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Full text of "Histoire du développement de la doctrine chrétienne : ou motifs de retour a l'église catholique"

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\otOlY REDEE
J}BRARY, WiNDSOR 
1>(C'ð 



, 

 



BIBlJOTIIÈQLE 


HISTORIQrE, PHILOSOPHIQUE ET LITTÉRAIHE. 



:-!'!!!' 


ße \ nnée. - 1 er OuYnu!c. 

 


/' 

 


DE L.\ 


DOCTRINE CHRÉTIENNE. 




HISTOIRE 



 
'DIT DEVELOPPE
IENT 


DE LA 


DOCTRINE CHRÊTIENNE 


ou 


MOTIFS DE RETOCR A L'ÉGLISE CATHOLIQlE, 


'Par J. Lj. l1CtUtna1t 


(De I'UnÏ\"ersité d'Oxfol'd); 


TRADUIT DE L'A
GL.\IS SrR LA SECONDE ÉDITlO
, A\EC APPHOBATIO\ 
DE L' AUTErR , 


P-\R .ItTLES GO
DO
. 


Oculi mei defeceruul in s
Iutan" 
tuum, et in eloquium justitiæ Iw{'. 


LIÉGE 
, 


IMPHIMERIE DE J.-G. LARDINOIS, ÉDITEPR, 
Rue Sæurs-de-llasque, No H. 


1849 


.

 
HOLY REDEEMER LIBR'M
b
INDSOR 



A '
ANT-PROPOS DU TRADUCrrEUR. 


... .. íiìr 


Je m'acquitte cnfin, en donnant la traduction de ce 
oU'Tage, d'une dette depuis bien longtemps contractec. 
les Boins qu'exigcait cc travail m'excuseront en partie du 
retard qu'il a éprouTé. 
On ne saurait perdre de vue, en lisant ce livre, que 

I. Newlnan était encore 3nglican qualld ill'a composé, 
et, bien qu'ill'ait écrit en ,Tue du grand acte de réconci- 
liation \Tel'S Icquell'entraînait la droiture de sa conscience, 
son esprit, qui entre\-oyait la ,-érité, ne l'aperceyait encore 
qu'à travers les ombres et les nuages qui ne pouyaient se 
dissiper cOlnplétement ayallt Ie jour OÙ cette intelligence 
d'élite ronlprait solennellement avec l'errcur. 
Le lecteur se rendra facilement conlpte des émotions au 
nlilicu desquelles cet oU'Tag'e a été écrit, pour pen qu'il 
cOllnaisse 13 cal'rière de 
I. XC" Ulan (1). II s'agissait pour 
Iui de rompre avec son passé, d'aballdonner une position 
brillante, de réfuter tout ce qo'il a"fait écrit contre l'Eglise 
romaine, de renverser ce qu'il a,-ait édifié, de justifier 
cutin un acte contre lequel il n'avait cessé de s'éleyer. 
Contenlplons à I'æuvre ce chef (rEcole, eel homme qui 
,Ja renoncer à I'influence si Grande qu'il exerçait au seiu 
ide I'Uniyersité et de l'église anglicane, et deluandoD!-;- 
Inous ensuite s'il Iui a été possible d'écrire son Histoi1"e 
I dlt Développement de la Doct1'ine cltretien.ne (2) , sans 


(1) Nous a"ons publié sur ce célèbre théoIogien une l\"otice ßiographique 
dans l'opuscule intitulé: ConreJ'Sion de 1 DO .l.Uillistre.
 a1l9licans, etc. 
I (2) 31. Newman a intitulé son ouuagr : Essai sur Ie Développement, etc.; j'ai 
pris sur moi d'en modifier ainsi Ie titre. 


II 



- II - 


que sa pÌLll11C trahit ra
Iitation de son esprit (ot le
 CIUO- 
tions dc son cæur ? IndépcndanlDlcnt dc cetle position de 
l'autcl1r'l n'ouhlions pas qU'Cll 
\nrrletc)'rc Ie lau3't1ITP 
philosophiql1c el théoIoß"iquc HC brille, pas plus qu'cn 
AlleuJa rrllC , par sa clarlé. L'[co]e trO\.furò, en outre. 
sèl1)hlc s'être altachée, dès son ori
Iine, à culti \ cr Ie sl
 Ie 
<1'un sièclc clout elle chcrchait it fairc J'c\i\re lcs tradi- 
tions, st
 Ie qui Il'est p
s it l'abri de tonte critique, et dout 
1'ob3curité éloi[}DC qnelqnefois Ie Iectenr. 
Ccs OLSCfVt1tions suHiscnt pour fain
 cOllJpr{\ndre qu'nlH lI 
persoDDe étranrrère au 111011\ elnellt intellecluel de l'.L\Jl- 
ß-Icterre, aux coutro, crscs théolon"iqucs des Puséisll's 
 aux 
Inatièrcs clout traite cc ,ohuue, ct nux circonstanccs 
dalls lesquelles il a été écrit, ail ,aiUClllcnt tCllté de Ie 
t rad uire. 
S'i1 se l'ènconl rc dans Ia pI en1Ïèrc partie de l'ou\'ragf'.. 
c'cst-à-dire dans l'cxposition de l'arrrUIIJCnt qni en fornle la 
Lase, quelqucs propositions qui. à la prrmièrc lecture. 
Be sen1blent pas déflnir
 a, cc asScz de pl'écision, rin, ite 
Ie lecteur à ne pas 5') arrlotcr, ct à poursni \TC sa route; 
car la lun1Ïère sc fefa clans son esprit Ù Jnesure qn'il péné- 
trCl'a plus a, ant dans cettc fortc ct féconde conccption. 
11 ne faut pas ouLlier qne 1\1. 
e,yu)an propose UIlP 
Itypothè
e. Or, toute IJ
 pothèse cst contestahlc" ct tire sa 
"alenr d'un cnsenlhle de probabiIilés. )lais c'cst précisé- 
Inent en cela qne consistc, pour quiconque cst capable de 
cOIn prendre ccs sortes d'arr,'(BJJCnts, la prcu, c des prcll\e
. 
Due pl'cuye particnlière DC pron' e que Ie parlicnlicr. et 
une preu,c Générale ne peut être qu'nne hypothèse qui 
relie, fortific, appllie et explique rune par I'a utre Ips 
preuycs particulièrcs. TOllte 1a {>rcnlière partie cst consa- 
crée à e
poser en quoi consiste I'h) pothèse de l'auteul'.. 
et qucUe en est la nature. Si quelqucs passag-es Il1anquent 
de 13 clarté désirable pour dcs Frauçais, on ne doit pas 



- III - 
ouhlier que 
I. N"e,vnlan a écrit surto11t pour des Anglals. 
qui ont un tout autre genre et unc tournure d'esprit qui 
diffère de la nôtrc. 
Ðans la seconde partie de l'onvrage, l'auteur montre 
que son hypothèse expliqne l'ensemble des faits de l'his- 
toire ccclésiastiqne, ct qu'elle seulc pent les expliquer. 
Bien que les applications qui fonnent cette seconde partie 
jcttellt line grande clarté sur quelques-uns des points qui 
auraicllt pu rester obscurs dans l'esprit du lccteur, cepen- 
ciant, ici encore, 
I. 
e'Yman sous-entend beaucoup de 
choses que les ignorants ne lerront pas; nlais on ne peut 
guère en faire un reproche à l'autcnr qui a écrit pour des 
sayants et des théologiens, capabics de suppléer à ccs 
]ncunes ; car il est Ie plus souyent nécessaire de les I'eu)- 
plir, au risque de tireI' des déductions dianl
tralenlent 
opposées à Ia penséc dn célèbre écrivain. 
Ce grand ollvrage, si vivenlent attaqué en Ang]cterrc, 
pourra bien trolller des détracteurs, mêlne en France 'I 
luêrrlC parn1Ï les catholiques. L'arr;nnlcnt qu'il ITJet en 
lumière a\'ait été indiqué, COU}ITle l'obser\'e l'autenr, par 
1\1. de l\Iaistre; et c'est, si je ne file trornpc, un des points 
qui ont Ie plus effarouché dans les écrits de ce profond 
penseur. L'arg-ument n'en est cependal1t pas moins bon et 
pas moins vrai, quels que soient les dangers qu'il puisse 
offrir à des esprits qui ne Ie cOlnprendraient pas ou qui 1(
 
cOlnprendraient fila1. N'a-t-on pas de tout temps abusé des 
choses les 111eilleures en elles-mêmes? 1\Iais, quoi qu'en 
disent les critiques, les hon111h':s sérieux admireront 
cettc æuvre hardie, jetée COfilnle un pont de salot sur 
l'abînle qui sépare l'éc'lise anglicane de l'Eglise catho- 
lique. 
I. Ne,vlnan n'a pas voulu échapper seul au péril ; 
en fuyant Ie camp des ennernis de l'Eglise, il a désiré que 
ses anciens frères pussent franchir l'abÌIne après lui. 
Depuis l'apparition de cc li'Te, des anglicans en grand 



- IV- 
nOl1lbre sout entl'és dans fEg-lise, et tons ont rCCOllllU quc 
cet OU\Tag'c a trioillphé de lenrs derllièrl'
 hésitations. Les 
volumcs puhliés ponr Ie 1'l.futer n'ont pas atténul- rC1Tct 
qu'il a produit, et g'il n'cs{, arl'iyé en .Auß'Icterre qu"Ù lUIC 
seconde {-dition, c'cst que IC5 anrrlicans, cfrra yés de
 di-- 
fcctions dont ce livre les Inenacait. out établi contre lui et 
i) . 
tous les écrits des 11lcnlLrcs des UBi, ersités, puhliés :1\ ant 
on ùepuis leur cOll,'ersion. un yéritablc blocus") afin que 
ccs publicatiolls pénétrassellt le IJloiJ.IS pos
ible daus leurs 
Tangs ébr311Il
s. (
ne sont de parcils obstacles contre le
 
dcsseins de 13 Pro, idcnce ! 
])éjà l'Errlise catholique d'Anrrleterre ,oit rcnaitre Sél 
hiérarchie, et les barl'ières poliliques qui s'opposaicnt all
 
rapports officiels cntre Loudrc5 ct Ie 'atican sout à la 
,'eille d'être rcn,'crsécs. 
'est-il pas pcrlnis de rerrartIer ce 
rapprochClllcut politiqne ('Olllll1e Ie préllldc d'UllC réconci- 
liation plus Í1nportaute ct plus désiraLle? Plusieurs écrit
 
qui ,"icnnent d'être pnhliés en i\.nß"leterrc, proll' eut qu · 
si leg esprits ne sont p
s encore, d'nne manière 

én{-rale.. 
disposés à une réconciliation spirituelle 
 il Y 3 dl1 rnoilJ:=; 
des tendances nlanifestcs ,ers 1111 retour collcctif it l'unit.\ 
catholiquc. Ces tendances HIe paraisscnt êtl'e aujourd'hni 
ce qu'était il y a quelques anllées Ie désir d'étaLlir de
 
relations il,"CC Ie Saillt-Siérre ; Inais en attcllòant que IC5 
dcsseins de Dietl s'accolllplisscut, l':Err1isc catholifIllc. 
8insi qn'clle l'a toujonI's fait Ù r.'c'anl dc
 COllllnll11joll
 
schislnatiqucs et hérétiq He:;"; ITagl1P à cUe illdi vitI l1cllenlent 
les lllclnbres de
 sectes qui résistcnt COII11TIt' corps à bC
 
caresses ruaternclles. })es luilliers de conycrsiol1s s'opèrent 
chaque annéc, et Ie doute qui .;'est cnlparé des àlnes.. 
prépare. une n1ui

on plus abOllòan te encore à fEg-lisc 
pour Ie jour OÙ cclni (lui était hier la gloire de falJg-li- 
conisnlc, reyiendra dans sa patrie, apôtrc de sa nou, el1(a 
foi , conlnle un second ",\uITustin, pour acconlplir 13 ßlis- 



-v- 
bion qu'il aura reçue d'nn nouveau Grérroire. Au sixiènle 
siècle, Rome enfanta l' A_llg1eterre all christianisme et (] 
)a ciyilisation; n'est-elle pas appelée au dix-ncllvième à 
détruire chez eUe 1'anarchie des intelligences, en ranH")- 
nant l'ordre et 1'unité dans nne société où la réyolte de la 
raison contre l'autorité diyine, et Ie culte des intérêts ma- 
tériels, ont engendré une barbaric plus funcste et une 
idolàtrie plus criminelle, que la barbarie et 1'idoIàtrie dc
 
Saxons ? 
Ia France, qui a secondé de di,'crses 11lallières les des- 
seins de la Providence sur rAngleterre, doit sc réjouir à la 
pensée que Ie lien de Ia foi ponrra un jour 1'11uir au 
peuple qui 3 été si longtemps son riyal. Sdivons ce mou\ e- 
tnent; étudions ce retour de l'A.ngleterre Ù l'unitc catho- 
li(lue
 dans les grands écriyains qui sont appelés, par leur 
position et leur génie, à de\-ellir lcs instrllIllents de cette 
réyolution sans exenlple dans l'histoire du monde 
 d'un 
penple qui, après trois siècles de révoltc 
 rc, ient à rEglise 
qui a ,-eillé sur son berccal1. Les g'onvcrnetnents séparés 
de ROIlle sentent Ie besoin de son appui
 et ]e recherchent: 
]es intelligences, agitées par Ie doute, ,'iendront, attirées 
par les sympathies qu'c-xcite Ie grand nom de Pie IX. lui 
demander à leur tour la 111mière et Ie repose Ainsi s'ac- 
compliront ces prophétiques paroles de Bossuet, si SOUlent 
citécs dans ces derniers tenlps: (( Vne nation si sayante ne 
)) demeurera pas long-temps dans son éblouissemcnt; Ie 
)) respect qu'elle conscrle pour les Pères et ses cUl'icuses et 
)) contilluelles recherches sur l'antiqllité la ranlèncra à ]3 
J) doctrine des prelniers siècles. Je nc puis cloire qu'elle 
)) persistc dans ]a haine qu'clle a conçue contrc la chaire 
)) de saint Pierre. d'où ellc a recu Ie Christianisnlc. tes 
, '" 
)) tenlps de vengeance et d'illusion passeront, ct Dieu 
)) écoutera les génlisselncnts des saints (1). )) 


(1) Histoire des YariatioDs , liv. VII. D. eX1\". 



- '1- 
Jc Iaisse de côté ccs considérations si consoIantcs pow' 
)'cvenir à l'ou
l'a()'e ct à fila traductiun. .Ie toe crus un 
u 
instant délié de rua prolnes5c en apprcHant quc j'avais e1{
 
dcvancé. Je m'cInprc
5ai d'cxalnincr Ia traduction annoncéc. 
et jc fus hicntôt conyail1cn que la tàchc rcstai t à reßlpIir: 
scnlcnlcnt eUe dc\"enait d'autant pills délicate qu'UIJP 
prcluière tcntati,'c avait cOluplétclnent cchoué. 
lon jurre- 
111ent ne tarda pas à êtr
 confirlné par un désa, Cll dc cel 
cssai, pubIié au 110nl de l'autcul' par un dc SC5 an1Ïs qui 
se trouyait alors en Fraucc. Cc dé
a' eu illvitait Ie public 
à rCß'urdcr COBllne nOll avenn un 1ri.t\ ail qui ll\ ait, Licu 
qu'involontaircmcnt, tralcsti ct dí.naturé, par iguurallcc, 
l'ouyrage dc 1\1. 
e'Ynlan. Pour 111e scrlir des terJJIl'
 
lnêmes du désalen. ccUe traduction nc préscnte en cITct 
qu'un anlas inintelli!Jihle de pa1'ulcs sans Ùlées,. et lnéJn,J 
en plusielt7's end7'uits -' Ie lraduclcllJ" a donné un J appa- 
rence d.ltéresie aUL
' J i)ll1'luH!
 d J fauteur'. (( S'il s'arrissait 
(J 
J) simplenlcnt, dit i\l. Dal
Iairlls, de fouvraITc d'une 
}) pcrsolllle incollnnc, quelqllc chcr que ptÎt lu'ètrc l'au- 
)) teur, et qnclquc.. intimc
 que 80icut, à taut de titl'CS, lcs 
)) rapports qui e
istent entre 1l10i et 
I. XC" Ulan, jc u'o- 
>>serais jamais occuper Ie puhlic d'uJlc protestation contre 
>>unc traduction infiòèle. \Iais 13 con, ersion Dlarqnantc de 
}) I'auteur du livre cn question, a en (jl1cl(IUC sorte idclltifié 
)) sa cause å ccl1c de l'Eg-lisc en ...\ngletcrrc . et il résul- 
>> terait évidcmmcnt un tn
s-grand mal que Ie liyre dans 
>>lequell'auteur rend cOIllpte des raisons de son retonr all 
)) Catholicisn1e fùt préscnté à la France cOllune un tl'a\ ail 
D nul et insignifiaut (1). )) Les terulCS de ce dés3yeu HC 
sont cel'tes pas trop béyèrcs, car la traduction infidele \ a 
nlême jllsqu'à faire dire å :\1. 
e'Yman qu'on ne pcut 


(I) Ce désaveu, publié par l' enivers du 10 jan,'ier 18-17, a aussi paru ùalls 
I' Ami àc la ReligÙm t la Ga:elte de France, la Voix de la Vë,-ité, la Qllvticlie,me, 
la Fl'ance, et autres journaul. 



- VII - 


identifier l' E glise des p r rc1nie r rs siècles avec Ie Ch,ri8tia- 
niSl1le 
 et que l' A1 7 ianisme, Ie Nestot'ia,nisnle et r Euty- 
cltianis1ne 'It(> sauraient êt}7e appelés des hérés'ies (1 ). Or, 
1\1. Ne,vman., ainsi que Ie bon sens l'indique, a écrit pré- 
cisén1ent Ie contra ire , et il n'eût pas faUn être doué d'une 
forte dose de raison et de science pour éviter un pareil 
contre-sens. Ce n'est là cependant qu'nne erreur entre 
mille, ainsi que Ie Iecteur va pouvoir s' en convaincre. 
Les intérêts et l'amour-propre qne froissait ce désaveu, 
se sont récriés, absolument comme s'il s'agissait d'un fait 
qui admît la contradiction. On a soutenu l'exactitude de 
la traduction désavouée avec nne assurance qui m'a forcé 
de justifier la protestation de l'auteur, en apportant dans 
plusieurs journaux les preuves à l'appui de l'infidélité de 
cet essai. 1\1ais mes critiques ont été signaIées comme sns- 
pecte5, parce qne je n1'occupais moi-nlême cl'une traduc- 
tion. Les spéculateurs qui espéraient exploiter l'ouvrage 
de 
I. Ne,vman à la favenr de son non1, ont fait répéter 
que mes critiques étaient inspirées par des motifs d'intérêt. 
II eût sulli, pour se convaincre du contraire, de se de- 
mander con1ment 
I. Ne,yn1an serait descendn à se faire 
le complice de mes calcllls? comment un auteur, désireux 
et naturellement fier de voir paraìtre one traduction de 
son livre, se serait-il hâté de la dés3youer, si cUe eût pu 
être acceptée par lui? comment 
1. Ne,,-man nl'eût-il re- 
mercié d'avoir signalé la traduction infidèle pour ce qu'elle 
valait? Un désaveu fait dans les tcrmes que j'ai rcproduits, 
ne laissait pas place à la contradiction, et Ie puhlic ]'a 
bien conlpris, car, D1algré son impatience de connaître Ie 
beau livre de 1\1. Ne,,-man, il a laissé dormir en paix la 
traduction infidèle et inintellip'ible. 
o 


(f) Page 251 de la traduction publiée par les édileurs Lagny frères. Nous 
8\'OnS appris que Ie soin de \"érifier I'exactitude de ceUe traduction avail éti 
confié à un .1J1inistre Protestant. Cette tâcbe a été singulièrement remplie. 



- '-J- 
Jc laisse de cûté ces considératiol1s si consolantes pUlU 
)'cvcnir à 1'0U\ rao'e ct à fila traduction. Je 1l1C crus un 
u 
instant délié de ilia pronlt';
5e en apprCHant que fa\ ais étl a 
devancé. Je m'clllprcssai d'cxaulincr la traduction annoncéc. 
ct je fus hientôt convaincu que la tLiche rcstait à renlplir: 
8CulcBlcnt elle de\"cnait d'autant plus délicate qu'uIJe 
prclllière tcntative a,ait COlllplétcl11Cllt échoné. 
Ioll jurre- 
Incnt ne tarda pas à être connrult'. par Ull ÙéS3\ eu ÙC eel 
cssai 
 puhlié au uorn' ùe l'auteur par UIl de ses iln1Ïs qui 
sc trou'ï.lÌt alors en Frauce. Cc des
n en iu, itait Ie public 
à rCß'arder C01l1111C non a\ CIHI nn travail qui 
n ait, hicn 
qn'in\-olontairement. tralesti ct dénatnré, par i:IIlorancc 
1'0U\TarrC de \I. ì\è" Blan. Pour IIle 5cr\'ir des tcrnH'S 
Inêmcs du désil\"cn. cclte traduction nc préscnte en erfct 
qu'un aUlas inintelligihle de pa7 ' vlcs sans idécs,. cl 1nênle 
en plusielt1's elldl'ol
ts.J Ie tJ'aduclell1" a doltné UIU' appa- 
rencc d./u17'csie aux } !)ltl'as(!
 de fauteur. (( Sïl s'arrissait 
<.J 
J) sinlplenlcnt, dit 11. Dal
j'air1l5, de l'ouvrarrc d'unc 
>>persollllc inCOlllll1C, quelque chcr que pût ru'être rau- 
)) teur, ct qnelque iutinle5 que soieIJt, à tant de titrcs, lcs 
)) rapports qui existent elltre IllOi et ,I. 
e'Ymal1, je n'o- 
>>serais janlais occuper Ie pnhlic d'ulle protestation contrç 
)) une traduction infidèle. 
rais 13 con\ crsion marqnante de 
)) I'3uteur du livre en question, a en qnclquc sorte idcntiHt
 
)) sa cause å ceHe de I'E u o-lise cn ..\n.(rleterrc . cf il résul- 
u , 
>> terait évidcn1111ent un très-gralld Iual que Ie liyre dans 
>>lcqucll'autcur rend conlpte des raisons de son rctonr an 
)) Catholicisnle fùt préscllté à la France COlllnlC un trayail 
)) nul et insirrnif1311t (1).)) Les ternlCS de ce désayeu ne 
sout certes pas trop sé,'èrcs, car la traduction intidele ,-a 
nlême jusqu'à faire dire à ,1. 
e" lllall qu'on ne pCllt 


(1) Ce désa,'eu, pubIié par l' ['"niver, du 10 jan\'ier 18i7, a aussi parlJ ùal1
 
I' Ami de la Religiun t la Ga:elte de France, la Voix de la rér'ité, la Qllvtidie,me, 
la F'I-ance, ct autres journaux. 



- VII - 


Ùkntifier I' Eglise des p-rc'11tie'ì"s siècles avec 1e Chr.istia- 
niS1ne 
 et que l' A'J"ianz"s11te, Ie NestoTianisl1te et l'Euty- 
cltian-is11te ne sauraient êtTe appelés des hérésies (1). Or, 
1\1. Ne".man, ainsi que Ie bon sens l'indique, a écrit pré- 
cisénlent Ie contraire, et il n' eût pas fallo être doué d'une 
forte dose de raison et de science pour éviter un pareil 
contre-sens. Ce n'est là cependant qu'une erreur entre 
mille, ainsi que Ie lecteur va pouvoir s'en conyaincre. 
Les intérêts et l'amour-propre que froissait ce désaveu, 
se sont l'écriés, absolument comme s'il s'agissait d'un fait 
qui admît la contradiction. On a soutenu l'exactitude de 
la traduction désavouée avec nne assurance qui m'a forre 
de justifier la protestation de l'anteur, en apportant dans 
plosieurs journaux les preuves à l'appui de l'infidélité de 
cet essai. l\1Iais mes critiques ont été signalées comme sos- 
pecte5, parce qne je n1'occupais moi-n1ême d'une traduc- 
tion. Les spéculateurs qui espéraient exploiter l'ouvrage 
de 
1. Ne,vrnan à la faveor de son non1, ont fait répéter 
que mes critiques étaient inspirées par des motifs d'intérêt. 
II eût su:ffi , pour se con".aincre du contraire, de se de- 
mander cornment 
1. Ke,,-mall serait descendu à se faire 
Ie complice de roes calculs? comment un auteur, désireux 
et naturellement ficr de yoir paraître une traduction de 
80n liyre, se serait-il hâté de la désayouer, si eUe eût pu 
être acceptée par lui? COIDment 1\1. Ke,yman nl'eût-il re- 
rnercié d'avoir signalé la traduction infìdèle pour cc qu'elle 
valait? Un désaveu fait dans les termes que j'ai reproduits, 
ne laissait pas place à la contradict
on, et Ie puhlic I'a 
bien c01l1pris, car., malgré son impatience de connaître Ie 
beau livre de 1\1. Ne,,-man., il a 1aissé dormir en paix la 
traduction infidèle et inintellip"ible. 
o 


(1) Page 251 de la traduction publiée par les éditeurs Lagny frères. Nous 
avons appris que Ie soin de vérifier l'exartitude de cette traduction avait ét<Í 
confié à un 1I1-inistre Protcltant. CeLte tâche a été singulièrement rempJie. 



- VIII - 


.Jc ne m'étonnc pas de finsnecès dc cctt.e lcntati, c. 11 
Ile snffis1it pas, 
n effct. pour bien trad uirc l'OlH rarre de 

1. Kc,vrnan, de connaìtrc parftJÏtcrncnt Ia Ian
'ue 3uglaise 
(que Ie traductcnr HC pos5èùc que d'unc mallierc très-ill- 

uflisantc) 
 n}ais cncore llC fallai t-il pas être completclucnt 
i}trangcr anx étllde
 philu
ophiql1cS ct surtout Ù la tht\o- 
lorric. II était TIéec
saire de sa, oir cn outrc les circonst3llrc
 
u 
dans lesqucllcs ce li'Tc' été écrit; or. Ie traductcllJ' irrnorc 
ju
qu'au nom de :i\1. 8"è"-lllan, dOllt il fait 1111 rédactCl1f du 
journal politique de Londres, Ie 7l
1ncs. II est Lien é\'idcnt 
quc Ia persollue qui a puLlié eel cs
ai ne se trOll' ait 
placée dans aUCUDe dcs cireollstancc8 qui pouvaicut Iui 
perillcttrc de traduire eet OU\ rarre a, cc f'idéli té et intel- 
ligellce. Je tiens à etaLlir (Itle \1. ì\t\\"Inan UP POll\ ait se 
dispen
cr dc dé
a\"oncr Ic tn,\"ail d'écolicr fait. sur 
on 
Ull\Tagc. Ell AnGletcrl'e on a iuterprété son désavcu d'une 
façon assez sin{julièrc. Un éCl'i,'ain qui occupe une position 
élcvéc daus l'érr1ise anr,"licalle a plaisaulIucnt sllpposé òans 
un li\'l'e qu'il nous a adressé (1) ': que Ia traduction illfiùèle 
(que d'ailleufs il ne connaìt pas) avait été frappéc de dés- 
(j'"CU"l parcc qu'elle ll'était pas revêtue de l'a}Jpr'obativll 
df'S supéricul's sous Ia dircction de
qncls 1\1. l\c" n1an 

'était placé au Collérrc de In Proparrandc à ROBle. Jl 
ajonte que Ina traduction doit reccyoir cette rrarantie. 
Le R. doctcul' C. 'V ords\yorth a fait prculc daus plusicur
 
OU\TarreS, et cntr'antres dans ccIui-ci , d'Ull esprit inyclJtif 
des plus ingéllieux, et cette décol1\'crte TIC s\lrprendra pas 
les personncs qui Ie connaisscnt, car il c
t capable dc faire 
rnieox encore. Scs COlllIllclltaircs se réfutcut par eu
- 
mêmes; je ne les relèle que parce que Ie nOlI} <lu doctcur 


(1) Lrtten to Jl. Jules Gondun, on the De8truclif Character of the Church of 
Rome, par Ie Dr C. 'Yord""0rth. Je saisis ceUe occasion pour prolesler contrc 
loul ce que ce li\"fe rrnfpflue contrr }('s doctrines et les praliques de I f::;li!'e, 
en allendant òe Ie f(
fu'('r 



- IX- 


,\
 ords,,'orth leur donne en Ang'letcrre nne yaleur qu'il
 
ne sauraient avoil'. 
I. Xe" Inall, en dés3YOUallt uue tra- 
duction infidèIe 
 a fait ce que l
 docteur "r ords,,-orth 
serait lui-rnême dans In l1i'ccssité de fairc 
 si je trad II Ü;a is 
3'fCC In lllême inexactitude. son TIleOjJlâbt8 Anglicanus 
 
ou son YOlllllle lh
 Lettres á JJI. J. Gondon. Je l1C 8ais 
pas, cn ce qui rcg'arde rinterycntion de la Propa3'andp, 
où Ie docteur "r ords" orth a appris q ne cette conrrrc3'ation 
romaine a dans scs attributions Ia censure des OUlrao-c
 
u 
qui sc publient dans Ie lllondc. 
I. 
e,vn)an a hien ,'oulu 
.3pprou,'cr lllon desscin de trad uire son Ii \ rc 'J 111ais à nloi 
seul relient Ia responsabilité de Ulon tra\ail") Ie 111éritc de 
son exactitude on Ie hlfune de ses inlperfcctions. 
Quant aux errenrs, anx luépriscs de tous Gcnres. qui 
font du livre désa,'oué un antas inintclligible de ]J{.ltro!e8 
sans idées) fen signalcl'ai quelques-nncs des plus r,TOS- 

ières, afÌn qu'il soit étahti une fois pour toutcs qne ce 
tra\ail reste en dehors de toute critique. Je dirai d'abord 
d'nne ulanière r;énérale flue les HOllIS proprcs sont presque 
toujours estropiés. lin lieu d'Esdras, nous lisons E=ra; 
saint Damase cst appelé Ða1Jtas. II est qnestion de :\1. Yin- 
centins gnand :\1. Kc,yrnan parle de saint Yinccllt. Plli
 
Vincentius de-,Tient 
I. Vincent. Saint Léoncc est pris pour 
5aint Léon. I.es 
\éricns sout confoudus a\"cc les Â1'iens; 
les Entichites sont appelés des Eutycltites,. nOllS trou,'ons 
öl1ssi dcs Patr'ipessien8 ponr de:; Patl'jpa

iens. Pierre de 
SiciJc q uitte son nom anglais Pet(!r
 pour rcprendrc son 
nOtH latin de Petr>u8 Sicuills. Jloslc In) qui si
plÍfìe les 
llusulrnans, est traduit par l1JoslwiJlt) non1 de l'historien 
ct théoIog'ien allc(l1and. Byzacènc 
 province du pays de 
f:al"thag-c on de l'.Afrique des Latins 
 est tradllit par les 
Byzantins (p. 238) ! l.es Apollinaristes sont qnelqucfois 
nonllnL
 des Apolliuaires) les Apotactiqnes, des Apotac- 
tites. Le concile d'El"ire est appelé d'illihéris. La n1èrc 
b 



- 
II - 
un très-grand nOlnbrc de citations, Ia suppression tantôt 
d'nne lirrne, lalltôt d'une phrase, tanlôt de pag'cs cnlièrcs, 
ct les gl'Ùces du slyle ùont fai dOllllé òes e
elnples. II me 
l'csle à reIcvcr q uelques-uns des contre-scus les plus ridi- 
cules, en IllcttaJlt en re
'ard ce que dit l'auh
nr (
t Ce que 
] II i fai t dire Ia traduction. 


L'auttur commence ainsi : Son traåucteuf lui fait dire: 
(( Il y a plus ùe onze ans que jr (( II y a ent'iron sept ans que 
Ju'exprimais de Ia mallière sui- l'autcur s'cxprimc ainsi ùans un. de 
,-ante dans un des premiers nnméros ses premie1's articles dans Ie journal 
des Traités pOllr Ie lcmps préseut the Times. 
(Tracts for the Time
). 
1\1. Newman dit ailleurs, a près 
une citation qu'il rétracte : 
(( Un ami, avec 1('qucI j'étais 
très-famiIier, m'écri,it relative- 
ment à ce traité et à d 'autres; il me 
ùisait, d'une manièrc généralc, en 
pa ria n t des t1'acts: (( Ce qu i se passe 
)) all sujct des tracts est Lien encou- 
>>rageant; mais jc désirerais oLlenir 
>>ùe \"OUS, quand on fera une se- 
>>conde édilion, d'en éliminer on 
J) au moins d'en modifier plu- 
>>sicurs. l.c lraité sur la Succession 
>>..\poslolique ùans l'église angJi- 
>>cane m'est tombé par Lasard sous 
))Ia main, et il m'a paru emprein 
>>de si peu de bonne foi que jc 
>>m'élonne qne vous ayez pu, 
)) même dans ]' e
cè5 de GtY.OYO,u.t'X 
))et l-';:.I(j;j(t'-'I-(OS, "ons en renllre soli- 
))da ire. )) 


Son traåucteur lui fait dire: 


(( Quelque temps aprt.s, un ami 
a\'cc lequcl j'élais cn terroes très- 
inlimcs, me disait ùans une lellre 
sur ceci et sur d' autres di.çcours 
 
quoique non pas précisément sur 
celte partie: (( L'accueil quP t'ou.
 
)) a l.'C 
 Tefl/' est ttl
s-encouragean' 
>>touchant les discollrs; mais, jc 
)) ùésire, lorsque la seconl1c él1ition 
)) paraitra, pouvoir oLtenir ùe \"OUS 
))(J'clfaccr ou a[térel' matériellemc1tt 
)) plusieurs ex pressions.l:aulre jour, 
)) pa r hasa I'd, J' ai Tcncolliré Slit mon 
))chemin le discours (tract loujours) 
))sur la sllccession apostolique dans 
))I'église anglicane, cl, réeHement, 
))elle semble 
i injusle que jc suis 
))élonné que 'ous avez pu, mêmo 
))dans l'extrémilé de OtXOYop.ux e1 
))r:.:.IGxtap.o; conscntir à en fairc 
))partie. )) 
Le traducteur a-t-il ,'oulu dire que 1\1. Ne,vnlan a 
conscnti à faire partie du discours ou de la succcssion 
apostolique ? 



- XIII - 


Ailleurs, au lieu de : (( Nons retrOl1VOllS la trace dll 
principe, etc. 
 )) Ie traducteur abrège en disant: lVo'u... 
traço.n8 Ie lyrincilJe (p. 12); au lieu d'arguJllcnts qui 
touchent à on concernent l'Eglise de Rome') il dit: def"j 
arg'unlents qui 'réagissent SUT tEglise de RO'1ne (p. 13). 
Dc 11lêlne qll'il 'J"encont're po'r Il,asarrd un disco'u1?8 sur 
son clle'lnin 
 au Jieu de trouver un traité sous sa nlain
 il 
fait pr'ononeeT des 'Inots pour tenir un Iangage; il parle 
du '{'ituel ex térie U1" 
 quand i1 est question de pratiqu('
 
c
{térieures de dévotion. Ii traduit, en 1)[\r1ant du Chris- 
tianisme 
 its objects 
 par Ie hlâJnc qu'12 déverse sur eel'- 
taines actio11S (4 C ligne de l'introduction). Plus loin on lit: 
(( Com1nent pou1'>lpions-nou8 alorrs Ie faire pour une reli- 
)) gion, pour un fait ac.compli, qui doit par son 'ltniversa- 
J) lité delJenÙ'"Ie sujet de tAéo1'"ies généTales .9)) 1\1. Ne,yman 
dit précisément Ie contraire dans cette phrase: 
Je la rraduis : 
(( On peut légitimement faire dn 
christianisme Ie sujet de birn <it'S 
théorics. )) 


(( It may legitimately be made 
the subject-matter of theories. )) 


Dans une note 
 Ie traduc.teur 110US dit : (( T' oye,:; I(!
' di,
- 
CO'1ll'S POU1'> Ie Tirne8.) )) lorsquc l'auteur rcnvoie au).. 
T'raités lJo-u1'" Ie Tel1lpS pTésent. 

I. 
ewmao nous Oil: La traduction lui fait dire: 
(f Comme il n'est pas nécessaire (( Et ainsi qll'il ne faul pas Sl1p- 
de Sllpposer que la doctrine ca- poser qu'aucnne intention propre à 
tholique romaine soit Ie but ulté- la doctrine catholique romaine ail 
rieur de nos recherches, on ne dirigé la discussion, de ffil'mt" on 
doit pas non plus s'imaginer ne doit IJ3s s'attendre..., ctc. )) 
que..., ctc. )) 
Quel est Ie dictionnaire qui autorise à tradnire : t/âs is 
pretty mucl
 tile wltole of tlte evidence (ce sont là à pen 
près tontes les preuves) par eela est de la der'111
è1J
e cl,i- 
dence.9Cornmentcomprendrece que ,'cutdire 1\1. Nev
mnn 



- XIV - 
en parlant du purrratoire, Iorsqu'on sc pcrnlct, au milieu 
dc son exposition, de traduire in th" case of tit faithful 
d.fJ]Jarted (dans Ie cas dcs l-ìdèlcs décédés) par ccs 1110t5 : 
dans Ie cas o'1Ì fon s' éca ria de la foi .r; })aIl5 unc notc, 
)1. 1\c"rnllHl fait obscl'\cr que l'ap('r<.:u qu'il public SUI" 
'Vesley cst surtout tiré de Southey, lllais qn'il n'a ricn 
l'lnprullté nux auteurs postérieurs a 1837 : hut in no ca.
 
Ii-out any a ufltOl-if!} III fer tit a /I 1837. Croirai t-on que la 
traduction 11li fait dire: Cel a } )crrn e",t tiré de Southey , 
. 
 
 
Ilia is fa llfo1
ifé u'en rC/llonfe l)a.
 IJlll.
 Ila itt que 1837. 
_\illcurs, l'antcuI' nons dit cn parlant dr
 scctaires de 
'\\
slcr, f(llïls furcnt accllsés d'êtrc Fa, oraLles all pape ct 
an prétendallt (cllar'gfs of (arOIl1"Ù'!J ])OPC and In''ctender 
are prefC1'ly!d) 
 la traduction I'cctaie ainsi cc passa[;"p: 
Le devoir de ravol'i
cr Ic ]JltjJC t.Jt I J pl'ét Jndallt etait 
encorc lJ"e-5jJec({:. Choré, êque (cltorepi-çco}Ju!!t-) est trnduit 
par Z'lea 1 re. 
ta traduction fait Illonrir Ie jcunc 11ls de Carpocratc à 
.
();.fa71te-di.t'l all-ç 
 quand Ie te\..te dit di
-scpt. \Toici Ull 
pa

arrc de [ucicn (p.1Ï est sin
:rnlil'rcIIH'lIt tra\csti. 

I. 
ewman cite ainsi ce passage: La traduction: 
(( l\ouS connaisson:;, dit Lucien <<ì\ous connaissons, ùit Lucien 
en par1ant drs Cbaldécns et ùes en parlant des Chaldécns ct des 
mag('s, comment Ie S
'rien ùc Pa- magc,:" Ie Syrien de Palestine qui 
lcstine, qui cst Ie granù sophiste en ('st sophiste dans ees matières, 
ees matières, guérit les lunatiqu('s CUl1Ullf beaucollP d(> 11l1latiqlle.
. il 
qui se prrseBtent à lui, les y('u
 Sf' préscnte (Ic S} rien) an'c ùe!- 
contournrs, la Louche cOll\'erlc d'é- yeu
 contournés eL une Louche 
cume, ct les rcnvoie guéris, en les plcine d'éeume, il se lève et s'en 
ùcbarrassant de leurs maux , moven. \3 rétab1i ct il délivre ùu mal les 
oj , 
nant un grand prix. )) aflligé5, mais 11 la condition <Iu'il 
oblicndra d'cux un grand. salaire. 1) 

I. ì\e"nlan cite SOlnent UB de ses OIl\Tarr eS illtitulé : 
P/
op"etieal Of Fee of tlte Cllltrcll,. or, chaquc fois que ce 
li, re re\'ient, 1a traduction rrn,.oic à l'E.1'}Jlico:tioll de.I( 



- xv- 


Pl'op!uJties. Cherchez! Au lieu de dire, en parlant de 
Ronle, ses _iigles ne s'abattent plus nulle part, nons tron- 
,'OIlS COllune 8e8 aiglcs ont brillé,. au lieu de : (( Pouyoir 
absolument douter d'une chose ll'autorise pas Ie reflls d'y 
croire, )) nOllS trouvons êtTe ca}Jahle de douter n'est paR 
une raison suffisante pOllr ètre inc1
édule. Pour dire... 
(( En ténloignagc d'un sièclc postérieur, )) Ie traducteur dit 
du dernier siècle. 


1\J. 
ewman a dit: Son traducteur: 
Les ppflsées ardentes enfantécs Lcs pensées chaleureuses créées 
par l'éloquence populaire... par la {ouie des oratcurs... 
L'idéc se forme dans les épreu\'es (Le danger) est déeoUL'crt par l'ex- 
et se perfectionne dans les luttes. .... péricnce, et il tend à la perfection... 
L'idée sort nécessairement d'un CeZa vient néccssairemcnt de l' é- 
état de choses existant... tat aetuel des c1u'ses... 
'Vesley doutait de la légitimité "T esley doulait de la fléecssité... 
ùes études séculières... 
Certainement il (Ie nom de ca- Certainement fEglise ne vient 
tholique) ne vient pas d'uß homme... pas d'un homme... 
Leurs assembJees pour la séduc- Les asscmblées de peur de sé- 
lion des âmes chrélicnnes... duction des âmcs chrétienncs... 
De même qu'elle inclinait (l'é- Comme telle lendait à la sépa- 
cole de Syrie) à séparer la personne ralion de la personne divine du 
divine de Jésus-Cbrist de son hurna- Christ de son humanité; ainsi elle 
nité; ainsi eUe tendait à faire dis- tenùait à continuer d' expliqucr sa 
paraitre 1a présence réelle des préscnce dit:ine dans Ics éléments 
éléments eucbaristiques... cucharistiques... 
\Vesley l'abandonne ensnite pour ". eslcy la clétourne dc son obéú- 
obéir à ses directeufS 
Iora ves... sance envcrs les direclcurs 
lo- 
ra,"cs... 
Le syslème dcs Classes (en par- II cn résu1te un système com- 
lant des \Vesleyiens) el des prédi- plet, mais encore t'aeillant... 
cations arnbulantes est ,-enu en- 
suile... 
Quand I'Evangile parle de]a Quand l'Evangile parle de ]a 
\ertu émanant de r\otre Seigneur yertu sorlant ùe Notre Seigneur et 



- XVI 


Son traduclcur : 
de son 'rapport at'ec noire fragilité 
qu' eUe IJénètre... 
Puisql1'alors I'Ecritnre n' a pas 
besoi", dC' cornplément, la question 
se horne 
l ceci : que I'ohscurité 011 
Ie défaut dans Irs doctrines, l'slOfI 
nOll tinc probabilité an'écédente,.. 


M. Newman: 
ct de ]a guérison opérée a\'ce l'ar- 
gile qu'il avail humectée... 
Si done l' Ecrilure a besoin d'un 
complémcnt , la question se réduit 
à savoir si la défcctuosité apparcnte 
d.c ses doctrines n'est pas une 
prCll\
C ou IInc probabililé en faveur 
de l'opinion qn'el1es devronl être 
dé\'cloppées a,.cc Ie temps., 
Jusqu'au t1ernier ß1omcnl, rien J]émr à ia fill, it n'y avait aucun 
n'indique que Irs Israélitcs doi\"rnt dessf'in de leur fairc qnitlt'r I'E- 
quitter I'Egyple pour tout ùe Lon... g
'pte nrec leurs biens... 
Conséqucncrs qui doj\(\nl sen ir Conséquences qui uoivent (le- 
de prémisscs aux investigations \'enir Ie; prémis
es d'il1\esligatiuns 
ultérieures... allféru'urcs... 
S'jl y 3 présomption à inter- S'it J a .liuppositiun à étahlir ponr 
prder chaque pL\ssage... interpréter... 
Tellc est la présomption qui Telle cst la conséqucncc qui dc- 
règne dans tout I'ou\'ragc... coulc du li\ rc... 
II maintient, au sujel du pape II soulient sans hésitation rau- 
Jules, I'aulhenticité d'une lettrc thenticité d'une IcUre qui lui fut 
qui lui fut aUribuée. adl'cssée... 
Je pellse qne lorsquc Bellarmin Je convicns alors que <)uanù Ie 
invoquait les Pèrcs cités plus haut ratllOlique présellte ù 'aburd Il's 
pour prouver Ie purgatoire... Pi'res ci-dcssus en prcu\'c du imr- 
gatoirc... 
Par Ià nous détrllirons Ia SJglll- 
fication du mot carmen. 


Ce qui précèdc nous permet de 
!'aisir la signification du mot car- 
men dans Ie sens... 
Chcrchanl à fairc naÌtre Ia fùi 
par ùcs mCf\'cillcs... 
L'hérésic... nc pouvait plus ("-trc 
réfutéc cn Iui opposant simple- 
ment ]e caractère de catholicité de 
I'Eg1ise... 
l\Iais il Hail Thracc, el n'étail 
Iais c'élait un Tlarace en oppo- 
lié que par sympalbie au patriar- sitimf, non par sympafltie, aH'C Ie 
cal d'..\ntiocJle... I patriarche ù'Antiochc... 


Offrant à la croJance fmc suite 
(Tc '1nl'l"t' ei II es... 
L'hérrsie..... ne pent pas êtrc 
aussi promptement réflltée par Ie 
simple cxamCll de la catlwiirité... 



- XVII 


:\1. Newman: 
..\ près la clôture du concile... 


Son traducteur : 
Lc concile, apr{'S 
tion... 
Traduction : 



a dÜerm,Ù1a- 


On lit dans une citation åe saint 
..\ ugustin : 
Si les saintes Ecritures ont Si les saintes Ecritures ont 
donné rEglise à l'Afrique senle, donné l'Eglise à l'..\frique senIc un 
à quelques Cuzupites ou 
lonta- à quelques rares fiertatc14Tt... 
3nards(montcltses) de Rome (1)...... 
Si c'cst à quelques habitants de Si c'est à quelques Tripol ita in
 
1
ripoli ì de Fyzact'ne et autres pro, au Ry::antins... 
vmces,.. I 
Quoi t dit saint Pacien it Parmé- Quoi! quellc sera la pO
lfri(é 
nien Ie <1onatiste, cst-ce que la se- d'Ahraham, eHe égalera en nombre 
mence d'Abraham, qui est aussi les étoiles ct les sahl('s de la rr..er ; 
nombreuse que les étoiles ct Ies sO!JC;; content de 'l.'{.tre pa?H'Il'fC:... 
grains de sable des bards de la mer, 
se contentera de votre pauvrcté !... 
(Du petit Hombre d
 \-as sectateurs.) 


.Je passe") dans les pages qui me fournissent ces c-outrc- 
sens , des erreurs aussi gTayeS que celles que je signalc 
 
mais comment tout relever? Cent pages n'y sufliraient pas. 
Je n'ai ffuère en la patience") jc l'ayoue, de parcourir, en 
divers endroits") plus de la moitié de la traduction dés- 
avouéc") et cEtte partie m'a foul'ni au moins dix fois autant 
d'erreurs que fen signale ici. II In' a semblé que j'en rele- 
,'ais assez pour pern1ettre à chacun d'apprécier la nnllité 
conlplète de ce travail") et fa ire sentir les raisons impt-'- 
\'ieuses du désa,Teu qui a appelé cette traduction un amas 
'3lintclligihle de pa'Toles salt-.s idées. Je n'aÌ pas Ie courage 


(1) Les Donalistes de Rome étaient appelés Cutzupites, ou mieux Cuzupites , 
rt ")lontagnards (iUontenses), parce qu'ils avaient une église située sur un mont. 
La difficulté de traduire les deux mots anglais cut:.upitans et montaineers, d()nt 
se sert 
1. l\'ewman, les a fait supprimer 
 te qui est plus simple que de 
e linel" 
à des recherches. Dans un autre passage de la traduction Oil re"iellL Ie m<..lt. 
f1&ontaineers (lJlonlenses), il est traduit par mOlltanistes \ p. 23
) ! 



- XVIII - 


de pousscr plus loin cettc pénihle tâche , dont je dcvais 
lu'acquittcr ccpcndant, après avoir YU, il Y a (luclql1e
 
scmaincs à peine, que nlalßTé la réprobation ùont ccttp 
æuvre inforu1c a été frappéc, on trayaillait cncore it é
arcr 
Ie public, Cll cherch3nt à lui pcrsuader que cctte traùuc- 
tion cst la fitlèlc reproduction des idécs ùe )1. Xc,vnlan. 
On est mêlllC allé, pour atteincJl'c ce but, jusqn'à in, uquer 
le nonl Ie plus aU
lus1c. cn trall
fornlallt till accusé de 
réception ,cnu <1(\ Jlomc en tlllC' lcttrc de félicitations 8111' 
In fidélité ct l'e<
'actitlUlf3 (1) dc la lralll1ctioll. tc hI] l dan
 
lequel ce livre a i.té Pin oyé it Ilonlc, cl qlle run a atleint, 
conlll1allòait ccpelldallt plus de ,'él'acité ct 
nrt(}nt plus 
de nlodest.ie. 
Je llC pcnsc pas que 1'0n trou, c dans les 3Ilualcs de la 
librairie frall(
aisc un fait de tra\ cstissenu.nt pareil pour 
uu Ii \TC sérieux. J aluais Ie rOlnancier étI'311ß'cr Ie 1110illS en 
renOIll n'a été iUlIllolé de Ia sOIte. En parcourant les pages 
du li\Te ùésl\ oué, Ull croirait plutût lire Ia ,crsion d'lln 
Iuauyais écolier, faite à coups de ùictiolluaire Sil1l5 aucun 
souci du tc:\:te, qn'nnc véritable traduction. Je He 
ais 
i 
l'OIl ùoit s'étollner Ò3Y3ntagc de cc qu'une phIlue illc:x.péri- 
ulcntéc ai t usé traiter uyec si pt.n c1\'.

ards Ie norll la 
5cic-llce ct In répntatiolJ de ,I. Ke" man. on de l'oh
tiJlatiol1 
8ve.c laqucllc an clJcrehe Ù nnirc à ]a r[.putation <It' t'f' 


(1) JIonitl'ur fJ.'Tlirersel du 21 septrmbrc, faiil dÙ'crl. L.pffrontrrie (h' 1:1 
,.écl,lme s't'
t acrruc a,'cc I'impunité qu'a fencontréc rcUe prcmièrc 1I0te. :'\otJ
 
8\ODS lu en etTet dans Ie journal Ie CUTlsen-uteur du 1 H octobrc : (C S. S Pie IX, 
vient llPl)'t'uuur la traduction franc:a
sc du linc du rélèbre PUScIsiste :Xeurnan 
(sic)... En faisant félititer l'auteur, S. S. lui a rn'o
'r au,si un IJrécieu,x suu- 

e71ir. J) l.:aplH'olmtivn dc S. S. est un men
ollgc; Ie IJrécieu.r sou.reni,. ('n est UII 
nutrp. Le prrtcndu souycnir n'cst flu'un modcsle sccolJrs en pipers de cillq 
francs, qui a \ ait élé sol1icite du Saint Pèrf'; c'cst en "uc dc l'obtenir quc Ic 
Ii\"rc lui a eté ofiert.l\ous n'hésitons pas à cntrer dans c('s délai1s, parer que Ie 
malheur n'a ricn d'humiliant. ct qu'il cst utile de signaler cc que' alent cer- 
taines recommandations, mème lorsqu'clles scmblent elltourt.
l'S drs g3HHlti(\:o; 
I.'
 plu
 
!irl'
. A qui la faule si la traduction in1ìdèlc IIC S'l'
t ra
 n
1I(hH' ? 



- XIX - 


nouveau fils de rEglise, en lui attribunnt nn travail qui 
trahit la pIns rrfossière irrnOrallCe., et qui ne renfcrme pas 
llne seulc par;e de parfaitemr.nt intelligible. L'orrranc de 
!\I. Ncy.'man n 'a-t-il ccpendant pas pris soin de dire dans 
son désa ven.. (} n'.il (résu!te'rait évidcru':l1l(!nt 'un très-g'J'"wnd 
J/l.ol que le liDre dans lequel [auteur 
"end COlnptc des 
raiS01U; de son (ret01.t1" a'lt Catltolicisme {út pTcLsen t.é 
COTUl1W un travail n-ul et insignJfiant? Xc serait-on pas 
autorisé.. en rapprochant cctte ol1stination de 1a cir- 
constance que cc travail () été J'cvu par un 111inisfre pro- 
(('stant.. à tirer contrc les proparrateurs de cettc æU
Te 
inforn
e ùc fàcheuses conclusions? 


JeLES GO
DO
. 



r\ VERTISSEl\IENT DE L'A_UTEUR. 


::n.;: 
 

: 


II Y a plus de onze ans que je ll1'exprimais aiusi dans 
un des prerrlÎers uu Inéros des Traités pOlt1
 Ie TeJJtps 
p1
é8ent (Tracts f01
 tlte TiulC8) : 
,c Quand on COl1sidère Ics gràccs si preClcuses dont jouit 
rÉglise de Rome, ses titrcs si i1l1posants, ses droits à notre 
adlniration, à notre réyérence, à notre a1l1our et à notre gra- 
titude, il est ilnpo
sible de ne pas sc de1l1ander COllll11ent nous 
pouyons lui résister, ainsi que nous Ie raisons. Pourrions-nous 
nous enlpt"chcr de laisser édatcr notre tendresse et de nous 
håter de rentrer en C0l1l111Union avec elle, si nous n 'étions 
arrètés par les paroles de la \r érité eIIe-mêmc, qui nous or- 
donne de la préfércr au nlonde en tier ? (( Celui, ("'st-il dit, qui 
ain1c son père ou sa mère plus que 1110i est indigne de moi. )I 
COlument oscriol1s-nous nous nlontrer sévères et suÍ\Te ce 
précepte, si nous n
avions les avertisselnents de 
Ioïse contrc 
tout prophète, quelque diyins que soient d'ailleurs ses dons, 
qui no us prèchcrait de nouveaux dieux, et ranathè1l1e de 
saint Paul 111ènle contre les anges ct Ies Apõtres qui émettraient 
line nouyelle doctrine (I)?)) 
L'auteur était loin de penseI', en écriyant ce passage, 
qu'il arriverait un InOlnent où il sentirait que l'obstacle 
dont il parlait COlnme s'opposant à la cOllununion avec 
Ronle est dénué de tout fondenlcnt solide. 
L' ouvrage que yoici a pour but de Inontrer que cel 
, obstacle ll' en es t pas un. 


(1) Records of the Church, XXIV J p. 7. 


ßIBLIOTII. HIST. Ge A
XÉE. fer OUVR. 


1 



-2- 


Ayant, òans plu:;icnrs pul,lit:at ions nntéricurcs, appclé 
rattclltioll publique snr cette diHiculU' :;uppu
éc. je JHC 
crois ohlirré lIe l'cconnaÌtre on, erlCIlJCut ( I UC dalJs I1H1 
u , 
('ûnliction actuelle, cUe n'cst qu'Ï1nag"inairc. 
Je ll'ai Hi assez trhabiIctc pour prélcudl'c Ii, rer an pu- 
hlic nne (ru, re parfaile. Hi ])H

llH
 Ic c.lésir de faire slIr Ie 
gTal!d snjct <1 tiC jc trai lc UllC e
 posi tiou furte el proprc à 
t'll1ou,oil'. 
Ioll but sera atlciut. si J 'e } )ar,iClls à suo'o'ércr 
, uu 
des pensécs q Hi. à 1 hcurc q uc Dicu j II g-era con, cl!aLlc .. 
pourronl porler trall<{llillclllcnt Icur fruit dans l'e5pl'it 
de CCtl'\. ponr qui cc snjct est HOH' ca u, et qui pOtll'l'Ol1 l 
aidcr Ù l'a,allcCUlcllt des per
uIlIH'S qui sc SOIlt dl'jÙ cn- 
ga
'ccs daBs cettc \ oip dl
 rct:hcrcl1cs. Si certains pa

arre::) 
paraiS
cllt l'crits d'uu ton trop positif ct pércl1lptoirc., 
j'cspère qn'oll inlpulera ce défatlt an caractère 
ciellti- 
tiquc dr' l"on'T33"c, qui e
in'cait uue claire c
position òes 
prinripcs ct dcs a!'ß'1I111cllts par lcsquels ces principes 
.onl défcndus. 
,l"espèrc allssi qu'on ,oudra }JiCll c:\.cuscr Ics fréquentes 
ritatiolls que je fais de IlICS proprcs OUt rar,"c,;,;, citatiol1
 
illdi
pensaulc5 pour lllolltrcr Ia pu
ition où je nle trou, c 
,.is-à-, is de plu::;ieul's de Illes précédcutcs puhlicatiolls. 
On s'apercc, ra surtout òes changclllcnts ÏInportallts 
qu'ont subis lues opiuiollS. si 1'011 se reporte à nICS !)is- 
cours sur la 'fission prophétiqllc de rErrli
e. pnhliés au 
COnlIllCnCClllcnt de 1837. II 
 a dan
 cet Ol1\ rarrc di,-ersl's 
a5scrtious que je YOl1drai
 n'a yoj '" janlais a Yallcécs; lllai::; 
jc crais de\oir appelcr l'aUention spécialc du Iccteur sur 
Ic pas-sage sui, ant, qne je rétracte a\ ec les aulres qUi 
soul cIllprcillts du nU

lllc csprit : 


c: Nous dcyons prenùrc ct traitpl' les cho'\cs pour cc qu'cllcs 

Ollt, ct non pour tè qu'ellcs prétenùent ètrc. Si no us SOlllnlCS 
(Ii
posés à croir
 à la sincérité ùes profe
sions de U.omc, ct 




 

 
portés à lui faire elf'S 3Y3nrCS conlnl
 enycrs une t:glisc sæur on 
Ioère (re qu "elle cst en théorie), nons nons aperCe\TOnS trop 
tard que nou
 sonllnes dan
 Ies hras (rune 111ère dénalurée, ()ui 
sera sans aucnnc pitié pour nou
, ct qui lriolnphera dans )f1S 
artifices qui JlOHS auront 
nncnés en son pouyoit.. 
on, lai
snnt 
de (òlé Irs rèyes que la Inanière r0l11anti<luc <rt'llyisagcr rhis- 
toire df' rt
g1isc prinlili\ e ct que Ics hautes doctrines tlu catho- 
licisl11c font naìtre dans un e
prit 

ns f\'\"pl'l'it'ncc, soyons sÙrs 
que Ron1e cst notrr cnnel11ic , et qu"ellc nons fera du n1
,I quand 
cUe Ie ponrra. En parlant ct en agi

ant confonnénu'nt it ceU(' 
rOllyiction, nons pouyons Be Jllanqucr Cll rien t\ la charitè 
chrétiennc quc nOllS Iui d(
Yons. II nons faut nons 
oHduil'(, 
cnyers cIle COlllnlC aycc un aIlli qui c
t fr<1pp<" dans sa rai
on ; 
3)'ons une affiidion profonde, des pcns('cs de tcn<lre affertion , 
d'atncrs regrcts, ct Ie cæur bri
'" de tri
tesse; nwis n(
[lnn1oin
 
3yons ræiI ouyert ct 13 Inain renne. enr, ell ré<1lité, R0l11C ('
t 
un{\ Égli
c {Illi a pcrda If' seIlS. C:onlhI{'
 de dOJl
 précil'ux , 
ayant des titrcs Il'gitinlcs, eIle cst. ccpendant incapahle d.u
('r 
rcligieu
emcnt (Ie ccs nyantap;cs. Elle c
t intél'cssée, ohstint.
t', 
dure, Illalicicuse, crncIlc, dénaturée, conUlle Ie sont Ics rOUSe 
0u plutùt, rOil pourrnit dire flu"dle resscluble à un dl'I11o- 
nìaquc. Elle a des principcs, des pen
i"cs, des tentlnnccs qui 
ne sonl pas Irs siennes proprcs; dans sa fonne cxt{>rieure t\l 
dans sa puis
ance natnrellc, clIe est cc que Dieu ra faite; nlai
 
cUe est gouycrnée au dcdans par un csprit incxorable, qui 
règne sur cUe en 
O\l\ crain, et qui snit sc ser\ ir de se:-; don
 
ayec nne grandc suhtilité ct un 
rand succès. .Ainsi, clIe n"f
t 
rllc-nlèn1e que de nonl ; ('t jllsqn tt ce qn ïl plnise it ])icu de la 
gué,'il', nou
 dC\TOnS In tl'aiter COinnIC ,i elle était Ie lnauvais 
esprit qui Ia p:ouyernc. En disant ceci, on ne doit pas supposer 
que jl' Hie qnïl y ait dans Ic ro)nani
llle, InèIllC tel (IU ïl cst, 
unc excellence r(
elle, ni qllïl n') ait panni ses adhi'rents des 
personnes rédIrn1l'nt c,-eellentes. Satan agit tOlljours d'3pri's IIn 

y
fèIl1e. Ce systèn1c a ùes parties diverses, COlllpliquées" 
épincu-)es; iI se sert dïnstrUl11cnts de qualité différente clOHt 
(l ucl qucs-uns sont prcsfluc Ie olal olènlC, tandis que d"autrl'
 



-4- 

ont telIenlcnt irr(
proclwhles, (Iue, CIl ClIx-nlêlnes rt pl'is t"O 
dehors de In fin à la<Juellc iIs COIlt'oHreut, ils 
olll ell réilliLé 
des anges de lunlÎères, et Pl'ut-l'tre qu.nu dernicr jour ils scrODI 
II'OU\"cs tds. II ) n dans Ie ronwlli
lllC (Ics eho
cs ahsohllllcni 
bonne
; il y en a qui sont !-'cull'lIH'ut tal'hl'eS et 
ouillées; 
d"uutrcs sont COITOllIIHI(,
, l't d"antrcs, t'llfill, 
ont erinlillclles 
 
Inais Ie 
y
tl'IllC qui porte ec n0l11 doit ("tn' YU clalls SOlll'llscJnhle 
 
e( toutes 
cs ) )artics doÏ\ ent (\1 rl' re
ardt
cs COlllllle 
(' rauaehant 
.. . 
à eel cnscJuhle; 011 doit lc
 eOJlsidércl' dans ICUl'S rappol'[-;j avec 
It'ur résultat pratique ct la fill it laqul'lle l'llps l"l)neOUI"ent (1). :1 
.Te crois dc\'oir ajonter qu'il ) a dans HICS ÐiscoltJ's 
de 1837 lIue 3
sertion snr laqncllc je n'ai jaluais ell de 
Tllotifs pour changer d'opinion : c'c
t celle-ci : 
(( En 
 \B
l('ferre, rlt:.di
(\ Ylent en [titlc i. rl
tat CIl ilnpns3nt 
Ja SOU
cl'jplioll :Ul\. ::r'li('Il'
 ('OIHIHC Ull fe,'\( (':!), l't cl'la llon-
l'ul('- 
BICHl au r)crp:é, Inais au

i 
nl ('orp
 (Iui 
on\"cl'nc dans nos 
l1niYcr
ité, ; on Cll fail un test con Ire Ie nJJJiClll;slne. " 
Ccttc assertion cst parfaitenlcnt cOlnpatihlc aycc Ie 
(1ésir de tr:nailh.l' Ù dissiper les pr;'jnrrés populairc5 sur 
le
 doctrines cathuliqnes rOlnaincs et Ie seils des trcllte- 
Ilcuf arliclc
, désir qui a été pour Inoi plus (rune foi:; till 
J})otif d' action. 


(I) Prnp1J. Offic. t p, 103, 4. 
(2' Le mot Iell signific épreu\e, pierre de tour he , mo,en de disLingu('r. 
L'aùhésion ou la suusrripLion :lU't 
H tides t'
t dp\C!HH' un lest ou ulle pierrr 
ùe touche cOlltre Ie rJmalli!'nH'. He Jà :1U..;!'i Ie sermrnt du test. Qualld 
lIenri YIlI, irrilé ('outre Clélllrut YII t fit di'rlarrr par Ie parlell)cnt que Ja 
jurídirtion ct Ie pou\oir du Saint-S:ége étairllt Aboli
 dans sun ro)'aumc, iJ 
l'xigea de ses sujrls un srrmcul qu'on (Jpprla Ie le.
f" C<, sermrnl ronsistc par- 
licuIièremcul à rrnirr 13 suprrmalil' du pHpe, Ie dogme dt' la tran
sub
lan- 
ti3lion, Ie cultc dr la sainte \ïrrge cl (1l'
 
aints. I'lus ti"lrd Ie parlf'mcllt 
njout3 it 13 prrmiere fnrmulc Ie Sf'fluent d'3hhorrer If' papi
lHe commc une 
idolâtrie. En prêtaul re sel menl , on ..bjurait nOIl-srulrmrnl Ie rathulicisllìc, 
lIIai
 on rcconIJabs3il Ie n,i ('omme ('bef 
uprêmc de l'rg1ise d'Auglrterrc , cl 
on lui lransfrrail I'autorité que I'(,n nofusait ùe rC(I)IInaÎlrc au pape. Ce 
t'r- 
ment cst encore e
igé dans un grand nomhre de cirColI
talll'rs.. II n'a phl
 '!(' 

l'HS depuis l'i'manci1'3tioll des c3tholiques coutre qui il 3\ail été imagim\ 



J 


11 Y a CJllclql1C5 nnnécs 
 les journaux ont public 1I1lt- 
r{'tractation de nloi. clout jc dé5irc rcconnaìtre l'authen- 
tici t.é (rUne nlanil'rc fOflllcl1e., et qnc jc crois dcyoil' 
rcprodnirc ; cHc cst ainsi conçuc : 


I{ II cst 'TaÍ qu.à diYrr
es (
poque
, en ëcri\"ant contrt' It' 

y.;;t("1I1C roolain, fai en recours non-sculelncnt ;1 des argunlcnl... 
<lont je n'ai pas à parler iti, nmÍ:.' à ce qui ressenlble fort i1 de fa 
dt.
chu11ation. 
l' 1 0 Par c\:cnlplc, cn 18:):), ù
ns ]:1 Lyra aposlolica, .ïai ap- 
pclÔ ROBle UHe ÉgZ;"w per(/lw. 
., 2 0 En 183:) cnrore, fai padé de raposfasie papale dans un 
OU\Tage SlU' Ics _\riens. 
1):)0 I..a lilt-Olr 3nl1(;r, dans Ie quinziènlc nllllléro de la 
t'rit' 
I des Tracts {or the Tinw.", traifé dont It's paroles nl'appartirnTH.'lIt 

ouYcnt, fIuoiffllc jc Be puisse HIC rapproprier c.lans son t"lH- 
scnlblp, , je di
ais : 
cc II cst'Tai, aujourd'hui ROlìlC cst hérl'tiquc, n1ais mènlC 
i 
nons alIons ju
qn'Ù reronnaìtre quc par Ià elle a altt
ré chez dlt' 
[c caractèrc saccnlotal; 111ai
 au nioins cIle n 'était p
s hérétiqut' 
dan
 Ics {H"cl1licrs sièclt's. Si dI('> a flpo
tn:;;ié, cc fut 
\ rl'poql}(' 
<lu concilc de TreBte. II e
t réell('lnrnt à craindrc que tontc la 
conllllunion rOH1aine ne s'y soil iiéc par un engagement PCI'- 
pétucl à la cause de r \ntt'chri
l. jJ 
\C IT n an1Ï avec leqncl j"étais très-fmnilier In \
crìlit rdati't'- 
n1cnt 
l cc trait<
 et i\ d'aufl'cs; il l11e di
ait d'unc nl:-tnii'I't' 
générnlc, en parlant de la puhlication tIcs J'racts rOt the Ti1ne:\.- 
t( Cc qui se pas
(' all c;;Ujl\t des Tracts cst bien cnco111'afÇc:-tllL; 
Inai
 ,je di'sin'ì'ais ohtcnir dc 'OUS, quand on fera uue sreondt' 
l;dition, d'ell l'1inlincr on au n10ins d'cn lltOdificr plusicur
. 
L'autrc jour, Ie Traité .
llt. la sllccession a}Jostoliqlle daus l'pgli.\:(' 
allglicane 111"cst tOlnhé par hasard sons la nlain, ('t il D1"a parll 
cnlpreint dc si peu dc honnc foi, que je nl.étonllc que ,ous aYt'.l 
pu, Inèlne dans I'c
cès de oì.y.,)'J(),tJ.i
 et t
'Jfl.jw:;}I.ð;t vous cn rend,... 
soliclairc. JI 
t( .Ie disais nloi-mèmc, dan
 UI10 brochure publit
C en I g:)
 , 
sur Ie pa

agc rité rlu
 hflut : 



-G- 


(t Jc rayonc, jc désircrais que Cl' pa
:,a
c nl' filt pn" éCI.it 
d"unc nwnièI'c 
i dt-thunntoirc; nwis sa 
lIh:o\lallCC l\\priul
 lout 
justc rc que je pensc. )t 
.: 1..0 .r
i .Iii aussi en 18;):) : 
u Leur conullunion (..,t infectéc (rl}(
l"(;...;it' : J)ou
 dClons la 
fnir conllHC tlnc pl'
tc. lis ont IHis Hf) Inf'n:-.(Hl
'C :'\ lit place de la 
\éritt- dc Dieu, et, ('n rC\t\ndiquant lïnunntahilitl\ (It' do('triIH\, 
i Is ne pcu, Cllt "l'pan'I' It, (,1'ill1(\ <(II ïl
 ont ('OIlIlHis. )t (T I'<l(,l. 
n). 
.: ;)0 En 18;) 'f., ft-eri, ai
 dans HIH" nt"
 (Ie : 
. 
I( L "csprit ùe la \ i('iJle HOllie s \.'st tie IHHIYt.'3U Ic, é SUI' :'011 
prenlil'I' tlu"åtrt', l't a dénlOJltrl' 
on idt'utité par 
('
 tI'II'Tl'S. 
JI a nJliIlH', rt'!.dise qui s'l'st élahlic dan
 cellt' \ ille. conlInc UII 
Hwuvnis ßt'ni("1 pou\'ait s'enlpal't.'). autrefois llcs po

t-(h;s, (\1 il 
lui fait t('nil' un lall
ap:c ()IIi n"t'si pas Ie si('ll. J)all
 Ie s
 
Ii'nl(, 
(,())TOnlpU ùu papi'ulc, UOU--i :t\ OilS la ('nWUh;, la ru"c ct 
r
llHhilion tic la rt\puhliquC' fontaillc. Sa .."..Haul<; pal'aìt. (Iall
 
I... sacrifice iUlplaeablc tlu hOlllleur ('t de la \ el'Lu de lïluli\ idu 
Ù un falltÙJuc tie ('011\ ('lIaTH"l" pnhli<<(IIt' dan
 :-.on l"t',lihat fo)'(.(
 
 
l't dans sc
 pl'rst't'ulioHS flU tll'hol'
. "Oll
 l'ctnnn Oll
 la rH
l' 
dan
 s('
 Inl'1ISOn
l's, 
(\S fOlll'he..ics pt Sl'S fau\ prodir.('s; (l11aul 
Ü SOil allIhitioll ("nYnhi

antr, rile apparait dalh 
e
 pl.t'(entioH:o. 
i" la tlonliual ion 1I1lÎ\ l'1.
wlle. La ,il'ille HOlllC \ it l'1l(,OI't'. 
l'S 
aip:ll's Ill' 
"aLath'nt Bulle part; Illëlis die n"cllrt'\endiqur pa... 
Illoins la sou\"(,l'a illcté 
ous Ull aulrc pri,tc\.tt'. Jc lie bltunera i 
pa
 rl

li
e rOllwiIH', nlais jl' la plaindrai : ear, eOIlIIlU' .1(' rai 
dit, t'lIe cst poss(;dé("1 pal' Ull Illau\"ai
 géuie, die csl dall
 rl'S- 
('hn a
e. n 
I. .Je disais dans la Illl'}}U" puhliratiol1 : 
I. La 
ol'('ièl'e plut't'(' 
ur les :-:(')>t ('ollint's dont il cst (llll'
tioJl 
tlalls r \pol'al
 psc 
 H"cst pa
 rf'
li
(' tit' HOHIL', ain
i qu'oll It.' 
I'{'
ardl' SOllYl'llt ('OIUlllC ådlUis, Blais nOnIl' païl'lllll', ec lllaH\"nis 
l'
I)J'it '(ui dan
 
a fOrIHC prinliti,r, t'tait Ie prillrip.' qui 
auilnait la (Juau'ii'rHc Hlonardlil'. DHIl
 la proplaétie clt. saiut 
Paul 
 il n"(':-.I pa
 questioll (Iu Tl'lupll' 011 (Ie Il
p.list' dc Dil'lI" 
IIwis dc Illolul1H." dt' pé('hé qui s(' trol l \ (' dall
 Ie T('lHp)e. du 
\ Îcil hOHUIH.' on dB )}}ëH1\ ais prilwipe de la dwil' qui :o-'(.It'\ {' 



-7- 


\. ùnU'c Dieu. CcrtainCl11cnt c "(!ðl un Ill) stère dïni((uite et UII 
nlystère qui est hien de nature à e\citer 
otre épouvnntc c")' 
lIotre horreur de yoir au cæur nlèn1e' de rE
'lise, dans sa pl\1
 
haute dignité, sur Ie siége de saint Pierre, Ie principe till Illat 
qui s"t'st introni
é rt (Iui gouycrnc. II srrnble que les années 
aient donné de la suhtilité à eet e
prit; HOIHe papiste a succédé 
?} HOJl1e paÏcnnc, e'( plÙt it Dien que nons n.en
sions pas des 
J'ai
ons d"attcndrc (Ies dl'\.eIoppernents plus rUSt'S de r_\.ntechri...;t 
dan
 Ie renyerSel11ent des institutions et dcs étaLlissel11cnts, qui 
SUi\Ta Ia ehute de la papautl'!.... ta tlistinl'tion que j"étahlis 
lI"est pas dénuée de seils. 
.cst-cc rien que de pouyoir fixer 
a\'ce affection scs reg-m'ds SUI' unc nlèl.c à qui nOlls deyolls It") 
hi cnfait ùu ehristianisnlC, au lieu d"a' oil' it la haÏr? N"cst-el' 
rien de la regarder 3' rc conlpassion et (lyce cl
ainte, flU lieu de 
la \ oir a\ cc hOI'reur? N.cst-re ricn (lue de la discuJpel' (It', 
HOlns si durs: que lui ont jctés certains interprètcs des pro- 
phéties, quand il
 ront I'('présentéc rOlllIUC idolàtre et ennenlie 
tie Dieu, tandis qu "cn réalité clle' est trolHpéc? lllais rc n.est pa
 
(,He qui trOJllpe. n 
(( J"ai tlit 3ussi : 
((Elle suhstituc ,irtueUenleut dl'S pratic(ucs ('
lérieures à 
robéis
anec l1lot'ale, la mortification 3("\pal"entc it la p(
nitcncc, la 
('onfcs
ion à la lIouleur, la profe

ioll {'\::tl'rieure à fa foi, I

 
It'yrcs au cæur : au nloins \"oilit son s
 
tèlne, tel qu"il t'
t 
(,oInpri
 pOl' I
 
.rand nonlbrc. n 
t. ,rl;rl'Î\ [lis encore dans In Illètne publication: 
(( R0l11C nOll
 a ra' i Irs prinl'ip
s élc, és ((u"elle a rIle-tnt-HIt' 
eonseryés 111algré son état de eorruption. Quand HOllS raYOn, 
<Juittée, clle nc nons a pas pernlÏs de poursuiyrc notre roule 
dans Ics yoirs de la sainteté : nou
 a\ on
 laissé nos yètelncnt
" 
et nOllS aYon
 fui. n 
"t "aJni dont fai parlé plus Jwut prolestnit en ces ferUles contre 
res passages ct plusieurs autrcs de la 111èn1l' publication : 
I. .re
ccptc toutefois de nlon approbation 

Ilérale' oIre dcruit\l'l' 
altaql1c, très-
uperf1ue, coutre Irs paU\TCS rOlnanistes. '
OH'" 
Jl'-" :.\-CZ (rabord dépcints conune diHlJoliqucnH
HI possédés par 



-8- 


h. n1fHlyni" 
('nic de ROIlIC païpnlH
 : nl'annloins YOU
 frouy(:\Z UII 

ujet d"adlni.'ation c1a1)
 leur (,
pl'it, 
Ul"tout c
n ('t
 CJHïl
 sayrnt 
faire srryir It'
 Ol.lwn....nt
 tIn ('tllre i1 It'lIr 'l'ritahlt' de
tination. 
\ OtiS parlez ell:-,uitt' tit' It,tll"
 ('gli
r
 , tout rrIa r
l tres-hien, ct 
rOIl croit ètrc arriyp an terlll \ ùe" ('pit hi,tes, Ior
(ltH
 YOU
 
I'ctoInLcz tout it conp clnn
 'otrl' prote
tnnli
lne, l't 'ous Yon
 
Iai

rz aileI' :. cc qne jl' crois pou, oil' app ,IeI' Ie plai
ir tl ' It's 
fronùer. n 
f( Puis ('Ilsuite.. flpri's uur I'('lnan{tlp qui n"" pa') crs (''Xtrait.s 
PJI ,'ue, nl011 critiq\H' ajouh' : I[ .1(' Ill' p('n
e pas ({tIe "()U
 
'I'ouyi(
z un 
t'ul l'fllholicI'H' rOlllain ayant l't'(:U de rc"ducation " 
qui PUi

f\ YOUS dirt' (Iuïl icll.'lllifit' la 1llortifi('ation l.'\.térit'ure ('It 
la pt"nitl'I}('(\. En fait, je 
flis CfllP Ips t'atholicf1ICS ronlain
 
prèehcnt contl"e cctte CITeur au..;si hiell que, OtiS pourriez It' 
faire. n 
6( GO En 1 R:) 
, jr HIC suis SCl"yi, en parlant de ccrtaine
 
clocLrinrs ùe rf:
li
(' ell' HOnll'., t1ê1Il
 It" (1"(1('( ;)H" des c
pifhl't(''' 
tlJlti-:'\('r;}Jturairr,
, pro{anr,ç, iJu}JÏt).'i, "aJ"dic.
, salis all(oj"ité, 914(),f(. 
sièrrs, 1JlOllSlì"lIell.''Î('s, tT"rlll'.
., j)ru('lIl'(lnl lIJIf) CUJu\O!alio]t (ronl- 
IWll..;e. En n1"c\\prilllalit nin",i j"atlêlt'hais un 
eH
 préeis à 
,'h3f'unc dc ('('s ('pithc',tc's, ,t je Ics 3yai", pc
t.'
cs 3\'ant ùe nl"PJl 

t' I"" r. 
'. Ilelnlin\nl('nt 
1 rr pn

fI
r, It" o1è1nr flI11i n1.ayait {-('rit: It J
 
dois proh
,tt.'r <<1(\ IHHIYl'all tOlltre It's Illaléc1ictioll
 qUt' yons fè,it('
 
t'ntc
ntlrr it la fin (Il\ la pn
nlii'rc' Jïa Jit'dia (tratt. ;)R). (}ut'l 
bien ceIa pellt-il Caire? C"('
L llHHH[tlt'r ell' charitt', it re
cè
. (Jut" 
nons po.., Olb <,it rr (
II'(H}
"TlH\Il' 'rolllpl'S 
ur plu.;icur
 poinu: 
qui sc décoH'Tirollt P.TêI(hU'JleIlH'nt il nons 
 a 
C( II Y a dc"jÜ plusieurs êlnnées (flH' j"ui 
uppl"ilné Ir pa

3!!r en 
qucstion. 
" if) .rai clit, ('0 I R:>ï, eJ," rl::gli
l' cIe ßonlr : 
H En rt'alitc
. c"rq nne I

.di
(\ qui fI prrcln Ic
rn
., etc.;) (Cc pa
. 

a
('e
t reprotlnit plH
 haut : ,oil'la citation .les pag('
 2, ;) ct 4). 
If 8 0 En I R:)7 4 .ïl-rriyi
 c1an
 nnr rryur : 
Il G r(
goire II et (; I'('goirc II I til"t'llt npp('l an pruplc contl'
 
I t'mperCul', dans un but de
 plus iJ)jtI
lilia\'lt"'
. et ('n npparl'ncc 



-9- 


dt" la 1l1anière la Inoins con\"cnable. lis dc\Înl'ellt I'chelles pour 
établir Ie culte des images. Nous trouyons cepenùant, InèllHJ 
dnns ceUc transaction, la trace du principe dc la puissance de 
I'Église, quoique tristcn1ent dl'figuré et pel'yerti. Sa forlne cepcn- 
dant, pour HIe seryir des e
pressions de 
Iilton , un .ayait pas perdu 
('n('ore son éclat prin1itif, ct ne 1!rillait pas 1110ins qu .un arthange 
tOlnbé et un ra) on de gloire qui con11nenec à S .oDscurcir. a 
a II cst notoir(' {IUC c .est sur la Inêlue basc (lu.3 été élcyéc la 

Ion3rchie Ecclésiastique. Ni Ie souffic des princes, ni k
 
flatteries {rune cour ne nourrirent re
prit sé\ ërc ct fieI' (It.s 
Hildebrand et des Innocent; n1ais ce fut rabnégation de soi . la 
renonciation aux ponlpes mondaincs ct aux ai
anccs lIe 13 \ i{' 
rappel au peuplc. ;, 
I( pIe dois faire obser\'cr cependant, 
ur ce passage, quïl n.
 
(\sl fait aucune allusion au sujct des ycrs de 'Iilton (I), sujet qui 
répond n1al à lïdée de puretl' t't ùe \'crtn (ernics dont ils pm'lent. 
.fnppliquais ces ycrs à un sujet qui, au IUOlnent oÌl fécriYaj
. 
IIlC senlhlait leur être luieux approp.'ié, c'est-å-dire it rÉglisc 
eatholique ,ue dans un certain e
ercil'c (Ie sa puissance, ('n la 
per
onne des deux papes. 
)1 J.ai pcut-ètre a\ ancé d"autres asscrtions cluprcintcs (rexa- 

l'ration, et ccla a]ors que les asscrtions en l'llcs-mên1es étaient 
irréprochables et vraics. Si YOUS n1e ùClnandcz conUllcnt un 
illdiyidu a pu S'aYCllturer non-sculcnlent à entrctcnir, nlais 
à publicI' parcilles opinions sur unc conllnunion si 3ncienne, 
i 
.>èpatiduc {'t (Iui a produit tant dc saints, je I'l'pond
 ce quc je 
lHC ùi
ais à lnoi-lllèlnC : " Ce langagc ne In 'appartient pas; je 
ne fais, en quclquc sorte, {IUC suÏ\Te Ic sentin1cnt conlnlun des 
th
ologiens de n1011 t:glise. lis ont toujours u
é contre ROlne 
,run langagc exu'èn1cnlent yiolent, lnèlne Ics plus capahles et 
les plus sayanb d.cntre eux. Je (h"
irc entl'cr dans leur sy
ti'nl{,. 


(I) Pour Ie lee leur peu fami1ier a"ec la littérature anglaise, nous dirolls 
que les ,'ers de l\Iilton , tirés du premier chant du Paradis perdu;, s'appliquent 
au démon, On comprend I'obsenation de I'auteur qui lie ,eut pas qu'on puiS
t' 
lui 
upposer l'intenlion de com parer au grnie infernal )es deux papes dont il 
t
t que5tion dans ce passage. (.Yule du CradudelL'-.) 



- to- 


En Ji
nnt ce qnïIs discnt, jl' 
ui
 it rahri. CeLlc manic.ore Òf. 
voir est néce
sail't
 ill10trc po...ilion. )' CPlwlHlnnt fai tit'S rai
on
 
de craindrc qur cc langa
c
 11<.' pui:-,=,c ètl'c attrihué, en 
I'nnd(' 
partie, å un caradc'..'e iIl1IH'otnt'u\. it rl':-'IH
raIH'e (l"ohll'lli.' rap- 
prohntion de pf'r
Onl1l's que je r('
p('cte, ct au (h":-,il' de rl'pous
('r 
r:u'{'usatioH ùe rOllwlli:-,n)(
. 
::a Cc
 r'plieali()n
 UP rl'nfl'rlHcnt pas un(
 r(
lrartation dc cc 
quc fai écrit ponr la (l
ft'n
l' tit' la t!cwtrinc an
lieallc; et 
 
("onullc je ]es donn(' par' t1('
 raj
c)ns personnt'IIt,s 
 je II's donne 
sans consulter ((Hi que ec 
oil. .Il' 
llis au:-::-:i conYailH'H que 
jamais, ct jr IIC tloHlc
 pa... que It's t'atltoliC(HCS rOHlains l'UX- 
nll\n1CS ne cOin j(,111H'Hf quc la do('f I'inc 3nglicanc est rlH)fa
O- 
ni
le Ic pIu:, fort de It'lIt, 
y
lèHll', t't IHt'.HU' Ie 
e111 po...;
ihle. 
Si ron doit rl'
istcr it Honlf', on He 
aurait recourir à nn autre 
IHoyen. ,. 


II ,a sallS dirc que je rl'lractc anjonr(rhlli Ie5 arrrll- 
IHCUts aU'fJuc1s j'avais recours, lor
 de la plIhli('alioll (\r, 
la I'iècc qui préc(oc.1e.. en taut qu'ils tOllch<<'lll Ù rFrrli
c
 
de Ilolne, ain
i que Ie langaßc tlo.
 t jC' loe servais pOllr 
Il"
 expri lIlt"r. 


J.iUlrmorc, 6 octobrc 18'&:>. 


POST-SrRIPT[.JI. 


])epni5 qnc lrs lir."nrs f}'1Ï prc"ci o df'lll out étt
 écritc
 'I 
l'autcur cst clllrÚ dan
 rEn"li
e catholi( l l1t'. II 
l\-ait rin- 
o 
tClltioll ct Ie d.'sir de voir pa I'aìtrr CP "0[1I1I1C a\"ant de 
prendre fOt'llle]]ell)(
llt Cf'ttc résolu tioll. )Iais, Landis que 
l'illlprc5sioll s'a\au(:ait. ilscnlit en lili une cOIl\iclioll:5i 
claire de ]3 ,érité (Ie la conclusion à laqt1pl1t' Inènent les 
qucstions qll'iltl'ai((" qu'il t
tail inutile (lc
 c1t' o lihl o rer pIu::; 
lonrrlt
Inps. [C5 circ(tnstance
 1111 ont hicntÔt aprè
 fourlli 
roccasion d'ao'ir (rUne tHani.ore coufol'lnr Ù sa cOll\"ielion.. 
CJ 
t't il a senti qu
il u"Llrail anCl1H nlotif 1(
0ititne de difFL'l"er. 



- ii - 


Son prcll1Ícr actc, en sc conycrtissant, a été de pré- 
senter son ouvrage aux autorités ecelésiastiques COlllpé- 
tcntcs: nlais cUes ont rcfusé cette offre, sur ce motif 
qu'il était écrit et inlprin1é en partie a,-ant que l'auteur 
fût catholique, et que l' OllYrag'e aurait une influence rIH
 
persnasi YC sur Ie leeteuI', quand celui-ei saurait qu'ille 
lit tel que l'autcur l'a écrit. 
II est à peine nécessaire d'ajouter que ranteur sou met 
maintcnant au jngclllent de l'Eglisc to utes les parties d
 

on liyrc, car il désire que toutes ses pcnsées sur les sujet:i 
dont jl traite 50icnt c0l1fOrn1Cs à sa doctrine. 



-@@:: 



INTRODUCTION. 


Lc chri
tiani
Ine remontc à une assez haute antiquité pour 
flu ïl nous soit pernlÌs de Ie cIasser parmi Ics faits òe rhistoirc 
du montle. Son génic, 
on carattère, sa doctrine, ses préc('ptc
 
cf. 5011 hut lie 
auraient être traitf..
s COHlll1C dc
 lll
tièrcs d'opi- 
nion prin
e ou de sinlple déduction, 3utrelnent on dcyrait 
considércr COJlln1C telles les inslitution
 de Sparte ou Ia religion 
de l\IahoI1H....t. On peut faire It
gitin1cn1ent du christianisnle Ie 

ujet de bien ùe
 lhéories. On pent sc dClnander: QueUe ('11 
cst rexceIlcnce 1110rale ('t politique? Quel rang il doit occuper 
dans rordre des itlées ct des fait
 reçus? Est-il diyill ou hun1ain. 
cst-cc une création origin ale ou une cOll1position éclectique, on 
hi
n c
f-il run t"t rautre à la foÍs? Ju
qu.à quel point 
c 
Inontre-t-il fayorahle à 13 ci\ i1isation et å Ia littérature? Enfin 
I
 christiani
n1e est-ilia religion de tous les (("1l1pS, ou scule- 
Inent celIe qui COIl' ient à un état particulicr de Ia société? Ce 
sont là des que
tions posées sur Ie christiani
me considéré 
con1n1e fait, ou des c\plications données de ce fait. Elles sont 
des opinions qu"on petit discufer; Dlais c"est à un fait avéré 
(Iu"eIIcs ont rapport; elles sont fondécs sur rhypOlhèse que Ie 
christianisn1e est un fait dont la réalité doit (,\tre jugèe COlllIllP 
cellc de tout autrc fait; ct ccrtes elle l'a été au n10ius en lnasse, 
à nloins qu"on ne ticnne aucun compte du témoignage de tant 
de siècIcs. Lc chri
liani
nlc n'est pas Ie rêvc de rétude ou du 
cloitrc. Pcrsonne ne Ie cherche plus dans la lettre lllortc des 
docun1ents ni dans Irs théories de l'esprit indiyiduel: it t'
t 
de\"enu, en quelque SOl'tc, propriété puLlique. t( Ses accents 


FIBLIOT. HIST. 6 e A
;:\ÉE. ler OlfVR. 


2 



- 14- 


onl rClcnti dans lonte 13 terre, ]I ct (l scs parol(\s ont été portécs 
jusqu'aux cxtréluilés ÙU Blonùe. ]I Dès Ie principe, il a eu une 
existence tout objerti\ c, cl il s' cst POSt. en fa (1 l\ ÙU gl'nrt.' 
Inlluain. Le luonùe cst sa ùcnH
ure; pour Ie connailre, il faut 
done Ie cherehcr dans Ie n1olHlc, cl ('("'outer Ie tl
llloignage que 
Ie 111oIH.le porte ÙC lui. 
Dans res dernil'rs 
il'l'Ies, on a adulÌs rh
 pothèse (IUC Ie 
('hri
lianislne IÙ'pparticnt pas au (I<unaine (Ic rhi
toirc, (Iu"if 
I) 'c
t pour ella(Jul' hOlll}}C que ec que ehaque hOlllIllC Ie croit 
..tre, ct ricH tIc plu
 ; lIu 'aill
i il n 'c
t <(u 'un 
Ì1l1plc 'UHf! appliqué 
;'. un certain llolubrc ùc rdi
iolls, diffél'Ullt cntre l'lIes, Inai
 
I'éclaruant toutc
 la nll-IUC tli'nonlination, non paree (Ille toutc
 
pourraicllt a
signer une senle ct luèlnc doctrinc qui Il'ur :'l'rt 
.It' hase (,ollllllune, IHais par('t' t}ll ïI c
i
te t:à ct là (Jul'I(IUCS 
points de concoruance qui Ie" licnt Ic
 une
 :HI\. autrcs. On 3 
encore soutcnu, au Illnins iluplicitelnClll, (Iue toutcs les 
cctc
 
actuclIe
 (Iu christianis1l1e 
Ollt dans rCITl'U.", paree qu'nueuHc 
d'cllcs He Ie rl'préscnte tcl quïl fut cIl,ci!!.né par" Jé
u,,-Christ ct 

,'S ..\pÔtrcs; on p."l'tcnd fInïl a di
paru tlu H10,ulc, pour ainsi 
tliI.C', ùès sa llai
sallce, et qnïl a élé rCIllpl3eé aussit:)l par une 
ou plu
ielll's i.llitatioll
 tIui 
l" 
ont npproprié son nOlll, bit'll 
qu 'clles H 'CU
'Cllt hériti' que u. une partic ..Ie son ensl'igllenlcllt. 
Dc plus on Pl'élCIl(1 qu ïl a loujoU.'s t''\i
tl' ct qu ïl l'\.isle cntorc 
aujourJllui panni les IH)fllnH'
, Blais connne lIIlt' tlottrint' 
:'l'crètc ct cachée tIu.une influcIlce surnaturcllc fait rc\ Ï\ rc <:å 
et là ùans Ie cæur de flllClquès intlh itlus, et qui nl' s(' nlanifl'
ft, 
au U10IH.Il' (lue par dcs lueul's, ùes l'a
 on'5 fugitifs 
 
ui\ ant Ie 
nOInbre ou la po
ition des initié
, ct leurs rapporb tl\ ec Ics 
(
\'i'acnlcnts ù
 leur teillps. 
\T oili. ce qu'on dit ct ce qu 'on p('n'l" 3\ ce plus ou TIIoins de 
Ju"éeision. II nous suHira ùe faire oIJsl'rYl'r que lout ceci n'cst 
tlu'unc h}pothèse qui l1e saurait oecuper Ilotrc teHlpS Hi norre 
attention, à IllOiIb qu 'on He proùuisr les faits sur" lesqul'ls rile 
..cpo
e, ou (illi la jn
lifiellt. JUS(Iu.à ce quïl nou., soit ùélHontré 
tJu
 HOllS ÙC\ OilS considt"'rer la qur
tion 
()U
 un autre point de 
\ !If.', iJ est nature), ou plutòt nécessaire, scIon notre n13nii'rc 



I " 
- J- 


(:Ie procéder en pareil cas, de pcn
er que Ia sociéfé chréticnu(', 
laissée sur la terre par les \pÒtres, suiyait la religion à laquel1f' 
ils I'avaient cOl1yertie. N ous devons conclnre, puisque Ie rhri
- 
tianisn1c a déhnté par se n1anifester au genre humain, quïl 
t" 
Jnanifeste encore ouyerten1ent, d'autant plus que les prophéti('
 
I'ont annoDcé COlnn1C <lcyant exererr dans Ie n10nde nnt' 
puissance yisible et souycrainc, ct que t01.lS ces carrtctèrcs 
e 
retrouycnt drtns ceUe forn1c du christianisI11C qui cst celie dt' 
rhistoire et qui en porte ordinairen1ent Ie nom. Cc n 'cst done 
pas une 

gère présonlption, ll1ais c'est tout siu1plell1cnt s.abs- 
tcnir d'3thnettre arhitrairen1ent un principe qui nous conduirrtit 
nécessairelnent au scepticisn1e Ie plus affiigeant et Ie plus ah- 
surde (1), que d.affirn1cr que Ie christianismc des deuxit"me, 
quatrièn1e, septiènlC, douzièIlle, seiziènlc sièclcs et des sit'cIf'
 
intermédiaires, cst Ie n1èn1C dnns sa substance qne celui ('n- 

cigné au prcll1ier sièele par Jésus-Christ et scs ApÙtrcs, quelI('
 
que soient les lnodificrttions en bien ou en ll1al que Ies anné('
 
ou les ,-icissitudes des affaires hun1aincs y aient apportt'es. 
Je ne nie pas la possibilité abstraitc de grands chrtngen1cllt
. 
II est concevahle, au moins cn idée, qu"ill'aide d'adroites inno- 
vations de ten1pS , de lieux ct de pcrsonllcs, on ait suhstitt1t
 
au christianisn1c prin1itif nn christianismc de contrcfaçon qui a 
pu ètre n10difié et changé, jusf}u"à ce que, suiyant Ie proycrb(' 
vulgaire, la lan1c ct Ie ll1anche aicnt été suCcCSSiyell1ent rcnou- 
vclés, cc qui ycut dire que Ie christiani
me aurait perdu SOH 
idcntité, Inais non sa continuité. ì'Xous disons que c'cst là unf' 
chose possihle , Inais non avérée. Le onllS pn)ban(U pèse snr 
eru
 qui affirnlcnt ce que, sans se faire ,-iolcnce, on ne peut 
adnlettre. Pouyoir absolun1ent doutcr d.une chose n'autori
l
 
p3S Ie r.-fus d'y croire. 
,-\..ussi quclquc
 écriyains ont entrepris de chercher des rnisont.: 
historiqucs pour justificr Irur refus d'cl1 appcler i. rhistoire. IJ
 
discnt qu'en parcourant rhistoire ùu christiani
nle ils trouycnt 

(')s doctrine" si diYcr
rnlcnt préseIltécs, ct soutenucs d'unr 


(1) Voir dans les Trach for the Time
, no 8:5, rarticle sur les Di!firuTté. du 
La' tilu,rT1"narian i sme. 



- 16- 


luanièrt:\ si contradictoirc par crux qui Ie.;; professrnt. que, 
quelquc nature) qu(' cda pui

c {'trc à p 'iol'i, il c
t intItilf', pnr 
Ip fait, ùe chereher ùans rhi...toirl' In rllatit\I'C dc trUe r"\l'lalion 
accor(lér an
 honl1nt'
. lis soutiennrnt qn ïl
 HC 
aurai('nt i't r,' 
('hl'éticIl
 (raprl'
 rhi..loirl', ]ors lllêlllC quïls ] , \ oUt.h'i,i('ut. II:-. 
ajoutl'I1t, n\t'c ChiIliIlg\\ orth : u II } a dcs J)npc'" ("outre d('s 
't Paprs. t.I('
 COllcilt'
 contre ùe
 COJ)till'
, des Pi'r('
 cont.re 
1 d.aufl'('
. on cn ('ontradietioll a\t'(' t'U\.-I\U\IIH'S 
 la tlt
(.i
ion tIt'''; 
'I Pc'.res (("un 
il'c'le cst 'ontrail't, 
t la flt"t'i
ion ties Pi'l"c - crun 
, :UIU'C :-\it"("lf': rJ
gli...t' d'ullc t
PO(I11
 e
t OppOSl
(, i" Il
g
i
r d.nne 
1 autrc l'pO((l1e. a Et rOB pcut acronler Ú cru\. qui pCllscnl flin:o.i 
que, tant1is que la rai
on 
lIggl'rl' unt'\ t.'I1fJlIêtc hi
toriqu(' 
('on1nlC BIO\ ('0 d":u'r.ivcl" it la ronnaissanrc du dll.i
tiflllislnC rile 
He saul'ait leu,' 
arantil" f(uïl
 He trOllYl'..ont pas en dtCluin 
tfudqut' cli flirn It(, qui ;\ rrt"lc'ra leur IHa."dll' l't les cIHpl"ehcra 
cf'arriYl'r 
\ un ré..uhal 
ali:-.fai
ant. t'l'loi
neIlH'nt 0\1 la pro\.Ïluitt'. 
de
 trn1p
, la rnrt'té ou rahondancc tll'
 Inatt'riau\ 4 la Inulti- 
plieité ùl'
 tlt,tail
. la profolltlt'ur cl ]a eOluplie:.ltion ùu 
y
lt'lnp. 
Il. nH"lan
t' 
lIhfjl {It' rt-'lI
t.igllr}nf'nt rp(:u t'f tie I"opinion indi- 
\ il]udlt', Ip dl'
ortlr"c iué, itahle danlo; loule uw

' de fail.. 
historit(tle
, la tlinicultt
 tIe trouVl'r un point de \ tit' d'oil 
f'hoBlInc 11(' it rOlnJH"e profeetl'icc de la ri', (,Iation. plli
St. a1TÍ\ rl 
:', en prt'IHh't' 
aH
 pat'tialiré HHt' idi't' e\.tt
ri(,tll't' l't gén(
l'all', cc 

onllil tit'S ron
itl('I'alion
 qui ponrTaicJlt donneI' lieu ùe craintlrc 
(HIt' rhistoirt, tont f'H ('tant Ie '''(Ii IlIO\ en de c1l'If'I'IHirwr 1(' 
. . 
("cll'(Jctl'I'C du chri:o.t iani
lnc, HC pui

(' pas èlrc <.'11 pratique 
l'rnplo
 i.t' (rUIH' Illallii'l'e 
at i
fai
fllllt' ponr al'J'i\"l'.' ;. c'e hut. 
On IIC saur.ait Hicr quc Ct'Ue eraintc Ill.' 
oit justc tlans line 
ct'\rtaint\ I11t':,U "P. pIc t1i
 ('11 tlllt' eCl'tainl' 1l11':'lIrC, cat' dIe e('

l
 
(Ie rèl1'c, 
i rOll sOHtient (IHr cl'lui qui ferait de
 rechereh('
 
histori((tH's u'ol,ti(\utl..ait pas une iHlpl'e..
ion J.it'll neUe de CP 
qu.érait Ie chri
riani
ln
, t't crrtHinl"
 ,tiCS 
d'llérah'
 dc 
a 
ùoctl'ine, tic SC
 p,.incipcs ct ùc scs trait,; car:wtl'l'i
litIUl's. La 
naturc el Ie raractèl'c de la rcli
ion 
ont drs faits constants: 
personne HC peut s.y troJupel". tlu.olI ra('cl'plt. 011 qu "on la 
J'epousse. P
rsonn(', par e
clnpll', Ill' tlit'a tIne Ie ehri
tjanisn1e 



- 17- 


n "ait pas toujours enseigné Ia hienfai
anee et la rniséricordc ; 
qnïl ait sanctionné lïnjustice ou toléré rÌlnpureté; que SOil 
esprit soit sccptiquc; qu ïl n 'ait pas posé en principe rcfficacitc' 
des saCreInel1ts ct des mystèrcs. Des traits qu'oD ne 
aurait 
méconnaìtre se dressel1t hardin1cnt deyant nous, Iorsquc nou
 
consul tons les n10nun1ents du passé pour cherchcr ee qu
il
 
peuvent nous donneI'. lIs peuyent être quelquefois obseurs .. 
incompIets peut-ètre, n1ais ils sont positifs; on y yoit au n10ins 
ce qu ïIs ne sont pas, cc qu ïIs ne peuyent êtrc. Quel que soit Ie 
christianisn1c historique, iI ne saurait ètre Ie protestantismc, Sïl 
y cut jan1ais une yérité incontestable, c'est certainen1ent celIe-lit. 
D'ailleurs Ie protestantislne I'a toujours senti. Je ne dis pa
 
que chaque écriyain protestant rait senti: car ce fut d'abord UHf' 

ortc de n10de, au n10ins eon1ffie arglllllent de rhrtorique contn-' 
Home, d"en appcIcr au\: siècIes pDssés, au n10ins à quclques- 
uns; mais Ie protestDntisn1e, considéré con1n1e un tout, Ie conl- 
prcnd et l'a eOlnpris. On Ie yoit dans la détern1ination à Iaquelle 
nous ayons fait allusion, de lllcttrc de eòté tout christianisl1)(' 
historique, ct (fcn former un nouycau tiré dc la Bible seule: 
les h0l11n1eS n'auraicnt jal11ai
 abanùonné rhistoire si cUe ne leu:" 
eùt fait défaut.. On Ie voit encore par la né
ligence oÚ cst 
ton1bée rétudc de rhi
toirc eeclésiastique, négIigeuee si gran de 
en Angleterre, n1èlnc au sein de rÉglise anglieanc. N otrt' 
religion populairc connait à peinc Ies douzc siècIes qui sc s0l11 
ècoulés entre Ie concile de 
jeée ct cclui de Trente, si ee n'e
f 
(t u .clIc en tire un ou deux faits pour appuyer ses Jihres inter- 
prétations de certaines prophéties de 
aint Paul ct Je saint Jean. 
C'cst bicn tristc à dire, n1ais Ie principal, pcut-ètre Ie seu I 
écrivain anglais qui ait que1que droit it ètrc considéré C01l1n1t' 
historicn eccIésiastiquc, cst Iïnlpic Gibhun. Le protestantisnH' 
allemand, (rUn autre còté, 3 été plus hardi ; iI a porté un coup 
(fæiI froid rt attentif sur Ie christiani
n1c de dix-huit cents ans, 
t
t ilayoue franchen1cnt n'y yoir qu'une religion hun1aine, Iïn- 
('ident d'une périodc de rInnnanilé. Ii Ie eonsidère COlllnlC un 
syncrétisu1e d"opinions diverses s'éIcv3nt en tC111pS ct lieu, ft 
formant entre cIIes tOUt2
 Irs con1hinaisons quc leur r3}"Dctt"re 



- I
- 


distinct it' peut 
H1n1(\ttrr. lilt' rr
:H.tlc r0J11nlP la rdj
ion de I'cn-- 
fanc,-"\ de r('
pI'illnlIuain, COIHnH' Ull pht'JlOlnèllt' ('ul'ieu'\ pour 
b pI Ijlo
orhje. 
L
1 diffi'r('ncc fine nou
 [1\ (Hl
 <lit r'\i
,ft'I' rnfrr 1(' prO(t'
fan- 
li
lnc ('( It' rhl.i...tiani
mt' hi
tol'i(Ph' ('
t ,rait', 
()it qll(' rOB ron- 

idèrc ccluj-ci dall
 Irs 
il'('Il'
 pl'irnitif
 011 (Jilll
 1,,:,\ clrrnier:, 
sièele
. Le
 pl'otr
t[lnts HC peu\ 'nl p:ul'.re Illil'u'\ :1Cct'ptcr la 
périodl' qni a prt."eédé Ie cOllcile de -' Îl'ée que celie (Iui a 
uj\ i Ie 
cOl1eile de Trente. .. 
.rai (lit qud(ItlC part, rl'lati\"nnPIlf ti rclte eil'eon4anf'C : It lA' 
prote
tant doit rOI.ct."nlrl1t ('ol1\"4.'11ir de ('('fa. CHI".' !'i un s
 
ti'mc 
dc tloC'lrine rOIUI1H.' celui quïl \ cui fain' I)I\
\ aloir a jmuai"\ (':\ish'. 
dan
 Il's prcll1iers 
il'('lr" , il n l,té ('Inpol'((.', COBUlIC par un di'lngr 1 
sOt1flainèHlcnt, sileneiru"clllcnt, et san
 lai

('r derl'il'I'e lui lu 
Il1oin(1I.(' u"are; pal" till (h"hl
(' \ eun tlnn
 Hoe nuit et (f'li au,"ait . 
avant I"auhc Illfltinalc, 
llhnH'rgé, di,tluit, )"('Il\ cr
t.
, enlcyè 
tout rc t{l1ïl ('Ùt troH\"(
 dans rl::p.li:-ìc, (1(' 
orh' qnt' [p [PIH!lI1JUtlU 
tnatill. lorsfJu'oll .'\ '(:,.cilla (1), la race de 
('
 fidi'lc
 Jl'étail lJlll.
 
'lue cad(lrrr.
. ()ui, il
 (
tai('nt non-
t.'tlll'lnt'nt nlor'ls, mais 
entcrrés snn
 line pierre 
("plll('rale. LlI." paux 1".4\ nut .
lIb}JJC"yés ; 
pa.
 un u-" étt: saHrll; il.
 ..,r ,",old rn{()uré.'\ f01n1J1P du pIon'!) dan,,", 
l'alÛnl(l de In niNO ('i). Contra
lc ('II.nnp:e, en Y(
rih
, it la fortune 
crl
raiq, qui l'..;t Ie t
 pc de rJ

,di
('! \I(n"s rCnn('Bli fut 
uh- 
IlH:rgé. ct I.I\l"ai;[ Ie fit ÙUl ninlé. SU1" Itl 1'iraye de In 17Wl. (ð). 
'Iais cn
uite il sl'luLlerait que les (,:1U-X, 
oi.lant ('OUtHIC un 
rOITcnt de I,l fjllellle tla serpcut (4-), nient couvert srs h
n1oins. 
de sortc que ]1nç lnhne lCllr.fi COlïJ,
 ne re]Josent dans Ics 1'llr
 de 
fa grande cité (ä). Que Ie prole
tanti
IHc ('IlOi
i..
c nn point 
quelronque de scs doctrines; <JtI ïl prrnnc S[I Illanit;l"e dt' f'00- 

idrr('r rl
taf tic grÙcc, I
s crrt-mol)ic
, la snpcl":,tition, S('" 
notions 
u... I., foi, 
ur la 
piritlwlitl
 tlu culte rclj
ielr'{ 
on 1', '
'n
 



 I) Lib. "" , R r;. 19 I 3 
. 

:!) F\()IL. x Y" 10. 
(
n Exnd. , XI\'. 31. 

) _\pcc., XII. 15. 

) H)itl , 
I, s. 



- 1U- 


de rceonnüÌtre 13 yrrtu des s3cren1cnt,:;, la ß1issÎon tlu sacer- 
doce r
:gli
c visihle, on f'ncorc sa doctrinc sur rcmcacité 
, ,
 
diyinc des J
crjturcs cornlue instrulucnt dcstiné it r cnscigncInenl 
l
eli3ieu'X, d, flu ïl ('\.flnline cnsuitc sïl trouycra dfll1S rantiquiti>. 
It\lIc quc nons Ia connaissoHs, qucIque flppui á ces doetrincf'. 

on : it doit eonycnir que Ie prétcndu déluge a aecolllpli 
on 
cr'u'Te , . et nn"it son tour il a disDflru: it a été e}1
IOUli sans nli
- 
1 
 
 'J 
('irordc, conU11C Iui-nlèlne avait été 
ans lui
érjeordc (!). a 
.\insi done, iI c
t facile de s'assurcr quc Ie protcstantisJTIc 
u.est pas Ie christianislne tIe rhistoin'; nutÍs restc un poil1t sur 
Jr'qucl Irs Í'tudes historiques ne pcuycnt pas si facilcn1ent non:: 

atisfair<.'. l."histoirc peut hicn nOH.' fourni.. nnc e
fIuis
c tIe cette 
divinc religion; Inais cIle He pcut que difhtilen1cnt nons en 
donneI' Ie tahleau clair et cOlnplct; ItS traits sLuls qu"dIe now
 
trace sum
cnt pour condan1ner Ie protcstanti
IUC, nw.Ìs ils sonl 
in:,um
ant
 pour ÍIl1priu1cr dans no., Ùlncs riInnge ViY311tc dll 
f'hrj
tiaHi
nlC. l ne connaissancc confuse et inconlplète n "est pa
 
unc connai
sance. S.en contentcr, ce scrait lOlllber dans Ies 
Inènll-'
 dl'faut:'\ que les jcuncs gens qui n "ont pas encore achC'\'é 
leurs études; ìls cnlploi
nt des Jl10tS sans signification; ils 
nwnqnent de préci
ion ct de clarté ùan
 leurs idées, et ne ùis- 
:inguent pas ce qnïls Sflyent de ce qnïls ip:norcnt. C'est là un 

rand défaut d"c...prit ùont iI fant nons corriger. Or Ia ditTIculté 
pour nons c .est ùe franchiI' les horncs de ecUe dCll1i-connais- 
sance du christianisn1e, si nous prcnons rhistoire pour guiùe; 
e"est d"ohtcnir d.l'lle, en 111aLil're de foi ct ùe pratique, des vue
 , 

i claircs et si cOlnplètes qu "dIes pnissent nOllS sr1" ir it chflf}u . 
in
tant de notre, ie, des 1'éponscs préciscs it des qucstions pré- 
eises, dcs déci
ions justes entre l"errcur ct Ia Yt'rité, des expli- 
cations de scs pl"nprcs contradictions, et des l'
gIcs pour bien 

ppréeicr fC qu"dle nOllS tran
n1Ct. Ll1Ì
toirc n"cst ni 1.111 sym- 
hole, oi un catl'chi
nle; dlc donne tIes le<:ons plutôt que dcs 
règlcs; ellf' nc pt'int pas sur Ia toilf' ics détt;ils qui furcnt fan1i- 
I!
rs ÐUX !nillicrs ..Ie p
}rsonncs dont Ics actcs et Ia destinée sont 


(I) Ég1ise òrs rères (Clnl"ch orl',e Fatlien:). p. 3
7. 



- 20- 


t'nrrgistrt
S dans scs annales. Elle cst telle de sa nature, ct ron 
He saurait rCIlH.:'diel' plein('nt
nt :', ce défaut. f:'t'st Ii, 'IItC \(.'\I'it.,
 
dont nou
 n(' ,"onIons pas di,coHyenir; ccpendant il c
t po
sihl(' 
òe poser ll(\
 pl'ineipes donr on pnisse se SCf' ir ayce h('an(
oup 
de :'UCCt'S rOlnnlC dc clt'f
 pour nons ouyrir la voic par laquell,' 
nons POUITOIlS pénétrcl
 tlan
 Ie dl,tlalc de fait
 que nou
 pré
entl' 
rhi
t.oirf', ponr nOlls rendre capahlcs ù'en c\.pliqucr les aspects 
,ariés, dc les cla"cl' ct de les coucHier. 
II s 'a
"dt (Ionr de lron
'cr une telle r1l'f pour e
pliqner Ic témoi- 

nag(' de rhistoirc en cc flui rq
arùf' la (loctrine ehréricnnc, l't 
I' on s
('
t iIJlnp:iul' en avoir trOtH (; une dnn
 Ie l'l"h"hre dict'lln de 

nint '-incent; c'est-à-dire on n ern y trOllyer une IUl'lhode pour 
donneI' rai
on tll' (oulr
 Irs Y
lI'iations t(lIC nons frouyons dnn
 
les tl'n10i!.!nage
 histori(Iucs qui conccrncnt Ie rhristianisulc. 
pour St'pnrer In dOl'lrine ((Hi fait antol'itt, tiC' rc qui n '('
t qu'une 
opinion, pour r('jeter ce qui rst C'rronr, con1bincr ct fOI
n1('r un
 
Ihéolo
ic. Ce principe, (ille Ie chr;sl;au;sJJl(! cst ce qui a èté cr", 
rn tout tellJn;, en [(JUS lieu,}; et pnr' tOll.
, scnlhle c('I'tainemrnt 
nons pronll
ltl
e nne 
olution des difficultés, une nléthode ù.c
- 
pliquC'r It'S faits tic rhistoirc qui non
 rt'ntlc rapabIes (ren tireI' 
Ics conSt'quences Il'
itinlC's. Quoi ùe plus naturel que des théo- 
logi('n
 <.'t des a

(\lllhlées tfhOIlIlIll'S {-noHcent ((ul'lqnrfoi
 lenr 
pl''Oprc opinion, pal'lent quelqnl'foi
 d'aprè'5 In tradition? Quoi 
de plus natul'e} qu Ïnt1h iùut'lIe111cHt il
 di
cnt certaincs l'ho
r:, 
par cntl'ninl'l1u'nt, dans un J110n1cnt dp "Ï\a('if(; 0\1 (r('lnpor- 
terJ1cnt, .rapl'è, dt's conjl'('tnrrs, 011 llH:-nlC quïl
 parll'Ht d
 ('{' 
quïl
 ip:noft'l1t? Quoi dc pins ct'rtain qnïls (loÌ\ l'nt tOllS f\\ oil' rtt' 
inslruits et eah;chi",és confornléHH'nt it In rroyancc dl'
 
\pÙtres '! 
Quoi tic plus éyi(]('nt qu{' r{' .lui n"était qne lC'ur propre opinion 
portait une <<'Iupreintc particulièrc qui Ie distin
uc faeilclllcnl tiC' 
('C qui a l'g-alrment 
a 
ourcc dans Ie jugenH'nt priYl' tic leur:, 
frères? Qunnt à la doctrine ronl111une i, tou
, au contl'aire, 011 
peut pfìr celn nll\nlC' condurc qU"l'lle a une originc autre qlh' 
ropinion pi'i\ ée des intli,-i.lns. ElIe rtait éyidel1l1llcnt une pro- 
priété pul)liquc dan
 Inqucllc tout Ie nlond(' fI\ ait nn intl'rt.\t 
('omlTIUn. rt Ie roncours dC' f
nt tip trnloi
nflge
 nous autori
{' 



- 21 -- 


par Ie fait à lui attl'ihuer une source apostoliquc. Cettc règie 
I HOUS pI'éscntc au prcnlier abord une méthode silnple ct facile 
I pour coorÙOnl1Cl' Ies faits yariés que HOllS tranSJ11et rhi
fOi)'c; ct 
I ('lie 3. en sa favenI' une probabilité à p,'iori telle que rieH nc nou
 
3utoriscrait ;. la négligcr, si (.t
 n "était fiu "eIll' nons fait défaut 
I lorsqup nons c
sayons de lui donneI' nne application pratique. 
Tdle cst la ]'t"p:lc dïntcrpr(\t3tion hi:,toriquc sui, ie par les 
I théologicns tie réeole anglai
e. Cette intcrprl.tation repo:-;e sur 
une iOlposanlc ,érih
; cUe nous offre un prin('ipe intelligible" 
el rIle a un air de ,...aiselnhlanec. EHe c
t dtfnS Ie g{.nie anglican.. 
on, pour ainsi ùire, dIe cst née 3' ec lui; elle ticnt un justC' 
nlilieu, en ce fiu'die He rejctte pa
 rautorité des Pi'rcs, tout. en 
ne rceonnai
s3nt pas celIe ùu Pape. Elle i,taLlit une sinlple règle 
ponr apprt'ril-'r Ia ,aleur de chaque fait Ilistoriquc à 111esure fJuïl 

e prèsentc, et en 111èlne {(,"HiPS ({u'elle élèyc un Loule,ard contr
 
RonH', cUe Ih-rc assaut au protestmHislìlc. lr oilà ce (IU "rHe 
prOIllct; nwis Ia grandc ùiílìeulté cst de rappli(IHcr au\: cas par- 
.icnlicrs. La rèp:ll
 sert 111icu\: à détcrlniner ce que n "est pas 1(\ 
('hrisliDl1i
nl(", qu 1. dil'c ce q n ïl cst. Elle est 
allS répIiquc contre 
Ic protc
tanti
lue, ct en un srl1S, eUe cst sans réplique aus
j 
('ontre ROB1C; Jllâi
 alors dIe devient., dans Ie luèn1C scns, snn
 
rl
pIi(Iue contre r_ \ngletelTc. Elle frappe Ronlc it travcrs J'.. \n- 
glcterre. Ellc peut ètrc interprétée de rllne de Jell'\: nmni(\res : 
si on In res.reillt aftn de prouycr que Ie s
 Inbole de Pie IV est 
tine 
up('rfétation pour Ie catholieisl1le, die de, ient el1 n..rmc 
tPlnps une ohjc('tion au 
Yluhole d' \..thanase; el, si on rétcnd 
a.'

cz pour adlncttre Irs dOt.'lrincs conser, ées par rÉi-dise d'_ \n- 

deterre, die ce
se d'c'\durc certaines doctrines (Ie JloJne 
rrjetées par et't!e ÉpJi
e. EIle ne pent tt In fois condmnnrr saint 
Tholnas ('t saint ßernarl.I, ct défcndre sdint \thanase ct sainl 
(;r(
goift" de Xazianzc. 
l.c
 (Il'fant
 tic cettc nt'
.de.. lorsqu"on ,icnt à en fairc Hne 
:Jpplication prntif(uc, ont dèj;t i,tr sen.is par ceu\. Inêlnes qui 

.('n pré y \ alent. t n auteur a dit: I( La Règle dc saint \Tinrcnt 
n'a pas un caractère dén10nstratif on nlathélnatique, ßlais un 
('araetère lHorn]; et pour rappliquer, it faut un jugelllcnt pr3- 



- 22- 


tiquc cl bC3UCOUP de bon sens. Par c-xcn1pll', qu'a-t-on voulu 
dire par en:o:ei9nér.
 en tout (rlnp,
? Est-cc qne ccln 
igllifìe (lan
 
ehaque sii-'de, dan
 chaqne année ou dan
 chaqne n1oÎs? Est-(Ic 
(t'JC en (011.'; lie1fx ...i
nifie tlan
 clUU{tIC }Ja
 
 on dans (thaque 
dioc("'
e? Et par Ie con ')elllcn ('Ilt des Pères nOlls oLligc-t-on it 
pro(luirc Ie h
llloignage dirt'ct tlr chêwnn (rpu
? COlllhien ùe 
Pi-res, cOluhicn tIe licu
, cOlnhit-'n d'c-xcn)plt-.
 raut-il pour 
ati
- 
faire 
11l
 C\.i!!(,IH'('S tic la Ri'!!Ie proposée? II y a done, d'aprè." 
Ir) nntllre mèlnr de rl'pJ;('UYC, unr condition qui nr 
f'ra jaru:ïi, 
rcnlpIic (rUIle lllanièl'c aussi :o:atisfai
aJlte (In .on "lit pn Ie désircr. 
Cettc rt\gle 
u InH-.t unp applicat ion plu
 on nloiJls 
t
yèr('; ct 
quant all ÙCgrl' de séyériLé que ron doit c\igcr tlan
 t('lIe ct 
tf-.I1t" ("irronstanCt", on s(' d(
('i<lt'ra par It's fHi'UlCS prill('ipcs qui 
nou
 
uidrnt dans In contluite de la vie, (Iui non
 dl'tCrIHincnt 
dftn
 les affail'es politi(lnc
, It' ('0I11111Pree la !!uerre, pl"incipc:-\ 
qui nous ('ondui
ellt i. accepter Ia ri', l'lation 
 hien que nons n(' 
pui"isioll"i nous appuye)" ((HC 
lIr dc
 prohahilité
, ('ounne ils;; 
nous con(lni
rnt ê" rroire i. rc-xistrHce (rUn rri'atcur intelligent, 
hi
n qu ... nou
 He pui:"...;ions HOUS appuycr quc 
ur dcs arguI11cnts 
qui no us donnt"'nt, non pn
 nne dt
l1lon
tration rnatIH
lnati<JuP, 
nwis une certitude Hlorah-. (I). 
1 
Trllrs (
tllient les eonc('
sions faitcs par 1'(
criYain; pni
 il 
ajout3it : 
(( Cc caracti're tIe Ia règ-I,-' tic saint '-inf'cnt la rpCOIHlnantlera 
8UX di
('iple
 (Ie r(
col(' de Blltlrr (2), parre qn'elle s'accord,' 
3YPC I'analo
ic de la naturc; nlais die offrc line ,él'ilal,lc échap- 
patoirf1 à crux qui nc ,culcnt pa
 
.. Inisst'r con\ ailu're, édwp- 


(t) Proph. ornr., p. 68,69,2" edit. 
(:!) ßUller, évèque de Durham, autenr d'une néren
e du Christirmismp. 
qni a une grantlp influence iÌ Od'ord. 
\(ìn de rendrr ce passage intelligihl<' , 
nons donnons une anHl1'se de "argument de Dutler. II montre que les n)l
mp, 
difficultl
S òont les incréòules se prr\ alrnt pour rrjeter Ie ChristianismC' 
p<,u\"ent se faire aussi contre In religion na
urell('; rt, par conséquent, ceU"l 
qui refusent de croire à la ré\'élation ,\ causr de ces difficu1ti's, drnaient, sïl!oò 
veulent ètre conséquents. de\'enir atIH
es. II r'tpose aus
i la grantlc nnnlo
ic 
qui existe rntre l'ordre de la nature ct l'ordrr de la grâce, comme il p
t com- 
pris par les chréticns. et en tire 13 conrlusion qu'ils ont f'galemrnt Dieu ponr 
auteur. (,Note du traductcllr.) 



- 23- 
patoire dont les protestants ct les catholiques ne sont pas peu 
empressés de profiter. ]I 
Tcl cst Ie langage des controversistes, qui sont plus occup
 
(l"attaquer les autres que de se défcndre cux-n1èmes. l\Iais de 

enlblables expédients ne sont-ils pas nécessaircs pour la théo- 
lo'vie ancrlicane? 
,. v 
-Le mèn1e auteur dit ailleurs : "II y a une doctrine qu
on I1l 
peut attribucr aux saints Pères avec la plus légère vraisern- 
blance, qui n.a pas Ie 1I1oindre titre à être ll1ise au nombre Ù
 
,-érités catholiqucs : c'est celIe que saint Pierre ct ses succcs- 
scurs furent ct sont éYêques universels, que toute la chréticnté 
est leur diocèse, dans Ie sens que les n1êmes pouyoirs n'appar- 
tenaicnt pas nux autres apòtres ct n'appartiennent pas actueIle- 
ment aux autres évèques (t). n Ccla cst trèS-\Tai, s'iI est néccs- 
saire, pour qu .une doctrine soit rcgardée conlme cathoIique , 
qu'ellc soit forn1cllcluent énoncée par les Pères, ù.uue n1anièr
 
générale, drpuis Ie pren1Ïer d'entre eux; mais alors, d'aprè5 
ectte Inanière de procédrr, Ia doctrine de Ia succc
sion apû!- 
tolique dans rordre épiscopal "n.a pas la Inoindre prétention à 
être nne vérité catholique. ]I 
L.écriyain scntait la difficulté où son écolc se trouvait pIacé('. 
el il a cssayé de Ia surlnonter en Ia niant. II voulut soutenir que 
les doctrines sacrées, adlnises par rÉglise d"Anglctcrre dans se
 
Articles, ont été enseignées dans les tCInps priInitifs avec une 
clarté qne He saurait revenùiquer rÉglise rOInainc Cll fayeur ùe" 
doctrines qui la caractérisent. 
4( NOlls affirmons avec confiance, n ajoute-t-il ùans une autre 
publication, ([ qll'il n.y a pas dans Ie symbole d' Athanase un 
seul article concernant Ilncarnation, qui n'ait été anticipé d3n
 
la controycrse avcc les Gnostiques. L
hérésie appollinaricnne ou 
nestorienne n -a pas soulevé une question qui ne puisse ('trf' 
décidée par les paroles d'lrénée et de TcrtuIIien (2). )t 
Ceci peut être considéré comme ,rai. On peut aussi adIneur.e 
(et nous aurons occasion de revenir sur ce sujet) quïl y a aussi 
(1) Proph. Ollie., p. 221. 
(2) British Critic, juillet 1836. p. 193. 



- 24- 
un conscntclnent clail" dans r.Égli
(', 3\,[tnt Ie eOllcilc de 
icéc . 
sur I..s dOdrines dc la consuJ,
lantialill' tll' 
otrr-S('iglleur et 
de S3. cOl'terniLé 
n ec Ic l)èrc TOllt-l)ui

:1I1t. 
ous alhllcllons 
(Iue toutl'
 Il'S (Ioetrine
 r('lati\ (.s :t Notre-Seign<<\lI.' ont été entiè- 
rcnlPnt ct uniforI1H"1l1l'nt prot'è......t"Cs par la prillliti\ e I
glisc , 
quoiC}lIc non ralifii't'
 fOrIHl'lIt'IlH.'nt en cUIl('ilc. :\Iais il en e
l 
lout 3.utrclllcnt tic la dotll'inc catholiclUC tic la Trinilé. Je IH' 
,"oi
 pa
 .tails (pl('1 
('n
 on pour-rait dirc tplïl y a en sa fa\-eur un 
eonscntcHll\llt ell'S pn'lnil'I'S Illl"olof!ieus, à IHoin
 qu"if ne 
oit 
po

iLle ùïllYoquel" en nH
llle lelllps l'e 
('ns pour certaincs doc- 
trincs tic rl

li
c ron1:)ine, que no us [lllon
 llH\utionncr. C"rst 
là Ull point (I ue rault'lu. dc... pas...ap:cs ci ue nou
 3.\ ou
 ('iLés aurait 
dÙ rnÙri.. et ]w",rr pln
 
tJigHcll
Cnll'lll dnn..; 
on c
pl'it; Illai
 il 
sCIllLle s"èlrc iUlarilU', (Iue ré\ èCJuc llull a prou\ L', par des 
pa

a!!l's til.(

 ell'S Pi'res dcs pn'lllicrs siècll'S, rancicnllCté de fa 
doctrinc ('4Jlholiflue SUI' In haillte rrl'illilé au"'si hicn que Ct'llc 
tourhallt N otll'-S('i
Ill'Ur. 
()r, 011 doit 
"eIlLelldl'c clain\Jllcnt ...ur cc CJue ùoi, cut élaLlir 
f.eu\. (lui ('hl'rehl'J'aielll it PI'OU'f'l' ('e poillt. Jl \a 
an:-- ùire qne la 
doctrinc Ill(\1l1C tie la <.Ii \ iuilé ùe 
 otl'c-Sei
nl'ur dOllnc it cnlendre 
L 
t't rrnfenlH' ell parrie ('dIe dl\ la Trinitl'. 'Iais rhujJlication et 
lïnduclinn I il'HHt'llt :t un orcin.' de prCll\ l'S tout autre quc cellcs 
qui BOllS ont OCCl1pé jll'''quïti. Dc plll
, Ies aS
(,l'liollS Ù.UIl Pi'r' 
parti('ulief PPU\ l'llt ('l'l'tainclllent 3yoir un tl'i's-
ranù poìds: 
rnais fOl'iuioll tI'UIl thl'olo
icn Ile saurait é(1 ui\"aloir à ulle ehainc 
d.3.utorill'::,. Pour 
ali
fairc alL\. ('\i!!(,lIt'('
 de la ri'!.de 3n
li('[tnr if 
r 
 '=. 
BOllS falll 1I1lC doclriuc ('oHtpli,tè 
 dairenll
nt éllollcée pllr lout 
un
 I
gli
l'. La \él'ilé ea.holitlUf' cn <<In('
lion l'
t l'olllpo
éc (fun 
nOInhrc ùe propositions i
olécs, ÙOllt chacnnc , sontclllH' "'(
paré- 
nlent, e
t lIn p ht"J'(

it\. .l\till dOIll' de prOll\
r CInc lou
 Ics {'cri- 
vains aIlLt"-ni(,l'l'IlS rOllt cnsci
lIée _ il HC 
unit pas tie dérllontr.C'r 
que rh[l('ull tl.eu\. (',I allé IH't"('i
l'lllellt a

l'Z loin pnUI' èlrc héré- 
tiquc; cc n "c
t pa
 a
scz dc IU"OU\ er que run 3. soulenu que Ie 
Fils e
f J)ien (nin
i Ie firent les saoelliells et les nwcédolliell
) . 
qu'un 3.utre a ùit q lIC Ic Pi\re n .c
t pns Ic Fils (tclle fut ropinion 
ùes aricIl
), cclui-Ià q'lc Ie Fils est égal au Pèrc (connne les tl'i- 



- :2
 - 


théistcs), cnfin quÏI n.y 3 qU\ln Dieu (colllllle les unitairièn
). 
- Cc n'cst pas asscz de prou, er que plusieurs ont attaché ('II 
quelque façon une triple puissance it lïdée du Tout-Puissant 
(car c'est ce qu'ont fait Ia plupart ùes hérétiques, el ils ne pou- 
yaient guère penseI' 3utrenlent, dès quïls acccptaient Ie Nouycau 
Testanlent); Innis nons dcvons 1110ntrer que toutes ers asser- 
tions, et era-ntres encore, ont été ayaneécs par un assez grand 
non1brc de témoins st\parés, pour nous autoriscr à regarder 
leur téllloign3ge conllnc 'Un COJlsentcnzellt de doctCllJ'S. II cst vr(ii 
que la profession !'ubséquente ùe cctte doctrine dans rÉgIis{> 
llniverselle crée 13 présonlption qu
ene élait rcc.:ue avant d"être> 
profcssée, et il est just.c dïnterprt.ter les prel11iers Pères par It's 
derniers. Ccla cst 'Tai, e1 011 peut appliquer ec principe à telle
 
autres doct.rines que celie de Ia bienheureuse Trinité dan
 
rUnité; mais Ie Quod se111]Jrt, quod ubiqlle, quod ab o'lJlnilnls. 
entendu comn1e il rest ordinairelllent par les théologiens anglais. 
n -adn1ct pas plus les preu, es par pré
on1ption que les preuvc
 
par implication. Ce quïl nous faut, c'cst un non1bre suffisnnt 
de témoigna
ef; anté-nicéel1s, <1ont chacun deyaDCe distinctC'- 
Inent Ie sYlnbole (rAthanasc. 
Pnssons n1aintenant en re, ue Ie t('n10ignage P urement histo- 

 (, 
rique sur ce sujct; on I1r doit pas 
uppos('r que jc ta'\:e dlléré
i(' 
les saints personnages dont les paroles n
ont pas toujours c'.tf
 

uffi
amlnent forlnellcs on e
actrs pour préyenir cette inlpu- 
tation. Ccla posé, d'ahord, les syn1holes des prelniers trnlps du 
christianisme, si on les preud 
t la Iettre, DC font aueune 111cn- 
lion de cette doctrinc catholique. Il
 pm'lent bieD (rUne Triniti':- 
ffinis qu
il y ait du mystère dans cette doctrinc, qur Ics trois ne 
soient qu'un, quïls 
oient coégaux, eoétrrnels, tous incréés, 
tous omnipotents, tous incompréhcnsibles; cela n
est nulIeD1ent. 

noncé, et c.cst ce qu 'on nc pourrait jamais en recueillir. San
 
doute nous croyons qu ïls lc donncnt it entendre, ou lllieux qU(' 
c
rst ce qu
iIs ont en ,ue. Dieu nous préserve de penseI' autrc- 
filcnt! 
Iais rien dans la lettre de ces docun1cnts ne nous conduit 
;t cette croyance. Pour donneI' une I,Ius profonde signification 


ßmUOT. JII
T. ()e A:.\'Xf.:E. l<,r OrYR. 


.) 



- 2G- 

 leurs écrits, il 1l0U3 faut les interpreter p3r Irs WHIpS po
- 
téricurs. 
II n'y cut, dans le
 sit
rlr
 nntl'-nic
cns . qu 'un scul 
rand 
f'oncilc ùoetrinal. II fut teDB à AntiorlH', nu nÛlieu dlllroi
il'm(' 
sièclc. à roccasiol1 ucs inno, aliolls nais
antcs dc récoIc heré- 
tique ùc S) I'ie. J'\lors tous Irs Pl'rl's as
('n,1)ll'
, qnl'lIc qu'cn fût 
la raison, contlalunèl.ent, ou tout au )11oilts rctiri'rent, qnnnd 
on discuta H\-dc

us, Ie 1110t TlouHHlsion, fIui fut J"cçn à 
icé(' 
<<,.outre Arius f'Olnlne le.
YIHhole spécial dn ratholieislnr (f). 
Ensuitc, le
 si\. grand.. it, è(IlIf'
 ('t 
aint.. de rl
glisc aI1té-ni- 
(".(
.cnne sont saint Irénl'c, saint IJippolytc, saint C) prien, snint 
. ;J't
goire Thalllnatu,'!{c, saint Denys J'_ \1l'
aBdl'ic et saint l\Ié- 
thode. Dc cc nomhrr, saint 1)<.'11) S cst nccll
(' par s
int ßa
ilt' 
cravoir jPlé les prclnièrcs 
f'IUl'llces ùe ral'ianis111C (2). Lc ßlêull' 
Pt
rc souticnt que 
aillt (;rt."goil"c s.C
l scryi, en parIant ùe ;\otr& 
S(

ncur, (fun langngc qnïl He consent :1 défendrc quc so us 
prétc'\t(' (fun )])otif de ri'
('rYt' dans rl
l'..Î\ aÎn (3). Saint Hippolyte 

'exprinlc COn1JlIC sïl ignorait réternelle filintÌoH de- :Xotrc-SeÎ- 

neur ('-); saint l\It,thotie parle ù.une lnani,"re inc

lctc ÙC 1"1n- 
t'
1I'nation (!S), et saint Cypl'ien Be traitc pas c.In tout de tll(
ologic 
proprcmcnt (litc. 'fel c
t fétat inCollll'lct de rcn
eignenlcnt qui 
I}OUS rcstc dc ces '("I'itahlcs saints, qui, de leur temps:, ont l'h' 
It'S fidèlcs téuloins du Fils étcl'nel. 


,t I Ceci a f,té rontcst.., ainsi fJU'jJ nrri,'c I'our presque tous )cs fail
 sur 
le
'Iuf'ls tournc une conlro\"erse. Jc ue trois pas nrcessairr de rnontrrr la (ìos- 

;hilité de soule, cr dl's objections rclaLi\"cmenl à dfls queslions sur lesl]uelieg 
I'n peut dire que Ie monde s'3('cordc. liar cl.cmplc, Ic ton cntaché ù'arianislUc 
que ron remarque ÙëH1S ":usèbe. 
(2) 
Xêòè)1l TCCJ.Yj:íi .j
 "J",J"J 7'::.plf)puÀì,o'J}I.
'JYJ; ?t.'J
i
:.í.

 , ':'r.
 Y.7.T:X ':'Q ;':J6,U(;L(J'I. 
j.:.'lW , où':'!); l"-Ti'll, ó
(X, .'E f..(.':.t
 'l'JpE"J, Ó 7i:p
T'

 lx.'IIOp(..r;:ril
 Tit c;rf.p.u.
T'J. ';C
F(X,o;'Xi.J"tI. 
l
p. I
, 2. 
(3) Bull, Dcfens., F. n. II, 1
, 
 \"I. 
!
) Les autcurs qui font 13 génération [emporaire rt ne pnrleut c
preSS('f))er.t 
.I'aucune autre sont Irs suiyanls: JusLin. ALbénagore. Théophilc, Tatien, 
l'Hrlullicn el IIippol
te. p"-ate.-land, 'ú1. 1, part. 11, p.10'a.) 
(5) (( Le\ ia sunt, dit :\Iaran dans sa défcl1sc, quæ in Sanctb
imam Trinitatcm 
llie liber pcccarc dicilur. paulo örJ\ iura qua' in m)sterium fncarmltionis. 1) 
(n".. .1f's. Christ., p. :s:t..) Cn peu plu
 loin. p. 530, il 
jn!Jtr: (( In tertià 
tJfalione nonnulla legimus Illrarnatiqnem I'omini srrctanl ia. 'luæ c;;u1"I'
lJrdt' 
hr!a f:.Heor, nrgo impiè rogitata. ,. 



- 27- 


De plus, 
.\thénagorc, saint Clénlent, Tcrtullicn ct leg deux 
òjr1ints Denys, paraissent les seuls écriyains dont Ie style soit ton- 
jours asscz précis et asscz systématiquc pour faire songer ÐU 

ynlbolc d'Â.thanase. Si nons ne jugeons rcnscigncment de
 
Pères que par ec quÏI
 disent c:xprcssénlent, saint Ignace peut 
êtrc considéré COl1llllC un patripassicn, saint Justin cornll1e un 
ari
n, ct saint Ilippolytc conllne un photinicn. 
De plus, trois écri,-ains seulelllent ont traité de la doctrine 
dans les siècIes anté-nicéens; cc sont: TCl'tuliien, Origène, et 
nous pouyons ajouter Eusèhc, bien quïl ait yécu en partie dan$ 
I Ie quatrièlllc siècIc. Tertullicn est hétérodoxc sur la doctrine de 
la dh inité de Notre-Seigneur (t), ct il tOlnha uJtérieurement 
I dans rhérésie ou Ie schislllC. Origène cst tout au 11l0ins suspect; 
it doit êtrc défendu et expliqué plutõt que cité COlnnle ortho- 
do'Xc; enfin Eusèbc était arien. 
En outre, on peut meUre en question de sayoir si aucun des 
Pères anté-l1icéens affirnle distincte111el1t l'unité numérique ou 
I la coégalité des trois personnes, exccpté pcut-êtrc rhétérodoxe 
I Tertullien, ct cela surtout dans un ouyrage écrit après qu'il fut 
devcnu nlontanistc (2). Cependant, dans rhypothèse de ceux 
I qui interprètcnt la RègIe de saint '-incent contre rEglisr. 
rOInaine, nous ne dcyons sùrenlcnt pas être abandonnés pour 
ces grands articles de doctrine au témoignage d'un sièclf' 
I postérieur. 
L'évêque Dull dit que (( presque tous les catholiques ancier}
 
qui ont précédé Arius ont rail' dïgnorcr la nature indÌ\ isible t.t 
incoll1préhcnsible (innnensarn) du Fils de Dicu (ð), n article 
I qui est cxprcssémcnt renfern1é dans Ie symbolc d"Athanase 
OU5 
la sanction de son anathèn1e. 
II faut rcchercher, en outre, jusqu'à flueI point Ie ténloign38e 
I que donnent les Pères anté-nicéens, pris séparément en fave\:r 


(1) L'éveque Bull, qui est indulgent pour lui, con,'ient cependant : (( Ut quùd 
res est dicam, cum Valentinianis hic et reliquo gnosticorum grege aliquatenùl' 
locutus est Tertullianus; in re ipsâ tameD cum calho1icis omninò 6ensit. >> 
(Defens., F. 
. III, 10, 
 xv.) 
(2) Adv. Prax. 
(3) Defens.
 F. N. IV, 3, 
 I. 



- 28- 
de la tlivinité tlu Saint-Esprit, cst direct t't liltéral. ì\ous ferolls 

cuh'mcllt ohscryer quc SHinf na
ilc, au qUfltrii'Int 1 sÜ\cle. 
\'oyant quïl scrait Ini
 hOl'
 de rEgli
e par Ic
 _\riens, sïl appr'- 
lait distinrt('lllcnt du nOln de Bien In lroi
ièn)c pcr
onne de la 
$3intc 1"rinité, 5 'uh
tint 
()igneu
Clllcllt J.. Ie faire, dans unp 
occa
ion oÙ scs cnnl'lni
 ehcrdtaient 
l h. 
tlrpr('nth't"1, ct quand 
'Iuclqucs catholitlllCs Ie trou\"i'I'cnt en raute I
t-tlessus, 
aint 
.\thanase prit sa d(',rl'n
t. (I). EÙt-il <"tt
 po

ihlc 
t un 'Tai chré- 
tien, pour nt' pa" dire: un saint, t.le tcnir unc pareiUe conduite 
dan, un sièele po.;;térirur? 
aillt lla
ih' f"t'pellduut se conduisit 
ainsi, et, qnd (JlI'en SOil If' ,,<"ritahl.., Inotif, rc fait nous Inènt' Ù 
t'onclurc que la Hl'glc ell' saint '
illCeJlt, ain
i qu "elle cst con<:up 
de
 anglicans, nons fait di>f'ant lor
qnc no us Ia eonfrontons a\c
 
h. ténloignagc des h'IUp
 priu)itifs. 
Qu'on Be stlppo
e pa
 Ull :-,cnl in
taHt (IUC j"3ttaque rortho- 
do
ie tics théologicn
 prilllitif.'\, ou la force de leur télnoignflgt" 
pour des cxanlÍnatrul'
 il})pal'tiau
; lIlai-\ je Ies cxan1inc ùans 
lllypoth.\se (It' rrUe intl'rprl'tation pflrtiale tic In rl'glc dc Quod 
S(!nljJcr, nécc,...airc à ccu\. qui, eulcnt 
c préyaloir de son nutoritc 
('outre rEgli
e de Horrlc. Et n1aintl'H3nt , quant 
. ré,'idcllce po
i. 
ti\C t(ue les P '.res offrcnt en fa, cur de la doctrine catholique de 
la Trjnitt
, t:lI.., fI étl' rceneillie par Ie doetl'ur Burton, ct parait 
se réòuire nux deux cltl'f
 suÎ\ ants: rUIl rst rattl'ibulion de gloir 
au," troi
 pt'r
ol}J1cS à la fois, par Ies Pi'res et Irs Eglises, scion 
une tradition non intl'rrOlllpuc dès Ics prclniers tClnps. Le sc- 
cond cOlnprcnd errtainrs asscrtiuns di.stillctes tIe Pèrcs pal.ti- 
("lllier.
. f\insi, nOll
 trou,.on
 Ie Inot Trinité enlploYl
 par 
minf 
rrhéophilc, saint (]l'IUCllt, 
aint IIippol) te, Tcrtullicn, saint 
Cyprirn, l)rigènc, 
aint \Il-thode; la ciJ'clllnincr:5sion ùivinc, 
la partie Ia plus distincte de la doctrine catholitlue, ct runité 
de pni:-:
allcc ct de 
uh
tance, 
ont prof"'''t.
es avcr plus ou moin
 
dc clarté par At hénflgorc, 
aint Irl'néc, saint Clén1cnt, Tcr- 
tullien, 
aint Ilippol) Ie. Orif(ènc, ct lcs ucu'{ saints Dcny
. 
\
 oil
t à pr'u près tous Ics ténloignnges. 


(I) nt\sllr , rJ. !kn . "01. In. p. 
Cyj. 



- 29- 


Peut-ètre nous dira-t-on que nous dcvons prendre les Pèrè
 
anté-nicéens dans leur en
clnLlc, et les intcrp"réter run par 
I'autre. C'est supposer quïls sont to us d.une lnèule école 
 point 
qui resterait à prou\-er; 1113is, après tout, il cst n1èllle douteu\ 
que cela rendìt rargtuncnt plus fort. Par excl11plc, quant au 
I seconù cas, Tcrtullien est celui des Pères qui cst Ie plus cxpli- 
cite, et dont Ie trayail est Ie plus fonnel dans scs c\.position
' 
de la doctrine cathoJique. H II scrait à peine possible, j) tIit Ie 
docteur llurton, après avoir cité un passage, (( pour .L \.thanase 
lui-n1èwc, ou Ie cOlllpilatcur du syu1Doic d'.1thanase, d'avoir 
parIé de )a Trinité en tennes plus forts que ceux-ei (I). ') Ce- 
pendant Tcrtullicll doit êtrc considéré connne hétérodoxc sur 
la doctrine de rc\:istenrc éterncllc de Notre-Seigneur (2). Si 
done nous deyons juger des autrcs Pères par Tcrtullicn, nous 
scrons anlcnés à tirer cette conséquencc {IU
 on aurait tort de 
conclure que parce qu 'un Père est orthotlo\.c sur un point, il 
I'est sur un autrc, fJuoique res deux points s'entrainent ncces- 
sairCìnent run rautrc, puisquc, cTaprès eet excl11ple, ll
 
expressions les plus exnctcs sur un article de Ia foi sont conlp3- 
tibIcs ayce rhérésie sur un autre, to utes les fois qu 'cUes nc 
I'excluent pas en tCrtllcs cxprès. 
Et dc plus, {{uant à rargtlll1cnt tiré des Doxologies, il ne 
faut pas ouhlicr qu'un des passages de saint Justin nlartyr rCIl- 
ferme Ie cuIte des angcs. (( 
ous honorons et nous adorons, 
dit-il, Dietl et Ie Fils, (illi cst ycnu dc lui, qui nous a appris 
ccs choses, et In légion des autrcs bons angcs qui Ie suivent et 
lui ressenlblent, ÐilEi qu.à rEsprit prophétique (;;). jt Un uni- 
: tairicn (4) arguerait de ce passage que la gloirc ct Ie cuIte rendn 


{1} Ante-Nicene Test. to tlte Trinity, p. G9. 
(2) (( Quia et Pater Deus est, et judc
 Deus est, non tamen ideo Paler ct 
judex semper, quia Deus semper. 
am nee Pater potuit esse antr Fi1ium , 
nee jude ante't delictum. Fuit aulem tempus, rùm et delictum ct filius Dun 
fuit, quod judicem, et qui P
trcm Dominus fareret.)) (Contr. Berm., 3.) 
(3) Yoir plus loin, lers 1a fin du ,'olumc J où nous nous occupcrons plu
 
longuement de ce passage. 
(4) Je ne vois aucune raison pour ne pas admettre Ie titre d'unitairicn au

i 
bien que celui de presbItérien. J.:crreur est généralcment une lérité particBe. 



- ;)0 - 
.ì 
otrc-Scigncur par la primith<' l
gli
c n'était pas plus définÎ 
que celui (lue saint JU:o'tin était prêt ù concédcr nux créaturè
 
\T oilil pour cc qui regard.> In doctrinc ùe la ,aintc Triniti-. 
Passons à un autre c\.clnplc. llyn deux doctrillcs que 1'011 
a

ocie grn(
raleln('nt au 110n1 ..run Père des quntriènlc ct cin- 
41uiènlc 
iècles, ct cn faycur dcsquellcs il n'c
t Stl('rc po
sibI 
 
dïn\"oqucr un h."ll1oignage précis avant son tCHIpS : c'cst Ie pur- 
gatoil.c ct Ie I)(
ehé origincl. tn Ili'glc de saint \Tinccnt Ics aùnlct 
ou les cxclut tOlltcs lcs 
eux, scion <]u.on la prcnd ou non rigou- 
reUSCHlent au pied dp b Il'ttrc. 'Iais, 
i ron s'en sert COIon1C' 
de la n
glc lesfJicllllC (t), nlors naturellenlcnt ron p
ut lui fnir(1 
ndrncttrc 1(' p(
c111
 origind ct l"\durc Ie pur
.ratoire. 
D'un còté, In notion dc souffrancc'\, d"("prcuvt's, de chàti- 
n1cnt nprès cctfe yip, pour Ics fìùèles trépa,
és, ct aulres forn1c
 
vagucs de la doctrine ùu pur
atoirc, ont prcsqul
 un con
('ntc- 
Incnt en leur faycur dan" le
 (luatre prclniers sièclcs uc 1"

lise. 
fluoique quel((ucs Pères 3il'Hl l'taLli ccUc doell
inc plus ouvcr- 
lenient ct a,'ec plu.;; ùe préeisioll (Iue t.!'autrcs. C.cst, 3utant 
(IU "on pent S'Cll rapportcr au
 Blots, la confc

ion de saint elé- 
tHrnt dO.. \lc
aIHll'ie, d.
 Tertullicn, de saintc Pcrpétuc, ùe 
saint Cypri(
n (1"( )rigènc, (Ie Lactance, dc saint JIilaire. de 
saint C) rille de Jél'usalenl, tIc saint .. \nlbroi
c, de saint Ba
ilc . 
de saint GI.égoire de 
azianze ct de Xy

e, ùe 
aint ChrY'
o
- 
tÒInc, dc 
aint .JérÒlnc, de saint Paulin et de saint .L\ugu5=tin. 
Et cl'un autre còté, les Pèl'cs sont d"accord, depuis Ie premier 
d.cntre cux, sur ('cUe question que re
pèce hUII13ine s.csr r('
- 
scnlie plu" ou n10ins des cfrct.:; du péché d'..\daln. 
-'Iais si en
uile nous considl'l"UIlS plus atlcnti,-elHcnt ces deux 
doctrincs : celie cnsei
nmlt ((u.cntre la n10rt et Ie jugeßlcnt il 
 
a un teJnp
 on "tat de chÙtinlellt, ct cellc qui notl''; apprcnd {IUt" 
tous Ics honllncs, dcsccndant naturcllenll
nt ..r..\c.lam dérhu. 
naisscnt, en consequence, uc"pouillés ùe It'ur droiturc origi- 
nelle, nons trouyons, d'UBe part, dans Tertullil'n, saintc Pcr- 
pétue, saint Cyrillc, saint 11 ilaire, s3int Jérònlc, saini Gr(
goirp 


(1) Allusion à un passagc dOAristotc. La rr
lc le
hirnnc rlail cn plumb. f't 
se pliait en tous les senso (.'ute du' T:O!1dllClero-.) 



-5f- 


(Ie l
YSSC, it en jugcr d'après leurs paroles, des témoignages 
précis en faveur de 10. doctrinc du purgatoire, tandis que per- 

onnc ne souticndro. qu ïI y ail un concours aussi puissant d'au- 
torités à rappui de la doctrine du péché ol'igincl, quoiquïl soit 
difficilc de ricn statuer positiycl11ent sur renscignement des 
Pères qui cn ont trailé, sans cntrer à cc sujct dans une discussion. 
Sur Ia question tIu purgatoire, il y 3yait, pour parler d"une 
Inanière génél'aIe J dcux écoles : récolc grecque, qui admcttait 
unc épreu, c du feu par Iaquclle tous les honllllcs dcvaicnt 
passer au dernicr jour, et récole d"A.friqnc, se rapprochant 
davantnge de 10. doctrine actuclle de rl
glise rOlnaine. De Inème, 
Ics Grecs ct les j.fricains on Latins différaicnt aussi dans leur
 
'\ ucs sur Ie péché origincl. On connaìt hien, sur In croyance 
des Grecs, Ic jugemcnt de IIookcr, quoiquïI ne doiyc pas êtrc 
pris à Ia lcttre: "L "hérésie du libre arLitre était nIle nlcule :UI 
cou des pélagicns; condmnnerons-nous done sans Il1iséricorde 
fous ees Pèrcs de rÉgIisc grccf{ue, qui, induits en erreur, 

ont Inorts dans rhérésic du libre arbitre (1)? " t"éYêqnc 
rraylor, en défendant une doctrinc opposéc, porte un témoi- 
gnagc senlbIable : c( Le péché origineI, ùit-it, conlme it est 
comn1unéIncnt explicplé aujourdOhui, n.était pas 10. doctrine d(. 
rltgli
e prÏIuitÎYc; n1ais, quand Pélage cut troublé Ie torrent, 
saint .Augustin en fut si amig(
, qnïl Ie frappa ct Ie troubln 
encore dayantagc. Et yéritahlclllcnt jc ne pense pas que ccux 
qui souticnnent contrc n10i ropinion de saint ... \ugustin uÍent 
bien réßéchi que jc d
clarc nloi-n1èmc 
UÎ\TC lcs Pères qui 
ront précédé, ct que lui-u1ên1e a ahandonnés, conune je raban- 
donne moi-mèn1c dans 10. que
tion (2). n La mèn1C opinion est 
admisc ou profcsséc par Jansénius, Pctau ct "Taleh (5), homme
 
(1) Of Justificatil1n (de ]a Justification), p.26. 
(2) 'Yorks , vol. IX , p. 396. 
(3) Quam\'is igitur quàm maximè fa lIantur Pe]agiani, quum 8sserant, per- 
c.atum originale ex Augustini profluxisse ingenio, antiquam "erò EcclesÍllm 
iIIud planè nescivisse 
 diffiteri tamen nemo potest, apud Græcos Patres im- 
primis in\"eniri loea quæ Pelagianismo fayere videntur. Hine et C. Jan:,eniu5 , 
('{ Græci, inquit, nisi caute It'g;u)lur et intelJigantur" præbere possunt occa- 

ionem errori Pelagiano;)) et D. Petayius dicit: (( Græci origina]is fere cri- 
minis raram, nee disertam mentioncm scriptis suÎs attigerunt. )) (Walcl
. 

}Ti,rello Sa
r" , p. 60';)0 



- 5
- 


d'écolcs si Jiffércntcs, qne nons pouyons con
idl'rrr leur accord 
sur ce poillt COIUll1C une preu\ e de rexactituùe ùu fait. Ln 
écriyaiu postérieur, npri's 3\ oil. cXnIlliIU', Ics tl'Il10ign3gcs de tous 
Ic.s l)ères uu à un, arri\ c à condul'c .JalJord ((lie &( rÉglisc 
grecque n'a sur unrUH point faYori
é \n!:!;ustill, e'\ccplé CIl cn- 
scigllant que la IHort \ illt tlu pt'ché d",Adanl, aiH
i (après Ie 
f.\
ml)s de U(
t h('de) (111 "tIne 
en
nalité l''\tr.HH'dillaire ct contre 
nature. It IIllit cllsuile que &( rf:glisc latille afIiruwit, en outre, 
qu'unc ånu' 
ouilìl'C ct còrrolnpue dalls 
on foull a t'((
 trall
lltisc 
par ,'oie de génération 
l sa postérité (1) , n dottrine niée dl'puh
 
par 
(ìint \lIgu
tin l'l rJ
gli
e; t't t'uliu ((IIC ni Ies Grcts, ni Ic!" 
Latins n'ont soutcnu la doctrinc tlïnlputation. <<h1 pent oh
cr\'er, 
en outre, ((uC' la doctrine d II pt'('IH', origillel He paraìt ni dans Ie 
ttynlbole ùes npòtl'e
 ni daBs celui de 
icée. 
Nous donucr\Hls encore un c'\l'llIpIc ('onlIne specimen de 
plusicurs autres : - Jü nl'
1\ anre 
\ un de nns :nlle!s pour 
rpcevoir la sailltc Eucharistic; jc u.ai autune cspèce de dout(' 
dan
 I"e'prit 
ur It' lion title rc 
arr(,1I1('nt rcnf('rillc : jp n1'a\ 011(' 
à mO:-IUt"'u1e nU1 ero) ance., ct je HIe rappelle It's bases sur 
IcsqueIlcs cUe rcpo'c. ct l,a pn
:-\l'nrc du Christ csL ici, car cUe 
suit In. ('ons('rratioll; la ('oll
éeration 

t la pr("ro
aliyc dcs 
prêtrcs, ct Irs prt'tl'cs 
ont faits par ronlinatioll ; or, rordillation 
,ient en JI'oitc li:rnc des \pÙtrc
. Quels <(u(, soil'nt nos 
'utrc
 
lualhcurs., chaque anl}(\
HI de notre elwine c
t iutact; nou" 3\"ons 
la succc
sion npo
toli((l1e; nous n\ on..; la fonup eanoniquc de 
collsécration : done nons recc\ OilS ce dOll iueffahIl'. n lei cctte 
question sc préscnte it IHon (,
pJ'it : cc Qui, ous a parlé tie ce don 
eéJestc?,. Jc répolld
: cc 
JC' rai appri
 des Pèrrs. Je crois en In 
pré..-;
lIcc rédle, parrc (Iuïls CIl rcndeHt t
llIoigHa
e. Saint 
Ign3cc rappclle Ie l'cinhlc de riJJl1Jlurfalité; 
nint lrén(
e dit que 
lVutre char" dccicnt incorruptible rt lJ((rtic;pc å la 'fic ct à l'cs- 
]1éral1ce de fa 'réslli"l"ection, parte qu 'c(fp est 110lll'l';C dn cOl1JS et 
till sang de lVotre-SeÎfjllClll' .Té
us-Chrisf; que rEuc!lari:\tie S'e 
('ompose de deux cltO
CS : fune lcrrcstre et fautre célcste (
). 



I) Horn. Comment. dl' Pc::r. Ori!J., 1S01, pag" 98. 
'.2) I1ær. I IV, 18 r v. 



33 


t)rigène et peut-ètre 
Iagnès après lui òisent : Ce n .cst pas Uflt! 
figure du C011).') dlt Scigneur, ?llais son propre corps; ct saint 
Cyprien parle en tcnl1CS aussi telTihles que possible de ceux qui 
Ie profancnt. Je me range ayce cux, ct je erois comnle eux. >> 
C'est ainsi que je réponds, puis ceUe pcnsée me rcvient à 
I I'csprit: It Et les lnènles anciens Pères ne rcndent-ils pas témoi- 
gl!3SC d.une autre doctrine que YOUS désa\'ouez? N' ètes-vous 
pas COlnme un hypocrite, les écoutant quand YOUS voulez , et 
rcstant souI'd 3 leur ,.oix quanti il YOUS plait? Comment pré- 
tcndez-,.ous ,.ous identifier a\ ec les saints quand YOUS ne 
m3rchez qu"à deHli ::tyee eux? Car de quoi parlent-iIs Ie plus 
souvent, ùe In présencc réelle dans rEucharistic, ou de la 
suprén1atic du Pape ? '.ous aecept
z Ie plus faiLle ténloignage f't 
VOllS rcjctez Ie plus grand. a 
En ,.érité, quclque rares que soient les documents antP- 
nicéens sur la suprén1atie papale, ils sont infiniment plus nOID- 
breux ct plus précis que les ténloignages en favenr de Ia présence 
réelIe, témoignages se réduisant à quelques passages llu genre de 
ccux que nous YCHOnS de citeI'. D"autre part, ré\-èque Kaye (t) 
fait cette remarque sur un passage de saint 
Justin : (e Le 
ourry 
donne à entendre que saint Justin a soutCIlU la doctrine de la 
u'anssubstantiation; à 1110n ayis, c "est hien plutöt celIe de lti 
con
nbs{antiation, puisquc saint .J ustin appcllc les espèces con- 
sacrées pain et yin, tout en disant qu'elles ne sont pas un pain 
ct un ,"in ordic.aires (2)... Nous pouyons done en eonclure que. 
quand il les n0l11me corps et sang ùu Christ, il parle dOune 
manière figurée. n IC Saint Clélnent, ]) obseryc Ie même auteur, 
u dit que l"Ecriture appelle Ie yin un sYlnbole n1ystiquc du sacré 
sang..... Saint Clément donne dÎ\ erses interprétations au"" 
paroles de Jésus-Christ dans rEyangilc 
elon saint Jean, '1, 
lorsquïl parle de sa chair et de son sang; n1ais dans aueun cas 
il ne les intcrprète liuéralelnrnt...." Son sentiment parait 3yoir 
été qu'en participant au pain et au vin dans rEucharistie,l'ârne 


(1 \ L'évêque nctuel de Lincoln, auteur tip quelque
 ouvr
gcs sur les Pères. 
(.Vote du, Traducteur,) 
(2) Justin, martIf, rho IV. 



- 34 - 


tiu tidèlc est unie à rE
prit-Saint, et qu
, par cettc union, It.. 
prin("lipr ùe lïnlnlortalité cst ineorport
 à sa {'hair (I). n It II a étë 

uggt
ré par quelqucs nuteurs, ]) tlit \\T ntpl'land , " qth
 TertuIlicn 
a cOlnpris que dans It' p:1
sage de 
aint .'can il n'e...t qucstion 
que de la foi, dt' la doetrin{' on (ractions spirituellcs; (fautrcs 
Ie nient fortellH.'nt. ]) A pl'('
 a\ oil' cité Ie pfl

agc en question, 
if ajollte : " Tout ce que ron pent ju
trnlcnt recueillir de cc 
pns:'flgc confus, c'est que Tertullicn a appliqué nu 'Tcrhc It" 
pain de vie tlont pnrl
 saint ,Jean, rn Ie fe
flnt quclquefoig 
verLal, queltpl
foi
 suhstantiel, hrouillant les idées ùe 13 
manière fa pins perplexc, de sorte <[u'on nc saurflir s'en fairc 
uue autorité prl'cise P(HH" {'
pliqucr saint Jean ('OlnnIe s'il 
pnrIait de t.lo('trilH."\
. Tout ce (lUll y a de certnin, c'cst qu'il 
5UrpO
("' que It.' ,.. crhe s'cst fait ('hail", ct que Ie " erLe Încflrné 
est Ie pain eéle
tc dont il cst pnrlé daH
 ('e chapitre (2). n 
" J..,'ohseryation hénél'ale ù"()rigènc relati\'cnH
nt it cc chapitrc 
est flU'OIl He (10it pas Ie eOlnprcndre littl'l'alcluent, n13is d'unc 
mani(\re fìgul'cc (:>). Dc plus, il cst assez clai.. qU'EUSl'UC 3 suivi 
Origènc dans ('('Uc question, et que tous ont aùopté la nu\me 
illtfTprétation allt

orique ou 01) stiquc; Inais jc He !'aurais dire 
8Ì c.cst c..rune Inanit're Ullifol"lHC ('t constante (-i-). · Je ne citerai 
plus qu'un h"nloignagp incident <(ui nou
 a t"tl
 fourni réccm- 
111cnt. Un serlHon Inéllloraule a étt
 puhlié 
ur cc sujet (
), et 
nous voyons dan
 cent quarantc pas
agcs tirl'
 des I)èrcs,. qui 
figurcnt dans Ie's notc
, non COllllne pr
nYes fOI'lnellcs, Innis 
conlmc pièccs it rappni, (lue (I'linze scnlell1ent 
ont tir(
s dc
 
ccrivnins flnté-ni('(
ens. C('He circonstanrc prut donner la nIcsurc 
de l'
ppui qne la dortrilH' anp...it'ane ùe rEuelwristi.. trOl1\'C ùan
 
la périodc antéricurc au concile de 
icée ct dans lcs tempi 
postf
'ricurs . 
Lcs témoignages anté-nirécns qu'on pent in\'oqu
r en fnvcur 


(1) Clem, Alex., ch. 
I. 
t2) \Vorks, '.01. \"11, p. 118-120. 
(3) Ibid., p. 121. 
(
) Ibid. , p. 127. 
(5) Le memorable 
ermon uu Dr Pusey sur l'Ellcharistic, à la suite tlurf8r1 
In pródicatiüJl lui fut intcnlitc pour dcu
 ans. (.Yole du Traclucleu.r ) 



- 55- 
de r3utorite du Snint-Siége ne craindront nucune cOlnpar3isoD 
üYCC de teUcs prcuycs. QueIquc faihIcs qu ïls soicnt séparément. 
ils sont du moins \-ariés et tirés dc sièclcs ct de pays différe
ts = 
ils s'appuicnt run sur rautrc, et fornlcnt cnsemble un corps de 
prcuycs imposantes. Ainsi, saint CléIl1Cnt écrit, au nom de 
rEglisc ùe Ronlc, unc lettre nux Corinthicns quand ils n'ayaÎent 
pas d"évêque; saint Ignacc d"_\ntioche 
"atlrcssc à rEglise de 
Rome, ct å ellc seule entrc toutes Ies Egliscs auxqucllcs il écrit, 
comnlC à t( rEglise qui ticnt Ie prelnier rang (t) dans Ie pays d(
 
Uomail1s; n saint Polycarpc tIc Sinyrne s"cn rapporle à réYl
qUl' 
de R0l11c sur la question de PÙqucs 
 rhérétiquc ì\Iarcion , 
cxcollllnunié dans Ie Pont, en appcllc Ü Ranlc; Sotcr., évèqUf> 
de R0I11C, cnyoie des anmònes, suiyant la connnuc de son 
Eglise, à toutcs Ies Egliscs dc rClnpire, ct, pour parler seIon 
, Eusèbc: t( II exhortait affcctucuSCIllent ceux qui vcnaicnt it 
Rome comn1e un père parle à scs enfants; nIcs nlontanistes de 
PhI') gic se rcndircnt à Rome ponr obtcnir rappui de son 
évèqur; Praxéas, d"_\friquc" poursuÎt Ie lllèInc but, et y réussit 
pour quclquc ten1ps; saint 'Tictor, éYêque de ROIne, mcnace 
d'c,\:con1Illunicr les Eglises ..rAsic; saint Irénée parle de rEglise 
de Rome COInn1C I! Ia plus grande Eglise, Ia plus a.ncicnne, IH 
plus illustre, fondée et étahlie par saint Pierre et s3int Paul; l' 
il en appelle it sa tradition, non pas en opposition, nu1Ïs de pré- 
férence à cenc des autrcs égliscs, ct il déclare que, (( dans ertte 
I
glise, toutes Ics églises, c "cst-Í\-dire Irs fidèles de tous les pays 
doivcnt sc conccntrcr , on s oaccordcr entre eux, proptcr ]JO No rf'n,- 
pritlci]JalitatC1n. ]) ([ Bienheurcnse Eglisc, dit Tcrtullien, où 
 

pòtres ont répandu ayce leur sang tonte Icur doctrine. }, L
 
prêtrcs de saint Denys, éYèque dOÅIc
and
'ic, sc plaignirent de 

(ìS doctrincs à saint Denys de RaIne; celui-ci lui fit des re- 
rnontranres, ct racrusé s
c,"pliqua 3yeC lui. L'en1pcreur _\uré- 
lien laisse t{ aux évêques dltalic ct de ROlne n å déeidcr si Paul 
tie Samosalc scrait on non dépossédé du palais t'piscopfll d"An- 
tioeh
. Saint C"prieD parlr (!(' Rome 
 comme " sié
r de s
jnt 


!1 n._c;v:,Í; 
Y;"U(, 



- :>G - 


Pierre cl la prineipalc Eu:li...c ù'où cst ycnue runité ùu .s
tCCI"- 
doce... ÙOllt la foi a l,té aCl'I"t"ditée par les .L \ pÔtrl'
, ...t auprl'
 tit' 
laquclle lïIlcn
'ùulité n"a point accès ; )I saint Etienne rl'fu
(' de 
rccevoir In d('lHltation dt.; 
ail)t Cypril'n l't 
l' séparl' de pIlI
ieur
 
Eglises d'Oricnt. J1'orluualus et Fl'li
, (h"posés par saint Cypri('n 
ont recours :1 RonH'; na
ilid('s, lIt"posé ('11 E
pagnc, en 
)ppcllc 
à Rome, ct nH
t saint Etienne de son partie 
Qucllcs que soient les objections que ron pui
sc fairc rontr(' 
tclou tel ùe ces faib p:1rl iClIlic'rs (et je Ill' pl'n
e pa
 (Ill 'aucuIu' 
objection sél'ieuse puisse s'élcycr).. lléannlOills je trOHYC, cn I
 
(
onsiùérant en hIoc, (Iu"il ell r('

ort un pui
saut nr
urllenl cn 
favcur lIe rautoritl' dc' HOlne en 1Jlatii're de roi (.t dc praliqul' 
argunu'ut bf'au('oup pIlI
 fort qu'autun autre tiré ùe In IUt:IIlC 
(
poquc, à rappui de la doetl'ine de Ia prl
"'l'nl'e rl
t'llc. 
Si rOil dit quc les litu..
i('s des (luatrii'IHc ct l'ilHluic"'nlc ...;il'rl('
 
prouvent que la pré
rnc(' réelle i,tait la doelrinc de
 tl'lnps pri- 
rnitifs, YU que les luêlJ1l'S fOl"lnrs e
i
taicnt prohaLlelnent dnns 
Ie cultc di\'in, lli'
 Ie pr('lniel
 
il'de, c"l'
t Ià 
an
 doule une \ériLé 
importantc; Inai
 il e
t \Tai aus
i que les ('rrivains des quatrii'm(\ 
cl cinquièlnl' 
ii
clcs aHinncnt harcIilllent ct rccollnai,"'cnt fran- 
chement que les pl't"rogativcs dr HOlnp yicnl1l'nt dl
s temp
 
apostoliqurs, et ccla pan
e que c 'élait Ie 
ié!{e de "';Hinl Pierre. 
Dc plus, 
i la rl'
i
talll'r dl' saint Cypricn ('t llc saint }
irInilicn 
à rÉ!!li
c de HOlne sur la (IUeSlion tlu haptènlc par les hi'ré- 
tiques est iu\"oqué('\ rOTlllllC arg'ullH
nt l'ontrc 
Oll autorité pri- 
mitive, ou hien si ron cite la fl'sistancc plus ancicnn..... ù(' 
Polycratc
 d.l
pllt\sr, YOYOllS d.abonl 
i toute autorité He con- 
duit pas néccssain
lncnt :1 la ri'si
tancc, rt cxan1ÏnollS cnsuite si 
la proprc doctrinc dc saint CIIH'icll n"a pa
 plus tic poiù, (Iue 

on action; df'lnandon
-nous, cufin, 
ïl n 'c"tait PilS tlc"j
. dan... 
I"('rreur, aill.;;i que I
irnlÍlien, sur la princÏpalc (lue.;;tioll ton- 
trovcrséc. Enfin it c
t it ('on
iclér('r, cr qui est Ie point capital 1 
si fon nc pourrait pa
 faire les Inl'I11CS ohjections coutre ran- 
eicnnelt
 du dOglTIC de la pr('
('ncc rl'cllc. On pourra, par 
t'\emple, in\'oqucr eontre cUe les parole
 de TcrtuIlÏt\Il, qui 
f'\pliquf' " Ceri r.
t '1120n corp:
. ., par Ceei est fa figurr de In()l
 



- 37- 
('orps, :t et celles d'Origrne, qui dit que I( NOlls buvons Ie sang 
du Christ, non-seulenlent dans la réception des sacrClllcnts. 
mais aussi en entendant ses c1iscours (1). )) II dit encore: (( Ce 
I pain que Dieu, Ie \r erbe, reconnait conlme son corps, est !a 
parole qui nourrit les âllles (2) : )) or ces passages qui adnlettent 
une intcrprétation catholique, lorsque la doctrine catholique est 
une fois prouvée, sont, dc prinle abord, contraires à cettt' 
doctrine. 
Ce qui précède nous conduit inévitahlelllent à cette con- 
clusion : que, queUe que soit la yéritable clef pour nlettre en 
harmonic les docunlents et les faits que nous transmet rhistoirc 
de r
gIise prinlitive, avec ceux que nous préscntent les. ann ales 
de rEg1ise dcs tcmps plus rapprochés, quclque yraie que soil 
Ila Règle de saint 'Tincent, elle peut ditficilclllcnt nOlls seryir 
I nujourd.hui pour arriver à un résultat satisfaisant. Considéré(' 

 d.une Inanière abstraite, cette Règle est vraie, et rapplication 
i pratique en était possible dans Ie siècle mème de saint Vincent, 
I "'U quïl pouvait presque denlandcr de ,ive voix nux siècles 
I priInitifs leur télnoignage; nlais de llotre temps, cUe ne peut 
plus toute seule nous servir de guide. La solution qu .eUe nous 
I offre ne présente pas nloins de difficuItés que Ie problènle 
original. 
Vue seconde hypothèse, plus généraleInent adoptée, nOli 
Inoins plausible, et qui peut en quelque sorte sc concilier HYCC 
la pren1ière, e-sf celie qui suppose nne corruption prématurt't.' 
du christianismc par des influences extérieures, 'enanl de 
rOrient, du Platonisme, ou du Polythéisnle. Ccue h}pothèsc 

uffit certainement pour expliquer, in abstracto, Ics ùiffércncc
 
tlui peuvent exister entre la doctrine et la pratique, aussi bien 
(Iue Ie développcIncnt de ropinion sur des points particuliers. 
Les recherches que nous allons faire jetteront peut-être qu..-:-lqnc 
Inmière sur la yalcur de cctte hypothèse. En attendant, qudlt' 


(l) Numer. Horn., XVI, 9. 
(2) Interpr. Com. in Mattb., S:s. 


BlBlIOT. IIIST. 6- A
Nt[. fer or,-n. 


1. 



- :>8 - 


(IU
 soit 13 hardies
e avec laquelle ell". est 111ÎSC rJ} avant 
an
 
ètrc prouvée, fJuelf}uc laq!c <{nc 
oit rapplicatiou (IU "Oil en fait, 
die n'a aucun droit i. notl'l\ nttf'ution, jU:'\(lu"ù cc qu'ellc 
oit 
(':\po...,éc sy
téJnati411Ienlcnt. ì\on:'\ ne pou, ons la con
idl'r('r que 
('OlllIne une 
irHplc eonject lIrc jl'.éc c."\Jl rair, jusCJu":'. ec (Iue ('l'll
 
(!ui l'avanccnt 1l0US dOllllcnt unc :,olution (Inch'ouque dt' cer- 
taines gTandl"\s (lUt,...tions, jlb(lu"it ce (In ïl:'\ nous nil'llt dit rc 
qu'est scion eu:\.. la \'éritahlc doetriue ehrl'Licllnc, rt {lC (Iuïls 
\'t
1IIent dire par eorru )tioll. 
Unc troisièIUC IJypolhèse c.
nli
p par Ics théologicns de.' Il::
li
r 
c.le Home l':,t rc (Iu"on Hppdle DisfI}JliJif1, ...i/.cun i. Ou 
 soul it'1l1 
(Iue les doctrines des :o:il'des pO
li'rieul's de Il::gli
c l'taient I'l't'I- 
J
lncnt connues c.1t',
 Ies pren1Ïers telHp
, Blais <Iu'cIlcs n'l'lait'ut. 
pas puhliquCßU'llt cn
ei
nécs pUlIr diffl
l.enlt's rfli
ofJ
. \in
i, 
It:'1' c
clnplt.lI, en consic.ll'ration du respect qui leur c."lait c.I Ù, de 
pl'tlT que des sujets sacré-s Of' fU

l'fJl profane's par Ics paÏt'lls ; 
t'nsuitc, à cause dC3 catéclHlnH
'nes, pour (}uïI:, He fu
:,cllt pas 
(
hlouis ou éloignrs pflr la C0l11IlIUlliealioIl souc.lainl' ùe (oute la 
VPl'ité révélre. Et, c.fnilll\urs, on np prut guèrc nicr Ir fait (ItlC, 
('hrz les prclniers ehrélil'l1s, rOil tint. cC'rtaines cho
e
 sccrèrcs. 
(}uant:l la forlllc ((ur prit ce fait conlme rc.".gh' c.lt'lcrn.tÏIH',C, die a 
pu varier suivnnt Ics pl'rsonne
 C't Ies licux. Quc cel usage ait 
t"xislé COffilne priut'ipc rrconnu l'n CP (Iui rrgarc1(' Ic
 
:H'I'r- 
JucnLs, 
cInbIe ètJ'c 3t)ruis par tout Ie nlonùe; {IU ïl ait.. par I.. 
fait, éll
 pratiqué SOllS (I" autrl'
 rapp()l't
, nou
 parait rC

()l'lil' ùe 
Ja nature ß1ème des cho
p
 ct tl(\S e'f'rits des apolo
i
lt,s. -'Iillu- 
lius lY'li-x et Arnobe, tlan, It.'ur controycrse tlVCC lc
 païens, 
Sl
ll1Llent nier que lcs ("hrc.
lirns de rC'tte ('poque sc 
,--'r' i
:-;l'nt 
cJ'autf'ls; cLpendant ''fertullicn parle c
rrcs
énlCllt lrant f)(li 
dan.;; rÉ
lise. Qur pOll' ons-nons dire i. cela, si Ct' n 'cst que Irs 
i'poIogistes nicnt les autcls dans Ie seils où ils les ..iùieuli
l'l}t, Oll 
(1U ïts nicnt (IHe des 3utels, leis que ceux des pnÏclls, flJ

ent 
l.o1èri
s par les chrétÎen
? C.cst ain
i que !\Iinulius dit (luïI Il"y 
avait point de tClnplcs chez It's ehrétiens; ct ccpf'ntluut ils 
OIl' 
ctistinct.ement reronnus dans les (
dits de I' ëre ue Dioelétien , ct 
rHn 
3it quïls remontt'nt à une époquc cncorc plus rccu!éc. La 



- :>n - 


trndallre de lout syst
rnc dOluinHnt, tcl que Ie pnganlsillc d(

 
sièdc
 ant(
-nic(
(,Jls, est tlt
 forerr scs adycrsaires de 8C posrr 
rovers lui dans l"aUitudc la plus ho
tilc ; ils rcgardcnt surtout 
I :.vce soup
on les points nl('
nles 
nr lesquels ils sont Ie plu:-. 
I I'approchés de lui, de pen.. que par une fausse intcrprétatioll, il
 
I ne soient identiHés aycc lui, et cnsuite ahsorbés (en lui) par In 
force de 
on autorité. La gl'ande fante que ron reproelw 
aujourùl1ui aux rcclésiastiqucs anglicans (Iui tIésirent confOrln(Or 
leurs pratiqul's nux ruhriqu('
 <1(\ leur É g lise, rt leurs doctrir}(

 
, à celles de ses théoIogicns tIu dix-scptièule siècIc, c .cst qU(" " 
,olontairelncnt au non, li"gitiulclllcnt on non. n1ais cn fait, jl
 
sanctionnent et encourngcnt la religion de ROllle, oÙ sc trou\ enl 
des doctrines et dc" pratiques sClohlablcs, Inais plu
 précises f't 
plus inlluentcs; de sortc quïl est tout au Bloins inoppol'tun d"eu- 
trcprendre cc qui sera certaillcluent lnal intcrprété. En d.aulre
 
! tcrn1cS, ils sont rcquis d'cxercrr unc Disciplina .A,.cani. {lnt" 
I réserve sen1blahlc était inéyitahlc de la part de rÉglise catho- 
, Iique, dans un telnps Olt les prètres, Ics autcJs, Ies r{'rénjoni{\
 
des autrcs religions autonI' (relIc i,taicut eousacrés à d
s supersti- 
tions coupahlcs. On aurait certainClncnt eu tort de nier Jps 
cérérl10nies du christianislll{" In

is on t.1c.
Yait Ics [cnir cachée
 
 
et Ics 3pologistcs ont pu êtrc tentés de nicl' conlplétcrnC'nt cc qui 
8urait dù quc1quefoi
 rètre tont au plus dans certaines eonditiolls. 
{Tn paganiSl11C itlolâtrc tenùL,it it rt
prinlcr Ie culte cltérieur du 
C'hristinnislnc" cornmr on dit de nos jours que Ie protc
tanfi

nU' 
réprinlc, Innis par une autre raison, les luanifcstations c"t
tl"- 
rieurcs de la rrIigion catholique rOll1aine. 
Sous diyrrs rapports, il e
t <lOBC i o , ident que, dans Ir
 prt"- 
IHi
rs 
iècles 
 ccrtaines l }flrties du s, stèule de r]
!.!'lise flll'('nt 
, oJ (.. 
réscrvl'cs; c('la c\.pliquc du reslt
 cn qucIlluc' sortc cetle variation 
êtpparcntc ct ce dé\ CIOppclllC'nt de doctrine qui nous clnbarras- 
scnt qaand nOllS you]ons consultcr rhi"toirc, pour 
n oil' UI1t' 
ju'tc idi't' dn ('hristialli
nle. Ct.\pcndant là n .cst poiut ia clef d(' 
toules lc
 difGcuItés, et cela par une raison éyidente : Ies \"ari:l- 
(ions s.étendcnt ju
quc dans un siècle OÙ ron ne peut plus rOJ}- 
cevoir que la discipline tIn secret fût en action. 



- 
o- 
Xotrc OU\T:1gC a ponr but de rrsoudrc la difficulté que nou" 
'CHons d'c\.ro
cr, dimcuhl
 qui nous cnlharra
sc lorsf{ur, afin 
dc résoudre Ia question qu'csl-CC que Ie christiani
me, en fait dt' 
doctrine et dc culle, nous int
rrogeon
 Ie guidp qui'se présent(\ 
Ù nous Ie plus naturrllenlent, c"cst-it-din' rhisloirc tie dix-huit 

il'rles. l..e point de ,"ue auqucl ce livre e
t écrit a, de tour tenlpS 
peut-êtrc, été ilnplicitcment ndoph
 par Ics théologiens, ct jc 
c'rois qu"it a été réccHuuent I11is en relief par plusieurs écriv:l1ns 
clistingués tin conlinen , tcls que De _Uaistrc et l\Iu'hler. Cetb
 
lhéoric c"cst que raccroi
scnlcnt ct l'e'pan
ion du S) luhole ct 
dc"s pratiques <lu christiani
lne, aiusi flue les variations qui en 
nnt suiyi la nwrchc rlu'z Irs érriyains inùi,.idueis conllne dans 
des Egliscs, sont les consi'quencl's néccssaires de tOUle philo- 
:,ophie on de tout systi'lnc organi
é qui s'cInparc de lïntdligenrc 
t't tlu cæur, et qui a ell un ,aste dOlnaine. .Jr souticlJs que, paT 
b nnture ùe re"prit Illllnain, Ie tClllpS cst nécessaire pour lïn- 
t
lIi
rnre conlp]ètt' et Ie perfectionnenlent tics granùcs iùées ; 
(it que les ,él'ités les pIu
 élcyées ct les plus Hu'rycillcuscs, hicn 
(Iue cOlnmnni(luées nu nlonde nnr fois pour toules par des 
InaÎtrcs inspirl;s, He sauraient ètre c0l11prises tout d'nn coup 
par reu, qui Irs reçoi\"l'nt; ec sont des ('
prits non in"pirés qui 
Ips rcçoiyent et les trnnsnlrllent, et tout S .opère å travers de
 
rnilicu'{ hUHwin
. Elles ont done delnanùé du ten1ps et (Irs 
l'éf1cxions profondrs ponr arrivcr:ì leur parfait (;clnirrisse1Ì1ent. 
C'cst ce flu"oll peut appcIer ]n théorie dcs dércloppc1Jlcnts, ct 
avant dc re"\:po
er, nOtls dcvons fairt' deux observations. 
Prenlièrcluent. II pst yrai (Iue celie théoric cst une hypoth('')
 
avanc
e pour l'\:pJi((lIel' une ùifficult('" ßlais au

i les diffl'..entc
 
e\plications données par Ies a
t..onon1es ponr rendre raison du 
111ouven1ent apparcnt des corps ci'lcstes ne sont quc de.;;; hypo- 
thèscs qui expliquent certains pltl'nomèncs. Or, if serait aussi 
peu philo.--ophif{ue (1"en fairc nnl' objection contrc In théoric du 
cJl;yeloppclnent quP contrr cellcs dont on se sert dans Ies scicnrcg 
physiques. Je dirai plus, car une 11) pothèse tclle flue cclle-ei 
n'est pas une silnple thi'orie qu"on in, ente pour rcndrc rraison 
cle certains phénolnl'lles; nlais cUe cst prou\"éc par des faits 
 



- '..1 - 


tout en les c
pliquHnt; dIe n 'cst I=m
 Sl'Ulcl\1('nt crérc Far\."e 
qu 'on a be
oin d" une théorie, ITlais elle cst sUfgl'réc par b 
nature Inèule Je la chose dont il s"3git. II n\
st }Jns plus rai
on-' 
I nable (Ie paraÎlrc surpris qu'aujourdlHli une théorie suit ni>('l'
- 
saire, ('n aÙlllcUant, pour facilitcr rargull1entation, que la 
théoric soit nouyelle, {Iue de téllloigner un rnème étonnClncut 
v our di'précier Ia théorie de la grayitation ou Ia théorie Pluto- 
nicnne en g('ologie. Sans Joule la théorie du secret et ceHe ùes 
, déYeloppcn1cnt
 
ont tIt's expédient:':, n1ais iI en est ain.-:j de 
rusa
c an
lican de Ia Rè
le de saint 'Vincent , . il en e
t ain
i Jp 
u v · 
rart de la' gran1n1aire on de rusflge du quart de cerclc; oui, 
c'cst un expédient qui nous n1ct à luêmc de résoudl'c ce qui t':
t 
deycnu un prohlt"IDe IIbcessélire et dißìcile. Pendant trois c("'nls 
ans, Ics doculucnt
 ct Ics faits du christianisllle ont été c'Xpo
ps 
it un c'{amen jalou'\; Jes æU\TeS reçues, sans nlot dire, ont étè 
jugées fau
ses et. corrolnpucs; on a n1Ís de côté ou bien on a 
modifié certains faits prétrnùus, jadis acccptés COll1mc princip
 
èIélnentaircs dans l'argull1cntatiol1. De nouveaux faits et de 
nouveaux principes ont été mis au jour; des vues philosophiqul'
 
ct des discussions poléluiques de diverses tcnùances ont été 
soutenues ayec plus ou Inoins de succès. 
on-seulelnent h. 

ituation relati,-e des controyrrses et des théologies a changé, 
mais je dois dire que IÏlnpiété elle-n1ème est, is-à-vis du chri
- 
t.ianisme dans une position différente et qui offre de plus grandl'!\ 
('
pérances. Les faits de Ia religion révélée, quoique non altéré
 
dans leur substance, préscntent un front n10ins compacfe et 
moins bien organisé aux attaques de scs cnnen1is, et pennetten\ 
de nouvelles conjectures et de nouvelles théories sur ses sourcl"\" 
et son principe. L'ét3t des choses n .est pas ce quïl était, quancl 
on pou\'ait faire appel aux æU\TeS supposécs de l' Aréopagite . 
ou aux Décrétalcs prin1itiycs, ou aux réponses de saint Denys it 
saint Paul, ou à la Cæna Dondni de saint Cyprien. Ceux qui 
attaquent la \ érité dogmatique ont pris les devants sur les fidrh'
 
de toutes les croyances; la philosophic con1plète ce que la critiqu
 
:\ commencé, ct il n'est pas déraisonnaLle de craindre que nou
 
n'ayons un nouveau monde à conquérir avant que les armes ne 



- 42- 
soient prètes pour Ie cODlhat. Dl'ji\ lïlnpiété 3 CXPOSl' les '"lies et 
les idées 
ur lesquellcs clIl' base Ir
 faits dl
 rhistoirc t'edr
ias- 
tique; et ellc ne Inanquc.'a pas de considérer rabsence ù'nne 
théorie Oppo
l'e cornme un h.;lnoignage de In vérjtt
 ùe In sirnnc. 
Ce n 'cst pas la fante ùe ceux qui adOpll'ut rhypothl'se qui va êrre 
éluise, si eUe c-xpliqnc non-Sl'Ull'n1cnt Ie synlhole d' \thanase . 
Inais encore cclui ùe Pic I\T. Pcrsonne n "cst nlaÎtrc dc
 consé- 
quenccs dc sc
 principe
; nous 11(' pouyons dirigcr notre argu- 
ment dc manière à n"
n tireI' que ce que 1l0U
 en voulons, rt 
ricn de plus. Cn argulllent cst I1l'ccssai.'c , à llloins que Ie chris- 
tiani
me u"ahandonnr Ie donlainc de rar:.ruffi('ntation, ct rrul 
qui ne scront pas satisfaits de rexplication donnéc ici de son 
phl
non1ènl
 historiqur sentiront quïJ cst lIe leur devoir d'en 
fournir cux-nlêlncs une autre. 
Connlle il n'e
t pas IH
cc

airc .Il' supposeI' quc nos rcrherch('
 
aient eu leur origine dans Ie hut de di{cndrc la doctrinc catho- 
0:: 
li(lue ronlaine, on Be ùoit pas non plus sÏlnaginrr (Iue racccp- 
tation de ccuc doctrine soit inllnédiatenlent basér sur lcuri 
résultats. Cc scrait rouvrage (]e tout line vic que ù'appliqucr 
soignrn
enlellt la thi'orie des (]é\eloppeffil'nts aux écrits dcl" 
Pèr
s, et it rhistoire des controyerses ct ùes conciles, (]e 1I1a- 
ni
re à cc qu'on pÙt, pal' cctte théoric, justifier toutl'S les déci- 
sions ùe ROBle; nne tcllc cntreprise peut encore bien nloins 
ètl'c rouyrage de celui qui, au nlÌlicu de sa cal'rière, rccon)- 
mcnce sa vie. On ponrra c('pendant 
 it I'aide d'lIIl essai COffiln
 
celui-ci, arriyer à s.écIairer sur un as
cz 
ranù nODlhrc d(
s 
pri,tPndues corruptions de n0I11C, roul' faire de ce ré
ultat une 
base de confiance en clle, sur les questions laissées en ùphors 
de nos recherches. 


Jr:

 



HISTOIRE 


DU DÉVELOPPEMENT 


DE 


L6.\ DOCTRINE CHRÉTIENNE. 


------ " & 


CHAPITRE PREj\1IER. 


DU DÉVELOPPE
IE:NT DES IDÉES. 


SECTION PRE1\lIÈRE. 


DU PROCÉDÉ DE DÉVELOPPElIENT DES ID1!ES. 


C"est un des traits caractéristiques de l'csprit humain tJf' 
I porter toujours des jugements sur les choses qui se présentent 
i. lui. Chez nous, racte de juger un objet cst simuJtané aycc 
celui de Ie connaître; nous ne souffrons pas que les objets de 
notre connaissancc restent solitaires dans notrc esprit, et nOlls 
les plaçons en face les nns des autres. Nf)uS comparons, nou
 
rtablissons des contrastes, nous faisons des abstractions, nons 
généralisons, nons ajustons, nous classons; ct tout. ce que n01l8 
í'onnaissons se présente à notre intelligence à travers Ie Inilieu 
I que nous forn1ons nons-n1èmes autour de lui, par I' effet de ce 
jugement. 
Quelques-nns des jugements ainsi portés sont dt,- simples 



- 44 -- 
opJllJons qui \"ont rt \'jcnncnL, ou rc
trnt en nons ju
qu.à Ct. 
(Iu"un nc('ident has lIl'phH.(.. fluellt' qll
 
oit lïnflu,'nc(' qlIïl, 
:ti('nt uupnra\ aut C\J'l'c'(',c. U.alltn'
 soul fer1l1CIHl'nt ii",',,,, cli.lll
 
1l0
 ('
prits t't nOlls ti"nlll'nt l'1l leur pO\1\oir, C(uïls 
oil'Jlt elr', 
prinripcs <It' ('ontluitc
. (I " façOIls d'cll\ i
a
cl'la \je on Ie 1l10Jldp, 
ou qll ïh: !"oil'lIt. ('I:b
(
s :-;ou
 la (lt
rlorHinatioll gt"lu"rail' de 
(.ro
 anr(". On donne' 
\)U\ cnl 
, rcs jll
l'nu'nt
 hahitud
 II' nO)11 
dïtJél'
, ef c"l''''t aillsi qu ' Hon" les JlOlnlllerOll
. 
Of' C(;S id,'",
, - rdi!!il'l1"'S, polit i(PH'S on nutJ"l'lllcnt rd
- 
livcs au\. affaires teJllporl'lles, - qUl'I(luCs-Uncs 
onf récllcs. 
(
"l'
t-à-dil"f" I"l
pr,

entl'nt c1l'
 f:lit
 l''\i
tallt'; (rnutl'r
 
ont (h.. 
purcs inlagin4tlÎons 
 et Ill' repr("
Cnll'nt rien en ùehors (I"l'Ill's- 
lllèlllt.'
. \in
i In In
 t hologic païl'lln(
 011 Ie 

 
1t"IHl' t'aI,ti'
i\'n 
(It's tourhinon
 Ollt fourni nHe 
ran(h' yari(',((', tlïclt'e
, nlni, 
toull's inla
illHi..e' eL SiH1S réalité 
 tandi", (Iue ri(h"l' d.un 
aint. 
(full IIt
ro
, (rUn t\ ran, on rc fJB.on 
ppelle les lois till IllOUVt:'- 
Inent. sout It's rl'pl'(

l'ntation
 tIc ehoscs réclIcs. 
Les id{"e
 ai'hi tlt"('l'i(l's, (
InH( ell' In natUJ'C c1l'S jugcmcnts. 
tloivl'nt, 
, PI'OIH'(')n('nt parler, (\trc ron
idén
cs COlnillC \ rai('
 
par ccu\. qui Il'
 Ollt. 
t'allllloillS il ya sans ùirc que rah
('ncr 
.It' ('('lie t"ontlition nl' ('hall
e en ril'n Icur natul'c: ain
i Irs 
pOl
tC
s s.auaehcut 
\ la fahlc; Irs orntcurs ct les uyocats {''\pos{'nt 
UIll' caU
l' on l'rHhdli

"l1r un earactl're, ('( Ir
 ph) 
icielJs posc'nt 
quel!J1H' 
rnnd prineipe, non pa
 nérrs!"aircnlrnt pour repr{'- 
senter un fail, luais ponr réullir un grand 1l0111hrc tie phl'no- 
m(\n

 clans tlnc 
{'uh' r'\pre

ion, g(
nt'l.ali
atioll ({(u"C'IIe ailullc 
valeur ohjt'C'tivc 011 non) Uljlt' nux dc
:",l'in') ùe la 
(.iel}("t'. 
Ll' Il(Hllhrc' (Ie
 I)('r
ollnl'
 qui part a
"('ltt 11 Ill' i(It;" n "e
t r

 
UIU" 
araHtic dc S\ln carnctèr(' ohj<,ctif, 
\ 1110illS quc la luajol'ité 
ne pui

(' janwi.-; :n oil' tort: car rllJ)iforIHilc
' d'éducat ion, h1 
s}ntpathic [llhllnép par renthou
insnl(\, pCU\enl ('ntraillcr plu- 
sieul's c
prit
 (Ians une luèlne \ oie, où la ero) ,HIre en ('l'rtaillr
 
itléc
, rerr('ur de prrHtlre ties fOl'Jnull's ou dC's U
3gCS pour del) 
vél'ités ohjecti\"l'

 d,,\ienùront naturdll's ou néc('
saire
. T,'Hes 
sont Ics supcrstitions poptllnirrs; les lois de rhonncur COITlnH' 

Ilc
 sont entenùucs par les gens du rnondc; Irs pcnsées ardcntes 



- 4B- 


rnfantées par l'éloquence populaire, toutes choses qui sont au
si 
peu fondées et aussi fausses qu'elles exercent dïnfluence. En 
outre, tout une série de recherches ou dïnductions pent dé- 
pendre de l'adn1ission prelnière dOune seule proposition fausse. 
et par suite I'unanimité avec laquelle différents esprits consi- 
dèrent et traitent Ies Inêlnes D1atières peut être prise à tort 
comme une preuve de la vérité des conclusions au
quelles iIs 
3lTivent. 
l\lais, quand une seule et même idée est soutenuc par des 
personnes indépendantes les unes des autres, placées dans des 
rirconstances différentes; quand cUe s' est emparée de leur 
esprit de différcntes manières; qu'elle se présente à eux sou
 
des aspects très-divers, sans perdre ni son unité substantielle 
ni son identité, quand elle est ainsi diversen1ent présentéc, et 
cepcndant appréciée par des personnes placées dans les nlême
 
circonstanccs, et qu'elle est en outre préscntée à des pcrsonn
 
situées di,.crsen1ent, sous des aspects discordants au premier 
abord, mais qu'on peut concilier par des explications appro- 
priées aux différents esprits, alors cUe senlble ayoir Ie droit. 
d
ètre considérée comine la représentation d"une vérité objective. 
Par exen1ple, il existc un sentiment général qui se manifestc 
rn des tenlps et lieux bien différents, et qui est diversemcnt 
I exprimé, touchant Ie danger dOune prospérité sans nuage, d'une 
trop grande sécurité ou d\lne trop grande gaîté, ainsi que l'ex- 
priment les proverbes : Pride 'tfill hare a full et JJlany a slip, 
ou Ie dicton écossais pour les personnes qui sont fie, on Ie grec 
,er;np(;"J ò ðrx{p.())v, et aut res proverbes selnblables, (Iui, par Ie 
roncours de tant de témoignages yariés, prouvent que cc sen- 
I riment est fondé, et en font une règlc véritable sur la conduite 
c1e la vie. 
u (;rande cst la Diane des Éphésiens )t est, d'autre part, un 
exemple d.un cri populaire poussé pendant longtemps, et 3U- 
ql1clle nombre et renthousiasme ne donnent aucune crédibilité. 
Une idée se présente toujours sous divers aspects à des esprits 
différcnts, et plus cette variété sera grande, plus sera forte )a 
preuve de sa réalité et de sa clarté. D'un autre côté, des 3SSff- 




G - 


lions faihlc
 ct n.onotonc..'s, t't e(
ll...s 
inlrlt'mrnt r("i(l
n',('s. 
('0I11nlC dans l,
 C:I:-- Ull cri dl'
 I::pht'sien
, donnent tit's ilh"e
 san
 
rÓalité ou (plÏ Ill' 
Ollt pas pal'faih'Hll'ut l'olltp1'isl':' par ('t
U'\ qui 
Il)
 C\IU"iIHl'ut. lraUlrl's foi
 ces 
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'\ eal'at'h"I'isli(ttll'
 indi(lul'nt 
la pré
l'HCC lrun lll
 ..:tl')'C, ("l'st-
,-(Iire UHP (,ollllai

alle(' illtpar- 
faih'nll'nt ('onlpl'i
(\, re(:up par 1(' IllO
 PIl d
 la foi, eOHlIlH.' BOlb 
1(\ YO) OilS dalls Ics éllont't''\ tl}t
olngi(ttH':" de rl
('I"i tUI'l'. 
r(, n'l':,t qne 
()lI
 ('{'tie varit
t<; d"a
pl'et
 qne Ic
 idl'('S pcu, {'nt 
ordinairl'IUl'Bt (}l'rÌ, l'1" jtt"'l(lI"
' 110U", et pélléll'l'l' dalì
 no
 csprib" 
Sons ('e rapport, dh'
 re

l'lnhll'1l1 
, (Ie, substanecs Inah"ricll('
 
qui ne sc ,oil'nt (PH' 
ou" rell\ cloppe tIe It'u)'
 prOpri('h"
 l't in- 
flUCIl('l'
, et qui peu, ('Ilt {'trc..
 c'\mnillc..;l'S 
l)lIS Ic
 :1SpcC'ts les plu
 
OppO"'t'
 ct 
ons (Il's jou.., diffl'I'l'nt,. \iJl
i (lllC h''\ ,ues d"un 
ohjd IIwh"l'il'1 pen\ ('lit c..\tl'l' p..i..;('s dc point:' 
i i'loi
IH"
 rt si 
di
tillet
 <Iu'('lIe
 
clHhlent tout (faho.-ù inCOlupatiLlcs (tant 1(':-\ 
olnhrt'=-, en 
('rollt tli
proportioJ)lll'eS et J)lt'.lne 1l10nslrl1(,lIsr
. 
f1110ifJu'clll:' pui

('nltoule:o: ;oo."harllloni:-,er, Cll tenant (,OlllptC ÙU 
point "i--Hcl on (h
 In 
tlrfart' dc projection), de ITll'IHr toutcs 
Ic..
s rcpn"
èlltations d" U1H
 id(
e, cl Hl('IIH' se
 altératioHS, P('u\"l'nt 
S(' ('olltilit'r, 
':a

i
h'l" d l'l re J"anll'Hl'c
 au 
lIjet ;tU(llll'1 l.'11..
 

)pparticllnl'llt; Il'ur
 ('lHltradi('tioll"Ì apparl'lltcs une foi.., cxpli- 
(Iuél'
, soul Ull al'
nlllt'nt ell fa\"t'ul' (Ic :-;a J"l'alih', d dt' SOil intè- 
J;Titt-, ct leur, a.-ii'h" 1))'0\1\ e 
on originalitt" ct sa pnis:-,ance. 
Par (,\l'lllpl.., la lllu
Ìqn(' c
t hiell difft"J'l'IHHICB( appr('('it',c 
par (lirft"rPllt('
 pl'l'
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 ('t par eOlb(
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 qui n'ont p
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(Oultivé ceitl' :-;ticllcC Ill' '(,lIlt'lll 
oU\ cnt 1'3'\ ('roire tille It'
 Iwr- 
lIlOJli('
 tit' 
t'
 
1'alll1s InaÌtres soieut pln
 flu'nnc HtHnifestatioH 
d"habilcté qui 
"t'\.l'rc(' par nceid('lll SUI" la 1l1H:"i(I'H', lltai
 qui 
pourrait all:"si hiell 
'apl'lit(u('r 
, toule autl'l' ('ho
r. I1
 croicHI 
()IH' Ie gOlÌt nHlsieal est. non pas Ull ill
tillct naturel qui non, 
ulait..i
e Illal
I'é nou:,;, Blais un capri('e :UHplc1 (1e..tainl's prr- 

onnes sr lai

ent allet' (,OllllllC
' unc UlOllc. II
 i
llol'ellt rexi:o-- 
fence de Yl'l'ités on ùe loi" 
ur la hl'auté dcs SOilS, clans la natnrt
 
IHl\nl(\ tlrs 
()n
, c1all
 la nature IllèlllC d('
 choses ('t en tll'hor
 
d,
 la tournun
 pl1rliculière de certains espl'it
, loi
 qui n"("tallt 
pns de eonYl
ntion nr pcu\"cnt ètrc appr(
cié('s à Yolontt
, nlai:à 



- 47- 



culenlcnt scIon raptitude dont chacun est doué par la naturc. 
- Dc rnèn1e, la variété des aspects sons les(IucI
 nne idée arri,'e 
à nos esprits yient de cc (Iue toutes Ics fois qu'une idée rrprè- 
scntr une réalité ohjcctive, nous ne pouyons pas cn faire e
 
que 1I0U.., yonIons, COII1UIC si elle était une création dc notre 
Îuwgination. Elle paraìt néccssairelllent divcrse scIon Ie point 
de "lie d'oÙ on renyi
age, ct ccttc diversité suit des lois fixes, 
COlllIne celles (raprès lcsquelles un indi, idu, placé daBs une 
rertainc position, ,oit néccssairelncnt un objet nlat
rieI sou
 
un certain point de 'HC. De plus, pui
(IU 'une idée, ain
i que 
nous rayons dt'jà <.lit, ne peut arriver à notre e:"prit que sons 
quelt[u'ull de ses aspccts particnliers, Ics fornulles SOllS Jes- 
qUl\llcs elle se produit dans la pratique Iui sont idclltiques. EHe
 
nous conduisent Ù 
ette idée dont eUes dériycnt; en tant <Iu 'elJc
 
sCluLlent Cll oppo
ition, cUes se corrigent et servcnt à inlprÏ1ner 
dan, re
prit une rcprésentation plus exaete, plus parfair.e de 
rorj
inHI. 
Et <fapl't'" ceIa, pour peu que la cOlnparaison dont nous J)ou
 
8crvons soit C'xactc, il n"y a pas d"aspcct qui puisse Iui seul nous 
prc

(,llte.. une idéc r-éclle dans toutc sa profolldcnr, pas de tcrUlC. 
pas de proposition (Iui puissc cnlbrasscr une idée dans une scuh.' 
expression de Dlanière à rendre parfaitclllcnt tout cc qu"rlle 
renfcrnw, quoiquc sans doute une rcpréscntation puisse êtrC' 
plus juste qu 'une autre, ct bicn tlue, lor
qu 'une idée est eOID- 
plcxc, il soit. pern1is, pour plus de conunodité, d'cn considérer 
Irs divcrses faees COIlln1C autallt dïdées sépari\cs. _\.insi, ßwlgr{' 
notre connaissance intÏ1ne de la vie allilnale et de la structure 
I particulière des animaux, nOllS ne pou, ons donneI' nne défi- 
I nition e
acte d'aucun d'cux, mais nous SOnll11CS forcés d'énu- 
nl(
rer des propriétés et des accidents en O'uisc tIe description. 

ous ne pouyons pas non plus rédllirc cn fornntle Ie fait 
intcllectuel, ou Ie systèlne dc pensées, que nous appelons la 
philo
ophic de Platon, ni Ie phénol11ène historique de doctrine 
ct de conuuite, que nous appelons hérésie de 
Iontanus ou df\ 

Ianès. De plus, bi ron di
ait que Ie protestantiSl11e se trOl1\.e 
tout entier dans 
a doctrine uu jugemcnt privé, ct que Ie luthé- 



- 48- 


ranisme se résume dans sa doctrine de Ia justification, on St
 
rnpprochcrait de la vérité; nlais il cst clair que ce st'rait une 
t'rreur gros
i('re que de rnisonner ou d"agir COlnn1C si ('('s ùéfi- 
Ilitions étaicut tie la plus rigourcusc exactitude. ()n a essH)'é 
quclqucfois de prl
ciscr ce qu "on a appclé rÜlée capitate du 
('hristianisluc; cet cssai est étrange en cc qu ïl a pour but une 
religion diyine, quand pareille tàche cst 3U-tlcssus de nos 
(orccs, ßIêuIe pour des æU\TCS purclllCut hunlaines. Ainsi, la 

ule iùéc ùc rEt"augite a été, pour les uns, Ia rcstauration de 
notrc race déchue; pour tI'autrcs, de la philanthropic; pour 
ccux-ci rétabli,scHlcnt (rUn culte purrlnent spirituel; pour 
CCUX-li\ Ie stlut des élu
, ou Lien, ('ufin, runion df' ràme a\ ec- 
Dicu. Toutes ccs rcpré'cntations sont dcs, érités, chacunc d"cllt's 
ètant un asp(.'ct du chl'istiani
me; nwi
 aucune n 'e
t la yrritr 
tout entièrr. Car Ic christidHisnlc a bien dcs aspects: il a son 
côté inwginatif, son eÙté pllilo
ophi(lue, nloral, politillur; il c
t 
solennel ct gai, indulgent et sé\ (\re; il cst lun1ièrc et il cst oh!"- 
eurité; il c
t lout à la fois anlOlll' et crainte. 
Quanti une idée, récll{' ou non, c
t tIe nature à intércsst'r 
resprit ct à S"CB en1parcr, on <lit flu'cIle a de Ia \ie, c"c3t-à-dirc 
qu'ellc yit dan
 rl'
rrit qui la rcçoit. Ainsi, les idées ll1athé- 
n1atiques, tontcs l'(
l'lIes qu'clles sont, ne sauraicnt être appclèe!' 
,ivantes, parer qn'elles n'ont pas dïnnuencc et ne ronduisent 
à rien. JIais ((HanÙ quclque gl'mule proposition, 'Taic ou f31lSSe, 

ur la nature IIlIJIlaine, Ie hien pr{
s(,llt, Ie gouvernCIIlcnt, 
 
dcvoir on la religion, est jetée à la foulc ct attire rattcntion, 
alors eIle est llon-SCUlelncnt adn1Îse pas
iY(,Jnent ùans I'c5'prit 
des honunes, SOliS tcUe ou trHe forme, Iuais eUc dcyicnt en cux 
un principe \ iyant qui Ics conduit à une cOHtelllplation toUjoufl 
nouvrIlc (rCHC-llll-ITIe, à nne façon d'agir d"après cllc ct it 
a 
propre propagation. Telles 
ont les doctrines de Ia scrvitude 
naturclIc de la ,olonté, tie la fcsporlsabilité indiyidueUc, de 
lïmn10rtalité ùt' rtunc, ùcs droits de rhOlTIlne, du droit dh-in 
des rois, dc Ill) pocri
ip et de la tyrannic <lu cIergé, la légitimiti- 
tf"une ,ic oil ron ne sc refuse rien, - doctrines qui sont de 
nature à arrrtrf Irs esprits, à I{'
 attireI' ou à I(
s persuader, ct 



- 49- 


qui, au prenlicr coup d"æil, ont cela de COlnnlun avec des idées 
: rérlles, qu'elles pell\ent ètre considérées de différentes Inanièrcs 
et frapper divers esprits très-ùiverSel11ent. Qu"une de ces idécs 
s"clllpare de l'e
prit popuIaire, ou d\lnc certaine classc tlïn- 
dividus, ct iI n"cst pas difTIcile ùe c01l1prenùre queIs en dcvronl 
ètre les effcts. Jl y aura agitation généralc de pensées, et nne 
I sorte d"action dè resprit., tout à 13 fois sur lui-nlènle ct sllr 
d'autrcs esprits. De nouvelles Iun1ières éclaireront lïdée origi- 
nale, les aspects sc multiplicront, les jugements s"accunulleront. 
II y aura un tClnps de confusion où les conceptions ,raies ou 
fausscs seront en conftit, et pendant lequcl il serait difficile de 
dire si, après tout, lïdée aura quelque cours dans Ie nlonde, 
ou queUe est celie, entre toutes les phases dont eIle est S1.lS- 
c>cptihlc, qui dcviendra Ie point de vue principal d"où tout. Ie 
Hlonde s"accordcra à renvisagcr. Puis, ensuite, lïdéc sc for- 
nude dans quelque doctrine bien prononcée qui nait de son 

ein. ßientòt un point de vue sera nlodifié par un 
aItre, pui., 
t'Olnhiné avec un troisièlne. ..\insi, avec Ie tCl11pS, toutes Ics 
faces diyerscs sous IrsqueIIes les tlifférents esprits la contem- 
plaient sont connues par tout Ie monde; eUes se concentrent e1. 
fonnent ensen1ble une seule idée, qui, désornlais, réunit 
autour d"elle les diyerses conceptions qu"en fornlaient les indi- 
yidus, et qui sc trouvaient éparses dans lïnteIligence de charun. 
Cctte doctrine sera aussi consiùérée dans ses ra pports av
c les 
autres doctrines ou les autres faits, les autres lois naturclles Oll 
règlcs établies, Ics circonstanccs variées de tCll1pS et de lieu, Ie
 
autres religions, les autres systèmes politiques, les autres phi- 
losophies, suivant que ron s"occuRera de rune OU rautI'c de ces 
('hoses. On recherchera aussi C0I111nent cette doctrine uuit à 
(.l"autrcs systèn1Cs, ou en quoi iIs lui nuisent-; jusqu"à quel point 
dIe s"harmonise 3yeC eux ou les tolère, quanù eIle Ies trou\c 
sur son terrain. Elle sera lllise sur la sellette et critiquée par ses 
ennen1is, en ll1èn1e ten1ps qll'e:\.pliquée p[,r ses Ðdherent
. 
Toutes les opinions fonnécs it son sujet, dans les circonslanee
 
(
ue nous venons d"énunlérer et autrcs, seront recucillies, corn- 


DIDLIOTH. HIST. 6 e A:'i
tE. fer Ol"\"H. 



" 
.) 



- 
o- 


parl'C
, c
anllncps, pass(\cs 
HI rl'ihle, ncccptécs ou rejct('CS; 
{'lies lui srront progre

Ï\ eTllent ral tae!u',l'S, on ('U sel'out "t'
- 
parées dans re
pl'il (]es illdi\ idus ct tip In Inas
c. J
n proportion 
ch- 
u ,igucur ct de sa fil1f'S
l' nnl1lrellcs, 
lle sÏnsilluera .tans 
renst.'lnblc ct dans Ic
 lIi,tails cl(' la ,ic 
oeiale, en c'hal)
(,3nt 
J"opiuion pl1hliquc, ('n' cnant it rappui (]e ro!"(lre étahli ou en 
1I1illant scs font!clncllts. Aill
i, aycc Ie tClllp
, cclft
 dOdrinc 
(!e, iendra Ull code tie Inoralc, Oll un S) 
tèllle de gOUYl'l"IU'Illl'ut, 
ou line théolo
ic, ou un ritud, suivant 
cs propriétt,s; ('t rc 
:,)
tènl(' on torps tie pl'n
i'c
, th("ori(lue ct pratique, 
i lauo- 
}'ieus
lllent ohtCllll, sera après tout la seule repl'é
l'ntation 
jn
l(' de rid
l' oI'i3inah
, n"t"tant ricn Inoins clue rc <fue 1'('11- 
f('J"lllait tcUe llH
nle idt"e dès Ie prineipl'; il ('n 
cra rexal'tc r
- 
1)I"l-
CnI3tioll fonnée par 1I1le tOlllLinai
on ù"aspccls Its plus 
variés, 1l1odifit"s par les 
uggestion
 ct les corl"eel ions de plu- 

il'urs c'prits et Ie I"l-
ultat lit' JlOllllH'cu
es cxpérienecs. 
Cettc 11131"chc cst nppelée Ie t.U'vCIOppcHlcnt (rune idèe, parcc 
tJ u "on y troll \ e la 
cnllillatioll, la trois,ancc ct Ie pcrfc('tion- 
nelIll'nt d"une idéc ,i\"antc, e"c
t-lt-clire <I"une idée, (
u'clIe SOil 
vraie ou nOll, qui cxcrce nne illt1ucnce SUI' rC
p,.il des hOnllTlCS 
durant unc périodc ("on
idérahlr. )
lll' n nt"ce

3irl'nwnt ecHe 
Hwrque caractéri
tiqllc, ([lIC, son clolllaine étant la set"uP ngitt"e 
(Ie la vie hnntaiuc, clle He peut riel1 ùt", ('lop per qu "cn tU'trui- 

allt, nlodifiant, ou 
ïncol'porallt les Inodcs c\.istauls de pCIl
cr 
et d"agir. Son tlt\\ cIOPPC'lllCllt u"cst ùone pas eOIlìlllC un th{'o- 
I"t'nle Inathélllatitlue rt'
solu 
lIr Ic papier, ct daJl
 lel(ue] chaqnc 
pas en avant cst une siulple d("duelion ùe cc tflIi préeèdc; nwis 
('lie fait 
()n ehclnin it tra, er3 Its i'Hli, idus ct les 
ociétés, dont 
I 
cHe clllploie les c
prils COJlIlllC ill,trunlcnl
, Cll s'appu) allt 
ur 
l'lIX tant (Iu'elle 
'en 
l'''t. Pour cC qui rcgarde Icurs upinions 
c..'xistantcs, leurs pI'incipcs, leurs actes et I"urs institutions, (,lIe 
IC"8 di'vclùppe en étahli

aut des ra pports enlre cux ct l'lIe, en 
It'llI' donnant un sens, en se crt"ant sur cux ee qu'on pourr
1Ìt 
appelcr unc 
orh' tlf' jUI'iùiction, en rrj('tnnt loin ù'cIlc tout ec 
t]uïl y a en cux ùllt,térogènc. Elle sc déycloppe en s"Íneof- 
pn)'ant, ct cIle restc pure ct sans ulli3ge, non pHS en 
c tenant 



-
1- 
it récart tlu genre hUn1ftin, mais en Ie dorninant, en excrt:ant 
sur lui une souycraineté pCrn1311cntc. C"cst là ce (Iui donne à 
I rhistoire des états ct. des religions un caractère qui est surtout 
I turbulent ou polén1ique. Telle est re
plication des luttes dcs 
éroles ou des parlements. C.cst rétat dllostilité. des idécs qui 
cherchent à obtenir la prèpondérance; chacune d"cHes cst entre- 
preunnte, 3lnhiticuse, iInpérieuse, plus ou moins incon1p
tihlt' 
avec Ies autres, et eUe rallie des aùhérents ou se fait des cn- 
ncmis, seIon qu .clle agit sur la foi, Ies pri'jugés, ou Irs intérêt
 
dcs individus. 
En outre, con11ne nons raYOnS indiqné, non-seulcment nnf' 
idée moùifie, mnis encore eIlc cst rnodifiée, ou tout au n10ins 
cUe subit Iïnflucncc de rétat de choses au n1iIieu duquel elle cst 
émise, et tlépend, en queIque sorte, des eirconstanccs qui rCIl- 
tourcnt. Son dé\-eloppclnent sc fait prolnpten1cHt on Icntcment : 
rordrc de succession dans- scs phases sl'parées est irrégulier. II 
3pparaîtra différcffilnent dans une sphère d'action étroile ou 
étendue; if peut ètre rctard(", n1utilé, gèné par Ia violence 
cxtérieurc. lTne idée peut être affaihiic par reffort qu'clle fait 
pour sc dl'barrasser de ses anta
onistcs; ellc peut ètre gêné.c , 
influel1cée ou absorbée par Ie con flit dïth'les \ ioIcntcs; dIc petit 
ètrc colorée par Ie ton de Ia pen,-,ée qui fa conc:uc, on cor- 
rOlnpue par Iïnyasion de principes étrangers, ou en fin l'branh"p 
par Ie déycloppelncnt de quclque fautc innée en cIle. 
l\Iais, qucls que soicnt Ics risqucs de corruption qui naissellt 
d
s rapports de Iïdée aycc Ie n10nde clout ellc est entourée, if 
faut hien qu "cUe passe par cc péril; car il est Ia condition nécc!':- 


irc sans laquclle elle ne pourra jmnais être cOlnprise ni Lien 
anise au jour. Lïdée sc forme dans Ics ép

cuves ct sc perfee- 
t:onnc oans In Jutte. Elle n'échappe pas a 1 ,conflit des opinions, 
ß1èmc dans scs prclnièrcs années; eIle ne rcste pas plus COH- 
forn1c 
 cllc-lnên1c, plus une ct plus la Inèn1e, qnoiquc mise Ú 
rabri ùes yicissitudes ct des changC111cnts. On dit quclquefoi
 
que Ie courant est plus limpide près de sa source. QueIquc 
usage l(u'on puissc faire de ccttc figure, cUe ne s"applique pas 
à rhistoire ù.une philosophic ou d"une secte, qui, au contraire, 



- ;;2 - 


(Ic\ irnt plus unifornlC, plus pure, pius pui
sant(', å n1esur
 
que 
OI1 lit tit" ient plu
 profontl, plus large rt phIs plein. Lïtlt.
 
sort nrcrs
airclucIll (.rUIl état ùe chosc
 e'\istant, rl pendant 
'lueltluC 1t'lUPS die a Ie f:oÙt tlu tcrroir. Son éll'n)('llt ,ital a 
besoin <ri,tr(' d(
gagé tip tout cc qui e
t t'trangcr ('t telnporaire , 
et, une fois livre, 
('s efforts dc\ ielllu'nt plus \ igoureux; il..: 
donnent plus cJespéranc(' it nH'sure tIue Irs anIH
t's 
'l'('oull'nt. 
Ses COllllllCIlCellll'llts Ill' 
ont Ia 1l1CSUrC Hi ùe sa }Juis
ance Hi tit- 
...a dc
tinl'e. D.aho,"rll)er
onnc ne sail ni eC (In"dle est, ni ('(- 
(Iu"clle ,aut. Ellc restc pent-ètrc (Iuclque tCIUPS en rcpos, 
t'OIHlllC 
i clIe \ onlait. t..
sa) (,l" sr
 forces, sOlu1e]' Ie t"rrain sou
 
scs pas et se fra) er Ull cheIHin. 1)(' tCIHpS en tCBlpS dIe fait des 
tentati\ ('S infrlletucu
es qui SOHl Cll cOlls,"
quelH't' ahalltlonlll'e
. 
Ellc senlhlC' indpci
e 
nr In routc à 
ui\'rf'; ellc halancc, puis 
clle s .(',Ianee dans line direction tléteruliul'l'. Enlin ellc arrive 
"Hr nn tCITitoire (.tran
cl'; it son apparition les (Iue
tions (Iui 
("taicut eontro\ l'rs "c
 thangellt de po
ilioll; ùes parlis s''''lè\ cnt 
t't tOlllhent autulir <rellt.'; des t.lallgl'r
 et dCb l'spérancl's nHi

l'nt 
dans ees rt'lation
 nOl1yclles, rt les alleien
 princÏpcs r('parais
(-nt 
:-,ous (ruutl"cs fonncs : dIe ehaHgC ayee eu\ 
 nfin de re
ter tou- 
(... 
joi1l"s In InèIHP. I)ans un nlolHle plus t'lc\"t
, il en cst autf('n1c.'Uf ; 
Jl1ai
, il'i-has, ,i,re, c'e,t <:haugcr; ètre parfait, c"e
t 3yoir 
dlall
n
 hicn 
OU\ ent. 
( 
Je tel"lllinc par un c\.cnlplc. l)er
onne ne llieru tlue Ie \ye",- 
I,,'yani
nll' HC reprl'S(
nte une idée, nne doctrine, un sy
tèml' , 
tIne politi(IUC, que tout Ic ß\ontle rattacheI"L\ cCl'laincIHcnt 
au théo]ogil'll, it roratcur hicn t.'onnu donI it porte Ip 
nOHl. Cependant, 
i nons jetoll
 un I"cgard },l'tro
pectif SUI" 

a I1wrelae durant les CCllt i.ln:o: t.lc 
a durl'C, COHlhicn tit- 
('han
elnl'llts, d(' ,icjs
itud('s, flui lien' rholnllie it SOil æuvr
! 

t tel point, (Iue cc serait une tàchc tics plus diflicile
, l't 
qui doit pc ut-ètrc ètrf' réscr, é(' it un autre sièdc, quc ùe 
pa

l''' cOIl
l'ienci(,lIs('nlellt son hisloirc en rc, ue, tic dire ce 
qui lui flpparticnt rt'cllcIHent ('t cr f)ui Iui r
t étrnngcr, de 
lrou"er line clef pour rcnsenlvle df' son sy
tt'llle ct un guide 
pour suÏ\ rc la sucees
ion dc 
e
 partic
" t "é,'énel11cnt, encore 




3 


lutur, qui seul Ie con1plétera, cst appclé à en donner 3U!'SI 
lïnterprétation. 
Quand )1. \" cslcy commença son mouvement religieu'\ it 
I Oxford (1), d'abord il yisitait les malades et les prisonniers , 
con1J11unÎait une fois par scmaine, jeÙnait Ie nlercrcdi et Ie 
samedi, s'appliquait it la n1éditation et à In prièrc, et 
elnblait 
résolu à vivre dans Ie célibat, étant, con1me il ra reconnu plu
 
tard, dans un étnt de grande ig:norance spirituelle. En outre, 
il yoyagcait à pied, afin d'éconoIlliser de rargent pour le
 
pau'Tcs; il doutait de la Il\gitinlÏté des études séculières, et, 
quoique dans les ordres, il prit la résolution, pour Ie bien de 
son àn1c, de ne jmnais se charger (rUne paroisse. Nous li
ons 
aussi qu"if laissait flotter négligcnunent ses chc\'eux J'\ur SP
 
épauIes, quand il était d'usage de se faire coiffel-. 
"r csIcy partit ensuite pour la Georgie en qualité de mission- 
naire, afin de conyertir les Indiens; et, redoublant ù"austérité 
dans son yoyagc, il abandonna conlplètement rusage de In 
"iande et du yin; it coucha sur la terre, et se leva à quatrc 
heures du Inatin. Alol's il était plcin de zèle pour les règles de 
In liturgie; iI He donnait pas Ie baptèlne aux enfants, à n1oin
 
que ce nc fÙt par inunersion; il rcpou,;;sait de sa con1nlunion 
tout dissident., 
'il DC sc fai
ait rehaptiscr, et il ne youlait pm.: 
mènlC les enterrcr. Plus tard il se prit d"an1our pour une dame 
qui était venue lui dell1ander des conscils spirituels ; ill'aban- 
donna ensuitc pour obéir à scs directeurs l\Ioraves, luì refu
:1 
la cOll1munion, en raccusant de duplicité cnvers lui; il flit 
cnsuite poursui,-i pour diffall1ation, ct s'enfuit en Anglcterre 
pendant l"instruction du procès. 
A. son retour, il tOlnba sons lïnflucnce de Boehler, et éprou\LI 
ce qu'il 3 regardé cOlnme sa conversion et son raffermissemen l 
dans la foi. II se mit à prècher fa nOll celle naissance, et Ie ph('- 
nOlnène des convulsions se manifesta chez ses sectaires. Les 
chaires Ini furent interdites, il prècha dans Ies cluHnps. Lp" 
convertis fornlèrent des sociétés religicuses; ces sociétés eurenl 


(1) Cet aperçu est en grande partie tiré de Southey t mais aucun de ses dë- 
ails u'appartient aux écrits postérieurs à 1837. 



- J1- 


LicntÙt des I11aisOIlS dc réunion (el13pl'llcs wc
ll') iennc
) = 
celles-ci IUCHt'rent i. H\"oir un Illinistl're laï((ue, aU(IlIl
I \\T eslc) 
con
entit :1\ ec rl'pugnauce. Lc S) stt'nH.
 u.c
 classes (t) et drs 
prédications tHllhuluntes l'
L ,cnu cusuitc. 
Tout rei a 
 .('tnit fait dans I.....s q ualre annrc
 f(l1 i sui, irent sou 
retour ù.An1ériquc. Lc Ilu:,lhotlisllle avail dl'jí\ pris rang COIHI})f' 
sOt'it',té ct eOH11He doctrinp; rordrc nvait succédé :\ 
cs pt'eHlièrc
 
f'xtt'3Ya
anCes, C(uoi(1'1 ïl prétcndit encore Hyoir fait ùes nlirades. 
On aceusa les "'c
le) ions (rètrp f:1\ ural)l('s nll l)apc l't au Prt'- 
tcutlant, et les nOll' clles seetes curcnt it Pl'utcslcr ("n ternll"
 
cU1phati(IUes ùe leur aUaehCll1Cnt i. la 
rai
on de JlallO\ re ct it 
r

glise d" \ngleterrc. D'autres caloIlulics curcut pIns de 
ucci':, ; 
la populaec sc soule\ a, et en ùifférents entlroits les nouveau\. 
rcli.c:ionnai.'cs furent I1wltraitt,s. 
(.; 
La théolo
ic tie la 
ectc IH'cnd alors un carnctèrc distinct: 
rIle consiste dan
 les doctrinc
 de la rl'gl'nt'rntion sensihle, de 
Ia soudaincté de la COil' 
r
ioll, de rassurance ausoluc ùe la ré- 
gl'uération spiritudlc, du don ùe la perfection, croyaul'rs (Iu: 


(I) La commllnaut'; religicu.;;e est par13gee dH'z Irs ""c
feyiens en distrirts 
qui complent chacun plUSlelUS chapel1cs e1 sociétf'S. Les Ißrrnbres se diyj"rnt 
en lauc." Lcs classes se compo
('nt grnf'ralcment de Òt)Uzc à \ ingt pcrsonne
 
qui sr réunisscn1 tou!es Irs sern:1inc
" Uue d'cllcs , ap}lI'léc I.' chef (the leafler) t 
pri'side cr
 as"embll'cs q'Ji ont pour ohjpt 1ïn
trl1etion f(
li
den
c des a!'
is- 
tallt
" I
a réuni,)ß t'
t 011' crte par Ie challt <I'une h
-mlle clltollnée par Ie 
leader, 8uqud se joignent les ødrl't.'s. VIU' prière c..t cl.suite impro\'bce; puis 
1(' I ado,. ('om erse succ('s
Ï\ emcnt 8' ec dwque J}ìclllhre, lui parle de son rt8t 

piritucl 
 ct lu; donne des avi'" npprrpriés à. ses hc:)oills" La rrunion se ler- 
mine par lr dHmt rt. la prièrt'. I
'autorité que "-esl('
' eXel(3 de sun ,-hauL 
crune nwnière ab
olue 
ur I('
 lJIini
lles t't h's fidèles de 
a 
cCle,I'a

a 81'rès 
sa mort it la COTlférence de. prédical ur
 f:ahlif> par lui-ITH
me aprrs son retour 
d'Amrrique. fettc Cun{érence se composail d"abord de cent mcmbrcs; aujour- 
dllUi tuus les ministres qui ont rempli durant qur.torLC ê.HlS la mission de 
pri'dic3t<'urs nmbulants (itinerant rretJchcTI) , ont Ie droit ll"rn f
ire IHlflie. 
C'est la CO'llférence qui portage la f;unille religieu:-e en di
lrict!'. r'e
t-à-ùire 
qui fixp 13 juridiction des ministres résidants (!o,-al l'reachers) au miJicu 
('s 
rommunauté
. Ll'S fonclions des minblrrs con
istf'nl surtout à plêf'her, comme 
leur nom l'indique" La Conri'lcllce 1I(lllmlC et í'11\oif> cb3que année dans tous 
Jes dbtrict
 un itinerant preacher. Comme Ics ministrcs rrsldanl
 
ont en ce 
momcllt ùeauroup plu
 nombreu'\ que les null es, 011 Icur cOllfie nsscz sou,ent 
Ie 
oin de \ isitrr rt de prèrhcr Ics cOlllmllnùuté
 du district dans leqlJcl its 
sonl fhés. 



-tHS- 
iU1pliqucnt lïncfficacité ùes fonnes sous rÉvangile, tant de 
es 
rites que de sa constitution et ruèlne de ses s) nlholes. 
'T ers ràge de cinquante ans, )1. "r eslcy se Inaria. Sa fcnlIne 
(-tait (rUn caractèl'e jalonx, enlporté, ct au Lout d.e \ ingt aus 
d"union clle rabandonna pour tout dc Lon, cll1portant ayec clll' 
tous les papiers de son Inari. 
Bientöt après son retour d"An1i
rique "r esley , comn1cnça ec 
qu'il appclait la COJl{él
ence (llluuelle des Ptédicatclt1'"s, étaLlie. 
si toutefois ce n10t n'e
't pas in1propre, sur ce principe, lIu'en 
rnatière de pratique, chacl1l1 doit être, autant que sa conscience 
Ie pern1t
t, gOln crnl\ p(
r 11.1 111ajorité, tandis qu "on doit se diriger 
par soi-lnèu1c en Inatière ù'opinion. II établit cette société, en 
a\ ouant (FIe scs adrptes gagneraient toute rÉglise OU seraient 
expuIsés par elle. Au bout de quclque tCH1pS, il conllnen
a 3 
I sc demandcr si les Ininistres de sa secte ne pourraicnt pas faire 
I des ordinations, puis il fit conférer les ordrcs it que!ques-uns 
de "cs au\iIiaires laïqucs par un indi, idu qui se parait du norn 
d'éyèque (r.Arcadie; enfin il ayait plus dè c.fuatre-yingts ans , 
quand iI COI1.sacra lui-lnèlne un de ses sectaires COlllllle èYèque , 
en Iui confiant la Inission (rordonner Ie clergé de scs congréga- 
tions anll
ricaincs. 

Ième de son temps, et plus encore après sa 11lort, la mobilité 
I de ses opinions dCVÎllt Ie prétc\:tc de nouveIles sertes. Ce quïl 
I ayait reçu de la tradition, ou appris des contenlporains, ou Silll- 
plelnent imaginé, ou encore exposé à la hàte, deyint 11latièrc it 
déyploppe1l1cnt pour les autres. Ainsi; tandis quïl s"était séparé 
dc '\'"hitfidd par hainc du calyini
lnc, et quïl n "était pas trt-s- 
éloigné de loucr Hon-seulen1cnt saint Ignace de Loyola, Inai... 
Pélage et Scryct, ReIly, réagissant d"après "Thitfield, étendit It" 
principe de Ia conzpréhension, ct donna naissancc nux Uniycrsa- 
listcs des États-l" His, qui Inaintenant pcuyent c01l1pter cinq cent 
<.'inquante églises. Dc plus, qnand Bell reY
ndiqn3 Ie don des 
I luiracles et de prophétie, 
Ia\.field Ie soutint et l
 suivit ayc(' 
un grand 110111bre de prosélj tes, professant que rhon1me peut 


tre absolun1ent parfait, infaillible et à r abri de la tentation. 

\ussitòt après la nlort dc "r cslcy s"élcva nne agitation- en 



" 6 
- à - 


fa\cur du projet de ronfércr nux p1"édicnlellr,
 rtlt.hnini
tration 
clcs StlerCIHCnls, inno\ "Lion à hH(UcHc il s"éLait tOlljours opposé. 
Kilhalll, clui ("('riyit en fa, cur de CCU(' )ucsurc Hn li\"}'c :1) ant Ie 
1 it rc 
i
lliticalif de Proyrè.
 de fa libcì'té, fut ('has
c'. par la Con- 
fc"rencC', c.'t 
ix ails après la Inort dc' ""e",le), il a\ ait fOTUlé la 
nou\cllc faluillc luéthodistc (/hr lYCW Connccliou). Le principe 
(Illi (HBcna ('cU(' sl'pal'ation nyait fait son clH'ulÏn au scin ùe ia 

()('iélé 're
Jcyieflnc', ct 
'"' "("tait dé\ eloppé )cntenlcnt dans Ie rours 
(Ie \ ingt ails. En 18 I G il fut (tt.huis pal" la Coufércllcc, t't il "c fit 
:tlor
 une nou\"l'I1c 
('i:,
ion, dans une yoie OppOSl
C ct d"après rc 
principc (PIC ,\ eslcy 
l\ ail posé : Ie rl'
pecl des prl'l"ogalives ùe 
r!

'lisc l'tahliC'. Le
 IHClnhrc's ùr' rc UOUY('iHI ('orps fureut apppl{'s 
fuéth(Jdislc;; {tu:oraú/cs i 1'},1"ylÙs(! (rhu1"ch-nwlh(hlistt's); jl
 
donnl'l'l'ul all\. n}c'lllhl"('
 d
 Ia 
o('iétt'-lni'''t' (Iuïls HyuÌenf 
quilh;c Ie nOB} dC' Illethodist(',I) dis."iden(,
, ct sc déclarì'reHt 
"lelllúrl's de r.Ë:Jli
c (fA llyl{'/{,l"l"c, n "ayant, ain
i (lue)1. '''" csley, 
8ucunc intention tic sc luèler nux affaires dc rl

lis(' on (ks 
( 
soeiétc',s di

identcs. 
D"aut res "t'
I(') icns Ollt d{'
if{" perpét lIer Il\s t''\traYHgan('c
 
{Oorporell('s qui l1}arqlH"reut les prl'lnii'rcs pl'édil'ation
 tlu 
luaitrc, l'l de I
l ll'
 llll'thodistes priluitifs ou Ie.;; llantcrs, qui 

Hhn('tteJ}t Int'HIc In prt"dieation des frnnHcs, ct qui fOl'llll'Ht 
dans la GI'
HH.lt'-Bretugnc la phH granclc fraclion dc la f;uuillc 
eft' ,\ esll'
, 
t;pnl'(;4' cl<<,' fa cùu{érenre. NOllS ilYOnS eneorc parn
i 
les scetc
 sortit's tIn \'-eslt.'yiani
nle celie des lJrya /litcs; celIe des 
,Jlt;thodi.",(es i,ul(;prlldant,." {Iui repou
st'nt un nlÏlli.stérp à 9(lye.
 , 
t'01nnl" jl
 Ic di
l'nt, et n'u(hndtent t.r3utrcs prédicall'Urs que 
tie.,;; laïf(UeS 
 ce:le tIt's IJIl
thod;>;fl'.>; l)J'ofe
'aJlt.'i , qui rt'lu'ot.'hl'fl'ut, 
(In Inoin
 c.'1l J 82n.. it réchrr,ifioll d('
 Ininistl'es, It' (It;ycloppc- 
IHcnt de respl'it 
accrclolal ct les orneuH'nls c'"tél'icurs flu cult.., 
tt'l
 (plïl
 l,tait\llt déployés dans la hranehe d("' la Confl;l
cn('e" 
Plu
 )"(
ecnte encore csl la secte till tloC'teur \'Tarrcn, sortie de 
I'a
so('iation (Ie "'" esll'Y et fondéc 
lIr Ie principc de In '/lOll f(JIlt> 
alliance. 
QuoiqlU' CPS diYcr
 corps 
l-parés s "élèycnt , dans ce p:ì) 
 , 
3U-ucssus <.Iu tiers des p3rti
fH}S dc la croyancc-nu;re, la plupart 



-;;7 - 


sonl con1parati,"Clnent pctit
 ct ne sauraicnt jamais ètre COH- 
fondus avcc clle. ta hranche de la Conférence reste dépositaire 
des idées de 'V eslc)'. Dans son indépendance progressh e, dans 
son esprit con
er, atrur en politique, dans ses tloctriucs de la 
régénération, de la justification, de la certitude, clle suit ou 
dévcloppe Ic
 principcs de son fondatcur. Dans sa riyaIité contre 
I"Égiise établic, dIe a agi en opposition aux sentiluellts ct aux: 
conseiIs du luaitre; dans Ie développcJ11cnt de réléluent hii'rar- 
chique, elle a abandonné scs principcs pour suivre son e"cluple ; 
dans sa yiolence contre rÉgli
e de ROIl1C, elle a oublié les 
prcn1Ïèrcs années de Ia ,ie religieuse de son fondateur; dan
 
ses soins pour réducation du clergé et son abandon de la prédi- 
cation cn plein air, clIe montre que son but cst aHeint, puisqup 
I"ordre prend la place de renthousiasn1c. 
Les contradictions dans un chef de secte et les schisIncs parn1i 
ses adeptes sont une preuve de ,ie, hien qne la ,ie ne soit pa
 
I une 1nanlue de la yérité, car des idées fausses, Innis plausiblcs 
I ou isolées, peuvent affecter puissamn1ent les n1asses. D"tln autre 
côtl
, ces contradietions He prouvent pas rahsence (rUne idéf' 
I réelle dans Ie IIlouvcn1ent où on les trouye, 111ais seulemcnt qu
 
crt }}onll11e on cet autre n 'est pas infaillible. 


SECTIO
 II" 


DES DIFFÉREXTES SORTE
 DE Dt\'ELOPPE31E
TS DA:'\S LES IDÉES. 


E
sayer une analyse e
acte ou une con1plète énu.nl'ration des 
llmnièl
cs de procédcr de la penséc, purCluent spéculatiye ou 
pratique, qui rcntrcnt dans Ie cadre du déycIoppcment, serait 
une entreprise qui dépnsserait les bOfhèS d'un Essai COnlIl1C 
rdui-ci; nlais sans une notion généralc des di, ers travaux de 
rcsprit, qui portent Ie no In de dé, cloppcluent, nOllS n'aurion
 
aucune sécurité contre Ia confusion dans nos raisonneIUCII(S , 
ni contre les traits de]n critique. 
1. On doit d'abord se nlettre clans resprit flue I
 B10t dévr- 
loppelnent cst ordinairenlcnt clnployé, et surtout ici, ùans troi
 



" 8 
-.) - 



ens, par suitc (rUn dl{uut de notre langue. On s'en 
f'rl tantÙt 
pour è'\prinH'r ie proel-lli' ùe tlt'\ eloppelncnt, tantÙt pour C",- 
prilncr son n"
uhat, ct ('Hcore pour dirt' (rUBt' IllUllii'l't, gén(;- 
raIl' un <.Ii'\ rloppt'lIH'nf ,rai otl non (c 'c
t -i.-dire eonforrn
 on 
non conforlllc au'\. idées tlui rOil fait naitrc), ou c
clu
i, Cluellf , 
pour c'\.lu"illH'r un tlt;\ eloppcH1cnt fidt'Il' Ü son print'ip(l. r n 
th;vl'loppCllll'nt fau'\. (HI irrégulil'r c
t appl'lé rornlPtion. 
2. II e,t dair (!lIC ll'
 ùé\eloppl'nH'nts IJlatlté}Julfiquc:;, c"('
t- 
à-dirc Il' 
y
t('lnC des '
rili'
 déduitcs (Il'S tli'Hnitions IHat hl'lna- 
liqul'S ou équations, He rcutl'cnt pa
 dan
 notre 
ujl.'t, qud(lut' 
an
}Ingil' quïls parai

l'nt 
1\oir H\"rr lui. II ne snurait y nvoir 
de corruption dans un tel di'\cloppeluent, parec ((uïl est diri
(; 
pal' le
 rl'gle
 (rUne 
t rietc (li'lllonstralion, lot les ("()nclu
ionb 
f{u'on en tire étant nt'cessaires, clles He pCll\enl èlre tics dévia- 
(iOIl
 oe lïdt't' ori
inale. 
:). Nons He pourrions non plus prclulrc en con
idérati()n Il'
 
dé, eloppl'lncnts 1>hy,'\ÙJ'lf'...;, tels tlue C('U\. qui S "opt'f('nt dan" la 
nature aninwlC' ou 'l'gt'tnle, i. Inoin5 qnc, conuue les ùl;\'elop- 
pCllll'nts ulalhl'IlHltiqucs, ils Ill' Sl'r'"ellt d'édail'ci

cIHellts i. 
f'('U\. qui lloivell' attil'cr notre attclltion. 
i.. Xou" n":\\onl) pa
 non plus à BOUS oecuper d('
 dt'Yl'Ioppt'- 
nH'Ht
 Juatérie!s : ('ar, hien que Ie prodllit ùc lïndustric hu- 
luaine, ils son' IH;
HHnoiIl5 phy
i((lIcs; aill:'oìi, Ie ùé, eloppclIlent 
de ce qu"on nppelle Ic
 re

oul'ees Ilatiollal

. 
lHIS pal'lol1s, 
par t''\.l'luple, de rI rlande, drs I
tafs-IT ni" on de la yalli'e ùt' 
rInJlI
, COIHlllC su
('cptihll''' Ù'UIl gt'i.Hlll dt;\ eloppl'lut'llt; cc (lui 
\ ('ut dil"(' (Iue l"C
 contl"é
s not <les h'lTCS fcrtilc
, de
 produil
 
uhOllllants, tic larges ct P('OfOlldes ri\"il'l'es, dt'
 po
itioH
 l'Cll- 
trnles pour Ie COHlllh'r('(' Oll lll'S P(JI'ts l;\ullulodes el 
I)lteicu
. 
lnull's chùses (flli 
{)nt des lnal('riaux et des in
tI'nIHl'l1t" d., 
ril'hr

f'. nH}i:'oì tlont on He tire pas tout Ie parti po

ibh'. te 
tlévcloppl'lncHt con
istel'a, dalls ce eas, à rtablir dl's IHard H',S . 

. fairc dl'
 ('ananx ct dl'
 dal'lllins dc fer, i. crrcl' des conaptoir:-:, 
i. crl'u:,cr dcs has:'oìin" ct i. fail'c d"aulrl'
 OU\Ta
CS 
eInblaLles, 
v 
par les({uels Ics ri('hes
('
 H
(urdlcs tlu pa
 s rappol'tcront Ie plu:-; 

I'anù profit possible et c'\erccront toute leur influence. Dan
 re 



- 
9- 



rns, raft est Ie dévclopperJ1ent de la nature; c'est-à-dire qu'on 
remploie pour rutilité ct ragrén1cnt; et dans ce cas, lïntclli- 

cnce Illunaine est In puissance qui déycloppe. 

 
5. Quand des dévcloppeUlents conune ceux que nOllS 
l\ons 
signalés sont liés à quelque S) stèIne conçu par lïntelligcnce f't 
I 
uiyi aycc pcrséyérance, ils sont les dé\"eloppCIllents ù"une iùé
, 
I el pC"3ycnt ètre appelés politiqlles, con1nle dans ragrandissenwnl 
I des États ou les changcll1ents d"une constitution. Les barbares 
u . 
envahi

cnt par cupidité les contrées luéridionales; leur épl'C 
est la garantie de leurs ùroits : ce n 'cst pas Ht nne n1anii're 
intrllcctuelle de procéder, ni Ie Inode ùe dé\ cIoppenlcnt en 
usage dans les 
ociétés ci\ ilisées. Oil la ciyilisation exi
te, In 
raison, SOU" une fOrIne ou une autre, cst raiguillon ou Ie pré- 
tc
te tlu déyeloppcn1cnt. Quanti un cnlpirc s"étend, c'csf sur 
IÏnvitation ùe ses alliés ou pour établir l'équilibre du pou\oir, 
ou par la nécessité de fairc une tléIl1onstration de force, on 
pour protèger scs frontières. II est, par eXCInplc, utal à raise 
dans son territoirc; il s "cncadre ulal avec ses voisins; sa fron- 
tière ne suit pas Irs grandes li3nes trncées pnr la nature; SCJ 
principaux points lnanqucnt de c0l11nlunication; il a des yoisins 
sans défcnsc on turhulrnts. Àinsi, dans rantiquité, Eubéc était 
I néccssairc il .Athènes eOlun1C C) thère à Spartc, et .Auguste.. 
I dans ses dcrnièrcs volontés, conseilla de fixer les lin1ites de 
I ren1pire entre rAt]anti'luc, Ie Rhin, Ie Danube, r.Euphrate, 
lies déserts d",:-\rabie ct d"AfrilJlle. De n05 jours, nous disons que 
Ie Rhin cst la fronti(;re naturellc de la France, que 11nt.h.15 
e
t celie de notre elnpire ù'Orient; et nons pouvons prédirr 
que dans un cas de 
uerre In Prussc ('hangera pcut-(lrrc ses 
lin1ites sur In carte d'Europe. II s"agit ici Ù'UB déyclopprment 
matél'iel, nlais une idée ùonne à ses ßl0UyeU1ents force ct unité. 
Ainsi, relativen1ent à notre politiqu
 nr.tionalc, un écrivain 
moderne observe que Ie parlenlcnt de 1 G28-29, dans 
a luttc 
avec Charles, loin dOc mpii
ter 
ur la justc uutorit{, d'un 
nlOnarque constitutionllel, n"a janHtis fait allusion aux garanties 
(Iui étaient néccssaires à ses rncsures. Ccpcndant " douzc nnnée
 
de nouvdles aggres
ions, I' ajoute-t-il, tI app!'Ïrent 3U lon
 



- GO- 


parlcmcnt cc que quelques hOHInlcs hahiles 3yaient pcut-êtl'r 
c.li'j
l soup
onlli' : (Iu'oll dl'yait tireI' till' antflge de rouLli leur 
&Hlciellnc eon
tituLion, fortifier Sf'S côtt."s faihll'
 P
H" de nouvelles 

:arantics, et fIu'afin dt' rellt.lrc r('"i
tenl'c dt" la lllonarehie tOnl- 
patihle a\ ee celIe de la lihcrté, on dcyail la di'pouiller nOI1- 

('ull'nl(.'nt tIc tont tt' (lu'elll' :\\ ail usurpé, nlais cncore de 
qudtllu" ('hose qui lui appartÎllt (I). H (JUl'lIc que soit la \alcur 
dt' la tlli'orie de cet autcur, Ics faiH <Iuïl pl'oduit soul Ull c\.clupll' 
CrUll c.1t
\ eloppClllel1t polit itfue. 
De 110\0; jOlla's, on 
Clll tcllcillent ranolllalic ùe rarrangcß1cnt 
polirique (Iui donne it la populatioll d"lrlallde UIH' Églisl' (]"une 
autl'c eroyanre (Pll" In 
icnllC', que ton
 lcs partis SCllll)lcnt 
'ae- 
('orùer it .....eollllaitre <(u'un ùéycIoppclllcnt aUl'a néecs
airelncnt 
lieu; ou la population flu
Tnrntcra '-3 puis
ance politique, 0\1 
11
taLli" "IHCllt fera ùes pro
i'I) tCS. 
En politifplc lc
 <ll'\ doppelneHt
, quoiqut." ri'ellcnlcllt c('u
 
ties itlées, sonl SOll\ Cllt eaprieieux l'l cluhrouilIés par la uat ure 
dc leur 
njct. Il
 sout inOlJcnt'és p:1r 1(" caraett'rc de
 sou'crain
. 
IY'lévation uU In ('hull' tIt'S honnncs <ll
lat, Ie 
ort des comhats . 
ct l('
 inU()lllhrables yicis,ituùcs ÙU luolH.lc. (( Peut -èlre que Irs 
C rccs scraicnt rneorc cnve10ppés dans 111i'résie des 
Iono- 
physiLcs, Ùil GiLLon, si la IIwi
on dc rCJ11pereUr Be sc {tit 
fleUrl"U
Cnlent i'rrouI
c. Théodo
p expirn, l't 
3 sæur, (Iui <"tait 
orLhodoxc, lui 
lIcel'da sur Ie trônc (I). n 
Dc pIns, iI arri\ c SOU\ cut ou 
énl'ralrlllent qU(\ ron troUVt' 
des éli'n1cnfs illrOJllpafihll's ct distillcts dans rorigiuc ou rl'll- 
rance de
 S) 
1('IlIC
 politiques on dcs philo
ophic
; 31or
 
tJ uelqurs-ulls (Ioi, ent ètrc rejcti's avant (Iu'aucun dé\ cloppe- 
lucnl s3.ti...fai
ant sc réali
e, si tontt"foi, il ùoit s'cn opén\r. Et 
c.oo1nlUni'lllcnt its 
ont I'l'jeti's par r3('croi
srlncllt graduel tlu 
plu, fort lrentre cu\.. Lc règnp ùe Challes I<,r, auqucl nOUat 
.1\'ons fait aIln
ion, en e
1 un c\clnplc. 
(
tlelqucfoi, des iùécs di
col'ùantes sont Ii(
es rt cachécs sou
 
un nIt'llle nOll1 ou une Ill{'ll1e profcs
ion pl'ndant un t.'crtaia 


; L) lIist. COflstit. d'lIallam, eh. VII" p. 5'7
, 


 Cbap" I '"II. 



- GI - 


temps. C'c
t cc qui arrive dans Ies coalitions en politiquc, ou 
dans les rflpprochen1ents en religion, deux choses dont il n'y a 
pour rordinaire ricn de bon à nuendre. Telle cst In fOBelion 
orùinaire ùes C01l1itcs et des hureaux de contrôl
 lboards) ; It, 

cul hut des conciliations et des concessions cst de donncr it 
des choses e
senticllelnent contrnires une apparence dïdentité. 
tot d"ohtenir :tinsi un accord c'\térieur oÙ iI n"y a pas {rautrt> 
unité. 
Les déyeloppen1ents, les réaelions, les réformes, les révolu- 
tions et lcs changcnlcnts de divcrscs sortcs sont 111êlés dan
 
Irhistoire actuclle 
lc
 Ét8tS COlnmc dans cclIe dcs sertes philoso- 
, I phiques, de tellc façon quïl c
t fort difficilc d'cn faire unt
 
analyse SCiCIltifiquc. 
i La marche intelIectucHe c
t souyent ùélachce de la, marche 
pratique et Iui cst postéricurc. 1\insi cc fut après qu "Elisabeth 
cut établi la réforn1e, que Hooker posa sa théorie de l' E[Jlise l'l 
de tEtal (Church and SI(lle), C0111111f' une seule et n1èn1e chose 
différant SeUIClllent ùans Iïùée; ct c "cst après 13 réyolution ct sc,;: 
eonséqucllces politilfues, que "r arhurton écriyit son Alliance" 
On a bcsoin en ce 111on1ent d"tlne nouvelle théorie it rusa
p des 
I légistcs constitutionncIs, nfin de conciIier rétat actuel des 
IJos(ls 
layer les justes ùroits de la religion. Et de Inême encore dan
 le
 
Iluttes du parlcn1cnt, les homlllcs prennent Jeur p3rti pur Ja foree 
'l'xtéricure des éyéllCl11cnts ou cclIc des principcs qui les rnai- 
trisrnt, sans savoÌr COn1m('nt. Après avoii' forlné Jeurs opinions.. 
lorsquïls ont it p
rIer, ils cherchent des argU!llcnts pour lcs 
défcndre, et souyent une brochure on un article de Ucyue 
paraÌt 
ur Ie sujet à discuter, qui yient fournir tIes lieux 
rOlnmuns å Ja masse. 
D"autrcs déyeloppClllCnts, quoique politiques, sont Iiuérale- 
I nlent anlcnés par Ie poids dcs idées dont ils sont Ies représcnta- 
i lions yivantes. A.insi la philosophie de Lorke était réclIcn1enl 
i ravant-coureur, ct non une siu1ple défense après coup, de rère 
I révolutionnaire, ngissant forcénlellt sur I"Église et Ie gOl1\-erne- 
; ment" tiC' son ten1ps ct des teInps qui ont suivi. 


BJDLIOTn. UI
T" (je ^
:'\
r. In OrYR. 


(j 



- 62- 


Telles furent nussi Ics théorics qui, à In fin tlu dernicr siècle, 
pn
cl'clèrcnt Ie ren,'crsclncnt de rancicn ri'ginlc en France ct 
dans les autres pays. 
Prul-ètrc encore y a-t-il tlrs systènlcS politiques flui nr sont 
fonùés sur aucune idt-l', Blais "ur une siluplc CoutUlllC, conune 
('Iuaz I(,s pcup1t,'s de r...\
ie. 
G. Dans (raulres dc
\ clopprlnents:, Ie caraclèrc intcl1cctud 
d0I11inc tdlrn1rnt qn"on ponrrflit It,s nppcler I()yiques, conlmc, 
var cxrlnple, (Ians la-th."oric ang1icanc de la supréu13tie 1'0) ale, 
qui a éré el'éée par les légistes dans It's trihulwuX, et non par 
un systèlne ùc politiqne Illinistérielle ou :-.ur Ic chmnp ùe lm- 
.nillc. II s'ell
uit qU"l'lIl' cst rtppliquée a,cc une logique et un 
tj(;tail <I'application que rhi
toir(' drs constitutiops nc pent ::lu"re 
nfÎrir. Elle He consistc pas sinlplenlcnt en statuts, cn articles 
tip loi, on l'll 
rrrHents ; uwis die c
t rt."ali
(',(, dans scs (}("tails:- 
t.'OHnne dans Ie conyé d'élire et la Icltre 1l1issi\"e pour la nonlÏ- 
n3lion d'nn é\ è(IUC; -dall
 lc
 fOrnll'S oh
er' l
CS par Ie eonseil 
prin
 I)our la publication tit'S prièt-cs d'Etat; - dans certains 
3rt-angctncnls ùu li\ rc ùc prièt"l's, où rÉgli
e uni\"('r
eIle on 
( scion Ie S) 
ti'nlr (PiC' nOlls enyisn
eon
) ab
t I'aite pl-écède Ie 
roi, nmis oÙ rÉgli
c Ilatiollalc ct rt."cllc1l1cllt e,\j
talltc u'cst men- 
tiolln(
r qu"apn\
 lui. On inlprilne Ie non1 <.Iu sou, crain ('n ma- 
juscules, landi" clue les nOlus Ics plll
 saints 
ont cu caractèrcs 
urdinaire" , et ses nrn1uiries figlll-cut dfill'; les tcn1plcs au licu du 
(','ucifix; 1l0U
 pourrioll" njolltcl' (IU 'cIle place la sédiliuJl, la cons
 
l)iratiun et la J'l
f()lte ayant la fall

c doctrine, rh(
rl'
ic et Ie sthisrnc. 
J)e plu..; 
 IOl':,qu "unc llOU\ clle philosophic ou ce qui s'y rat- 
tache sïntroduit dans It's IllC:"Ul'es pri
es par la U'gislflturc, on 
dans les conre

ions faitcs it un parti politique, ou ùans un sy
'" 
tème cOlnnll'I'('ial on agl'icole, 011 c1il sou, ent : 'HOUS it'arOl1S 
jJa.
 t"lt ia (in de tout ceci; c'est un gage de concessions 'llo1lfclles; 
flui riL'J"a rCl'ra. En parlaut aill
i, nOllS pl'é\ oyons des suites ct 
cI(1S résultats inconnus. 
f.:adlliission ùes Juifs au
 fonctions nlunicipales n <"ti' dcrniè- 
f'f'Olrnt (I) défenduc, ('n s'appuyant 
ur cettc tIH"
l' 'In"il lie 


(1) I..e rïmf$ de mus lR
:;. 



- 65- 


s'agissait pas de lïntroduction d'un principe nouveau, Innis 
tsculenlcnt du t1éyeIoppernent Ù"tll1 principe déjà reçu dont Irs 
;prén1iccs ont été acceptées depuis Iongten1ps, ct dont notre 
sii:cIc nOa plus qu'à tireI' les conséquences. On a dit quïI n
 
s'agissait pas de rechercheI' ù'une n1anière abstraite cc qui de- 
rrait êtrc, puisquïl n'y a pas de modèle idéaI qui puissc seryir 
Ide guide infaillible aux nations; que Ie changcIllent n'cst qu'une 
!question dc tcn1ps, ct que Ie telnps aInènc tout; (Iue rappli- 
/cation des principes ne doit pas outrcpasser Ics lÌInites du cas eH 
question; qu'clIe ne dqit ni deyancer, ni ,enir après Ics cxi- 
genees ilnpéricuses ùu teillps. On ajoutait qu'en fait les Juifs 
uvaient élé récen1n1ent appelés à des fonctions pubIiques, (\t 
qu
en principe Ia loi ne pouyait refuser de légitimer l"élcctioll 
dont iI s'agissait. 
En théoIog'ie, r adoption du mot OE;OTÔXOS à Éphèse, comme 
n1arque distinctive d'orthodo
ie, est un c
enlpIe de dévclop- 
pcmcnt logique. 
7. II cst une autre classe de développell1cnt qui peut être 
nppclée ldstorique; je yeu:\: dire quand un fait, qui (rabord n'est 
conlpris que très-ilnparfaiteI11ent, excepté par un petit nombre 
 
se dévcloppc cnfin, attcint sa foru1e ,0uIue et toutes scs pro- 
portions, ct se répand dans une sociétP, il finit par ètrc acceptè 
de tous, par suite de raccul11ulation, de ragitation et ùe la con- 
currence des téJnoign3gcs. Ainsi quelques bruits naissent, 
puis s'évanouissent; d"autres prenncnt pied ct sont ultérieure- 
n1cnt rcçus C0111111e dcs yérités. Les cours de justice, les parIe- 
mcnts, les journaux, les lettres ct aulrcs dOCtUllCl1ts posthumes, 
les historicns, les biographcs ct Ie cours des années qui dissipc 
les partis et Ies préjugés, sont aujourd"hui les instrul11cnts du 
dé,cloppen1ent. Aussi Ie poëte fait-iI la 'Tl
r;të fine du TClnps (I). 
C"cst ainsi qu
à la fin on peut, par ÙCS 3ppro'XÎInations, arrh'er 
à une ju
te appréciation des faits ct des caractères. L"histoin.' 
ne peut être écrite que dans un siècle postéricur. Le Canon du 
Nouve3u Tcstanlcnt s'est aussi fOrIué par yoic de dévcIoppe- 


(t) Crahbc's Ta1cs (Contes de Crabbe)" 



- 64- 


Bi('HL \insi, Ics hOll1JnCS public, sc contcntcnt de laisscr leur 
n
pnration i'. la postérité; de 
randes réaetioll
 sc font dans 
ropinion. ct Inèlnc qucJ(lucfois Ies hOHHllCS 
nr\ i\'rnt i. roppo- 

ition cl 
t la (!t"tl"aetion. \in
j, Ics saints sont canollisé, par 
rl
glisc lon
t(,lllpS npri'" quïls 
Ollt rntrt-s dans Ie rt'])o:'\ étcrncl. 
8. Lcs tlé\"cloppcnH.
nts 'IJlO1"(UlX He 'dollncnt p
lS proprenlrnt 
H13tii'rc 
t contrOYCrSl'.. Inn
s ils 
ont nntl1rt'l
 ct personne1
, ct 
ils sUD,tituellt cc qui c
t cOIl\"cnahle, ùésirahle, pieux, g{'nr- 
r('u\., hiens;'nI.t, it I: ('(Jnclu
ioH 
trieh\lnent lo
ique. L 'é\ t."que 
Butler nOlls en fournil un cxclnplc rClnar(luahle au COIl1111cn- 
(ot"nll\nt de la 
l'l'oI1l1c parti(\ de 
on nalogie. Dc luèlllC qne dps 
priucipes iItlpliqucnt des appli('ations, et (Iue dcs propo
itions 

l-IH
I"alcs cn rCllfcl'lllcllt ùe pal'ticulièl'cs, de 1l1èlne, dil-il, cer- 
tainf's rclations ilnpli(lurnt dcs dc\ oirs curri'latifs, et certains 
oLjCl
 ùenlandeut certains 3clcs, certains scnlilllelltS. II où,crvc 
que, qtlHncl hien Illt;lt1l' il IlOy aurail pas un rOHlInalldl'lnent 
pO
ilif de rentll'c les honnl'urs tli, in" il la S
colldc ct à In Troi- 
Si
IIH' Per
olllles tie lit sainte rrrinité, ce qui el} (
t dit dans 
rEeriture scrnit nne 
arantic suflisalltc, un cOlnnlandcJnent 
illllÜ"el'l ct JHèUIC nile I'ai
on logi(I'H
 de Ie fail'c. H HOUS ùeluande 

i II Ie tlcyoir de ,énération re1i
icu:,e 
n\ ers ces dcu
 pcrsonnes 
divines He rcs,;;ol"t pas illllnédiat
nlcnt, Ull point de vue tIc la 
raison, de la nalnl"C Inème (Ie res aurihuts et (Ie CeS rapports, 
('OHI111C la hicnYl'illance et rohli
eancc quc nons dcyons à nos 

('nl hln hIes nais
ellt des relatioJ)
 ('OI1l1HUnCS cntre eu\. ct nou
. >> 
1I1Iit ells.. it.- (IU ïl pm"le tin sent ilnent reli::âeu\. intél-icur de ré\"é- 
renee, tlliollucur, (raIUOUr, ùe cnntiancc, de reronnniss3nec, 
d\' crninlc ('It (r{\
pi'l'anl"e. u D(\ queUe Juanière ce cultc intcricnf 
doit 
c tri1dnÍr
 à rc
térictlr c
l une affail-c de pure orùonnance 
n
\'<"I(
(':... 'nai
 I
 cHlte, Ie el1ltc intl
ri("ur nH.\mc rcndu 
u Fils 
('t à rE
prit saint n "e
t nn silnph' c0l1nnanden1cnt ré\'élé qu'au- 
tant (IUt' lc
 rapport
 
ous lcsc}uels ils notls sont pré
cnlt
s 
ont 
rllatii'r"c tie ptll"è .-éyéJatÍon : car, Irs relations étant connnes, 
rohli
ation (rUB culle illl(
rieul' dcYiellt affaire de rai
on naissnnt 
dc ....s rclation
 ]lIt'JII('
. a Ell lrnutres tcrmcs, Ie cultc cst Ie 
tIé, doppeuH'nt du ùogrllc: ainsi ùe la doctrinc de la héatification 



1 


- 6B- 


des saints nait un dévcloppen1ent qui D1ène naturellement à leur 
culte; rhyperdulie est reffiorescence de Ia doctrine que !\lal ie 
est 6UJTOY.'j;, ou 
Ièrc de Dietl, et radoration de rhostie cst ren- 
t fermée dans Ie doglne de la présence réelle. 
Nous deyons n1entionner ensuite un dé,"eloppen1ent conforme 
à celui dont parle Butler. COllune les objets dcn1andent dC$ 
sensations, de n1èlne les sensations in1pliquent des actes et ò.
 
oLjets. _\.insi Ia conscience, dont nous He pou, ons Bicr rexis- 
tence, est une preuve de la doctrine dO un gouverneur moral 
 
qui seuI lui donne une signification et un but; en dOautref: 
tcrmcs, la doctrine d"un jugCl11ent à yeuir cst Ie déyeloppelnent 
du phénolnène de Ia con
ciel1ce. II est encore indubitable que 
les passions et les affections agissent ùans rcsprit a, ant la prl'- 
I sence de leurs propres objets: leur actiyité est done un pren1ier 
I argull1ent dOune grande force en ravcur de rexistence réellc de 
I ecs objcts, en supposant quïls fussent encore inconnus. De 
mênle encore, Ie principe social, inné en nons, donne une 

anction diyinc à la société et au gouverneluent. La doctrine du 
péché après Ie baptèn1C et celIe des prières pour Ics fidèles tré- 
passés se sont déyeloppées dans la doctrine du Purgatoire. Les 
rites et les cérénlonies sont des Juoycns nnturels à raidc dcsquel
 
resprit sc soulage des énlotions de piété et de pénitence. Quel- 
qucfois rhabitude dO un sentiment de crainte ct (ranl0Ur pour 
ce qui est gr
nlll, élcvé ct iuyisible, a conduit rhonllne à 
ahandonncr sa secte pour que]que fonne plus catholiquc <lu 
ChristianisI11c. 
Ari
tote nous donne un exemplc de cettc sorte de développe- 
ment dans sa description de 11101l1n1c hcureux. Après ayoir 
dén10ntré que sa définition du bonhe
lr c
ige Ia présence dOobjcts 
délectables scIon lïdée la plus ordinaire ct la plus populaire 
qu'on se fasse du banbeur, il 8joute que, bien que sa définition 
n 'cn parle pas 
 néannloins les biens extérieurs y contribuent 
bcaucoup; cc qui yeut dire flu"une ccrtainc pI'ospérité est 
attachée pnr une convenance 1110rale à 1110n1lne hcureux, quoi- 
que 13 logique ne rexige pas rigourcuselnent. (( Car il est im- 
possible, dit-il, ou au moins difficile de pratiqueI' Ies hautes 



- fiG --- 


\ ('1.tt1-; san
 ressources abondantc
. Bien dc
 æuvrcs sc font :1 
I"nidc ucs 
Hnis, de la richc"c, dll pouyoir poIitiquc; ct rab- 

("nec dt" certaines ("hoses, d"une nai

ancc Ilonnète, d'cnfant
 
qui t.lonnenl de rC
pél"anCC, tip representation pCl'sonncIlc. 



onlhl'it sou\'cnt Ie honheur: car un èlre ùiffonllc, ou ùe 
ha
se c
iraction, ,i\"ant de privations et n 'ayant pas d'enfants, 
lie saurait l'trc pI
iJH'nlent hrurcu
; ille scrait cncore moins, 

i "c
 l'lIfanb l'taipllt (lc rnauvais slljcl
, ou que la Inort Ics lui 
rlllc, àt, sïl., était III Lons (t). n 
Ce proeé<1l' (I.. tlévelopP(,Ilu.'nt a rté païfaifcnlent tract' par un 
éel'ivain fran<:ais contcInporain, dans scs Le-:olls sur la Civilisa- 
tion EUl'op(
clln(', OU\Tage (PH' nons t'Íf.'rons avec qucJque 
étendul': It Si nOH'; rrt.lui
olls )a Ih'Ji
ion, dit -iI, à un pur f.cnti- 
I11ènt rcIi;.rieu,-. .. il parait é, idl'nt (ill "cIle He c.Ioit plus èlre alor
 
qu"une affair." personn(']Jc. )Iais ou je 
uis éu'angcJnrnt 
tl'Onlp(
, on cc 
t'ntinll
nt rdigicux Il.cst pas re\prcs
ion com- 
ph"'le ùe I... nature 1'('li
iell
(' dt' lïHHltnlc. La religion e
t, jc 
('J'ois, fort différente ct bcaueonp plus éLcndue. II y a ùans fa 
uaturc et It" dl'
lil1éc
 de rhOHllllt' dl'
 IH'ohlèal('
 qui ne peuvcnt 
;1\'oir leur 
ollltion ùans ecUe yic, qui (Irpcndcnt ù'un orùrc de 

'ho
cs sans relations a, ec Ie Blonùe ,i
ihlc, Innis qui cnílüm- 
mCllt san
 ce

.. rcsprit IHllnain dll di.sir tll\ It.s ('olllprcn(lrc. La 

,olulion ùe ccs problèJHCS e
t rori
iJlc de toutc reJigion ; son 
prC'Inicr ohj('t c="t dt\ (1t"cou'Tir Ics sYlnboles ('t les ùoctrint's 
'IU 'cllc rcnfcrnlc, on (Ill 'cllc c,t SuppO
t'e "l'urenner. 
" (Tnc ftutre Cal1
C foree t'HCore Ie gcnre hUln
in 
\ clnhrfts
cr 
la Hcligion... IYoù flai
senllcs \ érités n}oralcs? oÙ condui
enl- 
(,lIcs? CeUe oLli
atioll <(n.on sïl}lpo
e de faire hien cst-clIe un 
fait isolé , snHS auteur, 
an
 hut? Ne cache-t-elle pas, ou plutõt 
ne révèlc-t-elle pas à rhOIlnnc une originc, une ùc
tinéc ell 
dehors de co Inolllle? ..\ vec ccs questions spontanécs et inévi- 
tables, In 
eicncc des ,'érités 1110rales conduit rhOllunc au scuiJ 
de In Religion, et lui montre unc :-,phèrr d"où il nc l'a pas tiréc. 
\insi, les sources certaines ct infi1illibles Ut' 13 neli
don 
ont : 


'1) .Elb" 
;r" 1. 
L 



- G7- 


(rUne part, lcs problèlnes de notre natur
; de l'autre 1:1 
nécessité de (.hcrcher pour la nlorale une sanction, unc origine 
ct un but. EIle prcnd done d"autres forn1cs que cclIes d'un pur 
sentÍl11cnt; cIle sClnhlc ètre une réunion ùe doctrines, de 
pl'éc('ptcs rt de pr0l11CSses. C'est ce qui constitue yéritablcmcnt 
la Religion; c'cst li. un caraütèrc fondalllcntaI ; cc n'cst pas 
, 
culcn1ent unc forme de In sensiùilité, un cffet de lïn1agination 
 
ou une variété de Ia poésic. 
1) .t\insi ran1cnéc it scs ,-rais élélnents, à sa nature csscnticHc 
 
I la Religion ne parait p
us nne affaire puren1ent personnellc , 
iuais un principe puissant et fécond (rassociation. Est-cUe con- 
sidéréc C0111n1e S) stème de croyancc, COlnn1C Systèl11C de dogrncs? 
La vérité n"cst pas 111éritage d'ul1 indi,-idu, cIle cst a
)soIue 
et uniycrscllc: les honunes doiyent 13 rechercher ct la profcsscr 
Cl COI1uuun. Est-cIle considérée par rapport au
 pi'éceptes qui 
sont as
ociës it scs doctrines? Vne loi obligatoirc pour un seul 
individu rest pour tous; cIle doit ètrc prolntd5uéc, ct il cst elf' 
notre dcyoir de travaiiIcr å SOlllllcUre tous les hOIIlnlcs it son 
sceptrc. n en e
t de lnènle pour Ies pron1esscs (Iue la Rcligioa 
fait au non1 de ses s)"ln1>oles et òe ses préccptcs; ellcs doh"cnt 
ètI.c répanducs, ct tous les hon1ffics invités à part3gcr leurs 
bienfait5. 
II Vnc société relip;ieusc résuJtc naturcllcment des èlrments 
èSsentieIs de la Reli3ion ct en cst une conséqucnce si néccssairc., 
(1UC Ie mot ehoisi pour exprimer Ie plus éncrgiquc sentiment 
social, Ie désir Ie plus intense de propagcr des iùées ct d"étcndre 
)3 société, cst Ie mot Pf"osélytis1Jle, tcrme qui cst spéeiale- 
Inent appliqué à Ia croyancc rcligicuse et qui" en fait, lui est 
cons3cré. 
>> Qunnd une société religieuse a été formée, quand un certain 
nOlubrc d"honunes sont uuis par une croyance religicusc COffi- 
Illune, gOt1\ crnés par les n1èn1CS préceptcs religieux, ct qu'iIs 
jouissent des mênlCS e
pérances religieuses, une forlne de 
gouvernen1cnt cst nécessairc. Âucunc société ne peut durer unc 
semaine, une hrure sans goUYCrne1l1cnt. Du ll10111ent qu 'une 

ocil,t(; est forn1éc. pnl' Ie fait luènle de sa forn1ation, cUe exige 



- G8- 


un gou\'rrncn1rnt - un gou\"crnelHPl1t qui proclamcra la \'érité 
eonlluunc, qui c
t Ic lien dt' la 
o('i(',tt'.. (Iui prolHul()'ucl'a ct lìlain- 
ti('IHh'a les pl'él't'ptes q lIC Cl'tte ,érih
 <.Joit pl'oduire. l..a Ill'ct.'ssité 
d'un potn oil' 
upéricul', <-rune fOrInc de 
Ol1' erIH.'nlcnt, c
t 
reufernH',c dans Ie fait de rc
i...t(,lIce Ù'UIlC société rcIi!!:il'usc 
('OlnnlC dans cclui (Jc toute 
llItI.C soei(',ti'. 
n Et Iloll-seulelnent un 
oU\ el"IU'lucllt cst néccssaire, mais iI 
sc forlne natnl't'lIenl
llt de lui-nlèlllt"..... QU3IuJ on pel"Inet 
nux événCIHcnts dc 
lIÏ\ re Il'ul"
 Iois naturelle", quand la fOI"('.(1 
n Ïnh.'r\ icnt pas, Ie pOll' oil' tOIU])(.' an\. 1I1lIiIlS des plus haLile" , 
des plu'S dignes, des plus capahJ('
 de lllaintt'lIir' Ic
 principes 
sur Ic
quds la sOl'it',té a t'It" foncli'('. U n
 c
péclition gucrric."rc 
est-cIIe a
itéC'? Ie plus hra\ (' pl"cnd Ic ron1nltlndclnrnt. (Tne 
r('('hcl'eh(', une (,Iltrepl'i
c 
l'ieUliH(lue cst-clle rohjet ù"unc 
association? Ie plu
 in
ll'uit ('n l'
t Ie ("Iu,f..... Lïn("
alité des 
facuhés et de lïnfluence, has..- dll P(HI\ oir dans la \ ic ci\ ill' , 
:) 1(' Int-IHe cffct (Jaus lInc 
Ol'it'h
 reli
ieu
c... La re1i
ion lJoa 
( (J 
pa'" plUlÒt pl'is po

C

iOH de re
prit IUlIllain, (JlI"uue société 
rclirieu
c nppal'aÎt , 
c fornH' et produit 
()II 
otn erllCluellt (I). " 
U. II HOliS reste tt parler dc ce (ille fappelll'rai
, si Jc n10t 
n "ayait èh
 
i 
ou\ t'nt ('I)} plo) é \ a
 1Il'lllt'Ut ('I SaIl' attention, de
 
dé\'eloppelneul
 '}Jujtaphysiqllcs; fentl'nd
 pal' U. reu\. qui ne 
sont <(uc la 
il}}ple anah
e de ridi'c t'OH<;UC par Iïntelli
l'ncc, l't 
qui sc hornenl 
t (:'11 reproduil"c l"cxarfc ct COIHpll'lC di,Jiu<"ation. 
C'est aillsi qu' \ristote trace Ie ('(ll'at'll're ù"un hOllune Ilwgna- 
nilllc Oll liht"ral; c'c
t ainsi que Shak
pcarc a pu t'onccyoir ct 
pcindre Ilalulet ou _\riel, 
t t 'e,,{ 3in
i (Iue, dans Ie ù0J11ainc 
s3cré de la théologic, r('
rrit peut (\II'C (,IHplo) é 
t déyclopper 
lcs iùées solenucIles qll ïl a con<:ues ilHplicitelHcnt, sans IC5 
assujeuir à la pui

alll'(' d(' ri'flc\.ion cl dc rai
ollnt'IHent. 
J'ai déjil traité ce sujet d"une nlanièrc l'tenduc ùans un autre 
ouvrage <.Iont iJ Hit' 
unira de eiter ici quelques pa
sagcs, qui 
s('r\'iront d.cxplicalion. 
<< I...'esprit qui est accoutulué à la pCI1,ée de Dieu, ùe Jl

US- 



 I \ Gui:Wl. L('çotl
 
ur 13 Ci, i lisation Euro['éennc, \'(' Irçon. 



- 6
- 


Christ, du Saint-Esprit, tourne naturcllclncnt, avce line ùévote 
curio
ité, à Ia contcl11pIation de rohjet de son adoration, t't 
comnlcuce å énH
ttre å son sujet certainrs propositions sans 
s3voir ni Oll ni jusqu"oÜ il sera entrainé. lJne proposition con- 
duit nécessairClnent å nne autre; u
le scconùc i\ une troisièmc; 
des restrictions deyiennent alors nécessaircs, et la conlbinaison 
de ces propositions lllises en regard Ics unes tics autres occa- 
sionne ({ueIque nouvelle évoIution de lïtlée originalc, que ron 
nc pcut jaIuais considl'rer con1nle entièren1cnt épuisée. Ce pro- 
cédé constitue son déyeloppcnlent, et il se résumc dans une 
séric, ou plutòt un corps dc propositions dogu1atiqucs, jusqu'ã 
ce que cc qui était une sÏIllple ÏIllpression faite sur Iïll1agination 
soit ùeycnu pour la raison un systèlne ou un SYD1bole. 
It Or, de telles inlprcssions sont éyidellunent sinlplcs ct COffi- 
plètes plus que tontes les autres idées théologiques, paree qu'eHcs 
sont des inlpressions provenant des objets cux-lnên1es. Lcs idées 
ct leurs tlé\"cloppelnents DC sont ordinairenlent pas idcntiqucs , 
Ie dévcloppeUlcIlt n"étant que la conduite de lïùée ùans scs eon- 
séqucnces. Ain
i In doctrine llc la Pénitcncc peut ètre 3ppe!ée 
Ie développel11ent de cellc tIu BaptènlC, bien (lue cc soit une 
doctrine distincte, tandis que les développen1ents dans Ie.;; 
doctrines de la sainte Trinité et de rIncarnation He sont que de 
sinlplcs phases de lïll1pression originaIe, et ùes nlOÙCS de la 
rcpréscntcr. Conlnle Dicu c
t un, lïnlpression quïI nous donne 
I de Iui-nlènle est une; ce n 'cst pas une chose conlposéc de 
parties; ce n
est pas un systèn1C; ce n
csl pas non plus une 
chose in1parfaite et qui ait bcsoin ù"ètre 111ise en regarù a\ ee une 
autre idée qui seryc it Ia complétcr : c'est Ia \"i
ion (fun objet. 
QuantI nOllS prions, nous ne nous adrcs
ons pas à un assem- 
blage de notions on à nne croyancc, Inais à un seul Ètre indi- 
viducI; et quand nous pal'lons de lui, nous parlons d'une 
personne, et non <-rune loi, ou (rUne manifestation. Cela posé, 
tous nos efforts pour tracer lïulprcssion que nous aVODS de lui 
n'ahoutiront qu"à rcproduire uor scule idée, et Don deux 
 troi
 
ou quatre, ni une philosoplÚc, Illais une 
cule iùéc, sirnpJr, 
consiùéréc SOliS scs divers asp
cts" 



- 70- 

 011 p
ut cOBlparcr reri nux illlprl'"ions produite
 sur nou
 
par les sens. Lrs ohjl'ts 111atl'.'irl
 
ont réels, l'lltil'.'s et inùi- 
"idud
, et les ÏInpre:-\
ion
 (IU ïJ
 font sur r('
prit par Ics sens 
sonl d'ullc naturc corre
pondante; cllt's sont cOlnplc'\cs ct 
nOIllhrcu'e
 ùan:-\ leurs rapports cl Icur portée, ll1ais, consi- 
dt"n',cs en t'IIl'''-nlèlnl'
, (.'11('
 
Ollt Hill'S cl illt<"grale
. ]
l ùe la 
JUt-.He fat;on 
 lcs idées (Iui nous sonl tlonnl'c
 tlr
 ohjrh di\ in
 
de notre foi 
ons r)
\ angilt', par la nature dc
 choses cl par Cel3 
nlèllU" qu 'ellcs sonl de conepptions, .'i'pondeut au\. ul"ip.inaux 
t"U ('(; elu '('ill's 
Ollt (,olnplt"tt.,
, (lU 'clle
 sont illtli\ i
ihle
, suh
lan- 
ticHes 
 et PCU\ rut ètr(' nppt'lé(;s rl,t'IIl'
, (-tant lc
 ilIw
t's de cc 
qui l'
1 ri'd. l.cs ohjt't
 (lui nous sont 
)pportés par les sens S'ét3- 
bli
sent, on peut dire, dans 1105= esprils a\ rc dcs dirllcll
ions , 
sou
 tics n
pect
 et ùes iuf1uellccs difft"relltcs, qui, toutefois, 
out ùe la consistance rnU'e dll'
; plt1
iellr
 l1U:'UIC 
e dl'

inent 
dan" nos c
prits ,ans effort de notre nlénloi.'c et i. notre insu , 
t3ndi
 quc n()u
 eontl'lnploll
 Il'
 ohjcts t'tI\.-rnènles; cllcs BOUS 
forecnt aillsi i. croire à leu.' rénlih
 par la con\"cnnnce spolltanéc 
('t IllarlilOni(" tit' ee
 aeeidents (Iui les entoureut, ('onlIue sïls He 
pouyaiellt êtrc des er(
ations de no
 esprits, nulÎs f(uïls fu
::,ent 
les inlage
 ù"ètl'('
 c\.tt'ricurs ct inde
penùallts. Cela aura lieu 
aus
i dans Ics idécs sarrres ohjets de Hotre foi. tl'
 hOlllIlICS 
rcli r dcll\: Ollt, scloll leurs farult('s, unc idéc, une \ ision de b 
hi("nh('ur('u
e Trinité dans rUllitf
', on hicll, tin Fils in('arnc, et 
dc 
a présencp, non plus eonlluc d"ull 3

clnhlnge de qU31ités , 
d'attrihuts ct ù'attiolls, non conllUC ÙU 
ujet (rUn n0l11brc ùe 
propo
ition
, Inais Ct)l1une (rUne l"ho
c qui l'
l nne, indi\idut'lIc, 
illùi'pcndantc des parolcs, ('Olllnle ù.unc ilupressioll trallsnlÌse 
par les 
ens. 
If Ainsi, des propo
itions parti('ulièrc
, qui sonl eInployécs 
pour c\.priIlIl'r des parties tic la g."ande itU'e qni nous l'
t donnéc, 
ne s3uraicIlt jmu3is èt..c ri'ellc.ll('nl confondues 3\ ce lït.lée elle- 
filêlllP, dont de tl'lIes propositions prist's ('n
t'lnhle ne peuy('nt 
qU(' se rapprochc.' sans la dl'pa
scr. C0l11n1C les tlt'frnitions nc 

ont pas faites pour ullcr au dt,li. <Ic leur sujet, IHai
 pour cn 
donner nIle r('pn
5cnlation aùé(Iuntc, 3insi les exposl'S ùogn13- 



7t - 


tiques de la I\aturc Diyinc enlplo)és dans nos confessions, 
qucJque multiplil's quïls soicnt, ne peuyent, sans s'e:xposer à 
de,'cnir hérétiqucs, dire plus que nïn1pIique lïdée ori
inale 
considérée dans sa totalité. Les sYlnboIes et les dogmes ne sont 
,'ivants que dans Iïdée quïls sont destiné
 à exprinler, ct qui 
seule est substanti\'e; ils He sont nécessaires que parce que res- 
prit 11l1lnain ne peut rélléchir 
 UI' lïdée que pièce à pièce; que 
parce qn ïl ne peut s 'cn serYlr dans son unité l't dans 
on cntier, 
à IHoins de la résoudre en une série d'aspects et de rapports. 
Et en fait, ces expressions ne sont jalnaÎs équiyalentes à lïdée. 
NOllS SOHlmcs capahlcs de définir les créations de notr(' esprit; 
rar dIes sont ce que nous Ies faisons, et ricn de plus; n1ais il 
I 
erait aussi aisé de créer cc qui e
t réel que de Ie dl'finir. Ainsi 
les dOf!n1es catholiques np sont, nprès tout, que les syn1bole
 
cl'un fait diyin, qUI, loin (rètre borné par ees propositions. 
ne snurait être épuisé, ni Ðpprofondi par un n1ilIier de S) ffi- 
boles (I). It . 
n nc nous reste rien à dire sur Ie sujet de ccUe section, 
i cc 
n'est qu'en plusicurs ca
, Ie déycloppel11ent cst silnplen1ent effi- 
ployé dans Ie sens de luanifestation conl1nc ùans quelques-uns 
des eXClnpIes donnés ci-dessus. Ainsi, Ie cah inisnle et runitai- 
rianisn1e peuyent {"tre appelés des déyeloppenlents, c'cst-à-dire 
des applications dn principe du jugcnleJll }Jl'iré, quoiquïl n'y 
air point en ré
lité d'accrois
en1ent, partie es
entÎt'llc (rUn, rai 
déveIoppement. l\Iais nous cX
Hl1inerons cettc di
tiH('tion en 
(('m p8 et Ii en. 


SECTIO
 III. 


sr:n L\ CORR()PTIO
 D'VNE IDtE" 



 I
r. 1Iarques distinctes entre Ie dé\cloppement ct la corruption. 


Pui
quc dé\"clopper nne idée ce n 'cst que Ia préscnter d. lIne 
l118nièrc adéquate, Ia cOlnplétcr en faisallt ressortir tous se
 

'
perts différcnts, ses rapports et scs conséquences, ct pui
quc 


0) Sermons l1e rCni'iersité, p. 330, 333. 



-72 - 
Irs ('au5-cs ({ui stimu]ent 
on nccroj

rmrnt pClIvcnt aus
j cn 
c.lénaturcr la fOrIne, COIUHIC on Ie ,oit dans Il's corruptions 4)(' 
1.3 ,.(>ril(" dont Ic nlonde 3 bondt', d('
 )'('!.des :-\()ut nécc

ail"(
s 
pour c.listinguer les dé\ eIOpP('lìlcnts légitinlcs dc Cl'UX qui n
 It' 
!lont pas. 
lei, line rnarque di
tinctiv{\ cst lout (r:thord snggrr("c par 
rnnalogie dt' la erois
alle(\ ph) 
ique , flui cst tcIle que ll'
 parties 
('t )('s propol.tions de );1 fornlt' dl
' eloI'Pi'(', ('orr('
pondcnt it 
celll's qu "clle 
l\ ait dan Ie prilll'ipe. J.J "alliuwl adulte ales nll'mCA 
forn1cs f)u"Ü 
a nfli

anrl'; I('s jeuncs oi
eau
 He ùe\ iennent pas 
des poissons: ct rcnfanl He l1t"
éIH"rc pas l'll une de crs hrutes 

3U\ ages 011 don1c
ti{lues, dont il ('st appdé à èt re Ie n1nÎtrr. 
. I1Jlitetur, )) dit saint '
incl'llt, t( allin/lll"lflll 1y4;yio 1'atiouem 
JI ('017)onon , 'l"æ lifrt lUlJlfJ}'U1Jl jJl"OCeSSli nU1JlCrOS suos cru[cant 
"et c:rpficl'nt, padellt ((UUfIll '1U(" (Tan' reJuon('ut (I). It L'unitt' 
dans Ie t) pc cst certainl'IUent la ll13rquc 
aractéri
ti(lliC la plus 
sensible (rUn c..!é, clOppl'IHt'nt Hdi.le. 
Cepentlanl eet l'
el})plr IlC doit pas aileI' jnsqu .
\ nier to\ltc 
,ari3lion, ui llli'U1C till ehang('nlcnt considél'ahle de proportion 
et de relation, llans Ie di'ycloppenlcllt des parties au de
 n
pects 
d"une iùée. J)e teis ch:1llgenlcnl
, dans rapparencc c
téricurc 
on d3ns rl13rt110nic inti,..iel1re, ont lieu dans la crc.."3tion aninwlc..' 
elle-Int-ulc. L 'oiscau en ("tat ..Ie, oler ùiffl're de sa fOfll1e prr- 
naièrc dans ro\uf. Le p:1pillon c
t Ie (Jc.
ydOppl'nl(,llt, Jl!aí
 en 
=lucune faeon lïn1a
c dC' sa cltr
 salid
. l.a halrinc ri'dan1c Ullt' 
. c..; J 
pl
tre parnlÎ It's Inauunifè"l'S, et CCIH\lJdallt nous c.l,.\ OilS p('n
l'r 
qn ïl s"cst opi'rt" ehcz l'lIe qu('ICJl1c étranf(e trallsfol'lnalion pour 
la rcndrc sl'luhlahle, fltloiquc, en appan'llce, 
i eOlltrairc au't 

ninlau'X p3rIlli Icsqucls clle e
t clns:-l'c. Dc nlèulc, 
i les hètcs 
ft"rocrs étaiellt autrefois daBs Ie par
\lIis ct He s") nouITi

fli('nt 
(lue d"herhe
, cUes dcvail'nt préscntrr dcs phl'nOHlt'lles ('01"- 
porels Lien diffl'rents, qua))t à la structure des nnlsdcs, des 

riifcs , des dents et des yisei'rcs, tontcs choses qui 
ont n1ftin- 
tenant appropriées à leer e).jstrJlce carniyore. A E-on lit ùe I11ort. 


,1 f.ømmonit., 29, 



... .... 
Ii) 


I Eutyquc, patriarche de Con
tantinople, joignit Ies mains et 
: dit : (( Je confcs
c que nous ressusciterons tous dans ccUe clwir;)I 
I eependant la chair ct Ie sang ne peuycnt hériter <.Iu ro
 3un1e de 
, Dietl, ct un corps glorieux 3 dcs attl'ihuts ineonlpatihles a,'el' 
I 
a condition présente sur la terrc. 
Plus suhtiIcs encore sont les ,ariations, conforIncs ou non Ù 
: lïdentité, dans Ics déyeIoppelnents rcligieux et politiques. La 
doctrine catholique de la sainte Trinité 3 toujours été 3ccusée, 
I par Ies hérétiques, ù"être en oppo
ition 3\ ec celIe de runih
 
I tliyine, d'oÌI rUe proc<"de, ct rnêIue les fidèles la considèrcut_ 
:\l1 pren1Ïer abord, COIBnle tendant à robscurcir. 3Iais J>C(3U 
nOllS dit: H J"affin11erai, cc qui sUl'prendr3 peut-ètre Ie leeteur, 
: que eette di
tinclion de pcrsonI1cs qui, du còté de ce flu"on 

 nppelle pro]Jl'ietates, est en réaIité la plus grande, cst si loin 
I d"ètre en désaccord aycc l"uniti. et Ia siInplieité de Dieu, (Iue 
rcUe InênlC di
tinction cst, au contraire, très-utile ilia doctrine 
de runité et de Ia sinlplicité de Dieu (I). n 
Dc plus, Arius a{}il'lnait que la seeonde Personne de 1[1 saintc 
Trinité ne peut cOlnprcndre Ia preulière; tandis que Ie dognlc 
caract(
ristiquc d"Eunoll1ius était que tous les hOlllI11eS peuyent 
: conlprendre Dieu al1ssi pleinclnent que Ie Fil
 Ie eon1prend lui- 
Inêll1c; ccpend
Bt personne Be doute que l"eunonli3nisn1e ne 
flit un yr3i dL'ycloppcnlent et Hon une corruption de la doctrine 
tf"A.rius. 
I..4c 11lêmr intliyidu peut passer par plusieurs systèmes de 
philosophie ou de croyance; ccpendant il cst possihle qu'il n"y 
ait point Hi dïncons('quence, car il peut se faire que ces 
han- 
I gelncnts UP ticnnent pas à rcssence de ses opinions, et Be soient 
, yraiment que des org3nes accidentels, des c\.pressions tenlpo- 
raires de ce flu ïl est intérieurelnent d"un Lout à rautre de son 
(
\.istence. Les doctrines politiques des torys nloclerncs res- 
I semLIcnt it celIcs des" higs prilnitifs; et ccpcndant personne 
ne nipra que les ,,,higs ct les torys n' offrent chacun un type 


(t) De Dco, II, lÍ 
 8. 


13IDLIOTII" IlIST" (}e A:\-'rr. !er orYß. 


7 



- 74- 


bil'n distinct. Lc c
h'inisn1e s'est ehalJ!!é en unitairianisnlc. Cc- 
<- 
penùant ce u'cst pas là une torruption, bien tlu"Ü \ rai dire ce 
Ill' 
oit pas non plu
 un Ùt'Yl'IOppeIlH'nt; 
ar Harding, dall
 5-a 
('ontro\ ers(
 a\ cc Jewell, a\"ait 
igl)alé Ie rhalH.!cllìcut depuis 
t roi
 
it\'les, et il IH
 S 'e
t pas fait dans Ull :-it'ul PH) s, Blais uans 
plll
ieurs. 
L 'hi
tojrc ùe noIre caractl're national fourllit uue aualo!.!ic 
plutòt qu 'u n cxelilple de c
 point; il ) a ullr relatioll 
i intinlC 
('litre Ie dé\ CIOPPClllcut dcs e
prits l't t1e
 idécs, q u"if cst Lon 
cr ('0 parler iei. 
 \il1
i, ralleicnne .L \ JI
It'tl'rr(' donnait rappni Ie 
pills 10) al an :;aint-Sit'gc, tallJi
 (Iut' r_ \n!.deLclTc luoderllc cst 

a plus jalon
c t'lIill'lllie. {Ill l'hallgl'1l1l'1l1 
HIS
i 
rand 
'est fait 
('Il F.'allce, aull'l'foi
 la fille aÎnt'c Ùl
 rl
glisc et la Heur dc 
a 
('he\alcric, lllailltcnHnt ùéllloel'aliqllc et il 
 3 pen de tCHIpS 
illlpi('. Cf'pcntlant, thez l.('
 dell\. nation
. on He 
i'lIri.lil appdcr 
('CS changl'1l1cllts des eorruptioIl
. 
ßt',néclai

olls t'lIt'ore sur Ics \"icis
itudrs IIlüralcs du }>euple 
tI(, I)ieu. Quelle différcllcc cutl'e SOil carach\rc rmlJpanL et IÙehc 
;'t la 
orLic (rÉg
 ple ct re
prit da(" afcl'e
Cfnt' du 
iède de Da\ id , 
OU It' fanat i:'\lnc 

np:ninni.'c qui hra\"a les Tit tiC; l't les \(h"icn! 
f)lwllt' tliffércnec entre ecUe faiLlc

c (fe'''Ipl'it (Iui pIoyait IHêIltC 
:1 la \ UC' d'ullt' idole paÏcnnc, 3\ CC la ri;.riditl' ieolloclaste ('( la 
IHltionalit(, Ligate (Ill judaïsnle pO
léricur! COlllllle raoscHee 
apparcnte ùt' el' flu'on 
p)H"IIè talent l'
' frappantr, durnnt Ie 
gotl\ rrnClllcnt sUl'naturcl de cc pcuple, si rOil eOJuparc 
a ca- 
pacité ùe ccttc époque aux ÙOItS de rr
prit que lIcs tflllOif!IWlres 
oi\ CrS Ini attl'ihul'nt Inaintcnant! 
Et, ùe la Inèlne Inanic'.'rc, Ies iùé
s pcu\"cnt (Ienu'urer, quol- 
que rt'\prc

ioll Cll 
oit, ariéc à lïnfini; ct nons IIC saurions 
dt
tl'l"lniner 
i ce qu 'on 3ppl'lIe Ie tlt',\ ClOppclHcnt, cn est \ érita- 
hlenlcnt Ie dé\"cloppcl1H'nt ou non, 
ans avoi.. une plus alnple 
('ullnai

ancc (Iue cellc ùu siulple fait ùe ccHe \"i.ll'iation. 
os 
Io\cntinlcnts ne pcu\"cnt non plus SCI" ir de eritél'iuln. Saint Pil'rr(
 
(IÙt ètre fort choqné dc s'cntendl'c dirc ùe tllcr ct ùe Illangl'r les 
bètcs ilnpurcs au
si biclll}ue pun.':5, quoiquc rc C0I11HlalH.1l'lllcnt 
fUf inlpli(IU(
 dans 13 foi (Ill ïl soutelwit ct propagcllit; un f,ilDpIc 



7 '--" 
- 
- 


effort, un court espace de tenlps, ou Ia force de la raison, He 

unìraicnt pas à ,'aincre l'eUe inlpression. II pent encore arriver 
qu "une représcntation, qni diffère de son t) pc original, sCInLle 
I plus fidt.\Ie ct plus yr8ie qu 'une autre qui a plus de prétentions 3 
I'exactitude. II en cst qucIquefois ainsi d"tIn portrait qui n'esl 
pas frappant; au prenlicr coup (rreil, il ya sans dire quïl nOll:, 
I désr.ppointe; Innis quand nous SOInn1es fmniliarisl's ayec lui, 
nous y YO) ons ce que nous n'y a, ions pas découvcrt d'abord" et 
nous Ie préférons, non pas à une parfaite I'cssclnblance, mais it 
plus d'une esquissc qui poussc rcxactitude jusqu'à Ia caricature, 
Quelf{uefois aussi, Ies per,'crsions réelles et Ies corruptions 
ne Eont pas cxtérieurcnlent aussi dissclllhIables à Ia doctrine à 
laqucHe rIles apparticnnent, que les clwngenlcnts conséquents 
qui en sont les vrais dévcIoppeluents. Quand Ron1c se transforlna 
I de répubIique en cn1pire, ce fut une altération réeIle de poIi- 
tique ou une corruption; ccpendant Ie changclncnt était peu 
de chose en apparellce. Les ancicnnes chargcs et fonctions dl( 
goUyernClnent suhsistèrent; seuIclllent, rCIllpcreur ou com- 
mandant en chef Ics réunit tontcs dans sa personne. Augustr 
I etait consul, tribun, pontifc suprèmc et censeur, et Ie pouvoir 
iInpériaI, scIon Gibbon, (( était une n10narchie aDsoIue déguisée 
It 
ous Ics forIlles (rUne répuhIique. )) D'autre part, quand la 
dissilnulation d'_\uguste fut rClnpIacée par rostentation de Dio- 
cMtien, Ie changement récl de constitution était insignifiant: 
mais iI fut grand en apparcnce. .Au lieu d'ètre sinlple consul, 
renscur et tribun, DiocIÓticn de,'int seigneur ou roi, il ceignit 
Ie diadèn1c et s'entoura (rUne cour. 
I Le refus de marcher avcc la doctrine à nlesu re flu' elle avancr.. 
robstination dans Ies notions du passé est en religion unc caUFf
 
de corruption. C'est ce qui rcssort (rUne manière renlarquable 
de rhistoire du pcuple de Dieu. Les Sanlaritains qui rcfusèrent 
d'ajoutcr Ies prophètes à Ia loi, et les Sadducéens qui niaient 
ce qui reste caché dans Ie liyre de rExode, n
 étaient en appa- 
rence que de fidNes ODSCryatcurs de la doctrine prinliti,'c" 
l\'otre-Seignenr trouya son peuple e"act observateur de Ia lettrp 
de la loi; et iI Ie cO!1dnmna pour oc pas sc conduire d"après son 



- ïG- 


r
l
l"it, C'CS1-i.-dirc, cJ"aprl'" Ie tlt"\ e10PPCIlH'l1t flc la c.loctrinr" 
L 'Evangile c,r Ie dl
y
loppellH'llt de la loi : ("cpendant tfuclle 
diffl
rcncc parait plus p:rande (Iue e,'lIe (Iui e\i..;le cnlI"c la loi iu- 
l1c\.ihIe de )Ioï
e cl Ia loi dt' (; râce et tie Vrrifé dOli nee paf 
.lésu'\-Chri:'Ìl? SaJlll1el s'rtait inwginé f(UC Ie grantl Eliah ('tait 
roint ùu Seigneur; Jessé avail pen
l' que Da\ id n '."tait propl'c 
(Iui. la \ ie de pa:-,Il'Ur. \i!l
i, eneorc, <<JuaneI Ie Hoi des roi, parÙt 

ur la terre, il fut COJIHlll' ?till' 1"rlciue sortie (['une (erre aridc; 
Iliais la force 
ortit de la faiLlcs..-c, ct <lu fort esl sortie la douecur" 
II en c
t ain
i avcc nos 
nllis; Irs plu
 oh
l'q\1ie\lx He :-;onl pas 
loujours les plus \ rai", cl Ie plus cruel l'll npparcnce est 
ou- 
vent Ie plus {hlt'le. 
ou
 cOlillai

(}I1
 la eonlÏuite dc", troi., fiUes 
clu "ieu\. roi de In fahle. Cclle dont "ran10nr i'lait plll
 fort que 
rt
lof)uellcc et qui He POU\ ait fail'c passer son cæur pa.' sa 
houehc , 1) restn :o\cul(' fidi'lc i. 
on p("rc. 
Hi('n qu "i. la )Welllière \ ue il SCIlll)le natul'e) de supposer 
qu'une iùée soit lï.lIa
c l',-aefc (rl'lIc-IlH\IIH', dan:s foutes Ics 
pha
l'
 tll' SOil histoire, rC
pél"il'nee cst Ii. pour prouycr Ie COIl- 
Lrnirc. .Afin de tlél'ou\ rir cc qui di
till
uC un ,rai dé\ cloppcincnt 
(rUne corruption, il faut que nous con
itll'rions Ie sujct plus 
aUentiYl'lllcnf. 
P
ut-ètrc HOUS scra-l-il de qUl'lquc seCOl1r
 d'
tudier Ia signi- 
fiealitH1 littérale <Ill 1110L corruption appliqué au
 dlO'CS 1113te- 
riclle
. l.a con'uptioll cst uue dël'Olnro
ition dl' rohjet dans 
Icqud die s'opl're, on une dissolution de scs parLics inLl'granlc:o\, 
o
(}n
ionllant é,"cutnrlll'HH'nl nne IH'rtl' (I'nnil(". De pIns, ('cci n
 

'appliqu" (pl"i. une chose organisée; unc pierre peut èu'c réduite 
('11 puudrè, Inai
 HC peut pas ètrC' eOlTolupue. En outre, puis- 
(IU(' l"organi
alioll rellfernle raccroisscJ}1l'Ht et la yic, In cOrJ'up- 
lion doit ùétruire rUll ct l"autre; c"cst pour ceUc r:li
on que le
 
philo
ophes roppo
cnt i. la g-('neration. Si l"OIl pent Sni\TC cctte 
:!llat)gi(}, In corruptioll d('
 idl
e
 philosophiqucs ct politiqucs 
l'
t un trayail flui ahOulit i. la di

olution tlu ('OI'PS de pClìsées 
011 de prali(I uc
 qui :n-aicilt été s) s(élnati
écs eL tcllclnèHt cnchai- 
l}t
es qu "ell('
 fOrn1ail'nt un CIl:-'l'IIJhll' idl'al, à la destruction dn 
t
 pe, ({tIel fiuïl soif , qui fai
ait son uniLé, à sa Ùt'sorganisation, 
. 



-77 - 


à sa pcrte du principe de vie et de croissance, å sa solution ell 
d"autres idées qui en prennent la place en sc séparant les unes 
des 3utres, et en fonnant chacunc à part Ie principe de yitalitè 
rle queJque systèlne di
tinct. 
I La corruption, conune cela se voit dans Ie moude physique. 
I non-seulenlCnt précède ÎInmédiatement In dissolution, mais 
i die suit inuuédiatclnent Ie di'vcloppcn1ent. C'est l'état de transi- 
I tion dans ce travail continu qui lie n1ystérieusel11ent la naissancp 
I d'un être viyant à sa 11101'1. Ene diffère en ced d'une réaction, 
I d'une inno,-ation ou d"une réfonne, en ce qu'clle cst rétat Yer
 
Jequcl tcnd tout ùéycloppcn1ent dès son principe, auqueI iI ar- 
i rive tòt ou tard, ct Cè qui en est Ie revers en luèn1e tCl11pS que 
Ja continuation. Les natures anin1écs possèdent Ia vie jusqu "au 
: mOlncnt Inèn1C de leur Inort; dies croisscnt afin de décroìtre, 
! et chaque heure fIui les rapproche de la perfection les rapproche 
'aussi de leur tin. Ici Ia re
sen1hlance et Ia différcnce entre un 
: dévcloppclnent et une corruption sont an1(
nés dans une cxacte 
/juxta-position. La corruption (rune idée est cet état <.Iu déveIop- 
I penlcnt qui détruit scs progl'ès antérieurs. 
, Si Ia n1arche est suspcndue et rétat chronique, alors on 
; I'appelle dépérissen1cnt; nlais on la nOllllne corruption quand 
; clle en yicnt à une crise, COl1une une fiè, re, ou à unc pertur- 
. bat ion tlu systèn1C, sCIl1Llahlc it celui produit par rCI11poisonne- 
IInent, dans Icquclles fonctions du corps sont sous une influence 
I désorganisatrice, tandis que dans un dépérissen1cnt il y a perte 
<ract.ivité ct de vigucur. 

 Ail1si, sans rcgarder ranalogie con1IDC strictc ou suffisante 
r pour appuyer dcssus Ull argulnent, nous POUVOl1S nous en seryir 
I afin de poser plusieurs règIes qui seryiront de lignes de dén1ar- 
I cation entre un dévcloppelncnt ct une corrnption. Le dérelop- 
pen1ent donc, qui OúsCll1
cit son idée essentielle on lui est jJ1"é- 
jlldiciable, qui trouble les lois ell! dé'Ccloppenzeilt constituant son 
organisation, qui 1"en-cerse son cours de dé-celoppenzent, doit être 
rcgardé COllune uue corruption; tandis que rétat chronique et 
actlf, ou cclui qui cst capable de tenir réunics les parties inté- 
gl'antcs d"un sy
tèmc, n "cst pas une corruption. Dc cette analyse, 



- i8- 


110ll
 pouvons tirer sepl nwrques lrUIl Yl'ritahle dl'\'clopprlnr..t. 
dt'\ \ all'ur et de pni

anre
 difft"l'cJltcs. 



 II. l}rrmièrc marquc d'un ,rni dl'H'Ioppemcnt. - Con"cn alion de I'idre. 


()n It "o:,cra gUt\rt'\ lIif'l" (PH' lï(léC C

l'Il[it'1Ic 011 lïdéc t
 pc (}tH'\ 
rt'pr("'t'nte un S) stènu' philosophi(}ue 011 politiqllt'. lIoi, c 
r 
t'on....el"\"('r i;;OU
 tOll' 
('
 Ùt"Yl'IOppelllent
 ct (ille 
a perle élfUiY
Hll 
(', la ('orruption <Ill sy
ti'nH'. r..or
(llIt' par c'Xl'lnpll" , nous t1i
uns 
(lu"ulle ill
litlltion nlolla
ti(luC a élé dml"; Ull t"lat de corruption, 
n()l1
 ,"onIons dirr qu "('lIf" s"t"fnif <"earh
t'\ <les 'Ul"
 dalls l('
(I1ìrllr
 
.'lIl' n,"ait l'll' fon(h
e. tes ju
l'S snlll corronlpus, (IHand ils Il<' 

olll pa
 gui(h
s clalls leurs dl'ei
i()ns pnr la jtl
ti(,t' ('( la Yi',"ite", 
Inais pn)" r:nno1Jr till Iuer(' et In eOIl
idérafi()1l des pl')"
onn('
. 
L "au
térih," de "ie pe1lt èlrc pou'
l'e à re,"('i'
 COlllllH.' 1:., di

i- 
pation" rllai
 nons 
ppr1ons cOI'rnptioll non I'C
Cl\S qui con
('r\"(' 
luai.. crlui qui tlélruille t) pe de la rctcilue. 
C('ei c
t reconnueJ1 
uh
fmlCt" <<Inns 11n 
rnllt1 nOlnhl'e (raUfrC
 
c'a
" . Pile nntion on unc reli
ion pCH\"cnt suhir "I-jen des ehan- 

elnl'nt
; 11lais qnand nou
 parlolls du dc"\'cloppcnH'ut d(' rune' 
cHI ell' rnut,"C'. nons ,.oul()n
 dire Irs phases par lesqn('IJ('
 ('lie 
pa
:-;' lor
(lu"t'Ii' aceolllplit 
a c1 1 '\...;tinée, ('t 11011 ct'Il.',; tlui SOil' 
un ' d("vintion d,' la ,oil" qu"('lh" a ;1 rW1'eotll'ir; rt 
e1a ('st :,i ,rai 
qu(' nou" PI'('1l0ns 
es fort1ln('
 sllccc

iycs, COIIHllC 1(' COllllllrn- 
tairt'\ qui c'"pli((llp son hi:-;toire prill1iti, (', .'t notlS di
ons lor
- 
cpI"cUe 
llit tel OH lei 
enre de politi<fHp qu "die rrnlplit 

 Illis
ion" 
I..ps pape
 .;:c pré'Clllcnt 
ou:, lIn a
pl'eI hil'1I tliffl'l'l'llf :1 rhi
to- 
riPH tit: nlontle, qnand il Irs, oit <<inns leur pa11\ rcfé npo-;toli(lue 
on dan,;; leur pui..sancc pIns (fuïlnpé.'ialc; Blais quand iI
 pro- 
''''gent It'
 pnH'Tl", rt
..onrili('nt )e
 SOtl\-l'\r3in
 l'iYHU:\., COHYt.'r- 
ti

cnt les harbares ct éh'\ndel!t 1a ciyili,alion. rhi
tol'ien re('onnflìt 
Il'\ur n1is
ion en .1c
pif <It'S ehan
ell\Cnts, et il 
e confenlc dc' Ic
 
)oll('r. 
()n a dernii')"('\IHcnt sonlt,_)nu (a\ C(' rni
on ou non. rel3 nc fait 
riel) i, la qu('
tion) que In ,ision IHil'aculeu
e cf Ie !'ongc .Iu 
LnhnruIH n"ê1Yi.licn t pu 3\ oir lieu. con11He Et1
t"he Ie I'flpporfe · 
p;lr('e que re f't''l'il r
l ('I'r()'(
 
u r
r[l"ll'r('\ orig-ilwl du chri..:!În- 



- 79- 
nisll1c. \[ Pour la prenlièrc fois, tlit rautcur en parlant de l'in- 
tr'otluction dc rétcndard dans les années de Constantin, Ie doux 
et pacifique .Jésus drvint un dien des cOßlhats, et la croi
, h- 
signc sacré ùc la rédcnlption chréticnnc , fut transfonnee en 
banllièrc (rUnC luttc sang-Iante.... Cc fut Ie prcn1Íer pas vcrs Ie 
christianisl11e 11lilitaire du Inoycn àge, une lllodification de la 
purr religion de rÉvangile ùirecten1ent opposée peut-ètre à scs 
\TaÎs principcs, lll'annloins indispensahle en apparence au pro- 
grès social de rhun1anÎté (t). n En outre, un chef populaire peut 
faire bien des professions de doctrines; il peut courtiser les 
parlis ct ron1pre avec cux; il peut se contredire en paroles rl 
ùt.
truÏ1'c son propre OU\Tagc, et ccpendant tentlre it la réali- 

ati()n dc certains ohjets, adhérer à cerwines doctrincs, ùe 
Inanière it laisscr chez 8es partisans lïnlpl'cssion , non de la dèli- 
('3tessc ùe sa cOl
sciencc, nlais de sa sincérité ct de 
.a consé- 
tlucnce dans ses priucipcs. D'autrc part, un h0l11nlC d"Etat pCI'd 
fo'3 position, 3Illoindrit son influence en rai
un dc la négligcHce 
qu ïl apporte dans racconlplisscnlcnt de ses fouctions ct des d<.:- 
voirs qnïI 3 entrrpris. 
Cn ùes arts dc rhonllne d"État ùans Ia ùiplolnalie ct Il's 
déhats parlcl11cntaircs, cst de préroir fous les dé, clOppe111cnts 
<lout une Inesure cst susceptible, afin de pouvoir distinguer les 
ehangelncnts qui cn corron1pcnt lïdée essenticlle de ccux qui 
la conserycnt. Alors on peut facilen1cnt tonlhcr ju.ste sur ('l'S 
:unendCì11cnts et 111odifications, qui sont \TaÌ1nent dcs corrup- 
tions sans en a\ ojr rail', et par Ie fait annuler la lllcsurc cllc- 
InènlC. Car tous les déycloppe111ents font partic d.unc idéc 
originale, et ce qui est incolnpatiLlc avec ene II 'cst pas un 
développclllcnt. 
Ccttc épreuyc, ccpcndant, est trop sensible ct se lic trop it 
la détnonstration pOl
r ètrc (rUne application fadlc dans les cas 
particuliers. Elle suppose une yue intérieure de lïdéc principal
 
sur laqucHc cst hasé un sy
tènle de pcnsée, quc souvcnt fon 
nc 
aurait possédcr, ct qui, en cas de tentatiye, ne conduirr.it 


(I j llist. au Christ. )lilman, Ill. I. 



- 80- 


qu'à nne pure théoric. Quant au Chrj
(iani
nle, \"u Ie caractèl'c 
pcn 
yslénlatiql)(' ùe scs dOt.'unH
nts ill
pil'(
s ct It.
 
ilence de 
fhistoirc conteiliporainc, nou
 
('rolls réduit..;, 
i nou
 f's
ayons 
de d('(cnniller rohjl'l prin('ipnl t't ullil(ue tItlC les (,hrérien.... pri- 
1uilif..; Incttaient CII H' allt, ou hiell lït.lée dOlllinanh' ((UP r(,l1- 
f.'nllnil leul" prr.-Jit.,;-ttion, nOlls :'l'l'ons rétlllils, ùj
oJl
-nou", :', 
Gt.'S tll'ei
iolb arhilrail"cs ('t l'('le('riqut.'s :--i eOlllnlllnes dans tons 
Il'
 
ièdes, ct (Iue 1I0tl
 U'OJl' t'l"iliqUl't.'S (iall
 un autre paSS3ßC. 
.\in
i, nneiCIIIH'llIenl "auteur de
 Ch
n}cntillt"
 donut" ('cite 
règlc pour ,."parer la partie \ raie de rJ
erirlire dc ce (Iuïl 
r('
ardt' conllllC la partir fall

c: "Tout cc qui eontredit Il'
 
perfecLion..; (Ii, illl'
 c
L fau\. (I). n Jfautre part, on nons dit dau;:oo 
U II 011\ rag.. tIll i ,il'nt d' {"ll'l' P" hlit
: I, COllceltt l'e7 la tcntlanec 

('n(
ralc tIll rJ
\ all
ilc en tlile 
l'U Ie pel)<;;('(' , t't 'ou
 sercz pl'r- 

lladé (Iut' It's parolr
 de Jl':..:us-Cltri
l : Le ('(J/ïJ,'\ 11(1 jJrofile (III 
rien, 
Ollt, pOtll" aill
i dire, la t.ll'f de foull' 
a n"\'("lntion. )Iai, 
('oIubiclI Ie n"t:it de la (:oIH'eptioll de J(".-;us-Chri.;;t e,t incoIupa- 
tihl(' a\(ì(" ('t' 
rantl prin('ipl' (
)! u Hien n'e
t pIlls faeiic ('(, plus 
in
i
nlifiant (llIC Il'
 ùétl'l'Iuinaliolls pl'i,ées 
ur C( Irs doctrines 
c

l'Il(it'lIcs, parti('tllii'r('
, 
lIl" Il'
 dO('(l'ille
 ,itall's lcs t'randes 
'.(
ritl'5, )"'Õ\ ,ue
 
ill'ple
 on lïdée IUl'I'C de r.
\"an
il(' (3). '. 

\in
i dOHe, la prl'lnii'l"'" Illarqnc Ù'UH Ùl'\l'loppt'IHl'Ht régulit'r 
et Il'gitinlC se trOll\ e tlalls la cfJll.'wrralifJlI de /ïdée essenl;elle tI(, 
1'1 doctrine ou de Ia fOrInc tie gOU\ ernClucnt title tcUe idt'c rc- 
pr.":,ellh
" 



 II!. 
crùndc marque: continuité tIcs priucipcs" 


Dc Iuènle qne. dan" I('s créations nl3th(
n13ti(II,ICS, les fìgllr('
 
sonl fonnécs 
ur des fOl'luules di:-;tinett.'s, qui :-,ont Jc
 lois d"apr("s 
le
quellcs cIles se dl" rloppcnt, dans le
 sujl'LS nlornu\. et poli- 
tiqucs.. Ics ('hoscs sc passclll ain
i. Lrs dOl'trines prenncnt une 
e'\p3nsion di, crsc, 
uiY
nt rl':-.prit ùe IÏndi, illu ou de If! sorii.tí
 


(I) )Jorn" 11, 38" 
(2) ß1. \Vbite's ..\ utohicgrnphy, yo1. II, p. 110. 
(3) Trarts for the Timrs, un Hi p. 1 
)" 



-81- 


dmls lequcl cllc
 sonl reçues; et le
 pnrticularité
 du récipicnt 
sont In puissance rt\guIatric'p, Ia loi, rorganisation, ou, C0l11n1C 
on pcut rappder, la fOrIHC dll déYcloppCll1CIlt. On pcut dire 
que Ia \ ic dcs doctrines consiste dans ccUe loi on cc principc 
qui sc trou\ e ineorporé Cll dlcs. 
La science de la granunaire nous fournit un autre cxcluplc 
de rr
istcncc de lois spéciaIcs dans Ia forn1ation des systènlès. 
I Quelques langues oat plus d.élasticité que lrautrcs, ct sont 
uOtuScs de plus de pui
5all('e; la difIiculté d.c
pli(Iucr cc fait ne 
I saurait nous conduire it en douter. II y a des laugucs, par 
c
en1plc, qui fonnent les n10ts C0I11posés ayec Ulle facilité qui 
seIublc refusée 
l d"autres, sans que nous puissions dil
c pour- 
quoi. Nous scntons dans chaquc langue hi préscnce (rUn ccrtain 
caractère ou génie qui est Ie principe ùe sa fOrIuation. II appar- 
tient à la hautc littérature dc décotn rir et de pénétrcr ce géllie. 
Et quand des écriyaillS, par suite pcut-ètre de quclque théorie, 
apprécient unr langue au dcI
\ de ce qu .cIle vaut, la luéprisc 
est frappante. II est aussi fort dl'licat ct diiI1ciIc de poscr Ic:-\ 
principcs d.après Icsquels se fonnent Ies nonlS proprcs (rUn 
peuple particulicr. DaBs Irs æll\ rcs dÏllwgination, les nonlS 
ou titres significatifs ou plaisants doiycnt ètre iuycntés scIon Ics 
caractèrcs que ron n1ct en scène, ct quelques autcurs c
cencnt 
à les in\"cnter, tandis (IUC d'autrcs y échoucnt e0111plétclnent. 
Des ronwl1eiers étran
crs ont peut-ètre cssa) é de fOrIllcr des 
surnOlllS anglais, et ils n.y ont pas réussi; quoique chncun sentc 
hien la chosc, personne He peut ranalysrr, c"est-
t-dire que nos 
surnon1S sont assujétis i. une loi qui ne se lnanifeste qu'en 
certaines occasions, ct qui en règle Ia fOl'lnation d.après des 
détf'nninations certaincs, quoique diffieiles à saisir. 
Âinsi, en philosophic, Ics systèn1es de lnédccinc ou de mo- 
rale, qui portent des noms célèhrcs, n1archcnt i\ raille de cef- 
h'lins prinripcs qui sont des conditions néccssaires à ehaque pas 
(Ie leur déyeloppelncnt. La théorie de Newton sur h. grayitation 
I cst basée sur certains aXlonles, par rxen1ple : Irs causes Ies plus 

inlplcs qu .on pui:"se assigncr nux phénoml'nes 80nt lcs yéri- 
tahles : rr-pplication dc la science aux choses prati(Iues repose 



82 - 


,'-UI' rcHc hypothèse que cc (Iu. arrive aujourd'hui arrivcra 
denInin. 
Ell stratt;
ie, la ùécou, erte de la poudre a dé\'doppé la 
s{'i
ncf' dc.' rallaque l't dp la d(;fl'llsC en y ajoutanl un organe 
nouyeau, (Iui c,t dCYCllu un principe de Ia guerre. ()n <.lit 
aus
i qne (plaIH) Ni.1f101éoll eOIlIlIH'Il
a 
a e:lrril'f(' de ,ictoires, 
les 
;i'nérau
 ('IBU.'Illi., dé{'laraient que SPS halailles étaicnl liYré('
 
c'ontre' I
'
 1>{\g.Jes, ('I quïl n"aurait pa
 cIli VaiIH'l'c. 
L"'s EfaH Ollt leul"g. politiq lies re
pcetÏ\ ('
 cl"aprl's Ic
(plellcs 
ils a'tHICl'nl, et cilli 
Ollt Il's t'ollùitioll
 de leur Liell-(\trc'. _\illSi, 
ron elit qUl'I'Iuefois qUl' la ,raic p(,lilique dc' runion anlêril'aine, 
ou la loi de 'a pro
pé,'ill', COIl,j,tC, Hon à 3
randir SOIl tcrri- 
toi,"c, Inais it ('ulli,('r sr
 1t.
sOUI'l"{'S inh"rieur-e.'s. .t\ill
i, Ia R1J

ic 
cst. ùit-on, faiLle (hils ratlaquc, forle dans la ùér(,lls
; cllc nc 
sot-tend pas par Il'pt',(', Blais par Ia diplonwti('" ()n 
otltient, 
Uill
i, que rJ
lallli
IlIC cst In fOl'lllC ou Ia ,ic d(' renlpire ottolllan, 
('t ClUe.' Ic proft'stanlisll1C ('
t ('elle de rl"Hpirc Ll'itaIlllique; on 
va 11lènlC ju
clu11 dire <Jll('" r
H.hnis
ion dr
 idl'CS ruropi'cnncs en 
Tlll'tJuir et ùe
 jùé('
 eatholi(IUe, en \Il.!.dclcrrc, s '!'ait la ,'uine 
dcs condil ions rc
p\.("ti\ l'S dc fa pui

(lntf' de ('cS den
 I
tab. 
.\ugu'te el 'fiLèrc gouY('l'nèrellt par la ui

illnIIalion; Péricli's 
clans 
on (}nll\n1t FlIllèbre c\:pu
c Il'
 prilH'ipl's d(' la fl
puhIi(IUC 
u'_ \thèncs; à sa' oi I', cill 'clIc cst QOU' crnéc non par des lois 
fo.'nlPlIcs et 
é, l'res, )Ilai
 par l
 earaelère nIoraI ct I"i'llcrgic 
spontanée du penplc. 
Les prineipes po]ililluelô; ÙU cIu"i,tianislll{', sïl cst pern1Ìs de 
b'cxprilllcr ain
i ell parlant {rUBr in
titlltion <Ii, inc 
ont posés 
pour nous dans Ie Scrulon de la 'Ionla
ne. Conlrairelncnt nux 
:Jutrcs peuples, It,s ('hrl'ti('I1
 l'onquièl'ent en l'('dant; ils 
agllent 
de Iïntlllcncc en la délcstant; ils po
sèdenl Ia tcrre Cll y rcnon- 
çant. Gihbon par"h' des riees du clergé conune l'tant, ((IIX yeux 
d'u n ph ilosoph f) , bien JJ70ins daJ1[J('reu:r que ses 1"crlus (1). )) 
En outre, qllant au judaï"'llIC, 011 peut den13uùer ù"après 
queUe Ioi iI s "e
t tlé, dOpPl', c 'cst-it-dirr, 
i Ie nH1hoIlll.tisIne nr 
peut pa
 èlrc cOIl
id("ri' ronUllC une 
o..te de judaïsIuc fOl"lué pnr 


(1) Cl1" xlix" 



- 85- 
1 13 préscnce d.une cIassc différcnte dïnfluenccs. Dåns ce contr3
tc 
entre ell:\:, on di]
a peut-ètre que rattente d.un )lcssie fut Ie 
I principe ou ]a loi qui donna aU
 élélncnts prcs(Iur C01l1n1uns du 
judaïsJue et du n1ahon1étisl11e leur fOrInc caractéristique. 
Cn dcs points de discipline auqucl "r esley attachait Ie plus 
dïnlportance, était de prècher Ie 111atin de bonne heure" C'était 

on principe. Dans Ia Géorgie, il COJnn1Cnça à prècher à cinq 
I heurcs tous Ies jours, hiycr ct été. ,
 Prècher de bonne heure, 
I I disait-il, est 13 gloirc dcs n1éthodistes; si janlais ils abandonnent 
cct u
age, ils s"éyanouiront con1n1e ]a fun1ée, ils auront perdu 
I leur prelnicr nmour : ils ne scront plus qu.un peuple déchu. )) 
l\Iaintenant tous Ics c'Xen1ple
 que nou
 venous de citeI' mon- 
trent, aillsi que nous raYOnS obser,-é incidentellclncnt pour 
I quelques-nns d'entre eux, que]a destruction des lois spéciales 
I ou des principes ({'un dé, cloppenlcnt est sa COITuption. Ainsi , 
pour les nations, quand on dit qu.un pcuple a perdu son esprit 
nationnl, on ue yeut pas dire que tcl ou tel acte a été cornmis, 
quc tdle lnesure a été prise; mais quïl a abandonné certaine 
I ligne de penséc ou de conduite par laquelle iI a\-ait grandi. Ainsi, 
les poëtes rOIl1ains considèrent leur clnpirc con1me cn ,-oie de 
rlécadencr, parce que scs luæurs prilnitives (prisrj lnores) ef sa 
I piété (pietas) étaient sur leur décIin. Et ainsi, nous disons des 
hOlnn1CS ct des peupIcs flU ïls sont dans une fau;;;;se position ((uand 
ils elllhrassc.nt une profe
sion ou s'engagcnt dans UI1P politiqne 
inColupatihlc avec leurs intérêts naturcls et leur yéritablc carnc- 
tère. Lc juclaïsn1e encore fut rcjcté quand il rcjcta Ie lUcssie. 
Ainsi, ia continuité ou ralt
ration des principes d.après lesquels 
une idée s'est dévcloppée, est une sccondc n1arque de distinc- 
tion entre un \"éritable dévcloppen1cnt et une corruption. 



 IV" Autres obsenations sur la secondc marque d'un yrai dé\eloppemenl. 


La cOlTIparaison des principes d"une philoSOl)hic ou (rUne reli- 
p.ion aycc 
es doctrines peut tendre à jeteI' plus de hunière sur la 
nature ({.un dé, cloppelncnt; {luoiqu ïl soit tlifficilc d'entrer dHIlS 
I
 
njct au{nnt fluïI scrait néces
aire sans être accusé de subtilité 
(It snns de\ rnir cnlbrouiIIé et obstur. 



- R.
- 
Lps prill('ipc
 sont ah
tl"aits rt s'nppli(ll1cnt en 
<"n<"f'al :'. t01!rr.,
 
SOI'trs de 
lIjets: I('
 dOelrille
 out pOllr ohjt't de
 èll'es ct des faits 

pl'ciau\. dOllt dll'
 sel'\ (,Ilt :'. I'è..dn' l'OIHptt'. Lf'S dOdrillcs dé\"e- 
loppeut. et illl"en e....t pH' ain
i dc
 prilleipes; les dodl"inee;: gr'au- 
di
sl'nt ('n s'("('lairei

ì:lnl , Irs prill('ip('
 IH' 
Ollt (PH' n1i
 ell :H'tion; 
le
 ùoetrille
 
Ollt illtPllectllellt'
, It's prill('ipc
 SOllt plue;: ilunlé- 
dia(('lnenl Hlorau\. ('( prnl i(plt's" l.t'
 

 
1t:'IH(,S pui
Cllt leur "it' 
dan
 Ie... prineipcs ct 
Ollt Ia Ilwnift,:"talioll dcs <lo('trines. La rt's- 
ponsahilil(' pl'r
ollll('I!
 t'
t un pt"ilH'ipl
; re\i
tl'nl'(' ùe Dieu est 
tine dtwtrinc. rfolltc la I héolo
i(' cst avec Ie tenlp
 ,enuc de 
rellr dOdl'ine, tantlis (IUC Ct' prillcipe u'c...t pa"ì plu", clair 
OUg 
rl
\"an
ilc qne dan
 Ie p:.."adis, ('t s'appuic, nOll 
UI' la ('ro
 ancl' 
t'n Ull Dit'u l-!-O1l\ ('..Ilelll" tout-)Jui

ant, u13ie;: 
ur la con,('iellcl'" 
Cepclldall' la difTl'l'enel' ('Illl'c I('
 deux r\.i
tc que}cl'lt'fois 
iIll. 
plellH'nt dalls notre lllallii'l"(' de lee;: ell' j'ngcr; et ce <{ui c
t doc- 
trine dan
 Hue pllilo
ophic, (It', ienl pl'illcipe clall
 unc flutre" 
()n pt'tlt fairt
 tl(' la rc
poll
abilité PCI',ollndlc la ha
c trUlle ùoc-- 
trinc cf la dé\'('lopprr tlaB'\ ranHi'niani
nle ou Ir p<"lagiaBi
lnc" 
])e plll
 , on peut di
cuh.'I' si lïllfaillihililé cst un )Jl'incip(' ou une 
doetrine tI.., rÉgli
t' dl' ROBIl', ct 
i tlognwrisel' ('
t tin prineipe 
ou unr doctrinr du Chri
liani
lnc. Dc pine;:, fl' oil' dc
 t'ganls 
ponr Ic paU\TC c
t Hill' tlOt't rine dL' Iltgli

 con
itlért'l' conIIne 

oeit,té reli
ieusc 'I ct deyiellt un principc ùe cetlc 111èlnc f:
Iise 
<Jl1a1Hl on la con
idèrc eonnnc pui
'ance politi(Iuc. ' 
Le
 tloell'inrs 
onl flU\. prineipcs, CÜIHIHC les dt'finitions 
ont 

'1I\': 3\.ioIHCS de n w I h""111:11 if( ues. Aill
i les (Iuinzil'l1lC cf di:\.-
rp- 
tii'nH' p..opo
ir ions d"Eurlidt' sout tics tlén.'loppclllcnts, non des 
troi... prcIllier
 a\.iOllH'S qni 
unt exigi's dans In prru\T(', nlais de la 
cJt"finitioll (fun angle droit. l)cut-l'tl'c (Iue Ics diffic'Hllt's clui 

'i'lt\Y('nt dans r('
IH'il (rUn cOlnnJcnçant. ('11 flpprl'llant Ics prc- 
Jllil'rCS propo
iti()ns tlu second liyrc, \"ienncnt dt' cc qu"dles 
!'ont pluti>t drs r\.clllplc
 (ra:\.i0111CS qur tics (li'yeIoppclllent
 de 
dl'finition
. II ehrrcltc it tireI' tic... ùé\ cloppelucuts tic la tlt'lÏni- 
tion dll rectangle, ct nc trou\"c quc quelques cas pal"liculiers de 
('t'Ue \"l!,ritl' gt'llt'l'ult' que Ie lout rsf éyal à ses partirs. 
Lf's doetrincs :o-Ol1t au\': prin('il'e
. 
i rOil reut 
c pcrnH.'tU"{' 



- 85- 
I cctte analogie, conllne Ie principe de In fécondité est à In géné- 
ration, bicn que ranalogic ne doivc pas êtrc poussée tfOp loin. 
Les doctrines sont développées par ropération des principes, et 
se déycloppcnt différcmn1ent suivant ces principes. _\insi Ia 
ero) ancc dans Ie pen de ùurée des bicns tcrrestl'es a conduit les 
! épicuriens à la sensualité ct les ascétiqucs à la 11lortification. Les 
I gnostiques d".Alexandrie dcyinrcnt sellsualistes et cell\: de Syrie 
fanatiqucs, en partant les uns et les autres de leur doctrine 
I commune sur la corruption de la ll1atière. Des idées philoso- 
philluculent catholiqnes conduiscnt à rI
gli
e rOlnainc cdui dont 
I la conscience cst épouvantée à la vue du mal et des raYage
 
. qu
il opèrc dan
 rân1e. 
Iai5 dans tel ou tel autre esprit, qui 
: manque de ce principe moral, ces mênles idées n "ont pour tout 
I dévcIoppelnent que cet amas de doctrines vagues que ron peut 
I appcIer gernlallislne. 
En outre, une investigation religieuse cst quelquefois con- 
duite d.après ce principe, (Iue c'cst un dcvoir de su;rte et de 
I (lire la rérité. En se sel'vant de cctte expression, ron veut dire 
('n réaIité que ron doit ayancer ltardiInent, à tort <,t à tra,-ers , 
sans se méficr de ses propres conclusions et sans ayoil' peur de 
tomher dans qucIque erreur funeste" 9n yeut dire fIu"un hOlnn1c 
rloit affinner tout de suite Ies conclusions au
quclIes son intelli- 
gence Ie conduit, sans considérer si sa consciencc les approu, e 
comn1e sÙres dans Ia pratique, sans avoir peur de jeter Ie doute 
dans les esprits, sans prendre en considération la responsabilité 
d"égarer les autres; et par suite de ce principe, ron arriye it 
I"hérésie ou à IÏlnpiété, sans quÏl y ail lieu de bIâlncr (ïnvesti- 
gation reIi
ieuse elIe-mème. 
- v 
Passons à un autre sujet. Ce qui constitue lïntérèt principal 
dans les compositions dl'an1atiques rt dan
, les contes, c 'est de 
savoir se seryir de circonstances extt"rieures pouvant être rcgar- 
dées C0l11n1e leur loi de déreIoppCInent, afin de faire ressortir 
so us différentes formes, et lIe D10ntrer SOllS de nouveaux aspects, 
les partieularités du caractère personnel, suÏ\ ant que ces circon- 
stances ou ces particularités varient dans chacun des personnages 
(Iui sont en scène. 
ßIBLIOTH. HIST. 6 e .\.:"\
ÉE. Ier OUVR. 8 



- 86- 


()n dit, ulg3ircmcnt que Ics principes se d
\-cJoppcnt lorsqu"ils 

onl SilUplclllcnt applillu,"
; aill
i lcs tli\ crscs scctcs tJu protcs- 
13nti
nlC, (fUoiqu"clles n 'ail'llt 311cun lien Ic
 unl'
 a, ec Irs au(rc
, 

ont ()ppclécs ues dl
\ CIOppCIllcnt..; t.lu p..incip 'tlu ju
cmt'nt prin\ 
dont rl1 rt'nlité cUes ne 
Ol1t qUl" les applications ct Il's ri'
ultat
" 
Un .Ié\ elOppClllCHt, pour être fìdèlc, cluit conSl'I'\'cr i. In fois 
Ja doctriHc ct Ie lu'incipl' a\el' 1l'
(IHcls il a CODlllll'HCé. La (Ioc- 
t l"illC sans son principe correspondanl reste stérile, sinon 
ans 
\ it' (r
=gIi
c grec(lue en CSllllll''\l'Juple), ou hi en eUe proùuit ccs 
profcs,ioll" creus('
 qui sout \"uIgairenlcnt appclées shams (fl'inte, 
(,hose 
irllUlel'), tel (IU "un zèlc an.lcllt pour unc i'gli
c étahIic ct 
SOil 

-nlhole, hasé 
l1r lit's Illotif, pUrCml'1l1 eon,ervatrurs OU 
tf'lllporels. Tellc, au..;si, fut In constitution de rClllpire rornain 
entre h.'s rè
nes (}" \Hgu
te l't de l}iodi'lien. 
Ifaulre part, Ic prinl'ipc sans sa doctrinc corrcspondante peut 
t"tl'C cun
iùt'ré COIIIJIlC ri,tat d('s ('
pri ts r('1igi('u
 daas Ic rnolltlc 
pnÏl'll, cnyjS{}!!é relati\"crucnt i. la ri'\("lation; c'cst-it-di..e des 
(Illfant."i do Dielt qll; 
()nt di.'iper
és all /oill. 
Les païcns peuycnt avoir les mèlncs principes que Irs catho- 
liqul"s, runis les hérl'liqucs HC Ie PCU\ ent pas; cnr si cc" ùerllicrs 
partagcnt Ic" rl1(\m
s principc
, il
 nc :o-ont pn
 réelleIDrnt ht'ré- 
ri(luc
, Blais sculelllCnt torllhés dans lïgnorallcc. Lc principe cst 
IInc mcillenre ntarqn
 ù"héri'sic que la doctrine. tcs h{"rétiqucs 
sonl fidèlc
 à leur principe, Inais ils changcnt sou\-cnl ù'opinion, 
C:1r chez cu
 dc's ductrines l'olltratlicloires IH'u, cnt ètre rappli- 
cation du ruènlC principe. Ainsi le
 hérétiques d'
 \ntioehc et 
autl"l'
 étail'llt queltluefois fu'icns, (plcltlueföis snhcIlien
, qucl- 
quefois ne
toricns, (lueIt(ucfois rllonoph) sitc
, CITHl1t à r3yen- 
lure, par fiùélité à leur principe CÜIUluun, (luïI n'y a pa
 de 
rnystèrcs ('n théolo;,ic. 
 \in
i l
s cah ini
tcs sont de,.cnus unitai- 
)'icn
 en ,crtu ÙU lu'illcÏpe tiu jugclllcnl pl'i, é. Lcs tloctr'ines de 
rhérésic 80nt des accidents ct arri, ent r3pidcnH
nt à unc tin; scs 
principes au conll'aire soul élerncls. 
ßien souvent c'c
t au
si I{I 
olution lIc ce p3raùo
e : les ex- 
frêules se lOttc/wnt.. ct de ccs réacLioll" élollnantrs qui ont lieu 
..t,ez I,-
s indi, idus ; à sa, oil' , la pri'
cncc de quclquc principe ou 



I 
i 
J'une condition ({ui nc ccssc de donlincr dans leur esprit. Si . 
Idans une eertaine h) pothèse, rune de deux altcrnativcs contra- 
Idictoires est nécessairement 'T3ie, alors Ie refus de rune con- 
'duit, par la sinlpIc conséqucnce logique et sans rr..isons dir
ctes, 
à radnlission de rautre. .Ainsi, la cluestion agitée entre rEglise 
de ROine ct Ie protestantiSl11e se préscnte à certains esprits SOl

 
Iia fOrIne de ceUe proposition: (( Ou Rome cst Ia hase ct Ie pilier 
Ide la vérité, ou dIe e
t rAntcchl
ist. n Or, plus ils se réyoItent 
J 
I à lïdée de Ia considérer sous Ie dcrnier aspect, ct plus iIs sont 
: portes å la reconnaìtre 
ous Ie prcn1ier. Par suite, aussi, des 
I personncs peuyent passer de lïIl1piété à ROine et de Rome à 
I Iïnlpiété , avec cette conviction dans les deux cas, qu ïl n"y a pa:-- 
de position intclIectuelIe tenable entre ces deux extrêmes. 
i Le protestantisme, lorsquïI s
approche Ie plus près du catho- 
,licisme, est une doctrine sans principe; eonsidéré sous son aspect 
i hérétique, c'esl un principe sans doctrine. Un grand nombre de 
I ses orateurs, par cxen1ple, emploient Ie 
angage Ie plus eloquent 
, ct Ie plus hrillant quand ils parlent de rEglisc et de scs n1arquc
 
I caract
ristiqucs. Quelques-uns (rentre eu
 n "attachcnt point 
dïdées précises aux paroles quïls eIl1ploient; nlais ils se ser,-cnt 
I de grands n10ts et de génrralités sur la (ai, la rérité ]Jl'Ì1Jlitice, Ie 
I schislJle, r/u!résie, sans bien s3yoir 'ce quïls disent; tr-ndis qllt-' 
: d"autres parlent ù" unité, d"uuÙ:ersalité, de catholicité, et inter- 
prètcnt ees nlots à leur façon et pour Ie scr\-ice de leurs proprc:-- 
: iùèes. La mèn1e rel11arque s"applique à eet anglo-germanisme 
I deycnu à la Blode depuis quelque ten1ps; sa doctrine des saerc- 
, mcnts est quclquefois hypocrite, quclqucfois ill) thique. 


- 87- 



 V. Troisième marque: Puissance d'assimilatiùn" 


Dans Ie monde physique tout ce qui, it est caractrrisé par Ie 
déycloppement, de sorte que la croissance ne peut en aucune 
fa
on être Ia cessation de la YÎe. Tout croil en éljoutant. à sa propn' 
substance des n1alériaux extérieurs, et cette absorption ou assi- 
n1ilation est conlplète quand les malériaux appropriés ,ienncnt 
s
incorporer ct ne faire qu
un tout avec l' ètrc qui les absorbf'. 



- 8R- 


J)PU\ ohjets nr ))rtl\ rnt :lJ"rÏ\('r ;'tl'n fnirr UII qu';)Úf:lnt quïl y a 
pui:'ì..;anec <<.ras...illlilation dans r Ull 01.1 dans rall tl'P. QueltJnef()i
 
l'a
:-;ilnilafi()H 11(' 
(' fait (Iue prnihlellH'lIf; on pent lllourir ùe 
réplétioll, ('t il Y a des anilnau
 qui re
tcnf rnf!ounli
 un rCI'tain 
It'nlp
 pendant Ic trtlyail (Iui s"opt'rc cntre la suh...talU'(' t'trallgl'fc 
l'l la pui"Ìsancc qni St' ra

ilnilc. Vue Ilourriturc (Iiffércnte ron- 
vicnt it des rét'jpiellf
 différenl.... 
C('ftC analo
ic P('ut M;I'yir it Inetf I'r <<'
Il hllnii'rp errtaille
 pm'ti- 
eularilé... tic la croi
sall 'C ou ÙU dé, l'Ioppclnent de
 idées (llIi ont 
(
l(
 énonc('cs dall
 la prcllli(\re 
l,(,tioll. II en l'
t aulrclnent dc, 
eréatioll"Ì ah
traitl'
, Ilwtlu"llwti(lues ('t 3ull"CS qui, rOlnlne riinlc 
('lIl'-lllèJIlC, sOlll 
olitairl''' ct ù.'penÙl'Hl ù'clll'''''luêIHl'S; lllais la 
doetrillc et It's ,"ues qui onl rappol"t it rholnnle nc !i=úllt pas p13- 
('ée
 dan, un ùé...crt, elll's 
Ollt dans un IllOIHlc ha hité 
 cllcs fOllt 
leur Chl'1l1in ('11 y p(
n("tranl, c't ...;r de;, ('Ioppent par rahsorption. 
U(,S faits ('t de... Opillioll
 (Iui oul dl'j
tl
t', cOllsiùérés sous tf'autl'cs 
poillts d<<.' '1I(' et gronpés autonr d"antres l"l'lltres, 
ont 
I"a- 
ùucllCluClll attirés pal" nile n01l\ cllc illOucnee et 3,sujeui') it un 
nou\ ran 
()11\ l'J'[li n. I1
 
ont Illodi fi(
s, a(l()ptt,
, rejelrs 
ui, [lnt Ie's 
circon
lanc('s. ( 11 nouyell,léIlH'lll ù'ordrc ct ùc cOlnpo
ition So) 
('
t intro(luil, ('t sa \ ie sc Illauife
(e pal" t'l'llc lacul(f
 (IC\I>311sion, 

ans d(

ordre et :-'i1n
 (li

olution" tTne nlarche éel(,etique, qni 
l'OBSerVe, as,iluilc, eOllsolide, l.lJlC jJll;'\sonce uniticr, npparlil'llt 
pnr (-'s
<<.'nr(' it un déye}opP('IHt'nt f(";!ulicr el offl"(' unc troisièlllC 
11larquc à It.Hluellc nous Ie distill
ucrolls. 
\in
i, UH(' pll i

ancc de d(
\ doppl'nlcnt est 1I1W pr('u, (
 de 
j(', 
non-seulclllellt dan
 
Oll c

ai, Bmis ùans scs sue('è
; car une 

i IU pIc fOflllulc ou nc S "l'lrlld pas on se perù ('11 S t'tent1allt. {T ne 
idée yÏ\ 3ntr sr IHUltiplic, tout CIl r('
tallt tlnc. 
L 'es
ai ùe dé, eloppeuH'lll lllonlrc la pl'éscnre d'UIl Pl'incipt', 
et son succc"'s la pri'srn("c (rUne id("c. Lrs prillciprs 
tilnulcnt 
13 pen
éc, et 1I1le idéc la conscryc. 
L ïdl
r n "e
t jalnais de lon
nr <<.hlrrp; ccprlltlant, ronllne It's 
\érités Jlwlhélllati(llICS, die HC sïncorpol"c ricn proycnanl des 
sourccs c"tl'rieul"cs. Lc fait dOune tellt' incorporation e
t tl'IIl'- 
llll'nt loin ùÏlllpliquer la corruption, COIUIllC on Ic suppo
c 



- 80- 


kTuelquet'ois, que Ie dé\'eloppenlent ÍInpliquc incorporation. Ll\ 
1(
Hlhon1étisn1e peut, dans scs dé, cloppements cxtérieurs, nt
tl't
 

utre chose qu
unc conlpilation d"autres théolop:ies, et cepen- 
,dant personne nc nicra qu'il n'y ait cu queIquc part dans cette 
.,'eligion une idéc yivante qui a été un lien {runion si fort, si 
'gr'and et si durable dans rhistoirc du Inondc. l\Inis pour déter- 
'rniner con1n1fnt il se fait qu'elle n 'ait pas continué à se dt"ve- 
lopper après sa prcn1ière prédication, s"il en e
t ainsi, comme 
cela paraît ètrc, il serait nécessaire d'avoir de cettc religion une 
plus grande connaissance que cclle que nous possédons habi- 
'tucllen1ent; il nous faudrait savoir jusqu"à quel point eUe ('st 
purcn1ent politique ou purement théologique. 
; Dans Ie Christianismc, ropil1ion, telle qu'dIe cst d'abord 
I 
:émisc, appartient 3 la philosophic ou à la scholastiquc; qu
)nd 
I lene est rejetée conlIne contraire à la foi, on la non1n1e hérésie. 
Les idécs sont plus aptes à s'ouvrir à une influence extéricure 
dans leur originc que plus tard; de Ià Ia grande n1ajorité d(--'
 
;écrivains qui regardent comme corron1pue rÉglisc du 11l0YèH 
âgc, font renlonter sa corruption aux fluatre pren1iers sièrIe
 . 
et non à ceux qu 'on appelle siècIes de ténèbres. 
: De ce qu'une itlée se lie n1ieux avec certaines idées qU"3YC(' 
I(}'autres, on ne peut en conclure qu "clIe ait subi une mauvni
e 
:inOuence, c'cst-à-dire qu'elle ait été corron1pue par cIles; mai
 
hien plutôt qu 'clIe a ayec cIles unc affinité antérieurc. Au moin
 
'peut-on affirn1cr ici que quand les Evangiles parIent de la ,ertu 
éluanant dc Notre-Seigneur, et de Ia guérison opérée avee 
l'argilc qnïl ayait humectée, iis offrent des exemples, non (rullt' 
Iperversion du Christianisll1c, n1ais d"une afIìnité de notions qui 
,Iui é
ai
nt ex
érieures. 
ai

 P
ul 
c par"
age
it 
as les préjugés 
,de I oJ'lentahslne, qUOIqU II 
nt (ht qu II flit bzen de ne po." 
toucher une {e1Jl1ne. 
De n1èn1C aussi, en politique, des idées sont quelquefois pro- 
posées, discutées, rejctées ou adoptées suivant les circonstanee
. 
'Quelquefois on dénlontrc qu
elles n"ont aurun sens, qu'elle
 
sont ill1praticablcs; queIqucfois eUes sont \Taies, n1ais seule- 
Inent en partie ou d'une Inanière subordonnée à d'autres id
cs 



- 90- 


3\CC Icsqucllcs cUes fornlcnt CIl rons(
qucncc COlnlnc un tOllt, 
en s ïncorporant aulanl quc raf1illité till "dies oul 
)\ cc cc" itlées 
Ie perlucL l,e
) 
tl'llle df' Ht'lltlwlll a \'oulll fairc dcs yériti's 
Ii'gale..; et luorales ues ùt", eloppl'luents de qud(lu('...-uns fie Sl'S 
propre
 prillcipes, prinripl's qui P('U, t"nt. sïl ('n nrriyc ainsi , 
e 
I rouycr trop faiLles pour 
oulcJli.. des, érill's éterndles, ct a]oJ'
 
Ie S) slt'Utc hàti HII' (,11'- s'i'cronlera 
uus leur poid
. JI peut 
arr'iYcr {IU "Ull Élal adopte t(ud(plcs-un..; ùe ccs prillcipes pour' 
ll':,qucl
 il a tIt' ranintté, (:c
t-
\-dire qu ïl 
c di'ycloppe ùans It' 
Bt.'nthan1islnc, tout CIl re
taHt cepclldalll en 
ubstancc cc {luïl 
était auparuyanl. Dans rhis(oire (Ie la ré\-olulion françai
t', 
nou
 \"0) Oils pIu
icurs partis I11i:\lCS qui c
sayèrl'nt de fonner d('
 
thi'ories dc constilution Cil dehors dc ccllcs appclécs extrelnc
. 
('t il... l'chouèrcnt 
ueel'

Ï\ ('IHuut parce (f11 ïls llWl1fPWÎPUt 
de puissance ou dc réalité dans leu..
 idécs car"aetérisl i{ll1e
. 
Le
 
en1Ï-Aricn
 C5Sa) èr(,llt dc prendre un tcrnll' luoyen 
cnU"l' 1'0..1 hot1o:\ip ('( rltér(

jc; I1lais jls ne purent 
C tcnir 
1Jr 
leur terrain; à In tin lcs un,; IOI!lUt'rClll ùans Ie luacéùoni3llisllH\ 
(
t Irs alltre
 rentrt'''l'llt dans rE
li
e. 
Plus ulle idéc cst forte el ,i, ante, c'cst-à-dire plus I'l'lllpirl' 
<ill "dIe e"er('l' 
ur rc
prjt 11\lIuain t.':o't pui

alll, l't pIu:, die offn' 
de sécurit(
 I )IlIS cll e cst a l )[c à se n-arantir du dann'cr tic ('01'- 
, t 
 
ruption. D
 IHènH" que Ies prr
ollnl's rohu
te
 sc 'anlent de I
ur 
a
ilité, ('t ([ue relics favori
éc
 Ù"UIlC honnc constitulion rcjettl'llt 
It's rCluèùcs, ùe IHèlllC les partis ou les {'I 'oIl's pcuyent (
tre 
It
nli'raircs, 
e Ii, reI' quclqurfois 
a tics l \.tra\ a
ances, Cl ('cpen- 
dant i'lrc l'mllcllés dans I,' hicn par leur ,i
ueur inhércHtl'. 
V.autre pari, h"s S) 
ll'nlC
 fau
 sont t"un1I1tUnéu1l'nt Lienst-ants ;a 
J"e\.téril'ur. Lcs fOl'ln
s, IC5 cngagcJrlcnt" sou
crib (I), les _ 'ì.rtide
 
tic reli
ion sont eilO:o'es indi
pt'll:'ahles quantI Ie prjllt'ipe de ,ic 
("t faihlc. .L\in
i Ie prcshytc."rianisDIC 3 Jltaintcllu sa théologic 
ori
in(}Ic CIl l
rosse ollIe" aùhé
ioll
 It"gales sont forcées, tandis 
(Ill ït 
"e
t pcrdu ùans ra..iani
llt(, on l"unitui.'ianislnc partont 
oÙ la protcction LC la loi lui Ilwllfluc. II HOllS I'cstc à yoir 


(1) .\l1usion aux sousrriplÏl'lls ct aux 39 3rlicles de I'Éö1ise anglirallc" 
(X. du T.) 



-9J- 



i I"ÉgIise liLre d'Écosse conser, era Ie terrain théologique qu "eUe 
occupe actuellenlent. L"Églisc de Rome pent consulter les con
 
venances plus liLren1cnt que (.rautres corps religieu\:, en 
e 
, flant à sa tradition yiyante, ct l'on croit quelqucfois qu'elle pcrd 
de yue principe et délicatcsse quand cIle dispense seulcIucnt 
des forn1es. De 111èn1e les saillt
 sont sou, ent caractérisés par 
des actes qui ne 
auraient ètre inlÏtés par d'autres personucs; 
et les hOlnmes les plus intelligents, en raison 111ênle de leurs 
facultés, sont quclqucfois cntraìnés à de fatales ina(h-ertanccs. 
De là les væux sont la sage 5atH egarde d"une 'crtu pcu solide, 
et le5 règles générales Ie refuge (rune autorité faible. 
Ceci d.oit sufIìrc sur la puissance 'llnitire ùes déyeloppements 
r

ulicrs, qui constitue leur troisièu1e 111arque caractérbtique. 



 YI. Quatrième marque: Anticipation. 


Pui
que, lorsqu"une idée est yiyante, c'est-il-dire qtl"elle 
int1uence resprit de ceux qui la reçoivcnt, il est sÙr qu'elle sc 
déyeloppcra SUiyallt les principcs sur IcsqucIs clIe cst bas('e, 
des exenlples 
le ccUe nlanière de procéder, quoique yagucs ct 
isolés, peuyent naìtre dès raLord, hi en qu"un laps de temp
 

oiL nécessaire pour la conduire à sa perfection. Puisque les 
déyeloppelllents ne sont cn grandc partie que des 3
pects de 
Jïdéc dont ils procèdent, et que tous en sont les conséquenc('
 
naturelles, rordre dans lequel iI se cla

cnt dans l'cs;prit indi- 
viducl es;t SOUVCllt accidentel, et iI n'est l1ulIenlcnt étrange {Iue 
ça et là se fOrIl1ent de très-bonne heure des spécimens parr;- 
culicrs qui ne se rrtrouyent que heaucoup plus tard dans lè 
conI's de fhistoire. te fait donc de ccs indices antérieurs et 
r(
pétés de tendances 'lui plus tard se rðaìiscnt plcincn1ent, est 
urw sorte de preuye que raccolllpli

(,lncnt ultérieur et plus 
sy
t<."lnatique est tont à fait en harn10nie 3yeC lïdl'c première. 
RicH, par e
(,lllplc, n"cst plus conllllun que Irs récits ou 
légenùes de presscntilllcuts que les grands honlmcs ont donnés 
dc:ns leur enfance de Ia tournure (fesprit p
H' en:\: dèployée plus 
tard dan
 icur histoire
 au point que r

ttentc ropulaire a conùuit 



- U2- 


c]uelqucfois à Ics in,-enter. Cyrus enfant joup la puis
mH't' 
d'ull dc
potc, et saint \thanasc cst élu évêquc par ses cOlnpa- 
gnons de jcn. Dans Ie li\"re de Job DOllS trOUYOllS une doctrine 
sp{"cialt' de r
:, angilc antidpcc à UIlP l'poque si recnIt',c, que 
\Varhurton ) 'oit nlt'nlt' Ullt' diflìl'ultl' dans sa lhéol'it' partiru- 
lièrl', et <Iuïl cst 3Incné i, ('0 rl'ganll'r Esdras ('onllHC I'autf'ur" 
Parlons dc llli....loirc profallc. II e
l tlignc de rClnm'(luc (Iue. 
dans Ie onzièmc sit'dc, lor
f)ur le
 nu

es o"i,taieot (Iu(' des 
pil'3tCS ùe la Illcr 
oirc, Con.;;tantinople était rohjct de leur 
mnbition, ('t tlU ïl eirrulait daos ('cUe, iJlc une prophi,tic qn ïJ:, 
{'II scrail'nt un jour Ics Ulr1il res. 
Sous Ie rt'got> tic pJal'tI'H

 fer, non
 3YOnS une ('urit'n
c anti- 
(
ipation du S)"Sll'IUC dïnnucnee qui fut dl'vcloppt' un 
il'dc plll
 
t;U"tf dans la direction ell'S affaircs polilitIlIl's pal" sil" R. "TalpoJe" 
1 Tn (;('rivain contl'Inpol'3in attrihue cetLr tenfatiyc 3 lïngc"nuité 
ue IOl'll llacon. u II e'\po
a au !"oi fluïl y a\"ait des c
péùicnts 
pour di!"i
rr pIus juc1icil'u'<\f'nlent UHf' l"hmnhrc des COUlIllUncs.", : 
C)u'on pouyait faire heaucolIP Cll [I) ant In pl'é\ 0) ance de rcnlplir 
la Clmnlhl"c tie per
onne
 hiell lli
po
écs...; co g[l
nflnt Ics 
a\ ocnts on Cll leur fcrnl
Hl Ics yeu'\...; en for.-aut It's princi- 
pau
 eorp
 cOII
ljfnl's dt' ra

(,lllhll'l', la petite bourgeoisie, Ics 
1I(;
o('ialll:", lcs coul'lisans, 
\ :
gil" d'unc nwnière 3gréahlc au 
roi; il ajoul:,it fluïl1'l'rait hon ù'acron.ll'r ,"olonlairelncnt <Jurl- 
ques gniees, ct de c('der qncI(flu\s pl"éroo-ati, es royall's, etc. (t)." 
l."i'eri\'aiu ajoutc : ([ CcUe circon"-tuncc, ain"i qne plusicurs 
autl'("S tlu I'l'gn(' actnel, soot curiru
cs rn Cl' (Iu'ellrs nlontrcnt 
rori
'inc (rUn S) stt'lllr dïu{1ucncc pal"lenlCulaire qui dc\nit 
cleveni.. un J . our Ie 
I'allcl rl':-\
Ol"t de gOU' crncrnent. n 

 . 
.\rcésilas ..'t Cnrnéadc, fOIHlatcurs de la derllière aC3démir, 
sout ronnus pour a, oil' iUHon:' sllr la (10t'trille tie Platon rn y 
jnLrodui
ant un sccpti('i
nIC unin.'rsll; <.'t iJ
 Ie firent conuue si 
('"eÙt t
lt" SUI' ruutorité dc Socratc {Iui a\ ait adopté In 1I1éthonr 
de rÙ'ol1ie ('ontrr If's sophi
tcs (Iui PI'étclld3ient tout 
aYoir" 
Sans doute c'était là une c
cusc iusufIis3lltC; néann1oin
. 
j 


(t) nist. Constit. de Hallam, ch, 'I, p. UH. 



- 95- 


I'on pou\"ait n10ntrcr que Socrate, dans une autre occasioll, 
élnit des doutes sérieux sur lcs grands principes llu théisme ou 
de la moralc, {Juelqu 'un nicrait-il que lÏnnovatioll ùont il s'agit 
avait des raisons d"être rcgardée con1n1C un développcmcnt 
fiùèle et non une corruption? 
II cst certain quc, dans lïdée de la vie n10n3stique tclle qu'ellc 
prévalait dans les tcnIps anciens, lc travail Inanucl avail une 
plus large part que l'étude; it tel point que de Rancé, Ie célèbn' 
abbé de la Trappe, en controversc avec 'Iahillon, soutenait SOil 
opinion avec beaucoup de plausihilité contre r3pologie que cc 
dernicr faisait des travaux littéraires qui ont rendu si célèbres 
les Bénédictins de .France. On nc saul
ait Bicr que les traY8UX 
d'hommes, C0111me )Iabillon et 
Iontfaucon, ne soicnt au moins 
un dévcloppell1ent dc la sinIplicité de rinstitution nlonastiquc 
prin1ith-c. Cepcndant il cst relnarqu3ble que saint PaCÒIlle, pre- 
, nlÎer auteur (rUnC rt"glc Illonastiquc, ordonna {{u"il y eÙt une 
Libliothèque dans chacune de ses nlaisons; il prescrivit des 
confércnces ct des discussions trois fois la scmaine sur des sujet
 
religieux, lïnterprétation dc rÉcriture ou des points çontrovcrsés 
, de théologic. Saint Basile, fondatcul' de In ,'ie monastique dans 
Ie Pont, run des Pèrcs gl'CCS les plus savants, a écrit ses trailé
 
, théologiqucs dans les intervalles que lui laiss3ient les travanx 
ngricolcs. Saint .Jt-rònle, rauteur de Ia version latine de rÉcriturc, 
, 3 vécu conune un pau'Tc 1110inc ùans nne ccllule it BethlécIn" 
II est \Tai que ée nc sont Ià que des e
ceptions dans Ie caractère 
des prelnières institutions lllonastiques; Inais riles suggéraient 
, ce dont ces institutions étaient cnpablcs, ct eUes anticipaicnt 
leur histoirc. La liuérature n'est certainelnent pas incompatible 
avec leur idéc fondmncntale. 
Dans Ie conI's des contro\ erses ayce les Gnostiqucs, au deu- 
liènle siède, lcs OU\ rages de leurs ant.3gonistes préscntcnt çà 
et lit des anticipations frappantes de rensei
nclllent forrnel et 
dogn1atique déycloppé dans rÉglise durant I
s controvcrses ùcs 
l\'cstoriens ct des 
Ionophy
ites au cinquièmc siècle. Paul de 
Smnosntc, run des prclllÎers disciples de récolc syrienne de théo- 
logic, cllseigna une hérésie asscz scmblable au Nestorianisn1e, 



- n.;. - 
dans Icqucl cettc t.
coIc se pcrdit, POUI' èlrc confon(luc 3vec lui 
daJl
 de
 h'lllpS poslt'rieurs; cl t'\.\pcIHlallt longll'lnp') après c'est 
r.:\riallisluc, ht'I'é
ic opposéc, qui cd..ad(
I"i
a tctlc écolc. 
Lc LUlhéranislne , ('onllllC on Ie 
ail bien, e
l pres(luc dcvcnu 
Ùl' Ilolrt' tCHlpS unr silurIc h
résic 011 <It.. I'infhh"lité; il a ahouti, 
si toulcfoÎs il a aUeillt 
cs liulilcs, fa UllC tlt'nl\galioll tlu canon, 
(In synlholc cI mên1C tic plu
i(,llrs prin('ipc
 ÙC Inorale. De lit 

'élè\ c la (IUeSlioll tIe 
a\"oir si rOll petit a\cc canùeuI' raltachcr 
t"C:; n
"ultab 
\ 
on l'ns

ncln(,lll priluilif, ou si CC soul ùe, tor- 
ruplion
. l\ous recl'\ OilS nn puis
ant 
ccours ponr arri, cr à la 
solution de Ia clueslion, ('n lrOll\allt que LUlher lui-ll1t'Jl}('. ;'a 
unc rCl"lailH' époquc, n rejcté r \ potalyp
c, quïl a nppelé répÎlrC' 
dè Saint ,Jacques straul '1/('(1, conùarullé Ie nlol Trinit(
, qu ïl 
('sf tOlnhé dan
 nile 
ortc d"Eufichi
llisnlC, ('11 sontcnaut rOllulÏ- 
présence dc Illllluallilé dc 
otl'c-ScigncUI>, ct, tlans Ull cn,; P:'I'- 
tieulirr, a 
aHcli()nllé la higmHic. J.,e Cah illislHC au

i e"t Ù("-CIIU 
dall
 plu
icurs pays du Socjninni
nH' , et Calrin 

Inhlc 
n oil> nié 
rt'rcl'nelle filiation ùe 
otrc-SCi(rllCUr cl lourné en riùicul
 Ie 
o 
S) nlholr dt' 
icée. 
Tfllc aulre preu\ t', tlone, ùe Ia thlt,lit.é <I"un tlé\ doppeluent 
ulh
ricur non:". l'
t fourllie pal
 son (l ntiC;jJ(ltion prrci
r <la ns Il'
 
prcluières périodcs de Illisloire de Iïùéc it hHluclle il 3pparticnt. 



 \'11" Cinquièmc marqur : Suite logique" 


Hien que rortlre ou Ie ùe
l"é dans lequcI Irs dé\.doppcnlcllt
 
cfunc id(
c eOnlnnllW 1.\(' nlOlllr(,I'onf dalls tel on ft,1 lieu, foo.oit 
eho
c purclucnt 3ccidentl'lIc, puÎsf(Ue Ic
 esprits cl les soci 
té
 
sui\"rut en parliculit'l' divcr
('s ,'oil'
, (,f'pendant, sur nnc largr 

phèl"C, ils sc fcront ùans ren
elnhlc d"UIH' Inanii'rc gradncllc cf 
ft"!.{ulièrt', et IHt.\IUC avec tlnc 
lIite IOfjirj1W. On peut dl'lll:1ntler 

i un ùé\'doppemcnt e
t lui-lnènlC' nn proc(
d(
 logiquc; si ron 
cntelld par lit Ull l'ai"'ollnenH
llt :,crupulcu, (Ies prc"llli'
es 
) 1:1 
eondusion, il va sans dire e(lle la répon
c srrn nl'gntÎ\ r. t T ne 
itlc',c tl"oît uans rcsprit en y séjonrnnHf. Ellc dc, icnt f
nnilière lit 
eiislinctr, cUe cSl ,ue dans scs relations, ct clle sugg(\re d"autrrs 



- 93- 
idécs qui elles-mêmes en font naìtre de nouvelles, subtiles, pro.. 
fondes, originales, suiyant Ie caractère intellectucl et n10ral de 
celui qui les reçoit. \.insi un CO)
Ps de pensées se forme graduel- 
len1(
nt S3ns que celui qui les a reçues s3che ce qui se passe en 
lui" Pendant tout cc te1l1ps, on au n10ins de ten1ps à autre, des 
ci.'constallces extéricures lnettent au jour sous forme trcxposé 
fornle!, Ics pensées venues dans les profondeurs de resprit qui 
les conçoit, et Lielltõt il doit conunencer à les défendre. IJ faut 
aim's se liyrer à un travail ultérieur, celui d'analyser ses asser- 
tions ctde ùétern1incr leur dépendance à régard rune de fautre. 
L'hoInlue est alnené ainsi à distinguer les conséquences et à 
renlontcr aux principes de cc quïl ayait di'jà diseerné par 
une silnple perception 1lIorale et adopté par sYlnpathie. II f'aut 
. reconrir à Ia logique pour ordonner, inculqner, ce que rOll a 
obtenu sans recourir à Ia science. 
Et de la même manière, tel travail intellectucl, qui se pour- 
suit en silence et spontanémcnt ùans fcsprit d"une école ou (rUn 
parti, \iendra néccssairenlent au jour à une époque ultérieure, 
ct se présentera dans un ordre intelligible. C'est alors que Ia 
logique rClnplit ses fonctions, non de découverte , mais ùe pro- 
pagation; ran3logie, la n3ture du sujet, Ia proLabilité 3nté- 
rieure, rnpplication des principes, la confonnité et In convenance, 
sont quelques-unes des méthodes de preuvcs d'après Ic
quclles 
Ie déycloppelnent se propage d"un esprit à I'autrc, et s"établit 
dans Ia croyance de la communauté. 
Cependant, nIènIe alors, ranalyse n
est pas faite d"aprè
 un 
principe, on en vue de toute sa lllarchc ct de ses résuhats défi- 
nitifs" Chaque argu1l1ent cst n1is en avant pour un but imn1édiat; 
les esprits dévcloppent pas à pas, sans regardcr ùcrrièrc cu
 ou 
prcssentir leur hut, sans a\ oil' intention tt sans promettre de 
fonner un systèu1e. Par la suite, ccpcndant, ce caractère logique 
présenté par rensembIc, dcyient une preuve que Ie travail a été 
un vrni dt
veloppen1ent et non une perversion ou t
de cOl'ruption, 
I par I'évidence de sa situplicité naturcIle. Dans quelques cas on 
Ie voit par la gra\ ité, la clarté, la précision, Ia majesté de sa 
I marchc et r
armolJic de ses proportions, qui rcsscmblc à Ia taille 



- 96- 


{'Ic\"éc, au 
r:u-i('u'{ Lrnnehagc et au riehe fcuillagc de quclfJuc 
proùuit \"égt'tal. 
tp trinail dc développClIll'llt nin
i cflpahlc ù'une c'prc,-,,-,ioll 
logiqu(1, a ('.tt' ((n('h(lIefoi
 pn
"cllté 3\ cc jalou
ie rOlliffif1 nne 
ccu,...c de rationali:'lllC et Ini
 ell contraste Hyee la foi. l'éan- 
Junins, ((tloi'luïl pui
,c [lrri\('1' ,(u'unc doetl'ilH
 partieulièrc ou 
HUl' opinion 
oull1isc à un ùé, eloppenlCllt ,oit rationali'Lc, - 
('ai' t('lIe c
t rori
ille, t('l
 
ont l,

 rl\
ultats , - ct quoifJue nou
 
pui

innlO; tit", clopper ù" uue IHauil'l"c crrolléc, C 'c,l-à-tlirc rai- 
sonner inC'\ë1l'tcll1l'llt, l'l'pl'ntlant If' de;, dopP,'nlent lui-rlll'1I1c 
Inéritc en tous Cfl
 ans
i peu ce !'f'Iu'oche que la rcchcrche tJ"un 
fait hi
tol'i'(lH\ (ItH' lions HC erl'OI)
 pas, nlais dont 1l0U
 nOlls 
(}S
UI'on:;. Par eXt'lnpl(\, si ":tint .:\Iarc a l'erit ou non son 
I
\'al)gile 3' CC 
iliHt 'lat hieu dc\ ant ]ui, ou 
i 
alonloll a fait 
\'cnir S(1S nmrchandi;o.ps de Tal'tes
e 011 dc quel((UC port iudicIl, 
tc rationali
lue c
L la lH'éfércncc ùe la rai...on à la foi; n13is on 
He ,"oit pa
 
()nllHent il peut ) 
1\ oi.. de 130 foi à adopter Ic
 
prl'luis
es lrUne propo
ition ct tic IÏuerédulité à accepter 
a 
tlJlll"lusiOIl. 
Lai,scz-Ilous: par c
clnplc, pl'cndre la tléHnilion que ron 
donnait tlu ratiolJali
lllc, il ) a cttle1ql1C
 [lnnéc
. F3irc du 
rationalislllc, c'c
t IC dCluandt'r hors de propos coulIllcnl nous 
POl1VOIl, '1'l'Jldre cUlllple dc certaincs ('ho
cs, refuser de Ic:, 
('roirc, à IHoin...; (IU "elles He nOli!': soicnt ju
tifiécs, c"csl-à-uire: 
r'apportée
 it ((tlelque aull'c cho
e ('OllllilC ean
l', i. un 
yslènlL 
cxi
lant, qui les harnlonise 
}\ cc lui on I('s absorbe cn lui...." 
te ratiolluli
nlc c
t caractéri,-,c par Ùl'II
 parrieulal'iti.s : 
VlJ 
aJnour dt' 
) 
tl'1I1atiscr et ùe 1)(I
cr 
on 
) 
tl'll)e SUI' re"périencc 
I 
personncllc ou réyidcllrc ùes 
cns (I). n Sj c "c
t là l
 rationa- 
lisn1(1, ill"(, tOlal('1l1l'Tlt di
till('t du développerrlent. Dé\"eloppcr, 
c..'cst accepter ties conclusionlO; dc la ,érité ret;uc; raLionaliscr, 
('"cst HC re(T\ vir '1'ÙJIl que tl...
 rOllclu
ioIl
 d('
 't
rit,;:::, rc
ucs; Ie 
développenlcnt cst positif, Ic ratiollalislllc cst uégatif; rC
senl'( 
rlu ùé\"cloppeluent ('
t d"étcndre la ('1'0) aHee, ('eHc dn ration3-! 
I 


(1) Tracts for the Times, nO 73 , 
 1, init. 



- 97- 
lislnc de la rcstrcindrc. On peut aussi accorùcr que Ie tr3yaii 
spontanê s.opérant dans rcsprit lnêlllc, est plus éle, é et dc 
nlcilleur choix que cclui qui est sÏInplCl11ent logiquc; car It 
, 
dcrnier est par son caractère scientifique propriété cOllununc; 
'il pent ètre pris ct clnployé par des esprits t'trangers, dans 
I quelque sens yrai, tout à la fois nux idécs en question et à leur 
déyrloppement. 
Ainsi, les saints apôtre
 pouyaient connaitre, sans Ie scconrs 
des paroles, toules Ies ,érités touchant les hatHes doctrines de 
Iln théologif1, que les controYcr
istcs ont, après cux, réduilcs 
en fOflnuÌcs ct déycloppées d3ns leurs argunlcnts. Ainsi, saint 
.Justin ou saint Irénée pou, aicnt n oa, oil' pas dïdées arrêtécs tIu 
I purgatoire ou du péché originel, et ccpcndant aloir un senti- 
Inent profond, tant de la fatIte de notre prclnirre nature, que' 
I de Ia responsaLiIité de nolre nature régenérée, sentinlent qu ïls 
I n .a\ aient ni défìni, ni consigné dans leurs écrits. ..\insi saint 
I Antoine dit aux philosophes (Iui ycnaicnt pour sc 1110qucr ùe 
, lui : u Celui dont rcsprit cst sain nOa pas hesoin des Icttrcs. )I 
: Et saint Ignace de Loyola, CBcore néoph) te saliS science, fut 
fayorisé de YUCS transcendantcs de Ia saintc Trinité, pendant 
qu"il faisait sa pénitenct.' à :\I3nresa. .Jin
i saint A,th
nasc Ini- 
lnèlne cst plus puissant dans les assertions ct Ies e-xpositions que 
dans les preuycs ; tandis que nous trouvons dans Bcllarn1in 
tonte la série des doctrines soigneusclnent cxposées, conve- 
uablen1ent. ajush
cs Ies unes aux autrcs ct cxactement anal
 sées 
rune par rautre. 
LOhistoire des en1pires ('t des honln1es publics fournit de si 
nOlnbreux e
cn1ples de logique politique, quïl nous sunit d'y 
fairc allusion. r\ous en trouyons un e}..en1ple dans les paroles 
de Jéroboam : ,,)Iaintenant ce royaulne rctourncra à la maison 
I de .David, si ce peuple va sacrifier dans la 111aison ùu Seigneur 
it Jérusalem... C.cst pourquoi Ie roi prit cOBseil, fit deu\: ,-eaux 
dOor ct leur dit : 'T oilà tes dieux, Ô Israël. n 
L.histoirc du Luthéranisme, telle (IU .elle nous a été tracée ces 
, dernières années par plusieurs écrivains angIais , nous foun1Ìt 


BmUOTH. JJJST. Ge .\

tE. Icr OrYR. 


9 



- !J8 - I 
111) ('\cnlplc d'un dé, dOpP(,llll"nt logiqur dL'
 plu
 inti"res
alJb 
quoi{lu'cn Hll'B1C ll'IHpS des pIlt
 lri
tc
. LUllu,'r 
 'appu)'
\ 
, II I ." 1 " " I 
'HI' nile HOll J f' )a
c: 
on prilleipe (ogllH1tHIUl' (JIll t'
1 ('f I 
('ontradirlioil :1\ ec son llroit dujllgelllcllt pri\t
, ('t 
()n prilleipt l 

aeraIlH'lJtd, 
n t'C 
n thl'orie de Ia ju
tiJi('a(ioll. L't',!t"1l1Cllt SiH.'I'a. 1 
Jut'ntel IIC dOlllla jarllais si!!.llc de \ ic; Blais it 
a 11101't. It,It"lUCnI 
dnglll<J I ill II e 'I u ïl rl'pré
I'1I lai I l'lI 
a pl'r
() lilli' pri t Ie d c

u'; ",1 
t. ('hacullc (lp :'-l'S paroles su I" Il's poiJlh ('Ollt 1'0\ t'1"
("S de, illt UTH 
loi pour Ie parti (Iui dC' tout tl'1l1p' Ie plu" t'ollsidérablc, HI 
.It'., c' lop pa ('11 fin 
 i II nllt alll"Il11'llt a\ l'r 
Oll (
(rl i
c' ellc.-JHl'THe ,I 
Ccue ,('nl'ratioll prcsque itlolÙlrc fut pl'ut-i'tre 3t'rnlf' par' 
Ie ehoi'\: de
 (h"daratioll
 de foi pour Il'
 Ii, )'e
 
;
 IHhoIi(lll(,
1 
,It> 
Oll I

I j,c, décIa ra lioll dUIII la su h,;la IIl'l' 
 HI' r l'lI,;cmhll' IlIi: 
apparlellail (I). n l He rt'ad ion l'ut lieu ell
uile; Il' ju
eH1eut 
pl'i\'t; repril la 
tJprl'n)alit'. (:ali\lf' H1it In rai
on, ('I Spt'ller ('c 
CfU'Oll appelle la rrIigioB du eællr, à la place dc rt'\3ctitudt 
Cfo;rnlatiqul'. I...l' pil;li
JHe s't'., anouit pour lïn
tallt. IHaÍ
 It' 
ratiollalisille 
c dé, t'loppa c..1all
 Ie s
 Sll
'n1e tIc 'Y 011', clui pl'é- 
Ipn<<Jail IU'OU\ t'1' toult'
 h's (Io('trines ol'lhotlo\e
 pal' ru
ag(' (far- 
;!Un1l'nt
 dont Il'
 prél))i
s('
 t"laielll en hal'1110nie a' ('l' la raison, 
C)11 s"apcl'<:ut hicJltòt que ral"lHC ùonl ",. olt 
c 
er\ it l'n fa' cur 
tic rorlhodo'\ic. POll\ ail (lYCC" la na\lnl' plilu.;;j hilité ('11 t' tourn('l' 
c'outre elle: cntre Sl'
 Illaills elle H\ ail SCI'\ i it fornu'.. It' 

'Illhole: 
c'ntl'c.. ("elks <It' Sen1Iel:. ell' J
rnl'
li ('t (JtItre
, die 
eJ'\ it it 
in1Ïnl1cr ralltorité ùe 11
l'J'iIUl't,'. En <}uoi tlc.'\ ail-oil InaÍHtcnaut 
fain' ('on
bt(,'r lit )"c'ligion? { ac 
o)"lc dc pii,tisHle phi1o
()phi<<f1le 
,iut clI:,uite; ou plulõt It' pil'tj';;ll1e de Spellcr cI la tlu"ol'ic 
oJ'i
inale dt' la jn
tiJicatioll lu.'cnl aJ)al
 St'
 phis profoHtlc'llH'llt l't 
produi
iJ"cllt diyt'J'srs lhi'oJ"ie
 tic panllu"isn)c. Le pauthi'i
IHC 
fut, (ll'
 Ie' priueipc , au fond tie la doctrine ùe Luther t.'t de 
on 
e[ll"acti'rf' pel'SOI1IH'1. ...\n I)anthéi
nu. parait 
l. I"t,t.luire it pré
('nt 
If' Lnlhérani
llle, 
oil (Ill '011 Ie eOllsitlèrc dans In philo
ophie de 
hant, (Ialls lïnlpii,tt, (Jtl\ ('rte de Strau
s, 011 dans Ic
 prores
ions 
1'C'ligicu
l's de Ia nouvelle É:.disc é, 
H1!!é!i( l ue ùe Prll

e. En 
( <..i 


(I Le doc leur pu
c
. t sur Ie H.ali('llalbn:c E.llcmuud. p. 
t , Ilutc. 



- 99- 


(ìppliquallt cet cxcn1ple :)U sujet pour récIaircissen1ent duqul'1 
Inous raYOnS inyoqué, je dirai que la Innre}.c uniforn1e ('t 
il'égléc, 13 succession naturclle ùes ,ucs par lcsquellcs Ie sYln- 
,hole de Luther a été transfol'lué en Ia philosophie Ìlllpie 011 
\ !hérétic p le. de s
s rcpréscl1tan
s act
els, prouye 
Iue re 
han- 
gClneut n cst HI UJIC pervcrSIon nt une corruptIon, nlaIS un 
di',-cloppenlcnt fiJi'Ie de Iïtlée originalc. 
Ce n "est Ià qu 'un des nomhl'cux c\.cl11pIes que rhistoi)'c dt' 
TÉ
disc nous fourniL La fortune <-rune écolc tll('olo
i( I ue (.
t 

 v 
jrq:rardée COnll11C la 111csure de rcnseigncn1cllt de son fondatrur. 
Le grand Origène 1110urut en pai
, après scs nOl1lbrcu\. traYau
 ; 
I scs disciplcs qui ]ui succ
dèrent inunétliatclllent furent des saint:-- 
,et gouycrnèrcnt dans I"Eglisc. II a ohtcl1u les louanges de sfliut 
IAthanase, de saint Basile ct de saint Grégoire de N[lÛanze, (.t 

fourni des Inatériaux à saint Anlhroise et à saint fliIaire. C('pen- 
daut, à 11lcsure que Ie tenlpS s"écoula, sa théologie rut pour 
jrésultat, en se déycloppant, une hrrésie fornH
ne, ct cnfin , 
,trois siècles après sa H1ort, il a été condanlné dans un concile. 
'qui a été p:énéralcn1ent rrgnrdé conlnle æcunlénique (f t 
,[ Diodore de Tarse, dit Tillcl11ont, cst 1110rt à un àge 3yancè 
:ùans la pai
 de I"Églisc, honoré des louanges des plus grand
 
snints ct couronné dOune gloire qui, [lprès I"a\ oil' entouré durant 
Ia yic, l'a suiyi après ::-:a IHort (2). )I Crprndant 
aint CyriHe 
d"Ale'\:flnùrie Ie regartlc, Jui et Théodore de )Iopsueste, COl1lme 
les yéritahlcs autcurs du N cstorianislne; ct en effet il fut r.]nrt'. 
par les Ne
toriens au nornhre de leurs saints. Théodorc ]ui- 
mènlC fut condmnné après sa Hlort par Ie Illèn1e concile ({ue 
ron dit a,-oir condmnné Origène, et iI cst justclnent rcgal'Ùt
 
comn1C Ie principal écriyain rationaliste dans rantiquité. II jouit 
cependant de son temps de la plus haute réputation, et Ie 
,synode oricntal se plaint, conlnle Ie rapportc l"éYêque ù"lJ er- 
uliane, Facundus, que (( Ie hicnheureux Théodore, mort 
i 


(1) Halloix, Valrsius. Lequien. Gieseler, Dællinger, etc", etr" , dísrl:t 
Iu'il fut condamné, non pas úans Ie cillquirme concile: mais dans cerui tpnu 

ous JJennas. 
I (2) )Jém, Ecclés. , t. VIII, p. :)62" 



- 100 - 



ainlcnlcnt, après avoir été un si l'n1illl'nt doctcur pCndiinl; 
(Iuitl'antc-rin(( nus, lui ((ui an,it rCll
l'rS(" toute héré",ie, Cf, 
n ":ivai, élt.
 durant sa yic rohjel d"rlurunc Ïtuputation de la part! 
des orthodo
e
, conrait 1(' risfluc Ilwintenant, uprès sa lllOrt' 
f(ui relHonle 
i haut, aprt'
 scs nonlhrcuses Innes, [lpri's a\"oirl 
('on)po
'
 di\. Inille Ii, rc
 pOll I' I','-futer Ics errcurs, 3près ayoir été j 
a pprou\"é it la yue des prêtrcs, des ('n1pel
cul'S ct du peuple, de 
I'cee\'oil' In récoJupcnsc des héréti(l'lcs ct (rètre appclé Ieur
 
('hef (I). It II c'\iste une certain" l113r..he continue, nne yoie' 
détcl'luinéc qui npparlient à rhistoire Ù.UIlC doctrine, ù.un' 


 stt'lIll' politiqnc on {rUBe institution, ct fait cOlllprenùre, au: 

cns COllllllun ùu genl"(' hUl1win, quc cc qn 'un principe dc, int 
tllt(
rieH"
JHl'llt est la eOIlSt
((llellee de ('(' <ill ïl i,tait dUllS Ie prin J 
('ipe. Cc selltinlcnt cst t.'\I)I
illlé dans ce pro\ crue, qui n 'c\:iste ' 
! 
pas 
eull'II)(
nt {'II latin, _E.r;
tll.'i acta }Jruba(, proyerLe sanctionné 
pal' Ia sagc

' <li\ inc, quand, BOUS Jnettant en 
anlc contrc' 
!e
 fau\. propht,te"" cUe dit : C( VOllS les cOJluattrez par 'cuts' 
li"ui f.
. )I I 
La suite loyitjue t.'
L done nnc cinquièlne IU:H"(lue caractél'is- 
ti(lut' tit'S d(
\ eloppl'IHellt
 qui 
ont fidNl'luent tirés des idées 
au\qucill's ils prétcndcnt appartcnir. I 



 ViII. Sixième marque: Additions consen'atrices. 


I)e JIl "Ilk. que Ics déyrloppenlcnts préc(;.lés dïndicatiol1'.. 
. " I J' r " . Ù . I 
IU"C'('l"l'S Ol1t en cur J:" eur UHC 10rLc pre'0111pll011, e Inl'111C 
(.t'U
 t[11i 11(' font que ("ulllìill'ier et th"lourner la nl[1l'cllf' (rUne 
doctrine t.l(
ydoppée 3n1l1t eu\, ct ò.où ils sonl sOI,tis, sont' 
{'cl'tainl'llll'nt corroillpu
; ear une corruption c
t un t1t
yt.'-' 
loppCIHrnt J>ri
 dan
 ccUc phase InèlllC oÙ il cesse (raider ct 
("onli lIeneC i. IIU i rc an
 d(
'\ CIOppl'IHl'IlIS fidt,les qni s' (
taient 
opérés dans 13 prenlii'rc pt'riodc dc son histoil
e. I 
La règle de la rJ'l
rltion, ou plutòt Ie phénolllènc <(u'cne pré-i 

l'nt{', ("cst que la \"ic HITi\ e it son tcrrne p3r UHe 
ucccs
ion 


(I) Déf" Tr., cap. YIII, init" 



- 101 - 


graducIIc et hnpercrptìhle de chnngenlents. II Y [I tonjours un 
m:r\.inuull dans rexcellcncc terrcstr
, ct les 1ì1ên1es causes qui 
rcndent Ies chost's p:randes Ics font redcycnir petites. I.Æ faiLlc


' 
n"cst (Iue Ic produit résultant llc In pui
sancl'. Les év(.nelncnt" 
tourncnt d3ns des c}cIes; chaquc cho
c suit. Fon cours: I-C Ll' 
sokil s 'élèyc, rcdesl'cnd, et sc prt'cipite yers Ie lieu d'oÙ il 
 '('
t 
Icyr. n Lcs neurs s '('panouisscnt., puis sc fanent; Ie fruit 11lÙrit, 
I puis sc pO
lrrit. Si Ia fcrillentation lI'cst pas arrètrc it point, die 
('orrOlllpt la lif]ucur qu 'elle a produite. 1 cs gl'ÙCCS Ùll pl'inteHlps, 
le
 richcsses de rnut0J11I1e, HC durent (IU 'un nlolncnt, et Ic
 
n1oralistc
 InolHlains nous disl'lIl : Carpe difJ}u, parce (Iue notls 
I n "cn anrons pas une secondc opporlunilé. La ,crtu sClnhle 
reposer dans un luili{'u entrc yice ct yiec, ('f, de 111èlllC fJu"dh' 
cst sortie dc lïlnpel'fcction, cIle croit jusqu"ù rénonuité. La 
('o))nai

ane(' hl1nwine a ulle lilnite; Irs écriyains profancs (If 

acl'és reconnaisscnt ( I ue rc'\:ag;éraLÍon de la sag;esse cst folic. 

 
 
Dans Ie nlonde poJitique, Ies J
tats s.l,lèycnt ct tOIllhcnt; Ic::, 
inslrulnenls de leur grandeur dc, icuneut les 3rInCS tic leur 
ùrstruetion. De H. ces nw
jnl(,s de lHoraie si fréquclHnlcnt 
I {.jt.i'cs: l'Te quid niwi.s, .medio t"ti.'isimus, i'(lulting (ludJiliun, qui 
scnlblcnt dire: la suraLondance de hieu de\"icnt lual. 
On lie saurait crpcndallt 
outel}ir Cl' paradoxc Inonstl'l)('u
 
que 13 ,érité Iui'ne littéralclll{,lll au Incnsongc; ou que In ,crtu 
I pent èlrc poussðc à rL'
eès. 
Iais rapparl'IlCP des cho
cs et It' 
langage dll peuple it leur sujct nous seI'\ ironL au Inoins Ù obtenir 
une Inarquc pour distinguer Ie déyeloppcllleut (rUnC idéc de 
a 
corruption. 
On peut done définir un 'T3i déycloppcnll'nt, cclui fJui ('011- 
serve Ie cours II u dé\ cloppeUleut ùont il 3 été pl'écédé, c .csl-:Ì- 
dire qui est ce dl'y('Ioppelnrnt et quclqlll chose de plus : c.e
: 
une addit.ion (illi éclaircit ct n"ohsCl1l'cit pas, (lui cOrl'Ohol'C sans 
ulOùifier Ie corps de pCllsi'cs' dont iI procl'dc; et crUc InarflUt\ 
caractéristique Ie disting"uc d'unc corruption. Par e
elnplc, UIH' 
cOllycrsioll graducllc d"unc rcli
ion faussc il lJllC religion, rai{' 
offrc heaucoup de carnctères (rUnt' nwrche continue 011 d.nn 
développeUlcnt, dans rcsprit lui-Iuènlc, quoiquc les deux rcJi- 



- I üt - 



IOlj
 fOl'llwnt It's lilnil('s dn <1(" doppcmcnt 
oicnr anta!!onístc
 
rune dc rautl'c. Obsel'\"()lls Inaintenanf que cc ('lwn
cn1l'nt 
('nn
i
lC principa]ellu.'nt. ('II additions, ('n accrOiS
('llll'nts, ct lion 
('J) destru('t.ion. I( La '!'3ie religion cst Ie SOJl1l11Ct cl Ie perf('<,- 
riOIlIH.'HH.'ut des I"eljgioll
 fau"c
; rIle I'éullit cllelle tout ce qui 
..
. resh
 isoll'nH'nt tit' hon ('t. dc 'Tai dall
 ehacurll' (relll's; t't., 
dc ]a nll'lne Hlanièrc, Ie 
YIHhole catholi(lue cst ell granùc partie 
la (,oInhillai
on de ,prih;s 
("par(\
s, {(lIl' ]l'
 h(
I'(
liqul's ont 
parlngécs entl'c ell\., parta
e qui a été la SOlll'ee de leu..
 eITC- 
1lI(,'Ht
" De 
ol'te quc, par Ie fait, 
i Ull hOllUllC l'eligieu\. était 
(
h'\ (; dans rathi.islnc on tlnc fOl'lnr queleOntplC dlu"I'(osi(', 
l 
laqudlc il fÙt 'Î\ eluent atlaché, ct <Iuïl OU\ I'Îl ('Il"uitt' Ics 
 cu, 
:'tIn hllui(\rc dc' la ,éritt; , il pa

c..ait de rcrrclu' i, In ,érih", 1I0B 
('11 pl'nlant cc (In ïl a\ë.tiL nmi... cn 
a
nant (IC (lu"il lloa\"ait pas 
(\IU'OI'l'. II HC 
crait pas dl'pouiBé, Inai
 l'nridli; ct la ulortalitf; 

('rait ahsorhl"c (Ians 
il n011\ rill" ,ie. n Lc Inl'H1P prinrjp<, tie foi 
qui rattaehait à 
Oll errclIr priuliti, e rattachcruit à lu ,érilé; ('t 
la portion dl's pr(,1I1ii'n'
 tlo('trilJl'
, (Iui (Ic, aiL l'U"l' rejeft"c ('UII10H' 
a h
o!nnH\nt fau
sp, HC scraiL pas I"cpou
séc dil"cctclnl'llt., IIwi.., 
(rUllt' 11lanil'I'e iudircctc., par If' fait luêJnc llt\ raùoptiof} tie la 
Y(
I'ilt' (Iui l'
1 OPPO
l\C it ,'r!' rITeUI'S. IJne cOll\"('r
ion \t"I"jtahl(. 
est tOlljours d'ull caructèrc po,itif; clle nr '\aurait ètre né- 
gari\(' (I). It 
rrdlp r
t nussi la rhéoric cIl'
 Pèrcs en cc qui touche les 
do('Ll'iIH\S fiXt"('
 par Ie:" 
on('ill's, eOlnlilC BOllS Ie '0) OilS dnns Irs 
paroles (Ie s:linl l.l'on : ct Chl'rcher rr ((ui a dl'jit étl' (h"cou\'l'rl., 
('\HlIlinl'r de nOll\ 
au cc fIui .. t:h'. résolu, J'C!!l"eltel' cc (Iui a élt." 
1'l'1I\ ers(; n ol'
t -l't' pas InanqU('I' dt' rl'l"onnai

(lnc(" POUI' ct' (lui a 
('h
 ga{!ni'? It Saint' inccnt ùc l.érin'\, de la InèlllC Hlanière, nous 
pal'It' tlu (Irvcloppl'IIIl'lJt tit' la doctrint' ehr(
lÏcnllc l'OHlInr pro- 
/iJclus fide" non ]Jerllll/fatio (2). Et 
otl'e-ScigIlCU)" de son côté , 
a <<lit, (oliphant rallcienllc loi, quïl \ cHait, H liOn puur la df
- 
'I'Hire, J11ais POUI' raerol11plir. It 


(1) Tracts for the Timcs, n. 83, p" 73, Suit une remarque sur Irs caIIJOli'lur
 
romaiIJ5 ct la fui primiti\'c. qui peut être plus justement app1iqll('e å la foi 
romaine ct it reut qui la climbattrnL" 

'
) El}" 16:!. 



- 105 - 


On accuse ì\Iahol11et d"ayoir contrcdit ses prclllièrcs réyéla- 
lions par ses réyélations postérieures, (( chose si hien connlle dc 
tOllS ses sectatcurs , quïls rat.hncttcnt tous; ct, (IUal1<1 iI arri, e 
I que les contradictions sont trUes quïls ne pClIvcnt en donneI' la 

olution, ils se déciùent alors it déclarcr nuls run ùes deu:\ 
pnssnges contradictoires. lIs ne con1ptcnt dans tout Ie Coran 
pas nloins de cent cinquante yerscts qui sont ainsi déelarés 
nul
 (I)" )) 
Schclling, dit 
I. Dc,yar, pense que I: Ie temps cst arrh é oÙ 
: un christianislllc spéculalif et caché doit prcndre la place de 
; rcnlpirisnlc ouvcrt , qui a prévalu jusqu Ïci. )) Ce philosophc 
I allCluand I( l:cconnait qu 'un parciI projet est opposé au ùesseill 
, éyident de rEglj
(' ct de ses prcnlÎers doctcurs (2). It 
I Quand Ics Catholiques rOlnaills sont accusés de suLstituer un 
I éyangilc nouvenu à Ia croyance prinlitive, ils répondent et il<;: 
I pcuvent nlontrcr quïIs croient Ics doctrines de rIllcarnation et 
I de rexpiation aussi fern1clllent qu "aucnn protcstant. On rl'ponù 
. à cela que ccrtaincnlcnt ils Ies professcllt; Innis lluïls le
 obs- 
curcissent ct les rcnùcnt ,-irtucIlcnlcnt lluIlcs p3r cc qll ïls Y 
I ajoutcnt; que Ie cu/te de b sninte 'Tierge et des Saints n"est pas 
: un dévcloppclnent de la yérité, n1ai
 sa corruption, parce quïl 
<'loignc resprit et Ie co:.'ur de Jésus-Christ. L('
 Catholiquc
 
J'épondcnt que Lien loin de 13 , Ie cultc de Ia Vierge et dcs Saints 
I Yient en aide it la doctrine de la Inédiatioll et de la 11li!'éricorde 
tIc 
ot..e-Seit:n('nr, et la prütége. .Ainsi Ics parties cn eontro\"crse 
IS'acrordent sur Ie terrain COlnnlun qu "une doetrine déycloppée 
qui ren' crse Ie cours du déyeloppenlcnt dout cIle a été précl'dè, 
:u'cst pas un vrai dévcloppCl1lent, Blais une corruption. Ce sujet 
nous occupcra de nouycau tout it rheure. BlackstollP nous 
{ourllit un nouycl rxenlple sur un autre sujet, Iorsquïl observe 
(Iue I
 quand une société cst l1ne fois fornlée, un gouYCrnenlrnt 
'C ronstitue naturellen1cnt, parce quïl est néces
ail'e pour 
'onseryer et Inaintcnir rordre dans ccUe société (5). ]) 


(t) rrideaux, yjr de Mahomet, p. 90. 
(2) Prolestantisme allemand, p" 176" 
(3) Yol. I, p"ttS. 



- 10t - 
(
uand Ie long pa1'lf'lllf'nt ,"oallu( u-.urpcr Ie POU\ oil' cxccutif, 
il porta aueinte aux lih(\rtés popnIairl'
 qu"il prétcndait f:1\ ol'i
eI'. 
I..es 
aranfic
 d(\ ('l'
 Jihcl"tl', repo
('nt 
ur la séparation de
 
pouvoirs Il'
i
lntif ct t\\(\('utif, c\
st-it-tlire que' It's auteurs des 
lois ùoi,Ol'nt leur èlre 
Olllllis et u'a\ oir pas à en faire cux-Inèlnr
 
rapplication. 
Dan' rlti
toirc rOlnainc, du nl0111ent oÙ Ics pri,'ih"
('s, g:1gné
 
par It'S Il'ihnn
 :In prolÎl tin ))('upI(', (Il" inJ"c'nt ponr eU:\-lllèlJ)e
 
un objet lr,uuhition ,'Ie dé,'rloppcJlll'nt dr, int corruption. Dr 
IIU"IlH' an

i Ie (h;IIWrO
nH\ grce l'
1 tit', CUll tyran. 
- \insi ron a nnc si\il'llll' lllal'quc (rUn \Tai dé'l'loppcment . 
lor
tJu(' Ie d(
\-eloppelnl'llt c
1 ulle addition COIl."H!ITatrice de ('e 
qui ra prl'cétlé. 



 IX. 7 e marque: Continuation chronique. 


PlJi
tJue la corrupt ion (rUne illt'\f', it en ju;rel" par Irs appa- 
"CI}('('
, pst une sorlc d"aceidcnl ou d'affcctroll de sou dé,"cloppc- I 
IlH\U', pui
(III'elIe ('st Ie .ennr de sa Jnareh(' et nn ('tat 'ran
itoirc 
cp1Î nll'nC å une l'l"j",e, la rorruption sera, ainsi que nons ra\"ons I 
oh
er\ P, (I" tlllt" aetion ('onrtr et I'apitle. Tan(lis que Ic
 idécs I 

'a
it.cnt dans rrsprit huntain, riles 
rarHlis
ent dau" un dc\"c- 
IOPIWIlU\II( p)u
 rOluplt'f ; clles lie )"c
leront J);)
 plu
 
tationJlaire
 
dan
 leul" cOI'rnplion clu'anpar:\\-ant, l\t la dissolHliol
 est lr 
del"nier élat auquel 1ll(
'nC la corruption. La corruption 't en 
('ons('queJ)ec, HC 
aurait ètre lIe lon
ue duréc, ('t fa durée 
dc, ient ainsi unc rlu.rc nlarque d"un (ll',.cloppClllClll 1ìdèl('. 
Si graris lJreris, ."\i 1011.'/118 feri,'\, e
t, dan.;; la sout'franre, 13 
UliT\iIllC de consolation à fU'3ge ùes stoïricns, ct rOB peut dirc ' 
(fun 
r[tnd nOlnhl'f' de nlaux : Ir pife' 
cra Ie pIu!' court. tcs 
honlnlCS ré,cryés crai
nent. les chan
cnlcnl' en nlatièl"CS cÍ\ iIes; 
t..,; t..,; 
ils rrdoufent Il's fi'forIJle
 et I('
 illlloyations, de pcur, s "ils yont 
un pcu trop loin, d'êlre IH'(
("ipitl's tout à coup vc..s qllelquc' 
frl"nude cahunité, :1yanl (I" "it 
oi. pos
ihle dc' J'l'l'ouri.. it un 
rf'lnèdc. La per
prctiYe (rUne corruption lcntc He Ic
 frappe }-)[Is.1 
l..es fi 1 yolutions sont g(\fl("..aI('nlcnt pronlptes, ,iolcntt.'s; cllc
' 

ont, en (-fret 
 Ia suite (rUne corruption. 



- 1 O
 - 


La dUl'ée des hérl'sics cst toujours courle : c "cst. un état 
I intenllétliaire entre la yie et la 1110rt, ou ß1ieux, un état qui 
rcssenlble à Ia nlort. Si la corruption n 'aboutit pas à la Inort, 
I dIe n1ènc à quclque errcur nouyclle, pcut-ètre opposée å la 
I prclnière, et qui ne prétcnù ò. aucun rapport ayec elle. C'est 
de In sorte qu 'un principe héréti(luC yÌ\Ta piusieurs annécs, sc 
ùirigeant d'aLord dans une direction ct en prcnant tout à coup 
une autre. 
L 'cxcès du nlal est IÏndicc d"une fin prochaine. L 'hOilllllC 
I fidèle s'écrie, à Ia yue dc ses C\:Cl\S : COlnhien cela durcl'a-t-il? 
f'Oll1me si sa durée fatigunit sa raison nus
i bien que sa patience. 
I Tl'ois annécs et dClnie sufIìront au règne dc 1'..A.ntechrist. On 
ne saurnit ici objectcr séricusenH
nt que Ie n1011de est t.oujours 
corrolllpu, et que, luaJgré ccIa, Ie Inal He rCluplit pas Ea 
n1csure et ne débordc pas; car t'eeÌ ,-ient de l'attion extérieure 
de la ,érité et de la ,ertu qui refoulcnt en arrière : que rt:glisc 
I disparaisse, et Ie n10nde touchcra hicntòt à sa fin. 
Si Ie pcuple de Dieu cst dcycnu, de sièclc en siècle, de plus 
I en plus Il1au\'nis, jusqu"ù ce qu"il n'y eÙt plus tIe retour possible, 
rrpendant son cntraÌneinent yers Ie Inal était continuellcnlcnt 
contrarié par des réformes .qui Ie faisnient reculer yers un ttnt 
moins a, ancé de décadence. La di-cadence, il est 'Tni, (lui cst 
une fonne de corruption, s 'opère lentenlent; nlais Ia décadcncc 
est un état dans lequel il n') a (raction ni yiolentc, ni yigou- 
reuse, que son caractère soit conseryatcur ou dcstructeur, 
I lïnfluence n1au, aise étant assez puissanlc pour affaiblir Ics 
, fauctions de ,ie, nlais pas asscz pour précipiter sa 111archc. 
Ainsi nOllS yoyons des opinions, des usages et des syslèlnes dont 
rapparcnce en inlposc , Innis qui n'ont auc
ne solidité en eux- 
Inènlc, tenir ensemble par habitude de stabilité ou paree qu ïls 
dépcndent dÏnstitutions politiqucs. 
ous Ics ,"oyons deyellir 
IH'esflue les particulnrités d'un pays, les habitudes (rUne race on 
les Iuodes de Ia société; et alors, à la fin, pcut-ètre, ils s' en ,'ont 
. sondaineluent et nleurent sous la prelnière influence fàcheusp 
\ CHant du dehors. C'cst ce qui arriye al1
 
uperstitions qui 
s "établi
scnt chez unr population; sClnhlables à une trinte pro- 



- 106 - 


nOnl'l'C ou i. tlnc OfJcur forlc, dlc" ,'éY3nOuis.;;cnt 3\'CC Ie frlnp
 
 
parec ((UP riCH nc dure tOlljOUI'
 
 II iii is dies n(' 
ui\ CHt pas de 
Illarl'hC' rt"gléc et uOOllt pa
 trhi
toil'c. Tel fut Ie pagnlli
rne 
of1i('it'1 des terHpS ('Ia

iqtll's, di
rIH' oJ-jt't ()(' pcr
("cution, 
pui
(ple SOIl prcnlicr souHlc 1(' fit clwB('('lcr et di
parnifrc. Tel 
:1l'par('lnnH'uf l'
t rt"fat d('
 ('OnHnHni()n
 nc
(())'ipIHle ('t IllOIlO- 
physilt' 
 t('lIe clal l,t.é ntl

i la !o-itllêlfiOIl tlu ehri
fiani
llIr sïl ctit 
t'tt
 ah
()rlH
 par la féodalilé ùu 1l10
 ell å!!,c; tel 3l1s
i cst rc 
prolt'
tallt i
n1t' 
 on (conllllc il 
P nOHlIllC ()tlt'I<Jtlefois) ert ntta- 
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'elnl'llt, ùont se yaBtcnt 
oU\"(,llt parnli nous 
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II nons I"t'
tc encore i, \ oil' 
j Ie 1l1ahonu"1 isnlc ètrnn
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('lll"i,;;tialli
IIIt', et ,i rl
;.di:'I' gre('(I'H', (luÎ sOy rattaehe, 
Ollt 
(,olJ)pri
 (Ian
 eelte catl'!roril'. ()n petit 
uppos('r des eircon- 

fan('l's cpli, IlU\IIl(, i. pn"
('llf, r("\"cillcraicllt Ie fan3ti:'111e df'
 
Inahomt
tan" 
 t't I.. dt'
poti
nH' ru....
e 11(" 
 'n\ ('lIturr pas ù tnuehrr 
nux u
a
t's dc In religion nalionale, ()tloiquïl ùOlllinc son 
C"ler!!(
 " 

 
Ainsi , Landi.., que' la corruption "c di
ling-ue tic la décadcnrc 
par 
()n a(.tion l'lll'rp:icJ1IP dip 
c cli
fing1lc dOtln df
Yl'loppelnrnt 
par SOil carll ,[ 
re trailS "luirp. Cc qui nous donllc tine 
eptil"lnf' 
1'1 d('rni(\J'c Illar(}\H\ (rUn \1'ai dl" t'loppeIHt'Iit. 
COc
lli. fout rc que nou
 :1\'On5 h('
oin dp dire ici des 
ritf'- 
rinlll
 qui uoi\ "Ht 1I0U
 ((tire di..finguer Ull ùi'\ dOppCnH'Ht .rune 
('orruplion. fll'
t dail", 1}(
:1nlnoins, quïls 
Ol)t srUh'n1f'nt dOun 
earaelèrc prafi(lue, et (Iuïl.., He r('po,;; 'Ilt sur aurull principe 
logique dc di\"i:,ion. Les (':\ 'nlplrs pla(.t's 
ous un titre pour- 
rail'uf, dans (lud'IUCS ca
, 
c trolIn'r au
si bien dall
 un autre. 



ClIAPITRE D.EUXIÈ
IE. 


Dl nÉ\TlOPPE.:\!Er\T DES IDÉES CnRÉTIE\
E
 COl\SIDÉRÉES 
PRÉCÉDE
UíE)lT . 



ECTIO
 PREl\!IÈHE. 


DE L.\ PROB.\ß:LlTÉ DES DÉVELOPPE:\IE
TS D.-\
S LE CHUISTlA'ISllE. 


1 0 Si Ie Chri
tiani5luc cst un fait, si la raison peut en faire Ie 
sujet de scs étudcs, ct sïl ilnpriu1e dans notre esprit Iïdée tIe 
lui-n)(:
BIe, ceUe idée 
l' dé, doppera 3yeC Ie tenIps en une sl...i(, 
dïdées qui seront liécs ct ell parfaite hannonie entre ('lies, 
inlnn13hIes et compIi
tes COlnnlC Ie fait extérieur qu "dIes l'epré- 

entcront. L'csprit lnuuain ne peut janmis mlopter 
ÍIllplelnl'nt 
et intl'gr3lelnent un objr.t qui lui cst souluis; il conçoit par yoie 
de définilion ou de deseription. Des ohjcts entiers or font pas 
IwÎ1rc ùuns lïntelIigcncc des idécs cntièrcs, Inais, pour nous 

cl'\.ir d"une phrase I1lathél1latique, elles sont diyisi
('s par 

l'ries, en un certain nOl1lDre (Ie propositions, qui se forlifient , 
se eorrigent rune rautre, et se rapprochcnt, ell se nlllltipliant 
ayre plus ou Illoius lrexaetitudc, de la réalité. II n"y a pas 
d"autn 1 Illoyen. (rapprcndre ou d"cnscigner; nous He pouyons 
enseigncr (Iu"à rnidc tra
peds ou lIe ,-ues qui ne :--ont pas iden... 
tiqucs à la chose Inèn1C que HOliS enseignons. Deux personnes 
apprcndront it une troisièn1c la InènlC yérill', en suiyant ùe
 
I IHl'tltodes, à raidc de r3isonnenlrnts tout différents. lTne Inêlnt.' 
per
onne présentera différclnnlcnt un Jnên1e argtlIucnt dans 
Ull traité ou dans un di
eours, suivant réyénelnent du jour oÙ 
die ("erit ou sui,-ant rauùitoire. <.'t eependant e-c sera l
 InêlHC 
I al'f;Ulllent q \I"dlc el1}ploiera" 



- 10R - 


Plus tine idi'
 aura ùe ,froils i. èll'c I'cganii'c (,OlnHl
 yin1nlC, 
pIu::, 
l'S a
l'l'('ts serour Yarji'
; plus sa Hal tire e
t 
o('i
,le et poli- 
tÌflue 
 pIllS St'
 dé\ eloppellll'llt
 
croHt cOlnpli(lu<"s l't 
uhtils. 
('I plus sa nHtfl'hc 
(')'a longu(' pI rl'IHplie tri'\ élll'lncnls. Tel t'
t 
Ie Chri
tiani
1l1e, et lout C(' qui a lilt', <lit daBs 1(' l'hapitrc prl'- 
el'tlent stIr Ie dé\ t'IOPPCIlH'llt tics iùt"es ell ul'lll'ral dc\ iellt un 
premier ar
III\lClIl ('II faH'lIr dc hon dt'" cloppl'IIIt'lIt prO!:re
sif. I 
()I) peut ohjeclcl' it eela (11It' Il's dOCUI1U'Hts in
pirés, leis que 
les 
aintl's Erriturl's ,.lai
sl'nt ,oil' (Ie suitc ll'urs doctrinl's 
alls I 
nécessiler ùes rceherehes. C('pelldanl iI
 étaieut deslinl's it er("cr I 
nne idél', pt ('('Ill' i(h"c nOt'sl pas dans Ic tl''\te 
;\('ré, Blais danli.: 
rl'
pl'it de ('clui (1'1i 1(' lit. La qucslion alor
 se I'l-duit 
. ...uyoir I 
si ('l'llc iùéc l'
t eOllllllUllitl uée it l"hollllnc uans sa pll'uitudc et 

a plus l))inl1lie1.l
(, l'
aelill}('(' tli'
 
a prl'n1Ïi'rC' pl'rcl'ption, on 
si die gaguc 
Oll CLCur, 
Oll e
pl'iL, cl Hl'ri\ c Ü la perfeetion aY('c 
It"' tours du len1p
. ()n nc saurait 
nutl'nir 
an
 l'
tn1\itg[tllcc 
que Ic tc
tc Uti J.\OU\ cau Teslmllcnt ou un certain nOluhrc dt' 

es li\Tl's, tlnc rOil pourrnil <l(

igncr, CUllllu'('uncl1t rCS(lui

c 
df
 toutes Ie!" fOrH1l'
 flUf' rel1sei
'Ul'n1cllt di, in pcut prendre 
quanti il est (':\po
é à UIlC HHIItitudl' dlH)JHIHes. 
(:c Of' 
crail pns nffaihlir mon nrgunll'l1tation, fluC de I 

l1ppo...er que lïuspiralion fut pour Ics prcluicJ's hOllnncs (Iui I 
1.l'
'urcl1t la l'l'Yl'lation, ('(' (J11(\ It"' fiat di, ill fut pour les plantcs 
t't Ie;:) hcrlws au COIl1111l'IlCClllt'ul UU 1l1oIH.1e, lor
<1u"('llcs' fUJ'cnt I 
erél'l'S dans loute leur 11latul'ité. Car Ie tCllIpS ,iut ('n
uitt' Oil 
crux qui rc(:nr('ut Ia ré\ l'lalion ccs

rcnt (rl'trc iuspir('s, clles 
\ l'rités ré, él,"e
 durcnt leur arri\ cr d"ahol'ù SOliS lI11C fOl"lllC 
"a
u(, (.t 
én('l'all", pour etrc cnsuitt,; cOlnpll,tl'c
 par des d(',,"c- 
IOppell1ents. 
()n ne 
aurait non plu
 élé'\ CI' de honne foi In <Iifficulté (Iue 
trail('r ainsi I.. Cltri
tialli
nle, c'cst Je lllcLtre, en qUdqllc sorte, 
an ni\"l"iI n dc
 
cctl'S l't tll'
 dudriucs tlu nlol1dc, ct lui iUlputer' 
Jt.'s irllpCrfl'ttiollS qui cnl'actériscnt les productions de rc
prit 
fHunnin. C"('
t ('t'riailll'llll'llt dl'grndrr un Oln rn
:e eli, in flue de I 
II, {'on
idl'rcl' SOliS 11111' forme Icrresl]'e; IIwis 011 pellt Cf'Jt('lId: lIJl l 


t' 1(' pt'I'lncttl'e 
an
 irrévl-I'c ne(., pH i
(ll1l' Ie Seigneur lui-nH'.rnc, 
f 



- f 09 - 


I 
on auteur et son maitre, :1 daigné en prendre une. Le Chris- 
tianisn1e diffèl'e des autres religions ct des autres philosophie
 
I en ce qu ïl a de plus qu .clIes, non dans son genre, 111ais dans 
I 
on orj
ine , nOIl dans sa nature, mais dans ses qualités proprcs 
I rt caractc"ristiqucs, étant fOrI11é et vivifii' par un esprit qui cst 
. au-dessus de lïntclligence hun1aine, par un esprit ùi\-in. 
I Extéricurelnent, Ie ChristianisIl1c est cc 
[l
e rApòtre Ie dit 
ètrc, 'Un rase de terre, en tant que rehglon des hon1n1es. 
I Consiùéré sous ce point de vue, Ie Christianisn1e 
randit eft 
I sagesse ct en prnportions; n1ais la puissance llont il disposc et 
les paroles qui 50rtent de sa Louche attestent son origine mira- 
I f'uleuse. 
A n10ins done que ron puisse invoquer queIque raison exccp- 
I tionncHc, il cst aussi éyidcnt que Ie Christianismc, eOlnnl(' 
I doctrine et pratique, se déyeloppera dans resprit de ceux qui Ie 
I rece\"ront, quïl est évident quïl se conforn1e, sous d.autres 
I rapports, dans Ia manièrc extérieurc de se propagcr et ùans SOil 
I organisation politique, aux Inéthodcs générales que suit Ie cours 
des choses. 
2 0 De plus, si Ie Christianisme est une religion unh'crsellc , 
'appropriée nOIl pas seulen1ent à une Iocalité ou à une époque 
I particulière, mais à tous Ies tClllpS et à tous Ics Iieux, il doit 
I nécessaircl11cnt yarier dans ses rapports ct sa conduite avec Ie 
'Inonde qui se trouyc autour de Iui, c 'cst-à-dire qu ïI se dévc- 
, ioppera. Les principes re
oivent une application qui varie 
I heaucoup suiyant Ics personnes et les circonstances; ils doivent 
, i>tre présentés SOliS de nouvelles fornlcs , suivant In con
titntion 
; {Ie la société qtl'ils sont destinés à influencer. C"est ainsi que 
toutes les con1n1unions chréticnnes développent lc
 doctrines df' 
I I r":criture. Peu de personnes conyiendront que ropinion de 
Luther sur la justification n'ait jamais été verbalcI11ent expriméc 
1 1 3yant son (
poque, que sa phraséologic et In position quïl a pri
e 
fusscnt nouvelles, qu .eIles aient été ou non appclées par le
 
circonstances. II est égalen1ent certain que la doctrine de la 
I justification définie à Trente était nouvelle aussi dans ccrtain 
I 


BlBLlOTH. lIIST. fie A
:'iEE. ler OUYR. 


10 



- JIU- 


sens. Ln I'éflltation ct Ie rCllu"dc des err '\urs UP s3uraicnt pre- 
(,l
d(,1" leur npparilion' ct nin
i Ie f"lit (I('
 (h"\('lopP('Illl'nts fau,1 
on des ('orrllptioIl
 appe1lp In Jlwllif('
lation eor)'('
polJllaHte des l 
,Iè\ dopP"lueuts \ r(li
. })e plus. tou
 Ie' parlis en appdlel1t à I 
Jt:erilnrf', c\.
t-...-dire )"[IIlli'lIcnt it In 

illl(' I
crilurp l<\lIr
' 
" .' "" " J f: I 
)'al
OIlnCluent" nH
nle 'lcleu
; 11laJS, cn ari!Ullll'Iltant, I aUl 
til"('r' d('
 dl'duetioB!o- e'('
t-"t-dir.l' (It'\t'Iopp('\r. II n') n iei fltwunl'1 
I 
difrl
"CnCe eIlII"C le
 tClnp=, priluitifs ('t post(,..iClIl"S, entre Ull Impc 
'i1li parle (IX rafhl'r/ra l't nn ilHli\ idu prot('
tallt, 
i l'(, Jl\,
t {flU) 
1(1"'" autorité BOt'st pn
 5:ur Ull pied d"t'
alité. )) 'S deu
 côtt's. il ) i 
a IlH."llH.
 prétc Iltioll à l'autorité, ct ron suit Ie lut'HIC pro('l'dl' lit 
dl-\I'lnppl'llIcnl (I). I 
C't.'
l aiJ}
i tIue la plainte COIDIDUlle <.It'.... Protestauts cOlllre 
rF;.di
r (Ie ROllle t'
t nun-
l'UIl'HH
nt quoelle a njoUI(' nu
 doctl'in('
' 
prinlitivcs ou scripturaires, luai=, (IU'cllc les contrct.lit, el illlPOlOl' 
('11 outre, 
()tI
 la 
an('1 ion (rUn allathhnc, 
onllDe dt's yérilè 
fnntlaJII('ntalcs ce qu o ('llc y 3j0l1te. (Jualll 
HI\. Pl'ote
tnnts, ih l 
'\ui\ cul tlnc llH
lhou 
 ùe ùéuuetion tout a1l

i 
ul}t ile que edll' 
rt'IH"Ol'hl
e i. H001C, c't il
 sc ronfol'lncnt it tics doctrinc
 IJU' 
J'cpOSCIlI SUI' des rai
ons dont on sOl'tnil 3u

i peu rCll<.lu cOInph I 
dans Ics 
ii'('I('s pfl"é
, qll(' tI(} eeIlcs in\Of!tu',(\S pnr Ie
 théolo-: 

icns rnthoIi(llIcs. ta 
uprénwtie royale, la lt

alilé de portel. 
des anne" Ie lIl" oil' ù'un cultc pnbIil', In 
nl)
lilution elt 
, I 
prcnli('\r jour lI(' la sPlnnine nu 
('ptiènle Ie hnptèlllc ÙCS cBfants 

nllt ùes points qui uOoceUpt'llt pa
 dan
 It' :\ou, ('nu T('
lanH'n 
une place tr ;s-prl'l'Hlint'ntc, pour He rien dire tlu priueipl 
font.lalncnlal tlu l}rote"'lanti
lllc, (IHe In nihil' , et la Bible senle 
('400\1 la rcli
ion dl"S Prole
tanr,! Ccs docll'incs cl ce, u,ages 
vrais ou non, lit n 'cst I)(IS la qUC'tiOD (I'li lions Ol"CUpC, :o-on 
adoptl's, 1I0B Val' ::-uite cloun birnpIe nr
unll'nt Lasé 
ur ùes 1110t: 
cl ties phrases plarés SOliS Irs ycu
, ulais par Hit dé, l'loppCnH.'H 
opl'ré à IlOU'C in
u des itll'CS IwhitHclJl'S i. rc
prit. 
:)0 Et, en \"érité, quanti nous an:i\ erOIlS i. ronsidl'I'f'f ùe
, 
doetrine
 partieulit\rcs au
(plcIlcs rErriturc nunehe Ja plu I 


(1) Voir Proph" OfT", \'11, où cc rar3J1i'le est l'oussé plus loin, quoiqu' 
.tans UII autre Lut. 



-111- 


! 
rand
 inlForlan
l', nons Y('rrons qu'elles nc 
aurnicn
 ahsolu- 
Blcnt être renfcrnlées dans Ie tc-xie pur et siInpIe de rEtrÏture, 
i 
j cUes sont destinées à ètre autre chose que des mots el 
, 
transmettre une idée préci
e it celui qui Ics reçoit" Quand il .

t 
, <lit que Ie rerbe se lit chaiJ
, trois gl'ande
 questions se pr(
sentent 
: à nous sur ce sinlplc énoncé : Qu'cntend-on pm" Ie rel'be? 
qu 'cnt
nù-on pnr chair? qu "entend-on par se fit? Pour rrpondn" 
I à ces question
, il raut se liyrer it un tnn ail dïlH estigntion, er 
lies n;ponscs sont des déycloppenlents. En outre, Ies rèponsf'
 
I faites soulè, cront une série de questions secondaires; et aifl,i 
I 
I fan arrive à obtenir pour résultat une 111ultitude (Ie propositions 
I qui se groupent autour de Ia phn'lse inspirée d'oÚ elles vienncnt.. 
I en lui donnant cxtérieurCl11ent la fonne (rUne doctrine, et l"n 
I créant ou approfondissant dans resprit lïdée que nous en 
n on... 
icon I c l 
uc. " I I · I , , d I . E ..." C' " 
cst \T3I que, {ailS e cas ou cs enonces e cnture-
mnte 
I I . " I I "' , 
sont (es Inysteres, I s ne sont re atIVf'nlent a nous, que (J('S 
mots, et ne sont pas susceptihlcs d'être dé\ eloppés. 
Iais COlllme 
un 111ystère iUlplil[Ue en partie ce qui e
t incoI11prèhensible, de 
mènlC il iUlplique en partie ce qui ne rest pas; il iU1pliquc une 
I manifestation partielle ou une repré
rntation bornée , parce qut' 
310r
 il est conçu en partie, ct qu ïl peut ètre déycIoppé dans 
rctte nlesure, bien que chaque phase du lléycloppement se sen- 
tira de rohscurité et de In confusion de Ia Pl'culière ilnpres
ion. 
4 0 On doit cGn
idércr en outre que Ics sujcts dont traite 
rÉcriture I'cnferrnent de grandes questions dont rÉcriture ne 
I donne pas la solution, et qui sont cependant d'une nature 
i 
pratique, qu 'on doit leur faire une réponse, rt;pon!'(" que nOll
 
dcyons oLteni.., à n10ins que nous ne supposions une nou, elle 
réyélation de la ré,élation que nOllS avons, c'e
t-à-dire un 
! (léyeIoppenlent. Tclle est la question du canon de rÉcriture et 
,de son inspiration, celIe de sayoir si Ie Christianisme est basé 
I 5tH- un doeunlent écrit conl111C Ie JudaÏsme, ct, dans Ie "':1
 
i d'une réponsc affirnl
1tiYe, quels sont ces ÒOClllnrnts. quel en 
, e
t Ie n0l11Lre? Puis si ce docllluent sïnterprête lui-Inên1e, ou 
'
ïl a besoin ù'un conlmcntaire, et sïl nous a été donné nn 



- 112 - 


c"o!nmf\J}tain"\ rai
ant nntOJ'ih
, ou un ronunenLateu.' qui nit lei 
peHH oil' de lïntcl'prétcr? Si la ré, i'lation c.-t Ie dueUlllent out I 
une \"all'ur e

ale, ou 
i rUll tie, deu'\: rCIHpOl"lC 
ur rautrc,1 
("est-ia-di."c si la ré'i'lation no us arriyc un nOlI ell partie par eCI 
l1ocllllH'nt l'I en partie par la tradition'! ou CIltOn
 si It' dorulllrnt 
n'est (IUC pm'tielle'nH.}llt la rc
,"latioll, la n',,('latioll dans unl 
()r

aIlC non illSpil'e
 ou la ré\"rlatioll ayre dc
 addition
? Tuutesl 
It..'
 question" llue nou
 't'IIUH
 dt.' po;,er HC trou, ent sÙrclllcnt 
(Ic sulttl ion Hi tlans la leurc dc rt:cl'itu."c, Ili dml
 rapproton-: 
l1i


.nl'nl dn (e'l(
 pour la plnparl des hOIHHles, qud(IUC lon
uci 
c'l aetj, C (I ue 
oil rétlule ((1.1 ïl
 puisscnf {'II faire. Cl"
 difficult{'s. 
autanl que' 1101.1' pCHH OilS CIl juger, u 'Ollt pas non plu
 étè. 
résolues par' oic ù'autoriti', au eonlnu'nCeIIll'nt du Chri
tialli
luc, 
C'I l'llU'IHI..llt rOil t'oll
oit (IU"UIl apÙlrt' eÙt pu les résoudrc tonICS: 
en cftldclurs IlIOt
, 
i 13 S3
rssc di, int.' rcÙI trou, é cOll,.cnahlc. 
'Iais, ('II {'(lit, Ia (It
c:i,ion a i,té ahalldolllléc Uti lenlp
, à la, 
Jlwrehe leHle' t.lP la pen
(
e, à lïnl1uf'llt'(
 de rc
prit slir rc'prit, 
au\. n

uJtals ùc fa eOlltroYcr
c et au cléYcloppe.nrnt de ropinion., 
J>1"('nOll
 Ull autre c't.'IHplt.'. Sïl est un point 
ur lC(IUel it eÙt élé 
Jé
irablc (r...yoir, tli', Ir prilleipc', UIlP ri\gh
 préeise å :-'Ui'T('. 
r"e
t toudwllt la eondui(c clue de, pareIll, <:hri'liells 
onl ohligé
 
de tcui." l'1l' ('rs leurs cnfallt
. II :-.crait naturel cpI'un pl\rc: 
dll't"licll, en rah
t'ucc ùe toule Jirection précisc, p.'éSClltÙt :,(}S, 
enfanf
 pour èlrr hapti
i'
; l"e 
l'rait, dans cet t'\l'Illplc, Ie 
dé, eloppeul(,llt pratillue dc sa foi eu J('su
-Chri
f <.'t dc son 
:Ullonr pour 
a pro2;t"nitu.'c. Cl't ae'te, ('('pendallt, Licu qu'e\ig
 
Cl"\IHllle ni'cc
saire, est un déyclopPClllCllt, l
t, aut3nt l(Ue nou
 
Ic 
a' OJl
, il u'a pa
 étt' pour, u c't cc Lc..oin pal' la ré,-i,13lion . 
tcllc cpI'clle n éte
 òOlllléc dan
 rori
illc. 
{Tn aut.'c yaslC ('halHp ouyert à b pell,éc, ct qui cst plein tic 
eonsicli'r(ltiolls pra(iquc
, {\
t rclui (fur nOlls offrc 13 qucstion 
des cffels tIu haptêIllr. Ct.'pendant, aulanl que nos t'ollnai

nnccsi 
pennettent d'en juger, re 
ujct n'a (
li
 que particIlclllrnt touchr 
par le
 \pòtl'l'
. La dottrillc des _ \ ptþll'e
 c"t, S3n
 aueun doute,! 
(plt.
 Ics fit.lt'lC's qui s'npproelwient de rc 
3crrlnrllt 3' ec fm l 
('t }"rpcnlir, reccyaicnt la l'i'ulÏssion dc leurs pi'chés; nHti
 
I 



i -il;)- 
fl'ouyons-nous qnelque indicntion d"une secondc rén!Ï

ion dl'
 
I péchés cOllunis apn
's Ie haptêlue ? Lcs Épìtres de 
aint Paul" 
; {Jlli scnlLle devoir fournir une réponse à notre qucstion, ne 
, renferIllcnt rien lrexplicitc à ce snjct. Cc qu "cIles discnt daire- 
ment n'tulloindrit pas la dif1ìculté, à savoir, d'al lord, que Ie 
I LaptènlC est dcstiné à effacer les péchés conln1is aym1t de r
n oil' 
reçu, et non ceu
 que ron pourra cOlulncttre; et ensuite llue 
, les fidèlcs fa, orisés du don du baptènlc vivcnt ùans la saintet" , 
I et non dans Ie péché. Conllnent ecUe doctri,ne se concilie-t-cllf' 
: avec ce qui se passe dans rétat actuel de rEglise, tel que now.. 
I Ie voyons aujourd"hui ? 
Si ron considère qu ïl a été expressélnent prédit que Ie royaunl(} 
, des deux, conUlle Ie filet du pècheur sc rCJnplir3it de tontc:"' 
I 
ortes, de poissons, et que" lïvr3ie er?ìtrait avec !c Lon grai
l 
I Jllsqn au Inoment de la nlOISSOU, on s'nssurera qn on ne saur:ut 
inlaginer une question plus grave ct plus pratique que celIe 13is- 
, séc indécise p3r Ie dÏ\-in .Auteur de la révélation, à n10ins quïl 
, n"y ait dans cettc ré, élation luèIne des éléments de croissance 
i ou de développcmcnt. En nous en tenant à la lettrc de rensci- 
gnenlent inspiré, I[ il n'est pas un de nous qui nOait outrepassé la 
lilnite des ressourccs offertes par la révélation, et qui ne se trou\"í' 
en eonséquence abandonné aux n1iséricordes infinics de l'an10ur 
ùi\'in, dont. Jesus-Christ cst plcin, n1ais qui n 'ont pas été forn1rl- 
len1ent fixées dans scs décrcts (I). I) Si donr récriture a hesoin 
(rUn c0J11pJérnenL, la question se réduit à sayoir si la défcctuo- 
sìlé apparente ùe scs doetrines n'cst pas une pren1il
re prohabilité 
en faveur de ropinion qu "eIles dcyront ètre dévclopp
c
. 
II est un autre sujet dOull raractère pratique n10ins in1médiat. 
sur IequcJ rÉcrifure, strictclnent parlant, ne garde pas Ie 
j- 
lence, Inais dont clle dit si peu, et asscz de choses cependant 
pour que ce qu'elle en dit fasse sentiI' Ia nécessité de pous
rr If':' 
I recherches au deIà de la lettre ùu te:\te, - nous ,ouions parler 
I d(
 rétat interInédiairc en tre Ia mort et la résurrection. Considèra n f 
I res
ace de telnps qui sépare la prcluièrc venue de Jésus-Cln-j..t 


(1) De la Justificalion, le
on XIII. 



- 11 
 - 


.Ie Ja scenndl', les IniJJjon
 d"Ùlncs fÌtJl'll'
 qui sont dans rnttenff' 
 
et lïllll"rèt illliIlle que ch
Hlue ehr<"lien éprouve i\ 
3Yoir ([uel cst I 
eel élat, 011 anrait pu 
:atlclldl'e à cc (Iue I"lteriture se scrait I 
l'
pl'ilnéc it ce 
lIjct d"unc nmllièrc c
plieite, tandis (IUC, par Ie I 
fait, sc
 indications sOllt courte" et oh"curcs. 
ons pourrions. 
en \"(
rilf
, boutellil" que ce silcllce a i,tt
 
ardé a' ee intention.. en J 
,"ue ùe Ùl'c'ourager lcs théoric" ...:ur cc 
ujet, =--i ce Il"élait, C0l11BW I 
dans la (Inc
tion de notrr l'tat apr(\s lc haptl'lllC, cclte circou- 
stancc que SOil cll",cignclllcllt sClll!Jlc rcposer 
nr unr hypothèsf) 
 
qui est inapplicahle 
t I"t't:1t de rE!lIise ùepuis ri'pO(IUC ò"où it 
datP. 
Dp llll\lnc quc rÉ('ritur
 rega."ùc Irs Chrétien..., non conllue 
(Ie... IÙehes, Blais COlnnIe de
 
aillu;: de JllènlC tnb
i die f('pri'- 
sentp apparcllullenl Ie jour ùu jug-cHlcnt COllllllC illll11édiat cl 
lïntcryalle de rattente conUHe dc (,OUI"tf' t1uri'p. Ell... lai

e c1an
 I 
. I 
Ilolr
 c
pl"it lïnll))"C,,,ioll gi'néralc qnc Jé'us-Christ doit re,'cllir 
sur la terr(\ tout à roup ,! dalI
 un telnp
 eourt ; )t ('lie rcprr- 

 'nte lcs nffail"cs de ce 1l1ontlc rcn\'crsée
 par _ (( la di,trc;o.se 
nrtnclle, )) les pc..
i'ellleurs prc
sant", le
 chréticllS pur
 et dans 
raltcnlc.. sans tlcHlcure, san'i place pour ra'{'nil
, et Ir"ycux fix(

 
Yrr
 Ie t'il.l. 
Iais l
s l'irconstullccS c\.térieures ont changé, ct, I 
1 " I 1 " . " I f: " I 
H\ cc C"r c H1n
en)('nt I (C\ Icnt nee


mre (e alrc Ulle autrc ap- 
plication ùe la parole ré\'éll
c, c 'e,.t-
l-ùire t(uc nOllS avolls Lcsoin 
(rUn tit" eI 0 ppt.' fill' II I. .L\ ri'poC(tlc oÙ Il's Hat iOIl
 fun'lll eOll\ crlic:, 
et oil Ie crilllc pré, alait, rl

lisc Sè présentait. d" Ull côté , COIUIlU' 
(
tahli
srIHrnt, ('f de rautl"e, ('OlllllH' 

 sti'nle qui ,'cHait porter 
relllèùe au tHai; Ics passa
es de rl
rrilurc aidi'rcnt ct dirigl
rcnt 
Ic t1é,-e)OPP('lllt'nt, qui, a\ ant, était ùe pcu ùïluportancc.l)e Ht 
la tloctrine de la pt
nitcncc ('OJUnle conlplélllcnt de ccllp tlu 
baptên1C, ct celie ùu purgatoire C0l1I1l1C e\.plication (rUn érat 
intcrn}(
diaire" Cc dc'" rloppenlcnt tic In ('1'0) anee ori!-!inale ('st 
i 
raisonnahlc que, récenllllcnt, qlwnù on cssa
 a de traiter It', 
hapt<\ITIe 
ans In doctrine de la p(
nit('nl'e, ('clt.. tcntatÏ\ e fut 
accu
éc dc no, atÎnuisnlc pal" dcs lncluhrcs de rl
glise d"_\nglc- I 
terre, t:1ndis que d
"
 Pi'i1Sl'UrS hi,térot.lo\.cs out dt'jÜ nlis en 3Y31lt I 
la .Iorlrine Ùll sOlnuleil ùe rtnHc eOHlnlC la scule {Pli puissc êtrc' 
o
)ro.,i'c a, cc suecès tt In croyallcc tIu purgatoirè. 



- 11ä - 


, \insi nOli!' arriyons à prouyer que les développen1ents tiu 
I Chl'istiani
n1e étaient dans Iïntention ùe son diyin auteur, pnr 
: un argluncnt senl blab Ie à celui qui HOllS fait rcconnaitre une 
: intclligence ...lans Ie SystèU1C tIu ß10nde physique. Quel que soit 
, Ie sens ùans Icquel il est pern1Ïs de regarder Ie besoin el ce qui 
Isert à Ie satisfaire, COlnn1C preuves (rUn dessein dans la création 
visiblt, <.Ie Ia Inèn1e Inanière, lcs Incunes, 
i ron peut se 
er,'ir 
. de ce 1110t, qu' offre la structure de Ia croyance de rÉglisc 
 
. rendcllt prohable que Ies déyeloppen1ents, nais
ant des ';érit.és 
I qui sont autour (relIes, étaicnt destinés à Ics ren1plir" 
On ne saurait 10yaIcnlent nons ohjccter qu 'cn raisonnant 
ninsi HOliS nons 111cttons en contradiction avec Ie grand phi- 
I lo
opIH"'} qui dit : It En supposant que Dietl nous accorùc, 
par fa réyélation, une IUl11ière. et unc instrucfion qui ,-iennent 
s"ajontcr à celIe,; que nous ont donn
es In raison ct rexpériencc, 
nous ne SOlnn1CS en aucune façon jugcs de décider par quellc
 
Inéthodes ct dans queUc proportion cette lun1ière surlwture]lp 
ct ccUe instruction Hons seront accordées (1) , n parce que cet 
I auteur parle du jugen1cnt qui scrnit porté aY3nt quc 13 I'éyéla- 
lion nous fÙt donnée. Butlcr ohserye que t( nons n "aYOHS aUCtIn 
principe de raison sur lequel nons puissions DOUS appuyer pour 
I juger à l'ayance conunent ron doit s"attendre quc cette réyéla- 
tion nous sel
a transmisc, ou ce qui serait plus conyenaLle au 
systèlne dh in de gouvernenlcnt, ]I sous différcnts rapports; rnai
 
Ie cas n 'cst plus Ie luêulC, dès (IU "une ré\-élation cst accorùée, 
car alors un précédcnt, ou cc C{uïl appcllc unprincipe de raison, 
nons est acquis, et nons pouyons, sur cc qui cst nlors plaré 
I entre nos 11lains, juger si nous devons attcndre daYantag
. 
Butler, ainsi que Ie n10ntrc un pas
age hien connu de son 
OU\Tagc, est loin dc nicr Ie principe l'un déveIoppemcI
t 
progressif. 
?So La nu'.tho(lc de réy('lation suÍ\ ie dans rÉcriture confirn1e 
nbondan1n1cnt cette 3nticipation. Par exclnplc, Ics prophéties, 
! s'il en eùt été aiI1si, n'a,-aicnt pas bcsoin tie fournir un nlodèlc 


(1) Butler's Anal., 11, 3. 



- t IG - 


-It\ d(
\ elOppe111rnt. Dl'
 prc.'didions 

"pal't
(,s 
uraiLnt pH èu'(' 
rasscluLI.',cs par Ie tCHlpS; tI., nouvcaux apt'r
us sc révi'lcr: ulle 
('OJllwi

ill}('e In't'ri
(' anrait pu 31Tiycl' par ÙCS conl111uuicalions 
in(lt-p
Hdantcs Ics Ullt\S de
 autrc
, COHllne rl
Yangill' fit" 
aint 
Jean ou les "
pìtrl's tic saint })aul sonl sans hai..:on 3\ CC Ics tJ'oi
 
prl'lnicl'S 1
\an!Úlcs, quoi(ll1e la cIoetrinc de dwquc apÔtrc SOil 
un développellll'llt ùe lcur 
ujct. En fait, tcIle ll'e
t pas la natul'C 
de la re'\ ("'Iation; 1}13is rile pré
enh\ nTH' 
uite de dé\ eloppt>- 
JUCllls : Irs prrluièrcs prophélies sc COluposcnt de tc
tcs fécollt.ls 
(rOù I('
 prnphi'lics 
uhsi'qucnh."
 
ont t-ortit
; dlc
 
OJlt eOJlnue I 
dc, t) pcs. Ce u 'est pas qu 'UIlC yérilé SOil ù'ahol'd HIlIlOIU't'C . 
puis UJll\ (lutl'e. La \"érité entii'rc, uti la plus grauùe partie <.Ie I 
('cUe yériLé, est annoncéc tout it la fois, fllai
 sculenu'nl dans 
dt.
s I'lulilllcnts on ('OIHIIH" en Illiniature, t't ('lie cst cnsuitc 
dé,'eloppéc, {'tentluc dans toule
 ses partirs à luesure (Iue la 
rt"\"élalioll 
uit 
Oll COllJ'
. La seUlcnce ùe Ia fCllllllC dC\'3Ït 
."'{'raSl'r la h"te tlu 
crprnl, Ic 
ccptrc })(' dcyait pa
 sortir de I 
J uùa, jll
<Ju"à ce quc ,ìnL Cclui à qui étaiL réser\ é de ..éunir lcs I 
peuple
" II d(', nit ("Ire r..\.huirahlc, Ie Con
l'illl'r, Ic Prince tie 
la pai
" La question de ll
thiopiell sc préscntc i. rcsprit ùu 
IC('ll'ur: (( ])c (Iui done parlt" cc prophètc?)t Chaque Hlot c-xigc un 
rOlnIlH'ntai,"c. .\us
i , est-cc unc théorie fréqucnlc ùes iUlpics 
 
de sOiHcni.' que lïdée Illes
iallit.{Hc, t'tHHIIIC iIs rappCn
Jlt. I 

 'e
f dé\'cIoppt'c gl'3c1ucllelllcnt dans rCSp.'il des J uifs pnr 
rhahiluuè continuelle cl lraùitionnellc de la contclnpler, el 
flu'dle a ncqni
 scs t'ntières proportions par un procédé purc- I 
1l1cnl IUlln:.in. ,Ju"\(fUC-U" il paraìt certain, sans clupiéter 5,U." 
la doctrine tic lïnl:ipiration, ffilC Ics liYI'cS dc lit Sag-e"'
c ct de 
rEc('lésia'liquc sonl dcs développclucnts tics éerits des prophèlrs
 
r'_I'l'illlés on IHi
 an jou." 
OtJS lïnf1ul'llcc de
 idées COnr
lJlt(':, 
dans la philo'\ophie grcc(luc et ultéricurclncnt auoplés ct ratifh'.s 
par rApòtrc dans son épìLre ::lUX Iléhrcu'\" 
.\Iai..; 13 ßihlc entii'I'l', ct non pas sculclncnt SC
 p
l'til's pro- 
phéti(IUe
 , e"l écritc sou", lïllflllf'IlCe ùu principe des dé, eloppc- 
IHents. ..\ n1c
urc que Ia ré'"l'lation ('nntinuc , rile cst toujol1r
 
nouvelle ('t ccpcnd3l1t loujours anci
nnc. Saint Jean, qui la 



- Ii7 - 
eonìpll,te, déclare quïl n'écrit p3S C( un nouveau COlTIlnandcrnent 
pour scs frèrcs, )) 1l1uis Ull ancicn comn1anden1cnt qui leur 
r I( a été fait dès Ie C0I11Il1Cllcen1CIlt. )) Et il ajoutc ensuite : I( Jc 
,ous écris un nouvcau cornn1andcruent. " Le Inèlne tlé\"eloppe- 
Illent est indiqul' dans les paroles de N otre-Seigncur sur 13 
Inontagne, ainsi que nous raYOnS déjà fait rcn1arquer: (( Xc 
pcnscl pas que je sois yenn pour détl'llire Ia loi ct lcs prophètcs
 
mai
 pour raccornplir. " II He rcnyerse pas; Inais iI perfcctionne 
ce (Iui était auparayant. Ainsi, en ce qui rcgarde la ,.ue évan- 
I géliquc ùu ritc tlu Sacrifice, Ie rite cst lrahord ordonné par 
'Ioïsr, ct Salnuel llit cnsuitc : (( OLéir vaut 111icux que 
saerifier; 11 puis Osée : It J c yeux la nliséricorde et non leg 
I sacrific
s;)) Isaïe : I( L'rnccns ll1'est en aholnination; )) )Ialachie, 
dècri, ant Ie tCHIpS de rÉ, angiIc, parlc ùe. ([ roffrande pure ,. 
de farine de frolllcnt; et X otre-Seigneur cOll1plète Ic dévelop- 
I pcmcnt quand iI parle (radorer Ie en esprit ct ,.i'l'ité. " Sïl re
tt' 
encor'c quclque chose it expliquer, on t.rouyera cettc explicafion 
dans rnsage des prcl11ières annécs de 11
glisc chrétienne, cn cc 
quïl Illontre que Ie sacrifice ne fut pas aboli, lllais que la yérité 
ct respl'it y furent ajoutl'S. 
Dc plu
 , I
s 1l1axinles (errata) ùe Notre-Seigneur et de SC!I; 
, \pòtres sont d"unc ronsH'uction rmhlén1atique , qui suit paral- 
It.lenlcnl les ré, éIrttions prophétiqllcs que nous 3sons lllention- 
I néc.5 plus haut; clIes rcnfcnncnt des prédictions aussi hien que 
ties prérepte
 de doctrinc. Si donc les énonct
S prophi.tiqnrs out 
ell Ie dévcIoppC1l1cnt qui leur a réelIelllCl1l été donné, {.I"ahord 
par Ics rén:'lat.ions successiycs, et ensuite par Ies (>Yénen1ents, 
, il cst probable que Ics énonciations doctrinales, politiques, 
rituelles et n101"ales qui ont nne luème construction, rcccvront 
aussi In InênlC expansion. Ainsi en est-il de ces paroles: Ie Ceci 
('
t 1110H corps, }, ou (( Tu es Pierre ct sur ccUe pierre je båtirai 
mon )
glise, n ou (( Lai
sez les petits cnfnnts ycnir it n10i, 
 on 
I t( Celui qui a Ie cæur pur yerra Dieu. )\ 
A rappui de cc caractère de rcnseignclllcnt tIe Notre- 
Scigncur, ron pellt citeI' aycc it-propos ]e passage suiyant : 
t{ Les paroles qu 'on a recueillics de lui et ses 3CtCS pcnJant qu
iI 



- 118 - 


ëli.llt SUI' la tc!"rc... sont conune lcs ùédaratiolls ct Ics aetcs d'un 
1(;gj
lafeur. I)al}
 r \nci('u T('
tmll('l}t, Ie Dil'H TOHl-Pui

('nt I 
prodUIHC {I'ahoru les di\. eonllllnlldl'llll'IlH 
u.. Ie JHOllt Sinai, ('I I 
il I('s écrit el)
uill'. ))(' 11il-IUt', 
of..e-Seip:ueur :1UHOnee ù'nhol'tl 
SUI' la luolltagllC 
on I
, anu-ill', reHferll
allt it la foi" 
cs pro- I 
nll'

es ct 
es prl'
ep(es, l't 
e'" t',\ (}1l!!.éli..;L"s Ie recueillenl plu, 
fa rd. En outre, ('I} annoll(:ant lï
Ynngill" il parle ell suÏ\ ant 
un' Illal'chc parulli'lc uu\. ùi\. ('OI1lIlHH1U{'1l1cut", el 
Oll 
I
 Ie 
4'UI'I'cspor1!l, CII JIII\JII, ICJllps, it rautorill' lplïl (IiI ;1\ oi... II a ('('1 
('m"ach"rc S(lll'lllld.. U1CSUrc', ef 
c'" l'rc' qui porte avec lui h"IHOi- 

Ha
è (juïl flppflr.it'llt 
I {'l'lui qui parle ('OllllllC :IU('UIl hOllHIlC 
ne 
aul"ait parler. Ll'
 héatitudes par Ics{)udll'''; déhutr 
on 
s\.'rn10Il 
olll Ull e'l'lllpie <It' ec :,t
 Ie inC'OUl'llUnicaLle qui c'ou- I 
,il'nt , i\ulanl que d
s paroles hnnwÌncs pru\ èl1t Ie rcndl'p i. un 
lJicu incarllt',. 
I( CC 
t
 Ie Il't'
f I'tlS parlienIic.. an 
crnl()n tie la IItonta
nl". II 
appal'aÎI it II'a' ers tou
 I:'s I
, an!::"iles, sc di
tillgue de toule
 Ic... I 
aulr('
 parli('
 de rEt'l'iture, ('t 
e 1I1ontrc dans <<Ies drtlaraliou, 
solellndlr
 , dt'
 ri'gIt's de
 
elllt'IICl'C\ et d<<'s paroles, ('OlllllIC I"h 
It\,i:--lalcHr:o\ l'1l ÙOIHll'llt, cf qui 
l
I'\'ellt t'1I'UiLC' de h?\lt' a u\ 
C"()llllnentail"l'
 d('
 h;
i
tc
 l't des t'('ri\"3iH
. ,,\
"'ul'l'lnl'llt tout ('t' I 
'\. "' " r I ' l' " , " , "I 
<<Iue l.,otrc-
t'H!llellr 3 ( II el a lUll c,t turactense par un Hll'Wllgt' 
<<J..' 
illlpli('ilé t't <<Il. lit) stl'rc. Ses adioil
 elnhIl'nwtiqul's, 
('
 
luira('lcs th
ul'atifs, ses paraLoll's SCS répoll
cs, se
 ("cu'urc"', 
:o'onl It,
 prt'H'.(,
 d'une U':'i...latlll'e en 
t'l'ntl' Cpl; (Ioit ('Ire dl'YC- 
Inppl'l' pal' la suite, (('un ('ode de "l
rilr di, ill{" de....tiné à l'lre 
eon4aUlllll'llt sons Irs yell' des honlulc
, à tI,-_', cuil" un 
llj('t d
 
r('('ht'l"chcs {'t dïnterprt;tatioIl
 ('I nn !-;uidc dans la {'ontrO\"CI"
l'" 
C( En ,érité, en ,él'it(', , jc 'ous Ie dis ; )t nlais, "jc, ous Ie dis 
sont des forllt{'
 dt, )angflge ({Hi [lppartienllcnt à un nWifl"C 

uprêlnc el It Ull prophi'lC. 
I( Le
 Pere
 park'lIt <1(' In IiH
'IIIC nmllièrc de 
on enseigllc- 
Inent. u Se
 discour
, ob
crYc 
[lillt .1 u
lill .. étaiellt courts l't 
,'oncis; it n "élait pas rhétori('icll: n1ais 
cs paroles [1\ nit'1l1 fa 
pui
s3nr(' de ])icu. )t S
int Ba:o'ilr s 'e
pl'inH' ain
i : "CI13qUt' 
acre ct e}H'lqUC parolc ue notrc Sau\'cur J(
su
-Chl'ist est lUll' 



- 119 - 


couronnc de piété ct de ycrtu. Quanù done '"ous cntcndez 
I rapporter ses paroles ou raconter scs actes, n 'écoutez pas erla 
: cOßune en passant, ou ù'une lllanière ordinaire et eharnclle ; 
BUtÌS pénétrez dans la profondeur de scs conten1plations, ct 
rccc,l'Z les ,éritl
s qui 'ou
 sont n1ystique1l1ent enseignécs. It 
\: COI11n1e cxen1ples à rappui, je renyerrai d"ahord à son 
()ntrf'ticll a, ce Nif
odème. 
 ous aurions de la peine it conccyoir 
qu ït n "ait pas 
 durant sa yisite, ùit autre chose que ce qui nou
 
est rapporté dans rÉyangilc de saint Jean; mais ce qui nous en 
a été conscr\é porte ee earaetère particulicr qui eonyicnt it un 
Il'gi
Iateur diyin, ef qui était destiné à rusage perprtucl de 
l"':gli
e. Ce qui nons est rapporté de eet entrctien con
:isfe en 
énollriations conciscs et féconùcs sur Icsquelles on pent ècrire 
tIcs YOIUIlICS de C0l11n1entaircs instructifs. Chaf{ue phrase cst 
une rl'gle de la yérité divine. 
( 
\: Son di
coul's nux Juifs, dans Ie cinquièlnc clwpitre de 
rÉvangiIc scIon saint Jean, en fournit peut-ètrc un exemple 
CHl'OrC plus frappant. 
I( Ohscrvez encore de queUe manière les é, angélistes recueil- 
lent scs paroles, quoiquïl n"y ait eu aucunc liaison entre cux, 
ab
olunlcnt connne s'ils l
criYaient sous l"iInpression d"un ordre 
dilin et ayec la conscience qu ïIs rl'digcaient un code de doctrine 
ct de précepte pour I"Église. _\.insi, par exen1pIe, saint Luc à 
la fin dc son neuyièlne chapitre, etc..... II y a lit six déclarations 
solcnnelles faitcs rune après r
utre a\'cc peu ou point de rapport. 
(( Lc ,-ingt-dcu\.ii'111C chapitre de saint 
13thieu nous fournirait 
une série scmhlahlc de m3xin1cs 

}Crèes; ou encore Ie dl'i- 
huitièn1e, dans leql1el des yersets séparés, bien que se succédant 
avec un peu plus de rapports entre rux, sont neanIDOins COffi- 
plets en cux-Inènles ('t très-inlportants. 
I! Personne ne peut en douter : conUDe les récits de ses miracles 
fornlent un ensenlblc conlplct de signes dh ins, de mème 3ussi 
ses parolcs forlnent un enscInblc ùe leçons. 
(( Ou cncorr, prenez Ie COßlmencement de sa carrière pro- 
phétique, ct faites attention à ses paroles. II OU'TC la bouche 
avec des accents tic grâce, ct cependant les paroles tOlnhent en 



- 120 - 
phrnscs rourles ct c
prcs,iycs. l..a première : "Connncnl 
e I 
fait-it que ,-ow..; l11e eher{'hez? nc 
a\'ez-' ous pas (Iue jc doi
 
m "oceuper ties [lffaires de IHOIl P("I'C? n 1..[1 
l'rolldc: tt (}ue eela I 

oit uwintenallt, ('HI' il falll que nOlIS accolnpli

ioIlS aiusi loute I 
ju
tiee. )I 1..a Iroisi("n}c : I( J.'eBIIHe, lilt) a-t-il l'1111"(' \ ous ell 
1l1oï! IHon heurc n 't'
l pa.;: eucore ,cnuc. n ta quatrii'HlC : 
. Enle, I'Z ct.
 d.o
cs tit' H., dill' failes pas llllC hOlllÎllllt' tit' la I 
lllaison de I})on Pi'rc. )I 1..[1 l'iuquii'nle: tt Fait('
 pt'llilellcc. tar 
1(' ro) aUIl}(' d('
 Ci('u,\ npprol'he. n 1 
I
 L[I nH
nH_' parlil'ularité 
t' ß10ntre dans sa lutlt
 ayf'l' Satan. I 
II Ie frappe l'I Ie terra

t' , ùe 1l1èlHC quc Va, itltua Ie géant ayc(' 
unp frond(' et une pierrc, UYl'l" trois 01015 tirrs (],. r
\]H'i('n I 
'feslauleul : It L 110lHll1C ne ,it pa, 'CulClllcnt de pain; nwis de I 
tOllle parole 'Iui ('ll1ane tll' la hOl1('hl' de ])ieu.)I - I( Tu 11" 1 
tcntcras pas Ie Seigncur ton ])ieu. :, - I( Tu adorcras Ie Seigneur 
ton Dieu, l'I tn He 
t\"" ira
 (PH' lui 
eul. Jt 
u l)e la nll-lne nlanii're, les c\l'lantaliolls quïl1ìt cutend."p de 
tcnlp
 à autre, lot's t.le 
ou truejt1enH
nt, soul appelées 
es 
cpt 
derllii'rl's paroles. 
t( Dc plus, SC" p
raholcs ('t souycnt scs actions, con1ffiC ccllc
 I 
cic layer Il'
 pil'ds de 
l'
 di
..ipll's l't dt' pnyer Ie trihut, 
Of)t drs I 
t.'\(\n)p1t s tip la nH"'111(' pnrlil'ul[lrilé (I). n 
Ain
i, pui
(juïl ('
t ('(\rlain que lès déyt'loPP(\UH'nt" ùe lê.l 
rè\"l'latinn Ollt ('onlilllJ(
 
ous r[llleicune loi jU!"(IU'
l la 'fin du 
1l1inistère ùe 
otre-St'igncur, (fautrc part, si nons porloll" 
noIre attention sur Ics (-"OIllnu.'UCCllll'lIb de fl'nst'i!rnelul'nt dc:o. 
u 
ApÙtl'cs, après ra
l"cnsion du S[lu\"{'ur, nOll" nou., apcrccYron
 
cluïl n01ls 
cr:1if inlpo

ihlr de d('fcl'lnilll'f 11i
tol'i(lur]n('nt Ie 
point où s'3rrt'le It.' dé\"cloppclncnt de la dO('lril1(" ct celui oil 
la règle de foj fut POS('C nIle fois pour toutes. (
c Il'l'
t pas Ie jour 
de In Pentl'côtc, car saint Picrre :n ait encore 
. apprrndre ;. 
Joppé cc qui Í'tait rclatif au Iwptt'n1c de Cornélius; ce DC fut I 
ni it .JoPP(
, ni à Cr
arét"', enr 
flint Panl aVflit rneor(' i. ('('rif(' I 
ses épìlrc
; ni ilia ßlort des dcrnirrs .\pòtrcs. car 
aint 1
lla('c I 
I 


.1) Prop1t" Orne, , p, 3ä6-361. 



- 121 - 


: 3yait encore à étab]ir la doctrine de répiscopat; ce ne fut pns 
J non plus dans les ann(
cs qui suiyirent, car Ie canon du Nouyeau 
! Testm1lent n'avait pas encore été arrêté. No us ne tl"ouyerons 
I pas eeUe délnareation dans Ie synlbole qui n'est pas une conee- 
I lion d{
 définitions, Innis un sonln1aire de certaines yérités qui 
doivent ètre crucs, un son1n1aire incomplet, et, connne Ie 
I Pater ou Ie dt'-calogue, un sin1ple échantiIlon des yérités diyines 
et surtout des yérités les plus éIénlentaire
. On ne pourrait eiter 
une doctrine qui ait jailli toul d"ahord, onnlibus Ii lU}lcris, rt 
'qui n'ait 

ien gngné des recherches de la foi et des attaqucs de 
: rhérésie. L 'Église sortit du nlonde ayec précipitation, r0I11nle 
Ics Isra{
Iites sortirent d'Égyptc, "ayec leur pÙte qui n"était pas 
I encore leyée, leurs pétrins liés dans leurs yèten1ents et attachés 
I sur leurs épaules. )) 
I En outre, les développelnents politiqucs renfern1és dans le
 
J parties historiques de rt:ct'iture sont aussi frappants que les 
! déycIoppelnents prophétiqucs et doctrinaux. l ne histoire quel- 
I conque pent-elle ayoir une apparence plus hunlaine que celIe 
de la nais
ance et du déycIoppeH1ent du pcuple de Dieu, auqucl 
HOUS ycnons à peine de faire allusion? Ce qui 3yait été arrèté 
dès Ie conln1eneelllcnt dans les conscils du 
f'i!l11CUr des cieux 
u 
'et de la terre, ce qui était inunuable, ce qui ayait été annoncé 
à ::\ioïse dans Ie buis
on ardent, est rcprésenté ensuite comme 
,Ie ùéyeloppenlent d'une idée so us IÏnflucnce de circonstances 
'impréyucs. La Yoi
 dh-inc annon<,:a dans Ie huisson la sortie 
d'Égyptc ùes enfants d"Israël et leur entrée dans la tcrre de 
Canaan, et cIle ajouta con1me preuye de la certitude de 
on 
,dcssein : cc Quand YOUS aurez tiré Ie peuple d"Égypte, YOUS 
'\cn-irez Dieu sur ceUe nlontagne.)) Or, f1e sacrifice ou eette 
fète, qui n 'était qu 'une circonstanee incidente ou scconùaire 
,dans la grande délhTance, et pendant un telnps Ie but ultéricur 
;des den1andes que 
Ioïsc adresse à Pharaon: cc Tu ,iendras, 

{ûi et les anciens d"Israël, dcyant Ie roi (rÉgyptc, et tu lui diras : 
Le Seigneur Dieu dcs flébreu
 s'cst souyenu de nous; nwin- 
!lenant, nous fen prions, laisse-nous aller trois jours dans Ie 


ßJBLIOTH. HIST. fie A

ÉE. fer O
VR. 


t t 



- t 22 - 


ùé.serl pour sacrificr au Sci
neul' notre Dicu. n II est <.lit en
uitet 
que PharaoH I'efusl'rait d"ahord Il'ur denwndc; H13j.. llU "(tprès I 
raectHupli",sclllcnt ùe luiraclc
, il Ies lai

enât partir cHsclHLlp 
 
 
('1, lIe pll1
, tl\ cr des I'ijou\. trOl', tl'ar
("nt et des yètCl11ents. 
La Iu'clnière dl'IlWnde ùe _'Ioï
c fut cOHséqul'IlUHCllt: c. 

OU
I 
(eu prion
, lai

e-I}(Hl' allel' fairl' Ull YO) flge de troi
 jour
 dans' 
Ie désert ct sacriHer au Sci!!lIl'ur noll'c Dieu. It La 
(1pp]it)ue r
t, 
I't'p
tée n' ant Ie fIi-au tIl's grl'lìouiHl'S : C( l..ai

e üller 111011 pClIplc; 
atìn llu ïf Hie 
cl',"e. )t 
 \ (Iuoi 1)l1al'aon répolldit : cc Jc lai:--s
I'Di' 
allel' Ie pcuple nfÌll qu ïl puis...e ::5aerilier au Seigneur. JI L8' 
lleH\andt"' fut réit"rér a\ ant Ie nrau dt's n1ouche
, après Icqul' I 
Phal'non offrit de lai,ser les I 
ra"'Iitcs sacrifier cn E:!\ } )(e. ell 
CJ.. I 
({tli fut refusé par )Io'is(', ponr {'cttr rai"oll quïl
 auraicn! 
I. :\ sacrifier ayant sous les yell\. rabonlination des J


 pticns. It 
I 
ous irutl
 it tl"uis jOlll'S de c1istanee dans Ie déscrt, eontinua- 
I-il, pour 
acl'ifier au Seigneur notre }>icu. n Et PharaoH leu'. 
èU'l'onlc alor.;; ùe fail"c leur S,ìerifiec llan
 Ie dé
cl't: u ScuIenlcnt 
dit-il , 'ous nt
 YOll:; éloignert'z pas trop. )t La denwnùe cs 
sllf'e('.
,..;Ï\ eJnl'nt répétéc 3yuntlc.;; f1éau\. ùc la pe
tc ùes anilnaux 
d
 Ia grèIc ef des 
nlltel'{'lIl's, 
ans quïl 
oit fait lucntion d"autrl 
('ho,.,e (Iue ù'un 
acl'ifice i\ faire ùaw
 Ie déscl'L ])an" la dernièr. 
tll' c('
 C'lJfrc\ liCS, PharaOH Ùelllalltl0 uue c
pli('atiolJ, et )Ioï
 
dt"veloppt' 
cs pl'l'trntiollS : " NOllS irons avec nos cI;fants f 
1l0
 \ ieillards, 3YCC nos fils ct HOS filIc
, H\'CC 1l0
 troupe3ux t. 
1I0
 hardl's; BOUS iron
 parce qlh' nOllS de\"ons cl'léhrer un 
fèlc cn rhonneur du Sei
ncur. n La réponsc de PharaoH indiqu I 
hien que ('cUe dl'rnièrc dl'lltaUtiC était Vlus t
tentluc llue Ie 
p..écétlentcs, car il lui dit : u ..\Ilez Jl1aintenanl, \ ous qui ètl 
hUlllnles, ct 
cr\"cz Il' Seigneul', pui
(IUl' r "cst l'C que YOUS a\'t.' 
dé
irð. ), ..\.près Ie fit'au ùes tént'hrcs, PharaoH 3ccorde I 
ùClnande plus {'tcndue, en en c\peptant toutefois les troupl'au 
f't Ics hardcs. 
Iais l\Ioï
e lui rnppellc qllf' ces choses étail'I 
rCllfcJ"Iuées (Ians It) dClnanlle pl'inliti\ e, quoitlll'clles n"y fu
ser j 
pLlS 
pécifiécs: H Tu do is au

i )Jous donneI' de quoi offrir dl 
f 

acrificcs ct dc
 offrantles à hrÙIer, afin que BOUS pHi
,..ionl 

:I('l'j fi,'r au Seigneur notre Dietl. n J usqu "au drrnier lllomcnt; 



, 
I . 
ricH nÏndique que les Isr3élites doivent quitter rEgypte pour 
tout de bon; ce l'ésult3t tlcY3it ètre ::nllcné par 13 conduite de!' 
E

 ptiens. I( T ous ccux-ci, tes ser, iteurs, di t 
Ioïse, ,iendront 
, dcyaut 1110i et sïnclincront en D1a présence; ils diront : Sors, 
I toi ('t tout Ie pcuple qui te suit, et après ceIa je sortirai. n En 
I 
I conséqucl1ce, nprl's le D1aSSè1crc des prcn1iers-r.és, iIs furent mi
 
I dehors à J11inuit ayee leurs troupeaux et leurs hardcs, lcur
 
I pétrins e1 leur påte, chargés aussi des dépouiIIes de fÉgypte, 
ainsi qu ïI ayait été ordonné, et néanllloins, à en juger d"aprè
 
: les 3pparrnces, ce fut par suite (rUne con1JJinaison de cÏrcons- 
, tances ou de la cOlnplication (rUne crisco l\Ioïsc sayait crpendant 
I que Ie drpart d"Égypte (,tait définitif, cnr il prit avec lui les o
 
, ue Joseph, ct cette craintc frappa bientòt Pharaon, ({uand IHi 
i et les sicns se dcn1andèrenl : ,c Pourquoi RYOnS-nous fail 
ccla? pourquoi avonS-HOUS laissé aIleI' les Israélites qui nou
 
ser\"3icnt? )) 
l\I3is ceUe succession d"éyénenlent
, vague et incertainc 
conune dIe parait ètre, en dC-pit des nliracles qui y édatent. 
3 été dirigée par celui qui dévcloppe graduclIcn1ent ce quïl a 
arrèté dOune Inanière absolue, ct cIle se tcnnine p3r Ie passage 
de la nler Rouge et par la destruction de rarnlée de PharaoH 
qui poursuiyait les Israélites. 
En outre, d"après cc qui arriya qunrante ans après , quand il
 
3yan<,:aicnt ycrs In tcrre prolnise, iI sen1bIerait que Ia prcmière 
cession de territC'ire ne renfermàt pas Ie pays å rest du Jourdain. 
qui était possé>dé par Ruhcns, Gad et Ia 1110itié de la tribu de 
I àlana
sé. Les Israélites yotllurent (i"ahord lai
ser à Séhon Ia 
, tranf}l1ille possession de son pays, sïl leur perìllettait de Ie 
trayerser; et ce ne fut que sur son refns de leur accorder ceUc 
pernlission quïls renyahirent et se rnpproprièrent. 
6 0 II nous faut aussi faire attention à Ia construction et 3U 
style de rÉcriture, construction si pcu systénlatique et si yarii'{'. 
style si figuré et si COlH ert, que personne au prclnier coup 
(fæil, He pourrait préciser ce quïl dit et ce quïl ne dit pas. ()n 
ne saur3it en tracer Ie plan ni cataloguer son contenu; 1ll3i
 
I après que nous aurons fait tous nos efforts, au terroe de notre 


- 1:23 - 



- 121. - 
,ie et 
\ In fin (Ie rlt
li
c, ('l' 
l'ra PIH'orc une tl'rrc i'}("ploJ't
c I 

t <Jui IÙlllra jalllais été sl1l1l11is.'; die offrira lips t'oh'aux et des f 
I I ' I 1 '. I Ù "' I ". J 
va e
s, (l'S orets et ( l'S rour... C'IU, a l t'Ollc ct a 
all('he de 
Holre route, lout près de no.", ,(ui 
t'l"onl ph'ills de thost's I 
IllcryeiJlcu...l'''' ct ell' tré",ol's prl'cieu\.. On UP 
atll'ait :-:oHtcuir 
(funl" dol'frine fJtlPlrolHluc qui Iloc
t I'a
 aeludlclnellt f'll t'ontJ'i}. 
di
f iOll tl' CC Cl' <(Hi a élé al'l'
té, CfH ",-,lie I1\'\ 
C trou, e pas (lan
 
rEerirurt'-Saiutl'. OIl ne 
aurail din' Ù"UUCUIl fhéolo!.!.il'll, ((\tCl- 
que pl'ofol1(I(\ (IUC soit ri'IlUI.' quïl en ait faitf' , (piil 
Oc
t :.\,surè I 
de toutl'
 Ics ùO.'lrilll'
 lll"cll
 n
nfcrI)lc. i'ou
, cnoll... <1(\ fain
 
allu...ion anx rrllwrqtH.'
 de Butler 
UI' t'c 
ujl'l ((UaIHl 11 uil : I 
.. La l'ollll.ai
<an
'
 la plus p:'rf:
ile I't la plus pal'lit:ul
('r(' t
('1 
("c.;: eho,cs, Ull-II, I eLlulc flue I apotre appl'llc pou

ee JusfJu à I 
Ll lJt"rfeefion l"'c
t-i.-dil'e It,tude d.>s doell'illf':o; Ics pIu.;: caehécs 
dl\ Il
\"all;Ûle Cf d.\:,: parties proph"'riflu,,
 dc In l'f
y("lation, 
<Ìl'IlWIH).'llt, rOllllllC Ia plupalt ùe
 eoanai"''''allecs llalun
lIt
s et ; 
ei, ill'
, la rcetifudc de In p."rb("C ('t la plus I})iIHlti('n
(' flttl'lltion. I 
tc... diHiculL ',s it ,uint'l'c pOlll' arri,'cr à la conuai"sanrc, Ù la 
hUllit'r(' Hat UI'l'lIc et 
nrllaturelle 
olll dn )lH.'llle 
enrc. Ef, 
l'Olllnle ill'
1 aclulic; que tout Ic plan de Il
('riture-Saint(' lI'r
t 
pas eu('orc tonlPl'is, uc nH
Ill(" ...ïl alTiyc jallwis à rèf r
, 
l\ aut I 
Ja /;'1 de tuule,') choses, ct 
aIls Ic 
erotlrs dïlltcr\"entinn
 Tllira- J 
l"ulcu
e
, tC doÏl êlre par la route ()IIi nlèllc å la connaissalw(\ 
n
tHrelll' p
I)' la pl'r
é, l'rnnc('\ par Ie progJ'("
 de la :--l'iell('c, de 
la libcrté, et i. raid' dc p 'I'
OnIlCS <IHi so
 seront adollnécs, qui 
.Iuront 
ni, i lc
 illdi('{'
 l'l
parHlu.. <<:a et Hi, illnpl'r{
u;;; on J){'gli
(
s 
pal" la IIIaSSC : .'ar tcllc est la ,oic par la((uell.. s" Opt'rCIll tout('
 
Ics aUH"lioratiolls. I)e
 IH,nlnH's sl'l'ieu'\ 
lIi'-ellt
. la lraec des 
idl\CS oh"'('ure
, (illi 
oat ill('id.'lllcll..lnent n'" élée
 pnr la uaturt'\, 
ou <(ui 
elllLlcnlllaiLl"c dans rC"'I)lait eOllllllC par 113
ard. II nOest 
pas dll tOllt ilH'J
oY[lhlt' qU\Ii1 Ii, ft\ (I('pni
 
i IOligtenlpS (laJ)
 I('
 
JJwin<\ tlèS hOllllllPS, HC contienlle plus (rUne ,érité qui lI"a pa
 
cncorc élé .1
eonYerte : ear les phl'lIului'n.'s í't )f''ì Ino
 l'ns de 
r('rhel't'hc
 .::n
qnt'lil'
 "
ont dues" If's grnnd.'s ("h
rotl' cl'tre:: failes I I 
dnrant rc sll'c1e rt Ie 
ll'rle dernlCl" dans lcs SCICIlCCS natul'clle" 
ont élé au scryice du genre 11l1l11ain plusieurs n1ÏlIiers ù"annér
 



- 12:) - 


auparayant. II ne serait pas in1possiLie que les én:'nenlelJ(
 
fussen1 destinés, à ITIeSUre qnïls s"3ccompliront, à éclaircir l
t 
. 
préciser Ie sellS de plusieurs passages de rÉcriture (1). n 
II est certain (Iue Butler, en écrivant ces lignes, ne pensêJit 
pas à tlc nouveaux articles de foi, ou à ùes doculnents s'ÎInpo- 
sant à nous; n1ais assurén1ent if porte tén10ignage en faycur de 
la probahiIité des dé\ cloppClncnt
 dans la doctrine chrétiennc , 
considérés en eux-luèmes, ce qui est en ce luoment Ie point en 
question. 
On pcut ajoutcr que, par le fait, toutes les définitiollS ou 
jugelnent
 reçus de rÉglise prin1itive ct de celie du moyen-àf<: 
reposent sur ùes passages préeis, quoique quelquefois obscur:ò', 
de rÉcriture-Sainte. .Ainsi, Ie pu"gatoire peut se rattacher à 
I: sauyer par Ie feu, >t et à I( entreI', en passant par de nOlu- 
brcuses tribulations, dans Ie royaume de Dieu. n ta participa- 
tion au\: nlérites des saints pelit se rapporter à cc rece,'oil' une 
récolnpense de prophètc, n pour C( rcrcyoir un prophète 3U 
nom (fun prophète, n et C( à la réception de Ia l'écoll1pensc d"un 
hOlnn1c juste. n ta préscnce réelle à IC ccci est ß10n corps; n rah- 
solution se rattache à res 11l0tS: I( les péchés seront ren1Ïs à reux 
à qui vous les rClnettrez; " rextrème-onction à (( l'oignant 
d'huile au non1 du Seigneur;" 13 pauvrcté \ olontaire à I( vendt'z 
tout ce que "ous 3' ez 
 ,t rohéissance à " il était soulnis à 
e
 
parents; n rhonneur rendu au"'\ créatures aninlées on inanimét'
 
à Laudate Dominu}}l in sanctis ejlts, et adorate scabellulJl pedll1l1 
ejus; et ainsi du I'cste. 
7 0 En dcrnier lieu, tandis que la saintc-Écriture ne nou
 
offre pa
 Ie caractère de son origine on n'affirme nulle pari 
d'une ß1anièrc parlicuIière lïnspiration de ces passages qui sonl 
lcs pIns essentiels, clle pré\ oit distinctement Ie développen1rnt 
du Christianisme, tant COß1IDC fOrIne de goU\ ernelllent que 
comme doctrine. Dans une des paraboles de N otre-Seigneu f' " 
IC Ie royaun1e des dcux est mèn1e con1paré à un grain de 
ene' è 
qu'un h0I111ne prend et sèlne dans son chmnp. Jt Or c
ttc graine 


(1) 11,3; voir 8ussi II, 4, fin" 



- 1
G - 


cst la pIns prtitc de toutes Ics graines; Inais quand rile a ern. 
elle 

t la plu", gnuH.le de'\ pIalltes: die ùe\'icnl un arhre ct. 

eìOIl re\.prc
sion <I., ,nint 'Im
r. It t'lI
 jette de 
Tnnde
 hranchcs, 
SUI" les(plclles Ie, oiscau
 du cid ,icnncnt sc rcposer ct sc logcl
. " 
Dans Ie rui')l1.(' l'hapitre de 
aint 
Iare: C( Il' I'o) aUJUC dc Dieu 
cst 
enlhlahle 
. une SClnencc qu"un hOllllllC aurait jctée ùans la 
lerre; flu"il dornle la nuit l't so Il" c Ie jour, et la SCJuenc(' gcnne 
et 
e déyeloppc, il He s
,il pa') connHcnt, car Ia tcrre produit Ie 
fruit <rplle-I11i'nlc. n II e
t .Iue
tion ici .run l'li'nll
llt iutéricur de 
vie. qur ecl l,I';nlcnt 
oit principe ou ùoctrine, plutôt que d"unr 
silnple Hlallife
tation 
\.tl'l"icure; cl il c
t LOll ù"ob'er, er que Ie 
C3t"a..tère 
pontané nu
si hien que graduel de la erois
l1n('c 
e 
trou, e intli(lul'. La ùe.;;cription d' ccUe Innnière de p."oct'tlcr 
COJ rc
polld 
. et" qni a (>Ii' ob!"cl"' é louchant Ie dl,,"('IoppeIHcnt ; à 
s3,"oir, quïl n"cst reffct ni du dé,ir, ni ùe la l'é.;;olulion, ni (rUn 
l'Ht hou
ia
IHc for('(
 , Hi d"a1.1ClIlI. Il.I.é('alli
IHe de rni
uIlIlCnlCn(, ni 
(rune 
ilnple 
uLtilih
 de re,(u"it; Inais fJuïl ,iCllt d'un pou, oir 
inné (rl'
pa)):-\ion (Illi s"opl'rc dalls rl'
prit ('II 
Oll tl'HlpS (Iuoi- 
que en 
e 
CrYallt ùc rl't1c\ions, ù"arguillent
 ct de In pcnsé(
 
ori
inale, en s"nppuyallt plus Oil JHoil}
, 
ui, 
tllll.'
 eil"con
tane('s. 
sur Ie d,",-cloppCIHcnt rnornl de resprit lui-nll'111e, et dont Iïn- 
fluencc se rl't1ète ,ur lui. De pIu... la para hole ùu Icyain décrit 
Ie (ll', eloppCl11CHI tIe la doctrine sous un nulre rapport, ùans sa 
pui

nnce actiye cl as,inlÏlatl"icc. 
.t\in
i, par la néce
....iti' de
 drcon
tances, ù'après Illisloire tll' 
toutes les secles ct de tous les pal'tis cn r
ljgion, dOaprès rann- 
logie et rC"\f'nlplc tic 11
critul e, nons pou'.on
 conclure que 13 
doctrine chrl.ticnnc aùnlct u
s ùéycloppCUlents fOrIucls, Il'gitilllCS 
.:t 'rai
, ou en ù"nutrcs tcrIlll'S, des dé, eIoppcnlcnts projctés par 
son ùi\"in aulrur. 
L "aJlalogie générnle till fI10Jllle ph
 
iqne 
t InornÌ confinnc 
crtte condusion, aiJlsi que nOllS Ie rappelle la granùe aUlol'iLé 
flue IlOll
 a' on
 di'j

 t:itée (Ians Ic cours dp cctt.e 
cttion. It Lc 
1110ntle naturel l't FOIl .goU\ernCluent, ùit ßUller, offrçllt un 
plan ou un s
 
tènll
, non pas dl'tefluiné, mnis progre
sif, un 
plan ùans Il'<}ucl I"aetioll ùe Illoyens di, crs ùClnallùc un long 



- 127 - 


:space òe temps avant d"ohtenir les)ìns yers lesquellcs its tendent. 
:.e chan
enlcnt des saisons, la Illanière dont les fruits de la terrc 
, c..; 
lurissent, rhistoire luème d\lne flcur en sont des cxemples; 
'
 en cst de InènlC d
 Ja ,ie hunlaine. Ainsi, les corps d('
 
!égétau:x. et ceu'\: ùes aninlaux, quoiquïls puisscnt ètre fornl

 
Jut-v-coup, croissent ccpend3nt par degrés jusqu"à ce qUII!'; 
:rri,-ent ü rétat de nlaturité. De luènle les agents rationncIs (lui 
ui aniOleot. ces derniers corps tendent naturellemcnt à former 
Ìlacun scs proprcs lllanièrcs ct son caractèrc par racqnisitiün 
,Taduelle fie connraissances, par rcxpérience ct par une longue 
uitc (ractions. :;\otre existence n'est pas seuIClllcnt succes
iYe, 
linsi que cela doit ètrc nècessairClnent; 11lais chaque phase de 
lotre , ie ct de notre ètre cst dcstinée par Dieu it seryir de prépa- 
lation å une autt'c; ccIle-ci nous fournissant, à son tour, Irs 
I 
noycns d"atteindre celie qui Iui succèdc : renfmlce nlène à r ado- 
;
scence, radolcscence à Ia jeunesse, la jeuncssc à râge mÙr. 
!.I"homnlc est in1paticllt el il chcrche à précipitcr Ies choses; mnis 
I'auteur de Ia nature se Inontre réf1éehi dans Ie cours de ses opé- 
ntions, et iI arriye à scs fins naturellcs par des Inoyens Icnts et 
uccessifs. II existe un plan de chose
 tracé d"aY3.HCe, qui, par 
,3 nature, a besoin (rayoir à son service des 1110yens de diver
 
)rdrcs et un certain espacc de ten1pS pour nlrner à c:xécutiou 
,
h3cune de scs parties. Ainsi, dans Ie cours journalier de 13 
)rolidence natureIle, Dictl opère ahsolunlcnt de Ia rnèmt" 
nanière que dans l"élablissenlcnt du Chrislianiso1c, en rendant 
Inc chose dépcndante (rUne autre, et cctte dcrnière d"une qui 

st encore plus éloignée, et ainsi de suite, à raidc d'une sér;f> 
)rogrcssive de 1110yens qui s "étendent à Ia fois en ayant et 

n arrière, au dclà de la portée de notre 'He. Tout ce que 
10US yoyons arriycr dans Ie cours de Ia nature est aussi bien 
.In c-xenlple de ce genre d'opération qu'aucunc partie de 13 loi 
"hrétienne (1). It 


It) Analog. II, 4, ad fin" 



- t 28 - 


SECTIOl\ II. 


snt L.\ PROD1DILlT
 D.\
S J.E CIIRISTU
IS3IF D'l"
E Al"TORITË Qt:1 
DtVELOPPE. I 
I 
,. ," I I 1 " I ' , I I ' I 
nOUS aYOHS Inonlrc ßuunlcnant a pro Ja H Itc que cS (CVC 1 
loppenu'llts d1l Ch.'j
ti:1nislne s'opèrcnt natnrelleIllCllt aYec I 
eours tlu trnlps cl qu'on dcyait les atlendre. Nous aYOHS H10nlréj 
rn outre, que res dé\"dopP('lllcnt
, natnrcls ct 'Tai
, ont t',té 
en tant quP nntureJ5 ('t 'Tais, préllli'd!tés pm" Ie di,-in auteur (hi 
Christiani"111e, flui, en traçanl Ic plan ùe son æu\ re, a ùù e 
U"acrr les r(

uhats. Ccs dcrnic."s peuvcnt rlre appcléc;; {run
 
Inanii'rc ah"oluc Irs dércloPPcJJU!Jlts du ChristianisIl1c. Sa,oi 
Cfur rrs d(
,.eloppclnrnts r\i
lCnl, c'esl 
Ùrrlucnt avoir fait u: 

I"and pas dans no" recherches; c'cst un fait ilnportant acquis I 
la di
tu
sion. La qn('
tion qui sc pri'scntc imrnédiatcn1rnf apri 
avoir constaté cc prcnlÏer fail e
t celle-ei : quels sont ccs dévc 
loppl'ln('nt
? Pour Ie th(
ologirn clui peut, d'un conp d"æ 
géIH
ral, clnhrasscr Ie Chri,tianisB1r, ct qui pos
l'dc une connai:' 

anc(' intiuH' et nliHutil'u
c ùe SOil histoirc, res (1t
,-doppcnlCnll 
sCl"aicnt fatilt'lncHt di
tinp;tlrs dnn
 leur t:'nsemble pm" leul 
('arDCll'I"C.;o proprcs; il n'aurait Lcsoin ù"aucun sccours"t'-trang( 
pOll I' I,_.
 dé
iO"nrr, ni d"aucune nutoritf
 pour ratificr son opinior 
Inais il cst ùinicilc de dirt. quel cst Ie théoIogicu (Iui se troll\' 
préci
i-In('nt dall
 ('cUe ronditioll. 1Æ'5 l'hri,ti{'n
, par In nahn 
luèuIC des ehoscs. ,i\ cnt !'ous Ie préjugé des doctrines ct [I 
Jniliell 'Hi'me drs faits <lurant la 1ìlnrehc des ('ontro, cr
cs qt 
ùoÏ\ ent fairc Ie sujct de la cl'itiquc, PlIÎsfluïIs sont c:\posés flU 
p,"rj lIg{'s de ]a naissnncc, (Ie rl'(lucntion , des ]i.'u" ties Huach, 
Jncnt
 personnels ct des parris. Par suite il sCI'ait <litIicilc å 

ol1tcnir qu'cn fait un 'Tai d.é\"cioppl'lllent porte foujoul's aYf 
I ui sa p"OPI"C ccrtitude, mènll' pour rhonlmr instruit, ou fll' 
rhi
toirc allcicnnc ou Inodernc cst à raLri dc la possihilité dOUI j ' 
yariété (Iïntcrprl'tations. 
J'ai ùéjà traité ce sujet dans des circonstances Lien ùiffércnt('!1 



- 129 - 


,( Les prophètcs ou les doctcurs sont les inlcrprètes de ]a 
ré,'èlation; iis déycloppent et définissent ses Inystères; il
 
éclaircnt scs docull1ents; iis harnlonisent ce qu "elle dit; iIs font 
I'application tIe scs pr0l11CSses. Leur enseignclnent est un v3ste 
systèule qui He saurait être rèslllné en quel(lues phrases, ni 
réuni sous forn1e de code on de traité; 111ais qui consiste en un 
certain corps de yérités, irrégulier dans sa fornle à eause ùe sa 
profusion ct de son e\.ubérance, et qui en, ironne rt:glise comme 
une attnosphère. Å certaines épol(ues, cet enseigncnlcnt sr lie 
tcllclnel1t à la tradition épiscopale qu "on ne peut fen sépare.' 
que par la pensée, et cependant, dans (rautres tCHIpS, il se perd 
en lègcnlles et en faLles. II est en partie écrit, en partie tradi- 
tionnel, en partir lïntcrprétation et en partie Ie supplément de 
l'Écriture-Sainte, en partie conser\ é dans des expressions 
intcUectuelles et en partie caché dans l'csprit et Ie caractère des 
rhrrticns. Cet eu
cignelueut est en partie répandu c.:a et Ià dans 
lcs lieux cachés et sur Ie toit des Inaisons, dans des Iiturf!ies , 
dans dè
 oU'T
ges de controyerse, dans de
 frllgillents ohsrurs. 
dans des serBIons, dans des préjugés populaires, ùans òes 
eoutunles locales. J"appellc tela tradition prophétique, e:\istant 
prÌInordialelueut dans Ie sein de rÉglise elle-lnèlne, et qui cst 
eonsignée, dans Ia 111CSUre que Ia Proyidencc a jugé conycnable, 
dans Ics ouyrages dllonnues énlinents. Gardez ce qui cst 
conllnis
, yotre charge, est lïnjonction de saint Paul à Timothéc; 
et ccla pour Ia raison que, par son étendue ct son caractèrc 
indétcrn1iné, ceUe tradition cst spécialclucnt expo
ée à ]3 
corruption, si 1"I
glise luanque de yigiIanrc. C'cst là Ie corps 
I d'cnseigneluent qui e
t offert à tous les chrétiens, InènIe à cett
 
époquc, daus les diffrrentcs parties du n10nde, quoique sou
 
I des fonnes, dan
 tics lllcsures ùifférentes òe yèrité, et préscn- 
, 'ant tantòl un cOlnmentairc et tantõt un cOlnpIément aux articles 
de croyancr (t). )) 
I Si ce que nous yenons (rexposer est'Tai. il sera ccrtainenlcnt 
, nécessaire crayoir une règIe pour coordonncr et ,-érificr Ics 


0) Proph. OfficI, p. 305, 306. 



- 1;)0 - 


('\IH'e

ions l'( les I"e
tlltn(
 divers dc' la òocLI'inr Clll.t"(irn'll
" 
P(,I":"onn(' I}(' pl"étendrn quc tous Il'
 points de notre ('1'0) :1I1ee out I 
la IHêHH
 iIHporlanec. If II ) u e ' clue uon'" nppcJJl'l' n, des point...I 
s('('ontlaircs que nnus pou, ons 
outl
nir comme 'I'fli:-;, s
ns 1t,
1 
inlpo
cr conHllC néce

aire
. " c. II y a des vl'rifl's plus IXnull)cs ('I I 
dc's Y.
I'ih"s 1I)()indl'l'
, des points (ll1ïl csl nt"ec
sitire ct d"autrc
1 
quïl c
t pieu," de croirc. It La qu('
tion 
1 n"soudre se r(
(luit à l 
" I " " I '" I I " I 
.'eel : COIH.Ilf'nt (l
tlf)glll'rOnS-llous it, l'rltl' a It us lluportantr 
de la nlointlrc, Cp fJule
t ,rni de ce qui ('
t fnux '! 
C" h.',oin (rUne autol'iLl' (Iui 
anctionnc no... jun'enlPnts Sp fail 
plus, i\'('nH'nt !'entir qU:1nd 011 l"on
idl'r(' (rapl'(\
 In 
ngg(':,t:OII 
tic 
l. Cui- 01, ((ue Ie (:Jlri
lial1i
me. !JlIoÎquïl soil rl'lll"l\Sl'l1tt! 
d
lI
 te
 prophi'lil's ('0111111(' nil royaunlt', est, ('nn dnns Ie 1110ntJl 
plutÙt COIlHUC un(' idl'C que ("onllnc une in
tirution. II 3 dù 
ll 
, 
('OU\ I'ir" (J'Ull ,('telucnt el se POlll"' oil" ù"annurcs òc sa propfl 
crl'alion: it n dÙ 
r 1'01'111('1' J('S inqruments de 
a pro
pl
r'ih; l' 
SOil s
 
tènlC d ' d
fcnsl'. Si Ie'S tlé,. \IOppcIncnts tlont nous 3YOn:' 
pm"I(; plu
 Ilaut l't (Iu(' nnu
 in on
 appd(;s 111()1"(1Il,r doi"l'Il' 
s 'opércl' sur UHC lan1.'(' éclH'lIc, et, sall
 en\., il est difTicilc ell 
,oir (Ionullenl Ie (hri
tiaJli
IlIC pourrait c
is(er, 
i 
euJl'lUl'n 
S('
 rnppor'f
 3' rr 1(1 gOUYCI'neIllcnt {'Î\-il ont h('
oin <i"t'tr(' fhi's ' 
on 
i Ic
 Cfualité, POUI" en [(lire prof(':,
ion ùoi, ('nl ètre préci,i'c, 
sûl'el1}('nt Hnt
 nutoritf
 dc, icnt indi
pl'nlõ;ahle )1our donneI' de I: 
pl"éei
ion 
1 ('C qui c,t ,aguc, ùc 13 confiancc Ü cc (Iui list doutcu\ 
pour rntifi(')" Ics prop:rl's 
uccl':-;
if
 d"nnl' nwr('hc 
i p(
lIihlr, ('I 
pour assu 1'('1' la yalitlité tll' eon
l'qHcnccs qui doiycnt scryir d 
pr(;nli
ses mr\ iln eSligalions ulrt'ril'ul"cs. i 
11 cst 'Tai que nou
 3lon<\ C\PO
l', dan
 Ie chapitrc prl'cl'd(,llt 
)..
 IlwrqlH'
 nu\.t}uelles on pourrn rcconnnitre In fidl,lilé de 
déycloppeHH'nts en 
énérn1, et nou
 en feron
 hientÙt usngc 
Inai
 elle
 
ont iusußisantt's pour guilh.'r Ie' illÙÎ\ idll
 lors(lu"j 
s'n
il (1"un lH'ohll'rn(' nu
si \"n!'te et nu
si cOlnpliqnp quc I 
Chri,tiani'Jlle, quoi(IUC ecs n1arllHc, pHis
Lnt' CniI" ('11 aide I 
Tlo
 reehe]'ehcs l t fortifier no:-, ("oneltlsion
 
UI' dr
 point
 pnrti 
t'ulicrs. Cc
 l11nrlIucs ont un caI"aetèrc scienlifi(lue qui nppartier I 
3 In controYcr
e, ('t pas flu tout un carnctère prt.ltiqul'; dk' 
I 



- 151 - 
, offrcnt des moyens plutöt que des garanties pour arrivcr à de
 
décisions justes. _\insi donc, tandis que, (rUne part, nou" 
entrcyo) ons Ia probabilité clue des n10) ens nou
 seront llonné
 
pour rcconnaìtre les développclnents \Tais ct fidèIes de la 
ré\-élation, de ruutre, il paraìt que ces Inoycns doivent néces- 
sairelnent e
istcr en dchors de ces dé,'eloppenlcnts CUX-Illèmes. 
,"OtIS 81JouS, d
ns ceUe section, donner les raisons qui pcnneftent 
dOayancer que la proLabiIité, que les ùé\-eloppeu1ents fiddes des 
points de doctrine et de pratique sont entrl's dans Ie plan di, in, 

 conduit, dans Ia 111èn1C proportion, à Ia probabilité dOune 
I 3utorité extérieure, établie dans ce systèlne, pour prononcer 
sur ccs dé\TeIoppelllcnts et Ies séparer par ses décisions de la 
nlasse des spéculations purelllent hUlllaines, de l'extr3yagance. 
de la corruption et de l'erreur au n1Ïlieu ou en dehors desquelles 
r ils sOopèreront. C"est lil la doctrine de lÏnfaillihilité de rÉg)ise; 
rnr, par infaillihilité, je f,uppose que ron en tend la puissanc
 
de ùécider si telles ou tclles assertions théologiqucs on 1110raIc!' 

ont \'fairs. 
1 0 Exmninons dOabord ayec soin rÉtat de la question. Si la 
doctrine chréticnne, telle qu .eIle a été enseignée dans rorigine, 
est 
u
ecptible de développelnents fidèles et iI11pOrf.al1ts, ainsi 
que nous raYOnS soutcnu dans la question pl'écèdente, c .est lit 
un prenlier et très fort arguillcllt en fayeur dc ropiuion quïl 
3ura été pouryu dans réconolllic du Chl'istianisl11e au mo) en 
dïlnprill1er Ie cachet de rautorité à ses dévcloppel11ents. La 
probaLilité quïIs soicnt reconnus cOl1une yrais, yarie avec leur 
degré de yérité. Certainen1ent, les deux idées de rén
lcr ct de 
garantir une yérité sont pal'faiten1ent di
tinctes, et elles sont sou- 
vent distinctes en fait. II y a des réyclation'\ dÍ\'crscs répanducs 
sur Ia terre qui ne portent pas avec cUes la preuye de leur divi- 
nité. Telles sout les inspirations intérieures, les hnnières sccrètes 
I accol'l1écs à un si grand non1brc dïndh-idlls; tclles sont les doc- 
,trines traditionncllcs que rOll trouye chez les païcns, I( ceUe 
famille yague et sans lien ùe yérités reIigieuses, \ rnant de Dieu 
: duns rorigine , Inais qui subsiste sans la sanction du n1iracle ou 
'sans demeure proprc, conune des pèl
rins qui p3rcourent Ie 



- 1
2 - I 
mondc. El1es sont distingHée
 cl 
(
parécs par rhommc' 
piritucll 
sculcnlcnt, <If'S li'gcntlcs eOI'I'OIHIHICS 
Ill\:quellt's cUes 
onl J 
nH
lées (t). n II n'y a rien dïnlp():o:
ihle dalls lïdét' trUne ri'YélMion! 
uITi\"ant 
ans preu\rcs tie ce <(u'elle cst: jU"3tt'IUCllt COlllllle l,,-,
 
:-.
icne('s IIHIHainl's flui ...OBt nn don tli\ in, C(HC BOllS 31Ti\"ons \ 
(Ocp"ndant it eOHnaÌtr(' Cll faisant usage' de nos facuhé, ol'dinaircs I 

t (Iui Il'ont aueUH tiu"c POUI" sÏn1po"\cr Ü notre foi. )Jais ilu"en 
e

t pas tie 111l'n}l
 (In Chri,tiani
lne : c'cst nne ré\t"lation qui 
l' 
pré:;\'ntc 
\ nous COUllHC }'C"\ élation, COIUll1C un tout, (rUne 
Inanil'rc ohjl't'ti\ l" tit en prochHllallt 
on infaillihilitP; et la 
eulc I 
question à ri'sondre se rapptH'h' it rohjet dc la ré"t
lation. 
ïl YI 
a done l'ertaille
 grandes ,-érités ou Cl'rtaille" pratit(urs (}ui 
résuhent naturl'llellll'llt ct Il'
itinlPI1H\nt lks doctrines profrs:o-éèS 
ualls Ie prinei pe, j( ...era I'ai...onnable ue fairc rcnlrer ces résultats I 
vrais dalls lïtl{l{\ tJ." la rl'\ i'lation et tic It.s r{\gart.ler COlnlne en J 
faisaut pal'lic. Et si non-st.'ull'IIICll t la ré\ élalioll cst yraie, IIlais I 
si ('lIe pn
s{,I1'c It's gal'anties cle 
a 'l'ritc
, il 
era raisonn:)ble <1(' 
, I ' ' I " I 
Supp(\:o,cr ((lie Cl'
 rcsu tat') CU\.-IlICllleS seront 1Ile usnelHcnt 
eIllouré
 de... IlllaJlll'S gal"alltic..;. Le (:tll'i
ti:ìlli
II1C, eOlltrairCllll'lIt I 
nux 3utl'(,: ri'\.élation
 de loa yolonti' (
e Di
u, it rcxccptio
l "de I 
ccllcs du Jud:"'
lnc, dont II cst la eOlltllltwtloll, cst tine relIgIOn 
ohjecLi\-e on line I'i"\t
lat ion qui sc l)I'i'
('lItc a, eC scs I('Urcs tiC': 
('r(
ance. II e
t done nature} cle I(
 cOIl
idi'..cr tout cnrier conulle' 
tt'}, ct non pa... en partie ,"1fi [Jfufris, ct CII partie sCluLlablc au
 
nntrcs ri'n,'llation
. (:olnul(' il l:'OIHIHencc, on t10il pcnser t(uil 
('ontinuera : si certains ùe 
cs 
rand'5 dé\ l'lOppcInents 
ont 'Tais, 
i)
 doi\ ent 
Úr(,llll'nt (\trc 
rert'diti's t'OnlnlC tl'I
. 
2 0 On fait SOUVCllt it la doctrine .Ie IÏnfaillihilité, in lindne, 
HUP ohjection trop iluportantt' pour nl' pas nons y arri,tcr. 011 

outicnt que, conunc tontc connaissanec rcligieusc rcpo
e sur 
BIlC preuve IIlorale l't nOll 
ur Hue (It''IHoll
tration, notre croyance 
dans lïllfailliLilitt', de 11::
li
(' doit ayoir Ie InèlllC carartère; 
lllais que peut-il y aYoir
 (Ie plus ab...urdc qn'unc illfail1ibilité I 
probahle ou une certitude qui rppose 
ur Ie doute? - Jc croi
, : 


(t) Les Ariens I Ch3p. \", sect. 3, p. 89. 



- f35 - 


:}arce que je suis sÙr, et jc suis stir, parce que je pense. En 
'.dnlCtt3nt que Ie don dÏnfaiIliLilité, quand on y ajoute foi, soit 
!lestiné à unir tous les hommes en une confession conunune , ce 
Ion est aussi difficile à prouver flue Ics développcnlcnts qu ïl 
!Ioit prouver lui-Iuènle; il est done illusoire, et iI est, en eonsé- 
:Iucnce. peu probahle quÏl entre dans un systètne divino 
ous 
ïlIons DOUS scrvir (rUne objection c111ployée contl'c lïnfaillibilité, 
: OllllllC si elle avait été nlise en avant pour sa propl'>e défense. II 
;. été soutenu, conlffie un argunlcnt ad hmniue1Jl, que HIes 
'Iéfenscurs de Iton1c in
istcnt sur la nécessité d'uu guide infail- 
u 
:iblc en n13tières religieuscs , C0l1ll11e sur un argtllncnt pour 
,rouver que ce guide a récIlenlcnt été accordé. 1\Iais il est 
:lécessairc ùe eonnaÎtrc comlnent dcs individus arrivcnt à savoir 

 vcc certitude que ROlne est illfaillihle... QueUe raison pcut 
i' tre de nature à eOl1vaincrc infailliblclncnt l'esprit de lïnfailli- 
)jlité de HOIne? conçoit-on une preuve qui s"élève au-dessus 
:rune silnple probabilité du fait? ct qucl avantfJge offre un 
;:uidc infaillible, si ccux qui doivcnt ètre guidés par lui regardent 
; près tout, conlme une sÏInple opinion, ainsi que les rom3nistes 
:'3ppcllcnt, la cro) ance en lïnfaillihilité de cc guide (f) ? J' Cet 
:rgluncnt est ccrtainenlent faHacieux, à moins cependal1t quÏI 
lie soit clnployé, ainsi que nous Ie faisons d3ns ce p3ss3ge, 
ontre les personnes qui vculcnt éloigner tout dotHe de la 
IcIigiono Car, puisque, comme tout Ie n10nde ra(hnct, les 
pôtres ét3icnt infailliblcs, cet argulnent plaide contre leur 
'lf3illibiIilé on lïnfailliLilité de rÉcriture, avec autant de force 
'ue contre IÏnfaillibilité de rÉglise. Personne ne dira que les 
pôtI'cs ont été inf3illiblcs pour ricn, et cependant HOUS ne 
omnles que ßlor3lement eert3ins quïls ont été infaillibles. Dc 
,Ius, si nous n 0 3\',ons que des raisons probables pour soutcnir 
:infaillibilité de rEglise, nous n'3urons que des raisons p3rcillcs 
our déulontrer lïulpossibilité de certaines choscs, Ia certitude 
I I . I ' "' ] · "] II " d 
Ie P USlCurs autrcs, a vcnte, a necesslte oe ce eS.CI ou C 
I 


i (t) Proph. ome", p. 148" 


ßIBLIOTH. 11I8T. 6 13 AN

E. Icr Ot;\'R. 


12 



- 1:54 - 
erllcs-là, ct par con
équcnt lcs IDOtS iu{a;llibilité, néce.çsite" 
rérité et certitude, dcyraicnt tous êtrc banuis du langage. !\Iais' 
pourquoi est-il pln
 eontradictoirc de parlrr dïnfaillihililé incer. 
.aine que de vérité 1I01iteusc ou (rune nécc...;,ilé accic.lentelIe, 
phrases qui ccpclldant pl't'scnteut tontl'S nne id(
e dairc cl 
incolltc
table? En réalité, non
 jOUOllS sur Irs Blots quantI nou
 
iuvoquons des argu.alcut
 tIc eette 
ort('; quanti nou
 dison
 
" I' " 11 ' 11 ., I " J 
qu "une pcr
ollnl
 est 1111H1 I) C, nOlls 11 culell<1ons lll'C autr( 
('hose sinon que ce flu'cUe tlit cst toujours ,rai, tIoit loujoUrt' 
ètre cru , ùait toujours etre fait. Ces phrases sont It's éqlli\"alcllt
 
du n10t infaillihililé; 01', ou les phra\\c'\ ...;out in
H.hllissiLles 01 1 
lïdécdc lïnfaillibilité doit ètrc adnlÌ
(". 1JI1(\ illfl
illihilit<
 (u'ohabll 
I 
t':.;t un dOll prob
hle de ne jmnais crrcr; racccptation de l: 
dJctrine d"une infaillihilité prohahle l'
t la foi l't rolt{'iss3nce ' 
rt"6 ard (rUne pt.'rsonnc, fondécs 
Ul' la prohahilité qu'ell, 
u'crrern jalnais ùans scs ùéeliJ rations on 
l'S COnllJlalUlclnents 
Qu'y a-t-il de contrndicloire dan
 ccttr idt'c? quels que soicn 
done les Uloycns pal,ticuliers de t.létel'luincr IÏnfailliLiIité, roh I 
jection ah
traitc peut ètre mi
c de cÔte'. 
:)(1 En outre, on souLicllt qudlluefois que rc"i'lel1cc de celt 
illfailliLilitt' nous enlè\ crait llo1rc t'preu\ (', parte <<IlI'dlc dissi 
pcrait Ie lIoute, exclul'ait la pratique tIc In foi, et BOUS obligcr3
 
:'t obéir, que nOlls Ie youliolls ou HOH. t"OIl préh'lH.l flU "un 
yoix diyine a p3rlé dans Ie pren1Ïer 
il'dc, l't que reIllharl'as ( 
robscurité ont cll,-cloppé loutes lc
 ,"oj" (pli se 
onl fail cntt'liur 
dcpuis, COIUffie si lïllf3illihilih
 ct Ie ju
elIll'llt personueli,taicI 
inCoillpatihlcs; Blais raisonncl' uinsi c'cst jetc.. de la l'onfu:-,io 
sur Ie sujct. j\' ous de\ Oll
 distin
Her l'ntre nne re\ t.;lation ('1 J 
réceplioll de cctte ré,"élalion, et non entre ses pl'elllièrcs ct Sl 
drl'nières périodes. Vile ré\"l'Iatiou, ùi\"ine Cll clJe-nu:'lllC, I 
g3ralhic conln1C tclle, peut ètre rc<:u(', nli
e en doute, con 
hattuc, per' ertic, rcjctéc, par Ies hOllllnes, sui \ ant réti 
(resprit de chacun. L
igno..ance, lïnintclligellce, lïncfl;tluli 
et aulrcs eauscs, He ccsscut pas tout à coup (rc
crccr Ict 
int1ucncc parce que la ré,'élation cst ,raie en dle-nJênle 
<tHe scs preu\ es sout irréfrngaLles. X ous n 'avolls done aucur 



- 13
 - 


garantie pour dire qu'une révélation accréditée de'T3 excIurc 
,Ics doutes ct lcs difficultés, ou nous dispenser tie tout exmncn 
,sérieux, quoiqu'cllc puisse, par sa nature, tendrc à ce résuhaL. 
LÏnfaillihilité ne peut être confondue avee réprcuve luorale; les 
deux notions sont parfaiteu1cnt distinctes. Ce n"est done pas faire 
IlllIC objection eontre lïdéc (rUne autorité absoluc, tclIe que je 
;Ia suppose, de dire (lue rexistenec de ccUe autorité dinlinue 
la tàche de rexamen personnel, à moins que ce ne soit une 
objection aussi contre rautorité de Ia ré\"élation tout cntièrc. 
:Une Églisc, un Concile, un Pape, un conscntement de 
'doctcurs, un conscntcHlcnt de la chréticnté, ne lin1itcnt pH!' 
,les rechcrches indh-idueUes d'une autre fa<:on que ne Ie fait 
rÉcriture. Ccs au:\iliaires Ics abrèscnt; n1ais tandis qU11
 
.Iilllitcnt leur portéc, ils conservcnt intact leur caractère proba- 
;toire; DOUS son1ffiCS Russi rrcllenlcnt n1Îs à répreuyc, n1ais 
'seulement cIle ne s"e
ercera pas sur un si Y3Stc terrain. Sup- 
'poser que Ia doctrine d"une antorité pcrlnancnte en matièrf'
 
'de foi contraric notre librc arhitrc ct notrc l'esponsabilité, c"est. 
I C0l11n1C DOUS raYOnS dit précédcmmcnt, oublicr qu ïl y 3 en des 
D1aitrcs infaiilibles ùans Ie prclnier sièc1c, des hérétiques et ùrs 
schisl1Ulliques dans les siècIes subséqucnts. II peut y ayoir f\U 
une nutorité suprèu1c ct un jugclncnt ll10r31 du pren1Ïcr sièclt.. 
au dernier. De plus, ccux qui souticnncnt que ron doit nrrivcr 
à In connaissance de la yérité chréticnnc sculClnent par de
 
I efforts personnels, sont dans la néeessité de prou, cr que des 
I liO) ens 1110raUX et intellcctucls suffisnnts sont acconlés iadivi- 
I ducllclnent 3U
 h0I11meS pour y nrriycr, sans ccla Ie système 
de preUles par eux iln oqué, loin d'être plus parfait, se trouve 
I\
trc 1110ins que cclui qui s"appuie sur une autorité cxtérieure. 
En son1ß1e done, on ne s3urait tireI' des conditions de nolre 
responsabilité 1110ralc aucun argument contre Ie principp 
d'cx3lncn dans les dén:,loppc111ents de Ia réyélation. 
4 0 Pcut-être prétcndcra-t-on que rA }lalogie (1) de Ia nature 


t 
" (1) OuYrage de Butler d(!ut nous parloils dans Ia Dote de la page 2:? (..'0(_ 
du Tl'aducteur.) 
I 



- t 36 - 


s"élèyc rontrc notre opinion sur In rontilluitl
 d"unc ftutorih 1 
cxtérieurc qui a ulle foi
 (,té t101JIlPf", parcC' que, d"aprè.;; les I 
paroles dn p.'ofond penseur di'jil eité, C( nous j
lIoron
 ahs\)lu- 1 
Incnt flud e"t Ie degrl' (Ie ..on))ai

ane(1 nou\ die que Ie genr(' 
hunwin de, ait attend.'c de ])jeu par la rén"lation, en suppo
ant t 
qu"il en donnât une. .;.\ ou
 ne 
avon
 pa
 rOlllluenl l't de (Iuelle I 
Innni(\re it pourrait interyC'nir Juira('ul('u
rnJ('nt pour rcndrc 
crux 3lnJluels iI ferait la ré\ élatiou ùalls rorigin', ('apahles dc 
ron11tluniquer Cc qui leur aurait ("'h
 r{'\ ("Ié, ('I pour s 'a

urrr 
l(lIïls Ie feraÍent connaìlre à leUl' siècle el Ie tmnslllellraicnt à I 
la postl'rit(,. n Et en
lIih1 C( IIOUS He 
OlllIlH'S l'1l illl('llllt.' fa
on 
ca paLl cs de j lIger si. r on dc, a its 'a lIend re :1 c(' IllIe la ri', élat ion I 
scrait eonfiéc it rEeritu.'l' ou :-\l'."ait trall
IHi
c par tradition I 
orfllr, et consc"qnenllHent cO.TonllHle l't perJuc sous Cl'S 
rorrll ptions (1), )1 I 
3Iais cae .'ai'ounelncnt Ill' s'fll)pliqU(1 pas iei, COJllnlC nons 
raYOn, déjÙ fait oL"'er\cr; C3r illlC ,oil f}ue rh
 pothi',e ah
t.'aitc I 
d'unc ri,,-{'Iation, et non Ie fait de re\i
tl'n('c (rUnp r(',,-{'Iation 
d'un gcnre particulier, fIlii peut natu .'elleHlcllt ))lodificr ùc 
di\ erscs Jllflniè.,cs rétat de. nos (,ollnai

a'H'l'
 , en ùéeidant 
pl'ériséJnent quel(Iucs-1Jn
 de rr
 point" quc nous n '3' ions aueun 
H10yen de résoudre ayant (]u"ellc fÙl ùOlln('.c. Je pell
e {Iu"on ne: 
peut nOIl plus nicr que rargunlcnt tin
 de r., t nol(Jfjie prouvr I 
contrc Ie fait (fanticipcr ulle ré\ élatioll ; car une iuno, ation ,lans 
)'ord.'c phy
iquc du [Hond(' e
t, par In force ))lèlnC dt'
 terntes, 
cn cOl1traùÏction aycc son cours ordinaire. l\ous He pOll' OilS alm's I 
réglcr noU'c prenlii're ,ue du earac[("re (rUnC ré,-élation par 
une Jlwrquc qui, sinlplelnent flppliqllér, 1'('n, (\rsr Ia notion I 
nlèJne d"une ré, plation. Dc quplquc Hwnièrc qne ce ,oil, 
rAnalogie cst en quelqur sorte yiolt
e par Ie fait d"une l't
, ("Iation. 
ct Ifl question dont HOUS nOlls occlipons se rapportc sculelllcnt 
i. ri,tcndue ùe cettc yiolation. I 
Je hasarderai ici ulle ùistinetion entre les faits ùe In ré\ (,Ialion 
et scs principes. - L"argUl11cnt tir(' de rAnaloyie rrgardc pith 


(1) Anal., II, 3. 



- 1;:)7 - 
lcs principes ùe 13 réyélation que ses faits. Les f
ils révélés son(, 
par Ia nature nlèn1C du cas, spéciaux et particuliers; n1ais il en 
I est autrcll1cnt des principes réyélés. Ccux-ci sont C0l11nlUnS it 
toufes les æuvres de Dieu, et si rautcur de Ia nature est aus
i 
rauteur de Ia grâcc, on peut attcndrc, tandis ({ue les deux 
systèn1es de f
its sont distincts et indépendants, quc Ies pril1cipe
 
dévcloppés en cux scront les 111ènlCS et Íornleront entre cux Ull 
lien qui Ics unira. Sur ecUe idcntité dc principes rcpose l'Ano- 
[ogie de let 'religion naturelle et rérélée, dans Ie scns Oll Butler 
emploie ce mot. La doctrin
 de rIncarnation cst un fait et ne 
peut ètre Inise en parallèle de ricn 3utrc chose ùans la natu."l' ; 
la doctrine de la nH
diation est un principe, et elle est abon- 
danlluent rlén10ntrée dans ses app1ications. Les 111irac1cs sont 
des faits; Iïnspiration cst un fait; renseignenlent dÏ\-in donné 
I unc fois pour toutes et rcnseignelnent qui sc perpétne, sont run 
et rautrc des faits. L'épreuvc à laquelle nons SOUlnettent It

 
ùifficultés intcllcctucllcs, est un principe dans rordre de Ia 
I nature conune dans eelui de la gråce, et elle pent être POUI"- 
suÏ\-ic dans Ie système de Ia grâce 
oit par un ordre stahle, soi t 
I par un acte définitif ù' enseignen1cnt, et ccIa avec une analogie 
parfaite dans Ics deux cas avec rordre de Ia nature. NOlls nt
 
I POUVOIlS non plus reussir à tirer de randogie de cet ordre Ult 
argun1ent contre un gardien étaLIi de la révélalion, sans arguPf 
aussi eontre Ie don original de ccUe révéIation. Ell supposallt 
rordre de la nature une fois interronlpu par Ie fait (rUne 
I révélation, Ia continuité de ccUe révélation n'est plus qu'ullt' 
question du plus au nloins, et la circonstance qu "un oll'Tage a 
, conlmencé, rend plus probaLle ropinion qu ïl eontinuera, qtH-' 
I celIe quïl s'arrêtera. 1\ous nOayons aucune raison de supposeI' 
qu'il y 3it entre nous ct la prem:ère géncration des Chrétien
 
ceUe gran de différencc sons Ie rDpport de rassistance ùh iue , 
quïls aient eu un guide infailIiblc vivant au milieu d'eux, 
, tandis que nons en serions pri, és. 
La question alors se réduil à ecci : Ia ré, élation a introduit 
I une nouvelle loi de gouvcrnemellt divin qui dominc les Iois (Ini 
paraissent dans Ie cours naturel du monde; et de Ià nou
 



- J 3R - 


concluons à rcxi
lrncc d"nnp :1l1torit4; pCl"luanrntc, en Illatii'rc 
de foi, qui s "acconlc 
n ce ranalogic dc In lIauutr, et tU'l'oulc 
du fait du Chri
tiftni
nll'. La t'oll
l'r'-atioll t'
t 1'l'lIft'flUéc dalJs 
lïdé(, de cri'ation. Dc 1l1èlllc tIll' Ie Cri'a'ent" 
"t'
' ftl)
tellu It' 
sl'ptièule jour de rOn\ rftgt
 qu ïl ii' ail fait le
 jour
 I))"('('{'dellls. 
et que cl'pelldant il tra' aillc tOlljours, tit' IIll'tHe all

i il a 
donné Ie S) IUDole tIne fois pour toutc
 dftn
 Ie print'ipc, et 
t.'ppendant il hi'nit l'nrore se' lit'" elOppl'llll'nllo\ cl pré...iùe à H'S 
progt"l's. Sa parole cc Ill' r
tolll"ll('ra pas à Illi :-'iln
 ..rft,t, IHcli, 
die Hl'colnplil"a ., sr
 dt
s
('ill'. J)e IUl-HIl' tlu 
 lit cri'ation intlique 
un gOll' el'lH'1l1l'nl perpétucl, ùe uH
'nle Ies apÙtres 
Ollt It'
 
prérur
enrs dl'
 papes. 
!)o ]
n outre, 011 IlC doit pas perdrc ùe ,ue (Iue COlnn1(' 
rautorité et roh(;i

an('e :-.ont rl'

t'lIl"t' tlt
 tout(, I"di
ion de 
Inl-n1(
 In di
(inetion (,fltre 13 I'cli
iOll natlll'clle cl la rcligion 
ré\"i,lt;e St' trou,e ell l'
 (I'll' rUIlt' a 1111t' autoritl' 
uhjecli,c c' 
rautrc UIH' autol'ité ohjl'eli\ c. I...a rl'\ ('Iation ('on
i
tl' dans la 
IJlanifestatioll de la plli

anl'e di, inc ill, i
ihle, Otl daIJ'" la 
uh
ti- 
tutiOll dè la ,"oi\ (rUn 1t"g:i
latl'tll' it la 'oÎ\: de la rOIl
l'ieJlce. 
( 
La 
uprl'lllalje ùe la cOll
l"iencc l''''t rt'

ell(,c ùe la religioll 
llaturclle; la Supl't"rnati(' (rUn ,I;\pÙtrp, (rUn 1)"pl', d"tlllt
 I
glisc, 
d"tlll l
\'èl}uc, cst rc...;...;cncc de la rcli
ion ré\"i'léc; ct quautl ccUe 
autoritc', l,\.ti'rieurc ,ien. it 111anC}tI('r, rl'
pl'it l"e'OUrl1l' l'IH
Un' it 
C'e guide inté.'icul' tJll ïf p()...
rtlait n11'I1H' :t, ant que la ri'\-élation 
fÙl a('eordée. ..\in
i, ec 'Iu"est In con.;;ciCllte daB'" Ie s ...;tt'.IlH' de 
la nature, la 'oÌ\ tic rl
('t"iturl', uu tit' rltO'li
e 011 tlu Saint- 
Sirge, rest dans Ie 
y'lèll}C dp la ré,élatioll. ()Jl p 'tit H.lIJ
 (lout
 
objccter que la ron
l"ielJl"(" l1'e
t pa
 infaillillle; eela t'
' ,rai, 
mais ct'pendant on np doit pas .1loins lui (,hi'ir. Ef c'rs' jll
lc- 
lTIent lit ]a prérogatiyl' (lue Ie'" tontro\ ,..
i
t('s aurihucnt au 
ii'gt
 
de saint Pierre; il n "e
1 P
IS infaillihlt, dans f()u
 ]l'
 ('a
 ; it peut 
errer, (Iuanù i] t
o..t de sa 'phèrc 
pi'c'ialc; Illai
 il a, H1l-HIC 
dans ce cas, un titre à notre ol)(;i

alle('. cc T()lI
 ]es catholi(Jlll's 
('t II(
rt"tiqucs, dit llellannin, s.
It'('ordt'nt en deu\. l"hnscs : la 
prl
lnièrc, qu ïl 
st I'o

ihl(' pour Ie ]WIW, HIl-fUC COlllllH' pape, 

}ssisté lIe sc
 proprc
 t.'onseilll'rs on ((.un (;oncilè 
i'lll'ral, (rl'rrer 



- 159 - 


daus des controyerses pnrticulièrcs rclati\'cs à des faits qui 
: dépendent uniquenlcnt des recherches et ùes téInoignage
 
I hUlllains; sccondenlcnt, lIuïllui est possible (rerrcr, conlme 
docteur particulier, lnènle sur Irs questions uniycrselIcs de 
droit, ùc foi on de 1110ralc, ct ecIa par ignorance, COinme il 
,arrÏ\ c quclqucfois à d"autres docteurs. Ensuite, tous les Catho- 
liques s "accordcnt sur deux autres points, non ayec les hérétiqucs, 
1I13is entre eux seulelllent : Ic prenlÎer, que Ie pape, avee un 
concile gt'néral, ne peut errcr, lorsqu ïI fonllulc des décrrts 
sur les 111atièrcs de foi, ou <Iu ïl donne des préccptes généraux 
de nlorale; Ie second, que <tunnel Ie pape décide qudque chose 
en lllatières doutcllses, soit par Iui-nH
nle ou aycc ras!'istanec 
Ide son conseil pri\é, quililfi soit on nonpos.r;:.íblc c['errel", tou
 
les fidèIes doiCCJit Illi obéir (I). n C0I111lle ohi'ir t\ la conscience, 
mênle en supposant Ia conscience Inal inforInée, tcnd à ranlé- 
lioration de notre nature lllorale, et ulLérieurelllcnt de nos 
connaissanccs, ainsi rOhl'issance à notre sup<"I'icur ecclésiastiqup 
peut seconder nos progrès dans les IunlÌèrcs spirituelles ct la 
'"ainteté, aIors n1êrn
 qu ïl comlnanderait ce qui cst e'-cc
sif , 
inopportun, ou quïJ cllseigneraÍt ce qui cst en dehors de sa 
'phère légitÎInc. 
6 0 Lc sens COBllnUn ùu genre 11l1l11ain accepte à peine une 
.'onclusion à laquellc nous arrÎ\ OIlS par des analogies. II sent 
i U !' lïdée n1èn)(' de la ré\ élation ilnpliquc In présence d"un 

uide pour notIs iIlStI'uire et d"tln guide infaiJlihll
, qui doit nous 
lonner', non sinlph
nlcnt une déclaration aLstraitc de ,érité5 
'1uparayant inconnues aux hon1nlcs, on nn souycnir historiqul', 
)u Ie résultat des rceher('hes d"ul1 alltiquaire, möis un nlessage 
I
t une lcçon s"adressant à taus les honlnlcs. Nous VOYOHS eel a 
13.r la notion populail'c qui a pré\-alu pm IJ.lÎ no us dcpuis la 
t"éforn1c, que Ia llihic eIIc-IuèInc est cc guidc, ct que ce guitJe 
,1 réussi it renYCI'scr la suprén1atic de rÉglise et du pape, par L
 
'aison que c'était une autorité riyalc qui non-sculemcnt lui 
I'êsistait, 11lais qui tendait à Ie supplanter. 
Iais alors, à mcsure 


I (1) De Rom. Pont., IV. 2. 



- 140 - 


que nous lrouyons que Ie yolull1c inspirè uOrst pas ùestiné à 
rcn1plir ec desscin, nons SòlllnlCS forcés ùe reycnir au guide 
présent et vivant, qui, à I"("po(lue oÙ 011 ra rCp(H.:o\
l
, avait tté 
depuis si longtcI111b reeol1nu pour ses cnfants cOllnue lïnterprète 
de rÉerÜurc sui, ant les tCIUpS ct Ics ei.'collstances, ('OnlnlC 
" 1 " " " ,.1 I 
rarhitre de tonIcs Ics \T3ICS ( octl'lnes ct 
allltes pl'atHIlH.'S. nOUs 
éprou\ ons un Lcsoin (lue rÉgli,c seulc , dc tout ce ({ui c
i
te : 
sous Ic ciel, pcut 
ath,fairc. On nous <lit quc Dicu a pal'lé. Oil.! 
dans un IÏ\Te? Nou
.aYons Illis cc livre à répl'cu\"o ct nous 
nvons été dél'\appointés. Ce Ii'I'c hi'ni, Ic plus snint dcs t1011
, I 
nous désnppointc, non par 
a proprc fautc, luai'-ì parcc qu'on 
veut S'Cll seryir pour un ohjct aU<<luel il Il'l'
t pas destiné. I...a 
réponse de rÉthiopicn, quautl saint Philippe lui dClnandn sïl 
com prenait ee (Ill ïl li
ait, e
t COllllllC la ,oi'\ de la nalure : 
,e COlnlncllt pourn.1Ï
-jc Ie cOlnprclldrc, 
, Illoins (IUC quclquc 
homn1c nc 111C guide? )I I.,"Église 
c t'Jaarge de cclle Illission; 
dIe fait cc que Bulle autorité IlC snurnit faire, ('t c "c
( IÜ Ie Sl\tl'ct 
dc sa puissanee. Ie L "esprit IHlIllain, a-I-oil clit, dé
il'c êlre 
débarrassé de tout doutc en rcJi
ion ; ct un maitre qui 
c <lit 
;nfailIiLle cst prOlllptclllellt eru 
ur sa Silllpic parole. lXous <<'11 
"oyon
 des eXl'lupics l'on
tants an IIlilil'u de BOllS de In part de 
sinlpies iuùi, idus qui ,culent ilnposrr leurs opinions. Dans Ic 
ROll1nnislne, c'cst r)
gli
p (lui prétcnù à eetlc infaillihililé; dIe 
se débarrasse de scs ri\"all\. en Ics dcvanc:ant. Ef probahiernl'nt, 
qu'aux ycux de 
es eBrant
, ee n'e
t pa
 rargulucnt Ie Iuoin
 
pcrsuasif dc son infailliLilité, qnc de la yoir, tllp 
l'1I1e entre 
toutcs les Égli!--cs, a\"ancer ceUe prétention, COI1HnC si un 
instinct secret ct un prc'
entinH\l1t inyolontaire ..('teunicnt Ir
 
e0I11ffiUnions ri\"ales qui yont presque jUS(p."it I\.rfecter (t). )I 
Ccs phrases, queUes qnc soient les erreurs que rl'nfcro1l'nt 
Irs Inots dont cIles se cOlnpOSl'nt, cxp."inll'nt sÙrcnlcnt nnr 
f{randc ,érité. ta ri'ponsc Ia plus pérclnptoire, done, i1 Ia 
dClnande, pourquoi nous nOllS SOulucttons 
\ l'autorité de 11
g1isr, 
dans lcs questions de foi et leurs ùé\"c,loppeUlcuts, c'cst quïl 
doit y nvoir une alltorité sïI y a uncrévélation, ct <-{uïl n'c\istc 
(1) Proph. Ollie., p" 141. 



141 - 
d'autre autorité que rÉgIisc. Nous Ie yoyons dans les paroles 
de saint Pierre à son eli, in ì\laître et Seigneur : Ie _\ qui irons- 
nous?n On ne ùoit pas non pins oublier que rÉrriture, en eonfir- 
luation dc ce que nous disons, appelle e
pressënlent rÉgIisf) 
C( Ie pilier et Ie fondeUlcnt de la vérité, n lui proluet par une sortt' 
de traité It que resprit de Dieu est sur clle, ct que Ics paroles 
quïl a nliscs dans sa bouehe ne sortiront pas de sa bouche, 
ni de la bouche de sa postérité, ni de ccUe de la postérité de 

3 po
térité, dans Ia suite de tous Ics siècIes. n 
7 0 Si }'existcnec d'un arbitre infaillible dans les disputes 
rcligieuses l'st crune si grande ÏInportanee ct (rUn intérèt si 
n13jeur ùans tons les Ôgcs du lnonde, eet arbitre doit être sur- 
tout bien yenu dans un tCli1pS C0J11n1e Ie nõtrc, oil lïntelligcnpe 
hun13ine se Inontre 
i actiyc, la pcnséc si fert
lc, et où I'opinion 
cst di,-iséc à lïnfìni. Le lJesoin ahsolu d"une suprén1atic spiri- 
tuelle cst à présent Ie plus fort argunlent en fayeur de son 
existence. SÙrenlent, ou une ré'l'Iation objectiyc ne nous a 
pas été donnce, ou elle a été pouryue des nloyens néccssaircs 
pour faire connaitre au luonde son caractère objcetif. Si Ie 
(
hristianislne est une religion sociale, conl111e il rest certai- 
nenlcnt, ct sïl cst bas{
 sur certaine
 idécs rcconnucs conuue 
diyincs, 011 sur une croyance, que nOllS supposons ici; si rrs 
idées ont dC's aspcct
 Yarié
, font des in1prcssions divcrses sur 
I différents c
prits, ct I11ènent cn conséqucnce à nne nndtiplicité 
de déycIoppel11cnts 'Tnis ou faux, ou tenant de rune et de 
rautre, ainsi que nous raYOnS cxposé, qucIle influence sera 
assez puissante pour c
anlincr les prétentions opposées et pro- 
nonceI' entre cIles, si ce nOcst une autorité suprènle réglant et 
conriliant les jugen1ents indiyiduels en yertu {rUn droit diyin 
ct dOune 
agesse reconnue? Dans les tl---'U1PS barbarcs, on sc 
rcnd 111nÌtre de la yolonté par les sens; Inais dans un siècle où 
la raison, COn1111C on rappellc, est dcvenue rétendard du droit et 
de Ia vérité, il cst d'une éyidence surabondante pour tout honlIDc, 
quclque rares quc soicnt ses rapports ayec Ie luonde, que si les 
ehos{"\s sont ahandonnées à elles-nlênles, chaque indh idu aura 

a manière personncIle de les voir, et suiyra la route qu ïl jugera 



- 142 - 


convenablc. Deu'\ ou troi
 prrsonnes s'cntcndront uujounllnli 
et sc 
ép3rcront dClnain; rÉcriturc sera interpl étée d
!n
 tics Sl'!).. 
différents; rhistoire sera annl) 
(
e a\ cc 
uhtilité ùe Inauièrc 
à en tireI' ùes applications différentcs : la philo
opllic, Ie t"uÙt, 
Ics prrjugés, Irs pa

ion
, le
 part is, Il's tapriccs, nt' trOtH cront 
pas de ri>gle COHununc, ia Illoins qu"il Il'c\i..te un POU\ oir 
suprèlue qui c\crcc SOil rontrÙl<' 
lIr rl'sprit t:t cOlnnwndc ruc- 
cord. II HC 
nurait y ayoil' de rOIllhinai
on hu
éc SUI' la ,érité, 
sans un organc ùc la ,él'o l
. Dc In,'>rHt' (PH' la eulture influc sur 
b couI.\ur des neurs, t't la t.lorllcsticité sur 14' teint. dcs aniulaux, 
ain
i réùucatÍon produit Jléec
sairCIHellt ùes dirflTcncrs d"opi- 
nioHs; cl H.ndis qn"il l'
l irnpo

iblc de pos
r Ie"" prcruicrs 
principrs sur le
qu('ls tou') Irs hOnnlll'S dqi\ cut s'aceonlcr, il 
c.sl lout it fait dérai
ollnahl(" d"attendrl' (Iu"n 11 honHIlC ace('ptern 
trill' chose qU"Ull youdra lui irnposer, on ()lIC ton
 
(' !'OUlllcUrout 
à run (rentl"t
 {'u
. Je Ill' di
 pa
 (p. ïl n") :ait des \ ("rit.ê
 <"ter- 
nelles, cOIHnlecell(:
 dont parle Ic poi."lte (I), '1ue tou
 les honuncs 
rcconnaissent en partieulil'l", Ilwi
 dont aUt'unc u'a "Hr nuto- 
I"itt
 qui en irllp()
e a
scz pour dc, ("nir la ha
c dt' r n nioH ct de la 
conduitc publi(lue
. Lt.' 
cnl guide per
ua
if cn uwtière tIc 
l'onduite çst rautOl'itl', ("('
t-i.-dirc (}llïlllOliS fant 
\\oil' un 
jugelllcnt que nons rc
ardiolJ
 ('tBIUnt' 
ul)("rirur au uÙtre, quanu 
la yérité cst en (IUe'liou. Si Ie Chri
tiani:'lnc c"-t à la f('lis s()("ial 
et dogrTI3tiqnc ct (Iuïl soit dl':"tint" i. tOtl
 1<':" 
il'(ol<'
 il doit IUIlJ)ni- I 
nelnent parlant, 3' oil' Ull organc infaillihlt'. Sail.., ccla 'ouo;; 
ohtiendrez rnnité d(\ forillc :&11 dl'lrinlcnt de runilé de dortrinp. 
ou runité de doctrine au prt'"judicc de runitt'> de fornu\; ,ous 
fturez it ehoi
ir entre Ie lalif lldinariüni
llic cl 1"('1'1"('1)1" (](' S('Ch'; 
\ ous pourrcz êlr"C tolél"ant ou ilJtoh
rant pour Ùt'S <Ii, cr
l ncr, 
de pcn
ées; Blais, Oll:'Ì allrez dl'
 ùi, crgl'HCcs. Ll
f!li

c (r \ ngk- 
terre prl
fèrc une unifonnitl' hypoerite it tine autoritt'> infaillihle" 
('.t h

 sectes d' ,Angll'tcrrc Illi préfè.'cnl UIlf' anar('hic sans Lorne
" 
l/4\llenlngne ct la Sui
sc ont eOlHIllCIH.'t' It.\ur réfoI'lll(' par la 
persécution, ct elles ont fini par Ic sceptiei
l})e. ta doctrine de 
lïnfaillihilité cst une hypothèse nloins ,ioI
nte que cc 
:1erifirr 
(I) Où y';'p Tl v:j" ïe K
ì.T

, Xo T. J. 



- 145 - 
de la foi ou de Ia charité. ElIe aucint Ie but désiré, sans, pour 
I ne pas dire dayantage, violer la lcttre de la révélation. 
8 0 J"ai appelé la doctrine de lïnfaillibilit.é une hypoth
e; 
considérons-là ainsi pour facilitcr rargulnentation, c'est-à-dire 
regardons-Ià comme une sitnple supposition qui n'est appuyée 
par aucune preu, c dirccte, Inais qui cst nécessitée par les faits 
de la cause pour les roncilier les uns avec Ics autres. Cctte hypo- 
thèse a, en fait, été soutcnue dans Ia plus vaste partie de In 
chréticnté, de temps imnlémorial, et ron a agi d"après elle; 
néanluoins laissons à la nécessité Ie soin de rcndre cOInpte de 
cctte cüïncidence. De plus, ce n'est pas un fait nu et isolé, c"cst 
Ie principe vivjfiant d"un v3ste systènle tIe doctrine que Ie besoin 
Iui-mènle ne saurait crécr; nlais laissons ce systènle être sim- 
plenlcnt r.ppelé son dr, cloppcmcnt. Ccpcndant, n1èn1e COßIIlle 
hypOlhèsc acceptée par nne cOnlmUn!On entre des cOlnulunions 
diverses, cIlc ne saurait ètre écartée IégèrcIllcnt. II faut que les 
partis, Ics controvcrsistcs, les historiens, adoptent quelque 
hypothèsc, sïIs velllent. traiter tlu Christianisnle. Le Text Rook 
de Gieseler prc'tend être C0l11me une sèche analyse de rhistoire 
rhrét!ennc; ct cepend
nt, cn rcxanlinant de près, on tlécouvrirn 
quïl a été écrit d'()pr
s une théorie positive et précisc, et que 
les fnits sont e-xposés de n1anière à venir en aide à cettc théorie. 
Un iucrédule COllHlle Gibbon se crée une 11) pothè
e, et un ultra- 
rnolltflin conune ßaronius ep.Jldopte une autre. L
écolc de Kurd 
ct de N c,vton pcn:,c ({ue Ie Christianisl1lC a dOI
n1Ì de siècle en 
siède, excepté panni ceux que les historicns appellent hérétiqncs. 
n"autres parIlànt COnl1lìC si Ie SCI'Blcnl de 5UPl't'IlHtLÏC et Ie fÚllgé 
d"élire pouyaient être regardés COlnnlC la règIe dc saint .Ambroise, 
et iis appuicnt les trcnte-neuf articles sur rardènt Terlullien; 
Ia question cst de savoir laquelle de cc,s théorics est la plus 
simple, la plus naturellc, la plus persuash e. Ccrtainelncnt, 
lïdée d"UIl dévcloppenlent sons une autorité infaillible, n "est 
pas une h) pothèse D10ins graye, moins persuasivc q lie celie 
firée du hasard ou tie la coïncidcnce des éYéncn1ents, on de la 
philosophic orientale, on du tra\ail de l'antcchrist, quand il 

'agit de rcndre conlptc du COl1lnlenccmcnt do Christianisme rt 
de la fornlation de sa théologie. 



CIL\PITRE TROISIE
IE. 


S
1l L.\ NATLRE DE L'ARG["IE:\T F
 TAYErR DES DÉ' I
LOPPE)lE
T" 
EXISTA:ST DA:\S LE CnIHSTI.\NIS)lE. 


S ECTIO
 pnE
IIÈnE" 



'f. 


. c 


CARACTÈRE PRÉSO:UPTIF DE L\ )'REL:\'E. 


En nous dispo
nnt à ronsidl'rcr Ie raraell're de r3r
un1cnt 
à apporlcl' ell fa, cur de la ,él'ité ùes th',\ eloppl'lllf'lIts e
i
tnnt 
dnlls Ie Chri
t ianisl1ll', nons dr\ ,HI'; d"ahord dOIlIH'1' notl'c attcn- 
tion à la force prépondi'l'antl' dc la prouaLilité uUlérieure daus 
touies ll'
 affaires prnt.i(llH'
 oil (','lte pro),ahilit<'. l.\i
t('. 
i eLite 
prohaLilité cst gl'andc, cll(
 rClllplace prc
que cnlit"I'CUlent la 
prcuye; ('eci l'
t di'ulontré par l'e\IH"l'icIH'c jonru"lil'I't'. Illl"('
t 
pas question ici dc sa, oil" 
i Ulle' conclu
ioll partit'ulièrc, dans 
tel ou tel cas, cst 'Tail' OU ne rl'
t pas : fc'\.uel it uùe lllèn1t' .Iu 
procédé e
l ((l'lllontl'l""" pflr 
on adoption 
i'lIl'I'aie. II I)('
 hfl
3- 
t<."lIes légères COIlUHC rail', )t nOli" dit Ie I'uète, tt 
ont }tour 
Illonlll1c pré,cllu, de
 cOllfìnll"tion
 èttlssi forles 'luC d,.
 
pl'cuyes de ùroit di, in. It ITa l
U"allgcr, dans nnc foule, nou
 
dit-il de faire attentiuIJ Ü nOIre bour
(', nOlls It' taro) OH
 , 
quoiquc, par la suite, il sc trouyc qu ïll'
t lui-IHèlHC Ie \'olcur, 
("'t quïl nou
 3 dunHé tel ",is aHn <.raUeillùre 
Oll hut. Un 
l'ul 
te\.te suiHt pour pl'OU' er une doctrine i. 
dlli (Iui est hicn 
disposé on qui n ùes pl'l'jugés ell sa fa, cur: It Il"ouhlicl pa
 
rusage de 'ous ri'unir, It sunil pour tli'tider Ie ehrélien à 
ohscrver Ic
 dc, oir
 du cullc social' et la défcu,c uu lllaria
c , 
, 
 
faite par Ron1c à son elergi', cst, pour IT\.1
 qui ont l
tl' élc\ és 



- t4
 - 


dans ces prljugés, une prCll\-e suffisante {(ue Ron1e e,{ l"nntc- 
< ehrist. En outre, pour choisir un c'\cn1pIe dans un autre sujct 
 
qUaIul HOllS 
onuncs pleinclnent con, 3incns qn "une détuarchc 
inlportante, proposéc par (Iuelqu "un, cst juste, nous n
insis- 
, tons que <-rune nwnière grnérale sur la uécc

ité de r{'
anlinl'r 
nous-lllèlne, (rattendrc, de yoir, et autres considérations de 
re gCllre; Jnai
, suÏ\ ant que nous doutons plus ou J110ins de 
S3 justice ('t de sa cOJîYenancc, nons éle, OIlS plus de diflìeultés 
 
nous tliffi'rons <-rapprouyer, nous snscitons des ohstacles pour 
I retarder son accon1pli
scn1cnt. En outre, il cst éyident que la 
: conduite honne ou lu:-an aisc d"tu1P pcrsonne c-xplique Ics n10ts 

aillants et Irs actions obscures de ses prcn1Ïères allures. L"è, e- 
I ncn1cnt deyient 310rs une interprétation présomptiye du passè, 
, des pren1ières traces de son caractt."re, d"ahonl trop pcu nOI1)- 
: hrcuse
 cl trop indécises pour qu"on pÙt sOy arJ'êter; fessayer 
etit paru ridicule. 
ous trouyons que la prohahilité antérieure 
, triomphe de la preu, e qui lui est contrairc, aussi Ijien qU"f'IIc 
nppuic ce qui s.nccorde nyce dIe. Chncun connait tics cas dan
 
lesqucls une accusation plausible contre un indi\ illu cst rCIl- 
I yerséc sur Ie ehanlP par rautorih
 de 
a réputation, f{uoique 
In réputation n"ait ricn à faire avec Ies circonstances qui ont 
fnit naitre 1(' soup
on; ('t n "eùt pas de force dirccte pour It:' 
détruirc. D'un autre còté, on dit quehlucfois, et luèn1e si ('c 
n'est pas littéralenlent yrai, nou
 pOl1yons tont de mèIne nou
 
(>n seryir COllll1}C d"tUl e
enlple, qu "un certain nOIuure de
 
accusés qui con1parai"sent dans no
 COHrs crinlÏnellcs ne sonl 
pas lésalelllenf coupables du crin1c particulier sur 1l'<Jud porte 
Ie jugcn1cIlt rendu contre cux, parcc {plïls sonl tOndöJl1nés 
non pas tanl sur la preu, e particulière à ce fait que sur Ia 
IwésOInption s"élcyant contre eux par suite de leur luau\aisc 
I rðputation ('t tIn 
ou, cnir de leurs crilnes antérieurs. 
I3is j"ai 

ignalé, dans d.autre
 publications, ce caractère PI'ésoInptif df. 
la croyance, de la con\ iclion ct surt.out de la foi. 
u La foi est Ie raisonnernent (rUn e
prit rdigieu'\ on de t"t' 
cine rÉcriture appellc un cæur droit ct rrnouycll', qui agit 


ßmLIOTII" IIIST. Ge A

ÉE. fer orvn. 


13 



J - 


,Jut t d r r d pr ffJI ti n tjU j pr 11\ qUI"I J 
tIt ..urr,( ir.dm! il '" r IJ Ir "Uf. \in...j.I tu 
p d I mil d r 1 J ul r cJ. 111. \11. n : iI dlt å 
udi U II' -il \, n it t' HI I' ßJ -... 
 rd. ce Pi. U flu. 
í It I,. '111 i luïl... lï7"fl Jr rat't t dont I rl j(
nl I, 
. II . I ') n\, -t. n qui \;..tdit .-u ux ur l 
II tu "r intu II run;" 'tU ' till... ,.JJorta it dOT J 
lui (Iui d \ it., (I....), ..lJj( r.\ fJ
 {r un ju
c I Jur 'u 
I JU I ITJ n J., .'" 't un f J I 't 
 rJrOfMI/ilitJ
 anI :r;t.ure 
fu r \ 'JJ ,{ui du r" di\ r J J "' t "l'l'r,:('-' , uÏ\.-nt 
tl . IU (-I. 'un n ,it d fJ" . ur. , . ;ntt.f. lit II) II 
f r .u\ d Jl -t-it in r" unir - dj\ e ... .. Id-l: l"'l'lioll" 
HJ "- 
IJT "J. 11 II - iI .-n 
,it p) It- c n f.J\( JI du rn 
41 u ï I J I ,.. it, 1 P r u \ . j t I r. - I 
 4" r . , t - - p r. d J r It 
,. it (IfJ ,I IJ" ...t. J fa. (III un rlli cI(-1 n, i.. "t p:-or rf 
I r '1 11 ' i u \d;l r u.j" : u.- "rit. d' -ntr I r II" L. 
( It pt(-U\ "Jr' J ,it I, - u -{,UP it {II (II ( I J f'ÙnrJ 
.tU' Jurd hlJi - I II .. "d tsornrrw (JI] :i-t.dit rfloil)", fJ. -r . 
I JIJJH. fJ " I jt d fIll c'tLJ;t un' tf.U\ ("( nr-l I",' ctptn- 
d ut,.. flJ. I fJdr' lu...II" :t..il idi: de I. JlIJU\( IJtl' (J 
(' fjU; J ut (-Ire' r I -J 
 ror; If. htí
 d L., pr. (( fit; Jft, d. 011 
(t . Or 
.t d Ii inJprolMf,ilit 
. ...j (JI) h .. .tffl." t-. ,JffJf purt 
HI\ Hti fJ, ,.t.. flHu Ju tlIfJoi U J
f lJf"r'- Jl111 .1 d . r3{>> tre, .ppu

' 
,j tout I J (01"(" d J r ,IMI,; ; I \,..( JIlt . I tf
1 i urClULfll f 
'i lJïJ rl \ jlJ d r JW];u ur I. 
.Enl'( r: J fI' (-U\( ,. JJIJJnIHJ(
III(JJ "PP(JrL: , 
 it I' IJr 
I'r I \ r J . , :..;1 
 du 'I ri..,ti JIJ;""JJf' .. u · 'rLj;,u' II) -(rin tir .. 
df I.J "I .. d. I · .,..it J f" JJ (JrdUJdÍn, H'U (IJftf 
 (u Ii ,ër , 
fJ,n J I IJt "'-'IJ - 11 , IT.'J;., ui\ dflt I -i l'Of) tan ,u 
,uili 'u dl )U ,II fj,U J Î\c' '-J d( '.[rit · ({(Jo('JJ, nt ,j( IjHf
 
,. } HI"" II ' urfJul Il" notre (, prit un f{,t rd''') "n I f.-tit, 
lJi\ fJt (IIJ · fJotJ.. HJrn Hr(JJt 1)1 IIOIl .. ir "' n wn' .." \J;Ji'JtL- 
1. Jf.t, J eJlJr,,;.1 d. - itf' In..t JfWt f IJtr.JlJu' IHJI" \ 
J'Jf
L 
 de 
\ IJ" dntf',,..i u ( "h,nt 1,11 .. - our nt tn"..-difI;cilf'" å d(
(-(Jll\ rir 


1 .... err r: ! I"lnh r It I', 1!).J, if _ 



- I:
j - 


'ct à analyseI'" r Be prrsonnc, par e
cn1plc, cst conyaineue par 
fnrguIllcnt que Paley tire des Inirac!cs ct une autre Be I'est pas. 
; Pourquoi celn? p
H'CC que In prenlière adnlet qu ïl y 3. un .Dieu, 
{i uïl gouycrnc Ic lllonde , qu ïl désire Ie salut des h0l11111C3, lple 
IIa lun1Ïèrc de la llflture ne sumt pas à rhonul1e, qu ït n"y a 

(r[)utrc n10yrn dïntrodui,
c la ré,élatit,n que de rccourir nuy 
: miracles, et que ùes hOlllmes tlui n 'étairnt ni des cnthousi3
tes, 
I ni des impostcurs, n'
ur[ljcnt pu rtgir COlllll1e I'ont fail Irs 
I apõtres, à 1110ins d'3yoir yu les nliracles par eu
 attestés. Lc 
second, au contrairc, nie une on plusieurs de ces choses, on 
hI ne sent pas 10. force de quclquc autre principc rlus cachè 
I qu 'aueun de crux que nou
 ayons indiqués, et ccpendant nJecs- 
saire pour que rargunlent BOllS paraisse pl'rcnlptcire (1). )) 
I ' Le mènle principe s'applique à rargument en favcur de
 
Iniracles ecclésiastiques. (! Le seni point aU(Iucl ratte:1tion doj, e 
s'attacher cst 13 preuye de leur probrtLilité 
ntéri('un ; ce point 
une foi
 étahIi, la (Ùche est presque (lCCOllJplir. Si les llliracles 
I nllégués 80nt en harrnonie avec Ie cours de la Proyidcncc dh ine 
I <Inns Ie lllonde ct alee rmlalogie dC' Ia foi, tcUe qu 'dIe 

I 
ccntenue d
ns rÉcriture; s
i1 est possible de s"rn rcndre cOlnpte; 
s'ils peuycnt se rattaehcr tl llne cause on i\ un sy
tème eonnu
, 
rt surtout si ron peut 1110nLrer quïIs sont rcconnus, pron1Ís on 
prédits par rÉcriturc, Irs prcuycs positiycs devicndront bicn 
I pcu néccssaircs pour nous décider à leur prètrr rorcille ou 
mêlnc à Ics accepter, sinon chacun d"cux pris isolénlcnt, flu 
Inoins vus en CO)
Ps dans leur cnscIllhle. Dans ce cas, ils ne 
font que Ics cfrets naturcls (rUne action sUI
nr:turelle (2). II 
En rc qui regarlle les dévcloppCl11cnts e\.isrants dans Ie 
f:hristi3ni
mc, nons nons dispenscrons de Ia mèn1e 11lanil;re 
dïu\'oqucr en leur favenr ùes nrgUl11cnts fornleis ct historiquc
 
en proportion dc Ia raison que nons aurons de présumer leur 
cXflctitndc. l\ous nons contenterons des prcuyes accidentellrs 
que Ie cours du tClllpS nons apporte ct jette sur notre I
oute, rt 


(1) Sermons de rUnivrrsité, p. 269 , 270. 
(2) Essais sur les rniri
cl('s, p. LXXVI. 



- t 18 - 
nou
 aYOHS \ u phis halH, qu ïl ) a une tn\s-forLc ."aison de Ic
 

tI ppo
l'r fith\les, s ïl c
l l'aisonnuLlc cJalte'l1dn' des dl'\'cloppc- 
Hll'nts du Chri
liani
lllt'. C"e
t (lone Ie 
rl'ond point sur lccluel 
HOUS dc\ ons iHsi
lcr. 
J 'ohscl" c done que.', 
i nons 
onlnll'S CeH1\ aillcll
 q nc lïd('r 
dll Chri
tifinisl"e', .('lIc qu'ellc a l,té ré'l'léc ori!.!.ilwireHlcllt., .w I 
I ' I " I . I 
petit quc 
e (e\ c OppCI', el 
I notl
 
a\ OilS (a1l'n' part, (Iue 
(Ie gr3l111
 dc"\"l'IoppCll1Cnts (',i
tellf C'I) fail (Iui sc di
cllt ,rais I 
l't Ii'
itin}('
. Botl'e prcLuil'rc illlIH"('

ioll (Ioit i'trc' natnrl'Ill'lll(
nt 
tJue ccs dl'\ c10ppl'lI1enb 
ont t"C 'I u ïl-; prl'tentlenl ètre. En I 
outre, Ic plan }HèIHC SUI" lequl'l ils 
c 
Ollt opl'ré" leur haute 
antiquitc" eL leur appli(,l1tion pri'seutl' leu.' forJ}wtion 
rnducJle 
C't 
cpenc1ant leu.' pri't'i
ion, Icur orùl'e hal'lllonicu\., (Ii
poscllt 
ayc(" tIne très-gnuHlc fo.'ee lïuwgination :'1 eroire CPI'tllI ('Tl
ci- 
g-nl'rnent 
i jenne et 
i \"icux, que Ie, 
ièclcs n'ont pas rClldu 
 

lIl'flnHé, luais clui est all eonll'airc ,igonrt'H\. c't progl"(


ir l'
t 
Ie \éritahlc dc"\"eloppe111t'llt prl'IHl'dité (.lal1'\ Ics tle
""eillg dc J)icu" 
'ou
 
\\ on
 
\ con:-:idérer cn
uitc CJu"ù re
erption des dé\-clop- 
pl'llll'nts clui 
ont ell po

e
sioll ell' la e'larl'tienlé, it n'y en 3 pas 
un parilli Lon., It'S nutres, du prclllÎcr au dernirr ù'cntre cux, 
clui, par sa IH (\énlillcnce ct son c.arat'fl'rc pc.\flllanent, 
uit dignt' 
dc Cp nOIll. Oans ll's prcl1liers Ll'nlp
, Jes dOl'trillcs h "rc.',tiquc, 
l'laicnt oU'-t'rteIHcllt rCCOHllues ('Ollllllt' 
t('l'iles l't ('onc1muuécs 
.'. n ':n oil' <In "tIne conl'tl' c,islenrc ; rIles He pOll' aient pa., InaiIl- 
tenir lcur tèl'rain eOIlII'
 It' ('ath()lil'i
Hll'. Quallt it la pl'rioel , ' 
du Inoyen Ùg
, jc HC 
a('hc pfiS (IlH' les (
rers aielll rait aux 
Lfltins plus (Iu"ullt' OpP()
ilioJl J)i'
ati\e. JIainh\lwut, nOli' 
,"OYOHS dc 1(1 J}H:'I1W nlallii rc, quc' Ie 

 Il.hole c1u coneilc dc' 
T."C'nlc He rellt'onlre antun dé, doppelllCIlt. ant3
olli,tc; if 
n "existr pm
 de s
 StèU1C ri\"fli. t "on t I'OU' C partout efl'S trÎtiquC's 
('11 ahondancc, Blais hien peu d"l'll:'l'i!.!.neIllCnt po
i( if" II a rarc- 
lHellt é(é tent(' de la part trUne' rl'ole ri\ all' de 
(" }'entlre I 
nlaìtl'e

c de 
cs propres doelrine
, tic rcel1crchcr leuI' St'I1S ct 
leur portée, de dóterI11in('r leur i']oi
l)e.nen' dC's c1c
('r('ts de 
t... 
Trente Oll Icur rapport avec l'UX, et (Iuanel, pa." ha
al'd, de 
tenlps en tClnps, ('cUe tcntatiyc cst faile en fluclclue nl('
ure, 



- 14D - 


alors s 'élè\"e unc gurrre de principes, ècs contradictions saH
 
rCJllède entre Ics diycrses parties de la théologie ainsi dé"t'- 
loppéc. On yoit, en outre, l"Ì111po
sibi]ité de concilier ceUe 
théologie 3YCC la di
position générale des forn1ulaircs dans 
I lesqucls sc trouycnt ses éIén1ents. II en résuhe qu "une appa- 
rence de lllaU\Tlisc foi ct de sophislue plane sur les personne
 
3yentureuscs qui ont tcntl
 tIe les n1ettrc d"accord. De plus, 
lïntdligcnce de la \ érité de ceUe situation dcyicnt générale. 
On yoit rautorité qui garde Ie silence et fuit une entrcpris
 
sans espérance; clle décourage ceux qui youdraient la tenter. 
Le peuple laisse yoir c1airen1ent quïl regarde la doctrine t't la 
pratique, leur antiquité et leurs dévcloppelnents COl1lnlC des 
choses de fort peu dïnlportance. Enfin, Ie désespoir de
 
hOnln)eS les plus rccollunandahles de, ient éyident; on les ,oil, 
sïls 111ettent el1 avant un grnnd projet, COlnme celui, p
r 
exell1plc, de la con,-ersion du nlontIe p()ïen, être effrayé
 
d"agitcr la question des doctrines au
quelles ee montle doit ètre 
converti, de peur, en ouyrant une porte, de laisser éch()pper 
ce quïls ont au lieu dc gagncr ce quïl
 n'ont pas. A la force de 
reeomn1andation que ce contraste tIonne aux développcI11Cnb 
, cOllullunélnent appelés catholiques, doit s"ajouter l"argun1ent 
tiré de la coïncidencc de leur caractère consequent et de leul' 
pern13nencc 3\ ec leur prétention à une sanction infaillible, 
prétention dont la réalité dans tclle on telle partie de la Ioi 
I diyine s'appuie, ain
i que nons raYOnS déjà \ u, sur dèS proba- 
biIitcs antcrieures. Tontcs ces choses étant hien considérées. 
je pense que pen de pcrsonnes nicront la fOfte présonlption 
qui existe en favcur de ceUe opinion, que sïl y a des dcyclop- 
pements dans Ie Chri
tianisnlC, les doctrines fi\.ées succcssive- 
ment par Ics pppcs ct les concilcs, dans Ie cours des siècles" 
I sont précisén1ent ces dévcloppcments. 
Dne autre préson1ption en favenr de ecs doctrines vient dt' 
l'opinion générale qU.Cll a Ie n10nde. Le Christianisn1e ctant un. 
toutes ses doctrincs sont naturcllcn1ent des ùéycloppelllcnts d"un 
tout, et sïl en est ainsi, cUes sont néecssairement en harmoni{t 
les unes avec les autres et doiyent fornlcr un cll5cnlble. Or, c"e
t 



- 1:>0 - 



ou
 cr point lIc , uc que Ie 11lOl1l11' en, i
a

:(' C(', tll
\ ("loppeHlrnls 
hirn eonnu
 qui prt';tenùl'nt au Honl de l'atholic(Ht
. 11 leur 
accordl' ee titre: illl'>) reoanle eonlIne 
1ppal'f('nant i. une fmuilll'. 
ct il Ics rn pporlc it un 
) 
tl;lnl' t hl
lJ)u
iq ue. II n "l\
1 p:ï
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 de 
f' lÌ)etlre en peine de prou\ l'l" ee l(ui l':--f 
oull'nu par Ie, 
:Hh-er
aircs ùe l'C:-- lit" 1'Ioppl'nll'nt
 :1\ ee plu
 de foret" que par 
leur
 défell
l'ur
" teurs :1(1\ cr
airl'>) a\ oHenl. qu ïl... protc
tent . 
non ('outre l'ette dol'trine-ci ou ('cHe-Ii., lltai
 i. la f()i
 euutre 
UJ}C t."'t toutes, et il
 
rnll'lenl frapp""" d"l,tonHcnu"'nt ('I de per- 
pl(',itè. pour He pa
 dire dc rC
pl'l'f ell fal'e tIe ('('He unitt', 
qu ïI
 
'-'nt('nt ètrc 
urhunlilinc. quoiqu ïl
 l1e ,euillent pa
 
con\ cnil" f}l1'ellc e
t lli, inc. De tou, cùté" on a, oue que ec 

y
tèllle porte 3\ ec lui tant à la prcnlii're \ ue true ron rn prcnd 
qu "npri'
 c:\anlen. un caraetère dïntl'grifé et dïndi, i
ihilité. 1) · 
Ii,. des pnrole
 COIHlne Ie to((I jacet BalJ.'//oll tlu di
tiqnl". Lulhrr 
n"a fnit qu "une partie de rU\U\ I"C de la refornle: Cah in en a 
aecolnpli line autre, et Sotin ra Hilit'. Prendre Luther et rejf'ter 
Cah in cl SOl'in. ee 
l'rait 
do'l nne rpigrmnllìe nUlnUl'. \ ouloir 

(' fail'c une luai
on 
an" loiture. Ce que j , c.li
 ici n'c..t pa, Ie 
jugt'111cnt partieulier dc t('1 houlille on de tel alltre, Jllai
 ropi- 
nioH COHUl1une ct Ie ré
uhat (Ie I"r:\ Pl'riencc d('" lOlls IL'
 pa,
. 
I e
 cãtholiquc..;; )'()}nain
 ct ie' pr()tL'
(an(' ces dell\. ;:rantl,
s 
fractioll'\ qui di, isent Ie fhri'lim1Ï:'lllc. Ie 'l'nt('nl : ("e
t l'nfre 
lU
 qu "c't cngagéc la cOlltnn er
c; Ics ...
epliqu ,
 ct }..' liùl"t"" 
pcnsrurs. eU\.l}ui sont ,iIHple
 :,p('etat('ur
 till ("ollflit It" 
cntcnt 
aus
i 'I Cl ilell c,t ùe nH
nIe ùes phil():o"ophc:;. II c\.i
te unl' l'eolc 
tic throlo
icns c:hèrc à noire nll'IHoi..."', qui dIe np fa pas 

l'llti, ct rc\.ceptioH qu'dlc fOrIHC aura 
on poid.;; jusqu"
t cc (Iul'" 
nous nou, rnpprlion
 quc la tlu"o}ogie partil'ulil're 
outl'nuc pnr 
rette écolc n"a pas la 
anttion tlu HIl'eè
. 'Ill "rile n'a jan1ai
 été 
réali
l;p rl),fait on que ,i clle ra élé un }HOHlcnt, elle n'a pa5 
ell de durée. Dc plu,. lor
que l'clte théolo
it' a l'tr 
anetionnrc 
par rautorité Innnainc. clle c'l à peine nllt.',c au ùl'l
. tIu papier 

ur lequcl elle élait in1prilllc'c ct de, fonnè
 li'gall'
 dall' 1('
qul'II('
 
dIe étair cirroll,cl itc. JIai
. en éleyant all')
i haut quc po:,,
iLlc 
les BonlS ..ëvéres d
 
l'
 autcurs, iI.. ne fonHcnt autre chose 



- 151 - 
'qu 'une exception à Ia règlc généralc, exception parciUe à ecHe
 
I clue ron renconlt"C ùans tOllS les sujcts 
oumis à une discu

ion (I). 
Cc téuloignllge gélléral CIl faycur tIc runité ùu Catholicislllí' 
's'ètend à SOIl cnseigneulent passe, Inis en regarù de son ensei- 
gnclllcnt préscnt, 3us
i bien qu'au
 di, erses parties de 
on 
! cnscigncIl1cnt netueI, It,S unes a, ec Ies aulres. Personne nc 
doutc, en Iais
ant de eòté fc\.eel'lion que nous, ellOIl
 ùe signaler, 
I (llH
 la eonununion eatholique ronlainc actuelle n 'ait 
ueeéùé it 
rÉglise ùu InOYCn âge et ne In représente, ou que rÉglise du 
1l10yen âge He soit rhéritière légitinlc ùe cellc de 
ieée , InèIne 
.. (..; 
f'tllldnleltant que ce soil une qUt'
tion à ùécider de Stt, oil' si rOll 
p
ut lireI' une ligne de délnareation entre rÉgiise ùe Ì\icéc et 
rEgli
e qui ra préeéùéc. Tous Ie
 partis s'accorùeront å rt
con- 
Ilaìirc que ùe tous Ie
 S) stèuICS e
istant
, In eOllnnunion rOlnainc 
cst, de nos jours, eclui de cc:, s) stènles qui, en réalité, se 
l'ê1pproehc Ie plus de I"Égiisc ùes Pères , quoiqu ïl soit pos5ihlt , 
conllne quelques-uns Ie pensent, d'en in13!!incr un qui en 
théorie Iui ressl'lnble dayantage. Supp050ns <{uc :,
tÎnt \tlwnast' 
ou saint Å.lnbl"oise tOe, iennc 
u}Jitenlent it Ia ,ie, on ne pcut 
douter queUe cst celIe des eOllll11unÎons ellréticnnes que run 011 
I'autre de ees =mints prenùrait pour la sicnne. Tout Ie lnonòe 
a
5uré[l1cnt COIl' icndra que ees Pèrcs, Inalgré, si ron ycut, 
quelques ùifférenccs d"opinions et quelques protestations, ne 
 
trOtH assent plus ehez eux ayce ùes hOnll11CS eounlle saint 
Bernarù, saint Ignace de Lo}oIa, Ie prètre solitaire dans sa 
dCIneure, Ia sainte sæur de dlaritc
, ou encore au nlÎlieu de Ia 
foule illettréc proslernée ùeyant raulcl , qu "3yeC les doctcurs et 
le
 Illenlhres de toute autre eOInnlunion religicusc. Supposon
 
que les deux saints qui séjournèrent jaùis à Trè, es en exil ou en 
8Iuhassadc, une fois rcyenus it la yic, ,oulussent pou5ser leur 
\ O}3gC plu
 3yant ùans Ie ì\ orù. Faisons-Ics arriyer jusqu'Ú 
une autre belle ,ille, assisp au nlilicu ùe bocflgcs, de ycrtes 
prairies ct de ruisseau\: trall(Iuilles, et ùenlandons-nous si les 


(t' L'auteur a en \"ue dans ce passage l'École d'Oxford à laquelle iI a lui- 
mème appartenu. (Sole du 1'Tmlucleur") 



I ,.", 
- J
- 


ùeux saints ne sc détou.'nc.'aicnt pas de plu
 tJOune rgli
c in1po- 
sante ('t dO un cIoitre i. raspcct solcnllcl (IU ïls lrou, eraicnt sur 
leurs pas, pour sïnfol'll11
r <Iu rhCl11in de qndquc petite l'hapcll(' 
où ron dit Ia nlcsse au foud d'unc ruclle populeuse ou d"uu 
faubouJ'g isolé? DOun autre cÙté, eelui (Iui a cntrlldu }H'OnOI1l'cr 
Ie HOn) ou parcouru rnpidenlcllt rhi
toirç dO
\thallase, peut-il 
douler, pour un scul ill'tuut, tOnllllcnt, en retour, Ie penplc 
ù'_\llglctcrrc, I( nons, JlOS priJ1crs, no
 pl"rtrcs ct nos prophètrs
 'I 
les lords ct Ics conUl1uncs, les univcrsités, Ics cours ccdésias- 
tiqucs, les 1113rchés Ju COlnJnCrCc, It's gralull's ,illcs ct It.'3 
pal'oisscs de "iIlage, agil'ions a, ec cc saint, lui qui a passé 
è' 
longucs anl
écs à luttcr cOlltrc Ics rois pour unc Sillipic c\prcs- 
sion tltéologique ? 


SECTIO
 II. 


C.\R_\CTÈRE DE L'É\"IDE:'iCE" 


Suivnnt une rcnlnrque Lien connue d'..\ristote : ,t ..\thnettre 
Ics prohahilités d'un ulathénlali
ieu ct dClllanùcr ùes ùélllon- 
str3tion
 à un ornteur, c 'cst nh
olulnrnt la ITlènH' chose. "II cst 
d('
 (Iucstiolls (Iui sout 
u'ceplihles d'ètl'c traitécs cJune luanièrc 
plus concisc et plus nlinutieu
c que d'autr('
, ct nous deYon
, 
U
HlS tous Ics cas, c
iger des IWCUVCS suÏ\ ant la naturc Ùll sujct 
en <.1iscusE.ion, et nc pas aileI' nu deli.. L oé, iùelH'c peut a, oil' un 
ail' naturel, luènlC dalls scs déf
)lH
, ct clle se rccollllnandc à 
nous quand l'll:
 porte a\ ec el1
 rc'\plication ùu pourquoi dlc 
cst ce qu"ellc cst, eluon pn
 plus pérelllptoirc on plus C\HctC. 
QueLlucfois, il e
t ,rai, nous ne pou, on, ùécou\ rir Ia loi ùu 
silence ùont, dnn
 ce ('as, on ne peu1 rClldl'c eonlple. ..\insi 
tucicn, quelle flu'en soit In rai
on, parle it pcinc ùes auteurs 
ou des aITaircs de ROlue (I). 'In\.illlus T)Tin
, (lui a écrit å 
fiOH1C plu
icurs de ses ouyrnges , He fait pas la 1110indre allu
ion 
å rhi
loirc ronlaille. ..\ucun écriyniu 311cicn Ile fail nlcntion de 


(1) Lardner's Heath. Test", p. 22" 



- 1
:5 - 


Patcreulus rhisloricn, si rc 11 'est Priseien. Pour ehoisir des 
rxcIl1ples qui se rapportent dayantagr à notre sujct, Srn('quc, 
Pline rancien et Plutarque gardcl
t un silence cOlnplet sur Je 
Christianisn1c, ct peut-ètre aussi Epictète ct rcnlpCt
eUr 
Iarc- 
Aurèle. La )lishna juiyc, cOlnpilée ycrs ran 180 de Jésus- 
Chri
t, ne dit ricn du ChrislianislTIC; le
 Talnltu.l
 de Jérusalenl 
et de ßahylone font prcsllue de Inènlr, <Iuoique run ait été 
cOInpilé yers ran 500 de Jésus-Christ et rautrc ycrs ran :500 (1)" 
Eusl\be encorc cst trè
-inexact dalls la citation dcs faits: il IU:- 
parle ni de saint 
Iéthoùe, ni ùe saint .Antoine, ni dll n13rtyre 
de sainte Pcrpétue, ni llc 13 puissancc de faire des IniracIes tæ 

aint Grégoire Thaulnaturge, et il ne nlcnlionne pas In croix 
IllIllineusc de Constantin dans son Histoire eeclésiastique, où ce 
fai t de, ail naturCllC111ent trouyer place, Blais il CIl parle dnns 
I la yic ùe rEtllpercur. De plus, ceu\': qui a<.hncUent ce fait 
c\traordinairc, qui cst, t'on1file en 
on' icnt un autcur lIui w 
repoll
sc (2), CI si inc\pliraLle à Illistoricn, )) ont à rl'soudre la 
, diilìculté que préscntc Ic silence uniycrscl gardé à cc 
ujct par 
; t.ous Ies Pèrcs des quatrièlue ct tinquièll1e siècles, e
ccpté 
Eusèbe. 
De Ia 1l1l'lne lllanière, rÉcriturc a ses o111issions inc:\.pliquecs. 
I -\ucune crole religieuse nc trOtH e scs propres doctrines et 
pJ'atÎ(lues insrrites à In surface de son te\tc. La rCluarque 
I s"(}pplique aussi hien au ronte:\.tc de rl
criturc qu'it robseurité 
qui enycloppe lXnthanaël ct In 
Iadclcine. l HC ciJ'eon
tance 
rcn13rquablc, c"est qu'on ne trouyc auclIne indication direete 
r d(}ns tontc rJ

riture, qne Ie serpent dont iI cst (Iue:"tion dan
 
l() tentation <.l'ÈYC, était Ie llU1lH 3is esprit, a\ ant tïarriycr à la 
, vision llc In fel11n1c, de renfant el llc leur adycrsait'c, Ic dragon, 
dans Ie douziènlc chapitre de I'A.pocnlypse. 
Des on1Ïssions, ahsolucs ou particulièrcs, préscntent natureI- 
IcnH
nt des diffieultés quand cIles sc rcneontrent dans ré\-idence 
des faits et des ùoett'ines. D\ll1 autre còté, cIles sont fréqucn1- 


(1) Pa1ey's Evid", p" I, prop" 1,7. 
(2) 
Iilman , Christ. , "01. II, p. 3il2" 



- 1
,1. - 
li1cnt su
cl'pti]'lcs d'cxplication. .t\ill
i, Ic silcnce C:3nlt
 
ur 
('crtaill
 faits pent ycui.. de leur notori(
tl' Int;I1H', ('01l11l1C (Ian
 
Ic ('a
 d{'
 sni
ofl
, du (rlnpS, 011 (raUIJ"e
 phl'nOJ)}l'JH.'
 naltu"('Jc;, 
II pent "l'uir cncorc du Car:1rtl'l'C 
a('n'. .It' ec
 fail
 : aiHsi, Ies 
_ \théniens 11(' Jl1l'ntiollnnil'nt pa
 lcs furies de la nl) thoI()
il' ; 
OU d"ul1c contraiHte e
térieu)"e : niu,j, Ies 
tatue, de llrutus 
l't de Ca
sius Il'l,taient pa
 port('l'S l'll pror('

ien. 1..(' 
ill'J1l"e 
peut encorc s'c\pli(llH.'1' par la crailllc on Ie dé
()Ùl, COllllOC it 
I"arrivée ÙC <fllcI<pw md'l'n
(' nou,e)J('. pnr Iïl}(Ji
natioll, Ia 
Iwinc, 1(' IHl'pris, lïnquii'Hlllc : ain
i Josl'plJ · garde Ic silen('c 
SUI' lè Chri'4ialli
nl(" et ElI
t'l)(' Ill' fait a\H'UIll' lIH'l1tioll (h.' la 
Hlort dr Cri
plls dans In '
ic de Con"tantin, son p("I"e; I'm' 
quelquc affection profonue, ('OIHlllC dalls If' "l'lltinH'llt tin )1Pi"'h' : 
(;ire sarrOl' u"(Jl'd
; pal. politi(iUC, par de
 Jllotifs de prut.!('nrc 
ou dc COI1YCIWnCC : aillsi la reine, ùans 
l's ùi..:cour
, ne fait 
::nrHIll' n1('nlion tll'
 p
r
onnt'
, (IlIl'lt]U ïllnU('ntt.:
 qll'
IIl'
 soienf 
(l"ailleurs dans Ie Illond.. politiclUl' ; cl ft r("po(lue tlu choll'n\ le
 
joufllau,- eOlllpril'l'nt, apl'("
 <111\.,1(111(, teJHp
, qnïl fallait garcler 
Ie 
ilellce snr Ics raytH!t's du nt'au. Cerlaincs l)nli

ions 
'ex- 
<- 
pliqueur aussi par Ie cours naturel el gnHlud que 
uin
nt Il'
 
faits, 3in
i (Iuïl alTi\'C' pour I{'
 iJlY('Jlfion
 l't les dl:(,(HI\"t.'l'tes. 
rlont rhi
loirc est souycnt oh
curc, pal" suite de Ia perh.' des 
dOCUl11cnts ou <I'autt"l's tl'lIwif,:nflgl's directs : nons n ïron
 pa
 
ehcrrher des infortnation
 théologiques dans un 'rraité'sur fa 
(;l'ologic. 
))c plus, il arriyc fl'éqncnll11('nt quc (Irs olnission
 se font 
(raprl's quelque loi, COnlll'C lïnt1uence ,aria hIe (rune cau
e 
cxtél'icurc, et alol's, loin tl"ètrc un !--ujet (rl'IHhmT3s, 
lIc" r 'UYl'nt 
Inèlne vcnir en aide à ré\ idf'UCC qui sc pré
(,llt(', en Iui Scrnu)t 
de corrélati8n. Par rxen1plc, 011 pI.'tlt indiqurr tt\I Oh...tflclc, fni!. 
principe, on loi, qui, sïl e\i
te réellcn1l'ut, doil dilllinuer 011 
ùétourllcr Ics traces dc 
a pré
enc(
, prl'('i
(
nlrnt au point, (lan
 I 
la direction, 3"CC Ie
 "ariat ions, dans ror(lrc et la suite flue rOf) 
l'ctrouYc dans son 11Ï
toir(' a('tuelle. \ la pl"Clnil'I'C YllC , on pent 
prcndrc pour lInc circon"tancc su"pccte (Iuïl n'c\.istc fIu'un on 
drux n1aHuscrits de certain docllluent célèbrc; Innis si ron I 
j 



- 1;)5 - 


savait que Ie Pouyoir souyerain s "e
t efforcé de les faire dispa- 
raitre et de Irs détruire à répoque de leur publication, et que les 
manuscrits existallts Ollt été trolnés préeisénlcnt daBs les Iieux 
où rhistoire constate que la tentati, e de destruction n'n pas 
réussi, la coïncidcIlce yiendrait corroborer fort
Illent réridence 
I que ron avail. 
C'l;st un pl'incipe fan1Ïlier aux sciences mixtes qu'aussi SOUYCllt 
qu"tule vérité abstraite doit ètre tirée des faits physiques, ces fait-; 
se préscntcnt d'cU:\.-nlèlncs aux expérirncntateurs. ,.lilJ
i un 
auteur, qui a écrit sur Ia Inécani({ue, oLser\-e, al'rès aloir traite 
des 1015 du mOUYCn1ent : It Ces Iois sont les principcs les pins 
sirnples au
quels Ie 1l10UyeUlcnt puisse ètre rét1uit, et c'est sur 
rux que repo
è toute In théol'ic. II cst, rai quïl
 ne 
ont pas 
èvidcnts par eux-lnèlllcs et quïls n"3dnlcttcnt pas dc preu,'c 
exactc, par ,oie <re
périencc, à cause de la grande perfection 
que dcyraicnt ayoir lcs instrlllnents et de In préci
ion néccssairc 
nux eXpt'riences, par suite des effcts du froltelnent et Je la résis- 
tance de rail', dilficultés qu'on ne saurait faire cntièrcnlent 
disp31'aitrc. Ces principes néann10ins sont constanllnent, ct 
d'unc luallière inyariablc, indiqués it nos SCllS, ct ils sout d'3ecord 
avec rcxpériencc aussi loin qu 'on peut la pousser. Plus soigneu- 
, SClnent sont Cailes les cxpéricllccs, plus de soins on apporle it 
écarter ou 'à dinlinuer les ohstacles qui tendent à ronduire à un 
I résulLat erronné, ct plus aus
i Ie résultat de ces e
périellccs 
cOÏnciùe.'a aycc ecs lois (I). )t II en est ùe ll1ènlC pour dèS f(}it
 
ou des doctrincs; une é, idence qui tcnd it lcs étahlir durant une 
ccrtainc période, peut, dans certaines Cil'coustanccs, ètrc une 
i prcu, c aussi puissante de leur présenee durant ceUc périod
 qUt
 
lè quod senl]Jeì
, qltud 'lll.ique, quod ab oJJlniblls. 
Et de mème, en ce qui regardc Ie C
11..0n et Ia Croyance, 
&I nous nous appuyons ainsi sur les quatriènle et cinquièn1e siècIes. 
Quant à rÉcriture, les télnoignages des prclnicrs sièclcs n
 
parlent (rune lnallière distinctc, fréquente ou unanÏ1ne, que de 
, <fudques Ii, res principaux conune les Évangilcs; nwis nOllS 


(I) \V God's Meehan. , p. 31. 



- 1 t>G - 


:1pcrccyons rcpcnllanl en Cll\. une tendancC', I.e ùén\loppallt "rans 
ecssc, d'approchrl' de ra('('ol.d parfait <JUt\ none; trou, oilS dan
 
Ie cinquii'll1C' sii'clc. tc tt'nloi!.!:!lagf' de trUe ùernière c"polluC 
(\st Iu liIHite it hHIlH'Ilc ,ient ('on, ('rger tout ec qui a été dit I 
aupara, aut. Par l'xclllpIe 
 011 dit eOJlllHunéllll'nl, r). "1Jtiult 
t'onfirnte la J"l
9hl; 01', c{twlul non
 a\"oll
 des rai"'on
 de pellser 
qu'un t'cl'iyain on UII 
ii'ch' ([(ltTail ayoir portt"' ft"'nloit!na
e de 
lellc ct tdle chose, s' ce n'eÛt élé pour eeti 011 tela, eeti ct l'l'Ia 
étunt de silnples itl'('ide'nb tll' :-.a l'o...ition on peut dire (lIors 
que eel t'criyain ou ce sièclc leud l"()I'S cc tt'llloignuge. C.c,. ùall:: 
ec scns que Ie
 prl'lllicrs sièd('
 tl'nllenl 'ers 1(' l"inquic"nu'. En' i- 

agcant Ie sujct eOlnnlC 
usceptihle d'ullc é\ idcllce Illorale, nOllS 
sCfilbIons ,oil' clau
 Ie {('.llloigTlil;.;e dn eiIHluiì'lnc. !"ii'de préei- 
sémcnt Ie télHoignagc (Iu.a llonné chaque 
ii'de pl'él't'dellt, t'n 
c\.ccptunt toutcfoi, les al'l'iùent
, tcl
 C{lll' Ia perte de c.lOl'UIlJCllt
 
l.i ui ont jadis (\\.i
l(
, on le::- nlalcntl\IHlu
 d
' Cl'ttC' ("pOCple, oc()n- 
sionnés par rabscnce de rapports entre le
 E("Ii
e". Le cÏIHluic"nl{, 
sièdc c
t ('onllnc un t'OIlIIlH\Jltaiu."\ dcs tl'\.h's oh
l'lIrs de
 
i('clcs 
qui rOllt pl'i'cédé , el il fourllit une e\plieatioll que tout' per- I 
sonne hOlluètc, s'aidanl ùe t'olllnH'lltail'c
 recollnair (\tl't' la, rai.... 
Les chù
es se pa

l'llt aill
i, en ce (Iui r('
anle la ero) ancc catllU- I 
lique, (luoi(IUïl H'y ail pa' tant it e\pliqucr. Je cli
 pa
 tant, I 
ear rl'r
OllnC, je 
npp()
t', Bc' lliC'ra 'fIlC Ia ('ro
 anec e
l tout au
si 
picinclllcnt d(
, eloppée et aus
i ulliHlinlClnent adoptéc ùan
 I..
 
Pèrcs dl1 qUilfJ'iènle 
iède C}ne dall.... les P('rc
 <In eillCluil'lfit'. Et 
('BCOrC, iIB"Y H\"ait CII précédeulIlll'lll de cloule gl.a, C 'III' a ueullC 
de sc
 doctl'illcs
 COlllllH
 il yen a eu 
Ul' rEpìtre HllX Hl'bJ'el1
 ou 
rApocaIYI,se. Sïl en a élt' soulcyé, ils ront i,té par de 
ilnpll
 I 
indiyidus, COllllllC Ie fit ()rigèllc 
ur rÉternité ùc'
 pl'inc
 l't Hon 
po:; par dc
 ÉgIi50e
 particuIière
; on hicll ils furellt tout (l"ahol'd 

ondmllJ}és pal' rJ
glisc gt'lll\rale, aill:-ìi que cda u\"ail lieu pour 
Ics hérl'sics. 1\Iais il ne s"l'Ic\"il de d()ute
 sur atH'Ulle (lOCi rinc I 
fonùaulcnraIc, tellc qnc I'Incarnation on la ri'lwhilitation, et 

Ia IIlalgr(
 Ie 111(111((11(' de tl'
 IilH"cS I'appol't
 (Ini étaicnt roeul- \ 

ion de doutes sur ceJ'taillc
 panics dll t:allon. t:epcndant, ùaJJ
' 
J.un ct I"autrr eas, nous 
ì\"OIlS ù'ahord lUle iuégali/é dan
 rt"\"i-' 



- i
j - 
I dencc, car ce qui fut rc<<:,u pIns tard commc dh'in: Ics doctrine:, 
I de 13 sainte- Trinité, de rÉpiscopat, et encore les qualre Évan- 
I p:ilcs, ont en lies tén10ignages en leur faycur dès Ie prclnier 
I siècIe. JIê1is certaines antres doctrines étaicnt d'abord plutòt 
: adoptées et pratiquées quïnlposées : ainsi la nécessité du Lap- 
! tèlnc des cnfants; et nons ,"olons qne certains livrcs, COIll1l1C 
rÉpitre aux IIébrcux ct I'.Apocalypse, étaient, dans certains 
I pays, 1l1is en doute, ou rOll refusait absoltnnenl de Ics recc,"oir. 
I De mèlnc (Iue r nnanilnité flu cinquièn1e sièclc, en ee qui reganle 
I Ie Canon, éclaircit ct fait éyauouil" toutes Ics difft
rences anté- 
ricures, ainsi rabondance des 111atériaux que fournil Ie quatriènlc 
sièclc, quant au:\. intcrprl'tes dc la croyance, déyeIoppe et har- 
monisc tout cc qui cst caché ou incon1pIct dans Ies sièclcs précé- 
I dents touchant la doctrine. Cc résuhat nons cst offert non pas 
I d.une Illanière c1l1brouiIIée, COlluue Ie fcr
it, pour Ie Canon, Ie 
comnlentairc ({.un texte épillcux et confus, mais cclni (.run texit' 
précis. Dans les deux cas, Ie sièclc qui \-ient après ne fait qne 
présenter Ie coolplérIlent du térIloignagc porté pnr Ie sièclc 
I pl'écédent (1). )) 
Si celn cst \-raÍ, dans un cas oÙ ron ne suppose pas Ie déve- 
I loppclneot de In doctrine, il en sera à plus forte raison ain
i 
I quanti la doctrine en question grandit; un acrroissen1cnt d"é\"i- 
dence ne fait que rcpréscntcr fidèIement l'état de réyidence 
primitiye sur laqllelJ
 clle s 'appuie. 
Ainsi il peut arriyer d"ayoir trop d'éyidence; c
 cst-å-dire une 
é,-iùence si concluante ct si exactc qu'cIIe jette <.Iu doutc 
ur Ie 
fait en faycur duqucl die eH inyoquéeo Les Icttres authentiqlus 
de saint Ignace ne contiennent aucun de ces termes ccclésias- 
tiques, tels que Ptètre on Sié[Jf!, {lui plus tard de, icnnent (rUn 
uS3ge fréquent, et rÉcriture y cst'ritée ayec réseryc. Les Épìtrcs 
intcrpolécs au contraire la ritent fréquen1nlcnt; c Oest-Ít-dirc 
qu'elles sont. trop scripturaircs pour être apo
toliqucs. Pen de 
personnes faIuilière
 
'-ec la théologie prin1itiYc pourront, à Ia 


(1 J Tn'lcts for the Times, \'01. V, prop. 102-10
. 


ßIBLIOTII. IIIST. 6 e .\
,:\i:E" Ier OlVR. 


11. 



- 1 
S - 


pl'cHlÏère lecture, accepter sans '-uspicion Ic plll
 long 
YIllhoIc 
ùe saint G-ré
oirc ThaUlllaturge on Ic Traité de 
aint Hippo]) te I 
contre Beron, par suite de la préci
ion du langagc tht"ologi(llIc" 
L'influencr ùes circon
l311ces 
u.. rc\pre

ioll de ropinion ou 
Ie téllloignagc fournil unl' autre fonDe de la J111"lllC loi d"onlis
iolJ" 
I( .Jc suis prèt à ndnlcUre, ùit Paley, que les anciens défcnseurs 
du Christianislllc, dalls leur èJrguIll('ntatioll n ïn
i
t:ìienl pa
 
ur 
Ics Inirflcle
 nus",i fréqueuUllcnt (IUC je raurfli
 f'iJit. Leur tiÎchc 
{'tait de cOlnhaltrc Ics. notions d"UI.P intC'r' entioll JllagifluP, 
eontrc laqucllc la siInplc production des faih nc pOll\"UÏt 
l1fJin' 
pour couyaincrc leur
 uch-e}"saires; jc nc 
ais pas 
i CU\-luènlCS 
Ja rcgardaicnt eonH11e ùécisive dans la Conlro\.crst'. 'Iais depui
 
quïl cst prouyé, jc pense, Ù'UIlC luanière ccrtuillC, <IHe la ré,,,-"ryc 
ayec laquelle ils en Ðppelnicnt au
 Inirades l1e sfln rail (\I.'C Httri- 
]Hlée, ni à leur igllorunce, ui à ce <Iu'ils doutaieut ùes faits, 
('"cst tout flU plus Ulll' ohjcttion 
} fairr, non contre la \ c'rité de 
rhistoire, Inai
 contrc Ie ju
clllcnl de scs (It'{cnscurs (I). )) ])e 
Ja mèmr manièr(', It,s prt'luiers Chri,tit.'ns He s"orrupaic'nt \Tai- 
sC111blablcJHent pas de la question de la h'l
alilc
 ahstraitc des 
in1agcs dans Ie cnILe ('atholique, en pl'

cnce ùes :-;lIpl'I'
titions 
et tlc
 immoralités till paganisHlr, II n'cst pa
 naiscl1lhlahlc non I 
plus (Iuïls ('hcreha
sent à ùétenuiller la place que la saillte 
Yïerge dcyuit oecuper dans Botre vénération, flynllt d':nuir 
conycnablrJucnt I'flffrnni la gloirc suprl"ulc et Ie culle du l}ieu 
) nC3I'ué, son .Fils ct Srigncur, dans rafft'etioll des fidèlt.'
. lis 
Jl'avaicnt pas non plus à fCl'OnnaÎtre Ie purgatoire eOlHllH' fui- 
sanl partie de 
a nouvcllr loi, ii' ant que rc
pl'it du Jlloode 
c flit 
glissé ùaBs rEglise, ct (IUC c.l('
 habitudcs de eorrll plion y 
eusscnt été introduite
. La lihcrti' l't('h'lsia
ti(lut' IIC pOll' nit pas 
ètre défenc1ue u\ant ù'a\oir été attaquée. {rn pape IH' pOU\ail 
s'
le\"cr qu' en suiyant la pl1i

all('e C) u "ac(l Hl'rait r]
g'lise. ()n 
n 'ayait 3ucun bcsoin de H10nastère
 à répO(IUC oÙ ron ll13rl)- 
J'isait. Saint Cli'111l'nt DC pouyait pas IH'ononct.:r un jllgl'I1u.
nt I 

ur la doctrine de lll
renger, ni 
aillt Den) s réfuter ks ( bi(IUi
tl'
, 


(1) Evidences, III, 5. 



- 1
9 - 


, ni saint lrénéc dénonccr I'opinioll protcstante sur 10. justific3tion, 
I ni saint Cyprien poser unc théoric de persécution. II y a (( sou
 
I Ic riel un tcn1ps pour chaque chose; )) "un tel11pS pour g
H'der 1(-. 
silence ct un ten1ps pOUI' parler. JI 
I QucIquefois, quantl Ie n1anque d"éyidence sur une série de 
I faits ou de doctrines est inexplicable, il arriye que Ie cours dn 
i tCHlpS fait décolHTir une explication relatiycn1cnt à une partie 
, tic ces fails ou ùe ces doctrines, c:\plication -qui nous fait prendre 
, patience sur rohscurité hi
torique de cc qui rcstc incxplique. 
Sou
 troln-ons deu:\. exenlplcs du silence accitlentcl d'un témoi- 
I gn3ge prin1itif et précis sur des doctrines in1portantes qu
iI e
t 
à propos de ciler ici. Au nonlbre des articles de croyance co. tho- 
i lique auxquels 10. réforn1ation a surtout résisté, étaicnt Ia me
se 
: ct 10. ycrtu sacralnentellc de runité eccIésiastique. Depuis répoque 
I où COn1111Cnça la réfol'lne, on a décoln-ert les plus courtes épitrc
 
I de saint Ignacc, et on a yérifié les anciennes liturgies. Ces 
I deu\: circonstances ont nlis fin, pour In plupart des théologiens, 
p.ux contl'oycrses sur ces deux doctrines. Ce qui cst arrivé pour 
I ccs deux points pent arriycI' pour d"autres; et quoique cela ne 
soit pas encore réalisé, par cela senl que nOliS aYOHS un précédent 
SUI' ces deux doctrines, nous ayons une sorte de compensation it 
robscurité dans laquellc continue à ètrc cn,-eloppée rhistoirp 
Pl'inlitiye d"autres doctrines. 


SECTIO
 III. 


MËTHODE POUR CO
DUIRE 
OS RECHERCHES. 


II sClnblc, d'après ce qui précède, que Ie Sl
et dont nous nou
 
I occupons se présente it nons à pen près de In 111anièrc suiyante : 
Certaines doctrines, qui prétendcnt ètre apostoliques, nou
 
3rriycnt; eUes remontent à une si haute antiquité que, 
quoique nous puissions fixer Ia date de leur établisscl11cnt formel 
au quatrièn1e, cinquièlne, huitième ou treizième siècle, cepcn- 
I dant, lraprès cc quïl paraît, cUes pcuycnt, dans leur substance, 



- 1 GO - 


("tre contcmporaincs des apötrcs, cl se u'ouvrr clail"CIllC!ll expri- 
Jnées ou SilllplcIl1ent in1pliqul-l's dans Ics texlt's dc rEel'iturr- 
Saintc. En outre, ccs doclrines actucllclucnl ell e\i
lCllCe, sont 
uni\"crscllcl11ent rcgardl'es, 
ans Hucunc eontcstatioH, eonHne 
:1yant rcprl'srntl
 dans ('haquc 
ièclc ]c
 doetl"incs t.lc
 tenlps qui 
Ics ont préel'dées; et on le
 fait l"l'lllonler aill
i it nile dalc iudé- 
fininH?nt reculér, alors nlèlllC que rOil Ilic ll'll." union ultérieurc 
a,'cc le
ynlbole dcs apÙtl.c.... Dc plll
, 011 ilVOlll' (PH' ('l'
 doeu'ines 
forillent COI'p
 r nne ay('(' rautrc, de 
Ol"t e (Ill't.-'n rejetcr unl', c'cst 
troubler runité des autres. Elles rellfenuellt ùans leur proprc 
unité lllèlne rcs articles de foi {'ll'Hll'ntaircs, teis (fliC cclui de 
rluearnalion, que plus (rUn anlagonistc du 

 
(èllle d.. doctrines. 
('OlllIlle sysfèllle, fait profession (r
Hltllettrc, et, (IHoi <In ïl fa

e. 
(!uïllle peut rai
onnahlen}('nt 
l-parer, 
oil daus la prcuve soit 
dans le fouù, des doctrincs (IU ïl dé
a\'oul'. Dc plu
, ceo;;; ùoetrines 
occnpent tout Ie ('halHp de la tht-ologic, p( He lai

l'lll, sauf quel- 
'1ue
 détails, ricn à rClllplil' à autun autre s
 ...lèule. U'aiHcurs, 
rn f
it, nucun S) stl'IIlC riyal IIC 
c pf("
l'ntl' de 
ortc l(HC OOtiS 
u'3\"ons pas 
t choisir l'ntre ceUe thcologie cl ulJe tlutl'C. CcUc 
th{'ologie, en outrc, réunit tout cc (Iui est Ill'cessairt' it la direc- 
tion de ropinion et de la conduitc, dircction ((ui, c\.téricureI11Cn(, 
sC1l1hIe ètrc rohjct spl'cial de la rð'-l'lation. Celtc tlu"o]ogir 
rClllplil les prolncs
es de 11
critllrc ell s'adaptant nux divers 
prohlèIllCS ùe In pcnsée et des choses pratiqnes, tlue nou., 
r(,llcontrons dans la ,-il'. Ellc ('st, l'n outre, pour nc pas dirt'" 
plus, J'approxinlation la plus \ oisinc de la religion de rt
!!:li
c 
IH"ilnitivc, de celie dc
 upÙlrcs et dcs prophèlcs. "rout Ie Inondl' 
cOBYicllÙra qu "J
lie, Jérl'nli
, Jcall-Bnpti
tc ct saint Paul, f(,5- 
sClnhlenl, ùans lc"ur hi
loire cl leur lllanièl'c ùe \"i\"re (je Ill' 
parle ni des 111csures cJt' la gl'Ùee, Hi dc la (loetrinL', ni dc la 
()onduitc, points (lui sont Cll ÙiScus5ion; ]nai
 seulclncnt de cc 
qui est e
ti'rieur et frappe lcs ) t'U
, cl ec II.(,
[ pas Hilt' petite 
)'cs
elllbiallcc f)uanù Irs choses sonl yues dans leur ('IlSClllhle et 
i1 nne grmule lli
tanec), ('('S 
aillt
 ef hrroï<<(ues pl'r
oJ}naH"cs, 
dis-jc, rcsSeHlbll'llt ùavantage it un prédicatcnr dOlninicnin, it 
un jésuitc Ini

ionnail'c, à un frère ùe rordre ùes Cannes; ils 



- 161 - 


I ressen1Llent plus tl saint Toribio, à saint '-inccnt-Ferier, à suint 
I François-X
l\ier, à saint Alphonse de Liguori, qu"à aueun 
I autl
e indiyidu, ou, pris enseulble, à aucnne clnsse d'homnle
 
que ron pourrait choisir dans les autrcs cOlnnlunions. Enfin, 
'nons pou, ons ajouter, en fa, cur de cette doctrinc, la haute 
I probabilité antérieure que Ia Pro, idence doit 3yoir ycillé sur 
: 
on OP\Tage en dil'igeant et en ratifiant les déyeloppen1ents qui 
I étaient inéyitahles. 
En dernier lieu, iI résulte de ce que nons a,-ons e
posé que, 

 dans les questions pratiques, nous en son1nles réduits à nous 
: conduire surtout par des présomptions telles que celles énonc(;{'s 
i plus haut, et, ù"une n1anière seconùaire SeUIC111cnt, par des 
I recherches sur ré\ idcnce et des preuyes dircctes. En cas de 
i déyeloppelnents, nous dcyons nons attcndre à lïnsuffisance, à 
la yariation, à IÏnterruption des preuvcs, et Inèmc au silence. 
'Ccs choses quclquefois soot n1êlI1e néccssaircs, et nnc trop 
grandc exactitude, une trop grande force d"évidence peut nuirc 
à la doctrine en fa, cur de 1atlueHe eHe cst iuyoquée, parce que 
I cctte exactitude et ceUe fOl'ce n"entrent pas dans les probahilités. 
Si c'est là, en un Bwt, Ie yéritablc aspect de Ia fornll
 générale 
, sous Iaquelle se préscntc à nous renscI11ble des dévcloppcI11cnts 
communélllcnt appdés catholiqucs
 3yant que nous D)OnS Ininu- 
ticUSel11cnt e
aIniné la prcu,-c particulière sur laquelle ils 
reposent, je pense, en cc qui regarde leur acceptation, que 
nous n'aurons p
s de peine à préeiser ce fluC la yérité logique et 
Ie devoir nous prescriyent. II ya sal1S dire que nous les traiterons, 
COll1n1C nons S0111111es dans l"haLitude de traiter d'autres yérités
 
d"autres faits lnis en ayant sur des preuyes qui portent ayee 
I cIles une fOl'te préSOIl1ption en leur faveur. Quand, tons Ics jours, 
de tels faits se présentcnt à nous, COllllnent agissons-nous avec 
I eux? l'ous les ahordons, non a\ ec suspicion et a, ec lïntention 
, de les critiqueI', B1ais 3YCC une franehc confiance. l\ous ne fai- 
I sons pas d"abord usage de notre raison sur des opinions rCl?ues, 
mais de nolre foÎ. N ous ne COlnmençons pas par clouter de ces 
opinions; nous les receyons de confiance et nous les n1ctton"" 
I ensuite à réprcuye, non de propos délibéré, mais spontanéIuent. 



- 1G2 - 



 OtIS Irs n1cttons i. l'épreuvc en nOllS en servant, en les 3ppliquanr 
;'} leur sujet, it leur preuyc, à reIl
l'Hlhlc des drcoll
tane('s aux- 
qUf'llesdll'snppnrLicnnent. Nous yoyon" si cIles ùonlu'ut naturcllc- 
BieHL leur in(erprétation ou leur coulcur, et c\.
t 
cllI('I11l'l1t ({Haud 
('lIes l'ehonent llans réprell\ e, soit pour étahlir un phl'nolnène 
on hnflHoniser Ics fails, que nou
 décoU\TOn
 (IHe IlOUS de\"on
 1'('- 
jeteI' Irs ùo('trille
 on Ics a

l'rfions que nous a\"ion... d"nhord rc
ucs 
('OIIlI1IC adlnise
. Dl"\ pIu
, nousacccploIlS ré\ iùeuee en fa\ eur ell' 
Cl'S opinion", quellc qu \:lIe 
oit, ('Ollllllc un tout conune forllwllt 
nne prcuye cOlnbinéc, et nous intcrprl'ton
 ce (luïI y a ù'oh"cul 
en ellc
 par les partie
 ((ui CII sont claircs. Ell outre, HUllS Ic
 
traitons :sui,-ant In force dr' probabilité antél'icurc qui cxiste ell 
leur fa\ cur. N OU
 aceu('illoIlS n\'ec I'atiell('l' Ie
 dillicultés (Iue 
préscntc leur application, Ic
s ohjcctions appnrC'ules que ron 
tire ('ontre elks de certains fails, leur IllalHlue .le tlarté ct 
de netlcté, si res opilllon
 ont des tifl'es irnp()rtant
 à notre 
attention. 
_\.insi, tous Irs physi('icn
 accpptcnt (,OIIiIlH' \ J'ai(' la tlléorir 
dc la gl'a\itation de :\ewlon, parcc qu'clle est frénéralenlcnt 
ee
ue, ct ils s' en ser\ cut 'ans la "'OUIllet trc d"ahol'ù à unc ('PI'CUYl' 
l'i
oul'euse. Chacun rnppliqlle pour 
on proprc usa
c, 
t sïl , 

uryient des phénolnènes dont ceUe théoric He ÙOllIlC pus lu I 

oIution, les hOlllll1eS dc science' 
:cn inqllil'fcnt 1)(\11 , l"ar ib 
unt 
!'ûrs qu"il ùoit y 3yoir une nwuière t.Ie It's e\pliqller, confor- 
filéllll'nt à cclte lhéoric, q uoi(lue t'('Uc t'\plication IlC se présentc 
pas å cux. 
De lllènlc, si HOUS trou\ ons un pa

a
e tonei
 ou oLseul' dall
 
unr des Icttrrs t.lc Cicéron it .. \uicus, nOllS nc noth fcriou:, dlleun j 

('I"upulc d'aùlnettrc C0I111ne 
on cxplicntion \ érilable un pa
,:w
e 
plus c:\plicite ùe s,cs lcttres ad f(t1nilial'l's. tc langage t.I'Eschylc 
cst éclairci par Sophoclc, ('t TillIe) dide cst c\.pli(1 ué par .. \ri
- 
tophanc SOlis Ie rapport dc rhi
loire. Itorace, Pcrsc, Sui,tone, I 
rracitc ct J uvéual s'l'cIairèrent Irs Ulb les 311trl'S. Plnton Iui-nll-nH' 
pent troll' ('I' un conunclltateur ùans Plotiu, ct saillt .. \nselnlc 
(}
t interprélé p
r saint Thoillas. 1\"ous pOUYOlb 
a\"oir que deux 
(;crÎ\'ains diffèl'l'nt, ct alors nous He le
 rapproehons pas COlllnlC I 



, - f 65 - 
co-tén10Ìns d'une Y(
rité : Luther a pris sur lui ù'e
pliqucr s3int 

 
\.ugustin, et ,.,. oltairc Pascal, sans persuaùer Ie nlondc quïls 
: cusscnt Ie droit de Ie faire. Dans aucun cas, nous nc con1nlenc:on
 
par doutcr qu"un conunentaire soit en désaccord ayec son texte, 
flt13ud if y a, à prcnlière ,ue, conformité entre cux. Nous éclai- 
I rons run par rautre quoique, ou lllicux, parcc que Ie prelnÍcr esl 
I plus c'Jrnplet et plus clair que Ie ùernicr. 
I .l',ous faisons de nlèlue ayec rÉcriturc-Sainte quantI nous 
, avons it iuterpréter les passages prophétiques et les types de 
I L\neicn Tcstmncnt. L'éyénclllcut qui cst Ie déycloppeIl1Cnt 
I ù"unc préùiction sert aussi å lïllterprétcr; il fournit un acconl- 
plisscnlcnt en inlposant un sellS. 
ous aeceptons certains éyénc- 
t Jllcnts COlllffie raccol11plissel11cnt des prophélics, à cause dc
 
: points nOIllbrel1
 de ressenlhlance qui c
i
tent entre eux, ct en 
llèpit des diGìcultés incidclltes ({ui peuycnt sc présenter. La 
difIicult<
, par cxenlplc, t.Ie rcndre C0l11pte du fait que la dispcr- 
sion des J uifs suiyit leur attachCl11cnt it la loi et non pas son 
ahandon, ne nons enlpèche pas dïnsister sur leur ét3t actueI 
conUlle un argtuncnt contre les incrédules. Dc plus, 110U' 
soun1cttons facilcl11ent notre raison à une autorité COlllpétcntc, 
.It nous acceptons certains éyénelllcnts COllune facconlplissc- 
Incnt tic prédiclions qui en scmhlcnt fort éloi
nécs; ainsi ce 
pa
sage : (
J"ai appelé Dlon fils hors t.l"l
gypte.)) 
e rcncontron
- 
nous pas une difIiculté quanti saint Paul en appelle à un tcxt-c 
de r.Ancien Tcst3111cnt, rapporté différcnUllcnt ùans nos versions 
héhraïques, et que yoici : t( l\fas-tu préparé un corps.)) La foj 
I 3cccpte ces ditIìl'ultés, et nous Ies [lbantlonnons à eIles-n1ênlcs. 
Encore 1110Ìns rcgardons-nous la surabondancc et rétran
cté 
(rUne intcrprétation conunr une raison suffisantc pour pri,-cr Ie 
tcxte ou Ie fait auqueI elles sc rapportent des ayantages qu ïl
 
pcuvent en tireI'. QUf' les e'-pressions restent au-dcssous de ce 
qu
clIes yculcnt dire, que récriyain sacré nc I'ait pas eu en yue 
ou qu"un accompli
scnlrnt 3.11térieur ait en lieu, nOllS ne tirons 
p
s de là des objections. Le lecteur qui lirait seuI Ic texte de 
rEtriturc, en dehors de IÏnfluence de Ia tradition reçuc qui 
heureuSclncnt rentourc, serait bien surpris si on lui disait que 



- 164. - 


lcs paroles flu prophèlc: Il (
IlC ,icrO"c concc\ ra, II ct ccilcs-ci : 
,( Quc tous Ics anges ùc Dieu raùor....llt, n :-;c rapportcllt it .;\ otrc- 
SCi
IlCtll'; nwis, en tenant cornptc de la liaison illtitnc qui C\isle 
ent
'c Ie JUd3ÏSIlH' et Ie ChrisLiallisllle ct ùe lïn
piration dn 

ou, cau TcstanH'Ilt, nous y ajoutons foi Sctns :.-.crupulc. ...'ous 
sentons ayer rai
oIl que nous pou \ OIlS accepter suns iucol1yé- 
nient la prophétie de BalmnH dans 
on "l'n
 chrétien, tout en 
pell
ant qu"clle a été fidt.lclllcnl rernplie en la pcrsollllc de 
U
l\-iù. II nous est p
'luis ùe croire (Itlt' Illistoirc ùe JOlla
 
porte a\ ec die sa nloralité, et (Iue Ja reI1ront re (.1"..\ hraham ct 
dc 
Ielchisédec cst trop sÏtl1plc pour significr grallù"cho,c f'n 
ellc-nH:
lue . 
Butler corrohorc ces ohscr\ ations, quanù, en parlant de 
ri'yidence partieuJi('re do Cht"istial1i
rllc, ilnous tlit : tC Qu"nnc 
part.ie <rune prophl'tic soit ob
curc ou inintclligiblc, cela n ïnya- 
liùe en rieu In prell't' <.1<<' pré\ i
iull (}\li nail tit.' la rénli
atioll 
apparente de ses 3utrcs porlions qui 
onl cOlnprbcs; car Ie cas 
cst 3lor
 é, idclllHH'Ht Ie 11lèlllC que si les p3 rtics nOIl eOlllpri
cs 
étaicul pcrduc.'s, ou n"étaient pa
 l'critc
, ou étaicnt ('crites 
dans une lan
ue iucolluue. ()ue ron tieulle eOlll l )te ou non de 
c:..; '-- 
cettt.) ohservatioll 
 cIle cst d'unc \ érité 
i éVt(,lcnte (pt ïl parait 
inutile pour Ie ùéUlolltrcr de douBcr 1111 c
elllplc pri..;: dans Ic
 
('hoses ordinairrs (I). n II continue ain
i : It Quoiqu"un hOJllllll" 

oit incapable, par ignorance, paree qn"it lllalHluC ùc
 luoycns 
de recherches ou parec (I u ïI n"a pas donné trtle dit'cction it 

cs étudcs, de juger :;i dc
 prophl'tie..;: parliculi("res out étc 
cntièrcnlcnt aceoillplics, il peut ,oil' ccpendant, (rUUC luallière 
g
néraI(', qu"cllcs sont arrÏ\ éc
 à 1111 tci de
ré c.raccolnplis
c- 
Incnt quïl acqucrra la conyictioll (rnne pré,'ision plu
 <{u "hu- 
luaine dans ccs prophl,tics, ct il croira que ce's ", {'I1CIIIl'nts 
sonl arrÏ\és cn, uc ùe raccoillpli
scnlcllt de cc qui ayait été 
prédit. Pour In lnrrne rai
ull anssi, quoi(lue par 
uite des 
Incuncs de 11Úsloire et des différcnces ({lIC présentent les vcr- 

ions des historil'n
. rholnmc Ie plus instruit ne saurait détcr- 


(I) Anal., II, j" 



- 165 - 


nliner (rUne Inanièrc satisfaisante que telles parties de rhistoi."c 
: prophétique ont été con1plétclnent rCll1plics, hien que ccpendant 
I il pui
se s'élevcr de leur accon1plissc!l1ent général une forte 
preuye òe prévision, preuye de préyision anssi forte peut-être 
; tIne Celui qui 3 òOllné la prophétie ùl
sirait la fournir pour tcUe 
Iou tcIIe" de scs parties. )I 
Butler appuie ces relnarques sur Ie parallèle de la fable ct òe 
13 satire déguisée: urn honnne petit ètrc assul'é ù"avoir con1pris 
: la pensée d'un auteur dans une fahle ou une paraho]c racontéc 
I ' 
an
 aucunc explication ou sans que la nloralité en soit tiréc, 
SÏIUpICIl1l'llt paree quïl la ,"oit susceptible de tcHe application, 
; et que ron peut naturcllcn1cnt en tireI' tcIle 111oralité. II peut 
. êtrc pleinclnent conyaincu que tel écrit 
atirique a eu en ,"ue 
I t.cllcs personnes ct tels éYéncn1cnts, silnplcluent paree que In 
I 
atire peut leur ètrc applifJuée, ct d'après robscrvation que 
! HOllS ayons faite, il sera satisfait de la satire, quoiquïI He soit 
! pas asscz YerSt' dans les affaires ou rhi
toire de ces personnes 
: pour en cOlnprendre la 111oitié. Sa satisfaction dOayoir saisi Ie 
I 
: sens qui était dans Iïntention ùe rautcur, scrait plus ou moins 
, grande en proportion que la portée générale ùe la satire lui 
paraitrait susceptible de tcIle application et suiyant Ie nOlnbre 
de choses partieulières auxf[ucIles il pourrait 13 faire. n Butler 
conelut de là qne si une série d"é\'éncll1ents ou rhistoire d'unr 
pcrsonne conU11C Notre-Seigneur, par cxcnlplc, répond ùans 
renscluble au tcxte prophétique, elle dcyient de suite la véri- 
tahle interprétation de ce texle, en dépit des difficultés de 
détail. On pent appliquer cette règle dïnterprétation au cas 
paraUèle de passages de rÉcriture rclatifs aux doctrines, quand 
unc certaine croyance nous cst dOllnée C01l1Il1e tirée de la révé- 
Jation, qu'elle nous cst recolnn1andée par de fortes présomptions 
et ne préscnte aucunc opposition frappante a, ec Ie texte sacré. 
Lc mèlne auteur obserye qu'un prcIl1icr accon1plisscment 
d'unc prophétie n 'e
t pas une ohjection à opposer à un second 
HCCOlllplissCIl1Cnt, quand, cc qui rcssen1hle à un second déyclop- 
pClncnt s
est arconlpli. Et ain
i une intcrprétation des texte
 
relatifs aux doctrines peut ètrc lillérale, exactc, suffisantc. ct 



- 'I GG - 
cepcndant, cn dl\pit ùe tout ccla, cIle pent ne pas clubras\\cr, 
toute la portée de leur signification. L"intcrprl'tation plus com- 
plète, si on Ifl dt'couvre, pent ètre Illoins ..;;atisfaisante ct 1l1oins 
précise, COlllIlle intcrprt-tation, que Ie scns étroit donné d"ahord. 
Dans rcs cas, 13 just.ification (rUne plus lar
c interprétation 
repose sur quelquc prohahilitr nntrricnre, tcllc qu"un consen- 
teluent catholiquc, ct Ics Lases de lïntcrprétatiou la plus étroitc 
sonl Ie contc
tc rt les règlcs de la Grallunairc. Tallùis (IU 'un 
con111H'ntatcnr critique prl'tcnd que Ie LÏ\TC 
acré 11'(/ }Ja.
 lJesoiu 
de signifier plus que nc ùit sa Lcttrc, ccu
 qui lïntcrprètent 
d'une nHlIlièrc plus large souticnnent, rOnll111' Butler dans Ie 
eas des prophéties, que noue; l1"a' OilS autune rai
oll de liluitcr 
Ie 
ens de nlots qui ne 
ont pns IllHllnins, Illnis <Ii, ins. 
Par un exercicc sCluhlahle <.I,... I"ai,onnclucnl ron illterprète 
Ics prrlnièrcs pha
es (1"un déyc1oppCll1Cllt par les dcrnièrc". 
tc ßlt?nlC esprit crgoteur ct jalou\. (Iui refuse cférendl'e la 
signification till te
tc Sarl'l
, quand il s"agit (ren'-\cigncnlent ct 
de prophélie, s"occupera it poinliller 
ur lcs tt-n1oi
na
cs 
Inté- 
nicéens, pour les ùoclrillcc; et les u..;;agcs flui ùatent ùu concilc 
de 
icéc on tlu Ino) en Ùge. Quanti ce
 mots: (( 'Ion père ct I110i 
Be fai"ions qu 'UIl, ]) sout a\"ancé
 conune prcuyc ùe runilc de 
Notre-Seigneur n,.ec Ie Pl're, lcs rontro,ersistf's hér<"ti(IUC
 
disent qUÏls ne yoicnt pas pourquoi on croirait que ccs UIOts 
inùiquent plus (Iu"une Huitt', de ,010n((',. QUaIHl t( cl'ci cst 1l10n 
corps]) est cité COllUTIe une garantic tin changcn1cnt du pain en 
corps de 1\ otre-Scigneur, its c\.pliquent ces Blots COlnnH
 une 
figure, parcc qne tclle cst lpur intcrpr<"tation la plus fnlppante. 
De In nlðnle 1113l1i('r(', qnanu Ic
 Catholi(lue
 rOlnaius cilcnt 
Ics iuyocations de saint Gr<"ftoirc, on leur dit qUe ('(' 
ont des 
figures de rhétorique; quanù il
 en 3ppellcnt au\: allusions que 
saint Cléulcnt fit au purgatoir<.
, on leul' r(
polld tltlC c"était 
pcut-êlre <lu platonisnle; qnand il" in, oqurnt Ie langage 
d'Origène sur les Pl'ièl'CS au'X \ngcs et Ics -'Iéritrs des Saints, 
on souficnt que ce u"cst flu'un c'\:cn1ph
 de son hétl'I'odoxic. 
A, I'cxaltation ùe la CathNlra p(ltri par 
aillt Cypricn, on J'l'pond 
quïI n"a"ait en vue qu.un siége figuratif on nJJ
trait; au h:'lnoi- 



- 167 - 


'gna
c gcnéraI rcndu dans les temps primitifs à rautorité spiri- 
: tuelle de R0I11C, qu
il s
 explique par sa grandeur telnporcIle; 
I un langage de Tertullien sur la Tradition et rÉglise, qu ïl 
envisagcait ces choses COllune légiste. .Au lieu de procédcr ainsi, 
Ion dcvrait logiquen1cnt interprétcr rétat prin1itif ct la preuve 
I de chaquc doctrine respccti, Clnent à raide de la doctrine clle- 
I Inêule qui a été fixée en dcrnier lieu. 
I Crux qui se refusent à voir Ie comn1enèelTIent d.un déveJop- 
I pernent so us Ie jour que lui ùonne son résultat, ne veulent pas 
I non plus que I'ensen1ble éclaire Ies parties. Les doctrines cntho- 
I iiqucs, ainsi que j"ai déjà eu occ3sion de fobscl'vrr, sont 
I,nembres d'une Inèlne falnille ; cUes s'appuicnt, se corroLorrnt, 
I se confirrnent, s'écIairent rune par rautre; en trautrcs ternlCS, 
i rune fournit la preuve de l'autre, ct toutes fournissent des 
I preuycs à clwcunc (relies. Si cellc-ci est prou, ée, celle-Ià dcvient 
: probable; si celIe-cÏ et celIe-It. sont toutes dcux probable!', 
i mais par des raisons différcntcs, cl13cune (relIes donne à I'autre 
: sa probabiIité propre. L'Incarnation est rnntécédent de Ia doctrine 
: de la lllédiation et rarchét
 pe tout à la fois du principe sacr
J- 
, Inentrl et du lnérite des saints. De la doctrine de la Juédiation 
, détoulent rc'piation, Ia n1esse, Ie n1éritc des mnrtyrs et de
 
saints, leur in, ocation et leur cultc. Du principe sacrall1C
ntcl 
\'iennent les sacrenlcnts propren1ent dits, runité de rÉglisc ct 
Ie Saint-Siége conln1e son t
 pc ct son centre, rautorité des 
eonciIes, la sainteté des rites, Ia yénération des lieu
 saints, Irs 
chàsses, les in13ges, Ics vases sacrés, ran1eublCll1cnt ct les 
vêtenlcnts d'égIisc. Des sacrcnlcnts, nons avolls Ie baptême qui, 
(rUne part, est développé dans la confirnlation; de ralltre, ùans 
la pénit.cnce, Ie purgatoire et les indulgences. Nous ayons Ie 
déyeloppClnent du sacrcn1ent de rEuehari
"je dans la présencc 
I'éelle, radoration de rhostie, la résurrection des corps ct In 
ycrtu des rcJiques. De plus, la doctrine des sacren1ents conduit 

, la doctrine de In justification; celIe de la justification à celie 
du péché originel ; celIe du péché origincl au I11l'rite du célibat. 
Ces dé,'cJopPcIl1ents séparés ne sont pas inùépcndants run de 
rautre; mais ils se licnt. par ()cs rapports intimes et grnndissent 



- 1 G8 - I 
('nsembh' , ,t:1IHJis qll 'jls 
ien
l!'lIt (
C rlln d'ell\. La IllC,<;;
 '('
 la! 
présenre rcelle fOllt parlu' d till dt,\('Ioppc'Jlll"llt; la '('IH'ratlOlI 
des 
aiuts ('t dt' I('nr
 rdiqul"
 fail partie (rUIl autrc; leur puis- 

3nec dïnll'n'('ssion, rélat <lu pu..
atoirf', rt ('11 otltre la nlt'

C 
('t Ie purgatoirc , 
Ollt d('
 d(;,cloPP('Inellt
 (,o"l"élatif
. Lc célihat I 
('st la lllarqllc earacl{'I"i
licluc de la ,"ic' JllOllU\o\liql1c ct 
uCf'r- 1 
cIotale. 'TOU
 tll'\"ez êH'('('pteI' It, tout on rejeter Ie tont; la ..{'tlue. 
rion nl' fait tJu'at1'aihlir ('I rêunputntioll Iuutile. II c
t 'a
l dc I 
tout accl'pter, IIlOillS (Plelqut' ("ho
(' ("..pendant (l'iÏ forme' nile 
partie :Hl

i intc"gl'anle tIt' rellseluhle (Iue Ie rl'
le; ct (rautrc I 
part, c't.'
t une ehose 
"'I'il'usl' qtle traeet'pll'I' 111)(' partie. trUn 
rout.. car, avant tie sayoir oil \"ou
 en ('I cs, '"Otis POU\ t'z êlrc 
t'utrainé par une lle"ecs
iLé logi(lue, iIlnc
iLle, à aceepter Ie tout 
r)"ai lieu rs , pui
epH.' Ie.s doctrincs I'('Hllies font UJ}P rl'ligion 1 
intégralr, il s'l'llsuit <fue les di\ ers '.:) prell\ '5, qui appuicnt 
1"('
pecti\"l'1I1ent ecs do('trines, Hpparli{,J)J)(,lIl it 1111 tout, doi,cnt I 
i'tre n1Ìsl's en Lloe, Cl (Inr rOil pent Jl'S ill\Otlue'I" totJlcs ell 
défcnsl'dc runc (rrl1l'
. l Ill' réunioll <It' prc:'UYCS {aihles ùonne 
une preuve forie, (I en outre till al"(rUlllt'nt forL dount' dc la t 
consi
lancc au\ êlrgulllcnls collalérall\. qui 
ont faihles cn eu\- I 
Jn
"nl(,s. Par c\.t'lnple? ell rc (IHi rr'gardc Ies nliI"(lclt'
, :--oit dc 1 
fEcriture, 
oit ùe rE
li\o\e: ct Lc nOluhre ele cell\. (illi portent 
leurs prcllyrs aye'C enx, ('t ((ui 
Ollt tru
 pour rU:\-Jlu\IIWS, cst 
petit, nlais il., nons fournisst'nt les hases sur lesqtIt'lIcs nOlIS 
:1ccrptons It,s :111tr('s (f). n De pIu', 1)('I":"onuc HC s Ïnwgincrait 
q u ïl cst lu"ccs,ain', :1yant d'acccph'l" Il
\"angile 
dou saillt 
1\la t hieu" de.. II"otl\"er tl"al'ord ues téllloi
llagcs it rapplli tie 
{"hacuu dc Se.'S dtnpilI"('s l't (If." srs 'cr
el
. En pl"ouyant C(1I'une 
d(' srs parties a ('\i
té dans Ic
 tl'lnps aIleiell
, Ie tout 
e tI"OU\t
 
prou\'é, cnr cefte partie n '(.
t (Iur la fl"netion d'lIB (ont, ('I (I'wnd 
It' tout esf preHn (', il Iuet à COli' crt tèlle
 parties qui, par dcs 
I'ai
ons aceidl'Iltl'IIl'S, n"ont pas en IClir tnVl"UI' la preuvc ell' leur I 
anliqni"t{.. 
I s,uHirait, p
HlI: pro1.l\"cr (llI(\ saint AlI
u
tiIl :) 
onnu I 
la \"l'rHOn ltaJu]tlc dC's fA'rllnres, de 1J1ontrcr <Ill II I a ("ltel' UIW 


(1) J;'s
ai sur Irs miracles I p. CI. 



- 169 - 


I ou deux fois. Et, de Ia même manière, on admcttra généralc- 
I mcnt que Ia preuve òe rexistence d.une seconde personne dans 
: la diyinité din1Ïnue délnesurén1cnt Ie poids qu ïl scrait sans cela 
I néccssaire òe donneI' i\ Ia - prcuve avancée pour croir
 en unl' 
I troisième personne. On conviendra aussi que Ia doctrine de 
rexpiation étant en quel(IUC sorte corrélativc de cclIc <.Iu chàtinlent 
éternel, la prclne dc la prcn1ière fortifie yirtuellelnent la preuyc 
de la seconde. Ainsi, Ics protestnnts sentiraient quïl inlporte peu, 
à oloins que ce ne fùt conllnc présagc de yictoire, dc réduire un 
ad\'crsairc à Hicr la trallssubstantiation, si cct advcrsaire persiste 
å adhérer fcnnement au
 doctrines de lïnyocation des saints, 
du purgatoire, des scpt sacrcn1cnts et du mérite des honnes 
æuvres. lis sentcnt quïl scrait insignifiant qu'un de leurs corc- 
ligionnaires condanlnât l'adoration de rhostie, la suprématie de 
RaDle, Ia convcnauce du célibat, la confession auriculaire, la 
rooll11union SOU" une seulc espècc et la tradition, sÏI était 
en l11ènlC tCl11pS plein de zèle pour la doctrine de IÏmnlaculée 
Conception. 
Le principe sur lequcl reposent ces ohservations a Ia sanction 
de quelques-uns dèS plus pl'ofonds théologiens anglais. L'évèque 
Butler, par e
rlnple;que nous avons cité si sou\cnt, argumrnte 
ainsi en favcur du christianisl11C, tout en avouant, en mème 
temps, Ie désavantagc qui par suite pèse sur 13 révélation. "En 
I'cunissant des preu,"cs probablcs, dit-il, non-seu]ement on 
fortifie la preuye principale, ll1Uis on la n1ultiplic. Jc ne dissua- 
derais personne de rapporter ce qu'il pense de favorable å 
ropinion contraire... La yérité de nolre religion, conlll1e la 
\'érité des choses ordinaires, doit être jugée par toutcs Irs 
preuves en sa faveur prises enselnble. A moins que Ia série des 
d:oses qui peuvcnt ètre alléguées dans Ie cours de eet argument 
ct chacune de ses particularités ne puissent ètre raisonnable- 
Inènt supposées avoir été accidentelles, sa vérité sera prou, ée 
(lïOlp<1ssiLilité de cette supposition fait la force de rargulnent 
en fa,.cur du christianisnle). II faut procéder de la mèlnc 
ßlanière que si, dans une affaire ordinaire, de nomhreu"( 


BIBLIOTII. IIIST. 6 e A

tl::. Ier orVR. 


1
 



- 170 - 


évt?nCIl1Cnts adn1Ïs dcyaicnt êlrc Hyancés pour prouvcr un autre 
t.
\éIlClncnt contc
té. ta ,'érité ùe réyéllclllcnt conte
té 
crait 
prouvée, non-sculcnlcllt si qUl'lqU"Ull ùes é\ ("IlCnlent
 3chnis 
lïulpliquait dairt'llH.'nt; Tnais l'1l(\ Ie 
crail au

i, (ptalld Licn 
Hlêule aucun ù"cux He Ic fcrait séparélllcnt, s ïl Il"était pns 
pcnuis rai
ollllahIcnlcllt de :-;uppo
('r ((lIe Ia totaIité dc
 évi'uc- 
IllCllts adll1Ïs, pris CllSCIUhIc, fusscnl arri\ és, 
l Illoins que cclui 
clui cst contcsté Ile fÙl \ rai. 
t( II cst é\ idcnt que 1.1 naturc dc ccUe pn:'lIye llonnr un grand 
.wantage au
 pcr"onnc
 qui aUtHluCllL Ie christiullisluc, surtout 
..n t"onYer
ation. ear iI c
t farilp de Inolltrer hriè\"clllcnt ct 
l 13 
]égère que rOil peut éIeycr ues ohjectiolls contrc tclIp ct relic 
dlo
e, que tcIles et tcUes aulrcs cho
cs ont peu de poids en 
ellcs-nlêllles; lllais il cst ilnpossiLle, dc cctte Jnanièrc, de 
Hlontrer la forcc de rcn
cntl)lc t.run arguuH'llt cluanù Ics 
prcllves sont réunies sous un seul point de vuc (I). It 
C"cst ainsi quc )1. Da\ i
on cOlldarllne 'c ('ene lnauièrc ,'icieusc 
de raisollucr n llui rrpréscnlc u tou...; les défau[.; d"une prcuye, 
dan
 scs divcr
cs hranl'll(,:'Ì, conllllC autaut lfohjcclions; )I clui 
conduit Hies rcchcrches dc nHHlic.'.rc 
1 fair(\ re

()rtir (Iue, 
i les 
argull1cnts isolés ne 
olll pas concluant" rUIl par rautrc, nou
 
avons unc séric ù"c
crptions nux, érités de fa rclig"ion, au lieu 
crune suite de prl-Solllplions fa, orahlcs dcyenallt plus fortes à 
chaque p3S. On cnscigne au 
ccplique tluïl ne petit plcinclll('nt 

'3ppuy('r sur tel ou tel ulotif ùe ero) .tIlCC, flu"aueun d"eux 
ll'offre de 
éeurit(
, ct iI arriye it la conclu"ioll forcéc (Iuïl faut 
JC:-i rejctcr run 3près rautrc, au lieu dc Ie" joillcll"e ('t de It.'s 
eonlLiner (2). n II n'y 3 peut-ètre pa" ù"OU\ rage l1ui fourni
se. 
clans un petit cadre, plus d"c
elllpIcs tic cette ,jolation d,,"\s 
principcs de rai
olH1enlent iudic(ués d.HlS ccs passages, que Ie 
"-fraité ùe Barro\\' sur 13 Suprénwtit a flu Pape. 
Lcs rClnarques de ccs ùcu\. écrivains sc rapportent au dc\ oil' 
tie combincr lcs doctrines qui apparticuncnt à un corps ct les 


(t) Anal., II, 7. 
(2J On Prophecy, I, p. 28. 



- -Iii - 


prcuvcs qui se rapportent à un nlèIne sujct, ct peu de personncs 
oscront Ie contester dans un sens abstrait. ,r oici rapplication 
I qui a été faite id de ce principe : quand une doctrine nou
 
arrive, reconunand
 par de fortes pr{'soInptions en f
ì\-eur de 
sa vérité, nous SOll1mes ohligés de Ia receyoir sans suspicion et 
de nous en seryir COlnn1e d" une clef pour arriyer aux prcuvc
 
auxquelles cIle fait appel on aux faits qu' eIle a la prétention d(' 
systéInatiser, {Iuel que puis
e ètre notre jugenlenl uItérieur à 
son ég?rd. II ne sumt pas dc répondre à cela que la yoix dt' 
notre Eglise particulière niant ce prétendu catholicisnle, c' cst lit 
une prohaLilité prenlière qui renyerse toutes les autres, et qui 
récIallle tout lraLord (rUne Inanière loyale et sans raisonnelllent 
obéissance à sa propre interprétation. Cettc raison peut cerwine- 
n1cnt excuscr les indiyidus de COlllInenCer par douter et Sp 
défier dcs délcIoppcnlents cathoIiqucs; Inais cc n'c5t là qu"tlnf' 
manière d'éluder Ie Llân1e. 


SECTION I'T. 


EXEJIPLES EXPLIC.\ TlFS. 


La règle ù'intcrprétation qui a été exposée plus haut doit 
être 11laintenant, C0l11me 11loyen d"éclaircisseIuent, appliquée å 
plusieurs des déycloppements qui sont ùésignés sous Ie nom de 
catholiqucs. .A propremcnt parler, rexamcn des cas particulier
 
apparticnt aux dèrniers chapitres de cet Essai; mais il nou
 
I'esterra encorc assez à examiner dans ces chapitrcs, quoique 
nons donnions ici quelques exclnples. 
i 0 Dans la question soulevée par plusieurs savants théologien
 
des di
-septièn1e et dix-huitiènlc siècles, touch3nt les "ucs de
 
prenliers Pères sur 13 diyinité dc N otre-Scigneur, les uns jugent 
leur théologie par la force littérale des phr3ses et des exprcssions 
séparées, on par les opinions, philosophiqucs du jour; lcs autr('
, 
au contraire, la jug-cnt à raide de la doctrine de rÉglise catho- 
lique, teUe qu
clIe a été fi
ée plus tard par rautorité. Les un
 
!:outiennent que les Pères n'ont pas besoÙ
 cravoir pcnsé plus qu
 



- t 72 - 


ee qui fut cll5\uile rcganlé eOIllll1C h("résir; It's autr"cs rt.
pontlenl 
clue rÙ'1t n'rlnpèchc que Ia 
igllifieation dc leul's t.
erits ait plus I 
ù"cxtcnsion. De 
orte CplC la po
ition pri
e par BuH "<<'Bihlc I 
consi
tcr à soutenir que Ie SynlhoI(' de 
icéc est une rle{ulltlll"ldle 
pour interprétel" Ie cor'p
 ùe Ia tht'ologie auténi(,("CIlIle. Son hut I 
prinl.'ipal c
t d"cxpli(l'lcr les difIieulLt.',s d(' cctte thl'orie; Illais In 
notion de ùinicultés ct Ie hesoin de Irs e
pliCIuer supposeut une 
r(\gIe ùont ecs t.lifJìeullés 
OJ1t ell'S t':\t"('pt ions appart.'lltcs, ct 
craprc\
 lesquelles elle's t.loi, ent êtrc c\ plique"es. tc titrc nll-lnC 
de son ou,...age : D(
reJlsc dll S"'pobole de .IYicrr, Inolltre (Iuïl ne 
chcrchc pas it arrivc'r ;\ Utle cOllrlu,ion, Illai:-ì à ilnposcr une I 
Inallière de ,'oir. II s 'occupe de ù;'fendrc Ie S) InLole contrc 1 
Sandius à raide d('s Pt.\rl'S, ('t tit' dt.'{endrc Ic
 Pères contrc 
Petau, fa raide du SYluboIe. II défPlld Ie 
) IllLoIe et les Pèrcs, , 
en cOJ1ciIiant son conlenn a, cr 1('urs (
('rit
. II cOIn ient que I
ur 
langage Il'c
t pas tel qu"il ellt été 
.près que Ie 
Ylllhole a l,té 
jrnpo

; Illais il dit PH r
alilc', que 
i nous ,.oulon
 seU]Clllcnt Ie 
pl'Clltll'C cn luain cl rnppli(}tler ;a Icur's l'crits, nous dt'COU'Tirons ! 
ct IWfllloniserolls It'ur Pllst'i
nclllellt , l'dail'til'OIl' les anlhi
uités 

 
 
'luïl prrsente, et aperceyrons fIu'"' leurs a

l'l'tiCJn
 anollwlt.'s 
sont ell petit nOlllLre ct illsiguifiullte,;:. En d"autres terlucs, ii, 
COllllnenre par unc pr

()n1plion, l"t Inonlrc cOluhil'1l Ies faits, I 

i nOlls les ahmu]onnolls à eux-luèlllf'S, sc gr'OUIWHf naturelIc- 
rnrnt autour d'cllt.\, cf ,icnll('nt) con, erg-cl.. Jl pour
uit ce plan 
avec sueCt's. rt ccpendant sa tåt'hc cst tit'" plus pénibles; de 
trenle l\crivains cH\"iroll quïl passe en fe, ue, il 3, pour \In(' 
t'ausc 011 ponr une 3ulrc, i. en C'\plifIurr prc"s (rUne yingtainc. 
2 0 La (>allonieité, c"csl-;t-ùi."{' rautorité di, ine ùes li\"rcs du 
'1' T . I Ù ' " , i'" I 

,Ou\"cau cstmnenl, e
t un sUJct LHIllue H()lI
 aYOHS t'Ji1 lart 
fllIlI
ion, ct (Iui uou
 fournit un 
('c.ond éelnil'('i

l'n}('nt dc In I 
Iogique par laq\lelle If's fait
 dies doctrines du Chri
tianisnlC 

onl étahlis. II cst dcs Ii\"res parliculicrs aU\Jlud, on BC pellt I 
fail'c subir rrprru\ e du quod SCJll}JeJ', ctc., tIc saint 'Tincent. 
Less nous présente 3iHSi rétat (It.' la (Iur
ti()n : Ie Toutes ks 
pnrlies dn ]\" ouyenu Tcstmncllt, aùlllcl-OIl, n 'ont pLIS été re(:ucs 
Ò 'un conSCnlelllent uni\.ersel COOllllC æU'Tes \"él'itaLles ùes é\"an- I 



- 173 - 
gelislcs ct des 3pòtres. lUais rhomme qui n "3vouera pas flue 1,1 
plus grandc partie du Nouveau Testanlcnt a été uniyersellenlent 
reçue COlnnlC authcntique, ct que les 3utres Ji\TCS ont ét/' 
reconnus COlnnle tels par la lnajorité des anciens, doit avoir 
résolu par 3vance de contredire Ies vérités les plus paIpables., et 
iJ doit rejeter toute rhistoirc (t). n 
Par exemple, quant à répìtre de saint Jacqucs, iI est 'Tui 
qu "eUe cst contcnue dans la yieiIIe ycrsion syria que du seeond 
siècle; nlaÍs Origènc, dans Ie troisième sièclc, est Ie premier 
écrivain parmi les Grecs qui en fasse distinctemcnt ll1ention, (
t 
cUe n'est citée nominatiyclnent par aucun Père latin 3\ ant Ie 
quatrième siècle. Saint Jéròme dit qn
elle s "accrédita II par dcgrè
 
avec Ie temps. )) Eusèbe se borne à dire qu'eIIe fut jusqu"à SOH 
temps reconnue par Ia majorité, ct ilIa classe avec Ie Pasteur 
de saint IIcrmas et répitre de saint ßarnabé (2). n 
En outre: C[ L"épìtre de saint Paul aux Ilébreux, quoiquc 
reçue dans rOricnt, ne fut pasadlnise dans les Églises latines avant 
Ie temps de saint JérÒlne. Saint Irénée on u"affirIne pas ou nit' 
qu "cIle soit de saint Paul. Tertullien rattribue à saint Barnal:l'. 
Caïus l'exclut de sa liste. Saint IIippolytc neradmet pas. Saint Cy- 
p:'icn n "en dit rien. II estdouteux qnesaintOptatl'aitacceptée (:;)." 
De plus, saint Jérôme nous dit que de son temps, vcrs ran 
400, rÉglise grecque rejetait l'...-\poealypse, nlais que I'É
I;
e 
latine radlnettait. 
De plus: It Lc N ouvrau Testament se compose de vingt-sept 
livres, dont rhnportance varie. De ee nombre, quatorze ne soul 
mcntionnés nulle part, si ce n 'cst de quatre-vingt à cent ans aprè
 
la mort de saint Jean. Parmi ecs liyres sont les Aetes des Apòtre
;. 
la seeonde épître aux Corinthicns, celIe 3UX Galates, eclIe 3U\. 
Colossi ens, Ies deux aux Thessalonicien
 
t celIe de saint J aeqlH\
" 
Des autres trcize, cinq, à s3yoir : révangile de saint Jean, J'épitr{> 
3UX Philippicns, la prenlière de Thimothée, celIe aux fléhren
 


(1) Åuthent. N. T", p. 237" 
(2) Suivant Less" 
(3) Tracts for the Times, nO 8ä, p" 78. 



- fit - 
et Ia prcnlil're épitre <.It.' 
aint J
an, soot eités par un seul éCl'i- 
,-ain dnrant Ia lllèlllC pt."l'iode' (I ).n 
Sur quoi done rece, oIl
-nf't!s Ie Canon tcl (IU ït ,it.'nl it nou
. 

i cc n'cst 
ul' rautorité dt' rEglisc des (pwtr-ii'lIlt"' t.'t ('inquii'Il1C 
siècIcs? L.)
pJisc de ("('Ltc (
poque tléeida - cIIe He porta pas 
seulclnent téIlloignage, Inai
 ell.' jugea Ics t(
nl()ignagcs alllt.
- 
rictu's - cIlc décida, disoIls-nou.;;, (Inc certaill" Ii, rcs faisaicl1f 
autorité. Nou
 rcccyons erUe ùl'('ision ('OlllIlIC ,raie, c'cst-à-dirt' 
que IlOUS appliquolls à UII ca
 pa rticuJicr la tlnrt rillc de SOIl illfaiI- I 
liLilité. En proportion que les cas t.lan
 ICS(lucls Ilon
 SOlnnl('
 
obligés ùe nOllS ell rapportcl" à 
cs drci
ion
 sc IHUltiplicllt, 1l0U
 
appl'orh.olls, en fait, (Ie In ero) nncc (Iu.clle cst infaiIIihlc. 
;)0 Au COIlIIlICI1eCI1H'nt <.Iu (plinzii'IIIC 
i('('le, Ic cOIl('ile tI(, 
Con
t3ncl' décréta quc "(]noiquc dan
 rl
glise priluitiyc, Ie 
.sacrClncnt It ùc rJ
u('harislie ([ flit rc<:u par h
, fiùèJrs sous Ic
 I 
dcu, e
pt.\
e
, ('('pendant, anll (l"é, iter eert:lilJ
 danr('r
 ct 
r:ln- 
dales, on avait, ayce ra
son, introtluit l"habitude '1uï1 
crait re<:u 
SOliS chacune des C"PI
('('
 par Il'
 co))st.
erateur
, ('t 
enlcnlCnt 
.sOliS respl'cc t.IlI })ain par Ics lairs, pnisquc ron doit croire très- 
fCr01C'll,cnt que Ie corps et Ie 
all
 ùc Jésus-Chri
t sont r("cllenwnt 
eontenus au
si hicn 
ous r

ri'cc du Pain que sous cellc du 'in. 
ctqu'oll nesaurait uouterùe rcttc,("rité. n 

Iaintenant il s'agit dc 
i.n oir 
i 1<<1 doctrinc poséc ct 111isc ('11 
prati(llie ùalls rU
m!{c sanctiollné iei, élait accepléc ()fIr rÉgli
(' 
prin1itiyc, et 
i die peut ètre rl'gartl(
c ('OJUIIIC un jll
tc déyeJop- 
pcmcut dc scs priucipcs ct de scs prati(lues. .Ie rt'pollds (In 'en 
partant de hI prl'
ulliption que Ie' cOll('iIp a rai
o]), cc (Itle 1I0BS 
dcyons supposeI' i.ci, nOlls tro\l' cl'on" as
cz dc rai")on
 pour Ie 
défendre, el .
crons 
ati
faits de tlt'cider la (PlC
f ion par rafiir- 
nwti\ c; nons arriycrons farilcllH.'nt à ccttc eonclu
ioll : qne 13 
ronln
union cst lieite 
ous ruue ct raulrc cspècc, cl1l1('ulle ù'clle, 
transnlcttant Ic don cnticr du S
ICI'('nlent. 
tl
criturl' nous fournil ùeu
 C'\CIIIVlcs ùe ce qui pcut ètrc 
raisonnahlclnent regardé CO HlIlle radlninistration ùu Pain sans Ie 


(1) Tracls for lhe Times, no 8:>, p. 80. 



- 1i3 - 
"'in" à savoir, cclui InènlC tlonné par Notre-Seigneur à scs deu\ 
, . 
disciples sur la routc d"Enlluaüs, et la conduite dc saint Paul sur 
la mer durant la ten1pète. En outre, saint Lue parle des premiers 
ChrÖtiens connne continuant à yi\Te d'après Ia doetrinc et dan
 
la confraternité des apòtrcs, en I[ rOlnpant Ie pain et cn priant., II 
; sans faire aueune 111ention du Calice. Dc plus, saint Paul dit 
que (( quieonque n1allgera ce Pain ou Loira ce Calice du Seigneur 
indignclnent, sera coupahle du Corps ct du Sang de Notre- 
Seigneur. ') Et tandis qu ïI dit seulcment Ie C( calice de bénédiction 
, que nous bénissons, n sans parlcr de la participation, il dit ùu 
I pain, (( que nOliS rOlnpons; H puis il continue: C( i' ous, quoi- 
qu "étnnt plusieurs, ne somlnes qu 'un pain ct qu "tIn corps, ear 
I nous avolls tous eu notre part i. ee Pain uuiqne, )t sans (JHe 
! l'Apòtre fasse nlcntion du Calice. Notre-Seigneur ùit ahsoIumcnt 
I de Ia Inèn1e Ilmnière : It Celui qui 111C 'Jl1Clnge, vivra par 
Ioi. }t 
Plu
ieurs des types de Ia sainte Euchm'istie tClldent à Illcncr 
I à la mèn1e conclusion: teIs sont 1'.A
ncau pascaL la IHanne, Ie 
: pain de proposilion, les sacrifices dont Ie sang était retiré, I
 
. miracle des pains, figures du pain seuleIl1cnt; tandis que rcau 
du rocheI' et Ie sang s'échappant du còté de Notrc-Seigneur 
corrcspondent au '-in sans Ie Pain. Les dcu\. e
pèce
 sont repr(
- 
sentées par (rautres types; ainsi la fètc de 'Ielchisédeeh, et Ie 
nliracle de Ia farine et de IluIile crtlisée. 
En outre, il était eertainenlcnt ù"usage dans rÉ g lise primitive 
de como1unier en ccrtaines circon
tanccs sous une seule cspècc, 
ainsi que nous rapprennent saint Cypricn, saint Denys, saint 
Basile, saintJéròmeet autres Pères. Saint Cyprien, par exempl(', 
parle de la conl111union donnéc it un cnfant SOliS respèce du Vin, 
('t à une fenune SOliS eelle du Pain. Süint Ålnbroise parle de 
son fl'ère, qui dans un naufrage cnveIopp<<.t Ie pain dans un 
! mouchoir ct rattacha autour de son cOU. II n "cst guèrc pernlis de 
: supposeI' que les 1110ines et les cnnites dans Ie déscrt aicnt été 
I d'ordinüil'c cn possession du 'Tin cJnsacré aussi Lien que till 
Pain. D"après la lettre suivantc de saint Basile, il parait que nOIl- 
,seulcmcnt les ITIoines, Inais que tous les IaÏcs (fÉ g ) pte eommu- 
! niaicnt ordiuüirc01cnt sous Ia seuic espèee du Pain. La personne 
I - 



- liG - 


à qui il répond, scn1hle lui ayoi.. dClnandl' si, dans lcs tcn1ps d, 
persecution, il ctait pcrruis, en raL"cllc(' dc prètrc 01.1 de diacre 
de prenùre In COlllll1Union dans C[ notre proprc JJurin,)) ce CIU' 
indiqnc quïl s"ügit é\-idellllllcnt <.Iu Pain. Ill'
poIHl, CIl garùar l 
un silence cOlnplet sur Ie Caliec, que cela petit ètre ju
tifié pn 
I ." I ". C " t t " t I 
es hHt
 "aI
a ogues que YOICI. C[ e J) ('" ee
' aJllClllen pas un, 
ratHC, Ùlt-rl, car un long usage nou
 fournlt ùrs 
x(,lnplcs ql, 
.-;anetionncnt ecttc p nti(lue. Tou
 lc
 1110incs qui, ivcnt dans I: 
déscrt oÙ il u'y 3 pas ùe prètrc..;:, gard('nt]n cOI1nnunion e.hl' 
l
X et la 1'(,<:O
Y
llt d'ell'(-mêm
s (à;>' É
"
6i',).\. Ale
al
dric ct l'1 
Egyptc, CIl general, chaque hue po...;scue Ia COnlI1}
IHOn t.lans 
 I ' 
nUli
on, rt elualld il Ie '<-,H1 ilIa rrçoit de lui-nH
IHe. LOI'selue ' 
prè.tre a tine fois celébre Ie sacrificc ct ùonne la eOllllHunion 
e,elui q ui ra cnlportt
c ct (plÏ en...uite 
"l'n nonrrit ('h
Hlue jou I 
. , 
doit raisonIlaLIen}(
Ilt pcnscr quïl la rec:oit ùe cclui (Iui la lui 
jadis ùounce et quïl ) partieipl' :1\ ec Illi (t).n ()n peut ajouh' 
qu"au COl1l1nenrrlllcnl de la leltre it avait parle de la C0111IlnUlil' 

mus les dcux cspèces, en ùisallt que c'c...;t une chose (( Lanoe I 
profitable. n I 

 OUS 3' on" ici rusage de Pont, d"I
gyplc, ù" \.frique ct (, 
J\filan. j\"OUS pOllvons y ajout('r rE
pagl1e, 
i un :luteur IllOtl<.)TI 
nou
 ùonnc d'une Jlla11 i(\re exaclc Ie seIlS ù'un canon cspagnol (
 
la Syrie aU'o\si hien que fÉg) pte, du 1l1oin
 à une l'PO(IUC I'l'Ct'nt, 
puisquc i\icéphore (;)) HUllS dit quc Irs .A,ri'phales n "aynnt pI 


(I) Ep.93. I 
(2) Voir Concil. nrac
\f. ap. \guirr. COß('il. lIi
p., t. II, p. 676" II n .cst pa
 
.-'-Iair que Ie Calice ne rut pas admiuistré en mèrne lemps, mais tI'après Ja l('1)( 
de Cf premier canon dans les acles du lroisirme concile de llraga l qui condarr 
I'opinion que l'hostie doit êlre tTempée dans Ie calice, nou!" n'a\'OIlS aur, 
,Jollle qur Ie Viu ne fût pas offcrl nux laïcs" L'hisloire n'a pa
 à S'ocluper, 
c-ertains points de doctrine se lrOl(\Cllt ou IhJll dans l'Écrilure; lout ce qu'f' 
it it föire esl de suÏ\'re re1igiclIsernent ses guitIes, de De rien supprimer ni in. 
m('r par partialité. - nun ham, Hist. of Spain and Port., \01. I, p" 20
" Sil
 
romplemenlo communionis si
nifie simplclneut dans Ie canon (( ponr Ie Calice l 
du moins i1 est parlé du Calice com me <i'un complemenl; la n1t
me m
mi
 
de yoir se rctrou"e dans la (( confinnalion de l')
ucharblie )) dont il est pa r ' 
dans la vip de saint Germain" Voir la "ie des Saints anglais, no 9, p" 28. I 
(3) Niceph", Hist., XYIII, 13 Renaudot ccpendant nous parle tie deux é\t
q , 
nu moment où Ie schisme a été eufin drrariné. Palr" AI. Jac., p. 2iS. 1lais? 
8Ydient.rté consacrés piJr des prêtres, p" 1 fJ. 



I - 177 - 
, d"cvèqucs, gardaient Ie Pain que leurs dernicrs prètres avaicnt 
I consacré, ct Ie distribuaient par miettcschaque année, à Pàques. 
I pour la eOl1ullunion. 
, 
Iais ron peut dire que, ,c après tout, c'cst une nlesure si 
I hasardée ct si terrihle de priyer anjourùln1Ï Ics ehrétiens de 
I Ia moitié dll SaCrCI11ent, qu'cn di'pit de ees préeédents, ron a 
! bcsoin de queIque garantie pour eoneilier re
prit å cet usage. 
! II a pu sc rCllcontrcr des cireonstanccs dont nous ne sayons rjen, 
qui ont anlcné 
aint Cypricn ou saint Basile, on, a, ant eu,- . 
I
s chréticns apostolj((ues tl retranchcr une partie ÙU s3eremcnt; 
; olais on He saurait dire qu ïI y a séeurité pour nOllS à Ie faire, 
, paree qu ïl y 3yait séeurité pour cux. " U ne garantie r
t 
I certainenlent néccssaire, ct ertte garantie se trouye préeisé- 

 nlcnt dans lïnfaillibilité de rI
gIise. Si nou
 pouyons 3yoir 
: implieitcrncnt conÍÌancc en cIle, ricn dans cette preuyc n'auto- 
, risr à élc,'cr (fobjection eontre sa décision dans ee cas, ct notre 
. difJìculté dinlinue en proportion que nons trouyoñs que nous 
I pouyons dayantage nous en rapportcr à cIle. .Ajoutons, néan- 
. Bloins, que les plus jcunes enfants, à une ccrtaine époque, 
étaient adrnis à reccyoir r.Eucharistic, du n10ins 3yeC Ie Catice. 
Sur queUe 3utorité Irs e'\clut-on luaintcnallt de la l'éccption <lu 
\Ïn ct rnèlne du Pain? Saint .1u
ustin re
ardait eet usa
e 
r..J <.....I rJ 
f'Olllnle ayant une origine apostolique, ct il s 'est continué dans 
, rOceident jUS(IU
3U douzièrne sièeIc. II cst encore cn vigueur 
I dc nos jours dans rOrient, chez lcs Grccs, Irs Grccs-Russes, 
les diycrses (;gIises olonophysitcs, ct ceIa sur la raison de sa 
presquc uniycrsalitr dans rÉglisc priulitiyc (I). Est-ce une 
I 1l1oindre innoyation de priycr lcs cnfnnts de participcr au Calice 
I que de Ies (;loigncr tout à fait de la conlnlunion? X ous accf'p- 
tons ccpendanl sans scrupuIe la dernière privation. II est plus 
sÙr t..raequiesccr à un changcnlent avec une autorité que sans 
cIlc; pIns 
Ùr, quand on croit rÉglisc infaiHihlc, que lorsqu.on 
pcnse qu.cUe peut errer. 


{1} Yoirßingh. Ant., xv, 4, 
7, et I'llist" de Fleury, XXVI, 50, note 9 
(de la traduction angL). 



- t 78 - 


',." I..c
 principaux t(.'lnoigna
rs qui nou
 rrsll'nt dl\ rC,i
lcncr J 
d., rautorit(, papale, ùuns le
 troi
 }H'cillicl's sièclcs, ont ."té 
hriè\"rnH'nt nlrntionl}(
S dans Ie c:ltapitrl\ ([ui forillc notre illtro-' 
dUl'tion. t 
 plan tie rOll'rage nOlle;; a forcé, iei con1nlC darb I 
(rautrcs cas, i. P()
l'l' tout _rahunI C
 -Illi de\ait {'tre repris plus, 
tard, et å fraetiollncr cc -Ini doit ètrr consitléri' dans 
on I 
el1
('nlhle . 
En \"Il(', done, de fournil" un autre i'cJaircis'\cnlrnt de lu' 
11I(
thode logi'l\u' parti('uIii'l'c 
tll" hHl'lClIe fai illSish
, IlOUS aHom: 1 
C
aIl1iller ri'lal on la Iw...û dcs preu\ ('
 qUt' ron IH'Ut tl'oun
rl 
dans lc
 ('iIHIIH'clllicr::, sièdcs .'11 fa, cur de la su pr...'ll13tic ùu I 
S . co' ." I . I · II " I 
'_ all1t-
H'
('. .L'OU
 11(\ cs l"nn1lIlCrUII:-\ pa
 et np l'
 eta) Irons 
pus Ù"UIlC Illanièl'c Inillutieu
e, Inai
 nou
 rn dil'ou<" a

t'z pour' 
Hlolltl'er e(Hl1l Hellt ll'
 
il'de
 al11l'l1iréens peu\ enl èlrc \"u
 à 13 
rlartl
 ùes 
ièeh'\
 qui ont 
ui, i Ic ('onrile d(" 
iei'e, tandis quc k
 
prote....lallt
 IH\ ,oienl dans les derllier
 que rohscurill' ct IJ, 
_.nnru
ion lIes prcnlil'rs. 
La (IucstioH e
l c('IIt' .Ie sa\"oir s ïJ n'y cut pns dès Ie preluiel' 

il'ele till certain ('h"IU('Il( c', ræU\Tl' ou (\n e
i
telll.'(\ qui, potU; 
UIIl.' I"aisoll 011 rautrc, lie s\

t p[r
 Hlontré ù'ahor.1 i. la suprrficit 
I 
_1es all'aircs ecclé....ia....ti<fllcs , el dOlllles én,"UCI11cut.... ùu (I'lall'iènu, 
I 

ìl'rll' 
ont Ie (It',\ t'IOPPl'1I11'Ilt ; plli
, t'1I
uitla, 
i la prruyc d( 
rcxistcncc dc cet éli'Il1cnt et ùr 
on action ()lIC rOil trollve ùaw: 
Jes prelllil.'r
 
il'dl'S, l)lI"cIle 
oit granùe on )H,tilf', n 'c
t pa: 
jU:,tcll}(\I1t leIlr (Ill 'elle tie, ait :,
 pré

llter dans une pareilI I 
hypOlIH\
c. 
II e....t Yl'ai, par C\.l'lllpIe, que !'aint IgnaeC' garde Ie 
ilt\IlCI' 
dans scs '
pitrc:, au ,ujct de rautorih" dn pape; Inai
 si celt. 
8utol'ité n "étail pa-; el lie POU\ ail pa
 ètre alors en opl'ratiOi 
:1rti, c, il n'est pns 
i dif1Ìl'il(' (]r rrndrp COIl1pt<' de r(' 
ilenr. 
que ÙC cl'lui ganlé par 
élll'(IHe 011 Plutal'fJHc sur Ie Chri
li3 
ui
llle 1I1('IUe, ou (Ie ('cluj (It' Lucien 
lIr Ie pl'np](' rOll1èlin. I 
Saint I
narc ex p os.lif 
a doctrine 
nivant ((' hcsoin. Tandi 

 , 
quc les apötrcs étaicnt ....ur la ferre, ilH'y 3yait 
, faire appafDÎtr 
ni .
Yl'qll(\S Hi pape; il n'y an'lÎt pas de tle
rés d3.n
 It'ur pui

 
8ancc, puisqu'clle était cxcrcée par les apölres. 
\Yec Ie tcnlp
1 



- 179 - 


la puissance de révèque s 
est d"aLord manifestéc, ct puis cnsuite 
I 
:cst venue celIe du pape. Quand les apötres ont été enlcvés à In 
;tcrrc, Ie Christianislne ne s'cst pas tout d'abord fractionné; 
cependant des localités séparées pouvaient conln1cncer à être la 
:'Cènc de dissensions intéricurcs, et un arbitrc local dcyenait en 
I , 
!conséqucnce néccssairc. tes chrétiens (rune]
glise ne diseutaicnt 
pas cncore avec lcs chréticns du dehors; ils se quercllaient 
I 
:sculcnlCnt chez eu:\:, parnli eux-Inêmes. Saint Ignace a appliqué 
,au mal Ie renlède convenable. Le SaCraJJielltlln
 'I.lnitatis fut 
;adnIis de tout Ie nlonde. Le Blode de son accol11plissen1ent ct lc
 
,moyens de rétaLlir pouvaient varier suivant roccasion; la 
Idétcnnination de son cssence, de son siége et de ses lois de,'ait 
ètrc Ia conséquencc graduelle d'une néccssité graducllc. 
I Ceci est naturel, et nous voyons ùes cas sClnblablcs sc présenter 
,t.ous les jours. II arrive souycnt dans nne qucrcIle ou un pro

 
'
ue ron inyoque les dispositions de la loi, ct ron arrive par suite 
!1UX résultats les plus inattendus. Les prérogativcs de saint 
IPierre dc, aicnt restcr à rétat de lcttre-morte jusqu1\ ce que In 
:complication des aff

ircs ecclésiastiques fìt naître la cause de leg 
revendiqucr. Tandis que les chrétiens n'ayaicnt (( qu'un cæur 
,rot qu'unc ànlc, n dIes pouvaient rester cn suspens; l'amour 
;1ispense des lois. tcs chrétiens savaicnt quïls dcyaicnt vivre en 
,unité, et ils étaient cn unité. Savoir en quoi consistait ccUe unité, 
;iusqu"où ils pouvaicnt [Iller en la conservant tclle qu'elle ('tait, 
lUcI fut enfin Ie point oll cUe sc rOlnpit, était une recherche 
)iseuse et ÍInportune. Des parents ,ivent souvcnt ensenlble 
,jans une hcureuse ignorance de leurs droits respectifs et de leur 
.1\'oir, jusqu"à ce qU\Ul père on un époux n1curc; alors ils 
' 
'trouvent, ll1aIgré leur volonté, ayoir des intérèts séparés, ct il 

cur faut suh-rc dcs yoies diyergentes; ils h 'osent pas bougrr 
;mns prendrc cOBseil crun honlme de loi. On con<:oit encore c,ct 
!
tat chez une corporation ou une uniyersité, qui suit pendant 
ics siècles la routine des affaircs qui lui sont sotnnises ; se! 
nembrcs conservent entre cu
 leur bonnc intclligence; leurs 
,
tatuts sont presque une lettrc-Inorte, sans précédcnts po
r les 
fxpliqucr. Les droits et les fonctions de scs diverses classe
 .. de 



- 1 RO - 


nlcnlhres pCl1Vl\nt re
tèr san
 t."tl'e défilli
, ju
qll à cc quc, rcjetëc 
tout à euup pal' la forc(' fIe
 eirrOn
lanl"rS 
ur la qUl'
tion dc 
on 
('aractl're fonnel, COllllllC co..p
 polifi(lue, pile soit en l'onsc- 
,)ucuce ohIig';(" ell' dl
\dopPl'I' Il'S rapports tIes gou\"erBallts et 
de.." g(Hl\ l'''Ul'
. Les llefjalia Pl'Ir' pOll' ait.'nt donnil", de Ini'TIlt' 
que la pui

allee ,rUB eltal1eelier a 
o))lInl'illt", non pas conllIlC 
LJne chlJ
c 
uralllll'e, ear rcs droil:, Il'a\"aicnf jalHai
 élé e
er('é
; 
luais conlnH.
 Ull pri, ill'
t.' Ill
 
tt."ricH\ 'Iui élait iUCOIHpl'is, COIlHHC 
une propl u',tie 'I ui Il'l'taif pas l'IU'(WC arri, i'c' Ü 
on al'('onJpIis
e- 
luent. }>OUI- slÏnl I !!uace, parIt.'r des papl's (pwnd il s 'agi
sait 
seulelncnt de l'C qui rl'gardait Ir
 (
\ t"(PIl':', e'cÙt éll' eOlllIIlC 
i 
rOil ('n\ 0) aif II ne HrIlll'e POUI' arl'l'ter Ull ,'olcur. La pUi

aIll'C 
de ré\ Ì"Iue ,cJwit ùc Dieu, ct f'l'lle UII pap" IH"\ pouvuit ,"cnir ùe I 
plll
 haul; iI élait I, l't.'IH'l'
èntanl dt"\ 
otr",\-Scigncur ct 
nait 
nne char;!e 
aeralll 'nlelle; jc parlc, non ùe sa saiulcté intrin- 
, " I 1 " I I 

eque, lllill
 ( t' ,,;cs c e\ Oll'
. I 
Ain
i, fluantl rl

Iise ful li\ rée 
t ....ps propre
 rcssourccs, Ics I 
Irouh)c
 locau\ t.lonnèrcnt d"abonl lieu au
 é\ i'(lues (rc'\l'rt'cr 
Icnr autoritc'" rt l'lbuitc Ic
 trouhles f.:.('lll'rau\. appelt"rent cclle 
des pape
. L'on n .
)\ ait pas ct ron nc POU\ ail pa:-. c.l('haUrc sïl 
élait ou HOIl nt"('c

airl' pOllr ètl'e eat holiquc dt' 
c t rOll\ tr (\0 I 
('UIIIIlHluion ayrc It."\ papc a\"ant t(tlïl 
c flit préscnté un cas oil 
l'cUe cOllllllunioll cÙl ',té ,u"; l )cndue ()ue ..ainl I,rnace I l"l'erÏ\ c 
. 
 
 
pa
 au\. Grl'l'
 cr.&\
ic ....ur It's papr
, rt' fail IlC pf{

cntr p3
 unc 
plu') grant.lf' dil1iculté tlue de \"oir 
ai()l Paul ne pas parler t.ks 
f"\è(lues Cll ét.'ri\"ant au\. Corinthiells. La dilTicultt
 tPli s'l'lèvc 
dt\ cc qUl' la 
upl'''''lIatic pal laic n'était pas fOl"llleIlenlcnt reconnuc 
:lU ùcu\.ièlllC sièdc, t'"t llloilldre (pie de ,oil' la doctrine de 13 

aintl' TI'i nile' n "l'trc fornl('IIl'111C'nt rcconnuC' (pl'au tluatril'Illr, 
Aueune ùoctrine n 'cst définie 3\ ant (rêlre \ iolée. 
l)e la ]lU:'lllC Hlauil'l"e, il t
taif naturd pOllr les t"hrl'liells d
 I 

c diriHer en Inatière de doelrinc par Ic guide Ù'UIlC tradition 
purcIllent t10llante cl cn quclclue sorte cndt"H1ifluc, tandis (lue 
(-cUe tradil ion (
tait réccnte l't furle. )1 ai
 à IHe,urc qu 'cIle cst 
" I I 
(le\'cnuc languissante on quc scs allu('au\. 
c sOl1l rOlnpus , I 3 
(',te né('e
sail'e de fl'lnonter 
l Sl'
 sonreC's partirulil'rr.s : tf3hortl 



- 181 - 


:lUX siéges apostoIiques, et ensuite au siége de snint Pierre. 
I D
ailleurs, un lien international et une autorité comnlune ne 
I pOll' aienl ètre consolidés, en supposant que l'un et rautre 
I e
i
tassent d'une 111anière certaine, lors(lue Ics persécutions 
I éttlicnt en ,igueul'. Si la puissance iUIPt'riale arrèta Ie déyclop- 
I penlCllt des eonciles , die servit aussi à rctenir Ie pouyoir de la 
I 
3pauté: Lc sy
nh?le :t Ie canon, de Ia nlèlue manière, rcstèrent 
I un et I autre Indefinls. Le SynllwIe, Ie Canon, Ia Papaut(', Ies 
Conciles æcun1(
niques, cOlnn1enCt'rent à paraitre sous leur 
n
ritahle rOrIne aussiLôt que Ie pouyoir temporel relàcha roppres- 
,sion tyranniqur 
ous la(}uelle il tenait rÉglise. De l11ênle qu ïl 
I était naturel que son pouyoir n10narchique se 111anifestàt lorsque 
rEnlpire est dcycnu chrétien, ainsi il était naturel flu'un déye- 
Iloppclnent ultéricur de ce pou, oil' eÙt lieu ql13nd rElllpire a 

 SUCCOlllhé. En outre, quand la puissance du Saint-Siége conl- 
Inença it s "cxerccr, Ie trouble et les collisions en furent la 
I conséqucnce nécessaire. II a été dit du Temple de Salolnon, 
I ti que ni luarteau, ni hache, ni aueun outil de fer ne furent 
cntendus sous sa yoÙte pendant qu "on Ie construisait. n C"est 
Ià un type de rÉglise célcste : iI en fut autren1cnt ayec rÉglise 
dïci-bas, soit ({u'on Ia prenne sous les papes ou sous les apòtres. 
Dans run et rautre cas, il S "agissait de définir une nouvelle 
puissance, de luèn1e que saint Paul avait à discuter et mèllle å 
,Iutter pour défendrc son autorité d"apôtre, et qu"il enjoignait à 
saint Tinlothée, comnle éyèque d"Éphèse, de ne se laisser 
mépriscr par personne , ain
i on ne saurait dire que les papes 
ont été anlhiticux parce qu ïls n'ont pas établi leur autorit.é sans 
luttes. II était naturel que Polycrate fir de ropposition à saint 
Yielor, et naturel aussi que saint Cyprien exaltÙt Ie siége de 
,
aint Pierre, et que ccpendant iI lui résistât quand il a pensè 
qu"il allait au tlelà des linlites de sa puissance. Plus tard, iI était 
naturcl que les empereurs se soulevassent dïndignatioll contre 
lui, et naturel aussi <fun autre côté que Ie Saint-Sirge prit , 
'avec une puissance plus j('une , une plus haute position que celie 
:(}u'il ayait cue avec une puissance plus ancienne, qui ayait pour 
t BmLloTII. lUST, (je AXXÉE. I" on-n, i G 



- 182 - 


ellc rh0l1l1n3ge du ten1ps. 
ùus pouvons S3ns répU?n3nCe suivre 
ici J3aITo,,', C\('Cplf
 ct.'pt'lulant <.Ialls "cs ÏIuputations sur Ics 
IHotifs '1uïl pn"tc 3lr\ 
oUYerniH
 pontifl's. ,t ])è.JflS It.'
 prt.'lniers 
(PUlPS, ùit-il, lor
que Ie" ('H) percu rs éLaielll païens, les IH"rten- 
ti()n
 quïls (Ie:" pap,.s) éll'\"aicllt l,taicllt ell rapport 3' l't leur 
condition; cUes ne pou\-aicnl aIleI' bien haut; if" n"éttJieJ)f pns 
aitH'S 
i fous (PIC de prétt.'llcll"c i. nul' pui
sallcc tCll)porelle; leur 
parl d"én1Ïncllcc 
pi.'ilucllc les contelltnit. It 
'OUS li
oI1s dans Ull autrc p3"...agc : t( to("tat ùe la I'riluitive 
I
gli
c nOadnlcttait Pd:"< facilcJncHt Hoe parcillf\ :"ou\craineté uni- 
v 'r:,clIc, car dlc con...i'4ait en petitcs eon
régatioll-; liél'
 ù'une 
I1wnière inrohl'I'cnte , cl rl'pandues c:å ct H. dan:-; de
 lu('alités 
1 rès-.'Ioignécs Ic, une" ùes autre" , ct par con,é(lucnt inrapahlcs 
,rt'tr," uqrnni
{'l''''' t'n une so("ié((
 politiquc uti (retrc gOU\ erllées 
pal" un chef, surtout à cau...c de leur paU\TCLé et dl:s peJ'sécu- 
(ioB:, 
OH
 1l'
lIHeIl('
 clles étaieut écra
écs. (ìuel recours tOIl\'C- 
nahle pou\'fiicnt :1\ oir à Home, pour leu.' direction qllel(lues 
ehrétiells Inalheurcu
 (Iui \-iyaicllt ùuns rJ
gypLl', rÉthiopic, la 
Parfhic, rhHle, In l\ll'sopotanlie , Itl S) ."jp, r.Arménic, la 
Cnppatlucc ct autres pa) s? n 
\il1curs : It II n'était aucun point dt", doctrin
 fiyoué par Irs 
ehrt",ticn", qui flit plu", proprc à offcnscl" les païens ct à exciter 
leur ja lou
ic ('outre notrc religiun que ct"lui (Iui ('tahlit un
 
pui
:"3ncc ù'une si \"astc étcnduc ct ù"une si grande influence" 
.\lIcunc nou\.cauté Be pouyait t'tre plu
 
urpr('nunte et plus 
ai- 
..is
anh' tltlC la t.:réation (fun clllpirc uniycrscl sur Ic
 ('onscicllccs 
l"l lcs prati(lucS religicu...c:; ùe, h0I1l111CS. Cctte dUl'trillc DC 
}HHJ\rair ètrl' ([ue trl.....-apparcntc t.'t trl's-édntantr dans la pratique 
orùinuil'c; iI cst proùigicu
 (Itle Ics paÏclls BC se 
oient PUg 
hautetnent récrié
 ('uutre cUe, '. c\
st-
l-dire 
i die eÙt été nlol'S 
('n opérution. II ùit encore : (( II c"t tout à fuiL cxtraordillairc 
(Iue dans Jc
 eOlltro\ er
cs 
(Jutcnues pi1r It's Pèrcs contre Jes 
hérétiquc:-;, Ics G nostiqucs, les V 3Icutinien
, etc., etc., ils 
u"aicBl pas, 111èulC ÙC prÏIne aLorù, in, U(IU'
 et pre

é In sentence 
tlu pa
tcur <.'t du jup;c uni, crscI, C0I11nIC un argun1ent conclusif 
tie la dCl'nièl'c é"iùCl1cc, conHllC la rnéthoùe la plus cfiicnrc ct 



- 183 - 


1 13 plus dt"ciSiyC ùe les con, aincre et de leur in1po
er sil<.'ncr. " 
I rue dl'rnière eitation : It T...e
 papes eU\.-1l1êlneS Ollt 1110difii' 
leurs prétentions et yarié leur style suiyant les difft.
rcntes eir- 
I constmlt'l'S t.h\ telnp!' et leur diYel'sitl
 òe raractère, de des,('iIl
 
I ct dïn
"érèts. Ua.ns la pro:périlé et 
llIaI
d, il 
 ayait 3\ nnfn
e , 
I IOI':,qu lis pouYaIent Ie fmre 3yer secunh', Ic
 papes allail'llt 
I jusqu"à parler haut et preuaieut hcaucoup sur eux; nwis lor
- 
I qu ïls étaient fflible
 ou q u ïls eraignaicnt une cont.'allirtion 
puissante, les pnpl's, Inèule les plus hardis, parlaient a\'t.'e 
llloùération et soulni
sion (l). )' 

\p.'ès tout, en suppo
ant la pui
sanec papale <.Ii\ int.\THt'Ht 
I instituéc et l1é311l110ins, dans Ie principe, plu
 ou nlOin
 
I cndornlic, il scrait ilnpossihlc de trarer lIne histoire plus 
I probable, qui réponùìt nlieu
 i\ crUe hypothèsc, que edle qui 
I rc..,sort de la eontroverse souleyée de siède en sièrlc sur la 
. supréluatie papale. 
! On dira que tout ceei cst une théorie. Certainenlcnt, c'en e
t 
I unc; c'c
t une théorie pour }'("\ndre COIl1pte des fnits tcIs (Iuïls 
sc présentent dans rhistoire, pour rendre COlupte de ce qui 
nons e
t dit dl' rautorih
 papale dans Ics prclniers te.nps, ct pa
 
tlayantagc. Cettc théorie e
t destinée 
\ eoncilier cc qui a (
f(
 
ronstat(
 sur Cl' sujet ayec ce qui ne ra pa!' été, et, Ie point 
principal, à lier les paroles ct les aetes dr rJ

disc anténicl'cnnt\ 
I ê1YCC In prohahilitl\ prée
istantc d'UIl principe 1l10narchiqul' (lall
 
Ie plan di\"in et sa rt'alisation dans Ie quatrièlne sièclc, qui nOli!' 
I fournit nne présoluption pour les interprétc.'. Tout lli-pend tit' 
,Ia forcl' de l'("\
te présonlpti.on. En suppo
a.nt q
1 ïf 
 ait d'aillcur
 
I de LOHnes l'31S0n4õì pou.' dIl'C que la 
Upl'l'lnatl("\ papale cst une 
par'tie dn Chri!'tinnislne, il 11 'cst ricn dans rhi
tcirc p.>in1iti, (\ 
I de rÉgli
e pour Ie contredire. 
II rcste à recherche.' en qnoi consi
tc ecHe prl'somption? Ellc 
I 
l' Jiyis\', l'omnw je rai IIil, en IIeux p,al'lies, la prohabil
lt; 
I pr
cxistantc de la papauté, ct rérat de rEf!li
r aprè') Ie conclte 
de 
iCt
e. 1\ous a\-ons iné,-itahleulCnl touché it la pren1Ïère dan
 


(I) Pope's Suprem., édit. 1836, p. 26, 27, 157,171, 222. 



- 1St - 


ce qui pr(
rrde. Xotrc- rai
on pour ranli('iper c"'t Ie be...;oin 3bsolu 
.I"ullt.' pnissnnce nloIHu'('hiquc dall
 Il::p.li
e. Blak
tont' a t':\lu'ilué 
Ie prilH'ipt', pour ce (Iui I'egal'ùc Ie pou\"oiI" 1'0) aI, en nne phr3
t- 
citi"e dans rc qui pI éeède. (II l'orps polifitlue HC petit pas 
c\i,tcr ,ans un !{ou\ "rllclllcllt, ct plu
 élcndu ('st Ie e()rp
, plu
 
ronrenU"é doit l\U'C It' U;Ot1\ l'1'I1l'1IH.'Ut. Si toute la ehréticllté ùoÎ( 
[ortner Ull royaulllc , l1n eher cst C
:--èIlIÎ('I; e\"
t tin nloins lit 
rC\I)(
I"ience de di\-hllit tcnls all-\. _\ lllc,urc qne rl
!!lisc rc\"êt 
une fornle, la plli
sanc
 papah" 
e til", dupp(\ ct pal'tout oÍI ron 
a rcnolu"é au papc, la cl(lpaucncc ct la (li,'i
i()n CIl ont élé lr
 
rOllsi"(lul'nÍ"r
. l'ous He ('olillais
ons (rautre 1110) en (h" COJl
l'I'\"l\r 
Ie SacruJJlculuJJl tlllillllÙs (ItlC (ra\ oil' tin ccnlrc (fUllité; Ic
 
nc:,torirJls out cn leur l (('!to/ifll"'; Il'
 luthi"ril'lIs de la 1)1'u'"',.- 
out lcur 
ur-intelH.lant-O'llnt'"I'al; Ie!' intll"pentlants, Inèn1c, à t'C 
epiC je erois , out cu uuns les lllÏ

io]}s leur sur, cillant. L "J
glisc 
d" \1I
lctcrre Bulb fOUl"llit un c
l'n1plp .'enmrquahle de lTUC" 
doctrint'. .\ III '
url' que "011 horiloll 
'l'st dt'"coUlert et CJue 
a 
eOIlHllunioll 
'<'...;t t'"tl'ndue, Ie 
iégc dc Cantorhél') c
t (h
,.cnu ).' 
('cntre naturl'l (Ie 
cs opé..ation
. II l"lcnd l'1l ce InOITll'nt sa 
juridietioll dans la 'Il'ldilerralll"e, à .Jénl
all'lll, Ù[ll), l"Illdou...;lan. 
dall
 r
\nll'lricluc (In 
()rd, au\ antipodrs. II a été rorgane dc, 
eOll1IHUllicalioll", (((land till prcluier JHillistrc a forcé 11
!.llisc à 
lJllC nou\ cIle rt"partitioll de c.es proprii'(i"s ou <<Ill 'un 
ou\"cr(lill 
protcstant n loulu la fairc cnU"cr Cll relations 3nlic3Ies alCC sa 
proprc ("OIlllllullion. C'l'
t \er
 CaIlfol'Ll
ry (11iC 
e 
Ollt tOUJ'l1eS 
les regards dalls I('
 )nOIllenl
 de pCl'plc\.ité; c'cst Ii. quc ùes 
atlrc',;sc, onf élé prc'l,elllécs ct (1 uc tic, pétition, ont été CillO) éc:-," 
Dc E. t.
m:lncnt Ics déri:-ìiolb li"
ales, le
 (!t;da.'afiolls faitcs en 
pm'lclllcllt, Ics (cUI"e:" Ics illter\'cntions parti('ulièrcs flui fa<:on- 
ncnf Il'
 lIe:,fÍnécs de rI
!l'Ii:,e t.'t c\el'ecnt 
Ul' Ic
 diuel"
e
 séparl;
 
L . 
lïnfhu'nec (IU' Ics renlUC. II doit ell ètrc 3insi; unc E!!lisc He 
pl'ul pas 
e pa.;;...er (fUll papc. 
()U
 
"()US sou
 nos )el1x 1(1 
procl"di" dC' eenlrali
ati(Jn par I(\(ll1cl I
 SiéO'c de :,aint Pierre c
l 
dcycllu Ie chcf SOtlVt.'I'3in tic la chl'éliclllé. 
Si trill' ('
t la lIaf tire tic la que
tioH e(ui nons Ot"Cup<" il cst 
hnpo
siLle , 
i IlOllS pouyons parler ainsi 3\ ec ]'é\"e
reJlct.'. qu 'une 



- 18ä - 


sngesse infinie qui, en décrét3nt rélé\"ation (fun empire uni- 
,.ersel, 3 \Tl In fiu des choses ùès leur cOHln1cncen1ent, n"ait 
pas décl'été Ie déve]oppen1ent d'une nutorité SOH' craine. 
On doit 3jouter à ceIa Ia probahilité générale, 111ontr('c dan
 
Ie chapitrc précéùent, que tous Ies yrais déYcIoppelnent
 de 
doctrine et de prati(]ue qui ont été pCl'lnis, et ccIui-ci dans Ie 
nOll1hre, ont été divincl11ent approuvés; et, en outre, Ia pro- 
babilité particuIière en faycur de rexistence, qudque part. 
d'une autorité infaillible en matière de foi. 
D'un autre côté, conlme pal,tie correspondantr à ces antit'i- 
pations, nons rcncontrons ùans l"Écriture certaines énonciation!; 
plus ou ßloins obscures et ayant besoin (rUn commcntaire, qui 
sont invoquées par Ie Saint-Siége con1me ayant leur acconlplis- 
seluent en Iui-ß1ènlc. Tclles sont ces paroles: IC Tu cs Pierre. 
et sur cette picrre je hÙtil'ai n10n }:glise; Ies portes de rcnfer 
HC prévaud.'ont pas contre eIle; je vous donner3i Ies clcfs du 
royaume des cicux. ]I Nous ayons encore: (( Paisscz nlCS agneaux.. 
paissez ß10n troupeau ; ]I et, (( Satan a désiré vous 3yoir; fai 
prié pour vous, ct quand vous serez conyerti, raffermissez '"OS 
frèrcs. ). Telles sont aussi quelques autrcs inùications du des
cin 
de Dieu en ce qui regarde saint Pierre, indications trop faibles en 
elles-Iuènlcs pour qu
on insiste sur chacune d"cIIcs en particulicr, 
mais qui n'en ont pas ß10ins une puissance de confinnation" 
Ainsi, Ie nouveau non1 qu
il a rcçu, 53 nlarche sur Ia mer, sa 
pèche miracuIeuse dans deux circonstances, la prédication ùe 
l\"otre-Seigncur de dessus sa barque, ct Ie fait qu'après sa 
résurrection c'est à lui qu ïl appal'ait Ie premier. 
On doit obser,er, en outre, qU\lne pr0l11eSSe sen1blabIe fut 
(aites à Juda par Ie patriarche Jncob : tC Tu es celui que tc" 
frères glorifieront; Ie sceptre ne sortira pas de J ud3 aymlt que 
Ie désiré des nations n'm rive. n Ccpendant ccUc pl'ophétic rut 
pcut-être huit cents ans avant de s'accomplir, et, durant cette 
longue période, DOUS n
entendons dire que pcu de choses on 
ricn de la tribu descenduc de lui. Dc Ia Inèule n1anière, It sur 
cette pierre je bâtirai ß10n Églisc, ]I tC je '"OUS donne les clefs, ., 
<< paissez 1l10n troupeau, n sont non-seuIelncnt des préceptc5, 



- 18G - 


tl1ais encore de
 prophélies et (It'S pron1csscs; pron1es
cs qui 
ùevnif'ut ètre nccolnplies pm' cclui qui Irs a faites, prophétic
 
(Iui ùeyaienl èlrc iHtCl'pr
léc
 par ré, énelllcnt, par rhisloirc , 
c"é
t-å-dirr cc1l(' dc
 qU3tl'i('.loP et cin((uiènll' 
il'de
, (Jnoi(ln'dle
 
cu.;;"cnt I'Ct;U un aceonlpli
scillellt partiel, JUèllle ùalls In période 
nnl
rieure, l't (Iu'('I1es aicnt ell U)) d(
, dOppellll'llt eneOI'C plus 
beau dans Ie 1110) en 
îge. 
Par è,\(,111{>>1(', uon
 a'olls 'u dall
 tIn (Ics ('hapiu'cs pl'écéùcnt
 
. 
quc suint C
 priell donne au 
ii'
e ùe HOH1C Ie nOI11 de Cathedra 
l'cfJ'i, cl l
inllilicn porle nu
nlC ténloignage (Iue Ie Siégc ùc 
H001C rp, enùiquait rc titre. Puis daBs le
 (lu3tri("nH
 ct eÎnquièml' 
sièe1es , cc titre et scs ré,ultats logiqucs dc,icnncnt apparcnts. 
_\insi, saint Jtlle
 qui i,tait pape duraut la perst"cution de sainI 
I\thanase (342), fait pm' leures des rClllOIllranccs au pÐl'li 
d'Eu
èhc de cc (lUll u ag'issait 
ur 
a proprc autol'ih
 rOllllllC il 
lui plai'mit. " 1:1 l'nsuite , ainsi lill ïl Ie dit, ,c dl-sirant ohtcnir 
notre concoul"s dan, "cs (léei
ion
, <(uoique nOllS U"U) OUS j3lnai.. 
condanl1H
 ..\tlwl1a
e. l.cs con
titutioll
 dr stint Paul, Ics tradi- I 
tions tJcs }>ères, n 'Olll pa" ùonné la ùireclion (IUC YOU') sui\"cz: 
c'c
t nile nou,.clle fonllc dt.' procl'durc, nne nuu\cHe pratique."" 
.Jt.' vous signific cc que nons a\"ons rel.:u ÙU hicHhcureu
 npòtrc 
Pierre, ct je ue ,.ous aurais pas i'erit ceti , jugeant flue ces 
choses soot nlanif('ste
 it tou
 Il's hommrs , si ces H13nières d"agir 
He ,ous eu,,"rut ainsi lrouLlés (1)" " Saint \lhaua"c, cn conser- 
vant cctte proll'st
tioll, lui u donlIt! 
a 
an('lion. 
ous trou, on
 
en outre quïl y cst fait allusion par Socrate, et sa vcrsion 3 
d"autant plus dc force, qu'ellp :o;e trotl'l' inr'\at.tc dans sc
 
détails , eirconstallcc qui 1l1ontre quïl ne ra pas cOlprunlrc (Ì 
saint .Athanase: ct Le pape Jules, dit-il, rl'pOlldit quïls 3yaicnt 
agi eontrc les canons, par('t.
 flU ïb He ravaient pa'i inyilé à un 
condie, la règle de rEgli...e pOl'lant que les (
gli
es p
lI.ticlllièrc
 
ne doiycnt pas f
âre dt's ti1nons contre la yolonté de rl
Yèquc de 
R001C. ('3). n Sozoluènc no us dit : I: C"élait une loi saecnlotnlc 


(I) Alhan, Hast. Tracts Olof., t. II, õ6. 
(2) II i 
 t. . II , 17. 



- 187 - 


Ide dédarer nul tout ce qui était fnit contre In voIonté de l"évèquc 
:dcs ROInains (1). " DOun autre côté, les hérétiques Inêlnr
 
auxqucIs saint Jules résiste SOl1t obligés de reconnaitre que 
'Rome était " rÉcole des Apôtres et In :\Iétropole de I"orthodoxie 
ilepuis Ie cOInnlcnccnlent; n et deux de leurs chefs (évèque
 
fOccid
nt) rétrnctèrcnt qucIques années plus tard leur hérésic 
:icvant Ie Pape dnns les ternles (rUne htlluLle confession. 
, Ln autre pape, saint Damase, ùans sa lettrc aux éYêquc
 
rOricnt contre Apollinaire (ã82), appelle ces éYèques ses HIs. 
il. En payant, dans yotre charité, la réyérence due au Siégc 
lpostoli({ue, c' est ,.ous-n1ên1es, très-honorés fils, qui en profi- 
I crcz : car, placés, conU11C nous Ie son1111es , au gein de cclte 
:;aintc Église, dans laqueUe Ie saint Apòtrc a siégé et 3 enseigné, 

10US ayons à dirigcr Ie gouyernail auquel BOUS ayons succé<.lé. 

éamnoins nous eonfessons que nons somines hien indigne de 
t
ct honncur; c'cst pourquoi nous étudions COn1111C nous Ie 
')ûu\ons, afin de nous rcndre rapahle {ratteindre la gIoirc de S3 
lainteté (2). H u Jc parle, dit saint Jérôule nll InènlC saint 
)amase, ayec Ie successcur du pècheur et Ie disciple de Ia 
'wix" Ne suiyant (rautre chef que Jésus-Christ, jc suis en 
'ommunion ayce ,r otre Saintcté, c' cst-à-dire avec Ie Siége de 
>icrrc. Je sa is que sur cettc pierre rÉglisc cst bâtic. Quiconqut' 
nangera ragneau hors de ccttc maison est un p.
ofanc; celui qui 
lesera pas dans rarche de Noé périra qunnd Ie flot ratteind.
n (3). n 
;aint Basile supplie saint Dnn1ase dOenvoyer des arbitres pour 
lécider cntl
e les )
glises de 1'.Asie \Iineure, ou au nloins pour 
aire un rapport sur les nuteurs de leurs troubles, ct indiquer h
 
',arti avec leqlÌel Ie Pape serait en cOlnmunion. (( Nous IW 
Icmandons en nUCUlle fa<,:on quclque cho:.;c ùe nouycnu, 
ontinue-t-il, mais ce qui était dOusage avec les hOlnines sage5, 
t religieux des pren1iers ten1ps, et cc qui I'est surtout avec 
OllS; car nous sayons par la t.'ndition de nos pères, auprès de 
:ui nous nous en sommes infol'més, ct par ce que nOllS 
I (1) Hist., 111. to. 
I (2) Theod", Hist., V, 10. 
I (3} Constant, Epp. Pont., p. ä
6, 



- 1 S8 - 


nppr('nncnt les (
CI'if
 cncorf' cons(,I'vÍ's parn1i nons, flue DCIl 
ec hirllheul'en
 é\ t".fIII(', rI1\"oya, tantlis qn ïl hl'illait parlni vo 
pal'soll orthmlo'\ie 1'1 réclat tic SI'S autrc
 ycrtll
, des lettres 
 
visitc à Botre ('gli
e de C('
art"e ct des leHI'<'
 dc consolationl 
nos pi'res, avec d<'s ran<:on'5 p<HH" tireI' IlOS frèrt':-' ÙC In rapt i,'iti 
l)e lllènlP, \IHhro
ia
trc, pélagien (Ians 
a doctrine, ce qui n" 
pa
 en qnc
tion iei, pm'h' dc ,
 rl

lise, nlaisOIl lie Diru, d<l 
Ie gouvcrncnr, ùau
 ec tcnlp
, c,t Danlil
c (t). n t( 
ou
 pOl'tOi 
(Iil un autre p:lpe 
aint Siri('c (:)8:>), It' fardeau lie tou
 cc" 
qui sout ehal'!!és; on plU1Ùt c'c
t Ie hicuheureux npõtrc PieJ
 
qui Ie porte ('11 lIuns, lui <Jui, ('0111111(' nons en 3' ons confian(1 
nous protègc et nons défen(1 en tout('
 ('hoses, noue;;, Ies hél'ili, 
tIc 
Oll g01l\Crnl'lllcllt ('!). " 
aillt Sirin
 e
t i. 
on tOllr eonfil'J' 
par saint Optat. tI 'TOllS ne pon,'cz Hicr flue vous sn,-ez, ùit
 
del'uiel'it ParJuéJliell Ie ùOllatistc, <piC dans la yillt." de ROIIlC 1 
sic
:r(
 i'pi
ropal fI (I'nhonl i,ti
 cOllfl'l"é il Pierre, sur Icqucl Pier!. 
Ie chcf des _\pÙtres, ,"cst n,...i,... Siége flYCC leqnel il a 
 
ordonné <JUt' rHllit<
 
('rflit ron
crYt
e pal"tout, ùe peur que'S 
,. utrc
 npÙlrcs He soulins'Ocnt la prééulilH'IlCC dc It'urs 
i(
i 
 
rC-.'pl'('tif
; afin <flit' ('l'lui qui i'lè\ crait Ull sccond sit'òge COIlk: 
cc Sil'ge particulicr (siil!Jularcul) fù( au

itÙt dt'rlaré sl'hi
n'- 
tlfJuc e( pt'.th('nl". C.c
1 pourquoi ce Sii'
c unique (unicrl1n), Ii 
t'
t la prl'luièl'(' lIes pri'l'ogatives de rJ::
li
e, a été ù"ahonl OCCl( 
par PielTe; à Pierre fI 'OIH't.'édÍ' tin; it l.in, Cli'lllcnt ;': 
Clt
lìl(,llt, etr", ctr. , à J)amfl
t'. Sirice, qui nOliS cst aujourtrJtl 

ssocié (socius), cl par le(IUclle 1110lHIc clIti('f cst, ùans Ic If 
de' ("ollllllunioll, d"i.lccord flyec nOlls par réchan
e ùe Ieurcs { 
pn i"\ (:)). a 
1 n autre pap(
 s'c:xprilne ain
i : tC Nons consultons nvcc sr 
('l Cou\-('nance rarcana de la Ùi
llité npo:'\!oli(lnc, dit saint 1m. 
cent nu coneilc dc 
Iili', e (41 i), la dignité lie celui "'ur ql 
M) cIchol'!' des autres ('hoses, pèse Ie soin de t.out.cs les t:gIis 

ui, aut la forme de raneicnnc règle que vous counaisscz all 
(I) Tim., I. 111,14, 1l>. 
(2) Constant, p. (j2
. 
(3) II, 3. ! 



- 18ü - 


I hien que nloi, ct qui a toujours été conscr\"ée par Ie Il10nde 
! cntier (I). ]I lei Ie Papr fait nppeI, pour ainsi dire, à Ia règlc de 
saint '-inccnt; tandis que snint .Augustin porte télnoignage qu"it 
n'out..epa
se pas scs prérogativcs; car, cn renùant con)pte de 
I cette Iettre et d"une autre, iI dit: "II (Ic pape) nous a répondu 
: sm' tontes ces choses, ainsi qu"iI conycnait à un évêque du Sié
p 
I apostoIique (
). a 
. Saint Célestin, pape (42ä), dit au
 évèques dlIlyric : I( NOU3 
: èprouyons une sollieitude particulière pOllr toutes Ies personn,

 
à qui Jésus-Christ nous a in1posé, ùans Ie saint apòtre Pierre. 

 13 nécessité de nous intéresser, quand iI Iui a donné les clcfs 
, pour oU'Tir et fennel'. ]I Saint Prosper, son conteillporain , 
I confiro1e ses parolcs quand il appdIe Rome : (t Lc Siége de 
I Pierre, qui, étant pour Ic lllonde Ia tètc de l"honllcur pastoral, 
I possède par Ia religion cc quïI ne possèdc pns par Ies arn1es. )t 
Saint. Vinccnt de Lérills les confil'lne Hussi quanù il appcllc h. 
I pape: Ie Le chef dll Inonde cntier (;)). )I 
If Le hicnheureux Pierre, dit Ie pape saint Léon (440), n"a 
I pas abandonné Ie gouycrnail de rÉgIise quïl avait entre les 
I mains..... Sa puissnnce cst plcinc de vic ct son autorité l}St 

 prééll1inente dans son siége (4.). )) I: Ce caractèrc inéhranlable 
qnïI a rcçn de Jésus-Christ Iorsquïl fut fait Pierre a aussi érè 
, eOIlunulIiqné à ses hél'étiers (ä). II Dc Inême que saint _:\.thanase el 
, lcs [uséhiens, par leurs téInoignngrs contemporains, confirment 
I'autorité de saint Jules; saint JérÔlne, saint Basile ct A.lnbro- 
I 
iî)strc relle de saint Dmnase; saint Optat rrlIe de saint Sirice 
 
I s

nt Augll
tin celI"e de, 
ai
t In
1o
cn
; s3"int Prosper et sAint 
, mcent cellc de smnt Cele
tIn; 31nSI smnt Plerrc Chrysologue ct 
,Ie conciIedeChalcédoineconfirll1cnt rautoritè.ùc saint Léon. I: te 
I hicnheurcux Pierre, ùit Ie Chrysologue, qui "it et préside dnns 
I 
on propre siége, donne la yèrité de la foi à ceux qui la cher- 
14'hent (6). I' Le conciIe æculnéniquc de Chaleédoinc s'aùressant 
I (1) Constant, p. 896, 106\" 
(2) Ep. 18:1. 2" 
(3) De Ingrat. 2, Common. 41. 
I (4) Serrn, de Nat., III, 3. 
(5) Ibid., v, 4" 
(6) Ep. ad Eut)"cb. fin. 



- t ÜO - 


à saint Léon tOllehnnt Oiosrol'c, é\ êque d'..\lc-xnndric, s'clpriuH 
Din
i: I: II pow.;:-:e 
a folie luèlnc COlltl'C celui 
t ({ui 13 g3rdc ù, 
 
\ii
llohlc a i,té eonfh
t.' pal" Ie San, ('UI', e'e
t-it-di..c conl."c '.otr 
Saintl té npostoli<Juc (I). " L 'cxcnlplc de 
aint Léon rc\ i('ndrê 
c1an
 un autre ehapitre. I 
J
r
 actcs quc nou
 fournit Ie qunt.'iènlc sit'de pa..Jent aus
1 
forLenlcut <Juc le
 pal'olc
 de 
cs écriyains. l\ous pou\"ons nou
 
rontt'nll'l" ici de cr ( u':uhnct BaITO\\, nutcur quc nons aYon
1 
dt'jit cité : I 
I . I P 1 . " I . , " I I 
It ...a ptll

ant'(' (u npt', ( It-I , 
 ('tmt )cauroup :H.'cl'ur P:lI 
I'iulportunité des per
oJ)nc
 cOn(laUllll'cS ou dwss<"cs .Ie leur
1 
I ", I ." 1 t ' " I 
P :!('t'
, 3YCC rm
on on a tort, par f'
IH..t (l' nclton; cnr. Jle 
trOU\,.1ut pas de lieu tie I"cfugc qui leu.' donnÙL plus d'c
pél'an(,-ll 
de n"p:u'ation qtle ItOllH', clles :,"aùre.;;saiellt 
OUy('ut au l)upc : 
qu "r
t-cc quP Ics honlnlCS ne frrairnt pfl
, rt t)lt nïl'aiellt-it' 
pa... quanù il... "ont <Ian.;; la peinc? _\insi 
Ial"(
ioll nlla it HOlne) 
('t snpplin pOtll" 
 ('tre athni
 ('11 
on1111unioll. ...\ous Yo
ons ()US
 I I 
ùans saint C
 pricn (I1IP Fortunat et Fclicissinu" u) ant été COI1- 
(JanHll',s ('II \friqtH', s't.'nfuirt.'ut it HOHlt., pour dlerdlt.'r protcc- 
tion: ahsul'dité dont saint C
 prien He se plaint pas. ..\insi nou
1 
trOtl\ ou
 cu('orc .tans snint C) prien que 'Iartien t't ßn,ilide.l 
r('jetés tlr leur, sipge
 ponr 
'i,trr (
eartés de la profc
sion dlri'-' 
t.icnne, s"cnfuirent t1npn'.s de ..;aint ]
tiennc pour inlplorc.' sccoun
 
("'t l\trp réillh

ré
. J \in...i 'ra
i.n(' Ir C\ ni( { llr l'
t allé it ROln( I 

 . 
P(HII' fai re coulil'Jul'r son i'lection :'t Constantinoplp. _ \insi Jlarccl.. 
rl'pou

(
 pour hi'h"roùo\.ic, Sf' rCI)(lit it HOIlIt' afin d"ohtcnir 
nne aUe
(atiou t.l'ortllt)(lo
ie, dont sc plaint stint Basile. .\in
; 
Apial'iu
, condaJuné en \fl'iquc pour st.'S ('rinle
, en nppdlc 3 1 
R01lir. Ifanlre part, ..\thana
r, condmnné [lyce lUll' graru]c 
partialité pa.' Ic 
ynotlc dc T) r; Paul cl autrc
 éyèql1C
 e:\pnlsi'
 
de leurs sirfrcs it cause de leur ort hodoxit'; snint Chryso
tÙlnc,\ 
condnnlné ('t cha
sé par rrht'ophilc ct scs conlplices; flayicn,' 
dl'po
t
 par ])iu
corc ('t Ic ,
uode t.l"I
ph"'sr; Thi'odorrt, con J 
dalnné P ai' Ie nlèn1C concilc, tous iUlplorèrcnt Ie sccours ùe 


(t) Concil" Hard., t. II, p" ü:}6. 



- 1ÐI - 


I nome. Célidoine, éYêque de Bc
ançon, déposé pour crimes par 
snint Hilaire d"Arlcs, se réfugia auprès du pape Léon. n 
I 
ous trouyons aillcurs dans Ie mèn1e auteur: (( 
os adyer- 
I 
nircs nous opposcnt quelques CXClllplcs de papcs sc fui-Iant de 
1a constitution des é, èques; ainsi Ie pape Léon Ier dit qu "
-\natole 
obtint, tt par la fayeur de son assentiIuent, réyèché de Cons- 

 t3lltinople. n On prétcnd que Ie Inèlne pape a cOnfirnl(
 réIec- 
tion ùe JIaxÍInr d'Antioche. COest lui qui écrit à réyèque de 
! Thcssalonique, son vicaire, qu ïl doit ([ confinncr les élcctiong 
des éYèqucs par son autorité")t II COlJfirn1e aussi celie de Donat, 
I évèquc ùO.\frique: I( Nous youlons que DOllnt préside Ie trou- 
I peau du Seigneur, à condition qu ïI se rappellera de no us 
cflvoyer un exposé de sa foi.... )t Lc pape Daluase a continné 
I rorùinntion de Pierre tl'
\.lexandrie. 

ous lisons encore dans Ie luèlne auteur: (( tes papes COIU- 
lncncèrent au quatrième siècle à pra tiquer un tour aùroit, très- 
avantagcux à rcxtcnsion de leur puissance; ce tour consistait à 
. conférer à certains éYèques, pour roccasion ou d"une luanière 
pel'lnanente, Ie titre de yicaire ou lieutenant, par lcqucl il
 
prétendaient leur cOllférer une partie de leur nutorité. lIs ùeve- 
nnÌent par là l'apables d"accolnpJir certaines ehoses, ({uïls 
nOauraient pu faire en yerlu de leur puissance épiscopale ou 
métropolitaine. A raide de cet cxpédient, ils lncttaient res 
évèques sous une telle dépendance, fluïls firent ayancer dans 
les pro\-inces rautorité papale en yiolant les anciens droits ct les 
vieilles libcl'tés des éH
ques et des synodes. lIs faisaient ee {Iui 
leur plaisait, sous prétexte de la yaste puissance qui leur ayait 
été con1111lUlitluée, ct ils ne négIigeaicllt ricn pour a\ alJecr In 
cause de la papauté, dans la crainte d'ètre déposés ou privés 
de raffection de leur protecteur. Ainsi Ie pape Célcstin miL 
Cyrille à sa place. Le pape Léon nonllna _\.nastase de Cons- 
tantinople; Ie pape Félix, r\cace ùe Constantinople.... Le pape 
Simplicius écriyait à Zenon, éyêque de Séyille : (( X OtiS jugcons 
convenable que YOUS soyez éleyé par l'autorité de yicaire de 
: notre siége. n Ainsi, Sirice et scs 
ucccsscurs instituèrcnt les 
évèqucs de Thessalonique leurs yicaircs dans Ie dioct'se d"lllyrie, 



- 1 n2 - 
oÌ1 ils 3\ aien I p ris 1I nc jurid icti 0 n 
 pl'eiaIc, parcc qu ït faisai I 
partir de reIHpirr lr()ccident. I...t' pnpe li'on y fait nlh.sion CI 
('CS tCl"IllC
, ({ui sont (Iudljut'fui", intcrprt'lés à tort ron1ml 
:-;'adrr

nBt :'. tous I('s ('\l'(l'les, nwis qui, en ri'alitt', IH' rrgardcll.l 
qu'.\nnst3";c. tic 1'hes...alolli((ue : I( J.
ous 3\ ons con1ié it vntrt 
d13ritð de nou
 rrlllpl:u,Tr, dc' 
ortl' <JUt' ,ous èt(1
 appclr t 
(mrtagcr In sollieitude ct nOli la plénitudc de rnutorilt
. " C'rsl 
uin
i (PIt' Ie papc 70zilHC confi'l'c celie Inènw prrll'udur puis-I 

"lncc vicariale à ré\ èqu(1 tr.\rlcs, yillc qui i'fait alors Ie si{.
tl 
de l'c'\arclue tt'Illporel uc" (;uulc.;;: (I). )) I 
II n'é
t gu('r(' nrl"l"
""air(' de eitel", 
Ul" la supréluntie papale, 
des lénloi
na
e
 plus nOlnhreu
 qnc ceu\. rCllferIués dans ('c
: 
p
bsngcs. 'fOUh" In qUl'
tion 
e réùuit :1 
aYoir 
i la ,i\"c hJn1il'rl'1 
que rl'pandellt les qualrièlllc ct CilHluièn1e 
ièdes pcnt ,en ir tÌ 
i'r]aircr ]c
 'agul's illùices de
 
il'cJes prét'édent
. 


SECTIO
 Y. 


E
E31I)LES PARALLÈLES. 


llacon est cl'li'hre pour H,oir t)t'truir rautoritè (rUne JUl,thodci 
ÙC r'disonnclHcnt qui re

clnblc hcaucoup it cclJe quc cc clwpitrc 
a eu pour ohjet de recollHllillHJer. 
.( C('lui , dit-il, qui n' (;
t pa
 t"
erc(
 dans Ic dOlltc, fiais qui 
3\'ancc en t'nH.
Uant ùes u"-,erliolls et en po"ant leIs principe
 
fluÏI rrgnrdl' COlnnu' approtn-é
, l'Cl'Onnus l't Illanifcstcs; qui 
acccptc Otl rejettc toutl'
 chose!' ò'après la ,érité po..;éc dans res 
princip<..'s, 
uÏ\ ant 'pI'dles cadre}}t ..\ cc l'UX on leur 
ont 
contI"nircs, cclui-H" dit-il, n "cst bon tlu'il cluLrouillrr ct à 
t
H1fondn' lc
 choses 
n CC Ics nlol
, la rai
on 3\ t'C la folic, 13 
I'éalité avcc la fahle ct ]a fiction; luais il cst incapable dÏntcr- 
préler ll'
 tHlyragcs de la nature (
). n ßacon H' ait i. appliquer 
ccs modes dc rai.sonncHleut à ce (Iui scrait une iUlcstigation 
I'igourcu
e dans Ie dOlnaÌnc ùe]a ph) 
iqnc; ct il pouvait bien 


(1) Barrow on lbe Supremacy. cd. 1836 . p" 263, 331,38\. 
(
) A['hor.:S. \u1. IV, p, XI, éd. 1815. 



- 193 - 


lIes censurer sans essaycr, ce qui est impossible, de les bannir 
dc rhistoire, de la nlorale et de la religion. Les faits physiques 
sont présents; iIs sont sounlis aux sens, ct les sens peuvent 
, ètre, d'une manière satisfaisante, mis à l'épreuve, corrigés, 
! contròlés. II est irrationncl de se ficr à autre chose qu "aux sens, 
I en ce qui est sounlis aux sens. Pourquoi les sens HOUS sont-iIs 
dOl1nés, si ec n"est pour renlplaeer des moyens dïnforlnation 
moins certains et nloins imllH
diats? QuantI les sens nous 
Inanquent, nous aYOHS, pour déternliner les faits, recours à 
Ia raison ct à rautorité; Inais HOllS eommençons aver les sens. 
Nous faisons des ùéùuctions, nous tirons des inductions, nous 
raisons des abstractions, nous pnrtons des faits pour poser des 
théorics. l\ous ne eonlnlcnçons pas par Ie cloutc et les conjcc- 
tures; nous regardons Inoins encore it la tradition des siècIes 
I passés ou aux décrets de nlaÌtrcs étrangers pour déternlincr des 
choses qui sont dans nos nInins et sous nos ycux. 

Iais il en est autrement avec rhistoire, dont les faits ne sont 
I pas présents; il en est autrelnent avec la lllorale, dont les 
phénolllènes, plus subtiIs, plus con cis , plus personnels aux 
indh-idus que ù'autrcs faits, ne peuvcnt être rapportés à aueun 
criteriull1 COlnn1un , à raide cIuque} tous les hOInnlcs puissent 
les juger. Dans de pareillcs sciences, nous ne pourrions, si 
nous Ie voulions, nous reposer sur de simples faits, parce que 
ces faits DOUS nl[uH.{Uent. 
 ous devons faire dc notre mieux avec 
ce qui nous est donné, et regardcr de tous cötés, afin trobtenir 
I du secours de quclque endroit. Dans ces circonstances, ropinion 
ù'autrui, la tradition des siècles, les prescriptions de rautorité, 
les présages, les analogies, les paralIèlcs, toutes ces choses et 
d'autres senlblables, non, 11 cst vrai , prises au hasard, mais 
choisies et passées au scrutin, commc la preu\-e qui nous yicnt 
des sens, deviennent évidemment (rUne grande importance. 
De plus, si nous partons de cette hypothèse qu'unc Provi- 
dence miséricordieusc HOllS a pourvu cIes 1110yens d'arriyer, 
dans des sujcts diycrs, aux vérités qui nous eoncernent, quoique 
à raide dïnstrunIents différents, la question se réduit alors à 


ßIBLIOTH. IIIST. 6 e .\
XÉE. Icr OCVR. 


17 



- i û4 - 


sa\'oir qucls sont Ies inslrunlents proprcs à tel cas pnrticulicr. 
Si ces 11I0) ens nOlls sont fourni
 par un proteetcur di, in, nOllS 
POU\ OilS ètre sÙrs, (luels (IU ïIs soiellt, {IU ïls IlOllS conduirollt à 
la ,é..ih
. tcs nH
thodcs de rni
onnenu'llt Ics ß10ins rj
OH)'('uses 
peuycnt, si Dieu les héllit, faire son OU\ rau:
 aussi hicn clue les 
plus parfaitt."s. Celui clui hénit I'c,"pi.rience t't lïnduction dans 
1'31'1 tic la lué(lecinc, peut lJéllir les proLaLilités 31l1éril'U)'CS 
(lall
 Ie
 recherches ß1oralcs. 
Sïl cst rai"onnaLlè, dans un certain SCllS, dc eonsidérer la I 
IJ1l'tlcciIlC, I'al'
hitecturl', In nu"ciHIiclue, COIlllll(' des nrts tli, illS, 
COIHlnc étant dcs IUO) (:'n
 dÎ\'inclllcn1 onlonnés pour nous faire 
recc\"oir dcs LiclJaits tliyius, à plus forlc rai",oll la sciencc llloralc 
pt)ul'ra-t.elle ètre appc1éc di,inc. Quant f. la relit:ion, eUe pro- 
fe

e ou\'ertclnent (lu"cIle c"t la \ oic ùe nOlls rceoJIlInander à 
D " . 0 1 I .' 
 " 1 " I "I 
leu ct { apprCI1c. rc sa '0 ontc. 
l c. onc son prcllller '- e
SCln 
c
l que nous In connai

iollS, les nIo)'ens (llI"il nous ùonne pour 
} arrivcr, (IU ïl
 parai

cnt ou nOIl dc, oil' ) c.
lIs
ir nll\. } eux dcs 
hOlun1cs, sont ecrtaincmcnt snflisants, pnrcc clue ce sont les 
siens. (}uant à ce (Iuïls sout dans tel tCHIpS P
H"liclllier ou pOUI' 
telle pcr
onne , cela dépend llC' la dispo
ition de cdui qui nons 
les donne. II peut in1poser à quelques hOlnnlcs siulpIen1ent la 
prière et roht'\i

ance COnI111e (110) ens de p
n enir au\ nly
tèrcs 
d 3UX préeeptes ùu Chrislianislllc. II pellt en conduÏrc dOautres 
par la parole écritc, dn 11l0ins pour une partie ùe leur invcsti- 

3tion; et si la hn
c forn1cllc sur Inquellt' ])ieu n (-taLli sa 
I'('yélalion cst, conlInc clle rest en réalité, trUn caractère 
hi
torique et philo
ophiquc, alors les probahilité3 nnti'ricures, 
pnsti'rieurCIl1ent eorroLorécs par les faits, scront suUisantes, 
('0111111C tlans Irs cas parnllèlcs de rhistoire profane, pour nOlls 
concluire sûren1cnt 
l ees réyélations mèlnes, ou du moins à leur 


organe. 
En outre, dans les sujcts qui sont suscrptihles de preuycs 
InoraIes, tcls, jc yeu\. dire, que rhistoirc, ranliquilé, la seicllcP 
poli1iqtH', la 1110rnle, la Inétrlphysique ct In théologic, qui ont 
surtout ce carnctère, et particulièrclncnt ùans Ia théologie et la 
rnorale, la prolmhililé nntérieurc peut avoir un poids et une 



- 19
 - 


force qui lui manquent dans une science expérinlentale. Un 
profond politiquc ou théologien peut ayoir, par suite des habi- 
tudes particuIières de son esprit, une puissance de saisir les 
questions de fait, que ne possèdent j:unais au même dcgré les 
I cxpérinlentateurs qui s'occupent de sciences physiques; car 
quanti i! s'agit de ces dernières poursuites, ils sont à peu près 
tous au lllêlne niveau. Ceue renlarque, du Inoins, cst confirmée 
par lord Bacon, qui avoue : H Notre nléthodc de faire des 
déeouvertes dans les sciences ne dépend guère de la subtilité el 
I de la force du génie; mais elle met au niveau presque toute
 
les capacités ct les intelligences (t), n quoiquïl y ait sÙrcrnent 
des sciences dans lesquelles Ie génie est tout et les règles fort 
pcu de chose. 
Ce serait done une grande ll1éprise de supposer, parce que 
eet éminent philosophe a condanlné remploi de la présoßlption 
et des règles dans les recherches qui ont pour objet les faits qui 
nous sont extérieurs, présents et COlnn1lU1S à tous, que pour cela 
I"autorité, la tradition, la \Taisen1blance, ranalogie et autres 
moyens de 11lèlne nature, sont siulplemcnt , dans rhistoire ou 
la 111orale, des auxiliaires de parade. Nous pouyons ici lui 
, opposer un auteur dnns cette partie, qui a nutant (rautorité que 
lui: \( L 'expérience, dit Bacon, est de beaucoup la ll1cilleure 
dén1onstrntion, pourvu qu'elle reste dnns l'expérÌlnentation; car 
il est tr
s-tronlpeur de rappliquer à d"autres choses que rOil 
juge les nlèn1cs, à uloins qu 'on ne Ie fnssc avec une grande 
e13ctitufle et une grande réguInrité (2). )) Niebuhr est de ropinion 
contr3ire : (( Des excl11pIes, dit-il, ne sont pas dcs argunlcnts. )I 
I quand on fnit des recherches sur une question ohscure de rhi
- 
toire r0l11aine, - (( des c-xclnplcs ne sonl pas dc
 argun1ents ; 
: mais en histoire ils ont à peine nloins de force, et surtout quand 
Ie parallèle qu ïls établissent entre dans Ie déyeloppeU1ent pro- 
gressif des institution
 (5). )) La sagacité de cet écrh-ain reconnaìt 


(1) Nov. Org" , I, 2. 
 26, vol. IV, p" 29. 
(2) Ibid., 
 70. p. 41" 
(3) Hist. de Rome, "01. I, p. 345, éd" 1828. 



- tUG - 


ici Ics ,rnis print'ipes dt" la log'itlue historíquc en ruèB1C tcnlIb 
qu ïl en dOllllc rc:xcIHplc. 
1. Tout H"CSt pas I
\. II cst rClllarquahle que Ie 'Tai génie IW 
peut, Jl1èllle d31lS It:'s scit'nces phy
ique
, sc SOUlllcttrc aux 
l'Jltra\"es ùe ce nOl.ï/Jn organll}} dïHYC
tig3tions, qui, COffilnt' 
robser\-e lltll"on :n ec tant de Yt"ritt>, est 
i ilnportant, si néccsi;;ail'l"l 
pour Ic grand nOluLre. It Sir Isaac Xewton, tlit réditeur de ßacon, 
pa rail a \ oil' 
II i, i I III I'JUl'l houe Irè.,-l',( t rao rdill aire po II r f aire drs I 
découyertcs; Illai
 connnc c(' grand philosophe n"a pas jugr it 
propos de HOliS la ré\élcr, les philosophcs d"un raHg iuri'ricur 
pcuYt."Int S("Ulenlcnt cltcrcht'l' it la dc\ illcr el it 
Hhllir("Ir cc quïls 
llC COlllln"CUllent pas pleinenwl1t. Quanti Ic trn"ail dïn\'cstigariOlt 
di'pcndait des l''\péricllees, t't pal'ticulièrclllent COlnnle dans ses 
cxcellenlcs rcehcrches sur la htnlièr(' , il s(,lllble d"ahord ll[ùir] 
Ï1uafjÎII{. nan.f\ ,'Wit esprit ('Ol/unent étaieut les ('ho:;es, et il dirigc3it 
cnsuitt.) ses c'Xpt.',..ienccs en "HC de s"a:-,surer si res choses étaient 
(Jl( non fOUl JIlt! if les ((fait préconçurs. Suivant Ie résultat 3insi 
ohtcnn, quïl \int dc sr
 p"Opl'C
 ('xpérienccs ct ohscryations on 
de relics u"autrui, il mouiliail el romplclail scs l'onllai
.allres", ! 
n"autres fois cc grand pllÌlo
ophc ohsrrvait les lois Ics plu
 I 

trictes de Iïnduction.....; de sortc (Iu"il senlbIe 3yoir fait tOUI 
it tour u
age de toutl'S 
ortes tIe Tnét huc1t's (t). n 
2. II cst ell outrc rCIl13rqnahle que les professeurc; nl
nlC de' 

cicncc
 profanes, flui IHontrcllt SOLIyellt un 
i grand détlain pour I 
rU'3agc des procéùi's de raisonncnlcnt où ran ticnt conlpte des I 
antieipations dans Ic" reehcrehrs rdigieui;;cs, BC se font pas 1 
SCI'upule (rappliqucr Icur') proprcs conclusions en matière de I 
scicncc cl dllistoire, COHuue nile illtcrprétation ,...aisclublaLlc <.Iu , 
sujrt de la l'éYi'lation. Le
 hiqoircs in
pirécs ct Ics doctrines de 
rÉglise sont SOllYCnt anal) sécs (raprès des prineipcs, et sounJises 

l drs S) stl'nles tout à fait étrangers it rÉcriture ct i\ la théologic. I 
CertaÌlle thi'oric 
ur la politiqu(', rantiquité, Ie langage, la géo- 
logic, cst itnpo
t.
e par force à tics faits rdalifs à la religion, que 
ces faits soicllt ou non lli
posés à adnlcttre ccUe théoric. Ainsi 


(1) Vol. Y, p. 
19. 



- 197 - 



1. Dupuis a tourné Ie Christianisme en une forlne de mithraÏsllle; 
3insi Heeren parle C( du plan de Samucl pour rendre la charge 
de iucre héréditaire dans sa fanliIle, ]t et de (( sa politique a
tu- 
" v 
rieuse dflns les élections quïl ne pouvait eU1pècher ; ]t il décrit Ie 
règnc de Salon10n eOlllnle (( Ie brillant gouverncment d"un despote 
(luÎ agissait tIe lïntéricur de son sél
ail; n tout cela par un procéùé 
senlblable à celui à "aide cluquel des hommes (l"un esprit étroit 
ÏInputent leurs propres nlotifs à d'autres, quand ils ,"culent appré- 
cier leurs action
. 
Ce nOest là eependant que rabus d"une n1éthode lieite, qui He 
doit pas ètre condamnée sinlplement parce que, sen1blable å 
d'autres instrl1l11ents, son suecès ou sa non-réu
site dépelld tie 
In Inain qui l'applique. Elle est d"tln usage uniyersel dans le
 
recherches scientifi(lues et littéraires, ct qu "die nlène à une 
conclusion \Taie ou fausse, Ie procédé est toujours Ie nlèn1e 
Jinsiste ici sur ce point que cette Inéthodc n 'est pas une parti- 
. cularité de la luanière catholique et orthodo:xe de raisonner, mnis 
, qu'on la trouve égalcnlcnt dans les raisonnements inlpies et 
: hérétiques, aussi Lien dans Il1Îstoire et la nlorale que dans In 
théologie. 
5. Par exelupIe, s
il y a présonlption à iuterpréter chaqut' 
passage cl"un auteur ancien qui traite de doctrine ou de rituel 
par la théoIogie d"tUl siècle postérieur, il y a sÙrenlent présonlp- 
tion aussi à prétendre, si son exposé est incomplet, qu ïl ne 
.'enferIuait pas plus quïl ne lui arrive de dire, ou, si c'est Ie plus 
ancien ténloign3ge exist30t à présent, qu "aueuo autre auteur 
n"a eu ayant lui la mèn1e opinion. Dans Ie prenlier cas, nou
 
avon
 la présomption de ceux qui adluettent que les dévelop- 
pen1ents de la doctrine chrétienne, sont fidèles ; dans Ie second. 
la préSoll1ption de ccux qui regardent la croyance e
istante 
comme Ie résultat acridentel de dh.erses causes naturelles t't 
ll"élélncnts hun1ains. Telle est la préS0l11ption qui règne daH
 
rOU\Tage én1incn1ment habile et utile de Gieseler (Text-book of 
Ecclesiastical History), et qui donne à son analyse un ton (rarhi- 
: traire et d"étourdcrie qui ne saurait ètre surpassé par récriyain 
! seolastique Ie plus dogn1alique. 



- InS - 


Pour prendrc Ie IH'cH1icr c'\clnplc qui se prt'scnte : il pflrle dt I 
rautcllr lIu l)(lsfeul" ('onuuc (]"UII Pt'.J'C apostoli(IUe (1), njoutallt 
('Ill note que rOU\Tagp 111l'nlC pr,:'tcn<l ètrc ('('rit par IIerlI13S, It 
di
ciplc de saint Paul; (Iuïl C"òt cité par 
ainl Iréllt'C con1nH 
faisaut partie dt' III "-flintl' '::criturr, t.'t quïl c
t souycnt 111cIltionnt 
par 
aint Clén1L'llt et autrc
. Jl dit Cll outre (Iue, quoiqu"il nit <,'fl 
attJ'ihu
 par (fautres à n(,1'lllfl
, fn\l"c du papc Pic, C[ ce n'c
t l
 
qu'une conjccture. n C'cst aill
i (Iuïl COllln1encc à en parlpr, C1J 
("epclldant , t.f1H'l(IUl'
 pages plu
 loin, il prétL'IHl flue c'cst UIII 
c. érrit apocr) phe n tlu deu\ii-'nle si{'elp (
), Ull de ccux qui cnsei, 
gna ient In do('( rinc tics t:hilia
te\\, COlllllle ront fait tous Ics autre
 
i'crits apocryphe<:: de ccUe période" EIl
uitt--. il has{\ sur ccs m("mc
 
écrjt
 ra
'Cl"tiOll.. c. (IU 'on He peut hé,itcr à I"cgarùer la doctrin( 
de
 Chitia
tc
 l'OllUTIt' UllÏ\ l'r
t'llc dans cc sii'dt--', ct il ('orrohort 
ccUe conclusion par rhypothl'
e t.)UC ,( Ù 'S idt."cs e0l11n1C crlle
 
qu '('lJc pr(
"'cntait n 'l
tairllt pas inntil(''\ pour nnillwr les hOIIHW.." 
à 
ouffl"ir pour Ie ChrislianisJHe." II attrihlH' cnsuite ccHe doc, 
trine :'1 1"., \ po('alyp
c, et fait allu
ion :'1 plu
ieurs Pèrrs grer
 

aint .J nstin et sflint I I'
n(
e, qui rout partagéc. Puis illie à c('ltt 
ùoctrine, (]uïI rcpréscnte eOlHIllC uniycl'scllc, la ero) ancc (Iue 
jns(I,ÙIII millélwirl', ,,1I.s âm..s des morls scraient gardl'cs ell 
enrcI', n rellyoyant cn note (c'cst-:'\-dirc pour prcu\'c ùe ce <Juï 
regal'òe (,OIlIlHl' nIle (]o(,tJ'inc c[ttltoliqtH.' du t..1cIL\ièllle 
il'dc) ;1 
des pa

agc
 d{\ TCI"lullicn écriB quand il était Inontanistc 
 3t I 
COIHlncnecnlcllt <Ill troi
iènle f'iè('lt.,. Ellfin, it obscryc C[ quc 1(', 
joui
sfln('e
 inwginair('
" de re IHillt"naire calholi(lue, llestiné
1 
aniulcr les ITInrtyrs, "était à un haut ùcgré scnsucl ct tcrre,trc":11 
I1lIonne à entendre de la nu.\lnr mflnii're qu'unc certaine doc' 
trinc unitairiennc Il'était pfiS regardéc con1nlC héré,ie à HOlllC r 
dan
 1..< \
ie )Iillrure au eOlllllH'neelHt'nt (In troi
iènle 
iècle, pnrCt 
(IUC Pra'\éas ne fut pas tont ù"ahorù condanllu'-. ou ùénoncé pm 
Jr pape, et que r
l'oIe i1 Iaqucllc appartellait Noet ne fut pH,1 
condanlll('C par Ics é\"èqucs d'_\
ic (3). II suggère aussi ùans un ' 


(1) Fng1. Tr". "01. I, p. ()A, ü8. 
(2) Ibid.. p, m>>, 100. 
(:1) Page t 27. 



- U)g - 


, note que 'ïctorin, que ron dit, dans un ouyragc anon)'n1c, ayoir 
; soutenu Praxéa5, cst récIIenlcnt Ic papc '''Ictor. 
I En outre, iI 111aintient sans hé
iter, au sujet du papc Jules, 
I au quatrièn1c siècle, rauthenticité (rUne lettre qui lui cst auribuée 
i par Ie cOllcile d'Éphèse (qu ïl eût ccrtainement rejetée s'il eût 3
á 
I conforluélncnt au caractère critique ou plutòt sceptique habitue I 
I à son école), siInpIelnent, jc dirai, parce que cctte lettre a une 
"dnte apollinariste, et que, si elle est authentique dans sa forme 
actuelle, on peulla regarder conln1e cOlnpronlcttant IÏnfaillibiIité 
, du pape (I). 
De plus, il nons dit, en parlant du Chri
tianisn1e en général 
au mèlnc sièc!c, clue (( Ie peuplc était disposé à voir dans chaqu;e 
! tombe obscure la tonlbe d"Ull 111 artyI' , " s.appuyant sculemcnt 
ur 
! un passage de la yie de saint )Iartin par Sulpicc, oÙ nous lisons 
, sin1plcn1ent que les paysans barbares des G3ules s"étaient fau
- 
sen1cIlt ilnaginé qu.cn certain lieu, ùans un monastèrc où rOll 
, di
ait que (rancicns éYèqucs ayaicnt érigé un autcl, était Ie tÛIIl- 
be
u d" un Blart) r. 
Telle cst la faiblesse de raisonnement et la négligcnce de!iC 
faits que ron rencontre plus ou n10ins chcz tous Ies écriyains 
qui se croicnt en possession (rUne hypothèse sÙrc, d'apri>s 
I Jaquelle ils interprètcnt les preuycs et font usage des argt1Jnent
. 
4. D.après ce qui nle paraìt, Ia faute de Gieseler 
onsiste å 
torturer les faits pour ser, ir une théorie. Si des controYersi
tes 
catholiques ont, à une époque quclconque, agi de la ß1ème n1a- 
nière, ils ont fait ce que rhypothè
c dans laquelle ils étaicnt plaeé
 
ne demaudait pas: car si rhypothèse catholique cst \-raie, eIl.(\ 
n"a pas besoin et cIle nc peut tirer aucun avantage de la Inal1vai.
 
foi. Les faits qui lui sont contraircs dcvraient ètre reconnus, 
expliqlH

, si leur apparence seule lui cst hostile, et sïls Jui sont 
réelIenlent contraires, iJ faut en tcnir cOll1pte, ou les lais
er 
isolés et les supporter ayec patience, conune étant en plus; petit 
nonlbre et n10ins in1portants que les difficultés que soulè,-ent k
 
mitres h) pothèses. Comn1c éclairci
scn1cnt, jc vais reproduire 


(t j Page 22S. 



- 
oo - 


Ie pa
sn
t\ suivnnt tirr ù'un OU\Tagc òt'jà citè, quoiquc j'cll 
('OIHlulnnc Ie tOll ct Ic but, et que je rf'
nrdc ses assertions conlin 
t.\
np:éréc
. .ry Hcquiescc ecpendant 'IJlutalis 1Jlutandis. \prr l 
3\"oir rnpporté la doctrine grerque du jn
eIBrnt du feu, Cf étabi 
sa difiërcnce aycc la doctrine rOlnaine tlu purgatoire, cn ce qui 
regarJe It, tCIBpS Ie lieu et Ies peirws, récri\"ain observe qu I 
eertains pa"sagcs ùes Pères, renfel"lllant celte doctrine, sonl 
("nunlérés par Bellnrnlin, d"ahonl conUllC téIlIoignages dans I 
IH"CUYC par induction (IU ïl tire en faveu.. c..In Purgatoirc (II 
f'n
uih\ eUlnIlH.' e
cl'ption
 à la doctrine établic par ce IHoycnl 
Pui
 il COlltilllll' : I 
tI '[aintenunt, e
t-ce (lue je songe à accuser un homme au

 
",ér"ieu\. et nussi honnètr <111(' Bcllarn1in de 
ro

ière nl[)uYai
,I 
foi ùaus ceUe luanière de proeéucr? Non:- II cst cepend
H11 
dit1irile dl' sc fi
urer pnr quc1!c di
po
ition d"('
prit il y a ét I 
conduit. QucUe que soil la rnanière de rc\.pliquer, il cst cIai I 
(lilt' Ics Pèn'g, all"\ )"l'u"\ tll'
 rOlllanisll's, IIC soul hOlls i\ im-o I 
quer qu "autant {fU ïl.., prouvent Ics doctrinc
 ronwines, ct qu 'OJ 
.1 "" I 
ne leur pennel, en aurunc sort
, ue se trOll\,(1r en oppo
rtlOli 

1\ ec le
 conclusions (fur leur Egli
c 3 adoptérs; c "c
t-i\-llir'l 
fluïls font autorité qualHl ils selnhlent (racconl avec Honlc, ci 
quïls n'en ont aUCUne IOr
(ttlïl
 difTèrent d'opinion 3YCC die 

Iais, si je puis rue hasardl'r i\ rendrc cOlupte, en la pcrsonn: 
de ßdlarrlliu, de Ct' qui, dalls la eou!ro\ erse, scrait Ol1vrrte 
Incnt de In Inall\ ai
c foi, je ferni i\ ce sujet Ics ohser\'ation 
suivante
, (1'loitlue ce (flit' jc \ ais ùire puisse seIn 1 )lcr friser I 
suhtilité. 
)t {Tn rOluani...te ne peut réelle'ucnt pas argtunenter en défen
 I 
ties doetrinl'
 ronwines; il a une ronfianee trop fern1c dnns leu 
"(
rit.
, sïl e"L sincère ùans sa profession, pOllr ètre cflpal.1 
(I'()ppr(
cicr lrune Tllanii'rc critiqlH\ Ie poids qui doit ètre c..!onn 

\ tellc ou tcl1c preuve. II accepte la conclusion de son t:glis,1 
eOIlUllt.' \Taie, et Ics faits on les tl-IHoins ((uïI inyoque SOIl, 
plUfÙt Inis en 3\ nnt pour reccyoir une intcrprétation que pOll I 
donncr une IU"CUYc. Sa prétention 13 plus éleyée est de montrc, 
(IUC sa théoric cst conséqucnte avec cllc-nlèn1c, ct qu 'cIle peu, 



- 201 - 


r coïncider 3yeC les télnoignages de rantiquité. Je ne recherche 
pas ici combien cette disposition d"esprit rcnferme de haut sen- 
tinlcnt moral, quoiqu ïl soit Inal dirigé; ccrtainement, à 
I mesure que no us avançons Ycr
 la perception de Ia yérité, nou
 
: devenons tous 1l10ins aptcs à faire des controyersistes. . 
. "Je pense donc que, lorsque Bcllafll1in inyoquait les Père
 
cités plus haut pour prOll\-Cr Ie Purgatoire, il ne faisait réellcnlent 
Ique les intcrpréter; il enseignait ce quïls doiyent signifier, -cc 
: que charitahlcnlent on doit penser qu ïls signifient , -ce qu
iIs 
pouvaicnt signifier, autant quÏI est pcrnlis de s'en rapporter aux 
mots, - ce qu ïls signifiaient prohablenlcnt, yu que rÉgIise 
I pcnsait ainsi. II enseignait Ie sens dans lequel on pouyait les 
,entendrc, 11lènlC si leurs auteurs ne pensaicnt pas cela, attendu 
IquÏIs ont parlé d'une 11lanière yague, ct que, scmblabJes à des 
enfants, ils pensaient en réalité autre chose que re quïb di
aient 
/ormeUenlent, et qu "après tout ils n "étaient que les organcs de 
rÉglise alors existantc, qui, quoique silencieuse, ayait certai- 
nement, en tant qu "Église, cette Inèn1e doctrine qui a été depuis 
définic ct rendue publique par Rome. \r oilà pour Ie premier 
usage quïl fait des Pères; nlais ensuite, en signalant ce (IU ïf 
rcgardc C0l11nle des opinions erronées sur Ie 
ujet, il les traite, 
non COHune les organcs de rEglisc infaillible, Blais comme de 
,simplès indiyidus; il interprète leur langage par son sens liuéraJ, 
,ou par h
 contcxté, et arrjye en con
équcnce à Ie condamner" 
Les Pères en (Iuestion, scnlble-t -il dire, croyaient réenement cc 
'que R0l11e llloderne croit; car, sïl en eÙt étr autrcment, ils se 
seraient trouyés en dissentinlcnt ayce rÉglise de leur telnps : or 
rEgli"c croyait alors ce <Iue ROBle ITIodcrne croit aujourd"hui. 
L'Église ayait alors la doctrinc que Rome pI ùfcsse aujourd"hui, 
paree que ROInc cst rÉglisc ct que rÉglise a toujours la mèm
 
doctrine. Quïl est donc yain d
 discutcr ayee les Romanistes, 
fomlne sïls s
accordaient aycc nous sur Ie fondcnlent de la foi, 
:quoiquïls y aient de graudes prétcntions! Lc fondement de 
notre foi est rantiquité; la leur repose sur rÉglise existante. 
;Leur principe est son infaillibilité; y croire cst un profond pré- 
lugé tout à fait hors de la portée de cc qui ,-ient du dehors. II 



- 20
 - 


pst très-clair que les h
nloip:lla!lcs cOlnLint
' ùe lous Irs Pèrc!'" 
ell stlppo
ant ce eas, n"auraiellt pa
 Ie nloindrc poi lIs eontre unt 
tli'cision d
 Pape. ;1l"COllc
!e; ct lnènle i"lll"cn serait" lCI
U 3ucun; 
C'OIHpte, SI ce n ctalt qn II faut fourlur unr explication dan
 
lïnt
rèt des Père
, ()ui par 3nticipation
 s 'élaient prononc) 
eOllfre cl'tte décisiOJl Ib
ol1tiellHeJlt clue le
 Pi'res, doiyclIt H\'oir, 
pensé cr que Horne a ùécrétc" depuis, ct qu't'llc connait Inicu\ 
leur pensée quïls ne la eonnai

ait'nt eU\.-IHl'HICS. 
)I COlllpi"CnOnS done la po
ition lics Hornnllistes ('11\ ers nous : 
iJ
 n '3rg-ulllcntent réellclllcllt pas ù"aprè, Ie, Pi'rc'õ;, cluoiquïls l 
pm'ai

t'nt Ic faire. lis pl"u\l'nt affl'dCr ùc It' fairr pour lions 
èu'c ngl'éablcs, hcurcu\': si par un innocent 
tratagC:'lnc ils .:'ont I 
II I ." " I · I 
('npa ) cs ( l
 Ilons ('OI1\,('("tlr; HWI
 I s prennent en IHeme h'n1p
 
dan
 leurs proprcs scntimcnts UIIC position Leaucoup plus élc,"rc.] 
II, (
ll
l'igllenl au lieu ùe S "oeeu PCI" 
t cli
eutel" ou it )u'ou\"('r. I1
 
interprètent cc qui r
l ohscllr ùan
 rantiquité, purifient cc qui I 
est altéré, corrigent ce qui est ùéfeetueux, perfectiouuent ce qui 
p
t ineoH'plet, harilloni
l'nt cc t(ui pré
rnlè drs Ynriatiol1
. I1
 I 
I"c\-cIHliqucnt lous ces (]oCUI11ent" en font usagc COIHI11C Inilli
tres I 
l't l')rganc
 l]e celt,' scult' E
,di
c illfaillihh
 qui jndi
, it In Y
rifé, 
a g-ardé Ie 
ilellce, Blais qui a parlé dppuis; qui par un don di\"in I 
doiL toujours ètre con
t'tlucnte a\ cc l'lIe-lllènlc, l't qui porte 3\'cr 
('He la preuve mème de sa di\ iuité (t). )J 
J. La lllanièrc ÙOllt di \"er:o'c
 écolcs el1\ i
:H.!ellt Ie 
cns dê
 
fonnulairl"s de rI

di
c an
ì.icane nons fourllil Ull éclair('i,..;
cnlcnt 
<J 
 
vartiel sur Ie point en c)ucslion; jl' di
 particl, parcc ,)UC ces 
nlanit\rcs de ,oil" ne sont janwi
 dc
 )H'C1n cs de la \ L,..iti' d'une 
doctrine, Blais de 
inlplès 1l1éthodes dïntcrpri
lation et ùe cOln- 
1l1rntairc. tc
 n(h.cr
aircs de ccUe égli
c 
e prc"
elltent a\ cr 
leurs proprcs ero) anees, ct s 'cn scr\"cnt con line de elt)fs pout' 
inlerpri,tcr Ie Li\"I'c de Prii'rcs (l)rayer's Buok), Ics 3g ..\rlicll'
 I 
rt aulrcs ÙOCUlllcnts qui, chez cIlc, font 311toritè. Ccla étant: 
ain
i, 011 rrCOllllaÎtra qu"ullc h
 pothi'
e est aùn1Ïssihlc si die I 
(
nlhrassc 
ans effort tout Ie ècrcle des a
scrtions dont die I 


(1) Proph. Off., p_ 8\-87. 



- 205 - 
'"occupe
 Quelques-unes de ces assertions peuvent prÍJnâ facie 
! tre eontraircs, et la difficulté ètre susceptible d'une solution 
:aisonnaùle; on pourra au llloins rendre cOlllpte de quelques 
I utres, et leur force objective sera suspcndue; 111ais il peut 
Irri\'er que certaines ne puissent pas être expliquées et ne 
oin.'nt pas rètre. 
Iais quand resprit cst sous IÏnflurnce de 
,uclque théorie particulière (ainsi, par exenlple, que la manière 
; e loir des écrivains originaux, ou celie dont la nation COffi- 
111'cnd à présent ces doeunlents, est leur interprétation légitilne), 
In sera forten1ent tenté d't'luder leur sens ou de Ie tordre. On 
iégarera, non paree qu oon les interprétera dOaprès un principe 
!énéral, olais en oubliant que, quoique des exposés présentent 
!ouyent de rambiguité, cependant SOUlent ils n ocn offrent pas, 
t que dan
 ce del'nier cas on doit les laisscr parler pour eux- 
I 
:1ènles. 1\"ou
 yoyons dans Ie passage suiyant un écriyain qui 
:youe franchelllcnt une diffieulté qu ïl rencontre en poursuiyant 
'a théorie, ct, au lieu de sïrriter, iI l'ahandonne : 
"Les Pères, dit 
1. Scott, en écrivant sur Ia doctrine de la 
,égénération, commeneèrent bientòt à parler de ce sujet dans 
III langage qui nOétait pas seripturaire, et nos pieux réforma- 

urs ont, par égard pour eu'\: ct pour les cireonstances du 
emps, eonseryé dans la liturgic quelques e\.prcssÌons qui sont 
lon-seulenlcnt en contradiction avec leur doctrine, mais qui 
'endent aussi à jeteI' de la perplcxité dans les esprits, et à 
garer les jugen1ents sur ce sujet important. II est néanmoins 
!yident, d"après les pflroles citées plus haut et plusieurs 3utres 
13ssages, quïls n'ont janlais supposé que ]a 
iInple adn1inistr3- 
:ion extéricure du haptême fÙt une 1
égénél'atiun dans Ie sens 
,igoureux du 1110t; on ne saurait non plus, sans la plus sensible 
,bsurdité, ne pas \oir la différence qui existe entre Ie haptème 
Ilui est (( e:\térieur et charne], n et (( celui du eæur par rEsprit , 
,(ont la gloirene vient pas desholllmes, ll1ais de Dieu (f). It 
! 6. 
ous n'ayons pas l'intention de ll1ettre iei en questi0n 
I'e
actitudc substantielle de ce que Gibbon, dont Ie récit a reç-u 


(1) Essays, cho XII, p" 201. 



- 204 - 
rapprobation ll't'erÏ\'ains po
tcrlcurs, rnpporte (h\
 Pauliciens 
(660); nlais ce lpl ïl tlÏl BOUS fourllira Ull c
cn)plc de In nrccssiti' 
tlui pè
c 
ur lc
 hi':)torieus de forllll'r des, ues hypothétiques, 
sïls ,"culent offrir au lcctcur une narration claire ct logi(luc. 
Photius ct Pi('fft, de Sieile tlppl'llcnt les Pnuli('iens une hrnnchc 
des )Ianichél'us, ct clltrcllt dau;:) Ie déttlil de leur doctrine cn 
....e cOllforuwnt à (,l'He illiputation; (;ihholl aCcl'plc ce H;nlOi- 

nalrc, 3insi (IHe i\ 'nndcl' et lraulrc
 rOllt fait dcplli
. II y 3 
('.epenùant ecUe t.Iif1i('ulti' à raÙllll'llre, (lue (outre J à ('c que jC 1 
crois, rabsrllcc (1"auc1I11 tt'lnoigllag('" 
ur re
i:o.h'nCc llu 'Iani- 
chéislllè daus leur \ oi....ina
c, jU
(lU .au tl
nlp
 où ils parurcnt) 
ces sectaircs ùé
n' ouèrent Ie nOlll lic 'Ianith(;cn
; ils anathé- 
I 
Inatisèrent Jlallès, tlhjurl'rclll 
n théolo
ic ct IHèJUC ceUc de 
".. aIclltÍn Ie gllo
ti(PIC. 'Iais, 
i nOllS He POU\ on
 nous cn' 
fapportcr à Pierre de Sicile ct i. Photius sur l'originc des Pauli. 
" . ,I 
Clcns, eUllUlleut auron
-IlOU
 ('unhanec Cll eu
 sur ce (IUJ 
re
nrdc leur doetrin,"', :--urtout lor
f}uc ropinion flu ïls 
:étaienll 
fOl"luée ùe leur originc peut 3' oil' iutlUCllCé ces écri\ ains (lam I 
leur appréciatiol1 (Ie leur doctrille? 
Gihhon ré,out ccttc diJ1ieulté pnr rhYpOlhèsc suÏ\ ante. I 
trou, e qn.... dans It> tllwtricllll' 
il'de ks Gllostiqucs étaieHt ri'uni
 
daus les ,illages cl sur It's llloutrtgnes dcs hords ùc rEuphrate: 
ct que rOB trouyc, quoi(lu"il (J1H'I(J11C distance du fl
uYe, h 
troe
 des )Iarcionitrs darts rhi
toirc personnclle lic Théodore 

..u einquièule siècIc. II He sait ricH ù.cu
 plus lard; Bwis i 
'uit que les Pauliciens prircnt nai:o.:--ance f1 
arllosatc, près d( 
I'Euphratc. Dc là, In pCIl
éc s.c
t Pl"ésentéc i. Iui que, quoiquïI 
Be se dis,ellt pas )lanichécllS, iJ
 étaicllt peu [-ètre quclfJuc 
r
tcs des Guosti(lues populaircnlent nppdl's 
Ianichéens, CJ 
dépit ()c leuI" ÙéS3yeU de \Talcntin. Car Ie, Gllolo;ti((ue"\ rejl'tnicn 
1':\llcicn Tl':o.trtn1cnt cl profc

nicnf In doctrine des deux prin 
cipcs que Photius ct Pierre ùe Sirile inlputent au
 Pauliciens 
lis ont éll proLahIcffil'nt les aulrcs parrif'l1lal"ités de
 Paulieiens, 
teUes que Ie lllt'pris dcs in13gcs ct dcs rcliques, lïndiffi'renc 
pour la 
3intc '-iefgc, lïncrédulitð sur Ie cha
grnl('nt t::ucha 
ristiquc, ct ccla, ,-u qu ïls sc srparèrcnt de rEglisc avant qu 



- 20
 - 


: cs points aient été formcllcment arrètés. CO est bien jusquc-Ià ; 
'(}ais il parait que les fondateurs des Pauliciens n"étaient pas 
:.icn ycrsés dans les éyangiles, ce qui sen1blerait montrrr qu ïls 
taient des laïcs catboliques; cependant Gihhon réfléchit ensuite 
: uÏI n"est pas iUlpossible que ru
age des Écritures fùt prohibé 
ux lr:ïc3 gnostiques. Ccla conlplète sa théorie et Ie met en état, 
I ans Ie passage suiyant, remarquable par sa ,igueur ct sa 
)cilité, de fournir ses raisons et ses explications, qui arrivcnt 
:
3bilen1ent à leurs places à ß1esure qu ïl ayance : 
I It Les Gnostiques, qui ayaient trouhlé les premièrcs années 
:e rÉglise, furent oppresses par sa grandeur ct son autorité. 
\.u lieu de riyaliser en richcsse, en say oil' et en nOlnbre avec 
;
s catholiques, ou de les surpasser, leur rèste obscnr fut chassé 
I es capitales d'Occident et d'Orient et réduit à 
e renfermer 
ans les villages ct Ies n10ntagnes situés Ie long des rives de 
_ Euphratc. On peut décou'Tir dans Ie cinquiènle siècle quelque 
race des 
Iarcionites, 111ais ces nombreuses sectes se perdirent 
iinalement sous Ie nOin odieux de l\lanichéens, et res héré- 
iques, qui s
inlaginaient réconcilirr les doctrines de Zoroastre 
t de Jésus-Christ, étaient poursuiyis par ees deux religions 
'YCC une haine égale et incessantc. SOliS Ie petit-fils (fHéraclius, 
e leva ùans Ie yoisinage de San1osate, plus famcuse par la 
13issance de Lucien que par son titre de royaume syrien, un 
'éforn1ateur qui 
tait regardé par les Pauliciens conlme Ie 
nessager de la ,-érité. Dans son humble demeure de 1\lananaIis, 
:onstantin entretenait un diacre qui était reycnu de Ia captivité 
Ie Syrie ct ayait rcçu Ie don incstin1ablc du Nouyeau Testa- 
nent, qui était déjà dérobé aux )-eux t.IlI ,uIgnire par In 
)rudence du cIergé grec et peut-être du clc
gé gnostique. Ces 
:ivres devinrent In n1csurc de ses études et la règIe de sa foi; 
-,t les catholiques, qui contestaient son int,erprétation, recon- 
'laissaient que son texte était authentique et véridique...... 
/Dans rÉvangile ct les Épitres de saint Paul, son fidèle disciple 
'echerchait la rroyance du Christianismc primitif, et, quel que 
! 


BIBLIOTH. HIST. 6 e .\:'i:-iÉE. fer orVR. 


18 



- 20G - 
pui
...' êtr(\ Ie succè
 de cettc tl\lltati\"c, un ]ectcur protr
tant I 
applaudira C(\t ('
pfÏt tip )'{\('hc)'('he. 
" 'Iai
 
 si les t:crit lIrcs de" Pauliciells (
taicnt purcs, cllc
 
u'("l(!i('ut pa
 parfnites. I l'lIr
 fondatenrs rejetaicut I('s deux 
I
pitl"es 
Jc saint Pierre l
apÔtr
 tll' la ('"Îr('onci
i()n 
 dont la l 
('OHte
tatl()n aye(' leur fa, on HU' I oh
cr' atlon de la 101 IIC POU-t 
,ait l'ln' faeil('IlH'llt onhIil'c. JIs l'taÎcnt d'ueeon.l HYCC leurs I 
fl'l'rl'S gno,ti(lues <..Ians leur lllt"pris uni\"erscJ pour J'. \neien I 
'r(:
t:Hnent, Ies IÎ\ res de 'Ioï:-;c ct des prophètc" (Iui ont élè' 
cOI}
a('rés par I('
 décret<; tI(, rt:
li
{" Cat holitluc. Con
tantin, 1('1 
JhHJ\ rnu S) Jyain, rejela 3' CC une ("gale hardirsse, et snns aurun 
doutc 3\"CC pIu'\ d(' rai
on, It.s, i
iolis qui a\"aieJ1t été pnLIjéc
1 
pal' k
 
('(.tes orientales ell (ant de (!I'O
 l't 
pl('IH.lide
 ,olumrs: I 
It'S pl'OdUfilions fahuleu
('s dc
 patrial'flht,s hl'hreu'\: ct des S
H.rC
/ 
dt' rOricut; les I
Ytlllgiles apocr
 phes Irs I
pì(res et Ir
 \r
(I
 
qui, \)an
 Ie pn'rnier 
il'el(', 3' aicllt l'll\ alli Ie cotJe ol'thodoxc; 
la théolo
ie de 
Ianè$ et Il\s auteurs lh\s héré
ic
 de la .nl'mc 
fmnill<."'; Ie
 trente g
uératioll" ou Éon
 qui a, aicnt i,té cl'éé
 
par Ie caprice (i'contl de '''":ïlcntin. Lcs Paulirirn
 ont ('oudarnnt', 

illtl'rt'lllellt la luéuloire ct Ics opinions ùe la secte ll13uichérnnc'l 
,'( :o,l
 
ùnt plaint
 de ]Ïnjusticc (juÏJ Y d\ait i. inf1igcr Cl' nom. 
odieux à (Ie sitllples ùiseiplcs de saint Paul et de Jésus-(:hri
t. 
)\ Plu
icnr
 allll('aU
 de la ehaÎne l'cclé"\ia'litlue a\"ail'nt {-tl! 
rOlllpu:, par les J"l>fonnateurs Pauliciens, ct leur Jibcrté s'i,teod3il 
('. IllCStll"C (I u ïls réùui
ail'nt Ie nOlHhrfl ùes nlaÎtres i. In ,"oi
 
dl\
CJuds la raison pl90fane doit sïncliuer dc\ ant Ie rn
 
tèrc ('t Il 
n1Ïrade. La séparation ùe,:; Gnosti(IUCS 3yait préci'dé ri,tahlis
e-' 
IHent d 1I culte cat holiquc, ct iI
 i,taient au

i fOl'tt'ml'nt prérlluni:- I 
t.uutre les iIH10\'alions 
raùuclles en nlnlil're ùe ùiseipline ('t <It 
doctrine par rJwhitudc et rn, er
ioI1, (Iue par Ie silence de 
ainl 
Paul rt ùes ]
Yangl'listcs. Les ohjets lransrol'lné
 par 13 nwgic dl, 
la super
titÎon parai"''''3ienL au
 yeu
 des Pauliciens sous kur
 
eouleurs yél'itablcs. Uuc Îma!!r représcnt
e conunc faite sam' 
Ie secolIl's des mains était ï'ouuagc ordinairc .fun artist<: 
.nortel, etc. Lcs rcliques miraculcu
cs étnient un monCC3U (ros. 
"'elllcnls ct dc ccnd.'cs; la croix yéritable et vi, ifianlc était. t'tc. : 



- 207 - 


lIe Corps et Ie Sung de .Jésus-Christ, un ruin ct une eoupc 
; de ,-in, les dons de Ia nature et les syu1boles de la gràce; la 

jlèrc de Dieu étqit abaissée, les Saints et les ..lnges n"étaicnt pas 
:pIu
 longtelnps iI1\ oqués, ctc. Dans Ia pratique, ou au nloin
 
,dans Ia théorie des sacrements, les Pauliciens étaient porh
'
 à 
'abolir tous les objets yisibies du cuIte; ct Ie huptènle et Ia l'OIH- 
'I1Hluion des fidèIes consistaicnt pour eux dans Ies paroles (If' 
Jésus-Christ sur ccs deux sacrcn1cnts. 
n Ln symbole si silnplc et si spirituel n'était pas adaple au 
'génie du tCll1pS, et Ie chrétien rationncl, qui aurait été satisfait 
du joug facile et du fardeau Iéger de Jésus et de ses Apôtrè
, 
létait fortCl11cnt offensé de cc que les Panlicicns osaicnt ,iole.. 
:runité de Dieu, Ie prcmier ar
iclc de Ia religion naturelle et 
Irévélée..... lIs maintenajent aussi réternité de la nlatièrc, sllh- 
!stance opiniàtl
e et rcbelle, origine dauB second principe, etc.... 
,I..es trayaux apostoliques de Constantin-S) Iyaiu mnhiplil'rent 
,bientôt Ie nOlubre de scs disciples, récolnpense secrète de I"aul- 
,bition spirituelle. Le reste des sectes gnostiques, ct .spécialr- 
'IJll'nt Irs )lanichéens (r -\.nllénie, étaient unis sous son éten<.la)'d
 
'plusicurs catholiques furent conyertis ou séduits par ses arf!u- 

ments, ct il prêcha avec succès dan5 Ie Pont et la Cappadoet" 
 
Iqui a, aicnt tlcpuis Iongtcl11pS été itnbus de la religion d
 
Zoroastre, etc.... )) 
I Or, je conçois qu"il n'yait ricn dans cette esquisse, quoiqu "ellt' 
senlble si ,ague d"après une anal} se, qui, de bonne foi, soit 
Isujd à objection, si cc n'cst que rauteur n.a pas fait mention 
ùe son caractère hypothétique. 
I 7" 
ous pouyons citeI' un autre Itistorien qui se sert tics 
I hypothèses aussi bien que des faits, ct des présoo1ptions au

i 
,bien qU? d
s pr
uy
s; nlais il a :oin de d
stin
ucr entre. ,Ies 
,deux" (ne lI1Yestlgatlon ne peut elre mcnee d nne nWJ}H,"re 
'plus If'gllIuc (lue dans rHistoire de fa Grècc, par réYèqu
 acturl 
;de .Saint-Da\id; e.t. eefJend
nt eIle ne serait 
as loyique, si. en 
I tl'31t( 1 )t les pl
enHercs parties de son traY31I, ou Irs preuyrs 
I manquent, r3utCtlr ne procédait pa
 à raide de ,-érités géné- 
'ral
s, et n'en appeIait à des généralités plus significatiycs que 



- 
08 - 


Je
 points pm'ti('ulil'rs 
ur le
(I'Il'I
 iI a it prononccl.. Ainsi, I 
tandis quïl discutc rOI"iginc de la In) tholo
ic 
..rc(lue, il cite 
Ull Otl deu
 pa
sagcs ù"Ili'roliolc ct ù"llolllère, qui traitcnt t'l' 

ujel; cJbuite il Ic
 illl(,l'prètc et Ir
 Inodifil' 
('Iull 
a p"opl'
 
Iuanil'l'r ùe ,oil", fOllJ.éc sur ùes présolliplion
. II rcn\'oie au ; 
senllcnt ù", \7 anH .'111non, dan
 rIliade (HIre

(' Iloll-
eulelllcnt à I 
.1 upitcr, llH1ÏS au solcil ùoué ù"oulIlÏseicnce, aux ri\'ièrcs, à la 
t
rrc, ct au\. dieu, tIc la 'engcallt'l' ell cllrcr; iI en appellc 
anssi au téluoi
nagc ou à ropinion dO) h"rodotc, 011 plutòl à I 
cclle dl'
 prèu't's dc Do(lonc, pour établir I: tlue les Pi'Iages, 't ! 
C 'cst-it-di."c Ic
 prelHil'rs pO:--
CS
CUI"S tlu pays, I( 
ac..ifiail'nt jadis 
seulclncnt à J.e"\ J.h illité... sans BOIH. )t II s'cn rapporte aussi à I 
rassertion tlu Jnèllll" aUleur, tfur la rl'ligioTI 
uhit den\. chan- ' 
gcnlcllts : run par suite dc lïlllroùuttioll ùes I'itcs ('gypticns, 
rautl'e par lïnnl1cncc tIcs pt1ël1H

 d'I(oJ11t're et trIlt
siodc, clui 
tlolluèrelll des IlOlliS au\. dieu\. ct firellt Icur histoirc. I 
Cc :-.ont lit lèS tplatl'C faib :,ur IcsiplCls il 
'nppuie, ct illes: 
SOUlllCt it faction des prohahilités alltél'icul'es que ,oici. II 
oh
cr' c que t: Ie GrL'c ("tait fOl'Illé pour S) Illpathi
cr fortclllcnt 
ayee Ie Blonde c'\léricur; pOllr) ui, riell u'était ah
ohllnelltl 
pas
if ct illcrtc; il trou\uit la ,ic ùuns tous Ics oLjcts autour tll' 
lui, Oll Ia leur cOlnnnllliquail en la tirant de la fécollt1ité lIe son 
inwgination. Cc n "l'tait pa
 là une nlauièrc de ,oil' poélique, Ie 
pri, ilég(
 <I"csprits t'\.traonJiuaircs, Blais Ie 1l10dc populairc de 
pcn
cr et tie 
ènti.., elltrctcnu, 
alls autun doutc, par lcs 
fOl"lllCS hanlics, Ics coutra...tes abruptcs et toutes It's IncrYcilll'
 
naturellcs ({"un pays monta
llcu:\ ct cuupé par In mef. rn 
peuple aiu...i lli
posé et situé n'cst pas poussé J."uuc lllauièrr 
ÏInnH"diale Ù t.IWfl'hrr uue 
cul(' 
ourcc l1ni\'l'r
dlc de rètrc" 
La tcrrc fertile, lc soleil yi,-iliant, 13 tHcr agitée, la sourcr, 
liulpitl(', la tClnpêtc indolliPtahle, elt
Hlul' nlanifc
tation dC I 
pui
sancc slIrhulnainc fJuïl COllh,'lllplc fait naitt,c en lui un 
cn. 
tinlent di,.;tillct llc cl'aiute J'eligicu
e. Partout il trou\"(' dc
 
di\ inités qui HC peu, cnt ccpendant ètrc <.1i
tinguées longtclnp
: 
pal' un 
inlple !lOlll des oLjcls ùall' IL'squels leur prl
scHec Sl'1 
Illallife
te (I). It C'cst là, òalls cc culte lIe la nature, que ron l 
(1) YoJ. 1. p. 18t" 



- 209 - 



 tl'ouve, selon r
nlleur, Ie prclnier degré de ùéveloppen1ent de 
! fa religion grecque; et il Iui approprie de suite lïuyocation 
I d-'\gan1CI11DOn, (!uïl selnble l1e considérer que ('on1Ine un 
I spéciulcn de " toutes Jes traces de Ia religion prilniti\ e, (tue 
Iron peut trouver dans la dcrnière l11)7thologie grecque. a II 
, lïdentifie aussi ayec la périodc péIasgique d"l-Iérodotc, et inter- 
I prète ses (t diyinités sans non1 )) par " puissances inyisihles. ,t 
I Ccttc interprétation, dit-il, I( a en elle-n1ên1c lln
 grande pro- 
bahilité, )) et ilIa confirme (t par rexelnple des anciens Perses.'t 
' I II continue ensuite d"après re"\cI11ple, 111ais l10n scIon la 
théoric d"IIérodote, I( à lracer 13 nlarche par laquclle ceUt" 
I sin1plc croyance a (\té transforlnée en ce système compIiqué 
I de la n1}thologie grecque. 1t flérodote, COl1nne nous raYOnS 
I YU, en a, ait appelé à la religion de rÉgypte et aux pOt'te
" 
I Le doctcur Thirwall rcjetle rOpillion que l"Égypte ait cxer('t
 
aucune influence directe dans la transfol'lnation. II s"appuie 
! d'abonl sur Ia bOHue rt.ison que Ie renscignclnent ,'int des 
! prètrGs de ce pays, (lui n 'étaicnt ni fanliliers avec In théologie 
I grecque ni tén10ins ilHpartiaux dans une question toucha1lt <It' 
I si près leur honnenr national; et ensuite, ce qui est certaine- 
ment de In nature de Ia preuve, que la n1Jthologie offre très- 
peu d"élétnents étrangers. Cependant, quoiqu ïl la considt'l"\ 
I comme d"origine indip:ène, il n'accordera pas à Ilérodote que 
I Irh" poëtcs aicnt été ses auteurs, ni (Iue son objet et ses réri'- 
1l1onics fusscnt allégoriques, ni que ron puisse trouyer son 
origiÚc et son intcrprétation cachée dans la philosophie. II 
I regal'de cette opinion comBle ,( répugnant à toute analogie all
...i 
bien qu"à tonte preuve intrin
èque. )) II conjecture l'n con:o't.
- 
quence que la ffiythologie s'est fOflnée par Ie déyeloppenlcBt 
graducl des idées et des sentin1cnts populaires, qui ont étl, 
rcvètus d'nne fOrIne en ce qui regarde les pcrsonnes. Ir'
 
fouctions et les re1ntions 111utuelles des divinités, par plusicui's 
générations de bardcs sacrés, et spécialcll1cnt dans Ie COllI'''; 
de l'àgc héroïquc; et ensllitc il nlet en contraste la périodt" 
hellél1Ïf(uc, qui camp rend Ie siècle héroïquc, avec la p61'iod
 
pélasgique. 



- 210 - 
Pen apl'è
 il déhat la qllc
Lion de sa\oir si Ics 
3('rifices f 
JJlllnaiu
 l'lltraient dall
 la I'digioll des G ree
, poiut (Iui 3 étè , 
conLe
tt'
 à cause tlu 
ilcHrc (JlIolnère à te :-:ujet, ef if tOllelut t 
a, cc rai,oll qu" un parcil silelltc U Ill' s.nll'uit éhranler au pille; 
It"gcr llrgré rnuhH"itf
 dcs IlOlllbrctbL'S It',
t'IH.le
 ({ui Il's con- I 
statl'llt; n que dans rlliadc llU.'.lllC, douzc 'rro
 cn
 SOl1t imn)olr
 I 
par Achille i. rOlllhrc uu it In 1l1l'lllOi.'c de Pafl"odc. En outre, 
lïdée dc rentlre propicc lllll' di, illil(
 oITen
l'(', on re'l'lllpll' I 
ù"autrc
 pruples, pou\"aiclll cOllùuirc à trUe supcr
LiLioll cruelle, 
('t l'ofTrmlll., non :,anglante tit" pl'r50111ll'S \ h antes, (illi érait 
d"ul) usa
e fort ullricll, pou\"uit, sallS <Ill ïl Y cÙt contradiction 
U\ l'e les nururs dc râge héroïque, ètre thallgl'c en une offranù" 

an
lallle, I 
Qui Iliera In justt"
c ùe cc' eOlldu,ion
? C('penùant COfilLicn 
l'Ilc
 sont indl'pendantcs ell' faiH prl'ci
! Si ccs tlJndu
ions 
ont I 
aùmis"ihles quaml il 
'a4il ùe \ lieS "péeulaliv('
 san
 imporlanCè, I 
pourquoi nc 
('rait -('c pa:-; un tI
, oil' d"a('ccptcr (,l'lIes au:\qn('IIl'
 I 
on arrive en sui'"(lntla InèlHe Illélhodc de raiSOnnl'lncllt <(uand 
il now
 cst cOlllIHanùé ù"agil'? I 
R. Ilcercll, 3uh\ur clont nou
 3\"on, dt"j.', parlé, après 3yoir 1 
pa......é en re, ue <runc 111alliiTe Illil1uticu
c l"état, Irs nlOJnlInent
 , 
ct Ie COlnnH'rCt" de 'Icrol
, finil par oh:--cl"'.cl' (( (IUC It's prclllirr
 

il'
C
 <.Iu COInnlerce furcnt au,si Ics prcilliers sit'ges ,Ic la cÏ\ ili- 
satioH (t). n QU:1 ntl notl
 c:\nIHi lIon
 Irs prl'lI' l'
 de ('CUc I( granclr 
conclu
ion qui, <lit-il sïlnposc en flUelqllC SOl'te i. nOlls, ]I nou
 
'OYOllS (lu\'lIc cOl1si
tc ,ilnplcnlcllt en ceei : (Iu,-' le
 yilles dont 
il a parlp étaicnt tont i\ la fni <Irs centrrs de ...i\ ilisntioll et dcs 
111archés de conl111crcc. II n\'
t IHis Cll anlllt unrUH fait cfllÏ 
pui

(" BOth aider, par Ie praCt'lIt'" quc lord ßat.'on appellerait un 
experinwntulli rrllcis, i\ Sin oil' si c \,
t Ie COlllllll'rl'C qui 3 
conduit à In ('i\ ili,ation ou In ('Ï\'ili
ation (Iui a l'Olllluit ml I 
C01111l1Crcc. n adoptc c(,pt
ndant, COlnlne jr rai dit, In prenlÏèrc 
de res ùeux a

ertions, ct it rnppuie sur nn nrguIlll'nt qui 
rrposr pUrCI11cnt 
ur une pré
onlption : C( réchange dcs nlar- 


(I) lIist. RC
'J '01. IV, p, 4-;5. O>.f. lr. 



- 21 J - 


ichantliscs, ouser\"c-t-il, condui
it à réchangc des iùées, et par 
,"ette friction 1l1ulucIle fut ù"ahord alIun1ée la flaIllllle sacrée ùe 
I " , 
rhUIlUHllte. n 
I ",ous n 0 3YOnS pas Í\ déterminer ici si ce raisonnCIllent e
t 
!'orrcct ou ne rest pas. On ppul ayanccr aycc plausibilité en sa 
låvcur' f}ue, des hcsoins aU\:f{uels satisfont rcspectiven1cnt Ie 
l
on1n1crce et Ia ciyilisation, ceux que satisfait Ic COffiIncrce sont 
lIe beaucoup Ics plus urgent';, ct ont \TaisclnhlahIcn1ent attiré 
,3 prenlÌrre attention. Les aliIl1cnts 
e rccon1n1andcnt à nous 
\1\"30t le
 Ii, f'CS. II c..;;t néann10ins rCInarquahIe qu'IIceren, uu 
îeu de se donneI' la peine crapporter quclque prcuye plus 
lirccte que ce qui se trouyc dans Ies 1110tS que nOlls ayons cités 
:ic lui, nous 3yait déjà suggéré une prcn1ière h
 pothèse qui 
lOUS faisail tout it fait sort it, de cette alternat i\"c : à 
aYoir (Iue 13 
eJig-ion a conduit à la {vis au conunercc et à la eivilisation. Il 
:lsiste, conllllC SUI' r nn des trois grands faits qu ïI 3 prouyés, 
ue Ics priucipaux ßlarchés étaient 3ussi I( des étaulissenlcnts 
;'"unc caste sacerdotale , ({ui, con1n1e race don\Ínante, 3,-ait son 
iége principal à Jleroë (t), )) (I"où rIle enyoyait dcs colonics qui 
leur tour dcycnaient les fondatrices de yiIlcs et de ten1ples, et 
'31' suite dOétats; C( caste dont la ci\"ilisation se liait à la reli- 
ion (2), n dout la réputation de piété et de justice se répandit 
1èn1C chez Ics Crecs (5), I( clora les progrès en architccturc, e( 
ans un ccrtain dcgré dans Ics arts de la pcinture; sont cntorc 
n des plus granùs proLIèn1cs, quoiqu"llne des plus grandrs 
crtitudes ; et, (rUn autre còté, I( qui, en envoyant ainsi fonder 
es colonif
s, guida les progrès du COllUllerce. )) 
Ici encore, pour prou'"cr que Ie COl1lIllerCe a dépendu de Ia 

Iigion, quclquc iugénieux et sati
faisant tlUP soit rautcur, il a 
:galeinent recours à des argtunents qui s'appuient sur des 
;réSOlnptions, conlIne ({uand il a chcrché à prouver que la 
1\ ilisation a ùécoulé ÙU COllllllerCeo Sa prcuyc consiste scu1e- 


I (1) Page 471. 
:(2) Page 4-7;). 
\3) Page -í77. 



- :212 - 


Inent en certaincs pl'é
Olllptions pui
sanles, par exclnplc, qw'! 
II' COHlinercc Cll ()rient doit s'étcndre à rOlnlH"e de la I'eli
ioll I 
lH"ésOIllplions continnées pal' des c\.enlples lil'és non tic l:nllti- 
qHilt
, Inais des tCJllp
 Illl)tll'rIlc
. Cl'S pa)s (I), dit-il, sont de- 
tli'
('I.ts ..:auyages habiti's par dc::, trihus nornadcs; il nay a till 

c"CUl'ité pour Ie COll1l11cl....anl (Iue ùans le
 licux 'aCl'l'
. La reli- , 
gion, en olltrp, c
t un principr dc joic, ct c\.igc, pour ètrt 
praticluéc eon, enablclucut, la po',c,
ion des hicll
 de ce Ulonùe I 
lc
 foir('s 
oHt lIaturelll'lncnt des ê.ls
('llIhléc
 tout it la fois di'yote 
ct COllllnel"ralltcs. Les earayancs de pl'lcrin
 sont ùes eara\-anc I 
tOllllllt'i" .tH
lCS. La "cecltle e.-;;t encore Ie ...iégc ùe Ia religion e ' 
tiu t"OHlmerec. ,t La rapidil(" a'"l'r hH(lI("lIl
 une locfllih
 
'l'lè,- J 
en (h'icllt, 'Iuand die a une fois obLcnu Ull sancluaire (lui aUir l 
Ics pèlcl'ins, ct dc\ icnt pal' Cf' IHoyen un licn dc COlnrrlcfCC I 
:-urpa

e toule croyallcc (2), n ainsi (IUC nOli'S 3\OnS \ u 
randi, 
de no
 joul's T('nta, yillc du ))eItn. Burkhardt (3) a trou\é U I 
t
tahlis.;:cnlent fie prèlrcs, ùe eill<} ccnts luai,ons , à Danlcr, dan 
lïle t.le 'Icl'oë, qui t
tait 
Hb
i UII (
tnt ('OIIlIIlCr(:HIJL CC
 hOIIlUW I 
rC\"t"tu" d"lIn l'al'actèl'c sacl"é sont rohjct d'nne grande véné. 
ralion de la pal't tic lcurs 
aUY(1ges \ oi
ins , et ùeux ù"enlre ell I 
ftcrolnpflgnèl'cnt 
a cara\-nnc COlllnlC gal'des. u II !'cl'uil Ill'('C
 

ai..c, ajoute-t-il, d'3\ Oil' Ulle forcc 3l'1uée , pOIIl' pa..:-;cr ici, !' 
rOB Il't.;,ai t, pm.. :I

istl' par qud(pl'tln lh' CeS hOlnllll's reli
icux. 
\ raide ùe ees pré
OlJlptions ct dc ces parnllèle
 't il pens 
arTircr' avec une for'ct' sufIì

1Iltè it la proposition inunédi:1t 
quïl n a'.allcée, sïl pcut produir'c conune prCll\'c un on del' 
fails dislincts, tel qne Ie fait prohablc que Ie célèbrc tCInp' 
tJ' \nllnon .',tflit an

i un licn dc Italtc pour les rfll'avanc
. 
p()ur
uit san" doulc ccltc nH
thot.lc de rai\;OnnClucnt , en s'[ll 
pu
 ant 
ur ct"' priul'ipe non Hyoué , nlai
 très-raisonnahlc, quO 
c..,t aL
urtle de tlcllwlltlel" re quc rOIl cst san" cspoir ù'obteni I 
D. 
Io
hl'ill1 nons fourni ra un d('rnier c}.,cnlplr de ccttc n1èn 
IUl,thode tic raiSOIlIll'1l1ent. II fait précl'dcl'sa ùissertation : K 1 
I 


(I) Page .liS. 
(2) Page 449, 
(3j Page .\2:S" 



- 21
 - 


Iturbatlt per recentiorcs Platonicos Ecclesiâ, n ù'un aYerti
senlcnt 
: pour dirc qu ïl nc donnc qu "unc esquisse dc la corruption alIéguéc 
I et des raisons par les(lucIles on doit la prouyer ; il songe cepen- 
. dant à donner cCl'tainen1cnt au 1110ins une esquisse. Cc qu ïI a 
I cntrepris ùe 1110ntrcr est un fait, Ie fait (rUne Y3ste influence 
exercéc sur rÉgJisc par Ia philosophic néoplatonicienne, soit 
I quïl. arrivc à rétaLlir par des preuves directes, des excmples, 
I des témoignages, dcs causes existantes qui Ie renferme, ou par 
: des résultats qui Ie supposcnt, ou par des circonstLlDces qui Ie 
font préstilner ou présager. Nous ayons besoin de la prcuyc 
actuelle, sïl est possible, d'unc action précise; il no us faut 
I trouver que certains principes erronnés, qui étaient d"auorù dans 
Ie néoplatonisl11c, ont passé, en fait, du néoplatonislllc l}ans 
rÉglise en Ja corron1pant. 'T oyons ll1aintenant jusqu'à quci point 
IiI répond à notre delnande si raisonnablc. 

ous YOYODS à la superfieic de IllÌstoirc que réclcetislnc a 
: existé dans rÉglisc a\ ant qu"il fÙt question de la sccte éclcctiquc" 
I Lcs OU\Tages d"A.thél1(')gorc qui nous restent, et ccux auxquds 
)Iosheilll no us renvoic, lllontrent que ce phiIosophe était éclec- 
I tiquc, c"cst-à-dire quïl s"était approprié, quanù iI était chrétien, 
les meillcures opinions tirées de toutes les philosophies. Saint 
Clérucnt, cncore, donne cxprcs
én1cnt Ie nOll1 de philo
ophie 
par excellence, (( non à la philosophic stoïcicnne, platoniciennc, 
! l'picuricnnc on à celIe ù"Aristote, )t mais (t à In réunion de tout 
cc qu ïl y ayait de bon dans chacune,}) ou ([ à un systèn1C éclec- 
I tiquc, n cn se scryant précisénlcnt de ce IlloL Tanùis que quel- 
; ques chrétiens parIaient contre la philosophie, Iui, au contraire, 
la représentait cOlnme une préparation au Christianisme. En 
outre, .Anlll1onius, Ie fondateur de la secte néoplatonicienne ou 
I éclectiquc, contrmporain de saint Clément, était chréticn et 
3yait été élcyé à récoIc des c3théchistcs d".-\Iexandrie. Par la 
I nature luèlne du cas dont il s "agit, Ie pl
incipe de récIcctisme 
doit 3yoir été n1is en pratique par rÉgIise dès Ie COlTIU1CnCe- 
olCnt, ct auetln chrétien ne POU\ ait ètre phiIosophe, à moins 
; que ce nc fùt ù"après cc principe: car Ie christianislne traitant 
: <Ill mèmc sujet que la philosophic païcnne, ne pouvait éviter de 



- 211- - 


jugel" Ie.; lcntatiYe
 de 
es cliYer
es 
ef'tr
, et cle pro[loucer jus- 
(Iu'i, quel point tellc avail raison et lelle autre avait tort. C't'
t 
une nlallièl'C ù"en\ i...ager Ie sujcl }Jl'iJlui facie tlue HOllS de"OIlS 
tron, el" dans )Iu
hriln, ct il es
aie de Ie faire en Illaintcnant 
CIU"tIIl cerlain POlmlloll, philosophe éclectic(ue, ((ui yiyait it la 
fin clu deu\.ie.\I11C 
i(\
lfa, étai t rt'clll'1l1cnl de ri'poquc cr
 \ugu
tc, 
<..1. quïl pn
céc.la Ie chri
tiaHislnc, 
uppositioll clue Brucker ct 
' f ' I I ., \ I ' J 
<}lItre... out re utrc. 0 )
el.\.e aUS:51 CIU í tlcllagore, COIllIne 
. , 
nous fuyons VU, i'tait l'clectique après ètre clltré dans rEgli
c, 
cn nle appal"Clllllleut ùe suggérer cluïl était éclectic(uc ayan! 
cJy l'uu'cr. II ajoutc que 
aint CIl'lncnt a dit clue la \ raie philo- 
sophic étail féclccli
lne, COllllue si cet 3\eU Í111pli((uait la pré- I 
sc.'nce tf'nne l'cule.' Cre:'cll'disrllc païcIl, ct C(UC Panlénlls ayant I 
été appelé, avant c.rcll'C chl'étien, 
loïcien pal' un autcur CII 
p) thagol'it'iC'1l par un rtnfre, Il'apparteuait prohahll'IHcnt à 
(HIf'UnC Ùp ccs écolcs, Inais q u ïl professait Ics princi pe
 èrlcc-j 
tiCfue
. !>ui,,;cluC Ies philo
ophes chréticlls, dit - it ellcore,' 
étairnt clans ru
agp de 
uivI'e les stuïciens en Inorale, .. \I'is- 
tote en ùialccliC(ue et Platon en théologie, ils élaieut par 
cOllsécJlH'nt corrunapus par rérleetislllc païen; ct, en olltn\1 

aint 6\ u!:!u...tin. a\oue certainelllcnt qne Ics philosophcs 
()ntl 
c'ntrl'
 c1an
 rEglisc 
allS ahandonncl' leur. p(l
ani
rllc, parcl'1 
'1u ïl parle des platouiciens CI ui c.lc\"icllllent chrélicn
 Cll chan- 

eant <Iue)c{ues e\I)]'c.':",sioll
 de leurs doctrines et quclcj\les-un
 
dc' leurs 
cntinll\nts; cnfin Ies opinioll
 plalonicicllllCS d"Origl'll e J 
étail'llt hien COIlI1UCS, et scs cli...;ciples fUJ'cnt lll'alHuoius éle\'é
 I 
au\.' plu
 hautes di
nité
 de 11
gli
c' cfOrient. I 
"ous avolls Ie ùroit de dClnander Cfuclclue prohalJiliLé anté- 
rieuJ'c, on <(Uelcplt' 
pécilllCIl de prcll' cS Illontl'ant que (.crtaill 
J>1'incipe était dans la secte lléoplatonicicllue avant de sc trollvel' 
dan" rÉglisc calholicl'lC, et quïl cst passé de la prcnlÍère chms, 
la dernièl'c. En 
uppo
ant luènle cluïl Y cÙt ccrtaines antici- 
pations de eetle secte ùall
 les dell\. sièelcs c{ui prrcédèrent s3 1 
Ilai

ancc, cc qui èst loin d'être prouy
, i\losh"einl n .a\"
net'; 
alIcnnr preu\'c ÙU rapportoll de la corruption dont II c
t CllIè
tlOn" 
II traitc cn
uile en détail des IHHUX intérieuI's ct cxtérieur
J 



- 21
 - 

que Ie nt'oplatonisn1c a infligés 3 rÉglisc: nous n'aYons pas it 
,!lOUS occuper des dcrniers. 
, En ce qui rcgarde les IDaux intérieurs, il parle de l"histoirc de 
Synésius, au cinquiènze siècle, qui, quoique phiIosophe platoni- 
I',jen, fut consacré éYêque sans renoncer à ses opinions; ct 

nsuite il renyoie à rrltItcur hérétique des Clélllelltines, pour 
IlTIontrer C[ Ie lllal que la sagesse des Alexanùrins a causé au:\. 
,intérèts chrétiens. )) 
: II cOInpare alors les fraudes et les mensonges des païens et 
'3cs hérétiqucs; la doctrine de pieuse fraudc, soutenue par 
:!"écriyain juif que nous ,"enons de lllentionner, par les anciens 
\)fètres de rÉgypte, et par Pythagore et Platon; en outre, le
 
llonlLrcux écrits apocryphcs des pl'cnlicrs siècles ct les faux 
I 
;récits des 111irarJes, avec Ic principe de réser, e sanctionné par 
Origrne, s3int Chrysostöme et Synésius, jusqu'au temps de saint 
Augustin. afin de prouyer que Ie principe de réscrve ycnait de
 
'eltravagances philosophiques. 
I En dernicr lieu, il s'occupc à soutenir quc Ie platonismc 3 
introdtl'it dans l"Église des opinions erronées sur la liberté 
hunlainc, rétat des 1110rts, fanle hunlaine, la sainte Trinité et 
autI'es doctrines qui se lient à celle-ci , Ia conteInplation chré- 
tienne et lïnterprétation de rÉcriture; des pratiques yicieuscs, 
en fait de rites et d'usages, conlme Ie jcÙne, I'abstinencc ct 13 
'continence; mais il ne donne néanmoins aucune preuve de ces 
assertions. 
II est clair que dans tout ce laborieux essai, il n'y 3 en tout 
que ùeux assel,tions qui tiennent de la nature (rUn argun1ent en 
faveur du fait querautcur se propose ùe prouver: rune, qu'Ori- 
gène dit 3voir introduit les doctrines platoniciennes dans se
 
'écrits; rautre, que Synésius est accusé de n 'avoir pas renoncé à 
,son platonislDe en devenant évèque. De ces deux assertions, 
: l'exen1ple de Synésius est un fait isolé, tandis qu "Origène n'3 
Ijan1ais été soutenu par rÉglise, mènle de son temps, et n'a pas 
de liaison directe ayec les néoplatoniciens. 
I I Si ron demande C0111ment un esprit si net et si sensé que celui 
. que dénotent les écrits de )losheim pent raisonner d'unc manière 



- 21G - I 

i faiLle, 13 répon
c cst fndlc à donnl'r. II rcgarda l'OInnle d105C I 
adlnise que les tloctrines et lc
 u
agcs catholiqucs {'taienl erroni's.1 
t't, dal1
 cc cas ('OnlnIC il y a re

l'lllblalll'C l'lItre le
 t!otlrinc
1 
(>ulholiques et Ics doc-trines philo
ophi(lurs, il ) n crrlaincmcnt 
une trè",-fortc rrl'
olnplion pour pl'n
l'r quc les ùoelrincs c3tho-' 
JiqUf'S t'taicnt tirées dè:' dOl'tl'incs philo
ophi(lut's. I)fln
 1(' rOllr

 
f Ù . . " I ' " I 
t C sa l'scrlatIOIl. I S OCCUpc en COIl
"(luence a arranger ct 
 
illt('rprétcr lc's faits d ,rhistoirc selon cctte these, cl il I1r rlu.rdll: 
pas à protl\"cr In thèse par les faits. I 
Ces cXelllpll'
 PCU\ CIlt 
uffirc l'Olnnu.' éclairch:scmcnt
 <rUnt 
n1éthotle de raisonnelllent, ol"dinaire ('t néces
airc quand les f3il
: 

ont rart'
, sou\"l'nt facile à ùirigcr ùans la Lonne, oil', m3i
, 
très-fréqut"'lnnlcnt ditlìeilc ct dangereusr, ouycrte :1 de grmuh 
abu
, ct clont Ie 
uccès ou la nOIl-1'éll
,itl' c]i'pendl'nt hcnueouI I 
plus de celui filii rcxcrcc que ùes rl'glcs (PiC ron peut poser POUI, 
la "ùiriger. Si ccUc luéthoùc c
t délicatc ct ùouteu..c quanti or; 

'cn sert pour prouyer In rroyancc rntholiquc, (:l1r est bien n1oin
, 
ccrtainc ct bien llloin'" satisfaisanlc dans les cas nOlllLrcu
 oi 
vile c
t appliqnpl' à des recherches 
l"Ìcntifìqucs ct historiqucs" I 
I 
I 


... 
 



CHAPITRE QUATRIÈ
IE. 


I
CLAIRCISSE.
IE:\TS A L'APprI DE L'ARGrl\IE
T EN' FAVEUR DES 
I 


DÉ"VELOIJPE:\IEN"TS DU CHRISTIANIS:\IE. 


..iiiI$1iii 


I Personne nc pretendra nier que Ie corps de doctrine qui 
,)orte 3ujonrcrhui Ie nonl de catho]ique ne soit tout à la fois la 
:'ontinuation historique et logique du corps de doctrine qui 3\ait 
I 
'e nom ùans les dix-huitiènle, dix-septième, seizième siècles, 
'
t 3iusi de suite en renlontant successivcnlent de siècle en siècle 
iusqu "au tClnps des apôtres. Que ce soit par suite d"un déyelop- 
pcnlCnt corronlpu ou régulier, dirigé d"après une Iogique saine 
JU tl'oIllpeuse, la religion actuellement nomInee catho]ique a 
,uccédé à ]a religion appelée c3tholique dans les temps prinlitifs; 
PIle la représente et est son héritière. 
Jc pense que personne non plus De Dicra, après ayoir suh-i 
l"enchaincl11ent des pensées que nous venous de conduire à une 
conclusion, que les doctrines qui constituent la religion catho- 
lique actuelle ne soient }J1"Ùnå facie les cléyeloppelnents corrects, 
\"rais et fidèles des doctrines qui les ont précédées et non pas 
leurs corruptions. II faut convenir aussi que ron aurait besoin 
rl'invoquer contre ceUe religion quelque chose de bien fort pour 
démontrer qu'elle est I11atériellement corrompue, et que dans 
'sa substance eIle n'cst pas apostolique. 
Xous ayons à faire main tenant un pas en avant, à appliquer à 
,res doctrines dites catholiques, si nn-orablemcnt reconllnandées 
; it notre attention, les marques (lue nous ayons déjà décrites, 
et à raide desqueIles on peut distinguer entre un déveIoppement 
i et une corruption; c 'est-à-dire que nous ferons cctte application 


BIBUOTH. IIIST. 6 e A:\:\tE. fer Ol'VR. 


19 



- 218 - 
dan
 la ITICSUrC justc ct raisonnahle qui nou
 cst denlandéc p
1 
la rc

elllLlancl' de fidl,lilr (Iu"t'lles ont de prilllc abord awl 
leurs ori
in3u:\. II 
crait IHieux de dirc qne nou
 allons infliqu I 
(OOllllllcnt CC" llwrqu('
 doi, cut ètrr nppli(llH
es; car c.csl là tot 
CO(' ({tIC ron pl'ut altentll"c ùans nllc clltreprisc conlmr eclle-ci. 


SECTIO
 PRE
IIÈnE" 


U'PLlfATIO' DE L.\ PRE
lIi:RF 31.\RQrE DF FIDtUTt D.\:\S l:'i 
DÉYELOPPEME
T " 


L'Ég1ise des premiers siècles. 


\ on
 3\"ons cHt clu 'un dé, ('JopP('llIenf ficJl'Je ("on
rr\"c rid,: 
('

 'ILt" 'lle du 
ujcl d'où il éUlallc, ct (Iu'ntl contraire une corfu, 
liOIl la pcnI. QueIle t'
l donc la '(
rif(lhl(' id(
e <.Iu Chri
tialli
nlt: 
E
l-cllc consc,", ép dans It'S d 
,"l'l()ppCnlents, romnlunén1(') 
flppelés eatholiqucs, dans rÉgli"\c OÙ ils ,e COllcentrcnt ct ql' 
It,
 t.'n
('i!!n
? I 
N 0U'
 dC\ ons oh\\crycr ici, !'ui, ant une renlarque f()itc préct l 
dt'IUlnent que Irs fornlcs et It's t) Pl'S de.. crl'ation
 (Ii,ines II 
"" I ., . , I f: " I 
SaUI"alcnt, strlCtCHH'nt par anl, ctrc pl"eCIS 'S : cc sont (CS HILI 
PC\r'OIHIt' nc l )('ut dt'finir un (,hèrH' un aio-Ic un lion on tOI 
' , û' , 
autre ohjct qui attire notre 3ttention l't c"\cÏte cxtl'rieuren1el 
lIotrc (1chnirntioll. 
OllS JH"' pouYon
 que les décrirc. 
OllS Inuit 
pi ions Ic::> propriétés on les qllalités qui nou
 fl"appcnt dan
 ('t 
objcts, ct 1l0US illlprilllolls par lå sur l'c
prit, 
unc manièl: 
anal) liqup, une inlflgc (h
 cc que no us ne pou, ous rrudre phil. 

ophiquenlcllt. Sui, ons la luèuIC ,oic 3' ec 11
gIi
c. Prcnons- I 
f('lle que Ie nlonde In 'oit H' l'C' 
cS di\.-huit sil'cles d'('
istrn('{ 
..'t tclle que Ie nlonùe ra yue jadi
 dans sa jcuncssc; cX31ninol 1 
,,-'nsuitc sïl y a une gl"ande diO'i'rcllcc' elltrc la prcmièrr et j' 
clcrnièl'c description qne ron donne ù'cllc. L'cxpose sni\"ant fel l ' 
l'OIHpl"CnÙrC r11n peusée. 
II c\.isle une conlnlunion rcligicusc qui prétcnd 3' oir un 
IHi
sion di,.inc, qui 3ppellc hérétiqucs ou infiùi'les tous It'
 autre l 
I 



- 219 - 


Jrps rcligicux c
istant autour d"elle. Cette communion est bien 

rganiséc, bien disciplinée; elle fOl'lne uue sorte de 
ocièté 
'\crètc, dont les InCll1Lres sont liés enscl11ble par des influences 
l des engagen1cnts flU ïf cst ùillicile à des étrangers de préciscr. 
Jle cst répanduc dans tout Ie I1londe connu. Elle peut i,tre 
:liblc ou insignifial1te dans une localité; l113is elle est forte dans 
>n ensen1ble par la cohésion de ses parties. Si cIle est plus 
'etite que d"autres corps religieu
 nlis enselnble, elle cst plus 
)osidérable qu "aueun d"cux pris isoIénlent. EIle est rcnnemie 
;aturelle des gouyernenlcuts qui lui sont etrangers; cIle est 
:ltolérante, usurpatriee, ct elle tend à forn1er Ia société sur un 
,ouycau n10dèle; eIle viole les lois, dh isr les familIes. On la 
}présente COUlffiC une superstition grossière; on raccuse ùes 
:'imes les plus réyoltants; eIle est Inéprisée par l'esprit du jour; 
Ilc effl'aie riInagination du grand non1hre. Vne seule comn1U- 
ion religieuse répond à celtc esquissc. 
PhJcez eeUe description deyant Pline ou Julien; placrz-Ia 
('\"ant Frédéric II ou 1\1. Guizot. C( Apparent dine facies. n 
'hacun d"cu
 connait tout lrabord, sans faire de que
tion, ee 
ue rOIl vcnt désigner par là. Un objet, un seul objet renferme 
}US les détails de eetle esquisse. 
L'aspect extéricur du Christianisme prin1itif, nux 
-eux des 

moins qui lui sont étrangers, nous est présenté dans Ies 
Icscriptions cO
lrtes ct ,-ives de Tacite, de Suétone, de Pline, 
\s seuls écrivains païcns qui en aient fait Inention (rUnt' 
!lanière préeise ùurant Ics cent einquante prenlÏères années de 
)0 e
istence. 
: Tacite est amené à pflrler de la religion chrétienne à rOCC3- 
'ion de lïncendie de ROllle, que Ie pcuple iUlputait à Néron. 
I Ponr lnettre fin à ce rapport, dit-il, il reJcta la eulpabilité 
ur d"autres, et leur infligea Irs plus crucls châtin1cnts, à ceux 
IOlnn1élnent qui étaient YUS ayee horreur à cause dc leurs 
times (pe}' flayitÙt inrisos), ct qui étaient populairclnent 
'ppelt'.s chrétiens. L'auteur de cettc profession de foi (nonlinis) 
Itait Ie Christ, qui, sous Ie règnc de Tibère, fut puni de la 

cine rapitale par Ie procureur Ponce-Pilate. Cette funcste 



- 220 - 

Urrr
tltion (exiLiabilis SllJW1'Stilio), quoiqnc rt
pl'iIuéc un in
! 
tant, apparut ùe HOU\"Cau, ct ccla no()-
('nll'IIH'lll dalls Ia Judée 
pren1icr siége <<.Iu Illat, nU1is dan
 In \"ille Il)(
nle oil les chost' 
aLroces ou honlcu"cs (alrucia ({ut ]JlIdrllda) alIluaicnt tic toute 
his parties <Ill Inondc c( prospéraient. Quehplrs ehrl'tirns (IU: 
furent pI'i
 avou,"rent Ie crÌ1ne, ct 310rs, sur leur rapport, UI I 
gratul nOlnhre d'cntrr cux furt\nt eonvaineus, non pas tnn 
d"avoir mis Ie fcu i. la ,ille que dc haine conlre Ic 
enre hUJ)lili;, 
(udio III on a u i gruel;"s). n 
\ près a, oil' décrit leurs tortuI'c
, I: 
continue: u En consé(luencc, (luoiqu ïls fusscilt coupaLles, (I 
Jnéritasscnt un chtuÌIucllt c'\l'lllplairc, on COllHllellt;H it h.' 
prendre en pilié, COll1lHe s'ib étaicnt tués, IHoins en "tiC u' 
rutilité puhIi(lue (IUC pour satisfairc Ia harbaric ù'un set l 
hOlnnle. n I 
Suétonc rappol'le lc
 Illèu}(\s t
Y('nen1cnts fin ces tcrnlCS I 
It Les ehrétiens, nne ela:o-
e dllOlllnl('S prof('ssant une supers; 
tition Ilouyclle ct tenant it Ia 1113!!ie (,,,u}Jrr:)litiullis none el mal, 
fiem) fUI'Cllt frapprs tIcs p(
incs cnpitalrs. n Lp contextc fljout l 
cncore au caractère ùe cc pa'S
agc; car il figure dans réllUlllf 
ration dc
 <Ii, t'r
l'S 1I1('..ures d
 poli
c dOllicstiqlll\ pri
es pd 
Néron, tcIles que u Ie cOlllrôlc (Ic... d("peoses IH'iyées, la ùéfcn"'
 
nu\ nulJl'r
cs lie ser, ir dt" la ,iandc, la rrprt'
sioH dt'.... conte
 
tation
 cnt
c les cOlné(licns, ct certaines garanties pour assun I 
lïntégrité des teslalllcnts. )) 
Quanti Plillc étaÏl gouycl'neur ùe POllt, iJ éc."i\ it à rClnpercu 
Trajall sa Ictt).c c(
lt'hrt' oil il dt'1l1itlldait tOllsl'il sur la lltanièl 
dont il dc,ait traiter I
s chrl'lien
 quïl y trouya en grrm 
nOlubre. Un ùes point
 
lIr le
qHels il h(
sitl' cst de 
èn oil' 
i JI 
s('ul fait ùc profcsscr 1(' Christiani
nlc n'est pas en lui-lnèm 
sufiì"'3nt pour jn4ifier Ie ehÙtÍnll'nt; u 
i Ie nOIll nlèulC dC\T3 
ètrc pUlli, qnoiquc cclui t{ui Ie porte soil innocent ({'aetf's COli 
paLlcs (flayilia), ou si c"c,t seulelllCnt 10r
(l'lïllt,s a rédlen1CI' 
('
ln
His. " II tlit a, oir or
lonné 
u 'on 
xécutàt ccux "qui. !)
r
ll 
\'erment dans leur professIon 3pres aVOir rcçu des aYIS reJterc
 
" nt' doulant pas, dit-il, qud que soit d"ailleurs Ie eulte (luÏ I 
profcssent, que roLstination ct la rési
lallcc inflexible ne dussel l 



- 221 - 


I
tre punies. n II exigcait qu
i1s inyoquassent les dieuÃ, qn ïls 
I
acrifiassent du yin et de rencens devant rÏInage de remperenr 
I
t quïls blasphén1assent Jésus-Christ, (( ce à quoi, dit-il, on 
I)ssurc qu"on ne pent forcer aucun véritable chrétien. n Des 
:rénégats rayaient inforlné que (( la totalité de leurs rautes on 
!
c leurs crin1CS se réduisait à sc réunir 3yant raurore certains 
jours fixés pour cela, à répéter ensemble certaines forn1lde
 
(carmen) cn rhonncur du Christ, con1n1e s'iIs s'adressaient à un 
dieu, et å se lier par sermcnt, non à faire quelque 111aUyaisc 
:action, m
is, au contraire, à ne pas comlnettre d
eseroqu{'rie, 
de '01, d"adultère, à ne pas trahir la confiance et à ne pa
 nicr 
,un dépòt. Après ceIa, ils étaicnt dans rhabitucIe de se séparcr, 
:etde se réunir de nouveau pour prendre un rcpas tous enselnble 
:d"unc n1anièrc inoffensive. n II ajoutc C( quïls avaient néan- 

 moins laissé eette coutume de còté dcpuis la publication de scs 
; rdits pour faire exécuter rordre i1l1périal contre les associations 
I(hetæl'iæ). a II raconte cnsuite qu'il 3 fait 111ettre deux femme
 
i à la torture, n1ais (( qu ïl n'a découvert chez elles autre cho
e 
qu'une superstition sotte ct outrée (superstitionern praram et 
,Ùnnwdicanl), dont la contagion, continuc-t-il, s'est répandue 
, dans Ie pays et Ics yillagcs, jusqu'à ec que les temples fussent 
,iùes d'adorateurs. )} 
Ces tén10ignages, qui scrviront de texte naturel aux obser- 
vations qui yont suivre, pIaeent sous nos yeux divers trait" 
I caractéristiques de Ia religion à laquelle ils se rapportent. Le 
, Christianis1l1e était nne superstition, con1n1e Ies trois écrivain
 
j s'accordent à Ie dire; une superstition sotte et outrée, suivant 
I Pline; une superstition tenant à la nlagie, suivant Suétone: 
une superstition funeste, d"après Tacite. On en fait ensuite une 
i société, et de plus une société secrète et iIlieiie ou hetæria; c'était 
une société de prosélytisn1c, et son non1 était associé å des actes 
c-rinlinels, atl"oces et lwntenx. 
Ces quelques points, qui ne sont pas Ics seuls que ron POUI"- 
rait signaler, rcnfern1cnt en eux-mèmcs une description préci'l" 
et significative du Christianisn1c; mais ils ont une portée beau- 
coup plus grande quand ils sont éclairés par rhistoire du temp
, 



- 2
2 - 
Ie télnoignage des rcrivains pO
h
ricnrs, ct Ies actc, du gou\cl,1 
nClnent rOlnain cnvcrs ccu
 qui profcssaicnt cc culte. II e
 I 
iInpos"iblc de se nH.
pr('l)dl'c 
ur Ie jugenH
llt porté touchant I(
 
religion chréticnnc par ces trois éCl'iyains; d"autres é('riYain
' 
ct fonclionuaircs inlpériau\. parlenl cncore plus duirclncnt. II
I 
a
so('iaicnL é, idcnnllcnt Ie Ch1"Ístianislne aux 
uperstition
1 
orientalcs, soit qu .cIle.;; fusscnl prop3gécs par dcs indi,'idu
 
isolés, ou réunics C!1 un rite qui, à cctle épo((ue, parcourUl: 
fcnlpirc, et joua un rôle si rCH13rquaLle en ùétruisunt Ics formc:- 1 
nationa)es du t"uIte, ct cn pri'parant ainsi In route t.lu (:hristi()- 
nisluc. 1"cllc cst done la lllallière gl"o
sière ÙOllt Ics païcn} 
instruits '0) aicnt Ie Christiani
Ille, ct 
"il eÙr ét(
, dans sou; 
npparence c"\téricure, très-ùin'ércnt de ces rites et dc res art.. 
curienx, ils lie I'auraient pas t'onfolJdu a,.cc c.
ux. I 
))31" une disposition pro' idcntirllc, Ics changclTICnlS sociau
j 
sont ordinain'lllclJt précédf
S ct ra('ilité
 par In production dun1 
resprit cl les scntinlcnts des homn1cs d"une ccrtainc tendancu 
I 
ycrs Ie changeulcnt qui doit s'opércr. ))e nlèn1C qu '3,-ant la, 
trln pètc on ,oil tourbillonncr cn rair dcs suh
tanecs I(
f!("'rcs 
(Iui rannonccnt, 3ill..i (le
 parolcs ct ùcs actes <(Hi pré
agent,' 
mais ne détrrnlincnt pas unc ré, olution (Iui Hpprochl', :-;ont parI 
3' ancc en circulation ùan" la foule, ou passent t\ travcrs lei 
chalnp dcs é\"énen1l'Ilts. C"cst snrtout ce qui ent lieu 3\ fie It' 
Ch..istiauislllC, ain
i qu"il convcnait à sa hautc tlignité. II arriva 
annoncé ct e
corté c.rune Illa

e (rolllhl"c
, onlhrcs dp lui-nlème, 
in1puissantes cl Inon'}(rueuscs COlnlne Ie sont dcs olnhres, rnni
 
qui d"ahonl l1e pouyairnt p3S (">tre distinguécs tic lui par lc
 
spcetatcurs ordinairl's. 1\ yant la nli.,
ion des apôtres, un n10U- 
,"cluent, dont il y 3,"ait eu Hntéricurelucnt ùcs parallèles, qui 
tendait à la propagation å travel's rClnpire ùe forllle
 de culte 
n01.l\.clIes ct partieulil'rc", 3yait conullcneé ell Ég
 ptc 'I cn Syrici 
cl dan.;; les pays yoisins. II circulait des prophétics qui annon- 

aicnt un nouycl ordre ùe choscs ,cnant dc rOricnt et qui 
al1
nl('ntaient lïnlh
('i
ion c"i
(ant dans re
prit tIu pCllplc. Des 
prétcndants firent des tcntati, cs POUI' sati,faire ccs Lcsoins de 
nouycauté. Dc ,.icilIcs traditions de la \ érité, inrorporées dcpuis f 



- 223 - 
I des sièclcs ùans les religions locales ou nationales, donnèl'ent å 
ces tentatives une fOrIne òoctrinale et rituelle, qui dcvint un 
point de plus ùe resselublance ayec cette vérité qui dcyait 
bientôt apparaitre aux yeux de tous. 
I Le caractère distinctif des rites en question consiste en ee 
quïls font appel aux sentinlents de tristesse plutòt clu'à ceux de joie 
et (rrspérance, et en ce quïls influencent l'esprit par la craintc. 
Les notions de culpaùilité et d"expiation, de Inal et de bien å 
\'enir, de rapports ayec Ie 11londe in, isible, ùonlinaient en eux 
I S011S une fOrIne ou sous une autre, et fornlaient un contraste 
frappant avec Ie polythéisme classique, jovial et gracieux 
'conUllC il était naturel de l'ètre dans un sièclc ch-ilisé. D"un 
: autre còté, les nouyeaux rites étaient secrets; leurs doctrines 
: étaient lnystérieuses; en les professant on se Sou111cttait à UIW 
, discipline, qui cOlllmen
ait par une initiation fOrIneIle, se 
; Inanifestant par rassociation et s'e
erçant dans la priyation ct 
'Ia peine. Les initiés fornlaicnt par la nature Inênle ùcs circon- 

 stances des sociétés de prosélytisnle, puisqu ïls s' élevaient en 
, puissance; ils n "étaient pas enfel'll1és dans une localité, nlaÌs 
errants, sans repos; ils enyahissaient et usurpaient. La préten-. 
tion de ces rites à ètre regardés conlme une science surnatu- 
.'clle les fit facilenlent confondre aycc la Inagie et rastrologie, 
qui ont autant d"attraits pour les gens riches et libertins que le
 
superstitions plus vulgaires en ont pour Ie bas peuple. 
Tels étaient les rites de Cybèle, d"lsis et de 
Iithra; tcl
 
aussi étaient ceux des Chaldéens, comnle on les appelait com- 
munément, et ceux des JIages. lis yinrent d'une partie (Ill 
monde et se répandirent durant Ie premier et Ie deuxiènlc 
siècle, ayec une actÏ\-e persé\-érance, jusqli'aux extrémités du 
'nord et de rouest de rEnlpire (t). On a trouvé en Espagne., 
,ùans Ia Gaule et en ßretagne, aussi loin que Ie nlur de Sévère, 
ides traces des 11l)'stèrcs de Cybèle, diyinité syrienne, si Ie 
!fan1eu'X tCl11ple d"IIiérapolis lui était dédié. Le culte d"Isis était 


! (1) Voir :\Iuller. de Hierarch. et Ascetic. - Warburton, Div. Leg., II, 4. 
1-8elden, de Diis Syr. Acad. des Inscriptions, t. III. Hist., p.296, t. V, 1\lém", 
p" 63; t. XVI, 3Iém., 267. - Lucien, Pseudomant. Cod. Thew., IX, 16. 



I 
- 22 
 - f 
Ie plus rt'pnndu de toute... les diyinités païenncs; it était admi.. f 
c.lans rÉthiopic, dall
 la (
(,I'HJanic, ct nd'll1C lïu1agination 
l j 
fait ."CI110ntcr jUS(lu"il lui Ie no III de Paris. Ll's ùeux eultcs 
a,.aicnt, ('OIUnH\ la 
('i('nf'(, de Ia nwgie, leurs collt'I;CS de 
prèu'c" ct ù'anilié
, 
ouYel'nés p
H' un prt'siùcnt, ct (Iui ét3icnt 
clltretenu'\ par les l'e'-('Ilth tics fl'nue
. Leur", procc",...ions allaicnt 
de ,iIlt' en ,ille, Ilìl'ndiant sur It..\ur chernin et fai
ant des pro- 

t
l)lCS. Apulée raeonl(' (Iu'un prètre de C) hi'le saisit un fou('l 
l't, s'nrcU
allt (Il' <IUdtpH' f3utl', 
c fOllctta puhliquenlcIlt. Ccs 
(lhal'latalls, c;rc1l1a!üJ'.s on agyrtæ dans Ie langage classi(luC, 
disai
llt. la 1.U11I1t..' a\ ('ntHl'c t..'t distrilnwit..'lIt des hillt'ts IH'ophé- 
tiquc'\ :HI
 
cn
 i
llorants qui Ic
 consultaient. 115 étaient aus...i 
\.e..
('
 dalls rm't dc... uugUI"CS, tJ(,S jonr
 ItCUI"l'UX ctlnalhcurcux, I 
dt's rilP':) d'('\piatioll :('t tle
 sacrifit..'r
. ()n 
ait qu'...\lcxandr(' d' \ho-I 
nOlic)tle 3\"ail lollo Ull de. ees charlatall
, j u...qu"à ce qu ïl s'élahlit I 
(Jails Ie Pont 011 il rOlll"
uÏ\ it 
("
 inlposturcs avcc tant tic succi's I 
que sa I'l'putatioll paryint ju"''Iu 1t HOlne, ct flue des Itolnnlcs cn 
pla("c, o
cupant des po...itiolls (',Ie,ées Ini l"onfii'>rcnt leurs: secrets I 
poJiliqucs les plu
 chcr
" _ \polloniu,", tic rr
 ancs, qui profcs
nit 
la philo
()phie p
 t Iw
orieicnn(' prt"trlltlait flU don tIes Jl1ir
elcs, I 
YO) a
eait de rlllùc ct _ \lc\alHll'ic jU
(llI'à _ \thèllCS ct Honlc, en 
, 
prèchant, t..\n
eignant ct u-ui'rissallt Ics ntaladt's, était un de ccs 
1l1ènlt..'S 3\ cnturicI's; sculcnlcnt il ayait line conduite plu" rcli-. 

ieu
(') l't une plus haute n"putation de ycrtu. .A title Í'pOf(UC 
antt..
rieure , S3crifieulp autre faiseur isolé dc prosélytes, ù'un 
dért'gleluellt 3youé, était rl'ganU' 3\ cc tant ù"horreur par It,1 
sénat rOlnain parec tluïl introduisait dfln
 HOlne les infùlnr
 
j 
,'érénlollies hachiquc
. Tel.., atls
i furcnt ecs fils dégt'uérés d'ul1c 
I'eligion dh in.. tpli, 
clon It..'
 pal'o]cs de leur r..(
atcur l't de leur 
jU!!C, ,( parcouraicnt nlcr ct Ic..."C pOlll' faire un pl'o...élylc , It c, 
Ie rcndaicnt u deu\. fois plu:-ì tJignc ùe rcnfer quïls nc rlot3Ícni 
. t 
CU\-IlH.'I1U'S. " 
CC5 religioIlllairl's crrant
 
ni, aictlt, pour In plupart, tiT 
, I I ". , 1 r " " I " fi I 
rcg cnlcnt (C 'IC scyerc, et (Iue quelols poussmcnt a Inortl 11 
cation jll
qll'au fallati
n1(\. l)ans It's nl)st('rcs de l\Iithr
, Iïni., 
tintion (t) était préeédt'c par Ie jcùnc, rabstinence ct une \'ariétc 
(1) \.cad" , t. XVI t 
Jém., p. 2-;1" I 



- 22
 - 
d'épreuves pénibles; eUe avait lieu par un baptême, conune 

 purification spirituelle, et il fallait faire une offrande de pain 
: ct de quelquc cnlùlèlne de résul
rection. Dans les rites Samo- 
I thraciens, il était d"usage dïnitier lcs enfants; il scmble aussi 
j qu'on y ait cxigé la confession des plus grands crimes, confession 
I qui sc trouyc crailleul's hnpliquéc dans rcnquètc qui se pour- 
suivait sur la vie antérieure des candidats qui désiraient y être 
! initiés. Les yêtel11cnts des convertis étaient blancs; leur mission 
, était regardée conlnle un seryice guerricr, et cIle était entre- 
'prise après ayoil' prèté un sern1ent militaire ( sacraJllent'll'l1l ). 
: Les prètres rasaicnt leur tête, ct portaient des étoffcs de lin ; 
I quand i1s Inouraicnt, on les enterrait dans un ,-ètement sacer- 
I dotal. II n
 est pas nécessaire d'insister, de faire allusion à la 
i Inutilation infligée aux pretrcs de Cybèlc; nous 3vons cité 

 re\en1ple de run d'eux qui se foucttait; et Tertullicn parle de 
t leur granù-prêtre qui coupe son bras pour sauver la vie de 
,I'enlpereur )Iarc-Aurèle (t). Les prètres d"Isis, dans leur 
; Imncntation pour Osiris, déchiraicnt lcur poitrine avec des 
: pomnlcs de pin. Cctte hU11cntation était une observance rituellc 
fOlldée sur (Iuelque mystère religicux : Isis avait perdu Osiris, 
et les initiés pleuraicnt cn mén10ire de sa douleur; la déesse 
syrienne avait pleuré sur la n10rt de ThaIIUl1UZ, et ses mJstiqucs 
seryiteurs en célébraient la conunén1oration par une douleur de 
cérélnonie. Scion les rites de Bacchus, une in1age du Dieu était 
couchéc à 111inuit dans une bière (2), ct ron pleurait en faisant 
I entendre des hYlnnes en vcrs ; on supposait que Ie Dieu mourait 
, et rcycnait CIlSUÏtC à la "ie. Cc n "i
tait pas là Ie seul cuIte qui 
fùt célébré durant la uuit, et quelques-unes de ces cérémonies 
, se faisaicnt dans dcs caycs. 
Vne llunière célcstc peut seulc purifier un culte nocturne et 
soutcrrain. J
es ca, es étaient à ('rUe époquc appropriées au culte 
, des Dicnx infcrnaux. II était tout naturel que ces religions gros
 
: sièrcs fussent associées à la 111agie et aux arts de la mème 


I (1) Apol. 2ä. Voir Bussi Prudent, in hon. Romani, cir. fin., et Lucien de 
I Deo S
'r". 50. 
I (2} Voir aussi la scène dans Ju1. Firm", p. 4
9. 



- 226 - 


f
HlIiIlc. La l1ulgic [) lh
 tout tCI11pS conduit il 13 cruautl., l'l la 
lirf'lu.c 
erait 
 ehcz SC
 parli"'all
, la réactioll illé\ ilablc d"UIll\ 
au
térité tcnlporairl'. 1 Tnt" pi ofl'

ion relicri
u
e è
t"aortlinaire , 
quand les hOHnncs sont ùaBs till étal de naturc, fait des hypo- 
crites ou ùes fnus, ct IlC 
l'l'a pas: 1()lIgh'lllp
 !'alls etrc écartt',c, 
si cr n"é
t par un u'ès-petit 1l0Iuhl'C. Lc\ IHOIHlc dc cctte i'poqur 
as,ociait COllHUC fOJ'lllanl UHf' I1H\lllC ('onlpa
llil', ccux qui pro- 
fcssaicllt Ic
 c\llles dlsi
 ct ..Ie )1 it lira, It-
 Plll

 giens, les Chal- 
décll"j, Ic
 
orl'icr
, It's a
t rologurs, Ic
 ùi"eurs ùe LOIHW 
aVCntllr(', h,'s charlatan", ct, eè qui c
t <.IS
(,Z naturel, Ie
 
juifs. Lc licencicu\. \lc\.3IH.1re cr()
 ait it la lllagip, ct Ic gnl\'(' 
. \pullonius 
n fut ar('U
l.. I...{'
 c{'rl'luonics dc )Iithra \ ienncnt 
tics ll13gcS ùe Pcrsc , . cl il c.'
l é\ idellllncnt ,IiJlicilc ùe ùislin!!ucr 
(, 
 
('11 principe' It"
 Cér
JII()nil'S lIt.., Talll oboIiuHl Il' S) ricn de relies 
tip 
écyollHlncie llalls rc )clys,éc, Oll ùe Cnllidic dans lIorncc" 
Le ("ode tit' TI H
otl()
e f1ppl'llc d"ullc llWllit;re gl"néralt. In Inngiè 
Ie une superstition, n ct ron d0I111ait la rnl"I11C origin{' harharc 

 la Illagie, au
 
"gi('
, au\. lH
 
tl'rcs cl au sa hhat. H Lcs 
uper- 
stitioll') de Ina
it", It c( Ie" rite" des llWgCS, II (,Ics IH'OlllCSSC
 tics 
ChaIJ.écu", J1 " le
 a
trol()
ues,)t 
Ollt des {'\.prc

ions ÜuuiIièrcs 
au\ IC('lt'urs dc Tacitc. L"clupereur Oll1oo, patron 3\OUr de
 
coutUlllCS oriclltalc
. pril part aux céréulonics c.l"Isi", cf consulta 
I
s 3strologucs. '


pa
icn, qui les con
ulta au
si, t'
t l'onnu en 
E
ypte COlnlllC faisflllt des Hlil"ac)es tl Iïll
piration de Sél'flri
. I 
Tihi.'rc, d:-H1S un edit, da

t' "'Il
enlhle (( I

 rites l'gypticllS ('t 
juifs; n Tacite ct SUl'tont', ell Ie eou
tatallt, parlent ùcs deu\ I 
religions à Ia roi
, t.OllllHJ I( (1(1 sup{'r
f;tio (I). n Al1gll
(c les 
8yait dl'jà as
ù{'iécs rOl1nne des: superstitious illicitcs, en Ics I 
IOt'Uallt t'll cOlltra
tl':n t'C ù"nutl'(,s 
crte
 tPli l'taicnt all

i d"une 
originc étl'angè.'c. I( Quant nux rites étrangcrs (pcrrgl'inæ cere- 
1ìlOIl;W), dit SUt
IOIlC, {.onllne il a\ nit plus dc ré\ ércnrc puur 
ecu
 qui l'taicnt 3llcicn'\ ct prescrit", aus
i luéprisait-il tous Ie
 
3utre..
 (2). )) II ùit Cllsllite , qUt\ lllt'lllC 
n I cndant la ju
tiCt. if 


(1) Tacit", Ann., II, 8:>, Suétonc, Tibèrc, 3(). 
(2) August., 93. 



- 227 - 


I avait reconnu Ie caractère des prètres d'Eleusis, aux mystères 
desqucls il ayait été initié à Athèncs; (( tandis qu'en yoyageant en 
Égypte il ayait refusé de yoir Ie Dieu Apis, ct ayait approuyp 
son petit-fils Caligula ù"uyoir passé par la Juùée sans sacrifier 
à Jérusalcl11. )' Plutarque parle de la n1agic comme s'associant 
nux lugubrrs n1ystèrcs (rOrphée et lIe Zoroastrc, au
 Égyptiens 
et aux Phr
 giens, ct dans son Traité sur la Superstition, il 
réunit dans un Inème Inelnbre de phrase, comn1e spécimen tIp 
cette Inaladie de resprit, (( ùe se sou iller de f3nge, de se vautrer 
dans la boue, de chôn1er les sabhats, d"avoir des tennes mal- 
séantcs, de faire ùes prostcrnations, tradorer ùes dieux étran- 
I gel's (t). n Oyide, dans une série de "ers, fait 11lcntion des 
I cérénlOl1ics (( d'Adonis plcur
 par '-énus, 11 (( du saLLat des 

 juifs syriens, n et (( du tcn1ple d"Io à JIclnphis, où la décsse 
est vètue de ses habits de lin (2). )) Juyénal parle des cérémo- 
nie
, tlu langage, de In rnusique des Orontes syriens, comnle 
: ayant cnvahi ROlne; et, dans Ia description quïl nous fait des 
superstitions des fCl1l1ncs ron1aincs, il place les juiyes grossières 
qui disaicnt la honne avcnture entre les prl\tres fastueux de 
Cyhèlc et (rlsis, les sortiléges sanguinaires des aruspiccs arn1é- 
nicn
 et rastrologie ùes Chaldéens (5). 
te chrétien ayant été dans Ie principe regardé COD1mc lIne 
espèce de juif, était, à cause n1ðn1e de ceIa, euyeloppé ùans la 
haine qu "excitait 
e non1, et con1pris dans toutes les 111aUyaises 
associations qu'on reprorhait aux enf3nts dégénérés d"Israël. 
I 
Iais peu de ten1ps suffit pour faire cOluprendre rlairemcnt 
quïl était tout à fait distinct du pen pie maudit, ainsi que les 
perséeutions Inèlnes Ie n1ontrent; Ie chrétien se tint sur son 
propre terrain. ..\ux yeux du moude ccpendant son caractère 
ne cIH1ngea pas sitôt. Les chrétiens a, aicnt encore part à la 
faveur et au reproche, con1me les partisans des rites secrets 
et de la ß1agie. L'empereur Adrien, distingué comme il rest 
: par son caractère curieux, et conDU pour prendre part à tant 


(1) De superst., 3. 
(2) })e Art. Am., I, init. 
(3) Sat., iij, vj. 



- 228 - 


de n1ystères (1), croyait eepclHlant que Irs ehrl'tiens ù'É

 ptr 

c pcrlllcttaicJlt Ie rube de Sér3pi
. lis sont ITlèlés 
\ In magir 
d"Ég) ptf' ùau
 rhi
toire dc la ll'gion cOlnnlulléllll'ut appeléc 
fuhninantc, il tel point, que In pluie pro\"idcHtil'llc (Iui ,int au 

ecours ùe rarnll'e tie rc..'lllpereu I" et (llU.' r.Égli
e a eX}Jliquéc 
par les prièrc
 dcs 
oldats rhrl,ticns, l'st att..ihui'c par Dion- 
Cassius à un nwge {-

 ptien qui robtint Cll inYO(IUant 
Ierturc 
('( autrl'
 c
prits. Cclte 
lIcrrc :1\ ait (>h
 )'
r
a
ion (r line des; 
pl'en1Ïères rcconnai

[HlCCS onic:icllc
 ùont fEtal aiL fa, orisé Ic
 I 
ritcs de rOrient, (l\loÌtlue tJt.'puis longt{'mp
 Il's ltoll1nle
 d"etat 
(''1 Ic
 clllpcrcurs ) cu

ent pris part COIHnlC SiUlplcs particuliers. i 
L'elnpercur 'larc-r\ul"l'le a, nit été POU

(
, par la craintc d('
J 
'Iarconlan
, à recourir å crs inllo' ation
 étrangt\rrs, et fon dit 
t{uïI eUJp]o) ales Illages f't Ics Chalùéclls afin ùe préycnir une; 
issuc ß13lhcurcu
e tip 13 guprrc. II nOHS faut obscrycr CJue k l 
Chrisliani
n)c cuI sa part ùe protection ùans rappui rroi...,ant 
qui rut 3ceordé à ccs eél"t"lnoni{'s llal1s Ie troisii'nlc sièclc. La l 
chapellc d".t\.le
audrl' Sé, èrc po"étlait les slatue
 d'.t\hrahmu) 
d'(Jrphée, ù'..\pOIlOllius, de p) th3
orc et de 
otrc-S('igneur. 
lei, COllllllC ùans Ie J uùaÏsß1c ùe Zénohie, une philosophil' 
ècIectiquc aida au rapproclat'rlll"llt dt's rdigions. ì\lais inlrrlédiatc.
 
ßlcnt 3\ ant _ \Ie
andre, Iléliogahalc, qui n 'était pns philosophe 
tout en intronbanl 
on idoIc S) rienne, tout en ohscrvant le
1 
01) stèrcs ùe C)'bl'le ct c.L \dOllis, tout en céléhrant scs téré" 
ßlonics de ßwg-ie aYec dt's ,ic(ilnc
 hUll13inc..\s, était aus
i dan! 
J'intention, sui\'ant LnInpridp, (runir ayec son aLonlinablt 
superstition I( les rdiHion
 juiYC ct s
lJnaritaille, ain,j que Ie rit. 
chréticn, de trlle sorte que Ies prêtrcs d"Hi'liogalwJe pus
en 
enlLrasscr Ies luystères ùe tous les culles (2). It De Ià, plus Ot 
moins, vienncnt les rrcits qui sc trou, ent dans rhistoire ecclé. 
siastiquc relatifs à la COIl' crsion ou au Lon ,ouloir pour 1: 
foi chréticnllc des 
mpcrcurs, ll'..ldricn, de J!allnnéc, mèrt 
d'Alc"\andrc, ct aulrcs pcrsonncs, inùépcnùanllncnl d"lTl\!ioj 

ab3lc l't (fAlcxandre Sévèrc. ])c trls récits ne 
ignificnt 
ou,cnl 
(1) Tertul. lAp. 5. 
(2) Yit. lIeJ., 3" 



- 220 - 


!\utrc chose, sinon que les en1percurs fayorisèrent Ie Christia- 
lisn1c panui lrautrcs forn1cs de la superstition orientale. 
Ce que BOUS ayons tlit sumt pour présenter à l'esprit un fait 
1Ï5toriquc qui en yrrité n'a pas besoin de prcuyes. L "Orient 
'Iynit renouyclé ses en1piétell1rnts snr les religions étaLlies ùe 
'Eul'opL', <::t ayait produit une falnille de rites qui attirait de 
fifférentcs Inanil'res rattention des honl111cs politiques, des 

'oluptueux, dcs ignorants, des h0l11n1eS indécis, ou tourmentés 
Ie rcn10rds. Suiyant Ie Lesoin on désignait Ie nouyeau culte 
,ous les non1S d"Arn1énien, de Chaldéen, d"Égyptien, de Juif, 
Ie S
 riell. de Phrygicn , ct Ie n10nde qualifiait ses céréu10nies 
Ie superstition, de barbaric, de jonp:lerie, de n1agie. Dans 
?cUC cOll1pagnie apparaissait le Christianislne. Ainsi done, 
IU3nd trois écriyains bien informés appellent Ie Christianismc 
une superstition ct unc supcrstition Iiée it la Inagie, iIs ne se 
,ef\"aicnt pas de n10ts inusités, ou d"un langagc injurieux; mais 

Is Ie décriyaicnt en ternles précis ct reçus; ils en parJaient 
','0I11111e d.Ull culte qui était en parenté avec ces religions obs- 

ures, secrètes, odieuses, Inéprisables, qui jetaient tant de 
trouble dans toutcs les parties ùe rempire. 
L
in1pression faite sur Ie monde par les eirconstances de la 
uaissance tIu Christianisß1e reçut après coup une sorte de con- 
firmation par rapparition dcs hérésies gnostiques et autres, 
qui sortircnt de rÉglise durant Ie sccond et Ie troisièn1e siècJe. 
Leur resselnhlance en fait de rituel ct de constitution ayec les 
('érémonies orientales, et queIquefois lcur parenté historique 
avec cUes est incontestable. Certainen1ent c'cst une sin
ulière 
c..; 
coincidence que Ie Christianisme soit d"abord appelé une super- 
stition líée à la Inagie par Suétonc, et quïl se trou\'e ensuite, 
s'i! n.y avait ricn dans cette religion qui pût donneI' lieu à une 
pareille accusation, en con1pagnie intiIne, et scion Ics appa- 
,rences, Ie père (rune multitude de superstitions se rattachant 
:à la Inagie. 
(, 
La falnille gnostique (t) fait commodélnent rClnonter son 


, (I) Voir TillemoDt, l\Jém., et Lardner's lIist. Heretics. 
ßIBLIOTH. HIST. 6 e .\x
ÉE. I"'r orVR. 


20 



- 2:50 - 


I 
ongu1c à une I'ace llli
te fIui 3' ait cOIDlnrncé son 11Ï
toirc cn' 
a
sociallt rUrienta1i
nle et fa r<<
' t'latiulI. \prè, In captiyité dè
1 
(fix triLus, Salllaric fut colol1i
t"f' pal' de
 IC hOlHlHCS de BaLy-: 
IOUt
, de Cushall, ù'A va, de IIauwth , et ùc SC1>haryaiIll, :, qui, 
sur leur dcmandc, rUI'rnl instruit... dans IC Ie culte <In <lieu du: 
pays n par un ùes prèlre
 de régli,c de (;érohomn. Ce fnit elli l 
· .. I ." I S " " I 
pour con
equenl"t) It (IU I 
 crmgnlrcnt (" t'1!l'lH.'UI' el 
er\lrent 
leurs proprcs dieux..', C"cst de ce pays qu"était Sinlon, Ie pré-
 
leudu patriarche des Gnosti({llrs, et il e
t repré'elllé dans le
1 
3C'tes des npõtrcs conl111C e\.cn:ant la pui
sancc llc ]a Inagic, qui 
él-nit Ie caraelèrc principal ùe
 nl)"slèrcs ù"Orient. Son hérésie,1 
qunique divisée en nne nndtitude dt) sl"l"tes, fut répandue sur: 
It, Illonde alee nne uni \"ersalité f(ui ne Ie cédait pas à crill 
du Chl'istialli
Inr. Saint Picn"..., (J11i se l"l'IIl"OlJtl'a avec lujl 
()1'i
illairelnclll en San13ric, sClllLlc r
n oil' retrou\'é à Home": 
Saint Pol) carpe rl'l1('ontre il HOHlt' 'Jm'ei.oll de Pont, ùout le"'l 

t.ctaircs étaient répandu
 en Italic, Cll Eg) pte, l'n Syric, en l 
...\I'ahic et clll)ersc. Valentina prêché 
cs doctrines à _\Ie\.anùrie. 
à HOlllP ct il Ch) pre; {'t nous '.OYOIlS quc 
cs di
ciplcs étaicnt 
rl'panùus à Crètc, it Cé:"uréc, à _\ntÏoche el autres parties del 
r{),.iCIH. On trouyc lla.'desancs ct scs di
cip}('s dans la 
Ié
o_1 
potanlie. ()n parle ùes Carpocraliclls it _ \lc\.Hlldrie, 3 Honlc rt 
(lans la CéphaIoni..; It's di
dples tIt) ßa
ilitll" i,taicllt r("pandu
 
dans presque toute rE
) pte; ct les ()phites étaicnt, 3 ce qu
iJ 
para it, dan
 In flith) Hie et 1a Galatic; les Cnïnites on Cnïcn
 
el} 
\rrique, et les )[arcosiells dnns In Gaulc. Oil peut ajouter 
it eeHes que nollS venons d"t"nuluérer (rautres seeles, qui, :,ans 
("'Irc préeist"nlcnt de la fmllillc gnosti((ue, s.a

ocient crprn(hUlf 
it cUe par leur datc, leur caractère ct leur originc. \insi Jes 
Ehionites de la Pale
linc, Irs Corinthicns, qui parurrnt d3n
 
quelques parties ùc r_\sic Illineurc, les EncraLÏLes et les 
ecle
'1 
tlr Cettc fanlille (illi s
étendircnt de la )Ié
opot3lnic à la S
 rie, 
ê'l la Cilicie et autrcs pro,.inccs ùe r_\sic nlillcure, ct qui pas-I 
sèrent de Ht à R
ln(', d:
l1s la GauIe, "I'..\quitnine;t rE
pagne; I 
t.'nfin les Jlontanlstes qUI, 3' rc unc Yllle pour metropole dans 
Ja Phrygie, SC soul étcndus de Constantinople à Carthage. I 



- 231 -- 
I &( Quanti (celui qui lit rhistoire du Christianisme) arrÏ\'c au 
,lcu-xièu1e siècle, <lit Ie Dr Burton, il yoit fluC les doctrines dc
 
,Gnostiques étaient professées, sous une forme ou une autre, 
lans toutes les parties du monde ciyilisé. II trouve ces sectaire
 
11artagés en écoIcs fréquentées en aussi grand non1bre et avec 
mt3nt ùe zèle qu'aucune de celles dont Ia Grèce et rAsie pour- 
'aient se Yallter dans leurs plus beaux jours. II rencontre des 
loms qui jusquc-Ià lui avaient été totalen1ent inconnus, et (Iui 
:
xcitaient autant de sensation que ceux d'_\ristote et de Platon. 
I I cntend parler (rOU'Tages qui ont été écrits pour défendre la 
lOuvelIc philosophic et dont aucun n.a survécu jusqu'à nos 

ours (t). ]) Plusieurs des fondateurs de ces sectes avaient. érè 
:'hrétiens; quelques-uns étaient d'origine juive; d"autres éwicnt 
:)lus ou moins affiliés aux rites du Paganisn1e, avec lesquel
 
'curs propres cérél110nies nvaient une si grande ressemblance. 
:
Iontan sell1ble mèllle avoir été un prêtre tronqué de C) bèle ; 
;es partisans de Prodicus déclaraient posséder les Iivres secret
 
:Ie Zoroastre, ct la doctrine du dualisll1e que professaient un 
Ii grand n0111bre de ces sectes doit ren10nter à la Inème sourcc. 
:Jasiliùe sCll1ble a,'oir reconnu )Iithra COlllmc I"Ètre-suprème, Ie 
')rince des anges ou Ie soleil, si 
Iithra est Ie mèlllC qu' Abraxas , 
10111 il1scrit sur ses amulcttes. D"un autre còté, on dit qu
il 
tyait été instruit par un disciple inllnédiat de saint Pierre, el 
valcntin par un disciple n1êllle de saint Paul. 
Iarcion était Ie fil
 
run é\ èrlue de Pont, ct Tntien un disciple de saint Justin, martyr. 
Quelle que soit l"histoire de ces sectes, quoique ce puisse ètrp 
,Ioe question de sayoir si elles sont propreillent appclécs des 
'uperstitioJis, cl quoique pll1sieurs (rentre eUes aient compré 
:Ies honln1es instruits parlni leurs disciples ou leurs propaga- 
Icurs, eUcs ressemblaient de très-près, du Inoins dans leur 
:)rofession et leur rite, à ees mystères païens que ron colpor- 
ait, aillsi que nous ra,.ons d(
crit plus haul. Leur nom mèmp . 
;I
 ,( Gno
tique Jt iU1plique la possession (l"un secret qui dcyait 
:'trc C0l111lluniqué à leurs disciples. On se préparait à Ie reee- 
1 


(1) Bampton Lect. 2. 



- 232 - I 
\ oir par roh
cr\"ation ùe cérénlonics, èt Irs rites SYlllhOli'lUr_ j 
sef\"nicllt dïn
trunlcnb dÏnitiation. Talien l't 
Iontnn, Irs rc 
préscntants de dell\. écolcs ùistinclc
, s"accol'ùaicllt à fairc d(al 
l'a
céti
nle une ft"p;Ic de ,-ie. I.l\S (li
eiples tIc l'e
 deux 
ectair('..' 
se pri\ aienl de hoire ùu ,in; les 'fatiauistcs et les 
Iarcionitc
 
s 'aLstenaicnt (Ie chai I' ; le
 -'Iontani
le
 ()1)
er\ nienl trois rar('n1t.

 
par annéc. ''[outl'S Il's sectes gnostiques sCIllhlaicnt n\oir con- 
dmnné Ie Ilwriage i)our une rai'on on l'aufre (I). J...es 'Iar-! 
eionitrs, a
'aien
 troi:') !")aptènlrs ?u plu
. Les ,'Iarco
icns a\"3icntl 
ùeux Ct'rClnonle
 (IU Ils nppl'IaleIlt de In fed('lllptloll; la dcr 
nière (ot:1it l"l'lt'hréf' i\ la faç'oll d"tlll lllaI'iagc, dans une 
aIl,1 
ornée COlllllle ulle clHuH hre 1l1lptiall'. ( ne ('oll
l'f'ration à la prè I 
tI'i
c failC a\ er tie 11Hlilc ycnait ensuile. Lnc cXII'ènH'-onctior! 
faisait au
,i partie de leurs ritc
, ct les prières pOUI' les 11101'1.:, 
(
ntrnicnt dans leurs PI':1tiques. Banlcsanes et Ilnrnlollius ét:1icn I 
rcnolnlnés pour !a heaulé de leurs thant,. tcs prophéLicg de 

Iontan ét
licnt anlloIH'l
e:-., l'onllnc les orneIes des paÏ('ns, <Ian:: 
un état ù'l'IlLhousia
lnc et d"c:\lasc. (Ju tculple fut élc,-é au Jil 
(Ie Carpocrate, J
piphanc
, qui 1l10urut 
, rÙ
e de ùix-
cpt an
1 
dall
 lïlc tI
 Ct"phaloni(', lieu de la nai

anr(' de sn Hlère, ct il 
: 
étail honoré par Ie ehallt Ùl1
 Iunes et par des sac..iHccs. tcs Car: 
pocraticns ren(t,ient Ie mèn1e honnenr i1 Ilonlt'rC, i, PyfJwgorc 

\ Pluton, i\ _ \ri,tote et au
 3pÒtre
. On pla<:ait tIcs ('ouronn(': 
sur leurs illla
es, et ron fai
ait hnìler de r('uc('J1S <1('\-allt ('UX 
))ans ulle des ill
criptions trouyées it C) rènc, il y 3 en, irOJ 
yingt nns, Zoroa
tl'e, Pylhagorc, l
pienrc ('t aUfr('S, 
ont OIi 
cnseluhlc ayer Ì'otrc-Seigneur, ct présentt's conllne (Irs 010 
tlèlcs de condu itl'. Ce\;ì in..-;;cripLions rCllfcnllcnt au

i In ùortrin. 
carpocl'aticnne d'une cOlnnlunaut(
 (Ie fenlmes. Je He V('ux pa 
parler des n!!npcs et COUuHullions tIe (luel(Iucs-uncs ùe ce 
sertes, qui n"{,t:1ient pa
 surpa
sèes en d{'réglcmcnt par Ics cérc'1 
Illonic 
 paÏcnncs dont clles étaicnt unc iUlitation. Le nOI11 nu\m! 
dt" Gnostique tlC\ int uue e
prl'

ion dont on se scr\-ait pou! 
c""primcr lcs plus ahominablcs impurctés, ct pcrsonne n'o,ai, 


(I) ßurton, ßampton Lect., note 61. 



- 2:5:5 - 


I n1angcr du pain a,'cc cux, ni se scryir de leurs assicttes ct de 
,leurs ustcnsiles de cuisine. 
On sait que lcs c:\cès tlu déréglelnent se lient à rcxercicc de 
i la ID3gie et de l'astrologie (t). II existc encore un très-grand 
I 1l00nbre d"anlulettcs des Basilidiens, couvertes d'inscriptions sym- 
! holiques, dont quelques-unes sonl chrétiennes, quelques autres 
ircpréscnteut les figures d"lsis, de Sérapis et d'Anubis dans les 
postures grossières et indéccntes fanlÏli
res à la In)1hologie 

égyptienne (2). Saint Irénée ayait déjà uni les deux crilnes en 
'parlant des disciples de Simon: &, Leurs prètres D1ystiques, 
;dit-iJ, vivent dans Ie lihertinage et ils pratiquent la lnagie, sui- 
l\iant rhabilcté de chacun. lIs font des exorcisn1es et des cnchan- 
ten1ents; donncnt aussi des potions d"an1our, des recettcs pour 

,éùuirc; ils rultiycnt a,-ec 
oin la scicnce des esprits, des songes 
;
t tous les autres arts de n1ên1C nature (3). n Les l\Iarcosien
 
Ataient surtout adonnés aux curieuses pratiques qui sont aussi 
Ilttribuées à Carpocrate et à Appelle. On rapportc que !\Iarcion 
,
t autres se sont seryis de rastrologie. Tertullien dit en parlant 
,rune n1anière générale des sectcs de son cpoque : u Les héré- 
:iques font un COITIlllerCC infèhne avec les sorciers, Jes charla- 
'ants, les astrologues, les phil050phes, c'est-à-dire des gens 
Iui s"occupent de qucstions curieuscs, ct se parent de ce nom. 
,
ls répètcnt partont : u cherchez et 'ous trouverez (4). n 
I Tels furent les Gnostiques; ils avaient une apparence qui 
'csscmblait suffisan1ment à celIe de rÉglise chrétienne, pour 
Iue les spectateurs qui lui étaicnt étrangers et qui avaient 
I
ontre cux des préjugés, fussent-ils philosophes comme Celse 

t Porphyre, on pris dans la foule, les confonùissent avec 
"Églisc dans les derniers tClnps de répoque anténicéenne, de 
,nêlne qu "cUe fut, dans la pren1ière partie de cette période, 
'onfonùue avec les mystères païens. 
I II pcut al"J"Îvcr qu'unc apprécialion commune touchant 11m' 
(1) Burton, Hampton Lect. , note 44. 
(2) Montfaucon , Ant, , t. II, part.2, p, 3;;3. 
(3) Hær., I, 20. 
(4) De Præscr. , 43" 



- 231. - 
pl'r
onnc uU un corps soit purt.'I1H.
nt accidentcIIe ct n'ait aucun 
fOlldelllcnt; luais dall
 ce c:as l'lIe HC ùurc pas IOllgtt'lllpS. Tdlc
 
furcllt le
 caloI1n1Ïrs sur Il'
 r(;ullions (Irs chréticns, dans Ics 
(Iuelles 011 Ies accusait de rOllllHeUrc des inlpUl'clés cl de nlangcr 
Ies l'nfauts, caluIllnie
 qui t'taicnt pre
(luc ("trintcs du felnp
 
d"()rigène, ct {Iui ayaient pu naiU"c de cc que Ic Inolule confon- 
ùait ces réunion
 n,l'C les eéré1110Ilie
 païenn('
 et hrrétiquc
. 
'Iais f(uallc1 unc a ppJ'éciatioll pa
se de sièclc cn sièele, cIle de.' 
,il'llt ccrlaincl11cnt lïnJj('c d' un fait, lot (.UITl'
pOlld à des! 
qualité
 pn;ciscs dc rohjet auquel rIle sc rnpporte. Dans ce ens. 
Ies nH
pri...l'
 lllêlnes ill,tl'ui'l'ut; car l'lIc
 s"nllient à In yérité, 
cl nons pou, ons l'n rcndrc cOlllpte. Sou, ent cc qui parait unt' 
llléprisc cst 
iJnplclllCnt la façoll parliculière ùont un ténlOÏ11 i 
porte 
on témoiO'lla
(', on lïnlprl'

ion qu "un fait protluit SUf' 
lui. Tel hOHl1llC cst llalurelleHlent tli
po...é à censurer clans uW': 
cirColl
tallec oÙ tel autre 
era aU contrairc cnrlill à donneI' dr';;l 
éloges; la 111ên1C action cxeite relllhou
iasine d"ull c...:prit , tandi:-i 
qu"clIc soulè,e Ie 1I1épris (fun autrp. Cc qui parnit de la magna- j 
nilHité it celui-ci, n 'cst (PiC tin ronlalltislllC pour celui-là; une 
tl'oi
ièlnc pel'
OIlIlC n 'y ,erra qUt" de rorgueil; nile (IHflfrit'mcl 
de la prétl'lltion . tanc.li
 <ill 'au," ycux d'unc cinquil'ule Ie fait sera! 
silHplelllent iuintelligihle. II y a cepclldant dans ccs h"nloignflge
 
isoli's une certaine nnalof!ic qui nons donnc lIne idi'c de ce Ú, 
quoi la chosc ressclnLle et de cc à quoi die nc rès
clllLle pas"
 
Quand on sait ({UC Ia 
upcr
tition t.
t Ie cÙt<
 cflra
téri
tiquc d'un l 
I '" · I I . I I 
lOnlIHe, on peut ctrc a peu pn's 
Ul' (. C ne c trouycr 111 p 3tO- 
nicicn ni ('picu ..icll; ct Ics 1l1ot
 nH.
lllC
 qui ont nile 
ip:nificafion 
alnhiguë, COllln1P athée ou ré{o},Jualelll', sont susccptihlcs (.runt
. 
intel'pl'étatioll SÛl'C, <{Hanù nous sa'-on
 (fuel cst rhOlHI11C qui 
les prononcc. II y a elf' ITI(.\nH' un certain rapport grnéral ('Htre 
la Illagie ct Ie Iniradc, robstinalion ct la foi, I'insuhordinationl 
ct Ie zèlr pour I... religion, Ic 
ophi
llle ct Ie talent de rargunlCn- 1 
tatiol1, In ruse ct la douceur. Occupons-nous à conlclHpler Ie I 
rcf1et, si ron peut s "c'\prilllcr f}ill
i, Ju Christiani
mp prinlitif l 
dans Ic Hliroil' ÙU Inonde. 
Les trois t.'cri, nills. Taeite . Suétonc ct Plinc, rappclIent uncI 



- 2;53 - 
! " superstition; n or, cette ilnputation n .est pas donnéc acci- 
. dentcIIenlent, car clIe cst répétée par un gr3nd nonlbre d'ora- 
I 
leurs ct d"écriyains postérieurs. L 'accusation relative aux ban- 
quets, d3ns lesqucls on accusait les chrétiens de se nourrir 
J de la chair des enfants, dura à peine une centaine (rannées; 
Il13is t8US les témoins païens que nous pouyons invoqucr, 
:accusent rÉglise de superstition. Le controycrsiste païcn elont 
il est question dans l\Iinutius appelle Ie Christianismc : C( Vana 
et delnens slfperstilio. n Le légiste )Iodestinus parle, en faisant 
I une allusion apparente au Christianisllle, " d'csprits faibles 
qui sont terrifiés , slfperstitione nun1Ínis.]I Lc magi
trat païen 
'dCllU\ude à saint )Iarcel si lui et les autres chrétiens ont laissé 
de còté les " yaines superstitions, n et s'i]s yénèrent les dicux 
I qu 'adol'cnt les elnpereurs. Dans l\.rnohc, les paÏens parlent du 
Christianisn1c H conune (rUne religion exécrable et portant mal- 
. heur, pleinc dÏlllpiétés et de sacriIéges, COrr0l11pant les rile
 
'étahIis anciennelnent par ses superstititions nouyelles.)) L'aùycr- 
. saire anonynle de Lactance rappeUc ,l i111pia et rilis supcrstitio, )I 
Lïnscription de Dioclétien à Clul1ie 3' ait été faite, ainsi qu'cHe 
Ie porte, à roccasion de H I'e-xtinction totale dc la supcrstition de
 
chréliells et de I'e:\tcnsion du culte des dieux. )t )IaxiIuÎn, dans 
sa Icttre sur rédit de Constantin, rappelle une superstition (f), 
Que signifie répithètc ainsi attachée au Christianisme du 
consentclllcnt unanilne des païens qui font autorité? Elle ne 
peut ccrtainement pas ayoir pour objet de désigner une religion 
dans laquelle rh0l11IDC était libre de penseI' ce qui lui plaisait, 
oil if sc trouvait dégagé de tout frein, soit dc lïgnorance, de )3 
I craintc, de rautorité, ou des pieuses fraudes. Quand les écri- 
vains païens appcllcnt lcs rites orientaux dps superstitions, Ïis 
: enlploient ccrtaiUCl11cnt ce Inot dans son sens Inoderne; on ne 
: peut sûreIllent pas doutel
 quïls ne rappliquent au Christia- 
,uisnle dans Ie nlèlne sens. 
Iais Plutarque nons expliquc Ic ßlot 
; superstition a\ ec étenduc dans Ie traité qui porte ce nom: 
I 
 De tous Ics genres de crainte. dit-il, Ia supcrstition est la 
I 


(t) v, Kortbolt, dans PI. el Traj", Epp., p" tä2 ; Comm. dans :\Jinut. F., etc" 



- 2:)() - 


plul;; fatale à raction ct it r('
IH'it (r(
ntl'cpJ'isc. Cclui qui ne un. 
,iguc pas nc cl"aint pas la IHcr; CPllli qui Il"e
t pa'\ cn
ngé dan
 
Ic SCI"\ icc luilitairc n "appl't'hCllUl' pas la guerr('; celui qui r('
t(. 
dall
 son int(
ri(,llr ne craint pa
 Ics \úlenrs; Ie pnn\rc B"a pa
 
å redouter I('s f1alteurs 
 rhOHUllC pri\(
 c,t à rabri tie renvic. 
I..:hahitant tlt.'s Gault's nl
 cra
nt pa
 ll'
 trcHlhl\'llU'nH tIc terre, 
pH'" plus fIIH' r habitant (Ie fEthiopic n "nppréhclldc Ie tOllnerrc; 
tuai, cclui (Iui craiut ll'
 (lieu\. c"Hin1 tout: la 1erre, Ie, Jucrs, 
rail", Ic JirnWllll'llt, rohsclIl'ité, la IUIHièrc, Ie hl'uit, Ie silcnce, 
I ' sOIllnleil. Les e..;cIa\ l" donu(')}t et ouLlient leurs IllnÎlres 
 Ie 
sonnl1cil 
Hlonrit lè poid
 dc la ehainc de
 pri
onniers; durnnt 
Ic 
Ollllucil 
 lcs Lll','urcs cuflalllIllées et Ics plaic
 cl'ueJles sus- 
pl'II<1('nt h'ur eui

un. La 
lIpe...
tit ion 
enle n"a pu clltrer en 
accollllnotlcillent a\ cc Ie SOllllllCil; car, durant Ie sOllllneil de 

('.s ,ietill'e
, ('lIc fnit apparaitre, l'Olllll1l
 si dies était"lIt dans It.' I 
royauHle des ilupies, dcs spectrcs horriLlcs ct des fantômes 
 
InonstrUl'H\.; rIle produi1 des 
o"tfran{'es di\"er
('
, 
c jouc de , 
la paIn re 
huc ct In pCl'sécnte. Quand les gens sllperstitieux sc 
lè\ cut, au lieu tie rire tic ce (Iui n"a aurunc I'l'alité, ils lOlubent . 
entre les 1l1nilIS tic:' ("harlat:1lls ct c.le
 1l1agiciens qui leur disent: I 
"\ppcle la yicille 'OI'Cil're pour' fairc des c\.piations. haigncz. I 
vous dalls la 1I1l'r l't ft

('
 ('Z-YOUS touh
 I it jOUfIlt'l" 
nf la terre. It 
Plutar(lue parle CIl,uitc de Jïntrodul'tioll de I( DOIDS étrangcs ct 
d'cxprcs
ion
 hat'harcs n d
)n
 I( rnutof'ih
 (Iivine et nationalc de 
la religion. n II ohscr\ e que, tandi", que Il's csclavcs, lorsquïls 
ch
..;e
pi'rellt d"ohtenir la lih('rtp, PCU\"(,I!t dClnatHler it ètrc Ycndu
 
it un anU"c I1witre, In superstition n '3(hnct pas que scs yietilnes 
puis:o'ent changer ùe J)il'u, pui
(lue (( on ne peut trouycr un 
l)il'u qui HC soit p3"S redoute dc crlui qui craint lcs dieux tic 
3 
f:uuille et de sa naisl;;ancc, qui trl'IuLlc dcyant Ie Dietl qui 
s
nl\ c ct ((ui J)i'nit, ct t1l'\ ant peux de qui nons tenons 13 
riehcssc, la fortunc, la cOllcorde, la pai", Ie 
uccès des }>nroles 

abe
 ct des honn('s netiol1s. n II <lit l
nrorc que' tandis que 13 
mort est pour tous les honlJncs la fill ùe In ,ie, iI n "cn cst pas 
3in
i 3\ ec Ie 
uprrstitit\u
 ; ca.", 3\ cc In nlort , lui apparai
scnt 
lcs lourùcs barrièrcs ùe rcnrcr, les torrents i01petucux, cOin. 



- 237 - 


:posés à la fois de feu ct ùe ténèbres, robscurité avec scs Inillierg 
; ùc fantònlCs, Ics 
peetrcs aux yisages hideux ct aux yoix 
cffrayantes, les juges et les bourreaux, les abhnes et les cu- 
: vern
s pleincs de Iuisères innoJnhrahles. ;, 
I Plutflrqne ajoute (Iue dans lïnfortunc ou la Inaladie, fhoffilne 
I 
upcrstitieux refuse de yoir Ie philosophc qui pourrait lui donner 
,des eonsobtions nloraIes, on Ie nl(
dcein du corps, et quïl 
,s'écrie à leur YUC : cc HOIluI1e, souffre que fcndure un châti- 
,ment, nloi, eréflture impic, 111alulite, haïc des dieux ct dC8 
I génies. It L 'athéc, au contrairc (avcc qui il 111et constamment 
.Ie snpcrstitieux dans un eontraste désavant3gcux au dernicr), 

 " essuie ses Iarnles, arrange scs eheycux, sccoue sa tristcssc. .. 
; 
Iais conunent pourrez-yous 'ous adrcsscr au superstitieux, 
I COlluucnt pourrcz-yOUS Iui ycnir en aidc? II se ticI1t à part, 
I yètu (rétoffes g.'ossières on de sales haillons; souvcnt il se 
. dépouille de scs IlfIhits, sc rouIe dans la bouc ct raeontc tout 
: haut scs pt'chés et ses fautes, paree qu ïl aura 111angé et bu 
I quclque chose que Ia Diyinité nc pernlettait pas..... Quand il 
I cst de honne Inuneur et sous Iïnfluence d'une superstition 
joyiale, il reste chez lui ct sc eonlpIaît au Inilicu dcs 
3crificC!ll 
et du carnage, pendant que de ,-ieillcs sorcières lui attachcnt , 
COll1nlC å une chevic, scion I'expression de ßion, tons le
 
charnles qui se présentent. t{ Cc que les honuncs aiUlcnt davan. 
t3ge, continue-t-il, ce sont les fêtcs, Ics banquets dans le
 
tcnlples, les initiations, Ics orgies, les prièrcs ct les adorations. 

Iais Ie supc.'stitieux désire se rl'jouir et n 'cn est pas capable. 
Sïl est couronné, il dc, icnt pÙle; sïl saerific, il cst dans )0 
crainte; sïl prie, c'cst d'une yoix trclnhlante; sïl bride de 
renccns, c'cst d'ul1r n1ain peu assurée. I! ùénlcnt cc que dit 
Pythagorc, que nons nous trouyons dans la 11lcillcure des posi- 
tions qnand BOUS approchons des dieux; car les hommcs 
, superstitieu'\: 
ont dans nue position des plus Inalheureuses et 
, des plus n1Ïsérahles Ior
quïls approchcllt les tenlplcs et leg 
, chàsscs des dieu\., ahsoltnl1cnt e0l11n1e si ees tenlples étaient 
i des mItres de hêtcs féroees, des repaires de serpents ou des 
cavernes de nlonstrcs lllarins. n 



- 238 - 


l\ous a\ on
 H. une peintul"c a..;scz \ iye de lïdee de PlutnrqlH' 
sur rc

cl1rc .Ie la "'upcr
tition : c .."tait la l'en
éc inlHgillairc dt, 
rt.'\i
tencc d.ull rnaiu'c in\'i
ihlc toujours pl'éscnt; rm....l.r'issc- 
tUenl à une règlc de yic, à une rc
pon:-,abilité continuellc; rO}Jli. 
Jr:.1tion tl.ohsel'yt'r dc petite, ehost.':' ; lïlnpo

ihilité tl.t"ehappcr å 
son dc\oil" , lïIH l )lli......anee ùe ehoi,ir sa l'eli
ion ou (fcn chan
cr" 

 r , 
la eOllu'arit',té dl'
 joui

anl"e
 llC' la vil'; uoe \ tll' T1H:'laneoliquc I 
tiu lunnde, Ie sentinlcnt uu péché, rhorrcur du Cl'irnf', rapprr-: 
hl
ll
ioll tlu ehÚtilHcllt, la craintc, 11uHlliliation, raùaUclucnt, I 
lïlHluiétlldc r cf1'ort COIl
tallt (reU"c Cll pai\. a, cc Ie ciel; .'Ilfin, 
rCn"CUl' et ruh...urdilt" dans les IH
thodcs thoisit.'s ponr afteinurc 
ec hut. Tcllc nussi (
tait lï(It',c (Ie '''clh''ill
 rl
picuricn, qunnd il 
s'éloigllait a\ cc horrellr UU t[ sCJJlpilerlllls VOl/llnUS n ct II cnr "usus 
!JlJlIS it dl'
 
Ioï('irlls (I). n ...\
:"oUl"i'1I1ent Ia p.'n
ée tic T;wile, <Ie I 
J 
Suéton
 ct de PliIlP étuit Ia llJèrllC. Be IÙ Ic rcprochc adrc:,:,é si 

OUYPllt aU'\. chréticlIs trèu"c l"rt"dulc
, e:-:pr'ib faihlc
 ('I paU\TCS 
dïntellifreHcc. Lcurs :uh cl'sair 'S païclls pal'lcnt, dans 'Iinutius 
.'t L:-ICl:lllce, de leurs u tontt.'
 dc \'ieiIlcs fCllllllCS ('i). )t Ccl:-,c lcs 
neeu
c dc ,( donncr ICUI" [I
sl'lltilnent an Iwsard ct 
nn
 r3ison,)t I 
en tli,ant: <<: XC '"OUS iufol"lHeZ pas, Inai
 cro)ez. )t II clit aillcurs: I 
\( lis l
t3hli
"'ent (IU ïl He "aut lai...scr approehcr auenn hOlIlmf' 
in:5truit, saO"c OU sen...é; lllais (IU ïl faut rece\ oil' 3\ cc coniiance 
rhUlllinc i
norant, faihlc c.rc
prit, SPlllhlnhlc à un pofanl. En 
3\"ouant (Iue ccu\.-ci sont dignes ue leur Dieu, il
 d r
il'en 
{'\ i(lt
IlHllent (parct' quïl
 liP 
()lJt pa
 tapal'I,-
s t.J"auu'.' those) 
('on\'cl,tir Ics :'Ol
, lcs espril
 \'uhwires 'I 
tnpidcs. IÙchcs, Ics 
fl'lllnle
 et Ics l'ufants. nIl, H tI'olHpent le
 
cns 
illlple" ct les I 
f'ondui
l'nt oÚ il
 \"culent. n lis H s.ndrcsscnt nux ,jC'unt'" gC'ns, 
au\ uOlnc,tiqul's ct au\. faiLlc
 ù'e
pl'it. )) lIs u s'éloigncut des 
personncs ill
trHitès c:on11l}(' de 
u.icts ilnproprcs à Il'ur
 ÍInpo
- 
furc
, ct Ies pnysan
 dc\icnuenllèurs dupcs (
). )) Lc nlagi
lrat I 


(I) Haque imposuislis in ccr\'iciLus nostris sf'mpiternum dominum, quem 
.iics el noctes limenmus; quis enil}} non lim('al omnia pro\ iùelJtem et C'O
I- 
tanlem et animad\ertcnlem cl omnia ad 
e pcrlincle putanlcm, curio
ulU , et 
plt
num negotii Dcum? - Cic., de 
at. Deor, 1 , 20. 
(2) Min., c. II. L3Ct. v, l, 2. Yoir Arn(lb," ij, R, etc. 
(3) Origen. conlr. Cels. , I , 9; 111,,\ i , t)O; '"(, 4
. 



- 259 - 


:mien dit au martyr Fructueux : ([ Toi qui, en quaIité d'apÔtrc, 
"ëpands une nouvelle fable, en disant que les jeunes fiUes 
'nronstantes peuvent quitter les bosquets et abandonncr Jupiter, 
':ondanlne, si tu es sage, Ie sYlnbole des yieilles fenunes (I). n 
I Tout ccIa nous e-xplique les épithètes d'ayenturier, de char- 
atan) d'enchanteur, dïlll posteur, de sophiste, de sorcier, jetées 

 ux homn1es qui ont cnseigné Ie Christianislne; tantõt afin de 
endrc con1pte du récit ou de rapparence de leurs miracles; 
I uelquefois pour c
pliquer leur succès. On disait (Iue 
otre- 
;,eigneur ayait appris en Égypte Ie secret de la puissance miracu- 
I
use dont il était doué; les adyeraires d"EusèLe (2) lui donnaient 

s épithètcs de (( magicien, de charlatan, dïrnposteur, (f3Ven- 
urier, d.cnchantcur; n ils (( aùorent ce 
ophistf' crncifiè , n 
: it Lucien (3); ([ Paul qui surpasse tous les sorciers ct impos- 
_'urs qui ont jan1ais existè, n tel est Ie portrait que Julien nou
 
onne tie l'apôtrc. Saint Justin dit à Tryphon : ([ Y' ous avez 
I 
n\'o) é prècher dans Ie monde entier qu .une certaine sccte 
,thée ct sans lois cst yenue d"un nonul1é Jésus, ilnposteur de 
';alilée (
). n (( Nous connaissons, dit Lucien en parlant des 
':Jwldéens et des n1ages, connncnt Ie S) ricn de Palestine, qui 
,st Ir grand sophiste en ces Inatièrcs, guérit les IUl1atiques qui 
e présentcnt à lui les yeux contournés, In houche couYert
 
'éculne, et Ies rCl1yoie guéris, en Ies débarrassnnt de leurs 
'naux, n10yennant un grand prix (
).)) u Si quelque n1agicien, 
lonunc haLile ct saclwut Dlener les choses, yeHait près (reU' , 

it Ie Inèlnc écriyain , il ohtenait Lien \'ite de I'm'gent et faisait 
nsuite Ia grin1aee à ses dupes (6).)) L .officier qui gardait snin
 
,)erpétuc craignait qu.elle ne s
échappàt "à raide d.cnchante- 
nents 1l1agiques (7).)) Quand saint TiLurce eut n1archp sur des 
harbons ardent
, son juge s.écria que Jésus-Christ lui 3yait 


(1) Prudent. in hon. }'ruct" , 37. 
I (2) Evan. Dem" III , 3 I 4. 
; (3) ])Iort. Prreg., 13. 
(4) Chap. 108, 
: (ä) Philop. 
 16. 
I (6) He Mort. Pereg., ibid. 
(7) Ruin" Mart. , p" 100, 59! , etc. 



- 2
O - 
('nscigné la nla!!ie. Sflintr Anflsta
ie fut jctéc cn l'I'i
on eonl01C I 
cionnant de
 rt'nlèdt's 
l'crt'ts. La populael' criait l'ontre 
aillt('1 
Agnès: t: filli

oll
-t'n 3YCe la soreière, lull. IllaY(lIJ1, tulle ?na- 1 
1r:{ic(l1n! u Quanti 
aint Bono
e ('t 
(1int 4Un\ilnilicH 
ol1fTrircllt la 
poix hrûlnntc 
all
 
 'éulou\ oir, le
 J ui I, et Ics (
cntil" s"écl'ii'rrnt: I 
/.I\ti 1I1nyi {If I/lall'fì('i. u (
udll' nOH\ t'11t- illn
ion, dit Ie Inagi
lrall 
pnÏen it roccasion tic saint Honluin, a alllcn 
 ccs sophisles il nirr 
It
 cultc lIl's dil'UX? Gonlhit'n eC dtef de 
ol'('icrs, t'npahle par, 
_on channe (clLrl en) thessalien de se ..irc du chåtilllrnt, sc 
mo!)ue ùe nOlls (I), " I 
N ou
 pOU\"OIlC;;, de ce qui prcci'de, til'cr In signification du 
IIlot CarJJi 'll dall
 Ie seus où I)lillC reluploie. (}l1and il parle d
1 
clirétiens, " cli
ant l'n
l'lllhie un carl/wit flU Chri
t eOlllnlC it un' 
Dieu, n il cntend à peu prè, ce (Iue Suétone rend par u In a lefiro' 
SllPL,.stitiv (
). " I...cs l'xIH'es
ions de ee derllif'l' l'('l'ivain et Ùt 
Tacite sont encorc éclaircies avec plus de 1)J"("('i
ion c.'t jc rui
; 
(fire', dOunc Inanièrl' plu
 pal'tirulit'l"c, par ccrtainc\;ì dauscs du 
I 
eodc de 'fhéodose, qui sCBlhlcnt nlontrcr C]11f\ ("l'S hi
torien
 ru 
(ai,aient qU'ClllpJO
 cr ùe, e\.prc,
ioJl' cL d('s phra,cs consacré(
' 
pn c
prilnant lïdi't" (111 ïb 3yaicnt du Chri
tiani
lllc. Tneite.l 
I}or cA.en1plc, nou
 diL : u Q os 1) 'rfln[jitia inr 'sos, 'fU 19 11t I 
cllristial10s npJ){'llafJat; et la loi eont rc It's 
or('il'r
 ('t Irs astro- 
logucs parle t.hHIS Ie colic lIc ceux, t, ']"08 ob (ach 0)'1111 'Jllagni. 
tudineJJl1"1(IY"8 walf'{icos oJ}}Jl'llat (:>). n En outrc, Tacite accu
t 
Ic..
 chl'éticns de rudiul11- II lln1an' gcncri.ç, cc flui était Ie tfni 
cnractéri4iquc ù"un hOllllnc pralicluaBl la ll13gic; ur, Ie, loi! 
appcllcnt les sorcicrs, 61 lillI/luni gcncris hostcs, n It human 


(1) Prud. in hon. Rom., \'. :i04, 
ß
. 
(2) 
ous a\ons dans la Philopalril des exernples de carmina aUr ibues au) 
c:brétiens. I 
(3) Goth 0 in Cod. Th", f. Y, p. 120, ed. 166ä Ailleurs: cr Qui malefic 
\u1?i consuetudine nuncupantur" >> Leg" 6:"Ai,:si Laftance : (( Magi et ii quo: J 
,cre malcficos vu1gus appe11at. )) In
t., lJ, 1... (( Quos et malrficos ,u1 g u', 
appellat. )) August", Ci\'. Dei, x" 19. (( Quos vulgus mathematicos \orat. )\ 
Hieron. in Han., c. ij" Yid. Gothof. in loc. D'autrcs Iois parlent ùe crux qu, 
étaient: ft maleficiorum labe polluti" )) et des (( rnalcficiorum'scabies. Ð 



- 241 - 


rncris ininlici, It (( naturæ lJcregrini, n u CO'ln1J11Ul1S salutis 
Jstes (I). n 
: Ces passages nons fournissent l'expIication de mots qui ont 
'
cité une grande surprise chez certains écrivains nlotlernes, 
I IÌ HC s'c-xpliquent pas qu"un historicn graye, instruit, con1me 
'
tait T3Citc, ait appli(lué 3UX chrétiens ùes épithètes qui 
'ssclnhlent fort à des injures" Et cependant queUe difficulté 
,ulè,ent ces expressions, si ron suppose que les chrétiens 
Dient rcgardés comn1e des magiciens et des astrologues, et que 
,'S derniers passaient pour ètre des hOlnn1es intriguant en secret 
mtre Ie gouyerneUlcnt établi; quïls étaient les instruments 
Ihol1llnes politiques perdus, les ennelnis de la religion étabIie, 
:S pl'opagateurs de fausses rU111CtH'S, les auteurs d"empoison- 

1ments ct (rautres crimes ? Paley, après ayoir cité quelques-uns 

s plus beaux ct des plus cntraìnants passages de saint Paul, 
;crie: (( Lisez ceci ct songez ensuite à (( l' exitiabilis superstUio. " 
: elpri111e ensuite Ie désir, u en dissertant contre les auteurs 
'lïens, d"opposer nos Ih res nux leurs (3), ,t comme sïl s'agissait 
i de liyres. Lcs hommes publics se 
oucient fort. peu ùes livres. 

s beaux sentiments, la plus lumineuse philosophie, ]a plus 
'ofonde théologic, lïnspiration n1ème, sont choses qui les 
uchent peu; iIs S .occupent des faits et ne se soucient que des 
its. La question pour eu'\:, lors de ]a propagation du Christia- 
SlllC, était de connaitre la valeur, de savoir queUe était Ia 
ndance de la COl1lluunauté chrétienne dans I'État? lIs ne 
nquiétaicllt guère ùe ce que les chrétiens disaient et pensaient. 
,eux-ci auraient pu exhorter à la paix, 3 robéissance passÏ\ e 
I terQ.1es aussi forts que possible, sans qu'on en tint cOlllpte; 
ais ce dont les hommes d"État se préoccup
âent a]ors comme 
ljourd'hui, était de savoir ce qu"ils faisaient, de connaître leur 
)sition sociale. C' est Lien peu de chose que de renvoyer les 


.(1) Tertullien mentionne aussi l'accusation de (( hostes principum Roma- 
rum, populi, generis humani, Deorum, Imperalorum . legum, morum , 
. turæ totius inimici. )> Apo}. . 2 , 3ä, 38. ad Scap.. 4 , ad 
at. I, 17. 
T!) Evid. . part. ij , c. 4. 


B'Df,IOTH" IIIST" 6 e A
;\'ÉE" fer OrYR. 


21 



- 
/..:l - 
hOllUllCS du monele nu
 vérités nh
trait{'s ou nu"X premiers prill' 
I:Îpt'
; un hommc t11
tat npprécic )..s pnrti
, Ic
 seeles, lei 
l
("l"i\ain
, 
t't1I('1I1l'lIt par Ie (',)h
 t.IlIi Ie toul'he. II a pour c- 1 
genl'l- de jUgClllent ræil cxcl"('é, ('t it cst peu ,...aiscnlhlabl 
t.luïl se troulpe. "tlll'e
t-ce (lue la \l'rité? It a dCIlWluh" Pilat' 
f'1l p1ai
antant. Le5 justifications, quelqul' élo(lucntcs et \ rflil' 1 
flu 'cllcs fU";'Wllt, élaicnt inu tiles a tI(HOt'S Ù'UII 11 tagi:,trat I"omaiu I 
t."outre Iïn
tin("t 
i Ùr 'Iui Iui fai
ait redouter Ie Chri
tianisrne, 
(
Oétait Cll ctrct un PIlllCIUi Ùi.Ul
C"CU
 pour toute puis:o'auce <Ill 
Ill' 
Oappuyait pas sur lui; Ie InaHistn\t Ie bèutait, et ri'Yt.o'ncIlI('n 
a jt1
titié SOil apprl\hcllsion. I 

?U
 nc dc, OilS pa
 perdre de vlIe Ie caractèn," l,ien conn 1 1 
clc' I"Etal ronlain dans 8('
 rapporl::; 3\ CC scs sujClS. II cut di's I: 
Ju"incipc Ulll' t."trt.\IIIC 111(,fiallce des SOCil\ll'S 
eCrt'tl"
. II était pre.: 
:'t cOllcl'dcr unc tolérancc large ct sur une \"a
tc échclle 
 nlais l 
aillsi l{uïl en est a\ ce les gOH\ erIh\nlellt.
 )1l0lICrlles, il désirall 
;t\'oil" une juridi(otion et une 3utorité suprènles sur elwqu 
IHOU\ ClllCllt ÙU ('orp
 politique et de 
es lllt'lIlhl'es; 
olJgcolJ 
au

i que se
 in
tilul iOBS étaicnt hasées sur sa religion ct (' 
dépendaicnt c..;..;cntiellclllcllt. Toute iIlIlO' ation ltostiJe au pa 

ani"lIlc, c'cst-à-tlirc an culte ('tahli, était en cOll
l'qnl'nrl 
réprilllée a\ ee l'igueHI", 
i cUe n"a, ait pas rautori
ation (Ie I 
loi. (:'c
t pourquoi ceU\: (Iui pratiquaient des 
uperstitioIlS gro: 
sièl"èS, des lllystèrc\:" la lllagie, rastrologie, étaiclll Illi..; au ba 
de In société, et se trouyaicnt dans une situation analo
ue, : 
ron peut se pernlcttre cctLe cOlnparai"on, à celie qu'occuprl 
("hez nons Ies cOlltrrhandicrs ct les Lrnconnicrs, ou peut-èU I 
1I1èlUC les yoleurs ct Ics hrigands de granù chc)uin. Dans It. 
rOlllans, rOIl fait (Iuelqucfois t.lCllHtlllll'r nu ,olenr tip notr 
('po(Jue pourt.{(loi la Inajorité ù'un peuplc lierait b Ininorité , ( 
pourq uoi il scrait j lIsticiablc des Ioi
 qu ïlll'()h
cr' l' pas. "algI, 
..cIa Ie 1l1agistrat, quoiqu ïl désire CIl r("alité que tous les h01l1ffit 
gagncnt leur \ ic ct pro:"pèrcnt, CIl suiyant toutcfois Jcs ,"Dill 
I(
ale)ncnt sanctionllécs, s.appuic sur la puissance de 13 force: 
('l fait pcndrc ou tll'porter ceu\: qui eltcrchent it 
e soustrairc I 
SOli autorité. Les HOlnains nppliqullient cette r('gle it la rcligior I 


. 



- 11.3 - 
larJner protcstc contre l'application que Plinc fait des llJoL5 
: opiniàtrcté et obstination inflexible, )) en parlant des chrp- 
ens de Pont. (( Ce sont là en vérité des paroles ùures, dit-iJ, 
')rt Inal appliquées à des honllTIes qui étaient prèts à se laisser 
hn\ aincrc et désireu
 de donneI' satisfaction it leurs ennen1Ïs, s"it 

ur e.It été pernlis de parler (t). n II dit ensuite : (( II me sClnble 
'ue Pline a agi (rUne manière arLitraire et injus{e dnns la 
wnièl'e dont il 3 traité h
s chréticns de sa pro' ince. Quel droit 
'rait Pline dOagir de Ia sorte? En ycrtu de quelles Iois punissait- 
lIes chrétiens ùe 1110rt? n 
Iais les rOlnains 3' aient toujoul's 
l'úlé les sorciers ct banni pour la ,ie Ies pcrsonncs qui les 
I)n
ultaient (2). C"était uue yieille COUtUlllC. Les nouveaux 
,lystères leur paraissaicnt plus spécinlelllcnt 
uspccts, lwrcc 
;uc, dè" quïIs n Oétaient pas 3ccrptés par la religion établic , il
 
,5pondaiellt en réalité à ce qui petit ètre appclé un Lcsoin till 
I
mps. Les Grecs d"une époque antérieure ayaient naturalisé 
hez eux Ies lnystt
res tl'EIeusis et autres, qui étaient venus de 
'Égypte et de. la Syrie, et iIs 3yaient peu à craindre dOun

 
'ou\elIe inyasion ({ui dcyait ycnir du nlèn1C côté; cl'pcndnnt, 
'lènJc dans la Grèce, cOlnme Ie dit Plutarque, les carlnina 
'rs disciples errants de Cybèle et de Sérapis, Inircnl rUS3paf' 
es ycrs hors de luodc, ct par suite les réponses des dieu
 
ll'ent données en prose. Les oracles ne tardèrent pas à cesser 
Jut à fait. LÏncrétlulité générale, qui pré\ alait ùans toutes les 
lasses au sujct des fables nl)thologiqucs de Caron, de CcrLère 
t du royaun1e des chàtiments, contribu3it aussi à accroitre lit 
.lousie dans resprit des ROlnains (;;). 
l\'ous sayons queUe opposition rencontra dans Rome mènle 
1 philosophic de la Grèce; il est 3SSCZ naturcl que r3ycrsioll 
Ics honlnlcs t1"état ct des le
istes qui veillaicnt sur la con
ti- 
'ution fÙt plus grandc encore 
)our lcs Ct"rénlonies des Barbare
. 
I.la religion était Ie point dOhonncur rOlnain. u Les Espagnol
. 
I 


(I) Hpathen Test., 9. 
, (2) Gothof. in Cod" Tho, 1. Y, p" 121. 
(3) Cic" pro Cluent", 61; trad. de Gieseler, \'01 I, p. 21, note ä. Acad. Inser" 
. 3-i. Hist., po 110. 



-2 


(lit Ciet;) on. peu,-ent rÏ\"ali
l.'r rontr
 eu
 en nomhre les Gau 
lui", en orcc l-'h
 
iquc. I'" Carth')g'inois en 3ùr
se. Irs Grt
( 
l-Jans I('
 arf
. les halicns ct l
 Latin-en bon 
ens: I1lais It. 
HOluain
 
urp" .....:el11 tout, Ics nations en pit.té ct ('n d
, otion(_). 
l ne lll
 It
ur
 loi
 portait : &. Que p('..
onnè n"ait. des ùieu\ pOll 

í)n usag'C personnel oi n 'adore en particulier des dieu\ nou 
\ eau
, à IUOlll';; qut." {'e
 ùieu\. ne ..;oiellt aceeplé.;;: par rautorit 
publique (i). Le ;nat interùit à l..utatiu
 (
). à 1a tin de I 
premièr
 _'Uerre pUlliquè. J.. consult 'r }.." S ,.t s P . e
t;n( 
conIIne {t
nt. '" au.' Jif;a alienig na. ' 
ul'lques nnnët,s 3prè
 
ce consul prit la hache ct COll11l1enca à détruire lr
 tenlpll 
d"l
i
 et de 
érapi
. Dan
 la 
l'ronde gucrre puniquf' Ie sën 
ordonna la r
tituúon tIc r ri t' it' . au preeat' J s ct d 
tout érrit rrhltif à rart de
 
arrifil"l"
. Quand å nnc époqu 
p05térieure.. on Jecou\ rit une ...ociété secrl
tc. Ie Consul rappel 
au'\. Ronlain
 la loi de leur
 anc(,'trcs qui interdi:,ait Ie (orum 
l
 cirque ct 13 ('it; au'\. ulagiricn::- ct au'\. prophèt
. ('t Il
ur 
lh fe... furent Lrùlé.;;. Dan.;; Ie ::-il.-ele suÏ\ ant 
 on conù3mna 31 
h3nni
'enlent de- indi\ idu
 qui tr
l\ ailJaicnt å introduire I 
eul e de ' baziu.. I
 

 rien ('( pll1
 tard. ]e.;: len1plc' d"Isi.. l 
de "røpi'\ urent detruit unc 
lconde .ois. Xou
 ,oyons dan 
DiOD que 
Iéeène cOIl.;;eille à \u_u.;;t 
 d"honorcr I
 ùicu\ sui 
\ant rU
'1
C national. parcc lIne Ie nlëpri
 des di\ initès du p3
 
conduit à lïn,uborùination chile, à r. ccrplation ù
 loi
 étran 
gèrc au\. con
piration5= lot au," reunioll5: 
errète
 (.). . '" 
soufTrcz pa,. ajoute-t-il 
 que rOD rcnie Ics ùicu). ou que ror 
pratique la 
orccIlcrje. ,. Le juris("on
ulte J uliu
 Paulu, é13Llit 
conlnle un dl s principes fondamentau\ de la loi rOITIaine. l}m 
ceu'\. qui introduisent ùes religious nou\ cUe,. qui n "Ol1t pa'- éh 
mise5= å répreu\ (' doiycnt lotre dégradés. el nlis à nlort 
ïl. 
appartienncnt au
 classes inlérieures ùe la socicte (5). :\OU 


t) ))
 JIarusp" Re..p. 9. 
2' De L _., ij. . 
,3; Aad. JD
r.. ibid. 
t :\tander, des. llist" tr., '"01. I, p. Sf. 
.5ì \tuBer, p. 21, 22, 30; Tertull., 01. ir., p. 12, note p. 



t" 
- :.
") 
 


rou\ on,;;; 3us..i qll ïl c..t fûrnJeJknH:
nt ordonne par une Joi tit.. 
on..tautin llue Ie.. al"u'piccs n'e
ercer3ient pa;:, leur art (n 
"'crd et if c\.i
tc une loi de '-alentinkn pour dé(endre duraIJt 
a nuit Ic.. 
acrifice.. et la ll}3_ie. ::\I(Ji
 ce qui se rapT ortc plu
 
lircctenlent å robjet (Iue nous a,on;;; en Yue, c'e
t Ie zi..le dYfC 
equel Trajan ré
istait aux hetlf:r;æ ou 5ociété, 
ecrèt 
. _-\ tcl 
)int que lors4u"un incendie dé'3,ta la -'icoméJie (tque Plio 
ui propo
a en con
équ(l}(:e (f) de forfuer un corps de Cfut 
inquante pOßlpier . iI rut cffra)é de ce précLdent (t s'} OppûS1. 
Ce que nou.;;. a\ on
 dit fait rcs,;;;ortir un autre púint de ,u
 
OìJC 
equellc
 ril
 de rOricnt de,aient déplaire au aou,ernlll1ent 
omain : c'cst (Iue ce
 rdigion;;; parcouraient Ie monde ei ai- 
aient du pros 
l
 tisn1C. II eût pu tolérer de;;: .;;;uperstitions itralJ- 
"ère.,. qui eu ,
cnt été profcssée
 par des pro' inees ou d

 p<l 
 
 
,!acé;;: sou;;: 
a juriditLion; ruai... faire du proStl) ti.;:rne 3U profit 
rune rcli2'ion ju
quc-lå inconnue 
 former en 
on nom un nou- 
cau parti, et propaser à tra\cr... ren-Jpire ecUe religion - qui 
l"était pa
 sculement locale. nlais uni, er
ene, - c'était (OID- 
nettre å la fois un crinle contre rordre et la raison. L'Erat 
)
irait a\ oir la paÏ\, partout et redoutait les chanzement:,.. 
aU5..i. "uÏ\ ant Lactance. cell\.. qui a, aient en horreur la reli3iGu 
mhlique, tran;;:nli...e par leurs aneètre..., étaient ju;;:tement puni
. 
t ils ravaient mérité ("1). It 
II e--t a
5ur
nlent inlpo5sihle de nier que les chrétielb t II 
'asscmblant dans un but relicieu
. ne ,-iolas.,ent une Ioi 
oll'n- 

 
lelle un principe ,ital de la cons
itut
on romaine. et Itl est Ie 
')ur SOliS lequell
 historiens et Ie, philosophes de rempire l'n- 
i;;;3g
aient leur conduite. C'etait là un acte hardi de la part fit-.. 
Ji5ciples tiu grand _-\pùtre. qui a commandé d'obéir au\ pui!õ- 
-ðnces établies" lIs en ,iennent a, ec Ie temps à résister å rauto- 
"ité dc" nlagi--trat5, résistance qui présente, d"après la théor' 
Ie ce qu 'on appelle 3ujonr<rhui Ie Principe ,- oIontaire (r-olr 11.- 
lF1J Principle) un phénonlène ine
plicable. La justific
tion lit' 


1) Gibbon. Hist., ch.16, Dote 1... 
:! Epit. Instit-, 5.5. 



- 24G - 
(',--'1fe dt'sohéi

nnc(' S"flPIHli.-, 
il1}plcn)cnt 
nr la IH'et'
sité de s...1 
soulnetLre it rauturité supérieul'c de quelquc loi divine; Innis 
l 
Ie Chri
tiani
llle ("tait, dalt
 
()n ('

en('e, 
ilnplelnent un culte 
privé et personnel, COllllnC henucoup de gens Ie pcn
cnt I 
nujounrhui, il n"
 aurait l'U aucune e"pècc de néccssité à C{' 
(Iue les chrt.ticn
 s'nssclnhlass('nt. Si, au contra ire , en 
e 
réunis'\allt pour ct'lt'hr "I' leur culle ct la sainte conllnunion , il
 
ohéi

aicnt it un cOHtntal1deIlIcnt indi
pcnsable, Ie Christin-, 
niSI1Ie, dans ce cas, inlpo.;:e une loi au nIondc, et il entre for-I 
nlcllenlcnt ùall
 Ie clHUllP ùe la politique. (;iLhon ral'l'orte (Iue 
par suite de ri'ùit de Plinc, " In prudentc tIcs ehrétiens leur fìtt 
suspenùrc leurs ngapes; Innis qu"il leur était '1J/possible ùt'l 
supprilHer rexcreicc du ru1tc puhlir (t). )t !\"ous nc 
anriOlh 
tireI' nous-lllèule une aulre conclusion. I 
rrroi
 cents ans plu
 tartl les ehn',tiens sen1hlcnt a, oil' adn1Ís I 
unc ,iolation d 
 la loi plu
 rCIHarquable cncol-c. ì\ous citcron
 
i. cc 
ujcl Ie ùocleur Durton. A.pl'ès t\\ oil' parlé de rt',dit tI(>j 
.:\Iaxilnin, C]ui prcnait de
 Iflcsurcs pour la rc
titntion (Ies tCI-res 
et de to us les hÙtilucnls qui leur a\ aicnt t,té con1ìsqués : " II cst 
clair, dit-il, (ra rrès Ics tCl'lHC:-- d(> cet étlit, que"' les chri,ticns I 
3yaient po"sétlé p 
Ildtlnt quelquc tCHIpS des proprii,tés. II s'agitl 
de nI3isons et de terrains qui n "avaient pa
 3ppartenH aux indi- 
vidu
, Iuais au corps cntier. II scrait ilnpo
sihle que Ie fait dc 
rcs po

es
ioJls nit i'ehappé 
l rattelltion ùu gou'-CI'UeUlcnt ; mni
 
il semble (Iu"il nit en licu en ,-jolatjon dil"ectr d"une loi de 
Diocli,ticll, dl>Cendant au:\. l'orporations ou au\. associations qui 
n "étaient pns légalt'lncnt reconnnc
, d.acqnérir dc
 propriétés" I 
Lcs chréticns Ill' fonnaiellt certaincnlent pas un corp
 rcconnu I 
par la loi au COlnl11l'nCClllent elu règne dc Dioeléticn, et ron 
pourrait presquc prnser (Iue Cl't t'ùit fut spécialf'111cnt renùu 
eontre cu\.. 
Iais il est probnblc (IUC ecHe loi contre les corpo- f 
rations fut i'ludée 
 ninsi quïl arrive à hien ò"antrcs lois fondécs 
sur la I) rannie cl conll"aires nux prcnlicrs principcs de jusLic{
. 
NOlls ùcyons supposeI' que Irs thrétiens aY3icnt 3chrté dcs 


(t) Gibbon. ibid, Origène 
)(Imt'l et défend 18 ,iolation des lois: OV)I: 
Jo1o
 I 
av'JO'TJx

 ;r
p
 T:% v
voPc
.v-ê.Y
 1tO(;l
, ':'CX
 ÍJ7r
p 8cj,)jIj
,:%ç. - Cels., I , J. 



- 247 - 


1 terrains ct des Inaisons avant que la loi ne fût adoptée, et leur 
,mépris de Ia prohibition peut ètre regardé C0l11Jne une autre 
I preuve que leur religion ayait pris pied d"une lllanière si refIne, 
'que ceux chargés de faire, exécuter la loi étaient obligés de 
!devenir les complices de leurs, iolations de Ia part cloun corps 
'ùéjà si nombreux (1). " 
I... II n'y a pas à s Oétonner, ainsi qu'on Ie voit dans Prudence, 
.que Ie n1agistrat qui présidait au martyre de saint ROll1ain 
'appelle les chrétiens H un peuplc rebelle (2); " que Galère Ies 
laccuse ([ d"atroce conspiration. n Dans 
Iinutius, les païens 
'parIent dOcux comn1e ([ tlllomJnes (rUne faction perùue. )) On 
'ne saurait s'étonncr que d"autrcs les représentent COll1n1C cou- 
.pables de sncrilége et de trahison , et leur donnent des titres, Sf' 
il"approchant da\ antage elu Inngage de 'facite, que nous 
n ons 
,signalé plus haut. De là les ,iolentes accusations portécs contre 
:('UX, quand on lcur reprochait Ia Jestruction de rempire, ct 
I 
qu'on les représentait con1n1e les ::\uteurs de tous les Inau-x 
Iphysiques, la cause de Ia colère des dicux. 
ct Les hon1mes s'écrient, dit TcrtlllJien, que rÉtat est 
,assiégé , que les chrétieris sont dans leurs champs, dans Irur
 
places fortifiées, daBs leurs îles. lIs se chagrinent conlme (rUne 
perle en yoyant des personnes de tout sexe, de toute condition, 
'et n1ênle de haut rang, passer it cettc secte. n Cependant, ÐU 
'milieu de tout ceIa, Ies esprits n'ont pas eu lïdée qu ïl pût y 
ayoil' quelquc chose de bon caché dans Ie Christial1isme; iIs ne 
se liyrent pas it des conjectures plus justes, ils ne se détcr- 
'minent pas à I' e
aminer de plus près. ta généralité des païrn
 
'accepte la haine de ce nOll1 dOune n1anièrc si aveugIe, qu "rn 
portant un tén10ignage fayorable à quelll ues chrétiens, iis 
'n1èlent it réloge Ie reproche du non1. H Caius Seius est un excel- 
lent hon1me, mais seulement il est chrétien. " ([ Je ß1'étonne, 
:dit un autre, que Lucius Titins, cet homme sage, soit soudai- 
'ncment devenu Chrl\tien. " Pcrsonnc l1è son
e à se demander 
(.. 
:si Caius est bon ct si Lucius cst sage, parcc quïls sont rhréticns. 


(t) Rist". p" 418. 
(2) In hOlJ. Rom" 62. in Åct. 5" C
'pr. 4. Tert., A pol. , 10, etc. 



- 
 t8 - 
on 
i c 'e
t parcc qn ïl
 
onr r 1I n hOB et rautrc sng-c qu ïl
 SOlJf I 
cJ('\"cnu
 cll1'l,ti(,B
. II
 e
tinlent C
 (fllÏIs connais:o-ent, ils Iué- 
priscut ce (Iuïb uc t'oJ)nai

ellt pn
. La \ erLu a IHoin
 de poid:-- 
dans It'UI" jngenlent que la Imin{' dl':i' elll"t,tiens" "nis nlors sïl' 
s'a
il ùe la hainc du nOlll, or (lut.'lIc culpabililé y a-t-il dan
 des 
1l0UI
 '? (JucIIt" ill"l'U
afioll port('r cont.,(' des JllotS? A IllOillS <fuïJ 
nOarri, c qU'Ull 1110t al'pli(IU(' COlllIllC nOIH n"ait nne con
OllnantC 
harhare, de lllatl\al
 aU
lIrc, it llioins (luÏI Ill' soil ineOIl\C-, 
HauL on indéc('llt" Si Ic 'fibl"c dt'horde, si Ic 
 il Jl'arro
c pas les 
('hulups. ,i Ie ticl rc,tc illllnoLilc, si Ia lcrre c,t ébrauléc 
 sïl 
al'rivc UI1\' fanlinc on nile pe
t{', (lu

itÒt on l'ntl'ud (.,'jcr: 
IC Les chI' "licns au
 lions (I) ! ]\ I 
L.. paÏl'1l C{'cilius parle dc
 ("hr(
ticns ell ces tcnn('s dnns Ie I 
pu
sa;!.. êlU(luel n01l, nYon
 r:.ir [lJJlI
ioll: C( Gel)" d"unc faction I 
perdut', 
ans loi
, san, frein, (Iui r{
Uni
'ellt la portion 13 plus I 
ignoranle d(' la plus, ilc C"nnnillc ct Ie... fennnes crt'dul('
 séduitcs 
Ù ('au,e ùe' Ia fuiLJe

c ùe leur 5C\C; iI.. fUl"lBcnt III1C fOllle ùïm-I 
pill'S cOI1!o-pirntenrs, li(
s cnsl'lnhle par des nssclnh1t',l'
 nocturnes, ' 
dt'" jcÙnes soIcllnels, des alilllcnt
 contrc nature et ùes inlpUl'ctl'S 1 
(Iui leur ticnnf'nt ]ieu dc rite
 '(lerés. lIs l
on!o-fitut'nt UIl(' trihu qui j 
sc caellc ct hait In hUllièrc, tPli cst Inuette en puhlic ef baynrdc: 
dall
 It'
 ri'uni()n
 pri, écs; jl
 nl('pri
cHt nos t(,llIpll's cOJllllll' des 
r()nlhcau
, erachclll 
t nos <.lieu\., sc JllO(jUcnt dc nòs réré- I 
nlonie
 l'clig-il'u
e
. EH\.-JnêJne
 digncs de pitié, ils 'ont jUS(IU 11 
s 'apito) er 
lIr nos pl'ètres; à denli nus, ils In{'pl'i
ent nos hon- 
ncurs el nolrc pourpre; Jllunslrucuse folie et incroyaLlc impu- 
dl'lH"t' ! ... Dl
 jonI' l.'n jc)ur leur Ioornlc reIÙehl'e poursnit sa I 
roule tortuctlsl'; ecs ritcs hiùcu\. ..rUBC as,oeiation ilnpic pr('l)- 
nent ell' la cOII
istanc(' dans Ie IlHHldc colier... II
 
è ft.'ton- 
uai

('nt Il'S tins les autrcs par des Illarqucs ct des si
ncs, cl 
s'airnent ('ntl'(' eu'\: pre'(luc 3yanl ùe sc connaitrc. Leur rrli
ion I 
n 'l'
t qu"une confusc incontinencc. Leur sotll' er folIc 
uprr'\fition 

c !.doriHl' ninsi tlrn
 Ie crilne... t 'écriyain qui raconte rhisroire I 
(fun erilllincl puni de la peine capitale ct du gihct de la croix. 1 


(1) ApoJ., 1,3,39, O"f" tr. 



- 249 - 


: qui entre dans leurs cérénlonies (cert J JJlOJiias), leur assigne par 
Jlà un autel digne de gens abandonnés et crin1inels, afin quïls 
,adorent (colant) Ie sup pI ice qu ïls n1éritent... Pourquoi tant 
,d'efforts pour cacheI' et déroLer rohjet, quel quïl soil, de leur 
13doration, lorsque les choscs honnètes ont toujours 3imé Ie 
: grand jour, et que les crin1cs seuls se tiennent secrets? Pour- 
I quoi n'ont-ils ni autels, ni temples, ni images qui nous soient 
Iconnus? Pourquoi ne parleraient-ils jalnais au dehors, et nc 
:s
asscn1blcraient-ils jamais librement, si ce n 'est que ce qu
ils 
'adorent ct cachent cst pour cux un objet ùe honte, ou de nature 
'3 attirer sur cux des chàtiments?.. Quelles notions mon- 
:strueuses et de n1auyais augure nïnventent-ils pas? .A les 
:cntendre, leur Dieu, qu'ils ne pcuyent ni montrer ni voir, 
:sïnformerait a,ec soin du caractère, des actcs, ct même 
des paroles et des pensées sccrètes de tous Ics homnles: ils Ie 
irepréscntcnt courant çà et Ià, présent pm..tout , tracassier, snns 
repos et n1ènle d'une curiosité ÏInpudente; c'cst-à-dire que 
:s'il est ténloin de chaque fait, sïl interyient en tous Iieux, il ne 
peut sÙrcn1cnt pas s'occupcr de chaque indiyidu en particulier, 
'sc trouyant distrait par tout ce qui se passe dans Ic monde, ni 
suffirc au n10lHle entier, sïl est occupp en pnrticulier de ('hacun. 
ISongcz aussi à leur feu nlcnaçant, à leur projet de destruction 
de toute Ia terrc et n1êllle du nlonde entier avec scs etoiles !..... 

on contcnts de cctte opinion inscnsée, ils y ajoutcnt les contes 
de leurs ,-ieilles fcn1mes 
ur nne nouyelle naissance 3prè
 
être nlort ct ayoir été réduit en cendres, et par une étrangc 
confiance, ils croient réciproqueulcnt leurs Illcnsonges. Pauyres 
créatures ! !"ongcz à ce qui ,"ous lncnacc nprès 13 ITIOrt pcndant 
tquc YOUS ètes en yie. \r oycz , In plupart d'cntre vous , ceux que 
'vous appelez les n1<.
illl'urs , sont dans Ie besoin, dans la peine; 
'ils cndurcnt Ie froid et la fainl, et yotre Dieu Ie souITre; mais 
ifOillctS les éprcuvf's ordinaircs. \r oyez, on YOUS lllcnace, on \'ous 
!punit, on YOUS tourn1cnte ; on dressc des croi
 non pour que 
'\'OUS les adoricz, 11lais pour YOUS y attacheI'; on allun1e aussi 
I des fiarnnlcs que yOUS prédiscz ct craignez; où cst done au 
'milieu de ces épreuves, ce Dietl qui peut YOUS rcndre la vie, 



- 2:>0 - I 
nlaÌ
 (Iui cst inlpui

3nt pour ,"ous Ja con,prycl"? Socratc, Ìnt('r- 
rog-l
 su I' Il'
 ('h()sc
 ct"Ic.'
t(,
 rt"pondit: II C(' qui cst :HI-(le..-;..;u
 
d.. nou
 IIC HOUS rc
anlc pas. It 'Ion opinion cst au
si quc les 
points dOUh'lI\', l'OIUIII(' J(
 
ont l'en\. l'lI tl"C
rioll , doilcllt ètre 
Jni
s(

 de cÙté, ct (pmud tle
 hOnlnle
 si énlÏncub sont en si 
grand nOlnhl"c enga
('s dan, nne contro, ersc à ce ,ujet , on He 
rloit porter ni (rUIl l'Ùré Ili de rautn") nnjug-cn1ent hardi et préci- 
pitt
 , dc.' pCB I' lill ïl IÙlit pour cOHséqucnce If..' raffcrnli
s('nlent: 
cfunc su pcr:-'tit ion tie ,ieillc f"'llllllC on Ie rell' crSClncnt de toutc i 
rdig-ion. It 
I c Christialli
nH' npparai

ait ninsi an
 YCl1-X fir' Cl'U'X qui ont 
t'.t(
 ténloin, de 
a nai

anre ct dc 
a propa
ation. lis yoyaient rn 
lui run dc e('s ritc, 
anYa!n's pt harhares YCHUS des mHÏtplcs 
I I " " <- 1 " I ' E " I ( ' I " I 
ro) aunlCS (C a superstition ct enva lI

ant 
'nl)Jre. ...P J IrIS- 
tiani"llc étuit pour ell\. Ie père Ù'UIlC fmnille de 
l'cles, fith"lcs I 
(iU t
 pr orio'innl tiré lie rEg) pte on de In S) l'ic. Cctte religion I 
paraissait illdi
'H
 (rUlle pl'r
onnc Licu élcyéc, paree qu'rlll' 
f:)i
ait appel Hon å lïllt('lIi
f..'llr(' Inais au\: crnintcs ct it In fl1i- I 
hl.'
=,c de la nature Illllllainc 
 paree qu"cllc con
istait, non dans 
unt' j()uis
ane(' ratiolllll'llc' l't agréahle des hicnfait
 dc In Pro\"i- : 
cll'IH'P, Inai..; un lrisLc Hu"}>ri" ùe res hiens. CcUe religion 
ptll'aissail horrihle, en l'l
 (pl'elll' inf1igcait on onlol1nait des I 
;o;oufl'rnllccs cl'uelll's; ell, paraissait luonslrueuse ct dégòÙtante I 
(}.H1S 
()ll il1tlulgl'lIf..'e pour It'S pa

ioll
, cf dc, ant f..'onduirc pl1r 
rl
a('tion f. lïlllpil'Ll'. C"l'tail, au'X ) eux ùes païens, une reli
ion 
rl'COllrallt à la Hwgie et au\. art
 ,'ulgaires, prl'lt'lldus et rl'el
, 
t.
ui 
H'eonlpa
nl'nt la Illagic; clle ailllait Ie secret èt n 'w
ait sc l 
1l1ont,"l'1' au grand jour; cIle érait crrallte, léléc, fai
ait <lu 
pro
t"lyti
n1c, forllwit cOlli rp rl
tat une yaslc confl'dération; 
résistait 
l son aulol'iré ct ,iolait scs lois. Cettc illIIH"e
sion géné- I 
rail' Pt'Ht oo-l"ir C(uel{lue
 e\.ccptiulls; ain
i, par c
en1plc, la I 
cl"'
couY('rtc (Iue fit Plille dn p:l'nre dc ,ic innoccnt ct ,crlueux 
de
 ('h..étil'l1s de Pout; IJlais t'l'{.i pl'ouye 
cul('n1eIlt qlH' Ic Chris- 
ri3uislue n'élait pa
 la religion infùlllc quc Ics païens Ie pensaicnt 
ètr..; néaIlllloius celte c\.l'l'ptioll He détruit pas leur croyan('c 

n(
l'al(' en ropillion cOHtr3irc. I 



- 2
1 - 


I On doit con\"cnir cependant que, so us certains rapports, 
; ceue nlanière de yoir lc Christianisme dépcndait heaucoup du 
I tcnlps, ct de,-ait sc lllodifier DyeC lui. Quand il n
y ayait }Jas de 
: persécution, les n13rt) 
s ne pou, aicnt nlontrer leur attachenlent 
! à leur foi, et quantI rEglise dc, int prospèrc, eIle n 'cut pa
 plus 
! longtenlpS besoin de cayes. Jc crois cependant qu'elle continu3. 
i à paraitre la n1èlne au jugcnlcnt tIu 1l1olHIc qui lui restait c
t
- 
rieur, tant quïl y cut un n10ndc extérieur pour la juger. Au 

 quatrièn1C siècle, Julien BOUS dit, en parlant de l\otre-Srigneur 
: et de scs apòtres, H i!s se contcntaicnt de duper les fen1mes, les 
'donlestiqucs, les esclayes, et, par leur inteflnédiaire, les éPOUM'S 
let les lnaris. n II dit ailleurs: u c 'est une inyention hUInaine 
; eonlbinéc par la n13lice, n Oayant rien dc dh in, nlais c:\ploitant 
t u"unc n1anière crinlinellc Ic còté faiblc de r:.Înle, ranlour d(>s 
fables, les enfantiIlagcs, ct préscntant une sérir de lller,-eiHes 
pour fairc naìtrc la foi. PI (( IIol1ll11es n1ÌséraLles, s"écric-t-il 
! encore, ,-ous refusez (radorer ranciIe, et cependant ,ous 
}(Iorez 
; Ie Lois de la croix, YOUS en faites lc siglle sur YOS fronts, et 
"ous Ic fixez sur \'os portes. Est-re que pour ccla on haÏm Irs 
gens intelligcnts qui sont parn}Ì YOUS, ou prendra-t-on en pitié 
ceux d"une intelligence hornée qui, en ,"ous sui, ant, sont allés 
jusqu oà ret excès de perdition, dOabandonner Irs dicu\. éterncls 
pour lui préférer un juif supplirié?)) II parle en
uite de ee quïls 
ajoutcnt (fautres "ictin1es à celIe qui était décédée depuis si long- 
tcl11pS. u ,? ous ayez ren1pli tOllS les lieux de 
épulcrrs ('t de 
monun1cnts funéraires, quoique yotre religion ne YOUS preseri,'e 
nulle part de fréquenter les tomhes et dc leur youel' un
 N)rtp 
de cultc. >> II dit ailleurs quïls u lais
ent Ics dicux pour des 
cadavres et dcs rcliques. n D"un autre còté, il attrihuc les 
I progrès du Christianisn1c it son hun1anitt
 pour les étrangt.'rs, 
, au soin avec lequel il enseyelit les n1orts, ct à une prétendue 
, régularité de yie chez ceux qui Ie pratiquent. Dans un 3utrp 
i endroit, il parle du soin des rhrétiens pour les pauvres (t). 


I (1) Julien, ap" C!ril., pp. 39, 194. 206, 335. Epp., pp. 305, 429" 438, 
ed. Spal1h" 


.. 



2 "......,. 
- .):2- 


Lihanius, professeur de rhétori'lue de .Julicn, port.. Ie n1êmc 
témoign3
c dan.... cc ( I uïl dÏt dcs chl'éticn
. II adrcssait son 
(, c..; 
Di
cours en fa, eur des T{\nlplcs i. un EIJlpcfcur chl'éticn, et 
Lien qu 'cn cOllsé(lucnCe il dÙt 1l1c..;urer son langage, il 
e laissc 
cepelldant cntraìncr à nIlC i1pprrciation e
('lu
iyc. II parle de 
 
" ces honnncs Vt"tu') de Boil', 11 voulant dil'C' les moinc
, ,( 'Iui j 
nlllngcIlt plu
 flue ùes l'léphauts, trouhlcIlt pal' leurs nom- 
hreuscs libations cru
 qui leur 
n' oicnt de lluoi hoire pendant I 
leur chant, el cachellt ces c\.cès sous une pÙlcur artificicllement 
3cquibe. II lis " ont un clllhonpoint al'(luis au\. dl
pcns ùes antres, 
talldis qu'ils prétendcnt ser\ ir Dieu par la faini. JI Ceux quïls 
attaqucnt u 
ont COUlI11l' les aLeille..;, tanùis qu ïls sont eux- 
IUl-llleS Ic
 hounlons. 11 Je ne l'ite pas CC' pa

atrr pour prou,cr 
<Iuïl y ayait de'" Illoines ùans Ie lelups de LiLanius, cc qui ne 
fait robjet d"ull doutc pour per
onnc, IIlais 
culcln
nt afin de 
nlontl'Cr, 3ulaut <(ue scs OU\ rages Ie laisscnt ,oil', queUe étnit I 

on inlprc
sion till Chri
lianisrllc. I 
"lunantien, au rnêlne siècle, fait, dans un poëlnc en vcrs 
lJont it rcste un liyre, Ie récit ùe son yoyagL' de ROlllC dans 13 
(;aulc. II rcncontr3 rlc5 clll.éticns dans deu:\ dcs ill's qui étaicnt I 

ur son chcu1Ïn. Voici la c1e
criptioll <{uïI fait de ecux quïl a 
trou\ és sur rune d"dle5: I( L ïlc e
t dans un 
ale état, yu qu.clle 
cst pleine dc gens <(ui haÏ,sent la ltuuièrc. lis s.appcllcnt moines 
p3rre quïls ,.cull'nt vi, re 
cul
 ('t 
aHS témoin
. lis rcdoutcnt 
Ics dOlls ÙC la nature parce quïls craigncnt scs rcvcrs. Ainsi 
Iloluère nons dit 'Iue Ja 1I1(\lalltolil' était la cau
c de ran\.iété 
de ßcllérophon , parce l(U "nprès a, oil' été Llcssé par la doulcur, 
Jl
 Inonùe déplut au jeune hOlnlnc offensé. It 
 uillalltien trOU\"3 
sur rautre He un chrétien , (IU ïl ayait connu jadis, hOlnme riche 
ct dc bonne ftllllilIc, hcurcux dans son Illariage, qui, " poussé 
par les Furies, ayait lai

é les honlnu's et Ics dicnx, et, e:xilé 
erédule, ,'ivait ùans une relI'aite oh"curc. Est-ce que ce "il 
troupcau. cOlltinue-t-il , n'es. pas pire que Ie poi
on de Circée? 
alors Ics corps sClIls étaicut transfonnés; aujourd"hui ce SOllt 
les esprits. )) 
})ans la Phil n p(1tl'is, oU'Tage (rUn auteur tlu quatrièIUC 


.. 



2 ....- 
- ai>- 


;iède (t), Critias cst mis cn scènc tout pâlc et défait. Son anli 
! ui dCIl1andc s ïI a vu Cerbère ou Ifécate, et il répond ayoir 
I--'ntcndu une espèce de chant inintelligible (rUn certain It sophist
 
'roi.;; foi
 nlaudit, 1) qui, à ce qu ïI pcn
e, Ie rendrr.it fou, s
il 
' :cntendait encore une fois, et il ajoutc quïI avait été sur It.' 
:1oint, dans rétat oÚ il se trouvait, de renyoyer tête prenlièrc 

c hcnrtcr contre qudque rocheI'. Critias se retire ensuitc ayer 
;;on interlocuteur pour prendre du rcpos dans un lieu agréahle, 
:)n1brag(
 par des platanes, oil Ies hirondellcs et les rossignols 
'
c faisaient entendre, et où murll1urair un ruisseau tranquille. 
:rriephon, son an1i, cxprilne Ia crainte quïI n 'ait entendu queI- 
:que cnchanteulcnt, ct il est anlené par Ie cours de Ia conyer- 
:
()tion, a, ant que Eon ami n 'ait conté son histoire, à lui donneI' 
quelqnes reuseignen1ellts sur Ie Christianisme, étant lui-n1ènlc 
'chrétien. ..\près avoir parlé de Ia création, tcUe qu'rlle est décritc 
par 
Ioïse, il arrh-e de suite it Ia doctrine d"une providence par- 
:ticuli(
rc qui rl
pugne tant à Plutarque , à 'T clléius dans Cicéron, 
:à Cécilius, et généralenlcnt à tous Ies incrédules. II Dieu c
t 
'3U\ deux, dit-il, ycillant it ce qui se COllUl1ct de juste ct dïn- 
'juste, faisant enrcgistrer sur un livre toutes les actions, et il 
réC0I11penSCra les houuTIes au jour ql1ïl a fi
é pour celn. JI Critias 
:répond quïl ne pent pas concilier cctte théorie avec la doctrine 
,3dll1ise sur Ics de
tins, "lnèIne quand il aurait été égaré par Irs 
instructions de son n1aÌtre, ct initié à des ll1ystèrcs indicihles. It 
II dem3nde ensuitc si Ies actions des Scythes sont. écrifes dan
 
les cieux; car s'il en cst ainsi, il doit y avoir un grand nOll1bn' 
de scribes. Après avoir échangé quelques autrcs paroles dans Ie 
'cours desquelles la doctrine de la sainte Trinité re' ient conlUle 
au rOffilnencen1cnt du dialogue, Critias rend compte de ce qui 
Ilui était arriyé. II rapportc qu'il s'était trouvé dans la rue 3U 
milieu d"une foule, et pendant quïl s'aùressait à un arrli pour 
i ronuaÎtre la cause du rassemblcn1ent, d"autres pcrsolJnes (chré- 
; liens ou llloines) se joignirent à cux, et une conyersation souycnt 


(1) Niebuhr croit qu'iI date du commencement du dixième siècJe. 


BIBLIOTII. IIIST, {)e A:\"xtE. ,er or "R. 


22 



- 2:)
 - 
gro"sièrc ou oùscure s'cl)!!a
'ca 3U sujct, conlnlC Ie SlIppOS, I 
(;c
ncr, (h
 roppr('

ioll cpJ(
 .JHli(
n tai
ilit pe
l'r SUI' It's ('hrt'ti('n
 
('t 
urlou t 
ur Ie ch.rgé, L' un II es i ntcr!ncu It 'urs cst un 111 iséra hl( : 
,it
il!

nl d'ull (( ft
int phIs pÙIl' flue la luort; n till autre pOl'tnnl 
Ull \ èlCIHellt dt'chiré, 
alls ricn it la tett" Hi nux pied
 PI'c"tl'1H1 1 
iI\ oi.. l'1l1l'rlllu tHr'c i. Ull hOllllne ulal yètu 'l'uant tlc
 lliolltagnes" 
qui :1\ ait Ie SOllnnrt tic b h;te ra
(
r, C{ue dans Ie t Ill'itt r'c 
(' tl'OU' 
,ait in
crit (rUne In3l
ii...c hiérogl) phiepll' Ie Horn d'uIJC p('r
()IH}l 
qui l'otH rirait la grnJ}(rroutc efor. COllllllC ill'iait au r{'('it dcl 
.'l'UC histoirc, son anti Craton., f}uïl avait joint Ini <lit de ganter' 
Il' 
ih'IlCC, en Sl' servant ù'un nlot I'
 tlwgol'icicn, pare'c (luT' 
f1\ ait " 
\ lïnitil'r i\ (rl'\Cl'llclltcs t"hose
. )1 II ajout:1 ,c quc la pre.l 
cJil'tion u"était pa...: un rè, e, Illai
 lInc , "rité, " et CJu "cllc 
 "3ccoln. 1 
plimit an lJIoi
 IraoÙt; il 
c 
Cf\ it tin 110m I;g
 Plien tic I'C mois,l 
Hnus 
on d{

oÙt, ill's
nic de le
 quiueJ"., nlais el'atoll 1(' POtJ
Sl. 
" , ' I " " " ] . I ' 0 I d I 
('II alTlt're u a In
tlgatlon l e (Ol' 'IC'U\ (e'UlOH.)1 n C pl'r
lJa t. 
t'n
uit(' eraller trou\"(
r u CC'i 111t1 fr icicns " liç .1f)YI
 
ç 
"Ja p 
1rG'J
, 
(:' 7 
qui" (lit eratoll c. lïniticl'aicllt it tous les Jlly
ti'rcs. ]I II U'Oll\ c. 
clans un bÙtiIncnt íÌl-crit dans Ie lan
ar;e dOllf 1I0rnrrp se 
(\ril 
t'J) parlallt uu palais ùe 
Iénélas, (( non pa
 Jléli'IIl', uon, nlai
 1 
cll
" hOnlm("S pÙlcs rt 3hnttus, n qui d(
manclent sïl) t1 qndqu( 
I"êHIyai...:c nOH\ ('He; h (.al' il-; parai'5
aieHt, dit-il, lli'siJ'e)' Cl' (Iuï 
y a ell' pire, ct 
e rl'jouir dl'
 ('alaJllitt'
, l'OIlIJIIC It's Ft
J'i('
 "'UI, 
I('
 thl'ûtre
. )) II" lui dellliHHll'r(
llt dcs nou\"ellcs ùc In ,illc r 
tfu Illonde; l't 
UJ" ..;;a r'l'ponse que lt
s ('ho
es allaicllt tout douec- 
I1lt'lIt, ct sClnLlail'nt ucyoir cOlltinllcr Hin
i, il
 f'1'oneèrcnl 1(1 

(HI reil ct diJ'ent : u La ,ille c"t en travail d'ull pénihle enfmltr"1 
Inpllt. n u '-OH
 qui hahifrz c..
n Imut, fl'poncl-il, ('t qui \"oy('
 
tontc chose d'ull point éle\ é, ,ous ètcs sail" ùoute dOUt' (funt' 
pcreeptioH 
uhtilr l'n (Oes ntatii'rc
; mnis dill'S
JIl()i COnlIllt'nt CS 1 
Ie cicl? Lc solcil scra-t-il éelip
r? 
Iars 
c tl'OU' cra-t-il ('II 
quadrat a'l'C- Jupiter? ctc., ('fl'. )) II plab'ilnfe l'nsuitc 
lIr.lc'nl 
t'i'lihat. COlllffiC ils pcr
istaicut it prédire dcs nwlheurs it rEtnt. 
il lcur dil : ,( Cl'S lllalhcl1rs retolubcront 
lIr ,-o
 prol're tl'tt's 
pui
qu(' '"OUS ètcs si lIurs pour ,otre pa
 s. \r ùus n'3yeZ pm , 
t'utenùu ('CS those
 rOHllHC dcs extra' ag:HWf':', ct \ on
 n 'ètc
; 



:) '\.,... 
- 

J - 


Ipas pa..ti
dns de rart inccrtain de rastrologic; mais si '"ous avt.' .. 
I",té séduit
 par Ics divinations ct Ies conjurations, votre stupidité 
u"cn cst que plus grande; car ce sont des découvertes de \ ieine
 
il'CJUnleS c[ des choscs dont on doit rire. n L"cntrc\-ue approche 
Itie sa fin; Inais uous ayons déjà cité plus quïI u'en faut pour 
'montrer {{uelle notion fautcur avait du Christianisme. 
Tel était Ic langagc dcs paicns lorsque Ie ChristianisH1c avait 
tété exposé durant cinquante ans aux rcgards ÙU lllonde; et cin- 
,'1uantc années plus tard, saint 
\.ugustin avail encore à Ie 
\léfenùrc eontre raccusation d"ètrc Ia cause des cal31nités de 
I 
rEn1pire. Quant à raccusation ùe Juagie, Iorsqu'au cinquiènu' 
,iècle lcs éyèques Ariens étaicnt cn discussion forn1cllc 3YCC It'
 
(1atholiques dcvant Gungebald, roi bourguignon de France, 
:nous voyons ccs évèques accuscr les catholiques d'ètrc "Præ..;ti- 
I 
l'liatores , n ct d'adorer plusieurs dieux. Quand les catholique
 
'proposèrent que Ie roi se rcndìt i\ Ia ehàsse de saint .Ju
te Olt 
:Ies deux partis pourraicnt lïntcrroger sur leur foi rcspcctive 
 
!Ics .\I'icns s'écrièrent (( quïIs ne chcrcheraieut pas des cnchan- 
lemcnts COJnn1e SaÜI ; car ils ayaicnt asscz de rÉcriturc qui éwit 
'plus puissantc que tous les ensorceIlcn1cnts (I). )I lIs di:.'aient 
I 
,cela non pas contre des élrangers inconnus, ainsi que ccia étnir 
:arriyé à Ethelbert, qui ayait pu soupçonner de n1agie sainl 
\ugustin ct les nlissionnaires ses frères, Inais contre de
 
IhOI1UlleS qui yiyaient au nlÎlicu dOeux. 
Jc He pense pas que ron puisse doutf'r, si Tacite, Sué(onl' 
ct Pline, Cdsc, Porph) re et autres adversaires du Christia- 
niS111C, avaicnt ,écu dans Ie quatrièn1e sièeIe, qu "ils n 'cus5cnf 
'port
 sur Ie Christianisme un télnoignage scn1blaLIe à peu prl'
 
à cclui ([ui HOUS e
t yenu d'cux ùans Ics siècl
s précéJent
. 
lOans run ct rautre cas, un paien, honune du 1110nde ou phi- 

Iosophe, en aurait été dégoÙté à cause dc ce que sa profession 
tY
it ù'
bscur et d
 tri
tc, à cause de s
n" air de Inystère, de I;;
-'.
 
IpretcntIons nux nuracles, du manque e'lllent de bon scns qu II 
('roynit ,oir ùnns sa règle de ,ie, à cause de l"incertitude et lle
 


(t) Sirm" opp", II, p" 223. ed. Yen. 



I 
- 
JG - I 
fli\'i"ions qu"il l'accu"uit d"introdllire dans Ie monde social 1>,1 
polil i(ll1e. 
J)e tout cc qui précèdc, jc tire la conclusion suÏ\ ante: 
)T u-t-il Illainh'lIaHI dt1lls Ie' Blondc une fornle tIe ('hri
tia- 
lliSnlC accusl-c de grossièr(1 superstition, accuséc (remprunter S
 
ritcs ct ses coutUlllCS an pagani
nl(" d"aftaehcr une ,"erlu occulte 
au
 forlllrs ct nu'\. cérélIlonies ? \T a-I-il une religion rcgnrùét j 
COIlllllC pesant par.;: .. cxigcllces sur rC
pril q u "die rend csclave 1 
COlnnlC s'ndre
sant au," c
prib faihl('s et ignorant
, s'nppu
all! 

ur Ie sophislllC et lïlHpo
ture , C0l1l111C étant en conlradittiOl 
:\\ CC la rai
on, (.'t COllllHC exaltant. une foi déraisonnahle? E"i:'IC j l 
t-il une religion qui fassc yoir nux esprit
 séricux SOliS un jou 
oùieu\. Ie crÏInc ct Ic
 conséeluellces tlu péché; (Iui ùonnc au:
 
aetcs Ie
 plus 1l1inutieu," ùe la journér, pri
 i
olt
ln('nt, ce (Iuïl ' 
I 
nlf
ri(ent de hlÙnll
 ou d'élogc, et répalldc 3ill
i unp olnhrc d. 
tri
tl'

t
 
ur 1":1\ enir? "\ n-t-il nile f(\ligion qui l'll'\"C jusqu '; 
rUthllirat ion ra halHlon des ri('hr
s('s, et rende Ic
 pcrsollllc 

ériclI<c< illcapahlcs dOcn jouir si dies Ie HHilaient? Trou\"c; 
t-oo une rt'ligion clolH It\S do('t..ine
, ql1"l'lIcs 
oi(,llt h()nn('
 01 
" " I 1 " 1 "' Ù 1 1 ,1 
nlau, :uses, sont. IUCOHIHles (c a genera lte CS l01111l1eS; IT I, 
f!ion qui ('
t regardée ('OUlIne portant. sur 
a physionùlnic dc. 

ignes tie folic ct dc J)}(\nsongc si distincts qu"un coup t.ræJ 

uflit pour Ies apcrec\ oil', l't flu"un eX:Ullcn Ininuticux dl'Yi(,ll
 
ahsunle? Y a-t-il une religion rceonnup ('onllue étant 
i é\'i 
ÙCI1Unellt luau\..\i,c qu 'on se pennet tic Ia calollll}ier an Iwsnr 
('t it plai
ir; reli!!ion tell.." (Iu'on croil'ait faire netc ù"nhsurdilé 
en chcl'chant à répartir 1idèIelllelll la part tic culpahilité ql 
rc\ it
nt il dHWUO de 
t'S actes en pnrlieuliel', ou en prenant I 
peine dc dl-tcl'lllincl' jU
(lu'à quel point tel dc ses récils esllilté 
ralrl1H\llt \ rai, le
(I uellcs tic 
cs pre"1 l'lltioll
 pl'uyent {'ll'C adn}isc
 
cc qui, chcz ellc, c
t in\...aisPlllhlahlc, cOlllradictoirc, cc (II I 
n'csl pas prouYt
, ce qui peut rtrt' (1c'-frndu 3Yee plau
ihililé? .. I 
a-t-if uop rdi
ion tellc, quP les honnncs rcg-ardent edui qui 
' 
conycrtit 3\ cc un scnlilHcnt quc nc fail pas naitre une conycrsio; 
à toute autre Sf'CIl', si cc n 'e
t nu .J udaÏsnlc, nu Socialislnc, a 
I I . ' I f" Ù " ", I 

1 orulolHsIllC, qUI e lall regal' cr 3' CC CUrIoslle, avec soupçon, 



- 2
7 - 


,.\'cc c.'aintc, 3YèC ch.;goÙt , snivant lcs Cil'COllSlanCèS, COInnlC 
l 
'luclquc chose ù"étrange lui était arrivé, COlllIne sÏlavait été initic 
Ii queh(ue lnystère, et était entré en conln1union avec <Irs gens 
"xcrçant des influenccs rcdoutablcs, comnlC s
il faisait partie 
irunc confédératioH qui Ie rcyendiquc, rabsorbe, Ie dépouillc 
!)c sa pcrsonnalité, Ie l\
duit à dcvcnir sÌInpIenlent rorgane 011 
lïnstl'unlenl d"un système ? Y a-t-il une religion que les hommcs 
IwÏssent et à Iaf(uelle ils reprochent de faire du prosélytisnle, 
Irètre anti-socialc, réyolutionnaire, de diviser les fanliHcs, dl" 
I:éparer les an1is, de corrompre les n1a
imes du gouvcrnenlcnl, 

le se Illoquer de la loi, d"opérer la dissolution de rrmpirc, 
j.rètrc l'ennemi de la nature humaine u et de conspireI' contre 
i:es droits et ses prÏ\Tiléges (I) ? )t Y a-t-il une religion que I{>
 
h01nnlcs reganlent comme un instrument de ténèhres et nop 
Impureté appelant sur Ie pays la colère des cieux? Y a-t-il nne 
I'cligion que l'OIl associe à lïntrigue et à la conspiration, dout 
bn parle à yoi:\: ba
se, qu'on ùécouvre par anticipation dans 
lout ce qui est mauvais, et à laquelle on attribue tout ce dont 
'm ne peut rendre cOlnptc; religion dont Ie nom, repou

é 
:
onlnlC un nlal, est elnployé COlnll1e nne épithètc injurieusc. 
:'digion que rOll persécutcrait si ron pouvait pour obéir au sell- 
I inlcnt de sa propre conservation? Si une pareille religion 

x.iste aujourd"hui dans Ie monJe, eUe ne diffère pas du Chris- 
ianislne, tel du llloins que ra vu ce n1ême Inonùe quand il e
t 
Tabord venu de son divin auteur. 


SECTION II. 


L'Eglìse du quatrième siècle. 


Quand Ie gouvernement impérial fut devenu chrétien. cl 
,lue les hérésics furent renversécs par Ie bras du pouyoir sécu- 
! icr, la physiononlie de la chrétienté présentait généralelnenf 
I W (1sque la rnêll1e apparcnce que lors de la prelnière propaga- 
i 
I {I) l'rol.h- Office, p. '132. 



- 2:38 - I 
linn du CIJ)'i
tianismc. Ce ((11<" rhél'l'sic dcs (
nustiques, ;1 
Jlolltani':)lllc , Ie J lJ(.I
"islllC, ct, jc puis ajollter, les luy
tèrcs d 
rOriellt, i.tai('ut i. rEg-lisc Hai
saJ}tr lrnpr(\s la deseriplion qu 
BOUS en 
n ons donnée duns la Seetion flui préeède, les hl'ré
Íl 
des 
lanÏ<:h
l'lls, tll's DOllati
tt,s, dc
" ,\polli"l
aristes et ùes se
1l1 
contcJUpOralnes, Ie fureut 3U quatnenlc sleele. ..\ h. IH'CIIUt... 
, ue, l".Églj';;l' apparaissait (laus chaquc l'1H.h'oit COllllUC une con 
lnunion rcligi('usc 
1U lllilieu lrUU grand nOlllhrc d'autre
 
n'a)3nt quc' hicll peu ùc caraclères ùistinctif
, si ce H'cst poul 
rohser\ atcnr 1I1iIlUtil'u,. f'fls 1113r'llieS e
tl'rieures JaissaicI I 
,"oi.. ccpendant des c.liffl'n'nccs es
eHti('lles qui c
istaicnt a I 
ùt'dans; et de 1l1l'IHC (Iue nons a,"olls dl'jÜ cOIHparé rtgJisc Ùl 
prclllirrs siè('I
s 3U
 corps religieux 
cs ri\"au\ 3YCC IC5-(IUds 0 I 
la cOllfonùait, ue InÍ'lue nou, pOll' ons luailllcHant la lllcttl'C c J 
cont..a
te, dan
 1(' ('ours tlu quatrii'lor sii'dc, :1\ ec le
 H'ctcS qll 
l'cHtourenl. COIlllllent lllonllllc (lui désil'ait cntrer en C0I11Ilm l 
Ilion lIc dot'lrine ct dc confrafrrnitl' a\ cc Ie", apÙlrrs, dl'\'aÎt- 
prol't'der au tenlps ùe saint ..\thanase, ùe 
aint Basile ct de sail 
.\uBuslin? _\lol's, conuue Ü répoclliC anténicécnnc, il y ala I 
bien pen d
 part it's tie I"vrbis lerral"ll1Jt qui Ill' présrJltns
rnll 
son choi
 un certain nOlnhl'e dc S) Illhole
 ct de cOHllHuniow l 
On dit (Iue la Gflule élait alors parfailen1cnt librc lrllt
rl'
ic
 
clu Inoins nous H '('n troll' ons 3ueune 11lcntionnl'e COIlllne flf 
 
partenant å ce pays ùau'\ Ie ('ode Théodo"'c. )Iai.;: ell Égypte 
nons, o)"on, (IU(\ dans la preHlii'rc partie (In quatri(\loc siècle I 

dlislne ùes )ll'll'('iens cOluplait un ticrs de phts d'én

qut's (Ill" 
ne 
 'en tJ.ou, ait dans tout It, patriarcat. En \frifJllc, Yl'rs la fi 
de ce 
il'dc, tandi
 qHe Irs l-' l-ques catholi(lllC
 étairnt en tot( I 
lilé 4GG, Ics Donati
tcs ri, ali
aicut prc
quc contrc eux en let;' 
en opposant 400. En EspagnC', Ie Priscilliani
nle était r("pand 
d:s p) réuécs. à rOcéan. Cctt
e hérésie s
I
ILlc aY
ir i-té Ia I'd I 
glon dt's hnlHtant
 de la prOYIIICf' d(' Gahclc, tandls que son at 
tcur P..i
eilli('n, tlont la Inort 3yait élé trmuée par les Itllacicn
i 
était Ilonoré conllne Inart) r. Ln sce((' dl'.tc
(ahle des )IaniclH
cn: 
" I " .. , I I .1' I J " I 
qUI sc rae ralt sou,", une ,arrete <- c nonlS ( nn
 ulvcrscs OCfI Itt'
 
1l 'éLait pas dans une condition llloins (lori
santc à Horne flu 'aiJ I 



- 2
g - 
leurs. ROHlf' et rItalie étaient Ie siégc dcs .L\larcionites. tes 
: Origénistes, aussi, sont nlentionnés par saint Jérônlc COffilUP 
, <<aIllCllant une cargaison ùe Llasphèn1cs dans Ie port dc Rome. :t 
I Hon1c était Ie siége (rUn é,-êque Noyaticn, d"un évêque Don3- 
tiste, ct (rUn éyêque l..uciférien, indépendmnmcnt du pos- 
I sesseur légitinle du siége de saint Pierre. Les Lucifériens, ainsi 
quïl était naturel dans les circonstances où se produisit leur 
schisnle, étaient répandus sur toute la chrétienté, de rEspagne 
j à la Palestine et de Trèvcs à la Libye; tandis que dans Ie pays 
I qui Ini 3yait donné Ie jour, la S[lrdaigne, centre de cette Y[lsLe 
: ranlification, Lucifer sClnLle ayoir reçu les honneurs (rUn saint. 
I Quanti saint Grégoire de Nazianze C0l11men<,:a à prêcher it 
i Constantinople, les Ariens étaient en possession de ses cent 
i égliscs; Ie peuple leur était fayorahIe, ct après leur expulsion 
! légaIe, des édits étaicnt run apl
ès rautre lancés contre cux san
 
! obtcnir aucun effct. Les Noyatiens y abondaicnt aussi, ct Ie"" 
I Sabathiens qui s'étaient séparés d"eux, 3yaicnt une égli
c où 
I iIs prèchaicnt sur Ia tOlllbc de leur fondatcur. En outre, Ics 
: ApoHinaristes, Ies Eunon1Ïens et Ies scn1i-
\riens s"étaicnt réunis 
en grand n0l11bre it Constantinople. Les évèqucs scnli-Aricn
 
, étaicnt aussi populaires dans Ies provinces yoisines que la doc- 
trine Arienne rétait dans la capitale. lIs étaient en possession 
de la còte de rJIellespont et de la Bilhynic, et on les trouyait 
dans Ia Phrygie, rIsaurie, et les parties yoisines de r.Asjp 
Jnineure. La Phrygie, quartier généraI des 
Iontanist('s, était 
I couvcrte par Ics )Iessaliens qui, de la JIésopotall1ie, étaient 
1 arriyés jusque-là cn se répandant, cheulin faisant, à traycrs In 
Syrie, la Lycaonie, la PanlphiIie, Ia Cappadocc. Dans I'.A
ip 
IIlineure, les mêmes hérétiques ayaient pénétré dans les mODáS- 
I tèrcs. La Phrygie et Ia Paphl3gonie étaient Ie siége des Novatiens, 
qui, en outre, ét3ient en force à Nicée et dans Ia Nicomédic; 
iIs se tronvaient aussi à .:--\Icxandrie, cn Afrique, en Espagne, 
: ct 3vaient un éYèque nlènlC dans la SC) thie. Toutc Ia partie du 
I pays qui se trou'
e située de rllclle
pont à Ia Cilicie ét3it à peu 
I près tOlubée dans l"hérésie des Eunonlicns, et Ia portion qui 
! s"étcnJ de la Calicic jusqu"à la Phénicic ayait cmbrassé l'Apol1i- 



- 2()() - 


lIal'isH1C. On connait Licn Ics tlé
ord..cs de l'é
lise (r.Antiochc : 
nou
 y '0) ons la 
uccl'
sion (('un é\ ètluC \.ricll di
putl'C pal' 
tfcu\. prl'lelltlant
 ol'lhoùoxcs ct nn l" èquc .Apollinari
te. La 
Palc
tinc {,olliptail un grand llolllhre ù"Origéuisles, si ron p
ut 
:1 ecttc l'PO(IUC Ics 
.ppelcr proprcHlelll une 
cctc; la Pall'
linc, 
rEg
 pte et r
\l'ahic étaieut COll\ crtes ùc 
Iartionites. Osrhoène 
('tail occupéc par"les adcptcs de Bardcsanes ct d"llarnloniu5, dont 
les 11) Inlles s"ctaicnt lcllclllcut 
ubslitués aux airs nationau\. ({ue I 
:-:aint tphrelll ne trOt1\ a pas de 11ll'illcur nloyell UC l't'sistcr it I 
rhl'ré
ic que d"app1i(llicr ces airs it de nou, cllc
 paroles. Dans 
It- sil'de 
ui\ ant, 'rhéotlorct parle dans COIlHlgènc de rédauwr 
huit \ illages de ì\lal'cionites, un d"EunoIuicns et un tr \riens. 
Ct'S secles a\ aicllt ties caraetèrcs très-tliO'l'rcnts. La 
çicnce , 
réloquencc ct Ic talent l"arattl'ri
aiellt Ics ..(\pollinari
les, le
, 
'lanichl"CnS cl lcs Pélagicll
; Tiehollitb Ie tlonatislc sc dislin- I 

ua
t par scs interprctaliolls de la Bihle" Les chefs ùes 
Cllji- I 
.\ricns ct dc
 Apollinari
tcs élaient tics hOlnnlCS gl'aYcs ct d"une 
(,()IHluile irrl'prochaLle; It,S 
()\ aliens s"élaicllt raugt"s du eôtè J 
d

 ()rthodo"\l"s Ùll I'ant la pl'rsl'cution arirnne; Ie:; 
lontanistcs : 
et les )lessaliens s.aùre......aienl à ulle population presque païcnnc. 
II 
cl'ait ùiffirih' treXa
t;rrr It' fanati
111C atl'oee dcs Pl'i
cilJia- 
ui
tc
, la furic ues fCllllllC=, aricllllcs (.r
 \IC\.311dl'ie ct de Constan- 
finople, et la cl'uaut.
 
atlYage des CirconcclliollS. II... ,3\'uient 
l,-,ul'
 ordrcs de clcrg(
, ùc
 é\ è(l ues, dcs prètrcs l't des diacres; 
Icurs lecteurs et luini
trcs; leurs céléhrants rt leurs autcls; 
)"11 rs h) In ill'S et leurs liwnies. lis pl'èehaicnt puhli(luenlcllt ilia I 
f0lJll', ct leurs lil'uX de I'étïlion rcsseulblaicllt i. lIes (;gliscs. lis I 
..\ ail'llt leurs 
nl'ri
ties ct leurs ('iludit.''res; Icurs fernlc
 
 leurs I 
I'l'ofcss('urs, leurs ùoctrurs, leurs l'coles. On aurihuait des I 
Inirudes à raricll Théophile. à Grégoirc (I"
h irc, Ic Lutiléri
n, 
Ù un 'Iacédonien dans Cysiqllc, et au"\ Dunati
tt's en .\friquc. I 
COllnnenl celui qui chcrtlwit la \ érité pou, ait-il HI'rircr 
 la I 
'rourer au nlilicu de Ct.s cnsl'i
nPlllcnb ri\ au\., ct eOllllIlent Ie 
chrt-tien qui la po
sétlaÏl pOll' ait-illa conscr, e..? Lcs Ilwlheurs 
ou Ics péril
 des honllllc
 yc..ttu'U'\ et des saints nous Hlontrrnt 
('oHlbicn ccltc ùifficulté était grand
. Saint 
\ugustin a été Bcuf , 



- ':261 - 


lans .\Ianichécn; saint Basilc å été durant un certain ten1pS dal1
 
J'adn1Ïration dcs sCI11i-.Aricns; saint Sulpiee a donné un appui 
momentané au
 Pélagiens; sainte Paulc a prèté rorcille, et 
Isailltc 
Iélanie a donné son adhesion aux Origénistes. La règle 

vour sc dirigcr dans Ie droit chen1Ïn était ccpcndant bien sin1ple, 
et dans cc siècle du moins, personne ne pouyait sans sa faute 
:errcr pcndant longtcn1ps. L "Églisr est partout, n1ais elle est 
une; Irs sectes sont partout , n1ais elles sont plusicurs; cUes sont 
indépendantes lcs unes des autrcs et en désaccord. La catho- 
:licité est rattribut de rÉglise, connne lïndépendance cclui des 
scctaires. II cst vrai que quchlucS sectes ont pu paraitre presque 

 catholiques par leur yastc propagation; les 
 oyaticns ou lcs 
j Marcionitcs se trouyaient dans toutes les partics de I'En1pire; et 
I cepenùant cc u"était guère flue leur nOln ou Icur doctrine 
généralc ou lcur philosophie qui était uniycrs('lIc. Les diverse
 
I cOIlll11unautés qui profcssaicnt leurs erreurs scn}blaient n 
aYoir 
été liécs enselnble par aueun lien precis ou détcrnlinè. L"Eglisc 
: pouvait s 'cffacer ou sc per(h
e pour un tClllp
 dans un pays en 
particulier; cIle pouyait être n1ise au nivcau d"autrcs sectes, ou 
ètre confondue au lllilieu (relIcs, quand rccil se bornait à eonsi- 
dércr un point special; cIlc pou, ait êtrc auaquéc en face dans 
divcrs cndroits par unc seule ct lnèlne hérésic; 11lais cn regar- 
dallt autour ùe 1"01'/;;8 terra I' 1f Jll, il nOr 3yait pas lieu de 8C 
nléprendrc sur la con1111union, qui sculc ètnit en possession de 
la yérité. t"Églisc est un 1'0) aUll1c; une herésie cst unc fmuillc 
plutòt qu"un royaull1e. Dnc fan1illc ya cn se diyisant continuel- 
)clnent; elk porte !i'CS rmneau\. au dehors, fonde de nou\"clIes 
n13isons, sc propage dans lcs colonies; chaeune de ses hranches 
deyient aussi indl\pendante que retait leur chef: les choses 
 
passaicnt ainsi aycc rhél'ésic. Silnon Ie 111agicien, Ie prcn1Ïer 
, hérétiquc. ayait été Patriarche des )Iéuandricns, des ßasiJidiens, 
, des \
alcntiniens ct de toutc la falllillc des Gnostiqucs. Tatien 
fut cclui des Encratitcs, dcs Séyéricns, dcs Aquariens, des 
I Apotactiqucs ct des Saccophorcs. Les )Iontanistes étaicnt dissé- 
i n1inés sous les n0l11S de Tascoclrugites, Pépuzicns, 6 \rtotyrites 
, ct Quartodéci1l1ans. Eutychès. à une èpoque post.érieure, donna 



- 
G
 - 
J1:1Í"anee nux I)isroricns. :nl
 Gaïallite
, au\. Thëoll()slen
, au,1 
,\guoi;le
, au
 Tlll"opa
chilt,
. au\. \ct"phalcs, aux 
eIHidulitcs, 
<:tux ., a
I'anitt,
, au\. .Jacohitcs et autl'c
. C"est IÜ Il1Ï
toil'{ 
unifornlc de rhéré,ie. Le patrona!.rc de Ia puilo}sancc ch ile a pu 
POUI" un ('crtain leillps eontral'il'1' la Ioi de sa naturc, luais elk 
rcp(H ai

i.1it au
sitÙt que roltstacle était t'nlcv(',. Les .L \rien:- 
:1\ aicllt à pciue été tlt
pouilll':' d('
 l'gli
l'
 tIe CUll..;talJlinople èl 
ahalulonnl's 
\ CU\-IQl-lllCS, quïl, 
c di\"iscrent daH
 l:ctte \"iIlll 
ell ()ol"othécu" P...;at
 riells ct C) rlil'Il
, ct Ics Eunoillicns en l 
T I It',.) I' h roniclI!> l't E II I
 rhien
, III (I' Ja rl (Ie." Doun li
tcs IIC lar.l 
tlèrent pas à dc\ cuil" 'Ia\.illlialli
lcs; ct il y 3yait CIl outre; I('
 
no
ali
tl'
, les rri
rilliani
tc
 Ics ( I"balli
tes et Ics Claudia- 
J)i
tcs. Si Ie principe hérétiquc fut si fécond sur un point, or 
ne dOlt pa
 suppo
cr tlue It's 
o\ nti("\n
 on Ics Jlal'cÎf\uitcs, cnl 
\frit(uc ou dans Il)r"icnt sc èrurcnt oLligés de pcnsel- ou d"aóil 
('Olllllle leurs co-"'cctairc, dc HOUJC ou de COll...;taulinoplc. (" 
(,..Ia t'\.pliqut' ks ,ariations ct Il'
 (:ollu'adictions que prt"
l'lltrlll 
It'S rapports 'CllUS JUS(1 u"it nou
 lOllchant Ics cruyances de ce J 

eL'tc,. La llH
'lllC chose était arri\ l't' H\ l'C Ic
 rit{'
 païeIl
, 10(':10,1 
ou errant:', 
nl'\'lud
 
ureéda rhél'l'sic. Le
 fonl'tions des pl'ètr('
1 
eJu ("'uhe étaLli élaient tic:' propl'iétl':O; locales, théologicllH'IlH'n,t 
aus:,i iIHlépl'ntiallt('
 rune dc rautrc fIu"dlc" l"l'laicnl géog.'aphi I 
qucHu'nt; les cOlupagllies fanatilluc" (Iui se r("pandaient sur tow l 
rElllpire, sr di

oh aicllt ct Sl' fOI'lHaicnt de nou\-c'au 
UiYlUJ, 
C}Ut. rC'\.igcaient Irs circoll
tanccs. II ell fut aiu
i 3YCC rJu"rl';o;ie I 
par 
a nature lllèlHC, (,lie (
tnit 
on propre Illailrt', lihrc (ll 
('han
"I-, sc 
uni
anl it t'IIC-lll
lllC; il l'tait pelt prohnhle (PÙ1ï 
pl"ès H\ oil' sècoué Ie joug de rE
lisc, cIl
 sc SOlllllÌt à un,' auto 
l'ité doutl'u
t) on u
urp("c. I....c )Iontani
lllc et Ie 'lallil'héiSlllt 
poul'rairnt pcut-ètl'c fuurnil' en clue!(lue sortc Ul1C c\.('cption i 
ectlc rè
lc géni'ra Ie. I 
Lcs IH"résil's sèlnblcnt s"èlrc acconlécs uniYcl"
dlelncnl 
ur ur 
"cui poiut : la haillC de Il
t.li
c. On peut rqrnrtlel" eeUe Iwint l 
("
)nllnl' étant it cl'Lte épol}ue un des signc
 les plu
 sÙrs ('( h' I 
plus 1l1anifcstcs de rerreHr. L"I
Ali
e l'tait ee corps tlont toute. 
l,'
 
t'eteS , (Iuclflue di, isées qu" dies fussellt entre cUes, pal'biculf 



- 2G3 - 
I nal conformément à cette prophélic : (( SïIs ont nppclé Béel- 
. , 
:
ebut Ie maìtrc du logis, eon1hien plus Ies gens de la maison. '1 
Elles détcstaient ct craignaient rÉglise; eIles firent leur pos- 
:;ihIt.' pour surn10ntcr leurs dissidences mutueIles afin de s'unir 
I'ùntrc elle. 
I[lis leur puissance coII
ctiYe se I"éduisait à pen de 
I'ho
e, ('31' lïndépcndance étant Ia loi de leur existence, clIt's ne 
:}Ouyaient se n1ettrc it ræln-re sans souleyer de nOll' eUes que- 
'dies ('ntre cIles ct dans Ie sein de chaque secte en particulier" 
I Bellum hæreticonnu pax est Ecclesiæn ètait passé en proycrlw; 
:nai
 Ics sectes sentaient cOlnhien ét3it désirable leur. union 
I 
"ontl'('" lè seul corps qui était rantagoniste naturel de tous les 
'mll'cs. t "l!istoire ecclésias1ique fournit diyers c'Xcn1ples de ten- 
;ati\ es de coalitions entre Irs hl
rétiques. tps 
Iéléciens d'_Afriqlu
 
I 
"uni
sent avec Irs Ariens contre saint .Athanase" Lcs serni- 
I 
.\ricns du concile de Sardique correspondent avec les Donatistc
 
rAfri(luc; 1\ eslorius reçut e1. protégea lcs Pélagicns; Aspar, 
Ininistl'e arien de reulpcrcnr Léon, fayorisa les 
Ionophysifes 
rÉg
 ptl'; les .Jacohitcs tl"Égyptc se 11lircnt du côté d('
 'Iaho- 
nétans, qui sont accusés sur certain point de l\estoriani
n1e. II 
I'n aynit été ainsi depuis Ie con1menccment: I( lis font la pai
 
tyee tout Ie niontle ct en tous lieux, quoiquïls aient des doc- 
rines différrnt
s, dit Tertullien, peu leur in1porte, pouryu 
[uïls conspirent enselnbic dans leur auaquc contre une ,eule 
'hose, la \? érité (!). ]I Bien qu'une coalition actÏ\ e fÙt irnpra- 
;cahlc, tlu nloins Irs paroles dures nr coÙtaient rien, ('t pon- 
'aient, dans to us Ics tClllpS, e'\prilner ccUc haine COll1mnnc. 
,,,,CS catho1iqucs étaicnt en conséquence appeIés (( charnels)l pHI 
'Cs 
Iontanistes, (( apostats n par Irs Noyatiens, (( mondains )t 
mr les '.alentiniens, (( 
in1p]es ]I par les )If!nichéens, I( éphé- 
nèl'cs )I par Ies _\.éricns (2), ([ adorateurs d"un homme ]I par les 
\P?llinaristes, ([ alllOUI'eux de la chair ]I par les Origénistes , 
Eg) ptiens )) par Ics 
 cstoriens, ([ Chalcédoniens )I par le
 
,Ionoph) sites, (( trnÎtrcs, péchrurs et sen iteurs de rAnte- 


(1) De l}ræscr" Hær 41, 01 f 1. 
(2) XpG1It-:-O:c. 



2Gt - 
l'hrist JI par les I)onftti
tr
. ta ('hairr de sftint Pierre étai 
1J0nInlée C( Ie 
i{'
c de pCIo\tilenee; )t rJ
!!li
e étftit nppcll'c pnr Ie: 
J..ucifériclls c. une lnai
un tie dt"lt:,uehe, It " la pro
tituéc dl 
(h"UIOH, n "Ia s
 nft!{O
'lle de Salan. n Ll'
 g(,IJ
 ÛCC1lP("
 de leur 
uffail'l's ct Ic:-, i
l1ur(1I1b p(HI\"aicllt rcconnaÌlre rl
glisc it ce 
i(rnc 
qu'clle étnit <I'un eùté, ct que toutes Ic
 
cetcs 
c tl'ou\"tlien 
eusl'luhlc ùc rauLre. 
. 
éannloilJ
 (ludqlH a Í'trnnge (Iue ccla pui
sc pnr3Ître, 
rEgIi,c po...st-dail un titrc hien dif1ërcnt de ceu\. quc nou!' 3\-On I 
dl;jit {
ntnHérl's Ull titre dlllHlIlcur que tou
 lc
 hl'n
ti(IUes s'öc I 
cordaient å lui rcconnaÎtrc, ct qui fourni

ait ftu\. 
l'ns Ol'CUpp l 
t..t ignoranls une (Iireclion .'nCOI"C plus silliple que Ics autrr 1 

igne
, c1 dont Ics ))èr('s '-l' 
cr' ai.'ut Jal1
 C(' hut. tl'S 
e('te
 
IU- rc\cndiquaicllt pas pour ellc
 ce titre, qu"elles nc pouyaicn, 
nl;anillnill
 s"('Jl1pl'ehl'r dc tlonlll'r 
l celIe qui en était ('11 po

esJ 
sion Il'{!Ïtiluc, hien quP 
l'tte .concc

ion parÙt trancheI' toute II 
COIHrO\ el"'C entre dIe, .'t rE
li'e. 13 a hu.\III He put s'clnpêchc 
fIe hénir rflnricn peuplt" de ])icu; d Ie Illolldc cntier, les hrré/ 
tiques cOlupris, {'tait irré
istihlcnlcllt contl'aint (Jappelcr pa 

on litre proplu'.tiqllc d'l
gli:'t:' It catllolifJlIc )) ('dIe qui fut ehOiSi j 
de J)icu conllnc ravait été jadis Ie peuplc {hIt'lc. Saint Paul nou 
dit quc rhéréti(luC cst C( cOIHJarllllé par ]Ui-IUèIUl'; n ('( rÉHlis , 
n "avail pns h('
oin, ('outrc I('
 scct('
 dcs prc)}licrs sièclcs 
tfautre tl
IHOi!!nagc que uu leur proprc touchant Ie fait de leu 
po
ition ct dt' la si('nIH". I..cs 
rclc
, discllt Il'
 Pèrcs, SOl I 
appelécs tin nOIH ùe leurs fOlldalcul's Oll ùe celui de la loealil 
qui le
 ,"oit lIaÎtre, ou dc cclui de lcur docu'illc particuJière. 
en fut ninsi dès Ie conlHlenccnlcnt: cc Jc suis dis<:iple de P
Jld 
(
t moi d" \ppono
, ct )lloi de Cépha
; ]) nlai
 il a\ ait t,té prom 
à 11:: n 'lisc <{u'clle n'aurait pas de luaÎtrc sur la terre, ct (Iu't>}" 
It ra
Selllhll'rait les l'llfants dc Dien, répandus au loin. n So 
I 
nOlIl de tous les jour
, nOlll qui était cOIllpris ùans Irs 1l1archL" 
dout on se 
ern\it dnn
 Ie palni
 des gl'and
, <Iue Ie prcoIÍ(1 
\'C
U conlHli

ait, (Iue Ics édit"'\ oflieiels adlllettaicnt, {'tait :rh, 
J'Eglisc cathuliqlle. Tdle étail 1a deSn'l}Jtioll llue ron faismt d l 
ChJ'istinni
nle dans les tCHlpS que nous SOlnn1CS Cllcore OCCUpl, 



- 2G5 - 


!, ctudicr. II avait éh
 rcconnu comme cathoIique dès Ie com- 
ncnccment; Ie nom ou Ie fa
t cst avancé par saint Ignace, saint 
Justin, saint CIéIncnt; par rEgIise de Slnyrne, par saint Irénéc, 
:rUlOdon ou un autre, Tertullicn, Origène, saint Cyprien, 
I.;aint Cornelius; par Ics nlartyrs, par Pionius, Sahine et ;\sclé- 

oi3(Jes; par l.actance, EusèLc, l\diInantius, saint _ \thana
e , 
:
aint Pacicn, saint Optat, saint ]
piphalle, saint CYl"ille, saint 
ßasilc, saint 
-\nlbroi
e, saint Chrysostòlue, saint Jéròn1c, saint 
Augustin et Facundus. Saint CIén1cnt Iïnyoque connne un argu- 
Iment con tee Ies (
nosli<Iues; saint .Augustin s'cn 8er1. contre Ies 
Donatistes et Ics 
Ianiehéens; saillt JérÒlne contre Ic
 Lucifé- 
Iricns, et saint Pacien contre Ies 
ovatiens. 
I Cet argument était à Ia portee dcs gens sinlplcs ct des pcr- 
I<:onncs qui avaient reçu de I"èducation. Quand saint Ambroise 
I 
\'oulut cOllyel,tir _\.ugustin, iI rengagea à éludicr Ie livre d"Isaïe, 
qui est aussi hien Ie prophète du )Iessic que cclui de la voca- 
,tion des Gentils ct dc la puissance itupériale de rÉglise. Quanti 
:saint Cyrille yotdut donneI' une règlc à la foule de ses catéchu-. 
'mènes, il leur dit: u Si jalnais vous séjourncz dans qudqu{\ 
'"ille, ne vous infofInez pas silnplement oÙ cst la nlaison du 
,Seigneur (car les sectes essaicnt aussi ù'appeler leurs lieux de 
réunion des maisons du Seigneur), ni sin1pIClllcnt où est régIise, 
mais demandcz oÙ est régiisc catholique; car c "cst Ià Ie nom 
Iparticulier de cette comn1union sainte, notre nlère å tons, 
qui cst répousc de Notre Seigneur Jésus-Christ (I). >1 It Dans 
fÉglise catholique, dit saint -\ugustin en s"adressant aux !\Iani- 
thécns, sans parler de cette sagesse pure it la connaissance de 
laquclle un si petit nombre d"hon1mes spiritueis avancent assez 
dans cctte ,-ie pour la connaitrc, n1ème d:1ns sa n10indre me- 
:
ure, parce qu ïls sont hommes, hien quïls n
aiellt ccpelldant 
; aueun doute - (car la fOllle des chréticns trouve plus de sécu- 
,I'ité, non pas à comprendre avec pron1ptitude, mais à (,foire 
! avec sÌInplicité); sans parler, dis-je , de ('rlte sagcssc que you
 
ne troyez pas êlre daus rÉgiise catholique, il cst plusicur,; 
I 
I (I) Ca1, 1\'iij. 26. 


BIBT.lOTn. III
T. 6 e .

:-;ÉE. Ief Ol'YR. 


2:) 



- 2GG - 


:tutres con
idération
 plus que 
uflì
antcs pour me faire rcstl' 
dalls son scin. J'y suis retenu par Ic COllsclllcnlCnt des peupk 
I . ", " ' J I 
pI ( es natlon
, pnr Ccttc antontc (IUI H e0l1l111Crl('e (ailS les nli 
rades, (Iui a élé Ilourric ùans rc
pérancc, qui s'cst 3crrur pal 
Ia ch:u'ité , ct qui 
'cst rafTcl"lnic pnr rÙgl'; par cettc successio 
dc pr':'lr'cs qui fOl'1nenl une chainp ùcpui
 rapÙtrc Pierre, 
) qt 
\ otrc Seigneur, aprl'
 sa résurreclion, a reeolllllHlIUlé tie paitr 

Oll troupeau , ct qui 
"cst eontinuée jusqu':i r(
pisropat nCfud l 
Entin j"y 
ui" retcllu par Ie tilre lllêulC ùe catholi(lue que cett I 
J

lise senlf', et non ....alls cnusp, po

i'ù(' au Inilil'u de tnnt d l 
5.'des, liu'c oblenu ùe lelle sorlc 'IIIC, alor
 mème que lOllS III 
IH
rl'tiqucs dl'
ireraient ètrc au

i appelt'S catholi{IUCS, ()l'l'sonn 
.'('pclu.laut nÏndi(luerail leur ha
ili(luC on leur Inaison à rétrar! 
g.'1" qui dl'Ulandl'I'ait où lnun er r('g'li
l' falholiquc. Ccs liens 
I 
"hcrs et 
i nOlllhrcu:\ tlu nOI}) chl'étien rcticnncnt fivrc just I 
"(1Ì
on un hOllllllC dall'" la foi au sciu ùe rÉglisc catholiquc I I 
luèrHc alol's que, par suite de Ia paressc de notre illtelligcnrr 0; 
t I " Ù I ,"," "I' ' I 
t e uotl'C so [In c, a ycnle He sc \\Olt pas encore luanlle
tec 
IIOHS par '-cS signc
 les pIns c1airs. 'Iai
 parnli YOUS, qui n "a,'cz 
pour Ill'attirer ct Ole I'clcnir, aucunc tic ces raisons, jc n"cn' 
fe'llds qu "uue ,aguc prOllll'

C (Ie la yèrité. 
Ùrenlcnt si eett! 
'(
I'ité devait sc produirc ù'unc n13uièrc 
i IllaIlifcstc qu'un I 
JlH
pl'i,c à sou 
ujct HC fùt pIu
 po
sihlc, clle de\Tait alor
 (;tr, 
IH"éférlae :i toutéS les choses qui Inc rcticnnent dans r
:
lise c:: 
t holiquc; IHai, si ccttc ,érité cst sculclueut à rétat ùe proIuessr 
('t (IU 'on HC la prod ui
c pas ricll He mc bl'pare."a de ecue f( 
clui attachc nlOH esprit à la religion chréliennc par des liens 
 
lJolllhrrux ct 
i lorts (I). II Qualld Adanwntiu
 (Jcrnanda à so; 
an13gonistc n13rcionite C0l1l111CIll, étant ('hrélicn, il He port3i 
pas ITlèlllC CC 110nl, ct sc fah.ait al'peler d'après cclui d 
.'larcion , if Iui répontlit: u Et "ous, ,"ous ètes appelés ù"aprè, 
rÉgli
e catholique, par COll
e(luent vous n 'ètcs pas chréticns. J 
\cJaIn3ntius répliqua: u ,r olre repollsc scrait justc si nOll 
l'lions ùésignés par Ie nonl d"un hOUllllC; ll13is qud mal y 3-t-:1 


(I) Contr" Ep" :\18n":S. 



- 2G7 - 



i ce qu'on nous flppelle catholiques de ce que nous SOnllTlt

 
:'épandus dans Ie 11101Ulc entier (I) ? " 
, II De nH
n1e, dit saint Clénlent, qu ïl n'y a qu 'un Dieu et 
lu"un Seigneur, de nlêlne ce qui sc trouyc au plus haul degl é 
Ie In ,énération est yénéré COlnme étant unique, conformp- 
ncnt au 1110dèlc till Principe Gn. L'Église, qui est une, trOUYt l 
lone dans la rwture de celui qui cst Ln sa proportion, que les 
lérétiqucs diyiseraient forcén1ent en pIusieurs hérésies. Ain
i 
,
n idécs, en principe, en préélninencc, nous appclons ran- 
I'iennc Églisc catholiquc unique, en ,"ue de runité de Ia foi 
 
'oi suiyant ses propres alliances, ou plutõt suiyant eetle alliane-t> 
'111C ùans diffél-cnts ternps, qui, par la yolonté d'un Dieu et par 
pntcrInéùiüire cl"un Seigneur, unit cnsenlble ceux qui sont déjà 

hoisis, que Dieu a prédcstinés, ayant su dès Ie conlmrnct:'- 
!l1cnt du 11londe qu ïls seraient justes... 
Iais quant nux héré- 
.ics, quelques-unes sont a ppelées d'après Ie nOln de leur fonda- 
: cur: ainsi celles ùe 'T alentin, ùe 
Iarcion et de Basilide 
I,quoiquïls prétendent professel- l'opinion de :\Iathias, paree que 
tou
 lcs apòtres a,-aient un 111ème enscignel11ent conune ulle 
'mèmc tradition); d'autres sont nOl1l1nécs d"après une loca1ité, 
.?onunc celIe des Pi-ratil!Ues. Les hérésiarques sont tantÔt ap- 
pcl(
s (raprès une nation, cornlne les Phrygiens; tantõt d"apris 
,Icurs aetes, COllllne les Eneratites; quelques-uns d"apr('-.s Ieur
 
doctrines particulières, COlluue les Docètcs et les IIélnatites; Ies 
Caïnitcs ct les Ophites, d"après leurs h) pothèses et ce quïls ont 
hOlloré; (rautrcs enfin, d"après leurs dcsseins perycrs et leurs 
atrocités, conune ces Simoniens (Iui sont appdés Enti- 
chistes (:!). a H II y a ct iI y a en:, dit saint Justin, des homn1('s 
clui sc sont présentés au nom de J(;SUS, et qui ont cnscigné des 
'paroles et des choses athées ct hlasphénlatoircs, ct nous It's 
dé
ignons en les appclant du nonl de celui d"oÚ e!i't yenu ct par 
,I}ui a eomlnrncé cl13eune de ees doctrines ct opinions. Les uns 
;
ont appelés )Iarciens; ù"autres, Valentiniens; d"autrcs. ßa
ili- 
,diens; d"autres, Saturlliens (5). n (, Quanù, dit Lattance. (It-..: 


, (1) Origen. Opp.. t. I, p. 809. 
(2) Strom. YII, 17. 
(3: C. Tr
'ph" 35. 



I 
lJolllIneS sont :1ppelé
 Phl"
 ;.den
, l' o\'3tirns, ,,. ralt'ntini('n
 I 
'Iareiollitcs ou ..\lllhro!)it'
)S, ils 
l'

t'nf d'i'fI'C ('J)r"t
tiens; car ill 
ont pcrùu Ie nOlll ùu Christ, ct 11'3 
c parcnt dc tllrcs 1H.lnU1in 
.'t étrallgcrs" Ll::glisl' ratholi(lut' 
('u]l' ('on
l'r\'l' Ie léritahl ' 
('uhe (I). 1) U 
ous l1"a,'ons janwis ('ntelldu parler, dit 
;1Î11 
E pi P h" II c .Ic PÎprri,tcs, d., I'a uli "II's , de llal'tlw I omÎslc;; 0.1 
tic Tlwdl'i
tcs; Jllais tlt'.s Ie principr il Y Clit une prl"fJi
ation Ò I 
tou
 It's apÙtrl'
, t{tli IH'èelu."I"l'nt non leurs doctrines, IIl3jl 
Xotre Sl'i
nl'ur J(
Sll:o'-Chri
t. C'r
f pOUl'lfuoi ils (Iolln('rrnt al1s
1 
UB 110111 lIUit{tIC Ù )'I
gIj
(' ; ce ue fut pê.IS Icul' pl'oprc nOlu, Inai l 
cclui de leur Scig;nl'tlr J{.su
-Cltri
t plli
f(n ïls eOlllllll'IlC('rcll 
lfaLonl à _\ntioche à ètre uppclés chr(.ticns. C"c
t lit la fò;('ul 
L' I " J I " ' 1 " I " I J ' I 
I:.g be cat 10 HIlle, n a
 rant ( rauln" 110111 t(TIt" ec HI (e . l'
U
 
Christ; clle fOJ"lne tine 1
!{lisc de thJ'(,tiens; non de Chri
Ls, rrmjl 
J I ." II '" I r I ," I C I " " IT I 
( C e lfl'llCI1S. 
 ('Imcnt npJ)(' C
 C If('IICflS <. e e HI qUI e
t '- n 
Cl'ltc l
pJÎsc 1'1 (,I'U"" (Iui prèehl'1I1 sc!> dol'lrißl'
 om"..nl H'uls cl 
t'aractère d"unité , ai()
i <(ue Ie 111outl"ent, Cll efi"ef , les ('pitlu"tl 
de 'laJli('h("ell
. 
ill,oJ)ien
, 'nlenf inicn
 rf Ehionifcs , pal 
le...tluellcs on dé,j!!.'lle Ics 
ectcs ('.!). II IC 
i jaJ)wj
 YOU" ('urende 
nppeler lTIn. lJui 
Oflt dlrl'licus, <lit :--aint .Jt"r<'nnr, de l]uel<JUI 
I " ù " S " J · CI ' · " I 
autre non1 que cc UI e notre L (,I
neur . .'
US- Iflst, 3 S3\"OH. 
'lareiollill'S, Y' itlt'J}tiniclI
, 
loJltaglwrds (JIO/l{('u.')f.!S\, 
adH'
 
(plïls Ill' font pas partie de ll
t.di
c de .Jésu'5-Christ, Ilwis (plï
, 
fOrInclllla 
) llagogUt' de r \Iltl'chri
t (;.). It I 
]
es Icttn's ÙC 
aillt }>(\('ien it S
 Hl)U"Ollicn, é,'cquc Ilo,-aticn 
l'\igl'llt d('
 oh'cl'\ alions plus étCllÙHC
. tc ùernier ayait tit 
JlJalld(
 que la foi rltr(,tirnnc lui fÙf prOH'-('.C, snn
 étahlir <Ii: , 
tiuctcH1l'nt SUI" que! point il sc sl'parait ù"ellc; et il sc \"antnit d 
n "3' oil' .iaHlai
 t rUl1\ é pcr
olilic qui pitt It" conyaincre ùe 
 
,-éritè. Saint PacÎell ohseryc quïI cst un point f(Ue Synipronic 
HC pellt pitS confl'
It'r, ('t (Iui tranche la (ple
tion : c"l'
t Ie nm 
de catholique. II suppose alors quP S
 Illpronicn Iui ol)jcctcr 
quc C( 
ous les apòtrl'
, per
onlle u "était appclé catholiqur, D ct 


- 2G
 - 


(1) Instil" 4,30. 
(2) lIær., 4
 , p. 366. 
(3) In Lucif. fin. 



- 2ü!) - 


,Iui répond: cc (1ue cda so it (1) ; quïI en ait élé ainsi . acrordon5t 
lllênlC eela. Quand, apt'ès Ie tClnps des _\pôtres, Ics hérésic" 
' t ;cl3tèrent et s
ctrorcèrent, sous des nonlS di, ers, de rnettre ell 
'piècc ct de di\"iser la coloJ/lbe et la reine de Dieu, cst-ce que Ie 
,pcuplc fidèle n'a,-ait pas hesoin (rUn non1 qui lui fÙt proprc, ê". 
:raidc duquel il pÙt nlarqncr runité du peuple qui était resté 
,pur, de pcur que ferrenI' de quelqu'un nc déchirât mcmhre 
par 111cll1brc fa r ierge sans tache de Dieu? l\'était-il pas cony('- 
u3hlr que Ia tètc qui s'éIen:lÏt 3u-dcssns des autres fÙt distinguée 
:par une désignatioll particuIière? Supposez qu"aujounfhui 
:mèllIc fentre dans une ,-ille popnIcusc. Après ayoir troln é ll'
 
r'larcionitcs, les _\pollinaristes, Ies Cataphrygiens, Ies l\o\a- 
,lien" ct autres sectaires du Inèn1e genre qui s
appellent chré- 
;(ìens, à quel non1 rcconnaÎtrais-je In congrl'B'ntion de IDt'S 
'IH'oprcs frères, sïls n'étaient pas appelés catholiques?.. D'oÙ (-t" 
,nom m
[l-t-iI été tr3n
n}is? CcrtaiUCJ11ent ec nom, qui a rési
t
 
!å traycrs tant de siècles, n'a pas été til-é dOun h0l11nlC. Ce nOIl1 
Ide cafllOfique nc paraìt "cnir ni de )Iarcion, ni d'Apcllcs. ni 
,de )Iontan, et il nc rcconnait pas les hérétiqucs pou r H'
 
nutcurs. It 
, Saint Pacien dit dans sa scronde letlre: ({ Ce n'était cerrainc- 
ment pas un nOlll accidentcl que celui (Iui a traycrsé tant de 
sièrles; et en yérité je suis hcureux pour ,"ous, quoiquc ,"ous 
a
cz pu lui en préfércr (r3utrc
, que yO us conyenicz que Ie nOIH 
ùe catholique nons 3ppartient. Si YOUS osiez Ie nicr, Ia oaturf1 
n"aurait qu"un cri contrc yous. Si YOUS ayez encore ùes doute

 
laissez-nous jouir de notl'c pai
. Nous serons run ct rautre ce 
:fJ uc notre nonl dira que nous 
onlmes. n _\près a, oil' fait alIu- 
'sion à unc rcn1arquc de S) Inpronicn, que quoique Cyprien filt 
"aint, (( ses disciples portèrcnt Ies nOlns (f.Apostaticunl, de 
'Capitalinlun, ou de Synedriun1, n (Iui étaient quclques-nos d('
 
titrc
 donnés it r]
glise par les XoYatien
, saint Pacicn répond: 
lu 
Ion frère, intcl'rogez un siècle et toutes les années qui l'ont 
rClIlpli, pour s3.yoir si ee nOI11 BOUS a appartenu, si Ics disciple:-: 
.de Cyprien ont été appelés Ù"tll1 autre 110111 que de ceIui de 
I 
I 


: (t) L'auteur fait usage de la traductIOn d'Oxford. 



- 2iO - 

alholi(ttlc? (}twut i. IJloi, je u.ai jnlnai
 cnt
ndn rronon('
r Ie 
Il()nl
 (IUC 'ou
 eitel. n II 
lIit tit' lit (ille res tlé
igllatiolls t-lail"l1J 
I, ties railleries, cl nOIl pas d

 HOBIS n rt par l"()n
t."(llll'Ill Ùl 
qtlalifieatiolt
 iIlCOIl' eIl3Ilte
" Ir
Hlt..e part, il '"'Clllhic <<{lIC SYIU 
proni('1l Il.niulåt p:1
 à Í'lre app('lt.', 1\o\"alicn ((11ui<Jl1ïl IlC pü 
s .appel
r eatholit 1 ur. u l>ile
-luoi ,ous-nll'lue, dil 
(lillt Paeit'IJ' 
COlnnH,'nt ron, ouc;; ßppdle? 1\ icz-, Utl
 (Iue It'
 Xo\"atil'lls soicr l 
3ill
i IlOllllllt
S dc Illéré
ia)'(l'le de Ct' HOln? hnpo:'l'z-Il'ur Ie nOt 
qui 'ou
 plaira ee 110111 s'3(laellt'ra pour loujours à eu\. Faill'
 
sïl YOtl5 plail, dl'
 rl'tht'rehc3 dall
 toUh'
 Il'
 3nnal('s lIe rhi" 
. . ' 1 1 ' " Ù I 
lOire, l't n) ez COlt lallCl' (ailS e tl'lllOI!!Jla!!.c (Iue porlellt tant 
" I , ... , I .' II I 

ICl' e
. ou
 IlU' rl'pon( I"l'Z pl'lIt-ell"l' qu 011 'utl
 appc 
" e hrl'( iell. " 11:J is si j l' III ï IIf 01'111 e Ù II !!éllit' ùe '0 I re seCIe j 
YOUS lIP llierl'z pas quïl l'
t no\ ëllicn.... eOltfe
sl'z-lc 
all 
llélour; un 110111 llÏnlpliqlH' aucun crillll
. Pourquoi, tanùi ' 
I 
qn .011 'ou
 inlerrok)t' 
i 
OH\ l'ut, 'ou
 ('iH:hez-\ ous? Pourqu( I 
a,.oir hanle de roriginc de yotrr nOII1? ()uHnd 'Ol1
 t.'('ri,ih' 
pour In prcn1Ïère foj
, je 'ou
 pri
 pour 
Ill (:alapltry
ien.."! 
E
f-('c quc ,ous In'l'll\"i('z Ji.on HUIII et rongissl'z 41u "Ùtrt' I 
Son
t'Z à ee (IU ïl ) a ùe hontc dans line causc qui recule dCY3n ' 
!'on propr(' IHHII ? It J 
f'aiut Patil'll clit dans lInc troi
i('1Ile leltrc : L'Éyli.sc (Jst" 
furp,
 de JII.'\ll
-(,h1"Ù;I; l'll rl'alitt'" Ie corp
, el Hon pas U'. 
IlH'IHhre. Le corps 
l
 COIl}P(I
l' de plu
icurs parties el d I 
nl(,'lllllI'l'
 Iié
 t'll un 
eu], ('Olllllle 1(' dit r_\pÙlre, cOJ" Ie COlï) 
n.esl }J(I,'i {oJ"1J1é d.ll1L IU(!/librt', 1I1f(;S de plllsÏt'un;. Par ronSt' 
({urHtll
gIi
e c'llc corps entier, lié clan
 
cs parlies ct I't."IHJnd 
partout Ie lllondc; jc Yl'UX dirp tlu.ellc l':--I 
l'lllhlahlc illlTll' ,ill 
ùout toules lcs particc;; sout u)}ie
, ('t non eOIHUle 'OUS l'lCS, 

oYalien
 1I1U' prtilr fraction i
()ll'l', nne 
illlpIl' cnOurr ll' 
s"c,t fOl"llléc l't s.c:,l 
éparéc cllsuilC tlu reslc tlu corps.... Granù 
c
t la p(l
't;rih; (1(' fa '
il'I'gc (.t se
 eJ}f(.II'
 
Of)t iHllolJlhr(lhJe
 I 
Ie IlluIHJe ell cst rl'IHpli, le
 rs
ain1
 populell'X se presseD I 
tOlljotlr
 nu'ollr de la ruche. " Saiut Paei
lI étah]it cr In)) 
(,:J..al'tl...i
li(IUe 
Ic Il
gli':e "ur le3 p"Ophl'lic
 : " Enfin, frèr
 
S) 1l1ltl'Ollll'n, n a
 l.'Z pas bonle ùe ,"ous trou\ er avec Ie grnJ1l' 
I 



- 2i I - 


nOlubn 1 ; conscntcz enfin à Inépri
er ccs degoùt3ntcs souilIurc
 
I des -' 0\ atiens et lcs déLris 
es yòtrcs, ct à rcgardcr Ia foule de5 
I catholiqu
s et les fils de rEglise s"étendant en tous srns ct 
i 
, loin.... Ecoutez ('CS paroles de Dayid : C( Je chanterai votre 
nOln dans la granùe asscluLlée; " ailleurs : C( J e YOUS 10ue......JÏ 
panni ùes peuples nOlnhreux; )' et encore: C( Le Seigneur, 
lllèlne Ie Dieu tout-puissant, a parlé, ct a appclé Ie ßIonde 
ùcpuis Ie point lrOÙ Ie solcil se lèye ju
qu'à celui où il 
 
t.ouehc. )' Quoi! est-cc que Ia senlcncc d".ALrahanl, qui cst 
i aussi nOlnhreuse que les étoiles ct les grains de sable sur l
 
Ihorù de la nler, sera satisfaite de \otrepau,reté?... Frèrc. 
I rceolloaissez 111aintenant rÉglise de Dieu, (Iui étend scs taber- 
nacles ct qui fi
c Ics poteaux de ses tentes à droite ct à gauche; 
I tOIUpl'Cnez que tt Ie non1 dll Seigneur cst loué depuis Ie point 
,(rOÙ Ie soleil sc lèye jusqu"à cclui oÚ il se couche. )1 
I En citaut les passages qui précèdent, je ne chereh{' pas i. 
1 prouycr ce (lu'a été fa doctrine des Pèrcs touchallt rt:glise dan.1II: 
cc.
 telnps reculé5, ou queUes (
tail'nt Ics pr01JiCS.sCS (Iui lui 
étaient faites dans rÉcriturc-Saintc; B1ais je yeux silnplenu'llt 
etahlir quellc l'tait aI01"s, en fait, la condition de rJ
gli
e rclati- 
,"CHIcnt aux dirers corps chrétiens au nlilieu desquels ellc sc 
trouyait. Lc fait de cctte condition cst prouvé par ccla seul (JUt' 
lies Pèrcs pouyaient élueUre certaine ùoctrine, ct quïls 
taicnt 
e3paLIcs (ren appeler au
 prophétics: car, à nloins que rEgli
', 
ct que rÉgli5c scule, ait été pm'tout un nlèIl1e corps, ils n'au- 
raient pu argunlenter en s'appuyant sur la supposition {Iuïl en 
létait ainsi. II en est de Inên1C pour cc qui regarde Ie nlot catho- 
I , 
ltique. C"cst assrz quc rEglise fÙt ainsi appclée; ce titre offrait 
:I une preuyc à rappui et un synIhole de cc qui est d"ailleurs si 
,simple : qu"eUc était, scion re
plication que saint Pacien donne 
ide ce mot, une partout, tandis que lcs sectcs du jour n e 3yaient 
.n ulle part ce caractèrc d"unité, Inais qu "cIles sc ll"ouyail'nt sur 
I lOUS Ies points di, isécs. ElIcs pOUyaicIlt à la vérité ètre partout, 
,mais dIes n"étaicnt pns les lllèIllCS en ùeux enùroits; chaque 
point ayait sa cOlnnulnion indépelldantc, ou du nloins les S('l't('
 
jlcnùaient inÓvitaLlcll1ent cl C'ontinudlcnlcnt å cc résultat. 



- 2i:2 - 


Saint Paeicn l'
rit l'n E
pêlgIlC; nlai
, rn ..\frique, Ie nlf'nH 
1 0 1 " I " I "" " I 
('olltl"a
te clltl'e ...!! lse (
t e sectarmlll
Inc se lu"c,('nte a 1I011 
dans rl'\.<..'luple (Ics Dona
ti
les; 
aillt <<)ptat r
1. tout it In foi 
tf
nloin tin fait, d"\ 
a notori("lé l't dp lïlHI)J'('ssion pl"ofoH(lc fJuï 
faisail 
t11" tou" Ics pal'ti.;;. La (Iue...rion Il'c
t p
s de 
a'oir si Ie.. 
))onalistl's sÏdl'ntifiail'llt 011 non aYl'C In Yl'l'Ìtahle )
gli
c, e 
séparaicnl (relic Ie rCI;;tc de la ehl'élicllté. Quoi (Iuïll'H 
oil, Cdl 
nOaltt'.l"c pas Ie fait ql1cjt' d('
irt' ,oir 
li
tinl'(('I})l'nl (
tahli et re-
 
COIlIHI : (I Ill', dan
 les t eHlp
 anciCll5, rJ
;.dise élail hicn ce corps qu 1 
étail rl'pUllùll 
ur rorb;." terra nun, l't que [(;s srctr
 fornlrtirn! 
tics corps qui Il'a, ail'llt flu"tIllC {'
i
lellce locale ou tran
itoirc 
I: (JucUe <..'4, ùil "Uilll (.plal, ('Clle tgli
c l1nicJ1Ho ({nc' .J(',sus. 
Christ appl'lIe rolou,he l'l Éj)()lIsr?.... l'lIe ne petit pas s( 
tn>u\ er ùans la ruule dc
 lU"I'('liclue, ('t (lcs 
whi
llIati'lucs 
S"t'n
uit-il qu'elll' 
lJit dan
 1111 
eul licu? Ccpl'ndant, f..i'l'c
 
Pal'll1énien, VOllS 
n ez dit <J1I "dlc c
l avec '"ous 
eul; à nlOiIl
 
peul-l'tl'l', que ,()u
 ll'a
 CZ la pri,tention tip reYl'ndic(tIl'1" pOll: 
\ Otl"-lllèl1le ,nne sui nteti' 
péeiale 
, eause de yotre orgul'i1, ù" 
:o\orLc quc rfgIi
(' 
oil oÌl '(HIS ,oulL'/. hien tlu"cUe soit, L'I (Iu'dl. 
I 
nc sc t rOll\ e pas oÙ '(Hl
 ne la youll'z pas. Voit-elle èlre alar' 
dans ulle portion limité · tic L \.friIIUl', parmi 'OllS, dan
 Il' l'Oill 
d" 1I11 pctit ro
 allffie, rt 11011 a, ec nou
 dans nile autre partie lIl l 
luènlC pa) s? ne scra-t-clJc ni ('n E
I>3gne, Hi ùaH
 la (;anlc 1 II 
{"f) Italic oil YOu
 n 't'tcs pa
? Si ,ou
 yonlez rayoir SCUIl'IllCn I 
panni Yons, elle BC 
cra pa" dans les troi.;; 1)1"0' incc
 ÙC Ia })an I 
Houie, dall
 la Daeie, la 'hp
ic, la Thrarr, r..\('haï('. In Jlar(
 I 
doinc. ni d:H1S toutl' 13 (; ,"('t ec , oir ,on'" ll"èle
 p[l
? ,r OUS pOll\"l': 
donc la gardt'r parn,i \Otl:-', l'l relltp{,(.her eJ"ètrr dan
 Ie Pont I 
lit Galalic, In Capp3docc, la Panlplt
 lie, la Phrygic, 13 Cilil'ie 
les trois S
 ric
, le'-' ùeu\. \nnéllic
, dans toute rJ
g
 pie eI dnn 
la Jli'
npotiHHic, P3)S oÙ \OUS ll"èt('
 pa
? Elle n't'st pas dan 
les ilcs illllolllhrahics ct Ics autrcs pro\ inccs (lu"oll n(' 
aur3i 
t'oIllplcr, oÙ ,"ou
 Il"<"h'
 pa
? Que deYic!ldl"a alors la signifi I 
tÅ"ltion ÙU lnol rutltolique, ùoullé à rEgli

, COIHnlt' ('Iall 
('OnfOfllle it la raison (t) ct f(
pandu partoul? cur, si YOU I 
I 
(t \ Rationabilis: c'cst apparernmf'nt unc allusion à I'officier ci\"il Appel, 
rat1lOlicui ou Jlalionali8. receleur- général. I 



- 27ã - 
I rcduisez ainsi I'ÉgIise scIon yotre pIai
ir, si YOUS retircz d'elIt' 
: toutes les nations, que gagnera Ie }.j"ils de Dicu? où se trouyera 
I ce que Dieu Ic Pèrc lui a si largcn1cnt accordé en disant, dan
 
lIe, s"ccond PsaUIne :" (( .Je YOUS donn
rai Ies nations pour Yotr
 
I herrtagc, ct les partics Ics plu
 rccu]ecs de la (crre seront Yotl"t
 
: po
session, ete. (t)? n l..a tcrre entii're lui cst donni>c DYCr lcs 

 nations; toute son étendue (orbis) cst Ia possession unique dt> 
t Jésus-Christ. " 
I tIn écrivain de rAfrique, contcn1porain de saint Augu
riJ), 
I si ce n'cst saint Augustin lui-Iuèlne, deu1anùc, après Hvoir 
'l'numéré Ies n1csquines portions de la secte Don3tiste ('n 
\ .\frique et au dehors, si ces scctaircs peu, ent s ïIl1agincr ofTrir 
I en eu
 raccolnplisselncnt des promesses que rl
criture D faites 
I å rI
glisc. "Si Ics saintcs ]
crjturcs ont donné rJ
gli
e à 1"1\friqnc 
I seule, aux rarcs CuzlIpites ou Inont3gnard
 (JIúnten.'ics) òc.' 
; Home, à Ia ll13ison on au patriHU)inc d"unc fenuue c
pagnolc, 
! quai que rOIl puisse tireI' d"autres écrits, adIncttons que Ie
 
: Donatistes scuIs sont en po
se
sion de rl
gIise. Si la saintc I
cri- 
'ture dit que r]
gIisc sera Iin1Ítéc à (luclqucs 
Iaur.cs de 13 pro- 
"ince dc Césarée, nous dl'YOnS pa
scr aux Rogatistes; si c'cst 
u\. 
'quelqucs habitants de Tripoli, dc Byzacène et autrcs provinces, 
lcs :\laxin1ianistes y sonL a....h é
 ; 
i clle a été òonnt'C s('ulcmcnt 
au\ Orielltaux, nous dcyons Ia chcrchcr panni les .Ariens, I{'
 
I Eunoo1icns , les -'Iacédollicn
, ct aut..es sectain'
 qui p('l1yent 
I I , " ] I ) ' , , I } '" J 
I
e troliver a; car, qUI est capa ) c (eIHII1)erer l'S }creSICs (C 
(()Utes les nations? 
Iai" sïl cst l
tahIi sur des tén10iglwges divins 
'd ùes plus certains, ti..és dc
 t:c..iiu..es canoniques, que rl
glif\e 
1 I I """" d 
(m )..assera toutes es natIOns, quol que pUlssent Illvoquer ct e 
quclquc endroit que tirent des citations ceu
 qui disent : rÒye::, 
IJésllS-Chl'i.'it est ici et il cst lå, écoutons plutòt, si nous SOIlHncs 
I:,on tl'oupcau, la ,"oix de notre Pasteur qui 110US dit : ..Ye Ics 

fToy'e-:. pas. Chal'un erell'\., en efTct He se tl'OUYC pas dans toutes 
:Ies nations oÙ cst rÉglise; mnis cIle qui cst partout se trouvr- 
Ùil ils sont (2) II 
I 
I (i) Ad Farm" t II. init. 
(2) De ("nit" Eccles.) 6. 



- 27/1- - 
EnlÌn, I'cOlllons saint Aup;uslin lui-mème dans I'('ttc 1'01111'0-1 
\"er
e : \( COlllllll' ,"Otl
 Ie tlite
, oh
er' c-t-il à Crcsconius, Ie.. 

o\"atien
, lc
 A ricns, Ics Patriptl

if'IIS, Ics 'T all'ntiniens, le
 I 
Patricicn
, les \ pelliLe" le:o; )larcioniLco;;, les Ophilcs, et It: I 
f('stt' dl's 
ertain'
 portant ("c
 nonl
 
al"rilrge
, l"Ollllll(, ,"ous Ic
 
appdel, tilli sout plutòt tics IH'
tcs aLoluillahles que de
 
ertcs" 
ne f'ollll)Hlniquf'nt pa
 a\ l'c Hon
. 
éallllloin
 en (Iuelclue entlroil 
qu ïl
 se trotlycnt 
 );', .est allssi Il
glisc catholi((\lc; ainsi en \friquc; 
eUe e..t où \ Oll
 èlc
. D'lIlI au lre CÔlé, ni \ olre héré
ie, ni au-' 
runf' ;ult n'. queUe qu 'cllt' soit, nc sc trou\ c pnrtout Oil CS 
rl

li
e ('atholiqllc. J foù jJ paraÎl (Iue l"Église cst eet arhrc dOll 
Il'
 riHllenux S't'tl'IItJent 
lIr tonh' la tt'rre par la richl'

c dt.' St 
fécoIHlitt" tandis que Ics scctes 
ont Ics branches cas
écs qui IH j 
po',èùcnt pIu
 la \ ie tie la racinc, Illais qui rc
tcnt i
olt'cS i 
leur placc l't s'y dc

("('ht'nt (I). n I 
011 i I\
illucra pcut -ètr.: (PiC I'cUe ulJiYcr
alité, attrihuél' il 
rl
gli
(
 ('atholi(lUl' par Ics J)l'n'
, rrpo
e dan
 
a succc

ion apo
1 
(olicIUC on l'ncorc daBs 
OJl épiscopal; qu 'cllc élail une, nOI 
eOllllllC éta nt"1I1l royaunlc oU U IIC \ ille, u nile a\ cC cllt'-1l1t'luc, I 
ayant unl' 
('ulc rt Inelnt' intelligcllt.'è dan.; chaclIne dc 
cs par i 
tics. nllc 

 lupathie , Ull principe I'i'gulatcur, nne organisation 
une l'onuHunion; 11lai
 parl'c qn(', hicn que cOllsistallt en UI 
ccrtain nOlnhrc dc COH1I1HlnlHltés ind{'pcntlantcs, différant (l'I: 
sUPPO'UllL CJ 1I ïI l'n ait 
tc', ai lI
i) rune de rant I
e jU
tlU t1 13 rllp 
tUI"r 41(' eonllHunion, n("aullloi..<:;. toull's étaicnt cn pos,c,..iOl 
d'un ('Icr
t" donL la 
ue('l'
:.;i()n ('tait légirilllt', on tonteS étaieu l 
gOll' l'1"1l('t'
 par dc
 t" è(JlICC;:, dcs prêll"CS et des ùiacr('s. JIai i 
qui snutil'llùl"a séricuSClllcnt que la parcllté on la rc
sclllhianc 
rétllli
t' deu\. l'orp
 eo nn? 1.'...\np;lcte....l' ct la Prussc 
ont fun 
t't ran Irc ùcs nlonarl'hie
; cst-
e (llI'l'llc
 f0I111cnt ponr cela u; 
scul 1"0) 
HlIHC? L' \nglch'rrc t't It's l
tats-1 T 11Ï
 ant lInc 
o
lch, 
(,OlnnHIHC; pcu,-cnt-ils pour eela l'U"C appelés un lllènle Ewt 
L'_\n
lett'ITe cl l1rlaudt' ..ont pCl1pll'l'
 par des races diITércnte.. 1 
ct (.t'pl'IHlant nr formcnt-cIlcs pas encore un scull"OyaullH'? 
I 


(II Contra Cresc., IV, 75: aussi iii, 77. 



- 2iä - 
I l"unité sc trouve dans Ie fait de la succession flpostoIiquc, un 
I acte de schisnlC dcvient par la nature Inèn1C des choses tQut ò 
fnit iI11pO
siblc; car, de nlènlC tItle personnc nc peut changer 
, son extraction, ainsi aucune i-glise ne peut détruire Ic fait qUf> 
! son clersé cst venn en lignc dirccte dcs .Apòtres. On Ie pl'th é 
, de s('hisll1C n'existe pas, ou runité ne reposc ni dans la fonllc ni 
I dalls rordination épiscopalcs. Les controvcrsistes auxqucls j,c 
fais allusion savent hien cela, eux qui se trouyent en consé- 
I 
quencc obligés dïnyenter un péché, et de regarder romn)e 
:schisme, non pas la ùivision ù"une églisc qui se sépare (rUne 
: autre, mais I'cl11piétclncnt ù'une églisc sur la juric.liction d'une 
lautre, comme si les liulitations dioet
saincs cl Ic
 re
trictions irn- 
: posées aux évèques étaient, bien que sacrées, autre chose que 
I . 
,des arrangenlcnts ecclésiastiques, ct des lois dc r}
g]i
(', tantli
 
I que Ie schisll1e cst un crinlc conlrc son cssencc. Ainsi, iIs re- 
'jeUellt un ßloucheron et ils ayalcnt un chameau. La di, ision 
'l'onstituc Ie schisnle, si schisIll c il y a, et non pas rcnlpiételnent 
I (I'une juriùiction sur une autrc. Si relnpil
ten)ent cst un crimc" 
la division, qui en est la cause, cst un crinlc encore plus grand: 
finis où Ia diYÍsion cst un dcvoir, il nc saurait y 3yoir péché dans 
Ie fait d'Cll1piétemcnt. 
Le tableau que nous présentc rancicnnc Églisc diffèrc enliè- 
renlcnt de cettc théoric. Elle était, il cst vrai, gouvernl'c par 
des évèqucs, et ccs évèqucs étaicut Ics successeurs ùes _\pÔtres ; 
ffinis elle formait en outre un 1'0) aumc, et COlnnle re:xj
t('nec 
'd'un royaul11c suppose la possibilité de sujets rebcllcs, de I11èrnc 
,on comprend qu
il y uit dans rÉglise des scct
ires et des schislnn- 
'tiques, Inais pas de portions inùépcndantcs. Ecoutons la descrip- 
tion qu'cn donnc Gibbon, télnoin qui, quo;1ue étranger, \"icnt 
'à rappui de notre dcssein ct it qui nous POU\ ons cnlpruntcr ]e
 
faits quïl signale, tout en repoussant ses Ï111putations : t( L"Églisc 
'cntholique, dit-iI (t), était administréc par la juridiction spiri- 
!tuelle et légale de 1800 évèques, dont mille avaient leurs siéges 
dans les provinces grecques et huit cents dans les provinces 


(1) Hi8t., ch" xx" 



- 2i6 - 
lalincs de rEUlplrc... Dcs Eglisc
 épiscopalcs étaicnt ::itul'cs;1 
des 
ist3nccs rnpprodH:'\:S runc dc rautrc 
ur les horùs du 
ill 

ur la côtc d".\frÏlluc, U
H)
 r_\
ic proconsulaire, et dan
 les pro 
\'inee
 nléri(liollalc
 crllalic. Lcs l
\ l'(IUCS de la Gaulc t't d I 
fE5pagnc, ue la Thrace cl dc Pout, régnaicnt sur un large ter I 
I"itoire, ct ùl'll'guaicllt lcurs 
ulrraganl
 uallS Irs call1pagncs pou 
relnplir lcs devoirs ùe la tharge paslorale. (fl1 di()ci'
c' ('hri,til' 
pou\'ait s'étenJrc s r tuulc Ulle proyjncc ou èlre réduit i1 u I 
\illnere' mitis tous le
 éVl'(IUCS l'o:o-
édaicnt un c'araett'rc l'gal (
 
indélt;Lile; ils liraic III lous Ics luèlUCS POU\ oil's ct pri\"ili'g( 
dc'S ..\pÙtrc:o-, tin pt'uplcct llc
 lois..... 
· Lc corp=) du elergé catholiquc, plulO\ nOlllhrcux pcut-{;tr 
 
qUI' lC$ !t"giolls rOIHainl's , l'tait (Ji
pen
é par Ies t'()lperCUI"'\ d 
tout service pri,'i' Oll puhlic, de toules Ics chargc
 rnllnieipal
 
de tOUlCS Ics taxes per....ollllelle... el ùe lou...lcs in)pûf
 qui pesaicl i 
:"ur leur
 eOIll'ito
 elJ
 cI" un floids int()ll
ra hie; Ic!o\ de' oir
 de Irl l 
" 1"'" I " I 
Salutc prole

lon efLuent acccptcs conlInc Ull 3CCOlllp J
scrn{'11 

ul1i
nnt de Icurs ol)Iig.,tion
 l'11\ l'rs la r(
ptlhljqHC. Chaqu 
é\ t'que 3cquérnit un droit dl,:o-olu ct ilnpl"c
cripfihlc à robi'i
 

nce perp ;t ul'llc tIcs dercs (IU ïl ortlolllluit; I ' der
é ùc Ch
Hll 
. I " ." I ,." I . I . . J ' I 
l'g I
C CIH
copa C IOrlll:Hf tl\ CP l'l' HI c l'
 parols
es flUI l'lJ c ('per 
llaicnt unc sociétc
 r(>O'ulii'rc ct prrnwnentl'; les cathrJrales ( 
Constantinople cl de l:artl13gc llwÎntl'naicllt leur étahli

l'mcl
 
particulier de l'inq l'ent
 luinistrcs cctlésiil
tiqtIc
. Leur nornlu 

c Illultipliait, ct Il'ur
 ran.gs gros...i......aiclll iJ),cn
ihlcrncnt p
 

ujte de la super
tifioll cJe ('C tCHlpS, clui introcJlIi
i, dan
 11
gli
 
It
 cérl-Inonies 
pll'ntlide
 u"un tcrnple juif ou paicn; tln(' longf 
suite de pl'ctrc
, ùc ùiacre..., de 
ous-diaeres, (r[lroJ
 frs, (fc:\o 
("isle...;, de lecteurs dc chantrl'
, de heùcaux, contribuaicnl 
<.hacull uans S('S uttriLlItion", à gro

il' Ia pOlllpC el Jllarrnon 
du cHIle religil'u
. Lc nOlO de clerc ct leur
 P rÏ\'ilégcs fure 

 v I 
('tcndus à pltI
il'urs confrérics picu...c", qui ùéfendail'llt LI' l'.c d 
,ou('ment Ie t I'ÔlIl' l'rel(

ia
1 Î(ltlc. Si
 Cl'llt') parabolins, ou 
y('i 
tllriers, yi
itaicnt Ips rnaladcs it ..\lp
aIH)l'ic; onze (,l'nt" ('opmtl 
ou fossoycurs, cntcrraicIlt Ic
 Illort
 à Constantinople, et II 
l
saims de Inoines. qui sc lc\"èrcnt Ùl''' Lorùs ùu 
 il 
 ou, ..in' j 
c..t obscureirrnt la 
urfaee tlu ololH.1e chri,til'n."... I 



- 27i - 
I )\ SOliS un 
ouvcrnement despotique, les é,'êques seuls jouis- 
,aient du pri, ilége inestilllahle d" ètre jugés 
culement par leurs 
ÿairs, priyilége qu ïls ne manquaient pas dïnvoquer; et mên1e, 
'laos Ie cas dOune accusation capitale, leurs frêres réunis en 
l.;ynoJc l
tairnt seuls juges de leur culpabilité ou ùe leur inno- 
I.. ellce ...". La juridiction donle
tillue ùes évèques étnit à Ia fois 
IIn prÏ\ ilège ct une restriction de rordre ecclésiastique dont les 
I.aw.es civiles étaient convenahlenlent retirécs de la connaissance 
run juge séculicr.... L 'arbitrage des évèqucs était ratifié par 
,lne loi p05itÏ\-e, et des instructions éwicnt données aux juges 
JOUI' quïIs cxécutassent sans appel ni déIai Ies décrets épisco- 
I)aux, dont la yalidité a, ait jusque-Ià dépendu du consentcment 
,Ics parties. La conversion des nlagi
trats eux-mèmcs et de 
,out rElnpirc pouvait écarter graduellenlent les craintes ct les 

.crupules des chréticns; mais, néanmoins, ils recournient 
'ncorc aux tribunaux des éyêques dont ils appréciaient les 
.alents et lïntégrité; et Ie ,'énérable Augustin nyait la satis- 
,action de se plaindre que scs fonctions spirituelles étaient per- 
:,étuellen1ent intcrrornpues par Ie trayail ennuyeux de décider 
'ntre des prétentions opposées, de prolloncer sur Ia possession 
Ie ror et de rargent, de terres ct ùe hcstinux. L "ancien priyi- 

ge du sanctuaire fut transféré aux ten1plcs chrétiens..... La 
rie ou In fortune des sujets les plus énlincnts pouyait ètre pro- 
'égée par la luéùiafion de révèque. 
I )I L "éYèque était Ie censeur perpétucl de la Dlorale de ceux 
lacés sous sa juridi('tion. Les n\glcs de In pénitence furent rédi- 
ées en un systèu1e de jurisprudence canonique qui définissait 
Digneusement Ie dc, oil' de Ia confe
sion Pllblique ou priyée, les 
;ègles de la preuye, les degrés ùe culpahilité et la nlesure du 
hàtilnent. " . . . Saint Athanase exconlmunia un des ministres 

 EgYPte, et lïnlerdit du feu et de rean qu ïf prononça fut 
Icnnellemcnt cnyoyé aux églises de la Cappadoce..... [Syné- 
us de Ptoléll13ïs] vainquit Ie Dlonstre de Libye, Ie président 
. ndronicus, qui ayait abusé de rautorité d'tll).e charge yénalc, 
(Cnté de nouwaux modes de rapine et de torture, et aggra\"é 
BIBLIOTH. IIIST. 6 e A

ÉE. fer OUVR. 24 



- 278 - 
Ie {'rime de l'opprcssion par rclui ùn sacriU'gc. ..\près nne tC11 
lati\ c infrllrtllell
e pour rarnel1rr Ic ficr m:Hri
trat par des ayc 
ti

cnlcut
 ÙOll\. ct religiell\., 
lné
ius sc décidc à inni
("'r 
scntcIlC(' 
uprènlc de la justice rcdl-si
'
tiqllt." ('1 il "011(' \.nùrt 
niens, avec ses a"sociés ellcurs fan1Ïllcs, à la luall'dietion de 
tl'ITC èt des ci('u
... L"I
gli
(' ...Ie PtoléntaÏs, (Iud(In"oh
eur(' 
insi
nifiante qu
ellc pui

e paraitrc, adrcssp ct'tte déclaration 
Inuh's Ics égliscs q,u 1l10nÙe, scs 
o'urs; ('t lïnlpie (Iui rejl't I 

cs ùécret
 sera eu\"cJoppé dan" Ic crilnc et Ie chÙtilllcnt d' \1' 
dronicus eL de ses parli';3ns illlpics..." I 
tI Tout 
Oll\'ernenl('nt populaire connait par c'-p(
ricncc I, 
em'ls de r élo( I uenee gro.;.;ière 011 artiJiciellc, .. , L' é\ è(l lie (I 
quelqUl' prètrc distinguè à tIui il dl-I<
:ruait prUd('1J1111cut Ie pot 
\ oil" de prêcher, Jwrungllait, sans craindre Ie ùanger des intc! 
. I ' I . l' I . I I . . I 
ruptlons Otl ( cs rep ItltleS, UIlC IOU C 
OUnllS(
, (ont e
pl'lt 3\"[ 
éLé préparé Oll suhjugué par I('s céréInonics itnpo
antcs dc 
..dicrion. La 
uLorùillalion ùe rÉgli
c catholi((11e élail 
i rigot 
rcuse , que les rot'mrs accènt" pouyairnt s
échapp('r à la fois ( 
tcnt chaires ùe Iltalic el de rl
g
 ple avec la plus parfaite ha" 
Illonic, si clles étaient 1l1i
l's à runis
()n par Il' prirllat dc Ron I 
ou d'_ \Ic\.antlric..... I...es rcpréscntauts de In répuhli()up ehr. 
I 
I i(\nllc s'as
elnhlaient régulièrCIllcnt au printcIHps et 3 rautomr I 
de chac]llC annéc; et c("S 
ynod('s propagcnicnt I'csprit de 
disciplinc ct ùe la légi
lation ccclésiaslÌtIues à travcr
 les CCI 
"ingt proyinccs ùe rEJlIpire J'olliain..... .l\ UIll' épofJue ant
 
" dC " ,. I I . I 
nellre, '-luau onstanLIn ctalt c protectcul' p ulot que 
I U'osélyte ùu Chri
tiallislllC, iI 
oulnit In contro\ rr
c afrie-ail l 
.. I 
au coneill' d".l\rll's, nuquclles é\ èques (ry ork , dc Trè,'cs, { 
'liIan et ùc Carthagc sc rcncontrèrent COlllllle des anlis ct d( 
frt'I'cs pour di,cutcr ùans leur lan
nt' indigt'He sur les intérê 
("olnmUIJS de rl

:di5c lutine ou occidentale. Onze 3nn(
CS ph 
f 
tal'd, une assclllblée- plus nOlnhreu
e et plus cl'll'hrc fut réunic 
'Xicl'c, en ßithynie, pour étcindre, par sa 
cntcncc dl'finitivc,.It, 
cli
putcs subtilcs qui s"étaicllt élc\"écs en E

 pte sur la qUCStl
 
de la Trinité. Trois cent ùix-huit évèqucs oLéirenl à la convc. 
c"ation dc leur nlaÎlrc inùulgcnt; Irs ccclé
iastiqucs lIe di,'rJ, 



- 279 - 


rangs, de diverses seetes ({) et dénominations qui s
y rendir(tnl, 
lont été évalués à 2048; les Grees se présentèrcnt en pcrsonnc, 

l't les Iégats du Pontife romain cJt.primèrent Ie eonscntcment 
des Latins. n 
II y a là assurément preuve surabondante de Ia nature de 

'unité, par laquelle rÉglise de ees sièelcs reeulés était distinguée 
des seetes au milicu desqucnes elle se trouvait. Ene formait 

ne v3ste association hien organisée, s'étendant aussi loin que 
l'Empire rOlnain et Ie débordant; ses évêques n' étaient pa
 
'
eulen1cnt des officiers locanx, n1ais ils possédaicnt une puissance 
fssentiellcnlcnt générale qui s "étcndait partout où ron pouyait 
trouver un chrétien. ([ Pas un ehréticn, dit Bingham, n'eÙt 
I
ntrepris un yoyage sans prendre avec lui des lettres de reconl- 
'mandation de son propre éYêque , s'il ayait l'intention dc conl- 
'ffiuniqucr avec rÉgIise chréticnne dans un pays étranger. Tcllc 

tait dans ees tcmps radmirabIe unité de rÉglise eatholique, 
fheurcuse hannonie et Ie parfait accord de ses éYêqucs ent}
 
'ux (2). n Saint Gregoire de Nazianze appelle saint Cyprien un 
t"èquc universe! présidl
nt, ainsi que Ie ß1èn1C auteur Ie dit ici , 
let non-seuIenlcnt sur rEgIise de Carthage et d'
\frique, mais 
.lussi sur tous les pa) s tlu nlonde : à rOccident, à rOricnt, au 
.\filli et au Nord. n C"cst là la prcuyc (rUne unité qui consistait 
r1on-seuIen1ent dans rorigine on la successio
 apostoliquc, mais 

ne uuité ùe gouYCrnCn1ent dans toute rEgIisc. II poursuit 
)insi : I( [Grégoire J dit In même chose d".Athanase qui, en 
ttant non1nlé évêque d'A.lc
andrie, était fait éYèque du n10nde 
f,ntier. Chrysostòlne appelIe, de l11èn1c, Timothéc éYèquc de 
r'unin
rs..... Le grand r\thannse, en retournant de son eÅiI , 
1C se fit aucun scrupule de fa ire des ordinations dans pIusieurs 

;illcs Ie long de sa route, quoiqu
 cUes ne fussent pas situées 

ans son propre dioeèsc. Lc fameux Eusèbe dc San10sate fit la 
I (I) L'historien rait apparemment allusion à ce que I'empereur a,.ait appelé 
IU concile l'é\"èque Xovalien Acesius. Gibbon prétend aussi que Ie nombre 

O
8 dott a"oir compris les sectaires. Si cette opinion est deduite de la (orce de 
;a description générale. 'taleat qu.antum. 
I (2) Antiq., II t -!, 
 ä. 



- 280 - I 
rUt'nle eho
e ,dans Ir telll p
 tit' la 1)(.'l'
l,t'l1ti()n drs Ariens, 
oul 
'Talrns..... Epiphanc tit u!'agc dc la JUènlp puissance et dIl l 
luêulC pri, ili'ge dall" Ull ca
 seulhlahle, en onlollnant PauliniclI 
frère de saint .Ji'rÔrnc, tJ"ahord diflcrc, t't puis prètrc, ùans UJI 
nlona
tèrc situé ell dehors dc son diocèse de Palestine (I). )I D. 
IlH
nll
 en cc (Iui I'cgardl' rcn
rigll('nll'llt, ayallt que de
 conrilr 
IlC se r('UniS
cllt sur une ,astc l'ehclle, saint fgnaee d"..\ntiorh. 
3yait aÙI'cssé des le!tl'CS aux i'glisc
 !'itllées sur la côle de L\
i I 
1I1i11Cll1"C, en 
e rcndaul i. HOlllC oil rnttcndait Ie HliJl't) rc. SaiIl' 
h'énée, :1lor
 disciplc dc rl
!..!.lisc dc Sluyrne, sc r('IHI dans 1;1 
Gaulc et n
pond, ('taut i. L) on, au\. IH
J"("sics de SYl'ie. D.I 
nlènlC que sïl cÙt apparlcnu ;. toutrs Ir
 parties de rm bil 
ferran.tlll, on ue peut dirc où l'fait 
itué Ie siége ùc saiut Hip I 
polyH\, l'L on Ie placc di\'crs(,Hlrnt tlmb Ie yoisinflgc (Ie Rom.' 
el en \raLic. IIO
ÍlI", é\ èque espagnol, e.;:t arLitrc dans un. 1 
1'0nlrO\ I'I'
C 
olllcYt;c 11 AIl':\andrÎc, Saint AIII:111a'I', cha
sr d'i 
son E!!lisc, prit tOLItC la chréticnté pour uOllwinc, de Tl'è\"c: 
il rl
thiopie, ct il int l'O(IlIi
it Cll Occideut la (lisci plinc (Ie saiu I 
Antoinc d"lt

 pte. Saint .JérÙllle c
t llé dans la I)ahnatie; ï 
("luùic à Constalltinople ct à .Alc\.and..ic; it cst 
ecrél airc dl l 

nillt Damase i. ROlue; il s'étahlit cnslIitc et 111eurt en Palc
tinc 
Par-flc......us LOUl, Ie ::;iége ùe HOIHe lui-lUêllle cst Ie centre dt 
rcn
riglJenlt'nt an

i hiell CpIC de raetion; lc
 Pt\rcs ('t les héré.' 
tiques s') rClldent conuuc ùc\"ant un tribunal qui doit déciùel 
daJl
 Ics l'Ontro\"cr
es, et (Iui 
Ilyuic, par une ancit\nne coutumc. 
scs 3UlnÙncs au,- pau, rcs chréticns dl
 toutes les '
gliscs ù' \chaïc. 1 
ùe Syrie, de Palcslil,le, d" \raLic, ù"Egypte ct ùe Cnppadoce. I 
En outre, CeUe E
li
c uni, erselle n "était pns seulem('nt unr: 
clle élait encore cxclu-:;Í\c. L'éncrgic a,'cc laquelle It's chréticn
 
dc rt
pO(IUC nllténicél'llne 
n aicllt di'noJll'é Ie:' idolâtrics rt I('
 
crinles du paganislnr, et proclmllé les ehâtilllcnts qui scraicnt l 
leurs eonsl-tllU'llces, c'\pli(lllC en gnulùl' 1l1l'SUrC pourquoi iJ
 
ètairnt rcga
dés l
H
S h
 I1lol"llle I
aï,en cOlnn
e les IC 
nncnlis" tlul 
genre hUlIlaln. II Smnt C
 pl'lcn (lIt a un nwglstrat palt
n : II C cst, 


(1) Antiq" , 5, 
 3. 



- 281 - 
I à justc titrc que Dieu frappe de ses verges et de ses fléau
 ; cl 
I pui
quc ccla scrt à si peu de chose, ct que rhorreur de res 
châtinlcnts ne cOl1yertit pas Ies homn1cs à Dieu, il y a au dclit 

 de ce 1110ndc Ia prison éternclIe et Ies flan1111eS inextinguiLles 
I du châtiInent sans fin..... Pourquoi ,-ous humilier ct vous 
; courbl:r devant de faux dicux ? pourquoi incliner votre corp
 
, csclave dcyunt des inlages qui nc peuyent vous porter aucun 
, sccours, et de la tcrre nlo1.llée? pourquoi ran1per dans Ia pro
- 
: tration de la 1110rt conlnle Ie serpent que YOUS adorcz ? pourquoi 
: vous précipitcr dans Ia chutc du démon dont la fautc rst la 
, cause dc la vôtre, et qui dcvient yotre compagnon?.... Croyrz 
I " " } I ' 
I et YIyeZ; YOUS aycz ctc (ans e tClnps nos pcrsecuteurs; soyez 
i dans rétcrnité Ies conlpagnons de notre joic (I). )\ U Ces scnti- 
I lllcnts austères, dit Gibbon, qui avaicnt été inconnus de ranti- 
I quité, paraisscnt avoir r('pandu un esprit d'amcrtunle dans un 
; systèlnc d"anIour et d"harIll0nie (2). )) Tel était ccpcndant Ie 
, jugcnlcnt des pren1Ïcrs chrétiens sur tous ccux qui n'entraient 
I pas dans leur société, ct tel fut Ie jugement de Icurs successcurs 
sur ceux qui ont yécu et qui sont morts dans les scctes sorties 
du Christianisll1c. Le Père dont nous venons de citeI' Ia dénon- 
, ciation contre Ics païens, Ie déclarait dans Ie troisième siècle : 
, "CeIui, disait-iI, clui abandonne rÉglisc de Jésus-Christ n .ob- 
tiendra pas la récompense de Jésus-Christ; il cst étranger, un 
objet de rebut, un ennenIi. Celui qui n'a plus Dieu pour père, 
n"a plus rÉglise pour 111ère. Si un homme, resté hors de rarche 
de N oé, a pu échapper au déluge, celui qui reste hors des 
portes de I'Église pourra se sauyer. QueI sacrifice peuyent 
célébrer ceux qui sont les riyaux des prètres? Si ces personncs 
étaient tuées pour confesscr Ie nom chrét'en, ceUe tache ne 
: serait pas mênle layée par leur sang. Le péché de discordc est 
grand, inexplicable, et aucune souffrancc ne Ie la,-e. Ceu:x qui 
ont refusé d'ètre ù'un seul esprit dans rÉgIise de Dieu ne 
, pcuvent haLiteI' avcc Dieu; un pareiJ hOlnnle peut ètre tué, 


(1) Ad Demetr., 4., trad. d'Oxf. 
(2) Hist, , eb. xv" 



- 282 - 


Blais iI He snurail èlrc courOllut' (I). n Saint CJJI"y
ostÙnlC, d3lJ. 
Ie siècl
 sui yaul , fait 3I1n
i()n a
1 

'ntill
ent de" sainI C) prien I 
" QUOH(lIC nons nyons Dccon.plt dlx 1l1111c actions, glorj(\uscS , 
cepcllùallt, si BOllS Illc(tons CII pi("c('
 rUllité de rEglise 1 sour 
frironC\-nous un chÙtinlcnt B10illS terrihle que si 1l0U
 dl'('hil'ion J 
Ie corps de J{osus-Christ (
)? " Saint .\ugustin scmhle pensI'11 
qu'ullc conycrsion de lïdolàtl'ic f. une romnlunion sehi
n1aliqut 
n'cst pas un aYnnt
 fr
. C( Ceux que Ie" ])onatistcs hnptifo.('n: 
guéri

èlJt de la plaie dr lïdolàtl'ie Otl de lïllfidélilé, Ilwis it: I 
rcçoi\ l'nl un COlip ph'5 cruel par la hlcs
nrc dll 
chisIl1C; rail 
r("pée ùétl'ui--ait lc
 id()la(r('
 dans Ie pcuple ùe ))ieu, tandis qU(J 
Ic
 
('hismatiqlll's étaient cng\outis par la terri' h{oante (3). " I I 
parle aillcurs du C( 1o.;3crilégc Ùll sehislue qui sUl'JH1SSC tous It,: 
crimps (4), " Sa in 1 Op13t s 'Úonne de lïm'ons(;, I W' n('1' d 1\ Dona.1 
li
te J}arrnénil'1l qui lllailllienl (ce qui cst la \Taic doctrine) (IUt 
I, Ic
 schi
llla
iq1H\
 
ont, tonllne It's ceps t'Oli pt'S de la \"iqnc .1 
tlc
tinés nux chÙtiulCnl\) ct rést'r\"és COIlHllC tlu boi
 see pOUl 1 
alinlcnlcr Ie feu de renfer (
). n I( nni
solls, dit 
3illl Cyrillc 
ceu," qui sonr dignrs de hainc; relirons-nou" de ceu\. dont I)ictI I 
sc retire: ct ùi"on
 à Dieu en (oute hardie...,e ù régard ùes IU"rtlo l 
' 
 
tiques : (( 0 Seignrur, cst-ce qur je nc Iwis pns rctr\. (lui 'oU' 
haisscnt (6)? n CI Croyez fcrnlcillent, dit saint Fulg(,llce, ct n(: 
doutcz CIl nucunc fa<:on que tout hért'.tiquc ou 
('hisn}atique .I 
qucl quïl soit, haptisé au lIon1 <lu Pèrc, ùu Fil..; ct ùu Suint- 
Esprit, (lueI(luf' granùcs (lue soicllt 
l'
 :HIIU()neS, al01'5 Inèn1l 
00 1 ., I I J ' CI " I 
qu I nurrut Ycr
p 
on sang pour c nom (c e
us- 1I'lst, n( 
, 
pent en aucunc Inanière ctre 'aUYl', à Inoius flu"il nc reyiennl 
à rl
gli
e eatholi(ll1(, (7). n Les Pi1rcs foodcnl ('eHe doctrine sur l 
Ics paroles de saint Puul, que quoiquc nous donnions nos hi('n
 


(1) De Unit", 5, 12. 
(
) rhr

., ill Epb.. IV, 
(3) He ßaptism, , 10" 
(.\) C. Ep. l)arm. . 1, 7. 
(5) nr schism. Donat", I, 10. 
(ß) Cat, , X,"., 10. 
(7) Be Fid. ad Pelr. 39. 



- 28:5 - 



 
ux paUV1'CS, ct que nons liyrions nolrc corps aux flammcs, nou
 
I ne son1ffies riCH sans rnn10Ur. 
1\ous ferons une dcrnière ren1nrquc : c'est que lcs Pcores, loiu 
de reconnaÎtre rexistence d"aucun rapport ecclésiastique entrt\ 
: les éyèqucs, les prètrcs scctaires et leurs troupeaux, s "adressent 
directclnent aux dernicrs, C0111mC si ces é\ èques n 'existaient 
I pas, et les invitenl à enU'er dans rÉgiise indiyiduellcmcnt, sans 
,(
g3nl pour quoi que cc soit; et crla parce quc c'cst une question 
de ,ie et de n10rt. Pour prendre rexem pIe des Donatistes : it 
Il'tail indiITérent à la question que leurs églises en A.frique fussent 
presque égales à celles des catholiques, ou quïls (,us
,cnt 
,(juclque argun1ent à produirc dans leur controverse ayce 
rÉglise catholique; Ie seul fait de leur separation de rorbi.s 
;rerrannn étnit un argument sußìsant contre eux. "La question, 
dit saint Au
ustin à Glorius et autrcs, n "est relative ni à ,"otre 
:or, ni à vot
e argent, ni à YOS terres, ni à YOS fcrlnc
; il Ile 
Ù!git pas de sayoir si votre santé corporelle est en périJ; rnais 
Inons nous adressons à YOS ån1es pour vous engageI' å obtcnir la 
\ie éternclle ct à éyiter la 1110rt de rétcrnité. Leycz-yoUS en 
eonséquence. .... '
ous Ic ,-oyez tous, vous Ie savez et YOUS en 
l
én1issez; Dieu sait quïl n"existc aucune cause pour YOUS 
retenir ùans une séparation pcstiférée ct sacrilége" si, afin 
Id"écltapper à un jugel11ent éternel, vous surn10ntcz \-otrc affec- 
[ion charnelle pour obtenir Ic royaume spiritucl, ct yous secouez 
la crainte de blesscr des amitiés qui ne vous scrviront de ricn 

u jugen1cnt de Dieu. AIIez, réfléchissez à cela, e
alninez cc 
Iue ron peut répondre..... Pcrsonne n "cfface du cicl la loi d(J' 
Oieu; pcrsonne n'efface de la terre rÉglise de Dieu. Suiyant 
a 
romcsse, eUe a ren1pli tout Ie monde. n " Quelques intimités 

113rncncS, dit-il à son parent Scyerin , YOUS rctienncnt OÙ YOUS 

tcs".... A. quoi servent In santé et la parcnté dans ce monde, 
.i avec ceIa nous négligcons rhéritngc étrrnel de Jés:us-Christ, 

t notre salut élcrncl? )I II dit it Celer, pcrsonnage qui exerçait 

e Iïnfluence : "Je den1ande que YOUS pressiez yiyclnent YOS 
fubordonnés, dans Ie pays d"Ilippone, d"cntrer dans runité 
(holique, >> " Poul'quoi, ùil-jl, au nom de l1
glis'
 à toUle la 
I 



--: 28
 - 


population Donatistc, lJoul'<Juoi ou,rez-yous YOS orcillcs au 
paroles df'
 hOllllncs qui discnt des chose
 <(uïl
 n'ont jamai 
pu prou\ er, et It's fernll"z-, ()u
 it la paroI<.'" dc
 Dieu clui dit 
.. Dellwnùcz-lllOi ct je YOU" dOIlllcrai les nations pour "otr 
hl'ritagc?1I \. une autre épo(lue, illeul' ùit: (( Quelques prêtres d 
"otre pal'ti ont ell,'oYt' \ ers HOliS pOlll' nOlls dire: (( Ilctirrz-vou 
tlu Illilieu ùe uo
 trollpeall\., alltrenlcllt BOUS '"ous tucrons. 
- 
ùus lellr rl'pofHloIlS, nous, avec heancoup plus de rai
on : 
" 1\ on, He ,"ous retircz pas de HOS trou pcau\. ; ß1ais \'cnez Ci 
pai'X 'ers l
s tl'oupeau\. dc eelui à qui nou
 3pparteoons tous 
o
 si ,"ous HC ,oulez 
a" , ct uOètcs pas ùispos("S it In paix, :lIof) 
nneux ,aut 'uus retireI' de
 troupeau'X pour le
(luds Jesul.; 
( ' J ". J " I " I I 

 U'lst 3 verse son sang. It I( c, OUS cOIlJure pour an10ur ( 
Jésu
-Christ, dit -il it un ancien proeollsul , de 111C fairc réponsc I 
(1 ùe I)('e

er aycc in:-,tallce et Lonté tous '"os a(huini
trés tlan: 
Ie ùi
trict ù c Siuis 011 ù "IIi l'l'onc, ù' cntrcr ùans la COIllIll lIuio : 
de rEgli
c catholiquc. n Dans tine autre eil"eOIl
t3nCl", il puhli, 
une adrcsse nux Uonatistes pour lcur apprendrc la tléfaite d 
leurs é,'èques dans uue coufén'.Hcc : IC Cdui, dit-iI, qui e
1 

ép3n
 de rJ::glise eatholique, par eela seul quïl cst sépnré tI: 
I'unitr de Jé'us-Chri
t, alOl"S lllêlllC quïl ,ivrait ù"une lllanièr 
tfigne (félogrs, n OoLticndra pa
 la ,'ie étcrnellc; Innis la COJi'T. 
4Je J)ieu ùClllcure 
ur lui. )) II écrit à t]uel4.ue
 con\"crti
 au suj(' 
d(
 leur
 HIUis ([ui 
()nt l'neore dans Ie 
('hi
llll' : c( Qu ïls s'c 
rapportent it rÉ!disc catholi(fUC, c'cst-à-dil'c à rÉglisc r{'panùu 
dall
 Ie rHonde cotier; fju ïl
 el'oicllt plutòt à Cl' que disent h 
)
("rilures qu oil ce que Lulbuticut les lè\'res d"hol11n1CS calolnnid 
teurs. n Lïùéc d"a
ir sur Ics DOHati
tcs seulclllent conUllC corp
 
ct par lïnternlédiaire de leurs éY(;(fue
, ne parnÎt pas s'ètl 
janwis pl'éscntée à rc
prit ùe saint .L\ugustin (t). 
lh
 tout ec tlui prrrèdr, nou" ayons done raison de conclUi 
que sïl existc aujourù"hui une fOl'lne ùu Christianisme qui 
 
tlistÌlIguc par son organisation admirahlc ct par sa puissance; I 
l,lIe cst répanùue dans Ie Illonde cntier; si cUe se fait rcn1arqlH, 


(1) EI)P' 43,52, t;7. 76, 10ð, 112, 1
t. 1-i\. 



- 285 - 


, par son zèlc 3 IDaÎntcnir sa ero) anee; si dIe cst intolérante pour 
; cc qu 'clle regal'de conlnle rerreur; si eIle ne ecsse ùe fa ire la 
, guerre aux autres corps reIigicux qui s 'appeIIcnt Chrétiens; si 
idle, et clIe senIe, .e
t appeléc catlwli'1ue par Ie monde et par 
i les sectes nlèll1eS qu'ellc conlbat; si elle se préyaut de ee titre; 
i 
i rile nOn1l11e les autrcs eonul1unions hérétiques, les 3yertit 
! des malhcurs futurs, et les inyite it ,-enir isolénlent å cUe san
 
I égard pour aueun autre lien; et si, d"un autre cÔtf
., ceu
 qu'eHe 
I appclle hérétiques la nomnlent séductrice, prostituée, raecusent 
, d'3postasi
, d'être ranteehrist et Ie déulon; si les scrtaircs, 
! ditrér3nt tous les nns des autres, s 'accordcnt pour la regarder 
I conlnle leur ennen1Ïe comnlune; sïls s'cfTorecnt dr' s'unir rontre 
i clle et ne peuyent y rèussir; sïl
 ne sont que dans une localité: 
I sïls ,'ont cn se subdi,.isant eontinucllcI11ent, tandis qu "die reste 
'une; sïls suceonlhent run après rautl'e, et OU'Tent Ia route à 
, de nouyelles seetes tandis qu 'elle reste toujours In I1ll-nle, eett
 

 fornlc de religion ne tliffère guère du Christianisnle ùe répoqu
 
, de 
icéc. 


- 



Cll1PlfRE CI
QUIÈf\IE. 


, . I 

rìTR DE L .!PPLICATIO
 DF L\ PRFYIÈRE 
U.RQ(B DE FIDÉUTÍJ DA'S If\ 
DÉVELOPPE
E
T. I 


L'Ëglisc des CÎnquième et silièmc sièclcs" 


Lp p(ltronag(
 qU(
 Ics prenliel'
 elnpcreurs chrétirns tlccor- 
dèrcnl i. r.\rianislHc, radoption de cctLc hé..é
ie par les Lnrunrcs 
qui slu'erdt\..ellt i. leur plli

anl't', re\IHII
ion postél'icurc de 
tOlltC lu....ésic au delÜ des lin)itt'
 lIe l"Enlpire, sonl, ainsi que 
les tClulanec
 'lon()phy
ilc
 dc rl
g
 ptc ct dOune palotic de 13 
Syrie.. dc.;; ci..constance
 qui chan
i'..ellt en quclquc IHcsurc la 
ph>"siononlÏc tll' rÉglisc, ct ([ui rédalHcnt nOIre at(clltion" 
Ll

li:-.t, continue à ètrp un corps en po

e

ion ou prc--qul' cn 
posscs:"ion ùe rorbis tel'ral'llJJI; Blais clle He se trouyc pa
 tour, 
à fait au Inilicu (Il'
 set'tcs, dan
 la po
iti()n oÙ J)ou
 ra\oll
 \lIC, 
tlan
 lp
 prclnièrcs pl,..iodcs de son c
istcnce; clle cst. plulc\t 
placéc cntre ou en d('hor
 des st'hi
1l1l'
 (PiC panni eu
. Cette 
luèlne Ya
lc 3....
l)ciation dont re\.i
tencp relllolltait nu principe 
du Chri...tiani,nlc, qui ava,t t"ti' i({cnlitirt' a\ cc lui par tOllS Irs 
partis, qui avait toujours été appeléc ratholi([uc par Ie pruplc 
ct par les légi
latcurs, prit alors une fonnc ùifTl'rente. Elle sr 
ra
scn)hla sur certains puinfs tic ...on vaste territoirr avec une 
plus grandc force (tHe sur (rautre
; cIlc pos--éda des ro) aurnrs I 
enti('rs oil elle rcnrontrait à peinc un rh-al; elle ('n pcrdit 
d-autrl's d'ullc nlanil'rc pal'tidle on cntil'l'c, d"une nwnière 
tcmporairc ou pour tout dc hun; l'lIe fut nrrètée ,-:i. ct Ii. dans 
son cours par ùes ob
tacles c\.téricurs; et cUe rut rcgardl'c en 
face par l'hérésic, 'CIlUC des p3)"S étrangcrs sous unc fornle I 



- 287 - 


I ÌInposantc et en masse, avec l'appui de la puissance temporeHe. 
I .Ainsi, sans Caire n1cution, au quatriènle siècle, tIe rArianismc 
de rcmpire d'Orient, tout rOccidcnt était, au cinquièIlle sièclc, 
'imbu dc la Dlênle hérésie, et presque tonte l' Asie it rest de 
i fEuphrate, du moins sa partie chréticnl1e, était, dans Ie sièclc 
SUiV311t, en, ahie par les 
 estoriens; tandis que les .l\Ionophysites 
3vaicnt à peu près pris possession de l"Égypte, et avec Ie teDlp,S 
,s
enlparèrent de toute rt:glisc d"Orient. Je ne pense pas quïI y 
: ait de la présomption à appeler r
-\rianisl11e, Ic N cstorianisme et 
I rEutychianisme des hérésies, ou à identifier rÉglise catholiquc 
: contemporaine ayec Ie Christianisme. Considérons nlaintenfllJt 
I Irs rapports mutucls du Christianisme et de lllércsic dans It:"ß 
,("ljrconstances que nOllS yenons de signaler. 
I 
I 


SECTION PRE
IIÈRE. 


LES ARIESS DE LA RACE DES GOTHS. 


Aueune hêrésie ne s
 est produite avec une plus granùe 
: énergic ou un succès plus pronlpt que celIe d',r\rius; ct le
 
I traits qui la caractérisent sont pour robseryatcur d"autant plus 
rcmarquahles qu'iI
 sc sont manifestés parmi des barbares et 
non dans un nlonde cÏ\-ilisé. L' .Arianisnlc a luême montré chez 
Ics Grecs un certain esprit de propagande. Sous Ie règne de 
Constance, Théophilc avait introduit rhérésie popuJaire chez 
:Ies Sabéens de rAraLie, non sans oLtenir des résult3ts pro- 
mettants; nlais, SOliS 'Talens, {jJphilas de,-int rapôtre (rune 
'race cntière. II enseigna la doctrine arienne, qu
iI ayait Dlalheu- 
I'cusement connue à la cour in1périale, (r.
bord BUX pasteur
 
il\fæsogoths qui, contrairement aux autres branches de leur 
ifanlillc, se multiplièrent sous les montagnes de la l\lêsie, sans 
'obtcnir de triomphcs militaires ou rcligieux. Les ,-jsigoths 
:furcnt corrompus en suite sans que I' on sache par qui. IT n des 
traits singuliers de rhistoire de cette vaste fa mille païenne, c 4 est 
iqu'elle adopta si instinctiycment, comnulniqua si promptement 
t't maintint si opiniâtrélnent une hérésie qui, en exceptant 



- 288 - 


f:onstantinople, n-3yait c:\eitr dans tout rEmpire quc fort pcu 
dïntérèt duns la )llaS
C ùu pcuple. On c.lit que Ics '
isigoths 
a\:Jient été l'on' l'rti
 par lïnf1l1CHl'e de ,r alens; nlais \Talcns IÙ1 
ré
I}(
 que quatorze all
, et Ja population hal'hare adll1Ïse dans 
Il
lllpire s'élt'\"ait i. prè
 (fun Illillioll ùe per
onlles. 
II cst aus,i dif1icilc dïndi(fIH'r la tracc qu"a 
uiyic rht'rt'sic 
en pa";:'l1l1t ùe 
hez eu\. au\. autre" triLus harLares_ (;ihhon 

emhle 
nppU
l\r qu ' If"
 '-i
igot lIs ont rt'1I1pli Ie rôle d.. nlis
iou- I 
naircs tla.n
 leur ('o.urse gueIT
) ante ct 

, a'tatrice de la Thr
cc I 
tlu'\ p) n'll('l'
. 'Ims (fllelic 
Olt la IlIanH're dont la propagatIOn 
s'cst 3ceolnplie, Ie fait cst que la COI1\ {'rsion it r..\rianisnlC des I 
Ostrngoth", ue
 ...\Iain
, ùe
 Suè\"C", dcs 'Ttlllùales et fles ßour- I 
guignons, et leurs surcè
 Inilitairc
, :--.c pré
cntent ùans rhi
toil'c 
du tCIUPS COI11lnc ùes é\"éueI11ents Illarchallt cll'elllhlc; ct ycrs 
la fin tin CillllUit'HH" 
iède Irs 'ï
igoths a, airnt étahli rhérr
ic en 
France ct Cll E
pa!{IH'; les Suèyes cn Portu
al; Ics \T anùalcs en 
Afri(lue, ct Ics U
tl'og()th
 cn Italic. Lc titre dl' catltoliquc donné 
à Il
g-li,c pal'ut pour un tCIHp
 ulle tlualiHcation incxacte; C3r 
J)on-seulelllcnl elle était cll
l'\"dic 
OllS ccs populations hérr- 
tiqul's, nlai
 r \rimli
lne était un, et Inaintl'lIait illtègre , soil à 
Carthage, å Sé\ ille, à Toulouse ou à llaycnuc, la foj (Iuj Ic 
caraetéri
a i t. 
II n.cst pa5 pcrluis ùe ,uppo
cr que ees gucrricrs ÙU J.\"oru 
cusscut atteinl UII haUL ,Icgr<" dl' I:ultur(\ intcllt'
tucll('; mais il'" 
cOIIlprenaicllt as
cz leur reli
ioll pour hair Ics catholitfUCs, ...t j 
leurs é, èques élail'llt a

ez ill
trllit
 pour 
outenir dcs di
('u
- I 

ions n

c
saires it" sa prol
a
al.itH". lis P
'l'"tcllù.aient s 'app
}cr I 
sur la tOI du con
Ilc ùe 1\11111111; Ib adlllllllstralent Ie LaptcnlC ; 
tan altél'ant la fornlC de
 parole
, et reLapli'5aicnt Ics catholitfucs 
qu ïl"\ gagllail'lIt à leur serte. Ou doi t ajoufer, f}uell(' que fût 
leur cruauté un leur tyrannic, que les Goths et les 'Tandales I 
étaicnt des hOlluHes Illoraux cl quïls fai'aicut hOlltc lHI\. ('(ltho- 
liques quïls dl'po

l
dai('nt. I( 
 \ quoi pcut nOllS scr,-ir la préro- 
!r3tivc d'ull nOlu religicux, ùit Sah iCll; II U ïlllporte que nou
 
nons appl'lion
 eatholi(lues, que nous nous Yantion
 d"êtrc Irs 
fìÙl'lc
, que nous faillions les Goths ct les \T allùalcs t.'Jl leur I 



- 289 - 


:,pprochant leur nom hérétiquc, si nous \"ivons dans Ia perversité 
;Ics hérétiques (t)? " Les hal'hares étaient ('hastes, sob res , justes 
,'t pieux. Thi'odoric, chef des 'T
sigoths, se montrait tous les 
inatins avec les ofIiciers de sa maison à sa chapeIIc OÙ des 
:)rètres aricns célt'braient Ie seryire diyin. On rapporte un 
"xco1plc singulier de la défaite (rUn corps de '''i
igoths par les 
Iroupes iInpériales un jour de dilnanche, lorsqu "au lieu de se 
i)réparer au cOIuhat, ils s"occupaient des offices religieux du 
'nint jour (2). Plusieurs de leurs princes furent des hOlnmes 
rune J13hilete très-grande, entr"autrcs les deux Théodorics, 


uric et Léo\ igild. 
I II n "cst pas '
'aisemblable que des guerricrs victorieux, animé
 

.ar un esprit fanatique de religion, 
e cont<.'ntassent de pro- 
lesser puremflnt ct sÌlnplement leur croyance; its ayaient soin 
;Ie placer leurs proprcs prêtres dans Ies établissemcnts religieu
 
i
U ïJ
 trouvaient dans les pays conquis, ct d"exercer une vive 
l.ersécution contre les catholiques vaincus. On s'cst souvent 

écrié contre les cruautés sauvages du 'Tandale Ilunneric en 
lfrique; rEspagne fut Ie théâtre de persécutions réitérées; 
'} Sicile eut aussi ses luartyrs. ''''oler au
 catholiqucs leurs 
:glises et aux châsses leurs trésors, était peu de chose C0I11pa- 
ativcn1cnt à ces énofn1Ïtés. Les terres, les inlmunités et la juri- 

iction qui avaicnt été accorclécs par les empereurs å rÉgIise 
fAfrique, furent (ransférées au clcrgé de ceuÀ qui en firent la 


I (1) De Gubern. Dei, YII, p" 142. II dit ailleurs : Apud Aquitanicos quæ 
ivitas in locupletissimâ ae nobiJissimâ sui parte non quasi lupanar fuit '1 Quis 
otentum ad divitum non in luto libidinis ,'ixit '1 Haud multum matrona abest 
vilitate senarum, ubi paterfamilias aneillarum maritus est? Quis autem 
Ilquitanorum divitum non hoe fuit ? (p" 134, 133.) (( Oír
nduntur barbari ipsi 
.npuritatibus nostris. Esse inter Gotbos non licet scortatorem Gothum ; soli 
Iter eos præjudicio nationis ae nominis permittuntur impuri esse Romani.>> 
'I. 137") (( Quid? Hispanias nonne vel eadem "el majora forsitan ,-itia perdi- 
:erunt ?.. Accessit hoc ad manifestandam ilUe impudicitiæ damnationem, ut 
,\Tandalis potissimum , id est, pudicis barbaris traderentur.)) (p, 137.) II dit 
c l'Afrique el de Carthage: (( In urhe christianâ., in uTbe ecclesiasticâ... viri 
:1 semetipsis feminas profitebantur, )) etc., p. 1.ä2. 
i (2) Dunham, Hisl. Spain" vol. I, p. 112. 


ßmLIoTH. HIST. 6 e Ax
tE. fer OI:\"R. 


2;) 



- 2!)O - I 
('onqllèt(\; et du temps de ßélisr.ire, les é\-êquc
 c3tholiqlIL 
avaient été rédllit. au-des'olls du tiers de leur nombre primitit! 
En E
pagne comlllC en ..\fri<]u(', Ics é\ê<]ues étr.il'ut ehas"és d 
leurs siéges; les t'gliscs étaicnt (h
truites, les ciluctii'rrs prol 
fané
 et Ics mart) rs cnlcyés. Quand il ('tail possihle de Ie faire l 
les catholi(lues cachr.icnt les rcliqucs dr.ns ù('
 ea\ cs, en eOIbCI 
vant Ie 
ou'-enir. fiùèle ùe leurs cachettes IU'o\'i,\oires (t). t{1 
propriétés lIe fEgli'\c étr.irnt rohjet de spoliations r(
pi,trc
, 
Léo\ igilù cInploya 
cs trésors (
) cn partie à accroitre II 
splrlldrur de son trône, et cn pr.rtie it des trayau-x nationtm
 
.\ d'autrcs ('poqucs, les menlbrcs du clergè r.rien eux-mêm( 
doiycnt r.\ oil' tiré profit du pillage; car (Iuand f:hildl'hcrt, r( 
des Francs, fut anlené en Espr.gne par I('s cruautés e"\errél' 
('ontrc 
r. 
o"lIr, la rrine catholique ùe" Got hs, il ('Inport' 
;nec [ui, des r
discs ariennes, ainsi que Grégoire de Tours )1 
I'aconte, soixante calices, <]uin
e patènes, yingt uoites daTI 
Il'
qurlles étaicnt renferlnés les Evangiles, Ie tout cn or Inass 1 
orné ùe picrrcs précieuses (3). I 
En FraJlce ct 
urtout en Italie, Ie gOU\ crnemrnt de la puh 
sallce hi'rétique était bien ßloins oppresseur. Théodoric, r.i 
ties Ostrogolh
, ré!!nait des \Ipes à la Sidle, ct accorda jnsqu 
la fin ù.un long rt\gne une large tol{
rance it ses sujct
 c3thc l 
liques. II rc:,pecta leurs propriétés, pennit que leurs égliscs .1 
leurs liclIx sacrés rcstas
ent entre leurs mr.ins, et il cut à 
 
cour quelques-uns de leurs évèques. énlinent'\, canonist, 
depuis : saint Césairc d'4\rles ct saint Epiphane de Payie. 
avait alncné ccpendant dans Ie pays une population étrangèrt 
dé\ ouée à r..\rianisnle on, ainsi que nou-; Ie tlisons nlaintenaß 
à une église nou\ cUe. u La Inarche des Goths, dit GiLbon (i 
doit ètre considérée COIDIIle rémigration d"un peuple cntier 
leurs fCl1l1nes ct leurs cnfants, leurs yieillards et leurs eITcts I,' 
plus précieux l'taicnt transportés avec soin, et ron peut 
 


Ct) Aguirr. ConcH., t. II, p. 191. 
(2) Dunham, p. 125. 
(:1) I1ist. Franc., III, to. 
(\) eh. 39. 



- 291 - 


:orlncr quclque idée du lourd bagage qui suiyait leur canlp, 
;,arIe fait de la perte de deux mille ,vaggons, perte essuyéc dans 
me seule action durant la guerre d'Épire. n Théodoric assigna 
" ses soldats un tiers du sol de rllalie, et les fanlilles barbarefo: 
,'y établirent avec leurs esclaves ct leurs bestiaux. Les conqué- 
ants 'Tandales de rAJrique n'étaient d'abord que cinquante 
niIle h0I111neS; lnais les colons IníIitaires de rItalie s 'éleyèrent 
,ientöt à deux cent n1ÎIle, nombre qui, suivant Ie calcul adopté 
Imr Ie 11lènle auteur dans un autre passage, conlprenait unt
 
:)opulation d'un nlillion dïndiyidus. Le 11loins que ron pÙt 
tttendre était qu'une suprématic arienne établie sur toutra 
I"étendue de rltalie, pouryoirait suffisanlment à la céléhration 
-Iu culte arien, et nous apprcnons que les .Aricns eurent unt' 

;glise 11lêlne dans Ronlc (1). Le gouvcrnenlent des LOlnhard:-õ 
';uccéda dans Ie nord de I"ltalie à celui des Goths. lIs étaieut 
\ricns conlllle leurs prédécesseurs; nlais ils n'3yaient pas leur 
lolérance. Le c1ergé quïls 3vaicnt 3Jncné avec eux selllblc 3yoir 
"éclamé sa part dans la possession ùes églises catholiques (2); 
\t quoique, après trente ans, 13 cour se conyer tit , plu
irur
 
-iIIes furent pendant quelque tenlpS encore en Italie di
putérs 
Jar les éYèques hérétiques (5). L'autorité de r_\.rianislne du."<) 
iuatre-yingts ans en France, cent quatre-yingts en E
p3gne, 
')cnt en Afrique, enyiron autant en Italie. Ces périodes np 
Turcnl pas contemporaines; nlais elles s'étendirent dans leur 

nscrrlLlc du COl1llncncement du cinquième siècle à Ia fin <It I 
,i\ièule. 
Nons ùirons pnr avance que Ia durée de cette suprématic de 
'i:erreur n'a\ait pas Ia moindre tendancc à prh-cr ranciennc 
Eglisc d'Occident du titre de cntholique; et il cst inutile de 
'produirc la preuye d'un fait que rhistoire nous nlontrc si appa- 
rent. Les Ariens ne semblent pas ayoir jamais reyendiqué pour 
tux Ie nom de catholique. II est très-remarquable que duraut 
;cctte période les catholiques étaient désignés par Ie titre add i- 


(I) Greg. Dia1., III, 30. 
(2) Ibid", 2H. 
(3) Gibbon, Hist", ch. 37. 



- 2Ð2 - 
liOllllel dc. " I
 omaills, 
 () 
l 
r()
vc pI miellrs preu
. C
 de ('I' 
a I 
(Jails ll'
 hl
tOIl"(,S de 
mllt G regfnrc de Tours, ùe , Iclor ùc , it 
et c.lps concilc
 E
pagnols. ..\ill
i saint (;rl'
oi..c parle dc Tl1éo 
ùegi'id, roi de })oJ'lugal, fiui e\}H'iluail 
Oll ineréuuiité au 
Ujl 
ù'urH' guéri
on 1l1i..acult.'usr en disallt : u C'e
( la c()lI
titutiol 
ùes Itonlaill
 (car, oh"el"' c rauteur, on appdle rOluains ceu 
((ui prof('
senf Ilotr(' religion), ct non lit pui

anl'e de })ieu (I) 
" L"hél'ésic cst partout CIH1Clllic des catholi(IUCS, )I dit Ie Inèm ' 
. G '" I - " I I ", LI " I 
smnt .rcboJrc (ailS un autre pa

flge, t.'t 1 \"it ela 11' e 
racontant Illi.sloil"t.' (rUne {ennui' rathu/;fJuc (i lli avait un ma I 
hl'.....tifIur, chez (pli, c.lit-il, \ illt u Ull prètl'c de notre I"eligio l 
très-e3tholi(lue; )I Ie llla..i Ie tit HleU..c it tithlc [1\ er sun prop' 
prêtre aricn, u afin d'H' oi.. à la foi" ùall" 
a Illai"'on Ics prètn l 
de
 dru\ rcligion
. n Pendant quïl
 HH'lngraient, Ie Jflari dit 3 1 
p..êt..
 aricll : u _\nnISOH';-1l0U
 Ull peu de cc prètl'c del 
nOlnnin
 ('2). " Le COlnle arien (;ollliH'har, (iui s'
tait ('IllP:.u! 
dcs tcrn's de Il
glìsè (l"Agde 
J) France, a\ ait élé pri
 t.l'ur l 
f . , J I " . I I "" " I l ' ' I I I 
ll'\ rc an cntt.'; or:''1ue, au\. prJl'I'CS '- C c, celtiC, 1 Sf' ut reta ) 
il se repenrit dp It.'s 
n oil' dClnantlée
 rt oh
cl'Ya : " que dirOl I 
IIwinh'nant Cl':'Ò ItolnaiJl
? (Jut.' Illa fiè,rc l',t ,cnue pour lIl"ëtl l 
clllparé de leu..::; h'ITC
 (3). It Quanti Ie roi des '''andnlps, Thé, 
doric, aprè" a, oil' tortul'é en \ uiB \l"lllOga
tcs, (Iui élait tlltlu 
I " fi I . I " , " J " " I I 
lqne, 3 III ( 0 )tel1lr une retractation, 
e t. l
pUS:'Ht a e tller, 501 
prêlre Ie dis.;;uatla, I( de peu." que lcs HOllmills ne rappclas..;el 
I 
un nwrtyr (I.). n I 
CCUc dl'llolninalion ayait deu\. 
rns : run, qui sc présew 
de lui-1I1ènle, était elll ploy(" en oppo...ition au Blot ct JJurharl', 
COll11l1C dénotallt la foi de fElllpirp; on Iui donnait la 
iglli{1 
cation ql)(\ suint Paul, dans "l'S l
pìtrcs, ùOIluait au Blot H Grec" 
])ans cc 
èns, il doit ètrc plus natUJ'cllenlcnt l'luplo) (
 par Ie 
ROllwin.., eU'
-IlH\lneS (Iue pal' u"autrcs. \in,i, BOll" lrou\"OlI 
dans Sah-icn (}UC u prcs(lue tou, le
 Ronlaills sont de ph 


(t) De Glor. Mart t I, 25. 
(2) Ih. hOe 
(3) lb. íU. 
(-1) Viet. Vit., I, 1
. 



- 29:5 - 


gr3nJ
 pécheurs que les barbares (t); n ('t il parle des (( hére- 
Iliques ronulins dont il y avail une lllultitude innolnbrable (2), 
, 
I \"oulant dire les hérétiques qui se trouvaient dans rEmpire. 
C'est ainsi que saint Grégoire-Ie-Grand se plaint d'être (( deyenu 
: I:évêque ùes Lombards plutòl que eelui des Romains (5), ., 
,Evagre nlet en opposition, en parlant lllème de rOrient, (: le
 
Ronmins et les Bal'hares (
), n dans ce qu ïl dit de saint Siméon. 
: A une époque postérieure, et mênle aujourd"hui, la Thrace et 
une partie de l'.Asie nlineure tiI'ent leur nom de Rome. Nous 
, 
I trouyons aussi des écriyains syriens qui parlent quelquefois ùe . 
la religion des Romains ou des Grecs (
), employant ces mots 
conllne synonynlcs. 
I 
Iais ceHe dénomination contient certainelllent aussi une 
I 
,allusion à la foi et à la communion du Siége romain. C'esl dans 
Ice sens que renlpcreur Théodose, dans sa lettre à Acace de 
ßérée, la nlet en contraste avec Ie N estorianisme qui était 
Irépandu dans rEnlpire comnle Ie Catholicisme. Durant la 
,controverse soulcyée par ccUe hérésie, il rexhorte, Iui et Irs 
autres, à se nlontrer H comme des prêtres approuyés de la 
religion romaine (6). n En outre, quand les nobles Ligurien
 
persuadèrent à Ricimcr l'arien d'entrer en accommodement 
avec Anthémius, Ie représentant orthodoxe de rempereur 
grec (7), ils lui proposèrent d"enyoyer comme ambass3del1r 
Isaint Épiphane, homme (( que sa Yi
 rend un objet de véné- 
'ration de la part de tout catholique ronlain, et qui est au moins 
un homnle ainlable nux yeux d"un Grec (Græculus), s ïl mérite 
'de Ie yoir (8). )\ On doit se rappeler aussi que les Églises espa- 
gnole et africaine étaient, it répoque dont nous nous occupons, 
'dans la plus étroite communion avec Ie Siége de Rome, et que 


(1) De Gub, D", IV, p" 73. 
(2) lb., v, p. 88. 
(3) Epp., I, 31- 
(4) Hist", VI, 23. 
(5) 
f" Assem", t. I, p. 3äl. not. 4, 5,93, p. 393. 
(6) Daron", Ann., 432,47. 
(7) Gibbon, Hist", ch" 36. 
(8) Baron., Ann" 471, 18. 



- 294 - 
ceUe COllllllunioll était la di
tinetion ecclésiastiqul" ,j,ihle cnti'e! I 
cUcs et la conl1uunion ri\ ale des .\.riens. La cause prineipale 
de Ia pcrsl'cution dc
 Catholiqul's If \fri(}\u', par Ie \ anuale 
Ilunncric, scnlhlc ayoir élé leur liaison a\ ec leurs frèr('s 
(roULrC-ulcr (t), liai
oll (I u ïl 'O
 ait :n l'C jalou
ie conlnlC illtro- 
dui
ant une pui

ancc étraugère sur 
on territoire. ..\vaut 
cclle pcrsécution, il ayait puhlié un l"(Iit ill\ itant Ics é\ t"qucs 
C( IIonlooll
iens )t (car dans CèUe oL"casion il 11(' lcs 3ppcla IHb I 
calholiqucs) à sc réuuir a\cc scs propre
 é\èquc" ct à traiter I 
]a (Iuestion de foi, disant que u kul'
 a

(']))hli'es, pour la I 
sl'duetion des Ùnles dlrélicnncs, ne POU\ aicut ètrc tenucs sur 
Ie tcrritoire ùc
 '''anùalcs (
). n ElIgènc de Car'lhage réplique 
cette invitation que tou"" les é\"èques de la cOllullunion orthoùoxc 
{Iui s \ trOtl\ aicnt au deli, de la rncr deyaicnt l'trc ('OJ)\ O(lllé
, I 
,( pOllr eeHe rai
on partieulière que la qUt
lio1) illLére
sant Ie I 
n10ndc cnlicr ct pas SCulclllcnt les pro\ ince
 ù' \frique, ils Be 
POll' aient l'ntlcprcndre de rl'
otHlre un point de foi sans Ulli- 1 
rer:silatis a:ssensu. )) lIunneric rl'pondit que si Eu
ènc Ie faisait 
sou\"crain dc ro,.bÙ, lerraltlJl1, il sc rClJ(h
ait \ olonticrs Ú sa, 
rcquètc. eelle rl'ponse 31Hl'1l3 ré\"èquc 
l dire ({ue la foÎ or1ho- 
tlo,"c élail " la 
eu Ie foi , ..aie; " q" e ,. i Ic roi tlé"irait la I 
connaÎtrc, il dc, ait s'adr('
scr il 
es aUiés it rl'tran
cr, ct que 
lui-n1ènlc écrirait it ses frèrcs, ntin ù"a\ oil' des éyè(lues élrangcl"s I 
" (lui, (Iit-il, ]Jt'U\l'llt nOllS a

i:,tl'r pour fi
('r dcyant vous la 
'T3ic foi, (Iui leur cst COIUlllune aver BOUS, ct 
périalenlCnt 
3' l'C rÉgli-;;l' rOl)wiuc, (lui c
t la tè1e de tOlltes Ic
 I
gli
('s" )t I 
Nous voyon
 
n outre que dan
 It)ur e
il en Sanlai
nc, Ics 
é, èques ù" \fri(lue, au nOlllhr"c de 
oi\all(l', a\"cc 
aint Fulg'cncl'1 
à leur tète, cit(,llt, CI1 It's appprouyant, Ics paroles tlu rape 
IIonnisùas pour l'LaLlir quïls croicnt, (( sur Ia quc
{ion tlu lihrc 
arhitre ct de la grÙc(' di, jnc, cae que Il
gli
c ronwine, c'est-à- 
tiit'c catholique, 
lIit et presrrit (3). n Nous yoyons encorc que I 
rl
gli
c (rE
paðne i'lnit, c.lurant ]('s perséeutions, 
ous fa 
ur- 


(1) Vict. Vit.. IV, 4. 
(2) Ib, II, 13-15. 
(3) .-\guirr., COllcil., t. II, p. 262" 



- 2Ð
 - 
'ltcudancc dOun vicairc du pape (t), dont Ic dcyoir était de 
Il'éycnir, dans I' étcnduc de rElllpirc, tous les ell1piétcmcnls 
lur C( Ics décrets apostoliques ou les IÍ1nitcs tracées par It's 
,aints Pères. )) 
I 
La liaison du CathoJicisllle avec Ie Siégc dc Rome n 'élHit pas 
tne innoyation dc ce sièclc. L oempcreur Graticn, au quatrièJne 
iècle, a, ail ordonné que lcs églises usurpées par les _ \riens 
!Jsscnt restituées, non à ceux qui profcssaient la C( foi catho- 
I que n ou C( Ie syn1bole de 
icée, n ou qui étaient II en ('OID- 
,lunion avec rOI'b.is lerrarU'lJl, n Inais à CCll\. c( qui étaicnt en 
, 
'onlDlunion avcc Dalnase, }) pape qui régnait alors (2). C"était 
ussi la règle tracéc par saint Jérôn1e dans quelques passage
 

.ien connns de ses écrits. II dit, en combattant Ruffin, (Iui 3yait 
;,arlé de t( notre foi,)I C! que ycut-il dire par sa foi? Est-ce cclle 
mi fait la force de rt:glise ronlaine? ou celIe que rcnfernlCut 
)8 ouvragcs d'Origène? S"il répond c( la foi r0l11aine, n alol's 
,tOUS SOIlUl1eS des catholiques qui n'ayons ricH enlprunté aux 
rreurs d"Origène; ßlais si les blasphèn1cs d'Origène sont s) 
;oi, alors, en 111 'accusant de contradiction, iI prouve quïl est 
lérétique (5). n L
autre passage que nous ayons déjà cité se 
,3vporte plus e-xactcll1cnt à robjet qui no us occu pe, parcc {IU ïl 
, été écrit à roccasion d"tln schisl11e. Les di\ isions qui a, aicnt 
claté à Antioche alaient jeté rÉglisc catholique dans une 
losition déIicate : Ie siége était reycndiqué par deux évêqucs, 
[ont run était en relation avec rOrient, et rautre avec I"Égypte 
t rOccident. A., ec lcqucl se trouyait-on dans la C( con1munion 
,
tholique? n Saint JérÒlne n'a aueun doutc à ee sujet. II dif , 
n effct, en écri, ant à saint Damase : (( Puisque l'Orient BH./t 
'll píèces Ie vètcment de 
 otre Seigneur....., je dois consulter 
,1 chairc de saint Pierre et cctte foi que i0ue Ia Louche de 
I'.\pôtre..... Quoiquc yotre grandcur ll1ÏntÏInide, ,-otre bonté 
cpcnJant In
engagc à ,"cni.. à YOus. Conlnlc prètre, jïInplore 
1 yictinlC du saIut; cOlnmc brcbis
 je réclanlC la protection <.Iu 


, (1) Aguirr. 1 Coneil., t. II, p" 232. 
: (2) Theod", Hist., v, 2" 
: (3) C. Ruff., I, 4. 



- 2Ðß - I 
pasteur. l}arlons sans Lle

e.' per'Olllle. Jc n'ainlc pas la hnu-i 
teur ronulinc; nlni, jc parlp au 
ucrcs,cur du f1 i 'rhrur et at 
disciple ùe la Cl'oi
. 'Ioi, qui He rccolluais d"autrc ('hef qUl l 
Jé.,us-Chl'i
t, jr 
uis en cOllununion n\ cr ,. 
trc Saint
té, c"e,,!-: 
à-dirc a\ ec Ie 
il'gf' ùe Pierre. Je sai" que rEglisc cst IJåtje f\U. 
cclle pil'rr(': .: Quieollllut' nlallgcra raglll'ul1 hors de la IllaisOl.' 
cst un profanc....." Jc lie connais pas Vilali
 (raI'OlIinarisle);1 
jc rrpou

l' 'li'lècc; jr He 
ais qui c
t Paulin. Quieonque nt. 
s.unit pa
 à \Ou
 s" rarc; c'cst-i\-ùi."c eclui qui n'cst pas pou,1 
Jl'sus-Christ est a'"cc l'alltcehrist (t). It 11 ùit aillcurs : I( L"3n
! 
riennc 3utorité dcs Illoinrs, Iwhitallt 3utour dc moi, s 'élèVt
 
contre 11lOi; ct ell luèulC lelllp
 jc lll"écrie : Jc suis 3\CC eduj. 
qui s'unira it la chaire de J}icrrc (2). It I 
II Y a\ ait là ee (Iue rOil pcut regarder COIlllllC un digJlUð 
vindicc /ludus, car rl

li
l" 
c trotl\ aiL di,"ist-c, ct un arhitrc: 
étaillléce
sairc. Un cas sClllLlaLlc s'était présenlé en _\.fri(IUC 
dan
 1a contro, ('r
t' 3\ ec Ics Donatistes. (hwtre cents pvèques,1 
quoiquc dans un seul pays, fonuaicllt la cinquièlllc partie del 
la tOlalité de répiseopat Clll"cticII; ils pou, aicnt paraitrc trop I 
nonlhrcux pour faire un 
chislnc, èt fornl
r un corps tropl 
considéraLle pour ètrc relranché
 ùe rhérilage ùe Dieu par \ 
HOC 
i.ll pl
' 1l1ajorité eO 
l1ppo
ant qu'elle cùt i-té triomphante. 1 
En cOllsé(lucnce, saint .'\ ugu
tin, lui qui ell 3ppelle si sou, cnt 
à rorbi.
 ft)ftaruUl, adopte (lurl(Il1l'fois un rritl'riulll heauroupi 
plu,; prOIlI}}t. II dit it certains Donatisles, aU:\f{uels il écrit, clue 
I'é, èquc catholif{ue de Carthage I( n'nyait pas à sïnqui(
tcr dr 
la nHlltitudc de 
rs cnnemis, <fuanel il sc troulait, par lcurcs 
d'adhé,ion uui tout à la foj
 à rÉn-li..;l' rOlnainl' uan
 I
H l uellc I 
, 
 . , 
 I 
avail toujours f1euri la principal1tl' du Siegc flpostoliqHC, ct nu
 
3utres pays d"où r_\frique clle-nlêluc 3,ait rcçu rÉ\"angile (3)"" 
II Y [I done de Lonnes rui
ons pour c
pliqucr rUS:1gc que Ics I 
Aricns et les Goths faisaient ùu n10t "Ronlain]) en rappliquant I 
à rl
glisc ct à la foi catholiqucs, dans ce sens qu ïls y attac}13icnt 


(1) Ep. us. 
(2) Ep. 16. 
(3) Aug., Epp., 43, 7. 



- 297 - 



 une signification qui allait au dclÜ des simples rapports de ccUc 
: Église et ùe cette foi aycc rElnpire que Ics barbares attaquaient. 
I Le 0101 It ROl1win n He serait pas non plus re:xpression In plus 
! claire pour désigner la foi orthoùoxe, ùans In houchc t.r un 
:pcuple qui ayait reçu son h(lrésie d'un cmpercur r0l11ain et de 
! sa cour, et qui prétcndait SUÏ\TC la foi fixée par Ie grand concilc 
Ilatin Je RiInini. 
De lllèlue donc que Ie quatrÍt'ßlc siècle nous a présenté dans 
: sa ph) sionon1Ïe c:\téricurc rÉglise catholique au nlilieu d'une 
;ulultiludc de sectes (Iui toutes étaicnt scs cnnclllics, ainsi vo> ons- 
'nous, dans les cinquiènle ct sixièlUC siècIes, la 11lèlne EgIise 
i accablée en Occident 
ous roppression t.rune C0l11rrnlnion 
chis- 
:lnatique puissante et rl1panduc [lU loin. L'hérésic n'cst pas plus 
! longtcrl1}Js un cnncß1i donlcstique s 'enu'cnlèlant nux enfants dl' 

 rÉglise; ll1ais clIe occupe Ie terrain tlui lui cst propre, et eUe 
's'élèvc contrc clIe, cn s"étcndant Inènle sur son proprc terri- 
! toire; clle est plus ou luoins hien organisée, et ne peut être si 
I pr0I11ptcrnent I'éfutée cn lui opposant In sin1plc D1arquû d0 
I catholicité. 


SECTIO
 II. 


LES XESTORIEXS. 


Les É
lises de la Syrie et de rA.sie mincure formaienl la 
(.; 01 
vartie la plus intcllip:cnte de la chréticnté prinlitive. .Alexandric 
'll'était qu 'une nH
tropolc dans une ,aste région, et renfcrn13it 
: la philosophic dc tout Ie patriarcat; nlais la Syrie abondait cn 

 \ illes riches et lu
ueuses, créations de
 Séleue-ides, qui four- 
nissaient toutes les facilités dc cultiycr les arts et les écolcs de Ia 
I Gl'èce. Pendant un certain tcn1ps aus
i, <lurant deux cents an
, 
comIne quelques autcurs Ie pcnsent, A.lexandrie fut Ie seu) 
: siégc épiscopal de rf:gypte, COlnnle clIe en possédait la seule 
; écolc. La Syrie, au contraire, était diyiséc en petits diocèses, 
dont chacun a,-ait d'abortl une autorité proprc et qui, nlême 
, nprès Ie déyeloppcnlcnt de la puissance patriarcale, rcçurent 
: leurs évèqucs respcctifs, non pas du siége de Constantinople, 



- 2Ð8 - 


Inais de leur pl'opre nll'tropolitain. ])ans la Syric, 
n outre, Ic
 
l'cole... étaiellt pri, ée
, Cirl'OIl
fallc.'e (lui tcnùait à faire nnitrc des 
di\"cr
ités daus ropinion religieu
p, rt orra
ionnait des inad- 
,-crtanccs ùans la 1l1'1nière ùe re
prilller; lllais récole 
cule des 
t.(lh
('hi
tcs lll::f!y p h' l'tait rorgane dt" rl
!rli
e , ct 
on éH
'( I UC I 
t . t (' 
pou\"ait hanuir Origi'ne pour dcs tht-orics "péculatiycs qui sr 
dl
yelopp(\rl"lIf et IIHÌrirrnt :n l'c.' inlPunité ('11 Sy..ie. 
La célèhrc l'('olp de c"egi,t('
 de Syrie fut la "ouree immé- I 
diate <It' Cl'tte fcrlilit
 pou.' rIH
n"
ic, qui était Ie trait caracté-' 
ristiquc ct JHallll'url'u
 ùe rJ

lisc tic cc pa) s. ì\'"ou
 n "aYon
 pas I 
b " d I " I I " . " I 
l'SOIIl e (,I"cutcr es cau
c'" (, u rapport qUI C
I
taIt cntr.c ('ruci 
ècole f't rerreur do(.trinah" ; non
 y reyielldron
 plus loin. 
ous 
nou, horllon,:; iei à llH'ntionnel' lc fait, d'ullc p,art, (Iu'ellc sc: 
,"oUt! 
I lïnterprl.tatioll littt"raic et ('rifiqt1c tie I'Erriture, ('t de 
I"autre (IU "elle donna Ilais
ance ù'ahon.l it r
 \ rianislHc ct cnsuitr 
au ;.\ l'<to ria lIimJC, Si rOil a hl';;o ill Ù' UIIl' 11011 \"(' Ill' prl'uyc dill 
.'apport qui c
i
tait 
t cellc ("pot(tlC entre Illt-lérodo"ic ct la rri- I 
.. l :'..... .I.
 I., n;J,1., ..nl1
 J!.1 '.'Oll\-".'ions .1nn
 J
 f'-1it QllC D Oll 
ill u'- u. 
 .. u .. _ .. &., & '-', I J \.J ,,-, a.... _ _. , ... .. V ., h .. '.. \.. _ 
3près leur apparition COIlI('IUpOraine en S
 ric, rUBe l't r
lutr(' 
se trouYl'nl r("unies dans la per
úllilc dp Théodorc (rH(
ra('lée, I 
ainsi appelt'. du licu ùc sa Iwi...
3ncc et ùe "on é, ècJH
, ('Olnnlen-, 
tateur hahill' ('t t'nlll'llli :wtif de 
ailll Atlwna
(', Tnais qui roomlt'l 
Thracc, n "étaitlié que par 
ynlpal hie au patl'ial'cat d'...\ntiorhe'l 
Cettc t-roll' par-ait a\"oir pl'is naissallec dans Ie 1llilieu <<In troi- , 
,ièlnc sii'clc; n13i
 il n 'c:\istc aueunc IU'cUYC pour déternlincr 
i 
I 
c'était une in
tiLHli()1I locale, ou, ec qui est plu
 pl'ohahle, une 
di
ciplin(', Ulle' 1I1éthode (pli raractéri
ait ll
glise (Ie Syric ï 
Dorothée cst un dc se
 prelllierlo\ JllaÌtrcs; if est connu romnll 

a\ant h(
hraï
ant et comnle rornlnentatcul' ÙU tc:\te 
acré; iI fut 
Ic luaitre (,rEu'SèLe de Cé...aréc. tutÏell, ranlÍ ùu fmllcux Paul 
de San1o
at,c, qui, SOliS u'ois l'y(\ques 
lIrr('

ifs s"était ".tcn
1 
séparé ùe rEglisc, quoilluïl leur soit rCYèllU cusuilC ct qu II 311 
rcl.:u h. Uwrl) r tlaB
 
on 
l'Ïn, rédiß('a nne nou\"cllc edition d('
1 
Scpt311te, et fut Ie 1l1aÎlrc dcs prcnlÌcrs chef... éUliuèllls dc L\ria"1 
ni
l))c. EU
l'hc dc Cé
arée, \
térin
 appelé Ie Sophistc, èt I
usèbl, 
cfÉn1èse, aricns de la périoùe de l\icée; Uiodore, zélé adycr-, 



- 299 - 


: saire dc I'.A.rianisme, mais maitre de Théodorc de l\Iopsuestc, 
ont tous une place dans!féeole exégétique. Saint Chrysostòme, 
élève de Diodore, ct Théodoret, run ct fautre syricns, adop- 
tèrent lïnterprétation liuéralc, en éeartant toutefois ses abus. 
I 
I3is Ie principal docteur de cettc écolc était cc Théodore de 
1\Iopsueste, nlaÎtre de l'1cstorius, que nous ,cnons de nommer, 
ct qui fut condanlné par Ie cinquiènlc conciIc æculuénique. Ce 
I concile condamna aussi ses écrits, ceu'\: ùc Théodorct contre 
,saint Cyrille et In Icttrc écrite par fbas d'Edesse à l\laris. Ibas 
I avait traduit en syrinque Ies ouyrages de Théodore et de Dio- 
dore (I), et 'Iaris les aynil traùuits en Persan. Par ce travail, 
I ils étaient devcnus les instrunlcnts ÎInmédiats de la formation de 
i In 
rande école ncstorienne ct de son Église Jans la haute Asic. 
I (; 
On dit qu'à raiùe de ces traductions dix mille Traités de 
I Théodore sont arrivés à la connnissance des chrétiens de la 
; 
Iésopotanlie, de Ia BaLylonie et des pays environnants. II était 
I appelé d'une manière ahsolue par toutcs ees égliscs ([ rintcr- 
prète )I; Ie suÏ\Te cn eette qualiLé était deyenue la profession 
mêIne de la eonullunion ncstorienne. ([ La doctrine de toutes 
nos égliscs d'Oricnt, dit Ie concile tcnn sous Ie patriarche 
Ia- 
rabas, est fondé sur Ie symbole de 
icée; mais nous suiYon
 
saint Théodore llans rexposition des saintes Écriturcs. It tlNous 
devons, par tous les moyens, denleurer ferlllenlent atlachés aux 
opinions de ce grand cOlllmcntateur, dit Ie concile tenu SOliS 
Sabarjésus; que quif'onque y fera opposition ou pensera 3utre- 
,ment soit anathènle (2). n Depuis l'origine du Christianismc, 
t personnc, à rexception d"Origène et de saint 
\ugustin, n'a eu 
! sur ses frères une aussi grande influence que Thédore de 

Iopsucste (:5). 
L'école prinlitivc de Syrie avait eu des traits caractéristiques 
très-prononcés, qu 'cUe ne perdit pa
 en passant dans de nou- 
I veaux pays, et en s'exprimant en langues étrangèrcs. Ses com- 
I mentaires sur rÉcriture sainte paraissent avoir été clairs, natu- 


(1) Assem. iii, p. 68. 
(2
 Assem., t. III, p. 84, note 3. 
(3) Wegnern, Proleg. in Theod. Opp., p. .. 



, 
I 
- 300 - I 
rrls, nléthodiquc
, d'une application justc ct ù'un
 c\.artitudc 
lo:riqu('. . Ðans lout r \rmll o('l'it!,'ulal, tlil ],('ngcrkc, c'c
l-à-1 

irc, e.
ans In S
 I'ic, "il l1'y. ,aY
it f!Ul'rP. Qll'nn In()d

 ("Ie trailer, 
I e\.pge
c on In dod riDe, C etall la pralIqul' (f). n \11151 Eusèbl' 1 
de Ci'saréc, soit (Iu'on Ie rrgnrùc conllnc conUllcntateur ou 
('onlro\ Cl'<
"IC, ('
I ('()nlln
ll1l"I
IC
ll un écri\'a.i
 ft
i.
anl pr(,l
\,{, tll.1 
gcn
 ct de JlIg\'lnent; ct II dOlt etre ratta('he.
 a Il'colc ùe Syric, I 
(Iuoiquïl u"l'utrc pa' as"ez 3\'ant dall
 
cs docu"ilU's POUI' (',('Iurel 
lïntcrprétation D1) !;tilfHC on pour nicr lïn
piratiol1 dc Ia Icure 
de rÉcriturl'. NOlls ,'oyoHe;; 3ussi dans saini Chry
ostÙmc une. 
nlanie.\rc dirl'etl' t't hardir tIc traitcr Jt' tc
te sacré ct ù"cn faire 
I"applicalion din'cte aH
 personnl'
 ct au
 choses. Thl'odoret a 
dl'
-; manières tIe pl'll
er ('t de raisonner qui pcu\"cnt, snns une 
troop grandc inrxaetitnde, êtrc appl'lécs un;dai
es. Dc pins, saint I 
Cyrille de Ji'ru.;;all'lll nou, lnontrc Ie caracLèrc de son école,' 
quoitlu'il ne s"abstil'nnc pas de ralle.
gol'ic, p3r la gr3nde inlpor- 
lance quïl 3Lta('he å rélluJe dc rltcriturc, (
t, je puis ajouter. 
par le,
 tl"nits caraetéri
tiqucs ùe son 
t) Je, qui 
era apprl'cié du I 
lectèur ß1oùernc. 
Tout eÙt été bien, 
i Ie génie dt' 13 théologir syricnnc 
e fût I 
toujours rcncontr{- chez ùes hOIlnTIeS sùrs COII1lnC saint Cyrille" 

JÎnt Chry
o
:Ùlllf' ct Théodol'ct; rrwis ehez un hOl1nne COIllme 
Théodorc de 
Iopsueste, et nlêulc, cornlne Dioùol'c ayanl lui, 
ce génic- POUSS3 3n tit", dOppClllcnt de rcs crreurs, donI. Panl de 
Samosate nyait été raugurc it la nai

anec de ceUc théologie" , 
Conllllc son attention sc pOI'tait c\.du
iYelllPllt sur rétude des, 
5ainte
 I
criturrs, on (h
rou\ rit 
on carartère hérélicPle dans lïn- t 
tcrprét3tion (Iuïl cn donnail. Bien que rOll puisse faire tIe rallé- 

oric un IDO) en d"t'ludcl' la doctrinc de rÉcriture, la critiquc peut, 
plus facilenlcnt encore seryir t\ déll'uirc tout i. la fois Ia ùortrine I 
l't Ie tc
te sac('(',. A ppliqué i. en ùonncr Ie 
en'\ littéral, Thi'odorc I 
fut llaturellenlcnt porté yers Ic te
tc hél>rcu au lieu dc !'uÏ\ rc 
cclui ùes Sept ante , ct tIc li\ pouss,' ,-rrs les connnentatcurs juifs. 
ecs dernicrs insinuaicnt tout naturclIcnlcnt dcs événL'Inent
 ct 


(t) De Ephrem. Syr", p. ðl" 



- 501 - 
't;S faits qui n"t'laicnt pas crux tic rÉyangile, eomn1e étnnt rac- 
!)mplisscI11cnt de ce qu '
nnonç::lÏcnt Ics prophéties, ct qUÐlul il 
1,3it possible, ils donnaient à ccIIcs-ci un sens nloral au lieu 
:un sens prophétiquc. En suiyant ce systènle, Ie huitièn1e cha- 
litre des Proyerbes eessait d"3voit un sens chrétien, paree quc , 
ILosi Ie soutenait Théodorc, récriyain de cc livrc avait rcçu, 
on pas Ie don ùe prophétie, Innis Ie don de sagesse. D"après 
'IÍ les Cantique
 doiyent être int(,l
prétés IiuéraIenlcnt; et par 
'lite ron arriyait à cette conséqucncc facile ou pIutòt néccssairr, 
uïl faIlaÍt cxcIure ce livre du Canon. Le livre de Job 3yai[ 
'ussi la prétention d"être historique ; cependant était-ce autre 
,hose qu"un drame des Gcntils? II abandonnait encore les Iiyrcs 
I . 
jes Chroniqucs ct <.I"Esdras, et, chose étrangc, rEpÎtre de saint 
Jacques, quoiqu"elle se trouyât dans b Yer
ion _Peschito de son 

:g)ise. II nirât que les xxn e ct LXIX e psaumes s'appliquassent à 
;íotre Seigneur, ou pIutòt il Iinlitait à quatrc les passages {llIi, 
lans tout Ie liyre, sont relatifs au 1\Jcssic; dans cc nombre étaient 
:
 XIU e psaun
e ct Ie XL ,.e. II expliquait Ies autres comme se 
L1pportant à Ezérhiel et à ZorobbabeI, sans nier qu
on pÙt Icur 
'ouyer un sens cyangéliquc (1). II cxpliquait les paroles de 
:!Înt Thonlas : (! )[0:1 Seigneur et mOil Dieu, )) comme étant 
ne exclan1ation de joie, et relIcs de Notre Seigneur: "Receycz 
,
 Saint-Esprit, )) COlnnle une anticipation du jour de la Pent.e- 
lûtC. Ainsi qu 'on peut s'y attcndre, il niait lïnspiration de la 
\Ure de rÉcriturr. II pretentlait aussi que Ie déIuge nc couyrit 
ias la terre, et fut" COlnnl
 d"nutrcs ravaient été avant lui, hr- 

'rodoxe sur la tloetrinc tlu péché origincl; il niait en outre 
,étcrnité des peines. 
, Théoùorc, en prétendant que Ie sens rc'cl de rÉcriture n"était 
as robjet qu 'ayait YOtllu aucindre rIntclligt;nce Dh-ine, mnis 
'intention seu)clnent de rorgane purClnent hunlain dïnspirations, 
lut conduit à soutenir que non-seulement ce sens crait un pour 
!haque texte, mai5 quïl était sui,i ct seul dans un contc).te. II 
I 


! (1) Lengerke, de Ephrem" S
 r, p. 73-7ü. 
I 


ßJDUOTH" HIST. Gf' A
:\'tE" I
r 0[\'11. 


26 



- 502 - 


Pl'étendait que Ie sujet de )a conlpo
i.ion dan
 un vcrsct do:' 
ètrc Ie SUjl\t du ycrsel SUiY3Ilt, tat (Iue 
i un p
mlnle c
t hil;;to' 
rique ou prophl'tiqur dan
 f'on eOBl111CnCClDf'nt, il (
t run 011 
rautre à sa fin" II sCI11hle nlt'IIlC (Iuïl nil youlu l'\.dure de lïdé I 
quïl 3\"3i. ù"une cOIupo
itioll sacrée, 13 pIénìltHle ùu 
cns, II 
r'affincment de la pf'n
l'C, 1..1 luohiIil(
 c;;uhtilc <.Iu sentilllcnt, h' 
réscrve délicate ou lïn
inuatiol1 rc
pectucusc qu 'cInploicnt le i 
po('.trs. Con
l'qtH'nlJttent, si till p
allIl1l' rcnfcrnwit des pa
sagc 
nc POUV31lt s'appIiq"cr tt Notre Seigneur, if en tirait Ia conclu.i 

jon (IUC cc p
au:ltc nc pouyait lui ètrc cOHycnahIC111cnt appIiqtH 
en ricn, 
i c(\ n' est cn fnrc:nllt ranalop;ic. rr ('lIe cst tlu Bloins h 
doctrine tie CO:-\IlLaS, éeri, aill de récole d" Théoclore, (lui, el l 

 'nppu) ant sur ccue rnison, lai

c (Ic ('Ôh
 Il'
 xxr(, I.X\"{ et autrc' 
psaun1cs, ct linlÍte ceux qui s'appliqucnt au :\Ies!'ie au second 
au t roi
ii'Ine, au f{narante - einquième ct au cent dixii'lne I 
II Dayid, dit-il, n'3 pas Iltis en connnun entre Ie Innitre ct Ic
1 

cr,iteurs cc qui nppartient :\ 
olrc Seigneur .1t".-us-Christ (t) ,I 
1113i" il a pa..Ié de ce (Illi l,tait pJ'oprc tt l' oire Srigneur cOlnIn<-! 
é13nt ùe 
 otre-Seigneur, et ùe ce <-iui était proprc au\. 
eryjteur
 
('omme étant des srr, itcurs (2).11 En conséquence, Ie xxnf' psaum( 
ne peut pas s'applillucr à Xotrc Seigneur, parce flu"il parle enl 
(\Ornn1ent;ant des tt rcrbn delicforlf 1ft nWnrll11J. n Vile consé- 
(Iuencp rell13rqnable sui'Tait de cclte doctrine, c'e't que COlunlC 
-Jésl1s-Christ l'tait Srparl\ de ses 
aint
, ain
i le
 
ainlS (,t:lien' 
si'pal'l's de Jésus-Chri
t, ct. ron fai
ait de la sorte une pren1il're 
ou\'erture pour 
rrÏ\.cr 
\ Ia uégation ùe leur eulte, f{uoique ccttc 
Ill'gation pm' 1(\ fait, nc sr soit pns déycloppéc chez Ics Ncsto- 
ricns. )Iais cette doctrine conùuit (rUne Illanière CacIH'.e it une 
eonsrqncncc plus srrieusè qui n 'e
t ricn nloins que rhérésic 
ncstorienne, à sayoir : quc rhunwnité de Notre Seigneur n'cst 
pas teUrnlcnt unic à sa Personnalit(
 I)Ï\ ine, que ses frères 5-U;- 
yant Ia chait, puissent êtrc n
sociés it lïnli.1ge du Christ (Tniqne" I 
Saint Chrysostôn1c contrcùit ici ùircctc111cllt.la doctrine de Théo., 
I 


(f) ðe
7tó':'ou. Voir Lacrosse, Thesnur. Ep", t. III, 
 145. 
(2) 'Iontf. CoIl. Nov. ) t. II . p, 227. 



- 303 - 


Ilore, quoiquïl soit son condisciple ('tson an1Ì(I). Saint BasiIe(2) 
it saint Ephrclll, bicn que cc <1crnier fùt' Syrien (3), ont fait 
,te meine. 

 Nous deyons signaler un autre caractère dc l'écolc S) ricnne 
I'D 13 considérant C01l1111C illdépendante de Nestorius. De rnèUIC 
Ilu'cIle inclinait à séparcr la persollne dh iue dc Jésus-Chl'ist ùe 
!on hUl1lanité, dIe tendait aussi à faire disparaîtrc sa divine 
i)résence des éléIncnts de I'Eucharistic. Erncsti selnhle consi- 
.lérer cette écolc con1111C sacramentaire, pour parler Ie langage 
;noderne, ct ccrtaincll1cllt quelques-nlls des passages Ies plu
 
'orts n1is en avant contre In doctrine catholique de I'Eucha- 
I 
;'istie, par des écriyains 111ol1crnes, sonl tirés dcs écriyains liés 
it cette écolc : ainsi rauteur de rÉpìtre à Césarius , que ron dit 
:'U"C saint ChrysostÒ111C, Théod-0rct dans 8CS É'J'"anisles, ct 
{3cunduso Origène, clout Ie langage sur Ilncarnation tend aussi 
,"crs ce qui devint plus tard Ie Nestorianisn1c, donne, du n1oin
 
,Ians certaines partics de ses OU\Tages, quclque appui à ceUe 
:nanièrc dOenyisagcr rEucharistie. ..\. ces écriyains, nous pou- 
i;ODS ajoutcr Eusèbe (
) , qui, quoique bien éloigné, ainsi qu'it 
j'était, de cctte hérésic, fut disciple de récole de Syrie. te 
:angage des ùcrniers écrivains nestoricl1s selnblc a,'oir ell In 
,nênle tcndancc (5). Dans renscn1ble, tel était don
 Ie carac- 
I ère de cette théologic tIc Théodore, qui passa de la Cilicit' 
!
t ùOAntioche dOabord à t
dessc, et cllsuite à Nisibis. 
Édcsse, lllêtropole de Ia l\Iésopotmuie, était restée une yiHe 
,1ricntale jusqu oau troisiènlc sièclc, époque oÚ Caracalla ((j) ell 
,fit une colonic rOD1aine. Sa po
ition sur Ics confins de deH\: 
'
lnpircs lui donnait unc grande in1portance ccclésiastique, 
I
ommc canal par lequel la théologie de RG:lle et de Ia Grèce 
l
tait transmise à une fan1ÌIIe de chrét.iens , ,'iyant dans Ie nlépriE- 


(1) Rosenmüller, Hist" Interpr., t. Ill, p" 2-;8. 
(2) Ernesti , de Proph" :.\Iess. , p. 462" 
(3) Len
('rli:e. de Ephr. Syr.. po tG;)-1rA'o 
(4) Et"cl. Theol. , iij, 12" 
, (ä) Sermons ùu professcur Lee. oct" 1 H3S. p, 1 U-1 ii2. 
{ß) :\oris, Opp. , 1. II : p" 1 t2. 



- 301. 


f't Ie... persi-rulions au 111ilieu {f"un IIlOIHlc rnrOfè païell. I
dcs, 
(.taiL Ic sit."gc ù"école
 ùi, ersc
. Ellc pos
t"cIait \Taise]llhlahlelnl
J 
nile t.
r(Jlc grcc<ftlc oÙ ron é
udiailll"
 ("li.I

i(lnt'
 (HI

i Lien fl 1 
la théolo
ic, où J
lI
èhe d"
1l1èsc (I) flit clahonl élevl', (" ( 
PlOt()
t;IIC a PCIII-ètre cn,cip.llp (
), II) 3\"3it lies ée"lcs sl 
ricnll
s rl'équeBtéc
 ell COJlIIlIUIl pa
 I
s 
CUIlCS "ge
I
, Chri'l,ie; 1 
(.'t pctlcn
. La l'uhul'c de la lallguc JIHhgt'llc a\lut l'tC tlepulS : 
tClnps Ùl' ,,. cspa
icn rohjct dc raUelllioll particulii'rc de s( 
. . I " I I I I ' ' 1 ' , I 
1I1..ul rc
, a tc pOlllt quc C allgagc rc(' leI"(: Ie l'l c egant eta 
flt

i
né 
ùlb Ic BOlli t.rl
dt'

i
1l (i>). Saint J
phr(,Ill fOl'Jua nus': 
:ì Etlcssc réeole S) ricJlHc qui lui était proprc, ct (Iui 
lJbsist 
longlclnps apri's lui. II y 
l\ail 
nl
si la ci'll'brc ét'ulc chrélienn: 
pcrsannc (Iui a\ ait à sa tèlc )laris, ÙOllt nOlls a\'on
 di'j..l pal'It.', 
('onl111C <<1, ant Irac I Hit l'n I )cr
an Ic
 OU\Ta
l'
 llc 'rhéodorc ( 4' I 
.. (, I 
tc X c
torialli
llic dc cetlc écolc pcrsallllc élait 
i Itotoil'c , 1l1èm l 
nvallt Ie tClllp
 tlu p..édl'l'l'

l'lIr (Jllms 
ur It' 
ic.\;e ("pi..;l'op:, 
crl
dcssc, que r(
, t"(lliP Hahhula :lyait l'
pulsé .Ics IlwÎU'CS cl 
Ic' éluùiuJl(:; (
), c( ceu:\-ri, ell 
c réfugiaut ùans Ie pay
 ùor 
ils portaicnt Ic nOln, iI\ aient introduit lllél'é
ie ùan:-- Ics Eglisc I 

ituées 
ur Les J
lals c.lu roi ùc l>e..
c.. I 
l\'ou
 dt'\ ()Il
 dirt' (IUl'hpll' dto
t' tIt' Cl'S J
gIi
l\
, quoiqu'o 
J) 'cn ('onnai')
(' gUl'I'(' que l'C qui c
t ré\"élé Imrie fait, non .;.nn I 
,-alcul. cn lui-lUèulC, qU'l'llct' u,-aicllt, au (pwlrii'lllc ct au cin 
fJUit'UIC 
ii'dl', 
(JU t(,lltl deu, "l'r
écut ion
 ÙC la part tIn gou\"ci 
nCIllcnt paicn. II c:\i
lc un téllloi!!.lla
c (}tli r
nlOJllc prl"(}uc I 
la fin .Iu t1eu,il'BtC bii'de, cou
tatant ()uïl y 
\'ait dans la I>arthir 
13 l\létlie 
 la 1>l'l"sc cl la 1)3etrianc, Jcs chréliclls qui I( ll'a\"aÍl
nl 
pas à souíl"rir ùc Ioi
 l'I tlf' t'Ol1hllllC
 Illau\"ai
cs (6). " ])ans 1. 
pn'Hlii'rc parli(' du quatril'IlH' 
ièclc, un é\"ê(IUl' de Pcrsc s. 
rcnùit au coneilc tic 
icél', ct rOil ùit (Iue ,-ers Ic 1l1ènlC temp 
I 


(I) August.. 
uscL" Em" . Opp. 
(2) As:,cm" . p" C11:.\.:.\. v. 
(3) Hoffman. Gram. S
'r". proh'g". 
 4. 
(
) Les r('r
('s qui o,'aient reçu de l'éducn1ion 
S
'rinque" A
!'rrn" . t. I, p, 351, note" 
(5) A.-.srlll" " p. ht. 
(f)) Eusrb" . PI õ'p" . "I, 10. 


ctaient ramiliers SHC I 



- ;503 - 
c Christianis111C préyalait dans presque toute r.Assyrie (1). é
 
: nstitutions 1110nastiqucs y avaicnt été introduitcs ayant Ic Illilieu 
: lu quatriènlc siède, et peu après CODU11cnçoa cctte terrible per- 
;ccution dans Iaquelle ont soufrert, dit-on, seize lninc chrétieus. 
)0 rapporte l{u"clle conlDlençoa à "Ia fin de ce siècIe, ct qu'cIle 
:lura trente nns. La seconde pcrsécution renlplit les trente 
Jrcnlièl cs aunées du siècle suiyant, au m0l11cnt !nèlne oÚ le
 
roubles Ne
toriens étaient ell progrès dans rClnpirc. Des 

preuycs connne cclIes-Ià luontrent, non-sculclllcnt la foÌ dc
 
':
glises de ces contrées, Inais cucore qu'elles étaicnt populcuses, 
I't 3yaient un grand nOlubre de siégC5 épiscopaux; car on 3 
"onserYé lcs DOlUS dc yingt-scpt é, èques qui ont souITert dan
 
,a prcn1Ïère pcrsécution. Un d"cntre cux fut arrèté avcc seize 
()rètres, neuf diacres, des lnoines et des religieux de son diocèsc: 
m autre rut pris 3YCC yingt-huit de sos conlpagnons, tous ccclé- 
iastiques séculiers ou réguIicrs; un troisièlne fut arrèti
 3YCe 
'cnt lllelubres de son clergé appartenant à différcnts ordres; 
1m quatrièule, avcc cent vingt; un cinquiènle, avcc son chor- 
"Yèque ct ùeu\. cent cinquante 111Cl11Lrcs de son clcrgé. TcIle 
';tait ccHe ltglise, c0l1s3crée par Ie sang- de tant de nlartyrs, {'t 
lui J iuuuédiate111cnt après ayoir confessé si gloricusClllcIlt sa 
:oi, dcvint In proic de In thi1ologie de Théodore. Dans UIW 
ongue suite de siècles, cUe Hlontra rénergie des saints, alor
 
Iu"dle en 3yait perdu In puretè. 

es nlcnlbrcs ùe l'école persannc, qui ayaient été expulsé
 
rEùcsse par Rabhula, trouvèrent un large chmnp Ollyert à leur 
.èlc SOliS Ie gou,.erneUlcnt païcn, ehez Icquel ils s'l'wient 
'éfugiés. Lcs l110narqucs pcrsans, qui, par des édits (2), 3yaicut 
ouvcnt défendu à rÉglisc, placée SOliS leur donlination, 
I'entretenir des rapports aycc Ics pays situLs yers rOcciùcnt. 
ccordèrcnt yolontiers leur protection it des cxilés dont In 
)rofes
ion de foi renfertnait les lnoyens de détruire la Catho- 
icité de ccttc Église. Barsulnns, Ie plus énergiquc ù"cntre ell", 


(t) Tillemont . 
\rèm. , t. VII , o. 77" 
(2) Gibbon, ch. 47. · 



- 30G - 


fut plaeé 
ur Ic Sil'gC BH
lropolilain de 
isiLis, oÙ récole fugiti\ 
:-. .était étahlic sous Ia dircction (rUII autre thef ùe leur part 
-'laris, de SOli eÙtl', fut élc\ é au Sil'gC d. \ nlachir. La prin13 ti l 
Ù 1 . 1 " I ". I · I · "I 
c 

 I
C 
n at( appartclIH, (aIl
 nne l'po(lue )'eeu ee.. au 
I
'g
 
tie Sl'lclll'ic dan
 In Uah
'lonie. (In tlonnait 
l cl,tui qui ru('('upa I 
Ie titre tic Catl1oIitlue, all

i hicn (llÙ,U !)rilllat pef..;an, conlin 
1
1;
lIh;S i111 patl'ia
'l"he, 
'.\lItio
he. C
 titre i-tait 
lpp:
rl"n
m(,11 
Ilrc de Ia charge lIupcl'tale (11I1 pOl'tmt cc nOlll. Cchu qUI ("taì 
I'C\ èt u de ('cUe' d rnii're di
nilé rClnpli
sail Ics rUlle-tions ù I 
procureur géuéral ou trollieicr ,",upéricur tlaB
 Ics pay
 conlìél 
i, 
on adntini...tl'atioll. l\l"al'e, autre ('her tlu parti tI'Etle

c, fu 
placé 
UI" ce sil'
c iUtpoJ'lanL, eL toll'ra , sïl He fit pas tla\"anta
cl 
le
 iUllo\"atiolls de BarSUHta
. ta 11I(tltil'l"C :1 raidc .Ic htqucIl 
('C dernier cn>l'l'tua 
C
 plans HOll
 a élé rOn
èr\ éc par UJ 
('('ri, (lin eItIH
IHi. " Bal'
llnw:-; aeeU
fJ llaLlléc, Ie Catholi(IUC, 
c!C\fJnL Ie roi Phcrozè
, cn di
3nt : " Ccs 
çns-H( prorc

cnt I 
foi tics HOHWills ct 
Ollt Icur
 e
pioll";. ])OIlUCZ-IHOi contre c.'u: 
If' pOll' oil' de Il'
 tllTl'tcr (t). " ()n dit 'Iuïl ohtint, par ec JIIOyrn I 
la 1110l't tIc Bahuéc, auquel 
uccéda ...\eacc. Si une Ininorité ;)
ai' 
résislt'r (Il) tl r3ction tin 
chi
ll1e, Hill' pl'r
(
cution 
uiy
it. Dr I 
,"criyaills lIlolloplQ sites rapportcllt IllIe b lIlort de Sl'p
 mill,! 
'cpt celll
 eathuli(lues, fut It" pri
 de la séparation ùc
 .Eglisc' 
de la Chaldéc, du l'eslc tIc.' la ehl'élicnlé (ð). Leur pl'rle fu 
c'nlnpCIt
("e m.l\ ) eu\ tlu i!OU' ernenlcHt ])31' la nntltitllde lIc' 
fngiLifs ne
lol'icn5 qui sc' I'l'i'ugiaicnt ùan... la Pcrsc; la pJupar 
c"taiclll ùes arti
i.Hl
 inc1u:-,tricu\. (Iui cher('hai(,llt un pay
 uù kUlI 
proprc religion dOIHillÙt. 
COllunc IlOU
 I'a\ on
 dt\ji, <.lit, eettc ('eligioll S"3ppUYflir SUH 
lïnLerpn"tation litterale tics I
eriturcs, ùont Théodorc de Jlop- 
st!cstc rut Ie printipal nwÌlrc. La dOdrinc qui Ia c()n
titu3i 
fOl'ntCIlel11ent porte Ir 1)0111 de Ne
toriu
; cUe eonsi
tc dan: 
rascription 
l 
otl'C Seigneur (rUne per:-;ollualill' hunwillc auss 
Lien que <Ii, illc; tt dIe 
e I1wuifcsta pal' Ie reftl
 d u titre dt 


(1.) Asscm", p" hx\'iii. 
(2) GibhulI, ibid. 
:r A
!'em", t. II, p. 
03 ; t. III, p" 303. 



- :507 - 


f L Inère de Dietl, n ou BUi':'()Xf;!;, à la sainte 'Tierge. Quant 3 13 

 pcrsonnalité dc N otrc Seigneur, DOUS dcyons fairc observer 
I qu "on soulcya sur ce point la question granuuatic31e, (Iui yient 
I LOujours crubrouillcr une discussion, ct donner à une contro- 
I verse rapparence d"une querclIe de n10ts. Les Syriens indigènes 
établissaient une distinction entre Ie rHot persunne ct Ie mot 
lYrosopon (;rpo'jwTro'J) qui, en grec, a la Inên1e signification. 
lis convenaicnt qil"il y une 7rpO
WTrOY ou parsopa, C0111IDC il
 
I'appelaicnt, ct ils soutenaient (Iuïl y ayait deux personnes en 
,.Jésus-Christ. Si ron dClllande ce qu ïIs cntendaient par par.<:O'))a, 
!In repollsc selnble ètre qu ïls clnployaicnt ce IHOt sirHplenlcnt 
I dans Ie scns <l"aspcc(, caraclèrc, apparcnce exléricurc, s('n
 qui 
13ppartient souycnt au nlot grcc 7rpor:;CJ11tfJlI, et qui était tout it fait 
! insignifiant COI1UHe garantie ùe leur orthodoxie. II suit en outre 
lùe là, puisque raspcct d"un ohjet est lïlnprcssion produite sur 
{'clui qui Ie contclllpIe, que Ia pcrsol111aIité à Iaqudle ils 3ttri- 
! huaicnt runité, doit résidcr dans I"lllllnanité de X otrc Seigneur 
et non <.Ians sa nature diyinc. 
Iais il ne yaut pas la print' <Ita 

uivre rhérésie jusquc dans scs ùcrnièrcs lin1Ïtes. Ensuite, 
lJuant à rcxpres
ion de (( lnèrc de Dieu, n ils Ia rejetaient 
: conlloe étant contrnire à rÉel'iturc. lIs soutenaicnt que Ia saintc 
i Vierge était Ia Inère de rlnunanité de Jésus-Christ ct non pas 
']a nlt',re tIu '-el'1)e, e{ ils iuyoquaient en leur faycur Ie S)'lllOOle 
de l\ïeée OÙ ce titre u"cst pas ùonné à Ia 'Ticrge )Iarie. 
QucUe que soit rohscurité ou In 'Taisclnblancc de leur doglnt' 
pri!uitif, scs ÙéyeIoppeU1cuts n "oITrcnt, ni dans In doctrine oi 
dans Ia pratiquc qui en sonl dèeouIécs, ricn ù"oLscur ou d'öt- 
trayant. Le prcluier uctc des cxilés ù'}:tlcsse, cn arrÍ\ ant au 
pou\"oir dans In c0l1l111union ehaIdécllllC, rut d"ab(llir Ie eéIibnr 
du cIcrgé, ou, pour nous scryir des cxprcssions éncrgiques ùc 
'Gibbon, ùe pernlettrc (( les noecs publiques des prètrcs, des 
é\"êques cl tlu patriarche Iui-Inèn1c. n llarsun1as, qui fut Ie 
!g-ranù instrlunent ùu changenlcnt dc religion, a été Ie prcnlÍer 
IÜ donneI' rcxclnpIc du nouycI tlSflgC, ct un écriyain ncstorien 
:cli
 mènle quïl épousa une rcligieuse (I)" Dans les coneiles 


I (1) A
sem"J t. III, p"67. 



- 308 - 


h'l1tlS å S(qcuri(" ct aillcurs, il fit adoptcr un canon portant que I 
Irs é\"èquc
 ('t le
 prl-.tre
 pourraicnt se Inarier (.t sc I'cnlaricr 
:HI
si SOU\ enf quïls pcrdraicnt leurs fenllHCS. te Catholi(IUC " I 
qui 
uccéùa i. \caec, alIa IlH
lllC ju
(pl"i. l'tcllc1rc au'\: IllOillCS Ie 
bi'néficl" de ce canon, c.est-
t-dirc it uc"truire l'onlrc il1onastiquc. 
Se.
 dcux succc
'curs f'C pré\"alurent ùe cettc Iihl'rté, ct I'on l 
rapporte tlllïls ont i,té pèrcs. Vne restriction fut ccpcllc..lan,1 
iUlpOS("e plu
 tard au Catholiquc et au\. rncnlurcs de ronlre I 
('
piseopal. ' I 

 ous YCllons lfc\po"'cr lcs principcs lIu sirgc l'pi
copal del 
Sélcueic l't les drcoll
tances dans Ics(luclIes il dcyint la Ren1lc' 
(Ie r()rienL \ \"cc Ie tCIHpS, Ie Cat holique a
sunw Ie titre Plu
 1 
tier ct plus illt1t"pentlant de patriar"'hl' de Bah
 IOlle, l't qnoiqu'il 
ait pi.t
sé tie Sl'Ieucil' it. Cté,iphon ct à Bagdad (I), nt-aluHoins 
Ie titre ùe patriarehl'dl' Bah)Ionc fut tOIl
Cr\l' jU
tIu'Ù la fin 
('Ol1l1nr si
nc fonnel ou iell'al d' un 
i("gc 
Iétropolitain. .. \ ré- ' 
pO<Jue ùcs Califes, ce patl'iarehc i,tait Ù la tète de ,-ingt-cinql 
archcvðqut's; sa conlluunion s.étclH.lait de In Chine il Ji'ru- ' 
slllcnl, ct rOil dit ([liC Ie nOluhre. de ses Ineillbrc
 surpassait. I 
avec Ics )Ion()phy
itcs , ceux des Egli
('s grectlue ct Intinc. Les 
,." " l\"T" II ." I 
" e
torlrns, contrmrClllcnt aux 1" o\"allcns 
 SCIll J ent n ilYOlr pns I 
\'oulu êtrc appell's du nOlll ell' leur fOIHlatcnr (2), quoiqu ïl
 
('Uln ienncnt ((lIe ce nonl S .t-tait attaclH
 à cn
. ()n pent citer un I 
('\CI11p!C où iI
 out pl'i
 Ie nOln de catholi(lue (5), nlais'ricH n(' 
Jllontr
 quïl leur ait i,té donnl
 par d'autres. 
u Après ayoil' fdit la ronquète ùe Ia Pcr

., ùit Gihhon, ih 
porti'l'cnt Irur
 anTICS .spirilHcIIcs \ ers Ie 
ùrd, rE
t et Ie JliJi; 
et In silnplieilé ùc rE\'allgile fut peinte el fac:onnéc aycc lcs 
coulcur
 de b théologil' syriaquc. Ifapr<"s Ie rapport d'un 
,'o)"ngeur ncstorien, Ie Chri
tiallislllc fut, au si\ii'lllC siècle, 
prèché 3\ cc SUCC(\s till'\. ßal"trien:o" anx Iluns, aux Perscs, nux 
Indicns, nux Pcrsannl'nicns, au
 
Ièllcs ct au\ 1
laruilcs. Lc
 I 
.:gliscs barLarcs s'élclldaient, cn nOlllbrc infilli. du golfe I 
I 


(1) GiLbon, t. III. p, (]7. 
(2) Asscm., p, hi vi. 
(3) Ibid , t" HI . p. iH. 



- 50U - 
\ Pcr:5Ïque à la Iner Cnspicnne, ct leur foi nou\"cllc se faisait 
rCl1wrqucr par Ie nOlubre et In sainteté de leurs 1110incs et de 
,leurs l11artyrs. La côte de )IaIauar et les î1es de rOcéan, Soco- 
,tora ct Ccylan, étaicnt pcuplées (rUne n1ultitude croissante de 
t chréticns. Les éyèqucs et Ie clcrgé de ces régions isolées tenaicnt 
leur ordination tIu CathoIilIue de Bahylone. Dans un siècIe 
! postéricur, Ie zèle des 1" estoricns franchit les linlÎtcs qui a\"aient 
borné rmnbition ct la curiosité des Grccs et des })erses. Lcs 
,missionnaires de ßalkh et de Smnarcande poursuivircnt sans 
: crainte la trace des pas des tartarcs errants, et se glis
èrcnt 
dans les canlps des vallécs ùe rlIuaüs ct des rivcs de Sé- 
: lcnga (I). n 
I 


SECTION Ill. 


LES MO
OPHYSITES. 


Eut) chès était Archin1andrite ou Abhé cl'un ß10nastère silué 
,dans les faubourgs de Constantinople. lIo111n1e ù'un caractère 
irréprochabIe, il avait aueint l'àge de soixante-et-dix ans, et 
ayait été .ALbé durant près de trente , it répol(ue de sa Iual- 
hcureuse apparition dans rhistoire ecclésiastique. II avait été 
I'mni et rappui de saint Cyrille d"_\lexandrie, ct avait récenlIUCnl 
pri
 parti contre Ibas, éH

que d'Édesse, dont nous aVOIlS parl
 
dans Ia Section précédente. Il s "t
tait occupé quclque tCInps à 
en
eigncr, sur rlncarnation, une doctrine qu"il prétcndait ètre 
,absolunlcnt celIe soutenue par saint Cyrille dans sa controycrse 
avec 
estorius; 111ais scs antagollistcs la signalèrent con1me une 
hérésie allant it re:\trèn1C opposé, et étant cn substance Ie renou- 
\"cIlen1enl de l'Apollinarisllle. La question fut soulnise à un 
concilc tcuu à Constantinople, ran 448; Eutychès Y fut 
'condmnné par les évèques asscn1hlrs, C01l1n1e professant qu'iI 
y a en Jésus-Christ une seule nature au lieu de deux. 
I Préciser avcc soin ce qu ïl soutenait ne se rattache qu Ïntlirec- 
rment à notre sujet. II y a eu sur ce point une controycrs(' 
(t} Cb" 47. 
I 



- :)10 - 


ferondc, tant Ù cause <.1(' la confusion c
islant cntl'c Eutychl'
 er 
SP
 
uer('

rur
 
 t{n'
\ ('fnl
e de lïndl'ei
ion ou de r
Hllhi
uill' (l ui 
s'nttnchc" COIHIHUIl("lnent aux professions de foi df'S hél"('.tiqucs. 
])i:,ons, 
i nnus dl'\"OIlS t''\pO
t)r l'l) <fuoi con5i
tait la ùoctrinl' 
soutellHe pnr Eutyehi's lui-nll'llle, C}u'cIle se fl

ulne en deux 
points. Il prl'tclldit d'aho."d (( qU"3\"3nt rInrarnntion dc Xotrl' 
St\ÎglIt'nr il y avnit el1 lui dcu'\ natures, et qn"il n"y en 3ynit plu
, 
cJu"unc après lcur union; n OU, cn d"autres lcnnes, clue 
otr(1 
Sc.'iglll'ur proc('dnit dc' (Irux natures, mais n'en ë1yait fIu'une'l 
En 
crond lieu, il soutcnait que Ic rorp
 dc Jésu5-Christ ll'élaÏi 
pas de la Inc.'.nl(_
 suh
tallcl' que Ie nÙtrp, c'est-
\-dire n\
tait pml 
fornlé de In 
lIh
tancc <lu corops de la saillte \Ticrge. l)c ces ùeuxl 
point-; 
 il 
cruhla COllsl'lltir it alJandonllcr' Ie prcIllicr; n131S, 
revcnons aU l'oncilt, de Constantinople. I 
Eut) chès, c\.allliné, COIl' illt que la 
aintc \ -iergc étnit de la 
llH'.nu" 
nL:-,lancc (Iue nons, ct ({UP It 
otre Sei
neur s'('tait 
incnrné dans SOil 
cin ; )J Inais il u'accorda pas quïl fÙt en consé"1 
quencl', ('Ollllne hOlllllle, l'olJ
uhstnntid a\ cC nOl1S, pcnsant 
ë1pparennnent que runioll avcc la Di\ illité 3\"ait chnngé cc Clui,' 
sans ('Ill', eÙt été Silllpll'lllcnt la nature Inllllaine. Cepcnclanl,i 

 trou'"ant pre

(
 par 
e5 jugcs, il dit que, quoicluC jU
'In"nlor
 
il fie se fÙt pa... pcruli... ùe ùiscutcr la nature lIe .Jl'
us-Christ out 
d"afJirnlcr Cf\H' C( Ie corps (Ie Dictl cst Ic corps de 1110111nlc, hier: 
qu"il fÙt InllHain, )1 ccpcllùant il l'tait pr
'.t, 
i on Ic lui com- 
I1wnùait, à re('ol1l1aìtrc la con
llh
tantialité Jc 
otre Scigneur ' 
a\ cc nOllS. Saint 11"hn"icn ohscrva alol's que It Ie concilc n Ïlltro-. 
dui,ait pas une nou\ c1le doctrine, nlais He fai
nit que ùécIarCI 
la foi dl'
 Pèl't'
. n Sur It, prcn1ier point, Eutydlès llwinlint qlll 
Notre Seigneur n'avait, nprès son illcarrwtion, (J1.1"une seul, 
n:1ture. Qunntl OJ} lui c'Xpo:--a In doctrine catholi<Jue, il répolulit, 
,( tiscz <::aint .. \t hanase ct ,"ous n"y trouycrcz ricll de parcil. '. I 
Sa t:ondanll1ntion fut en conséqllcnec prononrée; clle fUi 

ignéc par vingt-c1eux évètfues et vingt-trois ..\hhés (1). Vanni Ic
 
t
Yt\ques l'taient Flayíen, de Con
tantinople: Basilr, métropo- 


{t] FlclJr
'. His!. 



- 511 - 


;litain de St
lcucic en Isaurie; les métropolitains d
.Amasie clans 
'rc Pont et de 
IarciaI1opoIis dans Ia l\Iæsic, ct févêque de Cos, 
Îministre tlu Pape à Con
tantinoplc. 
Eutychès en appcla it saint Léon, Pape alors régnant 
 qui 
 
I an prcn1ÏcI' rapport, se rangea de son parti. II écrh-it à FIa, ien, 
quc, (( jugeant par rcxposition d"Eutychès, il ne yoyait .pas qu ïI 
,ait été juste de Ie séparer dc la con1n1union de rEglise. )) 
I. Envoyez-moi done, continue-t-il, un récit c01l1plet de ce qui 
is"est passé, et faitcs-nous connaìtre quelle est la nouyclle 
'crreur. H Saint Fla,-ien, qui s "était conduit ayee une cxtrêmc 
lindulgcnce dans les délihérations du concile , n "cut pas grand"- 
ipcine it exposcr au Pape la controycrse sous son yéritablc jour. 
I Eutychès fut soutcnu par la cour in1périalc ct par Dioscore, 

Ie patriarche de Constantinople; Innis on ne pern1it pas que la 
'décision du concile de Constantinople tern1Ïnât la question. Un 
,concile gélléral fut conyoqué pour l'été suivant à f:phèse, où 
layait été tenu, yingt aus auparavant, contre Nestorius, Ie 
troisième concile æcuménique. Soixante métropolitains, dix de 
dwcunc des grantIes diyisions de rOrient, sOy rendircnt; les 
"vèqucs étaicnt, cn totalité, cent trentc-cinq (1). Dioscore fut 
Q}OInn1é présidcnt par relnpcreur, et ron annon
a que robjet de 
fasselnbléc était de decider une question de foi qui s "était élevée 
)ntl'e Fla, ifn et Eutychès" Saint Léon n"appl'ouva pas la conyo- 
1ation tIu concile; il y cnyoya néauilloins des Il'gats, nlais avcc 
a Inission, ainsi que Ie portaicnt leur n1essage ct une lettrl) 
,
dresséc au concile, de I( condanlner Il}t
résie et de réinstaller 
Sutychès, sïl se rl
tractait. )) Les légats du Pape prirent rang 
'}prè
 Dioscore et ayant les autres patriarches. C"cst à eeUe 
"poque que saint Léon puhlia son eélèLre Traité sur rIncarna- 
ion, sous fonne de lettre adressée à Flavien. 
Les discussions qui s"élevèrent dans ceUe assclnhlëe furcnt 
run earactèrc si yiolent, que Ie concile a été désigné à la po
- 
!f;rité sous Ie nonl de Brigandage (l"Épltèse. Eut) chl's fut 110no- 
3blcn1ent acquitté, ct sa doctrine acceptéc; Inais Ics Pères 


(t) Gibbon, eh. \7. 



- :512 - 
as
rn1hU'
 rnontrèrent ùe In f(.'pugIlallrr il (h
p()
er 
aint Flayicn. i 
Dioseorp 
'était fait acconlpagner de la füree arnl("c t't dOune 
luuhituùe (It' n1oines, pnrtisans fnl'il'u
 tic la ùocLl'ine 1110110- 
phy
it
, qui t'taient yenuc;; de Il::

 pIC l't ùe h. Syrie. "A 
on 
3ppel, Lou'" se préeipitèrcIlt ÙUI

 rJ
!.dise. t"lu\ ien , jelé ;1 terrei 
et foult', [lUX pieds, 1110urul trois jour
 [1))1'('8 des 
uitcs des 
blc'sures (Iuïl 
l\ ait rcçuc
. I...es It"
..n.tl
 du Pape se sau\'èrclll' 
rOITIIU(' ib pur('nt , t't Ics é, èqucs furcnt ohli;rés dc 
i
nl'r ell 
hlanc un J>npier, què fOIl reluplit cn"'uile u, ec la eonùanlnatioH I 
de Fh., it'n. Ce'\ out I
[I
CS ne \"inrcnt ct'prndant tlU "nprls rat'l'l'p-I 
tation synotIalc de la doctrinc dl
ut) chès, flcccptntioll qui 
senlhlc ayoir éLé racle 
p()ntané dt's Pl'r('s n

t'nlhlt',
. r..l'
 net.e) 
du coneile se terIninèrent par fcxcoHul1unicatioll dn Pnpe, I 
prononcéc pnr Dio
l'orc , et par un t'dit de rClnpcrcur, npprou- I 
"ant la dr{'ision du coneilc. I 
.\ yant ùc eontilluer ee ft',tit, arrèton
-nous un n10IlH'nt pour I 
eonsidércr Irs (nits lU'jit e\. po

s. ì\ ous trouyons un homu}c! 
Ùgé et ù"une ,ic irréproehaLlc, fmui d"UIl saint, et lui-nu.".rIlc Ie 
f!rand ehall1pion tic Ia foi t:lJutre Illl
ré
ie dc 
on tenlps , qui 
croit cl 
outient Hnc doctrine, qnïl ùécIarc ètre la dOdrine l 
mèmc que ee saint 3Yflit cn
ei
nt'c en oppo
ition il rh{.ré
ie; 
ncstorienne. Pour Ia proll\"cr, lui el ses alni
 en nppdlcllt nu"( 
paroles luènH's tic 
aillt Cyrille. En
ta('hc de ßa'irout (Brr
 U1
) 
cite ain
i cc I)i're au ron('ilc dOJ
ph('se: t( .\ous nc de, Olb ùone 
pas conccyoir dcu
 nalurc
, IIwis une nature ùu ,rerhc in- 
(.arnt' (I). )t II 
rn1hlp, en outre, t{tIC s3int Cyrille ait {,té ill\'ité à I 
cxpliqucr cette phra'\c, et qll ïl en ait appelé plus (I" IInc fois i. 
un pa
snge trun ou,-ra
(' (Ie snint ..\than
l
c, qui c
iste tel quïl 
Ie cite (2). II cst très-doulCUX quc Ie passage en lIuc....tion SOil 
authl'ntiqul'; nwi
 ('('Ia non
 illlpoJ'te pen, C3r In phr[lse quïl 
rCnferlTIe cst au"si nttriLuéc à (.I"nutres Pèrcs p..lf snint C, rill... 
 
,. I . " 1 I I I " ."." I 
f't a ete at llll
l' geuera ell}t'llt par cs eat lO Iques : mnsl par ";:1111' 
Flayien, qui a drposé EUl) chès, et InènlC die a lotl' ndopti'c 
indircch',nl'nt par Ie (.orlejlc de Chalei'doinc lui-01l'n1l-'. 


(1) (oneli. ßnrd., t. II. p. 127. 
(2) Petau" de Jnearn., IV, 6, 
 .i. 



- 513 - 


I l\Iai
 Eutychl'S n ïnsistait pas seulement sur une phrase, il en 
ppelait en faveur de sa docu'ille it tous les Pères en général 
':uaud il disait : It J'ai Iu Ie bicnhcureux CyriIle, les saints 
)ères ct saint Athanase. 
, \ Constantinople, il s'cxprin1ait ainsi : 
!, CJ.uïls parlaicnt de deux natures ftyant runion, mais d'une 
'CUle111cllt aprl's runion (1). )J Dans sa lctrre à saint l..éon, il en 
:ppclle cn particulicr à saint Jules, au pape Félix, à saint 
,
régoire Thaurnaturge, à saint Grégoirc de l
azianzc, à saint 

3sile, à .Atticus et à saint Proclus. II n'en DppcIait certaincment 
:Ins à eux sans réseryc, comnlC nous Ie fcrons renlarquer bientòt. 
I conycnait quïls 3vaient pu errer, et 3yaient peut-ètre erré 
!311S leurs expressions; Blais il est clair, D1ênlC d"après ce que 
:IOUS aYons dit, qu ïl ne pouyait y ayoir contre lui de consensus, 
lans Ie sens oÜ ce 1110t est COlnll1Unén1cnt entendu. II est aussi 
I 
ncontestahle, quoiquc Ie n10t I( nature n soit appliqué it rhu- 
:nanité de Notre Seigneur par saint AUlbroise, saint Grégoire 
Ie Nazianze et autres, que cependant, en sonnne, les Pères 
:ntérieurs 3yaient é\"ité, pour quelque raison, de s'cn servir. 
'aint _\.thanase ra certainement éludé, lui qui cnlploie les mots 
hlunanité, " I( chair, n I( rhomme, 11 I( é('onornic, )J où un é('l'Í- 
'ain postt-rieur sc serait seryi du nlot It nature. n On pourrait 
'n dire autant de saint IIilaire (2). De Inème, Ie symbole 
L\thanase, érrit, ninsi qu'on Ie suppose, une yingtaine 
rannécs avant répaque de la discussion souIevée par Eutychès, 
le renfenne pas Ie nlot (( nature. )I II y aurait bcaucoup à dire 
ur la plausibilité de Ia défcnse, tirée de rhistoire et des docu- 
nents de rÉgIise avant son èpoque, qu 'Eutyrhès aurait pu 
)réscntcr en faveur de sa doctrine. 
De plus, Èutychès prétendit adhèrer tie hon erenr aux décrets 
les conriles de l\icée ct d'Épht'se, rt scs an1is en appelaient 
III dernier de ces concilcs ct aux Pères antéricurs pour prouyer 
(tIe ricn ne devait ètrc ajouté au Synlhole de rJ
glise. I( J'ai 
;lppris de ceux qui In'onl précédé, dit-il it saint l.éon, ('t fai 


: (t) Coneil" Hard", 1. II. p" 167. 
: (2) Voir Atban., Ar", tr" d'Oxford, p. 3..í5, note g, p" 4
O, note d. 


BmUOTH. lfIST. (3e A,"XÉE" Ier Or\'R" 


27 



-::>1}- 
i'Lé iu
truit Ut'" IUa jcunc"c, à rpgaruc'r Ie 
aint corwile (1'('11 
IHC
lli(l'le lenu i. ì\i(!i't' pal' troi
 ("('nt cli\-Ituit \C"lIc"rable..; é,êquc 
C'OllllllC U) aul lì't' la foi, foi cluC Ie .::iHillt eoneilc tellu it EpIH', 
it IIIainh'IHH' (.'. (Ii'linie' de uon, caB ('OIHlne la "eule foi; je n, 
jalllai-; \OUlll dirc autre (,hose tJue-: ee C)ue I.. 
l'ulc '"fait' fOil 
pl'l'
c'l'it. a II dit au Hriganda!!:c (rEpIH:'SC: ,,(}uand j"ai di'da 
Cpll' Uta foi e
'ait conforJuc it la dé('i
ion tlu ("oneill' (Ie' icé 
t'ou1inuéc à J:"phl'
C, il
 III 'ont tll'lllandt
 d'
 njouter C)ud()u 
Illots; IIwi" crai
nnnt d'ngil' l:Ontl'ni"t'IIH.'llt au\. déeJ'el
 d 
IU"è.lllier coneile C.r I
pltè,c l'L du S 'colld concill' de l' iel'C' 1 j'1 
cfl

il'é qne 'u'r(' Fninl tt)ncile L'U l'lIt eOllllai:-\

HteC, t"alll pi I 
it Jnc SQlIlllctlrc it CC (lue \OtlS approu\"cricz (I). n Diu
l'()1 
t'\PO
l' la clue
tion ..\ ('c' p)lI
 ell' foree : If 
 ous a, ous l'nlt'llch 
.lit-iI, ce (IUC cc cOllcilc d'J
l'hèsc a déerl'tc
, que 
i Cfll('I,)u't l 
atHI"IHl', t'llH't line opinioll, ou 
oulè, e une cluc
lion (lui ail 
au ùcl
. tlu 
Y1l1hol
 
u
dit de 
icép, illloi. èlrc tOlltJaulllé (
)" I 
It C"L reIuarquaLlc que Ie cOHcile ù'.Epht'
c c.(ui H' ait po
é eN 
,,('
It' ait lui-rlll'llll\ salleliunué It' Ð
?T()
"
, addition plus grane I 
pcul-elrc (Ill "auculle autre faite avant ou dcpub à 13 Icttre dc I 
foi priuliti\ c. I 
Enl) ("Ilè
 en nppeJait Cil outre ;', r]
rritur('-S:ìintc, et nit 
(JlI'cllc tlOIluÙt it 
olrc Sci
llcur un(' naturc IlllIHainc. I..a ('Olb l 
qU('UCt'\ dc cet appel Ic plêlc:ait dans rohligatioll cle r('fu
er t: 
asscntin)cllt sans réscr\"c aux rOIU'ilc:::, t'L nux Pèr('
, f(uoiqu 
('ilt tlan
 (rautrcs h
1l1p
 parlé (..rcux 3\CC taut de eOllfÌanc('. C 
Illi uhjccta cluC Ie coneile de 
ic(
c a\nil illtroùuit daJl
 1(' "Yll 1 


(I) Fleury I traduction d'O\.ford, A.
 HI , 39. I 
(2) Ibid., U. Dc ll1èrne, 
aint Athanase ß\'ait dit dans Ie sièclc precrdcu 
(( La Coi confe::"sée à 
irre par Irs Pc\res, 
ui\ant les :Écritures, e
t suffisal! 
(lour ren\er
cr toute
 It's erreurs.)) Ad Epict.. init" - Cependant aillrurs 
,,'xplique cc qu'il a \ oulu dire: (( Les décrrts de 
ïl'ée sont bons el sum
ar. 
pour H'IHrrser toute tlt
..rsie, et spécialrmcnt celie cJ'Arius" )) Ad '\fa\." fi 
Saint Grrgoire de l\3zianze en apprllc de même au concile de 
icée; mais 
(( 
joute, une eXi
lication sur la, doctrine du 
a
nt Esprit, que le
 
ères 8\"
i(' I 
lals
ee Incomplete, pafl'e qu alors la questIOn n avalt pas ete souleve
"1 
Ep. 102, init. On troU\C des el.emples de ce maintien clrlusif, et aussa, 
,'('He extension de la croyance, sui\'ant les e
i
ence
 des temps, dans phi 

it'urs aulres Pères. Yoir Atban , trad. d'Oxford, p. 4t ' , Dote p. 



- 
13 - 


lole des exprcssions c'\:tra-scripturaires. C[ J e n "ai j:ullais trou, p 
1:ans rt:criture, dit-il, n rapporte un des prètres qui Iui fue 
;I1YO\ é, "qu ïl y ait deu'\: n3tures. n J e ri'pliquai, ajoute-t-il : 

 01; ne trouvcra pas lI311S les 
aintes Écritures la doctrine dt' 
i 1 consubstantialité, ni Ie Honloollsio'H de l\îcée, I11ais seule- 
Ilcnt dans les saints Pères, qui les ont bien conlprisrs tot 
,xposérs ayee fidéIité (t). n D"après cela, dans une autre cir- 
onst3llce, on r3pporta de lui It qu ïl était prèt à aceepter 
,cxposition de foi faitc par les saints Pères des conciles de 
icéc 
:t d"t:phèsc, et quïl s'engageait à souscrire à leurs interprèta- 
Ions" lUais cependant sïl y ayait quelque faute ou erreur acci- 
Icntellc dans quelques-unes des expressions dont ils s"rtaicnt 
,"'ryis, sans les hhhner ni les accepter, il aurnit recours nux 
i:critures, comme éfant une source plus sûre que les traités 
'cs Pères. )1 On 3jout3it cc que dcpuis Ie tenlpS de rIncm'nation 
!c Dieu Ie \r erbe..... il 3dorait une nature : mais que Ies 
!'aités des Pères ne Jui uvaient pas appris la doctrine qt1t' 
otre Seigneur Jésus-Christ ,enait de deux natures personel- 
'filcnt unies, et qu ïl n "acceptait pas non plus les pnssagf's 
[auteurs qui pourr
ient Iui être Ius pour prouyer ce point, 
,arce que la sainte Ecriture, COnlI11e il ravait dit, étnit préf
- 
}hle à rcnseigncn1ent des Pères (2).)1 Ce recours aux Écriture
 
,ous rnppellc cc qui a été llit nnguèrc de récole de Théodort' 
,aos rhistoirc du ì\" estorinnisn1e, et du défi ùes Ariens à saint 
t,ite en préscnce du roi des Goths (5). CeUe m3nière de pro- 
fder avait [lu!'si l\té Ie trait carnctéristique de rhérésie dans la 
él'iode précédcnte. S3int Hilnire réunit sur ce point un certnin 
!Olnhrc cre'\:en1ples quïl tire de rhi
toire de !.f3rcel, (Ie Photin, 
e SabcIlius, de l\Iontnn ct de 
I3nè!', et il 3joute : II lIs pnr- 
ricnt tous de rl
criture sans en 3voir Ie sens, et ils profc
snient 
nc foi sans foi (4). n 
Lc concile du Brigandage, quoiquc, répétons-Ie, tyr3nni
p 
I 
I (I) Fleury, traduction d'Oxford , XXVII, 27. 
1 (2! 
o
cil. Hard., t. II. 
. 142. 
{3} 'olr "Ius haut, p. 25a. _ 
1(4) Ad Const., II, 9" Voir Athan., Ar., trad. d'Oxford, p. 3SG, note. 



- :516 - 
par Dio
core dan
 raffail'c tie ...aillt Fla\ icn, atquitt3 crrtain(i 
Incnt Eut) cIu\s, Ul'lTpta t"alluniqucHu
nt 
a dOt'tl'inc, ct, à ( 
quïl parait, ce fut tic tout ('crur; hien quP Ie chan
eInl'J 
cropinioll tI(> 
e
 Tlll'lllhr('
 i. í:lwl<'{doine et It's \"ariatiolls ...ul 
séquente
 de ll)ricnt, )"('Iulent lenr tlt'ei
ion de peu dïlnpOlI 
(aIlCl'. Lcs actl'
 tlu ('oneill' ùe COIl
talltil1ople furellt Ius 31 1 
P(\res du Lafr()cinil(,n. Quanti il..; arl'i\"èl'('llt 3U pa

arc 0 
Eu
èLc ùe ])ol'
 ICUlll, raecu...ateul" cll
ut
 chès, lui Ùl'lnmH I 

ïll'onfl'

ait Denx ì'atnrcs en .Jt"!i'tI
-Chri
t Hpl'è
 Illll'arnatiOl I 
l'l la eon
lIbstantii.llill' ...:ui\ ant la chair, Ic
 Père!i' s"écrièrl'ut 
ceUe lecture : C( \ ha
 EU
l'he; flu ïl 
oit bnilé et LrÚlé ,il 
(IU ïl 
oit coupp en dellx; de Hil-Ule qu ïl a tli\"isé 13 nature ( 

otrc Seigut.'ur, (Ill ït 
oit pal"ta
é (I). n Le coneile, à rC\C{'1 
tion dl'S It'gats till Pape, 
l"lnhlc a\ oil" étt, unanimc 
ur Ie poil 
de la réillté
l'ation (rElit) (.ltès; on HC 
aurail guère iUla!l:int' 
1I1H' dél'Í
ioli phb <<':oJ11pll,te. II e
t \ ."ai (Itle <<.:cnt hnit 
jgflatur.
 
pem ellt paraìl rc \I n 1101\1 h rc hi en )Jl'li I sur u II III illicr de sir"g,1 
épi..;copall\. (ille rOil ('oIlIPtait en Oriellt; I1wis It's eOIll'ilcs 01 
toujour
 ('U Ull caraetl're "('prt'
t?ntatif. l...cs én:
que
 de tontc ; 
rhrt,tieuté étaicnt ell' iron ùi\-IJuit cents, el cl'pelldant CCII 
einquantc Sl'Ulelllellt, c"c
t-i.-dirc la clOU7ii'lile partil', 
l' rendrl l 
au 
ccoIH.I conrile o'ctnnéniq He. .\1I lroi.,it,ulC concile, il y t. 
:)\ ait 1'1l\ iron deux cent
, c"e
t-
t-dire un uetl\ ièllle; Je eonci! 
tI
 
ieéc lui-InèlHl' 11<' t'olnptait que trois cent di\-huil é\ èque 
En outre, ({uand nOli" cxalllillons ue près Ic, nonlS appos{'S 
la dt"cision s
 lIo(Inlc, nOlls trouyons qu(' 13 fflU

t'\ croynnc( 
lïnintclIigl'ucc, la faiLlc.sse, i. laq ucllc on peut attriLucr ect 
grmHlc fnute, nl'tait pas un ph('lIolllt\IH' local, rrHlis Ie trin 
de tou
 les patriar('at') ct tI(, lou{('s les écoles tI"Orient. SI 
clllafl"C patl"inl'chc
, troi
 l'taient. fa, orahlcs it rhé..é
iarquc, ct 
quatl'ièrne t'tnit lui-nlènH_' en procès. Des troi
, deux, DOIHnt 
(.1" \ntioche et .J U\ t'nal tit.' JérHsalelH, ac(plitti'rl'nt Ellt) chès s,' 
Ie Illotif quïl tonfe
:--ait In foi de ì\ïcéc ct (rl
phèsc. DOlllntl 
était un honuHc ÙU plus beau ct uu plus pur earactèrc, q'j 
I 


(1) Coneil. Hard., t" II, p. 1(j2. 



- 517 - 


'\-ait été disciple de saint Euthymc, quoiquïl se soit monlrf 
:lConséqurnt dans ceUe cil'constance, ct quïl ait été 111 a I 
:::mseillè dans les pren1iers pas de sa carrière. Dioscore, h0l11nlC 
iiolcnt et 111échant, ain5i quïl s'cst I110ntré, avait été archidincrc 
ic saint C)Tille, quïI ayait accol11pagné au concile (rt:phèse. 
1 étajt nppuyr dans cette oe
asion par ces n1ên1CS Ég]ises qui 
raient si nohIcn1cnt soutenu leur patriarche Anastase, dans la 
rande lutte des Ariens. Ces trois pntriarchcs étaient appuyés 
:ar le
 e
arqucs d"t:phèse et de Césarée dans Ia Cappadoce; et 

eux (rcntl-c eu
, aussi bien que Don1nus et Juyéna], étaient 
'Jutcnus par Irs Inétropo1itains qui leur étaient suhordonné
. 
I,es siéges I11ênleS placés sous IÏnfluencc de Constantinople, 
;ui forn1ait ]a Si
iènle diyision dc rOrirnt, prirent parti pour 
::utychès. 
\insi, panni les signataires de son acquittcn1cnt, sc 
'muycnt les éYèques de Dyrrachiul11, (rfIéraclée en )Iacédoinc 
 
e Jlessène dans Ie Péloponèse, de Sebaste dans rA.nnénie, de 
farse, de Dalnas, de Bail'out, de Bostra en .Arabie, d"
\Jnidn 

an
 la 
IésopotaJnic, (rHÍIneria dans rOsrhoëne, de Baby- 
3nc, crArsinor en É g ) pte, ct de Cyrène. Les évêques de 
1 Palestine, de Ia l\lacétloine, et de rAchaïe, chez lesquels 
'æil pénétrant de saint 4\thanase 3\ ait découvert r
\.pollina- 
'Ïsn1c dans son gern1e, Iorsque cette doctrine conlmençait à 
:}cine à prenùre une forn1e déterminéc, étaicnt ses partisans" 
Jarsulnas, Abbé Syrien, ignorant Ie grcc, se rendit au Latro- 
illium, conlme représcntant des nloines de sa nation; il en 
Ivait formé un corps de 111iIle hon1lnes, force n1atét'ielle 011 
Boraie dont il disposait, ct flu"il poussa dans ecUe infàm<, 
Issen1blée au InCtIrtre de saint Flayien. 
Tel était en Ïannéc 449 rétat de Ia chr{
tienté en Orient. líne 
'lérésie qui en appelait aux Pères, au Symhole et, par-dcssus tout
 
'1 rÉrriture, fut adoptée com me vraic en Ia personne de son pro- 
nulgateur par un concile général prétcndant ètre æClunéniqut:'. 
.
crtainen1cnt si rOrient pouvait, indépendamlnent de r()cri- 
lent, fixer un point de foi, rhérésie n1onophysite fut adnli
e 
;
on1nlc yérité apostolique ùans toutes les pro\-inces situécs de 
I , 
'Ia :\IacéJoine à rEgyptc. 



- ;)18 - 
II ) n cn danc; I'histoirc du Chri
tinni
mc, une (',PO(]UC od 
nons YÌIncs \thuna
c seul contre Ie nlo,}(lc, cl Ie n101H.Ie contrt 
Atlwna
c. Lcs l)e
oins et rt'J)lharras ()e r)
g]ise :.1\ aient élt 

rands : un hOIllllle fut ('I)' 0\ é I )our sa délivrancc. ValIS ceUI 
v . 
sl'eoll(le crise, qui (
tait d('
tint
 i. èrl'l" Ie thmupion ùe celie {IU 
He pcut pa<; succolllhcr? 1foll ,-illt-il, ct quel était 
on non1' 
II arri\"a priori'dt'O d"un 3u
urr ùe ,ietoire que saint \thanaSl 
mèlnc nc pot1\ait ay
ir : c"était L<,oon, i'vè(Iut' de HOIHC. I 
La garantic ùe succès que "a:nl _\thanase Inl'lnC u"a,.ait pas, 
érait "'l'tl'C a

is sur In ehaire (Ie 
aint Pierre, et d"être rhéritipl' 
de ses prérogati\ l'
" Tout Uti conlnH
ncelnent tic la controYcr
e.J 
" P " CI 1 "" . ù ' " I 
smnt lrrrc If) 
o ogue aYiH t 
ounlls cette !!ravc COll
l cratlOl 
à Eut
 clu", fni-melne, ('11 tcrnle
 qne nons ayon
 di'jil cités : u Jl
 
,ous c
horte, nlon Yl'uérahIc frèrc, lui 3vait-i1 tlit, à \'ous snu-' 
lurttre en tontes 'cho
rs 
, cc qui ft ioh
 (.crit pa r "Ie' rnéraLle pnpl I 
dc non}(
, C3r s3int Pierre, qui ,it et pf"(

ide dalls c;;on 
irgc.: 
donne la ,éritaLlc foi à cell\. qui la ehcrcheut (l). 11 Ceue \Ol" 
\ cnue tit" R:n cnnes, 11'011\ a llc r(
eho, 3pl'i

 Ie [afruc;niulIl.l 
d31lS Ies profontleuI's de 13 s) ..ic par la hOll('he du Sftyant Theo 
doret. ct Cc siégc très-saint, 11 dit-ÏI dans une lettre à r un dc
, 
lt
g3ts <lu pnpe, II 3 pour pIu
icurs rai
ons Ini

ion de guidc.! 
(;"1!P.
Yl
v) tontcs les I
!di
cs ÙU Inonde, ct {'uire autres parCl, 
(Ill ïl cst re'h
 Iihre rl(
 tout rnpport a, cr Illl
rl-
i('; quI"' pa
 ur I 
'\cul scntinll'nt hétérodo
e He s'..st assi
 sur ('C siége; Inai
 quï 
3 préscr\ c dc toule ,ouillure la grÙre i1po
toliqne (
). ,t (Tn tJ'oi- 
sièn1c télI10ignagr ponr rcncouragclnellt des fitli,lcs l
nÎana. ('r l 
l'e Inon)(
nt télli'hrcu
, ùe Ia cour iJupéri3Ic ù'Octidenl. II 
ou I 
sOlluncs tcnn
, dil ,r a l ent iniel1 it rcn1p('rcur d'Oricnl, tic main 
tenir inyiolaLle dans notre tenlps (a pl'ér()
ativc tic \énérntior 
particulil'rc (Iui c
t due au 
aint npòtrp Pierre, 3fin (Iue Ie hicn- 
hcurcux é, êquc Ùp ROlllC å qui ral1tiquité 3 3s
igné Ie si1CCrùOtl, 
sur tOllS (y.
't'
 idvo:-wv) , ail ropportunité de juger en cc qui touchl 
In foi ct It

 prètl'cs (;;). )t Léon Iui-nlèlnc Il"tl\ait pas ffi3nqUl, 


(I) Fleury" 
(2) Ep" 116. 
(3) COile ßai d., t II. p" 36. 



- 519 - 


I dans cctte cÎrconstaI1ce du seutinlcnt de confiancc obtenu du 
I bienheureux Pierre, chef des apòtres, qui lui disait qu ïl avait 
I I'autol'ité de tléfcndrc la yérité pour la paix de rÉglise (f). It Sur 
res paroles, arriyons au concile "de Cha]cédoine. 
Le concile se réunit Ie 8 octohre 4:5 1. On y comptait Ie plus 
grand nomLre d'évèques qui, ayant et depuis, se soil jamais 
rcndu å un concile. Quelques auteurs disent quïls étaient 
si
 cent trenle. De ce n0l11bre, quatre seulelnent étaient venus 
d"Occident : deu
 légats r0l11ains et deux éYèques d"L\frique (2). 
I Les tlélibérations furent ouyertes par ]es légats du pape qui 
; dirent ayoir nlission de ]a part de révèque de Ronle, I( tt'te de 
I toutes Ies Églises, "de dClnander que Dioscore DC siégeàt pas, 
I pour la raison quïl I( avait cu la télnérité de tenir un conci]c 

 sans y ètre autorisé par Ie siége apostolique, cc qui n 'avait janlais 

 été fait auparavant, ct ce flu' on He pouvait faire légilinlcnlent (:>). Jt 
, Cette den13lHle fut aussitòt accordée. 
Le second acle du concile fut (ra(hnettre Théodoret qui a"ait 
! (
té déposé au LatrocinÏll1n. Les officiers impériaux présents 
insistèrent pour qu"il fùt adll1is, en s'appuyant sur ce motif que 
I de très-saint arche, èque Léon rayait réintégré dans la charge 
episcopale, et quc Ie très-pieux clnpereur avait orùonné qu"il 
assistât au saint concile (
). n 
On accusa ensuite Dioscore de n 'avoir pas donné lecture au 
roncile de Ia lcttre du pape que lcs légats lui avaicnt présentéc 
en son non1. Dioscore adlnit non-seulelnent ]e fait, Inais il 
chercha à s "excuser en aIléguant qu ïl 3yait deux fois ordonné 
en vain que la Icttre fÙllue. 
Pendant la lecture des actes du Brigandage d
Éphèse et d
 
ccux du condie de Constantinople, un certain nornbre d"éYèques 
I quittèrent Ie còlé de Dioscore, et "inrent se placer avec Ie parti 
opposé. Quand Pirrre, évèque de Corinthe, travcrsa réglise, 
les Orientaux 3u
quels il se joignit s
écrièrent : It Pierre pen
c 
COffilne Pierre; é,-èque orthodoxe soyrz Ie birnvenu ! n 


(t) Ep" 43. 
(2) Fleury" 
(3) Coneil, Hard" t, II, p. 68. 
, (!
) Fleury. 



- 
20 - 


Dans la scronde 
c

ion dn roneile, Il's Pi'res 3Y3ient à réùigcr 
une professioll ùe foi qui rCHuhunnût rhé.'ésie. On org3nisa 
ùans ("(' hut UI1 ("oUlitp. 1..3 profe

ion dt' foi de Xil'l'C et ùe Cons- 
L'UHillopll' fut lue; puis qu('lfJul'
 l
pìtl"cS dc 
aint C
 rille, ct 
enfin la lettre dC' ...aint 1..("011 flui 3yuit t'h
 pa

éc ...ous ...ilcnce au 
LatrocinÏllJJl. {T HC di
l'u...sioll s "t"le, n 
u.' Ie ùcrnier de C(,S do- 
('ulncllls; .nai
 l'ufin 1cs é\ êf{lle
 S "t"crièrelll : II C"e...t lit Ia foi ùes 
Pè.'('s.. C"l'St lÜ la foi ties npÙtres : nous ero) ons tous ninsi; lcs 
ort hoùo\cs eroienl ainsi; anathè.ne it eelui flui HC croit pas Jc 
mènll'. Pierl'c s'est l''\lu'imè ainsi par ror
anc 11.- Léon; aimi 11',8 I 
npÙtre" nou... ont in
truit,! n On Iut t'1l,uite ùes passnges tralltres 
Père
" rt fluelque... jours fnrent con
aerés à la di
t:u

ioll u\-ant I 
de rédigc.' la profe,...ioll ùe foi. 
))urallt lïnh"r\nll('. l)ilJ
",ùl"e fut tnHIuit t.'t cond3nlné. L3 
,('Iltcnce fut prononcée contre lui par Ie
 légats tlu pape; die I 
pOl'lait : II Lc très-
aiHt al'ehc\ l\fIU(
 de HOlllC, l..énn, par notre 
intCrIllPdiaire et celui de ce concilc, ns:"isté de rnpÙtre )>il'rrc, 
rodIc," t'( foutlcllleut ùe rJt
Jj"'e cntholi(lue l't tic la foi ol'lho- 
do"\(', Ic pri,.c (Ie 5-3 dignité épi
t:l)pale et lui intcrdit tout minis- 
tè.'c sacerdotal. " I 
Dans la (luatrit\lnc 
e

ion, rc, int la qnl"
lion relatiye 3 13 I 
lJétinilion ùc foi. Lc concile se horn(l à décIarcl' fluïl reccyail13 
tlt"finitioll tics trois eon...ile
 ant('J'irurs; Illuis il ne ,oulut ricn y I 
(tjout('r. Cent soh.ante évêqlles ndhél'l'rent cepcnùant à Ia lcttre 
de ...uinl Léon. 
D:ln
 In ('inqui(\mr sc
sion, In qucstion fut a
itép d(' notl,'cau. 
Lcs traYnu
 dn ron1Ïté al)ontin.'nt à une déHnitioll de foi qui I 
fut acccptt',l' par ]a nwjoritl
 tll'S 1I1l'nlhre
 du cOile-ire. I..c
 
én\(]urs s"l'crièrcnt: It Nous sonnnes lous satisfait" de ceLte défini- I 
tion; cllt' renfel"lue la foi dC's Pèrcs! nnatht'lllC il celui qni pense I 
nutrenlcnt; dHI

ez les 
 estoriens!" Quelclllcs-uns "oulurenl I 
soulcycr des objections, luai", _\nalolc, Ie nOI1\ eau patriarehl l de 
Constantinople, dcnlanda : c( Esf-cc qu"hirr rharun n'n p3S I , 
Laonsenti à la ùéfinition de foi proposée? )t Lcs é\"l'f{UCS rt
pon- 
dirent : c! Chacun y n con
cnti: nou
 He p( nsons pas autrcn}(
nt: 
c"cst ]a foi ties Pèrcs; qu ïl soil élahli que la snÍl1te \riergc cst la I 



- ã21 - 
luère de Dieu ; ajoutons- Ic au Synlbole; chasscz les l\csto- 
I ricns( t)! J) Ceux qui soulcyaient des ohjections étaient les légats du 
I , I .. 0 " C I " I . 
I pape, appuycs par que ques cycques rlCntaux. es 
atlns c 311'- 
\"oyant
 et esprits fernles, con1prirent parfaite1l1ent bien qu 'cllp 
I ét3it la sculc expression \ raie de la doctrine orthodo}..e contre 11H?- 
. résie dont il s"agissait. lIs 3\ aient reçu ùes instructions pour (It'ter- 
miner Ie concile à déclarer que Jésus-Christ ètait non-seulement 
de d('u'\
 111ais en deux natures. lIs n'entrèrent pas en di
cussion 
I sur ce point; mais ils eurent recours fa un arglunent plus intclli- 
i gible : IC Si les Pères n' adhéraieut pas tl la lc.'ttre du saint éYêque 
, Léon, J) ils abandonnaient Ie concile, et s'cn retournaicut chez 
I eux. Les officicrs illlpériaux prirent Ie parti des It'gats. te 
I concile néannloins pcrsista it dire : IC Chacun a approuyé la dé- 
I finition; que ron y 
ou5criYe : celui qui refusc cry souscrire est 
I hérétilJue. J) Les nlel11bres parlèrent In
n1e de s'en rapporter à 
lïnspiration di\ine. Les officiers denlandc.\rent sÏls avaicnt accepté 
Ila lettre de saint Léon; ils répondirent qUÏIs y ayaient ad- 
I héré; mais quïls n
introduiraient pas 
on contenu dans leur 
I définition de foi. H N ous ne désirolls aucunc autre définition , 
i dirent-ils; celle-ci ne laissc ricll à désirer. 
NOllobstant ceUe oppo
ilion, les légats tlu pape obtinrent cc 
I quïls youlaient par rassistance de renlpcreur .l\Iarcien qui a\"3it 
succédé à Théoùosc. lIs firent n0f11n1Cr un nouvcau COIllité SOllS 
la Inenace, si les Pères rési
taient, ùe trallsférer Ie concile Cll 
Occident. Quelques Yoi
 s.élcyèrcnt contre cette nlesure. On 
, entendit. crier contre Ie parti ronlain : C( lIs sont ì, eSforiens; 
, quïls aillent fa ROllle! )) Lcs officiers iIllpériaux firent obsf'rycr : 
Dioscore a dit (( de deux natures; )) Léon tlit I( deux natures; 
 
lequel SUi\TCZ-YOUS de Léon ou de Dioscore?)) Sur leur rèponsc 
I quïls suiyraient (( Léon, )) Ies officiers reprirent : (( .Alors, 
, ajoutez à la définition, sui,-ant Ie jugclnent de notre très-saint 
Pèl'e Léon. )) II n"y ayait plus rien à dire. Le cOluité s.occnpa 
I inunédiateluent de son trayail, et peu après les membres 
revinrent à rasselnblée ayec la rédaction que Ie pape exigcait. 


(1) l"leury. 



- ;)22 - 
tr cOlnité r(
pt
ta It"' Syrnhole de 
i(,t"c ct de (
OlJ
t antinoplc, et 
ajouta: H Cc S) Hlholc ("tait 
Uni
iHlt pour In eonnnis
alll'c par- 
faife de la religion; nlais It's CllIH.'llli, ùc la ,érité ont inyent.:' 
dc
 c
prrssioll:" nouvelles; n t'l iI fonnula t.\nslIih\ In foi ell 
't\nul'S plus c\pli,'itc,. (
uallù toute.;; Ie.;; pièecs eurcllt été lue
, 
Ics ("" èflurs 
 "é(,I'ii'rent : u C'cst lit Ia foi ùes Pi'res; nons la 
sui\"roll
 tou,! n \ill,i 
e lCl'lllilla UllC fois pour toutc
 ecUr 
rontrc)\ c..
e. I 
L ' cOllcile, après 
a dò(ure. adre

a i. saillt Léon unc lettrc 
(Ian
 la.ftlclle le
 Pi'I'c:-, Ie I"l'('olillais
ai('nt l'Olllllll' (( Iïnll'I'}))''''le 
('
ahli dc la ,oi
 tlu Licllheureu\. Pierre (t), n cn faisant nllusion 
à la Conrl'

ion de 
aint Pierrc dans :'\aint 'Iaftl.il'u (\.n), ('t ils 
en pm"lent ronllnc I( dt.' eclui qui a I'ct:u Ini
siol1 de \"t'ill{\r 
ur 
h' \i
IlUhle dn 
l'i
Ill'UJ'. n 
Tell(' c
t la ph) 
iononlic ('
tél"i(\urc dt's IHltes par If"qucllc
 ! 
la foi catholi'lue a t'Lé ('LaLlic clan.;; la ehl'étiellté contrc Ics I 
U10IlOph) 
it('
. t)1l doit ('I'oirL' ft'J'JTIClllcnt, par la foi en {'t'Ue 
Pro, iJcnct\, qui, cn \'crtu d" une pl'Olne4.0.SC 
p('('ialc, s 'élClld 
ur 
les adc'
 dt' rl
gIi
(', (flH' la dt"finitioll 
Hlop((
e au <.'ollt'ilt' dc 
(:IJalc(
doille cst la ,éritc', apo"tolique. jadi., :H1HOnel'e flU
 
ainlS" 1 

t'
llllllniIls, il cle\ il'lldrtl (" iJl'll( pour eelui CJui éLudic In tlH
O- 
lo
âe, i. 1l11'.,urc flu"il 
è fililliliari
t'..a a, er les 011\ rflgc
 dcs 
Père
, clue erUe dé1ìlliLioIl c
l lout 
iIllplenlenl (face-on] avcc I 
)a foi dc ",aint ",\thaua...e, de 
aint Gn"goire dt' l'alianze ct de 
tou
 Ics auU"ps }>t'rcs de rl::gli
e. ::\Iai" 
nl point dp Ylle histo- 
rique, q uc "i \
,t -il pa

l' nu tleruicr coneill'? - fTnc clOd rine 
sur laqul'l1r It' 
) 111holt\ i,t tit uHlet, 
ur laqul'lIc Irs Pèrcs nc 
porLcllt pa
 un Ll'1l10i!!llagc ulliH1Îlnc, que quelque
 snint
 enlÏ- 
flcnts H,-aipnt prl'
ql1l' c0l11haltuc l'l1 tCI'lncs fornlel
, quc tout 
I'Orit'nt avail rl'pou
...ée COlllllH' article (Ie tl'oyancc, non pa
 tlnc 
foi
 mais deu
 foi
, patriareill.; ilpf(
S pntriarehr, et lnétropolitain 
3prt'S nH
tropolitaill , d"ahonl pnr la houche d(' plu
 de ccnt de I 

es éYt'qucs, ct l'J)
lIitt. pal" celIe de plus de 
ix ("Cllts, dut'trinc" 
rcfu
éc pnr la rai,..on qu'ellc était une aJùition au SYlllholc. 


(1) Coneil. Hard" t. II, p" 656. 



- 523 - 
I Ccue doctrine fut inlposée au concile, non à la vérit{, COnlllUJ 
: un sYluLolc; n1ai
, trUn autre côté, on désirt1it plus qu "une 

inlplc adhésion; on \ oulnit quoelle fÙt acccpti'c COlllnle défilli- 
'tioll dc foi sou!' la sanction (rUn anathèlne; et elle Ie fut par la 
I fernleté dn pape de cette époque, a
is
ant par lïntern1édiairc 
'de ses légats, aycc Ie concours de la puissance ciyilc. 
On ne saurait bupposer qn"tlnc pnreillc transaction ftit 
I agréahle aux Églises d'Égypte, et ré\ énell1cnt ra prou\"é. Ellcs 
Ilnécounurent en eifet rautorité du concile, rt appelèrcnt SC
 
'adhércnts Chalcédoniens ct Synodistes (1). EIlcs ,-irent ùans 
: cette t."ansaction rOccident tyrannisant rOrient, Ie forçant it se 
I nlt
tlre d- accord a\"cc lui, résolu dOayoir une, et de n "avoir 
:qu'unc fOrIne trexpression, rejetant la définition de foi que 
'rOricnt ayait rédigée en concile, 13 déchirant, et lui en fai
allt 
I forululer une autre, agissant (rune manière ill1périeuse ct ùure 
'a\"cc les é\ èqucs as
elnblés, ct lléyersant Ic mépris 
ur lcs 
traditions les plus sacrécs de rÉgyte. Que leur iInportait Euty- 
chès? il pouyait ètre innocent ou coup able ; ils rabandonnaient 
,volontiers : Dioscore rayait liyré au concile de Chalcédoine (i). 
lis n"étaient pas d'accord avec lui (;)). lis Ie regardaient conl111e 
un honnne e),.agéré; ils refusaicnt de s'ûppcIcr de noms humnins; 
I ils n "étaient pas Eutychiens; Eutychès n 'était pas leur rr13Ître; 
mnis ils acceptaient saint Athanase et saint Cyrillc pour Icurs 
'docteurs (4). Les deu
 grandes Itunières de rÉglise, les deux 
Pères controyersistes Ics plus célèbrcs, et qui aient en Ie plus 
de succès dans Ie Christianislllc, ayaient run et rautre prononcé 
Ie nlot: (( l!ne .Nature incarnée, n quoiquïls en adlnisscnt Jcux 
,ayant IÏncul'natioIl. Bien (Iue saint Léon et son concile ne soient 
pas allés jusqu"à nier ceUe phrase, ils s'étaicnt a\ ancés à dire 
,ce qui y était contraire, à faire disparaitre, à cou\Tir la ,-érité 
en donnant une définition d'où il résultait que Ie Sauyt'ur in- 
carné était 
 en deux natures. n II ayait été ùéclaré à t:phèse 


(t) Leont. de Sect., v, p" 512. 
(t) Concil. Hard", t. II, p" 99; voir aussi p" 
t8, 
(2) Renaud", Palr. Alex., p" 115. 
I (3) Assem. B" 0., t, II, p. 133-137" 



, 
- 32,\ - I 
flU ïl He 5Cf[&it pn
 touché au Syrllbolc; Ics Pi'r('s du ('oncile del 
ChnIcéuoinc Y flyaiellt 
1joulé non pu, Iittéralerncnt rnnis \ irtuel. 
IClIlcnt : l'n 
ou
rr'Ì\ ant i. In leur e de 'flint Ll'on, l t en prornul. 

tJnllt leur" détinition de foi , il... nyuient ajoulé ce (}tli pourrai 
('tre nppelt
 u Il' Syruholc. du papc Lron. )) I 
II c
t renlar(luahl .., ain
i qHC nous 'cnon
 de rcxpo
('r, (Iu. 
I)io
('o..c, pt'I"\l"'
 ('OI1IIlIC il I'i'tait (Ialls 
a cOIHluite, ('tait, ell 
fait de doetl"irH', de I'éeolc Illodérée ou tlu ju
tc rllilieu. nin
 
. 
(Iue Ie fut ninat.-o;; lui l"hahile et ,iolt'nl St"yi'rc. l)i'
 Ie pr"incipe 
Ip nonlhrru, parti qui It, ait prote
té dé
aYOlt:1 Eut
 ches, don 
Illért'
ie 
e rt'fugia Cll \rIlIénie oit rIlc 3 
uL
i'lé ju",'lu'ù ce jour 
L('s \r"nlt
ni('n
 
("uI
 ('tail'nt dl'
 Eut
 ehicns purs, ct, rOnHIlt 
't'ls, pleins d'un 
i grand zèlc, quïls inno, èrent sur la ('ouHlln. 1 
tH)('ienne et alhHi
e par"tout dl' Bll'Ier rt'an au ,in dnns la 
aiJ}t<' 
EuclH1..i
tic : il
 (",uISal'l"i'rCIlI Ie "in tont scul, rOlillTIe tl
moi I 

na
c (rUne 
('ulc nature Cll Jésu,-Chri
r , ain,i quïls Ie 
oute. 
naient. AilIt'ur
, It" nonl ('I la d(
el..in(' tll
ut) elll'S furen 
rcpou
s 
s; le
 héréti(lues prircllt en Eg) pte et en S
 rie un non 
tiré de leur (,J'oyanec, et fOfIlll'rl'llt la eUIl1111Union munophysil(' 
Leur t hlaoIo
if' étnit it In fois Silll pIc ct 
pf"cif'u
c. II
 la hasaicn I 

Hr des pnrules ({Hi nous sont ftnnilii'l'es ùan
 l<<
 sYIIlllolt I 
d' \thana
(', et (J1li ont élf> f'lnpIoyi>cs par saint Grl
goire Ùt l 
NaziaI1zc, 
aillt C
 rillc, saint _\ngu,.ill, 
aint 'Tinccnt (}t' 
l.("r"ill
, ponr Il(' pa
 dire pHI' 
aint li'on hli-nH\llle. II
 soutc. 
naient que dc nlèlnc quc Ic corp:' ct rålne font un seul hOlnrnc 
niu,i Dietl l'l rhOUllllC Jl(' fai
ail'llt flu'un, (Jlruicl1l"ayant lint 
nature rOlllposéc f'n .Jl'sll
-Chr"i
t. ()n pounlit charitahleIIlt'n I 
!"upposer" qu ïl, ne difTt"raicul ùt.'
 calholi(lues que par une 
inJplc 
disputc <ir ß10H, aill
i que 'Ti
ilc de Thapsc COIl\ iellt que ecli 
t'
t 31Tiyé hien 
ou'.l'nr; u13is leur refll
 u'ohéir à la ,.oi\ dc 
rÉglisc (
tait Ull S) luplÙIHe (r('rrcur dat)
 leur foi, ct leur lu"lér"o" 
do
ie secr"ète cst prOUYl'C par leur liaison naturdIc, en dt"pi 
lfeux-nlêlllcs, a, ec Ie pnrti l'\trl'llle quïIs aY3ient d(
,ayoUt' 
:IYCC tant de Yl'hénU'lIcc, II est di
nc de rcman/ue, quïngé I 
nicuse COJlllllC re
t leur théol'ic, t't quclcIuefois enILal'ra

3Jlhl 
pour cclui qui di
cutp. Ies ruonophysitcs HC sc ui'gugl'rcn I 



- :52J - 
'lmais des Eutychiens; et, bien {Iue sur Ie papier ils pussent 
I I I " d "" I d d " , . 
Irarer (CS Ignes Ishnctcs entre cs CUX octnnes, neann10II1S, 
'n fait, par une sorte de fatalité cachée, leurs partisans se 
'orwient toujours vcrs Ie parti c\.trên1e qui était anathén1atisé.. 
IU fornlaient alliance 3YCC lui. Ainsi Pierre-Ie-Foulon, Ie 
"héopa
chit("} (Eutychien), est it nne époquc allié aycc Pierrc-Ie- 
';ègue qui défendait la FOrIllUle (rUnion (

!1)'t'lx6
) monophysilC. 
ICS ACl
ph3Ie
, quoique séparés du dernier Pierre it cause de 
cUe défense, et accusés par Léonce d.être Gaïanites (1) (Euty- 
:hicn
), sont regardés par Facundu
 COß1nle des ß1onophysites(2). 
, Tinlothée Ie Chat, que ron dit ayoir été d.acconl ayec Dios- 
lore et Pierrc-lc-Bègue, qui signa rHénotique, c'est-à-dirc 
;rec les deux patriarches nlonoph)sitcs, aurait néanlnoins 
:)utenu, suÏ\ ant Anastasc, In doctrine que (( la di, inité est Ia 
'ule nature de Jésus-Christ (is). 11 SéYl're accepta Ie synlbole 


S Phanta"iastes (Eutychien'\), ct cepcndant, suivant téonce, 
doit, en réalité, ètre plutòt regarùé COll1n1C Ie principal 
;octeur ct Ie chef des monophysites. A une certaine (;poCfue, il 
\i
tnit nne union, hi en que tel11poraire , entre les Théodosiens 
nonophy...ites) et Ic
 Gaïanites. 
'. Cc n.élait pas un phénoffit.\nr nouycau dnns rhistoire de 
Eglise qu .une pareille diyision d.un parti hérétique rangé en 
eu\. fractions, clont rune soutenait une opinion cxtrèlnc, et 
1utre unc opinion n1oùérée, qui, bien qu "clle parût neUe ct 
'aisen1ulahlc sur Ie papier, était en fait cependant sans réalité, 
npraticahle, et n oa, ait aucunc espérance. De n1ènlC qu .Eu- 
;.CIH:'S érnit unc doctrine cxtravagante, qui fut dOabord nlodi1ìéc 
10S la croyallce monophysitc, ct qui reton1ha ensuite inconsi- 

rélnellt dans la doctrine des Phantasiastes ct ùes Théopas- 
'lÏtes, ainsi ..ll'ins, qui avait d.ahord été supplanté pnr les 
usébiens, prit une nouycIle yic dans Eunon1ius. De n1ênlC 
,.IC les Eusébiens lllodérés avaient fonué au concile de 
icéc 



1) Leont. de Sect., VII, p. ä21 , 2. 
(2) Fac". I, 5, circ" init. 
1(3) Hodeg. 20. p. 3J9. 


BIBLIOTH. HIST. 6 e ANNÉE. ler OUVR. 


28 



- 32G - 
Ie Hl'and corps (If'S di

id('nts, It's 'iol1oph
 
it('s sc compo
ail') 
tie In nwsse de cru\. qui a\"ait'llt pl'ote
té cOlltre Ie rOl1eilc ( I 
(:haleédoinc. Si les Eu
éhieHs a\"ail'Ht été Il}()(lél't's ualls let 
('royaul'l' ct ccpcndallt 
(U1S 
erupul.. dans leurs fH,;tcs, les Jl,' 
noph) sites BOilS pré
elltellt Il'S HU"IHCS Ci.tl'actl'J"cS. COHUllC I. 
Ell
ébiens, (Ini Sl' pr("ripitaieHl indi, idueJlenlenl ,('rs r \I'i: 
J)i
nlr pur, Ics )Ionoph
 
itl'
 trndaieul ,crs rEut) chiallisn 
priulitif. Dc Hlèlnc (Iue ll'
 
r()lloph) 
itcs 
c 
oull" ('.rent cont! 
Ie papC Ii'on, Irs EU
l"hiells 
'étail'nt. (fuoi({tl') a)ant l,té rnoiJ I 
IH'O\ O(llt.',::;, 
oule' (',
 contre Ie pape J ule
 , el s t'taicnt plaints (I 
lui. Ll'S Aponinari
tc"s 
"i,taicnt t1i,i
é
 en deux 
cctcs : rUn! 
pou

ant jU
'1u"il leur clernil'rc lilllitc Irs inductions tirécs de 
"I'O
iH1CC (Ie leur lllUìtl"l' H' ail 
ui, i Tilllothl'e, et Ic parti ph 
pnulent ou pIli'; tilllide avait cOllu"aeté une alliallcc inintelligiL ' 
a\ c(" \T alcntin. DaJl
 rhi
toil"c du î\ e
torialli
lnc l'neOfl', (Inoiqll 
t't'tte hérl'
ir prl'tÙt Inoin
 aux diYcr
enccs t.ropinions, BOI 
,oyons Ie Sil'ge ùe JlOIHC ayec saint C) rille 
. UIlC c'\trélllité, 
'e
t()l'iu
 
, re
trl'naiti' oppo
ée; entre cu
 était Ie grand pm 
oriental, Ù la têtc dtH(uel se trou\"aient .Jcan trAntio("hc 
"fht'otlorl't, parti qui n t'tait pa
 h
rétique, Inais t.1'.li rut potj 
un tcnlps lnécontcnt tlu concile trEphè
e. , 
L "héré
ie ncstoriCllnc, a i-je dit , ofTrait Illoin
 d'ocra
ion at 
I 
vuriutions doctrinales que rht'ré
ic (fElIt) chès. Son c
pl'it l'tt 
rationaliste, ct clle po",édail lcs qualitt',s qui, out ên cc Ie ratic 
Ilali
nle. (Jnalld cUe fut dH'l

{'c tlr rElllpire rotnain, cI 
s'cll1para, COllllHC nOllS raYOnS 'u, ù'un chmnp I.il'hc I 
uouvcau qui s'offrit i. SOil zi'lc; ellc prit possrs
ion (rUIlC 

gli 
l'tablie, cntra en coopl'ration avcc Ie gOll' CrnCll1Cnt ....i\ il 
aùopta ùcs usag
s :-oéculicrs, ct, par dcs 1110) ens qudcolHluc
 
Sie pow,.sa j uS'lu'ù fortner un cillpirc. A. Cl1 juger (fapri's I 
appal'cnec" Lien qu ïl soit nt"ec

airc de po

étlcr nne connai, 
sal1ce très-intinle de son hi
toil'e pour ell parler autreJllcnt q' 
{rUne ulallière conjccturule, Cl'ttc hérr
ie était une puis
all" 
J
Jiti(JlIl'.I
lut[.t 
u'
m ,logl
le; clle mi'Jll:is
it Ja s
iencc tl,lé?'.1 
glqUC. L Eutydllal11S111C, Ù autrc part, et3.lt n1ystHluc, 
l'\ ('rtl 
(
nthonsiastc. Si nOllS r
ccptons Sé,-èrc ct un ou dcux autre
 (, 



- 527 - 


'c
 partiS3I1S, i1 n'étflit soutrnu qne par un très-pctit nOll1bre 
;rhabiles cOlltroycrsistes. II cut peu de prise sur les Grcrs intel- 
'jgcnts de In Syrir et de r.Asie n1iucure; n1ais il fut florissant, 
);rIni Ies Syricns indigèncs, et dans I"I-:gypte, qui était bien 
loin en arrière de rOricnt en fait de civilisation. Le Nestoria- 
lÎsffiP, COnll11e r_\rianislne ayant lui, était une religion froiùc, 
Jui cOIn-cnait rnicux aux écoIe
 qu"à Ia foule (t); nlais les )10110- 
')hysites cntrainaient Ie penple (lyce cux. Les 
Ionophysites, 
'OlnnlC les Jansénistcs l11odernes, et contraircnlcnt nux Nesto- 
;'iens, étaient f:uneux par leurs aush
rités. lIs ont ou ayaient 
:>inq carênu's dans rannée, durant lesqucls les Inïcs aussi hiell 
IluC Ie dcrgé s oabstenrlÌcnt, non-scuIcnlcnt de, imulc ct (r
ufs, 
;nais aussi de yin, d"huilc ct de poisson (2). La yie 11lonastiquf' 

orInait un des caractèrcs de leur S) stèIne eccIésiastique : lcurs 
'
vèqucs et leur 
Iaphrien ou Patriarche étaient toujours pris 
,Jarnli les Inoines, qui, dit-on, portaient une ChCll1isl' de fer, 
!)u sur la poi trine , une plaquc qui faisait partie de leur ,-ètenlcnt 
!.'cclésiastique (:5). 
lXous ayons déjà dit de Séyère, patriarche d".Antiochc à Ia fill 
'lu cinquiènle siècIe, que son sa, oil' et son habileté font l'egarder 
>OIl1111C Ie fondatcur de la théologic de cette sccte, (iuÏJ oITrait 
lnc cxception au caractère gént-ral des 
Ionophysites. ..\., ant 
ui, la défense de leur cause ayait, d'ailleurs, été entrcprise par 
les enlpercurs eux-nlènlCS. Durant les trente ans qui suiyirent 
c concilc de Chalcédoine , rÉgIise d
Ég) ptc, qui ayait protesté, 
rut Ie théâtre de désordrcs ct de nlassacrcs continuels. La lIluni- 
ftccnce de Dioscorc rayait rcndu populairc dans les raIlg
 
nféricurs de la société, en di'pit de rc"\trêlne relàchclncnt de sn 
noraÎl
, et pendant un certain tenlpS Ie gou
erncn1cnt ÏInpérial 
he put réussir à faire élire son succcsscur. Enfin Protèrc , 


I (1) A s3\'oir, en Grèce : (( Sanctiores au res plehis quam corda sunt sacer- 
!]olumo )) S. Hil. cont. Åu}..ent. 6" Quelques recherches sont nécessaire5 pour 
..e ret1dre compte de son influence sur les Barbares. Voir plus haut, p. 289 
.'t 290. 
i (2) Gibbon, eh" 
7. 
. (3) Assem., B. 0., t. II. de :\Ionopb" eire. fin. 



- 2 
 
ð () - 


hOl1l1ne d'ul1 heau enrflctt"rc ct yirairc 
c..;nérnl de Djo
eorc 
fut, pendant qne cellli-ci était à Clwleétloine , élll , con
::Icré t 
in
tall(;.l..f' pcuple sc 
oulc'Ya à ecuc, o('ca
ioll contrc les 3utoritt 
ciyjlè
, ct Ics soldats, qui ,inrenL il leur aide, furcIIl attnqlH 
i1 ('on p
 (h a pierres, t.t pourclH1

t'
 dans une égli
e, où I 
populace Ics LrÙla ,if's. Les 111CIlCUrS populaircs SP di
po
èrci 
ensuitc à intercepter le
 approvi
ioHIll'nlellts ùe grains ùesLlut 
à Constantinoplc, et, å la bUjt
 d"nne reIH'(

nillè déf(
n
iyc 
_\Ic\.anùric fut l'éJuitc à la fanlillc. Deu\. Illilles hOnl111CS d 
(I'OUPl'S, alor
 l
n' 0) i's pour l'ptaLlil' rordre, sc Ii, 1"t
rent à del 
neès seaIH.laleux <UI' les fCIIlIlles IL\Jc>>aIlÙl'ic, 011 altCllta à II 
yic de J'rotl're, qui fut ohligé de <entoul'cr d'nnc garde. Ll 
, ., ) ' 1 '., { " I ' " , D 1 
C\t'(IUPS ( '..g
 pte rl' USt.'I'ent ( C rcronnaltrc son autontc.... cUI 
nlPlllhrc
 ùp 
ou eler
é, (pii plus tard lui suctédèrt'llt, rfiu10lhé 
et l)il'IT(
, sc 
('parèrcnt tl
 lui; il
 l'allit"reut :1 l'U
 (luatre 0: 
cillq c

 è(pIUC
 et la nla
sc (
U peuple (I). Lc
 patl'in.relIc catholi
IU I 
fut lal
sC dan
 \.h'\.aUt:I'H.' san
 tl'o\1peflu. II tint un concIle I 
eonùanllla Jps 
chi
IHati(lucS; reIHpcrt.'ur scconclant scs ('fTort
 I 
Ir
 chas
a du pays, ct Hlit en \'igucur les lois contrc Il
S Eut)" 
ehicns. l?n eahllc c\.tc..;ri
ur 
Uc(,t"da il Ces déso)'(h l'
. )Iarcie I 
Hlourut, et ron ,it alors paraitrr llc nou, cau Tin10thée I! 
Chat, (l"abor(1 en )
gyptc, t't ell
uitc i} _ \le\mHIrie. Le peupl; 
sc soule, a en sa fa,'('ur, t
t port:} cn tl'iolnphe it la 
rallc..1e ('g-Ij
 

on ehalllpion persl'cuté, qui fut con
aerc..
 patriarchc par deu 
éyèqu('
 ronc..1annlrs, qui 3' aient été déposs{'dé
 de leurs 
iégc 
par un coneilc d"J
g) pIc ou tie Pale
tille (2). Tin1olIH'.c, UIH
 foi 
élc, é it la c..lip:llill
 patriare(tll a , ('onJlne'H:a par créer unr nouyell 
succession épi
('opale; il onlonna ùcs é, èqucs pour loules Ie 
ÉgJiscs ù'É.!.!.'yple, l
t ('11' 0) a en e\il Jrs I'l'i,lnts fJui i
tfli('nt CJ 
poss{'
sion ties siép:
s i'pi
cop:H1\. J.les trollpe
 inapc..'.rialcs. qu 

\\-aicnt slaliollllé .laBs la haute I
g
 pte, retourllt"reJlt. i. _\It''X3n I 
drip. La populace sc soulcya 
 PtP'lll'tra dans It'pJi
c oÙ 
[lin I 
l}rolère ("tait CIl prièrcs, cl rassas
ina. Lc elergé eatholiqw: 
I 


(I) [pont., scct. v. 
{'2) lïllemont, t" XV, p. 78'1. 



- 32Ð - 
I fut, par une mcsurc grnéraIe, chassé de rI
gypte. Comnlt
 se
 
! nlclubrcs en appel<"rellt au nouyel enlpcrcur il Constantinople, 
I 
TÎInothée et son parti s oadrcssèrent aussi à lui. lIs citèrent les 
! Pères , ct dcnlandèrcnt l"ahrogation des actes du concile de 

 Clwlcédoine ; pui
 ils solliciti\rent une conférencc. Les catho- 
: liques rl'pondircnt que ce qui a\ ait été fait ne pouyait êtrl
 
I défait. Leurs adYer
aires s oaccordaicnt sur un point, et ins is- 
, taient , conllne sur lenr grand argulllcnt contre Ie concilc de 
i Chalcédoine, quïl avait ajouté à In foi, ct renycrsé des décisions 
I prises antérieurenlcnt (I). ..\près ayoir gouyerné pendant trois 
l ans , Tinlothée fut chassé, ct Ie catholicisnlc restauré ; Inais les 
l\Ionophysites se rallièrent à leur tour. CeUe Iutte, dans la- 
IqucIle les deux partis ohtinrent alternati\enlent Ie succès, dura 
I trente aIlS. 
Enfin Ie goUyernelnent inlpérial, fatigué dOune dispute qui 
; dcycnait interIllinahle, sÏnlagina que Ie seul 1110yen de rendre 
Ila pflix à rÉglise était de sacrifier Ie conciIe de ChaIcédoinc. En 
Il'année 482 fut puhlié Ie fallleux édit de Zénon, connu sous Ie 
' nOn1 (fHénotique (ÉY!J)TL
Ó
) ou Patification, dans IcqueI renl- 
pcrcur prenait sur lui de décidcr un point de foi. La déc1aration 
: portait qu ïl ne serait pas reçu dans rÉglise (rautre sYInbole 
que celui cOlllnlunélllcnt appclé de :\"icée; il anathénlatisait lcs 
:hérésies opposécs de Nestorius et d'Eutychès, et gardait Ie 
!silcnce sur la qlicstion de sayoir s ïl y ayait " une ou deux 
natures It en Jésus-Christ après son incarnation. Cette mesure 
'de juste-nli1ieu cut ]es diyers efTets que l'on pouvait en attendre. 
Elle unit Ie grand corps des éYèqucs d"Oricnt, qui, déjà , 
létaient rcton1Lés dans la yague profession de doctrine, dont 
I'autorité de saint Léon Ies ayait tirés. Tous -les é,-èques orien- 
itaux signèrent ce fOrIllUlaire inlpérial. l\Iais cette unaninlité dp 
:I'Orient fut payée au pri
 d\lnc séparation avec I'Occidcnt. Le
 
,papes rompircnt durant trente-cinq ans toute conlnlunieation 
entre les deux n10itiés de ]a chréticnté. D
autre part, Ics 
Iono- 
;ph}sitCS Ies plus zélés, dégoûtés de leurs chefs, parce (Iuïls 
i 
I 


(1) Tillemont, lUém., t. XV, p.791)-811. 



- :);)0 - 
nC<'l'pl3icIlt CC qnïls regar
laicnt <'DIBBle un COIHlu'OIUi" inquah- 
liahlc, 
e :-;{
par("r('nt dt
 Egli
f'
 I d'r<"tiqHe
. et f'onllt...ent eu\- 
nll\Ill(,
 line Sl'('te qui rc
ta 
aIlS <<'" c"(lue
 (llcrphali) durant troi
 
cent
 aIlS , I
él'iode [lpr('.
 laqnclle die rentra cnfin en cOlluuu-1 
nioH ayec fEVJi
c catholi(Iue. 
.A ri'pO(llH' que JlOH
 \CIIOIlS de pa:-,
cr en fC' lie, rétat ùc 
ll
gli...c {"ta it tri
te et dé
olallt, ct son 3\ cnir senthlait perdu. 
.\prè
 Ie court triolllphe (lui 
ui\it la (,ol1\er
ion ùe ('onstantin, 
t'lle la\ ait dt
 nOll\ <..-aH {,tè attri
téc par Ie désordl'e et de tcrrible
1 
{'PI"CH\ cs. Ses protcctcurs iIllpériöu\. llwlHluaient ùe puiss3ncf. 1 
ou de foi. I.c llIal sow, lrÍ'fran
cs formc" sc Ic\ail sur I"ho-I 
rizon ct s"auloncclait pour lllcu.'c tIu conOit. II n"y a\ ait dan
 
cc
 jour
 Hwlhcu..cu
 (Ill 'Ull lieu dalls {outl' la eltn'.tienlé, CL! 
qu"nne yoi\. dan
 tout fi'pisl'opat \ l'rs Ic
quels le
 fillèlrs (OUI'-1 
na

eul leurs c
pl'rance". En rannée 4U3, 
Otl
 Ie pontific-at de 
(
éla
c 
 tout rOrient i.tait nu pOll' oil' dc chl'i-ticns tl'aitrcs 3U I 
cOllcile lIe Clwlcédoinc, et toul rOccident {'(ait écra
é sou
 lal 
t) rnHllic des ennclnis dédaré
 dn ('oncilc de 
ieéc. J.."Italie était, 
la pl"oie de brigand
; (]es bandc's ùe ntel'cenaires a\ aient cou- 1 
vcrt son h
ITiloire; Irs Barhan'
 s"enlparuicllt dt' scs fcru1l's, I 
ct s"(',t
hIi

aicnt dans scs ,-illas. Les pay
ans l'laicnt déciln(
SI 
par la fantiuc et la pe
lc. On pOtH ai t ntèll;e dire de In To
c3nc, I 

elon rc\.prrs!'ion de Gt'lc.bC, qu '('I1l
 n "aul'ait hientõt plus un 
 

cul hahitant (I). (hlo3ere s 'abai

ait ùe\ ant Th(
odoric, rt Ie 
papc changcflit un nwìtrc \ri("\n pour un 
nIU'e. Et C(,lnn1e 
i Cl' 
u"cÙt pas i,té as
ez d"une héré
ic, Ie ])élaBiani
nle 
c rc"palldait 
U\"l'C Ia eonni\"cHcc des t
\ 
<<Iue
, :-;ur Il' tl'rritoirc lIe Picclllun" 
\u nord dc rEn1pirc dl'ulenlhl'(", les ßrctons, lraLorù infccté:, 
pal' Ie Pélagiani
luc, {'laicHt (h"po
sé(h"
 par Ics Sa
on
 païcns. 
J...cs ,r\nnorieains ré
taicnt fidl'lcs au catholici
lllC dans roue
t 
de Ia GauIc; nlais la Picardie, In ChallJpagne ct les proyinccs 
cn,.irol1nantcs, oil ron 3\flit trotl\'
 qucl(lue rcste de sa supré-' 
Jnatic, s"étaient ):(
CCllllncnt SOUlllj
l'S it 
]O\ is, l'neor
 
)aïcn" J 
1.c.\S ro
 aUIlles 3J1CnS de llolll'gognc en I' rnncc, des' ISlgoths l 


(I) Gibbon, Hbl., rh" 36, 



- 551 - 
:pn .Aquilainc ct en E
p:1gne, oppl'ilnaient un clergé cnthoIiquc 
I plein de zèle. L "r\Jl'ique était dans un élat encore plus dt'plo- 
! rable 
ous Ie despoti
nlC cruel <Iu "
andalc Gundanlond. L(' 
I p()uple n "ayait pas été corrompu par Illérésie (t), nl3.is 
o)) 
Iclcl'gé était exilé, et re:x.ercice de son culte était défendu. 
,I)endant que les Latins se trouyaient dans ceUe situation, que 
Ise passait-il ell Orient? Acare, Ie patriarche de Constantinople, 
aruit secrètclncnt pris parti contre Ie concHe de Cha]rédoinc, 
Ict élnit SOlIS Ie coup d.unp eXC0l11l1H1nicntion du pape. Presque 
Itout rOrient s"était rnngé du còté d"_\.cace, et un schislne, qui 
i dunl trente ans, a, ait conllnencé entre rOrient ct rOccident. 
IL"édir de rHénotique ét
it en plcine ,igueur, ct, sur rordre 
limpérial, il ayait été signé par tous les patriarcl
es et éYèques 
Ide relnpire (rOrient (2). Dalls rArn1énie, les Eglises Inûri,,- 

saient pour rEutychianisnlc pur, qu 'elles atJoptèrent dans Ie 
Isiècle suiyant. En Ég) pte, les Acðphales, di'jà s(
parés tlu pa- 
!triarchc n10nophysite, s
étendaicnt à rest et à rouest du pays, 
let préféraient sacrifier la succession apostoli'lue que d"accepter 
; Ie toncilc de Chalcéùoinc. Tandis que les 
Iollophysites ou 
,leurs fayoris occupaient les ÉgIiscs de rEn1pire (rOrient, Ie 
;
estorianislne faisait des progrès dans les pa)s sittH
s au delà. 
Barsulnas ayait occupé Ie siége de Nisibis; les écrits de Tht'O- 
:dore étaient Ius dans les écoles de Perse, ct Irs Catholiques, 
'qui s'étaicllt succédés t\ Séleucie, a, aient aholi les institutions 
Inonastiqucs, f't tcn(laient à séculariser Ie clergé. 
Y a-t-il n1aintenant une fonne de Christianisn1e qui s'étende 
'dans Ie ß10nde enticr, ayant dans drs locnlités difTérentes UIH' 
p,'éémincnce ou une prospérité flui varie? Cette religion est- 
cUe sous la puissance de sou, erains et de .ß1agisfrats qui de 

divcrses 111anières sont étrangers à sa foi? Des nations floris- 
: santes et de grands e111pires prof{'s
ant ccttc religion ou In tol(
- 
I font, s
élèvellt-ils contrc dIe connne des 3.11tagonistes? Y a-t-il 
I 
:des écolcs philosophiques ct littéraircs qui soutiennent des théo
 


(1) Gibbon. Hisl., eh" 36. 
I (2) Ibid., eh. 47. 



- - ..) 
- ih) 
 


Tics, arrÌvcnt à des condu,ions ho
tiIcs à eettc rt'li
ion, r 
t;tahli

l'nt till 
,
tèlnc (rexi':!t'
e ( I ui n'ln-ersr les saiutes Écri 
. 
 
lures? E'\islc-t-il. UBC fOrIlle de Chri
tiaHiqHe (Iui ail perdu pa 
I," 
("hi
1I1e (f('
 ]
gli
l's rnti(\rrs, et qui r
ncontrf' milillt
nan 
pour an(a!.!olli
te
 des conllllullion:; pui':-;allles qui fai
ait'llt jaùi 
pal.tie
 de IlIi-rnc\nll'? CcUe religion a-t-('lIc ét(
 ('ha

("e tout i 
fnit on IU'("S(l'lc entii'rclu('lll dc (Iuelqucs pays? ,'oil-rlle <Ian 
(raUlrc
 
l'
 orgaIH'" (
toufrt'
, scs troupcaux opprinl{''', 
c I 
é.gli
('
 orctlppr
. 
('
 proprit
It',
 all pOlH oil" de ceu:\. (Iui forlnrn I 
COllllnc un duplieata tic la 
uetc,
ioll npo'\loli(lue"! Dan
 eertain t 
I I I . " I J'" , I 
pa) 
 f'
 1I1eln )rc
 ( e :--è1 eon1111uIHon He 
ont-l 
 pas (H'geTll'r(' 
el 'orrolll II US, SUI,! la<"r< e 11 .\ "Iiea lc"se, cn wrlu :mssi hi en (\u, i 
dans If'
 dOlls (It' lïllt('lIi
('ncc, par l'('S hen"tiqu('
 Inèult's (Iu'cll. 
condi.ll1llle"l L
'
 II "ré
ics ahol1tlellt-eIIe
, et Ies é, èqucs llui 
OI)! 
, 1 . " I · I " #} '- " I " I 
uall
 
on propre U:lrOH 
c IHonl1:('ut-1 S Beg 19C1lt
! .ll.U un ICt 
de ses tlésordr('s et de ses (,J'aiIlLc's, n'y a-I-il pas line scule loi
 1 
t10lll 
Oll pcuplc atlcntle 3' l' · contÌance les ùérì...ions, un ,eu 
l\olTl l't un 
clll Sil'
(' ,en, Il'
qucl
 il tOllrnc Sf'S regards :lyc. 1 

ontiallec? Cc IlOIllll"t'
l-il pn<.; cdui tie Pierre, el ce si{'!!c ccIu 
(Ie HOIllt'? 
i une par('ille fOl'lnc till Chri,tialli
nle l',,-i
te, cett- I 
1'('li
ion ne tli!fère pas dll Christianislnc des cinquit'mc e I 

i\il'nle sièeles. I 



.
 



CH1PITRE SIXIEJIE. 


SECTIO
 PRE
I1ÈRE. 


J.PPLICATIO
 DE LA SECO:\'DE M_-\.RQt'E DE FIDÉLlTÉ DANS (J' 
DÉVELOPPE3IENT. 


II par3Ìt done quïl y a eu dan, tous les sièeles un certain 
, type général du Christianisllle, it raide dnqucl iI {'st pennis de 
Ie rcconnaÌtrc au prcnlÍer coup (ræil, dc nH'
nl(, qu 'un produit 
aninlal on végétal cst de suite nOl1llllé par les honunes qui sont 
: f3IlliliCI's av('c les productions de la nature; ou cneore, de 
I mènlC que Ie critique auribue, san
 hésitation, une O'U\TC d'art 
I ou de liLti'rature à son yéritahle auteur, qnclque difIicilc qu ïf 
, soit (ranal
 ser IÏlnprcssion qui Ie rend capal
le de préeiscr avec 
rettc c"\act!tude. II paraìt ({lU' ce type prilnitif s'cst conservè 
intact, en dépit de ce trayail de déycloppCH1cnt qui, dans de 
honncs ou n1aU\ ni
cs intentions, senlhlc être attribué par 
tous I,.s part is au
 doctrines, nux cérénlonies, aux usages, qu i 
constituent Ic Chri
tiaJ}i
n1e. l\" ons pourrions dire, en ù'autrcs 
tennes, fine les el13ngeIllents qui ont eu lieu dans Ie Christi3- 
nisnle n 'ont pas été tels quïIs nicnt détruit ce type gi'néral. 
c"est-à-dirc que ces changen1cnts He 
ont p3S des corruptions, 
J parce qu ïls sont confornles à ce type. Ì' ous ayons done iei, 
I dans la COllsef
ratioJl du type, une prl'lllière preuyc de la fidi'lité 
des di'H
loppenlents existant dans Ie ChristianisIlle" IJas
oHs à 
line sCf'onde. 
I Quand on parlc (h
s déyeloppClllents du Christiani
llle, Oil 
suppo
c quelquefois fluC cc 
ont dcs déduction
 ou des diycr- 
I sions faites au hasard, sui, ant les accidents Oll Ie capri<:e des 
I inùiyi<lus, tandis qu"au contrairc, sïls Inéritent récllenlcnt ce 



- 33,
 - 
BOlTI. ils doivcnt avoil' été dirip:és dnn., toutc
 leurs phases 
(J"après Ie, pri Ilei pes t1t"leJ'lHilli'
 f't continus llui on1 présidé à 
It'ur IIlarehr. ..\in
i, Ic .JHdaï
lnp, llHi s'e
t di'\'doppé lorsquïl 
a cu son Ï111pel'feClioll pré,cllLe it re"prit et quïl acceplait un 
'Ie

ie à \ enir, s 'l'
1 eorronlpl1 al1

i lôt CJ ll"il a f('jcrt
 Il
, angilc, 
et thUb la proportion qn"il 
'l'st illlaginé pouyoir sc sufJirc i\ 
lui-lllèllU.". Qnel
 
onl ùone h's prilltipl's d'ull dé,'doppelllcnl 
chréticn? ont-il
 l'tf
 Irs 111("IHeS <lu prellIÌer 
ièd(' au sii'dc I 
actu ,I? car la culttiuuité d,s principcs de, iendra line seconùc I 
prrll\c qUf' I<<,s dot"trilU'
 
'ppl'll'l's cath(Jliqul's 
Ollt dr 'T3i
 I 
di
vdoppelll('nts ct non ùc's corruptions. ()n petit, jc p('n
c, I 
illùiq uer ùes p rinl'Ï pes dc tit;, do p pellll'll tofT ra n I ec I'a raI'l l'rc I 
Òl" ("ontinuité, ct je yais In"ot't'uper Ù'CIl "ignalcr ùeux ou troi
 
C'OlllIllC c
e1l1ples. I 
5 Ier. 


L'Ecrilure cl son intcrprétalion ßlISlique" 


Uan
 Ic ("ours des derniers elwpitrcs, il s'cst rcnconlré pJu- 1 
sicllr
 pa


H:
CS (Iui ont pu incJil{uer la règ-Ic ùe ùé\"eloppeIHl'lll l 
sur hHluelll' nO\l
 allon
 (rabol'd dire qtll'I'1\1r
 Blots, t'adoptioll l 
c'ehl'
i\.c (lU(" tìt 'rhéodore dc lïnlcrprélalion littérale ùe rl
eri-: 
turc-Sainte, et la Hlanièrc dout it rl'p()u"'
a rintell)l'l'tation: 
Hl}stiqnc, nou
 
u

i'rent d'ahonl de con
iùérer Ia dcruil'rc 
eOllllne une des conditions ou rUll Ùl'
 pl'il)('ipl's caradvristiflllCS 
(faprès ]l'
cplel
 s 'cst opi'ré Ie dl'\"cloppl'n1cnt de la doctrine. 
Pl1i
 en
uite, 1(' Chri
tiani
nlc s 'c
t ùé, eloppé, ainsi qnc nous 
. I 
raYOnS, u inciueBtl'llt'nH'llt, 
ou
 forllu" d'ahord tJ'Eglisc catho- 
liqup, et l'n
uil(', dl;'t-li
e pnpalc. Dans rUB c1 rautre ('us, 
rÉcrirurc, intcrprétée ùan
 tin 
ell
 In)
tique, est de,-enue la 
r(\gle d"nprès hHluellp s"('st opi'l'é ce d(
ycl()pp('nlcnt. Tandis, 
que Ie 
ells de certains passages était (.rabord, par inconsé- 
qucnce, lilJlih
 it la Il'ttre dll tc
te, cl quc par sui Ie on 3ucndaiti 
un 'lilll'Haire, Ie t'ours 11lèlllC ùes t'\ t
nell)l'nt
, 
l mC
lll'e (Iue 
Ie lelllp
 a Ilmrchll, a donné lïnlcrprélalion dcs pJ'Ophi
(ics sur I 
rl
glise avec plus de \él'ilé, tant en ce qui touche 
cs prèro-I 



- 5
ä\- 


I gativcs COIIlllle dcyant occuper r01'bis tcrra'f"llnl, qu
à rappui (Ie 
I ses prétentions au siégc de Pierre (1). Ce n'est Ià qu'un cxcnlpl.e 
I <-rune certaine loi de déyeloppement chrétien, qui consistc i. 
recourir en tout à rÉcriture, et à In prendre spécialelnent dan
 
, son sens nlystique. 
1. Cc trait caractéristique deyicndra pour nous ùe plus CJJ 
I plus manifeste, à mesure que nous re
aITIinerons davanta
c" 
Dans tous les siècles , les théolo!:dens de rÉglise s'attachent it 
L L 
Sf' guider par la sainte Écriture; ils en appellent à elIe pour 
pl'ouycr leurs conclusions; iIs exhortent ct enseignent cn sc 
, COnfOrIHant à ses pensées et à son langage. On peut dire que 
Iia sainte Écriture a été Ie 1l1ilieu dans lequel resprit de rÉgJi
,-' 
1[\ puisé son énergie et s'est dé, cloppé (2). Quand saint l\Iéthoùc 
, 3 YOtllu faire pré, aIoir la doctrine des Yæu
 du célibat, il en a 
I 3ppcIé au livre ùes 
 olnbrp.s; ct si saint Irénée proclanle la 
ùignité de In sainte '
ierge, c' est par une c0l11paraison ùe rÉvan- 
I gilc de saint Lue 3yee la Gcuèse. De lllême, saint Cyprien , 
dans ses T élnoignages, appuie Ies prérogath es du 
Iartyr, 
I comn1C tout Ie eercle de la doctrine chrétienne, sur la ùécla- 
ration ùe certains tcxtcs, et qualld, dans sa lettre à Antonieu, 
iI scnlble faire allusion au Purgatoire, il reI1yoic DUX pnrol{'s 
de :\ otrc Seigneur sur (( la prison n ct (( Ie paieillent du dernicr 
dcnier. n Si saint Ignace exhorte à runité, il Ie fait d'après 
saint Paul, et il cite saint Luc contre les Plwntasiastes de 


(1) Voir Proph" OfT" p. 226-230. 
(2) en écrÏ\ain moderne ,'a plus loin, et soutient que Ie concile de Trente 
n'a pas déterminé si toute la ré,élation est ou n est pas dans I'Écriture sainte. 
Quoique cette position ne soit pas tenable. c' est du moins un témoignage 
remarquable de la part de ceux qui attaquent Ie rc
pe,ct de I'Église pour 18 

 parole écrite. (( Le s
'node déclare que ia q'Ùifé et la discipline chrétienlle$ t(Jn
 
contenues dans les lin"ea écrils et lea tradih'o'lls 110n érriles. Ses membres sa,'aient 
bien que la contrO\'erse roulait alors sur Ie point òe savoir si la doctrine chré- 
lienne n'était que partiellernent renfermée dans I"Écriture" l\lais i1s n'osèrent 
, pas formuler ouvertement leur dérret, conformément à la manière de voir 
actuelle de Rome; i1s ne s'annturèrent pa
 à affirmcr, comme ils auraient pu 
, Ie faire faciJement, que fa ,'érité chréLienne élail rellfeTmée partiellement dan, 
: let livrea écrits, et partiellement dans des tradition, non écrites. )) - Palmer on 
I thi Church., lOt. II, p. 1å" 



I 

Oll tCInpS. lX OUS nvon
 un prenlÏcr ('xf'nlple de l'l'UC loi I 
dall
 Il
 pìtn' ..1(' 
aill' Pol) ea rpe, et un dCl'nicr dan
 Ic
 Oll- 
'rages pl'3tiCJucs (Ie saint ..\Iph()n
e de Liguori. 
OllS ê.lYons 
dnn
 
aillt C
 pl'il'n 
aint .\nlhroi
e, 
ainl Bt'.tJe, saint Bcrnar'd, I 

ainl Charles, on dans dc
 OU\TfI
CS populail'cs ("online Ic PlL- 
radi.."u'Ì l1.niutlP de I1or
till
, tll'
 eXl'Illpl('s d"une I'..'.glp (Iui eH 
(rop Innllifc
tc ponr f.\yoir hC:o'oin ..It.' prt'u\..... fOl'lllCllc. Ellc l."t 
appli(IUé' duns Il'
 di'ci"ioll" th(
()logi(ItH;
 de 
3illt l\tlwllaSt' au I ' 
quatriènle si.."ele el de 
aiHl T l}(nua
 lJans Ie trcizièlllC; nous 
la tI"OII\On
 au
o;:i dnns la 
trudllre till droit {'anon, daBs Ic
 
hulIt.'
 ('I <l
H1S h'
 l>l'ef
 de... papc\:o'. 
ou" en 3\"onC5 un l'\t'mple 
(Ian
 ropinion {"Ii II pré\ aln si IÙII
I('n.ps dalls rl

.di
c" et qut.\ 
lcs philo
ophes de cette l'poC)lH' BC nous pprmettenl pas d"OH- I 
1.lit'r : (Iue toute ,("ritl', lou((' seit)I1cc tloi\ ('ul \ cui.. du 'T olul11(, I 
in
pil'è. C('tt
 rè
.dc l\
t l"l\eOlllHU' an

i hi(\n qu"appJi(}111't.'; dIe I 
("t rc(.onI1ue alI

i di...tillelclllcnt par les t'.criyain", de la 
Otil.tt
 
dl' ..h
SlJ-';, flu "('lIl' c...t Ië.l"3l'Inent appli(plèc par les PCTt's ue 
rt'.pocluc 3nt"\llict
enne. 
t( L(\s '::crilnres 
OHt app
1i'f'S eanoni<Iuc
, clit Sahlleron, 
 
(.onlnlC u
 3 nl été I"e
uc
 pur rEglisc, cllui n
 nnl 

r\ i it forllu'r I 
Ie Canon Jes Ji\Tc.'S 
acl't'.
. Ou Irs appelle aill\o;i parec qu "dIes I 
sonl ponr nOlls tine I't'
.de dc 
aillc ero) an('c ct de honnc \ ie" l't I 
:HIS
i pafce (IU "t.'lIl'S doi\ cnt n:..tder ct nlodérer loutcs les do('- 
tl"il1c
" tnutes Il'
 lois tons Ie:o' t"('riH t.'cell'
ia
liclucs , apocrypht's 
ou purClllent IUlluains; cnr il
 HC 
Ollt acccpté
 qu'autant (Iuïls 
,'aeeorùl'nt 3YcC les 
aintcs Iteriturcs, on dll llloin
 quïls He 
ont 
pas en (Ié
ac("orù avcc clles; Blais on Ics rcpou

e OU Irs f'i.- 
prouvc s'iIs ell diff..\rcnt, 1I1èute dc la l1mnièl'c la plll
 Il\gèrc( t). )I 
Lc nlèn1C 3uteur <lit l'llcorf' : u tc. snjC't de rl
I'rjlure c
t 
in)- 
plt)IUrllt tic traiter, Ilon-
cllielucllt -hIllS Ie J.'\OU\ cau Tcst:uncnt. 
(jui IlOUS c
t OU\ crt, lIlai
 <lans r.\ncien, tlu ])icu-Iloffilue Oll dc I 
I'holluue-Dicu Jésus-Christ. Car la sainle Écriture nc conlient 
([ue des prt'\el'ptt.'s dc> ero) aHee ct de t'ollduitP , on In foi ('t le
 
U'LJ\'ft'S, 13 fiu ct Ics IHO) ens (ry 3lTiycr, Ie Créateur rt In Cfl'3- 


-- (j 
- .)ð) - 


:1) Opp", t. I, p. 4, 



- 3:57 - 
:re. ramour ùe Diru et tlu prochain, la cré3tion ct la rédelnp- 
')H" ct, P uis(lue tontes ces cho
e
 sc U'ouycnt en Jé
u
-Christ. 
, . 
'suit de là que Jésus-Christ cst Ie sujct tic rEcriture canoniqul': 
: r tons lcs points de foi, qu ïls coucernent Ie créuteur ou Ir
 
:éatures, sont ré
urnés en Jésus-Christ, que clwf}ue héré
j(' 
Hic sui ant ce tc'\te : Tout ('sp?'it qui 1'(!llie Jésus-Chri.st 1l
e.'\t 
'lS de ]Jicu. COI1llne 110111111e iI e
t uni it la di, inité, ct COnll11C 
icu à Ilnln1f1llitr , nu p(\re dont il procrde, [lU Saint-E
prit qui 
"ocèdc à la foi
 tIu Père ct de Ji'
us-Christ, it 1laric, S1 tr'è
- 
:intc )Ièrc, it r
:glise, nux Écritures, au
 Sacrclnents, alP{ 
,tints. aux Anges, (\U
 llicnheureux, it In Gràcc di, inc, it ran- 
Tité ct au\. n1inistre
 de rÉglise; de sorte quÏI cst YJ'ai de dire 
'IC toute h(
r('sje Hic Jésus (J). It II dit dans un autre passage: 
La sainte J
criture est conlposée ct arrangée de tclle sorte par 
I Saint-E
prit, qu "die can, icnt it tous Ics lieux, à tous Ics 
mps, à toutes les pcrsol1ne
, à toutes les dHIi('ulté
, à tOllS les 
:mgcrs, à toutes les Inaladics, à l"cxpulsion du flIal, it robtell- 
)11 du bien, it rc\.tirpation des erreurs, it rétahlissen1cnt dc
 
)ctrincs, au rafferJllisscnlent de In yertu, à Ii) fuite du vice. 
C"est pOlll'quoi clle cst justcInent cOlllparéc par s[lint Basile. 
un dispcn
ai..c flui fournit des rerllèdes tliycrs pour chaqul' 
aladie. C"c
t (relic que rl
gIise a tiré sa fel'lllcté et sa force á 
"PO(lliC dcs nWl'tyrs, sa sagcsse ct sa Iunlii'l'e it crlle des Pères, 
foi pour rel1ycrscr les hérésics lorsque Ics hérétiqucs se sont 
yés, Illlllllilité et la TI1odération dans les tClllpS de prospérité, 
feryen.. ct racti, iti' aux (
poqucs de tiédeur, ct, dans Irs teI11p' 
, déprav3tion et (rabus, la puis
an('c pour réforIncr Ics IJahi- 
des de corruption rt ..cvenil' au pren1Ïcr état (2). >> 
tI La sainte J
criturc, dit Corneille de la Pi
'1'rc, renferme le
 
)mInCIlCenHJnts de route théologie; car ]a tJ)éologic n 'cst que 
science des conclusions tirées de pr"incipes certains å In foi : 
,Ie e
t par con
equent la plus augu
te aussi bien que la pIu.... 


1(1) Ol'P., t. I, pp. 4, 5" 
W
) Opp", t. I, p. 9. 


ßIßLlOTH. lIlST. (je A
NÉE. Ier orvn. 


29 



-- 8 
- ðt> - 
('crlaine de toules Ics 
Cif'lleC
. :\Iai
 11
cl'il nrf' ronticnt I('
 prinl 
('ipf" ..It' la foi rt la foi cllt'-nu\BH'. IroÙ il 
uit que la 
aint l 
Eeritul'c po
c les principe..: dc la Ihé()lo
ic 
 i. raide d('
<Jud
 I 
tlu"olor:ien fail nnÎlre "'e
 délllOH
ll'alioHS du l'ai"'OIHlelHrnt (}I 
rc
pl'it. Ccllli done qui pcn
e pou\'oir fais"c de la s('ola
tiqu 

alls a\ oil' 
i'ril'Hs(,lIlenl i'llIdii' rl'''('I'Ïlure-Saillh.', aucndra vaint 
IHcnl la nai,s:1ncc de cetl(' pl'ogi'nit lire 
:1IlS nll'I'C (I).]t (:OI'IH'ilJ 
de la Pierre (lit cneorc : tI (}u('1 ('
t Ie ,ujet ue rl
el'iturc ? Doi
1 
jl' I't'pondl"c cn un nlot? 
on ohjet cst de 011111(' ,'t('iIJi'li; till 
.'JlIhraS
l' dans son 
l'in toult's Ic
 {'tuues, tout ce ((lit' ron PCl' 
, I' ." 1 0"" , I " I 
C'OIHHutrc, ct lornle 
Hn51 nile 
l)J"tc ( HIII\ er
lff' l es 
('H.'HCe
 
1'l'lIfl'l"lHant loules Irs ,ticnccs, (rUne 'Juanièrc (urlJwllc on riT l 
t li('ll{'furnl (2). )J I 
.1 c nc sachc pa
 (Iue Ic, théologicBs p04érieurs au cOlleilr d 
.'frenle BieHL que la foi rathuliq1lc tutll entièl e pui

e ('.tre IH'oun:" 
par les sailllc"\ J
crilures, talldi
 quïls souticlldraicnt ccrtninJ 
Itll'nt qU"OB HC 
aurait la trotner it leuI" 
tll"facl'. lis lloacronl' 
I'aicnt pH'> nOIl plus (fUC rl
criturc pui-ssc fournil' t{'Ue foi 
i1I 
Je 
eeonl's de Ia Iradition. I 
:? rrl'llc a été la doctrinc de tOHS le
 
ièclcs tip rJ
gli
e. ain 
qUl' Ie 1l1ontrc la répugnancc dc :-;e:-\ Doetcur
 à "'c horncr à ] 
:--inlple interprétation Iitt{'ralc des 
aiHtcs Ecrilure
. Dans III 
ll'lltpS aueicll:o\ ou JlIoJerlle
, Iïlllerprélalioll In) "'Iique. 
i frl, 
quenlllH'nt l'llipluyél' pour {'cartcl" tOUll' (.lItre ]ltl'lhodl' dfms) 
('ontro\ er..;c uoctrillalt' COlnnlC cn ùOnut 1"(':) occasi()n
, dl'\ il'nt 
 
Illl
lhodl} dc IU'CU\C la plus th',Iitalc ('t la phIS pUi
:'.H1te. ..\in
j 
Ie concile dc Trl'nlr cn appclle i. rofrranùe paciHqllc, dont I 
.'st (IUl'
lion (lans )Ialaehil', l'OIlIHll' prl'lI\ l' du S.H'l"ifìcl' l'lH'ln 
risti(llIC; i. rcau t't au snng 
t'('lwppant dn CÔh; de ...'Oll'c Se 

1H.'Ur, l't 
. la llH'lItioll t, tie, eau
 n failc par r \po('al
 p
e, elm) 
scs a\'i:s SUI" Ie Illélan
c dc rt:'an ('f till \ in dall
 rohlatioll. Ail
1 
Bcllal'lnill défellù Ic célihat 1l10Baslitlue ell cilalll Irs paroles ( 
.\Olrc Sci
lIeur dans 
ailll \Ialhieu (XIX), cl il iIlYO(IUC COIIIII] 

rgulncllt en faveur ùu purgatoire cc passage ùu pSaUlllC : I, 
O\I 
(l) Proæm. 50 
(2) Page 4. 



--(\ 
- t)t)tJ - 


làn1CS à travers l' call et Ie feu. n II est clair que ees citation
 
, sont que des e"cnlpIe
 (rUne rl'glc gl'nérale. Si nous revenons 
aintcnant à la controycrse prinlith-e, nous trouvons flue ceth' 
'éthodc dïllterprétation est In hase nlènle tic la preu, e de la 

)ctrine catholiqur de )a sainte Trinité. Si nous nOllS aUachon
 
l"étude des théoIogiens anténicécos ou de ccux de rt
pO(IUC dn 
mcilc de 
icéc, n011S rencontrons dans leurs éerits eertain
 
xtcs qui nc sc r3pportent pas préciséulent à ectte doctrinc , et 
Ji sout ccpendant 11lis en avant par cu
 conllne ses preuycs pro- 
lbles. Tels sont, touchant la eli\ inité de Notrc Seigneur, les 
l
sages suiv3nts: (( 'Ion eæur a produÎt une Lonne pm'ole; n 
Ie Seigneur 111 oa fait ou 01 0 a posséùé au COlnmCnCCl11ent de ses 
)ics; n H fétais ayec cdui en qui if sc plaisait; n ([ dans ta IUinièrt' 
'ou
 ycrrons la hunière; n "qui d(
darera sa génération'!;) 
I dlc cst Ie souffic tie Ia pl1iSSmlCe de Dietl; n enfin, H sa puis- 
ance éternclle ct sa dilinité. n D"autre part, récole d"An- 
oche, qui adoptait lïntcrprétation littéralc, était Ie foyer rnènle 
e rhérésic. Sans parler de Lucicn, clont rhistoire n'est COIUIUE.' 
,ue dOune nlanière inlparfaite, - un des pren1iers Inaitrcs de 
cUe école, Ie llwÌtrc d" \rius ct ùe ses principaux parti
ans, - 
)iodol'c et Thl'oùore de JIopsucste, les deux nlaÌtres les pIu
 
'lninents lIe Iïntcrprétation littðr31e dans la génération suiyante, 

t3ient., COlunlC nous ra-vons vu, les 3yant-coureurs du N csto- 
'ÌanisIHc. II cn ayait élé tIe Inèule dans un siècle Cl1eore pln
 
'cculé. Les juifs s Oattachèrent all sens liuéral de r4 \neien Te
- 
talI1ent et rejetèrent rt:yangile; les 3pologistes chrétiens pron- 
\ èreut sa di\ inité t\ raide de lïnterprélation all(
goriquco Ll' 
rapport forluel de ce nlode dïnterprétation a\ cc la théologic 
chréticnnc cst signalé par Porphyrc, (Iui parle ùOOrigène et 
td'autrcs conune rayant cn1prunté à la philosophie païenne, t311t 
pour c\.pIiquer rAnci('11 Testmnent fIuC pour défcndre IruI' 
propr
 doctrine" On peut presque étahlir COl1une un fait histo- 
rique que lïntcrpr<"tation n1ysti({ue ct l"orthodo:xic se souticu- 
I dronl ou succonlhc)'ont el1s
Inble. Un écriyain a clairCluent YU 
. ccIa en ce qui touche la tht"oIogic prilnitiyc, dans Ic cours (runf' 
, dissertation récent.e sur saint J
phrcnl. ,Après ayoir obseryé que 



- :;1.0 - 


Tlu:odorc d'lIl"'r
d("(', Enst'))(' l't ]}iodnr(', OJll fait unc oppo I 

ition systélnatiquc ('l lïnterprétatioJ} IH
 :--tiqtH', ((IIi (lynit I'C('t 
des {
("I"in1ill:-- de rallti<]uité t't tll' rl

li
c ol"thl)llo\.l' lIllC 
orlc ('I,
 
\\ïanctioH, il continuc aill
i : I 
.: Saint tphn_'IIlIl'e
1 pa
 
i n"
t'I'\l" ùal1:-; 
 '" illterpr('tlltioll:- 
('t it lU! pOll (tit P(f,,, f(:/l'e ]Jlli,wl't ïll
lait di
l'iplt' Zt',h', tie la fol 
orthoJo\c; eal' (ou
 Cl'U\ (Iui "c ui
lill
Uai('llt davaHta
c pill 
et'He I'l"
l'r\ (" ("laicl1l, .llllant qu..' pu!'-
ihll', l"I()i
llé
 de la foi ele' 
cOllcile..,... I fun autrc. 'òlé, tOllS CCU\ ()IIi Ollt ('on
,'r\"é l
 fo 
tie rl
FJi:-;(' Ilt' :s(
 sonl jêlnwi
 ('ulii'n'ulenl cli
I)(.'Hq"
 dt' sUÌ\re hi 
sens :o-piritul'1 de:' I
('ritllres. J..('
 ('ol1('iles \ eillai(,l1t 
1I1' la foi or. 1 
tltodo\(', l't il u"l'lait pas prudl'nt, dalJ
 ('(':, 
il'd('s, aill
i que nou
1 
ruvon
 
p(
rialc'nH'1l1 appl'i
 par r(''\t'lJ1ph' de 'rIH
ûdo"c de JIOp.1 
..U(':-;[('. (I"ahandollllcr la IHl
thotie spirituelle pour 
c li\J'cr it 1111 

y",,'i'IIH' clïll(('rpJ'(
lation t.'\c-IU....i'l'llH'ut liltéralt'. En otlrr'c, OIJ 
(.Oll
er\ ail lïlltcrpn"'lalion allt"
'ol'iqtlC', nlnl's 1I1t'lllC quc Ie "cn
 
Ii uéral u"("taiL pa
 froi

é, pit rl'l' Cf u 't', (THe l'pOq Ill', (luan.), dau:. 
la conlro\ èr
c, h.s hérl'liq uc
 l't 1t'".1 nifs s'ob
linaicnt daus leurs 
nhje('lioll
 conlrc la <.IO('triBC ehn"'lienllc, Cll llwilllcIl3Ul (IHe Ie 
'Icssi(
 d{'\ ail. f'IU'IU"C tllTi\ ('I".. l"1l nimll rahl'o
ati()n (In 
ahJmt, 
(Ie la loi ùes ('('réllloniC's, Cll Lou rBallt f'll ri
lieu Ic la dOdriuc l 
('hréticlIlll
 lie I.. Trinih'" et 
lIr(out ("elle ell' la nature <li\ ille Ù(' 
.Jl-sll
.Chri
f, Ics l
eri\ ilin
 ccd("
ia
lillties lrou\ aient utile dau:-, 
l'CS ('il'('()n
tan('l'
, l'll n"'l)(HI
C 
t dc parl'ilIl'
 ohjCC'lioIlS, 'ell' r:1p- 
porler hrusqUl'lllC'nt, par all(

ol"ic, ('1)[I<{u(' plirLic de r)
l'ritul'c 
it Jé....u,-Chri
t ct 
l 
Oll I::gli
e (I). ]I 
\ cÙh
 de ce pa:--
lI
f' (full 
i1\allt 
\I1(,))lanc1. (illi )lOllS fait 
('ollnaÎtre h porh',c ue In lUl'lltotic alll'gol'iqllt' !"ur les cOlltro-' 
\ l'r
l'S (I\l'(" It's .J uifs eI cl'IIl'
 :ttl'\CjuclIl" oli peut donlle.. Ie 110m 
.It, 
aint 
 \thallêl:'c, 1l0W
 placcl'olis la cilalioll 
tlÌ\ anle, dirigéc 
.'ontre la IIH
ologie I'OnWiIH', (1l' l"oH\ I agl' GoldelL llcJJI(fiJl,
, dr 
lIalès. <(ui cst latilliclillairic'll : " Le 
CIlS lilll
..al, 
inlplc ct I 
intolltl'sta1)lc ùe rJ
erilllr(', t.lit-il, 
an
 addition ui 
Hrpll'1l1cnt I 
Pel" \ oie (1ïIllc'l1H"l'lation , c4 Ie S('u) que nons 
O) OilS néccs- I 


(2) LCJlgcrl..c , lIe Epbl'" So, p. 7S-Mt 



- 541 - 
, 
UirClnent obligés c.facccpter conllnc basc de foi, å 1110ins qu 'clle 
nc sc trouyc Ii\ oÙ lc Saint-Esprit lui-n1êu1c nOllS Iïnditluera 
par une autre ,oir" Je ne regarde pas ce que j'avaucc COIlII11C 
une opinion qui In'est particuIière, 111ais celIe à la(luelle notrl" 
t:glise est nécessairernent liée. Quand nous nons sépnríunes de 
rl
gIi
e de Home, une des raisons aUéguées fut qu 'cUe ajoutnit 
ii rJ
crilurc des gIoses, en prétendant qu'eUes étaient càno- 
ni
ues , a fin de snppléer à ec qne Ie texte pur et ,ilnplr de 
rEeriturc Be pouyait donneI'. Si, à la place de ses COllU11cn- 
tain
s , nous suhstituons lcs nÙl.'cs, en agissant ainÚ, nons 11(. 
raisons autre chose que renycrser Baal pour n1ettre à sa plaet. 
Éphod; nous tournons autour de rt:glise dc ROB1C pour la 
retrouyer au point nlèn1c oÙ nous rayions d"abonl qnitlée.... 
I La doctrine ùu sens littéralll"a jmnais élé inlportune ni préjudi- 
ciahle à pcrsonne, si ce 11.cst à CCH
 qui avaicnt Ie scntirnrnt 
iutét'irur que leur po
ition n'était pas suffisannncnt bien étaulic. 
Quand Ie cartiinDl Cajetan, du tell1ps de nos ancètres, cut 
renoncé 
u penchant d"apostillcr rÉcriturc et de tirer des allt'- 
gorics, qui 3' ait pendant longtcnlps préyalu dans rÉgiise, t't 
quïl adopta Ie sens littérDI, ce fut quclque chose de si contrairp 
au goùt de rtglise de ROlne, quïl rut forcé d"user de n1énagr- 
lTIents et de faire des c'\cnses. Lc fait est (C0l1ll11C s'cn apcrce'ra 
cc.lui qui lil'a ses écrits) que cet attarhCI11cnt au sens liuéral de 
rEcrilurc était la seulc cause qui lui fit rejetcr plusieurs cJ(." 
points sur lesquels diITèrcnt rÉp:lise de R01l1e et lcs églisl'
 
ré1'orlnécs. )Iais quand lïnlporlunité des réfonnatcurs ct Ie 
grand rrédit qu'oLtinrcnt Irs écrits en cc genre de Cah in . 
eurcnt forcé lcs théologicns de R0l11e t\ nlettre leur interpréta- 
tion de uiyeau en suiv3nt Ia mèn1C Iigne; ({lwnd ils vircnt (flIt' 
ni peines, ni suhti1ités d"e
prit ne pouvaient arri, cr à détruir,' 
réyidcncc 1ittéralc de rÉcriture, ils furent conduits 3 ces e
pè- 
dients désespérés, 3lr\f{uds ils sont clOlH
S aujourdln1i, qui 
consistaient it lnettre en question, 3utant quïls rosaicnt. 
rautorité du tc
te hébreu, à reconunander contre lui une tra- 
duction ine
3cte; à ajouter les traditions à rÉcriture et à mcUl'l' 



- :)í
 - 
(1(' <JUt' rOil pn"lcnd rtrc Jïllterpn"tation d(
 rJ
gli..;c au-ùessu
 de' 
Inut'
 ('Ollll'
talioll (I). n 
II ajoulr cll
:uilt
 l'll ce qui louche Ie 
ell'" allt'
ori(luc: " Si 
1l0Us ("OIHI:ulIllons (,l'
 illtl'rpn"tatioHS (I"\IIH' IlWllil'l'C al)
oluc . 
J}ous de, ons alol"
 <"nudalullcr lIllC 
rallde partie Ul'S (
cri, flins 
dl
 rmltici1litl', qui 
nnt tri',,;-c\IH
I'illlCllli'
 dall
 ('(
 gC'lu'c dïn- 
ll'rpl't,tatioll. [:t."les cl'iticltH'...lc'
 plus partiau\ pOll'" Ie..; ("cri\"nin
 
de r
"lti'luih" n"onl pa
 it dIOi
il"; il ICUI" raut \oil' et a\ouer (pie 
. 
les in(erpr('tc
 de notl'(' i'pOtlUC out gl'ul;ralL'B}('u( :'1I'1w

é It's 
l)}('i1lclIl's jlltel'f)rl'IC
 ùe I"autiquité pm" leur ('()Ill!ai

allcc dc
 
lal1
ut':'\ prinliti\ l'S, Ie 
ojll :tYCC ll'cptel il
 ol1l fail pl'é\ aloir I(
s 
('il'('l)n
taJlces ('t la liai
oJl ùu tf'
tt', el In lll:luii'l:e dont il.s ont 
('OHlpart
 entre' l'\1\. Ics pa

ap.c'
 
l'lllhlahll'''' de r[('ritH' C (2). ;, 
I.:u
a
t', dOIll', de rl
(,..illll'e, "'pécialenlcllt 
Oll 
ells 
pirituel, 
('OIHIIll" ill
tl'lIIIH'lll de lH'n
l
l
 l't de cJéduC'tioJ) , l'st un prilltipc 
"aJ"a('lt"I'i
liqtle (lu dé\ elOppl'lllCllt ùe In doctrine ùans 11
glisl'. 


J 2'". 


Suprématie de la Foi. 


f)uoiclllC" dans les dl'u\ t'hapitl"c
 1H'(
ci,tlcnls, 110U., nous 

O) OilS 0('('\1 Pt'S (rl'
( IlIi

cJ" la pia) 
i()llolltie t'\It
..ielll'c cI II Chris- 
t iani
IHe, t('lIl' qn "die :
pp:l..aitrilif i. un 
pc('ti1tellr plaet" hors ell' 

Oll 
cin, ('qH.'lldaHl. (pldtJtH.>-HI)
 dl'
 "pril}('ipc
 d"ap."i's ]t'
(IU(+'; 
il s "t'
1 ùê, ('lopp(
 !'l' 
()nt en (plt'lq\H' SOl'te lU"t"sClltés 
\ 1l0U
, ct 
110u...le", a\()ll
 J)ll'fltioIlIH"
 (JUIIC llaanière iIU'ic.lL'lltC. Tt'le
t, par 
(,:\l'lì1plt' It' rej('t. de lïnrl''1U"(;,ation pUr('lìll'llt fiuér[lJ(' de 
1"
('l'i(ul'c dOllt fai parll'; tell.' c..;t ellcore la préfércllcc 
pt't'iale 
de la foi ,\ la I'ai
on, prrrl'f'l'lI
e dOllt Cl'l
c ct .Julicn ont tant 
plaisallti'. 
Si HOliS \'()ulon
 fornHlh
r Cl
 ùernier principr, ,oiri à quoi if 

' n
tluit : In foi, cn elle-tHi'IlIC, "auf Illil'U\ flue lïncl'éclulité; 
il e...f phis 
Ùl" ell' (,I'oin'; nOlls th,
\"OIiS l'Olllllll'lH"ef par l'foirl' , 
('( la ('011\ it'lion ,il'lltlra ('Jlsnill' ; qU31lt au
 raisons (Iue 1l0U
 


(1 ) Pa
r
 2 i-:?ß" 
(2) Pag(' 27. 



- 3
;) - 


n\"on
 de croire , cIle
 sonl pour la plupart inlplicitrs , ct trë
- 
peu counues de rhOltlll1P (f\li e
t 
OH
 leur influence; clIf..'
 
('onsi
tellt pIntÙt en présolnptions ct el1 conjectures, en tenta- 
liycs faites pOUl
 COlllwÌtre la ,érité, qu 'en preuyes 
olides; It'
 
rai
on., probables suHisent au
 conclusions que nons enlLrasson
 
!Hèmc tonllne trè
-ccrlaines , et dout nons til'ons Ia plus grandt
 
ttilité" U\Ul aulre cÒté, Ies hért,ti(f\.lcs ont toujours eu pour 
)rinripe de préférer la raison à In foi, et de prétendre que 
lOllS ne tkvolls con
idérl'r les ('hoses COUlnlC 'Tail's, qu "nutant 
-Iu'dlcs sont prOlnt
es. C'esl ce (ll1e nOllS allons Inontrer par Ie
 
wl'oles sui, allIes de Loche, qui, par, oie de contraste, nons 
'cn-iront à e:\pli<Il1er Ie principe ecclésiastique de la foi. '-oici 
:'c que dit ce philusophe : 
I II Tout re que ])ieu a rt'Yt'lé est ccrtainenlent \ rai; nous nc 
JOU' ons en douter ; c'cst là rohjet particulier de la foi; n13is, 
uïl y ait une l,t'yélation diyine ou non, Ia raison doit juger (:1). ., 
13intt'nallt, si ce philosophc Yl'ut silllpleinent dire que ron peut 
,onnei' ùes prCHYt's en fa\ {'HI' de la ré, élation, Innis que, seion 
ordrc 10gi<Jue, In rai
on doit l11archer ayanl la foi, unc tcIle 
oetl'inc n 'cst en aucunc fa<,:on contraire au:\ pl'ilH'ipes catho- 
'lues; nlais il prétend, sans aucnn doute, quïl y n pour 
homnlC, enthou
iasnle et abslinlité, (rflgir par la foi sans In 
tison, ou de prcndl

 à p1'iur; la foi COIll111e pl'incipe de &1 
mduite, sans :JUclldrc quïl nit des rai
ons 
olilles l't cnpahl
 

 lui seryil
 dans In rontro\ ersc. I[ 8t)\ oil' si 11IOll1111C aÌIne 13 

rih
 pOllr ranluur de In yérité, est une (Iue
tion digne de 
'cherches. Je pense quïl y a pOlH' ccla une 1l1artlue infailliLh
, 

aYoir, qu ïI ne croic aucune propo
ition a\ cc une certitud

 
us g}'mule que Ill' lui pC1'I1lrltellt les preu, 
s sur lesquellcs 
'c s'apPllie. Quiconquc Ya au deli. dc ccUe Inesnre d'adhésion, 
reçoit pas, rela est ('yidenl , la y('rité par atl10ur pour ellc. 
lime pas la yél'itl
 par muour de In yérité, Inais bien pour 
elqu"Ðutrr n1otif. .A rc,ceptioll des propositions éyidcntes par 
'cs-nll'lues, ce qui étahlit flu 'une proposition cst yraÌe, cc 


1; Essai sUI-I'Enlcndcment humain, IV, 18, 19. 



- ;)
i - 

ont It'S prt'uYCs dont rhonllnr p,'ut rnppuycr, (Iud que soit It I 
dl'gré tra
'f'ntinH'nL ((tlïl lui t101lIH.; au deli. tie cc quc per-I 
luellent Ic!' prcu\"cs , il c:-;t clair tiU'OIl HC uoit rnttrilHlcr qu\ 
quclqu"aulrc aITl'dion, ct nOIl pas it rmHour dr la \,("rité" I 
scrait au

i inlpo
sihlc ([ue rail lour de la \'t'rité cnlraill
\t 11101 1 
tulhesioll au ,Id:, de la prcuye I\ui me dl'lIIoltlrcmil I(IÙIII'I 
propositioll t"
t \raic, quïl 
crait iIHpO
...ihlc ((HC rmuour (Ie I. 
't'rilt
 JHC fit lldht'1'l'r i. une proposition par alllOur (Iè celt I 
p rCIl\ " JOlt I ell,' 111 a n<( u" po \II' cIa hi i r qu'elle rSf \Taie; cel]l] I 
I ' I " " " , , " .I 
"st a n1ClllC l' lO
C qn aUllcr el'tte PI"OposltlOn COIHlllC un,' \"('rlle 
pn ree 1\ u ïl c
1 po,,
i hi c 011 p roha hie 'Iu", ,Ill' Ill' soÎ t pa
 \Taie ( I), ." ,I 
1\ J.-' 
ais par la prcu\c ((uïI porte a\CC Ini-lllènlc, quc rohjl 
que j" ,ois (2) c
1 I I'! (IU e je Ie YO is; e' esl ..\II' Ie lémoi
na1ó: 
,ralilrui qlll' fatlmels quc \CS choses 'Iue j" crois s01l1 Idles qui 
jt' h's erois; JIIais je (Iois 
ilYoir que cc tl'lIIoigna
e d"aulrlli e!1 
rt,t'L car snll
 eela quellnotif aurai-je tip croil"l'? L'Clllh()u
in
ml 
I 
t'
1 pri\"l
 de la preu\-c (10nt iI SP Pl"étcnc.l en po

c

ion: car 1(1 
elJthollsia
tc
 
l' \ antent (rUBe huuière (IOBt il" sc disCllt t'dairé
1 
, I . t ' ", I I " I II ,", I 
t
t pl'ct ell( ellt ctre a\ OI.I
l'
 lea COlln31",sance (.f. te (' y('rllc 0 
dc tl'lIc autre. "ai, !o-ïl
 
aycnt (tHC ee <(uïls po

èIIent cst II 
v ("ri I l', i Is doh cnl Ie sa, oi I', "oi I pa r sn prop re c, id rllre à 
 
I"ni
on natllrdlc, 
oit r a l' tics preu\ cs rationncllcs. n lei CI! 

uteHI' 
otltient ((He rmni de In \érité cst cclui <(ui ainlc un ar
1: 
1l1pnt P(
I"Clllptoire, et que ('cUC Coi <(ui n \.,t ni d(' la crc(lulili' 
tic rellt hou
ia
nlc, peut toujonrs ètre attrihuéc à Ull lra\-ail ( 
1" ' f '.1 ". I 
t:1 ral
on. ct \"artc HYCe 
'I orc{' uC con\ Ictlon. 
.'e ferai sirllplCIHcnt ohscr\ l'l. t(n'avcr ulle pareil1c philos c . 
phir 
i die pré\alait, 011 n'cÙt janwi
 cn(repri
 grand'chose 
pour la gloire de .Bien, ni pour Ie hicn-êtrc de rh0111m 
L\'l)thou
ia!'ln{' pnut faire un p;rantlIHal, ct agir (rUne nwnii" 
nhsunlr dans certaines eircoI1"lances ; Inais Ie calcuI n'a janHI 
fai
 I
 II hl'ro
,. 
 olre 
!U
 nCluri. n' esl ,pas .tI:c'\rlllIiIlCr CCII 
throne; nOllS 1 aYOHS fait allIeul's. l,otrc Lache lei est ùe n10ntf l 


(1) l)nge 33
" 
(2) Pr.g" 33ft. 



- :54:5 - 


que les catholi(!urs anciens, aussi hien que Inodernes, Ollt 
rejetl
 cctte philosophic. .Ainsi, CcJ:...e l'i'pl'tait 
ouYcnt crttc.' 
objection : quc Ies chrétiens fonnaient un paralIèlc nux supcr- 
stitieu
cs ,-irtÏIncs des jongleurs et des fau\. dé\"ots qui crraicllt 
au n1Ïlieu de
 populations palcnnes. II dit : It QueIllucs-uns ne 
,"culent ni donller, ni l'cccyoir de raison en faveur de leur 
croyance; ils s'i'cricnt : n'ex((/JiÏne;:, }Ja,'\, Jllai." croye:=; rotre {vi 
VOLIS salt cera; La safJ(Jsse de ce 'Jilonde est IlJLC cho.lw lnlluraise. et 
fa fulie est II Jl hifll. It COl1l111CIlt Origènc n"pond-il it ceUe acclI- 

ation ? Nic-t-il Ie fait? Dit-il que In I'aison prouye la diyinité 
des ]
criful'c
, ('t que la foi, apl'ès 3yoir a('el'pté ccUe conclu- 
sion, l'c(:oit ce qH"cll
s rcnfenllent , ain
i quil cst populaire de 
Ie soutelli.' aujounJhui ? l.oin de H.; il ayouait Ie fait allègué 
rontre rJ
gIi
c ct Ie di>fcndait. II f(ti
ait obser\'er que, \"u Ics 
occllpation
 et lïguorance dans lesf{ucIles \"it la nlassr des 
honllne
, ct'tait un ,rai honhcur (Iue Dicu Cllt 
HL
tifué 13 foi 
: :1 ccs e
('..('iees philosophi(lues pCrIllis et cncourngé
 par Ie Chris- 
, tiani
lne, Blais q 11 ït n ïlHpo
e pas rOBlllle lli'ce

aires l. chaqne 
hOl1l1llc en pal'ticulier. C[ Qu "cst-il nlieu
 pour ell x, deman- 
dait-il, lie croire srlns rai
onner, de se corriger aill
i, de quclque 
Inunit're que ce soit, el ùe tireI' Hvantage de leur croyance all 
chÙtinlent des pécheurs ct à In r("compense des ju
tcs, ou de 
"cfuser de se cOll\crtir 
ur Ull sinlple 1110tif de foi, a\ant ùe se 
li\l'cr par eux-nlèlllCS à des rechcrchc
 intdlcrtuelles (I)? n 
Cue telle di
po
ifion e
t donc uue lllarque dl\ In s("lgcsse et de 
In Inisél'icorde de Dietl. De JllènlP, après 
n oil' ohscr, i' que les 
Juifs Hyaicnt Ie tt'nloi
Jlage des propht,tl's, t{'111oignage dont les 
GènLils étail'nt pri\(
s; après a\oir renuU'(Iué que c'était un 
cIlscigncrllcnt étl'anger et une doctrine IlO!
' dIe POUI' ces der- 
I nicrs, epic d"entcndrc dirc quc non-seuleHlcnt les dieux d(\s 
. Gentils n"t'Laient pas des dienx, Inais qu ïls n "étaient que lcs 
I inlflgcs tlu ll{'HIOH, circonsta
lce qui rcnllit leul: cOllyersion plus 
! diUicilc it suint Paul" parce qu ïIs avaient un plus gl'und he50iu 
dïnstructioll, saint Irénée ajoute : " D"un autre eÒté, In foi des 


(I) C. Cels, , I J 9. 



- ;)/..6 - 


C
{'ntil" sc Inontrr par 1
1 plll
 
(
nl'r('us(', parrc quïl
 
e ren- 
tlaient 
l In parole tic ))icu 
au" èlre aith
s du h
n\nignagc de
 
I
critures. n Croil'c 
lIr Ull tl'luoi
na1!(' plus faiLle, fut, ùe la 
part ùes Grlltil
 fairc pn'u\
 "runc foi gélll'l'cu:--e, cl non (fl'n- 
th()u
ia
nlc. .<\in
i (,IlCOl'C, (iuaud El1
i'he 
outil'nt que Ics chri'- 
tit.'lh sonl influl'uCt',s val' It une foi rai'OlluuLle, " e'c
t-
t-tlirc 
pal" UIH' foi l'apahh' de partir (rUn IH'illl'ipl' Iop;iquc, il a\ oue 
rOlllpléll'lncnt quc ch 'Z lïudi, i(lu la foi n"cst ni lléCl'

airClltrnt 
ui onlinail'l'IHcllt ha
l-(' 
ur la rai,oll, et il 
oHtil'nt qu'cllc cst 
lit;e it rcue t: cspl'..allce, n l't iueIlI
i Yl'lllcnt it cc dé
ir uc
 cho
es 
ßiIHél'
 
 que LoelC', dan
 Ie pa:,,
agc tilt; plus hauL, considl'rc 

onlntC inl'()llIpatihlcs avcc rUlllonr tit.' la ,-érilé. u Que U'OU\ OIlS- 
nou
, n dil-il , u si ee n'l'
t qH(, toule la \ir dp rhOn1l11r rst 

outcnllr par ('(':-0 deu
 eho
c.., rl'
pt;rarH"(' d la foi (I). n Saint 
(:h"nH'nt appellc la foi H \lIlt' prf'
olnplion. " La tel1(1an('l' Jlatu- 
rl'I1l' tI(, la cloctrillc Itél'i.tiqul' fouchant la foi 
,t de renurc Irs I 
h()lIlnll'
 pr<"
olnptucux, quanti ib He de, iCIli\cnt pa
 
ceptiquc
 
ou incréùule.... .L\ill
i, Ie 11Il'IllC Pi'rr ùit tplt' les 'TaIl'llliniclls 
s'attrihuaiC'nt il CU\.-II1t"UIC' la 
dl'l1re 
t au\. catholiques la foi. It 
Tertullicn fait aus
i uh
l"I"Yer, ('11 parlallt ùcs IH....étiqucs cn I 
J!("llt'l'al, u tluïIs "ont tons Loutli
 (ror
ucil, ct prollleUent In I 
seiclI('c: lcurs calé..lnunèllcs 
ont rcnùus parfaits avant d'être 
, " ' ( ) I 
IIl
trull
 2.)1 
Jta ne YCUX pa') dire par Ià f}1H' Irs l)èrcs s'oppo
airnt aux 
rccherchcs 
ur la ha
(\ intcllcCluclle du Chri
tiani"1l1C, nlais 
(juïls 
outcnaicnt (i tle Ics hOIlIIHCS Ilr soul pas oLligé
 tl'ê.!ltcndre 
(Ic" prcuycs u\ ant de ('roire; ils di
aiellt au contl'airc que Jr 

rallu nOlllhl
e doit d'ahonl croire, cl cusltite chcrl'hl'f å I 
prouvcr. 
Saint .L\ngu:,liIl, qui (} c',ayé lcs ùeux 'ioies, les 111Ct en 


(I) Hærcs., IV. 2
. Eusch.. 'Præp" Ev., I, å. \"O)"CZ 3ussi Clem., Strom". ii. 2" 
Arnoh., ii. 8. C)"ri1. Cat., Y. Gr('g" 
az., Orat., 3t, 26. Pseudo-Basil. , iu 
Ps. 115, inil" Theod" Græc. Air, I, p. 717 , elc. 
(2) Clem., Slrom., ii. 6" (Yo)rz Ie mot præsllmpfio dans Tertull.; trad" d'Oxf.. 
p" 13fi. nole t. liorthoIr. Calumn. 10, p. 83") Ibid., 3. Tcrtull. de Præscrip. 
lIær., 41.. I 



"'l- 
- cJ.lf - 


contrastc d"une n13nièrc frappante dans son Jiyrc De l
tilitate 
credelldi, quoiqu ïI ail direetclllent en vue, dans cet oU'Tagc, 
òe decider, non pas entre Ia Raison ct la Foi, Inais entre La 
nai
on ct rAutorité. II s"adresse, dans ce lh rc, à un all1i chéri 
<]ui, COlnnIe lui, s "etait fait )Ianicheen, Illais qui, Inoins heureux 
fjue 'ui, était encore retenu dans rhérésic. " Ll's l\IanichéeIis, 
dit-il, se déehaîncnt coutre ceu\: qui, sui, allt rautorité de la 
10i catholique, se fortifient tout d"ahord en croyant, et qui, 
, an.\nt <rètl.c capables <l"arrèter leurs yeux 
lIr ccHe yérité quïl 
I est donl1é i\ r
hne pure d'apercc\ oil', se rendellt dignes du Dieu 
qui doil Ics i'claire... '
ous Ie 
aYcz, 1I0norat, ce l{ui In "attira 
j dans leur secle u"était autre chose que de les entendre sc yanter 
òe r<'jeter rAuto1'Ïté si terrihle de rÉglise, de conduire, par 13 
Haison 
iInp]c ct absolue, leurs adeptes à Ia pl'l
sence de Dieu, 
et de les dèliyrer de toute errcur. Car, qu"cst-ce qui In"3 fait 
, llu:'}H"iser, pendant près de ncuf al1s, la religion que Ine
 
parents 3yaicnt cultiyee dans l110n cæur, lorsque j"étais ('Hcore 
enfant, suivrc Ics 
lanichél'l1s, <.'{ prèter unc orcillc attentiyc- it 
leurs cnscignenIeHts, si ce n'est leur pretention clue fétais l'POU- 
,'nntl' par la superstition, et que ron D1"avait ordonné (ravoil' lu 
.Foi avant tl"ayoir la raison, tandis qu"cux ne pressaient pCI'sounc 
de croire, avant que Ia ,'érité n'cùt été discutée et dén10ntrl'e 
elaireulCnt? Qui ne sc fÙt laissé séduirc par ccs proIncsses, 

urtout un jcune hOllnue, eOIlUl1C ils IUC trouyèrcnt, ùésircux 
de connaîtrc la ,i'rité, ct InèIl1C préSOll1ptuCU:\: ct hardi par suite 
des ùi
cussions de certains rhéteurs, ùe n10n n1t
pris pour lc
 
conIcs de ,'icilles fCHlllles, et du tli'sir OÙ j'etais de puiscr ct de 
possétler ectte ,érité pure et sans luélange qu ïls nIC prolllct- 
taient (I)? n II continu(' cnsuitc à racontcr COInn1rnt il était 
I'cvcnu à Ia foi. II trouva que les )lanirhécns réussissaicnt Inicu"t 
Ù détruirc (Iu"à édifier ; Fnustus Ie dé
appointa, car il rCIlcontl'H 
en lui de réloqul'nce ct ricn de plus. Dans ces circonstanees, 
il nc savait plus à quoi s"arrêtcr, ct il élait tcnté lreu1Drasscr lti 

ccptieislne uni,'crscl. A Ia fin, il trouva qu ïl tlcyait êtrc guiòé 


(1) Init. 



- 548 - 
par r autorité. Se prést'nta alor
 la <1IW
lion tIc s3yoir queUe au- 
torité il dc\ ait ('hoi
il" pal'llli lant dc Ilaaitfl's. II pria ill...;laIIlIlll'lIt 
It'. Sci!!lu'ur de lui ,cHiI' l'll aillc, ('l il fut clltin conduit i1 
rEgli
c ('(1tholique. II l"l'tOUl"IIl' l"bl1ilc nu J'('proelac qUl' ron fait 
it cctlc I
r.li
e, I, qui onlollllc il CC'lI\. qui, iCIIIH'llt 
I clle de ('roire, ') 
'audis que IL'
 IH"ritiqul's " 
(\ Yauh'llt dt' nl' pas iUlposl'r Ie joU({ 
de la foi" JlIai
 (rOll\ I'il" I('s 
òurcl'
 dc la 
Cil'IlCCo )I 11 Oh
l'f\ l' 
Ù t"C 
l1jl't &( <<tU(' rOil 1)(' peut, ('I} iIUC'lIlIl' fa t;O 11 , elHhl'a
sl"" 
COIIlIlH' il COli' ient la '
'aic J"l'ligioll, "'an
 croire aux ('IH)
l'
 dunt 
t.ohatIliC indi\'iùu, l'1I se l'OlllportallL Licll cl C'll l
 1l1l'ritant. 
ohticnt plu
 tanJ la I'o

l'
sion l't la pl'I'("('ptioll, (""c
t-il-dirc salJs 
sc soulucllrc 
I (IUl'lllllC autoriLé illiposalltc l't ahsoluc (t). n 
Cc 
(}nt IÜ tIl'S c,rIlI I )lclO. de rl\Il"ei
lIl"lICIlI de r alwil'lHIC I

.dise 
r L 
au sujCI de la Foi cl dc la Uaisoll. ])"lIn autrc cÒlé, 
i nuu
 \'ou- 
Inll
 
a' oil' ("(' ((Hi a ("h
 l'lIsl'igll(
 SUI' ('l' IlH
'IlIl' 
lIjl'l ùan
 ll'
 
i"l"oles IllotlCl'lle
, ct c:olllwÌtrc' (Iudle [I l,té la JlIarehe stlb
éCJlI('f)te 
(Ies ùl
'cloPJH'Il}('llb tie la dtwll'inc eatholitlue, BOU' uOa' OilS fluoà 
eOllsultl'l" Ic
 ('\lraiIS que JlUt'l [I fait ties autl'ur
 Illodl'rlll"S, ct 
quïl a in
l"rés dans 
Oll Es.'w; Sllr rEnlendeJIlCJllt hUlIHlill; Jllai
 I 
t'll lcs parcourallt, IlOU" Ill' IlOU
 préol'l'upl'rons pa... (Il' la llH"oric 
particulit'rc, \ rait' uu faussc, Cll fa, ellr dc' laq uelle il ll'
 n 
1'('lIlli... dalls 
Oll OU\ rage. lIul'l dit en parlaut lil' la faible

(' de 
rElltclu.lenll'ut 11l11Uaill : 
u Dieu, daJl
 sa hOllh:', n"pnl'c ee défaut dc la nalure 
hUJ}laillc, Cll nOli".) accordant lïne:,liuwhl(\ don de In Foi. qui 
ëifTl'nnit notrc Hai
oll dlau("l'lalltl', l't ('ol'f'igc teUe pcrplc\.ilé 
cfu ùoule quc IInu
 appol'to.l
 dall
 In eOllllaissallec dcs ("ho
t'
" 
Pal' e,clllpll', ilia rai
()11 Ilol'
t pa
 ('apahle OC IlI"apprl'IHlre 3\ CC 
UIlC éyidellcc ahsoluc, 
)\Cc tllH' l'crlitud.. pnl'faitl'. 
ïl c\.i
L(' d('
 
(:orps, (luelll' fut rorigine ùu Illonde, ct hien ù'autrcs cho...es 
sCIllhlahl,s; Blais lor'lJtlc' j"ai rC<;lI la Foi, lUlls ccs doulc
 SOé\'3- 
lIoui

Cllt, ('OlllnH
 Ie" tl-llèhres au Ic\ Cl" du 
oleil. C"c't ce (luÍ 
1uÌl dire 
l 
(lillt TltonIa
 tl"_\quill: t( (Iuïl e
t IIl'Ct'

airl' C)lI'UIl 
11 hOJlllnC rcc;oivc 
Olnlue nrtides de Foi, llo11-
culclnl'ut les 


(t) De ("IiI. credo inir. 



- 54g - 


1 chases qui sont 3u-dcssus de la Raison, 1113is encore celles 
)I dout la certitude peut être acquise par Ia Rai
on. Car Ia Raison 
'nlnunaine cst très-défcctueusc en ce qui concerne les chases 
)I divines; les philosophes nons en donnent une preuvc, eux qui, 
>>dans 13. recherche des choses hunlaincs 
l raide de Inéthodes 
)I naturelles, se sont égarés et se sont trou\'és en opposition les 
" uns aux autrcs sur tant de points. .Afin done que les honnTIes 
)1 pussent 3' oil' une connai

ance certaine et indubitable de 
)J Dieu, iI était néce.ssaire que les choses di\-ines fussent 
"cnseignées par Ia Foi ré,élée de Dieu Iui-nlènle, qui ne peut 
:,mentir(t). f) 
J) Saint Thonlas, dit IIuet, ajoute encore : II Toutes les re- 
1)1 cherches par la Raison naturelle son insuffisantes pour don- 
1)1 ner à 1110111111e Ia connaissance des choses divines, et nIèlnc 
)I de celles tIue nous pou, OilS prouyer par la Raison. )) Dans 
:un autre cndroit, ce saint s"expriIue Hinsi : ,c Des vérités qui 
)I peuvent être prouvées par la démonstration, comme rexis- 
)1 tence de Dieu, runité de Dieu, et autres, sont r3ngées parmi 
I )lIes articles que nous devons croire, paree qn "ellcs sont anté- 
II ricurcs à ù"autrcs poillts tie foi; dIes doiycnt èLre présup- 
)I posées, au Hloins par ceu'\: qui n"cn ant pas la délllonstration.H 
11 Ce que saint Thomas dit de ]a connaissancc des choses 
divines, continue Iluet, s'étend aussi à la connaissance des 
choses Inunaines, scIon ]a doctrine de Suarez. (( N ous cOfl'i- 
>>geons sou, cnt, dit ee ùernier, la Ilunière de la nature par celIc 
)I de Ia foi, mènlC quand il s'agit de ces a:x.ionles que ron met au 
)I nOlubre des prenlÏers principes, conlnle on Ie ,oit dans ce 
)1 principe: les choses qui sont identiql.les à 'line troisiè1lle sont 
I II identiqlles entre eUes, principe que nous restreignons aux 
)I chases finies quand nons traitons de la sainte Trinité. Dans 
1)1 d"autres mystères, rt particu lièrelllent dans les mystères de 
)I ('Incarnation et de rEueharistie, nous restreignons beaucoup 
: )1 d'autres principes afin quÏ]s ne I'épugnent pas à ]a foi. C'rst 


(1) P. 142,143, trad. de Combe. 


BIDLIOTH" IIIST. 6 e A:'i
t.E. Ier OrYR" 


30 



- :5;)0 - 


JI ÙO
1C un si
ne 
ue In hlnl
(\

 de In :
)i cst p
us crr"tainc? pnrc:t 
II f]U clle e
t fondec sur In ycrllp preBncre, qUI e
t J)H
U, a qui i 
"cst illlpO

ihlc de tr0111pCr on d'êtrc tronlpé, tandis que Ii 
, 
ri('nre nutuI'clIl" de 11U)IfHIIC petit se n}(
prcrllirc ct ern
r (1)...1 
n Si nou.;; He nons aUacholl
 pa'5 à Ia rai
on, dileS-VOlts, nou 
rellyerSOIlS Ic grand fondl'lllcnt dc la religion que h.. raison : 
t
tahli ùans notre intelligence, it 
a\ oil', l'c
islencr de Dieu 
Pour rt'ponùre it cetle ohjl'etioll, on (loit ,'ou.;; dirc que Ic
 
hOl1ul1es connais
cNt Dieu de deu\. Inanières. Val' la rai
on 

I\ec unc cntière certitude hnnwinc, et par la foi, avec nIlC ccrl 
titlulc ah
oIl1c et eli, inc. Qnoiqllc par In rai
on nou
 nc pui

ion
 
aC!Juérir aUCIIIH' connais,ancc plu
 ecrtaine quc celie !Jue nOll,1 
aVOll
 ùe rc
i,ten("e de Dicu, au point que tou
 Il'
 ar'guIHl'nt'l 
quc les in1pies oppo.sent it cctte \ él'ih
 
ont aisés it réfutcr et Il(i 
:-;0 11 t pas soliùe
, néilIlIlloins, celte certitude n 'cst pns ah
olu 
 
,nent parfnitc (
)... 
.. )Iaintenant, quoique, pour prouver rc'\i
tence dp Dieu, 
1I0n
 pl1i

ions apportcr dc" argument5 qui, réunis rt li(

 entr( 
cux, n'onL pas nloins ùe force potll' con\'aincrc Irs hOlllnles (IUt.! 
lcs princÎpcs géoIl1l'tri((tH.'s et Ie's théorènlcs que 1'011 en dl'duit " 
ct (Iui sont (rUne entii'rc certitude hUlnaine, néannloins, parcel 
que de 
a' an t
 philo
()phe
 
e 
ont OH\"crten1cnt OppO
l'S, IIH
n1t' 
it ccs princip<"'s, il est elair que ni llans In connaissancc nuturclIe 
que nou
 aYOIlS de Dieu, ct qui e
t aequisc par la rai:.;on; ni dans 
la scicnce fondéc 
UI' les principes et Ies théori'mcs géOlllé J 
tri(luCs, nOllS ne pOll\On'\ trouyer une certitudl' ahsoluc ("t par- 
faile, Blais seuIelllCnt ceUe ccrtitude 11l1lnainc tlont fai pal'lé, I 
t't à laquelle lll'anllloins tout hOIlUllC sage doit SOUlneUI'C son I 
intelligcnce. CcIa ne rrpugrH' pas à cc que di
ent Ie Li\Te dc la 
Sagesse ct Il
pitrc dc saint Paul au\. HOlnains, qui dérlarcnt 
insl'll
ès ct ille\.cu
ahh''\ Ir
 hOIlln1c
 qui n'arrivcnt pa
 par 1"01"-. 
Hani.sation ùe ruui\'ers à rcconnaÎlre la puissance ct In di\'initl
1 
(Ie son auteur. 


(1) P. t4i, 1,
:S. 
(2) p" 219. 



- 5ä 1 - 
I )1 Xous dirons, continue IIuet, pour nous servir des exprcs- 
I ions de Vasquez: (( Par ces parolcs, la sàinte Éeriturc ycut 
silnpIclnent indiquer que 13 structure du Blondc et Ics 3utre5 
OU'Tages de Dieu ont toujours fourni une prcuve suffisante 
I de son c-xÌstence, pour Ie faire connaitre aux hOlllIUCS; Inaj
 
dIe nc s'inquiète aUCUlIcn1ent 
i cette connaissance cst éyi- 
dentc, ou d'une très-grande probaLiIité; car ces c\.pressions, 
prises ct entendues dans leur 
ignification COlnlnune ct 
usuelle, signifient toute la eonnaissance de resprit, jointe à 
,un assentiIl1ent détenniné. )) '
asquez ajoutc: (( Car si quel- 
I qu 'un rcniait 3ujourd"hui Jé
us-Christ, ce qui Ie rcndrait 
II inexcusable, serait, non pas d"3yoir pu ohtenir une connais- 
I' sance et une raison éyidentes pour croire en lui, Inais parcr- 
II qu
il aurait pu croire en lui par Ia foi ct par une connaissancp 
I conforIl1c aux principcs de la prudence. )) 
, n C'est donc avec raison que Suarez enseigne que révidence 
'rlatureIIe de ce principe: Dicu est La preJnière 'térité et il 11e 
'/Jellt ètre tronlpé, n "cst ni néccssaire, ni suffisante pour nous 
faire croire, par la foi infuse, cc que Dieu nous réyèle. II . 
prouve, par Ie ténloignage de rexpérience, que cctte éyidence 
n'est pas nécessaire; car Ics chréticns ignorants et illettrés ne 
rloivcnt pas Inoins croire à re
istcnce de Dieu, quoiqu ïls ne 
connaissent ce qui concerne Dietl, ni ayec clarté, ni ayec cer- 
titude. Et 11lêlne les chréticns qui ont de lïnstruction croient à 
l'existence de Dieu, ainsi que I'a observé saint Tholuas, ayant de 
connaître cette yérité par la raison. Suarez 11lontre ensuite que 
révitlence naturelle de cc principe n "est pas suffisante, parcc que 
la foi diyine qui a pénétré dans notre intelligence ne peut è.re 
fontléc sur la foi hUlllaine seule, couuue snr un objet formel, 
quelque claire et quel(lue solidc qu"elle soit, attendu que ras- 

entin1ent Ie plus fenne, d"un ordrc Ie plus noLle et Ie plus 
éle,é, nepeut Lirer sa certitude crun assentin1ent plus faible(t)... 
)\ Quant au\. motifs df' crédibilitr, qui, préparant rhomme 
à rcrevoir Ia foi, de,-raicnt, suiyant YOUS, ètre non-seuIcn1cnt 


(1) Pages 221, 2
. 



I 
I 
-- 3ä2 I 
certains de Ja crrtiuulr IHllnninc I n p lu
 
r'nnlle po""iIJle, mfU
 
encorc dc In certitude nhsoluc, jr YOu
 oppo
cr3i Gahriel Bid, 
flui dit (I He pour reec\ oil' la foi, il sunit <<Jue le
 Inotif" dc cré- 
dihiliti' que ron non,;; proposc soicllt prohnl)les. Cl'o
 t'Z-\'ous 
quc le
 cnfauts, (Iue le:-ì gens ilIcUrés, gros,icrs et ignorants, qui 
ont i. peinc rusng-f' de la rai
on, ('t qui nénlHnoin
 Ollt reçu Ie 
ùon de In foi, cOIl<;Oi'.Clll dairCIHent el ferlllclllcnt ces nlotif
 I 
de crédihilit.
 tIont on ,ient tie parler? 
on, 
all
 dOllte; nlais, 
Ia grâcc cle lJieu IClIr ,ient ell aille ct soutient la faihles5e tlr 
leur naturr et tit' leur rni
()n. 
)I Telle est ropinion COIlHnunc lIes théologiens. La raison :) 
Lcsoin de la g.-Ùel' dt' ))iCH, llon-
rulcnH'nt dW7 le
 per
onnes 

ro
sit'res ct illeuri'rs, nwis rnrore rhl'z Ics honlnlcs qui ont I 
de rillslruclion; car (Judllu "édairéc que puis"c èlrc cpUc raison, I 
"lIt' nc peut nous prol'urrr In foi, 
i In IUlllii're céll'
tc nc nou., 
t'dairc pas intéril'UI"Clllcllt, parce que, ('ouunc nous r
1\ ons 
.h"ji. dit, la foi di\'ine étant {rUn onlrc Sup("l"ieur, dIe ne peuf 
tireI' son cHieaeité dc la foi hunwinr (I)..... CcUe doctrinc cst, 
"t"
ah'lnent {'('lie dc 
aint Tholllas tr.t\quin, qui dit: t( La lunlii're 
de la foi fait, oil' les yérités que ron eroit. .. II dit en outre: I 
II Crux ([ni {'..oient ont la connaissnu('c des choses ùe 13 foi. I 
"non pfl5 ,rune Ilwnii'fe d(
IHOIl
f..nti,.
, Blais dl' telle fa<:on I 
" que, par la Ituuièrc de Ia foi, il leur par
tÌt que res '\ érités 
n doiycnf ètrc rf"lJrs (2). It 
()n 
perc:oit dOnne Illanière é, ilJcntc qucUe influence pal'ti- I 
cnlii'rc eeUe 1I1311ii'rc dr \oir l'\creern 
llr In Inl,thode tlr I 
eontroycrsc de CC1I'\: qui radoptcnt. l.eurs al"gunlcnfs doÌ\-cut I 
('lre eon
idl
rés {'OIHIH(' des rClllontl'ance-- ('t dl'
 nlO) cn
 tit" pcr- , 

lln"ion plutÙt que COlllnu' de
 IH'cu,'rs logi(Juc<;;; ct leurs 
(h"Ycloppl'lncn(
, eOIllillC dr
 (lt
ductioHS (ropillion,;; ('
istantes" 
(Iui sont spontanérs, graduées, nlorales, el non calclll(
cs ('t I 
arbitraire
. 


(1) Pages 229, 2
10. 
(2) Pages 230, 2:H" 



....1..,.. 
,)t)
 


SECTION II. 


APPLICATION DE LA SECO
DE ET DE LA TROISIÈ:3IE MA.RQUE DE FJDtUTË DA:\5 
UN DËVELOPPEMEXT. 


I 
I 
'Des prircipcs dogmatiql1e et sacfamentel, et de la formation de la théologie 
par leur moyen" 


Puisque les systèlnes rc1igieux, 'Tais ou faux, ont un selll et 
:même grand objet, ils sc rencontrent nécessairelnent COIl1Ine 
:dcs riyaux, tant sur les points où ils s
accordent, que sur ceux 
joù Hs diffèrent. Que Ie Christianisn1e, à sa naissance, ait été 
:dans ces cont.litions de rÌ\Talité ct de l
ontroYersc, c'est un fait 
!établi d"une luanière assez ë, idente , 111èlne par un des chapit...e
 
iprc'cédents. II ét,ait entouré de rites, tIe scctes et de philosophies 
,qui s'occupaient des 111èu1eS questions que lui, soutenaient 
!queIquefois les mènles vérités, et présentaient, e
térieurement, 
,à un degré assez scnsihle, 13 l11èn1e apparence. II ne put se 
:tcnir cahnc, parcouril' sa route et laisscr les autres systèmes 
suÏ\-re la leur. Ces dernicrs se rencontrèrent sur sa route, cf 
:un conflit fut inéyitablc" Rclatiyell1ent aux autres systèlnes, la 
'nature de la 'Taie philosophie est d"ètrc polémique , éclectiqul' 
, 
et unitive. Le Christianisn1c fut polén1Ïl(uc; il ne put ètre qu
é- 
clectique; Inais rut-il 3ussi unitif? Tout en conserv3nt son 
idcntité, eÙt-il Ie pouyoir <fabsorber ses autagonistcs, comme 
.In verge d"Åaron, suivant rexplication de saint JérÔlne, eut 
'celui de déyorer les yerges des lnal;iciens crÉgypte? Put-il se les 
'incorporer, ou bien se fonùit-il en eux? Les assin1ila-t-iI à sa 
propre substance, OU, tout en conservant son nom, en fut-il 
I sinlplen1cnt infccté? En un n10t, scs développelnents furent-ils 
fidèles ou cOITonlpus? Cettc question n"a pas simplement 
'rapport aux prcilliers siècIes; car, lorsque nons considérons Ie 
: profond intérêt des contro\'erscs que soulève Ie Christiani
me , 
'les divers esprits qu ïl a dominés, Ie vaste ccrcIe des Inatières 
: qu ïl elllbrasse, les nOlnbreuses contrées où iI a pénétré, le
 
: philosophies profondes qu
il a cOlnbattucs, les vicissitudes quïl 



- ð
)t - 


a subic
, et 13 longue pl'l'iolh
 c.lul"ant laque1lr it s'c
t 
outcnu.1 
il faut que nOlls dOl1nions IInc ,'aison ac.hllissiJ)lc, pour" BC pa
 1(' 
regan.ler C0111nll' nlodifit:' ct altl'I'l', c"('
t-it-dire conllllC cor- 
ronlIH', c.lè
 Ie cOlluncncelHcllt, par les iuf1ul'llces SitUS nOnlÙI"e 
au\.c.(uclles il a élé c\po
é. 
II l'\.i
tait celtc distiuel ion fondanlCntfllc rnt.,c Ie Christia- 
lli
nlC ct It's S}tèlllCS tic religion et uc philo",nphie t(ui rentou- 
raient, sans l'n t
\.rt'ptcr I111\111C Il
 .JudaÏsnlc tic répoquc, quc Ir 
prelnie" rapporlait t
utP vi'rill' ct toute ré, élation it une scnlel 

our('e, à un I)icu 
l1prèllìC ct uniqlle. Lc.'
 rites dl1 pagani
lncl 
<(ui honoraiènt une diyinité entre c.li\. Blille, les philo
()phies tlni 
indi((lwicnt it peine.' une 
nurce qUt'lronquc tll' rð, dation, Ie..! 
hrrésirs des G nostiqurs qui ,H aient pour hase Ie ùualislllc ,I 
aùoraicnt les an
e", ct atll"ihuaient les deux T('
lalnl'nts it tlc
1 
[HHClIrS di
linets, nc p(un nil'l1l rc
ardl'r la Yt'rité l'onllHC une .J 
inaILél"ahle, cOIl,équclltc a, ce elle-nlèlllc, ayant une autoritl 
in}pt
r[lli,-e, l't rondlli
anl an 
alnt. "ais Ie Chl'i
tiani
mc pflrli,l 
c.lc cc principe: ill)"
 au qu "tIn 'q
1I1 Bieu ct un sf'uIIHt'dialcur, >>1 
c 'c
t cc Di('ll ,( (pli, it pI ll
ienrs rl
pri
l's ct de eli, cr
cs nlaniè,"cs. 
a p3rlé it nos Pl""CS, par les prophètcs, c.lans It's tcnlps ancicns 1 
ct qui, dan..; ccs tlerllit'I's teln p
, nons a parl.
 pfìr 
on HIs. " DC. I 
lit, Ie Christianislnc, et Ie Chl'istiani
nle senl , ré\"l'rait ct proté- 
grait COlUlue saeréc ct 
3lletifianle la parole di, ine ((l,lïl avail l 
rc<:ue. II flyait In 
nicc lot la yérité. 
En lraulrcs tCl"IllCS, Ie (:hrislialli
lnc 3 ell en ,ue, till conl- 
ßlcncrnlent it la fin, des prineipcs Ih,.cs c.lall
 Ie COllI'S de sc 
c.lé,'eloppcnlcnl
, l't c"cst \Jour cela que, 
anl;\ ricn lH'rùl'c de c( 
qui lui ('Iait proprc, il a cté ('rtpahle de s ïnl"orpo,"c.' les ùoetrinc' 
qui lui él3icIIl étrRngères. l ne parcille contilluilé ÙC principe 
et un serB hlablc pOtl\ oir (ra

jnlilal ion sont r Ull et raulrc incom 
})atihles [lyce lïc.léc dc corruption tl'lIe que nOllS ra, ODS e\pnSl
t 
dall:" la prclnièrc partie ùe eet oH,...age. l.es den\ prineipcs parrjl 
culiers nU\.(luels Ie para
r[lphc préeédl'llt scrt ùïntroùuction I 
peu, CIlI ètrc nppelés rUIl Dognlalillul', cl rautre Sacl'aIllcntd 

ous allun
 ßlainll'llal1t faire connaitrc leur puis:"3ncc c.ra
si! 
Inilalion. 




\..'-. 
i)JJ 


It. Ln principe d'apl'ès lcqucl In foi é,-angðIiquc s.est dévc- 
! loppée tout d'ahord 
 et a continué à se délelopper, c'cst qu'cn 
I religion Irs opinions nc sont pas choses indiITérentes, mais 
'qu"elles ont 1 dans les "lIes de Dicu, unc portéc détcrn1Ïnée sur 
In position de ccu
 qui les professent. Je suppose quc cc prin- 
cipe put à peine ètre lllis en pratique sou
 I'ancienne loi; Ie 
zèle et rohéissancc du pcuplc d"Isralq t'tant elllployés it Inain- 
tenir Ie cnlte di,-in, à renver
cr lïdolÙtrie, ct ne consistant pas 
d3n
 rasscrtion d"unc opinion. La foi est en cela, connne sous 
d"aulrcs rapports, fa Inarquc caractéristique dc l"Évangilc, 
, quoiqu 'on rait eUlployée it rayance, à nlesurc que son tenlpg 
approchait. Élisée ct Ics autres prophètcs, jusqu"à Esdras, 
, résistèrent à Baal ou rétahlirent Ie seryice du TClnple; les Troi
 
,Enfants refu
èrent de se prostcrner dryant In statue d'or; 
Daniel youlllt tourncr Ie visage yers .Jérusalclll, et les 
Iacha- 
bée
 repoussèrent avec nlépris Ie paganisille de la Grèce. D"tro 
autre còté, Irs philosophcs grccs uSt\rcnt, il cst vrai, de rau- 
torité dans leurs cnseignCl11ents. lIs ÏIn oquèrent Ie t( Jlagister 
dixit, )1 et cxigèrent la foi de leurs disciples; nlais ils ne purent 
donner à lent's opinions ni saintcté, ni n
8Iité, ni les ,oil' SOU3 
un jour religieux. Notre Sau, cur fut Ie premier qui It ténloigna 
de In yérité )I et nlourut pour clle, lorsque, (( de,-ant Poncc- 
Pilate, illui rendit un bon ténloignüge. )I Saint Jean et saint 
Paul, sui,,-ant son cxen1ple, prononcèrent anathèn1e contre 
ccux qui reniaicnt It la yérité, )I ou qui (c annon<,:aicnt un autre 
Evangile.)I La tradition nous apprcnd que rapòtrc bicn-ainl
 
appuya scs paroles par ses actes, et qu "un jour il quitta promp- 
Wment Ie hain, parce f1u"un hérésiarque de répoque y était 
entré. Saint Ignace, son contcnlporain, cOll1parait les fau
 
apòtrcs à des chiens enragés; et saint Polycarpe, disciple de 
saint Ignace, usa contrc )larcion de la lnènle séyérité que 
saint Jean avait ll10ntrée en,-ers Cérinthe. 
A.près saint Polycarpe, saint Irénéc Hiet cn pratique la n1ême 
doctrine. H Je t'ai YU, dit-il à rhérétique Florin, lorsquc, 
jeune encore, fétais dans rAsie 111inrure ayec Polycarpe, :et 
que tu yiyais dans les splcnùcurs ùe la cour iInpérialej tu essnyas 



-" 6 
- ù.) - 


de tp rcco1l1Il131H]cr à lui. En \ él'ilé, jc nlC rappcl1c bcaucollP 
Inir-u\ les é\ én
IUl'nt
 c("nlors fJth' l"l'UX Ifui 
c :"Ollt IH.s
i'
 réccln- 
tHClll; car lcs Icc:ons de rcnfanrc graudissellt 3\"cr r('''pril, et 
He font plll
 fJu 'un 3' 
(" lui. .. \insi je pl1i
 nOHlInel' Ie lieu où 
Ie l,ienhl'ureu
 Pol) cal'pc s"a..;se
 ail el cOllycrsait; jl' pui
 dire 
scs allél's l't \ 1'IHIC
, 
a fat:on tie ,i\ re, se
 lllallil'I'I'S, 
cs tIis- 
('our
 (Ill prllple, In faluiliarité a\ cc laqucllc il parlait de .Jean 
cl de CCll'\ (l'li ayaic'llt \ u ](' SeigIleur; je pHi
 djn
 t'OllHllcut il 
rc
pét3it leurs parol 
. cl cc qu"il en a\"uit :1ppris touchant I,' 
Seigneur... Jc puis doue attc
ler, CIl préseul'c ÙC J)ieu, que 
si cc Lit'nhclIrell\. P(\I"C, eet hOnlll}(' apo
toli(lue rÙl ('ntendu 
prt"ehcr la doctrine que tu enseignc..., il sc ...crail Louché Ics 
orl'il1es, cn S('rri3l1t 
don 
3 eoutnlnc : ,,0 hon })ie1J! dau
 
(Iud'.) lClllpS nl 'a, l'z-\"ou
 fail ,i\TC, pour (Iue je sois ohligé dc 
souITrir crla? Puis ('II clltl'lldant tt's di
eonrs, il (luJ"ait fui loin 
dn lieu Oll il 
c fÙt u'OU\ é.]) '"fout chri,tien tIr' la prilniti\'c 
1:
li
e 
enlhle t\\ oil" ('I'U (IU ïl t'tait lIe son ùe\ oil' dc pl'Olester, I 
parlout Olt it 
l' trou\'ait, rontre tont('s Il'
 opinions contl'air('s I 
Ù cdlcs (I u "on lui ,1\ air (\Il
l'igIH"l':-\ tlan
 Il'
 calé('hi
lllCS pn"pa- 
ratoircs à !--on L:1 plèlll
, ('I dc fuir In 
OCii'lé de CCtl"\ (Iui ::o-outc- 
uaicnt. tles opinions nouYclle
. _ \ près 3\ oil' f,lit son récit sur: 
saint PolyeafJH', ...aint Iréllrl' (lit que t( lcs apÒtrcs ('t leur
 
di
eiples l'tail'llt 
i reli
i('tI
, quïl
 1l(
 conycrsaient pas luèlnr I 
a\('(' ('eu\ qui fal
ifiaient la \('rilé (I). n : 

éal))llOills, UB tel principe nurait eu hientöt 3néauli rl
blisc, 
4'11 la I'l"ùuiSilllt au'\. illdi\ i<1u
 qui la ('oHlposaicllt, 
i Ia \ rrilé, I 

I h:quellc il
 dl:,'aÎent f('IH.h'c Il'n

igl
3gc, n'cÙt "pas éti' fJuelq
e I 
{'ho'-'c tie Ùl'íÌ111, tic- fOl'lllcll't d llHIt'pcndant d cux. Les f'lu'e- 
liens c
tai('nt tenus de dt'fendre t't de tr3n
mcUre 13 foi quïls 
a\"aicnt re('uc , ct ils 1"..1\ aient n
('uc ùes l w
teurs de ll

li
(', 
. .. 0:..- 
Ifun (lutr(' eÒté, Ie dc\ oil' lIe ces pastcurs i'tait cle veillcr sur 
(,('Ltc foi tl'adilionncllc, ct de Ia tlé1inir. 1I11'cst pa
 lléce
saire 
de r('\"cnir sur Ie tcrrain clui :1 i'lé 
i souyrnt l'\.plorr ùans res 
4fernièrc
 annécs. Sainl Irénéc Inet ce sujct sous nos ycux d3n
 


(t I Euscb., Hist., IV, 14, v. 20. 



- :5J7 - 
; c:ou récit sur sa int Polycarpe, rérit dont. nous aYOHS déjà cité 
I une partie, et nous pouyons nous borneI' là. (( 1)01) carpe, dit-il 
,en écriyant contre les Gnostiques, que nous ayons "U dans 
inotre jeunesse, a tO
ljours cnseigné lcs Icçons quïl ayait reçucs 
:des ..\pòtres, qne rEglise BOliS a transnlÌses, et qui sont seules 
,\Taies. Toutcs les Églises de r \sie ti'u1oigncnt de ces yérités, 
lainsi que les Sliccesseurs de Polycarpe ju
qu"à nos jours. Poly- 
,carpe est un ti'nloin de In yérité plus sÙr et plus digne de 
;confiance que ,r alentin, 
Iarcion ou leurs disciples per' ers. n 
'se trouyait à ROIllC au tClnps (rA.nicet, rt con, ertit à rÉglise de 
Dieu un grand nOlubre d'hérétiques, dont on a parlé plus haut, 
en leur prèchant qu ïl ayait rcçu des Âpòtres cette seule et 
-unique ,érité qui ayait été tranSlllise par rt:glisc (t). )t 
I 


(t) Contr" Hær., iii. 3, 
 4" Tlmt ce morceau, soit dit en passant, fournit 
une réponse à ce qui a été qurlquefois a\'ancé. que dans les Peres, tradition 
,érangéliqul! ettrad ition aposlolique sign i fia icn t propremrllt, non pas la Tradi t!on 
Icomme on l'entend aujourd'hui. mais bien les É,'angiles et les Épîtres. Au coo- 
:traire, saint Irénée, qui parle ici de la tradition 
elon Ie sens qu'on lui attribue 
communément, s'rxprime ainsi : (( Traditio quæ est ab Apostolis; )) (( Neque 
Scripturis neque Traditioni consentire ;)) ((Traditio Apostolorum ;)) Tò xÝJpuïP.r.x. 
t'6:i:l èmo
't'ó).(JJ:I x!Xi ':'
:I ';r:tXpi.ao
l"J ;)"J ètr.ö ,:,6):1 èt..o
7óhj"J ít!Xf
ÒOr:;l:l Eì.).ý:?
C. 
,C( Apostolicam Ecclesiæ Traditionem ;)) (( Veterem Apostolorum Traditionem.)) 
Théodoret dit que Ie mot eg(j't'
xo; était emplo
'é. X!X't'X 't'"ÌJV èt;ro
7o).lXYJV 7r!Xp:it.- 
ÒO';C:I. Hær. IV. 12" Saint Basile établit un contraste entre ..
 Èx 't'l.; f:np
rpf)V 
ôcòrx,;z!X).{x; et 't'X Èx 't'Ý.'; 't'WV 
7ro
't'6).(JJ"J 1r!Xpxò6'7!
;. De Sp. S. , 
 (j6" Et ensuite 
il parle de OÜ't':: 71.; eg,)7rnú
't'"(ju ',p!Xrl.;, oú't'! 't'wv éë7rO
't"6JlZ
Y 7r!Xpxòõr:;!(JJv, 
 77. 
Origène parle d'un dogme, OÛ-:-:: 7rrxf!XÒCÒÓP!"J,)"J íJ7rb 't'W"J èc;rQ
':"6J
"J, oú't'ë: èp.
rxc- 
'Jðp.!'Jó"J 7rO'J 't'
J"J ïpxr
"J. Tom. in 1\1atth", XIII, I. Vo)'ez aussi, t" IV, p" 696. 
'et de Prine. præf" 2, et Eusèbe, Histor.. v. 23. 
ous lisons aussi dans saint 
Anathase (de S
'nod" 21 , fin") : (( La Tradition et I'enseignement apostoliques 
qui sDnt admis par tous" )) Un peu plus loin. i1 parle de croire conformément, 
t'
 gÙXïïú..CX
 x!Xi èt7ror:;.OJCX
 7r!Xf!Xòór:;u.)) 23, init". 0'1 ï.C/.p
òo
C'; signifie doc- 
'f1'ine et non pas livres, car Ie grec serait 't'
 gij!X1ïÚCXf. xxi 't'
 
7rO
TÚCX
 où H 
'était question des Épìtres et des Évangiles" (Ainsi parle encore saint Léon, 
:cc Secundum e\'angelicam apostolicamque doclrinam" )) Ep, 12\ . I.) Puis il fait 
Iõ;
'nonpnes ÝJ d)!XïïÛCÛ) ít!Xp
òo
c;, et Ý1 ÈxÛY}"cx
"cx"Ì) 7r!Xp
ÒO
l;")) Cf" cont. 
,Apol1", I, 22, a\'ec. Ad Adelph" 2, init. 
éandre parle df' même de deux Tra- 
dit.ions apostoliques appelées doctrinalf' et ecc1ésiastique, Eccles, histor., t" II, 
p, 333 de 13 traduction, Le 
Joyne considère la Tradition Apostolique de saint 
:Hippolyte. comme signifiant une doctrine distincte de cel1e de I'Écriture, ainsi 
'lue I'entend saint Irénée. Yar, Sacr., p. 1062. Yo
'cz aussi Pearson, Yindic. 
Jgnat" I I 4, eire, fin. Saint Augustin établit de mème une di[
rence entre la 



- ;)
8 - 
CcUe doctrinc ct crtte pratique n 'étaicnt pas celle d"unc reole 

èulcI11cnt, ((ui POll\ Hit ignorer la philu:--ophic. Les Pères 
ù"_ \ le\.autlric, (1' nIl e:-,prit 
i ('ulLi\ é, quc ron ùit si rctle\ abIe
 à 
13 
ci(
ncc tlu Pngani
IHc, ne nlontrl'rcnt ccrtainclllcnt ni rcs- 
pccl ni rcconnai
'311ce Cll\ crs cclIe (Iue ron disait les 3\'oir 
ill
truit
, lItais il
 HlHintilU"Clit Ia 
lIpr(
lllatic de la Ira(Iition {'alho- 
li'lue. CI("lllent dit tI(
 CClI\. (Iui prl'eht'llt I"hérésic (I), quïls 
pervcrli

t'llt rÉc-ritw"c, ct (lUll... c'
aicIlt ù"OU\ rir In porte du 
('iel a\ ec UIlC fall


 elet Ile 1,,\ ant l'iI
, CÓl1lnlC lui ct les 
i('ns 
Ie yoile it. raidc (Ic la tradition <<Ie Jé..;us-Chri...t, uHlis perçaut Ie 
ruur de rE
li
t& et 
(' fai
ant lc
 nl) 
ta
tJgut"... de fau

c
 eroyances: 
H car, continue-t-il, il suniL de (Iud([ucs Blots pour prol1\'cr 
qt(il
 ont forlllt
 lenr
 a

eIHhll'es Jilunaines phl
 turd qne 
rEgli')c catholi(lue; n ct tI par fe fait 
cul de In préc
i
tcncc de 
rÉglisc, qui e
t Ie centrc ùe la \ l'rité, il e
t trl'
-c-lair (lue res 
.Jernièrcs hél"é:,ics, aill
i que It"s ilutrc'" qui ont paru depuis, sont 
(Ic
 eOllll"era
'Oll" et dl'
 ill\"elltion
 nou\ dlc" (2). " (( Lor
quc les 
'Jarciollites, Ics ,r alpntinirns rt leurs p3reils en nppellcnt nux 
li\ res apocr) piles, n oh:-,cr\ e Ol'igène, (( it... ùiscnl : Le Chri.r;;t (!,Iiit I 
dans Ie déscrt; et (plaut! ils en ê1ppdlent 
t rl
(,l'itul e C3110ni(luc, ] 
iIs <.Iisent : r aye::, if e
t rla IlS les c/Ul1u(J/'cs; H1Ui,; nous ne dClons 
p3
 nons séparcr de ceUe tradition prill}ili\ e Ctl'lt"sia4ique, ni 
(-'I'oirc antl"C ChOSè que cr Q1H' Irs I
gli
es de Dietl nons Ollt trans- 
nlÏs par succession. n On rapportc ùe lui (Ilie ùalls sa jClIncsse 
I 
Tradition et les rcrits opo
lo1iqur
" Or Dapt. contr" Don., ii, 7, v. 23" II, 
apprl1c Ie bapt''i mc drs enrants une Tradition 8po
tolifJur. De Peccat" :\Ier" " 
I, 26. Saint Cyprien parle, non-seulemellt du ,in, mais du mélangc du Calire J 
dans 18 sainte t:ucharistie" rommp (( d'une ,-"rite é\angrliqur et d'une tradition 
du Sci{;llcur.)) Epit. ()3, D'ull autre côté, qurlqurfuis la phrase est presque 
synonyme avec la saintp Éniture, 'E. 
. (( La Tradition apostoliqup en
eigne, 
Ie bienheureux Picrre diLl etc.. el par Irs rerits (1(' Paul, ctc")) Athan. ad 
Adelph., 6. Suicer ren\ oic à Gf(

oire de 

 sse, de Yirg", 'XI CIril. in Is., I 
LX"'I, 5. ßalsamon, ad Can., \I. 
ic., 2" CIprien, épit. iÏ, etc. Cn contro- 
,'prsiste moderne a aIJssi in\ oqué ccs mèmcs pas
ages, ainsi qu'un ou deux I 
autres, pour expliquerunc phra
f' de saint Anathase, cont.Apoll., I, 2.2" Crt 
rni\'ain a compris que ces passage
 s'entrndalent de la Tradilion; la manière I 
dont il présente cela ne mérite pas ici plus d'aueIlLÏon. 
(t) Ed" Potter, p. 897. 
(2) Ibid., p. 899. 



I 
, il n "ayait jamais pu se décider à assisler aux prières d'un héré- 
I tique qui delneurait chez sa protectrice, à cause de rabon1Ïna- 
I tion de sa doctrine, (( obseryant en cela, ajoute EusèLe, Ia règle 
: de rÉglisc. n De son còté, Eusèbe, qnelque peu sati
faisante 
I que soit sa théologie, ne pouyait se départir de cette règle fon- 
o umnentale; il parle toujours des propagateurs des en'curs 
: gno
tiques, les principaux héréti{(ues ùe son tCInps (ùu ß10ins 
: avant rapparition de I...\rianisme), en termes qui e
priment la 
I plus grandc horreur et Ie plus profond dégoÙt. 
Les écoles d'Afrique, de Syrie et d"
..\.sie nous fournisscllt 
I d'autres tén1oignages. ,A Carthage, Tertullien défendit avec 
: énergie Ie principe t.logu1atitlue, Inêlne après a,'oir ahandonn(; 
: Ccllli de In tradition. Les Pères ùe l".Asie mineure, qui e
comlnu- 
i nièrent 
oët, récitèrrnt Ie SYlnboie et ajoutèrcnt: t( Nous dé- 
i cl31'OnS ce que nous a\ ons appris. n Les Pères (r.....\ntiochc, qui 
I déposèrent Paul de Samosate, consignèrent par écrit Ies articles 
ide foi d'après rÉcriture, (( articles que nous a, OilS rcçus, disent- 
: ils, dès Ie COITIlnencement, et que nous ayons eus, par tradition 
I et en dépôt, jUSqU"il ce jour, dans Ia sainte et catholique Église, 
par yoie de succession, teis qu ïIs ont été prèchés par les Lien- 
hcureux ,Apòtres, qui furent tétnoins oculaires et ministres 
du Verbc (I). )) 
II est aussi clair, 01.1 n1èn1e plus clair encore, que les Clu'étiens 
des pren1Ïers siècles anathén1atisaient aussi bien les fausses dé- 
ductions des articles ùe foi, c'est-à-dirc leurs déyeIoppcmcDts, 
quc les articles de foi eux-nrêU1C5 quand ils étaient erronés; car 
la raison quïls donnaient cOlnlnunén1ent pour user de r3na- 
thèmc, c'est que la doctrine quïls rcpoussaient était étrange 
et alar
nante. II 
uit de là que Ia vérité, qui était opposée à Ia 
doctrine condaInnée, leur avait aus
i été lhconnue jusqu'à cet 
instant; c'est ce que dén10ntrent encore leur perple
ité 1110Inen- 
o tanée et leur difiÌculté pour découyrir rhérésic dans certains ca
 
particuliers. t( Qui n'a jan1ais jusqu ïci entendu pareille chose, 


"''''' 9 
- t)J - 


: (t) Clem", Strom.. vii, 17. Orig., in :\1 3th., Com, Ser., 46. Euseb., Hist., "1,2, 
fin" Epiph., hær. ã7, p. 480" Routh, t. II, p. 46ä. 



- 3GO - 


tiisait saint l\thanasc eo I)arlnnt de rhérésic ù'
\poIIinairc; qu 
fa prèchéc et qui ra l'lltl'udIlC? La loi ùc Uil'u UOUS \ iClllira lit' 
Sion, l't la Parolt' dll Sl'igneur de Jéru
alenl. 
Iais d'oil celh 
docu'ine est-ellc ,cuue? tlUl'1 eJlfcr a-t-cllc CJltraÌné nprè,1 
cUe (.) ? n l..l'
 Pi'res du t'oneill' de l' ie(
r 
c houehèrent Ie: 
oreillcs; 
aint Il'l'llee, conlnlC il cst Jlll'ntionué plus haut'l di I 
qUl' 
i 
aillt Pol) l'illlH' eÙI l'lItclldu Il'
 hla
phi'1l1es 1Il'
 Gno) 
titlul'S il se 
erait houché Ics orcillr
, en dt'pluruut Ic telllps dan:' 
lequl'1 Dil'u ra\ ail '"it, Î\ rt
. lis (II aat h(
llw tisaienl Hile ..loclrine I 
non pal:l'l' q ll'
'Jle i't
lit, a
leiclll
(", 
ll
il) I:al'ce (1
1'
lIc é
ait 
oul 
yclle. L ullatllt'Il1C cut ('te tout-a-hut 1l1cf1teacc, SJ 1011 .'-a\ all pl 
rl,tl'ndre (\u:\ propo
ition
 non anathi'nlati
éc
 dès Ie connncn. 1 
{,cluent; cur ccUe HOU' caule elcl'Uc origillalité ù'appal'ilion 
on I 
la ,érital}lr nwrqul' t'ara('ti'ri
tiquc dc rhl'résir. I 
2. E\POSOlb Ie prilleipc dogntati(lue, tlui a ùe la force: Li. ' 
\{>rité c,iste dOllc; ('lie cst Uill'; rCl'reur religicll

 cst en clle. 
luèlnc <-runc nature illlllloralc; ccu
 tplÏ la souliellllcnt se rel)'l 
dent coupahJes ell agi

allt de la sOftc, 
1 nloill
 quïls ne Ie fa

("n I 
ill\ olontail'<.'lllent; rOB ..Ioil la I'cdoutcr; la rcchcrche <.Ic la yél'ih 
Il'cst pas 1I1le affairl' de ('urio
itl'; ratteilldl
e Ill' doit pas pro 
tluil'c rC'\l'itatioll d"ullc dl'COUYCl'lt'; Ilotrc l'
IH"it cst inri'rieur 
 
la vérilé, rt non au-elc"'u"- d'cIle, ct il c
t tl'BU, Bon pas Ùt' fairt
 
sur' elle tic IOIl
S l'Olllrrlcntairc
, Blais ùe la \ l'nérel'; 13 vérité r: 
I'prrcur 
olll placées ùe\ ant HOUS pour ('prou\ cr no
 tU'lIrs 
notre choi:\ ('
t un til"agc rctlolltabl.., dcs lot
 
UI" Icsqucls 
I)n 
iu
...rit
 not re 
alut on notre condanulalioll; "UYHnt louIL'S dlO
l'S 
if c..;t néce
saIrl' tr:)\ oil' la foi catholique ; )) (( 
elui qui ycut êln 
SH1.l\é doit croirc ainsi, et non autI'C111cut;)) cc si ,nus Ùl'1l1aIllle; 

, ètrc éeJail"l"
, ct l,Jt" l'Z 'otl'(.
 \ oi:\ pour ohtcnir lïntdligence 

i VOliS courez aprl's la ,érite COHllHC après rargcnt, si \ ous Ii 
recherchcz COIlllllC un tri'
or cal'IJé, alol"s ,ous co01rrrndrc
 
13 crainte du SeifOlcur, ct 'OllS oLtiellùrez la cOllllais
anctl 
,Ic Dietl. )) 
,E
po
ons nwilltenant Ie principe des philosophies et ùe 


(') Ad Epict., 2" 



- 561 - 


'lérësies, qui n .est que faiblcsse : La yérité et ferreur en religion 
Ie sont qu "uue affaire d"opinion; une doctrine est aussi bonne 
lu"une autre; Ie Jlaître ùe l"unÌ\-ers ne prétend pas que nOlls 
"0) ons ohligés cracquérir la yérité; il n'y a pas de yérité; nolts 
1e SOnll11eS pas plus agréahles it Dicu en croyant ceci qu 'CIl 

royant ccla; pcrsonne n "est responsable de ses opinions; Irs 
,)pinions sout unc affaire de nécessité on craccidcnt; il suffit de 
?roirc sincèrClnent ce que no us professons; notre Inérite consiste 
", chercher et non à posséder; notre de,"oir est de SUi\Te ce l{Hi 
lOllS scn1blc \Tai, sans nous inquiéter que ce soil la yérité on 
non; il pettt y avoir un avantage à découvrir la yérité, n1ais il 
In'y a pas de Inal à ne pas y réussir; nons avons Ie pouyoir de 
;prendre et de laisser là nos opinions, selon notre bon plaisir; 
:Ia foi cst seulcluent du ressort de lïntelligence, et non pas de 

elui du cæur; nons pouyons avec sécurité nOllS en rapporter à 
,rJOus-nlèlHes en nlalière de foi, et nous u'a\ons pas besoiu 
Jautre guide. 
c..; 
Deux opinions se présentent; chacune d'eIles petit ètre abs- 
tl'aclÏYCU1cnt \ raie; ou bien encore, chacune pent renfernlcr 
nne doctrine délicate, large, vigotlreuse, flexible, variée et 
e\pansÏ\ e; rune est regardée COlllIllC une chose Ìluli{férente, et 
("autre con1ffie une affaire de ,ie ou de mort; rune est saisie 
par resprit, f't rautrc par Ie cæur. II cst facile de yoir celIe qui 
Succol11bera à rautre. Tel fut Ie contliL du Christianislne avec Ie 
,ieu\. Paganisnle, qui n "ayait presque plus de vie quand Ie Chris- 
tianisn1e apparut; ayec les lnystères de rOrient, qui fuyaicnt 
çà et là conln1e des spectres affreu\.; 3\ ec les Gno
tiCflIes, l(ui 
disaient quc la science cst toutc ùan
 tout, détlaignaient Ie 
grand non1bre, et appclaie..lt les catholiqu p s des enfants dans 
la ,érité. Tel fut Ie conflit qu ïJ eut à soutenir a\ ec les J\éo- 
Platoniciens, littérateurs péJants, visionnaire
 on courtisans 
 
ayee les :\Ianichécns , qui faisaiellt profession de chcrclter la 
\'érité par la raison, et non par la foi; aycc le
 inconstants doc- 
teurs de récoll\ d"
\ntioche; avec Ies Eusébiens, qui s"acconl- 
:n1odaicnt au ten1pS; avec Ics Ariens, changeant sans souci: 


ßmuoTII. IIlST. 6 e A:\
tE. fer Or\'R. 


;)1 



- 3G
 - 
c,..fin a,ee ll':-' fanatiqul's 'Iontalli..les ct Ie" 3u,rèrcs 
o\alil'n I 
clui lH1ï:-,
ail'nt la tlcH'll'ine t"lIlholique 'all
 ainll 1 r la leur. Ct l 
sc('le" H'rn aient Hi 
lahiliIC, Hi cOllsistanec; clll'
 rCllfcl'lllaiel 
f.qH
ntlallt dl'
 (''It'IlH
nh tie 't'ritl' lIu
Ic'" i. leurs l'ITeurs; t't 
Ie Chri
liani:n
e eÙt 
té" tOnllHC ('I
es, il aUI'ail, I
U, se (
is
oud. 1 
C'U clll'
. 'lab II pO

l'tlaat cclle JHII

anc'l' de 'l'J'lle CllII Jonn:' 
." " , " I ,I 
a 
es cnSCI
llellll'nls unc ,gl'a\ltc, line re('IItHc. (', un(' con
J: 
!aIlI'C, Hill' 
é\l;I'i!t' et IIIIC forcc (I"I' ('CS 'I'('!I'
 IÙ" aiI'll! pas. I 
Ile JUJU, ait tlonner 
IU Ilia I Ie nonl dc' hil'H ni aU hil'lI 1(' IIOJ 
de IHal, pan
e ctH ïl l'ta hli
sail HUl' ùitl'ércnee enlre cu
: iI r' 
pOll\uit 1'11-' 
e jOUl'l" tie ct"' clui l'lait si 
ull'nnl'l, IIi 
r sc"pal'( 
cI ' ('(' qui ('tait si 
olidc. l)ul" 'uiIC, duns ccue colli
ion. 
Chri
lil1Hi"lIlf
 IHit l'1l pièl'l'
 
es antagolli
Il'S, t't s"t
IHpara c.' 
Jl'tlr
 dépnuille
. 
C.l'st Ie nH
'IHe l'
prit, 
ou
 une aull"c fOl"lllC, qui a fait Ie 
Illal"t
 ,.
. Ln l"()nfc"

ion dc la foi l
tait, dnBs la pl'atiC(ue, C"t.' qt' 
la Hll-thode dOglllUliqHC ëtail ùans rcn
eigllenlcnt. <:hal'tu 
otfl'il 
()u, Ull a
pect diITérl'nt, Ie IllèHH' principe tie ,ie, cii
tÌl 

Hant la foi dl'plo) éc en lui des pllilo
ophies (Iu Inolldc dOu 
('Ùtt'" ct des rdi3ion
 tlu InOIHle dl' rautl"l'. L(,s 
l'etl'
 païenw t 
c'l les hC"I'l'
ic
 dont fait Juention Illistoire tlu CJu'i')IÎanislll' 
ftll'ellt ùi

ipl'e' par h,' 
OUml' ùt' ropinion qui It's it, ait forllll'c
 
Il' Pa
ani
n1l' u'cll1hla ct c'pi I'a i. la 
inlpl(' 'lIC de rl'pl'C tll 
pcr
écution' quïl a\ ail c.1t"gaiuée. Lïlllelligencc cl Ia forcl' fUl'l'1 
l1fll plo
 ét'
 rUllc ct raulre pour l
pr(H1\ CI' rO'U\TC dl' J)ieu c 
cclle de Illolllllie. Ellc
 pré\ alurclll 3' CC la clerllièrl'; tHai... 
l'ntr'c Ies IlWill
 ell' Dil'u l'lIc
 ne fun'lll ((Ut" cll'
 illSU"Hllll'll t 
pour filÎrc l..iolnpher 
Oll æu\ lac. u Personnc, dit ,aint .Ju
lill 
lI.a eru Soerall' au point dc IlIOHI ir pour In dOl.trinc quïl a'3 
l'll
cit:néc. 11 ,[ Janwis on n'a \"u pl'I'
onne entlurt
r la Ino!'t pou 
rc.'llloigllcr de 
a f()i en rc,i
tl'rlC'e tlu soleil (I). 11 Ll' Cllri
liêll)i
rll 
cst arrin
 it 
èS proportions en tirallt alilnent l'l l'cJnèdc de lot; 
ec qui rHpproehait, l't nl'aJlllloill
 Cll COIl
erYaHt 
Oll f) pc uri 
ginal par 
a tonllai
stlu.:
 ct son dffiour de cc qui avail l'll' ré'l,1 


I) Justin, --'poll., ii t to, Tr}ph. 121. 



- 563 - 


IJl1C fois pour toutcs; il ne pou, ait par consé(!Uenl ('Ire Ie pl'O- 
{nit d'nne iInngination partieulière. 
, II cst des écri\ nins ({ui regardent Irs prel11iers siècles dl' 
r}:glise conune un tCll1pS oÙ Ies opinions étaient lihres, ct la 
"onsciencc, eXclnpte de roJJligation ou de la (enlation de rcec- 

roir ùe confiancc ec qui n"ayait pas été prouyé. lIs se fondcnt. 
llpparenlfficnt, sur cc quc répoque des grandes dècisions théo- 
lop;iqucs ue date que (Iu tltIatrièulc sièclc. C"cst cc quc)1. Cuizot 
,paraìt yotlloir dire quand il avance que Ie Christianisnle, (( dans 
'Ies prClnicrs sit'dcs, était une croyancc, un sentinlcnt, une 
'conviction individuclle (I) ; n que (( Ia société chréticnne paraît 
a\oÌr etr, à cette époque, une Silllple as
ociation (rhOnln1c
 , 
'aniInés des InênlCS scntinlents, et profcssant la lnème foi. l' "te
 
'prcl11icrs chrétiens, continuc-t-il, s"ass
mblaient pour jouir (k
 
,Iuêlnes én10tions et des Inên1CS con\ ictions religieuscs; car ou 
'ne pcut trouycr quïl y eÙt alors aucun systèIne de doctrine 
,établi, aueune fOrInc de discipline ou de lois, ni aueun corps 
'de Iuagistrats (2). n Que prétend ...\I. Guizot en disant que Ie 
,Christianislue n'a,'ait pas de nwgistrats dans Irs prclniers siècles'! 
- 
Iais, de quelquc lllanièrc que cc soit, lors mènle que Ics 
'ehos(\s auraient existé con1nle Ie prétcnd )1. Guizot, il n"établit 
'proprcn1cnt, dans scs assertions, aueunc distinction entre Ull 
Pl'illcipe ct ses déveIoppclncnts. II est \Tai que Ie principe 
: tloglnatique s "cst déycloppé dans les eonciles a\ ec Ie cours du 
telnps; Innis ce fut dans to utes Ics parties de Ia chrétienté un 
principe aetif, et qui InènlC fut tout d"ahord ahsolu. Cela prouve 
d"une luanière conyaincante quc Ia vérité était une; qu "ellc était 
un don (l"cn haut, un ùépòt sacré et un bien incstilnahle; que 
ron ùeyait la révércr, Ia gardeI', Ia protéger ct la transnlcttrc; 
{(ue son abscnce était tlnc priyation énorlnè, ct sa pertc, Ull 
malhcur indicibIc. Tout ceIn s"aecorde parfaitcnlrut avec la per- 
plc\.ité el lïgnorance oÙ fon était dans certains cas pour suyoir 
cc qui était Ia ,'érité, la manière tlont on déeiderait Ics question
 


(t) Lec:ons sur la Civil. Europ" 
(2) Ibid. 



- :)G1, - 
lloutcuses, on lluellt.'s étaicnt les IiHlitc
 de Ia révélation. l.cs 
eonril('s ('t Il'S papC's 
ont tè
 
ardit'll
 et IC'
 instrU)Ht'nt
 ùu prin. 
ripe ùogn1êltiquc, Inai" ils ne sont pas eUX-llll'UICS Ie principe; iI; 
pré
uppo
cnt Ie prineipr ; ib sout P(HI
S(
S i\ ngir ({uand on 
in\"oquc Ie prineipc; lllais, ayant (Iuïls n'occupasscnt leur ))I
cc I 
li'gililHe, Ie prineipc pou\"ail. agir ct c
ercer une puis'3ancc 
reeonnllc dan
 1<- mom elllenl dll ("mOps rhrétÍrn, I 
L "c:\.t'luple de la conscience, qui nou
 a dt"jà scryi comlnr 
I 
(
(>laireis
t'llIcllt, peu elleOI t
 ici JlOUS' {'nil' C'll aide. La l'onscirnce 
e
t à rhi')toire <I"un individu ce (lu"t'tait Ie principe (10gnmliqu(1> I 
à Illistoire ùu Chri
tiatlislne. Dall
 rUIl t't rautre ca
, on ,"oit 
sc former, pnr degrés, une puis!'nncC' (l'.1i t.1il'igc cn vertu ({"un 
principe. l.a yoi\. naturclle tic la con
cicllce a hien plus de puis- 

all('(' pour étahlir ét pour 
antti()nn('r un principt" llc muralr 
(IHC pour d("tcflniuel' a\"cc succès ce quïl faut faire dans certain
 I 
('ns pnrtienlicr
. Elle ngit COlllll\e 1111 IIlt'
sag('r d"cn hatH, rt 
nol.lS dit qu ït y a hi
'n t.'l nlHI , et qu ïl faut 
ui, rc Ie hi en ; ß1ais 
('lIc rcçoit dc... ilnpul
ions 'al"iée
, sui\ ant la ùifft."l'ellCe des per- 
sonnes, ct c'esl pour celn (IU "('lie tonlhe dan
 rerreur. Elle 
prcnd rerrcur pour la \rrilé, et né3lulloin
 HOUS ero) ons f}ue 
dans touh's les cireon
tanccs, ITiènH.' dan
 ('dies oil In ("on
('i('nce : 
a (,té nwl fOflnéc, si ron ohéi...
ait SCI"UPUlCUSCIHCllt t\ sa ,oix , 
elle s"é('lai.'crnit pnr ùegl'l'
, sc !'illlpliHerait ('t se prrfedion- 
nerait dc fnc:on , que 
i lc
 c
pl'its ('taicnt honnl'tcs, ils filliraient
 
(
uoi(lu"cn parlant t.run point ùi{1'
'rcnt, par an-hcr à une 
('ulc 
C't ffit;1I1C '-t-rité. Ce n 'est pas t\ dirc qu"il ) l'Ùt une incertitude 
nussi 
rnn(le quI" ceIlf'-H\ <Inns ri'tat dc conHai
s3ncc ùes prc- 
Inicr
 sit.\
lcs; car il ('
t I.i('n IHnnife
tc (IHe dans la primitive I 
}
gli
c, Ics Pl')'CS excrc:aicnt plutòt le5 fonrtion
 ùc pnstcurs que 
celIcs de ùoctcurs : c "rtait Ie siècle de
 rnartyrs, répO\IHc de 
raction , l't. non celie de In pcn
éc. Les doetl'urs. ,-inrent nprè
 
Ics nlalt) rs , dc lnèlnc quc la hunière cl la pai
 suiycnt Hotre 

oHrnis
ion Ü In ,oix tic In con
cicnec. Ccprndant, r]
gIÎse ét3Ît 
enracinée dans se
 principcs a, ant Inè lUC que sa doctrine cût 
rC<:11 tout 
on drycIopppnlcnt. 
1\ous pou,.ons Iléannloins accordcr à )1. Guizot qu'au conl- 



- :>G3 - 


nlcncrl11ent tin Christianismc les prinripcs HC furent ni si hieH 
cOlnpri
, ni nlaniés a\ ec autant de soin quïIs Ie furent dan... la 
suite. Dan.., les prcluièrs sit'cles de rÉglise, nous \ OYODS dc
 
traf'CS de couflit et de ynriatiolls dans Ics éIi'lHcnts de In thl'O- 
Iogie; ces éléInents étaient cn yoie de conlbinaison, Dlais iI
 
3\ aient hcsoin tl"ètrc coonlonnés et arrangés a\ nnt que roo pùt 
S'CIl seryir ayec pl'éri
ion conlIue (rUn tout. DnDs 111ille c
elnpJ{'s 
de pen dïlnportance, les traités des preo1iers Pères nous 
prouycnt les nOlnbrcu
es déeouyertes que rcsprit de rÉglj,p 
faisait dans Ie trp
or de Ia \ érité, découyertcs rédlcs, nlais 
incoillplètc
 ou irrégulières. De plus, Ie
 doctrines JUènll"S des 
hérétiqucs sont Ies indiccs et les antieipatioDs de Ia pensée de 
r.:gli
e. De luèlllC que Ie prclnicr pas pOllr rtablir un poillt de 
doctrine cst de Ie souleyer et de Ie discuter, nous pouYon
 
rOllsidérer les hérésies dc chaquc siècle, conlOle Ia lucsure de 
I'état intellcctuel de rl
gli
e it ces lIÏ\-crses époqucs, rt de Ia 
nlarche de sa théologic; clIes no us indiqucnt dans queUc \ oic 
se dirigcait Ie courant, et rëtbondance ayec laquellc il coulait. 
Ainsi saint CIélnent peut ètrc appelé Ie rrprésentant de réIé- 
nIent écI('ctique, et Tertullien cclui de rélénlcnt doglnatiqut:'. 
Pcut-être que saint CIénlent aUa trop loin dans ses applications 
it la philosophic, ('t que Tertullien nffiflna aycc trop (rc'\a- 
gc:.ration I'inullutahilité tlu sYlnbolc. De plus, on trouyc daBs 
Tcrtullien Dlènle les deu
 principes opposé
 du dognle et du de- 
yclOppenlcnt, f{uoiqu ïl Ics présente un pen alualgalnés run ayt'e 
rautre, et lluïI ait une tcndance plus prononcée pour Ie prin- 
cipe ùo
nlatiqur. Quoique les 
Iontanistcs fìssent profession de 
négliger Ia doctrine, néarHlloins c 'cst surtout dans les IhTt's 
1l1ontanistej de Tertullien que sc trOtH cnt ECS plus fortes asser- 
tions sur IÏuunutahilite du syrnholc; et son c-xagération i. ee 
sujet est non-seUlt'111cnt en harnlollie aycc Ie tcnlpél'anlcnt sé- 
vère ct ardent de cet écrÌ\ain, n13is encore 3yeC raustérité rt 
râpreté générale de sa secte. D"un autre côté , la Yél ita hIe La
e 
tIu )Iontanisl11c cst un dé, eloppClnent, non, il cst \Tai. de 
doctrine, Innis hien de discipline ct de conduite. On dit que 
'SC)u fondatcur sc donna pOtU' rc
prit consolatcur qui a\ ail. été 



- :JGG - 
prOffi.", ct pal' h
((ucl rJ
gli
c dc\ ait êtI"c renduc parfaitc. II 
pl'l'para ùes proplu'.tcs pour l\tr(' les organcs de In nouycllc 
réy(
lation, et appe1a le
 eatholiqucs terrl'
tres 011 dwrllcl
" 
Tcrtullien l'cconnaìt di
tinctelnent llH",H\{) la Jual'chc tlu dé\"clop- 
pClllCnt dans un de scs OU\ r[!gf',) nlontanistes. ..\près uyoir 11I('1l- 
tionné un usage 
ur IC(luel la nou, clIe J'é, élation tlont il parlait 
dt'IHallllait une dt)ro
ntion, il continue: u Pui
([1.1c lïnfirnlitt', 
hlll113ine He pOUY3it pas 
ai
ir tOlltes choses ({"un selll coup. 
c"e
t pour ccla (flU' Ie 
('ignrur [I eil\'o
 é Ie Paradet, ann (ItlP 
la di
('ipline pÙt êt."c gnuluelIclHcnt étahlic, régularisi'e ct 
conùuitc it 
a perfection par rE
p."it 
aint, Ie '
icai."e du Sei- 
gneur" .rai enco."(," hien tIcs cho
es à 'ou
 arrrcndrc, di
nit 
Jésu
-Chl'ist it scs apÙtrcs, Inais ,ou"..., etc. (}ue signific ccUe 
disu'ihution du Parnclct, 
i re n'e
t que la discipline cst cn- 
seicrnéc lcs Écritul"l'S c'" l )li( ( uéc... lïntclli(l'elH
c réforInéc cL les 

 , , 
 
anll,liorations cITectuééS ? Ch
HllIC chos.c 
t1hit Irs, icissitud{\s de 
rù
(', ct l1e yient qu'(
n "on tcJnp.... Brei', it y n ten/]Js puur tOUf, 
dil rEcdl"sia
te. Contenlpl(lz la nature, llui 
e di'\'eloppc gra- 
dudlenlcnt ju
qu't\ ce (Iu.clie ait pOl'h'. ECS fruits. n"abprd, nou=" 
ayon\;\ uue grainl" (}tli pou

l' une tigt"l; Iii t;gr, it 
on tour. 
fonuc un nrbri"
eau ; en
uite, les u."3nehcs et les feuiHages dc 
ce dernier grandi

l'nt, se fortifient , ct dl'yicnl1ent t'l' (JlH' nons 
entendons par un arhrc dé\ CIOppl" ; Ie hontoll sc gonf1e nlors; 
hicntôt il en éc!ol une ßcur, ({ui ('Il
-IHèJnc fait place tt un ffuil. 
Cclui-f'i, pendant un certain (l'nlpS, rcstr infonne, rt n 'cst. 
pour 
!Ïnsi dire, que r('IénH.
nt du fruit, ju
qu"à cc que, fllTi- 
\ ant par dcgrés it 
on tentp,;:, il .nÙri

l' f't de\"ienn{\ d"UBt' 

3' f"llr douce rt ngr
ahlc. f"c
t Ie n,ènlC ])icu qui cst rauteur 
de Ia veriu et de Ia nnturl'; In '
rtu fut (1011c au:,
i, v->nt d"ahord 
ct dans 
on principe, une nature sons rl)mpi."c tiC' la rraintc dc 
])ieu; de cet l
tat, pnr Ie n10) en de la Loi ct c1t'
 P..oph<"'!c
 , 
clle a passp à r cnfmlce ; pui
 it raide de rl
\ an
ilc, die ('
t 
3rrin
e it In jcunessc; et enfin'l die atteint 3ujotl.'(l"hui rÙge 
BIÙr par Ie déyclopprn1cnt que lui donne Ie l)arar1et (I)" .. 


{1) në Yir
. Yel., I. 



- 567 - 


Cc n'est pas seulenlent dans un principe ou une doctrine, 
'1nis bien dans son 
) stèJTIe tout entier, que Ie 
Iontanisme fut 
i ne anticipation rernarquahle ou un présage des déyeloppe- 
iwots qui comn1cncèrcnt hirntõt it Sf' InaJlifestcr dans rÉglisf', 
juoiquïls n 'aient été cOlnplétés tJtle plusieurs sièclcs plus tard. 
,;ous venons de yoir dans Ia personnc de Tertullien un cxemple 
u rif!oureux n1aintien de la foi prin1itivc, en n1êJne temps que 
admission df' ses dé\'eJoppements, au n10ins dans son rituel. 
.3 plnpart des autres particularités des 
Iontanistes étairnt éga- 
'
ment catholiques dans leur principc, soit en fait, soit par 
'nticipation : ainsi leurs jeÙnes rigourcux, leurs yisions, leur 
,eCOlHJllandation dn célibat et tlu 111artyre, leur ß1épris de
 
icns de ce nlonde, leur discipline pénitcntiaire et leur centre 
,'unité. Les décisions doctrinales et les coutltlneS rcclésiastiqurs 
IU 1l10YCn Ù
e sont Ie yéritahle acconl p li
selnent ùe ces tenta- 
" c... 
[yes opiniÙtrcs et infructueuses ponr accèlérer lè tlé\-eloppe- 
lcnt de r.:slise. La fayeur 1110rnentanée que Ie pape 'Tictor 
ccorda à cette sccte, cst une preuve de sa ressen\blance e'\tt
- 
.icure avec rorthodo
ie. l..cs célèhres saintes Perpétue ct Féli- 
ilé, qui soufTrirent Ie mart) re en l\frique, au COlnmenCCnll
nt 
'u troisièrne siècle, présentèrent, du Jlloins dans leurs Actes, 
e genre particulier de religion qui dégénéra hientõt en hérésie, 
1rsquc, quelquC's annécs plus tard, rÉglisf' Ie repoussa dp SOH 
cin" Les Donatis
es nons ont offert un exernple scn1hh
ble. Il
 
yaient, sur Ie baptènle, nne doctrine pareiUe à celIe de saint 
:: prien: ,,'Tincent ùe Lérins, dit Gihbon, en rapportant les 
emarques de Tillen10nt sur cette resscnlhlance, a expliqH'" 
iouf(!uoi les Donalistes LrÙleront éternellenlcnt aycc les tIi'- 
nons dans l'enfer, tandi
 que saint C) prien régnera dans Ie ciel 
\'ecJésus-Christ (1).)1 Et sa raison cst facile à 'saisir: c'esl que, 
joule Tillelnont, H conlnle saint 
\.ugustin fa dit sou, ellt, les 
)onatisles ont rontpn Ie lien de la paix et de la charité 3YCr I\'
 
utrcs l
glises, tandis quc saint Cypricn 1"a con
cryé avec Ie plus 
'.rand soin (2). Jt 


; (1) Hi
l.. t. III, p. 312" 
\2) 
ll'm. EcrJ", l. YJ, p, 83. 



-" 8 
- t)h - 


"rd
 
ont lr
 Inah"l'iaux illfol'lnes, uin
i (In 'on pent Ics app 
IeI', (ItH' rE
lisl'. par Ie Ino
 en de la cOlltilluitl' ct de la fcrull' 
de 
es Pl'iHCipcs, a ell J(, pOtl, oil" de eOflycrtil" it SOli prop' 
H
fI;.re. soit q H '('lIl' Ic
 ait r nun l's dans des p("f'(,
 pa f'tieuliers q 
('((lieul ÙUII';; 
()n 
il'oll, 
oit (PI"eHl' It's uit rl'ncontl't'S ('IH'Z J I 1 
hél'(
tjqllc
 qui Jui l'laieJlI étl':lng('I.
. ]
Jle 
l'1JI(' ('
t pal'\ CIUlf 
l"t'jcll'r' ain
i Ie )l}al sails saeJ'iIier Ie hieH, ct 
. (ellir rt'uuit's d 
('hoses qui dans toules les autres l'l'oll's ("taÎl'UI incolupatihl(, 
L'on fI'ot1\"e dan..; l
 Iltéolo
ie in
pirée dc saint .)ean, It's l'
}H't
 
sious (loul 
l' 
l'l"(lil'llt les Gno
liqllcs (t Ics Plalonieiens. 1 
('('r'Ì\ ain
 t 
 nitairil'us atll'ihnent 
Itr\ I'latouieiens Ia doell'illC 
la oi, iuitt', tlu Sl'i
nel11", cl (;ihholl attr"ibue uu\. (;uostiqu 
lïd(',(, tit' rl nearnal ion. l.t's G lu),tiques paraissent aussi Irs pI 
luil'l'S ( I ui aient c\.eret' (rUne Inanièrl' 
,stélllati( l ue lïlltl'lIifrrni 
w 
 
StIl" It's nwtii'I'('s dt' la foi; ('l Ie tenne tic II Gno
tiquc, 11 a l 
('Il)pl()
 t
 par' saint CI<"I1)('ul pOl1l" t!l

i
ncl
 son rhr"étien parra! 
Qnoi(lu ït c\islÙt des _ \scètes di'
 Ie eO'Hlllt'IlCeUll'n(, ccpcllùar l 
lïdt-l' d'unc l"di
ion pills rell',-i'l' C{l1t' h' thl"istiaJ}i
rllc <It' I 
uw

e, fut d'nhonl Illi
(' en 3' anl d'une Hwnil'rp scn
ihlc r l 
It'S (;110.;1 it) lW
, It's -'Jontanist e
 It's 
 0\ at iells et les ,. (lnil'ltèel l 
'ra'Hlis que Ic
 prophi,tcs tit's 'Jontalli
tl's figl1raient i. ranu}l 
it'S Doelcul"
 de rl

li
(', lenr ill
piration, 
on iUfaillihili'l,.1 
)(,UI"1oì ré,-(
Iations, scs tll" eloppt'IHcnts, rhérésiar'ltH' 'lout I 
Il"était Iui-lllt'IlU.' qU"lIIH' gro
,ière anticipation ùe saint Fl'an
.' 
tJ. \
sis
. 
()uS t11'rouyroHs au
si, (lans 
oYat, ulle aspiration 
la naturc 
. ees t,lcetioIls de 
l'iÌce
, telles (lu'oJ) Ics ,oit da l 
saint Benoit et 
aint Hn1I1o. \insi ('1)('01'(', Sahellins échoua tla; 
Sf'S en"orts pour t.'xpli(ll1el
 Ie IU) 
tère ùe la Sainlc- Trinih"; , 
dO('friIH' t!('\'iel1t une hél'ésic; la grÙ('(' It(' ,onlait pas ('/ 
(oull'aiute 
 It, cours de In pen
t'c Ht' pou,ait pas êtrc forc(', I 
la Ii.. ('c(h a doctrine I'Ct;l1t son d(
, doppclHent co.nplet dans 
\"("rilahl{' ( nitni,'ianisnJe dc 
aint ..\tI
:
:l1slif). I 
'- 
1,3 uoctrine s ÏnJlhrl' (Iu

i, en queI(lue sortc, à tra"('r
 I: 
('
p)"jl", l'l) ('onllllt'I1(:ant par It,s tht'olop-iens (rUne autorité iu L 
I'il'lll't
 dans rÉgli
e, ju
qu'
. ce <Ju"ellc arl'iyc it ètre <"IJOlle 
p
H' 
t'
 DOt'tl'urs. ()rigi'nc, '"fertullicn, Eusèhc ulèl11C ct 



- 
G9 - 


eCI'Î\ ains de récole d 'Antiochc, ont fourni les n12tériau
 dOHr 
Ics Pères se sont ser\ is pour écrirc lcurs cOlnmentaires on leurs 
traités. Saint Grégoil'c de -" azianze ct saint 13asile ont formulé 
v 
Irs principcs théologiques (fOrigène; saint Ifilaire et saint Anl- 
hroise sout run et rautrc rede\ abIes à ce mèJTIe grand écriyain 

 
de leurs interprétations de rÉcriture; saint .Ålllhroi
c a tiré 
d'Eus('be son conllncntairc sur saint Lue, et de Philon, quel- 
ques-uns de ses trait
s; saint Clprien appellc T ertullien son 
lllaitre. On peut décou\Tir dans Ics phrases Ies plus polics de 
saint Léon dc
 traces des traité
 prcslluc hérétiques de Trrtul- 
lien. L'écolc l1'
\ntioche, en l1épit de sa teinte d"ljérésic, a formé 
Ie génie ùe saint ChrysostòD1C; ct Ics évangiles apocryphcs ont 
fourni beau coup à la ùéyotion et à rédification des fidèles ca- 
tholiques (t). 
Les 11léditations profondes auxquellcs les Pèrcs pal'aissent 
s"être liyrés 
ur Ics points dc doctrinc; les débats, 13 turLulence 
ct les lucides définitions des conciIes, aus
i hien que lïJldécision 
des papcs, toutes ces choses HOltS préscntcnt, de diverses 
Inanières, au nloins quand HOltS les considérons réunies, dc
 
parties et ùes indications tIlt lnènle proeédé de dé\-eloppelucnt. 
ta théologic <.Ie rÉgli
e n' e
t pas unc" c0J11hinaison, faite HU 
hasard, il"opinions diyerses, nlais Ie travail nctif et patient (rUnC 
doctrine <{ui sort de llolnbreux nwtériaux. La conduite ùcs 
rapes, de
 conciles ct des Pères 111011tre rcn1ploi lent, pénible 
et inql1iet d"éléments nouveaux dans la forn1ation du corps de 
doctrines quc nons possédons. Saint \thanase, 5aint Augustin 
{'f 5aint Léon sp font rClnarqucr par la répétition in tenuinis de 
leurs propositions théologi{lues; on a ohseryé au contraire de 
Tertnllien, que scs Ot1\Tages (: indiquent une fécondité d"e
prit 
peu COlllu1unc, en rc (ItlC hi en rarClnent il Re répètc on rcyient 
à des pcnsées fayorites, ainsi quïl arriyc fréquenllnent, lllêulC 
au grand saint _\ugustin ('2). )) 
l\ou
 yoyons ici la différcnce qu ïl y a entre roriginalité d"es- 


(1) Galland, t. III, p. 673. note 3. 
(2) YO)T('Z la PrHace de )a trad, anglaise de Tertull. (Oxford), OÙ la (rempe 
, de son esprit est admirablement drpeinle. 



- :J70 - 
prit It' talcnt d In ,ocntion (fnn ))octcnr dc.' Il
gli
e; les 
aiBt
 
Pl'rc'"= dont nous Ycnon
 de parlcr appol'taicllt 13 pIns flT3nc.lt' 
attcntion t\ cc quïls l'u
l'ignaic.'l)t: il
 
:altadwic.'llt tic plus CIl 
plus i} It'ur snjet, rt''XnJllinail'ut 
Oll
 scs c.liITt'rentc.:
 faces, 
"i.l

U- 
rait'ut q u ïl He rCllfel"lllait pas de eoutraJictiollS, et pe
aicnt 
S('parl'luent Il'
 t'\I)I'e,
ioll
 dont ils se 
CI"\ nient. Si done, en 
eC'rtaiu') cas, il.;:: fl1rcnl lai
sé.;: (Ians lïgnorance, la gént'l"ation 
ell' n()etcul'
 qui, int en
Hitl' t'olllplc."la leur tra\3i1; car la pell
c."c 
("on I inua sa nw rche infatigna hlc ('I iIHf1tÌi,te. Saint G rt'!roire tit..' 
Xy

(' CUlupll'fe I('s in\ l'
tigatioH
 de 
aint \thana
c; 
aint Lt"ou 
c.onfil'IlH' le
 a
sl'rtion
 p(Jlt'n)it(tH'
 de 
aint C) rillt,. Saint Clé- 
rnent peut adilleltre un pur
atoire, et lléanlUoills ètrl' ('nelin à 
consit..l("I'c."\r tOllte Jwinc l'OlllIlH' c\.1)iatoil'('; ,aint t:) Pl'ien IH'tlt 
eroin' it rétat ins311etiíié des héréliqucs, et, dans 
3 doctrine, 
)"d'II
c.'1' (Iadn)('ltl'c I('ur haptc.\llIc 
 
aillt Hippol) It' pent cl'oire à 
re\i,tt'nrc pt'I'
onllcllc d II ,.. crhe de toutc rlernitt', et néaHllloills : 
parler ("Ollfll
l'IHeHtdc 
a Hlialion ('tl'rucHe; Ie ("oneill' ù" \ntioc.-llc I 
peut l'l'pndier Ie H10t Lon
Hh
talltici (h(JJIIOCllS;O{), ct celni de 
I 
"icée rÏIllpo
cr; saint lIilttire petll croirc au IHu'gatoirc, et 
("('pendant Ie rein o
 ("\r au jour dn jup.,c.'111ent; 
aint L\t Itana
e 
t 
les at1tl'c
 Pi'res p('u\'ent trailer la doctrine dc I'Ineal'natiull 
ei 
 J\ou'c Sci
n('nl' iH ec une t''Xactituc.le pre
(I'H
 
urnatul'clle, ct I 
en Ini'nll' trlHp
 fail'c l'Htentlrc
 allfant qu'un peut 
'en rapporlcr 
au:\. nlot
, t(uïll'lait sujet Ü lï!!.Bol'ancc ùans ri,tat llc 
on hnnw- 
nilt',. Lc S) In holt' de 
ai Ilf .& \ t haua
c peut adlnettl'c rédairci,
c- 
Inrut tin', dc l'uHion de riuue et tilt coq)
, ('t Ic
 Pèrcs (Iui \ i(,Hnl'nt 
apl't\, lui, IH' pas rappl'ou\ er; saint .Aur;nqin pent d"ahonl 
'op- 
po
('r it rt'IHploi de fa forc.'p ("\11 nwfièrc de religion, puis ('n
uile 
rapprou\"l'r. Le
 prelllii'r('s lituqáes pc.'U\ ent l'cnfcl'rnc."r (les 
pl'ii'l't's ponr It's tidi,les (U'("c."Llt"
 dans 1l'
qu('Il<
, 13 

iute 'Ïl'rge 
ct le
 Inflrt
Ts 
OHt inc.li
til)('teIHent plflC(
s au luèlllC raH
 (IUC It's 
chl'étiens in)parfait
 dont I('s pl'chés n 'étnient pas l'nrorc ('\pit',s: 
c.'t dnn
 Ic.'
 telup
 po
tl'J'it'nt's, on u pn COI1'cr\cl' cc (Iui était 
e
acl, ct suppléer à cc qui t"tait défc.TtU('U\ dans res litur
ies. 
_ \I'i
tot c a pu èt I'C r('pon
s{' par rCl'tains Pl'''l'
 de la pl'inÜti,"c 
I
glise, ct fournir, ùans la suite, la phra
éologic ùes ,ùétinitions 
I 



- 571 - 
théoIogiques. Enfin, pour passer à un autre sujet, saint Isidore 
ct (rautres Pèrcs ont pu prendre olllhrage de In décoration des 
t'
Iiscs , et saint Paulin a, ec sainte IIélène pousscr à Ic
 orner. 

 , 
II y a en yrrité dans rEyangiJe une certnine ycrtu rt une rcr- 
taine gràce qui change la qualité des doctrines, des opinions, des 
Hsages, des nctions ct des caract.ères personnels qui Jui 
ont in- 
torporés; ceUe ycrtu rend ju
tes et agréables à son diyin autrur 
It's choses qui aupara, ant étaient ou cont.raires à la ,érité, ou 
n'en étaicnt tout au plus que les olllLres. C
est là Ie second prin- 
cipe dont j"ni parle plus haut, et que j"ai appelé Ie principe 
I s3crmnentcl. (( Xous sa, ons que nons, enons de Dieu, ct que 
tout Ie nlonde est sons rempire de la faiblesse, n yoili\ rénoncia- 
,ion tlu principe; ou hien encore, tirons-Ia de la déclaration de 
rnpòtre des Gentils : u Si quclque honulle apparticnt it Jésus- 
Chri
t, if dcyient une nouyelle crt'ature; Ies choses [lHcicnnes 
ont passé; yoici qne tout se renouyclle. n 
\insi les rites e
t
- 
r'i
urs, qui, par cux-nlt\llles, sout :,ans méritc, perdent SOlIS 
rEyangilc leur caractère propre, ct de, ienncnt des Sacrements. 
La cirtoncision, conuue Ie dit saint Paul, est charnclle, ct 
est af'riyée à sa fin, tandis que Ie baptèlne doit durer toujours, 
eOll1111e a) ant été grcfTé sur un sy
tèlne qui cst la grÙrc et la 
\ériLé. Le InênlC saint Paul, élaLli

ant ailleurs un parallèlc, 
filet en contraste (( la coupe du Seigneur, et la coup
 des dé- 
Il)Ons,)) afin de nlontrcr, que pour ayoir part à rune on à rautre, 
il faut conln1Unil[ucr 3yeC la source à Iaqucllc cIles puiscnt: il 
ajoute cnsuitc (Jue Ie no us 3\ ons tOllS été faits pour participer à 
un 111èlne esprit. )t II dit encore que personne n 'cst justifié par 
les CPU\TeS de la Loi; pui
 il fait entendre, cf saint .Jac(Iues Ie 
déclare aussi, que les chréticns sont jnstifiés par les æuYre
 de 
I'Esprit. Plus loin, iI nlet cn contrnste Irs e"\erciccs de lïntelli- 

ence chez Ies païcns et chez les chrétiens. (( Cependant, dit-il, 
après 3yoir condamné la sflgesse des pflïens, nous parIoHs Ie 
langnge de la sagesse panni ceux qui sont parfaits, 11lais ce n 'cst 
pas celui de la sngesse de ce n10nclc; n iI cst clair que no us 
, n'nyons pas Le.soin de chercher ailleurs que dans les rcrits dc 
I r -\'pÙtre, pour trouvcr une t'loquence plus chalcureuse, une 



- 372 - 
olanièrc de rai
onncr plus préei
c, ct une r
po
ition de principc" 
plu.;; soignée. 
))c lllèn1r, 41'wnd le
 ('xorcish"S .J uif
 C
S:1
 i'rent I: dïIlyoqurr 
Ie nOll1 till 
eigllcur Jé'lIs "'ur ceux qui étaicnt possétl(

 des 
IIwlill
 r
prit:" )) 1(' di'lIHHl :1youa 4luïlllt' les (,oIHlai:'
dit pas, (.t 
leur fit Ull Illal cOI1)ord. Ifun autre eùtt\ ce (I ui les ayait pou:-;s{'s 
Ù 4'4'S l'
sf!i
 
 ('.tait, 41allS fa pl'..
onJlt' {Ie 
ainl Paul, un cxcluplc 
ètonnant oult. t
 P("' till principe qHC je Inch en hunii....c. It Dieu 
fai"ait ùes Juirad4':' IhtJ1ieulicr
 par Ie Illini..:tè..e ùe Paul, tie 

ortc {(UP ron fai
ail toucher it 
Oll eorp
 dcs HloHchoirs (.t des 
tahlicrs d ' pl'I'
OnIH" lllaladcs, ct au...,irût la lllahulie lcs quiltait. 
(It If' démOfl (T

ait 41(' Ic
 pO

l'del". It La grÙce 4Iui lui avait l'h" 
tlOIlIU"C pOlt\uit ..:c COlllIlIUni(llICI' ('1 sc rll>alldrc; cOl'tait une 
influclH'c eOllllllC: edle (flH' rClithon:,ia
IlI(', les HS3ges ct It's priu- 
('ipcs IlHWau\., It's IroÙts, la 
cil'llcc, peu\'cnt l'lcrccr dans till 
n..JI"c uin"l'rellf. I 
J)cs e"\.(,lltpll"
 p
rfllll'les df' rOpi'I'atioll tit' ('c prinril't' sc pré- 

4.'ntt'nt dans rhi
toil"e tic rÉgli..:c au,
itòt que lcs apùtrcs lui I 
t'HI'Pllt l'tl
 t'nlt', i'
. Saint Paul hlÙJHC It., distinetiolls étal,Iit\
 I 
. I 
dans If'
 yiandcs ct Ie!' boissons; iI hlÙlllc roh
er\ ation uu 
(Jb- 
hat, ucs jOltl":; ue fête, des OrdOllllaIH'C:' de 14.1 Loi, ct Ie ('ultt.' 
f1t'
 all
l'
. (
l'pcntbnt, d.'s 41Hl
 la per
4
rHI ion ent ce

{a, ("t (h"
 
lïn
tant oll il
 Ie pnrcnt, l4.'s Ch"l'liell
 oh
er\ èrent l'igolll'(,U
t'- 
I " , 1 I . " I "". 1 0 I 
I1Il'Ut. l'
Jl'1IIleS t'ta ) IS, '{'JH'n'I"l'llt ('S :1ngps, HlllSt (PH' nOll
 3r- 
prcnd 
aillt .1 u
tin (I). ct rt"tahlil'cnt rohscr\ atioll Ull ))inwndw. 
De lllèll1C C'lCOl"e, Ccl,c oLjcclC qut' It'S chrt",icns Il{, l! snp-j 
pOI"Wit'nf la 'lie ni dt'S tenlplc
, ni des autcls, ui des statues: '. t 
POl"ph
 rc Icur ..('proche (( ùe hlÙlner Il'
 rile" <<In f'ulte, le
' ie-I 
tinlcs ct rl'lll"cns que ron oirl'ait mn. dieu"\.; " ('t Ie ('Ollt..o\cr- 
sistc païen tll'nliulde, uane;: )Iillutius, ,
 pour((lIoi I,'s thrrtil'n
 
nOonl ni tl'nlpl('
, ni autcl
 ni inwgc5 ostl'llsihles, Hi saeriJiccs'l1t 
Cepcndant, trapri" 'fl'rtullien, il C\\t é\ idenl ({ue Irs ehrl'tirns I 
a\ aient. dc
 autels dt's 
al"rificl's ct des prt.tl"c!oo; ils a, aient au
,i 
dr
 i'!.di
cs, COlllIllC ('cIa cst suraboluhHHlIll'ut P"OU\ é par It' 



I) Voir plus loin pages 3
U-39:S" 



- 57;) - 


l'ffioignagc d'Eusèbe, qui, pendant In pcrséeution de Dioclélien, 
, ,-u (( renyerser les Inaisons de la prière; n Ie fait est aussi 
,Irou, é par rhistoire de saint Grégoire Ie Thaun1aturge et par 
,aint Clélnent (t). De plus, saint Justin et ..Uinutius parlent du 
'igne de la croix en tern1CS de respect tout it fait en désaccord 
'vec la doctrine qui enseignc que ron ne pent pas vénércr les 
nlblèlnes c,"téricurs de la religion. Tcrtullien parle des chré- 
ien
 qui faisaient Ie signe de la croix dans toutes leurs cntre- 
,rises, soit qu ïls sortissent, {IU ïls prissent leurs rcp3s, ou se 
'i\TaSsent au son1n1cil. Dans la vie de Constantin, par Eusèbc, 
'Ïn13ftc de la croix occupe une place très-apparcnte ; ren1pereur 
a ,-it dans Ie ciel, et se cOllvertit; ilia plaça sur ses étendards; 
'( la porta it In main quand il se fit éIe, er une statuc. T outes les 
,ois que la croix fut déployée dans les batailles, il rcmporta la 
,'ictoil
e. II désigna cinquante hommes pour la porter; il la fit 

raver sur les 3rn1CS de scs soldats; et Licinius redoutait sa 
missance. Peu après, Julien accusait les chrétiens d"adorcr Ie 
}Ois de la croix, quoiquïls refusassent d"adorer les anciles. 

 une épot{ue postérieure, on introduisit Ie cultc des ilnagcs(2). 
Le principe de distinction, d"après lequelies pratiqucs furent 
,ieuses chez les chrétiens et superstitieuses chez les païens, se 
rouyc dans certains passages de Tertullicn, de l..actance et 
Ie divers Pères, oÙ il est parlé des nlalins esprits placés en en1- 
)uscade sous les 
tatues païennes. Origène Ie fait 3ussi entendre 
,uand, après 3voir dit que rÉcriture ,( défend si expresséUlent 
es telnples, Ies autels et les itnages, n que les chrétiens sont 
I( prèts à enùurer la Inort, si cela est nécessaire, pIutôt que de 
Quiller, par aucune transgression ùe ce genre, la notion qu
ils 
mt tous de Dieu, n il donne pour raison \[ quïls doivcnt, antant 
,lue possible, ne pas tOlnber dans rerreur, qae les in1ages sont 
'Ies dicux.)t Saint Augustin, en répondant à Porphyre, est plus 


(1) Orig. c. Cels., vii, 63; viii, 17. (Voir not. Bened. in loc") August., Er. 
! 02" 16. l\linut. F., 10 et 32, Tertull", de Orat. fin. ad Uxor., i, fin. Eusèbe. 
-list", viii
 2. Clem., Strom", ,-ii, 6. p. 846. 
(2)Tertull. de Cor", 3: Just" Apoll., i, 5ä; :\linut.F., 29; Julien ap. Clf. \"1, 
;)" 194, Spanh" 
BIBLIOTH. IIIST" 6 e A

FE. ler Ol'iR. 52 



- :)j4 - 



xplicite encore: II Ceu'\., ùil-il, qui connaissent hien 1'.. \nl'ìt'H " 
Ie 
ouYeau Testament, He hIÙnl('nl pas, dans la religion p3Ïenrh' 
ri'rertioll des tCIHpI('s , ni lïnstÜution ùes prètres, IIli1is 
wulc 
Incnl d"a' oil' consacré Ics tenlpIes c1 les prèl res nux idoles ( 
êHI\. d{'mon
.... ta yraic rdi
ion eonclanulp, dans It's sllpcr
tJ 
lions dcs paÏcn", Bon pas préci
éllH'nt Ic<;; saerifires, puìs(IUC It 

.linb tIc ranti(Plité 
atrifiaicnt au ,rai ])ieu, mais les 
acl'jfic( 
offc_l"l 3U
 faux ùicux (t). n II ri'pond au 
1[lBiehécn t"austus j 
, l\ou
 ayon
 qnclqnc cho
c de COlllillun êJYCC Ic
 paÏclls, Uta'i 
Hotre hut est din'ércnt (
). n Saint JérÙnlc, en rl{utan1 les olj 
jection..; (Ie '-igilaocc 
ur Ie..; l'icrgcs et sur IluliIe, dit : (( Pare: 
qn "autrefois nous 
l\ OilS adoré Irs idole
, est-cc nne raison qt' 
doi, e nous CIlI pèt'hcr (radorer Dicu, de prnr de paraÎlre It 
J'(
ndre ùe" hOllncurs sCluhlahlcs Ü ccux qui étaicllt rentlus au 
idoll'
, ('t qui alor
 Í'laicllt dl.tc
tahle
? C"est dc la mèlllc ma; 
nière ((ue nou<; honorolls Ic, nlart) rs, ct c"cst POUI" cda {Iue ('( I ' 
Itonneur doit l'tre pernli
 (5). n 
Vi'S les prel11icrs telnp
, {.ell\ qui furent appclë<;; au gon\cr l 
. , 
JlCIHent ùe fEglise, pll'in
 de confiancc dans la puissance ù, 
(:hristianislTlc pour ré
istcr it IÏnfeetion ùu mal, ct pour appro l 
" · I " Ù I ' , I " I L" I I 
pncr a u
agc u cu tc evange H-Iue cs OUJClS el c
 apanagc j 
du l"l1ltp tlu (h
lnOn, 
l'ntaicnt au
si ((ur ces u
a
es ycnaien t I 
dans leur originc, ù'une ré, élation priluitiyc ct ù"un instinct d l 
la nature, quoiC(uïl
 ('u
sent. élé ('orrolnpus. Con, aillcus quïl' 
clcyaient in,-cnter cc ùont ils avaicnt he
oill, sïIs He se sl'n"aien 
pllS ùc ec quïls trouvaicllt, l't traillcurs, ayant a, ec ('u
 k , 

lrch(
t) pes de cc dont Ic Pa
anisnlc n "ayait qnc les oll1Lres, Ie 
Pusteurs ùe rt:gli
c étaiLnl disposés, aussitÙt que rocf'asion sl 
présenterait, à allopter, à sanctionner on it inliter les coutUlll(' 
ct Ics ritcs populaircs, au
si Lien quc Ia philo
ophi(' des dassc, 
in
truites dc la 
Ol"il'té. Saint Grégoirc Ie Thalllnalurgc dunn 
1(\ prl'luier eJt..clnplc de cctte nlanière (fagil', qui soit {'onsigné I 


(1\ Epp. 102, is. 
(2) Con tr. }'a ust., 20, 23. 
(3) Lact., ii, 15, 16; Tertull., Sput" 12; Orig., c. Cels", vii, M-OO" \ug ï 
f'p 102, 1
; eontr" Faust., X
, '23. Hieron. c. Vigil., S. 



- 57ä - 


f rut rapôtre de Pont, dont les habitants paraissent êtl
C l't.'- 
,Huhés dans Ie paganislne au ten1pS de Pline. ,r oici conlnlent 
'lint Grégoire de 
ysse rapporte rune des méthodcs clnployéc
 
-ar saint Grt>goirc Ie Thalunaturge pour gouverncr une popu- 
,ilion opiniàtre dans ses erreurs: u En revenant de la vilIe, 
..it-il, et en \ isitant ses environs, if s'occupait d"accroitre la 

[éyotIon du pcuplc en in
tituant partout de joyeuses fètcs en 
;'honneur de ceu\: qui étaient nlorts pour la foi. Les corps de
 
martyrs étaient dissélninés en divers licux, et au jour anniver- 
I aire de leur lnort, Ie peuple s"assenlhlait, se livrait it Ia joie, t't 
'aisait des fètes en leur honneur. Cela prouve, en yérité, In 
,
rande silgesse du Saint....; car, s'aperceyant (Iue des popula- 
ions enjouées et ignorantes étaient retcnues dans les crreur
 
tlc lïdolàtrie par des agréulents sensurls, et ,oulant, à qucIque 
'wi:\. que ce fût, leur assurer ce qui était de Ia pren1Ïère impor- 
ance, à savoir, qu "dies se tournassent ,ers Dieu et laissassent 
!!eur
 yaines idoles, illeur perInit de se réjouir et dc se conso- 
;Ier al1près des tOlnhcaux des saints martyrs, comrne si leur 
-
onduite deyait, ayec Ie tenlps, éprouver un changclnent spon- 
i3né, et COlnme si la foi devait les conduire à plus de grayité et 
) une régularité de nlæurs plus sévère. Heureux résultat qui 
fut ohtcnu sur ces populations', chez qui les réjouissances chan- 
gèrent la satisfaction des sens en douceurs spirituelles (1). It J] 
-n'y a pas de raison pour supposer que la concession dont on 
\'ient de parler passàt les bornes (rUne fète innoccnte, quoique 
grossièrc; car il est digne de rClnarque que la mèlne raison, 
c'cst-à-dire Ie hesoin des jonrs de fètcs pour la 111ultitude, cst 
assignðe par Origène, luaìtre de saint Grégoire, pour expliquer 
l'institution du Dilnanche, de la fète de Pàques et de celIe de la 
Pentecòte, ce qui n'a janlais été rcgardé cúrnrne illicite. II est 
:
)frin\ en outre, que par cette indulgente politiquc, les peuple
 

e sont dépouillés de leurs grossières habitudes, heureu\. ré- 
'
ultat qui n'aurait pu _ êtrc la conséquence d"une concession cri- 
'luincUe. 


(1) Vito Thaum., c. 27. 



- :>7G - I 
I./C\.t:'nlplc donni- pnr 
aint (
ri\goi..c dan
 un h.'lnps ùe pcrsll 
cutioll fut suÏ\'i aycc ClnprCS"ClllCnt qualld arl'i\ n Ic 1110ffieut d 
la pai\.. Dans Ie cours tlu (Juntrii'llle 

ii'e1c, deu\. 1110U\'cnlcIU: 
un dé\ eloppl'lucnts S "Opl'l'l'l'rnt sur toulc Yéh'udur dc la chré! 
ticllh
 , 
n.cc unc rapidih'\ (Jui caractéri
c rE!.dise : run était asci 
tiqur l
t rautrc ritucl on eérl\nlOnieI. Eusi'hc (I) IlOUS dit till 
lliirércntcs 11lallil're
 quc rClllpCl'CUr Constantin, pour reCOID I 
In
HH.ler Ia nOlncllc religion au\. paï('lIs ) intrnduisit les orne I 
IHcnb c\.tt\rieHI'S qUf ceu\.-ci 3\ aicllt aecouhlnH',s {ialls In Icur l 
II nOc
t pa
 Ill
e('

ail"c d O ahonlcl" un sujet (Iue les écri\- 3in l 
protestants ont ell soin lip rentlre f:unilier i, In plupart d"rntr'j 
BOU". L Ou
agc <.It'S lenlpll'
, les l'u.li
cs déùiée...; à ùes saints partll 
culiers 
 l't Ornl'l'
 (ll' hranl'hc
 dOarhrcs (Iall
 certaines ucca
ion
: 
rCllccn", lcs hUllpes, Ic
 eicl'gcs, lcs otrl'andcs \ olives faitc I 
ponr la g.H
ri"oli <lotiIlC" Illnladie, rean bruilc, Ic
 asHes, Ie I 
jours dc fetes ct les ((liatre-tenlp", ru
agc des calclldrirrs, Ie 
p2'oces
i()us rt In bi'lll'diction tle
 Ch:1111pg, le5 hahits 
acerdo.1 
lau\., Ja tonsure, la ha
lIe dc nHu'ingt.', rusa
e tit." sc tournel l 
,rrs rOrient, celui tIes ilnages it une t'po([ue postéricure, reut 
('tre mèHIc Ir ("hant ùe rJ
gli
c et Ie Jíyrie eleis(JI (
), 
(;nt de: ' 
cholo\l's ù"origillc paÏl'Jllle, s1l1ctiHécs par I adoption de rÉglise 
 
'.lc huitièlne livre tic rOll\ rng-e de Théodort't C()1I1re les Gcn 
tils , qui c
f u sur Ics Jlal'l) rs, " lraite Ie sujl'l Ù'UllC Jllallirrc s 
t
lcndllc, que nou" dc, OIlS nous l'ontcntcr (rUn e,"cnlple dr' 
édail"cissclllcnt") qu ïl apporlc pour c
pli(lucr Ie principc ù'aprè
 
lequcl agi

ait 
aillt Gr('goirc Ie Thauillaful ge. t( I...e tClnps qu: 
(It
truil tout, dit-il en pa ..Iant dr
 Inartyr
, a conser, é leut 
g]oire illcorruptihlc; car, de 1I1Cllle que Ic
 1I0hies [lilieS òe rr
 
,aillfJururs pal"courent les cicux, ct sc Hll"lenl nux chæurs ùc
 
c
prits, de lnt-HIC leurs corps He "out pas cnf('rInrs dans dc
 
10Inl)(,ilu
 i
O]l'
, nwis Ic
 
l"nlllll'
 l't Il's petites yilles sc lcs sont 
part3gés; ils 50111 appell's les SilU' curs ct Irs llu"ùccins tics ÙIllCS: 

l des corp
, hunorcs COOHllC les protectcurs ct les gardicns des 


(1) V. Co05to, iiL I
 IV, 2;1
 etc. 
(2) D'après Ie Dr E. D. Clarke, Vo
'ages, vol. I, p. 3:>2. 



- 577 - 
cités, et rOll rccourt, auprès du Seigneur de tOllS, à leur in. 
tcrvention, par laquclle 011 obtient les dons célestes. Quoique 
Ie corps soit part3gé, la gràce dClIlcure indh-isible, et un de 
ses fragn1cnts a autant de vertu que Ie corps eotier des martyr
 
dont les parties n' ont pas été dispersécs; car la gràce, qui est 
féconde, distribue les dons en mesurant sa nlunificencc sur la 
foi tie ccux qui yiennent les prier. 
n Ccpcndallt cela ne vous persuade ßlème pas de célébrer 
leur Dieu; vous riez, YOUS ,.ous luoquez des honneurs qu "on 
leur rend, et YOUS considérez comll1e une souillure d"appl'ochcr 
de leurs tonlbcaux. 
Iais, quoique tous les hOl1llllCS sc llloqucnt 
des martyrs, lcs Grecs, du llloins, ne devraient décenunent 
pas se plaindre, eux qui offrent des libations et des expiations, 
cux qui ont des héros, des dcnlÎ-dicux et des hOl1unes déifiès" 
Quoique IIercule ne soit qu"un honlmc, ct C.luÏI ait été forcé dp 
servir Eurysthée, ils lui bÙtisscnt des tcnlples, lui élèvent des 
3utcls, offrent des sacrifices et célèhrent des fètes en son hon- 
neur; ct l1on-seulcl11cnt lcs Spartiates et les Athénicns, mais 
encore toute la Grèce, aiusi que la plus grande partiè de 
I"Europe. " 
Puis, après ayoir parcouru rhistoire d'un grand nonlbre de 
ùivinités païcnnes, et avoil' rattaché à la doctrine des philosophe
 
sur les grands homInes, aux nlonUlncnts des rois et des enlpe- 
reurs, toutes les choses dont ces édifices portent témoignage, 
ct qui sont bien au-dessous de 13 grandeur des nlartyrs, il 
continue: H Nou,; ycnons au tClnple des martyrs, non pas unf' 
fois, ni deux, ni cinq par an, IU3is nous célébrons souyenl 
lcurs fètes; fréquclnnlent, et 111ènle journellenlent, DOUS chan- 
tons des hYl11neS à leur Dieu. Ceux qui jouissent d'une bonne 
santé en delnandent la conservation, et ceux qui sont atteints 
de quelque maladie prient pour ètre délivrés de leurs son f- 
frances. Ceux qui n'ont pas (l"enfants prient POUI" en avoir; les 
fen1mes stériles, pour dcycnir mères, et les hon1mes C.Iui 
jouissent des bénédictions de Dieu, pour les conser,-cr. Ceu
 
aussi qui partent pour un pays étrnnger delnandent aux saint
 
de lcs guider ct de les accolnpagner dans leur voyage; ceux {lui 



-- 8 
- 
)I - 


en sont retournl's :-\ains ct saufs reeonnai
s
IH ccUe fa\"eur; il
 ue 
s'adrl'

cnt I'a
 au\ "'aint
 conllne à de
 dieu," Inai
 il
 Irs sup- 
plien
 conunc Ic
 alHi
 tie Dieu, et réclanlcnt leur intcr
c

ioll. 
Lc
 e.r-rolo offrrt:: 1 mI' lcs 'u\ a!!l'ur
 tl'nlOi
llent OU\ crlCIllcnt 
01 
 
qu ïl
 onl ohtenu c' qu ïl
 dClnandaicnt 
t que lc
 
aint
 ont 
pris 
oin ..reu,-. Le:, un
 leur ofl"rcnt lïlHa
c ùe... } CIl,", ceu\-It'. 
("rile des pied
.. ccu\.-ci relll' ÙC::' lunins; t.luelqncs pl'r
onlle
 
leur apportcnt tIc 1"01', ù'autre
 ùe rargcnt; leur Dietl 3cccpte 
lTIl\lnc It"
 plus I11iniull' ()hlation
 ear il rrll'
l1rl" la brandl'ur ùu 
préscnt sur Ic
 di"'po,ilions tic celui qui rofr..c.... Le
 philo- 

ophl'
 l't h:
 orateur
 
ont (ll'lai

l'''' dall
 roul.Ji" Ie", roi, Cl Ie... 
gr"and..; capitaine
 M)nt inconnu... nlelne de nonl. de Id plupart 
de:' h0I11111(\,: Jllai:, I('
 nonl:, tll'
 H!aft) r
 
Ollt plus faillilicrs au\ 
chrétien
 {Iue CCll\. dl '" prrsonnc
 qui leur 
ont l("
 plu
 rhèrcs. 
lIs 
l' fon un point d"holllll'Ur ùe ùonner Cè" BOlUS à leul S 
l'nr3nt
 
n ,ut' de ll'ur ohtenir par I
l 
alut el protel'lion.... Dc 
plu" Ic, Ùl'Il1CUreS "
.u'récs tIc ce
 "oi-di
anl dieu\. ont élé ,i 
bien d
trnih':, q uïl n "l'1l re
te pa
 Inêrlll' la (rate; la fOrllle de 
leurs autl'l
 c-..;t iueonnuc au\ hOllllncs de ccUe Cl'l}l'ration.. 

 
tandi
 que Icur
 lllah.'riau\. Ollt l,té cün
a
ré... à ùc, cuiI' les 
chÙ'):-
 ÙCS l1\art
 r
. Lc Sci
ncur 3 Ini
 cell\. qui sout Inorb 
pour lui à la placc ùe '0' dicu\.: il "" 't.':,t déLarn,
:,é des dernier
 
('t Ic
 hOllnl'ur
 dc:, tl'lnpll'
 païcn
 ont étl
 trall...fl
I'és 
\ tI"
HItrl'S 
po
cs
curs. .! \u lieu de \ o
 pnnc..liC3 ùe, os dia,ics dc, O
 I 
tliol1
 
iaqllt.'.. 4..'t lie '0:' autl'c
 fêtes BOUS a' 011:' Il's fête:' ùe 
Pil'ITC, de Paul.. de Thonlll'), d(' 
erO"ilb, dc 'Inrcd, ùt.
 
L
oncc, ue Palltall'on ù' \ntoinc ùe )Iaul'icl' ct ùe
 autre
 
Inarr
 rs. .Au lieu de rancicnnc IH"Of"l"

ion ct tic lïl1détCIICC de 
parolc
 ct ({'action::, fallIilièrc au\. paieas, nous cl,lt:hron, lll'
 
fêtl'S Jnoc.ll'
tl'
 
all
 illtcln pérant.T 
3n
 orcric
 ct SHIS ril Co... 
hru) anl" : 110U" thallton
 ÙCS 11) 111ncs di, ins, nou
 écoutons de 
picu," di
eour
 rt non.... offrolb (Jl'
 prièrl'
 qui 
Ollt 3L'coßlpa- 
gnécs ùe 8ailltc
 lannc
. n '''oilå rc\po
é des ([ Prcu\e
 du 
Christiani
lnc a qu 'un é\ èquc till cÏIHluièlHC sièdc ofTrait DU'\ 
fìdèlc
 pour Il\
 ('on\-rrtir. 
L 'atloplioll tlt'
 ilH(:
e
 cut liclI plus ti.\nI encore. ct rcn,,'outra 



- ;jig - 
1I1le OpposItIon plus yiyc en Occident qu'en Orient. Cet usage 
ie<;; iUlages cst fonùé sur Ic grand principe que je n1ets Cll 
!mnière; ct, de lnèole qne j"ai donné des e\.traits de Théodoret, 
pour prouycr les dé, CIOppClllCllts du quatriènlc et du cinquièmc 
.iècle, jc citerai luaintcnant saint Jean Dan1ascènc pour la dé- 
'fense dcs déycloppelllcnts postérieurs qui curent lieu dans Ie 
.luitième siècIe : 
u Quant aux passages allégués par YOUS, di
ait-il à scs advcr- 
,aires, ils ne COndmll11cnt pas Ie culte rendu à nos inlDges, mais 

dui des Grecs, \lui en fais3ient des dicux. Parce que rusage 
ies Grecs ët3it aLsurùc, ce n'est pas une raison ù"aholir Ie nôtrc. 
lui e
t si pieux. Les cnchHnteurs ct les sorciers font des conju- 
"'ations, de IUt'HIe que rj
gli
e Ie fait pour ses cntéclnunènes; 
nais crux-lit inyoquent Ies déll10ns, taudis que rÉp;lise invoque 
Dieu contre les dérnons. Les Grecs consacrent (les inìagCS nux 
v 
Jémons, et les appcllent des dieux, tandis que nous en consa-" 

ron., au ,r[li Dieu int'arné, au
 scr,-iteurs et au
 HIllis de Di(\n, 
)ui chassent les dénlons (I). n II ajoute : u De nlènle que les 
;aints Pèl"cs ont renvcrsé Ies tenlples et les rcliquaires des dé- 
nons pour éle\-el' it leur place des reliquaires au n0l11 des saints 
1 qui nous rendons un culte, de nlème aussi ils ont détruir les 
mages des den10ns pour les rem placer par cclIes de Jésu
- 
:hrist, de la 
Ière de Dieu et des Saints. Sous rancicnnc 
tlliance, Israël n "élcvait pas de tenIplcs sous lïnvocation des 
OllUllCS, et n ïnstitaait pas de fèles pour honorer leur lnémoire; 
'ar alors In nature de rhon1Illc était sous ren1pire (rUne malè- 
fiction; la mort était un chàtinlcnt, et par suite un sujet de 
amcntation; un cadayre était regm'dé comme une chose illl- 
)tIre, ainsi que cclui qui Ie touchait; Inais aujourù
hui que la 
}iyinité s'est unie à notre nature, pareille 
 un ren1ède qui 
"end la yip et qui SlHn e, eHe ra glorifiée et ra rendue incor- 
'uptible. Par suite, la n10rt des Saints se change en une fète ; 
Iij leur élèyc des tel11ples rt ron peint Il'urs in1agcs....; car 
'image est un triolnphe et une lnanifestation, un 1110nUn1ent 


(1) De Imag", I, 2-". 



- :580 - 


Clui rnppcllc Ie 
ouvcnil" de la ,ictoire de ccux qUI se SOD, 
conduits nohleHlent rt :1\ er 
nHHleur d"inne, aus,i hien que I 
hOllte dc, tlénHH1' qui out été défaits ct rcn\"crsés (t). H II pourl 

uit cnrore : I( Si ,"ous prohiùez Ics illlng'es f. l'au
c de la .Loi I 
,"ous dc\"rcz bicutòt oh
cr' cr Ic "aLbat ct \ ous faire circoncire 
car la Loi rcconUlHHHlt, ces l'ho
es rOJnll11
 ir}(li
pcu
aLI('s; (], 
plus, YOUS dC'Tcz oLscr, f'r toutc 13 J...oi, ct HC pas céll'hrer I 
hors df' J(
rlI
(,I(,ln, la ft.'.te de" PÙque
. "ais sachcz que, si YOU 
ohscI'\"cz raneiCIlIl& Loi, J ésus-Chri\)l ne 'ou
 a profité CI I 
riell.... l\rrièrl' donr cctte (loctl'iut'; car {(uiconque d"clltr', 
VOlIS e...t juslifié scion la Loi, a per(lu la gJ'l\ce. n I 
II c
t tout it fait t.'ouforIul' ilIa tcueur de CC" oL'Cryalions (]cl 
fain,
 rCl113relucr, on d'alhncttl'c, que lIes ,uper
titioIl
 rt"cllcl 

c sont (Iu('lcluefois glis
e
es clans qucl((uc, parties ùe rJ
glisc 
pal' suite ell' scs rapports aycc Ic
 païcns; CeS 
uper
titioll., 
fUl'Cllt aÙllli
l's ou prl'Scple aÙlllises Iualgré In ré
islancc géni., 
rale ùes autorités crcIé
iibliqucs, à eau
e de la rcssernhlaw'c: 
qui existc entrc Ics ritcs païens ct ccrtaines parties du ritucl (]c: 
rEgIise. Dc nlèlllC clue la phiIo:,:ophic eUJ'rulllpit, à unc c"poquc 
SC
 théologiens, ainsi les supcr
tilions ùn Pflganismc COrrOll)' 
pircl1t :-.cs ficli'lcs; dt." lJu:'n.e que Irs plu
 spirituels se SOl1t laisst: 
('uvclopper dan
 les réseaux de rhérésic, ainsi les i
nOI'flnts Sc 
lai

i'rent COlTon. pre par la superstition. l'ous ,oyons saint Jcm I 
Chry
ostùllle s' élcyer 
l\ ec ,éhl"lllence contre It."s u
a
('
 
urcr- 
stitit."u" ((ue lc
 Juif... el lcs Genlil", introcluisaicnt pal'lui lcs ehré 
tiens t.L\ntioehr et de COII
tantinoplc. (( Que (Jiron
-nous 
tlelnaudc-t-il ùans un cllelroit, ùes 3l11ulcttes ct des eloehetlr
 

uspcndu('
 au\. nwins, (Ics (i

us (récarlate ct autr'cs ('hosl'
 
d"une cxtrèlllC folic, quanti on nc devrait cntour'cr "enfant que. 
cL
 la proft.'l'tioll dc In eroi\.? "ais aujourdl1ui on Iuépri
e' Ct 
qui a con\ crli Ie monde ent icr, c(' qui a causp une hlt.'s
lIl'( 
nlortelle flU <1l'nlon, ct rCJl\ er,é toutc 10:3 pui
s3ncc, taJlùis qlH 
ron contic 13 sÙrcté des enfant
 it de
 fìl
, II des tissu
 rt flutrc
 
I 
IInllllettcs tie cc gcnrc, " Apl'ès a\"oir IIlcntionuè tI"autrcs SUI 
I 
(1) ii, II. I 



- ð81 - 


perstitions, il continue: C( Que pareillcs choses sc passent main- 
tenant chez lcs Grecs, reIa n'cst pas étonllant; Iuais que de 
I telles incon\"enanccs puissent prévaloir parlni ccux qui adorent 
)a croix, qui participent à des nlystères incffables, ct qui pro- 
fessent une grande purcté de l11æurs, ,oilà ce qu
on ne saurait 
trop déplorer (I). n De luên1e saint ,Augustin supprilne les 
ft.;tes appelées agapes, qui a, aicnt été pcrnlÎses aux chrétiens 
d'Afrique, dans Ies prellliers teHIps de leur con, crsion. .( II 
est telnps, dÌt-il, pour des hon1n1cs qui osent s"ayoucr chrétiens. 
de C0l11n1enCcr à yÍ\Te conforInén1cnt à Ia volonté de Jésus- 
I Christ, ct de rejeter, 111aintcnant quïls sont chrétiens, ee qu"on 
leur a sculrn1ent accordé pour qu ïls pussellt Ie dcvcnir. n Le 
pcuple s
appuyait sur fexcn1plc de féglise du ,,- atiean, à Rome, 
oÙ ces sortes de fêtes a,-aicnt lieu tous les jours; et saint Au- 
I gustin lui répondait : H J'ai rntendu dire qu'on fa souyent 
défcndu; 111ais ce lieu cst éloigné de la denlcure de féYèquc 
(Ie palais de Latran), et (railleurs, dans Ulle si ,aste cité, iJ y a 
un granù nonl(lre de pcrsonnes eharnelles, et 
urtout d'étran- 
gel's, qui y affluent tous Ies jours (2). )t ...\insi iI cst certaincnlcnt 
po
sible que Ie sentÎlllent ùe la puissance sanrtifiante du Chris- 
tianisme ait agi conln1C une tcntation au péché, soit de rusc, soit 
de YÎolenee, C0I11111C si ft.
tat de ftràee détruisait la culpaLilitt" 
de certains aetes, ou que la fin justifìàt les 11l0yens. 
Dire que la di
tribution des gràees a été confiée it rÉglisc. 
c'est énoncer en (l"autres tcrnlCS Ie pl'ineipe que no us csquis- 
sons. Car si die a pu tranSfOrI11Cr les eérén10nies païcnncs en 
rites ct en usages spirituels, lJu
est-ee autre ehosc que d"être en 
possession (rUn trésor, et tre:\crccr un pouyoir illinlité sur son 
cl11pIoi? Dc lit yicnncnt les yariations nOI11brcuses ct les change- 
Inents que préscntent depuis Ie C0l1UUCllCen1ent du Christia- 
nisll1e, les n10ycns Saeramentels dont s"cst servie rt:glise. 
Tandis que les Églises de rUrient et de r \frique haptisaient 
les hérétiques quand ils se réconciliaient, rÉglise de ROIne. 


(1) Horn. xii, in Cor. I, trad" d'Oxf. 
(2) Fleury, Hist., xx, II, trad, d'Oxford. 



- 3R2 - 

in
i que rl
gli,r cntholif]ul
 rn fnit depui
, n1aintrnnit qur lïln- 
po
ilion dc
 Blains était "ufibanll\, 
i la fOl'lllC avait élé cxncll'- 
IIu'nt OhSef\ l'l' (Ian
 leur pr{\luicr haptl\OlC. l..n ('{'rl'fIlonic .Ie 
lïlllpo
ition t.lcs Inains fu 1 cnlplo) éc dan" di\ erscs cirCOIl
lnn('cs. 
8\l'C Ulll' 
ignifi('ati()11 (Ii
tin('fe : dans rndnai

i()n (Ies t'att.',thu- 
IH("Ill'!'. dans la rl'conciliatioll dc'" hl'n"tiquc
, llan
 la Confil"Ina- 
tion, "Ordination et la BénédieLÏon. I.:J
gli"l' d'Orieut 
enlhlait 
cl"oirc (Iue la nHl
é..ration ll(\s t.',It"UH.'llh dans Ie Haptt'JlH' ct 
rEudwrb,tic repo
ait 
u r In prièrl' Ïln oeatoire. Les Latins la 
pla<<:aicnl (laH
 la r(',(,itatioll des pal'ole
 in
titul'cs pour Ie 
acrc- 
Inent. Lc Baptl'111C rut qUl'I(luef()i
 tuhninistré par illlnll
rsion, 
et quelquefoi
 ell \"er
allt "cau 'Ul" In f(\le. Le llaptèlnc des 
enfants Il"("tait pa
 o])li(yntnirc <"orunll'il ra l'tt
 deplli
. I...cs cn- 
fant
, naênlC Cl'U\. it la IU:lluclle, étaicnl a{hnis au 'arrl'IHcnt tie 
rEudwri
tic dan
 r I
gli
l' (r \ frillUl', ('t darts Ic
 autrcs )
gli
es 
ele rt )ceidcnt. COlnnH' nujollrtl'l1ui cncorc chez It.'
 G r('c
. l.(

 
espi'cc...: du pain ct tlu ,ill ("tail'llt (1 uellJuef()i
 ntln)illi
tré('
 runc 
SêHIS rautre. L"huile fill e)lIplo
 l'(' à tlifTt"I't.'nt
 u
ages, dan
 la 

ut"ri
on des lualades, on COlnnle dall
 Ie ritc ù
 rE\.trèln('- 
()nction. l.a COllfl'!"
ion l't Iii P("lIiten('l
 fur(,llt (r:lh()n
 pu- 
hliqucs, ct cnsuile prÏ\ ées, eOIllIllC aujourd"hui ualls l")
!.disc 
de BOBlC. La di
pcn'c dt's o'u'res on des périodl's d(
 I-H
llitl'nc(' 
avaiL une 
i
nifi('atioll dif1'él't.'ntc 
ui\"ant les cil"con....tanccs. De 
luèIllC Ic 
iglle de la croi
 fut un tI(\S prl'IHi(
rs ill
trunlei)t
 ùe 

rÙrc; HOliS ayons cu l'lIslIitc Irs (
pOqUl'
 de 
aIH'Lification, )cs 
saints lÏeu\. rIll's pélcrilla
c", rcau hénite, Il's pril'rcs on i1utrcs 
pratiqucs pr('...;eritl'
, It's "l'tf'lncnts, COIUHH' Ic scnpulaire; puis, 
Ie ro
ain
 et Ie crucifi\.. l
t uall" quel(llie 
agc intcntion, 
an
 
donte. COIHIHC edIt' tit.' lI)ontrcr la pui
sanr(' dc r)
glisl' dans la 
distribution dc In f.!:I'ÚCC tli, iHC, ain",i que la 
piI'jtualité et la 
perfe('tion (Ie la Pl'é
l'ncc J
udlnri
tiqtH.', la cOlnnlunion SOlIS 
rcspère tlu \ in n éf(
 intcrditc à tous les fitlèlcs, e
ccpté uu 
prètrc qui offrc la saillte Elll'h
H'istil'. 
])ans rCS(lui
sc flui précède fni Lracé raITenuisscl11cnl gradue 
de la ùoctrinc ct uc"' rites dans r]
glise rhrrtil'I1I1C, et fai Jl'crit 
les principcs ù'après Icsqucls cc travail a été dirigé. 



- 585 - 
1. Les principcs Dogmatique ct Sacramentel ont, cn eonsé- 
I qucnce, été traités dm1s cette Section, tandis que les autrcs 
avaicnt été précisés dans celie qui précèdc: ainsi lïnterprétattou 
Inystique de rÉcriture, et la substitution de la foi à la raison, 
CÛIllI11e principes de contluite. 
2. La continuité ùe ces divers prineipes jusqu'à nos jours, ct 
la vi3ucur de Icur opération, sont deux garanties distinctes que 
, les conclusions théologiques ({ui en ont été tirées, sont, d"après 
la prom esse diyine, de yéritables développen1cnts et non d.es 
corruptions de la révélation. 
3. De plus, s ïl cst 'Tai que les principe: de rÉglise actuelle 
soicnt Ics nlèn1es que crux dc la priInitiye E
Iise, alors, queHes 
que soient les variations de croyance entre les deux époqucs, 
rI
gIise prilnitive s 'accorde, en réalité, plus qu'clle ne diffère 
avec rÉglise de ces ùerniers telnps, car les principes sont 
garants des doctrines. Par suÏtc, ccux qui affirI11cnt que Ie 
systènle 11loderne de rÉglise ron1aine cst une corruption de 13 
théologic prin1itive, sont obligés de signaler queUc différenee 
de principes cxiste entre rune et l'autre; ils doivcnt prouver, 
par exeluple, que Ie droit du jugclnent priyé était admis dani; 
Ia prinlitiyc Églisc, et (Iuïl s'cst perdu dans rÉgIise lIe nos jours; 
on bien encore, que fÉglise Inodcrne raisonne, tandis que 
rlt
Iise prin1itive ne se guillait quc par la foi. 
4. Sur ce point, je ne fcrai que Ia rCI113rque suivante. On 
nc peut réyoquer en doute que rhorreur de rhérésie, la loi de 
rohéissance ÏIuplicite à rautorité ecclésiastique, et 13 doctrine 
de la vertu mystique de runité, aient été aussi fortes et 3ussi 
actives d3ns rÉglise du ten1pS de s3int Ignace et de s3int Cyprien, 
que dans rI
glise du sièclc oÙ vécurellt saint Clwrles et saint 
Pie V, quoi que ron pense sur la théoIo3ie particulière ensei- 
gnéc d3ns son scin à rune ou rautre de ces époques. l\ous 3\"008 
luaintenant SOliS les yeux l'effet de ccs principes dans rc-xcmple 
de rÉgHse Inodernc; ils ont cOlupléteulcnt réussi à el11pècher, 
durant trois cents 3ns, toute innovation sur 10 doctrine du concik 
de Trcnte. A vons-nous quclque raison de douter que Ie ITlènlC 
respect pour ces principes ait pl'oduit les mêUICS résuItats dans 



- :584 - 
les trois sit'cics 'Iui ont prt'('t'tlt
 Ie cOllcilc de Trcntr, ou toutt.
 
:lutre périolle Hntéricurr 'l()Ù étail done rocension de l'orruption 
dan,;; les troi", tents ans qui Ollt 
t'paré saint 1f!IHlce tIe 
aint ..\u- 
!-;ustin? (hi dnn
 la périodt.
 tfHi 
'est ét'otllée entre "'<<.lint llc"de ct 
saint Pierre Daluicn? Uu encorc c..Inns cl'lIt'" qui "l
pnrent saint 
Irénéc et saint Ll'OIl, 
aillt:C) 1)I'ien et 
ainl Grl'goire-Ie-Gralui. 
saint 
 \thanasc et saillt Jean J)nnwSel'I)c? tn tradition dc úix- 
huit ,iècIl'
 Ùl'\ jt'lll aiu
i uue elwine fOfluée lI"un nontlH"e indé- 
Hni de lien
 !-oc cl'oi
anL le
 HilS Il"
 autrrs, et dlacplc alluél' qui 
t\rrivc, cst garantie t.lan, dps degrés tlilJ'ércnts de force pnr ('113- 
cune ell' cl'llcs tfHi ra prre(,t.I(
(', 
ti. De plus, les di\ crscs héré
ies (pli ont 
lIrgi 
. ùes épncftlcs 
ùiffércnte..;, Ollt toutl'
, 
nus Ull rapport on raUll'e, \"iolé les 
prilleiprs i. raiclc des(lllel..; r)

lise n 
..alldi, l't qu't'lle l'()I)
t'r\'c 
t.'neore. \ill
i Ies .'<-,oles .Ariculll' ct 
 e
to..jenne out rt.'poussé la 
ani,thode nlll'
oriqur dïlltl'rprl'ler Irs Sninll'S-)
critu..l's; le
 
(;n()"'lique
 ct le
 Eunoilliens \ oulaient 
uh
lirlJcr la 
cience à 
la foi; e "cst l"C fJUl' firent an

i Ics 'IallidH"CIlS, COIHIHC 
aint 
lugustin Ie déclare au COIHlllCnCCllll'llt de 
Oll OU\ rage de LYti- 
lilate cl'edeud;. La Rt':.dt' l)OlrllWli(lue, ÙU IllOillS cn cc qui 
louche son caraetèrc tradiliollncl. l'lait r
jcfcr, ("CH1111u' T('rtnl- 
lien nou
 rapprc'IH.I, par toutc...: Ics "'celcs, qui rt'vent.liquaicnt Ie 
droit (If' jugcr pOllr t.\Hr
-nll"lnc
 d"apri\s It's Saint('
-J
f'riturcs. I 
I...e Principe Sael'HIHcnlC'1 était, ipso (n.flo, yiolé par tOllS' crux 
qui sc 
i1mr3icnt de rl
gli
e; il i,tait nil' par Ie 'laniehc"t.'11 
Faustu
, quancl il argllllll'ntait contre Ie cérénlollinl catholi((tlc; I 
par l'ìgilalH'r, dnn
 
on opposition au-x r('li()ul'
, ct l'nfin par Il'
 
leonoclastes. De nlènlc, Ie nlépri
 du ßl) 
tc"I'e, Ie Hlallque de 
ré\ ércnee, de ùévotion, ùe ,aintch
, SOIlI ù"ttull'cS llla)"(lut.'s tic 
"esprit hc
ri'tique. On snit de t:ol11hicn dc nwnière"- Ie Protl"
t3n- 
tisllIC a I'Cll\ ersé les prillei pes dc la théologic catholiC(ue. 
6. En oUlrc', cCS prinripl's tie dc",'cloppCHll\nts catltoliqucs 

ont CU:\.-Illêllles snsccptiulcs dc dé\ cloppeulCllt, ct en fait il
 St
 

Ollt déyel()pp(
S, ain
i qUl' non
 rn\ ons 
np"g(
l"é plus haut, bien 
(IHC CC He 80it pa" au pri'judice de lïdelltité nwnifcste quïl
 ont 
toujours ('lIC. Par ('xenlple, Ie Pl'ineipe DognlHtiquc impliquc 



-' 38
 - 


a philosophie. ninsÎ qu'on peut fappcler, de la 111anifcstatiG1.. 
I ntrHectuclle ùes nlyslèl'cs, ct Ie l)l
incipe de lïnfaillibilité. II 
'st clair, en outre, que des écrivains comme saint Thonlas et 
,uarez parIaient avec plus dc précision sur la foi ct la raison 
lu.Origt"ne ou Eusèbe. De Il1ên1e, pour rassertion du Principe 
!
acraIncntel, nous aurons recours non pas à saint Grégoire Ie 
fhaulnatllrgc qui s'y est conforn1é, mais it s8int Augustin ou à 

aint Jean Damascène. 
I ï. Enfin, on pouvait attcndre que les principes catholiquc
 
(C développeraient plus tard clue les doctrines catholiques, 
comme étant plus profondén1cnt placés dans resprit, et comme 

étant leurs suppositions plutÔt que leurs professions objectives. 
C'est ce qui est arrivé. La controverse protestante a seule1l1enl 
,oulé ou roule encore sur run on fautre des principes de Catho- 
'Iicité: ct jusqu'à ce jour Ia règle d
nterprétation de rÉcriturc , 
la doctrine de lïnspiration , Ia relation de la foi à In raison, la 

responsaLilité morale, Ie jugement privé, la gråce inhérente, 
lie siége de l'înfaillibilité, sont des questions qui restent, jc 
:..uppose, plus ou moins. sans êtrc développérs OU, du moins, 
!-ans être définies par rEglisc. 


... " ... 


BIBLIOTI. JIIST. ()- A
:'iÉ[" Jer Oli'-R. 



3 



CII \PITRE SEPTfÈ)lJ:. 


.. 


APltI1CATIO
 DE L\ Qt"ATUll:
IH 
IAI\Q(,E DE FIDtLlTÉ D.\
S UN 
DtYELOPP\:')IE:\ T. 


l' ou.; avolls 3YnnC(
 prt.
cédcn1n1cnt, COJllntC un quatrièm' 
argluncllt CIl faycur de la fiùélité dc
 ùé, CIOppcIllcnts Inor3u l 
nu politiqurs, quÏI faut ({lie la dOl'trine <foÙ ils 
Ollt <ll'coull l 
préscllle, ùans Ics pn'lnièrcs phases de son hbtoirc, lcs tr3c{1 
dl'
 opinions l't ùes IH'atiqu4'
 nU\(lul'lIcs cUe 3 nhouti. 8nppc l 
sant done quc Irs dOl'tl'ines ct Ics praticJ1lf's nppell'f's efitholiqlH' 
. Ù .1 ' 1 " } " . d I 

f)JeHt es uCYC oppcnlcnb 'ral
 et cgllllllCS, et non es eOITUr 
t ions, nous pOUYOIlS nons nttcndrc à en trou, cr (Ics traces (l
lJJ' 
It's prcluicrs sièclc,. ",. oiei COllllllcnt je con<<:ois la chosc : Lei 
I I ' I .", I 
( of"UlIlcnt'\ ( e CeS telllp
 sont rares, a II' ('rIte, ('( nons 3' onl 
pell de IHoyens de prl'ciscr quelle élait la ,ie quotidicnnc dc' 
t"hr
til'n
 ù'alors; nous cOllnai",ou" P(\u Il'
 pell
él'
, Irs prières 
Il'S tnt'ditations et l
s discour
 de<\ preHliers disciples <ll' Jésu
; 
Chri..t, it ulle époqur où ccs ùévcloppclllcnls n'étaicllt ni rc, 
connu
, ni dllll1cnt ChlSS(
S tlan
 Ie S) Slt'nlC lhrologifJu(,; iI parmi 
néaullloins, à en j':lgcr d'après Ie pen flue nOl1S possl'dons, qu 
rallnosphèrc de rEglisl\ l'lait, cn qncl(fllc 
ortc, clwrgéc tou 
(fabord ùl' ces dé, cloppclncnts, ct qu"cllc s 'cn cst dégngt'c Ù 
h'lIlpS cn tClIlpS, d'ullc Jllallièrc on d'une nutre, en (Ii, ers licu
 I 
('t à "aide de difi"ércntes pcrsonnc
, scion tItle roccasion I 
(ICInalldnit, atte
tant aill...i qu "clle pO

l'tlait Ull Y3str corps ù 
pcnsécs qui dcyail'nt un jour fcyè,rir nne foroll' cl pJ'cndl't 
place ùans son systènlc. 



587 - 


5 1. 


Resurrection et Reliques. 


COlnnlC exen1ple principal de ce qne faurais à dire, fappel- 
Icrai l"attention sur un principe caractéristique tIu Christia- 
nisn1c, qui peut ètrt' pour 3iusi dire considrré con1nlC une 
nlodification ou unc application tlu grand Principe Sarralnentel 
sur Icqucl fai insisté en dernier lieu; je' yeux parler de 13 ma- 
nière dont Ie Chrislianislne enyisagc Ia Jlatière, en tant flu.eUe 
cst susceptible dc gràce, ou en tant quc capable d.union ayc{' 
13 Pcrsonnc di\ ine ct son influence. Cc principe, connnc nou
 
Ie ,"cn"OIlS, sc nlanifcsta avec force dans Ie premier siède du 
Christiani5n1c, en Inènle tCll1pS qu ïI sc ùéycloppa de dÌ\'ers
!I: 
In3nièl'es, et cela surtout à C3use ùe la doctrine diamétrale- 
Inent opposéc des écoies ct des religions de ce temps. L "appa- 
rition de ce principe à eette époque prin1ÌtiYc dcyicnt aussi un 
cxcmple à rappui (rUnc. asscrtion sou\cnt n1ise cn ayant dan
 
la controycrse : que Ia profession et les dévcloppclncnts d.unc 
doctrine sont en harmonic ayec Ies bcsoins des ten1pS, ct {Itu' 
Ie silencc gardé à une certaine époque sur cette mèn1e doctrine 
prouyc, non pas qu"on ne la croyait pas, mais qu"elle n"était 
pas Ini
c en question. 
Le Christianislne cOlnmença par considërer Ia .i\Iatière COll1mc 
unc création de Dieu, et eon1nlC (( très-bonnc)} en elle-même. 
II cnscigna que Ia l\latière, aussi bien que rEsprit, ayait étè 
corrolllpue par Ia chute d"Adam, et it songea à sa réhahilitation. 
II enseigna que Ie Très-Haut s.était lui-Inême uni à un
 portion 
de cette nlasse cOrrOn1}Hle, afin de Ia sanctifier. II enseigna que 
Dietl, COllllne pren1icr fruit de son dessein, a, ait purifié de 
tout pérhé cette ll1ème portion de matière it laquelle sa Pcr- 
sonne diyinc s'était unie, et quïl ayait prise dans Ie sein d'une 
'
icrge, quïl uyait ren1plie de rabondance de son Esprit. Le 
Christianisn1e enseigna, en outre, que, durant son séjour sur 
13 terre, rHommc-Dieu 3 été sujet à toutes les infirmités natu- 



- ;)88 - 


,"dies 
\ rhonnllc, Cl qu"il :1 soufrcrt tous lcs n13U't dont la clmi 
,,
t rhérilièrc. II cn
cigna (lue Ie Très-Ilaut, rc\"êtu de cctt1 
('hair, c:;l Inort sur la croix, ct (PI<' 
on snug a uUc ,"crlu cxpia I 
toi re; Ù l' pillS, (I" ïl csl rcssu "ei té (Ians celte chair, lJu ïl 1'1 
rransportée ayce lui dans ](, riel, ct 'IHC jmHais illlc se 
l'parCI' 
tIe ce l'()rp
, 
Ioritii' et déifié en lui. La rl'..urn,'l'tion des corp I 
dl'
 
aint
 de l)icu
 t'llt'ur glorifieation future a\ t'C Lui, sout Ull. 
pn.'lllièrc con...étlucnce de ces ill1po,",antcs doeU"iues. '
il\nn('n 
CUSll i Ie, eO IIIl11e a II t
es eonsl'q II 1'111'1''', la sain telé ùes rdillllCS I 
In pl'l"
l'ncc rl'clle ùan
 rEuehari
tic Ie nH
rite de la ,irgillitl' 
l't cntin, Ic
 pn"."ogali, e
 (Ie 'Jarie, Hlère de }JiclI. Pur In naturt 
tlu 
lIjl't, t()ute
 l"CS do('trinc
 8
 d,',\ clopp(\rcnt pili'; ou IlJuin
 
(luoi(IUt\ ùes dcgré" Licn diffl'rcllts, oans Ie laps ùe tCHlpS qu 
pn"rétla Ic (,olll'ile de .L\irée. 
'fOll:, ces dc\ l'IOp}H'Illents furcnt rohjct till scandale ou dti 
11Il'pris dl's philo
ophe:" dl'
 p..('.trl's ct ue la populace d,' 
rt
p()(lue. .. \u IHilieu de ,a rÜ"t';s (fopillioHS qu ïlll"cst pas néccs I 
sai 1'1' ùe I'a II po 1'1 c I , II's l'eo II's de la (; I'èce ct ùe r 0 l'iCII t ayaien! 
pour doctrine fondanlcntnlt' que la \Iatièrc c
t 


cntipllf.'IHcn 
1I1(\\n aisc: qu ""lie n'a pa.;; t\lé créée par 1(' )}icu 511 prèlllC 
 (1\1 "cllt 
l'
l 
()n ,"tcrllcl1e l'IIlH.'1I1ic; (111\'11(\ e
t la 
OHrcc de foute 
ouil'l 
Jure, ct CflI"dlp r
l irréfornwhlc. Tcll(' l'tait b doctrine dc
 
Platollicicll', ùes Gno
tiqucs ct ùes )Ianichéèn
. \in
i, parCt, 
(1Ul' 
aint .Jean a l-l'rit qnc u tout l'
prit qui HC confcssc pas qUl: 
.Jé
u
-Chri.sl cst '"CUll dans In chai." e
t rcsprit de r_\ntcchri
t,)t 
Jc
 Gllo:,titpll'S nil'rt.'lJt oL
tilll'nlt'nt rInl'unwtion, prélendircn! 
'tue .Jl'
u
-Chri
t Il"étail (Pl'un faIJIÙH1C, ou quïl élait ycnu er l 
.Jé
u
 IOI"
 de ...on ha}!l
lllC", el rayait, quiué 
\ sa 

assio?" llÍ 1 

r3nd ,u.JPt tit' la prl'dH"atlon dc's Apotrcs ('t des }
YnngelJstc
 
t;tait la ré
UITcction de .Jésu.,-Christ ct celie de tous Ie:; honn)l(\
 
aprc'.s lui. 'Jai
 (1t1:1IJd Il'
 philo:
ophes (L\th<"nl'
 entendircnr 

aint Paul, It qucltlucs-un
 
c luoquèl'cnt de cettc doctrine, 1'1 
ct lraut rcs la l'cjcti'l'cnt 
YCC n)C"I)l'i
. l..a n(1i

nn,'c <In 
l'Ïn (rUne 
,ricr
c illlplitluait (PiC non-
culemcnt la )Jatièrc n"cst pas n1311- 
vai
t
 de sa natu.'c, nwis (Iu'ellc petit 
e trot1\cr dans tel t
t3f 
plus saint que tel autre. 8,nint Paul eXpli{ptait ccla cn ùisuul 



- ;)89 - 


que, quoique Ie Dlariage fÙt bon, Ie célibat valait encore mieu
. 
Les Gnostiques, au contrairc, rcgardant ]a malière comme 
absoluI11ent nlauvaisc, condamnaient unanilnement Ie mariagc 
con1nle crilnincI, ct, soit qu ïls gardasscnt la continence o
 
non, soit quïIs s"abstinssent ou non de lnangcr òe Ia ,iande, 
ils soutenaient flue toutes les fonctions de noIre nature aninla]c 
sont nlauYai
es et ahon1Ïnables. 
(( Périsse Ia pensée, disait. 
Ianès, que l"otre Seigneur Jésus
 
Christ est né dans Ie scin d"une fcnune. null en est venn) 
disait )larcion, 11lais sans la toucher et SDns en ricn prendre. :, 
4t II a passé par eIle, n1ais il n' est pas yc nu (relIe, ]I disaÏt un 
autre sectaire. H C"est une absurdité craffirnler, prétcnùait un 
disciple de Barde
ane, <] He ccUc chair OÙ nous SOnll11CS enl- 
prisonnés ressuscitera un jour; car eIle est bien appclée un 
fardeau, un tonlbeau et une chaine.]I ,c lIs ont en exécration Ies 
bùchers po 1.11' hrÙler les morts, clisait Cæcilius en parlant des 
chréticns, conllne si les corps, quoique rctirés des flanlmes, 
ne sc réduisaicnt pas en poussière aycc Ie temps, soit que le
 
bètcs les déyorent, soit qur Ia nler Ies engloutissc, soit quc la 
terre les recouyre, so it quc la flanlnlc lcs consunlC. ]I Conforrné- 
mcnt aux idées du vietH: PaganisnlC, Ic yulgaire et les honlnlC
 
écIairés 3yaient en avcrsion les cadayrcs ct les tomheaux; ils se 
débarrassaicnt prolnptell1Cl1t des dépouiIlcs InorteIIcs, Inème 
de leurs an1Ïs, regardant leur présencc COlnme une souillure, 
ct les cinletières leur inspirnient une terreur senlblahlc á cell(' 
qu'iIs pl'oduiscnt aujounfhui sur les ignorants et les supcrsti- 
tieux. On rapporle qu"Annibal, à son retour d'ltalie en A.frique, 
changc3 Ie lieu de son déùarqucn1cnt pour s "éloigner d"un tom- 
beau en ruines. u Pour cette calomnie, dit ApuIée dans son 
Apologie, puisse Ie dicu qui passe entre Ie ciel et renfer pré- 
senter à tes yeux, ô ÉIHilien, toutes les horreurs de In uuit, 
toutes lcs alarmes des lieu,," de sépulture, ct toutes les terreur
 
des tOlnbeau\.. )) George de Cappadoce ne put pas faire lint-' 
raillcric plus amère contrc les paicns d' :\.Iexandrie que d"appeler 
Ie ten1ple dc Sérapis un s(
pulcre. II ell a élé ainsi panni Ie!' 
Juifs; les rahbins oot enseigné que, mên1C les cada
Tcs des 



- :500 - 


hOHIIlICS VCrlUCU\, ne 
rrY('nt qu'à répandre lïnfection ct In 
souillurc.)) u Dans r.. \n('icnn
 Lui, dit 
:1illt Ba
ile, I

 l'(ldavrt.'
 
étaicnt en aLoluinatioll, llwi
 Ie
 I'l'litlue
 des saints sont pl'é- I 
rieu
('s quanti il
 onl 
t)uITt'rl la Il10rl pour Ie Chri
t. II fut oit 
ancicnnClllCnt au
 prt.\tl'cs ct au
 
flzarécns : S' fjuclqu'ul 
louchr un cndalTc, it dl'JJIl'''I'cra hnJJl(r jU.'\(}l( 'au 
'if)h", ct if/aceta I 
Ron t"ètrllwllf; flujolll'tfhui, an contraire, si (plt'I(lu"un lOllehc 
It's o
srlllellts d.ul1 IIlart) r, il parti('ipt.' :', :-;:1 
ailltt'té, i. cau
{' 
ÙP la 
rà('e qui ri'side lans SOli t()rp
 (I). )) })(' plus, Ie Chris- t 
1 ianisl11C en'ei
IH
 Ie respect d

 ('orp
 nU\llIc dc
 païcn
. lA' 
soin des nlo1t
 cst un dc
 i'loge
 arraeh{'s ('I) leur favcur à 
rCIHpcrcur Julien, ail)
i ((He nou... r
l\OIlS tll'j
, ,u; ct ils ùou- 
nt'l'rnl dl's c\.emple
 dl' ce :-:oin }>rodm'l rl'pitlé]uic qui ra, agca 
rElnpirc ronwin au t 'HipS dc saint C
 prien. En parlant des 
('hn
ticns de Cnrtlw!!(' , Por)('e di..;;ait: C( l)an
 rnrdcur de leurs 
r I 
Q'U'TeS surahondantcs, il font du bien it tou
, ct nOll pas sculc- 
nH
nt Ù ll'ur
 frl\)"('" dans la foi. lis font tluelt(UC eho
e de plu-. 
que cc qui e
t rnpporL.... dans IÏlleonlpal'ahlc LicllyeilInnce Ù<' 
ToLie. Car les {>(,I'SOl1l1l" luée, par orJre ùu roi ct eeHl'
 jctécs 
dans It's rues, (IHC Tohil' t'lJ
l" l'li

(ât, étaient 
culrIl1ent de 
sa fanlillr (
). 11 
)Iais i, régarù des corp" des 
ail1t" il
 IIlontrèrcIlt nne \"éné- 
ration bien plus 
rflndc que ('P rc
pcet q1lïl
 nyaienl en g('n{\rf!1 
pour lc
 nlort
. lis aurihuail'llt une ,crlu nu
 tOlnbcaux de I 
leul'
 nlart'T
 , " il
 
t' fai
aient un trl

or dt' I('ur 
an!! de leurs O

t'- 
. 
 
Ineots ct de Icur
 ecru.lres, conlnlC de qncltplC ('hose de surna- 
lurel. Quand saint 

 prien fut t1l'capilt
, srs fri'r'es apporfl'l'('nt de
 
sel" jcth
';;; pour le
 inlhiLer de son sang. I..es .\c1cs dc saint Ignacl', 
qui fut c\.po..;;é 3U
 Lètc-.. ùalls l"alllphifIH"Ùtrc, nou.;;; rapportrnt 
,
 <}uïI ne restn que Ia portion In plus solide dl'
 saintcs rcliques. 
qu 'cIles furcllllrall
porLécs Ù \ntioehe, ùépo
t"t's ()an
 une toilf', 
et lilguées 
I ccUe saintc t:gli
c, eonlII1C un tre'sol" inestilllahlr. it 


(1) Act. Archu p" S:S" Ath:m.. c. Apo1L ii,,3. - Adam. Dial. iii, init" l\Iinut.. 
Dial.lI AplJ1... Apollo, p. ð3
" Korlholt. C31... p. 63" Colmcl, Diet", t. II, p. 736, 
Uas.. i n T'
" 1 t;S. ,
. 
{2, Ylt.
" C
'pr", to. 



- :391 - 


cause de la grâce qui était dans Ie ßlartyr.)\ Les Juifs essayèrcut. 
, de priver les chréticns du corps de saint Pol) carpe, (( dc pcur 
qu
ils ne se missent à radorer, après avoir quitté Ie CruciHé, )t 
discnt Ics Actes de ce saint n1art) r; ([ ignorant, continucnt-il
, 
que nons He pouyons abandonner Jésus - Christ; It pui
 iIs 
ajoutent: (( après a, oil' enlcyé ses os qui no us sont plus chers 
que les picrres précicuses, et qui 50nt plus épurés que for, nons 
les avons déposés dans un lien conycnahle ; et là, quand BOUS 
pouyons nons réunir, Ie Seigneur nous fait la grâce èe célébrcr 
avec joie ct allégresse Ie jour anni,crsairc de son lnart}rc. )t 
En Palestine, dans une circonstancc, les autorités iInpérialcs 
firent {'
hun1el'les corps et lcs jetèrent à la mer, (. dan
 la craiut.e, 
dit EusèLe, que leur renOlnnlée ,enant à se répandrc, il n"y 
en eùt qui Ics considérasscnt dans leurs sépulcrcs ct leur
 
InonUIllents C0l11nle des ùicux, et qui leur rcudisscnt Ie culte 
dirin. )I Julien rApostat, qui ayait été chréticn, ct qui connai
s3it 
rhi
toire du Chri
tianisu1e, Lcaucoup Inieux flu"un sinJplc 
infìdèle ne pourrait la savoir, fait rcnlonter la supers(ition
 ain
i 
quïI rappeIIe, au telnps oÙ yiyait saint Jean, c"est-à-dirc nu
- 
sitõt quïl y cut des n1al't) rs i. honorer; il reconnait que Ic
 
honneurs rendus aux nwrtyrs datent de la nlèIne époque que Ie 
culte rendu à 
otre Seigneur, et qu'il était aussi précis t,t au
si 
formel; il déclare de plus, que ces honneurs furent d"abord 
secrets, et différentes raisons autorisent à Cl'oire quïl en fut 
ainsi. cc l\"i Paul, dit-il, ni :\Iatthicu, ni Lue, ni )Iarc, ne furrnt 
assez hardis pour donneI' à Jé
us Ie non1 de Dieu; Inais rhonnête 
Jean s"étant aper
u qu"un grand nonlbrc de personnes 3V3il'lit 
été saisies de cette ma]adic dalls plusieurs yilles de la Grèce l't 
de rltalic, et apprenant, je préslunc, que les tombeaux lie 
Pierre et de Paul étaient réellcnlent honorés, lIuoiqu "en scerct, 
il fut Ie prelnier qui osàt Ie lui donner. 11 C( Qui peut sc sentir 
assez indigné de eette ab0l11inatiol1? dit-il nillcurs; 'ous UVf\Z 
ren1pli tous Ies licux de t0l11bcaux et de nlonun1ents, quoiqu ïI 
ne ,ous ait été prcscrit Dulle part de vous pro:sterncr sur ees 
tornbeaux et de les honorer..... Si J ésus dit que ces sepulcres 
, 
ont relllplis dïnlpuretés, pourquoi ycnez-vous y illvoqucr Dieu?>> 



- ;)
)2 - 


Lc 'Ianiehécn FaU
luS pat'lc 
nr It
 Bl
lllC tOll. u '-OUS 3\CZ rChl- 
plaeé, dil-il à 
ailll ..\u"ustin. Ics iùolcs des païcns par \'OS Blar- 
tyrs, (I uc ,GUS hOllorez ((ulili
) Cll leur aùreSSi1llt lcs Inèlncs 
prii'rl"
 (rot is) (I). n 
( He cirCOll:o'lanec di;!.llC (.rèlrc oL
Cl'n
c, c'cst quc ics chré- 
til'u
, au
si bil'1I ttue leurs 3t1versairl'
, p(\
Sl're))f ties I'di(1 u
s 
des Jllart) r
 
\ s'occupcr d
 leurs pcrsouucs. l)u 11lOillS Ba
ilidrs. 
qui flit Ie fOlldatcur {it' rune de
 
l'etcs Ics plus ill}pies tlèS 
(; nosti<<ltlc
, parlc 3ycr.lllépris dr' rcs saiuts 1113rl) I'S; il cOllsi- 
tli'l'C lcur;:; "'oulrraJlte
 tOlUH1C la peille de péchés 
Ctrel', de 
IIItHIYa;S dr:,irs uti de tr<<n

rc

ions ronnni
es d3ns un autre 
('orp
, ct il les regal'ùc 'culClnellt COllllue une llianluc de la 
favl'ul' di\ ille, en ('(' tju ïl leur i,tait pennis t.le Its unir i. la t'ause 
de pfé
us-Christ (2). Jrun autre cÒté, la doctrinc dc rJ
glisc 
cusC'ignait tlue Ie uwrl) rc elait llH
rj toirc; qu ïl ) a\ ait clllui une 
t'('rtainc cflicntitl' 
liI'naturcllc: et quP la gråcc de Il Tniflue 'Ié- 
tliatcul' cOIIHuuniquail au 'ang ùes saint':) unc ccrlainc pui...sancc 
c\piatoil"c. Le nlart
 rt"' reulphH:ait Ie lwptèlllC, qunnd Ie 
aerelnent 
u"a,'ait p.1,) t,té adrlliIli
tré. II di
pcnsait rànlc dc toute atlcntc 
uvant ù'cntrcr ùans la glùirc, ct il lui luél'ilait d'y èlrc u(huisc 
imll)(
dialt'lJlellt. u 'fous It'
 erilIlcS 
ont p3rdollnt."
 cn ('onsidé- 
ration de eel acle, n dit 1"crtullicn. La digllilé ct la puissance 
dc... Inartyr
 
I'alldi
:o'cnt 
t n)c
ure (Iuïls approdlent dc plus I 
)H"l'S Icur sou, crain jU!rc. Saint Dcnys ùit (IU ïls I'l'gncnt 3'.CC 
Jésus-Chri
t; Ol'igi'IlC pcnse (IUC u:tle InèlllC quc nOllS 
OIUIl1CS 
fuphctl'S par Ie :--(In
 prrricu," de .Jésu
, nillsi il cn c
t qurlqucs- 
uns qui SOllt raehctés par Ic sang précicu
 des nUH") rs. n S3inf 
(:yprien SCIuhl(' l'\ pli(luer 
a pen
é.. quanti il .lit: It Nou
 
t'"O) on
 (IUC les na"rit('
 dcs Inartyrs ct Ics æU\TCS des ju
tc
 
'}t'font très-pro1ilaLIl'
 allprès du 
ou\"crain jug'(', n c.cst-à-dirc 
pour ccux qui ont péché, Ie quand, 3prè
 1a fin dc cctte ,-ie ct 
tic ce nlonùe, Ic pcnple lIe Jé...;us-Chri
t sc trou,.cra ùc,'ant son 
jU
t"'. )t ConfOrml')ll
nt ft cellc doctrine, on croyait que clans 


(I) Act, Proconsu1." is. Ruinart, Act. 
Iart., p, 2
, 2-i" Euscb., Ðisi. ,-iii, It 
Julien. ap. C
.r.. p 32;,335" Aug, eontr, faust.. xx, -to 
(2) (Icm., Strom. IV, ! 2, 



- :593 - 
leur état de gloirc, ils intercédaicnt en favcur de rÉglise dïcÎ- 
bas, ct des personnes quïls ayaient connues. Sainte Potamienne 
d'A.lcxanù.'ie, qui yiyait ùans les pren1ières années du troisiènlc 
siècIe, pron1it, au Inonlent où on renle, ait pour rexécution , 
d'oLtcnir, après sa l11ort, Ie salut de rofIicier qui Ia conduisait 
 
et, suiyant Eusèbe, eIle lui apparut trois jours 3pn\
, ct Iui pro- 
phétisa que hientôt il serait 111artyrisé. Sainte Théodosic, cn 
Palestine, yint trouyer des confesseurs de la foi qui étaicnt 
chargés de chaines, u pour les prier, ainsi qu"Eusèbe nous 
l'apprend, de se souvenir d'elIe, quanti ils seraicnt en la pré- 
sence de Dieu. n Tertullien, devenu )lontaniste, nOliS ap- 
prend, en protestant contre cette doctrine, (]u'cllc existait dÐn
 
I'i:glise (I). 



 2. 


Culte des Saints et des Angcs. 


Quelque peu connue que soit rt:glise prinlitive d'Es pagnc, 
cIle nous fournit sur eIle-n1êlne un point de détail qui serub!.- 
ètre un dé\ eIoppelnent progressif de la doctrine de lïntercession 
des saints. II existe des canons d O ul1 condIe <.rEh-ire, tenu trL'F- 
peu de telnps avant cclui ùe Nicée, ct qui représente par consé- 
quent la doctrine du tl'oisièllle 
ièclc. Panni ees canons. se 
trouve Ie suiyant : (( II est onlonné qu"il ne doit pas y 3voir de 
tableaux dans les églises, de peur que ron ne peigne sur Ics 
luurailles Ies objcts de notre yeUt;I'ation ou de notre adora- 
tion (2). n On regarde COllln1unén1ent aujourdOhui ees parole. 
comn1C dérisiyes contre rusagc des pcintures dans les égIises 
d'Espagne de cctte époque. 1dulettons-Ie; aùmcttons (Iue toutc 
peinturc fÙt défenduc, non-seulClllent I U
tlgc des images de 
Xotre Scigneur ct des eillblèlnes sacrés de r_\gneau et de la 


(1) TertuIl", A pol.. fin" Euseb., Hist" YI, 
2. Origen. ad 
lart1 r", 00. Ruinard. 
Act. 
Jart)"r.
 p. 122, 3
3. 
(2) Placuit picturas in ecclesià esse non debere, De, quod colitur aut ado- 
ralur, in parielibus dcpingatur" Can. 36. 



- 3Ut - 


(:o}olnh(', 1113is 3ns
i ce1ui dr
 pcintt1rc
 dc
 
ainls ct des anges. 
II n 'cst pa" 10) al de rc'trcilldl'c Ie St
ns des Inols, ct ron ne ren- 
('ontr(' pas dc eontro\ ('rsi
tc (IHi \ euillt
 Ie faire; car its ayouent 
tous que ces paroles ùé
iHncnt Ics inwges des saints. u Lc canon 
tlu concilc dl
h irc, teutl en E
pagne YCI"S Ie rl
3Ilc de Con- 
stantin-Ie-Grand, pour t.léfendre les pt'inlul'cs dnn
 Il
i!lisc, e
t 
on 1)(' peut plus dair(I)1I dit lT
hel"; it parle ùes" repl'ésenlation
 
de J)ieu. de ,J<"
us-ChrisL dc
 angcs rt dc
 snints(
). )t te conrilc 
lfEh ire c,t t)'i'
-ancicn. cl tl'ès-('élèhrc, dil 'fa
 lor, en ce qu"it 
,Il'fend e:\prc:o'
l
1I1t'llt de pl'indr(' sur Ir
 nluraille
 Ics ohjClS <1u 
rultc; c'c
t donc pour l'cla <Iu ïl ne doit pas y ayoil' de pcin- 
Hires ùall
 Ic,", l'gli,t's (:>). '. II parle all
si ùes saints. Åccordon
 
crla hardilnt'Ht. l.a condusion it tireI' de ce C31l0n, C.CSI que 
rl
gli
e ù'E
pagnc con
idérail Ics "'aillts COllHllC dcyant i'lre till 
nonlhre ÙCS ohjclS H de 'rIH
ration uti tradul"ation ; "ear c'cst dc 
CC\S ohjet,,-I
, qu .011 dl'fendait la rcpl"l
Senlation. 'T oieÍ Ie vérilal,lc 
but dc eeltp prohihition : De pCIlI' (Iue ce qui t
st ell 
oi un ohjet 
tit' cultc (quod fulifltJ") HC soil adoré en printure; or dOIlC, å 
1l1oins que les saints el Ic, angcs He fusscnt des ohjets de cultc, 
il f
Ùt été perntis de le
 peiudre (4). 
te règne glol'ieux des saints ct ùes Iuarlyrs avec Jé'us-Chl'i
t
 
nou
 conduit i. UH !o-ujet (Iui s.e
t ofTert i. nOlls, d'une manièrc 
incidclllC, dans rlntroduction ùc eet E
sai; je ven\: parler de 
la 
()Cit'lé Ùl
 
l'
 nnges 3yee J...lIi, l(uuicl'lC ee soit nne di
r\:5-
ion 
3U:\ recherches ÙOllt nous nous occupons quc ùc parler ù"èlrc:, 
illcorpords. 
Snint Jn
lin, dit Ie doctrur nUI'tOn, &[ rvpondal1t à raceu
a- 
,ion ù.athvislllC lancée cOlltrc Irs chrl'ticn:-; dc son t('nlps, ct 
faisant oL
t'rYcr qu'on les punis
ait parec quïls n .adoraicnt 
pa
 les ùénlons, qui n .étaicnt réellelllcnt pas des Dietl\., :1 s"r-x- 


(t) néponse à un .lés., 10. p. 437" 
(:l) P. 
30. Ie (( colilur aul adoratur)) marque une différcnce de ('uhf'. 
(3) nis
uasiH', I. 1 I R" 
(1) I...{' canon dit: (cue quod co1itur,.. t\{'pingatnr")) S'il (',it ,'oulu dire: ((de 
p{'ur que ce qui peul dl'l'fll;r UII ohjet de fulle, eh'", )) il eûl mis : (l ne quod 
t'olatur. >> 



.... 9 .... 
-Jé)- 
prime ainsi: l{ mais nons honorons ct nons adorons Dieu, ct Ie 
Fils (IU ïI nous 3 cnyoyé et qui no us a appris ces yérités, ct 
J"arnu"e de ces autres LOlls ange
 qui les ser, ent ct qui leur fC'S- 
scmLlent, et rE"prit prophétique; no us leur rendons un 
honneur rai
onnable et vrai, et nous ne rcfu
ons pas de COIU- 
nluni(lucr à tous ceux :qui désirent s'instruire, ce que ron nons 
a appris à nous-n1ên1es (1). n 
(In ne peut exiger un téluoignage plus forn1el du cu/te d.etl( 
anges, ('t cette question se place tout natureUclnent ici; r.:tr 
saint Justin a parlé du culte que Ies païens rendaient aux dé- 
mons, ce qui fa par conséquent conduit, sans peine, it faire 
Illention, nOI1-SeUlenIcnt de radoration incomnlunicable rendue 
au Dieu unique, qui "ne donnera pas sa gloire à un autre., >> 
mais encore de rhonneur nloins grand qui pent être rcndu aux 
eréatures sans péchés , tant en ce qui regarde celui qui Ie rend 
que celui clui Ie reçoit. La construction de la phrase n Oest pas 
plus difficile dans roriginal grec que dans d'autres auteurs oÚ 
on la trouye; et nous n'ayons pas it nous étonncr si, chez un 
écrivain dont Ie style n'est pas soigné, deux IDOts peuyent ètrc 
cmployés pour cxprimer rendrc un cultc, nlots dont run re- 
garde les anges, et l'autre pas. 
\T oici COlnD1ent Ie docteu.' Durton explique ce passage : 
" Dans sa ]/edulla theologiæ Patrlll1j, qui parut en 160B, 
Scultct, théologien protestant de IIeiùclberg, a donné un sens 
tout à fait différent à ce passage; au lieu ùe faire rapporter It
 
DIOl tt nrn1ée )) nux n10ts \( nous honol'ons, n il Ie joint a,-ec 
I( no us a nppris. )) ,.. oici done conunent ces paroles seraient 
rcndues: u l\Iais nOllS adorolls Dieu et Ie Fils qu ït nous 3 cn- 
\'oyé et qui nous 3 aussi appris ces yérités, et ranDée des autres 


(1) EX::l}lOV TE , x
ì TÒV TC
p' cxùTotí VlÒ1 V,BÓYT:% x
Z c1 tc1i.
 (;("'/T:% -fJp.
t; "CX
TCX, ')!aZ 
Tbv T6j}l &)J,6j}l iTCO/Û.Y!ù1 y.
l È
oP.Otovp.i.Y!Ù}l à,,/
e(;))) &T/D..
}I CiTf
't6))1 , TC}li.UP.CX T! TÒ 
7rf01ì
TtY.Ò1 Cie6óp.eB:% xcxl TCpO
Y.V10îjP.ê.}I, ló"/!J! x
l ?Ú
lJd,!- Ttp.6jYTe;, x
l 'It'!i}lTC 
ßovJ..op.É.}I!J! P.
eeì.1, &; È8,c1i.xB-r,p.ey, à)?Bó"'/!ù; TC
fcxc1taóYTê.t;. Apoll., I, 6, Le pas- 
sage répond à la prière du Bréviaire : (( Sacrosanctæ et individuæ Trinitati, 
Crucifixi Domini Nostri Jesus Christi humanitati, beatissimæ et gloriosissimæ 
semperque Yirginis l\Inriæ fecundæ integritati, et omnium sanctorum univer- 
sitati, sit sempiternn laus, honor, virtus et gloria ob omni creaturå, etc, )) 



- 
9G - 


t.OIl
 nnges que BOllS honorons 
 It etc... Cette interprl'tntion 

st adoptér ct di.fl'ntlue assez Iongurillent pnr réYt.\quc- Bull, par 
Etienne Lc 
io
 HC, et luêlne Ic hl'uétlieliu Lc 
oul'l'Y suppose 
que saint Ju
till ,'(\ut dirr que .Jésus-Chri
t nons 3 appri, it He 
pas adorer Ics I1WU\ ai.; an!!c:o:, ell Illt.\lllC It\nlp
 qn ïI nons a in- 

tJ'uit de rc
i
fl'nt(' d
s hOl1s. Grnhc, (Ians 
nn (
diti()11 ùe I'Apo- 
logie de saint Jus/in, ilnpriluéc en 1703, üdople nne autre 
jntt
rprt
tation, (Iui Hynif étl' propo
l'C üupara\'3llt par Le 
Io)ne 
('I par CaYc. II lie 3t1
",i Ie Blot o1"lJlée :1\ CC Ic Ill0t app7'is, t't 
\'ouul'uit nou", faire relltlre uin
i Ie pa,'ugc: ((... cl Ic fils qu
iI 
Jl()U
 3 en, 0) t', t't qui nou, a appri
 ce:-. \ i'rités , ainsi (IU '
l rarrn('c 
des autrcs an
cs,]I cle... (hl pouyait Lien penseI' que 1angus, 
qui a puhlit
 unt' traduction latil1t' tI(> 
aint .1 u
tin, en 15Gä, 
3(lopterait runc de ees intcrp.'étation
, ou uu 1110ins Iiernit Ie 
nlot arlnée avec u a nppri" ces, érité"ì. J) Cc" deu\ inlcrprrtn- 
tions sont cl'rtninclnt.'nf ingl'nieu
c
, et nc sont pl'ut-èlrc pas 
opposécs å la construction IiuérnIc dcs 1110tS grees; nlais jc ne 
puis dire (]u'clll's 
oicnt 
ati
fai
anlc
, et j(\ ne 
crais pas surpris 
qUt' des écri\"ains cntholiqucs r0l11ninc; Ies rcgnrda

ent cOlnme 
des tcntntives forcéc", raites pou." ('Iutler UI1P diHiculté. Si Ies 
mots enf{\rlllés daIt
 les crochcts étaient 
upprim('s, tout Ic pa
- 
snge rcnferUlcrait certaillel1leut un fort argulllcut en favcur de 
la Trinité 
 (uais tde.. tluïl
 sont plnc(
s, Ies érri,ain
 c3tholiques 
J'ollwins les citeront nnlurelleluent pour prouycr Ie culLe dcs 
an
cs. II 
(' pré
cntr ni'annloins UIlC difliculté; c'est que Ie 
passagc, ron
tl'uit de ccUe fa<,:on, prouyc trop. En rl'unissnnt 
It'S angt.'s au'\: trois pcrsonne"- de la Triuité, COlllnlC ohjets (rndo- 
ration religiru"c. il selllhlc aller JllênlC au ùeHl de cc que k'S 
{'alholi(IUCS rOIHains t.'U"-I})t.\nlC
 
uuticnnent touch3nt Ie cultc 
dcs angcs. teur distinction si connue entre Ic culte dr tntrie ('t 
celui ùe Dulie uispnrnilrait cntiè.'t.'nlcnt, ct la difficuhé scntic 
par l'éditcl1r Li\n(
t.lictin srnlhle ayoir été au
si grnndc, que sa 
tentative pour re
pIiqucr cst yuillc, f{lwnd il écrÌ\ it cc qui suit: 
n C'est en vain quc nos n(h'cr
aircs nous ohjcctcnt )a double 
r
prcssion: nOllS rénc!l'OllS et nUllS adorons; car Ia pren1Ïèl'c 

'3ppliquc nux anses 1I1t
ml's, ell rgard à la difTércncc qui l'xistc 



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entre Ie Créntcur ('t 13 créaturc; nlais In dcrnii'rc ne peut auru- 
ncnlcnt s"appliqucr aux anges. )) Cette phrase delnande des 
concessions, que ron ne doit attendre d"[)ucun adycrsaire; cnr 
si run des ùeu\. terllleS }lOllS rénérons et 1l01lS odorous peut s 'np- 
: pliquer au\