluin incllra surenicnt a
I aln-i la paroi dc 1 inteslin. Malgre la guerison dans un cas de Holmes, ou le
jicritoine avail ele ouvert, nous pensons, avec Duplay, qu il est preferable de ne
faire qu une cxlirpalion incomplete, ct de menager la screuse abdominale.
Tumenrs des adultes. Nous venous d eludier dans les pages precedentes les
tumeurs cong( ; uitalcs dc la region sacro-coccygienne. Parmi les productions de
ce genre et de cc sic-c rcncontrccs cliez les adultes, il en est un certain nombre
donl il est dillicile de faire remonter 1 origine jusqu a la vie fioetale. Dans cette
cah ^m ic sont les deux fails publics par E. Pcrrin el observes cbez deux femmes,
rune de liciile el 1 autre de \inut-sept ans. Dans les deux cas, le debut de la
tumeur ne remontait pas au dela de quelques annces. II s agissait de kysles rem-
plis d unc bouillie calcaire, steatomateuse, formee par 1 accumulation de lamelles
epilheliales dcgeiicrees. Les caraclcres de ces tumeurs et les symplomes qu elles
delerminenl, elant absolumenl les inemes (jiie ccux des tumeurs congcnitales
observees cbez des adulles, il nous semble inulile d y insister davantage. Ces
productions etaient tout a fait independantes du canal rachidien, el leur ablation
fut suivie d une parfaite guerison. Quant a leur origine dans une degenerescence
de la glande coccygienne, elle nous parait inadmissible. Dans la premiere obser
vation, on lit que la tumeur etait assez fortemenl adberenle a la surface poste-
rieure de la pointe du coccyx. Dans la seconde, 1 auteur est encore plus expli-
cite. Pendant Pextirpation, on conslala que la tumeur etait tres-adberente a sa
base, ou elle paraissait fixee sur des protuberances coniques du sacrum de
1 a 1 centimetre 1/2 de hauteur, et en partie sur le grand ligament sciatique.
Or les tumeurs provenant de la glande coccygienne sont loujours situees en
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE). /5
.tvanl du coccyx, comme la glande, entre cet os el la face posterieure du
rectum.
B. LESIONS TRAUMATIQUES. Elles se divisent en lesions tics parlies molles el
lesions du squelelle de la region.
a. Des parties molles. Les lesions traunialiijiirs des parlies molles de la
re-ion sacro-coccygienne sont assez i mjuenlcs. Nous avons signalc, a propos de
1 analomie chirurgicale, les e\eorialions de la peaii chez les cavaliers, el les
varieles qu elles presenlenl dans leur inarche. Lcsp/ft/e.s 1 sonl plus rares, qu elles
resultenl de 1 action d instruments Irnnelianls, piquanfs on contondants, de
chutes sur le siege. II esl difficile que le squelelle ne soil pas iii!eres>e, i dies
sonl un peu proibiides. iliviard, cile par liicliet, disail dans ses emus ;,\<>ir vu
un instrument piquant, apres avoir traverse les trous sacres poslericiirs el aule-
lieurs, leser les organes du petit liassiu. <; esl la un fail lout a fail exceptionnel,
et le plus souvent les plaies, bornees aux tissus mous, sont de la plus grande
simplicite el guerissent sans aucun accident.
Les contusions presentenl plus de gravite et sont aussi plus communes. Elles
resultent habituellement soil de coups de pied, soil de elmlr^ sur un irps re
sistant. D apres Birkett (Injuries of the Pelvis in Holme* Suri/eri/ I. II), ces
contusions, meme lorsqu elles sont en apparence de naiuiv le.;eiv, pni\ml die
suivics de graves accidents. Un enfant dc licat, mal nourri, de eoiisuiulion slrn-
meuse, recoil un coup de pied sur la region pelvienne. Les premiers ellels sonl
simplement une douleur momentanee, puis un engonrdissement Im-jil sans ec-
chymbse notable. Mais en quelques jours un trouble conslitutionnel intense peul
se developper et la mort etre la consequence d une inflammation des enveloppes
de la moelle.
II est au reste presque impossiljle que les contusions un pen fortes, celles qui
seules entratnent d habitude ii leur suile de graves acrideuls, ne iiurteul pas
leur action jusque sur les os, dont les alterations sonl la cause principale des
dangers que court le blesse.
Les eschares de la region sacro-coccygienne sonl communes a la suile du
decubilus dorsal prolonge, et resullent de la compression des parties molles
entre le plan resistant du lit et le squelelle, agent de transmission d une part if
du poids du corps. A cette cause permanenle de trouble de la circulation, vien-
nenl s ajouler 1 irrilation produile par le conlacl des excrements el souvent
aussi 1 influence de la maladie qui force le patient a garder le lit. Gette der-
niere influence mise a part, il est certain que les eschares ne se produisent que
fort lentement, si Ton prend les soins de proprele convenables. Des individus
vigoureux, d age moyen, atteints de lesions traumatiques, peuvent supporter
pendant des mois le decubilus dorsal sans aucun accident. 11 n en est plus de
meme chez les vieillards, dont les lissus jouissenl d une vitalile beaucoup
moindre.
Nous n avons pas a etudier ici les phenomenes intimes, les lesions anatomi-
ques qui caracterisent les divers stades de la gangrene par compression. Bornees
aux couches superficielles de la peau, ou comprenant toute 1 epaisseur des te
guments, les eschares peuvent encore devenir plus profondes, et en se deta-
chant laisser ouvert le canal sacre ou mettre a nu la face posterieure des os.
L ouverture du canal sacre peul elre la cause d une meningite spinale, soit
que les enveloppes de la moelle aient ele detruites en partie et laissent le pus
fuser dans le canal sacre et jusqu au conlact du tissu medullaire, soil que
70 Sj.VCRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE).
rinllammation nc cessaire a I elimiuation des escharcs se soil propagee de proche
enproche jusqu aux meninges rachidiennes.
C est la 1 ort heureusement un fait rare. La denudation et la necrose superfi-
ciellc de la lace posterieurc du sacrum est un accident plus frequent. Courty
cite un cas ou la mortification suivie de necrose et de mort par suppuration fut
le resullat de 1 application trop prolongee de la 1 arine de moutarde. Nous avons
va mi exemple analogue de 1 action d unsinapisme abandonne pendant plusieurs
hcures ; niais noire malade, plus lieureu.se, Unit par guerir. Ainsi que le fait
judicieusement remarquer Dover, malgre 1 alteration de couleur de 1 os, qui
peut elre due au contact prolmi^e des matieres putrides, sa consislance est
reslee hi nieine. II s agil plnlol d une necrose que d une carie, quoiqu unc
exfoliation sensible ne soil p;is tnujours necessaire pour arriver a guerison. Si
dans qnelques cas, fort rares, la consisl.-nice de 1 os est alteree, si son tissu est
rainulli, c est inoiiis par Tcl l d de la morlilication des ]t;irlies mollcs que par
l (1 liii I 1 quelque cause particuli&re ijui a agisur 1 os lui-meme, p.ir exemple, la
cause de la maladie.
l |; " |s l( s cas, la suppuration s ecoule d hahilude facilcment a 1 exterieur et
ii ;i | );| ^ dc tendance a I UMT dans le canal sacre. Mais elle peut devcnir par son
abundance line cause de morl chcz des sujels profondement emacies. Anx soins
locaux, lumens de pniieclion, lavages, pansements antiseptiques, que neccsM-
lenl de senddalilcs plaies, il linililonc joiiidrc un traitement toniquc ct une
li\L:iene ;ijppnijn-i( e. l/eliininalion des jiarties necrosees doit etre abandonnee a
l;i nature, el exige lunjonrs un temps as^ez long.
b. Des os et des articulations. Elles comprennent les contusions, les luxa
tions et les fractures. Un certain nombre de ces lesions ayaut ete decrii.es ante-
i icin eineiil, aux articles HASSIN el K.vcius, nous n insisterons que sur les points
lais>i> volontaireraent dans 1 oubli dans ces descriptions plus generales.
Contusion*. Pour peu qu elles soient un peu violentes, elles entrainent sou-
vent des alterations des os : osteites, periostites, abces prolbuds, suivis de carie
el pins suuvontde necrose. Resullats de coups de pied, ou de chutes d un lieu
plus on nioins rlove sur un corps dur et resistant, elles semblent coucentrer
leur action sur le coccyx ou dans le voisinage de [ articulation sacro-coccygienne.
Ce sont, en effet, ces parties qui, par leur position, se trouvent expose es a
1 aclion tics corps vulneranls, qu il s agisse de coups ou de chutes sur le siege.
Lc sacrum, par sa sit nation, se trouve a peu pres bors de cause.
11 n est pas douteux que le plus grand nombre des fails publics sous le nom
de luxations du coccyx en avant, ne sont que des contusions plus ou moins
violences de la region, accompaguees sans doute d une distorsion ou entorse de
1 articulation sacro-coccygiennc, mais sans le deplacement permanent des os,
qui seul caraclcrise la luxation. Dans les deux cas, la violence agil d arriere en
avant et plus ou moins de bas en baut, et le coccyx peut etre momentanement
de place dans ce sens, aussi longtemps qu il a conserve sa mobilite.
Les signes de la contusion sont : une douleur plus ou moins violente, qui
peut aller jusqu a la syncope. Cette douleur a son siege principal au niveau de
1 article, mais elle s etend bientot a toute la region, gagne les lombes et les
cuisses, augmente par les efforts, la toux, 1 eternument et s accompagne de
dysurie et d un sentiment de pesanteur au fondement. La pression exercee sur
les parties cause une vive souffrance. Rarement on constate une eccbymose, ce
qui s explique par le peu de vascularite des tissus. Tantot la douleur spontanee
SACRO-COCCYGIENNE ^-ATIIOLOGIE). 77
diminue et se dissipe graduellemeut, les gai de-robes restant toujours tres-
penibles; tantot la doulcur s accroit ct devient pulsative, indiquant ainsi la for
mation d un abces. Un gonflement plus ou raoins considerable denote cette in
flammation que favorise 1 abondance du tissu cellulairc.
Le pus pent se collector en un abces superficiel, dont 1 ouverture est suivie
d une rapule guerison. Tel fut le cas dans la premiere observation de Jean-
Louis Petit. Mais si les repugnances de la personne 1 empechent de se laire soi-
gner de bonue heure, ce qui se presente souvent chcz les femmcs, des accidents
plus graves peuvent arriver. La seconde observation de Jean-Louis Petit en est
un exemple bon a mediler. Aux douleurs d abord legcres, succeda une sensa
tion de pesanteurau fondcment fort incommode, et de jour en jour plus consi
derable, en meine temps qu un arret des matiercs. Par le toucher rectal, on
sentit en arriere, du cote du sacrum, une tumeur de la grosseur d une pomme
de reinette. L autre index etant place au dehors, a 1 union du sacrum avec le
coccyx, le liquide de la poche pouvait etre renvoye d un doigt a 1 autre. L abces
s etait done developpe a la fois en avant et en arriere du coccyx, et les deux
poches communiquaient ensemble au travers de 1 articulation sacro-coccygienne.
Les abces peuvent fuser de haul en bas, le long du rectum decolle, gagner les
fosses iscbio-rectales et s ouvrir au voisinage de 1 anus. J.-L. Petit a vu la col
lection purulente se porter vcrs la grande levre, et s ouvrir spontanemeut au
bout de vingt-quatrebeures.
Le coccyx, ordinairement denude par la suppuration, se necrose, des trajets
fistuleux persistent apres 1 ouverture des foyers, donnent passage a une sero-
site purulente sanieuse plus ou moins abondante, et le stylet arrive sur les os
necroses. En raison du voisinage de 1 intestin, le pus de ces abces est d une
odeur fe tide et repoussante ; il peut se frayer un passage dans la cavite du rectum
et etre rejete par 1 anus.
Dans presque tous les cas, le coccyx necrose en totalite ou en partie, est eli-
mine spontanement ou extrait par le chirurgien, et la guerison est la terminai-
son babituelle. Mais si le foyer est etendu ct la suppuration abondante, si Ton
n intervient pas a temps, la mort peut etre la consequence de la seplicemie. De
pareils exemplcs, dit avec raison J.-L. Petit, doivent apprendre aux personnes
du sexe a surmonter dans ces occasions des repugnances qui leur sont si per-
nicieuses.
La conduite du chirurgien lui est dicte e par les circonstances. Au debut, le
repos absolu, des topiques emollients ou resolutifs, pas de manoeuvre dange-
reuse. Si 1 inflammation et la suppuration se produisent, ouvrir le foyer hative-
ment, et s assurer a 1 aide du stylet ou du doigt que le coccyx est necrose et
libre ou adherent. Dans le cas oil les parties necrose es se sont spontanement
detache es, en pratiquer 1 extraction. Dans le cas oppose, attendre qu ellcs de-
viennent libres, et n intervenir activement que si 1 abondance et la persistence
de la suppuration faisaient craindre une terminaison fatale. Apres 1 elimina-
tion du coccyx, il reste en arriere de 1 anus un cul-de-sac assez profond, mais
aucune gene dans les fonctions.
Luxations du sacrum. Elles doivent etre fort rares et paraisscnt ne pouvoir
se faire qu en avant ou en avant et en bas. Le fait unique de luxation en bas,
communique par Murville a 1 Academie de medecine, ne presente pas des ca-
racteres suffisants pour permettre d affirmer 1 exactitude du diagnostic. II s ait
d un homme dc trente-huit ans qui, diiHS une chute du troisieme eta^e, vint
78 SACRO-COCCYGIENNE ^PATIIOLOGIE).
tomber sur les luberosites scialiques. Lcs signes principaux dc la lesion elaient :
1 une douleiu- dans les symphyses sacro-iliaques accrue par la pression et par
les mouvcnioiits des membres inferieurs; 2 1 asccnsion des cretes iliaques
au-dcssus du niveau des i ausses cotes ; 3 1 abaisseraent du coccyx, contus et
brise; 4 une paraplegic complete. Aucune tentative de reduction ne fut pra-
lii|iioe el le malade guerit avec sa paraplegic persistante. Un nouvel examen fut
1 ait dix nns apres 1 accident ; mais, ainsi quo le remarque Malgaigiie, il n est
pas fait mention des rapports du sacrum avec les epines iliaques posterieures
et les tuberosites sciatiques; la situation exacte et 1 etat des verlebres lom-
baires ne sont aucunement indiques, 1 aulcur n a meme pas eu recours a 1 explo-
ration rcctalc. Malgaigne se croit en droit de nier la luxation du sacrum, et
soupconhe qu il s agissait d un ecrasement des vertebres lombaiivs.
I, a luxation du sacrum en avanl parait mieux dcmontree. Laissant de cote
deux observations rapportees par Louis daus les Memoires de 1 Academie de
eliinir^ie, pour prouver la possibilite de ce deplaccment par la chute d un corps
tivs-lourd sur la region saeree, Malgaigne n appuie sa description que sur trois
Tails, l.c premier est emprunle a Aslle\ (ioopcr, d aprcs un dessin, sans aucun
delail sur les circonslances de I accidcnt. Le second, relate par Gibson et Harris
(Philadelphia Journal, 1827), a Irail a une I emme qui recut un violent coup
<le puiiig MII- la region saen r. Dans le troisicme fait, rapporte par Foucher
(Revue medico-chirurgicale, I. IX, p. 536), il s agil d un bomme sur la par-tie
anterieuredu bassin duquel passa la roue d une voilurc lourdement ohargee, le
sacrum portant sur le sol.
Les signes di la luxation du sacrum en avanl sonl : une contusion violente
dc la region sacree : une douleur vive par la pression et par les mouvements des
membres inferieurs; 1 augmentation du creux on la depression de la gouttiere
ilio-sacrec ; de la crepitation (?) et une tres-grande mobilite des os coxaux par la
pression en sens inverse sur les epines iliaques antcro-superieures. Le toucher
rectal pourrait faire constater la projection du sacrum et du coccyx en avant r
et monlrer la mobilite dc ces os.
Sur les trois fails reunis par Malgaigne, on note un morl, une guerison et
mi resultat inconnu. Les plus grands dangers viennent des lesions concomitanles
des visceres pelviens, souvent rapidement morteJJes.
La reduction penl-elle et doit-elle etre tentee? Les fails ne permet tent pas
d indiquer la conduite a suivre en presence dc semblables lesions.
Luxations du coccyx. L bistoire des luxations du coccyx est intercssanle a
plus d un titre. Signalecs par Avicenne, elles sont decrites par Ambroise Pare,
liv. XVI, chap. xix. : De la luxation de I os coccyx, caudcK ou queue. L os
cauda;, dil-il, se luxe eu dedans, pour lumber violennnent sur le croupion, ou
par quelque corps orbe. Le signe qu il esl luxe, est quand le malade ne peut
mettre le talon vers la fesse, ny mesmes ployer le genouil qu a grande peine et
difficulte; et vaa ses affaires avec douleur; et ne se peut tenir assis, si ce n est
sur une chaise percee. Pour le reduire, il faut mettre le doigt dans le siege,
taut qu il soil appose a 1 endroit du lieu affecle, ainsi qu avons dil en sa frac
ture : puis on elevera le dit os vers les parties superieures avec force, et de
1 autre main on 1 egalera en son lieu exte rieurement : puis sera traite par re-
medes cy-dessus menlionnez. 11 est affermy en vingt jours, durant les quels si le
malade se leve du lit, qu il soit assis en une chaise perceo, de peur de faire
reiteration de la luxation. Les signes donnes par A. Pare s appliquent
SACRO-COCCYGIENNE (PATIIOLOGIE). 79
lout aussi bicu aux contusions qn aux deplacements dn coccyx, et 1 existence de
hi luxation n est en realite aucuneracnt demontree par des symptomes purement
fonctionnels.
J.-L. Petit est bcaucoup plus explicite, mais il ne serait pas juste de lui re-
procher d avoir admis, sans aucun fait a 1 appui, les luxations du coccyx. 11 in-
siste au contraire sur la disposition anatomique de 1 articulation sacro-coccy-
"ienne, sur 1 absence d uue lete osseuse et d unc cavite dc reception, pour de-
O . t
montrer qu il n y a pas une disjbnction veritable , mais le phis souvenl un
simple derangement, ce qui semblerait devoir faire appeler la luxation en de-
hors, renversement, et la luxation en dedans, enforcement. Quand le coccyx est
enlierement separe du sacrum, on pourrait dire qu il y a rupture. On conceit
done que les signes assignes par J.-L. Petit aijx luxations en dehors et en
dedans soient exclusivement des signes rationnels ou subjectifs, et qu il
reconnaisse peu d utilite aux signes sensueh, en raison du peu de deplace-
ment des os et de la variete naturelle de leur courbure. Les trois faits qu il re
late sout, au reste, de simples cas de contusion du coccyx aver .-liters con-
secutit .
Accentuant davantage les idees de Petit, Boyer nie completemenl les luxations
proprement dites du coccyx, aussi bien en avanl qn en arruVc, el reprouve
toute manoeuvre do mind ion, toujours plus dangercuse qu utile.
Malgaigne, apres avoir rejete les observations des anciens, eludie successive-
ment la luxation en arriere du coccyx, qui ne s appuie que sur le fait douteux
de Lauverjat, et la luxation en avant dont il rapporte six observations. Mais ces
laits, dont quelques-uns sont recents, laissent encore des doutes dans son esprit,
comme en tejnoignc cetle phrase : A peine si je puis comprendiv (prune luxa
tion du coccyx, mOme completement rcduite, n ait pas une tendance invincible
a recidiver.
Parmi les auteurs modernes, les uns, avec Nelaton, nient completement la
luxation du coccyx; les autres, avec Jarjavay, Mouret, Tillaux, la considerenl
comme parfaitement dcmontree ; d autres enfm la decrivent sans en discuter la
possibilite.
Luxation en arriere. Si on laisse de cote les faits de pretendu deplacement
du coccyx en arriere, se produisant pendant 1 accouchement par la pression de
la tete foetale, faits que personne aujourd hui ne voudrait considerer comme de
veritables luxations, cette le sion n est aucunement demontree. Voici 1 observa-
tion de Lauverjat (Nouvelle me lhode de pratiquer I operation ce sarienne, p. 7) :
La retrogradation considerable de cet os (le coccyx), dit-il, cause quelquefois sa
luxation. J ai vu ce cas une fois. La malade souffrait etonnamment et ne pouvait
s asseoir. Je reduisis le coccyx et elle fut guerie sur-le-champ.
Luxation en avanl. La luxation du coccyx en avant n est demontree que
par un petit nombre d observations. Aux six faits reunis par Malgaigne, nous
pouvons joindre les deux observations de Mouret et de Tillaux. Le me moire de
Mouret (Recueil de memoires de medecine militaire, 5 e serie, t. I, 1859) est,
de tous les travaux publics sur ce sujet, au nioins dans notre pays, le plus
complet et celui ou les observations sont le plus serieusement discutees. Si Ton
elimine les faits de Turner et de Judes, qui semblent se rapporter bien plutol
a une fracture de 1 extremite inferieure du sacrum qu a un deplacement dans
1 articulation sacro-coccygienne, il ne reste plus que six observations discutables.
Or dans aucun de ces fails, si ce n est dans celui de Tillaux, le signe patho-
80 SACRO-COCGYGIENNE (PATHOLOGIE).
gnomonique dc la luxation, c est-a-dire, le relief forme par la base du coccyx en
avant du sommet de 1 os sacrc, nc parail avoir ete constate. Voici les termes
dans lesquels s exprime ce distingue chirurgien : Dans les chutes sur le siege
on a la suite de coups, le coccyx est susceptible de se luxer en avant. II en
resulte une doulcur parfois extremement vive ; le diagnostic s etablit aise ment a
1 aide du toucher rectal. J en ai observe un cas sur unc femme a 1 hopilal Saint-
Antoine : je constatai le relief que formait le coccyx au-devant du sacrum, et je
pus reduirc facilement en reportant cet os en bas et en arriere. La douleur, qui
etait tres-intense, disparut instantanement (Traite d anatomie topographique.
Paris, 1877, p. 826).
Nous nous croyons autorist , aprcs l examen des observations, a admettre
deux varieles ou micux deux degres de luxation du coccyx en avant : la luxa
tion complete, caracterise e |>ar le relief quc forme la base de 1 os en avant du
sommel du sacrum, et la luxation incomplete oil ce symptome fait defaut. Cette
-eetimle. sarii lee^i, de lieaiiemip la plus frequente, et poiiirait etre denommee
derangement on entorse de 1 articulation sacro-coccygienne.
Les causes ordinaires dc ces emplacements sont : soil unc chute sur un corps
dui el replant, soit un oni|> pnrle directement sur la region coccygienne. Dans
les fails de l!a\;il<m et de Mmirei, I al l edion succeda a un violent effort d un
cavalier pour enle\er sa nioiiiiiir mi a nn exercice longtemps prolonge.
Les signcs dc la lesion sont snrlunt fonctionnels. La doulcur locale est con-
stand*, [nstantanee ct violente, elle peut etre assez vive pour determiner la syn
cope. Celte douleur persiste a un de^re tres-cleve si la reduction n est pas
pratiquee ; clle s accroit considerablement par les mouvements du tronc et des
membres inferieurs, par les efforts de toux, d eternument et surtout de defe
cation, qui met tent en jeu les muscles du plancher pelvien. La souffrance est
tres-vivc a la moindre pression exercee au niveau de 1 articulation. Cet etat dou
loureux entralne une position speciale du patient que Mouret considere comme
un des signes les plus tranche s de la lesion. Evitant le decubitus dorsal, le
blesse se couche sur le cote, les jambes flechies sur les cuisses et les cuisse^
relevees sur le bassin ; il garde 1 innnobilite la plus absolue et conserve 1 urine
ct les leces jusqu au moment ou la reduction est operee.
En meme temps que la douleur, existe une sensation de pesanteur au ion-
dement, qui enlraiue un veritable lenesmc et des besoins inccssants d aller a la
selle. En regie generate, les symptomes douloureux disparaissent inslantane-
ment, comme par enchantement, a la suite des manosuvres de reduction. Quoique
ce phenomene ne suffise pas pour affirmer 1 existence d un deplacement osseux,
il presente neanmoins une grandc importance. II est, en effet, fort difficile de
comprcndrc la disparition brusque de la souffrance a la suite de simples ma
noeuvres, si Ton n admet pas quc celles-ci out eu pour effet de remettre en sa
place une partie deplacee.
Quant a la fievre, a Finsomnie , au ballonnement du ventre , signales
dans quelques cas, ils n ont pas d autre cause que la retention prolongee des
urines et des feces, et disparaissent en general sitot apres 1 evacuation des
matieres.
Les signes objectifs sont moins prononces. L ecchymose, le gonflement de la
partie sont tres-rares. Le bruit ou la sensation de craquement au moment de
1 accident ne sont signales quc par Mouret, et encore nous parait-il bicn difficile
d admettre avec lui que son malade ait reellement senli : Non pas un brise-
SACRO-COGGYGIENNE (PATHOLOGIC). 81
ment, ni memo un claquement indiquant quc deux surfaces cessenl leur con
tact, mais une sortc de glissenient avec deplacemcnt fibreux.
Aucun auteur ne fait mention de la saillie de la pointe du sacrum en arriere,
surmontant une depression plus ou moins profonde due a la projection de la
base du coccyx en avant, signe qui devruit suivre un deplacemcnt un peu con
siderable.
Par le toucher rectal, on constate que la pointe du coccyx 1 ait saillie en a\ant,
vers le rectum, et apporte obstacle a la penetration du doigt dans 1 intestin. Get
os presente une mobilite anormalc ; il est quelquelbis legerement de vie laterale-
ment, mais, ainsi que nous I avons deja fait observer, dans le seul fait de Tillaux,
le relief, forme par la base du coccyx en avant de la face anterieure du sacrum,
a pu etre reconnu par le doigt explorateur. Mouret avoue n avoir jamais trouve
la moindre saillie, quoique la reproduction dcs accidents ait neccssile deux fois
des mancfiuvres de reduction. La crepitation obscure, sourde, produite par la
rentree en place du coccyx luxe, et non susceptible de se reproduire a un nouvel
examen, est egalement un signe theorique que la clinique n a pas fait constater.
Nous ne dirons rien du diagnostic differential entre la luxation, la simple
contusion et la fracture voisine de 1 articulation sacro-coccygicnne. Dans cette
derniere, le deplacement, plus facile a reduire, se reproduit facilement, et
chaque reduction s accompagne d une crepitation rude, osseuse, caracteristique.
De plus, les fragments sont tres-difficiles a maiutenir dans 1 immobilite indis
pensable a la guerison.
Les luxations du coccyx ne presentent pas de gravite par elles-memes. La
retention prolongee des matieres fecales pourrait cependant devenir la source
d accidcnts graves, si la reduction n etait pratiquee dc bonne heure.
Le traitement de la luxation du coccyx en avant, qu elle soit complete on
incomplete, est de la plus grande simplicite. Malgre le discredit que Boyer a
voulu jeter sur les manoeuvres de reduction, malgre 1 incertitude qui regnc
encore sur la nature exacte de la lesion, qu aucune autopsie n est venue jusqu ici
demontver, ces manoeuvres ayant toujours ete couronnees de succes, il est indique
d y recourir.
L index, prealablement huile, sera introduit dans le rectum, aussi avant qu il
est necessaire pour passer au dela du bout du coccyx et le relever. Ainsi que le
recommande J.-L. Petit, on observera, en introduisant le doigt, dc 1 appuyer
loujours sur le cote de la marge de i anus oppose a la pointe du coccyx, pour
eviter la douleur. Inutile de deranger le malade de la position qu il occupe ; il
faut seulement nc pas oublier de diriger 1 ongle en avant, et la pulpe du doigt
le long de la face concave de 1 os. L index etaiit recourbe en crochet, appuie
sur la base du coccyx et le repousse en bas et en arriere, en meme temps qu une
pression exercee sur le sommet du sacrum, soit avec le pouce, soit avec les
doigts de 1 autre main, facilite la reduction. Celle-ci s obtient d habitude tres-
aisement et s annonce souvent par un bruit de crepitation plus ou moins distinct.
II est bon de repeter plusieurs fois de suite la meme manoeuvre, de promener
la pulpe dc 1 index sur la face anterieure des deux os, de haul en bas et de bas
en haut, en exercant d avant en arriere une forte pression. II est arrive a Mouret
de voir les accidents se reproduire, et ce chirurgien se vit contraint de recom-
mencer les manoeuvres.
Pour eviter cet accident, le malade devra conserver pendant quelques jours un
repos absolu, et des lavements laxatifs seront administres afin de faciliter les
DICT. ENC. 3" s. VI. 6
82 SA.CRO-COCCYGIENNE (PATIIOLOGIE ).
selles. Quelqncs lopiques emollients ou narcotiques si les douleurs persistent,
1 emploi d un coussin a air ou d une chaise percec, suffisent le plus souvent
pour assurer la guerison. Si cependant le deplacement tendait a se reproduire,
l usa< T e d un tampon, d un pessairc ou d une grosse canule, maintenus dans le
rectum pendant urn- vingtaine de jours, serail indique pour maintenir le coccyx
dans sa position normale.
Fractures du sacrum. Les fractures isolees du sacrum sont rares. Les frac
tures doubles verticales du bassiu ont ete decrites plus haul (art. BASSIK);
nous n avons pas a y revenir.
Ambroise Pan , an chapitrc xiv de son XV 1 livre, consacre quelques lignes a
la fracture de 1 os sacrum. Aussi 1 os sacrum peut etre fracture en certaine
partie, on le patient peut recouvrer sante : ce que j ay veu plusieurs fois s estre
i ail par coups de (mulcts, on aulrc chose brisante; mais ou la fracture sera
J ailc a IVndroit. de 1 espinc, et si clle est blessee, a peine le malade peut eviter
la mort Cettc dcnnriv proposition de Pare concerne probablement les frac
tures de la IMM- dc 1 os sacre, avec lesion de la queue de cheval, le sion qui
a^ra\e ccrla i nenieiit le proiloslic tie CCS blcssuivs.
l!<iyer omsiilere (pic, les iVacliiivs du sacrum doivent etre fort rares, en raison
de IVpaissriir de I os, dc >a structure spongicuse et de sa position; ne ponvant
sc. pi-odnirc ipic sous rinllncnce de causes trcs-violentes, elles doivent s accom-
pa^iier dc fortes contusions, dc decliirurc ou dc commotion des nerfs sacres, et
revel ir par consequent une excessive i:ravile. A la parlie superieure dc 1 os,
elles ne s accompagnenl de deplacement que si les f ragmen Is ont ete enfonces
par la violence de la cause viilneranle, ce qui suppose forcement un desordre
considerable des parties molles exterieures et des organes du petit hassin. Si la
fracture siege a 1 extremitc inferieure de 1 os, le fragment inferieur peut etre
deplace et porle en dedans vers le rectum.
MaLai^ne, le premier, fait une etude speciale de cette lesion dans son Jour
nal de chirurgieen 1SUJ el plus tard dans son remarquable Traite des frac
tures. II en fait remonter 1 histoire a Paul d Egine, qui avait pose des regies
pour leur traitement. Depuis cette epoque, nos connaissances sur ce sujet ne
se sont pas agrandies, et comme nos predecesseurs nous ne pouvons mieux
faire que de resumer le tableau prcVcnlc par notre illustre cbirurgien.
l.a cause des fractures simples du sacrum est toujours une chute ou une ac
tion directe sur la partie inferieure de 1 os. Fleury de Clermont relate cepen
dant une observation on la rupture fut la consequence d un choc lateral; le
fragment inferieur n etait pas incline en avant, mais le sommet de 1 os s etait
devie lateralement. D habitude, la fracture est transversale, et siege au-dessous
de la symphyse sacro-iliaque. La base du fragment inferieur reste en place, mais
le sommet s incline en avant, au point que la partie inferieure de 1 os peut for
mer un angle droit avec la parlie superieure, comme dans le cas de Sandifort.
Cependant, si le trait de la cassure se rapproche de 1 articulation sacro-coccy-
gienne, le fragment peut se deplacer en avant, et entrainant avec lui le coccyx,
faire croire a une luxation de cet os.
Les signes de la fracture du sacrum sont : la douleur au point du choc et au
point fracture, douleur accrue par les efforts, la station verticale, la flexion du
corps en avant et par la pression directe. On constate en meme temps les traces
d une contusion violente, et ces deux phenomenes sont quelquefois les seuls
indices de 1 affection.
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE). 83
Les signes objectifs sont : une saillie angulaire dc la crete sacree en arriere,
1 anyle saillant etant accru par la pression exercee sur le sommet du sacrum.
La pointe du coccyx est portee en avant et fait saillie dans le rectum qu elle
obstrue. Lorsqu on pratique le toucher rectal, c est cet obstacle que Ton rencon
tre tout d abord. Quand le doigt 1 a franchi, il constate en remontant le long de
la face anterieurc des deux os, un angle rentraut a 1 union de la base du sa
crum avec la portion fracturee. La direction de cette derniere est plus ou moins
rapprochee de 1 horizontale. Le doigt en appuyant sur le fragment inlerieur per-
coit une crepitation osseuse manifeste, en meme temps qu une mobilite anor-
male. Le caractere important de ce symptome, c cst. de pouvoir etre reproduit
facilement a chaque exploration rectale, la reduction ne se maintenant d habi-
tude que par 1 emploi de moyens contentifs.
Ces fractures sont souvent meconnues faute d un examen attentif. Quand ellcs
siegent au sommet du sacrum, elles ne peuvent etre distinguees de la luxation
en avant du coccyx que par la reproduction presque constante du deplacemenl
apres la reduction, reproduction qui permet de scntir de nouveau la crepita
tion et la mobilite anormales. Le toucher rectal, en effet, ne donne pas de ren-
seignements bien precis sur le siege exact de la lesion.
Le pronostic est favorable si la fracture est simple, mais la violence de 1 ac-
tion vulnerante determine luibituellement de grands desordres, et des lesions
rapidement mortelles.
La reduction du deplacement est aisee. II suffit pour 1 obtenir d introduire le
doigt dans le rectum et de repousser en arriere le fragment inferieur, comme
deja le conseillait Paul d Egine ; mais maintenir les parties en place est chose
plus difficile. Si 1 on met un corps plein dans le rectum, on s expose a la
retention des matieres, et force sera d enlever promptemeut 1 appareil. L em-
ploi d une grosse canule ouverte a ses deux bouts, pourvnc d une chemise
pour permettre le tamponnenieut de 1 intestin, et d anneaux pour la fixer a
un bandage de corps, a reussi entre les mains de Bermond. On pourrait y
joindre une legere pression sur Tangle saillant que font en arriere les deux
fragments de 1 os brise. La malade de Bermond fut guerie au bout de trente
jours. Chez le blesse de Judes la gue rison ne parut complete qu apres un
mois et demi.
Fractures du coccyx. Suivant Malgaigne, la fracture du coccyx n a pris
rang dans la science que par suite d une erreur du traducteur de Paul d Egine.
En son livre XV e , chapitre xv, Ambroise Pare decrit longuement sa cure, sans
donner aucun caractere qui permette de la reconnaitre. La mobilite dont jouis-
sent les pieces du coccyx ne permet d admettre la cassure de cet os que chez
des persounes agees. Malgaigne 1 a rencontree une seule fois en meme temps
qu une fracture du sacrum, elle n avait pas etc reconnue. Jules Cloquet (Dic-
tionn. en 30 vol., art. BASSIN) en signale un cas, chez un vieillard, a la suite
d un coup de pied.
Une douleur plus ou moins violente au point frappe, siege de la fracture, dou-
leur augmcntee par les mouvemeiits des membres inferieurs, la toux, les efforts
et les tentatives de defecation ; une mobilite anormale de la pointe du coccyx,
et de la crepitation par le toucher rectal : tels sont les signes theoriques de
cette rare lesion. En 1 absence de tout deplacement, le repos absolu et le main-
tien de la liberte du ventre suffiront pour la guerison. Si le fragment inferieur
etait deplace, on reduirait par le toucher rectal et Ton mettrait en usage les
84 SACRO-COCGYGIENNE (PATHOLOGIE).
movens conseilles pour la fracture simple du sacrum, afin de maiiitenir la re
duction pendant le temps necessaire a la consolidation.
Fractures par coups de feu. Signalees par A. Tare, ellcs presenlenl les plus
grandes varieles. Legouest figure a la page 419 de son Traite de chirurgie d ar-
me e, un bassin sur lequel on voit une balle de petit calibre, en partie enfoncee
dans le tissu osseux qui 1 orme la paroi externe du deuxieme trou sacre. De ce
cote, la texture de 1 os est alleree, probablement par suite d une longue et abon-
danle suppuration. Andouillc (Memoires de I Acad. de chirurgie, t. II, p. 342,
edition in-8, 1819) rapporte un cas d ablation totale du coccyx par une balle.
La variete de ces lesions ne permet pas d en faire une histoire resumce. D ha-
bilude, suivant Legouest, elles sont longucs cl dil liciles a guerir, et s accoinpa-
gncnt de graves accidents par 1 action des fragments osseux deplaces ou du pro
jectile meme. Tels sont : les lesions des noil s sacres ou sciatique et leurs
consequences, nevralgies, parahsirs, alropliics des membres inferieurs; des
rpandiements de sang ou des alters extra-peritoneaux ; la denudation et la
c.aric des os ; dr- suppurations intarissables.
II faut cxtrain- Irs cs(|iiillcs, les projectiles, si 1 exploration permet de les
reconnailre, soil par la plaie d entrce, soil par une contre-ouverture anlerieure,
soit cnlin a 1 aide du trepan, s ils sont prolbndeinenl enfonces. Les soins ulle-
rii-urs ne pivsrnfriil rien de parliculicr.
Le dodciir (His, dans le deuxieme volume de V Histoire chirurgicale de la
yuerre de la Secession en Ame rique, note parmi les coups de feu du bassin,
145 fractures du sacrum, ayant donne 80 guerisons, (12 morts et 5 resultats
inconnus. La proportion de la mortalite est relativement Ires-considerable,
42,7 p. 100 ; ce qu il faut attribuer surtout a la lesion concomitante des nerfs
sacres et des visceres du bassin. Ges complications ne sont pas toujours, cepen-
dant, des causes certaines d une terminaison fatale.
Parmi les sujets gueris, nous en trouvons quatre cbcz iesquels la vessie avait
ete atteinte. La blessure du rectum est encore bien moins dangereuse, puisque
sur neuf cas il y eut huit guerisons. Comme Legouest, Otis signale les para-
lysies consecutives a la blessure des nerfs sacres , et en rapporte quelques
observations. L extraction des projectiles ou des esquilles a necessite vingt-cinq
fois une intervention cbirurgicale ; 1 application d une couronne de trepan permit
dans un cas d extraire plus aisement une balle enclavee dans le sacrum.
Le docteur Otis rapporte egalernent \ 1 cas de fracture du coccyx par coups
de feu, avec une mortalite de 6 sur 17 ou 35,3 p. 100. Ici, comme pour les
fractures du sacrum, la mort est habituellement le resultat de la lesion conco
mitante des visceres pelviens, et surtout de la vessie.
RESECTIONS, a Resection du sacrum. Dans son Traite des resections,
0. Heyfelder n a pu reunir que deux faits de resection partielle de 1 os sacre. Le
premier est du a Hannoir, qui en 1 769, chez une femme de trente-six ans, enleva
un morceau du sacrum necrose a la suite d une fracture, avec un bon resultat.
Le second est de Rothmund en 1859. Une portion de la face posterieure de 1 os,
longue de 8 centimetres sur 4 de largeur, fut resequee a 1 aide de 1 osteotome.
Ici encore, il s agit d une necrose, et par consequent d une ablation de se questre,
bien plutotque d une resection proprement dite. C est dans la meme categoriede
fails querentrent les reseclions bien plus nombreuses pratiquees a la suite de
fractures par. coups de feu. Tanlot le cbirurgien se contenle d enlever les esquilles
SACRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE). 85
mobiles ou d enlever des sequestres isole s des parties saines ; tantol il se sert de la
gouge pour evider les parties ramollies et cariees ; tantot enlin il reseque un
fragment osseux a 1 aide du trepan, pour perraettre 1 extraction d un projectile
enclave. Ces operations, on le concoit, n ont pas de regies absolues. Le malade sera
couche sur le dos ou sur le cote, les parties molles seront divisees en forme de
T ou en croix, pour arriver sur les os. L important est de menager autant que
possible les nerfs sacre s et les enveloppes de la moelle, qui se prolongent presque
jusqu a Textremite du canal sacre.
b. Resection du coccyx. Elle se pratique sur 1 os malade, carieou necrose; ou
sur 1 os sain, soit dans un but therapeutique, soit pour agrandir le cliamp ope-
ratoire dans certaines interventions chirurgicales.
0. Heyfelder ne rapporte qu une seule observation d extirpation lotale du
coccyx carie, pratiquee avec succes par You Onsenort au siecle dernier. Mais
bien des chirurgiens out eu 1 occasion d extraire, soit le coccyx completement
necrose et detache, soit des parties de cet os mortifiees a la suite dc contusions,
ou de fractures par coups de feu, ayant entraine la formation de collections pu-
rulentes, la destruction du perioste et 1 isolement du coccyx.
Le coccyx sain a ete enleve plusieurs fois avec succes, soit en totalile, soit en
partie, dans cette affection douloureuse, si bi/arre, qui a recu le nom de coc-
cygodynie (voy. art. COCCYGOD\.ME, t. XVIII, l re se ric). Les lails de ce genre
sont actuellement tres-nombreux, et 1 operation ne parait pas avoir entraine
d accidents. Le manuel operatoire varic, suivant qu avec Simpson on se con-
tente de couper 1 os avec unc cis;iille prcs de sa base, sans chercher a ouvrir
1 articulation sacro-coccygienne ; ou au contraire avec Jenks, qu on pratique
^ extirpation du coccyx. La malade anrslbrsiee est coucbe e sur le cote droil.
L operateur ayant introduit son index gaucbe dans le rectum pour rcpousser le
coccyx en arriere, pratique le long de la face posterieure de 1 os une incision
qui penetre jusqu au tissu osseux. En bas, 1 incision est conduite un peu au dcla
de la pointe coccygienne; en haut, nous conseillons de ne pas depasser le niveau
de 1 articulation sacro-coccygienne, ou de menager du moins avec soin le tissu
fibreux qui ferme le canal sacre. On isole alors le coccyx des parties qui s y
inserent avec les ciscaux et le bistouri, et soulevant 1 os de bas en liaut, on
desarticule.
La resection du coccyx pour faciliter la formation d un anus perineal dans les
imperforations du rectum est due au professeur Yerneuil. Ayant remarque les
difficultes qui proviennent souvent, dans 1 enterotomie pe rineale d Amussat, de
la hauteur a laquelle se trouve le rectum imperjbre, et de 1 elroitesse du chemin
qui doit conduire sur 1 intestin, cet eminent chirurgien, des 1857, recommanda
i excision de la pointe du coccyx quand les premieres recberches sont restees
infructueuses. En 1875, il avail pratique six fois cette petite operation, et tou-
jours avec succes operatoire. Faited apres ses indications, la resection du coccyx
est sans danger dans le present, et sans inconvenient pour 1 avenir. On n enleve
que la pointe de 1 os, c est-a-dire, un prolongement cartilagineux d un centi
metre de longueur en moyenne et du volume d une plume d oie. On Tisole en
arriere rien qu en prolongeant 1 incision mediane ; et sur les cotes, par deux
coups de ciseaux qui rasent ses bords lateratix. On separe ce fragment du corps
de 1 os, en haut, soit avec la pointe du bistouri, soit avec les ciseaux. En avant,
du cote du bassin, existe un tissu cellulo-fibreux, facile a dechirer avec un in
strument mousse, et qui ne renferme ni organe, ni vaisseau important.
86 SA.CRO-COCCYGIENNE (PATHOLOGIE).
Dans lous les cas, 1 anus artificiel a fonctionne d une mauiere satisfuisante,
immediatement et jusqu au dernier moment. Jamais on n a vu se produire, ni
phlegmon stercoral, ni inflammation vive, ni pelvi-peritonite. II nous semble
done perm is d admettre les conclusions suivantes qui terminent le dernier
memoire du professeur Ycrneuil :
4 La resection partielle du coccyx, dans 1 etendue d un centimetre en moyenne,
attenue eonsiderablement les difiicultes de la recherche de I intestin et de la
I i \alion du bout ouvert a la peau, dans la methode d enterotomie perineale
d Amussat.
5 Elle permet, sans causer de de^als notables, d elargir beaucoup le champ
o|ieraloire, d alleiudre le rectum Ires-hunt, de le fixer a la peau sans la lirailler,
sans Fatliicr en bas <!< vive lorce, sans le mobiliser pur la section perilleuse de
ses adhereuccs antero-superieures.
(> Kill 1 dispense des nvlieirlies lailes a 1 avougle dans la profondeur du
bassin, el met a 1 abi-i de la blessure involontaire du cul-de-sac peritoneal et des
voies iirmaires.
7" KIli- abiv-c imlahleiiK iil la dureV lolale de 1 operalion.
8 D une execution facile, elle nr parail pas avoir entraine jusqu ici aucun
danger (jiii lui soil propre.
( .i" I, a resection du coccyx n est pas toujours necessaire; si apres quelques
ni lirirhcs infructueuses on ne trouve pas 1 inteslin dans Fineision cutanee, ou
si cet inteslin trouve parail ne pas vouloir descendre facileinent, il faut y recou-
rir sins hesitation. DM pent remonter ainsi a 5 centimetres de hauteur.
La meme idee chirurgicale a conduit M. le professeur Verneuil a pratiquer
chez un adulte la resection partielle du coccyx, pour faciliter 1 extirpation d une
lumeur volumineuse du rectum. II nous parait quc la conduite de 1 eminent
I hinir-icii de la Pitie doit etre imitee dans les cas de meme nature. L anatomie
nous enseigne que le rectum nepeut guere etre aborde sans danger que par sa face
posterieure, lorsqu il est necessaire de remonter assez haul, et les inconvenient?
de la resection du coccyx, si inconvenients il y a, ne peuvent etre mis en paral-
lele avec le danger de blesser le peritoine, ou avec les inconvenients d uue ope
ration incomplete. J. CHAUVEL.
BIBI.IOGRAPHIE. Dictionnaire encyclopedique des sciences medicates. Articles : Bassin,
l ra serie, t. Ill, etRachis, 5 8 serie, t. I. Trailes d anatomic de CRUVETLHIER, SAPPEY, PAP-
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SACRO-tpiXEUX (LIGAMENT). Voy. BASSIK.
SACRO-ILIAQUE (ARTICULATION). L anatomie et la physiologic de la sjin-
[ihyse sacro-iliaque ont ete 1 objet d une etude spe ciale a 1 article BASSIN, \ Te se
rie, tome VIII de ce Dictionnaire. Les lesions morbides*, spontanees ou trauma-
tiques de cette articulation y sont egalement decrites. Gependant 1 importaiice
de la tumeur blanche ilio-sacree, et les travaux remarquables auxquels elle a
donne lieu dans ces dernieres annees, en particulier 1 excellente monographic
de Delens (De la sacro-coxalgie, Paris, 1872), nous ont fait penser qu il ne se-
rait pas sans interet de resumer 1 etat actuel de nos connaissances sur cette
grave affection.
L articulation sacro-iliaque, classee par Boyer dans les synarthroses, par Blan-
din dans les arthrodies, est actuellement, avec juste raison, rangee dans les
amphiarthoses ou synchondroses. Les recherches concordantes de Luschka (Die
Kreutzdarmbeinfuge des Mensclien, in Virclww s Archiv., 1854) et de Sappey
(Traite d anatomie, 2 e edition, t. I) assignent a la couche cartilagineuse qui
revet les surfaces articulaires une structure speciale. Sur la surface auriculaire
du sacrum, le cartilage offre une epaisseur de 1 1/2 a 5 millimetres. Sa cou-
leur est gris-blanc ou gris-rouge, et de sa surface par tent des villosites irregu-
lieres, inegales et inegalement distribuees, de faible consistance et formees dc
88 SACRO-ILIAQUE.
fibres connectives et cle cellules carlilagineuses ramifiees et anastomose es. Ce
cartilage presente lui-meme deux couches dislinctcs : 1 une profonde, a cellules
parallcles a la surface osseuse ; la seconde, superficielle, articulaire, ou les
cclliilrs smil lucres cni n- dcs faisceaiix dc fibres conjonctives.
Du cole de 1 os iliaque, le cartilage est plus mince, a surface irreguliere, ma-
iiidonnee et constitue e par des faisceaux fibreux perpendiculaires a la surface
et se recourbant en forme dc voiitc pour recouvrir les cellules carlilagineuses
comprises dans leurs interstices. Pour Luscbka, on rencontre deux coucbes dans
le cartilage de 1 os iliaipic comme dans celui qui revet la surface auriculaire du
sacrum. Knlre ces deux revdriiiciils cxiste une cavile tres-e troite, s e tendant
jiis(|ifan\ limiies du fibro-cartilage, conslante a toutes les periodes de la vie,
el renfcrinanl mi |icii dc synovie.
Umj synoviale, tres-vasculaire, lapisscc par un epithelium d nuislilmr par
dcs fibres clasliqnes d ronjonrlives, revet la face interne des ligaments peri-
pheriques.
Kii resume, [ articulation sacro-iliaque est une amphiarlhrose analogue aux
articulations intervertebrales par si disposition analomiipie. Les mouveinents
qui s \ cried iient soul a pcu pres mils, mais elle n est pas moins une des join-
I nivs |M faiigiieiii le plus, car die ost la \oic de transmission du poids du
trone d dcs iiiembres snperienrs a la base de snslenlaliwi, aiissi bien dans la
position assjsr que dans la slalion vcrlicalr.
L exercice de 1 equitalion csl snrioni faii^anl pour les s\mpliyses ilio-sacrees.
Les douleurs dont sc plaigncnl sonsenl les jciincs cavaliers apres 1111 exercice
violent et prolonge. ne sii gent pas scnlenienl dans les muscles de 1 epine et ne
sonl pas dc simples lombagos. Notre collegue le docteur Delorme, agrege du
Nal-de-drace, a constate plusicurs fois que les muscles, dans ces cas, ne pre-
si nlaicnt anriine scnsibilite. Au contraire, la douleur elait nettement localisee
au nivcau des jointures sacro iliaijiies, elle augmentait ]iar la pression et par les
mouvements du bassin. Aussi n lie^ile-t-il pas a 1 attribuer a un diastasis leger,
a une sorte d entorse de ces articulations, resultat. des chocs violents et repetes
qui aci oinpagnciit les premiers essais d equitation,
La sacro-coxalgie, sacrarthrocace, arlropathie sacro-iliaque ou tumeur blanche
dc 1 articulation ilio-sacree, n est bien connue que depuis un petit nombre d an-
nees. 11 importe de ne pas confondre sous ce nom des affections diffe rentes, et,
comme 1 a fait Duplay, il i aut en separer nettement 1 ecartement ou le simple
relachement de 1 article si frequent a la fin de la grossesse, les arlhrites aigues
puerperales, et les collections purulentes metastatiques qui accompagnent la
pyohemie. En un mot, le tcrme de sacro-coxalgie doit etre reserve a la tumeur
blanche ou inflammation chronique avec alterations graves des jointures ilio-
sacrees.
Historique. La premiere description de la sacro-coxalgie est due a Boyer.
Apres en avoir donne un tableau succinct, ou mieux une simple ebauche a propos
de la carie des os du bassin (Traite des maladies chiruryicales, 5 e edit., t. Ill,
art. 5), il la decrit d une maniere plus complete dans le chapitre vi du tome IV,
consacre a 1 ecartement des os du bassin. Sans assigner a la maladie un nom
particulier, Boyer signale a la fois et son origine, le plus souvent scrofuleuse,
et son analogic avec les autres tumeurs blanches.
D. Larrey, dans sa Clinique chirurgicale (t. Ill, 1829), designe sous le
nom aujourd hui adopte de sacro-coxalgie la tumeur blanche de 1 articulation
SACRO-ILIAQUE. 89
sacro-iliaque ; mais il insiste plus sur le traitement qu il convient de lui appli-
quer, que sur les symptomes qui permettent de la reconnaitre.
Laugier en donne une bonne description dans le Dictionnaire en (rente vo
lumes (article BASSIN, t. Y, 1835), et contribue a la faire connaitre. La meme
an nee, en Allemagne, Halm (Ueber die Sacro-coxalgie, in Allgemeine medici-
nische central Zeitung, 1855) fait paraitre une monographie importante, dont
les Archives de medecine donnent en 1854 une analyse detaillee.
Dans les annees suivantes, un certain nombrc de theses, tant a Paris qu .a Stras
bourg, sont consacrees a la sacro-coxalgie ; Nclaton, dans son ouvrage classique,
en donne une bonne description. En Anglelerre, Erichsen ; en Allemagne, Gurlt ;
en France, Velpeau, Gosselin, Broca en font 1 objet de lecons cliniques, ou en
publient des observations. La these de Boissarie; 1 article de Duplay, dans le
tome III de son Traite de pathologic externe ; la these d agregation en chirurgie
de Delens (1872), resument bien 1 etat de nos connaissances sur la question.
Cette derniere monographie renferme en outre un grand nombrc de fails. Depuis
cette epoque, un certain nombre d observations nouvelles out ete publiees,
quelques autopsies pratiquees; on les trouvcra si^naltvs aux indications biblio-
graphiques qui terminent cet article.
Anatomie pathologique. Idcntiqncs aux le sions qui caracterisent les tumours
blanches en general, les alterations anatomiques de la sacro-coxalgie porlcnl
d abord sur la synoviale, injectee, gonflee, secretant un liquide plus abondant,
et plus tard couverte de fongosites. D apres Delens, la production du tissu
fongueux aux depens de la synoviale doit etre regardee comme un fait excep-
tionnel. Les cartilages, d abord ramollis et infiltres de liquide, ne tardent pas a
etre detruits plus ou moins comple tement. Les ligaments a leur tour se disso-
cient et disparaissent, principalement les tissus fibreux periarticulaires, moms
resistanls que les trousseaux interosseux. Do la la possibilite de mouvements
anormaux, quelquefois constates pendant la vie. Le perioste et les os voisins sont
ordinairement profondement alteres. Le perioste est souleve, decolle par le pus ;
le sacrum, plus souvent que 1 os iliaque, est denude, superilciellement ramolli,
carie ou necrose. Dans les foyers de suppuration baignent de pctits sequestres.
Erichsen a constate une usure osseuse par frottement des surfaces denudees,
sans carie ni necrose. L infiltration tubei culeuse, le tubercule cru, ont ete egale-
ment signales. Ailleurs ce sont des osteophytes, formes au pourtour de 1 article,
et souvent une soudure complete, osseuse, des surfaces articulaires, qui peut
entrainer des deformations du bassin, si elle se produit dans le jeune age. Si
mon Thomas considere 1 ankylose sacro-iliaque comme la consequence frequence
d une inflammation de 1 article, assez sourde et lente dans sa marche pour etre
passee inapercue.
Quand la suppuration arrive, ce qui est le fait habituel, le pus, d abord se
crete dans 1 article ou dans son voisinage, donne naissance soil a une poche
unique, soit a plusieurs abces isoles. Lorsque 1 abces se montre en arriere de
1 article, il presente generalement (Duplay) deux foyers, un superficiel ou sous-
cutane, 1 autre profond ou sous-musculaire, communiquant ensemble a travers
les fibres eraillees ou en partie detruites du muscle grand fessier, au niveau de
ses attaches a la partie posterieure de la crote iliaque.
Le pus se porte soit en arriere de 1 articulation, soit plus souvent en avant,
par suite de la moindre resistance des ligaments anterieurs, ou par la frequence
plus grande des lesions de la face anterieure du sacrum. On le voit alors fuser
90 SACRO-ILIAQUE.
le Ion"- de la face anterieure de cet os et venir se faire jour au dehors, soil dans
le voisma^e de 1 anus, soit par 1 anus lui-meme, apres avoir perfore le rectum.
Aussi frequemment la suppuration s etend \ers la fosse iliaque interne, decol-
lant le periostc ou s infiltrant entre les fibres du muscle iliaque pour arriver
a faire saillie dans 1 aine ou a la partie superieure de la cuisse. Ailleurs le
pus sort du bassin par la grande echancrure sciatique et se porte a la face
l>osierieure. Dans un cas dc Stoicesco, la partie inferieure de la moelle etait
liaignee de pus.
On comprend que les muscles, les vaisseaux, les nerfs puissent etre alte re s
|ar le contact prolonge du pus, quaud ils sout compris dans le foyer. Enfin, le
membre inferieur du cote alleini subit lui-meme une atrophie plus ou moins
considerable, si 1 affection a dure pendant un temps un peu long. On constate
alors qurlqnd ois un commencement dc degenerescence graisseuse du tissu
tnusculaire.
Siege. La sacro-coxakie |iaraii. sieger indiffe remment de 1 un ou de 1 autrc
dii ins les observations publices ne sont-elles pas assez nombreuses
|icnnclliv do lui assignor un siege de predilection. Delens signalait unc
nialade du service dc lhi|>lay (i87 L _M citmme le seul excmple de sacro-coxalgie
double qn il lin cut ele possible de relever. La suite des accidents a montre qu il
nc s a^issait pas, dans ce cas, de lesions des articulations sacro-iliaques, mais
d alleralmns dues a nnc osleo-malarie alors all dclml.
klitilot/ir. liare die/ les enlanls, la sacro-coxalgie pre sente son maximum de
frequence de vingt a Irenle-cinq ans. On la rencontre plus souvent chez 1 homme
i|iic die/ la i eniine, 1(>: H (Delens), el diez cellc dernierc elle est, dans pres de
la nidilu des cas, d uri^ine puer[n : rale.
Halm iriiai dail celte affection coinnic plus commune cbcz les tailleurs, cc
qu il atlribuail a la position speciale que necessite leur profession. Le fait pent
el re mis en doute, mais il est impossible de ne pas reconnaitre la grande fre
quence de la sacro-coxalgie chez les jeunes soldats de la cavalerie et de 1 artil-
lerie, ainsi qu Hattule 1 avait remarqin ; . Cette observation trouve sa confirmation
dans les faits dc douleurs de 1 articulation ilio-sacree, que nous avons signaler
plus haut.
L action predisposante des diatheses scrofuleuse et rhumatismale, 1 mfluence
du fioid liumide, nous semblent egalement dcmontres. Bien plus evidente encore
est rinlluenec de la blennorrhagie, ainsi qu en temoignent des exemples chaque
jour plus nombreux. Les fievres eruptives, la dothienenterie, sont quelquefois
la cause probable du developpement d une sacro-coxalgie ; mais 1 influence de
1 etat puerperal, admise dc|niis longtemps, est une des mieux demontrees.
puisque chez la feinme elle pent etre invoquee dans pres de la moitie des cas.
Rappelons toutefois que les abces metastatiques, consecutifs a la pyohemie puer-
perale, doivent etre classes dans une categorie speciale.
Les violences exterieures, les coups, les chutes peuvent devenir la cause de-
terminante de la sacro-coxalgie. Mais cette origine est assez rare, ainsi que
Boyer 1 avait deja remarque, et dans nombre de cas, 1 affection se developpc
chez des sujets robustes et bien portants, sans qu il soit possible de lui assigner
aucune cause bien evidente.
Varieles. Duplay divise la tumeur blanche sacro-iliaque en deux varietes :
la forme commune et la forme puerperale. Avec Delens, nous croyons qu on
peut admettre aujourd hui quatre classes ou varietes de I arlhropathie ilio-
SACRO-ILIAQUE. 91
sacree, savoir : lla sacro-coxalgie scrofnlense ; 2 la sacro-coxalgie puerperale ;
3 la sacro-coxalgic rhumatismalc ; et 4 onfin la sacro-coxalgie blennor-
rhagique.
Symptomatologie. Les signes de la sacro-coxalgie ne deviennent, en general,
appreciable que lorsque la maladie est arrivee a une periods assez avancee, et
quand les lesions anatomiques out acquis un grand developpement. Erichsen
avoue n avoir janiais eu 1 occasion d etudier I alTedion a ses debuts. II n en est
plus tie meme, aujourd bui que 1 attention des chirurgiens est eveillee sur la
possibilite du developpement de la sacro-coxalgie pendant le cours d un ecoule-
ment blennorrhagique.
Douleurs. Elle est d babilude le premier symptome de 1 affection, et 1 ob-
servation de Duplay (Progres medical, 1876), oil la presence d un abces i ut
eonstatee par hasard, sans aucune souffrance antcrieure, est un 1 ait tout a i ait
exceptionnel. Consistant d abord en un simple sentiment de gene, de fatigue au
niveau de 1 article, la douleur est augmentee par la marche et par la flexion du
tronc. Elle existe dans la station verticale et meme dans la position assise,
mais disparait ou dimiuuc dans le decubitus horizontal, par le sejour au lit, et
quelquefois par une forte extension du racliis. Interiniltenlr el limare an delmt,
elle ne tarde pas a devenir constanle, prolimde et gravative, assez intense pour
empecher la marche et pour priver le patient de lout sommeil.
La region sacro-iliaque est le plus souvent le siege primiiil de ces souffrances
spontanees, que reveille immediatement une prossion vigoureuse au niveau de
1 e pine iliaque postero-superieiire, et mieux un pen au-dessous. Les mouve-
ments imprimes a 1 os iliaque par I intermediaire du membre inferieur, les
pressions sur le sacrum, en arriere, ou en avantpar le toucher rectal, les garde-
robes, les moindres changements de position, meme dans le lit, arrroissent ou
provoquent les souffrances ; mais le plus sur moyen de les developper consiste
a saisir les os iliaques a pleine main et a chercher a les rapprocher Tun de
1 autre. Au contraire, les pins fortes pressions exercees sur le grand trocbantei
ne sont aucunement douloureuses, si Ton a soin, comme le recommande Erich-
sen, de fixer solidement le bassin. II en est de meme des mouvemenls du mem
bre inferieur, qui s executent dans des conditions normales quand le bassin est
immobilise.
.Mais si parfois les douleurs sont exactement limitees a 1 articulation, il est
plus commun de les voir s irradier aux parties voisines. La fesse, la region ingui-
nale, la partie superieure de la cuisse deviennent le siege des souffrances. Ici
les douleurs suivent le trajet du nerf crural, la on observe une veritable ne-
vralgie sciatique. aillenrs enfin le genou devient douloureux, comme dans la
coxalgie. Rarement le cordon spermatique devient le point affecte.
Au sentiment de faiblesse et d impuissance du membre inferieur, s ajoutent
plus tard de 1 engourdissement, des fourmillements, parfois aussi une paralysie
incomplete de la sensibilite et du mouvement. Ces phenomenes dependent de la
compression des nerfs sacres.
Claudication. Elle est aussi constanle que la douleur. Pour eviter de faire
porter le poids du corps sur le membre malade, le patient le traine sur le sol,
ne le deplace qu avec lenteur et toujours d une petite qnantite seulement:
appuie sur le sol et d un seul coup la plante du pied tout cntiere, se sert con-
stanmient d une canne et porte le corps en avant. Dans la station verticale, il
ne repose que sur le membre sain. D apres Halm, la pointe du pied n est jamais
92 SACRO-ILIAQUE.
deviee, mais Boyer conslatait deja sa rotation legere en dehors, manifeste dans
un certain nombre de cas.
Au lit, les nialades reposent sur le dos ou snr le cote sain, jamais sur la
parlie affectee. Us gardent I immobilite, mais peuvent cependant quelquefois
(Gosselin) parvenir a detacher le talon du lit et a flechir la cuisse snr 1 abdo-
men. Plus tard, tout mouvement devient douloureux, meme au lit.
Changements de longueur et d" attitude du membre. Admis par Boyer, par
Hahn, par Erichsen, ils ne sont le plus souvent qu apparcnts et resultent de la
rotation du bassin autour de son axe antero-posterieur et des deviations com-
|)ciis;ilrices de la direction de la colonne lombaire. Les auteurs anciens qui en
admetlaicnt 1 existence, sans en expliquer la cause, et les consideraient comme
raels, reconnaissent deja qu ils ne presentent aucune uniformite, qu allonge-
mcnt ct raccourcissement peuvent se succe der d un jour a 1 autrc aux diverses
periodes de ral feclion. llatlute, qui emit a la possibilite des emplacements reels
de 1 os iliaque, conseille, pour les constaler, de prendre pour point fixe une
des ii|M)pli\srs epinenses lomlia iivs, el de mesurer la distance qui la separe des
deux epines iliaques postcro-supcrieures. Mais, ainsi que le remarque Delens, ce
precede ne tient pas coniptr dc 1 inllexion laterale de la colonne lorabaire, si
IVequcnle dans ces cas, et pent conduire a des resultats inexacts. En somme,
saul dans (|ii( l(jiics fails exceptionnels, les changements de longueur des mem-
brcs inlet -ieiirs dans la sacro-coxalgie ne sont jamais qu apparents a la mensu
ration aussi hien qu a la vuc, el provieiuienl soil de 1 inclinaison du bassin, soit
de la situation relative des membres.
Tumefaction. Erichsen la regarde comme frequente et apparaissant de
bonne heure. Siegeant a la partie posterieure de 1 article, elle ofl rc une forme
allongee de haul en has, ne s etend pas habituellement jusqu au grand trocban-
ter, et donne a la palpation la sensation d un empatement profond. Ce gonfle-
mcnt s accompagne d unc legere augmentation de la temperature locale. Peut-
elre le toucher rectal pratique de bonne heure pourrait-il egalement faire
constater une tumefaction a la face anterieure de 1 arlicle.
Cependaiit ce gonflcment ainsi localise est, en realite, beaucoup plus rare que
ne I admet le chirurgien anglais. Nombre d auteurs signalent, au contraire, uu
aplatissement prononce de la region fessiere avec elargissement notable. Le
membre inferieur du cote malade est habituellement amaigri et aminci, saui
dans la periode ultime de la maladie, ou il peut otre envahi par une infiltration
oedemateuse.
Abces. En general, ils n apparaissent a 1 exterieur que longtemps apres le
debut de 1 affection. Suivant qu ils se forment en arriere ou enavant de 1 article,
on les voit rester extra-pelviens ou, au contraire, fuser dans la cavite pelvienne.
Les abces par congestion siegeant a la face posterieure sont les plus frequents,
d apres Tillaux. D abord proibnds, longtemps brides par les plans aponevro-
tiques puissants de la region, tantot ils s ouvrent au voisinage de 1 article, tantot
ils fusent en haul vers la region lombaire, tantot entin ils descendent du cote de
la fesse et viennent, plus tard, former foyer sous la peau, mais jamais ils ne des
cendent assez bas pour cnvelopper le grand trocbanter.
Quand le pus se collecte a la face anterieure de 1 article, les abces peuvent
egalement, pour arriver a 1 exterieur, suivre differents trajets. Cette marche est
sans doute determinee par le point precis ou siegent les lesions suppurantes.
Sous 1 influence de la pesanteur, le pus descend le long de la face anterieure du
SACRO-ILIAQUE. 93
sacrum, decolle le rectum et, perforant la paroi posterieure cle I intestin, s ecoule
par 1 anus, entrainant avec lui des parcelles osseuses morlifiees. Par un trajel
moins direct, il arrive dans la fosse ischio-rectale, et forme tumeur sur les cotes
de 1 anus. Ailleurs, le liquide fusant le long du nerf sciatique sort du bassin par la
grande echancrure, et vient faire saillie a la partie posterieure de la cuisse, sous
le bord inferieur du muscle grand lessier. Si le pus suit la fosse iliaque interne,
place en arriere du muscle iliaque interne qu il souleve, il reste pendant un cer
tain temps bride par le fascia iliaca, et I orme tumeur dans la partie extcrne de
1 aine. On cite enfin quelqucs faits ou le liquide est remonte le long de la face
anterieure du rachis, ou descendant dans la gaine des vaisseaux iliaques et
femoraux est parvenu jusqu a la parlic moyenne de la cuisse.
Dans une observation de Duplay, nous lisons qnc la tumeur liquidc occupait
la region externe du pli dc 1 aine, immediatement en dehors des vaisseaux femo
raux. Elle s etendait jusqu a 1 epine iliaque antero-superieure. Peu saillante,
etalee, sanglee par 1 aponevrose crurale et 1 arcade de Fallope, la collection etait
mate, fluctuante, en partie reductible par une pression prolongee, sans batte-
ments ni mouvements d expansion, mais manifestement influenced par les efforts
auxquels concourent les parois abdominales. Ses deplacements par des pressions
alternatives au-dessus et au-dessous de 1 arcade crurale montraient le passage
du liquide de la poche exterieure dans une autre pocbe contenue dans 1 abdo-
men ou placee dans ses parois. Ce passage s accompagnait d une eivpilation
hordeiforme.
Bien que les foyers anterieur et posterieur, s ils sont simultanes, viennent du
im-me point malade et communiquent generalement entre eux, 1 articulation est
tellement serree qu on ne pent reussir a renvoyer le liquide d une pocbe a
1 autre (Tillaux).
Les abces devenus sous-cutanes finissent par s ouvrir apres inflammation de
leur paroi ou sont ouverts par le chirurgien. Le pus qui s ecoule presente des
caracteres variables : tantot epais et grumeleux, tantot sereux et charge de par-
ticules osseuses, souvent tres-odorant. Les ouvertures restent fistuleuses, don-
nent issue a une quantite habituellement considerable de pus, quelquefois a des
sequestres, et ne se ferment pas. Rarement, en raison de la longueur des trajets,
le stylet ou la sonde conduisent sur des os denudes. On voit quelquefois les
fistules se tarir au bout d un temps toujours long, et la guerison est malbeu-
reusement 1 exception. Habituellement le pus s altere, la fievre hectique se pro-
nonce, et le patient finit par succomber.
Rejetant la division de la sacro-coxalgie en quatre periodes, division admisc
par Halm, d apres des caracteres dont la Constance est loin d etre demontree,
Delens ne reconnait dans cette affection que deux stades distincts : celui qui
precede la suppuration et celui qui la suit.
An point de vue de la marche, les varietes rhumatismale et blennorrhagique
offrent habituellement un processus plus aigu que la variete scrofuleuse, dont
les allures sont en general tout a fait ebroniques. Dans cette derniere, la duree
de la maladie est par consequent bien plus longue, tandis que les premieres
presentent plus souvent de veritables recidives.
La mort est la terminaison presque constante de la sacro-coxalo-ie scrofuleuse
et puerperale, et succede a une suppuration prolongee avec bectisie et marasme.
La guerison peut se faire par ankylose osseuse, soil apres suppuration, soil sans
production du pus. Si les desordres sont tres-legers, comme dans la variete
94 SACRO-ILIA.QUE.
blennorrhafique, s il n y a pas suppuration, I articulation peut revenir a sou
etat normal, et Ic patient guerit sans aucune infirmite. Cependant Tillaux ;i vu.
chez une i emme, une sacro-coxalgic blennorrhagique suppuree avec abces intra
et extra-pel vicns, et Siredey a rencontre un i ait analogue.
Diagnostic. Suivant la inarche adoptee par Delens, nous diviserons en trois
classes les allections qui peuvent etre confondues avec la sacro-coxalgie.
a. Affections douloureuses des nerfs. La nevralgie lombo-abdominale et la
nevralgie fessiere presentent des points douloureux au voisinage de 1 articulation
sacro-iliaque. Mais le caractere special de ces douleurs, leur limitation au trajet
des nerfs, leur intermittence et 1 absence de toute lesion auatomique, permi-t-
Ironl d en reconnaitre 1 origine avec une observation attentive et prolon-iV.
La sciatiquc se moiilre, en general, chez des sujets plus ages (Ericlisen) ; les
douleurs s lirailirnt, Ic long da ncrl d de ses brandies jusqu au-dessous du
genou, et la pre^simi pcrinet de conslater les points caracteristiques ; elles se
i ont scntir aussi bien dans Ic iv|m> quo pendanl la inarche, et ne s accompagnent
que tardivemenl d une claudication prononcee.
An conlraire, dans la sacro-coxalgie, les soufl rances sont habituellement
limilces ,in ]>ourtour de 1 article ou dans son voisinage; elles augmentent par
lc> mum mriils, s attenuent ou disparaissent sous 1 inlluence du repos et de
rimmobilite*, ct prosoqncnl nne claudication marquee. Cependant il est bon de
rappeler ipic des douleurs sciatiques pcnvcnt se montrer dans la tumeur blanche
ilen-saen-e, Ic ncrl elanl compriine par une collection purulente.
b. Affections tin xt/xieme musculaire. Le rbumatisme lombaire, ou lom-
bago, siege au-dcssus de la crete iliaque; les muscles sont douloureux a la pres-
sion, et 1 affection ne se prolonge guere, en general, au dela de quelques jours.
La psoitis donne lieu a une douleur violente dans la fosse iliaque interne,
sans souffrance a la partie posterieure du bassin. La doulenr est augtnentee par
1 extension de la cuisse et diminuee par la flexion, aussi celte derniere position
du membre est-elle presque constante dans tout le cours de la maladie. La
inarche est en general plus aigue. Cependant, si la sacro-coxalgie s accompagne
d abres inlra-pelviens avec fusees dans la fosse iliaque interne, les symptomes
offrent les pins grands rapports avec ceux de la psoitis suppuree, et le pus suit
la meme voie pour arriver au dehors. Le diagnostic devient egalement fort diffi
cile, si la contracture du psoas vient compliquer la sacro-coxalgie (A. Johnstone).
D apres Delens, la contracture musculaire, dite a tort essentielle, a laquelle
on a donne le nom de coxalgie hysterique, ne serait probablement, dans un
grand nombre de cas, que le symptome d une lesion des os du bassin ou de
I articulation ilio-sacree. 11 cite, a 1 appni dc cette opinion, le fait interessant
observe dans le service du professeur Verneuil. Une malade presentait tous les
signes d une coxalgie, mais 1 anesthesie avait demontre que I articulation de la
hanclie etait libre. La patiente ayant succombe a un erysipele, on constata, a
1 autopsie, 1 integrite de la jointure de la hanclie. On etait sur le point de borner
la les recherches, quand, les poussant un peu plus loin, on decouvrit que I arti
culation sacro-iliaque de ce cote etait presque detruite par la suppuration.
c. Affections du squelette et des articulations. L osteite suppuree, la carie
ou la necrose de 1 os iliaque et du sacrum dans le voisinage de I articulation
ilio-sacree, que ces lesions sie"gent en avant ou en arriere, s accompagnent d ab-
ces par congestion qui suivent le meme trajet que dans la sacro-coxalgie. Celle-
ci, au reste, coincide presque toujours avec des alterations des os voisins. Rare-
SACRO-ILIAQUE. 95
ment 1 exploration par le stylet permettra de localiser les lesions dans un point
nettement limite. Mais tant que la jointure reste saine, on ne voit pas Ics dou-
leurs augmonler par la marclie, par les mouvements dcs membres inierieurs el
par le rapprochement des deux os iliaques. Les changements de longueur appa-
rente des membres pelviens sont egalement moiiis frequents.
La carie des vertebres lombaires se rencontre frequemment en meme temps
que la sacro-coxalgie. Le siege pre cis des douleurs, leur eveil par la pression
exercee sur les apophyses epineuses ; plus tard les inflexions du rachis, sont les
signes qui permettent de poser le diagnostic. Si 1 articulation sacro-vertebralc
etait prise de tumeur blanche, lu distinction deviendrait on ne peut plus dif-
ficile, pour ne pas dire impossible.
Les arthrites metastatiques de 1 articulation sacro-iliaque se produisent au
milieu d un etat general a physionomie speciale, la septice mie puerperale, qui
se termine d habitude par une mort rapide.
L ecartement des symphyses chez les nouvelles accouchees se caracterise par
la crepitation, la mobilite anormale des os du bassin et surtout les circonstances
dans lesquelles il se produit.
Quant aux symphysites aigues ou arthrites puerperales, elles affectent une
marclie rapide et presentent des symptomes d actiite, qui les distinguent de la
sacro-coxalgie vraie. I) est boa de rappeler cependant que, chez les i emuies,
elles sont, dans pres de la inoilie des cas, le point de depart de la tumeur
blanche ilio-sacree.
Coxalgie. C est 1 affection le plus souvent confondue avcc la sacro-coxalgie,
Beaucoup de symptomes ; la douleur du genou, la claudication, les changements
de longueur apparente des membres pelviens leur sont communs. C est a tort
qu Erichsen a voulu s appuyer sur les variations d attitude et de longueur pour
differencier ces deux affections, en considerant les deplacements comme reels
dans la sacro-coxalgie.
Au debut, I engorgement des parties molles, la tumefaction diffuse siege tou-
jours a un niveau plus eleve dans la tumeur blanche sacro-iliaque, la region
coxo-femorale est saine. La douleur par les pressions directes est limitee au
sacrum et a 1 articulation ilio-sacree, pendant que dans la coxalgie elle se pro
duit : en avant, au pli de 1 aine ; en arriere et au-dessus du graml trochanter, a
la face posterieure.
Dans la coxalgie, les mouvements imprimes a la cuisse et surtout 1 abduction
et la rotation en dehors, eveillent de tres-vives souffrances. Dans la sacro-coxal
gie, pour peu que le bassin soil bien et solidement fixe, on peut mouvoir le
membre inferieur dans tous les sens sans determiner aucune douleur. Mais si
Ton fait asseoir le malade dans son lit, et que se soulevant en s appuyant sur les
deux poings, les bras rapproches du corps et dans 1 extension, le patient se
laisse subitement retomber sur le siege, la secousse est douloureusement res-
sentie dans les jointures sacro-iliaques (H. Larrey). Quant aux chocs sur la
plante des pieds, les genoux, et meme le grand trochanter, ils ne peuvent etre
utilises pour le diagnostic, car 1 ebranlement est transmis jusqu au sacrum.
A la periode de suppuration, la distinction repose en outre sur le siege des
abces et des fistules consecutives. Dans la sacro-coxalgie, on rencontre souvent
des collections purulentes a la face posterieure du bassin, au niveau ou peu au-
dessous de 1 articulation malade, et les fistules remontent de ce cote. Dans la
coxalgie, les abces posterieurs sont situes plus bas, les trajets fistuleux ont une
96 SACRO-ILIAQUE.
voie plus directe vers la jointure coxo-femorale. Mais c est surtout a la partie
anterieure et interne de la cuisse que se montrent les collections purulenles.
Nous avons deja signale la plus grande frequence de la sacro-coxalgie de vingl
a trente ans. La tumeur blanche ilio-femorale, au contraire de la precedente, est
commune dans 1 cnfance. Dans les cas difliriles le toucher rectal peut eclaircr
le diagnostic en determinant de la doulcur par la pression au uiveau du sacrum.
Enfin, 1 anesthesie permettra de s assurcr de 1 integrite ou des alterations de
1 articulation coxo-femorale.
Pronostic. Tous les auteurs s accordent a reconnaitre la gravite de la sacro-
coxalgie. La guerison est frequente s il n y a pas suppuration ; meme apres la
formation du pus, elle est encore possible par ankylose et soudure osseuse des
surfaces arliculaires, mais elle est alors moins frequente qu une termiaaison
fatale. Les formes scrofuleuse et puerperale sont les plus dangereuses, parce
qu ellcs arrivenl [ires(|ue toujours a suppuration. Les varietes rhumatismale et
blennorrhagique sont les moins graves, mais nous avons vu par les observations
de Tillaux et de Siredey que celte dernicrc n elait pas a 1 abri de la formation
d abces. Chez lesjeunes lilies, les deformations du bassin, quipeuvent succc der a
une sacro-coxalgie guerie par ankylose osseuse, entrainent de nouveaux dangers
l ;i\cnn .HI moment de la parturition.
Traitcincnl. II doiuHre general et local. Le premier s adresse soit a la con-
slilulion du malade, soit a la cause probable de 1 affection. Les antiscrofuleux,
les antirhumatismaux, les preparations balsamiques seront mis en usage, sui-
vant la variele de la sacro-coxalgie. Les ressources de 1 bygiene ne doivent pas
rlre negligees.
Le trailrim iit local, au debut, consislera a combattre la douleur par des
applications narcotiques, ou des injections de morphine dans la region malade.
Le repos au lit suffit pour assurer 1 immobilite de la jointure, mais il doit etre
absolu. En cas de relachement manifesto des symphyses, les nouvelles accouchees
seront maintenues au lit, dans le decubitus dorsal, pendant un temps suffisant
pour assurer la guerison ; puis elles seront munies d un bandage de corps, ou
mieux d une ceinture de cuir, afin d immobiliser le bassin.
Gosselin conseille les purgatifs; Velpeau les grands lavements emollients qu il
compare a une sorle de cataplasme interne pour la symphyse.
Lorsquc la maladie est confirmee, que le gonflement commence a apparaitre,
on recourt d babitude a 1 emploi des revulsifs, appliques sur la region malade.
La teinture d iode, les vesicatoires n ont pas une action assez profonde. D. Lar-
rey conscillait 1 application de moxas, non sur les portions de peau qui
recouvrent immediatement les os, mais dans 1 espace qui correspond aux sym
physes malades. II. Larrey y a souvent eu recours avec avantage. On peut ega-
lement avoir recours aux cauleres, aux pointes et aux raies de feu qui ont donne
quelques succes.
L imniobilisalion du bassin sera assuree par 1 application d un appareil ina-
movible, rcnforce par des attelles de carton ou de ill de fer malle able. La gout-
tiere de Bonnet, ou un appareil de meme genre, maintient 1 immobilite et per-
met les soins de proprete et les applications locales.
Quand les collections purulentes se sont formees, se pose la question d inter-
vention. D. Larrey preconise 1 ouverture arlificielle des foyers, et regarde 1 ou-
verture spontanee comme bien plus dangereuse, parce qu elle se fait avant quo
la carie soit arretee. L entree de 1 air dans la poche ne tarde pas a amener la
SACRO-LOMBAIRE. 07
decomposition du pus et 1 infection putridc. 11 faul done se conlenter de vidcr
les abces avec un appareil aspirateur, en repetant les ponctions aussi sou vent
qu il est necessaire. Malheureusement, les ouvertures ne (ardent pas a devenir
listuleuses, et les injections, les lavages repetes avec des solutions antisep-
liques reussissent rarement a empecher la terminaison fatale.
J. CHAUVEL.
BIBLIOGRAPHIE. Nous ne citeroiis ici que les travaux les plus impnrtants. On trouvera
dans la these de DELENS, un index bibliographique complet juseju en 187-2. DOVER. Traile
des maladies chirurgicales, t. Ill et IV, IS 21. LARHEY (1).). ( .Unique chirurgicale, t. Ill,
]g 29. LAUGIER. Art. Bassin. In Diet, en 50 vol., t. V, 1835. HAIIN. Ueber die Sacro-Coxal-
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patliie sacro-iliaque . These de Paris, 1852. ERICHSEN. A Lecture on the Sacro-iliac Di$< rit:r.
In The lancet, 1859, t. I. COURTY. Diet, cncyclop. des sc. ntcd. Art. Kassin, l ro sei ie,
t. Y11I. GOSSELIN. Gazette des hdpllaux, 1868 ct 1870. DUPLAY (S.). Traite de patlio-
logie extcrne, t. Ill, 1871. DELENS (E.J. DC la sacro-coxalgie. These d agregation en clii-
rurgie. Paris, 1872. Bulletins de la Societe anatomique, 1873. Deux autopsies. DUPLAV.
Sur une collection Itquide de I aine de provenance obscure avec fistule reclale sus-spliiin -
terienne. In Proyres medical, 1876. - - TILLAUX. Traite d anatomie topographique. Paris,
1877. LEDENTU. Sacro-coxalyie blennorrhagique. In Bull, ct Mem. de la Soc. decltif.
Xouvelle serie, t. Ill, n 2, 1877. J. C.
SACRO-LOMBAIRE (MUSCLE). Les gouttieres sacrees et rachidiennes, de
chaquecote, sont occupees par trois muscles qui possedcnt une origiue com-
iimne a la [>artie inferieure, et ne deviennent distincts que dans la region lom-
baire. Ces trois muscles sont : en dehors, le sacro-lombaire ; en dedans, le long
dorsal, et plus profondement le transversaire epineux.
Le sacro-lombaire ou long spinal externe nait plus particulierement : ldu
bord externe de 1 aponevrose commune; 2 de 1 epine iliaque postero-superieure
par un tendon tres-fort ; 3 de la crete iliaque en dehors de 1 epine, directement
par des fibres charnues. Accole en dedans an muscle long dorsal, avec lequel il
est confondu dans la gouttiere sacree, il forme a ce niveau la portion externe de
la masse sacro-lombaire. Une interstice celluleux, qui penetre j usque dans la
profondeur et va s elargissant de bas en baut, indique dans la region lombaire
le point de separation de ces muscles. Get espace donne passage a des rameaux
nerveux et vasculaires d assez petites dimensions.
Le sacro-lombaire se porte verticalement en haul, et fournit dans la region
dorsale des faisceaux qui vont se fixer a la face externe de Tangle des cotes par des
languettes tendineuses. Le faisceau qui s attache a la derniere cote est d babi-
tude le plus fort, le plus puissant. C est en quelque sorte un muscle indepen-
dant. Les autres faisceaux plus greles, se continuent jusqu a la septieme ou la
sixieme cote, et le muscle cesserait a ce niveau, s il ne recevait des faisceaux
<le renforcement, que Ton a souvent decrits comme un muscle distinct sous
le nom de cervical descendant.
Ces faisceaux de renforcement naissent de la face externe des cotes un pen en
Jedans de leur angle par de minces tendons qui se continuent par les fibres
charnues et se confondent avec les languettes aponevrotiques des digitations
du sacro-lombaire. Placees en avant des fibres de ce muscle, par consequent
plus profondes, elles ne peuvent etre etudiees qu en renversant le sacro-lom
baire de dedans en dehors pour mettre a jour sa face anterieure. La premiere et
la derniere de ces digitations sont habituellement les plus volumineuses. Gru-
veilhier a vu dans un cas le faisceau de renforcement superieur, tres-volumi-
neux, naitre par deux origines distinctes de la troisieme et de la quatrieine
DTCT. ENC. 3" s. VI. 7
J8 SACRO-VERTEBRALE.
cote. 11 semblait ainsi conslituer un muscle isole, parallele et analogue au trans-
versaire du cou.
Ainsi renforce, le sacro-lombaire se prolongs jusqu au cou, el se lermine par
des tendons tres-greles qui vont se fixer au sommct des apophyses transverses
des quatre ou cinq dcrnieres vertebres cervicales.
Par ses insertions, le muscle sacro-lombaire doit etre range dans les inter-
transversaires. Son action est aisee a determiner. Quand les deux muscles agis-
scnt simultanement ils redressent la colonne vertebrale ; lorsque Tun d eux agit
isolement, il tend egalement a redresser le rachis, mais en meme temps il
( incline legerement do son cote. J. CHAUVEL.
SACRO-SCIATIQUES (LIGAMENTS). VoiJ. IjASSlN.
LE (ARTICULATION). L anatomie et la physiologie de
[ articulation sacro-verte*brale on etd de crites aux articles BASSIN et RACHIS dc
ce Dictionnaire. Les alterations pathologiques sont trop rares et trop mal con-
mies puiir qu il soit possible d en faire 1 objct d unc etude speciale. La tunieiu
blanche sacro-vertebrale pent etre le point de depart d abces par congestion,
i|ui I ll r.iliseiirr de tout autre symptoms conduisent a des en-curs de diagnos-
lie. Le |ir(ti esseiir Michel ;i vu a la clini(|iie chirurgicale de Strasbourg un
homme de viii^l-cinq ans, porlant une enorme tumour flucluante dans 1 aine
gauche. II n existail anemic. deformation du rachis, et le patient avail pu con-
I inner son travail jusqu au jour de son entree a 1 hopital. La tumeur fut prise
|tour uiie bydropisie de la bourse du psoas-iliaque et traitee en consequence.
Le malade ayant succombe, 1 autopsie montra qu il s agissait d un abces par
congestion, consecutivement a la destruction du fibro-cartilage sacro- vertebral.
En 1876, M. le professeur Jlerrgott lisait devant 1 Academie de meilecine un
remarquable travail sur le spondylizeme ou affaissement vertebral, suite du mal
vertebral de Pott, cause nouvelle d alteration pelvienne, compare a la spondy-
lolisthesis ou glissement vertebral. Ce memoire, accru de nouvelles observations,
a etc public in e.rtenso dans les Annales de gynecologic, numeros de fevrier et
nun s 1877. II a de plus ete 1 objet d un rapport des plus elogieux de M. le pro
fesseur Depaul (Bull, de 1 Acad. de me d., 1877, n os 4 et 5), rapport dont les
conclusions out ete combattues par M. J. Guerin. En etudiant avec soin les de-
formations pelviennes consecutives aux affections de la colonne vertebrale desi-
gnees sous le nom commun de mal de Pott, 1 accoucbeur de Nancy ne tarda pas
a se convaincre qu il etait impossible de les ranger dans une seule et unique
categoric. A cote de la spondylolisthesis, signalee et decrite par Kilian en
1851, il est necessaire de creer une nouvelle classe de fails, pour laquelle le
terme de spondylizeme peut etre adopte. Nous ne pouvons suivre M. Herrgott
dans 1 examen special dc chacun des bassins devies qui font la base de son
etude. Ces bassins sont au nombre de 16, dont 7 appartiennent au spondy
lizeme et 9 a la spondylolisthesis. Les sujets auxquels ont appartenu ces bas
sins n ont ete observes que dans un fort petit nombre de cas. 11 n est done pas
possible de decrire les symptomes par lesquels ces lesions se manifestent pen
dant la vie et peuvent etre reconnues. Generalement on constate dans la region
sacro-lombaire une courbure a convexite posterieure plus ou moins prononcee.
La deformation est telle, que certaines de ces malheureuses sont reduites a ne
marcher qu a quatre pattes comme les animaux, la tele se trouvant descendue a
SA.CRO-VERTEBRALE. JD
la hauteur du bassin et meme plus bas. Mais cette attitude, precede e de dou-
leurs plus ou moins vives dans la partie inferieure du rachis, ne presente pas
de differences caracteristiques, qu il s agisse de 1 affaissement ou du glissemenl
vertebral.
Sans doute il est permis de dire avec J. Guerin, que ces deux etats ne sont
que des varietes du type : deformation tubcrculeuse du bassin; qu il y a dan
ces cas destruction et disparition de vertebres ou de parties de vertebres, et
plus tard rapprochement et soudurc. Mais il n en resulte pas qu il n y ait ni
affaissement ni luxation, et qu on doive rejeler les denominations proposees.
Com me le fait remarquer le professeur Depaul, il ressort du memoire d Hergott
que le mal de Pott entraine des deformations du bassin, differentes suivant It-
siege de la maladie. 1 Quand les parties posterieures du rachis sont atteintes,
quand 1 arc vertebral est alte re ou detruit, la colonne privee des liens solides
qui la maintiennent, et n ayant plus pour resister au poids du corps et a 1 ac
tion musculaire qui 1 attirent en bas et en avant, que la resistance du disque
intervertebral affaiblie par la maladie, glisse insensiblement sur la base du sa
crum qu elle abandonne en se luxant souvent completement. G est la spondylo
listhesis. 2 Si les arcs vertebraux restent intacts ou a pen pres, si les corps dr-
vertebres sont ramollis, detruits en totalite ou en partie, ils subisscnt sur place
un affaissement plus ou moins considerable, c est le spondylizeme.
Quelle est, au point de vue de la deformation du bassin, 1 aclion de ce~
lesions si distinctes quant a leur siege.
Dans la spondylolisthesis, la colonne obeissant aux lois de la pesanteur, glisse
en avant dans la cavite pelvienne et 1 obstrue. Le diametre sacro-pubien esl
retreci par 1 interposition du corps des vertebres lombaires entre le sacrum e!
le pubis. De la des consequences fort graves pour 1 accouchement et la necessitr
frequente d operations obstetricales des plus dangereuses.
Dans le spondylizeme, 1 obstruction du detroit superieur n est pas une conse
quence necessaire de 1 affaissement du rachis. Elle existe si la colonne s incline
assez en avant pour couvrir le detroit superieur et empecher 1 engagement du
foetus. Elle existe encore, si a la lordose lombairc s ajoute un retre cissement
transversal de toute 1 etendue du bassin, resultant de la maniere dont la co
lonne vertebrale transmet le poids du corps au sacrum, et des deformations dr
cet os, qui peut avoir perdu une ou plusieurs de ses vertebres, et dont le deve-
loppement transversal surtout a sa base, laisse beaucoup a desirer. Ici, le dia
metre sacro-pubien conserve sa longueur normale, il peut meme etre augmenti
en raison de la diminution de la hauteur de la base du sacrum ; mais le detroit
a franchir par le foetus est reporte plus haul, il est constitue par une ligne qui
du pubis se porte au corps d une des vertebres lombaires ou dorsales, rappro-
chees du pubis par I inclinaison en avant de la colonne (Ilcrrgotl). On comprend
que dans ces cas, si la lesion est peu elendue et I inclinaison du rachis sur le
bassin peu considerable, les difficultes et les dangers de la parturition seronf
moindresque dans la spondylolisthesis.
L appreciation de la gravite de ces le sions au point de vue obstetrical repose
sur la mensuration des diametres du bassin. Si le toucher permet de se rendre
compte de la deformation, peut-il conduire a la distinction des deux varietes
signalees? Le diagnostic parait bien de licat, et le professeur de Nancy ne nous
parait croirea sa possibilile que dans des cas tout a fait exceptionnels. En citant
les conclusions du travail du professeur Olshausen, de Halle, sur la spondylolis-
100 SAFRAN (BOTANIQUE).
thesis, il sc coiilentc en cll ct de remarquer qu il rst illogique de tirer d uu
I ait des conclusions generates. Peut-etre pourrait-on trouver dans 1 examen al-
tenlifdela deformation vertebrale quelques signes pcrmettant de prejuger la
nature des lesions, mais de nouvelles observations peuvent seules repondre a ce
desideratum. J. CHAUVEL.
SVCRUM. g 1. Anatomic. Voy. BASSIN el RACHIS.
II. Pathologic. Voy. SACRO-COCCY.GIENJNE (region).
SAFKAX. Crocus L. I. Botanique. Genre de plantes monocotylr-
dones, appartenant a la lainillc des Iridirs. Ktalili par Liime, ce groupe a ete
;i<v.rplr pai- Irs holanistcs IIHN|LTIICS dans los liniites que lui avail attribue es
Ic savanl sm dois. Ses caractcres sont : des fleurs hermaphrodites, renfermees
dans di-s spailn-s ;i\;mt Icur panouissemen1 ; perianthe a tube soude avec
I ovain . a rim) divisions petaloidcs disposers sur deux rangs ; trois etamines
iiisrrrrs a la basr dc.s sri inrnls r\lri icurs du periantbc ; style simple, siirmonte
de sli^inaU s dilali s an sonnni l. C.apsnle a trois loges polyspermes, a debiscence
loculii-ide. (Iraincs iniinies d un albumen eorne on cliarnu.
Les Crocus sont dc jolics plantes, dont on cullivc diverses especes dans les
jardins coiiuiic nniciiirnlali 1 -.. I ne seule est vraiment interessante pour le me-
dcciii : c c^l Ir C.i ucux .SY///>//.S - L. (C. officinalis Pers.), dont les stiginates four-
iiisM-nl la Mibslaure nu -iliciiLili appclee le SalVan.
[,a plauli c.st probablement originairc d Orient. II est cependant difficile d in-
(li,|iicr r\ai-|i nirnl sa palrie primitive, parce qu elle est cultivee depuis tres-
loiiulomps dans les regions oil Ton pent la supposer indigene. De la Perse, de
1 Asie Mineuri 1 cl de la Greec, le Sal ran se repandit d une part vers la Chine,
d anlrt part vers I Occident : les Arales I introduisirent en Espagne ; les croise s
en Krance, en Italic et en Allemagne. De nos jours, il est cultive et esploite
dans ces divers pays.
Le Safran officinal fleurit en automne, vers le mois de septembre on d octo-
bre, et ses fleurs paraissent un peu avaut les feuilles. Elles sont longuement
tubulees, d un violet pourpre, et laissent voir au debors du tube du perianthe
trois grands stimulates pendants, d une belle couleur rouge-orange, largement
dilates en cornet et denies sur leur bord superienr. Les feuilles sont lineaires.
Elles se detaclient, de m-eme que les fleurs, d un bulbe solide, tube reux, ovo ide
ue, enloure de plusieurs enveloppes iibrilleuses.
Linne avail fait rentrer dans la meme espece, comme une simple variete, le
Crocus vernus d Allioni et des auteurs actuels (Crocus sativus ft vernus L.).
Cette plante, qu on trouve dans la plupart de nos montagnes un peu elevees,
fleurit au printemps et se distingue d ailleurs bien nettement par I apparition
des feuilles en meme temps qne les fleurs, par ses stigmates courts, dresses et
tres-fmement denticules.
Le nom de Safran a ete applique a d autres plantes de families differeutes ;
ainsi on a appele :
Safran bdtard, Safran d Allemagne , le Cartliame (Cartkamus tinctorius L.)
(voy. CARTHAME) ;
Safran de terre et Safran des Indes, le Curcuma longa L. (voy. CURCUMA) ;
Safran des pre s et Safran d automne, le Colcbique (Colchicum autum
nal e L.) ;
Faux Safran, \ Amaryllis lutea L. PL.
SAFRAN (EMPLOI MEDICAL). 101
LINNE. Genera, n 55. Species, 50. FLL CKIGER et HAXBL-HY. Pharmacographia, 601.
LAMARCK. Dictionnaire Encyclopedic. GUIUOURT, Drogues simples, 7 edition, II, p. 195. -
PLANCUON (G.). Traite pratique de la determination des drogues simples, I, 260.
$ II. Eniploi medical. Le safran apparticnt a la categoric si nombreusc
des medicaments dechus. Delionx de Savignac, ce therapeutiste sagace et labo-
rieux, dont la science regrette la mort recente, avail entrepris, dans ces der-
nieres annees, la rehabilitation de ccrtaines substances, jadis tres-employees et
qui sont tombees aujourd hui dans un oubli immerite. Ce qu il avail fait pour la
myrrhe, il 1 avait tente pour le safran, et il aurait, s il eut vecu, ecrit 1 article
qui m est confie; mais le memoire etendu qu il a public sur celle substance
(Bull, de therap., 1874, t. LXXXVI, p. 399) devant necessairement me fournii
de nombreux et utiles materiaux, j espere que le lecteur ne s apcrcevra pas trop
de celte substitution.
Le safran est un medicament que nous devons, comme on 1 a dit plus baut,
aux Arabes d Espagne; son nom lui-meme est emprunte, clit-on, a leur langue.
et derive du mot as far (jaune), conserve encore par le mot azafran, parmi les
mots arabes qui abondent en Espagne. Le mot crocus qui, disent certains traites
de matiere medicale, et par une singulicre erreur etymologique, signifie fila
ments, par allusion a 1 aspect de ceite substance, n est en realite que la traduc-
tion grccque du mot arabe (xpmos, jaune).
Depuis qu il est acclimate en Europe, le safran y est dcvenu, en plusieurs con-
trees, une branche de culture et de commerce qui n est pas sans importance.
L Espagne produit beaucoup de safran, et chez nous 1 Angoumois, le Gatinais,
1 Orleanais et la haute Provence en recoltent de tres-estime; celui des trois der-
nieres provenances Test pariiculierement. On cultive egalement une certainc
quantite de safran dans le Poitou. On croit que la culture de cette plante s esl
introduite chez nous au commencement du quatorzieme siecle.
Le safran est menace par deux sortes d ennemis : les parasites et les sophis-
ticateurs. Les premiers sont le rhizoctonia crocorum, champignon qui vit aux
depens du bulbe, 1 epuise et le fait peril : le tacon, le fausset, etc. Quant aux
sopliisticateurs, leurs entrepriscs coupables out ete principalement etudiees et
sigualees dans ces derniers temps par M. Stanislas Marlin.
L une de leurs fraudes, signalee il y a plus de trente ans par MM. Meunier et
Guibourt, consiste a melanger aux stigmates du safran les demi-fleurons du
Calendula arvensis. M. Guibourt a indique les moyens suivants de reconnaitre
cette falsification. On etale le safran suspect sur une feuille de papier blanc et
on I examine attentivement, soit a 1 oeil nu, soil a la loupe. Quand les trois
stigmates sont reunis au style, il n y a pas de confusion possible ; mais ils sont
habituellement detaches; dans ce cas, on les reconnait a leur forme de tube
creux, conique, termine en pointe, filiforme par un bout, tandis que 1 autre
extremite est evasee en cornet et frangee sur le bord ; il est d ailleurs complete-
ment glabre sur toutes ses parties. Les languet.tes du Calendula arvensis, au
contraire, sont planes, a paroi simple et non tubuleuse, presque lineaires, de
meme largeur dans toute leur etendue. La partie tubuleuse du demi-fleuron,
quand elle existe, est cependant plus retrecie que le reste ; mais cette partie est
ordinairement tres-courte; elle est bien loin d offrir la tenuile capillaire du
safran, en fin, elle est velue. La languette du souci offre en outre deux nervures
proeminentes, longitudinales, paralleles, plus colorees que le limbe et qui par-
tagent celui-ci en trois parties egales (Bullet, de therap., 1841, t. XX, p. 368).
102 SA.FRA.N (EMPLOI MEDICAL).
Ce ne sont pas seulemcnt les petales du souci qui scrvcnt a falsifier le safran ;
ies fleurs d arnica (Arnica montana) et de saponaire (Saponaria officinalis) sont
aussi employees au meme usage. Mais la falsification la plus habituelle de cette
substance est son melange avec le safran batard ou carthame (CartharAus tincto-
rius), qui rcnferme deux couleurs, 1 une jaune, 1 autre rouge, employees en
peinture, en cosmetique et pour la teinture des etoffes. Le faux safran, qui est
quelqucfois usite en Anglelerre comme condiment a la place du safran vrai,
a une action legerement purgative. Un examen- attentif permet de reconnaitre
aiscment la presence du carlhame, reconnaissable a sa forme en tubes rouges
denies supt ricurcment, contcnanl rinq elamincs soudecs et traversees par un
long style. Le faux safran du Bre sil, qui est vraisemblablement une Labiee,
scrt anssi a falsifier le safran; mais cette fraude est encore plus aisement recon
naissable.
Quelqiiel ois cc ne sont pas des (lrnrs seulemcnt qu on y introduit, mais des
filaments dc linis teints en jaiiiic; cello supercherie IK- sanrait passer inapercue;
;n decolorant ees substances dran^eres |iar lYaii liuiiillante, leur texture et leur
forme les distinguent du safran.
On falsilie anssi le safran, principalement celui d Espagne, avec du miel, dans
!< Ixil dYni|irdici le salran de seYlicr d dc lui donner du poids en meme temps
<|iic du niiielleiix. (Idle I raudc a 1 inconvenient dc maintenir le safran humide
d dc rciuliv sa |inl\crisali(iii dil lirilc.
M. llanliiiry a signale, il \ a qnclqncs anmVs, 1 atldition de carbonate de
flianx. On decelc cdlc fraude en 1 aisant bruler le safran et pesant le produit de
rincincralion. Le safran |iur donnc de 4,41 a 5,90 de cendre et le residu peut
aller, dans le safran ainsi altere, beaucoup plus haut (Journal de pharmacie,
Janvier 1871).
Quand le safran est en poudre, M. Saint-Martin recommande 1 essai suivant :
in prend deux vcrrcs a experience ; on met dans 1 un du safran pulverise
reconnu d une grande purete ; dans 1 autre, du safran suspect ; on verse dessus
^50 grammes d eau distillee froide, on agite avec un tube en verre de temps
cii temps; au bout de buit jours, on iiltre au travers d un papier lave, puis on
compare les deux liquides : 1 un des deux sera moins colore s il a subi une
falsification. Si actuellement on veut acquerir une plus grande certitude, on
lave le safran qui est sur le fillre , puis on 1 examine au microscope. On
aura beaucoup de chance, si le safran n a pas ete reduit en poudre impalpable,
de reconnaitre la texture des corps etrangers (Stanislas Martin, Falsification du
safran. In Bull, de the rap., 1867, t. LXXIII, p. 564).
Le bon safran doit se presenter sous 1 aspect de longs filaments rouge-orange,
d une saveur amere, colorant la salivc en jaune, d une odeur aromatique et
fragrante, non moisie ; il doit etre homogene et ne pas contenir d etamines de
la fleur.
L analyse, deja ancienne, de Bouillon-Lagrange et Yogel, a constate dans le
safran : 10 d eau; 6,50 de gomme; 0,50 d albumine; 0,50 de matiere cireuse;
10 de debris vegetaux; une quantite indeterminee d huile volatile et 65 d une
substance coloree, denommee par eux polychro ite, a raison des changements de
couleur qu elle peut presenter sous 1 influence des divers reactifs qui la font
passer au jaune, au bleu, au vert. Cette espece de came leon vegetal, appele aussi
safranine ou crocine, est soluble dans 1 eau, les alcalis, et tres-peu soluble dans
Tether. La polychroite, comme 1 a prouve Henry, est un melange de 1 /5 e d essence
SAFRAN (EJIPLOI MEDICAL). 105
et de 4/5 c de matiere colorante. On 1 obtient soit par le precede de Bouillon-
Lagrange et Vogel, en traitant 1 exlrait aqueux de safran par 1 alcool, soit par
celui de Henry qui traite le safran par une solution de sel marin additionnee de
lessive caustique, distille et traite le residu par un acide. La polychroite cst
d odeur agreable, de saveur safranee, brillante, jaune rougeatre, transparente ;
elle se decolore sous 1 action des rayons solaires.
L huile essentielle de safran est jaune, d une saveur acre et brulante, soluble
dans 1 alcool et les builes grasses, un pen soluble dans 1 eau.
On emploie le safran en poudre. G est sous^cette forme qu il entre dans la
composition de la Confection d Hyacintlie, ancienne preparation tres-complexe,
employee jadis comme moyen de tonifier 1 estomac et de combattre les aigreurs,
et que le Codex de 1866 a conservee sous le nom d tilectuaire de safran compose.
Cette theriaque, dans le gout de 1 epoque ou elle a ete en bonneur, contient de
la cannelle de Geylan, du dictame de Crete, du santal citrin, du santal rouge, de
la myrrhe, du miel blanc, du sirop d oeillet et du safran en poudre. 11 est pen
de medecius qui 1 emploient aujourd hui et son nom ne rappelle plus guere que
le Medecin malgre lui.
Le sirop de safran du Codex contient les principes solubles de 0,15 de
safran par cuilleree a bouche.
L o/coo/ de safran du Codex esl au cinquieme et se donne aux doses dc 5
a 20 grammes.
Pour 1 usage externe, le safran entre dans la composition de cataplasmes, de
collyres, de glyceres et de divers sirops de dentition.
Delioux conseille I emploi de cataplasmes resolutifs de pomme cuile et de
safran centre les blepharites et les conjonctivites.
Cazin a donne la formule d un glycere d amidon safranc, pi eparc au trentieme
avec 1 extrait de safran. Delioux croit que, vu la rarete de 1 extrait de safran, il
vaut mieux employer la poudre en doublant la dose. Le meme auteur a
preconise :
1 Un glycere belladone et safrane, contenant 5 grammes d extraitde bella-
done, 5 grammes de poudre de safran et40 grammes de glycere d amidon;
2 Un glycere d iodure de potassium et de safran, meme formule, rempla-
cant, poids pour poids, 1 extrait de belladone par 1 iodure de potassium ;
5 Un glycere antihe morrhoidal, contenant : 4 grammes d extrait de jus-
quiame, 4 grammes de poudre de safran, 2 grammes d acetate de plomb,
40 grammes de glycerole d amidon.
Le sirop de dentition de Delabarre, vante outre mesure et paye plus cher
que de raison, ne pai ait etre qu une infusion de safran, additionnee de sue de
tamarin frais, edulcoree avec du miel de Narbonne et aromatisee avec de la tein-
ture de vanille. Diverses mixtures out ete proposees pour remplacer ce sirop :
Celle de Debout (glycerine anglaise 30 grammes; chloroforme 50 centigrammes
.a 1 gramme; teinture de safran 0,50 a 1 gramme);
Celle de Reveil (infusion de safran, miel blanc et chlorure de sodium, teinlnre
de myrrhe) ;
Celle plus simple de Barallier (safran pulve rise 25 a 50 centigrammes ; miel
blanc 10 grammes);
Eufin, le collutoire boro-safrane de Delioux (poudre de safran 0,50 centi
grammes; borax porphyrise 1 gramme; teinture de myrrhe 10 gouttes; glycere
d amidon 10 grammes). (Delioux. Le safran, ses proprietes physiologiques et
104 SAFRAN (EMPLOI MEDICAL).
therapeittiques, formulespour son emi>loi, in Bull, de therap., 1874, t. L.NXXM,
p. 462.)
Le safran est un condiment appartenant a la classe des aromaliques. 11 n est
mere recherelu 1 a LC litre, chez nous el il ne figure que dans la confection de
certaines sauces et mets meridionaux. La bouillabaisse, ohere aux Pi ovencaux,
et sa variante la bourride, adniettent le safran au nonibre des ingredients nom-
breux qui figurent dans leur preparation ; le kari, condiment complexe, contient
souvent du safran associe a dn piment enrage, de la racine de curcuma, du
poivrc, de la girofle et dc la noix muscade. La sauce indienne compte aussi eel
aromatc au nonibre de ses ingredients; le riz ereve est egalement aromatise au
safran, rlc. Mais c est en Espagne et en Angleterre surtout que le safran est en
honneur. Dans le premier dc ces pays, on s en sert pour aromatiser des gateaux,
des confitures; on en colore quclquei ois le pain. Les Anglais, chez qui la cuisine
H la phannacic out drs lidiilirivs assc/ imk cises, out mi gout Ires-accuse pour le
.vi/ nni crociiSj (|iii ligmv. dans un grand nomhre de Icurs gateaux et de leurs
sauces. J ai dit plus haul qu ils emplovaienl quelquefois connne substitutif de
ce condiment lr carlliame a action purgative.
(Jnaiil a scs usages pliarmaceiitiqnes, ils rlairnt jadis tres-nombreux; maisilest
bien decbu aujourd hui de son ancienne splendeur; presque toutes ces drogues
faninisrs (|uc la polypharmacie I labm-ail anlivluis a vec tant de complaisance,
qu cllc diVnraii dc proprietes souvent imaginaires, et dont les noms figurent
1 iirmv Mir Irs pots d a|>|iarat dus |)barmacies comnie des vestiges d un ordre de
i liosr^ disparn : la llu riaquc, le mitbridate, la confection d hyacintbe (Yinfeclion
de jdfiiitlir, cumme disait plaisamment le Lucas de la comedie de Moliere), le
|ibil(iniiim, Yhicni /lii-ra, les pilules de Rufus, de cynoglosse, 1 elixir de pro-
|u irlr, etc., tout etait au safran ou pen s en faut.
11 me reste a examiner si ce medicament meritait cet exces d honneur qui
Ini 1 aisail jouer un pareil role, et s il merite aujourd hui cet exces d indignite
(|iii 1 a relrguc presque cxclusivement dans le domaine de la cuisine.
Et tout d abord, il est impossible de considerer le safran comme une sub
stance inactive. La vive odeur due a son huile essentielle; la rapidite avec
lai|iidlc sa niatierc colorante, la polychroite, traverse les couloirs organiques et
tcint en jaunc toutes les humeurs et tous les tissus, sauf les os, de note, a coup
sfir, unc substance qui n est pas banale.
Si le safran n excite pas 1 appetit, on ne saurait contester au nioins que par
sa sapidite il ne stimule la secretion de la salive et celle des autres sues di
gestifs et n exerce en meme temps sur la tonicite de 1 estomac, c est-a-dire sur
les contractions de cet organe, une influence stimulatrice. Au reste, tous les
auteurs sont a peu pres d accord sur ce point. Desbois de Rochefort lui attribue
cette action et y rattache les bons effets qu on obtient dans les cas de paresse
digestive, de Yelixir de proprie te, de Yelixir de Garus. C est a cette stimula
tion musculaire du tube digestif qu il faut aussi rattacher les proprietes car
minatives reconnues au safran. Atonie et flatulence, stimulation musculaire et
action carminative, sont des termes correlatifs; il ne parait, du reste, produire
ni la diarrbe e ni la constipation.
On a cru qu il augmentait la sueur et 1 expectoration ; 1 analogie porte a pen-
ser qu il en est ainsi ; mais cette action parait en realite peu marquee.
J en dirai autant de son action diuretique; 1 e limination de la matiere colo
rante du safran par les diverses se cretions, semble indiquer chez lui une action
SAFRAN (EMPLOI MEDICAL). 105
hypercrinique generale. L existence dans le safran d une huile essentielle ex-
plique les effets de stimulation nerveuse et circulatoire qu on lui attribue.
Son action sur les centres nervcux parait tres-reelle si elle n est pas encore
nettement determinee. On pretend que le safran a une action narcotique. II
est certain que 1 odeur tres-fragrante de ce medicament entete aisement, c est-
a-dire produit ces troubles cere braux caracterises par de la pesanteur de tete,
de la cepbalalgie, un etat vertigineux, de I liebetude musculaire et sensorielle,
qui caracterisent 1 action des fleurs a odeur fragrante (tubereuse, oranger, sy-
ringa, etc.), et de toutes les essences en general. Borelli a cite le fait d accidehts
de ce genre survenus cbez un domestique qui couchait dans une piece conte-
nant une grande quantite de safran. Sans se porter garant de 1 exactitude des
fails empruntes par M. Dieu a divers auteurs (Amatns Lusitanus, Tralles) et
desquels il resulterait que plusieurs personnes s etant servies d oreillers de
safran succomberent a une intoxication par cette substance; que d autres, dans
les memes conditions, i urent prises du rire sardonique, etc. (Dieu, Traite de
matiere medicate et de the rapeutique, t. Ill, p. 176), on pent au moins en
conclure a une action tres-vive du safran sur les centres nervenx. Camerarius,
cite par Delioux, affirme que le narcotisme produit par le safran peut etre
mortel. Un effet hypnotique et une sedation de la douleur completent 1 action
cerebrale et nervine de ce medicament. II faut y joimlre aussi ses proprie les
emmenagogues, sources d une de ses applications les plus utiles.
Tous les auteurs qui out ecrit sur le safran out exalte a 1 envi son apti
tude remarquable a provoquer ou a augmenter les menstrues. Sans aucun doute,
1 assertion de Descourtilz qui a vu la seule odeur du safran provoquer des pertes
uterines chez les femmes recemment accouche es, parait un pen suspecte. Des-
bois de Rocbefort invoque a 1 appui de 1 action emmenagogue du safran ce fait
(qui ne prouve pas grand chose a ce propos) de la coloration jaune que prend le
liquide amniotique et le foatus lui-meme cbez les femmes enceintes qui ont fait
usage du safran, et il etablitla realite de son action emmenagogue. Cullen, dans
son article, d. ailleurs passablement sceptique, s exprime au sujet de cette ap
plication du safran dans les termes qui suivent : 11 a ete surtout renomme
pour ses pretendues vertus emmenagogues. ,J ai eu, dans un cas ou deux, quel-
que raison de croire qu il jouissait d une puissance de ce genre, mais dans beau-
coup d autres, il a absolument trompe mes esperances quoique reitere a fortes
doses. )) (Cullen, Traite de matieres medicates, traduct. Bosquillon, Paris,
1790, t. II, p. 352.) Merat, protestant contre 1 abus qu en fait la medecine do
mestique, n besite pas a le considerer comme un de nos plus surs emmena
gogues (Me rat, Diet, des sciences medicates, 1820, t. XLIX, p. 527). Alibert en
parle en termes peu convaincus (Elements de mat. me d., t. II, p. 642). D^ioux
croit que le safran peut retablir les regies ; mais il rapporte ce resultat non
a un effet emmenagogue direct, mais a la solution de 1 etat spasmodique ge
neral ou local, qui enchaine les menstrues. Sans doute, je viens de le demon-
trer, il n y a pas unanimite sur ce point, mais 1 impression que laisse la lecture
des auteurs que je viens de citer est en faveur des vertus emmenagogues du
safran. Resterait a determiner (ce qui est capital et ce qui n a pas ete fait) la
nature des amenorrhees qui sont justiciables de ce moyen. Ces affirmations
ou ces denegations en bloc, sans acception des cas, sont en opposition for-
mclle avec les regies de 1 experimentation therapeutique qui doit avoir tou-
jours en vue le scolastique distingue.
106 SAFRAN (EMPLOI MEDICAL).
Gomme emmenagogue, le safran doit se dormer a la dose de 1 a 2 et memo
\ grammes dans un litre de tisane que Ton edulcore avec le sirop de safran.
L essence de safran a la dose de 5 a 6 gouttes dans un vebicule approprie con-
viendrait cgalement. Quand on ne veut pas experimenter 1 action du safran on
pent 1 associer a d autres emmenagogues : a 1 aloes, a la poudre de rue, de
<,iliiiie, a I annoise. Pent-elre la teinture de safran ajoutee a 1 eau d un bain dc
-lego cbaud, devrait-elle elre employee comme complement de 1 emploi inte-
rieur de cette substance.
Le safran est-il un antispasmodique, c est-a-dire un agent susceptible d en-
cliainer les manifestations des dcsonlrcs iierveux marques au double cachet de hi
mobilitc el dc lYTclliisme? llelioux lui allribue cette propriete, et croit qu il
I anl lui rapporler I ulilite qui lui a ete reconnue contre la tonx, 1 asthme, la
coqueluche, 1 ame norrhe e spasmodique. Tous les medicaments a 1 huile essen-
iicllc soul ill s antispasmodiques t-omme je 1 ai demontre jadis dans un travail
cc gmiipe dc medicaments, (idle propncle du salVau lie me parait done pas
iM-; mais ce qui ue 1 csl pas noii [ilus, c cst ijii elle ne la possede pas a un
iv qui duive la la ire prelcrcr an\ agents pbarmacologiques si nombreux qui
misliliiciit cc Croupe.
Inde pendamment des diets physiologiques exerces par le safran sur 1 innerva-
I ion eeivbro-raeliidicmie d quc j ai indiqucs plus haul, on lui a attribue aussi
line double aelioii sunnnifcrc d c.i/iili/rtu/le qu il convienl d cxaininer ici. Des-
liois ile lioeliel orl u liesile pa> a al llriiier que le sal ran excite le SOmmeil ? Est-ce
iiue action liy|niolii|iie iliivcle 011 un rctour du sommeil par cessation de 1 ere-
lliisnie ner\eii\ <\\n I entretenait ? II n y aurait qu un moyen d eclaircir ce point,
ce serail d cssayer le safran a ce point dc vue, dans 1 etat pliysiologique. Quant
a I action exhilartmte dn sal ran, elle a ele aflirmee par quelques auteurs. Sui-
\anl .Murray, son action sur le cerveau ressemblerait a celle de 1 opium et du
\in reunis, et il le conseille aux melancoliques et aux hypocondriaques. Bergius
cite de son cote le fait d une dame qui tombait dans une profonde tristesse
loutes les fois qu elle respirail dc la poudre de safran; ce qui prouve au moins
que ce medicament n exhilare pas tout le monde, et que le traitement des lype-
maniaques doit frapper a une autre porte.
Viennent eulin b ^ applications topiques ou exterieures du safran. On 1 a em
ploye comme resolutif des engorgements de nature diverse. Les resolutifs
n etant pour moi que des stimulants des lymphatiques de la partie sur laquelle
on les applique, et celte propriete se retrouvant dans tous les medicaments
stimulants, particulierement ceux a essences, je ne repugne en rien a admettre
cette application du safran. Delioux en faisait un frequent usage comme topique
dans les inflammations chroniques de 1 ceil et des paupieres, dans le traitement
des ulceres, dont il modere la douleur et la suppuration, et il suggerait, a ce
propos, 1 idee qu on remplacerait avec avantage, dans les pansements alcooliques
des plaies, 1 alcool par la teinture de safran.
A la propriete anestliesique locale que semble posseder reellement le safran
doivent etre rapportees ses applications en topiques calmants (cataplasmes ar-
roses de teinture de safran) sur les points douloureux. Dans ce cas, Delioux
disait constater une sedation aussi marquee que quand il employait le lauda
num. Sydenham, en faisant entrer le safran dans cette preparation celebre, avail
done imagine une association tres-correcte au point de vue therapeutique. Mais
1 un de ses effets les plus remarquables est celui qu il developpe au niveau des
SAFRAN DE MARS. 107
gencives douloureuses. En 1862, Debout a fait connaitre chez nous celte pratique
en usage depuis tres-longtemps aux Etats-Unis : Cette application, ditDelioux,
non-seulement calme la douleur, mais degorge encore le tissu gingival. Le
oalme est souvent immediat, ce dont on s apercoit a la cessation des cris de
1 enfant. On renouvelle rapplication autant de fois que renait la douleur. Le
petit malade avale le safran, ce qui n a pas d inconvenient, vu les petites doses
de ce medicament qu il suffit d employer; et il semble meme y avoir a cela
quelque avantage du a 1 effet hypnotique du safran (Delioux, Mem. cit.,
p. 455). Le meme therapeutiste dit avoir obtenu des effets semblables de collu-
toires safranes, dans les douleurs si vives et si tenaces qui accompagnent souvenl
1 eruption des dents de sagesse.
Le safran est-il done un medicament indifferent, et faut-il, en protestant
centre un enthousiasme irreflcchi, une experimentation peu methodique, decla
rer nuls et non avenus les resultats obtenus par des observateurs tres-attentifs
et tres-serieux ? Je ne le crois pas, et j ai concu pour ce medicament secondaire,
en me livrant a cette etude, une estime que je voudrais faire partager par ceux
qui liront ce travail. FONSSAGRIVES.
SAFRAN DE MARS. On appelle safran de mars aperitif, le sesquioxydc
ile fer hydrate, souvent prescrit sous le nom impropre de carbonate de fer, et
qu on prepare de la maniere suivanle. On fait dissoudre separement dans 1 eau
quinze parties de sulfate de fer purifie et cristallise et dix-huit parties de car
bonate de soude cristallise. On mele peu a peu, et en agitant, la solution de
carbonate de soude a la solution de sulfate de fer. II se forme un precipite blanc
de carbonate de fer qu on lave apres decantation et qui, en absorbant 1 oxygene
de 1 air, passe du blanc au brun verdatre par suite de la formation de carbonates
ferreux et ferrique, puis au jaune rougeatre. II est alors devenu un sesquioxyde
de fer. On hate 1 oxydation en etendant le precipite en bouillie sur des toiles,
ou en le disposant en trochisques, et 1 abandonnant a 1 action de 1 air. Le produit
retient presque necessairement une certaine quantite de carbonate ferreux et de
carbonate ferrique (environ 8 p. 100 d acide carbonique, d apres Soubeiran).
Cette preparation est quelquefois appelee aussi safran de mars astringent;
inais ce dernier nom est plus specialement donne au sesquioxyde de fer hydrate
qui a ele soumis a la calcination, et qui souvent reste mele d un peu d oxyde
ferreux. D autres auteurs reservent meme le nom de safran de mars astringent
au sesquioxyde non calcine et appliquent celui de safran de mars aperitif a la
poudre rouge qu on obtient en exposant le fer a 1 humidite et a la rosee, et qu on
nommait autrefois safran de mars a la rosee. II est bon d etre averti de ces
divergences, pour eviter, dans 1 usage de la therapeutique, des malentendus
qui ne sauraient d ailleurs avoir grande portee (voy. FER).
On peut encore preparer le safran de mars aperitif, en decomposant la limaille
de fer par 1 azotate de potasse, et lavant le precipite. On obtient un produit
d un rouge brillant (safran de mars deZwelfer). On peut aussi, pour obtenir une
oxydation rapide, precipiter une solution bouillante de sulfate ferreux par une
solution de carbonate de soude et d hypochlorite de potasse.
Le safran de mars aperitif est quelquefois falsifie par 1 addition d ocre ou de
brique pilee. On reconnait la fraude en traitant la matiere par 1 acide chlorhy-
drique etendu et employe froid, qui ne dissout pas ces substances, tandis qu il
transforme le safran de mars en chlorure ferrique soluble. D.
108 SAGA.PENUM (EMPLOI MEDICAL).
s\i- K %\i\r. II est bon de savoir que les chimistes onl applique ce noni
a deux matieres colorantes essentiellement differentes : 1 une est la substance
rou^e-orange qui existe naturellement dans les styles et stigmates du safran ;
elle est dcsignee plus souvent sous la denomination de polychroite (voy. SAFRAN,
p. 102). Une matiere colorante artificielle obtenue a 1 aide de la pseudo-tolui-
dine a egalement recu le nom de safranine. J. R.
sii RAXMi. Nom donne au Carthame (Carthamus tinctorium L.). PL.
SAGAPEXUM. I. Pharmacoiogie. Cette gomme-resine a ete long-
temps attribute an Ferula persica, mais 1 origine botanique de cette substance
est encore douteuse ou pour mieux dire inconnue, suivanl 1 opiuion de deux juges
fort compeleiils : MM. Fli ickiger et Ilanbury. Le sagapenum etait autrefois apporte
d Egypte et de Perse; depuis un certain nombre d amiees, il n arrive plus en
Europe, et bien que la fornmle du diachylon gomme le comprenne encore au
nombre de srs ingredients, il est conslamment reinplace par le galbanum, dont les
proprie te s stimulantes, aromatiques et adhesives sont absolument identiques.
Dans les collections, le sagapenuni se rencontre sous deux formes differentes.
Le |>lus souvent il esi CM masses d une consistancc molle et poisseuse, jaune
brnnalre, translucides et chargees a I interieur de nombreux debris de plantes
d dc diverse* nii|nii vies. L odeur dn saiiapenum est a la fois aromatique et fe-
lulc.elle ra|)|telle relic de I asa 1 iriida MII 1 1 gee. La saveur de cette gomme-resine
est Acre, ainere el foil desa^reahlc.
La seconde espece de sagapenum est beaucoup plus rare; elle offre 1 apparence
de larmes pen voluuiineuses, irregulierement globuleuses, dont la coloration et
I odeur sont absolument identiques avec celles du sagapenum en masse.
Le sagapenum est lorme par le melange d une substance gommeuse intime-
ment iiiiicaileux uialieivs iVsineuses ramollies ou dissoutes dans une buile
essentielle; a cote de ces materiaux principaux, il convient de mentionner une
1 1 rlaine proportion d eau, du phosphate, du sulfate et dn malate de calcium.
L essence de sagapenum, obtenue par la distillation de la gomme-resine en
presence de 1 eau, est moins dense que celle-ci, coloree en jaune clair, tres-fluide
et remarquable par son odeur fortemeut alliacee. La substance re sineuse entie-
rement soluble dans 1 alcool est i ormee de deux principes differents, dont Tun
se dissout dans Tether sulfurique, tandis que 1 autre y est completement in
soluble. J. R.
II. Emploi medical. Le sagapenum etait autrefois d un emploi frequent,
et, comme aujouid hui, dans les memes cas a peu pres que le galbanum, 1 opo-
ponax et I asa-foelida. C etait a la fois un depuratif, un attractif, un digestif, un
excitant, applicable a un grand nombre de maladies. II evacuait les humeurs
epaisses, debarrassait le cerveau, calniait la cephalalgie, les nevralgies, gueris-
sait le verlige et le mal comitial. Associe a la rue, il etait repute specialement
dans les maladies de poitrine. On le faisait entrer dans les remedes topiques
contre les maladies des yeux et des paupieres, surtout contre 1 ophthalmie chro-
nique et contre les taies; on I appliquait sur les parties tumefiees et endolories,
sur les plaies torpides, etc. Galien le rangeait parmi les medicaments chaud*.
Aujourd hui 1 emploi the rapeutique du sagapenum est a peu pres delaisse.
Neanmoins, il parait certain que ce medicament possede une partie des pro-
j)rie tes qu on lui attribuait et que, comme la gomme ammoniaque, le galbanum,
S.VGE. 109
I asa-foetida, il pourrait rendre quelque service dans le verligc, dans les nevralgies,
dans cerlaines nevroses et aussi dans le catarrhe des membranes muqueuses. 11
pourrait etre ulile egalement, a 1 exterieur, comme resolutif ou maturatif.
On 1 administre en poudre, en pilules ou en emulsion, a la dose de 50 centi
grammes a 1 gramme par jour. Comme topique, on le fait entrer dans des com
positions emplastiques ou Ton peut 1 associer a la terebenthine, au galbanum ou
a quelque autre gomme-resine. D.
SAGAR (JEAN-BAPTISTE-MELCHIOR). Ne a Poellands, en Ukraine, le 2 novembre
1701 ; fut medecin pensionne du cercled Iglau, dans la Moravie. II a public plu-
sieurs ouvragcs sur les epizootics, qu il etudia avec le plus grand soin ; c estl un
des premiers auteurs qui ait essaye un rapprochement entre la nu-decine veteri-
naire et la medecine bumaine, dans le but d eclairer 1 une par 1 autre. Mais il
est surtout connu comme disciple de Boissier de Sauvages, dont il adopta le sys-
teme nosologi(jue, en multipliant encore plus que le medecin de Montpcllier les
genres de maladie. On trouve une appre ciation judicieuse de son Systema mor-
borum dans les commentaires de Leipzig; nous le citons d apres Dezeimeris:
Summa igilur generum est 540 in hoc syslemate symptomatico, in ultima vero
editions ill. de Sauvages 515 constituerat ; addidit ergo (Sagar) genera 25. Est
itaque libellus non solum imitatio operis Sauvagei, sed et augmentum. Si vero
nobis liceat dicere, quid nos sentiamus de hoc libello ac de B> Sauvages, omni-
busqueejusmodi libellis, hac methodo conscriptis, intelligimus quidem insignem
hujus rei difficultatem, summamque in ea studii assiduitatem, potissirnum in
B. Sauvages nosoiogia metlwdica; tamea nonpossumus non fateri, has nimias
symptomatum divisiones plus confundere, quam erudire, atque vero divisionis
fundamento talia syslemata destitute/, nobis videri. Sagar a publie :
I. Diss. inaug. de salicarJa. Viennse, 1762, in-i. II. Libellus de aphthis pecorinis,
anno 1764. Cum appendice de morbis pecorum in hac provincia tain frequentibus, eorum
causis et medelis prce&ervatoriis. Viennae, 1765, in-4. III. Libellus de morbo singulari
oviuin anno 1765. Viennae, 1765, in-4. IV. Bericht von dem Pozdiateker Gesundbrunnen
in Mdhren. Wien, 1765, in-8. - V. Systema morborum symptomaticorum secundum
classes, ordines et genera cum character ibus. Viennee, 1771, 1784; in-8, et dans le recueil
suivant : W. CULLEN. Apparatus ad nosologiam methodicam. Genovse, 1775, in-4.
VI. Diss. de variolis Iglaviensibus anni 1766. Lipsiae, 1773, ia-8. VII. Historia morbi
epidemici in circulo Iglaviensi et adjacentibus Bohemiae plagis observati annis 1771 et
\1TI. Lipsiae, 1773, in-8. VIII. Abhandlung von dem Mehltau als der grosslen Ursache
der Hornviehseuche und derselben Curart. Leipzig, 1775, in-8. IX. Von den wahren
Kennneichen der Hornviehseuche, Leipzig, 1782, in-8. L. UN.
SAGE (BALTHAZAR-GEORGES). Ne a Paris en 1749, mort le 9 septembre 1824,
il fut le fondateur de TEcole royale des mines, et meme de la science mineralo-
gique; on 1 appelait malicieusement le Fossile. II fit de brillantes etudes au
college Mazarin, se livra a des travaux chimiques et mineralogiques, et publia
un grand nombre de memoires, marques au coin de 1 utilite ; sa reputation de-
vint telle.qu a l age de 28 ans il eut I honneur de succeder a Rouelle, son maitre ;
al Academie royale des sciences, et qu il fut nomme administrateur des monnaies
et chevalier de Saint-Michel. On est en droit, cependant, de lui reprocher une
sorte d entetement a 1 encontre de la chimie pneumatique et des brillantes
theories qui out immortalise Lavoisier ; Sage, malgre ces magnifiques acquisi
tions de la science, n en continua pas moins a professer a 1 Hotel des Monnaies
1 ancienne chimie et leserreurs qui venaient de disparaitre. On voit a 1 Hotel des
Monnaies sa statue avec ces mots : Discipitli magislro.
HO SAGES-FEMMES.
B -G Sae a public, outre un assez grand nombre d ouvrages, de memoires ,
dont on pourra voir la lisle dans la Bibliographic de la France, annee 1824.
p. 645-46 et 676-77, ainsi qu au tome V de \Annuaire necroloyique de Muhul,
les livres suivants :
I. Examen chimique ties diffcrentes substances minerales. Paris, 1769, in-12. Trad, en
allemand par G. SCIIKADER. Gcettingue, 17T2, in-8*. II. Elements de mineralogie dncima-
tique. Paris, 1772, in-8 ; 1777, in-8. Traduit en allemand. Leipzig, 1775, in-8; en italien,
Sienne, 1786, in-8. III. Experiences propres a faire connaltre que Valcali volatil-fluor
est le remcde le plus efficace dans les asphyxies. Paris, 1778 (3 e edit.), in-8. Trad, en
allemand, en espagnol, en anglais. IV. Expose sommaire des principales de couvertes
faites dans Vespace de cinquante annics, par G.-B. SAGE. Paris, 1813, in-8. V. Enume+
ml/, m des decouvertes minerales faites pendant I espace de soixante ans. Paris, 1819,
jn-8". VI. Tkeorie de la vittilitr. Decomposition de la depouille mortelle de I homme.
Paris, 1X 2r>, in-S". A. C.
s\ES-FEum:s (obstetrix; en grec, pta, f/af5o;, .y.uv-piy.; en allemand,
IIebamme;n\ anglais, Miilirif ,- ; en italien, Levatrice ; en espagnol, Comadre),
rcinini s ijiii e\ercenl l arl des acediieliemeiils.
HisMiisioiK. Les notions <|iir |>nssnlaieut les anciens Hebreux sur 1 art de
i, r ui ; i-ii-, en -c m r.il, et sur I obstetrique en particiilier, ne nous sont connues que
|i;u i|iiel(|iies nires [uss^cs de rKcriturc et par quelques allusions eparses dans
les nViis de la Itilile. Kaiis mi travail reeeinment publie en Allemagne par Ko-
lelinanii el anal\si ; dans la ilmetle hebdomadaire (n 21, 25 mai 1877) par
M. \Vidal, il esl d( : inonlre cc|iendant (jue les llelneux avalent recours a des
sa^es-I mmies ponr la pratique de I obstetrique.
Mans annul pas-aue de la Ililde, il n est en el l et ijiiestion de 1 existence d ac-
couclieurs eliez les llelnvus, et il iaut en conclure, etant donne e surtout la
pudeiir noloire de- leninies inieiilales ct celle de la .luivc en particulicr, que
les areniieliemenls i ; laient coulies constammeiit aux mains des femmes. Du
reste, les sages-lennues (meialdoth) sont mentionnees chez les Hebreux des les
temps les plus anciens. 11 est dil dans la Gene.se qu une sage-femme assista
liaeliel ilans ses couclies [lenibles, et Tliamar dans son accouchement gemellaire.
L I Aode parle nvec I lu^e de Siplira et de Pua, ces accoucheuses Israelites qui
curent le courage d enlreiiidi-e 1 ordre donne par Pharaon, de mettre a mort le>
noiivean- nes ilu se\i niaseiilin. II est difficile, du reste, de juger du degre
d instruction de ces accoucheuses dont le role parait s etre borne le plus sou-
venl a e\lnirlei la mere a la patience. Une des principales attributions que leur
|nete la I .ihle, consistait a constater, en cas de naissance gemellaire, quel etait
I aint des deux enfants, question importante dans une epoque ou tant de pre
rogatives s attachaient an droil d ainesse. (i est ainsi que 1 accoucheuse de Tha-
mar, <jui avail, parail-il, constate avant les couches une grossesse gemellaire.
a|i|iliqua nn 111 rouge a la main du premier-ne pour le distinguer de son frere.
L extreme fecondite des femmes juives, due en partie a 1 honneur et aux be
nedictions qui s attachaient a la multiplicite des enfants, et en partie, suivant
M. Kotelmann, a ce que le rapprochement sexuel s operait invariablement aus-
sitot apres la purification menstruelle , cette extreme fecondite et les accouche-
ments nombreux qui en etaicnt la consequence inevitable, devaient, a ce qu il
semble, fournir une source abondante d instruclion obstetricale aux accou
cheuses Israelites. Mais, d un autre cote, les cas de dystocie devaient etre rares
chez les femmes hebraiques dont les couches s operaient tres-vite et tres-facile-
ment, ainsi que cela a lieu chez les femmes de tous les peuples primitifs et
SAGES-FEMMES. ill
bafbares. II faut se rappeler, en effct, que les Hebreux, habitants du pays do
Gessen, ne formaient qu un peuple nomade et isole, alors que les Egyptians
avaient atteint deja a un degre de civilisation qui etonnait les Grecs eux-
memes. Et lorsque les femmes hebrai ques vienncnt dire a Pharaon : Nous ne
ressemblons pas aux Egyptiennes, nous engendrons avant 1 arrivee de la sage-
i emme; lorsque Isai e s ecrie en parlant de la femme juive : Avant de crier
elle a engendre, avant de souffrir elle a enfante un fils, il n y a plus a s eton-
ner du peu de developpement que 1 art des accoucliements a pris chez les an-
ciens Hebreux.
L accouchemcnt gemellaire de Thamar, pratique par une sage-femme, doit
etre considere comme un exemplc de version spontanee : Au moment de la
naissance, un des enfants montra sa main que 1 accoucheuse entoura d un fil
rouge, disant : Voila le premier-ne. Et quand la main fut rentree dans
1 uterus, c>est le frere du premier enfant qui sortit, puis seulement vint 1 en-
fant dont la main elait entouree d un fil rouge (Genese). MM. Kotelmann el
Widal, d accord en cela avcc d autres commentateurs, voient la 1 exemple le
plus anciennement mentionne d une version spontanee.
Nous savons egalement que cbez les Egyptiens et les Grecs, 1 art obstetrical
etait principalement exerce par des femmes dont les connaissances spe ciales
elaient plus ou moins etendues. llippocrate et Aristote designaient les sages-
femmes sous le nom de ofxya^oTdpoi, c est-a-dire coupeuses du cordon ombili-
cal. Les sages-femmes jouissaient meme d une grande reputation en Grece, et
Socrate s est glorifie d avoir eu pour mere la celebre Phe narete dont il vante le
savoir et 1 habilete comme matrone. Les livres hippocratiques disent que les
Grecs avaient des especes de femmes-medecins charges particulierement de la
pratique des accouchements (iVpeuouo-ai), mais qui s occupaient egalement des
autres branches de la medecine.
On trouverait encore une preuve que, dans 1 ancienne Grece, les femmes
s adonnaient a 1 art obstetrical dans 1 anecdote rapporte e par Hyginus, si ce fait
n etait vivement conteste par la plupart des auteurs qui le considerent comme
une simple fable. Une loi interdisait aux femmes 1 etude et 1 exercice de la me
decine et dela pratique obstetricale. Un grand nombre d Atheniennes refusaient
absolument, par des motifs de pudeur, de se laisser accoucher par des mede-
cins, lorsqu une jeune tille nomtnee Agnodice , deguisee sous des habits
d homme, eut le courage de braver la loi. Elle se presentait pres des femmes
en couche, et si la patiente, la prenant pour un homme, refusait ses soins, elle
relevait aussitot sa robe et se faisait reconnaitre. La supercherie d Agnodice
ayant ete decouverte, elle fut traduite devant 1 Areopage, et elle aurait ete seve-
rement coudamnee sans 1 intervention de^ dames d Athenes qui eurent assez de
credit pour obtenir sa grace. Hyginus ajoute que les Atheniens reformerent
alors 1 ancienne loi et decreterent que les femmes de condition libre pourraient
etudier la medecine et 1 art des accouchements. Tel est le fait d Hyginus qui,
quoique n ayant rien d invraisemblable par lui-meme, est re cuse paz ce qu il se
trouve rapporle dans un recueil de fables (Hyginus, fabul. lib., fab. 274).
Les accoucheuses grecques, dont 1 existence ne saurait ne anmoins etre mise en
doute, ne se bornaient point a la pratique des accouchements et de quelques
branches de 1 art de guerir; elles avaient encore la reputation de procurer la
sterilite et 1 avortemcnt. Dans un des dialogues de Platon, Socrate dit que les
sages-femmes peuvent, par des remedes ou des enchantements, hater la deli-
H2 SAGES-FEMMES.
vrance el fa vo riser 1 avorlement. On sail que Socrate faisait de frequentes allu
sions a la profession de sa mere; il se disait lui-meme un accoucheur moral
parce que, dans ses causeries avec ses disciples, il leur soutirait les pensees et
les conceptions philosophiques. De la le nom de Ars obstetricia Socratis qui
a ete quelquel ois donne" a sa maniere de philosopher. Nous ne rappelons cette
particularity qne pour en rappeler une autre assez plaisante qui nous a ete com
muniquee par Siebold dans ses Lettres obsle tricales. Un ouvrage de Lossius qui,
sous le litre de Arte oxbtelricia Socratis, commente la methode philosophique
du celebre sage de la Grece, a ete cite par uu professeur renomme, parmi ceux
dans lesquels on pent apprendre a connailre plus complelement ce qu etait 1 arl
des accouchemenls ehezlesGrecs !
Socrale nous dil encore que chez les Grecs, aucune I emme ne pouvait prati-
<|IKT I .nl des accouchements avanl d avoir passe 1 epoque ou elle pouvait elle-
meme conr.evoir. Mais celle assertion ne nous parait pas devoir et re acceptee et
se trouvc en contradicl avec les nations qui nous sonl parvenues par d aulres
aiilnirs. II esl soim-nt. question des sa^cs-femmes dans les ecrits des auleurs
romaiiis. h.ins Irs dii\ rant s de legislation romaine el particulierement dans
een\ de Justinicn, IKHIS voyons les sagcs-l cmmes (obstetrices) appelees comme
l( ; iii(inis d c\|ierls [iivs des tribimaiix dans les cas litigieux. I our les constata-
lions judiciaiivs ivlaincsa la i:nivsrsse, a 1 accouchement, elc., on constituait
un jury dc c.ini] sa^es-reinines ijni >c prononcaient a la inajiirile relative. Ulpian
|iarlc d uii eas oil line sage leiiiine s adressa aiix IriliuilailX pour avoir le paye-
meiit dese> honoraires (Pandect., lib. XXX, lit. xm). Les passages suivants sonl
tres-expliciles : Medicor/i/n i/itoque eadem causa est qiue professorum, nisi
quod justior, quum hi salnli* hominum, illi studiorum curam agant.... sed
obstetricem aiiilidiil.... i/nir ntiijiic mcdiciiiain c.ribere videtur. Dans la loi 9 :
Prodigestonnn ail legem Aqniimm (lib. IX, lit. n, Pandect.), on trouve le pas-
>a^e suivanl : Item xi obstetrix medicamentum dederit etinde midier perierit.
Les sages-femmes etaient regardt es par les Uomains comme parfailement a
la hauteur de leur profession. 1 line nous dit qu on faisait le plus grand cas
des sages-femmcs dans 1 antiquite; il parle d une nobilitas obstetricum et fait
connaitre le nom des sages-femmes celebres.
D aprrs Siebold, le pins ancien ouvrage publie sur les sages-femmes, intitule:
De muliemm passionibus, est du a Moschion, qui vivait sous le regne d Adrien
(117 a 1 08). D apres eel ouvrage qui donne une assez bonne idee de 1 art ob-
^ti lrical a cetle epoque, on reconnait que la sphere d aclivite des sages-femmes
(Hail bien plus grande en ce temps qu aujourd hui. A la question : Quid est
obstelrix? Moschion repond : Mulier omnia quce ad feminas spectant edocta
imo et artis ipsius medendi perita; ita ul illorum omnium morbos commode
curare valeat.
On Irouve dans Martial un passage qui dil que medic i el medicce avaient en
semble des consultalions (Martial, XI, 71). Aetius parle d une certaine Aspasie
qui occupail un haul rang dans la science obstelricale. II n esl jamais question
d accoucheurs dans les auleurs remains, mais loujours d obstetrices.
Les sages-femmes romaines n echappaienl pas non plus a la satire, lemoin le
passage suivant de Terence qui merite d etre cite :
Audio, Archylis, jamdudum : Lesbiam adduci jubes,
*Sane pol ilia temulentast mulier et temeraria,
Nee sati digna, cul committas primo partu mulierem :
SAGES-FEMMES. 11
Tanien earn adtlucam. linportunitatem speclate anicuhe :
Quia compotrix elus est. Di, date facultatem obsecro
Haic pariundi, alque illi in aliis potius peccandi locum.
(Terentius, And., I, 5.)
Nous savons pen de chose sur hi pratique obstelricale dans la medecine
urabe. II est prohahle que, com me dans les autres pays, les femmes i aisaient la
plupart des accouchements, mais sans qu il existat uucune organisation speciale
pour I enscignement et la pratique. On sait, ilu resle, que les medccins arahes
n avaient sur 1 obsletrique que des notions tres-elemeiitaires et avaient porte
1 art de sacrifier 1 enfant jusqu aux dernieres limites.
Dans le moyen age, on trouve la pratique des accouchemenls abandonnee a
d ignorantes sages-femmes et entouree de superstitions les plus grossieres. Ce
n est qu a partir du seizieme siecle qn on trouve quelques traces de legislation
ou plutot d efforts fails par les dit ierents Etats pour tirer les sages-femmes
1 elat d ignorance dans lequel elles se trouvaient. On trouve egalement a cette
epoque 1 ebauche de quelques traites speeiaux ; mais quels Irailes! Le plus an-
cien d enlreeux, cite par Siebold, est du a Eucharius Roesslin et parut en Alle-
magne en 1515. Regardcz, dit Siebold, les gravures qui y sont joinles et qui
sonl relatives aux presentations et aux positions du foetus; vous n y trouvercz rien
de naturel. On a represente la des clioses vraiment cxtravagaules : on voit des
jumeaux les bras enlaces, suspendus dans une vaste ma trice ; un autre jumeau
empoigne d une main ferme le pied de son t rere et tient celui-ci suspendu en
1 air ; plusieuis enfants semblent s exercer a courir, a sauter, a faire des tours
d e quilibriste, tandis qu un autre est represente agenouille et parait attendre en
toute humilite ce que le destin lui reserve. On rcconnait dans lout ce livre
que Roesslin ne possedait pas d experience dans ce qu il a ecrit.
II n y a certainement pas lieu de s etonner si Roesslin ecrivait sans con-
naitre la pratique, puisque 1 obstetrique est restee jusqu a Mauriceau 1 unique
apanage des femmes. Sous le chaume, comme dans les palais, les accouche
ments etaient pratiques par les sages-femmes. II exislait meme en Ire celles-ci
et les medecins un antagonisms qu on s explique facilcment, si Ton considere
que les reincs et les princesses royales abandonnaient leurs medecins pour se
faire accoucher par des femmes. La i ameuse querelle qui survint en 1627entre
Louise Bourgeois et Charles Guilleaieau a propos de la mort de Alaiie Bourbon
de Montpensier est un exemple de cet antagonisuie. Get eloignement des me
decins et des chirurgiens de la pratique obstetricale reguliere etait un veritable
obstacle aux progres de 1 art des accoucliements.
A partir du seizieme siecle, on trouve cependant des femmes d une certaine
valeur et la pratique obsletricale prend une tournure un peu plus scienlifique.
D apres les statuts ou reglements de 1 annee 1560, et qui sont la charte consti-
tutionnelle des sages-femmes de Paris, ces dernieres etaient considerees comme
faisant partie de la confrerie de Saint-Gome, ce qui veut dire qu elles etaient
assimilces, jusqu a un certain point, aux chirurgiens.
Voici les renselgnements qui nous sont fournis par M. Ghereau.
Pour etre sage-femme, il fallait : 1 que I aspirante munie d un certificat
etablissant sa moralite, fiit interrogee (jar un jury compose d un medecin, de
deux chirurgiens et de deux matrones du Chatelet ; 2 qu elle pretat serment
entre les mains du prevot de Paris ou du lieutenant criminel ; 5 qu elle fiit
titulaire d une lettre ou diplome, signe du greffier du Ghalelet, et revetu
DICT. ENC. y s. VI. S
U4 SAGES-FEMMES.
du sceau de la prevote de Paris. Ce n cst qu a ces conditions-la qu une sage-
femme pouvait appendre au devant dc sa maison les emblemes de son etat ; un
tableau representant soit une femme portant un enfant et un petit garcon por-
tant un cierge, soit un bcrceau orne d une fleur de lis. Toute sage-femme en
titre devait signaler a 1 autorite les femmes exercant, sans y etre autorisees, le
metier d accoucheuses ; clle etait invitee a faire appeler un medecin, un maitre
cbirurgicn, ou une ancienne mattresse , toutcs les fois que 1 accouchement
deviait dc la parturition normale. Tous les ans, un des deux cbirurgiens jures
au Clialelel etait tenu de di monfrcr aux niatrones I anatomie sur un cadavre de
fern me. Un ailicle remarquable defend aux sages-femmes de rediger des rap
ports (inedieo-leuaiix) qiie leur demanderaient des femmes enceintes; et cela
par une bonne raison, c esl quc pen d irelles s.-ivaieiit lire. Eniiu les noms
de toutes les sages-femmes dc Paris eiaieni relates sur un role ou catalogue,
ijiii elail en l,i i:;inlc d mi <!<> |i|n s .-iiicicns cliirnrgiens de Paris.
(loiiniie on Ic soil |iar re mm I e\|>o>e, la pratique de I obsU lrique aux seizieme
cl di\-sepiKine Merles elail deja sonni iM 1 a nue sage reglementatioii en tout
scmlilalile (In resle a cdlc ijiii ivgit aujoiml liui les sages-femmes. L enseigne-
iiiciil (Hail ce|ieii(hinl lori ne-li^e el la plupart des femmes qui se destinaient a
ceile raiTiere se eliarueaient ellcs-memes de leur instruction. Le passage sui-
\;ml. ile Louise limn -cms uou- iloinic une idee du niveau de I iiistruction des
sages-femmes de cette 4poque. Une honneste femme, <jui m avoit accouchee
de mes eiilanls, i|iii in a\ moil , me pei>naila d ;ipprendre a estre sage-femme, et
(pie >i clle eusl M;CII lire etescrire comme moy, qu elle eust fait des merveilles ;
ijiie le cirnr Ini disoit (jne si jc 1 entreprenois, je serois en peu de temps la
jireiniere lie inon c-lal ; ijin 1 nion tnary, qui avoil denieui-c vingt ans en la mai
son de I en Mai:-|re Ambroise I aiv, jiremier eliiniriaen du Roy, me pourroit
lieanninp a|i|neiidre. Je nc m y pouvois resoudre quand je pensois a porter des
enl aiiis an liaplesme. Eiilin, la crainte que j eus de voir de la necessite a mes
eiil aiils, me le lit faire. Je me mis a estudier dans Paris, et m offris a accoucher
la fc iiime do uotre crocbeteur, et 1 accouchis d un Ills qui estoit roiiy par tout le
corps, d aiitant qu il y avoil a\ec lay un demy scan d eau. J avois leu et retenu
qu il ne I anl jias laisser dormir une femme qui vient d accoucher, de peur
qu une foiblesse ne renijiorle a cause de 1 evacuation. Je demeure seule; comme
je remuois 1 enfant, je parlois quelquefois a elle ; une fois elle ne me repondit
point. Je mis 1 enfant sur un ureillcr a teri e, et courus a elle, que je trouvay
csvanoiiye. Je cherchay du vinaigre et de 1 eau, et la fis revenir a bonne beure.
De petites gens a autres, je fus employee grandement. 11 y avoit force
peuple retire dans les colle ges ; entre autres, au college de Bourgogne, pres les
Cordeliers, ou il y avoit grand nombre de mesnages. Le premier enfant que je
portay au bapliser a Sainct-Cosme, il me sembloit que les murailles des Corde
liers me regardoient.
Je practiquai environ cinq ans avec pauvres et mediocres ; au bout desquels
je me fis recevoir luree a Paris. II doit avoir a la reception d une sage-femme :
un medecin, deux chirurgiens et deux sages-femmes, qui estoient la dame Du-
puis et la dame Peronne. Elles me donnerent jour pour les aller trouver en
semble. Elles m interrogerent de quelle vacation estoit mon mary ; ce que sachant,
elles ne voiiloient point me recevoir, au moins Mine Dupuis qui disoit a 1 autre :
- Par Dieu, ma compagne, le coeur ne me dit rien de bon pour nous,
puis qu elle est femme d un surgean (chirurgien) ; elle s entendra avec ces
SAGES-FEMMES. 115
medecms comme coupeurs de bources en foire. II ne nous faut recevoir que des
femmes d artisans qui n entendent rien a nos affaires.
Elle me disoit que mon mary me devoit nourrir sans rien faire, et que si
je faisois autrement, il me faudroit brusler pour faire de la cendre aux autres.
Elles me tinrent en telles longueurs, et avec tant de sots propos, qu un bel
enfant que je nourrissois en mourut, de 1 ennuy que surtout la Dupuis me
donna. Je dis cela pour faire voir comment Dieu scait venger ceux a qui Ton
fait du mal, lorsqu ils y pensent le moins. Gela se dira en son lieu. Ayant este
receiie de tout le reste, elle fut contrainle de me recevoir a grand regret.
Ayant este recue, je continuois de practiquer, ou je servis grand nombre de
femmes, tant pauvres que mediocres, dames que damoiselles, et jusques a des
princesses.
La celebre Louise Bourgeois fut recue sage-femme le 12 novembre 1598, selon
les formes que nous avons indiquees. C est elle qui presida aux six coucbes de
Marie de Medicis. Elle a donne de ces six accouchements un recit des plus
curieux qui a recemment e te reeditc et annote par M. le docteur Chereau. Outre
ce recil, Louise Bourgeois a publie des Observations diverses et une Instruction
a ma fille dans lesquelles on trouve quelques bons preceptes pour la pratique
des accouchements.
Les dames Pennine et Marguerite Dupuis dont il est question plus haut
etaient des sages-femmes jurees au Chatelet et avaient acquis une certaine
reputation. Cette derniere avail accouche Gabrielle d Estre es et etait designee
pour accoucher Marie de Medicis lorsqu elle fut supplantee par Louise Bourgeois.
En Angleterre nous trouvons a partir du seizieme siecle un grand nombre de
sages-femmes, moins instruites peut-etre que les franchises, qui occupent une
certaine position et entourent les trones. Dans son remarquable ouvrage sur les
sages-femmes anglaiscs (English Midivifes) M. Aveling rapporte des documents
tres-interessants. Parmi les plus celebres sages-femmes royales des seizieme et
dix-septieme siecles, il faut citer Johane Hamulden, qui accoucha la plupart des
femmes de Henri Y1II et qui encourut la disgrace de ce monarque pour une
petite indiscretion sur sa vie conjugale; Alice Dennis, qui accoucha Anne de
Danemark, femme de Jacques I", et qui recut pour honoraires la somme assez
ronde de 100 livres sterling ( 2500 fr.) ; Jane Sharp, qui a publie en 1G71 un
Traite d accouchements qui eut plusieurs editions (The Midwives Book on the
whole Art of Midwifery discovered; directing Child bearing Women how to
behave themselves), (let ouvrage contientdes particularity tres-interessantes sur
les pratiques obstetricales du dix-septieme siecle. C est un melange singulier
de bons preceptes, de maximes bizarres et de formules grossieres enfantees par
1 ignorance et la superstition.
Nous nepouvons terminer cet apercu historique sur les sages-femmes angluises
saris citer Elizabeth Cellier, aussi celebre par son talent que par son courage eL
les demeles politiques qui empoisonnerent sa vie. Le 30 avril 1680, e]Je In,
accusee d avoir sciemment, diaboliquement, malicieusement et (railreuse-
ment conspire contre le roi Charles 11 et cherche a introduire dans le royaume
la religion catholique. Elle comparut devant ses juges avec dignite et voulut
elle-meme defendre sa cause. Elle fut declaree innocente par le jury, mais ell>>
eut 1 imprudence de publier quelques mois plus tard un pamphlet justiiicateur
qui contenait quelques propos peu flatteurs a 1 egard de ses puissants ennemis.
Ce fut sa perte, et elle fut traduite devant la Cour pour excitation au mepris
116 SAGES-FEMMES.
du "mivernement de Sa Majeste Charles II. Elle fut condamnee an pilori et a
une amende de mi lie livres sterling.
En Allemagne, les sages-femmes occupaient une position analogue el eurent
pour aiusi dire le monopole des accouchements jusqu au dix-septieme siecle. Elles
vcgelaienl dans la plus grande ignorance, et il est impossible de reconnaitre
aucune methode sciculifi |iie dans la pratique obstetricale de ce pays.
Lc premier ouvrage de valeur qui parut en Allemagne est du a une sage-
lemme qui praliquail a Uerlin, a la fin du dix-septieme siecle, Justine Sieg-
mundin. On nesaurait trop louer cctte femme, qui voulant faire participer ses
soeurs en profession a sa riclie experience, puldia, en 1090, un ouvnige sur
1 accouchement intitule : Die Chur-Brandenburgische Hof-Wehe-Mutter, etc.
La meilleure preuve de la neccssile d un pareil ouvrage, dil Sicbold, ee sont les
aombreuses editions qui en parurent ; il l ut meme traduil eu hollaiulais. On
doit egalemenl appeler 1 altention sur une dissertation publiee a Breslau inti-
lulee : De J. Sieymuntlin meritis in orte obstelricia, 1849. Siebold recom-
mande la Irdiuv de cet opuscule inlercssant. La Siegmundin a redige elle-
iiieme sun livre en Ibrme dc conversation enlre deux sages-l emmes (amies de la
pai\), 1 iine jeune, 1 autre plus agee (.lusline); eetle derniere instruisant 1 autre.
Le shle eu esl a la \enle I res-naif el parseme d une quanlile d ornements ver-
lieu\ mi coqiiels a 1 iisage des I emines ; 1 exposition manque d ordre systema-
lii|iic; neaiiinoins il y a des choses bonnes dans ce livre, qui certes fit grand
bien a cellc epuqne, ce <|ni dc\ail arriver, parce que 1 auleur ne consulte que
>on e\pi ; rimcr dans ses descriptions, et qu elle prend la nature pour guide. La
Siegmundin aimait beaucoup la version par les pieds, qu Ambroise Pare avail
i-i ; l;dlie dans ses droils. (loniiue de la Multe, elle declarait qu elle preferait don-
nei sun as^islancc dans les IMS de position irregulierc du fcEtus, que dans ceux
nil la I ele se pn -seiilanl, elle se Ironvail fixec dans le detroil superieur, parce
ipi il n y a\ail alors de secours a altendre que des crochets. C est aiusi que
d une lemine lies-siui[de surpassa tous les ouvrages ecrits jtisque-la en
iie, et cela paivc ipie celtc I emme parlait par experience. On cherche
\aineineiil en Alli-ina-ne de> livres qui ell-scut Jiu servir de guide aux clnrui 1 -
gicii-. de celle ( |ioqne dans la pratique des aeeoiiehe iieiils. Dans des cas deses-
peres ils ne rminais-aieut des lors d an Ire ressource que dc morceler le foetus,
comme les anciens ecrils chirurgieaux le leur eiiseignaient. Malheureusemeiit ce
systeme dura encore assez long temps en Allemagne.
(i est vers la fin du dix-septieme siecle quc la pratique ohsletricale cessa d etre
le monopole des sages-femmes et que des homines eminenls s adonnerent a 1 etude
et a la pratique des accouchements. L initialive partit de la France, ou Mauri-
ceau et la Motle I aisaient faire d immenses progres a la science obstetricale. Des
ehaires d aecoueliement furent institutes, des cliniques speciales furent creees
en France, en Allemagne, en Angleterre et dans la plupart des grandes villes
d Europe. Grace a ces etablissements on put observer et etudier les pheno-
menes de 1 accouchement naturel, et ainsi se repandit 1 instruction necessaire
auxmedecins, instruction qui jusque-la u avait ete donnee que tres-irnparfai-
tement ou n avait point ele donnee du tout.
Ainsi disparut, dit Siebold, 1 entrave elevee jiar la tribu des sages-femmes,
cette ignobilUas obstetricum, et qui pendant des siecles avail empeche le libre
developpement de 1 art. Les sages-femmes elles-memes retirerent les plus grands
fruits de la revolution, qui leur avail enleve le sceptre de 1 obstetrique, pour le
SAGES-FEMMES. 117
placer entre les mains d hommes instruits et habiles. Leur instruction se per-
fectionna, leur position fut regularisee ; on les soumit a un intelligent conlrole;
on leur fit connaitre ct apprecier les cas de dystocie qui devaient rester en
dehors de lenr domaine et pour lesquels elles devaient appeler des accoucheurs.
L histoire des sages-femmes en France ne presente plus guere d interet a
partir tie 1 epoque ou la medecine fut reorganised par la loi de venlose, donl
nous rapportons plus loin quelques articles. On sail que la France a fourni
depuis celte epoque des accoucheuses d un merite incontestable, quelques-unes
meme dont le nom est a jamais celebre ; mais on sait egalement que la position
morale et scientifique des sages-femmes francaises s est peu amelioree depuis le
commencement de ce siecle.
LEGISLATION FRAMgAisE CONCERNA.NT LES SAGES-FEMMES. La loi du 19 ventose
an XI (10 mars 1805), relative a 1 exercice de la medecine, contient quelques
articles qui re gissent la pratique des accoucbements par les femmes. La loi a
pourvu a 1 instruction et a la reception des sages-femmes ; elle a specific autant
qu il etuit possible .leurs attributions, ct elle a etubli des dispositions penales
pour celles qui pratiqueraient illegalement.
Voici les articles de la loi de ventose qui ont trait a la question :
Art. 50. Outre rinstruclion donnee dans les eeoles de medecine , il sera eta-
bli, dans 1 hospice le plus frcqueiite de chaque departement, uu cours annuel et
gratuit d accouchement, theorique et pratique, destine parliculierement a I in-
struction des sages-femmes.
Art. 51. Les sages-femmes devront avoir suivi au moins deux de ces cours,
et vu pratiquer pendant neuf mois, ou pratique elles-memes les accouchements
pendant six mois dans un hospice, ou sous la surveillance d un professeur, avant
de se presenter a I examen.
Art. 52. Elles seront examinees par les jurys, sur la the orie et la pratique
des accouchements, sur les accidents qui peuvent les preceder, les accompagner
et les suivre, et sur les moyens d y remedier.
Art. 55. Les sages-femmes ne pourront employer les instruments, dans les
cas d accouchements laborieux, sans appeler un docteur ou un medecin , ou
chirurgien anciennement recu.
Art. 54. Les sages-femmes feront enregistrer leur diplome au tribunal de
premiere instance et a la sous-prefecture de 1 arrondissement ou elles s etabli-
rontet ou elles auront etc recues.
La liste des sages-femmes recues pour chaque departement sera dressee dans
les tribunaux de premiere instance et par les prefets , suivant les formes indi-
quees aux articles 25 et 26 ci-dessus.
Les articles 55 et 56 de la meme loi de ventose etablissent des dispositions
penales contre quiconque exerce illegalement une branche quelconque de la
medecine, et en particulier contre ceux qui pratiqueraient illicitement 1 art des
accouchements. lls sont ainsi concus :
Art. 55. Six mois apres la publication de la presente loi, tout individu qui
continuerait d exercer la medecine ou la chirurgie, ou de pratiquer 1 art des ac
couchements sans etre sur les listes dont il est parle aux articles 25, 26 et 54,
et sans avoir de diplome, sera poursuivi et condamne a une amende pecuniaire
envers les hospices.
Art. 56. Ce delit sera denonce aux tribunaux de police correctionnelle, a la
diligence du commissaire du gouvernement pres ces tribunaux.
118 SAGES-FEMMES.
L amende pourra etrc portee jusqu a mille francs pour ceux qui prendraient le
litre ct exerceraient la profession dc docteurs ; - - a cinq cents francs pour ceux
qui sc qualifieraient d officicrs de sante, et qui verraient des malades en cette
qualite; - - a cent francs pour les femmes qui pratiqueraient illicitement 1 art
des accouchements.
l/amende sera double en cas de recidive, et les delinquants pourront en outre
clre condamnes a un emprisonnement qui n excedera pas six mois.
Code penal, article 578. Les medecins, chirurgiens et autres officiers de
sanlc, ainsi cjue les pharmaciens, les sages-femmes, et toutes autres personnes
depositaires par e tat on par profession des secrets qu on leur confie, qui, hors le
cas ou la loi les oblige a se porter denonciateurs, auront revele ces secrets, se-
ront punis d un emprisonnement d un an a six mois, et d une amende de cent a
cinq cents francs.
ENSEIGNEMENT. Les conditions aduelles de 1 enseignement des sages-femmes
en IT, nice (nil. deja etc exposees en parlie dans cet ouvrage a 1 article Me decine.
(Enseignetnent dc la me decine, t. V, 2 e serie, p. 673.)
Kn France, les sages-femmes pen vent i aire leurs etudes, soit dans une faculte,
soil en simanl les emirs elaUis dans un hospice de chaque departement.
L drtldiiiiance du "2 levrier 1X25, nnn|>leiant 1 arliclc 50 de la loi de ven-
t6se, porlc : Hans les Irois facnllcs de medecine, il est ouvert chaque annee
des cdiirs d accouchement on sont admises gratuitement toutes les femmes qui
It iiidigneiil le desir d apprendre a cxcrcer la profession d accoucheuse.
II \ a deux classes de sages-femmes.
La sage-femme de premiere classe ne pent etre recue que devant une faculte;
mais cc diplome lui domic le droit d exercer dans toute la France. Pour suivre
le cours, 1 eleve sa-e-fcmme doit etre munie d un certificat constatant qu elle
sail lire et ecrire, et de son acte de naissance, prouvant qu elle a dix-huil ans au
nidins ct tronlc-cinq an plus; pour se presenter aux examens, elle doit produire
des cerlilicats d assiduite prouvant qu elle a suivi les cours theoriques et prati
ques. Les droits a payer pour les sages-femmes de premiere classe ont ete ainsi
lixes (decret du 22 aout 185i) :
Deux examens a 40 francs 80 francs.
Certificat d aptitude 40
Visa du cerlificat 10
130 francs.
Le certificat de capacite est ensuite echange a la faculle de medecine de Pa
ris, moyennant le versemenl de la somme de 25 francs, et donne alors le droil
d exercer sur tout le territoire francais.
L aspiranle au lilre de sage-femme de seconde classe doit avoir suivi le cours
indiqucs par les articles 50 et 51 de la loi de ventose (voyez plus haut) et insti-
lues dans 1 hospice le plus frequente du departemenl; 1 examen a lieu, non
plus par un jury, comme 1 indiquait la loi, mais dans les ecoles preparatoires,
sous la presidencc d un professeur de faculte (decret du 22 aout 1854). Avant
de subir 1 examen, les candidats doivent produire un acte de naissance consta
tant qu ils ont dix-buit ans au moins et trenle-cinq ans au plus , un certificat
constatant qu ils ont fait les etudes reglementaires, et un certificat de bonne vie
et moeurs. Les droits a payer sont de 25 francs, savoir : certilical d aptitude,
20 francs ; visa de certificat, 5 francs. La sage-femme de seconde classe ne peut
exercer que dans la circonscription pour laquelle elle a ete recue. Lorsqu elle
SAGES-FEMMES. 119
veut exercer dans un departement compris dans la circonscription dc 1 une des
trois facultes, elle doit etre recue dans cette faculte; elle n a alors a acquitter
qu un droit de 25 francs, comme devant une ecole preparatoire ; il est evident
qu elle ne peut exercer hors de ce departement.
Nous examinerons un peu plus loin les questions relatives a la pratique de
1 obstetrique par les femmes. Nous allons maintenant donner quelques details
sur 1 instruction des sages-femmes a 1 etranger.
Grande-Bretayne. Les sages-femmes ne sont en Angleterre soumises a
aucune legislation, et il n a ete institue aucun enseignement officiel en leur fa-
veur. En 1815, une corporation importante (Society of apothecaries) proposait
au Parlement un bill ainsi concu : Aucune femme ne pourra, a partir de ce
jour, exercer 1 art des accouchements sans avoir passe un examen et obtenu un
certificat du comite du district dans lequel elle a 1 intention de pratiquer
Vingt-quatre districts medicaux seront organises en Angleterre a cet effet avec
des comite s composes d un medecin (physician) et de dix chirurgiens apothicai-
res, dont sept pratiquant 1 art obstetrical dans le district. Mais ce projet de loi
n eut aucun succes, et la commission chargee de son examen par la Chambre des
communes le rejeta par ces termes : La commission nc saurait permettre
qu il soit fait aucune mention des sages-femmes dans les textes de loi. Yoila
assuremcnt une pruderie qui sied mal a des legislateurs.
Ce fut 1 initiative individuelle qui supplea a 1 incurie des legislateurs. Des
ecoles libres d obstetrique ont ete institutes dans les maternites de Londres, de
Manchester et autres grandes villes du royaume. A Londres, les sages-femmes se
sont associees et ont cree un college obstetrical important ou des cours sont faits
par des professeurs masculins attaches pour la plupart aux autres ecoles de
medecine de la Metropole. {^Obstetrical College de Great Portland street est un
etablissement important qui donne une excellente instruction a un grand norn-
bre de sages-femmes.
Mais c est a la Societe obstetricale de Londres, dont la fondation est toute re-
cente, que revient 1 honneur d avoir cree pour les sages-femmes anglaises une
situation nouvelle plus en rapport avec les besoins de la societe.
En 1869, cette Societe choisit dans son sein un jury charge d examiner les sa
ges-femmes et de leur delivrer un cliplome. Les candidats, qui doivent etre agees
de vingt et un ans au moins et de trente ans au plus, doivent fournir les pieces
suivantes quinze jours avant 1 examen : 1 Un certiticat de bonne conduite;
2 un certificat constatant que le candidat a fait un stage d au moins six mois
dans une maternite, et que personnellement il a pratique plus de vingt accouche
ments; 3 un certificat attestant que le candidat a suivi un cours theorique
d accouchement.
L examen, qui comprend une epreuve ecrite et une epreuve orale, porte sur
les matieres suivantes : 1 Notions elementaires sur 1 anatomie du bassin et des
organes genitaux de la femme; 2 symptomes, mecanisme et traitcment de 1 ac-
couchement normal ; 3 principaux cas de dystocie et indications qu ils pre sen-
tent; 4 notions generales sur i etat puerperal; 5 soins a donner aux nouveau-
nes; 6 notions generales d hygiene; 7 devoirs de la sage-femme vis-a-vis de
la parturiente; 8 cas dans lesquels elle doit faire demander un medecin.
Le diplome delivre par la Societe obstetricale n a aucune valeur officielle et
ne donne aucun titre legal pour pratiquer, mais il confere a celle qui en est
porteur des avautages notables. Ce diplome est du reste tres-apprecie par le pu-
120 SAGES-FEMMES.
blic, qui est alors a meme d appreeier les differentes sages-femmes, et sail a qui
donner sa confiance.
Ses louables efforts ont du rcste attire 1 altention du General medical Coun
cil, qui s occupe maintenant de la question et obtiendra sans doute du gouver-
nenient une legislation speciale sur le sujet.
Allemagne. Les sagcs-femmes ont ele depuis longtemps 1 objet de la sollici-
lude des diflerenls gouvernements de I Allcniagne. Neanmoins, s il faut en
croire Siebold, les sages-femmes allemandes sont dans une condition tres-infe-
ricure. L eminent accoucheur s exprimc ainsi : II est bien desirable, et cela
dans I inleret commun, que la condition des sages-femmes devienne meillcure en
bien des endroits, mais surtout a la campagne. Nous autres, mailres et institu-
tcurs de ces femmes, savons inieux que qui que ce soit ce qu il en est. Souvenl
des femmes de la plus basse classe, inanqiiant de ^ education la plus simple, la
plus commune, sacliant a peine lire, sc pn sentent pour occuper des emplois va-
cants : la remuneration est trop nutdiipie pour tenler ties snjets plus capables. Et
epic pcut-on allcndrr <le pareillcs femmes? II est facile de dire : ne les aaeptez
pas pour YDS ( loves. Les communes les on! rhoisirs, la femme du pasteur s y
inleresso, le medecin de 1 endroil leur a delivre une bonne attestation; on
n en trouve p;is d aulres. II ne reste plus au maitre qu a savoir ce qu il fera
d mii parcille millile. C csl pom 1 rda, mais combien de fois ne l a-t-on pas
(li j;i dit, <pie 1 Ktat devrait veuir en aide, qu il devrait ameliorer la position
ili 1 - sages-fe es, li\cr lours appointements, ne point lesiner pour des gra-
tifications; alors on trouverail des Mijets plus capables, et 1 art de la sage-
1 cnimc pivudi ait un developpement bien plus salisiaisant la ou il est encore
en dt -laiil. )
L enseignement et 1 organisation des sagi-s-femnu s sont cependant 1 objet de
dispositions tres-remarquables sur quehjues j)oinls du territoire germanique.
Hans I ancii ii duchede I5.ide il existe depuis longtemps une excellente organisa-
tidii qui a beaucoup contribue a elever le uiveau scientifique des sages-femmes.
Les accoucheurs en rlief des cercles (Kreisoberhebaerzte) font tons les ans, 5
1 ^poque dt- lour loui iii c, mi examcn des sages-femmes. A cette occasion, elles
soul Iriuics de presenter leur journal, elles sont interrogees de nouveau afin de
s assurer tiu dles ne sont point restees stationnaires dans leur art et elles recoi-
\ciii des instructions sur le^ cas qu elles out observes. Cette organisation pre-
sente de grands avantages pour la science obste tricale, et la plupart des mede-
cins in-|ieeieiirs badois puisent dans le Journal des sages-femmes un grand
nombre de materiaux uliles. Nncgcle disait que grace a cet excellent systeme, il
pouvait considerer tout le ccrcle soumis a sa surveillance comme une grande
maison d accouchement qui lui fournissait les observations les plus inte-
ressantes.
Pour bien comprendre cette organisation, il faut savoir que le gouvernement
allemand, atin d assurer au pays un nombre suffisant d accoucbeuses, envoie sur
les dilferents points du territoire des sages-femmes qui doivent exercer dans un
rayon limite qu ou nomme cercle. Ces sages-femmes ont recu une instruction
gratuite en echange de laquelle elles prennent 1 engagement de rester pendant
trois annees dans le cercle qui leur a ele assigne et de pratiquer gratuitement le>
accouchements chez les indi^ents.
Les sages-femmes des cercles sont generalement placees sous la surveillance
du Physikus (medecin sanitairedu district). Lorsqu elles ne trouvent pas dans
SAGES-FEMMES. 121
le cercle une clientele privee suffisante pour les faire vivre, elles regoivent tine
allocation du gouvernement.
Ces dispositions n existent pas pour Berlin, ou les sages-femmes peuvent s eta-
blir dans les parties qu il leur plait apres avoir fait leurs etudes a leurs frais. II
existe dans celte ville environ deux cent cinqnante sages-femmes ; elles sont
placees sous 1 inspection du docteur Hammer, medecin sanitaire de la
ville.
Russie. Les sages-femmes russes recoivent une instruction tres-perfectionnee
et sont de beaucoup plus instraites que les sages-femmes francaises et alle-
mandes. Les dispositions reglementaires qui regissent 1 instruction des sages-
femmes dans ce pays sont, en effet, de nature a elever le niveau des etudes
obstetricales. Les eleves ne peuvent etre admises dans les maternites que
de dix-huit ans a trente ans et la duree des etudes est au moins de trois
annees.
En Belgique, 1 Academie a attire 1 attention du ministre stir la necessite qu il
y aurait d etendre le cercle des connaissances des sages-femmes, afin de les
mettre a meme, en cas d urgence ou d absence du medecin, de faire des appli
cations du forceps dans les cas simples. Voici les points principauv de ce rap
port : Des ecoles de maternile seraient etablies par les soins de deputations per-
manentes des conseils provinciaux, sous la direction du gouvernement et de la
commission medicale. La direction en serail confiee a tin professeur, docteur en
me decine, assiste d une maitresse sage-femme recevant ses instructions ; les
eleves devraient etre agees de vingt ans au moins ct de trente-cinq au plus,
avoir des moeurs regulieres, savoir lire, ecrire et posseder les notions du calctil
et du systeme metrique ; les cours, qui seraient gratuits et theoriques, consis-
teraient en demonstrations, en manoeuvres, iuterrogatoircs, etc. ; on donnerait
aux sages-femmes des notions d hygiene et de deonlologie, et on leur appren-
drait a se servir de certaines substances medicamenteuses. L examen terminal
serait oral et pratique. Les eleves recues seraient admises a pratiquer dans tout
le royaume, sous la reserve de faire enregistrer leur diplome au secretariat de la
Commission medicale de la province.
Danemark. Le gouvernement dc ce pays s est beaucoup occupe de 1 instruc
tion des sages-femmes. La maternite de Copenhogue possede une excellente ecole
qui recoil chaque annee trente-quatre eleves sages-femmes : trenle de la cam-
pagne et quatre de la ville. Cellcs de la campagne demeurent neuf mois a la
maternite et prennent part a tous les travaux de l etablissement. Elles sont sous
les ordres de la sage-femme en chef et sous la direction du medecin en chef.
Elles recoivent a la Gn de leur stage un certilicat d aptitude apres tin exameu
passe devant une commission composee du medecin en chef de la maternite, du
medecin superieur de la ville et d un membre de la commission superieure de
sante. Les sages-femmes ne doivent pas employer les instruments, elles ne peu
vent faire que des accotichements naturels ; cependant, en 1 absence du medecin
qu elles ont fait mander et en cas d urgence, elles peuvent tenter quelqucs ma-
no3tivres obstetricales.
Portugal. Les sages-femmes peuvent etre recues dans les villes universi-
taires : Lisbonne, Porto et Co imbre. Le cours est de detix ans. Elles doivent pro-
duire un certificat de bonne vie et moeurs delivre par les autorites de leur der-
niere residence et un certificat d examen de lecture et d ecriture passe dans un
lycee ou devant le professeur d accouchements de 1 ecole, ledit certificat etant
122 SAGES-FEMMES.
alors vise par un professeur de 1 Univcrsite. Elles ne peuvent etre agees de moins
de vint ans. Les etudes, diplome, examen sonl entierement gratuits. Les eleves
san-es-femmes sont de service un certain nombre et chacune a leur tour, dans le
service obstetrical de 1 hopital de la ville. Le jury est compose du professeur
d obstetrique et dc deux autres professeurs de 1 ecole.
GOMMENTAIRES SUR LES LOIS QUI REGISSENT LA PROFESSION DE SAGE-FEMME. Les
articles de la loi de ventose que nous avons rapportes plus haut (p. H7)
iixent dans une certaine mesure les attributions et les devoirs des sages-
temmes. D apres 1 article 52 de ladite loi, ellcs seront examinees sur la theorie
et la pratique des accouchements, sur les accidents qui peuvent les prece der,
les accompagner et les suivre, et sur les moyens d y remedier. D apres 1 ar
ticle 35, elles ne pourront employer les instruments dans les cas d accou-
cbemenls laborieux sans appeler un medecin. Cos deux articles determinent
d uno uianiere asse/ cxphcitc 1 elendue et la nature des attributions de la
sage-fen
Li loi H II pu cepeiidanl prevoir tous les cas et preciser tous les details de la
pratique. Ouelle que soil du reste la precision des textes de lois, ils sont toujours
a (Irs cuiiiiiieiilaiivs el a des interpretations divorses, et les lois qui regis-
la |p|-alii|iii <le la ninlecine ne pouvaient echapperacette regie geuerale. On
s esl ilemamle, |ionr les sa^ex-i mmies, si ellcs pouvaient employer le seigle ergote
qui li^iuc panni les medicaments que. les pharmaciens ne doivent delivrer que
sur L ordonnance du medeein. Les questions relatives a 1 exercice illegal de
I obstdtriqne par les I cmnies (articles 35 ct 56 de la loi de ventose) ont ete
I oliji t d interprdtations diverses. On a i -alciiicnt a^ite, a proposdessages-femmes,
lies questions de rcsponsabilite. Nous allons successivement passer en revue cha-
cuii de ces points.
Emi>lui tin seigle ergote par les sages- femmes. En 1850, le prefet de police
drmamlait a 1 Academie de medecine quelle etait 1 influence du seigle ergote
sur la vie des enlants et la sante des meres et s il y avail lieu d en interdire
Temploi aux sages-femmes. M. le prefet de police etait en outre preoccupS par
la crainte du crimincl emploi que pouvaient i aire les sages-femmes de ce medi
cament pour produire 1 avortement. Par 1 organe deM. Danyau, son rapporteur,
la commission academique conscilla au prefet de laisser aux sages-femmes la
latitude de prcscrire le seigle ergote. La loi, disait M. Danyau, n interdit aux
sages-femmes que 1 application des instruments; par consequent elle leur laisse
la libre prescription du seigle ergote comme de tous les autres medicaments ; et
cette interdiction aurait d ailleurs de graves inconvenients, car il est des
moments qu il faut mcttre a profit pour employer utilement cette substance,
dans les hemorrhagies notamment ; et il importe alors que la sage-femme
ait toute liberte d action. (Bulletin de V Academic de medecine, 1850.)
La meme question fut posee en 1869 a la Societe de medecine legate qui ne
put qu approuver les conclusions du rapport academique.
Mais si la loi de ventose permcttait aux sages-femmes 1 emploi du seigle ergote ,
1 ordonnance de 1846 sur les substances veneneuses dit que la vente dece medi
cament ne peut etre faite que par les pharmaciens et sur la prescription d un
chirurgien, medecin, officier de sante, ou veterinaire brevete. II y avait done la
une de ces nombreuses incoherences qui existent dans les lois qui se rapporteut
a 1 exercice de notre profession, et en 1872, le prefet de police desirant eclaircir
la question, s adressa de nouveau a 1 Academie en la priant de lui faire con-
SAGES-FEMMES. 123
naitre si, dans 1 etat actuel dela legislation, il est possible d accorder aux sages-
femmes 1 autorisation de prescrire le seigle ergote.
La question fut longuement discutee a 1 Academic et les opinions les plus
diverses y furentsoutenues. La commission eoncluaiten favetir des sages-femmes.
Ne 1 oublions pas, disait le 1 apporteur, M. Tarnier, il est interdit a une sage-
femme d employer les instruments. Quo fcra-t-elle si les contractions uterines
se ralentissent on se suspendent, alors que la tete du foetus est pres dc 1 orifice
vulvaire et qu il suffirait de quelques efforts pour 1 expulser ?
Comment sauvor un enfant dont la vie est menacee par cela seul que le tra
vail se prolonge outre mesure? Attendra-t-elle 1 arrivee d un medecin qui aura
quelquefois un long trajet a parcourir et qui n arrivera qu apres la mort de I en-
fant? Vous penserez sansaucun doute, avec votre commission, que dans de sem-
blables circonstances une sage-femme a non-seulement le droit mais le devoir
d administrer du seigle ergote.
Apres une longue discussion a laquelle out pris part MM. Poggiale, Devergie,
Devilliers et Bouchardat, 1 Academie a adopte les conclusions suivantes (seance
du 17de cembrel872).
\ Malgre de reels inconve nients, le seigle ergote offre de tels avantages dans
la pratique des accouchements, qu il y a necessite d autoriserles sages-femmes a
prescrire ce medicament :
2 L article 32 de la loi du 19 ventose de 1 an XI, en stipulant que les
sages-femmes seront examinees par les jurys sur la theorie et la pratique des
accouchements, sur les accidents qui peuvrnt les pre ceder, les accompagner et
les suivre et sur les moyeus d y remedier , leur reconnait implicitement le droil
de prescrire du seigle ergote.
3 Ce droit est en contradiction avcc les lois, ordonnances et decrets qui
regissent 1 exercice de la pharmacie, puisque les medecins et les vcterinaires y
sont seuls designes comme pouvant prescrire les substances veneneuses
dans le tableau desquelles figure le seigle ergote (ordonnance du 29 octo-
bre!846).
4 Pour faire cesser eelte contradiction en attendant la revision de la legis
lation, le moyen le plus simple est de prendre les mesures necessaires pour
que les pharmaciens soient autorise s a delivrer du seigle ergote aux sages-
femmes sur la presentation d une prescription signee et datee par elles.
Le gouvernement s est rendu aux avis de 1 Academic et a promulgue, le
25 juin 1873, le decret suivant qui a fait ces"ser toute incertitude sur ce
point :
Art. 1. La vente du seigle ergote inscrit au nombre des substances veneneuses
qui ne pcut etre faite pour 1 usage de la medecine que par les pharmaciens etsur
la prescription d un medecin, chirurgien ou officier de sante, veterinaire brevete,
pourra egalement etre faite par les pharmaciens sur la prescription d une sage-
femme diplomee.
Art. 2. L ordonnance du 29 octobre 1846 est reformee en ce qu elle adecon-
traire au present decret.
Exercice illegal de I obste trique par les femmes. On sait qu il existe, par-
ticulierement dans les campagnes, un grand nombre de femmes qui exercent
sans diplomel art des accouchements. Les faits de ce genre ont occasionne de
nombreuses poursuites, en vertu des articles 35 et 36 de la loi de ventose.
La femme, prevenue de 1 exercice illegal des accouchements, ne pent echap-
124 SAGES-FEMMES.
per a la condamnation, en alleguant rju elle donnait sos soins obligeamment ct
gratuitement.
Le tribunal de Chalons-sur-Marne avail acquitte la vcuvo Delair, le 14 mars
1868 : Altcndu qu il resultait ties debals qn elle avail donne obligeammenl
des soins a des femnies enceintes a Saint-Martin-le-Pre, el ce, dans des cas ur-
gents el en attendant le medecin, mais qu il n etait pas suffisamment etabli
qu elle ait pratique des operations caracteristiques de 1 art des accoucbements. >>
Mais en appel : Considerant qu il est etabli qu elie a accouche la femme H...
line premiere fois en 1861, une seconde fois en 1862, el la fillc X... dans la
meme annce; considerant, en fait, que la commune de Saint-Martin, ou ont en
lieu les operations exerce es par la prevenue, n est situee qu a 5 kilometres de
Chalons; qu il eut etc facile, par consequent, de s y procurer, si on 1 eut voulu,
les ressources de 1 art ; que cependant aucun medecin n a etc appcle pour deux
de ces operations, el que s il y en a eu un d appel e an sujel de la troisieme, il
a ele remplacc par la veuve Delair, pour les suites comme pour le fait memo
de 1 operation, ce <|ui s cxplique, lorsquc Ton sail que la prevenue passe pour
accoticher avcc adivsso el qu elle ne reclame aucun salaire ; considerant en
droil (juc cello condition ne comporte poinl d exception que celle de la ne-
cessile, mais que la prevenue ne saurait invoquer une pareille excuse, la con-
damne ; 16 francs d amende, etc.
11 n est pas non plus m cessaire, pour etre passible des peines cdiclces par la
loi, que la femme inculpee ail fail beaucoup d accoucbements ou qu elle en
fasse profession. Un seul delil cst sulfisant pour assurer la condamnation. Les
deux fails suivanls, qui presenlenl un inleret particulier, en fournissent la
preuve.
La femme Piraud, garde-malade, avail assisle une pauvre femme en couches,
qui elail morle avant sa drlivrance; Irois beures apivs, elle pratiqua sur le
cadavrc, dans le but de sauver 1 enfanl, el a 1 instigation de M. 1 abbe Girard.
1 operation cesarienne. Ponrsuivie pour ce fail, la Cour de Grenoble decida, par
arrel du51 aout 18/)3, qu un fail isole ne pouvait constituer 1 exercice illegal
de la medecine ; mais la Cour de cassation cassa cet arret, attendu, que pour
constituer le dt lit prevu par 1 arlicle 25, il n est pas necessaire qu il y ait exer-
cice habituel de la cbirurgie, qu il suffil qu il y ail une seule operation chirur-
-icale. (l er mars 1 854-- id., 9 juin 1836 10 novembre I86i.) Unejour-
naliere des environs de Mantes, poursuivic pour exercice illicite de 1 art des
accoucbements el conlre laquelle la poursuite relevait six tails distincts, avail ete
condamnee le 25 aout 1871, par le tribunal, a une seule amende de 25 francs,
allendu que la pratique de cet art ne peut resulter d un fail isole, mais de la
repetition du rneme fait, et qu en consequence il n y avail lieu d appliquer
qu une seule amende. Sur 1 appcl du ministere public, la Cour : Conside
rant que les premiers juges ont meconnu la pensee et le but de la loi de ven-
tose, en decidant qu un fail isole d exercice illicile de 1 art des accoucbements
ne tomLait pas sous 1 application de la loi, et qu il fallait le concours de plu-
sieurs fails pour etablir 1 inlraclion qu elle a pour bul de re primer, que diverr-
fails une fois etablis, constituent autant de contraventions distizictes, motivant
chacune 1 application d une peine speciale ; que 1 article 305 du non-cumul des
peines n est pas applicable en matiere de contravention , a infirme le jugement
et condamne la prevenue, par application de 1 article 466 du Code penal, a six
amendes de 6 francs (Paris, 29juillet 1871 . Gaz. des Trib., 15 septembre 1871).
SAGES-FEMMES. 125
Exercice illegal de la medecine par les sages- femmes. Un grand norabre
de sages-femmes, principalement a Paris, praliquent la medecine et braventou-
vertement la loi. Aux temies de 1 article 52 tie la loi de ventose, elles etudient
la theorie et la pratique des accouchemenls, et ne peuvent s occuper que des
maladies qui s y raltachent directement ; c est done avec raison qu un grand
nombre de sages-femmes ont ete poursuivies et condamnees pourexercice illegal
de la medecine. La Cour de Metz a decide, le 27 decembre 18 1 5, que les sages-
femmes ont le droitdc soigner les maladies legeres et les accidents sans gravite
qui precedent, accompagnent ou suivent les accoucbements ; mais qu il en etait
autrement des accidents graves necessitant un traiteiueut special, alors meme
qu ils seraient la consequence d un accouchement ou d une grossesse, le traite-
ment de ces maladies et de ces accidents exigeant toujours 1 intervention d un
medecin.
En 1863, le tribunal de Laon a condamne une sage-femme a trois mois de
prison, pour n avoir pas appele un medecin, dans un cas ou des accidents puer-
pe raux d une certaine gravite reclamaient sa presence.
On ne saurait trop approuver la conduite du procureur de la Republique, qui
a donne 1 ordre a une sage-femme de Toulouse d enlever une enseigne, anrion-
cant le traitement et la guerison de la maladie des femmes. 11 serait a desirer
que cet exemple fut suivi a Paris, ou la medecine est illegnlement exercee par
un si grand nombre de matrones qui, non-seuleraent appendentdes enseignes a
leurs portes, mais remplissent lesjournaux de Icurs scandaleuses reclames.
Responsabilite des sages-femmes. Les principes generaux de la responsabi-
lite qui sont applicables aux docteurs et aux ofiiciers de sante le sont egalement
aux sages-femmes. L article53 dc la loi de ventose leur defend d eni[)loyer des
instruments sans 1 assistance d un medecin ; si elles contreviennent a cette dis
position de loi, elles sont evidemment responsabies des accidents qui peuvent
survenir ; elles sont sur ce point placees dans les memes conditions que 1 offi-
cier de sante. G est ainsi qu une sage-femme fut traduite le 11 avril 1856
devant le tribunal dc Beziers, pour avoir pratique des mutilations sur un en
fant qu elle croyait mort. Ellefut condamnee a six mois de prison et 100 francs
d amende, quoiqu elle ait objecte qu z / eut fallu ailer a plusieurs lieues de dis
tance pour re clamer I assistance d un docteur, que la mere etait en danger de
succomber, et qu elle avail plusieurs raisons de croire que 1 enfant etait mort.
Le tribunal motiva la condamnalion, non pas sur la mutilation, mais sur
I infraction a 1 article 35 de la loi de ventose.
D autres condamnations ont ete prononcees contre des sages-femmes, en vertu
des articles 319 et 320 du Code penal, qui punisent les homicides, coups et
blessures involontaires, et des articles 1382 et 1583 du Code civil, relatils a la
reparation civile et aus dommages-interets. C est ainsi qu en 1817, la femme
David, sage-femme, a ete condamnee a trois mois de prison el 50 francs d a
mende, pour homicide involontaire, comme ayant cause la mort de la mere et
de 1 enfant dans un accouchement laborieux. 11 resultait en effet des dispositions
des temoins et des medecins, qu il y avait eu imprudence grave de la femme
David, a entreprendre un accouchement laborieux au-dessus de ses forces, et a
n avoir pas appele un docteur lorsqu elle s est apergue du danger. Dans son
pourvoi, 1 inculpee contestait Implication dei article 569, et ajoutait que la loi
de ventose avait fixe les cas de responsabilite, et que 1 article 35 de cette loi ne
fait qu une defense aux sages-femmes, c est d employer les instruments sans
126 SAGES-FEMMES.
1 assistance d un docteur; or, n ay ant pas employe d instruments, elle n avail
pas contrevenu a la loi. La Cour rejela Ic pourvoi et appliqua 1 article 319.
Combien de sages-femmes seraienl aujourd hui poursuivies et condamnees, si
ces memes articles de loi etaient severement appliques.
Les sages-femmes sont astreintes au secret medical. Nous avons rapporte plus
haul (p. 118) 1 article 578 du Code penal, qui interdit aux sages-femmes de re
veler les secrets dont ils auront ete depositaires dans 1 exercice de leur profession.
G est a 1 occasion des declarations de naissances que 1 article 378 a souleve
quelques difficultes d interpretation. D apres la legislation actuelle (Code penal,
art. 546), toute personne qui, ayant assiste a un accouchement, n aura pas fait
la declaration a elle prescrite par 1 article 56 du Code civil, sera punie d unem-
prisounement de six jours a six mois et d une amende de 16 a 500 francs.
Faut-il adinetlre (ju iine sage-femme puisse s affranchir de cette penalite, par
le motif que ce serait dans 1 exercice de ses fonctions quc le secret d un accou
chement lui aurait ele conlic? Certains auleurs n admettent pas qu il en soil
ainsi, car 1 arlicle 5il du Code penal a preeiscment en vue les naissances entou-
rees dc imslere. (Idles i|iii n onl rien a redouter de 1 eclal du iour sont decla-
rees sur la demande des parents, et il n cst pas besoin des menaces de la loi
penale IMHII- les laire parvenir a 1 officier de 1 etat civil. Dans tous les cas, il
\\ c^[ pas douteuxquela personne qui se serai l conformee a 1 article 56 du Code
Napoleon el a I arlicle 5il du Code penal, ne pourrait elre punie en vertu de
1 articlc 578 du meme Code, coniiiie coupablede revelations de secrets.
11 a I ll - juge : lque 1 obligation de declarer la naissance, imposeepar 1 article
546 du Code penal, a toute personne qui a assiste a l accouchenient est remplie
lorsque [ assistant a pureinent et simplement declare le fait materiel de la nais
sance, conformdment a 1 article 56 du Code civil ; le declarant n estpas teim dc
(liiiincr en outre les indications exprimees par 1 article 51, et, par exeraple, de
laire coniiailre le 110111 de la mere ; 1 2 qu il en est specialement ainsi a 1 egard de
la sage-femme chcz laquelle 1 accouchement a eu lieu, lorsqu elle n a connu le
nom de la mere qu a raison de 1 exercice de sa profession.
Le tribunal civil de Toulon a egalement reconnu a son tour les obligations
qu impose le secret professionnel. Une sage-femme de Toulon avail presente a
1 hospice de cette ville un nouveau-ne assez gravement malade. L enfant gueri,
I hospice voulut le rendre; mais la sage-femme refusa de reprendre cet enfant,
et, se retranchanl derriere 1 obligation du secret professionnel, elle ne voulut
pas faire coanaitrc le nom de sa mere. Les reglements de I administration de
1 Assistance publique declarant que 1 admission des enfants nouveau-nes dans les
hospices est soumise a la necessite de faire connaitre le nom de la mere de 1 en-
fanl, la commission administrative s adressa a la justice pour faire condamner
la sage-lemme a reprendre 1 enfant. Malgre les conclusions du miuistere public,
le tribunal, reconnaissant que la sage-femme ii avait employe aucune mancEU-
vre dolosive de nature a surprendre le consentement des membres de la com
mission..., qu elle s etait presentee en qualite d accoucbeuse, en declarant que
1 enfant etait ne de parents inconnus, ce qui indiquait snflisamment qu il etail
abandonne , renvoya la sage-femme des lins de la plainte, et condamna la com
mission administrative aux depens.
RliGLEMEiMATIOiX DES MAISOKS D ACCOUCHEMENT TEAUES PAR DES SAGES-FEMMES.
Plusieurs tentatives ont ete i aites par les autorites municipales ou prefectorales
pour regleraenter les maisons d accouchement et assimiler leurs proprietaiix>
SAGES-FEMMES. 127
a des loueurs de maisons garnies. C est ainsi que des maires et des prefets ont
pris des arretes qui ordonnent aux proprietaires de toute maison d accouchement
de tenir un registre sur lequel devraicnt etre inscrites toutes les femmes ou
filles qui y sejourneraient pendant leur grossesse ou pour y faire leurs couches.
Mais ces tentatives de reglemenlation ont toujours echoue et n ont pas ete
admises par les tribunaux parce qu elles ameneraient necessairement la violation
des secrets dont les accoucheurs et les sages-femmes sont depositaries a raison
de leur profession. Un arrete du prefet dc la Manche, en date du 10 avril 1845,
qui obligeait les proprietaires des maisons d accouchement a tenir un regislre
d inscription, ayant donne lieu a des poursuites centre la femnie Dorly, le tribu
nal de police de Cherbourg la renvoya des fins de la plainte. Le pourvoi fut re-
jete par la Cour de cassation : Attendu que les sages-femmes ne peuvent etre
assimilees aux aubergistes, hoteliers, logeurs ou loueurs de maisons garnies, ui
etre tenues des obligations imposees a ceux-ci par les lois et reglements qui les
concernent; que la disposition de 1 article 475 du Code penal, 2, est limita
tive ; qu une pareille assimilation serait d ailleurs contraire au vo3u de 1 ar-
ticle 578 du meme Code qui soumet les sages-femmes a garder les secrets dont
elles sont depositaires a raison de leur profession ; qu il ne saurait appartenir a
1 autorite administrative d etendre au dela de ses termes le premier des articles,
ni de soustraire a la prohibition portee par le second les personnes auxquelles
cette prohibition s adresse ; attendu, des lors, qu en refusant la sanction penale
a 1 article 10 de 1 arrete du prefet de la Manche, en date du 18 avril 1845,
lequel acte present aux sages-femmes d inscrire sur un registre les noms des
femmes ou filles qu elles recevront chez elles pour y faire leurs couches, le iu-
gemcnt attaque, loin d avoir viole la loi, en a fait une juste application. (Cass.,
12 septembre 1846.) Le meme jour, la Cour rendait un second arret identique
au profit de la femme Seuget, a 1 occasion d un arrete pris par le prefet des
Landes.
Les maisons d accouchement n etant pas assimilees aux maisons garnies, il s en-
suit qu elles ne sont pas soumises, au meme titre que ces dernieres, a la surveil
lance directe de 1 autorite publique. Bien que les femmes soient recues dans les
maisons d accouchement a titre onereux, les proprietaires de ces etablissements
peuvent refuser d ouvrir leurs portes aux agents de 1 autorite qui s y presente-
raient. C est ce qui a ete decide par la Cour de cassation, a propos d un contre-
arrete du prefet de la Mauche, qui avait ete declare illegal par jugement du tri
bunal de Saint-L6, le 16 juin 1845 : Sur 1 unique moyen pris de la violation
des lois des 14 decembre 1787, 16-24 aout 1790, 19-22 juillet 1791, ISjuil-
let 1857, et de 1 article 471, 15 du Code penal; en ce que le jugement attaque
a declare illegal et non obligatoire 1 article 1 1 de 1 arrete du prefet de la Manche
du 26 avril 1860, qui assujettit a la surveillance de radministration les mai
sons d accouchement oil les femmes sont recues a titre onereux : attendu que le
droit de surveillance et de reglementation reclame par 1 administration prefecto-
rale ne pourrait legalement se justifier qu autant que ce droit lui aurait ete at-
tribue, pour ce cas, par une loi speciale, ou qu autant qu elle en trouverait le
principe dans les lois generates qui ont fixe 1 etendue et les limites du pouvoir
reglementaire ; mais attendu, d une part, qu il n existe aucune loi speciale qui
ait place les maisons d accouchement sous la surveillance de I administration,
et que, de 1 autre, les lois generales de 1789, 1790 et 1791, aussi bien que
celle de 1857, exigent pour 1 exercice du pouvoir reglementaire des conditions
128 SA.GES-FEMMES.
de publicite que 1 cm chercherait en vain dans la cause ; attendu, en effet, que
les maisons d accouchcment ou les femmes enceintes viennent cherchcr, en
mcme temps que les soins particuliers qu exige Icur etal, le secret que 1 ar-
licle 378 du Code penal leur garantit et qui importe autant au respect des
nicEurs publiques qu a 1 interet ct a 1 hoimeur des families, ue sauraient etre,
sans un elrangc abus de langage, considerees comme des lieux publics soumis a
la surveillance de 1 administration et ouverts en tons temps aux agents meme
les plus suballcrnes de la police; attendu que c est en vain qu eu 1 absence
d unc loi specials le pourvoi invoque un avis du conseil d Etat du 15 sep-
Icinliiv IS2S, a|i|irolalir d mi re-lenient du prcfet de police, qui assujetlit a
I anlorisalion prealablc ct. a la surveillance administrative les maisons de saute,
H on Ton recoil a demeiire el a lilre onerenx les I cmines enceintes pour y faire
u Inns coining ; allcndu, en efl et, que cct avis du conseil d Etat, emane du
c.omile de I mlerieur, n a que la \alcnr d une sim[>lc consultation atlniinistra-
li\e,cl lie saurail supplcer a la loi; allendu, des lors, qu eu declarant, comme
il la lail, <|iie la ipial iliral ion de lieu public ne pouvait s appliquer a un eta-
lilisseineiil dans leqncl les I emmes en com lies soul rccues a litre onereux, c est-
a-diie iiioM ini.uif mi .salairc librcinenl debattu, et en reliisant, par suite, de
i eroimaihe la le-alilede 1 arlicle || de I aiTele prelector.!!, et de lui domier
IHIUI- sanction 1 ariii le 17 1, L5 du Codepdnal, le tribunal de Saint-Lo n a viole
.incline loi. )) (I .ass., 1 J7> jan\. ISlil.)
II esl ce|icndant tail line c\ce|ilion pour le departemeiit de la Seine, et la
l!om de cassation a decide qnc le |irclcl de police de Paris etait antorise a exer-
c-ei imc certaine surveillance snr lo maisons d accoiicbenient. Un arrete de ce
fonctionnaire, IJIH a pour Imt dc ju eveiiii Ics maladies contagieuses et de pour-
voir a la sauie pultlique, lixe le nombre des pensionnaires qu une sage-femme
|icnt a\oii die/ elle eu euanl an local dont elle dispose. C est ainsi qu il est
c\|ircssemcnt defend u a une sage-femrae d avoir pins d une malade dans cba-
( line des pieces de son apparlement. II a ete decide par la Cour que cet arrete
c.>l J< g;il el obligaloirc et ijn il ne poiie aucnne atteinte a la liberte du com-
iiien e el de 1 industric, et mcme qu il peut etrc applique sans violer 1 arti-
cle 578 du (lode p-nal relatif au secret. La demoiselle Berlin ayant ete condam-
IK C, en \crlu de eel arrele, par un jngenicnt dn tribunal de police conlirme
par un pi^ement du tribunal correclionnel de la Seine (17 mai 1866) a cinq
liancs d amende et a un jour de prison, la Cour rejeta le pourvoi en ces
termes : Sur le moyen fonde snr la violation de 1 arlicle 7 de la loi du 2 mars
1791, et snr la fausse application des articles 3 ct 4 de la loi des 16-24 aout
1790, 46 de la loi des 12-22 jnillet 1791, 471, 15, et 474 du Code penal;
attendu qu aux termes des articles precites des lois d aout 1790 et juillet
1791, et des arretcs des consuls des 12 messidor an VI [[ et 3 brumaire an IX,
le prefet de police, a Paris, est investi du pouvoir de prendre toutes les me-
sures necessaires pour prevenir les epidemics et les maladies contagieuses, et
pour assurer le maintien de la saute publique ; que c est en vertu de ce pouvoir
qu il determine par des arretes, eu egard a 1 etendue et a la disposition des
lieux, le nombre de pensionnaires que les sages-femmes pourront recevoir a la
Ibis dans leurs maisons d accouchement, afin d empecher que, dans un interet
de speculation, les femmes enceintes y soient accumulees dans des conditions
dangereuses pour elles-memes et pour la cite tout entiere ; qu en statuant ainsi,
le prefet de police a moins pour but de s attribuer le droit d autoriser ou tie
SAGES-FEMMES. 129
dufendre 1 ouverture des maisons d accouchemenl que de reglementer celles
qui sont ouvertes dans sa circonscription, et que, loin de porter aiteinte, par
ces mesures, an principe de la libertc du commerce et de 1 industrie, con-
sacree par la loi du 2 mars 1791, il se maintient legalement dans les limites
de ses attributions ; attendu, des lors, qu on constatant la contravention a
1 arrete du prefet qui limitait le nombre de pensionnaires quo la dernancleresse
ponrrait recevoir a la fois dans sa maison d accoucliement, et en la declarant
passible a cause de la recidive des peines porle es par les articles 471, g 15,
et 474 du Code penal, le jugement altaque a tixe une juste application dc ces
articles rejette. (Gass., 5 aout 186G.)
Comme on le voit par cet arret de la Cour, si les maisons d accouchements no
peuvent etrc considerees comme des hotels garnis, les proprielaires de ces eta-
blissements ne peuvent invoquer 1 article 578 et le secret medical pour se sous-
traire aux reglements sanitaires generaux et aux reglements speciaux qui ir-
gissent les maisons de sante.
Toute sage-femme qui veut etablir une maison d acconchement doit done se
conformer a 1 ordonnance de police du 9 aout 1858 qui concernc 1 e tablissement
des maisons de sante en general, leur regime interieur, leurs rapports avcc 1 ad-
ministration. Elle doit, en premier lieu, obtenir 1 anlorisation du prclet de
police et indiqucr dans sa demandc le nombre de pensionnaires que 1 e tablisse
ment peut contenir. Ce nombre est ensuite lixe par le prefet, sur le rapport du
tjonscil de salubrite et 1 avis de 1 inspecleur des maisons de sanle, du maire ou
du commissaire de police charge de la surveillance administrative dc 1 etablis-
^-ement. En un mot, les maisons d accoucliements sont soumises aux legleiucnts
qui regissent les maisons de sante et aux mesures sanitaires ge nerales ; mais,
dans aucun cas elles ue sont considerees comme des maisons meuble es dont les
pensionnaires doivent etre inscrits sur un regislre de police.
DEVOIUS PES SAGES-FEMMES. ISous ne traitetons pas ici les questions de deon-
tologie generale qui regardent la sage-i emme en tant que membre de la
grande corporation medicale. Les sages-lemmes ont, en effet, a I e gard des ma-
lades auxquelles elles donnenl leurs soins, les memes devoirs proiessionnels
que le medecin, et ces devoirs seront exposes a 1 article DEOKTOLOGIE. Nous
avons seulementl intention, dans les quelques lignes qui termineront cet article,
de fixer les devoirs de 1 accoucheuse aupres d une femme en couches, en pre-
uant pour base les reglements, les lois et les usages. La Societe obsletricale de
Londres, penetree de 1 insuffisance des textes de loi, avail propose une sorte de
code des sages-femmes qui nous servira de modele pour la redaction des quel
ques propositions qui suivent.
I. Les devoirs de la sage-l emme consistent a assister la femme dans 1 accou-
chement naturel et a soigner la parturiente et le nouveau-ne pendant la se-
maine qui suit la delivrance.
II. La sage-lernme n emploiera aucun instrument, nc parlicipera a aucune
operation obstetricale et ne prescrira aucun medicament. Une exception est
laile en faveur de 1 ergot qu ellc ne doit cependanL employer qu avec le plus
grand menagemcnt.
III. Elle reslera aupres de la parturiente au moins une heure apres 1 expul-
sion de 1 arriere-faix.
IV. Ellt! demaiidera 1 assistance d un docteur dans tous les cas de presenta
tion irregulicre, insertion vicieuse du placenta, retrecissement du bassin, pre-
PICT. E.NC 3 e S. VI. 9
130 SAGITTAIP.E.
sentation du bras, tie 1 epaule, de la face, du cordon; dans tous les cas
d hemorrhagie et lorsque la mere presentera des symptomes d eclampsie.
Y. Elle dcmandera encore 1 assistance du medecin dans tous les cas ou le
travail se prolongera plus de six heures apres la rupture de lapoche amniotique
et meme plus tot si elle apprend que la parturiente a deja eu des accouche-
mcnts laborieux. Eniin dans tous les cas ou un danger quelconque semble me-
naccr la mere on 1 cnfant et lorsque le placenta n aura pas t tc expulse une
dcmi-heurc aprcs la naissance de 1 enfant.
Tclles sont les limites dans lesquelles il nous a semble possible de renfermer
les attributions des sages-femmes. Quelques medecins, desireux d etendre leurs
moyens d actiou, voiulraient qu elles fussent autorisees a prescrire un certain
timiilire de medicaments, d autres pensent qu elles pourraient sans inconve
nient trailer certaines affections spcciules a la femme. Tout en etant partisan
de laisser la plus grande latitude a la sage-femme dans 1 exercice de sa profes
sion, nous pcnsons <|iie, cu egard a 1 enseignement limite qu elles recoivent
aujoiird lmi dans nos ccules, on ne peut sans danger agrandir le cercle de
lcin> attributions. A. LDTAUD.
\ -(\\i .KM.I-.M 11:1 . SIEDOLD. Versn/Ii chirr tli xr/iichte der Geburtshiilfe. Berlin, 1859. Du
Lettres uhstcii-iruli-x. Irnduit dc I allemand par le docteur MORPAIX. Paris, 1806. AVE-
LING, / in/lix/1 Mnliriji s. l.niiilro, \X rl. KOTELMANN. Die Geburtshiilfe bet den alten Hebraern
ins ili n i // li-xtiiinnillii-lirii, i-lc. M;irl.imr^, 1X7(. ^YIllAL. Les accouclieinenls c/ies les
iK /iim lli-l i-i-ii.r. In <im. Itclnl., ii" til, 1S77. CnEriEAu. Les six couches de Marie de Me-
f/iV/x, racontees />/u- L<,i<i.< liuiirt/i-otx. Etude Lin-r;ii)lii([ue et notes par le docteur A. CHE-
HEAU. UUIIKAU. I .iixi-iijiifineiit ft cxercice de la nn Jc< hie at Emopc. Paris, l!S7 J. DD
MLME. Excri-iri- ili- In nii-ilfcinc cu Dtiiu-nitirl;. Paris, l<ST(i.
DES CIIIRURGIERS. ]\ T om donnc au Sisymbrium Sopltia L.
rnij. Si^ 1 , MUUIUM). PL.
s\UET fE. Norn ilonne au Say it tar ia sayittifolia ou Sayittaire (voy. ce
..... I). PL.
SU.IM. Xoin donnc a un genie de !a famille des Caryophyllees qui ne
iv-i iilc |KIS d intt ret pour le medecin.
On doiine en Italie le meme nom an ble sairasin (Polygonum Fagopyrum L.).
PL.
*AITTAIRE. Sagittaria L. Genre de plantes monocotyledones, apparte-
nanl a la i ainille des Alismacees. Les especcs dece groupe sont des plantes aqua-
tiijues, le jilus souvent sans tiges. Leui s fleurs sont monoi ques. Elles ont un
peiianlbe a six divisions dont les trois exterieures herbacees, les trois inte-
rieures pelaloides et caduques. Les fleurs males ont un grand nombre d etamines
a ant lie res extrorses, fixees par la base; les femelles, des carpelles en nombre
indelini, librcs, rapprocbees en tele sur un re ceptacle hemispherique et conte-
nanL dans leur unique loge une seule graine.
L espece la plus connue et la seule que Ton trouve en Europe est le Sagittaria
sagiltifolia L., qui porte plus particulierement que les autres le nomde Sagit-
taire et qu on nomine aussi Fle chiere ou Fleche (lean. Elle est remarquable
par ses leuilles toutes radicales, longuement petiolees, profondement sagittees,
a oreillettes divergentes et egalant presque le reste du limbe. Les fleurs blan
ches, pourprees a la base, forment une grappe interrompue, dont les fleurs
males occupent le sommet.
La Sagittaire croit dans les lieux marecageux, dans toute 1 Europe, en Sibeiie,
SAGOU (EMPLOI MEDICAL). 151
clans 1 Amerique boreale. Ses parties soutcrraines sont formees d une souche a
fibres nombreuses, produisant des rhizomes dilates au soramet en ime sorte do
bulbe charnu. Ces bulbes gorge s de fecule servent d aliment dans cerlaines
regions. Acres lorsqu ils sont frais, ils deviennent comestibles par la dessic-
cation : les Tartares Kalmouks, des environs du Volga, s en nourrissent fre-
quemment.
On mange egalement en Chine et au Japon les tubercules du Sagittaria Chi-
nensis Smiss., planle voisine de noire Sagittaire, et que Loureiro, dans sa Flore
de Cochinchine, avail meme confondu avec elle. Eniin, le Sagittaria oblitsa
Mich., qui vient dans la Pennsylvanie et la Virginie, fournit egalement des rhi
zomes bulbeux alimentaires.
LINNE. Species, 1410. DE CANDOLLE. Flore francaise, III, 190. GREHIER et GODRON.
Flore de France, III, 137. LEMAOUT et DEC.USNE. Traite general de bot unique, 057.
LOLREIRO. Flora Cochincliinensis, 698. TIIUNBEHG. Voyages, IV, 83. PL.
SAGITTALE (SUTURE). Voy. CRAKE.
SACITTELLE ou FLECHE (ScKjitta). Genre mariu d animaux iuvertebres
qui a d abord ete observe dans la mer du Nord par Slabber. On le retrouve sur
nos cotes etil existe dans bcaucoup d autres parages. 11 a ete dcnomme par Quoy
et Gaimard, et sa classification a souvent embarrasse les naturalistes, qui Tout
successivement attribue a des groupes tres-differents les uns des a litres, avanl
d etre a pen pres d accord, comme ils paraissent 1 etre aujourd hui, pour le
ranger parmi les vers, aupres des Nematoi des, mais sans toutefois le reunir a
ces dernier s.
Les animaux de ce genre sont de petite dimension , et ils out a peu pres la
forme d une fleche dont les barbes seraient representees par une sorte de na-
geoire caudale ; ils n ont pas de soie sur les cotes du corps et leur peau n est pas
annelee; ils possedent un ganglion nerveux central, mais n ont ni coeur ni vais-
seaux; leurs sexes ne sont pas separes, et ils ne subissent pas de metamorphoses.
On en distingue plusieurs especes que MM. Kroyer, Forbes, Darwin, d Orbigny,
Souleyet, Busch, Gegenbaur, Pagenstecher et Giard ont tour a tour etudiees. Lc
groupe qui comprend les Sagittelles a recu quelquefois le nom de Chetogna-
thes, a cause du cercle de soie dont la bouche de ces petits animaux est
entouree. P. GERV.
SAGOIIK (CaUitrLc}, du bresilien Qagui. Genre de singes ame ricains com-
prenant plusieurs especes, dont la place est marquee a cote des Sajous (voy.
SIKGES). P. GERV.
SAGOU. On designe sous ce nom une fecule alimentaire qui se pre senle
sous forme de petites masses arrondies du volume d une grosse tete d epingle,
blanchatres, grisatres ou rougeatres, plus colorees en ce cas d uu cote que de
1 autre, tres-dures, tres-elastiques, demi-transparentes, difficiles a broyer, ino-
dores et de saveur fade. II sert a preparer des potages, et s associe tres-bien au
bouillon de viande. 11 ne saurait etre remplace pour cet usage par la fecule ou
1 amidon, qui donneraient a la cuisson un produit semi-lluide de consistance
unilbrme, tandis que les grains de sagou, bien que tres-gonfles par la cuisson,
ne sont pas entierement desagreges.
Le sagou nous est apporte principalement des Moluques, des Philippines, de
la Nouvelle-Gumee, quelquefois de 1 Inde et des Maldives. II est fourni par les
Cycas circinalis et revoluta, et par plusieurs palmiers tels que YAreca oleracea,
152 S.VCiOU (EMPLOI MEDICAL).
le Phoenix farinifera, I Arenga saccharifera ct surtoul les Sagus genii ina et
J arinifera (voy. ces mo!-).
Pour le preparer, on lend longiludinalement 1 arbre parvenu a malurile, on
arrache la moelle qu on rape avec de 1 eau. Celle-ci entraiue a Iravers un tamis
les grains de fecule qui se deposent, et qu on fait secher a 1 ombre. Un seul
arbre donne 200 kilos de cette fecule qui peut etre utilisee directement pour fa-
bri(|uer du pain et des gateaux. Pour 1 expediei 1 a rexlerieur, il i aut la granuler ;
a cet cffet, la fecule linniide est passee de force a travers une plaque perforce,
ct les cylindrcs qui en rcsullent sont desseehes avec precaution, brises, par
1 agilation, en li-agnienls convcnablc^. el eiilin exposes a 1 action de la chaleur
sur des plaques imnlrrrmeiil diaiil lees. Celte Industrie ne parait pas tres-an-
cieime, car Uuinpliiu> n en parle pas. Le sagou n a etc coiinu en Anglelerre
qn en 17^ J, en France en 1740 ct en Allcma-ne i ii \1\\. Planche decrit six
espiV.es dc sagou desigm rs d apres Inn lien d origine. Guiboiirt n cn admet quc
troi-, dislincles iidii par lenr originc, inais par leurs caracteres propres.
La premiere espece comprend les sagous a grains completement isoles, tres-
pui^, se gonllanl dans IVau de mami iv \\ dniililci ilc volume, mais sans con-
Irarkr iidlii ivnrc. I, ran lillnV. api rs un long contact ne se colore pas par
I iinle. 11 ciiiiiprenil cinq varieles.
L.I dciixieiin 1 csprcc ol en globules plus petits, irreguliers, souvenl
soudcs an imnibiv de deux a trois, il fait plus que doubler de volume dans
I cau, qui lillree ne se colun- jia^ |ur 1 iode. Les grains de fecule resistent moins
a I ai liitu de IVau bonillanle. Gelte espece correspond au sagou rose des Molu-
ques, de 1 lanche.
La troisieme espece, ou sagou-tapioka, n est pas coinme les deux precedent^
en glitbul- s splieriques. Elle se jiresente sous forme de masses petites, tubercu-
Ini-i .s, irri ^ulirri s, forinecs par la soudure des globules primitifs. L eau froide
If -onlle, flic loiR-liil; liltree elle se colore for lenient par 1 iode. L eau cbaude
I atlaque jdus facilement, ce qui le fait preferer conimc aliment aux deux
espc-ce* preciMcnlr^. C est le sagou blanc des Moluques de Plancbe, et le sagou
perlc (Pearl sago) dr I eivira.
Le mode de preparation est tout different pour cette troisieme espece qui a
subi 1 aclion du feu a 1 etat tic jiale liumide, tandis que les deux premieres
n ont etc que dessechees a une temperature incapable d alterer les globules
d amidon. C est ce que 1 inspection au microscope demontre nettement.
Le sagou n est pas un medicament, mais bien un aliment feculent. Associe a
1 eau, au lait, on au bouillon, il permet de preparer les gelees, ou des potages
qu on present aux convalescents, et qui sont une ressource lorsqu il s agit de
compter avec les caprices de 1 estomac, ou le degout des malades qu on veut
nourrir.
Son prix eleve a necessairement tente les fraudeurs. On le melange avec le
sagou fait de toutes pieces avec la fecule de pommes de terre. On vend souvent
comme sagou des pates qui n en contiennent pas trace. Yoici comment on fabri-
que cette preparation. La fecule tres-humide (contenant moitie eau) est presse e
dans un cylindre d oii elle sort par des orifices ayant de 2 a 4 millimetres de
diametre. Les cylindres qui en resultent sont recus dans un vase qu on fait tour-
ner pendant cinq a six minutes, ils s arrondissent et sont places sur un tamis
que Ton chauffe a 100 degres pendant une minute a 1 aide de la vapeur. Aussi-
tot on les porte dans une etuve ou la dessiccation s acheve, et dont la tempera-
SAGOUTIEIt. 135
ture s elcve a 100 ou a 200 degre s, suivant quc Ton vent ubtenir le sagoublanc
ou jaunatre et rose.
Cette tromperie sur la qualite de chose vcndue se reconnalt aisement. Le sagou
de fecule de pommes de terre, dont la vente ne devrait etre permise quesous ce
nom, a toujours eu un gout de fecule prononce et desagreable. Au microscope,
il ne laisse voir que des grains de fecule a hile punctiforme, excentrique, sans
facettes.
La fecule du sagou est semi-polyedrique, en ce sens que les grains oblongs et
arrondis presentent souvent a 1 une de leurs extremites une ou deux facettes
de juxtaposition avec un ou deux autres grains de fecule. Le bile est tres-elargi,
et repre sente une ostiole; enfin, souvent unc des extremites se rc trecit en forme
de col (voy. FECCLE et SAGOUTIER). I . COULIER.
SAGOCTIFR. SagusL. Genre de plantes monocotyledones, appartenant a
la famille des Palmiers. Ce groupe, tel qu il etait compris par Linne, Wildenow,
Gaertner, a cte divise depuis en plusieurs genres, dont les deux plus importanls
sont les Metroxylon et les Rapliia.
I. Les Metroxylon sont des arbres a tige epaisse, droite, cylindrique, marque s
dans leur parlie inferieure de cicatrices aimulaires, provcnant de la chute des
feuilles, portant a la partic superieure la base des petioles. Les feuilles, qui
couronnent le tronc, sont grandes, pinnees, a folioles armees de petites ep mrs
sur les bords. Les fleurs sont placees sur des spadices pendants, ramifies. Ghacun
des fameaux porte des spathes coriaces, tronquees, opposees sur deux rangs,
desquellcs sortent les divisions du rameau, en forme de chatons reconverts d e-
cailles coriaces imbriquees, qui recouvrent les fleurs. Ces derniercs sont mono i-
ques ou polygames. Les males out un perianthe trilide dans le verticille <>xl< ; -
rieur, tripartite dans le verticille interne, six etamines reunies a leur base, ct
un rudiment d ovaire peu marque. Les femelles, avec un perianthe semblable a
celui des males, portent un anneau urceole, bypogync, rcpresentant les etamines
steriles, ct un ovaire triloculaire, qui dcvient un fruit monosperme, reconvert a
la surface de squames imbriquecs, dures, donnant a 1 ensemble 1 apparencc d nii
petit cone de pin. L albumen est generalement rumine.
L espece la plus importante, celle qui donne la plus grandc quantite de la
fecule nominee Sagou est le Melroxylon Ueve Mart., dont la synonymic est la
suivante : Sayus kevis Rumphius, Sagus meranis Roxb., Sagus genuina Gi-
seke, Sac/o Palm Kffinig. C cst un arbre de vingt-cinq a cinquante pieds, dont
les frondes sont dressees, les petioles depourvus d epines ; les folioles sont lon-
guement cuspidees : le spadice est d abord dresse pour devenir ensuite pendant.
G est a cctte espece qu on rapporte la production de la meillcure fecule ; celle
qui fait 1 objet principal du commerce avec 1 Europe. La plante croit naturel-
lement dans la presqu ile de Malacca, dans le royaume de Siam, a Java et a
Amboine.
L autre espece est le Metroxylon Rumphii Mart. , Sagus genuina de Rhumphius
et de Linne; Sac/us Rumphii Wild., Metroxylon Sagu Rottboll. C cst un arbre
de vingt a trente pieds, a tronc epais, a grandes frondes atteignant une ving-
taine de pieds de longueur, epincuses sur les petioles et sur les rachis. II crolt
dans prcsque toutes les iles de 1 archipel Indien, particulierement a Borneo,
aux Celebes, plus rarement aux iles de la Sonde, dans la Nouvellc-Guinee.
Le tronc renfermc une grandc quantite do fecule, qui est une ressource tres-
154 SAGUS.
importante pour 1 alimentation des habitanls. Mais cllc parait ne venir qu acci-
dcntcllcment dans le commerce europecn.
Les autrcs cspeces de Metroxylon n onl qu une importance secondaire. Nous
ne r.i (emus qu en passant le Metroxylon filare Mart. (Sagus filaris Rnmph.),
qui a (Irram I aux Celebes donne de ses feuilles une matiere textile, qui sert
dans la confection des vetements du pays.
II. LI-S ll(i/)!iin sont des arbrcs a stipe rpais, de hnntcur mediocre, a grandes
1 iMiillcs piimrrs, a fnliolrs nianpn cs siir les bords et sur la cote mediane de
pet iles ( pines. Les spadiccs stint Ires-grands, tres-ramifies, portant des spathes
parlirllrs, runners rl distiques, d ou sortrnt les rameaux. Les flcurs sont ses-
silrs sin- rrs r; ;ni\, formaiil dt-s rlialmis comprimes, cnvcloppces a lour base
par iinr lirarlrr rl. mir bradrolr, ipii formont comme une cupule. Elles sont
iiiniimipirs; Irs males, plao rssiir Ir nirinr sjiadice quo les femelles, ont un pe-
rianllir Inimpir on a irois prlilrs drnU siir Ir verticillc exterieur, a trois pieces
dislinrlrs inlrririirriiirpl ; Irs ( ! ami nrs, an iioinlire dc six oil de douze, SOllt
iKIali -rs a la liasr, mais a |>rii pivs lilnrs. l,rs 1 rinrllrs Ollt le verticille CXte rieur
In prnanilir ra MI pami li ; , a imis dents ; Ir \rrlirille interne, campanule-infun-
dibulifofme el Inlidr ; mi annran IIM-I M|I ; , a six dents, portant des antheres ste-
rilrs; mi nvairc a Iriiis | ( -rs. l.r Iniil rsl nntiiosprrme, a pericarpe fongueux,
runarr, rrroinrrl dr sipiamrs lirillanlrs. I/allmmrii est 1 uminc.
l.r- dril\ rsprrrs Irs plus i II I r n^-ai 1 1 rS (Ir C Mi lU C SOllt :
I" l.r r,ii/ilii/i riiii/i-rti l!raii\. SIKJII* 1 ulnui I iinix Gaertn. Sagus Raphia
I ltn-rl. SIHJIIX llnj /iii 3 \Vild. C, rs| MM arbre de moyonur vrandrur, dont la tige
s| ((iiirtiniK c par iinr br||r luiil lr dr -randrs Iriiillrs priidanles; a la maturite,
Irs llriirs males, tjiii orriipnii la parlir snpi rieure dn spadice, tombcnt, et les
iVmls loriuriil an lias du li -nmr mir iirussr idiillr ovale et serree. Ces fruits sont
lim aiivs oblongs, nmr.roues, manjiK s dr urn! sillons.
La plaiilr croit dans In Guinrr, a Sierra-Leone, a 0\\aro, a Benin et sur les
rivrs dn I .on-o. Kile est cxtrrinrment utile dans son pays d origine. Le petiole
I Ir rarhis drs Iruilles sont employes par les naturels a faire des sagayes. Les
feuilles elles-memes srrvrni a la ire des palissades, des murs et des couver-
tures de maison. On retire egalement de 1 arlirc un vin de pabne particu-
iirr, (jiii porle Ir noin dr Jlonrdon. On 1 obtient soil en coupant le bourgeon
rrniial rl rn ivrnrillaiit la sr ve ijui s eii ecoulc, soil en laissant fermenter les
amamlcs du IViiil dans le premier vin elendu d eau. Enfin on peut exploiter
aussi la li rule et en faire une espece de Sagou.
2 Le Raphia Rnf/ia Marl., qui est le Sagus farinifera de Gaertner, le Sagus
pciliiiiriilti/fi dr Poirrl, Ir Scn/iix Raffia de Jacquin, le Rufia de Bory de Saint-
Vincent. Get arbrc, cullive aux iles Mascaraignes, est plus eleve que le precedent :
ses fruits sont obovales ou piriformes, deprimes au sommet et mucronules. II
ne parait pas exploitr. PL.
RUMPHIUS. Herbarium Ambotnense, I, 75, tab. 17-18-19. ROXBURGH. Flora indica.lll,
623- WILDENOW. S/>ccies, IV, 404. POIRET. Encyclopedic. Supplement, V, 13. MARTICS.
Palmce, 214, tab. 102. BORY DE SAINT- VINCE.NT. Voyages aux iles d Afrique, I, 178.
KUNTH. Enumeratio plant arum, III, 214. PL.
SAri\AMs HERB A. Nom donne par quelques anciens auteurs a la
Verveine (Verbena officinalis L.). PL.
Voy. SAGOUTIER.
SAHARA. 135
(GEOGRAPHIE MEDICALE). A 1 ouest de la vallee du Nil, en Ire 1 Atlas
au nord, le Soudan au sud, s etend jusqu a 1 Ocean une immense region, dc
pres de 250,000 lieues carrees de superficie, que la condition d une secheressc
excessive, particuliere a son climat, a condamnee a la sterilite et a 1 abandon.
G est le Sahara : la terre sans eau des Arabes ; la terre dure des Touaregs.
D une altitude moyenne de 4 a 500 metres au-dessus du niveau de la mer, le
Sahara presente a considerer : 1 le plateau central ; 2 une suite de bassins et de
depressions vers lesquelsles cauxprennent leur pente, et dans lesquels les sables
s accumulent. Le plateau central, qui s eleve a 2000 metres d altitude, est
constitue par quatre massifs principaux dont les deux plus importants, occu-
pes par les Touaregs duNord, embrassent les points culrninants du plateau etla
ligne de partage des eaux entre la Mediterranee et 1 Ocean, tandis que les deux
autres, inclines vers le bassin du Niger, appartiennent a un niveau moins eleve".
Entre ces quatre massifs, s etendent de vastes plaines, veritables deserts arides,
tantot sablonneuses, tantot rocbeuses, tantot a sol crayeux; le plus souvent pre-
sentant 1 aspect d un sol caillouteuxtres-dur qui 1 a fait appeler Sahara. Du pla
teau central descendent, sur trois versants principaux, une suite de terrasses
disposees par etages d une hauteur moyenne de 5 a 600 metres, formant une
suite de bassins et de depressions separees par des reliefs considerables. Les
depressions les plus accusees sont situees au nord et a Test du Sahara. La plus
occidenlale, placee au pied des monts Aures, a la limite de 1 Algerie et du
pays de Tunis, est, d apres le nivellement de M. Duveyrier et celui de M. Rou-
daire, a 27 metres au-dessous du niveau de la Mediterranee. L oasis de Siwah
est a 27 metres au-dessous du niveau de la mer; El Baharieh a 50 metres, d apres
M. Caillaux; a 100 metres, d apres M. Jordan.
Le systeme des eaux particulier au Sahara est constitue par des ouadi ou
cours d eau souterrains qui descendent de la chaine Libyque, de 1 Atlas et du
plateau central. Du Ahaggar et du Tasili, ses deux massifs septentrionaux, des
cendent trois grandes vallees : 1 uneau nord-ouest, 1 ouadi-Igharghar ; ladeuxieme
au sud, 1 ouadi Tafasset; la troisiemea 1 ouest, 1 ouadi Tirhehert. Les ouadi ali-
mcntent des puits ordinaires, des puits a galeries, des puits artesiens et des
lacsassez grands pour que des crocodiles y vivent (Duveyrier, ouvr. cite). Tan
tot on y voit 1 eausourdre par des sources comme au Fezzan, ou.on la rencontre
a huit ou dix pieds du sol ; tantot pour 1 atteindre il faut creuser, comme Mungo
Park 1 a vuau voisinage du Senegal, jusqu a 168 pieds. D ailleurs, qu elle jaillisse
du sol avec la violence qui fait dire aux Arabes qu elle vient de la mer sous le
sol, ou qu elle forme seulement une mare stagnante, 1 eau accuse sa presence
par la vegetation des plantes salines qui y trouvent 1 aliment de leur developpe-
ment. Des lors le palmier abritebientot sous son ombre les maigres plantes pota-
geres qui cbangent le desert en un lieu habitable.
Les oasis formees au niveau des depressions du sol qui servent de reservoir a 1 eau,
occupent des points du sol tres-differents par leur altitude : celles du R lgh sont a un
niveau inferieur a celui de la mer ; celles du Gourara a une altitude quin estpas
inferieure a 400 metres (Pomel) ; celles du massif de 1 Ahaggar a une altitude
plus grande encore. Variables par leur etendue et le chiffre de leur population,
les oasis peuvent avoir toute 1 importance d une contree, comme le Dar-Four,
par exemple ; former une foret de plusieurs lieues d etendue ou etre reduites a
la proportion d un kcours ou village. Les oasis circonscrivent pour ainsi dire le
plateau central, excepte a 1 ouest ou le cercleest interrompu par 1 accumulation
130 SAHARA.
ties sables; cc qui a fait donner ;i ce.lt e |>;u lie dn Sahara le nom de Sahel. Les
oasis clu Novel formcnt par Icur ensemble le Belud el Dgerid (lepays des dattes),
immense steppe uni, arrose sur sa surface par les ouadi qui descendent de
LAtlas et du massif du Ahaggar. On pent rallarlier a relle region : fdi adames,
el Aglmiiat, Tuggurt, el Goleali, Onargla, In-Calah. I.es oasis de LKst, que IPS
Arabes ilesigiient sous le nom generique d Onahas, relient par une cliaine leDar-
Four an Fe/zan. Placces comme les oasis du ISord entre le 50 e ct le 27 e degrede
laiilude, elles sont alimenlees par des ouadi venus des cotes rochetises de la
eliaine Lihyqne (|iii renouvcllenl I ean des maiais sales et des puits isoles. Les
oasis principales sont : el Kliardjeb (oasis magna). Dakhel, Farafreh. el Baharieli
(oasis parla). Siwah (ammonium). Phis an sud-oiiesl, du 2i e an 19 e degrede
latitude iioid, se i]e\eldppr I oaMs de liliesli. Lnlre le 19 e et le 1 7 e , 1 oasis d A ir.
Ijilin, an slid du 1 8 e degrade latitude el an 10 e degre de longitude est, 1 oasis
J Aghades.
<ii iiloi/ic. Le sol du Saliarj a pour base, la grande formation de granitet de
i^ies ( iiidii 1 ! par UN- egger. Les roi lies era\ eux-s ipn hii sont superposees sont
reeoiivei | ( s a leiir lour par mi ea lea ire i|iialeriiaire eoiiteiiant des coquilles flu
vial iles el (empires. Les all n vioiis , |in s \ soul melangees ont etendu a la surface
In sn| unc sorte ile eimeiil I m nii ; de limoiis de Sable et de ralcaire.
Mi s a. -lions \(deailii|iies ilonl Irs vesli^vs siilsi^|riit all sonillict dc ToilSside,
qui piesenle mi lar-e cratere, e| sur (oiile la eliaine du llarntnly noir, for race de
I nelies ii-appi emies el de basalte, ont soulevd les massifs du Ahaggar et du Tasili,
el duiiiie i vliefaii [ilatean eenl ra I . D aul re part, la conlinuitede 1 aclion des
a-enls atmosphdriques sin- mi >ol / merge depuis ri |ioipie quaternaire ; un etat
alinospli( ; ri(jiie parl ieulier a la region qiii separe les re"gions equatoriales des
regions lempeives mil prol oinlemi ill Miiiililii Laspcct geologique actuel du Sahara.
A ce poinl ile \ue, il fanl distingner dans la constitution du sol : 1 les ter
rains primitil s ; *J" !> dispositions qui sunt 1 oeuvre du temps, etque M. Pomel
foinr. eil( ; ) a deeriles sons \<- noin de Hamad, d Ery, de Sebkha.
G est prineipalement a Lest et an sud du plateau central qu apparaissent les
KM lies priniilives. Le-unit, souleve en masses enormes superposees, preseute
mie siiiic de terrasses successrves, di seendant par gradins. II constitue avec le
-neiss les ereles ( levees des reliefs prineipanx, enlin il sert debase ades forma-
i ions ile gres >i pan cs en gorges prolbndes.
(idle dispdsilidii si signalee par Bartb comme presqueconstante sur lesparois
d immenses ravins entrc lesquelles serpi iilent les ebemins etroits et toi tueux
sui\is par les cara\anes.
Le de.-erl, snivant .M. Pomel, est bien moins rdnstitue par les roches primiti
ves et les sables que par le Hamad, espece de ciment forme de cnlcaire coquil-
lier, de sable et de limon ; tan tot reunissant des masses superposees qui pre-
sentent Lapparence de rocbes, tantot s etalant a la surface de plaines unies ou
legerement ondulees. Dcveloppe sur d immenses etendues, le Hamad a un
aspect special qui n est ni celui de la pierre ni celui de la terre. Sa sterilite est
absolue. C est a la predominance de cette formation qu il faut attribuer surtont
la secheresse du sol et le caractere inhospitalier de la region.
On donne le nom d Ery on d Arey aux accumulations de sable dontles dunes,
disposees en collines s elevent parfois jusqu a une hauteur de 100 metres et
plus. Tantot ces dunes se forment sur place, de la desagregation de roches gra-
uitiques ou calcaires ; tantot elles sont deposees au loin, dans les depressions,
SAHARA. 137
par 1 air en mouvement qui emporte le sable comme un leger brouillard : On
a trouve a de graudes distances du sable ferrngincux provenant de terrains de
meme nature. Le sable du desert est tantot forme de petits fragments d acide
silicique, tantot de fossiles. Ehrcnberg y a trouve 133 formes d infusoires.
L Ery n est pas la zone la moins hospitaliere du desert ; il suffit souvcnt d y
creuser a unefaible profondeur pour arriver a 1 eau qu ilrecouvre. II est encore,
suivant M. Pomel, 1 habitat d une vegetation dc plantes succulentcs du genre
des especes marines qui fournissent leur pature aux chameaux.
Le Sebkha ou Chott est une depression du sol plus ou moins ctondue, temporai-
rement inondee ou recouverte d efflorescences salines, de sable, quelquefois de
coquilles : disposition qui a fait considerer les Chotts comme les golfes d uno.
mer aujourd hui retiree. Gette opinion est au moins vivement contestee aujour-
d hui.
La composition mineralogique de la roche est celle des quartzites et des
calcaires magnesiens intercalcs au gypse. Le gypse s etale au fond des chott en
plaques pavimenteuscs, simulant un ilallage regulier ou est reduit en poussiere.
II donne aux Sebk